FILE CO?Y DIFFUSION RESTREINTE RapportNo. AF-78a TRADUCTION NON-OFFICIELLE A TITRE D'INFORMATION Ce rapport a e'té prépar 'a titre de document interne. Ni la Banque ni les organismes qui lui sont affiliés n'acceptent aucune responsabilité quant à son exactitude ou son caractère exhaustif. En aucun cas ce rapport ne saurait être publié ou cité comme représentant leurs vues. BANQUE INTERNATIONALE POUR LA RECONSTRUCTION ET LE DEVELOPPEMENT ASSOCIATION INTERNATIONALE DE DEVELOPPEMENT L'ECONOMIE RWANDAISE Le 2 juillet 1968 Departernent Afrique TAUX DE CONVERSION Unite Monetaire Franc rwandais (FR) 1 dollar E. U. FR 100 depuis avril 1966 1 dollar E. U. FR 50 avant avril 1966 Unite' de mesure = Metre Le présent rapport a été établi par une mission qui slest rendue au Rwanda en novembre-dècembre 1967 et qui comprenait Messieurs Xavier de la Renaudière., Armand Van Nimmen et Christopher R. Wilkinson. TABLE DES MATIERES Page DONNEES DE BASE (i) RESUI ET CONCLUSIONS (iii) I. LE PAYS 1 A. Géographie et population B. Situation politique 2 II. LECONOMIE 3 A. Croissance et structure économique 3 B. Commerce extérieur et paiements 5 C. Analyse par secteurs 9 (i) Agriculture 9 (ii) Mines 17 (iii) Industries 18 (iv) Commerce 19 (v) Infrastructure 21 (vi) Enseignement 24 III. FINAUCEIT ET DEVELOPPEENT 29 A. Organisation des finances publiques 29 B. Recettes de 19Etat 30 C. Dépenses courantes de l'Etat 32 D. Dépenses de développement 3h E. Autres investissements du secteur public 34 F. Evolution de la situation monétaire et fiscale 35 G. Prix et salaires 37 H. Financement des investissements 39 I. Planification du développement h3 Pae IV. PERSPECTIVES ECONOIQUES h6 A. Généralités 46 B. Financement du développement 48 C. Dette extérieure et aide éventuelle de 11IDA 51 TABLEAUX DANS LE TEXTE I Estimation du produit intérieur brut 3 II Commerce extérieur 6 III Balance des paiements 8 IV Elevage 16 V Consommation dtélectricité 23 VI Consommation de gaz et dteau 24 VII Dépenses de llenseignement public 27 V.II Recettes de ltEtat 30 IX Dépenses de ltEtat 33 X Budget consolidé 35 XI Situation monétaire 1964-1967 37 XII Indices des prix 38 XIII Versements de llaide étrangère 41 XIV Investissements publics 42 XV Plan de développement DONNEES DE BASE Superficie 23.640 im2 Superficie totale des terres propres à la culture et à lélevage 16.300 km2 Population: 1965 3.145.000 1967 (estimation) 3.300.000 (Densité moyenne: 139/km2) Taux dtaccroissement de la population (1954-65) 3,3% par an (environ) (en millions de FR) 1964 1966 Produit intérieur brut (aux prix de 1959): 4.499 6.216 cultures vivrières 64% 59% cultures industrielles 6,5% 5,5% élevage 6,5% 5% mines 2,5% 2% industrie et construction 5% 14% services 6,5% 8% gouvernement 9e 7% PIB par habitant (prix de 1966): 4.000 FR (Us $40) Taux dtaccroissement du PIB (1959-66 à prix constants) 4,1% par an Balance des paiements (estimation) (1967, US $nillions) Exportations, f.o.b. 14,8 Importations, f.o.b. -17,0 Services (net) -3,9 Transferts de capitaux privés (net) +1,4 Transferts de capitaux publics +4,7 Capital privé +0,2 Capital monétaire -1,8 Erreurs et omissions +1,5 Pourcentage des exportations de produits de base (1966): 88% (café, cassitérite) Réserves nettes de devises (en millions de RF a la fin de d'cembre 1967): -78 millions - ii - Recettes et dépenses de lfEtat (chiffres provisoires pour 1967): en millions de FR Dépenses ordinaires: -1.375 Recettes: 1.251 Déficit: - 12h Dépenses de développement: - 76 Déficit total - 200 Endettement auprès de la Banque centrale 116 Bons du trésor 141 Endettement vis-à-vis de ltétranger - Modification du solde net (-accroissement) - 57 Situation monétaire (en millions de FR) Déc. 1967 Taux de croissance (1964-67) Masse monétaire 1,535 19% Crédits à ltéconomie 1,171 57% Indice des Prix à Kigali (Avril 1965 = 100) 146 - Dette Extérieure Dette totale 2,h millions de dollars E.U. (31 dcembre 1967) dont: 2,25 millions de dollars E.U. effectivement versés Rapport de la dette publique aux revenus provenant des exportations en 1967: 7% (toutes dettes relatives à des crédits fournisseurs) Taux de change: Jusqulen avril 1966: 50 FR = 1 dollar E.U. depuis avril 1966: 100 FR : 1 dollar E.U. LIECONOMIE DU IANDA RESUTI ET COUICLUSIONS 1. Le Ruanda est un petit pays fortement peuplé, situé exactement à ltest de la République démocratique du Congo, en Afrique centrale. Il formait avec son voisin du Sud, le Burundi, le territoire sous mandat belge du Ruanda-Urundi. Avant son indépendance, en 1962, le Rwanda appartenait à une union douanière comprenant également le Burundi et le Congo Belge et la plus grande partie de son commerce extérieur transitait par ce dernier pays. 2. Après l'indépendance, le Rwanda et le BIurundi restèrent en union économique et monétaire, mais celle-ci fut abandonnée en 1964. Depuis lors, le Rwanda a établi sa propre banque centrale, frappe sa propre monnaie et fait passer la plus grande partie de son commerce extérieur par liOuganda; de fait, llitinéraire vers la mer qui est ainsi emprunté est plus économique que llitinéraire vers lIOcéan atlantique utilisé précédemment. 3. Les deux principaux groupes ethniques qui composent la population du Rwanda sont les Tutsis et les Hutus. Les Tutsis, qui sont un peuple de pasteurs, ont émigré au Rwanda après les paysans Hutus et ils devinrent fi- nalement liélément dominant du pays bien que leur nombre itait jamais dépassé 10% de la population totale. Pendant la plus grande partie de la période de mandat, ladministration belge a exercé son autorité par ltintermédiaire de la chefferie tutsi. Cependant, vers 1959, la population Hutu stagita de plus en plus et parvint, à la suite de consultations électorales, à écarter du pouvoir les Tutsis. Au moment de ltindépendance, un gouvernement Hutu, pré- sidé par M. Grégoire Kayibanda, stest constitué et il est demeuré au pouvoir depuis lors. Un grand nombre de Tutsis ont quitté le pays, en particulier la majeure partie de la classe dirigeante, et ils constituent maintenant une masse importante de réfugiés vivant dans les pays voisins. Certains éléments de ces réfugiés souhaiteraient revenir au Rianda et de nombreuses attaques ont eu lieu aux frontières de ce pays. A la fin de 1963, une attaque plus sérieuse que les autres a semé la panique parmi la population paysanne du Rwanda, et un grand nombre des Tutsis qui étaient restés dans le pays ont été tués. 4. La population actuelle du Rwanda est évaluée à 3,3 millions d1habitants environ. Etant donné la faible superficie du pays, la densité est donc liune des plus fortes de toute liAfrique. Ce fait est particu- lidrement important car une très grande proportion de la population vit de l'agriculture. Un tiers environ du territoire ntest pas habitable - les montagnes de ltouest et les terres arides de llest - si bien que la zone fertile a une.densité encore plus forte, qui atteint même 200 habi- tants au kilomètre carré dans une province. Dans le passé, il a été fait face à l'augmentation de la population par le défrichement de nouvelles terres et par la protection des cultures, dans les régions exposées, au moyen de plantations dlarbres et de la lutte contre llérosion. A présent, - iv - il nty a pratiquement plus de terres susceptibles dt6tre cultivées sans investissements importants. lh outre, la lutte contre llérosion ntest plus effectivement pratiquée et liaccroissement de la population pourrait entralner à llavenir une baisse de la consommation de produits alimen- taires par habitant et un sérieux danger de famine pendant les années à pluviométrie défavorable. 5. Traditionnellement, le Rwanda est une source dtémigrants pour d'autres pays africains. Un petit nombre d'entre eux est allé travailler dans les mines du Katanga, diautres se sont installés dans la province du Kivu, au Congo, et un courant régulier slest dirigé vers le 3ud de lfOuganda. Au cours de ces dernières années, lZémigration a considérablement diminué, sauf en ce qui concerne les réfugiés; cela tient à la présence de groupes hostiles vivant prés des frontières et à la situation au Congo. Il est cependant indispensable quun taux raisonnable d émigration se rétablisse le plus rapidement possible pour alléger la pression démographique au Rwanda. 6. La population du Rwanda vit surtout de l'agriculture, qui est essentiellement une agriculture de subsistance. Les principales exporta- tions sont le café et la cassitérite (minerai diétain). Le café est la principale source dtargent liquide pour les paysans. Llindustrie manufac- turière et les services sont très peu développés; ltindustrie de la cons- truction est aussi très réduite, mais elle se développe rapidement. Le réseau routier est très dense, mais il se détériore, et ltlectrification se limite à quelques mines dIJ'tain et aux villes principales. Le secteur minier ne semble pas particulièrement bénéficiaire et comme la majorité de la population est très pauvre et n ta que de faibles revenus en argent liquide, il en résulte que lépargne nationale est très réduite. 7. Au moment de ltindépendance, le Rwanda était particulièrement mal doté en ce qui concerne les éléments fondamentaux nécessaires à ltéta- blissement d tun gouvernement indépendant. Comme il avait toujours été administré par des capitales situées à llextérieur de ses frontières, il ntavait pratiquement aucune institution sur laquelle stappuyer et ce pro- blème fut aggravé par la rupture finale avec le Burundi en 1964. Le Rwanda avait bien moins de fonctionnaires déjà formés, m6me au niveau le plus bas, que la plupart des pays africains au moment de leur indépendance. Au sur- plus, les rares fonctionnaires qui étaient passés par lenseignement secon- daire, étaient généralement des Tutsis qui quittèrent le pays ou furent considérés comme peu sûrs, du point de vue politique, par le nouveau gou- vernement. Ladministration du Rianda est donc étroitement tributaire dfun petit nombre d'assistants techniques étrangers. 8. Sous l'administration belge, la production de café, ltentretien des routes et la lutte contre llérosion dépendaient dans une très large mesure de ltautorité des chefs Tutsis sur les paysans Hutus. Quand cette autorité disparut, la première réaction fut dlabandonner ces activités. La production de café, qui a également souffert de la disparition des ser- vices dlencadrement, a fortement diminué entre 1959 et 1963, mais elle a régulièrement progressé depuis et les exportations ont atteint en 1967 leur niveau le plus élevé depuis 1959. Le contingent d1exportations du Faanda doit s 'élever progressivement à 260.000 sacs et la production actuelle comme les prévisions en matière de plantation laissent penser que ce contingent sera atteint en 1969 ou 1970. Les exportations de thé et de pyrèthre, sous forme dtextrait de pyréthrine, devraient éga- lement augmenter rapidement au cours des prochaines années. 9. Avant ltindépendance, le Ruanda-Urundi dépendait étroitement de ltaide financière de la Belgique tant pour les investissements que pour les dépenses courantes. Le système fiscal en vigueur niétait pas à même, au moment de ltindépendance, de financer ltaccroissement rapide des dépenses de fonctionnement, dd en premier lieu à la création diune administration nationale, puis à laugmentation rapide des charges en matière diéducation (développement de lenseignement primaire) et de défense. 10. Jusquten 1966, la situation financière et monétaire stest rapi- dement aggravée -en dépit de la reprise des exportations de café à partir de 1963. Liaugmentation du déficit budgétaire, qui était principalement financé par-des emprunts auprès de la Banque centrale, a entraîné une baisse rapide des réserves de devises. Les importations ont été limitées par un système de licences et la pénurie a provoqué lrapparition diun marché noir. Eh avril 1966, le gouvernement a adopté.un plan de stabili- sation en accord avec le Ei. La monnaie a été dévaluée, le taux de change passant de 50 à 100 francs rwandais pour un dollar E,U., et de sévères restrictions de crédit ont été appliquées tant dans le secteur public que dans le secteur privé. Ltaméli.oration ultérieure de la situation écono- mique peut être attribuée, dans une très large mesure, aux dispositions qui ont été prises à cette époque. Le contingentement des importations et les restrictions apportées aux échanges invisibles ont été allégés tandis que le prix du café à la production a été relevé pour encourager les exportations. Les exportations de café ont diminué en 1966 et le budget du Gouvernement central a été à nouveau très déficitaire par suite des achats dtéquipements militaires; bien que les hausses de prix aient été enrayées, la balance des paiements est restée en déficit et la tota- lité du crédit stand-by consenti par le FMI a été utilisé pour le financer. 11. Le gouvernement a obtenu un deuxième crédit stand-by du FI en avril 1967. L'augmentation de la production de café et des exportations de minerais ont entraîné un excédent de la balance des paiements cette année-là; les finances publiques se sont améliorées bien que le déficit nfait pas été éliminé, et la stabilité des prix a été maintenue. Les recettes ont augmenté en termes réels de 160 pour cent entre 1963 et 1967 sans que cela entrafne pourtant ltapparition dlune épargne publique: lZaccroissement a été entièrement absorbé par laugmentation des dépenses courantes et la réduction du déficit. Le budget de 1968 est en équilibre essentiellement parce que les dépenses militaires ont été réduites. Il y a tout lieu de penser que les exportations vont continuer à croître, mais moins rapidement quien 1967, et en mars 1968, le F1I a accordé un troisième crédit stand-by au Rwanda. 12. Pour juger des résultats économiques obtenus par le PRanda, il faut tenir compte des graves difficultés internes et externes qutil a af- frontées depuis ltindépendance lorsqutil a voulu mettre sur pied une ad- ministration nationale sans disposer d'éléments de base, a une époque oil - vi - le pays était sous la menace d tune attaque, et prendre en considération aussi llétroite coopération et la confiance qu'il a manifestées à ltégard du Fonds Monétaire International au cours de la période de stabilisation et de redressement économique. On imagine difficilement comment le gouver- nement aurait pu assurer sa défense et respecter partiellement les aspira- tions de la population par le développement de lienseignement autrement quIen pratiquant une politique de déficit budgétaire et en épuisant ses réserves de devises au cours de ces premières années critiques. Eri valeur absolue, les dépenses courantes du Rwanda ntont pas été excessives. Elles ne représentent que des sommes assez faibles, m8me si on les compare au PIB, et il nly a pas de signes de gaspillage. Les traitements du secteur public sont très modestes. 13. Le gouvernement est pleinement conscient de ce que le dévelop- perent économique dépend pour ltavenir de liaccroissement de llaide étran- gère en capital et de liexistence dlune épargne publique suscitée grâce à une politique monétaire-et fiscale raisonnable. Liassiette fiscale a été fortement améliorée en 1966, quand des taxes à lexportation sont devenues pour la première fois une source importante de revenus, mais un nouvel élar- gissement de cette assiette slavérera indispensable en temps utile. 14. La politique de développement du gouvernement repose actuelle- ment sur un plan quinquennal qui couvrait initialement la période 1965- 1969. La réalisation du plan a di 9tre retardée car le programme initial était trop ambitieux. Il mettait ltaccent à juste titre sur laccroisse- ment des exportations et ltamélioration de certaines liaisons routières, en particulier vers le nord, mais à long terme, l'augmentation de la pro- duction de denrées alimentaires devrait recevoir une plus grande priorité. 15. La dette extérieure du Rtanda est très faible, mais comme le pays est extrêmement pauvre et que l'épargne publique restera très limitée pendant encore un certain temps, ltEtat ne devrait pas s iendetter aux con- ditions habituelles dans ltavenir prévisible. Le développement du Rwanda sera un processus très long qui ne pourra se faire sans une importante aide extérieure dont une grande partie devrait être composée de subventions et de prêts à des conditions de faveur. I. LE PAYS A. Géographie et *opulation 1. Le Rwanda est un petit pays dtune superficie totale de 23.6h0 km2 et peuplé de 3,3 millions dthabitants. Il est situé entre la République démocratique du Congo à llouest, ltOuganda et la Tanzanie au nord et à lrest, et le Burundi au sud. Le pays est inégalement peuplé: il existe deux zones pratiquement inhabitables, l'une étant la ligne de partage des eaux du Congo et du Nil, ou, au-delà de 2.000 mètres, ltaltitude et la forgt vierge rendent les cultures impossibles, lautre étant la partie est du pays bordant la Tanzanie, o les faibles précipitations se tra- duisent par une moindre fertilité du sol. Les mouches tsé-tsé posent aussi un problème dans cette région. Le reste du Rwanda se caractérise par des sols généralement fertiles, des précipitations habituellement abondantes et bien réparties, avec une saison sèche très brève, ce qui permet de faire plusieurs récoltes dans liannée. On peut dire que la population agricole ne reste jamais oisive à aucune période de liannée. La densité moyenne est de l'ordre de 133 habitants au kilomètre carré, mais si lon tient compte seulement des terres "utiles", elle est dren- viron 180-habitants au km2. Il nly a pratiquement pas de région de l'Afrique, à part le delta du Nil, qui ait une densité aussi élevée. 2. Bien que le réseau routier intérieur soit assez dense, les communications avec le monde extérieur sont insuffisantes. Les plus proches lignes de chemin de fer actuellement utilisées pour atteindre 1Océan indien partent ce Kampala, dans ltOuganda, et de Kigoma en Tanzanie. La route du nord qui fait la jonction avec 11ouganda ntest pas adaptée aux besoins actuels et les liaisons à travers le Burundi et le Congo sont devenues incertaines. 3. La population, qui staccroit dzun peu plus de 3 pour cent par an, est essentiellement agricole et il nty a que quelques petits centres urbains. Presque toutes les bonnes terres sont occupées et chaque fa- mille ne dispose en moyenne que d'une superficie réduite à un hectare ou moins. Aucun programme de limitation des naissances n'est appliqué et les suggestions faites en ce sens dans le passé se sont heurtées à une opposition sociale et religieuse. h. Environ 95 pour cent de la population est d'origine Hutu, peuple diagriculteurs dlorigine bantou. Le reste est composé de Twa et de Tutsi. Les Tutsis étaient autrefois plus nombreux et ils dominaient la vie poli- tique et sociale du pays. Beaucoup dientre eux se sont enfuis après 1959 et sont maintenant installés de manière plus ou moins permanente dans les pays voisins. Il y a actuellement quelque 150.000 réfugiés rwandais dans les pays voisins; la plupart vivent sur de nouvelles terres aménagées avec ltaide du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés et des gouvernements des pays intéressés. Le plus grand nombre se trouve au Congo. En dehors des colonies de réfugiés, certains se sont intégrés individuellement dans ces pays. Un effort a été entrepris récemment pour installer les réfugiés à une certaine distance des frontières du Rwanda. - 2 - B. Situation politique 5. Dlabord colonisé par lfAllemagne, le Ruanda-Urundi est devenu territoire sous mandat belge après la première guerre mondiale. Jusqutà leur indépendance en 1962, le Rwanda et le Burundi étaient administrés ensemble et formaient une union économique avec ce qui était alors le Congo belge. 6. Entre 1959 et 1965, le Rwanda a souffert dlune instabilité sociale et politique extrdme qui est devenue critique en plusieurs occa- sions. le était due à la lutte qui opposait les chefs Tutsis tradi- tionnels et le peuple Hutu dont la prise de conscience venait de steffec- tuer sous la conduite dfun petit nombre dthommes éduqués dans les uni- versités occidentales. Au cours des dernières années qui ont précédé ltindépendance, les autorités belges ont fait quelques concessions en faveur des Hutus tout en stefforgant de rester neutres dans le conflit. LIEglise catholique, qui a une position solide dans ltenseignement et tient une grande place dans la vie du peuple, devint aussi favorable à la cause des Hutus. Pendant cette période, le Conseil de tutelle des Nations Unies a suivi très attentivement lfévolution de la situation au Rwanda. 7. Les principaux événements qui ont marqué cette période troublée sont Ja mort du roi Tutsi (Mwavii) Mutara III en juillet 1959, puis ltarrivée au pouvoir des Hutus, lors des élections municipales de juillet 1960, con- solidée en janvier 1961 avec la proclamation dtune assemblée constituante. Finalement, les élections législatives ont eu lieu en septembre 1961. Les réfugiés Tutsis avaient déjà commencé à quitter le pays au cours de cette période et un exode massif stest produit à la fin de 1961 et au début de 1962. Cette période a été marquée par des combats de guerilla. Certains réfugiés espérant reprendre le pouvoir, un groupe de militants s test formé sous le nom de "Inyenzil. Plusieurs incursions ont été effectuées contre le nouvel Etat qui était totalement incapable de se défendre au début. La conséquence la plus dramatique de ces raids a été de semer la panique parmi la population Hutu et dientrafner des représailles contre les Tutsis qui étaient restés dans le pays. 8. Le Président de la République, M. Grégoire Kayibanda, était déjà un important dirigeant Hutu avant ltindépendance. Le parti qutil a fondé et qui est actuellement au pouvoir, le Parmehutu (Parti du Mouvement de ltEmancipation Hutu), est le seul parti du Rwanda; les partis Tutsis ont disparu. 9. Le Rwanda a adopté une position pro-occidentale modérée sur le plan des relations internationales. Eh ce qui concerne ses voisins, il a progressivement réduit sa dépendance vis-à-vis de la République Démocra- tique du Congo et du Burundi en développant des liens plus étroits avec ltCuganda. II. LtECONOMIE A. Croissance et structure économiques 10. Le Itanda est un pays agricole très pauvre dont ltéconomie est principalement de subsistance. En 1962 il a entrepris la lourde tâche dforganiser une nation, sous la menace constante dtune invasion. Lors de leur accession à ltindépendance, le Rwanda et le Burundi coupèrent leurs liens avec le Congo mais maintinrent une union monétaire, douanière, une Banque centrale commune (BERB) et un office de commercialisation du café - (OCIRU). Cependant, les liens avec le Burundi furent rompus le ler janvier 1964. 11. Il est difficile de quantifier ltimpact sur lléconomie du Rwanda des événements qui eurent lieu entre 1959 et 1964. (Les données sur les comptes nationaux sont rares et sujettes à caution.) LtOffice Général de Statistique, source officielle des données statistiques, ne publie pas de comptes nationaux et des calculs approximatifs du produit intérieur brut ont été faits isolément par des autorités diverses. Ces chiffres ngont pas été calculés d1après des séries de statistiques continues ni selon la même méthodologie. Au mieux, ils représentent une vague indication de lévolution des différents secteurs de léconomie. Tableau I: Estimation du produit intérieur brut (millions de Francs rwandais, prix 1958-59) 1959 1962 1964 1966 Secteur primaire 4.030 4.609 3.569 4.397 Agriculture 3.595 4.399 3.157 3.982 dont: cultures vivrières (3.100) (4.055) (2.86h) (3.650) cultures d'exportation ( 95) ( 3h) ( 293) ( 332) KLevage et Piche 328 200 300 300 Mines 107 110 112 115 Secteur secondaire 60 22h 216 865 Industries (artisanat et énergie inclus) 30 146 143 533 Bâtiments et travaux publics 30 78 73 332 Secteur tertiaire 599 767 714 95h Administrations 240 319 417 U2 Transports 10 28 28 106 Commerce 175 263 213 288 Logement 64 67 ... ... Autres services 110 90 56 118 Total 4.689 5.600 4.499 6.216 Sources: Association Européenne de Sociétés dlEtudes pour le Développement Etude Globale de Développement du Rwanda et du Burundi, 1961; République Rwandaise, Etude de Développement-Plan Intérimaire d'Urgence, Vol. I; données fournies par les autorités Rwandaises; et estimations de la mission. 12. Le fait le plus frappant est la forte diminution du PIB entre 1962 et 196h presque exclusivement imputable à une baisse de la produc- tion agricole, des cultures vivrières aussi bien que des cultures d'expor- tation. La production du café à elle seule tomba en 1963 et 1964 à 35 et 60 pour cent respectivement du niveau atteint en 1959, après plusieurs années de croissance régulidre. Le café étant la source principale du revenu monétaire des paysans, il en résulta un déclin important de ltéco- nomie monétaire. 13. Cependant, depuis 1964 un redressement général de ltéconomie se dessine. La production agricole est remontée, tandis que les secteurs secondaires et tertiaires se sont développés rapidement, portant le PIB total au niveau de 12,9 milliards de francs rwandais aux prix courants de 1966 ou de 6,2 milliards de francs rwandais aux prix de 1958-59. Les cul- tures d'exportations et liélevage exceptés, tous les secteurs de lléconomie paraissent rétablis de la période de transition qui a suivi ltindépendance et leurs productions dépassent les chiffres records de l'année 1959. Le taux de croissance du PIB entre 1959 et 1966 était dtenviron h. Entre-temps cependant, la population rwandaise est passée de 2,6 millions en 1959 à 3,3 millions en 1967, soit un taux annuel supérieur à 3 pour cent. Llaccroisse- ment naturel est quelque peu supérieur si lion tient compte de la guerre civile et de lémigration de plus de 150.000 réfugiés. Le PIB réel par tête semble donc avoir très peu augmenté. A prix courants on peut main- tenant estimer le PIB par tête aux alentours de 4.000 francs rwandais ou 40 dollars des Etats-Unis au taux de change actuel. Bien que la popula- tion soit largement répartie dans le pays et qutil existe très peu de vil- lages ou de centres commerciaux en dehors des missions, le développement de Kigali et llexpansion de Butare ont considérablement élargi le secteur monétaire de léconomie. Estimé à 40 pour cent du PIB total en 1964, il est fort possible que le revenu monétaire se soit élevé à plus de 5o pour cent en 1966, le changement étant dil principalement à une plus grande com- mercialisation des cultures vivrières. 14. Malgré le rajustement de ces dernières années, ltéconomie demeure très semblable à ce quIelle était avant ltindépendance, une économie rurale, principalement de subsistance, hantée par la lutte pour la survie. En raison des variations pluviométriques extrêmes, cette région de lfAfrique a toujours été frappée par des famines; ces dernières années en conséquence de la rareté de la terre et de la croissance rapide de la population, le problème d'assurer la survie en une telle éventualité connaft une acuité particulière. Les chiffres de la production agricole passée indiquent que la production de cultures vivrières aux prix constants de 1958-59 est tombée de 1.180 francs rwandais par tête en 1959 à 960 francs rwandais en 1964. Depuis, la production par tête est remontée légèrement au-dessus du niveau de 1959 (1.200 francs rwandais), mais sans une augmentation de la producti- vité agricole, la production par habitant des cultures vivrières ne pourra continuer de staccroftre; en 1972 on prévoit quIelle sera de ltordre de 1.200 francs rwandais 15. Alors que la production minière, de cassitérite principalement, a été stagnante depuis 1959, les secteurs de la construction et de ltindus- trie connaissent une expansion considérable. Bien que les chiffres pour ltannée 1966 paraissent excessivement élevés (probablement à cause dtune sous-estimation les années précédentes), il n'y a pas de doute que ces secteurs ainsi que les secteurs publics et des transports ont été stimulés par ltindépendance. Malgré cette évolution, llinfrastructure industrielle est extr&mement limitée; en effet 2.300 personnes seulement, soit un peu plus de 3 pour cent de la population active, sont employées dans ltindustrje. 16. Le niveau des investissements nia pas rejoint celui de 1959, année pour laquelle les investissements bruts ont été estimés à 8-10 pour cent du PIB. Liévolution des importations de biens dIéquipement indique que les investissements ont augmenté considérablement en 1965 et diminué légèrement en 1966. Pour cette année-là on a estimé à 8 pour cent le rap- port de la formation de capital au PIB. Le déficit du compte courant stélevant à 880 millions de francs rwandais, soit environ 6.8 pour cent du PIB en 1966, on peut estimer que ltèpargne nationale brute stélevait à quelque 1,2 pour cent du PIB pour la même année. Les revenus des facteurs sont si faibles que la différence entre le PNB et le PIB est négligeable. B. Le Commerce extérieur et balance des paiements 17. Le Rwanda exporte essentiellement 2 produits; le café et le minerai dtétain (cassitèrite) représentent en effet 90 pour cent des exportations et 7 pour cent du PIB. Les efforts de diversification de ltéconomie axês sur la production de thé et de pyrèthre pourront modifier cette situation dans llavenir. Les fluctuations du volume de café exporté sont assez importantes (voir la chute des exportations de 1965 à 1966) mais, en raison des mouvements compensateurs des prix, les fluctuations des valeurs exportées sont plus faibles. Les exportations de cassitérite sont stationnaires. Elles stélevèrent légèrement au-dessus de 2.000 tonnes en 1964 mais sont depuis redescendues à un niveau variant entre 1.800 et 1.900 tonnes en 1966 et 1967. 18. La répartition géographique des exportations rwandaises a peu changé ces dernières années. Llimportance accrue des Etats-Unis est le changement principal depuis ltindépendance; en 1966, près de 54 pour cent des exportations du Rwanda, consistant surtout en café et en pyrèthre, étaient dirigés vers les Etats-Unis. Le deuxième client par ordre dlim- portance du Rwanda est la Belgique qui absorbe maintenant plus de 30 pour cent de la cassitérite (minerai d1étain). Le commerce avec les pays voisins est encore très limité, et, dans ltensemble, croit au même taux que le commerce global. Seule la part des exportations vers l'Ouganda, principa- lement de cassitérite et de cultures vivrieres, a augmenté dans le com- merce global. Il existe aussi une certaine activité de contrebande, en particulier de cassitérite, vers ItOuganda. Les sources officielles ltestiment à environ 100 tonnes par an pour les dernières années. - 6 - Tableau II: Commerce extérieur 1963 1964 1965 1966 1967 ~ --(9 ~ is) Exportations Total (en millions de dollars E.U.) 3,57 11,55 11,74 11 dont: (pour cent) café 12 54 54 56 62 cassitérite 79 35 37 32 26 dont: Belgique 80 36 37 34 3h Etats-Unis il 53 49 5h 57 Importations Total (en millions de dollars E.U.) 4.8h 12.01 20.94 20.47 15-8h dont: (pour cent) produits alimentaires 23 15 13 14 12 vêtements 7 24 16 25 25 hydrocarbures 15 15 7 7 6 véhicules 9 9 13 10 14 équipement 14 14 14 16 12 dont: Belgique 2h 25 26 27 29 Ouganda 19 12 31 1h 13 Japon 2 7 4 l 13 Congo (Kinshasa) 12 5 2 1 1 Etats-Unis 1 1 h 6 7 Allemagne 5 7 11 10 9 Source: Tableaux annexes 7-12. 19. Les textiles constituent le produit d1importation principal; pendant les quatre dernières années ils ont atteint, en moyenne, 20 pour cent du total des importations. Les véhicules viennent au second rang et leur part relative s test accrue de 8.5 pour cent en 1964 à 14 pour cent au cours des neuf premiers mois de 1967. Les importations de pro- duits alimentaires, exception faite des graisses et huiles, ont augmenté très rapidement de 1963 à 1966 en raison de la livraison de denrées venues des Etats-Unis sous le régime de la Loi PL 480. La valeur totale des produits alimentaires importés slest élevée de 1,1 millions de dollars E.U. en 1963 à 2,9 millions de dollars E.U. en 1966, mais est probablement retombée en 1967. - 7 - 20. La répartition géographique des importations stest modifiée considérablement ces dernières années. La part des importations provenant des pays du Marché Commun (de Belgique principalement) est passée de 39 pour cent en 1964 à 47 pour cent durant les neuf premiers mois de 1967. Les importations en provenance des Etats-Unis ont également augmenté plus rapidement que le total des importations gr<ce à liassistance au titre de la Loi PL h.80, sur les produits de consommation, mais leur part est encore limitée totalisant moins de 7 pour cent en 1966, Les importations en pro- venance des pays africains sont de beaucoup supérieures aux exportations du Rwanda vers ces mêmes pays, mais leur importance a diminué considéra- blement. En 1964 le Rwanda importait pour h,5 millions de dollars E.U. de marchandises des pays voisins, soit près de 38 pour cent du total des importations. En 1966, ces importations avaient à peine augmenté et ne représentaient plus que 23 pour cent du total. LiOuganda est à nouveau un cas exceptionnel: ses exportations vers le Rwanda ont en effet doublé de 1964 à 1966; cette évolution ntest pas étonnante, étant donné que la plupart des itinéraires commerciaux passent par Kampala et que les sociétés de transports sont ougandaises. 21. En 1964, à la suite de la diminution de ltaide financière belge et diune baisse considérable de la production de café en 1962-63, le Rwanda introduisit un système de restriction du commerce et des changes, avec un taux de change officiel pour les importations considérées essentielles et un marché libre des devises pour les autres transactions. Malgré ces me- sures, les importations, stimulées par les dépenses ayant conduit à un déficit budgétaire s1élevèrent rapidement en 1965. Llimportance du marché libre des devises augmenta et le système dtautorisation d1importations se fit de plus en plus restrictif. En avril 1966, le taux officiel fut dé- valué au cours actuel de 100 francs rwandais pour 1 dollar E.U. Cette mesure staccompagna diun programme de stabilisation établi en coopération avec le FMI, d1une augmentation des taxes à lexportation et diune libé- ralisation des importations. Liaide étrangère pour le programme de sta- bilisation prit la forme dtun soutien de la balance des paiements de la part de la Belgique et de la fourniture de produits agricoles de la part des Etats-Unis, stajoutant à un crédit stand-by du FM de 5 millions de dollars E.U., renouvelé en 1967 et 1968 jusqutà concurrence respectivement de 2 et 3 millions de dollars E.U. La contrepartie de ltaide des Etats- Unis servit à financer les dépenses courantes du budget et à subventionner les établissements publics. 22. Les estimations des données de la balance des paiements présentées en annexe au tableau 6 doivent être considérées avec beaucoup de prudence. Les statistiques de la Banque Nationale sur les paiements étrangers sont établies d1aprds les registres de change et excluent donc les opérations effectuées sur le marché libre qui ont été considérables en 1965, ainsi qu'une partie des apports de ltaide étrangère. Ceux-ci ont été estimés par la missiôn et incorporés aux données fournies par les autorités rwandaises. 23. Ces chiffres de la balance des paiements montrent que la balance commerciale du Rwanda est en déficit chronique et pour des mon- tants élevés. En 1967 cependant, le déficit a été réduit de plus de cinquante pour cent en raison diune augmentation importante des expor- tations accompagnée dtune légère diminution des importations. Cette année-là, le déficit se montait à 2,2 millions de dollars E.U. (tableau 3) - 8 - Tableau III: Balance des paiements (en millions de dollars E.U.) 1965 1966 1967 Exportations (f.o.b.) +13,6 11,7 14,8 Importations (f.o.b.) -18 h -17 3 -17,0 Balance commerciale - 2,2 Fret et assurances - 2,5 - 3,2 - 3,h Autres services (net) - 0,7 + 0,1 - Balance des biens et services (facteurs non compris) - 8,0 - 8,7 - 6,1 Revenus des investissements (net) + 0,1 - 0 1 + 0 1 Compte courant - 7,9 - Transferts officiels (net) + 1,5 + 2,2 + h,7 Transferts privés (net) -0,9 + 0,2 + 1,h Capital non monétaire (net) .. + 0,1 + 0,2 Mouvement des capitaux (net)La + 2,6 + 5,2 - 1,8 Erreurs et omissions + ,7 + 1,1 + 1,5 /a Diminution des réserves = signe positif. Source: Tableau 6 en annexe. 24. Les autres caractéristiques de la balance des paiements sont les coûts élevés de fret et dtassurances (principalement pour les impor- tations qui reflètent le coût élevé des transports, et la faiblesse de llapport des capitaux privés et des revenus d'investissements, due à la place réduite quloccupe le secteur privé et aux faibles revenus des mines. Le déficit global de compte courant est financé par ltaide officielle principalement de la Belgique et du Fonds Européen de Développement (FED), et la réduction des réserves nettes. 25. Les réserves nettes de devises du Rwanda ont diminué de 2,6 millions de dollars E.U. en 1965 et de 5,2 millions de dollars E.U. en 1966. Au cours des six premiers mois de 1967 elles ont encore diminué de 2,6 millions de dollars E.U. mais elles ont augmenté de h,h millions de dollars E.U. au cours du deuxième semestre. Depuis le début de 1966, les réserves nettes sont négatives, mais en janvier 1968 les exigibilités ont atteint leur niveau le plus bas depuis le début de 1966. Les réserves brutes, après avoir diminué en 1965, augmentèrent en 1966 et au cours des dix premiers mois de 1967, à la suite de la conclusion de deux accords stand-by avec le FMI. A la fin de janvier 1968, les réserves brutes se montaient à 7,1 millions de dollars des E.U., soit environ ltéquivalent des importations pour 5 mois. - 9 - C. Analyse par secteurs 26. Nous avons déjà mentionné que la production nta pas subi de grands changements jusqu'à présent, mais on prévoit un nombre important de projets dont quelques-uns ont déjà démarré, et qui porteront leurs fruits dans quelques années, surtout dans le secteur agricole. (i) L'Agriculture Généralités 27. L'agriculture, y compris ltélevage et la pêche, fait vivre plus de 90 pour cent de la population et contribue pour plus de 70 pour cent à la formation du PIB. Llauto-consommation de la production de denrées ali- mentaires, encore très élevée, a été estimée à 75 pour cent en moyenne, avec une variation considérable selon les produits (97 pour cent pour les patates douces, mais 20 pour cent seulement pour le manioc). 28. Bien que le R;wanda ne couvre qu'une faible superficie, les con- ditions agricoles varient considérablement selon ltaltitude, les précipi- tations et les sols. Dans la région centrale du pays oil la population est très dense, clest un mode de culture assez intensif qui domine. Les terres sèches de la région orientale et le fonds marécageux des vallés constituent les terres incultes susceptibles dtêtre mises en valeur. Presque partout la terre donne deux récoltes par an. L'assolement des cultures principales est pratiqué mais les jachères sont en voie de disparition. Les techniques agricoles sont très primitives. Seuls des outils manuels sont largement utilisés; les principaux sont une houe rudimentaire et plusieurs sortes de serpes servant à la taille et à llémondage. Llutilisation d'engrais miné- raux est négligeable et les engrais naturels sont employés drune façon très irrégulière. Les bananiers reçoivent les ordures ménagères. Les planta- tions de café bien entretenues reçoivent aussi un paillis fait de plantes marécageuses comme le papyrus. L'administration belge organisa un vaste programme de lutte anti-érosive, mais cette tache était imposée aux paysans Hutu et elle fut donc abandonnée ap.rès llindépendance. 29. La population rurale du Rwanda se suffit dans ltensemble à elle- même. La famille agricole produit tout ce qutil lui faut, à part la toile de coton, les vêtements dioccasion et les lames d'acier des houes. L'ar- tisanat est très répandu. Cela ne veut pourtant pas dire qutil ny ait pas dféchanges à llintérieur de l'économie agricole. En dehors des cul- tures commerciales, on estime que 20 pour cent des cultures vivrières sont commercialisées, ce qui représente une augmentation considérable sur les années passées. Les produits commercialisés sont principalement les hari- cots, les patates, le manioc et les bananes (notamment sous forme de bière). La majeure partie des produits commercialisés est apportée à Kigali et dans les quelques autres centres urbains oi la hausse rapide du nombre de fonc- tionnaires a créé un marché pour les denrées locales. - 10 - 30. Un fait nouveau d'importance dans le domaine de llagriculture est liaccroissement du nombre de paysannats. La répartition anarchique de petites fermes sur les collines du Rwanda rend difficiles lintroduc- tion de nouvelles techniques et les contacts avec les cultivateurs. Les paysannats sont conçus de manière à permettre aux agriculteurs d thabiter sur leurs terres et à faciliter les communications: les fermes sont en effet alignées le long dlune route d1accds au bord de laquelle on a planté la culture commercialisée principale, ce qui facilite les transports, les vaporisations dlinsecticides et autres services. Il arrive souvent que la route d'accès suive la courbe de niveau dlune colline. Les paysannats fournissent aussi les services communaux élémentaires. 31. A llorigine les paysannats furent introduits par l'administra- tion belge en 1953; d'autres sont maintenant établis grâce à llaide finan- cière du Marché Commun. On en a constitué un certain nombre dans la région de Mayaga-Bugesera oi le café constitue la principale culture de rapport; 6 pour cent des caféiers se trouvent dans les paysannats dont 4o pour cent seulement étaient en production en 1966. On cultive aussi le coton et le thé dans les paysannats. On est en train de créer des paysannats destinés à la culture du pyrèthre au nord de Ruhengeri; à Kibuye, lAssociation Internationale de Développement Rural Outre-Mer, organisme privé à finance- ment belge, tente dfintégrer llélevage à la formule du paysannat qui pourra également 9tre utilisée pour la culture du thé sur de petites propriétés. 32. Bien que la formule di). paysannat se soit révélée très utile à la mise en culture de nouvelles telres, la réorganisation des terres exploitées dtune manière traditionnelle a très pou avancé. Le problème des communica- tions sera beaucoup moins aigu si la nouvelle loi foncière, en assurant un régime foncier plus stable provoque un regroupement de la population dans des villages, mais cette évolution sera probablement lente. Actuellement, la loi et la coutume sont très imprécises à ce sujet, à la suite de lfabo- lition du système féodal; mais la règle actuelle qui fonde la propriété de fait sur l'occupation des terres ne semble pas faire obstacle à la produc- tion agricole. Cultures vivrières 33. Le tableau XIII présente la production des différentes cultures vivrières de ces dernières années. Llaccroissement de la production de bananes de 1959 à 1962 est la cause principale de la croissance. Cette culture à rendement élevé jouit probablement dlune faveur accrue en raison de la croissance démographique qui a entraîné la rareté de la terre dans quelques régions. En temps normal on la consomme principalement sous forme de "1bièrell (après fermentation de la pulpe diluée), et elle cons- titue une denrée de réserve au cas oi les autres récoltes sont mauvaises. On utilise aussi le sorgho pour la préparation dlune boisson fermentée. Le manioc est une autre culture de réserve introduite par lladministra- tion belge après la famine de 1943. - il - 34. La production diarachides et de riz pourrait augmenter con- sidérablement à llavenir avec la mise en valeur de nouvelles terres. On introduit actuellement les arachides dans le sud-est du pays dans les nouveaux paysannats que 11AIDR est en train diétablir dans la pré- fecture de Kibuye. Le projet en est encore à ses débuts mais on a obtenu des rendements de 1.200 kg à lhectare. Cette région est beau- coup plus sèche que le reste du pays et bien adaptée à la culture des arachides. La consommation d1huiles végétales est très faible et les besoins actuels sont satisfaits par les importations. LIAIDR y intro- duit également l'élevage de races sélectionnées. 35. Les marécages que lion trouve dans le fond envasé des vallées du Rwanda constituent une source potentielle de terres cultivables. Cer- tains ont été drainés et aménagés avec succès et produisent du thé et du riz. Liassistance technique française se propose dientreprendre les études préliminaires nécessaires. Grâce à liutilisation de méthodes demandant surtout une main-dtoeuvre importante, le coût de ltassèchement est modéré, de llordre de 600 dollars E.U. par hectare. On espère que le drainage systématique d'un certain nombre de vallées permettra de cultiver 3.000 hectares de riz dans les dix prochaines années ainsi que diaccroftre la production de thé. 36. La République de Chine a entrepris un projet de culture du riz sur les terres marécageuses de la vallée du Nyabugogo au nord de Kigali et, à une échelle plus réduite, en deux autres endroits. La Chine a accordé un prft équivalent à 1,5 million de dollars E.U. pour financer les colts de llassistance technique et des investissements. (Deux cent quatre-vingts hectares sont déjà exploités.) On prévoit pour bientât l'aménagement dtune autre grande vallée dans la préfecture de Cyangugu. Liensemble du projet, qui doit couvrir une superficie de 1.000 ha, est mis en oeuvre par des assistants techniques chinois ainsi que par des coopératives diagricul- teurs de la région. Les fermiers ont très vite appris à cultiver cette nouvelle plante et ont obtenu dès la deuxième année un rendement de deux tonnes de riz blanc à lthectare. 37. Dlautres cultures ont été introduites par ces coopératives: le climat ne permettant pas deux récoltes de riz par an, le soja est cultivé en assolement. Il pousse très bien, mais les niandais niont pas lihabi- tude de faire cuire les grains et il ntexiste aucune industrie de trans- formation du soja. On cultive la canne à sucre dans les endroits plus élevés et la République de Chine a entrepris le financement diune petite usine qui doit coûter 180.000 dollars E.U., et auquel le Rwanda est prêt à contribuer pour une valeur de 30.000 dollars E.U. Le Rwanda importe 300.000 dollars E.U. de sucre par an. Cultures de rapport 38. La production de cultures d'exportation remonte à 1921 lorsquEun centre de recherche agricole belge commença d1expérimenter avec la culture du coton, du lin et du café. Quelques mission religieuses introduisirent progressivement le café mais il fallut attendre le début des années 1930 pour obtenir une production à grande échelle. Jusqutà llintroduction des - 12 - premiers paysannats, la production du café était assurée sur de petites parcelles isolées,dispersées dans le pays. Presque toutes les cultures de rapport sont maintenant produites par des coopératives ou de petits propriétaires. 39. Les cultures de rapport (ainsi que les productions minières) constituent la base de ltéconomie monétaire; elles permettent aussi aux agriculteurs--et ceci est surtout vrai pour le café--de se procurer des articles de première nécessité tels que des v8tements et des outils. Llexpansion récente dfun marché pour les cultures vivrières a créé dtautres sources de revenus monétaires dans certaines régions. Cette évolution a certainement modifié le comportement du paysan en fonction des changements qutelle a apportés dans les incitations à la production: le revenu moné- taire retiré de certaines cultures vivrières, principalement la banane, est beaucoup plus élevé que celui laissé par la culture du café alors même que le travail demandé est moins grand. Le café 40. Le café est cultivé par les agriculteurs rwandais sur de petites parcelles dispersées sur une grande partie du pays, à une altitude variant de 1.250 à 1.900 mètres; le café le meilleur est produit entre 1.50O et 1.800 mètres dialtitude. Il stagit presque uniquement de café Arabica, de bonne qualité stil est cultivé et transformé avec soin. La qualité stest dégradée après llindépendance principalement en raison du mauvais fonction- nement des services dlencadrement rural, mais elle stest améliorée au cours des deux dernières années. 4l. Environ 90 pour cent des exportations de café sont vendues sur le marché américain. Cinq pour cent seulement sont dirigés vers les pays du Marché Commun malgré le traitement préférentiel dont bénéficie le Rwanda en tant que membre associé; le goût du consommateur européen (qui préfère le café Robusta à l'Arabica) et le manque de réseaux commerciaux semblent avoir emp6ché les produits du Rwanda de pénétrer sur le marché européen. On ré- colte le café deux fois par an. La récolte principale a lieu en avril et mai et l'arrière-récolte en novembre. Le prix minimum que reçoit le fermier est fixé par lOffice des Cultures Industrielles du Rbanda (OCIR) à 35 francs rwandais par kg de café parche. Cet organisme stest développé sur les ruines dtun organisme similaire qui opérait avant llindépendance pour le Ruanda- Urundi. 42. En 1967, on estimait que 31,5 millions de caféiers étaient plantés sur une superficie de 19.700 hectares et répartis entre plus de 300.000 ex- ploitations, soit au taux moyen de 100 arbres par exploitation. Jusqulà 1959, la production du café augmenta bien qutil y eût généralement une baisse tous les deux ans. De 1959 à 1963 la production diminua abruptement, de nombreux arbres n'ayant pas été récoltés, pour ntatteindre plus que h.700 tonnes en 1963. Elle remonta ensuite rapidement à 10.200 tonnes en 1965 et 11.000 tonnes environ en 1967. Le nombre dlarbres productifs a également augmenté de 22 millions en 1959 jusqutau niveau actuel, en conséquence du programme mis en oeuvre par le service de semences sélectionnées. On prévoit - 13 - une extension des superficies plantées en caféiers au moins jusquli la fin de 1968. Environ 8 millions de plants auront été distribués de 1966 à 1968. On estime au Rwanda que si lion ne prend pas de mesures pour amé- liorer les rendements au moyen d'engrais et d'une intensification de la culture, les rendements annuels se stabiliseront aux alentours de 3h0 à 350 grammes de cerises par arbre, ce qui donnerait environ 12.700 tonnes de café en 1969 et 15.000 tonnes en 1971. En supposant qutun arbre devienne productif après une période de trois ans, quelque il millions dlarbres com- menceront à produire entre 1967 à 1971. Les plantations nouvelles sont ef- fectuées en partie dans les paysannats de la région de Mayage-Bugesena. 43. LOCER considère actuellement la possibilité dtun accroissement des rendements diune partie des caféiers en augmentant lemploi diengrais minéraux. Un projet de régénération des caféiers est en cours de prépara- tion. LlInstitut des Sciences Agronomiques du Rwanda (ISAR) a expérimenté liemploi des engrais sur le café. La région considérée comprend la totalité des districts à hauts rendements et plus de la moitié des arbres. h. Les perspectives dtexportations sont limitées par la position du Rwanda au sein de 1Organisation Internationale du Café (OIC). La forte diminution de la production en 1960-63 a réduit son contingent à 212.000 sacs de 60 kg., ce qui est bien inférieur à sa part du contingent du Ruanda- Urundi dtavant 1959. Il fut encore réduit à 150.000 sacs lors des réunions de 110IC en 1967. Cependant, le Rwanda obtint une clause de sauvegarde stipulant que si la production dépassait 150.000 sacs le contingent de base serait porté à 260.000 sacs. Il est fort probable que le Rwanda pourra faire valoir une production supérieure à 150.000 sacs en 1967, même si lron tient compte du café congolais vendu au Randa, et qutil obtiendra sous peu la hausse prévue de son contingent. 45. Même ainsi, un contingent de base de 260.000 sacs ne permettra dtexporter que 245.000 sacs, soit ih.700 tonnes en 1972. Les arbres entrant en production avant cette date porteront la production à ce niveau sans que le rendement lui-mâme soit beaucoup amélioré, si bien que la marge pour lemploi des engrais sera très réduite à moins que les caféiers à faible rendement, en particulier dans la région orientale, puissent 9tre retirés de la production. Aux cours actuels la production de ce café ntest proba- blement pas économique mais nul autre culture de rapport ne saurait lui être substituée rapidement. 46. Pendant la récolte principale le prix minimum fixé est respecté, les achats étant effectués par une coopérative commerciale, TRAFIPRO, mais pendant la deuxième récolte les acheteurs privés qui sont alors les seuls à acheter, ne respectent pas toujours le prix minimum. Le financement de la récolte et des exportations de café est assuré, pour la plus grande partie, par les deux banques commerciales de Kigali. La transformation est effectuée par un petit nombre de sociétés privées. 47. La t9che principale de lOCIR consiste à fixer et maintenir le prix minimum à la production, à conditionner le café récolté et à aider les agriculteurs à améliorer leur production. Le prix minimum net a été - 14 - porté de 185,0 francs rwandais le kg 4 26 francs le kg en 1964 et 9 35 francs le kg au moment de la dévaluation de 1966. Ceci n'a probablement pas eu d'effet stimulant en raison de l'augmentation générale des prix au cours de la m6ïme époque. Le prix minimum est établi d'après le prix e l'exportation C Mombasa et le coût des divers services intermédiaires en laissant un juste bénéfice pour l'intermédiaire et l'exportateur. Les autres activités princi- pales de promotion du café dont 110CIR se charge en coopération avec l'ISAR sont la distribution dlinsecticides et de plants, le financement des outils, des dépulpeuses, et les conseils aux fermiers pour la taille des caféiers. Elles absorbent 70 pour cent environ des ressources de 110CIR. Depuis 1965, 1'OCIR emploie environ 2 personnes pour llencadrement rural dans chaque com- mune et bien que ceci constitue un bon début, il faudrait augmenter cet effort considérablement si le programme de remise en état des plantations est mis en oeuvre. 48. Les dépenses courantes de l10CIR comprenant les achats dfinsecti- cides sont financées par une taxe de 5 francs rwandais par kg de café parche. Il existe aussi une taxe de 0,5 franc rwandais par kg pour le Fonds de Publicité Internationale, et le Fonds de Stabilisation est financé par une taxe de 2,1 francs rwandais par kg. De 1963 à 1965 les réserves du Fonds de Stabilisation ont diminué mais sa situation s iest améliorée considéra- blement depuis deux ans car aucune intervention sur le marché nia été néces- saire. Les réserves qui étaient de 11 millions de francs rwandais en 1966 stélèvent maintenant à 92 millions de francs rwandais. En 1966, 9 millions de francs rwandais ont été perçus au titre de la taxe du Fonds de Stabilisa- tion et 18 millions de francs rwandais en 1967 (après augmentation du taux). Le fonds a également reçu 62 millions de francs rwandais provenant de la contre-partie des denrées fournies au titre de la Loi PL 480. Les seules dépenses effectuées, pour couvrir le coi't de bâtiments et dlinsecticides, se sont élevées à 8 millions de francs rwandais. Les fonds reçus au titre de la PL 480 ont été investis en bons du Trésor. Le Pyrèthre 49. Avant lindépendance, le pyrèthre était produit en grande partie par les colons belges. Les pentes volcaniques le long de la frontière con- golaise, qui sféldvent au nord au-dessus de 2.000 mètres sont très propices à cette culture. Récemment le gouvernement a financé la création de quatre paysannats et deux régies dans cette région. En 1967, la superficie plantée couvrait près de 1.000 hectares dont 500 dans les régies et les paysannats et le reste dans de petites exploitations privées. Le FED a entrepris de financer l'expansion des paysannats et la plantation de 3.500 hectares sup- plémentaires en pyrèthre; 5.000 familles sont concernées par ce programme. La superficie totale sera ainsi portée à h.500 hectares donnant près de 3.000 tonnes de pyrèthre par an. La mission estime que la production pourrait atteindre 2.500 tonnes vers 1972. Le pressage des fleurs séchées destinées à l'exportation est effectué par 10CIR à Ruhengeri. 50. Le PNUD se propose de financer une usine dtextraction du pyrèthre de 1,5 million de dollars E.U. Actuellement on exporte lee fleurs séchées au Kenya. Le PNUD fournira 1.386.900 dollars E.U., tandis que la contri- bution du gouvernement rwandais sera de 796.860 dollars E.U. Le programme - 15 - sera exécuté par l'Organisation des Nations Unies pour le Développement Industriel (ONUDI). Ce projet semble sain sur les plans technique et économique, mais le programme des opérations prévoit le retrait de tout le personnel expatrié y compris le directeur du projet un an après la mise en route de ltusine; la contribution gouvernementale au projet com- prend la quasi-totalité des besoins en fonds de roulement dont une partie sera en monnaie étrangère. Le thé 51. Le thé est cultivé dans trois régions. La plus importante est la vallée du Mulimdi sur la frontière ougandaise; les autres se trouvent dans la préfecture de Cyangugu à Pfunda près de Gisenyi. Jusqu'en 1963, la production était principalement entre les mains de sociétés privées et de colons européens; mais en 1961, les premières plantations dtune régie furent établies à Mulindi et commencèrent à produire trois ans plus tard. La régie fut ensuite financée par la Belgique et le FED. La gestion fut confiée à une société allemande, AGRAR und |ydroteknik qui gère actuel- lement llusine de transformation (capacité de 800 tonnes) et une planta- tion de 500 hectares de thé dont 400_ appartiennent à une coopérative ou les ouvriers ont une participation nominale. On prévoit la mise en cul- ture de 500 hectares de plus et un agrandissement de lusine. Il est aussi prévu de développer la production à Cyangugu oi 115 hectares ont été plantés. Il existe dans cette région une usine dtune capacité de 600 tonnes et le gouvernement a présenté au FED des projets de culture du thé en petites exploitations, Le projet de Mulindi stest h=urté à plusieurs difficultés; les frais généraux de llusine sont actuellement excessifs et la coopérative est en déficit. La société AGRAR a rencontré des difficultés dans la commercialisation du thé, dues principalement à des problèmes techniques maintenant résolus, mais aussi au manque de réseaux commerciaux bien établis. 52. Le gouvernement espère que la production passera de 3h0 tonnes en 1966 à près de 830 tonnes en 1968 et 1.800 en 1971. La mission estime que ces buts seront atteints avec une année de retard environ. Pourvu que les problèmes actuels de commercialisation soient résolus, la culture du thé pourrait être considérablement accrue au Rwanda. On pourrait cul- tiver le thé dans un certain nombre de vallées dont la mise en valeur doit faire ltobjet d'études. Autres produits 53. Drautres cultures de rapport existent au Rwanda dont la plus importante est le coton cultivé dans ltextrdme sud-ouest du pays, dans la vallée de Rusizi. La production qui stest élevée à 300 tonnes en 1967, nta pas connu de changement appréciable depuis six ans. Son ac- croissement est peu probable. On cultive aussi de ltorge par endroits. La production varie considérablement; en 1967, elle était de 2.000 tonnes. Sa commercialisation pose un problème car le client principal dtautrefois, une brasserie du Congo Kinshasa, ne stapprovisionne plus au Rwanda. Le blé et l'écorce de quinquina sont aussi produits en petites quantités. - 16 - L'élevage 5h. Il y a 500.000 bovins au Ruanda et un grand nombre de chèvres, moutons et porcs. Autrefois le bétail jouait un r6le social et politique considérable sans rapport aucun avec son importance économique. La plus grande partie du bétail est répartie en petits troupeaux qui appartiennent aux cultivateurs Hutu. Il semble que le prestige attaché au bétail ait décliné depuis la révolution et bien que les estimations annuelles des abattages varient sensiblement, on pense que llon abat ou exporte davan- tage de bestiaux qu'auparavant. A llheure actuelle, les exportations se limitent aux pays voisins et très peu sont enregistrées. Un certain nombre de bovins est élevé pour la production de lait mais les rendements sont très bas. Les conditions sanitaires sont très mauvaises, ce qui em- pêchera les exportations d1augmenter considérablement pour quelque temps encore; le ténia et la fièvre de la c6te orientale constituent des pro- blèmes graves; le ténia déprécie la valeur dtune grande partie de la viande de boeuf aussi bien que de porc. Le commerce du bétail steffectue périodi- quement dans des marchés ruraux. Il y a beaucoup de pâturages, mais ils sont situés au sommet des collines et sur les pentes élevées de la chaîne du Congo-Nil, et sauf pour la partie orientale du pays et le ranch d'éle- vage de lISAR, il nly a pas d'espaces qui conviennent à ltétablissement de fermes d1élevage. 55. ' Le Rwanda importe du Kenya environ 600 têtes de bovins de qualité supérieure par an et lISAR produit environ 100 têtes par an dans sa ferme dtélevage. Cet approvisionnement suffit pour satisfaire le mar-hé du boeuf de bonne qualité correspondant aux revenues élevés. On a proposé la créa- tion dtune grande ferme dans le district de Mutara dans le nord-est qui produirait des boeufs de qualité pouvant se substituer aux importations. On a proposé également diaménager la campagne environnante en paysannats basés sur llélevage. Il serait souhaitable que la production du bétail dans cette région bénéficie des services dlencadrement rural et des autres facilités offertes par la ferme projetée - le tableau IV ci-dessous montre llestimation de lévolution du cheptel ces dernières années. Le cheptel bovin est probablement en augmentation mais on pense que les statistiques le sur- estiment. Le nombre de chèvres, moutons et porcs semble diminuer. Tableau IV: Elevage (en milliers de têtes) Cheptel (estimation) 1964 l96 1966 Bovins 557 577 600 Caprins 459 410 320 Ovins 203 161 136 Porcins 36 26 30 Volaille 456 h00 4lO Source: Ministère de llAgriculture et de l'Elevage - 17 - Encadrement rural 56. Les services dtencadrement rural sont encore très limités. Ils sont placés sous la responsabilité du Ministère de liAgriculture, ceux fournis par l'OCIR exceptés. Très peu dtinstitutions stoccupent de for- mer le personnel diencadrement. Une école à Butare dispense un enseigne- ment secondaire de quatre ans pour agronomes et il existe trois centres de formation accélérée financés par llaide bilatérale, mais ils nfont que de vingt à trente élèves chacun. Toutefois en 1967 environ 160 agronomes rwandais avaient été formés par llécole de Butare ou par les centres de formation accélérée; il y avait 11 agronomes expatriés, alors qulen 1959 il niy avait que 24 rwandais et 3 belges. A lheure actuelle, il y a en- viron 500 moniteurs sans formation encadrés par les agronomes. On prévoit que l'école de Butare formera 40 agronomes par an à llavenir, ce qui amé- liorera quelque peu la situation. Le travail des moniteurs ntest pas tou- jours efficace: il leur arrive en effet dtavoir jusqula 1.000 fermiers sous leur responsabilité et, en raison du terrain et de la dispersion des fermes, les visites régulières ne sont pas toujours possibles. De plus, les dépenses des services d1encadrement ont été réduites au cours de 1967 et bien des moniteurs ont été immobilisés du fait de llépuisement du budget des transports. 57. La faiblesse des services diencadrement handicape sérieusement le développement rural. Les progrès dans la diversification des cultures d1exportation et l'utilisation des engrais minéraux seront probablement retardés considérablement, ayant de ce fait des conséquences graves sur les revenus agricoles ainsi que sur les exportations. Le Service de Semences Sélectionnées joue un r6le de complément du service diencadre- ment du Ministère de llAgriculture dans la distribution de semences sélec- tionnées, principalement de cultures vivrières, légumes et diarbres fruitiers, mises au point par lISAR. Ce Service a également distribué des caféiers. Il semble avoir réussi dans ce domaine. (ii) Les Mines 58. La production minière est effectuée à une petite échelle, prin- cipalement à ciel ouvert, avec des techniques simples et une main-dfoeuvre non spécialisée. Elle est cependant importante pour lléconomie en tant que source majeure de devises. 59. La contribution relative du secteur minier au PIB est passée de 2,3 pour cent en 1959 à 1,9 pour cent en 1966, et depuis 1962 le personnel employé dans les mines parart avoir légèrement diminué. La part de ce secteur dans les recettes diexportations a également diminué de 37 pour cent en 1964 à 33 pour cent en 1967. En valeur absolue, la production minière nla augmenté qulau taux de 1 pour cent par an de 1959 à 1966. De toute manière, les réserves connues sont limitées. Le tableau annoxe 1h donne la production des différents minerais. La production de cassitérite est tombée après 1957 mais se relève progressivement depuis 1959. Il est peu probable que cette tendance se maintienne en raison de la baisse des prix comme de la faiblesse des réserves. On ne peut pas compter sur les - 18 - exportations de wolfram car le prix en est très irrégulier. 1967 fut une bonne année mais les perspectives dépendent du niveau futur des prix. Le secteur minier ne semble pas être particulièrement rentable. Au cours des dernières années les investissements ont été très réduits; cependant deux sociétés d1importance viennent d'entreprendre des investissements de 3 millions de dollars E.U. et lune d'elles a fait état diun bénéfice en 1966. 60. Les relations entre les autorités publiques et le secteur minier sont très tendues. Les autorités ont introduit un nouveau code minier, raccourci la durée des concessions et exigé que celles-ci soient exploi- tèes, mais l'exécution de ces mesures a subi des retards administratifs. Cependant, la difficulté principale réside dans la croissance rapide de la production artisanale, en partie basée sur des droits établis mais qui résulte aussi du pillage des permis des sociétés concessionnaires. Le nouveau code prévoit la création de comptoirs diachats pour la vente de la production artisanale et il en existe maintenant trois dont deux appar- tiennent à des sociétés minières; celles-ci ont apparemment fixé des prix qui ne présentent pas dlattrait pour les artisans. On estime que la moitié des 200 tonnes de cassitérite environ extraites par les paysans, est envoyée en Ouganda en fraude où elle est vendue à la British Metal Co. Ltd. 61. Une mine importante à Gatumba et quelques exploitations plus petites ne sont pas reliées au réseau électrique national et produisent leur propre courant à llaide de moteurs diesel. Ceci entrafne des prix de transformation élevés et limite le broyage du minerai de teneur infé- rieure que lfon pourrait obtenir en creusant des puits plus profonds. Le FED a été sollicité de financer ltextension du réseau de distribution dtèlectricité. 62. Même si les problèmes mentionnés ci-dessus étaient résolus, les perspectives ne seraient guère plus brillantes étant donné que les réserves en minerais sont faibles et dispersés et que lion pense généralement que d1autres recherches géologiques n'amèneraient probablement pas de résultats significatifs. Les sociétés existantes ont déjà procédé à des recherches poussées. La République Fédérale dRAllemagne a financé un projet dans ce domaine, mais les résultats ont été négatifs pour la plupart. Toutefois, le PNUD et le FED envisagent des études géologiques au Rwanda, celles fi- nancées par le PNUD couvriraient tout le pays au moyen de forages explora- toires. (iii) Llindustrie 63. L'activité industrielle du Rwanda est très limitée. Négligeable avant llindépendance, elle stest développée rapidement depuis lors, mais ce phénomène paraît avoir été exagéré dans le calcul du PIB. Les industries les plus importantes sont celles qui transforment les produits agricoles; elles comprennent des usines de traitement du café et du thé, quelques mino- teries et une usine de cigares. Il existe aussi une grande brasserie, une usine de textiles et une usine de fabrication dlarticles d1aluminium. La production artisanale, qui est importante, stétend à tout le pays. - 19 - 6h. Le branda était le plus pauvre et le plus isolé des territoires belges et constituait un marché pour les produits manufacturés au Congo ou au Burundi. Peu dgindustries furent établies avant l'indépendance. Depuis lors, ltexpansion de ce secteur a souffert de l'hésitation du sec- teur privé devant llinstabilité de la situation politique et de liétroi- tesse du marché local. En 1966, il y avait environ 100 entreprises indus- trielles, à llexclusion de la production et de la distribution d'électri- cité et d1eau (comprenant une centrale électrique et une régie autonome de distribution, la REGIDESO). Dix seulement des entreprises employaient plus de 200 ouvriers. Selon le recensement de 1964, 2.300 ouvriers étaient employés dans les industries manufacturières et 11.600 dans la construction. 65. L'expansion récente de llindustrie du bâtiment est due en grande partie à la construction de maisons à Kigali et dans un ou deux autres centres, par suite de l'accroissement rapide du personnel dtassistance technique et de la rareté de logements de type européen. De plus, le gouvernement a entrepris de construire un certain nombre de logements pour ses fonctionnaires. Dtun autre c6té, charpenteries et menuiseries sont en nombre très insuffisant. Ceci est dit au manque de scieries, a l'absence dtorganisation du séchage du bois et à la difficulté qu'éprouvent les rwandais formés dans ce secteur, à stétablir comme travailleurs indé- pendants. Ctest principalement une question de capital et diorganisation. 66. Le secteur artisanal produit principalement des articles de poterie, de vannerie, de fer forgé et quelques objets en bois. Il existe aussi une tradition de travail très minutieux du raphia que lion pourrait développer en industrie d'exportation. Une partie importante de l1indus- trie du bâtiment est constituée par la production à domicile de briques en petites quantités. La fabrication de briques stest développée très vite ces dernières années, en fonction du développement de la construction. 67. La promotion systématique de ltartisanat a été entreprise spé- cialement par le Ministère du Commerce, des Mines et de llIndustrie. Une partie considérable de la formation et de la fabrication dans ce domaine est effectuée dans quelques-unes des missions catholiques les plus impor- tantes. (iv) Le Commerce 68. Les transactions commerciales au Rwbanda se limitent en gros à 1simport-export, la production locale pour le marché intérieur étant extre- mement réduite. Le commerce se trouve entre les mains de quelques grandes sociétés qui sont dans une position dominante; en particulier, il nly a que deux organismes qui se chargent des transports vers 110uganda et les autres pays voisins et cinq ou six grandes sociétés européennes dans le commerce général d1importation. En 1963, le gouvernement accorda à llAgence Maritime Internationale un monopole de transitaire de dix ans pour les im- portations venant de lOuganda. Bien que cet arrangement permette plus de régularité et de sécurité et supprime la fraude, il semble avoir entraî'né des tarifs de transport excessifs, surtout en ce qui concerne la partie sous-traitée par une autre agence de Kampala, Afrolinks. Le commerce - 20 - de gros et de demi-gros est effectué par deux ou trois cents établissements asiatiques et arabes, mais les rwandais ont une part de plus en plus impor- tante du commerce de détail. 69. Presque tous les produits importés proviennent de 110uganda par la route et passent la douane à Kigali. Toutes les principales sociétés commerciales sont établies à Kigali; beaucoup sty sont installées récemment car, avant llindépendance, elles effectuaient leurs opérations au Rwanda depuis leurs bureaux principaux de Bujumbura. Quelques-unes des sociétés les plus importantes ont des succursales dans quelques autres petites villes --c test le cas dtune banque--, mais la plupart du commerce de détail dans le reste du pays steffectue dans quelque quatre-vingts. stations de commerce installées au bord des routes. En maintes parties du pays, ces stations sont les seuls centres en existence. 70. Il y a très peu de coopératives au Rwanda, et elles sont toutes très petites, sauf une, TRAFIPRO qui est une coopérative commerciale fondée par ltEglise catholique mais pourvue en personnel et financée par le programme dtaide à létranger suisse depuis 1962. Bien qutelle ne soit pas du secteur public TRAFIPRO est considérée comme un instrument de la politique gouverne- mentale. TRAFIPRO opère dans deux domaines principaux: la distribution des marchandises importées et la commercialisation du café--pendant la récolte principale, les agents acheteurs de TRAFIPRO veillent à ce que le prix officiel de 35 francs par kg soit payé aux cultivateurs en se portant comme concurrente des organismes priv's, (en 1967 la coopérative acheta 20 pour cent da la récolte). L'objectif de TRAFIPRO est de vendre les produits dtimportation, avec une marge bénéficiaire modérée et à un prix uniforme dans tout le pays, faisant ainsi concurrence aux petits détaillants dont les marges bénéficiaires sont très élevées en améliorant le pouvoir dlachat de la population rurale. A lheure actuelle, TRAFIPRO groupe 70.000 membres qui paient chacun une cotisation de 50 francs et participent aux bénéfices. 71. TRAFIPRO connaît de graves difficultés financières et administra- tives depuis 2 ans, dues à une expansion très rapide au cours de 1965. Avant la dévaluation les importations étaient contingentées, ce qui entratnait la rareté de bien des produits et des bénéfices considérables pour le secteur commercial. TRAFIPRO vit ses bénéfices staccroître rapidement et augmenta le nombre de ses succursales (29 maintenant) et de ses véhicules à llaide d run prêt suisse diun montant de 110 millions de francs rwandais, rembour- sable en monnaie locale sur une période de cinq à sept ans, à trois pour cent d1intérêt. Une conséquence de cette expansion rapide fut ltimpossi- bilité dtassurer un contrâle administratif effectif des activités de ltentre- prise malgré la présence de 16 assistants techniques suisses. A la suite de la dévaluation de 1966, les marges bénéficiaires ont diminué considérablement et la coopérative devra rétablir son équilibre financier en fermant un tiers de ses succursales, en vendant un cinquième de ses véhicules et en concentrant son activité dans les centres urbains oil, de toute manière, steffectue une proportion importante de ses affaires. 72. La structure du petit commerce rural niest pas bien connue. Il y a peut-être 300 marchés intermittents pour les produits locaux, en parti- culier le bétail et les produits de liartisanat. On y échange également - 21 - une quantité considérable de denrées alimentaires et de bière de banane. A la libéralisation des importations en 1966 il fut notamment stipulé que les lots de marchandises importées ne dépassant pas une valeur de 20.000 francs rwandais ne seraient pas soumis aux tarifs douaniers. Le but de cette mesure était de créer un second circuit pour les produits importés vendus à la population rurale et de limiter ainsi les marges bénéficiaires obtenues dans les circuits existants. Elle parait avoir atteint son but. (v) Infrastructure Transports 73. Comme dans de nombreux autres pays africains entourés de terres, les voies dzaccès à la mer entrafhent des coûts élevés. Au Rwanda, une meilleure solution au problème de la distance a été apportée par une nou- velle orientation du trafic international à la suite des bouleversements politiques qui ont eu lieu sur le territoire rwandais comme dans les régions voisines. A ltépoque de ltunion économique avec le Burundi et le Congo, une bonne part du commerce extérieur du Rwanda s'effectuait avec les ports de liocéan Atlantique. En 1959, par exemple, 22 pour cent des exportations et 44 pour cent des importations transitaient par Lobito (Angola) ou Matadi (Congo-Kinshasa). Mais depuis ltindépendance, la presque totalité du trafic est acheminée par les routes plus courtes qui conduisent à liocéan Indien. 7h. A ltheure actuelle, le Rwanda a deux liaisons avec la câte orien- tale du continent. La première, orientée vers le sud, traverse le Burundi (Bujumbura) et la Tanzanie (Kigoma); longue de 1.750 km, elle nécessite deux transbordements. La route du nord passe par 110uganda et le Kenya; elle est un peu plus longue, au départ de Kigali (1.790 km), que la voie du sud, mais elle ne nécessite qu'un seul transbordement entre la route et le rail. L'itinéraire par la Tanzanie est économique uniquement pour les produits venant des régions situées au sud de Gitarama, et comme la majeure partie des exportations du Rwanda proviennent de la moitié nord du pays, plus des trois quarts des échanges extérieurs--y compris la plus grande partie du café, du pyrèthre et des minerais--empruntent la route du nord. 75. Le réseau routier du Rwanda est très dense (1 km de route pour 5 km2) et ne présente pas d'obstacles physiques au trafic national ou inter- national. Ltaxe principal, orienté nord-sud, relie Butare à Kigali d'oi il permet de gagner soit Ruhengeri soit 1'Ouganda. Le réseau principal relie les dix préfectures entre elles. Le Gouvernement central et les communes se partagent la responsabilité de l'entretien des routes selon que celles-ci sont classées routes nationales ou secondaires. Le budget du Ministère des Travaux publics consacré à ltentretien des routes est tout à fait insuffisant, en raison notamment de la brusque augmentation du coût des matériaux depuis la dévaluation. Les communes manquent d iune bonne aide technique pour ac- complir leur tache. En 1964, le Bureau Central diEtudes pour les Equipements d'Outre-Mer (BCEOM) a formulé des recommandations au sujet de la réorganisa- tion de ltentretien des routes. Les principales concernent la formation d'un personnel qualifié puisque le matériel nécessaire est disponible. Ltamélio- ration de l'entretien du réseau routier demeure la tâche prioritaire dans ce - 22 - domaine. A part la nouvelle route de l'Ouganda, le réseau est suffisam- ment bien développ6 pour que la plupart des gros travaux de réfection puissent être repoussés de quelques années. En 1964, il n'y avait que 2.360 véhicules au iuanda, dont 1.300 étaient des automobiles et le reste des véhiculos commerciaux. Le Gouvernement a créé une compagnie publique (Société des Transports Publics) qui assure un service bi-hebdomadaire entre les villes principales. 76. Parmi les grands projets inscrits au Plan figure la construc- tion dtune nouvelle route vers 11Ouganda passant par la ville frontière de Gatuna. Cette route, dont l'étude technique est actuellement en cours grâce au financement du FED et de l'IDA (au Rwanda et en Ouganda respecti- vement), reliera Kigali à Kabale et diminuera dfenviron 63 km la distance qui sépare Kigali de Kampala. Un autre projet auquel le Gouvernement attache une grande importance, est llouverture dfune troisième grande voie d'accès à la mer, entièrement située en territoire tanzanien. Ce projet, qui coûtera 35 millions de FR, sera financé par un prdt de la République Fédérale dIAlle- magne, la Tanzanie ayant entrepris dtaméliorer la section de route qui se trouve sur son propre territoire. Il réduira la distance entre Kigali et Dar-es-Salaam de plus de 100 km, évitera les transbordements et assurera au Rwanda un autre débouché sur la mer au cas où les frontières du Burundi et de l0aganda seraient à nouveau fermées par suite de difficultés politiques. Le Gouvernement a demandé à lIDA de financer un projet d1études comportant notamment une étude de ltadministration et des services d'entretien et de quel- ques équipements, ainsi que ltétude technique détaillée de certaines sections de la route Ruhengeri-Gisenyi. Energie 77. La demande diélectricité est actuellement très faible au Rwanda. En 1966, la consommation totale d1électricité (compte tenu des petits pro- ducteurs individuels) a atteint 19 millions de kWh, soit à peine plus de 6 kWh par habitant. Ce chiffre ne représente que 1/5 et moins de 1/7 de la consommation d1électricité par habitant de la Tanzanie et de lOuganda, respectivement. Entre 1962 et 1966, toutefois, la consommation du Rwanda a progressé au taux annuel de près de 20 pour cent. Cette augmentation stest concentrée dans les zones urbaines, où la consommation est passée de 1,9 million de kWh en 1962 à 9,5 millions en 1966 (compte tenu des 3,2 millions de kWh consommés par la station de radiodiffusion allemande Deutsche Welle), soit un taux annuel dtaccroissement de 35 pour cent. Par contre, la consommation diélectricité du secteur minier est restée stationnaire. 78. La majeure partie de liénergie électrique est produite par Forces de ltEst, entreprise publique congolaise qui possède la centrale hydraulique de N'taruka, au nord du pays. Cette centrale a une capacité annuelle totale de 20 millions de kWh et elle est reliée à Kigali et à Rinkwavu, le plus grand centre minier de l'Est. Le reste de llélectricité est produit par REGIDESO, compagnie publique qui possède notamment une centrale hydraulique à Gisenyi, et par une série de petits producteurs individuels qui satisfont leurs propres besoins. La REGIDESO est chargée de toute la distribution dteau et d1électri- cité ainsi que du futur accroissement des installations. Elle a récemment procédé à des investissements en étendant son réseau aux nouvelles maisons construites à Kigali et dans d1autres villes. - 23 - 79. Diaprès une étude récente entreprise par le Bureau allemand Lahmeyer à la demande du FED, la demande d'électricité staccroî'tra pro- bablement à ltavenir de 14 pour cent par an entre 1966 et 1972 et ensuite de 6 pour cent par an. Compte tenu des tendances passées et des besoins en électricité résultant d'une série de projets industriels en cours diexécution, ces prévisions semblent raisonnables; dans ce cas, la cen- trale existante fonctionnerait à pleine puissance en 1969. Le Bureau dtétudes Lahmeyer a proposé en premier lieu l'installation drun troisième groupe générateur 9N'taruka (oÙ sa construction a été prévue) et llexten- sion du système de distribution, et en deuxième lieu la construction dlune nouvelle centrale sur la rivière Mukungwa, à ltextrémité du lac Luhondo. Le FED a été approché pour le financement de la première tranche de ce pro- gramme ainsi que pour la construction dtun réseau de distribution qui rac- corderait Gatumba et Butare au réseau actuel. La première tranche du pro- gramme devrait coûter environ 3,5 millions de dollars E.U. et satisfaire la demande d8électricité jusquten 1972. La réalisation de cette tranche-- le groupe supplémentaire de N'taruka--est retardée du fait que la propriété de la centrale est l'objet diun contentieux entre le gouvernement du Rwanda et celui du Congo. Tableau V: Consommation d'électricité (en milliers de kWh) 1962 1963 1964 1965 1966 Villes Kigali 1.290 1,496 2,160 3.622 7.141 Gysenyi 412 49h 629 610 Nyundo 576 551 758 697 Butare 477 394 488 535 612 Autresl 103 155 192 201 449 Total 1.870 2.933 3.885 5.565 9,.509 Mines Somuki 1.093 1.664 1.422 1,506 1.343 Musha 1,317 1,541 1.520 1,771 2.127 Rinkwavu 3,292 3,260 2.866 3.12h 2.953 Bugarama 236 6 174 237 296 Total 5.938 6.471 5.982 6.638 6.719 Total 7.808 9.h0 9.867 12.203 16.228 / Ltélectricité consommée à Cyangugu est achetée à Mururu. Source: LtEconomie Energétique du Rwanda, Lahmeyer International. - 24 - Gaz et eau 80. Lalimentation des villes en eau relève aussi de la REGIDESO. Les Etats Unis ont récemment fait don d lun nouvelle usine de filtrage à la ville de Kigali. Des adductions dieau potable ont été installées en zone rurale par l'AIDR qui continue à les gérer. 81. On trouve de grandes quantités de gaz méthane dissous dans les profondeurs du lac Kivu et clest ltun des voeux les plus chers du gouver- nement de pouvoir l'exploiter massivement comme engrais et comme source d1énergie pour llindustrie. Actuellement, la brasserie de Gisenyi est alimentée par du méthane extrait par gazoduc des profondeurs du lac et purifié. Ce qui, pour le moment, s'oppose à une exploitation massive est l'absence de marché pour les engrais et la situation géographique du gise- ment qui se prête mal à llexportation, sauf à destination des pays limi- trophes. Les aspects techniques ntont pas encore été entièrement étudiés. Une étude introductive a été réalisée par SOFREGAZ. Tableau VI: Consommation de gaz et dleau (en milliers de mètres cubes) 1962 1963 1964 1965 1966 Gaz (méthane) - - 3 h36 836 Eau 1.007 960 1.162 1.231 1.323 Source: Rapports annuels de la REGIDESO et Bulletin de Statistique. (vi) Enseignement Généralités 82. Sous ladministration belge, llenseignement ne stest guère déve- loppé jusqu'en 1959 et, au niveau de l'enseignement secondaire, il était surtout dispensé aux Tutsi. Le départ de ltadministration belge, au moment de ltindépendance, puis l'émigration dtune partie importante de la popula- tion Tutsi ont entraîné une sérieuse pénurie de personnel. Liadministra- tion ne put recruter que deux dipl6més rwandais au moment de llindépendance et en 1967 ce chiffre ne siétait élevé qu'à 38. Un grand nombre de postes importants de la nouvelle administration ont dû être confiés à des personnes qui ntavaient fait que des études secondaires ou même moins. Il y a donc une grave pénurie de personnel national qualifié dans 1tadministration du Rwanda et de nombreux postes clés sont occupés par des étrangers. - 25 - Enseignement primaire 83. Les effectifs de l'enseignement primaire ont rapidement augmenté jusquten 1962, mais ils se sont stabilisés depuis au niveau de 350.000 environ. Le nombre total des garçons scolarisés est maintenant de ltordre de 200.000. Llaccroissement des premières années, qui était diî à l'augmen- tation du nombre des élèves poursuivant leurs études dans les classes supé- rieures a malheureusement pris fin et on enregistre même un déclin. Sur les 65.000 garçons qui atteignent l[âge de la scolarité chaque année, 85 pour cent sont inscrits en première année. Le nombre de redoublants est très élevé, surtout dans les petites classes. Près de 150.000 filles vont maintenant à l'école et ce chiffre continue à staccroître. Il n1y a que 65 pour cent environ du groupe d1âge qui est inscrit en première année et, à la différence des garçons, la proportion de filles fréquentant les classes supérieures continue à augmenter. Les élèves qui quittent ltenseignement primaire au bout de six ans sont beaucoup plus nombreux que ceux qui peuvent être admis dans lienseignement secondaire. Ltexamen de sélection à la fin de la quatrième année d1enseignement primaire pourrait être plus sévère pour limiter llentrée dans les classes de cinquième et sixième années, uniquement aux élèves qui pourront vraisemblablement poursuivre leurs études dans le secondaire. 84. Ltune des raisons du médiocre rendement du système d'enseignement primaire est la très forte proportion (70 pour cent en 196h/65) des insti- tuteurs sans qualifications. Le nombre dtinstituteurs plus qualifiés issus de lienseignement secondaire staccroft maintenant, mais il faudrait que ces nouveaux maftres remplacent les instituteurs non qualifiés, plutât que de stajouter aux effectifs actuels. Il y a plus de classes que de maîtres et ceux-ci s'occupent fréquemment de deux classes à la fois. Llimportance des abandons enregistrés dans l'enseignement primaire ressort de la pyramide de la population scolaire pour 1966/67 (voir le diagramme). Enseignement secondaire 85. Lienseignement secondaire est très réduit, mais il slest développé plus rapidement que lienseignement primaire puisque ses effectifs ont doublé entre 1962/63 et 1966/67. Eh dépit de son importance réduite, cet enseigne- ment est relativement complexe. Les trois branches principales en sont lienseignement secondaire général, la formation des enseignants et lenseigne- ment technique et professionnel. L'enseignement secondaire général qui dure six ou sept ans, est de beaucoup la branche la plus importante. Les trois premières années d'enseignement secondaire sont considérées comme un cycle d1orientation conduisant aux branches du secondaire général, du technique ou de la formation des maÎtres. Le déséquilibre le plus important provient du fait que dans l'enseignement secondaire, 30 pour cent des garçons suivent un enseignement à base de Grec et de Latin dans des institutions religieuses privées appelées les petits séminaires. Dix pour cent seulement des élèves vont dans les écoles techniques ou professionnelles. La formation des pro- fesseurs intéresse environ 35 pour cent des élèves. Il y a une plus large proportion de filles qui suit lienseignement secondaire professionel, mais depuis la création du cycle dtorientation, le nombre des filles dans lfensei- gnement secondaire général augmente rapidement. En 1966/67, la moitié environ - 26 - des professeurs du secondaire étaient des étrangers. La nécessité de faire appel à des professeurs étrangers se poursuivra dans liavenir prévisible. 86. Le développement de ltenseignement secondaire va se poursuivre. Llaugmentation du nombre dtentrées dans cet enseignement va entraîner une croissance des effectifs totaux, surtout en ce qui concerne les filles. La situation du programme de constructions scolaires prévu dans le Plan est incertaine, car elle dépend d1un financement extérieur. Les retards aug- menteront encore la surpopulation des locaux. Ltaide bilatérale finance un important agrandissement de la grande école technique de Kicukiro, ce qui fera passer la capacité de liécole de 330 à 730 élèves, mais le nombre de dipl6més n1augmentera qutaprès 1970. Enseignement supérieur 87. LiUniversité nationale du Rianda, située à BDitare, a été créée en 1963. Elle comporte maintenant quatre facultés: lettres, sciences physiques, sciences économiques et sociales, et médecine. Le nombre total d1étudiants était de 130 en 1966/67. LtInstitut pédagogique national, qui nien est qulà ses débuts, comptait 32 étudiants la même année. LtUniversi- té dispose de 48 professeurs, qui sont pour la plupart d8origine belge ou canadienne, et elle est administrée par un ordre de Dominicains canadiens. Environ 280 rwandais étudient à létranger, principalement au Congo, en Belgique, en France, en Allemagne et en Italie. En fait, le Rwanda a peine à fou-ir un nombre dtélèves capables, à la sort.e de lienseignement secon- daire, d1avoir acAès à la nouvelle université ou de béneficier des bourses offertes par les pays étrangers. 88. Il y a très peu dienseignement professionnel accéléré au Rwanda. Les seuls centres sont constitués par trois écoles! qui forment des agronomes de niveau moyen pour encadrer les services de vu-Larisation. Dépenses en matière dienseignement 89. Lienseignement financé sur ressources privéss tient une grande place au Rwanda. Les petits séminaires sont indépendants et la majeure partie du reste des établissements de llenseignement sacondaire sont éga- lement gérés par llEglise catholique, mais elle e3t subventiermée par llEtat qui paie une partie du traitement des maîtres et diverses at res dépenses. Dans liensegnemeýnt secondaire, les frais de pension so'nt à la charge des parents. Tout leenseignement secondaire est soumis au régime d1internat. Llenseignement primaire est public et entièrement payé par liEtat. 90. I budget du Ministère de ltEducation nationale est passé de 165 millions de FR en 1963 à 390 millions de FR en 1967, dont environ 75 pour cent sont ce:nsacrés aux traitements et salaires. Pendant la même période, l coût approximatif par élève a augmerté de h00 FR C 800 'R dans lienseignement primaire et de 9.500 FR à 12500 FR dans i.enseignement secondaire (compte non tenu des petits séminaires qui sont privés). Le tableau VII montre la répartition des dépenses du Ministère de liEducation au cours des cinq dernières années et les effectifs correspondants dans le primaire et le secondaire. Comme le lojanda ne paie pas les traitements des - 27 - assistants êtrangers dans litenseignement secondaire, les dépenses de ce secteur n1apparaissent pas entièrement dans le budget. Dans ltenseigne- ment supérieur, la seule dépense est celle qui résulte de ltoctroi de bourses à certains étudiants qui vont à ltétranger, car les dépenses de lluniversité sont entièrement financées par laide extérieure. Tableau VII: Dépenses de lienseignement public (en milliers de FR) 1963 1964 1965 1966 1967 (budget) Administration générale 3.127 3.768 3.352 7.5o0 19.606 Enseignement primaire 123.536 126.383 150.583 204.986 270.000 Enseignement secondaireLa 32.711 33.728 35.889 67.073 87.831 Enseignement supérieur (bourses) 4.753 2.493 4.948 8.111 15.00o Total 164.128 166.372 194.772 287,670 392,473 Enseignement primaire % du Budget de lEducation 75 76 77 71 69 Nombre dfélèves (en milliers) 315,9 359,5 352,4 330,0 345,6 FR par élève b 390 350 430 620 780 Enseignement secondaire % du Budget de ltEducation 20 20 18 23 22 Nombre dî6lèves . 4.173 4.887 7.418 8.560 8.515 Moins les écoles non-subventionnées 703 854 1.386 (1.500) 1.622 3.470 4.033 6.032 (6.060) 6.893 FR par 6lève/b 9.430 8.360 5.95o 11.0702.12.740 /a Enseignement général, enseignement technique et écoles normales. / Quotient du budget de 1963 et du nombre dtélèves en 1962/63, et ainsi de suite. /c Estimation. Il n'y a pas de chiffre disponible pour les écoles non-subvention- nées. Sources: Projets de loi dtApprobation des comptes relatifs au budget de gestion. 1963, 1964, 1965 and 1966. Journal Officiel, ler février 1967. Bulletins Statistiques Nos. 1, 9, 12 et 14. Statistiques de liEnseignement 1966-67. - 28 - 91. Il est difficile d1indiquer ce que seront les dépenses diensei- gnement dans le futur, puisque, dans le passé, elles se sont accrues du fait de 1laugmentation des dépenses par élève plut6t que de l'augmentation du nombre d'élèves. Si le nombre dséldves reste stable dans le primaire et si, dans le secondaire, il s 'élève régulièrement pour atteindre 8.000 environ en 1972, on peut estimer quil cette date les dépenses seront d'en- viron 470 millions de FR, soit 20 pour cent de plus quten 1967. Une gestion très rigoureuse serait nécessaire pour limiter le coût et les effectifs de llenseignement primaire et garder les coûts unitaires du secondaire à leur niveau actuel. Le développement de lenseignement secondaire devrait se limiter à lenseignement technique et aux écoles normales. III. FINANCENT ET DEVELOPP4ENT A. Organisation des finances publiques 92. Alors que les dépenses du budget ordinaire sont approuvées par le Ministère des Finances, le budget de développement est prépare et mis en oeuvre par le Ministère de la Coopération Internationale qui a la dou- ble responsabilité de la planification du développement et des affaires étrangères. Le budget de développement ntest pas alimenté par des recettes permanentes qui lui soient propres. La plus grande partie des investisse- ments publics est en effet réalisée gr9ce à ltaide étrangère, et les dif- férents organismes internationaux exécutent leurs projets plus ou moins indépendemment du Ministère de la Coopération. Le manque de coordination est mis en évidence par le fait que le Ministère de la Coopération ne possède pas de renseignements complets sur ltétat dtavancement des divers projets et que la plus grande confusion règne en matière de contributions que le Randa doit apporter à certains projets. Le gouvernement a acceptê plus dtengage- ments qutil ne peut en honorer, bien que certaines de ses contributions soient financées par liaide belge. 93. Le contr6le du budget ordinaire est défectueux. Les ministères dépensiers peuvent prendre des engagements sans l'approbation préalable du Ministère des Finances et ils ont réussi à échapper au contr6le des nomina- tions dans ltadministration qui relève théoriquement de la Fonction publique. En novembre 1967, le Président a créé une commission spéciale chargée, sous la présidence du gouverneur de la Banque centrale, de limiter les dépenses du budget de 1968 et de faire des propositions pour le budget de 1969. La Banque centrale exerce une influence considérable sur ltéconomie car, en plus de ses fonctions habituelles, elle est le principal conseiller techni- que du Gouvernement en matière d1économie politique. 94. Les investissements sont orientés par le Plan quinquennal (Plan Intérimaire dtUrgence, 1965-69) qui a été préparé par le Gouvernement avec le concours technique de la France. Les objectifs en matière dtinvestisse- ments n'ont pas été atteints et ne concordent plus avec la réalité, en grande partie parce que les coûats des divers projets sont évalués à des prix antérieurs à la dévaluation. Le document a donc une utilité limitée. 95. Le gouvernement étudie un projet de création d'une banque nationale de développement, et un directeur général étranger a été choisi. Toutefois, la création de cette institution risque d'être retardée pour le moment, car il y a peu dlaffaires en projet. 96. Les opérations du Trêsor effectuées en dehors du budget ordinaire et du budget de développeient figurent dans les "budgets pour ordre" et dans les "comptes hors budgettl. Les premiers consistent en dépfts.de tiers, tels que l'agence de trnsports et les dépSts de comptes chèques postaux,*et certains fonds publics spéciaux. Le budget de 1968 propose la liquidation progressive d'un certain nombre de ces comptes spéciaux. Les comptes hors budget sont essen- tiellement des comptes provisoires, mais on y fait aussi figurer les opérations - 30 - sur bons du Trésor qui ont été isolées pour ltétablissement de données consolidées en matière de finances publiques (Tableau X). B. Recettes de llEtat 97. Les recettes courantes de liEtat ont augmenté très rapidement; en 1967, elles étaient près de quatre fois supérieures à celles de 1963 aux prix courants; à prix constants, elles se sont accrues à un rythme moyen de 27 pour cent. La progression la plus rapide est intervenue en 1966, à la suite notamment de l'augmentation des impfts indirects, et en particulier des taxes à llexportation, au moment de la dévaluation. Le tableau VIII ci-dessous montre la répartition des recettes courantes de ltEtat. Tableau VIII: Recettes de lEtat (en millions de FR) 1963 1964 1965 1966 1967 1968 (Résu~1tats(Budget) proviscires) Impfts sur la propriété 26,5 61,5 58,2 56,3 59,0 65,5 dont: Impôts sur le bétail 19,6 h8,9 43,8 37,4 - 37,0 Impfts sur les revenus et les bénéfices 107,7 219,7 196,0 267,7 319,8 337,9 dont: Imp6ts sur le revenu des personnes physiques 12,4 21,5 28,2 66,4 84,6 100,3 Impfts sur les bénéfices des entreprises 27,0 26,5 39,0 75,3 101,3 102,0 Impft personnel 63,8 159,8 125,7 120,1 120,7 125,0 Impfts indirects 162,1 156,0 283,0 736,2 754,2 830,0 dont: Taxes à ltexportation 16,3 32,0 29,0 196,8 187.9 200,0 Taxes à l'importation 102,7 85,8 146,7 323,7 351,1 400O,0 Contributions indirectes 57,4 56,7 86,5 195,0 191,3 200,0 Revenus non fiscaux 37,3 56,2 82,0 110,6 133,8 145,0 Total 333,7 493,A 619,2 1,170,7 1.266,8 1.378,3 Imp6ts indirects Recettes fiscales: 55% 36% 38% 70% 66% 67% Indice des recettes totales aux prix courants 100 147 183 351 380 409 coefficient approximatif dtajustement 100 107 118 136 145 145 à prix constants 100 137 155 258 262 282 - 31 - 98. En 1966, les principales augmentations des recettes ont été le fait des taxes à itexportation sur le café et les minerais. Les taux furent relevés de 8 à 20 pour cent pour le café parcho et de 3 à 20 pour cent pour la cassitérite. Une taxe de 20 pour cent fut également mise sur les fleurs de pyrèthre, qui en étaient exemptées auparavant, et sur le thé qui était précédemment taxé à 6 pour cent. Ces taxes ont été encore modifiées en avril 1967. Pour le café, le taux de 20 pour cent a été remplacé par une taxe de 10 pour cent et un droit fiscal progressif applicable quand le cours à Mombasa atteint 35 cents E.U. la livre. Les taxes perçues par 1Z0CIR ont été relevées à la méme époque; la taxe de stabilisation est appli- quée lorsque les prix atteignent 3h cents E.U. la livre et le fonds de sta- bilisation intervient quand le prix tombe au-dessous de ce niveau. Bien que les revenus que lEtat tire du café aient été diminués à la suite de ces changements, l'imposition globale du café a subsisté en raison du relève- ment de la part de lOCIR. Ces mesures ont eu pour effet de réduire les répercussions des mouvements des cours mondiaux sur les exportateurs de café et les intermédiaires. 99. La taxe à lexportation sur la cassitérite a été aussi ramenée de 20 à 10 pour cent en avril 1967, et une taxe fiscale progressive est maintenant appliquée lorsque le prix fi é à la Bourse des métaux de Londres atteint 1.120 livres la tonne longue . i Les taxes sont assises sur la valeur des exportations évaluée au prix du marché de liétain de Londres, compte tenu du traitement, du transport et d1une marge bénéficiaire con- venable. La taxe fiscale est destinée à absorber une partie de llaccroisse- ment des profits résultant de la hausse des prix. Le revenu fiscal prove- nant de la cassitérite est tres sensible aux mouvements de prix, ce qui risque de créer des difficultés car on stattend à une baisse des cours. 100. La taxe sur le thé est passée de 20 pour cent à 10 FR par kilo- gramme et celle sur les fleurs de pyrèthre, de 20 pour cent à 12 FR par kilogramme, ce qui slest traduit par une diminution de la taxe sur le thé. Lleffet global de ces mesures a été de réduire les recettes que l'Etat tire des taxes à l'exportation qui sont passées de 18 pour cent du montant des exportations en 1966 à environ 13 pour cent en 1967. 101. Eh général, les taxes à Ilimportation sont peu élevées; elles dépassent rarement 45 pour cent et la plupart se situent entre 10 et 25 pour cent. Un grand nombre a subi une augmentation de 10 pour cent au moment de la réforme monétaire, mais il y a eu quelques réductions. Les céréales sont frappées maintenant dtune taxe de 10 pour cent, les cotonnades, d'une taxe de 30 pour cent et les voitures particulières dtune taxe de 45 pour cent. En 1966 et au cours des neuf premiers mois de 1967, les droits à ltimportation représentaient environ 17 pour cent du montaat des importations. 102. Une conséquence importante de ces changements a été de modifier ltéquilibre du système fiscal en faveur des impSts indirects. La propor- tion des imp8ts indirects est passée de h0 pour cent de ltensemble des res- sources fiscales en 1964/1965 à 70 pour cent en 1966/67. lf Ce chiffre correspond à 1.305 livres sterling depuis la dévaluation du sterling. - 32 - 103. Les principaux impfts directs comprennent ltimp8t sur le revenu des particuliers, limpôt sur le revenu des sociétés et des entreprises étrangères, un impôt personnel et un impôt sur le bétail. Les revenus provenant de ces deux dernières sources diminuent depuis 196h; ltune des raisons est que, depuis 1966, 65 pour cent seulement de ces imp6ts--contre 70 auparavant--reviennent à ltEtat, le reste étant conservé par les muni- cipalités qui les perçoivent. Compte tenu de ce fait, la perception de ltimpôt semble assez efficace pour ltimpft personnel de 400 FR, qui repré- sente entre 70 et 85 pour cent des rôles émis, alors que dans le cas de l'impôt sur le bétail, de 200 FR, elle ntatteint pas 60 pour cent des rôles établis diaprds les statistiques dtélevage du Ministdre de ltAgriculture. La grande divergence observée entre ces taux de perception fait douter de ltexactitude des statistiques dtélevage qui sont probablement un peu gonflées. 10h. L'impôt sur le revenu des particuliers est progressif; fixé à h pour cent pour la première tranche de 25.000 FR, il passe à 6 pour cent entre 25.000 et 100.000 FR et à 10 pour cent entre 100.000 et 200.000 FR. Au-dessus, seules quelques personnes sont frappées par les taux plus élevés. Le taux de llimpôt sur les bénéfices des sociétés est de 25 pour cent jusqu'à 500.000 FR, 30 pour cent entre 500.000 et 1.000.000 FR et h5 pour cent au- delà. Ces taux étaient inférieurs de 5 pour cent avant 1965. Environ 20 pour cent de l'impôt sur les bénéfices des sociétés sont versés par un petit nombre de grandes entreprises minières étrangères. 105. Le budget de 1968 pr.voit un total de recettes de 1.378 millions de FR; ce chiffre est légèrement supérieur au: estimations préliminaires pour 1967 en raison notamment de ltaccroissement des ressources fournies par le commerce extérieur. L'établissement de nouveaux impôts ntest pas envisagé. C. Dépenses courantes de ltEtat 106. La croissance des dépenses courantes de lEtat depuis 1963 est indiquée dans le tableau IXci-dessous et de manière plus détaillée dans les tableaux 13 et 14 joints en Annexe au présent rapport. Les ministères les plus importants sont de loin ceux de ltéducation et de la défense. La croissance rapide du premier était due initialement à ltaugmentation du nombre des élèves, mais depuis quelque temps, elle résulte surtout de l'aug- mentation des dépenses par élève. Les dépenses du Ministère de la Défense se sont accrues rapidement après les attaques du début de 196h et la situa- tion menaçante de lannée 1965; leur part dans le budget est passée de 15 pour cent en 1963 à.35 pour cent en 1966. Ce niveau exceptionnellement élevé est entièrement di au fait que le Randa a été obligé de créer et dtéquiper une armée dans les plus brefs délais. Les dépenses militaires ont fortement progressé en 1966 et 1967 parce qutil a fallu acheter bon nombre dtéquipements au nouveau taux de change. En fait, en 1967, les dépenses militaires ont été limitées à 379 millions de FR, alors que le budget initial les évaluait à 472 millions de FR, et elles ntont représenté que 28 pour cent du budget. Le budget militaire de 1968 a été encore réduit; il n'est plus que de 322 millions de FR, soit 23 pour cent du budget. - 33 - Tableau IX: Dépenses de llEtat (en millions de FR) 1963 1964 1965 1966 1967 1968 (s- - él-tats(Butg- Ministères provisoires)get) Education 164,1 166,4 194,8 287,7 356,4 376,3 Défense 83,3 129,7 161,1 462,8 378,7 322,0 Services économiques 94.,7 128,2 118,5 173,2 202,h 249,I Services sociaux et intérieurs 141,1 153,2 180,h 2014,3 231,7 237,0 Administration générale 63,3 82,3 182,3 193,9 2o6,1 19719 Total 547,6 659,6 837,2 1.321,8 1.375,3 1.382,6 Dont: Traitements et salaires 3h0,6 409,4 450,8 690,4 737,0 777,0 Matériel 101,4 108,0 198,4 414,8 389,0 241,0 Coefficient approximatif d'ajustement 100 107 118 136 145 1h5 Indice des dépenses totales aux prix courants 100 121 153 241 251 252 à prix constants 100 113 130 177 173 174 107. Les dépenses des services économiques sont parties diun niveau très bas et restent insuffisantes en dépit de leur augmentation. Liun des éléments qui ont limité leur extension a été la difficulté de trouver du personnel dIencadrement pour les services de vulgarisation agricole et dtentretien des routes. 108. Entre 1963 et 1967, les dépenses totales ont augmenté de 150 pour cent aux prix courants. Toutefois, la croissance réelle a été bien inférieure, car les traitements de tous les fonctionnaires ont été relevés de 30 pour cent au milieu de 1966 et les prix des matériels importés ont augmenté. Compte tenu de ces deux facteurs, on peut évaluer la hausse des dépenses courantes à prix constants à 70 pour cent environ entre 1963 et 1967. Les dépenses pour 1967 ont représenté seulement 92 pour cent environ des prévisions du budget initial et elles ont sans doute été légèrement inférieures aux dépenses de 1966 en prix constants. Le budget de 1968 ne prévoit pas d'augmentation des dépenses, ce qui devrait entra'ner une nouvelle réduction en termes réels si les prix devaient monter. Une cause importante de ltaugmentation des dépenses réelles a été lZaccroissement du nombre de fonctionnaires qui est passé de 500 en 1962 à 1.700 à la fin de 1967, compte non tenu des enseignants. Les échelles de salaires stélèvent automatiquement de 2 ou 3% par an et il y a eu un nombre important de promotions par suite de la création de nouveaux ministères et de nouvelles directions. - 34 - D. Dépenses de développement 109. Les dépenses annuelles de développement financées par lEtat sont très réduites. En 1963, on nla exécuté pratiquement aucune des dé- penses inscrites au budget de développement de cette année-là; le compte est donc resté ouvert pendant les deux années suivantes, et il en fut de même pour le budget de 1964. Il n'y a pas eu de budget de développement en 1965 par suite des reports des budgets des deux années précédentes, mais en 1966, les dépenses de développement ont atteint leur niveau le plus élevé, si bien qutelles sont passées de 2 millions de FR en 1963 à 138 millions de FR en 1966. 110. Le budget de développement pour 1967 avait prévu 100 millions de FR de dépenses, mais en cours dyannée, la moitié environ de cette somme a été suspendue sine die. En 1967, les dépenses effectives ont atteint 26 millions de FR pour le budget de 1967, auxquels stajoutent 50 millions de FR reportés du budget de développement de 1966, soit 76 millions de FR au total. Pour le budget de développement de 1968, on prévoit au total des autorisations de ltordre de 100 millions de FR et on va mettre fin à la procédure qui consiste à reporter automatiquement sur lfannée suivante la portion du budget qui n'a pas été exécutée. Bien que les ressources nfen aient pas encore été définitivement arr6tées, on souhaite financer les dépenses de développement pour 1968 par des moyens non inflationnistes, en partie gr9ce à un excédent du Budget pour ordre et en partie par la vente de bons de développement à lOCIR ainsi qutà une ou deux institu- tions financières. E. Autres investissements du secteur public 111. Un petit nombre d'organismes publics du Randa ont réalisé des investissements de faible importance sur lesquels on ne dispose que de renseignements très limités. Au nombre de ces organismes, figurent en particulier la REGIDESO et l'OCIR. Les ressources du fonds de stabili- sation du café sont passées de 11 millions de FR au début de 1966 à 92 millions de FR à la fin de 1967; toutefois, sur cette augmentation, 62 millions représentaient un transfert de fonds de contrepartie au titre de la loi PL 480 qui furent investis en bons du Trésor. En 1966-1967, D'OCIR a investi quelque 20 millions de FR en b9timents et en installa- tions de stockage. La REGIDESO a investi toutes ses ressources excéden- taires dans le développement des fournitures dteau et d1électricité, en particulier à Kigali, mais les fonds utilisés sont très modestes. Le total des bénéfices a été inférieur à 20 millions de FR en 1966 et liensemble des investissements nla probablement pas dépassé ce chiffre. 112. La Caisse dt'pargne dispose de ressources très limitées et une part importante de ses investissements steffectue sous forme de prêts à la construction et diachats de véhicules automobiles. Les prgts à la construc- tion semblent cependant niavoir représenté qutune faible contribution à la progression rapide du nombre de logements à Kigali et dans d8autres centres urbains, car la plupart de ces logements paraissent avoir été financés par ltépargne privée. Le Tableau 17 figurant en Appendice retrace la situation de la Caisse dIEpargne depuis 1964. - 35 - F. Evolution de la situation monétaire et fiscale 113. En dépit de la rapide croissance des recettes, les dépenses ont toujours largement dépassé les recettes. Il ressort du tableau X ci-dessous qutentre 1963 et 1966, le déficit en compte courant a oscillé entre 150 et 220 millions environ de FR alors que le déficit du Trésor a été nettement plus important en raison et du gonflement des dépenses en capital et des fluctuations des soldes des comptes détenus par le Trésor. Le déficit a été particulièrement élevé sur ces comptes en 1965. Tableau X: Budget consolidé (en millions de FR) 1963 196h 1965 1966 1967 1968 (Chiffres (Budget) provisoires) Recettes courantes 33h h93 619 1.171 1.251 1.378 Dépenses courantes -5h8 -660 -837 -1.322 -1.375 -1.383 Déficit courant -214 -167 -218 -151 -12h - 5 Budget de développementLe - 2 - 57 - 80 -138 - 76 -100 Déficit budgétaire global -216 -22h -298 -289 -200 -l05 Comptes détenus par le TrésorL - 33 56 -10h - 8 - 5h 31 Déficit total du Trésor -249 -168 -h02 -297 -254 - 7h Financement Etranger - - - 37 - - Emprunts à liétranger - - - 37 - - Aide étrangère 28 h2 - - - - Intérieur Bons du Trésor - 108 92 - 1 14l 7h Endettement auprès de la Banque Centrale 194 78 250 275 116 - Mouvements du compte du Trésor 27 -60 60 -1h - 3 - Total 2h9 168 h02 297 254 7h a Budgets pour ordre et comptes hors budget. b Cette émission de "bons de développement" peut 9tre souscrite par ltOCIR et autres institutions financières. /c A lexclusion des investissements de ltOCIR et de la REGIDESO. Source: Voir tableau 17 en annexe. - 36 - 114. Seule une très faible partie du déficit global a été financée au moyen de prêts et de dons étrangers. La principale source de finan- cement est constituée par les avances de la Banque centrale au Trésor et, dans une moindre mesure, l'émission de Bons du Trésor qui ont été achetés par les deux banques commerciales. Un emprunt de 500 millions de FR con- tracté auprès de la Banque centrale a été consolidé en 1966. 115. Avant 1964, le gouvernement empruntait à la Banque centrale commune du Ruanda-Urundi; aussi ne dispose-t-on pas des données moné- taires correspondant au seul Rwanda. Laccroissement des crédits alloués au secteur public en 1964 et 1965 a entrafné une baisse très rapide des réserves de devises. Les comptes créditeurs à llétranger diminuèrent de 130 millions de FR en 1965, puis de 385 millions de FR en 1966. La monnaie en circulation augmenta assez régulièrement, passant de 903 millions de FR à la fin de 1964 à 1.215 millions à la fin de 1966 et à 1.535 millions en 1967; le r6le de la monnaie dans ltéconomie s'est accru en même temps. 116. Les prix, et en particulier ceux des biens importés, montèrent brusquement, car les pénuries de ces biens découlant du système de licences à llimportation encouragèrent la création d'un marché parallèle de devises oÙ le taux pratiqué à la fin de 1965 était plus du double du taux officiel, fixé à 50 FR par dollar E.U. 117. En avril 1966, une dévaluation a porté le dollar E.U. à 100 FR et le gouvernement a obtenu du FMI ltouverture dtune ligne de crédit de 5 millions de dollars pour soutenir un programme de stablisation. A la même époque, on a libéralisé le régime des importations et des transactions invisibles, tandis que le prix du café à la production était relevé. Le gouvernement a introduit des restrictions sélectives pour les crédits ac- cordés aux particuliers et on a fixé des plafonds aux crédits destinés au secteur public. 118. En dépit de la brusque augmentation des revenus a la suite de la dévaluation, le déficit budgétaire stest maintenu à un niveau élevé et le plafond des crédits accordés au Trésor a été dépassé. Les exportations de café ont diminué par rapport à 1965 et la balance des paiements a enregistré un déficit important. La totalité de la ligne de crédit auprès du FMI a été tirée au cours de ltannée et les avoirs nets à ltétranger ont diminué de 385 millions de FR. 119. Le gouvernement a obtenu du FMI un second crédit stand-by de 2 millions de dollars E.U. en avril 1967, puis un troisième de 3 millions de dollars en mars 1968. Pour ce dernier les plafonds de crédit ont été quelque peu relevés tout en demeurant limités. Le Rwanda a maintenant remboursé 3 millions de dollars E.U. de la ligne de crédit initiale et ltensemble des tirages stélevait à 4 millions de dollars E.U. en mars 1968. - 37 - Tableau XI: Situation monétaire 1964-1967 (en millions de FR) 1964 1965 1966 1967 Comptes créditeurs à l'étranger (net) 264 132 -253 - 78 Crédit intérieur 301 634 939 1.171 Gouvernement (241) (552) (777) (993) Secteur privé (60) ( 82) (162) (178) Masse monétaire 903 1.168 1.215 1.535 Disponibilités quasi-monétaires 10 22 30 3h Divers (net) -3h8 -h26 -560 -475 Source: Statistiques Financières Internationales. 120. Dans le secteur privé, les restrictions de crédit ont eu surtout des répercussions sur le commerce dlimportation. Les pouvoirs publics ont assuré un financement convenable des exportations en modifiant de manière cyclique les plafonds de crédit en fonction des prévisions sur la récolte de café. Cette opération est rendue particulièrement nécessaire du fait que les exportateurs et les transformateurs de café disposent de très peu de liquidités et que près de 100 pour cent de la récolte est financé par le système bancaire. 121. La Banque centrale a obligé les importateurs à chercher à ltexté- rieur le financement de leur commerce en nfautorisant le crédit à liimpor- tation que lorsque les produits arrivent dans le pays. Cette mesure a réduit la demande de crédit à llintérieur et amélioré les réserves de devises. 122. Les marcha-ndises livrées au titre de la loi PL 480 qui sont stockées au Rwanda sont financées en dehors des plafonds de crédit. La plupart de ces produits se vendent difficilement pour des raisons de goat et de prix, mais la Banque centrale s'efforce dien assurer la vente. Une portion de la contre- partie de ces biens représentant 65 millions de FR a été transférée au fonds de stabilisation du café et investie en Bons du Trésor. G. Prix et salaires 123. Les seuls indices des prix qui reflètent le coût de la vie sont fondés sur les prix d'avril 1965. Ils ont été établis pour deux catégories de consommateurs, ceux à revenu élevé et ceux ayant un faible revenu. Avant 1965, il niexistait qulun seul indice, fondé sur une sélection des biens - 38 - importés. Les nouveaux indices des prix à la consommation se réfdrent aux prix de Kigali et dfun autre marché; il est possible qutils ne soient pas représentatifs de lensemble du pays. 124. Entre la date de lindépendance et la réforme monétaire de 1966, les prix des importations ont augmenté très rapidement. Ils ont été com- plètement stabilisés en 1966, mais le calcul de ltindice des prix à l'im- portation nta pas été continué en 1967. La dévaluation nta pas entraf'é de hausse des prix à 11importation, car les pénuries avaient fait monter les prix intérieurs au niveau du taux de change parallèle, qui était su- périeur au taux actuel. Lindice des prix pour les catégories à bas revenus, qui reflète le mieux le pouvoir dtachat de la majorité des rwandais, est tombé diune moyenne de 1h9 en 1966 à 139 en 1967. Llindice des hauts reve- nus est -plus ou moins stable depuis le milieu de 1966. Tableau XII: Indices des prixL (avril 1965 - 100) Indice Indice pour les pour les revenu revenus faibles/0 élevésLc 1965 Juin 116 105 Septembre 143 119 Décembre 169 123 1966 Mars 148 132 Juin 151 141 Septembre 149 139 Décembre lh5 142 1967 Mars 140 1l1 Juin 126 138 Septembre lh3 144 Décembre 146 1h2 Prix à Kigali et a iyamirambo. 15 produits. 121 produits. Source: Banque nationale du Roranda 125. La baisse de ltindice pour les revenus faibles depuis la fin de 1965 et la stabilité de llindice pour les revenus élevés depuis le début de 1966 montrent que l'augmentation des crédits de la Banque centrale nla eu en elle-m6me qutun effet limité sur les prix intérieurs. La répercus- sion la plus importante s test fait sentir sur la balance des paiements - 39 - qui s test améliorée en 1967. Toutefois, 1966 et 1967 ont été de bonnes années pour les cultures vivrières, ce qui a entrafné une baisse des prix. 126. Les salaires sont peu élevés. Les ouvriers agricoles non spécialisés gagnent entre 20 et 30 FR par jour selon les régions, et les fonctionnaires reçoivent un traitement qui varie entre 185.000 FR - par an pour les postes les plus élevés et 25.000 FR par an pour les ins- tituteurs. Les barèmes des traitements du secteur public ont été relevés de 30 pour cent en moyenne au mois d9aoat 1966 pour compenser les hausses de prix antérieures, ce qui les a ramenés au niveau atteint au milieu de 1965 en termes de pouvoir dlachat. Le niveau de vie des fonctionnaires ne semble pas avoir baissé depuis et on ne prévoit pas de nouvelles aug- mentations des salaires. H. Financement des investissements 127. Les investissements publics au Randa comprennent le budget de développement, les projets financés au moyen de l'aide étrangère et les petits investissements de ltOCIR et de la REGIDESO déjà mentionnés. Dans le secteur monétaire privé, ltessentiel est constitué par la construction de logements et par quelques investissements industriels. Il existe aussi un montant dlinvestissements non monétaires qui niest pas chiffré et qui consiste en construction de cases et en aménagements fonciers. Ce dernier domaine est particulièrement important lorsqu til s tagit de certai.nes opéra- tions réalisées par les paysans (nivellement des rizières, par exemple) qui sont complémentaires des projets financés par llEtat. 128. La majeure partie des investissements est financée par llaide étrangère qui est surtout accordée sous forme de dons. Une partie seule- ment de cette aide sert à financer des projets, le reste étant surtout donné sous forme dlassistance technique. Dans le tableau relatif aux sommes versées au titre de ltaide étrangère, (Tableau 13), cette répar- tition a été évaluée approximativement quand on ne disposait pas direc- tement des renseignements nécessaires. Les somnes versées au titre de l'aide étrangère ont au total augmenté depuis 196.; on les évalue à 9,2 millions de dollars E.U. pour 1967. En 1962 et 1963, elles étaient esti- mées respectivement à 10,1 millions et 7,5 millions de dollars E.U. par suite de l'importance de llaide belge au cours de ces deux années. 129. Ltaide fournie par la Belgique est la plus importante. Elle a pris dtabord la forme dtune aide budgétaire directe, mais depuis 1965, elle ne passe plus par le budget. Les engagements de la Belgique qui portent sur des projets précis figurent dans des accords annuels conclus entre les deux gouvernements intéressés. Les sommes couvertes par ces accords sont demeurées sensiblement constantes (environ 70 millions de FB, soit 1,4 million de dollars E.U.), mais les décaissements se font lentement. Au 30 septembre 1967, 12 pour cent des engagements de 1965 et 57 pour cent de ceux de 1966 ntavaient pas encore fait liobjet de dépenses effectives et un peu plus de 10 pour cent du montant des enga- gements de 1967 avaient été utilisés. Les autorités belges semblaient toutefois penser que le rythme des dépenses pourrait sfaccélérer à 1favenir. - h0 - 130. En dehors de ses programmes d1assistance, la Belgique assure le fonctionnement de certains organismes médicaux, de recherche ou de vulgarisation agricole (Fometro :L/, AIDR, ISAR, etc.) et finance dtautres investissements (comme la construction de llaéroport de Kigali). Au moment de la dévaluation, la Belgique a mis en outre 75 millions de francs belges (1,5 million de dollars E.U.) - la disposition du !randa pour le financement des importations; sur ce montant, 30 millions de FB ont fait ltobjet d'un don et 45 millions ont été vers6s sous forme de prft remboursable en cinq annuités. En octobre 1967, il y a eu un autre don de 17,5 millions de FB (350.000 dollars E.U.) Les sommes revenant au Rwanda à la suite de ces opérations doivent ^tre remployées dans des opérations décidées en accord par le Rwanda et la Belgique. Ces remplois comprennent une contribution nominale aux frais de ltassistance technique belge et une partie des contributions, du Rwanda aux projets financés par diautres sources. 131. Une large proportion de ltaide belge au Rwanda est constituée par ltentretien de plus de 200 assistants techniques qui servent comme professeurs de lienseignement secondaire ou comme fonctionnaires. Ces assistants techniques fournissent une aide précieuse au pays et leur présence restera nécessaire pendant plusieurs années encore, bien que le gouvernement stefforce de former des remplaçants rwandais. Les verse- ments effectués au titre de liaide belge ont diminué entre 1962 et 1966 malgré le développement de llassistance technique. En 1963 et en 1964, la réduction de llaide belge a provoqué une baisse de liaide totale qui a été compensée depuis par laugmentation des programmes dtaide du FED et, de ltUSAID et ceux exécutés au titre de la loi PL h80. 132. Le Fonds européen de développement (FED) constitue la deuxième grande source dfaide étrangère pour le Rwanda. Au 31 octobre 1967, l'en- semble de ses engagements stélevaient à plus de 13 millions de dollars E.U., dont plus de 5,6 millions,.soit 42 pour cent du total, avaient fait lobjet de dépenses effectives. Le FED stest essentiellement attaché à diversifier les activités agricoles du Rwanda; 56 pour cent des engagements concernent le développement des cultures de thé et de pyrèthre, 20,% financent 1'organi- sation de paysannats pour la culture du café dans la région de Mayaga- Bugesera. Le total des versements du FED stest élevé rapidement: il est passé de 347.000 dollars E.U. en 1963 à 1.419.000 en 1967. 133. La récente accélération de llexécution des projets directement productifs stexplique par lfaugmentation des dépenses effectuées au titre des programmes du FED, en particulier ceux qui concernent le café, le thé et le pyrèthre. Clest dans ce domaine que liaide étrangère aura liinfluence la plus profonde sur le développement futur de lléconomie. Une troisième source dlaide étrangdre, le PNUD, a pris récemment des engagements considé- rables au Randa. En 1966, le Conseil de direction a approuvé ltoctroi de deux subventions totalisant 3,h millions de dollars; ltune sera employée e la construction d iune usine d1extraction de la pyréthrine, 1lautre servira l/ Fonds Médical Tropical - 4l - Tableau XIII: Versements de ltaide étrang,re (en milliers de dollars E.U.) 1962 1963 1964 1965 1966L 1967/a Belgique Projets 7.050/b. h.810 3.050 2.990 1.300 1.5oo Assistance technique 1.50o 1.oo 1.600 1.68o 2.200 2.400 Total 8.550 6.310 4.650 4.670 3.500 3.900 dont: prêts - (900) (1.200) (900) Fonds européen de développement Projets 219 3h7 675 648 1.180 1.234 Etudes 37- - 35 120 185 Total 594 347 675 683 1.300 1.419 Organisation des Nations Unies Projets h0 - - - - - Assistance technique _- 100 30 h5 40 _20 Total h0 100 350 h5 h0 520 Etats-Unis Projets - - - 289 568 h98 Assistance - - - - 100 800 P.L. 48o 500 600 - 250 1.050 1.241 Total 500 600 - 539 1.718 2.539 République de Chine - Projets - - - - 300 300 République fédérale dtAllermagne 10 70 250 350 - - Projets dont: prêts - - - 90 - Suisse - Projets - h0 370 h90 460 - Canada - Assistance technique - - 130 730 5oo 5oo Crédits fournisseurs - - - 330 - - Divers - - - 10 - - Total/C 10,10 h 7.467 6.425 7.907 8.328 9.178 dont: Projets 7.729 5.267 h.345 5.107 3.808 3.352 Assistrce tc i .500 1.600 2.080 2.855 3.150 3.420 a Estimations. Comprend probablement une large part d'aide militaire. C A ltexclusion d'une assistance technique réduite fournie par la France et la Suisse. - 42 - servira * financer une partie de ltentretien de 11Institut pédagogique national de Butare. En juin 1967, un troisième don de 542.900 dollars a été accordé pour la construction dtune tannerie e Kigali. Les décaisse- ments relatifs à ces trois projets niont pas encore commencé. 134. Le Rwanda reçoit enfin une aide financière de la Reeublique de Chine, pour la culture du riz, du Canada pour le fonctionnement de 1iUni- versité nationale de Butare, et de la France pour la préparation diun programme dtassèchement de marécages. Dans le passé, lAllemagne et la Suisse ont aussi accordé de petites subventions. La France et la Suisse fournissent en outre une aide technique dans certains secteurs-clés. 135. En 1967, les investissements publics comprenaient environ 440 millions de FR au titre de liaide étrangère et 76 millions de FR pour les dépenses prévues par le budget de développement, soit un total dienviron 520 millions de FR. Le tableau XIV ci-dessous retrace l'évolution des in- vestissements publics depuis 1963. Tableau XIV: Investissements publics (en millions de FR) 1963 1964 1965 1966 1967 Aide extérieure (projets) 263 217 256 334 353 Budget de développement 2 57 80 137 76 Total 20 264 336 h72 429 Financement extérieur (%) 99 82 76 71 82 136. Pour 1966, on peut faire liestimation suivante du montant total des investissements monétaires: en millions do FR Budget de développement 114 (à lexclusion des crédits non consacrés aux investissements) REGIDESO et OCIR1 h0 Aide étrangère 334 Construction de logements 429 Industrie 118 1.035 Par rapport au PIB de 1966, cette estimation représente un taux d1investisse- ment de 8 pour cent qui correspond à un taux d'épargne nationale brut de 1,2 pour cent. 137. Le Ruanda a financé une petite fraction des investissements publics sur ses propres ressources: le budget de développement représentait 2h pour cent des investissements publics en 1965 et 18 pour cent seulement en 1967. - 43 - Pour les projets financés de llextérieur, la part qui incombait à llEtat a forcément été plus faible en raison des investissements pour lesquels on ne peut obtenir de capitaux extérieurs. 138. Jusqu'à présent, le Rwanda nta contribué que pour une très faible part au financement des projets, mais sa participation devrait augmenter à ltavenir, notamment avec la mise en route des vastes projets du PNUD. Pour réduire la charge imposée aux finances publiques par ces contributions, le gouvernement belge a accepté que les francs rwandais qu'il détient en contre- partie de ltaide en devises précédemment accordée pour rétablir la balance des paiements du Rwanda soient utilisés au paiement dtune partie de ces con- tributions. En 1968, le gouvernement a entrepris de porter sa participation aux projets à un total dienviron 100 millions de FR; les francs randais détenus par la Belgique en contrepartie de son aide antérieure et mis à la disposition du gouvernement serviront à financer à peu près la moitié de ce total, le solde devant être versé au budget de développement. 139. Bien que ces contributions soient relativement faibles, le gou- vernement a déja éprouvé des difficultés à remplir ses obligations en 1967, et en particulier à fournir des logements aux cadres de direction étrangers, ainsi que les véhicules et les bâtiments au titre de sa contribution aux différents projets. Ces difficultés sont venues du fait que le gouverne- ment a accepté des charges sans savoir dilod pourraient provenir les fonds propres à les assurer. Cette situation est en grande partie inévitable tant que les ressources que le gouvernement pourra consacrer au développement resteront aussi modestes. 140. Les fonds de contrepartie au titre de llaide belge sont mainte- nant presque entièrement engagés et il est douteux que cette source de financement puisse encore etre utilisée à llavenir pour financer les con- tributions du lranda; de surcroft, le gouvernement ne veut plus régler les dépenses de développement par des crédits de la Banque centrale. Le Rwanda va donc se heurter à des difficultés tant que les organismes dtaide exté- rieure insisteront pour que le pays apporte une contribution substantielle au colt des projets. I. Planification du développement 141. Le plan quinquennal de développement, prévu initialement pour les années 1965-69, se présente sous forme d'un gros document en quatre volumes qui contient une description détaillée dfune série de projets dont .texécution paraissait à la fois possible et souhaitable. Par suite de ltétat rudimentaire de la comptabilité nationale du Rwanda, il ntest pas possible de vérifier la cohérence interne des hypothèses et des postulats qui ont été adoptés; il ntest pas non plus possible de vérifier si les in- vestissements prévus dans le plan mèneraient au taux de croissance envisagé. Au surplus, un point faible du plan que la mission s test efforcée de corriger, est qulil est exprimé en prix antérieurs à la dévaluation. Enfin, il était prévu que le plan d1exécution au cours de la période 1965-1969, alors que les faits en ont considérablement ralenti la mise en oeuvre. Le plan nIa été adopté par 1SAssemblée nationale quien août 1967 et on admet maintenant qutil prendra fin en 1972 et non plus en 1969. 142. Dans sa forme initiale, le plan prévoyait que les investissements en capital atteindraient un montant total de h,8 milli ards de FR, dont 3,h milliards, soit 71 pour cent, seraient financés par les ressources publiques et 1,4 milliard par le secteur privé. Le financement sur ressources natio- nales devait s télever à 936 millions de FR, soit 20 pour cent du total. Outre cet investissement monétaire, le plan prévoyait aussi un ivestsisse- ment non monétaire de 830 millions de FR (soit approximativement la valeur de 47 journées de travail par travailleur adulte). En se fondant sur ltélé- ment des projets payable en devises dans chaque secteur, la mission a es- timé que les investissements envisagés, exprimés en prix postérieurs à la dévaluation, s 'éléveraient à environ 8,h milliards de FR. 143. La répartition des investissements par secteurs figurant dans le tableau l révèle la stratégie fondamentale qui a présidé à 1lélaboration du plan: renforcement de 1tinfrastructure du pays et diversification de la production agricole, essentiellement en ce qui concerne les denrées dtexpor- tation. Pour sa part, llindustrie devrait absorber 10 pour cent à peine du total des investissements. Cette stratégie correspond aux priorités fixées par le Gouvernement du Rwanda; il nty a, en fait, pas de raison sérieuse de mettre en question le choix fondamental effectué, qui consiste à diversifier les exportations du pays tout en accroissant la valeur ajoutée par la transformation des produits agricoles. 144. Bien que le réseau routier actuel soit relativement dense et cor- responde en gros aux besoins prévisibles de liéconomie, la mise en oeuvre de deux ou trois projets assez importants paraft souhaitable. La construc- tion d tune route plus courte à destination de 11Ouganda est préparée par ELECTROCONSJLT et une nouvelle voie sera ouverte à travers la Tanzanie quand le pont financé par 1Allemagne aura été construit sur 1Akagera, à Rusumo, et que la Tanzanie aura réalisé le tronçon correspondant de ltautre câté; en effet, le IRwanda cherche à stassurer un autre itinéraire vers la câte pour des raisons de sécurité. Un autre grand projet concerne le nouveau tracé de la liaison Kigali-Butare. Il serait utile, pour les besoins du plan, de définir quel devrait être ce nouvel itinéraire, mais on peut douter qu'il justifie quelque investissement que ce soit dans le proche avenir en.raison du faible volume de la circulation sur ltensemble de cet itinéraire. L'amélioration de llentretien des routes devrait constituer sans aucun doute, à ltheure actuelle, ltélément fondamental des investis- sements routiers. - 145. En ce qui concerne les dépenses d9éducation, on comprend aisément que le plan insiste sur l'enseignement secondaire si lion tient compte du fait que le rapport entre lIenseignement secondaire et l'enseignement pri- maire est exceptionnellement faible au Rw,anda. Toutefois, étant donné que les dépenses de fonctionnement par élève du secondaire sont quinze fois supérieures aux dépenses de fonctionnement par éleve du primaire, la mission a le sentiment quià moins de prendre des mesures pour limiter liaccroissement des effectifs du primaire, les dépenses de fonctionnement supplémentaires qu'entraîneraient la mise en oeuvre dtun programme de développement du se- condaire ne sauraient être supportées par le budget du Rwanda. Tableau XV: Plan de développement (Tranche prioritaire) (en millions de francs rwandais) FInancement public Financement privé Origine Origine Origine Origine étrangère nationale Total étrangère nationale Total A. Aux prix antérieurs à la dévaluation Agriculture et élevage 991,2 256,0 1.247,2 - 16,7 16>7 Mines 100,0 - 100,0 425,0 - 425,o Industrie 25h,2 4.,9 296,1 142,5 20,8 163,3 Services - 8,0 8,0 130,0 80,0 210,O Infrastructure 1.477,1 304,8 1.781,9 365,O 200,0 565,0 Total 2.822,5 618,6 3.4U1,2 1.062,5 317,5 1.380,0 B. Auprix postrieurs à la dlevaluation Agriculture et élevage 1.836,0 357,0 2.193,0 Mines 200,0 - 200,0 821,0 - 821,0 Industrie 463,0 14,0 537,O 259,o 38,0 297,0 Services - 10,0 10,0 229,0 147,O 376,0 Infrastructure 2..631,0 517,0 3.048,0 602,0 330,0 932,0 Total 5.030,0 958,0 5.988,0 1.911,0 515,0 2.426,0 IV. PERSPECTIVES ECONOMIQUES A. Généralités 146. Pour évaluer les perspectives économiques du Rwanda, il faut tenir compte des ressources très limitées du pays, de sa pauvreté et des grandes difficultés qutil a traversées au cours de ces dernières années. Il y a d'abord eu la lutte pour le pouvoir entre les deux races, puis la désorganisation qui a suivi l'indépendance et la rupture avec le Burundi, et ensuite une période dfinflation. Ce nlest qulau cours des deux der- nières années que le gouvernement a remis ses affaires un peu en ordre et que les finances publiques ont été soumises à un certain contrâle. Le redressement des exportations est aussi très récent et lexécution de certains projets importants dtaide étrangère ne fait que commencer. Les perspectives à court terme, en particulier pour les investissements publics, ne peuvent être que modestes, car le pays a pris un départ tardif, à partir dtune situation peu enviable* A plus long terme, le problème fondamental constitué par un taux de croissance démographique élevé alors que le pays nta qu'une superficie restreinte se fera sentir et, en ltabsence d'une re- prise de ltémigration et de lladoption de mesures efficaces destinées à accroître la production agricole, il risque fort dientraver le développe- ment de ltéconomie. 147. Laccroissement du PIB au cours des prochaines annéci dépendra principalement de 1'augmentation des exportations et de la production de denrées alimentaires. Etant donné la pénurie de terres et le faible effet que les nouveaux programmes auront dans leur domaine dlici 1972, il est douteux que la production de denrées alimentaires suive le rythme assez rapide de l'accroissement de la population. Ltéconomie est très vulné- rable aux baisses temporaires de production dues au mauvais temps car il ntexiste pratiquement pas de stocks et la consommation alimentaire est déjà insuffisante. Il serait très difficile de combattre avec efficacité le développement d'une situation de famine dans les zones les plus sur- peuplées du pays parce qutil serait impossible dty envoyer rapidement des approvisionnements en nourriture et que les possibilités de stockage sont inexistantes. La famine doit 6tre considérée, dans ltavenir prévisible, comme un risque permanent au Rwanda. Le reboisement et la lutte contre l'érosion devraient 8tre repris dès que possible. 148. Les perspectives diexportation sont très encourageantes, en raison notamment des ventes croissantes de café, de thé et de pyrèthre. Les exportations totales devraient atteindre 20,34 millions de dollars E.U. en 1972, ce qui équivaudrait à un taux moyen de croissance de 9,5 entre 1966 et 1972. En 1967, les exportations stélèveront probablement à l millions de dollars E.U. et le taux moyen de croissance entre 1967 et 1972 atteindrait près de 8 pour cent. - 47 - 149. A partir de 1970, le Rwanda parviendra à atteindre son nouveau contingent dtexportation de café et les exportations pourraient atteindre 245.000 sacs en 1972, soit l'équivalent de 10,30 millions de dollars envi- ron. 150. La production de fleurs de pyrèthre séchées devrait augmenter rapidement en raison de ltaccroissement des surfaces cultivées dans les paysannats et, d9apr8s les prévisions, elle devrait atteindre 2.500 tonnes en 1972. Exportée sous forme de fleurs séchées, cette quantité pourrait valoir 1,35 million de dollars E.U. environ, mais le PNUD finance la construction diune usine produisant de liextrait de pyrèthre à 25 pour cent qui devrait atteindre le maximum de sa production en 1972. Cette réalisation permettra de réduire à 150 tonnes le volume total à exporter (ce qui autorisera le transport par air) et dien accro'tre fortement la valeur totale, qui pourrait atteindre 3,4 millions de dollars E.U. Le succès de ce projet concernant la production de pyrèthre, au niveau du paysannat et de ltusine, revft une importance capitale pour le Rwanda puisqutil doit assurer la moitié de l9accroissement prévisible des ex- portations. 151. Les exportations de thé devraient aussi progresser rapidement. Liamélioration de la qualité devrait entrainer une hausse des prix perçus par le Rwanda, mais surtout, les plantations de Milundi et de Cyangugu, qui sont financées par le FED, vont produire à plein randement. Les ex- portations totales devraient atteindre, en 1972, 1.800 tonnes pour une valeur de 1,52 million de dollars E.U. 152. On pense que les exportations de cassitérite ne rapporteront plus qutenviron 3,42 millions de dollars E.U. La production restera probablement stable, mais les prix baisseront graduellement, si bien que le montant des taxes perçues sur les exportations de cassitérite devrait diminuer rapidement à moins quton ne modifie le système d1impfts progressifs actuellement en vigueur. 153. Si les importations (c.a.f.) augmentent de 4 pour cent par an, c test-à-dire à peu près au même rythme que le PIB, elles devraient atteindre environ 25 millions de dollars E.U. en 1972, ce qui se traduirait par un déficit commercial de près de 5 millions de dollars. La balance des services autres que le fret et le transport a généralement été équilibrée, mais elle ne porte que sur un montant très faible, si bien que le déficit global avant transferts devrait 8tre voisin de 5 millions de dollars, soit 3 pour cent environ du PIB escompté. 154. Il est très difficile de prévoir le montant total des investisse- ments bruts, mais si les niveaux dlexécution des projets d'aide étrangère s(accroissent, et compte tenu dfun petit budget de développement, ce montant pourrait stélever à près de 1.500 millions de FR, dans lequel les investisse- ments privés représenteraient 600 millions de FR environ. Ce chiffre corres- pond à un taux dtinvestissement de 9 pour cent environ et à une épargne nationale de 6 pour cent. Ce serait un succès d'importance, qui suppose entre autres choses que liépargne publique augmente. - 48 - B. Financement du développement 155. Les investissements proposés par le plan ne sont pas répartis en tranches annuelles; en tout état de cause, leur réalisation a subi tant de retard qu'une évaluation de llexécution du plan ne présenterait qu'un intérgt limité. En terme de prix postérieurs à la dévaluation, le plan comportait un taux annuel moyen d'investissement de liordre de 1.696 millions de FR pendant cinq ans alors quien 1966, les investissements effectifs se sont élevés à 1.050 millions de FR. Si llon tient compte des modestes résultats enregistrés ces dernières années, on peut se demander si le Iàianda peut raisonnablement espérer atteindre et maintenir le rythme d'investissement prévu par le plan pour les cinq prochaines années (1968- 1972). 156. En ce qui concerne le secteur privé, le niveau dfinvestissement prévu, qui est dtenviron 490 millions de FR par an pendant cinq ans, paraft très raisonnable, et mêne en dessous des possibilités du fait que ltindustrie du bâtiment investit déjà près de 500 millions de FR par an, soit un montant nettement supérieur aux estimations du plan. 157. Il nfen est pas de m6me pour le secteur public. Le plan prévoyait un investissement public total de 5.988 millions de FR, dont 958 millions seraient financés avec des capitaux intérieurs, le reste venant de lextérieur. Cela représente chaque année l.000 millions de FR d laide étrangAre et 200 millions de FR de financement national. 158. Pour ce qui est des investissements extérieurs on note que les versements annuels effectués au titre du programme dtaide pour les projets (y compris quelques prfts très réduits et les crédits-fournisseurs) sont tombés de 5,l millions de dollars E.U. en 1966 à 3,5 millions de dollars en 1967. Cette baisse, il est vrai, est due, dans une très large mesure, aux retards apportés à la réalisation des projets, ce qui fait qulun volume relativement important de crédits inutilisés stest accumulé. Pour les trois principaux donateurs seulement (Belgique, FED et Nations Unies), les crédits inutilisés atteignaient presque 18 millions de dollars E.U. à la fin de 1967. La moitié de cette somme est constituée par des engagements du FED (deuxième Fonds) qui niont pas encore été décaissés. Au cours des deux prochaines années, le FED doit encore engager 9 millions de dollars E.U. au titre du deuxième Fonds, ce qui augmentera encore la masse des crédits, mais après ceci il niy aura plus de nouveaux engagements de cet organisme jusqulà la création du troisième Fonds. 159. A part les engagements exceptionnellement élevés de la Belgique pour 1968, il semble bien que les crédits de ce pays diminueront dans les années à venir. LlOrganisation des Nations Unies a récemment approuvé lloctroi dlune somme de h millions de dollars E.U. qui doit Otre versée entre 1968 -et 1971, mais on ne prévoit pas diengagements nouveaux de la part de cette Organisation. - 49 - 160. En ce qui concerne les projets de la Belgique et du FED, il est probable que les versements de fonds augmenteront assez rapidement, ce qui réduira le volume des crédits non utilisés* Le montant de llaide provenant de ces deux sources devrait passer de 1,5 million de dollars E.U. en 1967 à 3,5 millions en 1972. Si lion y ajoute les projets financés par les Nations Unies et les engagements de faible importance et du reste décrois- sants des autres donateurs, on arrive à un doublement approximatif du taux de versement des fonds pour les projets, qui passerait de 3.,5 millions de dollars E.U. (350 millions de FR) en 1967 à 7 millions de dollars E.U. (700 millions de FR) en 1972. Les versements annuels seraient en moyenne de lordre de 5,9 millions de dollars E.U. (590 millions de FR) pour la période de 1968-1972. 161. Lassistance technique représente maintenant une part relative- ment grande.de liaide versée et elle est fournie principalement par la Belgique, les Nations Unies et le Canada. Ele s télève maintenant à 3,5 millions de dollars E.U. environ et elle devrait rester à 1tavenir au même niveau. Ces besoins permanents d1assistance technique ne sont pas inscrits dans le Plan. 162. La situation de ltépargne publique est beaucoup moins claire. Au cours des trois dernières années, le gouvernement nia pas réalisé d1excé- dents et il nia investi que 100 millions de FR par an gr9ce à des emprunts à la Banque centrale et à une aide budgétaire étrangère. Ces deux sources vont se réduire à llavenir; llendettement auprès de la Banque centrale est sévèrement limité et liaide budgétaire étrangère devrait cessev à moins de circonstances exceptionnelles. Seuls, les fonds prévus au titre de la loi PL 480 devraient se poursuivre mais seront réduits. 163. Lépargne accumulée dans le reste du secteur public est très modique. La plus grande partie résulte de liaccroissement des ressources du fonds de stabilisation du café, qui se sont élevées à 10 millions de FR par an en 1966 et en 1967. Bien que la REGIDESO ait financé dans le passé quelques petits investissements sur ses propres ressources, cet or- ganisme nfen aura probablement plus les moyens à liavenir. 164. Au taux actuel des impfts, les recettes ordinaires ne couvriront pas les dépenses ordinaires en 1972. Le niveau des dépenses ordinaires sera très largement fonction de 1Dévolution des budgets de 1Iducation et de la défense. Llensemble des dépenses d1éducation doit inévitablement siélever petit à petit, mais le niveau actuel des dépenses de défense ne se justifiera plus si la situation siaméliore sur les frontières du Rwanda. On a supposé que jusquien 1972, les dépenses relevant de ces deux catégories évolueront de telle manière qulil nly aura pas diaccroissement global de ces postes considérés ensemble. La progression du budget ordinaire pourrait se limiter aux services économiques et intérieurs. 165. Bien que les recettes fiscales puissent augmenter plus vite que les dépenses, elles ntabsorberont pas le déficit existant et ne permettront pas un accroissement des dépenses à moins quyon nfélève le taux des impets ou quion ne crée de nouveaux imp6ts. Il faut ajouter au déficit en compte courant une dépense annuelle de 200 millions de FR pour le d6veloppement - 50 - prise sur les ressources nationales. Cette opération est impossible, avec le régime fiscal actuel, à moins diobtenir des crédits de la Banque centrale. Les recettes publiques représentent actuellement environ 9 pour cent du PIB et les projections pour 1972 montrent que ce taux ne subira guère de change- ments. 166. Si les recettes ordinaires augmentaient de 500 millions de FR, elles représenteraient environ 13 pour cent du PIB, ce qui ne semble pas excessif pour un pays pauvre, mais nécessiterait la création de nouveaux impâts. 167. Ltaugmentation prévisible des versements au titre de llaide étran- gère et de ltépargne publique laisse néanmoins une marge importante entre les investissements publics susceptibles dt9tre réalisés et le niveau annuel fixé par le Plan. Ce décalage tiendra surtout à llinsuffisance de llaide étrangère si les prévisions fiscales énoncées plus haut se confirment. Les investissements publics atteindront probablement 530 millions de FR en 1968 et stélèveront à 900 millions de FR en 1972, ce qui correspond à un déficit de 670 millions de FR en 1968 et de 300 millions de FR en 1972. 168. Pani les sources dlaide actuelles au Rwanda, seules les aides en provenance du FED et de la Belgique ont une bonne chance de continuer comme avant. Dans les projections de dépenses dfinvestissements faits pour la période 1968-1972 on a considéré que le volume dtaide de la Belgique resterait le même et qutun éventuel Troisième FED ntaurait que peu dteffet sur les investissements effectués jusquten 1972. Il apparaît d.s lors certain que, même pour la période 1968-72, le taux de financement extérieur envisagé par le Plan ne pourra 9tre respecté si dtautres sources de financement ne viennent stajouter à celles précédemment citées. 169. A llavenir, le gouvernement ne pourra développer ltépargne publique que dans certaines limites par suite de la croissance rapide des dépenses de fonctionnement et dientretien entraînées par quelques uns des projets financés par ltétranger. La-Belgique a pris une initiative intéressante pour essayer de résoudre ce problème. Ele a proposé quiune somme de 30 millions de FR soit prélevée sur le fonds de contrepartie qutelle détient pour constituer un "Fonds dientretien et de renouvellement des infrastructures publiques" qui servirait à financer les frais dientretien afférents aux projets d1infra- structure. Dlautres organismes diaide ont été invités à participer à ce fonds. 170. Compte tenu de la situation des finances publiques du Rwanda, il importe essentiellement que le gouvernement fasse preuve de la plus grande prudence lorsqulil stagira de stengager à financer en monnaie nationale des projets autres que ceux qui peuvent être reálisés gràce à llaide belge, à la contrepartie dlaide étrangère ou à une nouvelle épargne publique; sfil en était autrement, la réalisation des programmes resterait entravée par ltincapacité du gouvernement à fournir les ressources nécessaires. - 51 - Ce Dette extérieure et aide éventuelle de 1IDA 171. La dette extérieure du Ruanda est encore très faible. Le 21 décembre 1967, elle atteignait 2.436 millions de dollars E.U.1; elle se décomposait en prêts de la Belgique et de la République fédérale dtAllemagne stélevant chacun à 900.000 dollars et en crédits-fournisseurs pour de léquipement militaire et téléphonique, diun montant de 636.000 dollars. ..Les deux prêts ont été consentis ' des conditions relativement libérales. Le taux du service de la dette2 qui atteignait 7 pour cent en 1967, était entièrement payé grîce aux crédits de fournisseurs. Le service des deux emprunts atteindra environ 200,000 dollars par an a partir de 1969, ce qui correspond à un taux "de base" de liordre de 1,3 pour cent par rapport au montant des exportations de biens et services qui s télevait approximativement à 15 millions de dollars en 1967. 172. Bien que le taux du service de la dette soit très réduit, le Rwanda ne devrait pas contracter dfemprunt aux conditions normales pour le moment parce que le secteur public ne sera pas en mesure de susciter une épargne appréciable dans ltavenir prévisible. En outre, au cours des prochaines années, un problème de balance des paiements va se poser, car les réserves de devises ne pourront plus servir à financer le déficit en compte courant. Le Rwanda aura également besoin, pendant très longtemps, de capitaux extérieurs pour financer son développement et il ne devrait pas être contraint d1accumuler un lourd fardeau de dettes les premières années, en particulier avant que 1'augmentation prévue des expcrtations nfait été réalisée et quton puisse tabler sur une épargne publique régu- lière. 173. En conclusion, il est clair que dans le domaine budgétaire comme dans celui de la balance des paiements, le Rwanda se trouve encore dans une situation où le développement est limité à la survie et qutil ne peut ni emprunter aux conditions habituelles ni apporter sur ses ressources propres une contribution financière importante aux investissements. La situation réclame une aide à des conditions de faveur et de nouveaux efforts du gouvernement pour augmenter ltépargne publique. l A llexclusion du prêt de la BIRD au Ruanda-Urundi (BE 165) 2 Rapport entre les montants versés à ltextérieur au titre de la dette publique et les recettes nettes provenant des opérations avec ltextérieur et enregistrées dans la balance des paiements. Annexe - Projections des exportations Le tableau suivant montre les projections des exportations du Rwanda jusquien 1972, comparées aux chiffres de 1964 et de 1966. En millions de dollars E.U. 1964 1966 1972 Café (marchand) 6.29 6.57 10.30 Cassitérite 4.07 3.74 3.42 Thé 0.20 0.26 1.52 Pyrèthre (fleurs séchées) 0.25 0.24 -a Pyréthrine (extrait à 25%) - - 3.38 Wolfram 0.10 0.41 0.96 Divers 0.64 0.2 0.75 Total 11.55 11.74 20-34 Quantité Café (marchand) - (tonnes) 8.272 8.803 15.5o0 Cassitérite (tonnes) 2.051 1.805 1.950 Thé (tonnes) 308 341 1.800 Pyrèthre (fleurs séchées) - (tonnes) 402 412 -/ Pyréthrine (extrait à 25%) - (tonnes) - - 150 Wolfram (tonnes) 138 382 650 / 150 tonnes de pyréthrine correspondent à 2.500 tonnes de fleurs séchées, évaluées à 1,35 million de dollars E.U. suivantes:Ces prévisions ont été établies compte tenu des hypothèses Café:. Le quota de café du Rwanda devrait être de 260.000 sacs après 1968, avec un quota effectif de 245.000 sacs en 1972. La production exportable devrait passer de 168.000 sacs en 1966/67 à 227.000 sacs en 1968/69 et 255.000 sacs (soit 15.300 tonnes) en 1970/71. Le Rwanda devrait donc pouvoir remplir son quota de 245.000 sacs en 1972. Le prix à New York du café "Guatemala prime washed" devrait se maintenir à 40 cents la livre (88 FR par kg). Tenant compte des dif- férences de transport et de qualité constatées au cours des années pré- cédentes, on a utilisé dans les projections qui ont été faites un prix de 70 FR pour le kilogramme de café au départ du Rwanda. Cassitérite: Par suite de la situation incertaine de ltindustrie, .il est difficile de dresser une projection de la production de ce minerai. On est parti de lhypothèse que les exportations atteindraient 1.950 tonnes, soit un peu plus quien 1966 et 1967. A la Bourse des métaux de Londres, le cours de l'étain devrait légèrement baisser à partir de 1970 et passer de 1,$0 dollar la livre à 1,40 dollar en 1972. Si lton tient compte des frais de transport pratiqués ces dernières années, cela équivaut à un prix au départ du Ruanda de 176.000 FR par tonne de cassitérite. Thés On a supposé que la production serait de 1.800 tonnes en 1972, ce qui correspond à l'objectif officiel pour cette année-là. Avant la déva- luation du sterling, on pensait que le prix des thés de lEst africain atteindrait, sur la place de Londres, 43 pence la livre en 1972. Les effets de la dévaluation sur le marché du thé niont pas encore été com- plètement analysés, c test pourquoi on estime que les prix réels seront inférieurs de 5 pour cent environ à ce niveau. (Le Rwanda nta pas déva- lué en mûme temps que la Grande Bretagne.) La qualité du thé rwandais est généralement inférieure à celle des thés de llEst africain et on a considéré qutune différence de 5 pour cent subsisterait. On obtient ainsi un prix de 38,6 pence la livre soit 84 FR le kg au départ du Rwanda. ïrdthre: On a supposé que la production atteindra 2.500 tonnes de fleurs séchées en 1972; ce chiffre est légèrement supérieur aux estimations offi- cielles pour cette même année. Cette production sera transformée en ex- trait de pyrèthre à 25 pour cent, ce qui représente un poids de 150 tonnes si les fleurs contiennent ,5 pour cent de pyréthrine. Les prévisions fi- nancières du proj2t d!usine fixent le prix dtune tonne drextr'it à 22.500 dollars E.U., ce qui serble correspondre aux prir pratiqués par les autres pays exportateurs. Wolfram: Le cours irrégulier du wolfram rend difficile ltétablissement deprojections. On a supposé que les exportations atteindraient 960.000 dollars E.U. si la production et les prix se maintenaient au niveau de 1967, ce qui est sans doute trop optimiste. Divers: Dans le passé, les principaux produits de ce poste étaient cons- titués par llécorce de quinquina et la bière, laquelle était vendue aux pays voisins. On a supposé que les exportations dtécorce de quinquina remonteront à 200.000 dollars E.U. par an, soit approximativement le ni- veau de 1965, et qutil sera possible d1exporter de petites quantités de bière: 50.000 dollars E.U. Le reste, dont le montant est de lordre de 400.000 dollars E.U. par an, est supposé atteindre 500.000 dollars E.U. Le total stélèverait donc à 750.000 dollars E.U. ANNEXE STATISTIQUE Tableau 1 Dette publique extérieure à moyen et à long terme 2 Estimation des annuités de renboursement 3 Population h Utilisation des terres 5 Emploi 6 Balance des paiements (estimation) 7 Principales exportations 8 Exportations par groupes de produits 9 Exportation par pays de destination 10 Principales importations 1 Importations par groupes de produits 12 Importations par pays d' origine 13 Production agricole 1h Production minière 15 Dépenses de l'Etat par ILinistères 16 Dépenses de l'Etat par objets 17 Budget consolidé 18 Bilan de la Banque nationale du Rwanda 19 Bilan des Banques commerciales 20 Bilan de la Caisse d'Epargne 21(a) Plan de développement (Tranche prioritaire) - avant la dévaluation 21(b) Plan de développement (Tranche prioritaire) - après la dévaluation Tableau 1: RWANDA: DETTE PUBLIQUE EXTERIEURE A MOYEN ET A LONG TERME 2f Y COMPRIS LES FONDIS NON ENCORE VERSES AU 31 DECEMBRE 1967 Dette remboursable en devises (en milliers de dollars E. U.) Total de la dette au 31 décembre 1967 Fonds versés Y compris les fonds non versés TOTAL DE LA DETTE PUBLIQUE EXTERIEURE 2.2h9 2.h36 Dettes auprès de particuliers - crédits fournisseurs 636 636 Prêts consentis par d'autres pays membres de la BIRD 1.613 1.800 Belgique 900 900 Allemagne de l'Ouest 713 900 Dette d'une durée initiale ou prolongée d'un an ou plus. Division des services statistiques Département des études economiques 16 mai 1968 Tableau 2: IUANDA - ESTIMATION DU MONTANT DES ANNUITES DUES A L'AVENIR AU TITRE DE LA DETTE PUB3LIQUE EXTERIEURE A MOYEN ET A LONG TERME, Y COMPRIS LES FONDS NON VERSES; SITUATION AU 31 DECEMBRE 1967 y Dette remboursable en devises (en milliers de dollars E.X.) Page 1 LA DETTE NON AMORTIE (EN DEBUT DE PERIODE) PAIEMENTS AU COURS DE LA PERIODE Y COMPRIS LES FONDS AMORTIS- ANNEE NON VERSES SEMENT INTERET TOTAL TOTAL GEOEAL 1968 2,436 449 32 480 1969 1,988 368 12 380 1970 1,620 180 8 188 1971 1,440 186 9 195 1972 1,254 192 9 201 1973 1,062 192 9 201 1974 870 12 9 21 1975 858 60 8 68 1976 798 60 8 67 1977 738 60 7 67 1978 679 60 7 66 1979 619 60 6 66 1980 560 60 5 65 1981 500 60 5 64 1982 440 60 4 64 CREDITS-FOURNIiSEURS 1968 636 449 24 473 1969 1q8 188 4 192 Voir la note à la fin du tableau. Tableau 2: INTANDA - ESTIMATION DU MONTANT DES ANNUITES DUES A L'AVENIR AU TITRE DE LA DETTE PUBLIQUE EXTERIEURE A MOYEN ET A LONG TERME, Y COMPRIS LES FONDS NON VERSES; SITUATION AU 31 DECEMBRE 1967 l/ (suite) Dette remboursable en devises (en milliers de dollars E. U.) Page 2 LA DETTE NON AMORTIE (EN DEBUT DE PERIODE) PAIEMENTS AU COURS DE LA PERIODE Y COMPRIS LES FONDS AMORTIS- ANNEE NON VERSES SEMENT INTERET TOTAL PRETS CONSENTIS PAR D'AUTRES PAYS MEMBRES DE LA BIRD 1968 - 7 7 1969 1,800 180 8 188 1970 1,620 180 8 188 1971 1,440 186 9 195 1972 1,254 192 9 201 1973 .1,062 192 9 201 1974 870 12 9 21 1975 858 60 8 68 1976 798 60 8 67 1977 738 60 7 67 1978 679 60 7 66 1979 619 60 6 66 1980 560 60 5 65 1981 500 60 5 64 1982 440 60 4 64 PRETS DE LA BELGIQUE 1968 900 0 1969 900 180 180 1970 720 180 18 0 1971 540 180 180 1972 360 180 180 1973 180 180 - 180 1] Voir la note à la fin du tableau. 2: RWANDA - ESTIMATION DU MONTANT DES ANNUITES DUES A L'AVENIR AU TITRE DE LA DETTE PUBLIQUE EXTERIEURE A MOYEN ET A LONG TERME, Y COMPRIS- LES FONDS NON VERSES; SITUATION AU 31 DECEMBRE 1967 _/ (suite) Dette remboursable en devises (en milliers de dollars E.U.) Page 3 LA DETTE NON AMORTIE ( EN DEBUT DE PERIODE) PAIEMENTS AU COURS DE LA PERIODE Y COMPRIS LES FONDS AMORTIS- ANNEE NON VERSES SEMENT INTERET TOTAL PRETS DE L'ALLEMAGNE 1968 900 . 7 7 1969 900 8 8 1970 900 8 8 1971 900 6 9 15 1972 894 12 9 21 1973 882 12 9 21 1974 870 12 9 21 1975 858 60 8 68 1976 798 60 a 67 1977 738 60 7 67 1978 679 60 7 - 66 1979 619 60 6 66 1980 560 60 5 65 1981 500 60 5 64 1982 440 60 4 64 y compris le service de toutes les dettes figurant au TableWü 1 établi le 16 mai 1968. Division des services statistiques Département des études economiques 16 mai 1968 Tableau 3: POPULATION A. Augmentation de la population en milliers 195h 2.187 1959 2.634 1965 3.1h5 1967 3.360 (estimation) Taux composé de croissance par an: 1954-1965: 3,35% (doublement de la population en 21 ans) Population active en 196h (estimation): 1.300.000 Sources: Bulletin de Statistique Plan Intérimaire d'Urgence. B. Répartition de la population par âge et par sexe Recensement administratif de 1965 Hommes Femmes % Total % 0 - h 238.920 7,6 277.467 8,7 516.387 16,3 5 - 9 229.286 7,3 253.605 8,0 h82.891 15,3 10 - 1h 192.178 6,1 2OO.h72 6,h 392.650 12,5 15 - 19 1h3.588 h,6 156.886 5,0 300.h7h 9,6 20 - hh 442.157 14,2 h93.017 15,6 935.17h 29,8 h5 et plus 2h7.835 7,9 269.312 8,6 517.lh7 l6,5 Total 1.h93.96h h7,7 1.65o.759 52,3 3.1h.723 100,0 Source: Bulletin de Statistique. Tableau h: UTILISATION DES TERRES (en milliers d'hectares) A. Répartition des terres Estimation de 1964 Superficie totale (dont 150.000 ha de forêt vierge) 2.36h Terres utiles 1.854 dont: terres cultivables 808 terres d'élevage 817 forêts ou zones à reboiser (à l'exclusion de la forêt vierge) 228 B. Terres cultivées Estimation de 1962 Légumes 235,3 Haricots 182,9 Pois 5o,h Arachides 2,0 Céréales 177,7 Sorgho 111,8 Mais 58,5 Eleusine 5,2 Blé 1,7 Orge O,h Féculents Pommes de terre 18,3 Patates 82,1 Manioc 59,7 Bananes 1h7,3 Cultures industrielles 19,0 Café 17,5 Pyrèthre 0,8 Coton 0,2 Thé o,5 Plantations forestières 22,2 Total 761u6 Sources: Bulletin de btatistique -Plan intérim~aire d'urgence. Tableau 5: EMPLOI Travailleurs permanents et temporaires percevant un salaire ou un traitement (196h) Secteur privé h7.593 dont: Agriculture 9.935 Mines 7.h07 Industrie 2.282 Construction 11.569 Services publics et transports 2.565 Commerce et Finance 1.850 Services privés, y compris le clergé 4.hh3 Services domestiques et autres 7.5h2 Secteur public 26.697 dont: Préfectures et communes 9.5h6 Organismes publics, justice et corps diplomatique 1.803 Administration centrale 15.3h8 TOTAL 74.290 Sources: Bulletin de statistique No 9. Direction générale des Mines. Tableau 6: BALANCE DES PAIEMENTS (ESTIMATION) (en millions de dollars E.U.) 1965 1966 1967 1. Biens Exportations f.o.b. 13,6 11,7 lh,8 Importations f.o.b. -18,4 -17,3 -17,0 dont: Secteur privé (-15,0) (-12,1) (11,9) Gouvernement (- 3,1) (- > ,0) (- 3,1) Loi PL 480 + assistance (- 0,3) (- 1,2) (- 2,0) Balance commerciale --2,2 2. Services (nets) Frêt, assurance - 2,5 - 3,2 - 3,4 Déplacements - 0,3 - 0,3 - 0,5 Gouvernement n.i.a. - 0,3 0,3 0,1 Services divers - 0,1 0,1 - 0t1 Balance des services - 3,2 - 3,1 - 3,9 Balance des biens et services - 8,0 - 8,7 - 6,1 Revenu des investissements 0,1 - 0,1 0,1 Balance en compte courant - 7,9 - -,8 3. Paiements de transfert (nets) Publics 1,5 2,2 4,7 Privés - 0,9 0,2 1,4 4. Capital non monétaire (net) 0,1 0,2 5. Erreurs et omissions ili,7 1,1 _15 Balance générale 1 à 5 - 2,6 - 5,2 1,8 6. Capitaux monétaires (nets) Banque centrale 2,7 3,9 - 1,8 Banques commerciales - 0,1 1,3 Total 2,6 5,2 - 1,8 Source: Banque nationale du Rwanda et estimation de la mission. Tableau 7 PRINCIPALES EXPORTATIONS Quantités en tonnes - Valeurs en milliers de dollars E. U. PRODUITS 1963 1964 1965 1966 19671' Q. V. Q. V. Q. V. Q. V. Q. V. Cassiterite 1.512 2.814 2.o51 h.073 2.037 5.06o 1.8o5 3.739 1.598 3.082 792 423 8.272 6.287 10.260 7.353 8.803 6.566 lo.519 7.3o6. Thé h 3 308 20h 332 222 341 258 186 139 Pyrèthre 252 153 402 254 420 111 412 241 375 22h Bière 448 64 1.161 183 41 14 2 001 10 -- Divers 371 113 5.27O 550 3.338 889 2.758 933 2.215 1.131 Total 3.379 3.570 17.464 11.551 16.428 13.649 14.121 11.738 14.903 11.882 /l Sur neuf mois seulement. Tableau 8: EIPORTATIONS PAR GROUPES DE PRODUITS (1963-1967) Valeur en milliers de dollars E.U. 1963 1964 1965 1966 1967i/ GROUPES DE PRODUITS V. V. V. V. v. 7 Produits de l'élevage Animaux sur pied -- -- il 0,1 1 -- 3 --5 -- Peaux et cuirs 4 0,1 1 -- 33 0,2 138 1,2 180 l,5 Ivoire et cornes -- -- -- -- -- -- -- -- 1 -- Divers -- _ -- -- --- -- î -- Total partiel 4 0,1 12 0,1 34 0,2 lhl 1,2 187 1,5 Produits agricoles Bananes -- -- 8 0,1 6 -- 5 -- 3 -- Légumes -- -- 77 0,7 9 0,1 -- -- 4 -- Café 423 11,8 6.287 54, 7.353 53,9 6.566 55,9 7.306 61,5 Th 3 0,1 20h 1,8 222 1,6 258 2,2 139 1,2 Sorgho 24 0,7 52 O,h 15 0,1 5 -- 1 -- Orge -- -- 77 0,7 82 0,6 129 1,1 32 0,3 Ecorce de quinquina-- -- 6 -- 276 2,0 60 0,5 14 0,1 Pyrèthre 153 4,3 254 2,2 iii o,8 241 2,o 224 1,9 Pommes de terre -- -- -- -- -- -- 1 -- 16 0,1 Pois -- -- -- -- -- -- -- -- 2 -- Divers -- 3 -- -- _-- Total partiel 603 16,9 6.968 60,3 8.074 59,1 7.265 61,7 7.741 65,1 Minerais Cassiterite 2.814 78,8 4.073 35,3 5.060 37,1 3.739 31,8 3.082 25,9 Colombo-tantalite 5 o,i 18 o,2 82 0,6 126 1,1 66 o,6 Beryl -- -- 40 0,3 182 1,3 27 0,2 18 0,2 Wolfram 5 0,1 98 O,8 117 o,8 414 3,5 733 6,2 Divers 50 1,_4 2 -- -- -- -- -- Total partiel 2.874 80,4 4.231 36,6 5.441 39,8 4.306 36.6 3.899 32,9 Autres produits Bière 64 1,8 183 1,6 14 0,1 1 -- -- -- Tabac -- -- -- -- -- -- -- -- -- -- Bois -- 7 0,1 -- -- 1 -- 2 -- Divers 25 0,7 150 1,3 86 o,6 24 0,2 53 O,h Total partiel 89 2,5 340 3,0 100 0,7 26 0,2 55 o,h TOTAL GENERAL 3.570 11.551 13.649 11.738 11.882 sur 9 mois seulement. 2 Y compris l'orge. Tablean 9: EXPORTATIONS PAR PAYS DE DESTINATION en milliers de dollars E.U. 196 196h 1965 1_6_19 EUROPE 1. V. v. V. 1967 Pays de la C.E.E. 2.867 80,3 4.166 36,0 5.880 43,1 4.317 36,8 4.227 35,6 dont: Belgique (2.860) (80,1) (4.118) (35,6) (5.123) (37,6) (3.930) (33,5) (4.076) (34,3) Allemagne ( -) - ) ( 10) ( 0,1) ( 483) ( 3,5) ( 107) ( 0,9) ( 8) ( 0,1) France ( 7) (.0,2) ( h) ( 0,1) ( 97) 0,7) ( 110) ( 0,9) ( 61) ( 0,5) Italie ( - (-) ( 1> (x) ( 12) (0,1) ( 10) ( 0,1) -) ( - ) Pays-Bas ( - ) ( - ) ( 23) ( 0,2) ( 165) ( 1,2) ( 160) ( 1,h) ( 82) ( 0,7) Grande Bretagne 4 0,1 425 3,7 255 1,9 365 3,1 87 0,7 Suisse 1 x 1 x 2 x 13 0,1 1 x Suède - - - - 11h _O8 118 10- - Total 2.872 80,4 4.591 39,7 6.251 h5,8 4.813 1,o 4.315 36,3 AMERI9JE DU NORD Etats-Unis h08 11,h 6.106 52,9 6.697 49,1 6.295 53,6 6.769 57,0 Canada - - - - 03 _ 2 x- - Total h08 11,h 6.106 52,9 6.750 49,5 6.297 53,6 6.769 57,0 AFRIQUE Congo (République démocratique) 110 3,2 310 2,7 282 2,1 184 1,6 109 0,9 Burundi - - 197 1,7 116 0,8 84 0,7 215 1,8 Ouganda 20 0,6 29 0,2 86 0,6 Jh6 1,2 280 2,4 Xérya 158 _L_4 89 0.8 26 0.2 3 x - - Total 288 8,2 625 5,4 510 3,7 L17 3,5 604 5,1 ASIE Japon - - - - - - - - 181 1,5 Autres 2 x 229 20 138 _10 211 1,8 13 _0. Total 2 x 229 2,0 138 1,0 211 1,8 194 1,6 TOTAL 3.570 100&0 100&0 !LLZ 100 - .738 100.0 11.882 Q Sur 9 mois seulement. Tableau 10 : PRINCIPALES IMPORTATIONS Quantité en tonnes - Valeur en milliers de dollars E. U. PRODUITS 1963 1964 1965 1966 1967 Q.V. Q. V. Q. V. Q. V. Q. V. Céréales 119 24 757 183 1.278 284 1.531 337 n.a. 39 Farine 190 47 1.195 282 2.644 641 4.190 937 n.a. 373 Huiles et graisses 1.469 hoh 1.252 382 1.023 445 798 386 n.a. 239 Boissons 57 36 887 239 623 240 806 206 n.a. 136 Ciment gf 1.436 74 10.916 605 12.422 737 10.713 539 n.a. 492 Combustible et carburants 6.488 733 9.o5o 917 13.128 1.382 12.535 1.398 n.a. 893 Coton et cotonnades 28 52 623 1.221 651 1,016 1.129 1.5o8 n.a. 533 Textiles synthétiques 111 161 h3o 845 470 912 910 1,402 n.a. 1.167 Produits sidérurgiques 464 178 1.3h8 761 2.740 1,107 3.985 1.452 n.a. 927 Outils 74 62 505 283 1,608 974 1.552 683 n.a. hii Equipement mécanique 133 376 406 619 746 1.463 1.h62 1.915 n.a. 1.023 Equipement électrique 79 247 257 383 691 1.586 426 737 n.a. 480 Véhicules 242 4ho 622 1.025 1.625 2.696 1.230 1.947 n.a. 1,706 Divers 3.993 2.009 6.92d 4.277 16.172 7,h60 18.3o5 7.026 n.a. 7.421 TOTAL 14,883 4,843 35.176 12.008 55.821 20.943 59.572 20.473 n.a. 15.840 Sur 9 mois seulement. Y compris le sel en 1963. Tableau 11. IMPORTATIONS PAR GROUPES DE PRODUITS 1963-1967 (Valeur en milliers de dollars E. U.) tOUPES DE PRODUITS 1963 .26. L95. 1966 i962 V. V. % V. % V. % V. enrées alimentaires Légumes, céréales, etc. 236 4,9 574 4,8 1.088 5,2 1.471 7,2 887 5,6 -Huiles et graisses . 404 8,3 382 3,2 h 2,1 387 1,9 228 1,4 Sel 74 15, 198 1,6 276 1,3 291 1,4 212 1,3 Boissons 36 0,7 239 2,0 240 1,2 206 1,0 134 0,8 .Viande 308 6,4 195 1,6 360 1,7 254 1,2 197 1,2 Produits à base de sucre 27 0,6 126 1,0 196 ,9 283 1,4 294 1,8 Tabac 1 0,3 66 15 ,2 31 0 10 il Total des denrées ali- 1.100 22,7 1.780 14,7 2.655 12,6 2.913 14,3 1.952 12,2 mentaires abillement- Textiles 303 6,2 2.735 22,8 3.033 14,5 4.934 24,1 3.675 23,2 Chaussures 13 0,3 152 L3 306 15 145 09 _ 269 _17 Total Habillement 316 6,5 2.887 24,1 3,339 16,0 5.079 24,8 3.944 24,9 anté Produits pharmaceutiques 259 5,3 299 2,5 470 2,2 398 1,9 252 1,6 Savon 13 0,3 80 0,7 160 __tl 15 0,1 40 O2 Total Santé 272 5,6 379 3,2 630 2,9 413 2,0 292 1,8 ransports et énergie 4Véhicules 452 9,3 1.025 8,5 2.696 13,0 2.00 10,0 2.212 14,0 'Hydrocarbures 733 1591 917 7.6 1382 6L6 1.399 6,8 893 5,6 Total Transport L185 24,4 1.942 16,1 4.078 19,6 3.449 16,8 3.105 19,6 energie )quipement Equipement mécanique 376 7,8 605 5,0 1.h63 7,0 1.915 9,14 1.023 6, Equipement électrique 247 5,1 383 3,2 1.586 7,6 737 3,6 480 3,0 Outillage 62 13 283 2,14 974 47 684 33 411 _26 Total Equipement 685 14,2 1.271 10,6 4.023 19,3 3.336 16,3 1.914 12,1 'roduits semi-finis Produits chimiques 526 10,9 469 3,9 524 2,5 886 4,3 580 3,7 Fer, acier, cuivre et aluminium 233 4,8 864 7,2 1.275 6,1 1.601 7,8 1.176 7,4 Produits a base de papier 54 1,1 371 3,1 348 1,7 294 1,4 232 1,5 Ciment 2/ - - 327 2,7 714 3,4 539 2,6 507 3,2 Poteries 06 0,l 174 1,14 48 2,1 293 1,4 226 1,4 -Caoutchouc/matières plastiques92 1,9 242 2,0 456 2,2 449 2,2 470 3,0 Bois et produits du bois 90 1,8 108 ,9 271 1,3 365 1,8 338 2,1 .Minerais et dérivés 66 1,4 105 ,9 261 1,2 192 0,9 198 1,2 Divers 218 4, 1.087 9,0 1.921 9,2 664 3#2 906 5,7 Total produits semi- 1.285 26%5 3.747 .3122 6.218 29,8 5.283 25,8 4.633 29,2 finis )TAL 1.843 12.008 20-943 20.473 15,840 Sur 9 mois seulement. Pour 1963, le ciment est compté avec le sel. Tableau 12: IMPORTATIONS PAR PAYS D'ORIGINE (1963-1967) (en milliers de dollars E. U.) 1963 196h 1965 1966 1967-" V. % v. % Y. V. % V.~~¯ J Belgique et,Luxembourg 1.16h 24,0 3.022 25,2 5.483 26,2 5.615 27,4 4.580 28,9 Allemagne 253 5,2 872 7,3 2.3h2 11,2 1.987 9,7 1.430 9,0 France 124 2,6 322 2,7 516 2,5 446 2,2 949 6,0 Italie 45 o,9 10h 0,9 284 1,4 228 1,1 168 i,i Pays-Bas 58 1,2 285 2,4 748 3,6 454 2,2 244 1,5 TotalC.E.E. 1.644 33,9 4.605 38,5 9.373 44,9 8.730 42,6 7.371 46,5 Grande Bretagne 197 4,1 462 3,8 888 h,2 914 4,5 610 3,8 buède 67 0,6 398 1,9 146 0,7 136 0,8 Norvège 10 0,2 16 0,1 17 0,1 003 24 0,2 Etats Unis 57 1,2 231 .9 932 h,h 1.315 6,h 1.o4l 6,6 Canada 90 0,7 211 1,0 155 o,8 15 O,l Ouganda 917 18,9 1.409 11,7 3.553 30,7 2.846 13,9 2.002 12,6 Kérya 642 13,2 551 4,6 849 h,q 682 3,3 329 2,1 Tanzanie 49 1,0 1h6 1,2 547 2,6 293 1,h 126 0,8 Congo(Republique Democrate) 567 11,7 619 5,2 425 2,o 276 1,3 117 0,7 Burundi 1.802 15,0 1.163 5,6 537 2,6 635 4,o Iran 208 4,3 191 1,5 55 0,2 64 0,3 98 0,6 Japon 107 2,2 781 6,5 925 4,0 2.192 10,7 2.088 13,2 Pakistan 27 0,2 103 o,5 229 1,1 151 1,0 Taiwan 16 o,1 29 0,1 86 0,h 20 0,1 Hong-Kong 204 1,7 384 1,8 245 1,2 270 1,7 Reste du tonde 445 9,1 791 6,6 1.091 5,2 1.760 8,6 807 5,1 Total partiel 3.199 65,9 7.403 61,4 11.570 11.743 57,2 8.469 53,h TOTAL GENERAL 4.843 12.008 20.943 20.473 15.840 1/Sur 9 mois seulement. Tableau 13: PRODUCTION AGRICOLE (en milliers de tonnes) 1959 1961 1962 1963 196h. 1965 1966 1967 Cultures vivrières Bananes 850 987 1.472 879 1.033 1.202 1.52 1.560 Patates 487 452 657 421 239 203 258 360 Manioc 170 125 134 148 17h 178 198 230 Sorgho 131 101 168 127 147 131 1h3 lh5 Haricots 97 87 92 169 70 87 131 132 Pois 39 29 ho 39 28 39 59 52 Pommes de terre 86h 97 7h 66 30 43 57 107 Mals 39 28 69 72 21 hh h9 53 Arachides 2 18 1 2 4 20 5 16 Eleusine 6 3 3 2 1 2 2 1 Riz - - - - - 0,03 0,25 0,21 Cultures industrielles Café (Marchand) 13,8 9,8 9,5 h,7 8,1 10,2 8,6 10,9 Pyrèthre (fleurs séchées) 0,7 0,h 0,h 0,3 0,3 0,h O,h 0,7 Thé (feuilles séchées) - 0,2 0,2 0,2 0,3 0,3 o,h 0,5 Coton (brut) - 0,3 0,3 0,2 0,4 0,3 0,2 0,3 Orge 1,5 0,3 0,3 0,3 0,8 1,1 0,6 2,1 Blé - - - - - - 0,2 Ecorce de quinquina - - - - - - 0,2 0,3 Source: Ministère de l'agriculture et de l'élevage. Tableau 1 : PRODUCTION MINIERE (en tonnes) 1959 1960 1961 1962 1963 196h 1965 1966 1967 Cassitérite (oxyde d'étain) 1.579 1.75 2.033 1.839 1.896 1.897 1.972 1.848 1.928 Wolfram (minerai de tungstène) 143 422 535 238 12 15h 232 325 583 Colombo-tantalite 6h 148 h5 37 19 29 23 29) ) lho Béryl 170 281 76 357 256 286 89 138) Amblygonite (minerai de 2.690 2.331 1.682 326 368 5 23 - - lithium) Or (en kg) 97 h9 28 1 1 2 1 - - Source: Bulletin de Statistique, et Direction générale des Mines. Tableau 15 : DEPENSES DE L'ETAT PAR MINISTERE (en millions de FR) 1963 1964 1965 1966 1967 1963 Ministères (chi ffres Provigçes)(budget) Education 16h,1 166,h 194,8 237,7 356,p 376,3 Défense 93,3 129,7 161,1 h62,8 373,7 322,0 Travaux publics et énergie ( 56,2 44,0 71,6 95.4 103,7 ( 62,9 Postes et télécommunications ( 28,2 30,3 43,7 47,h 76,0 Agriculture ( 40,2 38, 51,5 50,0 64,7 Commerce, Mines et Industrie 31,8 3,6 5,3 6,h 9,6 7,h Finances 31,5 25,6 55,7 73,5 69,6 60,h Plan 1,1 2,7 69,1 ( ( 9012 103,3 859,0 Affaires Etrangéres 19,1 39,3 33,6 ( Information -- 5,9 7,3 10,2 10,h 11,7 Justice 37,9 40,5 48,6 ( ( 99,3 101,28 95,0o Intérieur ( ( 60,3 ( ( ( 50,3 Travail ( ( ( 103,2 ( Santé publique ( ( ( 64,2 30,8 102)3 110,3 ( ( 56,0 ( Famille et développement communau-( ( ( 14,0 17>2 12,0 taire Souveraineté 12,6 14,7 1809 30,2 33,2 43,6 TOTAL j/ 547,6 659,6 337,2 1.321,3 1.375,3 1.3322,6 1/ Différences dues aux chiffres arrondis. Tableau 16: DEPENSES COURANTES DE L'ETAT PAR OBJET 1/ (en millions de FR) 1963 % 196h % 1965ç % 1966 % 1967 % 1968 % (chiffres (budget) provisoires) Personnel sans statut 252 h6,o 273 h1j, 307 36,5 h39 33,O 487 35,5 537 39,0 Personnel sans contract 88 16,0 136 20,5 lhh 17,0 251 19j0 250 18 o 2!ho 17,5 Total des salaires et traite- 3h0 62,0 h09 62,o h5 5h,o 690 52,0 737 53,5 777 56,5 ments Voyages de service 25 h,5 27 h,O 38 h,5 71 5,5 71 5,0 83 6,0 Matériel 101 18,5 108 16,5 198 23,5 h15 31,5 389 28,5 241 17,5 Divers 81 L0 115 17,5 i50 18,o 1h6 11,0 178 13,0 278 20,0 Total 5h7 100,0 659 lo0,0 837 100,0 1.322 100,0 1.375 100,0 1.379 100>0 bources: Projets de loi d'Approbation des comptes relatifs au budget de gestion, et budget pour 1968. 1/ Différences dues aux chiffres arrondis. Tableau 17: BUDGET CONSOLIDE (en millions de FR) 1963 1964 1965 1966 1967 1968 (résultats (budget) provisoires) Recettes Recettes fiscales 296,3 437,2 537,2 1.060,2 1.133,7 1.233,3 Domaine public 3773 56,2 82,0 ilo,6 117,5 ih5,o Budget pour ordre (net) - 24,o - - - 31,0 Compte hors Budget (net) 20,6 31,6 - 10,1 - - Recettes totales 354,3 549,o 619,2 1.180,8 1.251,2 1.409,3 Dêpenses Budget ordinaire 547,6 659,6 837,2 1.321,8 1.375,3 1.383,6 Budget de développement 1,9 56,5 79,6 137,5 75,6 100,0 Budget pour ordre (net) 53,3 - 2,8 17,8 37,7 Compte hors Budget (net) - - 100,9 - 16,7 Dépenses totales 602,8 716,1 1.020,6 1.477,o 1.505,3 1,482,6 Déficit(-) ou Excédent(+) -248,5 -167,1 -4o,4 - 296,2 - 254,1 -73,3 Financement Enprunts à l'étranger - - - 36,5 - Bons du Trésor a/ - 108,0 91,2 -1,2 141.,0 73,3 Endettement-Banque Centrale 193,7 77,8 250,2 274,5 116,0 - Aide erterieure 27,9 h1,6 - - - Solde de trésorerie b] 26,8 -60,3 60,1 -13,5 -2,9 Total Financement 248,5 167,1 40,4 .296,2 254,1 74,3 Notes a/ Accroissement des bons du Trésor: positgf b/ Accroissement du solde de trésorerie: negatif Tableau 18: BILAN DE LA BANQUE NATIONALE DU RWANDA 196h-1967 (en millions de FR) 1967 196 1965 166 Mars Juin Sept. Dec. Disponibilités à l'étranger 288 225 554 315 250 640 708 Prêts et avances à l'Etat 359 522 796 910 954 837 912 Avances à court terme (358) (522) (296) (h10) (453) (336) (412) Comptes chèques postaux (1) (-) (-) (-) (1) (1) ( Dette consolidée (-) (-) (500) (500) (500) (500) (500) Avances aux Banques commerciales - - 05 5o 359 127 9 Fonds de réserve, dont: 864 995 1.128 1.083 1,350 1,291 1.361 Liquidités autres que celles détenues par les banques (568) (845) ( 899) (862)(1.142) (1.184) (1.032) Dépôts des organismes publics (120) (57) (62) (55) ( 105) ( 82) (63) Dépôts de l'Etat 31 43 65 44 50 30 57 Fonds de contrepartie - - 70 182 178 183 203 Comptes créditeurs de l'étranger 91 16h 81 707 744 845 788 Divers (net) -338 -433 -6821/ -741 -759 -745 -780 1/ Cet accroissement reflète les pertes (de devises) résultant de l'ajustement du taux officiel de change du franc rwandais en avril 1966. Source: Statistiques financières internationales. Tableau 19: BILAN DES BANQUES COMMERCIALES (1964-1967) (en millions de FR) 1964 1965 1966 1967 Mars Juin Sept. Dec. Réserves 17h 97 149 169 112 96 218 Disponibilités à 70 78 32 61 19 162 42 l'étranger Prêts et avances à l'Etat32 107 107 103 116 119 118 Prêts et avances au 60 82 162 161 582 319 173 secteur privé Dép8ts à vue 335 323 316 340 370 430 441 Dépôts à terme 10 22 30 25 22 31 34 Comptes créditeurs de 3 8 25 34 39 85 40 l'étranger Crédits de la Banque - - hh 50 393 93 10 centrale Compte de capital 15 30 33 73 94 94 94 Divers (net) -27 -19 2 -28 -89 -37 -68 Source: Statistiques financières internationales. Tableau 20: -BILAN DE LA CAISSE D'EPARGNE (196h-1967) (en millions de FR) 1964 1965 1966 1967 Liquidités 4 3 13 3 Avances à l'Etat lf 93 94 98 125 Avances au secteur privé 6 31 45 61 Dêpâts de secteur privé- 32 55 69 80 Dépôts d'organismes publics 71 70 93 111 Divers (net) -- 3 -6 -2 Source: Statistiques financières internationales. _/ Consistent presque entièrement en Bons du Trésor. Tableau 21(a): PLAN DE DEVELOPPEMENT (Tranche prioritaire) (en milliers de francs rwandais, avant la dévaluation) Financement public Financement privê Exterieur National Total Exterieur National Total CULTURE ET ELEVAGE Cultures vivrières 48.166 1,h00 49.566 - - - Cultures industrielleS400.076 36,312 h36.388 - 16.651 16.651 Elevage 39.000 - 39.000 - - - Recherche 15o.000 - 150.000 - - Défrichement 320.932 5.721 326.653 - - Conservation des sols 33.000 135.310 168.310 - - Reboisement - 77.300 77.300 - - - Total 991,174 256.043 1.247.217 - 16.651 16.651 MINES Equipement - - 42-5.000 - 425.000 Prospection et études 100,000 - 100.000 - - - Total 100.000 - 100.000 425.000 - 425.000 INDUSTRIE Equipement 204,210 30.846 235.06 142.500 20.850 163.350 Infrastructure 40.000 11.000 51.000 - - - Etudes 5.000 - 5,000 - - Artisanat 5.000 - 5.000 - - Total 254.210 41.846 296.056 142.500 20.850 163.350 SERVICES Commerce - - 30.000 30.000 60.000 Transports -- - 30.000 50.000 80.000 Tourisme - Divers. - 8.000 8.000 70.000 - 70.000 Total - 8.000 8.000 130.000 80.000 210.000 INFRASTRUCTURE Routes 320.000 75.000 395.000 Aviation 146.954 12.300 159.254 Energie 230.000 230.000 Postes et Télécommunications 44.750 dont: Postes - 10.000 Télécom. - 34.750 Santé 4o.000 20.000 60.000 Education Enseignement prim. Enseignement sec. 250.000 - 250.000 Enseignement super.122.000 7.750 129.75o Divers 17.000 - 17.000 Urbanisme et habitat 271,175 50.000 321.175 165.000 200.000 365.000 Adninistration 80.000 95.000 175.000 200.000 - 200.000 Total 1.477.129 304.800 1.781.929 365.000 200.000 565.o0o TOTAL 2.822.513 618.689 3.hl.202 l.o62.ýo0 317.501 1.380.001 Tableau 21 (b): PLAN DE DEVELOPPEMENT (Tranche prioritaire) (en millions de francs rwandais, après la dévaluation)2/ Financement public Financement pri.é Extérieur National Total Extérieur National Total CULTURE ET ELEVAGE Cultures vivrieres 71 2 73 Cultures industrielles 761 69 830 Elevage 6h - 6h Recherche 290 - 290 Défrichement 58h il 595 Conservation des sols 66 175 2h1 Reboisement - 100 100 Total 1.836 357 2.193 MINES EEuipement 821 - 821 Prospection et études 200 200 Total 200 - 200 821 - 821 INDUSTRIE Equipement 373 56 429 259 38 297 Infrastructure 70 18 88 - - - Etudes 10 - 10 - - Artisanat 10- 10 - - - Total 463 7h 537 259 38 297 ÈERVICES Commerce - - 55 55 110 Transports - - 5h 92 lh6 Tourisme - - - - - Divers 10 10 120 - 120 Total 10 10 229 1h7 376 INFRASTRUCTURE Routes 550 129 679 Aviation 265 20 285 Energie 428 - 428 Postes et Télécommunications dont: Postes 17 Télécommunications 63 Santé 69 35 10h Education dont: Enseignement primaire Enseignement secondaire4l2 - h12 Enseignement supérieur 201 13 21h Divers 28 - 28 Urbanisme et habitat 447 83 530 272 330 602 Administration 131 157 288 30 330 Total 2.531 517 3.0h8 602 330 932 TOTAL 5.030 958 5.988 1.911 515 2.26 1 Estimations de la mission. PRODUCTION DES PRINCIPALES CULTURES RWANDA: D' EXPORTATION Mulndi :Ruhengeri G-isenyi Pfunda ýww LAC KIVU KIGA . Kibuye Larama/ Kibungo Mwaga-Gisakura Cyangugu- Gikongoro Cafe' Gatandara-ShagashaN ButareT' Y Pyr'ethre Orge 4. Coton Limite des pre'fectures B U R U N D36 JANVIER 1968 BIRD 2362 GoNG0 -.~... OUGANDA( K E N Y A I Kisangoni Kom ala REPUBLIQUE DU kob, Le G A B 0 N CONGO G RWANDA i l > -REPUBLIQUE Bukovu KinduTaor ro DEMOCRARTIQUE RA -4ýort FrancquiRND Kinshosa DU C N O'or Ki omo Tabora DU VCEODE CMMNGOTO ooJi.. Køb o 0 5 D60r es soloom omino T A N Z A N lE Lo bito Z A M B I E RFWA N DA - T VOLES DE COMMUNICATION 0 500 1000 R H OD E S\lE KILOMETRES SUD OUEST {Routes existantes ....AFRICAIN r A B OT SW A NA - Routes en projet Cours d'eau navigables REPUBLIQUE Voies ferre'es SUD AFRICAINE JANVIER 1968 BIRD 2363 RWANDA: PRINCIPALES CONCESSIONS MINIERES ET DISTRIBUTION D ELECTRICITE OUG ANDA 0 10 20 30 40 50 Km Ntaruka . M indi Ruhenge LERA LAC BULERA LAC LUHONDO Byumba Gisenyi RUTONGO O GATUMBA o MUSHA RWINKWAVU KIGALI o 0 A KINTUNGA Gitarama w wiJ Kigoma Shagasha CONCESSIONS MINIERES Cyangugu Minétain Gdorwanda Butarej Somuki Lignes haute tension existantes Lignes basse tension existantes Lignes haute tension en projet B UR U N D - Lignes basse tension en projet JANVIER 1968 BIRD 2364 RWANDA: PYRAMIDE DE L' ENSEIGNEMENT - 1966-1967 CLASSE SECONDAIRE 7 17 63 6 20 238 5 58 330 4 426 698 FILLES GARÇONS 3 719 1,302 2 687 ,292 766 1,734 PRIMAIRE 7 1,445 165 6 4,261 12,201 5 8,107 15,914 4 s,n27,097 3 26,683 34,442 2 33,021 41,787 I 54,648 68,037 60,000 40,000 20,000 0 20,000 40,000 60,000 FILLES GARÇONS BIRD-3699
Группа Всемирного банка · Pre-2003 Economic or Sector Report
Rwanda - The economy of Rwanda
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Pre-2003 Economic or Sector Report
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Руанда
Источник
Всемирный банк