FILE COPY DIFFUSION RESTREINTE Rapport No. AW - 15a TRADUCTION NON-OFFICIELLE A TITRE D'INFORMATION Ce rapport a e'té prépare' 'a titre de document interne. Ni la Banque ni les organismes qui lui sont affiliés n'acceptent aucune responsabilité quant à son exactitude ou son caractère exhaustif. En aucun cas ce rapport ne saurait être publié ou cité comme représentant leurs vues. BANQUE INTERNATIONALE POUR LA RECONSTRUCTION ET LE DEVELOPPEMENT ASSOCIATION INTERNATIONALE DE DEVELOPPEMENT SITUATION ET PERSPECTIVES ECONOMIQUES DU SENEGAL (en sept volumes) VOLUME VII LE TOURISME le 30 juin, 1970 Departement Afrique de l'Ouest TAUI DE CONVERSION Unité monétaire:'. Franc CFA (FCFA) Avant le 11 août, 1969: 1,00 dollar E.U. 2h6,85 FCFA 1.000 FCFA = h,05 dollar E.U. Après le 11 août, 1969: 1,00 dollar E.U. u 277,71 FCFA 1.000 FCFA = 3,60 dollar E.U. POIDS ET MESURES 1 tonne métrique (t) = 2.205 livres 1 kilogramme (kg) - 2,2 livres 1 kilomètre (km) - 0,62 mile 1 mètre (m) = 3,28 pieds COMPOSITION DE LA MISSION Le présent rapport a été établi sur la base de renseignements recueillis par une mission économique qui a séjourné au Sénégal en octobre et novembre 1969. La composition de la mission était la suivante: Cornelis J. Jansen Chef de Mission Heinz B. Bachmann Economiste en chef Carlos Merayo Economiste Jacques Baldet Economiste, Spécialiste des questions fiscales Michel Palein Economiste agricole Pietro Rava (Consultant) Ingénieur agronome Alain Thys Ressources hydrauliques et Assainissement Robert A. Moal (Consultant) Sp'écialiste des questions de la P@che Wybold van Warmelo (Consultant) Sp'cialiste des questions industrielles Abdallah El Maaroufi Spécialiste du Tourisme Ce volume a été rédigé par Abdallah El Maaroufi. LE TOURISME AU SENEGAL TABLE DES MATIERES Page RESUME I. ATOUTS ET LIMITES ...................a............... Atouts . ...... ....................i. .... .. 1 Limites ........................................... 1 II. L'EXPANSION DU TOURISME ................. ...... ......... 3 Le mouvement touristique et des traits distinctifs 3 Equipement touristique .......................... 8 Hôtels ......................... ...... ... ... . 8 Quelques caractéristiques régionales .......... 9 Transports int3rieurs.......................... 10 III. LE TOURISME DANS LE PLAN DE DEVELOPP-EMENT 1969-73 ...... 10 Objectifs du Plan ................................ a 10 Propositions .......................... . . . .. ... . 13 Observations concernant le Plan .................. 14 IV. ORGANISATION DU TOURISME ................. . ...... .. o. . 15 Le rôle du secteur public et du secteur privé .... 15 Climat d'investissement . ....... .............. 17 Principes de développement du tourisme .,......... 17 Possibilités touristiques régionales ............. 18 V. REVENUS A ATTENDRE DU TOURISME ......................... 19 Recettes en devises ............................... 19 Emploi ........................................... 19 Rapport des investissements ...................... 20 Conclusion ....................................... 20 ANNEXE A - Note sur le coût des transports aériens ANNEXE B - Prix de divers hôtels sénégalais en dollars des ;tats- Unis, en 1968-69 ANNEXE C - Tableau 1: Conditions climatiques à Saint-Louis, 1966 Tableau 2: Conditions climatiques à Dakar, 1966 Tableau 3: Conditions climatiques à Zinguinchor, 1966 Tableau 4: Conditions climatiques à Tambaconda, 1966 ANNEXE D - Organigramme du Commissariat Général au Tourisme ANNEXE E - Cartesdu Sénégal RESUME i. Le Sénégal possède un certain potentiel touristique, dont l'exploi- tation est gênée par la distance qui sépare le pays des principales régions r'où proviennent les touristes et par la cherté des frais de transport qui en découle, par les prix élevés et par la pénurie d'hôtels convenables. Le Commissariat Général au Tourisme récemment créé (18 juin 1969), s'efforce de coordonner les mesures prises et de définir des politiques pour promouvoir davantage le tourisme, mais il connaît encore certaines difficultés touchant tant le recrutement de son personnel que son budget. ii. Les statistiques concernant le tourisme au Sénégal ne sont pas très complètes et ne permettent pas de calculer avec précision l'expansion passée du tourisme. Sous réserve que soient prises des mesures de promotion bien conçues et que l'on développe comme il convient les installations touristiques, il semblerait possible de tabler sur un accroissement régulier de 10 pour cen-: par an du nombre de voyageurs se rendant au Sénégal. iii. Le troisième Plan quadriennal du Sénégal (1969-1973) prévoit que les investissements seront concentrés dans la région du Cap Vert-Dakar et ses environs. La priorité accordée au Cap Vert sur les autres régions est dans l'ensemble bien fondée. L'ampleur et l'échelonnement des investisse- ments sont plus discutables. La Société Africaine Immobilière et Hdtelière (S.A.I.H.) est le seul group financier qui s'occupe activement à l'heure actuelle d'accroître la capacité hôteliêre de la région de Dakar. iv. Le Gouvernement sénégalais a décidé de faire de la S.A.I.H. son principal instrument de promotion du tourisme. Etant donné son expérience passée et le dynamisme de ses responsables, la S.A.I.H. paraît tout indiquée pour assumer cette nouvelle fonction, mais il faudra augmenter les effectifs dont elle dispose actuellement pour lui permettre d'assurer avec succès ses nouvelles responsabilités. Toutefois, le montant des capitaux dont elle dispose pour l'investissement est limité et une augmentation de ses fonds propres est prévue. Les gouvernants sénégalais se proposent de faire appel à l'aide étrangère à cette fin, y compris celle du Groupe de la Banque Mondiale. v. Air Afrique est en train de créer une société régionale pour la rromotion du tourisme en Afrique de l'Ouest. Une coopération dans ce domaine peut être bénéfique pour la région, encore reste-t-il à effectuer une étude exhaustive des possibilités touristiques de la région. LE TOURI«ME AU SENEGAL I. ATOUTS ET LDIiS 1. Atouts. Le Sénégal possède certains atouts propices au développement du tourisme. (a) Il a de longues côtes bordées de nombreuses plages de sable et le soleil y brille de la mi-novembre à la mi-juin, 5poque à laquelle il se fait rare dans les principaux pays d'Amérique du Nord et d'Europe occidentale d'où proviennent les touristes. L'habitude croissante qu'ont les habitants de ces pays de prendre au moins une partie de leurs vacances en hiver doit pouvoir influer favorablement sur le développement du tourisme dans des pays comme le S'négal. Les iles Canaries et d'autres régions qui ont un climat doux pendant l'hiver européen et américain bénéficient déjà de cette tendance. Les deux tiers environ du nombre total de touristes enregistrés aux îles Canaries en 1967 sont venus en janvier, février, mars, novembre et décembre. Les activités auxquelles peuvent se livrer les touristes au Sénégal sont essentiellement celles que permet la mer (natation, pêche, voile, etc.), à quoi il convient d'ajouter, dans une certaine mesure, la chasse et les excursions à l'intérieur du pays où le touriste peut découvrir certaines coutumes anciennes du Sénégal et son folklore. (b) Le Sénégal est d'un accès facile à partir d'autres points du globe. De bonnes liaisons aériennes et maritimes relient Dakar à d'autres villes d'Afrique, d'Europe et d'Amérique. L'aéroport international de Dakar-Yoff a enregistré, en 1968, 8.000 mouvements d'appareils commerciaux sur un total d'environ 35.OOO), mais il serait en mesure d'absorber un trafic beaucoup plus intense sans être réaménagé. Le trafic du port maritime de Dakar est également très inférieur à ce qu'il pourrait être avec les 12.000 mouvements qu'il a accusés en 1968. Les communications intérieures du Sénégal sont satisfaisantes, en particulier dans la région du Cap-Vert. (c) La stabilité politique et sociale du Sénégal est un troisième atout important. 2. Limites. Les efforts déployés pour exploiter le potentiel touristique 7duSenégal se heurtent cependant à un certain nombre d'obstacles. - 2 - (a) L'éloignement du Sénégal des principaux pays d'Europe occidentale et d'Amérique du Nord d'où proviennent les touristes et les frais de transport élevés que cet éloignement entraine le défavorisent relativement à d'autres pays de tourisme présentant les mêmes attraits. Toutefois, deux remarques s'imposent ici. Premièrement, les voyageurs qui se rendent actuellement au Sénégal sont essentiellement des hommes d'affaires et la demande dans ce domaine n'est généralement pas sensible aux considérations de coût de transport. Deuxièmement, bien qu'il soit vrai que ces consi- dérations influent sur le niveau de la demande émanant des vacanciers, la multiplication des voyages à forfait par vols réguliers ou vols non réguliers a rapproché d'un vaste marché les terres même les plus lointaines. Les pouvoirs publics du Sénégal devraient donc rechercher les moyens de diminuer le coût des transports aériens pour les vacanciers désireux de se rendre au Sénégal, grâce à l'accroissement des voyages à forfait par vols réguliers et par charters (voir détails à l'annexe A). (b) Le deuxième obstacle important qui entrave l'exploitation du potentiel touristique du Sénégal est le niveau élevé des prix pratiqués dans ce pays. Les prix relatifs à l'hébergement et aux repas dans un petit nombre d'hôtels représentatifs figurent à l'annexe B. Par exemple, le prix d'une chambre pour une personne avec petit déjeuner à l'Hôtel de N'Gor de Dakar va de 11,90 dollars à 13,h0 dollars. Ce sont des chiffres très élevés par rapport à ceux qui ont cours dans la région méditerranéenne, les iles Canaries et même, quoique dans une moindre mesure, en Afrique orientale; ils ne permettent guère aux agences de proposer des voyages à forfait, individuels ou en groupe, à des prix raisonnables. Cette cherté s'explique par le petit nombre d'hôtels en général, notamment à Dakar, et à leurs frais d'exploitation relativement lourds qui, à leur tour, découlent des hauts salaires payés au personnel étranger et du coût relativement élevé de la main-d'oeuvre locale. Les prix considéra-les des restaurants, des taxis et des autres services utilisés par les touristes sont é:,alement élevés. Tous ces éléments concourent..ffire du Sénégal un pays cher pour leo- étran7ers. (c) L'attention accrue que le Gouvernement sénégalais porte à l'expansion du tourisme est de date récente. Les efforts déployés par le passé pour lancer le tourisme manquaient d'envergure et n'étaient pas coordonnés. Le Commissariat Général au Tourisme, nouvellement créé (18 juin 1969), s'efforce sérieusement de coordonner les initiatives et de définir des directives et des mesures destinées à promouvoir plus efficacement le tourisme, mais il se heurte encore à des difficultés de personnel et financières. -3- (d) Le Sénégal ne peut pas grand'chose contre le quatrième obstacle, à savoir l'attrait qu'exercent les vacances de neige en Europe à peu près à l'époque de sa "saison touristique". II. L'EXPANSION DU TOURISME Le mouvement touristique et ses traits distinctifs 3. Pour situer dans leur perspective exacte les statistiques du Sénégal concernant le tourisme, il convient de rappeler brièvement .'évolution des voyages internationaux à destination de l'Afrique. Le total des arrivées de touristes internationaux dans le monde était d'environ 140 millions en 1968, l'Afrique s'attribuant 1,3 pour cent de ce chiffre. La plupart des touristes à destination de l'Afrique se dirigeaient vers l'Afrique du Nord, l'Afrique orientale ou l'Afrique du Sud et la forte poussée du nombre des arrivées enregistrées en Afrique au cours de ces dernières années - 13 pour cent par an entre 1963 et 1967 - concernait principalement ces régions. Dans ce contexte, le nombre des arrivées en Afrique occidentale a été et reste relativement faible. 4. Le nombre des voyageurs étrangers arrivant au Sénégal peut se déduire des statistiques de l'aéroport et du port maritime de Dakar, qui sont les principaux points d'entrée dans le pays. Pour les années 1963 à 1968, ce nombre figure au Tableau 1. Tableau 1: NONBRE DE P! SSAGERS DEBA7QUES AU PORT 11ARITI ET A L'AEROPORT DE DAKAR DE 1963 A 1968 Année Arrivées au port Arrivées à l'aéroporti/ Total 1963 27.200 67.200 94.4o 1964 22.400 63.500 85.900 1965 21.200 60.800 82.000 1966 19.100 65.200 8h.300 1967 15.hoo 68.300 83.700 1968 16.100 75.300 91.hoo Note: 1/ Le nombre des passagers arrivés chaque année par avion comprend de 3.500 à 4.000 passagers provenant d'autres régions du Sénégal. Il existe en outre un certain écart entre les totaux indiqués par l'ASECNA (source de renseignements de la Mission) et les chiffres enregistrés par les autorités de l'aéroport. Cet écart n'est pas très important, cependant; les statistiques établies par les autorités de l'aéroport sont en général supérieures de 500 à 600 passagers à celles de l'ASECNA. Sources: Direction du Port Autonome de Dakar. Agence pour la Sécurité de la Navigation Aérierne en Afrique et à Madagascar, Statistiques de trafic aérien des aérodromes gérés par l'AZSECNA, 1963-6. Bulleti.n statistique du < 5. Le nombre des voyageurs arrivés par bateau au Sénégal a diminué au rythme annuel de 11 pour cent entre 1963 et 1968. Ce déclin est conforme à l'évolution mondiale du trafic maritimel/. En 1967 et en 1968, les deux tiers environ de ces voyageurs participaient à des croisières et par conséquent ne descendaient pas à l'hôtel; il n'existe aucun renseignement sur le dernier tiers. 6. Les voyageurs arrivés par avion ont augmenté au rythme modeste de 2,3 pour cent par an de 1963 à 1968, mais l'essentiel de cette augmen- tation s'est manifesté entre 1965 et 1968 où ces arrivées se sont accrues au rythme de 7,3 pour cent par an. Le déclin enregistré entre 1963 et 1965 s'explique peut-être par la diminution, au cours de ces années, du nombre des civils et militaires français résidant au Sénégal. L'augmentation des arrivées de 1965 à 1968 est due en partie à l'arrivée d'un nombre important de délégués et d'observateurs au Festival Mondial des Arts Nègres en 1966 et à la publicité que le Sénégal a tirée de cette manifestation. 7. La ventilation par pays d'origine des voyageurs arrivés par avion est indiquée ci-après pour les années 1967 et 1968: 1/ Par exemple, le trafic de l'Atlantique Nord sur les paquebots de ligne réguliers n'a cessé de diminuer entre 1964 et 1968, aux rythmes indiqués ci-après: 1964/1963 - 10 pour cent 1965/1964 - 9 pour cent 1966/1965 - 7 pour cent 1967/1966 - 17 pour cent 1968/1967 - 26 pour cent Source: OECD Tourism Committee, Tourism in OECD Member Countries, Paris, 1969, page 38. - 5 - Tableau 2: VOYAGEURS ARRIVES PAR AVION AU SENEGAL, PAR PAYS D'ORIGINE, 1967 et 1968 Pour- Pour- centage centage 1967 du total 1968 du total France 2h.150 34,8 25.500 33,6 Reste de l'Europe 5.100 7,h 6.750 8,9 Afrique du Nord et îies Canaries 8.850 12,8 10.700 14,1 Afrique au sud du Sahara 23.050 33,2 22.550 29,7 Sénégal 3.750 5, 3.800 5,0 Amérique du Nord 2.550 3,7 3.050 4,0 Amérique du Sud 1.900 2,7 1.900 2,5 Moyen-Orient --- - 1.700 2,2 69.350 100 75.950 100 Source: ASECNA Les totaux ne correspondent pas à ceux qui figurent pour 1967 et 1968 dans le Tableau 1, bien qu'ils aient été obtenus de la même source (ASECNA). Les causes de cet écart ne sont pas apparentes, mais les totaux sont suffisamment proches pour qu'on puisse utiliser cette venti- lation pour dégager des ordres de grandeur. 8. Le nombre total des arrivées, déduction faite des voyageurs participant à des croisières et des ressortissants sénégalais, était d'environ 71.000 en 1967 et 77.000 en 1968. Les totaux comprennent les résidents qui reviennent au Sénégal et les Européens au service du Gouvernement sénégalais. Il n'est pas possible toutefois d'effectuer une distinction entre ces arrivées et les arrivées de "visiteurs"y.1/ 1/ Le terme "visiteur" est utilisé ici pour désigner "toute personne qui se rend dans un pays autre que celui où elle a son lieu de résidence habituelle, pour toute autre raison que celle d'y exercer une profession rémunérée dans le pays même". (Cf. Actes de la Conférence des Nations Unies sur les voyages et le tourisme internationaux, Rome, 1963). - 6 - 9. Les fiches de police conservées au Ministère sénégalais de l'intérieur indiquent qu'en 1967, 23.240 voyageurs, soit 40 pour cent du nombre total des passagers arrivés cette année-là, ont séjourné dans des hôtels de Dakar. Il n'existe pas de statistiques concernant les voyageurs qui ont été hébergés d'une autre façon. Le même pourcentage appliqué au nombre total des arrivées enregistrées en 1968 donnerait environ 31.000 voyageurs descendus à l'hôtel, ce qui représenterait une augmentation de 9 pour cent par rapport à 1967. 10. La répartition par nationalité des voyageurs descendus à l'hôtel en 1967 était la suivante: Tableau 3: NOMBRE DE VOYAGEURS HEBERGES A L'HOTEL A DAKAR, PAR ORIGINE, 1967 Europe 14.346 50,8% Afrique du sud du Sahara 7.660 27,1% Amérique du Nord 4.430 15,7% Autres 1.804 6,4% 28.240 100,0% Source: Eurétudes, Approche d'un Progranme de développement du tourisme au Sénégal, Dakar, 196b La classification de ces voyageurs d'après le motif de leur voyage n'est pas aussi satisfaisante étant donné que les fiches d'enregistrement hôtelières ne citent que trois motifs de voyage - travail, tourisme et divers - et que les visiteurs omettent souvent de remplir cette rubrique. Tableau 4: VOYAG3URS HEBERGES A L'HOTEL D'APRES LE MOTIF DE LEUR VOYAGE, 1967 Travail 12.067 42,7% Tourisme h.956 17,6% Divers 11.117 39,7% 28.2h0 100,0% Source: Eurétudes, ibid. Il n'existe pas de statistiques analogues pour 1968 mais il est permis de penser que pour cette année-là la structure du tourisme n'a pas été très différente de ce qu'elle était en 1967. 11. La durée du séjour que font les voyageurs au Sénégal serait de trois à quatre jours en moyenne d'après les entretiens que la mission a eus avec les directeurs d'hôtels et le personnel des agences de voyage; - 7 - ce chiffre semble réaliste étant donné la prédominance des voyageurs en déplacement d'affaires et des équipages des compagnies aériennes dans le nombre total des voyageurs hébergés à l'hôtel, ainsi que le nombre élevé de touristes itinérants (c'est-à-dire de touristes dont le passage au Sénégal ne représente qu'une partie d'un itinéraire africain et qui, par conséquent, ne font qu'un bref séjour dans le pays). L'estimation faite par la mission de la durée moyenne des séjours au Sénégal est confirmée par les statistiques relatives au taux de remplissage des quelques établissements hôteliers qui peuvent être considérés comme convenant à la clientèle étrangère. 12. Le trafic des voyageurs est saisonnier et connaît des périodes de pointe de novembre à mai, ce caractère saisonnier étant toutefois atténué par la prépondérance des visiteurs en déplacement d'affaires sur les vacanciers. Les taux de remplissage mensuels des hôtels de Dakar traduisent cette situation. Tableau 5: TAUX DE REMPLISSAGE MENSUELS DE CERTAINS HOTELSV!, 1968 J F M A M J J A S 0 N D Hôtel de N'Gor 80 89 88 86 91 67 74 66 70 85 89 85 Hôtel de la Croix du Sud 93 94 96 88 68 65 60 51 58 87 93 71 Village de N'Gor 51 56 54 51 57 28 28 19 16 22 27 50 1/ Ces établissements ont été choisis car ils représentent à eux trois la plus grande partie de la capacité hôtelière utilisable par une clientèle étrangère. Source: Entretiens, et réponses faites au questionnaire de la mission. Ce caractère saisonnier est plus accentué dans le Village de N'gor qui est fait essentiellement pour accueillir les touristes. Il est probable qu'à mesure que le trafic des touristes augmentera, ce caractère saisonnier s'accentuera. 13. Il n'existe pas de données précises sur les itinéraires suivis par les voyageurs à l'intérieur du Sénégal, mais étant donné le petit nombre d'installations hôtelières en dehors de la région du Cap Vert et leur faible taux de remplissage, il serait raisonnable de supposer que la plupart séjournent à Dakar ou aux environs. Quatre mille entrées environ ont été enregistrées à la réserve de Niokkolo- Koba en 1968 et, sur ce total, 3.200 touristes ont séjourné dans les installations hôtelières du parc environ trois jours en moyenne. Cependant, il se peut que nombre d'entre eux aient été des touristes du pays. Deux croisières hebdomadaires, en partie fluviales et en partie maritimes, sont organisées dans d'autres régions du Sénégal - 8 - pendant la bonne saison: de Dakar en Casamance et retour sur le "Cap Skirring" et de Saint-Louis à Podor et retour sur le "Bou el Mogdad". Le "Cap Skirring" peut accueillir 40 passagers et le "Bou el Mogdadil 48 passagers. Il n'existe pas de statistiques sur le nombre total de voyageurs utilisant ces bateaux pour se rendre en Casamance au sud et à Podor au nord, mais étant donné leur capacité, la fréquence des croisières et la cherté des tarifs, le nombre total des passagers ne pourrait pas dépasser 3.000 et est probablement bien inférieur à ce chiffre. Certains voyageurs utilisent peut-être d'autres moyens de transport, mais leur nombre n'est pas connu. Le taux de remplissage de quelques-uns des hôtels régionaux est faible, ce qui donne à penser que les voyageurs se rendant au Sénégal limitent leur déplacement pour l'essentiel à Dakar et à la région environnante. Equipement touristique 14. Hôtels.- La capacité totale des hôtels au Sénégal est de quelque 800 chambres et 1.150 lits, concentrés à Dakar et dans les environs. La mission estime que sur ce total, 430 chambres et 750 lits, au plus peut être considéré comm convenant à la clientèle étrangère. A l'exception du Village de N'Gor, construit en 1966 pour accueillir les participants au Festival Mondial des Arts Nàgres qui s'est tenu à Dakar, la capacité d'accueil du Sénégal n'a pas beaucoup augmenté au cours de la décennie écoulée. Un certain nombre de projets ont été envisagés, mais aucun n'a encore été réalisé. 15. Sur les 750 lits convenant à la clientèle étrangère, 600 sont situés dans quelques hôtels de Dakar et les autres sont répartis dans le reste du pays. Le Tableau 6 fait apparaitre la répartition géographique des installations d'hébergement pour touristes. Tableau 6: REPARTITION GEOGRAPHIQUE DES INSTALLATIONS D'HEBERGEMENT POURL TOURISTES AU SENEGAL, 1968-1969 Chambres Lits Région du Cap Vert 386 659 Hôtel de N'Gor (Dakar) 153 257 Hôtel de la Croix du Sud (Dakar) 63 82 Village de N'Gor (Dakar) 100 200 Divers 70 120 Région de la Clasamance 15 30 Région du fleuve Sénégal 15 30 Sénégal Oriental 15 30 Source: Estimation faite par la mission. - 9 - 16. La Société Africaine Immobilière et Hôtelière (S.A.I.H.), qui est propriétaire de l'Hôtel de N'G'or et du Village de N'gor, procède actuellement à l'agrandissement de ces deux établissements. Un étage complet de 10 chambres et 6 appartements de luxe - 32 lits - est ajouté à l'hôtel et devrait être prêt à accueillir des hôtes dès février 1970. En outre, l'hôtel va être entièrement climatisé et remeublé avant la fin de 1970. Le coût des améliorations apportées à l'Hôtel de N'gor devrait être de 300 millions de francs CFA (1,1 million de dollars). Un tiers du total sera financé par les fonds de la SAIH, un autre tiers par un prêt consenti à la SAIH par la Caisse Centrale de Coopération Economique, et le reste par une avance sur locations versée à la SAIH par les Relais Aériens Français qui gèrent l'hôtel, en contrepartie d'une prolongation de dix ans de leur contrat de gestion. Dans le Village, 50 nouveaux bungalows comportant 100 lits et un restaurant sont en cours de construction et doivent être ouverts à la fin de 1969. La construction de 50 autres bungalows commencera peu après pour être achevée à la fin de 1970. L'agrandissement du Village doit revenir à environ 150 millions de francs CFA (550.000 dollars) et sera financé par la SAIH. 17. Quelques caracteristiques régionales. Les pouvoirs publics du Sénégal ont-dsigné quatre grandes régions touristiques: celle du Cap Vert au centre, celle du fleuve Sénégal au nord, celle de la Casamance au sud et le parc de Niokkolo-Koba à l'est. De ces quatre régions, celle du Cap Vert, qui comprend Dakar, est la plus avancée en ce qui concerne non seulement sa superstructure mais aussi son infrastructure; c'est dans cette région surtout que convergeront les futurs efforts de développement. Le touriste pourra s'y livrer à des activités diverses, notamment à tous les sports marine (natation, pêche, etc.) et effectuer de nombreuses petites excursions (un jour ou moins) vers les villes et les villages côtiers proches, comme M'Bour et Joal-Fadiouth. L'île de C-orée qui n'est qu'à 25 minutes par bac est très intéressante à visiter. 18. Saint-Louis, capitale de la région du fleuve Sénégal, situé à environ 300 km de Dakar, est facilement accessible par route, rail ou air. Toutefois entre Dakar et Saint-Louis, le paysage présente peu de relief et d'attraits. Saint-Louis (70.000 habitants) a un passé intéressant et le reste de la région est pittoresque, mais n'est encore que peu équipé du point de vue touristique. 19. Ziguinchor, capitale de la Casamance, est distante de Dakar d'environ h50 km, qui peuvent toutefois être longs à parcourir si les bacs de la Gambie et de la Casamance ne fonctionnent pas ou ne fonctionnent qu'avec retard. Elle est accessible par route, par avion (jusqu'au DC-3) et par bateau. Les principaux atouts de la Casamance sont un folklore tribal intéressant (fétichisme par exemple) et un cadre agréable, verdoyant toute l'année. Le Cap Skirring, où une plage pourrait être aménagée, n'est pas très loin de Ziguinchor, bien que l'état de la route de terre qui le relie à cette ville et des deux bacs traversant les bras du fleuve en rendent l'accès très malaisé. Une piste de terre de 800 m permet à de petits avions de se poser au Cap. Les installations touristiques qui - 10 - existent à cet endroit sont minimes, mais deux investisseurs privés au moins construisent des bungalows tandis que d'autres s'intéressent à l'endroit. 20. Le parc de Niokkolo-Koba, situé à environ 600 km à l'est de Dakar, est accessible par avion, par route ou par train jusqu'à Tambacounda et par route pour le reste du parcours (soit 120 km). Le voyage par route peut être très inconfortable, étant donné que seul le tronçon de route reliant Dakar à Maleme (300 km) est goudronné. Le parc couvre une superficie de presque 5.000 km2 et abrite quelques espèces d'animaux et d'oiseaux. Des efforts sont actuellement déployés pour y attirer des espèces nouvelles ou en voie d'extinction, et pour l'agrandir. Il est ouvert de décembre à juin. Les moyens de transport à l'intérieur du parc sont très restreints. L'hébergement pour la nuit est offert par un petit hôtel situé à Simenti et par deux camps rudimentaires situés à Niokkolo et Badi (capacité totale: 25 chambres et 25 bungalows). 21. Traasports intérieurs. Le réseau routier du Sénégal comprend environ 2.000 km de routes goudronnées carrossables toute l'année et 2.000 autres kilomètres de routes de terre utilisables 7 ou 8 mois de l'année. Certaines de ces routes ne permettent le passage que d'une voiture de front, mais comme le trafic est en général peu dense (il y a environ 36.000 voitures dans l'ensemble du pays), la circulation n'y est pas très difficile. La Régie des transports du Sénégal possède 25 autobus (5 Mercédès très confortables d'une capacité de i1 voyageurs et 20 Berliets convenables d'une capacité de 31 voyageurs) utilisables pour le transport des touristes; cette capacité dépasse actuellement la demande. L'aéroport de Saint-Louis peut recevoir des Caravelles celui de Ziguinchor des DC-3 et quelques petits aéroports répartis sur f ensemble du territoire peuvent accueillir des appareils plus légers.! Air Sénégal, compagnie aérienne privée, assure par des DC-3 et par 7 petits appareils (capacité totale: 145 passagers) des services assez réguliers à l'intérieur du pays. Le réseau ferroviaire est bon, dans la mesure où il existe, et le service voyageurs sera prochainement amélioré lorsque de nouveaux wagons pour voyageurs seront mis en circulation grâce à un crédit octroyé aux chemins de fer sénégalais par l'Association Internationale de Développement. La Régie des chemins de fer du Sénégal se propose de promouvoir les voyages touristiques tant à l'intérieur du pays que vers l'étranger afin de développer le trafic ferroviaire; en juin 1969, elle a ouvert à cette fin sa propre agence de voyage. Les transports fluviaux sont peu actifs. III. LE TOURISME DANS LE PLN DE DEVELOPPEMNT 1969-73 Objectifs du Plan 22. Les statistiques de base utilisées dans les projections du Plan relatives au nombre de touristes auquel il faut s'attendre pour les années 1/ Le mouvements d'appareils commerciaux à Saint-Louis et Ziguinchor en 1963 ont été de 1.104 et 993 respectivement. - 11 - à venir sont mal définies. Les projections sont établies sur une hypothèse d'un taux moyen de croissance annuelle de 10 pour cent. Ce taux ne découle pas d'une extrapolation des tendances passées, lesquelles sont difficiles à dégager des renseignements existants. D'après ce qui se passe dans les autres pays d'Afrique et ailleurs, ce taux peut toutefois être atteint, voire dépassé, si les politiques de promotion du tourisme sont bien conçues et si une capacité d'h'bergement suffisante est ajoutée. En l'absence de statistiques distinguant entre touristes et autres catégories de personnes arrivant dans le pays, il est impossible de projeter le nombre de visiteurs au Sénégal dans les années a venir. On pourra toutefois obtenir une projection du nombre des voyageurs qui fréquenteront les hôtels, en appliquant ce taux de 10 pour cent aux chiffres des hébergements à l'hôtel en 1967 (chiffre exact le plus récent). On aboutira ainsi à un chiffre d'environ 50.000 voyageurs descendant à l'hôtel en 1973. Le nombre des voyageurs se rendant au Sénégal sera probablement supérieur. 23. Les auteurs du Plan ne s'efforcent aucunement d'établir un lien entre les investissements prévus et la demande projetée. Le programme d'investissements touristiques semble avoir été mis au point en additionnant les devis des divers projets envisagés par les investisseurs publics et privés. Aucun investissement d'infrastructure important ne répond, au premier chef, à des considérations touristiquesl/. Les dépenses prévues pour le développement du tourisme intéressent essentiellement les améliora- tions et les agrandissements à apporter aux hôtels, aux villages de bunga- lows et au parc; elles ont été fixées à plus de 5 milliards de francs CFA (18 millions de dollars EU) pour la période du Plan2/. Elles seront échelonnées comme suit: 1/ Environ 50 millions de francs CFA (180.500 dollars) sont prévus pour compléter les installations des aéroports de Simenti, Cap Skirring et Niokkolo. 2/ Il convient d'ajouter 115 millions de francs CFA (415.000 dollars) que la régie des Chemins de fer envisage de dépenser pour construire des hôtels à Thiès, Tambacounda, Saint-Louis et Languère. Aucun effort ne semble avoir été fait pour intégrer ces investissements prévus au programme global. - 12 - Tableau 7: DEPENSES DE DEVELOPPEMENT DU TOURISME, 1969-73.a/ (en millions de francs CFA) Régions 1969/70 1970/71 1971/72 1972/73 Total Cap Vert 1.780 2.055 60 - 3.895 Casamance 60 88 10 250 ho8 Fleuve Sénégal 102,5 152,5 60 10 325 Sénégal Oriental 120 71 44 45 280 Thiès 64 35 - - 99 Siné-Saloum 53 - - - 53 Diourbel 7,5 7,5 8,5 20 43,5 Total 2.187 2.h09 182,5 325 5.103,5 a/ Les chiffres indiqués dans le présent tableau ne correspondent pas exactement à ceux qui apparaissent dans le Plan en raison d'erreurs typographiques contenues dans ce dernier. Source: Projet de IIIème Plan quadriennal de développement économique et social, 1969-73, Edition révisée, pages 221-225. 2h. Le Plan prévoit le triplement du nombre de chambres et de lits dont dispose actuellement le Sénégal. La construction à Dakar de trois hOtels de luxe qui totaliseront 778 chambres est envisagée. Les autres projets considérés sont la construction de petits hôtels de classe moyenne, de pavillons et de villages composés de bungalows, disséminés dans tout le Sénégal. Les projets envisagés dans le Plan n'ont reçu aucun ordre de priorité. On s'attend à ce que les trois cinquièmes environ du programme d'investissements soient financés de l'étranger par des prêts et des subventions accordés principalement au Gouvernement sénégalais. Celui-ci en financerait un autre cinquième sur ses propres ressources, le restant étant assur1 par des investisseurs privés. - 13 - Tableau 8: VENTILATION DU PROGRA1IE D'INVESTISSEMENTS TOURISTIQUES D'APRES LES SOURCES DE FINANCEMENT, 1969-73 (millions de FCFA) Investissements privés 1.118 Investissements semi-publics Financés par le pays 930 Financés par l'étranger 3.055,5 3.985,5 Total 5.103.,5 Source: Ibid. Propositions 25. La construction des trois hôtels de luxe envisagée à Dakar absorbera, si elle est exécutée, les trois cinquièmes des investissements prévus. Deux de ces projets - l'Hôtel de l'Union et l'Hôtel Sheraton - exigeraient une contribution financière du Gouvernement sénêgalais et le troisième, l'Hôtel Cedar, doit être construit par l'entreprise priv'e locale. 26. La Société Propriétaire de l'Hôtel de l'Union (SPHU) a été fondée le 26 mars 1969 pour obtenir les moyens de financement nécessaires à la construction de l'Hôtel de l'Union et pour surveiller l'élaboration et l'exécution du projet. Pu 6 novembre 1969, la Société poss9dait un capital versé de 20 millions de francs CFA (72.000 dollars). Le Gouverne- ment sénégalais était majoritaire; les autres actionnaires étaient Air Afrique, l'Union Touristique et Hôtelière (branche touristique et hôtelière d'une compagnie aérienne privée française, l'Union des Trans- ports Aériens), et l'Union Sénégalaise de Banque. L'hôtel sera construit au coeur de Dakar (à environ 100-150 mètres de la Place de l'Indépendence) et communiquera avec la plage par un tunnel souterrain. Sa capacité prévue est de 250 chambres (15 étages); il comptera une salle de congrès, des restaurants, un cabaret et certaines installations de plage. Le coût est estir? à 1.500 millions de francs CFA (5,45 millions de dollars). Les actionnaires de la SPHU se proposent de fournir presque la moitié du coût total du projet et d'emprunter le reste à l'étranger. L'Union Touristique et Hôtelière gérera l'hôtel lorsqu'il sera achevé. 27. La construction de l'Hôtel Sheraton sera l'oeuvre de la Société Sénégalaise de Développement Touristique et Hôtelier (SSDTH), qui a été fondée à cette fin en juillet 1969. Au 6 novembre 1969, le capital versé de la SSDTH était de 49.,h millions de francs CFA (178.3h0 dollars), fourni par parties égales par le Gouvernement sénégalais et deux investisseurs privés américains.2:/ L'hôtel sera construit sur la plage à proximité de la zone résidentielle de Dakar, à environ 5 ou 6 kilomètres du centre de la ville et se présentera comme un motel de deux étages au plus. Une fois achevé, il aura une capacité de 208 chambres, mais sa construction est prévue en deux tranches de 10h chambres chacune. La première tranche devrait être achevée à fin 1970 mais étant donné le retard pris par l'élaboration du projet, il est peu probable que cette date sera respectée. Le coût total des deux tranches est estimé à 750 millions de francs CFA (2,73 millions de dollars). Une importante fraction des dépenses sera prélevée sur le capital-action. Le financement du reste n'est pas encore nettement déterminé. La Société de l'Hôtel Sheraton gérera elle-même l'hôtel lorsqu'il sera achevé. 28. Ces deux projets sont en discussion depuis plusieurs années sans qu'aucune mesure concrète n'ait encore été prise, mais le troisième hdtel, l'Hôtel Cedar, n'a été mis à l'étude que l'année dernière. Il sera situé à moins d'un kilomètre du centre de Dakar et devrait revenir à 991 millions de francs CFA2/(3,6 millions de dollars) pour 320 chambres (16 étages) et les installations connexes. Le financement serait assuré par l'entreprise privée locale. Observations concernant le Plan 29. L'chelonnement du programme d'investissements touristiques manque quelque peu de réalisme. Plus de 90 pour cent de l'investissement total envisagé pour ce secteur dans le plan doivent être réalisés au cours des deux premières années. Etant donné le retard déjà pris par les projets et le stade d'élaboration de la plupart des projets contenus dans le Plan, il est peu probable que cet objectif sera atteint. 30. De même, l'ampleur du programme semble aussi manquer de réalisme si l'on considère, d'une part, l'accroissement de la demande prévu par la mission, qui correspond à celui retenu dans le Plan et implique au maximum un accroissement de la capacité de 55-65 pour cent; et d'autre part, les ressources limitées dont dispose le Sénégal, qui sont sollici- tées par des projets concurrents. Le marché ne paralt pas justifier la construction de plus de deux hôtels de luxe à Dakar, offrant au total 300 à 350 chambres. La SAlH, en collaboration avec les gérants de l'hôtel (Les Relais Périens Français), s'efforce de transformer l'hôtel de N' Gor en un hôtel de luxe pour la fin de 1970. Un seul autre hôtel de luxe, ayant 200 chambres au maximum, paraît se justifier. 1/ La Mission a obtenu de diverses sources des chiffres différents con- cernant le capital versé de la Société. Les chiffres utilisés dans le présent rapport sont ceux qu'a indiqués le Commissaire Général. 2/ Le devis utilisé ici est celui qui a été fourni par les investisseurs. L'estimation figurant dans le plan est de 800 millions de francs CFA (2,9 millions de dollars). 31. Si la proportion de vacanciers dans le total de voyageurs se rendant au Sénégal doit augmenter, il faudra doter les plages de moyens d'hébergement plus simples. Cependant, avant de financer des installations de cette catégorie, les pouvoirs publics sénégalais devront se renseigner auprès des organisateurs de voyage sur l'éventail de prix qui serait capable d'amener à un niveau concurrentiel les tarifs des voyages à forfait et sur le genre d'installations que les touristes s'attendent à trouver à ces prix. Les investissements doivent viser à combiner les deux éléments et, en même temps, être économiquement et financièrement viables. 32. La priorité accordée au Cap Vert sur les autres régions semble bien fondée, encore que l'ampleur et la répartition des investissements envisagés puissent être mises en question dans ce cas également. La pénurie d'installations est le plus sensible au Cap Vert. Cette région est la plus facilement accessible de l'étranger, celle qui bénéficie de la meilleure infrastructure et, de surcroît, elle offre des attraits variés à la clientèle étrangère. IV. ORGANISATION DU TOURISME Le rôle du secteur public et du secteur privé 33. Au niveau de l'Etat, le développement du tourisme incombe essentiellement au Commissariat Général au Tourisme (voir à l'Annexe D l'organigramme du Commissariat), organisme de création récente (18 juin 1969) qui se compose d'un Commissaire Général directement responsable devant le Président de la République et d'une Direction du Tourisme rattachée jusqu'alors au Ministère du Commerce, de l'Artisanat et du Tourisme. Un Conseil Consultatif du Tourisme groupe les intérêts publics et privés dans le domaine du tourisme et les domaines annexes, mais ses fonctions ne sont pas précisément définies. Le Ministère du Plan et de l'Industrie joue un rôle important dans l'élaboration du plan de développement touristique et le Ministère des Finances entre en jeu dès que des fonds publics sont nécessaires. 3h. Au niveau paraétatique, un certain nombre de sociétés se chargent de l'organisation et de l'exécution des projets. La Société Propriétaire de l'Hôtel de l'Union et la Société Sénégalaise de Développement Touristique et Hôtelier ont déjà fait ici l'objet d'un examen assez détaillé à l'occasion de l'étude de leurs projets hôteliers. Le Plan envisageait la constitution d'une nouvelle société d'économie mixte chargée de promouvoir le tourisme, mais il a été décidé de confier cette tâche à la Société Africaine Immobilière et Hôtelière (SAIH). - 16 - 35. La SAIH a été fondée au début des années 1950 pour diriger la construction de l'Hôtel N'Gor, achevé en 1954, et, plus récemment, elle s'est occupée d'autres projets. La SAIH possède un capital de 290.h10.000 francs CFA (1,05 million de dollars) répartis comme ci-après entre les divers actionnaires: Tableau 9: REPARTITION DU CAPITAL SOCIAL DE LA SAIH, EN POURCENTAGES, 1969 Gouvernement sénégalais 56 Caisse Centrale de Coopération Economique 20 Relais Aériens Français 17 Divers 7 100 Source: SAIH. 36. La SAIH est actuellement le seul troupe financier qui s'occupe activement d'augmenter la capacité hôtelière de la région du Cap Vert, mais elle a peu de fonds à investir. L'accroissement de son capital social est en cours d'étude et les pouvoirs publics du Sénégal se proposent de faire appel à l'aide étrangère à cette fin, y compris celle du Groupe de la Banque Mondiale. Etant donné son expérience passée et le dynamisme de ses responsables, la SAIH semble avoir tout ce qu'il faut pour devenir l'instrument de promotion touristique du gouvernement. Toutefois, il faudra augmenter son personnel pour qu'elle puisse accomplir avec succès ses nouvelles fonctions. 37. Au niveau régional, le Gouvernement sénégalais s'occupe de créer dans chaque région un Syndicat d'initiative et de tourisme qui groupera les intérêts particuliers, mais les fonctions de ces futurs syndicats sont mal définies. La réserve nationale de faune de Niokkolo-Koba est gérée par un personnel restreint ayant à sa tête un directeur responsable devant le Président de la République. 38. La Direction du tourisme possède et gère huit petits hôtels sur tout le territoire du Sénégal et a sa propre agence de voyages. Les autres hôtels sont privés et gérés par des particuliers. Les agences de voyages sont essentiellement des entreprises privées, tout comme Air Sénégal, la compagnie aérienne du pays. Le transport apar autobus est assuré par la Régie des transports du Sénégal qui relève du Ministère des travaux publics. 39. L'Ecole hôtelière de l'Etat, qui existe depuis novembre 1960, est le seul centre de formation du personnel de l'hôtellerie et de la restauration au Sénégal. Elle dispose d'un budget restreint(6,1h millions de francs CFA en 1969-70, contre 7 millions de francs CFA l'année - 17 - précédente) et il en sort chaque année un nombre de diplômés assez modique (de 13 à 15 ayant accompli leurs trois années d'études à l'Ecole). Actu- ellement, l'Ecole forme des aides-cuisiniers et des serveurs. Le Commis- sariat Général estime, comme la Mission, qu'il y a lieu d'augmenter les cours, d'élargir le champ des études, de relever le niveau du corps ensei - g:wnt et d'améliorer les installations de l'Ecole si l'on désire forterent sénégaliser l'industrie touristique. Cependant, les efforts déployés en ce sens ne doivent pas suivre une cadence incompatible avec le maintien de normes très élevées d'efficacité, de courtoisie et de bons services. Climat d'investissement 40. Les investisseurs privés ou autres disposés à placer des fonds au Sénégal se plaignent surtout de ce que le gouvernement se montre peu enclin à leur accorder des privilèges de nature à favoriser leur activité dans le domaine touristique. Or si le gouvernement a adopté cette attitude, c'est que d'une part les demandes ne lui ont pas paru économiquement justifiées, et de l'autre qu'il n'existait pas dans ce domaine une politique et des procédures nettement définies. Les pouvoirs publics sénégalais recherchent les moyens qui permettraient d'appliquer plus directement aux investisse- ments touristiques les dispositions actuelles du Code des Investissements et d'assouplir le formalisme administratif avec lequel sont aux prises les investisseurs qui veulent profiter de ces dispositions. 41. Il y a également lieu de se demander si les facilités de crédit actuelles sont suffisantes pour les besoins des investisseurs du secteur touristique ou si au contraire elles devraient être développées, notamment à long terme (10-12 ans). Aujourd'hui, les prêts à la construction hôtelière sont accordés par la Banque Centrale de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO) au taux de 5-7 pour cent par an et remboursables en cinq ans. En outre, les investisseurs sont tenus de faire un apport égal à 50 pour cent du coût du projet si ce coût dépasse 5 millions de francs CFA (18.500 dollars). Principes de développement du tourisme 42. Le développement de l'industrie touristique au Sénégal sera conditionné non seulement par l'exécution d'un programme d'investissements réaliste dans le domaine de l'hébergement et des installations connexes mais également par l'application d'une politique gouvernementale bien conçue. (a) L'importance qu'il convient d'attacher à un abaissement des tarifs des transports aériens propre à intensifier la demande touristique, ainsi qu'à un remaniement des incitations exis- tantes et à' la création d'incitations nouvelles capables d'encourager les investisseurs éventuels a dâjà été examinée dans ce rapport et nous ne reviendrons pas sur les propositions formulées. Il en va de même de la nécessité de développer les efforts déployés en matière de formation. - 18 - (b) Des mesures spéciales, comme le contrôle par 1'Etat des prix et de la quali+ des hòtels, restaurants et antres servicés touristiques s'imposent pour atténuer l'effet défavorable de la cherté des prix ànéalais. (c) Il est nécessaire d'alléger les formalités de douane et de police actuellement imposées à l'entrée et à la sortie. La Mission a appris que le gouvernement envisage d'adhérer prochainement à certaines conventions internationales existantes destinées à faciliter les déplacements touristiques. L'application des dispositions contenues dans ces conventions aura pour effet de simplifier les formalités administratives auxquelles doivent se soumettre les voyageurs. (d) Des efforts publicitaires destinés à appeler l'attention des touristes sur le Sénégal doivent être déployés, de préférence en collaboration avec les agences de voyage du Sénégal et des pays d'où proviennent ces touristes. La mise en commun des efforts de promotion avec d'autres pays d'Afrique de l'Ouest permettrait à tous de réaliser des économies. (e) Le gouvernement doit faire en sorte que les régions offrant un potentiel touristique ne soient pas gachées par des utilisations ou des aménagements peu opportuns et se demander si les moyens juridiques dont il dispose suffisent à cette fin. Ainsi, il n'est plus possible de permettre que les égouts débouchent à proximité des plages (c'est le cas, par exemple, pour certaines plages de Dakar), si toutefois le Sénégal veut conserver ses attraits. (f) Pour les besoins d'une planification judicieuse, il conviendra de rassembler des séries statistiques complètes sur le trafic des voyageurs et ses caractéristiques, sur les installations d'hébergement existantes et sur les goulets d' étranglement actuels.1/ Le Commissariat Général au Tourisme a un rôle important à jouer dans toutes ces entreprises, mais il faut étoffer son personnel et améliorer sa situation budgétaire. Possibilités touristiques régionales h3. Air Afrique est en train de créer une société subsidiaire pour favoriser l'expansion du tourisme régional en Afrique occidentale. Cette société, qui s'appellera Société de Développement Hôtelier et Touristique de l'Afrique de l'Ouest (HOTAFRIC), sera au capital de 20 millions de francs CFA (72.000 dollars) souscrit pour le principal par 1/ Le Draft Report on the Findings and Recommendations of the Expert Group on International Travel Statistics (IUOTO, Tokyo, 1967) contient des indications détaillées sur les catégories de statistiques nécessaires et les moyens de les rassembler. - 19 - Air Afrique (51 pour cent) et une soci?té française, la Société de Transports Africains, SODETRAF (34 pour cent). La société HOTAFRIC aura surtout pour tâche de choisir et de pr5parer certains projets; de prendre des participations dans des sociétés créées spécialement en vue d'exécuter des projets déterminés; et de négocier avec des organismes financiers internationaux ou nationaux les emprunts nécessaires. Elle aura d'importantes prérogatives en matière de développement touristique dans la région. Le potentiel qu'offre le tourisme régional n'est toutefois pas encore pleinement connu. V. REVENUS A ATTENDRE DU TOURISME Recettes en devises hh. Il n'existe pas de données sur les recettes en devises que le Sénégal tire du tourisme. L'estimation faite par la Mission se fonde sur des estimations de la durée moyenne du séjour et des dépenses moyennes des voyageurs. Le chiffre des voyageurs hébergés à l'hôtel est utilisé pour remplacer le nombre des voyageurs entr.s dans le pays, qui est probablement supérieur mais n'est pas connu. A supposer que la durée moyenne du séjour soit de trois jours et que la dépense moyenne quotidienne soit de 5.500 francs CFA (20 dollars) par client à l'hôtel, les recettes hôte. libres seraient de 0,47 milliards de francs CFA (23.2h0 x 3 x 5.500). soit 1,7 million de dollars, en 1967 et o,51 milliard de francs CFA (31.000 x 3 x 5,500), soit 1,85 million de dollars, en 1968. Ces chiffres doivent être considérés comme très peu précis étant donné l'incertitude des hypothèses à partir desquelles ils sont calculés. Les recettes provo- -nant du tourisme ont représent5 une très petite proportion (environ 1 pour cent) des recettes provenant de l'exportation de biens et services. Les recettes nettes en devises sont probablement moindres étant donné l'importante proportion que repr5sentent les importations dans la consom- mation des touristes. Emploi 45. Le tourisme absorbe peu de main-d'oeuvre au Sénégal. Le nombre des travailleurs directement employés dans ce secteur ne dépasse probable- ment pas un millier sur un total de 135.000 salariés de l'économie. Si l'on tient compte de l'emploi secondaire et des ventes d'articles artisanaux et autres produits locaux aux touristes, l'incidence sur l'économie du pays est plus marquée. D'après le Plan, l'ensemble des projets envisagés offrira environ 1.030 nouveaux emplois. - 20 - Rapport des investissements h6. Les hôtels de Dakar font dans l'ensemble des recettes satisfaisantes. Cette situation est liée à l'accroissement des taux de remplissage des récentes années. Ceux-ci sont assez élevés par rapport à ceux d'autres pays. Les hôtels régionaux et les autres installations d'hébergement ont des taux de remplissage inférieurs, mais ils compensent cette insuffisance en pratiquant des prix élevés et en ouvrant leurs restaurants non seulement aux clients hébergés mais également à l'habitant. Il n'existe pas de données sur le rapport des investissements effectués par les organisateurs de voyages, les agences de voyages et les autres organismes s'occupant de tourisme. Conclusion 47. Le tourisme contribue encore peu à la production et apporte peu de devises; le Gouvernement sénégalais n'accorde une attention accrue à son expansion que depuis peu. Grâce à un climat propice et à des plages agréables, à un accès en général facile et à sa stabilité politique et sociale, le Sénégal devrait pouvoir attirer davantage de vacanciers étrangers mais il faut pour cela qu'il ait suffisamment recours à la publicité et qu'il accroisse comme il convient sa capacité hôtelière. ANNEXE A Page 1 NOTE SUR LE COUT DES TRANSPORTS AER?IENS 1. Il existe des tarifs forfaitaires spéciaux autorisés par les règlements de l'Association Internationale des Transports Aériens (-AITA), qui s'appliquent à des voyages aller et retour accomplis sur avions réguliers, comprenant l'hébergement et la restauration au point de desti- nation pendant un temps déterminé, et dont bénéficient des touristes se déplaçant individuellement ou en groupe. Le Tableau ci-après indique les tarifs forfaitaires approuvés par l'AITA en 1967 à destination de diffé- renbs r6gions de l'Afrique au sud du Sahara au départ de l'Europe et du Moyen-Orient. Tableau I: TARIFS FORFAITAIRES APPROUVES PAR L'AITA EN 1967-1969 AU DEPART DE L'EUROPE ET DU MOYEN-0RIENT POUR LES DESTINATIONS INDIQUEES Destination Description Tarif aérien Validité Prix minimal du voyage Afrique Forfait in- 33,3 pour 14-45 Le forfait ne doit pas orientale, dividuel cent au- jours, représenter moins de centrale et dessous du toute 100 pour cent du tarif méridionale tarif aller- l'année aller-retour en classe retour en économie classe tou- riste Afrique Forfait de 55 pour cent 14-30 7 dollars par jour au orientale, groupe, 12 du tarif jours, minimum pour les centrale et passagers aller en toute autres dépenses méridionale1/ minimum classe tou- l'année riste, dans chaque sens Kenya, Forfait de 50 pour cent 14-30 7 dollars par jour au Ouganda, groupe, 15 du tarif jours, minimum pour les Tanzanie et passagers aller en 1er octo- autres dépenses Ethiopie2/ minimum classe tou- bre au riste, dans 31 mars chaque sens 1/ A l'exclusion du Congo (Kinshasa), du Rwanda et du Burundi. 2/ Au départ de Scandinavie et de Finlande uniquement et pour les voyageurs titulaires d'un passeport scandinave ou finlandais. A\2MEXE A Page 2 Tableau I - suite Destination Description Tarif aérien Validit , Prix minimal du voyage Afrique Forfait de 33,3 pour 12-30 Le forfait ne doit pas occidentale3/ groupe h/, cent en des- jours, représenter moins de 4 passagers sous du 1er no-. 100 pour cent du tarif au minimum tarif aller- vembre au aller-retour en classe retour en 30 avril touriste classe tou- riste 3/ Y compris le Sénégal. h/ Les voyages à forfait individuels ne sont possibles que pour cinq pays d'Afrique occidentale: Gambie, Ghana, Libéria, Nigéria et Sierra Leone. Source: Organisation de l'Aviation Civile Internationale, D-Iveloppement des voyages aériens internationaux - Afrique, OACI, circulaire FO-AT/13, Montréal, 1967, p.45. Une plus forte réduction du tarif autorisée par l'AITA et un coût de la vie moins élevé ont conféré à l'Afrique orientale un avantage sur l'Afrique occidentale en matière touristique. Une comparaison des prix des voyages à forfait au Kenya et au Sénégal proposés par la Société de tourisme aérien international (SOTAIR), filiale d'Air France, est donnée dans le tableau ci-après. Tableau II: PRIX DE VOYAGES A FORFAIT COMPARABLES A DESTINATION DU KENYA ET DU SENEGAL, 1969/70 (1 dollar des Etats-Unis = 5,54 Francs français) Origine et destination Type d'hébergement Durée Prix Paris-Dakar-Paris Hôtel sur plage 8 jours à partir de 1530 F.fr. (demi-pension) 15 jours à partir de 1830 F.fr. Paris-Mombasa-Paris Hôtel sur plage 9 jours à partir de 1385 F.fr. (demi-pension) 16 jours à partir de 1555 F.fr. Source: SOTAIR (Paris). Les pouvoirs publics du Sénégal devraient étudier les moyens de diminuer la composante tarif a'rien qui intervient dans les voyages à forfait par vols réguliers à destination du Sénégal. ANNEXE A Page 3 2. Les tarifs des voyages à forfait par vols non réguliers sont à tous égards du même ordre que les tarifs forfaitaires réguliers, à trois restrictions près: ils ne sont pas autorisés par l'AITA, le transport aller-retour est effectué par avion affrété et ils s'adressent à de très importants groupes de touristes, allant de 85 à 180 personnes. Les appareils affrétés ont en général un coefficient de remplissage très élevé et peuvent ainsi pratiquer des tarifs très bas, du fait que ces tarifs ne couvrent que les frais d'exploitation plus une marge - bénéficiaire raisonnable. Les voyages à forfait par vols d'affrète- ment ont fortement stimulé le tourisme dans certaines régions comme la Tunisie et l'Espagne, reléguant dans l'ombre le rôle des voyages à forfait par vols réguliers. (Le développement du tourisme en Gambie, pays voisin du Sénégal, a bénéficié à une plus petite échelle des voyages à forfait par vols d'affrètement.) A destination du Sénégal, ils sont pratiqués pour la première fois cette année. Une agence de voyage suisse - Voyages Kuoni., S.A. - en a prévu toutes les deux semaines entre Zurich et Dakar du 14 décembre 1969 au 3 mai 1970. On trouvera ci-après une comparaison entre les prix-de ces vols et des voyages semblables offerts par la même compagnie. Tableau III: PRIX DES VOYAGES A FORFAIT PAR VOLS D'AFFRETEM4ENT OFFERTS PAR LA SOCIETE VOYAGES KUONI POUR DIFFERENTES DESTINATIONS, 1969/70 (1 DOLLAR DES ETATS-UNIS = h,32 FRANCS SUISSES) Origine et destination Type d'hébergement Durée Prix Zurich-Dakar-Zurich Hôtel sur plage 2 semaines à partir de (pension complète) 1350 FS Zurich-Palma de Hôtel sur plage 2 semaines à partir de Majorque-Zurich (pension complète) 670 FS Zurich-Las Palmas- Hôtel sur plage 2 semaines à partir de Zurich (pension complète) 1180 FS Zurich-Hanmamet-Zurich Hôtel sur plage 2 semaines à partir de (pension complète) 696 FS Zurich-Mombasa-Zurich Hôtel sur plage 2 semaines à partir de (pension complète) 1890 FS Source: Voyages Kuoni, S.A. (Zurich). ANEXE A Page 4 Quant à savoir si les organisateurs de voyages en Europe offriront davantage de voyages à forfait par vols d'affrètement à destination du Sénégal, tout dépendra des résultats de cette première expérience, de la libéralisation de la réglementation sénégalaise concernant les vols d'affrètement et enfin de l'existence d'installations suffisantes pour héberger d'aussi importants groupes de touristes. 3. L'un des obstacles auxquels se heurte la multiplication des vols d'affrètement vers le Sénégal est le fait que les organisateurs de voyages n'obtiennent qu'avec peine les droits de trafic nécessaires à leurs appareils. En général, les restrictions imposées aux vols non réguliers sont appliquées au point de départ et/ou de destination et visent à protéger les organisateurs de services réguliers. L'étude des voyages à forfait entreprise par l'Organisation de l'Aviation Civile Internationale (OACI) en 1962 conclut que les vols non réguliers ne portent pas nécessairement préjudice aux transports réguliers (étant donné qu'ils desservent un marché différent) mais ont au contraire, dans certains cas du moins, préparé la voie à de nouvelles lignes régulières, et par là même fourni un supplément de trafic aux services réguliers. 1/ Il serait donc indiqué que les pouvoirs publics séné- galais étudient dans un esprit favorable les demandes de droits de trafic présentées par les organisateurs de vols d'affrètement. 4. Un autre obstacle à l'accroissement du nombre des voyages à forfait par vols d'affrètement à destination du Sénégal est l'impossi- bilité pour les hôtels d'accueillir un grand nombre de touristes. Ces vols acheminent des avions entiers de touristes, soit de 85 à 180 passagers selon le type d'appareil utilisé 2/. Seul Dakar dispose de moyens assez puissants pour héberger des groupes aussi importants de touristes, mais même dans cette ville, ces moyens sont limités. L'accroissement de la capacité d'accueil de Dakar progresse, et on envisage de la développer davantage encore. La rapidité avec laquelle se poursuivra cette expansion et la qualité de la capacité d'accueil supplémentaire joueront un rôle important dans l'accroissement des voyages à forfait par vols d'affrètement à destination du Sénégal. / Voir OACI, Développement des voyages aériens internationaux - Afrique ibid, pages 29-30. 2/ Les principaux types d'appareils utilisés pour organiser des vols spéciaux sont: Caravelles 85 passagers BAC-1-il 109 passagers VC-10 132 passagers Convair Coronado 134-143 passagers Boeing 707 183 passagers ANEXE. A Page 5 Autre note sur le coût des transports aériens 5. Les nouveaux tarifs approuvés par l'AITA sont entrés en vigueur le ler mai 1969, mais ils défavorisent toujours l'Afrique centrale et l'Afrique occidentale au bénéfice de l'Afrique orientale. Cette différence est plus accentuée si l'on compare le tarif forfai- taire par passager-kilomètre entre diverses régions d'Afrique, et différentes villes d'Europe et New York. On trouvera ci-après la comparaison des nouveaux tarifs. Tableau IV (a): TA1IFS AAIS AU DLPART D'UEOPE V3RS DIVEPRSES VILLES D'AFRIQUE ORIENTALE Distance Aller-retour Forfaitaire Forfait (km) classe touriste groupe groupe spécial $EU cents par $EU cents par $EU cents pass/klm pass/km par oass/km de Francfort 12 pass 1pagers A Dar es-Salam 702h 750,60 5,3 412,d0 2,9 33,0 2,e4 Entebbe 6034 700,20 5,8 385,10 3,2 283,20 2,3 Nairobi 6356 711,40 5,6 391,20 3,1 288,00 2,3 de Londres 25 sagers A Dar es-Salam 749h 750.60 5,o 353,90 2,h 295,10 2,0 Entebbe 6481 700,20 5,4 330,20 2,5 240,OO 1,9 Nairobi 6326 711,hO 5,2 335,40 2,2 244,80 1,8 -e Paris 15 passagers A Dar es-Salam 7164 745,00 5,2 h09,70 2,9 338,40 2,4 Entebbe 6174 700,20 5,7 385,00 3,l 283,20 2,3 Nairobi 6496 706,00 5,4 388,o 3,0 288,00 2,2 Tableau IV (b): TARIFS AERIENS AU DEPART D'EUROPE VERS DIVERSES VILL7S D'AFRIQU7 OCCIDENTALE de Francfort ~A Abidjan 5288 543,20 5,O 35,OO 3,3 299,00 2,8 Dakar 4586 464,30 5,l 295,00 3,2 256,OO 2,3 De Londres A Abidjan 5405 5h9,O 5,1 348,60 3,2 302,00 2,8 Dakar 4350 464,8O 5,3 285,10 3,3 255,90 2,9 De Paris A Abidjan 5069 549,00 5,h 343,60 3,4 302,00 3,0 Dakar 4206 442,O 5,3 281,10 3>3 243,50 2,9 ANNEXE A Page6 Tableau IV (c): ALLER-RETOUR DEPART NEW YORK A DESTINATION DE L'AFRIQUE ORIENTALE ET DE L'AFRIQUE OCCIDENTALE Destination Distance Aller-retour et tour. Forfait groupe le (kn) toutes saisons plus bas $EU cents par $EU cents par pass/km pass/km Dar es-Salam 12,85 1100 h,3 654 2,5 Entebbe 11,995 1100 h,6 654 2,7 Nairobi 12,177 1100 h,5 654 2>7 Abidjan 7,955 810 5,1 h51 2,8 Dakar 6,13h 690 5,6 399 3,3 Source: Conseil économique et social des Nations Unies, Commission économique pour l'Afrique, Tourism Development and Air Fare Policy, E/CN/l/TRANS/37, ler décembre 1969. ALNEXE B Tableau 1: PRIX DE DIVERS HOTELS SENEGALAIS EN 1968-69, EN DOLLRS EU (278 francs CFA = 1 dollar EU) Prix pour 1 personne Nom Situation Chambre et petit déjeuner Repas Hôtel N'Gor Dakar 11,90 - 13,40 3,25 Hôtel de la Croix du Sud Dakar 11,70 - 14,80 3,40 Hôtel Aubert Ziguinchor 5,60 - 8,70 3,60 Centre touristique de 2,00 ou la Petite Côte M'Bour 4,30 - 7,90 3,10 Hôtel de la Résidence Saint Louis 6,50 - 11,90 3,10 Relais de l'Espadon Ile de Gorée 4,30 2,90 Hôtel de Paris Kaolack 6,10 - 10,50 2,90 Hôtel de Kahone Kaolack h,90 - 7,30 2,90 Note: Les hôtels sont classés par]a mission en fonction de la qualité des chambres et des normes d'entretien et de propreté. Les normes tenues dans les deux hôtels en tête de liste correspondent à celles qu'offrent habituellement les hôtels de première catégorie en Europe. (L'hôtel de N'Gor va être transformé en hôtel de luxe, comme il a été dit dans le rapport). Les derniers hôtels mentionnés présentent des normes modestes de confort et d'hygiène. CO,PITICiS CLIITIQU:S A S"AIrIT-LOUIS, 1966 Janv. Fvr. Mars Avril -Mai Juin Juil. AoÛt Sept. Oct. Nov. Dc T'emperatures (C) Maximale 33,0 35,9 33,3 31,6 30,2 30,9 30,6 31,7 31,7 33,4 33,0 31,7 MDyenne 23,4 25,8 25,3 24,8 24,9 26,4 27,2 28,6 28,1 28,3 27,1 24,2 Minimale 13,8 15,ô 17,3 18,0 19,5 21,9 23,8 25,2 24,6 23,3 21,2 16,7 Degré Hygrométrique (5) 46 48 52 68 72 77 79 81 82 73 59 52 Prcipitationis Nombre de jours - - - - - 1 1 7 10 7 - 1 Hauteur en millimetres - - - - - 11,3 9,3 117 101 197,5 - 1,6 Source: Ministère du commerce, de l'artisanat et du tourisme. Décembre 1969. I eM CONDITIOW\ CLIATIQUES A DAKAR, 1966 Janv. Favr. Mars Avril Mai Juin Juil. Aoft Sg. Oc . Nov. Déc. Temperatures (OC) Ibcdmale 26,0 27,d 26,5 25,9 27,7 29,2 30,0 30,7 30,0 3>,2 29,7 28,1 l.cenne 21,2 22,5 22,1 22,4 24,4 25,6 27,2 27,3 27,1 27,1 26,7 24,1 Mininale 16,6 17,1 17,7 18,9 21,0 22,5 24,5 24,9 24,1 24,0 23,7 20,1 groétrique (%) 67 69 70 78 77 77 73 77 do 68 63 Prcisions Nombre de jours - - - - 1 3 1 10 16 10 - - Hauteur en millimètres - - - - 0,2 32,4 2,9 139 267 153,2 - - Source: IRnistère du commerce, de l'artisanat et du tourisme. Décembre 1969. ,3 Ë'Iz in CONDITIOE CLIMATIQUES A ZIGUINCHOR, 1966 Janv. Fevr. Mars Avril Mai Juin Juil. Acait Sept. Oct. Nov. Dec. Tem_ratures (Oc) Maximale 32,9 36,5 37,0 35,8 36,4 33,5 3?4 30,5 3>,2 31,7 33,1 32,6 Moyenne 23,3 26,5 27,2 27,6 29,1 28,3 28,3 26,d 26,3 27,0 26,7 24,2 Minimale 13,8 15,4 17,4 19,4 21,7 23,2 23,2 23,2 22,4 22,3 20,3 15,9 Degr' Hygrométrique ( 55 57 54 61 61 71 77 81 82 8, 69 8 Precipitations Nombre de jours - - - - - 12 13 21 23 18 1 - Hauteur de millimètres - - - - - 92,3 173,0 467,8 573,7 285,4 11,d - Source: Ministere du comerce, de l'artisanat et du tourisme. DecEmbre 1969 (D CONDITIONS CLIMTIQUES A TAMBACOUNDA, 1966 Janv. F'vr. Mars Avril Mai Juin Jul. Aouit SeP t. GOt. Nýov. D4c. Temperatures (0C) Maximale 35,0 38,7 39,2 4o,4 4o,4 3h,d 33,0 31,6 31,2 33,4 35,4 34,1 Moyenne 24,2 28,0 30,0 32,1 32,9 29,5 28,3 27,5 26,4 27,2 26,7 24,5 Minimale 13,4 17,3 20,9 23,9 25,9 24,2 23,5 23,3 21,6 21,0 1,0 15,0 Degré hygrometrique (%) 34 32 27 39 41 66 75 79 82 73 56 41 Precipitations Nombre de jours - - - - 2 19 10 17 23 12 - - Hauteur en millimetres - - - - 6,6 192,0 159,1 129,ó 286,1 2,7,1 - - Surce: Ministère du commerce, de l'artisanat et du tcurisme D'cembre 1969. ORGANIGRAMMN DU COMMISSARIAT GENERAL AU TOURISME1 / Commissaire Gn'ral au Tourisme Directeur du Tourisme Recretariat et Administration Générale Bureau d'E,tudes Division des Pelations 'ublique Tivision de lf Form-tion et de 1'Pccueil 1/ Le Bureau d'Etudes et le Labo-photo de la Division des Relations Cubliques n'ont pas de personnel å prgsent. SENEGAL M A U R I T A N I E SAHARA ESPA 3L, ALGERIE ADMINISTRATION Ddar ARTN -GER Limi,te d'Etat -._. -ENMALi Limite de région SENEGAL - -------- Limite départementale R E GNEE --t * Capitale - ^N.EOT Chef-lieu de région )NI GERIA 0 Chef-1ieu de département SIERRA LENE A " Fleuves StLo Cours d'au intermittents -C- AMEROUN - OCEAN DAHOMEY AYrzeIs, GUINEE 0 Lougo .o<o\ ' - R 'E G I 0 N -- Kebemer ¯'----0Linquere OCEA N R E G IO N REGIONDDU E O U R B E L CAP-E - 1 1 M bakGkel' '-'Thies M*.k DAKA Bomey, D 4 Diourbel . A TI A NTQUE ossas'B O-r | Fock R E G IO N\ D E S I N E -S A L O UM R E G O N D U Foundiougneý Koolack _ Koffrine 14° 1 \, Nioro Tambacounda S E N E G A L- G A B_- 6e Gombi 0 R I E N T A L F eu ,grou Veihngara R E G O,N D E L A C A S A M A -N C E N/0 OLO-KOBA o I? 20 40 50 60 Bgnon, SedhuKolda Miles Bgnonoo Seho j, - 0 10 o 3040 6 o o a o o-19o K--- - KILOMETRES Kedougou CAP SRRRINBZiguinchor Ouss ye... .----- .. I, CAP SKIRRING G U I N lE E P O R T U A l S E-G U N EE HLAIKUR 19)70 RIRII 2928 SENEGAL -' tRESEAU DE ROUTES PRINCIPALE S - - ghéRouts r-etues ........ Route revt.,es en constru-ten Routes empierroes DK t -'- Routes en sol naturel Chemin de for ST. LO, . ' B Oacs Fluviale permanente Aeroport international -.MAeroports locaux Lougoua raeDahra ', LigBrO0 100Kýt DiogoRnru ékh MDn.n Mbor. Mann 4'ba -t.b. at T-- ~B.b.-Garage AE Ng-'ýTHIÈS T.uba CA P VER N.t.o Kael DAKAR - -.r P.Npeng Sunind"a D iagan.o Fss Mbar ', .d- Thiad,aye Kidi Mb. --Y FatickIb d" F .,io OLdi,y N1 Dtn~ ne -a OL-i- lIèm Hodar Ka taie rine -.y TAMBACOUNDA - A L - ~~BATHURSFrfenF VELINGARA )K,oi9olo Koba F K ...k-ne' N OKULO- KOBA* Di.n.B NATIO"AL PARK Mako Bno.. F- F - - - -- - - - - - - - - - - - -- - cOusso 421GUINCHOR-9 17 16 GU0HEE- PORTUGAOSE G u m .\OUI 960HBPD 2930
Группа Всемирного банка · Pre-2003 Economic or Sector Report
Senegal - The current economic situation and prospects of Senegal (Vol. 7 of 7) : Le tourisme
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Всемирный банк