Группа Всемирного банка · Pre-2003 Economic or Sector Report

Mauritania - The current economic situation and prospects of Mauritania (Vol. 1 of 4) : Rapport principal

Мавритания Всемирный банк
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*~ DIFFUSION RESTREINTE Rapport No. AW-27a TRADUCTION NON-OFFICIELLE A TITRE D'INFORMATION Ce rapport ne peut être utilisé que par le Groupe de la Banque et les organisations ou personnes spécialement autorisées, et à des fins officielles seulement. Il ne peut être ni publié ni cité sans l'autorisation du Groupe de la Banque, lequel ne garantit en aucune manière son exactitude ou son caractère exhaustif. BANQUE INTERNATIONALE POUR LA RECONSTRUCTION ET LE DEVELOPPEMENT ASSOCIATION INTERNATIONALE DE DEVELOPPEMENT SITUATION ET PERSPECTIVES ECONOMIQUES DE LA MAURITANIE (en quatre volumes) VOLUME I RAPPORT PRINCIPAL le 5 ao^ut 1971 Departement Afrique de l'Ouest TAUX DE CONVERSION Unité monétaire: Franc CFA (FCFA) Avant le 11 août, 1969: 1,00 dollar E.U. 246,85 FCFA 1.000 FCFA 4,05 dollars E.U. Après le 11 août, 1969: 1,00 dollar E.U. = 277,71 FCFA 1.000 FCFA = 3,60 dollars E.U. POIDS ET MESURES 1 tonne métrique (t) 2.205 livres 1 kilogramme (kg) = 2,2 livres 1 kilomètre (km) 0,62 mile 1 mètre (m) - 3,28 pieds COMPOSITION DE LA MISSION Ce rapport est basé sur les observations de la mission qui a a4djoun en Mauritanie en mars-avril 1970; elle comprenait: Heinz B. Bachmann Chef de mission Carlos Merayo Economiste général Mohamed Moghazi Economiste agricole Dr M. Lacrouts (Consultant) Expert en élevage Dr R. Moal (Consultant) Expert en pêche Remi van Waeyenberghe (Consultant-UNESCO) Expert en education TABLE DES MATIERES Page No. DCNNEES DE BASE LISTE DES ABREVIATIONS RESUME ET CCNCLUSICNS................................. i - vii I. IMTRODUCTIaN......... . .... .......................1 A. Le pays et sa population...................... 1 B. La situation politique actuelle et son évolution au cours des dernières années................. 3 Il. STRUCTURE ET EVOLUTION RECENTE DE L'ECOMTMIE...... 6 A. Situation générale de l'économie et stade de croissance (comptabilité onale)............6 1. Structure de l'économie................... 6 2. Croissance de la production............... 7 3. Consommation, investissements, épargne.... 9 B. Les relations économiques avec l'étranger..... l 1. Commerce extérieur..................... .. 1l 2. La balance des paiements.................. 11 C. Monnaie et crédit............................. 15 D. Les prix, les salaires et l'emploi............ 18 E. Le budget et le secteur public................ 20 1. Structure du secteur public............... 20 2. Budget de fonctionnement de l'Etat........ 21 3. Les investissements publics et l'aide extérieure................................ 25 h. Les entreprises publiques................. 29 5. Situation générale, trésor et dette publique.................................. 30 Table des Matières, suite Page No. III. EVOLUTION ET PERSPECTIVES DES PRINCIPAUX SECTEURS 33 A. Secteur rural................................ 33 1. Agriculture.............................. 33 2. Elevage.................................. 37 3. Sylviculture............................. 38 h. Pêche.................................... 39 B. Industrie et Services........................ i 1. Le secteur minier........................ 41 2. Secteur industriel....................... 43 3. Transport et commerce.................... hh h. Services publics......................... h7 C. Education.................................... 49 IV. PERSPECTIVES ET CAPACITE D'FENDETTEMEIT........... 52 A. Evolution économique générale................ 52 1. Croissance de la production.............. 52 2. Augmentation des dépenses et de l'épargne................................ 55 3. Balance des paiements.................... 57 B. Planification et investissements publics..... 58 C. Conditions du financement extérieur et capacité d'endettement....................... 64 ANNEXE STATISTIQUE Do S_DE JBB_E Superficie: 1.037.700 km2 Population: (chiffres estimatifs de 1969) Total 1.146000 Densité de population 1 par km2 Taux de croissance 2% par an Taux de scolarité 15% de la population d'âge scolaire (1968/69) Situation politique: Indépendant depuis novembre 1960 Produit intérieur brut (aux prix du marché): 1959 1964 1967 1968 1969 1 ~~ (prE soire) PIB aux prix courants du marché (milliards de FCFA) 16,7 33,6 43,0 45,6 47,0 Taux d'accroissement annuel 5,0 / 7,0% 10,9%p.a. PIB par habitant (FCFA) 18.oo 32.200 38.800 40.500 41.040 Taux d'accroissement annuel / 12,3% / /5,0%.. / 8,5 P.a.- Hausse annuelle des prix / .50p.a. PIB aux prix courants (millions de $EU) 60 121 155 164 1691/ PIB par habitant ($EU) 65 116 140 146 148i/ lf Au nouveau taux de change de 277,71 FCFA = 1 dollar EU en vigueur depuis aolit 1969. Au taux de change antérieur, le PIB pour 1969 s'établirait à 191 millions de dollars, soit 166 dollars par habitant. - 2 - Structure du PIB au coût des facteurs (1968): Source % Emploi Agriculture 6,0 Consommation du secteur public 14,3 Elevage 27,0 Autres activités trad. 3 0 Consommation du secteur privé 57,0 3, 71,3 Industrie extractive 31,0 Investissement intérieur brut 27, Industrie manufac turière (y compris la pêche) 11,0 Balance nette du commerce ) Services 12,0 extérieur et des services) Administration 10 0 non facteur, plus E & )P_1 3 100,0 100,0 Financement des investissements intérieurs bruts (en milliards de FCFA) 1959 1964 1968 Formation brute de capital fixe 1,9 6,1 12,5 Epargne nationale brute 0,3 1,6 5, Entrées nettes de capitaux et 1,6 ,1 6, diminution des avoirs extérieurs ( - ) (0,h) (1,0) Budget du Gouvernement central (en milliards de FCFA) 1959 1964 1968 Total des recettes ordinaires 0,9 3,8 5,7 Total des dépenses ordinaires 3,0 ,l 5,3 Budget ordinaire net - 2,1 - 0,3 y-7. Dépenses de développement 0,8 2 0 3,4 Déficit total - (-)2,9 (-)2,3 (-T3~ sources de financement: (extérieures sauf assistance technique) (2,0) (2,0) (3,0) (locales) (0,9) (0,3) ( - ) Monnaie et crédit Rapports avec les grandes zones: membre de l'Union monétaire de l'Afrique de l'ouest (UMQA) et de la zone franc. (fin de période) 1962 1964 1968 1969 (milliards de francs CFA) Masse monétaire total 2,7 2,5 h,0 Y,1 Crédit au secteur privé 1,2 1,3 4,0 A, Dépâts du secteur public 137 1,1 - 0,9 1/ erreurs et omissions -3 - Balance des paiements (en milliards de FCFA) 1959 196h 1968 Importations 6,9 13,7 15,8 Exportations 3,3 l2z8 21 0 Balance commerciale - 3 0,1 +~2 Services nets 2,3 - 0,6 - 2,1 Revenu net des facteurs et transferts privés à l'étranger - 0,7 -,3 - 8,1 Montant net des erreurs et omissions 0 h 1 3 - 2 5 Solde du compte courant --- f1ontant estimatif des versements bruts au titre de l'aide étrangère (en milliards de francs CFA) 1959 1964 1968 France 2,3 1,9 1,6 CEE (FED) - 0,6 1,3 Divers - Total 2,3 2,6 3,7 dont assistance technique (0,3) (0,6) (0,7) Réserves internationales (au 31 décembre) (Avoirs extérieurs imputés au sein de l'UMQA) 1964 1968 1969 Valeur totale (millions de dollars EU) 10,7 6,3 1,0 Importations mensuelles de marchandises 2,3 1,2 0,7 Position au FMI (millions de dollars EU) 1964 1968 1969 Quote-part 7,5 9,0 10,0 Tirages néant néant néant Opérations du Groupe de la Banque Mondiale A. Opérations antérieures (millions de dollars EU au 31 décembre 1969) Montants engagés Montants versés BIRD 66,0 66,0 IDA 9,7 3,8 1/ Pr6t accordé par la BIRD à une entreprise privée, la MIFERMA, sous garantie conjointe des gouvernements de Mauritanie et de France. B. Modalités des prêts et crédits accordés par la BIRD et l'IDA au secteur public (moyenne pondérée) Taux d'intérêt Différé de Durée de annuel remboursement remboursement (années)- Décembre 1964- décembre 1969 0.75 (com- 10 50 mission de service) Dette publique extérieure en fin d'année (en millions de dollars EU) 1967 1968 1969 (est.) Total de l'encours de la dette; y compris les montants non versés 33,7 ho,8 46,0 Montants versés seulement 21,6 24,4 30,O Coefficient du service de la dette (% des recettes totales d'expor- tations) 1,0 1,5% 2,3% LISTE DES ABREVIATIONS BCEAO: Banque Centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Institut d'émission de l'Union Monétaire Ouest Africaine - UMOA) BIAO: Banque Internationale pour l'Afrique Occidentale, banque commerciale française ayant des succursales dans l'ensemble de l'Afrique de l'Cuest BMD: Banque Mauritanienne de Développement, institution mixte de développement CCCE: Caisse Centrale de Coopération Economique, organisme public français octroyant des prêts à des conditions très favorables aux pays en voie de développement Franc CFA: Franc de la Communauté Financière Africaine, monnaie de l'Union Monétaire Oues t Africaine (UMOA) E (dans les Estimations tableaux): FAC: Fonds d'Aide et de Coopération, organisme public français octroyant des dons et des prêts assortis de conditions de faveur aux pays en voie de développement FED: Fonds Européen de Développement, organisme des Communautés européennes octroyant une aide sous forme de dons et de prêts assortis de con- ditions de faveur aux pays en voie de développement associés aux Communautés européennes MAURELEC: Société Mauritanienne d'Electricité, société mixte chargée de la production et de la distribution de l'électricité dans certaines parties du pays MIFERMA: Société des Mines de Fer de Mauritanie, société privée (avec une faible participation de l'Etat) exploitant le minerai de fer depuis 1962 dans la région de F'Derik à laquelle la Banque Mondiale a accordé un prêt de 66 millions de dollars en 1960 CERS: Organisation des Etats Riverains du Sénégal SMB: Société Mauritanienne de Banque, banque commerciale privée appartenant au Gouvernement et à un groupe de banques européennes dont le Crédit Lyonnais est chef de file -2- SOMIMA: Société Minière de Mauritanie, société privée (avec participation de 22 pour cent de l'Etat) exploitant depuis 1970 les mines de cuivre situées à proximité d'Akjoujt, et dans laquelle la SFI a une participation de 15 pour cent SONINEX: Société Nationale d'Importation et d'Exportation, entreprise commerciale mixte qui, depuis 1964, a le monopole de l'importation de la plupart des denrées alimentaires de base et autres biens de consommation UMOA: Union Monétaire Ouest Africaine, groupe de sept pays francophones d'Afrioue de l'Ouest 6 12 REPUBLIQUE ISLAMIQUE DE MAURITANIE ARO sAIa . /" ALGÉRLE LIBYE ESPAGNOLJ r Routes goudronnées ESPGN i ----- Routes goudronnées en cours de construction MAURITANIE * Routes en tatérile . MALI NIGER Pistes GS HL - E N TCAD Chemins de fer GU INEE T Tc Terrains d'aviation PORt N^Rr Culvre MN N GE A ,-' LEOE )RER CEN. Fer LIBER T Potmiers dottiers 28- DAKME CA RUN P&Che a-- Quai 100 - Repartition annuelle des précipiictions en mm Aaiun Frontières internationales A L G É R I E ZONES ECOLOGIQUES Désert saharienne Zone sub-saharienne Steppe sahélienne 4,N. O 50 00 IO 1 o no iMoohreo MILES 0 5,0 5 200 20 SAHARA 0 0KILOMETRES ESPAGNOL 24 *i - A L l O'F. Den'k Nouadhibo 20- 4 ~ *~ Tidjikjoo* NOUAKCHOT liIlaoudji e - 1' 200 rih aket 00 6.O St. Louis30 500 Mat ro Rl Ros baby 600 Bokel M A L I SÉNÉ GAL 16C 127 8B DECEMBRE 1970 BIRD-3173 REPUBLIQUE ISLAMIQUE DE MAURITANIE MÅ OSME DENSITÉ DE LA POPULATION PAR RÉGIONS $AHAA L9 E$PAGNOLY 1 I - Frontières internOtionales . . Limites régionales A TA E Limites départementales AURALTNE 1i\Numéro del10 région - SE " jAL MALIG Densite opproximotive NAMBI G Capitale de la nation r EE A 28. Capitales régionales LEohE G A c o Autres agglomérotions LIBERIA O C a Chemins de fer ' 28P- HABITANTS PAR KM2 2·· -- Moins de 0.5 0.5-1 N L É E .3 A L G É R E .I--1. 353 3 -15 Plus de 5 o 50 100 50 MILES 0 50 10 150 200 250 Bir-Moghrein KILOMETRESs, -24STE A HAR A TIRIS-ZEMMOUR E S PAGNO 1 24 El M'Reiti A0 Zouérate M A L I F Dml R-_7 CN ADRAR Nouadib BA1E DU Nouadhibo V UER Ouadane E M Reyer R-S Atar* 19 OChinguetti -20. ...... TAGANT /9 - J'-u CH'-T] FRARZA R Ek 5NI 16. • r•. . 0 ual.J..] 1. O C C D E N TA L -'.0r f° " "' -l6° S L ,- -ialne . -. -" DAKAR 6. DECEMBRE 1970 ID37 RESUME ET CONCLUSIONS i. Située sur la côte occidentale d'Afrique, la Mauritanie a une superficie de 1.037.700 km2. Plus de la moitié du pays est désertique; moins du tiers est utilisable pour l'élevage et pour une agriculture marginale. La population mauritanienne s'élève à 1,1 million d'habitants. Plus des deux tiers--essentiellement des maures d'origine arabo-berbère-- se livrent à l'élevage nomade; près d'un quart--d'origine noire--sont des agriculteurs sédentaires groupés le long du fleuve Sénégale Enfin, environ un dixième habite dans les villes et se consacre au secteur moderne de l'économie qui est principalement constitué par des entre- prises d'exploitation minière et les services publics. ii. La Mauritanie. a proclamé son indépendance en 1960. En dépit de ses graves difficultés avec le Maroc, et des certaines différences ethniques, la Mauritanie a su conserver une stabilité politique remarquable. Son Président Moktar Ould Daddah, qui occupe par ailleurs la fonction de Secrétaire général du parti unique, a réussi à maintenir une unité nationale et à résoudre le différend avec le Maroc. Malheureuse- ment la poursuite des objectifs politiques essentiels s'est parfois trouvée en conflit avec des considérations d'ordre économique et l'a emporté sur ces dernières, ainsi qu'en témoigne, par exemple, la part importante des dépenses militaires et de police dans le budget ordinaire, le système onéreux d'enseignement bilingue et certaines orientations données à la politique des transports. iii. En sa qualité de membre de l'Union Monétaire de l'Afrique de l'Ouest, la Mauritanie partage avec d'autres pays francophones la même monnaie et la même Banque Centrale. Par ailleurs, bien qu'elle appartienne à l'Organisation des Etats Riverains du Sénégal et à l'Union douanière des Etats de l'Afrique de l'Ouest, sa politique générale a d'abord été d'asseoir son économie sur des bases solides avant d'aborder la phase de l'intégration économique régionale. La Mauritanie entretient de bonnes relations avec la France, dont l'assistance tant technique que financière joue un rôle important. En raison de son statut de membre associé des Communautés Européennes, elle reçoit une aide appréciable du Fonds Européen de Développement. Tenant à affirmer son indépendance, la Mauritanie a établi, d'autre part, de bonnes relations avec les pays communistes. Elle bénéficie d'une aide considérable de la Chine continentale. Poursuivant une politique économique libérale, le Gouvernement offre des encouragements aux investisseurs privés tant étrangers que Mauritaniens. iv. La Mauritanie fournit un exemple typique d'économie dualiste à l'extrême. Il y a en effet peu de liaisons entre le secteur tra- ditionnel et le secteur moderne de l'économie. Aussi, le taux de croissance rapide au secteur moderne n'a-t-il eu que peu de répercussions sur le reste de l'économie. La rapide augmentation de la production de minerai de fer depuis 1963 a permis au secteur moderne d'atteindre un taux de croissance moyen de plus de lo par an à prix constants entre 1960 et 1970, En revanche, la croissance du secteur traditionnel a été inférieure à 3% par an. La progression de ce dernier est essentiellement due à l'augmentation de la production animale consécutive à l'élimination de la peste bovine. En 1969, le secteur moderne a contribué à raison des deux tiers à la formation du PIB, mais par suite des sorties de - ii - capitaux représentant 15 à 20% du PIB (sous forme de revenus nets des investissements et autres transferts de capitaux privés), il n'entre en fait que pour 55% seulement dans le PNB. Toutefois, les sociétés minières alimentent les recettes publiques à concurrence d'environ 25%. En moyenne, le PIB total a augmenté de 9,2% par an au cours de la dernière décennie, mais de 6% pendant les cinq dernières années, alors que la population a progressé en moyenne de 1,8 à 2% par an, Le PNB par tête est environ dix fois plus élevé dans le secteur moderne que dans le secteur traditionnel. En 1969, le PIB total par tête a atteint en moyenne 148 dollars alors que le revenu par habitant dans le secteur traditionnel ne s'élevait qu'à 50 dollars. v. La répartition des dépenses du PNB est en grande partie influencée par le secteur minier. Plus des deux tiers des investisse- ments ont été consacrés à des fins directement productives, en grande majorIté dans le secteur privé, et ont ainsi permis de jeter les bases d'un dàveloppement économique rapide. En 1968, lorsque les investisse- ments dans les mines de cuivre ont atteint un niveau élevé, la formation totale de capital fixe a été portée au taux exceptionnel pour le pays de 33% du PNB. Toutefois, malgré une progression très satisfaisante de l'épargne nationale (qui est passée de 25 du PNB en 1960 à 13% en 1969), grâce notamment à une augmentation importante de l'épargne du secteur traditionnel, sous forme d'un accroissement du cheptel, l'effort d'investissement s'est traduit par un déficit en ressources, représentant 20% du PNB, qui a été financé par un apport élevé de capitaux privés. vi. Le commerce extérieur revêt une grande importance, la somme des importations et des exportations dépassant 80% du PIB. Plus des trois quarts des exportations consistent en minerai de fer et près de 15% en bétail sur pied. En 1968, plus de 40% des importations mauritaniennes consistaient en biens d'équipement. En revanche, les importations de denrées alimentaires ont diminué en valeur absolue pen- dant les dix dernières années. La balance des paiements a accusé un déficit en 1968. Un excédent croissant de la balance commerciale a été compensé par d'importantes sorties de capitaux et de transferts privés qui n'ont été que partiellement compensés par les rentrées de capitaux publics et privés. L'accroissement sensible des crédits bancaires accordés au secteur privé, du d'une part à l'augmentation des importations directes rendues plus aisées par la mise en service du wharf de Nouakchott et d'autre part à la diminution du cormerce transitant par le Sénégal, a également contribué à l'apparition de ce déficit. Un changement de structure de la balance des paiements est à prévoir de nouveau dans les prochaines années. Aussitôt que l'équipe- ment des mines de cuivre sera achevé et que la Mauritanie commencera a exporter du cuivre on peut s'attendre à ce que sa balance des paiements s'améliore et s'équilibre. - iii - vii. Le développement économique de la Mauritanie repose sur trois secteurs clé: l'industrie extractive, l'élevage et la pêche. Le secteur minier appartient intégralement à deux entreprises étrangères; une so- ciété exploitant le minerai de fer, la MIERMA, dont la production a débuté en 1963, et une société extrayant le cuivre, la SOMIMA, dont les activités ont démarré dans le courant de l'automne 1970. Le lancement de la production de cuivre et l'accroissement de la production du minerai de fer permettront au secteur minier de progresser au rythme d'environ 10% par an jusqu'en 1975, c'est-à-dire à rythme plus lent qu'au cours des cinq dernières années. Ce taux de croissance n'en demeure pas moins satisfaisant quoique les répercussions générales du secteur minier sur le développement économique doivent rester assez faibles. En effet, près de la moitié de la valeur ajoutée par l'in- dustrie extractive quitte le pays sous forme de transferts,et l'emploi de Mauritaniens par les sociétés minières reste limité, viii. Dans le secteur de l'élevage, la production a augmenté d'environ 5% par an pendant les dix dernières années, surtout grace au programme de lutte contre la peste bovine entrepris avec l'aide du FED. La puis- sance ultérieure de ce secteur est entravée par le manque de crédits budgétaires pour le développement de l'élevage, Ainsi, on risque de perdre le bénéfice de l'amélioration des conditions sanitaires réalisé dans le passé comme ce fut déjà le cas pour de nombreux puits et pare-feux qui, par manque d'entretien, sont devenus inutilisables. L'élargissement des programmes sanitaires de façon à combattre d'autres maladies, la reconstruction de puits et de pare-feux, constituent des conditions préalables au développement de ce secteur. ix. La pêche est le seul secteur économique important dont le potentiel soit largement inutilisé. Bien que les pêcheries le long de la câte de Mauritanie soient parmi les plus riches du monde, peu de choses ont été faites pour les exploiteret la seule tentative sérieuse de création d'une flotte de pêche nationale s'est soldée par un échec total en 1968, par suite d'une mauvaise gestion et de moyens financiers insuffisants. Depuis lors, le Gouvernement a encouragé l'exploitation de ses eaux territoriales par des flottes de pêche étrangères de façon à alimenter les usines de traitement locales qui ont été réorganisées et agrandies. Le traitement du poisson s'est développé si rapidement à Nouadhibou (le seul port naturel de la Mauritanie) qu'en 1970, le port de pêche est devenu trop exigu et qu'il constitue un goulot d'étranglement entravant le développement futur de ce secteur. La Banque étudie actuellement la possibilité d'améliorer et d'agrandir les installations portuaires de Nouadhibou. Ce projet doit être considéré comme un des plus hautement prioritaires du pays. x. En raison de l'insuffisance des précipitaions, le potentiel de l'agriculture est très restreint. Il serait pourtant possible d'envisager l'aménagement de cultures irriguées le long du Sénégal; la plaine du Gorgol paraît être la plus favorable pour l'irrigation, et l'étude financée par le PNUD permettra peut-être d'aboutir à un projet économiquement rentable. Le FED finance la construction de petits ouvrages simples d'irrigation permettant la culture du riz le long du - iv - fleuve, mais cette opération paraît être très marginale. Seul l'avenir dira si elle mérite d'être étendue. Il est également possible de développer la culture du mil et de l'arachide sur les plateaux les plus au sud, mais une telle expansion sera nécessairement limitée par des problèmes de commercialisation. xi. Le secteur des transports présente des difficultés particulières dans un pays aussi étendu, avec une population aussi clairsemée que celle de la Mauritanie. Cependant, des considérations autres qu'économiques semblent l'emporter souvent sur les critères de rentabilité dans ce domaine. Ainsi la concentration sans cesse plus grande des importa- tions sur Nouakchott, en dépit de son caractère onéreux, et le projet de route reliant la capitale à l'est du pays à travers une zone déser- tique sont des mesures s'inscrivant dans un contexte socio-politique. En revanche, la situation dans la région densément peuplée de la vallée du Sénégal laisse à désirer sur le plan routier. Une part importante des investissements futurs devrait également être consacrée aux services publics et à l'urbanisme. Il conviendrait toutefois de veiller à une meilleure répartition des investissements dans le pays de façon à ne pas consacrer toutes les ressources dans la capitale et à Nouadhibou, au risque d'intensifier le mouvement migratoire vers ces deux centres, et de créer des problèmes sociaux et économiques graves. La régionalisation de l'enseignement secondaire représente une politique sensée puisqu'elle tendra à accroître l'attraction qu'exercent les centres secondaires. Toutefois, le cout extrêmement élevé du système d'enseignement actuel constitue une entrave au développe- ment d'un enseignement du type dont la Mauritanie a tant besoin. Il faudrait s'efforcer de mettre au point un système d'enseignement qui convienne mieux à la masse des enfants ruraux qui n'accéderont pas à l'éducation secondaire ou supérieure. Ceci requiert la mise en place d'une bonne unité de planification de l'enseignement. xii. Dans l'avenir, la croissance économique sera fortement condi- tionnée par les mesures que prendra le Gouvernement pour favoriser le développement de la pêche et encourager le secteur de l'élevage. Si aucune décision énergique n'était prise dans ces domaines, on estime que la croissance du PIB s'établirait aux environs de 6% par an jusqu'en 1975; en revanche, elle peut atteindre 95 par an, si le potentiel de développement de la pêche et de l'élevage est mieux utilisé. Dans la première hypothèse, le taux de croissance attendu serait légèrement inférieur à celui des cinq dernières années, dans le deuxième cas, il pourrait être supérieur. La progression serait rapide dans les secteurs pêche, industries extractives, et traitement du poisson, alors que la croissance de l'élevage ne dépasserait pas $% par an dans l'hypothèse la plus favorable, l'effet d'un projet d'élevage devant normalement rester limité au cours des premières années. Les investissements privés devant diminuer de près de 50% par rapport à leur niveau exceptionnellement élevé de 1968, et l'épargne nationale continuant en revanche à augmenter, le déficit de l'épargne nationale devrait tomber à 1-3% du PNB en 1975. Au cours de cette dernière année, l'épargne privée devrait excéder légèrement le montant des investissements privés, tandis que l'épargne publique restera fortement déficitaire. - v - xiii. Après les quelques années très difficiles qui ont suivi l'indépendance, les finances publiques se sont sensiblement améliorées en 1965, permettant la réalisation d'épargnes sur le budget ordinaire. Le démarrage des exportations de minerai de fer et la croissance rapide des importations qui ont coincidé avec quatre années de stricte austérité budgétaire, ont provoqué une augmentation de l'épargne publique. L'inconvénient de cette politique est qu'elle a abouti à diminuer fortement les dépenses pour le développement rural et les travaux publics, dépenses consacrées notamment à l'achat de matériaux et de fournitures et à l'entretien général. Il en est résulté une détérioration rapide des services publics dans le secteur rural et un entretien insuffisant de l'infrastructure publique, alors que les dépenses ordinaires consacrées à la sûreté intérieure, à la défense et aux services sociaux continuaient à progresser. Il importe donc de modifier d'urgence l'ordre de priorité des dépenses inscrites au budget ordinaire. Des services publics inadéquats et un entretien insuffisant du secteur rural constituent non seulement une entrave majeure à la croissance économique, mais aussi un obstacle à l'inter- vention de l'aide étrangère dans ce secteur. En effet, on relève d'une part une certaine carence des structures administratives pouvant servir de base à des projets, et d'autre part on pourrait craindre que ces projets ne soient abandonnés une fois que l'aide étrangère aura cessé. xiv. Les finances publiques se sont détériorées subitement à la suite d'une forte augmentation des dépenses courantes en 1967 et en 1969. On prévoit que le budget ordinaire de 1969 sera largement déficitaire et il est très probable qu'il en sera de même pour 1970. Cette détérioration est d'autant plus grave que (sans un changement de la structure des impâts et de leur recouvrement) les recettes aug- menteront probablement moins rapidement que le PIB, pendant les pro- chaines années, les revenus fournis par la production de cuivre devant rester limités, et la diminution des investissements devant entrainer un ralentissement des importations, ce qui se traduira par une contraction du produit des droits de douane. Par ailleurs, les dépenses du budget ordinaire consacrées à l'achat de matériaux, à l'entretien et aux services ruraux devraient augmenter. En conséquence, à moins d'une intervention énergique dans le domaine fiscal, on ne devrait enregistrer que peu ou pas d'épargne publique avant 1975. Dans ces conditions, l'Etat serait dans la quasi impossibilité d'assurer le service de la dette extérieure, à son niveau actuel, sans parler de consacrer des ressources à de nouveaux investissements publics. xv. Une estimation grossière montre qu'il sera possible d'augmenter d'au moins 10o (un milliard de FCFA), le montant auquel devront normale- ment s'élever les recettes de l'Etat en 1975, sans alourdissement excessif de la charge fiscale, à condition que l'on améliore simplement l'assiette des imp6ts et leur perception. La Mauritanie pourrait requérir à cet égard l'assistance d'organismes bilatéraux et internationaux tels que le PNUD ou le FMI. Dans l'hypothèse la plus - vi - optimiste concernant le PIB, l'épargne publique pourrait ainsi se situer aux environs de 0,6 million de FCFA par an, d'ici 1975 (après déduction de l'amortissement des dettes). Dans l'hypothèse pessimiste, l'épargne nette serait voisine de 0. xvi. Pour compenser la baisse prévue des investissements privés et assurer une croissance économique satisfaisante, la mission estime que le Gouvernement devrait lancer un programme d'investissements pub- lics d'environ quatre milliards de FCFA par an (14 millions de dollars) entre 1971 et 1975. Ce chiffre correspond approximativement aux prévisions du nouveau Plan de développement pour les années 1970-73 avec lequel la mission est d'accord dans l'ensemble. L'aide extérieure (qui devrait s'accroître lentement) devrait atteindre trois milliards de FCFA (dont 1,7 million de dons), laissant un déficit de un milliard par an qui devra être financé par d'autres sources intérieures ou des crédits-fournisseurs. Selon l'hypothèse pessimiste concernant l'évolution du PIB, il sera impossible de couvrir ce déficit sans engendrer à brève échéance, des problèmes insolubles de remboursement de la dette. Un programme d'investissement de quatre milliards ne pourrait donc pas être réalisé. Dans l'hypothèse optimiste où l'accroissement plus rapide du PIB permettrait de couvrir la majeure partie du déficit d'un milliard de FCFA en ayant recours à l'épargne publique, il s'avère possible de réaliser un programme de quatre milliards de FCFA, mais uniquement dans la mesure où l'aide étrangère, à l'exception d'un faible montant de crédits-fournisseurs, serait accordée à des conditions de faveur. Même dans ce cas, le service de la dette publique s'élèverait en 1975 à 185 des recettes ordinaires et à plus de 80% de l'épargne publique. C'est là une proportion qui paraît très élevée. xvii. Afin de permettre la mise en oeuvre d'un programme de dévelop- pement de l'importance voulue, sans trop de difficultés d'ordre budgé- taire, l'aide étrangère devrait continuer a être accordée à des conditions de faveur, sauf en ce qui concerne les projets qui ne sont pas financés par les ressources de l'Etat. Si la Mauritanie applique une politique d'austérité consistant notamment en une augmentation des recettes fiscales et une diminution des crédits-fournisseurs, elle sera en mesure d'absorber des prêts à des conditions de faveur d'une valeur moyenne de 1,2 milliard de FCFA (4,3 millions de dollars) par an entre 1970 et 1975, compte non tenu des projets indépendants du budget. Ce sont sa pauvreté et son besoin pressant de concours extérieurs (financiers et autres) pour exploiter ses principales ressources, qui expliquent que la Mauritanie mérite cette forme d'assistance en dépit des graves déséquilibres budgétaires qu'elle a éprouvés au cours des deux dernières années. xviii, Compte tenu des perspectives d'évolution de la balance des paiements, l'essentiel de l'aide extérieure doit être obtenu à des conditions très favorables et le recours aux crédits-fournisseurs doit être réduit. Dans ces conditions, comme le font ressortir les pro- jections de la mission, la balance des paiements se trouvera en équilibre en 1975, et l'aide extérieure s'élèvera à 2,3-2,8 milliards - vii - de FCFA. La croissance des exportations de cuivre et de poissons et la diminution des importations de biens d'équipement consécutive au ralentissement des investissements se traduiront par un accroisse- ment sensible de l'excédent de la balance commerciale qui sera partiel- lement atténué par l'augmentation des transferts à l'étranger (revenus nets des investissements et transferts de capitaux privés) et une augmentation de l'amortissement de la dette des sociétés minières. Le service de la dette extérieure ne devrait pas excéder de plus de 3 à h% le montant des exportations brutes, soit 5% environ des exportations après déduction des transferts de fonds des sociétés minières. Un durcissement des conditions de l'aide extérieure entraînerait vraisemblablement un déficit de la balance des paiements et peserait sans doute lourdement sur le budget de l'Etat. xix. Mâme si la totalité des prêts étrangers est assortie de condi- tions favorables, l'épargne publique, après déduction de l'amortisse- ment de la dette, demeurera restreinte et ne dépassera pas de plus de 4 à 15%, le programme total d'investissement en fonction du taux de croissance du PIB. Comme l'aide sous forme de dons et les crédits- fournisseurs n'exigent que peu ou pas de contreparties locales, la Mauritanie pourrait participer tout au plus à concurrence de 30% au financement de projets bénéficiant de crédits et de prêts étrangers. Ce taux très modeste est en moyenne largement inférieur au coût en monnaie locale de ces projets. L'aide étrangère devra donc financer une partie des dépenses locales surtout dans le cas des projets ruraux dont le coût en monnaie locale est en général élevé, I. INTRODUCTION A. Le pays et sa population 1. La Mauritanie constitue l'exemple typique d'économie dualiste à l'extr6me. Les deux tiers de sa population se livrent à l'élevage nomade dans des conditions qui sont pratiquement demeurées inchangées au cours des siecles, et un quart est constitué par des cultivateurs sédentaires qui tirent une maigre subsistance de leurs méthodes de culture et de p6che archaïques. Dix pour cent seulement de la popu- lation habitent dans les villes et sont employés dans le secteur mo- derne de l'économie qui comprend essentiellement deux entreprises miniéres ultra-modernes (fer et cuivre), quelques usines de traitement du poisson, et l'administration. Il n'y a que peu ou pas ce rapports entre les secteurs traditionnel et moderne de l'économie qui sont séparés non seulement par les barrières psychologiques habituelles, mais aussi par leur éloignement géographique. Un calcul très approximatif révèle que le PNB moyen par habitant est dix fois plus élevé dans le secteur moderne (510 dollars) que dans le secteur traditionnel (52 dollars). 2. L'écart entre ces deux secteurs tient en partie à des facteurs d'ordre géographique. La Mauritanie a une superficie totale de 1.037.700 km2 dont la moitié nord appartient entièrement au désert saharien, le centre consiste en une ceinture subdésertique (17 pour cent), et le sud (30 pour cent) se compose de steppes et d'une fordt clairsemée de type sahélien. A l'exception de quelques oasis isolés, la vie économique traditionnelle est pratiquement inexistante dans le nord saharien et dans la ceinture subdésertique. MCme les parties les plus au nord de la zone sahélienne n'ont qu'une activité économique marginale et une population très clairsemée. Près de 80 pour cent de la population totale de la Mauritanie et la quasi-totalité de son secteur traditionnel sont concentrés le long du Sénégal, qui constitue la frontière sud du pays, dans une bande de terrain large de 80 a 250 km, représentant moins de 15 pour cent de la superficie totale de la Mauritanie. Dans cette région, la moyenne annuelle des précipitations (200 à 600 mm) est favorable à l'élevage et à quelques cultures, qui profitent également des crues intermittentes du Sénégal. Ainsi, alors que les secteurs traditionnels de l'économie sont fortement concentrés au sud du 17ème parallèle, tous les centres d'activité du secteur moderne sont situés dans le nord du pays. Nouakchott, la capitale, et le plus méridional de ces centres, est à 160 km au nord de la zone d'élevage, tandis que les centres d'Akjoujt ( cuivre), de Nouadhibou (p4che) et de F'Derik (fer) se trouvent beaucoup plus au nord au milieu de la zone désertique. 3. La nature même du secteur moderne de la Mauritanie constitue une entrave supplémentaire à l'établissement d'échanges fructueux entre ces deux secteurs, l'industrie minière ayant tendance à constituer une enclave et à profiter très peu au reste de l'économie. Ce phénomène est accentué par les ressouces humaines et naturelles tràs - 2 - restreintes du pays, qui limitent les effets sur le secteur traditionnel des quelques stimulants qu'offre le secteur moderne. Le faible volume des précipitations, mfte dans les régions les plus méridionales de la Mauritanie, limite le nombre des récoltes possibles, et l'irrigation le long du Sénégal est rendue difficile et couteuse par les variations importantes du niveau du fleuve. La seule culture importante est celle du mil qui est très peu utilisé par le secteur moderne. Par ailleurs, des problèmes de qualité ont entravé la vente des dattes et de la viande au sein du secteur moderne. Les achats de celui-ci au secteur traditionnel se limitent à quelques légumes cultivés en terre irriguée et à une quantité limitée de viande et de poisson. Une autre restric- tion au développement du secteur traditionnel tient au fait que le petit nombre de Mauritaniens ayant bénéficié d'un bon enseignement moderne sont presque entièrement employés par le secteur moderne; le secteur traditionnel est ainsi pratiquement dépourvu de cadres au courant des techniques récentes. h. En 1969, on évaluait la population totale à 1,15 million d'habitants dont quelque 10 à 15.000 étrangers (essentiellement Français et Sénégalais). La densité générale de la population est faible et s'établit aux alentours de 1,1 habitant au kilomètre carré. Dans les zones sahariennes et sub-sahariennes, cette densité tombe à 0,3 et mfme dans les régions les plus méridionales et les plus peuplées du pays, elle ne dépasse pas 7 habitants au kilomètre carré. Environ 80 pour cent de la population est d'origine maure (arabo-berbère) et 20 pour cent d'origine noire. Les Maures constituent la grande majorité de la population nomade alors que la plupart des agriculteurs sédentaires de la vallée du Sénégal sont des noirs qui représentent aussi un important pourcentage de la population urbaine. 5. Sur la base du recensement urbain de 1962 et d'une étude d'échantillon de la population rurale de 1965, on évalue le taux d'accroissement général de la population entre 1,8 et 2 pour cent. L'accroissement naturel se répartit de la manière suivante: population nomade, 1,5 pour cent; cultivateurs sédentaires, 1,9 pour cent, et population urbaine environ 3 pour cent. Le faible taux d'accroisse- ment de la population non urbaine est attribuable à la mortalité infantile élevée des régions rurales. Une migration sans cesse croissante des régions rurales vers les quelques centres urbains est à l'origine du taux de croissance élevé de la population des villes (8 pour cent, contre 1,5 pour cent par an pour les campagnes). Bien que les centres urbains aient encore des dimensions modestes (la capitale Nouakchott compte entre 25 et ho.000 habitants, Nouadhibou 20.000 et les autres villes environ 10.000 ou moins), une telle croissance sans restriction n'ira pas sans poser bientàt de graves problèmes d'emploi, de logement et d'infrastructure. Il faudrait donc prendre, le plus tât possible, des mesures pour freiner l'exode rural de façon à ce qu'il ne prenne pas trop d'importance. A cet effet, il importe d'améliorer les possibilités économiques des zones rurales, les conditions de vie dans les petits centres urbains et la régionalisation du système d'enseignement. - 3 - 6. Le Gouvernement ne considère pas que l'accroissement démo- graphique et qu'une urbanisation rapide puissent présenter un risque quelconque pour la Mauritanie. Au contraire, en raison de la faible densité de population et des débouchés limités des produits locaux, il estime qu'un accroissement de la population et de l'urbanisation fournirait un stimulant à la croissance économique et il encourage donc vivement la sédentarisation. C'est ce qui explique que le Gouvernement n'ait pris aucune mesure et n'envisage aucune action en matière de planification familiale, mais il s'efforce d'améliorer la santé publique à laquelle il consacre actuellement de 7 à 8 pour cent du total des dépenses inscrites au budget ordinaire auxquelles il faut ajouter une assistance technique étrangère substantielle dans ce domaine. L'écart entre les taux d'acroissement des deux grandes catégories de la population constituant déjà un élément de friction politique, toute tentative visant à modifier artificiellement les taux naturels risque d'être très mal vue dans le pays. B. La situation politique actuelle et son évolution au cours des dernières années 7. Lors de son accession à l'indépendance en novembre 1960, la Mauritanie a du! faire face à des problémes politiques difficiles: a) prétentions territoriales du Maroc sur une large partie du territoire mauritanien, appuyées par des bandes de partisans armés: b) tensions entre groupe majoritaires et minoritaires de la population; c) structure tribale et féodale de la société maure renforcée par l'éloignement et l'isolement des populations essentielle- ment nomades, qui fait que dans les régions rurales le pouvoir de la tribu reste très marqué, et que subsiste un certain séparatisme tribal. 8 * Les débuts de la Mauritanie en tant que nation indépendant ont donc été difficiles. Les responsables politiques, en premier lieu le Président Moktar Culd Daddah, ont abouti remarquablement à forger l'unité nationale et à éviter les dissensions internes qui auraient inévitablement freiné la croissance économique du pays. Des progrès considérables ont été réalisés dans la solution de ces problèmes qui ne sont toutefois pas encore entièrement résolus. La récente reconci- liation avec le Maroc constitue à cet égard un pas important. 9. Si les mesures prises pour renforcer l'unité nationale et préserver l'indépendance du pays ont été efficaces, elles n'en ont pas moins été couteuses. Comme on le verra plus loin, c'est a la situation politique qui régnait dans le pays au moment où il a accédé à l'indépendance qu'il faut attribuer, dans une large mesure, l'im- portance des sommes consacrées par la Mauritanie à l'équipement de l'armée, de la police, et à l'organisation d'un système d'enseigne- ment bilingue. On peut espérer que l'amélioration de la situation va permettre au Gouvernement d'accorder à l'avenir une priorité plus grande aux objectifs d'ordre économique. Le congrès du Parti, qui s'est tenu au printemps de 1970, et au cours duquel a été longuement examiné le projet de plan quadriennal, semble indiquer que le pays s'oriente déjà sur cette voie. L'pre lutte pour le maintien de l'unité nationale et la sauvegarde de l'indépendance a également exigé la mise en place d'une structure politique rigide et toutes les décisions importantes sont prises par le Parti. Cet état de choses a été une source de frustration croissante pour la nouvelle génération de techniciens qui, rentrant de leurs études à l'étranger avec l'idée de prendre progressivement la relève des postes supérieurs actuellement détenus dans l'administration par les Français, se trouvent n'avoir que peu d'influence au sein du Parti. Il s'agit là d'un problème de génération que connaissent la plupart des pays africains. 10. Depuis qu'à été éliminé le différend territorial entre la Mauritanie et le Maroc, le pays entretient avec tous ses voisins des relations satisfaisantes. Toutefois, dans ses efforts en vue d'accroi'tre son indépendance économique, et malgré son admission au sein de l'Organisation des états riverains du fleuve Sénégal (qui compte également parmi ses membres le Sénégal, le Mali et la Guinée), la Mauritanie a peu à peu rel4ché les liens de coopération économique qu'elle avait avec le Sénégal, en premier lieu dans le domaine des transports, et tout récemment dans le domaine commercial, par la suppression de l'union douanière que les deux pays avaient formée. D'une façon générale, le pays applique une politique étrangère indépendante, fondée sur sa situation géographique et son héritage culturel qui en font une charnière entre le monde arabe et le monde africain, et inspirée par un réel désir d'établir de bonnes relations tant avec les pays occidentaux qu'avec les pays communistes. Si la France garde dans le pays une place exceptionnelle et reste--avec les autres pays du Marché commun--la principale source de l'aide technique et financière dont elle bénéficie, la Mauritanie entretient des relations cordiales avec les pays communistes, et reçoit une aide assez impor- tante de la Chine continentale. Elle est en bons termes avec l'Espagne d'où proviennent d'assez gros investissements semi-privés dans les conserveries de poisson mauritaniennes. Il n'est cependant pas impossible que le problème du Sahara espagnol, qui au cours de l'année 1970 a été l'objet de fréquents échanges de vues entre le Maroc, l'Algérie et la Mauritanie, crée une certaine tension entre l'Espagne et le Mauritanie. - 5 - 11. La politique économique du Gouvernement est dans l'ensemble libérale et vise à encourager les investissements tant mauritaniens qu'étrangers. A l'égard du secteur privé, l'Etat a limité son inter- vention au domaine des importations, en accordant à une entreprise semi-publique un monopole sur un certain nombre de biens de consomma- tion essentiels. La Mauritanie étant membre de l'Union monétaire ouest africaine, les transferts de ce pays à destination ou en provenance de la France et des autres pays membres de la zone franc sont libres, tandis que certaines restrictions, du reste peu rigou- reuses, sont appliquées vis-à-vis des autres pays. 12. La décentralisation administrative est entrée en vigueur en janvier 1969; le territoire a été divisé en huit régions (la capitale non comprise) qui sont administrées chacune par un gouverneur doté de pouvoirs étendus et qui jouissent de l'autonomie budgétaire. Dans tout le pays, l'élaboration du nouveau plan a donné lieu à des échanges de vues approfondis au niveau local, et mis en évidence le désir du Gouvernement de stimuler l'initiative régionale en matière de développement économique. - 6 - II. STRUCTURE ET EVOLUTION RECENTE DE L'ECONOMIE A. Situation générale de l'économie et évolution de la croissance comptabijité nationale) 1. Structure de l'économie 13. Les données relatives à la comptabilité nationale mauritanienne sont très imprécises en raison du caractère imcomplet et souvent peu va- lable des statistiques de base, tout particulièrement en ce qui concerne la production rurale et l'evolution des prix. Il est aussi difficile de procéder à une évaluation de l'emploi des ressources, la consomma- tion des ménages ne faisant l'objet d'aucune étude. Il convient donc d'interpréter les données de la comptabilité nationale avec la plus grande prudence; elles reposent généralement sur les chiffres de l'exercice 1968, que la mission a toutefois considérablement modifiés sur la base d'autres renseignements. Composition du PIB et du PNB au coût des facteurs en 1969 (estimation) PIB PNB Total (milliards de FCFA) h7,0 38,6E Secteur traditionnel Agriculture 6% 7% Elevage 27% 34% Autres activités traditionnelles 3% _4% Total 36% 45% Secteur moderne Industries extractives (minerai de fer)31% 19% Industries de transformation/ construction/p9che 11à 12% Services 12% 13% Administration publique 1M/ 11% Total 6% 55% 1/ En Mauritanie, le secteur traditionnel ne désigne pas forcément un secteur de subsistance ou un secteur non monétaire; il y a longtemps en effet qu'un nombre important d'éleveurs commercialisent leur production. - 7 - 14. L'économie mauritanienne repose essentiellement sur deux secteurs--l'exploitation du minerai de fer (qui a conmencé en 1963) et l'élevage--qui, ensemble, représentent plus de la moitié du PIB et du PNB. A l'exception de l'agriculture traditionnelle et de la p6che (qui fournissent au total moins de 10% du PIB et du PNB), toutes les activités économiques du pays reposent sur ces deux secteurs princi- paux qui occupent 70% de la population active et fournissent près de 90% des exportations. La polarisation de toute l'activité écono- inique autour de ces deux secteurs est une illustration de la pauvreté des ressources du pays; celles-ci consistent presque exclusivement en minerais et en bétail, auxquels s'ajoute la p6che, qui offre un potentiel de développement très élevé, mais qui est insuffisamment exploité actuellement. 15. Le secteur des mines qui est entièrement contrâlé par des sociétés étrangères (en fait, une seule d'entre elles -la MIFERMA mine de fer - contribue depuis 1965 à près du tiers du PIB de la Mauritanie), est la source d'importantes sorties de revenus des facteurs et de transfert de fonds privés. Sa contribution au PNB est nettement moindre qu'au PIB, le PNB étant inférieur de 20% au PIB, et le revenu national par habitant ($120) moins élevé que le revenu intérieur par habitant ($148). 16. L'économie mauritanienne se caractérise donc par l'exis- tence: d'une part, d'un secteur minier ultra moderne et dynamique contrôlé par l'étranger, qui exporte 50% de sa valeur ajoutée et n'a crée que peu d'emplois, et d'autre part, d'un secteur d'élevage archalque occupant la majeure partie de la population; à quoi il convient d'ajouter un autre grand potentiel économique, la pâche maritime, qui n'est pas exploitée. 2. Croissance de la production 17. Au cours des dix dernières années, la croissance globale de l'économie mauritanienne a été très satisfaisante. Le PIB aux prix du marché est passé d'un montant estimé de 16,7 milliards de FCFA en 1959, à 47 milliards de FCFA en 1969, ce qui représente un taux d'accroissement moyen de 11% par an aux prix courants et de 9,2% à prix constants. Malgré l'augmentation sensible des revenus nets des investissements et des transferts de capitaux privés, le PNB a pro- gressé au rythme moyen de 7,5% à prix constants, et le revenu national par habitant à prix constants a enregistré une hausse de plus de 5,5% par an. Croissance annuelle moyenne à prix constants PIB PNB Secteur Secteur Secteur Secteur rural moderne Total rural moderne Total 1959-1964 3,8% 20,9% 12,5% 3,8% 15,7% 9,6% 1964-1969 1,4% 8,4% 6,1% 1,h% 8,2% 5,4% 1959-1969 2,6% 14,4% 9,2% 2,6% 11,9% 7,5% - 8 - 18. Ces moyennes dissimulent toutefois d'importantes disparités entre les première et seconde moitié des années soixante, de même qu'entre les secteurs moderne et traditionnel. La croissance annuelle moyenne du PIB a diminué de plus de 5 entre la première et la seconde moitié de la dernière décennie, et il en a été à peu près de m6me du PNB. Ces chiffres révèlent d'une part un ralentissement de la croissance de la production minière après 1965, date à laquelle la MIFERMA a atteint son niveau de production normal. D'autre part, ils traduisent--dans une moindre me- sure--les effets de la pluviosité exceptionnellement faible des deux dernières années de la dernière décennie qui a entraîné une baisse de la production agricole. Ce tableau fait également ressortir que le secteur rural et le secteur moderne se sont très inégalement développés: c'est là une constation inportante, car l'extraordinaire expansion du secteur moderne n'a profité qu'à une minorité réduite alors que la croissance beaucoup plus lente du secteur traditionnel a concerné 80 à 90% de la pop- ulation totale. Néanmoins, la croissance du secteur rural n'a pas été négligeable non plus. Si l'on exclut les deux années de sécheresse (1968 et 1969) l'augmentation moyenne de la production du secteur rural se chiffre à h,3% par an (1959-1967) ce qui n'est pas une mauvaise performance pour une population rurale dont le taux d'accroissement est évalué à 1,5% par an, après déduction des migrations. Ces résultats sont en grande partie imputables à l'aide extérieure obtenue pour améliorer la situation sanitaire du bétail pendant la dernière décennie. Si l'on considère l'ensemble de la dernière décennie, la hausse du revenu national par habitant a été nettement moins élevée dans le secteur rural (1,11 par an) que dans le secteur moderne (3,6% par an) bien qu'il ne soit pas exclu qu'elle ait été aussi forte, voire légère- ment supérieure, au cours des cinq dernières années, si l'on tient compte de l'écart des taux d'accroissewEnt démographique. Quoiqu'il en soit, le revenu rural semble avoir augmenté plus vite en Mauritanie que chez son voisin le Sénégal, même si, en valeur absolue, le revenu rural mauritan- ien reste sensiblement inférieur au revenu rural sénégalais (environ 50 dollars en Mauritanie contre 80 à 100 dollars au Sénégal), le Séné- gal ayant l'avantage de disposer d'un meilleur potentiel agricole. 19. Si le taux de croissance du secteur moderne a été très élevé entre 1959 et 1964, période correspondant à la mise en exploitation de la mine de fer de MIFERMA, en revanche, au cours des cinq dernières années, c'est à peine s'il s'est maintenu au niveau de la croissance de la population urbaine. Bien que la situation de la Mauritanie ne soit pas aussi sérieuse que celle du Sénégal, (où, en raison d'un accroissement démographique urbain plus rapide que l'expansion économique, on prévoit une baisse des revenus dans les villes pour les 5 à 10 années à venir), on a enregistré en Mauritanie au cours des cinq dernières années un ralentissement de l'expansion du secteur moderne, dont le taux de crois- sance s'est dangeureusement rapproché du rythme d'accroissement de la population urbaine. Les pouvoirs publics devraient donc surveiller attentivement l'évolution de la situation dans ce domaine. - 9 - 20. Les dépenses de l'administration publique, qui ont connu une expansion rapide jusqu'en 1964, sont restées stationnaires depuis lors, par suite de la diminution progressive des dépenses militaires françaises en Mauritanie, et dans une moindre mesure, de la réduction des dépenses publiques consacrées à l'entretien. Le relèvement régulier des traite- ments des fonctionnaires n'a pas entièrement compensé ce déclin. 3. Consommation, investissements, épargne Compte de dépenses du PNB 1959 1964 1968 Aux prix courants du marché Total du PNB 100% 100% 100% solde de la balance commerciale (biens et services) (- = excédent) 5,6% -2,8% -1,6% Total des ressources nationales disponibles 105,6% 97,2% 98,h% Consommation (privée et p:blique) 98,1% 94,% 86,7% Investissements 11,9% 21,6% 33,3% Epargne nationale 1,9% 5,6% 13,3% Déficit de l'épargne 10 % 16 % 20 % 21. En raison de l'importance des capitaux investis dans les industries du secteur moderne, en particulier la MIFERMA et la SOMIMA (dont la mine de cuivre a été mise en exploitation en 1970), la Mauritanie bénéficie d'un niveau d'investissements que seuls quelques rares pays industrialisés peuvent normalement atteindre. En fait, dans une petite économie comme celle de la Mauritanie, un seul ou deux grands projets d'investissement suffisent à changer complètement pour un certain temps la structure des dépenses du PNB. Une autre caractéristique de l'écon- omie mauritanienne actuelle plus importante que son taux d'investisse- ment provisoirement élevé, réside dans l'augmentation continue de l'épargne nationale, consécutive à la hausse du revenu par habitant, tant dans le secteur moderne que dans le secteur traditionnel. On estime qu'en 1968 l'épargne nationale atteignait le pourcentage élevé de 13,3% du PNB (2,h dans le secteur public, 3,l dans le secteur privé traditionnel, 1/ 7,8% dans le secteur privé moderne). La balance des biens et services 1/ Selon la mission, il faut comprendre dans l'épargne du secteur tra- ditionnel, l'accroissement du cheptel et la construction de logements d'habitation de type traditionnel, qui, par définition, constituent l'équivalent d'investissements dans ces secteurs. - 10 - est excédentaire depuis 1964 à la suite de la croissance des expor- tations de minerais. Cet excédent est toutefois largement compensé par des sorties de fonds (revenus des facteurs èt transferts de capitaux privés) de plus en plus importantes, liées principalement à l'exploita- tion minière. La consommation n'a pas augmenté aussi rapidement que le produit national brut, sa part relative a même quelque peu diminué. La consommation par habitant dans le secteur privé n'en a pas moins progressé de 10% par an entre 1960 et 1965, et de 3% par la suite. La consommation publique est restée stationnaire entre 1964 et 1968, l'aug- mentation de la consommation de l'Etat étant compensée par un ralentisse- ment de la consommation publique étrangère du Mauritanie. Répartition moyenne par secteur de la formation brute de capital fixe (1963-67) Agricul- Infra- Services Moyenne ture/éle- Pêche Mines structure sociaux/ annuel vage des trans- logements % millia. 2ports de FCF Investissements secteur public 14,9% 12,3% 3,3% 30,1% 39,4% 100% 2,0 Investissements privés (secteur moderne) 0,6% 17,0% 62,0% - 20,4% 100% 4,6 (secteur tradi- tionnel) 1/ 85,3% - - - 14,7% 100% M Total 20,4% 12,6% 35,7% 7,1% 23,9% 100% 8,1 1 Selon la mission, il faut comprendre dans l'épargne du secteur tradi- tionnel, l'accroissement du cheptel et la construction de logements. d'habitation de type traditionnel, qui, par définiticn, constituent l'équivalent d'investissements dans ces secteurs. 22. La forte augmentation de la production enregistrée au cours des dix dernières années n'est pas seulement due au volume important des investissements totaux, mais surtout à leur haute productivité. 2eci n'ast pas seulement le résultat d'une politique délibérée de l'Etat (en fait, peu d'investissements publics ont été directement productifs; ceux qui devaient l'être, comme le secteur de la pêche, ont en effet donné peu de résultats); mais découle essentiellement du fait que la plus grande partie des investissements (plus de 75%) ont été effectués dans le sec- teur privé--pour l'essentiel la MIFERMA--et dans le secteur traditionnel, pour l'amélioration des conditions sanitaires de l'élevage, ce qui a entrainé une augmentation du cheptel. - il - 23. En général, ce ne sont pas des problèmes de financement qui limitent les investissements. Dans le secteur public, les engagements contractés par les donneurs d'aide extérieure ont dépassé les montants effectivement déboursés; dans le secteur privé, tous les grands projets ont été financés par des capitaux privés étrangers et des fond d'épargne émanant du secteur traditionnel. Au cours des cinq dernières années, environ les deux tiers des investissements réalisés ont été financés par des concours extérieurs (plus de 90% dans le secteur public, moins de 60% dans le secteur privé); un peu moins d'un tiers, par l'épargne nationale, et 2%, au moyen des réserves en devises. Dans le secteur public, c'est avant tout la capacité d'absorption des services de planification et d'exécution des projets qui limite les investissements. Dans le secteur privé, les principaux goulots d'étranglement tiennent à la faiblesse des ressources du pays, qui restreint les possibilités d'investissements rentables, et à l'absence de chefs d'entreprises qualifiés. C'est à ce dernier facteur qu'il faut surtout imputer l'in- suffisant développement de la p6che, troisième grande richesse du pays, et la perte d'une part considérable des capitaux investis dans ce secteur. 24. Selon le plan de développement 1963-1967, les investissements publics devaient atteindre 13,6 milliards de francs CFA; ces prévisions n'ont été réalisées qu'à raison de 61, alors que les engagements d'aide extérieure représentaient presque 105% de ce montant. Les investisse- ments privés du secteur moderne, en revanche, ont dépassé de 305 les normes fixées par le plan. Au total, la somme des investissements effectués a pratiquement atteint les 27,8 milliards de francs CFA prévus, mais avec une composition radicalement différente. C'est dans l'agriculture et l'élevage--secteurs dans lesquels le Gouvernement devra jouer un role plus important--que les investissements publics ont fait le plus défaut (5Yo des prévisions). B. Les relations économiques avec l'étranger 1. Commerce extérieur 25. Le commerce extérieur a toujours été un élément important de l'économie mauritanienne. Mme en 1959, alors que le secteur tradi- tionnel était encore largement prédominant, le total des importations et des exportations correspondait à 60I du PIB; ce pourcentage dépasse 80/ depuis 196h. L'importance relative des importations par rapport aux exportations a changé depuis que le pays a commencé à exporter du minerai de fer en 1963; le développement des exportations c'est accompagné d'une réduction proportionnelle des importations de biens d'investissement, ce qui a permis à la Mauritanie de redresser sa balance commerciale qui, de largement déficitaire en 1959, était à peu près équilibrée en 196h, et très nettement excédentaire en 1968. - 12 - L'importance du commerce extérieur par rapport au PIB 1959 1964 1968 Exportations 19,8% 441,% 46,1% Importations 4l,3% 40,8% 34,6% Total 61,1% 81,9% 80,7% 26. La Mauritanie et le Sénégal ont formé une union douanière jusqu'au 31 janvier 1970, de sorte que leurs échanges (ou les marchan- dises en transit sur le territoire de l'un ou de l'autre) n'étaient jusqu'alors ni soumis aux droits de douane, ni enregistrés. C'est ainsi qu'exception faite du minerai de fer et du poisson de mer maur- itaniens, expédiés par le port de Nouadhibou, seule une fraction très limitée des échanges faisait l'objet d'un recensement. Les statistiques relatives au commerce ne peuvent donc donner qu'une irege tronquée de la réalité. L'union douanière est aujourd'hui remplacée par un accord commercial, aux termes duquel toutes les marchandises échangées entre les deux pays sont exonérées de droits de douane, mais qui autorise la Mauritanie à frapper de taxes tous les biens importés d'un pays tiers via le Sénégal. Cette modification--demandée par la Mauritanie pour des raisons d'ordre fiscal--aura pour effet de réduire les achats de biens de consommation divers effectués par la Mauritanie au Sénégal. La Mauritanie est également membre de l'Union douanière des Etats d'Afrique de l'ouest (UDEAO) à l'intérieur de laquelle les produits échangés bénéficient d'une préférence de 50% sur l'ensemble des taxes a l'impor- tation. La situation privilégiée dont bénéficie la Mauritanie ne lui donne en réalité que peu d'avantages en matière de commerce extérieur et il en va de n6me de son association aux Communautés européennes. Car ses exportations se composent essentiellement de matières premières et de bétail sur pied qui, de toute façon, sont soit exonérées, soit faiblement taxées. L'association de la Mauritanie aux Communautés européennes pourrait toutefois se révéler favorable au développement de la p4che. 27. L'essentiel des exportations mauritaniennes a toujours essen- tiellement consisté en bétail sur pied livré pour la majeure partie au Sénégal, au Mali, et, parfois, à la C^te d'-voire et au Ghana. Venaient en second lieu, la gomme arabique, le poisson séché et salé, les cuirs et peaux. Depuis le début de l'exploitation de la IFERMA, le minerai de fer est devenu le principal produit d'exportation de la Mauritanie; il représentait plus des trois quarts du total de ses exportations en 1969, la part du bétail se trouvant par ailleurs réduite à 15% environ, le solde, soit 10%, se composant surtout de poisson et de gomme arabique. Environ 80% du total des exportations sont destinés à l'Europe, qui achète la plus grande partie du minerai de fer mauritanien, 17% de celles-ci vont aux pays d'Afrique,--essentiellement le bétail et le poisson séché--et 3% au reste du monde (il s'agit surtout de minerai de fer vendu au Japon). En 1969, le Royaume-Uni était le plus important acheteur de produits mauritaniens (21%), suivi par la France (18%). - 13 - La dévaluation (12,5%) du franc CFA intervenue en août 1969 ne devrait pas influer beaucoup, à court terme, sur les exportations de la Mauri- tanie. En revanche, la hausse des prix du minerai de fer (exprimée 2n monnaie locale) risque de modifier les projets à long terme de la MIFERMA, en vue de développer la production et l'exportation de minerais à faible teneur. 28. Au cours des dix dernières années, les importations mauritaniennes ont sensiblement varié en fonction des grands projets d'investissement minier. Après 6tre passées de 7 milliards de FCFA en 1959, à 18,5 milliards de FCFA en 1962--au moment oà les investissements dans la MIFERMA ont atteint leur maximum--elles sont retombées à moins de 14 milliards de FCFA en 1964. En 1969, les investissements effectués dans les mines de cuivre de la SOMInA ont ramené les importations au niveau maximal atteint en 1962. 29. Plus de 40% des importations totales échappant à la statis- tique, il est difficile d'estimer avec précision la composition et l'origine des importations. En 1968, année qui a été marquée par d'importants investissements dans les industries extractives, plus de 40% des importations ont consisté en biens d'équipement et en maté- riaux de construction, 30% en produits alimentaires, 10% en produits pétroliers, 20% en biens de consommation. En dix ans, malgré l'indus- trialisation de plus en plus poussée du pays, la valeur globale des importations de produits alimentaires à prix constants, est restée stationnaire et a même diminué par habitant. Ce phénomène peut s'expliquer par l'expansion de la production locale de bétail, de poisson et de mil, aussi bien que par le départ de l'armée française. La France demeure le principal fournisseur des importations déclarées, bien que sa part ait reculé de 54% en 1964 à h2% en 1969, tandis que les importations en provenance d'autres pays de la CEE, du Royaume-Uni, des Etats-Unis, et du Japon progressaient. Si les importations originaires des pays de la CEE sont libres, celles des autres pays sont soumises au régime des licences, qui a malgré tout été relativement assoupli. La position privilégiée occupée par la France tient à ce que les deux pays entretiennent des relations commerciales depuis longtemps, et à l'im- portance des sociétés françaises d'import-export en Mauritanie. Cependant, le monopole virtuel des importations dont les sociétés françaises ont bénéficié pendant longtemps s'est trouvé réduit par la création de la SONIMEX, société d'économie mixte qui a commencé ses activités vers la fin de 1966. Au fil des ans, cette société s'est vue accorder le monopole des importations de divers produits de première nécessité, tels le sucre et le thé. - 14 - 2. La balance des paiements 30. Les données officielles de la balance des paiements ne con- cernent que les transactions effectuées avec des pays situés hors de la zone franc. En partant des chiffres de la comptabilité nationale des années 1959, 1964 et 1968, la mission a procédé à une estimation de la balance des paiements relatives à ces trois exercices; bien qu'approximatifs, ces chiffres dressent un tableau assez fidèle des changement intervenus dans l'économie mauritanienne au cours des dix dernières années. Compte tenu de l'imprécision des données que l'on peut obtenir sur le commerce extérieur, alors que les mouvements de capitaux sont, en revanche, relativement mieux connus, la balance des paiements comporte un poste spécial groupant les erreurs et omissions. Estimations de la balance des paiements (en milliards de francs CFA) 1959 196h 1968 Exportations 3,3 13,8 21,0 Importations 6,9 13,7 15,8 Balance des services +2,3 -0,6 -2,1 Rémunérations des facteurs et transferts de capitaux privés -0,7 -5,3 -8,1 Erreurs et omissions (nettes) 0,h 1,3 -_25 Compte courant total -1,6 5 -7,5 Capital public net (y compris les transferts) 2,3 2,h 35 Capital privé net -0,7 1,7 3,0 Comnte de capital total 1,6 h,l 6,5 Variation des réserves n.d. -o,h -1,0 31. La balance des paiements mauritanienne se caractérise par un déficit croissant du compte courant, que les entrées de capitaux étran- gers ne suffisent pas à couvrir. La nette amélioration de la balance des biens et services, consécutive au démarrage des exportations de minerai de fer, a été très largement neutralisée par la forte augmen- tation des transferts de revenus nets des investissements et fonds privés dont celles-ci se sont accompagnées. Une partie des capitaux quittant ainsi le pays y revient toutefois sous forme de bénéfices réinvestis par la MIFERMA. Ces fonds, qui s'ajoutent aux capitaux importés par la SOMIMA, ont gonflé en 1968, les entrées de capitaux privés en Mauritanie qui ont atteint un niveau exceptionnellement élevé. Le montant de capitaux publics provenant de l'étranger (y compris l'assistance technique) est, par ailleurs, en constante augmentation. - 15 - 32. En raison du déficit de sa balance des paiements en 1964 et 1968 (les trois exercices intermédiaires ne s'étant pas soldés par un déficit), la Mauritanie a perdu plus de 50% de ses réserves en devises en quatre ans. Celles-ci ont à nouveau baissé en 1969, accusant une baisse de 80% par rapport à 1964. A la fin de 1969, elles se situaient au niveau de 0,3 milliard de FCFA, ce qui représente moins du quart de la valeur des importations mensuelles de la Mauritanie. L'appartenance de la Mauritanie à l'Union monétaire de l'Afrique de l'ouest atténue toutefois les conséquences que devrait normalement avoir l'épuisement quasi total des réserves en devises. Il est possible, ainsi qu'il ressort plus loin de l'examen de cette question à la lumière de l'évolu- tion financière générale du pays, que le déficit de la balance des paiements des deux années 1967 et 1969 ait eu un caractère exception- nel. En effet, les avoirs en devises ont à nouveau nettement augmenté pendant le premier semestre de 1970. C. Monnaie et crédit 33. En qualité de membre de l'Union monétaire d'Afrique de l'ouest, la Mauritanie partage, en commun avec six autres pays francophones, une banque centrale (la BCEAO) et une même monnaie (le franc CFA). La convertibilité du franc CFA en francs français est garantie du fait que ces pays peuvent automatiquement tirer à découvert sur le Trésor français au taux fixe de un franc CFA pour 0,20 franc français. Les relations monétaires des membres de l'Union avec le monde extérieur varient en fonction de la position des réserves de l'ensemble de l'Union (position qui a toujours été excellente) et non de la position en devises de chaque membre pris individuellement; cela signifie que même les pays-membres déficitaires sont en mesure de se procurer les devises dont ils peuvent raisonnablement avoir besoin. Ils ne sont pas con- traints--ni même autorisés s'ailleurs--à appliquer des restrictions de change. Toutes les transactions monétaires entre les membres de l'Union et le reste de la zone franc sont libres, tandis que les transactions effectuées avec les pays hors de la zone franc sont soumises aux mêmes limitations que celles appliquées en France. 3h. Le prindipal instrument dont dispose la Banque centrale, qui a une filiale dans chacun des pays membres de l'Union, consiste à modifier les plafonds de réescompte. Ceux-ci sont fixés, pour chaque pays, tous les six mois, sur la base des recommendations des comités monétaires locaux, compte tenu de la position des réserves de l'ensemble de l'Union, de la position de chaque membre en particulier, et du montant de crédit jugé raisonnablement récessaire. Dans le secteur public, le crédit est davantage limité, les avances consenties à l'Etat ne devant pas dépasser 10% des recettes fiscales de l'exercice précédent (possibi- lité à laquelle la Mauritanie n'a jamais eu recours). Dans le secteur privé, les normes qualitatives requises pour pouvoir bénéficier d'un réescompte sont très sévères. Contrairement à ce qui s'est passé dans d'autres pays-membres, ces exigences qualitatives n'ont toutefois pas empêché les hommes d'affaires mauritaniens de recourir au réescompte, - 16 - et nombre de commerçants traditionnels font fréquemment usage de crédits bancaires à court terme. Le taux de réescompte n'est pas utilisé comme instrument politique; il a été maintenu à 3,5% depuis la fondation de l'Union. Ce niveau peu élevé explique en grande partie que le taux d'intérêt de l'Union monétaire reste aussi faible. Mais il a aussi fait craindre récemment que des spéculateurs, attirés par les taux plus élevés pratiqués sur le marché français, ne fassent sortir leurs capitaux du pays. Cette question est suivie de près par la Banque centrale. 35. Le secteur bancaire mauritanien comprend, outre la filiale locale de la Banque centrale, deux agences de la BIAO (Banque fran- çaise), une banque commerciale locale (la SMB) dont les banques françaises détiennent une participation majoritaire, et une Banque de développement mixte (BED). Si les deux banques commerciales n'accordent pas de crédits à long terme et peu de crédits à moyen terme, en revanche, la BMD, fondée à la fin de 1961, à pour objet de mettre des capitaux à long terme à la disposition de l'économie. 36. Au cours des huit dernières années, la BMD n'a malheureuse- ment pas répondu aux espoirs que l'on avait placés en elle. Faute d'avoir su trouver suffisamment de projets bien conçus, elle n'a eu qu'un effet limité sur le développement économique. Il en est résulté que: a) le volume total des prêts est resté très faible (1,3 milliard de francs C2AM en un peu moins de huit ans); b) plus d'un tiers de ce total a consisté en prêts à court terme--dont une part importante de crédits à la consommation--ce qui est en contradiction avec les objectifs officiels de la BID; c) des crédits ont été accordés pour le financement de projets qui se sont révélés peu intéressants et se sont soldés par de lourdes pertes. C'est ainsi qu'à la fin de l'exercice 1968/69, la Banque avait perdu les trois quarts environ de son capital. C'est ainsi qu'à la fin de l'exercice 1968/69, la Banque avait perdu les trois quarts environ de son capital. C'est essentiellement dans le secteur agricole, oÙ elle a financé un projet de labourage à trac- tion animale dans la région de la Nema, dans le secteur de la pêche et dans celui des industries de transformation que la BD a accusé des pertes. Cette institution n'est toutefois pas entièrement responsable de ces échecs. En réalité elle est handicapée par le nombre limité d'opérations auxquelles elle puisse s'intéresser. Il ya lieu de se demander sérieusement s'il ne faudrait pas incorporer la BPID à l'une des banques commerciales existantes. - 17 - Evolution des principaux facteurs monétaires (en milliards de FCFA) Situation à la fin de l'année 1962 1964 1966 1968 1969 1970(Juin) Avoirs nets en devises 3,2 2,7 2,7 1,6 0,3 0,5 Prêts au secteur privé 1,2 1,3 1,h h,0 5,1 5,9 Dép6ts privés dans les banques 0,7 0,9 1,9 2,8 2,9 3,3 Dépâts publics dans les banques 1,7 1,2 0,8 0,9 0,5 0,7 Monnaie en circulation 2,0 1,7 1,2 1,6 1,8 1,8 37. En dix ans, la situation monétaire a connu deux phases très différentes. Jusqu'en 1966, elle est demeurée, dans l'ensemble, équili- brée et stationnaire avec toutefois une forte augmentation des dépôts de fonds privés, compensée par une baisse parallèle des dépôts de fonds publics. Le volume des dépôts étant supérieur à celui des prêts, les banques ont investi une part importante de leurs capitaux à l'étranger. Cette situation s'est sensiblement modifiée après 1967. Le volume global des prêts au secteur privé a quadruplé en trois ans et demi, et bien que les dépôts de capitaux privés aient continué à augmenter notablement, le rapport prêts-dépôts s'est nettement dégradé. Alors qu'en 1966, les dépâts représentaient encore 190% des prêts, ils ne représentaient plus que 92% de ceux-ci en 1968, et 67% en 1969, ce qui a contraint en premier lieu les banques à réduire leurs avoirs à l'étranger, puis à recourir de plus en plus fréquemment aux réescomptes de la Banque centrale. A la fin de 1969, près de 27% des prêts au secteur privé avaient été réescomptés, alors que ce pourcentage n'était que de 8% en 1968, et qu'il était pratiquement nul auparavant. L'écart entre les prêts et les dépâts ne cessant de s'accroître, les avoirs à l'étranger étaient proches de zéro à la fin de 1.969. 'ais en juin 1970, les réserves extérieures avaient à nouveau légèrement progressé (malgré un nouvel accroissement sensible des prêts au secteur privé). Ctte amélioration a été rendue possible par une forte augmentation des dép^ts de capi- taux privés et publics et par l'octroi de droits de tirages spéciaux a la Mauritanie pour un montant d'un demi milliard de FCFA. 38. L'augmentation constante des dépôts privés étant le corollaire logique de l'expansion de l'activité du secteur moderne et du développe- ment de l'épargne nationale, tout porte à croire qu'elle va continuer tandis que la forte hausse des prêts bancaires au secteur privé, qui a été en- registrée entra 196 et 1970, devrait se ralentir sous peu. Cette hausse était du--aux changements intervenus dans la structure du commerce d'importations à la suite de l'ouverture du wharf à Nouakchott en juin 1966 et du dêmarrage des activités de la SONIIMEX en octobre 1966. Il en est résulté une augmentation des importations "directes" des sociétés commerciales implantées en Mauritanie, alors qu'avant 1967, la plus grande partie des importations mauritaniennes (exception faite de la MIFER1A) se faisaient par l'intermédiaire des sociétês commerciales situées à Dakar. Dans l'ancien système, l'importateur mauritanien - 18 - achetant des marchandises à Dakar, les payait par l'intermédiaire de banques sénégalaises ou de son fournisseur sénégalais; ces crédits ne figuraient donc pas dans les statistiques monétaires de la Mauritanie. Aujourd'hui, en revanche, le financement des importations est directe- ment assuré par les banques mauritaniennes. Le déclin des réserves en devises est donc plus apparent que réel, puisqu'il est principalement dûà au fait que les dettes extérieures qui, autrefois ne figuraient pas dans les statistiques monétaires, y sont dorénavant incluses. En 1969 et 1970 l'activité accrue des industries de la p6che a contribué au développement du crédit à court terme. En effet, les sociétés de traitement du poisson qui connaissent actuellement une expansion rapide ne se trouvent pas dans une situation financière solide. D. Les prix, les salaires et l'emploi 39. En raison de la forte mortalité infantile et du taux d-'acroisse- ment démographique relativement bas, la population active représente un pourcentage élevé de la population totale (52%). Elle s'élève à quelque 600.000 personnes, dont environ h00.000 pratiquent l'élevage nomade, 15O.ooo sont agriculteurs, et moins de 50.000 travaillent dans l'ensemble des autres secteurs. Les salariés ne sont qu'au nombre de 20.000 environ (soit 3% de la population active) dont à peu près la moitié travaille dans l'administration publique, le quart dans les mines, 15% dans la construction et moins de 10% dans les autres secteurs. ho. En 1968, la proportion de non-Mauritaniens parmi le nombre de salariés est tombée à un peu moins de 30I dans le secteur privé et de 10o dans l'administration publique. Les étrangers continuent toutefois a occuper 85% des postes de direction et d'encadrement. Malgré les pressions de plus en plus fortes exercées par les pouvoirs publics, la mauritanisation reste forcément lente parce que le nombre des autochtones ayant reçu une for- mation ou possédant une expérience professionnelle adéquates est limité. Cette situation met les autorités dans une situation contradictoire. Elles s'effcrcent d'une part d'accélérer la mauritanisation du secteur privé, mais se plaignent par ailleurs lorsque celui-ci emploie des Mauritaniens hautement qualifiés, parce que l'administration en a le plus grand besoin. Il ressort clairement de l'Annexe au présent rapport consacrée à l'édu- cation qu'il y a peu de chances que la -mauritanisation des postes de responsabilité s'accélère au cours des dix prochaines années, car les effectifs de cadres mauritaniens suffiront à peine à couvrir les besoins croissants du secteur public. En ce qui concerne la main-d'oeuvre qualifiée ou non qualifiée, il faut espérer que les efforts croissants fournis par le secteur privé pour assurer la formation de son propre personnel permet- tront de réduire l'effectif des travailleurs étrangers en Mauritanie. 4l. La masse totale des salaires et traitements versés en Hauri- tanie s'est élevée en 1970 à 8-9 milliards de FCFA (15 à 20l du PIB), dont la moitié est allée à l'administration publique, y compris l'assistance technique; environ 35% est versée aux travailleurs expatriés qui, d'après les estimations, envoient 30 à 40% de leurs salaires à l'étranger. - 19 - 42. Dans le secteur privé, les salaires sont calculés sur la base du SIG (salaire minimum interprofessionnel garanti) qui n'a guère augmenté en dix ans. Demeuré inchangé entre octobre 1961 et la fin de 1968, il a été relevé de 15% en janvier 1969. Venant après le Sénégal et la C6te d'Ivoire, la Mauritanie se place, avec un SIUG de 41,30 FCFA, au troisième rang sur la liste des pays d'Afrique francophone. Depuis la déclaration d'indépendance, il n'y a pas eu de hausse des traitements des fonction- naires, si ce n'est, en 1965 où l'on a décidé un relèvement de 5% destiné à compenser l'augmentation du coit de la vie. Si les taux de base des salaires n'ont pas changé, en revanche, les gains réels (en particulier ceux des groupes dont le revenu est le plus faible) ont progressé à mesure que les employés devenaient plus qualifiés ou montaient en grade. Dans le secteur privé, les salaires mensuels moyens ont augmenté de 25% entre 1963 et 1967; dans le secteur public, une comparaison rapide du nombre des employés et de la masse salariale montre que les salaires ont presque doublé entre 1959 et 1969, atteignant en 1969, une moyenne de 45 à 50.000 francs CFA par mois ($160 à 200)i c'est-à-dire qu'ils se situent approximativement au niveau du secteur privé. 43. Le seul indice de prix disponible--l'indice des prix à la consom- mation d'une famille vivant à l'européenne à Nouakchott--montre que les prix ont augmenté en moyenne de 4% par an au cours des dix dernières années. Cet indice n'est toutefois pas très représentatif de la Mauritanie. Les prix du bétail et du minerai de fer tendant à stagner, la hausse globale des prix pour l'ensemble de l'économie est sensiblement plus faible. Elle se situerait aux environs de 1,5% par an (entre 1959 et 1969). 44. L'Etat a abandonné sa politique qui consistait à vendre les biens de consommation de première nécessité à un prix uniforme dans toutes les régions du pays en subventionnant, au moyen d'une taxe spéciale sur les transports routiers, le coût de livraison des marchandises aux régions les plus éloignées. Ce système n'a été maintenu que pour le sucre. Môme dans ce dernier cas, de sérieuses difficultés sont apparues. Elles tiennent au caractère très ouvert de l'économie mauritanienne, où la moindre dis- torsion de prix engendre immédiatement un trafic frontalier échappant à tout contrôle.!1 Le contrâle général des prix, imposé avant l'indépendance, a été récemment étendu à la plupart des marchandises. De l'avis de la mission, ces mesures ne sont pas de grande utilité. Mais, par ailleurs, elles n'ont eu aucun effet dommageable, d'abord parce que les prix sont fixés à un niveau raisonnable, ensuite et surtout parce que le contrâle des prix est très inefficace. Le prix des denrées alimentaires locales continue à accuser de sensibles variations en fonction des régions et des saisons (problème qui ne peut pas être résolu par le contrôle des prix) et en dehors de quelques grands centres, le prix des marchandises importées est pratiquement déterminé en toute liberté. 3/ En décembre 1970 (après la rédaction du présent rapport) le Gouverne- ment a réintroduit en partie sa politique d'uniformisation des prix au moyen de la T.I.C. et du F.I.C.(Taxe d'intervention conjoncturelle et Fonds d'intervention conjoncturel). - 20 - E. Le Budget et le secteur public 1. Structure du secteur public h5. Le secteur public est constitué par le gouvernement central (budget de fonctionnement, budget d'équipement et plus de vingt fonds spéciaux), huit administrations régionales, dont l'autonomie budgétaire est limitée (puisqua toutes ensemble elles ne disposent que d'environ 10% du budget de fonctionnement du gouvernement central), et un certain nombre de services publics ou semi-publics dont l'Office des postes et télécommunications (OPT), la Caisse nationale de sécurité sociale, et la Société d'importation SONIMEX. L'Etat détient aussi des participa- tions majoritaires dans la Banque de développement (BMD), la société d'électricité (MAURELEC), et dans deux sociétés de pêche (la SOMAP et la SOMIP). La première (SOMAP), est actuellement en cours de liquidation, tandis que la seconde (SMIP) loue son usine de farine de poisson à une société privée et n'a plus d'activité économique directe. Les dettes de ces deux sociétés, garanties par l'Etat, constituent une lourde charge pour ce dernier. La SOMIP devrait être en mesure d'assurer le service de sa dette au moyen des loyers qui lui sont versés. La dette de la SOMAP est remboursée par les droits de pêche v£ndus à des sociétés étrangères. h6. Prés de la moitié des dépenses totales de l'Etj (dépenses de fonctionnement et d'équipement) échappent au budget z; elles figurent dans les rubriques suivantes: comptes spéciaux, assistance technique étrangère, aide extérieure aux projets (qui ne figurent pas au budget), et les comptes d'exploitation de la SONAP. Certes, 60% des montants non inscrits au budget relèvent de l'aide extérieure--ils sont généralement comptabilisés en dehors du budget national dans la plupart des pays francophones--mais il est évident que depuis plusieurs années on a tendance à créer de plus en plus de nouveaux fondsspéciaux en Mauritanie et à maintenir une part croissante des dépenses publiques en dencrs du budget national. Il s'agit là d'un mauvais système qui empêche d'avoir un vue d'ensemble de la situation des finances et rend difficile un contrâle budgétaire sérieux. L'accumulation croissante de factures impayées (environ 500 millions de FCFA au début de 1970), le plus souvent pour des dépenses extra-budgétaires, prouve bien que le contrôle budgétaire n'est pas aussi efficace qu'il devrait l'être. Les entreprises publiques autonomes ou semi-autonomes sont exclues. - 21 - 2. Budget de fonctionnement de l'Etat Recettes et dépenses ordinaires de l'Etat (en milliards de FCFA) 1960 1962 1964 1966 1968 1969 Recettes MIFERMA - 0,2 0,6 1,6 1,h 1,4 autres 1,0 3,1 _3, j ,3 4,h Total 1,0 3,3 3,8 4,7 5,7 5,8 Dépenses ordinaires 3,0 4,3 4,l 4 5,3 6,5 Solde -2,0 -1,0 -02,3 40,3 +m,4 -0,7 h7. Au cours des huit premières années de l'indépendance, l'Etat s'est efforcé de redresser la situation des finances publiques. Il y est parvenu sans toutefois réussir à affecter la totalité des recettes de la MIFERMA aux fins du développement, comme on s'était proposé de le faire. Gr9ce à l'expansion forte et soutenue du secteur moderne, dont il a profité pour augmenter ses recettes, et aux mesures d'austérité extrêmement strictes qu'il a appliquées en matière de dépenses, l'tat a réussi à améliorer sa situation qui, de pratiquement désespérée à l'époque de l'indépendance, a été renversée en l'espace de quatre ans, ce qui a permis, dès 1963, de renoncer aux subventions accordées par la France au budget de fonctionnement. (Cette dernière continue toutefois a subventionner le budget de développement). Entre 1965 et 1968, le budget ordinaire a enregistré un léger excédent annuel de l'ordre de 6 à 7' des recettes ordinaires. Cette amélioration est en grande partie disparue en 1969 à la suite d'une augmentation des dépenses de fonc- tionnement de 12% en 1967 et 20% en 1969 qui avait largement dépassé l'accroissement des recettes, ralenti depuis 1966 en raison du plafonne- ment des paiements de la MIFERMA. Le budget de fonctionnement a donc été de nouveau lourdement déficitaire en 1969, et les perspectives pour l'exercice 1970 ne sont pas encourageantes malgré des projections de recettes très optimistes. Le seul moyen de remettre en équilibre le budget ordinaire (approuvé par le Parlement) consiste à faire passer une partie du service de la dette extérieure, du budget de fonctionnement au budget de développement (lequel n'a pas de recettes assurées). 1/ Y compris les factures impayées. - 22 - 48. Cette brusque détérioration du budget ordinaire est d'autant plus regrettable qu'elle n'est pas due à l'accroissement des dépenses consacrées à des secteurs économiques hautement prioritaires, et qu'elle n'a pas eu pour résultat d'améliorer la répartition des dépenses de fonctionnement. En fait, si les pouvoirs publics sont parvenus à comprimer les dépenses ordinaires pendant plusieurs années, ils n'ont guère réussi à orienter la structure des dépenses dans une perspective plus favorable au dêveloppement. Structure des dépenses de fonctionnement de l'Etat En pourcentage 1960 1962 1964 1966 1968 DestinatioI: Administration, divers 48 h 34 33 30 Armêe et police 10 20 26 22 23 Education et santé 22 19 23 24 26 Secteur rural et planification 8 6 5 5 5 Travaux publics et entretien 10 6 6 7 7 Dette publique. 2 5 5 9 9 Composition des dépenses: Salaires 49 48 57 57 56 Entretien 6 2 2 2 2 Matériaux et fournitures 32 31 26 22 23 Transferts 12 13 10 10 10 49. Si la Mauritanie n'a pas trop augmenté ses dépenses adminis- tratives, en revanche, ses dépenses ordinaires au titre de la sécurité intérieure et extérieure, de l'éducation et de la santé sont très élevées. Elles acnt passées de moins d'un tiers à près de la moitié du total des dépenses de fonctionnement. Comme il a déjà été mentionné, l'allocation de montants importants é l'armée et à la police est par- tiellement justifiée par la situation politique qui a régné à l'intérieur et à l'extérieur du pays au cours des dix dernières années. La situation s'étant améliorée, il devrait être possible de réduire ces dépenses à l'avenir, d'autant plus qu'elles entravent sérieusement l'élaboration d'un budget ordinaire plus orienté vers le développement. Si des dépenses croissantes en faveur de l'éducation peuvent être considérées comme un facteur favorable à la croissance, l'analyse détaillée du système éduca- tif mauritanien, telle que celle figurant en fin du présent rapport, dans l'Annexe relative à l'éducation, amène toutefois à se demander si des montants aussi importants prélevés sur les fonds publics assez maigres sont utilisés au mieux. En effet, l'éducation absorbe 19% des dépenses du budget ordinaire mais elle n'assure la scolarisation que de 15% des enfants d'âge scolaire. Si la part du budget mauritanien imputée à l'éducation est une des plus élevées de l'Afrique francophone, le pour- centage d'enfants scolarisés est l'un des plus bas. - 23 - 50. L'administration, la sécurité, les services sociaux et le service de la dette absorbent ensemble près de 90% du montant total des dépenses de fonctionnement, il reste peu de ressources pour encourager le développement économique du secteur rural, et pour assurer l'entretien de l'infrastructure du pays. Les crédits octroyés au secteur rural par le Ministère du Développement Rural et de la Planification n'ont augmenté en moyenne que de 1,7% par an, ce qui est bien inférieur à l'augmentation des prix enregistrée dans le secteur public. Il n'est donc pas surprenant que ces services se soient nettement dégradés depuis l'indépendance, et qu'ils ne soient plus en mesure de remplir leur fonction, comme le souligne le Plan de développement 1970-1973. Une telle situation ne peut se prolonger sans risque d'entraîner des conséquences redoutables, dans un pays où presque 90P de la population tire sa subsistance du secteur rural. Cette situation, qui a été temporairement masquée par les efforts considérables fournis par les donateurs d'aide extérieure, en particulier dans le domaine de l'élevage, a été de plus en plus mise en évidence au cours des dernières années. L'insuffisance des crédits budgétaires destinés à l'entretien des routes, des puits, des lignes pare-feu et à l'infrastructure générale est tout aussi inquiétante. Il ressort des documents du Plan que nombre de ces ouvrages sont désormais inutilisables ou--dans le cas des lignes pare-feu--ont complètement disparu. Manifestement, c'est encore le secteur rural qui a le plus pâti des insuffisances du budget d'entretien. 51. La mauvaise répartition sectorielle des dépenses ordinaires s'est aggravée par le déséquilibre entre les dépenses au titre des traitement et salaires qui sont prépondérantes et les dépenses consacrées à l'achat de matériaux et de fournitures. Il s'agit d'une caractéristique commune à tous les pays francophones d'Afrique (la situation est très différente dans les autres pays africains), qui peut être partiellement expliquée par le niveau relativement élevé des traitements des fonctionnaires. A cet égard, la Mauritanie constitue un cas extrême. Afin d'assurer une certaine stabilité des dépenses budgétaires, face à une hausse continue des salaires, les pouvoirs publics ont décidé de réduire, entre 1959 et 1966, les dépenses de matériaux et de fournitures et les frais d'entretien qui n'ont que légèrement augmenté depuis lors. Il s'ensuit que le total des dépenses inscrites à ces deux postes n'était pas plus élevé en 1968 qu'en 1961 à prix courants; en valeur réelle il a considérablement diminue. Le Ministère du Développement Rural est l'un des départements le plus pénalisé. Ses achats de matériaux et de fournitures ont été réduits de 47% entre 1960 et 1968, (alors que les salaires continuaient à augmenter). Ainsi, le rapport entre les charges salariales et les dépenses de matériel, qui était de 1/0,9 en 1960, n'était plus que de 1/0,3 en 1968. De même, le rapport entre les dépenses générales du Ministère chargé des Travaux Publics et les frais d'entretien des infrastructures, qui était de 1/1,3 est passé à 1/0,h. Il est devenu pratiquement impossible de travailler efficacement dans ces deux ministères qui ne disposent plus ni du matériel, ni des fournitures requises. L'insuffisance des crédits a par ailleurs limité les contacts entre les services de la capitale et ceux de l'arrière pays, et entre les services locaux et la population. Lorsqu'on ne fournit pas aux agents - 24 - de la vulgarisation arricole des moyens de déplacement adéquats, on limite vite leur activité à des tâches bureaucratiques, ce qui aboutit à gaspiller encore davantage les maigres ressources dont ils disposent. Quant aux agents des services d'hygiène, si l'on ne leur donne ni moyens de transport ni médicaments, il est peu probable qu'ils visitent régulièrement les dispensaires situés dans l'arrière pays. 52. S'il n'apparait pas trop difficile de rétablir l'équilibre du budget de fonctionnement et de le rendre excédentaire, la réorganisa- tion de la structure des dépenses budgétaires, qui doit avoir la première priorité, se révèle être une tache ingrate qui imposera aux pouvoirs publics et aux organes politiques du pays des décisions difficiles; elle constitue pourtant la condition sine qua non d'un développement économique satisfaisant à l'avenir. Alors qu'au cours des années passées, l'économie mauritanienne a pu enregistrer des progrès sensibles sans interventions trop fréquentes de l'Etat, grâce aux investissements massifs du secteur privé dans l'industrie extractive (et dans une moindre mesure gr9ce à l'aide extérieure accordée pour l'élevage), sa croissance future apparaft être fonction des progrès réalisés dans le secteur rural--en particulier dans l'élevage--dont le développement dépend d'une action déterminée de l'Etat, assisté-- et non pas remplacé--par l'aide extérieure. 53. Le ralentissement du rythme d'accroissement des recettes de l'Etat ne facilitera pas l'établissement de nouvelles priorités, pourtant indispensables. Bien que la plus grande partie de la taxe sur le sucre (créée à l'origine pour alimenter un fonds de stabilisation des prix) ait été incorporée aux recettes ordinaires, la croissance des revenus de l'Etat est en baisse, étant tombée d'un taux annuel moyen de 38 pour cent entre 1960 et 196h à 9 pour cent entre 196h et 1969. Il en a été de même du PIB du secteur moderne, dont le taux de croissance, qui se situait à un niveau annuel moyen proche de 30 pour cent entre 1959 et 1964, est passé à 9,6 pour cent au cours de la période 196h-1969. Bien que le produit des impôts ait augmenté plus vite que le PIB total, les charges fiscales restent assez légères: elles ont atteint en moyenne au cours des quatre dernières années 12,9 pour cent du PIB au coit des facteurs. La fiscalité apparaît être moins lourde en Mauritanie qu'en Haute-Volta (14 pour cent) et qu'au Mali (15 pour cent) sans parler de pays plus riches tels que le Sénégal et la Côte d'Ivoire (20 pour cent). Les recettes des impôts directs, qui représentaient h pour cent du PIB en 1962, sont tombées à 2,4 pour cent à partir de 1966, contre h pour cent en Haute-Volta et 6 pour cent au Mali. Les recettes des impôts indirects ne sont pas très élevées non plus, étant donné l'importance du commerce extérieur dans le PIB. La mission n'avait pas toute la compétance requise pour analyser en détail l'assiette des impôts et l'application de la fiscalité, mais il n'en reste pas moins que la faiblesse des charges fiscales donne à penser qu'il serait possible d'augmenter considérablement les impôts, bien que les accords conclus dans ce domaine par l'Etat avec toutes les grandes entreprises privées réduisent sérieusement la marge de manoeuvre de - 25 - celui-ci. Une ayse complète de l'ensemble du système fiscal--déjà proposée par le Plan de développement 1963-1966--pourrait avoir des résultats très concrets. Une assistance dans ce domaine pourrait être obtenue auprès de sources d'aides bilatérales ou internationales telles le PNUD ou le FMI. 54. L'assistance technique étrangère--le plus souvent française-- dont bénéficie la Mauritanie--est très importante. Elle représente, en moyenne, plus de 10 pour cent des dépenses ordinaires; elle a contribué au redressement rapide du bduget de fonctionnement, qui a été relative- ment équilibré jusqu'en 1968. Près des deux tiers de cette assistance sont consacrés à l'éducation et à l'hygiène, et presque tous les experts remplissent des fonctions administratives normales. Si le gouvernement mauritanien devait lui-même rémunérer ces services, il devrait surmonter de sérieuses difficultés budgétaires. 3. Les investissements publics et l'aide extérieure Les investissements publics et leur financement (en milliards de FCFA) 1960 1962 1964 1966 1968 1969E Investissements: Budget de dveloppement2/ 0,3 0,7 0,4 0,8 0,5 0,6 Aide extérieure hors budget 1,0 1,5 1,6 1,2 2,8 2,9 Crédits-fournisseurs - - - - 0,1 1,1 Total 1,3 2,2 20 2,0 3,4 4,6 Financement: Aide extérieure 1,0 2,72/ 2,0 1,7 3,0 2,9 Crédits -fourniss urs - - - - 0,1 1,1 Sources locales-' - - - 0, 0,5 - Total 1,0 2,7 2 2,1 3 4,0 Excédent/déficit -0,3 40,5 0 40,1 +0,2 -0,6 lf Y compris quelques investissements d'un montant restreint qui figurent dans le budget ordinaire. 2f Y compris le montant des subventions au budget ordinaire dépassant le déficit de ce budget. 3f Excédent du budget ordinaire plus les factures non acquittées. - 26 - 55. Les investissements publics ont connu une expansion rapide entre 1960 et 1963- période au cours de laquelle Nouakchott a été construite. Ils se sont stabilisés au niveau de 1963 jusqu'en 1966; depuis lors ils ont progressé notablement. Le financement de ces dépenses n'a posé aucun problème jusqu'en 1969- le total des versements de l'aide extérieure et l'excédent du budget ordinaire ayant dépassé jusqu'alorsprès de 15O millions de FCFApar an en moyenne le montant des investissements. Il faut encore ajouter à ce chiffre 30 pour cent des engagements de l'étranger pour la réalisation de projets. Ce pourcentage correspond au montant de l'aide extérieure non utilisé à la fin de 1968, soit plus de 7 milliards de FCFA. 56. Les principales entraves au développement des investissements publics sont: (a) l'insuffisante capacité des services de planification et d'élaboration des projets; (b) la faible capacité de financement des dépenses de fonctionnement des nouveaux projets et de créer le cadre administratif nécessaire à la réalisation de nouveaux investissements; (c) et enfin, dernier obstacle-et non le moindre --la pénurie de ressources du pays qui, indépendamment des obstacles indiqués en (a) et (b), rend difficile l'identification de projets économiquement viables. 57. Les investissements publics ont été effectués dans le cadre de deux plans consécuti,s de développement, portant sur les périodes 1960-62 et 1962/63-1966/67 :V. De juillet 1967 à la mi-1970 les investissements n'ont fait l'objet d'aucune planification. On sait peu de choses sur la manière dont ce plan a été appliqué; il prévoyait 7,8 milliards de FCFA d'investissements publics, mais en fait les décaissements se sont élevés à quelque 5,1 milliards de FCFA ou 1,7 milliards par an. D'après le plan suivant, le montant total des investissements devait 6tre de 27,8 milliards de FCFA en quatre ans, dont 13,6 milliards de FCFA dans le secteur public (3,4 milliards de FCFA par an), soit une augmentation de 100 pour cent par rapport au montant annuel des investissements publics effectués précédemment. Les principaux objectifs fixés par le plan étaient de parvenir à équilibrer le budget de fonctionnement, d'intensifier la mauritanisation de la main-d'oeuvre et de préparer le futur développement économique et social du pays, par l'exécution d'études approfondies et d'investissements dans les-secteurs des transports (infrastructure), de la santé et de l'éducation. Si le premier objectif a été réalise, ce ne fut pas, comme on l'avait préconisé, grâce à une amélioration du système fiscal et à la réduction des dépenses de moindre priorité rmis à. la suite de l'augmentation des impôts versés par la MIFMdIA (impôts qui à l'origine devaient servir exclusivement à financer les investissements) et de la compression de dépenses essentielles. La mauritanisation de la main- d'oeuvre n'a que légèrement progressé en raison des carences du système d'éducation, dont les coûts sont trop élevés. Le Plan 1960-62 n'était pas considéré comme un plan national. C'est pourquoi le Plan 1962/63-66/67 est appelé officiellement, Premier Plan. - 27 - 58. Pendant la période du Plan 1962/63-66/67, les investisserments publics ont atteint 61 pour cent des montants inscrits au Plan. Ils ont permis d'améliorer, dans une certaine mesure, l'infrastructure des transports et l'équipement social du pays et ont ainsi contribué à accélérer la croissance économique. Cependant, un choix anti-économique des priorités et la réali- sation insatisfaisante de certains projets hautement prioritaires ont con- sidérablement limité l'effet stimulant de ces investissements. Vingt-neuf pour cent des investissements ont été consacrés à des dépenses d'infra- structure dans le domaine des transports et des communications, qui ont servi à la construction de routes, d'aéroports et du wharf de Nouakchott, mais comme il apparaît dans le chapitre des transports, ces investissements n'ont eu que peu de répercussions sur la croissance économique. L'éducation et la santé ont absorbé près de 17 pour cent des investissements, tandis que plus de 23 pour cent étaient consacrés à l'infrastructure, au logement et à la construction de bâtiments administratifs. Ainsi, le montant effective- ment réalisé des investissements productifs est encore resté en-deça des prévisions du Plan, qui ne prévoyait déjà que peu d'investissements produc- tifs. Moins de 24 pour cent des dépenses publiques consacrées au dévelop- pement ont été allouées au secteur rural mais n'ont pas donné de résultats très satisfaisants; le projet de pêcherie de la SOMAP a été liquidé, et l'abattoir de Kaedi ne fonctionne qu'à une faible partie de sa capacité en raison de problèmes commerciaux non résolus. La construction de puits n'a eu qu'un effet restreint sur la production de bétail en raison de l'entre- tien insuffisant des anciens puits. Enfin, les expériences de développement agricole, basées sur des projets d'irrigation, n'ont pas été très fruc- tueuses. Le port de pêche de Nouadhibou constitue une importante réalisa- tion qui, après un démarrage assez lent, fonctionne maintenant à pleine capacité. 59. Depuis 1967, année de l'achèvement du Premier Plan, les investisse- ments publics ont été pendant près de deux ans décidés au jour le jour. Dépassant à peine en 1968 le niveau atteint en 1967, les investissements publics ont augmenté de près de 40 pour cent en 1969; un quart environ de cet accroissement était représenté par des crédits-fournisseurs, le plus souvent au titre de projets d'une valeur économique douteuse, que la Mauritanie n'aurait pas pu financer en faisant appel à ses sources habituelles d'aide extérieure. 60. Le financement des investissements publics a posé peu de problèmes jusqu'en 1968, c'est-à-dire aussi longtemps que la France a pris en charge une part importante du Budget d'équipement de la Mauritanie, et que le budget de fonctionnement a été suffisamment excédentaire pour financer le reste des investissements. Ainsi les dépenses de développement n'ont pas pesé sur les reserves de trésorerie. Cette situation a sensiblement changé en 1969, lorsque la France a décidé de réduire ses subventions au Budget d'équipement, et que l'excédent budgétaire a disparu. Il a fallu financer la rapide augmentation des dépenses de développement au moyen des réserves. Par ailleurs, pour la - 28 - première fois, la Mauritanie a eu recours à des crédits fournisseurs importants. En 1969, le Trésor a donc dû faire face simultanément à un fort déficit du compte courant, et à des dépenses de développement importantes dont le financement n'était pas assuré. L'équilibre a été en partie rétabli par des prélèvements répétés sur les réserves. 61. De 1960 à 1964, l'aide extérieure au développement (sans l'assistance technique mais y compris les subventions au budget d'équipement) a financé plus de 88 pour cent de l'ensemble des dépenses publiques de développement, et même plus de 104 pour cent si l'on tient compte des subventions françaises au budget ordinaire supérieures au déficit de ce dernier. Entre 1965 et 1968, l'aide extérieure a financé 92 pour cent des investissements, le solde a été fourni par les excédents du budget ordinaire. En 1969, ce pourcentage est tombé à 64 pour cent seulement, les crédits fournisseurs contribuant au financement des deux tiers du solde. Il ressort donc que l'aide extérieure a toujours été très importante pour la Mauritanie. Au cours des dix dernières années, le pays a reçu en moyenne 2,3 milliards de FCFA par an (8,3 millions de dollars) d'aide pour la réalisation de projets, soit $8 à 9 par habitant (sans compter les subventions au budget ordinaire). La France a été, de loin, la principale source d'aide, bien que sa contribution ait considérablement diminué depuis 1965. Elle est suivie par le FED, qui a nettement augmenté le montant de ses interventions, la participation des autres donneurs n'étant réel- lement importante que depuis 1964. Les apports de l'IDA et le concours de la Chine Continentale qui s'est accru au cours des dernières années, ne sont pas négligeables non plus. Aide extérieure au développement (non compris l'assistance technique) Moyennes annuelles Total pour l'ensemble 1960-64 1965-69 de la période Milliards Pourcen- Milliards Pourcen- Milliards Pourcen- de FCFA tage de FCFA tage de FCFA tage 1 France-/ 1,76 83% 1,06 h% 1,41 62% FED 0,36 17% 0,88 36c 0,62 28% IDA - - 0,19 8% 0,09 4% Autres - - 0,29 12% 0,5 6% Total 2,12 100 2,42 100 2,27 100 l/ Hormis l'assistance technique, qui, si elle était comptée, porterait la part de l'aide française à 69 pour cent, et ramènerait celle du FED à 22 pour cent et celle de l'IDA à 3 pour cent. - 29 - 62. Si pendant la dernière décennie, plus des trois-quarts de l'aide extérieure ont pris la forme de subventions, les prêts et les crédits ont en revanche sensiblement augmenté au cours des cinq dernières années; en 1969, leur montant dépassait celui des sub- ventions, alors qu'en 1968 le rapport était encore de 63 à 37 pour cent. Cette tendance, peu favorable, tient à l'augmentation de l'aide des donneurs, autres que la France et le FED, qui n'accordent que peu de subventions. Mais elle résulte aussi du fait que même le FAC et le FED accordent une part croissante de leur aide sous Lorme de pr9t. Ceci signifie que les conditions d'octroi de l'aide extérieure à la Mauritanie sont progressivement moins avantageuses. h. Les entreprises publiques 63. La Mauritanie ne compte qu'un nombre relativement restreint d'entreprises publiques et elle a toujours évité que celles-ci ne constituent une charge pour le Trésor. Or les principales entreprises publiques mauritaniennes tels le Fonds de Sécurité Sociale, les Services postaux et la SONIAEX, sont assez bien gérées et dégagent généralement des bénéfices. Toutefois comme elles ne sont pas tenues de déposer la totalité de leurs fonds auprès du Trésor - â l'encontre des entreprises des autres pays francophones - leurs bénéfices ne contribuent pas à améliorer la position du Trésor, dont la situation s'aggrave avec l'augmentation du déficit du budget de l'Etat. Leurs bénéfices contribuent néanmoins à l'épargne publique et peuvent 6tre partiellement utilisés pour financer les investissements publics de certains secteurs, tels les télécommunications. 64. En revanche, la Compagnie Air Mauritanie a toujours accusé des pertes, couvertes en grande partie par des subventions spéciales de la France. Toutefois, depuis que la Mauritanie a acquis un Ilyouchine, l'important déficit d'exploitation de cet appareil est passé à la charge de l'Etat, qui a versé plus de 100 millions de FCFA à Air Mauritanie en 1968. L'abattoir de Kaedi sera déficitaire aussi longtemps que la commercialisation de la viande ne sera pas mieux organisée. L'Office des transports a d-a 4tre fermé en raison de son mauvais fonctionnement. Quant aux pertes liées à l'exploitation de l'usine de dessalement de l'eau de mer et de la centrale de Nouakchott, elles sont couvertes conjointement par la France et par la Mauritanie. - 30 - 5. Situation générale, Trésor et dette publique Les dépenses du Gouvernement central et leur financement (en milliards de FCFA) Budget de l'Etat Moyennes Résultat Investis- Déficit annuelles Recettes Dépenses net sements total 1960-64 2,8 3,8 -1,0 2,0 -3,0 1965-68 5,1 4,7 +0,h 2,5 -2,1 1969E 5,8 6,h -0,6 4,7 -5,3 Financement du déficit Moyennes Aide Crédits- Factures Financement Répercussions annuelles extérieure fournisseurs impayées (total) sur le Trésor 1960-64 2,9 - - 2,9 -0,1 1965-68 2,2 - 0,1 2,3 +0,2 1969E 3,0 1,1 0,2 4,3 -1,0 65. Comme il a déjà été mentionné, la position financière du gouvernement central s'est considérablement modifiée, d'une part entre la première et la seconde moitié de la décennie 1960, et d'autre part en 1969. Quoique précaire, la situation a tendu à s'améliorer jusqu'en 1965. Entre 1960 et 1965, les réserves ont décliné légèrement en raison des importants déficits enregistrés par le budget ordinaire et le budget global, qui n'ont été que partiellement couverts par l'aide extérieure. Entre 1965 et 1968, le budget ordinaire a enregistré pendant quatre années un léger excédent. Le total des fonds disponibles ayant été supérieur au déficit général, les réserves du Trésor ont légèrement augmenté. Cette situation favorable s'est brusquement détériorée en 1969. Au cours de cette année-là, les dépenses ordinaires et les investissements ont fortement augmenté eý dépassé largement les ressources disponibles. Les prélèvements effectués sur les avoirs du Trésor dans le courant dtune seulà année ont ainsi absorbé les excédents accumulés en quatre ans. Cette dégradation soudaine - dont les raisons n'ont pas encore été complètement élucidées - est d'autant plus inquiétante que les estimations concernant le budget de 1970 ne paraissent pas meilleures, de sorte qu'il fau.t s'attendre à de nouveaux prélèvements sur les réserves. - 31 - Situation du Trésor (en milliards de FCFA, à la fin de la période considérée) 1966 1967 1968 1969 Actif: Moyens de trésorerie 0,7 1,1 0,9 0,h Avances aux offices régionaux du Trésor6 0 0, 0, Total 1, 1, _6 1, Crédits: Dépâts aux chèques postaux 0,3 0,3 0,4 0,2 Dép6ts effectués par des fonds spéciaux et des institutions publiques 0,4 0,5 0,7 1,2 Factures à recouvrer - 0,1 0,1 0,1 Réserves 9 0,4 Z2 Total 1 1,8 1, l, 66. Il est à redouter que l'on enregistre en 1970 un nouveau déficit qui devrait 4tre financé par le Trésor. En effet, les liquidités de l'Etat ayant décliné de prâs de deux tiers depuis 1967, elles ne pourraient suffire 1 couvrir un déficit de l'ampleur de celui de 1969. Jusqu'à présent, le Trésor a été aidé par l'augmentation considérable des dépôts effectués par des fonds spéciaux et autres institutions publiques. Sinon ses liquidités auraient été épuisées avant la fin de 1969. La situation semble inquiétante pour l'avenir, car d'une part rien ne prouve que ces dépôts vont continuer à augmenter; d'autre part, les fonds accumulés dans les comptes spéciaux, qui servent au financement de déficits budgétaires, sont en fait détournés de leur destination originelle. Si on voulait, par exemple, utiliser les dépôts du fonds de péréquation du sucre (0,2 milliard de FCFA) pour contrecarrer une augmentation soudaine du prix du sucre por le Trésor, il ne manquerait pas de se poser des problèmes très sérieux qui emp4cheraient pratiquement l'exécution d'une telle opération. La situation difficile du Trésor est une raison supplémentaire pour que l'on s'efforce d'améliorer rapidement la situation budgétaire. lf Les données concernant le Trésor ne sont pas entièrement comparables avec celles du budget. Les chiffres du Trésor concernent l'année civile, tandis que les chiffres budgétaires incluent la périod- complémentaire (le lor janvier au 31 d-rs d l'année suivante). - 32 - Evolution de la dette extérieure publique (encours de la dette à la fin de l'année, en milliards de FCFA) 1967 1968 1969 y compris y compris y compris partie partie partie partie partie partie versée non versée versée non versée versée non versée Prêts bilatéraux 2,6 4,2 3,0 5,8 3,4 6,0 Crédits IDA 0,2 1,6 0,4 1,6 1,1 2,7 Crédits- fournisseurs 2,4 2,h 2,h 2,4 3,0 3,8 Autres 01 01 02 02 O, 0 Total 5,3 8,3 60 100 7,7 12,7 67. En raison du nombre croissant des prêts étrangers et des crédits-fournisseurs, la dette publique mauritanienne s'est considérablement alourdie entre 1967 et 1969, grevant ainsi fortement le budget des prochains exercices. En l'espace de trois ans, l'encours de la dette publique extérieure s'est accru de 45 pour cent (montants décaissés) et de 53 pour cent (y compris les montants non décaissés). Les crédits--ournisseurs seuls ont augmenté de 58 pour cent et les obligations annuelles au titre du service de la dette ont presque triplé, passant de 250 - 300 millions de FCFA en 1967-68, à 700 - 800 millions de FCFA en 1969-70. Bien que l'on espère pouvoir financer près d'un tiers de ces montants (dette de la SOMAP et de la SOMIP) au moyen de sources extra-budgétaires, le service de la dette pèsera fortement sur le budget. La politique financière du gouvernement n'a pas eu seulement pour effet de réduire les réserves, mais elle a encore gravement compromis l'équilibre des budgets futurs. - 33 - III. EVOLUTION ET PERSPECTIVES DES PRINCIPAUX SECTEURS A. Secteur Rural 1. Agriculture 68. En raison du faible volume des précipitations, concentrées sur une courte période de temps, la Mauritanie est essentiellement un pays d'élevage; la terre n'est cultivée que sur une bande étroite le long de la frontière sud du pays et dans quelques oasis du nord. Selon les esti- mations, l'agriculture est la principale activité de 25% de la population totale. Il s'agit d'une occupation où excellent les noirs alors que les nomades maures cultivent parfois un peu de mil. La part de l'agriculture dans le PIB total (au coût des facteurs) est tombée d'environ 14% en 1959 à un peu plus de 6% en 1969; la raison en est que la croissance de la production agricole (inférieure à 1,5e par an au cours des dix dernières années) a été beaucoup plus lente que celle du reste de l'économie, en partie à la suite d'une importante baisse de la production de dattes. Abstraction faite des dattes, la production agricole à prix constants a augmenté au taux annuel moyen d'environ 2,85,, soit à un rythme supérieur au taux d'accroissement estimatif de la population rurale. 69. Le mil (60-65f) et les dattes (environ 201") constituent l'essen- tiel de la production agricole. Il est pratiquement impossible d'obtenir d'autres récoltes sans réaliser de coûteux travaux d'irrigation. La cul- ture du riz et du niebé, sur les étroites bandes de terre qui longent les rives du fleuve Sénégal, semble s'être développée assez rapidement au cours des dernières années, le riz ayant commencé à remplacer graduelle- ment le mil dans l'alimentation de la population; la production totale reste cependant très faible. Le pays produit en moyenne suffisamment de mil pour satisfaire les besoins de consommation (le mil est, avec le lait et la viande, la principale denrée alimentaire du pays). Par contre, l'accroissement de la consommation de riz, notamment dans les centres urbains, a entraîné une augmentation des importations qui s'élèvent actuellement à 12-15.000 tonnes en moyenne par an. Quelques progrès ont été enregistrés dans la production, en culture irriguée, de cultures secondaires telles que les légumes dont la demande augmente dans les centres urbains, 70. Les conditions climatiques constituent le principal obstacle au développement de la production agricole, et ne permettent guère de cultiver en culture sèche d'autres produits que le mil et les dattes dont la demande intérieure est en principe satisfaite et dont l'exporta- tion est pratiquement impossible; quant aux cultures irriguées (telles que le riz et la canne à sucre), dont la demande intérieure ne cesse de croître, leur production est gravement limitée par l'irrégularité des crues du fleuve Sénégal qui rend l'irrigation très coûteuse. Ainsi, d'une part il n'existe pas de débouché pour les cultures susceptibles d'être développées (le mil par exemple), d'autre part, il est difficile -34- de développer sur une grande échelle des cultures telles que le'riz et la canne à sucre, qui pourraient facilement se vendre sur le marché intérieur. ESn ce qui concerne le mil, la faible capacité d'absorption du marché intérieur, aggravée par les grandes distances qui séparent les divers centres de consommation, contribue à aggraver le coût du commerce intérieur, comme l'a démontré, en 1967, la réalisation d'un programme de labourage à traction animale dans la région du Néma; celui-ci a eu pour résultat une forte augmentation du rendement et a entrainé une grave surproduction, lesquels ont à leur tour provoqué une baisse rapide des prix à la production, et ont mis les agriculteurs parti- cipant au programme dans l'impossibilité de payer leurs dettes. Les possibilités d'amélioration et d'expansion rapide de l'agriculture en Mauritanie seront limitées aussi longtemps que l'on ne construira pas sur le fleuve Sénégal un ou plusieurs barrages à fins multiples permettant de développer considérablement l'irrigation - aspect envisagé dans les pro- grammes de l'OERS -et dans las projets généraux d'aménagement du fleuve Sénégal. 71. Il existe néanmoins un petit nombre de projets dont la réalisa- tion mérite d'être poursuivie. Le projet Gorgol est certainement le plus prometteur (le PNUD finance une étude relative à ce projet, qui devrait être achevée en 1972). Si les prévisions se révèlent exactes, ce projet permettrait d'irriguer plus de 16.000 ha de terres sur lesquelles pour- raient être cultivés la canne à sucre, le riz et le mil, et d'aménager une superficie à peu près égale en pâturages; la réalisation de ce projet permettrait donc de satisfaire près de la moitié de la demande intérieure de riz et la totalité de la demande intérieure de sucre. Etant donné l'état actuel des connaissances et compte tenu des observations faites, ce projet semble être le seul justifiable du point de vue économique. Parmi les autres projets, qui sont tous de moindre envergure, certains, tel le projet de Boghé, seraient viables si l'on parvenait à obtenir deux récoltes de riz par an, ce qui n'a encore jamais été réalisé en Mauritanie. Le projet portant sur près de 3.400 ha de rizières, réalisé par la Chine communiste, semble être une réussite du point de vue tech- nique; mais sa rentabilité ne sera assurée que lorsqu'il sera possible d'obtenir deux récoltes par an. A la suite des résultats décevants de certains grands projets d'irrigation, on a voulu réaliser en 1967 quelques petits travaux d'irrigation aux abords de villages situés sur les rives du fleuve (projet Vinding), mais après un début prometteur, de sérieux problèmes de gestion se sont posés. Le F"D n'en poursuit pas moins la réalisation de ces projets, et pourrait réussir à mettre au point une formule applicable aux régions situées en bordure du fleuve Sénégal. 72. Les études relatives au bassin du fleuve Sénégal, financées par le PNTUD, n'ont pas permis jusqu'à présent d'accélérer le développe- ment agricole en Mauritanie. Il existe néanmoins un important projet d'irrigation, dont la réalisation est en partie liée à la décision de l'OERS relative au fleuve Sénégal, qui pourrait bénéficier de ces études; il s'agit du projet Aftout-es-Saheli, qui vise à remplir d'eau -35 - douce l'immense dépression littorale qui s'étend vers le nord sur près de 160 km, des rives du S'négal jusqu'aux abords de Nouakchott. Depuis 1957, plusieurs avant-projets ont été préparés, dont la réalisation permettrait de développer l'élevage et la culture du riz et des légumes sur une superficie évaluée à plus de 50.000 ha, et d'améliorer l'ap- provisionnement en eau de la capitale. Les coûts du projet et sa justi- fication économique dépendent dans une large mesure de la construction d'un barrage en amont de Saint-Louis, prévue dans le cadre du projet de régularisation des eaux du fleuve Sénégal; en effet, si ce barrage était construit, le montant des investissements nécessaires à la réalisa- tion du projet Aftout-es-Saheli serait beaucoup moins élevé. Le PNUD et le Gouvernement mauritanien examinent ensemble la possibilité d'entre- prendre une étude d'ensemble de ce projet qui serait certainement fort utile. 73. Il serait possible de développer considérablement les cultures sèches en améliorant simplement les techniques agricoles et en faisant usage d'engrais. La seule denrée susceptible d'être exportée, et dont l'augmentation de la production ne risquerait donc pas d'être freinée par l'absence d'une demande intérieure est l'arachide, cultivée dans la région de Guidimaka, à la pointe sud du pays, où le volume des préci- pitations est comparable à celui du bassin arachidier sénégalais; la production actuelle d'arachide dans cette région est destinée à la consommation locale. Bien que Guidimaka ne soit pas très bien desservi au point de vue des communications, les possibilités d'amélioration et d'encouragement de la production d'arachide dans cette région méritent d'être étudiées. 7h. Le développement de la production de dattes se heurte à quatre problèmes qui rendent impossible l'exportation de grandes quantités et dont la solution n'est pas encore en vue: la qualité médiocre du produit, de graves problèmes phytosanitaires, le régime foncier et le coût élevé des transports. Depuis plusieurs années, les deux premiers problèmes font l'objet d'études qui bénéficient d'une aide importante de services français. L'absentéisme des propriétaires fonciers, nomades pour la plupart, ne manifestant que peu d'intérêt pour leurs plantations de dattiers, est une des causes de la qualité médiocre des récoltes et donc de leur peu de valeur. Quant aux transports, le bitumage de la route Nouakchott-Akjoujt n'améliorera que légèrement la situation. Il semble donc qu'à l'heure actuelle il y ait peu de chance d'accroître la production de dattes. 75. D'une façon générale, le développement de la production agricole est gravement freiné par l'absence d'un service de vulgarisa- tion agricole efficace. Cette carence doit être attribuée d'une part à linsuffisance des crédits budgétaires destinés notamment à l'achat d'équipement et de fournitures, et d'autre part au nombre réduit d'agents de vulgarisation convenablement formés. Les services de - 36 - vulgarisation ont presque cessé de fonctionner en raison du manque de matériel de transport dans les campagnes, et les contacts entre les services centraux et les services locaux de vulgarisation sont inexistants faute de crédits. Cette situation très regrettable est en partie à la source des difficultés de gestion rencontrées dans la réalisation de plusieurs projets d'irrigation. A l'encontre d'autres pays francophones d'Afrique qui ont dû faire face à de semblables difficultés, la Mauritanie n'a pas eu la possibilité de remplacer ses services publics de vulgarisation, devenus inefficaces à la suite de la diminution des crédits, par des organismes spécialisés étrangèrs. Le nombre des sociétés qui sont intervenues en Mauritanie au cours des deux dernières années pour assurer des services de vulgarisation et de gestion est resté en effet très limité. Le pays manque ainsi des structures qui lui seraient nécessaires pour réaliser avec succès des projets agricoles, qu'il s'agisse de cultures irriguées ou sèches. Or, sans une amélioration considérable des services de vulgarisation, il faut s'attendre à peu de progrès dans ce domaine. Dépenses réelles du budget courant pour l'agriculture et l'élevage (En millions de francs CFA) 1960 1962 1964 1966 1968 Salaires 95 107 112 116 140 Matériel 89 61 55 45 37 Total 18h 168 167 161 177 En pourcentage du total des dépenses courantes 6% h% h% h 3% 76. La complexdté du régime foncier entrave non seulement le déve- loppement de la production des dattes, mais aussi toute tentative d'amé- lioration dans les autres domaines de l'agriculture. Les terres arables fertiles le long du fleuve appartiennent en grande partie aux popula- tions maures mais elles sont cultivées par les populations noires dans le cadre d'accords fonciers très complexes; les cas de propriété col- lective sont rares. La rigidité et la complexité du régime foncier empêchent l'exécution des projets d'irrigation qui souvent imposent des remembrements; d'autre part, le tribut élevé versé aux propriétaires par les agriculteurs ôte dans bien des cas, à ces derniers, tout désir d'améliorer et de développer la production. - 37 - 2. Elevage (Pour de plus amples détails, se reporter au volume II du présent rapport.) 77. Avant le début de l'exploitation minière en 1963, l'élevage était de loin le plus important secteur de l'économie mauritanienne, mais le rapide accroissement de la production minière depuis dix ans a ramené la part de l'élevage dans le PIB d'environ 45% en 1959 à 27% en 1968. Toutefois, si l'on déduit de la valeur de la production le montant des revenus nets des investissements et des transferts de capitaux privés versés à l'étranger (négligeables pour l'élevage mais très importants pour l'industrie minière), l'élevage reste le plus important secteur de l'économie mauritanienne. Il représente 34% du PNB, alors que le secteur minier y participe pour 19%. Par ailleurs, environ les deux tiers de la population mauritanienne vivent de l'élevage. 78. La composition du cheptel a peu changé au cours des dernières années: les bovins constituent un peu moins de la moitié de la valeur ajoutée, les ovins et caprins un tiers, et les chameaux un sixième. Environ 55% de la production consiste en bétail (boucherie ou reproduc- tion), et h5 en lait. Alors qu'une partie importante du bétail est vendue dans le pays ou exportée, le lait est presque entièrement consommé par les producteurs, les principales agglomérations urbaines, situées dans le nord du pays,étant trop éloignées des centres de production pour être approvisionnées en lait frais. Le bétail, qu'il soit destiné à la consommation intérieure ou à l'exportation, est vendu sur les marchés traditionnels, en majeure partie par des négociants mauritaniens. Il est amené sur pied jusqu'aux centres de consommation (Nouakchott, Dakar, etc.) où il est abattu. Afin d'approvisionner Nouadhibou et les centres miniers du nord, trop éloignés pour qu'on puisse recourir à ce mode rudi- mentaire de transport, et de permettre les exportations de bétail à destination des îles Canaries, le FAC a financé la construction, à Kaédi, sur le fleuve Sénégal, d'un abattoir dont les résultats sont jusqu'à présent assez peu satisfaisants. Faute d'un service dynamique d'achat et de vente, cet abattoir fonctionne au ralenti; ses installations n'étant pas utilisées à pleine capacité, les frais d'exploitation sont élevés, ce qui ne facilite pas les ventes dans les villes minières du nord. 79. Le taux de croissance de la production animale, qui s'élevait à 3% par an jusqu'en 1963, est passé à 6-7C au cours des cinq dernières années, à l'exception de 1969 où à la suite d'une période de sécheresse inhabituelle, le cheptel a fortement diminué. L'augmentation du taux de croissance de la production animale est due au succès d'un programme de lutte contre la peste bovine, qui a permis, en 1968, d'enrayer cette ma- ladie endémique. Ce programme a été financé et exécuté grâce a une aide française et américaine. - 38 - 80. Si l'effectif du cheptel n'a pas cessé d'augmenter depuis l'accession du pays à l'indépendance, la superficie des pâturages est restée stationnaire, elle aurait même eu tendance à diminuer. En effet, à la suite de la réduction des crédits les pare-feu ne sont plus entre- tenus depuis plusieurs années et ont même presque entièrement disparu; l'entretien des puits a été négligé et le nombre des puits hors d'usage ne cesse d'augmenter. De grandes étendues de pâturages ont été soit détruites par le feu, soit rendues inutilisables par le manque d'eau, ce qui a entraîné une diminution de la densité du bétail dans certaines régions. En outre, l'efficacité des services vétérinaires et des ser- vices de vulgarisation (a l'exception des services fournis à court terme dans le cadre du programme de lutte contre la peste bovine) a beaucoup diminué faute de crédits et de personnel spécialisé, ce qui compromet la santé du cheptel à l'avenir. 81. Si les pouvoirs publics n'accordent pas une priorité plus grande à l'élevage, un secteur négligé jusqu'à présent, on prévoit que le taux annuel de croissance de la production retombera au niveau antérieur à la campagne contre la peste bovine, c'est-à-dire 3%. Il risque même de baisser davantage si les superficies consacrées aux pâturages continuent à diminuer. Or, on pourrait atteindre une crois- sance annuelle d'environ 5% par an si l'on parvenait, au cours des neuf prochaines années, à augmenter de 14% par an (taux actuel) à 16% environ le taux brut de production des bovins,et celui des ovins et caprins, de 27% à 30%. Ces résultats pourraient être obtenus, dans le cadre de la réalisation d'un programme d'ensemble, dont les détails sont donnés dans le volume II du présent rapport, comprenant: la remise en état ou l'établissement de pare-feu; la construction de puits, la réorgani- sation des services vétérinaires et des services de vulgarisation. L'exécution de ce programme est d'une importance primordiale puisqu'il permettrait de doubler le taux de croissance du revenu par habitant des deux tiers de la population (qui passerait de 2 à 4% par an). Néanmoins, sa réalisation (bien que le nouveau plan lui accorde une place prépondérante) se heurte actuellement à l'absence de structures et au manque de crédits, même dans l'hypothèse où l'aide extérieure financerait une partie importante des dépenses en monnaie locale. Les pouvoirs publics, s'ils en ont la volonté ferme, sont toutefois à même de surmonter ces difficultés en procédant à une nouvelle affectation des postes du budget de fonctionnement et en augmentant les recettes ordinaires. 3. Sylviculture 82. La principale activité de ce secteur consiste dans la ré- colte et l'exploitation de la gomme arabique extraite d'arbres poussant à l'état naturel, dont le produit entre pour environ 1% dans le PIB. La hausse des cours mondiaux a provoqué une forte augmentation de la production, qui de 2.000 à 2.500 tonnes au moment de l'accession du - 39 - pays à l'indépendance, est passée à environ 5.000 tonnas en 1968 et 1969. Elle a également augmenté le risque de saignées précoces, dangereuses pour la santé des arbres et susceptibles d'entraîner une diminution des rendements et une chute de la production. Mais là encore, le manque de crédits empêche les services forestiers de contrôler l'application des règlements. 83. La production de gomme arabique est traditionnellement exportée vers le Sénégal où elle est traitée, avant d'être exportée vers l'Europe. Les autorités mauritaniennes étudient depuis quelque temps la possibilité de traiter la gomme arabique sur place, et de l'exporter via Nouakchott. Mais l'absence d'un organisme de commercialisation compétent et le manque d'expérience dans ce domaine posent des problèmes dont le gouvernement ne devrait pas sous-estimer l'importance. En outre, il est certain que l'exportation via Nouakchott au lieu de Dakar entraînera des frais sup- plémentaires, droÙ pourraient résulter une baisse des prix à la production et par conséquent une diminution des revenus des zones rurales. h. Pêches (Pour de plus amples détails, se reporter au volume III du présent rapport.) 84. Les pêcheries de la côte mauritanienne et du littoral adjacent du Sahara espagnol sont parmi les plus poissonneuses du monde. Elles constituent un potentiel considérable pour l'économie mauritanienne. Elles sont exploitées depuis longtemps par des bateaux de pêche provenant des îles Canaries, mais sans grand profit pour la Mauritanie. Depuis une cinquantaine d'années environ, une petite société française de traitement du poisson est en activité à Nouadhibou, qui est le seul port naturel du pays, situé sur une côte totalement déserte aux abords de la frontière du Sahara espagnol et privée de toute communication routière avec le reste du pays, 85. Fn 1965, l'Etat a entrepris la réalisation d'un ambitieux pro- gramme comportant trois projets principaux: la construction d'un port de pêche, la création d'une flotte de pêche nationale et l'implantation d'usines de traitement. Il était prévu que le port et l'usine de congé- lation, dont la construction était financée par le FED, deviendraient par la suite propriété de l'tat. Deux organismes semi-publics dont la gestion a été confiée à un entrepreneur de pêche français, associé minoritaire de l'Etat, ont été créés pour administrer la flotte de pêche et l'usine de farine de poisson. Le coût total de l'investissement (y compris les fonds de roulement), d'un montant de plus de trois milliards de FCFA, a été financé dans la proportion de 63% par des crédits-fournisseurs, et de 18% par le FAC et la CCCE; les capitaux fournis par l'entrepreneur privé représentant moins de 6%. Une gestion déplorable et l'insuffisance des ressources financières ont malheureuse- ment fait échouer le projet alors qu'il était encore en cours de - 40 - réalisation. Le port et l'usine de farine de poisson ont été construits comme prévu, mais ils n'ont presque pas été utilisés, la flotte de pêche ayant été liquidée avant même d'avoir été entièrement constituée. 86. Cette expérience malheureuse, qui a retardé de plusieurs années le développement de la pêche en Mauritanie, a conduit l'Etat à modifier sa politique dans ce secteur; il encourage aujourd'hui les chalutiers étrangers à venir pêcher le long des côtes mauritaniennes et à vendre leurs prises à Nouadhibou, assurant ainsi l'approvisionnement des industries locales de transformation. L'Etat a entrepris par ailleurs de réorganiser l'industrie de transformation du poisson, et de la développer substantiellement avec la participation du Gouvernement espagnol, qui a financé la construction en Mauritanie d'une importante usine de transformation à fins multiples, comprenant des installations de congélation, de production de farine de poisson et de dessication. Ces installations sont actuellement en service. Il en résulte une forte augmentation de l'activité des industries de transformation de Nouadhibou et un accroissement des quantités de poissons débarqués dans ce port. Toutefois, les installations portuaires, insuffisantes pour satisfaire les besoins croissants des entreprises, constituent un véritable goulot d'étranglement qui empêche toute nouvelle expansion du secteur de la pêche. 87. Comme il est indiqué en détail dans le volume III du présent rapport, la modernisation et l'agrandissement du port de pêche viennent au premier rang des projets de développement d'un secteur dont la crois- sance est vitale pour l'économie d'un pays dont les ressources sont limitées. Bien que le secteur de la pêche et du traitement du poisson soit presque entièrement entre les mains de sociétés étrangères, il est possible d'envisager a moyen et à long terme une participation crois- sante des sociétés mauritaniennes (ce qui n'est pas le cas dans le secteur minier) et c'est un des objectifs que devrait se fixer l'Etat. Le projet portuaire, inscrit au nouveau plan, a été soumis à l'examen de la Banque. 88. L'expansion des activités de la pêche moderne et de la trans- formation du poisson (sans tenir compte de la pêche fluviale et la pêche traditionnelle sur la côte) devrait permettre de doubler la valeur ajoutée par ces secteurs (de 1,1 milliard de FCFAX en 1969 a 2,2 mil- liards en 1970) à la suite de l'application de la nouvelle politique de l'Etat en ce domaine, et grâce aux amáliorations apportées aux instal- lations de traitement. Si les installations portuaires n'étaient toute- fois pas développées, l'augmentation de la valeur ajoutée totale ne devrait pas dépasser 5,5'J, par an après 1970, pour atteindre 2,9 milliards de FCFA en 1975, alors que les conditions du marché mondial, les res- sources naturelles en poisson et les installations de conditionnement de Nouadhibou permettraient d'atteindre une valeur ajoutée d'environ 9,4 milliards de FCFA en 1975, ce qui représente une augmentation de 33e - 41 - par an. L'écart de 6,5 milliards de FCFA entre ces deux chiffres de valeurs ajoutées représente 10% du PIB total de 1975. L'expansion du port constitue donc un facteur important de la croissance économique de la Mauritanie. B. Industries et services 1. Le secteur minier 89. C'est le secteur minier, dont le taux de croissance s'est élevé à plus de 100 par an, qui s'est développé le plus vite au cours des dix dernières années. Sa production pratiquement nulle en 1960, stélevait à plus de 14 milliards de FCFA en 1969, ce qui correspond à 31% du PIB au coût des facteurs. Particulièrement rapide au cours des premières années, la croissance du secteur minier s'est ensuite ralentie. Elle plafonne à moins de 14% par an depuis 1964. La forte progression du PIB total au cours des dix dernières années (9,2% par an) est due en grande partie au développement du secteur minier. Sans celui-ci, le taux de croissance de l'économie mauritanienne aurait été réduit de moitié. C'est également au secteur minier que l'on doit l'augmentation de plus de 23% par an des recettes publiques. 90. Le secteur minier ne comportait jusqu'en 1970 qu'une seule entreprise, la société d'exploitation de minerai de fer MIFEMA, qui est entrée en production en 1962, et depuis 1965 contribue pour près d'un tiers à la formation du PIB total de la Mauritanie, et pour 75% de ses exportations. Cependant, comme il a été indiqué précédemment, l'influence de la MIFERMA sur l'économie du pays et sur le niveau de vie de la population de la région, assez iipressionnante si l'on s'en tient aux statistiques, est en réalité très restreinte. La 1IFERA est restée à l'état d' "enclave". Sa croissance rapide n'a donc eu que des effets d'entraïnement très limités sur l'économie mauritanienne, exception faite de l'administration publique, dont les revenus se sont accrus à la suite de l'entrée en activité de la MIFERMA. Il est regret- table toutefois que ces fonds n'aient pas toujours été utilisés dans un sens propice à la croissance économique. Depuis 1965, MIFERMA a con- tribué aux recettes de l'Etat dans une proportion d'environ 25%, ce qui constitue certes une part imposante bien qu'elle soit sensiblement inférieure à la contribution de l'industrie extractive au PIB. Le sec- teur minier moderne étant très capitalistique, l'emploi de Mauritaniens par la MIFEMA. reste faible (3 à 4.000), alors que les revenus nets des investissements et les transferts de capitaux privés à l'étranger sont très élevés et représentent environ la moitié de la valeur ajoutée totale. 91. A moyen terme, la MIF1RMA prévoit de porter ses exportations à 11,4 millions de tonnes en 1973 (actuellement 9 millions de tonnes), grâce à la vente de minerais à faible teneur, sous-produits de l'exploi- tation de minerai de haute teneur (les minerais pauvres ont une teneur - h2 - en fer de 55%, les minerais ordinaires ont une teneur de 63-67%). L'extraction de ce minerai pauvre pourrait permettre de réduire légère- ment la production de minerai à forte teneur, et par conséquent per- mettre de retarder la fermeture de la mine aux environs de 1985 lors de l'épuisement des gisements actuellement connus. 92. A long terme, la MIFEMA (ou une nouvelle société créée à cet effet) envisage de commencer l'exploitation de gisements souterrains de magnétite (teneur en fer de 40-455) - évalués à 1-2 milliards de tonnes - découverts à l'intérieur du périmètre de sa concession, à 30 km au nord de l'emplacement actuel de la mine. La réalisation de ce projet, qui dépend des perspectives d'évolution des cours mondiaux du minerai de fer et du volume des ressources en minerai à haute teneur, devrait permettre à la Mauritanie de poursuivre l'exploitation de ses richesses minières pendant plusieurs dizaines d'années encore. On estime que les investis- sements nécessaires, notamment pour la construction d'une usine de concen- tration du minerai à faible teneur mais de haute qualité, seraient de l'ordre de $100 à 200 millions. Ce projet dépend de la mise au point d'une méthode de concentration simple adaptée aux conditions du désert mauritanien, c'est-à-dire n'exigeant pas de grandes quantités d'eau. 93. La SOMIMA, qui est devenue la seconde entreprise minière du pays, a commencé l'exploitation des mines de cuivre à Akjoujt dans le courant de l'automne 1970. La SOMIMA est une société privée dans la- quelle l'Etat détient une participation de 22% et la SFI une participa- tion de 15%. On prévoit qu'elle produira environ 55.000 tonnes par an de concentrés de cuivre (à 55%) au cours des sept prochaines années. Ces quantités augmenteront lorsque commencera l'extraction des minerais de sulphure. Selon les calculs, les gisements de la SOMIMA devraient être épuisés en 18 ans. Avec une valeur ajoutée d'environ 6,5 milliards de FCFA par an, la SOMIMA participera à raison de 13% à la formation du PIB, mais elle n'emploiera qu'environ 400 Mauritaniens. Sa contribution à la croissance des recettes de l'Etat sera négligeable au cours des cinq premières années de son activité, mais son apport est appelé à augmenter considérablement par la suite. 94. A l'exception de quelques gisements de sel, qui seront peut- être exploités afin de satisfaire les besoins de la SOMIMA (10.000 tonnes par an), il n'existe dans le pays aucune autre ressource minière connue paraissant d'une exploitation rentable dans un avenir rapproché; l'extraction de l'yttrium, commencée en 1967, a été abandonnée deux ans plus tard, en raison du coût élevé des opérations. La croissance du secteur minier qui devrait être très rapide en 1971, devrait se ralentir lorsque la production de cuivre aura atteint un rythme d'extraction noimal; elle sera d'environ 10% par an en moyenne Pu cours de la période 1970/75, c'est-'-dire sensiblement inférieure à. ln moyenne ds cinq années précédentes. La mauritanisation progressi-v3 du s3cteur rini3r pourrait accroitre son influcnce sur l'économie du pays, n?is il restora néanmoins une industrie enclavée dont les effets d'entraînement sur les autres secteurs de l'économie resteront limités. Il est difficile d'envisager comment le Gouvernement pourrait changer cet état de choses. - 43 - 2. Secteur industriel 95. Le secteur industriel mauritanien est peu important en raison d'une part de la faiblesse de la demande intérieure et d'autre part de l'absence de matières premières susceptibles d'être transformées facile- ment, à l'exception du poisson. Les industries de traitement du poisson ne sont pas comprises dans cette généralisation car elles contribuent en fait pour les trois quarts à la formation de la valeur ajoutée totale du secteur industriel. On suppose qu'elles se dévelop- peront considérablement à partir de 1970, avec l'expansion des activités de la pêche. La contribution du secteur industriel au PIB est passée d'environ le en 1959-60 à 1,6% on 1969, en raison de la croissance de l'industrie transformatrice du poisson, qui a dépassé 14% par an au cours des dix dernières années. 96. Comme il est indiqué en détail dans la section consacrée au secteur de la pêche, le développement rapide de l'industrie transforma- trice du poisson au cours des 5 ou 10 années à venir est possible si le port de pêche est aménagé et agrandi en temps voulu. Ceci permettrait d'augmenter de 3 à 8 fois sa valeur ajoutée, entre 1969 et 1975. Bien que, même dans l'hypothèse la plus optimiste, la valeur ajoutée par cette industrie restera de 257 inférieure à la valeur ajoutée par la SOMIMA en 1975, l'industrie transformatrice du poisson pourra employer 4 à 5 fois plus de Mauritaniens que l'industrie extractive du cuivre, sans tenir compte des emplois annexes que la pêche elle-même peut offrir.!/ La pêche et le traitement du poisson peuvent donc jouer un r6le important dans le développement économique de la Mauritanie. 97. Le seul autre projet important actuellement à l'étude concerne la création à Rosso d'une usine de textiles. Toutefois, l'absence de matières premières et la faiblesse de la demande intérieure font douter du succès de l'entreprise, de sorte que toute participation ou garanties qui pourraient être requises du Gouvernement devraient être précédées d'une étude approfondie. La construction à Nouakchott d'une petite fabrique d'allumettes et d'une scierie est également à l'étude. On peut s'interroger sur le choix de la localisation de cette industrie qui traitera des matières premières importées et qui par conséquent sera sur- tout tributaire d'un port fonctionnant bien, et à faible coût. En résumé, l'expansion soutenue du secteur industriel attendue au cours des cinq à dix prochaines années repose essentiellement sur le développement de l'industrie de traitement du poisson. La croissance annuelle moyenne de la valeur ajoutée par l'industrie manufacturière pourrait varier entre 16 et 43%, en fonction des investissements réalisés dans le port de Nouadhibou, soit . un taux nettement supérieur au taux de croissance du PIB total. Ainsi la part du secteur industriel dans le PIB au coût des facteurs pourrait se situer entre 2,4 et 8,4e en 1975. 1/ Pour plus amples détails, voir volume III, paragraphes 76-80. 3. Transports et commerce 98. Les transports posent un grave problème dans un pays à la population aussi clairsemée. La demande en transports (même potentielle) de certaines régions est tellement faible qu'elle ne pourrait justifier les investissements nécessaires et l'exécution de travaux d'aménagement durables. Le réseau des transports mauritaniens consiste essentiellement en une route qui, suivant la frontière occidentale du pays en direction sud-nord, part de Rosso sur la frontière du Sénégal, traverse Nouakchott (avec son wharf), rejoint les villes minières d'Akjoujt et de F'Derik, et continue vers l'Algérie. Cette route est bitumée de Rosso à Nouakchott, et les travaux de bitumage ont commencé entre Nouakchott et Akjoujt (pour permettre l'évacuation des concentrés de cuivre en utilisant le wharf de Nouakchott); elle devient ensuite une simple piste au nord de la ville d'Akjoujt, à partir de laquelle le volume des transports diminue sensible- ment. En effet F'Derik, ainsi que les quelques oasis situées au nord, sont principalement approvisionnées à partir du port de Nouadhibou par le chemin de fer de la IFERMA, qui rend à cet égard de grands services. Cette voie principale qui traverse surtout des zones à faible densité de population est complétée au sud par un réseau de transports fluviaux et routiers à médiocre rendement, qui d 1 ouest en est le long de la frontière sud, traverse les régions les plus peuplées du pays. Les 300 premiers kilomètres à l'est de Rosso sont desservis par un système de transports fluviaux pendant une moitié de l'année (lorsque la route est inondée) et par transports routiers pendant l'autre moitié (quand le niveau du fleuve Sénégal a baissé). Le FD a amélioré la piste Kaëdi- Kiffa sur 260 km grâce à la construction de ponts et autres ouvrages. Un grand nombre d'ouvrages insuffisamment dimensionnés et mal entretenus a été endommagé par les crues. La piste n'est toujours utilisable que pendant la saison sèche. A l'est de Kiffa, les pistes sont en général en mauvais état. Néma, principal centre de la région d'élevage du sud- est, située à 520 km de Kiffa, ne peut être atteinte que pendant la saison sèche, et avec des camions de faible tonnage ou des véhicules légers tous.terrains. Quelques voies de desserte et autres routes secondaires s'embranchent sur ces deux voies principales, particuliaremènt dans le sud. Elles relient les régions du sud au Sénégal et au Mali, pays où est exportée la plus grande partie du bétail mauritanien, et d'ou proviennent de grosses quantités de mil et autres biens de consom- mation introduits partiellement en fraude dans le pays. 99. En 1968, le parc automobile se serait élevé à 7-8.000 véhi- cules, dont près de 60,Z d'autocars, camions et autres poids lourds. En l'absence de comptage routier récent, il est difficile d'évaluer le volume du trafic, ce qui empêche toute planification rationnelle des transports. On évalue à 70.000 tonnes le volume des transports routiers, mais on connait mal leur provenance et leur destination. Le volume des transports fluviaux s'élèverait à environ 20.000 tonnes, ils consiste- raient essentiellement en sucre et en ciment. 100. Les transports aériens complètent ce réseau routier rudi- mentaire. S'ils jouent un rôle administratif et politique important, leur importance économique est limitée. Le pays dispose de douze aéro- ports capables de recevoir des avions quadrimoteurs. Nouadhibou est équipé pour accueillir des avions à réaction intercontinentaux; en outre, dix terrains d'atterissage peuvent recevoir des avions du type DC-3. Environ 50 à 60.000 voyageurs sont transportés chaque année entre les vingt aéroports locaux régulièrement desservis. Au wharf de Nouakchott, en service depuis 1966, environ U0.000 tonnes de produits importés (principalement riz et sucre) sont manutentionnés chaque année; les exportations ont été négligeables jusqu'au commencement de l'exploi- tation du cuivre. L'importation par le wharf de Nouakchott coûte cher en raison du surcharge élevé du fret maritime à destination de %ouakchott, et des difficultés posées par le déchargement sur allèges. Le port commer- cial de Nouadhibou manutentionne environ 50.000 tonnes de marchandises importées - la plupart étant destinées à la MIFERMA - et 15.000 tonnes de produits exportés (principalement du poisson) auxquelles s'ajoutent un assez gros volume de poissons exportés à partir d'appointements privés. Un volume de 8 à 9 millions de tonnes de minerai de fer exporté et 60 à 70.000 tonnes de produits pétroliers importés passent chaque année par le port minéralier. Aucune liaison routière relie Nouadhibou au reste du pays. 101. La politique des transports est dictée par la politique nationale en matière de commerce intérieur et extérieur, laquelle est fondée sur deux considérations principales et quelque peu contradictoires, a) l'Etat, pour des raisons surtout politiques, n'encourage pas les relations commerciales directes entre les régions du sud- est et les pays voisins, le Mali et'le Sénégal, qui tradition- nellement étaient très étroites; b) l'Etat s'emploie en même temps à iéduire le volume des impor- tations passant par le port de Dakar et s'efforce d'acheminer la totalité de son commerce d'importation par le wharf de Nouakchott en dépit des coûts élevés de cette opération, qui se répercutent sur les prix à la consommation, notamment dans les régions du sud qui pourraient être approvisionnées à moindre coût par le port de Dakar. SONI1HIEX, société d'impor- tation semi-publique, a été créée après la mise en service du wharf en 1966, afin de centraliser les importations à Nouakchott et de faire de la capitale le centre commercial du pays. 102. Ctest en fonction de ces deux objectifs que l'Etat a décidé de construire le wharf de Nouakchott et de faire bitumer la route Nouakchott-Rosso, et qu'il envisage la construction, à travers le désert, d'une route directe reliant Nouakchott à Kiffa et à l'est du pays, ainsi que l'aménagement d'installations portuaires à Nouakchott. - 46 - Les études relatives à ce dernier projet figurent au nouveau plan. La mission reconnaît qu'il est justifié sur le plan politique de s'efforcer d'intégrer la région sud-est au reste du pays et d'améliorer à cet effet, les liaisons routières entre cette région et l'ouest. Mais elle doute de l'utilité de l'objectif qui consiste à faire de Nouakchott le centre commercial du pays. Il est à craindre que ce projet pèsera lourdement sur l'économie nationale qui n'en retirera que peu d'avantages. En effet, Nouakchott ne réunit pas les conditions requises pour assurer les fonctions d'un bon centre commercial, étant située dans une région désertique, éloignée des principaux centres économiques du nord et du sud, sans aucun des avantages naturels qui favorisent la construction d'un port correspondant aux besoins de la Mauritanie et privé de tout arrière pays pouvant assurer sa vie économique. Toute tentative de cet ordre semble artificielle et coûteuse et aurait d'ailleurs peu de chances de succès. Le coût des marchandises livrées au départ de Nouakchott risquerait d'être trop élevé, ce qui donnerait inévitablement lieu - essentiellement dans le sud - le long des frontières du Sénégal et du Mali, à une contrebande considérable et encouragerait précisément le genre de relations com- merciales frontalières que l'on s'efforce d'éviter. Les difficultés rencontrées par la SOMINEX pour la vente de ses produits à des prix concurrentiels dans l'est du pays face aux importations clandestines du sud, illustrent cette situation. Cette société a en effet été contrainte de rechercher des voies moins coûteuses que le wharf de Nouakchott pour approvisionner ces régions. 103. La Mauritanie devrait, semble-t-il, chercher à organiser son commerce intérieur et extérieur de la façon la plus économique, ce qui implique, notamment, que le gouvernement accepte les conséquences de la concentration du potentiel économique du pays dans le nord (mines, pêcheries) et dans le sud (élevage), la bande centrale où se trouve la capitale étant pratiquement désertique. Il faudrait donner essentielle- ment à la capitale une fonction administrative. Elle est bien située à cet égard, se trouvant à mi-chemin entre les régions nord et sud. Le port de Nouadhibou, par exemple, dont la situation est idéale, pour- rait devenir le point de distribution des marchandises importées par mer pour l'ensemble du pays et desservir le sud de la Mauritanie moyen- nant la construction d'une nouvelle route ou, plus économiquement par cabotage jusqu'à Nouakchott et par le fleuve Sénégal jusqu'à Rosso, et pendant une partie de l'année jusqu'à Boghé et Kaëdi. 104. En dehors de ces projets, il faut nécessairement améliorer en priorité les liaisons routières à l'intérieur de la zone de culture du mil et de l'élevage située le long du fleuve Sénégal. Celles-ci sont indispensables au développement futur du secteur rural mauritanien. Plus la production de riz et d'arachides pour la vente augmentera, plus il sera nécessaire de disposer de liaisons routières satisfaisantes. La construction d'une route reliant directement Nouakchott à Kiffa à - 47 - travers le désert, et à plus forte raison l'aménagement d'un port à Nouakchott, sont difficiles à justifier (dans la mesure où l'on abandonne le projet de faire de Nouakchott le centre commercial du pays). Il ap- paraît donc qu'il n'y ait pas d'intérêt à faire exécuter les coûteuses études relatives à ces deux projets, qui sont inscrites au plan. 4. Services publics 105. L'électricité est produite par huit centrales réparties dans sept villes qui sont d'ailleurs les seules agglomérations du pays dis- posant d'électricité. La puissance installée, qui atteint au total 32.h00 W, appartient à raison de plus de 87T aux deux sociétés minières qui alimentent les villes minières de Zouerate F'Derik et Akjoujt, ainsi que Nouadhibou. Les installations publiques comprennent une centrale diesel et une usine de dessalement de l'eau de mer à Nouakchott (qui produit également de l'énergie) dont la puissance combinée approche 3.000 kW, et trois groupes générateurs situés à Rosso, Atar et Kaedi. La génératrice de Kaedi initialement prévue pour alimenter uniquement l'abattoir fournit aussi l'électricité nécessaire à la ville. Ces instal- lations sont gérées par MAURELEC, société publique dotée d'une partici- pation gouvernementale de 90%, qui assure également la distribution de l'eau. 106. Nouakchott, dont la population a augmenté à un rythme inattendu, manque d'électricité, ce qui est aggravé par le mauvais rendement de l'usine de dessalement. Dans l'immédiat, pour remédier à ce problème, l'Etat envisage d'augmenter de 1.400 MJ la puissance de la centrale, opération qui sera financée au moyen d'un crédit à long terme de la République Fédérale d'Allemagne d'environ 120 millions de FCFA. A plus longue échéance, on prévoit la construction d'une centrale diesel ou thermique, d'une puissance de 3 à 4.000 kW. La CCCE a été sollicitée pour financer éventuellement les travaux d'agrandissement du réseau de distribution. L'Etat prévoit aussi d'amliorer le réseau de distri- bution de Nouadhibou. Si les abattoirs sont utilisés à pleine capacité, il faudra aussi augmenter légèrement la puissance de la centrale de Kaedi. Aucun autre investissement dans le secteur de l'électricité n'est inscrit au Plan. 107. L'eau constitue un problème particulièrement important dans la capitale et les centres industriels du nord du pays. Nouakchott est alimentée par un puits situé à Idini, à 60 km à l'est de la ville, qui lui fournit 900 m3/jour, et par l'usine de dessalement, entrée en activité au commencement de 1969, dont la capacité théorique est de 3.000 m3 et la production réelle de 1.750 m3/jourl/. Nouadhibou est alimentée en eau par des canalisations d'unelongueur de 80 km, dont la pose, récemment terminée, a été financée par le FED, et par un réseau de distribution d'une capacité de 3.000 m3/jour dont la réalisation, au moyen de crédits de la CCCE, sera terminée en 1970. Akjoujt et F'Derik/ Zouérate sont alimentées par les sociétés minières; la plupart de- 1/ La production totale annuelle était de 571.000 m3 en 1969 et 656.000 m3 en 1970. - 48 - autres villes importantes ont un service public d'adduction d'eau relativement limité. 108. Tout comme pour l'électricité, Nouakchott souffre d'un grave manque d'eau qui entraine de fréquentes coupures et des mesures de rationnement. L'Etat envisage, dans une première phase, de porter à 6.000 m3/jour le volume d'eau acheminé à partir du puits d'Idini, grâce à la construction d'une canalisation supplémentaire qui, étant donné l'urgence des travaux, serait financée au moyen d'une aide de la République Populaire de Chine. Néanmoins, si la population continue à augmenter au même rythme, il faut prévoir de porter à environ 20.000 m3/ jour la fourniture d'eau au cours des 5 à 10 prochaines années. Ceci nécessitera soit la mise en place d'installations de pompage et le forage à Idini de plusieurs puits supplémentaires, soit la pose d'une canalisation de 210 km amenant l'eau du fleuve Sénégal. Outre la con- struction des grandes canalisations, il faudra étendre d'urgence le réseau de distribution dans les agglomérations pour faire face à l'aug- mentation de la population urbaine. Il faut envisager la réalisation à Nouadhibou de plusieurs investissements qui s'ajouteront au projet actuellement financé par la CCCE. Quelques crédits sont inscrits au Plan pour développer les réseaux de distribution d'eau à Atar et à Rosso. En revanche, plusieurs projets urgents qui devraient être réalisés dans au moins quatre autres centres secondaires ne figurent pas dans le Plan, faute de ressources financières. 109. Nouakchott se trouve sans aucun doute dans une situation dif- ficile; la croissance rapide de la population, les résultats décevants de l'usine de dessalement et la lenteur avec laquelle les plans sont élaborés ont créé une situation qui oblige les autorités ' adopter des solutions d'urgence qui peuvent bien remédier à court terme aux dif- ficultés actuelles mais qui ne résoudront pas d'une manière satis- faisante les problèmes à long terme. En outre, la vive reprise écono- mique de Nouadhibou, à la suite de la liquidation de l'ancien projet de pêcheries, justifie les investissements limités envisagés pour l'aménagement de ce port, et si la pêche s'y développe aussi rapidement qu'il est prévu, de nouvelles installations pourraient fort bien se révéler nécessaires. Néanmoins, la mission s'inquiète du nombre réduit de projets prévus dans les centres secondaires qui sont beaucoup moins bien équipés que la capitale et Nouadhibou. Il est vrai que la popu- lation de ces deux dernières villes est encore faible (20-40.000 habi- tants), mais l'immigration s'y intensifie progressivement, ce qui crée déjà de graves problèmes de chômage, surtout à Nouakchott ou, en dehors de l'administration publique et de la construction de bâtiments publics, les possibilités d'emploi sont pratiquement inexistantes. C'est pour- quoi l'Etat devrait, dans toute la mesure du possible, freiner l'afflux - >49 - des populations vers la capitale, afin d'éviter que le problème ne devienne insurmontable, comme c'est actuellement le cas à Dakar. Le développement de l'élevage et de l'agriculture qui accélérera la crois- sance économique intérieure peut contribuer à la solution de ce problème, mais il faut en outre améliorer les conditions de vie dans les villes secondaires qui sont actuellement pratiquement privées de toutes les infrastructures urbaines modernes telles l'eau et l'électricité, et de bonnes écoles. La réalisation de projets d'adduction d'eau et d'élec- tricité à Nouakchott et à Nouadhibou aura pour effet d'augmenter les migrations vers ces deux villes alors que ces mêmes investissements réalisés dans les centres secondaires tendraient à ralentir ce mouve- ment. La mission, bien que parfaitement consci.ente des difficultés de mise en oeuvre de sa proposition, estime qu'il conviendrait d'étudier sérieusement les problèmes que pose l'exode vers les villes et de prendre les mesures qui s'imposent pour freiner celle-ci. En effet, même si les avantages qui seront retirés à court terme d'une telle action semblent être limités ou nuls, il est encore temps d'empêcher l'expansion disproportionnée de Nouakchott alors que dans dix ans, il sera peut-être trop tard. C. Education (Pour plus de détails, se reporter au volume IV du présent rapport.) 110. Dix ans après l'indépendance, le système moderne d'enseigne- ment ne compte que 32.000 élèves, soit moins de 15% des enfants d'âge scolaire et malgré son envergure très modeste, il absorbe déjà 20% du budget ordinaire. Le coût de l'enseignement est tel qu'il est financièrement impossible d'augmenter rapidement l'effectif scolarisé. Cette situation résulte de la conjonction de plusieurs facteurs particulièrement défavorables qui sont.le nomadisme de 70% de la popu- lation, la dispersion de l'habitat des agriculteurs, et l'absence de grandes villes. Elle est aggravée par le système actuel d'enseignement bilingue dans les écoles primaires. 111. Aussi longtemps que les trois-quarts de la population scolari- sable mòncrant une existence nomade, le système d'enseignement moderne ne contribuera que très peu au développement des ressources humaines. Par ailleurs, si l'on n'augmente pas le nombre des élèves dans l'enseignement secondaire (qui est actuellement de 3.000) le pays ne disposera pas des cadres nécessaires à son développement. Dès lors, la recherche des solutions aux problèmes éducatifs devrait être orientée selon deux voies parallèles: d'une part il conviendrait de trouver le moyen de développer le système d'enseignement de type clas- sique en réduisant les coûts, de façon à ce qu'il puisse fournir les cadres dont le pays a instamment besoin, et d'autre part, il faut trouver de nouvelles méthodes d'éducation pour développer les res- sources humaines parmi les populations nomades et les agriculteurs. - 50 - 112. De façon à élargir le système d'enseignement de type classique, le Plan 1970-73 envisage une répartition regionale des écoles secondair tendant à mieux distribuer géographiquement les efforts d'enseignement et à réduire les coûts en supprimant la plus grande partie des pensionnats coûteux. A cet effet, un programme d'investissement, comportant la con- struction et l'équipement de sept collèges situés en dehors de la capitale, a été soumis à la Banque pour examen. Dans le cadre de l'assistance tech- nique, bilatérale et internationale, un "personnel suppléant" continuera à être fourni aux établissements d'enseignement secondaire. Mais il faudrait, à l'avenir, s'efforcer de former davantage d'enseignants et de spécialistes mauritaniens, ainsi que le prévoit le programme du FAC qui envisage notam- ment la création d'une école normale supérieure. Les principaux utilisa- teurs de main-d'oeuvre, tels que les industries minières et les usines de traitement du poisson, devraient assurer eux-mêmes la spécialisation des techniciens dont ils ont besoin, tandis que les fonctionnaires, les cadres moyens et supérieurs continueraient à être formés dans les instituts régionaux des pays voisins ou en Europe. 113. Le Plan n'aborde pas la question des besoins en matière d'édu- cation des masses rurales, nomades ou sédentaires. Or c'est là le problème crucial; la réforme du système d'enseignement ne réussira en effet que dans la mesure où l'école primaire future sera une émanation de la société, ce qui suppose un effort d'éducation parallèle au sein de la cellule familiale. La solution aux problèmes d'éducation des masses nomades et paysannes ne peut être identique à celle de l'éducation moderne; les structures à mettre en place pour atteindre cet objectif ne sont pas encore définies. En conséquence, avant de se lancer dans la réalisation de projets, une recherche approfondie est à faire pour trouver des solu- tions adaptées aux conditions de vie de deux types de population rurale, pour lesquels il conviendra de créer des services de recherche appliquée et d'études pédagogiques. Sans une meilleure connaissance de la situation, notamment des diverses composantes des prix de revient, du besoin des dif- férentes régions en matière d'éducation, et des besoins en main-d'oeuvre selon les niveaux et les spécialités, l'Etat ne pourra pas choisir des solutions réalistes aux problèmes de l'éducation. 11h. Il va de soi que cette recherche doit être entreprise en premier lieu par des experts mauritaniens, aidés par une assistance technique étrangère. C'est pourquoi la formation de spécialistes nationaux en matière de planification de l'enseignement et d'exécution des programmes d'enseignement doit passer au premier rang des objectifs. Jusqu'à présent, ce besoin n'a pas été nettement reconnu, ni dans le Plan, ni dans les autres études sur l'enseignement en Mauritanie. Or il est évident que le pays ne peut réorganiser son système d'éducation sans un "état-major" compétent composé d'inspecteurs, de conseillers d'orientation, de plani- ficateurs et de chercheurs qui adapteront les techiques actuelles aux réalités nationales. - 51 - 115. Les problèmes que pose l'éducation des masses nomades et des agriculteurs dispersés ne sont pas particuliers à la Mauritanie; mais ils s'y présentent " l'état pur", et sur une très petite échelle, ce qui les rend facilement discernables. Les solutions que l'on trouvera aux problèmes mauritaniens seront aussi applicables aux nombreux pays dont une partie de la population vit dans des conditions semblables, que ce soit dans les pays à climat saharien, depuis la côte Atlantique jusqu'au Golfe Persique, ou dans les pays à agriculture artisanale. Il s'agit de problèmes essentiels qui justifieraient des recherches de base conduites avec toute la rigueur scientifique nécessaire. - 52 - IV. PERSPECTIVES ET CAPACITE D'EDETTIENT A. Evolution économique générale 1. Croissance de la production 116. Il est difficile de faire une projection valable de la crois- sance d'une économie de dimension aussi réduite que celle de la Mauritanie. La réalisation d'un seul projet important peut complètement modifier la situation du pays. Les projections figurant dans le présent chapitre couvrent donc un large éventail de possibilités. La projection haute se fonde sur les hypothèses suivantes: a. la réalisation d'un programme complet d'élevage qui devrait relever le taux de reproduction des bovins, des caprins et des ovins de 2,5'points de pourcentage en 1975; b. l'expansion et l'amélioration du port de pêche de Nouadhibou avant 1975; c. la mise en activité en 1975 d'une usine textile de la dimension actuellement envisagée et l'augmentation de la production des usines de transformation de poisson parallèlement au développement de la pêche; la crois- sance de la production des autres secteurs industriels, y compris l'énergie, devant être déterminée par les progrès réalisés dans l'industrie textile, l'élevage, et la transformation du poisson. La projection basse repose en revanche sur l'hypothèse inverse: aucun de ces projets ne sera réalisé avant 1975. Dans les deux cas, ce n'est pas seulement la croissance de la production qui est concernée, la réalisation ou la non exécution de ces projets influencera aussi l'épargne, les investissements, les recettes publiques et la balance des paiements. - 53 - Projection de la croissance économique de 1969 à 1975 (établie par la missio) (en milliards de FCFA aux prix de 1969) Croissance PIB PIB 1975 Croissance moyenne moyenne 1969-75 Projection Projection Projection Projection 1964-1969 1969 basse haute basse haute Secteur rural: Agriculture Sylviculture 3,3 3,2 3,9 3,9 3,3" 3,3% Elevage 5,7% / 10,6 12,8 14,2 3,3% 5,o% Pêche 15,37 1,0 2,0 5,1 12,3% 32,0% Total 5,9% 14,8 18,7 23,2 4,0% 7,8% Industries extractives 13,9% 14,2 25,6 25.,6 10,3% 10,3% Autres Industries et énergie 15,4% 1,0 2,1 6,7 13,9% 38,0% Construction, services 7,3% 9,3 11,8 13,6 4,1% 6,6% Administration -2,9% 4,5 5,2 5,2 2,6% 2,6% Impôts indirects 11,7% 3,3 h,0 4,8 3,3% 6,3% PIB aux prix du marché 7,0% 47,1 67,4 79,1 6,2- 9,0% a/ Ce chiffre se rapporte uniquement à 1964-68, afin d'ex:clure les répercussions de la sécheresse exceptionnelle de 1969. 117. Ces projections indiquent qu'à moins d'efforts particuliers au cours des cinq prochaines années, la croissance économique tombera très probablement au-dessous du niveau atteint au cours des cinq années précédentes, les taux de croissance continuant à baisser. Quoiqu'une croissance moyenne de plus de 6' (hypothèse basse).ne soit pas une performance négligeable, elle poserait néanmoins de graves problèmes dans le secteur moderne, dont le PIB augmenterait (selon les projections) de 7,3% par an seulement, ce qui est inférieur à la croissance démographique attendue dans ce secteur. Selon la projection haute, le taux d'accroissement du secteur moderne se situerait aux environs de 10,8%. Pour l'essentiel de la population mauritanienne, la croissance du secteur traditionnel, et plus particulièrement de l'élevage, est la plus significative. En effet, une augmentation du taux de croissance annuelle de l'élevage de 3,3% à 5% signifie que les revenus par tête des deux tiers de la population mauritanienne augmenteront à raison de 3,5% au lieu de 1,8%., c'est-à-dire presque deux fois plus vite. Au total, selon l'hypothèse basse, la croissance des revenus par habitant serait de 4,3% et selon l'hypothèse haute elle s'élèverait à 7,2%, ce qui correspondrait, en 1975, à un revenu par habitant de $190 dans le premier cas et de $22h dans le second. 118. L'agriculture et la sylviculture devraient progresser lente- ment, malgré une augmentation sensible de la production de riz, en raison de leur potentiel limité. La croissance de l'élevage est appelée à se ralentir considérablement, à moins d'unsérieux effort de développement, car l'effet stimulant des programmes visant à améliorer la santé du bétail tend à s'atténuer progressivement. Le seul moyen de relever le niveau de vie de la majorité des Mauritaniens est de mettre sur pied un programme d'amélioration de l'élevage. L'exécution d'un tel projet est subordonnée à l'obtention d'une assis- tance étrangère substantielle et à l'augmentation des crédits du budget ordinaire affectés à ce secteur; ce qui implique d'une part la révision des priorités du budget ordinaire, et de l'autre l'accroissement des recettes de l'tat. Les effets d'un programme de développement de l'élevage ne se manifesteront guère avant 1975, ils ne seront ressentis d'une manière notable qu'à long terme. C'est dans le domaine de la pêche et de la transformation du poisson que l'écart entre les projec- tiöEons basses et hautes est le plus marqué. L'agrandissement et l'amélio- ration des installations portuaires de Nouadhibou pourraient augmenter le PIB de 6,5 milliards d'ici à 1975, soit de 10% environ. Bien qu'au cours des premières années, une partie importante de cette augmentation soit appelée à sortir du pays sous la forme de revenus nets des investissements et de capitaux privés versés à l'étranger, en fonction de l'importance de la main-d'oeuvre qualifiée étrangère, elle devrait néanmoins améliorer sensiblement l'économie locale et les recettes publiques. Le taux de croissance élevé qu'ont connu les industries extractives au cours des cinq dernières années ne se maintiendra pas, malgré l'ouverture de la nouvelle mine de cuivre de la SOMIA et l'augmentation de la production de minerai de fer à' faible teneur. La production minière devrait néanmoins s'accroître un peu plus rapide- ment que le PIB total. L'influence du gouvernement sur ce secteur est forcément limitée. L'industrie et l'énergie progresseront en fonction du développement du secteur de la pêche, ainsi qu'il a été mentionné ci-dessus. La construction de l'usine textile pourrait augmenter la valeur ajoutée par l'industrie de plus de 1 milliard de FCFA en 1975. La construction a atteint un niveau d'activité élevé en 1969 en raison des investissements réalisés dans la mine de cuivre de la SOMIA. Aucun projet d'investissement important n'étant prévu d'ici 1975, l'activité du secteur de la construction devrait donc fléchir. La croissance totale de la construction et des services est donc appelée à se ralentir. Une prévision optimiste situe la croissance de la valeur ajoutée par l'administration publique à moins de 2,6% par an, c'est-à-dire à 2,8% pour l'administration mauritanienne (contre 1,1d dans le passé) et 1,6% pour l'administration étrangère, y compris l'assistance technique. Le détail de ces estimations est donné ci-après. 2. Augmentation des dépenses et de l'épargne Projections des dépenses et de l'épargne établies par la mission pour 1969-75 (en milliards de francs CFA aux prix de 1969) 1975 1968 Hypothèse basse Hypothèse haute Total Total Total 7> PNB (aux prix du marché) 37,5 100 52,1 100 62,6 100 Consommation: Publique 6,5 17,3 9,6 18,4 9,6 15,3 Privée 26,0 69,4 34,7 66,6 42,0 67,1 Investissements: Publics 3,4 9,0 3,0 5,7 4,0 6,h Privés 9,1 24,3 6,5 12,5 7,8 12,4 Epargne nationale: Publique 0,9 2,4 0,7 1,4 2,0 3,2 Privée 4,1 10,9 7,1 13,6 9,0 14.,4 Déficit de l'épargne 7,5 20,0 1,7 3,2 0,8 1,2 - 56 - 119. La chute absolue des investissements privés est la principale caractéristique de l'utilisation des ressources. On estime que les investissements miniers (qui ont constitué les deux tiers des investisse- ments privés en 1968) diminueront brutalement après 1970, lors de l'arrêt des investissements de la SOMIiA. Le chiffre total des investissements est donc appelé à tomber, malgré l'augmentation de 50% des investissements dans les secteurs traditionnels: pêche, logement et élevage. Le taux des investissements privés atteindra malgré tout plus de 12, du PNB, ce qui est satisfaisant pour un pays comme la Mauritanie. Pour compenser, dans toute la mesure du possible, l'influence négative de la baisse des investissements privés, les investissements publics doivent être augmentés au cours des prochaines années, tout particulièrement dans les secteurs directement productifs. Toutefois, comme il est expliqué plus loin (par. 127) cet objectif sera difficilement réalisable. Même dans l'hypo- thèse la plus optimiste, les investissements publics ne devraient pas excéder en moyenne 4 milliards de FCFA par an, qui est le niveau atteint en 1968. Dans l'hypothèse basse, ils pourraient bien tomber au-dessous du niveau de 1968, en fonction de l'importance de l'épargne publique, l'aide extérieure ne devant pas sensiblement dépasser le niveau de 1968. C'est donc essentiellement du montant de l'épargne publique que dépend la croissance économique de la Mauritanie. 120. Selon les projections, les investissements totaux tomberont vraisemblablement en termes relatifs et absolus de leur niveau exceptionnel de 1968 à un niveau encore très satisfaisant de 18 à 191 du PNB. L'épargne nationale poursuivra probablement sa tendance ascendante parallèlement à l'augmentation générale des revenus par habitant, de sorte que le déficit de l'épargne devrait se réduire. Dans les deux hypothèses, l'épargne privée dépassera légèrement les investissements privés. Le secteur public, en revanche, continuera à être fortement déficitaire. On s'interroge à cet égard sur la possibilité et les moyens de mobiliser une partie de l'épargne excédentaire du secteur privé pour financer les investissements publics. C'est là un problème difficile à résoudre parce que l'on ignore où l'épargne privée s'est accumulée et comment elle est utilisée. Cette possibilité mérite néan- moins d'être sérieusement envisagée. 121. La consommation publique ne devrait pas augmenter de plus de 5,7 pour cent par an; ce taux correspond aux prévisions d'accroissement des recettes dans l'hypothèse basse. Il est prévu que la consommation privée par habitant augmentera, dans l'hypothèse basse, de 2,4 pour cent et de 5,2 pour cent dans l'hypothèse hautc contre 3 pour cent entre 1965 et 1968. En chiffres absolus, c'est la consommation privée qui béné- ficiera le plus de l'augmentation élevée du PIB prévue dans l'hypothèse haute; en chiffres relatifs c'est l'épargne nationale (privée et publique) qui augmentera le plus vite si la croissance économique est plus rapide. - 57 - 3. Balance des Paiements Projections concernant la balance des paiements (en milliards de francs CFA) 1975 Hypothèse Hypothèse 1968 basse haute Compte courant: Exportations 21,0 39,7 48,5 Importations 15,8 21,6 26,7 Services nets -2,1 -2,5 -3,0 Balance des biens et services 3,1 15,6 18, Revenus nets des investissements et transferts des capitaux privés -8,1 -15,2 -16,6 Erreurs et omissions (nettes) -2,5 -2,0 -3,0 Balance des paiements courants -7,5 -1,6 -0,8 Compte de Capital: Secteur public: Assistance technique 0,7 0,8 0,8 Aide en capital brute 2,8 3,0 3,0 Remboursements -2,0 -1,0 -1,5 Total 3,3 2,8 2,3 Secteur Privé: Entrées brutes de capitaux 5,5 2,9 3,1 Remboursements -2,3 -4,4 Total 3,2 -1,5 -1,3 Balance nette des opérations en capital 6L5 1,3 1,0 Variation des réserves en devises -1,0 -0,3 +0,2 122. La projection de la balance des paiements établie par la mission fait apparaitre une amélioration consid'rable de la balance commerciale et de la balance des paiements courants, en dépit d'une forte augmentation du montant des revenus nets des investissements et des transferts de fonds privés à l'étranger. Les investissements qui seront réalis's en 1975 seront relativement faibles; ils ne provoqueront pas, par conséquent, - 58 - de substantielles importations. En revanche, à partir de 1971, les exportations augmenteront en raison de l'accroissement des exportations de cuivre et des produits de la pêche. L'amélioration de la balance des paiements courants qui en résultera sera cependant presque entière- ment neutralisée par l'augmentation des sorties des capitaux privés. L'amortissement de la dette des deux compagnies minières et le montant limité des réinvestissements se traduiront par une sortie nette de capitaux privés en 1975. Par ailleurs, comme l'assistance étrangère brute ne devrait pas excéder, en 1975, le niveau de 1968, alors que l'amortissement de la dette publique est appelé à augmenter, l'apport net de capitaux au secteur public pourrait également baisser légèrement en dépit des conditions très favorables prévues pour l'aide publique étrangère. Un alourdissement substantiel des conditions de cette aide créerait probablement un léger déficit de la balance des paiements pendant les années à venir. 123. La projection de la balance des paiements de 1975 reflète fidèlement la situation du secteur moderne à cette époque: dominé par deux grandes compagnies minières qui auront réalisé d'importants investissements et dont la production est totalement exportée, et qui consacrent une part importante de leurs recettes d'exportation à l'amortis- sement de leur dette extérieure et au versement de dividendes à leurs actionnaires. Bien que le montant des exportations soit de 50% supérieur au montant des importations,l'équilibre de la balance générale des paie- ments ne sera atteint que si l'essentiel de l'aide extérieure continue à être octroyée à des conditions favorables et que si l'on réduit le recours aux crédits fournisseurs. Dans cette hypothèse le service de la dette publique extérieure s'élèvera à 3-h des exportations brutes, à 5% (environ) des exportations après déduction des transfers et versements des compagnies minières. B. Planification et investissements publics 12h. A la fin du mois de mars 1970 un nouveau Plan quadriennal de développement 1970/1973 (IIe Plan Quadriennal de Développement 'Economique et Social) a été approuvé par l'assemblée du Parti. Ce plan, qui est essentiellement un plan cadre, fixe les principaux objectifs sectoriels en fonction desquels le Ministère de la Planification et du Développement Rural élabore son programme annuel d'investissements. Très souple, ce plan permet de tenir compte des décisions prises par les donateurs d'assistance étrangère, ce qui est particulièrement appréciable dans le cas de la Mauritanie, dont la plus grande part des investissements au titre du développement est financée par l'étranger. Il comprend néan- moins une liste de projets prioritaires que le gouvernement aimerait voir financer, mais il ne fournit pas de cadre macroéconomique et n'envisage pas l'aspect du financement, Il souligne en fait que l'augmen- tation des dépenses de fonctionnement, le manque de personnel qualifié et la capacité limitée du pays à élaborer des projets de développement constituent les principaux goulots d'étranglement de l'expansion des investissements publics. - 59 - 125. Le plan ne comprend ni estimation globale du coût des projets proposés ni prévision du montant total des investissements publics. La mission s'est toutefois efforcée, sur la base des renseignements figurant au Plan et d'études complémentaires, d'évaluer le montant total du programme d'investissements publics correspondant aux objectifs du Plan et de déterminer la ventilation sectorielle de celui-ci. Bien que très approximatifs, cas chiffres permettent de déterminer les secteurs auxquels le gouvernement donne la priorité et quelle pourrait dtre l'envergure du programme d'investissements de la période 1970-73. Composition approximative d'un programme public de développement 1970-73 (en milliards de francs CFA pour l'ensemble de la durée du Plan) 1963-67 1970-73 Chiffres effectifs Estimations Total 7 Total T Secteurs ruraux: agriculture - - 1,1 7 élevage 1,0 12 3,0 19 pêche 1,0 12 2,7 17 Total 2,0 24 6,8 43 Infrastructure des transports et de3s communications 2,3 29 4,21/ 26 Education/santé 1,4 16 1,7 il Urbanisation (y compris les services) 1,1 13 3,2 20 Bâtiments publics 0,5 6 - - Divers 1,0 12 - - Total 8,3 100 15,9 100 1/ Y compris l'entretien des routes qui s'élève à 1,8 milliard de francs CFA et qui est partiellement financé par l'IDA. Comparé aux réalisations antérieures (3,4 milliards de francs CFA en 1968), un programme de développement de près de h milliards de francs CFA par an ne paraît pas excessif. Au contraire, comme il a déjà été mentionné, les investissements publics des quatre prochaines années devraient atteindre ce niveau si l'on désire neutraliser l'effet négatif d'un recul des investissements privés et prévenir un ralentissement - 60 - marqué de la croissance du PIB. La réalisation d'un programme de dépenses publiques de cette envergure est subordonné à l'amélioration préalable de la préparation des projets. Ceci souligne toute l'impor- tance du projet du PNUD qui vise à renforcer les effectifs du bureau chargé de l'élaboration des projets et de la planification (cellule d'études). Cependant, même si le programme du PNUD débutait immédiate- ment, il serait impossible de réaliser complètement le Plan avant la fin de 1973, en raison de l'insuffisante préparation de la plupart des grands projets qu'il comprend; mais le manque de nouveaux projets sera compensé par l'achèvement de projets en cours qui, pour la plupart, ne figurent pas au Plan. Il devrait donc être possible d'investir dans le secteur public près de 4 milliards de francs CFA par an, à condition que l'on puisse mobiliser suffisamment d'épargne publique pour compléter l'aide étrangère. 126. Une ventilation sectorielle sommaire montre que le programme est concentré sur un petit nombre de projets à priorité élevée. En fait, le programme est constitué pourla moitié pa'r trois projets concernant essentiellement l'élevage, le port de pâche et l'entretien des routes. Les investissements directement productifs du secteur rural viennent, dans l'ensemble, au premier rang des priorités; on espère que le gouvernement respectera cette priorité lors de l'exécution du Plan. L'essentiel des investissements dans le domaine des transports est con- sacré aux travaux urgents d'entretien routier qui sont partiellement financés au moyen d'un crédit de l'IDA. La mission n'approuve cependant pas entièrement l'ordre des autres priorités établi pour le secteur des transports. Comme il a été mentionné plus haut, elle estime que l'amélioration de la liaison routière vitale longeant la frontière sud de la Mauritanie est plus urgente que l'agrandissement des aéroports ou que les études de projets d'une justification économique douteuse, concernant notamment la route Nouakchott-Néma et le port de Nouakchott. La part des dépenses consacrées à l'éducation et à la santé est raison- nable. Les dépenses prévues pour l'alimentation en eau et électricité de Nouakchott et Nouadhibou sont élevées mais nécessaires. Il est toutefois regrettable que l'on accorde aussi peu aux centres secondaires. Ceci risque d'intensifier encore le pouvoir d'attraction exercé par ces deux villes et d'augmenter les mouvements migratoires déjà importants, qui devraient au contraire être découragés. 127. La mission reconnait qu'un programme de l'envergure prévue est réalisable, à condition que l'on améliore la planification et la prépara- tion des projets; elle est convaincue qu'il est essentiel d'investir près de 4 milliards de francs CFA par an dans le secteur public si l'on veut prévenir le ralentissement de la croissance économique; en revanche, elle est loin d'être persuadée que les fonds nécessaires au financement d'un tel programme pourront être mobilisés en raison de l'insuffisance de l'épargne publique. En supposant que l'augmentation des dépenses de personnel puisse être maintenue à 2 pour cent en moyenne par an (à prix -61- constants), mais compte tenu de l'augmentation urgente et nécessaire des dépenses consacrées à l'achat de matériel et fournitures et aux services d'entretien, et considérant que les charges de la dette publique vont augmenter, les dépenses budgétaires ordinaires de l'Etat devraient augmenter d'environ 4 pour cent par an de 1969 à 1975. Ce taux n'est pas excessif lorsqu'on le compare au taux de croissance prévu du PIB qui est de 6,2 à 9 pour cent par an. Cependant, on ne pourra aboutir à ce ré- sultat que si le gouvernement rétablit des mesures d'austérité, appli- quées aux salaires cette fois et non pas aux dépenses vitales d'entre- tien et de fourniitures, et que s'il comprime le budget de la sécurité et des services sociaux et non celui des services ruraux. Par ailleurs, une projection rubrique par rubrique des recettes publiques montre que la croissance naturelle de celles-ci (en excluant toute modification de l'assiette fiscale et de la perception des impôts) se situera en moyenne entre 5,4 et 7,2 pour cent par an, selon que l'on adopte une estimation basse ou haute de la croissance du PIB. Ces deux taux sont un peu in- férieurs aux taux de croissance du PIB total. L'écart tient au fait que le revenu des impôts perçus sur la production du cuivre sera faible au cours des prochaines années et que les investissements diminuant, le volume des importations devrait aussi se trouver réduit. L'épargne brute du Gouvernement central atteindra 0,1 et 1,2 milliard de francs CFA respectivement en 1975, l'épargne publique brute totale se situant entre O,5 et 1,7 milliard de francs CFA. L'amortissement de la dette publique devrait atteindre entre 1,6 et 1,7 milliard de francs CFA en 1975, si l'on suppose d'une part une légère augmentation de l'aide étrangère (le schéma de celle-ci étant censé demeurer inchangé, c'est-à-dire que les subventions continueront à prédominer et qu'elles seront complétées par des prêts accordés à des conditions favorables et des crédits fournisseurs) et d'autre part, la réalisation d'un programme d'investisse- ment du secteur public de l'importance indiquée ci-dessus. En d'autres termes, même dans l'hypothèse la plus optimiste, l'épargne publique brute suffirait à peine à financer les amortissements; dans lthypothèse basse, le gouvernement aurait même des difficultés à honorer la dette étrangère. Les deux hypothèses font apparaître que le programme d'investissements publics devrait être sensiblement réduit. Projection de l'épargne publique (en milliards de francs CFA) 1975 S1969 basse haute réelle 1/ 2/ 1/ 2/ Recettes de l'Etat 5,83 F,~ 9¯3 9E 10,3 Dépenses ordinaires 6,E3/ 8,2 8,2 8,2 8,2 Epargne de l'Etat -0,71 O¯1 1,¯ il ~T Autre épargne publique 0,27 0,4 0,4 0,5 0,5 Total épargne publique -0 ,5 15 1,7 -, 1/ Taux de croissance normal des recettes, sans amélioration de l'assiette fiscale. 2/ Amélioration de l'assiette et du recouvrement des impôts. / Y compris les factures impayées. - 62 - 128. L'insuffisance de l'épargne publique entravera sérieusement les futurs efforts qui seront déployés par les autorités dans le domaine du développement. Il convient donc d'anéliorer en priorité la structure fiscale et le recouvrement des impôts. Une estimation approximative montre que les recettes pourraient être relevées d'au moins 1 milliard de francs CFA par an d'ici à 1975 sans alourdissement excessif de la fiscalité, car les recettes totales du gouvernement central continueront à ne pas dépasser 14 pour cent du PIB. Dans l'hypothèse optimiste d'un ac- croissement des recettes qùi nteatrainerait pas d'augmentation des dépenses ordinaires, l'épargne publique totale atteindrait entre 1,5 et 2,6 mil- liards de francs CFA par an en 1975. Dans l'hypothèse haute relative au PIB, la Mauritanie pourrait donc consacrer à de nouveaux investissements (après déduction de l'amortissement de la dette) un montant d'environ 1 milliard de francs CFA en 1975; dans l'hypothèse basse, toutefois l'épargne publique arriverait à peine à couvrir l'amortissement de la dette. L'objectif visé est donc d'augmenter d'au moins un milliard de francs CFA le montant des recettes ordinaires de l'Etat au dessus du niveau qui serait plus ou moins automatiquement atteint d'ici à 1975. Comme il a été mentionné ci-dessus, ceci ne suffira toujours pas à réaliser un programme de développement de h milliards de francs CFA par an dans l'hypothèse basse tandis que l'hypothèse haute devrait permettre d'atteindre un tel objectif. 129. Pour ce qui est du budget ordinaire, le gouvernement et les principaux organes de décision seront appelés à prendre des mesures dans les trois importants domaines suivants: (a) austérité en matière de dépenses dans le cadre du budget ordinaire, tout particulièrement en ce qui concerne les dépenses salariales; (b) réorganisation du budget ordinaire qui devrait être axé davantage sur le développement; et (c) augmentation des recettes publiques par l'application d'une réforme fiscale et l'amélioration des impôts. Si la Mauritanie na s'attache pas à réaliser ces objectifs, elle aura des difficultés à obtenir l'assistance extérieure lui permettant de mener à bien un programme de développement satisfaisant. En effet, l'épargne publique sera insuffisante pour lui permettre de contribuer au financement des projets bénéficiant de l'aide étrangère, d'assurer le service d'une dette croissante, et de constituer l'infrastructure administrative nécessaire pour l'exécution de ces projets. Comme dans le passé le gouvernement a déjà prouvé sa détermination et sa capacité d'imposer des mesures d'austérité sévères, il est fort probable que les - 63 - réformes nécessaires soient entreprises rapidement. Si le besoin s'en faisait sentir, on pourrait sans doute mobiliser à ces fins des sources d'aide bilatérales ou internationales, telles que le PNUD ou le FMI. 130. En supposant que l'épargne publique augmente de 1 milliard de francs CFA d'ici à 1975 grâce aux mesures susmentionnées, on pourrait assurer, dans le cadre des projections hautes du PIB, le financement d'un programme de développement de près de 4 milliards de francs CFA par an entre 1970 et 1975. L'apport public local (après déduction de l'amortissement de la dette) pourrait se situer autour de 0,6 milliard de francs CFA par an, y compris une contribution du budget ordinaire au projet d'entretien routier financé par l'IDA; l'assistance étrangère fournissant, par ailleurs, probablement une moyenne de 3 milliards de francs CFA. Le solde pourrait être financé par des crédits-fournisseurs, et peut-être par quelques emprunts locaux. Dans cette hypothèse, les sources extérieures financeraient plus de 85 pour cent des nouveaux investissements et près de 60 pour cent du programme d'investissements bruts (y compris l'amortissement). Dans le cadre de la projection basse du PIB, on ne peut envisager un programme de développement de l'importance mention- née ci-dessus; l'épargne publique permettant tout juste de couvrir l'amortissement, il y aurait un écart d'un milliard de francs CFA entre le montant de l'assistance étrangère et le montant total des investissements. Si ce déficit devait être couvert au moyen de crédits-fournisseurs, le fardeau de la dette deviendrait vite insupportable. Un programme d'un peu plus de 3 milliards de francs CFA par an est donc le montant maximum que l'on pourrait raisonnablement envisager dans l'hypothèse pessimiste. L'apport du gouvernement s'élèverait à environ 5 pour cent - taux de la contribution du budget ordinaire à l'entretien routier - l'assistance étrangère fournissant le solde, soit 95 pour cent. Il importe donc que la Mauritanie réalise une croissance économique nettement supérieure à la projection minimale établie par la mission; par conséquent, il con- vient de donner la priorité aux investissements directement productifs, c'est-à-dire surtout au développement de l'élevage et à l'agrandissement du port de pêche de Nouadhibou. 131. On prévoit que l'assistance financi3re étrangère atteindra au total environ 3 milliards de francs CFA par an alors qu'elle se chiffrait antérieurement à 2,4 milliards de francs CFA en moyenne; elle a atteint un maximum de 2,9 milliards en 1969. La contribution du FED progressera probablement quelque peu à longue échéance (mais elle sera très faible au cours des deux ou trois prochaines années en raison de l'absence presque totale de nouveaux projets). Quant aux opérations du FAC et de la CCCE, elles continueront probablement C diminuer, alors que l'assis- tance bilatérale est appelée à augmenter légèrement si l'aide de la Chine Populaire se maintient au niveau relativement élevé de ces dernières années. En dehors du FED., le Groupe de la Banque Hondiale sera la seule source de financement importante dont le volume des inter- ventions augmentera au cours des cinq prochaines années, si des projets aussi importants que l'amélioration du port de pêche et le développement - 64 - de l'élevage sont exécutês. L'assistance financière totale dont la Mauritanie devrait bénéficier au cours des cinq années à venir devrait se répartir comme suit: le FED pourrait intervenir à raison de 35 pour cent; la France (FAC et CCCE) de 30 pour cent; le Groupe de la Banque Mondiale, de 20 pour cent; et les divers donneurs d'assistance bilatérale (Chine Populaire et RFA surtout), de 15 pour cent. Toute- fois, la France, qui restera la principale source d'assistance technique, continuera à fournir près de 40 pour cent de l'assistance étrangère totale. L'assistance financière étrangère,après déduction de l'amortis- sement de la dette, risque de baisser légèrement dans les années à venir; c'est pourquoi il est nécessaire d'augmenter d'urgence l'épargne publique locale. Les interventions du FAC et du FED diminuant par rapport aux autres sources de financement et le montant de leurs subventions diminuant au bénéfice des prêts, la part relative des subventions dans le total de l'aide extérieure devrait passer de 75 pour cent à environ 60 pour cent. C. Conditions du financement extérieur et capacité d'endettement 132. La Mauritanie étant fortement tributaire de l'aide extérieure pour le financement du développement économique, les conditions aux- quelles cette assistance lui sera accordée à l'avenir revêtaient une importance particulière. La situation de sa balance des paiements ne devrait pas provoquer d'inquiétude en raison du volume élevé de ses exportations minières; . cet égard, sa qualité de membre de l'Union monétaire ouest-africaine lui permet d'éviter en tout cas des problèmes de liquidité. En revanche, la situation des finances publiques appelle à la prudence en ce qui concerne l'augmentation de l'endettement vis-à- vis de l'étranger. Si entre 1971 et 1980 la Mauritanie devait emprunter 4 milliards de francs CFA par an aux conditions normales du marché (7 pour cent; 20 ans), le service total de la dette publique en 1980 dépasserait très probablement de 40 pour cent les recettes ordinaires de l'Etat, bien qu'il représente moins de 12 pour cent des exportations brutes, et 18 pour cent des exportations totales après déduction des transferts effectués par les compagnies minières. 133. La Mauritanie est aseurée de bénéficier des subventions importantes. Celles-ci sont estimées à près de 40 pour cent du montant des dépenses publiques qui seront affectées au développement (montant ~ jugé satisfaisant par la mission) au cours des cinq prochaines aanes. Néanmoins, même dans le cadre de l'hypothèse la plus optimiste con- cernant la croissance du PIB et celle de l'épargne publique, les investissements publics n'atteindront un niveau satisfaisant que si la plus grande partie de l'assistance qui n'est pas accordée sous forme de subventions peut être obtenue à des conditions extrêmement favorables. Dans le cadre de la projection haute du PIB, un programme de développement se situant autour de 4 milliards de francs CFA par an - 65 - pourrait être raisonnablement financé comme suit: 1,7 milliard de francs CFA d'aide étrangère octroyée sous forme de subventions, 1,2 mil- liard d'aide étrangère sous forme de prêts, 0,h milliard de crédits- fournisseurs, et 0,6 milliard d'épargne publique après amortissement de la dette. Mme si tous les prêts extérieurs étaient accordés à des conditions de faveur (3 pour cent; 20 ans; 3/4 pour cent; 50 ans), le service total de la dette extérieure atteindrait en 1975 18 pour cent des recettes ordinaires même selon les prévisions les plus optimistes. Si l'on s'en tient à la projection basse du PIB, un programme de dévelop- pement qui n'atteindrait que 3 milliards de francs CFA par an pourrait être financé pour la plupart par des subventions et des prêts étrangers, avec un recours très limité aux crédits-fournisseurs. Toutefois, même dans ce cas et bien que les prêts soient accordés à des conditions de faveur, le service total de la dette étrangère représenterait 14 pour cent des recettes ordinaires en 1975. Dans les deux cas, le service de la dette absorberait l'essentiel de l'épargne publique (72 pour cent et 86 pour cent respectivement) ce qui laisserait peu de ressources pour le financement des nouveaux investissements. Comme les ressources financières totales, même dans l'hypothèse la plus optimiste, suffiront à peine à f inancer le niveau des investissements jugé nécessaire pour soutenir une croissance économique satisfaisante et qu'elles tomberont sensiblement en dessous de ce niveau dans l'lypothèse basse concernant la croissance du PIB, l'assistance extérieure devrait continuer d'être octroyée à des conditions favorables. 134. Si la auritanie applique avec succès une politique d'austérité, comprenant notamment une amélioration des recettes fiscales, et si elle limite son recours aux crédits-fournisseurs à un niveau que ne dépasse pas le montant suggéré ci-dessus, l'obtention d'emprunts à des conditions favorables s'élèvant à 1,2 milliard de francs CFA (4,3 millions de dollars) en moyenne par an, entre 1970 et 1975, semblerait justifiée. 135. Même si la totalité des prêts étrangers est accordée à des conditions de faveur (exception faite d'un faible montant de crédits- fournisseurs) la contribution de l'épargne publique au financement des investissements de l'Etat restera limitée. Dans l'hypothèse la plus optimiste de la croissance du PIB, elle pourra atteindre environ 15 pour cent du total des invéstissements; dans l'hypothèse basse, elle sera r'-micn6o 4 h pour cent. Les subventions et les crédits-fournisseurs ne nécessitant généraement- pas de contrepartie locale, la _auritanie serait à no^a. de financer tout au plus -ntrc 3 et 30 pour cent du coût des projets financs au mcyon de prêts et de crédits étrangers, à condition qu'aucun projet ne soit entièrement e sa charge. Une partie importante de ;es contributions est déjà réservée'en vue d'être utilisée cmme contrepartie du projet d'entretien routier financd par l'IDA. Par con- séquent, 1,d contribution mauritanienne aux projets qui bénéficieront de l'aide étrangère sera modeste et en moyenne nettement inférieure à leur coût en monnaie locale. Etant donné les circonstances, l'aide extérieure devra donc couvrir une partie des dépenses locales, notamment dans le cas des projets du'secteur rural dont le coût en devises n'est généralement pas très élevé. ANNIXE STATISTIQUE Liste des Tableaux 1. Dette publique extérieure à moyen et long terme. 2. Paiements prévus au titre de la dette publique extérieure. 3. Population (1959-1969). h. Emploi (1963-1970). 5. Estimation des Comptes économiques: PIB é prix courants 1959-1969. 6. Estimation des Comptes économiques: PIB é prix constants 1959-1969. 7. Comptes économiques: taux de croissance. 8. PIB et PNB par habitant. 9. PIB et PNB: estimation de l'utilisation des ressources. 10. Formation brute de capital, par secteur, ler juillet 1963-30 juin l96c90 11. Estimation du Commerce extérieur total-chiffres ajustés (1959-1969). 12. Total des importations, par groupes de produits-chiffres estimés, 13. Comrexce extérieur enregistré, ventilé par pays d'origine et de destiation, 14. Balance des paiements 1959, 1964 et 1968. 15. Situation des institutions monétaires, 1962-1969. 16. Actif et passif de la BCEAO-Mauritanie, 1963-1969 (Situation de l'émissioi monétaire). 17. Situation intégrée des banques, 1963-1969. 18. Analyse du crédit à court terme, 1964-1969. 19. Analys,e du crédit à moyen et long terme, 1965-1969. 20. Analyse des prdts accordés par la Banque Mauritanienne de Développement (BMD). -2- 21. Dépenses budgétaires et extra-budgétaires du gouvernement central et leur financement - Montants estimés. 22. Recettes budgétaires réelles, 1960-1969. 23. Dépenses de fonctionnement réelles, 1960-1969. 24. Résumé des dépenses de fonctionnement. 25. Dépenses publiques courantes: comparaison entre la Mauritanie et divers pays africains. 26. Dépenses publiques de développement et leur financement, 1960-1969. 27. Versements effectués au titre de l'aide extérieure publique, 1959-1969. 28. Aide extérieure: engagements et versements, 1960-1968. 29. Aide extérieure ventilée par secteurs (engagements), 1960-1968. 30. Incidence des opérations budgétaires sur les comptes du Trésor, 1966-1969. 31. Bilan annuel du Trésor, 1966-1969. 32. Production agricole - chiffres estimés, 1959-1969. 33. Statistiques de l'élevage, 1959-1969. 34. Sylviculture: production commercialisée de gomme arabique, 1960-1969. 35. Produit de la p4che, 1960-1969. 36. Secteur minier: MIFERIA, production et exportation de minerais de fer, personnel occupé. 37. Production et consommation d'énergie et d'eau, 1965-1969. 38. Transports routiers. 39. Trafic portuaire 40. Trafic aérien hi. Nombre d'élèves inscrits dans l'enseignement primaire. 42. Nombre d'élèves inscrits dans l'enseignement secondaire. Tableau 1: MAUPITANIE: DETTE PiBIE,UE EXTERIEURE NON RMBOURSEE AU 31 DECEMBRE 1968 l/ Dette remboursable en devises 2] (en milliers de dollars EU) Montant non remboursé au 31 décembre 1968 Source Montant Total des mon- mobilisé tants mobilisés en non mobilisés DETTE EXTERIEURE PUBLIQUE TOTALE 3f / 24.408 40.844 Emprunt placé par voie privée )_/ 10.589 10.589 Eaprunts émis en souscription publique h/ 10 10 Crédits fournisseurs - France hj 738 738 Divers h 9,841 9.841 Prêts accordés par les organismes Internationaux - IDA 1.622 6.I'00 Prêts accordés par les gouvernements h 12.197 23.555 Chine continentale 4 - 3.609 France hf 12.197 18.499 URSS - 1.447 lj Dette à échéance (initiale ou différée) d'un an ou plus. 2 Y compris le franc CFA, librement convertible au franc français, assimilé aux devises étrangères. 3/ A l'exclusion d'un prêt d'un montant de 53.490.000 accordé par la BIRD à une société privée, la MIFERMA. h/ Y compris les dettes remboursables en francs français et en francs CFA convertibles au taux de change postérieur à la dévaluation d'août 1969. Source: BIRD - Division des services statistiques, Département des études économiques. Tableau 2: PAIEMENTS PREVUS AU TITRE DE LA DETTE PUBLIQUE EXTERIEURE NON REMBOURSES, Y COMPRIS LES MONTANTS NON MOBILISES AU 31 DECEMBRE 1968 Dette remboursable en devises (en millions de dollars EU) Dette restant à rembourser Paiements effectués au cours de la période Année (début de période) Y compris montant non mobilisé Principal Intérêt Totaux 1969 36.335 1.853 1.055 2.908 1970 3h.482 1.85h 1.o59 2.913 1971 32.628 •1878 1.033 2.911 1972 30.751 Z.406 1.004 3.410 1973 28.3hh 2.390 907 3.297 1974 25.954 2.552 812 3.364 1975 23.h02 2,558 711 3.269 1976 20.844 1.971 602 2.573 1977 18.874 2.015 514 2.529 1978 16.858 1.998 417 2.415 1979 14.860 1.339 319 1.658 1980 13.522 226 255 521 1981 13.256 269 248 517 1982 12.986 215 2h3 458 1983 12.771 219 238 457 Note: Y compris le service de toutes les dettes inscrites au Tableau 1, établi le 3 septembre 1969, à l'exception des prêts suivants dont on ne connait pas les conditions de remboursement: Prêt accordé par: La Chine continentale: $ 3.609.000 La France: 900.000 $ 4.509.000 Source: BIRD - Division des services de statistique, Département des études économiques. Tableau 3: POPULATION (1959-1969) A. Population totale (en milliers d'habitants) Population Population Population Nationaux nomade sédentaire urbaine 17 27/ Au 31 décembre - 1959 924 1960 945 77% 15% 8% 1961 968 1962 991 1963 1.016 1964 1.043 1965 1.070 74% 15% 11. 1966 1.089 1967 1.108 1968 1.126 1969 1.Ih6 1970 1.165 72, 1La 1b% 1971 1.186 1972 1.207 1973 1.228 1974 1.250 1975 1.273 68% 14 18% 1/ Chiffres obtenus en majorant de 1,5% et 1,8% le chiffre des populations nomades et sédentaires fourni par l'enquête sur la population non- urbaine effectuée en 1964-65, et de 8% le chiffre de la population urbaine, conformément aux projections de la Direction des Statistiques. Le taux de croissance naturelle de la population urbaine a été estimé à 3%. Les 5% supplémentaires résultent à l'exode des populations rurales. 2/ Il y a environ 10 - 15.000 résidents étrangers, environ 5.000 sont Sénégalais. Les Français constituent la majeure partie de la population non-africaine. B. Population totale par région (1969) Densité Région Population Surface (km2) (habitant/km2) I 14odli Oriental 192.000 166.000 1,1 II Hodh Occidental 104.000 57.000 1,8 III Guidimaka, Assaba 184.ooo 7.000 3,9 IV Gorgol 92.000 14.000 6,5 V Brakna, Tagant 207.000 131.000 1,6 VI Trarza, Inchiri 210.000 112.000 1,9 VII Adrar, Tiri-Zemmour 111.000 471.000 0,2 VIII Baie du Lévrier 26.000 31.000 0,9 District de Nouakchott 20.000 1_.000 20O 1.146.000 L.030.000 131 Source: Annuaire Statistique R.I.M.-1968 Tableau 4: ETPLOI (1963 -70) A. Nombre des travailleurs salariés 1970 1963 196 1967 (prévision) Agriculture, pêches 326 470 583 1.100 1/ Mines 3.265 3.831 4.187 4.700 1/ Industries 191 138 107 200 Batiment et Travaux publics 2.503 1.435 2.042 2.000 Services publics 12h 119 306 300 Banques, urances, commerce 43 5 324 394 400 Transport 841 655 638 700 Autres services 405 696 567 600 Total 8.090 7.718(sic) 8.884 (sic) 10.000 1/ Les augmentations enregistrées dans les secteurs de la pêche et des mines résultent de l'entrée en activité d'I,&PEC et de SOMLIA, prévuzs pour la mi-1970. B. Revenu mensuel moyen 1970 1963 + 1965 1967 (prévision) Agriculture, pêches 18.000 22.000 22.000 25.000 Mines 46.000 55.000 55.000 63.000 Industries 18.000 27.000 25.000 29.000 Batiment et Travaux publics 20.000 26.000 25.000 29.000 Services publics 28.000 27.000 36.000 41.000 Banques, assurances, commerce 35.000 37.000 42.000 48.000 Transport 27.000 27.000 28.000 32.000 Autres services 19.000 21.000 15.000 19.000 11oyenne mensuelle 32.000 40.000 40.000 46.000 Source: Annuaire Statistique, R.I.M. 1968 Tableau 5: ESTIMATION DES COMPTES ECONOMIQUES: PIB A PRIX COURANTS 1959-1969 (en millards de francs CFA) 1969 1959 1960 1961 1962 1963 1964 1965 1966 1967 1968 (prélim.) Secteur Rural Agriculture 2,2 2,2 2,3 2,3 2,3 2,3 2,5 2,4 2,7 1,8 2,8 Elevage 8,2 8,3 8,6 8,9 9,2 10,2 11,0 11,6 11,9 12,8 10,6 Sylviculture 0,1 0,1l 0,1 0,1 0,1 0,2 0,1 0,2 0,3 0,3 0,4 Peches 0,4 0,5 0,5 0,4 0,5 0 0 6 0,6 0 7 1 2 1 0 Total 10,9 11,1 11,5 11,7 12,1 13,3 1i 2 14, TE 11 Ç Mines 0,0 0,0 0,7 1,3 2,4 7,9 11,8 13,0 11,9 13,2 14,2 Industries, Energie 0,3 0,3 0,3 0,3 0,4 0,5 0,6 0,7 0,8 0,9 1,0 Artisanat traditionnel 0,3 0,3 0,4 0,4 0,4 0,4 0,4 0,5 0,5 0,6 0,7 Bâtiments et Travaux publics 0,5 3,6 5,6 4,l 2,1 1,2 1,2 1,2 2,6 2,9 3,4 Transport, Commerce, Services 1,0 1,2 1,1 1,3 1,7 4,4 4,8 4,9 5,2 5,1 5,2 Administration 3,0 3,1 2,9 3,7 4,0 4,0 3,8 3,8 4,0 4,0 4,5 PIB au coût des facteurs 16,0 19,6 22,5 22,8 23,1 31,7 36,8 38,9 40,6 42,8 43,8 Imp8ts indirects 0,7 0,7 1,5 2,0 1,9 1,9 2,2 1,9 2,4 2,8 3,3 PIB aux prix du marché 16,7 20,3 24,0 24,8 25,0 33,6 39,0 40,8 43,0 45,6 47,1 1/ Inclus les entreprises publiques, les impôts indirects exclus. Source: Estimations de la mission basées sur les statistiques de production et les comptes économiques de 1959, 1964 et 1968. Tableau 6: ESTIMATION DES COMPTES ECONOMIQUES: PIB A PRIX CONSTANTS 1959-69 (en millards de francs CFA) 1969 1959 1960 1961 1962 1963 1964 1965 1966 1967 1968 (prélim.) Secteur Rural Agriculture 2,4 2,4 2,5 2,5 2,5 2,5 2,6 2,5 2,8 1,9 2,8 Elevage 8,2 8,3 8,6 8,9 9,2 10,2 11,0 11,6 11,9 12,7 10,6 Sylviculture 0,2 0,2 0,3 0,2 0,2 0,2 0,2 0,3 0,4 0,4 0,4 Pèches o,4 E 0,4 0,5 0,4 05 0 5 0,6 07 12 1 0 Total 11,2 11,3 11,9 12,0 12,T 13,4 14,4 15,0 16,2 Mines 0,0 0,0 0,6 1,3 2,3 7,4 10,5 11,6 11,1 13,0 14,2 Industrie, Energie 0,3 0,3 0,3 0,3 0,4 0,5 0,6 0,7 0,8 0,9 1,0 Artisanat traditionel 0,4 0,4 0,4 0,4 0,4 0,5 0,5 0,5 0,6 0,6 0,7 Bâtiments et travaux publics o,6 4,8 6,9 4,9 2,4 1,4 1,3 1,3 2,7 2,9 3,4 Transport, commerce, services 1,2 1,3 1,3 1,4 1,8 4,7 4,9 5,1 5,4 5,3 5,2 Administration 5,0 4,9 4,4 5,2 5,4 5,1 4,9 4,8 4,8 4,5 4,5 PIB au coût des facteurs 18,7 23,0 25,8 25,5 25,1 33,0 37,1 39,0 41,2 43,4 43,8 Impots indirects 0,7 0,8 1,7 2,2 2,1 2,0 2,2 1,9 2,4 2,8 3,3 PIB aux prix du marché 19,4 23,8 2 27,7 27,2 35,0 3,3 40,9 43,6 46,2 47 1/y compris les entreprises publiques, non compris les impôts indirects. Source: Estimations de la mission, basées sur les statistiques de production et les comptes économiques de 1959, 1964 et 1968. Tableau 7: COMPTES ECONOMIQUES: TAUX DE CROISSANCE (augmentation annuelle moyenne) 1959 1964 1967 1968 1969 I. PIB Aux prix courants Secteur rural 3,1% p.a. Mines 106,7% p.a. Administration 4,0 p.a. PIB total aux prix courants du marché 15,0% p.a._ / / 7,0% p.a._/ 10,9 p.a. A prix constants Secteur rural traditionnel 3,8% p.a.__/ / 1,4% p.a.___ 4,3Lp.a. /a.4,1% p.a.__/ 2,6% p.a. Peche moderne _2,6% p.a._ / 25,0% p.a.__ E!semble du secteur rural 3,8% p.a. // 1,9% p.a.__ 2,9 p.a. Mines _275% p.a. / 13,9% p.a.J 106,7% p.a. Industrie, enérgie 13,9% p.a._/ 15,3% p.a. Bâtiments et travaux publics L 17,8% p.a.__/ 20,0% p.a./ Administration ,6% p.a._/ -2,9% p.a.___ -l l%p.a. / Ensemble du secteur moderne _20,9% p.a./ / 8,4% p.a.__ 14,4 p.a. ImpSts indirects 21,0% p.a.-/ 10,9% p.a.__/ PIB total à prix constants du marché / 1 2,5% p.a._/ 6,1% p.a.__/ 9,2% p.a. II. PNB A prix constants Secteur rural traditionnel 3,8% p.a./ 1,4% p.a.__/ -2,6% p.a.I Secteur moderne _15,7% p.a./ / 8,2% p.a._./ 11,9% p.a. PNB total à prix constants / 9,6% p.a._ / 5,4% p.a._/ 7,5% p.a.-___________ Agriculture, él,evage, sylviculture, pêche traditionnelle Source: calculé par la mission Tableau 8: PIB et PNB PAR HABITANT (en francs CFA) 1959 1960 1961 1962 1963 1964 1965 1966 1967 1968 1969 PIB au prix du marché A prix courants 18.040 21.500 24.800 25.000 24.600 32.200 36.400 37.400 38.800 40.500 41.040 Taux de croissance 12,3% p.a./ 5,0% p.a. b,5k p.a. A prix constants 1969 21.030 25.100 28.400 28.000 26.750 33.530 36.800 37.600 39.400 41.100 41.o40 Taux de croissance 9,8% p.a. / / 4,1% p.a. 6,9% p.a. PNB au prix du marché A prix courants 17.320 27.130 33.710 Taux de croissance 9,4% p.a. / /4,4% p.a. 6,8% p.a. A prix constants 1969 20.270 28.450 33.710 Taux de croissance 7,0% p.a. / 3,5% p.a. __________________________________________ 5,2' p.a._______________ Population 21 (en '000) 924 945 968 991 1016 1043 1070 1089 1108 1126 1146 2/ Y compris les étrangers Source: Estimation de la mission. Tableau 9: PIB et PNB: ESTIMATION DE L'UTILISATION DES RESSOURCES (en milliards de francs CFA) 1959 1964 1968 I. PIB PÎB (aux prix courants du marché) 16,7 100,0% 33,6 100,0% 45,6 100,0 Balance du commerce et des services 09 5,4% - 0,8 - 2,4% - 0,6 - 1,3 Total des ressources intérieures disponibles 17,6 105,4% 32,8 97,6% 45 0 98,7 Consommation 15,7 94,0% 26,7 79,5% 32,5 71,3 Investissements 1,9 11,4% 6,1 18,1% 12,5 27,4 Epargne intérieure 1,0 6,0% 6,9 20,5% 13,1 28,7 II. PNB ¯Pff (aux prix courants du marché) 16,7 100,0% 33,6 100,0% 45,6 100,c Revenu des investissements et paiements de transports 07 - 4,2 -5,3 -15, -1 -17 PNB 16,0 95,8% 283 8,75 8, PNB 16,0 100,0% 28,3 100,0 37,5 100,c Balance du commerce et des services l 0 9 5,6% 0,8 -28% - 0,6 - l , Total des ressources intérieures disponibles 6 105,6% 97,23, 9, Consommation: 157 981% 26 7 4,4 32 5 86 publique 247 23,01 privée 11,1 69,4% 20,2 71,4% 26,0 69, Investissements: 1 9 119 6,1 216 12 5 33, publics 5 2,0 71 privés 2_/ 1,1 6,9% 4,1 14,5% 9,1 24, Epargne nationale: 0,3 1,9% 56 5,0 13 publique n.d. n.d. -0,9 - 3,2 0,9 2, privée n.d. n.d. 2,5 8,8% 4,1 10, Erreurs et ommissions comprises Y compris les stocks Calculé par la mission, sur la base des comptes économiques de 1959, 1964 et 1968 Tableau 10: FORMATION BRUTE DE CAPITAL, PAR SECTEUR (Ier juillet 1963 - 30 juin 1967) (en millions de francs CFA) Secteur public Secteur privé Total des investissements Etudes générales 366 4,4% 214 1,1% 580 2,1% Agriculture et élevage 1.176 14,2% 107 0,6% 1.283 4,8% Mines 262 3,2% 11.293 61,3% 11.555 43,3% Pêches 970 11,7% 3.110 16,9% 4.o8o 15,3% Infrastructure des transports et communications 2.376 28,7% - - 2.376 8,9% Education et formation professionnelle 393 4,7% - - 393 1,5% Infrastructure urbaine et logements 1.072 12,9% 1.290 7,0% 2.362 8,8% Santé 804 9,8% - - 804 3,0% Bâtiments administratifs 525 6,4% 650 3,5% 1.175 4,4% Services 334 4,0% 1.765 9,6% 2.099 7,9% 8.278 100,0% 18.429 100,0% 26.707 100,0% Source: "Bilan d'exécution du Plan Quadriennal, 1963-1966". R.I.M. Tableau 11: ESTIMATION DU COMMERCE EXTERIEUR TOTAL - CHIFFRES AJUSTES (1959-1969) (en millions de francs CFA) 1959' 1960 1961 1962 1963 1964 1965 1966 1967 1968 1969 Exportations totales 3.320E 3.390E 3.620 4.000 6.600 13.800 16.390 19.010 19.610 20.950 22.800 Enregistrées: n.d. n.d. 430 690 3.980 11.320 14.260 17.140 18.230 18.200 20.020 Minerai de fer - - (2.710) (10.650) (13.310) (15.830) (15.820) (15.820) (17.420) Poissons (270) (220) ( 320) ( 360) ( 590) ( 660) ( 990) ( 980) ( 1.250) Elevage, gomme arabique et autres produits (160) (470) ( 950) ( 310) ( 360) ( 650) ( 1.420) ( 1.400) ( 1.350) Non enregistrées: l/ n.d. n.d. 3.190 3.310 2.620 2.480 2.130 1.870 1.380 2.750 2.780 Importations totales 6.940 10.980 17.460 18.500 16.950 13.700 14.850 14.480 15.670 15.770 18.500 Enregistrées: n.d. n.d. 7.680 8.800 7.410 3.880 6.140 5.680 8.410 9.340 10.370 MIFERMA (7.000) (8.100) (6.700) (3.000) (5.050) (4.000) (4.910) (4.330) (n.d.) Autres entreprises, y compris SOMIMA ( 680) ( 700) ( 710) ( 880) (1.090) (1.680) (3.500) (5.010) (n.d.) Non enregistrées: 2/ n.d. n.d. 9.780 9.700 9.540 9.820 8.710 8.800 7.260 6.430 n.d. Balance commerciale -3.620 -7.590 -13.840 -14.500 -10.350 +100 +1.540 + 4.530 +3.940 +5.180 n.d. (pourcentage de couverture des importations par les exportations) (48%) (31%) (21%) (22%) (39%) (101%) (110%) (131%) (125%) (133%) ( - ) 1 principalement bétail sur pied; gomme arabique en quantités décroissantes principalement importations non enregistrées en transit par Dakar, et importations clandestines en Mauritanie via le Maroc et le Sahara espagnol. Source: calculé par la mission, sur la base des comptes économiques des statistiques du commerce extérieur et d'autres sources. Tableau 12: TOTAL DES IMPORTATIONS PAR GROUPES DE PRODUITS - (CHIFFRES ESTIMES) (en millions de francs CFA) 1959 1964 1968 Produits alimentaires, boissons et tabac 3.850 55% 4.510 33% 4.390 28% l Energie (produits pétroliers) ) 570 4% 930 8% )860 13% Matières premières et produits semi-finis ) 1.250 9% 1.430 9% Equipement, y compris matériel de 4.060 30% 5.300 33% transport 2.230 32% Produits finis destinés à la consommation) _ 3.310 24 3.720 22% Total 6.940 100% 13.700 100% 15.770 100% l/ Baisse due à la diminuation de la population européenne consécutive au départ des troupes françaises stationnées en Mauritanie - Source: Comptes économiques 1959, 1964 et 1968 Tableau 13: COMMERCE EXTERIEUR ENREGISTRE - VENTILE PAR PAYS D'ORIGINE ET DE DESTINATION (en millions de francs CFA) EXPORTATIONS IMPORTATIONS 1964 1967 1969 1964 1967 1969 France 2.310 20% 3.480 19% 3.935 19,7% 2.100 54% 4.140 49% 4.031 39% CEE (France exclue) 5.075 45% 7.850 43% 8.466 42% 495 13% 1.020 12% 1.459 14% Rep. Fed. d'Allemagne 2.665 2.970 2.829 450 360 893 Belgique - Luxembourg 350 2.150 2.424 20 180 369 Italie 1.700 2.560 2.654 5 290 109 Pays-Bas 360 170 559 20 190 88 Autres pays européens 3.100 27% 4.380 24% 5.545 28% 150 4% 330 4% 1.231 12% Royaume-Uni 2.980 3.550 4.720 70 190 1.002 Afrique 335 3% 480 3% 1.248 6% 35 1% 195 2% 364 4% Pays de l'UMOA n.d. 6 470 n.d. 73 95 Amérique 350 3% 140 1% 70 0,3% 890 23% 1.565 19% 1.747 17% Etats-Unis 338 110 34 720 1.200 1.430 Autres pays 150 2% 1.900 10% 756 4% 210 5% 1.160 14% 1.538 14% Japon 120 470 495 - - Chine continentale - - - 5 600 768 Total 11.320 100% 18.230 100% 20.020 100% 3.880 100% 8.410 100% 10.370 100% Source: BCEAO, "Notes d'information statistique. Indicateurs économiques mauritaniens" No. 169, 1970 "Bulletin mensuel statistique", R.I.M. Tableau 14: BALANCE DES PAIEMENTS, 1959, 1964 et 1968 (en milliards de francs CFA) 1959 1964 1968 1. Biens et services, et Paiements de transferts Exportations 3,3 13,8 21,0 Importations 6,9 13,7 15,8 Balance commerciale -3,6 0,1 5,2 Balance des services 2,3 -0,6 -21 Balance des biens et services -1,3 -0,5 3,1 Intérêts de la dette publique n.d. -0,1 -0,1 Revenu d'investissements privés n.d. -4,1 -6,9 Paiements de transferts privés n.d. -1,1 Revenus nets des investissements et transferts privés -0,7 -5,3 -8,1 Erreurs et ommissions nettes 0,4 1,3 -2,5 Balance des opérations courantes -,6 -4,5 -5 2. Mouvements des capitaux Secteur public: transferts 1,5 1,1 0,9 dons 0,1 1,4 1,8 prêts (brut) 0,7 0,1 1,0 remboursements - -0,2 -0,2 au titre de prêts Total secteur public 2,3 2,4 3,5 Secteur privé: capitaux à long n.d. 2,5 6,1 terme (brut) remboursements n.d. -1,4 -2,5 de prêts capitaux à court n.d. O,6 -0,6 terme (net) Total secteur privé -0,7 1,7 3,0 Balance des opérations en capital 126 421 6 3. Variation des avoirs extérieurs ( - : diminuation) - -0,4 -1,0 Source: préparé par la mission sur la base des comptes économiques et d'autres sources. Tableau 15: SITUATION DES INSTITUTIONS MONETAIRES - 1962-1969 (en millions de francs CFA, en fin d'année) 1962 1963 1964 1965 1966 1967 1968 1969 Avoirs extérieurs nets 3.200 3.275 2.653 2.472 2.717 2.556 1.551 321 Crédit intérieur: - 454 - 573 230 16 635 1.484 3.092 4.623 (Créances sur l'Etat) (-1.713) (-1.535) (-1.136) (-1.524) (-797) (-1.125) (-942) (-46o) net (Crédits des banques (1.250) E ( 948) (1.262) (1.524) (1.389) (2.593) (3.998) (5.052) au secteur privé) (Crédits du Trésor au ( 9) (14) ( 4) (16) (43) (16) (36) (31) au secteur privé) Actif = Passif 2.746 E 2.702 2.783 2.488 3.352 4.o4o 4.643 4.944 Disponibilités monétaires 1/ 2.672 2.689 2.515 2.145 2.911 3.464 3.996 4.119 (Monnaie en circulation)(i.978) (1.611) (1.701) (1.230) (1.246) (1.425) (1.561) (1.784) (Dépôts à vue chez les E banques) (592) (906) ( 691) (769) (1.505) (1.755) (2.217) (2.060) (Dépôts aux chèques postaux) (102) (172) ( 123) (146) (160) (284) (218) (275) Dépôts à terme 68 50 50 160 200 386 397 623 Autres éléments (net) 6 - 37 218 183 241 190 250 202 î/ Disponsibilités n.d. 2.594 2.344 2.144 3.126 3.330 3.993 n.d. monétaire (ajuste- ments saisonniers) Source: Statistiques financières internationales, FMI Tableau 16: ACTIF ET PASSIF DE LA BCEA0 -MAURITANIE- 1963-1969 (SITUATION DE L'EMISSION MONETAIRE) (en millions de francs CFA, en fin d'année) 1963 1964 1965 1966 1967 1968 1969 Avoirs extérieurs 2.504 2.571 2.411 1.922 2.174 1.837 1.010 Créances sur le Trésor public 2 1 1 1 1 1 - Créances sur les banques (réescomptes) 94 24 - - - 334 1.348 (court terme) - - - - - (175) (571) (moyen et long terme) (94) (24) - - - (159) (777) Actif = Passif 2.600 2.596 2.412 1.923 2.175 2.172 2.358 Billets et monnaies en circulation 1.687 1.769 1.331 1.317 1.493 1.702 1.949 Dép6ts du secteur public 907 754 1.012 484 667 463 226 (Dépôts du Trésor public) (628) (469) (747) (92) (305) (217) ( 45) (Billets et monnaies détenus (279) (285) (265) (392) (362) (246) (181) par l'Etat) Dettes extérieures 6 73 69 122 15 7 183 Source: Statistiques financières internationales, FMI Tableau 17: SITUATION INTEGREE DES BANQUES, 1963-1969 (en millions de francs CFA, au 31 décembre) 1963 1964 1965 1966 1967 1968 1969 Réserves 75 69 101 76 125 252 149 Avoirs extérieurs 936 486 694 1.340 949 398 126 Crédits à l'économie 948 1.262 1.524 1.389 2.593 3.998 5.052 financés par: ressources propres, y compris dépôts à l'étranger (854) (1.238) (1.524) (1.389) (2.593) (3.664) (3.704) réescompte BCEAO (94) ( 24) ( - ) ( - ) ( - ) ( 334) (1.348) Actif = Passif 1.959 1.817 2.319 2.805 3.667 4.648 5.327 Dépôts à vuie 906 691 769 1.505 1.755 2.217 2.060 Dépôts à terme et dép^ts d'épargne 50 50 160 200 386 397 623 Dépôts de l'Etat 798 520 657 450 734 668 478 Dettes extérieures 159 331 564 423 552 677 631 Avances de la BCEAO 94 24 - - - 334 1.348 Autres éléments (net) - 48 201 169 227 240 355 187 Source: Statistiques Financières Internationales, FMI Tableau 18: ANALYSE DU CREDIT A COURT TERME, 1964-1969 (en millions de francs CFA, en fin d'année) 1964 1965 1966 1967 1968 1969 Agriculture, élevage - - - - - 12 Mines 70 326 - 100 117 113 Pêches et autres activités industrielles 128 148 388 589 798 631 Batiment et Travaux Publics 77 136 99 280 746 427 Transports 83 92 179 274 307 648 Commerce 342 298 291 621 831 1.225 Autres activités et opérations 166 136 67 236 667 1.069 non classées 1/ Total du crédit bancaire 866 1.136 1.024 2.100 3.466 4.125 1/ Y compris les prêts inférieurs à 10 millions FCFA,n'étant pas obligatoirement déclarés à la Centrale des Risques, ne font pas l'objet d'une ventilation sectorielle. Source: Statistiques financières internationales, FMI Tableau 19: ANALYSE DU CREDIT A MOYEN ET LONG TERME 1965-1969 7en millions de francs CFA, en fin d'année) 1965 1966 1967 1968 1969 Agriculture, élevage - - - - 34 Mines n. d. - 250 120 375 Peches et autres activités industrielles n.d. 150 110 190 190 Bâtiment et Travaux Publics n.d. 21 19 65 87 Transports n.d. - - 55 118 Commerce n.d. - 75 96 74 Autres activités et opérations non classées 388 193 38 6 49 Total du crédit bancaire / 388 364 492 532 927 Le total du crédit à moyen et long terme s'est élevé à 243 millions de francs CFA en 1963 et à 396 millions de francs CFA en 1964; on ne connaît pas la répartition par branche. Source: Statistiques financières internationales, FMI Tableau 20: ANALYSE DES PRETS ACCORDES PAR LA BANQUE MAURITANIENNE DE DEVELOPPEMENT (BMD) (en millions de francs CFA au 30 septembre 1969) Long Terme Moyen Terme Court Terme Total Nombre Montant Nombre Montant Nombre Montant Nombre Montant () Agriculture 1 14,4 5 18,5 19 12,0 25 44,9 3,5% Industries, y compris industries 3 203,7 8 110,0 5 285,5 16 599,2 46,3% de la pêche Logement 97 100,5 219 304,4 2 3,4 318 408,3 31,5% Crédit consommateur - -- 3.018 146,3 3.018 146,3 11,3% Organismes publics 3 96,0 - - 3 96,0 7,4% Total 104 414,6 232 432,9 3.044 447,2 3.380 1.294,7 (M) (32,0%) (33,4%) (34,6%) (100%) Source: Informations fournies par les autorités mauritaniennes Tableau 21: DEPENSES BUDGETAIRES ET EXTRA-BUDGETAIRES DU GOUVERNEMENT CENTRAL ET LEUR FINANCEMENT - MONTANTS ESTIMES (en millions de francs CFA) (Estimé) Moyenne Moyenne 1960 1961 1962 1963 i964 1965 1966 1967 1968 1969 1960-64 1965-68 Dépenses 1. Dépenses de fonctionnement comprises dans le budget.de fonctionnement 3.038 3.412 4.335 4.287 4.117 4.154 4.390 4.916 5.187 6.372 3.838 4.662 assistance technique (contribution locale exclue) 350 424 476 545 539 530 579 630 611 570 467 587 factures impayées 1 5 7 20 10 17 61 83 130 166 8 73 total 3.39 TEi --BS 4.852 4.- 4.701 5.030 5.629 5.928 7.108 4.313 5.322 2. Recettes publiques comprises dans le budget de fonctionnement 1.041 2.341 3.282 3.413 3.766 4.573 4.746 5.191 5.701 5.829 2.769 5.053 directement versées à la Caisse de Réserve 72 - - comprises dans le budget d'équipement 120 2 50 24 13 total 1.04+1 2.41 3.232 3.413 3.766 4.573 4.7 5.193 5.751 5.901 2.793 5.066 3. Déficit des opérations courantes 2.348 1.380 1.536 1.439 900 128 284 436 177 1.204 1.520 256 4. Dépenses d'éguipement comprises dans le budget de fonctionnement et le budget d'équipement 304 442 709 565 448 295 772 689 538 663 493 574 investissements à titre de l'aide extérieure non-budgetisés 1.030 1.100 1.505 2.511 1.561 1.415 1.196 2.215 2.796 2.895 1.542 1.905 investissements financés à l'aide de crédits-fournisseurs 65 35 1.086 - 25 total 1.334 1.52 2.214 3.076 2.009 1.710 1.96 2.9 3.369 4.644 2.035 2.504 5. Déficit global 3.682 2.922 3.750 4.515 2.909 1.538 2.252 3.405 3.546 5.699 3.555 2.760 Financement du déficit global 6. Dons à titre de l'aide extérieure subventions budgétaires accordées par la France 1.803 1.821 2.254 901 428 291 465 632 177 54 1.441 391 assistance technique 350 424 476 545 539 530 579 630 611 570 467 588 dons à titre de l'aide extérieure, non budgetisés 930 250 1.369 1.127 1.433 1.367 911 1.651 1.764 1.451 1.022 1.423 total 3.033 2.495 9 2.573 2.40 2.18 1.955 2.913 2.552 2.075 2.930 2.402 7. Emprunts à l'étranger à des conditions très favorables 100 850 136 1.384 128 48 285 564 1.032 1.44k 520 482 8. Endettement à court terme crédits-fournisseurs 65 35 1.086 - 25 factures non réglées 1 5 7 20 10 17 61 83 130 166 8 73 total 1 5 7 20 10 17 T _148 165 1.252 9. Variations des réserves du Trésor (- = augmentation) 498 -428 -492 538 371 -415 -49 -220 -203 928 97 -222 10. Financement total 3.682 2.922 3.750 4.515 2.909 1.838 2.252 3.405 3.546 5.699 3.555 2.760 Source: "Comptes définitifs", Direction des Finances Tableau 22: RECETTES BUDGETAIRES REELLES =en millions de francs CFA) 1960 1961 1962 1963 1964 1965 1966 1967 1968 1969 Imp6ts directs Impôts sur les revenus 143 351 661 585 821 963 828 843 954 1.102 Autres imp6ts directs 121 217 247 230 64 63 89 78 87 146 Total 2958 8 1.026 917 921 1.041 1.247 Imp8ts payés par MIFERMA - 187 200 538 630 1.084 1.604 1.455 1.439 1.432 Impfts indirects Droits à l'entrée 542 1.064 1.124 1.076 1.102 1.078 932 1.031 920 846 Taxes intérieures (T.C.A.) 68 235 593 664 586 527 622 710 749 825 Taxes de consommation (thé, tabac, sucre) 14 15 175 2/ 15 6 245 2/ 15 291 3/ 673 3/ 364 1 Taxes sur les hydrocarbures et le raffinage 23 58 84 95 152 177 180 209 265 358 Autres taxes de transaction 6 86 l/ 21 28 46 129 105 109 126 59 Droits à l'exportation (à l'exception de minerais de fer) 4 5 8 8 8 34 49 48 53 70 Total 657 1.463 2.005 1.78 1.900 2.190 1.903 2.397 2.786 2.522 Droits d'enregistrement et de timbres 23 31 52 70 52 84 85 102 97 119 Revenus du domaine et recettes d'exploitation 40 449 45 9 45 h1 80 152 183 175 Redevances de la Banque Centrale - - - - 97 68 68 90 106) ) 333 Recettes diverses 57 43 72 55 157 80 89 73 49 ) Total des recettes 1.o4 2.341 3.282 3.413 3.766 4.573 4.746 5.191 5.701 5.829 Aide budgétaire fournie par la France 1.483 1.821 1.852 500 - - - - - - Recettes totales du Budget de fonctionnement 2.524 4.162 5.134 3.913 3.766 4.573 4.746 5.191 5.701 5.829 Total des recettes courantes en pourcentage du PIB, au coûit des facteurs 5,3% 10,4% 14,4% 14,8% 11,9% 12,4% 12,2% 12,8% 13,3% 13,3% 1/ y compris diverses recettes de la douane 2/ y compris la contribution de la caisse de péréquation du sucre / principalement sur le sucre Source: Comptes Definitifs, Direction des Finances Tableau 23: DEPENSES DE FONCTIONNEMENT REELLES Ten millions de francs CFA) 1960 1961 1962 1963 1964 1965 1966 1967 1968 1969 Assemblée Nationale et Présidence 171 214 307 285 188 168 168 177 185 186 Services Judiciaires 77 83 98 99 102 98 94 97 95 117 Intérieur 254 295 241 248 222 222 214 222 178 199 Police, Gendarmerie, Garde 312 316 577 582 526 474 481 537 594 634 Armée - 22 300 409 544 522 502 541 583 628 Affaires étrangères - 125 l_/ 148 232 188 170 180 220 159 279 Information et radio 17 24 61 68 67 70 69 82 95 95 Finances 52 62 148 152 160 164 169 185 187 216 Education nationale 417 387 562 650 648 717 719 852 914 1.119 Enseignement technique 18 23 21 22 27 23 20 32 57 135 Santé, travail, services sociaux 223 225 262 247 257 256 310 358 365 421 Fonction publique 12 13 15 21 5 12 6 l 15 10 Développement rural 196 157 182 179 206 193 195 232 224 238 Affaires économiques et Plan 34 18 23 19 18 29 30 33 43 72 Travaux publics 133 179 171 185 176 162 195 237 256 194 Entretien 168 93 102 107 81 109 106 134 93 68 Dépenses courantes diverses 459 2/ 204 158 179 152 200 187 239 197 Contribution et subventions 290 225 197 172 142 198 179 243 258 Contribution au titre de l'assistance technique 30 26 26 41 81 83 91 81 99 Dette publique 71 576 238 106 220 214 398 301 457 Acquisitions (véhicules, mobiliers, équipements) 70 99 302 73 34 30 31 50 69 Reversement 34 46 196 211 73 4o 46 52 64 Total de dépenses de fonctionnement 3.033 3.412 4.335 4.207 4.117 4.-15 4.390 4.916 5.187~ 6.372 E Prêts aux organismes publics et participations - 108 39 10 20 4 - 3 - n.d. Contribution de l'Etat à l'aménagement de Nouakchott 23 1883/ 17 31 Transferts au budget d'équipement 80 27 208 - - - 20 52 195 - Total des dépenses du budget de fonctionnement 3.141 3.735 4.599 4.327 4.137 4.15T 4.410 4.971 5.302 6.22OE l/ Non compris 130 millions de francs CFA pour la construction d'ambassades 2_ Y compris 300 millions de francs CFA de dépenses pour la fête de l'indépendance Y compris 130 millions de francs CFA pour la construction d'ambassades Source: Comptes Définitifs. Direction des Finances. Tableau 24: RESUME DES DEPENSES DE FONCTIONNEMENT (en millions de francs CFA) 1960 1962 1964 1966 1968 en chiffres en chiffres en chiffres en chiffres en chiffres absolus absolus absolus % absolus absolus I. Par service Administration générale 583 19,2 1.018 23,5 932 22,7 900 20,5 914 17,6 Armée et Police 312 10,3 877 20,3 1.070 26,0 983 22,4 1.177 22,7 Education 435 14,3 583 13,4 675 16,4 739 16,8 971 18,7 Santé 223 7,3 262 6,0 257 6,2 310 7,1 365 7,1 Développement rural 196 6,5 182 4,2 206 5,0 195 4,4 224 4,3 Affaires économiques et Plan 34 1,1 23 0,5 18 0,4 30 0,7 43 0,8 Travaux publics et entretien 301 9,9 273 6,3 257 6,2 301 6,8 349 6,8 Contribution au titre de l'assistance technique 30 1,0 26 0,6 81 2,0 91 2,1 99 1,9 Dette publique 71 2,3 238 5,5 220 5,4 398 9,1 457 8,8 Acquisitions 70 2,3 302 7,0 34 0,8 31 0,7 69 1,3 Contributions, subventions et remboursements divers 783 1/ 25,8 551 12,7 367 8,9 412 9,4 519 10,0 Total 3.038 100,0 4.335 100,0 4.117 100,0 4.390 100,0 5.187 100,0 II. Par catégorie de dépense Salaire 1.479 48,6 2.086 48,2 2.355 57,2 2.498 56,9 2.882 55,7 Entretien 169 5,6 102 2,4 82 2,0 106 2,4 93 1,8 Materiels 967 31,8 1.359 31,4 1.048 25,5 944 21,5 1.191 23,0 Transferts 357 11,7 54o 12,5 411 10,0 445 10,1 555 10,7 Dette publique 71 2,3 238 5,5 220 5,3 397 9,0 457 8,8 Total 3.043 100,0 4.325 100,0 4.116 100,0 4.390 100,0 5.178 100,0 1/ y compris les dépenses de la fête de l'indépendance Source: Comptes Definitifs, Direction des Finances Tableau 25: DEPENSES PUBLIQUES COURANTES: COMPARAISON ENTRE LA MAURITANIE ET DIVERS PAYS AFRICAINS (moyennes de trois ans) Mauritanie Sénégal Mali Haute-Volta Côte d'Ivoire Dahomey Gambie Salaires 56 50 59 57 4o 61 38 Entretien, matériel 27 22 26 18 28 25 49 Transferts 10 25 8 17 20 12 - Dette publique 7 3 7 8 12 2 13 Total 100% 100% 100% 100% 100% 100% 100% Tableau 26: DEPENSES PUBLIQUES DE DEVELOPPEMENT, ET LEUR FINANCEMENT, 1960-1969 (en millions de francs CFA) Moyenne Moyenne 1960 1961 1962 1963 1964 1965 1966 1967 1968 1969 1960-64 1965-68 Dépenses 1. Dépenses prévues au budget budget de fonctionnement 23 296 56 41 20 4 - 3 - OE 87 2 budget d'équipement 281 146 63 524 428 291 772 686 538 663 406 572 total 30T EiE 709 5 78 295 772 69 38 63 l¯9¯3 _577 2. Projets à titre de l'aide extérieure, non budgetisés dons 930 250 1.369 1.127 1.433 1.367 911 1.651 1.764 1.451 1.022 1.423 prêts et crédits 100 850 136 1.384 128 48 285 564 1.o32 1.444 520 482 total 1.030 1.100 1.505 2.511 1.561 1.415 1.196 2.215 2.796 2.95 1.542 1.905 3. Investissements financés par crédits-fournisseurs 65 35 i.086 - 25 4. Total des dépenses de développement 1.334 1.542 2.214 3.076 2.009 1.710 1.968 2.969 3.369 4.644 2.035 2.504 Financement des dépenses de développement 5. Aide extérieure subventions françaises au budget de fonctionnement - 870 799 - - - - - - - 334 - subventions françaises au budget d'équipement 20 - 402 401 428 291 465 632 177 54 250 391 aide financière française non budgetisée 1.030 1.100 779 2.059 918 590 486 1.120 777 727 1.177 743 FED - - 715 439 628 756 563 842 1.269 988 356 858 BIRD/IDA - - - - - - 47 174 179 548 - 100 aide financière accordée par d'autres pays donateurs - - 11 13 15 69 -100 79 571 632 8 205 total 1.050 1.970 2.706 2.912 1.99 1.706 =1.61 2.947 2.973 2.949 2.125 2.297 6. Crédits-fournisseurs 65 35 1.086 - 25 7. Sources locales excédents du budget de fonctionnement - - - - - 419 356 277 56OE - 404 contributions diverses - 1 1 - 24 6 - - - - 5 1 total - 1 1 - 2T 25 356 277 ¯5ý ¯¯E 5 405 8. Total des ressources financières 1.050 1.971 2.707 2.912 2.013 2.131 2.017 3.189 3.572 4.035E 2.130 2.727 9. Incidence sur les réserves du Trésor ( -= augmentation) 284 -429 -493 164 -4 -421 -49 -220 -203 609E -95 -223 1/ Excédent de la subvention française compensant le déficit Source: préparé par la mission Tableau 27: VERSEMENTS EFFECTUES AU TITRE DE L'AIDE EXTERIEURE PUBLIQUE (1959-69) (en millions de francs CFA) 1959 1960 1961 1962 1963 1964 1965 1966 1967 1968 1969 TRANSFERTS PUBLICS FRANCE: Budget et autres transferts 1.200 1.780 1.821 2.254 901 428 291 465 632 177 54 E Assistance technique 250 380 450 500 550 584 583 620 641 660 622 Autre assistance technique - - - 2 36 38 30 50 60 50 4o (y compris ONU) 1.50 2.160 2.271 2.756 11487 1.050 804i 1.135 1.333 87 716 DONS France, FAC 73 930 250 643 675 790 542 248 730 282 231 CEE (FED) - - - 715 439 628 756 563 842 1.269 988 U.S AID il 13 13 30 22 17 - - ONU - - 2 33 65 50 33 32 Divers, principalement - - - 6 13 12 180 200 République Fédérale d'Allemagne 73 930 250 13 1.127 1.433 1.367 911 1.651 1.76 1.451 PRETS ET CREDITS France, FAC - - - - - - - - 390 50 56 CCCE 742 100 850 136 1.384 128 48 238 - 446 486 BIRD/IDA - - - - - - - 47 174 179 548 Divers, principalement - - - - - - - - - 358 364 République Populaire de Chine __7V_ 1_2_3 742 100 80 136 1.8 128 48* 285 56 1.033 1.45 Total 2.265 3.190 3.371 4.261 3.998 2.611 2.219 2.331 3.548 3.684 3.621 Source: Diverses statistiques publiées par des pays donateurs et des institutions financières BCEAO, "Notes d'information statistique. Indicateurs économiques mauritaniens", No. 149 et 161. Renseignements fournis par le représentant de la CCCE à Nouakchott, pour la période 1965-1969. Tableau 28: AIDE EXTERIEURE: ENGAGEMENTS ET VERSEMENTS, 1960-1968 (milliards de francs CFA) I. Engagements 1960 1961 1962 1963 1964 1965 1966 1967 1968 Total 1960-1968 Total Dons Pruts France FAC: A des institutions non-gouvernementales 0,9 2,2 0,2 0,1 0,7 0,1 0,1 0,3 0,2 4,8 n.d. n.d. Aide à des projets gouvernementaux 1,3 0,8 0,5 0,7 0,7 1,0 0,9 0,3 0,5 6,7 6,2 0,5 CCCE - - 0,7 1,0 0,9 - 0,2 - 1,0 3,8 - 3,8 EEC 0,6 1,8 0,6 - 0,2 2,7 0,2 0,5 0,9 7,5 6,7 0,8 Autres - - 0,1 _0 2,0 - - 2,0 0,2 44 , 3,3 Total des engagements 2,8 4,8 2,1 1,9 4,5 3,8 l,4 3,1 2,8 27,2 n.d. n.d. Engagements - institutions non-gouvernementales exclues 1,9 2,6 1,9 1,8 3,8 3,7 1,3 2,8 2,6 22,4 14,0 8,4 (100%) (100%) (100%) II. Versements - institutions non-gouvernementales exclues 1,0 1,1 1,5 2,5 1,6 1,4 1,2 2,2 2,8 15 3 10,8 4,5 Solde inutilisé (cumulatif) 0,9 2,4 2,8 2,1 4,3 6,6 6,7 7,3 7,1 7,1 3,2 3,9 (32%) (23%) (46%) Source: voir tableau précédant Tableau 29: AIDE EXTERIEURE VENTILEE PAR SECTEUR (ENGAGEMENTS), 1960-1968 (en millions de francs CFA) Aide accordée sous forme de don Aide accordée sous forme de prêt Total % FAC CEE Divers FAC CCCE CEE(BEI) Divers Etudes générales 254 215 - - - - - 469 2% Secteur rural 1.443 956 - - - - - 2.399 11% Industries 1.144 980 - 80 2.196 - - 4.400 20 (y compris mines et pêches) Infrastructure 2.836 3.206 - 421 59 765 1.654 8.941 40% Secteur social 358 1.378 - - 901 - - 2.637 12ý Divers (y compris non classés) 226 1 1.039 - 632 - 1.654 3.552 15% Engagements 6.261 6.736 1.039 501 3.788 765 3.308 22.398 100 Paiements 5.090 5.212 500 440 3.330 - 758 15.330 () 81% 77% 48% 88% 88% 0% 23% 68% Source: voir tableau précédent Tableau 30: INCIDENCE DES OPERATIONS BUDGETAIRES SUR LES COMPTES DU TRESOR (en millions de francs CFA) le 31 décembre 1966 le ?1 décembre 1967 le 31 décembre loS;A le 31 décembre 1969 Comptes budgétaires Crédit Débit Solde Crédit Débit Solde Crédit Débit Solde Crédit Débit Solde 1. Budget de fonctionnement Exercise en cours 4.059 4.568 -509 3.923 5.007 -l.o84 5.206 5.023 +183 5.662 5.251 + 41i Opérations à régulariser et à imputer 1.375 467 +908 1.915 458 +1.457 556 687 -131 562 1.292 -730 Caisse de réserve 1/ 189 - 4189 516 - + 516 393 - +393 201 - + 201 Surplus accumulé to~tal +5b 79 -+445 -118 2. Fonds hors Budget 93 156 -63 150 140 + 10 170 138 + 32 460 138 + 322 3. Avances du Trésor - - - - - - - 63 -63 - 108 -108 4. Aide étrangère (fonds affectés) - 23 -23 - - - 100 - +100 102 O + 100 Total +502 899 î5l4 + 196 Comptes de financement 5. Avoirs liquides Numéraire + 28 + 25 410 - Dépôts à la BCEAO + 39 +234 +154 + 28 Dépôts aux autres banques +599 4847 +694 + 4oc 1.106 +85+ 6. Dépôts au Trésor . Chèques postaux (net) -306 -320 -396 -249 Communis -84 -92 -141 -184 Autres institutions publiques -327 -366 -430 -560 Particuliers -38 -37 -34 -38 -755 -915 -1.001 -1.031 7. Avances aux comptables subordonnés +612 +670 +692 + 879 8. Obligations cautionnées + 43 + 16 + 37 + 31 9. Paiements à exécuter -69 -97 -142 -129 10. Trésors Etrangers + 5 + 19 + 70 + Total +502 +899 +514 + 196 Y compris les surplus budgétaires accumulés des années précédentes. Source: Renseignements fournis par les autorités mauritaniennes. Tableau 31: BILAN ANNUEL DU TRESOR (en millions de francs CFA) 1966 1967 1968 1969 ( au 31~~ïcembre ) Actif Disponibilités à vue 666 1.106 858 442 Avances aux préposés 612 670 692 879 Obligations cautionnées 43 16 37 31 Trésors étrangers 5 19 70 5 Total 1.326 1.811 1.657 1.357 Passif Dépôts au Trésor 755 815 1.001 1.031 Chèques postaux 306 320 396 249 Communes 84 92 141 184 Autres institutions publiques 327 366 430 560 Particuliers 38 37 34 38 Payments à exécuter 69 97 142 129 Excédent des opérations en cours: 502 899 514 196 Budget 588 899 445 - 118 Fonds spéciaux - 63 10 32 322 Avances du Trésor - - - 63 -108 Aide étrangère (fonds affectés) - 23 - 100 100 Total 1.326 1.811 1.657 1.357 Source: Renseignements fournis par les autorités mauritaniennes Tableau 32: PRODUCTION AGRICOLE - CHIFFRES ESTIMES, 1959-1969 (en milliers de tonnes) 1959 1960 1961 1962 1963 1964 1965 1966 1967 1968 1969 Mil 80 84 87 89 90 90 100 90 100 50 100 Nieb6s 3,5 3,9 4,14 5,0 5,8 6,6 7,3 8,0 8,7 9,4 10,0 Mars 3,0 3,0 3,2 3,4 3,7 4,0 4,0 4,0 4,0 3,0 4,0 Blé et orge 0,2 0,2 0,2 0,2 0,2 0,2 0,3 0,3 0,3 0,3 0,4 Riz o,4 0,4 0,5 0,5 0,6 0,7 0,7 0,7 0,7 0,7 0,7 Arachides 0,7 0,7 0,7 0,7 0,8 0,8 0,8 0,8 0,8 0,7 0,8 Pommes de terre 1,8 1,8 1,8 1,9 1,9 2,0 2,0 2,0 2,1 2,0 2,1 Ignames 1,8 1,8 1,8 1,9 1,9 2,0 2,0 2,0 2,1 2,0 2,1 Légumes 0,3 0,3 0,3 0,4 0,14 0,5 0,6 0,7 0,8 0,7 0,8 Fruits 1,8 1,9 1,9 2,0 2,0 2,0 2,1 2,1 2,2 2,0 2,2 Dattes 15 14 13 12 l 10 10 10 12 12,5 12 Source: Informations fournies par les autorités mauritaniennes Tableau 33: STATISTIQUES DE L'ELEVAGE, 1959-1969 (milliers de têtes) Cheptel 1959 1960 1961 1962 1963 1964 1965 1966 1967 1968 1969 E E Bovins 1.800 1.84o 1.880 1.920 1.960 2.000 2.050 2.100 2.275 2.500 2.000 E E Ovins et caprins 4.1oo 4.1oo 4.150 4.250 4.400 4.600 5.200 5.900 6.550 6.700 6.500E E E E E E E E Chameaux 665 670 675 680 685 690 695 700 710 720 720 Exploitation du cheptel Bovins 144 147 160 163 176 190 205 220 250 300 240 Ovins et caprins 1.025 1.025 1.038 1.062 1.100 1.150 1.300 1.475 1.637 1.675 1.625 Chameaux 60 60 61 61 62 62 63 63 64 65 65 Bovins Ovins et caprins Chameaux Total de l'Abattage en 1969 (en milliers de têtes), 67 973 58 dont: (abattage enregistré) (19) (31) (2) Total des exportations en 1969 (en milliers de têtes), 173 652 7 dont: (exportations enregistrées) (28) (335) (-) Source: Renseignements fournis par les autorités mauritaniennes Tableau 34: SYLVICULTURE; PRODUCTION COMMERCIALISEE DE GOMME ARABIQUE, 1960-1969 1960 1961 1962 1963 1964 1965 1966 1967 1968 1969 Tonnage: (en Milliers de tonnes) Production commercialisée 2,16 3,98 3,49 3,02 3,61 2,54 3,33 4,44 4,96 5,32 Prix (francs CFA par kg) Au producteur 50 35E 35E 45E 50 50E 55E 60E 68 85 Prix de gros 2/ 63 46 43 56 60 60 70E 80E 95 135 Valeur (en millions de francs CFA) Production commercialisée 108 139 122 136 180 127 183 266 337 452 Exportations / n.d. n.d. n.d. n.d. 158 220 230 310 390 n.d. 1 "Comptes Economiques 1968" 2/ "Annuaire Statistique" 1963/64 et 1968, R.I.M. / Ajustés en tenant compte de la différence entre le total de la production enregistrée, qui est entièrement exportée et le chiffre des exportations resensées par les services de douane - Source: "Bulletin mensuel statistique", R.I.M. Tableau 35: PRODUIT DE LA PÊCHE, 1960-1969 1960 1961 1962 1963 1964 1965 1966 1967 1968 .1969 Pêche maritime moderne (en tonnes) Poisson salé séché 8.200 11.400 6.100 9.900 11.600 12.900 14.600 13.200 36.500 17.500 Poisson congelé - - - - 2.100 1.400 3.330 5.500 5.260 8.400 Langoustes 10 13 16 20 25 31 39 51 69 90 Pêche maritime traditionnelle (en tonnes) Imraguen 1.100 1.110 1.130 1.16oE 1.200 1.260E 1.350E 1.500E 1.650E 1.800 Nouadhibou - - - - - 30E 100E 220E 400 E 550 Nouakchott n.d. 20E 50F 80E 100 120E 150E 190E 240E 300 Pêche en eau douce (en tonnes) 12.000 12.100 12.350 12.650 13.000 13.400 13.800 14.200 14.600 15.000 (Valeur des exportations en millions de francs CFA) n.d. (270) (220) (320) (360) (590) (660) (990) (980) (1.250 Source: "Bulletin mensuel statistique", R.I.M. Tableau 36: SECTEUR MINIER: MIFERMA, PRODUCTION ET EXPORTATION DE MINERAIS DE FER, PERSONNEL OCCUPE 1961 1962 1963 1964 1965 1966 1967 1968 1969 Production (en milliers de tonnes) Minerai riche 380 785 1.398 4.605 6.283 7.198 7.045 8.045 8.680 Minerai pauvre 16 164 560 546 761 2.130 3.027 3.115 2.120 E Total 396 9f49 1.958 5.151 7.044 9.328 10.072 11.160 10.800 Exportations (minerai riche) Volume (en milliers de tonnes) - - 1.293 4.983 5.961 7.135 7.451 7.703 8.576 Valeur ( en millions de francs CFA) 2.710 10.650 13.310 15.830 15.820 15.820 17.420 Prix unitaire, en francs CFA - · (2.096) (2.137) (2.233) (2.219) (2.122) (2.054) (2.031) Personnel ýccupé en Mauritanie) Direction n.d. n.d. - 80E 80E 90E 81 81 80 84 Contremaitres et ouvriers spécialisés 900E 880E 960E 938 888 956 1.032 Autres employés 2.212E 2.415E 2.688E 2.932 2.989 3.061 3.036 Total 1.120 1.407 3.192 3.375 3.738 3.951 3.958 4.097 4.152 dont: personnel mauritanien (509) (709) (1.980) (2.062) (2.543) (2.624) (2.795) (2.954) (3.058) Source: MIFERMA "Comptes Rendus d'Activité" Annuaire et Bulletin statistique, R.I.M. Tableau 37: PRODUCTION ET CONSOMMATION D'ENERGIE ET D'EAU, 1965-1969 1965 1966 1967 1968 1969 Energie électrique (en kilowatts) (prélim.) Capacité installée dans tout le pays (en kilowatts) 21.390 21.390 21.390 26.370 26.370 Production (en milliers de Kwh 1/ ) 29.562 35.229 37.888 43.883 50.000 Total de la consommation (en milliers de Kwh 1/ ) 28.760 34.204 37.075 42.825 48.500 dont: Consommation de MIFERMA (23.726) (27.398) (28.497) (33.780) (34.000) Prix consommateur à Nouakchott: (en francs CFA par Kwh) Haute tension 35 29 29 29 29 Basse tension 35 34 34 34 34 Prix consommateur à Kaedi: Basse tension n.d. n.d. n.d. 55 55 Produits pétroliers (en mètres cubes) Consomnation totale 52.842 63.049 81.139 100.583 112.655 dont: Consommation de MIFERMA (37.963) (46.379) (48.915) (54.915) (59.206) Eau (en milliers de mètres cubes) Production i/ 1.042 1.141 1.237 1.342 1.524 Consommation 1/ n.d. 1.070 1.162 1.254 1.310 Prix consommateur (en francs CFA par mètres cubes) à Nouakchott 120 120 120 120 120 à Nouadhibou 650 650 650 170 170 à Kaedi n.d. n.d. n.d. 81 81 i/Seulement Nouakchott, Nouadhibou et Zouérate Source: Informations fournies par les autorités mauritaniennes Tableau 38: TRANSPORTS ROUTIERS Réseau routiers (Khs) 1959 1964 1967 1968 1969 Routes bitumées - 96 96 280 Routes en terre (latérite) n.d. 980 1.105 1.105 1.181 Total des routes à viabilité permanente n.d. 980 1.201 1.201 1,i Autres routes nationales n.d. 2.205 2.065 2.065 2.065 Pistes n.d. 2.815 2.860 2.860 2.860 Nombre de vehicules enregistrés (au 31 décembre) 1959 1964 1967 1968 1969 Voitures particulières 225 1.390 2.996 3.563 4.161 Autocars 25 38 39 44 54 Camions et camionettes 1.545 2.377 3.858 4.299 4.962 Véhicules spéciaux 91 484 201 209 242 Tracteurs 22 121 127 130 157 1.90u T.410 7.221 .2i5 9.576 Consommation de certains produits pétroliers (en milliers de mètres cubes) 1959 1964 1967 1968 1969 Essence 3,5 9,3 12,4 12,5 12,9 Gasoil 10,8 32,5 38,3 39,2 43,3 Non compris les rues des villes 2/ Utilisés à raison de 20% par les transports routiers - Source: "Bulletin Statistique et Economique", annuaire et publications mensuelles. Tableau 39: TRAFIC PORTUAIRE 1. Nouadhibou 2/ 1959 1964 1967 1968 1969 Nombre d'unités arrivées et départs 39 412 482 698 671 Tonnage arrivées 9.350 30.650 33.700 52.700 57.000 départs 11.700 16.970 11.700 14.000 16.100 2. Wharf de Nouakchott Nombre d'unités 71 82 81 Tonnage net (tonnes) arrivées 34.000 43.000 55.000 dont importations assurées par SONIMEX (29.000) (32.000) (41.ooo) 1/ En 1969, environ 300 passagers ont été recensés dans les ports mauritaniens. Le trafic de la MIFERMA exclu - la MFERMA disposant de ses propres installations portuaires à Point Central - 1/ Achevé en 1966. Source: Publications statistiques officielles. Tableau 40: TRAFIC AERIEN 1. Nouakchott 1961 1964 1967 1968 1969 Nombre d'appareils commerciaux arrivées et départs 632 2.203 2.168 2.232 2.294 Passagers (arrivées et départs) 9.780 28.198 30.336 39.882 42.794 Fret (en tonnes) 196 390 702 809 1.048 arrivées n.d. 237 552 731 départs n.d. 153 226 257 317 2. Nouadhibou Nombre d'appareils commerciaux arrivées et départs 994 1.596 1.550 1.952 1.694 Passagers (arrivées et départs) 17.095 17.961 31.379 36.550 33.738 Fret (en tonnes) 571 570 776 1.238 982 arrivées n.d. 375 531 710 690 départs n.d. 195 245 528 292 Source: "Bulletin Statistique et Eonomique, No. 6" pour la période antérieure à 1965; publications mensuelles pour les années ultérieures. Tableau 41: NOMBRE D'ELEVES INSCRITS DANS L'ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Cours Cours Cours Cours Cours Cours Cours d'initiation d'initiation préparatoire é4ementaire élementaire moyen moyen Total 1ère année 2ème année lere année 2ème année lère année 2ème année A) Réel 1951-52 2.620 1956-57 5.49o 1960-61 3.952 2.688 1.671 1.283 880 805 - 11.279 1961-62 5.545 3.374 2.301 1.539 1.207 949 - 14.915 1962-63 5.791 4.635 3.034 2.023 1.394 1.321 - 18.198 1964-65 4.740 3.935 3.639 2.936 2.128 1.703 - 19.081 1967-68 5.215 5.039 4.111 3.218 2.761 3.291 - 23.635 1968-69 6.690 4.320 1.103 3.975 3.448 3.069 3.586 26.191 B) Prévisions 1969-70 6.250 6.450 3.950 1.400 3.500 3.290 3.700 28.540 1970-71 6.780 6.140 6.160 3.490 1.650 3.380 3.900 31.500 1971-72 7.600 6.650 6.loo 5.600 2.900 2.050 4.100 35.000 1972-73 8.850 7.100 6.550 5.800 4.700 2.700 3.200 38.900 1973-74 8.900 8.580 6.980 6.200 5.070 4.150 3.320 43.200 1974-75 8.900 8.700 8.350 6.610 5.430 4.760 4.450 47.200 Source: Informations fournies par les autorités mauritaniennes. Tableau 42: NOMBRE D'ELEVES INSCRITS DANS L'ENSEIGNEMENT SECONDAIRE 1er cycle 2e cycle dont: Année terminale Total A) Réels 196o-61 500 28 (-) 528 1961-62 737 46 (9) 783- 1962-63 844 75 (13) 919 1964-65 1.260 120 (22) 1.380 1967-68 2.024 204 (24) 2.228 1968-69 2.350 328 (46) 2.678 B) Prévisions 1969-70 2.568 444 (82) 3.012 1970-71 2.637 633 (104) 3.270 1971-72 2.707 796 (134) 3.503 1972-73 2.862 896 (202) 3.758 1973-74 3.089 941 (239) 4.030 1974-75 3.280 962 (244) 4.242 Source: Informations fournies par les autorités mauritaniennes

Основные сведения
Тип документа Pre-2003 Economic or Sector Report
Дата принятия
Страна Мавритания
Источник Всемирный банк