('tD DIFFUSION RESTREINTE IÜM Rapport No. AF-48b TRADUCTION NON-OFFICIELLE A TITRE D'INFORMATION Ce rapport a 'té prépare' a titre de document interne. Ni la Banque ni les organismes qui lui sont affliés n'acceptent aucune responsabilité quant à son exactitude ou son caractère exhaustif. En aucun cas ce rapport ne saurait être publié ou cité comme représentant leurs vues. BANQUE INTERNATIONALE POUR LA RECONSTRUCTION ET LE DEVELOPPEMENT ASSOCIATION INTERNATIONALE DE DEVELOPPEMENT L'ECONOMIE DE LA REPUBLIQUE FEDERALE DU CAMEROUN Le 3 novembre, 1966 Departement Afrique TAUX DE CONVERSION Unite Monetaire - Franc C FA (F. C. F. A.) Dollar E. U. = 247 F. C. F. A. 100 F. C. F. A. = 0, 40 dollar E. U. 1. 000. 000 F. C. F. A. = 4. 000 dollars E. U. TABLE DES MATIERES Page DONNEES DE BASE CARTE RESUME ET CONCLUSIONS i-vii I. INTRODUCTION 1 II. GENERALITES 1 III.EVOLUTION RECENTE DE L' ECONOMIE h Les ressources et leur utilisation h Prix et salaires 6 Evolution de la situation monétaire 6 Evolution budgétaire depuis 1960/61 7 Commerce extérieur 10 Balance des paiements il IV. !FOLUTION ET PERSPECTIVES DES PRINCIPAUX SECTEJRS 12 Agriculture 12 Forêts 16 Pêches 16 Industrie minière 17 Industrie manufacturière 17 Bâtiment et construction 19 Transports 20 Education 21 V. PLANIFICATION DU DEVELOPPMENT 23 Premier plan quinquennal de développement 23 Deuxième plan quinquennal de développement 25 VI. PERSPECTIVES FINANCIERES D'ENSBdBLE ET SOLVABILITE 26 Financement de l'investissement 26 Investissement de l'épargne privée 28 Perspectives de l'épargne publique 28 Perspectives de la balance des paiements 30 Besoins du secteur public en capital pendant la période d'exécution du plan 31 Solvabilité 32 ANNEXE STATISTIQUE Ce rapport a été rédigé à partir des observations d'une mission en- voyée au Cameroun en novembre décembre 1965; cette mission était composée de 1M. Billington, Paijmans et Van Nimmen de la Banque, M. Cohn de la SFI, et MM. Springuel, Brochet et Kordik de la MissiGn permanente de la Banque en Afrique occidentale. CAMEROUN RENSEIGNEMENTS GENERAUX Superficie: 183.380 miles carrés; 474.950 kilomètres carrés Population: (1965): 5,200.000 (dont environ 15.000 non-Africains) Taux de croissance (à long terme): 2.1% Densité: 28,9 le mile carré Situation politique: Cameroun oriental indépendant depuisle ler janvier 19c; Cameroun occidental indépendant depuis le ler octobre 1961; Fédération constituée le 20 octobre 1961. Membre de l'Union Monétaire d'Afrique Equatoriale, de la zone franc, et de l'Union douanière et économique d'Afrique équatoriale; membre associé de la CEE. Produit intérieur- brut (Est. 1965/66): $680 millions;170 milliards CFA (autoconsommation 23%) Taux de croissance (aucprix courants): 6,5% Par habitant $130 Secteur primaire 39% Secteur secondaire 14% Transports, Comerce et services 47% Quantités exprimées en pourcentage du PIB aux prix du marché 1965 1960-1965 Investissement brut 10,0 10,5 Epargne brute 7,5 10,5 Déficit de la balance des paiements courants -3,3 -1,1 Revenus d'investissements nets -1,3 -2,1 Recettes fiscales de l'Etat (Fédération) 15 13 -2- Accroissement Monnaie, crédit et prix (milliards de Frs CFA) annuel moyen Novembre 1965 1961 - 1965 Masse monétaire totale 19,6 8,3% Dépôts à terme et d'épargne h,h 58,5% Crédits accordés par les banques commerciales au secteur privé 23)1 11,7% Rythme d'évolution des prix (in- dice du coût de la vie) h,9% Opérations du secteur public (milliards de frs CFA) 1965/66 (Est.) Recettes publiques ordinaires 27,1 Dépenses publiques ordinaires 25,5 Excédent/Déficit +1,6 Dépenses d'équipement de l'Etat 4,4 (dernier chiffre effec- tif 1,9 en 1963/64) Dépenses publiques d'investissement 6,0 Aide extérieure totale en faveur du secteur public 4,5 (à l'exclusion de l'as- sistance technique s'élevant à 2 milliards Dette publique extérieure (millions de dollars EU) (y compris les entreprises publiques qui 1966 ne figurent pas dans le budget) Dette totale (30 juin 1966) 66,0 Montant total du service annuel de la dette 4,0 Coefficient du service de la dette 3 % des exportations Balance des paiements (millions de dollars EU) Accroiesement annuel moyen 1965 1961 - --1965 Exportations totales 140 9,7% Importations totales 139 10,1% Opérations invisibles nettes -24 41,7% Balance des paiements courants nette -23 54,9% Concentration par produit des exportations 196h 1960 Café, cacao, aluminium 27%; 20%; 15% 17%; 30%; 15% Réserves brutes de change 1965 1960 Millions de dollars EU (en fin d'année) 39 19 -3- Position au FMI 31 déc. 1965 Quote-part $15 millions Augmentation de 25% en 1966 Tirages aucun RÉPUBLIQUE FÉDÉRALE DU CAMEROUN Lac Tchad Vers la LIBYE e MAKARI Vers le SOUDAN FOR T-LAMY MAIDUGURI FORT-FOUREAU Voies ferrées - Existantes + - En construction COTON. En projet . TCHAD - - Au stade de l'avant-projet /. RIZ - Routes principales /ELEVAGE Autres routes importante J R Aéroports MAROUA * Ports MOKOLO * . Voie fluviale saisonniere COTON GOUA VerA FORT NIGERIAARCHAMBAULT 0 50 100 150 200 ACHIDES Kilometres én GA ROUAG' FORT,ARCHAMBAULT Vers DOB[A c< FOR T-ARClIAMB AU LT COTON AMOUNDOU NGAOUNDER E 1BANYO ÉLEVAGE NKOMBE MEGAG VersVENUGU r BAMENDA 4AN.Nv FOUMBAN Vers B3ANGUI ve, CAMEROUN . BAFOUSSAM CALABAR.J OCCIDENTAL BÉLABO RÉPUBLIQUE BOISNKONGSAMBA BAFIA CENTRAFRICAINE KUMBA YAAS AA AG BERTOUA PALMIER A HUIL NA BERRATI BNN.DOUALA SanagaEBKBAUR VICTORIA YAoUNDE PALMIER A EDAAA BANG CAOUTCHOU EDE ESEKA A CACAO \GANG THÉR Bois BOIS LOMI E BOIS FBVRILOMIE 7 EBOLOWA Baie de RB Biafra COPRAH SNMLM BOIS BOIS GOLFE- GUIN-EE GUINEE ESP. -AO (Rio Muni) Vers 4BREVILLE. CONGO (Brazzaville)- FEVRIR 1n6, BIRD -1950 RESUME ET CONCLUSIONS 1. Le Cameroun, pays de cinq millions d'habitants, est relative- ment pauvre, sans richesses minérales commercialement exploitables. Son économie est essentiellement tributaire de l'agriculture. La moitié environ de la production agricole est une production de subsistance. Ce qui reste est commercialisé et presque entièrement exporté. Les princi- paux produits d'exportation sont le cacao, le café, le coton, les bananes et le bois d'oeuvre. Le secteur industriel commence seulement a se dé- velopper; il comprend surtout de petites entreprises, à l'exception d'une grande usine d'aluminium située à Edea. 2. Le Cameroun est un Etat fédéral, composé de l'ancien territoire sous tutelle britannique (appelé maintenant Cameroun occidental) et du territoire administré autrefois par la France (devenu Cameroun oriental). L'intégration économique totale des deux régions se heurtetoujours a de graves obstacles d'ordre social, économique, institutionnel et culturel. Le pays fait partie de la zone franc; il utilise la même banque centrale, la BCEAECl/ et la même monnaie que les autres pays de l'ancienne fédéra- tion d'Afrique équatoriale française: le Tchad, la République Centrafri- caine, le Congo (Brazzaville) et le Gabon. Dans le système monétaire CFA, la France garantit la conversion illimitée des francs CFA en francs fran- çais au moyen d'un compte de fonctionnement que le BCEAEC détient auprès du Trésor français et qui permet d'exercer un contrôle presque auto- matique des crédits. Ces dispositions ont contribué à assurer la sta- bilité générale de la monnaie et des finances du Cameroun. Les pays membres de l'ancienne fédération sont groupés en une union douanière à l'intérieur de laquelle les pays ont harmonisé leurs différents systèmes douaniers et fiscaux aussi bien que leurs politiques de développement. 3. La politique fiscale et monétaire est saine. Le gouvernement s'efforce continuellement d'augmenter les excédents budgétaires, d'ac- croître le taux de l'épargne nationale ainsi que le rythme des dépenses de développement. Dans le domaine de l'investissement privé, il a pour- suivi ses efforts pour créer un bon climat d'investissement et les ré- sultats sont encourageants. L'assistance technique étrangère est bien utilisée ainsi que l'aide extérieure de sorte que la planification éco- nomique et l'administration générale se sont sensiblement améliorées. h. L'expansion économique a pris son essor au Cameroun au cours des années 1950, grâce à de vastes investissements d'infrastructure faits par la France et poursuivis pendant la période difficile qui a suivi l'accession à l'indépendance. On estime qu'entre 1959 et 196h, le pro- duit intérieur brut (PIB) a augmenté d'environ 8,6% par an, aux prix cou- rants, pour atteindre 16h milliards de francs CFA, l'équivalent de 650 millions de dollars. Néanmoins, en termes réels, le taux d'augmentation a été probablement de l'ordre de 5% par an. Dans la période qui a suivi l'indépendance, l'investissement brut s'est accru à peu près au même rythme, en moyenne entre 10 et 11% du PIB, dont les deux tiers dans le secteur privé. I/ Banque Centrale des Etats de l'Afrique Equatoriale et du Cameroun. - i - 5. L'agriculture, principale source de revenu monétaire pour la grande majorité de la population, n'a pas progressé beaucoup si l'on s'en tient au seul rapport en argent, bien que l'on puisse noter une augmentation de 6,5% environ par an du volume des exportations agrico- les. La production a souffert des fluctuations de prix sur le marché mondial, des problèmes posês par l'indépendance, de la perte des dé- bouchés préférentiels et de l'évolution dela politique agriccle intérieure du gouvernement qui a d6 faire face à la pénurie de moyens financiers et à l'absence de cadres subalternes dans le domaine agricole. Les pers- pectives d'accroissement de la valeur des exportations agricoles sont as- sombries par certains aléas: suppression progressive, en vertu de la Con- vention d'Yaoundé passée entre les pays de la Communauté économique euro- péenne et les pays associés, des accords préférentiels qui subsistent encore, et termes de l'échange de plus en plus défavorables. Selon les estimations, la baisse du prix du cacao pendant la seule période 196h/65 a causé une perte de h milliards de francs CFA sur les recettes d'ex- portation du Cameroun, soit environ 12% du montant total des exportations annuelles. Malgré tout, il semble tout à fait possible d'atteindre l'ob- jectif fixé pour la productivité dans le plan quinquennal - ce dernier financé dans une large mesure par le Fonds de Développement de la Commu- nauté économique européenne. 6. La production industrielle, surtout celle des industries ali- mentaires, s'accroit de 15 à 20% par an depuis 1960 et il paraît possible d'accroître chaque année les investissements de 3 à h milliards de francs CFA, soit une augmentation d'environ 10% par an de la contribution à la valeur ajoutée. 7. En exécution de l'accord récent passé avec les autres états membres de l'Union douanière et économique de l'Afrique Centrale (UDEAC), le Gouvernement fédéral, avec l'accord du Go-uvernement du Cameroun oc- cidental, a pris la décision courageuse sur le plan politique d'appliquer le nouveau tarif sensiblement plus élevé, au Cameroun occidental comme au Cameroun oriental, dès que les mesures administratives appropriées pourront être prises. Il faudra notamment prendre les mesures voulues pour compenser la hausse des prix des importations et du coût de la vie et supprimer les contrôles actuels au commerce inter-régional. 8. Aux termes de la Convention de Yaoundé sur l'association avec la Communauté, le Cameroun ne va plus bénéficier du traitement préféren- tiel qu'avaient ses exportations sur le marché français et est tenu de supprimer toute différence entre les tarifs appliqués aux importations provenant de France et ceux appliqués aux importations venant des autres pays de la Communauté. Privé du traitement préférentiel accordé par la France et des prix avantageux qu'il obtenait pour ses principales expor- tations (café, bananes, huile de palme, etc...) le Cameroun devra subir entre 196h et 1970 une baisse de prix de l'ordre de 20% pour adapter ses prix au niveau actuel ou prévu des prix du marché mondial. Mère au prix d'efforts exceptionnels pour augmenter la production, qui peuvent être couronnés de succès, le Cameroun aura de la peine à maintenir une aug- mentation moyenne de 3% des recettes qu'il tire de ses exportations. - iii - Dans ces conditions, la balance commerciale, actuellement excédentaire, accusera rapidement un déficit important et croissant qui,s'accompagnant de sorties de capitaux nettes au titre des transactions invisibles, se traduira sans doute dans l'avenir prévisible par un mouvement défavora- ble de la balance des paiements sur la longue période. 9. La situation budgétaire du Cameroun s'est améliorée au cours de ces dernières années. Le déficit moyen sur compte courant de 2 mil- liards de francs CFA avant l'exercice 1963/64 s'est transformé en un ex- cédent moyen d'environ 1,5 milliard de francs CFA. Le gouvernement a pu réussir progressivement à se passer d'importantes subventions budgétaires étrangères et à couvrir des dépenses courantes accrues surtout par l'ac- croissement des recettes fiscales diÎ à l'expansion économique et, pour une faible part, par la majoration des impôts. En 1959, les recettes du gouvernement entraient pour 9% dans le PIB: en 1965/66 on s'attend que ces recettes représentent au moins 15% du PIB, soit une augpentation d'en- viron 16% par an. Les pouvoirs publics semblent décidés à maintenir l'équilibre du budget et à envisager de nouvelles mesures fiscales des- tinées à obtenir des capitaux intérieurs supplémentaires pour les dépenses d' équipement. 10. La mission juge raisonnable l'opinion du gouvernement sur l'aug- mentation des dépenses courantes dans l'avenir, dépenses qui devraient s'élever au taux moyen d'environ 10% par an, contre un taux d'environ 10 à 12% depuis l'indépendance. On a ainsi tenu compte de la nécessité de dépenses supplémentaires dans les ministères qui sont chargés de la ma- jeure partie de l'exécution des projets de développement,ciest-à-dire les ministères de l'agriculture, de l'industrie et des transports ou déjà il manque du personnel;de l'assistance technique supplémentaire requise pour contr6ler efficacement les activités de ces ministères, de l'accroisse- ment normal des dépenses ainsi que des frais supplémentaires qu'entrai- nent les dépenses de développement. 11. Les hypothèses émises ci-dessus à propos de l'augmentation des dépenses courantes paraissent raisonnables et exigent implicitement que le gouvernement dispose d'un excédent sur compte courant de h milliards de francs CFA en 1970/71; les recettes gouvernementales représenteraient alors environ 20% du PIB de cette année. Au vu de la politique actuelle et des objectifs que le gouvernement s'est fixés, ceci paraît réalisable à condition que les mesures législatives appropriées soient prises pour augmenter les imp6ts en temps voulu. Si l'excédent actuel en compte courant augmente progressivement jusqu'à h milliards de francs CFA en 1970/71, le total des sommes que cet excédent fournirait pour le déve- loppement s'élèverait pendant la durée du plan quinquennal à environ 10 milliards de francs CFA. 12. Un deuxième Plan de Développement quinquennal (1966/67- 1970/71) a été élaboré et devait être soumis au Parlement avant la mi- été 1966. Ce plan, dont le financement sur cinq ans, nécessitera quel- que 165 milliards de francs CFA, doit permettre en vingt ans de doubler le revenu réel par habitant. Priorité y est donnée au développement de -iv- l'agriculture, de l'industrie et du commerce inter-régional, outre qu'est prévu un effort particulier pour compléter l'infrastructure de base du réseau de transports. Afin de coordonner les études prépara- toires et faire en sorte qu'elles soient cohérentes et ne nêgligent aucun aspect des travaux, le Gouvernement est revenu sur ses mesures antérieures d'africanisation totale et a fait largement appel à l'as- sistance technique étrangère. Etant donné que, pour exécuter le Plan méthodiquement et avec succès, il faudra renforcer l'administration publique au moyen de l'assistance technique extêrieure, surtout dans les secteurs techniques, dans le souci d'accroître le rendement d'en- semble et d'accélérer l'emploi des fonds d'aide, les initiatives qu'a prises le Gouvernement au cours de ces deux dernières années sont en- courageantes. 13. De nombreuses incertitudes demeurent pour le Cameroun, qui commence à peine à surmonter les difficultés dues à l'instabilité in- térieure. Il y a d'autres difficultés: existence de deux êconomies très diffêrentes, et presque indépendantes, du Cameroun oriental et du Cameroun occidental; manque de connaissances et de compétence dans les services de vulgarisation des techniques agricoles et dans d'autres dé- partements administratifs à la suite du dêpart des étrangers. Enfin la reconstitution de ces services et la préparation de projets qui soient de nature à attirer les capitaux étrangers représentent une tâche ardue et de longue haleine. Tous ces faits portent à douter que le Gouverne- ment camerounais soit en mesure de réaliser en cinq ans son programme d'investissement. La mission a passé en revue ce programme, notamment les parties consacrées à l'agriculture, à l'industrie et aux transports, et elle a conclu, compte tenu des problèmes restant à résoudre, qu'il serait illusoire de croire à la possibilité, pour le Gouvernement, de réaliser, pendant la période considérée, plus de 135 milliards de francs CFA d'investissements, sur le total de 165 milliards inscrit dans le Plan. Cet objectif plus modeste de 135 milliards pour la du- rée du Plan peut par contre être atteint, mais il faudrait pour ce faire que le niveau des investissements, qui correspondait à environ 10% du PIB en 1964 passe à presque 15% en 1970. Dans cette hypothèse on pourrait tabler sur une progression annuelle de h ou 5% du PIB. 1h. Sur ce total de 135 milliards de francs CFA, objectif réduit que suggère la mission, 75 milliards de francs CFA, soit en moyenne 15 milliards par an, seraient des capitaux privés, cependant que le solde de 60 milliards,soit 12 milliards par an en moyenne, représenterait la part des investissements publics. Autrement dit, ce sont surtout ces derniers qui, amputés de 30 milliards, auraient à souffrir. Néanmoins, les capitaux privés sont assez abondants, les projets existent et le secteur privé semble capable de réaliser ces investissements; l'objec- tif de 60 milliards de francs CFA que le Gouvernement a assigné aux in- vestissements privés sur une période de cinq années n'apparaît donc pas inaccessible. L'épargne privée a atteint en moyenne 14 milliards de francs CFA par an entre 1960 et 1965, soit à peu près 12 pour cent du revenu privé disponible, après être passée par un maximum de 17,7 mil- liards en 1959 pour revenir progressiver.ent à 10 milliards en 1965. Dans le passé, les investissements privés ont couté 10,6 milliards par an, laissant un excédent d'épargne intérieure qui, complété par un fai- ble apport net de capitaux étrangers, a permis de libérer des ressources pour l'accroissement des investissements dans le secteur public. Le flé- chissement régulier de l'épargne privée est la conséquence des efforts du Gouvernement pour augmenter la fiscalité et accroître les excédents budgétaires en vue de dégager des ressources pour l'expansion, du déclin du revenu réel dans tous les secteurs de l'économie, consécutive à la chute des prix à l'exportation et de la hausse régulière des prix des produits importés, enfin des répercussions, sur l'épargne, du départ des étrangers. Etant donné que ces facteurs garderont leur importance, il est peu probable que l'épargne privée puisse dépasser sensiblement 13 milliards de francs CFA en moyenne. Puisque aussi bien le Gouvernement compte pendant la durée d'exécution du Plan sur 15 milliards par an en moyenne, fournis par l'investissement privé, il resterait à trouver 2 milliards par an de capitaux privés extérieurs, hypothèse apparemment raisonnable et nullement imcompatible avec les projections concernant le montant net des entrées de capitaux privés, établies pour la balance des paiements. A supposer que persistent la stabilité politique et la confiance du monde des affaires, il n'y a pas de raison, semble-t-il, pour que les investissements privés soient inférieurs à ce qu'envisage le Flan. 15. Pour ce qui est du secteur public, comme il ressort du para- graphe 11 ci-dessus, le montant total des ressources que fournira l'ex- cédent budgétaire sur compte courant au cours de la période d'applica- tion du prochain Plan s'élèvera à environ 10 milliards de francs CFA. Les entreprises du secteur public apporteront sans doute 1 à 2 milliards par an, soit environ 6 milliards au total. Autrement dit, 16 milliards de francs CFA seraient disponibles sous la forme d'épargne publique pen- dant la période d'application du Plan. Le Gouvernement dispose de ré- serves extérieures dont le montant équivaut à environ 100% de la monnaie en circulation, mais ces réserves ne représentent guère que trois mois d'importations; aussi la mission estime-t-elle peu souhaitable pour le pays de les entamer pour le développement, vu l'extrême précarité de sa balance des paiements. Avec un objectif d'investissement de 60 milliards de francs CFA pour le secteur public, il resterait quelque hh milliards à financer à l'aide de ressources extérieures. Outre l'apport net d'aide étrangère nécessaire pour financer les dépenses prévues, le Cameroun devra disposer chaque année de 1 milliard de francs CFA en moyenne pour le service de la dette actuelle, c'est-à-dire qu'il lui faudra recevoir de l'étranger un montant brut de 49 milliards de francs CFA, alors que les besoins bruts du secteur public s'élèveront à 65 milliards. 16. Si le Cameroun reçoit en aide extérieure un montant brut de 9 milliards de francs CFA environ pendant la période d'application du Plan, l'aide destinée à alimenter le Plan serait à la fin de la période à peu près la même qu'au début, soit 26 milliards; et il semble rai- sonnable de conserver au moins le même débit en raison du fait que le besoin d'assistance extérieure persistera après 1970. Il s'ensuit que les décaissements répondant aux nouveaux engagements de h9 milliards de francs CFA devraient s'élever à quelque 23 milliards pendant la période d'application du Plan, à supposer que les montants correspondant aux - vi - engagements de dépenses actuelles aient été intégralement décaissés au cours des quatre années. Les conditions d'obtention de l'aide exté- rieure nouvelle sont bien entendu incertaines. La Mission est partie de l'hypothèse d'ensemble que le volume d'aide à très faible intérêt diminuerait probablement et que la proportion des dons serait sensi- blement moindre; cela étant, la première tranche de dons et d'emprunts à faible intérêt, assez inférieure au niveau actuel de 26 milliards, sera d'environ 20 milliards de francs CFA constitués à parties égales de dons et de prêts à faible intérêt. Dans cette hypothèse, sur les nouveaux engagements formant un total de h9 milliards de francs CFA, dix milliards seraient sous forme de dons, dix représenteraient des prêts à faible intérêt, cependant que les 29 milliards restants se- raient obtenus aux conditions classiques. 17. Une aide extérieure de 50 milliards de francs CFA représente- rait à peine plus de 75 pour cent des besoins globaux bruts du secteur public, évalués à 65 milliards de francs CFA. Même s'il était possi- ble de décomposer le plan camerounais en projets, qui tous réuniraient les conditions requises pour l'octroi d'une aide, de telle sorte que tc tous les engagements d'aide nécessaires pussent être appliqués à des projets, il faudrait, pour que le plan de financement réussisse, que cette aide couvre plus de 75 pour cent du coût des projets dignes d'être retenus. Néanmoins, et ceci vaut pour le Cameroun comme pour d'autres pays, cette partie du programme d'investissements publics sera consacrée à des réalisations pour lesquelles on ne pourra obte- nir une aide étrangère subordonnée à l'existence de projets et l'as- sistance extérieure fournie pour ceux des projets qui sont effecti- vement financés devrait donc dépasser 75 pour cent du cout desdits projets, du fait notamment qu'il ne faut guère compter sur une aide de quelque importance pour les autres objectifs. 18. La dette.publique extérieure du Gouvernement camerounais s'établissait à la fin de 1965 à environ 10,5 milliards de francs CFA, et le service de la dette représentait en moyenne 0,4 milliard par an, c'est-à-dire 1,2 pour cent des recettes d'exportation pour 1965. Dans ces chiffres ne sont compris ni la dette garantie par l'Etat ni celle des organismes publics qui ne figure pas au budget de fonctionnement. Le montant total de la dette non libérée des en- treprises publiques et d'autres organismes est évalué à environ 6 milliards de francs CFA, portant intérêt à 2-1/2 à 3-1/2 pour cent et remboursable pour des périodes allant de 8 à 35 ans. -Dns ces conditions, la charge que représente le service de la dette pourrait s'accroitre de 0,5 milliard de francs CFA, pour ce qui est de la dette des entreprises publiques et autres organismes, pour atteindre au total 0,9 milliard, c'est-à-dire environ 3 pour cent des recettes d'exportation. Ce faible montant de la dette et du service de la dette, en dépit de l'apport important de capital dans le passé, est d6 à la forte proportion d'aide que le Cameroun a reçue et continue de recevoir sous forme de dons. - vii - 19. D'après les hypothèses énoncées ci-dessus aux paragraphes 15 et 16 quant au niveau et aux conditions d'octroi de l'aide à venir, le service de la dette du Cameroun représenterait approximativement 7 pour cent des recettes d'exportation prévues d'ici à 1970, et environ 15 pour cent en 1975, sans qu'il soit tenu compte de la dette contractée aux conditions classiques après 1970. Le Cameroun dispose sans nul doute d'une certaine marge de solvabilité. Cependant, si l'on envisage la période postérieure à 1970, c'est-à-dire le moment où le Cameroun aura besoin d'une aide encore accrue, il serait sage, semble-t-il, de ne pas réduire inutile- ment cette marge en l'état actuel des choses, vu la pauvreté du pays et les incertitudes quant à l'avenir des exportations. Il serait donc justi- fié que le Cameroun reçoive pour une forte proportion une aide assortie de conditions favorables. SITUATION ACTUELLE ET PERSPECTIVES DE L'ECONOMIE EN REPUBLIQUE FEDERALE DU CAPEROUN I. Introduction 1. La situation actuelle de l'économie du Cameroun et les résultats obtenus,malgré les problèmes que posent l'intégration des deux régions et le grave ralentissement de la croissance des recettes d'exportation a la suite de la baisse des prix du marché, se comparent favorablement a ceux de bien d'autres états africains. Le Cameroun, avec sa population de 5 millions d'habitants, a le sens de ce qui peut ou ne peut pas être fait et fait preuve de modération dans la solution de ses problèmes moné- taires, politiques et économiques; comme il dispose de ressources assez diversifiées, le Cameroun est en Afrique l'un des pays qui présente le plus d'intérêt pour l'investissement intérieur ainsi que pour l'investissement privé ..étranger. Ceci s'est traduit depuis l'indépendance par une hausse notable en termes monétaires de la formation privée de capital. 2. L'évolution de la situation jusqu'à la fin de 1963 a été décrite dans le rapport AF-15a, "L'Economie de la République fédérale du Cameroun" (8 avril 1964). Le présent rapport expose l'évolution de ces dernières années et les perspectives pour l'avenir. II. Généralités 3. En 1964, on a estimé que la population du Cameroun oriental s'élevait à 4 millions d'habitants et celle du Cameroun occidental a un million, soit un total de 5 millions pour la République fédérale. Dans ce chiffre on compte approximativement 15.000 non africains. La population en age de travailler est estimée à quelque 2,9 millions; la plupart sont des exploitants agricoles et des bergers et il n'y a guère plus de 200.000 personnes, soit moins de 7% ayant un emploi rémunéré. Le secteur public emploie environ 25.000 personnes et la construction à peu près le même nombre; les industries de transformation occupent pour leur part 27.000 autres personnes. 4. Le pays est bien doté en cours d'eau à potentiel hydro-électrique élevé, mais qui ne peuvent guère servir aux transports. Le sol est cons- tamment menacé par l'érosion et l'épuisement, mais dans l'ensemble il est assez bon et particulièrement riche dans les régions volcaniques du sud- ouest et dans le Cameroun occidental. Dans la région du sud a% forets tropicales denses, dans le massif montagneux à l'ouest du Cameroun oriental ainsi que dans la bande cotière du Cameroun occidental également riches en forêts, les =ultures de subsistance et de rapport sont plus développées que dans toute autre partie du pays. Dans le sud les précipitations annuelles atteignent en moyenne environ 200 mm. Le nord possède de nombreuses plaines et savanes ou' la saison des pluies est nettement délimitée et entre ces deux régions se trouve le plateau central moins arrosé et de température plus basse. La densité de la population est en moyenne d'environ 10 -u km dans l'est, et de 25 au km2 dans l'ouest, et en général la pression démo- graphique n'est pas excessive sur les terres disponibles; dans l'ensemble du pays, 9% seulement des terres sont cultivées. 5. Le niveau général des revenus dans l'ensemble de la Fédération est assez bas. On estime qu'en 1965/66, le produit intérieur par habitant est de quelque 32.000 Frs CFA, soit l'équivalent de 130 dollars, c'est-à- dire qu'il n'est que légèrement supérieur aux chiffres enregistrés pour les deux années précédentes. Le revenu monétaire entre dans ce chiffre pour environ 25.000 Frs CFA par habitant et les gains moyens des salariés sont estimés à environ 140.000 Frs CFA. Néanmoins la majorité de la population, soit 80%, jouit d'un niveau de vie qui n'est qu'à peine supérieur aux besoins normaux de subsistance. 6. L'économie du Cameroun est encore essentiellement tributaire d'un secteur privé indépendant; le rble du Gouvernement se bornant par des mesures positives à créer un bon climat pour les affaires et à mettre en place les institutions appropriées. Néanmoins, le Gouvernement tient à participer conjointement avec l'entreprise privée aux activités nouvelles et, comme les capitaux intérieurs sont rares de meme que les entrepreneurs qualifiés, il espère pouvoir aider l'investissement dans les entreprises industrielles et autres, voire y participer directement. 7. La République du Cameroun est une fédération, créée le ler octobre 1961 et qui est composée de l'ancien territoire sous tutelle bri- tannique (appelé maintenant Cameroun occidental) et de l'ancienne République du Cameroun (devenue Cameroun oriental). L'intégration économique totale des deux régions se heurte toujours à de graves obstacles d'ordre social, économique, institutionnel et culturel. Le pays fait partie de la zone franc; il utilise la méme banque centrale, la BCEAEC i/, et la mrme monnaie, le franc CFA, que les autres pays de l'ancienne fédération d'Afrique Equatoriale Française : Congo (Brazzaville), Gabon, République Centrafricaine et Tchad. Dans le système monétaire CFA la France garantit la conversion illimitée des francs CFA en francs français au moyen d'un compte de fonction- nement dont la BCEAEC dispose auprès du Trésor français en échange du contrôle quasi automatique du crédit. Ces dispositions ont contribué à assurer la stabilité générale de la monnaie et des finances du Cameroun. Les pays membres de l'ancienne Fédération sont groupés également en une union douanière et économique à l'intérieur de laquelle ils ont plus ou moins harmonisé leurs systèmes douaniers et fiscaux aussi bien que leurs politiques de développement. 8. Le Cameroun est également membre associé de la Communauté éco- nomique européenne et il reçoit une importante aide financière du Fonds 1/ Banque Centrale des Etats de l'Afrique Equatoriale et du Cameroun. -.3.- Européen de Développement (FED). La Convention d'association signée à Yaoundé entre le Marché Commun et les pays associés prévoit entre autre que le traitement préférentiel accordé par la France sera progressivement supprimé, de même que l'application de tarifs discriminatoires à l'encontre des autres membres du Marché Commun. Il y a tout lieu de croire que cette perte de marchés garantis et de prix favorables frappera tout particulière- ment le café, dont la vente ccntribue pour environ 27% aux recettes totales d'exportation. Même si les prix du café Robusta sur le marché mondial se stabilisent aux alentours de 160 Frs CFA le kilo, il est probable que les prix cotés pour les exportations du Cameroun seront sensiblement inférieurs à ce chiffre. Les autres produits qui pâtiront de la Convention de Yaoundé sont le coton et les arachides. La Convention a également prévu que l'on appliquera aux importations en provenance des pays associés le nouveau tarif extérieur commun aux pays membres de la Communauté. C'est pourquoi il a fallu prévoir des dispositions spéciales en faveur des pays associés pour les aider à accroître leur production et diversifier leur économie agricole. A ce titre le Cameroun a reçu au total 3,8 milliards de Frs CFA dont h00 millions pour soutenir les prix des arachides pendant la période de transition, 1,5 milliard pour accroitre la productivité et 1,9 milliard pour financer la diversification. 9. Dans le cadre de l'Union Douanière et Economique de l'Afrique Centrale (UDEAC), qui existe depuis le ler janvier 1966, les cinq pays membres (Cameroun, Congo (Brazzaville), Gabon, République Centrafricaine et Tchad) ont institué un tarif intérieur commun, qui prévoit que toutes les importations seront frappées de taxes fiscales et d'un imptt sur le chiffre d'affaires. En outre, ce tarif commun impose des "droits à l'importation" discriminatoires qui seront prélevés sur toutes les importations en prove- nance des pays autres que la CEE et l'UDEAC. En ce qui concerne les échanges entre membres de l'Union Douanière, la réglementation prévoit que chaque année sera dressée une liste spéciale de produits industriels qui pourront être exonérés des taxes normales à l'importation et à l'exportation et qui seront frappés d'iune taxe uniforme de 12%. Tous les autres produits qu1i ne figurent pas su.r cette liste seront soumis au tarif normal. 10. On peut considérer probablement que l'ensemble de ces taxes représente à peu près en moyenne 50% de la valeur importée. Toutefois la région occidentale jouit encore d'un système d'impot différent qu'elle a gardé du temps où" elle était sous tutelle britannique. Pour cette région le taux moyen des taxes frappant la valeur importée est d'environ 30%. Lorsque ce tarif sera harmonisé avec le tarif de l'Afrique Centrale, le Cameroun occidental subira toutes les répercussions du tarif extérieur commun de l'Union Douanière du fait que la plupart de ses importations proviennent encore de pays qui ne sont pas membres de la CEE. Une charge additionnelle sera l'impt sur le chiffre d'affaires qui actuellement est très peu appliqué dans le Cameroun occidental. Pour remédier à cela, les droits à l'exportation du Cameroun occidental sont progressivement ramenés au niveau applicable aux exportations du Cameroun oriental. Cette réduction devrait contribuer à stimuler les exportations mais l'augmentation des prix des importations ne pourra manquer de relever sensiblement le coût de la vie. 11. L'économie du Cameroun continue à être largement tributaire de la production du secteur agricole et en particulier de trois principaux produits d'exportation, le cacao, le café et les bananes, dont la mise sur le marché se heurte à des difficultés croissantes. On développe dans le pays des cultures d'importance secondaire pour l'exportation, telles que le coton, l'huile de palme et le caoutchouc ainsi que les produits fores- tiers; l'objet est de diversifier les exportations et de diminuer la vulnérabilité du pays sur le marché mondial. L'exploitation minière est peu développée et à l'exception de l'usine moderne fortement capitalistique d'aluminium à Edea, la création d'industries nouvelles a été très limitée mais elle s'est généralement faite sur des bases économiques saines. III. EVOLUTION RECENTE DE L'ECONOMIE Les ressources et leur utilisation 12. Pendant la période de quatre années qui a pris fin en 1964, dernière année pour laquelle on dispose de chiffres officiels, le PIB du Cameroun a monté au taux moyen d'environ 8% par an aux prix courants, pas- sant de 11h milliards de Frs CFA en 1959 à 157 milliards en 1963/64. On ne dispose pas de statistiques officielles qui permettent d'estimer les changements du revenu national réel, mais si l'on tient compte des mouve- ments des indices des prix de détail, des importations et des exportations, l'accroissement du PIB réel (en prix constants) doit avoir été d'environ 5% par an, ce qui signifierait un taux moyen de croissance par habitant d'environ 3/ par an. 13. En 1964/65 la croissance économique a probablement été un peu supérieure au taux indiqué ci-dessus, parce que le volume des ventes du Cameroun à l'exportation a monté, en mCme temps que les produits agricoles exportés obtenaient des prix favorables sur le marché mondial. Toutefois, en 1965/66 cette croissance s'est ralentie à la suite de la chute des prix du cacao et du resserrement du crédit bancaire dû à une politique plus stricte du crédit en France, dont d'ailleurs ont so?ffert tous les pays membres de la BCEAEC. Produit intérieur et dépense intérieure (en milliards de francs CFA, aux prix courants) 1959 1962/63 1963/64 1965/66 Produit intérieur Agriculture 54 ,0 61,2 64,6 66,1 Industrie et construction il13 17,h 19,6 24,1 Commerce 29,h 37,1 39,9 h2,0 Transports et communications 3,h 5,8 6,8 8,5 Services 3,6 6,7 8,0 10,6 Administration publique 10,4 13,9 15,0 16,5 Services personnels 1.5 _26 26 _2L8 PIB aux prix du marché 113,6 144,7 156,5 170,6 Dépense intérieure. Consommation privée 80,3 109,6 117,2 132,1 Consommation publique 15,7 21,7 23,2 25,7 Investissement privé 6,6 10,0 11,1 1l, O Investissement public 5,3 261 6,u Total daa dépense 107,9 146,.5 157,6 174,8 intérieure Exportations nettes +5,7 -1,8 -1,1 PIB 113/6 lh,7 156,5 170,6 14. L'écononie du Cameroun reste encore très tributaire du commerce extérieur bien que les exportations de biens et de services aient légèrement baissé par rapport au PIB de 27% en 1959 à environ 23% en 1964, les impor- tations augmentant à peu près dans les m'êmes proportions. La baisse des prix du cacao sur le marché mondial s'est accompagnée d'une réduction du prix payé dans le pays aux producteurs de cacao, qli sont environ au nombre de 200.000, et a eu de graves répercussions sur le niveau général de l'activité économique du pays. 15. Ao cours de la période qui s'est écoulée depuis l'accession du Cameroun à% l'indépendance, l'apport de l'agriculture au PIB est tombé de 48 à 39% en-viron, tandis que celui de l'industrie passait de 5 à 9% et celui des transports de 3 à plus de h%. La part des services a également augmenté, passant de 4 à 8%. Celle des entreprises d'Etat et celle du commerce parais- sent n'avoir subi, dans l'ensemble, que de très légères modifications. 16. La consommation privée augmente, depuis cinq ans, à raison d'environ 10% par an, absorbant une part légèrement accrue du PIB (65% environ en 1965). La consommation des administrations publiques a augmenté % la cadence de 12% environ par an au cours de la période 1959-1962/63, aussit't après la proclamation de l'indépendance et l'institution, sous les auspices de l'ONU, d'un système plutôt coûteux de gcavernement fédéral; mais elle s'est stabilisée, après 1962/63, aux alentours de 5,5 par an. En 1965/66, la consommation des administrations publiques a représenté 12,5% environ du PIB. Le taux annuel des dépenses d'investissement est passé d'un peu plus de 10% du PIB en 1959 à 11% environ en 1963/64. Mais tandis que l'investissement dans le secteur public a très peu agmenté, passant de 5,3 milliards de Frs CFA en 1959 à 6 milliards de Frs CFA en 1965/66, la formation de capital dans le secteur privé a presque doublé, passant de 6,6 milliards de Frs CFA a 11 milliards en 1965/66. L'épargne intérieure brute a subi de fortes fluctuations; d'un maximum de 16,8 milliards de Frs CFA en 1959, elle est tombée à 13,5 milliards en 1962/63, puis aux environs de 13 milliards en 1965/66. Par rapport au PIB, l'épargne qui en représentait 15% en 1959 n'en représentait plus que 7,5% environ en 1965/66. Ce fléchissement correspond essentiellement au déclin relatif de l'épargne privée, alors que l'épargne publique a constamment progressé au cours de la même période. Prix et salaires 17. Le Cameroun occidental, étant à la veille d'une ccmplète unifi- cation économique avec la partie orientale de la Fédération, devra se pré- parer aux difficultés de la période d'adaptation. Ces années dernières, d'après les estimations, les prix ont déjà augmenté, dans cette région, de 7%, soit près de deux fois plus qu'ils ne l'ont fait, en moyenne, dans l'ensemble de la Fédération. La pleine intégration au système éconcmique du Cameroun oriental, ou les prix sont en général plus élevés, aura vraisem- blablement pour effet de faire monter de 25 à 30%, au Cameroun occidental, le cout des produits importés, tandis que les produits locaux y subiront sans doute une hausse de près de 10%. 18. Au Cameroun oriental, les traitements des fonctionnaires n'ont pas été relevés depuis 1957. Toutefois, le salaire horaire minimum garanti a augmenté, au coirs de la même période, de 60% dans le secteur industriel et de 25% dans le secteur agricole. La dernière augmentation date de juin 1963. Le salaire horaire minimum se situe actuellement à 36 Frs CFA (équiv. à 15 cents des E.U.) dans le secteur industriel et à 26 Frs CFA (équiv. a 11 cents des E.U.) dans le secteur agricole. Si, comme il en est question, les taux de rémunération actuellement en vigueur au Cameroun occidental étaient relevés d'environ 20 %, le salaire correspondant à une journée de 8 heures serait de 19 Fr.s CFA pour les manoeuvres et de 33 Frs CFA pour les ouvriers spécialisés. Evolution de la situation monétaire 19. Au cours des quatre années 1961-1964, le crédit bancaire au secteur privé a augmenté de 75%, passant de 13,7 à 2h milliards de Frs CFi: de leur coté, les avoirs étrangers des banques sont passés, en chiffres nets, de 4,2 à 8 milliards de Frs CFA. L'effet expansionniste de cet accroisse- ment a été en partie annulé par une accunulation des dépôts d'Etat dans les banques intérieures et par un déclin des autres avoirs bancaires. En con- séquence, la masse monétaire est passée de lh,2 à 21,3 milliards de Frs CFA, ce qui représente une augmentation moyenne d'environ 11% par an. L'acrrois- sement relativement considérable du crédit accordé au secteur privé au cours de ces années s'explique en grande partie par l'expansion des investis- sements et des échanges commerciaux, ainsi que par une accélération générale du rythme de l'activité économique. 20. Pendant les premiers mois de 1965, le crédit bancaire au secteur privé a continué à s'étendre, mais plus lentement que l'année précédente, et à la fin de 1965, la situation différait peu, dans l'ensemble, de ce qu'elle était un,an plus tôt. Le Gouvernement a réduit le montant net de ses créances sur le système bancaire, et on a enregistré un fléchissement, en valeur nette, des avoirs étrangers des banques. En septembre 1965, la masse monétaire était supérieure de h% à ce qu'elle était un an plus tôt. A la fin de 1965, la part imputée au Cameroun sur le montant brut des avoirs étrangers de la BCEAEC s'élevait à 7 milliards de Frs CFA, ce qui repré- sentait a peine trois mois d'importations. Evolution budgétaire depuis 1960/61 21. On trouvera dans le tableauci-dessous un état global des opérations budgétaires du Gouvernement fédéral et des deux Gouvernements fédérés depuis 1960-61. Ev*hlution du budget (milliards de Frs CFA) 195919.2/63 1963/64 1964/65 1965/66 Revenu de l'Etat Impôts directs 2,5 4,7 5,5 4,8 6,5 Impôts indirects 7,5 12,3 16,7 16,6 18,7 Droits d'importation 4,0 8,2 9,1 9,9 11,3 Droits d'exportation 2,6 2,7 3,2 3,1 3,2 Impôts intérieurs 0,9 1,h h,5 3,6 h,1 Redevances diverses 0,5 0,9 1,0 0,9 1,1 Recettes non fiscales 0,6 1,4 1,3 1,1 1,0 Revenu courant 11,1 19,3 24,5 23,1 27,1 Dépenses courantes 12,6 20,3 21,5 23,0 25,5 Excédent courant (+) -1,5 -1,0 +3,0 +0,1 +1,6 Dépenses d'équipement 0,8 2,0 1,9 2,1 h,h Déficit budgétaire -2,3 -3,0 +1.1 -2,0 -2.8 -8 - 199 1962/63 1963/64 196/65 1965/66 Financement du déficit budgétaire Apports étrangers 1,5 1,7 1,0 0,5 - Apports locaux - 0,1 - - 0,1 Remboursements - 0,1 - 0,1 0,1 Divers - 0,2 - 0,2 0,3 Prélèvement sur le Fonds de 1,4 1,2 0,8 1,1 2,0 réserve Modifications des comptes de 0,7 -,2 -3,0 0,1. 0,4 trésorerie (Augmentation -) Il ressort de ce tableau que le total des revenus et celui des dépenses ont l'un et l'autre augmenté ces années dernières, et aussi qu'à partir de 1962/63, la situation budgétaire du Cameroun est allée en s'améliorant. Depuis cette année-là, la progression des revenus courants a été plus rapide que celle des dépenses courantes, de sorte que le Cameroun a pu éliminer le déficit du budget de fonctionnement et consacrer une partie de ses ressources intérieures au financement des dépenses d'équipement. Jusqu'alors, le déficit courant avait été couvert en grande partie au moyen de subventions budgétaires de l'extérieur et de prélévements sur les fonds de roulement. 22. Entre le ler juillet 1960 et le 30 juin 196h, le total des revenus courants a augmenté de quelque 60%, passant de 1h à 25 milliards de Frs CFA. A part l'institution en 1963/64 d'une taxe sur les transactions commercialeE, cet accroissement des revenus résulte de l'expansion de l'activité économique, plutôt que d'un relèvement sensible de la taxation. En 1963/64, le revenu fiscal représentait environ 16% du total estimé pour le PIB. Pendant la même période, les déPaes courantes ont considérablement augmenté pour diverses raisons : forte hausse des dépenses militaires, en 1961/62, pour le maintien de l'ordre intérieur; établissement du Gouvernement fédéral en 1962/63; création de nouveaux services et extension de ceux qui existaient déjà. Toute fois, les traitements des fonctionnaires sont restés pratiquement au même niveau depuis 1960, et les autres dépenses administratives se sont stricterent limitées au minimum considéré comme indispensable au bon fonctionnement des administrations. 23. Les résultats budgétaires de l'exercice 1964/65 ne sont pas encore connus. Selon les prévisions initiales, les revenus courants et les dêpenses courantes de cet exercice devaient s'équilibrer aux alentours de 23 milliards de Frs CFA. Il paraît toutefois probable, à en juger d'après l'expérience antérieure, que les revenus ont été sous-estimés et les dépenses surestimées. Pour 1965/66, le budget prévoit un revenu courant de 27 milliards de Frs CFA, soit 15% environ de plus qu'en 1964/65, et 25,5 milliards de Frs CFA de dépenses courantes. Il n'est assorti d'aucune taxation nouvelle, l'accrois- sement du revenu devant résulter surtout d'une meilleure perception des imp6t- et de l'expansion probable de la production. Le tableau 39 de l'annexe fait - 9 - apparaître la composition tant du revenu courant que des dépenses courantes, en 1964/65, du Gouvernement fédéral et des deux Gouvernements fédérés. Le transfert de sommes imputées sur le budget fédéral aide à équilibrer le budget du Cameroun oriental et, plus encore, celui du Cameroun occidental. 24. Bien que le Gouvernement ne reçoive plus d'aide financière sous forme de paiement de certaines dépenses budgétaires (dépenses courantes ou investissements), il bénéficie d'une assistance technique financée en grande partie par la France et par d'autres pays et organismes donateurs. La rémunération du personnel d'assistance technicque coite, en gros, 2 milliards de Frs CFA par an, et exception faite d'une légère contribution du Cameroun, cette somme ne figure pas dans le budget. 25. Le Gouvernement a fait des efforts résolus pour parvenir à l'équilibre budgétaire et s'y maintenir tout en augmentant l'excédent sur compte courant. Il n'a toutefois réagi qu'assez lentement aux problèmes posés par le fléchissement des cours du cacao sur le marché mondial. Malgré la baisse des prix intérieurs du cacao, consécutive au fléchissement des cours mondiaux, les taxes de l'Etat sur l'exportation de cacao, qui représentent le tiers du produit total des taxes à l'exportation, sont restées les mâmes. Le prêt que le Fonds de Stabilisation du Cacao a reçu de la Communauté éco- nomique européenne pour le soutien des cours servira, en fait, presque entièrement à payer à l'Etat les droits à l'exportation, et le barême de ces droits aurait déjà diû être ré-examiné. Malgré cette exception, la poli- tique budgétaire du Gouvernement est efficace et prudente. Les dépenses des administrations sont surveillées de près, et certaines sommes sont transférées du budget courant au compte d'investissement ainsi qu'au fonds de réserve. Les fonds de réserve, joints aux excédents de revenu accumulés, aux divers fonds de stabilisation et aux autres disponibilités d'institutions publiques ont doublé les réserves du Trésor qui ont dépassé, au cours de la période 1960-1965, 8 milliards de Frs CFA. 26. Les dépenses budgétaires d'équipement ne constituent jusqu'à présent qu'une faible part des dépenses budgétaires totales: entre le ler juillet 1962 et le 30 juin 1964, elles ont été légèrement inférieures à 2 milliards de Frs CFA par an, et on estime qu'en 1965/66, elles s'élèveront à h,h milliards de Frs CFA. Lesdépenses d'équipement approuvées dans le cadre du budget annuel représentent 30% environ de l'investissement dans le secteur public; il s'agit essentiellement de dépenses d'équipement autorisées et financées par le Gouvernement sur ses propres ressources, y compris l'an- cienne subvention budgétaire de la France. Elles ne comprennent donc aucune des dépenses publiques d'équipement faites par les principaux donateurs extérieurs - par.exemple le FAC et le FED - mais comprennent les sommes consacrées aux projets dont la nature ne justifie pas un financement extérieur. Elles concernent essentiellement, d'après le tableau 40, les constructions publiques et l'infrastructure ainsi que les importations de biens d'équipement, tant pour les Gouvernements fédérés que pour le Gouvernement fédéral. Les - 10 - principales sources de financement sont celles qu'indique le tableau ci- dessus. L'apport extérieur a été constitué par la subvention budgétaire du Gouvernement français, exclusivement réservée depuis 1962/63 aux dépenses d'équipement et progressivement réduite, conformément à la politique du donateur. Des prélèvements sur les fonds de réserve ont contribué pour une part notable à financer l'investissement. Les investissements de trésorerie à l'extérieur ont augmentérrégulièrement, d'année en année, jusqu'en 1963/64. Après cette date, le Gouvernement a dû puiser dans ses ressources extérieures et il devra dorénavant le faire de plus en plus. Le produit des emprunts d'Etat n'est pas crédité normalement au budget d'investissement mais est versé directement à la Société nationale d'investissement. 27. Une émission d'obligations de l'Etat, représentant 2 milliards de Frs CFA, répartie en quatre tranches et portant intérêt à 3,5%, a été mise sur le marché en août 1963 et vise à mobiliser l'épargne intérieure aux fins d'investissement. Elle ne progresse qu'assez lentement et n'aura produit , pour la fin de 1966, qu'un milliard et demi de Frs CFA. Ces obligations sont souscrites par des institutions et des propriétaires fonciers dont la participation est obligatoire. Le produit de l'énission est versé à la Société nationale d'investissement, institution d'Etat; il sert à des prises de participation et, dans des cas très particuliers et sous cer- taines conditions, à des prêts aux entreprises. En juin 1965, l'Assemblée nationale a autorisé le Gouvernement h lancer un emprunt intérieur de 4 milliards de Frs CFA. On ne sait pas exactement où en est cette opération, dont le produit semble devoir servir en partie à renflouer le Fonds de stabilisation du cacao. Commerce extérieur 28. Depuis 1958, les comptes du commerce extérieur du Cameroun font apparaître un excédent qui a toutefois, ces années dernières, tendance à baisser. Ce déclin correspond, pour une part notable, à la dégradation des termes de l'échange. En 1964, où exportations et importations se sont élevées respectiveient à 34,5 et 32,9 milliards de Frs CFA, l'excédent a été de 1,6 milliard, alors qu'à son maximum, en 1959, il avait atteint 10 milliards de Frs CFA. Les échanges commerciaux du Cameroun oriental représentent 85% environ de l'ensemble des importations et des exportations. 29. On ne dispose d'indices de prix du commerce extérieur que pour le Cameroun oriental. Ces indices montrent qu'en moyenne, les prix à l'exportation ont baissé brutalement de plus de 20% en 1960 et 1961, et qu'ils ne se sont pas rétablis au cours des années suivantes. Les prix à l'importation ont augmenté d'environ 7% au cours de la même période; en conséquence, les termes de l'échange se sont dégradés d'environ 20%. Une légère amélioration s'est produite en 1964, grâce à la baisse des prix à l'importation et au cours exceptionnellement élevé du café, qui a en grande partie compensé la baisse de prix du cacao. Mais dès les premiers mois de 1965, les prix à l'exportation étaient retombés au même niveau qu'en 1963. - il - 30. Entre 1960 et 1964 la valeur des exportations a augmenté de 17% en dépit des divers reculs enregistrés au cours de cette période. L'ex- pansion a résulté pour une large part de l'essor rapide des exportations de café et de coton, ainsi que, dans une moindre mesure, des exportations accrues d'aluminium, d'arachides et de produits de palme. Les exportations de bananes, en revanche, ont été décevantes, le Cameroun occidental ayant perdu les privilèges dont il jouissait naguère sur le marché britannique. Le profit tiré de cette source est aujoird'hui stabilisé à un niveau infé- rieur de 40% environ aux moyennes du passé. Les expcrtations de cacao, dont le volume est resté presque le m'éme, ont perdu 20% de leur valeur depiis 1963, tandis que les expcrtations de café ont progressé en volume et en valeur, grâce notamment aux cours avantageux des années 1960 et 1964. 31. L'augmentation de la valeur des importations est due essentiel- lement à des importations accrues de biens de consommation autres que les denrées alimentaires, ainsi qu'a des importations de produits semi finis et de biens d'équipement. Les importations de denrées alimentaires ont, en fait, diminué; mais à part cela, la structure d'ensemble ne s'est guère modifiée. 32. Le commerce extérieur reste fortement orienté vers la zone franc, et, à l'intérieur de la zone franc, vers la France,. dont les échanges avec le Cameroun représentent environ 55% des exportations et 50% des importations de la Fédération. Balance des paiements 33. Le tableau 31 donne, au sujet de la balance des paiements, des estimations qui, reposant sur des approximations sommaires et des données incomplètes, sont sujettes à des marges d'erreur considérables. De façon générale, le faible excédent de balance commerciale dont le Cameroun bénéficie depuis 1959 a été annulé par le déficit des transactions invi- sibles, et depuis 1960, la balance des paiements sur compte courant est généralement défavorable. Pour 1965, le déficit est évalué a 5,7 milliards de Frs CFA, alors qu'en 1959, l'excédent était de 5,1 milliards. Le compte d'équipement bénéficie d'apports substantiels du FAC, du ED, de la Caisse centrale, de l'AID, de l'Allemagne et, dans une certaine mesure, de la Grande Bretagne, aux fins d'investissement dans le secteur public. Ces sommes augmentent d'année en année, bien que la part des subventions tende à diminuer. Ces années dernières, des sontes assez considérables ont été rapatriées par des particuliers et, dans une certaine mesure, par des entreprises étrangères opérant au Cameroun, et il semble que cet exode de capitaux privés se poursuive. Par contre, la balance des paiements fait apparaltre chaque année, depuis cinq ans, une entrée nette de capital privé, étant ccmprises les erreurs ou omissions relatives à tous les comptes, et le fait est corroboré par l'importance croissante de l'investis;- sement privé. - 12 - 3h. Les réserves de devises du Cameroun ont augmenté (sauf en 196h) en dépit du déficit croissant sur compte courant. A la fin de 1965, les réserves atteignaient au total 9,7 milliards de Frs CFA, soit l'équivalent de 3 ou h mois d'importation au niveau de 1965. V. EVOLUTION ET PERSPECTIVES DES PRINCIPAUX SECTEURS 35. Le Cameroun se trouve en face des mêmes problèmes de développe- ment que la plupart des autres pays d'Afrique : taux de croissance démo- graphique de plus en plus élevé, ressources naturelles limitées, baisse prévisible du prix à l'exportation de la plupart des produits agricoles, marché intérieur restreint. A ces problèmes s'en ajoute un autre qui est particulier au Cameroun, celui de l'intégration des deux parties orientale et occidentale du pays, intégration qui se heurte à de nombreuses difficultés d'ordre économique, social et autre. Pourtant le Cameroun a remarquablement progressé depuis son accession à l'indépendance; il a surmonté les épreuves qu'ont été pour lui le départ de nombreux Français, civils et militaires, et le mécontentement qui s'est un moment manifesté dans certains milieux; il a réussi à établir fermement les bases du développement ultérieur. Il a coopéré en outre avec les pays voisins à la constitution d'une union économique et douanière et à la création d'un marché commun. Dans le cadre ainsi mis en place, le Cameroun jouit à présent d'un climat favorable au progrès de l'activité économique et de l'investissement privé. 36. Les perspectives générales de croissance paraissent donc riches de promesse. D'après la croissance des divers secteurs que distingue le tableau 50, il devrait être possible d'atteindre, pour l'ensemble de l'économie, un taux de croissance de 5%, mme si l'on tient compte de la réduction du pouvoir d'achat extérieur par suite de l'évolution défavorable des cours pratiqués sur le march5 mondial. Agriculture 37. Bien que l'économie du Cameroun repose essentiellement sur l'agriculture, sa structure s'est profondément modifiée depuis 1959. A cette date-là, l'agriculture, les forêts et les pêches fournissaient ensemble h7% du PIB contre 4l% environ en 1963/6h. Les gains que le pays tire de l'exportation proviennent encore pour 80% de l'agriculture, mais aucune culture ne l'emporte nettement sur les autres. Le tableau ci-dessous indique quels ont été ces années dernières, pour les principales cultures, le mlume de la production et celui des exportations, et quels sont les objectifs du Denièdme Plan. - 13 - PRODUCTION ET EXPORTATIONS AGRICOLES (en milliers de tonnes) Résultats effectifs Objectifs du Deuxième Plan Production Exportations Production Exportations 1959/6o 1963/64 1959/60 1963/64 1970/71 1970/71 Arachides (décor- 71,0 88,4 6,6 18,5 113,3 23,5(25) tiquées) Bananes 206,8 172,5 122,1 122,3 230,0 168,0(107) Cacao (fèves) 72,6 91,2 59,o 78,2 131,8 100,0 (70) Gafé arabica 9,0 14,3 9,0 13,2 22,0 .. (15) Café robusta 24,3 37,8 24,5 33,5 66,o .. (45) C,ton 2/ 20,9 h5,6 7, Ô 180, 63,0 (25) 1,i1let et sorgho 354 381,O - - 455,o - Mais 1h7 1/ 210,h - - 265,0 - Igaames 232 1/ 148,4 - - 235,o - Taros (Arrow-root) 545 j/ 617,8 - - 635,0 - Manioc 605 L/ 433,0 - - hh5,o - t'anne à sucre - - - - 160,0 - Jf La production du Cameroun occidental a été estimée; les chiffres entre paren- thèses représentent les estimations faites par la Mission. 2/ 2roduction, non 6grenb; importations, égrené. 38. Depuis quelques années la production alimentaire augmente légère- ment plus vite que la population. Pourtant le Cameroun doit encore importer une grande partie des denrées qu'il consomme. En 1964, il a importé pour 4,3 milliards de Frs CFA de denrées alimentaires (13% de la valeur totale de ses importations), notamment du blé pour 597 millions et du sucre pour 477 millions de Frs CFA. Cependant les importations de riz diminuent, et d'ici a 1970, le pays devrait produire lui-même tout le riz et peut-être to,t le sucre dont il a besoin. 39. Au Cameroun oriental, la production agricole est surtout aux mains de cultivateurs indépendants, et ce sont essentiellement des particuliers qui en assurent la commercialisation. Dans le cas du café et des bananes, toutefois, les coopératives jouent un grand rôle, et la commercialisation du coton incombe toujoirs à la Compagnie française pour le développement des fibres textiles (CFDT). Au Cameroun occidental, une même société, la CameroonsDevelopment Corporation, exploite 75% des plantations, soit 9% de l'ensemble des terres cultivées, et fournit 30% des exportations de la région. Cette société relève, par son statut légal, du Gouvernement du Cameroun occidental et détient 22.800 ha de plantations produisant de l'huile de palme, du caoutchouc, des bananes, du café, du th6 et du poivre. L'exécution de son programme de développement, dont le budget est d'environ - 14 - 2h millions de dollars des E.U., porterait la superficie totale des terres qu'elle cultive à plus de 32.700 ha. d'ici à 1974. ho. Les produits agricoles que le Cameroun destine à l'expcrtation sont très divers. Pendant plusieurs années, c'est le cacao qui est venu en tête; mais en raison du déclin des cours - de 112,2 Frs CFA en 196h, le prix du Kg de cacao est tombé à 91,8 Frs CFA en 1965 - c'est maintenant l'exportation du café qui rapporte le plus au pays. Des 3h,5 milliards de Frs CFA que les exportations ont produit en 1964 1/, le café a fourni 27%, l..: cacao 20%, le bois d'oeuvre et le coton 7% chacun, les bananes 5%. Les perspectives d'avenir, en ce qui concerne les exportations de café et de cacao, sont limitées par le jeu de l'offre et de la demande sur le marché mondial, ainsi que par l'Accord international du café. La demande mondiale du café semble appelée à augmenter, au total, de 2-1/2% par an, ce qui ne laisse guère de place à un accroissement spectaculaire des exportations du Cameroun. L'Accord internaticnal du café n'alloue au Cameroun, en 1965, qu'un ccntingent de 45.000 tonnes, alors qu'en 1964, la production totale du pays dépassait 50.000 tonnes. En 1966, le contingent fixé pour l'ensemble de l'Afrique occidentale francophone a été relevé de plus de 4,5%; mais il est peu probable que celui du Cameroun augmente considérablement. Au cours des cinq années à venir, c'est sans doute la part des produits d'exportation de moindre importance - huile de palme, caoutchouc, bois d'oeuvre et coton - qui, dans l'ensemble des gains tirés de l'exportation, augmentera le plus sensiblement. 4l. Le Deuxième Plan de développement prévoit pour l'agriculture un investissement total de 32 milliards de Frs CFA, dont 18 milliards environ devraient venir de sources publiques. Le gros des investissements dont l'agriculture bénéficiera entre]966 et 1971 est destiné à la production de café (3,7 milliards de Frs CFA), d'huile de palme (4,1 milliards), de caoutchouc (2,3 milliards), d'étain (2,3 milliards), de bois d'oeuvre (3,5 milliards) ainsi qu'à la p'che (2,6 milliards). Vu la situation du marché mondial du café et l'aptitude du Cameroun à diversifier davantage encore sa production agricole, l'investissement quel-'on se propose de faire dans la production de café, m'éme s'il ne s'accompagne d'aucun accfioissement de la superficie des plantations, paraît excessif. h2. Les possibilités de crédit agricole demeurent limitées. Au Cameroun oriental, les fonds répartis en 1964/65 par la Banque camerounaise de Développement se sont élevés à 1.177 millions de Frs CFA, dont 137 millions seulement sont allés à des investissements productifs, la majeure partie servant à financer l'achat de récoltes. La West Cameroon Development Agency, de son coté, n'a disposé pour le crédit agricole que de ressources beaucoup plus limitées : 14,7 millions de Frs CFA en 1963/64. Dans l'ensemble du Cameroun, la majeure partie de l'investissement privé dans l'agriculture a donc dû être financée par les producteurs eux-mêmes, et en l'absence d'aide 1 y compris les exportations d'aluminium (5,1 milliards de Frs CFA, soit 15% du total) - 15 - extérieure à cette fin, il est vraisemblable que cette situation persistera. 43. Les prix 1la production du cacao, du café, du coton et des arachides sont controlés, au Cameroun oriental, par la Caisse de Stabili- sation, qui fixe annuellement un barème des prix à la production. Par suite de la baisse brutale des cours mondiaux du cacao, en 196h et 1965, et en dépit d'une réduction considérable du prix payé aux producteurs de cacao, les réserves du Fonds du Cacao se sont trouvées épuisées, et à la fin de 1965, le déficit était de 1,254 millions de Frs CFA. Le Fonds européen de développement (FED) a récemment consenti un prêt de 1,5 milliard de Frs CFA, pour permettre de poursuivre, au moins pendant une année encore, la politique actuelle des prix. En fait, ce prlt serait une subvention indirecte au Gouvernement, attendu que le produit de la taxe sur les expor- tations de cacao, qui est versé à la Caisse de stabilisation, atteindra sans doute 2,6 milliards de Frs CFA. La politique actuelle du Gouvernement en matière de taxation appelle manifestement un nouvel examen qui tienne compte des récentes fluctuations des cours sur les marchés mondiaux. Jusqu'à présent, le Gouvernement a proposé de réduire fortement le prix payé aux producteurs de cacao, qui tomberait de 82 à h5 Frs CFA par kilo pour la qualité normale, tandis que les taux de taxation mctuellement en vigueur resteraient les mêmes. Cela risquerait d'avoir de graves répercussions parmi les planteurs, réduisant le volume de la production et abaissant le niveau qualitatif des cultures, de qi ne manquerait pas d'avoir ultérieuremein ý des incidences sur les recettes de l'Etat. Il semblerait donc préférable que le Gouvernement accepte un manque-à-gagner temporaire, plutot que compromettre l'avenir de la principale production du pays. hh. Au Cameroun occidental, le contr"le des prix s'exerce par la voie du monopole dont le West Cameroon Marketing Board jouit actuellement sur les achats des produits autres que ceux des plantations. Depuis 1963, on s'efforce d'égaliser, entre le Cameroun oriental et le Cameroun occidental, les prix de soutien à la production, afin d'éviter la contrebande. Pour quelques produits comme le cacao et le café arabica, on est parvenu à cette égalisation. En septembre 196h, tous les comptes de recettes du Marketing Board faisaient apparaître un profit net, les soldes créditeurs s'élevant à un total de 780 millions de Frs CFA. 45. Après la période de rel9chement qui a suivi, en matière de recher- che agronomique, l'accession du pays à l'indépendance, le Cameroun à conclu avec la France, en octobre 1963, un accord qui favorise depuis deux ans l'expansion rapide des services de recherche et de vulgarisation agricoles. Les services de vulgarisation déploient dans le pays une activité croissante. Au Cameroun oriental, la situation est aujourd'hui satisfaisante au moins si on la ccmpare à ce qu'elle est dans beaucoup d'autres pays d'Afrique. h6. L'action gouvernementale a eu pour effet d'améliorer notablement depilis trois ans, la situation et les perspectives générales de l'agri- culture. Le développement des coopératives de production et de commercia- - 16 - lisation, l'enseignement et la vulgarisation agricoles, et l'expansion (dans une certaine mesure) du crédit accordé aux exploitants ont déjà des effets sensibles. Mais il reste encore beaucoup à faire. Le Gou- vernement devra en particulier intensifier considérablement son action pour parer à l'évolution probablement défavorable des prix payés, sur le mantdé mondial, pour les principaux produits dont le Cameroun est traditionnellement exportateur. Forêts h7. Sur 2h millions d'ha., soit la moitié de sa superficie, le Cameroun est couvert de forfts; sur 3 millions d'ha. environ, il s'agit de forêts tropicales dont le bois d'oeuvre se prête à l'exploitation commerciale. Des concessions ont été accordées à quelque h2 sociétés étrangères et à une dizaine d'entreprises camerounaises, mais l'exploi- tation se borne à un nombre assez restreint d'essences exportables (12) et à une trentaine d'autres essences destinées à la consommation inté- rieure. La forêt camerounaise est relativement pauvre en bois d'oeuvre exportables, encore que les forêts accessibles de l'intérieur paraissent être de meilleure qualité. 48. En dépit des facteurs limitatifs mentionnés ci-dessus, de l'insuffisance des moyens de transport et de méthodes d'exploitation parfois peu rationnelles, la production du Cameroun oriental a continué d'augmenter passant - pour les bois en grumes - de 346.000 m3 en 1960 à 480.ooo mý en 1964/65. Au Cameroun occidental, par contre, l'industrie forestière s'est presque effondrée, en raison de difficultés de gestion et de financement, la production tombant de 183.000 n3 en 1960/61 à 32.000 m3 en 1964/65. Les cours ne laissent aux producteurs que des marges bénéficiaires étroites, en raison de la faiblesse des rendements, du coût des transports et des droits de douane élevés qui frappent les importations de matériel et de machines. Les prévisions du Plan, d'après lequel la production devrait se situer, en 1970/71, aux environs de 776.000 m3, semblent un peu optimistes, du fait notamment qu'elles reposent sur l'hypothèse d'une demande intérieure accrue. Pêches 49. La peche se pratique au Cameroun tant en mer qu'en eau douce, le lac Tchad fournissant, avec les cours d'eau et les étangs artificiels du Nord, 50.000 tonnes environ de poisson par an. Ce poisson est en majeure partie séché et vendu au Cameroun septentrional, et il en est exporté un peu au Nigeria. Bien que les services de recherche et de vulgarisation améliorent lentement les techniques de pêche et les méthodes de traitement du poisson, il n'y a pas lieu de s'attendre à une trans- formation profonde. 50. Quant au poisson de mer, on en a pris en 1964 environ 18.000 tonnes évaluées à 1.323 millions de Frs CFA (5,2 millions de dollars des - 17 - E.U.). Si les prises réalisées par les méthodes traditionnelles (10.000 tonnes) sont restées relativement stables ces années dernières, la production de la plche industrielle a montré une forte tendance a augmenter, passant de 5.300 tonnes en 1962 à 8.100 tonnes en 1964. L'accroissement des quantités débarquées est surtout imputable aux chalutiers étrangers qui relâchent de temps en temps à Douala. Le port de Douala n'est pas bien situé pour la pêche en mer, car de trop grandes distances le séparent des zones de pêche du Golfe de Guinée. Il n'est utilisé comme port d'attache que par quatre sociétés disposant ensemble de 15 chalutiers. Il offre des commodités suffisantes pour les répara- tions; mais ses entrepibts frigorifiques ne sont pas encore, malgré leur expansion, à la mesure des besoins. 51. Il se peut qu'au terme de la période couverte par le Plan, les prises atteignent 32.000 tonnes, dont 18.000 pourraient être fournies par la flotte commerciale (y compris les bateaux étrangers qui font relche à Douala) et 12.000 par la péche traditionnelle, plus les 2.000 tonnes de crevettes qu'on peut attendre d'un riche banc actuellement prospecté par une société américaine. 52. Il est question d'investir dans le pêche, au titre du Deuxième Plan quiquennal, 2,5 milliards de Frs CFA, notamment pour l'achat de six thoniers et de six bateaux équipés pour la pêche à la crevette. Ces prévisions paraissent optimistes au regard des possibilités actuelles d'accès aux zones de p'êche et aux marchés. Industrie minière 53. L'industrie minière ne représente qu'une faible part de l'activité économique, et ne produit que de petites quantités d'or et de cassitérite. Bien que l'on connaisse l'existence de gisements de bauxite (entre 500 millions et un milliard de tonnes de minerai), de pierre à chaux, de minerai de fer et de gaz naturel, et bien que d'autres minéraux fassent l'objet de prospections, une expansion spectaculaire a peu de chances de se produire dans un proche avenir, en raison des difficultés d'exploita- tion rentable et de l'éloignement des débouchés. Le Deuxième Plan quinquennal prévoit environ 8 milliards de Frs CFA pour les travaux de recherche et de prospection. Industrie manufacturière 54. Si l'on excepte quelques industries de service, l'industrie manufacturière constitue, parmi les divers secteurs de l'industrie came- roumaise, celui dont la croissance est la plus rapide. Entre 1959 et 1960/64 ce secteur a gagné de 15 à 20% par an; mais l'augmentation de la consommation d'électricité dans les grands centres industriels semble indiquer que depuis deux ans, la croissance de l'industrie s'est peut- etre encore accélérée. Par suite de cette croissance rapide, l'apport relatif du secteur manufacturier au PIB a dépassé 10% en 1965/66, alors qu'il était de 8,6% en 1962/63 et de 6% seulement en l9ý9. L'industrie - 18 - manufacturière 1/ a fourni en 1965 environ 9,5% de l'emploi total, et absorbé a peu pres 7,5% de l'investissement intérieur brut. Cette même année, la production de ce secteur est entrée pour à peu près 20% dans les recettes d'exportation. 55. La structure fondamentale de l'industrie manufacturière du Cameroun ne s'est pas modifiésau cours de ces dernières années. Depuis 1960, il s'est constitué une quarantaine d'entreprises industrielles, le plus souvent (il est vrai) sur un pied modeste. Au total, le dévelop- pement industriel est moins avancé au Cameroun que dans bien d'autres pays d'Afrique. ALUCAM, qui vient en tête par son pourcentage d'apport à la valeur ajoutée, représente à lui seul plus de 40% du total de l'in- vestissement industriel. Mais il n'emploie que 500 à 600 personnes, soit 3% seulement de l'effectif total de la main d'oeuvre industrielle. Géo- graphiquement, le secteur manufacturier est très fortement concentré; son apport total à la valeur ajoutée provient, pour 75 à 80%, du triangle de territoire, relativement restreint, compris entre Douala, Edea et Yaoundé. 56. L'industrie manufacturière se consacre essentiellement au traite- ment de matières premières produites sur place - caoutchouc, thé, coton, café. etc. - et destinées à l'exportation vers les pays développés. La principale exception à cette règle demeure l'industrie de l'aluminium, le prix modique de l'électricité permettant de traiter de l'alumine importée. Ln production destinée au marché intérieur comprend des produits finis de plus en plus variés, obtenus à partir d'éléments importés semi-finis (montage de bicyclettes) ou fournis par les industries primaires camerou- naises (huile comestible), savon, meubles, et bientôt tissus . Certains de ces produits finis sont également exportés vers des pays voisins, surtout des pays membres de l'UDEAC. Les dimensions restreintes du marché et l'existence de liens historiques datant de l'époque coloniale ont conduit le Cameroun à former, vers la fin de 1965, une union douanière avec quatre autres pays d'Afrique centrale. Les exportations industrielles du Cameroun vers ces pays se sont élevées en 1965 à plus de 300 millions de Frs CFA. L'ap- plication, à partir de 1966, d'un tarif douanier commun ne saurait manquer d'intensifier les échanges commerciaux entre les pays membres; mais il reste a voir si, maintenant que cette union existe, les gouvernements s'abstiendront d'encourager sur leur territoire des productions qui seraient plus rentables ailleurs ou qui se font, sur un marché restreint, une con- currence inopportune. 57. Le principe fondamental de la politique industrielle du Gouver- nement est de stimuler l'investissement privé plutôt qu'intervenir activement dans le secteur des industries de transformation. Le principal instrument d'assistance au secteur privé est le code d'investissement, qui accorde divers allégements fiscaux et garanties spéciales auc entreprises 1/ construction non comprise. - 19 - agrées. Le fait que la plupart des sociétés qui n'ont pas obtenu les avantages demandés ont abandonné leurs plans initiaux d'investissement semble indiquer que les mesures en question contribuent elles-mêmes jusqu'à un certaJipoint à stimuler l'investissement. -On pourrait toutefois accroître l'efficacité des stimulants en simplifiant les formalités administratives qu'exige l'application du code et en différenciant les diverses catégories d'encouragements au lieu de les dispenser conjointement et en bloc, comme on le fait actuellement. 58. De 1962 à 1965, dans la période d'application du premier Plan de développement, quelque 6 milliards de Frs CFA ont été investis dans le secteur manufacturier. La majeure partie de cet investissement a été financée de source privée. Les capitaux étrangers, d'origine publique ou privée, sont surtout venus de France, mais certaines institutions financières européennes et allemandes ont également investi des fonds dans l'industrie. Le reste des dépenses d'investissement a été financé par la BCD _/, par les banques commerciales locales, et, dans une mesure restreinte, par voie de participation gouvernementale ou émission d'actions vendues aux particuliers. Le Deuxième Plan de Développement prévoit l'investissement dans le secteur des industries de transformation de 17 milliards de Frs CFA au total Î 3 milliards pour les industries agricoles et 1h pour les autres. A supposer que le coefficient de capital reste le meme qu'actuellement, le PIB aug- menterait, sous l'effet d'un tel investissement, d'une somme comprise entre 11 et 17 milliards de Frs CFA. Cette croissance augmenterait de 1h à 19% par an, en moyenne, la valeur ajoutée par le secteur industriel, ce qui correspondrait à peu près au taux de croissance des années passées. Quoique le chiffre d'objectif total fixé % l'investissement paraisse raisonnable, certains des projets inscrits dans le Deuxième Plan ont peu de chances de se réaliser; mais ils seront sans doute remplacés par d'autres. Dans l'ensemble, toutefois, on a lieu de penser que les auteurs du Plan ont surestimé les sommes qui seront investies dans de nouvelles affaires et sous-estimé l'expansion des entreprises existantes. Btiment et construction 59. La valeur totale de la production dans le bâtiment et la construc- tion est estimée pour 1963/64 à 16 milliards environ de Frs CFA. Douze pour cent environ de cette scmme, soit 2 milliards de Frs CFA, ont servi à des travaux d'entretien; le reste, soit 1h milliards, correspond à de nouvelles constructions de tous genres, et représente 80% environ du montant brut des immobilisations intérieures. L'industrie du bâtiment progresse depuis 1959 a raison de 85% environ par an; en 1965/66, elle a apporté 6 milliards de Frs CFA au PIB, soit 4% environ du total, et a employé quelque 25.000 personnes. 1/ Banque camerounaise de Développement. - 20 - 60. Comme une bonne partie des travaux de construction qui se font au Cameroun est aux mains de filiales de grandes sociétés européennes, les entreprises locales peuvent faire appel aux ressources des sociétés-mères étrangères et passer des contrats que leurs seules disponibilités, en cadres supérieurs et en matériel, ne leur permettraient pas d'honorer. Transports 61. Les transports tiennent une très grande place dans l'effort de développement du Cameroun. Le premier Plan de développement affectait à ce secteur 47% environ du montant total de l'investissement public prévu. En fait, les sommes dépensées pour les transports ont représenté, pendant les trois exercices financiers compris entre 1960 et 1963, 4l% du total des dépenses publiques. De l'estimation provisoire des dépenses publiques d'investissement à prévoir pendant la période d'application du deuxième Plan quinquennal, il ressort que l'on compte dépenser pour l'infrastructure 38 milliards de Frs CFA, soit 45% du total visé pour l'investissement public. Commes les années antérieures, la majeure partie des investissements dans l'infrastructure sera financée au moyen de l'aide extérieure. Le programme des transports est dominé par la nécessité économique et politique d'établir des liaisons entre les diverses régions du pays. Il s'agit avant tout de relier le Nord et le Sud du Cameroun oriental et de rattacher l'un à l'autre les deux Camerouns, occidental et oriental. Au cours des cinq années qui viennent, létablissement de ces deux liaisons devrait absorber à lui seul 70% des sommes consacrées aux transports. 62. Actuellement le chemin de fer va de Douala à Yaoundé (avec embranchement sur Mbalmayo) et de Douala à Nkongsamba, ce qui représente au total 517 km de voie ferrée. Le trafic voyageurs, stationnaire de 1955 à 1960, commence à reprendre. Depuis quatre ans, son taux de crois- sance annuel est de 5,5% en moyenne. Ce chiffre reste inférieur au taux de croissance du trafic marchandises, qui a été de 8% en moyenne au cours de la même période. Le tonnage transporté par chemin de fer consiste essentiellement en bois d'oeuvre et en matières premières pour l'industrie de l'aluminium. 63. La principale voie ferrée actuellement en construction est le Chemin de fer trans-camerounais. La ligne Douala-Yaoundé, qui existe déjà, sera prolongée de 630 km vers le Nord, jusqu'a Ngaoundéré. Un premier tronçon de 293 km, allant de Yaoundé à Belabo, a été financé conjointement par le FED (17,3 millions de dollars), l'AID (9,2 millions de dollars) et le FAC (8,2 millions de dollars). Les travaux ont commencé à la date prévue, en novembre 1964, et devraient se terminer en 1968. Des pourparlers sont en cours entre le Gouvernement et les trois organismes d'assistance déjà nommés, pour le financement d'un second tronçon allant de Belabo a Ngaoun- déré (337 km), et semblent devoir aboutir prochainement à un accord. Un petit embranchement reliant la ligne de Mbalmayo au Cameroun occidental est également en construction entre Mebanga et Kumba (30-km). Les dépenses, - 21 - qui s'élèveront au total à 4,6 millions de dollars, sont financées par le Cameroun (Regifercam), le FAC et le FED. Dans l'ensemble, l'exploi- tation du réseau donne depuis quelques années de meilleurs résultats. Le rapport frais d'exploitation/recettes, qui s'établissait à 1,01 en 1960, est tombé à 0,68 pour l'exercice financier 1964/65, laissant un excédent liquide de 600 millions de Frs CFA. 64. Le Cameroun est maintenant doté d'environ 33.000 km de routes, dont un cinquième est utilisable par tous les temps. Ce réseau de routes est surtout développé dans le Sud-Ouest, la région de Bamiléké à l'Ouest, et le Nord. Bien que le gros des transports intérieurs se fasse par route, plusieurs régions ne sont encore reliées entre elles ni par route ni par voie ferrée. La construction de nouvelles routes est surtout financée à l'aide de ressources étrangères. De 1960 à 1965, les institutions d'assis- tance ont mis à la disposition du Cameroun, pour l'extension et l'amélio- ration de son réseau routier, environ 6,6 milliards de Frs CFA; mais sur ce total, 2,8 milliards de Frs CFA sont destinés à des travaux qui ne sont pas encore terminés. Le deuxième Plan de Développement comporte un programme encore plus ambitieux de construction de routes; il prévoit, rien que pour l'amélioration des grands axes, un budget de 18,3 milliards de Frs CFA, qui devrait être financé en majeure partie par l'aide extérieure. Jusqu'à présent, les organismes bailleurs de fonds se sont engagés pour 5,3 milliards de Frs CFA; mais il paraît peu probable que l'on trouve un supplément de ressources extérieures suffisant pour combler l'écart qui subsiste (13 milliards de Frs CFA). 65. Les dépenses relatives à l'entretien des routes sont en augmen- tation depuis un an ou deux. Elles s'élèvent actuellement, pour les routes utilisables par tous les temps, à une moyenne de 102.500 Frs CFA par km; mais ai, Cameroun oriental, la dépense par km est environ le triple de ce qu'elle est au Cameroun occidental. Le matériel d'entretien a souvent plus de dix ans d'âge, et est en assez mauvais état. L'AID et le FAC procèdent actuellement à une étude en rapport avec ces problèmes. 66. Pour ce qui est de la construction de routes, le principal projet concerne l'achèvement de celle qui reliera le futur terminus ferroviaire de Ngaoundéré aux régions septentrionales du pays et au Tchad. Les deux principaux tronçons de route à améliorer, pour assurer cette liaison sep- tentrionale, sont ceux de Ngaoundéré à Garoua et de Mora à Fort-Foureau. Pour le premier, les moyens de financement extérieur restent à trouver; pour le second, le Kreditanstalt ne s'est engagé à couvrir qu'une partie de la dépense. Pour achever la liaison septentrionale, il faudra en outre construire un pont sur le Bénoué, tandis que dans le Nord, les communica- tions avec le Tchad ne seront possibles que si un pont franchit le Logone. Attendu que le passage du Cameroun au Tchad pourrait également se faire, dans l'avenir, par Moundou, et que du Tchad septentrional on peut aussi accéder à la mer à travers la Nigeria, une enquête régionale sur les trans- ports paraît indiquée si l'on veut évaluer l'ensemble des besoins de la - 22 - région en matière de transports et éviter le gaspillage, notamment par, double emploi. 67. Le Cameroun possède quatre ports de mer par ou transitent chaque année, 1,4 million de tonnes de marchandises. Le plus important est, de loin, Douala, où onze transatlantiques peuvent faire escale en même temps, et qui se trouve au terminus du réseau ferroviaire du Cameroun. On y a chargé ou déchargé,en 196,1,lmillion de tonnes, et sa capacité atteindra 1,5 million de tonnes lorsque les travaux d'aménagement actuellement en cours seront terminés. On étudie la possibilité de faire de Bota l'avant- port en eau profonde de Douala. Si, du point de vS technique, ce projet ne manque pas d'attrait, il est difficile de dire si, du point de vue écono- mique, la création d'un second port moderne se justifierait; on ne le verra que lorsque les nouveaux courants d'échanges et autres mouvements suscités par l'achèvement du chemin de fer trans-camerounais auront eu le temps de se préciser. 68. Tous les ports appartiennent à l'Etat et leur exploitation relève du Ministère des Travaux publics. La gestion du port de Douala laisse cependant beaucoup à désirer. Le matériel est presque entièrement inuti- lisable. Une dragueuse capable de maintenir une profondeur de 5,80 m. et dont l'entretien a été normal jusqu'en 1960 est à présent mal employée, tandis que l'on consacre de grosses sommes à la construction de logements qui ne présentent que de très lointains rapports avec l'équipement du port. Des redevances portuaires relativement élevées, supérieures aux droits perçus dans la plupart des ports du Golfe de Guinée, permettent au port de fonctionner avec un excédent courant qui sert à remplacer le matériel et à financer la construction de logements, comme on l'a vu plus haut. Education 69. On n'a guère réussi, jusqu'à présent, à réduire les graves lacunes que présente le système d'enseignement, encore que de nouveaux établissements de formation professionnelle, écoles normales et centres de formation technique se soient ouverts pendant la période d'application du premier Plan quinquennal, entre juillet 1960 et juin 1965. Le nombre des enfants d'age scolaire est évalué à 800.000, et 430.000 de ces enfants, soit 55% du total, fréquentent l'école primaire. Le taux de scolarisation varie de 95% (dans les grands centres urbains) à moins de 4% (dans certaines parties de la région Nord), et il y a, parmi les inscrits, environ deux fois plus de garçons que de filles. L'enseignement secondaire compte environ 10.000 élèves; mais il y en a, en moyenne, moins de 20% qui vcnt jusqu'au bout de leurs études. Il existe des instituts de formation professionnelle (dont six écoles normales), et le nombre des centres d'enseignement techrique dépasse 60. Quelque 700 étudiants suivent à l'étranger les cours d'établis- sements d'enseignement supérieur, et la nécessité d'avoir un centre d'ensei- gnement supérieur dans le pays même a conduit à créer, à la fin de 1962, une université. La plus grave faiblesse du système d'enseignement réside - 23 - toujours dans la pénurie de maitres qualifiés. Plus de 705 des institu- teurs sont en fait des élèves-maîtres dont la formation est incomplète, et corne il ne sort guère chaque année de l'enseignement secondaire que 2.000 diplomés (dont l'administration et l'économie ont besoin dans tous les secteurs), il y a peu de chances pour que le nombre des maîtres qualifiés augmente sensiblement. V. PLANIFICATION DU DEVELOPPEIENT Premier Plan quinquennal de développement 70. Une centaine de milliards de Frs CFA a été investie au cours de la décennie qui a précédé l'accession à l'indépendance et l'établissement de la Fédération. Ces investissements, qui se sont faits en grande partie par l'entremise du FIDES (Fonds d'investissement pour le développement économique et social) visaient à "ouvrir" le pays, à accroître le volume de ses exportations et à y créer un marché pour les importations, sans grand souci d'équilibrer la croissance économique du pays. En 1959 toute- fois, le Gouvernement du Cameroun oriental a pris l'initiative de plusieurs études destinées à fixer les grandes lignes d'une exploitation rationnelle des ressources du Cameroun oriental. C'est sur la base de ces études qu'a été adopté un plan quinquennal de développement couvrant la période de juillet 1960 à juin 1965. En 1962, ce Plan a été modifié pour tenir compte de l'unification avec le Cameroun occidental. L'investissement public au titre du premier Plan quinquennal a été orienté essentiellement vers le développement du réseau de transport et, en second lieu, vers la moderni- sation du secteur agricole et la mise en valeur des ressources forestières. Ce Plan prévoyait une dépense globale d'environ 53 milliards de Frs CFA dans le secteir public, les dépenses du secteur privé semblant devoir se situer à un chiffre légèrement inférieur. 71. Les objectifs du Plan étaient de fournir la base d'un programme général de développement (dont le plan ferait partie intégrante) visant à doubler le revenu national en l'espace de vingt ans (1960-1980). Pour cela, il faudrait que le PIB augmente en moyenne de 4,5% par an, alors qu'au cours de la décennie précédente, le taux de croissance annuelle du PIB réel se situait sans doute aux alentours de 4%. Les dépenses effectives au titre de l'investissement public ont été en moyenne pendant les trois premières années d'exécution du Plan, c'est-à-dire jusqu'en juin 1963, de 3,7 milliards de Frs CFA par an, soit beaucoup moins qu'on ne l'avait cru au départ, tandis que les dépenses d'investissement privé atteignaient en moyenne 7 milliards de Frs CFA par an et représentaient 65% du total des dépenses. Pendant l'exercice suivant, 1963/64, les sommes provenant de l'aide extérieure et consacrées à l'investissement se sont élevées à 3 milliards de Frs CFA, tandis que les ressources locales ont sans doute financé l'investissement 'd'un peu plus de 2 milliards de Frs CFA. Cela fait un total de 5 milliards de - 24 - Frs CFA, alors que la moyenne prévue pour la période d'application du Plan était de 7 milliards de Frs CFA par an. 72. Les ressources financières disponibles pour le financement de l'investissement public au cours des quatre premières années d'éxécution du Plan se sont élevées à h5,3 milliards de Frs CFA, et les ressources intérieures à 14,3 milliards de Frs CFA, soit 32% du total. Ces dernières comprenaient des excédents provenant du budget de l'Etat ainsi que de fonds publics autonomes. Les 68% restants sont venus de sources extérieures, le FED fournissant 15 milliards de Frs CFA, la France 12 milliards et les Etats-Unis h milliards. Sur l'ensemble des ressources disponibles pour le financement du Plan jusqiten 1964, on a effectivement utilisé moins de la moitié des crédits d'aide extérieure autorisés, alors que la proportion utilisée des allocations budgétaires était bien supérieure. Le retard apporté à la mise en train de projets qui figuraient au Plan et auxquels des crédits avaient déjà été alloués s'explique par les difficultés géné- rales d'administration du Plan: outre que les institutions de développement manquaient de cadres, elles étaient tenues, pour satisfaire aux conditions imposées par les pays donateurs, de se conformer i des usages que les fonctionnaires camerounais connaissaient en général assez mal. Indépen- damment des problèmes matériels résultant de la pénurie de personnel qua- lifié, l'exécution des projets suivant les conditions fixées par les donateurs extérieurs se trouvait encore compliquée du fait que le Plan n'avait pas été élaboré avec un soin suffisant et que les études détaillées indispensables à la mise au point et à l'exécution rapide des projets n'avaient pas été suffisamment poussées. 73. Dans le secteur privé, ou l'investissement effectif au cours des quatre années d'exécution du Plan a atteint environ h0 milliards de Frs CFA (soit plus du double des investissements du secteur public), plus de la moitié de l'investissement privé a été financéepar les bénéfices des sociétés, le solde représentant l'apport de capitaux français privés, complété par de nouveaux capitaux étrangers venant d'Allemagne, d'Italie, de Belgique et des Etats-Unis. 7h. Outre la lenteur des débours de fonds destinés aux investisse- ments publics, les principaux facteurs qui expliquent le succès limité du Plan sont d'une pert la stagnation des régions rurales (à l'exception de celles dont les produits sont traditionnellement exportés) et d'autre part le fait que les planificateurs n'avaient pas, initialement, attendu des projets un apport spécifique à l'accroissement de la production. Il faut ajouter à cela que des sommes assez importantes ont été investies dans des projets de caractère social dont le profit n'est pas immédiat - hpitaux, écoles, édifices publics, etc. - plut't que dans des projets de nature a apnorter une contribution rapide à l'accroissement de la production. 75. La Direction du Plan, au Ministère des Finances, souffrait d'une grave pénurie de personnel et manquait des moyens techniques nécessaires pour suivre l'exécution du Plan, recueillir des renseignenents sur les projets en préparation dans les divers ministères, coordonner les pro- positions et en fixer l'ordre de priorité, ou meme exercer un contrôle financier sur le Plan. Le Gouvernement du Ciameroun a très vite reconnu l'existence de ces facteurs limitatifs; dès 1964, il avait fait dis- paraître un grand nombre de goulots d'étranglement, grâce à la création du Conseil national de Planification et de comités régionaux de planifi- cation et aux améliorations apportées au fonctionnement de ces divers organes. Deuxième Plan quinquennal de Développement 76. L'élaboration d'un deuxième Plan quinquennal de développement se poursuit depuis la fin de 1964, et le Gouvernement a réussi à améliorer dans une mesure remarquable les rouages de la planification et le dispositif d'exécution des projets. Le Conseil de Planification a été réorganisé et renforcé par la nomination, au titre de l'assistance technique, de person- nel chargé d'assurer le fonctionnement du nouveau Centre d'information, de documentation et d'études du Plan (CIDEP). On a créé diverses commissions pour formuler et coordonner la politique à suivre, en matière de dévelop- pement, dans certaines régions ou certains secteurs. La principale d'entre elles, la Commission intergouvernementale de Planification et de Dévelop- pement, est présidée par le Président de la République; c'est à elle qu'il appartient de décider de l'ampleur du Plan, de sa structure et l'ordre de priorité de ses divers éléments. 77. Le nouveau Plan répond, comme le précédent, au souci fondamental de promouvoir une économie de libre entreprise, et attache une importance caPitale à l'accroissement de la production agricole et au traitement des produits sur place. Ce Plan est techniquement précis, et semble offrir une façon raisonnable d'aborder les problèmes de développement du Cameroun. On ignore encore dans quelle mesure il sera approuvé sous sa forme actuelle, attendu que le Gouvernement et l'Assemblée nationale ont encore à examiner les propositions de la Commission de Planification. Le Plan prévoit un investissement total de 165 milliards de Frs CFA en cinq ans. 78. Le but fondamental reste le méme que pour le premier Plan quinquennal : il s'agit de dcubler, au cours des vingt années 1960-1980, le revenu moyen par habitant. Les responsables de la planification se rendent compte que, pour atteindre cet objectif, il faudra relever le niveau de l'investissement jusqu'a 15% au moins du PIB. Le total de 165 milliards de Frs CFA poiu la période quinquennale est près de trois fois supérieur au total prévu pour la période du premier Plan et repré- sente une moyenne annuelle de 33 milliards de Frs CFA, alors que le chiffre de 1965 a été de 17 milliards. L'investissement public sera de 85 milliards de Frs CFA., soit un peu plus de la moitié du total, et l'investissement - 26 - privé de 80 milliards, soit un peu moins de la moitié. De l'investis- sement public, 43% seront consacrés aux routes et aux chemins de fer, et près de 30% à des projets directement productifs, notamment dans le secteur agricole. Le programme d'investissement privé prévoit 86% d'in- vestissements productifs. 79. Le Cameroun a devant lui maintes incertitudes et commence seule- ment à surmonter ses problèmes d'instabilité intérieure. L'existence, dans l'Est et l'Ouest du pays, de deux économies très différentes et presque indépendantes, la pénurie de personnel instruit et compétent dont souffrent, depuis le départ des étrangers, les services de vulgarisation agricole et bien d'autres secteurs de l'administration, la lenteur et la difficulté du travail à faire pour reconstituer ces services et réamorcer le processus d'élaboration et de présentation de projets aptes à bénéficier d'un finance- ment extérieur, tout cela donne à penser que le Gou ernement camerounais ne parviendra sans doute pas à réaliser en cinq ans son programme d'inves- tissement. La mission a passé ce programme en revue, notamment en ce qui concerne l'agriculture, l'industrie et les transports, et il lui semble, après cet examen et vu les problèmes qui restent à résoudre, qu'il serait optimiste de penser que l'investissement pourrait dépasser, au cours de la période quinquennale, 135 milliards de Frs CFA, sur les 165 milliards prévus au Plan. Cet objectif réduit - 135 milliards de Frs CFA à investir en cinq ans - pourra sans doute être atteint (bien qu'il faille pour cela que l'investissement, égal à 10% environ du PIB en 196h, atteigne 15% en 1970) a condition que les administrations et ministères techniques auxquels il inccmbe d'exécuter le Plan continuent d'améliorer leur efficzcité et leur compétence. S'il en est ainsi, on peut espérer voir le PIB augmenter à raison de 5% environ par an. VI. PERSPECTIVES FINANCIERES D'ENSEMBLE ET SOLVABILITE Financement de l'investissement 80. Le montant et l'origine des ressources financières nécessaires pour financer le deuxième Plan de développement ne sont pas encore défini- tivement fixés. Il est clair toutefois que l'aide extérieure restera, comme pour l'application du premier Plan, la principale source de financement, en dépit des louables efforts qui visent à mobiliser davantage l'épargne intérieure. Le Gouvernement essaie d'accroître les excédents courants et d'améliorer le fonctionnement des entreprises d'Etat afin de renforcer leur ccntribution au développement. Cependant, à moins que les cours mondiaux des produits exportés par le Cameroun n'évoluent plus favorable- ment qu'ils ne paraissent pour le moment appelés à le faire, le Cameroun aura du mal à accroître ses recettes fiscales autant qu'il le faudrait pour que leur apport au développement soit vraiment sensible. Dans le secteur privé, le Gouvernement continuera, suivant sa politique actuelle, à encou- rager l'investissement de capitaux étrangers, et il compte en même temps - 27 - chercher des moyens d'encourager le réinvestissement sur place des bénéfices des sociétés. 81. Le tableau ci-après confronte les propositions du Gouvernement pour le financement des deux premiers plans, les sommes auxquelles la mission estime les résultats effectifs de la période 1961-1965 et ses estimations pour la période 1966/70. Sur la réduction de 135 milliards de Frs CFA par rapport au Plan que suggère la mission, l'investissement privé pourrait vraisemblablement fournir environ 76 milliards de Frs CFA (soit 15 milliards par an en moyenne), le solde de 60 milliards de Frs CFA (soit 12 milliards par an en moyenne) représentant l'investissement public. Le "manque-à-inves- tir" serait de l'ordre de 25 milliards de Frs CFA, et c'est essentiellement l'investissement public qui en ferait les frais. FINANCEMENT DES PLANS DE DEVELOPPEMENT 1960/61 - 1965/66 et 1966/67 - 1970/71 1960/61-1964/65 1966/67-1970/71 Investissement public Estimations de Plan Estimations de le Ressources intérieures la mission mission Excédent du budget de l'Etat 1,9 ) 10,0 Communes 3,h ) Entreprises d'Etat 3,2 6,0 Prélèvements sur les réserves 5 8 Total partiel ,30 70 160 Ressources extérieures F.A.C. ,0 C.E.E. 0. E.U. Prêts C.E.E. , Total partiel 31,00 451 4 0 Total de l'investissement public 45,3 85,0 60,0 Investissement privé 1/ 80 0 75,0 Investissement total 135,0 prévu au Plan 1/ Y ccmpris le Fonds de développement du Cameroun qui dispose d'importantps ressorrces extérieures. - 28 - Investissement de l'épargne privée 82. Que l'on considère les ressources privées disponibles, les projets qui pourraient être mis a exécution ou l'aptitude à investir de telles sommes, l'investissement privé d'environ 75 milliards de Frs CFA semble clairement possible pendant la période quinquennale en cours. L'épargne privée a été, en moyenne, entre 1960 et 1965, d'environ 14 milliards de Frs CFA, soit 12% des revenus privés disponibles; d'un maximum de 17,7 milliards en 1959, elle est tombée progressivement à 10 milliards de Frs CFA en 1965. Dans le passé, l'investissement privé a été en moyenne d'environ 10,5 milliards de Frs CFA par an, laissant un excédent d'épargne intérieure qui, s'ajoutant à un petit apport net de capital privé étranger, a contribué à dégager des ressources pour l'expansion de l'investissement du secteur public. La baisse constante de l'épargne privée s'explique par divers facteurs: les efforts du Gouvernement pour augmenter les impots et en tirer un plus fort excédent budgétaire qui puisse être affecté au développement, la baisse des revenus réels qui a accompagné dans tous les secteurs celle des prix à l'expcrtation et la hausse continue des prix à l'importation, enfin le départ des étrangers qui a eu aussi des incidences sur l'épargne. Comme ces divers facteurs resteront impcrtants, il paraît improbable qie l'épargne privée puisse dépasser de beaucoup un niveau moyen d'environ 13 milliards de Frs CFA. Comme le Gouvernement ccmpte que l'investissement privé sera en moyenne d'environ 15 milliards de Frs CFA par an pendant la période d'application du Plan, cela laisserait un dêcouvert d'environ 2 milliards de Frs CFA par an à financer au moyen de ressources privées extérieures, ce qui ne paraît nullement impossible ni incompatible avec le montant net, estimé par projection, de l'apport privé à la balance des paiements. Si la stabilité îolitique et la confiance des milieux d'affaires persistent, on n'a apparemment pas lieu de penser que le volume de l'investissement privé restera inférieur aux prévisions du Plan. Perspectives de l'épargne publique 83. Pour le financement du deuxième Plan à l'aide de ressources intérieures, le Gouvernement compte beaucoup sur l'excédent budgétaire courant et les autres formes diépargne publique. Il a inscrit au Plan le chiffre de ho milliards de Frs CFA, soit 8 milliards par an. Les entre- prises d'Etat sont censées apporter 2 milliards de Frs CFA par an, le reste du secteur public fournissant sous une forme ou sous une autre, le solde de 6 milliards. Ces chiffres, dont dépendra en grande partie le succès du deuxième Plan, semblent excessifs, eu égard aux difficultés budgétaires que le Cameroun semble appelé à connaître pendant quelques années. 84. La mission partage l'avis du Gouvernement quant à l'évolution future des dépenses courantes, qui semblent devoir augmenter à la cadence moyenne de 10% par an, alors que depuis l'accession à l'indépendance la hausse a été de 10 à 12%. Ces prévisions tiennent compte de l'accrois- sement inévitable des dépenses des ministères responsables au premier chef de l'exécition des projets de développement (agriculture, industrie et transports), qui sont déjà un peu a court de personnel, et de l'assistance - 29 - technique nécessaire pour soumettre a un controle efficace l'activité de ces ministères; elles tiennent compte aussi de l'augmentation normale des dépenses et des hausses consécutives aux dépenses de développement. 85. D'après les hypothèses ci-dessus, apparemment raisonnables, touchant la progression des dépenses courantes, et attendu que le Gouver- nement s'est implicitement fixé comme objectif d'atteindre d'ici à 1970/71 un excédent courant de h milliards de Frs CFA, les recettes de l'Etat représenteraient cette année-la 20% environ du PIB. Compte tenu des objectifs actuels du Gouvernement et de la politique qu'il poursuit, cela paraît réalisable, à condition que l'on prenne à temps les mesures propres à augmenter le produit des imp^ts. Si l'excédent courant atteint progressivement 4 milliards de Frs CFA en 1970/71, la somme que l'on pourrait tirer de cette source nour la consacrer au développement serait, pour les cinq années d'exécution du Plan, de quelque 10 milliards de Frs CFA. 86. L'épargne publique pourrait aussi être alimentée par l'excédent des entreprises d'Etat et de divers services publics sur le budget desquels le pouvoir législatif a un droit de regard. Il s'agit des chemins de fer, des ports, des postes, de l'imprimerie nationale, etc., etc., dont le fonctionnement n'a produit au total, jusqu'à présent, qu'un très faible excédent courant. Cependant, si leur exploitation (notamment celle des ports) continue à gagner en efficacité, et si, comme c'est probable, les chemins de fer et les ports suscitent une activité d'un volume croissant, l'excédent courant des entreprises d'Etat devrait pouvoir atteindre en valeur nette, au cours de la période d'exécution du Plan, une moyenne de un à deux milliards de Frs CFA par an, soit au total environ 6 milliards, comme le voudrait le Gouvernement. Bien que l'Etat dispose de réserves extérieures équivalant à peu près à 100% de la monnaie en circulation, cela ne représente que trois mois d'importations, et la mission estime qu'il n'est pas souhaitable de puiser dans ces réserves pour les besoins du développement, vu les grandes difficultés qu'éprouve le pays à l'égard de l'équilibre de sa balance des paiements. 87. Sur la base des hypothèses ci-dessus, la contribution du secteur public au développement au cours des années d'exécution du Plan (1966/67 - 1970/71) devrait être de l'ordre de 16 milliards de Frs CFA sous la forme d'épargne publique, alors que le Gouvernement a fixé comme objectif 40 milliards environ de Frs CFA. L'objectif d'investissement étant, pour le secteur public, de 60 milliards de Frs CFA, cela laisserait environ h milliards à tirer d'autres sources extérieures. En plus de l'afflux net de capital étranger qu'il faudra pour financer les dépenses prévues au Plan, le Cimeroun aura besoin en moyenne d'un milliard de Frs CFA par an pour le service de la dette actuelle, de sorte que le montant brut du capital à trouver à l'étranger sera de 49 milliards de Frs CFA, alors que les besoins du secteur public s'élèveront, en valeur brute, à 65 milliards de Frs CFA. - 30 - Perspectives de la balance des paiements 88. La balance des paiements jouera, au cours de la période 1966-1970, un r'ole de plus en plus important pour la croissance économique. Dans le passé, les exportations ont augmenté à une cadence de 4 à 6% par an; et si l'on peut s'attendre a voir le volume des exportations continuer de progresser au même rythme, le montant des gains tirés de l'exportation n'augmentera sans doute pas, dans un avenir prévisible de plus de 3% par an. S'il en est ainsi, attendu que les importations augmentent d'environ 6% par an, en raison notamment de la demande croissante de biens de capital, le déficit sur ccnpte courant fera vraisemblablement plus que doubler d'ici cinq ans. 89. On trouvera ci-dessous un aperçu de la balance des paiements de 196h et 1965, avec projection pour les cinq années jsuivantes. Si, comme il est probable à court terme, aucun fait nouveau n'intervient et aucune production nouvelle ne fait son apparition les perspectives concernant les exportations de marchandises jusqu'en 1970 ne sont pas favorables. Le tableau de l'annexe h6 indique les projections en valeur des exportations pendant la période du plan ainsi que les hypothèses relatives aux quantitée et aux prix. Ces projections tiennent compte : a) des principales esti- mations relatives aux perspectives de production; b) de la difficulté croissante d'exporter certains produits, comme le café et le cacao, dont il y a surabondance; c) de la nécessité de faire disparaître, d'ici à 1968, les prix préférentiels dont les exportations du Cameroun bénéficient sur le marché français; d) des estimations des fonctionnaires de la Banque mondiale touchant l'évolution ultérieure des prix. BALANCE DES PAIEMENTS (en milliards de Francs CFA) Période d'exécution du Plan 1964 1965 1966 1967 1968 1969 1970 Exportations (f.o.b.) 3h,5 35,1 35,6 36,5 38,1 39,6 h,0 Importations (c.a.f.) 32,9 3h,8 36,2 38,h ho,5 43,0 45,5 Balance commerciale +1,6 +0,3 -0,6 -1,9 -2,h -3,h -h,5 Invisibles (valeur nette) -h,9 -6,0 -6,8 -7,5 -8,1 -9,0 -9,8 Balance courante -3,3 -5,7 -7,h -9,h -10,5 -12,h -14,3 Capital officiel a. subventions 2,5 3,2 h,h 5,6 6,0 5,6 5,0 b. prêts 0,5 ,5 2,6 3,4 h,5 5,5 6,0 Amortissement de la dette -0,4 -0,4 -0,5 -0,5 -0,5 -0,6 -0,6 Divers, y compris erreurs ou omissions +0,4 +2,2 +1,5 +1,5 +1,5 +1,9 +2,9 Modification des réserves (augmentation -)+0,3 -0,8 -0,6 - -1,0 oO, +1,0 - 31 - 90. Les perspectives d'importation reflètent la lente évolution de la structure économique et l'afflux croissant de capital, l'effet plus restric- tif des perspectives d'exportation sur la génération de revenus et la demande de produits dtimportation. En outre, l'accroissement de la production intérieure de denrées alimentaires et les quelques progrès qu'a faits l'industrialisation tendront à réduire les importations de denrées alimen- taires. En même temps, la grande place que l'élément importé occupe dans des fabrications assez peu poussées, s'ajoutant au fait que ltindustriali- sation aurait d progresser plus rapidement, entraînera une augmentation des importations de matières premières et de produits intermédiaires. Les projections ci-dessus représentent, pour les importations, un taux de croissance de 6% par an. 91. Des médiocres perspectives d'exportation, combinées aux projections ci-dessus concernant les importations de marchandises, il découle que la balance commerciale est appelée à devenir encore plus défavorable. La balance des invisibles a toujours été défavorable; son déficit, égal en moyenne à 6 milliards environ de Frs CFA en 1964 et 1965, paralt appelé à staggraver. Les sources de fonds semblent devoir fournir en moyenne 8 milliards de Frs CFA pendant les cinq années qui viennct. Il est probable en conséquence que le déficit sur compte courant, qui a été de 5,7 milliards de Frs CFA en 1965 fera plus que doubler et atteindra en 1970 14,3 milliards de Frs CFA. Dans ce cas, il s'élèvera au total, pour l'ensemble de la période d'exécution du Plan, à environ 54,4 milliards de Frs CFA. Besoins du secteur public en capital pendant la période d'exécution du Plan 92. L'estimation du déficit sur compte courant à un total de 54,4 milliards de Frs CFA donne, compte tenu de l'amortissement de la dette (2,7 milliards) et déduction faite de l'apport de capital privé (9,3 milliards), un chiffre de 47,8 milliards qui correspond, en gros, aux 49 milliards indiqués au paragraphe 87 ci-dessus comme estimation des ressources nécessaires à l'exécution du programme concernant le secteur public. 93. Si le Cameroun reçoit, à titre d'aide extérieure au secteur public, un apport brut d'environ 49 milliards de Frs CFA pendant la période d'exé- cution du Plan, le volume de l'aide promise à l'expiration de cette période serait le même qu'au début, soit 26 milliards de Frs CFA, et il semble raisonnable qu'il soit au moins maintenu au même chiffre, vu l'assistance étrangère dont le pays continuera d'avoir besoin après 1970. Cela signifie que les débours imputés sur les nouveaux engagements de 49 milliards de Frs CFA devraient s'élever à 23 milliards de Frs CFA pour la période d'exécution du Plan, à supposer que les montants qui ont fait l'objet d'engagements fermes soient complètement déboursés au cours de ces cinq années. Les con- ditions auxquelles le Cameroun pourrait obtenir une nouvelle aide extérieure sont évidemment problématiques. La Mission a admis qu'en gros, le volume de l'aide accordée à des conditions avantageuses est vraisemblablement appelé - 32 - à diminuer, les subventions ne représentant plus qu'une proportion beaucoup plus faible du total, et qu'en conséquence, la prochaine tranche de subven- tions et prêts h des conditions avantageuses sera d'environ 20 milliards de Frs CFA (c'est-à-dire un peu moins que les 26 milliards actuels), se répartissant par noitié entre subventions et prêts. Dans ce cas, les 49 millions de Frs CFA qu'égaleraient au total les nouveaux engagements com- prendraient 10 milliards de subventions, 10 milliards de prêts à des condi- tions avantageuses et 29 milliards de prêts au-c conditions normales. 94. Une aide extérieure de 49 milliards de Frs CFA représenterait 75% des besoins bruts du secteur public (65 milliards). 14me si le plan d'investissement du Cameroun pouvait se subdiviser en projets et si tous ces projets remplissaient les conditions voulues pour bénéficier d'une aide étrangère et pouvaient en conséquence donner lieu à des engagements correspondant à l'aide requise, le succès du plan de financement exigerait que l'aide accordée aux projets en couvre le co&t à 75%. Mais comme en fait, au Caneroun comme ailleurs, une partie du programme d'investissement public vise des fins pour lesquelles les projets ne pourraient pas bénéficier d'une aide étrangere, l'assistance extérieure accordée aux projets qui seront effectivement financés devrait dépasser 75% de leur coût, d'autant plus qu'en dehors des crédits d'aide aux projets, les disponibilités seront vraisemblablement restreintes. Solvabilité 95. La dette publique extérieure du Gouvernement du Cameroun s'éta- blissait, à la fin de 1965, à environ 10,5 milliards de Frs CFA, et le service de cette dette coûtait en moyenne 400 millions par an, soit 1,2% des recettes tirees des exportations en 1965. Ces chiffres ne comprennent ni la dette garantie ni celle des organismes d'Etat, qui n'apparaît pas dans le budget courant. la dette à rembourser par les entreprises et autres institutions d'Etat est estimée a un total d'environ 6 milliards de Frs CFA, portant intéret à 2,5/3,5, et remboursables sur une durée de 8 à 35 ans. Sur la base de ces chiffres, le service de la dette pourrait être relevé, eu égard à la dette des entreprises d'Etat et institutions assimilées, d'environ 600 millions de Frs CFA, ce qui ferait un total d'un milliard représentant environ 2,9% des recettes d'exportation. Cette modicité du volume de la dette et du service de la dette - en dépit du gros apport passé de capital - s'explique par la forte proportion de subventions, dans l'aide que le Cameroun a reçue et continue de recevoir. Si le Cameroun ne peut obtenir qu'aux conditicns normales les 23 milliards de Frs CFA qu'il lui faudra pour compléter le financement de son deuxième Plan, le service de la dette lui coûtera, en 1970, environ 7% des gains qu'il attend des exportations et en 1975 environ 10o, compte non tenu du service de la dette contractée, a des conditions normales, après 1970. - 33 - 96. Il est clair, d'après le contenu du présent rapport, que le Cameroun offre, aux yeux de la mission, de grandes possibilités de croissance économique continue, et que ces possibilités ont de grandes chances de devenir réalités. Il est toutefois handicapé, dans sa croissance, par le fait que son économie est essentiellement tributaire de l'agriculture, par le temps qu'il faut attendre pour recueillir dans ce secteur les fruits d'un effort de développement, et par les effets de la baisse générale des cours mondiaux. La cadence à laquelle les méthodes de culture s'amélioreront et la productivité augmentera semble appelée à jouer un role décisif; c'est d'elle que dépend pour beaucoup la vitesse à laquelle le Cameroun réussira a se développer. 97. Dans le secteur public comme dans le privé, le rendement de l'économie a notablement progressé depuis que le pays est devenu indépen- dant; d'autre part, l'adaptation aux nécessités consécutives à l'indé- pendance et l'établissement des bases d'une administration gouvernementale satisfaisante semblent avoir à peu près réussi. De nouveaux efforts s'imposent pour étendre les services des ministères techniques respcnsables au premier chef du développement, mais le Gouvernement paraît en avoir reconnu la nécessité et a déjà pris nombre de mesures à cette fin. Après un démarrage lent et décevant, au lendemain de l'indépendance, le Cameroun s'est également montré capable de réaliser des investissements dans le secteur public, et la mission pense qu'il saura tirer bon parti de l'aide extérieure, nais sur une échelle un peu moins ambitieuse que le Gouverne- ment ne l'a envisagé dans son deuxième Plan de développement. 98. Ces considérations, jointes à la modicité actuelle du service de la dette, conduisent a penser que le Cameroun devrait pouvoir bénéficier d'une certaine aide extérieure à des conditions normales. Cependant, en raison de la date tardive à laquelle il est entré dans la voie du dévelop- pement, de sa pauvreté actuelle et de la lenteur du processus de dévelop- pement, il aura sans doute grard bescin, et pendant longtemps, d'une aide extérieure. Le Camieraun dispose sans nul doute d'une certaine marge de sol- vabilité. 'ependant, si l'on envisage la période postérieure 1 1970, c'est- a-dire le moment où le Cameroun aura besoin d'une aide accrue, il serait recommandé, semble-t-il, de ne pas réduire inutilement cette marge en l'état actuel des choses, avec la pauvreté du pays et les incertitudes quant -â l'avenir des exportations. Il serait donc justifié que le Cameroun re- çoive pour une forte proportion une aide assortie de conditions favorables. SITUATION ET PERSPECTIVES ECONGMIQUES DE LA REPUBLIQUE FEDERALE DU CAMEROUN ANNEXE STATISTIQUE Liste des Tableaux Tableau No 1. Utilisation des terres au Cameroun 2. Estimations de la population totale et de la population active - 196h 3. Répartition estimée de la population active - 1964 4. Produit intérieur brut par branche d'activité - Fédération 5. Utilisation des ressources 6. Indice des prix de détail pour les consommateurs européens à Douala 7. Production agricole par principaux produits 8. Production et exportation de produits agricoles commerciaux au Cameroun oriental 9. Production et exportation de produits agricoles commerciaux au Cameroun occidental 10. Production forestière 11. Energie - production d'électricité 12. Transports routiers - nombre de véhicules immatriculés 13. Statistiques du trafic ferroviaire 14. Houvements de navires dans les ports et cargaisons chargées et déchargées 15. Mouvements d'avions dans les aéroports 16. Commerce extérieur 17. Indices de l'activité commerciale 18. Principaux produits expcrtés par la Fédération 19. Principaux produits exportés du Cameroun oriental 20. Principaux produits exportés du Camer aun occidental -2- Tableau No 21. Cours moyens des produits exportés 22. Principaux partenaires commerciaux pour les principaux produits exportés du Cameroun oriental 23. Produit des exportations de marchandises de la Société de dévelop- pement du Cameroun 2h. Composition des importations, Cameroun oriental 25. Composition des importations, Cameroun occidental 26. Tonnage des importations de certains produits, Cameroun oriental 27. Prix CIF moyen des produits importés, Cameroun oriental 28. Balance commerciale ventilée par région, Fédération 29. Balance commerciale ventilée par région, Cameroun ori'ental 30. Balance commerciale ventilée par région, Camercun occidental 31. Balance des paiements de la Fédération 32. Situation monétaire 33. Avoirs et engagements de la Banque Centrale du Cameroun 3h. Dépots 35. Prèts et avances à l'économie 36. Classification fonctionnelle des prêts et crédits déclarés 37. Banque Camerounaise de Développement - nouveaux engagements de prets par secteurs 38. Banque Camerounaise de Développement - préts et investissements en cours par catégorie et par secteurs 39. Recettes et dépenses consolidées de la Fédération du Cameroun et des Etats fédérés 40. Compte de capital consolidé de la Fédération du Caneroun et des Etats fédérés 4l. Comparaison des dépenses de la Fédération du Cameroun et de celles des Etats fédérés -3 - Tableau No h2. Premier plan de développement de la République du Cameoun 1961-1965 h3. Deuxième plan quinquennal de développement 1965-1969 44. Aide extérieure - engagements et versements 45. Evaluation de la dette publique en cours 46. Principaux produits de base exportés 47. Projection relative aux importations, 1965-1970 48. Hypothèse retenues pour la projection relative à la balance des paiements 49. Projection relative à certains postes de la balance des paiements 50. Projection relative au produit intérieur brut et à la dépense nationale 5l. Projection relative aux investissements et aux sources de financement TRADUCTION DES MOTS-CLEFS DE L'ANNEXE STATISTIQUE A Agriculture, forestry and fishing Agriculture, sylviculture et pêche Alumina Alumine Animal husbandry = Elevage Assets = Avoirs B Balances in transit = Transferts à régler Bills rediscounted = Effets réescomptés Building materials = Matériaux de construction Butter, fat, oil of cocoa = Beurre, matière grasse et huile de cacao C Cassava = Manioc Central government = Administration centrale Claims on government = Créances sur l'Etat Construction = Bâtiment et travaux publics Cotton seed Graine de coton Cotton lint = Fibre de coton Cotton (ginned) = Coton égrené D Domestic taxes = Taxes internes Domestic use Usages domestiques (Electricity consumption) (Consommation d'électricité) E Equity investnents = Prises de participations Export duties = Droits de douane à l'exportation F Farm crops Produits agricoles Fallow = Jachères Fees and dues = Droits et redevances Fertilizer Engrais Flour of wheat = Farine de froment Food processing industries = Industries alimentaires Forestry = Sylviculture Food, foodstuffs = Produits alimentaires Freight (railways) = Marchandises (chemin de fer) Fret (transports maritimes et aériens) Fuel Combustibles Fuel oil = Mazout -2- G Gas-oil = Huile lourde Gasoline = Essence Grazing = Prés et paturages Gross domestic capital formation = Formation intérieure brute de capital Gross domestic savings = Epargne intérieure br ute Gross fixed capital formation = Formation brute de capital fixe Gross investment Investissement brut Gross investment ratio Taux d'investissement brut Groundnuts = Arachides Groundnuts (shelled) = Arachides décortiquées H Housing = Logement I Import duties = Droits de douane à l'importation In employment = Population ayant un emploi Intermediate goods Produits intermédiaires Investment income Revenus d'investissements J K Kerosene = Pétrole lampant L Lamp oil = Huile lampante Legumes = Légumineuses Liabilities Engagements Light (electricity consumption) Eclairage (consommation d'électricité) Lime = Chaux Livestock Elevage Local authorities = Collectivités locales Logs = Grumes Loans - hard = Prêts - assortis de conditions commer- ciales - soft - assortis de conditions libé- rales Lubricants = Lubrifiants -3- M Manufacturing = Industries de transformation Marketing credit = Crédit de commercialisation Mining Industries extractives Monetary sector = Secteur monétaire Money GDP = PIB relevant du secteur monétaire Money = Disponibilités monétaires Motor power - low tension = Force motrice - basse tension - high tension - haute tension N Non factor services = Services autres que ceux des facteurs de production Not economically active = Population inactive Notes issued Emission de monnaie o Of working age = Population en gge d'être active Operation account = Compte d'opérations P Palm kernels = Palmistes Passengers (railways) Voyageurs (chemin de fer) Passagers (Transports maritimes et aériens) Personal services Personnels de service Placement account = Compte de placements Plantains = Bananes plantains Power = Energie Printing = Impression Pumpkins Citrouilles Petrol Essence Quasi money Disponibilités quasi monétaires R Real estate = Secteur immobilier S Savings account = Compte d'épargne Sawn, sawn timber Sciages Scantlings = Menus bois de sciage Subsistence sector = Secteur d'autoconsommation T Timber Bois Tree crops = Cultures arboricoles U Use of resources = Emploi des ressources v Waste land = Terres en friche Water, fuel, lighting = Eau, chauffage, éclairage Water surfaces, marshes, etc. = Superficie des étendues dteau, marais, etc. Waterways = Voies fluviales Working on own account = Travailleurs indépendants x Y Yam = Igname z Table 1 : LAND USE IN CAMEROON (in thousand hectares) East West Federation In % Forestry 1/ 22,890 934 23,824 50 Grazing 8,000 254 8,254 18 Jater surfaces, marsh, etc. 600 ... 600 1 Cultivation: tree crops 615 229 844 2 farm crops 1,522 250 1,772 3 Fallow 7,500 899 8,399 18 Uncultivated, waste land 2,073 1,729 3,802 8 43,200 4,295 47,495 100% Equivalent in square miles 166,795 16,581 183,377 1/ Forestry Concession 1,694 57 1,751 Sources: FAO Production Yearbook; Statistiques Agricoles 1963/64; Cameroun Oriental; The Economic Potential of West Cameroon, Stanford Research Institute. Table 2 : ESTIMATES OF THE TOTAL AND WORKING POPULATION - 196b (in thousands) East Cameroon West Cameroon Federation Male Female Total Male Female Total Male Female Total Total population 1,98 2,102 L.,00 510 521 1,031 2,L58 2,623 5,081 Under 15 753 721 1,7b 26 21L L60 999 935 1,93 Age 6-114 U6 09 855 1L6 133 279 592 5b2 1,13b Adults over 60 126 113 239 12 8 20 138 121 259 Of working age 1, 69 1,268 2,337 252 299 551 1,321 1567 2,888 Working on own account Agriculture 6L0 1,052 1,692 159 239 398 799 1,291 2,090 Other industries 6 .. (6b) 23 5 28 87 5 92 Not economically active 210 216 L26 22 51 73 232 267 099 In employment 155 .. (155) b8 L 52 203 207 Sources Donn6es essentielles de lleconomie de la Republique Fed6rale du Cameroun, Ministere des Finances, du Plan et de l'Equipement National. La population du Cameroun occidental, Enqubte d6mographique de 196L, Ministere des Affaires Economiques et du Plan. Mission estimates. Table 3 ESTLI4ATED DISTRIBUTION OF EMPLOYED POPULATION - 1964 (In thousands) East Cameroon West Cameroon Federatizn Agriculture, forestry and fishing 42.0 21.0 63.0 Mining 1.0 .. 1.0 Manufacturing 39.0 10.0 49.0 Food 2.0 ) Textiles 2.0 ) Wood 3.0 ) Metals 2.0 ) 10.0 49.o Chemicals 4.0 ) Printing 0.3 ) Power 1.0 ) Construction 22.0 ) Other, including unclassified 3.0 ) Commerce 21.0 ) 9.0 46.o Transportation 16.0 ) Public Administration 15.0 7.0 22.0 Other Services 20.0 .O 2$.0 Total 15h.o 2.0 206.0 Source: Mission estimates based on: Comptes economiques, Ministere de la Cooperation, Paris, 1963. Report on Mission of Inquiry into Manpower, I.L.O., Geneva, 1962. La population du Cameroun occidental, Enquete demographique de 1964, Ministere des Affaires Ecrntmiques et du Plan. Table 4 Gross Domestic Product by Industry of Origin - Federation (in billion CFA francs) 1959 in % 1962/63 in % 1963/64 in % 1965/66 in % Agriculture and animal husband- 48.4 426 56.3 38.9 59.5 38.0 60.6 35.5 ry Forestry, fish- ing 5.6 4.9 4.9 3.4 5.1 3.3 5.5 3.2 Food processing industries 1.3 1.1 2.1 1.5 2.4 1.5 2.9 1.6 ?wer, water 1.1 1.0 1.6 1.1 1.9 1.2 2.3 1.3 Other industries 46.5 .0 8.7 6.0 9.8 6.3 12.7 7.4 Construction 4.4 3.9 5.0 3.5 5.5 3.5 6.2 3.6 Transportation & communications 3.4 3.0 5.8 4.0 6.8 0.3 8.5 4.9 Trade 29.4 25.9 37.1 25.6 39.9 25.5 42.0 24.6 Other services 3.6 3.2 6.7 4.6 8.0 5.1 10.6 6.2 Administration 10.4 9.2 13.9 9.6 15.0 9.6 16.5 96 Personal servies 1.5 1.3 2.6 1.8 2.6 1.7 2M8 1.6 Gross Domestic Product 113.6 100 114.7 100 156.5 100 170.6 100 of which monetary 79.1 69.6 107.9 74.6 119.8 76.5 131.5 77.0 sector Subsistence sector 346.5 30.4 36.8 25.4 36.7 23.5 39.1 23.0 Mcney GDP per capita (CFAF) 17,200 21,800 23,700 25,000 Total GDP per capita (CFAF) 24,700 29,200 31,000 32,300 Scurce: CIDEP, 1965/66 Estimates Table 5 USE OF RESOURCES (in billion CFAF) 1959 1962/63 1963/64 1965/66 G.D.P. at market prices 113.6 144.7 156.5 170.6 Imports of goods and services 24.7 35.9 38.6 43.); 138.3 180.6 195.1 21,c0 Consumption: 96.0 131.3 140.b 15?. private 80.3 109.6 117.2 132.1 public 15.7 21.7 23.2 25.7 Gross domestic capital formation 11.9 15.2 17.2 17.0 private 6.6 10.0 11.1 11.0 public 5.3 5.2 6.1 6.0 Exports of goods and services 30.2 3.1 37. 39.2 Total use of resources 138.3 180.6 195.1 214.0 Gross investment ratio in % of GDP 10.4 10.5 11.0 10.0 private sector 5.8 6.9 7.1 6.5 public sector 4.6 3.6 3.9 3.5 Gross investment ratio in % of money GDP 15.0 14.0 14.3 12.9 private sector 8.3 9.2 9.2 8.3 public sector 6.7 .8 .1.6 Gross investment 11.1 15.2 17.2 17.0 Balance of payments net goods and services +5.7 -1.7 -1.1 -4.2 Gross domestic savings 16.8 13.5 16.1 12.8 Savings in % of GDP 16.7 9.3 10.2 7.5 Savings in % of money GDP 16.3 10.6 12.0 5.7 Source: CIDEP, Estimates 1965/66 Table 6 : RETAIL PRICE INDEX FOR EUROPEAN CONSUMERS IN DOUALA (1952 = 100) 1955 1959 1960 1961 1962 1963 1964 196 General Index 1o8.4 139.4 18.o 109.6 154.4 171.5 177.2 181.0 Foodstuffs 105.1 147.0 154.7 153.4 163.4 179.0 187.7 190.7 Wrter, fuel, lighting 113.8 105.9 107.3 108.3 108.4 1io.6 106.7 lo.7 Imported articles 102.9 139.0 144.5 144.0 19.5 173.2 178.9 182,6 /1 From 1964 onwards the indices have been adjusted from a new base period to the old one. .L2 Nine months. Source: Bulletin de la Statistique G6n6rale Quarterly Economic Bulletin Table 7 : PRODUCTION OF PRINCIPAL FAR1 CROPS Production Acreage (in thousand tons) (in thousand hectares) 1960 1961 1962 1963 East Cameroon Millet, sorghum 354 312 336 377 416 Haize 97 109 175 216 232 Paddy 7 4 9 11 14 Sugar Cane 53 32 52 112 Sh Groundnuts 57 54 66 75 150 Arrow-root 5h5 324 513 676 150 Cassava 581 435 447 417 60 Yams 72 5h 126 130 42 Plantains 513 525 661 696 lo5 Pumpkins 6 3 5 2 19 Onions 8 6 1 2 .2 Legumes 74 36 31 98 82 Other Crops 197.8 West Cameroon n.a. n.a. n.a. Maize " " 5 50 80 Paddy I t n 2 3 Beans " n 'f 175 4o Cassava II II 28 4o Plantains It 170 17 Potatoes I f " 30 30 Other Crops 20 Source: StatistiquesAgricoles 1963/64, Cameroun Oriental; The Economic Potential of West Cameroon, Stanford Research Institute. Table 8 : PRODUCTION AND EXPORT OF COMMERCIAL CROPS IN EAST CAiEROON (thousand tons) 1959 1960 1961 1962 1963 1964 Bananas P 105.3 .. .. 75.8 66.2 76.4 (Gros Michel) F 57.9 36.7 3.1 52,4 55,3 61.1 Palm Oil P 17.7 19.1 16.5 25.5 34.8 E 0.7 o.6 0.2 0.005 - .1 Palm Kernels P 22.5 . 23.5 22.3 32.2 E 22.5 l.3 14.6 12.0 14.6 138 Cocoa P 66.8 66.9 67.7 70.0 85.2 E 53.4 58.9 58.3 59.9 71.2 53.9 Coffee Robusta P 23.7 30.2 30.7 30.9 33.1 0. E 22.8 27.0 28.2 32.7 30.1 35.7 Coffee Arabica P 4.9 7.0 6.9 7.7 10.7 E 6.7 3.5 7.3 5.4 10.0 9.0 Groundnuts P 71.0 .. .. 26.. (shelled) E 6.6 3.6 9.9 7.8 17.7 18.1 Cotton Lint P 7.8 .. .. 8.9 15.0 16.4 E 7.8 10.0 10.3 12.5 14.9 17.0 Cotton Seed P 7 - 3.7 5.1 'ubber P .o .3 46 .1 4.3 .. E 3.9 3.6 4.9 4.o 4.2 3.7 Palm Kernel Oil P . .. E 0.1 0. 0.3 0.8 0.6 1.3 Sesame P 2.2 ... E 0.5 0.4 0e2 0.1 0.5 0.2 Pineapple P 1.4 .. .. .. 2 8 E 0.7 1.3 1.9 0.8 1.2 1.0 Copra E .. . .1.5 1.8 2.1 Tobacco P 2.1 2.6 2o6 2.8 3.0 E 1.2 0.8 1.0 1.1 1.1 1.2 P Production E Exports Source : 1inistere de 1'Economie Nationale, Statistiques Agricoles - Secr6- tariat d'Etat au D6veloppement Rural. Table 9 : PRODUCTION AND EXPORT OF COM1M1ERCIAL CROPS IN WEST CAMEROON (Thousand Tons) 1955 1959 1960 1961 1962 1963 1964 Bananas P /1 46.3 86.2 93.5 91.4 87.0 67.7 51.3 E 68.1 68.4 86.3 88.4 81.3 47,6 54,5 Rubber P /1 1.5 2.6 3.3 3.8. 4.2 5.5 5.5 E 1.5 2.5 2.9 4.2 4.1 5.3 5,5 Palm Kernels P /1 2.0 2.2 2.2 2.4 1.9 ) 5.6 6.1 P 2 2.9 3.7 3.4 3.5 2.3 ) E 4.6 5.4 5.6 5.9 5.5 5.3 6.1 Palm Oil P /1 3.4 4.2 4.7 6.2 .9 ) 12.1 13.0 P 72 2.9 3.0 2.6 3.8 1.5 ) E 5.2 6.9 7.4 10.1 8.4 9.5 10.2 Cocoa P /1 0.1 0.2 0.2 0.2 0.1 ) P 72 4.2 5.8 7.2 9.0 4.3 ) E 3.9 7.8 6.1 7.3 6.4 4.7 3.8 Tea P /1 .. 0.02 0.05 0.08 0.1 0.2 0.3 Pepper P /1 .. 0.03 0.03 0.04 0.04 0.01 0.04 P - Production E = Export /1 Only CDC Production until 1962. 72 Marketing Board Produce. Source: CDC reports and information, Marketing Board Reports Ministry of the National Economy, West Cameroon. Table 10: FORESTRY PRODUCTION (in thousands) Years : Production (m3) : Exports (m3) : Area under concession Logs Sawn : Logs Sawn : h.) East Cameroon 1955 340 101 88 39 1,585 1959 373 77 134 44 1,521 1960 346 110 136 25 1,580 1961 394 79 151 30 1,606 1962- 3 381 65 181 21 1,701 1963-64 478 97 180 32 1,694 1964-65 48o 96 219 34 2,016 West Camoroon 2/ 1958-59 (135) 135 6 1959-60 (174)) 174 6 1960-o1 (183) 183 h8 1961-62 (105) 105 8 1962-63 ( 58) 58 48 1963-64 ( 47) 47 h8 1964-65 ( 32) 32 48 1 Years from July 1 to June 30 /2 Including a small amount of timber. Source: Minist6re de 1'Economie Nationale Chambre d'Agriculture, de 116levage et des For6ts du Cameroun. Table 11: POWER Electricity Production (in thousand Kwh) 1959 1960 1961 1962 1963 1964 1965 East Cameroon Production Thermo 10,094 11,106 13,680 17,068 22,718 25,342 .. /3 Hydro (Edea) 830,968 897,794 955,148 1,059,314 1,042,h2 1,038,880 1,067,900~ /3 Delivered to Alucam 785,973 853,316 907,932 1,004,986 981,277 970,578 99,000 /2 Consumption: Light 9,498 10,159 11,280 12,142 13,164 15,192 Low-tension motor power 2,715 2,950 3,280 3,309 3,748 3,623 High-tension motor power 11,914 12,h7 13,649 16,157 19,h6 22,003 Domestic use 12,628 12,943 14,695 16,613 20,663 23,028 Pumping 33 101 124 120 137 156 Unclassified 3,848 4,018 3,h4 3,508 4,041 4,500 Total Consumption 40,636 42,618 h6,472 51,849 61,199 68,502 West Cameroon Production 5,935 6,845 8,158 7,916 8,623 9,438 3,852 Ll Series is incomplete, covering Yaounde, N'kongsamba, Maroua up to 1960 and for later years also Douala, Edea, Garoua. / Series is incomplete, consumption covers Yaounde, N'kongsamba, Douala, Garoua; consumption for Dschang, Edea, Kribi, Maroua is unclassified. Estimate 4 Five months only. Source: Bulletin General de la Statistique, Trusteeship reports; Bulletin Sta titique du Min. des Trav.Pub. Table 12: ROAD TRANISPORT Number of Licensed Vehicles Motor- Private Commercial Vehicles Total cycles Cars Lorries Buses Tractors Trailers East Cameroon 1960 33,256 2,894 9,836 16,999 1,9949 1961 27,227 2,561 9,079 11,931 2,173 1962 31,626 2,576 11,025 14,0l5 2,420 1963 35,099 2,594 13,059 15,191 2,639 947 230 1964 39,222 2,673 15,253 16,711 4,159 980 279 West Cameroon 1959 1,778 69 495 959 (255) 1963 3,412 251 1,188 1,716 (257) 1964 4,383 547 1,765 1,512 343 84 73 Source: Bulletin de la Statistique G6nerale Trusteeship Reports Ministere de 1'Economie Nationale, Service de la Statistique Genrale et de la Mecanographie. Table 13 : RAILWAY TRAFFIC STATISTICS 1955 1959 1960 1961 1962 1963 1960 1965Z- Passengers 000 1358 1L19 1320 1hO5 1L16 1387 12L5 951 Million passenger/ kilometers 90 91 90 97 105 120 112 81 Freight COO tons 591 721 708 800 816 852 9L2 713 Million ton/ kilometers 103 119 123 135 129 150 167 129 Principal products 000 tons Wood 163 19h 190 235 239 211 26h 167 Bananas 89 68 01 66 6L 70 82 6L Cocoa 1 o 51 h 07 60 57 35 Petroleum products 36 07 16 51 56 60 67 58 Primary products of Alucam - 111 119 133 130 115 135 Aluminum - h2 h2 h6 53 55 51 Building material b6 2b 20 23 25 bi 12 32 Cotton 5 b h 6 5 6 7 6 Coffee b 13 17 20 19 16 21 17 Fertilizer h 7 6 5 7 b 10 Source: Bulletin de la Statistique Generale. Compte rendu de la Regie des Chemins de Fer du Cameroun. Statistiques Marchandises. Table 14: PORT MOVE4ENTS AND CARGO LOADED AND UNLOADED (in thousands) /1 1955 1959 1960 1961 1962 1963 1964 196F7 Doula Ships entered No. 603 927 828 889 1013 974 1002 753 Passenger arrivals No. 6.5 4.h 4.9 4.4 5.0 4.5 3.9 2.2 departures No. 5.3 5.4 6.0 4.5 4.1 4.3 5.0 3.8 Fr eig h t Douala arrival tons 345 419 411 493 518 537 608 496 Departure tons 288 386 356 440 438 490 509 397 Kribi arrival tons/2 7 5 7 9 12 10 13 7 departure tons 7 8 2h 33 30 31 31 28 31 Garoua arrival tons 23 12 16 25 21 28 31 21/3 departure tons 16 18 13 26 18 32 30 15 Tiko arrival tons 17 20 22 20 16 13 10 departure tons (70) 184 215 189 131 89 80 Victoria arrival tons 33 27 43 3h h6 h7 49 departure tons lh 15 17 22 16 21 21 Total arrival tons 425 483 499 581 613 635 711 departure tons 396 627 634 707 634 663 668 Z1 Nine months. Z2 International trade only. 13 Eight months only. Source: Bulletin de la Statistique Generale Quarterly Economic Bulletin C.D.C. reports., Wharf Authority Table 15 : AIRPORT NOVMENTS (in thousands) 1955 1959 1950 1961 1962 1963 196b 19651- East Cameroon Douala Plane movements 7.4 8.3 10.1 10.5 11.7 12.7 13.9 7.5 Passengers Arrivals ) 29.9 3b.8 43. 019.1 52.8 52.2 )1 Departures )51.2 32.3 36.6 b5.2 52.7 55.0 52.7 )$.6 Freight (tons) arr. & dep. 9.2 10.1 10.h 9.9 9.3 8.7 8.b h.5 Mail (tons) 0.3 0.3 0.3 0.5 0.6 0.9 0.8 0.3 Yaound6 Plane movements b.8 b.6 5.3 b.8 5.0 h.2 b.5 2.5 Passengers Arrivals ) 1h.5 17.7 19.4 20.3 20.1 2L.0 ) Departures )25.8 15.0 18.1 20.5 20.8 20.7 25.8 )26.b Freight (tons) arr. & dep. 1.4 1.6 1.8 1.6 2.1 1.5 1.6 0.7 Mail (tons) 0.1 0.1 0.1 0.1 0.1 3.1 0.1 0.1 West Cameroon Tiko Plane movements ... .. .. .. 5.4 6e5 3.5 Passengers Arrivals .. 3.8 .. .. .. 5. 5.1 ) Departures .. 3.4 .. .. .. 5. 5.6 )6.5 Freight (tons) arr. & dep. .. .. .. .. .. e 0.2 0.1 1 :Six months. Source: Bulletin de la Statistique G6nerale Quarterly Economic Bulletin Trusteeship Reports Table 16 : EXTERNAL TRADE (In Millions of CFA Francs) Imports Exports Balance East West Fed. East West Fed. East West Fed. 1950 lo,561 460 11,021 8,190 1,333 9,523 -2,371 +873 -1,498 1955 17,870 1,hb9 19,319 16,550 3,283 19,833 -1,320 +1,834 +514 1959 20,153 1,760 21,913 26,767 5,272 32,039 +6,614 +3,512 +10,126 1960 20,ho 2,365 22,805 23,951 5,683 29,634 +3,511 +3,318 +6,829 1961 23,716 3,779 27,495 24,203 5,682 29,685 +487 +1,703 +2,190 1962 25,126 3,179 28,30 25,126 4,530 29,656 - +1,351 +1,351 1963 26,727 4,836 31,563 29,117 4,161 33,278 +2,390 -675 +1,715 1964 28,593 4,263 32,856 30,037 4,486 34,523 +1,444 +223 +1,667 /1 1965 17,898 2,122 20,020 18,799 2,862 21,661 +901 +740 +1,641 /1 Six months. Source: Bulletin de la Statistique Generale Trusteeship and C.D.C. reports. West Camerosn Digest of Statistics, Federal Republic of Cameroon. Ministry of National Economy. §2a')e17. CT.,'S er ±T2DZ (1957 = 100) orts Imorts Tory2s of Pric volrie V,-_uc T-_ic., V_1_eo T rad,o 1955 110 97 107 99 99 9 111 3957 100 100 100 100 100 100 100 1959 128 1k35 173 115 96 110 111 1960 116 134 155 132 99 111 104 1961 JO5 148 155 112 116 130 94 1962 103 160 165 119 116 136 .7 1963 106 176 1i7 123 119 146 6 1964 104 1J5 192 115 136 356 90 dJUx incror-e in the inde:: £c ne rn :i >rovelcnt. >oiurceo: Bulletin dc i: >tatictic.uo Goncrz1O, K.Lrterly EconLmic 3ulltin. Tablo18 :XPORTS O,, PRINCIPAL COIilODITIES J RYlOi TIIE -EDEFATIC- (Vo.urc in th-uwz:nds of tons (Y luc in nýillions of CFA Francs) 51960 1962 1963 1964 1964 Voline Wlue Voltue V".luc Volumo Valuu Voluie ; .luo Voluno Value Volume VIluC Cocoa East 55.6 8,128 58.9 83,106 59.9 6,421 71.2 8,028 53.9 6,293 53.8 5,369 Vest _2-. 45 . 6.1 .4 __. 12.6 92.1 593 A.5 467 Fod. 59.5 8,587 65.0 8,7?"1 66.3 6,978 83.8 0,970 59.0 6,886 58.3 5,836 East 13.9 2,322 30.5 4,610 31 5,216 40.1 5,880 44.7 2,303 26.1 4,O5' ost {Q.2) (23) _2.7 A0 3.0 529 764 _ LiI4 4.5 92 Fod. 14.1 2,345 33.2 5,018 !1.1 5,7.5 47.3 6,524 5).1 9,349 30.6 5,010 Bananas East 76.2 1,229 36.7 5 7 52.4 842 55.3 07 61.1 979 45.9 736 West S.. 1.L53 86.3 1.838 81.3 1,577 47.6 771 54,5 909 27.4 42' Fed. 144.3 2,382 123.0 2,425 133.7 2,419 102.9 1,658 115.6 1,8 73.3 1,164 Ihln Kornel East 16.3 377 15.3 536 12.0 324 14.6 444 13.8 429 8.3 309 20 _ 2 _l 25 _5 _. 150 _19 2.8 Fod. 18.3 421 17.5 617 14.5 382 19.2 594 19.9 621 11.1 402 PNrai Oil East - 3 1.1 60 - -. ---- 190t1..1237 25/ j.. 285 Fed. 3.3 122 .4 258 3.6 149 4. 194 8.7 414 5.0 285 Timber a t 102.0 803 139.3 1,127 152.3 1,464 190.5 1,751 216.7 2,063 124.5 1,236 t1,0 13.0 980 89.0 636 2 50 450 16.0 147 Fed. 103.0 833 273.3 2,107 241.3 2,100 235.5 2,076 266.7 2,513 140.5 1,383 cont'd. Table 18: EXPORTS OF PRINCIPAL COMM4ODITIES FROM THE FEDERATION (cont'd.) 1955 1960 1962 1963 1964 1965Y Volume Value Volume Value Volume Value Volume Value Volume Value Volume Value Rubber Ea6t 3.5 454 3.6 634 3.9 518 4.2 517 3.7 420 2.5 284 West 1.5 107 2.9 545 4.1 542 3.3 948 5.5 686 2.0 246 Fed. .0 T 6 1,179 0 10 R0 1 77 =9 1,106 .7 530 Cotton East 4.1 588 7.3 1,07 12.5 1,683 14.9 2,043 17.0 2,291 6.8 952 Groundnuts East 7.9 286 3.6 135 7.8 317 17.7 717 18.1 662 6.2 265 Aluminum A stn- - 2 ,02 1 ,294 2.3 ,71 8.7 5,116 26.8 2,890 Total east 16,o 23,951 25,126 29,117 30,037 18,799 W4est 3,283 5,683 4,530 4,161 4,486 2,862 Fed. 19,833 29,634 29,6% 33,278 34,523 21,661 1/ Six months Source: Bulletin de la Statistique G6n6rale, Trusteeship reports, C.D.C. reports. Quarterly Economic Bulletin Table 19: EXPORTS OF PINCIPAL COMMODITIES. EAST CAMEROON (a: In Millions of CFA Francs) (b: In Thousands of Tons) /1 1964 1955 1959 1960 1961 1962 1963 1964 1963 Value in % Cocoa a 8,128 9,372. 8,106 6,254 6,421 8,028 6,293 5,569 21.0 b 55.6 53.4 58.9 58.3 59.9 71.2 53.9 53.8 Coffee a 2,322 5,007 4,610 5,121 5,216 5,880 8,303 3,929 27.6 b 13.9 29.5 30.5 35.5 38.1 40.1 44.7 26.1 Bananas (fresh) a 1,229 934 587 821 842 887 979 736 3.3 b 76.2 57.9 36.7 51.3 52.4 55.3 61.1 45.9 Palm Kernels a 377 893 536 400 324 444 429 309 1.4 b 16.3 22.6 15.3 14.8 12 14.6 13.8 8.3 Timber (Gross, including scantlings) a 465 874 947 1,351 1,217 1,531 1,8h0 1,120 6.1 b 71.9 119.6 128.6 18.1 141.4 179.5 205.2 118.7 Sawn a 218 229 180 145 230 220 223 116 0.7 Timber b 17.2 14.3 10.7 7.8 10.9 11.0 11.5 5.8 cont'd. Table 19: EXPORTS OF PRINCIPAL COMMODITIES, EAST CAMEOON (Cont'd) /1 1964 1955 1959 1960 1961 1962 1963 1964 1967 Value in % Cotton a 588 1,075 1,07 1,445 1,683 2,043 2,291 952 7.6 b 4.1 7.8 7.3 10.3 12.5 14.9 17.0 6.8 Rubber a 454 651 634 663 518 517 420 284 1.4 b 3.5 4.0 3.6 4.9 3.9 4.2 3.7 2.5 Groundnuts a 286 207 13) 387 317 717 662 265 2.2 (Shelled) b 7.9 6.6 3.6 9.9 7.8 17.7 18.1 6.2 Butter, fat,oil of cocoa a 553 872 668 748 931 1,287 1,397 964 4.7 b 2.2 2.2 2.2 3.0 3.7 4.8 4.8 4.2 Aluminum a - 4,147 4,402 4,798 5,294 5,471 5,116 2,890 17.0 b 39. h2 6 50.9 52.3 48.7 26.8 Other a 2 307 2,5c6 2,099 2,070 3,437 2,092 2,C84 1,665 6.9 b 5.2 71.1 34.0 42.1 49.2 42.4 40.5 21.9 Total a 16,550 26,767 23,951 24,203 25,516 29,117 30,037 18,799 b 313 408 383 432 439 508 523 327 /1 Six months. Source: Bulletin de la Statistique Generale Rapport Annuel BCEAE et du Cameroun Quarterly Economic Bulletin Table 20: EXFORTS OF HINCIPAL COMMODITIES, WEST CAMEOON a: In millions of CFA Francs) b: In thousands of tons ) /1 1964 1955 1959 1960 1961 1962 1963 1964 1965 Value in % West Camer-on Cocoa a 459 1,385 675 497 557 342 593 467 13.2 b 3.9 7.8 6.1 7.3 6.4 12.6 5.1 4.5 Bananas (fresh) a 1,153 1,786 1,838 1,989 1,577 771 909 428 20.3 b 68.1 68.4 86.3 88.4 81.3 47.6 56.5 27.4 Palm Kernels a :4h 84 81, 61 58 150 192 93 4.3 b 2.0 2.0 2.2 2.5 2.5 4.6 6.1 2.8 Palm oil a 119 1d3 190 267 149 194 414 285 9.2 b 3.3 3.4 4.3 6.2 3.6 4.8 8.7 5.0 Timber a 30 943 980 911 636 325 450 147 10.0 b 1.0 129.0 134.0 116.0 89.0 45.0 50.o 16.o Rubber a 107 335 545 592 542 948 686 246 15.2 b 1.5 2.5 2.9 4.2 4.1 3.3 5.5 2.0 Other 2 a 1,371 556 1,374 1,165 1,011 831 1,242 1,196 27.7 Total a 3,283 5,272 5,683 5,482 4,530 4,161 4,486 2,862: Six months. /2 Including estimates of unrecorded trade. Source: Trusteeship and C.D.C. reports. For the years 1960, 1961, 1962 results from the Wharf Authority Report. Quarterly Economic Bulletin Table 21: AVERAGE FOB PRICES OF EXPORT PRODUCTS (In CFA Francs per Kg.) /2 1955 1959 1960 1961 1962 1963 1964 1965 East Cameroon Groundnuts (shelled) 36.1 31.2 37.6 39.0 43.7 4o.9 39.2 42.9 bananas 16.1 16.1 6.0 16.0 16.1 16.0 16.0 16.o Coffee Arabica 241.5 205.0 236.1 200.0 200.2 192.3 220t7 246.9 Coffee Robusta (Prime) 157.7 164.3 158.1 145.9 125.5 135.7 170.8 140.6 Cocoa 146.2 175.7 137.6 107.2 104.7 119.3 112.2 91.8 Cotton (Ginned) 143.7 137.4 142.4 140.2 137.3 133.7 136.4 139.2 Rubber (Plantation) 128.1 164.4 176.2 134.2 130.8 124.1 110.8 112.6 Palm Oil 44.8 59.6 51.4 56.0 - - - - Palm Kernel Oil 52.7 88.0 77.9 56.8 55.4 63.4 66.4 68.5 Palm Kernels 23.2 39.6 35.0 27.5 26.9 31.2 31.6 36.6 West Cameroon Bananas 16.9 26.1 21.3 22.5 19.4 16.9 18.6 Palm Oil 36.1 53.8 44.2 43.0 41.5 42.1 50.2 Palm Kernels 22.0 42.0 36.7 24.3 23.2 24.9 32.0 Cocoa 117.7 177.6 110.6 68.1 87.1 102.5 122.5 Rubber 71.3 134.0 188.2 141.0 132.2 128 117 Tea .. 271.1 295.6 277.7 257.9 243 271 Pepper .. 115.1 264.8 207.2 187.1 185 166 Prices quoted f.o.b. Douala. 2 Six months. Source: Bulletin de la Statistique Generale Trusteeship reports - CDC reports Quarterly Economic Bulletin Custom Statistics. Table 22 : PRINCIPAL TRADING PARTNERS FOR EXPORTS OF /1 PRINCIPAL COMMODITIES FROM EAST CAMEROON (Value in millions of CFA France.) (In tons) /2 1955 199' 1960 1961 1962 1963 1964 1963 Cocoa 5,593 53,357 58,898 58,302 59,938 71,236 53,881 53,772 Value (8,128) (9,372) (8,106) (6,254) (6,21) (8,029) (6,293) (5,369) to: France 11,438 19,116 19,883 12,608 17,954 18,31 17,945 7,82 West Germany 4,3o 2,807 3,762 3,503 4,358 7,032 8,149 12,213 U.S.A. 10,496 5,34 5,698 8,600 6,203 2,715 775 2,590 Italy 3,618 311 3,101 5,007 2,341 4,304 525 271 Netherlands 21,036 19,433 25,O93 27,743 26,137 36,668 25,38o 29,382 U.S.S.R. 250 6,080 375 - - - - - Coffee 13,918 29,491 30,512 3,P484 38,473 40,099 44,675 26,o65 Value (2,322) (5,002) (4,610) (5,12l) (5,2165 (5,880) (8,303) (4,O58) to: France 12,933 23,893 22,468 24,818 18,795 23,331 28,883 12,354 West Germany - 30 149 182 1,003 1,212 1,461 1,347 U.S.A. 336 544 2,096 3,784 7,036 6,600 8,225 6,531 Italy 79 853 2,926 2,883 2,816 4,030 1,883 2,5814 Timber (Gross) 70,223 116,728 127,442 1)4,835 140,774 178,362 20%,288 117,783 Value (148) (829) (929) (1,293) (1,206) (1,911) (1,824) (1,103) to: France 17,387 29,095 25,90 31,077 25,520 31,332 31,13 13,385 West Germany 18,727 16,708 14,752 19,157 19,609 17,333 21,408 13,448 Belgium 4,382 8,320 13,284 18,316 15,413 27,430 32,868 14,853 U.K. 1,913 1,068 578 1,017 2,140 7,680 9,d37 4,564 Ntherlands 15,363 33,482 43,264 47,631 9,846 63,443 80,981 54,o03 con t 'd Table 22: PRINCIPAL TRADING PARTNERS FOR EXPOPrM OF PRINCIPAL COILDDITIES FROM EAST CA,'EROON (Cont'd.) /2 1955 1959 1960 1961 1962 1963 1964 196/2 Timber (Gross) to: Italy 652 10,966 12,717 6,897 11,624 17,952 6,419 4,858 Timber (Scantlings) 1,671 2,916 1,159 3,475 660 1,1ho 907 884 Value (18) (46) (17) (58) (28) (20) (16) (17) to: France 830 671 31 200 176 727 633 485 West Germany 9 105 - 1,820 - 17 - - Netherlands 429 164 278 111 177 240 72 - Timber (Sawn) 17,243 14,335 10,684 7,773 10,686 11,039 11,468 5,795 Value (218) (229* (180) (145) (230) (220) (223) (116) to: France 8,859 5,384 3,123 1,479 1,972 1,545 1,750 1,105 West Germany 10 749 349 113 745 1,912 2,263 1,265 U.S.A. 283 1,025 1,166 825 1,881 1,440 1,30 547 Netherlands 2,969 1,928 2,139 1,956 3,145 3,030 3,364 1,226 Bananas (Fresh) 76,163 57,905 36,706 51,280 52,391 55,310 61,118 45,942 Value (1,229) (934) (587) (821) (842) (887) (979) (736) to: France 61,606 52,344 36,706 51,280 52,391 53,759 61,118 45,942 Aluminum - 39,205 42,072 46,144 50,929 52,285 48,726 26,790 Value - (4,147) (4,402) (4,798) (5,294) (5,472) (5,116) (2,890) to: France - 18,894 32,563 41,938 50,844 47,733 44,487 15,173 cont'd. Table 22: PRINCIPAL TRADING PARTNERS FOR EXPORTS OF PRINCIPAL COMMODITIES FROM EAST CAMXEROON (cont'd) 195 199 1960 19'>1 1 2 39 114 196 Alumiinum to: :3eliun - 5,202 5,550 4,172 25 100 720 1,308 U.S.A. - - - - - 2, 91 2.773 10.272 Total bcports V=ons) 313 4 1 3i3 432 435 503 523 327 Va-Llue (16-550) (26,767) (23,951) (24,203) (25,12K) (29,117) (30,037) (1E,799) j Since 1962 tae fijuros do no lonjer include the tr-ce uith .:est Omeroon. ,42 Six months. ie: Bulletin do le I tatistique Generr-lo Qurterly Le:nomic Bulletin Table 23 : SALES OF EXPORT PRODUCTS BY /1 CAMEROON DEVELOPMENT CORPORATION (In Millions of CFA Francs) 1955 1959 1960 1961 1962 - ,963 1964 Bananas 918.2 609.7 755.3 752.1 641.6 435.6 294.8 Rubber 196.8 417.9 586.6 518.6 528.7 602.1 598.4 Palm Products 144.9 261.5 287.5 348.4 204.8 272.2 362.6 Cocoa 11.5 24.6 24.1 8.0 9.2 8.9 17.3 Pepper 0.8 3.8 7.7 7.5 6.1 4.6 7.8 Timber 15.8 - - - - - - Tea - 8.5 10.5 21.7 21.4 27.3 52.4 Total Sales 1288.0 1326.0 1671.7 1656.3 1411.8 1350.7 1333.3 Total Exports of West Cameroon 3283 5272 5683 5482 4530 4161 4486 CDC Sales as % of Total Exports of West Cameroon 39.2% 25.2% 29.4% 30.2% 31.2% 32.5 29.70 /1 The figures are not strictly comparable with those for recorded exports due to differences in timing. Source: CDC Annual Reports. Table 214! COMPOSITION OF -IMPORTS,EAST CAMEROON in billions of CFA Francs) 1955 1959 1960 1961 1962 1963 1964 Energy 1.00 1.40 1.40 1.45 1.42 1.hh 1.60 Petrol 0.69 o.49 o.48 o.45 0.43 0.2 0.50 Lamp-oil 0.13 0.14 0.16 0.25 0.23 0.26 0.28 Gas-oil 0.16 0.22 0.21 0.24 0.26 0.29 0.32 Raw Material and / Intermediate Goods 2.40 4.10 4.20 5.30 5.30 6.50 6.95 Cement and lime 0.30 0.32 0.21 0.27 0.33 0.39 0.50 Iron and metals 0.5 o.9 0.56 0.68 0.48 0.80 0.86 Fertilizer 0.07 0.20 0.14 0.17 0.21 0.19 0.49 Alumina - 1.25 1.28 1.80 1.57 2.27 1.73 Equipment Goods 4.60 3.80 3.50 4.60 5.10 6.00 6.41 Machinery 1.60 1.21 0.95 1.23 1.60 1.90 1.98 Electrical Equip. 0.52 0.75 o.64 o.84 1.34 1.06 1.06 Trucks 0.86 0.68 0.63 1.24 1.04 0.70 0.74 Tires 0.24 0.22 0.23 0.28 0.27 0.30 0.34 Consumption Goods 10.10 10.80 11.30 12.30 13.40 12.80 13.68 Foodstuffs 2.07 2.83 2.90 2.84 3.09 2.73 2.69 Beverages 0.80 0.83 0.90 1.31 1.22 0.90 0.93 Cotton products 0.80 1.00 1.30 1.50 1.43 1.46 1.88 Automobiles and Spare Parts 0.39 o.57 0.62 o.84 0.90 1.16 0.94 Total Imports 17.90 20.20 20.40 23.70 25.10 26.70 28.60 /1 Estimates Source: Bulletin de la Statistique Generale Trusteeship and CDC reports Customs Statistics. Table 25: COMPOSITION OF IPORTS, WEST CAMEROON (In Billions of CFA Francs) /1 1963 1964 Foodstuffs, beverages, tobacco 1,178.3 990.6 Raw Materials: of animal and vegetable origin 8.8 12.1 of mineral origin 39.8 h.3 Fuel - Lubricants 394.7 192.6 Semi-finished Products 560.8 527.9 Finished Products for Capital Equipment: Transport and Traction Equipment 154.8 153.7 Other Capital Equipment: for agriculture 52.3 44.4 for industry 319.8 336.6 Finished Products for Consumption: for household consumption 1,393.3 1,208.3 for industrial consumption 733.8 752.6 Total Imports 4,836.4 4,263.1 fL Estimates Source: Bulletin de la Statistique Generale Trusteeship and CDC reports Customs Statistics. Table 26: TONNAGE OF ICOIrMODITIES,EAST CAMEROON 1955 1959 1960 1961 1962 1963 196a 1965L Gasoline 52.7 56.3 5b.3 51.b 51.5 09.6 59.1 30.2 Gas-oil & fuel-oil 18.b 25.L 22.L 26.1 30.2 32.3 LO.6 20.4 Cement 73.6 59.8 66.1 53.7 67.3 73.1 86.4 63.2 Iron, steel, wire, sheets 17.1 10.1 10.7 1L.1 11.5 18.b 20.3 13.3 Electrical equipment 1.f 1.6 2.2 3.2 3.1 2.6 2.1 1.b Alumina - 81.3 7L.8 o1L.b 8b.7 126.0 9.1 32.1 Paper 1.9 2.2 2.5 3.0 3.4 !.3 5.0 2.8 Cotton blankets and fabric 2.8 2.3 2.6 3.0 2.9 3.1 3.8 1.6 Rice 6.9 7.0 7.5 8.2 10.2 3.5 b.2 2.3 Sugar 3.9 6.8 6.1 6.1 8.3 8.4 6.8 5.6 Salt L.6 13.0 11.1 1L.1 12.7 11.b l.9 6.2 Flour of wheat 15.0 16.8 lb.1 17.2 16.2 15.6 15.2 10.4 Fertilizers L.2 10.8 7.9 9.4 13.3 1L.3 38.b 22.7 Passenger cars (No.) .. 1,195 838 1,723 1,986 2,663 2,556 1,563 Trucks (No.) .. 1,197 1,139 1,891 1,37 687 66 170 , ; Six months. Source: Bulletin de la Statistique G6n6rale Quarterly Economic Bulletin Table 27: AVEA!E C.I.F.PRICES OF IMPORTED PRODUCTS,EAST CAMEROON (In CFA Francs) /2 Foodstuffs 1955 1960 1961 1962 1963 1964 1965 Beer (ltr) 43.0 59.4 62.3 63.8 67.0 67.1 67.6 Flour of wheat (kg) 26.5 36.6 36.3 36.8 36.1 33.7 28.1 Rice (kg) 36.2 36.6 33.8 466.5 65.2 69.9 64.6 Salt (kg) 6.1 9.3 6.7 9.3 7.8 9.1 7.0 Sugar (kg) 47.2 50.8 48.4 44.1 45.0 58.4 49.1 Wine (ltr) .. 24.9 23.5 25.4 27.1 27.1 26.4 Fuel Gascline (ltr) 8.2 8.0 9.6 8.6 8.3 8.2 6.0 Kerosene 7.2 7.6 9.3 9.4 9.5 8.7 6.7 Gas-oil (ltr) 6.5 7.9 9.9 8.9 10.3 7.8 6.2 Industrial Products Cement (ton) 4,078 4,559 5,025 4,797 5,121 5,537 5,562 Concrete /1 iron (ton) .. 29,705 31,830 31,676 29,906 31,296 30,251 Alumina (ton) - 17,113 17,241 .. .. /1 From 1963 onward only iron of 13 mm. and less is included. 7-- Six months . Source: Bulletin de la Statistique Generale Quarterly Economic Bulletin. Table 28 : COMMODITY TRADE BALANCE BY AREAS, FEDERATION (In Billions of CFA Francs) /1 1955 1959 1963 1964 1965- Exports France 7.9 14.2 16.6 18.6 8.6 British countries 2.5 3.4 2.7 2.0 0.9 Dollar zone 1.9 2.3 1.8 2.3 2.4 EEC (Excl. France) 4.7 6.1 9.6 9.0 8.2 Other 2.8 5.5 2.6 2.6 1.6 Total 19.8 32.0 33.3 34.5 21.7 Imports France 11.4 12.3 15.7 17.3 10.9 British countries 1.7 1.8 3.0 2.3 1.5 Dollar zone 1.6 1.8= 2.5 2.4 1.3 EEC (Excl. France) 1.6 2.3 3.6 4.7 3.1 Other 3.0 3.7 6.8 6.2 3.2 Total 19.3 21.9 31.6 32.9 20.0 Balance France -3.5 +1.9 +0.9 +1.3 -2.3 British countries +0.8 +1.6 -0.3 -0.3 -0.6 Cont'd. Table 28: COMMODITY TRADE BALANCE BY AREAS, FEDERATION (cont'd.) /1 1955 1959 1963 1964 1965 Balance Dollar Zone +0.3 +1.0 -0.7 -0.1 +1.1 EEC (Excl. France) +3.1 +3.8 +6,o +4.3 +5.1 Other .2 +1.8 -4.2 -3.6 -1.6 Total +.5 +10.1 +1.7 +1.6 +1.7 /1 Six months. Source: Bulletin de la Statistique Generale Quarterly Economic Bulletin Trusteeship Reports. Table 29: COMODITY TRADE BALANCE BY AREAS, EAST CAMEROON (In Billions of CFA Francs) 1955 1959 1960 1961 1962 1963 1964 1965 h,xports Fr. Zone 8.6 15.9 14.7 15.6 17.0 17.9 20.2 8.9 (of which France) 7.9 14.2 13.6 14.3 15.3 16.5 18.0 8.1 EEC (Excl. France) 4.7 5.9 6.5 5.9 5.4 7.9 7.0 6.6 $ 1.8 2.8 1.5 1.4 1.6 1.6 2.1 2.3 b 0.7 0.5 0.6 0.7 0.5 0.8 0.6 0.3 Other 0.8 1.7 0.6 0.6 0.6 1.0 0.1 0.7 Total 16.6 26.8 23.9 24.2 25.1 29.1 30.0 18.8 Imports Fr. Zone 12.6 13.9 14.4 16.3 16.9 18.7 19.2 11.9 (of which France) 11.4 12.3 12.2 12.9 13.8 15.2 16.9 10.7 EEC (Excl. France) 1.4 1.9 1.8 2.4 2.4 3.1 4.1 2.8 $ 1.6 1.7 1.7 2.0 2.3 2.2 2.0 1.2 b 1.0 0.8 0.1 1.1 1.1 0.9 0.9 0.6 Other 1.2 1.9 1.6 2.0 2.4 1.8 2.3 1.4 Total 17.9 20.2 20.4 23.7 25.1 26.7 28.6 17.9 Balance Fr. Zone -4.1 -2.0 +0.3 -0.7 +0.1 -0.8 +1.0 -3.1 (of which France) -3.5 +1.9 +1.4 +1.4 +1.5 +1.3 +1.1 -2.6 E-EC (Excl. France) 43.3 +4.0 +4.7 +3.5 +3.0 +4.8 +2.9 +3.8 $ +0.2 +1.1 -0.2 -0.6 -0.7 -0.6 +0.1 +1.1 L -0.4 -0.3 -0.3 -0.4 -0.6 -0.1 -0.3 -0.3 Qther -0.4 -0.2 -1.0 -1.4 -1.8 -0.8 -2.2 -0.7 Total -1.3 +6.6 +3.5 +0.5 0.0 +2.4 +1.4 +0.9 /1 Six months. Source: Bulletin de la Statistique Generale. Quarterly Economic Bulletin Table 30: CO4ODITY TRAD. BALANCE B1 AREAS, W4EST CAiEiOON (In Millions of CFA Francs) 1995 1959 1963 1964 1965 Exports Titish countries 1,831 2,940 1,903 1,432 62o (of which U.K.) 1,831 2,935 1,903 1,432 539 EEC /2 - 202 1,827 2,;82 2,049 U.S.A. 134 - 216 177 123 Other 1,318 /3 2,130 /3 216 295 70 Total 3,283 5,272 4,161 4,486 2,862 Imports British countries 694 1,021 2,089 1,368 858 (of which U.K.) 674 980 1,952 1,239 580 EEC 227 /4 418 1,004 1,016 469 Japan 41 25 433 589 370 U.S.A. 27 86 3ho 348 146 Other 460 /3 210 /3 970 942 278 Total 1,h9 1,760 4,836 4,263 2,122 Balance British countries +1,137 +1,919 -186 +64 -238 (zf which U.K.) +1,157 +1,955 -49 +193 -41 EEC -227 -216 +823 +1,566 *1,580 Japan -4l -25 -433 - 89 -370 U.S.A. +107 -86 -124 -171 -23 Other +858 /3 +1,920 /3 -754 -647 -208 Total +1,834 +3,512 - -675 +223 +740 /1 Six months 2 For 1955 this is exclusively -est Germany. 7t Errors and omissions are included in this item. 47~ Including figures for East Germany. Source: Trusteeship reports. Quarterly Economic Bulletin. Table 31 Balance of Payments of the Federation (in billion CFAF) 1959 1960 1961 1962 1963 1964 1965 Exports cr 26.80 23.90 24.20 30.00 33.20 34h50 35.10 Imports dt 20.20 20-50 23.70 28.70 31.00 32.90 34.80 Trade balance net +6.6o +3.ho +0.50 +1.30 +2.20 +1.60 +0.30 Freight & Insurance net -0.18 -0.17 -0.38 -0.73 -0.77 -1.00 -1.20 Travel net -0.40 -0.27 -0.28 -0.35 -o.4o -o.4o -o.45 Investment Income net -1.82 -1.97 -1.97 -2.o -2.12 -2.1.4 -2.18 Other Services, net net +1.50 +1.00 +0.48 +0.08 -o0.o -0.28 -0.66 Goods and Services net +5.70 +2.o -1.65 -1.74 -1.13 -2.22 -4.19 Transfers: private dt -5.o6 -h.58 -4.o8 -3.58 -3.09 -3.10 -3.20 official net +4.50 +4.87 +4.74 +3.17 +2.50 +2.00 +1.69 Total net -o.56 +0.29 +0.66 -o.41 -0.59 -1.10 -1.51 Balance on current account +-.1 +2.33 -0.99 -2.15 -1.72 -3.32 -5.70 Capital transactions Debt repayment -o.56 -0.71 -0.20 -0.41 -0.39 -0.40 -0.43 Foreign Aid 1.00 1.00 1.50 2.50 3.00 3.00 4.70 Private, other payments) Errors and omissions ) . . . -0.06 +1.86 +1.41 -o.58 +2.18 Change in foreign assets . . . . -0.25 -1.80 -2.30 +0.30 -0.75 Actual Reserves . . h.8 5.0 6.8 9.1 8.9 9.7 as %o of Imports . . 23.4% 21.0% 23.6% 29.3% 27.0% 27.8% Source: Vission estimates. Table 32. Monetary Survey (In billions of CFA francs; end of period) 1961 1962 1963 1964 1965 March June Sept. Dec. March June Sept. Nov. Foreign assets (net) 4.19 6.33 7.25 9.78 10.70 9.13 8.00 9.10 10.01 8.62 6.8o Domestic credit 10.68 14.22 14.05 .14.95 12.33 12.79. 17.71 19.92 16.03 15.35 18.81 Claims on Governmentl/ -3.04 -3.21 -6.49 -7.48 -8.08 -8.03 -6.28 -6.09 -6.56 -6.34 -4.28 Claims on private sector 13.72 17.43 20.54 22.43 20.41 20.82 23.98 26.01 22.58 21.68 23.08 Asset. = liabilities 14.87 20.55 21.30 24.73 23.03 21.92 -25.71 29.02 26.o4 23.97 25.61 Money ' 14.23 18.oo 18.69 21.11 18.44 18.15 21.28 23.08 19.46 18.86 19.58 Currency in circulation 3.38 10.07 11.28 12.11 9.82 8.76 11.84 12.23 10.03 8.50 9.48 Deposit money 5.85 7.93 7. 41 9.01 8.62 9.38 9.44 10.86 9.43 10.36 10.10 of which: Deposits with commercial banks 5.51 7.29 7.02 8.16 8.03 8.92 8.83 10.16 8.77 9.73 9.64 Postal checking deposits 0.33 0.61 0.35 o.46 0.42 0.38 0.52 0.54 0.55 0.42 o.41 Quasi money/ 0.70 1.50 2.00 3.30 3.61 3.11 3.49 4.29 3.91 4.10 4.42 Other (het) -0.06 1.05 0.61 0.32 0.98 0.66 0.94 1.64 2.67 1.01 1.61 Source: IMF, International Financial Statistics. 1/ Includes claims by commercial banks, plus the counterpart of postal checkiig deposits-and TroasUry demand deposits, miAus governmient deposits at the Central Bank. 2/ Includes aiso Treasury demand deposits, and deposits of the Development Bank with the Central Bank. / Not includinc deposits at the Postal Savings Bank, which totaled CFAF .66 billion as of December 31, 1964. Table 33 ASSETS AND LIABILITIES OF CENTRAL BANK IN CAMEROON (In Millions of CFA Francs) December 31 /2 Assets 1955 1959 1960 1961 1962 1963 1964 1965 Foreign Assets .. .. 4,753 5,009 6,828 9,082 8,857 9,651 of which operation account and other assets 2,178 3,475 2,753 2,509 4,207 3,421 5,533 4,039 of which placement account .. .. 2,000 2,500 2,621 5,180 2,839 5,133 Bills rediscounted at short term 3,622 4,547 6,471 6,893 7,920 9,349 10,950 7,771 Advances at short term 331 45 228 76 22 88 - 31 Bills rediscounted at medium term - 331 260 241 372 1,059 1,066 1,038 Other net assets /3 -14 +24 -2,004 -2,500 -2,610 -5,176 -4,836 -7,109 Liabilities Notes Issued 5,896 8,152 8,593 8,564 10,489 11,581 12,238 9,371 Deposits 70 161 603 458 1,257 1,999 2,996 1,710 Balances in transit 151 109 512 697 786 822 803 301 Balance of Operation Account and Other External Assets of BCEAEC Operation Account and Other Assets of: a) Five member countries 4,276 8,652 9,105 7,103 11,219 8,625 11,784 b) Cameroon 2,178 3,475 2,753 2,509 4,207 3,421 5,533 c) (b) as a % of (a) 51% 40% 30% 35% 37% 4o% 47% Placement account of five member countries .. .. 2,400 3,000 3,125 5,484 3,459 /1 Iaformation for 1955-1961 refers to East Cameroon only. ) 72 Oatober 31 )/4 it excludes certain external (franc) assets 7 Including other net assets-liabilities not separately recorded. ) of the Government. 7 This item represents the external current balance of the Cameroon on its account with the French Treasury; Source: -Banque Centrale - Etudes et Statistiques Table 34 : DEPOSITS (In Millions of CFA Francs) December 31 /2 Bank Deposits 1955 1959 1960 1961 1962 1963 1964 1965 Deposit Accounts 1,644 1,)23 2,93 2,84h 5,307 5,784 8,112 9,033 Current Accounts 3,741 3,030 2,896 3,429 4,375 4,298 5,387 5,850 Total 5,385 4,953 5,389 6,273 9,682 10,082 13,499 14,933 /1 Other Deposits Private Deposits at the Treasury 132 6 2 3 12 13 15 Postal Checking Accounts, Private ._. 159 294 325 607 346 516 528 Total Scriptural Money .5744 57779 E,600 10,292 10, 70 14,028 15,I47 Postal Checking Accounts: Banking and Government .146 335 576 h6 703 342 848 Savihgs Accounts ._._282 33-5 404 461 525 662 784 Total Deposits 5,672 6,359 7,580 11,199 11,668 15,032 17,108 71 Refers to East Cameroon only from 1955 to 1961. 72 October 31. Source: Ba.nque Centrale-Etudes et Statistiques. Table 35 LOANS AND ADVANCES TO THE ECONOMY (In Millions of CFA Francs) December 31 /2 Loans and Advances 19 1959 1960 1961 1962 1963 1964 19657 Financed from mOnetary resources (a) Short term 9,535 10,6o 12,433 13,499 17,273 19,499 22,6h9 20,6 (b) Medium term 504 384 377 1,302 2,387 2,655 2,552 Financed from N*n-Monetary Resources Long and Medium Term 4,754 4,690 4,774 4,282 3,897 3,687 3,665 Total Loans and Advances 11,732 15,863 17,507 18,650 22,857 25,783- 28,987 26,861 (a) Short tera 9,535 10,6o5 12,433 13,499 17,273 19,499 22,645 20,644 (b) Long and Tledium term 2,197 5,258 5,074 5,151 5,584 6,284 5,342 5,217 Resources Domestic Bank Deposits 5,385 4,953 5,389 6,273 9,682 10,082 13,499 14,933 (a) at short term 3,622 4,547 6,471 6,893 7,920 9,349 10,950 7,771 b) medium term .. 331 260 241 372 1,09 1,066 1,038 /1 Other Sources, External 2,725 6,032 5,387 5,243 4,883 5,293 3,472 3,119 Total 11,732 15,863 17,507 18,650 22,857 25,783 28,987 26,861 /1 Externai funds provided by Caisse Centrale, Banque Camerounaise de Developpement (formerly Credit du Cameroun). and head offices of commercial banks abroad. /2 October 31 Source: Banque Centrale-Etudes et Statistiques. Te ao:INDUSTRIAL CLAS6ifICATION CF DECLARED LOANS AND ADVANCES /1 (In Millions of CFA Francs) December 31 1960 % 1961 1962 1963 % 1964 o 1965/4 % Short-term Agriculture 233 2.1 207 1.7 553 3.8 527 3.0 1. 419 2.1 649 3,,4 Electricity-water - - - - - - 4 0.0 4 0.0 1 0.0 Extraction of petrol - - - - 22 0.1 - - - - - - Industry-textile 292 2.6 411 3.5 302 2.1 623 3.6 549 2.8 146 0.8 -wood 185 1.6 233 1.9 252 1.7 288 1.7 299 1.5 303 1.6 -other 288 2.6 46 0.3 357 2.4 616 3.5 359 1.8 386 2.0 Building, P.W. 212 1.9 411 3.5 573 4.0 1,216 7.0 1,190 6.0 1,116 5.9 Transportation 5h2 4.9 661 5.6 728 5.0 881 5.1 1,105 5.6 1,170 6.1 Exports /2 536 4.8 649 5.5 3,507 26.5 4,055 23.3 5,514 27.9 3,751 19.7 General Commerce 8,526 77.3 8,810 75.1 7,413 51.9 8,470 48.7 9,507 48.1 10,463 5h.9 Services 210 1.9 301 2.5 574 4.0 698 4.o 812 4.1 1,o65 5.6 Total 11,024 11,725 1,281 17,378 19,75 19,0$0 Medium and Long-term 3/ Agriculture - - - - 79 2.3 1,318 20.7 1,150 18.4 1,151 19.1 Power 4 0.1 2 0.1 - - - - - - - - Mining and industry 3,636 98.2 3,385 97.1 3,238 93.9 3,134 49.3 2,983 47.7 2,818 46.8 Building, P.W. 12 0.3 28 0.8 67 1.9 1,878 29.5 2,065 33.0 1,972 32.8 Other 52 1.4 71 2.0 62 1.8 33 0.5 57 0.9 75 1.2 Total 3,70, 3,377T7 ,363 6,255 6,015 /1 Declared to "Centrale des Risques" 72 Exports include prior to 1962: exports of cocoa, coffee, oil przducts, bananas, wood; in 1962 also cotton exports. All other exports under General Commerce. /3 From 1960 to 1963 only medium-term loans are included. July 31 Source: Banque Centrale-Etudes et Statistiques. Table 37: BANQUE CAMEROUNAISE DE DEVELOPPEMENT New Loan Ccmmitments, by Sectors (in millions of CFA Francs) 1961/62-/ 1962/63a/ 1963/64a/ 1964/65a/ Sector Number Amount % Number Amount % Number Amount % Number Amount % Agriculture 11,868 1,099 43% 11,363 84 35% 5,935 1,145 64% 5,167 1,177 71% of which market- ing credit 550 250 1,013 1,040 Real Estate 2,248 881 34% 2,146 610 26% 713 472 26% 207 47 3% Consumer Credit 1,932 87 3% 1,757 148 6% 645 115 6% 224 40 2% Commerce 4 102 4% 16 512 22% 2 86 5% 9 13 1% Industry 198 412 16% 108 268 11% 5 (27)b(1%) 19 377 23% Total 16,250 2,581 100% 15,390 2,382 100% 7,300 1,791 100% 5,626 1,654 100% a/ July 1 - June 30. b/ Negative figure because of cancellations during year. Sourloce: BCD reports. Table 38: BANQUE CAMEROUNAISE DE DEVELOPMENT Loans and Investments outstanding by type and by sector (in millions of CFA Francs) June 30, 1961a/ June 30, 1962 June 30, 1963 June 30, 1964 June 30, 1965 Amount % Amount % Amount d Amount % Amount % Loans and Advances Long-Term 767 42% 952 38o 1,181 29% 979 22% 1,067 22% Medium-Term 912 51% 1,167 46% 1,718 43% 2,108 48% 2,235 46% Short-Term 106 6% 322 13% 661 17% 612 14f% 649 14% Total Loans & Advances 1,785 99% 2,441 97% 3,560 89% 3,699 8% 3,951 82% Equity Investments 8 ... 61 2% 188 5% 221 5% 231 5% aeal Estate Investments b/ 19 1% 18 1% 260 6% 67 11% 603 13% Total 1,812 100% 2,520 100% 4,008 100% 4,387 100% 4,785 100% Agriculture 414 23% 701 28% 1,283 32% 1,258 29% 1,441 30% of which marketing credit 2 229 523 439 5 Real Estateb/ c/ 1,177 65% 1,441 57% 2,046 51% 2,260 51% 2,406 50% Consumer credit 45 2% 67 3% 127 3% 164 4% 129 3%0 Commerce, Industry, Artisans, Forestry 176 10% 311 12% 552 14% 705 16% 809 17% Total 1,812 100% 2,520 100% 4,008 100% 4,387 100% 4,785 100% cont'd Table 38: BANQUE CAMETOUNAISE DE DEVELOPPEMENT (cont' d) Source: BCD reports ..0 = Less than 0.5% a/ Operating investments taken over from Credit du Cameroun. b/ Excludes real estate used by BCD itself. These figures are net of depreciation since the gross figures are not available for June 30, 1963, or June 30, 1965. At June 30, 196h, total depreciation allowances amounted to substantially less than 10% of gross value. c/ Excludes investments in share capital of three concerns in real estate industry. Table 39 : CONSOLIDATED REVENUE AND CURRENT EXPENDITMIES OF THE ?EDERAL AND FEDERATED GOVERNMENTS OF CAMEROON (In Millions of CFA Franca) Actuals Budgets 1959 1960 1960/61 1961/62 1962/63 1963/64 1964/65 1965/66 Revenue (6 Months) Direct Taxes 2,518 1,376 2,800 3,663 4,695 5,522 4,770 6,486 Indirect Taxes 7,457 4,053 8,959 9,237 12,291 16,692 16,608 18,661 Lmport Duties 4,043 1,966 4,965 5,055 8,207 9,053 9,900 11,325 Export Duties 2,562 1,588 2,858 2,915 2,721 3,174 3,062 3,236 Domestdc Taxes 852 499 1,136 1,267 1,363 4,465 3,646 4,100 Fees and Dues 542 343 631 697 932 988 885 1,132 Non-fiscal Revenues 583 30 1,599 1,008 1.408 _1,0o .01.128 l,01 Total 11,b00 %,802 13,080 14,605 19,326 24,507 23J097 27,057 Curient Expenditare Public Debt /2 776 394 927 365 605 621 536 589 of which Capital-72 651 )35 344 309 293 291 InterestT3 200 ;50 172 160 143 1-43 Pensions__ 76 80 89 152 100 155 Common Expenditures and Miscellaneous 1,520 804 2,629 3,222 3,433 3,160 3,034 3,174 Political Administration 665 397 923 1,04 1,231 1,304 1,517 1,588 General Administration 2,984 1,511 3,275 3,798 4,590 5,074 5,557 6,495 Armed Forces 598 4683 1,901 3,333 3,106 3,276 3,607 3,830 Social Services 3,559 1,915 3,387 3,994 4,509 4,998 5,266 5,994 Production 748 368 795 834 821 1,007 939 1,125 Post and Telecommunications 541 269 491 62 810 821 868 912 P. W. and Transportation 1,162, 501 1,158 1,117 956 1,262 1,702 1,784 Total 12,553 6,642 15,486 13,328 20,361 21,523 23,026 2',491 Surplus/Deficit - 1,453 - 840 -1,497 - 3,723 -1,035 +2,984 +71 +1,566 /1 Inc~luding -AIA repapmets. 72 Estimates only for 1960/61 to 1962/63. 7j East Cameroon pensions exclusively. Source: Ministry of Finance Federal and Federated Budgets. Table h0 : CONSOLIDATED CAPITAL ACCOUNT OF THE FEDERAL AND FEDERATED GOVERNIENTS IN CAMEROON (In Millions of CFA Francs) Actuals -Budgets Receipts 1959 1960/61 1961/62 1962/63 1963/64 1964/65 1965/66 Surplus/Deficit -1,453 -1,197 - ,723 -1,o35 +2,984 +71 +1,566 Foreign Contributions 1,504 3,373 3,042 1,668 1,000 5oo - Local Contributions 24 1 6 79 27 40 51 Reimbursements 87 81 130 129 30 68 64 Other - - - 160 10 230 282 Drawings on Reserve Fund 1,355 - 1,371 1,209 818 1,095 2,025 Changes in Treasury Accts -721 -1,299 322 -230 -3,009 +61 +394 Total 796 659 1,198 1,980 1,860 2,065 4,382 /1 Payments Infrastructure 156 7 262 173 203 115 648 Buildings for Adm'n. 48 309 327 885 842 1,026 2,228 Purchase of buildings and land 95 212 178 205 294 155 64 Electric Installations, Water Supply 11 - 25 39 117 63 66 Purchase of Equipment 12 11 3 38 h1 301 837 Participations and Con- tributions 36 120 h03 6h0 390 h0 539 Total Equipment Expenditure 796 659 1,198 1,980 1,860 2,065 4,382 /1 Excluding debt repayment. Source: Ministry of Finance Federal and Federated Budg3to. Table 41: COMPARATIVE EXPENDITURE OF THE FEDERAL AND FEDERATED GOVERNMENTS OF CAMEROON (In Millions of CFA Francs) Actuals Budgets 1962/63 1963/64 1964/65 1965/66 Ordinary Equip. Total Ordinary Equip. Total Ordinary Equip. Total Ordinary Equip. Total Federal Budget 14,547 1,220 15,767 15,133 1,o60 16,193 17,603 1,647 19,250 18,960 2,970 21,930 East Cameroon 6,198 310 6,648 6,929 400 7,329 6,919 296 7,215 7,656 885 8,541 West Cameroon 1,481 450 1,791 1,876 400 2,276 2,000 122 2,122 2,315 527 2,8h2 Total 22,226 1,980 22,415 23,938 1,860 25,798 26,522 2,o65 28,587 28,931 4,382 33,313 Less: Federal subvention to Federated States East Cameroon - - - 350 - 350 1,386 - 1,386 1,300 - 1,300 West Cameroon 1,185 - 1,185 1,355 - 1,355 1,hoo - 1,hoo 1,350 - 1,350 Total Subvention 1,185 - 1,185 1,705 - 1,705 2,786 - 2,786 2,650 - 2,650 GRAND TOTAL 21,014 1,980 23,021 22,233 1,860 24,093 23,736 2,065 25,801 26,281 4,382 30,663 Source: Ministry of Finance Federal and Federate Budgets Table U2 First Development Plan of the Republic of Cameroon 1961-1965 (In Millionof CFA Francs) Plan Cumulative Totals 1960-1963 Cumulative Totals 1960-1964 @9timates 1 Actual EKpenditure Fstimates :k/ Total Sector as Local Foreign Total Local Foreign Local Foreign Total Local Foreign Total Expenditures % of total resources Aid in % resources Aid Total in % resources Aid in % resources Aid in % Studies 2,399 U.5 - 1,002 1,002 3,U - 305 305 2.7 - 1,217 1,217 3.3 - 496 - - Production Agriculture 9,598 570 1,95 2,o65 - 541 1,361 1,902 - 951 1,954 2,905 - - 1,478 - - Livestock - fishing 899 - - 865 865 - 26 197 123 - 896 896 - - 29b - - Forestry 1,200 - - 349 349 - 152 152 - - 511 511 - - 221 - - Industry - Commercu 3,577 - 96 7 103 - 152 4 2o6 - 96 7 103 - - 4 - - Cooperation 950 - - - - - - - - - - - - - - Total Production l,22 30.5 6ZT 2,716 3,352 11. 7 W 1,714 2,383 21.2 1,057 33 79U 12.2 - 1,997 - - Infrastructure Roads and bridges 11,784 - 1,262 4,659 5,921 - 959 1,632 2,591 - 1,522 5,956 7,478 - - 3,200 - - Ports, Waterways 3,135 - 332 1,103 1,435 - 267 304 571 - 732 1,228 1,960 - - t7 - - Air communications, Meteo. 584 - 44 160 204 - 25 106 131 - 89 179 268 - - 122 - - Railways 9,380 - 1,224 6,903 8,127 778 513 1,291 - 1,620 7,632 9,252 - - 851 - - Post and telecommunications 395 - 59 262 321 - 9 72 81 - 10 386 U9o - 120 - - Tourism 182 - 15 58 73 - - 1 1 - 15 58 73- - 1 - - Total Infrastructure 2 2,936 1 .5 9 2,038 2,627 1l 177, 39 19,521 3 9 Social Services Public Health 3,561 - 119 1,134 1,253 52 497 519 - 159 1,666 1,825 - - 610 - - Fducation 1,460 - 102 2,274 2,376 - 56 224 280 - 200 3,431 3,631 - - 403 - - Youth, sports 2,000 - - - - - - - - - - - . Housing, Urban services 2 075 - 4d6 657 1 103 - 65 365 4o - U84 851 1 335 - - 456 - - Total Social Services 1t7 1 173 1,066 13 11.0 BI77 3117 - - -5,94 'Of Administrative eq. - - 2,173 - 2,173 7.5 1,643 - 1,643 1U.6 2,619 58 2,677 7.U - 21 - - Participations - - 536 - 536 L 8 545 - 545 U.8 587 - 587 7.6 - - - - Miscellaneous - - 831 - 831 2.8 U50 - U50 U.o 961 - 961 7.6 - 62 - - Grand total 53,02 Y0.% 711,230 100.0% 10,139 3 9 1n.a. - - Source: Ministbre des Finances et du Plan 1/ The estimates refer to the estimates approved, by the Legislative Assembly, of expenditure to be financed from local resources; the figures 2br foreign aid refer to credits opened by external governments and organizations from which authorized expen- diture may be made. Table 43 Second Five Year Development Plan 1/, 1966/67-1970/71 (in billion CFA francs) Public Investment Private Investment Total Amount in % Amount in $ Amount in Studies 2.5 3 - - 2.5 2 Production Agriculture 13.3 15 9.7 12 23.0 14 Livestock 2,5 3 2.8 5 5.3 3 Forestry 2.3 3 1.2 2 3.5 2 Power - Mining - Industry 5.7 7 33.8 40 39.5 24 Commerce-Tourism 1.1 1 18.4 23 19.5 12 Total 24.9 29 65.9 82 90.8 55 Infrastructure Roads 18.3 21.5 1.0 1 19.3 12 Railway 18.3 21.5 - 18.3 11 Other 1.5 2 2.8 4 4.3 3 Total 38.1 45 3.8 5 41.9 26 Social Equipment Education 6.5 8 4.0 7 10.5 6 Health 4.0 5 - L.0 2 Housing and urban development 5.5 6 6.0 6 11.5 7 Total 16.0 19 10.0 13 26.0 15 Administrative equipment 3.5 4 3.5 2 Grand Total 85.0 100 79.7 100 16L,.7 100 1/ Provisional investment schedule Source: Centre d'infornation, de documentation, et d'6tudes du Plan Table 4 : FOREIGN AID - COMITMENTS AND DISBURSEMENTS (In Millions of CFA Francs) F.A.C. 1959 1960 1961 1962 1963 1964 1965 /2 Commitments Studies 65.0 19.8 99.0 172.5 105.5 223.5 Production 965.0 75.o 330.0 800.0 865.0 475.0 Infrastructure 595.0 - 1,275.0 800.0 500.0 725.0 Social Services 355.0 86.1 450.5 615.0 620.0 561.0 Total excluding Trans- Cameroon Railway 1,980.0 180.9 2,154.5 2,387.5 2,090.5 1,984.5 Trans-Cameroon Railway - - - 1,500.0 - - /5 Disbursements - 1,046.5 968.8 1,258.8 1,183.5 1,255.9 1,162.0 F.E.D. Commitments Cte- - - 116.0 299.4 3.7 6.3 Production - 123.4 177.0 - - 665.0 184.9 Infrastructure 880.0 737.3 1,091.8 1,256.9 - - 725.0 Social Services 81.7 - 784.0 1,672.7 180.0 1,629.71 - Total excluding Trans- Cameroon Railway 961.7 860.7 2,052.8 3,045.6 479.4 2,298.4 916.2 Trans-Cameroon Railway - - - 3,705.0 - - - Disbursements - - 43.4 885.8 891.0 1,677.5 1,046.4 A.I.D. Commitments Studies - - - - 44.4 - - Infrastructure - - - 540.6 83.0 - - Social Services - - 97.5 60.0 46.9 313.0 257.5 Other Project Assistance - - 10.9 50.1 67.6 - 24.7 Commodity Imports - - 365.3 172.8 - 49.4 246.9 Total excluding Trans- Cameroon Railway - - 473.7 823.5 231.9 362.4 529.1 Trans-Cameroon Railway - - - - 2,272.0 - - Disbursements /A - - 26.7 148.1 444.3 617.1 .. GRAND TOTAL Commitments excl. T.C.R. 2,941.7 1,041.6 4,681.0 6,256.6 2,801.8 4,645.3 Trans-Uameroon Railway - - - 5,205.0 2,272.0 - Disbursements - 1,046.5 1,036.9 2,292.7 2,518.8 3,550.5 /1 To East Cameroon until 1 October 1961; thereafter to the Federal Republic. 77 Credits ouverts. 77 From 1964 on this item includes extension services covered under "aide i la production." 74 Fiscal years. 7I Incomplete. Source: Data supplied to mission by F.A.C., F.E.D. and A.I.D. Table 45 FSTIMATE OF EXTERNAL PUBLIC DEBT OUTSTANDING 1/ (in millions of "FA F) Outstanding Repayment in Interest Reimbursement Original Amount June 30,1966 Fiscal Year 1965/66 rate, a periods Capital Interest Capital Interest Capital Interest Caisse Centrale: Central Government 1 1962-2002 9,040 2,140 8,780 1,783 65.9 88.3 Local Authorities 2.5-3.0 1954-1974 113 32 53 6 6.7 1.7 Mis3ellaneous 1-3 1949-69 1.100 197 545 58 116.3 17.3 Loans for Studies etc. 25 l 7 .50.8 Government Loans: France (1956) 2. 1959-71 1.250 264 724 84 80.8 20.1 United Kingdom (1961) 6.5-7.0 1962-86 240 260 200 216 10.0 11.0 Total 11,768 2,933 10,316 2,154 280.5 138.8 Source: Federal and Federated Budget. 1/ Ebcluding any guaranteed debt estimated by the Mission on the basis of incomplete details at CFAF 2 billion as well as any debt of those public enterprises and agencies not reflected in the budget, estimated by the ,mission at about CFAF 6 billion. Total debt service charges of that later category of public debts are estima- ted by the mission at about CFAF 0.6 billion per year. Table 46 3CPORT OF PRINCIPAL COMMODITIES Quantity: 000 tons Value Billion CFAF Price CFAF per kg 195 1960 1962 1963 196h 1965 1966 1967 1968 1969 1970 Projections Cocoa Quantity 59.5 65.o 66.3 83.8 59.0 58.3* 61.5 63.0 65.0 66.6 67.9 Value 8.6 8.8 7.0 9.0 6.9 6.0 6.1 6.2 6.4 6.5 6.6 Price 144.3 135.1 105.2 107.0 116.7 100.1 99.0 98.5 98.0 97.8 97.8 Coffee Quantity 14.1 33.2 41.1 47.3 50.1 .. .. Value 2.3 5.0 5.7 6.6 9.3 .. .. Price 166.3 151.1 139.8 137.9 186.6 .. .. Coffee Quantity .. .. .. .. .. 38.0 39.0 40.1 41.2 42.3 43.5 Robusta Value .. .. .. .. .. 5.5 5.7 5.8 6.0 6.1 6.3 Price .. .. .. .. .. 145.0 145.o ls.o 145.0 14.o 145.0 Coffee Quantity .. .. .. .. .. 13.0 13.4 13.7 14.0 14.5 14.9 Arabica Value .. .. .. .. .. 2.7 2.6 2.7 2.8 2.9 3.0 Price .. .. .. .. .. 210.0 198.0 198.0 198.0 198.0 198.0 Bananas Quantity 144.3 123.0 133.7 102.9 115.6 116.0 118.0 115.0 110.0 lo.0 107.0 Value 2.3 2.4 2.4 1.7 1.9 1.8 2.0 2.0 1.9 1.8 1.8 Price 16.5 19.7 18.1 16.1 16.3 15.9 ** ** ** Palm Quantity 18.3 17.5 14.5 19.2 19.9 20.5 19.0 18.0 17.0 16.0 15.0 kernels Value 0.4 0.6 0.6 0.6 0.6 0.7 0.7 0.6 0.5 0.5 0.4 Price 23.0 35.3 26.3 30.9 31.2 36.2 3h.o 32.5 31.0 29.5 28.8 Palm oil Quantity 3.3 5.4 3.6 4.8 8.7 8.5 10.0 12.0 15.0 18.o 22.0 Value 0.1 0.1 0.1 0.2 0.4 0.5 0.5 0.6 0.7 0.8 1.0 Price .. 47.8 41.4 40.4 47.6 57.0 54.o 51.o 49.0 o7.0 4.5 * 6 months only (cont'd) CDC production: CFAF 18.0 Other producers: CFAF 16.4 Table 46 EXPORT OF PRINCIPAL COMMODITIES (cont'd) Quantity: '000 tons Value: billion CFAF Price: CFAF per kg 1955 1960 1962 1963 1964 1965 1966 1967 1968 1969 1970 Actual Projections Timber Quantity .. 273.4 241.3 235.5 266.7 295 300 315 3 0 360 365 Value .. 2.1 2.1 2.1 2.5 2.9 3.0 3.2 3.6 3.9 4.2 Price .. 7.7 8.7 8.8 9.4 9.8 10.0 10.2 10.5 10.8 11.5 Rubber Quantity 5.0 6.5 8.0 7.5 9.2 10.5 12.0 13.0 15.0 17.0 19.0 Value 0.6 1.2 1.1 1.5 1.1 1.2 1.4 1.4 1.6 1.8 2.0 Price 112.2 181.3 132.5 .. 120.2 117.8 113.0 110.0 108.0 106.0 104.0 Cotton Quantity 4.1 7.3 12.5 14.9 17.0 15.5 16.5 18.0 19.5 21.0 22.5 Value 0.6 1.0 1.7 2.0 2.3 2.2 2.3 2.5 2.7 2.9 3.1 Price 143.4 143.4 134.6 137.1 134.8 140.0 138.0 137.0 136.0 136.0 136.0 Groundnuts Quantity 7.9 3.6 7.8 17.7 18.1 17.0 17.9 18.0 20.0 23.0 25.o Value 0.3 0.1 0.3 0.7 0.7 0.7 0.7 0.7 0.7 0.8 0.9 Price 36.2 37.5 40.6 40.5 36.6 42.7 38.0 37.0 36.0 35.o 35.0 Aluminum Quantity .. 42.0 51.0 52.3 48.7 52.0 50.0 49.0 50.0 50.0 0.o Value .. . 5.3 5.5 5.1 5.6 5.3 5.5* 5.7* 5.8* 5.8 Price .. 1o.8 103.8 104.6 105.1 107.8 105.0 105.0 105.0 105.0 10.o Subtotal Value 15.3 25.9 26.1 29.8 30.8 29.8 30.3 31.2 32.6 33-,8 35.1 Other ".5 3.7 3.6 3.5 (3.7) (5.3) (5.3) (5.3) ( 5.5) (5.8) ( 5.9) Grand Total " 19.8 29.6 29.7 33.3 34.5 35.1 35.6 36.5 38.1 39.6 41.o including export of aluminum sheets (CFAF billion: 1967 0.3, 1968 0.4, 1969 0.5, 1970 0.5) Table 47 PROJECTION OF I1PORTS 1966-1970 (billion CFA Francs) 1965 1966 1967 1968= 1969 1970 Actual Projections IMPORTS East Cameroon Consumer Goods 14.3 14.4 14.9 15.1 15.7 16.4 Foodstuff 2.7 2.6 2.5 2.4 2.2 2.0 Beverage 0.9 0.9 0.9 0.8 0.8 0.8 Cotton 2.0 2.1 2.2 2.2 2.2 2.2 Other 8.7 8.8 9.3 9.7 10.5 11.4 Intermediate Goods, etc. 9.3 9.9 10.5 11.2 11.9 12.5 Energy 1.7 1.7 1.8 1.9 2.0 2.1 Raw Material 5.8 6.4 7.0 7.6 8.2 8.7 Alumina 1.8 1.8 1.7 1.7 1.7 1.7 Equipment Goods 6.9 7.4 8.3 9.3 10.2 11.2 Total 30.5 31.7 33.7 35.6 37.8 40.1 West Cameroon 4.3 4.5 4.7 4.9 5.2 5.4 Total Imports 34.7 36.2 38.4 10.5 43.o 45.5 Table l8 ASSUMPTIONS UNDERLYING BALANCE OF PAYMENTS rROJECTION (in billion CFA francs) 1965 1966 1967 1968 1969 1970 Net investment income Interest on ext. Govt.debt 0.14 0.14 0.13 0.13 0.12 0.12 Interest on new Govt.debt 0.03 0.07 0.12 0.22 0.34 0.49 Interest on ext. and new guart. debt 0.10 0.12 0.15 0.17 0.20 0.22 Total 0.27 0.33 0.40 0.52 0.66 0.83 Current Transfers F.E.D. 0.14 0.11 0.08 0.05 0.03 - Grants F.A.C. ) F.E.D. ) 3.20 h.4o 5.60 6.oo 5.0 5.50 Loans Soft 0.50 0.65 0.85 1.50 2.10 2.40 Hard 1.00 1.45 2.55 3.00 3.40 3.60 Total 1.50 2.60 3.h0 6.50 5.50 6.oo Table 49 PROJECTION OF SELECTED ITEMS OF BALANCE OF PAYMENTS (in billion CFA Francs) Plan period 1964 1965 1966 1967 1968 1969 1970 Exports (f.o.b.) 34.5 35.1 35.6 36.5 38.1 39.6 41.0 Imports (c.i.f.) 32.9 34.8 36.2 38.4 50.5 13.0 s.) Trade Balance +1.6 +0.3 -0.6 -1.9 -2.4 -3.4 -6.5 Non-factor services, net -2.7 -3.0 -3.3 -3.9 -4.2 -4.8 -5.1 Government services +1.0 +0.7 +0.3 +0.3 +0.3 +0.3 +0.2 Investment income, net -2.1 -2.2 -2.3 -2.4 -2.6 -2.8 -3.1 Ealance of Goods & Services -2.2 -4.2 -5.9 -7.9 -8.9 -10.7 -12.5 Net transfers -1.1 -1.5 -1.5 -1.5 -1.6 -1.7 -1.8 Balance on current account -3.3 -5.7 -7.4 -9.4 -10.5 -12.4 -14.3 Official capital:a.grants 2.5 3.2 4.4 5.6 6.0 5.6 5.0 b.loans 0.5 1.5 2.6 3.4 4.5 5.5 6.0 Debt repayments -0.4 -0.4 -o.5 -o.5 -0.5 -0.6 -0.6 Other incl. errors and omissions +04. +2.2 +1.5 +1.5 +1.5 +1.9 +2,9 Changes in reserves (increase -) +0.3 -0.8 -0.6 -0.6 -1.0 ±n +1.0 Table 50 PROJECTION OF GROSS DOMESTIC PRODUCT AND EXPENDITURE (billion CFA francs, current prices) Rate of growth 1959 1962/63 1963/64 1965/66 197071 1965/70 1965- % Current prices prices 1/ Domestic Production Agriculture 5h.o 61.2 64.6 66.1 77 3.0 Industry & construction 11.3 17,4 19.6 24.1 39 10.0 Commerce 29.4 37.1 39.9 42.0 49 3.0 Transport and communications 3.4 5.8 6.8 8.5 12 8.0 Services 3.6 6.7 8.0 10.6 14 6.0 Public administration 1o.4 13.9 15.0 16.5 25 9.0 Personal services 1.5 2.6 2.6 2.8 4 5.0 GDP at market prices 113.6 144.7 156.5 170.6 220 5.0 Imports of goods and services 2h.7 35.9 38.6 43.4 58 6.0 Total Supply 138.3 180.6 195.1 214.0 278 5.4 Private consumption 80.3 109.6 117.2 132.1 159 3.8 Public consumption 15.7 21.7 23.2 25.7 40 9.3 Private investment 6.6 10.0 11.1 11.0 17 2.1 Public investment 5.3 5.2 6.1 6.o 16 21.7 Total domestic expenditure 107.9 146.5 157.6 170.8 232 6.2 Exports of goods and services 30.4 34.1 37.5 39.2 46 3.3 Total Demand 138.3 180.6 195.1 214.0 278 5.4 Sources: Comptes Economiques, Ann6es 1959, 1962/63 et 1963/64; R6publique F6d6rale du Cameroun, Donn6es Essentielles de la R6publique Fd6rale du Cameroun. 1/ Mission Estimates. 1965 prices except for exports which have been valued at world market prices projected for 1970. Table 51 PROJECTION OF INVESTMENT AND SOURCE OF FINANCE (billion CFA francs, current prices) 1959 1962/63 1963/64 1965/66 1970/71 / Investment Gross fixed capital formation 11.1 15.2 17.2 17.0 33.0 Total Investment 11.1 15.2 17.2 17.0 33.0 Source of Finance Private saving 17.7 14.0 12.6 9.7 14.0 Public saving -1.5 -1.0 +2.9 +1.6 5.0 Total national saving 16.2 13.0 15.5 11.3 19.0 Net borrowing from abroad -5.1 2.2 1.7 5.7 14.0 Total Finance 11.1 15.2 17.2 17.0 33.0 Sources: Comptes Economiques, Annees 1959, 1962/63 and 1963/64; R6publique F6d6rale du Cameroun, Donn6es Essentielles de la R6publique Fed6rale du Cameroun. 1/ Mission Estimates. 1965 prices except for exports which have been valued at world market prices projected for 1970.
Группа Всемирного банка · Pre-2003 Economic or Sector Report
Cameroon - The economy of the Federal Republic of Cameroon : L'economie de la Republique Federale du Cameroun
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Всемирный банк