Группа Всемирного банка · Pre-2003 Economic or Sector Report

Cameroon - Current economic situation and prospects of the Republic of Cameroon (Vol. 3 of 5) : Foresterie

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FILE COPY DIFFUSION RESTREINTE RapportNo. AW-2la TRADUCTION NON-OFFICIELLE A TITRE D'INFORMATION Ce rapport a e'té prépare''a titre de document interne. Ni la Banque ni les organismes qui lui sont affiliés n'acceptent aucune responsabilite' quant à son exactitude ou son caractère exhaustif. En aucun cas ce rapport ne saurait être publie' ou cité comme représentant leurs vues. BANQUE INTERNATIONALE POUR LA RECONSTRUCTION ET LE DEVELOPPEMENT ASSOCIATION INTERNATIONALE DE DEVELOPPEMENT SITUATION ET PERSPECTIVES ECONOMIQUES DE LA REPUBLIQUE DU CAMEROUN (en cinq volumes) VOLUME III FORESTERIE Le 21 décembre 1970 Département Afrique de l'Ouest TAUX DE CONVERSION Unité monétaire: Franc CFA (FFA) Avant le 11 août, 1969: 1,00 dollar E.U. = 2h6,85 FCFA 1.000 FCFA = h,05 dollar E.U. Après le 11 août, 1969: 1,00 dollar E.U. = 277,71 FCFA 1.000 FCFA = 3,60 dollar E.U. POIDS ET MESURES 1 tonne métrique (t) = 2.205 livres 1 kilogramme (kg) = 2,2 livres 1 kilomètre (km) = 0,62 mile 1 mètre (m) = 3,28 pieds COMPOSITION DE LA MISSION Le présent rapport a été établi sur la base de renseignements recueillis par une mission économique qui a séjourne au Cameroun en mars et avril 1970. La composition de la mission était la suivante: Cornelis J. Jansen Chef de mission Frédy R.G. Holin Economiste Antoine Marot Economiste Guenther einschenck Consultant-Economiste Agricole Constant de Troyer Agronome - Mission Permanente de la Banque à Abidjan J.L. Gilles Lessard Consultant-Economiste Forestier Christopher Lethbridge Spécialiste financement des investissements Hans 0. Schulte Economiste des Transports - Mission Permanente de la Banque à Abidjan Le rapport comprend les volumes suivants: I - Rapport Principal. II - Agriculture. III - Firesterie IV - Transports. V - Industrie manufacturière et Finances d'investissement. Ce volume a été rédigé par J.L. Gilles Lessard TABLE DES MATIERES Pages RESUME ET CONCLUSIONS i . ji I. LE COMMERCE DES BOIS FEUILLUS TROPICAUX Le commerce mandial des feuillus La demande européerm et l'offre africaine pour les bois feuillus 3 Perspectives pour le Cameroun 5 La tendance des prix 7 II. LES RESSOURCES FORESTIERES 9 La foret naturelle 9 La foret artificielle 9 L'inventaire forestier 10 Estimations des volumes de bois sur pied 13 III. LES INDUSTRIES FORESTIERES 1h Nature et importance des entreprises forestières 1h Production de grumes et de sciages 15 Volumes et valeurs des exportations de bois 15 La camerounisation des entreprises forestières 16 La structure des coûts 17 IV. LA GESTION FORESTIERE 19 La politique forestière 19 La législation forestière 21 L'administration des forets 22 Project PNUD/FS de développement des forets et des industries forestières 23 V. L'AMENAGEM4ENT DES FORETS 25 Connaissances acquises de la foret dense humide 25 L'exploitation de la foret naturelle 26 La sylviculture tropicale 26 Les besoins de l'aménagement forestier 29 VI. LE TRANSPORT DU BOIS 31 Les installations portuaires 31 Fonctionnement et réorganisation de Sogex 3h La voie ferrée 35 Projet de voie ferrée Yaoundé-Yokadourna 37 Le réseau routier 37 Les voies fluviales 39 Le transport maritime 4o - ii - VII. PERSPECTIVES DE DEVELOPPEMENT DU SETEUR FORESTIER Stimulants et obstacles au développement des entreprises forestières 41 Projections des contributions du secteur forestier aux revenus de l'Etat et à l'économie camerounaise 44 Priorités forestières du troisième plan quinquennal 45 VIII. RECOMMANDATIONS 49 Les problèmes forestiers 49 Les projects d'étude 51 ANNEXE LISTE DES TABLEAUX ET DES FIGURES FIGURES RESUME ET CONCLUSIONS Le secteur forestier peut contribuer sensiblement au développement économique de la République fédérale du Cameroun. Sur le plan commercial, l'Afrique ne pourra pas, au cours des prochaines années, suffire à la demande du marché européen en produits forestiers. Le Cameroun est actuellement très bien placé pour satisfaire une large part de la demande européenne car, d'une part, les grands pays exportateurs traditionnels voient leurs ressources dimi- nuer et, d'autre part, les autres pays riches en ressources ont des forêts moins accessibles que celles du Cameroun. ii. En raison de l'absence d'un inventaire forestier satisfaisant, il est impossible de déterminer avec certitude l'importance des ressources forestières du pays. Toutefois, nous pouvons estimer grossièrement les quantités de bois commercialisables de 30 essences connues à 300 millions de mètres cubes. Le volume commercialisable de 1h essences principales peut atteindre 130 millions de mètres cubes. L'ayous et le limba forment 50 pour cent du dernier volume. iii. Les licences d'exploitation forestière couvrent une superficie de quelque six millions d'hectares soit 70 p. 100 environ de la superficie forestière exploitable. Dans le passé, les exportations de grumes de feuil- lus ont augmenté à des taux annuels de 10 - 12 p. 100 mais elles représen- taient seulement 5 p. 100 environ des exportations africaines de bois brut. Pour les années à venir, les exportations de grumes peuvent augmenter au taux annuel de 15 - 18 p. 100. iv. La politique forestière du Cameroun donne toute latitude voulue pour le développement des forêts et des industries forestières mais le manque de ressources humaines et financières ne permet pas une gestion adéquate du secteur forestier. L'amenagerient forestier est très rudimentaire et les connaissances sylvicoles dont on dispose actuellement ne sont pas suffisantes pour encourager, sur une grande échelle, des travaux de régénération fores- tière. Les recherches actuelles et futures permettront de préciser les conditions dans lesquelles ces travaux pourraient s'avérer justifiables sur le plan économique. v. L'expansion du secteur forestier est actuellement ralentie par l'ab- sence de moyens adéquats d'accès en forêt et l'évacuation des bois. Il faut pour ce faire améliorer les installations portuaires de Douala, augmenter la capacité du chemin de fer entre Douala et Yaoundé et construire de nouvelles routes. Les installations du parc à bois du port de Douala sont désuètes et agencées contrairement à la marche normale des opérations de ce genre d'entre- prise. Il faut une société autonome de gestion pour la manutention des bois dans le port. Il faut également obtenir un meilleur rendement du matériel roulant de la régie des chemins de fer. - ii - vi. Une infrastructure adéquate permettrait d'augmenter considérablement la production forestière au cours du troisième plan quinquennal. La produc- tion pourrait atteindre 1.5 million de m3 pour permettre des exportations de 1.0 million de m3 de grumes. Le nombre d'ouvriers camerounais passerait de 7,000 à l,000. Les contributions du secteur forestier aux revenus de l'Etat pourraient atteindre 2.8 milliards par année et l'apport à l'économie camerou- naise serait de l'ordre de h.5 milliards de Fr CFA. vii. Afin de réaliser les objectifs de la politique forestière, les servi- ces forestiers des états fédérés doivent disposer d'un personnel nombreux et compétent. Il reste beaucoup à faire dans ce domaine car les effectifs actuels sont nettement insuffisants. Il faut encourager de jeunes Camerounais à étudier les sciences forestières. Une douzaine de candidats au cours des cinq prochaines années devraient être envoyés à l'étranger pour y suivre un cours d'ingénieur forestier. En attendant leur retour, il faudrait faire appel aux services des expatriés. Le Cameroun devrait en la matière demander l'aide de plusieurs pays forestiers du monde. viii. Plusieurs études de pré-investissements permettraient de déterminer le bien-fondé des réalisations futures qui fourniraient une expansion impor- tante au secteur forestier. Les projets d'étude suivants nous apparaissent comme les plus prometteurs: 1) Le parachèvement des inventaires des ressources forestières, prin- cipalement dans la région du Sud-Est du pays. 2) La création de grandes voies d'évacuation entre les points suivants: i) Bélabo et Yokadouma ii) Yaoundé et Abong Mbang/Lomié iii) Mbalmayo et Moloundou. 3) La modernisation et l'agrandissement des installations portuaires actuelles ou la création de nouveaux emplacements: i) A Douala et/ ou ianoka ii) Sur le littoral sud, soit à Campo, Kribi ou à l'embouchure de la rivière Lokoundjé. I. LE COq,,MiCE DES BOIS FEUILLUS TROPICAUX Le commerce mondial des feuillus 1. En 1967, le commerce mondial des feuillus représentait 25,0 mil- lions de m3 de grumes, 5,9 millions de m3 de sciages et 2,2 millions de m3 de placages et de contre-plaqués. Les bois tropicaux formaient 93 pour cent du volume des grumes, 23 pour cent des sciages et 10 pour cent des contre-plaqués. Les bois tropicaux en circulation dans le monde provien- nent des trois grandes zones tropicales de l'Asie de Sud-Est, de l'Afrique Occidentale et de l'Amérique latine. Il y a ving ans, l'Afrique était la plus importante région pour l'exportation des bois tropicaux, suivie de l'Asie et de l'Amérique, mais les positions ont changé par la suite. En 1967, l'Asie du Sud-Est comptait pour 75 pour cent des exportations de grumes, 58 pour cent des sciages et 75 pour cent des contre-plaqués. L'Afri- que tropicale représentait 23 pour cent des grumes, 30 pour cent des sciages et 20 pour cent des contre-plaqués. Quant à l 'Amérique latine, les propor- tions étaient de 2 pour cent pour les grumes, 12 pour cent pour les sciages et 5 pour cent pour les contre-plaqués. Les quantitês exactes apparaissent au Tableau 1. Ce tableau montre les courants d'échanges des bois feuillus à l'échelle mondiale, tels qu'ils furent rapportés pour l'année 1967. Il faut remarquer que l'Europe est de beaucoup le meilleur client des bois africains; elle s'approprie 90 pour cent des grumes, 84 pour cent des scia- ges et 100 pour cent des contre-plaqués mis sur le marché extérieur par ces pays. De même, l'Afrique constitue la plus importante source d'appro- visionnement de bois tropicaux pour l'Europe car elle va chercher là 94 pour cent des importations de grumes, 45 pour cent des sciages et 89 pour cent des contre-plaqués. Cette situation provient du fait que plusieurs grandes sociétés européennes ont transposé en Afrique des filiales d'exploi- tation forestière dans le but de procurer à leurs usines de transformation des bois, situées sur le continent, les sources de matières premières dont elles ont besoin. Pour plusieurs années encore, l'Europe demeurera le principal débouché pour les bois tropicaux de l'Afrique. Pour cette rai- son, nous verrons à la section suivante les perspectives de la demande sur le marché européen en regard des possibilités d'exportation de l'Afrique. 2. Au cours des dernières années, plusieurs études régionales et mondiales sur les besoins en b is et sur les ressources foresti-res disponi- bles furent réalisées par des organismes mondiaux. Les études les plus importantes, effectuées par les membres de la Division des forêt et des in- dustries forestières de la FAO, ont clairement montré trois tendances distinctes à l'échelle mondiale: (1) augmentation des quantités de bois nécessaires à des fins industrielles; (2) augmentation de la proportion du bois récolté constituée de feuillus; - 2 - (3) augmentation de la proportion des feuillus en provenance des forêts tropicales. D'autre part, une étude récente l/ par la Banque Mondiale montre les tendances de la consommation, de la production et du commerce des bois tropicaux à l'échelle mondiale. Au cours de la période entre 1954-56 et 1964-66, la consommation mondiale des bois tropicaux a augmenté au taux annuel de 4,2 pour cent. Les taux régionaux de croissance des pays in- dustrialisés furent de 9,2 pour cent pour les pays européens membres de l'OCDE, de 8,3 pour cent pour les Etats-Unis et de 21,2 pour cent pour le Japon. Dans les pays tropicaux de l'Afrique et de lfAsie, la consomma- tion a augmenté de 2 pour cent par année au cours de la rmêgme période. 3. Dans le but de prévoir les possibilités d'exportation des pays en voie de développement situés dans les trois grandes zones de forêts tropicales mentionnées plus haut, les économistes forestiers de la FAO ont préparé un schéma d'ensemble du commerce actuel et futur des bois feuillus tropicaux. Les parties essentielles de ce modèle sont reproduites au Ta- bleau 2. Pour les grumes, les sciages, les placages et les contre-pla- qués ainsi que pour l'ensemble de ces produits mesurés en équivalent de grumes, ce tableau montre les importations et les exportations, pour les années 1965 et 1967, de même que les projections du commerce pour 1975 et 1985. Il s'agit seulement d'un exemple des orientations possibles du commerce future mais nous croyons qu'il repose sur des hypothèses raisonnables. Le tableau fait ressortir les importations des principa- les régions consommatrices et lés exportations des régions tropicales productives de .atières premières. 4. Les estimations relatives aux besoins d'importations et aux possibilités d'exportations ont été effectuées indépendamment les unes des autres. Il s'agit d'ailleurs, dans la plupart des cas, des sommes des estimations nationales. Il importe de voir si les chiffres s'équi- librent ou si, au contraire, ils laissent apparaître des déficits ou des excédents dans les futurs courants d'échanges. Il est intéressant de noter que les exportations et les importations de grumes s'équilibrent à peu près en 1985, mais qu'une pénurie considérable apparaît pour 1975. En ce qui concerne les sciages, les estimations indiquent, pour 1975, les excédents qui diminueront sans pour autant disparaître d'ici 1985. Pour les placages et les contre-plaqués, le potentiel d'exportation suggéré est loin cependant de pouvoir répondre à la demande prévue, de sorte que, d'ici 1985, l'écart sera égal à la moitié du potentiel ex- portable. Ce potentiel, exprimé dans le total en équivalent de grumes, augmente moins rapidement que la demande prévue pour les importations. _/ Takeuchi, K., Review of Trends in Tropical Timber Trade. Economics Department, BIRD. 5. Il faut souligner que ces projections concernant les futurs courants d'échanges ne tiennent pas entièrement cocmpte de l'évolution possible des prix et des coûts ainsi nue des positions concurrentielles relatives des différentes ré2gions productrices de bois tropicaux. Cette évaluation permet tout de même de préciser l'ordre de grandeur du pro- blème dce l'offre au niveau international. Llle indique clairement qu'il est nécessaire. (1) de faire un effort soutenu pour inventorier les forêts tropicales du monde: (2) de faciliter l'accès à de nombreuses zones forestières; (3) de procéder à des études de viabilité économique concernant la création d'industries de transformation du bois dans les régions forestières tropicales. La demande européenne et l'offre africaine pour les bois feuillus 6. Dans le cas de lEurope, le Tableau 2 laisse "révoir une stabi- lisation, voire un léger déclin des importations de grumes et une aug- mentation non négligeable des importations de sciages, de placages et de contre-plaqués. L'avantage en coût de transport et la réglementation de certains pays nroducteurs, qui interdisent l'exportation des bois à l'état brut, expliquent l'augmentation prévue des importations de bois ouvrés. Cette augfnentation suprose que soient trnnsformés, près du lieu de production, les grumes, progressivement plus nombreuses, de qualité inférieure. Eýn effet, selon les estimations du tableau, les importations de grumes vont décroître de 0,25 pour cent par année entre 1967 et 1975 corparativement à des accroissements de 3 pour cent, et 17 pour cent res- pectivement pour les sciages et les contre-plaqués. Au cours de la période 1973-19O5, les importations de grumes doivent baisser de 2,25 pour cent par année alors que les sciages et les contre-plaqués vont augmenter à des taux respectifs de 3,25 et 3,5 pour cent. Les différences entre les importations européennes et les exportations africaines indiquent que l'Afrique ne pourra même ras satisfaire à la demande du seul marché européen pour tous les produits forestiers, à l'exclusion des bois en grumes. De plus, si nous regardons le déficit considérable entre le total des exportations et le total des importations -our les volumes de bois en équivalent de grumes, on s'ai,ereoit que les régions productrices comn l'Afrique ;ccidentale pourront augmenter considérablement les exportations prévues et que les produits les plus nrometteurs pour les débouchés futurs seront les placages et les contre-plaqués. 7. Le Tableau 3 donne un sommaire des princinaux usages des bois tropicaux dans les pays européens. o1ous voyons tout de suite que les in- dustries de la cor3truction et de l'aneublement sont de beaucoup les plus grands utilisateurs. La prospérité de ces deux industries, cornme on le sait, est fortement liée ' l'économie nationale des pays. L'étude de la LIU sur les bois tropicaux., mentionnée plus haut, montre qu'il existe une forte corrélation entre la consommation des bois tropicaux et le niveau de production industrielle des pays de l'Europe, de l'Amérique du Nord et du Japon. Des projections calculées à partir de fonctions arithmétiques linéaires établies d'après la demande des bois feuillus et l'activité in- dustrielle des pays importateurs sont données dans cette étude. Sur la ba- se d'un accroissement annuel de la production industrielle de 4,5 pour cent pour la période 1966-75 et de 4,0 pour cent pour la période 1975-85, la consommation annuelle de bois tropicaux pour les pays européens membres de l'oc:. dépassera 12 millions de m3 (r) en 1975 et 17 millions de m3 (r) en 1985. Ces projections sont plus élevées que celles de la FAO (Tabieau 2) mais cette analyse montre bien que la dimension de la demande pour les bois tropicaux en Europe dépendra avant tout de la conjoncture économique de l'ensemble des pays. Il faut donc s'attendre à des fluctuations passa- gères mais, à long terme, les perspectives sont favorables. 8. Du côté de l'offre, les forêts d'Afrique occupent 23 pour cent de la superficie du continent. Sur ce total, moins de 200 millions d'hec- tares consistent de forêt de haute futaie d'une importance commerciale et le reste est composé pour une large part de savane boisée. Environ 90 pour cent des forêts commerciales se trouvent en Afrique Occidentale, et appartiennent dans leur quasi-totalité à la formation forestière dense hu- mide. Le Tableau 4 montre les ressources forestières totales de l'Afrique et en particulier des sept principaux pays producteurs - exportateurs de bois feuillus. La Figure 2 montre la distribution géographique de la fo- rêt dense humide. Cette forêt s'étend de la Sierra Leone à l'Angola mais elle se retrouve aussi à Madagascar. Toutefois, les deux Congos, le Gabon et le Cameroun contiennent environ 75 pour cent de l'étendue de cette fo- rêt. Dans les forêts primaires ou secondaires anciennes, le volume total sur pied peut atteindre 300 mètres cubes à l'hectare. Sur ce total, 80 m3 seulement sont à l'heure actuelle potentiellement utilisables, car les négociants et les consommateurs des pays importateurs ne font pas confian- ce aux essences moins connues, malgré qu'elles soient disponibles en quan- tités raisonnables et qu'elles possèdent des propriétés qui les rendent parfaitement propres à la transformation industrielle. Le volume effecti- vement récolté se situe entre 5 et 20 m3 mais il peut atteindre 40 m3 à l'hectare. Le matériel sur pied des forêts africaines est estimé à 30 milliards de m3 et le taux annuel d'exploitation est seulement de 0,08 pour cent. Le Tableau 5 montre la répartition, par type de produits, et l'ac- croissement des exportations de bois feuillus de l'Afrique pour les années 1949 à 1966. Au cours de la période de dix ans entre 1955 et 1965, les exportations de l'ensemble des produits du bois ont augmenté au taux annuel de 8 pour cent mais, à l'exception des placages, les taux d'accroissement sont à la baisse. En effet, les taux d'accroissement pour le total des exportations étaient de 14 pour cent entre 1949-51 à 1954-56, de 10 pour cent entre 1954-56 et 1959-61 et de seulement 5 pour cent entre 1959-61 et 1964-66. - 5 - 9. Il semble bien que, dans certaines limites dfordre matériel, l'ampleur de la demande de grumes de feuillus et des produits dérivés déterminera essentiellement le niveau de l'offre. Toutefois, le niveau de l'offre africaine dépendra essentiellement d'un grand nombre de facteurs. Parmi ceux-ci, il y a la possibilité de l'épuisement des ressources. Bien que l'on soit loin d'avoir fait ltinventaire de toutes les zones tropica- les de forêt dense, on sait qu'on peut enlever chaque année des quantités beaucoup plus importantes de bois que les volumes coupés actuellement. On a toutes les raisons de croire que, du moins jusqu'en 1975, lioffre pourra, physiquement, répondre à l'accroissement des besoins. Mais il est vraisemblable que, en même temps, les coûts vont monter parce que les essences couramment recherchées deviennent plus rares dans les qua- lités et dimensions commerciales. Des réserves importantes de ces bois se trouvent dans des zones éloignées et d'accès plus coûteux ce qui veut dire qu'il faudra améliorer les conditions d'abattage et de transport. Pour améliorer l'efficacité de la production des forêts de feuillus. il faudra mettre un plus grand nombre d'essences non encore utilisées sur le marché; soit directement sur le marché d'exportation, ce qui est très difficile, soit sur le marché intérieur afin de libérer pour l'exporta- tion les bois les plus appréciés. Cette dernière solution est plus pro- bable ce qui veut dire que l'expansiond-s exportations sera générale- ment subordonnée au marché intérieur des bois de second choix. Il est bien évident aussi qu'une montée des prix ralentirait l'essor de la de- mande d'importation de feuillus tropicaux, car certains produits du bois oeraient remplacée par divers autres matériauL. Perspectives pour le Cameroun 10. La position du Cameroun nous apparaît tout à fait enviable en ce oui concerne l'offre et la demande des produits forestiers. Jusqu'à ce jour, toutefois, le Cameroun a joué un rôle plutôt secondaire dans le commerce extérieur des produits forestiers de l'Afrique occidentale. En effet, le volume de ses exportations de bois dans le passe n'a pas été en proportion de ses ressources forestières, si nous le comparons aux pays voisins. Cette situation peut s'expliquer partiellement par le fait que ses meilleures forêts ne sont pas situées près du litoral comme c'est le ca2 pour plusieurs autres pays. Jusqu'à maintenant, l'insuffisance de moyens a3áquats de transport et la pauvreté des forêts accessibles ont fait que los co,ditions dans les autres pays se prêtaient probablement mieux à l'explo.tation forestière. Cependant, comme nous le verrons ci-dessous, la production de ces pays diminue. Pour l'avenir, les forêts du Cameroun sont relativement bien placées par rapport aux immenses réserves de bois de la cuvette congolaise (voir Figure 1), 11. Le Tableau 16 nous fait voir l'évolution de la production de gru- mes feuillues dans les principaux pays forestiers de l'Afrique. Depuis au moins dix ans, le Cameroun est au sixième rang des pays producteurs, mais laccroissement annuel de sa production, en pourcentage, est supérieur à -6 - quatre autres pays et il augmente par rapport aux années précédentes, ce qui est un fait unique pour les deux périodes étudiées. Au cours de la période 1959-61 à 1964-66, i'accroissement annuel fut de 5 pour cent en- viron, donc beaucoup inférieur au taux de 20 pour cent de la Côte d'Ivoire. 12. Afin de se faire une meilleure idée des possibilités d'expor- tations des bois feuillus du Cameroun nous devons regarder l'ensemble du marché extérieurËb l'Afrique occidentale pour les principales essences de bois. Le Tableau 6 montre l'évolution des exportations de grumes de feuil- lus, par essence, par pays et pour toute l'Afrique tropicale pour la pério- de de 1955 à 1967. Le total annuel des exportations de grumes pour tous les pays semble à la baisse après avoir atteint un maximum de six milliards de pieds cubes en 1964. Ce sont les exportations considérables de la Côte d'Ivoire, au cours des dernières années, qui ont permis de maintenir le commerce à un niveau plutôt stable car les exportations du Ghana et du Nigéria régressent très rapidement. Au sujet des essences individuelles, l'azobé sera peu affecté par les conditions qui peuvent se produire dans les autres pays car le Cameroun exporte la presque totalité de cette es- sence. L'obéché est actuellement exporté en grandes quantités par la Côte d'Ivoire, le Congo (B), le Ghana et le Nigéria. Dans tous ces pays, le vo- lume des exportations de cette essence diminue rapidement ce qui nous lais- se prédire une forte augmentation de la demande au Cameroun pour ce bois. L'acajou provient surtout de la Côte d'Ivoire et du Ghana, mais, dans ce dernier pays, les exportations sont réduites ce qui devrait permettre au Cameroun de combler la légère baisse. En plus du Cameroun, le sapelli est exporté principalement par la Côte d'Ivoire, le Ghana et le Nigéria. Dans ces trois pays, les volumes d'exportation sont en régression depuis quelques années ce qui laisse supposer une plus grande demande pour ce bois qu'on retrouve en bonnes quantités au Cameroun. Une essence de la même fa- mille, le sipo, est exportée surtout par la Côte d'Ivoire mais aussi par le Ghana. Les exportations du Ghana ont plafonné et celles de la Côte d'Ivoire le seront également par l'imposition par le gouvernement d'un quota obliga- toire sur cette essence. Toute nouvelle augmentation de la demande devra être satisfaite par le Cameroun. Il y a aussi des possibilités de substi- tution par le sapelli, ou le moranti, originaire de l'Asie. Dans le pre- mier cas, le Cameroun serait bien placé pour fournir une quantité addition- nelle de sapelli. Actuellement le kokrodua est exporté en petites quanti- tés par plusieurs pays dont le Cameroun et le Ghana. Cette essence com- mande actuellement le meilleur prix des bois africains car ses propriétés se comparent à celles du teck, une essence très précieuse. D'après plu- sieurs forestiers camerounais, des quantités importantes de cette essence se trouveraient dans la partie Sud-Est du pays. Si tel est le cas, des moyens adéquats d'évacuation permettraient de commercialiser un volume beau- coup plus grand de cette essence. 13. En résumé, le Cameroun peut facilement rencontrer son objectif pro- visoire d'augmenter ses exportations de bois de 200.000 m3 par année. Les essences rouges utilisées en ébénisterie et en menuiserie devraient con- tinuer à être exportées sous forme de grumes pour deux raisons. Première- ment, les usines importatrices peuvent tirer un meilleur profit de ces - 7 - essences que les entreprises locales et, deuxièmement, les prix auront tendance à augmenter en raison de la rareté progressive de ces essences. Par contre, les essences utilisées dans la construction, comme l'azobé et le doussié devraient autant que possible être transformées localement en bois d'oeuvre. Le produit fini ne requiert pas une très haute qualité et cette transformation permettrait au pays de tirer des bénéfices plus grands de ces exportations. De même, les essences tendres comme l'obéché et l'ilomba se prêtent parfaitement bien à l'industrie des placages et des contre-plaqués. Vu la localisation des réserves de ces essences, dans l'Est du pays, et de l'extraordinaire demande attendue pour ces produits sur le marché européen au cours des prochaines années, il y a beaucoup d'avantages à retirer de la transformation sur place de ces essences. La valeur ajoutée à ces produits permettrait leur transport de l'intérieur du pays et leur usinage procurerait beaucoup d'emplois à la main-droeuvre camerounaise. La tendance des prix 14. Le Tableau 7 montre la tendance des prix de quatre essences feuillues de l'Afrique occidentale. Ces quatre essences: le sapelli, le sipo, l'acajou et l'ilomba se rangent parmi les six principales essen- ces du Cameroun (avec l'azobé et le doussié) et elles représentent plus de 40 pour cent du volume des exportations de grumes. Le sapelli est un bois riche et lourd utilisé surtout en ébénisterie de luxe. Le sipo est également un bois rouge utilisé en ébénisterie mais il est plus léger que le sapelli et plus lourd que l'acajou. L'acajou, tout en étant de la même famille que les deux premiers (méliacée) est plus léger et on l'emploie pour l'ébénisterie et pour la menuiserie soignée. Enfin, l'ilomba est un bois blanc de déroulage qui peut se comparer à l'okoumé mais il est plus dur. 15. De 1956 à 1960, de ces quatre essences, l'acajou commandait le plus haut prix moyen sur le marché, suivi du sipo, du sapelli et de l'ilom- ba. A l'exception de l'ilomba dont le cours est resté stable lors de la période étudiée, les trois autres essences de bois rouge ont changé de position par rapport à leurs valeurs. En 1965, le sipo était à la tête des trois, suivi de l'acajou et, en 1969, le sipo commandait toujours le meilleur prix, suivi respectivement du sapelli et de l'acajou. Au cours de la période de douze ans, entre 1956 et 1968, les taux annuels d'augmen- tation des prix courants furent de 5,8 pour cent pour le sipo, h,8 pour cent pour le sapelli, h,0 pour cent pour l'acajou et 2,9 pour cent pour l'ilomba. 16. La tendance des cours moyens de ces quatre essences semble reflé. ter assez bien la tendance générale des prix des grumes de bois africains. Il faut noter une exception toutefois pour l'azobé dont le prix est à la baisse en raison d'une offre plus forte que la demande. Le prix de cette essence a oscillé entre 7.000 et 8.000 FCFA/m3 au cours de 1968 et 1969. En ce temps là, parmi les essences importantes, le kokrodua (ou assamela) a atteint le prix de 22.000 FCFA/m3, l'acajou 11.000, le dibétou 12.000, l'iroko 10.000, le sapelli 12.500, le sipo 16.000, le kosipo 9.000 et le samba (ou ayous) 7.000 FCFA/m3. Vu la grande quantité d'essences et les prix oscillants du marché, les exploitants forestiers fondent le calcul de rentabilité de leurs opérations sur des moyennes de prix. En mars 1970, ils calculaient un prix FOB moyen de 12.000 FCFA/m3 pour les bois rouges et de 8.000 FCFA/m3 pour les bois blancs. - 9 - II. LES P7SSOURCES FORESTIEFMS La forêt naturelle 17. Le territoire camerounais est couvert de plusieurs types de formations forestières mais la plus importante, au point de vue commer- cial, est la forêt dense humide qui occupe le quart de l'étendue du pays, dans la partie sud. Comme l'indique le Tableau 4, cette forêt recouvre une superficie de quelque 12 millions d'hectares soit 50 pour cent du territoire boisé du Cameroun et 6,9 pour cent de la superficie de la foret équatoriale de l'Afrique occidentale. Au point de vue de richesses forestières, le Cameroun vient au quatrième rang des pays africains après le Congo (K), le Congo (B) et le Gabon. Parmi les autres forma- tions forestières du Cameroun, toutes très importantes pour les condi- tions climatiques et la conservation des sols, il faut mentionner la forêt tropicale de montagne dans l'ouest du pays, la savane boisée et la steppe boisée dans les régions du centre et du nord et les mangroves dans les estuaires des rivières tributaires de l'océan Atlantique. Il existe une zone de transition entre les formations de savane et la forêt dense de sorte que la délimitation de cette dernière n'est pas toujours facile, ce qui peut expliquer l'écart entre les superficies forestières rappor- tées par divers organismes. 18. La foret humide est une formation végétale dense et haute com- posée surtout d'essences feuillues disposées en strates ou étages plus ou moins distincts. Le nombre d'essences présentes sur quelques hectares peut atteindre et même dépasser la centaine, avec des bois de caracté- ristiques très diverses. Cette hétérogénéité est un des problèmes les plus sérieux de la forêt équatoriale africaine. Les fut; des arbres ont des formes parfois bizarres et le sous-bois est souvent garni d'une masse d'arbrisseaux où s'entrecroisent des lianes et d'autres plantes épiphytes. 19. Depuis le début de l'ère coloniale surtout, l'introduction de cultures vivrières et l'augmentation de la population à l'intérieur de la zone forestière, dues en particulier à une immigration des populations venues des savanes, ont contribué par les défrichements cultureux à modifier la composition de la forêt dense et à réduire sa superficie. Sur la Côte d'Ivoire, une étude récente a permis d'établir que la forêt dense fut réduite de quelque trois millions d'hectares entre 1956 et 1966. Cette diminution de l'état boisé en l'espace de 10 ans est attribuable aux défrichements culturaux rendus possibles par le développement de l'infrastructure routière dans ce pays. Ce recul de la forêt dense se produit également au Cameroun, mais aucune étude n'a permis jusqu'à ce jour de préciser l'ampleur de ce problème. Vu les projets actuels de voies d'accès dans les forêts du Sud-Est, nous reviendrons sur ce sujet des cultures itinérantes au chapitre de l"aménagement forestier. La forêt artificielle 20. La forêt artificielle du Cameroun est peu importante bien que les premiers travaux de reboisement furent effectués au début des années 30. Dans la zone de forêt dense, les boisés artificiels couvrent actuellement environ 5.000 hectares. Les plantations d'okoumés dans la région de Kribi - 10 - furent entreprises en 1950 et elles s'étendent maintenant sur 3.000 hectares. Il existe d'autres plantations à Bonépoupa, à Sallé, à Makak et à Mbalmayo. Le Tableau 8 montre les superficies des peuplements forestiers artificiels plantées dans les principaux pays forestiers de l'Afrique occidentale avant la fin de 1965 et le Tableau 9 donne les prévisions de plantations de ces mêmes pays jusqu'en 1985. Il ressort du premier tableau que le Cameroun a fait le moins d'efforts dans le domaine du reboisement et que tous les pays ont moins de 1 pour cent de leurs terres forestières couvertes de peuplements artificiels. Le deuxième tableau indique que les prévisions après 1975 ne sont pas précises. Toutefois, tous les pays se proposent de planter plus de 1.000 hectares par année au cours des prochaines cinq années. L'objectif maintenant connu au Cameroun oriental est de reboiser 2.500 ha par année mais il est douteux que ce but soit atteint au cours des prochaines années. Le financement de ces travaux doit provenir du Fonds Spécial Forestier et Piscicole, institué par la loi de Finances 1965-1966, du budget de l'Etat et de l'aide extérieure. 21. Les efforts du Cameroun ont surtout porté sur le boisement en savane dans la partie nord du pays. Il y a également des reboisements im- portants en pays Bamiléké et Bamoun. Des plantations d'environ 280 ha dans la région de Mokolo ont été établies sur crédits du Fonds Européen de Développement (FED) et comportent des travaux destinés à lutter contre les érosions hydrauliques et à permettre l'installation des cultures permanentes sur courbes de niveau. Ces périmètres de restauration comportent des ouvrages destinés à améliorer le régime des rivières mais aussi à servir de coupe-vent et de source de bois de feu pour les habitants de cette zone. L'essence utilisée, le cassia siamea, supporte difficilement le sol et le climat, et il aurait été préférable de planter une ou plusieurs essences mieux adaptées. La même remarque s'applique également pour le périmètre de Mogode et la plantation de teck de Bazama. De ces observations sur l'état de la forêt artificielle il faut conclure que les risques associés avec les investissements dans les plantations sont très grands. Il faudra effectuer encore beaucoup de recherches bien faites avant de pouvoir obtenir l'aide des organismes internationaux de financement pour l'établissement, sur une grande échelle, de plantations pour la production forestière. Nous discuterons plus loin de l'aspect économique des méthodes de régéneration artificielle. L 'inventaire forestier 22. L'inventaire forestier est une technique qui sert à déterminer la nature, le volume et la valeur des ressources forestières. C'est un outil indispensable à l'aménagement forestier et à tous travaux de pla- nification du secteur forestier. Jusqu'à ce jour, presque tous les tra- vaux d'inventaires forestiers effectués dans la partie francophone de l'Afrique occidentale furent effectués par les spécialistes du Centre Technique Forestier Tropical. La méthode normale préconisée à l'heure actuelle consiste à relever toutes les tiges d'une quinzaine d'essences - il - dans les trois classes de diamètres de 20 à 45 cm, 45 à 65 cm et supé- rieurs à 65 cm. On peut compter seulement de 3 à 5 tiges par hectare, ce qui donne un coefficient de variation de l'ordre de 70 pour cent pour des places de 1 hectare. Dans le cas de places échantillon de 1000 m2 dans un peuplement de 2.500 hectares, ce coefficient entraîne une erreur dans les variables de 20 pour cent au seuil de probabilité 0.95 lorsque l'intensité d'échantillonnage est de 2 pour cent. Pour une erreur in- férieure à 15 pour cent il faut un taux de sondage de 4 pour cent. Sur le terrain, cette précision exige le mesurage des arbres sur des bandes continues espacées de 500 mètres. Ce travail requiert environ 1/6 de jour-homme par hectare inventorié. Pour chaque essence, il faut établir un tarif de cubage qui donne le volume de chaque tige en fonction de sa forme, de sa hauteur et de son diamètre à 1.5m du sol. On arrive ainsi à trouver le volume de bois brut sur pied, par unité de superficie, pour chaque type de végétation. A partir de ces premiers résultats, dans un inventaire à but économique, il faut estimer les volumes utiles de bois c'est-à-dire les quantités de bois commercialisables. Cette opération comporte deux phases nettement séparées: la première consiste à qualifier le volume total brut sur pied de chaque essence en le répartissant en différentes catégories. Ce résultat est obtenu au moyen d'appréciations qualitatives des arbres sur pied, basées sur une cotation normalisée des défauts visibles extérieurement. La dé- termination des proportions du volume total dans chaque classe de qualité est par suite établie d'une manière objective; la deuxième phase consiste essentiellement à établir ce que devient chaque classe de qualité lors de l'abattage des arbres. Les résultats de cette deuxième étude permettent de connaître le pourcentage total de rebut qui est à prévoir et par suite le volume effectivement commercialisable. En dernier lieu, on détermine le coefficient de commercialisation qui est le rapport, en pourcentage, du volume effectivement commercialisable (ou utile) au volume fÛt brut total sur pied. A titre d'exemple, le Tableau 10 donne les coefficients de commercialisation d'un certain nombre d'essences de la C8te-d?Ivoire. Les différences entre les diverses valeurs extr&mes (34 pour cent pour le ;auba et 68 pour cent pour le sipo) montre toute limportance de ce travail pour déterminer le potentiel utile des forêts d'une région. 23. Trois inventaires forestiers ont été à ce jour réalisés au Cameroun. Un premier inventaire forestier a été effectué en 1966 dans le Lom et Kadei dans la région de Deng-Deng. Les travaux ont porté sur 300.000 hectares qui ont été inventoriés à un taux de sondage de 1 pour cent. Vingt-sept essences furent inventoriées dont 11 principales et 16 secon- daires. On a tenu compte seulement des arbres ayant un diamètre supérieur à 36 cm. Un deuxième inventaire qualifié comme préliminaire, dont les résultats furent publiés en 1967, a été réalisé dans le laut-Nyong et la Boumba-Ngoko, dans la région de Yokadouma. Ce pré-inventaire a couvert une superficie de 2.200.000 hectares mais le taux de sondage global fut - 12 - de seulement a,3 pour cent. Ce relevé a porté sur les ti3es, de 20 cm ou plus de diamètre, de 46 essences dont 14 essences principales et 16 essences secondaires. Un troisième inventaire portant sur 100.000 ha fut effectué dans le département de la Sanaga-"aritime, dans la région de Edéa. Cet inventaire a tenu compte de tous les arbres de plus de 15 cm selon un taux de sondage de 1 pour cent. Il a été réalisé dans le but d'étudier la possibilité d'alimenter une usine de pâte cellulo- sique dont on projette la construction éventuelle dans cette région. Un inventaire complémentaire est maintenant en cours dans la forêt de Deng- Deng. Cette fois, cet inventaire porte sur un plus grand nombre d'es- sences en tenant compte des tiges de plus petits diamètres. Le but de ce travail est d'établir un plan d'aménagement forestier pour cette forêt dans le cadre d'un projet forestier coopératif entre le PNTUD et le gouvernement du Cameroun. Enfin, un projet d'inventaire forestier au Cameroun occidental qui devait se faire au cours de 175a-69 n'a pas en- core été commencé. Cet inventaire doit être réalisé avec l'aide finan- cière de FAC pour un montant de 100 millions de francs CFA et doit couvrir une superficie de 300.000 hectares. Les résultats permettront d'élaborer une politique d'aménagement et d'exploitation des forêts pour l'avenir. 24. Dans la forêt équatoriale de l'Afrique on nc fait pas usage de photographies aériennes dans les inventaires forestiers pour estimer les volumes de bois sur pied. Toùtefois, dans la forêt équatoriale de l'Asie, beaucoup de progrès semblent avoir été réalisés au cours de la dernière décennie dans l'emploi de photographiesaériennes pour l'inventaire et l'aménagement forestiers. Les extraits suivants résument les points de vue des forestiers asiatiques sur le sujet, Summarizing one can say that aerial photos will certainly help in the delineation of types if such types are distinct (e.g. the various types of forests at Sungei Kopur, North Borneo) and hence -uide sampling procedure. lowever, so far as our study shows, it is not yet possible to use aerial photos to estimate volume of a stand or the recognition of conmercial species unless the latter have distinct vecetative characteristics that will show up in the photos". (Wong Yew Kwan, 1961) Since the commercially valuable species of suffi- cient size occupy the main and. -o ergent canopies, it is possible from a count of tree crowns to estimate the stand density." Uhen combined with ground sampling "it should be possible to estimate the commercial timber content of forest strata as delineated through aerial photographic interpreta- tione. (Lee, 1966) - 13 - " Enumeration surveys at 5% intensity have a permissible error of 20% of the estimated volume. The same stand- ard could be attained under the new method at a fraction of the cost." (Mok, 1966) 25. En Asie, l'identification de types écologiques à l'aide de certaines caractéristiques reconnaissables sur les photographies, suivie d'une estimation de la densité du peuplement par le comptage des arbres dominants, donne des résultats satisfaisants. Les experts forestiers admettent toutefois que la forêt dense de l'Afrique est beaucoup plus hé- térogène que la mime foret de l'Asie. D'après nos connaissances de la forêt africaine, nous doutons beaucoup qu'on puisse, dans un avenir rap- proché, se fier aux résultats d'inventaires obtenus principalement par l'interprétation de photographies aériennes. La précision viendra par le perfectionnement des techniques et l'acquisition d'expérience par un personnel qui est familier avec la forêt équatoriale de l'Afrique occidentale. Estimations des volumes de bois sur pied 26. Il est très difficile, sinon impossible, de déterminer le po- tentiel utile des forêts du Cameroun car les variables nécessaires ne sont pas connues et elles ne peuvent être obtenues facilement de ma- nière rapide. Premièrement, la superficie de la forêt dense située sur le sol ferme n'est pas connue. Deuxièmement, aucun inventaire forestier n'a été effectué sur 75 pour cent de la surface forestière et un pré- inventaire seulerient a été réalisé sur 20 pour cent de la superficie restante. Troisièmement, les coefficients de commercialisation des principales essences forestières n'ont pas été déterminées dans les in- ventaires effectués dans la forêt camerounaise. 27. De façon très grossière, nous pouvons estimer le volume total des bois sur pied en divisant le territoire en trois régions dont deux englobent les zones déjà inveatoriées. Deux des régions sont situées de part et d'autre du 13è méridien, qui coupe la réserve de Dja, et l'autre est la forêt de Deng-Deng. Le Tableau 11 donne les superficies et les volumes bruts et comrercialisables de 30 essences de ces régions. Le volume commercialisable possible atteint presque 300 millions de mètres cubes. A l'instar de la mission BCEC)i-NEDECO, nous pouvons, à l'aide des résultats d'inventaire, préciser les volumes par groupe d'essences pour chacune des trois grandes zones de v'gétation trouvées dans l'est du pays. Les résultats de ce calcul apparaissent au Tableau 12. Les volumes com- mercialisables sont basés sur des coefficients de commercialisation moyens de 40 pour cent pour le limba et l'ayous, et de 65 pour cent pour les douze autres essences principales. Le volume commercialisable pour les qua- torze essences principales est estimé à 130 millions de metres cubes ré- partis uniformément entre les bois blancs légers et les bois rouges. - 14 - III. LES INDUSTRIES FORESTIEES Nature et importance des entreprises forestières 28. Il existe au Cameroun environ cinquante entreprises d'exploi- tation forestière, une trentaine de scieries et trois usines de déroulage. L'une des fabriques de déroulés produit des contre-plaqués et des pan- neaux lattés et l'autre des placages découpés pour l'industrie de la caisserie. La construction d'une trnisième usine de déroulage est presque terminé. Il y a également une entreprise d'imprégnation des bois et des entreprises diverses pour la fabrication de caisses, de meubles et des boiseries. 29. L'importance de l'activité forestière est attribuable à un petit nombre d'entreprises appartenant à de grandes sociétés européennes. Trois de ces entreprises produisent environ 45 pour cent de la récolte annuelle de grumes et huit scieries comptent pour 75 Dour cent de la production de sciages. 30. Selon les statistiques camerounaises, la valeur ajoutée moyenne des entreprises forestières, pour les trois années fiscales 1964/65 à 1966/67, fut de 2,3 milliards de francs CFA, soit 1,4 pour centdu produit intérieur brut moyen de 182.2 milliards de francs CFA pour ces trois années. Au cours des années 1967-68, les industries forestières primaires ont employé environ 7300 personnes soit 8,6 pour cent de la main-d'oeuvre active du secteur privé. Les charges forestières et les taxes diverses payées par le secteur forestier au cours de l'année 1968/69 ont représenté environ 2,5 pour cent des recettes fiscales de l'Etat. 31. A la fin de l'année 1969, les exploitants forestiers du Ca- meroun Oriental détenaient une superficie de 4.890.945 ha en licencas d'exploitation forestière comparativement ý 2.750.000 ha en 1967 et 2.009.500 ha en 1965. La répartition des superficies détenues par les titulaires apparaît au Tableau 12A. Seulement 15 entreprises, en juin 1969, avaient des superficies totales supérieures à 50.000 ha et seule- nient quatre de ces entreprises détenaient plus de 200.000 hectares de forêts. Seulement trois entreprises forestières effectuent des opé- rations forestières au Cameroun occidental. 32. L'industrie du sciage n'est pas très importante car seulement six entreprises produisent plus de 5.000 m3 de sciages annuellement et seulement deux entreprises ont un volume de production supérieur à 20.000 m3 La Tableau 13 montre la répartition des scieries selon leur production annuelle. Le chiffre d'affaires de l'industrie du sciage est de l'ordre de 1,6 milliard de Fr CFA. 33. Dans le domaine des placages et des contre-plaqués, l'usine de zbahiayo a une capacité de production annuelle de 7.200 m3 de cnntre- plaqués, 3.000 m3 de panneaux lattés et de 5.430 m3 de placages. L'usine de Dimako a une capacité de production annuelle de 40.003 m3 de placage. - 15 - Ces deux usines représentent un chiffre d'affaires de quelque 320 millions Fr CFA pour les placages et de 1,3 millard Fr CFI pour les contre-plaqués et les panneaux lattés. 34. Une usine d'imprégnation du bois située à Douala-Lossa traite principalement les traverses en bois destinées à la construction du chemin de fer transcanerounais et des poteaux pour les lignes électriques. La fabrication annuelle de 400.000 caisses est effectuée à Douala de même que les parquets dont l'usine a une capacité annuelle de 100.000 m3 de bois. La menuiserie la plus importante a un chiffre d'affairesd 'environ 125 millions Fr CFA et la valeur annuelle de l'industrie du mobilier en bois est de l'ordre de 400 millions de Fr CFA. A 'heure actuelle, le Cameroun ne possède pas d'usine de panneaux de particules ou de fibres de bois ni de fabrique de pâte à papier. 35. La Division des forêts et des industries forestières de la FAO publiait dernièrement les résultats d'une enquête sur les capacités mondiales de production de contre-plaqué, de panneaux de particules et de panneaux de fibres pour la përiode 1966-196.. Le nombre d'usines et les capacités de production de cinq pays forestiers de l'Afrique oc- cidentale apparaissent au Tableau 14. Ce tableau laisse voir que le Ca- meroun fait piztre figure au point de vue de la capacité de production de panneaux dérivés du bois. Production de grumes et de sciages 36. Au cours de l'année fiscale l969-7u, la production de grumes au Cameroun atteindra probablement le volume de 750.000 m3. De cette quan- tité, environ 400.000 m3 seront laissés à l'Izat brut pour le marché extérieur, 200.000 seront transformés en sciages nour donner 100.000c3 dont 80.000m3 environ seront consommés par le marcné intérieur, 100.000 m3 déroulés pour faire du placage et du contre-plaqué destinés surtout au marché extérieur et le dernier 50.000 m3 servira à fabriquer des produits divers comme des équarries et des traverses de chemin de fer. Le Tableau 15 montre la production annuelle de grumes du Cameroun oriental et du Cameroun occidental pour la période de 1963 à 1970. D'autre part, le Tableau 16 montre l'évolution de la production camierounaise er regard de la produc- tion des autres pays forestiers de l'Afrique occidentale. Au cours de la décennie 1954-56/1964-66, la production de grumes au Cameroun a augmenté à un taux annuel de 3,0 pour cent. Ce taux de croissance est supérieur à celui de trois pays mais il est inférieur celui de trois autres. Tou- tefois, pour le Cameroun, la progression fut supérieure au cours de la deuxième moitié de la période. Si les données préliminaires pour les années 1967/68 et 1968/69 sont valables, le taux de croissance des der- nières années pourrait se situer entre 1, et 15 pour cent. Volumes et valeurs des exportations de bois 37. Les exportations des bois ouvrés au Careroun augmentent à un taux plus faible que les bois bruts. Comme le fait voir le Tableau 17, la valeur des exportations de grumes représente plus de 75 pour cent de - 16 - la valeur de tous les bois ouvrés. Au Cameroun oriental, par exemple, le Tableau 18 indique que le volume de l'ensemble des bois ouvrés a augmenté à un taux inférieur à 2 pour cent au cours de la période 1959-61 à 1964-66. Toutefois, l'augmentation des exportations de déroulés a été de 11 pour cent et celle des sciages de 6 pour cent. 38. Les Tablaaux 19, 20 et 21 furent préparés afin de .ontrer l'é- volution des exportations de produits forestiers du Cameroun par rapport à celles des autres pays de l'Afrique occidentale. ilous pouvons voir (Tableau 19) que le Cameroun exporte des quantités de grumes inférieures à la plupart des autres pays mais le taux annuel de croissance de 10 pour cent de ses exportations pour la période 1959-61/1964-66 est dépassé seule-ment par le Congo (B) et la Côte-d'Ivoire. La différence importante entre le taux annuel de production des grumes feuillues du Tableau 16 et le taux annuel des exportations du Tableau l9 est probablement due aux sources différentes des données. Les chiffres de la FAO qui ont servi à la préparation du Tableau 16 apparaîssent inférieurs aux volumes réels. Les exportations de sciages (Tableau 20) n'ont pas augmenté au cours de la dernière decennie et elles sont inférieures à tous les autres pays à l'exclusion du Congo (B). Enfin, en ce qui concerne la répartition des exportations de produits forestiers (Tableau 21), les pays franco- phones ont tendance à exporter une plus grande partie de leur bois à l'état brut, du moins pour les années 1964-66. Pussi, le tableau inýdique que le Cameroun exporte l'équivalent de 62 pour cent de sa production annuelle de grumes. De ce côté, toutefois, il ne semble pas y avoir de similitude entre lesanciennes colonies françaises et anglaises. 39. Le Tableau 22 montre la répartition des exportations de grumes du Cameroun Dour l'année 1966-67, selon les principales essences et les pays de destination. Il faut remarquer que six essences forment à elles seules plus de 75 pour cent des exportations de grumes. D'autre part, environ 90 pour cent des exportations sont dirigées vers six pays du continent européen. Comme il faut s'y attendre, les Pays-Bas importent surtout l'azobé pour les ouvrages maritimes tandis que la France, la Belgique et l'Italie importent surtout des bois rouges pour usage en ébé- nisterie et wenuiserie. 40. Entre 1964-65 et 1963-69, le volume et la valeur des exporta- tions de l'ensemble des produits forestiers ont augmenté aux taux annuels respectifs de 12,5 pour cent et 14,4 pour cent. La valeur moyenne des exportations de produits forestiers par rapport à la valeur totale des exportations du Cameroun est passée de 7,3 pour cent en l964-65 à 8,3 pour cent en 1968-69. La camerounisation des entreprises forestiéres 41. Depuis l'indépendance, les Camerounais manifestent de plus en plus le désir de diriger des entreprises forestières. ?lusieurs tentatives furent essayées déjà mais elles se sont avérées des faillites. Cette - 17 - ambition des Camerounais de participer plus directement à l'exploitation de leurs richesses naturelles est bien légitime mais une réussite dans cette voie ne peut se faire d'un seul coup. La réussite de bien des entreprises, qui exploitent à l'heure actuelle les forêts de feuillus tropicaux en vue de l'exportation en grumes, est étroitement liée à leur association avec des industries de transformation du bois dans les pays développés importateurs. Ces liens assurent très souvent la participa- tion directe de capitaux et des directions des entreprises. Les industries des pays moins développés peuvent de cette façon obtenir l'accès aux con- naissances, aux capitaux et aux marchés tandis que celles des pays déve- loppés peuvent être assurées de leurs approvisionnements. En l'absence de tout lien avec une organisation établie de commercialisation, les producteurs locaux peuvent difficilement pénétrer sur les marchés. 42. Dans la législation forestière du Cameroun oriental il est prévu de réserver des zones spéciales de forêt en vue de la formation de la profession forestière chez les nationaux camerounais (Article 22). Jusqu'à ce jour, des licences d'exploitation forestière furent attribuées à quelques Camerounais mais l'absence de capitaux oblige la plupart de ceux-ci à renoncer à l'idée d'effectuer leurs propres opérations fores- tières. Dans ce domaine, il arrive aux Camerounais de faire outre à la loi et de permettre à des expatriés d'exploiter leur licence moyennant une redevance. h3. Les expériences passées ont prouvé que les Camerounais peuvent faire un très bon travail dans les chantiers forestiers. Les exploitants camerounais pourraient très bien s'engager, par contrats, à fournir aux plus grandes entreprises des quantités déterminées de bois. De cette façon, ils pourraient, petit à petit, venir à assumer des responsabilités importantes aux seins des grandes entreprises. Selon leur choix, ils décideraient par la suite de lancer leurs propres affaires ou rester à la direction des filiales locales des entreprises internationales. A long terme, une approche dans ce sens pourrait probablement donner les meilleurs résultats pour la camerounisation des entreprises forestières. La structure des coûts h. Les prix de revient de la production de grumes et de sciages pour le commerce extérieur sont très variables car ils dépendent de la localisation du chantier, de la taille de l'unité de production, du de- gré de mécanisation, de l'efficacité des opérations et d'une foule d'autres facteurs. Toutefois, pour un chantier moyen, l'ordre de grandeur des coûts est assez bien connu. Par exemple, les coûts de la coupe et du débusquage varient entre 2000 et 3000 Fr CFA/mn3, le transport routier en forêt revient à 10 Fr CFA/m3/kr, le transfert au parc à bois du chemin de fer coûte de 300 à h00 Fr CFA/m3, le transport par voie ferrée envi- ron 3,6 Fr CFA/m3/km et les manutentions dans le port pour la mise en F.0.B. coûte de 1.000 à 1.500 Fr CFA/m3. - 18 - 45. Les superficies attribuées en licence d'exploitation fores- tière dans la partie est du Cameroun sont suffisamment grandes pour permettre des coupes de 100.000 m3 de grumes par année. Dans ces con- ditions, il est possible de mécaniser les opérations forestières et de répartir le coût des investissements sur plusieurs années. Le nombre d'employés et les investissements requis dans un chantier pour une pro- duction annuelle de 100.000 m3 de grumes et de 25.000 m3 de sciages apparaissent au Tableau 23. Le Tableau 24, par contre, montre les coûts annuels et les coûts par m3 de la production des grumes et des sciages. Dans cet exemple hypothétique, les prix de revient de l'ensemble des essences, le profit inclus, sont de 3.200 Fr CFA/m3 pour les grumes et de 11.000 Fr CFA/m3 pour les sciages. La différence entre les coûts de production et les prix de vente des bois nous permet d'établir les sommes que l'on peut allouer pour le transport vers les points d'exportation. Pour l'assamela (ou kokrodua), le sapelli et l'ayous les différences sont de 19.800, 8.700 et 6.340 Fr CFA/tonne respectivement pour les grumes et de 33.000, 12.430 et 7.700 Fr CFA/tonne pour les sciages de ces essences (voir Tableau 25). 46. Dans le cas d'un moyen de transport par camion, nous devons soustraire à ces montants le coût de la mise en F.O.B. pour obtenir les distances maximales de transport. Sur la base d'un coût de transport moyen de 12 Fr CFA/tonne/km il est possible de transporter les grumes par route sur une distance de 1.300 km pour le kokrodua, sur 600 km pour le sapelli et sur 530 km pour l'ayous. Ces calculs indiquent que le transport des bois rouges de la région du sud-est du Cameroun peut être réalisable sur de bonnes routes forestières. - 19 - IV LA GSTION FORSflE La politique foresti te 47. Les grandes lignes de la politique forestière au Cameroun furent définies lors de l'établissement du deuxième plan quinquennal. Cette politique s'applique donc à l'ensemble du pays puisqu'elle émane des autorités fédérales. Dans le cadre d'un aménagement aussi poussé que possible des forêts, la politique est: 1) de favoriser au maximum l'exploitation de la forêt afin de mettre en valeur cette richesse naturelle; 2) d'encourager l'installation dtindustries forestières afin de valoriser au maximum dans le pays les produits extraits de la forêt; 3) de compenser l'appauvrissement des forêts du fait de cette exploitation et de sa régénération naturelle lente et peu sûre pour les essences intéressantes par des travaux inten- sifs de sylviculture et notamment par la création d'importants peuplements artificiels dont la production devra s'ajouter à celle de la forêt naturelle; 4) de faire exécuter tous travaux de recherches devant amener une meilleure connaissance de la forêt, son exploitation la plus rationnelle possible, une meilleure utilisation de ses produits et une réussite maximum dans les travaux de sylvi- culture. Le plan mentionne également le besoin de former un personnel qualifié, de favoriser la formation d'exploi- tants forestiers camerounais et deéduquer les populations pour leur apprendre le respect de la nature. 48. Plusieurs experts forestiers qui ont étudié la politique forestière du Cameroun croient que la première priorité est de créer des réserves de forêts c'est-à-dire d'avoir des grandes superficies de forêts classées ou soumises qui devraient couvrir au moins 20 pour cent de la surface boisée du pays. La densité des forêts classées au Cameroun Oriental est l'une des plus faibles des pays africains. Elles couvrent seulement 140.000 ha de la surface forestière du pays ce qui donne un pourcentage inférieur à 1 pour cent. La responsabilité de cette situation revient aux autorités politiques et administratives de l'Etat. Appa- remment, elles se seraient toujours opposées aux propositions faites par les responsables de l'administration forestière en cette matière. Le dernier classement d'une superficie boisée remonte à plus de 21 ans. Au Cameroun Occidental la situation est différente car les forêts classées - 20 - couvrent 510.000 ha soit environ 20 pour cent de la surface boisée. Il semble bien que les politiques bien différentes des deux Etats au sujet des réserves forestières soient une conséquence de régimes coloniaux difficilement comparables. 49. Il ne semble pas exister au Cameroun à l'heure actuelle de forêts réglées selon un vrai plan d'aménagement forestier. Au Cameroun Oriental on a déjà réalisé quelques travaux d'enrichissement ou de re- boisement, mais il s'agissait toujours beaucoup plus d'essais que de réalisations faites en fonction d'un plan. Au Cameroun Occidental on rapporte que les forêts classées sont aménagées à 46.5 pour cent mais ceci nous semble invraisemblable. Ces aménagements comportent sûrement des aspects théoriques car la base de tout aménagement repose sur les inventaires forestiers qui permettent de déterminer la composition des essences, leurs classes de diamètres, leurs taux de croissance et leur régénération. Ceci permet de calculer la possibilité c'est-à-dire le volume annuel de coupe dans une forêt. Or, aucun travail d'inventaire n'a encore été réalisé au Cameroun Occidental et les renseignements fo- restiers requis pour l'aménagement ne sont pas complets non plus au Cameroun Oriental. De plus, le problème de la régénération n'est pas encore résolu bien que des solutions partielles aient pu déjà être ap- portées dans l'Etat occidental soit par des méthodes de régénération naturelle, soit par des plantations artificielles. 50. La diminution des quantités de bois enlevées au Cameroun Occidental n'est probablement pas attribuable à une politique forestière déficiente. Cette régression de la production provient probablement du fait que lorsque cet Etat faisait partie du Eigéria, les exploitants fo- restiers trouvaient les forêts de la partie de 18Cuest du pays plus attrayantes. Il y a eu depuis le départ d'une entreprise et les nouveaux exploitants trouvent probablement les forêts de l'Est du pays plus inté- ressantes à l'heure actuelle. 51. Nous avons vu plus tôt que le Cameroun Oriental s'était donné une législation amplement adéquate pour pouvoir mettre en oeuvre la poli- tique forestière préconisée par l'Etat fédéral. Les législations fores, tières des Etats fédérés peuvent donc se conformer à des directives fé- dérales et il n'est pas nécessaire d'établir un organisme à l'échelon fédéral pour diriger l'administration des forêts du Cameroun. Sans une intervention fédérale, les responsables de la gestion des forêts des deux Etats fédérés peuvent sirement s'entendre pour adopter une politique et une législation forestière commune. 52. Nous ne croyons pas non plus qu'il soit absolument nécessaire de classer des superficies boisées pour faire une utilisation rationnelle des forêts du Cameroun. Nous croyons que la stabilisation des récoltes agricoles va faire plus pour la sauvegarde de la forêt que l'établissement de lois pour empêcher les populations d'y mettre le pied. Par exemple, il - 21 - y a lieu de prévoir que les fordts avoisinantes des endroits habités et en bordure des routes seront éventuellement défrichées pour les cultures. Il faudrait alors permettre une exploitation plus intensive de ces surfaces et établir une méthode de régénération artificielle comme la taungya qui permet de réconcilier les intérets de l'agriculteur et du sylviculteur. Nous reviendrons sur ce sujet plus loin. La législation fiorestière 53. Au Cameroun il existe une législation forestière pour l'Etat oriental et une autre pour l'Etat occidental. Les dernières réformes de la législation forestière au Cameroun oriental sont récentes car elles sont venues en vigueur par la promulgation de la Loi no 66/1/C0R du 11 juillet 1968 suivie du décret no 68/179/C"- portant sur le régime forestier et d'un certain nombre d'arrêtés dont celui portant codifica- tion des cahiers des charges relatifs à l'exploitation forestière. Les textes de cette législation sont passablement élaborés car la loi con- tient 75 articles et le décret 96 articles. 'armi les principales dis- positions de la loi il faut retenir que les tranches de forêts ouvertes à l'exploitation sont réparties en lots dont la superficie ne peut être inférieure à 2.500 ha. Toute licence est accordée pour une période de cinq ans renouvelable. Des conditions particulières de renouvellement sont prévues par décret au profit des entreprises disposant d'une ou plusieurs installations industrielles annexes à l'exploitation principale. Malgré cette dernière précision de la loi, la période initiale de la li- cence devrait être plus longue afin de la rendre compatible au code des investissements dont les divers régimes attribuent des avantages fiscaux pour une période de 10 ans à de nouvelles entreprises. 54. Pour sa part, le décret no 68/179/C3n fixant le régime fores- tier précise la loi au sujet de l'exploitation des bois, de l'exploration d'une superficie de forêt, de l'aménagement et des ventea d'arbres sur pied. Plusieurs des articles de ce décret portent sur les procédures à suivre par les exploitants et un grand nombre des exigences administra- tives requises semblent superflues. Toutefois, un article de ce décret précise que les exploitants forestiers sont tenus de transformer, dans leurs usines ou dans celles installées sur le territoire du Cameroun, 25 pour cent au moins de leur production en grumes. Un autre dit que toutes les forêts sont assujetties à un aménagement forestier dont le projet doit préciser plusieurs travaux dont la détenrination de la révo- lution et de la période ainsi que le calcul de la possibilité. Ce dernier article montre l'aspect un peu théorique de ce décret car, comme nous l'expliquerons ailleurs dans ce rapport, il est impossible de faire ces travaux en raison du manque de connaissance sur l'âge, la croissance et le rendement des arbres de la forêt tropicale du Cameroun. - 22 - 55. Au Cameroun Occidental, la lé,islation en vigueur est la révision de 19h de la "Nigeria Forestry Ordinance" à laquelle on a régulièrement ajouté divers amendements. Ces modifications rendent la loi peu cohésive et, à l'instar du Cameroun Oriental, il y aurait lieu de préparer une nouvelle loi. Dans la législation du Cameroun Occidental, les forêts soumises n8affectent en rien les droits de propriété qui sont presque toujours entre les mains des collectivités locales. Les exploi- tants sont également tenus de verser à un fonds forestier des redevances calculées selon le volume de bois exploité, l'accessibilité de la forêt et d'autres facteurs. Les argents perçus servent à effectuer des travaux sylvicoles. L'administration des forêts 56. L'insuffisance de personnel qualifié est l'un des problèmes les plus sérieux de l'administration forestière au Cameroun. Le Tableau 26 fait voir les effectifs des administrations forestières des deux Etats fédérés. Au Cameroun Occidental, le personnel forestier en service comprend actuellement cinq ingénieurs de conception et sept ingénieurs des travaux. Il existe en plus treize techniciens dont la fonmation équivaut à celle de contrôleur et une cinquantaine de gardes forestiers. Ce personnel est réparti de façon assez uniforme sur l'ensemble du terri- toire. Au Cameroun Oriental il existe sept ingénieurs de conception, deux ingénieurs des travaux et quinze adjoints techniques. Il y a de plus une quarantaine de contrôleurs et environ soixante-quinze assistants ou gardes forestiers. Il est à remarquer que tous les ingénieurs sont situés à Yaoundé ou à proximité et que les bureaux régionaux des Eaux et Forêts sont tenus principalement par des adjoints techniques. Si nous nous basons sur la surface forestière des deux Etats ou sur les volumes de bois exploités, il est évident que le Cameroun Oriental est le plus pauvre au point de vue de personnel qualifié. L'administration serait sûrement plus effective si des ingénieurs étaient disponibles pour prendre charge des bureaux régionaux (conservations) de la Direction des Eaux et Forêts. Avec l'expansion probable de l'exploitation forestière dans la partie Est du Cameroun Oriental il sera nécessaire d'affecter un personnel qualifié plus abondant dans cette région. Les programmes d'enrichisse- ment de la forêt et de régénération artificielle vont demander un per- sonnel hautement qualifié pour travailler en forêt. 57. Le Tableau 27 montre la répartition des licences d'exploitation au Cameroun Oriental selon leur superficie. Il est à remarquer que le nombre et la superficie des licences accordées ont augmenté entre les années 1965 et 1967, ce qui représente sûrement une bonne indication. Cette situation n'est toutefois pas marquée entre 1967 et 1969 mais l'attribution de grandes licences d'exploitation dans la partie Sud-Est du pays à la fin de l'année 1969 devrait rétablir cette tendance. Il faut se souvenir aussi qu'un exploitant peut obtenir plus d'une licence à con- dition que la superficie totale ne dépasse pas 250.ooo hectares. Il ar- rive à certains exploitants de se soustraire à cette loi en créant une nouvelle société pour demander une licence sous une raison sociale différente. - 23 - 50. Un aspect important de l'administration des forêts concerne les charges imposées pour les licences et les exploitations forestières. Au Cameroun Oriental le régime des taxes fut modifié par l'arrêté 13/6F de la loi des Finances 68/69. Les droits perçus consistant en une taxe d'agrément destinée à promouvoir la recherche, une taxe territoriale, une taxe par mètre cube utile exploité, une taxe par mètre cube exporté et une taxe de vérification des bois à l'exportation. Les industriels forestiers doivent également verser au Fonds Forestier 20 pour cent des taxes payées pour les bois abattus et exportés de même que 3 à 5 francs par hectare attribué en licence. Suivant la zone d'exploitation, les charges imposées aux exploitants lors de l'attribution des licences va- rient de 100 à 140 F CFA par hectare. Ces dernières charges peuvent parfois être réduites de 12,5 pour cent lorsqu'on demande à l'exploitant de construire 1 km de route d'intérêt national par tranche de superficie de 5.000 ha qui lui a été attribuée. Cette imposition n'est pas à l'avan- tage de l'exploitant car il existe une disproportion importante entre le coût d'exécution de la route et la réduction de charges. Par exemple, pour chaque superficie de 5.000 ha concédés, l'exploitant doit normale- ment payer 5.000 x 100 F CFA = 500.000 F CFA lorsqu'il n'a pas de route à construire. S'il doit faire une route, on lui enlève 12 1/2 pour cent des charges soit 62.500 F CFA mais le coût moyen d'exécution de la route d'intérêt national est d'environ 1.250.000 F CFA le km. C'est donc une imposition qui n'agit pas en faveur de l'exploitant. Une description des charges forestières effectives en 1969 au Cameroun Oriental est donnée en annexe. Selon ce cahier de charge nous pouvons dire qu'un exploitant forestier gui possède une licence de 100.000 ha et qui exploite annuellement 50.000 m de grumes dont 75 pour cent va à l'exportation et qui n'est pas tenu d'effectuer des travaux dans l'intérêt national peut s'attendre à payer environ 220 F CFA par m3 et par année pour les taxes forestières directes au Cameroun Oriental. Nous discuterons au chapitre 7 des revenus du gouvernement payés par le secteur forestier. rroet PNUD/FS de développement des forêts eýt des ùidustries forestières 59. Ce projet a pour but d'aider les fonctionnaires du gouvernement à préparer un plan d'ensemble pour la mise en valeur des forêts du Cameroun en général en se basant sur l'expérience acquise par la préparation d'un plan détaillé de la forêt de Deng-Deng. Les autres objectifs du projet sont de mettre sur pied un organisme afin de promouvoir l'utilisation lo- cale des essences forestières moins connues et de pousser la formation du personnel camerounais en matière de foresterie et de l'utilisation des produits forestiers. 60. L'entente entre l'Etat fédéral du Cameroun, le Fonds Spécial du PNUD et la FAO fut signée en septembre 1967. Les coûts devant attein- dre 1,35 millions de dollars (E.-U.) doivent être partagés à peu près également entre le Fonds Spécial et le gouvernement du Cameroun. Tout le monde s'entend pour dire que ce projet est des plus importants, car de sa réussite peut dépendre l'avenir de l'aménagement rationnel des - 2h - ressources forestières du Cameroun. Le franc succès de ce projet peut toutefois être mis en doute. Plus de deux ans se sont déjà écoulés depuis sa mise en marche et les premières réalisations sont encore à venir. A ce jour, les seuls résultats identifiables sont les rapports rédigés par les nombreux experts-conseils du projet. Plusieurs des con- seils émis par les experts forestiers sont très valables et un effort devrait être tenté afin de mettre leurs recommandations en pratique. L'insuccès partiel du projet est dû au fait que les parties concernées ne se conforment pas aux conditions de l'entente. Par exemple, la réus- site du projet repose sur la formation des homologues camerounais qui doivent éventuellement prendre la relève des experts étrangers pour effectuer les travaux forestiers mais plusieurs de ces personnes ne sont pas encore assignées au projet. A ces causes, il faut ajouter l'incom- patibilité des personnes et les conflits d'intérêt entre les organismes forestiers. C'est ainsi que les données qui devaient être recueillies sur la régénération naturelle et l'accroissement des arbres ne le sont pas malgré que ces renseignements soient absolument nécessaires à la préparation d'un plan d'aménagement pour la forêt de Deng-Deng. Ce tra- vail est considéré coine de la recherche forestière et le C.T.F.T. a une autorité exclusive dans ce domaine. 61. Malgré toute son importance, le projet du Bureau du Bois n'a pas encore réellement démarré à ce jour. La localisation du Bureau n'a pas encore été décidée et les experts ne semblent pas unanimes sur ce point. Les endroits considérés sont Yaoundé, Mbalmayo, N'Kolbisson et Bélabo. A notre avis, il faut tenir compte des considérations financières et M1balmayo est l'endroit par excellence. L'école forestière de lbalmayo a besoin d'une scierie et le Bureau du Bois également. Il serait sûre- ment avantageux de joindre tous les efforts pour faire de 1balmayo un centre de formation pour les techniciens de la forêt, des industries forestières et de l'utilisation des bois. Il faut aussi des séchoirs et des machines-outils pour travailler les nombreuses essences de bois disponibles au Cameroun. De manière à exercer le plus d'influence pos- sible auprès du public, ces nouvelles créations du Bureau du Bois, qu'il s'agisse de maisons ou de meubles, pourraient être exposées dans les grands centres de Douala et de Yaoundé. - 25 - V. L'AMEMAGEMElIT DES FORETS Connaissances acquises de la forêt dense huriide 62. La forêt dense se compose de plusieurs strates distinctes de végétation dont un étage dominant d'arbres très élevês et de grand diamètre, des arbres plus petits formant un sous-étage qui se décompose à son tour en plusieurs étages distincts, d'un étage d'arbrisseaux au- dessous et d'une végétation d'herbacées entremêlée de semis au sol. Cette forêt ressemble à une mosaïque composée d'éléments très variables. 63. Nous connaissons malheureusement très peu de choses au sujet du comportement de ces massifs végétaux. La botanique est assez bien con- nues mais nous '19savons pratiquement rien des facteurs qui peuvent avoir une portée économique. Par exemple, les quantités et la valeur des bois de plusieurs forêts sont mal connues et le Cameroun ne fait pas exception à cette règle. Noins de 25 pour cent du territoire forestier fut inven- torié à ce jour et les inventaires effectués ne répondent pas aux besoins de l'aménagement forestier. C'est pourquoi l'inventaire de la forêt de Deng-Deng fut repris en 1970 afin de permettre la préparation d'un plan d'aménagem,ent pour cette région. 64. Il est important d'avoir des connaissances du taux d'accroisse- ment d'une forêt. Les taux d'accroissement des essences forestières va- rient dans des mesures extrêmes. Certains sujets, par exemple, peuvent gagner en moyenne 1,3 cm de diamètre par an, sinon plus, tandis que leurs voisins de la même espèce et de la même taille ne bougeront pratiquement pas. Ces grandes différences dépendent de plusieurs facteurs dont le développement de la cime des arbres et de la mesure dans laquelle les cimes peuvent s'étaler librement. Il existe habituellement un rapport entre le diamètre et le taux d'accroissement dans les différentes espèces. Le taux d'accroissement de certaines essences importantes comme l'acajou, le sapelli et le limba atteint son maximum dans les tailles intermédiaires, à savoir de 25 à 63 cm d.h.p., la courbe de croissance s'élevant dans les classes de plus petite taille et descendant dans celles de plus grande taille. Cette irrégularité implique que les catégories de taille sont l'indicateur le moins sûr des catégories d'âge. En deuxième lieu, les arbres traversent plus vite la phase de leur taille moyenne que celles de leur petite taille et de leur grande taille. A.nsi, dans les relevés d'inventaires, on peut avoir l'impression d'un déficit de tiges de taille moyenne mais dans bien des cas il peut s'agir d'un déficit plus apparent que réel. 65. Selon certains experts forestiers, les forêts denses naturelles de l'Afrique ne peuvent pas produire plus de 1,5 m ,3/ha par année de bois utilisable sans traitement sylvicole, et il faut 10 ans à la plupart des essences de la forêt naturelle pour croître de 10 cm de diamètre c'est-à- dire une moyenne de 1 cm/an. Il n'existe pas de données plus précises - 26 - pour les essences forestières du Cameroun car aucune étude d'accroisse- ment n'a encore été faite en forêt naturelle. Il est impossible de comparer le diamètre à l'âge de l'arbre dans une seule opération car on n'a pas encore établi de méthodes pour déterminer l'âge de la plupart des essences tropicales à l'exception peut-être de l'okoumé et du fraké qui semblent produire respectivement deux et un cernes par an. L'accroisse- ment des forêts artificielles est plus rapide car, après 20 ans, l'arbre moyen des plantations d'okoumé de Kribi mesure de 60 à 70 cm de diamètre à hauteur de poitrine. L'exploitation de la forêt naturelle 66. Les sociétés forestières les plus progressives utilisent des techniques modernes pour l'exploitation des bois. Le matériel et les méthodes d'exploitation utilisés ailleurs dans le monde sont à leur dis- position et ils trouvent avantageux de mécaniser et de moderniser toutes les phases de leurs opérations en forêt. Sur un chantier typique, on retrouve donc des tracteurs à chenilles, des débardeurs sur pneus, des chargeurs à fourche, des camions avec remorques et du matériel plus léger comme les scies mécaniques. Un chantier moderne requiert des investisse- ments importants qui nécessitent des volumes de coupe toujours plus grands pour assurer leur rentabilité. L'organisation du travail devient fort complexe ce qui fait que les petits exploitants ont des difficultés à concurrencer avec les entreprises possédant des ressources financières et humaines plus grandes. 67. Les principaux problèmes de l'exploitation de la forêt dense proviennent du fait qu'une faible quantité d'essences seulement est acceptée par le marché des bois tropicaux. Halgré que la forêt contienne des centaines d'espèces d'arbres, seulement une trentaine d'entre eux sont vendus sur le marché international. Au Cameroun, aussi peu que neuf essences représentent plus de 92 pour cent du volume total des bois ex- portés. La promotion des essences moins connues en particulier sur le marché local permettrait de réduire les coûts d'exploitation. La sylviculture tropicale 68. La sylviculture tropicale dans la forêt dense africaine est peu avancée et on est encore loin de posséder les connaissances requises pour en comprendre toute la complexité. La sylviculture consiste surtout à régénérer une forêt avec des essences de valeur commerciale. Plusieurs facteurs peuvent expliquer le faible progrès des méthodes sylvicoles en Afrique. D'abord, les premiers forestiers venus des pays tempérés ont brutalement appliqué les techniques de ces pays. Ces expériences furent des échecs complets car les conditions naturelles de la forêt tropicale sont fondamentalement différentes. Aussi, les forestiers n'ont jamais eu à leur disposition des moyens suffisants par rapport à l'importance - 27 - des problèmes. Le travail consiste à remplacer une forêt naturelle par une autre à meilleur rendement mais sans troubler le milieu biologique. Puisque l'exploitation enlève seulement 5 pour cent environ du volume de bois sur pied on est dans l'obligation d'abattre un grand nombre d'arbres laissés par l'exploitation afin de favoriser la croissance des jeunes plants des essences de valeur. Pour arriver à cette fin, les forestiers ont utilisé des méthodes sylvicoles bien différentes, soit celles utilisant la régénération naturelle et celles utilisant la régénération artificielle. Dans le cas de la régénération naturelle il s'agit essentiellement de don- ner progressivement de la lumière au sol en vue de déclencher la germination des graines tombées sur le sol et de stimuler la croissance des jeunes plants cachés sous le couvert. Il faut donc abattre graduellement toutes les essences indésirables du couvert de manière à mettre progressivement à la lumière les plants de tous &ges des espèces que l'on veut favoriser. Les méthodes du Tropical Shelerwood System (T.S.S.) appartiennent à cette première catégorie de travaux. Dans le cas de la régénération artificielle il s'agit de transplanter dans les forêt épuisées par l'exploitation des plants d'essences utiles préalablement produits en pépinière. L'opération conduit donc à la création d'une forêt nouvelle, entièrement fabriquée de main d'homme. Comme dans le premier cas, il faut aussi détruire la forêt préexistante pour donner aux plants la lumière indispensable à leur crois- sance. C'est précisément les techniques de destruction du couvert oui différencient entre elles les diverses méthodes de régénération artificielle. Les principales méthodes utilisées sont les suivantes: (a) La méthode Taungya qui consiste à confier à des agriculteurs le soin d'abord de détruire la forêt puis de prendre soin des petits arbres plantés par rangées dans leur culture. Cette méthode concilie ainsi les intérêts des agriculteurs et des sylviculteurs. (b) La méthode Okoumé-Limba qui consiste à détruire au moins 75 pour cent du couvert dans les six mois qui suivent la plantation et le reste dans le cours de l'année. (c) La méthode des layons qui consiste à introduire les plants d'es- sences de valeur dans de simples layons ouverts dans la forêt naturelle et à donner de la lumière à ces plants en détruisant progressivement le couvert entre les layons. La méthode modi- fiée diffère essentiellement de la méthode classique par le fait que la hauteur de l'étage dominant du couvert entre les layons ne dépasse pas 15 mètres. (d) La méthode du recrû est une amélioration de la méthode de l'okou- mé. Au lieu d'utiliser des tracteurs, on emploie des techniques d'empoisonnement pour la destruction totale de la forêt pré- existante. • 28 - 69. Le Tableau 28 résume les différentes caractéristicqes des méthodes définies plus haut. Pour chaque méthode on donne la succession des tra- vaux dans le temps et leur coût en hommes-jour par hectare, heures d'engin et litres de produit d'empoisonnement. Le coût ne comprend pas la main- d'oeuvre à affecter aux services généraux mais on peut l'estimer à 10-15 hommes-jour/hectare. La comparaison permet de voir que le coût des travaux est moindre pour les méthodes T.S.S., taungya et de layons mais leur durée est supérieure. 70. Sur la base d'un cubage-grume de 3 à 6 m3 par arbre suivant les espèces, le volume par hectare du T.S.S. et des layons se situe entre 75 et 200 m3/ha, alors que pour les autres méthodes il varie de 200 à 400 m3 par hectare. Aussi, les méthodes T.S.S. et des layons ont une rapidité de croissance plus faible. Le meilleur moyen de comparer les méthodes en- tre elles consisterait à déterminer le rendement en m3/ha/an mais les connaissances manquent à ce sujet. 71. La valeur réelle des diverses méthodes est très discutée. Les opinions sont partagées en deux camps à savoir les forestiers anglophones d'un côté et les forestiers francophones de l'autre. Malgré que les techni- ques s'appliquent à la même forêt, les expatriés français ou anglais ont une préférence pour les méthodes dont ils sont les initiateurs. C'est pourquoi les méthodes Tropical Shelterwood System et Taungya sont utili- sées au Ghana et au Niéria mais elles sont peu connues ou appliquées au Cameroun. Par contre, la méthode des layons inventée par les forestiers français n'est pasappliquée en Afrique anglophone. Il faudra attendre de mieux connaître les quantités optimales de lumière demandées par les principales espèces avant de pouvoir déterminer de manière plus précise les différentes méthodes à utiliser dans chaque cas. 72. Des travaux de régénération naturelle furent essayés il y a 20 ans au Cameroun Oriental. On a rapporté que les résultats avaient été satisfaisants mais il est impossible aujourd'hui de voir des traces de ces travaux. Les techniques de régénération naturelle ne furent jamais réellement encouragées car les français ont toujours douté de la possi- bilité de pouvoir utiliser ces méthodes sur une grande échelle. Les efforts très modestes ont surtout porté sur les techniques de régénéra- tion artificielle. Les principales plantations sont celles de Kribi (3.000 ha), Bonecoupa (700 ha), Solle (60O ha) et Makak (500 ha). De plus, quelque 10.000 ha de forêt furent enrichis par des plantations en layons. En général, les plantations d'ayous et d'okoumés ont donné des résultats très encourageants. Nous devons toutefois déplorer le manque d9entretien de ces plantations. Afin de connaître le potentiel réel des plantations il serait probablement plus utile d'apporter plus de soins aux plantations actuelles que d'effectuer de nouveaux reboisements. Les premières plan- tations remontent au début des années 30 mais il est difficile d'en éta- blir la rentabilité car les coûts des vieilles plantations ne sont pas connus. On s'efforce l'ieurc. actuelle de tenir compte Je tous les - 29 - coûts de sorte que dans quelques années il sera possible de calculer la ren- tabilité de certaines plantations. Nous avons de bonnes raisons de croire que la rentabilité du reboisement artificiel peut être réalisée pour quel- ques essences plantées dans des conditions particulières. C'est le cas de l'okoumé, de l'ayous et de quelques essences asiatiques à croissance plus rapide. Après 20 ans, les plantations d'okoumé de Kribi contiennent un volu- me moyen de 350 m3/ha de bois. Un choix de graines et un entretien des plan- tations mieux adapté aux exigences de cette essence permettraient d'obtenir un meilleur rendement. Aussi, les plants d'ayous ont atteint le diamètre d'exploitabilité après 35 ans, ce qui donne une croissance moyenne de 2 cm/an. Les coûts des travaux des diverses méthodes de plantations, ex- primés en jours d'hommes, sont donnés au Tableau 28. Les fonctionnaires des Eaux et Forêts évaluent maintenant à 100.000 FCFA/ha le prix de revient des plantations créées après la destruction du couvert forestier. Toute- fois, les connaissances sylvicoles acquises jusqu'à ce jour ne sont nas suffisantes pour permettre le lancement de programmes de reboisement à grande échelle. Des recherches sont nécessaires afin d'établir les exi- gences des différentes essences en fonction du climat, du sol et de la to- pographie. Les besoins de l'aménagement forestier 73. La forêt dense humide n'est pas aménagée avec succès et profit actuellement au Cameroun et il est peu probable qu'elle le soit dans un avenir prochain. Comme dans le cas de la sylviculture, les raisons de cet état de choses sont attribuables d'une part à un manque de connaissances du milieu végétal et d'autre part à l'absence de ressources financières et d'un personnel forestier adéquat. 74. Nous avons vu qu'au Cameroun Oriental les techniques de régénéra- tion naturelle ont été délaissées au profit des plantations. Cette dé- cision est irrecevable car elle néglige les impératifs de l'aménagement. En effet, l'objectif de l'aménagement est de maintenir ou d'augmenter le potentiel forestier diminué par l'exploitation ce qui évidemment peut très bien se faire avec les plantations. Toutefois, il est important de maintenir boisé et de gérer un domaine forestier naturel d'une très gran- de superficie. Dans ce cas, il est beaucoup plus logique d'avoir recours à des méthodes de sylviculture naturelle car il n'est pas pensable de rem- placer par des plantations plusieurs millions d'hectares de forêt qui peu- vent donner un rendement satisfaisant moyennant des travaux en général deux fois moins coûteux. 75. Pour préparer un plan diaménagement forestier il faut diabord réali- ser un inventaire. Contrairement à ce qui a déjà été fait, cet inventaire doit être précis et détaillé, c'est-à-dire qu'il doit donner tous les diamè- tres de toutes les essences de plus de 20 cm à m du sol. Ces renseigne- ments permettent de grouper les diamètres en trois classes: 20 à 45 cm, 45 à 65 cm et plus de 65 cm. Cette classification permet à son tour de subdi- viser les forêts en trois catégories au point de vue de leur exploitation et de leur reconstitution. Après exploitation, certaines forêts seront • 30 - sans avenir car elles ne possèdent pas de tiges dlimportance commerciale d'un diamètre inférieur à 65 cm; celles de la deuxième catégorie seront exploitables à nouveau dans 25 ans car elles possèdent suffisamment de tiges dans la classe de 45-65 cm et enfin les forêts de la troisième ca- tégorie seront exploitables dans 50 ans car elles renferment suffisamment d'essences importantes dans la classe de 20-45 cm. 76. Les résultats d'inventaire permettront de plus de déterminer la nature des travaux à réaliser après l'exploitation. Dans les zones ou les sujets d'essences intéressantes de 20 cm et plus seront nombreux et bien répartis, il suffira de les suivre et, le cas échéant, de procéder à quelques dégagements des sujets d'élite. Dans les zones où par contre ces sujets sont en nombre insuffisant des opérations d'enrichissement devront être entreprises soit par la méthode "taungya" partout où cela sera socialement possible, soit par les méthodes des layons. A cet effet il sera nécessaire de créer à plusieurs endroits des périmètres expéri- mentaux afin d'adopter ces diverses méthodes au cas particulier des diffé- rents types de forêt. Il y aura lieu également de préciser en particulier les coûts en homme-jours et engin-heures de tous les travaux susceptibles d'y être entrepris, d'identifier les essences d'enrichissement les mieux adaptées ainsi que les formules les plus économiques de plantation. 77. Cet inventaire et les notions que l'on possède déjà en matière d'accroissement des forêts tropicales doivent permettre de préciser les grandes lignes de la mise en exploitation des forêts tout en ménageant leur avenir. Il est difficile au stade actuel de définir plus clairement les objectifs de la politique forestière. Toutefois, étant donné le volume du matériel mûr existant actuellement il est possible d1envisager des exploitations importantes susceptibles d'alimenter des industries locales de transformation des bois. - 31 - VI. LE TRANSPORT DU BOIS Les installations portuaires 78. L'exportation des bois du Cameroun ..e fait actuellement par cinq endroits: Douala/Bonaberi, Victoria/Tiko, Kribi, Campo et dans l'es- tuaire de la Lokoundjé. Le Tableau 2b A montre les quantités de bois ex- pédiées de ces points au cours des dernières années ainsi que la place pré- pondérante des produits forestiers par rapport au poids total de marchan- dises passant par ces points. Les installations de Campo cppartiennent à une société privée et il n'y a pas d'autres marchcndises expédiées de cet endroit. 79. En 1967, le port de Douala a servi à expédier 8h pour cent des exportations de produits forestiers du Cameroun. Ce tonnage re- présentait environ 46 pour cent des exportations et 18,h pour cent du traffic total de marchandises. Au cours de la période 1959-60 à 1966-67, les exportations de bois au port de Douala ont augmenté au taux annuel de 9 pour cent alors que le trafic total de marchandises a progressé au taux d'environ 7 pour cent pendant la même période. En 1968/69, les exportations de bois ont atteint 250.000 tonnes à Douala. Cet accroissement est dû presque entièrement aux exportations de gru- mes car les expéditions de bois débités ont très peu augmenté au cours des années. Les exportations de grumes au port de Kribi ont augmenté au taux de 14 pour cent par année au cours de la période 1959-60 à 1966-67. -an 1968-69, quelque 60.000 tonnes de grumes furent exportées de cet endroit. Depuis 1967, il ne se fait plus d'expor- tation de grumes du port de Victoria car les exportateurs trouvent maintenant plus avantageux d'expédier leur bois par le port de Douala. Les installations de Campo ont permis l'exportation de 20.000 tonnes de grumes en 1968 et les prévisions étaient de 50.000 tonnes pour 1969. 80. Malgré une augmentation rapide des exportations de bois au port de Douala, aucun des organismes concernés, soit la Direction du port, la Société de gestion pour l'exportation, connue sous la raison sociale de Sogex, et le groupe des exportateurs n'a pris des mesures pour empêcher la congestion des installations utilisées pour la manu- tention des grumes dans le port. L'encombrement est donc survenu en 1969 et 1970 et il a fallu à plus d'une reprise fermer l'entrée du parc à bois afin de réduire les quantités de bois en transit dans le port. Cette situation a eu des répercussions sur les opérations du chemin de fer et dans les chantiers forestiers. Les industriels sont rapidement devenus conscients du problème et la Sogex a fait des ef- forts pour trouver des solutions à ce malaise qui touche à un large secteur de l'économie du Cameroun. 81. Une analyse rapide de ce problème nous a permis d'en saisir la complexité et les causes fondamentales. Sans avoir la prétention de faire une critique approfondie de ces causes dans ce rapport, ff 2 • nous donneres tout de même quelques explications afin de faire comprendre la nature du problème. Au préalable, nous fournirons quelques éclaircissements en ce qui concerne les exigences du com- merce des bois et en grumes. 82. Les exploitants forestiers peuvent soit vendre leur pro- duction à un négociant-exportateur ou agir eux-mêmes comme producteurs-exportateurs. En général, les sociétés les plus impor- tantes s'occupent de leurs propres exportations alors que les entreprises plus petites préfèrent vendre à un négociant. Au Cameroun, le syndicant forestier groupe 16 producteurs-exportateurs et 7 exportateurs purs. Puisque les exploitants n'offrent pas toute la gamme des essences, pour remplir une commande, l'exportateur doit grouper dans un même lot les bois de plusieurs exploitants. Cette opération se fait normalement à proximité d'un port car c'est le point de rencontre des bois destinés à l'exportation. Il faut donc à chaque exportateur un emplacement spécifique où il peut grouper ensemble les grumes de même essence et de même qualité. Puisqu'il existe plusieurs essences, plusieurs qualités et plusieurs exporta- teurs, nous constatons que le triage des grumes est l'opération la plus importante du commerce du bois. C'est le rôle particulier de la Sogex d'effectuer cette opération de même que de décharger les ca- mions et les wagons-plates-formes du chemin de fer, et de livrer les grumes aux bâteaux. Pour effectuer un travail efficace, il faut des moyens mécaniques puissants car les grumes de feuillus sont de fortes dimensions et lourdes. Pour limiter la manutention des gru- mes au strict minimum, le déchargement des camions et des plates- formes doit se faire avec des engins mobiles capables de se déplacer sur une grande superficie afin de transporter les grumes dans le carré approprié du parc à bois. Lorsque les grumes sont groupées par lots, prêtes pour l'expécition, la manipulation inverse pour le char- gement peut être effectuée par des installations plus rigides comme des portiques car ils sont des plus efficaces pour transporter les grumes une fois la sélection faite. Pour des raisons techniques et économiques, les bois flottables devraient toujours être dirigés vers un par à bois flottant car, sur l'eau, un seul homme peut faire le même travail de triage qu'un engin coûteux opérant sur un terre- plein. 83. Le problème actuel du port provient du fait que les expor- tateurs peuvent expédier 40.000 m3 de grumes par mois mais Sogex peut sortir 30.0j0 m3 au maximum par mois. A cause des difficultés du chemin de fer, toutefois, les exportateurs transportent au port 30.000 m3 par mois mais Sogex, à cause d'un manque de bâteaux et d'autres raisons, n'a pas pu dernièremant faire sortir plus de 20.000 m3 par mois. Environ 10.000 m3 grumes se sont donc accumu- lées chaque mois dans le parc à bois jusqu'au moment où ces stockages ont nécessité la fermeture du parc. Quatre causes princi- pales peuvent expliquer le problème actuel: 1) une infrastructure inadéquate qui ne répond pas aux exigences du commerce du bois en grumes; - 33 - 2) le statut de la Sogex qui n'établi -,as des responsabilités suffisamment distinctes entre la société et la Direction du Port; 3) l'absence d'un intérêt commun qui devrait exister entre la Direction du Port, la Sogex et les exportateurs de bois; 4) une gestion défectueuse que l'on peut imputer à la Direction du Port, à la Sogex et aux exportateurs. -Au sujet de l'infrastructure, une visite au port de Douala nous permet de constater que les installations et le matériel utilisé pour la manutention des bois ne répondent pas aux besoins. Cinq porti- ques sont utilisée pour le déchargement des plates-formes et pour le triage des billes. Une petite quantité seulement des bois flottables sont mis à l'eau et il n'existe pas de rampe pour la mise à l'eau des grumes par tracteurs. Plusieurs exportateurs n'ont pas d'endroits spécifiques réservés pour eux dans le parc à bois. Un exemple de l'ignorance des besoins de manutention pour le commerce du bois est l'installation récente d'un portique de 20 ton- nes évalué à environ 120.000.000 FCFA. Ce portique aurait dû être placé en bordure de l'eau afin de l'utiliser pour le chargement des plates. Depuis son installation, il y a environ un an, il n'a pas encore manipulé une seule grume. En bref, les installations à bois du port de Douala sont désuètes et agencées contrairement à la mar- che normale des opérations d'un parc à bois. 84. . La convention signée entre la Sogex et la Direction du Port stipule que la société de manutention doit payer un loyer pour l'usage des installations et du matériel, et elle doit voir à l'en- tretien de l'équipement. Cet arrangement ne donne pas satisfaction car les engins fournis par la Direction du Port ne sont pas toujours les mieux adaptés aux conditions locales. Par exemple, si les en- gins ne sont pas suffisamment puissants pour la tâche à accomplir, ils doivent toujours opérer à leur maximum de capacité ce qui les met rapidement hors de service. La Direction du Port accuse donc la Sogex pour le mauvais entretien du matériel alors qu'elle devrait en porter la responsabilité pour avoir fait l'acquisition de machines sans consulter au préalable l'utilisateur. On rapporte également que le nouveau portique de 20 tonnes fut acquis sans aucune consul- tation. Il est bien évident que le manque de collaboration entre les organismes responsables est déplorable et le remède peut con- sister à réduire les décisions interdépendantes concernant les opérations. Selon la convention, il est loisible à la Sogex de se procurer son propre matériel mais elle veut des garanties de renta- bilité des investissements. La Sogex a donc proposé la crdation d'une société privée constituée par les usagers du parc à bois qui mettrait en oeuvre tous les moyens nécessaires pour assurer et développer le trafic des bois en grumes. En retour elle demande à l'Administration du Port cb lui concéder, moyennant un cahier des charges qui garantit le caractère public du parc à bois, l'infrastruc- ture requise à cet effet. De son coté la Direction du Port se - 34 - propose de suggérer la création d'une société publique dans laquelle elle serait prioritaire et, à qui elle louerait le matériel de manu- tention. 85. Il est facile de détecter plusieurs exemples de gestion défectueuse qui nuit beaucoup à l'efficacité de la manutention des bois dans le port de Douala. Par exemple, même si le chargement d'un bateau doit consister surtout de grumes, la Direction du Port peut diriger le navire vers le quai le plus éloigné du parc à bois. La distance aller-retour est de 3 km mais lorsqu'un pétrolier est au port cette distance devient 6 km à cause d'un détour obligatoire. Les exportateurs de leur côté utilisent le parc à bois comme lieu de stockage et non comme un parc de transit. Les quantités de bois dans le parc sont donc beaucoup trop grandes ce qui nuit beaucoup aux opérations. Fonctionnement et réorganisation de Sogex 86. Depuis le premier encombrement du parc à bois survenu en 1969, la Sogex semble avoir fait un effort pour résoudre le problème. L'une des premières mesures adoptées fut de modifier la réglementa- tion du parc. En principe, le parc à bois de Douala est devenu uniquement un parc de transit des bois en grumes pour leur chargement. Les règlements d'exploitation sont les suivants: 1) les opérations de mise sous palan sont dans tous les cas prioritaires; 2) l'entrée des grumes sur parc vient en seconde priorité; 3) le stationnement de chaque grume est gratuit pendant un mois. Il subit une pénalité de 5 FnFA par jour au cours du deuxième mois. La grume doit ensuite quitter le parc aucfrais de son propriétaire. Toutes opérations de dé- saubiérage, écor2age, conditionnement, sont interdites sur le parc. De plus, seules les billes déclassées après leur adnission sont acceptées pour être destinées aux scieries locales. 87. ~ Selon les études de fonctionnement effectuées par Sogex, lesdits ponts-roulants actuellement en service ont une capacité annuelle maximum voisine de 300.000 tonnes de transit, sous réserve toutefois que la période de stationnement moyen des grumes ne dé- passe par 15 jours, que toutes les autres opérations antérieurement effectuées sur les quais soient supprimées, que les arrivages de bois au parc soient semi-planifiés et que les moyens d'évacuation soient améliorés. Ces moyens comprennent la nécessité de doubler les chariots des ponts-roulants et d'acquérir des remorques tirées par des tracteurs légers pour la mise sous palan. - 35 - 88. L'adjonction du nouveau portique de 20 tonnes doit permettre un supplément de tonnage annuel d'environ 100.000 tonnes ce qui fait 400.000 tonnes annuellement. La capacité de transit pourrait d'ailleurs augmenter éventuellement à 600.0)0 tonnes et plus en créant un point de mise à l'eau et un parc flottant de grande dimension. Les bois flottables pourraient alors être mis directement à l'eau au moment de leur arrivée par un ou plusieurs engins "logstacker". 89. Vers la fin de 1969, la Sogex a fait parvenir à tous les organismes préoccupés par le problème de l'évacuation un premier schéma en vue de la réorganisation de cette société. Ce plan offre des moyens pour améliorer le parc à bois et il précise l'ordre de grandeur (hu0.000.000 FCFA) des investissements à effectuer à Douala pour atteindre des exportations de 500.UJ00 à 600.000 tonnes de bois annuellement. Dernièrement, la Direction du Port a permis le char- gement de plates et la mise à l'eau d'une petite quantité des bois flottables pour alimenter les navires par la voie fluviale. Aussi, des remorques furent acquises et un "logstacker" Letourneau de 35 tonnes fut mis à la disposition de la Sogex par la Direction du Port. Ce gros engin ne peut fonctionner effectivement sur un terre-plein non rigide. Il aurait fallu obtenir des engins tout terrain ou investir d'abord dans la construction d 'une infrastructure rigide pour le parc à bois. Dans les conditions actuelles, cette machine, selon les experts, occasionnera beaucoup d'ennuis car les satellites de roues et les arbres primaires ne pourront résiEer aux torsions dont la machine sera sujette en opérant sur un sol non ferme. 90. Dans les années à venir il semble bien que le port de Douala ne pourra pas servir à l'exportation de plus de 1 million de tonnes de bois par année. Si les exportations doivent dépasser ce volume il sera nécessaire d'aménager d'autres installations por- tuaires. Des investissements peuvent sûrement améliorer les ports actuels de Kribi ou Victoria mais ces emplacements ne seront proba- blement pas les plus appropriés dans le futur. Il faut tenir compte de la localisation des réserves de bois et des tendances du transport maritime des grumes. Afin de réduire les coûts, les armateurs disposent de plus en plus de navires con:us ou trans5rmés spécialement pour le transport de grumes. D'autre part, les grandes réserves de bois au Cameroun sont dans la partie Est et Sud du pays. Il semblerait que l'embouchure de la rivière Lokoundjé pourrait s'avérer avantageuse à ces deux points de vue. Aussi, à partir de la station de Japoma, les grumes pourraient être trans- portés par plates ou barges sur la rivière Dibamba pour être chargées à bord des navires dans la baie de Hanoka. Nous reparlerons de ce projet plus loin lorsque nous traiterons des voies fluviales. La voie ferrée 91. Le transport du bois représente un élément important du trafic des chemins de fer au Cameroun. Pendant l'exercice 1967-68, sur un trafic total de 995 mille tonnes représentant 203,2 millions - 36 - de tonnes/km, les bois comptaient respectivement pour 26,h5 pour cent du tonnage et 22,92 pour cent des tonnes kilométriques. Sur la ligne centrale, au Cameroun oriental, les plates-formes transportent habituellement le bois dans la seule direction Bélako-Douala. Par conséquent, les bois représentent environ 60 pour cent du trafic de marchandises transportées dans une direction sur cette ligne. 92. Au cours de 1967-68, les produits brestiers pouvaient être chargés à dix-huit gares mais seulement huit d'entre elles ont servi à l'expédition de plus de 13.000 tonnes de bois au cours de l'année. Cinq gares ont reiu environ 70 pour cent du trafic de bois transporté par voie ferrée. Il s'agit, par ordre d'importance, de i4balmayo, Ediki, Badjob, Kopongo et Yaoundé. Les tarifs du chemin de fer pour le transport des bois sont basés sur la valeur du produit. Par exemple, les tarifs sur les courtes distances sont plus élevés pour les sciages que pour les grumes et parmi ces dernières, des tarifs plus avantageux s'appliquent aux grumes de moins bonne qualité. Le Tableau 29 montre les tarifs de la Régifercam applicables au transport des bois. 93. Il existe deux types de wagons-plates-formes pour le trans- port du bois: les 30 et h tonnes. Les plates-formes de 40 tonnes sont un peu plus larges et elles servent au transport des essences de plus faible densité. Le nombre et la capacité de transport des plates-formes à bois apparaissent au Tableau 3D. La Régiferca-M croit qu'en 1969 elle aurait pu avec un parc de 299 plates-formes transporter théoriquement 350.û00O tonnes de bois représentant 6,5 millions de tonnes/km., ce qui donne en moyenne une rotation com- plète du matériel à tous les huit jours. Or, elle a transporté en pratique 268.OOJ tonnes de bois ce qui constitue, à son dire, la ca- pacité maximum d'évacuation en raison des immobilisations importantes constatées lors du déchargement des plates-formes (par la Sogex). 94. Un exemple peut montrer que la capacité de transport du bois du chemin de fer peut être grandement accrue. Le temps actuel d'un voyage aller-retour d'un wagon-plate-forme entre Yaoundé et Douala est d'environ 8 jours. Un train ordinaire peut transporter 375 tonnes de bois. Si un matériel mobile est utilisé, un tel train peut être chargé ou déchargé dans une période de travail de 10 heures. Ce train peut voyager à une vitesse moyenne de 25 km. à l'heure. Donc, il lui faut environ 12 heures pour parcourir le trajet entre Yaoundé et Douala. Nous pourrons conclure que le train peut faire un voyage aller-retour dans 3 jours ou h jours au maximum car il faut prévoir des délais et des retards inévitables. Pour le train de Bélabo, il faudrait ajouter une journée de plus au voyage aller- retour. Il parait donc raisonnable de prendre 4 1/2 jours pour le temps de voyage aller-retour des trains desservant l'ensemble des gares où se trouvent des parcs à bois. - 37 - 95. Sur la base d'une rotation de matériel de 4 1/2 jours un train peut faire 75 voyages par année. Donc,lorsque la Régifercam augmentera son parc de wagons à 400 en 1970 il lui sera théorique- ment possible de transporter quelque 525.00 tonnes de bois par année ce qui peut représenter un volume de 700.000 m3. A la condi- tion de résoudre le problème de déchargement à Douala, cette capacité de transport du chemin de fer est suffisante pour faire démarrer de nouveaux chantiers d'exploitation forestière dans la région de Bélabo. Projet de voie ferrée Yaoundé-Yokadouma 96. La construction d'un chemin de fer entre Yaoundé et Yokadouama permettrait l'ouverture à l'exploitation forestière d'une très grande région. Le rapport BCEDM-NEDECO montre la rentabilité de ce projet en se basant sur des estimations conservatrices des ressources forestières de la région. Toutefois, la construction de ce tronýon enlèverait éventuellement beaucoup de trafic au chemin de fer transcamerounais, ce qui affecterait beaucoup la rentabilité de cette voie. Aussi, tout retard à la réalisation de ce projet peut en changer considérablement les calculs de rentabilité car les bois situés sur le côté nord du futur tracé peuvent être exploités entre-temps avec l'aide du chemin de fer déjà en place. Il y a donc lieu de chercher d'autres solutions qui apporteraient autant d'avantages économiques au pays mais qui demanderaient des déboursés moins considérables. A cet effet, rrus proposons plus loin d'étu- dier la construction d'un axe industriel Bélabo-Yokadouma. La réalisation de ce projet permettrait une utilisation rationnelle des richesses forestières de l'Est du pays et il offrirait encore à la République Centrafricaine la possibilité d'une voie d'évacuation à travers le Cameroun. Le réseau routier 97. Le réseau routier du Cameroun est très inadéquat et il constitue une entrave à l'expansion de la production forestière. La plupart des routes sont tortueuses, étroites et leur entretien laisse beaucoup à désirer. Pendant la saison des pluies, plusieurs chemins deviennent impraticables. Dans toutes les régions fores- tières importantes du pays il devrait exister des routes qui répondent aux besoins de cette industrie. 98. Les spécifications pour le trafic lourd sur les routes du Cameroun ressemblent beaucoup à celles de la plupart des pays d'Europe car elles sont les suivantes: Hauteur maximum de la charge 4.0 m Largeur maximum de la charge 2.5 m Longueurs: véhicules simples U.0 m camion et semi-remorque 15.0 m - 38 - Camion avec remorque 18.0 m Poids maximum par essieu 13.0 t Poids maximum par essieu, pour une distance de tandem de 0.9 m 1h.7 t Augmentation de 700 kgs pour chaque 5 cm additionnel jusqu'à un maximum de 1.35 m 21.0 t Poids maximum-véhicule à 2 essieus 26.0 t " 3 essieus Le poids par camion ou remorque ne doit pas dépasser 5 tonnes par mètre de la distance entre les trois essieus. Au Cameroun Oriental il existe certaines exceptions à ces règles. Par exemple, sur les deux ponts de Edea, entre Douala et Yaoundé, la charge maximum est réduite à h tonnes. Cette route ne peut donc pas servir au transport des produits forestiers. Toutefois, les produits forestiers franchissent ces mêmes ponts par chemin de fer. La Direction du chemin de fer, propriétaire des ponts, n'est sûre- ment pas pressée à renforcer la structure des ponts car la concurrence avec les transports routiers serait beaucoup plus vive. 99. Il est bien évident que les routes du Cameroun ne répondent pas aux besoins des forestiers. Aujourd'hui, le chemin de fer peut difficilement répondre à la demande de trafic et il est grand temps de laisser tomber les barrières protectionnistes car les coûts du transport routier au Cameroun sont très élevés à cause de l'état de routes. Le coût moyen de transport peut varier de 12 FCFA la tonne kilométrique pour des distances aipérieures à 15 km. jusqu'à 18 FCFA la tonne kilométrique pour des distances inférieures à 80 km. Sur la Côte d'Ivoire et même au Gabon,les coûts de transports varient de 10 FCFA la tonne kilométrique pour des distances supé- rieures à 500 km., à 1h FFA pour des parcours inférieurs à 100 kn. 100. Il existe des raisons économiques valables pour modifier les règles du code routier au Cameroun, au moins pour les routes susceptibles de servir principalement au transport des bois. Pour obtenir un transport rentable, un véhicule utilisé pour le transport des grumes doit avoir une charge utile optimum de 30 tonnes. Puisque plusieurs essences abondantes au Cameroun sont de densité faible (Ayous, Fromager) le véhicule doit être en mesure de transporter 50 m3 de bois par charge ce qui demande une largeur de gabarit de 3.5 m. Il faut donc que les routes à trafic forestier soient cons- truites en fonction de ces exigences. Pour les mêmes raisons, les ouvrages d'art sur ces routes doivent supporter des charges de 60 tonnes. 101. Les coûts du transport routier demeureront toujours plus élevés que les coûts de transport par voie ferrée. Dans bien des cas,les exploitants foresùiers vont tout de même préférer ce mode de transport car ilsse plaignent beaucoup des irrégularités du ser- vice ferroviaire, dont le manque apparent de plates-formes nuit à leurs opérations. Même si la topographie du Sud-Est est plus - 39 - accentuée que celles dtautres pays, comme la Côte dtIvoire, où le transport par camion s'est avéré très avantageux, l'existence de bonnes routes forestières peut rendre le transport des bois une opération rentable même sur des distances supérieures à 500 kilo- mètres. 102. Parmi le groupe de projets routiers qui sont considérés comme étant de première priorité par le Gouvernement, au moins deux peuvent servir les intérets des exploitants forestiers. Il s'agit des troncons Mbalmayo-SangMélima et Yaoundé-Edéa. Ces routes d'intéret national constituent . le réseau principal du pays. Dans la partie sud du pays, ces routes devraient répondre aux princi- pales exigences des exploitants forestiers dont nous avons parlé plus haut. Les voies fluviales 103. Le transport des bois par eau, soit par radeaux ou barges, n'est pas très important au Cameroun. Les voies les plus importantes sont sans doute le Ngoko et la Sangha dans la partie Sud-Est du pays. Ces voies d'évacuation présentent toutefois l'inconvénient de dé- pendre de l'infrastructure des pays voisins pour leur utilité. Les rapports diffèrent au sujet de la navigabilité du Nyong, entre Mbalmayo et Abong Hbang. Certains experts croient qu'il est possible de rendre ce cours d'eau facilement navigable alors que d'autres affirment le contraire. La présence de longues herbes dans le lit de la rivière semble être le principal obstacle à la libre naviga- tion sur ce cours d'eau. Il se fait du flottage sur le fleuve Wouri entre Yabassi et Douala. Parmi les autres cours navigables sur de courtes distances il faut mentionner le Ntem et la Sanaga. Une société privée utilise le Ntem pour l'évacuation des grumes à Campo. Le Gouvernement camerounais a déjà manifesté son intention de procéder à des aménagements du Nyong, entre Abong Mbang et Mbalmayo, du Ngoko entre Fort-Saufflay et Ouesso, de l'estuaire du Ntem ainsi que du Benoue et Mdian. 10h. La rivière Dibamba présente un intérêt spécial depuis que la Société Socopao/Cameroun et la Société Navale Pelma Vieljeux ont soumis le projet de l'utiliser comme voie majeure d'évacuation des bois entre la station de chemin de fer de Japoma et la baie de ianoka. Ce projet qui fut soumis au Gouvernement présente un intérêt parti- culier car sa réalisation pourrait permettre de résoudre l'épineux problème de saturation du parc à bois du port de Douala. 105. Ce projet consisterait à construire un pai à bois à Japoma qui serait raccordé d'un côté à la voie ferrée par un embranchement particulier et de l'autre côté à la rivière Dibamba par un quai permettant la mise à l'eau des bois flottables et le chargement de barges et chalands pour les bois non flottables. Ces bois seraient acheminés vers la baie de Manoka pour leur chargement à bord de navires. Les investissements prévus seraient de l'ordre de 600 à 650 - 40 - millions de francs dont 10 millions pour les installations de Japoma, 300 millions pour les installations dans la baie de Manoka et de 150 à 200 millions de FVFA pour le matériel lagunaire tel que: re- morqueurs, plates et chalands. Un parc à bois flottant et un autre terrestre à Monaca permettrait le stockage d'environ '30.000 m3 de grumes. Le transport maritime 1a6. Le transport maritime des bois du Cameroun se fait à 66 pour cent par lientremise de navires iippartenant ) des confé- rences maritimes. Le Tableau 31 montre les tarirs de transport des grumes, des sciages et des autres produits forestiers de trois conférences de la cote occidentale de l'Afrique. Il s'agit de UKWAL, COWAC, et COLINAV. Ces tarifs sont affectés de surcharge lorsque les grumes dépassent certaines longueurs et pesanteurs. Les tarifs sont également majorés lorsque les navires doivent se rendre dans des ports d'importance secondaire comme Campo et Kribi. Toutefois, les prix habituellement payés pour le transport maritime sont inférieurs aux tarifs officiels. Les expéditeurs reçoivent normalement une réduction de 20 pour cent lorsqu'ils font toujours affaire avec la même conférence. Le calcul des tarifs est toujours difficile car la base est parfois le volume et parfois le poids et les facteurs de conversion entre les deux mesures ne sont pas toujours constants. En général, les sociétés maritimes ont tendances à préférer la me- sure volumétrique. 107. La majorité des navires en service faisant escale au Cameroun jaugent au plus 10.000 tonnes et ils ont une cargaison mixte. Ils ne sont pas particulièrement adaptés pour le transport des grumes ou de lots de bois. Certaines sociétés maritimes ont toutefois transformé ou acheté des navires pour les utiliser exclu- sivement au transport des grumes. Il s'agit alors de navires spécialisés dont les plus grands peuvent transporter environ 10.000 tonnes de grumes. Ces navires visitent très rarement les ports du Cameroun car les quantités de grumes exportées par voyage sont trop faibles. Un relevé des chargements effectués au cours des six derniers mois de 1968 révèle que plus de 50 pour cent des navires transportent 400 tonnes de grumes ou moins, seulement 12 pour cent des navires transportent 1000 tonnes ou plus avec un maximum de 2000 tonnes. Environ 27 pour cent des navires transportent les gru- mes d'un seul exportateur et 26 pour cent de deux exportateurs. Six exportateurs du Cameroun se partagent 75 pour cent du volume total des exportations de bois. Environ h00 navires par année chargent des grumes dans le port de Douala et So pour cent des exportations sont dirigées vers cinq ports européens. quelque 3h pour cent des navires déchargent les grumes dans un seul port mais il arrive qu'un navire livre des grumes dans cinq ports différents au cours du même voyage. - 4l - VII. PERSPECTIVES DE DEVELOPPEMENT DU SECTEUR FORESTIER Stimulants et obstacles au développement des entreprises forestières 108. Les perspectives favorables de la demande pour les produits forestiers et la rareté de plus en plus grande de plusieurs essences de bois feuillus sont deux facteurs importants qui jouent en faveur de l'expansion de la production forestière au Cameroun. D'ailleurs, les nombreuses demandes de licences forestières reçues depuis deux ans sont un bon indice de l'avenir prometteur de l'exploitation fores- tière au Cameroun. Depuis quelque temps, toutefois, plusieurs entrepreneurs forestiers sont devenus inquiets et par conséquent moins sûrs au sujet de la réalisation à court terme de leurs projets. Cette inquiétude est attribuable surtout au fameux problème de l'évacua- tion des bois dont la cause dépend en partie de l'infrastructure. Nous traitons ailleurs dans ce rapport des installations physiques pour le transport des bois mais nous sommes convaincus qu'une meil- leure efficacité administrative des services existants aiderait beau- coup à améliorer la situation. 129. Pu Cameroun, il n'y a pas de doute que les industries fondées sur l'exploitation forestière se développent à un rythme très inférieur à leur potentiel. Le Code des Investissements du Came- roun et le décret instituant un régime tarifaire préférentiel en faveur de certaines entreprises forestières sont de nature à stimu- ler la production forestière. Il y a lieu de faire un effort particulier pour encourager la création d'industries de la transfor- mation du bois. Ce type d'entreprises répond parfaitement aux objectifs du Gouvernement en matière d'industrialisation car elles fournissent un grand nombre d'emplois, elles sont orientées vers l'exportation, elles permettent de valoriser la matière première la plus importante du pays et elles offrent un défi à l'initiative industrielle des nationaux camerounais. 110. La législation forestière actuelle oblige les titulaires de licences d'exploitation forestière de transformer au pays 25 pour cent du volume brut de leur production. Nous devons admettre que cette politique n'a pas permis l'établissement d'une saine industrie du sciage car le volume des exportations des sciages est stagnant depuis plusieurs années. Malgré une forte demande pour les sciages sur les marchés européens et américains, l'industrie locale n'en profite pas à sa juste valeur. Une raison valable c'est que les scieries sont petites et elles manquent de capitaux et d'efficacité. C'est vrai sans doute mais il faut réaliser que les exploitants forestiers sont avant tout des coupeurs de bois et qu'ils ne sont pas des spécialis- tes de la transbrmation c'est-à-dire des industriels forestiers. Ils s'acquittent donc très mal de leurs obligations et ils ne font pas une utilisation rationnelle de la ressource. Il serait sûrement profitable pour le pays d'avoir des usines de sciages et de placages et contreplaqués plus importantes à qui les exploitants pourraient vendre le quart obligatoire de leur production. - 42 - 111. Les acheteurs de produits forestiers ne considérent pas toujours les prix comme étant le facteur décisif dans le commerce du bois. La qualité de fabrication du produit et la garantie de li- vraison régulière et stable sont des facteurs beaucoup plus importants dans le commerce international. Pour satisfaire ces deux exigences il faut des moyens techniques adéquats, une main-d'oeuvre spécialisée et une bonne gestion au niveau des cadres. Les deux dernières con- ditions ne peuvent s'obtenir que par l'établissement de programmes de formation adaptés spécifiquement aux besoins des industries forestières. Pour le moment, les industriels forestiers sont obligés d'aller à l'étranger pour obtenir leur personnel de gestion et leur main-d'oeuvre spécialisée. A ce sujet,la minutie de l'administration camerounaise crée beaucoup d'embêtements aux industries forestières car l'examen de la demande d'admission des expatriés prend un temps énorme. 112. A long terme, les entreprises les plus susceptibles de contribuer au développement du secteur forestier sont les grandes sociétés forestières internationales. Un bon programme de promotion industrielle auprès de ces entreprises donnerait des résultats tangibles. Ces entreprises disposent de capitaux importants et de marchés établis pour leurs produits. Si elles sont assurées du volume et de la qualité de la matière première, elles peuvent inves- tir des sommes considérables pour l'implantation d'usines de trans- formation à proximité des sources de matière première. Il est important, par conséquent, de leur fournir toute la documentation pertinente sur les occasions d'investissements du pays. Dans le cas des industries du bois il y aurait avantage à posséder des informa- tions précises sur les ressources forestières mais ces renseignements ne sont pas disponibles à l'heure actuelle. 113. Une autre manière de promouvoir le développement industriel consiste à renforcer les marchés intérieurs. Le Gouvernement a montré son intérêt dans cette voie par sa participation au projet PNUD/FS pour le développement des industries forestières. Ce projet prévoit la mise sur pied du bureau du bois afin de promouvoir les utilisations du bois dont les essences peu connues. Dans la plupart des pays in- dustrialisés le bois sert principalement à la construction de maison en bois et aux produits liés à cette activité comme la fabrication de meubles. Le préjugé selon lequel le bois n'est pas un bon maté- riel de construction en raison de sa durabilité insuffisante est un héritage du passé et n'était valable que dans des conditions diffé- rentes de celles de notre époque. Les inconvénients que l'on attribue au bois n'existent plus de nos jours, même dans les pays tropicaux, car ils peuvent être éliminés par des mesures de préservation. Il y aurait de nombreux avantages à faire un usage plus fort de bois traités. Par exemple, il est plus difficile de mettre sur pied un commerce d'exportation si l'on ne dispose pas de marchés intérieurs susceptibles de compléter les débouchés extérieurs et d'atténuer les incidences des fluctuations du marché international. Il est important - 43 - de trouver des débouchés pour un plus grand nombre d'essences et pour la quantité inévitable de produits de qualité moindre qui ne peut être écoulée sur le marché international. 114. En raison de la nature et de la location des plus grandes ressources forestières,les perspectives les plus intéressantes du développement du secteur forestier au Cameroun sont du côté des scie- ries et des fabriques de placages et de contreplaqués. De ces deux types d'usines, le deuxième offre de meilleurs avantages car il se prête mieux à la ressource et sa valeur ajoutée est beaucoup supé- rieure. En effet, les quantités formidables de bois blancs comme l'ayous et le limba, essences particulièrement propices au déroulage, offrent des avantages extraordinaires pour le développement de l'in- dustrie du placage et du contreplaqué. La fabrication de contre- plaqués tout particulièrement peut jouer un rôle important dans l'amélioration du rendement de l'exploitation des forêts tropicales hétérogènes car les bois qui peuvent être difficiles à vendre sous formes de grumes ou de sciages peuvent très bien être utilisés dans la partie centrale et non visible des panneaux de contreplaqué. La transformation en contreplaqués de grumes d'essences de peu de va- leur comme l'ayous permet leur transport vers les marchés mondiaux. Ce facteur est particulièrement important au Cameroun car les plus grandes réserves des essences de faible densité se trouvent dans la partie Est du pays, c'est-à-dire à plusieurs centaines de kilomètres des points d'exportations. Vu que les frais de transport maritime de l'Afrique Occidentale à l'Europe peuvent représenter jusqurà 60 pour cent du prix rendu des grumes pour les essences de moindre valeur, une bonne partie des ressources forestières du pays ne peut être ex- portée à l'état brut. 115. Le plan indicatif mondial de la FAO pour le développement de l'agriculture a établi des objectifs provisoires, par region, pour les investissements dans l'industrie forestière jusqu'en 1975 et 1985 et pour les besoins en personnel aux niveaux supérieurs et techniques. Pour l'intérêt qu'elles peuvent présenter, les projections de cet organisme pour les pays forestiers de l'Afrique Occidentale apparais- sent aux Tableaux 32 et 33. Les objectifs relatifs aux investissements et aux besoins en personnel qualifié sont basés sur les hypothèses suivantes: pour les scieries, le capital investi par ouvrier est de l'ordre de 2000 dollars (E.U.) en 1975 et de 4000 dollars en 1975-85 et a un rapport cadres supérieurs/technicien/personnel total de 1/5/500 en 1975 et 1/6/800 en 1985; pour les fabriques de panneaux, le capital par employé est évalué à 10.000 dollars (E.U.) en 1975 et 16.000 dollars en 1985 avec les rapports d'effectifs suivants: 1/3/150 et 1/3/200; pour les usines de pâte, la capacité annuelle a été cal- culée sur la base d'un facteur capital/production de 400 dollars (E.U.) par tonne et les besoins en personnel sont estimés à 12 cadres supé- rieurs (ingénieurs) et 23 techniciens par 100.0O0 tonnes de capacité en 1975, et ramenés à 10 cadres supérieurs et 18 techniciens en 1975. Ces estimations sont purement spéculatives et elles ne c cmprennent pas les besoins pour la recherche, la vulgarisation et le développement, ni les besoins des départements forestiers en personnel ayant une formation industrielle, par opposition à une formation forestière. Elles donnent simplement des ordres probables de grandeur et souli- gnent une caractéristique, souvent négligée,de la planification en matière de personnel, à savoir le temps requis pour modifier l'équi- libre national de la spécialisation au niveau professionnel. Projections des contributions du secteur forestier aux revenus de l'Etat et à l'économie camerounaise 116. Le Tableau 34 donne une ventilation des contributions possi- bles du secteur forestier aux revenus des Gouvernements. Pour l'année 1969/70, la production forestière du Cameroun peut approcher 800.000 m3 de grumes. Ce volume decoupe peut représenter une somme de 1,6 milliards de francs CFA versée aux administrations gouverne- mentales sous forme d'impôts et taxes divers, soit environ 5 pour cent du budget du Cameroun. 117. Le rendement fiscal du secteur fcrestier dépend de plusieurs facteurs dont les principaux sont le volume de coupe des bois, le voulume de bois exporté et le degré d'industrialisation du secteur. Afin de donner un ordre de grandeur de l'importance du secteur fores- tier, nous donnons dans le tableau 34 les sommes d'argent qui seront versées aux administrations gouvernementales sous forme de charges forestières et d'impôts directs et indirects. Ces calculs reposent sur différentes hypothèses dcnt la plus importante est le volume an- nuel de production forestière. Le tableau montre les revenus fiscaux qui proviendront des entreprises forestý ères si la production annuelle passe de 80D.000 à 1.800.000 m par année. Cette production exprimée en poids serait de 500.O0O à 1.500.000 tonnes de bois. Ces quantités correspondent aux objectifs fixés par le Gouvernement pour les cinq prochaines années. Ils seront atteints seulement si des moyens adéquats sont mis à la portée des exploitants et des expor- tateurs forestiers pour l'évacuation des bois. Ces moyens dépendent d'une utilisation plus efficace des installations actuelles et de nouveaux investissements dans les infrastructures. Par ordre d'importance, ces investissements doivent porter sur les installa- tions portuaires, l'amélioration de la voie ferrée et la construction de routes forestières. La réalisation des objectifs forestiers dépend seulement de la mise en oeuvre des travaux requis pour ac- croître la capacité des infrastructures. A l'heure actuelle, il est possible de penser à des productions de 1 million de m3 en 1972 et de 1.5 million de m3 en 1975. Ces volumes de coupe permettraient de doubler le nombre actuel de chantiers et de scieries. Aussi, le nombre d'ouvriers camerounais dans l'industrie forestière passerait de 7.000 à plus de lh.000. 118. Le Tableau 35 montre les volumes et les valeurs des produc- tions futures de produits forestiers. Nous assumons que 70 pour cent de la production de grumes sera exportée à l'état brut au prix moyen - 45 - de 8.000 FCFA le m3. Le reste de la production sera transformé en sciages. La consommation annuelle des sciages sur le marché local passera de 80.000 m3 à 15J.000 m3 au cours des prochaines cinq an- nées. Ces sciages seront vendus au prix moyen de 13.500 FCFA/m3. Les meilleurs sciages seront exportés au prix moyen de 18.500 FCFA/m3. Sur cette base, la valeur des produits forestiers sera de 5,9 milliards de FCFA pour une production brute de 800.000 m3 de bois et de 11,5 milliards pour une production annuelle de 1,5 million de mètres cu- bes. Si une usine de placages et de contreplaqués venait s'établir au lieu d'une scierie ceci permettrait, pour chaque substitution, de doubler la main-d'oeuvre et la valeur des produits manufacturés. Pour les contreplaqués, le capital investi par ouvrier est environ cinq fois supérieur aux sciages. 119. Le Tableau 36 nous donne une idée de l'apport du secteur forestier à l'économie camerounaise. Il s'agit de l'injection ini- tiale de capital qui par la suite a un effet multiplicateur dans toute l'économie. Le même tableau montre l'ordre de grandeur des investissements. L'effet de ces investissements est difficile à déterminer. L'achat des engins et des équipements de chantiers et de scieries bénéficient surtout aux manufacturiers situés en de- hors du pays. Par contre, la construction des routes et des ponts d'un intérêt national permet l'ouverture de plusieurs nouvelles régions et les investissements dans ce type d'immobilisations per- manentes constituent un actif pour l'Etat. Priorités forestières du troisième plan quinquennal 120. L'orientation générale de la politique forestière du Came- roun fut définie dans le deuxième plan quinquennal. Nous avons donné, au chapitre 4, les grandes lignes de cette politique en ce qui regarde la forêt. Pour tout le domaine forestier, le deuxième plan prévoyait des investissements de 8312 millions de FCFA. Cette somme comprend des investissements privés et publics en exploitation fores- tière de 4900 millions et 1090 millions respectivement de méme que des investissements privés dans les industries forestières pour 2322 millions FCFA. Ce dernier montant inclut 305 millions FCFA de renouvellement ainsi que des nouveaux investissements de 817 millions FCFA pour les scieries, 175 millions FCFA pour les usines de placages et de contreplaqués de même que 150 millions pour les menuiseries. 121. A notre avis les grandes idées de cette politique fores- tière sont tout ùà fait appropriées à la situation forestière du Cameroun. D'ailleurs, le Cameroun Oriental s'est donné, avec la loi NO 68/1/COR du 11 juillet 1968, l'instrument nécessaire à la poursuite de cette politique forestière. Nous espérons que le Came- roun Occidental orientera également sa législation forestière suivant cette politique. - 46 - 122. Plusieurs objectifs du deuxième plan quinquennal en matière forestière seront atteints. C'est le cas pour le volume de la pro- duction forestière et il semble bien que les investissements prévus pour les industries forestières seront aussi réalisés. Nous ne pou- vons pas dire autant de bien toutefois des réalisations en matière de reboisement, de travaux sylvicoles et de formation de personnel. Sous ce dernier aspect plus particulièrement, nous devons noter le manque évident de spécialistes forestiers à tous les niveaux. La formation d'exploitants forestiers camerounais et la modernisation de l'école forestière de Mbalmayo sont des projets qui traînent indûment en longueur. 123. A ce jour, les objectifs précis du troisième plan quinquen- nal de développement ne sont pas connus. Toutefois, à la lumière des entretiens que nous avons eus avec plusieurs fonctionnaires et re- présentants de la profession forestière nous pouvons nous permettre certains commentaires en rapport avec les priorités probables du troisième plan. Il y va de garder la même orintation générale de la politique actuelle au sujet de l'exploitation de la forêt, de l'im- plantation de nouvelles industries et de la conduite des travaux de recherches. Au cours des cinq prochaines années, toutefois, il ne faut pas oublier que les réalisations des objectifs dans les domaines de la production et des industries forestières dépendront fortement des décisions prises au sujet des moyens de transport. Ainsi, l'objectif déjà entendu d'augmenter la production forestière de 200.000 m3 par année dépend presque uniquement de la capacité des moyens d'évacuation pour se réaliser. Dans ce domaine il faut songer dans l'immédiat à un réaménagement des installations pour la manutention des bois dans les ports, à la construction d'une route pour desservir la région du Sud-Est et au prolongement d'une autre au sud de Bélabo dans la région de l'Est. Il faut de plus augmenter la capacité de transport du chemin de fer entre Yaoundé et Douala. 124. Depuis le parachèvement de la voie ferrée entre Yaoundé et Bélabo, le Cameroun offre des conditions de choix pour la création de nouvelles industries forestières. Cet axe ferroviaire ouvre une immense région dotée d'essences forestières très appropriées pour le déroulage. Il faut donner la priorité à ce type d'entreprises car elles permettent une meilleuru utilisation des ressources, elles of- frent un plus grand nombre d'emplois et elles donnent une valeur ajoutée supérieure. La création d'un complexe forestier composé de plusieurs usines de déroulés et de sciages doit être envisagée pour Bélabo dans les priorités du troisième plan. 125. Il faut mettre de côté pour les prochaines années le projet de construire une usine de pâte et de papier pour des raisons techni- ques et économiques. Les procédés pour la fabrication d'une pâte à bois à partir d'une multitude d'essences ne sont pas encore à point. Une telle usine contribuerait de manière très minime à une utilisation - 47 - intensive de la forêt. Le capital à investir dans une usine de pâte et papier pour créer un emploi est beaucoup supérieur aux autres usines de transformation du bois. La plupart des postes demandent des connaissances techniques élevées qui ne pourraient pas actuelle- ment être remplis par la main-d'oeuvre locale. 126. Au point de vue de l'aménagement forestier et de l'utilisa- tion des bois le Cameroun doit accorder une grande priorité au projet PNUD pour le développement de la sylviculture et des industries fo- restières. Ce projet pilote, selon sa réussite ou son échec, aura des répercussions très importantes sur l'économie forestière du pays car il doit établir, d'une part, la méthode pour assurer l'exploita- tion perpétuelle des ressources forestières du pays et, d'autre part, de créer des débouchés pour les essences ayant une valeur com- merciale négligeable à l'heure actuelle. Ce projet doit recevoir une attention commensurable à son importance et il devrait figurer dans le troisième plan. 127. Les cultures itinérantes sont une menace sérieuse pour les forèts et les nouvelles voies d'accès qui pénètrent en forêt vont intensifier le )roblème. La soumission de grandes étendues de forêts peut réduire les défrichements mais il est peu probable qu'elle fasse complètement obstacle aux invasions des populations agricoles. Il faut tendre à stabiliser l'agriculture tout en encourageant le culte de l'arbre. On doit donc mettre en oeuvre des programmes d'aménage- ment sylvo-agricole afin de montreraux populations comment la culture de plantes vivrières et les plantations d'arbres peuvent coexister sur une même superficie. A cet égard,des méthodes de sylviculture comme la taungya peuvent s'avérer des plus efficaces. 128. Un aspect très important de l'avenir de la foresterie tro- picale est la recherche. Il faut redoubler d'efforts de ce côté car il est urgent d'obtenir les renseignements de base qui sont ab- solument nécessaires pour l'aménagement des forets et pour les grands travaux de sylviculture. Il faut posséder des donnés plus précises sur la régénération naturelle et la croissance des arbres. Ce sont des renseignements de cette nature qui doivent dicter le genre de travaux d'enrichissement à effectuer en forêt. Aussi, nous connais- sons au Cameroun très peu de choses sur les caractéristiques des essences de plantations. Avant de se lancer dans des programmes couteux de reboisement à grande échelle il serait beaucoup plus avan- tageux d'effectuer des expériences plus suivies sur des petites superficies. La crainte de prendre un retard considérable dans ce domaine par rapport aux pays voisins n'est pas justifiée car on ne connait pas la capacité de la forêt de croître et de se régénérer en essences de valeur. 129. Pour exploiter les for&ts de manière conforme à un plan d'aménagement il faut de toute nécessité effectuer des inventaires afin de connaître la nature et les caractéristiques de la ressource. Ces renseignements permettent à l'aménagiste de fixer les programmes de coupe et de décider des actions à prendre après coupe. - 48 - 130. Afin de réaliser les objectifs de la politique forestière, les services forestiers des états fédérés doivent disposer d'un personnel nombreux et compétent. Il reste beaucoup à faire dans ce domaine car les effectifs actuels sont nettement insuffisants. Il faut encourager de jeunes camerounais à étudier les sciences fores- tières. Une douzaine de candidats au cours des cinq prochaines années devraient être envoyés à l'étranger pour y suivre un cours d'ingénieur forestier. En attendant leur retour, il faudrait faire appel aux services des expatriés. A ce sujet, le Cameroun devrait demander l'aide de plusieurs pays forestiers du monde. - 49 - CHAPITRE VIII RECOU.ANDATIOIiS - Les problèmes forestiers 131. Les problèmes les plus sérieux concernant la forêt au Cameroun pro- viennent surtout du peu de renseignements disponibles sur la matière première, du manque de ressources humaines pour la mise en valeur et la conservation de cette richesse naturelle et de l'absence de moyens adéquats pour l'évacuation des bois. 132. Pour obtenir les renseignements requis sur la nature, l'importance et la qualité des ressources forestières il faudra exécuter des inventaires forestiers. Les résultats de ces inventaires permettront une meilleure pla- nification des projets de développement du secteur forestier. Par exemple, ces renseignements permettront de préparer des plans appropriés d'aménagement forestier et ils indiqueront les endroits où la forêt peut alimenter des usines importantes de transformation du bois. Aucun programme d'implantation d'usines ne pourra réussir si les renseignements de base concernant la ressource ne sont pas disponibles aux promoteurs industriels. Au point de vue de la conser- vation et de la reconstitution du potentiel de la forêt il faut dire que les techniques actuelles de régénération naturelle ou artificielle ne sont pas suf- fisamment éprouvées pour être utilisées avec confiance par les gestionnaires du domaine forestier. A cet égard, il faut activer les efforts dans le domaine de la recherche forestière car, autrement, il sera impossible de dire si la forêt pourra éventuellement satisfaire les aspirations de la société camerou- naise. Des études de longue portée sont nécessaires pour établir la producti- vité de la forêt. Les recherches du Centre Technique Forestier Tropical au Cameroun doivent donc porter sur la détermination de l'ige des arbres, sur leur taux annuel de croissance ainsi que sur leur régénération dans leur milieu naturel et en plantations. Les travaux de régénération doivent être faits de façon à permettre l'analyse statistique des données. On doit également tenir compte des coCts et des autres variables qui permettront l'analyse économique des résultats. Tous les travaux de restauration forestière doivent être exé- cutés par les organismes de l'Etat et non par les pernissionnaires car il ne leur revient pas de se soucier du rendement soutenu de la forêt. Toutefois, les titulaires de licences d'exploitation doivent contribuer au financement des travaux requis pour le maintien de la valeur commerciale du domaine fores- tier. 133. Au sujet de l'aménagement forestier et de l'utilisation des bois d'essences secondaires, le Cameroun peut retirer des avantages extraordinaires par sa participation active dans le projet PNUD/FS de développement des forêts et des industries forestières. Les responsables de la partie camerounaise de ce projet devront à l'avenir montrer de façon beaucoup plus concrète leur intérêt 9 sa réalisation. Des homologues doivent être désignés pour qu'ils acquièrent, par leur travail avec les experts étrangers, toutes les connaissan- ces qui leur permettront de continuer l'oeuvre entreprise. Le comité créé - 50 - dernièrement dans le but de veiller à la bonne marche de ce projet donne des signes très encourageants. Le succès des expériences d'aménagement sylvo- agricole pourrait s'avérer très important pour l'avenir des secteurs forestiers et agricoles du pays. 134. Le Cameroun dispose d'un personnel forestier beaucoup trop restreint pour l'ampleur de la tâche qui lui incombe. Au niveau professionnel surtout, il faudra prendre des dispositions pour assurer la formation, sur une période de cinq années, d'au moins dix ingénieurs de conception et de quinze ingé- nieurs des travaux. Il existe actuellement un projet pour la formation de spécialistes des sciences forestières en Afrique francophone. Les Camerounais feraient bien de profiter de cette situation afin d'obtenir des cadres compé- tents pour la gestion forestière. Sur le plan industriel également, l'une des conditions les plus importantes et urgentes pour le développement efficace de la forgt consiste à améliorer substantiellement la gestion des industries fo- restières. Pour atteindre cet objectif il faudra mettre en branle des program- mes de formation adaptés spécifiquement aux besoins de ces industries. Un effort dans cette voie donnerait aux Camerounais l'occasion de parvenir à diri- ger une part importante des industries forestières du pays. Il est donc important de projeter le plus t6t possible ces besoins en personnel qualifié pour la gestion industrielle et gouvernementale mais aussi pour les travaux de recherche et de développement. En matière de planification du personnel, il faut plusieurs années pour modifier l'équilibre national de la spécialisa- tion au niveau professionnel. Pour les besoins immédiats, il faudra donc avoir recours aux services des spécialistes étrangers. 135. Il est important de trouver une solution convenable au problème d'évacuation des bois. De ce c8té, il importe d'abord de tirer le maximum de rendement des moyens actuellement disponibles. Par exemple, une amélioration de l'efficacité administrative dans les opérations du port et de la voie ferrée apporterait déjà une solution partielle au problème. A l'instar d'autres pays forestiers de l'Afrique occidentale, il serait probablement avantageux de laisser la manutention des grumes dans les ports au soin d'une société privée. A tout événement, l'organisme qui doit s'acquitter de cette tache doit jouir d'une autonomie complète car il est très important qu'il puisse avoir à sa disposition d'équipement qu'il juge le plus efficace a la bonne marche des opérations. En ce qui concerne le parc à bois, nous recommandons de créer des installations pour la mise à l'eau des bois flottables, pour le chargement sur plates des billes non-flottables et pour l'ancrage des vaisseaux au large des quais, dans l'embouchure du fleuve 1ouri. Nous croyons également à la nécessité d'agrandir considérablement le parc à bois flottant et d'utiliser à l'occasion le quai de Bonabéri pour l'expédition des produits forestiers. A plus longue échéance nous préconisons l'aménagement d'installations spécia- lement conçues pour l'exportation de grumes au moyen de vaisseaux-grumiers pouvant jauger 10,000 tonnes. 136. Le déchargement rapide des wagons dans le port de Douala augmenterait la capacité de transport de bois de la régie des chemins de fer. Il faut plus que cela toutefois, car le pauvre rendement de la voie ferrée n'est pas entiè- rement imputable aux retards occasionnés lors du déchargement des plates-for- mes à Douala. Les wagons-grumiers ne sont pas toujours acheminés vers Douala - 51 - immédiatement après leur chargement. Il faudrait mettre en service un plus grand nombre de trains chargés entièrement de bois pour desservir les prin- cipales stations utilisées pour l'expédition des grumes. Un train de ce genre requiert environ 30 wagons. Pour des raisons difficilement explica- bles, cette méthode avantageuse de transport est peu utilisée présentement en raison de l'impossibilité de réunir un si grand nombre de plates-formes. Il devrait normalement être possible d'effectuer 80 rotations du matériel roulant au cours d'une année. 137. Il n'y a pas lieu, à notre avis, de maintenir la politique protec- tionniste en faveur du transport par chemin de fer. A la longue, cette poli- tique peut nuire au développement économique du pays car l'absence de flexibi- lité et de concurrence loyale entre les divers systèmes de transports effraie plusieurs investisseurs. Dans le commerce international, les échéances de livraison sont très importantes et un système unique de transport ne fournit pas suffisamment de garantie à cet égard. - Les projets d'étude 138. Plusieurs projets d'étude pourraient être entrepris en vue d'améliorer l'économie du secteur forestier au Cameroun. A notre avis, les projets les plus intéressants se rattachent aux trois domaines suivants: 1) L'inventaire des ressources forestières 139. Avant de songer à des investissements importants dans les parties Sud et Est du pays, il serait nécessaire d'obtenir des renseignements plus complets sur la nature, le volume et la qualité des bois sur pied. Dans la région de Yokadouma, le pré-inventaire effectué en marge du projet de chemin de fer Yaoundé-Yokadouma est probablement suffisant pour étudier la rentabi- lité de projets qui touchent à cette région précise. Toutefois, il n'existe aucune donnée d'inventaire sur une étendue d'environ 1.5 million d'hectares située dans la partie Sud-Est du pays. Il est impossible de déterminer la richesse de cette forêt à partir des inventaires déjà effectués plus au nord. Cette superficie peut contenir des peuplements forestiers plus faibles en volume mais beaucoup plus riches en essences de valeur que les forêts situées plus au nord. Quelques permissionnaires ont déjà prospectés des peuplements de cette région et ils rapportent des volumes de 20 à h0 m3/ha de bois pré- cieux comme le kokrodua, le sapelli, le sipo et l'acajou. Avant d'établir une infrastructure permanente, dont la justification dépend presque uniquement des ressources forestières, il serait prudent d'établir plus précisement le potentiel en bois commercialisable de toute la zone forestière située au Sud- Est de la réserve de Dja. A l'instar des ressources minières, il est impensable de construire une voie d'accès vers une mine avant d'effectuer les sondages pour déterminer l'importance du gisement. 140. Un premier travail devrait consister à accumuler tous les renseigne- ments disponibles. Par exemple, une visite des quelques chantiers existants dans la région et l'examen des résultats de prospections effectuées par les permissionnaires pourraient s'avérer utiles. Avec l'aide des cartes de - 52 - végétation et les résiltats des nouveaux inventaires effectués dans le nord du Congo (B), il peut être possible d'estimer des quantités minimum de bois qui pourraient justifier l'étude de voies d!accès. De toute façon, ce tra- vail préliminaire permettrait de préciser exactement les besoins dans ce domaine. 2) Les voies d'évacuation ll. Des études seront nécessaires afin de résoudre le problème épineux de l'évacuation des bois, principalement dans la partie Sud-Est du Cameroun oriental. Plusieurs projets de routes, déjà énoncés dans le deuxième et le troisième plan quinquennal, aideront beaucoup au secteur forestier. Les tron- çons les plus importants pour les forestiers sont ceux de Yaounde-Edéa, Edéa- Douala, Edéa-Kribi, Yaoundé-Kribi et Mbalmayo-Sangmélima. Aussi, l'améliora- tion de la voie ferrée entre Douala et Yaoundé permettra d'augmenter les ex- portations de bois. Ces projets à caractères plus généraux sont traités dans le volume sur le transport. Ces réalisations, toutefois, ne permettront pas de résoudre le problème des forêts de l'Est. 1h2. A notre avis, la grande zone forestière du Sud-Est du pays pourrait être désenclavée par une, deux ou même trois voies d'évacuation qui abouti- raient respectivement à Bélabo, Yaoundé et 4balmayo. Nous considérons ici seulement les solutions camerounaises au problème d'évacuation de la région du Sud-Est car une partie des bois peut aussi être expédiée vers le Sud, par le Congo (B). Des études précises pourraient donc porter sur les voies d'évacuation suivantes: i) Bélabo-Doumé -Yok3douma 1h3. Afin de profiter de la construction du chemin de fer transcamerounais, il est urgent d'étudier la rentabilité d'une voie d'évacuation au sud de B:- labo afin d'ouvrir la région située entre Lomié et la frontière de la Républi- que centrafricaine. Puisqu'il est économiquement possible, par axe routier, d'exploiter tous les bois de valeur qui se trouvent dans un rayon de 200 km du chemin de fer, le prolongement de la route déjà construite au sud de Bélabo pourrait permettre d'évacuer quelque 40 millions de m3 de bois de cette région. Il s'agit du volume commercialisable de 1h essences principales. Deux de ces essences, l'ayous et le limba, forment les deux tiers du volume total. Le cout d'une telle route à grandes caractéristiques pourrait attein- dre 8 millions de francs CFA du kilomètre. 144. Ce projet devrait également considérer la possibilité de construire une voie ferrée dans cette région car une telle voie d'évacuation permettrait l'utilisation optimale des ressources forestières de l'Est du Cameroun orien- tal et même de la partie Ouest de la République centrafricaine. Les forêts les plus riches du Cameroun se situent à l'Est d'une droite reliant Abong Mbang a Moloundou et s'étendent jusqu'à la frontière de la RCA, entre Bélabo et Ouesso. La zone d'attraction d'une voie ferrée entre Bélabo et Yokadouma engloberait tout le territoire compris entre Moloundou et Nola. Au Cameroun seulement, ce chemin de fer permettrait d'utiliser un volume commerciable de bois estimé à plus de 75 millions de mètres cube. A priori, ce tracé plut6t - 53 - que celui de Yaoundé-Yokadouma, recommandé dans l'étude BCEOM-NEDECO, appor- terait les mêmes avantages au point de vue forestier et il permettrait de réduire les investissements requis du tiers. En effet, le parcours serait réduit à quelque 300 kilomètres ce qui demanderait des investissements d'environ 8 milliards de francs CFA. Cette voie passerait par le centre de la région forestière la plus riche en essences de faible densité, comme l'ayous et le limba, et permettrait l'implantation possible de plusieurs usines de placages et de contre-plaqués. L'ayous se prête particulièrement bien à la fabrication de p9tes à papier, et les résidus provenant des usines de sciage et de placage, après leur transformation en copeaux, pourraient alimenter une usine de p9te. Les principaux problèmes de l'implantation d'u- sine de cellulose dans les zones tropicales 9 cause de l'hétérogénéité de la matière première seraient alors évités. ii) Yaoundé-Abong Mbang/Lomi6 lh5. La rentabilité de la construction d'un axe routier à l'est de Yaoundé fut calculée dans l'étude BCE0N-NEDECO. Il s'agit d'une route en gravier de 225 km de longueur qui irait aboutir à mi-chemin environ entre Abong-Mbang et Lomié. Les coûts escomptés de ce projet furent établis à 16.6 milliards de Fr CFA comparativement à des bénéfices de 35.1 milliards, ce qui donne une va- leur présente nette de 18.5 milliards de Fr CFA (au taux d'escompte de 10 pour cent). Ce projet permettrait de préciser les superficies des forêts de l'Est qu'il serait plus avantageux de desservir par cet axe plutôt que par une voie d'évacuation vers le Nord. Aussi, cette route traverserait le fleuve Nyong qui aurait déjà servi dans le passé au transport des bois. Il y aurait lieu de voir si ce cours se prête au transport des bois par radeau ou barge et, dans l'affirmative, de déterminer les coûts des améliorations qu'il y aurait à effectuer. Il sera possible alors de décider du système de transport qui serait le plus avantageux pour l'évacuation des bois dans cette région. iii) Mbalmayo-Moloundou 146. Les calculs préliminaires indiquent qu'il peut être économiquement possible de transporter par camions les grumes de bois précieux de la région du Sud-Est jusqu'à Mbalmayo, pour les acheminer par la suite, vers Douala par la voie ferrée. Toutefois, ceci nécessiterait la construction d'une route de fort tonnage sur une distance de quelque 600 kilomètres, ce qui pourrait exiger des investissements de 6 000 millions de Fr CFA. De Mbalmayo, cette route passerait par Sangmélima, Djoum et Minton avant d'atteindre Moloundou. Il faudrait percer une route nouvelle de 300 km entre Minton et Moloundou et refaire la route existante entre Sangmélima et Minton. Le projet de construc- tion du tronçon entre Mbalmayo et Sangmélima, dont le coût est estimé à 1 200 millions de Fr CFA, apparaîtra probablement dans le programme de travaux publics du troisième plan. 147. La construction d'un grand axe routier dans le sud du pays ne peut se justifier que s'il existe des quantités très importantes de bois precieux dans la région située au Sud-Est de la. Réserve de Dja, entre Djoum et le fleuve Sangha. Ces renseignements ne sont pas disponibles et il n'y a aucun inventaire forestier en cours dans cette région à l'heure actuelle. Ce projet d'étude devrait donc se faire seulement lorsqu'il existera des données plus précises sur la composition de la ressource. Une route à moins grandes caractéristiques, dont la construction serait réalisée par les exploitants forestiers, permettrait seulement d'effectuer un écrémage de la forât. Même le grand axe proposé ne pourrait pas assurer une utilisation optimale de la fo- r9t, car les essences de moindre valeur ne pourraient pas âtre évacuées par cette voie sous forme de grumes. 3) Les installations portuaires 148. D'ici quelques années, les installations portuaires actuelles ne pour- ront plus suffire aux exportations accrues de grumes en provenance de l'Est du pays. Il y a lieu d'étudier maintenant les possibilités d'améliorer les installations actuelles ou de créer de nouveaux emplacements pour l'exporta- tion des bois. A notre avis, deux études peuvent être entreprises: i) Douala-Manoka Ce projet aurait pour but de trouver les moyens les plus avantageux d'augmenter la capacité d'exportation des bois en grumes dans la région de Douala. Plus exactement, ce projet consisterait à étudier des solutions pour améliorer les installations actuelles dans le port de Douala et pour la créa- tion d'un nouveau point de chargement dans la baie de Manoka. Cette dernière solution, déjà proposée par une société privée, consisterait à construire un parc à bois à Japoma, à la jonction de la voie ferrée et de la rivière Dibamba, puis a descendre les bois dans la rivière par radeaux et par plates jusqu'à la baie de Manoka pour leur chargement à bord des navires. Les investissements prévus pour cette dernière solution seraient de l'ordre de 650 millions de francs CFA. ii) Campo-Kribi-Lokoundjé Il y aurait lieu d'étudier quel emplacement sur le littoral sud du Cameroun il serait préférable d'aménager pour l'exportation d'un volume impor- tant de grumes. Il faudrait regarder les possibilités offertes par les ports actuels de Campo et de Kribi mais il faudrait également étudier des nouveaux emplacements possibles comme l'embouchure de la rivière Lokoundjé. Il fau- drait tenir compte de la localisation des réserves de bois et des voies de desserte de ce port grumier. Par exemple, pour établir des installations portuaires à l'embouchure de la Lokoundjé, il faudrait probablement construire une route à partir de Sangmélima, en passant par Ebolowa et Lolodorf. Aussi, il serait avantageux d'avoir une voie dans la direction de Eséka, afin de rattacher le port au chemin de fer et à l'axe routier qui va de Yaoundé à Edéa. ANNEXE I CHARGES FORESTIERES AU CAMEROUN ORIENTAL A. Charges imposées lors de l'attribution des licences 1) Le montant des charges imposables est déterminé en fonction de la richesse et de l'étendue de la li- cence. Suivant la zone, cette charge est de 100, 120, 130 ou 10 FCFA par hectare concédé à l'exploi- tant forestier. Ces charges sont ramenées à 50 pour cent ou 3j pour cent si le territoire a déjà été occupé par un autre exploitant. 2) Le produit des charges est réparti de la façon suivante: - 70 pour cent des argents sont destinés à des réalisations sociales au profit des populations établies dans le périmètre de la licence, - 3J pour cent des argents sont destinés à des travaux d'intérêt forestier requis pour l'admi- nistration des forêts. 3) Il peut être imposé à certains exploitants forestiers la construction de routes forestières d'intérêt national ou de ponts en matériaux définitifs. Pour chaque tranche de superficie de 5.000 hectares attribuée, l'exploitant peut être tenu de construire un kilomètre de route ou i mètre de longueur de pont. Selon qu'il s'agisse d'une route ou d'un pont»l'ex- ploitant bénéficie d'une réduction de 12,5 pour cent sur le montant des charges exigées par l'attribution de licence. Les caractéristiques de ces travaux sont les suivantes: i) route forestière d'intérêt national plate-forme 9 m de largeur chaussée de roulement 7 m de largeur fossés d'écoulement des 1 m d'ouverture en haut et eaux en V 0,5 m de profondeur pente maximum 10 pour cent rayon de courbure 20 m minimum latéritage coude de 5 cm après compactage déforestage 10 m de part et d'autre des fossés Annexe I Page 2 ii) pont plate-forme 5 m chaussée de roulement 4 m culée en béton armée tablier en béton armé Le coût d'exécution de la route ne doit pas excéder 2 millions de FCFA par kilomètre. Les routes nécessaires à l'exploitation des chan- tiers ne font pas partie des charges. B. Taxes forestières 1) Taxe d'agrément de 10 FCFA par hectare et par année, 2) taxe territoriale de 5 FCFA par hectare et par année, 3) taxe pour chaque mètre cube de bois enlevé sur le parterre-coupe. Selon la valeur des diffé- rentes essences, cette taxe peut être de 110 80 ou 60 FcFA, 4) taxe pour chaque mètre cube de bois exporté. Selon la valeur des essences, cette taxe pour les bois en grumes peut être de h0, 20 ou 10 FCFA. Pour les débités, cette taxe est de 30, 15 ou 5 FCFA, 5) taxe de vérification des bois à l'exportation de 6 FCFA pour les grumes ou les bois débités, 6) taxe à verser au Fonds Spécial Forestier et Piscicole: a) 20 pour cent de la taxe sur le mètre cube de bois abattu, b) 20 pour cent de la taxe sur le mètre cube de bois exporté, c) une taxe de 3 à 5 FCFA par hectare et par an selon la superficie de foret attribuée en licence: 3 FCFI pour une superficie inférieure ou égale à 100.000 hectares, 4 FCFApour une superficie inférieure ou égale à 200.000 hectares, 5 FCFA pour une superficie supérieure à 200.000 hectares. 7) dans le cas de transfert, les droits à acquitter sont de 20 FCFA par hectare. LISTE DES TABLEAUX ET DES FIGURES Tableaux Titres 1 Commerce mondial des bois feuillus, 1967. 2 Perspectives du commerce mondial des bois feuillus tropicaux, 1967-1965. 3 Sommaire des principaux usages des bois tropicaux en Europe, 196h-66. 4 Ressources forestières africaines. 5 Rêpartition et accroissement des exportations de bois feuillus de l'Afrique, par catégories de produits, 1949-51 à 1964-66. 6 Exportations de grumes de feuillus des principaux pays producteurs de l'Afrique occidentale, selon les essences principales, 1955-1967. 7 Prix courants des grumes de bois feuillus de l'Afrique occidentale, 1956-1969. 8 Superficie des peuplements forestiers artificiels plantée en Afrique occidentale avant la fin de 1965. 9 Prévisions de plantations à l'avenir en Afrique occidentale. 10 Coefficients de commercialisation de quelques essences forestières. il Estimation du volume de bois brut sur pied et du volume de bois commercialisable au Cameroun. 12 Estimation du volume des principales essences commercialisables de bois au Cameroun. 12A Répartition des licences d'exploitation au Cameroun oriental selon les superficies totales détenues par les titulaires. 13 Répartition des scieries selon la production annuelle, Cameroun oriental. 14 Capacité de production des usines de placages, de contre-plaqués et de panneaux de particules de quelques pays de l'Afrique occidentale, 1965-1969. 15 Production annuelle des grumes au Cameroun. 16 Evolution de la production de grumes feuillues dans les pays de l'Afrique occidentale, 1954-1966. 17 Exportations, en volume et en valeur, des produits forestiers du Cameroun, 1962-1969. 18 Exportations des bois ouvrés du Cameroun oriental par catégories de produits. 19 Exportations de grumes de feuillus par les pays de l'Afrique occidentale, 1954-67. 20 Exportations des sciages feuillus par les pays de l'Afrique occidentale. 21 Répartition des exportations de bois ouvrés de certains pays producteurs de l'Afrique occidentale, moyennes pour 1964-66. 22 Répartition des exportations de grumes de feuillus du Cameroun, selon les principales essences et les pays de destination, 1966-67. 23 Main-d'oeuvre et investissements requis dans une exploitation forestière typique. 2h Coûts de production des grumes et des sciages dans une exploitation typique. 25 Coûts de production et prix de vente à l'exportation de trois essences forestières. 26 Répartition du personnel forestier supérieur des Etats fédérés du Cameroun. 27 Répartition des licences d'exploitation au Cameroun oriental selon leur superficie. 28 Comparaison entre les différentes méthodes de sylviculture. 28A Importance du trafic des produits forestiers dans les ports de Douala, Kribi et Victoria, 1959-1967. 29 Tarifs de la Régifercan pour le transport des bois 30 Nombre et capacité de transport des wagons plates- formes de la Régifercam. 31 Tarifs de transport maritime des bois. 32 Objectifs provisoires d'investissement du plan indicatif mondial (PIM) pour les industries fores- tières en Afrique occidentale. 33 Besoins en personnel qualifié des industries forestières en Afrique occidentale. 34 Contributions possibles du secteur forestier aux revenus de l'Etat. 35 Projections du volume et de la valeur du commerce des produits forestiers au Cameroun selon diffé- rents niveaux de la production brute annuelle. 36 Projections de l'apport économique et des inves- tissements du secteur forestier au Cameroun, selon les volumes de production annuelle. FIGURES 1. Distribution géographique des forêts du monde 2. Distribution géographique de la forêt dense humide en Afrique Tableau 1: COMMERCE MONDIAL DES BOIS FEUILLUS, 1967 (millions de m3) Origine Zones Zones tropicales Total Derstinaton Tempérées Amériaue Afrique Asie Total mondial Latine Occidentale du Sud-Est Exportations -xportations G S O G S C G S C G S C G S C G S C Europe 1,2 1,7 0,75 0,1 - - 4,6 0,5 0,06 0,2 0,6 0,01 5,1 1,1 0,09 6,3 2,8 0,84 Amérique du Nord 0,1 ,0 0,6b 0,1 0,2 - - 0,1 - 0,1 0,3 0,22 0,2 0,6 0,22 0,6 1,4 1,10 asie Orientale 0,1 - 0,07 - - - 0,2 - - 15,7 0,1 - 15,9 0,1 - 16,0 0,1 0,07 Moyen Orient - - - - - - 0,2 - - - - - 0,2 - - 0,2 - - Autres pays terurrs 0,1 0,5 0,06 - - - 0,1 - - 0,1 0,2 0,02 0,2 0,2 0,02 0,3 0,7 0,02 Total des im-Por- tations des 1,0 3, 1,76 0,2 0,2 - 5,3 0,6 0,08 16,1 1,2 0,25 21,6 2,0 0,33 23,4 5,0 2,09 pays tempérés Lrérique Latino - - - 0,3 0,1 0,o2 - - - - - - J,3 0,1 0,02 0,3 ïsie du Sud-Est - 0,1 0,02 - - - - 0,1 - 1,3 0,3 0,06 1,3 0, 0,06 1,3 0, 0,0b Africue - 0,1 J,3 - - - - 0,1 - - 0,1 - - 0,2 - - 0,3 0,03 lotal des imnor- tations des pays tropicaux - 0,2 0,05 0,3 0,1 0,02 - 0,2 - 1,3 0,4 0,06 1,6 0,7 0,06 1,6 0,9 0,13 Total des importa- 1,E 3,2 1,61 0,5 0,3 0,02 5,3 0,6 0,06 17,4 1,5 0,31 23,2 2,7 0,41 25,0 5,9 2,22 'tions mond-iales lote: G = grumes, S = sciages et C = contre-plaqués Source: Conférence sur les feuillus tropicaux, Syracuse, 1969. lableau 2: PERSPECTIVËS DU COM4ERCE MOIDIAL DES BOIS FEUILLUS TROPICAUX 1965-85 irune s Sciages Placage&Contre-PlaGue Total Equivalent grumes millions de n3 (r) millions de m3 (S) millions de m3 (3) millions de m3 (r) 1965 1967 1975 19C5 1965 1967 1975 1985 1965 1967 197$ 1985 196$ 1967 197$ 198$ im ortations Ariricue du 'ord 0,2 0,2 0,1 0,1 0,4 0,5 0,8 1,5 1,5 1,7 4,7 b,0 4,8 5,5 13,5 23,1 Europe 5, 5,- 5,0 L,0 1,1 1,1 1,4 1,9 0,2 0,2 1,0 1,2 8,1 7,8 10,3 11,3 Zays asiaiacues 12,1 1,2 24,3 30,5 0,2 0,3 0,6 2,1 - 0,1 - - 12,5 19,1 25,5 34,7 -o t ..-1, d es i r i cr - 2 2 4 ,2 ö0 3 2 , tto mp- oc,3 2,2 30,5 36,3 2,4 2,8 3, 6,7 1,6 2,1 6,0 9,9 27,6 35,1 53,1 74,4 xoor ta ti ons Américue Latine 0,5 0,L 3,3 0,3 0,3 0,3 1,7 1,9 0,03 0,03 0,3 0,9 1,2 1,1 4,5 6,2 Africue 5,2 5,3 5,2 4,7 0,7 0,7 1,0 1,5 0,1 0,1 0,7 1,3 6,8 6,9 C,9 10,9 si 13,3 17,2 21,5 32,0 1,6 1,6 2,3 3,2 0,7 0,8 2,0 3,0 18,2 22,4 31,1 45,9 es exor- 19,2 23,3 27,0 37,0 3,4 3,4 5,5 7,2 1,7 2,0 4,4 6,5 30,2 34,8 48,9 67,6 Différence 20ta ep -Toa imp. (3,5) )0,7 1,7 0,5 (1,6) (3,4) (1,2)(6,8) Africue-Zurope 3,2 0,7 (0,4) (0,4) (0,3) (0,1) (1,4)(0,4) Source: Conférence sur les feuillus tropicaux, Syracuse, 1969. Tableau 3: SOflMAIRE DES PRINCIPAUX USAGES DES BOIS TROPICAUX EN EUROPE, 1964-1966 (pourcentage approximatif) Cons- Cons- Travaux tu-Trans- tu-maritimes Ceubles trc r- truc- Emballage et hydrau- Autres Total tion port tion navale liques Allemagne 5o-55 36-ho 2 2 ... 1-2 5-7 100 Royaume-Uni ho ho 3-5 5-7,5 ... 7,5-10 100 France ho 36-42 2-3 5-6 1-2 7-10 100 Pays-Bas h0 27 3 2-3 4-5 17 5-7 100 Belgique 45 35 2-2,5 4-5 2 ... b-il 100 Suisse ho 47-53 1-2 1 1-2 6 100 Suède ho 35-ho 3-5 10 ... ... b-10 100 Norvège 35-ho 32-33 2 20 ... 5-7 100 Moyenne pondérée 8 pays 43-45 37-hO 2-3 4-5 ... 9-12 100 Source: UNASYLVA, 21 (1) 64, 1967. Tableau h: RESSOURCES FORESTIERES AFRICAINES (en millions d'hectares) Pays Surface Surface Forêt dense C/A totale forestière (A) (B) (C) (pourcentage) Cameroun 48 2h 12 25 Côte d'Ivoire 32 12 25 Congo (K) 227 129 90 hU Congo (B) 3h 20 20 59 Gabon 26 20 20 77 Ghana 23,d 13,7 2,5 10 Nigéria 93,5 31 9,5 10 8 autres pays 247,6 91,3 11,6 12,7 Zone de forêt équa- toriale (15 pays) 730 341 17h 23,8 Afrioue occidentale (23 pays) 1.264 407 174 13,8 Continent africain 3.000 6ij3 19h 6,5 Source: FAO. fableau : CPjSakTOj ET ACCROISSEMNT DES EXpORTATIONS DE BOIS FEUILLUS DE L 'AFRIQUE PA?. CATEGOIES DE PRODUITS, 1949-1951 å 1964-1966 Moyennes Accroissements annuels (ourcentage) rroduits 19å9-51 1954-56 1959-61 1964-66 195c05 1955-6o 1960-65 1955-1965 Grumes 1000 m3 (r) 1309 2.372 4.275 5.291 13 12 4 8 Scia~es 10CO m3 (s) 157 367 566 710 19 9 5 7 Traverses C00 C3 53 102 2 11' 14 -5 2 Onntre-elacués 1: - c9 79 110 42 10 7 b Placages 100 m3 17 25109 6 15 17 16 Otal des boss euvrås 10CO m3 (r ) 1.011 1.454 1.966 19 6 7 otal des xornsions 1CC m3 (r) 1.70 3.33 5.729 7.256 14 10 5 6 Source: Aeview of Trents in Troical limber Trade, BI-D Tableau 6: EXPORTATIONS DE GRUMES DE FEUILLUS DES PRINCIPAUX PAYS PRODUCTEURS DE L'AFRIQUE OCCIDENTALE SELON LES ESSENCES PRINCIPALES 1955-67 1000 M3 (1) (2) (3) (h) (5) (6) (7) (8) (9) (1o) (11) (12) (13) (14) 15) Pays Azobé Okoumé Obèché Limba Acajou Sapelli Sipo Makore Ilomba Tiama Kokrodua Iroko Sous-total Autres Total Essences Cameroun 1955 14 1 7 5 3 . 38 3 71 17 88 1956 17 1 il 10 8 . 26 5 78 15 97 1957 13 3 10 8 5 2h h 67 20 87 1958 18 2 13 8 6 . 38 6 91 35 126 1959 23 2 1 13 9 6 . 35 6 95 39 13h 1960 32 2 h 12 8 5 32 5 100 36 136 1961 27 5 3 1h 9 7 . 23 7 95 56 151 1962 35 14 2 1h 12 5 18 5 105 51 156 1963 45 8 2 17 12 il . 2 8 145 53 198 1964 64- . 9 2 17 19 8 . 34 1 15h 65 219 1965 5o 2 i 18 12 12 . 27 5 127 64 191 1966 83 9 2 18 22 17 . 58 8 il 218 67 285 1967 58 9 1 15 33 16 . 37 5 7 175 74 249 Côte d'Ivoire 1955 ho 45 9 16 30 19 159 47 206 1956 22 67 16 35 3o 30 200 28 228 1957 61 51 18 43 33 3h 2h0 23 263 1958 73 78 28 89 ho 20 ho 369 98 467 1959 .. 91 8h 32 11h h7 23 49 46 112 558 1960 182 95 51 156 7h 48 42 6h8 161 809 1961 293 82 70 222 94 56 45 865 164 1029 1962 317 81 63 287 76 58 37 920 195 1115 1963 381 108 96 385 95 78 . .4 1187 258 1445 1964 hhi 118 102 588 116 . 101 75 1541 318 1859 1965 417 125 98 636 126 . 105 65 1572 333 1905 1966 45o . o6 86 575 102 88 46 1453 369 1822 1967 581 12h 86 651 112 . 41 h6 1714 458 2172 Tableau 6 (suite) 1000 m3 (1) (2) (3) (4) (5) (6) (7) (8) (9) (10) (11) (12) (13) (ih) (15) Pays Azobé Okoumé obààh Limba Acajou Sapelli Sipo Makore Ilomba Tiama Kokrodua Iroko Sous-total Autres Total Essences Congo (B) l9~ ih6 1956 171 1957 216 195 7 •• • 196 1959 62 . 201 ho 273 26 299 1960 56 . 233 il 300 35 335 1961 66 . 209 il 286 30 316 1962 88 . 221 13 322 2h 3h6 1963 136 . 24h 2 382 49 431 196h 16h . 289 2 455 93 548 1965 189 • 244 1 h3h 90 524 1966 28h . 199 1 h8h 72 556 1967 242 . 168 2 .412 82 504 Gabon .1.9.5. 799 1 9 5 6 •• * * * *..8 0 3 1957 . .. • •. .. 939 1958 ** *'.1001 1959 993 · • 2 • 10 . 13 • • 1028 h3 1071 1960 18 • 14 22 * 12 16 . . 11h 69 1213 1961 1093 . 1319 12 15 • • 1152 73 1225 1962 . 97 3 • 23 16 •0 h . 1007 6o 1067 1963 1021 1 13 2 il 1047 103 1150 196 • 1190 . 1 13 h 8 . . 1223 116 1339 196. 1089 . h 10 •3 il • . 1117 108 1225 1966 lo86 33 6 h3 9 .1137 76 1213 1967 1067 2 & 4 13 1116 6 1180 Tableau 6 (suite) 1000 M3 (1) (2) (3) (4) (5) (6) (7) (8) (9) (10) (11) (12) (13) (14) (15) Pays Azobé Okoumé Obéché Limba Acajou Sapelli Sipo Makore Illomba Tiama Kokrodua Iroko. Sous-total Autres Total Essences Ghana 1955 253 77 60 30 32 452 27 479 1956 238 94 84 47 56 519 75 556 1957 425 73 75 46 44 . 668 27 695 1958 392 79 111 74 48 7 711 54 765 1959 648 81 93 64 51 25 962 44 loo6 1960 563 103 110 91 51 54 972 72 1044 1961 353 69 89 88 41 $o 69o 83 773 1962 331 47 49 43 24 19 513 62 575 1963 401 49 53 48 28 . 21 17 617 52 669 1964 378 . 63 55 63 41 . 20 5 625 62 687 1965 258 . 48 56 62 41 . 16 10 491 68 559 1966 216 . 45 37 70 36 . 13 9' 426 50 476 1967 241 . 51 39 78 34 14 8 465 38 503 Nigéri a 1955 232 . 26 20 278 133 411 1956 187 26 17 7 237 91 328 1957 234 10 17 • 8 269 98 367 1958 283 11 29 3 11 337 97 434 1959 358 . 7 24 6 8 403 144 547 1960 392 14 25 6 .10 447 170 617 1961 404 10 9 1 . 3 427 148 575 1962 396 13 8 1 3 421 38 469 1963 436 36 23 7 1 6 5o9 162 671 1964 498 • 34 21 11 . 12 . 10 586 193 779 1965 348 35 20 7 . 11 .7 428 155 583 1966 326 31 20 5 . 15 4 401 158 559 1967 196 26 13 2 . 8 . . 2 247 85 332 Tableau 6 (suite) 1000 m (1 () 3) (h () 6) (7 () (9) (10) (11) (12) (13) (i) (15) Pays Azobé okoumé Obéché Limba• Acajou Sapelli Sipo Makore Ilomba Tiama Kokrodua IrOkI Sous-total Es Tota Tous les pays de l'Afrique 1955 .. 775 525 254 172 89 48 62 h 20 h 3h 2027 506 2533 1956 772 447 207 216 10) 99 86 26 25 5 33 2017 619 2636 1957 969 723 254 187 121 10h 77 31 28 6 h8 2548 452 3000 1958 .. 1020 750 2h9 228 181 183 101 63 35 9 60 2879 541 3h20 1959 .. 1117 1099 299 22h 161 200 97 71 ho 27 65 3513 519 h032 1960 35 1206 1139 348 275 197 270 125 77 65 5h 59 3815 809 4624 1961 32 1228 1)55 29h 22h 180 330 135 76 87 55 62 3726 822 4548 1562 h2 1155 1058 305 197 135 345 100 66 80 ho 49 3520 681 h2n 1963 51 12h7 1226 331 2h7 188 470 123 123 108 .2 62 4216 914 5130 1964 72 1451 1 393 262 206 698 157 116 135 91 97 4932 08 6040 1965 56 1372 102h ~6¯ 244 200 739 17h 139 127 64 ET 4527 1070 359-7 1966 90 1489 999 360 219 170 687 T8 165 107 76 60 4560 983 5553 1967 66 I0 1027 301 228 203 770 1h8 147 137 66 58 4561 992 5555 Quantités nulles ou négligeables Données non disponibles Source: Review of Trends in Tropical Timber Trade, BIRD; Bois Tropicaux, OCDE. Tableau 7: PRIÆ COUHS DES6 GilUli-ES Di BOI3 F'UILLUS DE L'AFR.IQU OCCIDENTAL±, 1956-1969 (en FCFA/m3) FOB Cote d'Ivoire FOB Cameroun Sapelli Acajou 3ipo Ilomba 1956 mars 5.650 6.900 6.700 h.250 juin 5.750 6.250 7.000 3,900 septembre 5.750 6.250 7.000 3.750 décembre 5.750 6.000 6.750 3.375 1957 mars 5.750 6.000 6.250 3.650 juin 5.500 6.000 6.125 3.800 octobre 5.500 6.125 6.125 3.750 décembre 6.000 6.500 6.500 5.100 195; mars 6.400 6.o75 6.925 4.350 juin 6.600 6.d75 7.250 !.350 septembre 6.600 7.000 7.700 4.1oo d6cembre 6.600 7.250 7.375 4.100 1959 mars 6.050 .000 7.375 h.625 juin 6.050 7.400 7.500 4.625 septembre 6.b50 7.hOo 7.700 4.625 décembre 6.650 7.500 7.600 )4.625 1960 mars 7.375 9.500 d.250 1.625 juin 7.375 9.750 0.250 i75 sep,tembre 7.500 10.500 .250 9. A, dé cembre 9.000 10.000 6.750 5.700 1961 mars 9.350 10.000 c75 5.70R juin 9.000 9 .750 9.000 5.,70o ser>tembre 9.000 9.25f e.256 5.700 d$cembre 0.075 9.000 0. 0o 5.5o - suite - Tableau 7 (suite) FOB Côte d'Ivoire FOB Cameroun Sapelli Acajou Sipo Ilomba 1962 mars 9.000 9.000 8.500 5.500 juin 9.000 9.000 ô.500 5.125 septembre 9.000 9.000 6.750 5.000 décembre 9.625 9.000 b.750 5.000 1963 mars 9.625 9.250 6.75 5.000 juin 9.625 9.250 9.000 5.000 septembre 9.625 9.250 9.000 5.000 décembre 9.750 10.000 11.000 5.130 1964 avril 9.750 10.250 11.(UO 5.125 juillet 9.750 10.125 ii.0ou 5.125 septembre 9.500 10.125 10.750 5.125 novembre 9.50 10.000 10.750 5.125 1965 mars 9.500 10.000 10.750 5.125 mai 9.500 10.000 10.750 5.125 octobre 9.500 9.750 10.750 5.125 décembre 9.500 9.750 10.750 5.125 1966 avril 9.500 9.750 10.750 5.125 mai 9.500 9.750 10.750 5.125 septembre 9.00( 9.500 1.750 4t.750 décembre 9.000 9 .5o 10.750 .7 0 - suite - Tableau 7 (suite) Fob Côte d'Ivoire FOB Cameroun Sapelli Acajou Sipo Ilomba 1967 mars 9.000 10.000 11.25) 4.750 juin 9.000 10.000 11.250 4.750 octobre 9.000 10.25U 11.250 5.250 décembre 9.000 10.25o 11.750 5.25G 16i mars 9.000 10.250 12.25U 5.25U juin 10.250 10.125 12.750 5.500 septembre 10.250 10.125 14.500 5.375 décembre 11.000 10.375 14.500 5.375 1969 février 11.000 10.375 14.500 Source: Review of Trends in Tropical Timber Trade, BIRD. Tableau ;: SUPERFICIE DES PEUPLEMENTS FORESTIERS ARTIFICTELS PLANTES EN AEJIQUE OCCIDENTALE AVANT LA FIN DE 1965 (100 ha) Peuplements artificiels Lerres issences issences feuillues comme pourcentage des Pa.7s forestiäres conifåres moins de plus de Total terres ferestières 10 ans 10 ans Camero-n 24.3_, 2,72 1,10 h,ci 0,02 Côte d'Ivoire 12.CC) - 11,2 2,5 13,7 0,1 Con=o (3) - 1,3 - 6,3 0,3 lo-go(2.1 1 2 7,0 o,o Gab 2.0C - 12, 1,2 ih,0 0,7 Ghana 12.250 - - - - - liéria 31.592 - 1,6 - 5,3 0,01 lioteS: - néant: ... non disponible Sopee:Unasyl!va, 21 ( -6-;,7, 1967. -abl-au 9: FAZVISIONS DE PLANTATIONS A L'AVENIR EN AFRIQUE OCCIDENTALE (1000 ha) Accroisse- Proportion Pays Superficie moyenne annuelle de Superficie totale ment de la 1985 å plantation superficie 1960-70 1971-75 1976-85 1966-é5 1965 1975 195 1965-85 1965 Cameroun 0,23 .,0 Côte d'Iveire 1,9 1,2 5,3 19,4 (19,4) (14,1) Congo (3) 3,. 2, ..6,3 33 (33) 26,7 56 7 87,0 177 120 3,0 Ghana 0,4 1,0 .,i 11,5 (11,5) (7,h) Nigéria i,3 1,2 1,1 1,1 h,6 15,6 26,1 21,5 5,7 notes: non disponible; ( ) 2as de prévisions disponibles; le chiffre connu orécédemnent fut utilisé. Source: Unasyla, 21 (3-h) ci- 7 167 Tableau 10: COEFFlCIENTS DE U0MQLl4CIALISATIUN (C) DE QUtELQUE3 ESSEN CES FRIEfR1ES (COTß D'IVOIIbE) Essences Coefficient C (pourcentage) Acajou 63 Sapelli 64 Sipo 68 Bossé 62 Kosipo 68 Bété 55 Dibétou 5U Framiré 53 Iroko af 42 Assamela 47 Fromager 49 Ilomba 49 Kotibé 42 Samba 34 a/ Sous aubier C = Potentiel commercialisable sous écorce) Potentiel brut sur pied sur écorce) Source: Centre Technique Forestier Tropical, Paris. Tableau 11: ESTIM4ATION DU VOLUME DE BOIS BRUT SUR PIED ET DU VOLUME DE BOIS COMME11CIALISABLE AU CAMEROUN (30 essences) Surface Surface Volume bois Volume de Volume Volume com- Région forestière exploitable brut à bois com- brut mercialisa- 1000 ha 1000 ha l'hectare merciali- total ble total sable m3/ha (millions de m3) Est de la réserve de Dja 6.U50 h.800 100 50 480 2ho Ouest de la réserve de Dja 4.$05 3.400 30 15 102 51 aégion de Deng Deng 300 200 70 35 14 7 Total 12.000 Ù.400 596 29 Source: D'après les inventaires du CTFT et les estimations des membres de la mission. Tableau 12: EST]MATION DU VOLUME DES PRINGIPALES ESSENCES CMIERCIALISABLES DE BOIS AU CAMEROUN Surface Volume de bois, m3/ha Vo-lime commercialisable Zone exploitable Limba et 12 essen- 14 essen- 16 essen- Ensemble Li-mba et 12 essences 1000 ha Ayous ces princ. ces princ. ces secon, 30 ess. Ayous principales Brut Com. Brut Gom. Vol.Brut Vol.Brut Vol.Brut (en millions m3) Forêt semi-décidue (Sb 4,h,5)C 3c, E 15,5 20,7 13,5 59,5 34,7 94,1 13, 6 12,0 Forêt de transition (Sub. 2, 6, 9, 12) 1.043 66,3 3h,5 19,1 12,h 105,h 40,2 145,6 36,0 12,9 Forêt palo-ygrophile (Sub. 3, 7, E, 11) 1.730 16,5 7,4 9,6 6,h 28,3 26,3 5h,6 12,8 11,1 Forêt Deng-n; 35,2 1, 1,0 9,7 50,2 20,0 70,2 2,é 1,9 Autres forêts (non identifiées) 3.400 30 27_2 65,4 65,1 Source: inventaires du CF. Tableau 12 A: REPARTITION DES LICENCES D'EXPLOITATION AU CAMEROUN OidI1ENTAL SELON LES SUPERFICIES TOTAIS DETE2NUES PAR LES TITULAIRES Nombre de Titulaires au 30 juin 1969 Expatriés Camerounais 0-5.000 h 6 5.001-10.000 9 2 10.001-50.000 15 7 50.001-100.000 4 100.001-200.000 7 200.001-300.000 4 43 15 Total: 58 au 30 juin 1965 il y avait 63 titulaires dont 8 Camerounais au 30 juin 1967 il y avait 58 titulaires dont 9 Camerounais Source: Direction des Eaux et For6ts, Yaoundé. Tableau 13: REPALTITION DiS SCIRIES SELON LA PàODUCTION ANNUELLE, CAIEROUN ORIENTAL Année Classe de Production 1961 1964/65 1965/66 1966/67 1967/68a/ 1968/69 Moins de 5.000 m3 Nombre de scieries 24 20 23 20 7 21 Volume de production(o) 35 27 32 21 15 1 De 5.000 à 20.000 m3 Nombre de scieries 4 3 2 4 4 8 Volume de production (>) 65 25 18 33 39 h2,5 Plus de 20.000 m3 Nombre de scieries 2 2 2 2 3 Volume de production (4) 58 So 46 46 43,5 a àapports incomplets. Source: Direction des Eaux et Forêts, Yaoundé. Tableau 1h: CAPACITE DE PRODUCTION DES USINES DE PLACAGES, DE COIITRE-PLAQUES ET DE PANNEAUX DE PARTICULES DE QUELQUES PAYS DE L'AFRIQUE OCCIDENTALE 1965 - 1969 Cameroun C8te d'Ivoire Congo (K) Gabon Ghana 1965 1967 1969 1965 1967 1969 1965 1967 1969 1965 1967 1969 1965 1967 1969 Feuilles de placages Usines en service 2 2 2 1 h h h h h h h h 1 1 1 Capacité de production annuelle (1000m3) 25 25 25 12 51 51 bh bh 86 30 30 30 1 1 1 Production annuelle (1000 m3) 20,4 .. .. 9,9 ho,o .. h5,3 .. .. 23,h 19,7 .. 0,6 0,2 0,9 Contre-plaoués Usines en service - 1 1 3 3 3 h h h 1 1 3 5 $ Capacité de production annuelle(1000m3) - 15 15 20 20 20 2h 2h 2h 75 75 75 26 3f 35 Production annuelle (1000 m3) .. .. 9,0 12,0 .. 15,5 .. .. 63,5 63,5 69 19,6 26,6 3h Panneaux de particules Usines en service - - - - 1 1 - 1 1 - - - - - - Capacité de production annuelle (1000 t) - - - - h h - 6 - - - - - - Production annuelle (1000 t) - - - - 0,8 .. - Total des panneaux dérivés du bois Usines en service 2 3 3 4 6 8 8 9 9 4 $ $ ù 6 6 Capacité de production annuelle (1000 t) 19 29 29 22 55 55 79 79 79 71 71 71 1e 2h 2h Production annuelle (1000 t) 15 .. .. 13 38 .. hh .. .. 59 56 .. 13 18 23 Note: Les données pour 1969 sont des estimations. La base de conversion pour les placages est de 750 kg/m3, pour les contre-plaqués 654 kg/m3. Au Congo (K) deux usines produisent seulement des placages, deux des contre-placués seu- lement et deux à la fois des placages et des contre-plaqués. Source: Capacités mondiales de contre-placué, de panneaux de particules et de panneaux de fibre, 1966-1969, FAO. Tableau 15: PRODUCTION ANNUELLE DES GRUJlIES AU CMlEROUN m3 (r) Année Cameroun Oriental Cameroun Occidental Total 1963/64 657.000 67.!68 524.68 1964/65 475.000 69.008 Shh.ooo 1965/66 h72.729 4h.663 517.392 1966/67 537.304 0.lt'7 577.h91 1967/68 a/ h60.8b2 52.563 513.h5 1966/69 a/ 620.000 51.448 671.448 1969/70 a/ 700.000 50.000 750.000 a/ Données estimées ou préliminaires. Source: Direction des Eaux et Forêts, Yaoundé. Tableau 16: EvOLUTION DE LA PRODUCTION DE GRUMES FEUILLUES DANS DES PAYS DE L 'ARIQUE OCCIDENTALE, 1954 - 1966 m3 (r) Cameroun Congo (B) Congo (K) Côte d'Ivoire Gabon Ghana Nigéria Moyenne s 195 $h -56 3b1 240 604 345 1.264 1.163 808 1959-61 363 396 609 1.006 1.653 1.749 1.269 1964-66 ubi 645 433 2.468 1.399 1.479 1.366 Changements annuels (;s) 1954-56/1964-66 3.0 10.4 -6,6 21,o 1.1 1.2 5.4 1959-61/196L4-66 4.9 10.2 -6,5 19,7 -3.0 -3.5 1.3 Source: ieview of frends in lropical Timber Trade, BIRD. Tableau 17: EXPOrTATIONS, EN ÏiOLUME ET EN VALEUR, DES PRODUITS FORtESTIERS DU CAMEROUN, 1962-1969 (volume en milliers de tonnes et valeur en millions de FCFA) 1962 1963 1964 1965 1966 1967 1968 1969 £onnes Valeur fonnes Valeur Tonnes Valeur Tonnes Valeur Tonnes Valeur Tonnes Valeur Tonnes Valeur Tonnes Valeur Grumes 140,7 1.653 17b,4 1.956 214,4 2.174 231,7 2.166 265,9 2.407 269,6 2.596 321,5 2.974 308,h 3.939 Sciages 10,9 11,0 11,9 234 11,6 232 16,3 h2 16,2 340 10,7 221 10,7 237 rraverses 7,9 4,9 6,2 104 5,h 101 3,9 70 7,7 123 17,4 344 24,3 427 Equarries 0,4 5 1,6 29 0,7 13 0,5 13 0,7 13 0,7 15 Déroulés et 6,2 8,5 L,1 209 b,8 229 7,1 204 8,1 296 15,2 533 19,0 752 plaqués Total 241,0 2.727 259,1 2.760 295,9 3.120 302,1 3.358 365,5 4.105 435,1 5.370 Source: Direction de la statistique et de la comptabilité nationale, Yaoundé. Tableau 18: EXPORTATIONS DES BOIS OUVRES DU CAMEROUN ORIENTAL PAR ÇATEGORIES DE PRODUITS m3 (S) Moyenne Moyenne Changement Annuel 1959-61 1964-66 (pourcentage) Sciages 10.438 14.056 6 Traverses 9.773 3.103 (-25) Equarries, piquets pieux 3.028 1.403 (-16) Déroulés 9.45b 16.417 il Total 33.120 36.013 1,8 Source: Direction des Eaux et Forêts, Yaoundé, d'après les statistiques douanières. Tableau 19: EXPORTATIONS DE GRUMES DE FEUILLUS PAR LES PAYS DE L'AFRIQUE OCCIDENTALE, 1954 - 1967 1000 m3 (r) Année Cameroun Congo (B) Congo (K) Côte d'Ivoire Gabon Ghana Nigeria 1954 75 84 166 .. 657 357 370 1955 8 16 161 261 00 478 523 1956 89 171 133 319 803 555 418 1957 98 216 120 393 939 695 h67 1958 130 196 101 567 1.001 765 553 1959 139 237 107 569 1.086 1.008 697 1960 136 335 100 809 1.213 1.044 617 1961 151 316 103 1.029 1.225 773 575 1962 156 346 76 1.115 1.067 575 583 1963 198 431 91 1.445 1.150 669 671 1964 219 548 100 1.859 1.339 687 779 1965 191 524 115 1.905 1.225 559 583 1966 286 556 83 1.522 1.210 576 560 1967 250 504 65 2.173 1.180 504 333 Taux Annuel de Croissance (5) 1954-56/ 1959-61 12 17 -8 23 15 15 8 1959-61/ 1964-66 10 12 -4 19 -5 -13 -5 Sources: Données, 1954-1959 FAO; 1960-1967 OCDE. Tableau 20: EXPORTATIONS DES SCIAGES FEUILLUS PAR LES PAYS DE L'AFRIQUE OCCIDENTALE 1000 m3 (S) Année Cameroun Congo (B) Congo (K) Côte d'Ivoire Gabon Ghana Nigéria 1960 18 18 45 15 9 236 59 1961 16 15 38 30 7 246 62 1962 17 15 35 47 12 264 66 1963 18 9 44 56 13 238 98 1964 17 7 52 96 10 252 76 1965 20 6 45 153 6 230 82 1966 17 5 36 182 20 205 74 1967 20 6 31 183 26 190 52 Source: Bois Tropicaux, OCDE. Tableau 21: REPARTITION DES EXPO fATIONS DE BOIS OUVRES DE CERTAINS PAYS PRO )UCTEURS DE L'AFRIQUE OCCIDENTALE, MOYEN IE POUR 1964-1966 1000 m3 (-) Cameroun Côte d'Ivoire Ghana Nigéria Grumes 241 (8,;) 1.862 (87) 575 (56) 636 (76) Sciages 13 (4 261 (12) 417 (hi) 147 (18) Contre-plaqués - 2 (0) 31 (3) 51 (6) Feuilles de placage 17 (6 16 (1) 1 (0) - Traverses 14 (5 - - - Total 265 (10) 2.142(100) 1.024(100) 835(100) Quantités des grumes enlevées 462 2.468 1.405 1.443 Pourcentage des bois exportés 62 87 73 58 Sources: BIRD, Review of Trends in Tropica] Timber Trade. Annuaire statisbique des produits Corestiers (FAO). Tableau 22: REPARTITION DES EXPORTATIONS DE GRUMES DE FEUILLUS DU CAMEROUN, SELON LES PRINCIPALES ESSENCES ET LES PAYS DE DESTINATION 1966-1967 (en m3) Destination Azobé Ilomba Doussié Sapelli Sipo Acajou Dibétou Obeche Iroko Anres Total Pourcentage Pays-Bas 55.091 2.967 14.276 1.151 2.031 1.025 616 1.462 1.152 2.b31 82.502 285,4 Espagne 133 37.594 63 3.168 927 28b 7.24 573 1.852 3.215 55.057 18,9 3elgicue 2.915 2.E7 10.46 737 3.901 2.318 550 49 507 5.333 29.665 10,5 Italie 1.792 4.27 217 11.079 b07 853 1.036 3.347 373 7.178 30.960 10,9 France 2.562 744 3.333 3.438 5.881 5.007 200 924 466 5.b24 23.391 10,0 Allemagne 6.406 2.392 7.405 1.001 3.243 1.151 3bd 1.151 381 1.724 25.926 b,4 G. Bretagne 18 3.724 - 2.375 1.321 2.914 1.949 145 2.608 1.645 16.709 5,5 Danemark 76 115 - 1.315 322 282 729 115 - 450 3.404 1,2 Etats-Unis - 436 - 21 - 1.133 - 41 - 343 1.974 0,7 Y.S.S.R. - - - 806 - 783 - - - 325 1.914 0,7 Autres pays 111 1.013 - 2.377 - 796 73 40 b8 1.638 6.136 2,2 Total 69.106 56 .16 35.762 27.468 1.433 17.23b 12.785 7.847 7.429 29.506 282.638 100 Pourcentage 24,3 20,4 15,6 9,7 6,5 6,1 4,5 2,8 2,7 10,4 100 Source: Direction des Eaux et Forêts, Yaoundé, d'après les statistiques douanières. Tableau 23: MAIN-D'OEUVRE ET INVESTISSEMENTS RLEQUIS DANS UNE EXPLOITATION FORESTIE TYPIQUE a/ Production Grumes Sciages Total Main-d'oeuvre Camerounais 400 200 600 Expatriés _}4 Total 403 204 607 Investissements (millions de FCFA) Bâtisse 8 25 33 Equipement lourd 60 10 70 Equipement d'exploitation 140 - 140 Matériel de scierie - 146 146 Matériel de manutention 24 12 36 Matériel de communication il 14 25 Bureau, meubles 3 5 8 Atelier, garage 4 5 9 Total 250 217 467 Amortissement annuel (millions de FCFA) 60,0 35,0 95,0 a/ Production annuelle de 100.000 m3 de grumes dont 50 pour cent sont transformées dans une scierie pour donner 25.000 m3 de sciage. Source: d'après l'étude BCEOM-NEDECO. Tableau 24: COUTS DEý PiODUCTION DES GRUMES ET DES SCIAGES DANS UNE EXPLOITATION TYPIQUE Total des coûts en Coûts par m3 millions de FCFA FCFA Grumes Sciages Grtmes Sciages Salaires (bénéfices sociaux et impôts inclus) Camerounais 40,0 27,0 400 880 Expatriés 1010 14,5 100 580 Total 50,0 36,5 500 1.460 Autres coûts Energie 45,0 12,0 450 480 Pièces de rechange 40,0 20,0 400 800 Outils divers 8,0 8,0 80 320 Coûts généraux 7,0 10,0 70 400 Total 100,0 50,0 1.000 2.000 Amortissement des imobilisations 60,0 35,0 600 1.400 Charges financières jusqu'à la vente dans le port 10,0 5,0 100 200 Sous-total 220,0 126,5 2.200 5.060 Valeur des grumes - 4.200 Total/m3 1.000 1.740 Profits de 20 pour cent sur les investissements après taxes 50,0 43,4 1.000 1.740 Total des coûts 270,0 169,9 Coûts/m3 3.200 11.000 Source: d'après l'étude BCEQM-NEDECO. Tableau 25: COUTS DE PRODUCTION ET PRIX DE VENTE A L'EXPORTATION DE TaOIS ESSNCES FOREtSTIElRES (en FCFA) Grumes Sciages Kokrodua Sapelli Ayous Kokrodua Sapelli Ayous Coûts de production/m3 2.200 2.200 2.200 9.260 9.260 9.260 Profits après taxes/m3 1.000 1.000 1.000 1.740 1.740 1.74C Coûts de production parterre- coupe/m3 3.200 3.200 3.200 11.000 11.000 11.0( Coûts de production parterre- coupe/tonne 3.200 3.500 5.330 11.000 11.970 18.300 Prix de vente FOB/m3 22.000 11.000 7.000 44.000 22.000 15.000 Prix de vente FOB/tonne 22.000 12.200 11.670 44.000 24.400 25.000 Différence entre le prix de vente et les coûts de production/tonne 19.600 t.700 6.340 33.000 12.430 7.700 Source: d'après l'étude BCEOM-NEDECO et les estimations des membres de la mission. Tableau 26: R{PARTlTION DU PERSONNEL FORESTIEýd. SUPERUiUR DLS ETAS FEDEE3S DU CAMEROUN Cameroun Occidental Ingénieur Ing. des Travaux Adjoint Technique Direction Buca 1 1 Personnel régional Buca 1 Kumiba 1 1i Victoria 1 Mamfé i Bamenda 1 C. T. F.T. Sous total 5 h 3 Cameroun Oriental Direction Yaoundé i 2 Personnel régIional Douala M salrayo 4 Jafoussan 2 br Loua 2 uaroua 3 E co l e (Vbalmayo ) i2 Lb (Yaoundé) L 2 )ous iotal { 2 15 'ao 12 6 10 Source: Choll , i. , l'lique, ~législation et adminisbLration forestiLière, apport LiNUD/FS, 196j Tableau 27: iCEPART'ITION DES L1CENCES D'EXPLOITATION AU CAMEROUN ORIENTAL SELON LEUR SUPERFICIE Nombre de licences Superficie (ha) 30 juin 1965 30 juin 1967 30 juin 1969 o - 50o 6 3 5ol - 5.oo 6 51 52 5.001 - 10.00) 53 52 55 10.001 - 50.000 46 59 56 50.001 - 100.000 4 7 7 olus de 100.000 1 4 3 172 179 176 Source: Direction des Eaux et For6ts, Yaoundé. Tableau 28: COMPARAISON ENTRE LES DIFFERENTES METHODES DE SYLVICULTURE Hj - homme jour L g.o = litres de gas-oil Coût des Nombre de plants Volume Rapidité de Méthodes travaux à la plantation définitif m3/ha croissance Révolution T.S.S. 46 HJ + 10 100 25 à 50 75-200 médiocre 75-100 30 L g.o T.S.S. modifiée 43 HJ + 7 100 25 à 50 75-200 bonne (T) 75-100 1oo L g.o Taungya 40 à 44 HJ 5 400 60 à 100 200-400 excellente 40-60 Limba 114 HJ 6 60-65 60-65 200-400 excelente 40 Okoumé 63 HJ + 4 500 60-65 200-400 excellente 60 4-5 h engin Layons classique 61 à 71 HJ 10 130 à 200 25 à 50 75-200 médiocre 75-100 Layons modifiée 18 à 59 Hd + 7 130 à 200 25 à 50 75-200 bonne (?) 60 - 75 130 L g.o Recrû 87 à 93 HJ + 6 400 60 à 100 200-400 excellente (?) 40-60 130 Lg.o. Caractéristiques sylvicoles des principales espèces de plantation Nom scientifique Nom Pluviométrie Qualités Mode 4 0/an commercial (m%an) technologique transplantation Tempérament cm Parasites Triplochiton Obeche, Ayous, 1.400-2.000 Déroulage Plants 0,75 m-lim Lumière 1,5 cm scleroxylon Samba en rosette 2 cm (racines nues) Terminalia Fraké, Limba 1.400-2.000 - Stumps de 0,80 m 1,5 à superbe 1,75 m 2 cm Ancoumea klaine- Okoumé 1.000-3.000 Déroulage/pâ- Semis 1,25 Psylles ana te à papier Planta mottes 1,75 Pestallozia Stumps Khaya ivorensis Ac.Afrique - Déroulage Sciages Racines nues Lumière 1,5 à Borer Mottes 2 cm Plants 0,75Wlm Khaya grandifo- 1.200-1.k0O Sciages liola anthoteca - .D - Déroulage Entandrophragma Sipo 1.400-2.500 Déroulage Stumps 0,75m- 1,00 utile Sciages 1 m 1,50 Plants rosette Entandrophragma T 1,50 angolense Entandrophragma Sapelli 1.400-2.500 Tranchage Plants rosette 1/2 à 1 Borer cylindricum Sciages 0,75 m à 1 m lumière Déroulage Pyenanthus Ilomba 1.500-3.000 Déroulage Plants rosette Lumière 1,5 à angolense Sciages 1,50 m 2 cm Terminalia Framiré 1.400-2.500 Déroulage Stumps 2 à 2,5 Dépérissement ivorensis Sciages 1,50 - 1,75 Afzelia bipinden- Doussié 1.600-3.000 Sciages Stumps 1 à sis Charpente 0,50m - 1 m 1,50 Trrietia utilis Niangon Plants 1,50m - 1 Borer (Gabon) diversifolia 1,75 m (rosette) Lovoa trichi- Dibétou Déroulage Plants - à 1,5 à Borer s Sciages 0,50 m - 1 1/2 2 Chlorophora Iroko 1.400-2.000 Sciages Plants rosettes Phytolimlata excelsa mottesPhtlmaa o,50-0,75 m Jauclaa didarri- Bilinga 1.000-3.000 Sciages Mottes 1,50 mr"er chi Charpente Stumps courts à Poteaux Plants rosettes 1,75 0,50 à 1 m Cedrella mexicana Cèdre 1.200-2.000 Déroulage Semis directs 2 cm Pas de Boreren Plants rosettes Afr. Scolytes Mottes (Tungya) Source: Tiré de Bois et Forêts des Tropiques, nov.-déc. 1965. Tableau 28 A: DIPCRTANCE DU TRAýFIC DES PRZODUITS FORESTIERS DANS LES POrtTS DE DOUALA, KRIBI ET VICTORIA, 1959 - 1967 (en tonnes métriques) Exportations c + D C + D Année Trafic total Total Grumes Sciages A A A B C D (') D o u a 1 a 1959 813.320 390.375 109.122 37.733 18,1 37,6 1960 773.170 357.300 116.515 25.120 18,3 39,6 1)61 956 .167 441.165 166.677 25.274 20,0 43,5 1962 963.67b 430.00b 169.470 22.290 19,9 43,d 1963 1.038.687 t90.185 17.277 24.137 20,h 43,1 1964 1.116.621 509.590 207.j58 26.451 20,9 45,9 1965 1.183.223 51.990 197.570 28.126 19,1 43,8 1966 1.169.027 520.624 206.322 25.983 19,9 hh,6 1967 1.384.973 553.302 225.640 28.956 18,4 46,1 K r i b i 1959 28.475 23.772 9.900 34,8 41,6 1960 39.100 32.620 16.994 43,5 52,1 1961 40.073 31.078 14.985 37,4 48,2 1962 h0.086 31.013 15.U73 39,6 51,2 1963 4l.189 30.653 14.h49 35,1 46, 196h hO.w6 2.556 13.369 32,b 46,6 1965 51.929 41.995 19.934 38,4 47,5 1966 52.600 46.745 28.076 53,2 60,1 1967 73.397 61.196 40.355 55,o 65,9 V i c t o r i a 1963 170.219 103.371 14.oho 8,2 13,6 196h 170.806 93.858 19.112 11,2 20,h 1965 179.591 100.600 21.311 11,9 21,2 1966 134.377 70.47U 22.376 23,6 31,7 1967 94.731 44.731 - - - Source: Devenson, J.B., The H-andling and Transportation of Forest Products within and from Cameroon. Tableau 29: TARIFS DE LA REGIFERCAM POUR LE TRANSPORT DES BOIS (FCFA par tonne et par kilomètre - T.C.A. exclus) Bois de première catégorie a de 0 à 50la = 9,50 FCFA de 51 A 100 km = 8,00 de 101 à 150 km 6,50 au-dessus de 150 km =,50 Bois de deuxième catégorie f de 0 à 50 km = 8,50 de 51 à 100 km 7,00 de 101 à 150 km 5,50 au-dessus de 150 km =,50 Bois de troisième catégorie _/ de 0 à 50 km 7,00 de 51 à 100 km 6,00 de 101 à 150 km 5,5o au-dessus de 150 km =h,50 Autres bois (déroulés et contre-plaqu s) de Yaoundé Ou Mbalmnayo à Doucla = 2.050 la tonne de Bélabo à Douala 3.400 la tonne a/ Tous les sciages puis l'ébòne et-, l'auong en grumes ou équarris. Bois en grumes ou équarris destinés à l'exportation, des essences suivantes: sapelli, ngallon, timbi, acajou, iroko, ayous, zingana et bubinga. cf Bois en grumes ou ecuarris desb-ins aux scieries locales, les bois d'exporLation non inclus dans I/ oL ainsi eue les bois destinés à la fabrication d'allunet Wes. 3ource: itapport de la ugifercam. Tableau 30: NMI lß[T CAPACITE DE 'TRANSPORT DES WAGONS P>LATES3-1'O0MES DES LA RElGIFERGAM Capacité de Année Nombre de Plates-Formes transport en tonnes 1940 b5 1.400 1947 273 8.940 1968 299 10.020 1969 340 12.060 1970 (projections) 400 14.460 1973 (projections) 539 20.020 Source: d'après un rapport de la iégi.fercam. Tableau 31: FRET MARITIME (DE DOUALA) (Francs Français) United Kingdom West Afrique Occidentale Afrique Africa Lines continentale Occidentale (UKWAL) (COWAC) Française (par tonne longue 1.016 kg) (COMINAV) (par mètre cube) Tarif unique 155 GRUMES Obeché etc. 17Wpar 1.000 kg Obeché etc. 93 Essences Khaya 170 " " Densités en tonnes m3 Okumé par transaction Tous autres 168 " " 0.700 110 spéciale Alternative pour les cas ci- 0.700-0.880 129 dessus 149 par m3 à l'option 0.880 141 du chargeur Ebene 200 Ebène 174 par 1000 kg Okumé 157 " " " SCIAGE Paquets égalisés aux deux Tarif unique 139 Paquets égalisés aux extrémités 163 (Peut être modifié après deux extrémités 110 Paquets égalisés d'un seul l'étude TRADA) Paquets égalisés côté 18h d'un seul côté 121 Sciage en vrac Sciage en vrac 176 < 20m3 par facture 204 > 20m3 par facture 214 AUTRES PRODUITS FORESTIERS Placage 166 Placage 139 Placage 115 Contre-plaqués 160 Contre-plaqués 174 Contre-plaqués 100 Traverses et planchers pour ) 163 Traverses et planchers ) Traverses et ) wagons, poutres et bois de ) où pour wagons, bois de ) 116 planchers pour ) 11h plancher ) 18h plancher ) wagons ) selon emballage Bois de plancher 145 Source: Devenson, J.B. The Handling and Transportation of Forest Products within and from Cameroun, Rapport PNUD/FS, 1969. Tableau 32: OBJECTIFS PROVISOIRES D'INVESTISSEM4ENT DU PLAN INDICATIF MONDIAL (PIM) POUR LES INDUSTRIES FORESTIERES El AFRIQUI OCCIDENTALE (en millions de dollars U.S.) Panneaux Pâte Panneaux Pâte Scieries dérivés et Scieries dérivés et Pays du bois papier du bois papier 1962 - 1975 1975 - 1985 Cameroun 2,30 3,60 - 3,20 3,00 - Côte d'Ivoire 10,00 15,60 17,50 6,10 11,80 24,50 Congo (B) 1,20 2,60 - 1,60 4,90 - Congo (K) 7,40 2,70 0,06 11,40 5,30 7,00 Gabon 1,10 9,20 - 1,20 15,20 - Ghana 0,80 20,47 36,04 5,94 14,82 72,09 Nigéria 6,90 16,20 19,00 10,40 27,10 81,00 Autres pays 1,41 2,00 - 2,25 2,00 Total 42,66 77,90 108,76 64,25 92,05 238,86 Source: Unasylva, 1969. Tableau 33: BESOINS EN PERSONNEL QUALIFIE DES INDUSTRIES FORESTIERES EN AFRIQUE OCCIDENTALE 1962-1975 1975-1985 Panneaux Pâte Panneaux Pâte pays Scieries dérivés et Scieries dérivés et Totaux du bois papier du bois papier T S T S T S T S I S T S T S Cameroun 12 2 7 2 - - 6 1 3 1 - - 2b 6 Côte d'Ivoire 50 10 31 10 10 5 12 2 11 h 11 6 125 37 Coneo (B) 6 1 5 2 - - 3 1 5 2 - - 19 6 Congo (K) 37 7 5 2 - - 22 4 5 2 3 2 72 17 Gabon 6 1 16 5 - - 2 - 14 5 - - 3U 11 Ghana h l 41 14 21 12 il 2 14 5 32 18 123 52 Nigéria 35 7 32 11 11 6 20 3 25 36 20 159 55 Autres pays 8 1 h 1 - - h 1 2 1 - - 18 h Total, Afri- que Occiden- 156 30 1h1 47 42 23 70 14 79 28 82 46 582 188 tale Note: T = Technicien; S = Niveau Supérieur. Source: Unasylva, 1969. Tableau 34: CONTRIBUTIONS POSSIBLES DU SECTEUR FORESTIER AUX REVENUS DE L'ETAT Hypothèses Production annuelle (1000 m3) 800 1.000 1.250 1.500 1.800 Nombre de chantiers 45 50 60 70 60 Noibre de scieries 10 10 15 20 25 Vain-d'oeuvre camerounaise 7.600 9.000 12.000 14.500 16.800 Main-d'oeuvre expatriée 200 220 260 320 370 Nature de la Fiscalité (millions de FCFA) Charges forestières a/ 1. Taxe par m3 des bois coupés (100 FOFA) 0,0 101,5 125,0 125,O 188,0 2. Taxe par m3 des grumes exportées (30 FCFA + 6 FCFA) 150 25,2 32, 39,6 68 3. Taxe par m3 des sciages exportées (20 FCFA + 6 FCFA) 1,0 1,2 1,3 1c,6 3,1 ,Fonds Spécial Forestier (20 de 1 2 et 3 Plus h. Taxe du /od pca Frsir(0 d12et3pu redevances terriotiriales de 4 FCFA/ha) 48,0 53,7 58,6 65,3 73,9 5. Redevances territoriale (5 FCFA/ha) 35,0 35,0 35,0 35,0 35,0 6. Taxe d'agrément (lo FCFA/ha) 00 10,0 10,0 10,0 7. Cahier des charges: Réalisations sociales (70%) 216 7,2 43,6 43,6 43,6 - Travaux forestiers (30%) 94 37,6 18,8 18,8 1, - Sous-total 316,0 267,9 319,7 366,1 356,8 Imp8ts directs / 1. Taxes sur capital (0,75%) 9,0 15,0 22,5 22,5 30,0 2. Bénéfices industriels et commerciax B.I.C. (25% + 10%) 81,6 104,6 129,9 157,5 193,1 3. Patentes C/ 10,5 14,5 18,7 19,5 21,7 4. Taxe sur chiffre d'affaires- T.C.A. (3%) 36,4 36,4 4o,5 42,5 44,5 5. Minirum forfaitaire (2.640) 21,1 24,3 32,4 39,1 45,3 6. Taxes sur salaires (3,30%) 50,7 57,4 75,2 89,1 103,1 7. Imp6ts sur revenus 40,0 44,0 56,0 64,0 74,0 B. Taxe apprentissage (0,25%) 3,6 4,3 5,7 6,7 7,8 Sous-total 253,1 300,9 301,0 41,3 519,7 - suite - iableau 34 (suite) AnSts indirects b/ 1. Droits sortie grunes (350) 175,o 245,0 315,0 385,0 455,0 2. Droits sorzie sciare (200) 6,0 9,0 10,0 14,0 2L,0 3. Garburanss (-0 FC,A/i) d/ 160,0 203,0 250,0 304,0 376,0 h. kroits entrée matériel (5&o) e/ 125,0 125,0 125,0 50,0 50,0 5. Drois entrée Maåériel (40,) 200,0 200,0 200,0 200,0 200,0 o. Droits entre pieces dåtachées (50) 320,0 400,0 500,0 600,0 750,0 7. Taxe dlembarcuement (65 FCFA) 35,1 _4L 61,7 76,0 92,3 Sous-total 1.023,1 1.230, 1.461,7 1.627,0 1.947,3 OT2AL 1.592,0 1.619,2 2.162,4 2.434,4 2.023,6 a/ Pour expi=cariGns plus détailiées voir la description des charges forestières (Annexe 1). / our 3xplicaticns plus dåtaillées voir "Note d'information destinée aux promoteurs envisageant de s'installer au - 0,einistre du Plan et du Dévelonnm-÷, Ypoundé, mai 1969. c/ Beses de '53.0i0 FCFApour les scieurs, 213.000 1:CFA pour les forestiers et 300.00FCFA pour les exportateurs. d carburents et lubrifipnes casés sur 20 1/ -3. gBsås sur une valeur de c00 FCFA/m3. Source: "Syndicaz des producteurs ez exportateurs de bois du Cameroun et estimations des membres de la mission. Tableau 35: PROJECTIONS DU VOLUME ET DE LA VALEUR DU COMERiE DES PRODUITS FORESTIERS AU CAMEROUN SELON DIFFERENTS NIVEAUX DE LA PRODUCTION BRUTE ANNUELLE 800 1.000 1.250 1.500 1.800 Production Brute (1.000 m3) Volume Valeur Volume Valeur Volume Valeur Volume Valeur Volume Valeur 1000.000 1000.000 '000.000 '000.000 '000.000 Grumes exoortées (1.000 m3) à 8.000 FCFA/m3 560 h.500 700 5.600 850 6.&00 1.050 8.h00 1.250 10.000 Sciages exportés (1.000 m3) à 1E.000FCFA/m3 ef 20 360 33 600 5h 970 60 1.080 75 1.300 Sciages locaux (1.000 m3) à 13.50OFCFA/m3 b/ 90 1.215 100 1.350 110 l.h5 130 1.760 150 2.2 Total 6.uy 6.550 9.255 11.240 13.320 a/ Selon un rendement de 30 pour cent. b/ Selon un rendement de 50 pour cent. Source: Syndicat des producteurs et exportateurs de bois du Cameroun et estimations des membres de la mission. Tableau 36: PROJECTIONS DE L 'APPORT ECONOMIQUE ET DES INVESTlSSiELNTS DU SECTEUR FORESTIER AU CAIEOUN, SELON LES VOLUIS DE PRODUCTION ANNUELLE Production Annuelle (1.000 m3) 800 1.000 1.250 1.500 1.800 (millions de FCFA) Apport à l'économie Salaires des ouvriers af 936 1.080 1.hh0 1.740 2.0i Salaires des expatriés b/ 600 660 b40 960 1.110 Chemin de fer (Régifercam) 6k0 756 1.0b0 1.260 1.620 Port (Sogex) e/ 276 366 474 570 732 Total 2.292 2.862 3.834 4.536 5.47b Investissements Routes et ponts (1.000 km) IùO 400 400 400 400 Chantiers d 375 125 250 250 250 Scieries e -- 300 300 Total TÉ o 95o 950 a/ Sur la base de 120.000 FCFA/an. bf " 3.000.000 FCFA/an. " 600 FCFA/m3. d 25 millions FGFA. e/ "60 millions FCFA. Source: 'Syndicat des producteurs et exportateurs de bois du Cameroun et estimations des membres de la mission. THE WORLD'S FORESTS FIG I -- -- - - - '- n-1 Cool coniferous forest Equatorial rain forest Temperate mixed forest Tropical moist deciduous forest Worm temperate moist forest Dry forest JUNE 1970 IBRD -3013 F IG2 叩 JUNE 1970-BRD3O14

Основные сведения
Тип документа Pre-2003 Economic or Sector Report
Дата принятия
Страна Камерун
Источник Всемирный банк