Группа Всемирного банка · Pre-2003 Economic or Sector Report

Morocco - Review of the engineering industries : Maroc - Revue des industries metalliques, mecaniques et electriques

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Document de La Banque Mondiale A N'UTILISER QU'A DES FINS OFFICIELLES Rapport No. 3233-MOR MAROC REVUE DES INDUSTRIES METALLIQUES, MECANIQUES ET ELECTRIQUES 16 novembre 1981 Département des projets Division du développement industriel et de financement Bureau régional Europe, Moyen-Orient et Afrique du Nord TRADUCTION NON-OFFICIELLE A TITRE D'INFORMATION Le présent document fait l'objet d'une diffusion restreinte, et ne peut être utilisé par ses destinataires que dans l'exercice de leurs fonctions officielles. Sa teneur ne peut être autrement divulguée sans l'autorisation de la Banque Mondiale. TAUX DE CHANGE Unité monétaire dirham (DH) 1 dollar = 3,9 dirhams (moyenne de 1980) 1 dirham = 0,256 dollar ABREVIATIONS ET SIGLES BNDE Banque nationale pour le développement économique CKD Jeux de pièces "completely knocked down" IMME Industries métalliques, mécaniques et électriques ITA Institut de technologie appliquée ODI Office pour le développement industriel Plan Secrétariat d'Etat au Plan et au développement régional PMI Petites et moyennes industries e r OFFICIEL MAROC REVUE DES INDUSTRIES METALLIQUES, MECANIQUES ET ELECTRIQUES Table des matières Pages Résumé, conclusions et recommandations .............................. i PARTIE A. ENVIRONNEMENT ET CADRE INSTITUTIONNEL ET DE POLITIQUE ECONOMIQUE CHAPITRE I. STRUCTURE ET TENDANCES DU SECTEUR MANUFACTURIER ........ 1 Croissance et performances du secteur manufacturier ............ 1 Problèmes et contraintes du secteur ............................ 4 Priorités sous-sectorielles .................................... 6 CHAPITRE II. LE CADRE INSTITUTIONNEL ET DE POLITIQUE ECONOMIQUE .......................................... 10. Cadre général des incitations industrielles.....................l0 Principaux problbmes de politique économique touchant les IMME ............................................ il Problèmes institutionnels ...................................... 13 Premières suggestions pour une réforme du système d'incitations .. .................... 14 Ce rapport est fondé sur les résultats d'une mission de la Banque mondiale qui s'est rendue au Maroc en avril et mai 1980 pour examiner les développements récents et les perspectives d'avenir des industries métal- liques, mécaniques et électriques. La mission comprenait M. François Ettori (économiste industriel, chef de mission), Mme Phi Anh Plesch (spécialiste de politique industrielle), et MM. Emmanuel orestier (économiste industriel), Harbaksh Sethi (ingénieur mécanicien), Seiffedine Bennaceur (ingénieur élec- tricien, consultant) et Jean Knobloch (ingénieur électro-mécanicien et spé- cialiste des biens d'équipement, consultant). Le présènt document fait l'objet d'une diffusion restreinte. Il ne peut être utilisé par ses destinataires que dans l'exercice de leurs fonctions officielles et sa teneur ne peut être divulguée sans l'autorisation de la Banque mondiale. Table des matières (suite) - 2 - Pages PARTIE B. LES INDUSTRIES METALLIQUES, MECANIQUES ET ELECTRIQUES (IMME) CHAPITRE III. STRUCTURE ET CARACTERISTIQUES DES IMME ............... 15 Structure et tendances de la croissance ........................ 15 Demande finale et commerce extérieur des produits des IMME ..................................................... 18 Perspectives de développement du Plan .......................... 20 Ouvrages en métaux et biens de consommation des IMME (pour mémoire) .......................................21 CHAPITRE IV. QUALIFICATIONS ET EQUILIBRE OFFRE-DEMANDE DE LA MAIN-D'"EUVRE DANS LES IMME ................... 22 Qualifications de la main-d'oeuvre ............................. 22 Offre de main-d'oeuvre qualifiée ......... ..................... 23 Besoins et pénuries prévisionnels de main-d'oeuvre dans les métiers des IMME ..... ................ 24 Recommandations ............................................... 26 CHAPITRE V. FONDERIES-FORGES DE FONTE ET ACIER ..................... 28 Introduction ................................................... 28 Production et utilisation des capacités ........................ 28 Gamme de production, marché et compétitivité ................... 29 Situation technique et technologique ........................... 31 Développement futur et recommandations ......................... 31 CHAPITRE VI. MATERIEL DE TRANSPORT ................................. 35 Introduction ................................................... 35 Production et utilisation de la capacité ....................... 36 Gamme de produits, marchés et compétitivité .................37 Techniques et technologies utilisées .......................... 40 Perspectives d'avenir et recommandations .................. 4 CHAPITRE VII. BIENS ET FOURNITURES D'EQUIPEMENT .................... 42 Introduction ................................................... 42 Survol de la situation actuelle .................................42 Contraintes et difficultés spécifiques à ces industries ................................................... 44 Construction métallique et chaudronnerie ....................... 46 Machines et matériels agricoles .................................50 Moteurs diesel ............................ 51 Machines et équipements électriques .. ...............55 Table des matières (suite) - 3 - Pages CHAPITRE VIII. LES INDUSTRIES ELECTRIQUES ET ELECTRONIQUES ..................................... 58 Introduction ................................................... 58 Situation actuelle ............................................. 58 Pratiquesopératoires des industries mécaniques ................. 60 Couts de production et compétitivité ............................61 Examen des projets identifiés en cours d'étude ou d'exécution ............................................... 63 Recommandations pour le développement futur .................... 64 PARTIE C. DEVELOPPEMENT A MOYEN TERME ET PROJETS POUR LES IMME CHAPITRE IX. PERSPECTIVES D'INVESTISSEMENT ET REVUE DES PROJETS DANS LES IMME ........................... 67 Les IMME dans le Plan 1981-85 .................................. 67 Axes de développement et revue des projets ..................... 70 Revue des projets concernant les biens et fournitures d'équipement et recommandations .................. 71 ANNEXE. CADRE INCITATIF ET DE POLITIQUE ECONOMIQUE 76 APPENDICES STATISTIQUES MAROC REVUE DES IMME RESUME, CONCLUSIONS ET RECOMMANDATIONS Situation et réalisations i. Le secteur des industries métalliques, mécaniques et électriques (IMME) est encore jeune au Maroc puisqu'il ne s'est vraiment développé qu'après 1960. Au sein du secteur manufacturier moderne (hors artisanat), sa contribution a représenté en moyenne, pendant la période 1973-78, environ 14% de l'emploi, 16% de la valeur ajoutée et 8,5% des investissements industriels agrées. Ce secteur reste modeste, ne fournissant que 4,4% du PIB et 1% de l'emploi total en 1978. Sa croissance a été supérieure à celle de l'ensemble du secteur manufacturier et du PIB (10% contre 7,2% par an) pendant la période 1975-78, en partie parce que son coefficient capital/travail est plus faible que dans la plupart des autres secteurs. La valeur ajoutée par ouvrier des IMME s'est maintenue à un niveau relativement élevé (environ 7.000 dollars en 1978). Le secteur est, pour l'essentiel, axé vers le marché intérieur pour la substitution d'importations de biens de consommation principalement; il est dominé par le secteur privé, et les associés ou techiciens étrangers y exercent une influence sensible. Les exportations des IMME sont néglige- ables: 2,5% de la production en moyenne, et 1,5% de l'ensemble des exporta- tions marocaines; elles ont atteint un record en 1979 (40 millions de dollars environ) grace à la reprise des exportations traditionnelles de méta?ix (produits de plomb) et l'apparition récente d'exportations d'appareillages automobiles et électriques sous-traités au Maroc par des firmes européennes. ii. Environ 55% de la production des IMME proviennent de la fabrication ou du montage de biens de consommation et de biens durables (ouvrages en métaux, ustensiles et appareils ménagers, matériel automobile), le reste étant également reparti entre la production de demi-produits et de biens d'équipe- ment. La production des IMME locales couvre 75% de la demande totale de produits de consommation des IMME, mais seulement 10 à 15% de la demande de demi-produits et de biens d'équipement. En particulier, la branche des fonde- ries, fortement sous-développée, a vu sa capacité et sa production décliner ces dernières années. En raison de cette structure de la production, les importations de produits des IMME, et en particulier de biens d'équipement, se sont développées rapidement, parallèlement à l'investissement total au Maroc; elles ont culminé en 1977 à 1,8 milliard de dollars, soit 50% de l'ensemble des importations, pesant lourdement sur la balance des paiements. La nécessité de comprimer les investissements pendant le Plan d'austérité 1978-80 a entraîné un recul des importations de produits des IMME, qui sont passées à 1,3 milliard de dollars en 1979. Les importations d'équipements agricoles et industriels représentent encore les deux tiers des importations totales de produits des IMME, et les importations de demi-produits un cinquième du total. La comparaison avec la structure du secteur manufacturier dans des pays analogues amène à penser que les IMME marocaines devraient participer plus efficacement au processus d'industrialisation du pays et à la réduction à terme de son déficit commercial. - ii2 - Priorité des IMME dans le Plan de développement iii. Reconnaissant les limites de la politique de substitution des impor- tations de biens de consommation manufacturés et la nécessité d'uIe approche sélective pour réduire le déficit commercial du secteur manufacturier, le Plan 1981-85 1/ entend réajuster la stratégie industrielle du Maroc en la focali- sant sur: le développement des exportations industrielles; la création d'emplois à faible coût; et la promotion des IMME en vue d'une substitution "efficace" (à coûts compétitifs) des impo-tations de biens et de fournitures d'équipement. Jusque là, le développement des IMME avait été négligé princi- palement en raison de leur haute technicité intrinsèque, de la pénurie de main-d'oeuvre qualifiée, de la faiblesse des séries de production, et des possibilités de développement rapide d'industries plus simples ou fondées sur des ressources abondantes (textiles/cuir pour l'exportation, matériaux de construction et industries alimentaires pour répondre à la demande intérieure, dérivés des phosphates). L'expansion de ces industries risque d'être freinée à l'avenir par des considérations de débouchés et de ressources. Les taux de croissance des exportations de textiles et de cuir vers la CEE peuvent plafonner; certaines branches des matériaux de construction pourraient prochainement présenter des capacités excédentaires; dans l'industrie alimen- taire, l'irrégularité des approvisionnements agricoles et l'élargissement de la CEE amenuisent les possibilités de forte expansion des exportations. Les meilleures perspectives de croissance se situent dans l'industrie des phos- phates (pour laquelle le Maroc jouit d'un avantage comparatif très net à l'exportation) et les IMME qui présentent un vaste potentiel de création d'emplois et de substitution des importations, importations qui risqueraient, si on ne les réduit pas, de peser à nouveau sur la balance des paiements et sur l'ensemble de l'investissement industriel. Conformément au réajustement de sa stratégie industrielle, l'Etat a entrepris de renforcer son dispositif d'incitations- et de politique économique, et a retenu comme objectifs indi- catifs que les industries exportatrices et les IMME investiraient respective- ment 55 et 15% de l'investissement industriel total projeté par le Plan. Les IME invstiraient donc au total 3 milliards de dirhams (600 millions de dollars) pendant la période 1981-85, pour avoir une croissance annuelle de 10,5% contre 8,5% environ pour l'ensemble du secteur manufacturier. La priorité donnée au développement sélectif des IMME apparait justifiée, compte tenu de leur intensité en main-d'oeuvre et de leur efficacité comparatives à de faibles volumes de production, et de la nécessité de réduire la pression des importations de produits des IMME sur la balance des paiements. Contraintes et problèmes iv. Les principales faiblesses du secteur manufacturier sont d'une part une capacité excédentaire due en partie à une conjoncture défavorable et par conséquent des coûts de production parfois trop élevés dans les branches desservant le marché intérieur, et d'autre yart une capacité insuffisante et un manque de dynamisme dans les branches produisant des biens d'exportation et d'équipement, autant de contraintes qui pèsent sur sa croissance. Ces faiblesses résultent pour beaucoup des lacunes du mode d'investissement public 1/ Le Plan est indicatif pour le secteur privé. - iii - et du mécanisme de planification industrielle, ainsi que de l'inadéquation du cadre d'incitations et de protection aux objectifs de la stratégie indus- trielle. La structure et la mise en pratique de la protection ont créé une distorsion sensible en faveur de la substitution des importations et de la production d'articles de consommation pour le marché intérieur, à l'encontre des branches produisant des biens intermédiaires et d'équipement. Les poli- tiques de réglementation des prix couplés à la protection, du type "prix de revient majoré", n'encouragent pas les entreprises protégées à devenir plus efficaces et à exporter davantage. Dans les IMME, les droits de douane à eux seuls (compte non tenu des taxes générales à l'importation, qui sont de 15 à 20 %) sont élevés pour les biens de consommation, allant de 20-25 % à 100-150 % de la valeur c.a.f., mais s'abaissent à 10-15 % sur les produits inter- médiaires et les biens d'équipement; en outre, les exonérations de droits et taxes généralement accordées aux importations de biens et fournitures d'équipement importés 1/ pour les investissements agréés au titre du Code des investissements de 1973 ont encore renforcé ce biais cuntraire au développe- ment d'une industrie locale des biens et fournitures d'équipement. Le nouveau Code actuellement examiné par le Gouvernement rétablirait une marge de préfé- rence locale. En outre, la structure de la fiscalité indirecte, qui grève les coûts de production du secteur manufacturier, restreint les possibilités d'une intégration plus\poussée des produits intermédiaires locaux dans la fabri- cation des produits finis des IMME. Des mesures correctives ont été adoptées en 1979, en particulier un règlement douanier qui transfère les avantages fiscaux dont jouissent les importations de biens d'équipement aux importations de matières premières et de composants servant à la production locale de produits finis analogues; toutefois, ces mesures restent très peu connues et lourdes à administrer. Enfin, les avantages spéciaux accordés aux inves- tisseurs étrangers, qui devraient être incités de façon positive à participer aux progrès et transferts technologiques désirables en particulier dans les IMME, sont généralement annulés par la politique de "marocanisation" et par le caractère très décourageant des difficultés administratives. v. Les faiblesses du cadre institutionnel et de politique économique proviennent aussi d'une coordination insuffisante entre les diverses adminis- trations respectivement responsables de l'examen et agrément des investisse- ments, de l'octroi des licences d'importation, et des incitations (notamment en ce qui concerne la continuité et la cohérence entre les avantages concédés aux grands investissements conventionnés et l'approbation ultérieure des mesures de protection ou de prix), ainsi que de l'absence d'un solide service de politique et de planification industrielles. Ces lacunes amenuisent tout encouragement à l'efficacité et à la rationalisation et la spécialisation des marchés et des gammes de production (en particulier pour les camions et les moteurs diesel), et freinent l'élaboration de stratégies de développement efficaces pour les branches manufacturières et les IMME notemment; l'ODI s'est efforcé d'esquisser une stratégie et de promouvoir des projets pour les IMME, 1/ La disposition du Code selon laquelle aucune exonération ne peut être accordée sur les importations de biens d'équipement qui pourraient être fabriqués sur place à des prix inférieurs à 120 % des prix c.a.f. n'est en réalisté appliquée que dans certains cas. - iv mais ses ressources et ses compétences ont encore besoin d'être étoffées et soutenues. D'autres lacunes rendent difficile la participation des IMME aux grands projets conventionnés. Le secteur public souhaiterait que soit accrue cette participation*des entreprises locales, mais le pays ne dispose de la compétence en matière d'ingénierie qui lui permettrait de préparer des dossiers d'appel d'offres scindés en lots spécifiquement conçus, les uns pour les fournisseurs locaux, les autres pour les fournisseurs étrangers; les contrats "clés en main" attribués à des entreprises étrangères pour ces grands projets n'entraînent généralement pas les effets d'industrialisation à long terme ni d'intégration intrasectorielle qui auraient contribué au développe- ment des IMME. En outre, cette pratique décourage les industries locales de prendre l'initiative de s'organiser pour soumissionner de façon compétitive aux appels d'offres de l'Etat. vi. Une autre catégorie d'obstacles, propres aux IMME ou internes aux entreprises de ce secteur, entrave leur dynamisme et leur efficacité ainsi que leur potentiel d'innovation et de progrès. Tout d'abord, le secteur connaît une grave pénurie de techniciens capables d'exécuter des tâches simples (comme l'établissement ou la reproduction de plans); les appels d'offres publics n'incitent pas les fournisseurs étrangers à transmettre tous les renseigne- ments et plans techniques à leurs sous-traitants marocains; et une lourde bureaucratie pèse sur toutes les transactions avec l'étranger (acquisition de licenses, paiement des droits, transferts de salaires des techniciens étrangers). Ensuite, la BNDE participe à 45 % seulement de l'ensemble des investissements manufacturiers agréés, et les producteurs marocains de biens d'équipement ne peuvent offrir aux autres investisseurs des facilités de crédit à moyen et long termes semblables aux crédits fournisseurs étrangers. Enfin, suite à toutes ces contraintes et difficultés d'accès aux marchés publics qui revêtent pour lui une importance cruciale, le secteur privé des IMME est resté inorganisé et ne dispose pas d'une structure interne pouvant défendre ses intérêts auprès des secteurs administratif et financier; en particulier, les entreprises marocaines ne se sont ni organisées ni associées pour pouvoir sous-traiter et suivre des commandes importantes, d'où leurs difficultés à respeiter les délais de livraison et à offrir des prix très cokpétitifs. vii. La pénurie de main-d'oeuvre qualifiée et de cadres de niveau moyen (contremaîtres et techniciens) dans les ateliers constitue une contrainte cruciale aux activités des IMME, et pourrait entraver fortement le développe- ment des industries produisant des biens intermédiaires et d'équipement qui utilisent beaucoup de main-d'oeuvre et de machines spécialisées. La propor- tion de cadres moyens et d'ouvriers qualifiés ou semi-qualifiés dans l'ensemble de la main-d'oeuvre des IMME représente à peu près la moitié de ce qu'elle est dans les pays industrialisés et semi-industrialisés; l'écart est moins critique dans les industries électriques et de biens d'équipement. Compte tenu des besoins des autres secteurs économiques en main-d'oeuvre formée aux métiers des IMME, on prévoit que l'offre de main-d'oeuvre ayant une formation mécanique restera en deça des besoins à raison de quelque 150 tech- niciens et contremaîtres et de 1.850 ouvriers qualifiés et semi-qualifiés en - v - moyenne pendant chacune des années 1980-85; en revanche, l'offre attendue de cadres moyens et d'ouvriers formés aux métiers de l'électricité devrait être suffisante pour répondre à la demande. Attendu que cette pénurie annuelle d'ouvriers mécaniciens représenterait 2% environ de la population active totale formée aux métiers des IMME, il est recommandé que le Plan 1981-85 donne priorité absolue à laréalisation des 14 Instituts de Technologie Appliquée (ITA) et des 20 centres de formation professionnelle déjà prévus, au rééquilibrage de leur capacité de formation en faveur des spécialités méca- niques, et à la construction d'au moins d'un ITA supplémentaire spécialisé dans le travail des métaux (fonderies) et autres métiers de la mécanique (Chapitre IV). Potential et perspectives de développement viii. Malgré ces contraintes et ces problèmes, les IMME marocaines dis- posent d'un bon potentiel de développement ultérieur et d'un avantage com- paratif dans certaines lignes de production bien choisies. Le marché inté- rieur a déjà atteint la "masse critique" et est encore partiellement inexploité, surtout, pour les produits électriques et électroniques; la main- d'oeuvre, quoique insuffisamment qualifiée, est abondante, facile à former et relativement bon marché; le soutien technique que les entreprises marocaines reçoivent de leurs associés ou conseillers étrangers est efficace bien que limité et contribue à la bonne qualité de leur gestion; enfin, le pays se trouve à proximité de la CEE, de l'Afrique subsaharienne et du Moyen-Orient, et y bénéficie d'un accès préférentiel. Ces avantages comparatifs sont d'ailleurs déjà exploités par l'artisanat et les PMI qui exportent des ustensiles ménagers et autres ouvrages en métaux courants, ainsi que par des entreprises étrangères ou en "opération jointe" qui sous-traitent au Maroc pour l'exportation de pièces et composants automobiles (radiateurs, faisceaux de câbles, carrosseries) et de composants électroniques; la main-d'oeuvre féminine, d'un coût peu élevé, se montre particulièrement apte dans l'indus- trie électronique, et la proximité de l'Europe y facilite le transfert de technologies récentes. En adoptant une politique et des procédures plus libérales vis-à-vis de l'investissement étranger, le Maroc pourrait certaine- ment attirer d'autres industries de sous-traitance pour l'exportation dans les industries légères de la mécanique et de l'électricité; les objectifs ambi- tieux de la future loi d'Intégration-Compensation en matière de taux d'inté- gration dans les industries de montage automobiles et d'exportations de compensation en font une quasi-nécessité. ix. Le Maroc a en outre un potentiel, ainsi qu'une obligation économique, de substitution efficace plus étendue des importations de biens intermédiaires et d'équipement utilisant des technologies simples ou intermédiaires. Les entreprises locales produisant des biens et matériels d'équipement sont gïnéralement efficaces, utilisent des techniques relativement intensives en main-d'oeuvre, et soutiennent bien la concurrence des importations europénnes de produits comparables; les prix du matériel courant de fabrication locale (chaudronnerie, machines agricoles non motorisées, transformateurs élec- triques) vont généralement de 100 à 120% du prix f.o.b. europe, ce malgré - vi - l'échelle réduite de leurs opérations et la pénalisation que representent les taxes et droits perçus sur les intrants importés. Un premier groupe de biens d'équipement, susceptible d'une large substitution aux importations, est constitué de produits adaptés aux besoins essentiels du pays et à ses compé- tences présentes et disposant d'un marché intérieur assez large pour absorber la production de capacités économiquement viables. Ce groupe comprend princi- palement les machines agricoles non motorisées (charrues, pompes, moisson- neuses, remorques), les équipements thermiques (chaudières et fours indus- triels, séchoirs, condenseurs) et autres pièces de chaudronnerie et de construction métallique (réservoirs et cuves, convoyeurs, petites grues), les wagons de transport de pondéreux, et le matériel électrique statique (trans- formateurs, disjoncteurs et matériel de distribution, tableaux de contrôle et de commande). Les marchés des machines électriques tournantes (générateurs et moteurs) et du matériel téléphonique courant sont eux aussi assez développés pour justifier l'expansion ou le développement de la production locale. Toutefois, des programmes de modernisation et de réorganisation des entre- prises fabriquant des moteurs électriques visant à consolider l'efficacité de leurs opérations et la qualité de leur production sont à mettre en oeuvre avant toute expansion de ces entreprises; par ailleurs, le Maroc n'a pas encore étudié ni arrêté son choix en matière de matériel téléphonique adapté aux besoins locaux (ceux des zones rurales en particulier), ni fixé de stra- tégie de développement pour ce type d'industrie. Les importations de biens d'équipement de ce premier groupe se sont élévées en 1978 comme en 1979 à 640 millions de dirhams (160 millions de dollars), soit 7% de l'ensemble des importations de biens manufacturés; ces biens pourraient @tre produits sur place sans difficultés majeures. x. Le deuxième grand groupe de biens d'équipement ayant un potentiel de développement gravite autour des moteurs diesel et de leurs applications dans le matériel de transport (camions et fourgons), les machines agricoles (tracteurs), l'alimentation en énergie (moto-pompes et compresseurs, groupes générateurs), le matériel de levage et de manutention pour le bâtiment, les travaux publics et l'exploitation minière (élévateurs, gerbeurs, broyeurs, concasseurs, engins à benne basculante, bétonnières, bennes pelleteuses). Selon de premières estimations, le marché intérieur de moteurs diesel (toutes applications) devrait représenter 25 à 30.00- unités en 1985, dont 10.000 unités pour les moteurs à faible vitesse (moins de 33 CV) en partie déjà produits au Maroc, et 15 à 20.000 unités pour les moteurs à grande vitesse allant de 60 à 180 CV. La demande totale de moteurs diesel du second type - abstraction faite des camions et tracteurs déjà montés 1/ - est supérieure à la taille économique minimum de production. Les importations de ce deuxième groupe se sont élevées en moyenne à 190 millions de dirhams (48 millions de dollars) en 1978 et 1979, années d'investissement modéré, après avoir atteint 465 millions de dirhams en 1977 (année d'investissement record); la mission 1/ Avec l'actuelle politique de mécanisation de l'agriculture, le marché intérieur de tracteurs plafonne à 3 500 unités par an. Une nouvelle politique dans ce domaine pourrait entraîner un élargissement du marché justifiant la reprise du montage des tracteurs au Maroc. - vii - estime qu'au cours des cinq prochaines années, le Maroc pourrait substituer la moitié au moins de ces importations, à condition de mettre en oeuvre un pro- gramme d'investissement judicieux pour les moteurs diesel et leurs applica- tions. Un développement efficace de ces lignes de production exigera toute- fois certains ingrédients d'importance critique. une offre suffisante en main-d'oeuvre qualifiée; un libre recours à l'assistance et aux partenaires étrangers pour obtenir le savoir-faire nécessaire en matière d'ingénierie et d'adaptation technique et pour assurer initialement l'efficacité des opéra- tions de production; et la mise en place d'industries 1étallurgiques perfor- mantes (fonderie, usinage, et forge si cela est économiquement justifié) qui sont indispensables à toute intégration intrasectorielle. xi. La réorganisation, la modernisation et l'expansion des fonderies (fer et acier) est une priorité absolue pour le développement des IMME au Maroc. l'industrie de la fonderie se trouve en effet dans une situation critique, et doit jouer le role d'épine dorsale d'un développement intégré de ces indus- tries. Selon les estimations, la demande intirieure de pièces de fonderie atteindrait 40 à 45.000 tonnes par an en 198'; 30.000 tonnes (soit le double de la production actuelle) pourraient être produites sur place afin de subs- tituer aux pièces importées actuellement intégrées aux fournitures d'équipe- ment (valves, accessoires de tuyauterie, pompes, engrenages, outils), au matériel de transport et aux moteurs diesel. Cela supposera toutefois la mise en oeuvre d'un vigoureux programme de développement et un large apport d'assistance technique à cette branche. Programme d'investissement à moyen terme xii. Le Plan et l'ODI ont identifié jusqu'à présent 35 projets à réaliser dans les IMME, représentant un investissement total de 2,3 milliards de dirhams (450 millions de dollars), soit les trois-quarts de l'objectif d'investissement fixé par le Plan à ces industries pendant la période 1981-85 (par. iii). Environ 60% du total des investissements dans les IMME sont prévus par le Plan pour la branche industries métalliques de base (laminoir) et fonderies; est notamment prévu un projet intégré de fonderie et usinage 1/, pour la production de 10.000 moteurs diesel modulaires à grande vitesse et diverses autres pièces de fonderie pour automobiles. Ce projet de 200 millions de dirhams (40 millions de dollars), qui doit être entrepris par le secteur parapublic, devrait contribuer grandement à allèger la contrainte capitale évoquée au paragraphe précédent. La mission a proposé, pour les autres branches des IMME, des objectifs d'investissement légèrement différents de ceux du Plan et reflétant mieux d'une part la priorité à donner à la pro- duction des biens d'équipement non électriques, et d'autre part le potentiel de développement des industries électriques; chacune de ces deux branches pourrait investir en 1981-85 de 300 à 320 millions de dirhams (60 à 65 millions de dollars), soit 10% de l'enveloppe d'investissement prévue pour les IMME, et enregistrer une croissance de 10 à 11% par an. 1/ Le groupe de la Banque a manifesté son intérêt pour ce projet et a aidé à préparer les termes de référence de l'étude de faisabilité. - viii - xiii. Pour les industries de biens et fournitures d'équipement proprement dites, le Plan a identifié 20 projets, l'ODI en a étudié 19 autres; en outre, la mission suggère que soient étudiés dans une première phase 1/ 14 projets portant essentiellement sur la diversification et l'expansion des entreprises dynamiques existantes. Parmi ces 53 projets, la mission considère qu'environ 43 d'entre eux méritent une attention particulière, compte tenu de leur priorité économique et sectorielle, de leur capacité et leur marché prévus, et de l'accessibilité technologique de leurs procédés de fabrication. Ces 43 projets représentent un investissement total de 535 millions de dirhams (non compris le projet fonderie-moteurs diesel), soit 110 millions de dollars; ils remplissent les objectifs d'investissement avancés par la mission à raison de 87% pour les biens et fournitures d'équipement non électriques et de 55% pour les industries électriques. La réalisation de ces objectifs d'investissement et de ces projets exigeront, de la part des institutions chargées de la promo- tion des IMME, un important effort d'études de faisabilité économique et tech- nique; l'ODI pourrait, avec une assistance technique et les ressources finan- cières voulues, jouer un rôle important à cet égard, et compléter les finance- ments BNDE en prenant des participations promotionnelles dans des opérations en association où le secteur privé marocain ne voudrait pas intervenir. L'aboutissement de cet effort de développement dépendra toutefois en grande partie de l'élimination des principales contraintes qui pèsent sur ce secteur, et de la mise en oeuvre des mesures de politique économique préconisées ci-après. Recommandations et priorités xiv. Le rapport recommande l'adoption de certaines mesures à court et moyen terme en vue de résoudre les problèmes et d'éliminer les contraintes exposés ci-dessus. La mise en oeuvre de ces mesures contribuerait à accroître l'efficacité des IMME et à créer l'environnement économique propice à l'élabo- ration et l'application d'un programme de développement intéressant les secteurs importants ou "stratégiques". xv. Les réformes du code des investissements, du code des exportations et du dispositif de protection devraient s'appuyer sur l'évaluation du cadre général d'incitations à l'industrie à laquelle les services officiels, avec le concours de la Banque Mondiale, procèdent actuellement. En attendant que cette étude soit achevée et que les réformes envisagées soient progressivement mises en oeuvre, le Gouvernement pourrait utiliser certains instruments fiscaux et financiers pour atténuer les distorsions qui défavorisent les IMME, et rééquilibrer en partie le dispositif d'incitations. Le nouveau Code actuellement examiné par le Gouvernement pourrait supprimer certains avantages actuellement accordés aux de biens d'équipement importés (absence de droits et taxes) lorsque les matériels sont fabricables sur place, ainsi que ceux accordés aux industries actuellement très protégées. Les avantages pourraient 1/TDans une seconde phase de progrès et de transferts technologiques, le Maroc pourrait envisager et étudier la fabrication locale de générateurs d'énergie diversifiés (panneaux solaires, éoliennes, fermenteurs de biomasse, mini-centrales hydrauliques). - ïx - être maintenus ou accrus pour les branches prioritaires 1/, et les projets qui exportent ou qui engendrent d'importantes économies externes (effets d'inté- gration intersectorielle, transfert ou perfectionnement de technologies). 'En outre, le nouveau règlement douanier sur les exonérations fiscales en faveur des matières premières importées (par. iv) pourrait être étendu à toutes celles entrant dans la fabrications des biens d'équipement fabriqués locale- ment. A plus long terme, les réformes du cadre d'incitations devraient d'une part intégrer les deux principes"d'automaticité et d'harmonisation intersec- torielle des incitations, et d'autre part prévoir des incitations attrayantes et efficaces pour les investissements et partenaires étrangers effectuant des transferts de technologie. Le nouveau Code des Investissements pourrait prévoir des dispositions en ce sens. xvi. Le Gouvernement devrait en outre prévoir, sous forme d'assistance technique et de soutien administratif, des encouragements supplémentaires pour les IMME. Ceci comporteraiti a) la création, sous l'égide d'une institution financière appropriée (Banque Centrale, BNDE), de facilités de crédit à moyen et long terme du type "crédit-fournisseur" pour favoriser l'achat de biens d'équipement locaux par les investisseurs et pour aider les indus- tries de biens d'équipement à financer leurs achats d'intrants et la vente de leurs produits finis (Chapitre VII); b) l'élaboration d'une politique claire en matière de participation locale à l'exécution des projets publics, et le renforcement des capacités d'ingénierie du Ministère de l'Industrie à préparer des dossiers d'appel d'offres publics conçus pour accrottre la partici- pation des entreprises locales; c) la création et mise en oeuvre rapides d'un mécanisme fournissant aux IMME des ncrmes industrielles et un contrôle de qualité, ainsi que l'Assistance Technique nécessaire pour appliquer et respecter ces normes. Ces fonctions pourront etre regroupées dans une phase ulté- rieure de développement du secteur au sein d'un "Centre Technolo- gique" 2/ qui assisterait les entreprises en matière d'adaptation technique, choix et mise en oeuvre de procédés de fabrication, formation de capacités locales d'ingéniérie et d'adaptation, et plus généralement transfert de technologie; d) la création, au sein du Ministère de l'Industrie, d'un service de Planification chargé de préparer les stratégiei de développement industriel, de rationaliser les marchés et les gammes de production et de coordonner les agréments de projets avec l'approbation des demandes de protection; l/ L'étude d'évaluation du cadre général d'incitations devrait permettre d'identifier les branches prioritaires, et plus généralement les activités industrielles susceptibles de recevoir ou non ces avantages. 2/ De préférence dans le cadre d'un effort conjoint du secteur public et du secteur privé. - x - e) l'achèvement, dans les meilleurs délais, des Instituts de Technologie Appliquée et des centres de formation professionnelle, et le rééquilibrage des capacités de formation en faveur des spéciali- sations mécaniques, afin d'atténuer la pénurie de main-d'oeuvre qualifiée prévue dans les IMME (Chapitre IV et par. vii); et f) le renforcement et l'élargissement de l'assistance financière et des activités de promotion pour les IMME dans les institutions chargées du développement industriel (BNDE et ODI - voir par. viii). xvii. En outre, des recommandations plus détaillées relatives à diverses branches des IMME sont formulées dans le rapport en vue de rationaliser et renforcAr leurs activités actuelles, et d'identifier et préparer les projets hautement prioritaires. Les plus importantes de ces recommandations sont. Fonderies (par. 5.13) a) préparer, en coordination avec les études de la BNDE sur cette branche et avec une assistance technique, sous l'égide du Ministère de l'Industrie et/ou l'ODI, un plan de développement pour l'industrie de la fonderie intégrant l'ensemble de la demande de pièces de fonderie, et élaborer à l'intérieur de ce cadre général de référence des programmes de modernisation et/ou d'agrandissement pour les fonderies en service et celles en projet, les principaux objectifs à viser étant la rationalisation des gammes de produits, les économies d'échelle et l'intégration intrasectorielle; b) établir des programmes prioritaires de formation et de perfectionne- ment des ouvriers fondeurs; et c) fournir, par le truchement du Centre Technologique ou d'une autre institution spécialisée, une assistance technique portant pratique- ment sur tous les aspects des techniques de fonderie, et encourager au moyen de mesures et incitations particulières les fonderies à réaliser les investissements recommandés et à rechercher cette assis- tance auprès de leurs associés étrangers; Matériel de transport automobile (par. 6.14 et 6.15) d) rationaliser les marchés et normaliser les véhicules et matériels afin d'harmoniser les spécifications des pièces et d'allonger les séries de production; .e) offrir, par le truchement du Centre Technologique, une assistance technique visant à adapter les véhicules montés aux pièces de fabrication locale; f) préparer un programme d'action concret et échelonné pour l'appli- cation de la loi d'Intégration - Compensation sur les industries de montage automobiles, prenant en compte les capacités actuelles des IMME et les délais requis pour les élargir ou les adapter sans entrainer d'effets défavorables sur les coûts de production; - xi - Construction métallique et chaudronnerie (par. 7.16) g) formuler dans toute la mesure du possible un programme d'exécution échelonnée des projets publics qui soit coordonné avec la capacité de production et de livraison des industries locales; Machines agricoles (par. 7.20) h) réaliser les divers projets identifiés, de préférence en diversifiant ou en agrandissant les entreprises dynamiques existantes plutôt qu'en créant de nouvelles 1/; Moteurs diesel (par. 7.26 et 7.27) i) rationaliser et normaliser, en accord entre les autorités publiques et les entreprises concernées, les marchés et les gammes de produits de fabrication locale; j) limiter la production actuelle et future à une gamme limitée de moteurs modulaires; k) préparer des programmes et des projets visant l'intégration aval des moteurs modulaires dans des machines et matériels technologiquement accessibles aux industries locales; 1) apporter, par le truchement du Centre Technologique, une assistance technique pour la conception et l'adaptation techniques des matériels d'application des moteurs diesel; Industries électriques (par. 7.33 et 8.13) m) réévaluer en détail les caractéristiques des divers segments du marché intérieur.de moteurs électriques et autres machines tournantes; n) préparer un programme de consolidation et de modernisation des entreprises de moteurs électriques afin d'améliorer leur efficacité et la qualité de leurs produits; o) étudier les spécifications d'un matériel téléphonique adapté en particulier aux besoins des zones rurales, et préparer une stratégie de développement progressif de l'industrie du matériel téléphonique; et p) simplifier la législation douanière et fiscale réglementant les transactions entre les industries locales et les industries de sous- traitance à l'exportation, afin de faciliter les achats directs par les industries marocaines de montage de composants électriques produits par les sous-traitants. l/ Ceci s'applique également aux projets d'expansion et de diversification des entreprises de chaudronnerie. PARTIE A. ENVIRONNEMENT ET CADRE INSTITUTIONNEL ET DE POLITIQUE ECONOMIQUE CHAPITRE I. STRUCTURE ET TENDANCES DU SECTEUR MANUFACTURIER Croissance et performance du secteur manufacturier 1.01 Le secteur manufacturier s'est développé rapidement pendant le Plan 1973-77. Sa valeur ajoutée a augmenté alors de 7% par an en termes réels (contre 5,4% par an pendant la période quinquennale précédente), rythme proche du taux de croissance du PIB. En 1978, pressé par des contraintes financières de plus en plus lourdes, le Maroc a dû réévaluer sa politique de développement industriel et mit en oeuvre un plan d'austérité provisoire (1978-80), la croissance du secteur manufacturier tombant alors à 4,5% pendant cette période. Pendant toutes les années 70, la part du secteur manufacturier 1/ dans le PIB a oscillé entre 16 et 17,5%. 1.02 Pendant la période 1973-77, l'industrie s'est développée grâce à un accroissement substantiel de l'investissement et à une politique de substi- tution généralisée des importations. Cette expansion a entraîné un recours accru aux importations. Le coût total des projets industriels approuvés au titre du Code des investissements est passé, en prix courants, de 1,2 milliard de dirhams en 1968-72 à 9,6 milliards de dirhams en 1973-77. En prix courants toujours, les importations de produits manufacturés ont progressé de 68% entre 1974 et 1977 et représentaient 79% du total des importations en 1977 (73% en 1974). 1.03 A compter de 1977, par suite de la chute des cours internationaux des phosphates par rapport à leur niveau élevé de 1974-75 et de la baisse substan- tielle des recettes d'exportation qui s'en est suivie, les investissements ont reculé. La mise en oeuvre du Plan d'austérité, 1978-80 s'est traduite par une décélération de la croissance dans les industries de biens de consommation et particulièrement par une forte récession dans les industries de montage auto- mobiles. Cependant, les IMME ont pu maintenir une croissance de 1% par an (en valeur réelle). 1.04 Si l'on se base sur les projets approuvés au titre du Code des inves- tissements de 1973 (Appendice 1.3), l'industrie (artisanat non compris) employait environ 236.000 personnes en 1978 contre quelque 183.000 en 1975, soit un accroissement de 8,8% par an (Appendice 1.4). Cependant, la part du secteur manufacturier dans l'emploi total est demeurée constante, car un nombre relativement faible d'emplois ont été créés par rapport au volume d'investissement. 1/ Y compris l'artisanat (entreprires de moins de cinq employés). -2- Tableau 1.01: COMPOSITION ET CROISSANCE DU SECTEUR MANUFACTURIER 1975-1980 (en pourcentage) Part de la Taux de Contribution à valeur ajoutée croissance réel la croissance 1969 /1 1975 1978 1975-77 1978-80* du PIB en 1975-78 Alimentation et boissons 40,9 36,6 35,6 7,3 5 6,4 Textile, cuirs 17,1 21,1 21,7 5,4 5 4,4 IMME 16,1 14,6 16,4 8,3 1 3,9 Matérx. ronst. 6,0 5,9 5,3 5,5 6 0,8 Chimie 11,8 10,9 10,6 11,7 7 1,9 Divers (bois,..) 8,6 10,9 10,5 10,6 4 1,9 TOTAL secteur 100 100 100 7,3 4,5 19,3 dont artisanat 35* 28,6 26,8 6,6 2,4 4,4 VA secteur en % du PIB 16,3 16,6 17,4 Emploi secteur en .% emploi total n.d. 10,9 3,7 /l Entreprises ayant plus de dix employés seulement * Estimations Source: Appendices 1.1, 1.2 1.05 Le secteur manufacturier regroupe un grand nombre de petites entre- prises qui fournissent une grande partie des emplois du secteur. D'après l'enqu@te industrielle de 1975, les PMI 1/ et l'artisanat employaient 56,4% de l'emploi manufacturier en 1975, et fournissaient 40% de la valeur ajoutée du secteur (Tableau 1.02). A lui seul, l'artisanat a fourni pendant la période 1975-79 entre 26 et 29% de la valeur ajoutée du secteur manufacturier, dont environ 9% dans l'alimentation et 11% dans les textiles et cuirs. L'artisanat a de plus fourni en moyenne 13% des exportations de produits manufacturés, et 33% des exportations de textiles. Les grandes entreprises, de plus de 50 employés, employaient 140 000 personnes en 1975. Le taux de croissance de l'artisanat a été inférieur au taux de croissance de l'ensemble du secteur manufacturier et du secteur moderne. 1/ Assimilées statistiquement aux établissements comp,tant entre 5 et 50 employés. - 3 - Tableau 1.02 : STRUCTURE DU SECTEUR MANUFACTURIER - 1975 Artisanat PMI Taille des entreprises 50 employés (nombre d'employés) 0 - 4 5 - 49 et plus Total Nombre d'emtreprises 109.255 3.393 669 113.317 Nombre d'emplois (milliers) 137,56 43,14 139,96 320,66 Valeur ajoutée (millions de dirhams) 1.728 705 3.629 6.062 Valeur ajoutée par travailleur (milliers de dirhams) 12,6 16,3 25,9 18,9 Source: Enquête industrielle de 1975 1.06 La croissance du secteur manufacturier au cours des années 1975-80 n'a entraîné que des changements structurels mineurs et l'importance relative des grands secteurs est restée à peu près stable à l'exception des industries chimiques qui ont enregistré une forte expansion régulièire en comparaison des autres secteurs. Les branches traditionnelles tournées vers l'exportation, c'est-à-dire l'alimentation et les textiles, n'ont pas accru leur part rela- tive dans le secteur manufacturier. Cependant, la part de la production exportée a progressé notablement entre 1975 et 1978 dans les textiles et la chimie, alors qu'elle plafonnait dans les autres secteurs (Tableau 1.03). Tableau 1.03 : PRODUCTION, DEMANDE ET COMMERCE EXTERIEUR DES PRODUITS MANUFACTURES Production Exportations Structure en % Composition en % de la des demande de la production exportations totale demande 1975 1978 1978 1975 1978 1978 Alimentation 6,5 6 32 78 88 37 Textiles, cuir 15 18 38 73 75 12 IMME 3 2 4 20,5 23,5 27 Matérx. construction 2 1 1 75 68 5 Produits chimiques 10 18 19 53 53 il Divers 8 6 6 70 69 7 TOTAL secteur 8 8 100 59 62 100 Exports produits manu- facturés en % total exports 24 37 Source: Appendices 1.5 et 1.6. -4 - Problèmes et contraintes du secteur 1.07 Le Plan 1978-80 a prévu une pause dans le développement ambitieux de l'industrie et s'est ef orcé de définir une nouvelle politique industriellle mieux adaptée aux objectifs et aux ressources du pays. Cependant, plusieurs contraintes limitent encore les possibilités de croissance du secteur manufac- turier, à savoir. a) le poids des importations; b) la stagnation d- la productivité du travail; c) la faiblesse de l'investissement étranger; et d) l'inefficacité des incitations dans l'industrie (voir détails au Chapitre II). 1.08 Poids des importations Après la décision prise en 1975 d'adopter une approche du développement industriel basée sur la substitution systématique des importations, l'investissement et le nombre de projets approuvés dans le secteur manufacturier en application du Code des investissements de 1973, ainsi que le volume des importations (en particulier de biens d'équipement et demi-produits) ont considérablement augmenté pendant la période 1976/77 (voir Appendices 1.3, I.7, 1.8 et 1.9). Dans l'ensemble, cette stratégie n'est pas parvenue à rendre la croissance du PIB moins tributaire des importations, en raison notamment du délai de maturation des investissements; ainsi la part de la demande totale satisfaite par l'industrie locale n'a que marginalement augmenté (de 59 à 62% entre 1975 et 1978). Le poids des produits manufacturés d'importation dans la balance des paiements est demeuré trop élevé en compa- raison de la capacité d'exportation du secteur industriel. Dans les indus- tries alimentaires, où la production locale a satisfait la presque totalité de la demande intérieure (88% en 1978), la stratégie de substitution des importa- tions a eu le plus de succès. Dans les autres secteurs, la part des importa- tions n'a pas reculé entre 1975 et 1978. Dans les IMME, la part de la demande intérieure satisfaite par la production locale a stagné aux environs de 22%, et les importations des produits des IMME ont considérablement augmenté pendant cette période, notamment en 1976 et 1977 où elles sont passées à environ 50% du total des importations marocaines. En même temps, les exporta- tions des IMME sont restées très faibles, représentant 2% de la production en 1978 (3% en 1975). Dans les matériaux de construction, la part de la demande totale satisfaite par la production locale est tombée temporairement de 75 à 68%, et elle est restée pratiquement inchangée dans les autres secteurs (textiles, produits chimiques), Le gonflement massif des importations de biens manufacturés (de 6 milliards de dirhams en 1974 à plus 11 milliards de dirhams en 1977) n'a pas été compensé par une évolution analogue des exporta- tions. En effet, les exportations de biens manufacturés ne sont passées que de 1,8 milliard de dirhams à 2,1 milliards de dirhams entre 1974 et 1977 (Appendice I.10), et la part des exportations dans la production industrielle est restée faible (entre 8 et 10%) pendant la période 1975-79. Les biens de consommation antérieurement importés que le Maroc s'est mis à fabriquer ont entraîné des importations de biens intermédiaires et d'équipement plus impor- tantes (Appendice 1.9). En 1978 et 1979, durant le Plan d'austérité de -5- 1978-80, le Gouvernement a renoncé à plusieurs grands projets et la production industrielle a plafonné en 1979. Les importations de biens manufacturés sont tombées à 10 milliards de dirhams et les exportations sont passées à 2,8 milliards de dirhams, ramenant ainsi le déficit commercial record enregistré par le secteur manufacturier en 1977 à des proportions plus raisonnables (9,3 milliards de dirhams). 1.09 A l'avenir, le secteur manufcturier devra, pour continuer de se déve- lopper, mobiliser son potentiel d'exportation de façon que le Maroc puisse poursuivre les importations de biens manufacturiers dont il a besoin sans déséquilibrer dangereusement sa balance des paiements. A cet effet, le Maroc devrait faire un effort particulier pour déterminer les branches où les invei- tissements seraient les plus efficaces en matière d'équilibre de la balance commerciale et de création d'emplois.(par. 1.14). Il devrait en outre encou- rager des projets axés sur l'exportation exploitant plus à fond les avantages comparatifs du Maroc en ressources naturelles et en main-d'oeuvre bon marché, par exemple dans les produits chimiques dérivés des phosphates, l'alimentation et les textiles et cuirs. 1.10 Stagnation de la valeur ajoutée par travailleur. Les données fragmentaires disponibles 1/ ne permettent pas de conclure que la productivité des facteurs de production (mesurée, à défaut d'indicateurs plus précis, par la valeur ajoutée par emploi) ait suivi une tendance à la hausse, et.suggèrent que cette dernière aurait décru dans le secteur industriel (hors artisanat) de 3% en valeur réelle entre 1975 et 1978 (Tableau 1.04). A l'exception des IMME et des textiles, la valeur ajoutée par travailleur a diminué en termes réels dans tous les secteurs pendant cette période. La chute la plus notable a été enregistrée par les matériaux de construction , en raison sans doute d'une constraction très nette de l'activité dans ce domaine en 1978; dans l'alimen- tation, la valeur ajoutée par travailleur est restée constante. Etant donné que l'importance des investissements en capital consentis pendant la période 1974-77 et l'augmentation qui en est résultée des coûts d'investissement par travailleur (Appendice 1.7) auraient dû se traduire à terme par une hausse correspondante de la valeur ajoutée par travailleur, ce recul s'explique probablement par: i) une stagnation ou une diminution de la productivité du travail, due elle-même au manque généralisé de contremaîtres et techniciens bien formés dans l'industrie (voir Chapitre IV pour le cas des IMME); ii) une sous-utilisation accentuée des capacités de production depuis 1977, due au programme d'austérité du Plan 1978-80; et iii) un allongement des délais de maturation des investissements, dû aussi au Plan d'austérité. 1/ La principale faiblesse des données réside dans l'évolution de l'emploi dans l'industrie, qui a été estimée à partir de l'enquête 1975 et des créations d'emplois prévues par les investissements agréés au titre du Code des investissements. L'emploi industriel en est peut-être surestimé, et par conséquent la valeur ajoutée par emploi sous-estimée d'autant. Cependant, les résultats préliminaires de l'enquête industrielle 1977 donnent des valeurs ajoutées par emploi encore plus faibles. -6- Tableau 1.04: PRODUCTIVITE DES FACTEURS DANS LE SECTEUR MANUFACTURIER Valeur ajoutée par travailleur Croissance (1975=100) 1978/75 1975 1976 1977 1978 (en pourcentage) Alimentation 100 97 98 99 -0,6 Textile, cuirs i.00 99 100 104 +4,1 IMME 100 100 99 103 +2,7 Chimie et matériaux de construction 100 92 98 78 -22,4 TOTAL 100 97 100 97 -3,0 Source: Appendice I.11 1.11 Faiblesse de l'investissement étranger. L'investissement étranger est resté faible en dépit des garanties données pour le transfert des divi- dendes et le rapatriement des capitaux importés. Il a cependant cru dans les années récentes. Globalement, l'investissement étranger direct, qui était en 1975 de 4% du total des investissements agréés au titre du Code des inves- tissements, est passé à 6% en 1976 puis 107. en 1977 (Appendice 1.12). Les principaux secteurs bénéficiaires de l'investissement étranger sont l'indus- trie et l'infrastructure. La ventilation par pays d'origine fait ressortir qu'en 1975 et 1978 la France restait le principal investisseur étranger au Maroc (27,3% et 32,7% du total des investissements extérieurs), et que la part de l'Arabie Saoudite a crû rapidement, passant de 11% en 1976 à 27,6% en 1978. Cette rareté de capitaux étrangers s'explique par plusieurs raisons: la politique de la marocanisation; la complexité des formalités administra- tives jugées parfois imprévisibles ou inéquitables par les investisseurs étrangers; la pénurie de main-d'oeuvre qualifiée; et le caractère défavorable et inefficace des incitations prévues par le Code des investissements (voir Chapitre II et Annexe I). Priorités sous-sectorielles 1.12 Le Maroc n'a pas les moyens, en ce début des années 80, de réaliser une croissance rapide dans toutes les branches manufacturières. En effet, le pays doit: i) continuer de combler l'écart entre ses importations et ses exportations de biens manufacturés, et ii) surmonter les autres contraintes qui limitent les perspectives de développement du secteur manufacturier (par. 1.10 et 1.11). Le Maroc doit donc adopter une approche sélective et déve- lopper les branches les mieux placées pour l'aider à atteindre ses objectifs économiques prioritaires. développement des exportations; substitution "efficace" (à coûts compétitifs) des importations; et création d'emplois. Le -7- Plan 1981-85 1/ pour l'industrie reconnait les limites des politiques de développement industriel poursuivies par le passé et la nécessité de cette approche sélective. Il prévoit en outre qu'une politique industrielle orientée davantage vers les exportations est nécessaire, à court et long termes, si le Maroc veut pouvoir financer les importations nécessaires au maintien d'un taux de croissance correspondant aux besoins du pays, et de plus que le système d'incitations à l'industrie doit être réexaminé et remanié en conséquence. Le Plan a donc défini une stratégie industrielle mieux adaptée à la situation du pays et axée sur. - le développement "volontariste" des exportations industrielles, à réaliser par une promotion active et l'amélioration des incitations et des politiques d'exportation; - la création d'emplois et la réduction du coût de l'investissement par emploi, par la promotion des PME; et - un développement sélectif des IMME pour une substitution efficace des importations de biens et fournitures d'équipement. 1.13 Selon les projections du Plan, l'investissement industriel devrait totalise 20,9 milliards de dirhams pendant la période 1981-85, 60.000 nouveaux emplois industriels seraient créés, et la production augmenterait de 8,4% par an. L'investissement à l'exportation représenterait 55,5% du total de l'investissement industriel projeté, dont 51% iraient aux grands projets publics phosphatiers et 4,5% aux PMI exportatrices (textile, cuirs, alimen- tation). Le Plan prévoit que l'investissement des PMI représenterait 12% du total et permettrait de créer plus de 50% des emplois nouveaux du secteur; ces objectifs de développement des PMI sont raisonnables et réalisables, étant donné l'appui que la Banque mondiale continuera d'apporter par ses prêts en faveur de l'assistance financière et technique aux PMI. Les IMME et le secteur des biens d'équipement recevraient, selon le Plan, une part plus importante que par le passé de l'investissement industriel (15% contre 9%). 1.14 Une évaluation générale des grands secteurs de l'industrie manufac- turière basée sur cinq principaux indicateurs de performance (Appendice 1.13) indique que, dans l'ensemble, les textiles et cuirs et l'industrie chimique sont les secteurs les plus efficaces, suivis par les IMME, tandis que d'autres secteurs ont obtenu de bons résultats à certains égards et de mauvais résul- tats à d'autres 2/. Cette évaluation comparée des secteurs de l'industrie 1/ Les Plans de développement au Maroc fixent des objectifs et des obliga- tions au secteur public seulement; ils ne sont qu'indicatifs pour le secteur privé. 2/ Les cinq indicateurs de performance sont: valeur ajoutée par emploi, coût d'investissement par emploi, intensité en main-d'oeuvre (production brute par travailleur), coefficient marginal exportations/production, et potentiel de substitution d'importations (importations en pourcentage de la demande intérieure). Un indicateur général pondérant à égalité ces cinq indicateurs place les textiles et la chimie en tête, suivis dans l'ordre par les IMME, les industries "diverses" (bois, papier), l'alimen- tation et, en dernier rang, les matériaux de construction. -8- manufacturière donne des indications préliminaires sur ceux qui devraient être poussés dans le Plai 1981-85. Il importe toutefois de ne pas oublier que l'expansion de certains des secteurs qui ont obtenu de bons résultats dans le passé risque d'être freinée à l'avenir par des considérations de débouchés et de ressources. Le textile domine tous les secteurs pour le faible coût d'investissement par emploi créé et la propension marginale à exporter; cependant, ses perspectives de développement massif doivent être prudemment pesées, car les taux de croissance des exportations de textiles et de prêt-à- porter vers la CEE peuvent plafonner, et le développement du secteur repose en partie sur ses PME et artisans qui exportent une forte proportion de leur pro- duction. De même, certaines branches de l'alimentation (sucre, oléagineux, produits laitiers) présentent déjà des excédents de capacité, en raison de l'irrégularité des approvisionnements en matières premières agricoles; de plus, les perspectives de forte expansion des exportations de produits alimen- taires s'amenuisent avec l'entrée attendue de l'Espagne, du Portugal et de la Grèce dans la CEE. Des possibilités de substitution efficace des importations peuvent cependant exister, notamment dans les domaines des aliments pour bétail et des dérivés des sous-produits du sucre. 1.15 En définitive, les meilleures perspectives semblent être dans la chimie et les IMME. L'industrie chimique peut aisément transformer, et vendre sur le marché local et à l'étranger, divers produits chimiques (engrais et autres) dérivés des phosphates, où l'avantage comparatif du Maroc est très net. En ce qui concerne les IMME, le volume très élevé des importations (jusqu'à 60% du total des importations de produits manufacturés en 1977) suggère que ce secteur conserve un gros potentiel et substitution des importa- tions, surtout en ce qui concerne les biens et fournitures d'équipement. De même, les exportations de certains produits pourraient augmenter sensiblement (comme le montre l'apparition d'exportations d'accessoires automobiles et de composants électroniques montés en sous-traitance). Le développement des IMME se justifie en outre pour plusieurs autres raisons: a) les IMME sont le fournisseur de tous les secteurs manufacturiers et les aideraient, en fabriquant des produits fiables, à améliorer la qualité de leur production et à être moins tributaires des importa- tions; b) les IMME, qui fournissent 16% de la valeur ajoutée manufacturière, jouent encore un rôle trop modeste comparativement à la demande de produits des IMME émanant de tous les secteurs de l'économie, et au poids relatif des IMME dans le secteur manufacturier d'autres pays en développement et semi-développés (Appendice 1.14); c) le coût d'investissement par emploi a été pendant la période 1975-78 plus faible dans les IMME que dans les autres secteurs manufactu- riers, exception faite des textiles; et -9- d) les importations de produits des IMME ne peuvent continuer de s'accroître sans grever excessivement la balance des paiements, comme ce fut le cas en 1976/77, ni compromettre l'expansion de l'ensemble du secteur manufacturier. Pour toutes ces raisons, la mission appuie l'intention du Gouvernement de mettre l'accent sur le développement des IMME dans le Plan 1981-85. 1.16 Le financement des investissements du secteur manufacturier doit demeurer le rôle principal de la Banque nationale pour le développement écono- mique (BNDE) qui, pendant la période 1973-78, a contribué au financement de 45% de tous les investissements industriels agréés et accordé des prêts équi- valant à 20% du coût total de ces investissements. Pendant cette même période, les investissements agréés dans les IMME ont représenté environ 8% de tous les investissements industriels agréés, et ont été financés en moyenne également à 20% par la BNDE. La part des IMME devant passer à 15% de l'ensem- ble des investissements industriels en 1981-85, on doit attendre de la BNDE qu'elle intensifie ses activités d'évaluation et de financement des projets intéressant les IMME, et qu'elle finance dans ce secteur au moins 600 millions de dirhams d'investissements pendant la période 1981-85, contre 200 millions de dirhams pendant la période 1973-78. - 10 - CHAPITRE II. LE CADRE INSTITUTIONNEL ET DE POLITIQUE ECONOMIQUE Cadre général des incitations industrielles 2.01 L'industrie dispose au Maroc de trois principaux types d'incita- tions. les incitations en faveur des ventes intérieures, par le biais de la protection tarifaire et du contingentement des importations; des incitations générales en faveur de l'investissement, sous forme de dispositions fiscales, financières et de règlementation des prix; et des incitations en faveur de l'exportation. La politique de protection contre les importations a eu pour effets majeurs en premier lieu de favoriser fortement la substitution des importations et la production pour le marché intérieur, et en deuxième lieu d'encourager essentiellement la production de produits finis ou de biens de consommation tout en laissant non protégées les branches produisant des biens intermédiaires et d'équipements. La réglementation des prix pour les acti- vités protégées, qui consiste à ajuster parallèlement au niveau de protection soit le prix de vente soit la marge bénéficiaire sur la base du prix de revient, ne fait appel à aucun critère formalisé d'efficacité économique. Les incitations générales en faveur des investissements prévues par le Code des investissements de 1973 sont accordées de façon libérale et automatique à tous les secteurs sans distinction; elles comprennent les éléments habituels (exonération de droits de douane et d'impôts indirects sur les biens d'équipe- ment importés, ristourne d'intérêt de 2% sur les prêts à long terme, et exoné- rations d'impôt sur le bénéfice modulées suivant les régions). Ces incita- tions n'encouragent pas les chefs d'entreprise à choisir des procédés de fabrication à forte intensité de main-d'oeuvre. Le code cherche aussi à attirer les investissements étrangers, mais seulement dans la mesure où leurs participations restent minoritaires ou s'ils se livrent exclusivement à la production pour l'exportation; les incitations destinées aux investisseurs étrangers ont été dans l'ensemble neutralisées par l'incertitude entourant la politique de marocanisation et par des complexités administratives découra- geantes 1/. Conscient des limites de la politique de substitution des impor- tations, le Gouvernement a introduit une série d'incitations visant à stimuler les exportations de produits manufacturés, qui comprennent essentiellement. l'exonération d'impôt sur les bénéfices liés aux exportations, l'accès en franchise de douane aux facteurs de production importés, des facilités de préfinancement et de crédits pour les créances nées à l'étranger à des taux légèrement préférentiels, et un système de crédit d'assurance à l'exporta- tion. Malgré la complexité de leur gestion administrative, on leur attribue une grande part du succès remporté récemment par quelques secteurs d'exporta- tion (en particulier les textiles, l'habillement et les cuirs) qui travaillent efficacement en exploitant leur avantage comparatif de base (main-d'oeuvre non qualifiée bon marché) et qui ont un marché intérieur limité. Mais dans l'ensemble, l'élément de subvention contenu dans ces incitations ne semble pas suffire à compenser les désavantages auxquels se þeurtent encore les industries 1/ Le nouveau Code actuellement examiné par le Gouvernement contiendrait des dispostions pour pallier ces contraintes. - 11 - d'exportations, à savoir: une structure et une politique de protection qui favorisent au premier chef la production destinée au marché intérieur; la sur- évaluation, jusqu'à récemment, du taux de change, et la non-compétitivité des prix de revient intérieurs; l'absence d'incitations en faveur des exportateurs indirects (produisant des biens intégrés ensuite dans des produits d'exporta- tion); les complexités administratives; et le manque de savoir-faire technolo- gique et commercial en matière de pénétration des marchés extérieurs. On trouvera dans le Rapport économique de base de 1979 ainsi qu'à l'Annexe I une description plus détaillée du cadre général d'incitations en vigueur jusqu'en 1981. 2.02 La coordination et la continuité des décisions sont insuffisantes entre les divers organismes et services responsables d'une part de l'examen des projets et de l'agrément des investissements, et d'autre part du contrôle et autorisations d'importations et de l'approbation des demandes d'ajustement des prix et des niveaux de protection. En particulier, l'octroi d'avantages particuliers aux grands projets conventionnés dans le cadre du Code des Inves- tissements et l'approbation ultérieure des demandes de protection et de prix pour ces mêmes projets tendent à indiquer l'absence d'une approche globale et continue dans l'évaluation de ces projets et demandes de protection. Le nouveau Code en cours de préparation devrait inclure des dispositions en ce sens, c'est-à-dire conditionner l'octroi d'avantages particuliers au respect d'engagements en matière de prix et de demandes de protection. Ces problèmes de coordination tiennent à la multiplicité d'organismes aux responsabilités mal délimitées ou entrecroisées, et à l'absence au sein des services publics d'une unité de politique et de planification industrielles disposant de moyens suffisants. 2.03 Les faiblesses et les contraintes notoires du secteur industriel qui s'opposent à son expansion, à savoir capacités et coûts de production excessifs dans les branches orientées vers le marché intérieur et manque de capacité et de dynamisme dans les branches produisant des biens d'exportation et d'équipement, sont dues en grande partie aux lacunes du moùe d'investisse- ment public et de la planification industrielle, ainsi qu'à l'inefficacité du système d'incitations, devenu complexe. L'évaluation approfondie de l'impact global du système d'incitations sur le secteur manufacturier est en cours de réalisation avec l'assistance de la Banque Mondiale 1/. Les sections ci-après examinent les principales questions de politique économique touchant le déve- loppement des IMME. Principaux problèmes de politique économique touchant les IMME 2.04 Dans le secteur des IMIME, les droits de douane 2/ qui frappent les importations de biens de consommation sont très élevés, et varient entre 20-50% et 100-150%. Les droits frappant les produits intermédiaires des IMME s'élèvent en moyenne à 17% et varient entre 0-5% pour les pièces de fonderie 1/ L'étude commencée à l'automne 1979 devrait être terminée aux environs de fin 1981; un consultant de la Banque Mondiale a été mis à la disposition du Ministère de l'Industrie pour mener cette étude. 2/ Sans compter les autres taxes à l'importation qui surajoutent 20 à 25% de protection aux droits de douane proprement dits. - 12 - élémentaires et 20-35% pour les fils, tuyaux et la construction métallique; sur les biens d'équipement, les droits lorsqu'ils sont perçus sont plus uni- formes et varient entre 10-15%. De plus, des contingentements ou inter- dictions d'importation sont appliqués à la plupart des produits des IMME fabriqués localement, qui sont essentiellement des biens de consommation. Ainsi, tandis que presque tous les produits de consommation et quelques produits intermédiaires des IMME bénéficient d'une protection effective très élevée, la catégorie des biens d'équipement est défavorisée par la faiblesse des niveaux absolus et relatifs de protection qui lui sont accordés, d'autant plus que les intrants subissent une protection tarifaire plus élevée que les biens d'équipements finis. Cette distorsion défavorable aux biens d'équipe- ment locaux est encore aggravée par les dispositions libérales du Code des investissements industriels de 1973, aux termes duquel les exonérations tari- faires et fiscales généralisées accordées aux équipements et matériels importés se combinent à la surévaluation (encore récente) de la monnaie pour favoriser l'importation des biens d'équipement de préférence à ceux produits localements. De plus, le Ministère de l'Industrie n'a pas toujours la possi- bilité en pratique d'appliquer, notamment dans le cas des grands projets clés en main, la disposition du Code des investissements selon laquelle aucune exonération de droits de douane n'est accordée à l'importation de biens d'équipements qui peuvent être produits au Maroc pour un prix ne dépassant pas 120% du prix c.a.f. de ces biens. En outre, dans la mesure où les techniques de production utilisant du matériel importé sont mieux adaptées aux intrants importés, elles favorisent également l'utilisation de ces derniers de préfé- rence aux intrants marocains. Toutes ces distorsions ont contribué à retarder l'apparition et le développement d'IMME locales susceptibles de produire efficacement en substitution des importations, de sorte que le Maroc doit encore importer plus des deux-tiers de ses besoins en produits des IMME. 2.05 Un système novateur visant à encourager la substitution des importa- tions de biens intermédiaires et d'équipement a été introduit en 1979 dans l'Article 163 bis du Code des Douanes; en vertu de cet article, les avantages fiscaux accordés aux produits finis importés (en application du Code des investissements ou pour divers projets publics) sont transférés aux matières premières et composants importés entrant dans la fabrication locale des mêmes produits finis. Ce système ouvre un nouveau champ d'action aux investisseurs et pourrait fortement encourager la sous-traitance locale dans les IMME. Pour avoir un effet, cependant, le système demande à être mieux divulgué, assorti de procédures simples et appliqué de façon équitable et systématique; de plus, pour ne pas défavoriser les fonderies 'locales qui sont dans une situation critique (cf. Chapitre V), le transfert d'exonération tarifaire du système ne devrait pas s'appliquer aux pièces de fonderie importées. 2.06 En matière d'exportations, les faiblesses du système d'incitations industrielles affectent les exportations de produits de consommation des IMME, en raison du niveau élevé de protection et de profitabilité accordé aux ventes intérieures. Plusieurs contraintes spécifiques freinent le développement des exportations de biens intermédiaires et d'équipement. Premièrement, la main- d'oeuvre qualifiée et semi-qualifiée est rare et donc coûteuse, ce qui - 13 - entraîne une perte partielle de compétitivité de ces produits et des diffi- cultés à satisfaire les normes de qualité et les délais de livraison demandés, alors que ce sont là deux conditions sine qua non de réussite à l'expor- tation. Deuxièmement, les producteurs marocains de biens d'équipement sont désavantagés par rapport aux concurrents étrangers par le manque de facilités de crédits à moyen et long termes pour le financement de leurs ventes au Maroc et à l'étranger. Il conviendrait que ces contraintes soient éliminées, en particulier par une assistance technique et un appui institutionnel appro- priés, pour que la production et l'exportation de produits des IMME puissent se développer sensiblement. Problèmes institutionnels 2.07 Les IMME sont particulièrement touchées par les politiques suivies jusqu'ici en matière de réalisation de grands investissements publics et de réglementation des activités des entreprises de montage automobile. La con- ception et la réalisation de nombreux grands projets publics par des contrats clé en mains accordés à des firmes étrangères ne visent généralement ni à rechercher ni à engendrer les effets d'industrialisation à long terme et les liaisons intrasectorielles qui concrétisent habituellement l'impact de ces projets sur le développement des industries locales produisant des biens et fournitures d'équipement en particulier. Les IMME locales, n'ayant que peu d'accès aux vastes marchés publics pourtant cruciaux pour leur développement quantitatif et qualitatif, ne prennent pas suffisamment d'initiatives pour développer leurs propres bureaux d'études et d'ingénierie, ni pour répondre de façon plus compétitive aux appels d'offres publics. Comme le souligne le Chapitre VII, il conviendrait que le Gouvernement comme les entreprises locales prennent des initiatives pour développer leurs compétences en ingé- nierie et pour établir un Centre technologique de contrôle de la qualité et d'assistance technique, en vue d'accroître la participation et la valeur ajoutée locales dans les projets d'investissement industriels ainsi que dans l'industrie automobile. Une nouvelle loi d"'Intégration - Compensation" pour l'industrie de montage automobile, récemment promulguée, vise à faire passer le taux d'intégration locale de 20 à 50% (voir Chapitre VI). Cependant, compte tenu des problèmes fondamentaux de rationalisation du marché et de normalisation des produits, il est recommandé que soient examinés les effets possibles de cette loi sur le prix de revient final des véhicules, et qu'en conséquence soit préparé un programme rationnel et réalisable d'application progressive de cette loi. A cet égard, il sera essentiel de développer des industries auxiliaires compétitives et axées sur les exportations, et en particulier les PMI vu leur rôle important dans la sous-traitance. 2.08 Ainsi, la politique suivie jusqu'ici n'a pas été particulièrement favorable aux IMME (libéralité ou absence de continuité dans les autorisations d'importation, adjudication des grands marchés publics de biens d'équipement selon des critères mal établis en matière de préférence nationale), ni à la participation des cadres et partenaires étrangers. Cette politique a contri- bué à instaurer un climat ambigu vis à vis de l'initiative et de la moderni- sation ou expansion des entreprises du secteur. La création d'une unité de - 14 - planification industrielle (par. 2.02) permettrait d'accorder aux IMME une attention plus marquée de la part des pouvoirs publics, notamment en préparant une stratégie de développement des IMME claire et articulée, et renforcant ainsi les premiers efforts faits en ce sens par l'Office pour le développement industriel (ODI). Premières suggestions pour une réforme du système d'incitations 2.09 L'étude des incitations industrielles actuellement menée au Maroc avec l'appui de la Banque mondiale devrait d'une part identifier les avantages comparatifs et les priorités de développement dans les branches industrielles, et d'autre part servir de base aux réformes du système d'incitations néces- saires à la réalisation des objectifs du Gouvernement. Mais, quelles que soient les orientations futures du nouveau système d'incitations, celui-ci devra, pour être efficace, s'inspirer des deux grands principes suivants. 1) le principe d'automaticité des avantages et des procédures, et 2) le principe d'égalisation des incitations, devant conduire à réduire progressivement les diverses distorsions existant actuellement entre branches, entre marchés, entre facteurs de production, entre firmes ef entre régions; ceci devrait amener à une plus grande efficacité de ia production manufacturière et à un rééquilibrage de la croissance industrielle. La nécessaire réforme de la structure de protection devra être mise en place progressivement, de façon à ne pas trop perturber les activités économiques et industrielles existantes; d'ici là, on peut judicieusement avoir recours, pour égaliser les incitations, à des instruments tels que les politiques fiscales, financières et de contrôle des prix, ainsi qu'au soutien institutionnel du Gouvernement et à l'assistance technique comme recommandé au paragraphe 2.07 ci-dessus. 2.10 En ce qui concerne plus spécifiquement les IMME, certains des avan- tages dont bénéficient les importations de biens d'équipement (la ristourne d'intérêt de 2% sur les prêts à long terme, l'exonération de droits et d'impôts indirects) devraient être abolis pour les branches industrielles qui sont très protégées et pour les biens d'équipement qui peuvent être fabriqués au Maroc, tout en les conservant pour les branches prioritaires qui exportent ou pour les projets qui engendrent des effets externes importants (liaisons inter-sectorielles, amélioration ou transfert de technologie). De plus, l'élargissement et la généralisation de l'Article 163 bis du Code des Douanes (par. 2.05) et de la réglementation du Code des investissements accordant la préférence aux entreprises locales dans une marge de surcoût de 20% (par. 2.04) contribueraient grandement à compenser les effets défavorables de la structure de protection sur les IMME et les industries de biens d'équipement. Enfin, des incitations efficaces devraient être offertes aux investisseurs et partenaires étrangers consentant à réaliser des transferts de technologie, transferts dont les IMME marocaines ont grand besoin pour renforcer leurs compétences techniques. Le nouveau Code actuellement examiné par le Gouverne- ment pourrait inclure des dispositions en ce sens. - 15 - PARTIE B. LES INDUSTRIES METALLIQUES, MECANIQUES ET ELECTRIQUES (IMME) CHAPITRE III. STRUCTURE ET CARACTERISTIQUES DES IMME Structure et tendances de la croissance 3.01 Les IMME au Maroc sont récentes et se sont développées surtout après 1960. Le secteur regroupe 6 des 18 branches industrielles de la Nomenclature des activités économiques marocaine (NAE), à savoir. NAE 19. Industrie métallique de base, y compris les fonderies de métaux ferreux et non ferreux; NAE 20. Ouvrages en métaux (sauf machines et matériel); NAE 21. Matériel d'équipement mécanique (sauf machines électriques); NAE 22. Matériel de transport et chantiers navals; NAE 23. Matériel électrique et électronique; et NAE 24. Instruments de mesure et de contrôle. La plupart des lignes de production des IMME sont représentées dans l'indus- trie marocaine, à l'exception de la fabrication de machines non électriques (sous-branche 382 de la Classification internationale type - voir Appendice III.1); le Maroc n'a pas développé cette sous-branche en raison du niveau technologique exigé, de contraintes et de problèmes de politique économique spécifiques (voir Chapitre VII). En termes de production, les principales branches sont les ouvrages en métaux (essentiellement biens de consommation et biens durables) et le matériel de transport (montage d'automobiles et véhi- cules utilitaires); elles ont pris leur essor gràce à la protection élevée dont a bénéficié jusqu'ici le montage de produits finis pour le marché local en substitution des importations. La production de la branche des industries métalliques de base (fonderies) a diminué en valeur absolue et relative, par suite de difficultés propres à cette branche (voir Chapitre V). La production de matériel électrique se développe rapidement (18% par an en valeur réelle) et représentait en 1978 quelque 15% de la production des IMME, comme le montre le Tableau 3.01 qui résume la composition et les tendances de la croissance des IMME marocaines. - 16 - Tableau 3.01. COMPOSITION ET DEVELOPPEMENT DES IMME (millions de dirhams) 1969 /l 1975 1978 Croissance Produc- Produc- Produc- 1975/78 tion V.A. tion V.A. tion V.A. % (% par an) 19. Métaux de base 96,9 22,3 192,2 49,6 215 42 2,8 -13,4 20. Ouvrages en métaux 271,2 97,8 997,6 393,7 1775 785 53,6 +18,2 21. Equipement mécanique 118,5 40,9 217,6 82,3 345 128 8,8 +10,7 22. Matériel transport 298,1 79,2 1022,0 257,7 1275 320 21,8 -4,2 24. Instrumen- tation 7,8 3,4 22,5 11,3 20 10 0,7 -15,6 Total Mécanique 792,5 243,6 2431,9 794,6 3630 1285 87,7 +9,0 23. Industries électr./2 111,2 29,8 312,4 88,4 625 180 12,3 +18,5 TOTAL IMME 903,7 273,4 2744,3 883,4 4255 1465 100 +10,0 /l Entreprises ayant moins de 10 employés non comprises. /2 Electro-ménager non compris (sous-branche 21.8). Source: Appendice 111.2 3.02 Selon les données détaillées (qui n'existent que pour l'année 1975), le plus grand nombre d'Entreprises et d'emplois se trouve dans les sous- branches fabriquant des biens de consommation et des produits finis, où les activités artisanales et traditionnelles représentent une part notable de la production (environ un cinquième) et des emplois. Si l'on reclasse les sous- branches des NAE et leurs subdivisions en fonction de la nature et de la des- tination des produits (biens d'équipement, intermédiaires, de consommation), on constate que les biens d'équipement et biens intermédiaires représentent environ 45% des activités du secteur et se sont développés rapidement depuis quelques années (12% p.a. en termes réels), comme l'indique le Tableau 3.02. - 17 - Tableau 3.02. STRUCTURE DES IMME (pourcentage) 1975 1978 Nombre Nombre Produc- Part Produc- Croissance d'entre- d'em- tion Valeur production tion 1975/78 prises plois brute ajoutée artisanale brute (% par an) Biens d'équipement mécaniques 4,4 19,4 16,2 21,4 6 15 7 électriques 0,2 2,8 5,1 5,0 - 9 27 Sous-Total 4,6 22,2 21,3 26,4 5 24 12 Biens intermédiaires métalliques/ mécaniques 4,5 17,1 18,9 19,1 2 20 14 électriques ... 1,9 2,0 1,7 - 2 6 Sous-Total 4,5 19,0 20,9 20,8 2 22 13 Produits finis. métalliques/ mécaniques 90,6 53,3 52,6 48,6 18 48 7 électriques 0,3 5,5 5,2 4,2 - 6 12 Sous-Total 90,9 58,8 57,8 52,8 17 54 8 TOTAL IMME 100 100 100 100 il 100 10 Dont. indust. élect. 0,5 10,2 12,3 10,9 - 16 18 Source. Appendice 111.2 3.03 Le secteur des IMME comprend environ 8.400 entreprises et ateliers, dont 170 (2% du total) emploient plus de 50 personnes. Les PMI (de 5 à 50 employés) représentent 5% des entreprises du secteur. Les ateliers artisanaux (moins de 5 employés), qui fabriquent surtout des produits finis en métaux, comptaient en 1975 quelque 9.300 travailleurs et fournissaient une production brute de 310 millions de dirhams, soit 11% de la production du secteur, comme le montre le Tableau ci-dessous: - 18 - Tableau 3.03. STRUCTURE DES IMME SUIVANT LA DIMENSION DES ENTREPRISES (Pourcentage) Artisans Dimensions de l'entreprise (Moins PMI Plus de Total (Nombre d'employés) de 5) (5-49) 50 (chiffres) Nombre d'entreprises 93 5 2 8.400 Nombre d'emplois 27 17 56 34.600 Production brute 1l 15 74 2.745 MDH Valeur ajoutée 17 19 64 883 MDH V.A/ par travailleur (indice) 62 117 113 100 MDH Coefficient V.A./production 47 43 28 32 Source: Enquête industrielle de 1975 La part du secteur public dans les IMME est faible, puisqu'elle ne groupe qu'environ 20 des plus grandes entreprises (montage de véhicules et de moteurs, moteurs électriques, fonderies, etc.). En revanche, l'influence du secteur privé étranger est significative dans un grand nombre de branches, en particulier celles du matériel d'équipement mécanique, du matériel électrique et de la construction métallique et chaudronnerie; cette influence se mani- feste par une participation, généralement minoritaire, au capital des entre- prises ou, plus fréquemment, dans la gestion et la direction techniques des opérations. Un certain nombre de petites entreprises spécialisées, de type familial et d'un bon niveau technologique, appartiennent à des étrangers. Demande finale et commerce extérieur des produits des IMME 3.04 Etant donné que la plupart des entreprises sont regroupées dans les branches des produits de consommation et d'ouvrages en métaux, la production intérieure satisfait une grande part de la demande finale pour ces produits (environ 75%). Cette part est très faible (environ 10%) pour les biens d'équipement et biens intermédiaires, et elle est en diminution pour les biens durables dont la demande s'accroît rapidement, comme le montre le Tableau 3.04. - 19 - Tableau 3.04. PART DE LA PRODUCTION LOCALE DANS LA DEMANDE TOTALE DE PRODUITS DES IMME (pourcentage) Part locale de la Taux d'accroissement demande totale de la demande (% p.a.) 1969 1975 1978 1969/78 1975/78 19. Métaux de base/fonderies 50 10 9 16,2 11,8 20. Ouvrages en métaux 72 73 76 11,0 11,8 21. Machines/matériel 24 9 il 7,1 2,6 22. Matériel de transport 43 26 25 8,8 1,3 23. Matériel électrique 24 24 29 5,6 9,2 24. Instruments de mesure 13 8 5 7,7 3e2 TOTAL IMME 36 20,5 23,5 10,1 6,5 Source: Appendice 111.3 3.05 Les biens d'équipement métalliques et mécaniques représentaient environ les deux tiers des importations de produits des IMME et 40% des impor- tations totales de biens manufacturés, soit un total de 4 695 et 3 115 millions de dirhams respectivement en 1977 et 1978 (Appendice 111.4). Les principales importations comprennent: les machines spécialisées destinées à différentes branches de l'industrie, le matériel d'extraction minière, les appareils de levage, les machines et tracteurs agricoles, les machines textiles, les pompes et compresseurs. Les produits intermédiaires métalliques et mécaniques, qui représentent environ un cinquième du total des importations de produits des IMME, comprennent essentiellement des demi-produits sidérur- giques longs et plats (environ 350 000 et 150 000 tonnes par an respective- ment) et des produits intermédiaires en aluminium et cuivre (tôles, fils, barres, tuyaux). Les importations de biens de consommation et biens durables comprennent essentiellement des véhicules de transport et leurs pièces et composants, et des appareils ménagers. Les principaux articles électriques importés, qui représentent au total en moyenne 11 à 12% des importations de produits des IMME, sont. les moteurs et générateurs électriques (en baisse), les disjoncteurs et armoires de commande et de distribution, le matériel de télécommunications, les câbles, les lampes et ampoules, et les composants électroniques (pour le montage télé/radio et pour la sous-traitance à l'expor- tation). 3.06 Les IMME exportent une part très faible de leur production (3% en 1975 et 2% eh 1978). Les exportations de produits métalliques et électriques comprennent essentiellement. des lingots de métaux non ferreux (environ 30 000 tonnes par an de lingots de plomb, et du cuivre), des composants et pièces d'automobiles (radiateurs, réservoirs d'essence, carrosseries), des c-mposants et pièces électriques et électroniques (semi-conducteurs et transistors, câbles électriques et dispositifs d'allumage), et des ustensiles - 20 - ménagers et divers ouvrages en métaux fabriqués principalement par les PMI et par les ateliers artisanaux de la branche 20 (Appendice 111.5). Les exporta- tions les plus prometteuses sont les composants et pièces électroniques et automobiles, qui ont commencé à se tailler une part importante à partir de 1977 dans le cadre d'accords de sous-traitance avec de grandes sociétés euro- péennes. Il convient de noter aussi que plus d'un quart de la faible produc- tion de la branche 24 (instruments de mesure) a été exporté (mouvements et pièces d'horlogerie). Perspectives de développement du Plan 1981-1985 3.07 Le développement des IMME, et en particulier des industries fabri- quant des biens et fournitures d'équipement, est l'un des trois objectifs fondamentaux de la stratégie industrielle retenue par le Plan de développement 1981-1985. Selon le Plan, l'investissement dans les IMME, qui représentait en moyenne 9% de l'investissement industriel en 1978-80, devrait atteindre en moyenne 600 millions de dirhams par an en 1981-85, soit 15% du total de l'investissement industriel projeté pour cette période. Tous les projets identifiés à ce jour pour les secteurs public et privé représentent 75% de l'investissement total assigné aux IMME. L'investissement public et semi- public viserait essentiellement à promouvoir la branche sous-développée de l'industrie métallique de base (branche 19) et serait concrétisé par deux importants projets (un laminoir de 420.000 tonnes par an, d'un coût de 800 millions de dirhams, une fonderie de 10.000 tonnes par an fabriquant des pièces de qualité pour automobiles et moteurs diesel, d'un coût d'environ 200 millions de dirhams), et deux fonderies pour plomb et cuivre totalisant 800 millions de DH. Dans les autres branches des IMME, les projections concernant l'investissement et la croissance font ressortir une légère réorientation en faveur des biens d'équipement et du me tériel électrique, au détriment des biens de consommation et ouvrages en métaux (branche 20). Les investissements envisagés devraient engendrer pendant la période 1981-1985 un taux de crois- sance de 10,5% par an, et créer quelque 19.000 emplois, c'est-à-dire un tiers du total des emplois nouveaux prévus dans l'industrie. Le Plan prévoit égale- ment un rôle important pour les PMI, qui devraient fournir environ 60% de l'investissement total dans les IMME de transformation (branches 20 à 24). Les branches ou lignes de produits retenues comme prioritaires par le Plan sont. i) les fonderies; ii) les véhicules utilitaires et tracteurs, et leurs composants et accessoires connexes; et iii) les biens et fournitures d'équipe- ment de base destinés aux investissements industriels (chaudronnerie, moteurs, compresseurs...) et au développement rural (matériel agricole, matériel d'approvisionnement en électricité et en eau, télécommunications, ...). Les grandes orientations du Plan 1981-1985 concernant les IMME poursuivent des objectifs souhaitables et représentent un premier pas dans la bonne direc- tion. Les Chapitres V à VIII, qui ont trait respectivement aux branches des fonderies, du matériel de transport, des biens et fournitures d'équipement, et du matériel électrique et électronique, évalueront la situation actuelle, le réalisme des projets et les perspectives de développement intéressant ces branches. - 21 - Ouvrages en métaux et autres biens de consommation (pour mémoire) 3.08 Comme on l'a vu, la branche des ouvrages en métaux (NAE 20), qui produit quelques biens intermédiaires et surtout des biens de consommation, est la plus développée des IMME, puisqu'elle représente 55% de la production totale et satisfait pfus de 75% de la demande. Par conséquent, le Plan a attribué une priorité secondaire à la poursuite du développement de cette branche, qui devrait croître de 8% par an pendant la période 1981-85, et devrait recevoir proportionnellement moins d'investissements qu'auparavant (11 à 17% du total des investissements dans les IMME, contre 25% en 1978-80). Pour ces raisons, et compte tenu de la grande hétérogénéité de la production de cette branche, le présent rapport n'examinera pas plus avant la situation et le potentiel de cette branche (où l'on attend aucun changement ni projet majeurs 1/ au cours des prochaines années); on se bornera à rappeler qu'elle est caractérisée notamment par le niveau relativement élevé des coûts de production et de protection dont jouissent ses produits (20-30% de droits de douane en moyenne, ce qui correspond à une protection tarifaire globale de 45-55% - Chapitre II et Annexe I), avec cependant quelques exceptions (voir tableau ci-dessous). Tableau 3.05. STRUCTURE DES COUTS ET DES PRIX DE CERTAINS OUVRAGES EN METAUX (pourcentage) Tubes/ Profilés Cuisinières Mobilier tuyaux d'aluminium et réchauds métallique Matières importées 45 35 36 20 Matières/services locaux 13 10 24 26 Impôts/droits indirects 15 10 13 1l Coût de la main-d'oeuvre 5 5 14 30 Coût et rentabilité du capital 22 40 13 13 Prix sortie usine 100 100 100 100 Prix sortie usine/prix en Europe 125 130 115-130 110 Utilisation de la capacité 35 30 90 90 Source. Estimations faites par la mission à la suite de visites d'usines. 1/ Quelques projets identifiés dans cette branche pour la production de biens intermédiaires et de fournitures d'équipement seront examinés au Chapitre IX. - 22 - CHAPITRE IV. QUALIFICATIONS ET EQUILIBRE OFFRE-DEMANDE DE LA MAIN-D'OEUVRE DANS LES IMME Qualifications de la main-d'oeuvre 4.01 Pendant la période 1975-1978, et probablement également en 1979 et 1980, la productivité des facteurs de production dans les IMME (mesurée par la valeur ajoutée par emploi, voir par. 1.10) a stagné aux environs de 29.000 dirhams (7.500 dollars en prix constants). Etant donné que le coût d'inves- tissement par emploi dans les IMME est resté à peu près stable durant cette période, il est vraisemblable que la productivité de la main-d'oeuvre dans ce secteur n'a guère augmenté et qu'elle plafonne en fait depuis 1975. La mission a retiré de ses visites d'usines la nette impression que les IMME souffrent d'une pénurie aiguë de main-d'oeuvre qualifiée et d'ingénieurs. 4.02 La qualification de la main-d'oeuvre par niveau dans les IMME en 1976 (voir Tableau 4.01) confirme l'évaluation de la mission. Dans l'ensemble, la proportion de cadres (gestionnaires, ingénieurs, techniciens et contremaîtres) semble faible comparée à celle qui existe dans les pays développés et semi- industrialisés. 7,3% contre 14% 1/. Ce pourcentage est plus élevé dans l'industrie électrique/électronique (9,3%) et le matériel mécanique et les machines (10,2%), mais il reste très faible dans les principales industries mécaniques du Maroc, telles que le matériel de transport (6,2%) ou les ouvrages en métaux (6,5%), et encore plus dans l'industrie métallique de base (4,6%). La situation n'est pas meilleure en ce qui concerne la proportion de travailleurs qualifiés et semi-qualifiés dans le total de la main-d'oeuvre des IMME. 38,7%, ce qui est faible en comparaison, par exemple, des 59,6% observés en Tunisie la même année. Cette pénurie de main-d'oeuvre qualifiée et de techniciens explique en grande partie le plafonnement de la productivité de la main-d'oeuvre depuis quelques années, et représente une contrainte majeure au développement des IMME. Cette situation découle du manque de capacité de formation dans les métiers des IMME. 1/ Dans les pays dêveloppés et semi-industrialisés, la proportion des seuls ingénieurs et techniciens dans la main-d'oeuvre employée par les IMME varie normalement entre 6 et 9%. - 23 - Tableau 4.01. QUALIFICATION DE LA MAIN-D'OEUVRE DES IMME (en pourcentage du total de la main-d'oeuvre - 1976) Techni- Travailleurs Ouvriers Cadres ciens et qualifiés non qua- Personnel et ingé- contre et semi- lifiés et adminis- nieurs maîtres qualifiés apprentis tratif Métaux de base 2,0 2,6 15,0 77,4 3,0 Ouvrages en métaux 2,4 4,1 38,1 45,2 10,2 Matériel mécanique 4,3 5,9 45,4 36,6 7,8 Matériel de transport 1,3 4,9 46,2 41,4 6,2 Matériel électrique 2,9 6,4 37,7 37,9 15,1 Instruments de mesure 7,0 10,3 12,1 64,2 6,4 TOTAL IMME 2,5 4,8 38,7 44,3 7,9 TOTAL Industries manufacturières 2,3 4,2 27,6 60,3 5,6 Source. Echantillon de 274 entreprises (dont 60 IMME) de l'enquête Industrie 1976. Offre de main-d'oeuvre qualifiée 4.03 L'institut de formation d'Ain Borja est le seul établissement qui forme des techniciens et contremaîtres dans les métiers des IMME; il en sort chaque année 160 diplômés (voir Tableau 4.02). En ce qui concerne les travailleurs qualifiés et semi-qualifiés, 28 écoles professionnelles forment environ 2.550 travailleurs par an aux métiers des IMME, ce qui représente, selon les estimations, 3% de la main-d'oeuvre totale existante ayant un métier des IMME. Conscientes que le nombre des techniciens et contremaîtres formés aux métiers des IMME doit augmenter et que la qualité de la formation doit être améliorée, les autorités marocaines ont décidé d'établir, grâce à un financement d'environ 80 millions de dirhams de la CEE, 14 Instituts de Tech- nologie Appliquée (ITA) qui formeront chaque année à partir de 1983, et plus probablement à partir de 1984, environ 515 techniciens et contremaîtres d'ate- lier aux métiers des industries mécaniques et électriques, ce qui totalise- rait, avec l'Institut d'Aïn Borja, 675 nouveaux techniciens et contremaîtres chaque année. En outre, le Ministère du travail a demandé au Plan la création de 55 écoles professionnelles et trois ITA supplémentaires dans le cadre du Plan 1981-85. Il a également demandé l'assistance de la Banque pour le financement de 20 des 55 écoles professionnelles et des trois ITA supplémen- taires l/. Etant donné, en tout état de cause, que les écoles professionnelles. 1/ Le programme d'investissement préliminaire du Plan 1981-85 ne comprend jusqu'à maintenant que la construction de 20 écoles professionnelles. Avant d'envisager toute action dans le financement des 20 écoles profes- sionnelles et des trois ITA, la Banque a souligné qu'il incombait au Min- istère du travail d'établir au préalable la justification de ces établis- sements. - 24 - prévues ne commenceront pas à fournir de main-d'oeuvre qualifiée et semi- qualifiée au secteur manufacturier avant 1985, il n'en est pas tenu compte dans le Tableau 4.02. Tableau 4.02. NOMBRE DE TRAVAILLEURS FORMES CHAQUE ANNEE AUX METIERS DES IMIIE 1979-82 1983-85 Métiers Métiers de Métiers Métiers de de la l'électri- de la l'électri- mécanique cité TOTAL mécanique cité TOTAL Techniciens et contremaîtres 116 44 160 396 279 675 Ouvriers qualifiés et semi-qualifiés 2.000 550 2.550 2.000 550 2.550 Source. Etude d'évaluation des possibilités de formation des cadres moyens pour l'industrie. SCET - Maroc/CEREP. Office de la formation professionnelle et de la promotion du travail. 4.04 A partir de 1986 et 1987, 11 lycées techniques et deux instituts uni- versitaires de technologie financés dans le cadre du Quatrième projet éduca- tion de la Banque devraient fournir des techniciens supplémentaires au secteur manufacturier. Les lycées techniques, qui devraient commencer à fonctionner en 1984, prépareront en trois ans aux carrières industrielles et commerciales au niveau du Deuxième cycle secondaire; les sections industrielles offriront quatre options (production industrielle, dessin industriel, électrotechnique et électronique) et devraient former annuellement environ 2.180 techniciens de niveau intermédiaire entrant directement, à 85-90%, dans l'industrie. Les deux instituts universitaires de technologie, qui commenceraient également à fonctionner en 1984, formeront des techniciens supérieurs en deux ans. Le nombre de leurs diplômés devrait atteindre 550 par an, dans les secteurs de la mécanique, de l'électricité et de la chimie. Besoins et pénuries prévisionnels de main-d'oeuvre dans les métiers des IMME 4.05 Il ressort des projections du nombre total de techniciens/ contre- maîtres et de travailleurs qualifiés/semi-qualifiés formés aux métiers des IMME dont auront besoin les IMME et les autres secteurs manufacturiers (qui en emploient un nombre appréciable) que, comme l'indique le Tableau 4.03, le nombre de diplômés ne suffira pas à répondre aux besoins et que cette pénurie continuera de représenter une contrainte sérieuse au développement du secteur manufacturier et des IMME en particulier. - 25 - Tableau 4.03. DEFICIT /l PROJETE DE MAIN D'OEUVRE QUALIFIEE DANS LES METIERS DES IMME DANS LE SECTEUR MANUFACTURIER EN 1980-85 (nombre moyen par an) 1980-82 1983-85 /2 Ouvriers Ouvriers Techniciens qualifiés Techniciens qualifiés et contre- et semi- et contre- et semi- maîtres qualifiés maitres qualifiés Métiers de la mécanique 205 1.550 94 2.015 Métiers de l'électricité 28 - 40 - 170 25 /l Un nombre positif (négatif) indique une pénurie (un excès) de capacité de formation. /2 Les 14 ITA commenceront à alimenter le marché du travail en 1983. Source: Appendice IV.1 4.06 Cette contrainte, dont l'existence a été confirmée par les divers organismes et institutions associés aux IMME (directeurs d'usines, Fédération des industries métallurgiques, Direction de l'industrie) a des aspects quanti- tatifs et qualificatifs. Ces aspects sont, spécifiquement: a. Le nombre de diplomés formés aux métiers des IMME ne suffira pas à satisfaire les besoins de l'ensemble du secteur manufacturier 1/, et le déséquilibre varie suivant la période et suivant le métier. 1/ Les besoins prévisionnels de techniciens et de contremaitres sont basés sur deux projections distinctes. la première suppose un taux de crois- sance de 10,5% de la production des IMME (objectif officiel pour 1981-85) et une proportion de techniciens et de contremaîtres équivalant à 4,8% du total de la main-d'oeuvre; la deuxième suppose que ces pourcentages sont respectivement de 9 et 8%, soit un taux de croissance moins élevé et un taux de technicité plus élevé. Les chiffres retenus à l'Appendice IV.1 représentent une moyenne pondérée de ces deux projections. Les projec- tions des besoins du secteur manufacturier en ouvriers qualifiés et semi- qualifiés dans les métiers des IMME sont fondées sur un taux de croissance de 8,5% p.a. de la production manufacturière et de 3,5% p.a. de la produc- tivité de la main-d'oeuvre dans le secteur. Les déficits calculés repré- sentent des estimations minimales, puisqu'il n'est pas tenu compte, dans ces projections, d'autres secteurs (agriculture, construction, énergie) qui emploient un grand nombre de travailleurs formés aux métiers de la mécanique/électricité. - 26 - i. L'économie marocaine se heurtera à une pénurie croissante de main- d'oeuvre qualifiée dans les métiers de la mécanique pendant toute la période 1980-85. Même après que les premières promotions de diplômés des ITA apparaîtront sur le marché en 1983, le Maroc manquera chaque année de 95 techniciens et contremaîtres formés aux métiers de la mécanique (soit 24% de la capacité de formation du pays en 1985) et d'environ 2.000 travailleurs qualifiés et semi-qualifiés dans la mécanique. Dans ces conditions, le secteur manufacturier et les IMME auront des difficultés à atteindre, à court et moyen terme, les objectifs de croissance du Plan, en particulier dans l'industrie métallique de base pour laquelle le Plan a fixé des objectifs de croissance ambitieux. ii. La situation semble légèrement meilleure dans le domaine de l'électricité. Malgré un déficit annuel moyen d'environ 30 tech- niciens et-contremaîtres pour les années 1980-82, les capacités de formation devraient pouvoir fournir au secteur manufacturier à partir de 1983 un nombre suffisant de techniciens, de contre- maîtres, d'ouvriers qualifiés et semi-qualifiés formés aux métiers de l'électricité. Cependant, la situation pourrait à nouveau se détériorer après 1984, en raison des besoins en ouvriers électriciens qualifiés et semi-qualifiés. b. La qualité de la formation et les qualifications des diplômés auraient besoin d'être considérablement améliorées. En effet, les enseignants manquent généralement de formation scientifique et d'expérience pratique; en outre, les meilleurs d'entre eux aban- donnent l'enseignement pour entrer dans le secteur privé, où ils peuvent gagner beaucoup plus. A court terme, la qualité de la formation devrait s'améliorer grâce à l'assistance technique que doit fournir la CEE aux ITA. A plus long terme, des Marocains actuelle- ment en stage de formation en Europe pourront à leur tour enseigner dans les instituts techniques, ce qui devrait améliorer le niveau de la formation. Il conviendra toutefois de leur offrir des salaires intéressants en comparaison de ceux du secteur privé si l'on veut les retenir. Recommandations 4.07 La mission recommande que les autorités s'emploient à accroître le nombre et la qualité de la main-d'oeuvre qui doit être formée aux métiers des IMME à tous les niveaux (techniciens et contremaîtres, travailleurs qualifiés et semi-qualifiés). Les taux de croissance respectifs de la valeur ajoutée et de la main-d'oeuvre dans le- secteur manufacturier prévus par le Plan 1981-85 impliquent une amélioration de la productivité de 3,5% par an. Cette amélio- ration serait très difficile à obtenir puisque l'intensité du capital (mesurée au moyen du coefficient marginal de capital des projections) dans le secteur manufacturier devrait diminuer, à moins que la productivité de la main- d'oeuvre elle-même n'augmente nettement. Pour inverser les tendances passées de stagnation de la productivité de la main-d'oeuvre, la mission recommande spécifiquement. -27 - a. Qu'une attention particulière soit accordée, dans les 14 ITA prévus, aux facteurs suivants. i. qualifications des enseignants, qui devraient avoir une formation technique en ingénierie et au moins deux ou trois années d'expé- rience dans l'industrie; les rémunérations devraient pouvoir soutenir la comparaison avec celles du secteur privé; ii. motivation des étudiants, qui sont peu attirés par les études techniques et les instituts de formation 1/. il serait extrême- ment souhaitable que les meilleurs diplômés des instituts aient l'option d'entrer dans les grandes écoles d'ingénieurs; iii. participation du secteur privé, qui devrait contribuer plus activement à définir les besoins en matière de formation et offrir des emplois et des stages aux élèves; et iv. taille des unités de formation, qui atteindraient en moyenne, selon les prévisions, 20 élèves. Celle-ci devrait être augmentée, de façon à utiliser les installations plus efficacement et plus économiquement. b. Des instituts de formation supplémentaires sont nécessaires; ceci a été clairement démontré (voir par. 4.06). Il convient de donner la priorité à l'augmentation du nombre des techniciens et contremaîtres formés aux métiers de la mécanique. Une étude récente de planifi- cation de l'emploi, qui dresse un tableau d'ensemble des besoins de formation du secteur manufacturier, recommande que, outre les 14 ITA prévus, trois instituts de formation soient créés en 1982. Ces trois instituts supplémentaires formeraient chaque année 336 mécaniciens diplômés et 72 électriciens diplômés à partir de 1984. Ces instituts paraissent bien conçus, encore que le nombre d'élèves proposé semble trop grand en comparaison des besoins prévisionnels de l'industrie. Le Gouvernement n'a pas encore pris de décision au sujet de ces trois instituts. La mission pense que. i) il conviendrait de réaffecter à la mécanique une partie de la capacité prévue pour l'électricité dans les 14 ITA; et ii) le Gouvernement devrait approuver la construction d'au moins un des trois instituts proposés, qui devrait être exclu- sivement axé sur les métiers de la mécanique. En outre, le Maroc a besoin de plus de centres de formation professionnelle pour remédier au déficit de main-d'oeuvre dans la mécanique, qui atteindra en moyenne, selon les estimations, environ 1850 travailleurs par an entre 1980 et 1985. c. Formation sur le tas. Une formation sur le tas devrait être fournie dans les grandes usines, où elle pourrait être assurée par les ingé- nieurs ou des moniteurs venus des instituts techniques. Elle serait particulièrement utile pour les contremaîtres, qui pourraient ainsi acquérir ou améliorer des connaissances théoriques qui leur font souvent défaut. 1/ Dès que quelque chose de mieux se présente, entrer à l'université par exemple, ils quittent les instituts. - 28 - CHAPITRE V. FONDERIES-FORGES DE FONTE ET ACIER Introduction 5.01 La sous-branche des fonderies et des forges est encore chétive, et ne représentait en 1978 que 2,5% de la production des IMME. Les activités de la fonderie ont un niveau de développement rudimentaire. Les activités de forge en sont encore à un stade embryonnaire de développement et se limitent à une production secondaire dans une fonderie d'acier produisant des boulets de broyage; pour cette raison, le terme fonderie désignera dorénavant à la fois les activités de fonderie et de forge. Cette branche régresse depuis quelques années, et ses graves problèmes persisteront tant qu'une attention prioritaire ne sera pas accordée à la reprise de son développement. En tant que maillon amont clé pour les industries manufacturières et de montage, la branche de la fonderie doit jouer un r8le majeur dans la croissance des IMME. Or, son déve- loppement et son intégration aux IMME et autres industries sont freinés par un grand nombre de facteurs, comme on le verra dans les sections ci-après. Plusieurs études 1/ entreprises ces dernières années ont attiré l'attention sur la situation de cette branche et ont recommandé des programmes de déve- loppement intégrés. Mais l'absence de stratégie de développement clairement formulée, ainsi que d'autres facteurs du marché et de l'économie, ont été préjudiciables à son développement. Le présent chapitre récapitule la situation présente et recommande différentes mes.res visant spécifiquement à mobiliser le potentiel de ce sous-secteur en vue du développement des IMME et autres industries. Production et utilisation des capacités 5.02 La sous-branche de la fonderie comprend trois entreprises 2/ à caractère industriel et environ 50 autres petites fonderies artisanales. On estime qu'elle emploie au total 1.100 personnes. La capacité (utilisée à 66%) et la production sont récapitulées ci-après. 1/ McKinsey. "Vers la satisfaction progresàive par la production locale des besoins marocains en produits de fonderie", février 1978. Dar Al Handasah: "Rapport sectoriel: Industrie métallique de base". 2/ Fonderies SKHIRAT, MAROC et ONCF. La Fond2rie TABOR, la plus grande du Maroc (capacité de 5 000 tonnes par an) a fait faillite en 1979. - 29 - Tableau 5.01. CAPACITE ET PRODUCTION DE PIECES DE FONDERIE EN 1979 (tonnes par an) Indice de production /a Capacité Production 1975 1978 1979 Pièces de fonte 16 000 12 000 1 Pièces d'acier 2 600 1 400 139 128 95 Pièces forgées 1 600 800 Pièces non ferreuses 800 500 132 135 100 TOTAL 21 000 14 700 /a 1969 = 100 Source: Estimations de la mission et informations obtenues auprès des usines. 5.03 La production des fonderies, qui augmentait au rythme d'environ 6% par an pendant la période 1970-76, n'a cessé de diminuer depuis lors. Les principaux facteurs à l'origine de ce recul sont. i) la capacité limitée des industries locales de machines et de biens d'équipement (voir Chapitre VII) et l'affaissement après 1977 des commandes de l'industrie du matériel de trans- port (Chapitre VI); ii) l'absence de stratégie et de politique de développe- ment pour la sous-branche, entraînant une intégration insuffisante de celle-ci dans le développement industriel; iii) la pénurie de main-d'oeuvre qualifiée; iv) l'inadéquation de l'assistance technique à transmettre de nouvelles.tech- niques de fonderie, limitant ainsi la possibilité de produire des pièces de haute qualité; et v) l'extrême pénurie de techniciens et ingénieurs marocains qualifiés pour remplacer les spécialistes étrangers ayant quitté le Maroc après 1973 (voir Chapitre IV). Gamme de production, marché et compétitivité 5.04 Les pièces de fonderie produites au Maroc sont simples et de médiocre qualité. Elles sont utilisées dans plusieurs secteurs. i) les IMME, qui consomment environ 40% de la production nationale, sous forme de pièces de rechange et de pièces d'usure; ii) les matériels de transport, qui absorbent environ 20% de la production sous forme de pièces pour wagons, véhicules utilitaires et tracteurs; iii) le génie civil, l'adduction d'eau et l'assai- nissement, qui utilisent environ 25% de la production; et iv) les mines et cimenteries (environ 15%). Seul un faible pourcentage (environ 20%) de la production de pièces de fonderie est utilisé sous forme de produits intermé- diaires dans la transformation et le montage, tandis que le reste trouve son application soit sous forme de produits finis dans le secteur de la cons- truction, soit comme pièces d'usure dans l'industrie. La majorité de la - 30 - pioduction est consommée par le secteur public ou semi-public. Si les contraintes citées au paragraphe 5.03 étaient surmontées et un programme d'actions approprié mis en oeuvre, la sous-branche des fonderies pourrait être développée et intégrée plus profondément et plus largement aux IMME. 5.05 Les pièces de fonderie produites au Maroc sont vendues entièrement sur le marché intérieur, où elles satisfont environ 40% de la demande totale (estimée à 35 000 tonnes). Le reste de la demande est satisfait par les importations, sous forme soit de produits finis dans les matériels soit de demi-produits et de pièces semi-finies pour transformation et montage. La moitié des impor&ations sont des pièces de qualité destinées à des utili- sations autres que les moteurs. La mission estime qu'une politique réaliste de développement de la fonderie permettrait au Maroc de produire environ 10 000 à 15 000 tonnes de pièces de fonderie actuellement importées (notamment des pièces de moteurs diesel, de pompes, de matériel hydraulique, agricole et mécanique). Ceci requiert que des améliorations substantielles surviennent dans certains domaines clés. production dans de bonnes conditions d'effica- cité pour un coût compétitif, contrôle de la qualité, formation, transfert des technologies, et tarifs et protection douanière adaptés. 5.06 Etant donné les nombreuses difficultés évoquées ci-dessus, les fonde- ries marocaines ne sont pas en mesure de concurrencer les importations, et les prix sortie usine des pièces de fonderie locales sont supérieurs de 35 à 50% aux prix européens. L'analyse des principaux éléments des coûts de production (voir Appendice V.1) fait ressortir les effets du coût des matières premières et de la productivité de la main-d'oeuvre sur le prix de revient des pièces. Le coût des matières premières (y compris les droits et taxes) représente 35-40% de la valeur de la production (et 50% de sa valeur exprimée en prix internationaux); ce pourcentage élevé tient au fait qu'environ 60% des matières premières (fonte, coke, ferro-alliages, et jusqu'au sable) sont importés à des prix élevés (relativement aux cours internationaux) en raison du faible volume des commandes et de l'imposition de droits et taxes d'environ 20%. En revanche, le prix de la ferraille locale semble faible par rapport aux prix internationaux, grâce au contrôle des prix; cependant, sa qualité médiocre annule l'intérêt de son prix. Il conviendrait de donner une attention prioritaire à la recherche de sablières 1/ et à l'organisation d'un approvisionnement centralisé de matières premières en vue de réduire le coût des importations. 5.07 La main-d'oeuvre est le deuxime élément (par ordre d'importance) du prix de revient. Le coût moyen de la main-d'oeuvre (y compris les charges sociales), qui est inférieur d'environ 50% aux salaires des fonderies euro- péennes, représente environ 25% du prix de revient. Cet avantage, toutefois, est neutralisé par la faible productivité de la production et de la main- d'oeuvre (environ la moitié de la productivité européenne). A l'exception de certaines pièces spéciales de petite série qui sont fabriquées au Maroc à des prix très compétitifs (marteaux de concassage, corps de pompe, volants usinés), le prix des pièces de fonderie est souvent relativement élevé, 1/ On estime que les fonderies ont besoin au total d'environ 50 000 tonnes de sable par an. - 31 - excédant de 35% en moyenne et jusqu'à 50% les prix européens de pièces analogues. Ceci rend la production locale généralement non compétitive par rapport aux importations de pièces qui sont frappées de droits faibles (telles que les pièces incorporées à des biens et fournitures d'équipement); par rapport aux autres pièces de fonderie importées qui paient des droits de 40% en moyenne, la qualité de la production devient le facteur contraignant. Situation technique et technologique 5.08 Jusqu'à ces dernières années, les plus grandes fonderies marocaines étaient gérées par des entreprises étrangères (essentiellement françaises), ou bien en recevaient une assistance technique. Toutefois, la marocanisation des capitaux a fait évoluer la structure de la direction, et la pénurie de cadres et ingénieurs marocains a rendu difficiles le contrôle de la gestion et l'exploitation des installations. Il est donc important que le Gouvernement réaffirme officiellement que la marocanisation du capital n'entraine pas nécessairement celle de la gestion (voir par. 26 de l'Annexe I), sauf dans les cas où l'on peut identifier des cadres marocains qualifiés pour prendre la relève. 5.09 Les pièces produites par les fonderies marocaines peuvent être classées comme produits de faible niveau technologique. Vu l'organisation des principales fonderies, l'aménagement de leurs installations, leurs méthodes d'exploitation, la productivité de la main d'oeuvre, la qualité de leurs produits et de leur adaptation technologique, il sera difficile d'améliorer les pièces produites au Maroc. Il est donc indispensable qu'une assistance technique de grande envergure soit fournie au Maroc par l'intermédiaire d'un organisme spécialisé dans tous les domaines de la formation et de la techno- logie de la fonderie (métallurgie, fusion, coulage, moulage, modelage, etc.). En outre, pour que la fonderie puisse reprendre rapidement son développement, il conviendrait que le Maroc acquière l'assistance technique et les techno- logies auprès de l'étranger. Développement futur et recommandations 5.10 Comme on l'a vu, la fonderie marocaine est en difficulté et n'est pas en mesure de satisfaire la demande des industries consommatrices. La demande de pièces de fonderie devrait passer à environ 40-45.000 tonnes par an en 1985, dont environ 30.000 t produites en substitution aux pièces importées intégrées à d'autres produits industriels (tels que moteurs diesel, pompes, compresseurs et autres matériels d'équipement industriel) pourraient être • produites au Maroc si un vigoureux programme de développement de la fonderie était mis en oeuvre. Etant donné que la qualité des produits industriels dépend en grande partie de la qualité des pièces de fonderie devant y être intégrées, la production de pièces de bonne qualité devrait être un objectif fondamental. Pour cela, il faut que le Gouvernement établisse des mécanismes visant à surmonter les contraintes évoquées précédemment. - 32 - 5.11 Le Plan quinquennal 1981-1985 fait de la fonderie une sous-branche hautement prioritaire. La mission a identifié plusieurs projects à différents stades de planification et d'étude. Cependant, l'examen de ces projets et les entretiens avec les instances responsables n'ont pas permis à la mission de discerner une stratégie coordonnée visant à une allocation optimale des productions entre entreprises et projets. Outre l'agrandissement d'une dizaine de petites fonderies qui permettrait d'accroître la production d'environ 6.000 tonnes par an 1/, les projets à l'étude sont les suivants: i. sous l'égide du Ministère de l'Industrie, est à l'étude un projet d'une capacité finale d'environ 10.000 tonnes par an de pièces de fonderie de grande qualité pour tuyauterie et surtout pour inté- gration dans la fabrication d'environ 10.000 moteurs diesel, pour un investissement d'environ 60 millions de dollars (par. 7.27, Chapitre VII). La Banque et la SFI s'intéressent à ce projet, qui devrait permettre de fabriquer des pièces perfectionnées pour différentes industries, en particulier celles produisant des matériels de trans- port et d'autres biens d'équipement utilisant les moteurs diesel. L'étude de préfaisabilité devrait être terminée en 1981; ii. une nouvelle fonderie., d'une capacité de 3.000 tonnes par an de pièces de fonte, sera créée par une entreprise fabriquant des moteurs électriques et des moteurs diesel. Ce projet d'intégration amont devrait satisfaire les besoins de cette entreprise pour 1.000 tonnes par an environ, le reste de la production étant prévu pour la sous- traitance sur le marché intérieur et à l'exportation. Ce projet vise l'intégration dans l'entreprise de la fabrication de certaines pièces (pièces de moteurs diesel et de moteurs électriques) que les autres fonderies ne produisent pas actuellement; il vise de plus un objectif de diversification régionale du secteur fonderies. Ce projet semble présenter un intérêt en raison de son faible coût d'investisse- ment 2/. La mission recommande néanmoins que les bénéfices d'inté- gration et de régionalisation du projet soient comparés aux bénéfices qui pourraient être obtenus par la fabrication dans des fonderies spécialisées et d'une taille permettant d'obtenir des économies d'échelle substantielles, comme celle envisagée en i) ci-dessus; iii. une nouvelle fonderie pouvant produire environ 2.000 tonnes par an de fonte malléable est également envisagée, mais demande un complément d'étude. La mission recommande que ce projet soit regroupé avec d'autres projets de fonderie, de façon que des économies d'échelle puissent être réalisées; l/ En vue de compenser la perte de production résultant de la fermeture de la Fonderie des Tabors. 2/ L'investissement prévu a été ramené à 16 millions de dirhams, contre 25-30 millions de dirhams pour une fonderie de cette taille dans les circons- tances habituelles. Cependant, la BNDE a reservé sa décision sur le financement de cette fonderie. - 33 - iv. il est prévu de construire une fonderie de métaux non ferreux pour la production d'environ 4.000 tonnes par an de pièces d'alliage d'alumi- nium léger pour la quincaillerie de bâtiment et les appareils ména- gers (brûleurs, réchauds). Il est recommandé d'étudier la demande de façon détaillée avant de prendre toute autre action pour l'exécution de ce projet; v. une nouvelle fonderie produisant des baignoires, d'une capacité d'environ 5.000 tonnes par an, sera réalisée par le secteur privé; vi. un projet de forge, d'une capacité d'environ 1.000 tonnes par an, pour le production d'outils manuels, est également à l'étude. La mission estime que la demande de pièces forgées analogues aux pièces devant être fabriquées dans le cadre de ce projet pourrait être plus élevée, et recommande qu'on évalue la demande et qu'on vérifie si une forge d'une capacité de 4.000 tonnes par an, qui serait préférable du point de vue des économies d'échelle, pourrait être justifiée au plan du marché; et vii. finalement, la BNDE procède actuellement à une revue de la branche fonderie afin de déterminer des priorités et une politique d'inves- tissement dans cette branche. 5.12 La sous-branche de la fonderie pourrait jouer, dans le cadre des priorités adoptées pour les IMME dans le Plan 1981-85, un rôle essentiel dans l'intégration en amont progressive des principales activités d'industria- lisation et en particulier des deux autres branches prioritaires des IMME (biens d'équipement et matériel de transport). Cependant, le diagnostic porté par des consultants en 1976-78 sur les faiblesses de la sous-branche restent entièrement valables, et ces faiblesses ont été aggravées par la fermeture de la principale fonderie. Le développement de la fonderie est gravement entravé par ses faibles performances quantitative et qualitative, par le manque de main-d'oeuvre qualifiée et d'assistance technique ainsi que d'institutions de formation, et par l'4nadéquation du système d'incitations et du cadre de politique économique. En effet, les autorités n'ont pas fourni à cette sous- branche l'appui vigoureux dont elle aurait besoin, comme le montre la poli- tique fluctuante suivie en matière de protection et d'autorisations d'impor- tation pour les pièces de fonderie, les exigences des clients du secteur public en matière de délais de livraisons, autant de facteurs qui ont incité les fonderies à adopter une attitude passive en matière de modernisation et d'expansion. 5.13 A la suite de ses visites d'usines et de ses entretiens et à la lumière des études antérieures sur la sous-branche (voir note du par. 5.01), la mission recommande qu'afin d'améliorer la fonderie et intégrer comme il convient ses activités au développement des IMME, les autorités élaborent, en liaison avec la BNDE et avec une assistance extérieure si besoin est, un nouveau programme intégré d'études et de mesures selon les axes suivants; - 34 - a. préparation d'un plan de développement des fonderies pour l'ensemble de la sous-branc. prenant en compte tout le marché intérieur des pièces de fonderie, et élaboration dans ce cadre général de projets de modernisation et/ou d'expansion des fonderies existantes, l'accent principal devant être mis sur les liaisons intrasectorielles et les économies d'échelle (agrandissement plutôt que création de fonderies); b. en particulier, réexamen des différents projets de fonderie identi- fiés ou à l'étude (par. 5.11) en vue de rationaliser leurs gammes de production respectives et de regrouper ou coordonner les productions analogues entre les projets les plus rentables 1/; c. adoption pendant une période limitée de mesures d'urgence et d'incitations appropriées pour aider les fonderies à obtenir une assistance technique (auprès de partenaires étrangers si nécessaire) en matière de technologie et de gestion et à entreprendre les programmes d'investissement recommandés en a) ci-dessus 2/; d. établissement d'un centre spécialisé chargé de fournir aux fonderies une assistance technique et opérationnelle et de remplir certaines fonctions essentielles (contrôle de la qualité des intrants et de la production); et e. exécution de programmes de formation prioritaires en vue d'améliorer la formation des travailleurs et de fournir à la sous-branche les techniciens et ingénieurs dont elle a grand besoin. 1/ Cela s'appliquerait particulièrement aux projets (i) et (ii) du paragraphe 5.11 qui sont tous deux destinés à produire des pièces de moteurs diesel. 2/ Une première mesure serait, par exemple, d'exclure du bénéfice de l'Article 153 bis des Douanes les pièces de fonderie (par. 2.05). Par ailleurs, pourrait être recherché et préparé en accord avec les entre- prises de fonderie un "contrat de branche", selon lequel les entreprises d'une part effectueraient les investissements et atteindraient les objec- tifs de production fixés par le plan de développement sous-sectoriel (point a) ci-dessus), et les autorités publiques d'autre part s'engage- raient sur une période prolongée à accorder une protection, une assistance technique et des incitations appropriées et à garantir un volume d'achats par le secteur public. - 35 - CHAPITRE VI. MATERIEL DE TRANSPORT Introduction 6.01 L'industrie du matériel de transport l/ occupait en 1978 la deuxième place par ordre d'importance parmi les IMME marocaines, et sa position a fluctué depuis 1970 selon la situation économique du pays. Elle représentait en 1978 environ 30% de la production, 22% de la valeur ajoutée et 20% de l'emploi des IMME. Entre 1970 et 1977 sa production s'était accrue à un taux annuel moyen de 3,5% (en valeur réelle); elle atteignait en 1978 la valeur de 1.275 millions de dirhams. Gravement affectée par le ralentissement général de l'économie au Maroc à partir de 1977, cette branche a subi depuis une dimi- nution de production de 30% environ (en valeur réelle). Tableau 6.01. SOUS-BRANCHES DE L'INDUSTRIE DU MATERIEL DE TRANSPORT Part de la pro- Indice de production duction de 1978 (1969 = 100) 1975 1977 1978 1979 (en pourcentage) Automobiles 136 127 107 102 36 Véhicules (camions, autocars) 97 140 82 50 49 Bicyclettes, motocyclettes 173 103 146 151 6 Matériel roulant de chemin de fer 149 196 229 129 3.5 Chantiers navals 143 146 133 134 4.5 Total, matériel de transport 127 132 106 91 100 6.02 Cette industrie englobe 5 sous-branches importantes, celle des véhi- cules utilitaires venant en tete avec quelque 50% de la production totale de matériel de transport. Le Maroc possède une entreprise de montage automobile produisant annuellement quelque 20 à 25.000 voitures de plus de 12 types; la taille du marché local et sa diversification ne permettent pas de justifier une extension plus poussée de cette activité. D'autre part, les pouvoirs publics ayant privilégié dans le Plan 1981-85 l'industrie des véhicules utili- taires et accessoirement le secteur connexe des tracteurs, le présent chapitre sera axé sur l'industrie des véhicules utilitaires et tracteurs et abordera également la situation des industries de sous-traitance fabriquant des acces- soires pour ces véhicules. Les conclusions et recommandations de la mission se fondent sur les conclusions de diverses études 2/ faites sur ces indus- tries, sur ses visites d'usines et sur ses entretiens avec diverses organisations. 1/ Cette branche comprend les automobiles, véhicules utilitaires (camions, camionnettes, jeeps et autocars), bicyclettes, motocyclettes, matériel roulant pour chemin de fer, réparation et construction de navires. 2/ - McKinsey. Vers une stratégie d'industrialisation des véhicules utilitaires et des tracteurs agricoles au Maroc, février 1978. - Dar Al Handasah: Rapport sectoriel. matériel de transport. - 36 - Production et utilisation de la capacité 6.03 Les activités de production de l'industrie des véhicules itilitaires au Maroc se limitent au montage de kits importés (CKD), utilisant aussi certaines pièces et accessoires fabriqués sur place. Sept entreprises 1/ actuellement fabriquent des camions, des camionnettes, des jeeps et des- autocars, et emploient 1.200 personnes environ. Le montage ou la production de tracteurs, que se partageaient autrefois trois sociétés (COMAGI, AUTO-HALL et CIMAGEC), est maintenant interrompu (par. 7.18, Chapitre VII). Les fabri- cants de véhicules (voitures comprises) et de tracteurs ont accè!s à 90 four- nisseurs locaux environ; ces entreprises fabriquant des pièces et accessoires pour automobiles et véhicules emploient quelque 5.000 personnes. 6.04 La production de véhicules utilitaires et de tracteurs a évolué depuis 1970 comme suit. Tableau 6.02. PRODUCTION DE VEHICULES ET DE TRACTEURS 1970-79 (nombre d'unités) 1972 1974 1975 1977 1978 /a 1979 /a Camionnettes 1 535 2 311 2 769 2 982 3 Jeeps 402 428 575 860 Camions 2 942 2 470 4 439 6 984 4 000 3 500 Autocars 290 328 416 434 Total véhicules 5 169 5 537 8 199 11 260 7 650 5 500 Tracteurs 800 1 173 833 1 000 900 800 /a Estimations tirées des renseignements recueillis auprès des usines. Au cours de la période 1972-1976, la production de véhicules s'est développée rapidement tant en quantité qu'en variété de produits. Toutefois, depuis le ralentissement de l'activité économique qui a entraîné d'importantes réduc- tions des investissements et des importations, le niveau d'activité marque un recul sensible qui se traduit par une sous-utilisation notable de la capacité installée, employée en 1979 à environ 35%. La plus grande partie des chaînes de montage des véhicules sont actuellement inemployées ou sous-utilisées. 6.05 La situation dans la fabrication des tracteurs est défavorable. Cette sous-branche a exercé ses activités sans pouvoir s'appuyer sur des orientations précises émanant des pouvoirs publics. Dans un pays agricole tel que le Maroc, la difficulté de définir le degré de mécanisation souhaitable pour le secteur agricole s'était traduite par une pénurie de tracteurs dans le pays (par. 7.19, Chapitre VII). Soucieux d'améliorer la situation, le 1/ BERLIET-MAROC, AUTO-HALL, SODIA, SOMANI, SALDA, AETCO-LEVER et SOMACA. - 37 - Gouvernement marocain a supprimé en 1977 les droits de douane sur les impor- tations de tracteurs montés, provoquant l'augmentation ie c détriment de l'expansion des industries locales de montage et de fourniture de pièces (par. 6.08). L'activité de cette sous-branche, qui s'était développée au taux d'environ 10% par an en 1972-1976, a subi un recul marqué et deux tiers de la demande annuelle de 2 500 tracteurs étaient en 1980 couverts par les importations. La dernière société y opérant encore récemment a arrêté sa chaîne de montage. 6.06 Selon le processus d'industrialisation traditionnel dans l'industrie automobile, la fabrication de pièces et accessoires au Maroc est destinée principalement à satisfaire la demande de pièces détachées pour le parc auto- mobile existant, et secondairement à leur intégration dans la production de nouveaux véhicules. Les principales pièces produites au Maroc comprennent les radiateurs, réservoirs, produits du verre, ressorts, pots d'échappement, batteries, pneus, filtres, cables électriques et quelques petits articles. Cette branche de l'industrie avait un chiffre d'affaires total d'environ 400 millions de dirhams en 1978 (dont environ 30% vendus aux usines de montage locales), et sa capacité est généralement bien utilisée. Les industries mécaniques de transformation, fabriquant des pièces et composants pour l'industrie automobile par usinage de pièces de fonderie simples (tambours de frein, volants, culasses), sont encore peu développées et sont dispersées entre plusieurs petites entreprises spécialisées et ateliers de grosses entre- prises. Les entreprises d'usinage travaillent à des prix compétitifs, sans jouir de protection particulière, et pourraient se développer en intégration plus étroite avec les autres IMME pour le travail à façon spécialisé. Toutefois, le développement de ces activités est gravement compromis tout d'abord par la pénurie de travailleurs hautement qualifiés capables d'utiliser des machines-outils spécialisées, ensuite par l'absence d'intégration sec- torielle et de politique de normalisation qui a pour effet de restreindre la taille du marché intérieur et les séries de production de pièces usinées. Gamme de produits, marchés et compétitivité 6.07 Lorsque la production de véhicules utilitaires connaissait une expan- sion régulière au début des années 70 (par. 6.01), cinq sociétés de réputation internationale (BERLIET, FORD, VOLVO, BEDFORD, DAF) implantèrent des usines de montage au Maroc pour la production d'une vaste gamme de véhicules de modèles divers. La gamme actuelle de véhicules disponibles sur le marché comprend. i) cinq marques comprenant 26 modèles de camions de plus de 5 tonnes, 70% de la production environ étant concentrée dans la catégorie des 5,5 tonnes dont 60% environ est fabriquée par BERLIET; ii) plus de 15 marques de camionnettes et fourgons de 2,5 à 5 tonnes (une marque fournissant 50% environ du marché de cette catégorie); et iii) 3 marques d'autocars produits à raison de 50% par BERLIET. Le marché des tracteurs agricoles englobe 17 marques comprenant 55 modèles. Cette diversification excessive a été et demeure l'obstacle majeur au développement de cette branche, ainsi qu'à l'intégration et à l'expansion des fournisseurs locaux. Cette large diversification limite les séries de production, ne permet pas la normalisation et l'adaptation technique, augmente les coûts d'investissement en matériel et outillage, diminue la compétitivité des coûts, et crée de gros problèmes de service après vente. - 38 - 6.08 La production de véhicules et de tracteurs s'adresse essentiellement au marché local (de 1971 à 1974 le Maroc a exporté environ 1.750 véhicules vers la Chine). La part de la demande satisfaite par la production locale est respectivement de 80% environ pour les camionnettes et les jeeps et 90% pour les véhicules de plus de 5 tonnes, et 85% pour les autocars. C'est princi- palement grâce aux importations qu'est satisfaite la demande des véhicules de la cat-gorie 2,5 à 5 tonnes; la demande de véhicules utilitaires ayant évolué en faveur de cette dernière catégorie, la demande totale n'est actuellement satisfaite par la production locale qu'à 55% environ, contre 87% en 1972 comme l'indique le tableau suivant. Tableau 6.03. DEMANDE DE VEHICULES ET DE TRACTEURS (nombre d'unités) 1972 1974 1975 1977 1978 1979 Véhicules Production 5 169 5 537 8 199 11 260 7 650 5 500 Importations 1 082 3 016 5 073 8 940 6 500 5 030 Exportations 293 307 - 50 - 95 Demande 5 958 8 246 13 272 20 150 14 150 10 435 Tracteurs Production 800 1 173 833 1 000 900 800 Importations n.d. 1 533 1 337 2 000 1 700 1 900 Demande n.d. 2 706 2 170 3 000 2 600 2 700 Source. Etudes mentionnées au par. 6.02, renseignements recueillis au cours des usines, et Statistiques douanières. 6.09 Soixante-dix pour cent environ de la production marocaine de pièces et accessoires est destinée au marché des pièces détachées et de rechange, 1% est exporté et le reste est utilisé sur les différentes chaînes de montage de véhicules neufs. Les pièces et accessoires locaux utilisés pour le montage génèrent un taux d'intégration ne dépassant pas 15% dans le montage d'automo- biles et atteignant 23% environ dans le montage de véhicules utilitaires. La diversification excessive des pièces requises, les besoins nouveaux en pro- duits à technologie plus poussée, et les inconvénients des politiques de production suivies jusqu'à présent (par. 6.07) compromettent les possibilités d'accroître l'intégration. Toutefois, le Maroc a réussi à exporter (directe- ment ou au titre de la compensation) certaines pièces d'automobiles, telles que carrosseries et radiateurs en particulier dont l'exportation a atteint 10 millions de dirhams en valeur et représenté 40% de la production locale. - 39 - 6.10 Les principaux composants entrant dans·les véhicules utilitaires produits au Maroc sont les pièces importées en kits CKD et SKD et les acces- soires fabriqués sur place. Les pièces importées représentent 60% environ de la valeur de la production, dont quelque 15% pour les droits et taxes. Les pièces fabriquées au Maroc (dont le contenu en importation est de 45%) entrent pour 15-20% dans la valeur de la production, contre 5-7% environ pour la main- d'oeuvre, et 13 à 20% pour les frais généraux et la marge bénéficiaire de l'usine. Comme les prix des véhicules utilitaires sont homologués par l'Etat sur la base des coûts réels et que les augmentations de prix subies en amont sont répercutées sur les prix de vente, les fournisseurs et les entreprises de montage marocains ne sont guère encouragés à réduire leurs coûts de produc- tion. De plus, l'industrie locale est fortement protégée contre les importa- tions de véhicules tout montés, qui sont frappés de droits de 32,5% et d'autres taxes à l'importation représentant encore quelque 15% de leur valeur c.a.f., tandis que les droits et taxes à l'importation perçus sur les kits CKD s'élevent au total à 25%. La valeur des pièces et accessoires fabriqués au Maroc est de 25% supérieure en moyenne aux prix européens (droits et taxes sur les matières premières compris); les pièces et accessoires ayant un contenu élevé en main-d'oeuvre (40% pour les radiateurs, 60% pour l'usinage) sont com- pétitifs et exportés. Tout compte fait, les prix départ usine (hors taxes) des véhicules utilitaires locaux sont sensiblement égaux aux prix c.a.f. des véhicules importés. La raison principale de cette compétitivé des usines de montage locales est que le coefficient productivité/salaire de leur main- d'oeuvre est favorable. 6.11 Bien que l'activité des entreprises locales de montage et de pièces détachées soit entravée par la grande diversification de leurs gammes et l'exiguité du marché local imposant de petites séries de production, ces entreprises sont bien gérées et disposent d'un matériel moderne, d'une bonne organisation des ateliers et des flux de matières premières, et utilisent des techniques de production adaptées au niveau local de technologie. De plus, la qualité des pièces fabriquées au Maroc est spécifiée ou imposée par le monteur final et peut être considérée de bon niveau; les échantillons de pièces locales sont mis à l'essai dans les usines européennes des fournisseurs étrangers avant que ces pièces ne soient intégrées dans le montage final des véhicules. Certaines chaînes de montage telles que celles de BERLIET - Maroc méritent d'être mentionnées pour leur organisation et leur matériel moderne. Avec une productivité de la main-d'oeuvre plus élevée, ces installations pourraient être aussi efficaces que celles de leurs homologues européens. Toutefois, le Maroc souffre d'une pénurie de personnel qualifié et de l'absence de centres de formation. Actuellement, la formation professionnelle est fournie principalement par les entreprises elles-mêmes, mais la rotation de la main-d'oeuvre y est élevée car les travailleurs qualifiés dans cette branche préfèrent tirer parti de leur compétence technique dans les ateliers d'entretien et de réparation automobile où ils obtiennent probablement des salaires et des avantages plus élevés. - 40 - Techniques et technologies utilisées 6.12 L'industrie automobile marocaine, composée de chaînes de montage et de quelques entreprises fabriquant certaines pièces automobiles de base, se situe sur le plan technologique à un niveau semi-industriel nécessitant encore une assistance technique d'entreprises étrangères. Par ailleurs, la produc- tion de pièces d'un niveau technologique plus élevé n'a guère progressé au Maroc compte tenu de l'exiguité du marché local que se partage un grand nombre de producteurs, de l'absence de normalisation et d'adaptation, du manque de coordination et d'intégration entre les entreprises de montage et de fabri- cation, et des réticences des entreprises étrangères délivrant les licences envers une intégration locale accrue. Pour encourager cette intégration, les autorités marocaines comptent utiliser un instrument législatif particulier (par. 6.13); toutefois, il est au moins aussi important de créer à l'intention des industries métalliques, mécaniques et électriques, et pour cette branche en particulier, un centre de technologie (voir Chapitre VII, par. 7.16) visant à promouvoir l'adaptation et la normalisation technique et à fournir aux entreprises de cette branche une assistance pour améliorer leurs méthodes de fabrication. Perspectives d'avenir et recommandations 6.13 Le Gouvernement a assigné à l'industrie du matériel de transport, une des plus grosses branches des IMME en termes de production nationale, une priorité secondaire dans le Plan quinquennal. Cette branche pourrait investir pendant la période 1981-85 environ 440 millions de dirhams selon les projec- tions du Plan, ou encore 320 millions de dirhams selon les estimations de la mission (voir par. 6.14 et le Chapitre IX, par. 9.02); ce niveau plus faible d'investissement permettrait néanmoins à l'industrie d'atteindre un taux de croissance de 10,5% par an. Les projections du Plan reflètent l'intention des autorités marocaines d'a'ecroître l'industrialisation de cette branche pour satisfaire à 75% la demande des véhicules utilitaires par les producteurs locaux, et d'accroître l'intégration des pièces et accessoires fabriqués localement grâce à la promulgation et la mise en application d'une loi d"'Intégration-Compensation". D'après le texte de cette loi, toutes les entreprises marocaines de montage de véhicules automobiles seraient tenues de porter, dans un délai de deux ans, le taux "d'intégration-compensation" 1/ de 15-25% actuellement à 40-50% au minimum; la loi prévoit également la possibi- lité de réaliser ces taux grâce à des exportations de "compensation" de pièces et composants locaux achetés par les entreprises étrangères fournissant les jeux CKD. La loi spécifie de plus un taux minimum "d'intégration- compensation" de 40% pour les voitures, camionnettes et véhicules utilitaires de moins de 5 tonnes, et de 50% pour les autocars, tracteurs et véhicules utilitaires de plus de 5 tonnes. 1/ Défini comme le rapport entre: La valeur des pièces et composants locaux (en prix européens) + la valeur f.o.b. des exportations de compensation, et la valeur (en prix c.a.f.) de jeux CKD complets (pour la totalité du véhicule). - 41 - 6.14 Il serait possible d'atteindre le taux de couverture de la demande fixé à 75%, puisque les capacités installées sont en grande partie sous- utilisées. En revanche, la mission discerne certaines difficultés possibles dans l'application de la loi, notamment pour atteindre dans les délais prescrits les taux "d'intégration-compensation" proposés la loi; en effet: i. étant donné de la dimension restreinte du marché intérieur et sa grande fragmentation (surtout pour les voitures), il est indis- pensable que soit résolu au préalable le problème fondamental de rationalisation du marché et de normalisation des véhicules et matériels, afin d'uniformiser les besoins en pièces et allonger les séries de production et éviter ainsi un effet trop défavorable sur le coût final des véhicules montés. La loi offre aux pouvoirs publics un moyen de contrôle et de persuasion pour introduire une rationali- sation et normalisati~on, et cet objectif pourrnit faire l'objet de décrets d'application de la loi; ii. compte tenu des capacités techniques actuelles de l'outil industriel des IMME et des temps de maturation requis pour créer ou adapter cet outil aux exigences de l'industrie automobile en normes et qualité, et pour compléter dans les délais proposés les taux d'intégration localement réalisables par des exportations de pièces détachées et composants de "compensation", il est aussi indispensable de créer rapidement de solides industries de base pour la fonderie, la forge et l'usinage 1/, qui soient en mesure de fournir un minimum de garan- ties en matière de délais, qualité, et prix des pièces fabriquées localement; et iii. des encouragements et des réglementations spéciales devraient être étudiées et offertes par le Gouvernement aux entreprises locales et aux fournisseurs étrangers pour promouvoir des projets dans ces industries de base. 6.15 La.mission recommande donc qu'avant d'appliquer cette loi, soient soigneusement évalués ses effets possibles sur les prix de revient totaux dans l'industrie automobile (en particulier dans le montage de voitures), et qu'un programme d'action concret et réalisable soit préparé pour résoudre les points i) à iii) précédents et pour appliquer la loi dans des délais raisonnables. Un premier pas dans ce sens, répondant plus particulièrement au point ii), serait l'exécution du projet intégré, actuellement à l'étude sous l'égide du Ministère de l'industrie et de l'ODI, portant sur une usine de fonderie- usinage d'une capacité annuelle de 10.000 tonnes (voir Chapitre V) et sur la fabrication de moteurs diesel modulaires (voir par. 7.26). 1/ Ainsi, un taux d'intégration locale de 35% pour les véhicules utilitaires exige à lui seul que les véhicules soient équipés de moteurs diesel fabriqués localement, c'est-à-dire l'entrée en activité du projet de fonderie pour moteurs. - 42 - CHAPITRE VII. BIENS ET FOURNITURES D'EQUIPEMENT Introduction 7.01 Compte tenu du fait que la Formation Brute de Capital Fixe (FBCF) au Maroc s'établit en moyenne à quelque 3 milliards de dollars par an (soit environ 25% du PIB) et que l'investissement en matériels et équipements est de l'ordre de 1 milliard de dollars par an, la demande totale et les importations de biens et fournitures d'équipement 1/ pèse lourdement sur la structure des importations. En 1978 et 1979, les importations d'équipements et machines industriels se sont élevées au total à quelque 3,3 milliards de dirhams, soit les deux tiers des importations en produits des IMME et le quart environ des importations totales du pays. En 1978, la demande en matériels et machines mécaniques - à l'exclusion du matériel de transport, traité au Chapitre VI - s'est chiffrée à 2,2 milliards de dirhams, et les importations ont atteint 2 milliards de dirhams. La faible contribution des entreprises marocaines (environ 10%) à la satisfaction de la demande de matériels mécaniques autres que de transport reflète la situation et la capacité actuelles de l'industrie locale de biens d'équipement, dont l'apport et les potentialités pourraient être sensiblement accrus par la mise en place d'un cadre de politique écono- mique et d'un soutien institutionnel mieux adaptés aux besoins. Survol de la situation actuelle 7.02 La branche des biens et fournitures d'équipement comprend environ 375 entreprises, dont 175 entreprises artisanales emploient moins de 5 ouvriers, et 35 firmes seulement plus de 50. La plupart des entreprises artisanales produisent des machines agricoles ou de petits bateaux de pêche. La moitié des autres, et notamment des plus importantes; relève de la construction métallique et chaudronnerie. En 1978, la production totale des industries de biens d'équipement s'est élevée à un milliard de dirhams, avec une valeur ajoutée voisine de 390 millions de dirhams, soit le quart de la production des IMME (cf. Appendice VII.1). Les principales activités des industries métal- liques et mécaniques produisant des biens et fournitures d'équipement sont la construction métallique et la chaudronnerie, la fabrication de machines agri- coles, le montage de moteurs diesel, les wagons de marchandises et la cons- truction navale; dans la branche des industries électriques, ce sont les transformateurs, les cables, les armoires de commande et distribution et le montage des moteurs électriques. La contribution de cette dernière branche à la production totale de biens d'équipement est passée de 24 à 36% au cours de la période 1975-1978, grâce à un taux record de croissance - 29% par an - fondé en grande partie sur l'expansion de la production de transformateurs et d'armoires de commande et de distribution. 1/ Les fournitures d'équipement sont définies comme les composants et pièces de première monte, de rechange ou d'usure nécessaires pour la construction ou le fonctionnement des matériels et machines. - 43 - 7.03 Les importations de machines et autres biens d'équipement importants (matériel de transport et matériel électrique) ont suivi pendant la période 1974-1979 la tendance générale de la FBCF dans l'économie: elles ont plus que doublé entre 1974 et 1977 pour diminuer ensuite de 25 à 35% en 1978-79 (cf. Appendice VII.2). Les importations de machines, qui présentent par rapport à la FBCF une élasticité supérieure à un en période d'expansion et inférieure à un en phase de récession, ont, avec les autres biens d'équipement, de plus en plus pesé sur la balance des paiements pour culminer à 36% des importations totales en 1977. Afin de rétablir l'équilibre extérieur, le Plan d'austérité 1978-1980 a réduit l'investissement public et l'investissement total, entraînant un recul du volume d'activité des industries locales de machines et matériels; leur apport à l'ensemble de la FBCF est resté très modeste. 6 à 7% seulement en moyenne pendant la période 1975-1979. 7.04 Malgré une taille et une contribution limitées, la branche des biens et fournitures d'équipement au Maroc constitue une structure industrielle relativement avancée sur le plan qualitatif (cf Appendice VII.3) qui a montré sa compétence technique dans quelques grandes réalisations. Ceci s'applique notamment à certaines entreprises produisant de la chaudronnerie complexe et des chaudières, des machines agricoles, des transformateurs électriques et des câbles. Ces entreprises, généralement à capital social marocanisé, tra- vaillent en association avec leurs anciens propriétaires ou des partenaires étrangers sous divers arrangements aux termes desquels les domaines techniques et de fabrication sont souvent laissés à des ingénieurs étrangers. Les indus- tries locales ont démontré, le plus souvent en petite série au moyen de tech- niques simples ou intermédiaires, leur compétence à fabriquer une gamme rela- tivement large de biens et fournitures d'équipement tels que: a) construction métallique et chaudronnerie générale (réservoirs, cuves, conteneurs, etc.); b) matériel de manutention et de levage pour l'industrie (convoyeurs à bande transporteuse, grues,- etc.); c) appareils de chauffage et de ventilation (fours, chaudières, échangeurs, cyclones, etc.); d) matériel de travaux publics et de carrières (engins à benne basculante, bétonnières, concasseurs, etc.); e) fournitures diverses (vannes et robinets, matrices et moules, moteurs, engrenages et pignons, pompes, presses, etc.); f) matériels et fournitures spécialisés pour certaines industries (épuration de l'eau, textiles, sucreries et minoteries, cimenteries, mines, etc.); et g) certains matériels électriques (moteurs, transformateurs, câbles, disjoncteurs, tableaux de contrôle, émetteurs-récepteurs radios). - 44 - L'Appendice VII.4 dresse une liste préliminaire des biens et fournitures d'équipement qui sont ou pourraient être fabriqués au Maroc, en indiquant la valeur des importations correspondantes au cours des dernières années. Ces importations ont totalisé quelque 900 millions de dirhams en 1978 et 680 millions de dirhams en 1979; une forte proportion (environ 50%) de ces impor- tations pourrait être fabriquée en partie ou en totalité au Maroc. Contraintes et difficultés spécifiques à ces industries 7.05 Divers facteurs ont entravé le développement potentiel de cette branche et de son apport à l'effort d'investissement et à la politique de substitution des importations. Ils sont de quatre ordres. économique, institutionnel, financier, et interne aux entreprises. a) Facteurs économiques. Comme indiqué en détail au Chapitre II, cette branche d'activité bénéficie d'une protection relativement faible et mal administrée; lorsqu'elle est accordée, elle est souvent contre- balancée par des droits et taxes perçus sur les demi-produits et les intrants importés. En outre, le caractère discrétionnaire de la protection douanière et des autorisations d'importation 1/ a engendré parmi les entreprises locales une incertitude quant à la politique et aux objectifs déclarés du Gouvernement en matière d'intégration accrue, et a découragé les entrepreneurs présents et potentiels à investir et à élargir leur gamme de produits. b) Facteurs institutionnels. Bien que les investissements industriels soient administrés par les secteurs public et semi-public, ces derniers ne disposent pas des ressources et des compétences en matière d'ingéniérie et de méthodes, qui seraient nécessaires pour préparer les appels d'offre publics de façon planifiée et en temps voulu pour accroître la participation des industries locales aux projets; si les services publics disposaient de ces ressoûrces, ils pourraient scinder les grands marchés publics en plusieurs lots spécifiquement conçus, les uns pour les fournisseurs locaux, les autres pour les fournisseurs 4trangers, et lancer les appels d'offres visant les fournisseurs marocains assez tôt pour tenir compte des délais de fabrication locale. Cette insuffisance*des ressources, conjuguée à l'absence dans les dossiers d'appel d'offres de spécifi- cations techniques et de critères de selection conçus 2/ pour 1/ Jusqu'à une date récente, pouvait être autorisée l'importation d'éléments simples tels que charpentes métalliques pour des contrats clés-en-main. 2/ Par exemple,- en prévoyant de donner, dans le système d'évaluation des offres, une pondération particulière aux prix des éléments sous-traités localement, de façon que, ceteris paribus, les offres comportant une forte proportion de sous-traitance bénéficient d'une meilleure note. Cette méthode nécessite que les dossiers d'appel d'offres exposent clairement la pondération qui sera appliquée, afin que les soumissionnaires puissent évaluer les conséquences des choix qui s'offrent à eux (sous-traitance locale plus ou moins poussée d'une part, prix plus ou moins compétitif d'autre part). Les dossiers d'appel d'offres devraient en outre exiger des soumissionnaires retenus qu'ils fournissent à leurs associés locaux des plans exhaustifs de tous les matériels devant être fabriqués ou montés localement. - 45 - persuader les fournisseurs étrangers de sous-traiter localement une part maximale des commandes, entraîne un recours excessif aux marchés clés en mains avec des entreprises étrangères. Tout ceci, s'ajoutant à la façon discrétionnaire dont sont appliqués les règlements régis- s,ant la préférence aux fournisseurs locaux 1/, a souvent écarté de ces importants marchés les entreprises marocaines capables de pro- duire des équipements de qualité acceptable à un prix compétitif 2/ et a restreint leur accès aux plans d'équipements aisément repro- ductibles (voir d) ci-dessous). c) Facteurs financiers. Les conditions intéressantes offertes par les fournisseurs étrangers pour le financement des projets clés-en-main (conditions type: 7,5 à 8% d'intérêts et remboursement en 8 à 10 ans pour les crédits fournisseurs/acheteurs couvrant 80 à 85% des biens et services importés; prêts bilatéraux à des conditions de faveur pour financer le reliquat importé et jusqu'à un tiers des coûts en monnaie locale) représentent un handicap majeur pour les fournisseurs marocains qui demandent généralement à être réglés rapidement, faute de disposer de facilités de crédit correspondantes. Ce facteur pèse lourdement à leur désavantage dans tous les projets qui ne sont pas financés sur crédits locaux à moyen-ou à long terme par la BNDE 3/, ainsi que dans les grands projets publics pour lesquels l'Etat est enclin à mobiliser un maximum de concours extérieurs pour atténuer les charges budgétaires correspondantes. d) Facteurs internes (aux entreprises). Plutôt q-. de s'organiser et de répondre avec dynamisme et esprit d'innovation aux défis posés par l'environnement extérieur, les entreprises fabriquant des biens et fournitures d'équipement préfèrent généralement adopter une attitude d'expectative prudente. En particulier, les entreprises dans la construction métallique et la chaudronnerie (cf. par. 7.08 à 7.16) ne se sont pas dotées d'une structure d'organisation souple ni d'une capacité d'absorption suffisante pour pouvoir traiter et suivre une commande importante, quitte ' former une association ou un groupement sous l'égide d'une grosse entreprise; elles éprouvent donc des diffi- cultés à respecter des délais de livraison serrés et à produire à des prix compétitifs. D'autres contraintes extérieures entravent l'effi- cacité interne des entreprises: insuffisance de personnel capable d'accomplir des tâches d'ingéniérie simples (par exemple, reproduire des plans), difficultés d'accès aux plans des fournisseurs étrangers, et embarras administratifs avec les Douanes et l'Office des Changes pour les transactions techniques avec l'étranger (contrats avec les fournisseurs de licences étrangers, paiements des redevances, trans- ferts de salaires des techniciens ou experts étrangers). 1/ Le Code des investissements prévoit que les importations de biens d'équipement ne sont pas exonérées de droits si l'industrie marocaine peut fournir un bien équivalent à moins de 120% du prix c.a.f. 2/ Une expérience menée pour la construction d'une sucrerie a montré que les industries locales pouvaient fournir la plupart des matériels faisant appel à des techniques simples ou intermédiaires dans la limite des 20% au-dessus des prix c.a.f. 3/ La BNDE a participé en moyenne à 45% de tous les projets manufacturiers approuvés, financant 20% du total des investissements (par. 1.16). - 46 - 7.06 La branche constructions métalliques et chaudronnerie comprend plusieurs firmes (appartenant généralement à de petits entrepreneurs étrangers) qui peuvent très bien soutenir la concurrence des importations pour ce qui. est des prix et de la qualité, en particulier en chaudronnerie, et qui exportent ou pourraient exporter une partie de leur production de chaudron- nerie. Certaines des entreprises qui produisent des matériels et machines agricoles faisant appel à des techniques simples ou intermédiaires de la petite construction métallique et chaudronnerie sont également concurren- tielles, avec des prix allant de 100 à 120% des prix européens f.o.b. (cf. par. 7.17 à 7.20). En revanche, les industries qui produisent des biens d'équipement faisant appel à des technologies plus avancées et exigeant une intégration technique plus poussée (moteurs diesel, matériel électrique tels que moteurs et câbles) sont généralement moins compétitives 1/ et produisent à des prix allant de 120 à 160% des prix européens (140% en moyenne). La plupart des intrants et des matières sont généralement importés et sont donc passibles de taxes et de droits (représentant 5 à 13% de la valeur de la pro- duction) qui grevent en partie la compétitivité des prix de revient. La capacité n'est généralement pas utilisée à plus de 70% (sauf dans certaines entreprises de chaudronnerie), et la productivité de la main-d'oeuvre reste plus faible qu'en Europe, surtout dans le montage des moteurs diesel où elle avoisine 60% des niveaux européens (pour plus de détails, cf. Annexe VII.5). 7.07 L'hétérogénéité de la branche des industries de biens d'équipement et la variété des caractéristiques et des résultats de ces industries ne per- mettent pas de tirer d'autres conclusions générales concernant leurs perfor- mances et leurs potentiels. Les sections ultérieures de ce chapitre examine- ront les modes de fonctionnement et les contraintes qui caractérisent un certain nombre d'industries de biens d'équipement au Maroc, identifieront les lignes de production dans lesquelles le Maroc pourrait présenter un avantage, et formuleront des recommandations pour le développement ultérieur de ces lignes de production et de ces industries. Seront passés successivement en revue la construction métallique et la chaudronnerie (par. 7.08 à 7.16), les machines et matériels agricoles (par. 7.17 à 7.20), les moteurs diésel (par. 7.21 à 7.27) et les machines et matériels électriques (par. 7.28 à 7.33). Construction métallique et chaudronnerie 7.08 La construction métallique et la chaudronnerie au Maroc sont l'une des branches importantes des IMME, dont elles assurent environ 6% de la pro- duction et 9% de l'emploi. Cette branche s'est dotée d'une structure indus- trielle moderne et a fait ses preuves dans la réalisation de plusieurs grands projets. Sa croissance rapide - de l'ordre de 20% par an en valeur courante - durant les années 1972-1976 ne s'est pas accompagnée d'une planification bien coordonnée de son développement. Les conclusions et recommandations de la mission présentées dans cette section s'appuient sur les visites rendues aux importantes usines de la branche, sur les analyses de deux études 2/ récentes 1/ Sauf pour les transformateurs de puissance et de distribution (cf. par. 7.31). 2/ - McKinsey: "Encourager l'industrialisation progressive et sélective des biens d'équipement industriels au Maroc", février 1978. - Dar Al Handasah: "Rapport sectoriel; Ouvrages en métaux". - 47- et sur des entretiens avec diverses personnalités et représentants d'orga- nismes gouvernementaux. 7.09 Production et utilisation de la capacité. La production d'ouvrages de construction métallique et de chaudronnerie est disséminée entre un grand nombre d'entreprises (une centaine comptant plus de dix ouvriers); toutefois, cette branche est dominée par six entreprises de dimension moyenne (CMIM, DL, ACM, SMCM, SCIF, CNN) qui assurent quelque 50% de la production totale. Pour une capacité estimée à 50 000 tonnes par an, la production annuelle ne dépasse pas 30 000 tonnes, à raison de deux tiers pour la construction métallique et de un tiers pour la chaudronnerie. Outre la production de biens d'équipement, les grosses entreprises mentionnées ci-dessus font également du montage d'usines. Cette branche, qu. emploie au total quelque 3 500 personnes, a connu après une croissance rapide (par. 7.08) une baisse sensible de produc- tion due à la récession économique récente qui a fortement affecté la branche. Toute reprise dans le proche avenir dépendra dans une large mesure du futur niveau d'investissement et suppose l'élimination préalable des diverses contraintes examinées aux paragraphes 7.05 et 7.11. 7.10 Gamme de produits, marché et compétitivité. La gamme de produits fabriqués par cette branche, très diversifiée, répond à des besoins très variés et vise des utilisateurs différents. Elle couvre essentiellement les produits suivants: charpentes métalliques pour bâtiments industriels; ponts pour routes et voies ferrées; pylones pour lignes de transmission électriques; réservoirs et cuves pour la chimie, le gaz et le pétrole; petits matériels tels qu'engins à benne basculante et bétonnières pour l'industrie du bâtiment; chaudières pour divers usages industriels; produits et matériels divers pour l'industrie du ciment, raffinage du pétrole, sucre, traitement des minéraux, etc. Bien qu'étendue, cette gamme de produits est limitée par les difficultés d'accès à l'assistance et aux plans étrangers, et par les capacités des installations ne permettant pas de travailler des tôles de plus de 40 mm d'épaisseur et de lever des pièces dépassant 30 tonnes. 7.11 Entièrement axée sur le marché local, la construction métallique et chaudronnerie alimente quelque 70% de la demande intérieure pour la gamme de produits actuellement fabriqués dans le pays. En cette période de ralentisse- ment des investissements, les importations comprennent environ 8 000 tonnes par an de construction métallique et 6 à 8 000 tonnes par an de chaudronnerie et de chaudières. Une substitution plus poussée des importations (qui pourrait couvrir 5 000 tonnes supplémentaires par an) et la fabrication de nouveaux produits au Maroc sont contraintes par les divers facteurs analysés au par. 7.05, et en particulier dans cette branche par: i) l'absence de bureaux d'ingénierie., d'études et de méthodes; ii) la rareté des entreprises capables de fabriquer des produits de haute qualité répondant aux spécifications fonctionnelles de produits spécialisés; iii) la difficulté des entreprises locales à fabriquer du matériel sur commande à des prix concurrentiels (sauf pour les chaudières); et - 48 - iv) l'insuffisance des centres de formation de main-d'oeuvre qualifiée et d'ingénieurs. 7.12 Les matières premières et la main-d'oeuvre sont les deux principaux facteurs déterminant la compétitivité des coûts dans cette branche. Les aciers, matière première de base, sont importés. En raison du faible volume des commandes, des divers types et qualités d'acier exigés et des courts délais de livraison demandés, les prix auxquels sont fournis les produits plats ne sont pas concurrentiels. Ces matières premières entrent donc pour 45 à 50% dans la valeur de la production, y compris les droits et taxes d'environ 20% sur les prix c.a.f. (cf. Appendice VII.6). La main-d'oeuvre apparaît deux fois moins productive (en heures de travail par tonne produite) que dans les pays industrialisés, mais ceci est compensé par le faible niveau des salaires et des charges sociales dont la somme représente quelque 25% de la valeur de la production. En dernière analyse, la compétitivité de cette branche tient à l'intensité en main-d'oeuvre des produits fabriqués. Dans le cas des cons- tructions métalliques, qui exigent peu d'heures de travail par tonne de pro- duit fini, le prix local à la tonne dépasse d'au moins 20% le prix interna- tional. Dans le cas de la chaudronnerie (chaudières, cuves, engins à benne basculante), les entreprises marocaines sont plus compétitives, l'écart entre prix locaux et prix internationaux n'excédant pas 20%. 7.13 Cette compétitivité doit être jugée à la lumière de la protection accordée aux fabricants locaux. En théorie, les importations sont frappées de droits et de taxes de l'ordre de 35% pour les chaudières et de 50% pour les constructions métalliques et autres pièces de chaudronnerie; toutefois, les équipements nécessaires à tous les investissements autorisés sont généralement importés sans restriction 1/ et en franchise de droits (tout en restant assujettis à la taxe spéciale à l'importation de 15%). Bien que les fabri- cants locaux soient exonérés de la TPS sur les matériels produits pour des investissements autorisés, ils doivent encore acquitter des taxes et-droits sur les matières premières 2/. Les fournisseurs locaux ne bénéficient donc d'aucun avantage par rapport aux fabricants étrangers; en outre, les diverses contraintes et lacunes institutionnelles analysées plus haut représentent pour eux un handicap par rapport à leurs concurrents étrangers et ont gêné leur participation aux grands,projets industriels. 7.14 Situation Technique et technologique. La construction métallique et la chaudronnerie doit en grande partie son développement présent soit à des sociétés étrangères arortant à leurs filiales marocaines une assistance tech- nique et technologique, soit à des investisseurs privés étrangers qui gèrent leur propre entreprise (généralement de faible dimension et de type familial). En raison du caractère hétérogène des produits de la branche exigeant des normes de qualité élevées, il est capital que cette branche dispose d'une 1/ La disposition restrictive du code des investissements n'est appliquée que rarement et par cas d'espèce. 2/ La disposition du code douanier (Article 163) promulguée en 1979 pour redresser ce biais (voir Chapitre II) reste pratiquement inconnue et inutilisée (sauf par quelques entreprises publiques). - 49 - capacité d'ingénierie et d'adaptation technique. Une assistance technique lui est donc nécessaire, autre que celle fournie par les sociétés étrangères à leurs filiales, et qui pourrait être assurée par la création d'un centre spé- cialisé (cf. par. 7.16) muni de compétences en matière d'adaptation technique et de développement de produits des IMME. 7.15 Les technologies appliquées par les entreprises se situent, sur l'échelle de technicité des pays industrialisés, à des niveaux faible à moyen. Dans les grandes entreprises, les procédés industriels tels qu'oxy- coupage, soudure, cintrage et formage, etc. sont bien connus et utilisent des équipements modernes tels que positionneurs, manipulateurs, postes de soudure automatique. Les usines et les équipements, qui sont l'un des facteurs de développement de la production, sont relativement modernes 1/ et en bon état. L'autre facteur, à savoir une main-d'oeuvre bien formée et des ingénieurs ayant une expérience pratique d'organisation de la production, est en quantité insuffisante. De toute évidence, il y a pénuriE l'ouvriers d'atelier quali- fiés, et nécessité d'un programme de formation pour améliorer le niveau de qualification technique de la main-d'oeuvre (cf. Chapitre IV). 7.16 Développement futur et recommandations. Selon de premières estima- tions, le marché intérieur de la construction métallique et de la chaudron- nerie devrait atteindre en 1985 environ 35 000 tonnes par an; ce chiffre com- prend environ 15 000 tonnes de produits actuellement importés, qui pourraient être fournis par l'industrie locale si étaient éliminées les principales con- traintes pesant sur elle (par. 7.11) et si était adoptée une politique vigou- reuse de participation locale iux grands projets d'investissement. En vue d'accroître l'utilisation de 1 capacité et le développement de cette branche, il est recommandé: - d'adapter la politique gouvernementale et les mécanismes adminis- tratifs en vue d'appliquer efficacement les règlements existants en matière de préférence aux fournisseurs locaux; - de revoir les tarifs et les règlements régissant la protection des types de biens d'équipement fabriqués localement, et abolir en parti- culier les exonérations de droits et de taxes sur les importations de matériels pouvant être produits sur place; - de mettre en place, au moins pour les projets publics, de nouvelles procédures d'évaluation des offres encourageant les entreprises étrangères à sous traiter localement un pourcentage maximum des travaux et des matériels standard dans les limites de surcoûts préfé- rentiels autorisés aux entreprises marocaines; - de coordonner dans la mesure du possible le programme de réalisation des projets du secteur public avec la capacité de production et de livraison des entreprises locales; 1/ Et le sont même parfois trop: l'usine la plus récente est équipée de dis- positifs fortement automatisés tels que machines à contrôle numérique pour le traitement de surface de produits plats. - 50 - - d'accorder aux entreprises locales des facilités de crédit à moyen terme, gérées par une institution financière appropriée (Banque Centrale, BNDE), pour leur permettre de financer leurs immobili- sations de matières premières, la production et la vente des biens d'équipement produits; et - de créer pour le secteur des IMME, et en particulier pour la branche de la construction métallique et de la chaudronnerie, un Centre Tech- nologique ayant pour objet d'aider les entreprises locales à norma- liser et à adapter leurs fabrications et leurs méthodes de produc- tion, à introduire un contrôle de qualité, et plus généralement à améliorer leur gestion. Machines et matériels agricoles 7.17 La branche machines agricoles des IMME comprend une centaine d'entre- prises, généralement des PMI et artisans produisant des matériels simples, et seulement trois entreprises de dimension moyenne ou grande produisant du maté- riel plus complexe. Vu l'importance de l'agriculture dans l'économie maro- caine, le marché potentiel est vaste et devrait offrir d'intéressantes pers- pectives. Toutefois, l'incertitude qui entoure la politique agricole en matière de mécanisation et les carences du dispositif de protection n'ont permis ni la rationalisation du marché (qui est resté aux mains des importa- teurs commerciaux), ni le développement de l'industrie locale, qui ne répon- dait encore récemment qu'à 25% de la demande malgré une capacité fortement sous utilisée (50% au moins selon les estimations). 7.18 La production locale qui totalise chaque année quelque 1 200 à 1 500 charrues légères ("cover crops") et plusieurs centaines de matériels divers (remorque-citernes, remorques, charrues à disques), couvre une grande partie de la demande de ce type de matériel simple. Une seule entreprise assurait le montage de tracteurs, incorporant essentiellement des éléments CKD importés et un maximum de 15 à 20% de valeur locale; elle a interrompu récemment ses acti- vités dans le domaine alors qu'elle disposait d'une capacité de 3 500 unités et d'un marché de l'ordre de 2 500 unités par an. Les grosses entreprises de cette branche (auxquelles la mission a rendu visite) sont dotées d'installa- tions modernes et efficaces, d'un bon savoir-faire technique, et du dynamisme commercial nécessaire pour survivre dans les conditions actuelles du marché par diversification de leurs productions. 7.19 Malgré 1 million d'ha de terres cultivées, le parc de tracteurs reste modeste et la mécanisation peu poussée (le nombre de tracteurs par ha cultivé est moins de la moitié de ce qu'il est dans les autres pays d'Afrique du Nord), de sorte'que le marché des tracteurs et matériels tractés n'est pas suffisant pour justifier la production ou le montage de ces matériels dans des conditions économiques. Le marché, qui est ouvert aux importations en fran- chise (assujetties à la taxe spéciale d'importation générale seulement) est dominé par les importateurs qui commercialisent quelque 55 modèles de trac- teurs de 17 marques différentes sans généralement assurer de services adéquats d'entretien et de réparation après-vente 1/. 1/ On estime qu'environ un cinquième du parc de tracteurs est inutilisable faute d'entretien et de réparation. - 51 - 7.20 Le développement ultérieur de cette branche dépend essentiellement de la politique qui sera adoptée en matière de mécanisation de l'agriculture. Si l'Etat offre aux agriculteurs les incitations et l'assistance nécessaires pour leur permettre d'acheter du matériel mécanisé, le marché des tracteurs pour- rait, d'après les estimations, atteindre pendant quelque temps 6 000 unités par an puis se stabiliser à 3 500, ce qui, sous réserve d'une rationalisation du marché, justifierait la reprise du montage de tracteurs et le développement d» la fabrication d'autres matériels. Dans cette hypothèse, le développement de la production de machines agricoles devrait recevoir, parmi les IMME, la priorité absolue. Ce développement devrait être axé sur le type de machines pour lesquelles les fabricants marocains ont déjà prouvé leur savoir-faire technique et leur compétitivité aux plans qualité et prix: machines simples pour la culture du sol (charrues 'à disques lourdes et charrues légères, semoirs mécaniques et épandeurs d'engrais), matériels de récolte (à l'excep- tion des moissonneuses batteuses) et ramasseuses presses, remorques citernes et autres remorques de transport en vrac (pour betteraves sucrières et canne à sucre en particulier). Pour éviter des termes d'échanges défavorables au secteur agricole et donc pour maintenir la compétitivité des prix de ces maté- riels, il conviendrait que les fabricants locaux soient exonérés des droits et taxes sur leurs achats d'aciers et éléments mécaniques (d'origine locale ou importés). Trois projets, déjà identifiés et étudiés par les services publics marocains, pour la production de matériels agricoles divers (charrues, semoirs, épandeurs, pulvériseurs, et faucheuses), de ramasseuses presses .et de maté- riels avicoles (cf. Chapitre IX), devraient être réalisés en priorité, de préférence par l'agrandissement ou la diversification de l'activité des entre- prises existantes dynamiques plutôt que par la création de nouvelles entre- prises. A long terme, pourrait être envisagée la fabrication intégrée de machines agricoles plus complexes et de tracteurs, qui serait confiée aux entreprises les plus dynamiques et compétentes, avec le soutien des pouvoirs publics: ces machines pourraient être conçues par adaptatiou aux moteurs diesel modulaires devant être fabriqués au Maroc dans le cadre d'une stratégie à long terme de développement de l'industrie des moteurs diesel (cf Section suivante). Moteurs diesel 7.21 Introduction et caractéristiques générales. Les moteurs diesel sont un produit de l'industrie mécanique qui apparaît dans une large gamme de biens d'équipement utilisés dans les transports, la production et l'alimentation en électricité, les travaux publics, les machines industrielles, etc. La gamme est très diversifiée, tant en vitesse qu'en puissance des moteurs (de 2 à plu- sieurs milliers de CV). En raison de leurs applications universelles, ces moteurs sont produits en moyenne ou grande série; ils exigent de bonnes compé- tences en matière de conception, d'études et méthodes, et de fabrication. Pour mettre en place une industrie de ce type dans un pays en développement, il faut en première phase "acheter" les technologies nécessaires et installer des unités de montage. La présence d'une industrie métallurgique efficace (fonderie, forge et usinage) favorise ensuite une intégration plus poussée par transfert du savoir-faire en matière de production et par adaptation technique des diverses pièces et éléments des moteurs diesel. Cette deuxième étape exige en outre une combinaison de facteurs variés: main-d'oeuvre qualifiée, compé- tences d'ingénierie et d'adaptation, compétences en gestion. Au Maroc, l'industrie des moteurs diesel en est encore à la première étape de son déve- loppement, essentiellement par manque d'une industrie métallurgique performante. - 52 - 7.22 Capacité et production. Les deux entreprises qui assurent le montage de moteurs diesel - l'une privée à Casablanca 1/, et l'autre publique à Fès - emploient quelque 200 personnes sur leurs chaînes de montage de moteurs. Leurs capacités, leurs productions et leurs ventes sont indiquées ci-dessous. Tableau 7.01: MONTAGE DE MOTEURS DIESEL - 1979 (Nombres) Capacité Production Ventes Entreprise privée 4 000 2 860 2 400 Entreprise publique 2 000 1 300 1 060 6 000 4 160 3 060 Source: Comptabilité et statistiques des entreprises. La faible utilisation de la capacité (70%) et, plus encore, le faible niveau des ventes (moins de 60% de la capacité) résultent surtout du ralentissement général de l'économie marocaine en 1977-79. Ces deux entreprises escomptent une reprise de l'économie dans les années à venir et donc une poussée de la demande de moteurs diesel. 7.23 Gamme de produits, marché et compétitivité. Les principales applica- tions des moteurs diesel au Maroc, telles que décrites à l'Appendice VII.7, peuvent se classer en trois grandes catégories; i) les moteurs fixes à faible vitesse (1 à 2 cylindres, moins de 33 CV). La production lo'ale est fortement concentrée (95% du total) dans cette catégorie et alimente presque intégralement la demande intérieure. L'importation de ces moteurs est quasiment interdite, à l'exception des moteurs faisant partie intégrante de produits finis tels que concasseurs, moulins, moto-pompes. Environ 85% de la pro- duction intérieure est utilisée par l'agriculture (surtout dans les moto-pompes), le reste étant utilisé par la production localisée d'électricité (générateurs diesel) et divers matériels (petits com- presseurs, engins à benne basculante); ii) les moteurs fixes à vitesse élevée (3 à 6 cylindres, plus de 33 CV). Les industries locales, qui produisent dans le bas de gamme de cette catégorie (jusqu'à 60 CV), ne répondent qu'à 20% environ de la demande intérieure pour ce type de moteurs; le reste (moteurs de plus de 60 CV) est importé dans une large gamme de marques et de modèles. Ces moteurs diesel sont généralement montés sur des alternateurs, des pompes, des compresseurs, etc.; et iii) des moteurs diesel mobiles à vitesse élevée, qui sont surtout impor- tés soit sous forme de kits (CKD) pour le matériel de transport (cf. Chapitre VI) soit comme partie intégrante de biens d'équipement importés (matériel de manutention et de travaux publics). 1/ Cette entreprise a interrompu cette activité depuis fin 1980. - 53 - Les moteurs diesel produits localement et importés ne sont pas normalisés, ce qui représente encore un obstacle important au renforcement de l'intégration locale, au développement des compétences marocaines en ingénierie, à l'obtention de prix compétitif, et à la croissance de l'industrie locale de moteurs diesel. Bien que de premières mesures aient été prises par les pouvoirs publics pour la réalisation d'un projet de fabrication de moteurs mobiles modulaires à vitesse élevée (cf. par. 6.15 et 7.27), il convient encore d'étudier et d'encourager au plus vite l'introduction de la normali- sation dans toutes les applications des moteurs diesel. 7.24 La ventilation type des coûts de production des moteurs diesel au Maroc est la suivante: Tableau 7.02: COUT DE PRODUCTION DES MOTEURS DIESEL - 1979 Catégorie de coût Pourcentage Composants et pièces CKD importés 55 Pièces, composants et services locaux 15 Droits et taxes 10 Main-d'oeuvre directe 5 Divers (administration, frais généraux, amortissement, marge bénéf iciaire,. 15 TOTAL 100 Source: Comptabilité des entreprises, Direction des prix. Les principales contributions de l'industrie marocaine à la fabrication des moteurs diesel consistent en: i) main-d'oeuvre de montage, entrant pour 5% dans le coût de production, et ii) intégration de petites pièces de fabrica- tion locale (réservoirs de carburant, pots d'échappement, volants. etc.), qui peuvent représenter jusqu'à 15% du coût de production. L'intégration locale n'est pas plus poussée parce qu'il n'existe pas d'industrie marocaine métal- lurgique de base (fonderie, forge et usinage) et parce que le marché pour les types de moteurs actuellement produits est très exigu. Etant donné le faible degré d'intégration locale (20 à 30%), la part élevée des jeux CKD et le mon- tant des droits et taxes qui les frappent (environ 10%), la rentabilité des entreprises marocaines ne peut être maintenue que par une protection contre l.a concurrence étrangère. Les prix sortie d'usine des moteurs locaux sont supé- rieurs de 25 à 40% aux prix européens. 7.25 Techniques et technologie. Les entreprises sont entièrement dépen- dantes de leurs fournisseurs de licences, non seulement pour l'acquisition desdites licences et des jeux CKD pour montage des moteurs diesel, mais aussi pour développer l'intégration locale. Eu égard aux contraintes mentionnées dans les deux paragraphes précédentes et en l'absence de compétences locales d'ingénierie et d'adaptation technique, l'industrie marocaine des moteurs - 54 - diesel n'a actuellement pas d'autre choix que cette dépendance 1/. Une appli- cation prudente de la loi d'Intégration-Compensation dans les usines de montage de matériel de transport (cf. Chapitre VI) et son extension éventuelle au montage d'autres catégories de moteurs diesel pourraient être l'occasion d'atténuer cette dépendance et d'accroîtes le taux d'intégration locale. 7.26 Recommandations pour le développement futur de cette branche. D'après les renseignements rassemblés sur le terrain, l'analyse des statis- tiques d'importation et les divers projets-identifiés ou idées de projet en coir5 d'.dtndepmr la _ervics publics, on estime, grosso modo, que la demande totale de moteurs diesel (toutes applications) pourrait s'élever en 1984-85 à 25-30.000 unités, dont 10.000 pour la première catégorie (moteurs à faible vitesse de moins de 33 CV), 4 à 6.000 pour la deuxième catégorie (moteurs fixes à grande vitesse), et 10 ' 12.000 pour les moteurs mobiles à grande vitesse. Vu l'ampleur de ces divers marchés, le développement rationnel d'une industrie des moteurs diesel répondant à la plupart des besoins du pays pourrait entrainer d'importants effets d'intégration à la fois intrasec- torielle ainsi qu'en amont vers les industries métallurgiques (fonderie, forge, usinage). C'est pourquoi la mission recommande fortement la prépara- tion, de concert et en accord entre les pouvoirs publics et les entreprises industrielles concernées, d'un document de travail examinant et évaluant la situation actuelle et les orientations que pourrait prendre le développement d'une industrie des moteurs diesel. Ce document devrait accorder la plus haute importance à: a) la rationalisation et la normalisation des marchés et de la gamme de produits à fabriquer au Maroc; b) conséquemment, la nécessité de ramener la production actuelle et future à une gamme limitée de moteurs modulaires; c) les contraintes résultant des faiblesses des industries métalliques de base (fonderie, forge, usinage), ainsi qu'un programme d'action à long terme visant à lever ces contraintes et à développer ces indus- tries (cf. Chapitre V); d) la création de compétences locales d'ingénierie et d'adaptation tech- nique, peut-être par le truchement du Centre Technologique recommandé pour les IMME (cf. par. 7.16); et e) les programmes d'action et les projets à mettre en oeuvre pour une intégration des moteurs modulaires normalisés en aval dans la fabri- cation des biens d'équipement accessibles aux industries locales (groupes électrogènes; moto-pompes et compresseurs; tracteurs et 1/ Ainsi que l'illustre le cas ci-après, mentionné à la mission: une des entreprises avait progressivement poussé l'intégration locale à environ 40% dans la fabrication d'une série de moteurs classiques, récemment aban- donnée par le fournisseur de licence. Après l'introduction d'une nouvelle série de moteurs, l'intégration locale a reculé à 20%, les fournisseurs locaux ne pouvant immédiatement satisfaire aux conditions de précision et de qualité des éléments et pièces nécessaires à la nouvelle série. - 55 - camions; grues; matériels de travaux publics tels que bétonnières, engins à benne basculante, bennes pelleteuses; moulins et cc1casseurs à usage agricole ou minier; matériel de manutention et chariots élévateurs). 7.27 Certains projets, à l'étude ou en préparation, permettraient de satisfaire la demande future et d'éliminer une partie des obstacles mentionnés ci-dessus. Le plus important de ces projets, qui fait actuellement l'objet d'une étude de préfaisabilité avec l'aide de la Banque et de la SFI, porte sur une fonderie d'une capacité finale de 10.000 tonnes par an, intégrant un centre d'usinage, pour la fabrication de pièces mécaniques de fonderie complexes qui seraient utilisées essentiellement sur une nouvelle ligne de montage et de production de 10.000 moteurs diesel mobiles à grande vitesse de 60 à 180 CV. La mission recommande fortement que la conception de ce projet prenne à son compte les points a) et b) ci-dessus concernant la rationalisa- tion et la normalisation de la gamme de production en une série de moteurs modulaires adaptables non seulement au matériel de transport et aux tracteurs mais aussi à d'autres utilisations (matériels de bâtiment, de travaux publics et d'extraction minière - cf. Appendice VII.7). De même, le fabricant actuel de moteurs diesel prévoit d'accroître sa capacité actuelle d'environ 50% pour la porter à un total de 3.000 moteurs par an (essentiellement moteurs à faible vitesse de moins de 33 CV), et d'y porter à 40% le taux d'intégration locale en créant ses propres ateliers de fonderie et d'usinage. Là encore, il est recommandé que ces agrandissements soient conçus et exécutés dans la ligne du document de travail qui serait préparé -pour cette branche (par. 7.26), en tenant compte en particulier des points a) et b) ci-dessus et en s'assurant que les productions de cette usine en pièces de fonderie et pièces usinées soient coordonnées avec la gamme de production du grand projet de moteurs mobiles. Machines et équipements électriques 7.28 Introduction. Les machines et équipements électriques représentent, dans la branche dep biens d'équipement, une sous-branche de la plus haute importance pour le processus d'industrialisation d'un pays, en ce qu'elle fournit à toutes les installations industrielles le matériel normalisé néces- saire à l'utilisation de l'électricité, source d'énergie la plus fréquemment utilisée. Ce type de matériel est utilisé et installé dans toutes les indus- tries pour la distribution, le contrôle, et la consommation d'énergie élec- trique. On peut classer les matériels électriques en trois grandes catégories: a) les matériels statiques (cables électriques et transformateurs pour les liaisons et la distribution); b) les machines tournantes (moteurs et générateurs/alternateurs); et c) le matériel de commande et de contrôle (armoires de commande et de distribution, disjoncteurs à haute et moyenne tension, panneaux de contrôle, etc...). 7.29 Capacité et production. En dépit des exigences à satisfaire dans la fabrication de ces matériels électriques en matière de technologie (disjonc- teurs et transformateurs à haute tension) ou de main-d'oeuvre hautement quali- fiée (alternateurs, tableaux de commande complexes), le Maroc s-'est doté avec - 56 - l'aide des fabricants européens ou en association avec eux (CGE, Merlin-Gerin, Leroy-Somer, Colombini) d'une industrie non négligeable et dynamique produi- sant des matériels et machines électriques. En 1978, une vingtaine d'entre- prises employant un total d'environ 2.600 personnes ont produit des matériels électriques pour une valeur de 365 millions de dirhams, représentant respec- tivement 9% de la production des IMME et 54% de celle des industries élec- triques dans leur ensemble. Tableau 7.03; INDUSTRIE DE MATERIELS ELECTRIQUES - 1978 Valeur Crois- Produc- sance Entre- Produc- tion 1975-78 prises Emploi Capacité tion (MDH) (% par an) Transformateurs, disjoncteurs 15 1.870 1.200 MVA 950 MVA 230 44.3 Câbles et fils électriques 3 700 8.500 T 6.050 T 130 12.1 Moteurs/alternateurs 2 60 6.000 u 3.500 u 5 - Total matériels électriques 20 2.630 365 29.3 Source; Visites d'usines et estimations de la mission. 7.30 Gammes de produits, marchés et compétitivité. La production locale répond aux deux tiers environ de la demande intérieure de transformateurs et de disjoncteurs, les importations de ce type de produits consistant surtout en disjoncteurs et appareils de coupure complexes qui ne relèvent pas des compé- tences ou de la compétitivité des entreprises locales. Plus de 85% de la demande intérieure de cables et de fils électriques sont produits localement, et seuls sont importés les câbles spéciaux ou faisant appel à une technique particulière. En revanche, la production dans la catégorie de moteurs et d'alternateurs électriques se limite aux moteurs à faible tension dans les gammes de puissance faible ou moyenne (jusqu'à 22 kw), dont l'importation est interdite; la production locale ne couvre que 5 à 10% de la demande intérieure de moteurs et de générateurs électriques. 7.31 Les matières premières (importées pour la plupart) représentent les deux tiers de la valeur de la production de transformateurs et de câbles, et la main-d'oeuvre 10 à 15% seulement. L'intégration locale se limite à la fourniture de quelques pièces (bacs de chaudronnerie, structures métalliques, plomb et isolateurs en plastique) et à la main-d'oeuvre. Le taux d'intégra- tion est plus élevé dans les moteurs électriques (15% pour la main-d'oeuvre, 15 à 20% pour les pièces locales et l'usinage), et peut atteindre jusqu'à 70% dans certains des moteurs fabriqués par la principale entreprise de moteurs. Les moteurs électriques sont vendus à des prix équivalents 1/ aux prix l/ Les prix catalogue sont identiques, et les prix de gros légèrement supé- rieurs (10 à 15%). Jusqu'en 1979, cette équivalence de prix correspondait en fait à une perte par rapport au prix de revient. - 57 - européens, mais les importations de moteurs semblables restent pratiquement interdites. Les usines locales de câbles bénéficient également de mesures de protection, leurs prix étant supérieurs aux prix européens de 35 à 40% en moyenne. Les transformateurs fabriqués au Maroc soutiennent généralement très bien la concurrence des prix f.o.b. Europe 1/, grâce au faible coût de la main-d'oeuvre qui ne représente que 15 à 20% de la valeur de la production. 7.32 Situation technologique. Les grandes entreprises produisant les transformateurs électriques, les câbles et les moteurs sont en grande partie, voire totalement, tributaire de leurs associés étrangers ou de leurs fournis- seurs de licences pour le développement de l'intégration locale et pour toutes améliorations et adaptations techniques. Compte tenu de cette contrainte, les entreprises ont généralement très bien maîtrisé les techniques auxquelles elles ont accès; toutefois, dans les entreprises de moteurs électriques, des améliorations pourraient encore être obtenues en matière de méthodes de pro- duction (bobinage en particulier) et de niveau de productivité de la main- d'oeuvre. 7.33 Recommandations pour le développement de cette branche. Les segments les plus importants et les plus facilement accessibles du marché local de câbles et de transformateurs sont déjà couverts par les producteurs locaux, qui devraient chercher d'abord à améliorer leur productivité et leur compéti- tivité et ensuite à diversifier quelque peu leurs gammes de produits en y incluant les transformateurs spéciaux ou de grande puissance. Des progrès importants pourraient encore être réalisés dans la substitut-ion des importa- tions de disjoncteurs et armoires de commande électriques, dont les achats à l'étranger ont atteint 80 à 90 millions de dirhams par an ces dernières années; l'avantage comparatif des faibles coûts de la main-d'oeuvre dans la production de ces matériels devrait, à condition que la productivité soit maintenue à un niveau satisfaisant, assurer la compétitivité des prix. Les possibilités d'expansion sont grandes dans la production de moteurs et géné- rateurs électriques (cf. à l'Appendice VII.8 la description des domaines d'accessibilité des principales utilisations des moteurs électriques); toute- fois, une étude approfondie des caractéristiques et des spécifications des divers segments du marché 2/ et de leurs croissances respectives s'impose de toute urgence. De plus, les entreprises ne devraient élargir leurs gammes de production vers des moteurs d'autres types ou de plus grandes puissances qu'après avoir parfaitement maîtrisé et amélioré leurs méthodes de production et leurs productivités et après avoir consolidé la rentabilité et la compéti- tivité de leurs activités présentes, si nécessaire avec une assistance tech- nique renforcée des partenaires étrangers. 1/ Les prix vont en moyenne de 17 dollars/kVA pour les puissances de 25 à 650 kVA à 10 dollars/kVA pour les puissances de 650 kVA à 5MVA, et à quelque 6 dollars/kVA pour les puissances de 5 à 15 MVA. La part de la main- d'oeuvre dans la valeur des transformateurs produits en pays indus- trialisés est de l'ordre de 30 à 40%, en raison du fort coefficient de main-d'oeuvre des opérations de bobinage qui ne peuvent pas être entière- ment automatisées. 2/ A cet égard, il est urgent d'affiner la nomenclature douanière en sous- catégories de moteurs électriques significatives du point de vue industriel. - 58 - CHAPITRE VIII. LES INDUSTRIES ELECTRIQUES ET ELECTRONIQUES Introduction 8.01 Le présent chapitre a pour objet de faire le point de l'état actuel de développement des industries électriques et électroniques au Maroc (à l'exclusion du matériel d'équipement électromécanique, voir Chapitre VII), et de proposer des options de développement pour ces industries. Dans une première partie seront analysées, la production et les conditions de fonc- tionnement de cette branche, et examinés les divers projets en cours ou iden- tifiés. Dans une seconde partie seront formulées des recommandations pour le développement ultérieur de cette branche. Situation actuelle 8.02 Les chiffres présentés dans les paragraphes de la présente section diffèrent légèrement des statistiques officielles, en raison du reclassement de certaines activités (en particulier, les appareils électro-ménagers du sous- secteur 21.8 sont intégrés dans la catégorie des biens de consommation élec- triques) et du traitement spécial des activités de service (travaux sous contrat, ingénierie) qui ont été en partie retirées des statistiques offi- cielles 1/. Le tableau d'ensemble 8.01, qui récapitule ci-après la situation des industries électriques et électroniques en 1978, comprend pour mémoire les industries de biens d'équipement électriques (moteurs, transformateurs, câbles, disjoncteurs et armoires de commande) qui ont été traitées au Chapitre VII. 8.03 Les industries marocaines de matériel électronique comprennent la fabrication de postes radio émetteur/récepteur et de radio-téléphones et le montage de combinés téléphoniques et de petites installations de raccordement téléphoniques. Les exportations de radios vont principalement aux pays de la CEE et quelques pays africains. Les produits intermédiaires électriques fabriqués au Maroc comprennent principalement des batteries (production totale d'environ 35 millions de DH par trois sociétés) pour le marché intérieur et des composants électriques pour automobiles (câbles, dispositifs de démarrage et allumage) fabriqués ou'montés principalement sous contrats de soustraitance pour l'exportation. Les produits intermédiaires électroniques regroupent également deux activités différentes: la fabrication de composants passifs (mini-transformateurs, relais de commutation) pour les marchés intérieur et extérieur, et la sous-traitance complète par des firmes étrangères à des filiales marocaines de semi-conducteurs et transistors destinés entièrement à l'exportation. Les biens de consommation et autres produits électriques durables proviennent de 13 entreprises fabriquant des articles courants pour le seul marché intérieur (lampes et ampoules, piles électriques, prises et autres dispositifs d'installation, réfrigérateurs et chauffe-eau, et petits 1/ Il est difficile d'établir une nette distinction entre les activités manu- facturières et les activités de service, car certaines entreprises de services assurent le montage ou le câblage de leur matériel, ce qui est une activité de fabrication. C'est pourquoi les ajustements correspon- dants apportés aux statistiques sont restés mineurs. - 59 - appareils ménagers). La fabrication de biens de consommation électroniques porte essentiellement sur le montage de jeux CKD pour radios et téléviseurs (environ 100 000 téléviseurs et 250 000 radios par an) par 15 petites et moyennes entreprises, dont trois seulement emploient plus de 100 ouvriers. Table 8.01: INDUSTRIES ELECTRIQUES ET ELECTRONIQUES - 1978 Pro- Production Nombre duc- Impor- Expor- en pourcen- d'entre- tion tations tations tage de la prises Emploi (en millions de DH) demande Matériel électrique 20 2.630 365 236 8,5 60 Matériel électronique 2 250 30 98 22 Total partiel matériel 22 2.880 395 334 12 53 Produits intermédiaires électriques 5 690 50 34 6 58 électroniques _ 850 15 54 12 /l 5 Total partiel intermédiaires 10 1.540 65 88 18 35 Biens de consommation électriques /2 13 1.810 90 123 - 31 électroniques 15 1.800 130 145 -34 Total- partiel biens de consommation /2 28 3.610 220 268 -33 TOTAL /2 60 8.030 680 690 30 45 /l Valeur totale des exportations de semi-conducteurs sous-traités au Maroc (les statistiques officielles n'incluent que les services de sous-traitance). /2 Y compris la sous-branche 21.8 appareils électroménagers (réfrigérateurs). Source; Appendice VIII.1 8.04 Les importations de biens et de fournitures é.lectriques et électro- niques (à l'exclusion des biens d'équipement) sont décrites de façon détaillée à l'Appendice VIII.2. A la suite des mesures d'austérité de 1978 et des restrictions qui en ont découlé sur les importations de biens non essentiels, les importations de produits électriques et électroniques sont tombées de 340 millions de DH en 1977 à 215 millions de DH en 1979, permettant ainsi une expansion des industries électriques locales qui ont connu une croissance de 18,5% par an au cours des cinq dernières années (voir par. 3.02). La plupart des produits électriques et électroniques exportés sont fabriqués dans le cadre d'accords de sous-traitance pour des sociétés européennes; seul l'un des produits exportés (les émetteurs/récepteurs ra.dios) est conçu et entièrement fabriqué au Maroc. Outre les exportations figurant dans les statistiques officielles, du petit appareillage électrique d'installation est exporté de façon détournée vers les pays voisins. - 60 - 8.05 L'emploi dans les-industries électriques et électroniques se monte à 8 000 personnes dans 60 entreprises, toutes industrielles, cette branche ne comprenant pas d'activité artisanale. Les entreprises produisant des biens de consommation et autres biens durables emploient environ la moitié de ce personnel. Les filiales de firmes européennes qui fabriquent des semi- conducteurs en sous-traitance pour l'exportation emploient une majorité de femmes; la qualité et les avantages économiques de la main-d'oeuvre féminine sont particulièrement appréciés des investisseurs étrangers et rendent ce type de main-d'oeuvre largement compétitif avec celle des pays d'Asie. Etant donné la prépondérance des activités de montage, les ouvriers représentent générale- ment plus de 80% de l'ensemble du personnel, ce qui est élevé par rapport aux industries électriques d'autres pays où la part'du personnel technique et des cadres est substantielle. Pratiques opératoires des industries électriques 8.06 Les normes de production et de qualité 1/ sont étroitement respectées dans pratiquement toutes les entreprises visitées par la mission, qu'il s'agisse d'entreprises marocaines ou de filiales d'entreprises étrangères; le taux de déchets est relativement élevé (5% en moyenne, atteignant 10 15% dans certains cas). D'ailleurs, comme les industries marocaines n'utilisent pas les t:echniques d'analyse de la valeur en conception, bon nombre de pro- duits marocains sont plus fiables et plus solides que leurs équivalents euro- péens (par exemple, les réfrigérateurs.ou les batteries). 8.07 Pour les approvisionnements et la commercialisation, les entreprises relèvent en règle générale de deux catégories différentes : - les industries de montage (radios et téléviseurs) qui achètent des jeux CKD ou SKD à des grossistes moyennant un supplément de 10 à 30% par rapport aux prix d'achat direct chez les fabricants;et les entreprises plus structurées sur le plan technologique, qui achètent leur composants directement à plusieurs fabricants mis en concurrence pour les prix. Peu de sociétés ont leur propre service commercial, étant donné la séparation, traditionnelle au Maroc, entre l'indus- trie et le commerce et le manque de poids des petites et moyennes entreprises sur les circuits commerciaux 2/. 8.08 L'organisation et les méthodes de production des industries élec- triques (à l'exclusion des très petites entreprises) sont essentiellement de deux types: a) les entreprises qui ont une bonne maîtrise de la technologie et des procédés de production, et où les améliorations visent à l'économie en tous sens (petits investissements, main-d'oeuvre à bon marché, personnel d'encadrement réduit, bonne organisation traditionnelle, et méthodes structurées). Les entreprises sous contrôle ou influence de l'étranger entrent généralement dans cette catégorie; et 1! Les normes sont généralement françaises et, dans certains cas, allemandes ou italiennes. 2/ L'infrastructure commerciale au Maroc repose sur quelques gros importa- teurs ou grossistes et un grand nombre de détaillants non spécialisés. Ainsi, les investissements nécessaires pour faire face à la concurrence exercée par l'infrastructure commerciale sont généralement trop élevés pour les fabricants locaux. - 61 - b) dans les entreprises marocaines de création récente, les efforts visent à acquérir une expérience et un savoir-faire en matière de production et de technologie, et une moins grande importance est accordée à l'organisation; les unités de production sont bien équipées et les technologies employées sont généralement modernes et parfois adaptées aux compétences locales, mais la rentabilité à court terme des investissements souffre de la faible organisation des inventaires et des circuits de matière. En raison de l'insuffisance de personnel hautement qualifié, ces entreprises ne disposent généralement pas de service de recherche et développement; toute- fois, certaines entreprises produisant des biens de consommation commencent à analyser les produits de la concurrence afin d'adapter et d'améliorer leurs propres produits et procédés de fabrication. Coûts de production et compétitivité. 8.09 Selon les renseignements fournis par les entreprises, la structure des prix de revient et la compétitivité en prix des principales gammes d'articles électriques présentent les caractéristiques suivantes: Table 8.02: STRUCTURE DES COUTS ET DES PRIX DE CERTAINES INDUSTRIES ELECTRIQUES - 1978 (en pourcentage) Groupe 1 (généralement biens de consommation) Groupe 2 Appa- Compo- Montage Acces- Gros Lampes reillage sants Batte- TV/ soires électro- et am- élec- électro- ries Radio TV ménager poules trique niques Matières importées 20 50-55 44 53 28 33 24 Matières/services locaux 56 16-18 12 13 21 il 17 Taxes/droits indirects 6 16 18 16 13 6 2 Main-d'oeuvre 6 7-9 12 7 18 20 44 Rémunération du capital 12 6-7 14 10 20 30 13 Prix départ usine 100 100 100 100 100 100 100 Valeur ajoutée/ production 24 29-32 44 33 51 56 59 Prix départ usine/ prix f.o.b. Europe 125 115 95 95 90 85 90 Utilisation de la capacité 70 67 75 85 90 80 66 Exportations/ production - - 15 5 - 20 85 Indice productivité/i 75 100 80 80 100 110 130 /1 La base 100 correspond à la productivité de la main-d'oeuvre dans des usines européennes du même type. Source: Appendice VIII.3 - 62 - Plusieurs éléments se dégagent de ce tableau: a) Les industries électriques se divisent en deux groupes d'activités sensiblement homogènes; le premier groupe comprend des industries anciennes (telles que fabrication de batteries) et surtout les industries de montage produisant des biens de consommation et autres biens durables, et le deuxième groupe principalement les industries de fabrication de biens intermédiaires (appareillage, sous-traitance de composants électroniques). b) Le premier groupe se caractérise par la forte proportion (60 à 70%) des coûts de matières, principalement importées 1/, par la faible part des coûts en capital et travail et par un ratio VA/production de 30 à 40%, par la faiblesse de la compétitivité des prix et de la productivité de la main-d'oeuvre, et par une fraction négligeable d'exportations. c) Le second groupe présente une utilisation plus poussée de l'avantage comparatif du Maroc en matière de coût de main-d'oeuvre, lequel forme 20 à 40% du prix de revient et conduit à une part de Valeur Ajoutée comparativement élevée (50 à 60%); les prix et la productivité de la main-d'oeuvre y sont compétitifs, et une part substantielle ou majeure de la production est exportée. 8.10 Une comparaison entre industries électriques marocaines et euro- péennes fait ressortir des différences de structure des coûts particulièrement sensibles, notamment dans les industries de montage de biens de consommation. Le tableau ci-après compare à titre d'exemple le coût de production d'un appa- reil électroménager-type (réfrigérateur, téléviseur). La faible valeur du ratio prix départ usine/coût direct indique et confirme que. a) l'infra- structure industrielle (bureau d'études, personnel d'encadrement, recherche et développement) et commerciale (commercialisation, approvisionnements) sont insuffisantes; b) les matières sont achetées à des prix relativement élevés; et c) l'écart entre les coûts directs et les coûts totaux, qui permet dans les pays industrialisés de financer la croissance, l'innovation et la pénétration de nouveaux marchés 2/, est tel au Maroc que sont amoindries les perspectives de croissance et de développement dans les industries électriques de montage, où le ratio prix départ usine/coût direct varie entre 1,33 (montage de télé- viseurs) et 1,80 (lampes, accessoires de télévision) pour atteindre presque 2 dans un seul cas (appareillage électrique). 1/ Sauf pour la fabrication de batteries fondée sur une ressource nationale (le plomb) que le Maroc produit et exporte à bon prix; cependant, le prix de vente intérieur est supérieur de 50% au prix d'exportation, en raison de la politique de prix dont bénéficie l'entreprise produisant le plomb. 2/ En Europe, le ratio prix départ usine/coût direct est généralement de 2 à 3 pour les produits intermédiaires, de 2 à 4 piour les biens d'équipement et de 2 à 6 pour les biens de consommation. - 63 - Tableau 8.03: COMPARAISON DES STRUCTURES DES COUTS DE PRODUCTION (en pourcentage) Eléments de coût Maroc Europe Matières 60 40 Main-d'oeuvre directe 15 10 Total des coûts directs 75 50 Frais généraux/divers 20 25 Coût du capital 5 10 Marge bénéficiaire 10 15 Prix départ usine 110 /a 110 Prix départ usine/coûts directs 1,47 2,00 /a En prenant une moyenne de 10% de surcoût au Maroc pour les biens de consommation. Examen des projets identifiés en cours d'études ou d'exécution 8.11 Les projets d'investissement des entreprises visitées par la mission et les projets identifiés par d'autres institutions (par exemple, l'ODI) dans les industries électriques (à l'exception des biens et fournitures d'équipe- ment, cf. Chapitre VII) sont récapitulés à l'Appendice VIII.4. Les projets de produits intermédiaires sont axés sur le marché local pour les batteries et ne posent pas des problèmes particuliers, sauf pour ce qui est du prix des matières (voir note 1 par. 8.09). Parmi les quatre projets à l'étude dans le secteur des biens de consommation, l'expansion d'une entreprise pour la fabri- cation de petits réfrigérateurs de bureau (qui nécessitent une quantité subs- tantielle de main-d'oeuvre) paraît intéressante et prometteuse sur les marchés d'exportation (Amérique du Nord); d'autres projets, axés sur le marché local, seraient entrepris par des firmes bien gérées et efficacement exploitées. Les projets concernant les biens d'équipement électroniques portent principalement sur la production de matériel téléphonique pour le marché local. Divers petits projets de matériel de raccordement pourraient éventuellement être regroupés au sein d'une même entité qui deviendrait ainsi viable. En revanche, un projet de centraux téléphoniques en technologie électromécanique tradition- nelle pour le milieu rural ne paraît pas résulter d'une stratégie clairement conçue; ce projet, conçu à l'origine pour une capacité de 40.000 lignes et encore en discussion, a été ramené à une capacité de 6.000 lignes et devrait être réévalué sur la base des besoins futurs et des disponibilités en personnel d'entretien qualifié. Dans les autres secteurs de l'électronique, la bonne qualité d'entretien qualifié. Dans les autres secteurs de l'électro- nique, la bonne qualité de la main-d'oeuvre marocaine (voir par. 8.05) pourrait attirer de nouvelles firmes étrangères pour la sous-traitance de composants électroniques (semi-conducteurs et transistors) qui ne nécessite que de petits investissements, et pour le montage de téléviseurs (par exemple, l'usine créée récemment par Hitachi). - 64 - Recommandations pour le développement futur 8.12 Les industries électriques se sont développées rapidement au cours de ces dernières années, et leur part dans la production manufacturière totale est passée de 1,6% en 1975 à 2,2% en 1978. Ces industries ont également accru leur contribution au PIB, qui est passée de 0,26% en 1975 à 0,38% en 1978; toutefois, cette contribution reste nettement inférieure à celle des indus- tries électriques dans d'autres pays en développement comparables où elle est en moyenne de 0,75% 1/. Par conséquent, une accélération du développement des industries électriques marocaines semble a priori just'ifiée et souhaitable par comparaison avec d'autres pays, et nécessiterait de la part des institutions responsables de la promotion et du financement industriels (ODI, BNDE) une attention accrue durant le Plan de 1981-85 qui projette pour ces industries une croissance de 10% par an et un volume total d'investissements de 218 millions de DH; la mission a estimé les investissements nécessaires à 310 millions de DH (voir par. 9.02, au Chapitre IX). 8.13 Bien que la production des industries électriques soit relativement développée, elle ne couvre encore que la moitié de la demande locale, ce qui laisse matière à de nouvelles substitutions d'importations pour tous les types de produits (biens d'équipement, biens intermédiaires et biens de consomma- tion). Mais surtout, le développement de ces industries devrait viser essen- tiellement à accroître la disponibilité en appareils électriques sur le marché et à répondre à une forte demande potentielle 2/. La mission a identifié un certain nombre de -projets qui pourraient être étudiés et exécutés au cours des années à venir pour répondre aux besoins réels du marché local. Ces projets sont décrits brièvement ci-après: a) Biens de consommation et autres biens durables électriques (i) Petits appareillages et dispositifs d'installation: la production locale pourrait être étendue par deux entreprises bien organisées à pratiquement tous les articles, et le marché pourrait absorber une production d'environ 20 millions de DH par an. L'investissement nécessaire serait de l'ordre de 8 à 10 millions de DH, et le nombre d'emplois créés de 300, d'ici à 1985. (ii) Piles électriques: là encore, les installations existantes pourraient être presque doublées, et la gamme de production actuelle diversifiée pour porter la production locale de 10 millions de dirhams de 1978 à 20 millions de dirhams en 1985. Cette expansion nécessiterait un investissement de 6 millions de dirhams et la création de 200 emplois supplémentaires. 1/ Annuaire de statistiques industrielles - Nations Unies 1978. 2/ La consommation par habitant d'appareils électriques a été estimée à 17 dollars au Maroc en 1978, contre 33 dollars en Tunisie au cours de la même année. Compte tenu des niveaux de PIB par habitant (670 dollars au Maroc et 950 dollars en Tunisie) et de l'élasticité d'environ 1,5 de la demande par rapport au revenu, la consommation connue reste sensiblement infé- rieure à la demande potentielle qui est satisfaite en partie par des importations non enregistrées. - 65 - (iii) Appareils électroménagers: la production de chaiffe-eaux élec- triques complétés par chauffe-eaux solaires pourrait être portée annuellement à 30 mille chauffe-eaux électriqLes et 10 mille chauffe-eaux solaires représentant une valeur totale de 50 à 60 millions de DH, pour un investissement de 40 millions de DH et un emploi de 300 ouvriers. (iv) Batteries: les projets déjà identifiés ou à l'étude pour la fabri- cation de bacs de batterie et l'expansion des raffineries de plomb permettront d'accroÎtre fortement le taux d'intégration amont de cette industrie. Une autre expansion pourrait être envisagée pour les exportations à destination des pays d'Afrique, la production locale de plomb mettant le Maroc en position relativement avanta- geuse; toutefois, les exportations sont actuellement freinées par la non-compétitivité des prix intérieurs du plomb. b) Matériel d'équipement électronique Le principal domaine d'activité qui offrirait des possibilités aux industries marocaines serait celui des matériels téléphoniques et de télécom- munications. Comme indiqué au paragraphe 8.11, la politique des pouvoirs publics à l'égard du type de matériel à produire et de la stratégie à mettre en oeuvre pour développer cette industrie au Maroc n'a pas encore été arrêtée de façon définitive, pas plus que les caractéristiques d'un éventuel projet dans ce domaine. Une façon de développer progressivement une industrie télé- phonique, qui pourrait avoir des résultats appréciables si elle est bien appliquée, serait de monter, dans un premier temps, puis de fabriquer par la suite, les éléments suivants: i. matériel de raccordement et combinés téléphoniques, au cours d'une première ph.se; ii. matériel de transmission à faible capacité (de type hertzien), matériel de commutation pour les zones rurales ou à faible densité, et câbles de transmission, au cours d'une deuxième phase; et iii. petits centraux privés, puis matériel de commutation publique, au cours de la dernière phase. La fabrication de combinés téléphoniques et de petits centraux nécessiterait un investissement total de 25 à 30 millions de DH pour une production annuelle de 60 millions de DH; la production de combinés téléphoniques dans un premier temps demanderait un investissement de 5 millions de DH seulement. c) Composants et biens de consommation électroniques L'industrie des biens de consommation (radios, téléviseurs, lecteurs de cassette) présente actuellement une capacité suffisante pour répondre à la demande connue; toutefois, sa dépendance commerciale et technologique à l'égard de l'étranger (pour les fournisseurs et l'obtention de licences) - 66 - freine sa compétitivité et son intégration à l'infrastructure industrielle locale. Pour surmonter ces difficultés, le Maroc devrait étudier les moyens d'encourager les monteurs de téléviseurs et radios a s'approvisionner directe- ment auprès des fabricants locaux de semi-conducteurs et de circuits intégrés travaillant en sous-traitance pour l'étranger 1/; la création de nouvelles industries de sous-traitance par des firmes européennes attirées au Maroc par la qualité et le coût peu élevé de la main-d'oeuvre 2/ faciliterait l'établis- sement de tels rapports directs en diversifiant les sources possibles d'appro- visionnement. D'autre part, des projets pourraient être promus et réalisés pour la fabrication de composants passifs simples pour le marché local (antennes, coffrets, connecteurs, circuits imprimés, plaques de refroidisse- ment, résistances, mini-transformateurs) qui se substitueraient en partie aux jeux CKD importés à prix fort; la production pourrait atteindre 10 millions de DH par an pour un investissement d'environ 5 millions de DH créant 150 emplois supplémentaires. 8.14 En résumé, les firmes marocaines de création récente ont montré qu'un large éventail d'industries électriques est techniquement possible au Maroc si l'élément clé (l'organisation de la production) est convenablement conçu et géré. De petits matériels électriques et autres composants (commutateurs, fusibles, disjoncteurs) peuvent être mis au point, de même que des appareils électroménagers, pour faire face à la majeure partie de la demande locale qui reste potentiellement importante. Dans les industries électroniques, la présence et la création de filiales sous-traitantes de firmes européennes :ut constituer un moyen de faciliter le développement des industries locales på.. la diversification et l'amélioration des approvisionnements à des prix plus modiques; l'établissement de modèles d'organisation pour de nouvelles entre- prises de fabrication de composants électriques et électroniques passifs; et le développement progressif d'une industrie locale pour les matériels télé- phoniques et autres matériels professionnels. 1/ En particulier, il conviendrait de réviser et de simplifier la réglemen- tation douanière et fiscale régissant les échanges de biens et de services entre les industries locales et les industries d'exportation. 2/ Les fabricants européens sont de plus en plus confrontés à la possibilité soit de perdre leurs marchés au profit de fabricants de l'Asie du Sud-Est, soit de sous-traiter hors de l'Europe dans des pays à main-d'oeuvre moins coûteuse. D'après une firme, le Maroc offre, en plus de sa main-d'oeuvre, l'avantage comparatif par rapport aux pays d'Asie de sa proximité géogra- phique de l'Europe qui facilite le transport de techniciens qualifiés et par conséquent le transfert de toutes technologies en un minimum de temps. Cependant, des modifications devront être apportées aux Codes des Investissements et des Exportations pour créer un climat propice à la venue de firmes étrangères (cf. Chapitre II). - 67 - PARTIE C. DEVELOPPEMENT A MOYEN TERME ET PROJETS POUR LES INDUSTRIES METALLIQUES, MECANIQUES ET ELECTRIQUES CHAPITRE IX. PERSPECTIVES D'INVESTISSEMENT ET REVUE DES PROJETS DANS LES IMME Les IMME dans le Plan 1981-85 9.01 Comme il est indiqué aux Chapitres I et III (par. 1.13 et 3.07), les IMME occupent dans l'ordre des priorités du Plan 1981-85 une place plus élevée que par le passé, en termes d'investissements et de taux de croissance. Le Plan prévoit que le total des investissements consacrés à ces industries atteindra 3,035 milliards de dirhams (en dirhams constants), ce qui représente 15% du voluze total des investissements manufacturiers et engendrera un taux de croissance de 10,5% par an (en valeur réelle), correspondant implicitement à un coefficient marginal de capital de 3,0 pour ce secteur. La hausse de ce coefficient de 2 dans le passé 1/ à 3 pour le Plan 1981-1985 provient du délai de maturation des grands investissements qui seront entrepris dans la branche Métaux de base et Fonderies (NAE 19) où ce coefficient atteindra 9 (voir par. 9.03). Compte tenu de l'effort d'investissement qui leur sera consacré et de leur taux de croissance, les IMME constitueront un secteur hautement priori- taire, comme le montre le tableau ci-dessous: Tableau 9.01: PLACE PREVUE POUR LES IMME DANS LE SECTEUR MANUFACTURIER Projections Ann'es - du Plan récentes (1981-1985) Taux de croissance des industries manufacturières (en % annuel) 5,8 8,4 Taux de croissance des IMME (en % annuel) 8,2 10,6 Part des IMME dans les investissements manufacturiers (%) 8,6 15 Source: Plan 1981-85 et estimations de la mission. 9.02 Etant donné que les déséquilibres macroéconomiques de l'économie marocaine ne se résorberont probablem-nt pas rapidement, les perspectives de mobilisation des ressources et le niveuu d'investissement seront restreints durant le prochain Plan. On peut donc raisonnablement supposer que le volume total des investissements manufacturiers ne dépassera pas le niveau visé par 1/ LQ valeur ajoutée et le coût moyen d'investissement par emploi au cours de ces dernières années ont été estimés respectivement à 40.000 et 80.000 DH (en DH constants de 1979) dans les IMME. - 68 - le Plan (20,9 milliards de DH) et que, étant donné les besoins des autres branches manufacturières, les IMME ne recevront pas du secteur public ni n'attiront du secteur privé guère plus que les 15% prévus du total des inves- tissements manufacturiers, c'est-à-dire le montant de 3,035 milliards de DH visé pour la période 1981-85. La répartition de l'enveloppe d'investissement effectuée par le Plan entre les diverses branches des IMME, bien que reflétant effectivement la priorité accordée aux fonderies, ne tient néanmoins pas suffisamment compte des intentions du Plan de favoriser le développement des biens et fournitures d'équipement de base ni des possibilités de développement des industries électriques (voir Chapitre VIII). Cela apparaît dans le tableau ci-dessous, qui retrace les grandes lignes des projections du Plan, ainsi que les effets d'une modification marginale de la répartition de l'enve- loppe d'investissement proposée par la mission qui, pour mieux refléter les priorittls sous-sectorielles et les posaibilités de développement de diffé- rentes IMME, transfère une part des investissements visés pour les industries de matériel de transport (notamment les industries de montage automobile) vers les industries électriques et de biens d'équipement (branches 21 et 23): Tableau 9.02: REPARTITION DE L'ENVELOPPE D'INVESTISSEMENT DANS LES IMME Projections du Plan Option de la mission Part des Coeffi- Taux de Part des Coeffi- Branche investis- cient crois- investis- cient sements marginal sance (en sements marginal (%) de capital % p.a.) (%) de capital 19. Métallurgie/fonderie 59 9,0 33,8 /a 52 9,0 20. Ouvrages en métaux 1l 0,9 8,0 17 1,5 21. Biens d'équipement 9 2,6 10,4 10 3,0 22. Matériel de transport 14 2,1 10,6 1l 1,5 23. Industries électriques 7 1,4 10,1 10 2,0 24. Instruments de mesure (...) 4 4e1 (...) 3 TOTAL 100 3 1 100 32 /a La valeur ajoutée dans la branche 19 passerait de 70 à 230 millions de DH au cours des années 1981-85. (...) moins de 0,5% Source: Plan 1981-85 et estimations de la mission. 9.03 Les 1785 millions de DH d'investissements prévus pour la branche des métaux de base et fonderies (NAE 19) portent sur quatre projets devant être entrepris ou parrainés par le secteur public: i) un laminoir (SONASID) d'un coût total de 800 millions de DH qui produira 420.000 tonnes par an de fers à béton et de fil machine; ii) le projet intégré de fonderie-usinage pour pièces de fonderie automobiles (voir Chapitres V, Vi et VII) qui pourrait être exécuté en deux temps au cours de la période 1981-1985, moyennant un coût total d'environ 200 millions de DH; et iii) deux fonderies de métaux non - 69 - ferreux, l'une pour Plomb (285 millions de DH) et l'autre pour Cuivre (500 millions de DH 1/). Compte tenu de la priorité absolue qui doit être accordée au développement des fonderies et des puissants effets d'industrialisation en aval à attendre du projet de fonderie-usinage, ce projet devrait être active- ment me,.,é et exécuté pendant le Plan sur la base des recommandations de l'étude de faisabilité en cours 2/. Le Gouvernement a également accordé une importance particulière au projet SONASID pour des raisons sociales et régionales particulières qui dépassent les aspects purement économiques du projet; il est acquis que ce projet sera exécuté dans le cadre du Plan. 9.04 Dans les autres branches des IMME, le nombre de projets identifiés et les investissements correspondants représentent une part significative des objectifs du Plan, comme le montre le tableau ci-dessous: Tableau 9.03: INVESTISSEMENTS IDENTIFIES DANS LES IMME Branche 19 20 21 22 23 Total Nombre de projets identifiés 7 7 1l 6 4 35 Investissements identifiés (millions de DH) 1785 155 152 111 76 2280 Objectifs d'investissement du Plan (millions de DH) 1785 320 265 440 215 3035 Investissements identifiés en % des objectifs du Plan 100 49 57 25 35 75 (40)/a /a Pourcentage correspondant au total des branches 20 à 23. Source: Appendice IX.1 L'Office pour le développement industriel (ODI) est la principal organisme chargé de l'identification des projets industriels et de leur promotion dans le secteur privé. Conformément aux priorités fixées par le Plan, il a accen- tué ses efforts en faveur des IMME, contribué largement à l'identification 3/ des 33 projets du Plan et entrepris l'étude (au stade de la préfaisabilité ou de la faisabilité) de certains de ces projets. Si l'on exclut les grands projets publics de la branche 19, le Plan et l'ODI ont ainsi identifié une trentaine de projets représentant un investissement total de quelques 500 millions de DH, soit 40% de l'ensemble des investissements visés pour les IMME hors de la branche 19; ce résultat atteste d'une amélioration notable dans la préparation du Plan et de la volonté de promouvoir en priorité les IMME. Toutefois, la plupart des projets identifiés ont encore besoin d'études de faisabilité et de préparation technique au cours desquelles devraient être soigneusement pris en compte: 1/ En raison des incertitudes entourant ce projet, l'option proposée par la mission aux paragraphe et tableau 9.02 suppose que les dépenses effectuées sur ce projet seraient de 290 millions de D-H au cours du Plan. 2/ Dont les termes de référence ont été établis en consultation avec la SFI et le Département des projets industriels de la Banque mondiale. 3/ En partie sur la base des études entreprises au cours des années précé- dentes par des consultants (McKinsey et Dar Al Handasah). - 70 - a. les problèmes de politique générale (protection, rationalisation du marché) qui font obstacle au développement de certaines branches; b. la rareté des compétences techniques et des personnels de niveau supérieur et moyen formés aux métiers des IMME; c. la nécessité de préparer et de concevoir des projets dans le cadre général de stratégies sous-sectorielles (fonderies, véhicules, moteurs diesel, biens d'équipement); et d. le degré de faisabilité et d'accessibilité technologique des projets envisagés, compte tenu de l'infrastructure industrielle actuelle du Maroc. Axes de développement et revue des projets 9.05 La revue des projets et des idées des projets déjà identifiés ou étu- diés au Maroc doit, pour être utile, évaluer chaque projet non seulement dans le cadre de la stratégie et de la planification propres à la branche dont il relève, mais aussi à la lumière des priorités de développement affectées aux branches des IMME. Les grandes priorités retenues par le Plan 1981-85 pour les IMME sont, comme il a été précisé au Chapitre III. i. les fonderies; ii. les biens et fournitures d'équipement types nécessaires aux inves- tissements industriels et au développement rural; et iii. les véhicules utilitaires et leurs pièces et composants. Les fonderies constituent sans aucun doute la priorité absolue pour le déve- loppement des IMME, tout d'abord parce que la fonderie au Maroc se trouve dans une situation critique, et ensuite parce que les fonderies sont à la basede tout développement intégré significatif des IMME en général et plus particu- lièrement des deux autres branches prioritaires où des pièces de fc- -rie de bonne qualité sont indispensables, à savoir les fournitures d'équipement cou- rantes, les pièces de moteurs et les moteurs diesel dans toutes leurs applica- tions. En revanche, l'importance accordée par le Plan aux industries produi- sant les véhicules utilitaires et leurs composants ne devrait être considérée que comme une conséquence de la priorité accordée aux fonderies pour autant que le développement des fonderies et de la fabrication de moteurs diesel pourrait accroître le niveau d'intégration dans ces industries; de plus, un développement rationnel et économique des industries produisant des véhicules utilitaires nécessiterait au préalable la résolution d'importants problèmes de politique générale (voir Chapitre VI). 9.06 Les industries de biens et fournitures d'équipement constituent égale- ment parmi les IMME une branche indiscutablement prioritaire, du fait de la charge exercée par les importations correspondantes sur la balance des paie- ments et des contraintes que fait peser sur les efforts de développement et d'investissement industriels la faiblesse des industries locales à fournir une part substantielle de ces biens d'équipement. Etant donné la gamme très large de produits, d'activités et de technologies que recouvrent ces industries, - 71 - leur développement sélectif doit être guidé par des sous-priorités intrasec- torielles claires qui reflètent à la fois les besoins généraux du pays et ses possibilités. Il est recommandé, sur la base des entretiens tenus avec les autorités et institutions concernées et sur la base de l'examen et de l'éva- luation des documents et rapports disponibles, que la promotion de projets et les stratégies de développement des industries des biens d'équipement soient fondées sur les sous-priorités intrasectorielles énumérées ci-dessous par ordre d'importance décroissant: 1. - Matériel et engins agricoles, et plus particulièrement: charrues à disques, semiirs mécaniques et épandeurs d'engrais, pompes d'irriga- tion, matériel de récolte (à l'exception des moissonneuses-batteuses) et ramasseuses-presses, remorques citernes et de vrac, et tracteurs si une politique de mécanisation de l'agriculture est finalement adoptée; 2. - Diversification des industries de la chaudronnerie, en vue de pro- duire, ou de substituer davantage aux importations: des chaudières et fours industriels, des échangeurs de chaleur et séchoirs, des con- denseurs, de vastes citernes et réservoirs, des coffrages et échafau- dages; 3. - Matériel électrique (pour la distribution, la commande et l'alimenta- tion), avec priorité aux: moteurs et alternateurs, câbles et trans- formateurs de distribution, armoires et tableaux de commande, pompes électriques, groupes électrogènes; 4.- Matériel d'extraction ou de levage et de manutention pour la cons- truction, les travaux publics et les mines, notamment: petites grues, bennes-pelleteuses, engins à benne basculante, bétonnières, treuils, ponts-roulants, monte-charge, convoyeurs, gerbeurs, machines à meuler et concasseurs, tambours rotatifs; 5. - Machines pour le travail du bois (raboteuses, scies, tours, machines à bois combinées); et 6. - Machines-outils simples pour métaux (perceuses, tourets, plieuses). Revue des projets concernant les biens et fournitures d'équipement et recommandations 9.07 Quelque 39 projets de production de biens et fournitures d'équipement ont été identifi4s par le Plan 1981-85, ou étudiés préalablement par l'ODI et ses consultants. Une revue préliminaire de ces projets est présentée au tableau 9.04, qui indique les caractéristiques de base de ces projets (capacité, investissement, production), leur priorité économique compte tenu des zovs-priorités indiquées précédemment, une estimation prudente des marchés, une évaluation générale de l'accessibilité technique des procédés de fabr-cation, et des indications ou remarques d'ensemble sur les problèmes soulevés par ces projets ou par leur exécution. Le tableau 9.04 présente - 72 - Tableau 9 04: MOROCCO - REVIEW AND RECOMMZNDA710, FOR rAPITAL GOODS ,AND SUPPLIES PRO.;ECTt Rprt S___Pi.______ trj ed Pruip.tc Charartercics IQ7 ;s 1979 Market c4act v'.s t - Output Tecbrol)1Scml Sub-sector Quantity MDH ounuity MDR Quantity MH (flua ntitcy) Cpty _ncot' Value jLcces -.11) lity . Projects already identified by Plan 19/21 Diesel engines (above 32 HP) 44,000u 44.4 35, 7001 41.4 36,10vu 44.4 25-30,000u 10,000 engines + '00 50-100 Accessible in phasca 10,000T Founary 19/20 Industrial valves and fauceto 2,450T 59.4 2,450T 59.0 2,350T 50.7 2,500T 2 FourT+20 14 Accessible with Pipe and sanitary fittings (foundry ) 59- 2,0T 9. 301 07 2SOT 2,500T rour4i y 15 20 adeq-iate fk-undry 20 Agricultural hand tools (outils nires) 1,885T 19.8 1,415T 17.2 1,225T 12.4 1,500T* 800T 16 - 5 Needs a forge Mechanical hand tools (outils blancs) 730T 15.4 685T 15.8 635T 13.5 750T* 500T 36 - 10 Needs a forge Machining firms n.a. n.a. n.a. n.a. 70.000 hours 14 13 Accessible Steel traction cables 1,965T 10.5 1,400T. 7.9 1,545T 10.1 n.a. 2,OOOT 15 n.a. Accessible with T.A. 21 Lathes and drilling machine tools 2,040u 9.7 1,585 9.5 625u 6.4 1,500u 1,800u 12 - 8 Lathes not accessible Mechanical presses 425u 10.6 1,700u 12.8 4i0n 10.7 500u* 400u 10 - 3 Accessible Cranes 3,380T 42.8 2,860T 42.7 705T 9.4 n.a. SOn 10 20 Accessible Poultry - raising plants 207T 3.3 300T 4.4 595T 9.3 n.a. 50u 12 24 Accessible Milk tanks 17,840T 13.8 165u 4.1 2,965u 5.6 n.a. 1,00Ou 38 26 Accessible to gooa platework firms Vibrating/compacting machinery 4,440T 48.9 1,320T 19.0 835T 20.0 n.a. 2,500T 16 25 Accessible in phases Molds for glass/rubber industries 980T 17.5 185T 7.4 125T 8.6 n.a. 800? 9 10 Accessible Fork lifts and stackers 1,045u 35.3 650u 24.7 300u 15.8 500u* 450u 10 - 20 Difficnlt Compressors n.a. 4.7 n.a. 6.5 n.a. 8.5 n.a. 400u 15 25 Accessible ivith ade- quate foundry/ machining Industrial furnaces 11,060T 167.2 3,230T 30.4 2,875T 12.7 3,000T* 600T 10 13 Accessible Steel structures (conveyors, overhead cranea) 6,200T 35.6 13,400T 39.2 7,625T 25.1 10,000T 2,000T 10 15 Accessible 22 Shipyard (for trawlers/fishing boats) 20u 60.5 40u 63.1 13u 64.8 15-20u 9u* 29 - 40* Accessible 24. Electric meters 108,000u 13.5 70,00Ou 7.0 46,500u 8.3 n.a. 160,00Ou 30 18 Accessible with good skilled labor II. Other projects already studies in Morocco 20 Tanks, Yessels (steel platevork) 1,790T 9.1 7,810T 37.5 9,650T '!..3 n.a. 1,900T 8 10 Accessible Scaffolds and Coffers 2,300T 12.0 695T 3.4 134T 1.1 n.a. 2,000T 6 7 Accessible Industrial Locksrith 1,485T 19.2 1,750T 22.8 1,300T 19.3 1,500T* 330T 3.5 3 :artly accessible 21 Agricultural implements and machinery (various types) 2,650u 12.6 1,410u 9.0 940u 7.6 5,600u 2,780u 7 24 Accessible Strav-bailers n.a. n.a. n.a. n.a. 300u 3.5 n.a. Accessible Wood-working machine tools 420u 3.2 300u 4.6 300u 5.0 2,900u 1,600u 13 26 Accessible with good T.A. Excavating/Earth loading machinery 9,850T 170.6 - 51.6 - 43.5 n.a. 170u 25 34 Accessible in phases Grinders 7,500T 117.6 3,200T 58.8 715T 16.0 n.a. 1.000T 9 15 Idem Cement tixers n.a. 21.1 n.a. 8.0 n.a. 1.8 n.a. SOu 9 15 Accessible Bottle washing machinery 890T 36.4 495T 20.2 300T 19.4 20 MtLY* 600T 20 25 Accessible for good platework firm Elevators and good lifters n.a. 99.1 n.a. 139.4 n.a. 83.3 600u 300u 24 - 41 Not accessible Irrigation Pumps 185,000u 102.6 130,000u 110.4 185,000 73.6 23,000u 6,000n 18 15 Accessible vith foundries Electro-generating groups 1,620u 24.0 1,670u 21.2 1,570u 27.6 1,500u* 1,500U 10 15 Accessible Industrial Gears and pinions 565T 25.1 435T 19.7 400T 21.8 450T* 400T 20 18 Accessible Bearings ("Coussinets") 245T 11.0 2051 11.2 185T 10.2 200T* 200T 7.5 - 5 Not acceqsiile Transmission chains 330T 4.1 265T 3.4 420T 5.6 330T 300T 20 - 7 Partly accessible 23 Starters, dynamos, alternators n.a. 4.9 n.a. 4.7 n.a. 5.3 n.a. 40,000u 19 30 Accessible with T.A. Small transformers 323,000u 10.7 216,000u 10.0 140,000u 8.3 200,000u* 250,000u 8 8 Accessible Circuit breakers, svitchgears n.a. 64.4 n.a. 70.1 n.a. 86.4 n.a. n.a. 15 9 Accessible III. Projects suggested for further study by Mission 20 Industrial boilers 11,350T 134.2 5,000T 73.3 5,750T 78.6 4,000T* 2,000T 30 40 Accessible with Modernization pro- skilled labor Other platework for industrial heating ) gram of existing (heat exchangers, driers, condensors) 465T 10.0 1,025T 17.1 275T 16.0 400T* 300T ) platework firms Idem 21 Agricultural tractors 2,030u 63.1 1,725u 54.8 1,920u 65.7 3,500u Revive existing assembly lines Accessible Bulk trailers for harvest of sugar canes p.a. n.a. n.a. 10Ou 10Ou 10 15 Accessible Bakery ovens and furnaces 385T 4.9 290T 2.7 165T 2.2 200T* 100T 2 3 Accessiole 22 Railroad rolling stock 14,820T 144.3 2,230T 15.0 4,410T 34.5 3,000T* 2,000T 10 15 Accessible 23 Electric motors 14,700u 65.2 10,100u 71.4 13,750u 28.3 To be aassesed Diversification and modernization by categories of existing firm Accessible L#ith l.A, Transformers (distribution and M/H T) 8,900u 2.3 16,100u 15.3 11,400u 23.2 -----ldem----- -------------Idemn--------------- Accessible Switchboards/gears o.a. 7.5 n.a. 18.0 n.a. 8.6 10 MDII* Marginal investments for diver- sification Accessible with T.A. Electric cables 3,535T 29.6 2,240T 20.0 .1,715T 20.4 2,000T Diversification investments Accessible Electrical fixtures and wiring devices n.a. 10 20 Accessible Passive electronic components n.a. 23.0 n.a. 28.7 n.a. 23.0 25 MDR* 5 10 Accessible Household appliances (water heaters) n.a. 3.0 n.e. 2.5 n.a. 2.0 30,000u 30,000u 40 50 Accessible Average Telephone equipment (receivers, trans- mission, comunication, switchboards) n.a. 18.7 n.a. 12.7 n.a. 13.2 n.a. Various 30 60 Accessible with T.A. * Conservative guesstimates by the mission. Sources - 1981-1985 Draft Plan; ODI; McKinsey and DAH Reports, Mission estimates. 72 - REVIEW AND RECOMI;ENDATIONS ?OR rAPITAL GOPS AND SUPPLIES FkQ.TCTt Projected Proipf Char.4rterirtics Parket nvrs_t - Oupt Techol,gicsl Economic (quantity) Cipacity scat, Value Accesitbility Priority Romar%e -7q. 1q.9 Pricesl_ 25-30,000u 10,000 engi*es + 200 50-100 Accessib!e in phasca High Assemble first, then integrate - . 10,000T Foutiry 2,500T 2,100T + 20 14 Accessible with Averae Reassess foundry within general ) 2,500T FourAdry 15 20 adequate f.undry Average sector strategy 1,500T* 800T - 16 - 5 Needs a forge Low Not viable 750T* 500T 36 - 10 Needs a forge Lcw Restudy feasibility n.a. 70,000 hours 14 13 Accessible Luw Review supply; assess demand n.a. 2,000T 15 n.=. Accessible vith T.A. Average Requires T.A. 1,500u 1,80Ou 12 - 8 Lathes not accessiblt Average for drills Restudy feasibility 500u* 400u 10 - 3 Accessible Low/average Marginal n.a. 501 10 20 Accessible Average/high T.A. required. Expansion of good existing firm n.a. 5Qu 12 24 Accessible High Reexamine size and market n.a. l,OOOu 38 26 Accessible o goo platework firms High Reexamne market and project size n.a. 2,500T 16 25 Accessible in phases Average/high Contirm project size. Viable if expansion of good similar existing firms n.a. 800.f 9 10 Accessible Average Reassess market. Requires expensive equipment. 500u* 450u 10 - 20 Difficult Low Feasibility study to assess realism n.a. 400u 15 25 Accessible with ade- quate foundry/ Reassess market and size. Requires much machining Average equipment and T.A. 3,000T* 600T 10 13 Accessible High Use existing competent firms 10,000T 2,000T 10 15 Accessible High Use existing firms with underutilized capacities. 15-20u 9u* 29 - 40* Accessible Average/high Serious infrastructure problems n.a. 160,00Ou 30 18 Accessible with good skilled labor Average Reassess market and capacity. Probably not economical n.a. 1,900T 8 10 Accessible HignL Review production underutilized capacities of existing firms n.a. 2,000T 6 7 Accessible High Market taken-up by existing firms 1,500T* 330T 3.5 3 Fartly accessible Average/high Requires skilled labor 5,600u 2,780u 7 24 Accessible High Split between good existing firms n.a. 300u 3.5 n.a. Accessible Average Assess market and feasibility 2,900u 1,600u 13 26 Accessible with good T.A. Average Reassess carefully market n.a. 170u 25 34 Accessible in phases Average/high Requires high T.A. Expansion of good existing fir n.a. 1,003T 9 15 Idem Average/high Idem n.a. 50u 9 15 Accessible High Market seems to have been taken up by existing firmas 20 MDH* 600T 20 25 Accessible for good platework firm High Extension of an existing firm 600u 300u 24 - 41 Not accessible Low Requires special motors 23,000u 6,000u 18 15 Accessible with foundries High Extension of existing firms 1,500u* 1,500u 10 15 Accessible High integrate local diesel engines and alternaters. Expansion of good existing firm 450T* 400T 20 18 Accessible Low/average Requires expensive equipment and highly skilled labor 200T, 200 7.5 - e Not accessiile Low Unrealistic 330T 300T 20 - 7 Partly accasible Low Requires specialized equipment and skille' labor. Not reconended n.a. 40,000u 19 30 Accessible with T.A. High Reassess market carefully. Expand existing firm 200,000u* 250,000u 8 8 Accessible Average Reassess market and viability for lower size n.a. n.a. 15 9 Accessible High Define products and assess market. Requires heavy equipment 4,000T* 2,000T ) 30 40 Accessible with Modernization pro- skilled labor Mih Expand existing specialized firms gram of existing 400T* 300T ) platework firms Idem High Idem 3,500u Revive existing assembly lines Accessible High Dependent on mechanization policy for agriculture 100u 100u 10 15 Accessible High Expand existing firms with T.A. 200T* lOOT 2 3 Accessiole Average Expand existing firms 3,OOOT* 2,000T 10 15 Accessible High Expand existing firms To be assessed Diversification and modernization by categories of existing firm Accessible with l.A. High Needs detailed review of market and feasibility study -----Idem----- --------------Idam--------------- Accessible High Expand firms 10 MDIT* Marginal investments for diver- sification Accessible with T.A. Average Needs skilled labor 2,000T* Diversikication investments Accessible Hih Expand existing firms 25 MDH* n.a. 10 20 Accessible Average/high Expand/create SSIs n.a. 5 10 Accessible Average/high Idem 30,000u 30,ou 40 50 Accessible Average Average Assess market n.a. Various 30 60 Accessible with T.A. High Draw development strategy for telephone - 73 - également 14 autres idées de projet suggérées dans une première phase 1/ aux autorités pour faire l'objet d'analyses et d'études plus approfondies, de la part de l'ODI en particulier. Le tableau 9.05 ci-après présente une récapi- tulation de ces projets. Ainsi, 30 projets fortement ou moyennement prioritaires du point de vue économique pourraient être ajoutés aux 15 projets de même priorité déjà identifiés par le Plan; ces 30 projets ajouteraient un volume total d'investissements de 335 millions de DH aux 440 millions de DH d'investissements que représentent les 15 projets du Plan. Tableau 9.05: PROJETS INTERESSANT LES BIENS ET FOURNITURES D'EQUIPEMENT Identifiés Etudiés Suggérés Projets (Plan) (ODI, Total consul- tants) Nombre de projets: - fortement prioritaires 7 /a 12 10 29 - moyennement prioritaires 8 4 4 16 - faiblement prioritaires 5 3 - 8 Nombre total de projets 20 19 14 53 Investissements pour les projets: - fortement prioritaires 315 /a 150 95 /b 560 - moyennement prioritaires 125 45 45 215 - faiblement prioritaires 85 50 - 135 Total des investissements (millions de DH) 525 245 140 /b 910 /a Y compris 200 millions de DH pour le projet de fonderie-usinage pour la fabrication de moteurs diesel et de pièces automobiles. /b Les montants indiqués ne comprennent pas les investissements nécessaires pour l'expansion/modernisation des entreprises produisant des moteurs électriques, transformateurs et câbles. Source: Tableau 9.04 1/ A ces 14 idées de projets pourrait être ajoutée l'étude des matériels courants, analogues à certains matériels d'extraction et de travaux publics, susceptibles d'être utilisés dans une exploitation à grande échelle des schistes bitumeux. De plus, le Maroc devrait, dans une phase ultérieure de transferts et de réalisations technologiques, étudier les possibilités.de fabrication de générateurs d'énergie divers (panneaux solaires, éoliennes, fermenteurs à gaz de biomasse, mini-centrales hydrauliques). - 74 - 9.08 La plupart des projets identifiés faiblement prioritaires (machines- outils pour le travail des métaux, outils manuels noirs et blancs, chariots élevateurs et gerbeurs) sont ou bien économiquement non viables (comme les outils manuels, qui nécessiteraient une forge d'une capacité de 1.500 tonnes par an seulement) ou bien techniquement inaccessibles sans un vaste programme d'assistance technique et de longues périodes de gestation (machines-outils, chariots élevateurs et gerbeurs). Parmi les projets identifiés moyennement prioritaires, deux présenteraient soit un intérêt marginal (presses méca- niques) soit de sérieux problèmes d'infrastructure (chantier naval pour chalu- tiers et bateaux de pêche) 1/. De même, les trois projets faiblement priori- taires parmi ceux déjà étudiés auraient à faire face à des problèmes d'acces- sibilité technologique (ascenseurs et monte-charge, chaînes de transmission, coussinets). 9.09 Les 43 autres projets fortement ou moyennement prioritaires portent principalement sur les activités suivantes: - pour le matériel agricole, fabrication de: cuves à lait, matériel avicole, divers types de matériels et de machines, ramasseuses- presses, pompes d'irrigation; et comme suggéré auparavant, remorques pour la récolte dans les périmètres sucriers, et reprise du montage de tracteurs seulement si une politique de mécanisation de l'agriculture est mise en oeuvre; - dans la construction métallique et la chaudronnerie, modernisation et diversification des firmes existantes pour la production de: chaudières et fours industriels, autres équipements thermiques (échangeurs de chaleur, séchoirs, condenseurs), matériel de manu- tention (convoyeurs, ponts roulants); - pour les équipements industriels courants, fabrication de: moteurs diesel modulaires (projet lié à la fonderie de 10.000 tonnes par an) et certaines applications accessibles de moteurs diesel (grues, compresseurs, groupes électrogènes, bétonnières, machines à broyer, bennes pelleteuses, vibreurs, machines à agglomérer pour travaux publics; - dans le domaine des matériels électriques, diversification ou moder- nisation des entreprises existantes pour une plus grande substitution aux importations de: câbles de distribution, transformateurs de petite et moyenne tension, compteurs électriques, tableaux de distri- bution et disjoncteurs, et modèles bien choisis de machines tour- nantes (moteurs, générateurs à courant continu et alternatif); et - pour le matériel d'équipement électronique, l'étude et l'exécution d'un projet de matériel téléphonique (transmission, commutation). 1/ L'emplacement de l'actuelle cale sèche dans le port de Casablanca ne permet pas d'utiliser ses installations d'une façon rationnelle et écono- mique. Quant aux autres ports, il faudrait y construire une cale sèche. - 75 - Une attention et des efforts particuliers devraient être accordés à la forma- tion de main-d'oeuvre qualifiée pour tous les projets recommandés; en parti- culier, six de ces projets souffriraient particulièrement d'une insuffisance de main-d'oeuvre qualifiée: il s'agit des projets de fonderie et de moteurs diesel, de serrurerie industrielle, d'engrenages et pignons, de chaudières, de tableaux de branchement/disjoncteurs et de compteurs électriques. D'autre part, une dizaine de projets nécessiteraient, pour leur exécution et leur exploitation, un fort apport d'assistance technique directe de la part de sociétés ou partenaires étrangers, notamment les projets de fonderie et de - moteurs diesel, de grues, de bennes pelleteuses, de moteurs électriques et alternateurs et de matériel téléphoniques. 9.10 Sur les 43 projets recommandés, une vingtaine relevant de la branche 21 représenteraient un investissement total de 270 millions de DH, soit 100% de l'objectif d'investissement du Plan et 87% de l'objectif d'investissement proposé en alternative (par. 9.02). Douze autres projets relevant des indus- tries électriques (NAE 23) représenteraient un investissement total de 170 millions de DH, soit 80% de l'objectif du Plan et 55% de l'objectif alternatif proposé. Pour atteindre ces objectifs d'investissements, devra être entrepris un effort important d'analyse de faisabilité économique et technique au cours des années 1981-85 de la part des organismes et institutions responsables des IMME ou concernés par celles-ci. Le Centre technologique recommandé pour les IMME (voir Chapitre VII), une fois qu'il aura été créé et qu'il fonctionnera de façon efficace, devrait apporter une contribution majeure à l'étude et l'exécution de la plupart des projets recommandés. Dans l'intervalle, une institution existante devrait se charger de cette tache importante; vu sa con- naissance des IMME et la part qu'il a prise dans-l'identification des projets intéressant ce secteur, l'ODI semblerait être au Maroc l'institution la mieux à même de remr cette tâche (par. 9.04). Toutefois, ses ressources humaines et budgétairr 'treintes devraient être notablement renforcées et complétées par un progr; 'assistance technique conçu pour le doter des compétences nécessaires en --cière d'études de marché, d'analyse économique et financière, d'adaptation et de conception technique, et de transfert de technologie dans le domaine de la mécanique. En ce qui concerne le financement des projets, la BNDE, en qualité de principale source de financement à long terme des inves- tissements industriels, devrait se préparcer pour pouvoir allouer aux IMME, et à ces projets en particulier, une proportion plus large que par le passé des montants qu'elle finance dans les investissements industriels (8% en 1973-78), et pour financer une part plus grande du coût total d'investissement dans les projets IMME (cette part a été en moyenne de 20% en 1973-78). De même, l'ODI pourrait être amené à accroître son rôle de catalyseur pour la promotion indus- trielle en identifiant et en réunissant des partenaires 'étrangers et marocains pour l'exécution d'importants projets dans les IMME, et en augmentant de façon sensible ses prises de participation pour attirer les investissements privés dans ces projets. Ce rôle accru nécessiterait d'une part l'assistance tech- nique évoquée ci-dessus, et permettrait d'autre part d'attirer une aide finan- cière intérieure et extérieure. - 76 - ANNEXE MAROC - LES INDUSTRIES METALLIQUES, MECANIQUES ET ELECTRIQUES CADRE INCITATIF ET DE POLITIQUE ECONOMIQUE - 77 - TABLE DES MATIERES Pages Introduction 78 Incitations aux ventes sur le marché intérieur 79 Tarifs douaniers 79 Contrôles quantitatifs des importations 83 Incitations à l'exportation 85 L'exonération fiscale des bénéfices liés aux exportations 85 Accès en franchise accordé aux intrants importés 87 L'aide financière aux exportations 88 Conclusions sur les incitations à l'exportation 89 Incitations aux investissements 91 Le Code des investissements industriels 91 L'Article 163 bis du Code des douanes 92 Réglementation des prix 93 Politique à l'égard des investissements étrangers et des technologies étrangères 95 Conclusions et Recommandations 96 - 78 - Introduction 1. Jusqu'à l'indépendance, en 1956, les secteurs modernes de l'économie marocaine étaient contrôlés presque exclusivement par des sociétés et des capi- taux étrangers. Dans l'industrie, les investissements étrangers privés étaient concentrés dans les agro-industries, les matériaux de construction, les engrais et les mines. Un régime commercial très libéral, qui remonte à la Conférence d'Algésiras de 1906 et qui prévoit l'application d'un taux uniforme de 10 % à toutes les importations n'a guère incité à un effort substantiel de substitu- tion aux importations. A l'avènement de l'indépendance, face à un courant d'investissements étrangers purement symboliques, le Gouvernement a pris une série de mesures destinées à encourager à la fois les investissements privés et publics en vue d'accélérer l'industrialisation du pays. Un nouvel ensemble de tarifs douaniers différenciés, visant à accroitre la protection de l'industrie nationale, a été institué en 1957; le contrôle des changes a été établi en 1959; un Code des investissements a été promulgué en 1960; et un système de licences d'importation a été mis en place en 1967; un certain nombre d'institu- tions ont été créées pour aider le secteur industriell/; en 1971, des contrôles et réglementations des prix ont été institués et placés sous l'autorité centrale de la Direction des prix nouvellement créée.?/; en 1973, un nouveau Code des investissements a remplacé le code précédent, établissant pour la première fois, en plus du principe de l'automaticité des avantages, des incitations explicites à l'exportation et à la régionalisation; enfin, également en 1973, la marocani- sation de presque toutes les activités productives, décidée par décret, a été entreprise, et elle s'est poursuivie pratiquement jusqu'à son achèvement, en 1975. 2. La présente Annexe a pour objet d'examiner le système actuel d'inci- tations industrielles, et notamment ses effets sur le développement des indus- tries électriques et mécaniques marocaines, secteur inscrit par le Gouvernement parmi les grandes priorités du Plan quinquennal 1981-85. La production manufacturière marocaine est influencée par trois grands types d'incitations : incitations à la vente sur le marché intérieur, par le biais de tarifs douaniers et de mesures de contrôle quantitatif des importa- tions; incitations aux exportations; et incitations générales aux investisse- ments dans les industries manufacturières par le biais de règlementations fis- cales et financières et d'une réglementation des prix. Chacun de ces ensembles 1/ Parmi les plus importantes figuraient la BEPI (1960), remplacée par la suite par l'ODI (1973) chargé de la promotion de l'investissement indus- triel par le biais d'études parrainées par le Gouvernement et de partici- pations de l'Etat; la BNDE (1960), société nationale financière de déve- loppement, chargée de financer des projets industriels; et la BMCE pour le financement et la promotion des exportations. 2/ Au sein du cabinet du Premier ministre. - 79 - d'incitations sera examiné successivement. Il est à noter toutefois qu'une étude complète de la protection effective et d'autres indicateurs divers des performances et des avantages comparatifs des industries manufacturières est en cours au Maroc, et que les résultats de cette étude devraient fournir la base de données nécessaire à la réforme et à la rationalisation du système d'incita- tions de manière à le rendre plus efficace pour la réalisation des principaux objectifs de développement industriel du Maroc. En attendant les résultats de cette étude, la présente analyse du système d'incitations se bornera à formuler des recommandations de politique générale et, en ce qui con- cerne le secteur des industries électriques et mécaniques, supposera que la priorité donnée au développement de ce secteur se justifie sur la base des recommandations officielles de rapports précédents de la Banque.1/ Incitations aux ventes sur le marché intérieur 3. Tarifs douaniers : Le tarif douanier marocain comprend quatre éléments : a) le droit de douane de base ad valorem; b) la taxe spéciale à l'importation, passée successivement de 5 % en 1973 à 8 % en 1977, à 12 % en 1978 et à 15 % en 1979; c) la taxe sur les produits (TPS) qui est un impôt indirect, en prin- cipe de 15 %; et d) le droit de timbre, passé successivement de 2 % en 1973 à 4 % en 1978 et à 10 % en 1980. Du point de vue fiscal, ces quatre taxes d'importaticn sont levées selon la formule suivante : t = (l+d) /a + b + c + c(a + b)/ Toutefois, étant donné que la TPS (c) est également levée sur les produits lo- caux, le taux nominal de protection appliqué aux importations est égal à t = (1 + d) /a + b + c(a + b)/. Le Tableau 1 montre comment les augmentations successives de la taxe spéciale sur les importations et du timbre survenues au cours de ces trois dernières années, qui avaient principalement pour objet d'accroitre les recettes fiscales, ont fait monter les niveaux des tarifs doua- niers et, de ce fait, le degré de protection de l'industrie marocaine; par exemple, à un droit d'importation ad valorem de 10 % correspondait successive- ment un tarif final de 18 % en 1976, 21 % en 1977, 26 % en 1978 et 32 % actuellement. l/ Maroc, Rapport économique général, décembre 1980. Maroc, Mémorandum sur le secteur industriel, novembre 1979. - 80 - Tableau 1 : INCIDENCE DE L'ACCROISSEMENT DE LA TAXE SPECIALE SUR LES IMPORTATIONS ET DU TIMBRE SUR LE TARIF FINAL Tarif final (en pourcentage) Droits de douane 1973 à janvier 1977- janvier 1978- A compter de (%) janvier 1977 décembre 1977 juillet 1979 juillet 1979 0 5,87 9,38 14,35 18,98 5 11,73 15,25 20,33 25,30 10 17,60 21,11 26,31 31,63 15 23,46 26,98 32,29 37,95 20 29,33 32,84 38,27 44,28 25 35,19 38,71 44,25 50,60 30 41,06 44,57 50,23 56,93 50 64,52 68,03 74,15 82,23 60 76,25 79,76 86,11 94,88 100 122,79 126,68 133,95 145,48 110 134,90 138,41 145,91 158,13 150 181,82 185,33 193,75 208,73 4. Toutefois, une protection peut être accordée, sur une base ad hoc à titre exceptionnel, soit a priori, dans le cadre d'un accord entre l'inves- tisseur et le Gouvernement, soit a posteriori, lorsqu'un producteur national estime que les protections qui lui sont accordées ne sont pas suffisantes pour qu'il puisse poursuivre sa production ou lancer de nouvelles gammes de produits, auquel cas il peut soumettre une demande de modifications de tarif au Ministère du commerce et de l'industrie. Si, après une étude des coats de production, sa demande paraît justifiée, le ministère recommande le niveau de protection nécessaire pour permettre la production locale et soumet ses recommandations à la ratification du Ministère des finances. Pour ce qui est des effets d'une telle protection sur l'efficacité de la production, les autorités ne semblent pas suivre de directives strictes. 5. Compte tenu de ce qui précède, les droitsL/ et tarifs au Maroc suivent la structure type "en cascade" de la plupart des pays : faibles ou nuls sur les matières premières, plus élevés sur les biens intermédiaires, et très élevés sur la plupart des biens de consommation finis. Cette même structure caracté- rise les tarifs appliqués aux produits des industries électriques et mécaniques : comme le montre le Tableau 2, en 1978, le taux moyen de droit de douane appli- qué dans les industries électriques et mécaniques et pondéré par le volume des j/ Ces droits désignent dorénavant dans le p7ésent rapport un droit ad valorem, excluant donc les diverses taxes d'importation. - 81 - importations a été de 1,3 % sur les matières premières, de 6,7 % sur les pro- duits intermédiaires ou semi-finis; de 13,5 %-/ sur les biens d'équipement fi- nis; et de 30,6 % sur les biens de consommation finis. Une telle structure assure inévitablement une forte protection nominale et effective à la substi- tution aux importations de biens destinés à la consommation finale. Tableau 2 : MOYENNE DES DROITS DE DOUANE LEGAUX CALCULEE EN FONCTION DU VOLUME DES IMPORTATIONS DE PRODUITS DES INDUSTRIES LECTRIQUES ET MECANIQUES CLASSES EN FONCTION DE LEUR UTILISATION FINALE 1978 Moyenne des droits de douane calculée Valeur des en fonction du volume importations des importations (millions de DH) (%) TOTAL SECTEUR INDUSTRIES ELECTRIQUES ET MECANIQUES 5 11090 14,1 I. Matières premières 2,1 1,3 II. Produits semi-finis et intermédiaires 1 102,2 6,7 III. Biens d'équipement finis 3 308,6 13,5 IV. Biens de consommation finis 697,0 30,6 Les droits les plus élevés (qui se situent entre 40 et 70 % et, dans quelques cas, atteignent jusqu'à 100 et 150 %) sont imposés sur les biens de consomma- tion des industries électriques et mécaniques déjà fabriqués au Maroc et sont également structurés de manière à protéger les industries locales de montage. Voici quelques exemples : 1/ A l'exception des biens d'équipement faisant partie d'investissements approuvés au titre du code des investissements, qui sont exempts de droits (voir par. 6). - 82 - Droits de base (en %) sur : CBU SKD CKD Automobiles de tourisme 90-150 20 Récepteurs télévisions couleur 47,5 42,5 10 Rasoirs électriqueu 70 35 20 CBU : Completely built-up unit (articles entièrement montés). SKD : Semi-knocked down kit (articles demi-montés). CKD : Completely knocked down kit (articles en pièces détachées). 6. Dans la catégorie des biens intermédiaires des industries électriques et mécaniques, les droits tendent également à augmenter en fonction du degré de traitement des importations, passant de 0 % pour les produits de fonderie à 20-30 % pour les cables, tubes, tuyaux et structures et à 66 % pour les boulons et écrous. Pour les biens d'équipement, les tarifs semblent être plus uni- formes et se situent dans une fourchette de 10 à 15 %. Toutefois, les tarifs légaux présentent sans aucun doute une image grossie de la protection réelle accordée au sous-secteur des biens d'équipement (par rapport à d'autres sous- secteurs des industries électriques et mécaniques ou aux industries manufac- turières dans leur ensemble) et ce, principalement pour deux raisons : 1) une part très substantielle des importations de biens d'équipement des industries électriques et mécaniques (environ les deux tiers) entre effectivement au Maroc en franchise grice aux dispositions libérales du Code des investissements de 1973, de sorte que les tarifs nominaux réels sont inévitablement inférieurs aux tarifs légaux; 2) lorsque des intrants ou des composants clés de la fabrication de biens d'équipement particuliers sont plus protégés (par exemple, par le biais du contrôle quantitatif des importations) que ne le donnent à supposer les tarifs légaux qui leur sont applicables, la protection effective réelle des biens d'équipement peut être inférieure à toute estimation fondée uniquement sur les tarifs légaux applicables tant aux produits finis qu'aux intrants. En principe, d'après le Code des investissements, l'exemption de droits d'importa- tion de certains biens d'équipement particuliers n'est pas autorisée si l'in- dustrie marocaine peut fournir des biens similaires à des prix ne dépassant pas 120 % des prix c.a.f. d'importations. Le Ministère de l'industrie tient une liste indicative de tous les biens d'équipement produits ou pouvant être pro- duits localement (voir Annexe Tableau 2), pour lesquels il ne devrait y avoir d'exemptions de droits que si l'investisseur éventuel peut prouver que la pro- duction locale ne saurait convenir compte tenu de son prix, de sa qualité ou de ses délais de livraison. En fait, ces dispositions n'ont été appliquées qu'à titre discrétionnaire, et une part importante des importations de biens d'équi- pement qui pourraient être fabriqués sur place ont bénéficié de l'exemption de droits, notamment dans le cadre de grands projets publics. - 83 - 7. Sans préjuger les résultats de l'étude en cours de la protection ef- fective au Maroc, on peut concevoir que, pour la plupart des biens d'équipement, les taux de protection effective sont inférieurs aux taux de protection nomi- nale correspondants, étant donné l'ampleur des exemptions de droits d'impor- tation dont bénéficient ces biens et les droits d'importation de 15 % perçus sur un grand nombre de pièces et composants incorporés dans ces biens. La faible protection est l'une des principales raisons pour lesquelles la substi- tution aux importations est restée insignifiante dans le secteur des biens d'équipement, sauf dans les quelques industries de montage que le Gouvernement a décidé de promouvoir (camions et véhicules utilitaires) ou dans la fabrica- tion de machines sur commande ou volumineuses fondée sur une technique simple et pour lesquelles les coûts de transport assurent une protection naturelle élevée (structures en acier et chaudronnerie). 8. Contrôles quantitatifs des importations. Depuis 1967, le Maroc applique un ensemble très complet de mesures de contrôle des importations aux termes duquel toutes les importations sont classées en trois listes : les impor- tations figurant sur la Liste A ne sont subordonnées à aucune autorisation ad- ministrative; celles de la Liste B sont soumises à un contrôle et nécessitent une autorisation préalable; et les produits figurant sur la Liste C sont simple- ment interdits à l'importation. Ces listes sont révisées chaque année en fonc- tion de la situation de la balance des paiements ainsi que des demandes de protection des industries locales. L'évolution des importations dans le cadre de ces trois catégories entre 1968 et 1979 montre que, dans l'ensemble, le sys- tème d'octroi de licences d'importation est devenu plus restrictif, la Liste B ayant enregistré 72 % de la valeur totale des importations en 1979, contre 55 % en 1968 et 41 % en 1973. Cette même tendance caractérise de façon plus aiguë les importations de biens d'équipement où la part des importations sous licence est passée de 30-40 % en 1973-78 à 81 % en 1979. De même, quelque 72 % de la valeur des biens des industries électriques et mécaniques correspondent à des produits importés sous licence (Liste B) en 1979. 9. Si l'on examine de plus près les biens des industries électriques et mécaniques, une comparaison des programmes d'importation de 1972, 1975, 1978 %t 1980 (Tableau 3 ci-dessous) révèle un accroissement notable des nombres de li.ences et d'interdictions d'importation de produits de ces industries : en 1980, les nombres d'articles ayant fait l'objet de licence ou ayant été frappés d'interdiction (Listes B et C) ont plus que triplé par rapport à leurs niveaux respectifs de 1972, et représentent aujourd'hui près de la moitié du nombre total de produits des industries électriques et mécaniques énumérés dans la nomenclature douanière. 10. Si des difficultés de balance des paiements sont en grande partie responsables de l'augmentation du nombre de licences attribuées à des articles des industries électriques et mécaniques, l'augmentation du nombre d'articles interdits à l'importation de la Liste C s'explique également par le nombre croissant de produits pour lesquels il existe une production locale jugée suf- fisante pour répondre aux besoins locaux mais non encore capable de soutenir la concurrence des importations. En fait, à l'exception de quelques objets de luxe (tels que bateaux de plaisance et argenterie), la Liste C ressemble à un inventaire des productions locales, et se compose principalement de biens de - 84 - Tableau 3 : REPARTITION DES PRODUITS DES INDUSTRIES ELECTRIQUES ET MECANIQUES SUR LES LISTES A, B ET C A B C Total Nombre Nombre Nombre Nombre Année d'articles % d'articles % d'articles % d'articlesL % 1972 1776 87,1 222 10,1 40 2,0 2038 100 1975 1776 87,1 233 11,4 29 1,4 2038 100 1978 662 30,5 1244 61,0 172 8,4 2038 100 1980 1102 54,1 800 39,3 136 6,7 2038 100 /l On suppose que le nombre d'additions ou de suppressions annuelles est négligeable et sans grand effet sur la répartition en pourcentage des années indiquées. Source : Programme général d'importations, 1972, 1975, 1978, 1980. consommation/durables (ustensiles de ménage et appareils électro-ménagers, mo- bilier métallique pour bureaux, produits montés sur place, tels que téléviseurs, véhicules de tourisme, véhicules utilitaires, tracteurs routiers et motocycles) et quelques pièces pour les industries de montage (moteurs automobiles de moins de 50 CV, chassis d'automobiles équipés de moteur, carrosseries d'automobiles et habitacles de tracteurs, ceintures de sécurité et cadres de bicyclette); parmi les produits intermédiaires des industries électriques et mécaniques ins- crits sur la Liste C ne figurent que quelques articles de fonderie (grilles, articles en fonte pour les travaux de voierie) et d'aluminium (structures et pièces, tuyaux, etc...). Autrement dit, la production locale de tous ces articles inscrits sur la Liste C (Annexe Tableau 3) jouit actuellement d'une protection entière et sans équivoque contre la concurrence des importations. 11. La protection résultant de l'octroi de licences d'importation est plus difficile à évaluer pour diverses raisons : a) le transfert de produits à la Liste B est généralement une mesure de précaution dictée par des difficultés de balance des paiements (devenues particulièrement graves au cours de ces der- nières années), quoique les licences d'importation soient en princi e accordées librement, en fonctio. des besoins, et pratiquement sans contingent.!; b) le 1!/ Le programme d'importations de 1980 ne comprend que six produits faisant l'objet de contingents, dont un dans le secteur des industries électriques et mécaniques : les pelles et pioches, dont l'importation est limitée à 1,5 million de DH. - 85 - transfert d'un produit à la Liste B peut également être une mesure provisoire lorsque le Gouvernement décide d'accorder une certaine protection aux fabri- cants locaux du produit en question avant de décider d'une éventuelle révision du droit de douane à lui appliquer; les licences ne sont alors accordées que lorsque la production intérieure ne peut pleinement répondre à la demande locale. Toutefois, la conclusion générale qui se dégage est que l'adminis- tration de l'octroi des licences d'importation est soumise à une certaine dose d'arbitraire et à des discontinuités d'une année à l'autre. Cela tend à semer l'incertitude chez de nombreux fabricants sur l'ampleur de la concurrence que leur feront subir les importations et, par conséquent, à décourager d'éventuels investisseurs (tant marocains qu'étrangers), notamment dans le secteur des in- dustries électriques et mécaniques où les risques et les enjeux tendent à être plus grands que dans d'autres entreprises plus traditionnelles. Quoi qu'il en soit, l'octroi de licences d'importation est actuellement le principal moyen dont dispose le Gouvernement peur protéger les industries électriques et méca- niques locales, et il permet, associé à des mesures de contrôle des prix (dé- crites au paragraphe 24), de procéder cas par cas à la réalisation d'objectifs particuliers (lutte contre l'inflation, limitation des bénéfices exorbitants, stimulation de la production locale, etc...). Les pouvoirs publics sont parti- culièrement soucieux de ne pas hausser exagérément les coûts de production pour l'ensemble de l'économie en accordant à ces industries une protection tarifaire générale qui serait nécessairement élevée étant donné que ces indus- tries n'en sont encore qu'à leurs débuts. Cette politique est encore applicable du fait des dimensions relativement modestes du secteur des industries élec- triques et mécaniques et du secteur manufacturier au Maroc. Mais en raison de la complexité croissante des tâches, il deviendra plus difficile d'éviter l'arbitraire, les discontinuités et l'absence d'effets des décisions prises au niveau micro-économique. Incitations à l'exportation Actuellement, les trois grands moyens d'incitation utilisés pour promouvoir les exportations sont l'exonération fiscale des bénéfices liés aux exportations, l'accès en franchise accordé aux intrants importés et les faci- lités de crédit. 12. L'exonération fiscale des bénéfices liés aux exportations. La prin- cipale disposition du Code des exportations, publié en 19731/ à la suite de la promulgation du Deuxième Plan quinquennal marocain (1973-77) qui, pour la première fois, donnait explicitement la priorité à la promotion des exporta- tions, est l'octroi d'une exemption totale de l'impôt sur les bénéfices profes- sionnels (IBP) de tous les bénéfices liés aux exportations réalisés par un pro- ducteur, indépendamment de la nationalité de l'entreprise, de son implantation 1/ Dans le cadre d'une réforme générale du Code des investissements de 1960 qui s'est traduite par la promulgation de cinq codes différents pour l'in- dustrie, l'artisanat, l'exportation, le tourisme et les transports maritimes. - 86 - ou de l'ampleur de ses investissements. Cet avantage fiscal peut se cumuler avec les avantages accordés dans le cadre des incitations générales à l'inves- tissement qui figurent dans le Code des investissements industriels (décrit au paragraphe 20), et il est accordé pour une période de 10 ans (après la création d'une nouvelle entreprise, ou pour la période 1973-1983 pour les entreprises existantes).1/ Comme cette mesure exonère la part des bénéfices du producteur équivalant à la proportion de ses exportations par rapport à l'ensemble de sa production, elle devrait avoir pour effet d'encourager les entreprises dont la production est destinée exclusivement au marché intérieur à utiliser leur rxcé- dent de capac;ité pour commencer à exporter (même avec des bénéfices infériecrs à ceux qu'elles réalisent sur le marché intérieur) afin d'accroître leurs béné- fices après impôt. S'il ne fait pas de doute que cette exonération fiscale représente une véritable subvention aux exportations, l'importance réelle de la subvention dépend de la rentabilité relative des ventes sur le marché inté- rieur, elle-même liée au degré de protection dont ces ventes bénéficient. D'ailleurs, cette exonération n'apporte aucune incitation à l'exportation aux entreprises qui bénéficient déjà de l'exonération totale de l'impôt sur les bénéfices aux termes du Code des investissements (à savoir toutes les entre- prises situées hors de la région nord-ouest, voir par. 20). Il se pourrait donc que la subvention ne soit pas suffisante pour inciter les entreprises éta- blies à exporter, ou de nouveaux investisseurs à fabriquer pour l'exportation. 13. Etant donné que l'avantage de l'exonération fiscale n'est valable que pendant les dix premières années consécutives d'exploitation d'une nouvelle entreprise, il prendra fin au cours des trois prochaines années pour de nom- breuses entreprises exportatrices créées en 1973 après la promulgation du Code des investissements. Le Gouvernement devra bientôt décider s'il doit ou non prolonger la période d'exonération afin de poursuivre les encouragements à l'exportation. Il lui faudra examiner &«Pentivement les coûts et avantages sur le plan social de cette mesure d'incitation afin de parvenir à une réponse convaincante; quoi qu'il en soit, si la promotion des exportations reste l'une de ses priorités, une prorogation de cette période d'exonération au profit des entreprises existantes aurait pour effet a) d'encourager ces entreprises à con- tinuer d'investir dans la production destinée à l'exportation afin de s'établir plus fermement sur les marchés étrangers ou à créer de nouveaux produits ou de 1/ En septembre 1977, l'avantage de l'exemption totale de l'impôt sur le revenu a été également accordé de façon automatique à toute entreprise commerciale ayant réalisé au cours d'une année quelcénque un chiffre d'affairesà l'ex- portation d'au moins 10 millions de DH. Cette incitation fiscale, valable également 10 années de suite, avait pour objet de promouvoir la création de grandes entreprises commerciales, capables de jouer un rôle important dans le développement d'exportations indirectes de petites et moyennes en- treprises qui ne sont pas équipées financièrement ou administrativement pour la commercialisation de leurs produits à l'exportation. - 87 - nouveaux marchés, et b) de tourner vers les exportations d'autres entreprises qui ne peuvent réaliser de bénéfices substantiels que vers la fin de la période d'exonération (tel risque fort d'être le cas d'entreprises du secteur des in- dustries électriques et mécaniques où la période de rodage et de maturation est plus longue que dans la plupart des autres secteurs). 14. Accès en franchise accordé aux intrants importés. Des régimes doua- niers spéciaux, "l'admission temporaire" et le "drawback", ont été ins- titués en 1973 pour faciliter aux exportateurs l'accès à des intrants aux prix du marché mondial. L'admission temporaire permet l'entrée au Maroc en exonéra- tion des droits de douane et des impôts indirects de matières premières et de biens intermédiaires servant à la fabrication de produits finis destinés à l'ex- portation, et nécessite le dépôt d'une caution bancaire équivalant au montant total des droits et taxes payables, qui ne peut être récupéré entièrement que lorsque tous les intrants importés ont été utilisés, transformés et réexportés. Si, à l'origine, cette procédure ne s'appliquait qu'à un nombre limité de'biens ou de secteurs, tous Ls produits (en plus de ceux figurant sur les listes of- ficielles) peuvent à présent bénéficier de l'admission temporaire à condition d'être autorisés par l'Administration douanière, qui dispose d'un large pou- voir discrétionnaire en la matière et peut en refuser l'avantage à des exporta- tions à destination de certains pays particuliers../ A présent, on aumet la main-levée partielle de la caution bancaire, au fur et à mesure de l'exporta- tion de produits faisant usage des intrants importés en admission temporaire. Ce régime permet également à des matières premières et autres intrants importés d'être traités ou assemblés par étapes successives par différentes entreprises (par le biais du mécanisme de "cession") avant d'être réexportés, à condition que l'ensemble de l'opération se fasse dans un délai de deux ans. Une autre procédure nouvelle autorisée au titre de l'admission temporaire est celle de l'exportation préalable, destinée à aider l'industriel à obtenir une commande de l'étranger portant sur des articles finis, qu'il a déjà fabriqués au moyen de matériaux importés sur lesquels il a payé des droits de douane et des taxes, et à honorer cette commande rapidement et de façon compétitive; en pareil cas, il peut bénéficier d'un crédit équivalant aux droits et taxes qu'il a payés sur les matières premières entrées dans la fabrication des produits exportés, cré- dit qu'il peut utiliser ultérieurement pour importer en franchise de droits et de taxes de nouvelles quantités des mêmes matières premières. 1/ Par exemple, lorsqu'elle estime qu'un marché garanti rsndrait cet avantage superflu; ou encore, dans le cas hypothétique où un pays étranger impose un prix minimal à l'importation trop élevé (par exemple, les sardines en bottes sur le marché de la CEE) ce qui force les Marocains à exporter à ce prix élevé et rend inutile l'abaissement de leurs coûts, aux dépens du Trésor. Jusqu'ici, de tels arguments n'ont pas été utilisés lors de l'exa- men de demandes d'admission temporaire, mais ils peuvent être invoqués. 88 - 15. Le drawback conçu essentiellement pour les industries de conserves alimentaires, s'étend à présent à un nombre de plus en plus grand, quoique tou- jours limité, de secteurs. Selon ce régime, les droits de douane et taxes payés lors de l'importation d'intrents utilisés pour la fabrication de produits destinés à l'exportation sont remboursés au moment de l'exportation à des taux moyens fixés officiellement par décret. Des taux de ristourne ont été fixés pour 83 articles entrant dans 11 catégories de produits du secteur des indus- tries électriques et mécaniques (voir Annexe Tableau 4). Les catégories de produits de ces industries comprennent : le mobilier métallique, les articles ménagers en acier, en fer ou en laiton,'les produits du travail du fer et de la tôle, les appareils radio-téléphoniques et radio-télégraphiques émetteurs et récepteurs, les véhicules utilisés pour le transport de marchandises, les montres et mouvements de montre, les tuyaux en aluminium et les matériaux métal- liques de conditionnement pour les industries de conserverie. 16. L'aide financière aux exportations. En principe, les activités d'ex- portation figurent parmi les grandes priorités au Maroc. Alors que la Banque du Maroc impose généralement des plafonds très stricts aux prêts bancaires à titre de mesure d'austérité et pour combattre l'inflation, les crédits à l'ex- portation bénéficient d'un régime de réescompte illimité et de taux légèrement préférentiels, qui se situent entre 0,5 et 1,5 % au-dessous des taux appliqués ordinairement au crédit à court terme. Les créances nées sur l'étranger, qui étaient jusqu'en 1978 la seule forme de financement des exportations, bénéfi- cient de taux d'intérêt fixes de 4,5 à 6 % de la part des banques commerciales, et sont refinancées par la Banque du Maroc au taux de 3 %. Ces créances ne sont offertes que pour le délai de crédit consenti par les exportateurs maro- cains à leurs clients étrangers, qui se limite à 90 jours mais peut apparemment être prolongé par dérogation spéciale à 120 ou même 190 jours. En 1978, le volume de ces créances réescomptées par la Banque du Maroc a été de 290 mil- lions de DH, soit de 19 % de la valeur des exportations de biens manufacturés et il a atteint 348,4 millions de DH pour les quatre premiers mois de 1980. Les crédits de préfinancement, eux, sont consentis à l'exportateur à titre dis- crétionnaire pour financer ses besoins généraux ainsi que ses besoins particu- liers en fonds de roulement, à des taux fixés par la loi entre 5,5 et 7 %, et ils sont réescomptés par la Banque du Maroc au taux de 4 %. Entre leur créa- tion et le 31 mars 1980, le volume de ces crédits ayant fait l'objet d'une autorisation de réescompte a été de 256 millions de DH, dont 4 % seulement (soit 10 millions de DH) pour le secteur des industries électriques et méca- niques (voir Annexe Tableau 5). Les plus gros emprunteurs de ce type de crédit d'exportation ont été les textiles et les industries de conserves alimentaires. Ce mécanisme est encore relativement peu connu d'un grand nombre d'exportateurs qui le confondent avec l'assurance des crédits à l'exportation et croient donc que seule la BMCE est habilitée à l'administrer. 17. L'assurance exportation, créée par le Gouvernement en avril 1976, a pour objet de couvrir les exportateurs contre les risques politiques et commer- ciaux ainsi que contre les risques d'une rentabilité insuffisante des dépenses de promotion (prospection des marchés, participation à des foires et exposi- tions, etc.). Cette assurance, administrée par la BMCE, n'est pas beaucoup - 89 - utiliséeL et n'a pas engendré comme prévu une plus grande diversification des des marchés d'exportation. La décentralisation de ce système ainsi qu'une plus grande souplesse de son utilisation seraient bien accueillies par les exporta- teurs. Une nouvelle assurance garantissant par contrat aux exportateurs un taux de change fixe pendant une période déterminée leur permet plus d'audace dans la prospection de nouveaux marchés et, ce qui est particulièrement impor- tant pour les exportateurs des industries électriques et mécaniques, elle leur permet d'offrir des crédits sur des périodes légèrement plus longues que le délai traditionnel de 90 jours. Toutefois, au Maroc, les exportateurs de biens d'équipement ne disposent pas encore d'un mécanisme de crédit qui leur permette d'accorder des crédits à moyen terme (par exemple, de deux à trois ans, selon la règle généralement appliquée dans le commerce international) à leurs acheteurs étrangers, et l'on connait quelques cas où la perte d'une commande à l'exportation au profit d'un concurrent étranger serait due aux conditions de crédit non compétitives offertes par l'exportateur marocain..!/ Le Gouvernement estime ue les exportations marocaines de biens d'équipement sont encore trop faiblep pour justifier l'adoption d'un nouveau texte de loi, d'autant plus que les difficultés de balance des paiements freineraient considérablement une politique de prêt plus libérale. Toutefois, une attitude et des mesures plus souples seraient nécessaires à cet égard pour que le Maroc puisse accroitre de façon sensible ses exportations de biens d'équipement. 13. Conclusions sur les incitations à l'exportation. Au cours de ces dernières années, le Maroc a institué petit à petit une série de mesures d'in- citations destinées à promouvoir les exportations de biens manufacturés. Par rapport au passé (c'est-à-dire avant 1973), ces mesures représentent une amé- lioration, et elles sont considérées comme l'une des principales raisons du 1/ Depuis sa création jusqu'à la fin de 1978, 53 polices seulement ont été achetées, et le déficit subi par le Gouvernement et la BMCE a été de 2,2 millions de DH. Ce manque de succès est dO notamment, à la situa- tion de monopole et surtout à l'insuffisance de souplesse de cette assu- rance (par exemple les exportateurs sont obligés d'assurer le volume total de leurs exportations au lieu de pouvoir choisir d'en assurer une partie seulement). 2/ Berliet-Maroc aurait perdu un marché avec un pays d'Afrique tropicale au profit de Berliet-France à cause de conditions de crédit plus avantageuses offertes par cette dernière société. 3/ En 1979, les exportations de matériels agricoles et industriels se sont élevées à 12,5 millions de DH. - 90 - succès récent de certains secteurs à l'exportation, notamment de ceux qui étaient déjà efficaces et à même d'exploiter les avantages relatifs dont ils bénéficiaient au départ (abondance de matières premières et de main-d'oeuvre non qualifiée relativement peu coOteuse). Par exemple, une large part du suc- cès à l'exportation des textiles, vetements et cuirs est due principalement aux possibilités d'accès en admission temporaire d'intrants importés aux prix du marché mondial et au niveau de qualité souhaité. Une publicité accrue de ce régime et de celui du drawback, ainsi qu'une accentuation des efforts d'amé- lioration de ces régimes, devrait permettre d'accroître leur utilisation et, par là-même, les exportations. Toutefois, l'élément de subvention des diverses mesures d'incitation semble trop modeste pour compenser les facteurs défavo- rables auxquels se heurtent encore les exportations, à savoir : une structure et des mesures de protection qui favorisent lourdement la substitution aux importa- tions ou la production pour le marché intérieur; un taux de change surévalué jusqu'à récemment,rendant les coûts de production intérieure élevés et peu compé- titifs; et l'absence des connaissances technologiques et commerciales nécessaires pour pénétrer les marchés étrangern. La bonification d'intérêt (0,5 à 1,5%) sur les crédits à court terme à l'exportation est insignifiante 1/ et neutralisée en partie par la taxe statistique de 0,5 % perçue sur toutes les exportations. En outre, l'avantage dont bénéficient les exportations du fait de l'exonération des droits et impôts indirects accordées aux intrants importés et de l'exonéra- tion de la taxe sur le chiffre d'affaires dont bénéficient les ventes à l'expor- tation (alors que ces taxes sont perçues sur les produits vendus sur le marché intérieur) ne constitue pas une véritable subvention en ce sens que ces exoné- rations n'augmentent pas directement la rentabilité des exportations par rapport aux ventes sur le marché intérieur; elles aident simplement les expor- tateurs marocains à éviter une double imposition indirecte, à la fois au Maroc et à l'étranger. Enfin, le Maroc manque encore d'un ensemble de mesures d'in- citation propres à encourager les exportations indirectes, c'est-à-dire une production efficace de biens intermédiaires utilisés dans la fabrication de prrduits destinés à l'exportation. Si un tel ensemble était institué, il entraînerait sans aucun doute une plus grande spécialisation et une intégration amont dans les industries marocaines, et il réduirait à la longue la dépendance du secteur des exportations à l'égard des intrants importés. 19. Dans le secteur des industries électriques et mécaniques, les mêmes insuffisances du système d'incitations ni.sent aux exportations de biens de consommation, en raison de la forte protection, et par conséquent de la plus grande rentabilité, dont jouissent les ventes sur le marché intérieur. La pro- duction de biens intermédiaires et de biens d'équipement n'attire pas les 1/ La bonification d'intérêt correspondante est d'environ 5 à 7 % en Corée et à Taiwan, en plus du fait que le système de financement des exportations est beaucoup plus développé dans ces pays et permet l'octroi de toutes sortes de crédits nécessaires aux exportateurs dans l'exercice de leurs activités. - 91 - investissnurs privés en raison de son faible niveau de protection et de sa maigre rentabilité financière par rapport aux autres industries, de la rareté et du coût élevé de la main-d'oeuvre technique qualifiée et semi-qualifiée et des exigences techniques plus strictes (contrôle de qualité et délais de livrai- son) qui sont plus difficiles à satisfaire sans aide étrangère et sont des con- ditions particulièrement astreignantes et impératives pour le succès des pro- duits de ces industries à l'exportation. Incitations aux investissements 20. Le Code des investissements industriels de 1973 est remarquable par sa simplicité et sa libéralité. Il avait pour but d'encourager tous les types d'investissements industriels sans discrimination entre secteurs ou marchés ou quant à l'emploi de main-d'oeuvre. Les avantages sont automatiques une fois que les investissements sont approuvés, et la procédure d'examen et d'approba- tion des demandes est relativement souple et rapide. Les deux seules condi- tions d'admissibilité sont que : i) l'investissement s'élève à plus de 0,1 mil- lion de DH et que ii) au moins 50 % du capital de l'entreprise qui présente la demande appartiennent à des citoyens marocains. Les avantages comprennent notamment : - l'exonération des droits de douane (mais pas de la taxe spéciale à l'importation) sur les machines et matériels; - l'exemption de la "Taxe sur les produits" (TPS) sur les achats de machines et matériels (importés ou achetés sur le marché intérieur); - l'exemption de la patente pendant cinq ans; - un remboursement de 2 % de l'intérêt sur les prêts à moyen et long terme approuvés par la BNDE; - la garantie de transfert des dividendes et de rapatriement du capital à concurrence du montant de l'investissement par les investisseurs étrangers; et - l'exemption complète ou partielle de l'impôt sur le bénéfice profes- sionnel pendant dix années consécutives selon le lieu d'implantation de l'entreprise (à Casablanca, cette exemption n'existe pas, mais les entreprises bénéficient d'un amortissement accéléré pour le calcul de l'assiette imposable). 21. Bien que les avantages fiscaux aient été conçus de manière à traiter tous les secteurs à égalité, ils sont à certains égards fortement biaisés : les exemptions douanières et fiscales dont bénéficient les machines et matériels importés, ainsi que la bonification d'intérêt et l'amortissement accéléré, croissent avec le capital investi qui est ainsi favorisé au détriment des techniques à forte utilisation de main-d'oeuvre; deuxièmement, ils tendent à favoriser les biens d'équipement importés par rapport aux biens produits localement sur le marché intérieur, et par conséquent l'emploi d'intrants étrangers par rapport à l'utilisation d'intrants locaux chaque fois que des - 92 - techniques de production fondées sur des matériels importés sont mieux adaptées aux intrants importés. Toutes ces inégalités ont un effet direct sur le déve- loppement du secteur des industries électriques et mécaniques, et plus particu- librement sur les industries de biens intermédiaires et de biens d'équipement qui souffrent déjà de discrimination par suite du faible niveau de protection relative et absolue qui leur est accordé. L'ensemble de ces facteurs a eu pour effet de retarder l'apparition et la croissance d'industries électriques et mécaniques locales capables de fabriquer des produits de substitution aux impor- tations, à tel point que le Maroc a encore dû importer en 1979 environ 85 % des biens d'équipement dont il avait besoin. 22. L'Article 163 bis du Code des douanes. Le Gouvernement, conscient de ces inégalités préjudiciables au développement du secteur des biens d'équi- pement, a introduit dans le Code des douanes et de l'imposition indirecte une nouvelle disposition appelée l'Article 163 bis, dont il espère qu'elle ouvrira de nouveaux champs d'action aux investisseurs, tant Marocains qu'étrangers. Cet article stipule que, chaque fois qu'un produit particulier est exonéré en totalité ou en partie des droits de douane et taxes, le fabricant local d'un produit similaire bénéficie également de l'exonération totale ou partielle de ces droits et taxes sur les matières premières et produits intermédiaires im- portés, de sorte que son produit fini bénéficie, lors de sa vente au Maroc, des mêmes avantages fiscaux que les produits concurrents importés. Autrement dit, il peut profiter du mécanisme d'admission temporaire, réservé en principe aux exportateurs, pour importer en franchise de droits et de TPS les intrants (matières premières et semi-produits, pièces ou composants) nécessaires à la fabrication de son produit en suspension des droits de douane, et se vendre ensuite ce produit à lui-même ou le vendre à un autre industriel marocain. Toutes ces opérations nécessitent une autorisation préalable de l'adrministration. 23. Cette nouvelle disposition a principalement pour objet de favoriser la substitution aux importations dans le secteur des biens d'équipement, en rétablissant au moins de façon relativement équitable les conditions de con- currence entre les fournisseurs étrangers et nationaux qui avait été faussées par les dispositions libérales du Code des investissements en faveur des machines et matériels importés. L'Article 163 bis a pour effet de favoriser l'importation de matières premières et de semi-produits pour la fabrication locale des biens d'équipement dont l'importation est jusqu'alors favorisée par le Code des investissements, et de placer ainsi le désavantage sur les fournis- seurs locaux de biens intermédiaires. Jusqu'ici, seul l'OC s'est prévalu de cette nouvelle disposition du Code des douanes, qui n'est pas encore très connue 1/ L'Office de commercialisation extérieure, qui a le monopole de la commer- cialisation à l'étranger de tous les produits alimentaires et agricoles marocains. - 93 - au Maroc ou à l'étranger. Si cet article fait l'objet d'une bonne publicité et s'il est convenablement appliqué, il peut attirer des investisseurs étrangers vers la fabrication de machines ou autres matériels industriels qu'ils peuvent produire efficacement tout en tirant profit des protections naturelles (coûts de transport, délais de livraison, etc.), et il peut rendre les fabricants maro- cains plus compétitifs pour certains éléments des grands marchés d'Etat que les pouvoirs publics attribuent généralement à des firmes étrangères. La difficul- té d'application de cette formule consiste à déterminer tous les coefficients techniques à prendre en compte (par exemple, les taux de chute pour chacun des intrants admis en suspension des droits de douane) et, dans le cas où l'impor- tation d'un produit fini bénéficie d'une exonération partielle des droits et taxes, à déterminer le niveau d'imposition à appliquer à chacun des intrants et composants utilisés de manière à traiter les fournisseurs étrangers et locaux du produit sur un pied d'égalité. C'est pourqloi l'administration se montre très prudente dans l'application de ce mécanisme, et les industries désireuses de s'en prévaloir risquent d'avoir à subir de longs délais d'attente et autres difficultés administratives qui ne peuvent que réduire l'efficacité de l'Article 163 bis. 24. Réglementation des prix. En 1971, le Gouvernement a institué un sys- tème strict de contrôle et de réglementation des prix', qui devait s'appliquer à quelque 240 biens et services considérés comme essentiels ou importants. Ce système consiste d'une façon générale à fixer soit le prix de vente d'un proouit particulier, soit le montant absolu ou le pourcentage de la marge béné- ficiaire à appliquer à la production ou à la distribution de ce produit. Les méthodes habituelles de réglementation sont les suivantes : si les prix sont contrôlés au niveau départ usine (comme c'est généralement le cas en situa- tion de monopole), un pourcentage fixe de marge bénéficiaire est appliqué aux coûts de production. La même marge est autorisée à l'importateur en gros. Au niveau du détail, l'élément fixe peut être soit le prix de vente, soit la marge du distributeur (en valeur absolue ou en pourcentage). La révision éventuelle des prix industriels réglementés n'intervient qu'après que des demandes d'ajus- tement ont été expressément présentées par les fabricants, grosaistes et dé- taillants, et non pas périodiquement comme c'est généralement le cas pour les autres catégories de produits. De même que pour l'octroi de protections à cer- taines activités par la délivrance de licences d'importation, il n'est pas ap- pliqué de directives strictes ou formelles à l'égard des effets éventuels de politiques des prix particulièrement en ce qui concerne les conditions d'effi- cacité des entreprises , et les procédures sont maintenues suffisamment souples de manière à permettre un ajustement des prix en fonction de l'évolution des coûts de production. La liste des produits qui font l'objet de contrôle des prix comprend 14 produits du secteur des industries électriques et mécaniques, énumérés au Tableau 4 avec indication de l'élément de prix qui est réglementé (prix net ou marge bénéficiaire), ainsi que des stades de production ou de dis- tribution auxquels sont appliquées les mesures de contrôle. La méthode de fixation des prix est explicitement indiquée pour quatre produits (prix net pour les téléviseurs et marge bénéficiaire pour les piles électriques, les ap- pareils électro-ménagers et les radios); les autres produits peuvent être pla- cés sous l'un ou l'autre de ces deux régimes, selon les sous-catégories et les raisons (évoquées précédemment) pour lesquelles ils font l'objet d'un contrôle des prix. - 94 - Tableau 4 : LISTE DES PRODUITS DES INDUSTRIES ELECTRIQUES ET MECANIQUES FAISANT L'OBJET D'UN CONTROLE DE PRIX Stade de la commerciali- Elément sation auquel s'applique réglementé l'élément réglementé Piles électriques mb Départ usine ou magasin de l'importateur Appareils électro-ménagers mb Départ usine ou magasin de l'importateur Récepteurs radio mb Départ usine ou magasin de l'importateur Téléviseurs pn Tous les stades Réfrigérateurs mb ou pn Tous les stades Cuisinières et poêles (au mb ou pn Départ usine ou magasin gaz, au pétrole, au bois de l'importateur ou au charbon) Produits de la métallurgie mb ou pn Tous les stades Fils électriques mb ou pn Tous les stades Câbles électriques mb ou pn Tous les stades Produits de fonderie en mb ou pn Tous les stades laiton Matériel frigorifique mb ou pn Tous les stades Véhicules mb ou pn Tous les stades Cycles mb ou pn Tous les stades Pièces détachées diverses mb ou pn Tous les stades mb = marge bénéficiaire pn = prix net Source : Direction des prix, Textes relatifs à la réglementation et au contrôle des prix, 1978 25. Un autre aspect de la réglementation des prix a trait à la fixation des marges bénéficiaires accordées aux importateurs en gros de certaines caté- gories d'importations, selon laquelle la valeur en douane s'obtient par déduc- tion des bénéfices, des droits de douane et des coùts d'importation du prix de gros auquel l'article est revendu sur place plutôt que par l'utilisation de la valeur c,a.f. figurant sur la facture. Ces marges se situent entre 15 et 25 %, et ne reflètent pas nécessairement la marge bénéficiaire effective des importateurs, mais les valeurs en douane ne sont jamais fixées à des niveaux inférieurs à ceux des prix c.a.f. figurant sur les factures; ainsi, cette - 95 - méthode d'évaluation douanière, chaque fois qu'elle rehausse artificiellement le prix c.a.f. d'un produit à l'importation, peut revenir en fait à accorder une protection supplémentaire (en plus de la protection découlant des droits de douane et/ou des contingents) au producteur local de produits de substitu- tion aux importations. Il serait judicieux que l'étude du système de protec- tion des industries marocaines tienne également compte de ce système d'évalua- tion douanière chaque fois qu'il est appliqué. 26. Politique à l'égard des investissements étrangers et des technologies étrangères. Dans le cadre de la loi de mars 1973 relative à la marocanisation, toutes les sociétés des secteurs de banque commerciale, d'assurance et de ser- vice sont tenues de marocaniserl/ c'est à dire de veiller à ce que des citoyens marocains détiennent au moins 50 % du capital social et constituent une majo- rité au sein du Conseil d'administration. Ainsi, la marocanisation n'est pas une nationalisation, mais seulement l'interdiction d'une participation étran- gère majoritaire. Toutefois, la marocanisation ne s'applique pas aux activités manufacturières, sauf dans les industries suivantes : Industries électriques et mécaniques Fabrication/montage de radios, téléviseurs et réfrigérateurs Machines à coudre Bicyclettes, montage de motocycles Montage d'automobile et de tracteurs Produits primaires en acier Autres Vins et spiritueux et boissons gazeuses non alcoolisées Tannage Tabecs Conserves de poisson Fabrication d'engrais Ciment Produits pharmaceutiques Mais si les entreprises à participation étrangère majoritaire sont légalement acceptées dans le secteur manufacturier (sauf pour les activités énumérées ci- dessus), les avantages du Code des investissements industriels de 1973, qui ne peuvent être accordés u'aux entreprises contrôlées par des Marocains, leur sont explicitement refusés .Toutefois, il convient de noter que le code des inves- tissements n'exige une majorité marocaine que dans la participation au capital, 1/ La marocanisation devait être achevée en mai 1975 et a été effectuée essen- tiellement par des augmentations des contributions au capital de Marocains qui pouvaient emprunter à l'Etat jusqu'à 90 % du montant nécessaire à leur participation, à des taux préférentiels de 4 % et pour une durée moyenne de sept ans. 2/ Le nouveau Code actuellement examiné par le Gouvernement contiendrait des dispositions allégeant cette restriction. - 96 - mais pas au Conseil d'administration, ce qui est un point important pour les investisseurs étrangers éventuels pour lesquels le contrôle du capital d'une société est moins important que celui de sa direction. Par ailleurs, les avan- tages du code des exportations sont offerts à toutes les entreprises, quel que soit le pourcentage de la participation étrangère à leur capital. 27. En résumé, les investisseurs étrangers sont bien accueillis et en- couragés au Maroc, dans la mesure où ils restent partenaires minoritaires ou produisent pour l'exportation et, dans l'ensemble, les incitations accordées par le Maroc aux investissements privés étrangers semblent satisfaisantes. Toutefois, malgré les avantages supplémentaires que les entreprises étrangères peuvent éventuellement négocier avec le Gouvernement pour des projets d'inves- tissement de grande ampleurl!, le pourcentage de la participation étrangère à de nouveaux investissements industriels agréés est resté faible, passant de 4 % en 1975 à 10% en 1977. De nombreux facteurs ont freiné cette participa- tion : la politique de marocanisation; les lourdeurs administratives; le climat d'investissement et la perception d'une attitude imprévisible et iné- quitable des pouvoirs publics à l'égard des investisseurs étrangers; l'insuf- fisance de main-d'oeuvre qualifiée et semi-qualifiée, notamment dans les IMME; le processus de négociation, qui peut décourager certains investisseurs étran- gers éventuels qui compareraient les incitations légales offertes par divers pays avant de choisir le lieu de leur investissement; les sévères restrictions imposées par l'Office des changes à l'utilisation deocrédits privés étrangers par des entreprises marocaines, les conditions imposées à tous les contrats de licence avec l'étranger et les paiements de redevances et de traitements aux techniciens et cadres étrangers. Le Gouvernement devrait envisager d'accorder des avantages spéciaux aux investissements étrangers qui comportent un trans- fert de technologie, notamment dans le secteur des industries électriques et mécaniques qui en ont grand besoin, et plus particulièrement dans les fonderies. Conclusions et recommandations 28. L'étude de la structure des protections et du système d'incitations industrielles actuellement parrainée par la Banque au Maroc servira, une fois terminée, de base aux réformes qui devront être entreprises pour aider le Gou- vernement à atteindre ses objectifs. Mais quelles que soit les orientations fu- tures du nouveau système d'incitations qui sera créé, ce système ne sera effi- cace que s'il se fonde sur les deux grands principes suivants : 1) le principe de l'.automaticité des avantages, qui est d'ores et déjà reconnu, mais qui pourrait prendre un caractère contractuel pour certains secteurs 2/, et 2) le principe de l'égalisation des avantages, qui devrait réduire à la longue les diverses inêgalités qui existent actuellement entre les secteurs, entre les marchés, entre les fac- teurs de production, entre les firmes et entre les régions, et qui devrait l/ De plus de 30 millions de DR. 2/ Dans les secteurs très protégés ou bien développés, l'octroi automatique des avantages pourrait s'accompagner d'un engagement implicite pour le promoteur de ne pas demander ultérieurement d'autres avantages, en matière de protection notamment. - 97 - donner une plus grande efficacité à la production manufacturière et permettre une croissance industrielle plus équilibrée. Le moyen le moins coûteux de corriger ces inégalités serait de procéder à une égalisation par le bas plutôt que par le haut, lors du réajustement des avantages accordés à chaque secteur. Si l'étude confirme l'impression que le sous-secteur des industries électriques et mécaniques reçoit une protection effective beaucoup moins élevée que le reste du secteur manufacturier, il conviendra de réduire l'écart en abaissant les taux les plus élevés plutôt qu'en relevant les taux les plus faibles. De même, l'argument de la protection des industries naissantes ne doit pas abou- tir à un réalignement des tarifs douaniers qui ait pour effet de relever de façon excessive les coûts des biens intermédiaires et des biens d'équipement importés qui revêtent une importance cruciale pour les activités productives du Maroc, car il est tout aussi important de combattre l'inflation pour que le Maroc reste compétitif sur le plan des coûts. Comme la réfo.me du système de protection doit être progressive afin de ne pas entrainer de graves perturba- tions dans les activités économiques et industrielles, d'autres moyens, tels que des mesures fiscales et financières et de mesures concernant les prix, de même que l'appui institutionnel et l'assistance technique de l'Etat, pourraient être utilisés judicieusement pour niveler les avantages. En particulier, cer- tains avantages actuels (tels que la bonification d'intérêt de 2 % consentie sur les prêts à moyen terme de la BNDE, et les importations de biens d'équipe- ment en franchise) peuvent être retirés aux secteurs ou sous-secteurs qui jouis- sent déjà d'un protection excessive, à moins qu'ils n'exportent ou qu'ils n'en- gendrent des économies externes (intégration amont, amélioration du niveau technologique, etc.). 29. Pour corriger les biais à l'encontre des exportations, il faudrait prendre les mesures suivantes : simplifier et généraliser les systèmes actuels qui accordent un régime de libre échange et des facilités de crédit à la pro- duction et aux ventes destinées à l'exportation; étendre ce régime aux expor- tations indirectes afin d'encourager la production locale d'intrants incorporés aux exportations et d'accroitre la part de la valeur ajoutée locale dans ces exportations; consolider le nouveau taux de change, plus réaliste, ou accorder davantage de subventions aux exportations afin de compenser la plus grande renta- bilité des ventes sur le marché intérieur; et promouvoir l'efficacité des coûts de la production industrielle en utilisant les prix mondiaux comme éléments de référence lors de l'évaluation des projets. En outre, les mesures concernant les prix, qu'elles soient appliquées aux facteurs de production ou à la produc- tion elle-même, doivent être ajustées pour tenir compte du coût économique réel de ceux-ci et pour promouvoir l'efficacité des entreprises, de manière à engendrer ou à maintenir de façon durable la capacité du pays à exporter. 30. La promotion des IMME devrait mettre l'accent sur la modernisation et la restructuration de ces industries afin d'améliorer l'utilisation de leur capacitél! et la compétitivité de leurs coûts. Comme le secteur public est le 1/ Par rapport à une moyenne de 67 % pour l'ensemble de l'industrie en 1975, le taux d'utilisation de la capacité dans le secteur des machines et des matériels était estimé à 64 %; étant donné l'état de dépression qu'a récem- ment connul'économie, ce taux est probablement encore plus faible. - 98 - plus gros investisseur au Maroc et constitue en puissance un important débour,hé pour les IMME, l'Etat devrait prendre des mesures et des initiatives afin de faciliter l'accès à ce marché crucial des industries locales, qui devraient elles-mêmes se réorganiser pour pcuvoir répondre aux appels d'offres de l'Etat par des soumissions compétitives. En outre, il conviendrait de créer un sys- tème de financement qui permette d'accorder du crédit à des conditions avanta- geuses aux investisseurs qui achètent leurs biens d'équipement à des fabricants marocains. Enfin, le Gouvernement devrait encourager les participations étrangères qui peuvent être source d'avantages mutuels, notamment dans les industries électriques et mécaniques où les besoins technologiques et les besoins en matière de gestion sont actuellement les plus graves limitations. L'encouragement des petites et moyennes entreprises du secteur des IMME est à poursuivre, en raison du rôle imporcant de ces entreprises en tant que sous-traitants, spécialisés dans des opérations précises pour lesquelles elles peuvent être plus efficaces que des firmes plus grandes. Annex - 99 - Table 1 Page 1 of 3 IMPORT-WEIGHTED AVERAGE LEGAL DUTY RATES OF EMI PRODUCTS CLASSIFIED BY END-USE - 1978 Import- Value of Weighted Imports Average (DH Millions) Duty (%) I. Raw Materials 2.1 1.3 Metallic ores 0.8 0.6 Metallic scrap and waste 1.3 1.7 II. Semi-Finished and Intermediate Products 1,102.2 6.7 Bars, rods, of iron or steel 382.4 0.3 Sheets, plates, strips, of iron or steel 273.7 0.6 Ferro-alloys, wire pellets, powders, blooms, coils 22.3 0.0 Semi-products of zinc, nickel and tin 29.9 1.3 Bars, sheets, plates and tubes, of aluminium 46.6 2.9 Semi-products of copper 61.4 4.7 Tubes and pipes of iron or steel 39.5 9.8 Semi-products of lead, magnesium, tungsten 2.3 10.6 Knives and cutting blades for machines 3.3 10.0 Parts and accessories of watches and clocks 1.7 11.2 Electric accumulators and capacitors 10.7 15.0 Electrical parts and components 7.2 15.0 Gaskets and joints for machines 10.8 15.0 Taps, cocks, valves and similar appliances 55.8 16.6 Electric signalling equipment 2.8 20.0 Parts of electric filament lamps 4.7 20.0 Metal wires excluding electrical 10.1 20.5 Miscellaneous articles of base metal 30.7 21.1 Electric wires and cables 4.0 25.0 Barbed wire, grill, chain, of iron or steel 12.8 25.5 Metal structures and tube and pipe fittings 63.2 28.0 Magnetic tapes and articles used for sound recording 4.8 36.0 Nuts and bolts 21.5 66.4 III. Finished Capital Goods 3,308.6 13.5 Ships, boats, vessels and other floating structures 316.6 0.0 Agricultural tractors 72.3 0.3 Annex - 100 Table 1 Page 2 of 3 Import- Value of Weighted Imports Average (DH Millions) Duty (%) Aerostats and aerodynes and parts thereof 206.1 10.0 Extracting,excavating, levelling machinery 88.0 10.0 Piston engines and turbines 27.5 10.0 Moulding boxes for founding materials and other materials (plastics, rubber) 14.4 10.0 Materials for railway construction 6.4 10.0 Agricultural machinery 38.9 10.1 Textile machinery 119.0 10.3 Railway and tramway, locomotive, rolling stock and parts thereof 14.9 10.8 Refr4gerating equipment 25.7 11.1 Boilers 73.3 11.2 Machinery for crushing, grinding or agglomerating 128.8 12.0 Commercial motor vehicles CKD 148.8 12.0 Pumps and compressors 116.8 12.0 Machine tools 92.8 13.7 Non agricultural tractors 12.9 13.7 Transformers 40.9 13.9 Parts for machinery 16.6 14.0 Transmission shafts, gears, pulleys 57.4 15.0 Machinery and apparatus for food processing industries 37.1 15.0 Air conditioning apparatus 33.1 15.0 Works trucks, mechanically propelled 24.6 15.0 Ball, roller or needle roller bearings 13.9 15.0 Generators and electric motors 101.3 15.1 Miscellaneous machinery and apparatus nes. 517.1 15.2 Agricultural implements and tools 16.2 15.2 Electronic components 7.9 15.3 Lifting, handling, loading or unloading machinery 182.1 15.4 Electrical and electronic measuring, checking, controlling instruments and apparatus 34.2 16.1 Bodies and parts of commercial vehicles 3.6 16.4 Internal combustion p,ston engines and other engines of 12000 cm' or more 86.1 16.7 Gas, liquid and electricity meters 8.3 17.9 Handtools 31.1 18.6 Telephonic and telegraphic apparatus 61.4 19.7 Electrical apparatus for leaking electrical circuits 70.4 20.0 Switchboard and control panels 18.1 20.0 Annex Table 1 - 101- S10Page 3 of 3 Import- Value of Weighted Imports Average (DH Millions) Duty (%) Radio transmission and reception apparatus 37.0 25.0 Reservoirs, tanks, vasts, containers of base metal 43.6 25.7 Industrial vehicles including trailers 137.0 30.8 Insulators and cables 23.0 31.7 Primary cells and batteries 2.4 36.6 Other capital goods for industry 201.4 17.1 IV. Finished Consumer Goods 697.0 30.6 Television receivers CKD 25.6 10.0 Radio receivers CKD 3.6 10.0 Parts of motor vehicles 68.1 15.0 Parts of vehicles bodies 19.6 15.0 Cycles and motorcycles 63.1 19.3 Electric lamps and tubes 14.7 20.0 Passenger cars CKD 195.1 21.2 Domestic electrical appliances 52.1 23.4 Parts and accessories of radio and TV receivers 5.4 25.6 Stoves and space heating apparatus 18.0 28.8 Finished articlesof iron or steel 19.6 29.0 Other finished articles of base metal 15.4 29.1 Cutlery, blades 16.1 35.0 Domestic refrigerators 11.4 39.1 Instruments and apparatus, watches and clocks 19.1 41.4 Television receivers SKD 1.3 42.5 Radio and television receivers CBU (completely built-up) 42.9 44.9 Articles used for domestic purposes, of base metal 61.3 77.2 New passenger 5ars, with capacity of less than 1800 cm 13.4 90.0 New passenger Sars, with capacity of more than 1800 cm 3.7 110.0 New passenger 5ars, with capacity of more than 2200 cm 5.2 150.0 Other finished consumer goods 22.3 22.1 Source: Office des changes - Service statistique Annex - 102 - Table 2 LISTE NON EXHAUSTIVE DES PRINCIPAUX BIENS D'EQUIPEMENT FABRIQUES (OU SUSCEPTIBLES D'ETRE) AU MAROC 1. Matériel de stockage, de transport et de manutention Wagons en alliage léger pour le transport des phosphates Wagons citernes pour produits pétroliers Berlines pour le transport de minerai Bacs, cuves, réservoirs de stockage Silos, trémies pour mines et industries Citernes et remorques - citernes Remorques et semi-remorques Bennes basculantes, chariots basculeurs Ponts roulants, portiques, monte-charges, chariots, monorails, élevateurs, grues portuaires Convoyeurs à bande transporteuse Rampes d'extraction de minerai Camions, tracteurs routiers, autocars et autobus 2. Appareils de chauffage et de ventilation Chaudières Fours à cuire le pain Fours rotatifs, fours à chaux (sucreries) Installations de ventilation d'usines 3. Matériels électriques Transformateurs de puissance Fils et cables électriques Moteurs électriques asynchrones Postes préfabriqués moyenne tension tableau,basse tension, armoires de contrôle et de signalisation, pupitre de commande, postes mobiles Equipements électroniques pour l'industrie Emetteurs, émetteurs-récepteurs radio 4. Appareils de mesure Balances Ponts - bascules 5. Divers Charpentesmétalliques Mobilier métallique Tuyauterie industrielle Cellules de flottation pour laverie de minerai Moteurs stationnaires puissance inférieure à 50 CV Bétonnières Annex Table 3 Page 1 of 3 LIST OF PROHIBITED IMPORTS (LIST C) FOR THE ENGINEERING INDUSTRIES PRODUCTS - 1980 Customs Code Description 73.14.10 Iron and steel wire of other than high carbon or alloy steel 73.26 Twisted hoop or single flat wires, barbed or not, of iron or steel Ex73.27.59 Grill of iron or steel, galvanized or not Ex73.36.11 Gas stoves for domestic purposes Ex73.36.19 Other domestic equipment using gas or liquid fuel, of iron or steel 73.38.48 Enamelled domestic utensils Ex73.40.10 Articles of cast iron for road works 73.40.61 Small cigar boxes of iron or steel 74.18.11 Domestic utensils of copper Ex74.18.19 Fancy articles, of silver or gold 74.19.31 76.08 (except Structures and parts of structures, plates, shapes, tubes, Ex76.08.20 sections, etc... of aluminum Ex76.08.90) 76.15.20/51 Other articles of aluminum Ex76.15.21 Pressure cookers 76.16.51 Fancy articles of aluminum 76.16.71/79/81/89 Cosmetic boxes, etc. 80.06.10 Fancy articles, of tin 82.09.10/20/30/40 Knives, of ivory, silver or gold 82.10.10 Knive blades, of silver or gold 82.14.91/95 Tableware of silver or gold; of ivory or turtle shell 82.15.10/50 Handles of silver or gold; of ivory or turtle shell Annex Table 3 - 104 - 10 Page 2 of 3 83.04 Filing cabinets of base metal 83.12.00 Metallic frames for photographs EX84.06.79 Internal combustion engines, of 50 CV or less, 2000t /n 84.15.31 Domestic refrigerators 84.15.41/49 Furniture for refrigerators or refrigerating equipment 84.18.46 Ex84.19.11/19/50/99 Dishwashing and cleaning machines (except parts) Ex.86.22.91 Cranes for loading and unloading, for merchandise of 5/10 tons or less, and parts Ex86.20.10 Weighing machines (except parts) Ex84.40.11 Ironing machines, second hand 84.40.21/29/30/50 Domestic washing machines 84.40.89 Machinery and machines for drying laund7!y 84.51.10 Portable typewriters Ex84.58.00 Automatic vending machines (except for stamps) 85.06.30 Floor polishing machines 85.06.70 Fans for household use 85.06.80 Other electro-mechanical machinery for domestic use 85.07.11/15/19/51 Electric shavers and hair cL'4pers 85.12.53/55 Electric stoves and other domestic machinery 85.15.22/23/24 Radio-broadcasting apparatus, portable and for vehicles 85.15.25 Color television receivers, built-up 81.01.91 Road tractors 3 87.02.32 Auto chassis fitted with engines of 3000 cm or more 87.02.34 All-weather motor vehicles Annex Table 3 -105- Page 3 of 3 87.02.35/38/43"47 Passenger cars, including sport cars, new 87.02.36/39/45/49 Passenger cars, including sport cars, second hand 87.02.57/59/67/ Motor vehicles for the transport of persons, or of 68/69 goods with 3capacity of 5 tons or less, with cylinders of 3000 cm or more, built-up 87.02.71 to 89 Motor vehicles for the transport of goods, with capacity (except 87.02.86) of more than 5 tons (except vehicles for use in mining and quarries) 87.04 (except Chissis for motor vehicles fitted with engines of 2800 Ex87.04.91 cm or less, or with internal combustion piston engines Ex87.04.99) of 2500 cm3 or more, or with electric engines 87.05 Bodies and cabs for motor vehicles and tractors Ex87.06.91 Seat belts for motor vehicles 87.09.10/30/51/59 Motorcycles 87.10.00 Cycles, not motorized 87.12.71 Frames for cycles, their parts and accessories 87.14.11 to 25 ) Other vehicles, not mechanically propelled 87.14.40/45 ) 87.14.59/60/72 ) Ex87.14.51 Tank trailers, except for the transport of gases 89.01.55 ) 89.01.61 ) Ex89.01.81 ) Pleasure boats Ex89.01.85 ) 89.01.91 ) Annex - 106 - Table 4 Page 1 of 2 Drawback Rates for EMI Products Exported Rates in Dirhams per 100 kgs. exorted A. Metallic furniture Desks and filing cabinet 1.74 Drawers 1.71 Shelves 1.63 Shelves 1.66 Closets 1.72 B. Household articles of steel or iron plate Enameled 6.23 Galvanized 2.77 C. Products from iron works 5.04 D. Products from sheet-metal works 1.44 E. Radio telephonic and radio telegraphic broadcasting and receiving instruments /a Receiver, CBL 53 BLU 336.51 Transmitter-receiver, CBL 52, BLU, battery operated 522.64 " " CBL 52, BLU, electrical 597.71 " " CER 202 AM 182.83 Transmitter, CEKT 2002, 3 baies HF 4,547.58 it " 4 " i 5,104.51 t i " 5 " 5,774.72 Transmitter-receiver, CBL 101 976.55 " " CBL III 1,309.41 Radiography transmitter, CET 1002/2002, 3 baies HF 4,560.85 " " CBT " 4 " " 5,261.87 " " CBT " 5 HF 5,965.71 Automatic alarm trans,itter 27.61 F. Motor vehicles for the transport of goods Berliet trucks, GAY, 3 sirona 525.00 " " GLR 160 2,400.00 Volvo trucks 1,104.00 G. Watches and watch-movements (23 rates for diff. items) 0.44 to 2.82 H. Teapots made of brass Big size .36 Medium size .33 Small size .32 Annex - 107 - Table 4 Page 2 of 2 I. Ot.5er articles, made of brass (19 rates for different items) 0.12 to 2.35 /b J. Tubes of aluminum - (10 rates for different dimensions) 5.8 to 11.64 K. Packing materials for canning industries Tin plate 3.46 Tin 45.74 Aluminum 15.18 /a Rates per unit exported /B Per 1000 tubes exported Source: Ministere des Finances, Code des Douanes et Imphts Indirect, 1978 edition. Annex Table 5 - 108 - AUTHORIZED REDISCOUNTING OF PRE-SHIPMENT EXPORT CREDITS (OUTSTANDING AS OF MARCH 1980) Sector Amount (DH Million) Agricultural products 42.85 Mining/raw materials 10.00 Food industries 99.18 Textiles/leather 64.68 Chemicals/rubber 15.55 Construction materials 2.50 Miscellaneous (wood, paper, ...) 9.90 Engineering industries 10.45 of which: Non-ferrous metals 4,00 Platework 0.30 Metal products 0.45 Automobiles 1.50 Electronic products 3.40 Watches 0.30 Iron scraps 0.50 Manufacturing: Total 202.26 TOTAL 255.11 Source: Banque du Maroc - Direction du Credit - 109 - APPENDICES STATISTIQUES MOROCCO - GROWTH OF VALUE ADDED MAROC - CROISSANCE DU PIB (in percent based on levels in constant prices) (en pourcentages, sur la base des valeurs aux prix constants) 1975-1977 1977-1979 1975-1979 Growth Rate/ Growth Rate/ Growth Rate/ Contribution Taux de Taux de Taux de to GDP Growth/ croissance croissance croissance Contribution à (p.a.) (p.a.) (p.a.) la croissance du PIB Agriculture -2.1 5.4 1.6 4.5 Agriculture Mining 10.4 6.1 8.3 13.6 Industries extratives Energy, public utilities 12.5 17.9 15.2 7.8 Electricité et eau Manufacturing 7.3 3.7 5.2 15.1 Industries manufacturières Food processing 7.3 4.8 5.1 4.1 IAA Textiles, leather 5.4 0.0 2.1 0.6 Textile/cuir EMIs 8.3 8.1 8.2 3.0 IME Construction materials 5.5 -4.4 0.05 0.1 Matériaux de construction Chemicals 11.7 0.6 6.0 1.8 Chimie caoutchouc Other 10.6 9.3 9.9 1.9 Divers Handicrafts 6.6 2.4 4.5 3.6 Artisanat Construction 17.9 -12.0 1.9 2.0 Bâtiment et T.P. Services 10.4 3.8 7.0 54.2 Services Import taxes 14.8 -6.0 3.9 2.8 Droits et taxes sur importations GDP at market prices 8.6 3.0 5.7 100.0 PIB aux prix du marché Source: State Secretary of Plan/ Secrétariat d'Etat au Plan MOROCCO - SECTORAL SHARES IN GDP MAROC - DISTRIBUTION DU PIB PAR SECTEUR (in percent based on levels in current prices) (en pourcentage, sur la base des valeurs aux prix courants) 1969 1975 1978 Agriculture 19.7 17.4 18.1 Agriculture Mining 3.6 9.1 4.7 Industries extractives Energy, public utilities 3.8 2.6 2.7 Electricite et eau Manufacturing /1 16.3 16.6 17.4 Industries manufacturieres /1 Construction 4.1 6.5 7.9 Batiment et T.P. Services 49.1 43.1 44.3 Services Import taxes 3.4 4.1 5.3 Droits et taxes sur importations GDP at market prices 100.0 100.0 100.0 PIB aux prix du marche /1 Including handicrafts/Comprenant artisanat. I ------------------------------------------------------------------------------- - Structure of Value Added in Manufacturing (%) Structure de la valeur ajoutee dans les industries manufacturiares (%) 1975 1976 1977 1978 1979 /2 Agricultural and food 27.3 27.2 25.5 27.1 27.1 Industries agricoles et processing alimentaires Textiles, leather 10.1 10.3 10.3 10.6 10.0 Textile, confection EMIs 12.0 12.4 13.8 14.2 14.2 IMEs Construction materials 5.4 5.2 5.3 4.7 5.4 Materiaux de construction Chemicals 10.5 11.1 10.8 10.3 10.3 Chimie-caoutchouc Others 6.1 6.3 6.7 6.3 6.6 Divers Handicrafts /1 28.6 27.5 27.6 26.8 26.4 Artisanat /1 Total 100.0 100.0 100.0 100.0 100.0 Total /1 Handicrafts being defined as enterprises employing less than five years. /2 Preliminary estimates. - 112 - Appendix 1.3 MOROCCO - EMPLOYMENT CREATION / IN MANUFACTURING MAROC - CREATION D'EMPLOIS 11 DANS LES INDUSTRIES MANUFACTURIERES 1973 1974 1975 1976 1977 1978 1979 1980 Mechanical and electrical 500 1,000 1,600 2,900 4,200 4,200 5,600 5,400 Industries micaniques et flectriques Chemical, construction, miscel. 1,200 2,600 5,500 9,100 11,100 7,400 5,900 8,700 Chimie, construction, divers Textile and leather 2,700 4,100 6,200 8,000 6,300 4,500 4,400 7,100 Textilo at confection Agricultural and food Indust -ies agricoles et processing 2,100 3,300 2,800 5,800 4,200 5,000 2,900 5,800 alircintaires Total manufacturing 6,500 11,000 16,000 25,900 25,800 21,100 18,800 27,000 Total industries manufacturiAres EMI as % of total 7.7 9.1 9.4 11.0 16.1 IME en % du total des industries manufacturing manufacturiires /1 Figures refer to approvals or registration under the 1973 incentive law, not to actual creation. Chiffres se rapportent aux approbations ou aux enregistrements sous la loi d'incitation 1973, et non crfation d'emplois riellement effectugs. MOROCCO - INVESTMENTS IN MANUFACTURING /1 MAROC - INVESTISSEMENTS DANS LES INDUSTRIES MANUFACTURIERES /1 (in millions of Dirhams at current prices) (en millions de dirhams aux prix courants) 1973 1974 1975 1976 1977 1978 1979 1980 Mechanical and electrical 44 85 84 228 238 272 242 269 Industries micaniquies et Alectriques Chemical, construction, miscel, 167 301 1,563 2,626 1,200 367 366 610 Chimie, construction, divers Textile and leather 245 182 189 439 430 227 179 413 Textile et confection Agricultural and food 31 292 184 - 248 756 192 254 391 Industries agricoles et processing alimentaires Total manufacturing 487 860 2,020 3,541 2,828 1,058 1,040 1,683 Total industries manufacturiires Handicrafts 1 6 2 8 86 12 17 12 Artisanat Total inve twent under 669 1,460 3,294 4,389 4,655 2,739 Total .nvestissement sous la incentiv law /2 loi 'incitation /2 EMI as % or total 9.0 9.9 4.2 6.4 8.4 9.1 IME en % du total des industries manufacturing manufacturiPres /1 Figures refer to approvals or registration under the 1973 incentive law, not to expenditures. Chiffres se rapportent aux approbations ou aux enregistrements sous la loi d'incitation 1973, et non aux d6penses. /2 Includes manufacturing, mining, sea, transport, fishing, tourism and handicrafts. Comprend lea industries manufacturigres, le secteur minier, maritime, les transports, la pache, le t.urise et 1'artisanat. Source: Ministry of Trade and Industry/Ministgre du Covnerce et de 1'Industrie Appendix 1.4 - 113 - MOROCCO - EMPLOYMENT IN MANUFACTURING /1 MAROC - EMPLOI DANS LES INDUSTRIES MANUFACTURIERES /1 ('000) 1975 1976 1977 1978 Agricultural and food 48.6 52.4 55.1 59.3 processing Textiles and leather 63.5 69.7 70.6 76.1 EMIs 25.4 27.0 29.9 34.0 Chemicals and construction 29.1 34.5 35.8 44.2 materials Other 16.7 18.5 20.4 22.5 TOTAL 183.3 202.1 211.8 236.1 /1 Handicrafts excluded/Excluant 1'artisanat Source: 1975 Industrial Survey Appendix 1.3 and mission estimates MOROCCO - PRODUCTION AND EXPORTATIONS IN MANUPACTURING MAROC - PRODUCTION ET EXPORTATIONS DES INDUSTRIES MANUFACTURIERES Marginal Propensity to Exports as % of Production/ Export (1975-78) in %/ Exportations en % de la Propension marginale a production exporter (1975-78) en % 1975 1976 1977 1978 1979 Agricultural and food 6.5 6.7 7.6 5.8 5.9 4.2 Industries agricoles et processing alimentaires Textiles, leather 14.7 16.7 15.4 18.1 20.1 25.0 Textile, confection EMIs 2.8 2.2 2.2 2.3 3.8 1.0 IME Construction materials 2.2 1.1 0.9 1.0 0.4 -0.8 Materiaux de construction Chemicals 10.0 9..,6 17.6 18.0 24.5 33.5 Chimie-caoutchouc Others 7.9 7.0 5.5 5.8 5.9 1.2 Divers Total manufacturing 1/ 7.6 8.2 8.8 8.3 10.3 9.8 Total industries manufacturieres 1/ 1/ Including handicrafts. Source: State Secretary of Plan/Secretariat d'Etat en Plan MOROCCO - SUPPLY OF DEMAND BY LOCAL OUTPUT IN MANUFACTURING (1975-1978) MAROC - SATISFACTION DE LA DEMANDE TOTALE PAR LA PRODUCTION INTERIEURE DANS LE SECTEUR MANUFACTURIER (1975-1978) Output in % of total demand! (millions of Dirhams/millions de dirhams) 1/ 2/ Value Added/ Local inputs- Imports- Total Demand/ % de la Valeur ajout6e Inputs locaux Importations Demande totale demande totale 1975 1978 1975 1978 1975 1978 1975 1978 1975 1978 Food processing 2,214 3,223 5,353 7,486 2,100 1,392 9,667 12,102 78 88.5 I.A.A. Textiles, leather 1,277 1,933 686 1,093 747 991 2,710 4,017 73 75 Textile, cuir EMIs 884 1,464 402 656 4,994 6,935 6,280 9,055 20.5 23.5 IME Lii Construction Mat6riaux de I materials 358 475 301 595 221 497 880 1,567 75 68 construction Chemicals 657 943 878 931 1,360 1,678 2,895 3,552 53 53 Chimie Others* 658 935 407 775 453 758 1,518 2,468 70 69 Divers* TOTAL* 6,047 8,974 8,027 11,536 9,875 12,521 23,949 33,031 59 62 TOTAL* 1/ Excluding intra-consumption. 2/ Valued at market prices (i.e., including taxes and duties) * In 1975, except for some non-classified manufacturing industries for which dates were not available. Source: State Secretary of Plan and Office des Changes MOROCCO - NUMBER OF PROJECTS 1/ IN MANUFACTURING MAROC - NOMBRE DE PROJETS 1/ DANS LES INDUSTRIES MANUFACTURIERES 1973 1974 1975 1976 1977 1978 1979 1980 Mechanical and electrical 19 21 40 75 118 102 130 147 Industries mécaniques et électriques Chemical construction 24 67 138 226 236 243 Chimie matériaux de cons- materials, miscellaneous truction, Textiles and leather 68 77 118 154 131 184 Textile et confection Agricultural and food 32 94 117 145 178 192 Industries agricoles et processing alimentaires Total manufacturing 143 259 413 600 663 602 Total industries manufacturières EMIs as Z of total manufacturing 13.3 8.1 9.7 12.5 17.8 IME en Z du total des industries manufacturières MOROCCO - INVESTMENT PER JOB CREATED 1/ IN MANUFACTURING MAROC - INVESTISSEMENT PAR EMPLOI CREE 1/ DANS LES INDUSTRIES MANUFACTURIERES (US$'000) 1973 1974 1975 1976 1977 1978 1979 Mechanical and electrical 22.5 21.7 13.4 20.1 14.5 20.2 15.6 Industries mécaniques et électriques Chemical and construction 35.6 29.6 72.7 70.0 27.4 Chimie et matériaux de materials construction Textiles and leather 23.2 11.4 7.8 14.0 17.5• Textile et confection Agricultural and food 3.8 22.6 12.4 10.9 46.0 Industries agricoles et processing alimentaires Total manufacturing 19.2 20.0 30.2 34.4 25.9 'rol qrtries manufacturières Source: Ministry of Trade and Industry/Ministère du Coumerce et de l'Industrie 1/ Figures refer to approvals or registration, not to expenditures. US$1 = DH 3.91 Chiffres se rapportent aux approbations ou aux enregistrements, et non aux dépenses. MOROCCO - IMPORTS OF GOODS BY SECTOR, CIF MAROC - I-1RTATIONS EN VALEUR PAR SECTEUR, CAF (in million of Dirhams at current prices) (en millions de dirhams aux prix courants) 1974 1975 1976 1977 1978 1979 Agriculture 1,044.1 1,429.5 1,112.7 1,193.9 1,426.1 1,555.9 Agriculture Energy 1,125.5 1,118.5 1,300.7 1,666.9 1,778.8 2,739.0 Energie et eau Minlng 61.2 45.7 81.0 137.6 109.4 215.6 Industries extractives Manufacturing 6,060.8 7,800.1 9,060.3 11,403.7 9,046.8 9,817.3 Industries manufacturières Food processing 1,314.6 1,655.3 1,201.8 1,269.9 1,036.3 1,233.7 Industries agricoles et alimentaires Lonstruction materials 82.7 145.5 234.0 390.0 326.4 318.7 Matériaux de construction Chemical industry 907.2 1,004.4 1,001.7 1,181.1 1,168.3 1,466.1 Chimie caoutchouc Textiles 586.4 552.6 684.2 743.4 773.7 883.6 Textile et confection Mechanical and 2,698.4 4,030.4 5,398.0 7,127.8 5,175.8 5,203.4 Industries mécaniques et electrical électriques Others 471.5 411.9 540.6 691.5 566.3 711.8 Divers Total imports CIF 8,291.6 10,393.8 11,554.7 14,401.1 12,361.1 14,327.8 Importations totales CAF Manufacturing imports 73.1 75.0 78.4 79.2 73.2 68.5 Produits manufacturés as % of total en Z du total EM1s'imports 32.5 38.8 46.7 49.5 41.9 36.3 Importations des IME as Z of total en Z du total EMIs' imports as Z of 44.5 51.7 59.6 62.5 57.2 53.0 Importations des IME en Z du total manufacturing total manufacturier Source: Office des Changes MOROCCO - IMPORTS OF GOODS BY CATEGORY MAROC - IMPORTATIONS EN VALEUR PAR CATEGORIE (in millions of DH at current prices) (en millions de DH aux prix courants) 1974 % 1975 1977 % 1978 1979 % Fuel and raw materials 2,264 27 2,182 3,171 22 2,959 4,436 31 Energie et produits bruts Semi-Finished products 1,972 24 2,005 2,964 21 2,743 3,278 23 Demi-produits Capital goods 1,425 17 2,493 4,971 35 3,387 3,291 23 Biens d'équipement Consumer goods 799 10 1,120 1,351 9 1,197 1,170 8 Biens de consommation Others (food, indus- Autres (alimentation, or trial good, ...) 1,832 22 2,594 1,944 13 2,075 2,153 15 industriel, ...) o TOTAL Imports 8,292 100 10,394 14,401 100 12,361 14,328 100 TOTAL importations Source: Office des changes MOROCCO - EXPORTS OF GOODS BY SECTOR - FOB MAROC - EXPORTATIONS EN VALEUR PAR SECTEUR - FOB (in millions of Dirhams at current-prices) (en millions de Dirhams aux prix courants) 1974 1975 1976 1977 1978 1979 Agriculture 1,075.0 1,025.5 1,248.9 1,067.7 1,365.9 1,555.9 Agriculture Mining 4,462.5 3,681.1 2,492.3 2,590.5 2,488.2 2,669.1 Industries extractives Energy 51.8 57.3 78.5 91.5 88.0 269.7 Energie et eau Manufacturing 19850.2 1,474.0 1759.6 2,109.9 2,318.7 2,809.9 Industries manufacturieres Food processing 823.1 601.1 699.5 786.9 743.7 848.7 Industries agricoles et alimentaires Construction materials 17.1 16.8 11.7 13.3 13.3 8.5 Materiaux de construction Chemical industry 218.2 164.1 179.1 378.8 444.9 667.4 Chimie, caoutchouc Textiles 494.8 488.7 685.3 737.0 890.4 987.6 Textile, confection Mechanical and Industries mecaniques et electrical 115.5 78.6 63.6 74.7 93.2 131.8 electriques Others 180.9 124.7 120.4 119.2 133.2 165.9 Divers Exports by handicrafts 204.4 191.0 252.5 264.5 332.7 360.5 of which: Textiles 177.3 165.5 233.3 242.3 310.6 338.6 Total exports FOB 7,439.5 6,237.9 5,579.3 5,859.6 6,260.8 7,304.6 Exportations totales FOB Manufactured exports, Produits manufactures, as % of total 24.9 23.6 31.5 36.0 37.0 38.5 en % du total EMIs exports, as % of Exportations des IHE en % total 1.6 1.3 1.1 1.3 1.5 1.8 du total Share of handicrafts Part de l'artisanat dans les in textiles exports (%) 35.8 33.9 34.1 32.9 34.9 34.3 exportations de textiles a Source: Office des changes MOROCCO VALUE ADDED PER WORKER IN MANUFACTURING 1/ MAROC - VALEUR AJOUTEE PAR TRAVAILLEUR DANS LES INDUSTRIES MANUFACTURIERES 1/ (DH'000, 1975 constant prices) (DH'000, prix constants 1975) Growth in % 1978/75 Augmentation 1975 1976 1977 1978 en % 1978/75 Agricultural and food Industries agricoles et processing 34.4 33.5 33.7 34.2 - 0.6 alimentaires Textiles, leather 9.6 9.5 9.6 10.0 + 4.1 Textiles, confection EMIs 29.1 29.1 29.0 29.9 + 2.7 IME Chemicals and cons- Chimie et mat'riaux de truction materials 33.1 30.5 32.4 25.8 -22.4 construction TOTAL 23.9 23.4 23.8 23.2 - 3.0 TOTAL 1/ Excluding handicrafts except carpet manufacturing/Hors artisanat, sauf fabrication de tapis. VALUE ADDED AS % OUTPUT 1/ VALEUR AJOUTEE EN % DE LA PRODUCTION BRUTE 1/ 1975 1976 1977 1978 1979* Agricultural and food Industries agricoles et processing 26.4 26.1 27.8 27.9 26.8 alimentaires Textiles, leather 29.8 27.4 27.1 31.2 31.7 Textiles, confection EMIs 29.8 29.2 32., 33.1 41.2 IME Construction materials 48.9 37.4 30.6 37.0 27.2 Materiaux de construction Chemicals 39.7 41.2 39.7 37.8 37.3 Chimie, caoutchouc Others 35.9 35.4 34.3 37.1 31.6 Divers Total manufacturing 30.8 29.8 30.7 31.7 31.3 Total industries manufacturires 1/ Excluding handicrafts/Hors artisanat *Preliminary estimates/Estimations pr'liminaires Source: Mission estimates/Estimations de la mission MOROCCO - DIRECT FOREIGN INVESTHENTS MAROC - INVESTISSEMENTS ETRANGERS (By sector, in millions of Dirhams, at current prices) (Par secteur, en millions de Dirhams, aux prix courants) TOTAL 1975 1976 1977 1978 1975-1978 % Agriculture and fisheries 6.8 2.6 8.6 11.9 29.9 2.2 Agriculture et pêche Mining 4.8 9.9 11.6 19.2 45.5 3.3 Industries extractives Manufacturing 56.7 101.3 160.7 262.8 581.5 42.1 Industries manufacturières Petroleum industry 1.5 8.7 3.6 2.5 16.3 1.2 Industrie pétrolière Infrastructure 7.4 53.7 118.7 67.5 247.3 17.9 Infrastructure Financial institutions 13.4 22.3 23.2 57.7 116.6 8.4 Institutions financières Tourism 24.6 34.0 32.7 30.7 122.0 8.8 Tourisme Others 21.4 58.8 75.4 65.0 220.6 16.1 Autres TOTAL 136.6 291.3 434.5 517.3 1,379.7 100 TOTAL (By geographical origin, in %) (Par origine géographique, en %) 1975 1976 1977 1978 France 27.3 35.8 25.8 32.7 France Saudi Arabia n.a. 11.0 8.7 27.4 Arabie Saoudite United States 6.2 7.7 11.1 9.5 Etats-Unis West Germany 8.4 10.2 7.4 n.a. Allemagne de l'Ouest Others 58.1 35.3 47.0 30.4 Autres Source: Office des changes MDROCCO - OVERALL ASSESSMENT OF INDUSTRIAL SUBSECTORS BY FIVE PERFORMANCE INDICATIONS MAROC - APPRECIATION DES SOUS-SECTEURS MANUFACTURIERS SELON CINQ INDICES DE PERFORMANCE (1975-1978) (1 (2 (3) (4) (5) Marginal export- Import- Investment output substitution cost per Labor ratio/ potential/ V.A./Valeur job/CoGt intensity/ Propension Potentiel de ajdutie par d'inves- Intensit! marginale substitution (1) to (5) Sub-sector travailleur tissement en travail- a exporter d'importation L) A (5) Sous-secteur Food processing 1 3 4 4 6 5 Industries agricoles et allimentaires Textile, leather 4 1 1 1 5 1 Textile, cuit EMIs 3 2 3.' 5 1 3 IME Construction materials 6 4 6 Matiriaux de construction 2 4 2 Chemicals 2 2 1 Chimie, caoutchouc Others n.a. n.a. n.a. 3 3 4 Divers 1/ Measured by gross output per worker/Mesurfe par le produit brut par travailleur. Source: Appendixes 1.3, 1.5, 1.7 and 1.15 Appendices 1.3, 1.5, 1.7 et 1.15 MOROCCO - STRUCTURE OF MANUFACTURING (%) MAROC - STRUCTURE DES INDUSTRIES MANUFACTURIERES (%) (1975) (in percent based on levels in current prices) (en pourcentage sur la base des valeurs aux prix courants) Morocco/ Kores/ Mexico/ Brazil/ Turkey/ Spain/ Maroc Corée Mexique Brésil Turquie Espagne Food processing 36.6 21.2 22.7 17.1 32.6 13.5 Industries agricoles et alimentaires Textiles, leather 21.1 22.0 10.0 13.2 19.9 15.7 Textiles, confection EMIs 14.6 21.0 33.7 32.0 18.9 31.0 IMEs Construction materials 5.9 5.6 5.2 5.9 4.0 8.4 Matériaux de construction Chemicals 10.9 21.8 18.0 18.8 20.6 19.1 Chimie, caoutchouc Others 10.9 11.4 10.4 13.0 4.0 12.3 Divers TOTAL 100.0 100.0 100.0 100.0 100.0 100.0 TOTAL - 124 - Appandix III.1 Appendice .III.1 Page 1 of/de 4 MOROCCO - COVERAGE OF EMI PRODUCTION LINES BY MOROCCAN INDUSTRIES/ MAROC - LIGNES DE PRODUCTION IME OPERANT DANS LES INDUSTRIES MAROCAINES Activities undertaken in Morocco/ NAE ISIC Denomination/Denomination Activites entreprises au Maroc 19 37 Basic Metals/Industries metallurgigues de base 19.1 .371 Iron and steel basic Rolling mills (rods only); 19.3 industries/Siderurgie foundries/Laminoirs (fers et premiere transfor- a beton); fonderies fonte et mation des ferreux acier 19.2 .372 Non-ferrous metal basic Lead foundry, copper foundry and industries/Production products/ et premi&re transfor- Fonderies de plomb et de cuivre, mation des metaux et leurs produits non-ferreux 20 38 Fabricated Metal Products to/a and Machinery/Fabrication 24 d'ouvrages en metaux, machines et materiels 20 .381 Metal products, except machinery/Ouvrages en metaux, sauf machines et mate'riel: 20.1 3811 Cutlery, hand tools, Generally produced/ general hariware/ Generalement produits Coutellerie, outils ' main, quincaillerie 20.2 3812 Metal furniture and Generally produced/ fixtures/Meubles et G4neralement produits accessoires en metal 20.3 3813 Structural metal Generally produced/ products and platework/ Generalement produits Structures metalliques et chaudronnerie 20.4 3819 Other metal products Generally produced/ to/a n.e.c., except Generalement produits 20.8 machinery/Autres ouvrages en metaux, sauf machines et matiriels, n.d.a. àAppendix III.1 125 -t Appendice III.1 Page 2 of/de 4 Activities undertaken in Morocco/ NAE. ISIC Denomination/Dénomination Activités entreprises au Maroc 21 .382 Non-electrical machinery/ Machines, sauf machines électriques 21.1 3821 Engines and turbines/ Only diesel engine assembly/ Moteurs et turbines Montage moteurs diesel 21.2 3822 Agricultural machinery Tractor assembly and non-automotive and equipment/Machines implements/Montage de tracteurs et matériels agricoles et matériels agricoles non automobiles 21.3 3823 Metal and wood working Only a few wood working machines/ ma,chinery/M4achines Quelques machines à bois pour travail bois et métal 21.5 3824 Specialized industrial Only few machines for cork and machinery/equipment / bread industries/Quelques Machines et matériels équipements pour l'industrie spéciaux pour du liège et la boulangerie l'industrie 3825 Office computing/ Void/Aucune accounting machinery/ Machines de bureau, de calcul et de comptabilité Other/ 3829 Non-electrical machinery/ Boilers and furnaces, conveyors, Autres equipment n.e.c./ blowers and air conditioning, 21 Machines et matériels industrial and household non électriques n.d.a. refrigerators, pumps, machine shops, cement mixers, dumpers, cooking ranges and ovens/ Chaudières et fours, convoyeurs, ventilateurs et climatiseurs, réfrigérateurs industriels et ménagers, pompes, ateliers d'usinage, bétonnières, cuisinières et réchauds, chariots verseurs 23 .383 Electrical machinery, appliances and supplies/ Machines, appareils et fournitures - 126 - Appendix III.1 Appendice 111.1 Page 3 of/de 4 Activities undertaken in Morocco/ NAE ISIC Denomination/Dénomination Activités entreprises au Maroc 23.1 3831 Electrical machinery, Motors and alternators, trans- and/et appliances and supplies/ formers, switchgears, switchboards/ 23.2 Machines et appareils Moteurs et alternateurs, électriques industriels transformateurs, matériel de commutation et coupure, armoires de commande 23.4 3832 Radio, TV and communi- Radio and TV assembly, telecommu- and/et cation equipment and nication equipment, eeric 23.5 components/Appareils components and semi-conductor de radio, TV et assembly/Montage radios et TV, télécommunication émetteurs/récepteurs radio, composants électroniques et semi- conducteurs assemblés 23.6 3833 Electrical appliances Electric stoves and water-heaters/ and housewares/ Fourneaux et chauffe-eau Appareils électro- électriques ménagers 23.3, 3839 Electrical apparatus Cables, dry cells, batteries, 23.7 and supplies n.e.c./ lamps and tubes, connectors and to/à Appareils et wiring devices/Cables, piles et 23.9 fournitures batteries, ampoules et tubes, électriques n.d.a. appareillage d'installation et connection électrique 22 .384 Transport equipment/ Matériel de transport 22.5 3841 Ship building and Ship repair and fishing boats/ repairing/ Réparation navale, chalutiers, Construction et bateaux en bois réparation navale 22.4 3842 Railroad equipment/ Only freight cars/ Matériel ferroviaire Wagons de marchandises 22.1 3843 Motor vehicles and Assembly of cars, trucks, buses; and/et parts and accessories/ fabrication of radiators, mufflers, 22.2 Véhicules automobiles tanks, springs/Montage d'automo- biles, camions et autobus; fabrication de radiateurs, pots, réservoirs, ressorts à lames - 127 - Appendix III.1 Appendice III.1 Page 4 of/de 4 Activities undertaken in Morocco/ NAE ISIC Denomination/D6nomination Activites entrep_rises au Maroc 22.3 3844 Motorcycles and Assembly of bicycles/mopeds; bicycles/Motorcycles motors, parts/Montage de cycles et cycles et vlomoteurs; moteurs et pieces detachees diverses 22.6 3845 Aircraft/Construction Maintenance/Entretien et aeronautique revisions 22.7 3849 Transport equipment Animal-drawn carts, wheelbarrows/ n.e.c. (animal-drawn)/ Charettes a traction animale, Materiel de transport brouettes n.d.a. 24 .385 Measuring and controlling equipment/Appareils de mesure et contr8le Optical goods/ Instruments d'optique 24.1 3851 Measuring and controlling Only electric meters/ and/et equipment/Appareils de Compteurs electriques 24.2 mesure et contr8le 24.3 3852 Photographic and optical Void/ goods/Instruments photo Aucune et optique 24.4 3853 Watches and clocks/ Assembly of watches for exports/ Montres et horloges Montage de montres pour 1'exportation - 128 - MOROCCO - STRUCUTRE OF EMIs !TAROC - STRUCTURE DFS IME 1975 1978 Output from ArLisans/ V.A./Output/ Employment/ Output/ V.A./ Part V.A./ Enterprises/ Output/ V.A./ Emploi Production V.A. artisanat production Entrepris,s Production V.A. (0) (MIDH (1H) () # (MD11) (MDH); I. Capital Goods and Supplies 21. Equipment/machinery (except 21.8) 2,060 194.2 3 38.8 154 290 112 20.3 Steel structures and platework* 3,209 187.2 76.6 ... 40.9 98 250 110 22.4 Railroad rolling stock 458 20.4 .1.1 - 54.4 2 45 25 .2.(5+6) Shipyards 870 41.8 23.6 51 56.5 105 55 31 Sub-Total Mechanical Capital Goods 6,597 443.6 186.6 6 42.1 359 640 278 23.1 Electric motors/generators - - - - - 5 2 23.2 Transformers/other machinery 573 62.7 17.1 - 27.3 11 230 63 23.7 Electric cables 386 76.4 26.8 - 35.1 2 130 45 Sub-Total Electrical Capital Goods 959 139.1 t3.9 - 31.6 13 365 110 TOTAL Capital Goods and Supplies 7,556 582.7 230.5 5 39.6 372 1,005 388 II. Intermediate Goods 19. Basic metals and foundries 2,822 192.2 49.6 2 25.8 157 215 42 20.4 Metal containers 1,786 206.7 65.0 - 31.4 14 385 132 20.5 Fasteners and wire products 412 53.5 26.3 2 49.2 25 135 72 20.6 Pipes and sanitary fittings 298 18.4 7.6 - 41.3 4 55 25 20.8 Metal treatments 492 44.3 18.2 14 41.1 163 70 31: Sub-Total Intermediate Mechanical 5,810 515.1 166.8 2 32.4 363 860 302 23.3 Electrical accessories 106 6.5 2.1 - 32.4 2 15 5 23.4 Electronic components (n.a.) (1.8) ;0.4) - (22.2) - 15 5 23.8 Dry cells and batteries 541 48.1 13.1 - 27.2 4 45 12 Sub-Total Intermediate Electrical 647 54.6 .5.2 - 27.8 6 75 22: TOTAL Intermediate Goods 6,457 569.7 182.0 2 31.9 369 935 325 III. Consumer and End-Products 20.1 Cutlery, handtools, hardware 3,270 132.1 49.4 69 37.3 2,237 270 110 20.2 Metal furniture/products* 5,420 182.4 78.4 60 43.0 3,120 285 133 20.7 Household utensils 4,484 153.0 72.2 39 47.2 1,769 325 172 22. Transport vehicles 4,732 959.8 223.0 ... 23.2 221 1,175 264 (except 22.4, 5 and 6) 24.3 Optical instruments and cameras - - - 2 - 24.4 Watches 243 7.8 2.0. - 25.6 4 Sub-Total Mechanical End-Products 18,149 1,435.1 425.0 18 29.6 7,351 2,075 689 21.8 Household appliances 361 23.4 7.0 - 29.9 8 55 15 23.5 Electronic apparatus/TV/radio 1,516 110.7 27.5 - 24.8 13 160 40 23.6 Household utensils - 1.4 0.4 - 28.6 - 5 2 23.9 Lamps and household accessories - 6.5 1.8 - 27.7 - 20 6 Sub-Total Electrical End-Products 1,877 142.0 36.5 25.7 21 240 63 TOTAL Consumer/End-Products 20,026 1,577.1 461.5 17 29.3 7,372 2,315 752 TOTAL Electrical Industries 3 335.8 95.8 28.4 40 680 195 TOTAL EMIs 34,040 2,729.5 874.0 11 32.0 8,113 4,255 1,465 Source: DAH Report for 1975 and mission estimates for 1978/Rapport DAH pour 1975 et estimations mission pour 1978. * Artisans of 20.3, producing essentially metal frames and products, have been regrouped with 20.2 in the Consumer/End-Products - 128 - Appendix 111.2 Appendice 111.2 MOROCCO - STRUCUTRE OF EM!Ts MABC STRUCTURE DeS IME 1975 1978 Outpat f rom Artisans/ V.A./Output/ V.A./ Part V.A./ Enterprises/ Output/ V.A./ Sous-secteur V,A. artisanat production Entreprises Production V.A. cz () (MDHI) (MDH) Biens et fournitures d'équipement 75.3 3 38.8 154 290 112 Machines et matériel d'équipement (sauf 21.8) 76.6 ... 40.9 98 250 110 Construction métallique et chaudronnerie* - 54.4 2 45 25 Matériel ferroviaire roulant 23.6 51 56.5 105 55 31 Construction navale et aéronautique 186.6 6 42.1 359 640 278 Sous-total biens d'équipement mécanique 5 2 Moteurs/générateurs 17.1 - 27.3 1l 230 63 Transformateurs/autres machines 26.8 - 35.1 2 130 45 Câbles électriques 9 - 31.6 13 365 110 Sous-total biens d'équipement électrique 230.5 5 39.6 372 1,005 388 TOTAL Biens ct fournitures d'équipement Produits intermédiaires 49.6 2 25.8 157 215 42 Métallurgie de base et fonderies 65.0 - 31.4 14 385 132 Emballages métalliques 26.3 2 49.2 25 135 72 Articles dérivés du fil machine 7.6 - 41.3 4 55 25 Tubes, tuyaux et robinetterie 18.2 14 41.1 163 70 31 Traitement et revêtement des métaux 166.8 2 32.4 363 860 302 Sous-total intermédiaires mécaniques 2.1 - 32.4 2 15 5 Accessoires électriques 0.4) - (22.2) - 15 5 Composants électroniques 3.1 - 27.2 4 45 12 Piles et accumulateurs 15.2 27.8 6 75 22 Sous-total intermédiaires électriques 182.0 2 31.9 369 935 325 TOTAL Produits intermédiaires Produits finals et biens de consommation 49.4 69 37.3 2,237 270 110 Coutellerie, outils à main, quincaillerie 78.4 60 43.0 3,120 285 133 Mobilier et menuiserie métallique* 72.2 39 47.2 1,769 325 172 Ustensiles de ménage 223.0 ... 23.2 221 1,175 264 Véhicules de transport (sauf 22.4, 5 et 6) - - 20 10 Appareils optiques et photographiques 2.0'. - 25.6 4 Montres et horlogerie 425.0 18 29.6 7,351 2,075 689 Sous-total produits finals mécaniques 7.0 - 29.9 8 55 15 Gros électro-ménager 27.5 - 24.8 13 160 40 Appareils électroniques/TV/radio 0.4 - 28.6 - 5 2 Petit électro-ménager 1.8 - 27.7 - 20 6 Lampes et accessoires électriques 36.5 25.7 21 240 63 Sous-total produits finals électriques 461.5 17 29.3 7,372 2,315 752 TOTAL Produits finals/biens de consommation -95.8 28.4 40 •80 195 TOTAL Industries électriques 874.0 11 32.0 8,113 4,255 1,465 TOTAL IME ur 1975 et estimations mission pour 1978. been regrouped with 20.2 in the Consumer/End-Products Appendix 111.3 - 129 - Appendice 111.3 MOROCCO - TOTAL MARKETS AND LOCAL CONTRIBUTION OF ENGINEERING INDUSTRIES/ MAROC - DEMANDE TOTALE ET CONTRIBUTION LOCALE DES IMIE Local Total Local V.A. Inputs/ Demand/ Contribution/ Sub-sector/ V.A. Intrants Imports/- Demande Contribution S'us-~e~cur' (m.p.) -lo.caux Imports totale locale (in/en millions DH) (%) I. 1969 19 22.3 81.3 105 209 50 20 97.8 254.9 140 493 72 21 40.9 101.6 455 598 24 22 79.2 149.1 300 528 43 23 29.8 66.9 310 407 24 24 3.4 6.5 65 75 13 Total EMIs/IME 273.4 499.9 1,375 2,148 36 II. 1975 19 49.6 52.0 929.9 1,031.5 10 20 393.7 542.6 342.5 1,278.8 73 21 82.3 68.9 1,511.5 1,662.7 9 22 257.7 237.6 1,419.0 1,914.3 26 23 88.8 100.2 601.9 790.9 24 24 11.3 5.5 189.6 206.4 8 Total EMIs/IME 883.4 402.2 4,994.4 6,280.0 20.5 III. 1978 19 42.3 89.6 1,299.0 1,430.9 9 20 785.6 911.2 528.6 2,225.4 76 21 128.3 111.7 2,017.3 2,257.3 il 22 318.6 301.5 1,868.0 2,488.1 25 23 179.5 195.2 921.0 1,295.7 29 24 10.1 4.2 270.9 285.2 5 Total EMIs/IME 1,464.4 656.2 6,904.8 9,025.4 23.5 lj Local inputs, excluding inter-consumption/ Intrants locaux, excluant l'intra-consommation 2/ Imports including duties/ Importations et droits de douane - 130- Appendix 111.4 MOROCCO - MAJOR ENI IMPORTS Appendice 111.4 MAROC - PRINCIPALES IMPORTATIONS DES PRODUITS DES IMME 1975 1977 1978 - 1979 Quantity Value Quantity Value Quantity Value Quantf Value (cons) (DI'OOO) (tons) (DIOI'0O) (tons) (DW'OOO) (ton&) (DH'000) 1. Intermediate Producis : TOTAL 682,130 1,063,615 927,320 1.133,455 Produits Intermédiaires Steel/Iron Wires, Roda, Profile 263,600 290,000 418,140 459,340 347,270 382,570 385,121 549,026 Fils, barres, profilée Steel/Iron Flat Products 88,900 175,385 152,390 285,820 142,450 273,745 114,459 283,763 Plats, t8les, feuillards Steel/Iron Tubes, Pipes 22,160 57,355 28,690 68,660 15,710 39,480 L6,292 46,662 Tubes, tuyaux fer/acier Aluminium Pipes, Roda, Sheets 5,94d 44,345 7,065 68,150 4,435 46,580 6,8-9 75,388 Barres, t8les, tubes aluminium Copper Products 5,755 42,680 7,685 62,540 7,480 61,405 7,192 64,849 Produits en cuivre Pipe Fiteinga/Matal Structures 4,825 24,425 11,060 69,700 16,420 63,230 L0,375 52,455 Tuyauterie/Construction métallique Electric Cables/Wires 617 10,135 692 8,545 326 28,670 457 5,942 Fils et cables électriques Matal Wires (non-electrical) 2,735 16,335 2,330 12,920 1,545 10,110 4,227 26,622 Fils métal (non électrique) Hardware (non household) 2,190 21,470 3,300 27,940 2,265 21,530 2,915 28,750 Quincaillerie (non ménage) 2. Agricultural Equipment: TOTAL 12,340 117,385 13,020 173,960 9,450 127 455 10,534 160,608 Equipement Agricole of which: Agricultural Machines 31,215 57,270 38,930 78,960 dont: Machines agricoles Tractors 78,105 88,745 72,280 81,648 Tracteurs Other Agricultural Equipmant 8,065 27,945 16,250 Autres équipements 3. Industrial Equipment: TOTAL 2,375,321 4,796,680 3,259,445 3,130,346 Equipement Industriel of which: dont: Various Machinery 38,575 493,320 42,875 640,075 20,065 517,075 34,709 741,680 Machines/appareils divers Commercial Vehicles 173,065 480,865 285,850 232.166 Vihiculoz industriels (Piston/Other) Engines and parts 140,205 96,950 86,125 105,995 Moteurs et pièces Grinding Equipment 5,670 89,215 13,895 214,050 6,180 128,390 2,787 72,821 Machines à broyer Railroad Rolling Stock 17,020 84,545 14,680 142,025 2,220 14,885 4,354 33,623 Matériel ferroviaire Pumpa and Compressors 77,935 107,280 4,085 116,845 2,491 81,680 Pompes et compresseurs Mining and Quarrying Equipment 74,335 249,.510 9,170 87,965 3,783 57,374 Matériel d'extraction Lifting and Handling Equipment 76,225 141,870 9,935 182,085 4,315 88,596 Appareils levage/manutention Textile Machinery 3,660 99,745 3,475 111,850 3,605 119,030 2,738 110,951 Machines textiles Machine Tools 2,310 65,005 4,230 110,115 3,440 92,800 2,554 74,666 Machines outils Food Industries Equipment 2,610 51,925 3,520 53,945 1,215 37,095 1,427 49,614 .ppareils pour IAA Crankshafts, transmission shafts 980 35,075 1,623 61,555 1,695 57,395 1,761 60,185 Arbres et vilebrequins Boilers 2,605 38,885 11,350 134,235 5,005 73,260 5,761 78,641 Chaudières Professional Tools 1,065 18,000 1,880 34,545 1,485 31,125 Outils de métier Railroad Equipment 6,435 15,345 38,185 74,040 1,,460 6,360 Matériel pour voies ferrées Industrial Furnaces (non-electrical) 2,740 18,255 11,440 172,165 3,520 33,110 3,459 ZO,336 iours industriels Bearinge 433 14,130 473 17,905 365 13,915 Roulements Industrial Trucks (chariots) 1,808 18,475 2,847 35,340 1,735 24,650 984 15,747 Chariots manutention Tanks and matal containers 948 7,485 2,368 15,645 8,410 43,555 10,529 123,343 Réservoirs et fûts Parts for machines 243 6,590 399 14,615 350 16,655 Pièces pour machinec Airconditioning groupe 297 7,130 514 13,760 390 9,965 Conditionneurs d'air Non-agricultural Tractors 8,940 30,605 12,895 Tracteurs non agricoles Parts for Industrial Cars 485 3,345 373 3,630 3,595 Pièces pour véhicules industriels Electric Generators/Motors 40,465 105,650 101,295 109,085 Générateurs/moteurs électriques Electric Switchgears 47,990 72,470 70,410 95,115 Sectionneurs électriques Telecommication Equipment 78,510 84,260 81,445 33,445 Appareils télécommunications Radio Electrical Equipment 7,500 10,910 36,965 Emetteurs radios Electrical Dry Celle 3,975 4,675 2,415 Piles électriques 4. Conoumption Goods and Durables Biens Durables de Consomation CED and BU Personal Cars 226,215 296,865 217,470 196,760 Voitures de tourisme Pats/Components Personal Cars 13,780 185,845 3,805 67,740 3,795 68,120 3,793 64,345 Pièces de voitures Car Bodies and Parts 2,507 26,125 754 13,415 1,000. 19,630 960 21,355 Parties de carrosseries Bicycles/Motorcycles 58,710 66,275 63,070 39,990 Cycles et mdtocycles Stoves/Heating Apparatus 1,919 15,345 3,133 25,360 2,339 18,035 1,476 12,615 Cuisinitre/chauffages Household Hardware 3,716 32,500 6,467 57,980 7,193 61,285 5,997 56,745 Quincaillerie de ménage Iron/Steel Finished Goods 1,547 15,950 2,473 27,705 1,720 19,650 1,782 20,468 Ouvrages finis fonte/acier TV/Radio Sets 68,990 123,245 78,950 56,295 Récepteurs radio/TV Electrical Tubes/Lamps 12,650 16,605 14,730 23,905 fAupeultubes électriques Household Refrigerators 8,265 17,730 11,405 4,690 -ifrlg6ratours dometiques Sub-Totale by EMI Subsectors Sous-total par Sous-secteur IME Sub-Total Branch 19 418,504 765,697 6-3,601 1,285,725 560,751 .1,010,708 595,320 1,159 ,438 Sous Branche '9 Sub-Total Branch 20 22,256 226,770 34,024 362,552 35,925 354,610 39,580 447,785 Sous Branche 20 Sub-Total Branch 21 89,591 1,288,321 131,713 2,232,230 78,976 1,627,708 76,910 1,672,072 Sous Branche 21 Sub-Total Branch 22 104,244 1,179,575 218,541 2,338,342 71,562 1,334,461 64,950 1597225 Sous Branche 24 Sub-Total Branch 24 2,148 132.744 2,.854 213,710 2,148 173,898 1,680 1 2 S TOTAL MECHANICAL 3,593,107 6,432,559 4,501,385 4,6o9,238 r NECANIQUE Sub-Total Branch 23 17,025 437,249 24,870' 695,254 22,772 639,498 21,160 5 TOTAL EMIs 4,030,356 7,127,813 5,140,883 5,199,970 - 131 - Appendix 111.5 MOROCCO - MAJOR EMI EXPORTS Appendice 111.5 MAROC - PRINCIPALES EXPORTATIONS DES IME 1975 1977 1978 1979 Quantity Value Quantity Value Quantity Value Quantity Value (tons) (DH'060) (tons) (DH'OOO) (tons) (DH'000) (tons) (Dffr00) Pig Iron, Iron, Steel: Total 31.563 23,283 20,928 16,501 45,087 16,969 91,087 40,416 of which: Pig Iron 1,801 5,471 - - - Iron Scraps 28,970 10,691 18,648 5,771 44,774 13,128 88,560 33,482 Metal Containers 241 1,514 131 853 29 231 100 846 House Utensils 413 .3,221 2d1 3,902 240 3,232 290 3,968 Steel Structures 1,426 6,562 - *Non Ferrous Metals: Total 6,657 17,791 32,182 92,470 24,071 72.886 36,750 148,110 of which: Copper Scraps/Ingots 352 1,470 930 4,210 1,461 5,814 2,506 10,840 Copper Utensils 290 4,171 279 5,757 214 4,809 n.a. n.a. Aluminum Scraps 449 761 979 2,578 917 2,184 n.a. n.a. Lead Ingots 5,364 7,284 29,942 78,795 21.335 58,387 34,250 137,272 Tin Products 14 546 14 740 14 677 n.a. n.a. Metal Products: Total 126 2,457 123 2,374 172 3,255 400 4,195 of which: Copper Artisanat 10 2,177 107 2,132 100 2,075 159 2,793 Locks/Hardware 17 411 206 983 Mechanical Machinery: Total 3,456 1,981 2,970 1,753 of which: Sewing Machines - 353 - - Grinding Machinery - - 12 367 102 Computer Accessories n.a. 1,731 n.a. 1,233 n.a. 2,044 n.a. 692 Boiler Condensers - - 0.4 048 2 022 Electrical Machinery: Total i22 15,676 . 22,921 15,719 of which: Amplifiers/Mini- Transformers 2,412 188,983(#) 328 37,655(#) 078 Professional Radios 345(f) C0 2,005(#) 2,270 2,272(#) 3,335 510(#) 1,356 Electrical Components/Hardware 1,125 4,615 4,179 1,523 Transistors, Tubes 405 590 1,183 3,326 Electrical Cables 2,623 8,113 5,569 Starting devices - 2,027 5,723 3,580 Transport Equipment.: Total 0214 1 20..180 2 . of which: Person/Comercial Cars - 53(#) 7,414 5(#) 342 97(#) 4,466 Car Parts (Radiators and bodies) 987 3,748 14,528 15,230 Cycles and Parca 9,400(#) 240 516 900 746 Animal Vehicles/Parts 8,753 - Merchant Ships 1(#) 10,110 - 2(#) 2,357 1(#) 1,000 Medical Instruments 2,414 2,106 1,004' 919 Watches/Parts 74,310(#) 1,565 26,750(0) 1,163 66,970(#) 2,921 Sub-Totals by EMI Subsectors Sub-Total Branch 19 31,145 30,610 21,400 26,900 46,360 31,485 93,835 72,210 Sub-Total Branch 20 1,527 16,820 926 14,720 706 13,045 1,055 15,170 Sub-Total Branch 21 1,665 865 141 1,355 175 1,430 'Sub-Total Branch 22 20,215 11,795 3,255 20,280 1,635 21,905 Sub-Total Branch 24 6,255 5,865 54730 Sub-Total Mechanical 75,565 60,145 71,205 115,445 Sub-Total Branch 23 2,980 14,515 550 21,990 345 16,075 TOTAL EMIs 78.545 74,660 93,195 131520 #: Quantity in numbers. PROJECTED NEEDS FOR THE MANUFACTURING SECTOR OF QUALIFIED MANPOWER TRAINED IN FMIs SKILLS 1980-85 (Additional Need p.,. - Numbers) 1980 1981 1982 1983 1984 1985 Techni- Skilled Techni- Skilled Techni- Skilled Techni- Skilled Techni- Skilled Techni- Skilled cians 1/ & Semi- cians 1/ & Semi- cians 1/ & Semi- cians 1/ & Semi- cians 1/ & Semi- cians 1/ & Semi- Sector of and Skilled and Skilled and Skilled and Skilled and Skilled and Skilled Activity Foremen Workeral/ Foremen Workersl Foremen Workersl! Foremen Workeral- Foremen Workersi Foremen Workers Mechanical Skills EMIs 215 252 293 337 386 438 Other Manufactu- ring sectors 57 67 78 90 103 116 TOTAL 272 4,720 319 3,465 371 3,640 427 3,815 489 4,015 554 4,215 Gap 2/ 156 2,720 203 1,465 255 1,640 31 1,815 93 2,015 158 2,215 Electrical Skills EMIs 40 47 55 63 72 82 . Other Manufactu- ring sectors 21 24 28 32 37 42 TOTAL 61 675 71 497 83 522 95 547 109 576 124 605 Gap 2/ 17 125 27 - 53 39 - 28 -184 - 3 -107 26 -155 55 TOTAL EMIs Skills 333 5,395 390 3,962 454 4,162 522 4,362 598 4,591 6713 4,820 TOTAL Gap 2I 173 2,845 230 1,412 294 1,612 -153 1,812 -77 2,041 3 2,270 1/ The SCET/CERET Study has estimated that, for 100 technicians trained in mechanical skills, the EMIs employ 79 of them and the other manufacturing sectors 21. For the electrical skills. these percentages are 66% and 34% respectively. 2/ Gap - Projected additional need - annual output of manpower trained. A positive number indicates a lack of training capacity, a negative number indicates an excess. Consequently, the estimated gaps assume that all the additional labor in these skills available each year are the graduates of the year from the technical institutes and vocational schools. 3/ The additional numbers of skilled/semi-skilled workers with mechanical and electrical skills are assumed to represent 25.1% and 3.6% respectively of the incremental labor force in the whole manufacturing sector. Source: World Bank paper: Forecasting Manpower Demand (1980), and Mission estimates Appendix V.1 - 133 - Appendice V.1 MOROCCO - PRODUCTION COSTS AND CHARACTERISTICS IN FOUNDRIES Foundry 1 Foundry 2 Fonderie 1 Fonderie 2 I.- Cost Structure Structure des coûts Imported materials 19 13 Matières importées Local materials 16 23 Matières locales Total materials 35 36 Total matières Indirect taxes and duties l/ 5 3 Taxes indirectes et droits 1/ Local services and supplies 19 Fournitures et services locaux Miscellaneous costs 1 Coûts divers de gestion Royalties and licence fees - 1 Droits de licences Labor cost 24 26 Main d'oeuvre Depreciation and interest 2 10 Amortissements et intérêts long-terme Profit Margin 23 4 Bénéfice brut Ex-Factory Price l/ 100 100 Prix sortie-usine 1/ II. Ratios Ratios Ex-Factory price/FOB Europe price 135 140 Prix sortie-usine/Prix FOB Europe Capacity utilization 50 55 Taux d'utilisation capacité VA/Output 54 43 Valeur ajoutée/Valeur finale Exports/Production - - Part production exportée Labor productivity index 2/ 60 50 Indice productivité main d'oeuvre 2/ Nominal protection (duties 140(118) 140(118) Protection nominale (droits only 3/) seulement) 3/ 1/ Excluding TPS/A l'exclusion de la TPS. 2/ Base 100 for labor productivity in European similar plants/ Base 100 pour la productivité de la main d'oeuvre dans des fonderies européennes similaires. 3/' CIF prices + duties only, excluding the cumulative special import tax (in brackets) which is the only tax levied on goods entering authorized investments/ Prix CAF + droits de douane seulemwnt, à l'e&clusion de la taxe spéciale d'importation cumulative (entre parenthèses) qui est la seule taxe appliquée aux biens entrant dans les investissements agréés. MOROCCO - CAPITAL GOODS AND SUPPLIES INDUSTRIES MAROC - INDUSTRIES DE BIENS ET FOURNITURES D'EQUIPEMENT 1975 1978 No. of enter- Value prises Output Added Output Imports (MDH) (MDH) (MDH) (MDH) Hetal/Mechanical Capital Goods Fournitures d'équipement métallique /mécanique 21.1 Engines and turbines 2 32 11.5 65 49 Moteurs et turbines 21.2 Agricultural machinery 98 95 30 80 133 Matériel agricole 21.3 Machine tools 1 1 0.5 5 168 Machines-outils 21.6 Lifting/hoisting machinery 4 9 5 20 182 Matériel levage et manutention 21.4/5/7 Other equipment 49 57 28 120 1,008 Autre équipement Sub-Total Equipment/Machinery 154 194 75 290 1,540 Sous-total machines et matériels Ï0.3 Steel structure/platework /l 98 187 77 250 49 Structures métalliques et chaudronnerie Sub-Total 252 381 152 540 1,589 Sous-total 22.4/5 Railroad equipment and shipyards 107 62 35 100 408 Matériel ferroviaire et chantiers navals rotal Metal/Mechanical Capital Goods 359 443 187 640 1,997 Total fournitures d'équipement métallique/mécanique Electrical Capital Goods Biens d'équipement électrique 23.1 Electric motors and generators - - - 5 88 Moteurs et générateurs électriques 23.2 Transformers/other machinery l 63 17 230 119 Transformateurs/autres matériels 23.7 Electric cables and wires 2 76 27 130 29 Fils et câbles électriques rotal Electrical Capital Coods 13 139 44 365 236 Total biens d'équipement électrique F0TAL Capital Goods/Supplies Industries 372 /2 582 231 1,005 2,233 TOTAL Industries de biens et fournitures d'équipement 1 Only enterprises of sub-branch 20.3 with more than 5 workers/ Seules sont prises en compte les entreprises de la branche 20.3 ayant plus de 5 employés. ;2 Of which 174 with less than 5 workers, and 35 with more than 50 workers/ Dont 174 avec moins de 5 ouvriers, et 35 ayant plusyde 50 ouvriers, a- ource: Industrial Survey 1975 and preliminary resulta of the 1978 survey. - 135 Appendix VII.2 MOROCCO - INVESTMENTS AND IMPORTS OF CAPITAL GOODS MAROC - FBCF ET IMPORTATIONS DE BIENS D'EQUIPEMENT Millions DH 1974 1975 1976 1977 1978 1979 1. Investment in equipment 2172 3784 4844 6474 4749 4142 2. Investment in equipment and P.W. 3344 6391 8342 10891 8031 7831 3. Public sector investment 2050 3720 5350 7630 4110 6700 4. Imports of machinery 693 1288 1640 2232 1628 1672 5. Imports of machinery, transport and electrical goods 1644 2905 3923 5265 3602 3434 1974-1977 1977-1979 - Elasticity of imports of machinery to investment in equipment 1.12 0.70 - Elasticity of imports of machinery, transport and electrical goods to investment in equipment 1.11 0.97 1974 1975 1976 1977 1978 1979 5. Output of equipment industries n.a. 218 257 399 346 344 Share in equipment investment (%) n.a. 5.8 5.3 6.2 7.3 8.3 Share in public investment (%) n.a. 5.9 4.8 5.2 8.4 5.1 - 136 - Appendice VII.3 Page 1 LE NIVEAU D'INTEGRATION TECHNOLOGIQUE AU MAROC 1. L'établissement d'une capacité industrielle durable suppose non seulement celui d'une capacité de production, mais aussi une aptitude à s'adapter ou à modifier les moyens ou techniques de production à mesure qu'évolue l'environnement. L'autonomie technologique d'une industrie nationale vis-à-vis des autres fournisseurs et pays peut se définir en fonction de divers "niveaux successifs d'intégration technologique", l'acquisition d'un niveau donné nécessitant la maîtrise du niveau précédent. Ces niveaux peuvent être décrits brièvement comme suit : Premier niveau Opération (production, utilisation des machines et application du procédé) Deuxième niveau : Entretien (subdivision en trois catégories accidentelle, préventive, corrective) Troisième niveau : Analyse de procédé (maitrise du fonctionnement détaillé du matériel et des procédés, ainsi que des caractéristiques des produits fabriqués) Quatrième niveau : Adaptation/Modification (des produits et procédés) Cinquième niveau : Installation (d'unités de production) Sixième niveau Création (de nouveaux produits) Septième niveau Ingénierie et conception (unités de production) Huitième niveau Invention (de procédés) et conception (de nouveaux équipements et machines pour l'application de nouveaux procédés) L'ordonnancement de ces niveaux n'est pas entièrement linéaire, comme l'illustre le schéma ci-dessous 1. Production 2. Entretien r 4 3. Analyse de procédé 4. Adaptation/Modification 5. Installation 6. Création 7. Ingénierie et conception > 8. Invention et conception " r . - 137 - Aiendice VII.3 Page 2 2. L'industrie marocaine a atteint un niveau d'intégration intermé- diaire, situé entre les niveaux 4/5 et 6/7. La plupart des usines installées au Maroc, de même que la plupart des produits qui y sont fabriqués sont encore de conception ou d'origine étrangère; cependant, certaines entreprises ont initié un effort modeste de recherche et de développement afin de créer de nouveaux produits (textiles, produits électriques), et certaines entre- prises du sous-secteur de l'équipement industriel ont montre qu'elles étaient capables de réaliser la conception et la fabrication de biens d'équipement d'un niveau technologique, simple et intermédiaire (convoyeurs à bande transporteuse, équipement pour la construction, chaudières et fourneaux industrialisés). -138- - 138 -Appendix VII.4 MOROCCO - CAPITAL GOODS AND SUPPLIES MANUFACTURED LOCALLY MAROC - BIENS ET FOURNITURES D'EQUIPEMENT FABRICABLES LOCALEMENT Importations (MDR) Denomination Substitutable Dinomination 1978 Share (1) 1979 I. Steel Structures and Platework 84.4 100 143.0 Charpente, t8lerie, chaudroanerie Frames and bridges, gantries and towers, 42.6 26.2 Charpentes et ponts, portiques et pylones, scaffolds, sheds, ... passerelles et escaliers, &chauffaudages Tanks, vessels, silos, funnels, hoppers 41.2 116.3 Cuves, rfservoirs, silos, tr6mies, goulottes n.a. n.a. Dicanteurs, malazeurs, colonnes de traitement Metal frames and windows 0.6 0.5 Menuiseria m&tallique, chassis II. Handling, Transport and Hoisting 1/ 192.6 107.6 Levage, transport et manutention /1 Freight wagons, trailers, dumpers 10.5 100 14.9 Wagons, citernes, remorques, bennes Conveyors, hoists, lifts, cranes, 182.1 50 92.7 Convoyours, ilevateurs, rampes, monte-charges, fork-lifts, ... grues, gerbeurs III. Heating-Ventilating Equipment 156.5 148.4 Equipments thermigues Industrial boilers/ovens 103.7 50 91.3 Chaudiares et fours industrials Condensors, exchangers, dryers 17.1 50 16.0 Evaporateurs, condenseurs, fchangeurs Ventilating and refrigerating machinery 35.7 33 41.1 Equipment de ventilation IV. Quarrying/P.W. Machinery 82.5 23.3 MatArial de BTP et mines Cement mixers, dumpers 8.0 100 1.8 BAtonniares, chariots basculeurs Grinding machinery 74.5 50-25 21.5 Machines A concasser, broyer, cribler V. Specialized Machinery Matdriels spicialisds pour industries Water treatment equipment n.a. n.a. Machines pour traitement des eauz Textile industries equipment n.a. n.a. Machines pour industries textiles Sugar and flour mills supplies n.a. 2 n.a. Equipements pour sucreries at minoteries Mining/cement plant equipment n.a. 2 n.a. Equipements pour mines et ciaenteries VI. Electrical Machinery 167.2 88.2 Mat6rials Electriques Electric motors and transformers 86.7 33 51.5 Moteurs et transformateurs Electric cables and wires 20.0 90. 20.4 ils. at cbles flectriques Control pannels and boards 18.0 50-25 8.6 Armoires at pupitres de commande Transceiver radios 42.5 50-0 7,7 Emetteurs-r6cepteurs radios VII. Supplies for Machinsry 209.3 165.4- Fournitures industrialles Taps valves and fittings 59.0 50 50.7 Robinetterie at vannes Pumps 110.4 25 73.6 Pompea, Presses (power and hydraulic) 12.8 25 10.7 Presses (hydrauliques at micaniques) Gears and pinions 19.7 50 21.8 Engrenages et pignons Molds and dies 7.4 50 8.6 Moules et matrices TOTAL IMPORTATIONS 892.5 675.9 TOTAL DES IMPORTATIONS AUX IMPORTS IMPORT-SUBSTITUTABLE SHARE 455 355 PART POTENTIELLEMENT SUBSTITUABLE Source: Mission estimates, UNIDO expert, import statistics/ Estimations de la mission, expert ONUDI, statistiques douanires. /1 Excluding transportation machinery (tractors, trucks, buses)/ Non comoris matfriel de transport automobile (tracteurs, casions, autobu-). /2 Import data generally included among other imports/ Donies des importations g6n6ralment comprises dans les autres donaSes. MOROCCO - PRODUCTION COSTS AND CHARACTERISTICS IN CAPITAL GOODS AND SUPPLIES INDUSTRIES Steel Structures Agricultural Diesel Engines Electrical and Platework Equipment Assembly Equipment (5 firms) (2 firms) (2 firms) (4 firms) I. Cost Structure Imported materials 32-53 24-64 54-56 14-65 Local materials ... 36-12 1-3 1-20 Total materials 32-53 60-76 57 34-66 Indirect taxes and duties 7-15 4-12 4-10 5-13 Local services and supplies 6-13 0-4 5-10 4-6 1 Miscellaneous costs 1-3 0-1 1-2 H Royalties/Licence fees 0-1 0-3 1 0-1 Labor costs 20-42 4-23 9-8 9-14 1 Depreciation and interest 2-15 3 3-9 5-25 Profit margin 0-6 1-5 11-15 0-19 Ex-Factory Price /1 100 100 100 100 II. Ratios Ex-Factory/CIF Europe prices 95-135 100-135 135-145 120-160 /4 Capacity utilization 60-110 25-60 50-75 50-70 VA/Output 37-53 20-32 32-37 28-48 Labor productivity index /2 60-80 70-80 50-60 60-85 Nominal protection /3 111-127 (118) 100-115 110 114-125 (118) /1 Excluding TPS/Hors TPS /2= 100 for labor productivity in European similar plants/Base 100 pour la productivitg de la main d'oeuvre dans des usines europeennes similaires /3 CIF price + duties only, excluding the cumulating special import tax (in brackets) which is the only tax levied on the capital goods entering authorized investments. /4 100-120 for distribution and power transformers and for electric motors. LnJ MOROCCO - PRODUCTION COSTS AND CHARACTERISTICS IN STEEL STRUCTURES AND PLATEWORK Firm 1 Firm 2 Firm 3 Firm 4 Firm 5 I. Cost Structure Materials /1 36 43 32 39 59 Indirect taxes and duties 9 15 7 9 7 Local services and supplies 12 10 13 6 8 Miscellaneous costs 2 ) 2 3 1 Royalties/Licence fees - - - - 1 Labor costs 29 25 42 28 17 Depreciation and interest 6 2 3 15 7 Profit margin 6 5 1 6 Ex-Factory Price /2 100 100 100 100 100 II. Ratios Ex-Factory price/FOB Europe price 120-135 95-120 100-120 120 140 Capacity utilization 70 110 70 60-80 60 VA/Output 50 47 53 52 37 Labor productivity index 70-80 70-80 70-75 50-80 60 Nominal protection /3 127(118) 111-126(118) 126(118) 126(118) 127(118) /1 Practically all imported /2 Excluding TPS /3 Duties only, excluding the cumulating special import tax (in brackets) which is the only tax levied on the capital goods entering authorized investments. .mmmmn mm MAJOR APPLICATIONS OF DIESEL ENGINES IN MOROCCO Sectr Aplictios Tye o EngnesImports Sector Applications Type of Engines Remarks on Accessibility to Moroccan Industries 1978 Unite 1979 Transports Trucks/buses High-speed 13,000 8,730 Fully accessible (already partly implcemnented) Road tractors (100 to 600 HP) Partly accessible (for HP below 150 HP Energy Supply Motor-pumps (water) Low-speed 45.5 HDH 25.1 Fully accessible (already implemented) ( to 200-300 HP) 5 19,900 # 20,150 3 Motor-compressors (air) (except for fenerating 25.7 MDR 22.8 Accessible for compressors L50 m /minutes Electrogenerating groups *roupa) 1,670 # 1,570 Fully accessible (to be implemented) Housing, Public Cranes and other lifting High-speed Partly accessible (except for high tonnage) Works, Mining equipment 42.7 MDH .4 Mobile cranes (50 to 500-600 HP) Accessible in part Bulldozers Not accessible Levelling machines 1ot accessible Tractors and scrapers 14.5. MDH 4.1 !Accessible Rollers/road construction 4.8 MDH 2.2 Not accessible machines Excavating machines 69.2 MDH 46.8 To be further studied Quarrying excavators, n.a. !.a. To be further studied grinders Dumpers Low-speed Fully accessible (already implemented) Cement mixers (20 to 50 HP) 8.0 MDR 1.8 . Fully accessible (already implemented) Agricultural Tractors Low-speed 2,445 # 4,460 Fully accessible Machinery Combines (2 to 200 HP) 'Not accessible Corn and grape harvestors 1,460 To be further studied Mills and crushers Accessible Handling Fork lifters Low-speed 6;0 & 300 'To be further studied (30 to 100 HP) Accessible in low HP range Fishing Fishing boats/trawlers Low-speed General Diesel engines (non automobile) 3,600 # 3,37C Appendix VII.8 - 142- Page 1 of 2 MAJOR APPLICATIONS OF ELECTRIC MOTORS IN MOROCCO Accessibility to Moroccan industries/ 1/ Machinery/Subsector Remarks - Machine-tools for: Metal forming (pressing, bending) Accessible Metal cutting/milling Not accessible. Special D.C. motors Special uses (N.C.) Not accessible. Special D.C. motors - Machines for steel mills and Not accessible. Special motors rolling mills - Industrial ovens (all sorts) Generally accessible (auxiliary motors) - Accessories for industrial ovens Generally accessible (motors for accessories - Foundry machinery: Sanding preparation Accessible (motors for accessories) Molding machines Accessible (motors for accessories) Casting machines Accessible (motors for accessories) Fettling machines Accessible (motors for accessories) - Machinery for testing Not accessible (special motors) - Wood-working machines Accessible (main/auxiliary motors) - Refrigerating/Ventilating Equipment: Household/industrial refrigerating equipment Accessible (already implemented) Ventilating Partly accessible (high power motors) Air conditioning/purifying Accessible (main/auxiliary motors) Industrial drying Accessible (various types of motors) Industrial surface treatment Accessible (various types of motors) - Engines/Turbines: Turbines Not accessible (only auxiliary motors) Boilers/Steam generators Partly accessible (only auxiliary motors) Heat exchangers Partly accessible (only auxiliary motors) - Pumps: Rotating pumps Accessible (already implemented) Other pumps (piston, diaphragm, gears) Not accessible - Compressors: Compressors below 15 bars Accessible Compressors above 15 bars Partly accessible (high power motors) Turbo-compressors/Vacuum pumps Not accessible (except auxiliary motors) Tire inflators Accessible Appendix VII.8 -143-. Page 2 of 2 Accessibility to Moroccan industries/ 1/ Machinery/Subsector Remarks - Public Work/Housing Equipment: Cranes, winches, lifters Accessible Cement mixers Accessible Compacting machinery To be further studied Machinery for cement/construction materials industries To be further studied Quarrying machinery (grinders, crushers, polishers) To be further studied - Machinery for rubber/plastic industries To be further studied - Mining equipment: open pit extracting equipment To be further studied - Agricultural Machinery: Grinding mills, grinders, conveyors Accessible Dairy industry equipment To be further studied - Handling/Lifting Equipment: High power cranes Not accessible (special motors) Elevators Not accessible (special motors) Fork lifts Not accessible (special motors) Others (winches, overhead conveyors and moving cranes, lifting ramps/plateforms, ...) Accessible (up to medium capacity) - Printing/Paper machinery Not accessible (special motors) - Textile machinery/sewing machines Not accessible (special motors) - Mechanical valves Accessible 1/ Accessibility in present conditions, i.e., without substantial investment and technical assistance. - 144 - Appendix VIII.1 MOROCCO - ELECTRICAL AND ELECTRONIC INDUSTRIES 1978 1975 1978/75 Number of Employ- Output Output Growth Rate Enterprises ment (MDH) (MDH) (%) Electrical Equipment 23.1 Electric motors 2 60 5 - N.A. 23.2 Transformers, switchgears 15 1,870 230 63 44.3 23.7 Cables and wires 3 700 130 76 12.1 Electronic Equipment 23.5 Transreceivers radios 2 250 30 15 18.1 Electrical Components 23.3 Automobile accessories 2 340 15 7 20.8 23.8 Batteries 3 350 35 30 -1.3 Electronic Components 23.4 Semi-conductors 5 850 15 2 83.4 Electrical Consumption Goods 21.8 Large household appliances 5 530 55 23 25.3 23.6 Small household appliances 2 150 5 1 60.2 23.8 Dry cells 2 350 10 18 -23.0 23.9 Lamps and fixtures 4 780 20 7 33.0 Electronic Consumer Goods 23.5 TV/Radio assembly 15 1,800 130 94 4.4 Total Electrical Industries 60 8,030 680 336 18.5 Source: Mission estimates from plants visits, BNDE reports and official statistics. MOROCCO - IMPORTS OF ELECTRICAL/ELECTRONIC GOODS MAROC.- IMPORTATIONS D'APPAREILS ET FOURNITURES ELECTRIQUES ET ELECTRONIQUES 1977 1978 1979 Value/ Value/ Value/ Number/ Valeur Number/ Valeur Number/ Valeur Nombre (Df) Nombre (MDB) Nombre (MDH) I... Electrical/Elecitronic Intermediate Goode 75.00 88.00 85.00 Produits électriques/électroniques in-ermédiaires Car batteries and parts 9.88 10.75 10.83 Batteries pour automobiles et parties Starting apparatus 14.19 15.74 17.62 Appareils d'allumage Electric lampe for transport vehicles 15.79 15.96 18.52 Ampoules électriques pour véhicules de transport Antennas 1.23 2.15 4.77 Antennes Signal equipment 4.47 7.66 3.87 Appareils pour signaux électriques Electric condensers 2.91 2.45 2.68 Condensateurs électriques Electric, electronic bardware/fixtures 19.55 24.35 19.38 Petit appareillage électrique et électronique Electric components 3.44 4.34 3.64 Composants électriques Il. Electrical/Electronic Consumer/Durable Goode 340.00 26 , 215.00 Produits électriques/électroniques de consommation Domestic refrigerators 16939 17.73 9704 11.40 -1960 4.69 léfrigérateurs à usage domestique Nater heaters 2.96 2.45 1.94 Chauffe-eau Disbwashers 445 0.98 591 0.98 8 0.09 Machines à laver la vaisselle Washing machines 19.03 25.49 12.99 . Machines à laver et nettoyer le linge sewing machines 14.26 44.16 22.72 Machines à coudre Calculators and office equipment 11294 57.46 4808 39.22 5946- 44.46 Bureautique Dry cells 2.37 2.38 2.11 Piles électriques Electric household appliances 5.19 5.78 2.12 . Appareils ménagers électriques Bousehold heating appliances 11.96 10.00 6.33 Appareils de chauffage électriques Hi-Fi equipment 14.18 9.17 8.48 Appareils haute fidélité TV and radios and parts 602136 115.56 371852 77.06 224089 48.77 Trl- 'sions,radios et parties Electric bulbe and tubes 17.35 15.81 25.58 AmpouLes et tubes électriques . Professional lampa and tubes 4.85 4.75 4.70 Lampes et tubes à usage professionnel Electrical, electronic instruments 37.15 34.84 29.48 Instruments électriques et électroniques Music, sound apparatus 15.12 11.54 N.A. Instruments à musique et d'enregistrement Z Typevriters only/Hachines à écrire seulement lie Fa 0%0 wooo Fa >ooo oo o b"c o o 0 F L 0 ta % 10% )00 Ln Qu CD 0 DCD00CD0WL rà 1S 5 Iwo''-~ Uo 5.S S' ma MOROCCO - STRUCTURE OF COSTS AND PRICES IN SELECTED INDUSTRIES Intermediate Products Consumer Goods Wiring Electronic TV TV Lamps/ Acces- Refri- Batteries Devices Components Assembly Assembly Bulbs sories gerators I. COST STRUCTURE 1. Imported materials 20 33 24 50 55 28 44 53 2. Local materials 40 - 4 12 13 10 - 4 3. Total materials 60 33 28 62 68 38 44 57 4. Indirect taxes and duties 6 6 2 16(DD) 16(DD) 13 18 16 5. Local services and supplies 16 10 11 5 2 105 12 8 6. Miscellaneous costs ) 1 2 1 1 1 7. Royalties and licence fees - - - - - 0.5 - - 8. Labor costs 6 20 44 9 7 18 12 7 9. Depreciation and L.T. debt interest 1 16 6 2 5 11 2 4 10. Profit margin 11 14 7 5 1 9 12 6 11. Ex-Factory prices (Hors TPS) 100 100 100 100 100 100 100 100 II. RATIOS Ex-Factory price/FOB Europe price 125 85-90 100 115 115 90 95 90-100 Capacity utilization 70 80 65 67 90 75 85 VA/Output 24 56 59 32 29 51 44 33 Exports/Production - 15 85 - - - 20 5 Labor productivity/Europe labor productivity. 75 110 130 100 100 80 80 Nominal protection (duties only) 135 115 115-125 145 145 120 125 140 Source: Mission estimates from plants visits and firms accounts. *0 H MOROCCO - IDENTIFIED PROJECTS FOR ELECTRICAL INDUSTRIES Investment (MDH) Employment Capacity Sponsor Market Electrical Intermediate Goods Battery cases (new)/Bacs pour batteries 8 50 n.a. Private Local Lead foundry for batteries (new)/Fonderie plomb 30 n.a. 10,000 tpy Private Local pour batteries Electrical Consumer Goods/Durables Office refrigerators (extension)/Refrigerateurs 3 40 n.a. Private Mainly exports de bureau Wiring devices and fixtures (extension) 6 40 n.a. Private Mainly local Lamps/bulbs (extension)/Lampes et ampoules 1 10 n.a. Private Local Electric meters (new)/Compteurs electriques 10 90 n.a. n.a. Local Electronic Capital Goods Telephone switchboards (new)/Centraux te1ephoniques 5 n.a. 6,000 lines Public + Local Private Interconnection-equipment (new)/Materiel 4.5 30 n.a. Private Local d'interconnection Electronic Intermediate and Consumption Goods Sub-contracting of semi-conductors/ small 500 to 1000 n.a. Private Exports Sous-traitance semi-conducteurs TV accessories (extension)/Accessoires TV 3 50 n.a. Private Local TV assembly (extension)/Montage TV 8 50 n.a. Private Local Source: Mission visits to enterprises *

Основные сведения
Тип документа Pre-2003 Economic or Sector Report
Дата принятия
Страна Марокко
Источник Всемирный банк