mmmmmmmm mmmm mmmm mmmm mmmm mmmm mmmm mmmm mmmm mmmm mmmm mmmm mmmm mmmm mmmm mmmm mmmm mmmm mmmm PROGRAMME CONJOINT PNUDIBANQUE MONDIALE D'ASSISTANCE A LA GESTION DU SECTEUR DE L'ENERGIE (ESMAP) Le Programme d'assistance B la gestion du secteur de I'dnergie (ESMAP) a eti lanci en 1983, conjointement par la Banque mondiale et le Programme des Nations Unies pour le ddveloppement (PNUD), pour compldter le Programme d'dvaluation du secteur de I'dnergie mis en place trois ans plus tdt. Une Commission internationale s'est rimie en 1990 pour aborder la question du rBle de I'ESMAP dans les a m k s 90. Elle a conclu que le Programme avait un rdle essentiel ajouer au cours de la dicemie a venir dans le cadre des efforts ddployk pour aider les pays en ddveloppement a mieux gker leur secteur de I'inergie dans la mesure oh la fourniture d'dnergie 2i un prix raisonnable est un facteur ddterminant du rythme et de I'amplitude du micanisme de croissance. Les recommandations de la Commission ont dti largement approuvbs lors de I'Assemblte annuelle de I'ESMAP en novembre 1990. Aujourd'hui. I'ESMAP rdalise des ivaluations inergttiques, des itudes de priinvestissement et de prifaisabiliti et dispense des conseils d'ordre institutiomel et politique. Le Programme vise B renforcer ['impact de I'aide bilatdrale et multilatdrale et des investissements privis en apportant une assistance technique aux pays en ddveloppement dans le domaine de I'dnergie. Les rdsultats et les recommandations issus des activitds de I'ESMAP dans Les diffirents pays permettent aux gouvernements, aux bailleurs de fonds et aux investisseurs potentiels de disposer des informations nicessaires pour identifier des projets tnergdtiques tkonormquement el kologiquement viables el accilerer leur prdparation et leur mise en oeuvre. Les activitis opdratiomelles du Programme relbvent de deux divisions du Dtpartement de I'industrie et de I'dnergie de la Banque mondiale el du Secritariat de I'ESMAP. Les aclivitb du Programme sont giries par le Croupe consultalif de I'ESMAP qui comprend les cofinanciers, le PNUD et la Banque mondiale, les gouvernements qui apportent un appui financier et les reprkntants des Mnificiaires de cette assistance. LePresident du Croupe est le Vice-Prisident de la Banque mondiale. Politiques et recherche sectorielles. I1 est second6 par un Secrdtariat cotffd par le Secretaire exdcutif du Croupe qui est dgalement chargi d'organiser las relations avec les bailleurs de fonds et d'assurer le financement des activitb du Programme. Le Secritariat apporte dgalement un soutien et des conaeils a un Croupe consultatif technique compod d'experts indipendants dans le domaine de I'energie. qui se riunit piriodiquement pour examiner de fason ditaillb I'ordre dujour du Programme, les activitis et alltres questions liks au fonctionnement de I'ESMAP. La Division de la stratigie et des programmes de I'ESMAP est chargk de prkiser quels sont les pays qui devraient recevoir une assistance dans Ie cadre du Programme, de prdparer les programmes d'assistance technique pertinents pour ces pays et d'apporter un soutien au Secrttariat sur les questions de financement. Elle effectue Bgalement des itudes de nature ginirale comme les dvaluations inergitiques. La Division Opirations de I'ESMAP est chargk de la conception ddtaillk el de I'exdcution d'activitis comprenant essentiellement I'dlaboration de strategies sous-sectorielles, des travaux de priinvestissement, des itudes institutio~elles,une assistance technique et une action de formation dans la cadre des programmes d'assistance au pays s'inscrivant dans I'ESMAP. Le programme ESMAP est un effort de cooperation internationale appuyd par la Banque mondiale, le Programme des Nations Unles pour le diveloppement et d'autres organismes des Nations Unies, la Communauti europ&nne, I'Organisation des Etats amiricains (OEA), I'Organisation latino-amiricaine de I'inergie (OLADE) et un certain nombre de pays dont I'Allemagne, I'Austral~e,la Belgique, le Canada, le Danemark, les Etats-Unis, la Finlande, la France, I'lrlande, I'lslande, I'ltalie, le Japon, la Norvbge, la Nouvelle-Elande, les Pays-Bas, le Portugal, le Royaume-Uni, la Suede et la Suisse. AUTRES INFORMATIONS Pour toutes informations compldmentaires sur le Programme ou pour obtenir des exemplaires des rapports de I'ESMAP, veuillez contacter : Bureau du Directeur - LeSecrdtaireexdcutif OU Ddpartement industrie et dnergre Croupe consultatif de I'ESMAP Banque mondiale Banque mondiale 1818 H Street, N.W. 1818 H Street, N.W. Washington, D.C. 20433 Washington, D.C. 20433 U.S.A. U.S.A. POUR USAGE OFFICIEL Rapport no. 8017-RW RWANDA PROBLEMES ET CHOIX ENERGETIQUES Juillet 1991 Le present rapport fait partie d'une serie publi6.e dans le cadre du programme PNUDIBanque mondiale pour favoriser la maltrise des choix energetiques. I1 a 6t6 financegrace a une contributionde I'Agence Canadiennede DeveloppementInternational(ACDI) aESMAP et l'execution en a 6teconfi6.ea la Banque mondiale. Le present document fait l'objet d'une diffusion restreinte, sa teneur ne peut &tredivulguh sans l'autorisation du Gouvernement, du PNUD ou de la Banque mondiale. SOMMAIRE Le Rwanda dispose de ressources energetiques relativement limitees qui se composent essentiellementde bois de feu, d'hydroelectricite et de methane (dont les gisements sontencore quasiment inexploitds). Vu la physionomie actuelle de la demande d'energie, la densite et I'accroissement de la population, ainsi que l'enclavement et la topographie du pays, les ressources sont soit susceptibles de s'epuiser, soit fort coQteusesa produire et a distribuer. La majeure partie (prb de 90%)de l'energie provient de la biomasse (combustibles ligneux et rdsidus de recolte) et les menages sont les principaux consommateursd'energie (prb de 90%). Le pays importe environ 80%de son energie commerciale, ce qui absorbe entre 35 et 40% de ses rentrees de devises. Dans cette situation, le pays devrait surtout orienterses effortsvers une efficacite accruede production et d'utilisation de I'energie afin d'en diminuer le coot pour 1'6conomie nationale et de reduire le ddsequilibre entre la consommation et un approvisionnement durable en combustibles ligneux. L'etude recommande notamment que: (a) les propositions actuelles concernant la politique des prix et la politique fiscale a appliquer aux combustibles ligneux soient appliquees et que le niveau et la structuredes prix des produits petroliers et de 1'6lectricite soient r6examines, puis reajustds, afin que les utilisateursprennent consciencedu coot economiquede l'energie qu'ils consomment, comptetenu egalement d'autres objectifs propres au contexterwandais (finances, equite, fiscalite, balance des paiements); (b) le r81e de la Direction generalede 1'Energie pour ce qui concerne les produits petroliers et l'energie domestique soit accru (tout en continuant a reconnaitre le r81e et les responsabilitds d'ELECTROGAZ d m le sous-secteur de l'electricit6), par une amelioration des methodes de planification et du fonctionnement des organismes d'approvisionnement en energie, et par une formation appropride de la maind'oeuvre; (c) l'on donne la priorite a la preparation et la mise en oeuvre des conclusions d'etudes, ainsi qu'aux projets pilotes en cours (notamment dans le domaine des combustibles ligneux, mais aussi d m les sous-secteursdu petrole et de 1'61ectricite), afin d'accroitre l'efficacite de la production et de la consommation finale de l'energie; (d) les prealables techniques, economiques et institutionnels la mise en valeur commerciale du methanedu lac Kivu soient etablis et qu'un programme de realisation par &apes et au moindre coot concu soit adopt6 pour attirer la participationdu secteur prive; et enfin que (e) la preparation du Plan directeur d'electrification (en cours) soit acc616ree pour que tout investissement majeur au niveau de la production soit bask sur ce plan. SIGLES ET ABBREVIATIONS BUFMAR Bureau des formations medicales agr&es du Rwanda BUNEP Societd nationale d'etudes de projets CARE INTERNATIONAL Association americaine d'aide internationale CEAER Centre d'etudes et d'applications de l'dnergie au Rwanda CCCE Caisse centrale de cooperation hnomique CEPGL Comrnunaute hnomique des Pays des Grands Lacs CTS Cooperation technique suisse DCS Direction de la conservation des sols DGE Direction generale de l'energie DGEau Direction generale de l'eau DGF Direction g6nerale des for&ts DGPA Direction gendrale de la production agricole DGR Direction du genie rural DSE Direction de la sante et de l'eau DT Direction des transports EBF Economie de bois de feu EDF Electricit6 de France EGL Energie des Grands Lacs ELECTROGAZ Etablissement public de production, de transport et de distribution d'electricite, d'eau et de gaz EPFL Ecole polytechnique fdderale de Lausanne ERP Entreprise rwandaise de petrole FAC Fonds d'aide et de cooperation FED Fonds europkn de developpement FENU Fonds d'equipement des Nations unies GNC Gaz naturel comprime GNL Gaz naturel liquefie GPL Gaz de petrole liquefie GTZ Gesellschaft fir Technische Zusammenarbeit IDA Association internationale de developpement IFP Institut fran~aisdu petrole INRS Institut national de la recherche sociale IPC Interdisziplinire Projekt Consult, GmbH ISAR Institut des sciences agronomiques au Rwanda KFW Kredietanstalt fir Wiederaufban MINAGRI Ministere de l'agriculture, de l'dlevage et des for& MINIFIN Ministere des finances MINIFOPE Ministkre de la fonction publique MINIMART Ministkre de l'industrie, des mines et de l'artisanat MINIPLAN Ministkre du Plan MINISAPASO Ministere de la sante publique et des affaires sociales MINITRANSCO Ministkre des transports MINITRAPE Ministkre des travaux publics, de l'energie et de l'eau OBK Organisation pour l'amenagement et le developpement du bassin de la riviere Kagera OCIR Office des cultures industrielles du Rwanda ONAPO Office national de la population ORTPN Office rwandais du tourisme et des parcs nationaux PAE Plan d'action pour I'environnement PAP Projet agro-pastoral PNUD Programme des Nations unies pour le ddveloppement SEN Strategic environnementalenationale SINELAC Societe nationaled'aectricite des Pays des Grands Lacs SOCIGAZ Societeinternationaled'exploitation, detransport etde commercialisation du gaz methane du lac Kivu UNR Universite nationaledu Rwanda USAID Agence des Etats-Unis pour le developpement international MONNAIE 1 franc rwandais (FR)= US$0.013 $EU (juin 1988) 75 francs rwandais = 1.00 $EU Bbl bail de petrole 0,15899 m3 = 42 gallons EU BTU British Termal Unit 0,252 kilocalorie = 1,055 kJ Gwh gigawattheure 1.000.000 kilowattheures (kwh) k kilo 1.000 kcal 3.968 BTU 4,ig x 1 0 3 ~ ~ km kilometre 1.000 metres kV kilovolt 1.000 volts kwh kilowattheure 1.000 Watt-hours 1 litre m3 metre cube MJ megajoule rnrnBTU million de BTU MVA megavoltampere 1.000 kilowattamperes MW megawatt 1.000 kilowatts; 1.000 kW Mwh megawattheure 1.000 kilowattheures = 860.000 kcal = 0,248 TEP d'Quivalent thermique pour la production d'electricite (avec un rendement de 34%) Nm3 metre cube normal lm3at 0" centigrade et 1 atmosphere TEP tonne equivalent de 10,2 million kcal = 40,s million BTU = petrole 42,s GJ stere bois d'eucalyptus 450 kg n de pin 300 kg t tonne metrique 1.000 kilograms 1m3 eucalyptus solide 900 kg I1 pin solide 750 kg BT Basse tension HT Haute tension MT Moyeme tension COEFFICIENTSDE CONVERSION EN ENERGIE Source energetique GJ = l@M.J/unite UniteITEP Combustibles liquides (t): Petrole brut GPL Kerosene Carburacteur Essence Gazole Gazole industriel Fuel Methane 33,s Electricit6 (MWh) 3,6 (per def.) 4,o Bois de feu (t) 16a/ 2,91 Charbon de bois (t) 30 a/ 1/46 a/ Bois seche a l'air, 15%de teneur en humidite du bois mouille (t.h.b.m.). ANNEE BUDGETAIRE ler janvier - 31 dkembre Le present rapport est fond6 sur les conclusions d'une mission d'evaluation du secteur 6nerg6tique qui s'est rendue au Rwanda en juin 1988. La mission h i t compost% de: R. Broadfield (chef de mission), T. Holtedahl (coordinateur du rapport), K. Mikitin (coordinateur et conseiller, sous-secteur de l'electricite), M. Patou (consultant, spkialiste du petrole), L. Alston (consultant, ingenieur Bectricien), P. Millan (hnomiste), P. Moulin (consultant, spkialiste du methane), J.R. Mercier (consultant, spkialiste de l'energie domestique et des combustibles ligneux), P.R.S. Koulen (consultant, spkialiste des energiesnouvelleset renouvelables). R. van der Plas (spkialiste de l'energie domestique) a participe a la mise au point du chapitre sur la biomasse et l'dnergie domestique. TABLE DES MATIERES RESUME ET PRINCIPALES RECOMMANDATIONS . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . i I. L'ENERGIE EI'L'ECONOMIE . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1 Lecontexte . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1 L'energie et la balance cornmerciale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3 L'approvisionnement energetiqueet la structure de la consommation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4 Les investissements dans le secteur de l'energie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6 Les projections energetiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6 n LES INSTITUTIONS ET LA PLANIFICATIONDU SECTEURDE . L'ENERGIE . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10 Les institutions du secteur de l'energie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10 Organisation institutionnelle dans le sous-secteur des combustibles ligneux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11 Les institutionsdu sous-secteur de 1'6lectricit6 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12 Les sous-secteurs du petrole et du gaz . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13 Institutionssectorielleset planification . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13 Recommandations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14 111 LA BIOMASSE ET L'ENERGIE DOMESTIQUE ........................ 16 . Structure et niveau actuels de la consommation d'energie des menages . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16 Structure de la demande de combustibles issus de la biomasse . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .17 . Approvisionnement actuel des menages en combustibles domestiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .18 Pr6visions de la consommation d'energie par les menages jusqu'a l'an 2000 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .19 Estimation de l'approvisionnement soutenable en combustibles ligneux partir des sources existantes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20 a Bilan des combustibles ligneux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .20 Politique des prix du bois et des combustibles ligneux et efficacite du recouvrement des coats . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .21 Mesures visant renforcer les programmes d'approvisionnement en bois . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .24 Mesures actuelles et projets pour economiser sur les combustibles ligneux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .25 Options de remplacement des combustibles ligneux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 27 Variante de la prevision de la consommation d'energie parlesmenages . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .28 Aspects institutionnels . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .29 Recommandations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .30 IV.LES PRODUITS PETROLIERS .................................... 32 Situationgenerale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .32 Structure et evolutionde la demande ................................. 32 Organisation du sous-secteur petrolier . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .34 Approvisionnementet distribution . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .34 Stocks regulateurs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .37 Fiscalit6 et prix . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .38 Institutions et politique petrolikres . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .40 La rauction des consommations spkifiques ............................ 41 La substitution d'autres formes d'energie aux produits pktroliers . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .42 . Rkapitulation des principales recommendations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .43 V. L'ELECTRICITE . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .45 Demande d'electricite: tendances pass& et futures .................................................45 Croissance future de la demande . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .47 Offre d'blectricite . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .50 Organisation du secteur de 1'6lectricit6 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .50 Fiabilite de l'offre interieure . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .53 Exploitation et entretien . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .55 Propositions d'investissement . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .56 Tarifs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .61 Recommandations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .54 VI. LEMETHANE . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .67 Generalit& et historique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .67 Utilisations finales et march& . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .69 Techniques .................................................72 coots .................................................... 74 Aspects institutionnels . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .77 Conclusions et recommandations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .78 VII LES SOURCES D'ENERGIE NOUVELLES El'RENOUVELABLES . . . . . . . . . . . . 80 L'Energie Solaire ............................................ 80 Ressources disponibles .......................................80 Caracteristiques de la demande .................................. 80 Recommandations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .83 Microhydro-Electricit6 ......................................... 84 Ressources disponibles ....................................... 84 Caracteristiques de la demande . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .85 Problkmes ............................................... 86 Recommandations .......................................... 87 Biogaz . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .87 Ressources disponibles .......................................87 Caracteristiquesde I'offre et de la demande . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .87 Problkmes et recommandations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .89 Energie Eolieme . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .89 Conclusions et recommendations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .89 VIII. ENVIRONNEMENT El" SOURCES D'ENERGIE . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .91 Generalit& . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .91 Liens entre l'energie et l'enviromement. par source d'energie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .94 Produits petroliers . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .94 Hydro-electricit4 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .94 Bois . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .96 Charbon de bois . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .96 Papyrus . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .96 Tourbe . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .97 Methane . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .97 Liens entre l'energie et l'environnement, par region . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 99 Conclusions et recommandations .................................. 100 TABLEAUX L'energie et la balance commerciale. 1983-87 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4 Bilan energetique. 1987 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5 Comparaisons internationales de la consommation d'energie commerciale. 1986 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6 Demande brute d'energie en 1987 et en 2002 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9 Consommation d'energie domestique. 1987 (utilisation finale et utilisationd'energie primaire) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16 Evolution du nombre d'irnrnatriculations de vehicules neufs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .33 Parc de carnions rwandais affect& aux transports internationaux (au 31 decembre 1987) ................................36 Consommation par catdgorie de consommateurs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .45 Comparaison de la production annuelle garantie et de la production effective en 1984-87 .................................... 56 Tarifs de 1'61ectricit6 en vigueur et CMLT . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .62 Tarifs de l'electricite . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .63 Coot des combustibles petroliers et du gaz ...............................75 Microcentraleshydro-electriques en service ..............................84 Apercu de quelques activitb intdressant l'environnement au Rwanda ......................................93 Recapitulation de I'impact environnemental de la mise en valeur des sources d'energie au Rwanda ............................ 100 ANNEXES 1.1 Consommation d'energie domestique. 1987 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 102 1.2 Bilan energetique: combustibles traditiomels. 1987 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 103 1.3 Repartition par prefecture de la production de charbon de bois pour le marche de Kigali . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 104 1.4 Projectionsd6mographiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 105 1.5 Projections des besoins en energie domestique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 106 1.6 Approvisiomement soutenable en combustibles ligneux. 1987 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 107 1.7 Bilan des combustibles ligneux. 2002; et Analyse de sensibilite du Plan Forestier National . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 108 1.8 Coats actualises de plantation pour proprietaires prives et publics. 1987 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 110 1.9 Prix proposes par la DGE pour les combustibles ligneux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 111 1.10 Structure des prix du charbon de bois . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 112 1.11 Comparaison des revenus produits par les mdthodes de carbonisation traditionnelle et amelioree; Influence de la distance de transport et du prix du bois sur pied sur la valeur de la main-d'oeuvre du charbomier . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 113 1.12 Projets relatifs l'energie domestique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 114 1.13 Mesures d'kconomie des combustibles ligneux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 115 1.14 Comparaison des coGts economique et financier des combustibles domestiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 118 1.15 Briquettes de papyrus . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 119 1.16 Utilisation de la tourbe c o m e combustible . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 121 1.17 Projections des besoins en energie domestique Scenario11 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 122 1.18 Consommation de combustibles ligneux. 1987-2002 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 123 2.1 Consommation de produits petroliers . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 124 2.2 Structure des prix petroliers . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 125 2.3 Evolution de la structure des prix petroliers . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 126 2.4 Evolution de la reglementation des prix petroliers . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 127 2.5 Imp& et taxes sur les produits petroliers . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 128 2.6 Structure des prix pdtroliers en juin 1988 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 129 3.1 Projections de la consommation d'electricite . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 130 3.2 Bilans d'knergie et de puissance. projection de la consommation selon le Scenario B . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 131 3.3 Demande et approvisiomement dans le rdseau interconnect6 du Burundi. Rwanda. et du ZaYre-Kivu . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 132 3.4 Electrogaz; Centrales electriques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 133 3.5 Electrogaz; Approvisiomement en electricite. 1983-87 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 134 3.6 Electrogaz; Organigramme . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 135 3.7 Plan d'investissement dans le sous-secteur electrique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 136 3.8 Coat des centrales electriques proposees . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 137 3.9 Electrification rurale; critkes d'acceptabilite desprojets . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 138 3.10 Coot marginal de l'dlectricite . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 142 4.1 Methane du lac Kivu .Ressources disponibles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 144 4.2 Methane du lac Kivu .Technologie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 145 5.1 Systbmes d'klairage solaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 149 5.2 Comparaison de cow; refrigerateurs solaires et akCrosbne . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 151 5.3 Valeur actualisee des ddpenses en dlectricitd fournie par le rheau et par des systbmes photovoltdiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 152 5.4 Estimation de la consommation d'energie solaire. 1988 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 153 5.5 Inventaire des sites potentiels de microcentrales hydroelectriques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 154 5.6 Sites retenus pour des microcentrales hydroelectriques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 156 6.1 Evaluation des risques lit%B l'exploitation du methane du lac Kivu . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 157 CARTE RWANDA; Rheau Electrique (Power Network); IBRD #21047. Mars 1989 . RESUME ET PRINCIPALES RECOMMANDATIONS Introduction 1. L'etude a pour but d'evaluer la situation energetique du Rwanda, notamment ses ressources energetiques et les moyens dont il dispose pour les exploiter, et de suggerer des priorites concernant les actions que le Gouvernement et les bailleurs de fonds exterieurs pourraient mener dans le secteur. Ce rapport fait suite 2 une evaluation energetique achevk en 1982 (Rapport no 3779-RW) et 2 un rapport d'achkvement de travaux publie en 1984 (no 017184). Bien que la structure du secteur energetique n'ait gukre change depuis la premiere evaluation, la prkente etude procue 2 une evaluation independante des problkmes et des choix fondamentaux tels qu'ils sont perGus une dizaine d'rum6es plus tad. 2. La mission principale de preparation de l'btude a eu lieu en juin 1988 et Ile rapport preliminairesoumisau gouvernementrwandais en septembre 1989. Pour diverses raisons, les discussions des conclusionsdu rapport avec le gouvernement ont dO &trereportdes. En mailjuin 1991, au moment des discussions, le gouvernement avait commence 2 mettre en oeuvre un programme de reformes macro~conomiqueset du secteur Energie. L'etude incorpore une partie de ces ddveloppements. M&me si les d o n n k prhentees dans l'etude n'ont pas 6te mises 2 jour, les problkmes du secteur Energie demeurent les mCmes, et pour cette raison il est apparu preferable de publier l'dtude le plus rapidement possible. Une mise 2 jour, sera eventuellement effectuee dans le cadre d'un futur pr&tde la Banque Mondiale. Les entraves au develo~pementdu secteur enereetiaug 3. Le Rwanda est un petit pays enclave 2 faiblerevenu et fortementpeuple, et ses problbmes energetiques sont surtout li& 2 ces facteurs. La plupart des Rwandais utilisent du bois et des sous-produits agricoles pour la cuisine et leurs autres besoins energetiques essentiels. En taison de la forte densite de la population, le bois de chauffage devient de plus en plus rare et les efforts de reboisement concurrencent les besoins additionnels de tettes pour la production agricole. Vu l'enclavement du pays, la quasi-totalit6 de ses importations, y compris le petrole, doivent passer par des pays voisins. De ce fait, il se heurte 2 deux grandes difficultesdans le secteur petrolier: des prix 6leves et une securite d'approvisionnement ptdcaire. Etant donne que les frontikres du Rwanda longent generalement de grandes voies d'eau, ses principales ressources hydroelectriques se trouvent le long de ses frontikres, ce qui l'oblige 2 conclure des accords avec d'autres pays pour les exploiter. Le r&eau electrique du Rwanda est relie 2 ceux du ZaYre et du Burundi par l'intermediaire de deux systkmes qui alimentent les trois pays en electricite. Les seules ressources en hydrocarbures que l'on connaisse sont les importants gisements de methane, quasiment inexploit&, dissous dans les profondeurs du lac Kivu, que se partagent le Rwanda et le ZaYre. 4. La penurie de techniciens et de cadres de gestion ne peut que retarder la mise en valeur des ressources energetiques du pays et limiter les possibilit& de definir une politique efficace ainsi que la planification et le bon fonctionnement des organismes de production, de commercialisation et de consommation de l'energie. La consommationd'ener~ie 5. Au Rwanda, l'approvisionnement 6nerg6tique est surtout tributaire de trois sources d'dnergie: les combustibles ligneux, les sous-produits de l'agriculture et les produits pdtroliers import&. Le bois de feu et le charbon de bois subviennent ensemble h plus de 80% des besoins 6nerg6tiquesdu pays et les deux autres sources repondent chacune h prb de 9% de la demande. L'hydro6lectricit6, qui occupe une place pr6pond6rantedans le programme d'investissement public dans le secteur 6nerg&ique, ne repond qu'h 1%environ de la demande globaled'6nergie. La consommationfinale d'dnergie, qui se chiffre h quelque 1,l million de TEP (tomes Quivalent petrole), soit environ 170 kg Quivalent petrole par habitant, est faible, tout c o m e la consommation commerciale--16 kg Quivalentpetrolepar habitant. Cela peut s'expliquer par la faiblessedes revenus, la chert6 relative des produits p&oliers et le montant 6lev6 de la redevance de raccordement au r&eau dectrique, la pr6pond6rance d'une agriculture de subsistanceet le faible d6veloppement du secteur industriel. 6. La consommation d'6nergie cornmercialea progress6 h un taux moyen annuel d'environ 10%entre 1980 et 1987 (les produits p6troliers ont augment6 d'environ 10%par an et l'dectricit6 de 9%). Le pays importe h peu prb 80% de son 6nergie commerciale, qui a represent6 en moyenne 18% des importations de marchandises entre 1983et 1987. La consommationd'61ectricit6 par habitant a 6t6 de 16kwh en 1987, soit l'une des plus faibles de I'Afrique subsaharienne. CONSWllATIOW FINALE D8ENERGIE-1987 En milliers de TEP Pourcentage Bois de feu 874,O Sws-produi ts de 18agriculture 100,O Charbon de bois 3084 Twrk 085 Produits Htroliers 97,4 Electricit6 8.9 Total 1.111,2 Source: voir tableau 1.2. Les ressources 6ner~6tiaue 7. Le Rwanda dispose de ressources 6nerg6tiques relativement limit&, qui se composent essentiellement de bois de feu, d'hydro61ectricit6 et de m6thane. Cependant,vu la physionomie actuelle de la demande, la densit6 et l'accroissement de la population ainsi que l'enclavement et la topographie du pays, les ressources sont soit susceptibles de s'6puiser, soit relativement coOteuses h produire et h distribuer. 8. Le couvert forestier s'6tend sur environ665.000ha, soit 25%de l'ensemble des terra. Ceci comprend les f o r k naturelles et les savanes @r@ond6rantes), les domaines forestiers, les plantations villageoises et privk, ainsi que des arbres de ferme disperses. On estime que 95% de la production de bois est destink h la consommation 6nerg6tiquedomestiquesous forme de bois de feu et de charbon debois. Environ 85%des combustiblesligneux sont utilish directementcomrne bois de feu, le reste &ant transform6 en charbon de bois. Les donn& relatives h la foresterie et aux combustibles ligneux sont insuffisantes, mais il semble que le pays soit en train d'epuiser ses ressources forestikres l'khelle nationaleet, dans certaines regions, le dhequilibre entre la consommation de bois et les moyens d'assurer un approvisiomement durable est trks prononce. La forte densite de la population et la nkessite d'utiliser des combustibles ligneux pour repondre aux besoins energetiques sont des facteurs determinants. Le charbon de bois, qui absorbe beaucoup de ressources a la production c o m e a l'utilisation, est dans une large mesure responsable du daoisement dans certaines regions du pays. 9. La tourbe et le DaDvruS. En ce qui concerne la tourbe, les estimations varient considerablement,mais il y a au moins 5 millions de tomes de rQerves prouvh. Les marais de papyrus couvrentune superficied'environ 23.000 ha. Vu que la tourbe et le papyrus sont relativementabondants, la possibilite de les substituer a d'autres combustibles dans les secteurs industriel et domestique est actuellement h d i k . Cependant, leur utilisation a une grande khelle est actuellement trks incertaine pour diverses raisons: l'importance et la localisationghgraphique des ressources par rapport aux grands centres de consornrnation, le coot de la production et du transport, leur commodite d'utilisation et les risques qu'une exploitation a grande echelle pourrait causer a l'enviromement. 10. L'hvdroelectricite. Grace la topographie montagneuse et a l'abondance des pluies (1.250-1.500 mmtan), il y a de nombreux cours d'eau rapides et fortement inclines qui devraient offrir un excellentpotentiel de production d'electricite par de petites centrales hydroelectriques. Mais il s'agit d'amenagements fort coQteux en raison de leur faible capacite et d'une topographie qui empkhe la construction de r&ervoirs permettant d'accumuler en saison pluvieuse l'eau dont on a besoin en saison skche. Le potentiel hydroelectrique total est estime a quelque 150 MW. Les installations actuellement comecth au r&eau comprennent quatre centrales hydroelectriques d'une puissance totale installee de 26,s MW (plus quatre groupes diesel de secours ou hors d'usage d'une puissance totale de 3'6 MW). Le Rwanda importe de l'electricite de la centrale zalroise Ruzizi I depuis 1977, mais cet approvisiomement reprhente un pourcentage de plus en plus faible (15% en 1987) de la quantite totale d'energie fournie au r&eau. Les contrats pass& avec le Zalre permettent au Rwanda d'importer environ le double de l'energie achetk en 1987, mais le pays a prefer6 utiliser ses propres centrales au maximum, ce qui a eu un effet defavorable sur ses ressources hydriques (niveau des lacs). A partir de 1989, l'exploitation de la centraleRuzizi 11, dont un tiers appartientau Rwanda, a reduit les importations. Cette reductiondevrait s'accentuer avec l'installation a la m@mecentraled'une troisikmeunite (13,3 MW) vers 1995. En attendantde comaltre les rQultats de l'etude du Plan directeur d'electrification (fin 1991), ce sont probablement des projets regionaux desservant des march& regionaux qui reprhenteront la forme la moins coateuse de production de 1'6lectricite. 11. Les hvdrocarbur~. Le pays n'a pas de rQerves prouvees de petrole brut et tous les carburants et combustiblesliquides doivent @tre'import&a un prix 6leve. Cependant le Rwanda partage avec le Zaire une excellente ressource energetique (et matikre premike petrochimique) sous forme de m&hane en dissolution dans les eaux profondes du lac Kim, sur la frontikre entre les deux pays. Les rherves rkuperables se chiffrent a quelque 50 milliards de Nm3, ce qui Quivaut a environ 40 millions de TEP. Une usine d'extraction pilote a ete construiteen 1963. I1 ressort clairementde la serie d'hdes m e n h sur les aspects techniques, economiques et de skurite qu'il est possiblede produire ce gaz c o m e combustible, mais, selon les estimations, les coats d'amenagement sont actuellement trop eleves. D'autres etudes, a partir de techniques mieux adapth et d'exploitations petite echelleseraient a realiser pour bien etablir le potentiel reel de ce gaz comme resource energetiqueque le Rwanda pourra produire a un c d t competitif et une assez grande khelle. ti 12. Les energies nouvelles et renouvelabln. En d@it d'une situation relativement prometteuse et du coot eleve des energies classiques, I'application des techniques utilisant les energies nouvelles et renouvelables a ete restreinte et il est peu probable que les energies de substitution remplaceront, relativement grande khelle, les energies traditio~ellesou modernes a moyen terme. La plupart des options, dans I'etat actuel de la techniqueet vu les prix internationauxde l'energie, ne sont pas hnomiques. Cependant, les systbmes photovolta'fqueset les microcentrales hydroelectriques semblentofftir certaines possibilith dans des regions isolh. .. et m l ~ u v e m e mne u le secteur de I'enerpie 13. Face ces contraintesde ressources dnergetiques, la politiquedklar& du Gouvemement met l'accent sur: (a) l'autosuffisance energetique; (b) la regeneration et I'dargissement du potentiel de production de bois de feu; (c) une efficacite accrue dans la production de charbon de bois et I'utilisation des combustiblesligneux; (d) le recensement d'energies de substitutioncompetitivestelles que la tourbe, les biogaz, etc.; et (e) l'extension du r&eau electrique aux zones rurales et aux industries artisanales, et une politique de tarifs abordables. L'augmentation en 1991du prix de 1'6lectricite montre l'intdr@tque porte le gouvernement rwandais a la mise en oeuvre de prix appropriesrefletant le coot economique de I'approvisio~ement,ce qui constituerait l'instrument le plus important d'une regulation efficace de la demande. 14. Les prix actuels du bois de feu et du charbon de bois ne reflbtent pas les d t s hnomiques, et le systbme actuel n'encourage gubre l'efficacite dans l'utilisation des combustibles ligneux et la production de charbon de his. D'une manibre gdnerale, les prix de ces deux combustibles sont determines par le marche. L'Etat intervient en fixant une redevance d'exploitation pour le bois qui provient des for@&domaniales, mais le prix officiel n'est presque jamais applique, la plupart des transactions s'effectuant des prix trks inferieurs. Les prix du march6 auxquels se vend le bois sont egalement inferieurs au coot du bois provenant de la plupart des types de plantations, ce qui reflbte notamment le faiblepouvoir d'achat des consommateursqui utilisent du bois de feu pour fairela cuisine, la port& limit& des marches de bois de feu commercial et des utilisations plus rentables du bois, et l'existence de sources d'approvisiomement oh le coot total du bois n'est pas pleinement percu par le fournisseur . . . 15. rica en viguwr jusqu'en juin 1991, (et approuves en janvier 1988), ont ternplace des tarifs qui etaient appliquesdepuis 1981. Le changement effectue en 1988reprkentait une baisse moyenne de 1496, alors que les consultants avaient recommand6 une augmentationde 15% en se fondant principalement sur la nkessit4 financibre d'un rajustement des tarifs. Pour la clientele basse tension, les tarifs sont inferieurs d'environ 40%au coot hnomique estime tandis que la clientele moyenne tension paye un prix correspondant au coot hnomique. I1 n'y a pas de tarif pour les bnomiquement faibles et les coots de branchement sont trks elevds. Le niveau des tarifs est donc trop bas, tant sur le plan d'efficacitd hnomique que sur celui de la realisation des objectifs financiers de l'entreprise de servicepublic, sanstoutefoiscorrespondreaunepolitiquesocialer&lle. Legouvernement a dkid6 de rQoudre ce problkme par etapes. En juillet 1991, il a annonce que les tarifs seraient augment& de 50% pour tenir compte de la devaluation du franc rwandais. 16. Les mix des ~roduits~etrolier~ne sont que partiellement contr81Q par 1'Etat: pour l'essence et le gazole, un prix de vente maximum est impose, mais pour les autres produits, les prix ne sont pas reglementh. La politiquede 1'Etat en matikre de prix petroliers consiste h maintenir le prix de vente des principaux produits h un niveau nominalement constant et h moduler le niveau de la fiscalit6 en fonction des variations du prix CIF. Les prix maxima, inchangh entre 1981 et 1990, sont donc demeurQ h un niveau correspondant aux prix les plus BlevQ jamais atteints sur le march6 international au taux de change officiel (mais en valeur rklle, ils sont reduits par les effets de l'inflation et de la surevaluationdu franc rwandais). En novembre 1990, suite h la devaluationdu franc rwandais, les prix des produitspetroliers ont 6t6 augment& de 79%' (le nouveau prix de l'essence est maintenant d'environ l$E.U./litre). Les droits et taxes d'entree varient considerablement d'un type de produit h l'autre: ils sont relativement BlevQ pour l'essence et le gazole, mais faibles pour le k6oskne et le fuel. Selon plusieurs indices, la structure et le niveau actuels de la fiscalit6 et des prix ne sont pas les meilleurs du point de m e de l'efficacite, des finances, de l'Quit6, etc.: ils expliquent, en grande partie, l'accroissement rapide de la consommation, les importations clandestines des pays voisins, des substitutions iildhirables et les fortes marges prelevees par les grossistes sur les produits moins lourdement tax&. 17. Les~roblkmesinstitutionnel~.La DirectiongBn6alede1'6nergie @GE)du MINITRAPE (Ministke des travaux publics, de 1'6nergie et de l'eau) joue un r81e de premier plan dans la formulation de la politique sectorielle et de la strategie du developpement, la preparation et l'application des lois sur l'energie, l'exkution d'etudes, la supervision des projets et la tenue de statistiques sectorielles. Cependant, la DGE ne maltrise que partiellement le secteur Bnergetique, &ant donne que le sous-secteur petrolier n'est pas de son ressort et qu'elle n'intervient pas dans la formulationde sa strategie. En outre, aucune instance gouvernementale ne possMe, h elle seule, toute l'information voulue concernant aussi bien l'offre que la demande de bois de feu, ce qui reduit les possibilitQd'adopter une approche integrk des problkmes d'efficacite et de substitution dans le domaine des combustibles ligneux ainsi que de l'ensemble des problkmes du secteur Bnergetique, en raison du r81e prepond6rant que ces combustibles jouent dans ce secteur. Les projets h retenir dans le plan national de developpement sont choisis en fonction de leur concordance avec les objectifs nationaux et sectoriels, mais, pour l'heure, la viabilite hnomique est insuffisarnrnent prise en compte dans les selection des projets, ce qui signifie que les dkisions prises dans le secteur Bnergetique risquent de ne pas &re optimales. Cela reflkte notamment un manque d'konomistes et d'experts financiers h la Directiongeneralede l'energie, et la nkessite pour les cadres de parfaire leurs competences analytiques et de mieux comprendreles methodes d'analyse des projets ainsi que les questionsde planification Bnergetique. Plus fondamentalement, toutefois, cela peut s'expliquer par l'appui financiergenbeux des bailleursde fonds. Enfin, au niveau du secteur Bnergetique et de ses sous-secteurs, il faut que les effets sur l'environnement du developpement Bnergetique fassent partie des responsabilitQ institutionnelleset qu'ils soient integrh systematiquementdans 1'6valuation de la production et de la consommation d'energie. Ces effets concernent en particulier le bois de feu, le charbon de bois et le methane du lac Kim. 18. Au niveau des sous-secteurs, les principales insuffisancessont les suivantes: (a) dans le sous-secteur de la biomasse et de l'energie domestiaue: (i) les lacuna dejh signal& dans la gestiondes combustiblesligneux et de l'energie domestique, et la necessited'assurer une meilleure coordination des activitQ des bailleurs de fonds sur le plan des programmes et des projets dans ces domaines; (ii) l'incertitude qui entoure les donn& sur les combustiblestraditionnelset qui fait obstacle h la planification et la mise en application de mesures efficaces d'approvisionnement et d'utilisation rationnelle de l'energie en zone rurale; et (iii) la penurie d'ingenieurs et de techniciens forestiers; (b) dans le sous-secteur~etrolier: (i) la situation cr& par le fait que les institutions responsables des questions energetiques jouent un r61e minime, voire nul, dans la formulation et l'application de la politique petrolibre du Gouvernement; (ii) un systbmede transporteursagr& disposantd'un parc de camions-citernes pour le transportde produits petroliersprovenant de pays voisins ou transitant par ces derniers, et la reglementation des tarifs des transports, tous deux genbateurs d'inefficacitQ et de coots 6levQ; (iii) les limitations du systkme actuel de suivi des prix petroliers sur le marche international; (iv) l'absence d'un plan d'intervention en cas d'interruptions de l'approvisionnement en produits petroliers; (v) les questionsd'ordre technique, hnomique, financier, juridique et institutionnel qui restent h rQoudre concernant la viabilitede la mise en valeur du methane du lac Kivu h une khelle en rapport avec le potentiel de cette resource et les besoins energetiques du pays; . . (c) dans le sous-secteur de 1'6lectriM: (i) le manque de critbres permettant d'evaluer le coot konomique de l'autonomie de production d'dectricite comparh aux importations regionale, y compris le coot de l'abaissement du niveau des lacs par suite de l'exploitation de centrales electriquesnationales audelh deleur capacitenominale. Ceci devrait&re corrige par un Plan directeur de l'electrification en cours de preparation et prealable h 1'8aboration d'un plan d'investissement au moindre coot pour ce sous-secteur; - vii - (ii) les lacunes de l'analyse et de 1'6valuation des projets d'electrification rurale, ce qui conduit h des extensions intkonomiques du reseau; (iii) l'autonomie operationnelle et financikre limitbe et la faiblesse cornrnerciale d'ELECTROGAZ, et sa participation restreinte h la planification et h la realisation des investissements de production et de transport; (iv) le nombre limit6 de techniciens qualifies dont dispose ELECTROGAZ, notamrnent dans les domaines de la planification et de la maintenance. Les investissements dans le secteur de l'enereie 19. Les investissements~ublicsdans le secteur de l'energie ont 6te dominb jusqu'ici par des projets du sous-secteur de l'electricit6 et il est peu probable que la situation change. Ne disposantpas les rbultats de I'etude sur le Plan directeur de 1'61ectrification, le MINITRAPE a dress6 pour le sous-secteur de 1'6lectricit6 un plan d'investissement provisoire qui prevoit au total 227 millions de dollars EU (prix de 1987) principalement sur la periode 1989-1993. Ce plan reflkte deux objectifs gouvernementaux: devenir independant des importations d'electricite et etendre le reseau aux regions rurales. Sans les dom& du Plan directeur et, en particulier, sans les projections de la demande et une analyse rigoureuse des prix, les decisionsprises risquent de ne pas &re optimales. 11convient egalement de selectionner les investissements avec soin en raison des contraintes de ressources. Le plan d'investissement revkle que la nouvelle source d'approvisiomement la plus rentable pour le Rwanda est la troisikmeunite de Ruzizi 11. D'aprks les projections de la demande, il est peu probable quele Rwanda ait besoin de centrales electriques nouvelles avant 1995s'il tire parti de l'excddent d'electricite du r&eau regional interconnect& Un achkvement rapide du Plan directeur laissera assez de temps pour optimiser les investissements nkessaires h l'accroissement de la demande au delh de 1995. Princi~alesrecommandations 20. Etant dome que le Rwanda dispose de ressources energetiques limitees et dont la mise en valeur est coiiteuse, les efforts du pays devraient viser h une efficacite accrue dans la production et l'utilisation de l'energie afin d'en maltriser le coiit pour l'hnomie et rdduire le dbequilibre entre la consommation et un approvisiomement durable en combustiblesligneux. Au niveau institutiomel, cela exigeun renforcement des moyens d'action du MINITRAPE, et plus precisement desa Directiong6nerale de l'energie, ainsi que d'ELECTROGAZ, le service public de distributiond'electricite, d'eau et de gaz. Cette strategicvaut aussi pour la Direction generaledes forgts du Ministkrede l'agriculture, qui s'occupe de l'approvisiomement en combustibles ligneux. Au niveau des ressources, il faudrait proteger les sources existantes de combustibles ligneux, tenter d'accrobe l'approvisiomement soutenable et rationaliser l'utilisation finale des ressources energetiques en g6n6ral. Le pays devrait egalement s'efforcer de remplacer les energies import&, si ceci est economiquement faisable, en procedant par exemple h la mise en valeur de la rberve de methane du lac Kivu. 21. Les problkmes les plus pressants auxquels les autoritb rwandaises doivent s'attaquer concernent les politiques, les etudes et les institutions. La question des investissements publics se pose surtout dans les domaines de l'electricit6 et (eventuellement) de l'exploitation du methane, mais leur importance et leur calendrier dependent des rhultats d'etudes qui ne sont pas encore achevh. Politiaues et mesures institutiomell@ 22. Le Gouvernementdevrait revoir les politiaues des ~ r i xde l'enerpie, ou mettre en oeuvre celles qui ont dt?j?i 6tB revues dans tous les grands sous-secteurs. 11 est important que les options en matibre de substitution de combustibles soient identifih dans leur contexte et que les incidences eventuelles, y compris sur l'enviro~ement,des recommandations soient examinees attentivement. (a) Dans le domaine des combustibleslieneux, le Gouvernementdevrait mettre en oeuvre la politique des prix proposee par la Direction generaledes forets pour le bois de feu. Cette politique prevoit le remplacement de la redevance d'exploitation uniforme, actuellement fix& ?i 400 FRIstbre, par une khelle de redevances allant de 150 ?i FRIstBre selon 700 la categoried'arbres et la situationgdographiquedes plantations. La Banque Mondiale a examine cette proposition dans le cadre de son deuxieme projet forestier integre et a suggere certaines modifications (par exemple une plus grande prise en compte du coQt du transport). En outre, il faudrait adopter la proposition de regime fiscal ?i deux taux envisagh pour le charbon de bois, qui prevoit une taxe sur le charbon de bois commercialis6qui serait inferieurequand on auraitutilisedes techniquesde carbonisation ameliorees, ce qui devrait en encourager l'emploi. I1 s'agit aussi de rendre l'utilisation finale plus efficace et d'accroltre les recettes des communes rurales. La mise en application de ces propositionsdoit s'accompagner de campagnes de sensibilisationet de publicite, et d'un renforcementde la Direction generaledes for& en vue d'une meilleure application des decisions. (b) Pans le domaine des ~roduits~etrolier~,il faudrait realiser une etude sur la taxation et les prix en tenant dQmentcompte de leur coQtbnomique en valeur absolue et relative. Le niveau et la structure actuels devraient &re reexamines, compte tenu de l'ajustement du taux de change et de la necessite: (i) de limiter les consommations inefficaces des produits d'importation pour des raisons bnomiques et, notamrnent, pour proteger la balance des paiements; (ii) de reduire les importations clandestines en provenance des pays voisins; (iii) de considerer les recettes fiscales que peuvent generer les taxes sur les produitspetroliers; (iv) de considerer les effets des substitutionsentre produitspetroliers et autres sources de combustibles (consommation de bois, ddboisement, etc.); et (v) d'evaluer dans quelle mesure les categories de consommateurs que l'on cherche ?i favoriser beneficient rkllement d'une reduction des taxes (par exemple sur le kerosene). Le Gouvernementn'a pas besoin d'attendre les rhultats de l'etude sur les prix petroliers pour dereglementer les tarifs du transport de produits petroliers en provenance de pays voisins, dans un souci d'efficacite et d'abaissement des coots. Une approcheglobaledu problkme des prix et de la fiscalit6exigerait une collaboration entre la Direction generale de l'energie et les organes chargh de prendre les decisions macro-konomiques. (c) Dans le domaine de l'dectricite, la structuretarifaire devrait @tremodifik afin de mieux refleter le coot hnomique de l'offre pour chaque categorie de service et d'eliminer les subventions a la consommation. La nouvelle structuretarifaire devrait Bgalement refleter un souci d'Quit6 et les imperatifs financiers d'un service public restructure et autonome. Les tarifs subventionnQ ne devraient pas devenir l'instrument d'une politique visant a promouvoir l'electrification des chaudikes industrielles si cette operation ne se justifie pas du point de vue hnomique. Selonune estimationpreliminaire, les coots marginaux a long terme sont de 0'17 $EU/kWh pour la consommation moyenne tension (le tarif moyen actuel est de 0'13 $EU pour des puissances infdrieures a 100 kW et de 0'10 $EU audessus de 100 kW) et de 0'20 $EU/kWh pour la consommationbasse tension (le tarif actuel est de 0'11 $EU). Dans le Plan directeur en preparation, les chiffres seront etablis d'une manikre plus rigoureuse. Les autres sont les suivantes: (a) Le sous-secteur ~etrolier (i) Ddreglementation du secteur des transports en supprimant le statut de transporteur agree pour le transport international des produits p6troliers; (ii) Elaboration d'un plan d'intervention pour l'utilisation et la reconstitution des stocks regulateurs en cas d'interruption des transports terrestres, et definition d'une politique de financement, non seulement des produits petroliers a emmagasiner dans les dep6ts recemment acheves, mais aussi d'un accroissement futur des stocks regulateurs. (b) Le sous-secteur de l'electricite (i) Elaboration d'une politique d'electrification rurale qui prenne en considbation toutes les options d'approvisionnement au moindre coot et qui veille ce que tous les projets et extensions de projets soient justifies cas par cas au moyen d'6valuations sociodconomiques systematiques et rigoureuses; (ii) En matikre de distribution d'electricite, adoption de normes techniques moins coQteuses et sollicitation des bailleurs de fonds concernant le financement de systkmes pilotes de distribution peu coQteux afin d'etablir si cette formule est viable et appropriee. En ce qui concerne la taxe de raccordement, il faudrait adopter une nouvelle politique qui permette au consommateur d'en &talerle paiement. (c) L'energie et l'environnement La Strategic nationale pour l'environnement et le Plan d'action pour l'environnement que le Gouvernement a dkid6 d'elaborer comporteront des directives pour la protection et la gestion de l'enviromement. I1 faudrait les appliquer a toutes les actions de developpement du secteur Bnergetique afin de s'assurer que les effets sur l'enviromement seront pris en considerationlors de la prdparation des projets. Ceci revkt une importanceparticulikrelorsqu'il s'agit d'exploitation forestikre, de projets hydro6lectriques. de I'exploitation de la tourbe et du papyrus, ainsi que de l'extraction et du transport du methane du lac Kivu. Pour que cela sefasse, le Gouvernementdevraitenvisagerd'en confier la responsabilite au servicede planification de la Direction generalede l'energie, et definir les besoins de formation. I1 faudra maintenir un contact permanent avec l'organisme qui aura la responsabilite globale de la protection et de la gestion de l'enviromement. 24. Les institutions (a) Le Gouvernement devrait se doter de moyens accrus pour Blaborer et contrdler les politiques Bnergetiques,pour rbnir les informations et les competencesnecessaires pour analyser les possibilitdsde substitutionde combustibles, et pour assurer la preparation et I'analyse des projets 6nergdtiques: (i) en instituant une planification et un contrdle d'ensemble du secteur (en mettant I'accent sur les sous-secteurs non dectriques) a la Directiongeneralede l'energie du MINITRAPE, dont les responsabilit& devraient s'etendre aux activith suivantes: a) formulation et suivi de la politique petrolikre et surveillanceplus etroite de 1'6volution des march& petroliers international et national, en collaboration avec les autres ministkres concern&, et b) suivi des problkmes d'energie domestiqueen collaboration avec la Direction gendrale des forkts. Au lieu de cr&r un nouveau service, on devrait renforcer la Division des energies nouvelles et renouvelables de la DGE et lui confier les responsabilit& complementaires suivantes: suivi des questions d'dnergie domestique, propositions concernant la politiquea suivre, lancement et supervisionde projets, et coordination des activith des bailleurs de fonds; (ii) en instituant une procedure plus rigoureusede selection des projets energdtiques, en les soumettant a des tests generalement admis de viabilite Bconomique et financikre; (iii) en developpant les competences analytiquesdes dements cl& du personnel de la Direction generale de l'dnergie par une formation dans les domaines de la planification Bnergetique et de l'analyse des projets, et en recrutant des hnomistes et des spkialistes financiers, les effectifs actuels se composant essentiellementd'616ments techniques. (b) L'aide accord& par la Cooperation suissepour renforcer la Direction generale des forets devrait&re maintenue et &endue, en augmentant le nombre de spkialistes forestiers, afin de permettre a la DGF de relever certains ddfis dans le sous-secteur des energies traditionnelles, c o m e l'application de la politique de mise en valeur et d'exploitation rationnelle grande tkhelledes ressources forestieres, et en ddveloppantles compdtences ndcessaires 2 la mise en oeuvre des rdformes en matiere de prix et de fiscalitd dans le secteur des combustibles ligneux. (c) ELECTROGAZ devrait: (i) @trerestructure en service public autonome capable de renouveler, d'agrandir, d'exploiter et d'entretenir ses installationsselonle cadresocio-hnomique etablit par le Gouvernement Rwandais et les objectifs &blis dans le contrat de Performance entre ELECTROGAZ et MINITRAPE. Electrogaz devrait obtenir des rhultats commerciaux et financiers comparables a ceux qu'obtiennent gdndralement d'autres services publics et conformdment au Contrat de Performance, y compris une gestion et une comptabilitd financiere et cornrnerciale sdparh pour ses activitQ de distribution d'dlectricitd, d'eau et de g=; (ii) prendre en charge la planification et l'exdcution a l'intdrieur du sous-secteur (y compris les projets de production et de transport), assurh jusqu'ici par le MINITRAPE; (iii) prdparer un plan de valorisation des ressources humaines afin de rdpondre aux besoins les plus pressants en matiere de personnel-d'entretien par exemple--, mais aussi pour sedoter du personnel compdtentdont l'entreprise aurabesoinune fois restmcturde. (d) Avec le concours des autorith zalroises et l'aide d'experts juridiques, le Gouvernement devrait ddterminer le cadre juridique et institutio~ela mettre en place pour la mise en valeur du mdthane du lac Kivu. Les ddcisionsprises cet dgard seront &oitement lides aux rQultats d'dtudes compldmentaires sur les aspects techniques, commerciaux et dconomiques de ce projet. La Banque Mondiale pourrait pr@terson concours technique aux deux Gouvernements en vue de ddfinir des possibilith d'actions futures. Etudes et ~roiets~ i l o u Le sous-secteur de la biomasse et de l'dner~iedomestiaue (a) Une enquetenationalesur l'offre et la demandede combustiblestraditio~elsdevrait &re men& afin que les pouvoirs publics disposent d'une assise plus solide pour planifier l'approvisionnement des zones mrales en dnergie et les mesures d'hnomie prendre; (b) Les projets pilotes en cours sur l'amdlioration des fourneaux it charbon de bois et des techniques de carbonisation devraient @re poursuivis. En ce qui concerne le projet d'amelioration des fourneaux il faudrait notamment commencer par des essais de rendement en situationr&lle pour passer ensuite au stade de la commercialisation. Pour ce qui est des methodes de carbonisation, il faudrait former un plus grand nombre de charbomiers pour diffuser les avantages des gains de rendement; (c) Dans le cadre des recherche actuellement m e n h sur la production de briquettes de papyrus, il faudrait raiser une evaluation socio-hnomique concise pour determiner la viabilite de l'utilisation de ces briquettes c o m e combustible domestique. Le sous-secteur ~etrolier (a) Le Gouvernement devrait examiner soigneusement les recommandations d'une etude en cours dirig& par la Banque Mondiale sur l'optimisation de l'approvisiomement des sous-regionsd'Afrique subsaharienneen produitspetroliers c o m e solutionde rechange au regime actuel d'achats independantsen petites quantitds; (b) Vu la possibilited'accroitre l'efficacite de la consommation finale de combustible et de carburant (notarnrnent de fuel et de gazole), c o m e l'a etabli une etude sur la consommation d'dnergie a des fins industrielles au Rwanda, le Gouvernement devrait prodiguer conseils et encouragements pour l'installation de dispositifs de mesure et de reglage automatique. A plus long terme, il faudrait envisager des proced& industriels qui consomrnent moins de combustible (par exemple pour la fabrication du ciment); (c) En ce qui concerne l'exploitation future du methane du lac Kivu, il faudrait poursuivre les etudes afin de trouver des methodes de production et de transport plus rentable et adapth au contexte du lac Kivu et aux march& potentiels au Rwanda et au ZaYre. Enfin, il faudra reflkhir a la demarche a suivre pour exploiter cette ressource-- exploitation par &apesd'inspiration promotiomelle, par exemple. Le sous-secteur de l'electricit& (a) Le Gouvernement devrait raiser le plus rapidement possible 1'Etude du Plan directeur d'electrification afin de disposer d'une base solide pour les dkisions d'investissements futurs dans ce sous-secteur et pour la revision des tarifs de 1'6lectricite. Cette etude devrait envisager aussi une option fond& sur l'exploitation du methane du lac Kivu; (b) Le rQeau de distributiondevrait &re inventorit?dans toutes les grandes agglomerations. C'est sur la base de cet inventaire que serait etabli le plan de rehabilitation de la distribution issu de 1'Etude du Plan directeur d'electrification; (c) Les regles d'exploitation du rheau, b a s h sur la collecte et l'analyse systematiques de statistiquesd'exploitation par ELECTROGAZ, devraient &redefinies pour des conditions normales et anormales. Ces regles devraient faire une place particulierea la gestion des - xiii - ressources hydriques et aux avantages el inconvenients qu'il y a ?i utiliser une energie d'origine nationale par opposition ?i une energie de source regionale; (d) Le Gouvernementet les bailleursde fondsdevraient @tretrh attentifs?i la supervisiondes projets de rehabilitation et de construction afin d'eviter les erreurs techniques et les degradationsde materiel commises dans le passe. Les investissemenN (a) Electricit6 (i) Dans l'attente des conclusions de 1'Etude du Plan directeur d'electrification, on devrait limiterles nouveaux investissements?i l'extension des raccordements dans les zones deja desservies. La sourced'blectricite additionnellela moins coQteuse devrait &re la troisibme unite de production de Ruzizi 11; (ii) Pour Bliminer le risque de panne majeure d'blectricite due ?i la defaillance d'un transformateur, il faudrait acheter un transformateur. (b) Produits ~etroliers Pour remplir le rQervoir de 15.000m3 rkemment construit, il faudrait acheter pour environ 5 millions de dollars EU de produits petroliers, dont le financement reste ?i trouver. Pour couvrir le coot du capital irnmobilise, on pourrait envisager une taxe dans le cadre de la revision de la taxation et des prix des produits petroliers. (i) La possibilitd de quadrupler la capacite nette de production (ou de quintupler la capacitebrute) de la centralepilote ?i du cap Rubona en vue de satisfaire la terre totalit6 des besoins en combustible d'une brasserie voisine est actuellement dtudik. Le projet qui devrait coQterenviron 13 millions de dollars EU, pourrait &re financepar la Belgique; (ii) Si les conditions techniques, economiques et institutionnellesd'une exploitation commerciale li grande khelle du gaz du lac se trouvent rhnies, il faudra d'importants investissements-dont l'arnpleur rate ?i moyens de determiner-en production, de conversion et de distribution. (d) Biomasse Les investissementsen projets de bois de feu sont incertainsel sont li& ?i des plantations d'oh l'on extrait du h i s pour divers usages. Les investissements en projets de mise en valeur de la tourbe et du papyrus deendront des rkultats de nouvelles etudes et enquetes. I. L'ENERGIE El' L'ECONOMIE 1.1 Le Rwanda est un petit pays enclave et fortementpeuple, qui s'etend sur quelque26.000 km2de terres montagneuses. Faute d'acck direct la mer, le pays depend pour ses khanges extbieurs a de deux longuesroutes qui traversent deux pays avant de rejoindre I ' o c h Indien. Une population totale de 7,5 millions environ d'habitants, qui augmente au taux de 3,796 par an, fait du Rwanda un des pays a plus forte densitd d'Afrique. Le pays est peuple par deux groupes ethniques: l'ethnie des Hutus qui est majoritaire(85% de la population) et l'ethnie des Tutsis, qui a gouvernele pays avant l'independance de 1960. De graves conflits ont conduit un exil massif des tutsis en 1959, mais les deux groupes ont a coexist6 relativement tranquillement jusqu'a l'invasion par les Tutsis exilh, en octobre 1990. Des initiatives auprh des pays voisins pour rechercher une solution politique au conflit et la dkision du President Habyarimana d'initier un processus de rhnciliation nationale et d'inviter tous les nvandais a conjuguer leurs efforts pour reconstmirele pays, ont abouti un cessez-le-feu formel, sign6 le 29 mars a 1991. 1.2 L'hnomie du Rwanda est concentrk sur un nombre rdduit deproduits, le cafe et le the representant 45% environ du PIB et 80% des exportations. Prh de 95% de la population vit dans des zones rurales, d'une agriculture de subsistance et de la culture du cafe et du the. L'agriculture, qui reprQente prh de la moitie de la production totale, emploie environ 90% de la maind'oeuvre active. Le secteur industriel, mises a part quelques activith agro-industrielles, reste rdduit et insuffisamment diversifie, en depitdes efforts faits par les pouvoirs publics pour 61argir la base manufacturikre au moyen d'une strategic active de substitutiondes importations. Aprks des annh de contraction de l'activite du secteur minier, l'extraction de I'dtain, qui en h i t le principal produit, a pris fin en 1987. 1.3 Au cours des annh60 et 70, la performance de l'hnomie a ete sensiblement meilleure que celled'autres pays d7Afriquesubsaharienne, mais inferieure a celledes pays faiblerevenu dans leur a ensemble. Au cours de la pbiode 1973-80, le Rwanda a connu une croissance relativement elevk du revenu par habitant, de 2,296 par an environ contre 0,196 pour 17Afriquesubsaharienne dans son ensemble. Au cours des annh 1980-87, le revenu par habitant a baisse de 1%par an, mais les chiffres correspondantspour 1'Afrique subsaharienneont ete trois fois pires (Tableau 1.1). La croissance s'est produite dans des conditionsde relative stabilitefinancikre. La gestion hnomique prudente des annh 70 a permis au pays de degager des excddents budgetairs, d'avoir une position favorable en matikre de reserves extdrieures et un faibleratio du servicede la dette. Pendant toutela dkennie70 et au debut des annh80,lespouvoirspublicsontsuiviunepolitiqueBconomiquerelativementnoninterventionnisteet le regime commercial a 6t6 un des plus libbaux de la region. 1.4 Au debut des annh 80, toutefois, l'hnomie a commence a accuser des signes de tension, dus a lafois 1'~volutiondefavorabledes termes de 1'6change et a l'insuffisancedes ajustements op6rQ sur le plan interieur. Ne pressentantpas que la hausse spectaculairedes prix du cafe de la fin des annh70etaittemporaire,lespouvoirspublicsontlanceunvasteprogrammededeenses. L'Bconomie h i t donc vulnbable lorsqu'en 1980-81l a cours du cafe sont revenus a leurs niveaux tendancielset que les termes de l'khange ont baisse de plus d'un tiers. Pour parer aux dQdquilibres financiers naissants, le Gouvernement a adopt6 une politique d'austerite budgdtaire et de rigueur monetaire qu'il a poursuivie depuis. ParallMement, il a multiplie ses interventions dans l'hnomie. A compter de 1983, par exemple, il a institut? des contrdles de prix pour eviter que le resserrement du regime des licences ii l'importation n'entraine une hausse excessive des prix des marchandises importea, les entreprises industrielles inefficaces ont, en outre, dt6 protdgh par l'interdiction "temporaire" ii l'importation des produits jug& concurrents. A la mi-1980, la situation budgdtaire et financiere s'dtait quelque peu amdliortk, en ddpit d'une croissance hnomique irreguliere. 1.5 Depuis le debut de 1987, le Rwanda a dte confront6 ii deux chutes brusques des cours mondiaux du cafe et a des conditions climatiquesddfavorablesqui ont affect6 la production agricole. Le PIB r&l a stagne en 1987 et 1988, puis a brusquement baisse de 6,6% en 1989, si bien que le revenu reel par habitant a diminue de prh de 16,5% par rapport ii 1986. Le taux annuel d'inflation, tel que mesure par I'indice des prix ii la consommation, est rest6 relativement bas (2,7% en moyenne depuis 1986), en partie, en raison, de la surdvaluationdu taux de change, de l'extension des contrdles des prix et de la permdabilite des fiontikres du pays. 1.6 La situationde la balance rwandaise des paiements est prtkaire depuis 1986et le deficit de la balance des paiements courants a atteint I'equivalent de 11% du PIB en 1989, malgre une compressionbrutale des importations au cours des trois dernieres annees. La deterioration des rbultats ii l'exportation ne peut s'expliquer uniquement par la baisse des cours mondiaux du cafe: les exportations de cafe ont diminue en quantite c o m e en qualite, mais les exportations d'autres produits ont dtd mediocres, en raison surtout de la surevaluation du taux de change, d'une faible productivite, et de la multiplicite des reglements et contrdles. La surevaluation du taux de change a ete une des causes principales de la cessation de pratiquement toutes les activites minieres qui reprhentaient 15% environ des exportations au debut des a ~ e e80.s 1.7 Dans le meme temps, les fieins mis ii la croissance des ddpenses publiques ne sont pas parvenus ii rarnener le deficit budgetaire ii un niveau tolerable. La charge que reprhente pour les finances publiques I'exportation ii perte du cafe est devenue de plus en plus lourde: au cours des annees 1987-89, les transferts annuels moyens aux producteurs ont reprbentb 10% du total des depenses courantes. Pour assurer ses recettes, l'administration ne dispose que d'une assiette fiscale dtroite, fortement tributairedes khanges et de quelquestaxes sur les ventes. Bien que le deficitbudgbaire (dons non compris) exprime en pourcentage du PIB ait diminue par rapport au sommet de 10,496 atteint en 1987, on I'estimait encore a 7,6% environ en 1989 et son financement exigeait un large recours ii l'emprunt local. Le fardeau croissant de la dette interieure represente une ponction de plus en plus importante sur les ressources publiques. 1.8 Cette deterioration du climat et des rhultats Bconomiques a exacerbe les problemes structurels. L'augmentation rapide de la population s'est traduite par un morcklement croissant des exploitations agricoles et par une diminutionde la fertilite des sols. Les signes denotant l'emergence de deficits alimentaires structurels tendent ii se multiplier. L'hnomie a en outre 6t6 incapable de fournir des emplois productifs aux Rwandais arrivant pour la premiere fois sur le march6 du travail et aux travailleurs agricoles privQ de leur emploi. 1.9 Pour s'attaquer aux problbmes cidessus, le Gouvernement a lance en novemhre 1990un programme de reforme macro~conomiqueconCu avec l'assistance de la Banque Mondiale a du Fonds Monetaire International. Ce programme, qui est esquissedans un projet de Document-cadre de politique generale, souligne la necessite de s'en remettre aux forces du march6 et au secteur prive, et d'adopter une politique plus orientee vers l'exportation. Sur le plan macro~conomique,l'objectif principal est de faire remonter le taux de croissance au voisinagede 4%et de maltriser l'inflation de manibre que le taux d'inflation ne depasse par 5% d'ici en 1993, tout en ramenant le deficit budgetaire et celui de la bdance des paiements 2 un niveau soutenable. A cette fin, le programme vise 2 crkr un environnementpropice 2 l'activite du secteur prive et ouvert 2 la concurrence internationale; 2 ameliorer et rationaliser la gestion des ressources publiques; 2 jeter les bases d'une mise en valeur des ressources humaines et 2 ameliorer la gestion des ressources naturelles. 1.10 Pour accroitre la competitivite du Rwanda sur les marches irrterrrationaux, le Gouvernement a devalue le franc rwandais de 40% par rapport aux devises etrangbres en novembre 1990 et envisage de poursuivre une politique de taux de change flottant. Pour encourager l'activite du sectair prive, le Governement propose de liberaliser le contrdle des changes et le regime commercial, de supprimer les contri3les de prix et les taxes 2 l'exportation, d'instituer des procMures administratives nouvelles transparentes en matibre de creation d'entreprises, et de commencer 2 liberaliser le systbme financier. Une politique monetaire coherente, qui assure la stabilite et le developpement d'un systbme financier souple et efficace, apparalt c o m e le complement des reformes de l'economie. L'energie et la balance commerciale 1.11 Au Rwanda, les quatre grandes sources d'energie sont les combustibles ligneux, les sous-produits agricoles, les produits petroliers et l'electricite. Tous les produits petroliers raffines sont import& des pays voisins ou transitent par ces derniers. L'electricite, presque entibrernent produite par des centrales hydroelectriques, provient surtout de centrales rwandaises qui, en 1987, ont fourni 85% de l'electricite consomm6e. Le reste a 6te import6 du Zaire. 1.12 Les produitspetroliers constituentla quasi-totalit6des importationsd'energie, qui forment un element important de la balance commerciale du Rwanda. Entre 1983 et 1987, ces importations ont reprQent6 en moyenne 18%des importationsannuelles de marchandises et ont absorb6 prks de 40% des recettes d'exportation (voir tableau 1.1). Au cours de cette m@meyeriode, les importations d"lectricit6 ont reprQentd en moyenne moins de 0'2%du total des importations de marchandises. En depit d'une augmentation trks sensiblede la consommation de produits pdtroliers, la valeur absoluedes importations de produits petroliers et leur importance par rapport 2 d'autres importations sont en baisse depuis 1985. Cette tendance est attribuable en partie 2 la baisse des prix petroliers sur les march& mondiaux, mais beaucoup plus 2 l'appreciation du franc rwandais par rapport au dollar. Tableau 1.1: LIENERGIE ET LA BALANCE UmERCIALE -1983-87 (en milliorm de FR courants) Importations de produits pCtroliers 4.816 5.005 5.217 5.014 4.339 Importations dlCLectricitC 34 30 57 54 52 Total des importations dlCncrgie 4.850 5.035 5.274 5.068 4.391 Importations de marchandiscs (CIF) 24.943 27.240 30.073 30.625 27.754 Exportations de marchandises (FOB) 11.106 14.286 12.769 16.138 9.675 Importations dlCncrgie (X du total des importations) 19,4 18,5 17,s 16,s 15,8 Importations dlCncrgie (X du total dcs exportations) 41,4 35,2 41,3 31,4 45,O FRIKU (nroyenne pour la pCrid) 94,3 100,2 10113 87,6 79,7 - - aJ Estimations prCliminaires. Sources: FMI et estimations de la mission. 1.13 Soucieux de proteger la balance des paiements et de rMuire la dependance du pays vis-a-vis des importationspour des raisonsdeskurite nationale,le Gouvernements'est efforcede limiter la facture petrolike. Ce souci se reflkte dans les droits d'entrk et les taxes generalement Bev4.s qui frappent les produits petroliers, et dans la creation de moyens de production d'hydroelectricite a l'interieur du pays en depit du fait que le Rwanda peut importer de 1'6lectricit6 bon marche. L'a~~rovisionnernentenergedaueet la @ucture de la consommation 1.14 Laprincipaleressourceenergetiquedu Rwanda est sa for&, quel'on est en train d'epuiser pour produire du bois de feu et, c o m e sous-produit, du charbon de his. Les sous-produits agricoles jouent un r61e important dans la production d'energie domestique. On trouvede la tourbedans certaines regions, mais son usage n'est pas rdpandu. I1 existeun potentiel de production d'hydroelectricitd, mais sa mise en valeur serait coQteuseen raison des faibles puissances et de la dispersion des sites. Les meilleures sources d'hydro6lectricite sont les rivikres Kagera et Ruzizi. Rien n'indique que le Rwanda possMe des gisements de petrole, mais il disposed'une excellentesourcepotentiellede methane dans les profondeurs du lac Kivu. Bien que le Zalre ait des reserves de charbon, aucun gisement n'a ett?trouve au Rwanda. Dans le domaine des energies nouvelles et renouvelables, l'energie solaire pourrait offrir certaines possibilit4.s. 1.15 En 1987, la consommationfinale d'energie du Rwanda a avoisine 1,l million de tonnes Quivalent petrole (TEP),dont 90%sous forme de bois de feu, de charbon de bois et de sous-produits agricoles, le reste &ant couvert par des produits petroliers import&, l'hydro6lectricit6 et une faible quantitd de methane (voir tableau 1.2). Les menages arrivaient en tete avec 88% de la consommation, suivis du sous-secteur des transports (7%),de l'industrie (4%)et des services (196). La consommation finale d'energie par habitant a ete de 168 kgep. Tableau 1.2: RUANDA - BILAN ENERGETIPUE, 1987 (en milliers de TEP) Bois de Sous-prod. Charbon Twr- Essence K C r o s h Gazole Fwl GPL HCthane Electri- Total X feu agric. de bois be c itC APPRWISIOYNEHENT BRUT P r o c h t i m p r i m i r e intCrieure 1.026,3 100,O Illportations Total dispmible 1.026,3 100.0 CONVERSIOY ET PERTES Pertes da conversion - ClectricitC (17,4) (17,4) P r o c h t i m dlClsctricitC themiquc J J J P r o c h t i m da charbm de bois (152,3) 30.4 (121,9) Pert- transport et distribution to,&) (0,l) (0,3) d G I (5,s) (6,3) APPRWISIOYNEHENT NET DISPOllIBLE ' 874,O 100.0 30,4 0,s 39,3 1 3 4 37,O 11,3 0,2 1.0 8,9 1.116,O EXPORTAT1OYS 0,2 4,454 ha8 CONmTtOY INTERIEURE NETTE 874,O 100,O 30,4 0,s 39,l 8.8 37,O 11,3 0,2 1,O. 8,9 1.111,2 1m,o, X & total 78.7 9,O 2,7 0.0 3,s 0,8 3,3 1,O 0,O 0,l 0,8 IW,O VI I COHmTIOY PAR SECTNR I h t r i e 24.0 0,4 0,3 0,8 11,3 1,o 3,1 40,9 3,7 Transports 39,l 0,l 35,l J 74,3 4 7 ~ervices 7,O 0,4 1,O J 3,8 12,2 la1 Mml- 843,O 100,O 30,4 0.1 8,O O,1 O J 2,O 983,8 a 5 - Note: GPL = Gaz de pCtrole liwfiC. J La centrale diesel Gatsata a u t i l i s C 30 tomes de gazole pour produire 118 MI en 1987. & Les illportations clandestines ont CtC prises en ccmpte (10.000 tams de gazole e t 2.000 tomes d'essence). G I PuentitC enregistrk infCrieure 50 TEP. - Source: B i l m C l s c t r i q ~ edlELECTROGAZ (Etablissement W l i c de production, de transport e t de distribution d'ClectricitC, d'eau e t de gaz), domCes per l a Direction & carrrce exthrieur. Les autres chiffres sont des estinetiwrs de l a mission. 1.16 L'approvisionnement brut en bnergie primaire s'est chiffrb, en 1987, a environ 1'26 million de TEP, et s'est r@arti de la manikre suivante: bois de feu: 1'03 million de TEP (81%), sous-produits agricoles: 100000 TEP (8%)' tourbe: 500 TEP (moins de 0,1%), produits pbtroliers: 103000 TEP (8%), et blectricitb: 32 000 TEP (3%). La diffbrence constat& dans le bilan bnergbtique entre l'approvisionnement brut et la consommation finale rdsulte surtout des pertes de conversion dans la production d'blectricitb et la fabrication de charbon de bois, le reste btant dQaux pertes de transport et de distributiondans les secteurs de l'blectricitb et desproduits pbtroliers, et a la vente de carburhcteur aux compagnies abriennes internationales (class& parmi les exportations). 1.17 La consommationd'bnergie commerciale a progress6 a un taux moyen annuel d'environ 9% entre 1980 et 1987, soit beaucoup plus rapidement que le PIB en valeur r&lle. La consommation d'bnergie commerciale par habitant et par unit6 de PNB est cependant rest& infbrieure a celle d'autres pays dont la taille et le niveau de revenu sont cornparables (voir tableau 1.3). Cela met notarnment en lumikre le faible dbveloppement du pays, c o m e en tbmoignent divers indicateurs bnomiques et sociaux, sa d6pendancevis-a-vis de l'agriculture et la faible importancedu secteur industriel. En 1987, prks de 80% de l'bnergie commerciale a btb import&--presque exclusivernent sous forme de produits p6troliers. Sur le plan financier, ces importations pksent plus lourd, par rapport aux exportations de marchandises, que dans d'autres pays cornparables d'Afiique, malgrb la faible consommation d'bnergie commerciale par habitant (voir tableau 1.3). Cela confirme, entre autres, le fardeau que constitue pour le pays le transport a la fois long et coQteuxdes produits pbtroliers. Table 1.3: COIIPARAISONS lNTERNATlONALES DE LA CONSOnnATION DfENERGIE COMMERCIAL, 1986 - - Population PNB/pop. Consammetion dfEnergie (millions) g/ (US$) m i 11ions (kgep par) (kgop/PNB (Import. d f h r . en % de kgep) habitant en QU) des export. de merch.) RUANDA 6.6 Burvdi 4,8 Benin 412 Niger 616 ~ umai b13 Sanmlia 515 z d i a 6,9 Senega1 &a g/ Au milieu de 1986. bJ 1985. : Les conparaisons ont 6th faites avec &s pays dont La population et le PNB par habitant se sitwnt entre 67% et 150%de ccux de Rwanda. I1kgepla= Kg Cquivalent pCtrole = 10.200 kcal. Source: I1R8pport sur Le dCveloppment dons Le 1988, Banque nondiale; estimetions & La mission. le secteur de l'bnerm 1.18 La part de l'investissement public dans le secteur bnergetique a toujours btb faible (bien qu'elle tende a s'accroftre). Cela n'est pas surprenant, vu le role prbpondkant de l'agriculture dans 1'Bconomie. Dans le troisikme Plan de dbveloppement (1982-86)' l'bnergie a reprdsentb 7% du total de l'investissement public. L'investissement dans ce secteur a progress6 a un taux moyen de 55%par an au cours de cette pQiode, mais les taux annuels ont fluctub considbrablement. L'bnergie-surtout au niveau des projets d'electricite--a represent6 5,596 du montant total des depenses de developpement de 1982-86 financh par l'dtranger, pour atteindre 15% en 1987. Pour ce qui est des depenses de developpement financks par le Rwanda, la part consacrk 2 l'energie s'est chiffrk 2 quelque 4,596 du total au cours de la periode couvertepar le troisibme Plan et s'est plus ou moins maintenue 2 ce niveau en 1987. Dans le programmed'investissement envisagepour la periode 1989-91, le Gouvernementporte la part de l'energie 2 1196 de l'investissement total, et continue de privilegier les projets du sous-secteur de l'electricite dans le programme du secteur energetique. Les ~roiectionsenergetiaues 1.19 Bien qu'on ne disposed'aucune base fermepour prevoir 1'~volutionde la consommation d'energie au Rwanda, certains des facteurs qui influent sur l'offre et la demande dans le pays, ainsi que les problkmes evoqu& 2 ce propos, sont passes en revue ci-aprh. Une projection indicative de la demande future d'energie est egalement presentee. Les problkmes sont approfondis plus loin dans le cadre de l'examen de chaque source d'energie. 1.20 Produits ~etroliers.La consommation de produits petroliers progresse constamment et rapidement. Au cours des 10dernikres a n n h , le taux d'accroissement moyen annuel a ete de 10% malgre un PIB generalement faible et occasio~ellementen baisse dans les a n n h 80, ce qui temoigne de l'apparition d'entreprises industrielles. La structure de la consommation se caracterise par la prdominance des carburants automobiles--essence et gazole. Le coot global des produits petroliers import& est egal 2 environ 40%du montant total des exportations du pays et l'on peut s'attendre 2 ce que cette proportion augmente, &ant dome que la consommation de ces produits progresse plus vite que le volume global des khanges exterieurs. Le financement des importations de produits petroliers risque donc de devenir trh difficile 2l'avenir, ce qui exigera l'adoption d'une politiquerecherchant un Quilibre entre la nkessite de ralentir l'accroissement de la consommation et les besoins energetiqueslegitimes de differents groupes d'usagers. Selon les effets produits par cette politique, la consommation totale de produits petroliers en l'an 2000 se situera vraisemblablement entre le double et le triple de la consommation actuelle, ce qui suppose un taux d'accroissement annuel de 6 2 996. D'une manikre generale, la taxation et les prix des produits petroliers sont, du moins en valeur nominale, assez elevh. Etant donne que le niveau et la structure des prix sont inchanges depuis 1981, une revision gendrale de la fiscalit6et des prix est maintenant justifik. Afin de ralentir l'accroissement de la consommation, le Gouvernement devrait elaborer et mettre en oeuvre des programmes visant 2 ameliorer l'efficacite d'utilisation des produits petroliers et 2 remplacer ces derniers par d'autres formes d'energie 12oh ceci est economique. Les audits energetiques ti realiser pour les grands utilisateurs d'energie devraient identifier des mesures d'hnomie d'energie. Parmi les differentes options explorh jusqu'ici, la plus prometteuse semble @trel'extraction du methane du lac Kivu pour divers usages. I1 ne s'agit cependant pas d'une option immdiate, car un certain nombre de questions (d'ordre technique, institutiomel, hnomique, etc.) restent 2 rhoudre. 1.21 Combustibleslieneux. D'aprh les d o ~ dont h on dispose, il est fort probable, vu la situation actuelle, que le Rwanda est en train d'epuiser ses ressources forestibres, ce qui risque d'accentuer la penurie de combustibles ligneux et l'erosion des sols, et de nuire 2 la fertilite de la terre. On estime que la demande actuellede combustibles ligneux depassel'approvisio~ementsoutenabledar; quatre des dix prefectures du pays. Si la consommation d'energie domestique se maintient au rythme actuel et si les projections demographiques officielles se realisent, la consommation de combustibles ligneux par les menages, qui forment la principale categorie de consommateurs, depassera la demande nationale actuelle de quelque 70% d h le debut du sikle prochain. Certains programmes de gestion de la demandede combustiblesligneux (efficacitede la production et de la consommationfinale, substitution de combustibles)sont en cours ou h I'etude. Si I'on s'en tient des hypothhes raisonnables quant h leur portee et leur effet, on peut estimer que les economies de combustiblesligneux n'atteindront qu'environ 8% au bout de 15 ans, par comparaison h la premiere prevision. A moyen terme, il n'y a pas de combustibles de substitution pour la cuisine dont le coot et la disponibilitepermettent le remplacement des combustiblesligneux h une assez grande echelle. On pourrait h la rigueur envisager le kerosene, mais il faudrait tenir compte d'un certain nombre de facteurs, y compris la politique de 1'Etat en matiere de prix. La forte poussee demographique est I'une des principales cibles des initiatives du Gouvernement, et tout succks obtenu jouera aussi un r81e important dans la limitation de la demande de combustibles ligneux. Les propositions de reforme de la politique des prix des combustibles ligneux et les recommandations concernant I'institution d'une taxe sur le charbon de bois sont d'autres mesures qui, une fois arretdes et vigoureusement appliquees, devraient accroitre l'efficacite de la production et de la consommation finale. Mais tout bien considere, il semble inevitable, h moyen terme, que la consommation de combustiblesligneux continuedeprogresser hun rythme voisindu taux d'accroissement de la population, qui est actuellement de l'ordre de 3,5% par an. 1.22 Electricite. Comme on l'a ddja indique, l'electricit6 n'occupe qu'une petite place dans la consommation totale d'energie au Rwanda. Le secteur industriel est actuellement le plus gros consommateur d'electricitd. On ne s'attend pas ce que la structure generale de I'economie et des exportations change beaucoup h moyen terme, et, il n'est pas prevu d'accroftre sensiblement la capacite industrielle actuelle. Plusieurs etudes ont analyst5 la question de la conversion h 1'6lectricite des chaudieres industriellesh combustibleactuellement utilish, mais elles ont aboutih la conclusion que cela ne se justifiait ni sur le plan economique, ni sur le plan financier. En attendant la prevision de la demande qui doit &re etablie dans le cadre de l'etude du Plan directeur pour l'energie electrique, des projections preliminaires dela consommationd'electricite ont etefaites suivant differents scenarios. Celle qui a ete retenue dans le present rapport est basee sur un taux de progression de la consommation industrielled'electricitd de 3,O%par an, ce qui est legerementsuperieur2 la moyennehistorique, sur une augmentation du nombrede consommateurs rhidentiels et commerciaux au rythme de 1595 par an--ce qui temoigne de l'importance que le Gouvernement attache l'electrification du pays--et, parallelement, une diminutionprogressivede la consommationunitaire, et sur un accroissementdela consommationpublique au rythme de 5%par an. 11en rdsulte que la progression globale de la consommation avoisinerait les 9% par an entre 1987 et l'an 2000 et les consommateurs r&identiels/commerciaux deviendraient de loin la categorie la plus importante. La prevision de la demande est particulikrement sensible h I'augmentation du nombre de raccordements, qui est surtout fonction des frais de raccordement, h present fort 6levQ. En revanche, mutes les categories de consommateurs d'electricite ont beneficie, jusqu'au debut 1991, d'un tarif relativement bas, tres infhieur au coot marginal h long terme (sur lequel il devrait &re base). Jusqu'ici, le Rwanda a import6 entre 10% et 20% de son electricit6 du Zayre. I1 semble que le pays puisse subvenir ases besoins en electricit6 jusqu'en 1995 en combinant sa production hydroelectrique interieure actuelle li l'electricite import& du rheau regional interconnecte. Par la suite, il pourrait envisager l'amenagement, parmi les sites hydroelectriques potentiels, de centrales regionales ou nationales, auxquelles pourraient s'ajouter des centrales aliment& par le gaz du lac Kivu, le tout &ant fonction du coot et de la s&urite de l'approvisionnement. 1.23 Proiections globala. C o m e le montre le tableau 1.4, en 2002, la consommation (calculb sur la base des taux d'accroissement prhumh) sera toujours fortement dominb par la biomasse (83%). Cependant, les utilisations commerciales reprhenteront un pourcentage plus eleve (produits petroliers: 1296, electricit& 5%)dela consommationglobale d'energie. En revanche, la consommation par habitant n'augmentera que modestement, soit de 191 kgep 214 kgep (demande primaire). Cette stabilite relative de la consommation est surtout due au fait que l'on n'envisage pas d'accroissement substantielde la capacite industrielle. I1 convienttoutefois de noter que, si l'exploitation du methane du lac Kivu commence dans un avenir pas trop lointain, les parts relatives des sources d'energie pourraient changer par rapport celles du tableau cidessous. Tableau 1.4: DEHANDE BRUTE DIENERGIE EN 1987 ET EN 2002 (en milliers de TEP) 1987 Part 2002 Part Taux de X X Prog. Biomasse 1.127 89 1.923 83 3,6 Produits N t r o l i e r s 103 8 284 12 7,o Electricit4 32 3 117 5 9,o Total 1.262 1002 2.324 100 4,2 Source: estimations de l a mission. 1.24 MQmeavec une croissancede la consommation des produits petroliers de 10%par an (le taux de croissance des 10 dernikres annh), la biomasse fournira en 2002 prk de 80% de la consommation d'energie. - 10 - 11. LES INSIlTUTIONS ET LA PLANIFICATION DU SECTEUR DE L'ENERGIE Les institutions du secteur de l'enerek 2.1 Plusieurs ministeres participent 2 1'~laborationde la politique et 2 la supervision des activith du secteur energetique: (a) le Ministere des travaux publics, de I'energie et de l'eau (MINITRAPE), qui, par I'intermediaire de sa Direction generale de l'energie (DGE), supervise les activith de 1'Etablissement public de production, de transport et de distribution d'electricite, d'eau et de gaz (ELECTROGAZ), et formuleles politiquesde tarificationde l'electricite, prend l'initiative de la planification des rheaux de transport et de distribution d'electricite, et agit en qualite d'organe d'execution des projets dans la plupart des sous-secteurs energetiques; (b) le Ministere du Plan (MINIPLAN), qui analyse l'acceptabilite des projets d'investissement en fonction des priorith macro-economiques et gere le Fonds d'etudes servant 2 financer des etudes de preinvestissement et des etudes strategiques; (c) le Ministere des finances (MINIFIN), qui contrdle I'emploi des fonds que le budget de 1'Etat affecte aux depenses d'investissement et de fonctiomement, et qui definit la politique des prix petroliers; (d) le Ministere de l'agriculture, de l'elevage et des for& (MINAGRI), qui, par l'intermediaire de sa Direction generale des for& s'interesse 2 I'approvisiomement en combustibles ligneux; et (e) le Ministere du Commerce et de la Consommation (MINICOM) qui etablit la structure des prix des produits petroliers. 2.2 La communication et la coordinationentrelesdiversministeressontgeneralementbomes, ce qui est dQ dans une large mesure 2 l'action efficace des Commissions interministerielles de coordination, qui forment un cadre de concertationet de prise de decisions en commun. Le processus est peut-&trelong, mais il permet de diffuser l'information parmi les divers elements du secteur et de parvenir 2 un consensus bien compris. 2.3 La Direction generalede l'energie (DGE) du MINITRAPEjoue un rdle de premier plan dans la formulation de la politique du secteur et de la strategic du developpement, la preparation et I'application des lois sur l'energie, l'execution d'etudes sectorielles et d'investissement, la supervision deprojets et la tenuede statistiquessectorielles. Cr& en 1984par le dkret prhidentiel 176106, la DGE a fortement contribueti arneliorerla coordinationentre ministereset organesgouvernementauxdontrelbve ce secteur et centraliser l'information. D'importantes etudes ont et6 entreprises, y compris celledu Plan directeur d'electrification, pour obtenir les informations essentielles 2 I't?laboration d'un plan d'exploitation des ressources energetiques du pays et a une planification ratiomelle des investissements. La DGE fait surtout appel des experts &rangerspour l'exkution de ces etudes, mais elle devrait etablir un plan pour se doter des competences ndcessaires dans ce domaine: renforcer son personnel en lui adjoignant des konomistes et des experts financiers, et faire en sorte que les cadres chug& de la selection et de la planification des projets rwivent aussiune formationpour amdliorerleurs competences analytiques et leur compr6hension des methodes d'analyse des projets gdneralement admises et des problbmes li& a la planification energetique. I1 importe surtout que la DGE dispose des informations et des moyens necessaires pour analyser les possibilit& de substitutionde combustibles. 2.4 A l'heure actuelle, la DGE n'est que partiellement renseignQ sur le secteur energetique, car elle ne suit pas le comportement du sous-secteur petrolier. I1 faudrait disposer de d o m h sur le march6 international ainsi que sur les prix interieurs, la consommation, l'emplacement des march&, etc., afin de degager des tendances et de renseigner les autorites budgetaires sur 1'6volution des prix internationaux et la manibre dont l'offre et la demande reagissent aux changementsde prix sur le march6 interieur. La DGE devraitjouer un r81e plus importantdans les questionsde strategie interessantle sous- secteur pbrolier, notamment en ce qui concerne la securite de l'approvisiomement, les stocks petroliers et les initiativesvisant accrottre l'efficacite de l'utilisation finaledes produits petroliers et encourager les substitutionsde combustibles. Enfin, &ant dome qu'une grande partie de l'investissement dans les ressources energetiques nationales aura pour but de remplacer les produits petroliers import&, il faudra connaltre les march& et les diverses composantesdes prix (prix d'achat des produits import&, frais de transport, taxes) pour determiner la competitivite des diffdrentes sources d'energie. Organisation institutiomelledans le sous-secteur des combustibles ligneux 2.5 Bien que le bois de feu soit la source d'energie la plus importante, aucune instance gouvernementale ne comprend fond les questions de l'offre et de la demande dans ce domaine. La Divisiondes energies nouvelles et renouvelables de la DGE dirigeun programme de mise au point et de difision de fourneaux charbon de bois amelior& et suit de prbs un programme du MINAGRI visant a introduire de meilleures techniques de carbonisation. L'exdcution du programme et la gestion des d o m h sur l'approvisiomement en combustibles ligneux sont placees sous la responsabilite du MINAGRI, qui definit la politiqueforestibremais n'intervient pas dans le secteur energetique. La DGE, avec sa nouvelle division des energies nouvelles et renouvelables, devrait s'efforcer d'ameliorer ses comaissances de l'approvisiomement en combustiblesligneux et en charbon de bois, notamment sur le march6 de Kigali, et effectuer une analysede l'offre et de la demande concernant cette importante source d'dnergie. La Division des energies nouvelles et renouvelables devrait se voir attribuer la responsabilite de la planification de l'energie utilisde par les menages et suivrel'approvisiomement en bois de feu et en charbon de bois du point de w e du consommateur. Cela lui domerait une w e d'ensemble qui lui permettrait d'adopter une approche int6grQ pour rMuire la demande de combustibles ligneux, non seulement en appuyant des actions visant rendre plus efficaces la consommation de ces combustibles, mais aussi par la comaissance qu'elle aurait des possibilith de substitutionoffertes par d'autres formes d'energie et par la formulationde politiques destinh en encourager l'utilisation eficace. Etant dome que la strategie du Gouvernement consiste notamment mettre des formes modemes d'energie la dispositiond'un plus grand nombre de menages, la Division a besoin de comprendre les problkmesfonda- mentaux qui sont l'origine des principaux dhdquilibres qui affectent I'offre et la demande de combustiblesdomestiques en general, et de definir les rbgles selon lesquelles l'elaboration des techniques ameliorh de gestion de I'energie domestique serait confit%au secteur public ou au secteur prive. La Division ferait egalement circuler l'information entre les divers organes d'extkution et de planification. Les institutionsdu sous-secteur de l'electricite 2.6 ELECTROGAZ, qui appartient entikrement ?i l'Etat, est le fournisseur national d'dlectricite. I1 a le monopole de l'exploitation du rbeau national interconnect6 qui est aliment6 principalement par quatre centrales hydroelectriquesnvandaises. Des renseignements sur l'organisation des institutionsdu sous-secteur de l'electricit6 et sur la structure interne d'ELECTROGAZ sont fournis au chapitre V, qui contient egalement des recommandations concernant la restructuration de cet etablissement. 2.7 En plus d'ELECTROGAZ, le Gouvernement nvandais detient un tiers des actions de la Societenationaled'dlectricite des pays des Grands Lacs (SINELAC), fondbe en 1983en vertu d'un trait6 ratifie par les Gouvernements du Burundi, du Rwanda et du Zalre, et prevoyant la construction et l'exploitation de la centrale electrique Ruzizi I1 situt%sur la frontikre entre le Rwanda et le Zalre. En sa qualit6 de coproprietaire de SINELAC, le Rwanda a droit ?i un tiers des 26,6 MW produits par la centrale. I1 est egalement prevu que les trois pays partageront le coot de l'unite de production de 13.3 MW qui doit venir s'ajouter ?i la centrale d'ici 1995. Vu l'exc6dent de puissance install& au Burundi et au Zalre, le Rwanda peut acheter ?i SINELAC l'energie dont ces deux pays n'ont pas besoin, ce qui peut se reveler interasant si le coot economiquede 1'6lectricit6 fournie par Ruzizi I1 est inferieur ?i del'dlectricitequiseraitproduitepardenouvellescentralesrwandaises. L'obtentiond'energie celui au moindre coot sera etudit%durant la preparation du Plan directeur d'electrification. 2.8 Conscient des avantages offerts par la cooperation regionale, le Rwanda est egalement membre actif de plusieurs organisations qui s'emploient ?i promouvoir le developpement Bnergdtique regional. La premiere est l'organisation pour l'energie des Grands Lacs (EGL), filiale Bnergetique de la Communaute economiquedes pays des Grands Lacs (CEPGL). Cr& en 1974, avant la formationde la CEPGL, 1'EGL etait au depart une organisation independantechargee de planifier les projets rdgionaux de production et de transport d'dectricite pour le compte de ses trois pays membres, ?i savoir le Burundi, le Rwanda et le Zalre. Par la suite, son r81e a 6t6 elargi et elle est devenue une institution regionale couvrant l'ensemble du secteur Bnergetique. Au debut, I'EGL avaitpour ache principalela planification de la centrale hydroelectrique Ruzizi 11. Ces dernikres a n n h , elle a entrepris une sdrie d'etudes de planification et de programmes d'essais pilotes de techniques dnergetiques nouvelles. Pour l'avenir, I'EGL prdvoitdeux activitb: assurer ?ila region un approvisionnementpeu codteux en energiesnouvelles et arneliorer la coordination de l'exploitation des rbeaux. Aprh l'achkvement du Plan directeur d'electrification du Rwanda, I'EGL en intdgrera les rbultats ?i des Plans directeurs du Za'fre et du ceux Burundi, et comparera les investissementsde production nationale prevus et les possibilitb offertes par l'amenagement d'autres sites sur la rivikre Ruzizi, en vue d'dlaborer un Plan directeur regional de developpement. En outre, EGL a entrepris une etude qui aboutira ?i des recommandations sur la fawn d'ameliorer la coordination de l'exploitation des trois rbeaux electriques nationaux formant le rbeau regional interconnect& 2.9 Le deuxikme groupement regional ?i vocation Bnergdtique dont le Rwanda fait partie est I'Organisation pour l'amenagement et le developpementdu bassin de la rivikre Kagera (OBK), cr& par un trait6 multilateral en 1977 avec pour mission de planifier et d'exkuter des projets dans les secteurs de l'agriculture, des transports, de l'industrie, des communications et de l'energie, en vue d'un ddveloppement integre de la region du bassin de la riviere Kagera. Dans le secteur de l'electricite, un projet de centrale de 60 h 100 MW qui serait situh h 2 krn en aval du confluent des rivikres Kagera et Ruvuvu a 6t6 &die jusqu'h la phase de faisabilite. Les discussions se poursuivent, mais une decision definitive reste h prendre concernant la construction et la date de mise en service d'une centrale. Les sous-secteurs du ~etroleet du ~ a z 2.10 Le sous-secteur petrolier est le plus liberal de tous les sous-secteurs energetiques, c'est-hdire celui oil les entreprises p r i v h se chargentpresque entikrementde l'importation, du transport, de la distribution et de la vente au detail des produits petroliers. Jusqu'ici, ce regime s'est rcvele fort efficace, c o m e en temoigne le fait que des produits petroliers sont offerts dans le pays tout entier h des prix qui reflktent les coats. I1 convient toutefois de faire certaines recommandations en vue d'accroltre l'efficacit6 des institutions du sous-secteur (voir para. 2.4 ci-dessus) et de souligner la necessite pour la Direction generale de l'energie du MINITRAPE dejouer un r81e plus important dans la strategie du sous- secteur petrolier et de suivre le comportement du marche international et du marche intkieur. 2.11 La Commission technique mixte zayro-rwandaise est l'organe de decision pour la mise en valeur du methane du lac Kivu. La Commission, en collaboration avec la CEPGL, qui fait fonction de secretariat, a entrepris des etudes techniqueset economiquessur diverses formules d'extraction du gaz, mais aucun choix n'a encore ett?fait entre les diverses options littorales--et lacustres--qui se prhentent. Le projet pilote de fourniture de gaz h la brasserie BRALIRWA h Gisenyi est get6 par ELECTROGAZ. En vertu d'un trait6 sign6 par les deux pays en 1975, les travaux d'exploitation futurs seront accomplis par une entreprise en copropriete, la Societe internationale d'exploitation, de transport et de commercialisationdu gaz methane du lac Kivu (SOCIGAZ). C o m e semble l'indiquer sa raison sociale, SOCIGAZ etait consideree au depart s o m e la seule entreprise responsable des operations d'extraction et de commercialisation du gaz. Or, il semble maintenant que l'on pourrait envisager une participation accrue du secteur prive et un amoindrissement correspondant du r81e de SOCIGAZ. Si des etudes complementaires sur d'autres formules optimales d'extraction et de distribution de gaz debouchaient sur des solutions techniques economiquement viables et identifiaient un marche adQuat de gaz brut et comprime, il faudrait adopter une strategie de recherche de partenaires du secteur prive, susceptibles de s'associer h l'enteprise et envisager une campagne de promotion du gisement de gaz du lac Kivu pour sonder le secteur prive, mettre au point la structure juridique de SOCIGAZ et le cadre institutionnel en prevision d'une participation du secteur prive. Institutions sectorielles et ~lanification 2.12 Les projets h retenir dans le programme d'investissements publics du Rwanda devraient @tre choisis en fonctionde leur concordanceavec les objectifs nationaux et les objectifs sectoriels enonch dans une strategie elabork par le ministkre technique competent. La viabilite Bconomique devrait constituer un des critkres importants de decision de selection des projets. M@mesi la plupart des projets du programme envisage pour le secteur energetique--qui sont surtout des projets de developpement du rheau electrique--ont au moins fait l'objet d'une etude de prefaisabilite, une approche plus rigoureuse est envisagee pour l'avenir. Le MINITRAPE et le MINIPLAN ont decide de preparer, en commenqant par le sous-secteur de l'dlectricitd, un Plan directeur a long terme au moindre coot qui se composers de projets rmndant a des criteres d'optimisation technique et de viabilitd hnomique et financiere. Les planificateurs rwandais seront f o m b aux diverses methodes de selection de projets appliquh lors de la preparation du Plan, afin que celuici puisse &tre actualisd chaque ann6-e. Le premier Plan directeur d'dlectrification devrait &treachevd pour la fin 1992. Une fois que le sous-secteur de l'dlectricitd aura maftrisd les techniques de planification et de programmation, le MINITRAPE devra entreprendre une planification sectorielle globale selon la m&memdthode pour aboutir a un Plan directeur a long terme pour le secteur dnergdtique. L'dlaboration d'un Plan directeur global, d'une stratdgie sectorielle et des politiques ntkessaires a leur realisation est une ache qui incombe naturellement ti un ministere responsable du secteur dnergdtique. 2.13 Actuellement, c'est le MINITRAPE et non ELECTROGAZqui se charge de planifier et de programmer les investissements de production et de transport de l'dlectricitd, ELECTROGAZ se bornant?i le rbeau de distribution. La plupartdes planificateursdu MINITRAPE sontd'anciens planifier membres du personnel d'ELECTROGAZ, dontle ddpart a laissd un vide dans les servicesdeplanification de cet dtablissement, qui ne dispose maintenant que d'une petite unitd de planification composde d'ingdnieurs dlectriciens et dlectromdcaniciens ainsi que de techniciens chargb de la supervision des travaux. Cetteunitd n'a aucun r81e dans le processus de planification et de programmation, celui-ci dtant place sous la responsabilitd du MINITRAPE, qui fait appel aux services techniques d'ELECTROGAZ pour l'extkution de projets de production et de transport. Pour qu'ELECTROGAZ puisse fonctionner comme une compagnie d'dlectricitd nomale, elle doit participer activementau processus de planification du rbeau tout entier, et l'ideal serait qu'elle le prenne en charge. La formation de planificateurs a ELECTROGAZ devient donc une tache prioritaire. Le ministere exercerait alors un role d'organisme derdglementationchargede s'assurer queleplan d'investissement est globalementconfome ?i la stratdgie sectorielle, et de prdparer pour l'ensemble du secteur un plan qui englobe tous les sous-secteurs concern&. 2.14 Les recommandations de la mission concernant les actions engager en toute premiere a prioritd pour rendre plus perfomantes les institutions du secteur de l'dnergie sont les suivantes: (a) instituer a la Direction gdndrale de l'dnergie du MINITRAPE (DGE), un systeme de planification pour l'ensemble du secteur et en ddfinir le role et les responsabilitb vis-a-vis d'ELECTROGAZ et du MINIPLAN; (b) renforcer les services de planification de la DGE et d'ELECTROGAZ en y ddveloppant les compdtences analytiques et la comprehension des mdthodes d'analyse des projets gdndralement admises ainsi que des problemes de la planification dnergdtique; (c) &endre le domaine de compdtence de la DGE a l'ensemble du secteur dnergdtique en ajoutant a ses attributions: (i) le suivi du sous secteur pdtrolier ainsi que la formulation et le suivi de la politique petrolibre en collaboration avec la Direction generale du commerceexterieur et les ministbresdes finances et du Plan, et (ii) la collecteet l'analyse de donnh sur l'offre et la demande de combustibles ligneux et de charbon de bois, le suivi de la consommation d'energie du point de vue de l'energie domestique, ainsi que la supervisiondes projets et la coordinationdes activitQ des bailleurs de fonds, en etroite collaboration avec la Direction generale des for&tsdu MINAGRI; il est propose qu'au sein de la DGE, ces fonctions soient confih a la Division des energies nouvelles et renouvelables; et (d) parallblementau renforcementdesservicesdeplanificationd'ELECTROGAZ, incorporer la planification de la production et du transport dans la planification de la distribution, idealement au sein d'un service de planification d'ELECTROGAZ. 111. LA BIOMASSE ET L'ENERGIE DOMESI'IQUE Structure et niveau actuels de la consommation d'dnernie des menages 3.1 Au Rwanda, l'dnergie domestique est surtout utilisde pour faire la cuisine. Comme dans la plupart des pays d'Afrique, la structure de la consommation depend dans une large mesure de la situation gbgraphique des usagers, qui se servent principalement de charbon de bois en milieu urbain et de bois de feu dans les zones rurales. Dans les regions "fralches" du pays, le bois utilisd pour la cuisine sert aussitrks souvent h se chauffer. L'dnergie domestique est dgalementutilisde, dans une moin- dre mesure, pour le repassage, l'dclairage, la rdfrigdration et l'emploi de divers appareils (radios, magndtophones, etc.). 3.2 Plusieurs enquetesont dtd mendes dans lepasse, gdndralementdans le cadre d'actions plus larges, pour dvaluer la consommationd'dnergie domestiquedans les zones urbaines et rurales du Rwanda. Ces enquetes ont abouti h diverses estimations de la consommation par habitant. Les chiffres moyens varient considdrablement, notamrnent en ce qui concerne le bois de feu. A la suite de discussions avec des spdcialistes rwandais, une sdried'estimations visant h determiner le niveau actuel de la consommation d'dnergie a dtd dtablie. Les tableaux qui suivent indiquent, en unites d'origine (kwh, tomes), la consommation d'dnergie primaire (y compris le rendement de conversionpour la production de charbon de bois et d'dlectricitd) et la consommation finale d'dnergie au Rwanda. Tableau 3.1: CONSOMMATION DfENERGIE DOMESTlQUE - 1987 UTlLlSATION FINALE Electricit6 Kerosene GPL Sous-prod. Bois Charbon Tourbe Total agricoles de bois . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Unit 6 MWh rnilliers de tonnes Urbaine 23.773 8.1 0,2 40,O 0,5 Rurale 48 011 300 2.213 TOTAL 23.821 8.2 0.2 300 2.213 40.0 0.5 ................................ Unit 6 m i l l i e r s de GJ --- . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Urbaine 86a/ 339 11 0 0 1.200b/ 6 1.642 Rurale 0- 3 0 4.200 35.408 0 0 39.611 TOTAL 86 342 1 1 4.200 35-408 1 .ZOO 6 41.253 Pourcentage 0,2 0,8 0,o 10,2 85,8 2,9 0,O 100,O aJRendement obtenu B la production df61ectricit6: 34%. WRendement obtenu B l a production de charbon de h i s : 10% (sur l a base du poids). - Source: Estimations de l a mission. UTILISATION D'ENERGIE PRIMAIRE Electricit6 Kerosene GPL Sous-prod. Bois Bois pour Tourbe Total agricoles charbon de bois Unite Huh ............................... miltiers de GJ ................................ Urbaine 67.923 245 339 11 0 0 6.400 6,O 7.000 Rurale 137 0,5 3 0 4.200 35.408 0 0,O 39.612 TOTAL: (GJ x 1.000) 68.060 245 342 11 4.200 35.408 6.400 6,O 46.612 7,l 8,l 0,25 100 843 152 0'1 1.111 Pourcentage 0,6 0,7 0,O 9,o 75,9 13,7 0,0 100,O - -- Source: Estimations de La mission. 3.3 Exprimee en Bnergie primaire, la consommation globale d'energie par les menages est de l'ordre de 1,11 million de tomes equivalent petrole par an (TEPIan) (voir tableau 3.1). La part des combustibles "modernes", tels le keroskne et le gaz de petrole liquBfi6 (GPL), est minime et, avec 1'6lectricit6, represente moins de 2% de 1'6nergie consomm6e par les menages. En principe, seules les zones urbaines consomment de 1'6lectricit6 du reseau. Dans les zones rurales, l'dlectricit6 provient habituellement de petites batteries. 3.4 Le bois de feu (76% de la consommation d'dnergie primaire), les rdsidus agricoles (9%) et le charbon de bois (14%, mais seulement 3% lorsqu'il est mesure ?i l'utilisation finale) sont les principales sources de combustiblesutilisds par les mdnagers. Les quantitds consommees sont voisines de celles enregistrees dans d'autres regions d'Afrique (une grande enquete menee au Rwanda a en effet indiquk des chiffres moyens semblables ?i des pays sahdiens, et une autre a rdvdl6 des chiffres ceux moyens comparables ?i ceux d'autres regions montagneuses d'Afrique). Bien que la consommation de charbon de bois ne represente qu'un faiblepourcentage de l'utilisation finale d'energie du pays, elle cause un grand prejudice a l'environnement, car la productionde ce combustibleest un processus commercialis6 et 2 faible rendement. Certaines des estimations figurant au tableau 3.1 different sensiblement des estimations antdrieures. Les nouvelles estimations sont basBes sur les resultats d'enquetes recentes qui indiquent que la consommation de bois de feu par habitant est inferieure ?i celle estimee auparavant et que la proportion de bois entrant dans la fabrication du charbon de bois est plus 61ev6e (voir annexe 1.1). Structure de la demande de combustibles issus de la biomasse 3.5 Le bois de feu est utilise non seulement par les menages, mais aussipar l'industrie et des services divers. La plupart du temps, les donnees de base sur ces consommations ne sont gukre plus fiables que celles qui concernent l'utilisation faite par les menages sauf dans le cas de l'industrie du the, pour laquelle1'Energie des Grands Lacs (EGL) a rdalise d'assez bonnes estimationsportant sur 11usines. Les resultats de la compilation des statistiques disponiblessont prdsentds ?i l'annexe 1.2, et rdvklent que la majeure partie de la demande (96,9%) provient des menages, le reste venant de l'industrie (2,4%) et des services (0,7%). 3.6 Bien que le secteur domestique soit de loin le plus gros consommateur de bois de feu, il n'est pas facile de reduire cette consommation: moins de 10%des menages emploient du charbon de bois, la majorite utilisant du bois de feu ou un melange de bois de feu et de residus agricoles c o m e principal combustible. I1 est beaucoup plus difficile de rationaliser la consommation des combustibles ligneux en milieu rural qu'en milieu urbain, car ce secteur est bien moins commercialise que celui du charbon de bois. En revanche, la consommation de combustibles ligneux dans le secteur institutiomel et les industries artisanales &ant trks commercialis& (bien qu'elle ne represente qu'une faible part de la consommation totale d'dnergie), elle pourrait se prkter 2 des mesures d'economie. Dans le domaine des combustiblesligneux, I'effort de rationalisation devrait porter surtout sur les Bcoles, les petits hbtels, les restaurants, les prisons, les hbpitaux, les camps militaires, etc. Ap~rovisionnementactuel des mena?es en combustiblesdomestiaues 3.7 En g6n6ral, les habitants des campagnes se procurent leurs combustibles dans les plantations et les forkts, et utilisentdes matikres provenant des arbres et des champs du voisinage. I1faut obtenir beaucoup plus de domdes pour faire une analyse complktede la structurede l'approvisiomement, mais, dans les zones rurales, la situation est relativement simple et facile ii decrire: le bois et les residus agricoles (feuillesde bananier, tiges demais secheesetc.) sont recueillis--et non achetes--pardes membres de la famille, gardes pendant quelquesjours, puis brClles ii decouvert. 3.8 Dans les villes, I'approvisionnement est plus complexeet plus diversifie, on y utilise aussi bien des combustibles traditionnels (combustibles ligneux) que des combustibles modernes. MBme lorsqu'on emploie des combustiblestraditionnels, on les achhte chez des revendeurs. Afin de simplifier I'analyse--et w l'absence de renseignements precis--on presume que les villes consomment du charbon de bois et une quantite infime de bois de feu, et que les regions rurales consomment surtout du bois de feu et une quantitd infime de charbon de bois. Vu la grande incertitudequi entoure les d o m k relatives aux combustibles traditionnels en general, il faudrait realiser une enqukte nationale sur les combustibles utilises en milieu rural pour que les pouvoirs publics disposent d'une base plus solide pour ddfinir des mesures d'approvisiomement et d'economie d'dnergie rurale. 3.9 Le charbon de bois est le combustible qui a etd le mieux 6tudi6, car: (a) c'est un produit commercialise; (c) une grande quantite d'energie est gaspillbe durant sa fabrication; et (c) il entre dans un processus auquel pourraient Btre apportees de nombreuses amt?liorations, aussi bien au niveau de la production que de I'utilisation. Une etude a 6tC entreprise 2 la fin de 1987 dans le cadre du Projet d'amelioration de la technique.de production de charbon de bois et des foyers 2 charbon de bois, qui faisait partie du Programme conjoint PNUDIBanque Mondiale d'assistance 2 la gestion du secteur dnergetique (ESMAP), en collaboration avec le Ministkre des travaux publics et de l'dnergie (MINITRAPE) et le Ministere de I'agriculture, de 1'6levage et des forBts (MINAGRI). Le prhent chapitre s'inspire beaucoup de cette etude, designee ici sous I'appellation dw'6tude sur le secteur charbonnier". 3.10 Avant 1985, la production de charbon de bois etait surtout concentree dans les savanes orientales des regions de Bugesera et de Kibungo. Cela a entralne l'abattage de vastes quantith d'arbres qui formaient des massifs forestiers, et une perte de couvert vegetal. En 1987, le Gouvernement a rhgi cette situationdefavorableet a encourage la reinstallation des fabriques de charbon de bois a l'ouest et au sud-ouest (Gikongoro) en interdisant l'utilisation des savanes. Tout c o m e d m les autres secteurs de 1'6conomie, les agents economiques n'ont pas tarde h reagir h la decision du Gouvernement et, de ce fait, le deplacement s'est opere rapidement et sans grandes difficultes. Selon l'etude sur le secteur charbonnier, jusqu'h 55% du charbon de bois achete par les detaillants de Kigali provient maintenant de la region de Gikongoro. La region de Kibuye (h l'ouest) arrive en deuxikme place aarec 18% du total. L'annexe 1.3 indique la repartition de la production de charbon de bois par prefecture. Previsions de la consommation d'ener~ieDar les menages jus~u'hl'an 2000 3.11 On a etabli une prevision de la consommation d'energie par les menages dont les principaux paramktres sont la structure de la consommation actuelle et les tendances demographiques. Plusieurs projections demographiques sont en cours de realisation. Les projections retenues pour la prbente estimation sont les hypothhes de base de 1'Office national de la population (ONAPO) pour l'ensemble de la population et celles de la Banque Mondiale pour la population urbaine (voir annexe 1.4). 3.12 Deux scenarios ont ett5retenus pour les projections jusqu'h I'an 2000: la continuation des tendances actuelles dans le premier cas et, dans le deuxikme, application d'une politique de gestion de la demande (avec efficacite accrue de la consommation finale, carbonisation plus efficace et, notament, substitutionde combustibles). La demande a 6t6 estimee en quantitQ reelles et en TEP. Les hjpothhes retenues et la demande d'energie domestique calculee sur cette base sont prQent6es h l'amexe 1.5pour le Scenario I. 3.13 I1 ne sera question ici que du Scenario I; on reviendra sur le Schario I1 plus loin, aprks I'examen de certaines mesures d'economie et de substitution. C o m e l'indique I'annexe 1.5, la demande d'energie domestique en 2002 est estimde h 1'9 million de TEP, soit environ 70% de plus que la demande nationale actuelle. En ce qui concerne les combustibles ligneux, la prefecture de Kigali representera h elle seule quelque 29% du total national, soit environ 140% de plus que sa consommation actuelle. Cela sera dQaux effets conjugub d'une forte poussee demographique et d'une proportion croissantede charbon de bois parmi les combustibles ligneux. I1 est donc probable que la capitalejouera un r81e de plus en plus important dans la determination des paramktres de base (prix, quantitb) du charbon de bois commercialis6 au Rwanda. Comme dans la plupart des autres pays d'Afrique, cela signifie egalement que les "importations" de charbon de bois dans la ville representent une part de plus en plus grande de tous les mouvements de marchandises et du trafic routier en general, avec tout ce que cela suppose d'effets induits--par exemple accroissement de la consommation d'energie (produits p6troliers) pour transporter de 1'Cnergie. Un tel &at de choses et les effets que cela aurait sur les ressources naturelles font qu'il est necessaire d'attacher une importance considerable h l'etude du charbon de bois au Rwanda dans une perspective globale. 3.14 Selon le Scenario I, les combustibles autres que les combustibles ligneux et les r6idus agricoles joueront un role negligeable dans la satisfaction de la demande globale d'energie domestique (2'1% en 2002). Cette proportion se maintiendrait meme si la consommation d'electricitd domestique devait progresser dans les proportions prdvues au Chapitre V. Meme dans ce cas-lh, les combustibles modernes ne reprkenteraient que 3% h 4% de la consommation d'energie domestique. De meme, les utilisations de combustibles traditionnels en dehors du menage ne forment qu'une fraction marginale de la consommation domestique de combustibles ligneux et de biomasse. Estimation de l'a~~rovisiomementsoutenableen combustibleslipneux 2 vartir des sources existantes 3.15 Le Rwanda possede au total 436.200 ha de forCts naturelles s i t u h 2 l'interieur et aux alentours de trois parcs nationaux. I1 existe en outre 35.200 ha de for& domaniales, 44.600 ha de forCts de village et 149.000 ha de forCts p r i v h et d"'arborisation", soit, au total, 665.000 ha. LI Cela equivaut2 25% de la superficietotale du pays. I1 y a cinq ans, le recours 21"'arborisation" dans le cadre d'un effort delibere pour ameliorer l'approvisiomement en bois de feu etait encore une chose quasiment incomue. Grace aux initiatives de la Direction gendrale des for& (DGF), qui ont 6te suivies par les agriculteurs, 1'"arborisation" est devenue l'un des principaux instruments de l'effort deploy6 pour augmenter la production de bois. Actuellement, la majeure partie du bois de feu provient de 1'"arborisation"-dont la contribution est estimee 2 plus de 50%--et de plantations privh. Le Rwanda posstde un grand nombre de pepinieres --environ une pour 5.000 habitants. 3.16 Une estimation a kt6 faite de l'approvisiomement qui pourrait Ctre assure de maniere soutenable--c'est-adire sans epuisement des ressources--2 partir des reserves de bois actuelles et futures. Cela comprend l'arborisation, les plantations,la for&naturelleet les arbres des savanes. Une estimation de l'approvisiomement en combustiblesligneux par region en 1987, egalement bade sur les hypotheses retenues, est present& 2 l'annexe 1.6. 3.17 L'estimation susmentiomee rdvele que l'on produit des combustiblesligneux dans toutes les prefectures et que les quantitds varient entre 171.000tlan a Kibuye et 317.000 tlan a Kigali. L'arborisation reprdsente 2 elle seule 56% du total de l'approvisiomement soutenable 2 l'echelle nationale. Cela veut dire, en somme, que les combustiblesutilisdspar les menages rwandais proviement surtoutdes champs des agriculteurs. Les plantationsforment la deuxiemesourcemajeure de combustibles ligneux, avec une contribution qui reprhente globalement le tiers de l'approvisiomement soutenable. Cette contributionatteint prh de 45% 2 Ruhengeri, oh de grands efforts de plantation ont ete faits ces dix dernikres annees, mais elle ne ddpasse guere 11% 2 Kibungo. En chiffres absolus, la contribution la plus importante est celle des plantations de la prefecture de Gitarama. Une bome partie de l'approvisiomement soutenable (9%) provient des forets naturelles, oh la collecte du bois est interdite. En fait, bon nombre de ruraux s'approvisioment dans ces for&, mais, pour des raisons evidentes, il n'y a pas de statistiques. Bilan des combustibles li~neux 3.18 Le bilan de la demande et de l'offre soutenable a et6 etabli pour I'ensemble du pays et pour chaque prefecture d'aprh les hypotheses susmentiomees (voir annexe 1.6). Par rapport a I'approvisiomement soutenable, il y a actuellement un deficit national de l'ordre de 500.000 tomes de combustibles ligneux, ce qui correspond 16%de la demande globale. Quatre des dix prefectures ont enregistre un ddficit, le plus eleve en chiffres absolus &ant celui de Kigali --239.000 tomes--et le plus eleve en chiffres relatifs celui de Ruhengeri--prh de 50% de la demande. I1 ressort de ces chiffres que 11 Toutes Its donnles SONpour 1985. 'Gestion des ressourcesforesti2res en vue de satisfaire la demnde en boir de feu et charbon de his', MUTUNGIREHE hare, Directeur g b l r a l desfor&, Minist2re de l'agriculture, de l'llevage et desfor&. L'arborimtion reprCsente &s arbres dissCminCs duns le champ d'un agriculrcur. le Rwanda est probablement en train d'epuiser ses ressources forestikes, y compris une partie de ses for& naturelles pour lesquelles une estimation chiffree est actuellement impossible. Cela montre qu'il existe dej2 un dhequilibre auquel il faut remddier. 3.19 La situation risque d'empirer 2 l'avenir. L'annexe 1.7 indique les hypothbes qui pourraient &re retenues pour accroltre l'approvisiomement en combustibles ligneux dans un proche avenir et les divers bilans de l'offre et de la demande obtenus pour l'an 2002. Meme si l'on maintient le rythme ambitieux prevu dans le Plan forestier national etabli par le Gouvernement rwandais, il semble que l'bcart entre la demande et l'offre soutenable continuera de s'accentuer. En 2002, seules trois des dix prefectures emegistreraient un d6ficit, mais le deficit global serait superieur 2 celui de 1987(1 million de tomes contre 500.000). Cela aggraverait la situation et aurait des consequences financikres, economiques et enviromementales. Un calcul approximatif revkle que la surface des plantations devrait augmenter de 70.000 ha d'ici l'an 2002 (avec une productivite de 15 tthalan) pour permettre un approvisiomement soutenableen combustibles ligneux. Or, il est evident que le Gouvernementn'est pas en mesure de realiser un tel objectif dans les circonstances actuelles. Sur le plan technique, plusieurs mesures devront &re prises et il faudra notamment etudier de prb la possibilite d'un transfert de grandes quantites de combustiblesligneux 2 des zones assez eloignees, en plus des mesures d'economie requises. Vu les moyens limites dont disposentactuellement les services de 19Administrationchug& de la mise en valeur et de la protection des forets, les programmes retenus representent le maximum que ces services peuvent raisomablement accomplir, de sorte que les rhultats effectivement obtenus risquent meme de ne pas atteindre les niveaux prevus, d'oil la necessite de prendre, sans tarder, des mesures correctives. Politiaue des prix du bois et des combustibles ligneux et efficacite du recouvrement des coats 3.20 La determination des prix du bois et la taxation du charbon de bois au Rwanda ont kt6 examines dans le cadre de l'etude sur le secteur charbomier. A l'heure actuelle, les prix des combustibles ligneux sont libres, l'intervention de 1'Etat se limitant 2 la fixation d'une redevance d'exploitation de 400 FRIstke (5,30 $EU/stkre)pour le bois provenant des for& domaniales. L'etude analyse le fonctiomement du systkme actuel et propose des mecanismes qui permettraient des economies accrues de ressources forestikes. Dans une de ses conclusions, elle fait observer que le prix officiel de 400 FRIstke pour les arbres sur pied n'est presque jamais applique et que la plupart des transactions s'effectuent 2 moins de 100 FRIstke, sauf dans quelques cas oil le prix se situe entre 100 et 200 FRIstke. Ces prix sont inferieurs au coot effectif des plantations (voir cidessous). Cela est dQ2 la faiblesse des prix de vente des combustibles ligneux sur les march& urbains et 2 l'absence de produits (plus avantageux) de substitution qui permettraient d'eviter la vente d'arbres sur pied pour produire des combustibles ligneux. La faiblesse des prix du march6 reflkte le pouvoir d'achat generalementfaible des consommateurs qui utilisent du bois de feu pour faire la cuisine, la petitesse des march& de bois de feu a usage commercial, et le fait que, dans certains cas, le coot total du bois n'est pas pleinement pequ par le fournisseur. En temoigne, par exemple, le fait que meme le bois de chauffage provenant des plantations communales se vend 2 ces faibles prix, &ant dome que les communes ne voient pas toujours le rapport entre ce que coutent 1'6tablissement et l'exploitation d'une plantation et le prix auquel le bois est vendu. En pareil cas, la redevance d'exploitation n'est que partiellement appliquk, et elle n'est pas appliquk du tout au bois qui provient de sources privh. On peut donc dire que, dans les circonstances actuelles, I'Etat, les communes et les petits agriculteurs subventioment les consommateurs urbains en vendant leurs arbres A un prix trh inferieur au coot d'un approvisionnement soutenable. L'annexe 1.8 indiqueles coots des plantations pour differents types de proprietaires. 3.21 Le Gouvernement tient a ce que les prix de tous les produits forestiers, et non pas uniquement ceux des combustibles ligneux, reflktent plus fidklement le coot rkl, et qu'ils conduisent A des exploitations commerciales. En janvier 1988, la DGF a propose au Gouvernement d'adopter une nouvelle politique des prix dans le secteur du bois. Cette politique vise A instituer un regime de prix "@uitablesmsusceptiblesd'encourager les producteurs et les consommateursA contribuerau maintiend'un approvisionnement soutenable en produits tirb du bois. Elle s'appliquerait A toutes les categories de producteurs et de consommateurs, et, pour la determination des prix, le bois serait divise en trois categories: bois de feu, piquets et perches de construction, et bois d'oeuvre. Les prix du bois de feu exprimb en FWstkre et convertis en FR/kg, figurentA l'annexe 1.9. Lors de la preparationdu deuxikme projet forestier integre, la Banque Mondiale a propose: (a) d'adopter un systkme de revision des prix pour que les prix des combustibles ligneux soient ajustb regulikrement; (b)d'inverser le rapport entre les prix du pin et ceux de l'eucalyptus utilisb pour la construction; et (c) de tenir davantagecompte des frais de transport du bois de feu. I1 se peut que le Gouvernement incorpore ces propositions dans la version finalede la proposition de politique des prix, mais aucune reponseofficiellen'a encore ete recue. I1 convient toutefois de signaler que les prix proposb ne couvrent pas les coots de productio~pourtous les types de plantations, c o m e l'indique I'annexe 1.8. 3.22 La mission recommande que la nouvellepolitiquedes prix, qui vise A determiner le prix du bois de feu en fonction de l'emplacement de la plantation et de la categorie d'arbres, incorpore les recommandationsfaitesdans le cadredu deuxikmeprojet forestier integre. I1ne sera cependantpas facile de rationaliser le marche du bois, car il s'agit d'un secteur oil producteurs et consornrnateurs sont dispersh et souvent illettrb, et oil les activitb traditionnellesjouent un role majeur, notarnment dans le domaine des combustiblesligneux. La campagne de publicite et les propositionsfiscales elaborees dans le cadre du projet d'amelioration des foyers et des fours devraient faire partie integrantedu plan d'action visant A rboudre ces questions. En tout cas, il faudra @tretrh precis concernant le champ d'application et les mesures A prendre pour en assurer l'execution. I1 est A craindre que la limitation des effectifs de la DGF rende difficilel'application de la nouvelle politiquedes prix. I1 faut donc mettre l'accent sur un renforcement des effectifs ainsi quede leurs qualificationsavant qu'une politiqueA grande echellede mise en valeur et de protection des for& puisse @treappliquee. 3.23 Le prix du charbon de bois est libre et, A l'heure actuelle, le Gouvernement n'intervient pas dans sa determination, sauf en ce qui concerne la redevance d'exploitation. La situation pourrait changer si le projet d'institution d'une taxe sur le charbon de bois venait A se concretiser. En ce moment, les principaux determinants des prix du charbon de bois sont la distancequi separe le point de fabrication du marche principal, c'est-Adire Kigali, et le mode de transport. La techniqueappliquk dans l'ensemble du pays repose sur l'utilisation traditionnellede fours et n'exige qu'un investissement materiel minime de la part du charbonnier. Une analyse tkonomique de l'industrie du charbon de bois a donne les rhultats prhenth A l'annexe 1.10. C o m e on peut le constater, vu le niveau actuel du prix du charbon de bois a Kigali, la valeur du travail fourni par le charbonnier est trh sensible au prix du bois sur pied. Au prix officiel actuel de 400 FWstkre (qui est rarement applique), le charbonnier serait peu port6 garder son affaire. Des prix voisins de 100 FRlstkre permettent un "salaire" mensuel plus proche du revenu auquel s'attend normalement un travailleur rural. 3.24 Le Gouvernement a annonce sa decision d'instituer une taxe sur le charbon de bois commercialise. Aprh tout, le charbon de bois est un combustible coOteux et sa valeur doit &re fix& en consequence. L'institution de cette taxe a 6t6 examin& dans le cadre de 1'6tude sur le secteur charbomier, qui recommande qu'elle soit percue par la commune pour le charbon de bois transport6 sur le territoire communal. Les communes exercent une assez grande autorite au niveau local et assurent la surveillance et l'entretien d'une grande partie des ressources forestikres du pays. 11faudrait instaurer un regime fiscal a deux taux pour encourager l'utilisation de techniques de carbonisation ameliorh et augmenter les recettes des communes. Les charbomiers qui continueraient d'appliquer les methodes de carbonisation traditionnelles paieraient une taxe elevee, fixee ii 60 FRIsac, dont une partie--12,50 FR --irait a la commune et le reste, soit 47'50 FR, 2 1'Etat. Les charbonniers qui consentiraient ii adopter les methodes amelior&s ne verseraient que 30 FRIsac. La part de la commune serait alors de 25 FR et celle de 1'Etat de 5 FR. On indiquera aux transporteurs qui ont a payer la taxe les noms des villages oh sont appliquh les methodes amelior6es. Le systkme actuel des permis de transport (carnets) de charbon de bois sera adapt6 au nouveau systkme, ce qui signifie que les villages devront tamponner le permis pour indiquer l'origine du charbon de bois. Des contrdles occasionnelspar les autoritdsforestikres et la police permettront d'exercer un certain contrdle sur la situation et de tenir une comptabilite. 3.25 L'argument invoque est que le faible coot actuel de la ressource utilisee et l'absence de taxe sur le charbon de bois n'incitent gukre a utiliser des methodes de carbonisation am6liorh. L'application simultaneedu prix officieldu bois et detechniquesde carbonisationamelioreesrendrait plus rentables des investissements financiers accrus. Les elements sur lesquels repose cette estimation sont indiquds l'annexe 1.11. L'institution de la taxe envisagee, avec le lancement d'une campagne d'information, et, de ce fait, l'adoption de techniques de carbonisation ameliorees, permettraient de realiser trois objectifs: augmenter le revenu des charbonniers, preserver les ressources et accroltre les recettes publiques des communes et de 1'Etat. 3.26 La question de l'application pratique de la nouvelle taxe sur le charbon de bois n'est toujours pas rdsolue. Comme on l'a d6ji vu, le prix officiel du bois sur pied n'est gukre applique dans les circonstances actuelles. Mais l'approche dbcrite dans l'etude sur le secteur charbonnier demeure valable. I1 est propose, avant d'appliquer une politique fiscale quelconque, de continuer la campagne de sensibilisation visant promouvoir les techniques de carbonisation ameliorh et a faire prendre conscience de la valeur r&lle du bois. En procedant ainsi, il sera peut-&re possible d'instaurer le regime fiscal envisage, encore que les mesures pratiques c o m e de faire la distinction entre un sac de charbon de bois produit selon les techniques de carbonisation ameliorh et un autre produit selon les methodes traditionnelles, sans trop faire appel la police ou autres contrdleurs doivent @treetudih en profondeur. En conclusion, la strategicrecommandeedans 1'6tude sur le secteur charbonnier estjug& rationnelle dans le contexte actuel et sa mise en oeuvre devrait @treencouragtk. Mesures visant renforcer les programmes d'apwovisionnement en bois a 3.27 Un certain nombre de projets ont pour but de r6duire l'&xrt entre la demande et I'approvisiomement soutenable en combustibles ligneux, et qui visent, entre autres, accroltre I'approvisiomement en bois de feu, a promouvoir des mesures d'economie de ce combustible et a renforcer la DGF. La liste de ces projets et des bailleurs de fonds qui y participent figure a I'annexe 1.12. De toute evidence, le Rwanda re~oitbeaucoup d'aide exterieure pour la gestion de ses ressources naturelles. Le concours qu'il obtient en ce moment occupe probablement la quasi-totalit6de la capacitd d'absorption de I'Administration. En effet, a l'exception de la gestion des forets naturelles de la crete ZaTre-Nil, ou une certaine coordination de l'aide des donateurs a kt6 r&Jisee, la plupart des projets finances de l'exterieur souffrent de l'absence de planification et de coordination. Le Plan forestier national de la DGF devrait permettre une meilleure coordinationde I'assistance des donateurs a I'avenir. Ce plan prevoit un ensemble d'efforts ambitieux de la part des agriculteurs, des communes et de 1'Etat dans un pays oil la penurie de terre est I'un des principaux obstacles au developpement. Les principaux objectifs du plan, que la DGF a resum6s dans un recent documentdepolitique generale, sontles suivants: (a) etablissement et maintien l'dchelle du pays, d'un patrimoine forestier ecologiquement a Bquilibre; (b) augmentation de la production forestikre; et (c) meilleure utilisation et revalorisation de la production forestikre. 3.28 Bien qu'il en soit encore 2 son stade initial, ce plan a beaucoup attire l'attention des donateurs. Deux des projets qui forment I'ossature du plan et qui concernent en particulier le renforcement de l'approvisiomement en bois appellent quelques observations: (a) le recent projet de la Banque Mondiale "Foresterie 11" touche egalement 2 la gestion du betail. Dans le domaine forestier, il vise surtout la protection et la gestion des for@ts naturelles de la crete Zaire-Nil, c o m e le font d'autres projets (Caisse centrale de cooperation konomique (CCCE), Suisse, CEE); et (b) I'assistance technique suisse a joue un r81e trb important en aidant la DGF jeter les a bases d'une politique forestikrejudicieuse, et en formant un grand nombre de spkialistes des questions forestikres divers niveaux de competences. 3.29 I1 est manifestement impossible pour le Gouvernement de mettre en oeuvre son programme ambitieux sans: (a) un soutienfinancier exterieur; (b) la valorisationdes ressources humaines du secteur forestier; et (c) la creation d'importants d6bouchb pour les produits autres que le bois de feu. I1 est fort probable que le soutien financier exterieur sera maintenu un pays qui a dejh bendficie dans le passe d'une importante participation etrangkre au financement de son developpement. Actuellement, 75% des depenses du secteur forestier, qui se chiffrent 6 millions de $EU/an, sont couvertes par I'aide a extbrieure, dont 55% 2 60% est sous forme de prets. La valorisation des ressources humaines est absolument indispensable dans un pays dont la fonction politique ne compte en ce moment que 25 ingenieurs et 50 techniciens. Enfin, la crhtion d'utilisations nouvelles et efficaces des produits du bois est l'un des grands objectifs du Gouvernement--et c'est une tache exigeante. On envisage de promouvoir a l'avenir les divers usages auxquels se pr!te le bois. I1 est encore trop t8t pour evaluer les chances de reussitede ce vaste programme, mais il est certain que la plupart de ses objectifsdevront !tre atteints, car le ddveloppement des plantations ne pourra pas &re uniquement lie aux besoins d'energie. 3.30 L'annexe 1.7donne un aperqu des consequences d'une rdisation limit& du programme de plantation, par la simulation de faiblesses arbitrairesdans l'execution du Plan. On a suppose que ces faiblessesse manifesteraientsurtoutdans leprogrammede plantation, qui forme l'eldment le plus sensible du fait: (a) qu'il est le plus gros producteur de bois, et (b) qu'il reprdsente une opQation conjointe de l'Etat, des communes et de la population, ce qui le rend techniquement vulnerable. Les rhultats de l'analyse indiquent que le deficit global de combustibles ligneux est fonction du degre de realisation de l'objectif du Plan: si le programme de plantation pour la periode 1988-2000flechit de 20%, le deficit global de combustibles ligneux augmente de 120.000tian, soit 11% par an. Le Gouvernement et les donateurs devraient avoir conscience de cette sensibilite et s'efforcer d'assurer la continuite de leurs efforts en faveur du Plan forestier national. Mesures actuelles et ~roieteesDour Bconomiser sur les combustibles ligneux 3.31 L'Bconomie de combustibles ligneux est l'objectif que visent en ce moment trois actions interdependantescoordonn&s par le Ministere des travaux publics et de 1'6nergie (MINITRAPE): (a) une Bconomie genQalisBe de bois de feu, qui est le but du projet "Economie de bois de feu" (EBF); (b) une reduction de la consommation finale de charbon de bois, notamment par la diffusion de foyers charbon de bois plus performants avec le concours du secteur priv6; et a (c) une Bconomie de bois par la diffusion de techniques de carbonisation plus efficaces, que coordonnent conjointement le MINAGRI et le MINITRAPE. 3.32 Le projet EBF bendficie du concours d'une association de bendvoles neerlandais. Son objectif--&nomiser le bois de chauffage--at realis6 au moyen d'un programme de vulgarisation dont la partie techniquecomprend la diffusionde foyers bois amdliorh. Ce programme de vulgarisation est un programme complet qui vise en particulier a sensibiliser les femmes a des techniques qui permettent d'utiliser moins de bois pour la cuisson. Les techniques mises a l'essaijusqu'ici comprennent le stkhage prdable du bois (encore qu'il s'agisse la, c o m e on l'a apprisune fois les essais achevh, d'une pratique traditio~elledejb repandue), le trempage des eves et, enfin, la fabrication d'un foyer b bois ameliore. Plusieurs modeles de foyers sont actuellement I'essai durant les seancesde formation. Pour le moment, il s'agit d'un petit projet dont la port& pratique sera faible court terme, mais qui, l'avenir, devrait definir les mdthodes et les normes que les services de vulgarisation appliqueront dans l'exercice de leurs fonctions habituelles. Une dvaluation du projet sera necessaire. 3.33 Deux organisationsprktent une assistancetechnique et financikre la realisationde foyers amelior&. CARE INTERNATIONAL a aide un entrepreneur B se lancer dans la fabrication et la commercialisationdu foyer CANAMAKE, qui s'inspire du modkle KENYA JIKO. La participation de CARE INTERNATIONAL a pris fin et l'entrepreneur travaille maintenant sans concours exterieur. I1 vend en moyenne de 100a 150unit& par mois de son modkle le plus demand6 au prix de 500 FR, ainsi qu'une centaine d'autres de diffdrents modkles dont la garnrne de prix se situe entre 600 et 1.500 FR. A l'heure actuelle, il vend egalement le foyer RONDEREZA dans les m&mespoints de vente. 3.34 Le foyer RONDEREZA a dte realis6 par la Banque Mondiale et le Programme des Nations Unies pour le Developpement (PNUD), qui ont lance parallklement un programme plus systematique d'essai et de diffusion graduelle de modkles socialement acceptables. Les experiences en laboratoireont donne des resultats encourageantsdu point devue de la consomrnation de charbon de bois, qui se traduit par des economies susceptibles de compenser rapidement le coot initial plus elevd (voir annexe 1.13). L'efficacite des foyers am6liort-s a ete testde dans des conditions aussi proches que possibles de la realit6 et des konomies moyennes 34% de charbon de bois ont ete observh. Jusqu'ici les familles choisies pour les essais ont trks bien accueilli ces foyers et une campagne de publicit6 et de commercialisation a demure dans le cadre d'une operationde diffusion B grande dchelle. Les rhultats preliminaires (fin 1990) ont demontre que ce foyer a kt6 rapidement accept6 par les fabricants et les menages. Environ 20,000 foyers ont dte vendus durant la periode 1988-90. 3.35 Une equipe twandaise &die egalement des techniques de carbonisation ameliorde avec le concours de consultants &rangers. Une formation est assurk sur place aux charbonniers pour les initier B l'utilisation de methodes de carbonisation mt5liordes, qui sont ddcrites A l'annexe 1.13. Les essais de performance realises sur les fours amelior& indiquent que leur rendement a augment6 en moyenne de 60%. 3.36 Le MINITRAPE devrait commencer a coordonner les divers projets relatifs a la preservation des combustibles ligneux. I1 faudrait en outre multiplier les efforts pour reduire la consomrnation de combustibles ligneux au niveau institutiomel et dans le secteur des industries artisanales. Des contacts preliminaires devraient ktre etablis avec les organismes susceptibles de jouer a l'avenir un role actif dans la realisation de foyers B charbon de bois et B bois. On peut citer en particulier la Banque populaire du Rwanda, qui a un rheau trh decentralise et trks actif de banques locales capables d'accorder depetits prkts adapt& aux besoinsdes artisansqui entreprennentla fabrication des nouveaux foyers. 3.37 Mis 2 part l'exkution de projets forestiers et la mise en oeuvre de mesures d'konomie de combustibles ligneux, il est evident que le problkme fondmental de l'approvisionnement futur en combustiblesligneux est lie a l'accroissement de la population au Rwanda. Les projets qui ne s'attachent qu'aux aspects purement techniques du problkme que pose la satisfaction d'une demande croissantede combustiblesligneux plus ou moins proportionnelleA l'accroissement de la population peuvent fort bien passer c6tB de leur objectif. I1 faut egalement ddfinir des politiques demographiques, car on ne peut pas attendre des projets forestiers et des mesures d'hnomie qu'ils aient eux seuls un impact suffisant et durable. ODtions de rem~lacementdes combustibles Ii~neux 3.38 Les produits petroliers qui peuvent se substituer aux combustibles ligneux pour faire la cuisine sont surtout le kerosene et le GPL. Ils sont utilish en t r b petites quantith, et uniquement en milieu urbain. Cependant, s'il y avait une grave penurie de combustibles ligneux ou si l'ecart des prix diminuait, ces produits petroliers pourraient les remplacer en partie. Une analyse economique et financikre des possibilith de substitution est prhentte h I'annexe 1.14. Elle montre qu'au prix actuel, le charbon de bois est un produit de substitutionbeaucoup moins cotlteux que les combustiblespetroliers, et que ces deux produits n'entreront gukre en concurrence h moins que le prix du charbon de bois fasse un bond gigantesque ou que les prix petroliers flechissent davantage. Dans la conjoncture prhente, il est peu probable que le regime fiscal envisage augmentesensiblementle prix de vente du charbon de bois aux consommateurs. En revanche, I'augmentation de la distance de transport pourrait avoir h l'avenir une incidence plus prononcte sur son prix. Mais, on ne croit pas que l'ecart de prix de 65% par megajoule (MJ), qui existe actuellement entre le kerosene et le charbon de bois diminuera sensiblement au cours des anndes h venir. La rauction de la consommation de combustibles ligneux rhultera donc surtout des effets conjuguh d'une gestion de la demande et des proc6d6s de fabrication des combustibles ligneux et, eventuellement, de leur remplacement h terme par d'autres combustibles d'origine vegetale (par exemple les briquettes de papyrus), si ces derniers peuvent devenir des options viables au Rwanda. 3.39 Le Gouvernement et les bailleurs de fonds ont lance des programmes de production de nouveaux combustiblesqui pourraient remplacer une partie des combustiblesligneux actuellementutilish. 11s'agit principalement des briquettes de papyrus et de la tourbe. Le Rwanda, a une longue expQience des briquettes de papyrus. L'annexe 1.15 fournit des details sur l'exploitation de l'usine pilote actuelle et sur le potentiel de production. En rhumd, les briquettes de papyrus pourraient devenir un combustible de substitution si certaines questions sont rholues, notarnment celle de leur prix de revient-donc de leur competitivite--qui, estime-t-on, depend de l'efficacite de la production. Pour s'assurer de leur compdtitivite, il faudra realiser des analyses economiques avant de decider de faire de nouveaux investissements. I1 faudrait egalement faire des essais d'acceptabilitd et signaler les problkmes eventuels d'utilisation. 3.40 On etudie actuellement la possibilite de substituer la tourbe h d'autres sources d'energie dans les secteurs industriel et domestique, partiellement en raison de son abondance au Rwanda (il y aurait entre 5 et 50 millions de tonnes de rherves). Le Gouvernement a pris I'initiative de lancer une etude de plan directeur de la tourbe. Ne disposantpas des conclusions, la mission a donc concentre son attention sur les experiences visant h faire de la tourbe un combustible domestique pour la cuisine, principalement 2 Kigali et dans les environs. Les enquetes limittes menees durant la mission sur le terrain revklent que, pour le moment, la tourbesemble incapablede concurrencer serieusement le charbon de bois sur le march6 des combustiblesdomestiques de Kigali. Les causes principales de cette situation sont exposh h l'annexe 1.16 et rhumees ci-aprb: (a) I'exploitation de la tourbe est limit6e h des endroits qui sont generalement eloignh des grands centres de consommationurbains, et les frais de transport en font un combustible cotlteux; (b) il reste 2 prouver que la tourbe est un combustible pratique pour faire la cuisine; et (c) l'experience acquise dans d'autres pays (par exemple 1'Irlande) montre que l'environnement risque d'etre fortement perturb6 si l'exploitation de la tourbe se fait 2 grande Bchelle. L'exploitation et l'utilisation de la tourbe en tant que combustible industriel, c o m e on le propose d m une etude de faisabilite sur la cimenterie de MASHYUZA, (production 50.000 tonnes par an) doivent egalement &treBvaluh. La poursuite de l'etude a cependant ete suspenduedans l'attente des conclusions du plan directeur de la tourbe. I1 s'agirait de trouver le moyen de reduire la consomation de fuel, qui s'8bve actuellement 2 35.000 litres par jour. 21 En ce moment, le coat du combustible reprhente plus de 60%du coat du ciment et son importation exige des devises. La plupart des inconvenients qui font obstacle 2 l'utilisation de la tourbe par les menages n'affectent pas son utilisation industrielle, qui merite par consequentd'etre etudide encore que la possibilitBd'utiliser du gaz c o m e combustibledans cette cimenterie soit un facteur important2 considerer dans la perspective d'une mise en valeur des rherves de methane du lac Kivu (voir chapitre VI). 3.41 Une comparaisonrapide entreles briquettes depapyrus, la tourbe et d'autres combustibles domestiques est presentee 2 l'annexe 1.14. Les donnees restreintes dont on dispose ne permettent pas, pour le moment, de faire la distinction entre le coat konomi.que et le coat financier de tous ces combustibles. I1 semble toutefois que, d m les circonstances actuelles, et 2 condition qu'il soit etabli qu'elles pourront &treutilisees efficacement, les briquettes de papyrus peuvent rivaliser Bconomiquement avec le charbon de bois. La tourbe semble actuellement trop chbre pour pouvoir concurrencer serieusement le charbon de bois. Rappelons que ces conclusions sont provisoires et que d'autres etudes sont necessaires. Variante de la prevision de la consommation d'enereie ~ ales menanes. r 3.42 Le scenario d'economies d'energie domestique (Scenario 11) prhentd 2 l'annexe 1.17 2 le meme point de ddpart que le Scenario I (voir para. 3.12), mais il tient compte des effets de certaines mesures d'konomie visant 2 prherver les combustibles ligneux. A partir des hypothhes BnumBrh 2 l'annexe 1.17, on a etudie les possibilith d'konomiser l'dnergie tiree des combustibles ligneux en prenant en consideration les facteurs suivants: (a) gestion de la demande finale (foyers 2 bois et 2 charbon de bois arneliorh); (b) augmentation du rendement 2 la fabrication (carbonisation); (c) utilisation accrue des briquettes de papyrus. 2/ Si la consommation annuelle de fuel b la cimenterie se maintennit b son rythme actuel, it faudrait environ 20.CKK,tonnes de tourbe. Les hypothbses qui ont btb retenues permettent de prbvoir, pour les combustiblesligneux, une bconomie de l'ordre de 8% d'ici 2002 et une courbe de progression de la consommation ti peine infbrieure ti celle du Scbnario I (voir para. 3.14) c o m e le montre la figure de l'annexe 1.18. Les effets produits seront trbs insuffisants par rapport aux objectifs, notamment s'il s'agit de reduire sensiblement la consommation de combustibles ligneux pour freiner le dbboisement. Une fois de plus, il convient de souligner le r81e et l'importance d'une politique dbmographique efficace. As~ectsInstitutionnels 3.43 Sur le plan institutionnel, la situation est loin d'etre idbale dans le sous-secteur des combustibles ligneux. Le MINITRAPE estime que les actions et la collecte de donnbes dans ce domaine relkvent plut6t de la DGF du MINAGRI, alors que celle-ci n'a pas de responsabilitb precise dans le secteur bnergbtique. Pour bviter soit des chevauchements, soit des lacunes dans la gestion des ressources en combustibles ligneux ti tous les stades, il faudrait confier la responsabilitb de la planification de l'bnergie domestique ti un seul organe du MINITRAPE, qui aurait principalement pour fonction de suivre la situation dans le secteur de I'bnergie domestique, formuler des propositions, ainsi que de lancer et de superviser des projets dans ce domaine. Ses responsabilith seraient les suivantes: (a) suivi et planification des ressources ainsi que de l'offre et de la demande de combustibles ligneux, particulikrement dans les rbgions qui approvisionnent Kigali notamment par la rdisation d'un Plan directeur d'approvisionnement de Kigali en charbon de bois; a/ (b) suivi des projets qui touchent d'une manikre ou d'une autre ti l'bnergie domestique, ainsi que des donnbes techniques, konomiques et financikres sur les solutions qui s'offrent pour reduire la demande de combustibles ligneux ou pour les remplacer par d'autres combustibles; (c) dbfinitionde programmes destinh ti reduire les principaux dhbquilibres dans la structure de l'offre et de la demande de combustibles domestiques, et ti promouvoir des substitutions souhaitables entre combustibles; (d) btablissement et application de rkgles prbcises dbfinissant clairement les responsabilith du secteur privb, du secteur public et des ONG, dans le but d'ambliorer la gestion et de promouvoir le dbveloppement des techniques dans le secteur de l'bnergie domestique; (e) maintien d'bchanges de donnks avec les organes d'exbcution et le ministkre du Plan (MINIPLAN) en vue d'btablir des rapports pbriodiques qui seront utilisbs dans la prbparation du Plan national. Des cellules de planification de l'bnergie domestique ont btb cr& ou se crknt actuellement dans plusieurs pays en dbveloppement, gbnbralement dans le cadre d'une action plus large de mise en oeuvre des politiques bnergbtiques. Dans tous les cas, ces cellules de planification ont -3/ Les donnies sur la disponibiliti de la ressource et 1'approvhwnnement devraient Btre obtenues par le MZNAGRI. ameliore la coordination et la qualitds des systkmes d'information et joue un role extremement utile dans la planification Bnergetique. 3.44 La place de la cellule de planification de l'dnergie domestique (le ministere auquel elle doit @treaffect& et son rang au sein de ce ministere), ainsi que le besoin d'assistance technique au moins initialement devraient &re etudids par le Gouvernement. I1 ne fait guere de doute que le MINITRAPE est relativementbien place pour accueillir cette cellule, puisqu'il est chargede la gestion energetiquepour l'ensemble du pays. Pour eviter de creer un nouveau service, on pourrait confier cettetAche a la Division des energies nouvelles et renouvelables de la DGE, et la renforcer en consequence. 3.45 Les conclusions et recommandations de la mission sont rdsumh ci-aprb: (a) les projets en cours dans le domaine de l'dnergie domestique concernant l'amelioration des foyers a charbon de bois et des techniques de carbonisation, sont bien conGus et devraient etre poursuivis. Dans le cas du projet relatif aux foyers, cela voudrait dire notamment, de commencer les essaisde rendement dans des conditionsd'utilisation reelle et passer a l'etape importantede la commercialisation. En ce qui concerne les techniques de carbonisation, il faudrait former un plus grand nombre de charbonniers pour que ceux-ci soient plus nombreux a beneficier des avantagesresultant des gains de rendement constates; (b) la nouvelle politique des prix proposee pour les combustiblesligneux, qui determinerait leur prix en fonctionde l'emplacement de la plantation et de la categoried'arbres utilisee, devrait &re adoptee en tenant compte des modifications proposees par la Banque Mondiale. Les recommandations de l'etude sur le secteur charbonnier concernant I'instauration d'un regime fiscal a deux taux devraient @treadoptees pour encourager l'utilisation de techniques de carbonisation m.61iorees et augmenter les recettes des communes, le but vise &ant de prdserver les ressources en bois. Le regime fiscal envisage devrait @treapplique a titre experimental avant d'@treetendu a l'ensemble du pays, ce qui permettrait d'en determiner la faisabilite; (c) vu la grande incertitude qui entoure les d o n n h sur les combustibles traditionnels en general, il faudrait realiser une enquete nationale sur l'offre et la demande de ces combustibles afin de disposer d'une assise plus solide pour planifier les mesures d'approvisionnement et d'economie en matiere d'energie; (d) il faudrait etendre les attributionsde la Division des energies nouvelles et renouvelables de la DGE et lui confier la responsabilite du suivi et de la supervisiondes projets dans le domaine de l'dnergie domestique, et de la coordination des activitds des donateurs, ce qui exigerait de former et de renforcer le personnel dans les methodes de collecte de donnh, l'anal yse tkonomique et la planification energetique; (e) l'aide que la CoopQation suisse a entrepris d'apporter en vue de renforcer les effectifs de la DGF devrait &re poursuivie et Btendue en augmentant le nombre de forestiers qualifi6s, afin que la DGF puisse relever les defis majeurs dans le sous-secteur des energies traditionnelles (come l'application d'une politique de mise en valeur et de protectionforestieresa grande Bchelle). L'une des taches precises de la DGF consisterait a arneliorer la coordination entre, d'une part, les projets et les programmes visant a accentuer le rythme de plantation et d'utilisation du bois d'oeuvre, et, d'autre part, ceux qui concernent les combustibles ligneux, en raison de leur forte synergie potentielle; (0 il faudrait faire une evaluationsocio-6conomiqueconcise pour determiner la viabilitedes briquettes de papyrus en tant que combustibledomestique-sujet peine abordejusqu'ici. Cette evaluationdevrait s'effectuer dans le cadre des recherches actuellement men& sur la production de ces briquettes; (g) le Gouvernement et les donateursdevraient mieux faire ressortir le lien qui existe entre, d'une part, l'exploitation de 1'6nergie d'origine v6g6tale et, d'autre part, la protection et la gestion de l'environnement. En ce qui concerne l'bnergie domestique, les aspects suivants sont particulierement importants: les effets produits par l'exploitation de la tourbe sur l'environnement, les effets de la recolte du papyrus et les aspects regionaux de l'exploitation des for& et des plantations pour la production de combustiblesligneux (voir les recommandations du chapitre VIII sur les aspects environnementaux); et (h) le lien entre l'accroissement de la population, la demande d'6nergie domestique et les pressions exercees sur les ressources naturelles devraient &re pris en compte dans toutes decisions de politique genQale, et longue possible il faudrait, s'efforcer d'"infl6chir la courbe d'accroissement de la population", car, a long terme, c'est ce qui contribuera le plus a arneliorer la situationdans le secteur des combustibles ligneux. IV. LES PRODUITS PJITROLIERS Situation eenerale 4.1 Les produits pbtroliers constituentenviron 80% de l'dnergie commerciale consomm6e au Rwanda. 11s sont import& en totalit6 et reprhentent de 16% h 17%du total des importations du pays. L'approvisionnement du Rwanda en produits petroliers se heurte h deux difficult& specifiques: prix e1evQ et precarite de l'approvisionnement, toutes deux liees h la situationgbgraphique du pays et h I'btat des infrastructures de transport dans cette partie du continent africain. Les troubles politiques en Ouganda, par oG passe la principale voie d'acheminement des produits p6troliers, ont parfois interrompu l'approvisionnement pendant des semaines, voire des mois. Si de telles interruptions ne se sont pas produites ces dernikes ann6es, c'est parce que les transporteurs ont su s'adapter aux periodes de crise en empruntant des itinerairesde rechange; l'etat des voies de communication entre le Rwanda et les ports de l'oc15an Indien ne s'dtant pas amelioree. Dans ces conditions, le coot du transport est trks 6lev6et les produits petroliers arrivent au Rwanda h des prix CIF plus que doublQ par rapport aux prix internationauxpratiquh sur la cdte. 4.2 Malgre ces difficultes, la consommation de produits petroliers a progress6 de facon soutenue: de 50.000 tomes en 1981, elle a d6passC les 100.000tomes en 1987, ce qui reprhente un taux de progression moyen annuel de 12,5%. Ceci constitue le fait le plus notable dans ce sous-secteur. 11 s'explique par le niveau absolu relativement bas de la consommation par habitant, qui n'est que d'environ 15 kglan. On peut donc s'attendre h ce que la croissance de la consommation tende h se poursuivre, meme si la progression de l'economie dans son ensemble et des exportationsen particulier, est beaucoup plus lente. Cette perspective pose un double problkme, qui appelle des initiatives d'ordre h la fois financier et energetique: (a) des mesures pour ameliorer la position financikre exterieure du pays, notarnment les rentrk de devises, au cours des annees h venir, dans le cadre de l'effort global deploy6 par le Gouvernement h cet egard; et (b) des mesures h engager 2i temps pour, d'une part, ameliorer les rendements d'utilisation et, d'autre part, substituer des energies d'origine nationale aux produits pbtroliers afin de maintenir l'accroissement des importations de ces derniers dans des limites raisonnables. Structure et evolution de la demand$ 4.3 C o m e la plupart des pays faiblementindustrialis&,le Rwanda consommebeaucoupplus de produits blancs (essence, kbroskne et gazole) que de fuels lourds. En 1987, les carburants automobiles--essence et gazole--ont reprhente les trois quarts de la consommation totale de produits petroliers. Le kdroskne en a reprhentd 13% et le fuel lourd 11% (voir annexe 2.1). 4.4 Le fuel lourd n'est consomme que dans quelques unit& industrielles, dont la plus importante est la cimenterie de Mashyuza. Cette unite, d'une capacite annuelle de 50.000 tonnes, est entree en service en 1985et a atteint son regime de croisikre en 1987 avec une consommation d'environ 9.000 tonnes de fuel, soit prks de quatre fois la quantitetotale de fuel consommepar les autres industries. Cette forte croissance de la demande de fuel en 1986-1987est cependant un evenement isole, car aucune autre unite industrielle de taille comparable n'est envisagee en ce moment au Rwanda. 4.5 Les produits pktroliers ausage domestique sont le gaz de petrole liquefie (GPL) et le keroskne, utilisQ notarnment pour l'klairage, mais aussi, de plus en plus, pour la cuisine. La demande de kQoskne a fortementprogress6 au cours des quatre dernikres a n n h , passant de 2.134 tonnes en 1983 a 8.775 tonnes en 1987, soit une croissance moyeme de 42% par an. L'utilisation du GPL progresse plus lentement, cause, notarnment, de son prix eleve. L'accroissement rapide de la consommation de produits petroliers pour des usages domestiques est l'expression du besoin pressant qu'a la population d'am6liorer ses conditions Blementaires de comfort. 4.6 La consommation de carburants pour avion est rest& statiomaire ces dernikres annees. En effet, le carbureacteur vendu a Kigali &ant cher, les compagnies internationalesprkfkrent alimenter leurs avions Nairobi ou dans d'autres aeroports, o i ~les produits petroliers sont offerts a ades prix plus competitifs. Quant a l'essence pour avions, son usage reste limit6 par un volume de trafic local assez rdduit. 4.7 La croissance rapide de la consommation de produits pktroliers au cours de la dernikre dkemie a toutes chances de continuer en l'absence de modification sensibledes Quilibres hnomiques et Bnerg6tiques actuels. En fait, la croissance de la consommation de produits petroliers au cours des annkes ecoulees ne rQulte pas d'une activite konomique particulikrement vive, mais plut6t d'une 6volution des methodes de production et du mode de vie. Le rQeau routier a 6te sensiblement ameliore et continue de se developper. L'Quipement en vhicules a progress6 regulikrement, y compris ces dernikres a n n h , et l'on n'observe jusqu'a prQent aucun flkhissement de cette tendance (tableau 4.1). Tableau 4.1: EVOLUTIOU DU NOnBRE DIIHHATRICULATIONS DE VEHICULES NEUFS 1985 1986 1987 Voitures de twrisme 381 457 393 Vhhicules utilitaires, microbus 1-021 992 1.054 Camions 3 - - 110 146 Consannation de carburant voiture particuliere: 20.000 km x 12 !/I00 km = 1,8 t/an Vehicule utilitaire, microbus: 50.000 x 18 1/100 km = 7,2 t/an Camion: 50.000 x 40 !/I00 km = 16,8 t/an Source: Banque nationale du Rwanda. 4.8 Si les tendances actuelles se maintiennent, la consommation totale de produits petroliers du Rwanda depassera largement les 300.000 tonnestan ii la fin du sibcle, ce qui semble difficilement supportablepour la balance des paiements. Cela ttant, il serait probablement plus realiste de tabler sur une croissance plus faible de la consommation sous l'effet de contraintes financikres et de mesures approprieesde politique energetique(les mesures envisageablessont analyseesplus loin dans ce chapitre). Organisation du sous-secteur ~etrolier 4.9 Les produits petroliers sont importes et distribues par six soci6tb. L'une d'elles, PETRORWANDA, appartient en majorite ii I'Etat, deux sont des filiales de grandes compagnies internationales(SHELL etBP-FINA) et les trois autres appartiennentii des entrepreneursprivb rwandais. La plus importante est I'une de ces dernibres, ERP (Entrepriserwandaise de petrole), qui assure 40% du marche. L'entreprise d'Etat PETRORWANDA, qui etait en premiere placejusqu'en 1983, est maintenant en deuxikme position avec 24% du marche. Le secteur est organis6 de faqon trh liberale: les six societes se livrent une vive concurrence pour defendre ou augmenter leur part de marche, et elles sont aussi soumises ii une concurrence indirectede la part de plusieurs autres socidtb qui importent souvent des produits petroliers pour leur propre consommation. PETRORWANDA participe ii la concurrence sans aucunprivilkgeparticulier. Les entrepreneursquisouhaitententrer dans ce secteur d'activite ne sont soumis ii aucuneconditionprealable spCcifique, mais uniquement aux conditionsgherales d'etablissement et de fonctionnementdes societes commerciales. 4.10 L'Etat se rberve un rdle de supervision et de contrdledu secteur en utilisant notamrnent trois leviers: (a) le contrdledes prix; (b)la reglementationdes transports; et (c) la constitution de stocks regulateurs. D'autre part, la creation de I'entreprise mixte PETRORWANDA avec participation inajoritaire de 1'Etat correspond ii la volonte du Gouvernement de mieux comprendre les rouages du marche petrolier et la structure des coots, et de disposer de moyens d'intervenir directement, au besoin, dans des domaines tels que la gestion des stocks regulateurs et la desserte des rCgions insuffisamment couvertes par les autres societes. Ap~rovisionnementet distribution 4.11 Les importateurs negocient librement les prix d'achat avec leurs fournisseurs, dont la plupart sont, soit les filialeskenyanes de grandes compagnies internationales, soit des societb de negoce petrolier presentes au Kenya ou en Tanzanie. On utilise aussi d'autres formules comme, par exemple, l'achat direct aux fournisseurs du golfe Arabo-Persique, en association avec des societ6 kenyanes ou ougandaises. La varidtt? des formules d'achat utilisees est dictee par la concurrence entre les importateurs, qui cherchent les solutions de moindre coot afin de pouvoir &re compdtitifs sur le march6 interieur et preserver leurs marges beneficiaires. Dans cette competition, chaque importateur agit independarnrnent, 1'Etat se bornant ii surveiller les prix facturb pour s'assurer que les prix FOB des differents importateurs ne cornportent pas d'anomalies. Ce systkme fonctionne d'une manikre assez satisfaisanteet, si l'on Btablit une comparaison avec les cotations internationales dans les ports de la cote Est de l'Afrique, il se traduit par des prix FOB qui, vu les circonstances, semblent raisonnables (voir annexe 2.2). 4.12 Cela dit, du fait qu'il constitue un petit marche en soi et qu'il est dessewi par un certain nombre d'importateurs qui achbtent chacun des quantitQ modestes, le Rwanda aurait peut-&re inter& coordonner ses achats pour abaisser les prix et a optimiser les livraisons pour rauire les frais de transport. Une etude de la Banque Mondiale concernant la rationalisation de l'approvisiormement en petrole des sous-regions d'Afrique subsaharienne devrait commencer prochainement. I1 se peut qu'elle debouche sur des solutions dont des petits pays enclaves c o m e le Rwanda pourraient tirer grand profit. 4.13 L'acheminement des produits petroliers importes jusqu'au Rwanda peut ernpmnter plusieurs voies dont la plus utilisee est celle qui passe par le port de Mombasa, le pipeline Mombasa-Nairobi (485 km) et la route de Nairobi Kigali via Kampala (1.250 km). Une vmiante de ce trajet, utilisee notamment pendant les periodes de troubles en Ouganda, commence ii Nairobi ee paqse au sud du lac Victoria ii travers la Tanzanie. Une autre voie est celle qui passe uniquement par la Tanzanie, ii partir du port de Dar es-Salaam, soit par la route directement jusqu'ii Kigali (environ 1.560 km), soit par le chemin de fer de Dar es-Salaam ii Tabora puis ii Issaka, et ensuite p~irsa~!lron d'Issaka ii Kigali (environ 600 km). Ce dernier itineraire n'est pas encore couramment util,se, car les travaux de modernisation de la route entre Issaka et la frontibre du Rwanda ne sont pas encore acheves. mais il peut devenir un trajet trbs frequent6 et peut-&re moins cher si les amenagements p r h s sont realisds. $1 Ces divers itinbaires sont pris alternativement en fonction des circonstances: &tat des routes, securite, prix des produits petroliers ii Mombasa et ii Dar es-Salaam,taxes diverses de transit, prix du transport sur les differents troncons, etc. Dans la situation actuelle, le coQtdu transport repr6sente plus de 50% du prix CIF Kigali. I1 est de 260-300 $EU/t pour le trajet principal passant par Nairobi-Kampala (40-50 $EU/t pour le pipeline Mombasa-Nairobi, plus 220-250 $EU/t pour Ile transport par camion Nairobi-Kigali) et de 230-280 $EU/t pour les itineraires commencant ii Dar es-Salaam. En fin de compte, le coot total des produits vendus ii Kigali varie assez peu en fonction de l'itineraire suivi. 4.14 Etant donne que le renforcement des moyens de transport constitue un important facteur de securitd pour l'approvisio~ementdu Rwanda en produits petroliers, le Gouvernement: a dabore une politiquedestinee favoriser la constitution d'une flotte importante de camions-citernes capables d'assurer en toutes circonstances un flux soutenu d'importations. Cette politique prevoit notamment: (a) la fixation ii un niveau assez eleve du prix du transport par camion-citerne entre Nairobi et Kigali (ou l'equivalent), compris dans la structure des prix petroliers, pour assurer une borne remuneration aux transporteurs; et (b) des mesures visant la creation d'entreprises de transport international puissantes et bien organisdes. -41 L 'ouverturede cene routepour les marchandises gbnbrales ainsi que pour les produits pbtroliers constirue unprojet spbcijique qui comprend des ambliorations dam le port de Dar es-Salaam, la rbhabilitation du chemin defer, un terminal rail-route avec entrepbt b Zssaka et la modernisation de la route Zssaka-Rusumo-Kigali P A : Projet de rbhabilitation du secteur pdtrolier en Tanzanie). On ne sait toutefoispas, pour le moment, dam quelle mesure cene voie sera effectivement utilisbe pour le transport de produits vers le Rwanda si les tares de transit perques couvrent la totalite du coat des travaur. La reglementationelaborde en 1985-1986reserve I'exercice des transports internationaux aux seules societh ayant obtenu le statut de "transporteur agre", ce qui implique: (i) de possdder un parc d'au moins 20 camions; (ii)dedisposerdes infrastructures nkessaires au Rwanda (bureaux, garages, parcs de statiomement); et (iii) d'@treconstitudeen societe par actions dont au moins 5196 du capital est detenu par des actiomaires rwandais. Les transporteursagre& peuvent sous-traiter leurs transports de petits transporteurs priv& rwandais et, meme, sous certaines conditions, des transporteurs etrangers. Les petits transporteurs travaillant c o m e sous-traitants sont rdmuneres au tarif officiel, moins une commission de 5% retenue par le transporteur agrM. 4.15 Cette politique a encourage les Rwandais a investir en moyens de transport, dont le nombre a progress6 sensiblement ces deux dernieres annh. A la fin de 1987, le Rwanda disposaitd'un parc de 137 camions-citernesdont seulement 29 appartenaient aux deux "transporteurs agrees": STIR, societe mixte a majorite Btatique, et CORWACO, societd entierement privde. Tableau 4.2: PARC DE CAMIONS RUANDAlS AFFECTES AUX TRANSPORTS INTERNATlONAUX (au 31 d b c d r e 1987) Sous- STIR CORUACO traitants Total Camions-citernes 6 23 108 137 Harchandises gbnbrales - Total Source: Direction gbnerale des Transports. En 1988, une troisieme societe, la SOGETI, qui possMe 20 camions-citernes de grande capacite (60 m3), est devenue transporteur agree. Actuellement, la capacite statique totale des camions-citernes est d'environ 4.800 m3, ce qui correspond a une capacite de transport conventiomelle de 115.000 m3/an sur le trajet Nairobi-Kigali, soit du meme ordre que la totalit6 des importations de produitspdtroliers du Rwanda. Dans les circonstancesactuelles, cette capacite est toutefois surabondante, dtant donne que de 20% a 25% du trafic est assure par des transporteurs &angers (notarnment kenyans et tanzaniens), qui sont moins chers. Les camions rwandais commencent maintenant a @tresous-utilish, de sorte que les investissementsdestines au developpementdu parc ne peuvent pas produire le rendement escompte. Cela signifieque la politiqueprotectiomiste du Gouvernement, qui a permis de renforcer les moyens de transport nationaux, ne va pas sans inconvenients. Pour se sortir de cette situationdifficile, les transporteurs rwandais devront s'orienter de plus en plus vers les march& des pays voisins en s'effor~antd'etre plus compdtitifs. Par ailleurs, pour maintenir leur position sur le march6 national, ils commencent a consentir des rabais par rapport aux prix officiels, ce qui signifie que le contrdle du prix du transport nejoue plus aucun r81e. Le Gouvernementdevrait donc l'abandomer, ce qui contribuerait, d'une part a clarifier la situationpour les transporteurset a les inciter A un plus grand effort d'efficacite, et, d'autre part, a reduire le prix CIF des produits petroliers import&. 4.16 On pourrait faire un autre pas vers la derdglementation des transports en envisageant la suppressionpure et simpledu statutde transporteur agre. Le parc de camions rwandais est relativement grand et appartient en majeure partie a de petits exploitants appel& a verser aux transporteurs agr& une commissionqui contribuefort probablement a gonfler le coot globaldu transport. Etant dome quele pays semble avoir atteint son objectif, qui etait de posseder une flotte de camions-citernes capables de l'approvisionner rdgulibrement en produits pdtroliers, le Gouvernement devrait songer a abandonner les barribres actuelles l'entree de ces derniers et le contrdle des prix dans le secteur des transports. 4.17 Les produits petroliers sont distribub a travers les rbeaux de stationsdes six societes et sont aussi fournis directement aux gros clients. PETRORWANDA a le rheau le plus dbveloppd avec une trentaine de stations reparties dans tout le pays. ERP, qui realise le plus gros volume de ventes, possede 23 stations situees dans les principaux centres de trafic. Les debits mensuels moyens distribub par station--50 100 m3selon les socidtb--reprbentent un niveau deperformancesatisfaisant comparable a celui des rbeaux de distributioneurop&ns (France: 75 m3/mois,RFA: 135, Italie: 38, Royaume-Uni: 80). Une partie des stationsappartiennent aux socidtb et fonctionnent avec du personnel salarie; d'autres appartiennent a des gQants privb qui ont un contrat d'exclusivit6 avec une seule soci6t6 pdtrolibre. Chaque soci6t6 poursuit sa propre politique a cet 6gard. PETRORWANDA, par exemple, pratique les deux formules, mais, depuis quelques annees, elle donne la preference aux contrats de gdrance et tend 2 limiter le nombre de stations qui lui appartiennent pour eviter le gonflement de ses frais administratifs. 4.18 Les soci6tes petrolibres disposent de capacitb de stockagemodestes totalisant 8.000 m3 dans les stationsde distribution (ERP: 2.000 m3, BP-FINA: 1.400 m3, PETRORWANDA: 3.000 m3, et les trois autres socidt6s--SHELL, SGP et RWANDA PETROLGAZ--1.400 m3). Ces capacitb sont cependant suffisantes pour assurer un approvisionnementrdgulier des consommateurs quand le transport routier fonctionne normalement. Par contre, les soci6tes ne sont pas protegees contre les aleas du transport international et, en cas de difficult&s,elles connaissentdes defaillances qui peuvent affecter leur position sur le marche. En cas de situationgrave, 1'Etat intervient en autorisant l'utilisation de ses stocks rdgulateurs mais, pour le reste, les societb doivent se protdger par leurspropres moyens. C'est pourquoi ERP a decide de consolider sa position de chef de file sur le march6 en construisant en 1988 un d6pdt de 5.000 m3, qui sera le premier ddpdt important purement opdrationnel. ERP pourrait autoriser les autres soci6th a utiliser ce ddpdt moyennant remuneration. Stocks r6rmlateurs 4.19 Mis part les stocks operationnels susmentionnh, le Rwanda possede des stocks rdgulateurs appartenant a 1'Etat. Ces stocks, qui totalisent 10.000 m3, ont Bte cr&s en 1979, le pays a du s'approvisionner par avion pendant les huit mois qu'a dure la coupure des communications routibres. PETRORWANDA est charg& de la gestion physique des stocksde l'Etat, mais n'a le droit de les utiliser qu'en cas de crise et seulement avec l'autorisation du Gouvernement. Ces stocks ont d6ja servi 2 plusieurs reprises durant des periodes de coupuredes voies de communicationet ont amplementddmontrt! leur utilite. Vu I'augmentation de la consommation, 1'Etat a d&ide d'ajouter 15.000 m3ti sa capacitt! de stockage en faisant constmire deux autres ddpdts: GATSATA (3 x 3.660 m3), a proximite de Kigali, et Butare (2 x 1 950 m3). Ces depdts, constmits en 1988 ti l'aide d'un pr&tde 62 millions de francs accord6 par la Caisse centrale de cooperation Bconomique fran~aise(CCCE), 51 permettront au pays de disposer de 25.000 m3de stocks rdgulateurs soit 2,4 mois de consommation au niveau de la demande -5/ Pdt sur 20 a m avec 7 a m de drr4rP d'~lortissemen~et un t a u , d'inrlr2t de 3% par an. de 1988. Des stocks regulateurs de cette importance sont courants, m@medans des pays qui ont une meilleure situation gbgraphique que le Rwanda, et semblent donc bien adapt& aux besoins actuels. Le Gouvernement devra maintenant trouver une solutionau problkme du financement desproduitspetroliers (dont la valeur h l'importation se chiffre h environ 5 millions de dollars) h stocker dans les nouveaux rdservoirs. Un pr&th long terme assorti de conditionslibdrales semble @trela solutionqui aurait le moins d'incidences sur le coot d6jh elevedes produitspetroliers distribub au Rwanda. Le Gouvernement devra toutefois definir une politique de financement des stocks regulateurs, car ceux-ci devront continuer d'augmenter en fonction de l'accroissement de la consommation, h moins que 1,011construise d'autres voies de transport qui renforceront effectivementla skurite de l'approvisionnement. Pour financer les stocks, qui contribuent h relever le coot total de l'approvisionnement en produits petroliers, le Gouvenement devrait songer h lever un imp& qui pourrait @treinstitue dans le cadre d'une revision genetale de la fiscalit6 et des prix (voir para. 4.24). 4.20 La constitution de nouveaux stocks importants devrait &re pr6ctkIt-e d'un plan d'intervention pour leur utilisation et leur reconstitution eventuelles en cas d'intermption des transports terrestres. Bien qu'il soit impossible de prevoir, avec la prkision qu'exige l'elaboration d'un plan detaille, les conditions dans lesquelles l'approvisionnement pourrait se trouver interrompu, il est quand m@meplus facile, en temps de crise, de modifier un plan dejh btabli que de ne pas en avoir. Un plan d'intervention pourraitnotamrnent indiquerles produits import&indispensableset lesprincipales activith tributaires des importations, et definir une strategic d'approvisionnement permettant de faire face h une telle situation. 4.21 Au Rwanda, 1es prix petroliers ne sont que partiellement contrOl& par 1'Etat: pour l'essence automobile et le gazole, le prix de vente maximum est impose, tandis qu'il est libre pour les autres produits. Dans la pratique, les soci&&petrolikres consententtoujoursdes rabais (2% h 5%.voire davantage) h leurs gros clients pour les fideliser. Ces rabais sont une des arrnes principals dans la concurrence que se livrent les soci6t&. Certains clients importants--aeroports, cimenteries, administrations, arm&, etc.--1ancent m&medes appels d'offres afin de conclure des conventions de fourniture avec la societt? qui leur offre le meilleur prix et le meilleur service. Parfois, les societ& accordent m&medes rabais h la pompe pour attirer les petits clients. 4.22 La politique de 1'Etat en matiere de prix petroliers consiste maintenir constant le prix de vente, en modulant le niveau de la fiscalit6 en fonction des variations du prix sur le march6 international (l'ajustement de 1990 a compense la devaluation effective du franc rwandais). Les prix maxima h la pompe ont 6t6 inchangh depuis 1981et restent donc h un niveau correspondant aux prix les plus 6lev& jamais atteints sur le march6 international. Lorsque les cours internationaux ont baiss6, notamment entre 1984et 1987,l'Etat a alourdila fiscalit6, ce qui a port6 la taxe h son niveau actuel, qui est relativement eleve (44% du prix de vente pour l'essence automobile et 46% pour le gazole, mais seulernent 6.2% pour le kerosene et 14,696 pour le fuel (voir annexe 2.6). L'annexe 2.4 retrace l'evolution de la fiscalit6 pour les deux principaux carburants, l'essence et le gazole, et l'annexe 2.5 indique l'ensemble des taxes actuellement appliquh. Le dthdquilibre assez prononce dans la taxation des differentsproduitsreflkte le soucide1'Etat defavoriser certainescategories de consommateurs. Cette differenciation, qui a une influence directe sur 1'6volution de la structure generale de la demande energetiquedans le pays, constituedonc une option majeure de politiqueenergetique. En ce qui concerne la faible taxation du kerosene et du fuel, on se demande si les categories de consommateurs que l'on cherche h favoriser en beneficient rkllement (voir l'annexe 2.6, ob l'on peut constater les fortes marges beneficiaires prelevk par les grossistes, notarnment sur le keroskne). 4.23 Jusqu'h la devaluation recente, le franc rwandais etait considere c o m e trks surdvalue. De ce fait, le niveau de taxation reel est inferieur h celui indique au paragraphe 4.22 et pourrait meme &re negatif (subvention) dans le cas de certains produits. La poussee rapide de la consommation de produits petroliers et, dans une certaine mesure, de l'inflation dans les annees 80, pourrait etayer l'argument selon lequel les prix ne sont aprks tout pas aussi elevds qu'ils le paraissent de prime abord. Afin de proteger la balance des paiements et de decourager une consommation inefficace, un relkvement des taxes et du niveau des prix des produits petroliers pourrait &re jug6 souhaitable. En revanche, l'application de taxes encore plus elevees h des prix qui reflktent dejh le coot economique national de l'importation et de la distributionde ces produits risque de conduire h une consommation inferieure au niveau optimal du point de vue national. Des prix eleves prdsentent aussi un autre inconvenient: ils genkrent des importations clandestines de produits petroliers en provenance des pays voisins oh les prix sont plus bas. Ce phenomkne negatif semble se developper au Rwanda ces dernikres a n n k et risque de prendre de l'arnpleur en l'absence de mesures appropriees. On estime que la quantite de produits pe- troliers, notarnrnent de gazole, qui entrent en fraude au Rwanda se situe actuellement entre 1.000 et 2.000 tomes par mois (ce qui reprdsente probablement entre le quart et le tiers de la consommationtotale de gazole). 4.24 Jusqu'h l'ajustement des prix de 1990,lesprix des principauxproduitspetroliersn'avaient pas change depuis 1981. La justification initiale de leur niveau et de leur structure pourrait fort bien ne plus &re valable; il est donc recommande de faire une etude des prix et de la taxation des produits petroliers. La nouvelle structure des prix devrait refleter le coat economique des produits petroliers en chifies absolus et relatifs. Toute revision devrait tenir compte du taux de change r k l du franc rwandais et des autres facteursmentionnds au paragrapheprecedent, ainsi que du rapport des prix entre les produits petroliers d'une part, et entre les produits petroliers et les autres combustibles et carburants d'autre part. 4.25 Depuis 1987 notamment, il y a proliferation des importations d6taxk. Celles-ci reprdsentaient, en 1987, une proportion importante du volume total des importations (plus de 50% pour le gazole et le fuel), ce qui permet d'entretenir un trafic illicite avec des produits detaxb (voir annexe 2.2). Actuellement, les societb petrolikres souhaiteraient obtenir le droit d'importer en detaxe les produits h stocker. Etant donne le problkme que pose le financement des nouveaux stocks regulateurs de 15.000 m3 (voir paragraphe 4.19), le Gouvernement pourrait &re tent6 d'accorder cette facilite aux societb en contrepartie de l'obligation de deposer dans les stocks regulateurs certaines quantitb de produits proportionnelles au volume d'activite de chacune. Cette formule apparemment logique, exige une gestion trks compliquk de ces stockset reckle le danger de voir apparabe d'autres formes d'dvasion fiscale. La mission dkonseille au Gouvernement d'accorder ces detaxes et recommande au contraire, de limiter h des cas definis strictement l'octroi des autorisationsd'importation en detaxe. En fait, il serait de loin preferable de faire rembourser par le Trbor la part des taxes pay& par les consommateurs ayant droit h une detaxe, sur prbentation de documents etablissant que les quantitb en question ont effectivement t?te consommb. Pour certains usages, par exemple les consornmations affdrentes aux march& publics, les ddtaxes devraient Btre supprimb purement et simplement. 4.26 La politiquep6trolibre du Gouvernement est assez clairementdefinie notamment par: (a) I'option liberale dans I'organisation du sous-secteur; (b) le souci d'assurer la securitt? de I'approvisionnement, manifestd par les mesures de renforcementdes moyensdetransport et la constitution de stocks regulateurs; et (c) la fiscalite assez lourde (du moins nominalement) et le contrdle des prix maxima des principaux combustibles et carburants. On remarque toutefois que cette politique est formulQ et appliquee non pas par les organes de I'Etat charges du secteur de I'energie, mais par ceux qui sont charges des problkmes economiques et financiers. En effet, la Direction gbnkrale de I'energie @GE) intervient trks peu dans les questionspdtrolibres et ne consacre 2 ce sous-secteur qu'une activite de suivi statistique, assez imparfaite d'ailleurs. Cette situation est anormale et conduit ii une approche incorrecte des problbmes energetiques dans d'autres sous-secteurs (dlectricitt?, bois de feu, energies renouvelables). La mission estime qu'il est essentiel que la DGE soit responsable de tous les aspects de la politique pdtrolibre. Dans certains domains tels que la fiscalite, le financement des importations et le contrdle des prix, la DGE devra bien entendu collaborer etroitement avec les organes economiques et financiers en ayant soin d'harmoniser les imperatifs de la politique economique et financibre de 1'Etat avec les contraintes specifiques du secteur de l'dnergie dans son ensemble. Mais pour les questions de stratdgiede ddveloppement, de stocks regulateurs de mesures de rationalisationde la consommation, de substitutionsBnergdtiques aux produits petroliers, etc., la DGE devrait avoir le principal role en matibre de supervision des activith et de conception des politiques 2 proposer au Gouvernement. 4.27 Une activitdimportanteque le Gouvernementn'a pas suffisammentd6veloppQ est le suivi du march6 pbtrolier international. Pctuellement, ce suivi se rhume 2 l'enregistrement des prix FOB effectivement pay& par les importateurs rwandais et 2 un contrdle de vraisemblance, consistant en une simple comparaison avec les prix payes par les autres importateurs. Ce niveau de suivi semble suffisant pour eviter les operations frauduleuses, mais non pour juger ou contribuer 2 ameliorer la performance commerciale des importateurs. D'autre part, pour pouvoir adapter systdmatiquement le niveau de la fiscalite aux variations des prix exterieurs, le Gouvernement a besoin de d o n n b actualisb sur la situationet les tendances du marche petrolier international, et cela trh rapidement, pour ne pas retarder les decisionsde modification de la fiscalit6et mettre ainsi les societk petrolibres dans une situationtrop defavorableen cas d'augmentation des prix extbieurs (ou trop favorablelorsque ces prix baissent). Pour cela, il est propose que la Direction g6nerale de 1'6nergie se voit confier le suivi des prix des produits petroliers dans le cadre de sa participation accrue 2 l'activite petrolibre. 4.28 Mis ii part la fiscalite, le contrdle des prix et la securite de I'approvisionnement, la politique petrolibre du Gouvernement devra comprendre des programmes d'action spkifiques pour la recherche de solutions approprib aux problbmes qui caracterisent le systbme energetique rwandais, notamment: (a) la maltrise de la consommation d'energie, et en particulier de produits petroliers, par 1'6limination des gaspillages et la rauction des consommations specifiques dans les installations utilisatrices; (b) la promotion d'dnergies de substitutionpour remplacer les produits petroliers par des formes d'energie d'origine locale la oh ceci est justifie du point de vue economique et Bnergetique. Le Gouvernement a d6jh engage certaines actions dans ces deux directions, mais ces initiativesont besoin d'etre encadrh dans des programmes coherentset suiviesavec methode et fermet6. La reduction des consommations s~ecifiaue~ 4.29 Une etudesur les consommationsd'dnergie dans 15 entreprisesindustriellesparmi lesplus importantes a 6t6 effectub en 1986 l'initiative de I'EGL et avec le soutiende la Cooperationfran~aise. Cette etude a degage un certain nombre de mesures envisageables pour ameliorer les efficacith de consommations spkifiques d'bnergie, notamment celles de fuel et de gazole. Ces mesures, de type classique (rbductionde l'exces d'air, prkhauffage, etc.), pourraient conduire des economies estimh h 450 tomes de fuel et de gazole par an (3-4% de la consommation effective). Une etude sur les cimenteries, r a i s b en 1987 en relation avec l'exploitation du gaz du lac Kivu, a mis en evidence la consommationspkifique dlev6ed'energie h la cimenteriede Mashyuza: environ200 kg de fuel par tonne de ciment, consommation qui s'explique partiellement par le procat5 employe (voiehumide), mais aussi par l'absence de rigueur dans la conduitedes operations. La poursuite de ces travaux pourrait apporter une rauction sensible des consommations industrielles de combustible par une amelioration des installations qui consisterait, par exemple, h installer des dispositifs de mesure et d'automatismes de reglage. Le Gouvernement pourrait encourager ce type d'action en prenant deux genres de mesures: (a) augmenter la taxation relativement faible du fuel pour encourager les industriels h faire des 6conomies d'dnergie; une telle mesure devrait toutefois s'inscrire dans le contexte plus vaste d'une etude sur la taxationdes produits petroliers, c o m e on l'a d6jh indique; et (b) accorder des subventions pour des expertises et conseils sp6cialish, et pour aider les industriels h acquerir des dispositifsde mesure et de rdglage permettant de maftriser les processus de consommation d'energie. 4.30 En ce qui concerne particulibrement l'industrie du ciment, grande consommatrice d'knergie, il convientde noter que la capacite de production actuelle est toutjuste suffisante pour couvrir la demande. Cependant, la demande de ciment continuera de progresser, pour atteindre entre 75.000 et 125.000tomes d'ici la fin du sibcle. Le Gouvernement pourrait donc etre amen6 a etudier differentes variantes pour repondre a cet accroissement. I1 est donc recommande que, lors de 1'6valuation de ces variantes, le Gouvernementtienne soigneusementcomptedu facteur energetiqueen etudianten particulier la possibilite d'utiliser la technique "skhe", dont les consommations spkifiques sont beaucoup plus faibles (60 h 80 kg de fuel par tonne de ciment). 4.31 Aucune mesure precisen'a etd prisejusqu'ici pour rBduireles consommations specifiques d'essence et de gazole. Bien que le parc automobile soit relativement recent (moyenne d'gge: 3'5 ans), les professionnelsdu transport seraient probablement rkeptifs A des initiativesvisant l'adlioration des consomations de carburant par: (a) un contrdle rdgulier et obligatoire des carburateurs; (b) la promotion de la conduite Bconomique; et (c) la dibdlisation eventuelle des parcs (camions et autobus). La DGE et la Direction des transport. @T) devraient definir conjointement, en mettant A profit les programmes de soutien qui sont en cours dans le secteur des transport., les moyens d'action les plus approprih pour entreprendre de telles initiatives. La substitution d'autres formes d'energie aux ~roduits~dtroliers 4.32 Le niveau relativement dlevd des prix des produits petroliers au Rwanda rend possibles certaines substitutionsenergetiques qui ne seraient pas economiques dans d'autres pays disposant d'un accbs plus facile aux sources d'approvisionnement en produits petroliers. Les mesures envisagees comprennent: (a) l'utilisation du methane du lac Kivu par le recours h divers procidbs techniques, y compris la fabricationde carburants de remplacement c o m e le GNC, qui pourrait par exemple remplacer le GPL, le kerosene ou le fuel (voir Chapitre VI); (b) l'utilisation de la tourbe ou du charbon de la mine de Kalemie (ZaTre) dans certaines industries pour remplacer le fuel; (c) l'utilisation de l'alcool carburant melange A l'essence; et (d) l'utilisation de 1'6lectricite dans les chaudibres et fours industriels, en remplacement du fuel ou du gazole. 4.33 La production d'alcool carburant a dte 6tudiQ dans le cadre d'un projet cornmunautaire des pays des Grands Lacs lance par I'EGL et consistant A fabri.quer environ 2.700 m3/an d'ethanol carburant dansune distillerie A construire prh de la sucrerie de Kiliba (ZaYre). Ce carburant serait reparti entre les trois pays--ZaYre, Rwanda et Burundi--et melange dansune proportiond'environ 10%A I'essence distribub dans la region. Une dtude de faisabilitd achevde en 1986 a evalue le coot d'investissement b 4,l millions de dollars (1985) et a conclu que le projet serait rentable A conditionque l'alcool puisse @tre vendu aux societb petrolibres A environ 400 dollars/m3. Pour que l'opdration soit vraiment rentable, le prix CIF de I'essence importee dans la region devrait @tresuperieur A 450 dollars/m3. Etant donne que le prix CIF Kigali de l'essence est actuellement de 374 dollars/m3(voir annexe 2.3)' le projet ne prhente pour le moment aucun inter& economique ou financier. I1 merite toutefois d'@treretenu en vue d'une realisation ultkieure si les conditions du marche petrolier se modifient. 4.34 Un programme d'electrification des chaudibres et fours industriels dans les pays des GrandsLacs a ete dtudid, egalement par I'EGL, dans le cadre des mesures de rentabilisationde la centrale hydroelectrique Ruzizi 11. On a estimd que ce programme--nd de l'idde qu'il y avait un important excBdent d'dlectricite dans le rbeau interconnect&--seraithnomiquement interessantsi l'electricite etait offerte2i son coQtmarginal de court terme. Dans les etudes suivantes, on a ete beaucoup plus circonspect quant au calendrier d'installation de chaudikres Bectriques, car on s'est aperCu que la capacitd de production de Ruzizi I1 (lkre phase) atteindrait le point de saturation plus t8t que prew. C o m e on I'indique au chapitre V, ces conversions ne semblent nullement justifiables du point de w e konomique ou financier dans les circonstancesactuelles. Pour justifier le programme d'electrification, il faudrait que les cours du petrole remontent, et/ou qu'il soit possible d'obtenir de l'klectricitd produite dans la region it peu de ftais. Reca~itulationdes ~rincipalesrecommandations 4.35 Les principals recommandations de la mission sont les suivantes: (a) Le Gouvernement devrait etudier les rbultats d'une etude organisee par la Banque Mondiale et qui doit commencer sous peu, concernant la rationalisation de l'approvisiomement en petrole des sous-regionsd'Afrique subsaharieme c o m e solution de rechange au regime actuel d'achats independants en petites quantitb; (b) Le Gouvernementdevrait envisager la suppressiondu statut de transporteur agr&, &ant donne que le pays dispose maintenant d'un parc suffisant de camions-citernes et que le systkme actuel ne sert fort probablement qu'h gonfler le coat global du transport; (c) Etant dome que le parc de camions-citernes commence h avoir un excedent de capacite, le Gouvernement devrait proceder d& maintenant h la dereglementation des prix du transport. Cela incitera les transporteurs rwandais h travailler d'une manibre plus efficace et a devenir plus competitifs sur les marches des pays voisins et contribuera en mBme temps a abaisser le prix CIF des produits petroliers import&; (d) Le Gouvernementdevrait dresser un plan d'intervention qui permettrait de faire face aux interruptions d'approvisiomement, qui indiquerait notamment les principales activitb tributairesdes importationset quidefiniraitune strategicd'approvisiomement happliquer dans des situationsdifficiles. Le Gouvernement devrait egalement definir une politique concernantlefinancement d'augmentations futuresdes stocksregulateurs et envisagerune taxe d'affectation speciale pour couvrir les frais de stockage; (e) Le champ des competences de la Direction generale de l'energie devrait Btre elargi pour y inclure le sous-secteur petrolier, y compris la formulation et le suivi de la politique petrolikre, en collaboration avec les autres organes interesses de 1'Etat. Afin que le niveau de taxation puisse Btre ajuste systematiquement en fonctiondes variations des prix exterieurs, les prix petroliers devraient Btre suivis de plus pr&; Une etude sur la taxation et les prix des produits petroliers devrait Btre r a i s h , tenant compte des coats economiques en chiffres absolus et relatifs. Le niveau et la structure devraient Btre reexamin& en prenant en compte le taux de change effectif du franc rwandais et la necessite: (i) de limiter les consommations inefficaces de produits d'importation pour des raisons hnomiques et, notamment, pour proteger la balance des paiements; (ii) de reduire les importations clandestines en provenance des pays voisins; (iii) d'etudier les recettes budgetaires que peuvent generer les taxes applicables aux produits petroliers; (iv) d'etudier les effets des substitutions entre produits petroliers et vis-a-vis des autres sources de combustibles (consommation de bois, deboisement, etc.); et (v) d'dvaluer dans quelle mesure les categories de consommateurs que l'on cherche h favoriser beneficient rhllement des taxes reduites (par exemple sur le kerosbne). Une approche systematiquede la questiondes prix et de la fiscalit6 exigeraitune collaboration entre la DGE et les organa charges de prendre les decisions macro-konomiques; et (g) Le Gouvernement devrait elaborer et mettre en oeuvre des programmes specialisb destines: (i) a accroftre l'efficacite d'utilisation des produits petroliers, et (ii) les remplacer par d'autres formes d'energie la oh une telle substitution est raisonnable et economique. Ces programmes devraient comprendre toutes les phases: etude et definition des projets rdisables, et promotion de leur execution. Parmi les diverses options examink jusqu'ici, la plus prometteuse semble &re l'extraction du methane du lac Kivu pour des usages divers dont la nature et l'arnpleur restent cependant a determiner. V. L'ELECTRICITE Demande d961ectricit6: tendances passees et futures 5.1 La consommation d961ectricit6a kt6 de 105,2 gigawatts-heure (GWh) en 1987, soit une consommation par habitant de seulement 16 kwh, l'une des plus basses du monde. Bien que le nombre des raccordements ait augment6 2 un taux annuel moyen de 17% durant les sept dernieres a n n b , l961ectricit6n'est cependant utilish aujourd'hui que par une petite fraction de la population rwandaise (1,4%). Tous les grands centres urbains sont aliment& par le reseau national, mais seul un t r k faible pourcentage de leurs habitants a effectivement acck 2 1961ectricit6.En 1987, la consommationde Kigali a represent6 60% du total national; cependant, moins de 12%de sa population sont raccordes au reseau de distribution. Tableau 5.1: CONSOMMATlON PAR CATEGORIE DE CONSOMHATEURS (GUh) Taux de croissance (annue1) 1980 1981 1982 1983 1984 1985 1986 1987 1980-87 1985-87 Industries 30,2 32,5 34,7 34,7 35,8 34,8 35,l 36,5 2,7 z14 Conmerces 7,2 B15 13,4 11,3 14,3 14,6 14,3 14,3 1018 o17 Residences 12,5 14,5 13,5 14,3 17,5 17,7 20,O 23,7 9,6 15,8 Services 6,o 7,2 9,4 12,4 13,2 21,2 22,5 24.1 22,4 6,6 Publics ELECTROGAZ J.3 LJ ~ ~ ~ ~ Total 57,3 63,8 73,4 75,3 83,9 92,5 95,l 105,2 910 617 Source: ELECTROGAZ. 5.2 La consommation d961ectricit6mesur6e par les ventes aux consommateurs raccordes au reseau d'alimentation public a augment6 2 un taux annuel moyen de 9,0% de 1980 2 1987(Tableau 5.1). Les taux de croissance d'une ann6e sur l'autre ont generalementd6pass6 lo%, 2 l'exception des p6riodes 1982-83 et 1985-86, oh ils n'ont atteint respectivement que 2,796 et 2,896. I1 n'y a pas de corrBlation marquh entre la croissance de la consommation d'Blectricit6 et la croissance du PIB d'une annh 2 l'autre. Par exemple, le recul du taux de croissance Bconomique en 1982s'est accompagn6 d'une hausse exceptio~ellementforte de la consommation d961ectricit6. Un phenomene analogue s'est produit en 1984, ou l'on estime que le PIB a diminu6 de 4,396 alors que la consommation d961ectricit6augmentait de 11.3%. 5.3 La repartition de la consommation par cat6gorie de consommateurs montre que des modifications profondes sont intervenues dans les annhs 80. La part du secteur industriel a recul6, passant de 52,396 en 1980 2 34,796 en 1987, tandis que celle du secteur des services publics passait de 12,896 2 28,7%, cette augmentation6tant en particulier due 2 un accroissementdes investissementspour l'klairage public. La part respective des residences et des commerces a peu variB et s96tablissait2 22,596 et 14,196 en 1987. Cette 6volution correspond aux taux de croissance sectoriels, qui font appara'ltre un taux de croissance annuel t r k bas pour le secteur industriel (2,796) et des taux 1BgBrement superieurs 2 la moyenne pour les secteurs rbidentiel et commercial (9,6% et 10,896). L'accroissement de la consommation dans les secteurs rbidentiels et publics a eu egalement un impact important sur l'accroissement de la demande en periode de pointe. La demande de pointe a progress6 de 11% en moyenne au cours des a n n h 1984-87, passant de 18 MW en 1984 a 24,9 MW en 1987. I1 faudrait remettre en questionla pratiquede developper I'eclairage public de grande qualit6et envisager par contre l'usage de modMes ayant une bonne efficacite energetique de fa~ona eviter la construction de centrales cdteuses a rentabilitelimit&. La structuretarifairedevrait &treaussi revue pour determiner si une partie de la consommation rbidentielle contribuant 2 la pointe peut &re ddplactk vers d'autres pdriodes. 5.4 Parmi les consommateurs aliment& par le rbeau electrique, neuf utilisent plus de 1 GWhIan et reprbentent collectivement prks de 30%du total de la consommation. Le principal d'entre eux est la station radiophonique Deutsche Welle, qui consomme environ 8 GWhIan. Les autres gros consommateurs sont BRALIRWA (brasserie), MASHYUZA (ciments), les ouvrages hydrauliques de Mugesera et plusieurs usines de the (SHAGASHA, MULINDI, CYOHOHA). En outre, 13utilisateurs consomment plus de 500 MWh et reprbentent ensemble 10% du total. Parmi eux figurent SULFORWANDA(savonset dbtergents),RWANDEX (cafe), le camp militairedeKanombe, l'universitd de Butare et plusieurs hotels de Kigali. Le nombre total des utilisateurs aliment& en moyenne tension (MT) s'Bleve a 162 et ce groupe consomme globalement 53,2 GWh, soit 50,676 du total. 5.5 Le nombredes consommateursd'6lectricit6basse tension (BT) est passe de4.366 en 1980 a 13.355en 1987, le taux de croissanceannuel moyen &ant de 17'3%. Si I'on admet que le nombre des utilisateurs d'Blectricit6 des secteurs rbidentiel et commercial est Bgal a celui des utilisateurs base tension, la consommation par unite a diminud, tombant de 4.521 kWh/an en 1980 a 2.889 kWh/an en 1987. Ce phenomene s'explique par le fait que l'extension de l'electrification a des regions et residences nouvelles intbgre peu 2 peu des zones moins ddveloppdes et a plus bas revenus. La tendance devrait se poursuivredans le long terme &antdonne la faibleproportion de la populationayant accbs a 1'6lectricite. 5.6 Le developpement de 1'acck-s de la populationa 1'61ectricitb compteparmi les principaux objectifs du Gouvernement rwandais pour le sous-secteur de l'dlectricite. La multiplication des raccordementsdam les zones oh le serviceest deja disponibledevrait &re la premiereprioritd. Toutefois, le coat eleved'un raccordement au rdseau electrique est un obstaclemajeur l'extension du service des consommateurs nouveaux, m&medans les zones dejh desservies par le rkeau urbain. Selon les reglementations en vigueur, les consommateurs doivent payer, en principe en un seul versement au moment de la signaturedu contrat de raccordement, la totalit6 du coot de l'dtude de raccordement, du materiel a installer et des travaux executer, major6 de 10%. Bien qu'un effort ait 6t6 fait en janvier 1988 pour abaisser ce coot en rarnenant le taux de la surcharge de 15% au niveau actuel de lo%, on estime que le c d t moyen d'un raccordement se situe toujours aux alentours de 750 $EU, alors que le PNB par habitant du Rwanda n'est que d'environ 290 $EU. Le coot eleve des raccordements rbulte en partie des specifications techniques excessivement exigeantes, du materiel utilise (les branchements triphasb sontjusqu'ici la regle pour tous les consommateurs de courant basse tension), de l'emploi trop frequent de cables souterrains en milieu urbain et du manque d'efficacitb des equipes de travail d'ELECTROGAZ (dont le propre personnel effectue le raccordement des nouveaux clients alors qu'il serait possible de s'adresser a des entrepreneurs privds sptkialisb). Pour que l'dlectrification ddpasse le cercle des gros consommateurs a revenu devd, il faudrait appliquer des normes mieux approprih, contrbler I'efficacitd et dtaler dans le temps le paiement des frais de raccordement par un mecanisme de credit, combine le cas &h-t avec des tarifs minimums. Les reglementations mises en vigueur en janvier 1988 permettent en realit6 des accords particuliers pour le paiement h terme des frais de raccordement par accord entre les nouveaux consommateurs et ELECTROGAZ, a la discretion de cet etablissement. Cependant, le nombre d'accords de ce type sera trh eleve, ce qui ne pourra qu'alourdir le poids des charges administratives et financikresd9ELECTROGAZ. ELECTROGAZ accordeun delai de paiement aux clients prhentant peu de risques, mais il serait preferable de definir une politique de paiement h terme et des tarifs minimums avec l'appui d'un financement fourni par des donateurs pour les raccordements de manikre h soulagerELECTROGAZ de certains risques de trhorerie et mettre le raccordement au rheau h la port& d'un plus grand nombre de nouveaux consommateurs. 5.7 Avant d'entreprendre l'expansion de la distributiondans des regions nouvelles, il faudrait etudier des systkmes de distribution h faible coot et mettre h l'essai un ou plusieurs systkmes de ce type h titre d'activite pilote, spkialement avant de se lancer dans tout grand programme d'electrification rurale. Croissance future de la demanclc 5.8 Sept projections differentes de la consommation future d'electricite ont ete etablies pour le Rwanda, car chaque consultant qui a fait une etude de prefaisabilite ou de faisabilite etablit des projectionsde la demandecorrespondantaux besoins du projet etudie. L'etude la plus ancieme et la plus complbte est celle qui a ete publih en 1983 par la Societe nationale d'etudes de projets (BUNEP) conjointementavec 1'Ecole polytechnique federalede Lausanne (EPFL) dans le cadre d'un plan directeur global de l'energie. Cette etude reposait sur les d o m h de 1980 et ses projections, comparh la consommation effective en 1987, font apparaltre une surestimation de 16'1 GWh, soit 15,3% de la consommation r&lle. La consommation d'electricite dans le secteur industriel a progress6 h un rythme sensiblement moins aeve que celui projete par l'etude BUNEPIEPFL, tandis que le secteur rhidentiel a depassetoute attente. En raison du temps qui s'est &mule et des &arts qui viement d'@tresoulignh, les projections de la demande de l'etude BUNEPEPFL n'ont plus d'utilite. 5.9 Les projections etablies par les divers consultants techniques varient entre 107,O GWh et 184,O GWh pour 1990 et entre 128,7 GWh et 292,2 GWh pour 1995 (la consommation effective en 1987a ete de 105,2 GWh). L'&art entre les differentes estimations est de 72%pour 1990et de 127% pour 1995, ce qui cr& un problkme de choix et de coherence. Sensible a la nkessite de mettre a jour l'etude BUNEPEPFL et etablir un ensemble fiable de d o m h utilisables pour la prise des decisions d'investissement et de politique generale, le Gouvernement rwandais a decide de preparer un nouveau plan directeur pour l'electricite qui s'appuiera sur des projections rigoureuses de la demande. C o m e ces nouvelles projections serontdisponiblesau plus tdt dans le second semestrede 1991, des projections interimaires ont ete etablies sur la base des schema de consommation rkents, des projets d'expansion des principaux consommateurs et des tendances mnomiques gdn6rales. I1 faut souligner que ces projections interimaires ne remplacent pas les projections du plan directeur detail16 dont la preparation doit recevoir une priorite 4ev& afin que les grandes decisions d'investissement puissent se fonder sur des informations complbtes. 5.10 L'annexe 3.1 prhente la consommation d'6lectricite projet& suivant trois scenarios differents. Le Scenario A illustreune situationde faible croissanceou la consommationtotale augmente h un taux moyen de 6,096 entre 1987 et 2000. 11a ete dtabli en postulant: un taux de croissance annuel de la consommation industrielle d'electricite de 3,096, proche de la moyenne historiqueplut6t que de la croissance projet& du PIB puisqu'aucune correlation n'a dte observ& avec cette dernikre variable; une augmentation annuelle du nombre des consommateurs des secteurs residentiel et commercial de 1096, sensiblement e n d s a des tendances passees; une diminutionprogressivede la consommation unitairedes utilisateurs de ces secteurs, qui tomberait h 2.500 kWh en 1989, et une augmentation annuelle de la consommation du secteur public de 5%, refletant une maltrise plus rigoureuse de l'expansion de ce secteur et l'achkvement des grands programmes d'dclairage public. Dans le Scenario B, le nombre d'utilisateurs rhidentiels et commerciaux augmente 2 un taux annuel de 15%, maintenant les taux de croissance elevh des dernieres a n n b , tandis que toutes les autres hypothbes restent identiques. La croissance globale de la consommation obtenue ainsi est de 8,8% par an entre 1987 et 2000, ce qui signifie que les projections de la demande sont t r b sensibles aux augmentations du nombre des raccordements au r&eau electrique. Le sdnario C correspond 2 une hypothese de forte croissance oil la consommation industrielled'dlectricite augmente h un rythme annuel de 5%et le nombre des utilisateurs rhidentiels et commerciaux h un rythme annuel de 15%, tandis que la consommation unitaire de ces utilisateurs demeure constante 2 2.800 kWh et que la consommation publique s'accroit de 7% chaque annee. Ce scenario produit un taux de croissance moyen de 10,2% entre 1987 et 2000. 5.11 Suivant ces scenarios, les projections de la consommation totale d'electricitk se situent entre 119 GWh et 136 GWh en 1990 et entre 162 GWh et 220 GWh en 1995. Si I'on admet que les pertes totales sur le rheau electrique diminueraient ldgkrement par rapport au niveau de 17% atteint en 1987, s'abaisseraient 2 16% en 1990 et se stabiliseraient, suivant des estimations prudentes, h 14%, pourcentage qui est encore trop eleve, audelh de cette ann&, la production necessaire se situerait entre 142 GWh et 162 GWh en 1990et entre 189 GWh et 256 GWh en 1995. S'il est probable que les valeurs effectives s'etabliront h I'interieur de ces fourchettes, il faut relever neanmoins que les principaux domaines d'incertitude concernent I'evolution de la consommation publique et le nombre des nouveaux raccordements car, si la pratique passee sepoursuit, tout dependra 2 cet egard des contraintesbudgetaires des pouvoirs publics et des tarifs pratiquh par ELECTROGAZ. 5.12 Les bilans energie et puissancedu Rwanda ont ete calcules en considerant le Scenario B (croissancemoyennede la demande) c o m e l'hypothbe la plus vraisemblable(Annexe 3.2). A cette fin, I'energie garantie des centrales nationales (Ntaruka, Mukungwa I, Gisenyi et Gihira) est estimee 2 82,4 GWh. Les rhultats indiquent que le Rwanda devrait importer 5 3 3 GWh en 1988, soit 39% de la demande d'dlectricite. Ce chiffre est peut-&re surdvalue car en 1987 les centrales nationales ont ete capables de produire 108,3 GWh, c'est-hdire une quantite d'energie sensiblement superieure aux estimations de I'energie garantie. La mise en service de la centrale Ruzizi I1 en 1989, dont un tiers de la production appartient au Rwanda, abaissera les besoins d'importation h 11,l GWh en 1989. En supposant qu'aucune nouvelle centrale ne soit construite sur le territoire national et que la troisikme tranche de Ruzizi 11soit op6rationnelleen 1995, les importationsatteindront un maximum de 757 GWh en 1994, reprhentant 37% de l'electricite necessaire au pays. La troisikme tranche de Ruzizi 11, de 13,3 MW dont un tiers reviendra au Rwanda, permettrait au pays de maintenir jusqu'h 1995un niveau absolu d'importations d'dlectricitd sensiblement identique 2 celui de 1994. 5.13 Le Rwanda importait precedemment de Ruzizi I au ZaTre entre 10% et 19% de I'~lectricit6nkessaire ses besoins (para. 5.18). En 1989, deux unith de production de la centrale Ruzizi I1 ont 6t6 mises en service, avec une capacit6 de production annuelle de 140 GWh rdduisant ainsi les importationsde Ruzizi I. Afin d'exarniner si le Rwanda continuera ?iobtenir 1'6nergie dont il a besoin au moyen d'importations provenant du rbeau in terconnect6 rdgional, on a dress6un bilan de la demande et de l'offre pour le rheau interconnect6 de la r6gion des Grands lacs (Annexe 3.3). Si l'on s'en tient au taux de croissance de la demande d961ectricit6le plus vraisemblable au Burundi et dans la r6gion zairoise du lac Kivu (d'aprks les plans directeurs nationaux les plus rdcents), les besoins d'importation du Rwanda peuvent etre satisfaits jusqu'en 1995. I1 y aurait d'ailleurs, un excddent considdrable d961ectricit6dans la region entre 1989 et 1992. La troisibme tranche de la centrale Ruzizi I1 n'entrant en service qu'en 1995, la situation de l'offre serait tendue en 1994 (excddent de 1,2 GWh seulement), mais raisonnable en 1995; ces chiffres semblent indiquer qu'il pourrait &trejustifi6 d'avancer d'un an la mise en service de la troisibme tranche de Ruzizi 11. En 1996 apparalt un d6ficit d961ectricit6qui nkessitera la mise en service d'une centrale suppldmentairepour approvisionnerla r6gion. 5.14 Les bilans de puissancepour leRwanda present& ?ila section4 de l'annexe 3.2 indiquent que la satisfaction de la demande de pointe ne susciterapas de difficult& avant 1996. La production des centrales actuellement en service sur le territoire rwandais, augment& d'un tiers de la capacit6 de Ruzizi 11, satisfait tous les besoins d'6nergie de pointe durant la p6riode 1989-1992. Pour 1993-95, des compl6ments provenant de sources 6trangbres sont nkessaires; ils atteignent un maximum de 4,7 MW en 1994. La meme ann6e, la capacit6 excddentairedu ZaYre, provenant de Ruzizi I et de la part de ce pays dans la production de Ruzizi 11, se situerait entre 7,4 MW et 12,2 MW, ce qui suffirait pour combler le deficit du Rwanda. Le r&eau national du Burundi aurait aussi une capacit6 excddentaire en 1994et contribueraitdonc ?i r6pondre au besoin de reserves indispensables dans le rheau intercomect6. 5.15 L'analyse qui pr6ckde exclut l'hypothkse de la conversion ?i 1'6lectricit6 de plus d'une douzaine de chaudikes industrielles au fuel actuellement en service dans les trois pays; leur demande representerait 4 4 3 GWh en 1990 et s961bverait?i 89 GWh en 1998 (12,s GWh et 27 GWh pour le seul Rwanda). Energie des Grands Lacs (EGL) a fait plusieurs h d e s sur ce sujet et concu ?i cette fin un programme, mais les conversions ne sont justifi6es ni Bconomiquement ni financibrement. Sur la base des tarifs de 1961ectricit6et des prix des produits p6troliers en 1988, le coat de production d'une quantit6 d'6nergie Bquivalente au Rwanda est plus 61ev6 avec 1'6lectricit6 provenant du r&eau national qu'avec du fuel ou du gasoil. Le coat de production d'une unit6 thermique thkrique (thermie) ?i partir de 1'6lectricit6 se situe entre 7,7 et 11,6 FR, selon les heures de consommation et la puissance souscritepar l'entreprise, alors qu'il est de 4,9 FR avec le fuel41 et de 7,6 FR avec le carburant diesel. Ces coats ne tiement pas compte des d6penses d'investissement pour les nouvelles chaudibres. Une comparaison ?i partir des prix Bconomiques r6vblera des 6carts plus grands encore puisque le coat Bconomique de 1'6lectricit6 est sup6rieur aux tarifs actuellement en vigueur (para. 5.55) et que le prix des produits p6troliers d6passe leur coat d'opportunit6 en raison du poids consid6rabledes taxes pr6levhs par 1'Etat. 5.16 Les rhultats thkriques mentiom& plus haut ont 6t6 confirm& par des visites dans plusieurs entreprises industrielles. Aucuned'entre elles n'6tait int6ressh par la conversion?i 1'6lectricit6 a moins qu'elle s'accompagne d'une baisse des tarifs de 1'61ectricit6 et d'une subvention ?i I'acquisition des nouvelles chaudibres electriques. Rien ne semble justifier au Rwanda l'application de tarifs prbfdrentielspour l'electricit6 ni le versementde subventionspuisque lepays lui-m@men'a pas d'excddent d'electricite. Siun excedentest pr6visible dans la region des Grands lacs dans son ensemble (para. 5.13), une reduction des tarifs dans l'un des pays de la region ne peut cependant &treavantageuse qu'h court terme pour peu de temps, jusqu'h la resorption de l'excedent; vers la fin de la pbiode, la necessite de repondre aux besoins de renovation et d'expansion du rbeau obligera a aligner les tarifs sur le coot marginal h long terme (CMLT), lequel est superieur aux tarifs actuellement en vigueur dans les trois pays. Un programme de conversion des chaudikres industriellesqui serait execute au Rwanda sans que les pouvoirs publics et les entreprises acceptent clairement que les prix suivent les principes du CMLT pourrait avoir les effets indesirablessuivants: (a)encourager les entreprises h engagerdes investissements de conversiondont les avantages ne se materialiserontpas ou (b) necessiter le versement aux entreprises de subventionsprovenant soit du budget de I'Etat, soit des autres categories de consommateurs. 5.17 Les installations de production en territoire rwandais comprennent quatre centrales hydro-electriques d'une capacite install& de 26,s MW et quatre centrales diesel d'une capacite totale de 3,6 MW. Mais I'essentiel de I'offre interieure sur le rheau interconnect6 rwandais provient des quatre centrales hydro-electriques, La centrale diesel de Gatsata sert d'installation d'appoint pour Kigali et les trois autres sont hors service afin de minimiser les coots de fonctionnement et notanunent les achats de produits petroliers. Quatre-vingtdeux pour-cent de la production interieure proviennent des deux centrales de Mukungwa (12,s MW)et Ntaruka (11,3 MW). Toutes les centrales hydro-electriques ont ete construites, ou renovees au moins partiellement, depuis 1981 (Annexe 3.4). 5.18 Le Rwanda importe depuis 1977de l'energie provenant de la centrale zai'roiseRuzizi I. La proportion des importationsa diminue regulikrement, passant de 65% de I'energie totale fournie au rQeau en 1980 (45 GWh) h environ 15% en 1987 (19 GWh) (Annexe 3.5). Les accords conclus avec le Zaire permettraient au Rwanda d'importer a peu prks le double de l'energie enlev& en 1987, mais le Rwanda prefere maximiser l'utilisation de ses centrales interieures; ce choix exerce cependant, au fil du temps, un effet negatif sur les ressources hydrologiquesdu pays et a notarnment provoque l'abaissement du niveau des eaux du lac Bulera (para. 5.33). Le coat moyen de l'energie achet& par le Rwanda au Zalre en 1987 a ete de 2,74 FR/kWh (0,034 $EU), ce qui est nettement infdrieur son tarif interieur moyen de 9,99 FRIkWh (0,125 $EU) pour la mCme annee. Etant donne le coot relativement bas de l'energie importeedu Zaire, le Rwanda devrait evaluer soigneusement les consequences de l'exploitation de ses propres centrales hydro-electriques audelh de la capacite de reconstitution des eaux de ses lacs, qui provoque I'epuisement de ressources naturelles precieuses, alors qu'il a la possibilite d'importer cette energie. 5.19 De nombreux autoproducteurs,parmi lesquelsles usinesdethe, depetites agro-industries, les hdpitaux et les missions, posstdent leurs propres generatrices diesel. En raison du coot eleve du carburant diesel, le fonctionnement de ces unites appartenant a des particuliers est frequemment limite a une duree quotidienne de deux neuf heures. Ces producteurs exercent souvent leurs activitk dam des regions qu'il ne serait pas rentable d'approvisionner par une extension du reseau national in- terconnecte. Organisation du sous-secteur de I'6lectricite 5.20 ELECTROGAZ, I'organisme public charge de la production, du transport et de la distribution de l'blectricite, de I'eau et du gaz, a 6te cree par le decret-loi No. 18 de 1976. ELECTROGAZ est une entreprise appartenant entierement 2 l'Etat, entrant dans la catkgorie des etablissements publics 2 caractere commercial. A ce titre, ELECTROGAZ est rkgie aussi par une loi organique de 1975 qui etablit de nombreux contrdles administratifs 2 priori et 2 posteriori applicables 2 toutes les entreprises publiques de cette catdgorie. 5.21 ELECTROGAZ relkve de la tutelle administrativedu Ministere des travaux publics, de l'energie et de l'eau (MINITRAPE). Dans le passe, cette tutelle s'est parfois rev6lCe interventionniste et a empiete sur les pouvoirs statutaires du directeur d'ELECTROGAZ en matiere: (a) de gestion des activitb de l'entreprise, conformement 2 la pratique normale des entreprises de services publics; (b) d'etablissement et d'execution d'un budget de fonctionnement et d'investissement repondant aux hesoins de I'entreprise et de la politique energetique nationale; (c) de recrutement, de promotion ou de licenciement des 40% de son personnel ayant le statut de fonctiomaire. Bien qu'ELECTROGAZ ait un conseil d'administration compose dehauts fonctiomaires de cinq ministkres names par le President, cet organe ne semble pas fonctionner pas selon les principes de gestion habituels: le conseil se borne 2 examiner, 2 noter et 2 emettre des avis, laissant toutes les decisions au ministere competent. 5.22 ELECTROGAZ joue le r61e de l'exploitant technique de l'ensemble du rbeau energetique, et exerce une fonction de "planification" et d'execution pour les projets qui interessent la distribution. La planification et l'execution des investissementsdu reseau energdtique dans les domaines de la production et du transport relkvent de facto du MINITRAPE c o m e agent reprbsentant le gouvernement (Conseil National de Developpement), qui a la facult6 de designer un agent d'ELECTROGAZ pour y participer. Cette proc6dure s'applique m2me dans les cas oil la dette est financee, et les fonds locaux fournis, par les ressources propres d'ELECTROGAZ. Une telEe repartition des competences affaiblit le processus de planification et de programmation dans lequel ELECTROGAZ devrait normalement jouer un rdle majeur en tant qu'organisme national responsable des questions d'electricite et de l'exploitation du rbeau. En outre, cette division artificielle des responsabilitCs r6duit la coordination dans l'exploitation du rdseau: la m2me coupure entre planification de la production et du transport de l'knergie, d'une part, et distribution, d'autre part, se retrouve daris l'organisation interne d'ELECTROGAZ et affaiblit les liens operatio~elsentre les deux fonctions (para. 5.25). 5.23 La capacite d'ELECTROGAZ de fonctiomer c o m e une entreprise de services publics normale est oberke aussi par le contrdle que le MINITRAPE et le MINIFOP exercent sur l'affectation du personnel aux postes clCs. ELECTROGAZ a un personnel permanent de 987 salarib, dont seulement 42 ingenieurs et 250 2 300 manoeuvres employb aux travaux de construction et de genie civil. En outre, ELECTROGAZ emploiepresde 3.000travailleurstemporaires (soit17Quivalentde 500salariestitulaires) pour executer divers travaux en regie pour son propre compte ou celui du MINITRAPE. Huit pour-cent seulement du personnel d'ELECTROGAZ sont diplomb d'une universite; 13% sont diplomb d'etudes secondaires. Les ingenieurs et autres techniciens qualifies per~oivent2 peu pres les m2mes bas salaires que les fonctionnaires et les dkfections vers le secteur prive sont tres nombreuses. La pratique de la construction en rdgie a pu &rejustifide 2 une kpoque oil le secteur prive etait inactif, mais, &ant donne le developpementtrks encourageantdu secteurprive rwandais et ledQir exprimepar les pouvoirspublics que la croissance economique nationale soit stimuleepar les agents de ce secteur, il n'y a aucune raison qu'ELECTROGAZ continue 2 executer elle-m2me ces travaux. Au contraire, la direction devrait se degager des activitb qui detournent son attention de ses objectifs propres d'etablissement public 2 caractkre commercial. 5.24 ELECTROGAZn'a egalement qu'un contrdlelimit6sur sa bonne gestionfinancikre. Son budget d'investissement rkulte de projets dont l'exkution lui est impost% et son budget de fonctionnement est 6tabli suivant les directives et objectifs generaux du Gouvernement et non par reference au coQtrt%ldu fonctionnementet de l'entretien de ses installations. Les tarifs de 1'6nergie et de l'eau sont approuvb par le Conseil des ministres sur les recommandations du MINITRAPE, sans politiquetarifaire rationnelletenant comptedes coQtskonomiques du serviceet des ndcessitb d'une saine gestion financikre de l'entreprise. Pour le secteur de 1'6lectricit6, les tarifs n'ont pas t?te ajusth entre 1982-87, pbiode pendant laquelle ELECTROGAZ a recu des subventions considbables des bailleurs de fonds pour le materiel et du budget de developpement de 1'Etat pour financer les fonds de contrepartie locale des projets d'investissement. Les tarifs elevb et les subventions ont place ELECTROGAZ dans une position de trhorerie sufisamrnent confortable pour que l'entreprise engage la constructionen regie d'bquipements non productifs, tels que logements, bureaux et entrepdts, aux d6pens des consomrnateurs. Cependant, une etude tarifaire faite par SAUR-Afrique et la soci6td nationale fran~aiseElectricit6 de France (EDF) en 1987a montrd que, meme apt& application de mesures de reduction des coQts,la dette accumul6e au debut des ann& 80 arriverait ii Bcheance en 1988et n6cessiteraitune hausse moyenne des tarifs de 15%. Enjanvier 1988, le Gouvernementa decide de ne pas tenir compte des resultatsde l'etude et d'abaisser les tarifs de l'electricite de 14% en moyenne, considerant qu'une telle mesure rendrait 1'6lectricit6plus abordable. L'abaissement des tarifs, assortid'une diminutiondes subventionspubliques, alors que les crhces sur 1'Etat continuaient ii s'accumuler en 1988, a rtkiuit au contraire la capacite d'ELECTROGAZ d'etendre ses services ii de nouveaux consommateurs et d'executer les obligations correspondant ii sa dette envers 1'Etat. Suite ii la devaluation du franc rwandais les tarifs ont cependant 6t6 augment6 d'environ 50%, au milieu 1991. 5.25 ELECTROGAZ fournissant des services publics varih, ses activites dans les domaines de l'blectricite, de l'eau et du gaz relkvent des memes services administratifs, financiers et d'appui (ateliers, garages, moyens de formation, etc.). S'il est vrai qu'une telle organisation peut &re plus efficace et permettre la meilleure utilisation de capacitb de gestion peu abondantes, l'absence d'une comptabilite sdparee par activite interdit neanmoins d'analyser la viabilite financikre de chacune. I1 en va de m&medes operations commerciales: la consommation d'eau et celle d'dectricite sont facturh conjointement, ce qui complique la gestion des comptes clients et interdit de calculer les crhces impay& correspondant ii chaque activite. I1 serait souhaitable d'introduire la transparence dans la comptabilited'ELECTROGAZ afin que les grandes decisionsdepolitiqueg6nerale. specialementau sujet de la fixation des prix, puissent se fonder sur une connaissancecomplkte de la viabilite de chaque activite distincte. ELECTROGAZ devrait etablir des 6tats financiers (bilan, compte d'exploitation, sources et emplois des fonds) pour chacune de ses branches. 5.26 L'organigrarnrne d'ELECTROGAZ, tel qu'il est fix6 par le decret prhidentiel du 8 aoQt 1978, est reproduit il l'annexe 3.6. Depuis sa publication, plusieurs modifications ont cependant 6t6 apportks ii l'organisation interne de l'entreprise, dont la crhtion d'une division cornrnerciale qui rend compte au directeur et d'une division du traitement informatique qui relkve de la section comptabilitedu departement administratif et financier (DAF). La structure interne actuelle d'ELECTROGAZ pourrait &trerendue plus eficace moyennant quelques changements. Tout d'abord, et comme on l'indique au paragraphe 5.22 cidessus, une modification majeure doit intervenir pour integrer les activitb de distribution (la distribution d'eau et celle d'blectricitt? sont regroup& et "rdgionalis&" suivant I'emplacement des installations de traitement de l'eau et celui de la centrale ou du transformateur correspondant) et les activith de production et de transport (qui relkvent des Services techniques de l'dlectricite). Ensuite, au sein du Ddpartement administratif et financier: (a) le groupe d'audit interne devrait, pour exercer correctement sa fonction de contrdle independant, &re rattach6 au directeur, et (b) le groupe des services informatiques, qui depend de la section de la comptabilitb, devrait plutdt relever du chef du departement afin que tous les organes de l'entreprise qui ont besoin de ses services puissent y avoir dgalement acck. Enfin, le service du personnel, qui est pourtant rattach6 directement au directeur, n'a pas la position hierarchique des autres dbpartements; si cette anomaliepeut s'expliquer par le rdle restreint que le servicejoue par rapport du MINIFOP, il n'en demeure pas moins que son mandat devrait &tredlargi h l'ensemble du domainede la gestion des ressources humaines et qu'il devrait recevoir un statut approprid. 5.27 Conscientde la necessitede remedier aux insuffisances structurelles et administrativesqui entravent le bon fonctionnement d'ELECTROGAZ en tant qu'entreprise de services publics, le Gouvernement a inclus cet organisme parmi un groupe d'entreprises publiques et para-publiques h restructurer. Pour permettre h ELECTROGAZ de fonctiomer c o m e une entreprise commerciale de services publics, il faudra modifier profondement ses statuts organiques et le statut de son personnel. Pour ce qui est de ses statuts organiques, ELECTROGAZ doit recevoir l'autonomie nkessaire pour gQer ses activith quotidiemes dans les secteurs de l'eau, de l'dlectricite et du gaz; en particulier, son directeur et son conseil d'administration doivent disposer pleinement des pouvoirs attaches h leurs fonctions. Pour ce qui concerne le statut du persomel, ELECTROGAZ devrait &re separde de la fonction publique et la direction de la sociCt6 devrait recevoir la pleine maftrise de la politique des ressources humaines (recrutement, licenciement, formation). Simultandment, il conviendrait de reexaminer et reviser la structure organique d'ELECTROGAZ conformdment aux responsabilitds nouvelles qui proctderont de la plus grande autonomie des organes de direction et de l'expansion future du sous-secteur de I'electricitC prevue par le plan directeur pour l'electricite. Un cadre rdglementaireest aussi necessaire pour permettre au Gouvernement de suivre les performances technique et de gestion d'ELECTROGAZ et d'assurer que les services rendus soient economiques et conformes aux normes de l'industrie. La transformation en societd commerciale de services publics devra &re etalQ soigneusementdans le temps et necessitera un appui exterieur substantiel sous forme d'une assistance technique ou d'un jumelage avec une societe de services publics etrangkre. Une etude faite par SAURICEGOSIEDF (Etude institutiomelle, structurelle et de rbrganisation genbale), financke par la CCCE et 1'IDA et achev6e au milieu de 1986, a enonce des recommandations detaillees en vue d'une reforme structurelle et administrative, dont notamment la possibilite de privatiser une partie des activith d'ELECTROGAZ. Elle represente une bome base pour lancer le processus de reforme de l'entreprise et proposer des recommandations visant h ameliorer les rbultats opdratiomels et financiers d'ELECTROGAZ sans qu'il faille attendre un remaniementjuridique complet pour rbrienter positivement le fonctiomement global d'ELECTROGAZ. Fiabilite de l'offre interieure 5.28 Production. MalgrC la renovation recente des centraleshydrodlectriques, chacune d'elles rencontre des problkmes techniques plus ou moins graves. La centrale de Ntaruka, dont la renovation est en voie d'achkvement, n'atteindra probablement pas la production d'dnergie prevue au cahier des charges h cause d'un phenomkne de cavitation. Une autre difficult6 qui n'est pas r&olue concerne la protection des turbines contre les debris v&icul& par l'eau. A la centrale de Mukungwa, les difficult& proviement des dispositifs de contrdle. Les compteurs de production sont surdimensiom& d'un facteur 10 et permettent seulement de savoir si les installationsfournissent une production ou n'en fournissent pas. Les appareils censQ rendre compte des conditions existant dans le reservoir ne fonctionnent pas, faute de cable pour les relier aux capteurs sur le site du reservoir. A Gihira, certains appareils sont eux aussi surdimensionnQ et les alternateurs emettent des sons 2 haute frequence. Ces sons--qui crknt un risque professionnel serieux pour le personnel de la centrale-proviennent de vibrations susceptibles d'endornrnager gravement le materiel. A la centralede Gisenyi, enfin, les ouvrages hydrauliques doivent subir une revision gdnerale pour la quatrieme fois depuis 1980 en raison de la forte quantite de sable charrid par la riviere Sebeya et de l'inefficacit6 des dkableurs mis en place lors de la premiere renovation qui ne peuvent @treemployes correctement sans r6duire le debitd'eau et donc la puissance de la centrale. Une solution 2 l'etude, avec une assistance bilaterale allemande, consisterait 2 durcir les surfaces des rotors des turbines afin de pouvoir espacer davantageles revisions. Une autre possibilite serait d'dargir le diambtre de la conduite d'eau du reservoir aux dbableurs pour qu'il y ait suffisarnment d'eau aux turbines lorsque les dhableurs fonctionnent 2 plein. Une analyse est necessaire pour determiner la formule la plus hnomique. 5.29 I1 est intbessant &observer que la construction ou la renovation rkente des quatre centrales Blectriques a 6t6 supervisk par des consultants diffbrents et que des defaillancestechniques se sont produites nbanmoins dans chaque cas. Cette experience fait ressortir l'importance d'un contdle rigoureux par les autorites rwandaises et les bailleurs de fonds qui financent de tels projets. 5.30 Trans~oa.En 1987, le transport haute tension s'effectuait en 110 kV et 70 kV sur une distance de 349 kilomktres (km)avec 13 transformateurs. Le transport moyenne tension s'effectuait en 30 kV, 15 kV et 6,6 kV sur une distance de 934 km. La capacitt? de transport haute tension est amplement suffisante. Des d o n n h n'etaient pas disponibles imMiatement pour le rheau moyenne tension, mais l'augmentation de la demande Kigali et 2 Butare, manifestee par une surcharge sur certainesparties des rQeaux de distributionde ces agglomerations,pourrait &tre2 l'origine d'une penurie de puissance. 5.31 La renovation du r&eau haute tension, y compris les transformateurs, est en voie d'achkvement avec l'aide financikre de la Caisse centrale de cooperation Bconomique. Cependant, la renovation des sections moyenne tension des transformateurs laisse dbirer. A Kigoma, par exemple, le principal disjoncteur de 30 kV est tomb6 en panne et a ete purement et simplement enleve. La refermeture automatique des disjoncteurs30 kV en aval de Kigoma, qui devait &treinstallee au titre d'un rkent projet d'energie financepar la Banque mondiale, ne fonctionnepas car les moteurs du disjoncteur ont grille. L'absence de protection cr& un risque pour les transformateurs et une panne de trans- formateurpourrait priver totalement d'blectricitd des portionsconsiderablesdu rbeau electrique. C o m e ELECTROGAZn'a pas de transformateur de secours, le delai nkessaire pour en importer un d'Europe fait que certainesparties du r&eau pourraient @treparalysh durant au moins six mois. Le risque d'une panne de transformateur ne pouvant jamais @tretotalement elimine, ELECTROGAZ devrait se protdger contre une telle eventualit6 en achetant des transformateurs de secours. 5.32 m u t i o n . Douze centres de distributiondesserventun total de 13.717branchements, dont 13.355 en base tension et 162 en moyenne tension. Kigali est le principal centre, avec 8.107 branchements (8.003 en basse tension, 104 en moyenne tension). I1 n'existe aucune documentation complete sur l'etat du rbeau de distribution. A titre d'etape preparatoire pour l'etablissement du plan directeurde l'electricite, ELECTROGAZ dresserades inventairesdes elementsdu systkmededistribution et des lignes afin d'en comaltre notamment la capacite, la charge, l'2ge et l'etat. Les renseignements disponiblessont neanmoins suffisantspour montrer qu'une grande partie du materiel de distribution est use et que beaucoup de ses dispositifs de protection ne sont pas fiables. Certainesparties du systkme de distribution, notamment ?i Kigali et Butare, paraissent&re en surcharge. I1faudrait accorder une priorit6 elev& au rassemblement des renseignements nkessaires pour etablir un plan de renovationdu rheau de distribution. Etant dome que les nouvellesextensions de ce rheau risquent de surcharger un secteurdejh affaibli, elles devraient s'accompagner en priorit6d'une renovation et d'un renforcement de 116quipement en place. Parallkllement h l'etude du Plan Directeur de l'Electricit6, une autre etude sera entreprisepour la rhabilitation des rheaux de Kigali, Butare, Nyabisindu, Ruhengeri et Gisenyi. Ex~loitationet entretien 5.33 Ex~loitation.Le reseau rwandais subit de fortes pertes de transport et de distribution. Ces pertes, techniques et non techniques, ont atteint en moyenne plus de 20% durant la periode 1982-84, puis ont diminue et sont tombees h un peu moins de 17% en 1987. La direction et le personnel dlELECTROGAZ ont pris progressivement conscience du problkme des pertes d'energie et adopt6 les mesures suivantes: (a) une amelioration des pratiques de facturation et d'encaissement, comportant notamment une surveillance plus rigoureuse des relevh de compteurs; (b) la rotation de certains transformateursde distributionpour obtenir une meilleure correspondanceentre la capacite et la charge. II n'a pas ete possible d'analyser precisement les pertes selon leur origine technique ou non technique, faute de moyens de mesure satisfaisants. En effet, les caracteristiquesdes transformateurs servant aux mesures, et donc le facteur de multiplication h appliquer aux relevh de compteurs, ne sont pas comus correctement dans certains cas, tandis que d'autres compteurs sontsurdimentiomh et ne permettent donc pas une lectureexacte. ELECTROGAZ etalome actuellementses compteurs, sedomant ainsi les moyens d'analyser plus rigoureusement le problkme des pertes et de definir de nouvelles mesures correctives. 5.34 Malgre l'intercomection avec le ZaTre, qui permettrait des importations annuelles d'environ 40GWh, le Rwanda n'a import6 ces dernikres annees qu'h peu prh la moitie de cette quantite d'energie, preferant au contraire exploiter ses propres centrales audelh de leur capacite annuelle de production nominale (Tableau 5.2). Cette pratique a pour effet d'abaisser peu h peu le niveau des lacs. Le niveau des eaux du lac Bulera, qui alimente la centralede Ntaruka, a baisse ainsi de prh d'un mktre entre 1962 et 1973 et d'environ trois mktres entre 1973 et 1987, et le niveau du lac Ruhondo, qui alimente la centrale de Mukungwa, a baisse de 0,4 mktres entre 1983 et 1988. Cornme le montre le Tableau 5.2, les deux centrales ont ete utilisees generalement h 25-30% audelh de leur production annuelle garantie et donc de leur niveau respectif de reconstitution des eaux. ELECTROGAZ a propose de restreindre la production de Ntaruka pour permettre au lac Bulera de se reconstituer en utilisant au maximum l'energie de Ruzizi I1 et d'utiliser la production de Ntaruka principalement pour faire face h la demandede pointe. Bien que ces mesures puissent s'averer satisfaisantes,toutes les optionspermettant de faire face h la demande de base et de pointe doivent &re envisagees pour determiner la meilleure solution en termes du moindre coat et de la protection des ressources du Rwanda. Voir aussi chapitre VIII. Tableau 5.2: CWPARAISON DE LA PRODUCTION ANNUELLE GARANTIE ET DE LA PRODUCTION EFFECTIVE EN 1984-87 Production amuelle Production effective (GUh) Centrale garantie (GUh) 1984 1985 1986 1987 Mukungua Ntaruka Gismyi Gihira 5.35 I1 n'existe pas de donndes fiables irnmediatement disponibles sur les grands indicateurs opkatio~els,comme les pannes, par exemple, et ELECTROGAZ n'en tient aucun relev6 coherent et ne s'interesse pas 2 leur analyse pour tenter d'ameliorer la planification du reseau. Un nouveau centre de contri3lepour l'ensemble du rdseau rwandais a 6td install6recernrnent, mais les dispositionsnecessaires n'ont pas encore 6t6 prises pour incorporer la production de Ruzizi 11. La gestion du fonctionnementdu systeme tirerait profit du rassemblement et de l'analyse systematique de statistiques, et de la definition de regles d'exploitation du systeme en situation normale et en situation exceptionnelle. Ces rkgles devraient prendre specialement en consideration la question de la gestion des ressources hydrologiques et celle du choix entre I'utilisation de I'energie provenant desources nationales, d'une part, et I'utilisation de 1'6nergie produite par Ruzizi I et Ruzizi 11, d'autre part, comme mentiom6 au paragraphe 5.34 cidessus. 5.36 F a . ELECTROGAZ rqoit une aide financiere exterieure pour I'entretien des centrales Blectriques et du r&eau de transport. Faute de devises suffisantes, la disponibilitede pieces detach& pose parfois des problemes. A I'heure actuelle, les centrales et les lignes de transport haute tension sont convenablemententretenues, en partie grace au financementdes achats de pieces detachees par des bailleurs de fonds dans le cadre de leurs programmes de renovation. En revanche, l'entretien de l'dquipement basse tension et des installationsde distributionest nettement insuffisant, par manque de pikes detach& notamment. En outre, un bon entretien n'est possible que si un effectif approprie d'ingenieurs d'ELECTROGAZ est affect6 a cette ache. L'assistance technique actuellement en cours n'aura qu'un impact restreint si une quantitd suffisante de personnel de contrepartien'est pas form& et affect& en permanence I'ex6cution de ce travail. 5.37 En attendant les rbultats de l'etude du plan directeur, le Ministere des travaux publics a 6tabli une stratdgie sectoriellepour le sous-secteur de 1'61ectricit6 d'un montant total de 227 millions de dollars EU aux prix de la fin 1987 (Annexe 3.7). Ce programme repond avant tout a deux objectifs du Gouvernement: I'independance h I'egard des importations d'energie et I'extension du rbeau d'ELECTROGAZ en direction des campagnes (il prevoit notamment 1'6lectrification de tous les chefs-lieux de district). L'ind6pendance totale energetique aura un coot bnomique relativement aeve et sejustifie difficilement &antdonne que l'approvisionnement en electricit6 import& est garanti par des contrats que les partenaires du Rwanda ont toujours honor&. Quant a la viabilite hnomique de 1'~lectrificationrurale, elle devrait @tredeterminee cas par cas en comparant les avantages relatifs de la production independantepar de petites unit& l'extension du r&eau interconnect6 d'ELECTROGAZ. 5.38 Les travaux preparatoiresdu plan directeur pour le sous-secteur de 1'6lectricit4, devraient &re terminh pour la fin-1992, et fournirontprobablement l'occasion d'examiner ces questionset d'autres questions concernant l'exploitation du rheau, et de formuler des recornmandations. Le Plan directeur comprendra des previsions dbtaill6esde la demande, un inventaire complet des installations electriques d'ELECTROGAZ ainsi que leur etat et des rkgles op6ratio~elles;il prhentera aussi les autres possibilith de developpement h moindre coat et les prioritbs. Puisque les investissements entrepris avant l'c?tablissement du plan directeur risquent de ne pas correspondre aux choix optimums, il convient de se demander quelle partie du plan d'investissement doit Btre entreprise avant que les conclusions du plan directeur soient c o ~ u e s . 5.39 Un choix rigoureux des investissementss'impose par ailleurs en raison du volume limit4 des ressources. L'annexe 3.7 montre que les investissements annuels feraient plus que decupler, passant de 5,8 millions de dollars EU en 1988 h 63 millions de dollars EU en 1992. La pratique anterieure a repose sur des credits de retrocessionprovenant de sources exterieures h ELECTROGAZ. En supposant des conditions de retrocession encore plus favorables que celles dont ELECTROGAZbeneficie h I'heure actuelle(inter& annuel de 3%,Bch4ance h 15ans avec cinq ans de differ4d'amortissement), les paiements d'intbBts et remboursements de capital pour le seul sous-secteur de l't?lectricit6 seraientde l'ordre de 483 millions de francs nvandais en 1990, 840 millions en 1993et 1.320 millions en 1995. Ces montants sont h rapprocher du service total de la dette d'ELECTROGAZ (paiements d'int6rBts et remboursements de capital) pour les activith concernant l'eau et l'electricitt?, soit 224'6 millions de francs rwandais en 1987. En supposant aussi que la demande annuelle augmente au taux projete de 8,8% (para. 5.lo), d'ici 1993, alors que la plupart des prets pour ce programme seront encore dans leur periode de differ6 d'arnortissement, les tarifs moyens de 1'6lectricit6 devraient Btre augmentes de 0,5 FR/kWh par an rien que pour couvrir les paiements correspondant au service de la dette. D'autre part, une expansion aussi considerable et rapide n'est possible que si l'on dispose des ressources humaines appropriees pour executer tous les projets et assurer ensuite le fonctiomement et l'entretien des installationsnouvelles. 5.40 Production. La construction de centrales electriques reprhente un montant de 178 millions de dollars EU, soit 78% du plan d'investissement. L'annexe 3.8 permet de constater que l'installation de la troisikme unite de production de 13,3 MW Ruzizi I1 offrirait le coat le plus bas et de loin, par kW instal16--600 $EU--centre 2.300 h 5.700 $EU pour les centralesdont la constructionest proposde au Rwanda. La troisikmetranche de Ruzizi I1 offriraitdonc la solutionla plus Bconomique pour fournir un surcrolt de puissance au rheau integrt?. 5.41 La source d'6nergie suivante,par ordre de coat croissant(1.900 $EU/kW installe), serait aussi une centrale internationalesituee aux chutes de Rusomo. Une etude de faisabilitd a ett?faite, mais les dt?tailstechniques ne sont pas encore entikrement comus et les coats qui peuvent Btre cith sont donc trh provisoires. En outre, la centrale des chutes de Rusomo aurait une production trh elevk (la part du Rwanda serait de 27 MW) de telle sorte que, en fonction de la croissancede la demande, une centrale plus petite pourrait Btre plus konomique, mBme si son coat par kW install6 dtait sup6rieur. L'dtude de faisabilitt?sur les chutes de Rusomo prhente h la fois un sc4nario de forte demande et un scenario de basse demande, la constructionintervenant en 1990-93dans le premier cas et en 1992-95dans le second. Cette dernikre hypothese est de toute manikre la plus probable, car le Rwanda et la Tanzanie doivent encore s'entendre sur la hauteur du barrage, ce qui affectera la surface inondde au Rwanda. 5.42 Les etudes de faisabilite pour les centrales de Rukarara (9'4 MW) et Mukungwa I1 (3,6 MW)ont fait apparaltre des taux de rendement Wnomiques respectifs proches de 9% et 6% en utilisant une production diesel cornrne solution de rechange. Cependant, l'installation d'une troisikme unite de production 2 Ruzizi I1 semblerait @trela meilleure possibilite 2 retenir c o m e element de comparaison pour la construction de ces centrales. En outre, d'importants problkmes hydrologiques et gblogiques restent encore h regler sur les deux sites avant que les coats puissent &re considBrQ c o m e femes. Des reponses aux questions en suspens devraient @treobtenues, et la viabilite des projets r&valu&, avant que le Gouvernement decide de l'exdcution. 5.43 Une etude de prefaisabilite pour la centrale de Keya (2'0 MW) a kgalement kt6 achevee egalement au d&ut de 1988. S'il est certainqu'une telle installationn'apporterait qu'un trh petitsurcrott de puissance au r&eau intercomecte, sa contribution pourrait nhmoins attenuer les problkmes de saimentation de la centralede Gisenyi. I1faudraitobtenir des renseignementsplus precis sur les aspects techniques et economiques en engageant une etude de faisabilitedks que possible. 5.44 Les etudesde faisabilite des autres centrales (Akanyaru, Nyabarongo et Rusumo-Rugezi) cornrnenceront en 1991afin que les renseignements techniques et des estimations fiables des coats soient disponiblespour semir pour l'etude du plan directeur. Pour permettre un choix correctement documente, il faudrait aussi entreprendrela recherche des d o n n h hydrologiques et ghlogiques correspondant 2 tous lessites envisageables. Toutefois, &antdome la quantitedetravaux de rechercheou preparatoiresencore nkessaires, il semble trh optimiste d'envisager le lancement de grands investissements en 1990. 5.45 En conclusion, l'installation de la troisikme unite de production 2 Ruzizi I1 est incontestablementla nouvelle source d'approvisiomement la plus Bconomique pour le Rwanda. C o m e le montrent les projectionsde la demande (annexe3.3), il est peu probablequ'aucun besoin en production additiomelle n'apparaisse avant 1995 si le Rwanda met 2 profit l'excedent d'energie du rQeau interconnect6regional. Si les projections de la demande faites par le plan directeur confirment le besoin d'une centrale supplementaire en 1996, la mise au point definitive du plan en 1992 laissera un delai suffisant pour dkider et exdcuter l'investissement necessaire. 5.46 Une possibilite de production qui ne figure pas dans le plan d'investissement propose, mais qui devrait @treexamink par l'etude du plan directeur, consisterait 2 creer une centrale 2 gaz aliment& par le methane du lac Kivu. Deux aspects meritent d'@tre6tudiQ: la fourniture de la charge de base et la reserve. En ce qui concerne la production de la charge de base 2 partir d'une centrale2 gaz, il faudrait comparer les possibilitds d'approvisiomement interieures et regionales afin de determiner le choix le moins coateux pour l'expansion du systkme. Pour la rdseme, une centrale2 gaz, imediatement disponible en cas de perturbation prolong& des importations, pourrait @treune solution de rechange 2 l'augmentation de la production interieure, rauisant ainsi la dependance 2 l'egard des importations. L'existence d'une centralede secourspourrait permettre au Rwanda de profiter de la poursuite, voire de l'augrnentation, des importations d'energie relativement bon march6 en provenance de la region. Bien qu'il soit 2 peu prks certain que les voisins du Rwanda resteront disposes 2 l'approvisiomer de fawn sore, il faudrait 6tudier d'un point de vue strategiquegeneral, s'il serait possible au Rwanda de satisfaire les besoins dnergetiques de ses secteurs dconomiques cl& partir de sources d'approvisiomement intdrieures pour divers scenarios de dborganisation. L'une des dkisions majeures du Gouvernement rwandais sera de determiner quel coot il est pr@t supporter pour le renforcement de l'autonomie energetique du pays. 5.47 Transport et distribution. Les investissementsdetransport et de distribution reprdsentent 49 millions de dollars EU, soit 22% du plan interimaire. Les etudes n'existent que pour deux projets. Le premier porte sur 1'6lectrification de six agglomerations et fait l'objet d'un pret de 9 millions de dollars EU de la Banque africainede developpernent. Le second, d'un montant de 2,8 millionsde dollars EU, est finance par Kredietanstaltfiir Wiederaufbau (KFW) et porte sur l'extension et divers travaux de renovation de trois sections de lignes moyenne tension, et sur l'extension de la distribution en basse tension; une quatrikme ligne pourrait aussi @trerenovk ou remplack (para. 5.48). Aucune etude n'a 6te faite au sujet des autres investissements de transport et de distribution qui concernent davantage l'extension du systkme que sa renovation. Le plus gros investissement de distribution porte sur l'extension de 1'6lectrification aux quartiers peripheriques de Kigali, alors que la rehabilitation et l'extention du systkme de distribution actuel de Kigali semblent avoir une priorite plus &lev&. Le programme d'investissement interimaire gagnerait a accorder davantage d'importance a la renovation et ii l'expansion du systkme de distribution, car les projets financds par les bailleurs de fonds ont neglige cet important maillon du reseau. Cependant, toute expansion de la distribution devrait viser particulikement une rdduction des depenses d'investissement pour cette partie du rdseau et rendre les nouveaux raccordements moins coQteuxpar l'utilisation plus frauente des cables aeriens (en 1987, 67% des cables de distribution etaient souterrains), l'adaptation du type de branchement individuel aux besoins de consommation du client (utilisation plus frequente des branchements monophases) et l'adoption de politiquescommerciales d'accompagnement qui encouragentles consommateurs ii se raccorder au rdseau. 5.48 Un haut niveau de priorit6 est accord6 a 1'6lectrification rurale, l'objectif fondamental etant d'etablir plusieurs centres ruraux qui serviront de p8les de developpernent et contribuerontii rdduire le desequilibre regional et ii stabiliser les mouvements de population. I1 est prevu d'equiper ces centres d'une infrastructure et d'institutions administratives appropriees et de fournir des services de base; 1'6lectricit6 est consideree c o m e l'un des moyens necessaires pour atteindrel'objectif dedeveloppernent poursuivi. 5.49 Une fois admis le bien-fond6 de la crhtion de p8les de developpement regionaux, il faut noter pourtant que la fourniture d'6lectricite ne suffit pas ii faire d'un centre rural un p81e de developpernent. Certaines regions deja electrifik ne sont pas pour autant des p8les de developpernent et ne pourront jouer un tel r81e qu'au prix d'initiatives nouvelles et d'investissements supplementaires. A l'heure actuelle, le Rwanda n'a pas de strategic globale et cohQente de developpernent regional. Par ailleurs, d'autres modes de fourniture d'energie electrique aux centres ruraux, c o m e l'installation de petitesunitds diesel, l'utilisation de microcentraleshydro-electriquesou, pour les petits besoins d'energie, l'emploi de systkmesphotovoltdiques,peuvent @tremoins onereux et plus avantageux dans les premieres annees, que l'interconnection au rdseau electrique national. Les projets d'electrification rurale doivent donc s'appuyer sur une comparaisondes differentes optionspour determiner la formule la moins coQteuse et leur viabilite doit &re evaluk ii partir de la meme analyse hnomique rigoureuse que n'importe quel autre projet de developpement. 5.50 A l'heure actuelle, un seul programme d'6lectrification rurale est en cours d'exkution et un second est au stade des etudes. Le programme en cours concerne 1961ectrificationd'un projet d'adduction d'eau et d'electrification des principales localitb des sous-prefectures. Les etudes de prefaisabilite ont 6t6 termink en 1986. Un credit de 11'4 millions de marks allemands (environ 7,2 millions de dollars EU) a ete accord6 en octobre 1987par KFW pour l'execution du projet. Les besoins de contrepartie locale sont estimQ a 2,8 millions de marks allemands (environ 1'8 millions de dollars EU). Les localitb 2 electrifier sont Kabaya, Kanazi, Kinihira, Murambi et Ruhango. 5.51 L'evaluation socio-economique du projet d'alimentation en eau et en electricit6 des principales localitb des sous-prefectures s'est faite selon un systeme de points. Les diffbrents aspects hnomiques, demographiques, techniques, financiers et autres ont r q u chacun un certain nombre de points et ont ete ponder&, non sans arbitraire, pour produire un indice global pour chaque projet. Les consultants ont recommande l'exkution des projets pour lesquels l'indice obtenu etait le plus 8ev6. Aucun taux de rentabilite ni valeur actuelle nette, les criteres reconnus de la viabilite d'un projet, n'ont 6t6 calculb, de sorte qu'il n'est pas possible de savoir quel projet particulier est justifie economiquement ni lequel a la plus haute priorite pour le pays. Le calcul du taux de rentabilitd et de la valeur actuelle aurait pourtant pu etre fait 2 l'aide des renseignements contenus dans le rapport. 5.52 Le projet d'electrification rurale actuellement a l'etude est finance par la Caisse centrale de cooperation economique, organisme fran~ais,et porte sur environ 310krn de lignes 30 kV reliant les centres: Nyakinama et Muhororo, Byumba et Nyagatare, Butamwa et Kiyumba, Save et Akanyaru, Rulindo et Musasa, Gatagara et Masango, Mukungwa et Janja. Une etude economique detaillee sera entreprise dans une premiere phase; le consultant cherchera 2 determiner, pour chaque gros utilisateur potentiel d'electricite, les besoins presents et futurs d'installation d'dquipement electrique, la puissance 2 souscrire et la demande d'dnergie. Des enquetes seront aussi faites pour estimer la demande des utilisateurs commerciaux et residentiels, et celle des artisans. Une analyse speciale est en outre prdvue pour les centres ruraux qui produisent de l'electricit6 2 l'aide de generateurs diesel. Si le cahier des charges prkise bien que le consultant doit classer les lignes selon leur avantage konomique, rien n'indique en revanche que le taux de rentabilitb interne ou les valeurs actuelles seront calculb. 5.53 L'examen de plusieurs projets terminb, dont la ligne 30 kV entre Ntaruka et Cyanika et la ligne 15 kV entre Gifurwe et Gakenke, financk par la Banque mondiale, revele que la plupart des etudes de faisabilite ont surestime la demande d'electricite dans les centres ruraux. Les raccordements de consommateurs au rbeau electrique n'ont pas atteint les chiffres prevus et la consommation unitaire est sensiblement moindre que celle envisagee. La difficult6 tient en partie au fait que les projections de la demande n'ont tenu compte ni des frais de raccordement qui, cornme on l'indique au paragraphe 5.6, sont passablement elevds, ni des tarifs actuels et futurs. La surestimationde la demande est responsable d'investissements qui profitent 2 un petit nombre d'individus; retrospectivement, donc, ces projets n'ont guere de chances d'etre Bconomiquement viables ou, au mieux, etaient prdmaturb. 5.54 L'analyse des projets d'electrification rurale doit @treameliorde pour conduire 2 des decisionsd'investissement correctes; elle doit chercher notamrnent 2 determiner dans quels centresruraux l'investissement dans l'electrification est le plus profitable a l'ensemble de l'&onomie. La mdthode appliquk devrait considerer les elements suivants: (a) Les projections de la demandedoiventprendre en considerationles frais deraccordement et le niveau des tarifs; elles doivent se fonder sur l'expdrience de projets similaires exkut& rkemment pour ce qui concerne 1'~volutionde la consommation unitaire et le taux de raccordement des utilisateurs potentiels; (b) Pour chaque projet, une comparaison economique des differentes possibilith envisageables pour etendre les lignes de transport h partir du reseau 6lectrique national ou exploiter les ressources locales en electricit6 (generateurs diesel, sites equipables en minicentrales, systkmes photovoltdiques, etc.) doit &re effectuee; et enfin (c) Les taux de rentabilite hnomique doivent calculer l'avantage reprhente par la valeur de l'energie electrique vendue aux consommateurs et aussi les possibilitk de remplacer les sources d'energie existantes par l'electricitd. Trks souvent, les recettes provenant de la consommationtarifdeont 6t6les seuls avantagespris en consideration, ce qui provoque une sous-estimation de la valeur reelle des projets. L'annexe 3.9 contient une breve description des methodes h appliquer h cette fin. Elles ne necessitent pas davantage d'informations que celles qui sont d'ores et dejh rbunies; (d) Les projets doivent &re class& par rapport h leur valeur economique actuelle nette sur la base d'un coot d'opportunite du capital qui soit acceptable. 5.55 Les tarifs de 1'61ectricit6 en vigueur en d&ut 1991 ont 6te approuvds par un dkret du Ministre des finances et de 1'6conomie en date du 7 janvier 1988. Ce decret a remplace les tarifs qui s'appliquaient depuis le 29 decembre 1981 et reduit notarnrnent le prix du kWh de 35% pour les utilisateurs basse tension et de 9% '0 11% pour les utilisateurs moyenne tension. C o m e l'inflation pour la pQiode 1982-86 est estimee h 15%, le niveau reel des tarifs de 1'6lectricite s'est donc sensiblement deteriore. 5.56 Les utilisateurs basse tension paient un prix fixe de 8'5 FRIkWh (environ 0'11 $EU/kWh), tandis que la moyennetension suit une facturationbindme (energie et puissance)variable selon la puissance du materiel installe. Pour une puissance inferieure h 100 kW, les tarifs sont de 8,O FRIkWh et de 486 FRIkWlmois de demande de pointe enregistree, tandis que, pour les puissances superieures h 100 kW, ils sont de 5,O FRIkWh et de 774 FRIkWlmois de demande de pointe. Etant donne que le nombre annuel d'heures d'utilisation est de 2.985 pour les puissances infdrieures h 100 kW et de 3.760 audelh, le prix moyen par kWh pour les utilisations moyenne tension est respectivement de 10,O FR et de 7,s FR (environ 0,13 $EU et 0,10 $EU). En juillet 1991, suite h la devaluation de 1990 du franc rwandais, les tarifs ont 6t6 augment& de 50%. 5.57 Le CMLT de l'energie electrique au Rwanda 61 est estime approximativement h 0,17 $EU/kWh en moyenne tension et h 0'20 $EU/kWh en basse tension (Annexe 3.10). Les tarifs pour les utilisateurs basse tension (principalement les consornrnateurs du secteur rhidentiel) sont donc inferieurs d'h peu prks 43% au coQt marginal de l'energie consommk, tandis que les tarifs moyenne -- -6/ Avant la d&valuationdufianc mandais de 1990. tension etaient de 22% a 41% plus bas que le CMLT de l'electricit6 fournie a ce niveau. Le tableau 5.3 compareles tarifs actuels avec leur CMLT. A l'heure actuelle,les consommateurs d'electricite du secteur rhidentiel, qui representent une faible proportion de l'ensemble de la population et se situent generalement dans les tranches superieures de revenu par habitant, beneficient donc de subventions considerablesde 1'Etat du fait de la structure tarifaire en vigueur. Tableau 5.3: TARlFS OE LfELECTRICITE EN VIGUEUR VS. CMLT (FR/kUh) Au 01/01/88 CMLT - - Production 6,8 Transport 7,3 Distribution MT 10,0/7,5 12,8 BT 815 15,O Sources: Estimations ELECTROGAZ et de La mission. 5.58 Ainsi, en 1985, 1.052 utilisateurs ont consomme moins de 45 kwh par mois et 1.490 utilisateursplus de 500 kWhlmois. La consommationdu premier groupe reprhentait 0,8% de l'ensemble de la consommation basse tension, celle du second, 62,4%. Le second groupe rewit donc la plus large part de la subvention de 1'Etat. Selon toute vraisemblance, ce groupe est pourtant le plus capable de supporter le coot de 1'61ectricite, tandis que l'autre se compose typiquement de consommateurs qui pourraient pretendre au benefice d'un "tarif social". La tendance au declin de la consommation unitaire en basse tension 2 mesure que le nombre des nouveaux consommateurs basse tension augmente signifie que l'expansion du rheau atteint progressivement les categories moindre revenu. Or, cette tendance ne peut se poursuivre que si I'acch a I'electricit4 est rendu plus facile aux interessh et cette fin il faudrait appliquer une rduction des frais de raccordement, assortie d'un tarif social. Pour des raisons d'Quit6, un tarif social infdrieur au coot de l'electricite en basse tension serait acceptablepour autant que la charge de la subventionptserait sur un autre groupe de consommateurs ou, sinon, sur 1'Etat selon des modalit& transparentes. La subventionactuelle au profit des gros consommateurs n'est pas justifide de ce point de w e et devrait &re eliminde. 5.59 La politique de modulation tarifaire en vigueur pour les deux categories d'utilisateurs moyenne tension, fondee sur la puissance du materiel install&,est elle aussi depounue de justification. Tout d'abord, le coot de fourniture est le m@medans le cas des deux groupes de consommateurs et ne peut donc servir de critkre rationnel pour moduler les tarifs. Ensuite, un tarif module sejustifie, quand les coots de livraison de 1'dlectricitC sont les mbmes, si l'on cherche a encourager certains schema de consommation. Or, il semble n'y avoir aucune raison d'encourager une plus forte consommation chez les clients ayant la plus grande puissance install& et l'on risque en fait d'inciter les entreprises a investir dans du materiel surdimensionneafin de beneficier de l'electricite a tarif reduit. 5.60 Comme note au paragraphe 5.3, l'accroissement rkent et important de la demande en periode de pointe est do en partie a la consommationrhidentielle. Afin d'dviter des investissementsdans de nouvelles centralesqui auraientcomme effet d'augmenter les tarifs de tous les consommateurs, il serait preferable d'essayer de rBduire ou de d6placer la consommationpendant les heures de pointe grace un bareme de prix incitatif. Une tarification modulde selon certaines plages horaires devraient donc &re exarninde pour voir si des modbles de consommation plus efficaces peuvent &re encourages. 5.61 ELECTROGAZ avait engage SAUR-Afrique et EDF c o m e consultants pour une etude tarifaire achevde en 1987. Les recommandations faites dans cette etude n'ont pas ete suivies par le Gouvernement dans le dernier decret sur les tarifs. Le tableau 5.4 cidessous compare les principaux tarifs leur niveau antbieur et leur niveau actuel ainsi que les propositions faites par le consultant: Tableau 5.4: TARIFS OE LIELECTRICITE 1981-1987 Au1/1/88 Proposition duconsultant - BT Energie: FR/kUh - MT a.- Moins de 100 kU (2.600 heures d'uti lisation pour l e consultant) Pointe : FR/kU/mois Energie: FR/kUh b.- Plus de 100 kU (2.600 heures dlutilisation pour l e consultant) Pointe : FR/kU/mois Energie: FR/kUh Source: ELECTROGAZ. 5.62 I1faut observer que l'etude SAURIEDF ne determine pas les prix suivantle coot marginal (ou le coot marginal moyen) long terme partir d'un plan directeur au moindre coot etabli rigoureusement. L'etude du Plan directeur d'dectrification effectuera ces calculs et les tarifs d'ELECTROGAZ seront revus sur cette base. Les resultats de l ' h d e SAURIEDF indiquent nhmoins que les niveaux actuels des prix sont trop bas, tant du point de vue hnomique que pour permettre ELECTROGAZ d'avoir une saine gestion financibre, en particulier pour l'exkution des obligations resultant de sa dette. La distinction entre les consommateursmoyennetension selon la puissance install& de leur equipement a 6t6 eliminde; les consommateurs moyenne tension sont desormais distingues par le nombre annuel moyen d'heures d'utilisation et la modulation par categories de consommateurs haute tension se fonde sur un prix fixe de 1'6nergie lie la demande de pointe: plus la contribution la pointe est elevde, plus Bevb sont les tarifs. Une telle formule correspond une structure de prix approprik dans le cas du Rwanda oh la demande de pointe augmente plus vite que la demande moyenne (le facteur de charge est tombe de 66'5% en 1984 58'5% en 1987). En l'absence d'une etude de tarification bask sur des coots marginaux provenant du plan directeur, les ajustements tarifaires devraient suivre les recommandations de l'etude SAURIEDF. Recommandations 5.63 Pour lesous-secteurdel'dectricite, la mission recornrnandeau Gouvernement, les actions prioritaires suivantes: (a) Demande: (i) Dans I'attente des rhultats de I'ktude du Plan directeur, les nouveaux investissementsdevraient seborner h I'extension des raccordements base tension et ii des raccordements industriels dans les regions oh le service est ddjh disponible. ELECTROGAZ devrait lancer une campagne de promotion h cet effet; (ii) La distribution dans les regions qui ne sont pas encore desservies et dans les campagnes devrait &re rdalisee selon des normes techniques ii faible coot; les bailleurs de fonds devraient Ctre invites h financer un ou plusieurs programmes pilotes de distribution h faible coot qui permettraient de verifier le bien-fond6 et la viabilite de telles solutions; (iii) Une meilleure politique de raccordement devrait &re adoptbe afin d'etaler dans le temps le coot initial du raccordement support6par le consornmateur. (b) Offre: (i) Le MINITRAPE, ELECTROGAZ et les bailleurs de fonds devraient accorder davantage d'attention ii la supervisionrigoureuse des projets de renovation et de construction afin d'obtenir un rhultat de la plus haute qualitd; (ii) Les mesures necessaires, dont I'achat d'un transformateur de secours et de disjoncteurs, devraient &re prises pour dliminer le risque de panne serieuse sur rheau provoquk par la defaillance d'un equipement; (iii) Le rheau de distribution devrait faire l'objet d'un inventaire dans tous les principaux centres afin de preparer le plan de renovation de la distribution qui devrait rhulter de I'etude du Plan directeur d'electrification. (c) Exploitation du rheau: (i) Les rkgles d'exploitation du rheau devraient &re ddfinies pour les conditions normales et exceptiomelles, ii partir du rassemblement et de I'analyse systematiquesdes statistiques d'exploitation; (ii) .Le problkme de la baissedu niveau des lacsdevrait @treanalyst?de toute urgence et de nouvelles rkgles d'exploitation du rQeau devraient assurer une gestion des ressources hydriques; (iii) L'etude des pertes du rQeau electrique devrait @treachev& et les mesures propres ramener progressivement les pertes h un niveau satisfaisant devraient a etre ensuite appliquk; (iv) Une etude devrait @trefaite sur les limites de capacite de transport h moyenne tension. (d) Aspects institutionnels: (i) Afin d'ameliorer la performance du service public, ELECTROGAZ devrait @tre restructure en service public autonome capable de renouveler, d'agrandir, d'exploiter et d'entretenir ses installationset d'obtenir des rhultats commerciaux et financiers conformes h la pratique generalement accept& pour les entreprises de services publics; (ii) La transparencedans les troisbranches d'activith d'ELECTROGAZ devrait @tre obtenue et les renseignements financiers et commerciaux relatifs h chaque branche devraient @tredisponibles. (e) Planification: (i) Une m6thodologie adQuate d'evaluation de tous les projets d'electrification rurale devrait @treadopt&; (ii) Tout grand projet d'investissement, particulikrement dans la construction de nouvelles centrales electriques, devrait @tre differ6 jusqu'a ce que les rQultats preliminaires de l'etude du Plan directeur d'dlectrification indiquent l'option la moins coQteuseet le calendrier optimal, partir de projections detaillh de la demande; (iii) L'etude du Plan directeur d'electrification devrait aussi envisagerune possibilitd de production bas& sur le methane du lac Kivu. (0 Fixation des prix: (i) Le niveau et la structure des tarifs actuels devraient @tremodifih selon les principes de la tarification au coat marginal de manibre it aligner le prix sur le coot du service et h eliminer les subventions deguish que les consommateurs d'electricite rmivent de 1'Etat; (ii) Les effets ndgatifs de la hausse des tarifs de I'dlectricitd basse tension sur les consommateurs ii bas revenu devraient &treattdnuQ par la mise en place d'un tarif social lie a un niveau de consommation correspondant a cette catdgorie de revenu. 5.64 Les mesures dnumdrh cidessous sont considdrdes c o m e importantes mais moins prioritaires: (a) Demande: (i) Les etudes de demande pour I'expansion du rbeau devraient tenir compte des frais de raccordement et des tarifs actuels et futurs; (ii) La conversion l'dlectricitd des chaudikes industriellesen service ne devrait pas &re encouragtk si des subventionsdoivent &re versdes pour l'achat du mat6iel nouveau etlou si les tarifs industriels en vigueur doivent &re rauits. (b) Aspects institutionnels: (i) Le service du personnel d9ELECTROGAZdevrait &re pourvu du personnel spdcialisd et de moyens permettant l'dtablissement d'un plan des ressources humaines, repondant aux objectifs suivants: (a) doter d& l'origine l'entreprise restructurde du personnel compdtent dont elle a besoin; (b) ultdrieurement, assurer le perfectionnementdu personnel et augmenter les effectifs conformdment aux conclusions du Plan directeur d'dlectrification; (ii) La pratique actuelle de la construction en rdgie devrait &re reconsiddrde et ELECTROGAZ envisager de se retirer de ces activitds. (c) Planification: (i) Des donndes hydrologiqueset gblogiques devraient &rerecueilliespour tous les sites hydrodlectriquespotentiels; (ii) Une politique d'dlectrification rurale devrait &treetablie dans le cadre d'une stratdgieglobale de ddveloppement rdgional. (d) Fixation des prix: (i) La distinction en vigueur entre les deux categories d'utilisateurs d'dectricitd moyenne tension en fonction de leur puissance installde (infdrieureou supdrieure ?i devrait&resupprimde; 100 kW) (ii) L'intdret que prbenteraient des tarifs favorisant l'utilisation de I'dlectricitd en dehors des heures de pointe devrait &re dvalud. - 67 - VI. LE METHANE Generalites et historiaue 6.1 Le lac Kivu est un reservoir d'energie et de matibre premibre d'un type inconnu dans le reste du monde. Ses eaux profondes contiennent en effet du methane en dissolution et les reserves sont estimees a 60 milliardsde Nm3,dont prks de 50 milliards sontjug& exploitables. Les observationsfaites semblent indiquer que le gaz se renouvelle naturellement au rythme annuel de 250 millions de Nm3 (voir l'annexe 4.1). Etant donnel'abondance de cette ressource--1es reserves exploitables sans renouvellement representent l'equivalent energetiqued'h peu prks 500 ans de consommationactuelledeproduitspetroliers du Rwanda--et compte tenu de la dbpendance du Rwanda de l'importation de biens aussi coQteuxque les combustiblespetroliers et les produitspetrochimiques, notamment sous forme d'engrais, il est amplement justifie d'etudier soigneusementla mise en valeur et les possibilitdsd'utilisation de cetteressource c o m e combustible et c o m e matibre premibre industrielle. 6.2 Une usine pilote, construite en 1963 a Cap Rubona, sur la rive rwandaise du lac, et exploitee par ELECTROGAZ, a prouve la faisabilitetechnique de la mise en valeur du gaz, du moins a petite echelle. A ce jour, quelque 20 millions de Nm3de methane ont 6t6 extraits. La quasi-totalit6 a dte utilisee c o m e combustible de chaudibrepar la brasserie BRALIRWA etablieh proximite et de trks petites quantith ont Cte comprimees sous forme de GNC et employees experimentalement comrne carburant dans des vehicules a moteur a essence modifid. Pour satisfaire entibrement les besoins de combustible de la brasserie, le Rwanda envisage de quadrupler la capacite de production nette de l'usine pilote de Cap Rubona, sur la rive du lac. L'investissement prevu reprhente l'equivalent de 13 millions de dollars EU, attendus de la cooperation belge, et l'installation aurait une capacite annuelle de 7'2 millions de Nm3. Outre la satisfaction des besoins de la brasserie, il est prevu de fournir une quantite moderee de gaz excedentaire h l'unite de compression de gaz pour les vehicules; il faudrait egalement envisager de continuer les activith de demonstration de l'utilisation du gaz pour la production d'electricite. 6.3 Le lac Kivu s'ktend de part et d'autre de la frontibre entre le Rwanda et le ZaTre. En 1975, h Bukavu, les deux pays ont convenu que les ressources en gaz etaientleur bien c o m u n et seraient mises en valeur par un organisme bipartite leur appartenant h part dgale, la Societe internationale d'exploitation, de transport et de commercialisation du gaz mbthane du lac Kivu (SOCIGAZ). Les deux gouvernements ont charge une commission technique mixte de rediger les statuts de cet organisme et de commander des etudes sur les consequences qu'aurait pour le lac l'exploitation massive et continue des reserves de gaz, et sur la faisabilite, les coots et les aspects economiquesde differentsplans deproduction et d'utilisation du gaz au Rwanda et au ZaYre. Les caracteristiques de l'offre et de la demande et les prerequis techniques de ces etudes etaient les suivants: (a) les projets de mise en valeur du gaz: (i) pouvaient &treimportants &antdonnel'ampleur des ressources et la possibilited'obtenir des economies d'echelle; (ii) devaient envisager des utilisations finales multiples afin que les pays puissent tirer pleinement avantage du gaz disponiblesur place comrne combustible et c o m e matiere premiere industrielle; et (b) en raison du succb de I'expbience faite avec I'installation pilote de Cap Rubona, ni la conception ni les techniques n'auraient ii @tremodifih et il suffiraitde modifier la taille et de tenir compte des distances. Les installations de production ont 6tB conCues initialement comme des installations terrestres, des demandes individuelles de gaz du m@meordre de grandeur que celle de la brasserie, ou d'un volume superieur, ont t?td retenues c o m e objectif et des modes de transport differents ont 6t6 envisagh. 6.4 Au Rwanda c o m e au ZaTre, de "grandsprojets" plusieurs composantes(voir par. 6.9) ont ete 6tablis ti partir de l'hypothbe d'un march6 potentiel de I'ordre de 25 ii 30 millions de Nm3. Les risques de dhtabilisation et d'6puisement de la ressource a un tel niveau de production ont ett! analysh en detail et diverses combinaisons d'utilisations finales, de trach de gazoduc et de sites de production ont 6td 6valuh suivant differents scenarios d'augmentation de la demande et de hausse du prix des combustibles et ddriv6 pdtroliers. Les etudes ont abouti h des conclusions contrast& quant aux perspectives de mise en valeur du gaz: (a) ti proposde I'impact sur l'environnement, on a estime qu'une production degaz soutenue de I'ordre de 25 30 millions de Nm3par an n'entra'lnait pas de risques si I'on prenait et appliquait effectivement des mesures raisonnablement simples et d'un coQtabordable (voir I'annexe 4.1); (b) a propos de la viabilitd hnomique de la formule choisie, meme dans l'hypothbe d'une mise en exkution khelonn&, aucun des "grands projets" n'a pu faire apparaitre une rentabiliteacceptable, sauf si I'on introduisait des hypothbes de demande et de prix qui ne peuvent @treconsider& comme realistes; en consequence, seule la fourniture de gaz a la cimenterie CIMERWA, install& ii Mashyusa, ii 20 krn de la rive du lac en territoire rwandais (consommation estim& a 24 millions de Nm3par an) a dt6jug& konomique, marginalement cependant. 6.5 Tout en &ant l'option la plus seduisante pour la mise en valeur du gaz, le projet d'approvisiomement de la cimenterie de Mashyusa avait nhmoins un taux de rentabilite marginal ii cause du montant relativement eleve des investissements nkessaires (25 millions de dollars EU). Son inter& technique en tant que premiere &taped'une mise en valeur systematiquedu lac etait aussi limit& Les solutions proposh pour la production et le transport s'appuyaient largement sur les techniques terrestres utilish a Cap Rubona, sans mise ajour ni adaptation a un march6 du gaz dventuellementplus important et en expansion. 6.6 Sachant que les financiers ne seraient probablement gukre favorable I'option "grands projets", la Commission technique a dkide, dans les premiers mois de 1988, d'exarniner la possibilite de reduire les coQts de production et de transport du gaz en ameliorant les procedh d'extraction et d'enrichissement du methane et en transformant le gaz en GNC et en GNL afin qu'il puisse @tre transport6 par barges et par route jusqu'aux utilisateurs finals. Les etudes, qui se sont termin& fin 1988, ont comport6 des essais en laboratoire et des experimentations sur place portant sur l'extraction du gaz a unepression superieure a la pression atmospherique, sur l'optimisation du moduledeproduction de gaz et sur l'analyse des diversesformules de distribution,dont la productionet la distributionde GNC et de GNL. Bien que le but essentiel de ces etudes ait ete de reduire le coat du gaz fourni au seul client potentiellement viable, la cimenterie de Mashyusa, et accessoirement h la cimenterie CIMENKI situtk h Katana, au Zalre, leurs conclusions g6n6rales sont ndamnoins encourageantes pour deux raisons: (a) tout d'abord, l'emploi d'un mode de transport combine du GNC par barges et gazoduc abaisserait d'environ 20% le c d t du gaz fourni h la cimenterie de Mashyusa, ce qui signifiequ'au prix de quelques konomies supplementaires, le projet serait susceptiblede prhenter une rentabilite financibre interessante, meme pour des investisseurspriv&; et (b) ensuite, si la substitutiondu gaz au fuel-oil dans le cas d'un grand consommateur 6loign6 est konomique, telle peut etre aussi la substitutiondu gaz h des combustibles de plus grande valeur (diesel/essence/bois)dans le cas d'utilisations finales plus proches du lac, meme si les demandes individuelles sont plus petites et dispers6es. Les march& cibles sont ici les rives et les environs du lac au Rwanda et 1'Est du Zalre. Par ailleurs, si le gaz, transport6 h Mashyusa, assure une marge de rentabilitesuffisante, son prix pourrait etre encore concurrentiel plus loin au sud, ce qui signifierait que la fourniture de gaz au Burundi, du moins dans sa partie nord, serait peut-&re aussi une possibilite hnomiquement interasante. 6.7 Ndamnoins, malgre les resultats des etudes les plus rbcentes, il reste plusieurs grandes inconnues et aucun projet qui soit h la fois 6conomiquement et financikement viable n'a encore vu le jour. En premier lieu, il faudra rdduireencoreles coats aux stadesde l'extraction etlou du transportpour que l'exploitation du gaz puisse etre konomiquement viable. En second lieu, nu1 ne connait la taille ni l'emplacement des march& potentielsdu gaz sous ses diverses formes et h des prix differents. Les etudes anterieures n'ont pas analyse en detail ni la possibilite d'une production off-shore ni l'hypothbe de l'approvisionnement et de la distributionauxpetits et moyens consommateursdisperses. Des installations off-shorede production et de compression pourraient permettre de reduire le montant des investissements et diminuer le coat du transport grace h l'optimisation de l'emplacement du site de production fonction de la localisation du marche. Tant que ces possibilit& n'auront pas 6t6 exarninh, les solutions techniques et formulesdetransport envisaghjusqu'h maintenantnepourront pas etre consid6rh c o m e les plus hnomiques. ytilisations finales et march& 6.8 L'o~tion"erands proiets". I1 est genQalement admis dans l'industrie petrolibre que la mise en valeur de rherves de gaz et la crhtion d'un r&eau de gazoducs pour approvisionnerles march& ntkessitent l'existence d'un 'grand' marche pour que le projet ait un rendement acceptable. De fawn gherale, les gros utilisateurs de gaz sont les centrales Blectriques et les usines, oh le gaz remplace le fuel-oil, les industries nouvelles, oh le gaz sert de matibre premiere pour la transformation en produits dbiv&; ou les activitb de production de GNL ou d96thanoltourntks vers l'exportation. 6.9 Dans le cas du methane du lac Kivu, les conclusions de l'etude sur les utilisations industriellesclassiques, dans l'option "grands projets", peuvent etre rkapitulds c o m e suit: (a) ]es e x ~ o (en l'occurence les marchb internationauxplut8t que regionaux)ne sont m pas une possibilite realiste &ant donne les frais de transport dlev& partir du lac Kivu, situe l'interieur des terres; (b) 1a~roductiond'electricig n'a, depuisl'origine des etudes,jamais dt6 envisageeparmi les utilisations du gaz, sauf dans les regions rurales isolh, et n'a donc jamais fait l'objet d'une evaluationprecise. Cette omission doit &re reparde car les centrales electriques au gaz, sptkialement cornme sources d'appoint, pourraient constituer un moyen intdressant de reduire le coot de l'offre d'electricite au Rwanda; (c) Idestkiblissements industriels ayant individuellement une consommation de fuel-oil, effective ou prevue, assez importantepour crder une demande de gaz 'importante' sont rares dans la region et les seuls recensh au Rwanda ont 6te: (i) la brasserie BRALIRWA, approvisionnde par l'usine pilote de Cap Rubona, et (ii) la cimenterie CIMERWA de Mashyusa. Les coots de production et de transport du gaz sont trh peu elevb dans le premier cas et au contraire considdrables dans le second, et le gaz transport6 par gazoduc a l'usine de Mashyusa n'est que marginalement rentable (si l'on s'en tient aux conceptions et techniques envisagees dans la perspective "grandsprojets"); (dl b transformationdu eaz en derivb a 6t6etudidepour l'urde essentiellementau Rwanda, pour le methanol essentiellement au Zalre et pour l'essence et le carburant diesel de synthksedans plusieurs pays de la region; (i) la transformation en urde et en mdthanol necessite des installations de taille considbable pour qu'apparaissent des tkonomies d'tkhelle. Pour &re financierement et hnomiquement viables, les projets dans ce secteur doivent s'adresser des march& pouvant atteindrerapidement la capacitede production. Au surplus, le coQtdu gaz servant de matiere premiere doit &re suffisamment bas pour que les derivb produits sur place aient un coQtconcurrentielpar rapport a celui des importations qu'ils sont destinb remplacer. Seule la production d'urde au Rwanda, un coot estime 330$EU la tonne (prix de 1986)' serait marginalement rentable dans une usine d'une capacite annuellede 20.000tomes, consider& comme la capacite minimum. Or, la demande d'urde dam la region ne devrait pas atteindre ce niveau avant l'an 2000. Dans un avenir plus lointain, le gaz du lac Kivu pourrait servir un jour produire de l'urde et du mbthanol; cependant, les perspectives sont trks incertaines quant au calendrier, au volume et aux aspects tkonomiques; et (ii) --& remplaceraientles carburants import&, mais il y a une difference d'ordre de grandeur entre l'tkhelle de production rentable minimum de l'industrie et le volume de la demande regionale, meme dans le long terme. I1 semblerait donc que le gaz du lac Kivu n'ait aucun march6 immediat ou prdvisible pour la production de carburants de synthhe. En resume, les etudes des "grandsprojets" ne sont pas parvenues identifier au Rwanda ou au Zaire, pour le gaz sous forme de carburant ou de matike premiere industrielle, aucune utilisation finale en grande quantite qui soit rentable dans le proche ou le moyen terme. 6.10 L'option du march6 local. Si le gaz nature1 en general trouve ses applications les plus caracteristiquesdans les utilisations industrielles, le methane sert aussi communement dans les familles urbaines et a fait une perck remarquable sur le marche des carburants de vehicule, principalement sous forme de GNC. Ce type de mise en valeur du gaz se distinguedu mode d'exploitation classiqueenvisage dans la perspective des "grands projets" en ce que les march& sont constitu& d'un ensemble de moyennes, et m@mepetites, demands individuelles de gaz emanant de consommateurs, suentaires ou mobiles, disperses qui re~oiventdes cylindres de GNC ou des bouteilles de GNL plut8t que, sans cependant que ceci soit exclut, du gaz transport6par gazoduc. 6.11 La demande de produits pdtroliers et de combustibles ligneux au Rwanda vient principalement de petits et moyens consommateurs qui, thbriquement du moins, reprbenteraient le plus vaste marche potentiel du gaz du lac Kivu. Sur les 102.000 tonnes de produits petroliers import& par le Rwanda en 1987, 9.000 tonnes de kerosene et de GPL ont ete consommh par les petites entreprises commerciales, les institutionset les menages, 27.000 tonnes de carburant diesel par les vehicules lourds et les generatrices d'electricite isolees et 37.000 tonnes d'essence par les automobiles et autres vehicules legers. En outre, la m@meande, l'equivalent d'un million de TEP a ete brCil6 sous la forme de bois de feu et de charbon de bois, principalement par les menages, mais aussi par les petites entreprises agro-industrielleset par les consommateurs institutionnels. A titre d'illustration, si le methane rempla~ait ne serait-ce que 5% de ces combustibles, la demande de gaz Quivaudrait a plus de quatre fois celle de la cimenteriede Mashyusa fonctionnant sa pleine capacite installeede 75.000 tonnes par an (le coat et le manque de moyens limitant certes la portee d'une telle comparaison). 6.12 Une autrepossibilitequipourrait favoriseruneutilisation en grandes quantitk consisterait a employer le gaz pour produire de l'electricite, la centrale &ant coupl6e au r&eau et contribuant a la chargede base. Une autre possibilite, particulierement interessantepour le Rwanda, serait d'utiliser une centrale au gaz pour l'approvisionnement de rherve, c'est-adire comme centrale de secours pour repondre aux besoins de securite. Le choix d'une centrale d'appoint pourrait @treune solution moins onereuse que l'augmentation de la production de la charge de base d'origine nationale pour ruuire la dependance excessive h l'egard des importations. L3int6r@tde ces formules dans le cas du Rwanda est egalement &die dans le chapitre consacre li l'electricite. 11 Dans plusieurs pays en developpement richement pourvus en gaz, c o m e le Nigeria et la Thailande, l'emploi du gaz pour la production d'6lectricit6 est non seulement le moyen le plus hnomique de produire de l'electricite, mais souvent aussi une condition prealable li la construction d'un r&eau d'approvisionnement en gaz pouvant servir aussi a fournir d'autres utilisateurs, des coats raisonnables. 81 -7/ Dam I'Ptude des "grandsprojets", il n'Ptait envisagk d'utiliser le gaz que dam des unitPs de production d 'Plechicird non couplPcs au rdseau national. 81 Gunter Schramm: 'Ihe Changing World of Natural Gas Utililation~Natural Resource Journal, avrilZ984. 6.13 C o m e indiqud au paragraphe 6.7 cidessus, les etudes les plus recentes sur la distribution du GNC et du GNL et sur I'optimisation des modules d'extraction du gaz auraient dt6 plus interasantes si elles avaient examine et analyst5 aussi le marche des petits et moyens consommateursde gaz au lieu de se prhccuper seulement de reduire les coots d'approvisiomement des cimenteries rdgionales. Leurs rQultats fournissentn&nmoins une indication, mais non la preuve, de la compdtitivit6 du coot du gaz dam des utilisationsfinales autres que la production de ciment. 6.14 Une etude complete du march6 du gaz, tenant comptede la demandepotentielledes petits et moyens consommateurs virtuels, principalement A proximite du lac lui-meme et, fond& sur des hypotheses rdalistes au sujet des coots d'approvisionnement, du coot des autres combustiblesutilisables et de la possibilite de disposer des moyens nkessaires, s'impose c o m e la premiere priorit6. En attendant, nu1 ne peut prkumer de I'existence d'une demande de gaz qui, ajoutk A celle de la cimenterie de Mashyusa (et dventuellement d'une centrale electrique au gaz), justifierait une mise en valeur plus importante du gaz du lac Kivu. Techniaues 6.15 En raison du caractere unique du gisement de gaz du lac Kivu, et donc de l'absence de toute autre expbience de mise en valeur, il faut preter une attentionparticuliere au choix des techniques appropridespour I'extraction du gaz, I'enrichissement du methane et I'approvisio~ementdes march&. Les techniques existent, mais il faut &re conscient des incertitudes qui entourent la possibilite de les appliquer et leur efficacite dans les circonstances particulieres du lac Kivu. Ces incertitudesne pourront &.re dlimin6es que par l'experience concrete de l'exploitation de petites unit& de demonstration avant d'engager des investissementsplus considerablesdansdes installationscommerciales deplus grandetaille. Du choix des techniques approprides depend en outre I'abaissement du coat du gaz livre aux consommateurs et donc sa competitiviteau stade des utilisationsfinales. Comme indiqueprecddemment (para. 6.7), l'emploi de techniques perfectionndes (et l'existence d'un march6 d'une taille minimum) semble&re un prealable indispensablepour assurer la viabilitehnomique et financikreglobaledu projet de mise en valeur du gaz du lac Kivu. Moins les techniques seront capitalistiqueset, plus elles seront efficaces, plus grande sera la possibilited'utilisations finales v a r i h et plus grande aussi sera la demande potentielle de gaz. 6.16 En toute logique, les etudes faites dans la perspectivede l'option "grands projets" se sont d'abord orient&, pour la recherche des techniques appropriks, vers la mise A profit de l'experience acquise du fonctionnement de l'usine pilote de Cap Rubona. Neanmoins, meme si la production de gaz A Cap Rubona et sa fourniture A la brasserie sont une reussite incontestable et semblent etre profitables, el les conditions techniques et commerciales de Cap Rubona n'existent nulle part ailleurs autour du lac pour un site de production (terrestre) et du point de vue de la distance entre les sites et les consommateurs de gaz (voir I'annexe 4.2). -9/ LA brasserie achete 19 gaz b ELECTROGAZ b nn prix Pgal b 90% du coat du frcel-oil PconomisP. Comme ELEClROGAZ ne tienr pas de comptabilirP dktinctepour ses activitPsgtazieres et ne supporte aucunedene en rapport avec I'installation de CapR u b o ~la , comptabilirC ne permet pas de diterminer renrabilitP des activitb gazierespour la sociili. 6.17 Ayant constate que les "grands projets" ne pouvaient degager une rentabilite acceptable, la Commission technique mixte a decide d'etudier les possibilit& de reduire les coats d'approvisionnement en adoptant des methodes de production plus efficaces et un mode de transport mieux approprid. Les etudes entreprises en 1988ont marque un net progrbs de la reflexion sur certains aspects fondamentaux de la methode d'extraction et des coats du transport. L'etude des methodes d'ext- raction optimalesa envisageplusieurs solutionspour skparer le gaz de l'eau du lac et l'emichir (eliminer le gaz carbonique) fin d'obtenir un gaz combustible contenant de 75 a 85% de methane. La formule jug& la meilleure comporterait une plate-forme, partiellement off-shore, a trois cycles de lessivage configurh en colonne verticale pour atteindre une purete de 80% de methane. Sur cinq possibilit& etudih, cette formule est celle pour laquelle l'investissement et le prix de revient sont le plus bas, soit respectivement 21,3 millions de dollars EU et 126 $EU/1.000 Nm3, selon les estimations aux prix de 1988. Certains elements de l'installation &ant implant& a terre, la d$ense d'investissement s'elbve mesure que l'emplacement de la plate-forme s'eloigne de la rive. La distancepar rapport B la rive utilisk pour evaluer la solutionoptimale est de 840 metres, mais il n'est pas certain que le gaz puisse &re extrait en grande quantite aussi pres de la rive en dehors de la zone de Cap Rubona. La seconde solution la moins coateuse utiliserait des techniquesd'extraction off-shore a deux cycles de lessivage sous pression, avec emploi d'une pompe pour le rejet de I'eau degaz& dans le lac. La depense d'investissement dans cette hypothbse est estimQ a 25,2 millions de dollars EU et le prix de revient a 136,7 dollars EUl1.000 Nm3. Cette derniere formule presente des avantages considerables: elle laisse une grande souplessepour placer et d$lacer la plate-forme d'un site a l'autre sur le lac, menage la possibilite d'installer le materiel de compression sur la m@meplate-forme et prbente le rapport le plus etroit entre les diminutions d'echelle et la rMuction des coats (ce qui est trbs important &ant donne que le niveau de production retenu comrne hypothbe pour l'analyse est passablement ambitieux). Compte tenu de 1'6cart de coat relativement faible entre les deux solutions, et compte tenu aussi du caractere trbs thhrique de l'etude, les resultats obtenus ne doivent cependant pas &re consider& c o m e concluantsni suffisantspour passer au stade du projet d'execution de la solutionjug& "optimale". Avant d'adopter telle ou telle technique particulibre, il paratt souhaitable en effet d'analyser plus avant, et d'expdrimenter a petite Bchelle, des installations entikrement off-shore comportant 1'Quipement necessaireaux operations de compressionou de liquefaction. 6.18 L'etude sur la distributiondu gaz a examinediversespossibilitdsde fourniture de methane comprime a deux grands consomrnateurs: les cimenteries de Mashyusa et de Katana. Les r&ultats indiquent qu'une formule commune pour l'approvisionnement des deux usines ne serait pas optimale: le coat le plus bas pour l'approvisio~ement de Katana correspondrait ti l'hypothese d'un site d'extraction/compression A terre avec transport par gazoduc, tandis qu'il correspondrait pour Mashyusa a un approvisionnementpar barges ti partir de sites a terre ou off-shore, le transport terrestre s'effectuant par camions ou par gazoduc selon que l'on viserait aussi d'autres march& B Bujumbura ou a Kigali. Si l'hde fournit des coats unitaires utiles, elle ne donne cependant pas tous les renseignementsnecessaires pour definir un ou plusieurs projets de mise en valeur du gaz. L'hypothbe d'un niveau de production annuelle de 50.000 tomes pour la cimenterie de Katana ne prend pas en considbation l'inadaptation actuelle de la cimenterie aux conditions du marche local ni la faible probabilite de trouver des investisseurspr&tsa financer son remodelage; un projet d'approvisionnement de la cimenterie de Katana risque donc de n'&trepas viable avant un certain temps. Meme le choix de la capacitede productionpour la cimenterie de Mashyusa, fix& par hypothbse ti 85.000 tonnes par an, nkessiterait une augmentation de la capaciteactuelle de l'usine (50.000 tomes) alors que le financement d'une telle expansionn'est pas encore assure. Les choix et, surtout, la viabilitk hnomique du site d'extraction et du mode de transport pour approvisionnerle meilleur candidat, la cimenteriede Mashyusa, dependentdonc tres etroitementde l'existence d'un marche complementaire pour les autres usages du gaz cornprime. 6.19 Les chiffres fournis par les etudes terminh a ce jour servent de base aux conclusions t i r h jusqu'ici au sujet de la profitabilitd--ou de l'absence de profitabilite-des differentes utilisationsdu gaz comme combustible ou comme matiere premiere. Les techniques d'extraction du gaz et d'e~ichissementdu methane ne sont cependant pas parfaitement au point et peuvent encore @tre amdliorh. C o m e on l'a not6 plus haut, la formule d'une installationde production de gaz off-shore n'a pas ete analysQ en detail et l'utilisation du gaz sous ses formes comprimh ou liquefides pour distribution sur des march& disperses, outre I'approvisionnement de la cimenteriede Mashyusa, n'a pas ete evaluh ni chiffree. De ce fait, les etudes des diffdrentes solutionset utilisationsfinales envisageables fournissentdes indicationsdecotit incomplkteset n'envisagent quedes optionspartiellementvalablespour ce qui est des techniques et des utilisations finales. Les principales conclusions sont rbumees ci-apres. 6.20 Le coot du gaz c o m e matiere premiere industrielle, rendu usine, doit pouvoir concurrencer la matiere premiere importee aux prix internationaux aprks addition du cotit du transport. Sur la base notamment de diverses hypotheses quant a la capacite de l'usine de production de gaz, le coat du methane du lac Kiw s'etablit a un niveau eleve (voir para. 6.23). Par ailleurs, le cotit de la transformation du gaz en produits derivb sera probablement eleve lui aussi parce qu'il sera difficile d'atteindre la taille minimum de l'usine permettant un niveau de fonctiomement efficace (voir para. 6.09). 6.21 Le gaz utilise c o m e combustible de substitutiondoit @treconcurrentiel par rapport aux produits qu'il serait susceptible de remplacer dans la situation rQlle du Rwanda. 11 s'agirait en l'occurrence des produits petroliers import& et des bois et charbons de bois locaux. A court terme, il est vraisemblable que le gaz remplacera surtout le premier type de produits plut8t que les deux autres. Le tableau 6.1 prhente une comparaison du cotit des produits tir& du petrole et du cotit du gaz. Le cotit des combustibles import& est calcule CAF-Kigali, soit FOB ii la sourceplus cotits de transport, mais hors droits et taxes 2 l'importation. 6.22 Pour le futur utilisateur du gaz, cependant, le coat de la conversiondu materiel doit aussi entrer dans les calculs. Les depenses de conversiondependent du type d'utilisation finale et non du pays; elles varient considerablement, allant de 100 $EU ou moins (par exemple, dans le cas d'une chaudikre, le nouveau brOleur et l'installation des tuyauteries) a 1.000 $EU ou davantage (par exemple, pour la conversion d'un moteur de vaicule, les cylindres de GNC, la tuyauterie et les accessoires). Pour pennettre la comparaison des coots des diffdrents combustibles, on exprime les depenses de conversion, dans I'hypothhe d'une certaine consommation de gaz, en une "marge de conversion" par unit6 de gaz, mesurQ en $EU/MBTU au tableau 6.1. Pour trouver un marche comme produit de substitution aux combustibles, le gaz du lac Kim devrait @trelivre I'utilisateur final un coat qui, compare a celui des autres combustibles utilisds actuellement, serait inferieur d'un montant au moins &gala la marge de conversion, ce qui signifie que la s o m e des d t s de production et de transport du gaz ne devrait pas &re supkieure aux chiffres figurant h la dernibre ligne du tableau 6.1. Tableau 6.1: CWT DES CaWWSTlBLES PETROLIERS ET DU GAZ SEU/HBTU Brirleurs Hoteurs Applications lndustrie Cannerce H h g e s Generateurs/- Autunobi les Vehicules exploites en parc Cankrstible Fuel-oil GPL Kerosene Carburant diesel Essence reniplace FOB source 3,4 8,8 7,s 5.7 6,s CoOt du transport L2 &Q &A 2.L & % CAF-Kigali (arrondi) 25,O 14,O 11,0 Marge de conversion L!A a ~ 2 Limite superieure du coirt du GNC (production et transport) pour les differentes utilisations finales 8.5 24,O 13,O 9,s 8,o Source: Coirts des cankrstibles: La section du present rapport consacree au petrole. Frais de conversion au gaz: chiffres moyens de llindustrie et estimations de La mission. 6.23 Les coats de production du gaz dependent de la capacite de l'usine et du coat de l'electricite provenant du rdseau local (dans le cas oh l'usine ne produit pas sa propre energie h partir du gaz extrait). Les auteurs de l'etude des "grands projets" ont choisi comme exemples des productions annuelles de 12,s et de 25 millions de Nm3 de gaz h 80% de methane. Selon les calculs, les coats de production du lac Kivu se situeraient dans une fourchette de 81 h 160 DTS par 1.000 Nm3, soit 3 h 6 $EU/MBTU (million d'unitds thermiques britanniques). JQ/ Ce sont lh des chiffres e1evd-s par rapport aux coats/types de l'industrie du gaz, qui s'etablissent entre 1 et 2 $EU/MBTU, aussi les etudes ulterieures ont-ellesanalyse les possibilitdsoffertes par d'autres techniquesplus efficacespour l'extraction du gaz et l'enrichissement du methane. 6.24 L'etude de 1988 sur l'optimisation du module du production de gaz est parvenue h degager des solutions techniques propres h rMuire les coats de production. Dans le cas de l'extraction du gaz h une pression superieure h la pression atmospherique, les coats de production, selon les projections faites par cette etude, se situent endessous de 4 $EU/MBTU, et donc endessous du niveau moyen de la fourchette indiqutk plus haut. Cependant, comme on l'a note au paragraphe 6.17 cidessus, cette etude n'a pas comport6 d'exarnen complet des options techniques et n'a pas analyse en detail la possibilite d'une unite de production offshore; l'utilisation d'autres techniques associees h l'extraction offshore, comme par exemple le melange d'eaux provenant de profondeurs differentes (annexe 4.2), pourrait rMuire encore les coats. Enfin, le choix en faveur d'une installation de production off-shore pourrait aussi permettre d'abaisser sensiblement les frais de transport. I1 faudrait le verifier par de nouvelles etudes. - 101 Les chtfies utilirCspour les collrr et autres quontitCs provienneM.de sources diverses et corresponde~d des dates diversesellesaussi;ik CtaieM cxprimCsinitialrmeMdcusdes unitCsCnergCriquesdt~Crenteset drrnsplusieurs monnaies (DTS, $EU, FB et FR)&nt les taw de change ow variC dam 1'intervalle. Les conversions et ajustementsnCcessaires ont CtCfaits pour parvenir d des chfies cxprimks en $EU/MBTU utilirables come une mesure indicativepour les comparakonsde coUts. 6.25 Les depenses de transport ont &C 6valub pour deux modes de transport: par gazoduc et sous forme de GNCIGNL. Au Rwanda, des caracteristiques topographiques difficiles poussent les coatsde constructiond'un gazoducaudelh des normes habituelles, qui seraientdejh elev&s pourtantdans l'hypothhe initiale d'une production h terre, puisque les principaux consommateurs de combustibles se trouvent h des distances supbieures a 100 km. Dans le cas des "grandsprojets", les coats de production du gaz ont etC evalub pour quatre emplacements possibles de l'usine de production sur les rives du lac et pour differentstract%du gazoduc. Les coats obtenuspour le gaz achemine par gazoduc h la cimenterie de Mashyusa, par exemple, depassent 9 $EUlMBTU dans tous les cas sauf un 05 le coat est estime h 8 $EUlMBTU. Selon la nouvelle etude sur le transport mentiom& aux paragraphs 6.6 et 6.7, il serait possible d'abaisser les depenses de transport de 20% en combinant le transport du GNC par barges et par gazoduc, le coat du gaz fourni tombant alors h 7,00-7,50 $EUlMBTU. 6.26 La nouvelle etude ne porte cependant que sur le transport du gaz h Mashyusa et n'examine pas veritablement la distribution aux consommateurs disperses qui seraient probablement approvisiomBs par barges et carnions. Quelques chiffres indicatifs du coot du gaz rendu aux petits et moyens clients disperses sont prQentes ci-aprh. Selon les chiffres de l'industrie du gaz, la compression sous forme de GNC coGte normalement un maximum de 1,50 $EUlMBTU, le transport du GNC coate jusqu'h 2 $EUlMBTU pour des distances routikres atteignant 200 km (soit plus que la distance de Kigali au lac) et la distributiondu GNC coQteun maximum de 0'50 $EUlMBTU. Au total, la compression du gaz et la commercialisationdu GNC ajoutent approximativement4 $EUlMBTU aux coats de production estimds dans les etudes anterieures (voir para. 6.23). Dans ces conditions, une estimation prudente etablirait le coat du GNC rendu au consommateur entre 7 et 10 $EU/MBTU. Sur la base des coats de production rdduits obtenus par l'etude de 1988sur l'optimisation du modulede production de gaz, le coat revise se situerait alors dans la tranche infdrieure de la fourchette. 6.27 A partir de ces chiffres et compte tenu du coat actuel des produits pdtroliers CAF-Kigali, il est possibled'6valuer l'attrait du GNC d'un point de vue Bconomiquepour diversesapplications c o m e produit de remplacement des combustibles (voir le tableau 6.1). Ainsi, dans le cas de la cimenterie, le coat du gaz soutiendraittrh favorablement la comparaison avec les chiffres CAF nets pour le fuel-oil bdl6 dans les chaudieres industrielles, avec une marge d'incertitude h ce stade. Dans un rayon de 200 km par la route h partir du lac (plus court s'il faut compter avec des routes mal revetues et difficiles), le GNC a un marche potentiel c o m e produit de remplacement du GPL et du kdroskne aupres des petits et moyens consommateurs de combustibles. C o m e le confirme le chapitre sur les produits petroliers, la consommation intdrieure actuelle de kerosene--et de GPL en particulier--est relativement modeste (environ 9% de la consommation totale de produits pdtroliers en 1987). Cette situation est li6e en partie au prix elev6 des deux produits, spkialement du GPL. Toutefois, l'utilisation du kerosene augrnente rapidementdepuis quelques a n n b et il ne faut pas negliger la place que le GNC pourrait prendre c o m e produit de substitution h ces combustibles import&. Du c8td des utilisationsdans les vdhicules, le coot du GNC ne serait probablement que marginalement concurrentiel si l'on retient les techniques de production analysdesjusqu'ici. En revanche, si les coats de production du gaz diminuaient par suite de l'adoption de techniquesplus efficaces, l'attrait du GNC s'en trouverait renforck. Dans la mesure 05les utilisateurs potentiels acquerraient du materiel neuf concu pour fonctiomer au gaz, les coots de conversion n'entreraient plus en compte. L'expbrience d'autres pays indique que le GNL pourrait, en principe, &re consider6 c o m e une option h ajouter au GNC. I1 faut toutefois obtenir des konomies d'khelle substantielles pour que la conversion ii ce type de gaz soit concurrentielle et le volume vraisemblable du marche local autour du lac ne fait pas du GNL une option viable dans un avenir previsible. As~ectsinstitutionnels 6.28 En 1975, le Rwanda et le Zalre ont sign6 1'Accord de Bukaw par lequel ils ont d6clare que le gaz du lac Kiw est leur ressource commune. Pour mettre cette ressource en valeur, ils se sont engages ii creer une societe commune, la SOCIGAZ, et ont confie la redaction de ses statuts ii une commission technique mixte. Plusieurs versions des statuts de SOCIGAZ ont 6te redigees et examin&, mais aucun accord n'est encore intervenu sur un texte definitif. Les projets successifs sont trh dissemblables et expriment des perceptions differentes du cadre institutionnel et contractuelapproprie en fonction des resultats des etudes, de la conception et de la taille des projets, des besoins de financement, etc. Le r61e envisage pour SOCIGAZ et les statuts de la societe ont varie d'un extreme ii l'autre. Les structures suivantes ont ainsi 6te envisagees pour SOCIGAZ ii differents moments: (a) en tant qu'agent ayant le monopole de l'exploitation, du transport et de la commercialisation du gaz c o m e combustible et de sa transformation en derives. L'entite binationale devait etre financee entierement sur fonds publics; et (b) en tant qu'agent des deux gouvernements habilite ii gerer la ressource et exercant la tutelleadministrativeet reglementaire sur l'exploitation du gaz, notamrnent pour accorder des concessions ii des tiers, gerer les parts des deux Etats, percevoir les redevances et approvisionnerles deux cimenteries. 6.29 Le second type de structure propose tire origine de la prise de conscience recente, par la Commissiontechnique mixte, des avantages que presenterait la participation du secteur prive ii la mise en valeur du gisementde gaz, laquelle necessiterait une structurejuridique souplepermettant ii SOCIGAZ de contracter avec un ou plusieurs entrepreneurs du secteur prive ii divers stades de la cha'lne extraction-transport-commercialisation. Si cette formule marque une amelioration considerable par rapport ii la solutiond'un agent en position de monopole, elle n'est pourtant pas exempte d'inconvenients majeurs dans la mesure 09 elle instituerait une autoritesupranationalechargeede la doubleresponsabilite, ingvitablement contradictoire, de gerer une ressource naturelle et de l'exploiter commercialement. 6.30 Dans l'industrie petrolibre, les principes qui s'appliquent ii l'exploitation d'une ressource naturellecommune iiplusieurs Etats sontceux de la "mise en valeur commune". L'experience a enseigne ii ceux qui s'associent pour la mise en valeur commune d'une resource et aux praticiens du droit international en la matiere qu'il est preferable de sQarer la fonction de gestion de la ressource de la fonction d'exploitation commerciale de telle maniere que les considerations politiques et diplomatiques intergouvernementales restent ii l'kart des considerations strictement commerciales qui sont la prhccupation majeure d'une entreprise exploitante. Les responsabilith attach& ii la gestion de la ressource sont attribuh gdneralement ii une autorite mixte chargk de la mise en valeur, qui fonctionne sur la base d'un trait6 de mise en valeur conclu entre les Etats interessh et precisant le droit (civil, commercial, financier, penal et en matiere de skurite) applicable ii la zone ii developper. La responsabilited'exploiter la ressource, c'est-adire la fonction d'exploitant, est normalement confit% par contrat ti une partie ou a un consortiumexperiment6 et ayant fait ses preuves, qui doit etablir avant tout qu'il a les capacitb techniques et financikres voulues pour exkuter la mise en valeur prevue conformement a un contrat de mise en valeur, moyennant une part de la ressource ou une remuneration appropridedans une momaie librement convertible. En cas d'exploitation conjointedu gaz du lac Kivu, ce qui semble correspondre A l'intention des deux Etats exprim& dans 1'Accord de Bukavu, la structure juridique envisageeleplus rkemment pour SOCIGAZ et le projet de statutscorrespondantsoulkventdeux problkmes importants en rapport avec l'application concrete des principes rappel& plus haut: (i) l'absence de separationentre la fonctionde gestion de la ressource et la fonctioncornmerciale, susceptible d'engendrer un conflit entre des inter& qui pourraient s'opposer, et (ii) l'absence d'un organe de contr8lelplanificationde la mise en valeur charge d'elaborer les nombreux accords bilateraux entre les Etats au sujet des legislations et reglementations applicables. Pour proteger leur precieuse ressource commune et faire en sorte que les operationsd'exploitation cornmercialepuissent se dQouler sans heurts, leRwanda et le Zalre devraient reexaminer le role et le mandat de SOCIGAZavec I'assistance de conseils juridiques experiment& afin d'assurer la creation d'une structure juridique et institutiomelle approprik a leurs projets de mise en valeur commune. 6.31 L'application d'une strategic de mise en valeur au moindre coot pour le gaz du lac Kivu, comportant eventuellement des installations de production off-shore et des options GNCIGNL, pourrait ouvrir des possibilitb d'entreprendre des projets plus petits, necessitant un financement plus limite, comportant des risques acceptables et offrant une rentabilite probablement superieure. Les chances d'attirer des investisseurs/entrepreneurs priv& en seraient accrues d'autant. La participation d'investisseurs priv& la proprib6 des entreprises d'exploitation du gaz ou leur privatisation totale reduirait la contribution financikre et les risques des Gouvernements wandais et zbirois. De plus, la participation de societes commerciales du secteur petrolier en qualite de coproprietaires garantirait le soutiende ces organismes et un apport soutenu de savoir-fairedans la conception et l'execution de projets complexes. 6.32 La comparaison entre le coat du gaz et celui des produits petroliers import& fait apparake des possibilitQ de substitutiondans plusieurs utilisationsfinales. Toutefois, divers problkmes techniques, hnomiques, kologiques et institutiomels devront Btre r6glb, et certains aspects interasant la commercialisation devront @treprecis&, avant que le gaz puisse exercer sur le bilan energdtique du Rwanda l'influence que l'abondance de la ressource permet d'envisager. Des progrks ont 6t6 accomplis ces dernikres annh dans le domaine technique, mais il reste encore des aspects importants etudier, en particulier la recherche de methodes de production et de transport du gaz plus economiques et adapt& au contexte du lac Kivu et de son marche regional de l'energie. Les etudes doivent donc se poursuivre en ce qui concerne les techniques d'exploitation offshore approprik et la production de GNCIGNLpour approvisionnerles march& raisonnablementproches de petits et moyens consomrnateursde combustibles. 6.33 D'autre part, il faut rdflkhir la conception de base du processus de mise en valeur de la ressource et prendre les decisions ndcessaires, en particulier pour determiner dans quelle mesure les soci&& p r i v h devraient Btre appelees A intervenir activement au c8t6 des deux gouvernements pour definir des solutions conforrnes ti l'etat du marche, du c6tB de la production comme de celui de l'utilisation. A cette fin, la Banque Mondiale a propose ti CEPGL et aux deux gouvernements--ti l'issue de la prbente evaluation du secteur de l'energie-d'opter pour une mise en valeur du gaz par &apes, en commencant par un projet de petite taille, mais n&nmoins de nature commerciale, qui servirait aussi de banc d'essai en vue d'eventuels projets de production et d'applications ti grande Bchelle. La mise en valeur par &apes s'appuierait sur une carnpagne de promotion visant ti attirer une ou plusieurs socidtb du secteur prive qui developperaient la production de gaz sous contrat avec SOCIGAZ. 6.34 La strategicde mise en valeur/d~veloppementpar dtapes devrait comprendreles elements suivants (les etudes techniques se poursuivant parallelement): (a) une h d e de marche: centrBe sur les possibilitb d'implanter le gaz comme produit de remplacement dans les utilisations prbentes au voisinage du lac. L ' h d e determinerait la dimension et la nature du march6 du gaz actuel et futur sur la base du coQtcomparatif de la fourniture de gaz; (b) une aide juridique: l'aide consisterait en services conseils aux deux gouvernements sur les aspects institutiomels et contractuels et comporterait la redaction d'un projet de trait6 de mise en valeur et d'un projet de statuts pour SOCIGAZ; (c) un projet de promotion de la mise en valeur du gaz: concu pour intdresser une ou plusieurs societb privdes ti la mise en valeur du gaz, le projet serait une version ti khelle reduite des programmes de promotion de la prospection pdtroli8re que la Banque a executes dans plusieurs pays. I1 comporterait: (i) la redaction d'un document promotiomel sur le gisement de gaz, indiquant notamrnent les options techniques pour la production, le traitement et la distributiondu gaz, les march& imrnaiats et prdvisibles dans l'avenir, le cadre institutiomel et juridique de l'exploitation du gaz, etc.; (ii) la prbentation de ce document aux investisseurs et entrepreneurs potentiels ti l'occasion d'une reunion convoquBe spkialement ou dans tout autre cadre approprie; et (iii) l'evaluation des propositionsreues. (d) la negotiation des concessions de production de gaz, notamment des engagements d'investissement et des objectifs de production, des redevances, imp6ts et pdnalitb, du rapatriement des profits et primes, des garanties conespondantes, etc. - 8 0 - . VII. LES SOURCES D'ENERGIE NOUVELLES ET RENOUVELABLES Ressources dis~onibles 7.1 Le Rwanda est favorise par la quantitt? de rayonnement solaire qu'il r w i t : le rayonnement horizontal est en moyenne de 5,15 kWh/m2par jour, soit un potentiel de 1,9 MWh/m2/an. Les variations annuellesdu rayonnement sont modestes, bien que le rayonnement effectif par metre carre de superficie soit reduit en saison skhe en raison de la poussiere. L'essentiel des donnees disponibles sur le rayonnement provient de relevQ abiens, ajustk pour l'indice de clartd: peu de mesures effective ont 6t6 faites au Rwanda proprementdit. Seulementdeux des stationsde mesure de 1'Institut des sciences agronomiques du Rwanda (ISAR) sont Bquipkes d'hkliographes ou de pyranometres. L'universite de Butare a fait, a la fin des annees 70, dans la region de Butare (1.SO0 metres d'altitude), des relevQ qui constatent un rayonnement solaire variant entre 3,8 kWh/m2/jour et 4,5 kWh/m2/jour. A Kinaniva (Cyangugu), un radio-emetteur est aliment6 par des panneaux photovoltai'ques de 3,28 kW, soit 51 m2 de superficie. Le site est Quip6 pour obtenir des mesures prkises du rayonnement. Les d o n n h enregistrh ?i cet endroit indiquent un rayonnement variant entre 4'6 kWh/m2et 6,2 kWh/m2. Compte tenu de l'altitude sensiblementplus elev& du site (2.145 metres), l'extrapolation de ces valeurs pour les autres regions du Rwanda n'est pas acceptable. Etant dome les possibilit& de concentrationselevkes de poussiere dans l'atrnosphere durant les mois de skheresse, et en raison de l'insuffisance des relevks du rayonnement pour l'ensemble du pays, une etude faite recement par Interdisziplini're Projekt Consult, GmbH (IPC) 111 propose c o m e hypothese de travail raisonnable les chiffres de 3,8 kWh/m2au nord et de 4,O kWh/m2 au sud. Caractkistiaues de la demande 7.2 Les applications actuellesde l'energie solaire au Rwanda englobent: le chauffagesolaire de l'eau (limit6essentiellementauxhabitationset dtablissementsde services commerciaux) et les systemes photovoltai'ques (PV)dkentralish ("autonomes") pour l'klairage, la refrigbation et la stkilisation, principalementdans les campagnes. L'un des obstaclesa I'extension de l'application du chauffagesolaire de l'eau (surtout d m le secteur industriel) tient ?i l'absence de capacite nationale de production et de service. Des tentatives ont Btk lanch autrefois, notamment par le Centre d'etudes et d'applications de l'energie au Rwanda (CEAER), avec un financement de 1'Agency for International Development des Etats-Unis, pour stimuler la production locale et inciter une utilisation plus large des systbmes solaires passifs. Les essais de production locale ont rencontre des difficult& dues au coot eleve des materiaux import& et au developpement relativementrestreint de la metallurgiedans lepays. Ceci a provoque des problbmes de contr6le de qualit6 lors de la fabrication des quelques prototypes de chauffe-eau solaires qui ont 6t6 produits et install& en exkution du programme du CEAER. D'un coat de 670 $EU/mktre carre de surface de capteurs, les systemes produits sur place sont considkrablement plus chers que les / IPC: *Planningdes Sonderenergieprogrmnmcs Rwanda",janvier 1986. systkmes import&. Ces derniers ne sont gukre utilish que par quelques-uns des principaux hotels et les hebergements institutionnels tels que les etablissements des missions et les hopitaux ruraux. L'absence decapacitelocale deserviceaprks-vente est consider& cornmeresponsablede l'utilisationplut8t restreinte de cette forme d'energie solaire. 7.3 En revanche, les systkmes PV ont trouve un creneau immediat dans les campagnes, particulikrement auprk des dispensaires et des missions. Cela tient en partie aux dons considerables que le pays a recu 2 cette fin: la Republique federale d'Allemagne finance actuellement l'installation de systkmes PV dans les dispensaires publics 2 l'interieur du pays. Le projet est exkute par l'intermediaire du Bureau des formations medicales agr& du Rwanda (BUFMAR). Depuis son lancement en 1986, prks de 130 installations ont ete faites. Une installation se compose normalement de deux ou trois panneaux d'une puissance de pointe de 38 watts, d'un regulateur, de batteries et de lampes, et fournit suffisarnment d'electricite pour l'klairage. Le projet finance 80% du coot du systkme, 20% etant 2 la charge de l'institution b6ndficiaire. C o m e la mise en place de ces systkmes PV a rendu les genbateurs diesel superflus ou modifit?considerablement la charge pour ces appareils, il a 6t6 convenu que le projet financerait aussi 40%du coot d'un systkmePV destine aux logementspriv& voisins qui etaient aliment& prkedemment par les generateurs diesel. L'introduction de refrigerateurs 2 energie solaire est actuellement 2 l'etude dans le cadre du m@meprojet. Le BUFMAR dispose d'un modMe qui fonctionne bien 2 l'heure actuelle et il a les moyens d'assurer le service n b s a i r e . 7.4 L'Etablissement public de production, de transport et de distribution d'electricite, d'eau et de gaz (ELECTROGAZ) exkute un projet sur financement belge qui porte aussi sur la diffusion des systkmes PV au profit des dispensaires des prefectures de Butare et de Kigali. La dkision de placer ce projet sous l'autorite d'ELECTROGAZ a ete prise en considbant que, pour chaque dispensaire particulier, l'attribution d'un systkme PV doit @tredecidb par rapport 2 la possibilite ou 2 la probabilite de raccordement au rheau. Le projet conwit des configurations adapt& spkialement 2 la demande de chaque dispensaire. L'agencement habitue1 correspond aux moyens nkessaires pour assurer l'klairage des hopitaux et des logements du personnel 2 proximite immediate, la r~?frigeration,la stbilisation et l'alimentation electrique des installations tdephoniques. En outre, depuis 1981, les Pkres blancs du diockse de Gitarama (Kabgayai) produisent localement des systkmes PV adapt& aux besoins modestes d'eclairage des familles rurales. En principe, un panneau (19 W) permet d'utiliser quatre ampoules de 8 W quatre heures par jour. Les panneaux sont fabriquh sur place: les cellules PV sont import& et install& dans un petit atelier dont la maind'oeuvre est f o r d sur place elle aussi. Cette entreprise a permis d'acqubir une experience considerable de la production et de la diffusion des petits systkmes PV et la configuration retenue ici a l'avantage d'employer des composants qui ont 6t6 largement eprouv& dans les conditions du Rwanda. 7.5 Etant donne la faible demande d'energie dans les campagnes, les systkmesPV prhentent un inter& particulier, d'autant plus qu'ils sont essentiellement modulaires et ne necessitent pas une concentration gbgraphique marquee de la demande (2 la difference, par exemple, des microsystkmes hydro-electriques). Cependant, les calculs faits pour les divers types d'installations en service au Rwanda (tableau 1, annexe 5.1) indiquent que le coot des systkmes PV par kWh est plusieurs fois supbieur au coot hnomique (CMLT) de l'electricite fournie sur le r&eau basse tension (15,O FRIkWh, sur la base des calculs preliminaires de l'annexe 3.10). Le coot par kWh fourni varie d'environ 300 FR 2 520 FR si !'on attribue au materiel une durh de vie de 20 am. C o m e le detail des coots n'est pas entikrement comparable ou ne correspondpas necessairement aux coats rhls, des calculs similaires ont etb faits pour les systkmes comparables disponibles commercialement sur le marche international (tableau 2, annexe 5.1). Ces calculs, si l'on incorpore le coat du transport au Rwanda, les coats sur place et les depenses d'installation, corroborent les chiffres obtenus localement. 7.6 Deux dldrnents reduiraient l'bcart considerable entre l'klectricitb fournie par le rbeau et l'dlectricitb d'origine PV. Le CMLT mentiom6 plus haut est un chiffre moyen pour la distribution basse tension au Rwanda en general et ne tient pas compte des coats de distribution plus dlevb entralnh par l'approvisionnement des carnpagnes oh les systkmes PV convie~entparticulikrement. En outre, le CMLT n'inclut pas les coots de raccordement. Le surcoQtdQh ces deux elements variera sensiblement d'un endroit h l'autre suivant l'emplacement des lignes de distribution, la consommation annuelle, etc. 7.7 L'utilisation des systkmes PV pour la refrigeration donne des rhultats similaires quant au coot par kwh d'bnergie fournie. Les comparaisons avec l'emploi du kCroskne (annexe 5.2) montrent que les systkmes PV ne sont pas concurrentiels actuellement. Des hausses considerables du prix du combustible pourraient &re absorbees avant que la position concurrentielledu refrigerateur au keroskne soit menacee. M&meles problkmes de fuites et de mauvais fonctionnement des refrigerateurs et l'incorporation d'un surcoQtconsiderable dQau transport h l'interieur du pays ne modifieraient pas la situation. N-oins, une comparaison plus precise devrait prendre en considerationle coot des pertes de medicaments et de vaccins provoquees par les dCfaillances des installations refrigerantes. I1 semble en effet que les rdfrigerateurs au kerosene au Rwanda tombent facilement en panne; or, le niveau de temperature voulu ne peut &re obtenu qu'avec des refrigerateurs entretenus correctement. On estime aussi souvent que le manque de fiabilite pourrait &re la consdquence de la qualite variable et souvent insuffisantedu kerosene disponible. Des mesures de contrdlede la qualitedu kerosene fourni pourraient remedier h certains de ces problkmes, mais leur coat devrait alors &re integre aux calculs. I1 faut remarquer en outre que la comparaison considkre implicitement que le kerosene est toujours disponible: si I'on tient compte des risques de fourniture irrdgulikre du combustible, les refrigerateurs Bnergie solaire presenteraient un avantage qualitatif. 7.8 D'un point de vue financier, les petits systkmes PV servant a l'eclairage soutiement plus favorablement la comparaison avec 1'6lectricite fournie par le rheau, bien que leur coat par kwh soit onereux. Compte tenu du montant actuel des redevances de raccordement--environ 50.000 FR--et de la structure du tarif d'ELECTROGAZ, les petits systemes ( c o m e par exemple les types "GITARAMA" et " R a w ,mentiomh h l'annexe 5.1)' dont le prix se situe entre 66.000 et 82.000 FR (880 et 1.100 $EU)peuvent Btre intdressants financikrement dans les conditionspresentes si l'on admet que les installations h dnergiesolaireont une duree de vie de dix ans. La hausse qui porterait les tarifs au niveau du CMLT mentionnh au paragraphe 5.57, do~eraitpour le consommateur, un avantage trks net au petit systkme PV. (Voir l'annexe 5.3.) Q/ MCme si la taxe de raccordement diminuait (annexe 5.3, cas II), ce qui pourrait provoquer une hausse des tarifs moyens audelh des niveaux du CMLT calculds - 12/ Cepehnt, si l'on considdre uniquement la dbpense initi.de, un seul des systdmes PVpeut concurrencer l'blechicitb fournie par le rbeau. Le bas niveaude l'bpargne et le manque def o d parmi les mbnages rbduirontdoncles options qui s 'oflent d ercr dam la rbatitb. actuellement, les petits systkmes PV pourraient, dans certaines conditions bien prdcises, conserver un inter&. Dans le cas d'une taxe de raccordement de seulement 10.000FR et d'un tarif moyen de 20'5 FRIkWh, les valeurs actualis& des d6penses d'electricitd &it& seraient plus dlevees (dans l'hypoth&sed'une duree de vie d'au moins 16 am) que le coat des systkmes PV les moins chers. 7.9 Pour les particuliers dont la demande d'dlectricite est modeste (bclairage et radio seulement) dans les zones approvisionnees par le reseau, les systkmes PV ne prhentent essentietlement d'interet que si l'on peut trouver et appliquer les moyens d'etaler le coat initial du systkme sur de nombreuses anndes. Pour les particuliers et les consommateurs institutiomels (2 demande d'energie modeste) en dehors des zones approvisiomees par le rheau, les systkmes PV constituent de toute evidence une possibilitd interessante. C'est particulikrement vrai des consommateurs fournisseurs de services tels que les hdpitaux, les dtablissements des missions et les centres sociaux. 7.10 L'annexe 5.4 dome des estimations de la part actuelle de l'dnergie solaire dms la fournituretotale d'energie au Rwanda. Bien que les estimationssupposentun taux d'augmentation amuel de 22% de la part de l'dnergie solaire dans la fourniture totale d'energie (1980 = 0'3 GWh), la quantitd effective de 1'5 GWh est encore loin du niveau des projections faites prdc6demment par la Societe nationale d'etudes de projets (BUNEP), 131 soit 17 GWh pour 1986. Ces projections etaient li& 2 l'hypothkse de la creation d'une usine de production de chauffe-eausolaires qui aurait fabriqud et install6 environ 16.000 m2 de capteurs dans le pays en 1986. L'estimation de 1'5 GWh represente 2 peu pr&s 1,3% de la consommation totale d161ectricitdsur le rheau rwandais en 1988. Recommandations 7.1 1 Etant donne I'intQet relatif que prhentent les PV pour fournir des quarltitds d'dnergie electriquemodestes, mais essentielles, dans les campagnes rwandaises, il est recommandd d'envisager des mesures qui favoriseraient la diffusion plus large des systkmes de ce type. Plus prdcisement, il conviendrait d'analyser la viabilited'un fonds renouvelable qui financerait l'acquisition de systkmes PV, peut-&re avec la participation de la Banque populaire du Rwanda et de son reseau decentralise. L'dvaluation porterait principalement sur la structure de la demande potentielle pour des systkmes de ce type dans les regions rurales non approvisionnees par le rdseau. Outre les profils de la demande d'dlectricite, l'etude devrait aussi estimer la capacitd de remboursement de certains types de mdnages (les menages comptant du personnel salarie, les petits dtablissements commerciaux, etc.). Elle devrait de meme rechercher quels menages des zones aliment& par le rheau pourraient &re considdrh commedes candidats Bventuels 2 l'acquisition de systkmes PV. I1 serait tenu compte de la politique tarifaire d'ELECTROGAZ puisque l'acquisition d'un systkme PV restreindrait inevitablement la demande d'energie de menages qui pourraient sans cela (en cas de ddpenses de branchement moindres) prdferer que leurs besoins soient satisfaits par le rdseau. Q/ Erude publike en 1982 par le Bureau nutionul d'ktudes des projets (BUNEP)et 1'Ecole polytechniquefederale de Lurrsanne (EPI;Z): Etude dn sectenr t?nergkriqneau Rwanda. 7.12 Du c6tB de l'offre, il faudrait rechercher quelles sont les configurations PV caracteristiques qui: (a) ont d6jti fait leurs preuves sur le march6 rwandais ou dans les pays voisins, et qui (b)seraientles plus hnomiques. Ceci pose la questiondes installationsfinancees ou subventionn&s par les bailleurs de fonds qui font actuellementune concurrence directe aux produits fabriqub sur place. Compte tenu des recommandations qui pr&Ment, il faudrait rechercher si les differents produits ne repondent pas aux besoins de march& distincts ou si des mesures spdciales pourraient &re prises pour orienter effectivement le ciblage des produits locaux vers des march& autres que ceux qui r ~ i v e ndes t dons. On pourrait distinguernotarnrnent les particuliersmieux places bnomiquement et les institutions rurales. Compte tenu de la faible phetration des systkmes solaires passifs, il est recommand6 aussi d'dtudier des mesures concretes pour encourager le remplacement des chauffe-eau Blectriques ou ti gaz par des chauffe-eau solaires. I1 faudrait ktudier ti cet egard la questiondes droits d'importation et la mise en place d'une capacite locale d'entretien. Ressources disponibleg 7.13 Plusieurs etudes ont port6 sur les possibilitQ de la microhydro-electricit6 (moins de 1 MW)au Rwanda. Celle faite en 1983 par le BUNEP et 1'Ecole polytechnique federale de Lausanne (EPFL) a analyse plusieurs sites ti I'occasion de l'examen des possibilitQ d'approvisionnement en Blectricitd des centres ruraux. Ulterieurement, d'autres sites ont 6te analyses par le CEAER et par la Soci6t6hydrotechnique de France. Le MINITRAPE a remis en outre ti la mission un inventairedes sites envisageablespour la microproduction d'hydro-6lectricit6. Les renseignements ainsi rhnis ont servi de base ti la liste de l'annexe 5.5 qui dkrit I'emplacement et les autres caractbistiques de base des sites. La plupart des sites envisageables se trouvent dans la partie occidentale du pays. Vingt-six d'entre eux, soit prk des trois quarts, fourniraientune puissance inferieureti 50 kW. 11s reprbenteraient globalement 18% de l'energie reperk, ou 24% si l'on omet le principal site, celui de Nyamutera, evalud a 850 kW. L'un des sites mentiom&, celui de Nkora (Gisenyi), est actuellement exploit6 en r6alite par 1'Office des cultures industrielles au Rwanda (OCIR) la suite de travaux de remise en &tataccomplis au d&ut de 1987 au titre d'un projet de redressement de la culturedu cafe, financepar la BIRD. Les caractdristiques de cette installation et des autres centrales actuellement en service sont rQum&s au tableau 7.1. Tableau 7.1 : HICROCENTRALES HYDRO-ELECTRIWES EN SERVlCE CapacitC Arde de Emplacement installCe (kU) mise en service Exploitant Kilinda 1973 H6pital Hurmda l9TO Mission Nkora 1981 OCIR Pfmda 1971 Usine de the R W W f 1973 Eco1e ----- -- Source: IPC (1986); WNEP/EPFL. 7.14 Colombani (1988) 141a fourni une mise a jour annot& des sites 6tudi& pr6cedernment par Bwanakeye & Colombani (1985). 151 L'etude de 1988 a 6t6 faite pour le compte du Programme des Nations unies pour le d6veloppement (F'NUD) au stade de la prBformulation d'un projet qui a 6tB retenu pour bbneficier d'un financement conjoint du PNUD et du Fonds d'equipement des Nations unies (FENU). Les calculs prealables 6tablissent le coat 2,s millions de dollars EU, repartir entre le Gouvernement wandais, le PNUD et le FENU. Le projet porte sur 1'6valuation technique, Bconomique et financikre de huit a dix des sites identifib par Colombani, suivie de la constructionde centrals. Une description gen6rale des sites consider& figure a l'annexe 5.5. I1 est possible que certains d'entre eux n'obtiennent pas le financement du FENU fauted'une puissance suffisante. Le principal site identifiepar Colombani, celui de Mwogo, d'une capacite de 183 kW, pourrait eventuellement se pr&terau couplage au r&eau. Bien que les d t s par kWh calcul& par Colombani soutiennent la comparaison avec ses estimationsdu coot de1'6lectricit6 fourniepar le r&eau FRlkWh pour un raccordement de dix kilomktres) ou de 1'6lectricit6 fournie par gdnerateur (50 FRIkWh, diesel), il faut noter cependant que les hypothhes de coots restent a verifier. Les paramktres hydrologiques des differents sites ont 6t6 calcules A partir de mesures indirectes: il n'existe pas de sBriechronologiquede mesures du debit. Les estimations des coQts de construction sont, ells aussi, purement thhriques: aucune d o m k de reference empirique n'est utilisee. Le delai d'amortissement de 35 ans qui a 6t6 retenu doit &treconsidere c o m e excessif; l'experience de la centrale de Nkora, remise en &at rdcemment, indique que les quantites considerables de matikre solide charrides par les cours d'eau risquent d'abreger considerablement la durk de vie des turbines des petites installationshydro-electriques. Le problkme de la sedimentation est particulikrement serieux dans le cas des installationsde haute chute (plus de 50 metres). CaractQistiaues de la demande 7.15 Le profil de la demande d'6nergie au Rwanda tel qu'il apparaft dans l'btude du BUNEP-EPFL se caractbrise essentiellement par une faible demande par habitant en dehors des centres urbains. Or, I'existence d'un certain volume de demande concentrQ est une condition necessaire A une exploitation rentable car le coot de l'hydro-electricit6 produite en microcentrale risque sans cela d'atteindre des niveaux prohibitifs a cause des pertes et des frais de raccordement. I1 semblerait donc logique de choisir les centres ruraux c o m e les benbficiaires de la production d'hydroelectricite par microcentrales. Cependant, la demande dans ces centres est faible elle aussi. Selon les estimations, la demande caractdristiquedans un centrerural donne s'etablirait entre 40 et 100MWhIan. Un centre rural typique reunirait en un m@melieu: un dispensaire, une mission, un hdpital, une Bcole, un centre communautaire, trois ateliers et une cinquantainede menages demandeurs d'electricitt?. Si l'on applique / J. Colombani: Rapportde mirsionpri-fonnulation faisabiliti pour la constructionde microcentaleshydro-ilechiques au Rwanda, 1988. - IS/ J. BwaMkeye et J. Colombani: Inventaire des sites de micro-centrales hydro-ilechiquesau Rwanda, 1985. 7.19 Etant donne les nombreux et difficiles problemes qui doivent &re reglb, il serait hnomiquement irrationnel d'equiper simultandment de microcentrales hydro-dlectriques les huit a dix sites selectionn& c o m e le PNUD et le FENU l'ont propose. A titre praiminaire, il est recomandd, pour tous les sites envisages: (a) de verifier la nature et la disponibilitedes donnh hydrologiques et pluviomdtriques; (b) de tenir compte de la proximite du r&eau actuel et de la proximite probable du r&eau futur; et (c) de dresser un inventairede la demande probable d'dnergie dans les lieux consider&. A partir de ces criteres, il faudraitensuite choisir un ou deux sites qui feraient l'objet d'une analyse plus approfondie et pourraient !we Quip& d'installations pilotes. Parallelement, il faudrait concevoir des programmes de collecte des donnh hydrologiques pour les autres sites et definir des normes de connaissance minimums pour la mise en valeur ultdrieure des sites. Ressources disponibles 7.20 Les ressources disponibles pour la production de biogaz sont modestes. Globalement, la quantitede matieres premieres approprieesest suffisante,mais lesbasses temphatures qui praominent souvent interdisentune transformationeficace. I1 y a aussi, ce qui est encoreplus important, le fait que le nombre moyen de tetes de betail par menage est faible, et qu'il n'existe aucune tradition d'utilisation du biogaz. Caracteristiaues de l'offre et de la demande 7.21 Le CEAER et le MINITRAPE pratiquent la production de biogaz au Rwanda depuis environ 1982. L'Energie des Grands Lacs (EGL) coopere aussi aux activith de ces organismes. Sur la trentaine d'installations qui ont 6td construites, deux seulement restent en fonctionnement. L'abandon des installations a 6te causepar: (i) une construction defectueuse qui a provoquedes fuites de gaz ou (ii) un rapport defavorable entre, d'une part, le travail et l'entretien fournir et, d'autre part, la production de gaz. A l'heure actuelle, les activit&portent sur la promotion et la diffusiond'un systkmefinance par une ONG allemande et comportant trois Bdments: &able, digesteur et citerne. L'dtable est censb simplifierleplus possiblela rtkuperationde la matiere premiere et la citerne assurer la disponibilited'une reserve d'eau durant la saison skhe. Cette conception est onbeuse: une installationa "dome flottantn construite rdcemment aurait coot6 335.000 FR. Selon le rapport annuel du MINITRAPE, le coQtdes systemes varie de 230.000 a 290.000 FR. I1 semblerait que le systemele moins coOteux puisse @tremis enplace moindresfrais une fois achevtk la formationdu personnel (incluseactuellement dans les coats). a Le montant indique pour les seuls materiaux est de 140.000 FR. Les calculs approfondis faits par IPC (1986), sur la base d'une depense d'investissement de 70.000 FR (soit la moitie du coilt des materiaux nkessaires pour le type d'installation rdpandu actuellement), ont montre que le biogaz est plus cher que les autres sources d'energie envisageables. 7.22 Les pouvoirs publics sont optimistes quant a I'avenir de la diffusion des installations de production de biogaz au Rwanda et paraissent attacher une grande importance au programme de production de biogaz. Nthmoins, deux d o n n h fondamentales semblent devoir entraver la pleine rhssite du programme si I'on entend viser la famille rurale typique. Tout d'abord, &ant donne les conditions climatiques au Rwanda, les calculs montrent qu'il faut disposer de trois 2 quatre unit& animales (une unite animale dtant definie cornrne un poids vif de 250 kg) pour produire 1,5 m3 de gaz par jour, soit le strict minimum des besoins Bnergetiquesd'un petit menage. Or, les enqugtes faites sur le terrain au titre d'un projet finance par GTZdans la region de Nyabisindu ont revelk que moins de 50% des menages avaient des vaches. Le comptage a produit une moyenne de 0,6 vache par mdnage, 3,596 des menages ayant plus de quatre vaches. En se basant sur les d o m k du recensement agricole national de 1984, et en convertissantle nombre moyen d'animaux en unit& animales (vache = 1,O; chevre = 0,l; mouton = 0,l; porc = 0,3) on obtient une moyenne nationale de 1,04 unite animale par menage pratiquant I'elevage. Cette valeur fluctuerait entre 0,4 pour celle de la prefecture de Cyangugu et 1,5 pour Gikongoro. Ces moyennes laissent penser que les menages pratiquant I'elevage qui possedent les trois a quatre unit& animales nkessaires la production de biogaz ne constitueveritablement qu'une trts a petite minorite; ceci confirme les constatations faites dans la region de Nyabisindu, rapportees plus haut. 7.23 Etant donne l'insistance des pouvoirs publics sur la participation effective des paysans a la construction et a l'exploitation des installations de biogaz, il faut aussi considerer un second element important: la depense moyenne d'energie par menage. D'aprh l'enquete nationale sur le budget et la consommation (milieu rural) faitepar le Ministeredu Plan (MINIPLAN) apartir de mai 1988, la depense moyenne d'energie des menages ruraux est de 565 FRIan (dont 210 FR pour le k6ros8ne, 85 FR correspondant a des formes diverses de troc ou d'khange et 270 FR pour les achats d'dnergie et d'eau). L'enquete excluait les ddpenses de bois de feu mais des estimations de la valeur de la consommation de bois de feu figurent dans une enqu@te skpartk. 121 La valeur de la consommation finale de bois de feu en 1983 a etd estimee a 1.640 millions de francs rwandais et la valeur du travail consacre a l'obtention du bois de feu a 2.385 millionsde francs rwandais. La population &ant estimde 2 5.529.000 habitants pour l'annk consider& et la taille moyenne d'un menage rural 2 4,9 individus, la valeur totale de la consommation de bois de feu s'etablirait a3.567 FR par menage. En combinant les rhultats des deux enquetes, on obtient une depense totale d'energie par menage de 4.132 FRIan. Il est evident que, m@mesi les installationsde production de biogaz ne coiltaient que 70.000 FR et pouvaient gtre amorties sur un delai de dix ans, la charge annuelle qui en rhulterait, superieure ti 7.000 FR, soutient mal la comparaison avec les depenses d'energie du menage. Une fois encore, dans le meilleur des cas, seule une petite minorite de menages ruraux aurait les moyens de supporter les dkpenses correspondant aux installationsde production de biogaz. -- - - - - u/ C.Mufir, ENBC, i'Approvisionnemetm eau et bob defeu", awil1988. Problkmes et recommandations 7.24 Un probleme fondamental est donc de determiner la taille approximative de la petite minorite de menages ruraux repondant a la fois au critkre du nombre suffisantd'unitb animales et a celui du revenu necessaire pour supporter la d$ense correspondant a la construction d'une installation de production de biogaz. MBme si l'on parvient &blir que ce groupe cible est malgre tout suffisarnment nombreux pour justifier l'attention accord& actuellement la propagation du biogaz, il faudra encore regler d'autres problemes sbieux tels que la viabilitb bnornique du biogaz par rapport aux autres options, l'appui institutionnel, la formation, les services de vulgarisation et l'acceptation socio-bnomique. S'il est dkidedepoursuivre quand mBme la propagationdes techniquesde production de biogaz, il serait certainement utile de procaer un examen approfondi des installationsde production construites au Rwanda et de recenser systematiquementles causes d'khec ou de reussite. L'etude des experiences rkentes (IPC, 1986) montre que meme le personnel qualifie de la Stationde recherche sur 1'6levage animal de 1'Universite de Butare a abandonnd les installations par suite de difficult& de fonctionnement, de fuites et, de manibre gdnerale, en raison du bas niveau de production. En conclusion, &ant donne les possibilith limit& de diffusion des techniques du biogaz au Rwanda, 1'Etat devrait s'abstenir de consacrer des ressources cette fin et chercher plut6t a developper une approche regionale des problemes regler. Enereie E 0 l i e ~ e 7.25 Selon les relev& de vitesse du vent, le Rwanda a un regime blien sans inter& du point de vue energ6tique. On dispose de relevds quadriquotidiensa une hauteur de 12 metres pour les sites de Kigali, Butare, Gisenyi, Ruhengeri et Karenge. Dans la region de Kigali, les vitesses observees superieures a 3 m/s ont une frQuence annuelle de 15% et celles qui depassent 5 m/s, une frquence annuelle de 7%. Pour la region de Gisenyi, les pourcentages sont respectivement de 23% et 18%. Le fort pourcentagedejours sans vent (35 % des relevds) doit aussi Btre pris en consideration. Compte tenu dela topographiedu pays, l'existence de microclimats interasants nepeut &treexclue, mais, globalement, l'bnergie Bolienne n'est pas une ressource rkllement interasante. Des generateurs d'Bectricit6 a propulsiondolieme ont 6t6 essay& sporadiquement. Aucune installationne fonctionnea l'heure actuelle. Conclusions et recommandations 7.26 Les techniques des energies nouvelles et renouvelables n'ont gukretrouve application au Rwanda malgre la disponibilitede ressources passablement abondantes dans certains cas et en ddpit du coot eleve de 1'6nergie traditionnelle. Les activitb soutenues par les pouvoirs publics se dispersent sur un large ensemblede techniques et se bornent a la recherched4veloppementet aux essaisa petite khelle. 7.27 Les sources d'energie non traditionnelles examink dans ce chapitre ne sont vraisemblablementpas destinb remplacer d'importantesquantitdsd'energie traditionnellesou modernes dans un proche avenir. Pour satisfaire les principaux besoins d'energie de la population-la cuisson des aliments-l'energie solaire et les microcentrales hydroelectriques ont un potentiel negligeable pour des raisons techniques, socio-6conomiqueset de coot. En thkrie, le biogaz pourrait avoir un r81e hjouer; cependant, c o m e on l'a montre, la solution qu'il offre ne s'adresse qu'aux menages ruraux aish. En revanche, les systkmes PV et la microhydro-t?lectricitt?apparaissent c o m e des solutions envisageables pour satisfaire d'autres besoins d'energie, notamment ceux des institutions rurales telles que les dispensaires et les h l e s dans les zones trts isolh. 11 faut souligner cependant que la plupart des solutionsoffertes par les Bnergies nouvelles et renouvelables ne sont pas rentables dans l'dtat actuel des techniques et des prix de l'energie sur le marche international. I1 est donc recommand6 de faire preuve de rigueur dans les choix et de limiter l'engagement des ressources publiques. 7.28 Les recommandations suivantes sont soumises pour les divers types d'energie: (a) Pour les systkmes PV, il faudrait etudier l'interet que presenterait la creation d'un fonds renouvelable, avec, par exemple, la participation de la Banque populaire du Rwanda, pour financer l'achat d'appareils h energie solaire, en tenant compte de la structure de la demande et de la capacitt? de paiement, specialement dans les carnpagnes non aliment& par le rheau. I1 faudrait aussi etudier la situation de l'offre et plus prkise- ment les questions de l'appui technique en faveur de la production locale d'installations economiquement rentables et de la coordinationavec la diffusion des systkmes finances par des bailleurs de fonds qui concurrencent les systkmes produits localement; (b) En ce qui concerne la microhydro-dlectricite, il faudrait choisir un ou deux sites pilotes parmi ceux qui ont dejh et6 identifies et les soumettre h des etudes plus approfondies avant de les equiper eventuellement. Le choix devrait se faire h partir de d o m k suffisantes sur l'hydrologie, d'une analyse de la demande vraisemblable tenant compte de la capacitd de paiement et de la proximite de la zone de demande par rapport au rkeau. I1 faudrait aussi crQr un programme de collecte et d'analyse des paramktres de base pour l'identification et le choix des sites; (c) Dans le cas du biogaz, les perspectives de diffusion naturellement limitees au Rwanda permettrait de conclure qu'il ne faudrait pas affecter de ressources publiques h cette fin et que ces activith devraient @trerealis& par EGL, dans un cadre regional. (d) La Division des Bnergies nouvelles et renouvelables de la Direction de 1'6nergie du MINITRAPE est officiellement chargQ de la planification et du suivi des sources d'energie de substitution. Pour ce qui concerne les realisations concretes, le CEAER, install6 hButare, h l'Universit6 du Rwanda, est leprincipal centre de recherche et d'essai dans ce domaine. 11 est recommande: (i) que le MINITRAPE accorde une attention plus soutenue h la mise au point de systemes PV et microhydro-electriques et h la coordination des activitQ des bailleurs de fonds dans ce domaine; et (ii) que les problkmes d'6lectrification rurale fassent l'objet de discussionsrdgulikres au niveau de groupes de travail entre le MINITRAPE et ELECTROGAZ pour permettre l'dchange de renseignements et la coordinationdes travaux intdressant la microhydro-electricit6 et les projets d'extension du r&eau. VIII. ENVIRONNEMENT ET ENERGIE Generali t e ~ 8.1 La protection et la gestion de l'environnement ne sont pas des prhccupations nouvelles au Rwanda a cause, d'une part, de la situation particulibre du pays et de la pression exercee par la densite de population sur les ressources naturelles, et en raison, d'autre part, du r81e actif joue par les pouvoirs publics rwandais qui ont eu trbs t8t conscience des responsabilith qui leur incombaient a cet egard. Ainsi, et pour se borner deux exemples, le Gouvernement rwandais intbgre depuis des anndes des mesures de conservation des sols a son programme de vulgarisation agricole et parmi les pays en developpement l'activite des communautes pour la plantation d'arbres figure parmi les plus efficaces. Par ailleurs, l'augmentation de la population est reconnue depuis longtemps deja comme un problbme majeur et 1'Ofice national de la population (ONAPO) a 6t6 cr66 en 1980. 8.2 Le contexte de la preservation de l'environnement au Rwanda peut se resumer c o m e suit: (a) le Rwanda se distingueparmi les pays d'Afrique par sa forte densite demographique. A cet egard quelques chiffres sont significatifs: la densite demographique moyenne sur l'ensemble de la superficie du pays est elev6e puisqu'elle ddpasse 250 habitants au kilombtre carre (km2)et qu'elle est la plus forte en Afrique subsaharienne. La densite demographique sur les terres cultivees est encore plus grande: la superficie disponible par famille d'exploitant est estimee actuellement 1,2 ha et devrait tomber a 0,7 halfamille d'ici 2005. Ces chiffres moyens masquent d'amples variations regionales et certaines zones ont des densites proches de 1.000 habitants au krn2; (b) la faible proportion de terres arables s'explique principalement par la topographie du pays, qui ne posskde gubre de terrain plat en dehors des marais. Hormis les consequences qui en rhultent pour l'activite agricole, il s'ensuit que les terres sont genkalement sensibles l'Qosion, d'autant plus que les pluies sont abondantes, surtout a a certaines saisons. Le Rwanda subit depuis peu une erosion plus forte par suite du deboisement et de la culture intensivedes terrains. Sous l'effet combine de la baisse de la productivite naturelle des terres et de la croissance demographique, la production alimentairesera de plus en plus difficile dans l'avenir au Rwanda. Selon les estimations, la quantitede produits alimentairesdisponiblepar habitanttombera de 814 kghabitantlan en 1970 611 kghabitantlan en 2000 si des mesures vigoureuses ne sont pas adoptees; a et (c) la faune et la flore rwandaises, sans @treveritablement uniques, possBdent certaines caracteristiquesinteressantesqui les rendenttrbs precieuses du point de vue de 1'6cologie. 8.3 LeGouvernementrwandaisadecided'etablir unestrategicnationalepour l'environnement et un plan d'action pour l'environnement avec l'assistance de bailleurs de fonds exterieurs. l3/ Trois missions preparatoires se sont rendues au Rwanda entre novembre 1987 et novembre 1988. La plus recente a emis les conclusions et recommandations suivantes: (a) une etude sera faite pour terminer les prdparatifs de la strategie nationale pour l'environnement. Elle doit commencer en 1989. Selon la decision prise lors de la troisikme mission de bailleurs de fonds, l'etude comprendra notamrnent la preparation d'un plan d'action pour l'environnement s'inscrivant dans la suitelogiquedel'elaboration de la strategie nationale; et (b) un comite directeur national de l'dtude sera constitue: il sera compose des directeurs generaux des principaux ministkres participant 2 l'etude (y compris la Prdsidence) et supemisera l'execution et l'achkvement de l'etude. Une attention particulikresera portee 2 l'analyse des diverses questions institutionnelles que l'etude soulkvera. 8.4 Le Gouvernement rwandais mkne 2 l'heure actuelle une politique active en matikre d'environnement, specialement dans les secteurs indiqub au tableau 8.1. - 18/ Desplam d'actionpour 1'cnvironnementsont en coursd'btablirsementdamplusieurspays, enA m u e et sur lesautres continents, h la suite des initiativesprisespar lesgouvernementsavec 1'aidede la Banque mondiale et du Programme desNations-uniespour le dlveloppement (PNUD). Par 1'idle&ndamentale h laquelle ilsrlpondent etpar leur nature m h e , lesplans d 'actionpour l'environnementsont frlssemblablesaux lvaluatiom du secteur lnergltique. Dam les deux cas, l'objectif est d'acqulrir une vkwnglobale desproblhes et des chi* du momentdam le secteur, et defaire des recommandatiompour l'aclion@ure dam un cadre coordonnl et m a c e . Tableau 8.1: APERCU DE PUELPUES ACTIVITES INTERESSANT LIENVIRONNEMENT AU RWANDA Types Principales Exemples Principaux partenaires dlinterventions institutions dlactivites USAID Suisse France Rep. f d . Belgique Canada Europe Banque rwandaises dlAl lemagne mondiale Conservetion DCS (MINAGRI) GRR des sols F e r t i l i t e des sols DGPA, DCS Projet sur Les engrais ForCts nature1les DGF/ORTPN ForCts d1altitude Reboisernent DGF GBK Agroforesterie DGF PAP Nyabisundu Eaux DGEau, DSE Adduction dleau (Lava) D6velo#~nrentdes DGEau, DGR, I1Petit s Maraisl1 basses terres MINIHART Energie DGE Methane du Lac Kivu Parcs nationaux ORTPN Parc nat. dlAkagera Tourisme kologique ORTPN Parc nat. dlAkagera M i lieu urbain MINISAPASO, Planification MINITRANSCO urbaine Recherches UNR, INRS, ISAR Prog. & rech. en sc. forestiares DCS = Direction & La conservation des sols DGF = Direction g W r a l e des forCts DGPA = Direction g W r a l e de la probction agricole DSE = Direction de la sent6 et de lleau GBK = Gishwati-Butare-Kigali GRR = Gestion des resswrces r6gionales INSR = INRDS ISAR = Institut des sciences agronamiques du Rwanda MINAGRI = Ministare de L1agriculture, de L161evage et des forCts MINIHART = Ministare de L1industrieI &s mines et de L1artisanat MINISAPASO = Ministare de la sent6 publique et des affaires sociales MINITRANSCO = Ministare des transports ORTPN = Office rwandais du twrisme et &s parcs naturels PAP = Projet agro-pastoral UNR = Source: Banque mondiale, USAID, Mission camune de donateurs (mers 1988). Liens entre 1'6nereie et l'environnement. ~ asource d'enereig r 8.5 A part de petites quantitb de methane, le Rwanda ne produit pas de produitspetroliers. En outre, le pays est enclave. En consequence, les principales activitb int6ressantles produitspetroliers sont le transport routier, le stockage et l'utilisation des produits. Les aspects environnementauxde ces activitb ne concement que des risques occasionnels,surtoutles accidentsde la route, qui provoquent des deversementsde liquides, et les accidents de stockage. Aucun accident majeur n'a ete signalejusqu'ici. Les principaux risques se situent de toute evidence Kigali, la capitale, oil se concentre l'essentiel de la demande. Cependant, certainesindustries achbtent et stockentde grandes quantitb deproduitspetroliers et le choix des lieux de stockage doit sefaire avec prudence. La decisionrkente d'installer de nouveaux rbervoirs destockage proximitedu transformateurde 1'Etablissementpublicdeproduction, detransport a et de distributiond'dlectricitd, d'eau et degaz (ELECTROGAZ) Gikondon'est pas la meilleurepossible car les lignes electriquespourraient, en cas de chute d'un cable, enflammer les produitsstockb. Aucune legislation n'existe au sujet des risques li6 au transport et au stockage des produits pdtroliers ni, plus gdneralement, des risques en milieu urbain et industriel. La tendancegeneraledans les pays developpb est d'obliger les industries et les administrationslocales dtablir et appliquerdes dispositifsde prevention a des accidents. Un pays comrne le Rwanda devra etudier l'intdri3t que pourraient prbenter des mesures juridiques de ce type. 8.6 En gdnt?ral, l a investissementsdansle secteur hydro-electrique, principalementlorsqu'ils portent sur des sommes elevh, ont sur I'environnement, et spdcialement sur la faune aquatique, un impact considerable, et generalement dommageable. Dans le cas du Rwanda, I'electricitd provient essentiellement de quatre centrales hydroelectriques d'une capacite install& totale de 26,s MW, dont deux, Mukungwa (12,s MW) et Ntaruka (11,3 MW),fournisseilt la majeure partie de l'energie. Les pouvoirs publics cherchentdepuistoujours a maximiser la production interieured'energie et minimiser les importations d'electricit6 en provenance du ZaKre. En consequence, les centrales hydro-electriques sont souvent exploit& audeli de leur productibilite annuelle nominale. Cette pratique a eu pour effet, a lalongue, d'abaisser regulibrement le niveau des lacs. Ainsi, le lac Bulera, qui alimentela centralede Ntaruka, abaisse deprks d'un mbtre entre 1962et 1973et de trois metres entre 1973et 1987. Le niveau du lac Ruhondo, qui alimentela centralede Mukungwa, a baisse regulibrement de 1983ti 1988, sauf en 1986, d'une hauteur totale de 0,4 mbtre ti cause, la encore, de la surproduction. Outre les variationsdu niveau des lacs et les consequences qui s'ensuivent pour l'hydrologie des cours d'eau, les effets des centrales hydro4lectriquessur les bsystbmes aquatiques n'ont pas dte etudib dans le detail. 8.7 La baisse du niveau du lac Bulera est due au drainage par un canal artificiel et a l'exploitation de la centrale de Ntaruka un rythme de production superieur celui qui conespondrait a a a la capacite de reconstitution des eaux du lac. L'interet port6 par les autorites a l'obtention de la production maximale de la centrale de Ntaruka, et donc a l'augmentation du volume des eaux du lac Bulera, est l'origine d'une etude sur le sujet achevQ au debut de 1988. Outre la fermeture du canal artificiel, oper6e par ELECTROGAZ en 1987, l'etude a examine la possibilite d'arreter l'ecoulement des eaux du lac qui alimentent les marais entourant le lac et le detournement des eaux de ruissellement des volcans qui l'enserrent. Elle a abouti a la conclusion que l'arret total de 1'6coulement des eaux dans les marais voisins pourrait entrainer une perte d'eau pour le lac Bulera et qu'une reduction partielle de l'ecoulement des eaux dans les marais ne favoriserait guere le gonflement des eaux du lac Bulera et ne prhenterait donc qu'un inter& marginal pour le fonctionnement de la centrale de Ntaruka. L'etude souligne cependant qu'il faudrait tenir compte des avantages supplementaires qui pourraient resulter eventuellement de l'exploitation agricole des marais assechb, mais elle ne les chiffre pas; il n'est fait aucune mention de l'impact de ces propositions sur l'environnement. 8.8 Les solutions recommandees dans la version finale de l'etude comprennent notamment: (i) le renforcement de la fermeture du canal, car l'ouvrage de 1987 laisse encore echapper un peu d'eau, et (ii) le detournement des eaux de ruissellement des versants sud des trois volcans entourant le lac. En fait, les effets de la premiere solution seraient probablement peu considbrables, puisque le barrage du canal n'est l'origine d'aucune modificationsensible du rythme de reconstitution des eaux du lac. Quant a la seconde, elle provoquerait, affiment les auteurs, une augmentation de la production de Ntaruka et de celle de la centrale d'aval, Mukungwa I, de 6 GWh. Le coot des investissementscorrespondant serait de 960.000 $EU (canaux a ciel ouvert) ou 2,44 millions de dollars EU (canaux couverts), la premiere formule entralnant un coot d'entretien sensiblementplus eleve. Les taux de rentabilite interne des deux variantes de la seconde solution se situent dans les 20%. Par ailleurs, si l'elimination du canal de drainage artificiel est sans effets negatifs sur l'environnement, les consequences du detournement des eaux de ruissellement des volcans ne sont pas connues avec certitude. Au surplus, les coots correspondant a cette option sont mal definis et le taux de rentabilite est donc trks speculatif. Avant toute decision, il faudrait faire de nouvelles etudes pour determiner l'impact que le detournernentdes eaux de ruissellement aurait sur l'environnement et obtenir de meilleures indications des coots. 8.9 Le Gouvernement rwandais prevoit construire plusieurs nouvelles centrales dans les dix prochaines annh. Cependant, les consequences ecologiques de la construction, de l'exploitation et de l'entretien des centrales hydro-electriques ne sont pas suffisamment connues. Tous les grands projets nouveauxdevraient @tresubordonnes a des procedures sainesd'evaluation del'impact sur l'environnement d'un niveau de qualite conforme aux normes internationales. En outre, les effets sur l'environnement devraient @trepris en considerationparmi les criteres de choix entre projets nationauxet projets regionaux dans le sous-secteur de l'electricite. 8.10 Au Rwanda, l'immense majorite des menages utilise le bois c o m e combustiblepour la cuisine, surtout dans les campagnes. Ajoutee aux autres utilisations du bois--production de charbon de bois, notarnment--cette habitude de consommationexerce une forte pression sur les for@tset les ressources en arbres. Le Rwanda est dans la m@mesituation que bien des pays d'Afrique ou l'utilisation "logique" de la for& et des ressources en arbres pour la production de bois d'oeuvre et a d'autres fins hautement remuneratrices reste minimale et oh les produits de basse qualite c o m e le bois de feu sont consommes en si grandes quantith que l'offre durable de bois n'est pas suffisante pour satisfaire les besoins, la cons6quence&ant un daoisement partiel. Malgre la mauvaisequalitedes donnth disponibles, des bilans des combustibles ligneux ont ete calcul& pour les diverses circonscriptions prefectorales du Rwanda (Chapitre III). 11s font apparaitre des deficits dans quatre d'entre elles. Les projections de la demande et de l'offre indiquent en outre que, quand bien meme le nombre des prefectures deficitaires dans ce domaine tomberait trois d'ici l'an 2000, le deficit global du Rwanda risque fort d'avoir alors double par rapport aujourd'hui. Des mesures techniques ne peuvent suffire pour influer sur une tendance largement due a des facteurs demographiques, et le Rwanda devra rt?agir une situation dans laquelle, durant les prochaines dtkennies, la couverture forestikre et les ressources en arbres diminueront, entralnanttouteune serie de consequencesdommageables pour l'environnement (aggravationde l'erosion des sols, disparition d'habitats) et pour l'economie (baisse de la fertilite des sols, perte de produits "secondaires"provenant desfor&). L'accroissement demographiqueest directement responsablede cette degradation et si des mesures efficaces ne sont pas prises a cet egard, les solutions techniques ne produiront que des r&ultats marginaux. Entre temps, des projets portant sur le renforcement de l'efficacite de le gestion des ressources, de la rkuperation des sous-produits et de l'utilisation finale du bois c o m e combustible s'imposeront pour moderer les tendances destructrices actuelles. Le chapitre 111 du present rapport, consacre a la biomasse et aux combustibles domestiques, decrit des activitds permanent- et planifih dans ces domaines. Charbon de b o i ~ 8.11 Le charbon de bois est le combustiblele plus employe pour la cuisine en milieu urbain. C o m e la population des villes augmenteplus vite que celle des campagnes, on estime generalement que la consommation de charbon de bois se developpera plus vite que celle de bois. Les consequencesde la production de charbon de bois sur l'environnement sont celles de l'abattage des arbres, deja mentionnees a la section prkedente. Toutefois, ces effets sont amplifids en raison de la nature commerciale de l'exploitation du charbon de bois et imposent une forte pression sur les ressources forestikres. C o m e on l'a indique au chapitre 111, la situation a eu des consequences dommageables dans certaines regions et les pouvoirspublics ont r&gi en encourageantle deplacement de la production de charbon debois hors des zones de savane vers les zones de plantation. Le chapiue I11 contient des recommandations visant a ameliorer l'efficacite globalede la chalne de production-utilisationdu charbon de bois. Les tendances demographiques dkrites plus haut renforcent l'urgence des mesures recommandh. I1 convient de souligner cependant qu'independamment des ameliorations eventuelles, l'efficacite globale de la production et de la consommation de charbon de bois demeurera telle qu'elle entrainera un gaspillage d'energie par comparaison avec l'utilisation directe du bois. Malheureusement, la situation sociale et dconomique au Rwanda, c o m e dans la plupart des autres pays africains fait qu'il sera trks difficile d'arreter ou meme de reduire la consommation de charbon de bois. A l'heure actuelle, la meilleure solution etre de renforcer l'efficacite de la carbonisation et celle des cuisinikres charbon de bois. A long terme, il faudrait dtudier les possibilit& dconomiques de remplacer le charbon de bois pour la cuisine. Des spkialistes techniques (materiel) et des sociologues devraient participer ces travaux. 8.12 Le remplacement du charbon de h i s par les briquettes de papyrus est une possiblite actuellement a l'etude. Des projets pilotes sont en cours. Le chapitre I11 en donne une description et indique les principals difficult& surmonter, dont l'absence d'une evaluation economico-financikre appropride de la r h l t e , du traitement et du transport du papyrus. Du point de vue de l'enviromement, la mise en valeur des briquettes de papyrus c o m e combustiblede remplacement parait souhaitable pour les motifs suivants: (a) le papyrus est r h l t e sur les basses terres (appelh "marais" au Rwanda) et cette activite pourrait s'inscrire dans une strategic globale visant a prberver les marais actuellement menacb par l'avance de l'agriculture et la pression generale sur les terres au Rwanda. Ces marais sont des elements essentiels de l'environnement gkneral; (b) le papyrus est une ressource renouvelable a l'khelle de la vie humaine en ce sens qu'elle se renouvelle a mesure qu'elle est exploit&. Les rendements etudib par les diverses Quipes de specialistesindiquentque lerythme d'exploitation pourrait atteindre 30 t/ha/an sans epuiser la ressource. Le rendement moyen a 6t6 estime a environ 15 t/ha/an, soit une quantite considerable de combustible. La competitivit6 du coat des briquettes de papyrus reste cependanta etudier et depend de l'etablissement d'une chalne de production efficace, comme on l'a dit au Chapitre 111; (c) la superficie de terres a papyrus disponibles est actuellement vaste, m&mea proximite immediate de Kigali; (d) la recolte se fait par rotation, de telle sorte que des parties des zones a papyrus peuvent continuer a jouer leur r81e d'habitat pour la faune tandis que d'autres sont rhltees; (e) les methodes employ& pour la recolte du papyrus sont toutes manuelles, ce qui dvite tout impact majeur sur les basses terres. Le papyrus semblerait donc &re un combustible a recommander du point de vue de l'environnement. Cependant, comme c'est le cas pour la protection de l'enviromement en general, le developpement de l'exploitation du papyrus doit &treentikrement maltrise, sinon les avantages qui viennent d'8tre enurn6rb pourraient se transformer en inconvenients. Etant dome le temps nkessaire au demarrage de cette exploitation, aucun problkme serieux ne devrait surgir durant les vingt prochaines ann&. 8.13 Les ressources en tourbe sont t r b vastes au Rwanda. Bien qu'aucun inventaire n'en ait 6tk dress& on avance comunement les chiffres de 5 a 50 millions de tomes de ressources prouvdes. Les pouvoirs publics ont lance des projets pilotes pour etudier la faisabilitd technique, Bconomique et financikre de l'extraction de la tourbe dans certaines zones humides en prevision de deux debouch& eventuels: les utilisations industrielles et domestiques. Si certains type d'utilisations industrielles se rkveleront peut-&tre hnomiques (pour la cimenterie de Mashyuza), I'utilisation domestique c o m e combustible pour la cuisine ne semble prometteuse ni d'un point de vue pratique, ni d'un point de vue hnomique. En outre, l'impact de l'exploitation de la tourbe sur l'enviromement est gendralement dommageable. La tourbe n'est pas une ressource renouvelable h 1'Bchelle de la vie humaine. Le bouleversement de la couche de tourbe cause donc une atteinte irreparable aux ecosystkmes. Au Rwanda c o m e ailleurs (en Irlande, par exemple), les tourbikres remplissent des fonctions ecologiques importantes et sewent d'habitat h tout un ensemble de formes de vie vegetale et animale. Leur destruction entralne inevitablement la perte des fonctions qu'elles remplissent et en particulier la disparition d'un habitat. I1 est donc recommand6 d'assortir tout projet important d'extraction de la tourbe d'une evaluation complkte de l'impact sur l'environnement et, en general, d'analyser le potentiel des autres sources d'dnergie avant d'envisager l'exploitation massive des ressources de tourbe au Rwanda. Methane 8.14 Le methane peut s'obtenir de deux sources au Rwanda: les sous-produits animaux et l'extraction des eaux profondes du lac Kivu. (a) Les sous-produits animaux sont une source d'energie dispersee qui, A cause du peu de developpement des techniques au Rwanda, et plus generalement en Afrique, ne fournira pas de quantites appreciables d'energie utile dans les prochaines decennies. Au chapitre VII, consacre aux sources d'energie nouvelles et renouvelables, on indique que les caracteristiques de la dotation en ressources pouvant servir A la production de biogaz (melange gazeux contenant approximativement 60%de methane) sont modestes et que, dans l'ensemble, les possibilites de mise en valeur h plus grande Bchelle sont limitees. Dans ces conditions, la question de l'impact que peut avoir sur l'environnement la production de biogaz A partir des sous-produits animaux est largement thhrique. En genkal, l'exploitation de ce type de technique semble avoir des consequences plubt favorables pour l'environnement, car elle cree les conditions d'une meilleure gestion des matikres organiques, le seul risque leger digne d'Ctre mentionne &ant celui que le gaz explose dans les habitations. Rien n'indique cependant que ce risque cause des dornrnages graves, m&medans un pays c o m e la Chine oh des millions de digesteurs de biogaz ont 6tB installes et sont en service; (b) Plusieurs etudes ont kt6 faites au sujet du risque associe h la production de methane h partir des eaux du lac Kivu et le sujet reste controverse. Les elements saillants de l't?valuation des risques sont presentes 2 l'annexe 6.1. Pour resumer, il est parfaitement possible qu'A l'aide de techniques perfectiomees, et une fois r6glQ les problkmes institutiomels et juridiques, I'exploitation du methane titre commercial commence a moyen terme. Les specialistes ne s'accordent cependant pas sur les risques l i b a l'exploitation du methane present dans le lac Kivu, mais l'etude la plus recente ul conclut que la probabilite d'une explosion de methane en surface est extrgmement faible et que les travaux pourraient aller de l'avant. La mission recommande qu'une etude d'impact et un dispositif de surveillance ktroite de l'environnement dans la zone du lac Kivu soient conGus et appliquQ pour tout projet futur de mise en valeur du gaz. - 19/ Haroun Taiefl "Avantages el rbques de I'exploilation du mklhane", 1988. Liens entre 1'Cner~ieet l'environnement. r>arregion 8.15 L'impact sur l'environnement de la politique Cnergktique variera inkvitablement selon les zones gbgraphiques du Rwanda. Plusieurs lieux subiront probablement cet impact avec une intensite variable. Les principales prbccupations h cet 6gard sont les suivantes: (a) Lac Kivu. La region accueillera peut-Ctre un important investissement dans le domaine de l'extraction et du transport du methane. Bien que les etudes les plus rdcentes fassent apparaitre que les risques de I'opCration sont limit&, il faudra nkanmoins obtenir, avant tout investissementmajeur, des indicationsplus prCcises au moyen d'une etude d'impact sur l'environnement proprement dite; (b) Bilan des combustibles ligneux par prefecture. Le bilan des combustibles ligneux (demande par rapport a l'offre durable) est actuellement nCgatif dans quatre circonscriptions prefectorales du Rwanda: Kigali, Butare, Gikongoro et Ruhengeri. D'ici l'an 2000, et mCme si le nombre des prefectures en deficit tombe 2 trois (Kigali, Butare et Gikongoro), le deficit cumuld pourrait Ctre considkrablement plus grand et atteindre p r b de 20% de la demande alors qu'il n'ktait que d'environ 15% en 1987. L'annexe 1.7 indique l'importance du surplus ou du deficit pour chaque circonscription prefectorale du Rwanda; (c) R81e de Kigali. La densite ddmographique determinant directement l'impact sur l'environnement, le role de Kigali seraprimordial. La demande de charbon de bois a une influence decisive sur les problkmes et les projets forestiers dans le reste du pays. La circonscription prefectorale de Kigali proprement dite soufie d'un dhequilibre en combustibles ligneux car la demande dkpasse l'offre durable. De plus, 1'Ccart ne pourra que s'aggraver dans l'avenir. En tant que centre de demande d'knergie concentree, Kigali est exposee h tous les risques concomitants, y compris la possibilitk d'accidents lies au stockage et a la distribution des produits pktroliers. 8.16 Letableau 8.2 rkapitule les consQuencespossibleset lesprincipaux risques associh aux diverses sources d'energie actuellement en usage ou dont l'usage est probable dans le proche avenir au Rwanda. Tableau 8.2: RECAPITULATIOW DE L'IHPACT ENVIRONNEHENTAL DE LA HISE EN VALEUR DES SOURCES D'ENERGIE AU RUANDA Source d'bnergie Deer6 Risque Importance d'inpact Cconomique Produits p6troliers Hydro-ClectricitC Bois Charbon de bois Papyrus Tourk HCthane & sous-prod. animaurr HCthane du Lac Kfvu - Notes: DegrC d'inpact ----- Risque Inportance Cconomique Trbs danrnegeable --- ELevC +++ Trbs inportant Donmagcable -- HoderC ++ Inportant - LCgbrement - LCger + Hoderhnt damnageable inportant 0 Neutre 0 Nu1 0 Sans importance + LCgbrement ( I Potentiellement avantagcux Source: Estimetions & La mission. I1 apparalt ainsi que le charbon debois, lebois et le methane du lac Kivu sontles sources d'energie predominantesdu point de vue de la gravitt!de l'irnpact sur l'environnement en raison de leur importance bnomique et des risques et de l'impact associh a leur utilisation. La protection de l'environnement doit donc faire l'objet d'une attention particuliere dans leur cas. 8.17 La crainte que la croissance d6mographique provoque indirectement un dhQuilibre blogique majeur court terme est mentionnee diverses reprises dans le prhent rapport. Le Gouvernement en est trb conscient et l'a montd en plusieurs occasions, notamment en conferant des responsabilith en matiere d'environnement au Mistere de la santd publique et des affaires sociales (MIMSAPASO). Nhmoins, la politiqueddmographique rwandaise n'a pas atteint ses objectifs et les projections demographiquesraisonnables font toujours &at d'un accroissement t& fort dans les annh a venir. I1 est probablement temps d'engager une action ddmographique efficace pour faire face, entre autres prhccupations, ii l'aggravation des problemes enviro~ementauxau Rwanda. 8.18 La strategic nationale pour l'enviromement h laquelle travaille actuellement le Gouvernement btablira des directives tendant h mieux protdger et mieux gerer l'enviromement dans l'avenir. Deux aspects seront specialement importants pour le secteur de l'energie: (a) les mecanismes institutiomels; et (b) les instruments de protection de l'enviromement. Le MINITRAPE devra se tenir en liaison avec toutes les institutions chargk de la protection et de la gestion de l'enviromement au Rwanda, lorsque les recommandations de la strategie pour l'enviromement seront appliquk. I1 est m@mepossible que le MINITRAPE doive lui-m@me affecter quelques persomes (une ou deux) h l'etude des moyens de minimiser l'impact provoque sur l'enviromement par la mise en valeur de l'bnergie. L'organe le mieux appropriepour se charger de cette activite serait le groupe de planification de la Direction de l'energie. 8.19 Les instruments deprotectionde l'enviromement comprennent la procedure d'evaluation des impacts sur l'enviromement, qui devrait s'appliquer chaque fois que de grandes decisions ou des investissementsmajeurs sont en preparation. Dans le secteur de l'energie, tel est particulibrement le cas de l'exploitation forestibre, de 1'Quipement hydroblectrique, de l'exploitation de la tourbe et du papyrus et de l'extraction h grande 6chelle du methane des eaux du lac Kivu. Plus immediatement, et pour assurer un developpement durable, les autoritb rwandaises devraient commencer h definir les besoins en formation dans ce domaine. Annexe 1.1 RWANDA CONSOMMATION D'ENERGIE DOMESTIQUE 1987 - - 1. Certainesdesdernibresestimationsdelaconsommationd'energie domestique(tableau 3.1) different sensiblementdes estimations anterieures. La consornmation de bois de chauffage par habitant est inferieure aux estimations prdcddentes, tandis que le pourcentage de bois transforme en charbon de bois est plus eleve. Cela tient aux facteurs suivants: (a) les enquetes precaentes sur la consommation de bois de feu en zone rurale s'appuyaient sur l'enquete en milieu agricole de 1980-82, qui avait abouti a des estimations trks 6lev6es (0,9 m31personnelan, soit 1,77 kglpersonneljour), alors que le dernier bilan dress6 par le MINIPLAN donne des chiffrestrks inferieurs (0,8 kg/personne/jour). Pour cette estimation, on a retenu des chiffres intermtkliaires; (b) la consommationde charbon de bois a Kigali avait 6t6 estimee environ 15.000 a 20.000 tonneslan. Une enquete directe a rev616 un volume de vente au detail de 26.000 tonneslan et, selon une estimation de la demande domestique, la consommation globale serait de I'ordre de 30.000 tonneslan, ce qui cadre avec d'autres observations indiquant que les ventes au detailsont de loin infdrieuresaux ventes totales (tendancedes detaillants a sous-estimer leur ddbit, achats directs par les consommateurs). Si I'on inclutles ventes dans les autres villa, on peut estimer la consommationnationalea 40.000 tonneslan pour 1987. Le projet ESMAP d'amblioration des foyers a comport6 un certain nombre d'enquetes sur la consommation de charbon de bois a Kigali et rev616 une consommation par habitant de 0,45 a 0,60 kgljour (160 170 kglpersonnelan) avec des foyers traditionnels. On a constate des consommations semblables au Burundi avec des foyers traditionnels d'un type similaire et des repas comparables. Ces enquetes revklent Bgalement qu'une bonne utilisation des foyers am6lior6s permet de rauire la consommation mensuelle de charbon de bois de plus de 40%. 2. L'utilisation de r&idus agricolespour faire la cuisine a Bt6 prise en compte dans tous les bilans energetiques dress& jusqu'ici au Rwanda. Cependant, les estimations r6alisees jusqu'ici n'ont jamais repose sur des methodes scientifiques. L'dvaluation du secteur Bnergetique du Rwanda rbalisee en 1982 contient une estimationde 170.000TEPIan--chiffre fort eleve--alors que d'autres enquetes (par exemplecelle de CARE INTERNATIONAL)indiquentque 15%seulementdes menages ruraux utilisent aussi bien des r&idus agricoles que du bois de feu (la plupart utilisant uniquement du bois de feu). L'estimation qui figure dans le bilan national de 1987 (100.000 teplan) correspond a 10% de la consommation de bois de feu. Annexe 1.2 RWANDA BllAN ENERGETIQUE: COMBUSTIBLES TRADITIONNELS - -1987 (En milliers de TEP) Bois de Cherbon de Tourbe Papyrus Sous-produits Total Pourcentage Feu Bois agricoles Production primaire 1.026,3 0150 0,OO 100,OO Transformation en -152,3 30,40 charbon de bois Consamnation Menages 843,O 30,4 0,1 0,o 100,O 973,5 96,9% Industrie 24,O 0,o 0,4 0,o 0,o 24,4 2,4X Services 7,O 010 0.0 0,O 010 710 Olm Total 874,O 30,4 0,5 ol0 100,O 1.004,9 100,OX Consamnation non domestiam de bois de chauffase Usines de the 64.720 stire/an Sucreries 3.a80 stire/an Briqwteries 30.000 m3/an Centres sociaux 22.000 m3/an Services divers 2.000 m3/an Boulangerie 6.000 m3/an Sources: Estimations de La mission; Rapport EGL de 1987; SERETE 1986; BUYEP 1983. REPARTITIONPAR PREFECTUREDE LA PRODUCTION DE CHARBON DE BOIS POUR LE MARCHE DE KIGALI h 2 I S % Plus de 52 Source:'Etudedu "SecteurCharbomier". Annexe 1.4 RWANDA PROJECTIONS DMOORAPHIQUES - (En mi L Liers dlhabitants) Gisenyi Ruhcnaeri 8- K i m G i taram Kigali Kibimgo Cyawugu G ikongoro Butare Population urbinc per v i l l e 1982 1987 1992 1997 2002 KigaLi 170,O 269,4 397,4 531,9 711,7 Cyawugu 981 11~3 15,l 20,t 27,l ~ibimgo 487 686 888 11,8 15,8 Kibuyt 383 4,7 6 ~ 3 8,4 11,3 Ruhcngeri 19,5 28,3 37,9 5087 67,8 RwlmagaM . 7,4 9,9 13,2 17,6 Butare On0 %a 49,2 65,9 88,2 G ismyi 0,o 31,I 41,7 55,8 74,6 Autrm Localithi sac. 8281 59,9 80,3 107,5 143,8 Toutes Localit68 sac. 126,l 188,7 252,5 337,9 452,2 Total zones urbainas 2%: 1 458,l 649.9 869,7 1.163,9 Total zones rurales 5.165,9 6.164,4 7.177,l 8.442,l 9.712,4 Proportion urbaine 5,4X 8,3X 9,3X 10,X - Source: Benqw Mondiale et ONAPO. Annexe 1.5 RWANDA PROJECTIONS DES BESOINS EN ENERGIE DOMESTIQUE lJ - SCENARIO I Went ites physiques 1987 1992 1997 2002 Electricit6 (MUh) Kerosene (tonnes) GPL (t) Sous-prod. egric. (t x 1000) Bois de feu (t x 1000) Cherbon de bois (t) Tourbe ( t ) Tourk (industrie, t) Bois de feu (id. t x 1000) Tomes quivelent petrole 1987 1992 1997 2002 Electricit6 7.160 Kerosene 8.150 GPL 254 Comkrstibles modernes - dneges 15.564 X du total -dnages 1,4X Sous-produits egricoles 100.000 Bois de feu 843.048 Bois destine au charbon de bois 152.381 Tourk 143 Comkrstibles trad. - dnages 1.095.571 Total comkrstibles -dneges 1.111.136 Tourk (industrie) 429 Bois de feu (industrie) 24.OOO Comkrstibles trad. (industrie) 24.429 X du total comkrstibles tred. 2,2X Total comkrstibles tred. 1.120.000 lJ Ce tableau indique egelement Les consomations de comkrstibles traditionnels par dlautres categories dlusagers pour domer une vue dlensdle. - selon l e Scenario 1, l a progression de l a consamretion suit La croissence dhgraphique urbaine pour ce qui est des comkrstibles modernes, du charbon de bois et de l a tourbe domestique, et l a croissence dhgraphique rurele dens l e cas du bois de feu et des - residus agricoles. Les autres usages des comkrstibles traditiomels progressent de 4,QX par en (croissance industrielle entre 1980 e t 1985). - Source: Estimations de La mission. Annexe 1& RWANDA APPROVISIONNEMENT SOUTENABLE EN COMBUSTIBLES LIGNEUX 1987 - - VOLUME (En mi Lliers de m3) Prefecture Plantations Arborisation Savane For6ts Total Naturelles G isenyi Ruhengeri BVunbe Kibuye G i tareme Kigali Kibmgo CYansJuou G i kongoro Butare RUANDA POlDS (En milliers de tomes) Prefecture Plantations Arborisation Savane For6ts Total ExcMent/ % de l a Naturelles DeficitlJ Denwrnde G isenyi Ruhengeri BVunbe Kibuye G i tareme Kigali Kikngo cyangugu G i kongoro Butare RUANDA Hvwth&ses: (Capecite de production dlarbres et superficie). - Arbor isation: 7,5X des terres agricoles; 20,0m3/ha/an. - Plantations: 9,0m3/ha/an. - - Savane: 1,0m3/ha/an. Forets nature1les: 3,0m3/ha/an (reelle); 0,0d/ha/an (rutorisbe). lJOna&valueledeficit global enadclitiomnt tous lesdeficits rt5gionaux1car onapresdquele cannerce interregional etait faible, voire inexistant. Cela nlest pas tout B f a i t vrai, puisque Gikongoro, par exenple, fournit du charbon de bois B Kigali. Si les statistiques sont exactes, l e deficit de l a prefecture de Gikongoro est tr&s supCrieur B celui actuellemmt i n d i q d et il est & & La fourniture de conkrstibles Ligneux B Kigali. Sources: Etude I1Secteur Charbomierll; estimations de la mission. Annexe 1.7 Page 1 de 2 RWANDA B l U N DES COMBUSTIMES UCWEUX 2002 - - AUWNTATIWS DES SURFACES JUWUIEN 2002 (En mi11iers dlhutaras) Year Plantations Arborisat ion k v m ForCts Total Nature1las 1988 7.0 13,O -4.6 15,4 1989 7,o 13.0 -4,6 15.4 1990 710 13.0 -3.4 16.6 1991 7,O 13,O 1.5 21.5 1992 7.0 13.0 115 21.5 1993 7,o 13.0 1.5 21.5 1994 7,O 13.0 310 1995 7,O 13.0 3,O 23.0 1996 7,O 13.0 310 23.0 1997 I t 1 11,s 5.4 18.0 1998 5,4 5.4 1999 5,4 5.4 2000 5,4 5.4 2001 5.4 5.4 2002 514 5.4 APPROVISIONNEHENT SWTENABLE EN COMBUSTIBLES LIGNEUX - 2002 (En mi11iers & tomes) Prefecture Plantations Arborisation Savane ForCts Total ExcCdent/ Naturelles DeficitlJ Pourcentage Gisenyi 119.7 0.3 92.1 445,2 96.5 27,7 Ruhengeri 151,7 232.5 0.1 36.0 420.3 -295,O -41.2 BY'J- 137.2 377.3 27.2 010 541.7 229.5 73.5 Kihuye 84.5 214.5 1,1 12.0 312.2 111,l 55.3 G itarma 174.0 354.5 1,4 0.0 529.9 165.3 45,3 Kigali 120,7 418,8 20.9 12,7 573.1 -783.6 -57.8 K i m 0 40,8 370.4 30.4 22.2 463.7 248,l 115.0 C W ~ ~ U O U 81,8 203.9 110 170.7 457.4 256.4 127.6 G ikongoro 124.4 282.4 0.7 120.0 527.5 51,I 10.7 Butare 138.2 293.6 M 0.0 433.1 -9.8 -2.2 RUANDA 1.172.8 2.981,O 8414 465,7 4.704.0 -1.088.4 -18.8 HwothLes: -- Las surfaces augmenteront jusqu.cn 2002 confol'RICnmt w 'Plan Forestier Nationalnn. -- Les augmentations de surface sont attribu6es II chaque prefecture en fonction &s surfaces initial-. L8exploitationdes forCts naturelles p r h i t 150 ms/ha. Les capacitCs de production soutenables damureront I lwr niveau & 1987. lJOna&veldledCficit globalendditiamnnttwr lasdCficitsr6gionaux. caronapresdqucle cannerce interrbional Ctait faible, voire inexistant. Cela nlast pas tout II f a i t vrai. p i y e Gikongoro. par exenple, fournit & charbon de bois II Kigali. Si 1- statistiquce s a t exactes, l e dCfi c i t de l a prefecture & Gikongoro est trb supCrisw II celui actwllement indiquC et il est dCI II La fourniture & canbustibles ligneux II Kigali. - Source: "Plan Forcatier National"; estimtiono de l a mission. Amexe 1.7 Page 2 de 2 ANALYSE DE SENSlBlUTE DU PLAN FORESTIER NATIONAL Pourcentage de realisation Deficit de contwstibles 6 programmede plantation Ligneux qui en resultera par rapport B llobjectif vise en 2002 (milliers de t.) - Source: "Plan Forestier Nationalo1; estimtions de l a mission. Annexe 1.8 RWANDA - CWTS ACTUALISES DE PLANTATION PWR PROPRIETAIRES PRIVES ET PUBLICS (1987) Plantation drEtat Plantation cornrunale Plantation ~ r i v k e Rendetnent amuel (m3/ha) 8 12 14 8 12 14 8 12 18 24 CoQts (mi 1liers de FR/ha) CoOt total 128.7 128,7 128,7 32,6 32,6 32,6 40,O 40,O 40,O 40,O dont c d t de plantation 76,s 76,s 76,s 18,7 18,7 18,7 15,4 15,4 15,4 15,4 Production sur 25 ans Rendement total en m3 202 303 354 202 303 354 200 300 450 600 Total en steres 303 455 530 303 455 530 300 450 675 900 CoOt de production de bois sur pied FR/nJ 2.972 1.981 1.669 754 503 431 726 482 322 241 FR/st&re 1.981 1.321 1.113 503 335 287 484 321 215 161 Hmtheses: Taux d'actualisation de 10%. - Note: Le c w t Clevk des plantations de lrEtat est d au coOt de l a main-droewre et B des f r a i s gMraux klevks. - Source: Etude I1Secteur Cherbonnier1l et autres d o d e s sur des plantations appartenent B divers propriktaires. Annexe 1.9 RWANDA PRlX PROPOSESPAR LA DQF POUR LES COMBUSTIBLES UQNEUX I/ - Localit e -- Sur pied--Abettus et arpi16s Kigali G i kongoro Cyangugu Kibuye Autres Kigali G i kongoro Cyangugu Kibuye Autres Hvwthhses: - -- 1 Stere = 0.65 m3. Densite 600 kg/m3. Cateaorie Illm1 Categorie 11211 Grevi1lea robust8 Pinus spp Eucalyptus spp C a l l i t r i s spp Acacia spp Spp. ceduque de forets I1Bois dt 8 8 ~ 8 m ~ ~ naturelles de montegne RWANDA STRUCTURE DES PRIX DU CHARBON DE BOIS - FR/sac FR/kg SEU/ tonne Prix & vente II Kigali 550 15,30 204,OO Marge & &tailLent 100 2,80 37,30 Transport 130 3250 48,OO Main-dlocwre charbomibre 243 6,80 90,70 Prix 6 bois sur pied 77 2,lO 28,OO Valeur menswlle & La mein-dloewre: 7.290 FR/charbomier/mois = 97,OO SEU. HYDOthbq: -Frais & transport: 1,3 FR/sac/km 1 stbre = 0,65 m3 -Distance & transport: 100 b DensitC 600 kg/m3 -Poids dlm sac: 36 kg Capacit6 k procbction: -Rendanent & La carbonisation: 30 secs/charbomier/mis 12,OX -Prix & bois sur pied: 100 FR/stbre VALEUR WENSUELLE DE LA WIN-D'OEUVRE EN FONCTION DU PRIX DU BOIS SUR PIED - -- - -- Prix du bois Valeur rnenswlle sur pied au & la main-dlocwre stbre dlm charbomier (FR) FR SEU Source: E t u k nlSecteur Charbomier"; esti~natione& La mission. RWANDA COMPARAISON DES REVENUS PRODUITS PAR LES METHODES DE - CARBONISATIONTRAUTIONNELLE ET AMEUOREE Prix de vente B Kigali 550 15,30 204,OO 550 15,30 204,OO Marge du detail Lent 100 2,80 37,30 100 2,80 37,30 Transport 130 3,60 48,OO 130 3,60 48,OO Taxe sur Le charbon de bois 60 1,70 22,70 30 0,85 11,30 Main-dloewre charbcnmier 183 5,lO 68,OO 239 6,60 88,OO Prix du bois sur pied 77 2,lO 28,OO 46 1,30 17.30 hrtissement de L1investissement 0 0,OO 0,OO 5 0,lO 1,90 Val. m e ~ w l l e de l a main-dlocuvre 5.490 FR = 73,W SEU 7.170 FR = %.OO SEU Hypoth&ses: Voi r Amexe 3.11. - Rcndenmt de La carbonisation ernClior6e: 20,OX. - -- Investissement en carbonisat ion dlior6e: 5.000 FR/charbomier. Duree de L1investissenmt: 2 MS. Production a v u carbonisation dLiorCe: 500 sacs/charbomier/an. INFLUENCE DE LA DISTANCE DE TRANSPORT ET DU PRIX DU BOlS SUR PIED SUR LA VALEUR DE LA MAIN-D80EWREDU CHARBWNIER Prix du bois Methodcs t r d i t i m l l e s 0 50 100 150 200 - Notes: Come an peut Le constater, l a taxe sur Le charbon de bois aura pour effet & rbduire sensiblamant l e r e w & charbcnmier trditiml. La valeur .rt rursi fortamant tributaire & bois rur pied. L1inpo- s i t i a n & p r i x o f f i c i a l rbduira sensiblamant l e revmu & charbcnmier travaillant solon l a dthodc t r d i t i m l l e . S a l e La ldthodc d L i o r 6 e p r o b i r a vl revmu raisomrble au p r i x o f f icieL & bois sur pied (400 FR/st&re). Source: Etude aaSuteurCharbcnmier*; estintione & La mission. RWANDA PROJETS RELATIFS A L'ENERGIE DOMESTIQUE - Nan du projet Dekrt Fin F inancement Ministere Econanies de bois de feu 1986 1989 Pays-Bas DGE/MINITRAPE Foyers e t fours B charbon de bois am6tiores 1987 1989 UNPD/Pays-Bas DGE/MINITRAPE Reboisement 1985 1989 Belgique M INAGRI Agroforestier municipale 1983 1987 USAID M INAGRI Foresterie Gituza 1984 1988 USAID M INAGRI Foresterie -- Projet p i l o t e 1986 1987 CTS MINAGRI Unit6 de gestion I 1986 1990 CTS M INAGRI Soutien DGF 1986 1990 CTS M1NAGRI Agroforesterie -Muhura 1986 1987 Finlande MINAGRI Foresterie I 1981 1987 IDA MINAGRI Foresterie I 1 1988 1993 IDA M INAGR1 D6veloppement rural (Zalre-Ni 1) S.O. S.O. FED MINAGRI Foresterie - Nyungwe 1987 1989 CCCE MINAGRI Biogaz 1987 1989 GTZ MINITRAPE Production de tourbe - Projet p i l o t e S.O. Irlande MINITRAPE - - - Source: DGF. Annexe 1-13 Page 1 de 3 MESURES D'ECONOMIES DE COMBUSTIBLES LIGNEUX Fovers h charbon de bois amelior& 1. Le foyer RONDEREZA a 6te realist5 par la Banque Mondiale et le Programme des Nations Unies pour le D6veloppement (PNUD), qui ont lance parallklement un programme plus systematiqued'essai et de diffusionprogressivede modkles socialement acceptables. L'essai a 6t6 men6 auprks de 120familles de divers quartiers de Kigali. Chaque famille y a participe durant trois mois en utilisant chacun des trois modkles propos& pendant un mois, et a rKu en cadeau celui qu'elle prefdrait. Deux des modkles s'inspiraient des foyers recommand& par une mission anterieure de la Banque Mondiale (KIGALI HAUT et KIGALI BAS), le troisikme &ant le foyer CANAMAKE. A la fin de la premike phase de l'essai, le modkle prefer6 a et6 le KIGALI HAUT (rebaptise "RONDEREZA"par les usagers), suivi du KIGALI BAS. Le CANAMAKE s'est class6 dernier, partiellement h cause de la mauvaise qualite des foyers qui ont ete fournis par le projet. Une seconde phase du projet comprend l'essai de 1.000 foyers (chez 500 familles), une campagne de publicit6 et de commercialisation et des recommandations concernant une operationde diffusion h grande echelle. I1 est encore trop t6t pour se prononcer sur le deroulement de ce projet. 2. Au cours d'une prochaine phase, l'eflicacite des foyers amelior& sera test6e d m des conditions aussi proches que possibles de la realite. Jusqu'ici, les experiences en laboratoire ont dome des rbultats encourageants: la consommation de charbon de bois des modkles CANAMAKE et KIGALI HAUT a dt6 inferieurede 28% et 39%respectivement h celle du traditiomel IMBABURA. La rentabilite du RONDEREZA peut en effet se reveler trks interasante si celui-ci est vraiment performant: les menages qui utilisent actuellementtrois sacs de charbon de bois par mois consommeront environ un sac de moins si ce modMe permet une economiede 35%. A l'heure actuelle, ils pourraient ainsi economiser h peu prks 550 FRImois, ce qui compenserait largement la difference de prix entre lqIMBABURA traditiomel (150 FR) et le RONDEREZA (environ 400 FR h l'heure actuelle). 3. Les essais realis& auprks des 500 familles sont presque achevb et une premiere evaluation r6vkle que les menages, d m leur immense majorit6 preferent le foyer RONDEREZA. Certains aspects techniques appellent toutefois d'autres ameliorations et l'on a demand6 h un spkialiste rwandais des metaux de les etudier avant de commencer la grande campagnede publicit6 et de diffusion. La campagne de publicit6 encouragera la population urbaine h commencer h prendre des mesures d'konomie d'energie. Elle mettra l'accent sur l'utilisation des foyers RONDEREZA et CANAMAKE. On prevoit que ces deux modkles ne se feront pas concurrence, mais qu'ils iront plut8t de pair, car ils sont destines h differents secteurs du marche. -1/ En kinyamanda, RONDEREU signifie =celui qui dconomise'. Ce foyer coke b peu pr&s 400 ER. Unfoyer traditionnel se vend environ 250 ER. Amexe 1.13 Page 2 de 3 4. Une &pipe rwandaise a t?vdu6 les techniques de carbonisation ameliorh avec le concours de consultants &angers dans le cadre du programme ESMAP. Le projet forme des charbomiers habitub aux m&hodes traditiomellessur les lieux, lii oil ils produisent normalement leur charbon de bois. Le nombre de charbomiersf o r d jusqu'ii present est de I'ordre de 130 et I'on estime qu'il atteindra250 d'ici la fin de 1989. I1convient de souligner que, selonle personnel chargedu projet, 60%de tous les charbomiersainsiform& ontcontinueiiutiliserla methode ameliork et l'ont iileur tour enseignk ii d'autres charbomiers. On a observe que, dans certains villages, les charbomiers ont commend ii former des groupements dans lesquels ils travaillent actuellement. Ce mouvement est fortementsoutenupar leprojet etune nouvelleassociationde charbo~iersprofessionnels envisagk. Cet organisme renseignera les groupements de charbomiers sur les techniques et les disponibilitb en bois, et essaiera d'obtenir des fonds pour ameliorer leur efficacitd. Dans les groupements qui appliquent les m&hodes am6liorks, les revenus sont de deux ii quatre fois supkieurs ii ce qu'ils Went lorsque les charbomiers travaillaient seuls. 5. La maode ameliork de fabrication du charbon de bois qui a dt6 introduite est la methode CASAMANCE. Il s'agit d'une methode "traditiomelleam61iorkn. Au cours des travaux, le four a subi de legeres modificationsdestinh 2tl'adapter au terrain du Sud-Ouest du Rwanda et a dt6 baptist5 "Meule bufundaise", d'aprks le nom de la region oh il a at5initialement introduit. Les deux grandes differences entre la methode traditionnelle et la methode ameliork sont de nature opt?rationnelle et technique: le skhage et I'empilage du bois durant la phase de carbonisation sont des amt?liorations opt5ratiomelles qui, appliquk ii la mkthode traditiomelle, la rendraient plus performante. Les ambliorationstechniques sont obtenues par un renversement du tirage des gaz chauds au moyen d'une chemink metallique fabriquk avec des barils de petrole usages. Ces deux types d'am8iorations permettentdeproduiredu charbon debois de qualit6plus uniforme, d'augmenter la production et d'accb 16rer le processus de carbonisation. 6. Les essais realis& sur le terrain dans le cadre du projet d'amelioration de la production de charbon de bois ont montre que le rendement global (poids sec) de la methode de carbonisation traditiomelleest de I'ordre de 11%. La performance du four traditiomel a &t?mesurtk au cours de 19 essais. Le travail a &t?entierement accomplipar des charbonnier5habitues aux meodes traditionnelles et suivi par 1'Quipe rwandaise de contrepartie. Les resultats sont indiquk cidessous: - - - - - - - -- - ~ o l m edu four <an rtbrea) 1,3 6,8 15,2 Tumr en huiditC an X (t.h.b.m.L/) 29 29 29 Durk totale (an jourr) 1,6 5,4 11 T a p da carboniratian (an jourr) 5I3 8 Production (en kg) O4: MO TP2 ~end~ment 5,7X 11% 20% g/t.h.b.m. = lemur an huidit6 & boir rrouiLL1. Annexe 1.13 Page 3 de 3 7. Une telle faiblesse de rendement est due a la forte teneur en humiditd du bois (les charbonniers coupent le bois et le carbonisent immddiatement; la teneur en humiditd du bois mouilld est souvent dgale ou supdrieure 35%). La supervision est minime, voire inexistante, durant le processus de carbonisation. En outre, la fabrication du charbon de bois est une technique qui a &d introduite au Rwanda assez rtkemment. De ce fait, les competences traditionnelles ne sont pas trh rdpandues. 8. Les essais r&lis& sur le terrain selon la m&ode amdliork montrent que le rendement moyen (poids sec) est de 18%, soit une amdlioration de 60%. Une quinzaine d'essais avec du bois d'eucalyptus ont dtd faits sous surveillancedurant les quatre premiers mois de travaux de terrain. Le travail a dtd accompli par des charbonniers habitues aux mdthodes traditionnelles qui ont dtd form& et suivis par I'Quipe d'homologue. nvandais. Les rbultats sont indiqu& au tableau suivant: PERFORMANCE DU FOUR DE CARBONISATIOW AMELIOREE (MEULE WFUNDAISE) Mininun Movenne Maxinun - Volune du four (en sthres) 10 14,8 30 Teneur en hunidit6 en % (t.h.b.m.1 25 30 35 1- & cartionisation (en jours) 187 386 6,9 Rendement 15% 18% 26% Annexe 1.14 RWANDA COMPARAISON DES COUTS ECONOMIQUE E l FINANCIER - DES COMBUSTIBLES DOMESTIQUES ---CoOt konanique u--- ---Coot financier aJ--- Charbon KCroshn GPL Charbon KIroshne GPL & bois de bois Unit C kg Litre kg kg Litre kg Prix consomnetion (FRI 15 57,4 137 15 60,s 165 Pouvoir calorifique (MJI 30 35 45 30 35 45 Rendanent des foyers (XI 19 40 40 19 40 40 CoOt par IIJ u t i l e 2,6 4,1 7,6 2,6 4,3 9,2 --------C&t financier--------- Charbon Briquettes Tourbe de bois uawrus Unit C kg kg kg Prix consomnetion (FR) 15 8 8 Powoir calorifique (MJ) 30 17 12 Ren&ment &s foyers (XI 19 17 12 C&t par MJ u t i l e 2,6 2,8 5,6 )lotcs: Le mnqw & domCes prCcises ne permet pas, pour l e moment, de faire l a distinction entre l a v a l w r b c m i q u e et La v a l w r f inancihre pour tous Les carkrstibles. La diffCrmce entre Le prix Ccuunniquc et Le prix financier du kCroshn et du GPL est conatitu6e per Les taxes Locales et Les taxes dlinportation. Le f a i t que l e p r i x du kCroshn eat superieur i c i celui & L1amxe 2.6 tient eux f r a i s de distribution et b ce qulil est vendu par petites quantitCs au niveau des mCneges. d Le prix & vente rCel (promotiomel) est & 4 FR/kg, par contre un prix plus rCaliste, base sur l a t o t a l i t 6 &a coOts, e s t i d 8 FR (voir annexe 1.15). Source: Etude "Sectcur Charbonnieroo; estimntions & La mission. Annexe 1.15 Page 1 de 2 BRIQUETTES DE PAPYRUS Les Ressource~ 1. Aprks avoir dress6 un inventaire des ressources utilisables, on a estime que le papyrus, sans &treaussi abondant que dans d'autres pays d'Afrique de 1'Est (l'Ouganda, par exemple, possede 300.000 ha de marais de papyrus), pouvait quand m&me&tre extrait en grande quantite dans les marais du Rwanda. 2. Selon les experts, on peut recolter jusqu'h 16tiha (sdchees h l'air) tous les deux ans sans endommager l'enviromement. La duree de la rdcolte pourrait &tred'environ huit mois et serait surtout fonction de la saison des pluies. Des etudes detaillees financees par I'USAID et 1'Irlande indiquent que le Rwanda dispose de 23.000 ha de marais de papyrus repartis c o m e suit: Dans un rayon de 20 km autour de Kigali 2.000 ha Dans un rayon de 40 km autour de Kigali 5.000 ha Le long des rivikres, h l'ouest de la region des lacs et au sud jusqu'h la frontikre 16.000 ha ------..-- Total 23.000 ha Transformation 3. La capacite actuelle de l'usine pilote est de 2 tljour de 8 heures et pourrait &re port& h 4 tomes. Le materiel utilise est apparemment ultramoderne, mais on a quand meme besoin d'une abondante maind'oeuvre manuelle. L'usine est actuellement supervisee par un spkialiste expatrie. Commercialisation 4. La commercialisationdesbriquettes a commence sous la direction du MINITRAPE. Elles se vendent h 4 FRIkg en sacs de 50 kg (le prix du charbon de bois est d'environ 15 FRIkg), ce qui correspond h environ 60% du prix estimatif de revient (voir cidessous). Le pouvoir calorifique est estime h 17 MJIkg. 5. Les coots ont fait l'objet d'une estimation preliminaire ii la suite d'une visite de l'usine pilote. Dans les marais, le papyrus est coupe par 14 travailleurs, puis transport6 par camion sur 12 km (le coot par tlkm est estime h 40 FR pour de la matikre dense). La transformation est assur& par 10 ouvriers, dont 2 qualifih. Cependant, &ant dome que 6.000 ha de marais sont situQ h moins de 30 km de Kigali, on a effectue une analyse simplifih (voir cidessous) sur la base d'une distance de transport moyenne de 20 km. Page 2 de 2 Coat de la maind'oeuvre 22 x 150 FR + 2 x 300 FR = 3.900 FRljour Coot de l'electricittj 10 kW x 8 = 80 kwh x 8'5 FRIkWh = 680 FRljour Coat du transDort 1.600 FR/t (specialement si le retour se fait vide) c 'inv i t Coat du materiel: 30.000 $EU Fret et assurance: 15.000 $EU Coat annuel de l'entretien: 10%du coat du materiel Exploitation: 50% de l'annee Durk de vie du materiel: 5 ans 30,00015 + 15.00015 + 3.000 = 12.000$EU par an ce qui equivaut a 5.260 FR/jour ou 2.630 FRh Coats estimatif~ sur la base d'une production de 2 tomes/jour 4.580 FRl2 + 1.600 FR + 2.630 FR = 6.520 FRIt 6. Le coat reel pourrait donc se situer entre 8 et 10 FR/kg (frais generaux et marge bdndficiaire wmpris), ce qui est comparable it celui du charbon de bois aux prix actuels du marche, du moins si la production peut augmenter cornrne on l'indique cidessus. I1 faudrait faire une analyse detaillee et celle-ci devrait &re lide a une etude du march6 avant d'accroftre les investissements dans la fabrication des briquettes. 7. En 1987, la production a et6 de 52 tonnes, ce qui est beaucoup trop faible pour assurer la rentabilited'une exploitation. GORDON MELVIN & PARTNERS estime qu'avec un debit "optimal" de 30 tonnesljour, le coat total avoisinerait 2 $EUlGJ (soit 2,7 FRlkg), ce qui semble trh optimiste. 8. Des problkmes d'utilisation ont 6tb signal6 (fumde, difficultds d'allumage, etc.). Le diarnktre de la briquette est grand, ce qui ne facilite probablement pas I'allumage, d'oh la nkessitd de la couper avant de la placer dans un foyer utilise pour faire la cuisine. La teneur de la briquette en humidite n'a pas 6te prise en compte, mais elle risque de causer des difficult&. 9. La Direction du genie rural du MINAGRI prepare un inventairegeneral des marais du Rwanda. Elle a dejh lance un projet pilote dans trois communes: Mbogo, Tare (qui font partie de la prefecture de Kigali) et Tumba (prefecture de Byumba) avec le concours partiel de I'USAID, et fait actuellement des demarches auprh du PNUD pour obtenir le financement de l'inventaire grande echelle. Annexe 1.16 RWANDA UTILISATION DE LA TOURBE COMME COMBUSTIBLE - Les inconvenients et les obstacles suivants ont ete observes en ce qui concerne l'exploitation commerciale de la tourbe: - les gisements de tourbe se trouvent 2 une certaine distance du principal centre de consommation, Kigali, et il n'est pas possible d'y acctder par route goudronnee. Le transport des sacs de tourbe &ant t r h couteux, cette matikre a du mal a concurrencer le charbon de bois, qui peut provenir de differents endroits toujours 2 proximite de routes bitumees; - la mission a visit6 des tourbikres en exploitation oh elle a constate que la manipulation de la matikre laissait 2 dtsirer. A causede mauvaises conditionsd'entreposage, les blocs de tourbe etaient redevenus boueux, donc intransportables et inutilisables. Cela risque fort de devenir un problkme constant; - bien que l'on ne dispose gukre de preuves directes, l'exploitation de la tourbe c o m e source d'energie domestique ne semble pas economique, quel que soit le scenario. Les principaux gisementssont situ& 2 plus de 80 km de Kigali et les seules voies d'accks sont de mauvaises routes en terre. Rien que pour le transport, le coQtsera d'au moins 50 FR x 80 = 4.000 FRItonne livr6e a Kigali. Pour l'exploitation, le coat de la maind'oeuvre est d'au moins 1.000FRIt (si l'on estime qu'il faut au minimum 300 homes-mois pour produire 740 tomes) sans compter l'arnortissement du materiel et les frais generaux. Le pouvoir calorifique de la tourbe est de l'ordre de 12 MJIkg. Au total, le coQtpar MJ utile d$asserait le double de celui du charbon de bois au prix actuel, et il n'y a gukre d'espoir de reduire sensiblement les frais de production et de transport; - la longue experience que le Burundi a de la tourbe conduit a exclure cette matikre comme combustible de cuisine et, sur le plan pratique, cela vaut egalement pour le Rwanda: son pouvoir calorifique est faible, elle bdle trks lentement et laisse beaucoup de cendres (30%), elle degage des odeurs et de la furnee, et ne saurait, a aucun egard, concurrencer le charbon de bois sur le plan de l'utilisation. Cependant, si sa production, son transport et sa distribution sont bien organists, la tourbe peut se substituer aux combustibles petroliers ou 2 1'6lectricitd pour des activitb commerciales, mais des dtudes de faisabilite sont 2 faire; - enfin, les effets de l'extraction de la tourbe sur l'environnement n'ont pas encore fait l'objet d'une etude serieuse. I1 semble toutefois, d'aprh l'experience acquise dans d'autres pays, que l'environnement risque d'@trefortement perturb6 si l'exploitation de cette ressource n'est pas convenablement planifi6e et gdrb. Annexe 1.17 RWANDA PROJECTIONS DES BESOINS EN ENERGlE DOMESTIQUE SCENARIO I1 - - I/ Quantites physiques Electricit6 (Huh) Kerosene (tonnes) GPL (tonnes) Sous-prod. agric. (t x 1.000) Bois de feu (t x 1.000) Charbon de bois (t) Tourbe (t) Briquettes de papyrus (t) Tourbe (industrie, t) Bois de feu (ind., t x 1.000) Tonnes equivalent petrole 1981 1992 1997 2002 -- - Electricit6 Kerosene GPL Comkrstibles modernes - dnages X du t o t a l - menages Sous-produits agricoles Bois de feu Bois destine au charbon de bois Tourbe Briquettes de papyrus Comkrstibles traditionnels - dnages Total comkrstibles - dnages Tourbe (industrie) Bois de feu (ind.) Comkrstibles trad. (industrie) X du t o t a l - comkrstibles trad. Total comkrstibles trad. INCIDENCESSUR LA CONSOMMATION DE COMBUSTIBLES LIGNEUX - TEP Scenario I Scenario I 1 Pourcentage de changement entre les Scenarios I e t 11 1/ Ce tableau indiqw egalement, par soucis d1exhaustfvit6 Lee consomnetions de comkrstibles traditionnels par dlautres categories dlusagers. Les hypotheses retenues dans l e Scbario 11--par rapport au Scenario I--sont Les suivantes : Le papyrus entrant dans l a fabrication de briquettes proviendra de marais representant 116quivalent de 500 ha e t l1on presuppose une production de 15 tonnes/ha/an dlici 2002. Cheque tome de papyrus fera econuniser 0,s tonne de charbon de bois. 10%des charbonniere u t i 1iseront des lnethodes de carbonisation am61iorees d1i c i 2002. 25%des menages urbains utiliseront des foyers A charbon de bois a d l i o r e s dlici 2002, ce qui reduira Leur consomnetion d16nergie de 35%. 15%des lnenages ruraux utiliseront des lnethodes d l i o r e e s pour f a i r e La cuisine, ce qui reduira La consomnetion finale de 25% dlici 2002. L1utilisation dlautres Cnergfes ne sera pas affectb. Enfin, on prCsune qua La moitiC de car hypothber, se rCalieeront d'ici 1997. Annexe 1.18 CONSOMMATION DES COMBUSTIBLES LIGNEUX 1987-2002 - (en mi11iers de tep/an) CONSOMMATION DES COMBUSTIBLES LIGNEUX 1987 - 2002 w o l U = p u ~ 6 e 2000 1500 -- 1000 -, 500-- - a&nula I +&&a n 0 I I 1987 1992 1897 2002 h e ' e ~ U O dmM mlahn la Annexe 2.1 RWANDA: CONSOMMATION DE PRODUITS PETROLIERS (En tonnes) 1983 1984 1985 1986 1987 Progression annuel le ( X ) 1983-87 Imortations Essence avion Essence auto Kerosene Jet JP 1 Gazole Fuel GPL Total 66.000 72.783 80.401 90.265 90.133 8,1 Produits de contrebande 1.200 12.000 S.O. Consomnetion totale 66.000 72.783 80.401 91-465 102.133 11,s J Les produit s entres en contrebande sont principalement l e gazole et, dens une moindre mesure, 1'essence auto. Sources: - Importations: Direction du Cannerce exthriwr, Banque Nationale du Ruanda. - Produits entrhs en contrebande: Estimtions de la mission. Annexe 2.2 RWANDA: STRUCTURE DES PRlX PETROLIERS (Chiffres myens annuels, 1983-87) (En FR/kg) FOB Trans- C I F Droits prix 1/ port Kigali dtentr6e 1/ ESSENCE AUTO 1983 1984 1985 1986 1987 KEROSENE 1983 1984 1985 1986 1987 GAZOLE 1983 1984 1985 1986 1984 1985 1986 1987 - GPL 1983 1984 1985 1986 1987 1/ FOB Nairobi pour 80% des irrportations. Pour l e reste, FOB Honbasa, Dar es-Salaam, Golfe, Djibouti, etc. 2J Droits effectivement percus, conpte tenu de certaines exonerations. Ces dernieres ont p r i s de ltanpleur en 1987. Source: Banque Nationale du Rwanda pour les domees de base. EVOLUTION DE LA STRUCTURE DES PRlX PETROUERS (Exenples) (En FR/& F h r i e r 86 N o d r e 86 Mai 87 Mars 88 Juin 88 ~ # n change FR/SEU de 89 86 80 T7 75 Essence Gazole Essence Gazole Essence Gazole Essence Gazole Essence Gazole C I F-knhsa, F R / ~ 10.853 14.068 Transfert port de M h s a (1%) 109 140 Pipeline M h s a - N a i r o b i - -- 3.220 2.720 - -- CIF-Nairobi 25.050 24.490 14.182 13.418 16.928 16.126 13.710 13.440 13.240 11.845 Trensfert Nairobi-Kigali 14.500 14.500 14.500 14.500 14.500 14.500 14.500 14.500 14.500 14.500 Assurance (1%) -- --- - 399 394 290 282 317 309 285 282 280 266 CIF-Kigali 39.949 39.384 28.972 28.200 31.745 30.935 28.495 28.222 28.020 26.611 Droit dlinportation 13.230 12.600 13.230 12.600 13.230 12.600 17.640 17.640 17.640 17.640 Taxe NagerA (4%) 1.598 1.575 1.159 1.128 1.270 1.237 1.I40 1.129 1.121 1.064 Inpot sur l e c h i f f r e dlaffaires (6%) 2.602 2.516 2 . m 2.686 2.837 2.819 2.807 2.719 Taxe du Fonds routier - -- 8.000 8.000 11.000 11.000 11.000 11.000 8.000 8.006 Total partiel: taxes 14.828 14.175 24.991 24.244 28.275 27.523 32617 32.588 29.568 29.421 Frais e t mrge du grossiste 9.623 7.941 10.437 9.056 4.380 3.042 3.288 690 6.812 5.466 Marge du detai L Lent -2.400 2.400 2.400 2.400 2.400 2.400 2.400 2.400 2.400 2.400 Prix de vente au detail 66.800 63.900 66.800 63.900 66.800 63.900 66.800 63.900 66.800 63.900 - Source: Estimations de La mission d l a p r l les chiffres carnul.liqds per les soci6t6s p6troLi&res. Annexe 2.4 RWANDA: EVOLUTION DE LA REOLEMENTATIONDES PRlX PETROUERS Essence Gazole auto 21 n o v d r e 1981 A r r W no 06/15.01/81 Fixant -- les p r i x maxima des carburants: Prix & gros B Kigali: FR/L Merge du d6taillant: FR/L - Prix de detail B La panpe: FR/L dont: Droit d'importation: FR/kg laxe MAGERUA: FR/cmion 30 avri l 1984 Loi no 71/11/84 portent relevement &s droits d'importation & 6 B 18 FR et & 4 B 15 FR/kg 2 ianvier 1986 Arr6te no 001/FIN.7.08 portent La taxe MAGERUA de 1.000 ~ ~ / c m i oBn4%de La valeur CIF Kigali 24 mars 1986 Arr6te no 002/07/EC0/86 creant Le Fonds routier: FR/L 8 8 ler a v r i l 1986 Loi no 1/86 creant L1inpdt sur Le chiffre dlaffaires: 6%du CIF-Kigali, major6 des droits d1entr6e et & La taxe MAGERUA 20 mi 1987 Arrete no 03/EC0/87 augmentant Le Fonds routier de 8 8 11 FR/L 3 mars 1988 Loi no 10/88 augmentant les droits dfentr6e de 18 B 24 et de 15 B 21 FR/kg 16 mers 1988 ArrCte ministeriel remnant Le Fonds routier de 11 B 8 FR/l Source: Bulletin Officiel. RWANDA: IMPOTS ET TAXES SUR LES PRODUITS PETROUERS (Juin 1988) Droit s Taxe 1-t sur Fonds d1entr6e MGERUA lJ Le chiffre routi e r d'affaires 2J -- Essence avion FR 9/kg 4% 6% Essence auto FR 24/kg 4% 6% FR 8/1 Kkrosbe -- -- 4% 6% Gazole FR 21/kg 4% 6% FR 8/1 -- Fuel FR 3/kg 4% 6% -- GPL 25% 4% 6% 1/ 4% sur CIF Kigali, dont 1%de r&mdration de MGERUA et 3%pour Le M g e t de dhveloppement ghrh per l e Hinisthre des Finances. 2/ 6%sur l e prix dedwanh (CIF + droits d'entrhe + taxe MGERUA). - Source: Banqw Nationale du Rwanda; Bulletin Officiel. Annexe 2.6 RWANDA: STRUCTURE DES PRlX PETROUERS EN JUlN 1988 (En F R / ~ ; en FR/t pour l e GPL) Essence Essence K6roskn Gazole Fuel GPL avion auto C I F Kigali 50.000 28.020 30.600 26.611 22.500 80.000 Droits d1entr6e 6.66 17.640 17.640 2.790 20.000 Taxe Hagerwa (4%) 2.000 1.121 1.224 1.064 900 3.200 I@t chiffre dlaf faires (6%) 3.520 2.807 1.909 2.719 1.571 6.192 Taxe Fonds routier 8.000 8.000 - Total pertiel fiscalit6 12.180 29.568 3.133 29.423 5.261 29.392 Frais e't merge grossiste Harge detaillent Total, prix de vente mexinun 72.180 66.800 50.000 63.900 36.000 165.000 - Note: Swls Les prix de L1essence auto et du gazole sont contr616s. Source: Estimations de La mission dlapras les chiffres des soci6t6s p6troliares. RWANDA - BllANS D'ENERGIE ET DE PUISSANCE Previsions de La consamration selon l e Scenario 8 1. Demande (GUh) a. Consomnation prewe aJ b. Pertes u c. Production requise 2. Awrovisionnement (GUh) a. Centrales rwandaises c/ b. Ruzizi I dJ c. Ruzizi I 1 eJ 3. 8iLans enerqetiaues (GUh) fJ a. Sans achats dlenergie de Ruzizi I b. Avec importations de Ruzizi I (voir 2.b) 4. Bilans de wissance (MU) a. Demande de pointe q/ b. Puissance installee (i)centrales rwandaises (ii) I hJ Ruzizi (iii) I1 eJ Ruzizi c. Puissance excedentai re (i)sans Ruzizi I iJ (ii) avec Ruzizi I (voir 4.b(ii)) Correspond au S c h r i o 8 de L1annexe 3.1. E s t i h B 18%en 1988, 16%en 1989 et 1990, et 14%de 1991 B 2000. Estimations d l h r g i e garantie: Ntaruka 22,O GUh, Mukmgwa 1 45,O GUh, Gisenyi 5,4 GUh, Gihira 10,O GUh, soit un total de 82,4 GUh. I 1 s1agit p u t - 6 t r e dlwe estimation prudente w La production de 1987: Ntaruka 28.1 GUh, Mukmgwa 60,s GUh, Gisenyi 8,2 GUh, Gihira 11,5 GUh, soit un total de 108,3 GUh. I 1 est &element p r e s d qulaucwe nouvell e centrale ne sera construite au Rwanda &rant La p6riode consideree. Les dispositions contractuelles regissent llachat d l h r g i e & Ruzizi I ne sp6cifient aucun m i n i m , ce qui dome beaucoup de Latitude au Rwanda. La quantit6 dl&rgie f w r n i e par Ruzizi I en 1988 a Bt6 fonction du deficit de production des centrales rwandaises. A partir de 1989, Les 30 GUh constituent un niveau de reference qui, dans La pratiepre, serait ajuste en fonction de La quantite d16nergie quli 1 faudrait obtenir de Ruzizi II pour qw Le bilan hrgetiepre soit parfaitement kpilibr6. Correspond B 1/3 de L16nergie produite w de La puissance installee de Ruzizi 11. on p r b s m que ( 4 treisiPmg 1mit4 entrere pn service debut 1995. Les &res entre parentheses sont M a t i f s . Calcul& dlapr&s La production necessaire B 5.100 heures dlutilisation. Correspond B l a prissance swscrite. La prissance install& de Ruzizi I est de 28,2 MU. La demande de pointe au Zaire a bt6 de 16,3 MU en 1987. Ne tient pas conpte des reserves m5cessaires. Le contrat actuel dlachat dlbnergie de Ruzizi I permet B ELECTROGAZ d8augmenter l a prissance souscrite selon ses besoins. - Swrce: Estimations de La mission. DEMANDE ET OFFRE D A M LE RESEAU INTERCONNECTE DU BURUNM, W RWANDA ET DU ZAIRE-KIVU (En GUh) 1. D d J a. Burudi b. Zaire a. Burudi b. Zaire cJ 4. Eneraie ore Le Rwanda doit imorter 18,8 53,5 11,l 20,4 29,2 42,9 58,3 75,7 75,l 97,2 122,l J Estimations de L'Ctude & tarification de L'6Lectricit6 de La centrale Ruzizi 11, BCEOM, juin 1988. Correspond au Scbrsrio 61 qui retient L'hypothhe d'm t a u moyen de croissance konaniqw et d'investissemmts dens Les rkeaux de transport et de distribution conformhent aux plans d'expansion. Caprend 80,O GUh & Rwegura, 34,O GLlh de Mugera, 7,O Gbh de Ruryironza (intercamect6 en 19901, 3,7 GUh de Gikonge (intercomecte en 1990) et 46,7 GH & Ruzizi I 1 (66,7 GClh B partir de 19961. cJ Carprend 160 GClh & Ruzizi I e t 46,7 GClh de Ruzizi I 1 (66,7 B p a r t i r de 1995). Lcs m r e s m t r e parentheses sont negatifs. - Source: Estimtions de La mission. Annexe 3.4 ELECTROGAZ Centrales 6lectriques Unit6 Puissance Am6e Dernihre ntdro (MU) d'installation rehabilitation HYDROELECTRIWE Gisenyi Ntaruka Hukungua Gihira DIESEL Kibuye Kibongo 1 0 , E 1974 Gisenyi 1 0,2 1979 2 O,1 1979 Source: ELECTROGAZ. ELECTROQAZ Awrovisionnenmt en blectricitb 1983-1987 (En GUh) Centrales blectriques 1983 1984 1985 1986 1987 HYOROELECTRIWE Mukvlgwa Gihire - DIESEL Gatsata IMPORTATIONS Ruzizi I Approvisionnement total dont inportations - Source: ELECTROCAZ. Annexe 3.6 ELECTROGAZ Organi~ramme Hi r r r r m c n c rn t ; R G 2 - 136 - Annexe 3.7 RWANDA: PLAN D'INVESTISSEMENT DANS LE SOUS-SECTEUR ELECTRIQUE (En millions de dollars EU & 1987) INTITULE OU PROJET Coat total du projet 1988 1989 1990 1991 1992 1993 Aprts 1993 Devises FR Total PROOUCTION Mukungwa I 1 (3.6 MU) 11,27 5.55 16,82 0.00 0,OO 5,05 8,41 3,36 0,OO 0,OO Rukarara (9.4 MU) 21,50 10,59 32,09 0,OO 0.00 7.22 12.03 10,43 2,41 0,OO Rusomo-Rugezi (3 MU) 9,29 3.98 13,27 0.00 0,OO 0,OO 2.65 6,64 3,98 0,OO Keya (1,8 MU) 3,10 1,33 4,43 0,OO 0,OO 2.22 2.21 0,OO 0,OO 0100 10 Hicrocentrales 4,00 2,27 6,27 0,00 1,25 1,25 l,25 1,25 1,25 0,OO Nyabarongo (9-14 MU) 28,28 12,12 40,40 0,00 0,OO 0,OO 1.99 16,16 14,14 8,11 Akanyaru (2-2,5 MU) 7 , s 3,41 11,36 0,OO 0,OO 0.00 2,27 5,68 3,41 0,OO Ruzizi 11 3 k R grwpe 2,54 0,28 2,82aJ 0,OO 1,13 1,69 0,OO 0.00 0,OO 0,OO Rusomo Fa11s 38,OO 12,60 SO,& 0,OO 0,OO 0,OO 0,OO 12,04 12,04 26,51 TOTAL GENERATION 125,93 52.13 178.06 0,OO 2,38 17,43 30,82 55,57 37.23 34,62 TRANSPORT Gifurwe-Ki rambo 0.50 0.34 0.84 0,28 0,56 0.00 0,OO 0.00 0,OO 0,OO Rehab/ext. 6 a g g l d - rations 7,54 1,60 9,15 0,27 2,38 4,21 2,29 0,OO 0,OO 0,OO (Byunbe, Gitarmna, Cyangugu, Bugareme, Gikongoro, Rwamegana) Alimentation en blec. 2,41 0,43 2.86 0,85 1,42 0,57 0.00 0,OO 0,OO 0,OO des chefs-lieux cks sous- prefectures - Rehab. Jabana-Rutongo/Ext. Hurambi - Gasiza-Giciye-Kabeya-Rubeya - Nymirambo-Butamwe-Kanazi Electr. rurale; ext. des 14,41 6,17 20,58 0,00 0,00 2,68 8,23 7,61 2,06 0,OO lignes electriques en mil i e u rural TOTAL TRANSPORT 26,18 9,10 35.29 1,41 4,73 8 , s 10,52 7,61 2,06 0,OO Electrification &s 3,20 1,37 4,57 1,04 1,lO 1,22 1,21 0,OO 0,OO 0,OO quertiers Priphbriques de Kigali E c l a i r . p r b l i c & K i g e l i 3,30 1,41 4,71 1,05 1,22 1,22 1,22 0,00 0.00 0,Oo Eclair. public de Butare O,M 0,16 0.52 0,52 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,OO (2- phase) Extension BT Cyanika, 0,52 0,22 0,74 0,74 0,OO 0,OO 0,OO 0,OO 0,OO 0,OO Gifurwe, Gakem Extenaionautofinanc~es 2,20 0,94 3,14 1,08 1,08 0,98 0,00 0.00 0,00 0,OO dlELECTROWZ TOTAL OISTRIBUTION 9,58 4,10 13,68 4,43 3,40 3,42 2,43 0.00 0,OO 0,OO INVESTISSEMENT TOTAL 161,69 65.34 227,03 5,84 10,52 29,81 43.77 63,18 39,29 34,62 g/ Part du c&t t o t a l A l a cherge du Ruedo (1/3). Source: Ministere &s travaw prblics e t & 1 8 h r g i e , ELECTROGAZ. Annexe 3.8 COUT DES CENTRALS ELECTRIQUES PROPOSEES (En dollars EU) Centrale CoQt en millions Puissance Coirt/kU de EUS de 1987 e n W install6 Mukungua 1 1 16,82 3,6 4.700 Rukarara 32.01 9,4 3.400 Rusuno-Rugezi 13,27 3,o 4.420 Keya 4,43 2,o 2.300 Nyaberongo 40,40 9 - 14 2.900- 4.500 Akanyaru 11.36 2 - 2,5 4.500- 5.700 Ruzizi 11, 3kne groupe 8.46 13,3 600 Rusuno Falls 50,60 27,3 1.900 Sources: -'IEtudes de 11am6nagement hydro6lectrique de Mukungua I I e t de RukararaI1; (Motor Colurkrs/Oscar von M i 1ler; janvier 1988). - "Expertise sur l a s t r a t b i e de d6veloppement de nouvelles centrales hydro6lectriques au Rwanda11; (DECON; mi 1988). - I1Adnagement hydro6lectrique de Rusuno Falls11; (par l e bureau df6tudes techniques belge TRACTEBEL; mnrs 1988). -Estimations de La mission. -3.9 Page 1 de 4 L'ELECTRIFICATION RURALE Critbres d'acce~tabilitddes uroiets Introduction 1. Les pays en ddveloppement et les bailleurs de fonds consacrent des ressources de plus en plus importantes a l'dlectrification rurale, mais, dans bien des cas, les projets lancQ dans ce domaine ne sont pas soumis aux analyses coots-avantages rigoureuses recommanddes pour d'autres projets d'investissement. On fait parfois valoir que l'dlectrification rurale est justifide par certains bienfaits d'ordre social non quantifiables. Dans d'autres cas, on estime que les seuls avantages sont les recettes tarifaires frdquemment gonflh et irrdalistes. Ce genre d'analyse erronde conduit gaspiller des ressources rues dans des investissements qui ne sont ni socialement ni dconomiquement souhaitables et a mal rdpartir les fonds limitds dont dispose le pays. 2. La prQente note explique la fa~onde proceder pour justifier socialement et dconomiquement des projets d'dlectrification rurale en suivant la mdthode traditiomelle d'analyse des coots et des avantages. Les menages, les exploitationsagricoles, les agroindustries et le commerce tirent des avantages de l'utilisation de l'dlectricitd, et ces avantages peuvent se mesurer, c o m e cela se fait habituellement dans l'dvaluation des projets de ddveloppement, par le montant de leur revenu que les familles et les commerces sont prets a ddpenser en dlectricitd. Les avantages, une fois correctement me- surQ, doivent Btre compards au coot du projet, en calculant la valeur actuelle nette et le taux de rentabilitd dconomique interne, pour dtablir si le projet est souhaitable. Les projets d'dectrification rurale dont la valeur actuelle nette est negative ou dont le taux de rentabilitd dconomique interne est infdrieur au coot d'opportunitd du capital ne devraient pas &re entrepris. Prevision de la demande 3. Lorsque l'on ddfinit un projet d'dlectrification rurale, il faut commencer par dtablir une prdvision de la demande d'dectricitd sur une pdriode raisomable. Cette prdvision s'appuiera sur une dtude exhaustive de la population et de l'activitd dconomique de la region bdndficiaire du projet. Cette dtude devrait &treadaptde a la zone considdrdee, mais devrait au moins recenser: (a) le type et le nombre de consommateurs potentiels; (b) les caractdristiques socio-konomiques des consommateurs; (c) les caractkistiques physiques des maisons; (d) les principales activith dconomiques; et (e) les utilisations actuelles et potentielles de l'dnergie. 4. Bien que tous les projets d'dlectrification rurale soient normalement prtkedQ d'dtudes, les prdvisions de la demande b a s h sur ces dernieres sont gdndralement trop optimistes. I1 convient d'abord de rappeler que les consommateurs ne se feront pas raccorder immediatement au rQeau Bectrique, parfois a cause des frais de raccordement et des tarifs pratiquh par les compagnies d'electricitd, mais souvent en raison d'une inertie sociale assez prononcde dans les regions rurales qui provoque une certaine rQistance au changement. I1 faudrait considdrer le taux de raccordement dans des projets semblablesddja exdcutQ pour estimer convenablement les rdsultatsdu projet envisagd. I1convient egalement de se dire que l'dlectrification ne produira pas en soi automatiquement la croissance dconomique recherchde, qui ndcessitera d'autres investissements dans la region. I1 faudrait examiner les plans et les budgets de ddveloppement regional pour prdvoir la croissance du nombre de consom- mateurs--particuliers et commerces--et tirer parti de l'experience acquise dans d'autres regions pour prevoir le niveau d'accroissement de la consommation par consommateur. L'tklairage public et la Annexe 3.9 Page 2 de 4 consommation des ecoles, des services sanitaires et de 1'Administrationpeuvent &re estimds directement ii partir de coefficients techniques connus. Analyse des variantes 5. L'dlectrification rurale est generalement consideree c o m e l'extension du reseau electrique national ii une nouvelle region. Cependant, les regions peuvent dgalement produire de 1'6lectricite localement au moyen de groupes electrogknesdiesel ou de petites centraleshydroelectriques. Pour la petite consommation etlou dans les regions isolh, l'electricite localepermet souventde subvenir aux besoins ii meilleur marche. Dans ces situations, le coot d'investissement des groupes diesel est normalement infdrieur 2 celui de l'extension du reseau electrique et compense le coot plus Beve du combustible et de I'exploitation du materiel. C'est la raisonpour laquelle les entreprisesprivees installent parfois leurs propres groupes electrogknes, et alimentent meme partiellement une agglomeration voisine, durant les premikes phases de l'electrification de regions isolees. 6. Pour tous les projets d'electrification rurale, il faudrait faire une cornparaison entre le developpementde l'approvisionnement local et l'extension du reseau national. Dans une nouvellelocalite, il peut &re avantageux d'installer d'abord des groupes dlectrogknes diesel, ce qui creera une demande d'electricite, donc un marche. Le raccordement au reseau ne s'effectuera que lorsque la consommation aura ddpasseun niveau minimum. Les pouvoirs publics et les bailleurs de fonds devraient exiger qu'une analyse des diverses sources d'approvisionnement en electricit6 soit realisde avant toute extension du reseau. Calcul des avantages 7. I1 faudrait tracer des courbes de la demande pour les principales categories de consommateurs dans chaque zone du projet. Ces courbes seront basees sur les etudes de demande et devraient faire la distinction entre: (a) le coot et l'dquivalent kwh de la consommation actuelle des energies de substitution utilisks dans la region (eclairage, autoproduction, moteurs diesel et autres Quipements ii substituer); et (b) la consommation future d'electricite aux tarifs en vigueur. On trouvera cidessous la representation schematique d'une courbe de demande annuelle type. Consommation d' Bnergie Annexe 3.9 Page 3 de 4 Dans le schema cidessus, "C," indique le niveau actuel de consommation (en dquivalent-kWh)des energies de substitution. "PINindiquele prix implicitede I'dquivalent-kWh de cette energie. "C," indique le niveau prevu de consommation d'electricite aprh I'achkvement du projet. "P," indique le tarif que la compagnie applique 2 cette consommation. Le rectangle "B," reprbente les depenses annuellesdes consommateursau titre des energies de substitution (relativementcotlteuses) "sans le projet". Le rectangle "&** reprbente la quantiteadditionnelled'energie que le consommateur devrait en principe utiliser suite la rwisation du projet (en raison de la baisse des prix) multiplik par le tarif moyen auquel se vend l'dlectricite. Enfin, le triangle " b " reprbente le "surplus du consommateur", c'est-adire la difference entre ce que le consommateur serait dispose 2 payer pour chaque unite additionnelle d'energie consommee et ce que lui fait effectivement payer la compagnie d'6lectricite. L'avantage total du projet est egal la s o m e des parties "B, + B, = B,", ou 8. Pour calculer "B,", il est nkessaire d'estimer pour chaque groupe de consommateurs les ddpenses affect& aux energies de substitution. Dans le cas des menages, des etablissements commerciaux, des kales et de I'Administration, l'electricite servira surtout remplacer les combustibles et les bougies actuellement utilisb pour l'klairage. Afin de calculer les quantitb en jeu, il faut multiplier le nombre de consommateurs rbidentiels et autres dans chaque zone du projet par le niveau moyen estimd de consommationde combustibleet de chandellesdans les menages non electrifib. I1 faut egalement tenir comptede la substitutiondel'electricitt?pour d'autres usages (cuisine, refrigeration, etc.). Dans le cas des producteurs agricoles et des agroindustries, il faudrait dresser un inventaire du materiel diesel actuellement utilise (par type et par capacite). En appliquant des coefficients techniques et des facteurs d'utilisation estimes, il est possible de calculer la consommationtotale substituable de gazole. 9. Les quantitb de combustible determinh suivant la methode decrite cidessus doivent @tre multipliees par leur coot CAF estime. Cela d o ~ e r la a valeur hnomique totale prevue des economies en energies de substitution (partie "B,") dans chaque zone du projet. I1 convient toutefois de noter, propos de l'analyse economique, que pour calculer la partie "B,", il faut exprimer le prix "P,"sous forme de prix Bconomique (c'est-adire hors taxes et subventions), tandis que pour le calcul de la partie "B,", le prix "PIwdevrait refleter le coot reel sur le marche (taxes et subventions comprises), car il definit la pente de la courbe de la demande (et, partant, la partie "b"). 10. La partie "B," est determink par le prix moyen de 1'8ectricite pour les consommateurs ruraux (prix "P," du schema) et l'augmentation de la consommation d'energie ("C," - "C,") par suite de la baisse du prix (de "P," 2 "P,"). Le niveau de "P," est genbalement une donnk connue et le calcul de la consommation d'energie "sans le projet" ("C,") a ete decrit au paragraphe 8 cidessus. La consommation d'energie "avec le projet" ("C,") peut etre estimk 2 partir des d o m h sur le niveau moyen de consommation d'electricite par categorie de consommateurs dans des regions recemment electrifih. Dans le cas des consommateursrbidentiels, la consommation moyenne devrait @treventilk en fonction des types d'habitations et de leurs dimensions. I1 convient de rappeler qu'au cours des premieres a n n h qui suiventl'electrification, seule une fraction de la clientelepotentielle se fait raccorder au rbeau electrique. A noter egalement que la consommationd'energie par menage progresse rapidement dans l'annee qui suit le raccordement, car cette periode est marquk par des achats de larnpes et d'appareils Blectrom~nagers,puis elle diminue, atteignant presque le point de saturation vers la 4kme annk. Ces faits devraient &re pris en comptelors de l'estimation de la consommationd'dlectricite "avec le projet". 11. La partie "B,", qui reprbente la valeur du "surplus du consommateur", se calcule en multipliant l'augmentation de la consommation d'energie aprh achkvement du projet ("C," - "C,") par Amexe 3.9 Page 4 de 4 la baisse du prix de l'dnergie ("P," - "P,"), multiplit?par 0,s. Dans ce cas, les taxes et les subventions ont cependant dtt?comptees dans le coot des energies de substitution, &ant dome qu'elles representent une partie du coot que supporte le consommateur dans la situation "sans projet". On a donc obtenu "PIn en divisant le total des depenses que les consommateurs affectent aux energies de substitution avant le projet par le niveau initial prhume de consommation d'energie "C,". 12. 11 ressort de l'experience acquise, que les avantages represent& par la substitution d'dnergies (partie "B,") et le surplusdu consommateur (partie "B,") constituentgenkalement plus de60% du total des avantages d'un projet d'6lectrification rurale. Lorsque ces avantages ne sont pas mesurk, ils sont fortement sous-estimh. Etant dome que les decisions basks exclusivement sur les recettes tarifaires nejustifient pas la plupart des projets d'electrification rurale, les consultantstendent a surestimer la demande pour s'approcher d'un taux acceptable de rentabilitt?hnomique interne. 13. Une fois que la demande et les avantages ont 6t6 estimh, il faut comparer les flux des coots et des avantages sur la duree de vie utile du projet en fonction de sa valeur actualisk. Le calcul des valeurs actuelles nettes et des taux de rentabilite economique interne s'effectue selon les methodes habituelles d'analyse des coots et des avantages. I1 faudrait egalement ajuster les taux de change de reference et le coot de reference de la maind'oeuvre non qualifiee en fonction de la situation macro-hnomique du pays. 14. Un projet d'6lectrification rurale ne devrait &treexecute que si le taux de rentabilite economique interne est superieur au coot d'opportunite du capital. Si tel n'est pas le cas, 1'6lectricite n'apporte qu'une contribution limitee l'augmentation des revenus et ne compense pas les ressources utiliskes. Parfois, cela est du au coot eleve du projet. I1 convient alors de reexaminer l'agencement du r&eau et la puissance de l'equipement pour savoir s'il est possible de rauire les depenses d'investissement. I1 se peut que la faible rentabilite hnomique indique egalement que l'activite hnomique locale est extrgmement rauite et que d'autres investissements sont nkessaires pour developper la region. Si tel est le cas, l'dlectrification rurale doit &re repoussee jusqu'a ce que l'infrastructure additiomellesoit en place. Un taux de rentabiliteeconomique calculesuivantune analyse coots-avantages rigoureuse dome une idee precise de l'utilitt? de l'investissement envisage. Annexe 3.14 Page 1 de 2 LE COUT MARGINAL DE L'ELECTRICITE 1. Le coot marginal 2 long terme de l'electricitt? dans le rheau interconnect6 du Rwanda n'a pas ete estime d'une manikre systematique et sur la base d'un plan d'investissement 2 long terme. L'Etude du Plan directeur en cours comprend une etude tarifaire bas& sur le coot marginal 2 long terme d'un d6veloppementfutur au moindre coot du reseau rwandais. Dans l'intervalle, le calcul present6cidessous, qui repose sur les meilleures donnh obtenueset les hypothksesretenues par la mission, donneune valeur approximative qui peut se reveler utile dans 1'6valuation des tarifs actuels et des possibilith de substitutiond'energies. 2. En l'absence d'estimations fiables du coot des centrales Bectriques futures au Rwanda, on considkreRuzizi I1 comrne la centrale 'marginale'. I1convienttoutefoisde noter que d'aprh des calculs preliminaires, le coot d'une centrale Bectrique au Rwanda serait plus deve que celui de Ruzizi 11, de sorte que le coot de production r&l dans le rheau risque d'Btre sous-estime si l'on utilise Ruzizi 11. 3. Les calculs present& cidessous sont bash sur les prix de 1988. La dur& de vie des installations est la suivante: (a) ouvrages de genie civil: 50 ans; (b) Quipements electro-mkaniques: 35 ans. Une troisikme unite de 13,3 MW entrera en service en 1994. Les seuls Quipements qui feront l'objet d'une renovation majeure seront les turbines aprks 35 annees de service (2023-24). Au terme de la periode de 50 ans sur laquelle porte le calcul, la valeur rhiduelle des turbines, renovh 13 ans auparavant, Quivaudrait 2 60% du coOt de leur renovation, alors que les ouvrages de genie civil conserveraient pleinement leur valeur d'origine. (Tous lea coirts sont exprids en rnilliers de DTS) - Coirt de Charges Coirt Production AM& construction dtexploitation total (en GUh) Source: SINELAC; estimations de l a misaion. Annexe 3.14 Page 2 de 2 4. Les cofltsde constructionentre 1978et 1988ont dtd convertisen valeurs de 1988utilisant les valeurs unitaires des exportations des produits manufactures en provenance des pays industriels. La valeur actualis& (annb de rdfdrence: 1988) de toutes les ddpenses d'investissement et charges d'exploitation (taux d'actualisation de 10%)se chiffre a 118.568.000 DTS, et celle de la production est de 1.674,5 GWh. Le coot marginal de production est donc estimd a 0,07 DTSIkWh. Au taux de 1,30 $EU = 1,00 DTS, cela correspond a 0,091 $EU/kWh (environ 6,83 FR). 5. Les pertes de production s'dlevant a 296, le coot de 1'Bnergie reque par le r&eau serait de 0,093 $EU/kWh (0,091 x 1,02). La centrale hydrodlectriqueRuzizi I1 est relib au poste de Mururu par une ligne de transport de 15 km qui a ndcessitd un investissement global de 961.000 $EU. La durb de vie utile du poste est estimb a 30 ans. La ligne acheminera 46,7 GWh entre 1989et 1994, et 66,7 GWh aprks 1995. En admettant que les charges annuelles d'exploitation s'dlkvent a 3% des ddpenses d'investissement et que les pertes de transport soient de 296, on obtient pour le transport un coot total de 0,004 $EU/kWh, ce qui est faible puisque l'investissement ndcessaire est limite. Le coot marginal de l'energie transferee du reseau de transport au rbeau de distribution serait donc de 0,097 $EU/kWh. Coat de l'dner~ieau niveau de la distribution movenne tension 6. 11n'y apas d'estimations fiables des coots d'amdnagement au niveau de la distribution. Dans l'etude tarifaire de 1987, SAUR-Afrique et EDF donnent pour les reseaux moyennetension (MT) et haute tension (HT) des valeurs allant de 156 $EU a 352 $EU/kW, charges d'exploitation comprises. Ces valeurs ont 6te obtenues de quatre consultants differents qui les ont dtablies d'aprks l'expdrience acquise dans l'ex6cution de projets ou dans le cadre d'etudes de faisabilite sur des projets proposes (LAVALIN, BETELEC, ENERGIEPLAN-GmbH et OSCAR VON MILLER). Etant dome qu'au niveau des consommateurs HT et MT, le nombre moyen d'heures d'utilisation est de 3.600, le coot de distribution de l'energie varierait entre 0,043 et 0,098 $EU/kWh. 7. Toujours selon les estimationsdes paragraphes precddents, mais avec 4% de pertes, le coot de l'energie vendue directement a partir du reseau MT se situerait entre 0,14 et 0,19 $EU/kWh, soit une moyenne de 0,17 $EU/kWh. Par comparaison, le tarif moyen actuel est de 0,13 $EU/kWh pour les puissances inferieures a 100 kW et de 0,10 $EU/kWh pour les puissances supdrieures a 100 kW. Coat de I'dnergie au niveau de la distribution basse tension 8. D'aprks l'etude tarifaire r d i s b par SAUR-EDF (voir cidessus), les coots additiomels du rheau de distribution base tension (BT) se situeraient entre 128 et 277 $EU/kW, investissements et charges d'exploitation compris. Tout le reseau HT et une grande partie du r&eau MT servent egalement a alimenter les usagers BT. Etant donne qu'il n'y a pas moyen de rdpartir ces coots sans se livrer a des etudes detaillk du rheau electrique tout entier, admettons que les trois quarts des coats HT et MT estimk devraient @treimputes a la distribution BT. Le coot total d'amenagement du transport et de la distribution se situera donc entre 245 et 451 $EU/kW, ou entre 0,061 et 0,135 $EU/kWh, pour une utilisation moyenne de 4.000 heures. 9. Enfin, avec 8%de pertes entre le transport et la distribution, le coot de I'Bnergie vendue au niveau BT se situerait entre 0,16 $EU/kWh et 0,24 $EU/kWh, soit une moyenne de 0,20 $EU/kWh. A titre de comparaison, le tarif BT moyen est actuellement de O,11 $EU/kWh. Annexe 4.1 Page 1 de 3 MEIlUNE DU LAC KIVU RESSOURCES DISPONIBLES 1. On ne connaft pas l'origine du methane contenu dans le lac. I1 pourrait &re d'origine gklogique ou biologique, ou provenir d'un ensemble de sources. En revanche, on comprend trh bien comment ce gaz est dissous dans les eaux profondes et la fawn dont les couches d'eau riches en gaz se maintiennent A une grande profondeur. Vu le caractere volcanique de la region, la temperature du lac augmente avec la profondeur. Les mineraux se dissolvent mieux dans les eaux profondes, qui sont plus chaudes, que dans celles des couches superieures, qui sont fralches, et le poids des mineraux dissous augmente la densite de l'eau au fond du lac (malgre sa temperature elev&). La convection, qui est le mouvement ascendantdes fluides chauds et le mouvement descendantdes fluides froids, ne peut donc pas se produire, et il y a ainsi stabilitedes masses. A plus de 270 metres de profondeur, la temperature et la pression (environ 30 atmospheres) sont telles que l'eau peut absorber d'importantes quantith de methane et d'autres gaz. Nature et com~osition 2. I1 existe A peu prks 1,4 Nm3de gaz en dissolution dans chaque mktre cube d'eau des couches inferieuresdu lac. Ce gaz se composesurtout de dioxydede carbone(environ 74%)' le methane ne reprhentant qu'environ 25%. Aucune methode pratique d'extraction in situ n'a encore ete trouvh. Pour extraire le gaz, il faut en effet amener les eaux profondes A la surface oh la pression est plus faible, ce qui libere le gaz. Le deplacement de volumes d'eau gigantesques est une contrainte majeure. Cela determinela conceptiondes usines A gaz et, de ce fait, leur coot et leur rentabilite. En outre, vu sa faible teneur en methane, le gaz brut extrait A la surface n'est pas inflammable. Pour qu'il puisse sel-vir de combustible et pour que son transport par gazoduc sur de grandes distances soit economique, sa teneur en methane doit &re relev& par l'elimination du dioxyde de carbone, surtout si l'on envisage sa compression ou sa liquefaction afin de l'acheminer vers les march6 sous forme de GNC ou de GNL. Cela constitue une autre contrainte qui se rQercute sur le coot de production du gaz. Enfin, le gaz en dissolutionrenferme de l'hydrogene sulfur&-ce qui expose les Quipements A la rouille et A l'usure (A moins d'utiliser des materiaux inoxydables, d'oh une augmentation des coots)--mais uniquement en quantith infimes (jusqu'h concurrence de 0,0596) qui rendent son extraction peu economique, d'aprh les normes de rentabilite de l'industrie, pour un usage tel que la fabricationdes allumettes. Com~ortementdu lac et risaues inherents A la ~roduction 3. La methode de production de gaz utilis& A l'usine pilote du Cap Rubona n'est pas compliqu&. L'eau du fond du lac est amen& A la surface au moyen d'une conduite. A mesure qu'elle monte, l'eau atteint des zones oh la pression dans la colonne diminue progressivement, de sorte que la solution se dbmpose et le gaz est libere. Les bulles de gaz exercent alors sur l'eau une pouss& ascendante dont la puissance permet de se passer de pompes une fois le processus amorce. Le gaz est Annexe 4.1 Page 2 de 3 captB a la surface dans une cloche a partir de laquelle il est achemine vers des colonnes de lavage oh sa teneur en methane est relevbe par la redissolutiondu dioxyde de carbone dans un flux d'eau de surface. Les eaux profondes degazees et les eaux riches en dioxyde de carbone sont rejetees en surface du lac. 4. Au bout d'un certainnombre d9ann6es,a mesure que s'agrandit l'echelle de l'exploitation, l'extraction constante de gaz en un point donne et le jet de l'eau a la surface du lac prhenteraient des risques considerables: (a) puce que l'eau &ant continuellementcaptee au meme endroit, la ressource extraite risque de s'epuiser dans cette partie du lac; et (b) puce que les eaux profondes, une fois utilisees, ne sont pas renvoyees a la profondeur correspondant a leur densite, il pourrait se former un courant vertical qui provoquerait le melange des diverses couches du lac. De ce fait, les couches inferieures se refroidiraient, le gaz s'echapperait de la solution et les bulles feraient remonter les eaux profondes vers un niveau plus proche de la surface oh la pression est plus faible. Si la dhtabilisation du lac se poursuivait a grande echelle, il y aurait non seulement gaspillage de l'ensemble des ressources en gaz, mais aussi risque de conflagration catastrophiquegrave si le gaz libere venait a s'enflamrner. 5. Des etudes approfondiessur le comportement du lac en cas d'exploitation ininterrompue et a grande echelle 11ont signal6 ces risques et defini les rkgles a observer pour assurer la securite tant durant les operations courantes de production de gaz que pour la mise en valeur de l'ensemble du lac. (a) les eaux d6gazBes seraient renvoybes a une profondeur correspondant a leur densite pour qu'elles demeurent au niveau oh elles sont evacu6es. Cela exige des conduitesde retour d'une trks grande longueur, ce qui augmentera les coQtsde production. On pourrait attbnuer la difficult6 en mblangeant d'abord dans une proportion adequate les eaux profondes d6gaz6es a l'eau de surface: l'eau renvoyh 6tant moins dense, elle n'a pas besoin d'etre 6vacu6e a une aussi grande profondeur et exige donc une conduitede retour moins longue, mais d'un diamktre superieure a cause du plus fort volume d'eau renvoy6; et (b) une extraction ininterrompuedes eaux profondes riches en gaz tend a abaisser le niveau d'eau. Bien que ce phenomkne soit cornpens6par une circulationhorizontale a 19int6rieur des couches, cela impose des limites fort strictes a la cadence d'extraction de l'eau en un point donne, cornrne c'est le cas des usines de production de gaz a terre. U L'ktude la plrcs exhawive et la mieu documentkc est cellc de la sociktk SOGREIH, avec IaqueUr TECHNIP avait pass4 un contra de sow-traitancepour son etude defakabilite sur Irs Grands Projets, r4al.4e en 1986, qui signale 4gaIrment des rkques de nature sirmique et volcanique, et Ir danger quepr4sentent Irs courantsprofonds. Annexe 4.1 Page 3 de 3 6. En dtpit de ces considtrations, il est peu probable qu'une limitation de la cadence d'extraction de I'eau constituera un obstacle b la production de gaz, mCme a I'Cchelle industrielle prCvue pour les Grands Projets. MCme si I'on fait abstraction du renouvellement nature1 des ressources en gaz, estimC b 250 millions de Nm3/an, une production annuelle de 50 millions de Nm3(ce qui est Cgal deux Grands Projets simultanCsou b I'Cquivalent Cnergetiquede la moitiC de la consommation totale de petrole au Rwanda en 1987) abaissera le niveau actuel des eaux profondes riches en gaz, de 2 metres au maximum au bout de 10 annCes d'extraction soutenue. Annexe 4.2 Page 1 de 2 METHANE DU LAC K I W LA TECHNOLOGIE Techniaues ap~liaueesau Cap Rubona 1. Selon TRACTEBEL, qui a participk de prbs a la realisation de I'usine du Cap Ruhona, les techniques qu'on y emploie sont applicables a une capacite nette de production quatre fois superieure h sa capacitd actuelle, et le gaz transport6 par gazoduc jusqu'h la brasserie coQtebeaucoup moins cher que le fuel en dt?pitdes prix actuels relativement bas des produits pdtroliers. Les Grands Projets 6tudih par TECHNIPENGINEERING font appel aux mCmes techniques, avec cependant quelques arndliorations. Cependant, aucun des Grands Projets envisages ne serait economiquement viable. 2. Cette contradiction apparente s'explique. En effet, les techniques utilisdes jusqu'ici, bien qu'elles ne soient pas optimales h divers egards, sont Cconomiques au Cap Rubona grace deux facteurs favorables qui n'existent nulle part ailleurs aux alentours du lac: (a) une trBs forte pente qui descend du rivage jusqu'h I'isobathe de moins 300 mBtres. Par consequent, les conduites d'extraction et d'dvacuation d'eaux profondes ne sont pas t r h longues, ce qui rend leur coat acceptable; et (b) la proximite d'un gros consommateur de combustible qui absorbe la majeure partie du gaz produit. De ce fait, les gazoducs ne sont pas longs et le coat du transport du gaz est negligeable. 3. Par contraste avec la situation au Cap Rubona, les sites terrestres proposes pour les usines h gaz des Grands Projets ne sont, sous divers rapports, que les "moins mauvais". (Le: rapport lon- gueur-profondeur des conduites d'extraction d'eau passe de 2,7 au Cap Rubona 2 4 et mCme davantage aux meilleurs emplacements). L'avantage que presente, du point de w e du rendement technique et de la rentabilite Cconomique (sans parler d'obligation), l'implantation d'usines 2 gaz en milieu lacustre (oh ce rapport est par definition de 1,O) n'a pas 6t6 clairement reconnu, de sorte que l'un des principes fondamentaux de toute l'etude s'est trouvt?, de ce fait, mal fonde. En outre, les principaux utilisateurs du combustible produit dans le cadre des Grands Projets se trouveraient beaucoup plus lotin du lac que la brasserie (h une distance 100 fois superieure dans la plupart des cas). De ce fait, le coat ~desgazoducs, negligeable au Cap Rubona, deviendrait une composante trBs importante du coat global de nlise en valeur des gisements de gaz. 4. On reconnalt de plus en plus que les techniques et les solutions envisagees (production h terre, transport par gazoduc, utilisation finale en trBs grandes quantith), generalement applicables h la mise en valeur des gisements de gaz, sont peine applicables au lac Kivu. AprBs avoir pris conscience de la n6cessitC de reduire le coat de la production et du transport du gaz afin d'accroltre la rentabilite de l'approvisionnement du seul gros consommateur possible (la cimenterie), on s'est tourn6 vers une methode de production plus efficace (bouillonnement du gaz sous une pression superieure h la pression atmospherique) et un mode de transport plus approprid (GNC au lieu de gazoducs). Annexe 4.2 Page 2 de 2 5. Cela reprhente un pas important dans la bonne direction, mais on n'en est pas encore a reconnaltre le bien-fonde: (a) d'une production off-shore, (b) de la conversion du gaz en GNC ou en GNL pour le transport, afin de remplacer les gazoducs, ou de combiner les deux formules, et (c) de la ntkessite de pr@terattention aux clients disperses--moyens et m@mepetits consommateurs--pour qui le GNC ou le GNL representent le moyen de distributionapproprie (outre l'alimentation de la cimenterie de Mashyusa). Techniaues ameliorees adautees au milieu lacustre 6. Pour la production de gaz, la technique ideale serait I'extraction du gaz in situ, ce qui eliminerait les operationsdifficiles et coliteuses qui consistent 2 amener a la surface d'enormes quantith d'eaux profondes, puis a les renvoyer 2 une certaineprofondeur. Des etudes sont 2 faire en w e d'etablir si les techniques existantes sont applicables cet egard. Dans un premier temps, on pourrait apporter deux ameliorations:premibrement, on pourrait forcer le gaz 2 s'echapper de la solutionsous une pression superieure la pression atmospherique. Comme le dictent les lois de la physique, la quantitetotale de gaz qui se degagerait alors de I'eau serait inferieure, mais sa teneur en methane serait superieure. Deuxibmement, le fait de mdlanger des eaux profondes et des eaux des couches intermediaires dans la conduitependant la montde vers la surface contribuerait egalement a augmenter la teneur en methane du gaz en maintenant le dioxyde de carbone en dissolution dans de l'eau non saturk. Dans un cas c o m e dans l'autre, on cherche a eviter l'elimination subsequente du dioxyde de carbone qui se trouve dans le gaz brut, d'oh une reduction du coot au niveau des equipements connexes et des quantites d'energie (ou de gaz) que consomme a la surface le processus d'emichissement en methane. On peut m@meimaginer un gaz brut qui, sans autre traitement, serait inflammable et pourrait donc servir directement de combustible a bdler. 7. A la suite d'experiences concluantes en laboratoire, des essais d'extraction de gaz sous une pression superieurea la pression atmospheriqueont ete r&lis& a l'usine pilote du Cap Rubona, mais, malheureusement, le melange des eaux en a 6t6 exclu. Les rhultats ont quand m@me6t6 trks encourageants. Ces essais permettront de realiser des unit& de production modulaires qui semblent tout indiquees pour des installations off-shore et qui se distinguent par un rendement superieur et un colit d'investissement reduit. 8. Pour I'acheminement du gaz vers les march&, on peut remplacer le gazoduc par la formule suivante: compression (GNC) ou liquefaction (GNL) du gaz in situ et transport par peniche, puis, a partir du point de dkhargement, transportpar camion ou remorque, ou encorepar gazoduc, selon la destination et la quantitede gaz exigk par les consommateurs. D'une part, la conversion in situ en GNC ou en GNL est une necessite pour les usines a gaz off-shore, car il serait difficile de relier des plates-formes flottantes au rivage par gazoduc. D'autre part, la distributiondu gaz sous forme de GNC ou de GNL se pr@tefort bien a I'approvisionnement de march& disperses qui consomment peu ou moyennement et qui constituent probablement la majeure partie des march& au Rwanda. Donc, dans I'ensemble, la formule GNCIGNL para?t &re la solution a retenir pour une mise en valeur progressive du gaz du lac Kim, savoir la production de GNCIGNL off-shore et l'utilisation de modes de transport adapt& a la demande de gaz sur les march& proches du lac qui se preterit la substitution de combustibles. Tableau 1: RWANDA: SYSTEMES DIECLAIRAGE SOLAIRE Systkne G ITARMA BUFHAR ELECTROGAZ Spkificatitms Nb. U V h / j kVh/an Cout/FR Nb. U V h/j kUh/an Cout/FR Nb. U V h/j kuh/an Cout/FR Pameaux solaires 1 19 12 25.000 3 38 24 75.690 2 80 24 141.892 Lunieres 4 8 1 2 1 17 15.000 4 8 24 2 23 14.964 3 20 24 3 66 36.486 4 13 24 2 38 17.052 4 13 24 3 57 33.405 3 20 24 2 44 15.660 12 8 24 3 105 87.568 Total (Lunieres) 4 8 1 2 1 17 15.000 1 1 41 24 6 105 47.676 19 41 24 9 228 157.459 Batterie 1 12 4.000 2 24 11.339 12 2 42.032 Rbulateur et fusibles 6.000 7.830 28.459 Installation (materiaux) 8.000 Cables 10.OOO 0 Divers 0 Out., appar. dlessai, etc. 10.000 152.027 I Prix FOB 58.000 162.535 521.870 z Transport et assurance 1.740 24.380 78.281 \O Prix CAF 59.740 186.915 600.151 I Droits, etc. 2.987 18.691 60.015 Installation (main-dloeuvre) 3.200 19.200 32.000 C w t & systkne 65.927 224.806 692.166 C i t par kUh: SEU FR SEU FR SEU FR 13,TX par an ( 1 ) 6.94 521 3,92 294 5,57 418 15,lX par an ( 2 ) 7,65 574 4,32 324 6,14 460 18,3X par an ( 3 ) 9,23 692 5,21 391 7,40 555 - Notes: -- GITARAMA: Systkne f a v r i q d sur place par Le Diocese de Giraram. Composants import&. BUFMR: Installe des systknes dam les centres sanitaires. La Republique f W r a l e dlALLemagne subventiome 80% du coirt au t i t r e de L1aide B - developpement. ELECTROGAZ: Participation belge. L1installation de systknes d16clairage solaire dens des centres sanitaires des prefectures de Kigali et de Butare. Les calculs presentes i c i sont bask sur L1installation de Nyagasamkr. En outre, Le c w t des systknes de refrigeration et de sterilisation a Cte exclu pour pernmttre une conparaison valable. Voir egalement Les notes au bas du tableau 2. Tableau 2: RUAWDA: SYSTEMES DfECLAIRAGE SOLAIRE --------- S y s t h ---------- TOTAL (France) -------- -------- EMHESOL (Belgiqw) --------- RSS Energy (Pays-Bas) -------- SpCcif ications ~ b . u v h/j kUh/an C&t/FR Nb. U V h/j kUh/an Coirt/FR Nb. U V h/j kUh/an C&t/FR Pameeux solaires 1 48 12 1 4 0 12 30.223 1 3 8 12 Lunihres 4 18 12 2 23 4 8 1 2 1 15 20.480 1 13 12 4 1 13 12 4 19 2 6 1 2 1 2 10.490 3 8 12 2 1 13 12 4 19 5.245 Total (Lmieres) 5 8 1 2 6 42 7 8 1 2 6 36 36.214 4 13 12 6 Batterie 1 12 1 12 8.060 1 12 R6gulateur et fusibles 7.052 Installation (netiriaux) 5.000 Divers Out., appsr. dlessai, etc Out., a p r . dfessai, etc. 6.000 Prix FOB 92.548 Systeme conplet Transport et assurance 13.882 Prix CAF 10.643 Droits, etc. 10.643 Installation (nmin-dloeuvre) C&t & syst* CoClt par kbh: SEU FR SEU FR SEU FR 13.7% par an (1) 4 3 2 362 6,33 474 4,13 310 15,1% par an (2) 5,31 399 6,97 523 4.55 342 18.3% par an (3) 6,41 481 8,41 631 5,49 412 Calculs bases sur des relevCs rkents concernant l e regime dlensoleillemmt au Rwanda. La capacitb des batteries permet de compenser une insuffisance de rayomemnt &rant 3-5 jours. Transport et assurance: 15%& prix FOB (sauf GITARAIIA). Installation: Calcul bas6 sur un c w t de 200 FR/ouvrier/h. Les pourcentages correspondent a un facteur dfamortissement par a w i t C s sur 20 ans (I), 15 ans (2) et 10 ans (3). Taux dlinterCt: 10%par an. Coirt de L1entretien: 2%. - Note: Dens une evaluation &conanique, les droits i n d i q h ci-dessus seraient exclus. Etant donmi que, dans l e cas present, cet Clhent nlaffecte pas Les carperaisons, il a ete inclus par souci d'exhaustivite. - Source: CEAER, ELECTROGAZ, Diocese de G itarema, divers f abricmts d16quipementsl estimations de l a mission. Annexe 5.2 RWANDA: COMPARAlSON DE COUTS REFRIQERATEURS SOLAIRES ET A KEROSENE - SOLAIRE KEROSENE Tenp6ratures d i a n t e s 32 C" 43 C0 Stockage des vaccins (1itres) 32 32 Tension S.O. S.O. Consomnation d1blectricit6 (kUh/24h) 8.0. 5.0. C o n s m t ion de kerosene ( 1itres/24h) 8.0. S.O. Prix du refrigerateur (en SEU) 2.117 2.117 Pameaux solaires, etc. (en SEU) S.O. 8.0. Entreposage du kerosene (en SEU) 400 400 Prix FOB du systkne (en SEU) 2.517 2.517 Transport e t assurance (en SEU) 237 237 Prix du systkne CAF Kigali (en SEU) 2.754 2.754 Total c w t s en nomaie locale (en SEU) 375 375 Cwt du systkne install6 (en SEU) Valwr de renplacement actualisee - 5 ans ( t a u dlactualisation 10 XI: R e frigerateur (en SEU) 1.038 1.740 1.740 Batteries (en SEU) 105 S.O. S.O. Transport et assurance (en SEU) 156 261 261 Consomation combustible (par an)(en SEU) S.O. 526 730 Valeur actualisee du combustible (10 ens) 3.230 4.486 Entretien (2% et 3%) (en SEU) 577 577 Total (valwrs actual isees)(en SEU) Coat net/litre dlespace u t i l e (en SEU) Uodeles retenus pour l a conparaison: Solaire: Electrolux RCU 42 DC electriqw. Kerosene: Electrolux RCU 65. La conparaison a et6 realisee avec des modeles certifies par llOrganisation Uondiale de La Sent6 (CUS). Par rapport B dlautres refrigerateurs keroske, Le modele c e r t i f i e par llCUS est peut-&re plus cher du point de w e du c w t dlinvestissement, meis son efficacite et sa f i e b i t i t 6 Le rendent plus 6conanique. - Source: Essaisr6alis6spar LICUSet LIUNICEF. (ExpandedProgramneonInmunization,TheColdChain, Product ~nformetionSheets; 1988-89; No 1; pages 52, 58). Annexe 5.3 VALEUR ACTUAUSEE DES DEPENSES EN ELECTRICITE FOURNIE PAR LE RESEAU ET PAR DES SYSTEMES PHOTOVOLTAIQUES Ces I: Redevance de raccordement: 50.000 FR; eppareils d16cleirege et ceblage: 10.000 FR; consomnation m i n i m fectur6e: 30 kUh/mois; teux dlectuelisetion: 10%. Cas 11: Redevancede reccordement: 10.000 FR; eppareils d16clairage e t cablege: 10.000 FR; consumnetion m i n i m factur6e: 30 kUh/mois; teux dlectualisetion: 10%. B. Svstknes photovolteiques CoOt du systkne (voir Annexe 5.1) plus 2%par en pour l1entretien. Taux dlectualisation: 10%. Systkne/Ann6es 10 16 20 Source: Mission. RWANDA: ESTIMATION DE LA CONSOMMATION D'ENERGIE SOLAIRE 1988 - -- - - - I. ProductiondtEauChade Surface Conversion Totaux A!k -a/- (kUh/an) a. BUNEP Estimations & 1980: 4 hdtels 10 rCsidences p r i v k s 2 h&pi taux village SOS b. Estimations & 1988 (conpLCnmtaires) 10 hdtels & 300 30 rCsidences p r i v k s 138 10 h&pi taux 150 20 missions AEBR 80 30 Missions Nornbre Production Consomnation c kYh/an) (kUh/yr) - - - a. PIresBlancs b. BUFMAR c. ELECTROGAZ - -- Coko Nyagasdu ---Rubone Kiyanra Gihinga -- Gakurezo Mareba Gashora - - Gikanero ---Karam nuhondo Rushashi Rwankuba d. Divers Total gCneraL: A r r d i : q/ Conversion bade sur 5,s kbh/d, 75%& disponlbi Lit C et 365 jours. & Rien qulB Kigali, l e MCridien a 90 d & surface collectrice. Pour Lee gMrateurs photovoltalqucs, on indiquc l a production rCeLLe, c'est-&dire quc l1on ne tient pns conpte &s pertes & recharge &s accmrrlatwrs. Source: BUNEP; ELECTROGAZ; estimations & La mission. Annexe 5.5 Page 1de 2 RWANDA: INVENTAIREDES SITES POTENTIELS DE MICROCENTRALES HYDROELECTRIQUES Sites Camune Debit Chute Puis- JC Lev6 Oete (Us) ( m ) (kU) Prefecture:- 5 sites: Migina Kigembe Oui 1981 M i rayi Kigembe oui 1981 Gisune Mugusa Oui 1979 Myiranshure Mdora-Shyenda Gatokre Rmyinya Puissence prevue Prefecture: Bvunbe -1 site: Bulima Kinyemi Puissance prevue Prefecture: Cyanauqu -6 sites: Kerundura K i r h Oui 1985 Nyirekeshe Kir h Oui 1978 Muenge Gafunzo Oui Oui Nyekabenda Gisune Kemiranzovu Kegeno Ntondue Kerengere Oui Oui Puissence prevue Prefecture: Gikongoro - 6 sites: Uuogo Uudasme Oui Oui Sinkrka Nshi1i Oui Oui 1985 Kaviri Kinyarnera Oui 1979 Gihinbi Rukondo Oui 1981 Mukico Nyemegebe Oui 1977 Nshi1i Mobuga Puissence prevue prefecture: Gisenyi - 6 sites: Nkora Keyove Oui 1981 Cyinbi li Myemyunbe Oui Oui Oui 1981 Rmgu Setinski Oui 1984 Pfunde Myemyunbe Oui Oui Oui 1985 Gasheshi Nyamyunbe Oui 1981 Buhinde Setinski Oui 1984 Puissence p r e w Prefecture: Giterarne- 3 sites: Kiryango Mukingi Oui Oui Oui 1985 Mazimeru Myakabanda Oui Oui Oui 1985 Gesaze Rutobwe Oui 1984 Puissence prevue Prefecture: Kibwe - 8 sites: Ndabe Mebenza Oui 1981 Ndaba Uebenza Oui 1981 BIlheri Gishyite Oui 1985 Kirero Gishyita Oui 1985 Kageram Gishyit a Oui Coze Gishyita Oui 1985 Kiruri Mabenza Oui 1985 Gasesa K i n m u Puissance p r e w Prefecture: Kigali -2 sites: Consoli Huaasa Oui Oui 1985 ~ u t k Mueasa Oui 1985 Pufssance prewe Annexe 5.5 Page 2 de 2 PrCfecture: Ruhenseri 9 sites: - Nyamutera Nyamutera Oui 1981 Nyamutera Nyamutera Oui 1981 Nyanrrtera Nyamutera Oui 1981 npcn9e Kigank Oui 1981 Base Nyamugali Oui Oui Oui 1985 Nyakshaza N y k i m Oui 1984 Kinoni Nyarutovu Oui 1984 nukinga Cyabingo Oui 1981 Rl)lurura NyanrrgaL i Oui Oui Puissance prCvue Pufssame totale toutes prCfectures (kU) Narbre total de sites envisagCs Puissance m y m e per s i t e (kU) L/s = Liters/second. Notes: La mention llouill dens La c o l o ~ ellLevC1l indique que Le s i t e a f a i t L1object dlun v i s i t e et dlun 7 L evC. La mention l1ouil1dens La colome llJC1l indique que Le s i t e a CtC p r i s en considCration dans LICtudc Colabani de janvier 1988. Source: MINITRAPE, bas6 en pertie sur l e I1RapportdlCvaluationll du CEAER, Butare, 1985, et un rapport de 1986 dlIPC intituL6 llPlanung des Soodcrenergieprogrmnes Ruandal1. RWANDA: SITES RETENUS POUR DES MICROCENTRALESHVDROELECTRlQUES Puissance et coirts Site C a ~ n n e Prefecture D6bit Chute Puis- Produc- Investissement Ku Facteur Autres Coirt/kUh ( F l e w ? / (US) (m) same tion Sx1.000 S/kW amuit6 charges SEU FR riviere (kW) (lcuh) Muange Bu~oga BVuhe Mnge Gafmzo CYansugu Ntonhe Karengera Cyangugu M-0 Mudasonma G ikongoro Siabuka Nshili G ikongoro Cyiubili Nyayunba Gisenyi Pfrnde N- Gisenyi KirYfm30 Rukingi Gitarfmn Marileru Nyakabancia Gitarare Blhari Gishyita K i m Kmgaranm Gishyita K i m C-or i -ass Kigali Bsse Nyanuga1i Rlhengeri Rlhurura Nymuga1i Rlhertgeri - Notes: Le c d t d'investissement (bas6 sur des domees & 1985) a 6t6 ajust6 & 28% confordment B l a suggestion & Colartreni. Ku = utilisation & la puissance installk. Taux d'int6rt: 10%. - Source: J. Colahani: WRapport & mission pr6-formulation/faisabiLit6 pour La construction & microcentrales hydrdlectricpes au Rwandano,1988. Annexe 6.1 Page 1 de 2 EVALUATION DES RISQUES INHERENTS A L'EXPLOITATION DU METHANE DU LAC KIVU 1. Depuis la constructionde l'usine pilote du cap Rubona, les risques environnementauxliQ a l'exploitation grande echelle du methane deviennent de plus en plus prbccupants. C'est le dQastre du lac Nyos qui est notamment l'origine des prbccupations actuelles. I1 s'agit du lac volcanique situe a au Carneroun oh prks de 2.000 personnes ont trouve la mort lorsqu'une enorme bulle de methane est montee a la surface du lac et a explose dans l'atrnosphkre. Cette catastrophe s'est produite en 1986 et a provoque une vive inquietude parmi les responsables de projets similaires. La crainte d'un incident semblable au lac Kin, si l'exploitation de ses gisements de methane s'intensifiait, a conduit les organismes de developpement a faire faire plusieurs etudes spkialish dont la principale a ete celle de M. Haroun Tazieff, qui etait a l'epoque, Secretaire d'Etat dans le gouvernement fran~ais,charge de la prevention des risques naturels et technologiquesmajeurs. 2. Le risque le plus redoutable que l'on ait decele jusqu'ici est celui d'une alteration eventuelle de la circulation des eaux du lac si l'extraction du methane se faisait 2 une grande echelle. I1 existe a l'heure actuelle une trks forte stratification qui empeche la circulation verticale des eaux. Or, l'aspiration des eaux profondes (qui renferment de grandes quantitb de methane en dissolution) aun rythme rapide risque de causer des dQ6quilibres et en dklenchant une circulationverticale, de faire ainsi monter vers la surface une grande quantite de methane. Ces prbccupations ont deja conduit le producteur actuel de methane a rejeterles eaux degazh a unegrande profondeur au lieu de les laisser a la surface du lac, cornme l'auraient dicte des considerationsfinancikres court terme. La question de a savoir si cela sera suffisant en cas d'exploitation a grande echelle constituejustement le sujet du rapport Tazieff, 3. Les conclusions du rapport sont plutBt optimistes: etant donne que l'histoire et la morphologiedu lac K i n sont trks differentes, la probabilited'un desastre semblable a celui du lac Nyos: (a) ne serait pas lieea l'exploitation du methane, et (b) serait trks faibleet egale celle d'un incident dans a n'importe quelle region volcaniquedu monde. La raison de cette affirmation categorique est que, parmi deux thbries possibles, la seule qui explique la catastrophe du lac Nyos est celle d'une eruption phreatique. C'est pourquoi le rapport Tazieff recornmande uniquement d'incorporer des considerations parasismiques dans les normes de constructiondes futures usines d'extraction de methane au lac Kin. 4. D'autres etudes ont cependant dkele d'autres risques. C'est ainsi que l'etude realis& en 1986 par TECHNIP ENGINEERING a conclu qu'il existe trois categories de risques dans la zone du lac Kin: (a) des risques sismiques; (b) des autres risques naturels; et (c) des risques industriels. Annexe 6. a Page 2 de 2 5. La principale conclusion de cette etude est que le manque d'informations prkises et homogenes sur l'environnement lacustre fait qu'il est difficile de formuler des recommandations detaillh. Le rapport de l'dtude comprend une liste d'hdes complbmentairesjug& nkessaires. Cette etude donne une meilleure vue d'ensemble des risques auxquels on peut s'attendre et il serait par consequent logique de s'assurer qu'une etude d'impact sur l'environnement soit faite avant tout investissement majeur. - 159 - PROGRAMMED'ASSISTANCE A LA GESTION DU SECTEUR DE L'ENERGIE ACTIWTES ACHEVEES Pays Activitd Date Rdfdrenw AFRIQUE SUBSAHARIENNE Rdgion Afrique Atelier sur l'dnergie domestique pour 1'Afrique anglophone Skminaire hergktique rdgional sur la rauction des pertes des rdseaux dlectriques en Afrique Evaluation institutionnellede I'EGL Ateliers sur la cartographiedes ressources en biomasse Atelier sur l'hergie domestique pour 1'Afrique francophone Collkge d'ingdnierie aectrique interafricain: propositions de dkveloppement B court et long termes Evaluation de la biomasse et cartographie Angola Evaluation knergbtique Bknin Evaluation knergdtique Botswana Evaluation knergktique Etude de pdfaisabilitk sur l'dectrification des p o m p Examen de la politiquede branchement des services d'klectricitd Etude sur l'klectrification des exploitations du Bloc Tuli Etude des questions d'knergie domestique Etude sur la stratkgie dnergktique pour les mknages urbains Burkina Faso Evaluation knergdtique Programme d'assistance technique Etude sur la stratdgiednergktiquepour les mdnages urbains Burundi Evaluation dnergdtique Gestion de la fourniture de p6trole Rapport d'activitd Phntation des projets dnergktiquespour le Quatrikme Plan quinquennal (1983-87) Stratdgie pour l'amdlioration des fours au charbon de bois Projet d'utilisation de la tourbe Cap-Vert Evaluationknergktique Etude sur la stratdgie dnergdtique domestique Cornores Evaluation dnergdtique Congo Evaluation knergktique Plan de ddveloppement de l'dlectricitd Activity Number CGte d'Ivoire Evaluation bnergbtique Amblioration de l'utilisation de la biomasse Etude sur l'efficacitd du systkme d'blectricitb Ethiopie Evaluation bnergktique Etude sur l'efficacitd du systbme d'blectricit6 Projet pilote de fabrication de briquettes B partir de rkidus agricoles Etude sur la bagasse Projet sur I'efficacitb de la cuisson d'aliments Gabon Evaluationbnergbtique Gambie Evaluationbnergbtique Projet de rhlaptation pour le chauffage de l'eau par l'bnergie solaire Applicationsphotovoltaiquessolaires Assistance B la gestion de la fournitufe de p6trole Ghana Evaluationbnergbtique Rationalisationbnergbtique dans le secteur industriel Etude sur l'utilisation des rkidus de scierie Evaluation bnergbtique Evaluation bnergbtique Projets d'assistance technique recommand& Optionsgestionnellespour les sous-secteurs de l'blectricitd et de l'alimentation en eau Restructuration institutiomellede 1'8ectricit6 et de l'eau (frariqais) Kenya Evaluation bnergbtique Etude de I'efficacib5 du sysGme d'blectricitd Rapport d'activit.6 Plan d'action de conversion du charbon Etude mu le chauffage de l'eau par l'bnergie solaire Dbveloppementp6riurbain du h i s de feu Plan difecteur pour l'blectricitb Lesotho Evaluation bnergbtique LiMria Evaluationbnergktique Projets d'assistance technique recommandb Etude sur l'efficacitd du systkme d'dectricitd Madagascar Evaluation dnergbtique Etude sur l'efficacitd du sysBme d'blectricit6 Malawi Evaluation bnergbtique Assistance technique pour ambliorer l'efficacit.6 de l'utilisation de bois de feu dans l'industrie du tabac Rapport d'activitd Maurice Evaluation Cnergbtique Rapport d'activit.6 Audit de l'efficacit6 du syseme d'dectricit.6 Potentiel hergique de la bagasse Country Acfivity Date Number Republique islamique de Mauritanie Evaluation hergaique Etude sur la stratdgiehergdtique domestique Mozambique Evaluation energdtique Etude sur l'utilisation de l'dectricitd dans les menages Niger Evaluationdnergetique Rapport d'activid Projet de fours d1iod.s Conservation et substitutionenergetiques dans les menages Nigeria Evaluationenergktique Ouganda Evaluationenergdtique Rapport d'activitd Examen institutionneldu secteur knergetique Efficacit6hergetique dans l'industrie de traitement du tabac Etude de faisabilitd bois de feulforesterie Etude sur l'efficacitd du sys&me d'dlectricid Am6liorationde l'efficacid hergdtique dans l'industrie de la fabrication de briques et de tuiles Projet pilote de traitement du tabac Rapport final du PNUD Rwanda Evaluation dnergdtique 3779-RW Rapport d'activid 017184 Stratdgie pour l'dlioration des fours 059186 B charbon de bois Technique dliorde de productionde charbon de bois Sao Tomk-et- Principe Evaluationhergdtique senegal Evaluationhergaque Rapport d'activitd Etude sur la conservation dnerg&ique industrielle Assistance pdpuatoire pour m e dunion des bailleurs de fonds Stratdgie hergdtique pour les h g e s urbains Seychelles Evaluation hergaque Etude sur l'efficacitd du sys&me d'dlectricitd Sierra Leone Evaluation hergaique Somalie Evaluationherg6tique Countiy Acfivity Dale Number S o u b Assistance h la gestion destink au Ministere de 1'6nergie et des mines Evaluation bnergbtique Etude sur l'efficacitk du systeme d'blectricitb Rapport d'activitb Faisabilitd B partir du boislforesterie Swaziland Evaluation Bnergbtique Tanzanie Evaluation bnergbtique Etude de faisabilit6 du bois de feu alans les zones p6riurbaines Etude d'efficacit6 pour le traitement du tabac Tbl6dbtection et cartographie des zones bois6e-s Assistance technique pour I'efficacitb bnerg6tique industrielle Togo Evaluation Bnergbtique Rkup6ration du bois dans le lac Nangbeto Amblioration du rendement de 1'6lectricit6 Zaire Evaluation 6nerg6tique Zambie Evaluation 6nerg6tique Rapport d'activitb Examen institutionneldu secteur de l'bnergie Etude sur l'efficacitb du sous-secteur de 1'6lectricitB Etude de stratbgie 6nerg6tique Etude sur la stratbgie 6nergBtique des mbnages urbains Zimbabwe Evaluationbnergbtique Etude sur I'efficacit6 du systeme d'6lectricitb Rapport d'activitb Projet d'assistance B la gestion dans le secteur de l'Qectricit6 Assistance B la gestion pktrolikre Mise en place d'institutions de gestion du secteur de l'blectricit6 Etude de pr6faisabilitb sur I'utilisation du charbon de h i s County Acfiviry Date Number ASIE ET PACIFIQUE Rkgion Asie Skminaire sur l'knergie en milieu rural et des menages dans la rkgion du Pacifique Bangladesh Evaluation knergktique Programme d'investissement prioritaire Rapport d'activitk Etude sur l'efficacit6 du systkme d'ilectricitt5 Etude de prkfaisabilitk des emplois du gaz ?i petite khelle Chine Evaluation knergitique en milieu rural au niveau des comtks Etude de prBinvestissement bois de feu/ foresterie Fidji Evaluation knergitique Inde Possibilit6s de commercialisation de systkrnes knergktiques non conventionnels Etude de prkinvestissement sur la cogdniration de la bagasse Indonhie Evaluation knergktique Rapport d'activiti Etude sur I'efficacitk de la production d'klectricitk Efficacitk Bnergktique dans les industries de la brique, des tuiles et de la chaux Etude sur l'efficacitk des usines ?i groupes Blectrogknes h diesel Etude sur la stratkgie knergktique des mknages en milieu urbain Etude de prkinvestissement sur la gazkification de la biomasse Malaisie Etude sur l'efficacitk du systhme d'klectriciti du Sabah Myanmar Evaluation knergktique NBpal Evaluation bnergktique Rapport d'activitk Pacifique Sud Transport du p6trole dans le Pacifique Sud Papouasie- Nouvelle4uinEe Evaluation knergktique Rapport d'activitk Document sur la stratkgie 6nergBtique Examen institutiomel du secteur de l'knergie Etude sur les tarifs d'klectricit6 Iles Salomon Evaluation knergktique Samoa- Occidental Evaluation knergktique Country Activity Date Number Sri Lanka Evaluation hergd-tique Etude sur la auction des pertea du sysame d'dlectricitd Rapport d'activit6 Etude rmr la conservation de I'hergie dans I'industrie =ande Evaluation daergetique Questions et options herg6tiques en milieu ~ r a l Diffusiond l & & de fours et de foyers B charbon de bois &lio& Etude de pdinvestissementdu bois de feu et de la fowterie villageoisedans le Nord-Est Impact d'une diminution des prix du fitrole Etude mu I'exploitation et I'utilisation du charbon Tonga Evaluation herg6tique Vanuatu Evaluation herg6tique EUROPE, MOYEN-ORIENTET AFRIQUE DU NORD (EMENA) Maroc Evaluationherg&ique Rapport d'activit6 Pakistan Evaluationberg6tique domestique Evaluation des programme8 photovoltaiques, dea applicationset des march& Portugal Evaluationhergetique Syrie Evaluation krgetique Etude de I'efficacit6 de 1'8ectricit6 Arndliorationde I'efficacit6 berg6tique dans le secteur du ciment Arndliorationdo I'eKcacit6 hergetique dans le secteur des engrais Tunisie Substitutionde cPrburPnts Turquie Evaluationhergetique YCmen Evaluationbgetique Priorit& d'invmtissement &nerg&ique Stratdgiebergetique des mhages: Etude Phaee I Countq Activity Date Number AMERIQrnE LATINE ET CARAIBES Region Amerique latine et Caraii S6minaite regional sur la dduction des pertes du systkme d'61ectricit6 dans les Caraibes Bolivie Evaluationenergetique Plan energetiquenational Assistance technique au secteur priv6 de l'electricit6 de La Paz Distribution de gaz nature1 Evaluation de prbfaisabilitc?de l'dectrification rurale et evaluation de la demande Chili Examen du secteur de l'dnergie Colombie Document sur la strategic dnergetique Costa Rica Evaluation energbtique Projets d'assistance technique recommandds Etude sur l'utilisation des r&idus forestiers Equateur Evaluation energdtique Stratdgie 6nergetique. Phase I Stratdgie 6nergdtique Haiti Evaluation energetique Rapport d'activite Honduras Evaluation energetique Gestion de la foumiture de pdtrole Jamaique Evaluation hergetique Etude sur l'achat, le raffinage et la distribution de p6trole Code de senforcement de l'efficacitc? Bnergetique, Phase I Normes d'efficacit6 bnergetique, Phase I Syst&med'information de gestion, Phase I Projet de production de charbon de bois Etude sur l'utilisation des rdsidus de scierie FIDCO Panama Etude sur l'efficacitd du systkme d'Wectricit6 P-PY Evaluation c?nergc?tique Projets d'assistance technique recommand& Rapport d'activitc? Perou Evaluation hergbtique Rapport d'activit6 Propositionpour un Programme de diffusion de fours dans la Sierra Stmt6gie 6nerg6tique Country Ach'vb Date Number Rdpublique dominicaine Evaluation herg6tique Sainte-Lucie Evaluation hergdtique Saint-Vincent- et-Grenadines Evaluation 6nergdtique Trinit6-et- Tobago Evaluation 6nerg6tique MONDIAL Efficacit dnergdtiqueau niveau de I'utilisation finale: recherche et stratdgie Les femmes et 1'6nergie: Guide des ressourcea R b u international: Politiqueset exp6rience
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Rwanda - Problèmes et choix énergétiques
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Тип документа
Pre-2003 Economic or Sector Report
Страна
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Источник
Всемирный банк