Группа Всемирного банка · Pre-2003 Economic or Sector Report

Haiti - Current economic position and prospects (Vol. 1 of 2) : Rapport principal

Гаити Всемирный банк
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Document de La Banque Mondiale A N'UTILISER QU'A DES FINS OFFICIELLES FILE COpy Rapport No. 1243-HA SITUATION ACTUELLE ET PERSPECTIVES DE L'ECONOHIE HAITIENNE Bureau regional Amerique 1atine et Antilles Ce rapport est fonde sur 1es conclusions d'une mission economique qui s'est rendue en Haiti en avril 1976 sous 1a conduite d'A1exandre Nowicki. La mission comprenait les ulembres suivants: Alberto Eguren (Economiste), Jean-Paul Pinard (Economiste), Laszlo Garamfa1vi (fl1I - Finances puh1iques) et Hichael Zuntz (OEA - Balance des paiements). La mission profita brieve­ ment de l'assistance de Gerardo Soto (Agriculture) • .. TRADUCTION NON·OFFICIELLE A TITRE D'INFORMATION Le present document fait I'objet d'une diffusion restreinte, et ne peut etre utilise par ses destinataires que dans I'exercice de leurs fonctions officielles. Sa teneur ne peut etre autrement divulguee sans J'autorisation de la Banque Mondiale. cmrnDENTIEL A N'UTILI:.~;\ QU' A DES FIi'lS OFFICIELLES Rapport No l243-HA ... SITUATlOii' ACTUELLE ET PERSPECTIVES DE L'ECONOMIE HAITIENNE Bureau regional Amerique latine et Antilles Ce rapport est fonde sur les conclusions d'une mission economique qui s' est rcr,.~~e en Haiti en avril 1976 sous la conduite d' Alexandre Nowicki. La nission comprenait lcs membres suivants: Alberto Eguren (Economiste), Jean-Paul Pinard (Economiste), Laszlo Garamfalvi (FMI - Finances puhliques) et rlichael Zuntz (OBA - Balance des paiements). La mission profita brieve­ ment de l'assistance de Gerardo Soto (Agriculture). Le present document fait l'objet d'une diffusion restreinte, et ne peut etre .. utilise par ses destinataires que dans l'exercice de leurs fonctions offi­ cielles. Sa teneur ne peut etre autrement divulguee sans l'autorisation de la Banque Mondiale. TLBLE DES r-IATIERE:; Pages RESUME J.::T CONCLUSIONS • • • 11.4; •••••••••••••••••••••••••••• i-v I. INVENTAIRE DES RESSOURCES DE DEVELOPPE~1El'iT ............. 1 II. TENDANCES A LONG TERME • •• w . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5 Tendances economiques ••.•••••••••••••••••••••••••• 5 Te~dances sociales ••••••••••••••••••••.••••••••••• 8 III. EVOLUTION RECEL'lTE...................................... 11 Croissance .................................. ..... " 15 Cammerce exterieur •• ••••••••••••••••••••••••••••• ~ 15 La consommation privee et ses unplications soci:ales et economiques ••••••••••••••••••••••••• 16 Comparaisons internationales •••••••••••••••••••••• 18 IV. GESTION ECONOMIQUE ••••••••••••••••••••••••••••••••••••• 20 Institutions Hannaie et prix ...................................... ................................... 20 29 Finances publiques ................................ 33 Balance des paiements ............................. 49 v. STRUCTURE DE L'ECONOMIE ............................... . 72 Agriculture • • • • • • • • • • • • • It • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • 73 Industrie manufacturiere 80 Infrastructure •.•••••••••••••••••••••••••••••••••• 83 Transpol.. t ••••.••• '" ••••••• Itt • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • 84 T61ecOMDlunications ••••••••••••••••••••••••••• ~ •••• 86 Approvisionnement en eau et assainissement •••••••• 86 Secteurs sociaux •••••••••••••••••••••••••••••••••• 87 Education ............... ... ..................... . ~ , 90 VI. PERSPECTIVES FUTURES ................................... 94 Reorganisation de l'Administration des finances publiques ....................................... Investissement requis .............................. 95 96 Financement de l'investissement public 101 TABLE DES HATIERES (suite) LISTE DES TABLEAUX DU TEXTE Pages Tableau 1. Agregats de base de developpe~ent ~'Haiti •••• 13 Tableau 2. Financement de la consommation privee •••••••• 17 Tableau 3. Indicateurs economiques fondamentaux compares aux valeurs TYPE ••••••••••••••••••••••••••• 19 Tableau 4. Perception des recettes publiques en Haiti ••• 23 Tableau 5. Perception et utilisation des recettes publiques et role des institutions publiques ••••••••• 25 Tableau 6. Execution des programmes d'investissement •••• 26 Tableau 7. Mouvements de la monnaie et des prix ••••••••• 32 Tableau 8. Demande transactionne11e de monnaie •••••••••• 32 Tableau 9. Sources de financement du credit interieur net du systeme bancaire •••••••••••••••••••••••• 33 Tableau 10. Augmentation des depenses de l'administration centrale ••••••••••••••••••••••••••••••••••• 34 Tableau 11. Deficit de l'administration centrale et son financement •••••••••••••••••••••••••••••••• 35 Tableau 12. Epargne de l'ensemble du secteur public en 1974-1975 •••••••••••••••••••••••••••••••••• 36 Tableau 13. Recettes exprimees en % du PIB ••••••••••••••• 38 Tableau 14. Augmentation des re.c.ettes de l' administration publique en 1971-75, en % par an ••••••••••• 38 Tableau 15. Composition des recettes fiscales •••••••••••• 39 Tableau 16. Perception des droits de douane •••••••••••••• 40 Tableau 17. Recettes et deficit de l'administration centrale 41 Tableau 18. Depenses budgetaires ordinaires de l'administra­ tion centrale par fonctions •••••••••••••••• 42 TABLE DES MATIERES (suite) LISTE DES TABLEAUX DU TEXTE (suite) Pages Tableau 19. Depenses extra-budgetaires de l'administration centrale - depenses de developpement et depenses ordinaires •••••••••••••••••••••••• 43 Tableau 20. Depenses consacrees a l'education •••••••••••• 44 Tableau 21. Depenses ordinaires consacrees a l'enseignement pr imaire •••••••••••.•••••..•••••..••••.•••• 45 Tableau 22. Depenses consacrees a la sante ••••••••••••••• 46 Tableau 23. Depenses sanitaires 46 Tableau' 24. Financement des depenses de developpement du secteur public ••••••••••••••••••••••••••••• 47 Tableau 25. Financement du deficit du secteur public ••••• 49 Tableau 26. Resume de 1a balance des paiements d'Haiti ••• 51 Tableau 27. Exportations nettes et brutes 1970-75 •••••••• 52 Tableau 28. Exportations de la petite industrie, y compris 1es articles assembles ••••••••••••••••••••• 58 Tableau 29. Tourisme: Indicateurs de tendance, 1973-75 •• 60 Tableau 30. Importations de marchandises ••••••••••••••••• 62 Tableau 31. Importations par categories generales de produits 63 Tableau 32. Importation des biens d'equipement en Haiti •• 65 Tableau 33. Estimation des llllportat ions de biens non essen­ tielles •••••••••••••••••••••••••••••••••••• 67 Tableau 34. Mouvements de capitaux et reserves du systeme bancaire d'Haiti ••••••••••••••••••••••••••• 70 Tableau 35. Indices de sante dans quelques pays selectionnes 88 Tableau 36. Investissement public ........................ 100 Tableau 37. Finances publiques, 1976-80................... 102 Tableau 38. Financement des depenses de developpement du secteur public: 1976-30 ••••••••••••••••••• 103 Tableau 39. Epargne publique requise ••••••••••••••••••••• 104 RESUME ET CONCLUSIONS 1. Comptant parmi les trente pays les plus pauvres du monde, Haiti est surpeuplee, possede peu de terres arables et de ressources minerales . prouvees et cornmercialement exploitables; sa population est en grande par­ tie illettree. L'ecart entre les villes et les campagnes, la resistance a laquelle se heurtent le progres technique et la modernisation de l'adminis­ tration, les longues periodes d'insecurite qui ont marque son histoire et le systeme d'education elitiste en vigueur ont entrave son developpement. 2. Le nouveau Gouvernement haitien qui a assume ses fonctions il y a cinq ans, a reoriente vers une voie positive les politiques du passe. C'est ainsi que le pays a accueilli des specialistes etrangers et slest ouvert aux investissements exterieurs directs tout en s'effor~ant d'obtenir d'importants fonds a des conditions de faveur pour de grands projets. 3. Halgre ces facteurs favorables, un certain nombre d 'obstacles con­ tinuent a freiner le developpement economique et social. Le domaine le plus important sur lequel le passe continue a peser est celui de l'agriculture qui entre pour pres de 50 % dans le PIB et fait vivre 80 % de la population. La croissance du secteur, qui a ete negative pendant les annees soixante en partie en raison de catastrophes naturelles, s'est quelque peu acceleree lors des annecs soixante-dix pour atteindre 1,2 7. par an de 1971 a 1975. Cml~e l' accroissement demographique des campagnes a ete de l' ordre de 1,1 ~~ par an, le revenu par habitant dans les zones rurales n'a pratiquement pas progresse depuis long temps. Le revenu moyen de quelque 90 % de la population des cam­ pagnes n'atteignait pas plus de 45 dollars en 1970, niveau inferieur au seuil de pauvrete absolue en liaiti. On estime que ce chiffre est maintenant passe a 80 dollars, mais cette augmentation pourrait etre attribuee presque e~clu­ sivement a l'inf1ation. 4. La dynamiaue des secteurs implantes dans les zones urbaines justi­ fie plus d'optimisme. Les industries manufacturieres et la construction no­ tamment, bien qu'etant encore en formation, se sont developpees a un rythme plus rapide. Le secteur manufacturier, qui constitue 12 % seulement du PIB, a progresse de 6,8 % par an depuis 1971. En plus de quelques usines d'impor­ tance moyenne, fabriquant des articles simples destines au marche local, le secteur comprend aussi quelque 150 petites fabriques travaillant pour l'ex­ portation qui assemblent des elements importes et qui sont en grande partie entre les mains d'etrangers. Le secteur dynamique de la construction a pro­ gresse de quelque 18 % par an et a realise cette derniere annee de grands projets d'infrastructure, finances en majorite par des organisations d'aide etrangcrej en dehors de cela, il a surtout touche les classes moyenne et superieure de Port-au-Prince qui ont beneficH~ au premier chef de la crois­ sance concentree ces dernieres annees dans les villes. - ii ­ 5. Haiti a une economie ouverte. Les entrees de capitaux etrangers et les mouvements de devises ne sont soumis a aucun contrale. La monnaie nationale est entierement convertible. Grace au regain d'interet manifeste par la conmunaute internationale a l'egard d'Haiti, les mouvements de capi­ taux prives et publics se sont acceleres et ont commence a se repercuter sur l'economie et la vie sociale du pays. Premierement, les entrees nettes dans Ie pays ont atteint en 1975 Ie niveau record de 40 miilions de dollars, soit 4,6 % du PIB, et ont suffi a combler l'important deficit de ressources etrangeres cette annee-la. Ces transferts ont ete composes en partie de capitaux rapatries par les residents haitiens rentrant dans Ie pays et en partie de dons provenant d'organisations publiques et privees. Deuxiemement, les decaissements nets de capitaux a moyen et a long terme, en grande partie publics, se sont eleves a 21 millions de dollars en 1975, montant bien supe­ rieur aux quelque 3 millions de dollars a peine atteints les quatre annees precedentes. Troisiemement, les emprunts contractes par les banques haitien­ nes a lfetranger ont aussi ete importants. Les trois dernieres annees, l'en­ dettement etranger net du systeme bancaire a augmente de quelque 20 millions de dollars par an. La plus grande partie de ces fonds a ete utilis.ee pour financer l'augmentation des credits interieurs, accordes avant tout au sec­ teur prive et exclusivement a court terme. Quatriemement, les investisse­ ments prives directs ont commence a s'implanter dans Ie pays. Les montants sont relativement reduits, ne depassant jamais 8 millions de dollars par an, mais ils ont perl'1is a un grand n6mbre de petites entreprises d'acquerir du materiel peu couteux. 6. Ces mouvements de capitaux ont eu des effets tres varies. De ma­ n1cre generales ils ont fortement augmente les ressources a la disposition du pays. C'est ainsi que Ie PIB haitien a progresse, selon les estimations de la mission, de 2,5 % seu1ement par an de 1971 a 1975 tandis que les res­ sources disponib1es augmentaient de 5,2 % pendant 1a meme periode. Cela a permis d'accelerer 1es investissements publics, lesquels ont augmente de 32 % par an depuis 1971. Une partie des ressources provenant du secteur exterieur est allee a l'augmentation de la consommation, objet pour lequel une partie des transferts prives avaient sans aucun doute ete effectues. La consomroa­ tion globale a progresse de plus de 4 % par an et la conson~ation privee de plus de 5 %, tandis que la consrnnmation publique enregistrait une baisse re­ guliere. Presque toute l'augmentation totale de la consomroation privee est allee a la population de Port-au-Prince ou la consomroation par habitant a augmente de pres de 10 % par an. 7. Ce phenomene a accentue les ecarts entre la ville et la campagne. La consommation par habitant a Port-au-Prince etait Ie double de celIe des zones rurales en 1970 mais en 1975 elle etait'3,2 fois superieure. Le nom­ bre d'emplois dans les secteurs productifs de la zone metropolitaine a aug­ mente depuis 1971 de que1que 9.000 unites dans les industries manufacturie­ res et de 12.000 dans 1a construction alor.s que pendant la meme periode l'ef­ fectif de la main-d'oeuvre augmentait a Port-au-Prince de 80.000 personnes - l.~l. ­ dont les deux tiers avaient quitte 1a campagne. ilien qu'en dehors des sec­ teurs mentionnes ci-dessus, de nouveaux emplois se soient crees dans celui ~es services qui augmente rapidement, et dans les activites marginales, Ie taux du choma~e declare a Port-au-Prince serait superieur a 16 % et jusqu'a 60 % de la population vit dan& des logements ou l'espace par personne ne de­ passe pas huit metres carres et ou la consommation d'electricite par habitant est limitee a 0,4 kWh par mois. 8. La difference de revenus par habitant enrre la classe la plus aisee et la plus pauvre a Port-au-Prince est de 1 a 27, 2,5 % de la population re­ cevant pres de 20 % du revenu et 54 % n'obtenant que 15 %. Le groupe a re­ venu moyen - c'est-a-dire en Haiti, dont Ie revenu annuel etait de 240 dol­ lars par habitant en 1970 - s'est developpe rapidenent. II est compose en grande pa::Uc d1intermediaires et d'employes travaiilant dans les differents services de la capitale. Une rapide injection de richesse dans la region de Port-au-Prince et l'inegalite de la distribution des revenus se sont reper­ cutes sur 1a facture des importations; les groupes a revenus eleves et moyens ont absorbe une bonne partie des importations de biens de consommation non essentiels. 9. L'ecart entre les categories de revenus super~eures et inferieures est considerable mais a l'encontre d'autres pays en voie de developpement, Ie nombre de personnes obtenant des salaires de quelque 1.200 dollars (1970) par an est reduit - en fait 4.000 personnes en tout, dont les trois quarts se trouvent dans 1a capitale. Comme ce groupe obtient une fraction relativement reduite du revenu global du pays, la redistribution des revenus ne pourrait ameliorer Ie sort des pauvres que si les recettes provenant de l'augmentation ues impots sur les objets de luxe etaient utilisees pour aider Ie secteur ru­ ral a augmenter la production agricole. 10. La situation de la balance des paiements est precaire. Tout d'abord, les transferts courants nets comprennent des elements temporaires comme des dons effectues par des organisations privees et Ie rapatriement des capitaux haitiens de l'etranger; l'on ne peut done compter qu'a l'avenir ces elements se maintiendront au niveau eleve de l'annee derniere. Deuxiemement, l'aug­ mentation des benefices des industries et de la construction ainsi que l'ecart croissant entre les prix interieurs et les prix exterieurs font qu'il est a la fois possible et rentable pour les Haitiens de placer leurs benefices a l'etranger. Le poste de la balance des paiements afferent aux transactions non enregistrees, qui ne mesure qu'imparfaitement ce phenomene, pourrait etre retenu comme un indice de eette tendance. Les transactions non enregistrees ant grimpe d'environ 9 millions de dollars par an au debut des annees 1970 a plus de 40 millions par an vers 1975. - tv ­ 11. L'evolution recente des echanges rend la balance des paiements en­ core plus vulnerable. Les exportations haitiennes de biens traditionnels: cafe, sucre, cacao et sisal, ont vu leur volume baisser et au mieux stagner. L'augmentation parallele des exportations industrielles n'a contribue qu'a ralentir a 2 % par an Ie declin des exportations globales en valeur reelle depuis 1971. Les exportations de produits manufactures legers, assembles a partir de pieces importees, sont passees de 13 millions de dollars en 1971 a 38 millions en 1975, mais la moitie seulement de ces exportations peut etre consideree comme cornportant urte valeur ajoutee interieure et une partie des benefices realises a ce titre a souvent aussi ete transferee a l'etranger. A l'inverse, les importations haitiennes ont augmente rapidement de 1971 a 1975 au rythme de 9,1 % par an en valeur reelle, et l'elasticite des impor­ tations par rapport au PIB a atteint Ie niveau eleve de 3,6. Une bonne par­ tie de ces importations, environ la moitie, consistait en biens de consomma­ tion dont 45 % de nature non essentielle. Les importations de marchandises non essentielles equivalant a 30 millions de dollars en 1975 et destinees avant tout a la consommation de Port-au-Prince ont depasse de loin celles des biens d'equipement. 12. De maniere generale, l'administration economique du pays doit etre renforcee si l'on veut resoudre les graves problemes qui se sont accumules au fil des annees. A cette fin, il faudra ameliorer la fonction publique, ce qui sera impossible a moins d'arreter la recente baisse des traitements et de les revaloriser pour que Ie secteur public soit en mesure d'attirer et de garder du personnel qualifie. L'influence des institutions publiques sur Ie secteur de l'activite economique qui les interesse n'est pas claire, soit parce qu'il y a longtemps qu'elle n'a pas ete definie, soit parce que les decisions prises au sommet recouvrent plusieurs de ces secteurs ou enfin parce qu'aux echelons les plus eleves de la prise de decision economique on dispose de renseignements incomp1ets. 11 n'y avait que 200 fonct1onna1res en HaIti ayant un traitement superieur a 400 dollars par mois (1972) et Ie revenu de la majorite des fonctionnaires se situait a 40 % au-dessous du re­ venu moyen du travail a Port-au-Prince. Le Ministere des finances ne tenait les comptes ou n'exer~ait un controle que pour 47 % des recettes f1scales de ses agences et pour 32 % des depenses publiques de fonctionnement ou de deve­ loppement. Le Conseil national de developpement et de planification (CONADEP) a eu une influence directe sur l'ordre de priorite du dixieme seulement des investissements publics; c'est peut-etre pour cette raison que seuls 52 % des objectifs"d'investissement fixes par Ie CONADEP pour les secteurs produisant des biens cles, surtout dans l'agriculture, ont ete atteints de 1971 a 1975. 13. L'avenir immediat d'Haiti repose sur Ie developpement de l'agri­ culture. Ce developpement devrait permettre a l'economie haitienne de reta­ blir l'equilibre entre les importations et les exportations en arret ant tout d'abord l'augmentation des importations de produits alimentaires et plus - v ­ tard en produisant des excedents exportables. II devr,"lit aussi s' ensuivre un meilleur equilibre entre les revenus urbains et ruraux et par suite entre la consommati011 dans les villes et les campagnes. II est imperieux pour at­ teindre ces objectifs que l'administration pub11que reserve une plus grande partie des depenses de developpement aI' agricul.ture de maniere a faire pas­ ser sa part du budget a plus des 9 % seulement enregistres de 1973 a 1975. Les autorites ont annonce au milieu de 1975 qu'elles se proposaient de faire passer la part de l'agriculture a 20 % en moyenne des depenses de developpe­ ment au cours de la periode 1976-81. 14. Haiti a une autre tache toute aussi importante, celIe de redonner a la fonction publique son role de direction et son efficacite. Actuellement, environ 48 millions de dollars, soit plus d'un tiers des depenses publiques, sont decaisses en dehors des controles et de la comptabilite officielles. II est souhaitable qu'une bonne partie de ces depenses reintegre Ie budget officie! de maniere qu'une partie au moins serve a augmenter les traitements des fonctionnaires et financer les travaux d'entretien dont l'absence a pro­ voqUe la deterioration des principaux ouvrages d'irrigation et des routes du pays. 15. Les organisations internationales ont deja engage - ou prevoient d'engager - d'importants credits pour Haiti. Ces fonds devaient s'elever a 60 millions de dollars par an - 41 millions sous forme de credits et 18 mil­ lions sous forme de dons - somme qui represente la plus grande partie des 87 millions de dollars necessaires au secteur public pour financer les inves­ tissements, l'assistance technique et les transferts a l'agriculture et a l'industrie privees. Pour que l'epargne du secteur public atteigne une Inoyenne annuelle de 28 millions de dollars de 1976-80 - contre 7 millions de dollars ces deux dernieres annees - un important effort devra etre entrepris par l'administration haitienne pour augmenter les droits de douane, dont Ie prelevement et Ie recouvrement n'ont pas suivi la montee rapide des importa­ tions. 16. Une Commission conjointe representant Ie Gouvernement haitien et les organisations d'aide etrangere a ete creee l'annee derniere afin de co­ ordonner l'assistance etrangere en Haiti. Les autorites haitiennes attachent beaucoup d'importance au travail de cette Commission et les organisations etrangeres qui en font partie cooperent etroitement les unes avec les autres. Par ailleurs, les responsables haitiens semblent prendre conscience des priorites urgentes du pays et decideront peut-etre de prendre les mesures necessaires pour concevoir et appliquer de nouvelles politiques suivant, esperons Ie, les orientations ebauchees ci-dessus. CHAPITRE PREMIER INVENTAIRE DES RESSOURCES DE DEVELOPPEMENT 1. HaIti est Ie pays Ie plus pauvre des Ameriques et l'un des trente pays les plus pauvres au monde. C'est aussi un pays surpeuple. Avec une superficie totale de 27.750 kilometres carres seulement et une population d'environ 4,6 millions d'habitants en 1975, la densite moyenne de la popula­ tion est d'environ 170 personnes par kilometre carre, comparable a celIe des pays les plus peuples du monde. La rarete de terres arables empire la si­ tuation de la population d'Halti. Le terrain arable representant a peine Ie tiers du territoire, la densite moyenne de la population haitienne s'eleve en fait a environ 515 habitants par kilometre carre, contre 445 personnes par kilometre carre de terre arable au Salvador, deuxieme pays Ie plus densement peuple de l'hemisphere occidental. 2. Les richesses rninerales prouvees du pays sont limitees a la fois en etendue et en valeur. La bauxite, Ie mineral Ie plus abondant, est ex­ ploitee depuis 1957. Environ 700.000 tonnes de bauxite sont exportees an­ nuellement. Le minerai de cuivre - en sediments et en filons que l'on trouve habituellement en HaIti en conjonction avec l'or et Ie molybdene - est ex­ ploite depuis Ie debut des annees soixante et exporte en quantites negligea­ bles. Deux importantes societes minieres internationales effectuent d'autres prospections de cuivre et cherchent du petrole en mer. Ces ressources ne se­ ront probablement pas exploitees commercialement avant la fin de la decennie. Dans differentes parties du pays, des quantites moderees de calcaire, sable, gravier, argile, pierres a batir et sel sont produites de maniere intermit­ tente pour la consommation locale. Les vastes gisements de lignite et les quelques gisements de manganese ne sont pas exploites. 3. L'agriculture etait et demeure Ie seul moyen de subsistance des quatre cinquiemes de la population haitienne. Les principales cultures ali­ mentaires sont Ie riz et Ie mais qui representent ensemble 40 % de la valeur de la production agricole. Les produits principaux d'exportation, cafe et sucre de canne, representent 30 % de la production. Les rendements agricoles sont extremement faibles. Le terrain a beaucoup souffert de l'erosion apres que les arbres eurent ete abattus pour la production du charbon de bois. Les methodes eulturales en usage sont celles du sieele dernier. L'etendue moyenne des fermes n'etant que de 1,4 hectare et 88 % des paysans etant en­ core illettres, il n'y a eu jusqu'iei presque pas d'eneouragement ni de pos­ sibilite pour la modernisation de l'agrieulture. La valeur moyenne des rc­ coltes annuelles est d'environ 290 dollars par hectare actuellement et les deux tiers des fermiers ayant 0,64 hectare par famille, Ie revenu annuel moyen par personne sur ces petites propri6tes se situe autour de 45 dollars f (aux prix de 1975), soit Ie quart environ du PNB. - 2 ­ 4. Le capital productif actuel ainsi que l'infrastructure du pays sont maigres, mais, malgre son insuffisance, Ie capital d'investissement haitien demeure sous-utilise. Au cours des deux dernieres decennies, 1955-1975, Ie coefficient marginal de capital s'eleva a 5,2 pour la periode entiere. Eu egard a la periode pour laquelle ce coefficient a ete calcule, Ie coefficient integral de production se rapproche sans doute beaucoup du coefficient margi­ nal. Ce taux ne soutient guere la comparaison avec Ie coefficient de produc­ tion de 3,1, calcule pour les pays en developpement pour la periode 1950-64.!/ 5. Le reseau routier du pays mesure environ 3.700 kilometres, dont 560 seulement sont asphaltes. La route principale reliant Port-au-Prince au Cap-Ha'Itien - Ie port Ie plus septentrionnal - est de 275 kilometres. Pour parcourir cette courte distance, Ie voyage dure sept heures. Aucun ouvrage routier i:Jportant n I a ete construit de 1955 a 1974, et entre-temps le reseau routier s'est deteriore a cause du manque presque complet d'entretien. Le parc des moyens de transport du pays est reduit. II y a, par example, trois voitures pour 1.000 habitants. Du nombre de ports haltiens qui, dans Ie passe, assuraient les liaisons cotieres et internationales, seul celui de Port-au­ Prince est actuellement en etat d'expansion. Malgre l'augmentation du nom­ bre des bateaux de croisiere qui pourralent faire escale dans les ports haltiens et bien que Ie cabotage represente 18 % de tout Ie fret, Cap-Haitien, deuxieme port du pays et principale attraction touristique, ne peut recevoir qu'un bateau a la fois. 1/ Selon Hollis B. Chenery et Nicholas G. Carter, Ie coefficient marginal pour 1960-70, calcule pour 37 PVD etait de 3,2 (Internal and External Aspects of Development Plans and Performance, 1960-70, Table 6, Develop­ ment Policy Staff \l1orking Paper No 141, \.Jorld Bank, Washington, D.C., February 1973). Alors qulil est clair que Ie coefficient marginal de capital depend du taux de croissance de l'economie, et alors que ce dernier ne depend pas exclusivement du capital mais de facteurs exoge­ nes tels que l'effet du temps sur les recoltes ou l'influence de la si­ tuation du marche international sur les exportations d'un pays, 11 est aussi vrai que Ie coefficient de production calcule pour Ie groupe de 13 pays accusant les taux de croissance les plus faibles etait encore aussi bas que 4,0, de beaucou~ plus favorable que Ie rythme de crois­ sance d'Raiti. De ces 37 pays, deux seulement (Ie Ghana et l'Argentine) accusent un coefficient de production comparable a celui d'Raiti. - 3 ­ 6. vans l'industrie manufacturiere, le capital fixe n'est distribue qu'entre un petit nombre d'usines d'importance moyenne - une cimenterie, une minoterie, une grande et deux petites raffineries de sucre, et une usine pour l'egrenage du coton. Des montants de capital fixe ont ete investis dans de nombreuses petites entreprises, fabriquant des produits de consommation (sa­ von, chaussures, vetements) et dans des usines de montage de pieces importees travaillant pour l'exportation. 7. La capacite de l'energie electrique dtHaiti est encore a ses debuts, approximativement 70 NIl en tout. Cette capacite comprend 47 !>1H' d 'hydro­ electricitc installee, le reste etant distribue entre les vieilles usines diesel. La moyenne nationale de la consommation d'electricite par habitant est actue1.1ement de 32 klVh, ce qui represente le tiers de la consommation en Inde. Le =eseau de telecommunications est maigre, comprenant seulement 14.500 l~gnes telephoniques dont tautes, a l'exception de 500, sont situees dans la region metropolitalne. 11 y a une ligne pour 45 habitants dans la region de Port-au-Prince, alors que le reste du pays n'a qu'une ligne pour 7.200 hab~tants. Alors qu'il y a 16 stations de radiodiffusion et une sta­ tion de television a deux chaines, on ne comptait que 17 appareils de recep­ tion radiophonique pour 1.000 personnes au debut des annees soixante-dix, ce qui representait un septieme du nombre disponible au Guatemala ou au Salvador. 8. Un inventaire des maisons en HaIti montre qu'il y a 908.000 maisons dans le pays, dont 721.000 dans les zones rurales. La moyenne nationale est par consequent de 4,7 personnes par maison, et ce rapport est a peu pres le meme dans les regions urbaines et rurales. Cependant, la majorite de ces maisons sont petites, et, quand on tient compte du nombre de chambres, le surpeuplement du pays devient evident par rapport a n'importe quelle norme, avec 2,3 personnes par chambre (2,5 dans la region metropolitaine). 9. Des occupations sauvages pullulent aux environs de Port-au-Prince et il est eVident que, au debut des annees soixante-dix, un cinquieme de la population au maximum etait loge d'une maniere adequate. Alors qu'aucun chiffre n'existe Quant aux materiaux utilises dans la construction des mai­ sons, des enquetes demontrent que, a la campagne comme dans les classes labo­ rieuses des communautes urbaines, le materiau le plus frequemment utilise est le "clissage", ordinairement recouvert d'une couche de boue ou de platre et quelquefois peint a la chaux. Peu de maisons urbaines, et presque aucune maison rurale, ont l'electricite. Une majorite de la population depend des lampes a petrole pour l'eclairage de leurs maisons. L'eau provient des sour­ ces ou des puits a la campagne, et dans les villes, beaucoup de foyers depen­ dent des vendeurs d'eau. - 4 ... 10. Finalement, l'equipement medical est aussi tres inadequat. En moyenne, il y a un lit d'hopital pour 1.300 personnes. En dehors des cen­ tres urbains ou se trouvent les hopitaux de district, il y a peu de person­ nel et de centres sanitaires disponibles. 11. La main-d'oeuvre est probablement la ressource la plus importante ­ et surement la moins utilisee du pays. La population d'Haiti etait approxi­ mativement de 4,6 millions en 1975. II Y avait 1,9 million de personnes dans Ie pays en 1919 et 3,1 millions en 1950. Son taux de naissance brut est eleve, 3,6 %, mais ceci est grandement compense par l'un des taux de mortalite les plus eleves au monde (1,6 %), par une mortalite infantile de­ passant celIe de l'lnde (150 par 1.000 naissances vives) et par un taux d'emigration de 0,4 %. L'accroissement net de la population est estime a 1,6 % par an. C'est une population jeune; 42 % des Haitiens ont moins de 14 ans. 12. Le chOmage sevit dans Ie pays, et Ie taux connu du chOmage etait a lui seul estime a 12,3 % dans tout Ie pays en 1971 et meme plus, 16,2 % a Port-au-Prince. Presque 80 % de la population active est employee dans l'agriculture, a raison de 1,7 travailleur sur cinq par hectare. On a cal­ cule qu'avec une bonne rotation des cultures, Ie besoin reel de main-d'oeuvre dans l'agriculture pourrait etre reduit a 0,4 travailleur seulement par hec­ tare. Cela montre que Ie sous-emploi agricole atteint peut-etre jusqu'a 75 % de la population active rurale, mais la realite est un peu moins tragique si l'on tient compte du fait que la main-d'oeuvre familiale a ete incluse dans les calculs, que 10 a 20 % des cultivateurs travaillent en plus dans d'autres domaines et que l'elevage, la sylviculture et la peche pourraient fournir 10 a 15 % des emplois qui ne sont pas inclus dans les chiffres susnentionnes. Toutefois, meme avec les estimations les plus optimistes l'on obtient des taux extremement eleves de chomage declare et occulte equivalant a quelque 49 % en agriculture et a 62 % pour la totalite du pays.!! 13. Seulement 19, 6 ;~ de la population du pays etait alphabetisee au debut des annees soixante-dix. Alors que Ie taux de scolarisation est en­ core bas, 37 %, les abandons sont nombreux. Cinq pour cent seulement des enfants scolarises terminent l'ecole primaire. Bien qu'il leur soit diffi­ cile d'acceder a l'cducation, de subvenir a leurs besoins pendant leurs etu­ des, d'obtenir un diplOme et ensuite de trouver un emploi, et que ces obsta­ cles se compliquent au long du processus, Ie peuple haitien attache beaucoup de prix a l'education. Mais, quoiqu'elle soit grandement privee des bien­ faits de l'education, la population haitienne est remarquablement perceptive, facilement educable et laborieuse. l:.,/ HaIti - Problemes de main-d'oeuvre et d'emploi, OIT, Geneve, 1976, p. 16. - 5 ­ CHAPITRE II TENDANCES A LONG TER."fE 14. Si les tendances economiques a long terme du passe n'etaient pas favorables a Haiti, c'etait en partie a cause de la rarete des ressources prouvees exploitables du pays, de l'aridite du sol, ou de la surpopulation. II y eut aussi d'autres raisons moins evidentes. Elles se trouvent dans l'histoire sociologique d'Halti. Ce rapport serait incomplet si ces raisons n'etaient pas evoquees au moins brieva~ent. Tendances econoniques 15. La base statistique actuelle du pays est encore tres insuffisante et les renseignements concernant son passe Ie sont encore plus. Cependant, il suffit de rnentionner que la production de chacune de ses deux principales cultures d'exportation - cafe et sucre - etait aussi elevee ou plus elevee il y a plus d'un siecle qu'elle ne l'est a present.l/ 16. Des comparaisons limitees a une periode un peu plus courte, compre­ nant seulement 50 annees du siecle present, sont tout aussi defavorables. Ainsi, pendant la periode 1916-26, les exportations annuelles d'Halti s'ele­ verent a 15 millions de dollars. Depuis lors, les prix des exportations haltiennes augmenterent de 3,8 fois et sa population 2,3 fois. Par conse­ quent, si les exportations par tete etaient maintenues en termes reels, elles auraient du atteindre en principe quelque 131 millions de dollars en 1975. En fait, leur montant brut n'etait que de 93 millions de dollars et leur mon­ tant net de 76 millions de dollars. Ce dernier ne comprend que la valeur ajoutee des produits montes et reexportes au lieu de la valeur entiere des ventes. La valeur reelle d'exportation par tete diminuait, suivant la me­ thode de calcul utilisee, de 0,6 a 1 % annuellement durant la derniere moitie du sieele. 17. La reussite ou l'echec des exportations a toujours eu une influence marquee sur la conjoncture haitienne. Par consequent, Ie lent declin a long terme des exportations combine avec des fluctuations cycliques causa, pendant 36 ans (entre 1921 et 1956), huit ans de crise economique aigue, neuf ans de depression/et treize ans de recession, avec seulement six ans de prosperite relative.I 1/ Ragatz, L. J. Fall of the Planter ~l.s~--A-StuiY. in Social and Economic History. (New York, 1928, p. 125). 2/ J. Vilgrain, Les fluctuations cycliques de l'economie haitienne: etude econometrique, Port-au-Prince (non date) p. 45. - 6 ­ 18. Dans ces circonstances, on ne pouvait guere s'attendre a une aug­ mentation du revenu par habitant. II n'y a pas de chiffres surs pour 1a pe­ riode precedant 1955, excepte que, de 1921 a 1956, i1 Y eut six annees seu­ 1ement de croissance economique. Pendant 1es deux decennies suivantes, de 1955 a 1975, Ie produit interieur d'Haiti a augmente en valeur ree11e d'en­ viron 1,7 % par an, ce qui imp1ique qu'il n'y a eu pratiquement pas d'aug­ mentation du revenu par habitant. 19. La quasi-stagnation qui a marque cette longue periode est due avant tout a la lenteur du developpement de l'agriculture. La production du sec­ teur agricole qui representa 49 % du PIB en 1955 et 45 % en 1975 a augmente de 1,3 % par an durant la periode entiere. L'influence compensatrice prin­ cipale fut exercee par trois secteurs - industrie manufacturiere, construc­ tion et commerce - dont la croissance combinee a ete de 2,4 % par an durant la meme periode. Les fruits mediocres de la croissance contribuee par ces trois secteurs profiterent principalement a la minorite urbaine de Port-au­ Prince. 20. Pendant Ie cycle 1955-75, la croissance a long terme des exporta­ tions de marchandises et de services non facteurs estimee a 2,7 % par an a ete plus favorable que celIe de la production interieure. Cependant, il faut se rappeler qu'une partie considerable des plus recentes exportations a consiste en produits montes a partir de pieces importees, ce qui gonfle la valeur brute des chiffres d'exportation. Les resultats des autres pro­ duits exportes sont moins dynamiques. Ainsi, de 1955 a 1975,1.1 Ie volume d'exportation du cafe a diminue de 1,8 % par an, celui du sucre de 2,2 % par an et celui du sisal de 7,1 % par an'. La culture de. ces produits, qui re­ presentaient globalement en 1955' jusqu'a 88 % de toutes les exportations, profita principalement a la population rurale et les exportations furent par consequent Ie principal stimulant de la croissance de la production agricole. Ces produits furent supplantes par la bauxite et des articles montes par de petites industries et reexportes. Globalement, ceux-ci representerent envi­ ron 45 % du total des exportations a la fin des annees 1955-1975. Le mon­ tage de produits par les petites industries profita a environ 20.000 travail­ leurs~1 embauches a Port-au-Prince, ou, si l'on ajoute les personnes a charge, environ 80.000 personnes en tout contre 3,4 millions d'habitants des zones rurales qui participent a la production du cafe, du sisal et de la canne a 11 Pour eliminer l'incidence des annees de mauvaise recolte, on a pris la moyenne de deux annees au debut et a la fin du cycle de 20 ans. 21 Haiti - Problemes de main-d'oeuvre et d'emploi, OIT, Geneve, 1976. - 7 ­ sucre. 11 est vrai qu 'un pays d,oit diversifier ses exportations mais Haiti n'est pas, nl ne sera pour quelqae temps ellcore, dans une situation Oll la diversification des exportations implique Ie deplacement d'un article par un autre. Compte tenu de la main-d'oeuvre abontiante d'Haiti, la diversifi­ cation de ses exportations aurait du impliquer l'adjonction de nouveaux ar­ ticles, les articles existants continuant leur progression. Ce ne fut pas Ie cas. 21. Pendant les deux dernieres decennies, Ie processus d'urbanisation d'Haiti devint particulierement prononce. La population de Port-au-Prince augmentait de 5,8 % par an, en comparaison avec Ie taux de croissance de 1,1 % par an de la population rurale. La repartition par professions de la population active changea un peu durant cette periode. L'effectif de la classe moyerme augmenta legerement. Si les professions liberales, les tech­ niciens e'~ les employes de bureau sont consideres comme les representants de la cla~se moyenne, leur part du nombre total des emplois augmenta de 1,1 % en 1950 a 1,8 % en 1971. Cependant, en meme temps, la part relative de la population aspirant a faire partie de la cIasse moyenne - commer~ants, re­ vendeurs, et les personnes employees dans les services non productifs et souvent non categorises - a plus que double: de 7 % en 1950 a 16,4 % du to­ tal des emplois en 1971. 22. Ii. Y a quelques raisons principales qui expliquent la deterioration de l'agriculture haitienne et, partant, la situation arrieree de la paysanne­ rie. Parmi celles-ci il faut citer d'abord la fragmentation des terres. La distribution initiale des terres prit place au moment de l'independance quand on divisa les plantations et que de petits lots de terre furent donnes ou vendus aux anciens esclaves et soldats. Le morcellement qui suivit fut in­ fluence par les lois sur la succession basees sur Ie Code Napoleon, et par les lois signees par les Presidents haitiens. Le President Louis Felicite Salomon (1879-88) decreta que les squatters pourraient recevoir Ie titre de propriete s'ils cultivaient certains produits, et Ie President Stenio Vincent (1930-41) promulga 1a 10i du bien-etre de 1a fami11e rura1e qui prevoyait des donations par l'Etat de terres domaniales ne depassant pas 4,9 hectares aux fermiers qui travaillaient effect1vement la terre pendant au mains cinq ans. A la suite de ces mesures, 95 % de la region agricole est maintenant divisee en parce11es de moins de 13 hectares, dont un tiers en parcelles de moins de 1,3 hectare. Dans ces conditions, l'irrigation et la gestion de l'eau sont difficiles. L'analphabctisme predomine et les services de vulgarisation ap,ricole sont tres insuffisants; il y a un vulgarisateur pour 8.000 agricul­ teurs, alors que 1:150 est considere comme un ratio d'encadrement efficace. II est done presque inevitable que la gestion et la technologie agricoles soient toutes deux desuetes et que la production qui en resulte soit inade­ quate. On estime que, suivant les cultures, la productivite de la terre - 8 ­ pourrait etre doublee et souvent triplee avec la diffusion et l'adoption de methodes culturales plus modernes. Tendances sociales 23. Une source egalement importante du manque de progres economique reside dans Ie clivage entre les villes et les zones rurales qui remonte tres loin dans l'histoire haitienne. Alors que Haiti fut Ie premier pays de l'Amerique latine a gagner son independance et Ie premier Etat dans Ie monde etabli a la suite d'une revolte d'esclaves, elle a ete egalement, du­ rant plus de cent cinquante ans apres la revolution de 1804, un pays ayant une structure sociale plutot rigide. Environ 10 % de sa population etait une elite cultivee francophone. Les autres 90 % etaient les masses illet­ trees et parlant creole. Celle-la vit dans les villes et celles-ci surtout dans les zones rurales. Les programmes scolaires etaient, et sont encore, orientes vers les besoins et les preferences de celle-la. Le clivage entre les villes et les regions rurales d'Haiti a par consequent une signification non seulement economique mais aussi, peut-etre par dessus tout, sociale. De plus, il est aggrave par la situation physique ou la plupart de l'infra­ structure du type integrant villes et villages (communications, energie elec­ trique ou autres) s'est a peine etendue en dehors de Port-au-Prince. Meme Ie reseau routier, qui constitue d'ordinaire la principale partie d'une telle infrastructure d'integration, est en etat de delabrement. 24. Pour saisir Ie mieux les differences entre les regions urbaines et rurales, il faut analyser la repartition des revenus pour 1970 (voir Tableau 1.4). Ceux qui gagnaient moins de 240 dollars par an (120 dollars en moyenne par per sonne occupant un emploi lucratif) representaient 87 % de la main­ d'oeuvre totale du pays. lIs representaient cependant jusqu'a 92 % de la population professionnelle active des zones rurales et 54 % de celIe de Port­ au-Prince. Leurs revenus representerent jusqu'a 72 % du revenu total des zones rurales, mais a Port-au-Prince les revenus de ceux qui gagnent moins de 240 dollars par an ne representerent que 15 % des revenus totaux. Le re­ venu annuel moyen (pour toutes les categories de revenus) par per sonne em­ ployee etait equivalent a 153 dollars dans les zones rurales et 437 dollars a Port-au-Prince. Cette difference est quelque peu attenuee par Ie fait que dans les zones rurales une personne sur trois dispose d'un revenu de quelque sorte tandis qu'a Port-au-Prince il n'y a qu'une per sonne employee dans une famille de cinq personnes. Par consequent, en fin de compte, Ie salaire moyen par habitant, y compris les personnes non employees, etait de 55 dol­ lars dans les zones rurales et de 118 dollars a Port-au-Prince. Ces revenus excluent les profits sur Ie capital ou les commissions, mais incluent les re­ venus provenant de services professionnels ou similaires. - 9 ­ 25. L'insuffisance desastreuse de ces revenus devient evidente quand on les compare aux depenses de consommation de la meme annee (voir Tableau 1.5). La depense annuelle moyenne pour l'alimentation s'eleva a 43 dollars dans les regions rurales et a 48 dollars a Port-au-Prince en 1970. Alors qu'a Port-au-Prince une marge bubstantielle rest~it disponible pour d'autres depenses, dans les regions rurales la marge etait negligeable - 12 dollars par an, dont 9 dollars etaient absorbes par Ie loyer et les combustibles. La situation etait pire pour les~ groupes ruraux ou Ie membre salarie de la famille gagnait en moyenne 120 dollars, ce qui equivaut a 40 dollars par per­ sonne, niveau infefieur a la consommation alimentaire moyenne. Quand on se rappelle que la depense moyenne d'alimentation permet de se procurer seule­ ment 1.700 calories par jour, ou 77 % des besoins normaux dans cette partie du globe, il devient evident que 87 % de la population totale - celIe dont un membrc de famille sur trois gagnait en moyenne 120 dollars par an - vi­ vaient en 1970 au niveau absolu de pauvrete ou au-dessous. 26. Alors que la pauvrete sevit en Haiti d'une maniere ecrasante, beau­ coup plus que dans tout autre pays de l'hemisphere occidental, l'inegalite de la repartition des revenus y est moins perceptible que dans la plupart des autres pays. Ainsi, ceux qui se trouvaient a l'echelon superieur des revenus (1970) etatent peu nombreux, quoique leur situation ffit clairement meilleure que celIe du groupe etudie ci-dessus. La categorie des revenus moyens, ou Ie revenu par membre de famille atteignait 200 dollars par an, ne representait que 13 % de Ia population totale et 39 % du revenu total du pays, mais 8 % et 27 % respectivement de la population et du revenu des zones rurales. Le groupe de l'echelon superieur de revenu, gagnant 1.200 dollars par personne par an, ne comprenait en 1970 que 4.000 personnes pour tout Ie pays - soit 13.000 personnes si l'on inclut leurs familIes. Deux tiers de ce groupe re­ sident a Port-au-Prince. Quoique leur revenu par personne ne semble pas exor­ bitant, il est de 28 fois plus eleve que celui de la portion de la population qui gagne Ie moins et compte Ie plus de personnes. Les revenus des couches les mieux payees de la population representent a peine 5 % du total.ll 11 II faut y ajouter les profits sur Ie capital, quoiqu'ils fussent insi­ gnifiants en Haiti. 11 suffit de dire que l'ensemble des salaires re­ presente 70 % du PNB. La depreCiation du capital represente environ les deux tiers des autres 30 % du PNB, laissant seulement 10 % du PNB comme profits. On ne peut ajouter aux revenus de l'echelon superieur qu'une partie de ces profits, precisement ceux des proprietaires d'entreprises privees. Par consequent, cet echelon ne represente qu'une portion insi­ gnifiante du revenu total meme quand on tient compte des profits. - 10 ­ 27. On voit donc que, a cause du nombre restreint de gens aises et de leur part comparativement faible du revenu total, l'incidence de la redistri­ bution des revenus par l'impot sur Ie revenu demeurera vraisemblablement li­ mitee et que l'augmentation de lh production agricole peut etre Ie seul moyen d'ameliorer Ie sort des indigents. Mais on ne peut atteindre cet objectif qu'en canalisant une plus grande portion des recettes publiques vers les in­ vestissements et les credits agricoles. On pourrait obtenir ces recettes ad­ ditionnelles en augmentant les impots sur les produits de luxe et ainsi on pourrait renverser Ie cours de la deterioration des revenus. 28. II serait possible de produire en HaIti quelques produits de con­ sommation de base, pourvu que la technologie en jeu soit simple et a fort coefficient de main-d'oeuvre pour des articles tels que les vetements, Ie savon et les detergents qui sont consommes a grande echelle dans les regions rurales. Ainsi, sur 30 millions de dollars depenses pour les vetements, les articles de toilette et de nettoyage par la population haitienne en 1970, la population rurale depensa 19 millions de dollars. Ceci implique encore que Ie seul moyen de developper la production industrielle pour l'approvisionne­ ment du marche interieur est l'augmentation de la production agricole et l'expansion du marche rural qui en resulte pour ces produits industriels. Les autres possibilites de substitution des importations sont extremement maigres pour l'instant. 29. L'urgence d'une solution au probleme de la pauvrete rurale n'inpli­ que pas qu'on peut negliger Ie probleme de la pauvrete urbaine. Celui-ci existe sous une forme tres aigue. II se reflete principalement dans l'insuf­ fisance alimentaire, quoiqu'il soit un peu moins aigu qu'a la campagne. Si l'on fixe a 45 dollars par personne par an (au niveau des revenus et des prix de 1970) Ie niveau absolu de pauvrete dans les regions urbaines, 58 % au moins des citadins vivent au-dessous de ce niveau, alors que ce pourcentage s'eleve a 72 % dans les communautes rurales.ll Jusqu'a 60 % de la population de Port-au-Prince vit dans des logements surpeuples: l'on a calcule que cha­ que personne dispose d' environ 8 m2 •· 11 II n'a pas ete possible d'ajuster ces comparaisons en fonction du niveau relatif des prix dans les villes et les campagnes. L'on sait que les prix varient considerablement d'une region a l'autre mais i1 n'existe pas d'indice des prix permettant d'effectuer des comparaisons. - 11 ­ CHAPITRE III EVOLUTION RECENTE 30. Depuis l'avenement au pouvoir de l'actuel gouvernenent en avril 1971, l'atmosphere de violence politique s'est lentement dissipee au profit d'un climat de confiance 1argement repandu. Le gouvernement a mis frein A une pratique de mefiance vis-A-vis de l'assistance technique et economique etrangere. Des experts etrangers ont commence A arriver en nombre croissant dans Ie pays et, vers 1976, on y comptait 75 experts relevant des Nations Unies. Ce chiffre est eleve compare a l'effectif global des hauts fonction­ naires haltiens dont 1e nombre n'excede pas 200. Les entrees d'investisse­ ments etrangers venus du secteur prive sont passees d'une moyenne de 2 mil­ lions de dollars par an dans les annees soixante a 5,5 millions de dollars dans les annees soixante-dix. Certains Haltiens sont retournes de l'etran­ ger avec leurs fonds d'epargne estimes a quelque 22 millions de dollars en 1975. Les organismes bilateraux ont accru leurs dons, qui auraient atteint 20 millions de dollars en 1975. Les prets consent is par les institutions sous forme d'aide bilaterale et multinationale ont augmente rapidement, et en termes de debours nets, ils ont atteint Ie chiffre record de 20 millions de dollars en 1975, compare au debours nettement negatif de ces memes insti­ tutions dans les annees soixante. Ces donnees apparemment insignifiantes de­ viennent importantes quand on les oppose au stade du developpement de l'eco­ nomie haltienne. Par example, les investissements publics en HaIti ont ete evalues a 9 millions de dollars par an dans la periode de 1965-1970 et a 22 millions de dollars de 1971 a 1975. On a cree un climat qui doit finalement - sinon immediatement - favoriser la croissance economique et Ie developpement social. 31. A plus court terme, la croissance economique pour la periode 1971­ 1975 ne representait qu'une legere amelioration sur Ie passe. BIle est eva­ luee a un taux annuel de 2,5 %, soit 0,8 % par personne par an. Cette crois­ sance decevante resultait encore principa1ement du faible rendement de la production agrico1e qui, durantla periode 1971-1975, a augmente a raison de 1,2 % lean contre 0,8 % pendant la periode immediatement precedente.ll Tan­ dis qu'i1 constituait encore 49 % du PIB en 1971, ce secteur n'entrait que pour 23 % dans l'augmentation du PIll durant les quatre dernieres annees. De plus petits secteurs, tels que les industries manufacturieres et la construc­ tion, ont chacun contribue au PIB presque autant que l'agriculture. 11 Estimation de la mission. D'apres les statistiques d'Haiti, cette aug­ mentation serait plus e1evee: de ltordre de 1,4 % par an. - 12 ­ 32. Le developpement rapide des industries oanufacturieres et des entre­ prises de construction est dO a Ia recente stabilite et a l'ouverture du pays. Ainsi, la plupart des biens manufactures recemment sont reexportes apres leur montage dans quelque 150 petites usines a partir de pieces importees. Ces usines ont ete etablies avec la participation d'investisseurs etrangers venus du secteur prive. La construction, qui croissai;:. au rythme de 18 % l' an, avait trois sources principales. Elle consistait d'abord en constructions liees a l'assistance internationale, largement orientee vers la refection du reseau routier, lequel vers 1975, representait 47 % des investissements pu­ blics. Puis. viennent les batiments eriges en vue d'abriter Ie capital fixe apporte par les petits investisseurs etrangers. Ces batiments avaient ete finances surtout par des ressortissants haItiens et loues aux investisseurs etrangers, qui hesitaient a engager leurs capitaux, si minimes Hoient-ils, dans les hiens immobiliers. Troisiemement, une partie substantielle de l'ac­ tivite de construction est allee a l'erection de residences privees pour les Haitiens, specialement ceux-la qui rentraient au pays avec un certain capital. 33. Gette structure de croissance relevait inevitablement plus des ap­ ports externes que du financement et de la production internes. Pour cette raison, elle affecta une bien plus petite fraction de la population que ne l'eut fait Ie developpement agricole. Le clivage entre ces deux tendances est imputable a l'augmentation du deficit des ressources de 1971 a 1975. Les exportations - en grande partie d'origine agricole - diminuaient en valeur reelIe de 9 % en 1975 par rapport a 1971, tandis que les importations - des­ tinees en grande partie a la consommation urbaine et aux investissements ­ augmentaient d'une proportion aussi elevee que 42 % en termes reels. Par consequent, l'insuffisance des ressources s'est considerablement agrandie durant cette periode, passant de 0,9 % a 4,1 % du PIB. La disponibilite des ressources augmenta d'un tiers plus vite que Ie PIB du pays (voir Tableau 1). 34. L'apparition d'une grande insuffisance des ressources s'est accom­ pagnee d'un nombre de phenomenes economiques paralleles et connexes. Ainsi, tandis que l'insuffisance des ressources empirait au rythme de 3,2 % du PIB, environ les deux tiers (2,1 % du PIB) en sont imputables au declin relatif des exportations. L'augmentation relative des importations d'environ 1,1 % du PIB ne representait que Ie tiers de l'accroissement du deficit des ressour­ ces durant cette periode. 35. Ce tableau ne se verifie que pour Ie calcul des prix courants, car Ie deflateur implicite du PIB et les prix des importations et des exportations ont considerablement diverge, compte tenu de l'augmentation de 4,2 % par an du deflateur du PIB et de l'augmentation des prix d'importation de 2,1 % du­ rant la periode de 1955 a 1975. La divergence de ces tendances s'est parti­ culierement accentuce depuis "1972. De cette annee jusqu'en 1975, la crois­ sance du PIB, des prix a l'importation et a l'exportation etait de 20,2 %, _ 13 _ Tableau 1: AGREGATS DE BASE nu DEVELOPPEMENT D'HAITI Croissance Pro2ortions (en 2ourcenta~e du PIB) (en pourcentage Prix constants par an, prix Prix courants de 1955 constants de 1955) 1965 1971 1975 1965 1971 1975 1965-1970 1971-1975 PIB 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 ..hQ... 2,5 (Secteur Non disponibles agricole) en prix courants (49,3) (47,7) (45,4) (0,8) (1,2) Consommation 98,0 92,0 92,9 97,3 89,2 94,9 (0,3) 4,1 Privee (89,0) (81,8) (86,1) (88,S) (79,3) (87,9) (0,1) (5,1) Publique (9,0) (10,2) (6,8) (8,8) (9,9) (7,0) (1,9) (-6,0) Investissements 6,9 8,9 11,2 6,4 10,1 15,4 11,7 13 ,8 Prives (3,9) (6,4) (5 ;5) (2,8) (7,3) (7,6) (26,6) (3,3) Publics (3,0) (2,5) (5,7) (3,6) (2,8) (7,8) (-9,5) (32,5) Ressources dis20nibles 104,9 100,9 104,1 103,7 99,4 110,3 1,2 5,2 Deficit des res sources 4,9 0,9 4,1 3,6 1,3 7,1 6,2 57,5 Gains provenant des termes de l'echange sans objet 0,1 -1,9 3,2 dim. augm. Revenu interieur brut " " " 100,1 98,1 103,2 1,3 3,8 Echan~es Importations de biens et de SNF 17,6 16,5 17,6 21 ,6 23,8 30,6 3,9 9,1 (Exportations de biens et de SNF) (12,7) (15,6) (13 ,5) (18,0) (24,5) (20,3) (3,4) (-2,3) Capacite d'importation sans objet 18,1 22,S 23,5 5,0 3,5 - 14 ­ 11,9 % et 22,8 % respectivement par an. Des lors, aux prLx constants de 1955, la dependance a l'egard des res sources ctrangeres apparait plus pronon­ die. La part des importations dans le PIB augmenta de 23,8 7~ en 1971 a 30,6 % en 1975 tandis que celIe des exportations diminua de 24,S % a 20,3 % du PIB. Durant 1a meme periode, l'amelioration des termes de l'echange est estimee a 5,1 % du PIB et Ie deficit des ressources etrangeres a accuse une augmentation de 5, 8 ~, du PI:1. Comme suite aces chang er,lent s , les ressources disponibles augmenterent au taux de 5,2 % l'an, soit Ie double du taux de croissance du PIB et Ie revenu national brut augmenta de 3,8 % par an pour la periode 1971-1975. 36. La consommation et les investissements ont taus 1es deux beneficie de l'accroissement des ressources disponibles, mais a un degre different. Ainsi, la consommation a augmente de 4,1 ~~ par an pour 1a periode 1971-1975 contre 13,8 % pour les investissements. Cependant, un grave descquilibre dans l'emploi des ressources ne devient apparent que quand ces donnees generales sont dccomposees en leurs differents elenlents. Ainsi, 13 consommation dans Ie secteur prive a augmente de 1971 a 1975 de plus de 5 % l'an, tandis que dans Ie secteur public e1le a diminue de 6 7~ l' an, toutes les deux en termes reels. Les tendances relatives <lUX composantes des investissements etaient aussi largement divergclltes; dans Ie secteur prive, l'investissernent connut une augmentation de 3 ~ I'an, tandis que dans Ie secteur public il augmentait a un rythme aUant jusqu1a 32 % l'an. 37. Dans Ie secteur prive, la, consommation urbaine, particulierement celIe concentree a Port-au-Prince, a augmente a un rythme beaucoup plus ra­ pide que la consommation rurale. En partant de l'hypothcse raisonnable que 1a consomrnation de la population rurale depend etroitement de l'accroisse­ ment de la production agricole, on peut estimer que cette consommation s'est accrue au rythme de 1,2 ;~ par an pendant les quatre dernieres annces. Par consequent, meme si l'augmentation de 1a population dans les regions rurales a ete plus lente quia Port-au-Prince (1,1 % par an et 5,8 % par an respecti­ vement), il semble que Ie taux annuel d'augmentation de la consommation par habitant pour la periode 1971-1975 a etc de 0, 1 ~~ dans les re~ions rurales et 6,1 ;~ dans les regions urbaines (voir Tableau 1.5). Ve plus, en partant de l'hypothese aussi plausible que Port-au-Prince a exclusiveuent profite de l'augmentation de la consommation urbaine et que la population des autres centres urbains ne slest accrue qu'a un taux legerement plus cleve que celui de la population rurale, Ie taux annuel implicite de la consommation privee a Port-au-Prince atteint 10 % l'an par habitant. 38. Cette analyse des tendances recentes permet dlarriver a un certain nombre de conclusions. Elles se rapportent premierement a la structure dese­ quilibree du processus de croissance, deuxiemement a la convergence inaccou­ tumee des evenements favorables qui ont rendu temporairenent tolerable la si­ tuation de la balance des paiements, troisiemement a la polarisation accrue de la situation sociale. - 15 ­ 39. ~roissance. Ld structure de la croissance a change du fait de la demande qu~l Ii principalemel;.": e.:2. financee par des injections de devises. Tel a sans aucun doute ete le cas pour cette partie de la demande dans Ie domaine de la const:::uction financee Tla:.: les Haitiens qui ant rapatrie leur epargne. Tel pour:::-aH avoir ete aussi:~ cas de 1a proauct::;'on industrielle alimentee par la demande de produits pour lesquels Haiti <';",,,lit deja atteint Ie record mondial d'expoJ.."tation (par exemple, les balles de base~all, dont Haiti est devenue un e)~portateur de premier rang), et pour lesquels 1a demande etran­ gere pourrait bient8t etre saturee. De nombreuses sources de 1a croissance recente potlvant lle pas s'accroltre a l'avenir, cela suggere que Ie secteur agricole Gevrait etre ..::onsidere comme Ie moteur permanent du deve10ppement economique. S:i. HaIti doit realiser un taux de croissance de 3,5 a 4 %, Ie develoPpc::1em: du secteur aGricole doit atteindre au moins un taux de 3 % par an. L' ar.c<iler;,xion du rythme du deve10ppement agrico1e devrait aussi faci1i­ ter 1 'ut::..lisation plus {;'ol.lplete de l' investissement en cours. Par exemp1e, 1a quasl-totalite de l'tnvestissement actuel dans les transports et dans l' ensei.;nement est dlrigee vers l' agriculture. 40. I.l convient de considerer le rapport entre les taux relatifs de crolssance des investissements prives et des investissements publics. Les quatre dernieres annees ont represente une periode pendant laquelle non seulenent etait retabli un climat de securite pour les citoyens, mais encore une epoque ou des Haitiens sont rentres de l'etranger avec leurs capitaux et ou se sont installces de nouvelles succursales de banques privees de l'etran­ ger. Heanmoins, les efforts de l'investissement prive ont ete plus faibles en 1975 que duraat les quelques dernH~res annees. Ceci peut etre Ie ref let non pas tellement du manque de confiance des investisseurs prives dans l'ave­ nir economique du pays que de leur perpleJ~ite vis-a-vis de 1a hausse vertigi­ neuse des prix dans Ie prys rendant les biens importes tres competitifs et leurs craintes devant llabsence d'une politique economique clairement definie - au de mayens d'app1icaticn d'une telIe politique - concernant l'etude syste­ matique et l'approbation des investissements prives. 41. Le fait que les investissements publics ont plus que compense la decevante lenteur du rythme de croissance des investissernents prives reflete la presence d'investissements relativernent massifs recemment finances par les institutions internationales de pret • . 42. Commerce exterieur. Le deficit des res sources d'llaiti ainsi que l'evolution favorable recente des termes de l'echange ont aide la disponibi­ lite des ressources du pays a croltre a un taux deux fois plus eleve que ce­ lui du PIB (5,2 % par an et 2,5 % par an respectivement). Cette situation ne semble etre fondee sur aucun element permanent. Le deficit des ressour­ ces a etc comble en grande partie grace a des transferts financiers positifs - 16 ­ nets qui pourraient f1uctuer considerab1ement a l'avenir te1s Ie rapatriement de fonds d'epargne par des Hattiens et les dons d'organisations privees. Les termes de l'echange se sout ame1iores en particu1ier sous l'inf1uence du gel impose par Ie Bresil sur Ie prix du cafe. Par ai11eurs, 1es importations de petro1e ont decline temporairement quand on a commence a produire l'energie e1ectrique par 1a nouvelle usine hydro-e1ectrique. 43. Le caractere transitoire de ces e1err.ents prend plus de relief lors­ qu ' i1 est considere par rapport au dec1in du volume reel des exportations (environ 2,3 % par an) et a une augmentation rapide des importations (envi-­ ron 9,1 % par &1) durant 18 periode 1971-1975. L'e1asticite des importations par rapport au PIB, en exces de 3,6~ est rescee aussi elevee que dans Is pe­ riode precedente. Cette e1asticite e1evee est liee en partie a l'accroisse­ ment du taux d'investissement (6,4 en 1965, 10,1 en 1971, et 15~il % du PIB de 1975)~ et aux jmportations de produits destines a 1a reexportatio~, et est done quelque peu inquiet"nte. La part des biens d'equipement et des intrants industriels destines a la reexpo::tation est pas see de 24 % au total des irr.­ pO"4tations en 1971 a 28 % en 1975, et, mane s1 on exclut ces arti.::le5 t Itelas­ ticite de~, iu;portations PO\;.tT Ie reste - princtpalement des biens de consom,ula­ d.oT! - .:::s.. encore de 3. Le niveau des import£..tions se situe mai;:I.\:;ena~lt it 31. I~ au PIB {sux prix de :t955) au 18 % am~ courants at une tel1e e"'lasti­ cite def1 :H:lport.ations, sp[~L;ialeme£lt des biens de consommation, ne pou:crait {~tre 1Jl'.pport<>.ble que pe.·'ldant t.:ne breve Sf elle se pouJ:4,;uiv.?,it .. elle deviendrait un important obstacle a Ie. croissance du PIB. 44. ~:E~1s:?E1m.atio:;....J2.£J~_ee et ses lmulications soc-ialer> e..:: ccoE~miques. Lf; situf) ticr. social€: 'fl.e s ~ est pas amEniorelf~ au caurs des qua(.l:"e J.err.:i.eres an­ nee~, tant: en ce '{ui cone.erne les dIfferences er.tre Ie niveau de v:i.e urbain et lural qu' en ce 'lui a trait a 1a reparci::ion du revenu naticn.".:" a .i i inte­ rieur de ces group{;:ls. Air-st. si 1a consc.mrnat:iDr.. -par habitant ddnG les re­ gions rurales etait de BO dollars en moyen::!", .an 1970, elle semble avc:1..r aug­ meo."I.te de maillS de 50 cent imes en 1975. Au mellle moment. on es time que la con­ sommation par habitant a Poct-au-Prince. egale a 162 dollars en :.i.970, est pas­ see a 261 dollars t".n 1975 (Ie tout aux prix de 1970). Le ra?port de la con­ sommation par habitant, ref1etant la comparaison entre les regions t'urales et Port-au-Prince, est done passe de 2 en 1970 a 3;2 en 1975. 45. Une aggravation de l'ecart entre Port-au-Prince et les regions ru­ ra1es ntast guere supportable. La croissance annue11e de la consommation globa1e privee a ete de S,l % durant la periode 1971-1975. Cette augmenta­ tion s'est repartie entre les regions rurales ou la croissance annuelle de 1a consommation etait contrecarree par une croissance annue11e de la produc­ tion agrico1e de 1,2 %, et Port-au-Prince, ou 1a croissance annue1le globa1e de 1a consommation privee s'est chiffree a environ 16 % - Ie tout en termes - 17 ­ reels. La croissance annuelle du revenu interieur brut a ete de 3,8 % et Ie tiers de ce pourcentage a ete ~U a un renversement de tendance favorable dans les termes de l'echange. Tandis que la croissance de la consommation privee a Port-au-Prince a ete dans un certain degre financee grace aux nouveaux re­ venus fournis par Ie develop~cment rapide de l'industrie manufacturiere et de la construction, elle a ete aussi, et, dans una plus large mesure, finan­ cee par le deficit de devises. 46. £;:1 c:;iffres absolus, cette situation apparatt meme plus frappante. Ainsi, dur~n~ 1a periode 1971-1975, l'augmentation globale du PIB a atteint 82 millions de jollars, et la disponibilite globale des ressources, 111 mil­ lions de dollars, le tout allX prix de 1975. Durant Is. merne periode, la con­ somma ti or, privee a augmenta de 104 millions de dollars dont 84 % (soit 87 mil­ lions de dol:"c.,:s) sont aJ.les aI' accroissement de la consommation a Port-au­ Prince. Cela a ete finance d'une part, par Ie declin de la consommation pu­ blique (,:nviron 20 millions de dollars) qui a reduit l' augmentation de la consommation globale a 84 millions de dollars, et d'autre part, par le defi­ cit de ressources. Tableau 2: FINANCEMENT DE LA CONSOMMATION PRIVEE (aux prix de 1975) Accroissement 1971 197:5 1971-75 Millions Millions Millions Millions Millions Millions de de dol- de de dol- de de dol­ gourdes lars gourdes lars gourdes lars Consonunation 3.659 732 4.077 815 418 84 puhlique 406 81 300 60 -106 -20 privee 3.253 651 3.777 755 524 104 (Port-au-Prince) (727) (145) (4.217) (232) (440) (87) Investissements 355 71 490 98 135 27 PIB 3.978 796 4.386 877 408 82 Disponibilite des ressources 4.014 803 4.567 913 553 111 (Deficit des ressources) (36) (7) (181) (36) (145) (29) - 18 ­ 47. La continuation de cette tendance, selon laquelle l'augmentation de la production nationale est plus petite que celle de la consommation a Port-au-Prince, n'est ni desirable ni possible. Une telle situation aurait pu etre empechee. L'augmentation de la consommation urbaine privee n'a pas ete suffisamment taxee. Les droits d'entree et les impots de consommation qui constituent les principales taxes a la consommation baissaient d'environ 0,3 % par an, en termes reels, durant la periode 1971-1975 alors que les importations des biens de consommation et de produits alimentaires - essen­ tiels seulement en partie - atteignaient rapidement le chiffre 69 millions de dollars en 1975, dont une portion substantielle a ete canalisee vers la consommation a Port-au-Prince. Comparaisons internationales 48. Comme il a ete remarque plus haut, les statistiques de l'economie haitienne sont insuffisantes et toutes conclusions basees sur celles-ci ne peuvent etre que tres provisoires. Neanmoins, une comparaison entre Haiti et d'autres petits pays - pauvres - met en evidence les memes caracteristi­ ques du developpement haItien, lesquelles ont ete considerees comme des obs­ tacles au developpement economique et social du pays et comme etant insuppor­ tables a long terme. Ainsi, la consommation d'Haiti daqs le secteur prive est d'environ 11 % superieure a celle d'un pays "type"l.l tandis que le volume de ses exportations est inferieur d'environ 7 % a celui de ce pays "type". L'emploi dans le secteur agricole montre qu'HaIti depasse le pays "type" de 14 points, ce qui, compare a l'apport relatif de la production primaire au PIB, indique que la productivite de l'agriculture d'Haiti est d'environ 10 % inferieure a celles de pays analogues. Les depenses affectees a l'education en Haiti sont nettement inferieures a celles d'un pays "type" - 1,1 % pour Haiti contre 3,2 ~~ pour le pays "type". Enfin, les recettes fiscales en Haiti sont inferieures a ce11es d'un pays "type" - 12,6 % du PIB pour Haiti compare 11 13,7 % pour le pays "type". 1/ 75 petits pays ont ete choisis pour cette analyse. Les criteres requis d'un pays "type" sont les suivants: 5 millions d'habitants, PNB de 100 dollars par habitant. Pour plus de details sur la methode utilisee, voir Hollis Chenery et Moises Syrquin "Patterns of Development", World Bank and Oxford University Press, 1975, pp. 3-18. - 19­ Tableau 3: HAITI: INDICATEURS ECONOKIQUES FONDAKENTAUX COMPARES AUX VALEURS TYPES (calcules en pour cent aux prix courants) HAITI 1/ PAYS TYPE 2/ (PNB/habitant aux-prix de 1964 (PNB/habitant aux prix de 1964 - 94 dollars - 100 dollars Population - 4,4 millions Population - 5 millions Deficit de ressources - 4,1 % du PIB) Deficit de ressources - 5 %du PIB) A. Structure de la production Production primaire 45,4 42,3 Production industrielle 17,1 14,2 Services publics 6,4 6,4 Production de services 31,1 36,9 PNB 100,0 100,0 B. Strur.ture des depenses Consommation privee 86,1 75,1 Consommation publique 6,8 14,7 Epargne interieure brute 7,0 7,2 Investissements interieurs bruts 11,1 15,1 C. Finances publiques Recettes publiques generales 12,6 1/ 15,8 Recettes finales 10,8 13,7 D. Commerce exterieur Exportations 13,5 20,3 Exportations primaires 4,1 14,9 Exportations de produits manufactures 5,6 1,6 Exportations de services 3,8 3,3 Importations 17,6 25,S E. Emploi Secteur primaire (agriculture et industries extractives) 85,0 71, '3 Taux d'emp1oi de 1a population active totale Secteur industriel (transformation et construction) 7,1 9,4 Taux d'emploi de la population active totale Services: taux d'emploi de la population active tota1e 7,9 19,4 F. Structure sociale Depenses enseienement - ordinaires et d'equipement (% du PIB) 1,1 3,2 Taux d'urbanisation -(population urbaine/popu1ation tota1e) 21,3 20,3 Taux de nata1ite 44,0 46,0 Taux de morta1ite 16,3 18,5 Taux de sco1arisation (dans Ie primaire et Ie secondaire) 32,0 35,2 analyse de regression effectuee a partir de 75 petits pays de moins de 15 millions d'habitants. Regie du tabac. - 20 ­ CHAPITRE IV GESTION ECONOMIQUE Institutions 49. Pour comprendre enti~rement Ie role que les institutions haltiennes jouent dans la gestion de l'economie du pays, on doit considerer trois fac­ teurs. Ce sont d'abord Ie manque de permanence dans l'exercicedes fonctions publiques, ensuite l'insuffisance des traitements des fonctionnaires et enfin l'absence d'une definition claire des attributions des principales institu­ tions. 50. II n'existe pas de carri~re de la fonction publique en Haiti, parce que les fonctionnaires ne sont pas promus dans Ie cadre de leurs institutions respectives. II est donc difficile de mettre en place un corps efficace de fonctionnaires dont la titularisation garanyirait les droits et dont l'avan­ cement de grade sera it base sur Ie merite. l J:/ Certains effets de cette situation sont mis en relief par exemple, dans "HaIti: Mission d '.assistance technique integree," rapport prepare par l'Organisation des Etats americains (OEA) , Washington, D.C., 1972 p. xi. L'Organisation generale du gouvernement telle qu'elle est definie par les lois est suffisante; neanmoins, il existe un hiatus appreciable en­ tre les dispositions theQriques et l'organisation qui existe et fonc­ tionne dans la pratique. Ces insuffisances de structure sont aggravees par une centralisation excessive du pouvoir de decision aux niveaux les plus eleves et des problemes irresolus de coordination a l'interieur des ministeres causes par la proliferation excessive des unites administra­ tives. De plus, les agences autonomes Ie sont trop dans les domaines ou leurs fonctions sont etroitement liees a celles du gouvernement cen­ tral. L'administration publique est entravee par Ie manque de personnel ayant suffisamment de capacites techniques et de capacites de direction et la carence d'elements de travail d'une part, et par une plethore de personnel administratif d'autre part. En 1974, Ie gouvernement a nomme une commission administrative chargee de definir Ie statut des fonction­ naires. En avril 1976, la commission n'avait encore formule aucune re­ commandation a ce sujet. - 21 ­ 51. Les traitementa des agents publics sont bas. Ainsi, en 1973, sur 16.500 de ces agents 16.300 (soit 99 %) recevaient en moyenne un traitement mensuel de 120 dollars. Deux cents fonctionnai~es seulement, y compris les fonctionnaires du Cabinet, touchaient un trait~ent brut mensuel de 400 a 1.000 dollars. La grande majorite (84 %) des membres de la fonction publi­ que tombaient dans la categorie de traitement mensuel de 55 40llars, ce qui correspondait, quand on tient compte des personnes a charge, a un revenu an­ nuel de 130 dollars par habitant en 1973, soit pres du revenu annuel moyen par habitant pour tout Ie pays cette annee (100 dollars), et considerable­ ment au-dessous du revenu moyen par habitant - aux prix courants - a Port­ au-Prince a cette epoque (210 dollars). Dans une telle situation, la solu­ tion evidente pour la plupart des fonctionnaires etait de chercher d'autres sources de revenu et de consacrer moins de temps a l'exercice de leurs attri­ butions officielles. Cela conduisit inevitablement a un travail mediocre, surtout aux echelons inferieurs du personnel, a tel point qu'il n'y a souvent personne a qui un cadre pourra deleguer son pouvoir ou confier des taches specifiques. 52. Les institutions cles responsables de la gestion de l'economie haltienne seront examinees ci-dessous. Elles ont ete divisees en cinq cate­ gories: i) finances publiques, ii) affaires bancaires, iii) planification, iv) statistiques, et v) activite economique. Institutions de finances publiques 53. Le Ministere des finances et des affaires economiques est au cen­ tre de la gestion des finances publiques en HaIti. Mais, en comparaison a d'autres pays, son role est limite. Pour la mobilisation des ressources, 11 compte sur deux principaux organismes publics autonomes: 1 'Administration generale des contributions (AGe) et l'Administration generale des douanes (AGO). Des deux autres organismes de mobilisation de ressources, la Banque nationale de la Republique d'Haiti (BNRH) et la Regie du tabac et des allu­ mettes (RTA), Ie premier sert de receveur de l'AGC et de l'AGD alors que Ie second per~oit lui-meme ses ressources. Et la BNRH et la RTA recueillent une partie substantielle des recettes, qui autrement auraient ete recueillies par l'AGC et l'AGD. 54. L'Administration generale des contributions s'occupe de recueillir les taxes interieures qui sont affectees au budget courant, au budget de de­ veloppement et a un certain nombre de comptes extra-budgetaires. Son homo­ logue au Ministere des finances est Ie Bureau des recettes publiques. Ce Bureau doit preparer des estimations de recettes chaque annee, soumettre des propositions pour la modification des impots existants ou pour la mise en application de nouveaux impots. Cependant, son action est limitee parce qu'il re~oit des renseignements insuffisants de l'AGC. L'AGe n'enregistre - 22 ­ que les recettes allouees au budget courant et au budget de developpement, qui, globalement, ne representent qu'une partie ae l'ensemble des recettes publiques recueillies en Haiti. L'AGD est UTi organisme public autonome charge de recueillir les droits de douane. Comme l I AGC, elle enregistre non pas Ie montant total des impots recue::f.llis mais Sf.iulement Ie montant affecte au bud­ get. 55. Le total des recettes recueill'ies en Haiti en 1975 par tous les organismes de perception etait environ:de 475 millions de gourdes (95 mil­ lions de dollars) dont 47 % seulement, soit 225 miJ1.ions de gourdes (45 mil­ lions de dollars) etaient consacres au budget. Alors que la presque tota­ lite des recettes a ete recueillie - ou du mOinr./la quasi-totalite des roles a ete envcye - i,ar l' AGD et l' AGC, les comptesAiisponibles de ces deux ins­ titutions indiquent la perception de 247 millions de gourdes, c'est-a-dire les contributions et ressources budgetaires ,ttilisees dans leur propre admi­ nistratiou. Par consequent, presque la moi1ie des recettes recueillies par ces institutions n' a pas ete inscrite. Le{ recettes non inscrites sont de­ posees directement sur environ 300 compteS"speciaux aupres de la Banque na­ tionale et utilisees a une uultitude de fins non specifiees. Le Ministere des finances n'a ni un aper~u de ces com~tes r ni leur supervision. 56. Du cote des depenses, l'info~ation et l'influence du Ministere des finances sont egalement insuffisa~es. Les depenses budgetaires sont constituees principalement par les sa~aires et les traitements detailles dans chaque budget annuel. Ce sontpratiquement I les seuls articles entiere- ment preyus au budget. Les autresdepenses budgetaires ordinaires inscrites au budget au titre de depenses de fonctionnement pourraient atre considerees comme residuelles apres la deducti~n des traitements. La totalite des depen­ ses ordinaires du budget est aussf un reliquat. qui reste apres que les re­ cettes totales recueillies ont ebe affectees aux depenses extra-budgetaires qui doivent etre payees des comptes speciaux de la Banquenationale. On peut clairement tirer cette conclusion du fait que la portion des depenses extra­ budgetaires augmente et par consequent jouit de la priorite d'acces aux re­ cettes disponibles (voir Tableau 5). Ainsi, ces depertses representerent 34 % des depenses ordinaires du gouvernement en 1971 et 55 % en 1975, laissant respectivement 66 % et 45 % pour les depenses budgetaires ordinaires •.1l 1/ Somme des postes B.i. et B.iii. du Tableau 5. Ne sont pas comprises dans l'ensemble des depenses ordinaires les depenses de la Regie dont l'addition reduit encore davantage la portion des depenses ordinaires inscrites au budget de 56 % en 1971 a 38 % en 1975. - 23 ­ a Tableau 4: PERCEPTIOH DES RECETTES PUBLIQUES EN HAITI / ImEots Eerli us en millions de ~ourdes~ ~1975 Pour les comptes Organismes de perception Pour le extra-bud­ Depenses des recettes Total budget % getaires % internes % Recettes internes (Adminis­ tration generale des con­ tributions - AGC) 111,1 92,5 83 3,4 3 15,2 14 Douanes (Admini!=;tration generale des douanes - AGD) 361 1 7 130 al 36 222,6 61 M 2 Total . t.72 222 1 6 47 226,0 48 24,2 5 z8 ~/ Ce tableau est base sur des conclusions et des deductions de la mission parce que des renseignements statistiques sur les comptes extra­ budgetaires n'etaient pas disponibles. 57. La Regie du tabac et des allumettes a son propre systeme de ges­ tion et de collection des impots, et preHSve des taxes appeles "commissions" sur beaucoup de marchandises produites localement ou importees. Ses recet­ tes et depenses ne sont pas rendues publiques et on ne peut que les estimer (voir Tableau 5). Les operations de la Regie ne sont pas controlees par le Ministre des finances et, par consequent, ne peuvent pas etre incluses dans Ie processus d'affectation planifiee des ressources, quoique ses recettes representent 15 % du total des recettes publiques et, au moins en principe, doivent etre considerees comme telles. La Regie fixe les commissions sans consulter Ie Ministere des finances. Les autorites ont recemment cree une commission pour verifier les comptes de la Regie et recommander l'adoption de mesures qui affecteraient ses recettes au financement des investissements publics. Banque nationale 58. Les activites de la Banque nationale en HaIti se divise en deux parties principales. La premiere concerne le processus central bancaire pro­ prement dit, lequel comprend les operations bancaires commerciales; la se­ conde se rapporte a la gestion des comptes speciaux. C'est cette fonction, qui comporte l'administration de quelque 230 millions de gourdes (46 millions - 24 ­ de dollars) de recettes extra-budgetaires ou 6 % du PIB, qui fait 1a Banque nationa1e une institution vraiment puissante. Son consei1 d'administration est nomme par 1e President de 1a Repub1ique, a10rs que 1e Ministre des fi­ nances est Ie President honoraire du conseil et n'a pas de droit de vote. 59. Les recettes extra-budgetaires que la Banque nationale administre sont depensees sans aucune methode analytique de comptabilite. Par conse­ quant, 1a fonction operationne11e specifique de ces depenses pub1iques est a peine connue et 1e role de la Banque nationa1e se limite a verifier les comptes en vue de deceler d'eventuels decouverts. P1anification 60. Le Consei1 national de deve10ppement et de p1anification (CONADEP) a ete cree par decret du 17 jan~ier 1963 dans Ie but de formu1er une po1iti­ que generale de deve10ppement economique et social de 1a Nation et de presen­ ter 1es principa1es options de p1anification. Une autre 10i, ce11e du 15 mai 1973, impose une collaboration entre l'Office du budget et 1e CONADEP. Ce­ pendant, jusqu'a present, cette co11ab oration ne s'est pas tota1ement mate­ rialisee et en son absence 1es projets d'investissement ne sont pas pourvus de fonds suffisants pour 1es depenses d'entretien et d'autres depenses ordi­ naires. 61. L'activite du CONADEP differe de ce11e qu'on observe genera1ement dans 1es bureaux de p1anification centrale. Son analyse sectorie11e et 1e cadre economique global utilise ne paraissent pas etroitement lies au cadre macroeconomique reel d'Haiti, en partie parce qu'i1 reste a construire une base statistique. Le CONADEP n'arrive pas non plus a decider des projets sectorie1s ni meme de leur priorite relative a l'economie, parce que ceux-ci sont ordinairement elabores independamment par les ministeres interesses. Par consequent, 1e CONADEP n'est pas capable d'offrir des remedes au desequi­ 1ibre de 1a structure macroeconomique du pays ni ne 1aisse son empreinte sur 1es macropriorites des projets pub1ics.l' Concernant ce dernier point, ses possibi1ites sont aussi 1imitees du fait de l'etonnante modicite de 1a frac­ tion des investissements publics ou dont i1 est directement responsab1e l' ttL'administration de 1a p1anification et du budget national souffre de l'absence d'un plan contenant des objectifs bien precis, des strategies et des moyens determines. Le CONADEP doit assumer une grande et inutile diversite de fonctions mais ne dispose pas de res sources suffisantes. Le systeme national de statistique doit etre ame1iore en ce sens qu'i1 doit fournir des renseignements economiques et sociaux plus opportuns et plus exacts. Le budget doit integrer et conso1ider tous 1es program­ mes du secteur public dans 1e but d'augmenter l'efficacite de 1a plani­ fication et de l'uti1isation des res sources financieres internes et ex­ ternes. De meme, 1e systeme de comptabi1ite publique a besoin d'etre modernise. It (Rapport d'Assistance Technique de l'OEA, ibid). - 25 ­ Tableau 5: PERCEPTION ET L.ILISATION DES RECETTES PUBLIOUES: ROLE DES INSTITUTIONS PUBLIQUES (aux prix courants en millions de gourdes) 1971 1973 1975 Augmentation }lillions· - - " - ­ Mil lions-=----­ Mi11io~--- 1971-75 de gourdes % de gourdes I. de gourdes % (en %) A. Sources Recettes tota1es de l'administration -puhiiiJue-~-- 305 356 555 i. Comptabilisees par Ie Ministere des finances, principalement 11 des fins budgetaires (droits de douane et recettes interieures) 156 191 247 il. Non comptabi1isees et versees Bur 1es comptes de 1a Banque centrale "{iii'" 107 112 228 lii. Non comptabilisces et versees sur Ie compte de 1a Regie du tabac 42 80 B. Affectation Dcpenses tota1es de l'administration publ1que 353 100,0 El 746 i. Budget ordinaire (depenses ordinaires) 152 ...ih!. 172 ...!!hl 204 StH:&He-e Sa1alres et traitements 95 26,7 112 30,0 123 16,5 6,7 Matieres. etc. 28 7,9 28 7,5 41 5,5 10,0 Transferts, etc. 29 8,2 32 8,6 40 5,4 8,4 li. Budget de developpement (depenses d'investissement) 81 a) CONADEP 13 3,7 2,9 1,7 zero b) Autres minis teres et organismes, Banque centrale 68 19,3 87 23,3 201 26,9 31,1 lii. Depenses ordinaires extra-budgetaires non comptabilisees (paiements finances grace aux comptes de la Banque centrale) 78 50 248 iv. Non comptabilisees - Regie du tabac 42 53 80 C. MUd):. 48 17 D. Rappel PIB 2,226 2,844 4,386 18,5 Indice des prix a 1a consommation 100,0 135,6 169,7 14,1 Indice des prix d'lnvestlssement 100,0 146,2 146,8 10,1 - 26 ­ (13 millions de gourdes ou 4,5 % des investissements publics), ou pour 1es­ que1s i1 s'occupe des comptes (pour 9 autres % des investissements publics). Le CONADEP n'a donc aucune influence directe sur 87 % des investissements publics. Tableau 6: EXECUTION DES PROGRAMMES D'INVESTISSEMENT Degre d'execution Investissement total des investissements 1971-75 prevus Moyenne Previsions Realisations des (en millions de gourdes) ecarts Secteurs ------~%~ % Pondere annue1s 2.f Secteurs de production de biens 213,7 25,3 109,9 15,2 51,8 Agriculture 150,2 17,8 79,2 11,0 52,7 48,4 Industrie 55,9 6,6 25,4 3,5 45,4 44,6 Tourisme 7,6 0,9 5,3 0,7 69,7 67,2 Infrastructure 383,9 45,5 399,5 55,3 104,1 117,1 Energie 75,0 8,9 97,1 13,4 129,5 134,1 Transports 200,6 23,8 209,2 29,0 104,3 98,4 Telecommunications 55,8 6,6 82,7 11,4 148,2 126,9 Eau 52,5 6,2 10,5 1,4 20,0 22,8 Secteurs sociaux 186.3 22.1 162,5 22,5 87,2 Education 30,8 3,6 41,8 5,8 135,7 111,1 Sante 97,3 11,5 68,7 9,5 70,6 77 ,9 Deve10ppement commu­ nautaire 54,3 6,4 49,9 5,9 91,9 84,6 Logement 3,9 0,4 2,1 0,3 53,8 98,6 Etudes de preinvestissement 59,6 1.d 49,9 hl Investissement total 843,5 100,0 721,8 100,0 af Cette methode vise a eliminer l'influence de l'inflation sur les resu1­ tats. - 27 ­ Statistiqu,::s 62. Lilnstitut haitien de 1a statistique est responsable de tout le travail statistique de la Republique. 11 compte plus de 70 employes, dont environ 20 sont des fonctior.:::L..ires superieurs. Quoique ses responsables soient particulierement compeo;ents, l'Institut souffre d'une insuffisance de donnees stc:.istiques due en partie a la rarete de fonds (le total de ses depenses ordin~ires inscrites au budget, en dehors des salaires et des trai­ tements, s'esc cleve a 26.000 dollars seulement en 1975/76) et en partie ayx autres institutions qui hesitent a les lui fournir ou en sont incapables.~ Donc, l'Institut ne dispose que de peu de renseignements sur le secteur pu­ blic. Ce~te lacune est une source de nombreuses confusions importantes. Par exemple, l'Institut a estime la croissance economique durant la periode 1971-75 a 4,6 i; par an en termes reels. Cependant, des quelque 51 millions de dollars d'augmentation du PIB au cours de cette periode (prix de 1955), 24 millions - soit presque 1a moitie - ont ete attribues a la croissance reelIe du secteur gouvernemental. On expliqua ceci par une augmentation des depenses publiques que l'Institut considera equivalente a la contribution materie1le du secteur public a la croissance. Une analyse plus complete des activites du secteur public par la mission a montre que cette these n'a pas de fondements solides et lorsque cette augmentation de contribution de l'ad­ ministration publique au PIB a ete maintenue au niveau de 1971 dans les ca1­ culs de la mission, la croissance du PIB a ete reduite a 2,5 % par an. 63. De meme, la connaissance statistique de la croissance du secteur agrico1e est insuffisante. Les calcu1s sont bases sur l'hypothese se10n la­ quelle les trois quarts au moins de la croissance agricole sont diriges vers le maintien de 1a consommation alimentaire par habitant dans les zones rura­ les et, par consequent, 1a croissance de la production agricole est regula­ risee dans les series statistiques. Par contre, la mission a utilise un groupe type de produits agricoles et a trouve que 1a croissance agricole a subi parfois de violentes fluctuations, conclusion qu'etaye 1a rea1ite: les desastres naturels de 1973 et 1975 auxquels s'est ajoute l'arr~t de l'irri­ gation ont ralenti 1a production agricole. 1/ En depit de ces difficultes, l'Institut a pu publier ces dernieres an­ nees d'importants documents statistiques comme l'enquete socio-economique de 1970. le guide statistique de 1971, le recensement de la population, du logement et de l'agriculture de 1971, les enquetes demographiques de 1971 et 1974, l'enquete industrie1le de 1971 et une importante revision des comptes nationaux pour la periode 1955-75. - 28 ­ Administration economigue 64. Le Ministere du commerce et de l'industrie est l'un des plus impor­ tants ministeres economiques. Le Ministere a souffert principalement de per­ tes de personnel, probablement parce que son personnel hautement qualifie n'a peut-etre pas eu de difficultes a occuper les emplois disponibles dans les secteurs industriel et commercial en pleine croissance alors que les traitements verses par l'administration etaient insuffisants. L'administra­ tion de l'industrie est basee sur des lois que Ie Ministere ne peut parfois pas appliquer effectivement - a cause de sa carence de personnel, ce qui a un effet particulierement nuisible sur la solidite de nouveaux investisse­ ments etrangers. Les nationaux et les etrangers qui posent leur candidature en vue de beneficier d'importants avantages fiscaux ne sont pas examines avec soin. II existe une commission des investissements etrangers qui se reunit chaque semaine, mais elle dispose de peu de donnees pour prendre ses decisions puisqu'il n'y a pas de systeme de classement et de controle. Le Ministere est suppose ~ontroler les importations de fa~on a encourager la production nationale de biens simples. II est possible qu'il ne puisse pas y parvenir, d'une part parce que les importateurs representent un groupe tres influent et d'autre part parce que Ie ministere ne dispose pas d'un personnel qualifie suffisant pour entreprendre les analyses appropriees et etablir Ie niveau adequat des droits d'entree. L'inactivite dans ces domai­ nes contraste avec une divergence des tendances de prix, qui a ete notee du­ rant les cinq dernieres annees et qui s'est particulierement acceleree recem­ ment quand les prix des produits nationaux augmenterent de 20,1 % par an du­ rant la periode 1972-75 alors que les prix des importations n'augmentaient que de 8,8 % durant la meme periode. La constance du taux de change, l'in­ flation nationale, Ie bas niveau des droits d'entree et la facilite d'obte­ nir des exonerations de droits s'unirent pour faire de l'importation une activite de plus en plus rentable. 65. On a recemment revitalise quelque peu le Ministere de l'agriculture, grace a la creation d'un Bureau de la programmation au DARNDR!I avec l'assis­ tance de l'ACDI, de la FAO, de l'IICA et d'autres institutions, au renforce­ ment du Bureau du credit agricole (BCA) par l'USAID et la proposition de creation d'un institut de commercialisation au'DARIIDR. Cependant, il en faut beaucoup plus pour ameliorer les capacites de planification, d'executionet de soutien des organismes agricoles, particulierement dans les domaines de la promotion et de la vulgarisation rurales qui sont essentiels a tout effort de developpement agricole. 11 Departement de l'agriculture, des ressources naturelles et du developpe­ ment rural. - 29 ­ 66. La Plan quinquennal de developpement agricole propose reconnait ce besoin de renforcement du sec:eur agricole public et essaie de s'attaquer a quelques-uns des principaux obstacles au developpement agricole, grace a une serie de programmes destines a renforcer et ameliorer les services agricoles, l'infrastructure rurale ainsi ~ue la planification sectorielle, a la mise en oeuvre d'une politique de regionalisation et la creation d'ilots de develop­ pement dans l'ensemble du pays. Les mesures envisagees sont Ie prolongement direct des efforts deployes precedemment en vue de reduire certaines contrain­ tes dans Ie secteur agricole - modification des taxes a l'exportation sur Ie cafe et Ie sucre, elimination des impots sur les ventes interieures de pro­ duits essentiels, adoption d'une loi rendant obligatoire la culture de tou­ tes les terres arables, augmentation du prix de la canne a sucre paye aux producteurs. Toutes ces mesures constituent un effort important en vue de l'amelioration du secteur agricole et temoignent de l'attention qui a ete accordee a la planification agricole au cours de ces dernieres annees. Ce­ pendant, etant donne les ressources financieres et humaines considerables qu'exige l'execution de ce plan ambitieux, il serait bon d'etablir avec soin un ordre de priorite parmi les divers programmes, ce qui contribuerait a exe­ cuter ledit plan dans les limites du budget approuve et de la capacite d'ab­ sorption du secteur agricole public. En outre, Ie besoin crucial de renfor­ cement du DARNDR et de ses organismes affilies, sur lequel Ie Plan insiste constamment, est intimement lie au developpement de l'education agricole a la fois aux niveaux superieur et intermediaire, aussi bien qu'a la politique generale des traitements dans la fonction publique. 67. Tant que l'on n'aura pas pris de telles mesures, Ie secteur agri­ cole continuera a dependre en grande partie de la reussite des projets agri­ coles en cours. Cependant, l'incidence de ces projets pourrait etre limitee par les contraintes clairement reconnues dans Ie plan de developpement. Monnaie et prix 68. Prix. L'inflation des prix etait relativement peu connue en HaIti avant 1972:--Pendant la periode 1967-72, Ie coefficient de deflation impli­ cite du PIB et l'indice des prix a la consommation l / n'ont enregistre qu'une augmentation annuelle de 1,6 et 2,4 % respectivement. Puis a suivi une pe­ riode d'acceleration accentuee de l'inflation en 1972-75 quand Ie coefficient de deflation du PIB et l'indice des prix a la consommation augmentaient de 20,3 et 17,6 % par an. La moyenne des augmentations de l'indice des prix a la consommation etait de 17,6 % durant la merne periode et quand on tient 1/ Calcule pour Port-au-Prince seulement. - 30 ­ compte egalement dee. augmentations de la consommation privee a Port-au-Prince d'une moyenne reelle de 16 % par an, cela suggere l'influence d'une augmenta-, tion rapide de la demande sur l'inflation des prix a la consommation. 69. Les prix a la consommation refletent en Haiti principalement des changements dans Ie prix de la nourriture et des vetements qui constituent respectivement 69 % et 20 % de l'indice des prix. Le brusque rencherissement des aliments a ete partiellement dO a l'augmentation substantielle des prix des produits alimentaires importes, dont la moyenne etait de 35 % par an en 1972-75. La faiblesse de l'offre interieure de produits alimentaires a con­ tribue a pousser vers Ie haut les prix alimentaires, la production de quatre denrees principales (mais, millet, haricots et bananes) diminuant ou restant stagnante et la production insuffisante d'autres produits (lait, riz, pois­ sons seches, graisse et huile) devant etre completee par des importations. 70. D'autres prix suivirent la tendance sur la schene nationale. Apres une stagnation de plus de dix ans, les taux de salaires journaliers minimums augmenterent de 30 %, passant de 1 a 1,30 dollar en janvier 1974 pour com­ penser les augmentations de prix alimentaires survenus au cours de l'annee precedente. Le coOt de construction augmentait de 16 % annuellement et celui de l'habillement, de 21 %. Quoiqu'il existe peu de donnees statistiques, Ie deroulement des evenements tend a suggerer que 1a demande privee a Port-au­ Prince, non restreinte et augmentant rapidement, a exerce une pression sur l'offre domestique de produits aliment aires et a deborde sur les importations de produits alimentaires. Les prix de ces derniers ont augmente brusquement sur les marches etrangers durant les trois dernieres annees et il semble que ce soit l'un des facteurs importants a la s?urce de l'augmentation brusque des prix haitiens depuis 1973 (Tableau 7).~ Une regression lineaire compte tenu de l'indice des prix a la consomma­ tion a Port-au-Prince et l'indice d'inflation internationale montre une correlation tres etroite: y = Indice des prix a la consommation x • Indice d'inflation internationale y - 5,4 ... 0,9 x R 2 = 0,976; t . 19,2 Nombre d'observations: 20 - 31 ­ 71. l~onnaie. Contrair€.lent aux autres pays de 1 'hemisphere occidental, il semble clue l' expansion de 1a masse monetaire n' ait exerce qu 'une influence negligeable sur les prix. L'ofire de monnaie a augmente en 1972-75 au taux de 10,2 % par an alors que Ips prix augmentaient a un taux a peu pres double; durant les cinq annees preceG~ntest quand l'offre de monnaie augmentait de 16 % par an, les prix etaient presque stables. Donc, les prix ont augmente a des taux plus bas quand l'expansion de la masse monetaire a ete la plus forte et vice v~::!rsa. L'expansion monetaire etait egalement bien au-dessous de l'augmentation annuelle moyenne du PIB nominale en 1972-75, alors que l'inverse ecait vrai pour les ciriq annees precedentes. De 6,6 % du PIB en 1967, l'offre de monnaie est passee a un maximum de 9,5 % du PIB en 1972 pour diminuer progressivement ensuite et atteindre 6,7 % du PIB en 1975 (voir Tableau Ar~exe 6.4). 72. Une diminution graduelle de la demande transactionnelle d'encais­ ses, c'est-a-dire une augmentation rapide de la vitesse de circulation de la monnaie, a rendu possible une expansion de la masse monetaire lente pen­ dant une periode de hausse de prix brusquement acceleree. Une raison prin­ cipale de 1a diminution de la demande transactionnelle a ete la tentative des deposants de proteger la valeur reelle de leurs avoirs financiers contre les effets de l'inflation. On a assiste a un renversement de tendance en faveur des depots productifs d'interet qui furent davantage stimules par une augmentation des taux d'interet de 2-4 % a 6-8 % pour les depots a terme et les depots d'epargne. 73. Le secteur prive a ete Ie principal beneficiaire du credit interieur net pendant la periode 1973-75 et a absorbe 64 % de l'augmentation totale de credit. L'acceleration de la demande de credit du secteur prive au cours de ces annees est due en partie a l'acceleration de l'inflation des prix. - 32 ­ Tableau 7: MOUVEMENTS DE LA MONNAIE ET DES PRIX (croissance 'annue11e, en %) 1967-'12 1972-75 PIB Croissance nominaIe 4,6 23,9 Coefficient de deflation imp1icite 1,6 20,3 Prix Consommation 2,4 17,6 Alimentation 2,9 18,5 Hab i11ement 5,3 21,0 Logement -1,5 11,6 Investissement -3,5 15,9 Materiel importe -5,7 12,3 Construction -0,7 16,1 Produits a1imentaires importes ~I 6,2 35,2 Indice international des prix 5,0 16,9 Monnaie et credit Monnaie et quasi-monnaies 18,7 22,9 Monnaie 16,0 10,2 Quasi-monnaies 25,3 43,8 Credit domestique net 8,0 44,0 Secteur public 6,0 24,5 Secteur prive 10,4 70,0 al Choix d'importations a1imentaires representant environ 80 % des importa­ tions a1imentaires en 1975. Tableau 8: DEHANDE TRANSACTIONNELLE DE MONNAIE 1972 1973 1974 1975 Demande transactionne11e 0,095 0,093 0,086 0,067 - 33 ­ SOURCES DE FIN&~CEMENT DU CREDIT INTERIEUR NET Tableau 9: DU SYSTEME BANCAIRE (augmentation en millions de gourdes au cours de la periode) 1971-72 1973-75 Credit interieur net 53,1 562,0 Avoirs exterieurs nets 69,8 Total 102,9 562,0 Financement: 102,9 562,0 Monnaie 76,9 74,5 Quasi-monnaies 46,0 199,9 Engagements exterieurs nets 287,6 Si Ie remplacemerit des encaisses par des depots productifs d'interet avait ete la seule raison de Is diminution de la demande transactionnelle de mon­ naie, la masse monetaire et non les engagements exterieurs, aurait enregis­ tre une augmentation supplementaire de 288 millions de gourdes. Les benefi­ ciaires du credit ont donc utilise une partie des fonds obtenus du systeme bancaire pour financer des operations a l'etranger et, pour compenser cette fuite, ont dO augmenter la rotation de leurs encaisses. 74. Ce credit a ete utilise au moins de trois fa~ons. D'abord, 11 a servi de credit normal a court terme pour des operations commerciales inter­ nes. Deuxiemement, il a ete lie a une augmentation tres rapide des importa­ tions et en particulier des prix a l'importation. Les importations de biens et de services non facteurs ont augmente durant les trois dernieres annees au taux de 24 % par an aux prix courants, les prix a l'importation passant de 1,8 % par an durant 1a periode 1967-72 a 11,8 % par an durant lea anneea 1972-75. Le systeme bancaire a du par consequent augmenter lea ¢redita de financement des importations et une part beaucoup plus grande de l'augmenta­ tion du credit interieur net a ete utilisee pour Ie financement des importa­ tions. Troisiemement, une partie de ces credits a pu etre incluse dans les sorties de capitaux prives et les importations non enregistrees qui ont re­ presente quelque 82 millions de dollars durant la periode 1973-75. Finances publiques 75. L'influence des institutions publiques centrales sur la mobilisa­ tion et l'usage des fonds en HaIti est insuffisante. Get etat de fait reduit - 34 ­ par trop 1e role du budget de fonctionnement dans l'a110cation des ressour­ ces pour 1es depenses ordinaires et dans l'ame1ioration de l'efficacite du secteur public. Ce role limite s'affaib1it encore, et l'ana1yse des tendan­ ces recentes des finances pub1iques 1aisse apparaitre une deterioration sen­ sible. Les depenses ordinaires du budget ont baisse de 5,7 % par an en ter­ mes reels au cours desdlWltee annees passees. Les recettes pub1iques ont augmente beaucoup plus 1entement que 1es depenses et 1e deficit du gouverne­ ment central a plus que double en termes reels pour atteindre 4,3 % du PIB en 1975. 76. Les recettes du gouvernement central ont augmente de 15,9 % par an durant 1a periode 1971-75, c'est-a-dire moins que 1e PIB nominal. En conse­ quence, 1e rapport recettes/PIB est passe de 11,8 en 1971 a 10,8 en 1975. (Tableau 13). Pendant 1a meme periode, l'augmentation des depenses a cons­ tamment ete superieure a l'augmentation des recettes et 1e deficit annue1 qui etait de 47,2 millions de gourdes en 1971 a atteint 191,1 millions de gourdes en 1975. Toutes 1es trois composantes des depenses tota1es - depen­ ses budgetaires, depenses extra-budgetaires, et depenses de deve10ppement ­ ont evo1ue bien differemment pendant 1a periode. Les depenses de deve10ppe­ ment ont connu une augmentation importante qui a represente presque 1a moi­ tie (45 %) de l'augmentation des depenses tota1es. On peut attribuer 1a grande partie (40 %) des autres 55 % a l'augmentation des depenses ordinai­ res extra-budgetaires, et seu1ement une faib1e fraction (15 %) a l'augmenta­ tion des depenses budgetaires ordinaires. Tableau 10: AUGMENTATION DES DEPENSES DE L'ADMINISTRATION CENTRALE (en millions de gourdes) Augmen- Taux d'aug­ tation mentation 1971 1972 1973 1974 1975 1971-75 % E·a. Depenses tota1es 310,7 326,3 328,7 440,5 666,6 355,9 21,0 Depenses ordinaires 1/ 256,8 264,2 263,6 328,6 452,6 195,8 15,2 Budgetaires 152,3 159,9 171,8 176,8 204,3 52,0 7,6 Extra-budgetaires 104,5 104,3 91,8 151,8 248,3 143,8 24,2 Depenses de deve10ppe­ ment J:./ 53,9 62,1 65,1 111,9 213,9 160.0 41.1 l/ Depenses tota1es moins depenses de deve10ppement. J:./ Chiffres bases sur 1es donnees fournies par 1e CONADEP. Pour 1es annees 1971, 1972, et 1973, on a suppose que l'Administration centrale a finance 1es deux tiers des investissements du secteur public. Pour 1es annees 1974 et 1975, on a utilise 1es donnees disponib1es. '. ~ I Tableau 11: DEFICIT DE L'ADMINISTRATION CENTRALE ET SON FINANCE~ffiNT (en millions de gourdes) Source: Fstimati()ns de la mission d 'apres les statistiques de la BNRH. _ 36 ­ Tableau 12: EPAR(;NE DE L'ENSEMBLE DU SECTEUR PUBLIC EN 1974/1975 1/ . (en millions de gourdes, aux prix courants) ­ i 1974 7 Entrepri- Total Entrepri- Total Administration ses publi- secteur Administration ses publi- secteur centrale ques public centrale ques public l. Recettes tota1es 334,7 14,6 349,3 475,4 14,0 489,4 2. Depenses ordinaires 328,6 0,5 329,1 452,6 3,8 456,4 1. J~_a.-rgne appar..ente _6, 1 14,1 ].9,2 ]2,~ 10,2 3l,~ moins 1es depenses causees par l'assistance technique 36,6 36,6 40,7 40,7 4. !~<~y<ne ree1!~ (Deficit) -30~ ,_ 14,1 -16,4 -17,9 10,2 -~2 moins perte de 1a valeur .~ ree11e des depenses ordinaires -3~ -34,9 -45,0 -45,0 5. Epargne hypothetique (deficit) ,~_~~5,4 14,1 -51,3 -62,9 10,2 -52,7 moins 5 /~ d' augmentation /,..?' -34,7 -34,7 -69,5 -69,5 annue11e des depenses ..--'" ./­ puhliques n:;;elles //"'" 6. ~parj;ne arch. hyp,~thetique (-Def idt) -100,1 14,1 -86,0 -132,4 10,2 -122,2 7 • Depenses d'inl1e"stissement fixe 2/ 75,3 51,3 126,6 173,i 74,5 247,7 8. Epargne 'ale $. C:Jo;,.;ie..,,·"=:..:::...:. -ree11e (~apparente) -105,8 -37,2 -143,0 -191,1 -64,3 -255,4 -arch. hypothetique -175,4 -37,2 -212,6 -305,6 -64,3 -369,9 9. PIll 3,576 4,m­ 10. PI8/~pargne apparente (%) 0,56 0,75 11. PIB/deficit reel (%) -0,46 .. 0,02 12. PIB/deficit arch. hypothetique -2,4 -2,8 13. PIB/deficit reel total (%) -4,0 -5,8 14. PIB/deficit arch. hypo~hitique total (%) -5,9 -8,4 1/ ~egiedu tabac non comprise i/ Sauf depenses pour 1'assistance technique - 37 ­ 77. Vers 1a seconde moitie de la periode 1971-75, l'augmentation an­ nuelle des depenses ordinaires a ete de 1,6 a 3,6 fois plus importante que l'augmentation des recettes courantes. L'augmentation du deficit en 1974 et 1975 a ete de l'ordre de 166 millions de gourdes, soit presque l'augmenta­ tion des recettes totales pot:r la meme ,periode. Pour couvrir ce deficit, HaIti eut la chance de pouvoir u~iliser les subventions accordees par les institutions publiques exterieur~s et les organisations privees etrangeres. Tout recemment ces subventions etaient plus importantes que les emprunts exterieurs. 78. L'epargne du secteur public a ete negligeable - elle nta guere depasse 0,7 % du PIB. De plus, quelques depenses, telles que celles causees par l'assistance technique, ont ete considerees comme liees aux depenses d'investissement et non aux depenses ordinaires, ce qui a contribue a exa­ gerer Ie niveau de l'epargne publique. L'ambiguite du calcul de l'epargne du secteur public est illustree par Ie fait qu'elle peut etre consideree de quatre fa~ons differentes: a) telIe qu'elle apparatt dans les comptes dis­ ponibles; b) telIe qu'elle aurait en fait ete si les depenses occasionnees par l'assistance technique avaient ete considerees comme depenses ordinaires et non comme depenses d'investissement; c) telle qu'elle aurait pu etre si la valeur reelle des depenses budgetaires ordinaires etait restee au niveau de 1971 au lieu de diminuer; et d) telle qu'elle aurait pu devenir si la va­ leur reelIe des depenses budgetaires ordinaires avait augmente de 5 % par an depuis 1971 (voir Tableau 12). Le niveau de l'epargne du secteur public de­ vient negatif sous l'effet d'un quelconque de ces ajustements. Recettes publiques 79. Le niveau d'imposition en HaIti, mesure par Ie rapport recettes totales/PIB, est passe de 11,8 % en 1971 a 10,8 % en 1975.17 Par rapport a des pays a peu pres semblables, Ie rapport d'Haiti est presque au niveau qu'on pourrait considerer comme normal. Un pays "type", ayant un PNB par habitant et une tailIe comparables a ceux d'Halti, per~oit des recettes pu­ bliques plus alevaes d'un cinquieme que celles d'Ha!ti (Tableau 3 - texte). La plupart des pays d'Amerique centrale sont a un niveau encore plus proche de celui d'Raiti. 1/ Administration centrale. - 38 ­ Tableau 13: RECETTES EXPRIMEES EN % DU PIB 1971 1972 1973 1974 1975 PIB 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Recettes totales 1/ 11,8 12,0 10,6 hl 10,8 dont: Recettes budgetaires 11 7,0 7,5 6,7 5,7 5,1 Recettes extra-budgetaires 11 4,9 4,6 4,0 3,6 5,7 Recettes de la Regie du tabac 1,9 2,0 1,9 1,8 1,8 Recettes totales - ReSie du tabac cOtnErise 13,7 14,0 12,5 11,1 . 12,6 11 Administration centrale 80. Les recettes totales ont augmente nominalement de 15,7 % par an (Tableau 17). Ce taux moyen est quelque peu trompeur parce qu'il inc1ut une augmentation de 42 % en 1975, due a un retard important dans le paiement des impats sur la bauxite. En termes reels, la croissance des recettes pu­ bliques aurait ete negative si l'on avait exclu cette contribution extra­ ordinaire. Tableau 14: AUGMENTATION DES RECETTES DE L'ADMINISTRATION PUBLIQUE EN 1971-75, EN % PAR AN En termes courants En termes r eels 1971­ 1974­ 1971­ 1971­ 1974­ 1971­ 1974 1975 1975 1974 1975 1975 Recettes totales 8,3 42,0 15,9 -4,1 20,4 1,5 Recettes budgetaires 9,7 9,4 9,6 -2,8 -7,3 -4,0 Recettes extra-budgetaires 6,2 94,1 23,5 -5,9 64,6 8,2 81. La totalite des recettes publiques provient des impats, parmi les­ quels les perceptions douanieres occupent toujours une place predominante. - 39 ­ Tableau 15: COMPOSITION DES RECETTES FISCALES (en pour cent)ll 1971 l:21.! 1973 1974 1975 Recettes fisca1es 100,0 100,0 100.0 100,0 100,0 Recettes douanieres 51,8 50,S Droits d'entree 41,7 40,7 38,4 39,1 35,9 Taxe a l'exportation sur Ie cafe 12,3 10,1 8,7 10,2 9,7 Autres taxes a l'exportation 1,1 0,7 0,6 0,7. 4,3 Diverses 1,2 1,2 1,4 1,9 0,6 Impot sur Ie revenu Entreprises 8,5 9,8 12,7 13,9 16,6 Particu1iers 2,2 2,2 2,4 3,0 3,6 Impots de consommation Parine 8,2 .8,6 10,5 5,7 3,2 Sucre 4,8 5,3 4,6 2,9 3,2 Cigarettes, hui1e et autres 6,3 8,3 7,5 6,9 6,7 Autres recettes fisca1es Cartes d'identite 1,7 1,7 1,7 1,8 1,9 Enregistrement des hypotheques 1,2 1,5 1,8 2,1 2,3 Vehicu1es 1,5 1,5 1,7 1,8 1,7 Timbres 2,9 .2,9 3,0 3,4 3,4 Autres 6,9 6,2 5,5 7,1 7,4 11 Recettes budgetaires de l'Administration centrale. Source: Mi~istere des finances. 82. Lorsqu'on met en para11e1e 1es droits d'entree per~us et l'augmen­ tation rapide des importations, on s'aper~oit que Ie rapport droits d'entreel importations est en constante diminution et que, par consequent, 1es droits d'entree sont probab1ement une source de recettes negligee. II est possible que cette diminution ait ete due en grande partie a l'augmentation, durant cette periode, des importations admises en franchise. La fraction de cette categorie d'importations est passee de 28 % en 1971 a 40 % en 1975. Cepen­ dant, m8me si l'on tient compte de l'effet des exonerations, i1 reste a - 40 ­ expliquer la difference importante - du moins jusqu'en 1974 - entre Ie taux d'augmentation des importations et celui des droits d'entree. Tableau 16: PERCEPTION DES DROtTS DE DOUANE (en millions de gourdes) 1974 1971 1972 - 1973 1975 Droits d'entree 114,2 117,6 127,5 148,7 212,8 Importations 296,2 329,2 383,3 556,6 680,8 Droits d'entree/importations (%) 47,9 35,7 33,3 26,7 31,3 Importations admises en franchise 82,2 99,4 93,7 203,7 . 274,8 Importation imposables 214,0 229,8 289,6 352,9 406,0 Importations admises en franchise/ importations tot ales (%) 0,28 0,30 0,24 0,36 0,40 Droits d'entree/importations imposables (%) 53,4 51,2 44,0 42,1 52,4 83. II existe au moins trois possibilites d'utiliser les droits de douane d'une fa~on plus efficace. La premiere est l'application stricte des taux ad valorem. Les autorites haitiennes ont estime que si les taux ad valorem avaient ete appliques plus strictement, les droits d'entree auraient produit des recettes plus elevees de 14 % en 1975. II n'y a pas de donnees disponibles pour d'autres annees, mais il n'est pas exagere de supposer que ce pourcentage est aussi valable pour les autres annees. La reduction des exonerations de droit d'entree qui s'appliquaient a 40 % des importations en 1975 - et ce malgre Ie fait que seuls 16 % des importations etaient des pro­ duits intermediaires destines a etre exportes - pourrait etre envisagee comme deuxieme source de recettes. Une troisieme source serait une augmentation selective des taux des droits d'entree qui semblent trop bas dans beaucoup de cas (voir Ie chapitre sur 1a balance des paiements). En 1975, ces trois mesures auraient pu produire une augmentation de 36 % des droits d'entree, soit 77 millions de gourdes. Ainsi, les recettes totales per~ues cette an­ nee se seraient accrues de 16 % et Ie deficit total de l'administration cen­ trale aurait diminue de 41 %. Droits d'entree per~us en 1975 212,8 millions de gourdes Application stricte des taux ad valorem 29,8 " It II Augmentation selective des taux de droits 42,6 " Elimination de certaines exonerations 4,3 " " Total 289,5 - 41 ­ 84. DeUX autres sources de recettes douanieres sont les taxes a l'ex­ portation, principalement sur Ie cafe, et la taxe recente sur la bauxite. La part de la taxe a l'exportation sur Ie cafe dans les recettes douanieres a diminue sensiblement, tombant de 21,4 % en 1971 a 7,8 % en 1975; ce recul est dO principalement a une ci.ute de 22 % du volume des exportations de cafe pendant cette periode et a la forte augmentation des recettes procurees par la taxe a l'exportation sur la bauxite. Depuis 1974, cette derniere consti­ tue une source appreciable de recettes douanieres et a largement compense la diminution des taxes sur Ie cafe. Les droits se sont eleves a 35,8 millions de gourdes pendant l'exercice financier 1973/74 mais n'ont ete payes qu'en 1975, en meme temps que 24,7 millions de gourdes des droits de 1975. Donc, en 1975, les taxes sur la bauxite ont represente 13 % de l'ensemble des re­ cettes perc;ues. 85. La part des L~pats sur Ie revenu dans les recettes budgetaires a double durant les cinq dernieres annees, passant de 10,7 % en 1971 a 20,1 % en 1975. Apparemment, cette augmentation est due a l'effort important de recouvrement des impots entrepris au cours des dernieres annees. On pense que 90 % de tous les impots sur Ie revenu sont effectivement perC;us. Les autorites semblent continuer a concentrer leurs efforts sur Ie recouvrement des impots, quoiqu'il puisse s'averer onereux d'essayer de percevoir les au­ tres 10 %. La diminution des impots indirects depuis 1973 resulte des mesu­ res de detaxe appliquees aux biens essentiels en vue d,enrayer l'augmentation des prix locaux. La portion des autres recettes fiscales semble fluctuer au­ tour de 15 % en moyenne (Tableau 15, texte). 86. Le faible montant des recettes per<;ues et l'augmentation des depen­ ses totales (depenses ordinaires et d'investissement) ont provoque Ie double­ ment du rapport deficit total/recettes totales dans une periode relativement courte. Ce rapport etait de 18 % en 1971 et a atteint 40 % en 1975. Tableau 17: RECETTES ET DEFICIT DE L'ADMINISTRATION CENTRALE (en millions de gourdes) Taux de croissance 1971 1972 1973 1974 1975 % par an Recettes totales 263,5 268,8 304,4 334,7 475,4 15,9 Deficit total 47,2 47,5 25,3 105,8 191,1 41,8 Deficit total/Recettes totales (%) 18 17 8 32 40 - 42 - Depenses ordinaires 87. Durant 1a periode 1971-75, 1es depenses tota1es de l'administration centrale ont augmente de 21 % par an en termes courants et de 6 % en termes constants tandis que 1es depenses extra-budgetaires se sont accrues beaucoup plus rapidement que cette moyenne aux depens des depenses budgetaires. En consequence, 1a part des depenses budgetaires est tombee de 49 % des depenses tota1es en 1971 a 31 % en 1975. En prix constants, 1e traitement annue1 d'un fonctionnaire en 1975 etait ega1 aux trois quarts de ce qu'i1 etait en 1971 et toutes 1es autres categories de depenses ont enregistre une baisse conti­ nue. Tableau 18: DEPENSES BUDGETAIRES ORDINAlRES DE L'ADMINISTRATION CENTRALE PAR FONCTIONS 1971 1972 1973 1974 1975 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Services publics generaux 22,0 21,3 23,0 23,3 30,5 Defense 30,9 31,7 28,7 25,8 22,6 Education 1/ 12,9 12,6 14,1 14,2 12,3 Sante 14,3 14,2 14,1 15,1 14,9 Services communautaires et sociaux 2,4 2,3 2,3 2,2 2,0 Secteurs economiques (agriculture, travaux publics, transports, com­ munications, industrie et commerce) 17,0 17,2 17,3 17,4 17,7 Credits supp1ementaires 0,5 0,6 0,6 2,0 1/ Non compris 1es fonds distribues a cet effet par 1e Ministere de l'agri­ culture. 88. Les depenses extra-budgetaires deviennent de plus en plus importan­ tes, leur part dans 1es depenses de l'administration centrale augmentant de 51 a 69 %. On 1es range dans 1es categories suivantes: comptes non fiscaux, budget de deve1oppement, autres comptes speciaux, fonds special d'amortisse­ ment et autres comptes. Le nom de deux de ces comptes - budget de deve1oppe­ ment et fonds special d'amortissement - donne une asSez juste indication de - 43 ­ leur contc.:,.u. Les "autres COlllptes speciaux", 1"'5 plus importants de tous les compte:::, sont composes d'elements varies: F'onds d'urgence, Fonds spe­ cial de construction et reparation des routes, Compte special accord inter­ national sur Ie cafe, Compte .-.Ie reserve et autres comptes du gouvernement. Pour deterr'iner la proportion,es depenses extra-budgetaires dont on ne peut pas c1airen.ent iden::ifier la nature economique, on soustrait du total 1es depenses de ri .. ve1oppement, calculees en faisant la somme des investissements par secteur ert~ctues par l'administration centrq1e et de l'assistance tech­ nique acco:;i' ;;:: par 1adite administration, et Ie fonds special d' amortisse­ ment. Tab leau 19: DEPEN~)LS EXTRA-BUDGETAIRES DE L' ADMINISTRATION - DEPENSES DE DEVELOPPEHENT ET DEPENSES ORDINAIRES CEi~-:'RALE (en millions de gourdes) 1971 1972 1973 1974 1975 Depenses extra-budgetaires 120,60 116,60 130,60 167,80 313,40 Comptes non fiscaux 3,00 1,90 4,40 5,10 2,90 Budget de developpement 8,00 31,60 29,40 27,90 41,60 Autres comptes speciaux 85,40 62,50 77 ,30 90,80 192,60 Fonds special d'amortissement 14,80 10,90 11,50 11,40 10,60 Autres comptes 9,40 9,70 14,00 32,60 65,70 plus: Autres depenses ~{tra-budgetaires 37,80 49,80 26,30 95,90 148,80 Total des depenses extra-budgetaires 156,4 166,4 158,9 263,7 462,2 moins: Depenses de deve10ppement 1/ 53,9 62,1 65,1 111,9 213,9 Fonds special d'amortissem~nt 14,8 10,9 11,5 11,4 10,6 ega1: Depenses non identifiab1es 87,7 93,4 82,3 140,4 237,7 1/ Depenses de deve10ppement de l'administration centrale seu1ement. Les depenses d'investissement des entreprises pub1iques sont exc1uses. 89. 11 n'existe pas de donnees qui permettraient de determiner 1a fonc­ tion ou 1a nature economique des depenses non identifiab1es. La Banque na­ tionaIe n'a que des renseignements statistiques primaires sur 1es operations - 44 ­ journa1ieres courantes effectuees grace aces comptes mais on n'a pas tente de 1es agg10merer ou de 1es regrouper en categories economiques et par fonc­ tiona Pour sou1igner l'importance de ces depenses non identifiab1es,il suffit d'indiquer que 1e montant des sa1aires et traitements deque1que 17.000 fonctionnaires payes sur Ie budget s'est e1eve a 122 mi1iions de gourdes seu1ement en 1975, a10rs que 1es depenses extra-budgetaires non identifiees ont represente 238 millions de gourdes. 90. Budget de l'education. Pendant 1a periode 1971-75, 1a part des depenses tota1es consacrees au Ministere de l'education est passee de 6,1 % en 1971 a 6,6 % en 1975. Tableau 20: DEPENSES CONSACREES A L'EDUCATIO~/ (en millions de gourdes) 1971 1972 1973 1974 1975 Depenses tota1es de l'Administration centrale 310,7 326,3 328,7 440,5 666,6 - Depenses ordinaires 256,8 264,2 263,6 328,6 452,6 - Depenses de deve10ppement 53,9 62,1 65,1 111,9 213,9 Depenses tota1es du Ministere de l' ed~cation 19,0 19,6 29,0 28,3 44,1 - Depenses ordinaires 16,8 17,3 19,8 21,4 22,9 - Depenses de deve10ppement 2,2 2,3 9,2 6,9 21,2 Part de l'education (%) dans les: - depenses tota1es .§.d 2.& .§...§. ~ .h§. - depenses ordinaires 6,5 6,5 7,5 6,5 5,1 - depenses de deve10ppement 4,1 3,7 14,1 6,2 9,9 !/ Non compris 1es fonds distribues par Ie Ministere de l'Agricu1ture. 91. En prix constants, Ie budget de fonctionnement du Ministere de l'education diminuait de 5,4 % par an quand Ie montant total des depenses ordinaires (y compris 1es depenses extra-budgetaires) augmentait de 6 % par an. Parmi 1es fonctions confiees au Ministere, l'enseignement primaire est - 45 ­ 1/ probablement la plus importante.- Le budget de l'enseignement primaire est passe de 9.5 millions de gourdes en 1971 a 13,1 millions de gourdes en 1975. En prix constants, il y a eu une diminution annuelle de 3,2 %. La structure des depenses ordinaires indiq'1e qu'il n'y a eu pratiquement pas d'allocation de fonds pour le materiel d'~nseignement et autre. Tableau 21: DEPENSES ORDINAIRES CONSACREES A L'ENSEIGNEMENT PRlMAIRE (en milliers de gourdes) 1971 1972 1973 1974 1975 Salaires et traitements 8,788 8,784 10,979 11,229 12,312 Materiel 182 182 182 182 201 Divers 562 570 570 570 582 92. Les depenses de materiel et les depenses d'exploitation (materiel et autres) ont represente respectivement environ 2 % et 6 % des depenses or­ dinaires du Ministere. Leur somme s'est elevee a quelque 157.000 dollars en 1975, ce qui ne suffit pas au fonctionnement efficace des ecoles. L'effec­ tif des eleves inscrits dans les ecoles urbaines publiques et privees etait de 161.400 en 1973/74. Environ 84 % de ces eleves frequentaient des ecoles publiques dependant du Ministere de l'education. En consequence, les depen­ ses annuelles de materiel se sont elevees a peu pres a 1,4 gourde, soit 0,28 dollar par eleve inscrit. Pendant la merne annee, 3.624 personnes tra­ vaillaient dans l'enseignement primaire et touchaient un traitement annuel moyen de 3.098 gourdes ou 619,7 dollars. Les depenses publiques pour l'en­ seignement n'ont represente que 0,9 % du PIB en 1973/74.1/ 1/ Le Ministere de l'education s'occupe de l'instruction des enfants des villes. Les fonds alloues a l'instruction des enfants des campagnes sont compris dans le budget du Ministere de l'agriculture. 1/ Selon des indicateurs-comparatifs de l'enseignement, HaIti est le seul pays qui ait depense un pourcentage aussi bas de son PIB en faveur de l'enseignement ("IBRD, Appraisal of a First Education Project - The Republic of Haiti", fevrier 1976). - 46 - Tableau 22: DEPENSES CONSACREES A LA SANTE (en millions de gourdes) 1971 1972 1973 1974 1975 Depenses tota1es du Ministere de 1a sante 27,9 32,5 36,8 35,0 44,7 - Depenses ordinaires 18,6 19,5 19,7 22,6 27,8 - Depenses de deve10ppement 9,3 13,0 17,1 12,4 16,9 Part de 1a sante (%) dans: - 1es depenses totales de l'Administration centrale 9,0 10,0 11,2 hl ~ - 1es depenses pub1iques ordinaires 7,2 7,4 7,5 6,9 5,9 - 1es depenses de deve10ppement 17,2 20,9 26,3 11,1 7,9 Tableau 23: DEPENSES SANITAIRES (en mi11iers de gourdes) 1971 1972 1973 1974 1975 Depenses d'exp1oitation 4.009 4.022 4.193 3.804 5.747 Nombre de ma1ades traites ou/et hospita1iaea (mi11iers) 1.078 963 1.081 1.023 n.a. Depenses d'exp1oitationl personne (gourdes) 3,7 4,2 3,9 3,7 n.a. 93. Budget de 1a sante pub1ique. En termes reels, 1es depenses budge­ taires ordinaires du Ministere de 1a sante ant diminue annue11ement de 4,3 %. A10rs que 1a proportion des depenses d'exp1oitation est apparemment adequate (22 % des depenses ordinaires) quelques indicateurs montrent qu'e11es sont encore tres insuffisantes. Les depenses d'exp1oitation qui couvrent surtout lea medicaments, lea fournitures medica1es et 1a nourriture pour 1es person­ nes hospita1isees, ant ete extremement basses. En 1974, annee pendant 1a­ que11e e11es se sont e1evees simp1ement a 3,7 gourdes, soit 0,74 dollar par personne traitee et/ou hospita1isee. - 47 - Depenses de deve10ppement 99. Les depenses pub1iques en faveur du deve10ppement ont augmente tres rapidement durant 1es deux dernieres annees. D'une moyenne de 18 mil­ lions de dollars durant 1a pe iode 1970/71 a 1972/73 e11es sont passees a 32,6 millions de dollars l'ann~e suivante et a 57,5 millions de dollars en 1974/75. Le tableau qui suit indique comment ces depenses ont ete financees pendant 1a periode 1974/75. Tableau 24: FINANCEMENT DES DEPENSES DE DEVELOPPEMENT DU SECTEUR PUBLIC (en millions de dollars) Pourcentaaes Moyenne Moyenne annue11e annue11e 1974 1975 1974-75 1974 1975 1974-75 Depenses de deve1oppementl / 32,6 57,5 45,2 100z0 100.0 100.0 Financement 32,6 57,5 45,2 100,0 100,0 100,0 Epargne 2/ 4,0 6,6 5,3 12,4 11,4 11,7 Emprunt interieur net­ 19,9 9,2 14,6 60,9 16,0 32,3 (Autorites monetaires) (16,3) (8,8) (12,6) (50,0) (15,3) (27,9) (Banques privees) (3,8) (-1,0) (1,4) (11,6) (-1,7) (3,1) (Secteur prive) (-0,2) (1,4) (0,6) (-0,7) (2,4) (1,3) Decaissements exterieurs nets -2,7 17,6 7,5 -8,3 30,5 16,6 (Decaissements bruts) (0,4) (21,0) (10,7) (1,2) (36,4) (23,7) (Amortis sement ) (3,1) (3,4) (3,2) (9,5) (5,9) (7,1) Subventions exterieures 11,4 23,7 17 ,5 35,0 41,1 38,7 Ecart statistique 0,4 0,3 1,0 0,7 1/ Assistance technique comprise. Jj Non compris 1es credits de 1a BID et de l'IDA distribues au secteur pu­ blic par 1a BNRH. Source: BNRH et 1es comptes conso1ides du secteur public (comprenant Admi­ nistration centrale, CAMEP, TELECO, EDH, Administration portuaire). 95. Le changement 1e plus significatif dans 1a structure du financement pendant l'annee 1975 a ete 1a diminution brusque des emprunts aupres du sys­ teme bancaire haitien (61,6 % en 1974 contre 31,0 % en 1975) et l'augmenta­ tion des decaissements nets et des subventions exterieurs. L'augmentation - 48 ­ des subventions etrangeres a compense la reduction de credit net du systeme bancaire de 12,3 millioilS de dollars. La proportion de l' epargne publique apparente dans Ie financement des depenses de developpement a egalement di­ minue, passant de 12,4 % en 1974 a 11,4 % en 1975, malgre un accroissement du volume absolu de l'epargne qui representait 6,6 millions de dollars en 1975 contre 4 millions en 1974. 96. L'augmentation des decaissements exterieurs nets a ete principale­ ment due a une augmentation importante des decaissements bruts des sources officielles qui se sont eleves a 21 millions de dollars en 1975, mais seule­ ment a 0,4 million l'annee precedente. Environ 58 % de ces decaissements devaient etre consacres au financement de la construction des routes du nord et du sud et 26 % a l'extension et a l'amelioration du reseau d'alimentation en eau et des installations portuaires de Port-au-Prince. Ces quatre pro­ jets ont absorbe 84 % du total des decaissements publics bruts, dont les deux tiers ont ete effectues par la BID et l'autre tiers par l'IDA. Les fonds etrangers, y compris les subventions exterieures, ont servi a financer 72 % des depenses totales de developpement en 1975, contre 27 % seulement de ces depenses en 1974. 97. En depit d'une certaine augmentation de l'epargne publique appa­ rente (voir Tableau l2), Ie deficit du secteur public a presque double, pas­ sant de 28,6 millions a 51 millions de dollars. L'augmentation de l'epargne publique apparente n'a servi a financer que 10,4 % de l'augmentation des de­ penses de developpement, et Ie deficit du secteur public qui representait 4 % du PIB en 1974 a atteint 5,8 % en 1975. Ce changement a ete surtout du a l'augmentation des depenses publiques de developpement qui ont represente en 1975 6,6 % du PIB contre 4,6 % en 1974. En consequence, Ie secteur public a du accrottre ses emprunts nets. - 49 ­ Tableau 25: FINANCEMENT DU DEFICIT DU SECTEUR PUBLIC 1/ Proportion Flux annue1s du PIB 1974 1975 1974 1975 (millions de (%)­ dollars) Depenses de developpement 32,6 57,7 4,6 6,6 Epargne pub1ique !/ 4,0 6,6 0,6 0,8 Deficit du secteur public 28,6 51,1 4,0 hl Emprunt interieur 1/ 19,9 9,2 2,8 1,0 Sources exterieures 8,7 41,9 1,2 4,8 Financement du deficit (en %) Financement 100,0 100,0 Credit interieur 69,6 18,0 Credits et subventions exterieurs 30,4 82,0 1/ Dans ce rapport, 1e secteur public comprend les entreprises pub1iques, a10rs que 1es comptes de l'Administration centrale ne tiennent pas compte de ces entreprises. Les chiffres concernant le secteur public n'ont ete ca1cu1es que pour 1es annees 1974 et 1975, 1es comptes des entreprises pub1iques n'ayant pu etre obtenus pour 1es autres annees. ~/ Apparente. 1/ Ecart statistique compris. Source: Tableau 24. BALANCE DES PAIEMENTS Aper~u et tendances recentes 98. Au cours de 1a derniere decennie, 1a contribution annue11e des ex­ portations au PNB n'a ete que de 10 a 15 %. Cette contribution n'a jamais depasse 20 dollars par habitant et est 1a plus basse de l'hemisphere occi­ dental. - 50 ­ 99. Mais l'ame1ioration de 1a situation economique d'Hatti, plus que ce11e de tout autre pays de l'hemisphere occidental, depend de 1a croissance du secteur exterieur. L'exiguite du marche hattien, due a l'etendue du pays et a son faib1e revenu par habitant, e1imine, plus que dans d'autres pays en deve10ppement, 1a possibi1ite d'etab1ir une production locale raisonnab1e­ ment efficace de 1a p1upart des biens de consommation et d'equipement qu'Hatti importe maintenant. A cause des possibi1ites de remp1acement des importations 1imitees, Ie chomage reste e1eve. Cependant, l'abondance meme de 1a main-d'oeuvre fait esperer l'ouverture de nouveaux debouches pour des emp10is productifs dans 1e secteur exterieur. Si l'on procede aux ameliora­ tions qui s'imposent dans 1e secteur agrico1e, 1es cultures a fort coeffi­ cient de main-d'oeuvre devraient se deve10pper et permettre d'augmenter 1e volume de quelques produits choisis pour 1esque1s 1es perspectives d'expor­ tation sont assez favorab1es. La proximite du marche americain et 1a dispo­ nibi1ite d'une main-d'oeuvre qui. a deja prouve sa facu1te d'adaptation sont deux facteurs qui devraient faire augmenter 1es exportations de biens fabri­ ques avec des pieces importees, 1a ou l'on emp10ie des methodes de production a fort coefficient de main-d'oeuvre. Plus tard, i1 serait sans doute possi­ ble de fabriquer des articles pour 1esque1s 1a part de 1a valeur ajoutee lo­ cale serait plus importante que dans 1e cas de l'industrie de montage ac­ tuelle; en outre, i1 ne fait aucun doute qu'une te11e branche d'activite con­ tribuerait davantage que cette derniere a 1a transformation economique du pays. De plus, etant donne 1a proximite des Etats-Unis, 1a disponibi1ite d'une main-d'oeuvre employable dans 1es industries de service, un c1imat fa­ vorable et un fond cu1ture1 tres interessant devraient, ensemble, contribuer a une expansion considerable du secteur touristique. Enfin, 1e cuivre et ie petro1e, pour 1esque1s des travaux de prospection sont en cours, pourraient constituer plus tard d'autres produits d'exportation. 100. Les obstacles institutionnels expliquent pourquoi Hatti n'a pas reussi a exploiter son potentie1. Si aucune mesure appropriee n'est prise en faveur d'une augmentation des exportat10ns, 1es recettes en devises n'aug­ menteront pas. 11 convient ega1ement de prendre des mesures pour empecher 1a fuite des capitaux et 1e gaspi11age des devises uti1isees pour financer les importations non essentie11es de biens de consommation de luxe. 101. Pendant 1a per10de 1970-74, 1a valeur courante des exportations a augmente rapidement, au taux de 20,5 % par an, a10rs que 1es importations de biens et de services non facteurs ont augmente a peine plus rapidement. En consequence, jusqu'en 1974 1a balance defavorab1e des marchandises et 1e de­ ficit des ressources se sont accrus a un taux modere. La situation a change comp1etement en 1974, avec 1a stagnation des exportations et 1a croissance rapide et continue des importations. Le deficit des ressources a atteint a peu pres 35 millions de dollars en 1975, soit environ 4 % du PIB, contre 1 % en 1971. Cependant, 1es transferts nets vers Hatti se sont rapidement accrus aussi, ce qui a contribue a maintenir 1e deficit du compte courant a un ni­ veau modere. - 51 ­ Tableau 26: RESUME DE LA BALANCE DES PAIEMENTS DIBAITI en millions de db11ars 1960 1970 1971 1972 1973 1974 1975 Marchandises expo f.o.b. 11 38,1 44,4 52,2 46,7 57,6 93,6 93,2 Marchandises imp. f.o.b. 43,4 44,5 50,7 56,4 65,7 97,1 115,7 Balance commercia1e -5,3 -0,1 ..1,5 -9,7 -8,1 -3,5 -22,5 Solde des services -1,5 -7,9 -5,7 -5,1 -9,6 -16,2 -13,6 Balance des biens et services Deficit (-) ou excedent ( .. ) de ressources '--3,8 -8,0 -4,2 -14,8 -17 ,7 -19,7 -36,1 Revenu net des facteurs -4,1 -3,6 -3,7 -4,5 -4,4 -5,9 -6,8 Transferts nets 9,2 21,9 18,4 34,1 19,1 26,9 40,1 Balance en compte courant Investissement prive direct 0,1 2,8 3,4 4,0 7,0 7,9 2,6 Emprunt net a moyen et long terme 1,3 -0,1 1,3 7,7 0,4 3,3 20,9 Capital net a court terme 21 -0,1 -9,1 -8,1 -17,8 -5,5 -32,4 -44,2 Attribution de DTS 2,5 2,0 2,1 Evolution des reserves nettes (-: augmentation) -2,6 -6,4 -9,1 -10,8 1,1 19,9 23,5 Balance des capitaux 11 -1,3 -10,3 -10,5 -14,8 ..3,0 -1,3 ..2,8 11 Ce montant est different de ce1ui que 1a BNRH a ca1cu1e. II ref1ete une plus grande valeur des petites exportations et des produits exportes apres montage (ca1cu1ee par Ie Ministere du commerce et de 1 l industrie) que celIe enregistree par 1es autorites douanieres. 11 Y compris erreurs et omissions. Source: Tableaux 3.1 et 3.2 de 1 l Appendice. - 52 - Transferts courants 102. Les transferts courants nets ont augmente substantiellement pas­ sant de 27 millions de dollars en 1974 a 40 millions en 1975. lIs se sont composes de transferts prives et publics, dans des proportions pratiquement egales. Les premiers representent des ventes de devises au systeme bancaire, declarees en tant que remises d'Haltiens residant a l'etranger. De 25 mil­ lions de dollars en 1974, ils sont passes a 61 millions en 1975, alors que les devises achetees pour les transferts etrangers sont passees au cours de la meme periode de 11 a 41 millions de dollars. L'entree considerable de devises en 1975 pourrait representer l'epargne des Haltiens rentres recem­ ment au pays ou des personnes qui avaient place leurs capitaux a l'etranger par Ie passe. Les transferts publics venant de l'exterieur se sont e1eves en 1975 a 20 millions de dollars contre 14 millions en 1974. Une partie de ceux-ci etaient des dons d'assistance technique d'organismes publics. Ces dons sont passes .de 3,7 a 9,3 millions de dollars. Le reste est constitue par l'aide altmentaire accrue fournie en partie par des institutions de bien­ faisance privees, apres la secheresse de 1975. Exportations 103. Les exportations de marchandises ont double de 1970 a 1975 (93,2 millions de dollars contre 44,5 millions). Cependant, plus d'un quart de cette augmentation est imputable a une augmentation de 1a quantite des mate­ riaux importes, assembles localement et reexportes. Tableau 27: EXPORTATIONS NETTES ET BRUTES 1970-75 (millions de dollars - prix courants) 1970 1971 1972 1973 1974 1975 Total des exportations 44,4 52,2 46,7 57,6 93,6 93,2 Moins: Materiaux etrangers dans les arti­ cles assembles et exportes --i& -hl .2.,.2. 16,2 19,7 18,1 Exportations nettes 39,8 45,7 40,8 41,4 73,9 75,1 104. La plupart des augmentations ont ete causees par les fluctuations des prix mondiaux. Les exportations traditionne11es de produits agricoles, forestiers et de produits de la peche pris ensemble sont restees stagnantes en termes reels depuis 1971. Les industries extractives ont subi un declin considerable puisque l'accroissement des exportations de bauxite n'a pas suffi a couvrir la baisse des exportations de cuivre. Seules la petite in­ dustrie, l'industrie du montage et d'autres activites non traditionnelles - 53 ­ enregistrent une forte augmentation et representent maintenant approximative­ ment un tiers des exportations tota1es. 105. Cafe. La valeur des exportations de cafe, qui representaient tra­ ditionne11ement un tiers des recettes d'exportation, a diminue d'un quart (passant de 24 a 18 millions de dollars) entre 1974 et 1975 seu1ement. Au cours de 1a derniere decennie, 1e prix et 1a demande interieurs des produits agrico1es consotr~es en Haiti ont regu1ierement augmente. A10rs que 1e cours du cafe a aU1~~i augmente sur 1e marche mondia1, 1es recettes des petits pro­ ducteurs ha!t.iens de cafe n'ont pas suivi 1e rythme des recettes obtenues pour d'autres produits agrico1es. Ce1a peut etre attribue en partie au monop­ sone revendeurs-exportateurs, et en partie aussi a une taxe a l'exportation 10urde et progressive qui, jusqu'en 1973, etant appliquee au cafe mais non aux autres produits agrico1es, a diminue 1a rentabi1ite relative de 1a cul­ ture du cafe. 106. On a fait un premier pas pour essayer de remedier a cette baisse de rentabi1ite dont ont souffert 1es petits producteurs. Le Gouvernement d'Haiti, avec l'assistance technique et financiere de l'AID, a mis sur pied un programme a trois vo1ets, avec l'1ntention: a) d'aider 1es petits cu1ti­ vateurs a ame1iorer 1a cu1tureet 1e traitement du cafe; b) d'etab1ir un mar­ che "para11e1e" sous 1es auspices de l'Institut du cafe en vue d'assurer des prix justes aux petits producteurs; et c) accorder des faci1ites de credit aux cooperatives agrico1es pour l'achat d'engrais et l'ame1ioration de 1a commercialisation. Deja des agents de terrain et des ressources financieres ont ete mobi1ises dans 1es regions des projets pi10tes. Ce1a devrait rendre 1a production de cafe plus rentable pour 1es petits exp10itants et 1es inci­ ter a etendre leurs cultures, mais ne suffira pas a garantir 1e succes du programme sans 1e soutien total sur 1e terrain qu'on attend de 150 agents de l'Institut haitien du cafe, ce qui n'est realisable que si l'on renforce en­ core 1e Ministere de l'agricu1ture. 107. Au 15 avril 1976, 366.000 sacs de cafe avaient ete exportes, et 1es premiers chiffres indiquent que 100.000 autres sacs ont ete exportes depuis 1e debut de l'annee, contre seu1ement 330.000 sacs pour toute l'annee prece­ dente. On considere que cette augmentation est due au moins en partie au suc­ ces initial du programme decrit ci-dessus. Le succes comp1et du programme contribuera a faire passer 1e volume des exportations du niveau moyen annue1 de 330.000 sacs des quelques dernieres annees a 480.000 sacs avant 1a fin de 1980. L'ame1ioration de 1a qua1ite devrait permettre d'augmenter 1es recet­ tes d'exportation du cafe, de sorte que 1es recettes de ces exportations pour­ raient doubler en termes reels en 1980 par rapport a 1975, pourvu que 1e pro­ gramme soit execute avec succes. - 54 ­ 108. Les perspectives de prix sur 1e marche mondia1 pourraient aider davantage au redressement de 1a tendance au dec1in des exportations de cafe. Les previsions pour 1a periode a11ant jusqu'en 1980 indiquent regu1ierement une augmentation des prix en termes constants par rapport a 1a valeur uni­ taire en 1975 des exportations haitiennes de cafe. Cette amelioration pour­ rait etre encore plus sensible si, grace a 1a qua1ite superieure des varie­ tes de cafe haitien et au perfectionnement escompte du traitement et de 1a commercialisation, on pourrait faire augmenter plus vite 1e prix atteint par 1e cafe du pays. Sucre 109. Apres une baisse pro1ongee, 1es exportations de sucre ant repris pendant l'exercice financier de 1975, quand 1es cours du sucre ont atteint un niveau sans precedent sur 1e marche mondia1.11 Cependant des methodes primitives de production sont actue11ement uti1isees par 1es petits exp1oi­ tants, qui ont aussi des frais e1eves de transport. Ces exp10itants ne re­ courent que rarement aux engrais et a 1a selection des semences. Les syste­ mes d'irrigation se de1abrent. Certaines raffineries sont vetustes ou sont mal exp1oitees. 110. Les prix interieurs sont inappropries. Par exemp1e, 1es fermiers ne re~oivent aucune prime pour 1a production de canne ayant un taux de sac­ charose e1eve au moment de 1a 1ivraison. Les prix par tonne de canne sont nettement inferieurs a ceux en vigueur dans 1es autres pays ma1gre une aug­ mentation considerable intervenue en 1974.11 La plus grande raffinerie est obligee de vendre toute sa quantite de sucre qui est consommee en Haiti a 15 centimes 1a livre. Ce prix est inferieur de pres de 50 % a ce1ui qui a preva1u sur 1e marche mondia1 durant presque 1es deux dernieres annees. Des choix incorrects de production ref1etent ega1ement l'impropriete des prix pratiques. La p1upart des terrains qui conviennent a 1a culture de 1a canne a sucre peuvent etre aussi utilises pour 1a production de denrees a1imentai­ res. Etant donne las obstacles actuels qui empechent une production renta­ ble de 1a canne et du sucre sous 1a forme de lourds impots indirects, 1es denrees a1imentaires rapportent davantage au cu1tivateur, surtout parce que 1es prix des denrees a1imentaires produites et consommees en Haiti ont aug­ mente recemment et rapidement. 11 Le record a ete atteint durant 1e dernier trimestre civil de 1974. 21 Le prix paye aux fermiers haItiens est passe de 4,5 a 9 dollars par tonne a10rs que 1a tonne de canne se paie 12"do11ars en Repub1ique Dominicaine. - 55 ­ 111. harti devra introduire la technologie moderne, generalement utili­ see dans d 'autres pays pour a) Jti.gmenter les rendements, b) diminuer les couts de production, et c) ameliorer Ie transport. De plus, il sera neces­ saire d'eliminer les distorsi~ns les plus flagrantes entre les prix du sucre ou de la canne et ceux des pr.:.:llits concurrents. Un progres merne partiel vers ces objectifs exigerait des changements allant contre les traditions et pouvant priver la Regie du tabac de certaines sources de recettes. Le prix de vente local du sucre devra peut-etre augmenter. 112. Hd leg. Les huiles essentielles sont Ie seul produit traditionnel d'exporta~ion pour lequel les recettes en devises ont reguliereoent augmente depuis quelques annees. Cela est du en grande partie au fait que les cours du vetiver: et du citron - lea deux plus importants types d' exportation haitienn~ d;h~_~es essentielles - ont presque double sur Ie marche mondial. Des probl'}mes locaux de commercialisation et un materiel desuet dans les usi­ nes de transformation ont empeche Ie volume des exportations d'augmenter de plus d'un tiers entre 1971 et 1974. La secheresse a cause un declin de ce volume en 1975. 113. Les perspectives d'ecoulement des huiles de citron et de vetiver devraient etre favorables, quoiqu'aucune etude a long terme n'ait ete entre­ prise pour :e confirmer. La demande mondiale devrait continuer a augmenter pour les boissons non alcooliques et les produits de toilette, lesquels uti­ lisent ces huiles essentielles. L'expansion de telles exportations exige par dessus tout la modernisation des usines de traitement. Sisal 114. Les exportations de sisal ont diminue regulierement pendant les cinq dernieres annees pour plusieurs raisons. Les produits synthetiques ont rapidement envahi Ie marche des cordes de sisal jusqu'en 1973/74 quand les prix vertigineux de petrole inverserent cette tendance et relancerent la de­ mande de sisal. Tout recemment, la recessaion mondiale a annule une grande partie de cette augmentation de la demande de sisal. Ces effets exterieurs defavorables ont ete aggraves par Ie fait que les exploitants ont trop coupe de feuilles en 1974 et par la competition des denrees alimentaires pour l'uti­ lisation de la terre. 115. Les perspectives d'augmentation des recettes en devises grace a une augmentation des exportations de sisal ne sont pas favorables. On s'at­ tend a une augmentation de la demande de cerclage de balles, Ie principal usage traditionnel du sisal, mais les prix ne peuvent pas augmenter rap ide­ ment puisque Ie cout des cordes synthetiques leur sert de plafond. Haiti fait face a un autre probleme, celui de la concurrence de nombreux pays vas­ tes - parmi lesquels Ie Mexique et Ie Bresil - qui ont institue des program­ mes d'aide en faveur des agriculteurs pour les inciter a produire du sisal. - 56 - Le plus grand exportateur ha!tien envisage 1a possibi1ite de combiner 1e si­ sal et 1es fibres synthetiques pour faire des genres nouveaux et attrayants de tapis, de tentures et d'autres articles d'exce11ente qua1ite pour 1esque1s 1a demande est susceptible d'augmenter it l'etranger. 116. Cacao. Les exportations de cacao etaient autrefois d'une impor­ tance considerable pour HaIti mais e11es ont beaucoup diminue recemment.!1 Les raisons en sont en partie 1es memes que pour 1e dec lin des exportations de cafe. Le cacao est surtout produit par de petits exp10itants qui uti1i­ sent des methodes primitives de production et sont obliges de vendre leur produit it un seu1 exportateur. Les producteurs doivent aussi faire face it l'envahissement des arbustes par 1es rats, qui a considerab1ement reduit 1e rendement. Compte tenu de ces difficu1tes, l'augmentation du cours du cacao enregistree ces dernieres annees sur 1e lnarche mondia1 n'a pas suffi it inver­ ser 1a tendance au dec1in de 1a production haltienne. 117. Vu 1a perspective assez bonne des prix du cacao dans 1es prochaines annees, i1 serait possible d'inverser 1a tendance au dec1in des exportations de cacao en recourant it un programme analogue a ce1ui qu'on a commence pour 1e cafe. Cependant, on n'envisage maintenant aucun programme global d'ex­ pansion de 1a production du cacao. 118. Viande de boeuf. Les exportations de viande de boeuf, qui avaient augmente rapidement au debut de 1a decennie, ont diminue serieusement apres 1972, du fait du dec lin des prix aux Etats-Unis pour 1es categories de viande produites en HaIti et de 1a secheresse de 1975. 119. Au cours de 1a prochaine decennie, on s'attend it une augmentation des prix mondiaux du boeuf d'environ 4 % par an en termes reels, soit de 50 % a 1a fin de 1985 par rapport au niveau de 1975. Des methodes plus efficaces de reproduction, d'a1imentation et d'ame1ioration de 1a sante anima1e peuvent etre introduites en HaIti pour augmenter 1a quantite et 1a qua1ite de 1a pro­ duction de viande de boeuf sans aucun investissement substantie1. Heme si l'on n'observait aucune augment~tion des exportations, 1e remp1acement de 1a viande actue11ement importee exercerait un effet favorable sur 1a balance des paiements. 11 Suivant 1e Tableau 7.1 (Production de quelques produits de base agrico­ 1es) , 1a production de cacao a diminue de 15 % entre 1970 et 1974 et n'a pas change de 1974 a 1975. - 57 ­ 120. ;:auxite. Le volume d t exportation annuelle de la bauxite a peu va­ rie entre 1971 et 1974 mais a diminue considerablement en 1975 a cause de la recession mondiale. Cependant, du fait de prix plus eleves, 1a valeur des exportations a augmente for·tement en 1975. La seu1e societe d'exploitation de la bauxite en Haiti. s'attehd it exporter a l',wenir environ 600.000 tonnes annuellement, soit un volume legerement inferieur a la moyenne de la der­ niere decennie. Les tertdances des prix devraient assurer des recettes plus e1evees que par Ie passe, en termes courants et en termes reels. Exportations traditionnelles et exportations non traditionnelles 121. La combinaison de perspectives favorables aux exportations tradi­ tionnelles haitiennes sur Ie marche mondial et de mesures gouvernementales plus apprO?~ie2S devrait ameliorer la situation de la balance des paiements, alleger l~ sous-emploi et augmenter Ie revenu des cultivateurs qui produi­ sent du cafe, du cacao, des huiles essentielles et du sucre. Mais l'accrois­ sement de volume des exportations de produits agricoles peut ne pas creer beaucoup de nouveaux emplois. L'expansion des exportations minieres - cuivre et bauxite - peut egalement creer tres peu de travail additionnel. Seule l'expansion des exportations non traditionnelles et a fort coefficient de main-d'oeuvre peut reduire Ie chOmage. Exportations industrielles 122. Les exportations de produits de la petite industrie ont presque quadruple entre 1970 et 1974. Meme pendant la recession de 1975, elles n'avaient diminue que de 5 %. L'expression "petite industrie" englobe l'ar­ tisanat traditionnel haitien, les petites industries qui utilisent en grande partie des materiaux haitiens, aussi bien que toutes les activites d'expor­ tation qui comprennent Ie montage ou la transformation supplementaire de cer­ taines composantes importees et destinees a la reexportation. 123. Les articles montes sur place et destines au marche exterieur cons­ tituent la part des exportations qui a Ie plus augmente.11 ---------- - 11 L'analyse de la petite industrie d'exportation est fondee sur les rensei­ gnements fournis par Ie Ministere du commerce et de l'industrie. Selon cette source, la valeur de ces exportations semble beaucoup plus elevee que celIe deduite des statistiques douanieres, sur lesquelles la Banque nationale a fonde son calcul de la balance des paiements. Tableau 28: EXPORTATIONS DE LA PETITE INDUSTRIE, Y COMPRIS LES ARTICLES ASSEMBLES (Mi11iers de gourdes, aux prix courants sauf indication contraire) Taux annue1s de croissance 1970 1971 1972 1973 1974 1975 1970-75 Brute9 A partir de matieres premieres locales 16,774 12,120 13,976 32,540 39,169 32,062 13,8 A partir de matieres premieres mixtes (importees et locales) 18,839 27,494 25,788 77 ,242 88,086 90,844 37,0 A partir de matieres premieres impbrtees 19,105 27,090 23,827 62,501 78,832 67,672 28,8 Total brut (en mi11iers de 54,718 .. 66,704 63,591 172,283 205,569 190,579 28,3 gourdes) co L"I (en mUliers de 10,944 13 ,340 12,718 34,456 41,114 38,115 28,3 dollars) Nettes Moins les produits interme­ diaires etrangers reex­ portes utilises pour 1es: a. Produits exportes fabriques a partir de matieres pre­ mieres mixtes 7,535 10,988 10,315 30,896 35,227 36,338 37,0 b. Produits exportes fabriques a partir de matiereg pre­ mieres importees 15,284 21,672 19,062 50,000 63,065 54,138 28,8 Total net (en mi11iers de 31,899 34,034 34,214 90,387 107,277 100,103 25,7 gourdes) (en mUliers de 6,377 6,806 6,843 18,277 21,455 20,021 25,7 dollars) - 59 ­ 124. Les exportations des petites industries en 1974 et 1975 se sont elevees a environ 40 millions de dollars chaque annee, soit environ 40 % des exportations totales. Elles ont devance le cafe comme exportation prin­ cipale en 1973. On pourrait estimer leur valeur nette a environ 20 millions de dollars, en soustrayant environ la moitie d~ total pour l'importation des pieces reexportees. Meme ce montant donne une lllpression exageree des avan­ tages, parce qu'une partie de la valeur ajoutee, precisement les profits des entrepreneurs etrangers, sera vraisemblablement transferee a l'exterieur. 125. E~. supposant que la croissance des activites de montage continuera a des taux annuels de 10 a 15 %, on pourrait estimer que, vers 1980, il Y aura: a) 15 a 20.000 nouveaux emplois; b) presque le double du montant ac­ tuel de 13 ;;ass,;: sa1ariale (4 a 7 millions de dollars); et c) le doublement des recettes iK.:.tes en devises (c' est-a-dire apres soustraction des produits importes), soit 20 millions de dollars de plus. De ce montant, on doit sous­ traire la moi.tie pour le rapatriement des benefices, laissant environ 10 mil­ lions de dollars comme disponibilite nette de ressources supplementaires pour HaIti. Ces avantages sont considerables quoiqu'ils impliquent des couts so­ ciaux et une concentration accrue de l'activite economique a Port-au-Prince. 126. L'investissement dans les branches d'activite qui utilisent princi­ palement des facteurs de production hattiens devrait contribuer davantage au developpement. La construction de la route du nord et de la route du sud et la restauration des reseaux d'irrigation devraient permettre l'etablissement d'agro-industries desservant les marches local et exterieur. Un groupe in­ dustriel prive envisage la construction d'une conserverie de legumes et de fruits dans le sud-ouest d'Hatti pour approvisionner Port-au-Prince. 11 de­ vrait etre aussi possible d'exporter des legumes et fruits en conserves vers 1e marche americain et peut-etre jamaiquain. 127. 11 semble aussi qu'il existe un marche etranger croissant pour les textiles. Les couts de la main-d'oeuvre hattienne sont les plus bas de l'he­ misphere occidental et les ouvriers ont deja etabli leur aptitude a produire et broder des vetements de haute qualite, en coton croise, destines aux mar­ ches europeen et americain. Des vetements de travail en coton croise pour­ raient aussi se vendre aux Etats-Unis et dans les pays voisins des Antilles. Mais des continge~ts limitent la croissance des ventes aux Etats-Unis a 7 % l'an en moyenne.ll Les dimensions du marche limitent les possibilites d'ex­ portation vers les autres pays des Antilles. De plus on devrait agrandir les 11 Quoique les contingents restreints imposes par les Etats-Unis sur les importations de textiles d'Haiti ne fOt pas atteint en 1975, quelques sous-categories atteignirent la limite. - 60 ­ installations haitiennes de pre-retrecissement permanent. Done, il semble qu'il existe un marche exterieur potentiel pour quelques branches d'activite seulement, principalement Ie textile et les produits a1imentaires. 128. Les produits de l'artisanat haitien, les peintures et.les sculptu­ res actuellement vendus aux touristes s'introduisent dans les pays voisins ou 1.ls sont souvent vendus connne produits nationaux, ou d'ou ils sont expor­ tes. On pense generalement que, si l'exportation de tels produits etait cor­ rectement organisee, ils beneficieraient d'un marche exterieur veritable plus etendu, a cause de leur qualite, leur originalite et leur prix competitif. Exportations de services 129. Les recettes en devises proviennent surtout du tourisme. On a es­ time comme suit les arrivees et recettes de touristes durant les trois der­ nieres annees: Tableau 29: TOURIS1-1E: INDICATEURS DE TENDANCE, 1973-1975 De;eenses De;eenses Touris- Par habi- Excur- Par habi- Depenses tes Total tant sion- Total tant totales (en mil- nistes (en mil- (en mil­ (en mil- liers de (en mil- liers de 1iers de Annee liers) dollars) (dollars) liers) dollars) (dollars) dollars) 1973 43,7 13.962 319 143,1 2.805 20 16.767 1974 47,5 15,893 334 188,0 2.593 14 18.486 1975 47,5 17.492 368 188,0 4.352 23 21.844 (est.) Source: Office national du tourisme d'Haiti. 130. Les autorites haitiennes estiment que la proportion des facteurs etrangers dans les biens et services fournis aux touristes est faible - en­ viron 15 %. Ceci peut etre une sous-estimation. Mais meme si ce pourcentage etait deux fois plus Heve, la balance des paiements en 1973-75 s'est conso­ lidee d'environ 13 millions de dollars par an. L'industrie du tourisme est tres importante. Elle emploie environ 6.000 personnesll et fournit des moyens liOn estime a environ 2.500 Ie nombre de lits d'hotel et deux ou trois emplois par lit d'hatel. - 61 ­ de subsistance a quelque 30.000 habitants, principalement a Port-au-Prince, ce qui represente environ 7 % des emplois enregistres dans la capitale. 131. Le nombre de touristes, la duree de leur sejour, et, en consequence, l'apport economique du tourisme, sont faibles, ~ comparaison a d'autres tIes des Antilles, alors merne que la beaute naturelle ct la culture unique du pays devraient Ie rendre au moins aussi attrayant. L'une des raisons en est que virtuellement aucun hotel haitien ne satisfait aux normes de premiere classe quoique les hotels haltiens ne soient pas de beaucoup moins chers que ceux des autres tles des Antilles. De plus, les tarifs aeriens a partir des Etats­ Unis sont si eleves qu'ils decouragent le tourisme de masse. La mobilite des touristes est limitee par l'absence de bonnes routes. De bonnes plages et attractions touristiques ne sont pas facilement accessibles maintenant. Le touriste moyen passe done de quatre a cinq jours en HaIti. Ainsi, le tou­ risme s'est developpe plus lentement en Haiti que dans les pays voisins et a stagne entre 1974 et 1975 a cause de la recession qui sevit a l'echelle mon­ diale. Les perspectives de recettes du secteur touristique a l'avenir depen­ dent plus de l'attrait accru des vacances en HaIti que de la tendance des re­ venus dans les pays des visiteurs. 132. Pour rehausser l'attrait d'Haiti, pour inciter les touristes a pro- longer leur sejour et pour convaincre un plus grand nombre de touristes a visiter Haiti, des efforts considerables sont necessaires. On doit creer une infrastructure qui facilitera les deplacements vers les plages et les sites attrayants situes en dehors de Port-au-Prince. On devra aussi rehaus­ ser la qualite et la competitivite des installations touristiques haitiennes. 133. L'Office national du touriSje (ONT) envisage un certain nombre de mesures pour developper Ie tourisme.l Mais l'Office du tourisme n'a pas consider.,.eTieusement le financement de ces projets ni la disponibilite du personnel necessaire a leur execution. II Les plus importantes de ces mesures sont: plusieurs projets de routes en vue de completer les voies qu'on construit actuellement et donner acces aux installations en dehors de Port-au-Prince; un certain nombre de projets marins et portuaires pres de Port-au-Prince et du Cap­ Haitien; la construction de marches supervises pour les arts et l'arti­ sanati la restauration de 1a vieille ville du Cap-Haitien. - 62 ­ Importation de biens 134. Les importations de marchandises ont augmente a un rythme de plus en plus accelere durant les cinq dernieres annees, mais particulierement au cours de Is periode 1973-75, annees pendant lesquelles elles ont presque double. La croissance en termes reels a ete irreguliere mais rapide quand meme. Tableau 30: IMPORTATIONS DE MARCHANDISES Taux d'ac­ croissement 1970 1971 1972 1973 1974 1975 1970-75 (% p.a.) 1. Valeur courante (millions de dollars) 51,9 59,2 65,8 76,7 111,3 136,2 21,3 2. Accroissement de la valeur courante par rapport a l'annee precedente (%) 14,0 11,1 16,6 14,7 22,4 3. Valeur constante (millions de dollars) 51,9 54,2 56,8 68,4 70,2 83,9 10,1 4. Accroissement de la valeur constante par rapport a l'annee precedente (%) 4,4 4,8 20,4 2,6 19,5 135. Pour analyser les causes de la tendance des importations, on a di- vise les donnees entre les biens importes dans Ie cadre du developpement et les importations de biens de consommations. Importations necessaires au developpement 136. Hatieres premieres. Alors que les importations de matieres premie­ resl/ ont quadruple entre 1970 et 1975, elles ne representent que 8 % du to­ tal des importations haitiennes. Cette proportion est beaucoup plus elevee 1/ Sous cette rubrique, les autorites douanieres haitiennes groupent des articles aut res que les minerais, des materiaux qui subiront une trans­ formation additionnelle et des materiaux non determines. '-. Tableau 31: Importations E!:..._c~egories _generales d~duits 1970 1973 1975 ---------~~-- Taux d'ac­ croissement Millions de Millions de Millions de 1970-75 Gourdes Dollars % Dollars Gourdes ----- % Gourdes Dollars % --~ ---- 1. Biens d'equipement l! 79,8 16.0 31 117.0 23,4 30 243,1 48,6 36 25,0 2. Produits intermediaires pour les industries d'exporta­ tion 22,9 4,6 9 80,9 16,2 21 90,5 18,1 13 31,6 3. IFportations necessaires au deve10ppement (1~2) 102,7 20,5 40 197,9 39,6 51 333,6 -66,7 49 26,6 4. Produits a1imentaires 54,1 10,8 21 95,6 19,1 25 194,4 38,9 28 29,1 <'j ,D 5. Autres biens de consom­ mation 103,0 20,6 39 89,8 18,0 24 152,8 30,6 23 8,2 6. Importations de biens de ~onsommation (4~5) 1-2.L..~ 31,4 60 .185,4 49 347 !~ 69,4 51 17,2 7. Importations tota1es 259,8 51,9 100 383,3 76,7 100 680,8 136,2 100 21,3 -,-----.-."----~~---- .---- ----­ U Comprennent 1es matipres premieres, 1es biens intermediaires et 1es biens d'equipement proprement dits. - 64 ­ dans d'autres pays en developpement. Cela reflete tres vivement la faible capacite de l'industrie manufacturiere haitienne, contrairernent a beaucoup de pays, petits et pourtant pauvres, ou les activites manufacturieres sont devenues une source importante de nouvelle valeur ajoutee. Les droits sur la plupart de ces matieres premieres se situent aux environs de 30 %, de meme que les droits de douane sur la plupart des produits finis. 137. Combustibles mineraux. Durant toute la periode de 1970 a 1975, le volume des importations n'a augmente que de 11 %. Par consequent, l'inci­ dence de l'augmentation des prix de petrole a donc ete moins forte en Haiti que dans la plupart des autres pays en developpement. L'une des principales raisons de l'accroissement lent du volume des importations de combustibles a ete l'achevement de la centrale hydro-electrique de Peligre, qui est pres­ que utilisee a pleine capacite maintenant. Une demande additionnelle d'ener­ gie causera donc une plus rapide augmentation des importations de petrole. 138. Produits chimiques. En dollars courants, les importations de pro­ duits chimiques industriels ont plus que double au cours des cinq dernieres annees. Cependant, l'augmentation reelle a ete bien plus moderee. 139. Biens d'equipement. Les biens d'equipement proprement dits ne re­ presentent que les trois quarts de la valeur d'importation des machines et du materiel de transport. Le reate est constitue d'automobiles privees, de climatiseurs et d'autres appareils destines principalement a l'usage menager. Les biens de production ont represente environ un sixieme (15,1 %) du total des importations en 1975. L'augmentation particulierement elevee des impor­ tations de biens d'equipement en 1975 a ete due en grande partie aux impor­ tations de machines et de vehicules dans le cadre des projets routiers de l'IDA et de la BIRD. - 65 ­ Tableau 32: IHPORTATION DES BIENS D'EQUIPEMENT EN HAITI Taux d'ac­ 1971 1972 1973 1974 1975 croissement (% p.a.) 1. Valeur courante des "machi­ nes et materiel de trans- pore' (millions de dollars) 10,44 11,44 13,97 18,09 27,48 27,4 2. Dont 75 % representent des biens d'equipement propre­ ment dits: (millions de dollars cou­ rants) 7,83 8,58 9,83 13,57 20,61 27,4 (millions de dollars cons­ tants) 7,83 8,36 9,67 11,00 14,07 15,8 3. De ce dernier total: Biens d'equipement, non transport, en prix constants (millions de dollars) (5,22) (5,64) (6,55) (7,45) (9,43) 15,9 Biens d'equipement, pour transport prix constants (millions de dollars) (2,61) (2,72) (3,12) (3,55) (4,64) 15,5 140. Les importations necessaires au developpement, y compris l'impor­ tation qe demi-produits qui seront montes et reexportes, ont triple entre 1970 et 1975 et leur proportion des importations totales est passee de 40 a 49 %. La valeur de ces produits importes a atteint 67 millions de dollars en 1975, dont seulement 21 millions de dollars, ou 4,7 dollars par habitant, representaient des biens d'equipement proprement dits. Un taux satisfaisant de croissance economique necessiterait probablement une augmentation subs­ tantielle des importations de biens de production, ce qui pourrait devenir possible si les importations de biens de consommation non essentiels qui at­ teignent maintenant 30 millions de dollars ou 6,8 dollars par habitant, etaient reduites considerablement. 141. Produits alimentaires. Les importations de produits alimentaires ont augmente rapidement au cours des dernieres annees. Leur augmentation substantielle en 1975 reflete les effets de la recente secheresse. Les couts - 66 ­ additionnels des importations exceptionnelles de produits alimentaires ont ete finances en grande partie avec les dons etrangers. Comme ces circons­ tances sont exceptionnelles, il vaut mieux analyser la periode 1970-1974. Cette analyse montre que la valeur de toutes les importations de produits alimentaires est passee de 11 millions a 26 millions de dollars, de 21 % a plus de 24 % du total des importations. On devrait accorder la plus haute priorite aux aliments de base qui pourraient etre produits en Haiti, a l'ex­ ception du ble qu'on ne peut pas cultiver dans ce pays et dont les importa­ tions, qui etaient de 2 millions de dollars en 1970 ont atteint 16 millions en 1975. Les produits essentiels locaux, tels que Ie riz, les haricots et Ie mats ne peuvent pas se substituer au ble; et crest ailleurs que des eco­ nomies sur les produits alimentaires importes devront etre faites. 142. Sans creer des privations importantes, on peut arreter et meme in­ verser l'accroissement rapide des importations de produits alimentaires non essentiels.ll On pourrait recommander une augmentation substantielle des droits de douane sur beaucoup de ces produits. On preleve un droit ad valorem de moins de 30 % sur la plupart des "produits alimentaires de luxe". Etant donne Ie coot de production eleve de ces articles en Haiti, meme si l'on double ou meme quadruple ces droits, an ne renforcera quand meme pas des entreprises locales inefficaces; et les importations pourraient ne dimi­ nuer que legerement mais les recettes fiscales augmenteraient considerable­ ment et rendrait Ie systeme fiscal plus equitable. 143. Les importations de boissons et de tabac ant double entre 1973 et 1974 mais ont peu augmente ces dernieres annees du fait en partie de la stagnation du tourisme. La plupart de ces importations de luxe pourraient etre remplacees par des articles locaux si on encourageait leur production par des mesures appropriees. On produit un rhum excellent en Haiti et on est en train de developper sur une grande echelle la production d'une feuille du type Virginie qui pourrait permettre au pays de ne plus importer de tabac et de cigarettes et meme d'offrir de nouvelles possibilites d'expor­ tat ion. On pourrait relever considerablement les droits de douane bas appli­ ques actuellement. II Un examen preliminaire des statistiques haitiennes indique que les im­ portations de produits alimentaires tels que la viande fraiche, les fruits et legumes en conserve, les confiseries et d'autres articles clairement identifiables comme produits de luxe ont depasse 4 millions de dollars, soit l'equivalent d'environ 5 % du total des importations. De nombreux autres produits tels que Ie lait en conserve ou en poudre dissimulent aussi d'importantes importations'de luxe. - 67 ­ 144. Autres biens de consommation. Leur valeur est passee de 20 mil­ lions de dollars environ en 1970 a plus de 30 millions de dollars en 1975. Elle s'eleve maintenant a pres du quart de toutes les importations. Le sa­ von, les detersifs et les produits de toilette constituent un element impor­ tant de cette categorie pour lesquels il conviendrait de majorer les droits de douane et en meme temps de reduire les droits d'entree sur les matieres premieres necessaires a leur production locale. 145. Un autre element important a ete les produits manufactures, clas­ ses par matiere.ll Excepte ceux qui ont ete utilises pour la reexportation, la plupart de ces produits ont ete consommeS par les groupes de citadins a revenu moyen ou eleve. Les droits d'entree sur quelques-uns seulement de ces articles depassent 40 %. Tableau 33: ESTIHATION DES IMPORTATIONS DE BIENS NON ESSENTIELLES (en mi llions de gourdes) 1974 1975 Denrees alimentaire"S non essehtielles 21,3 22,4 Boissons et tabac 12,9 13,2 Savon et produits de toilette 10,1 10,5 Voitures particulieres et appareils menagers a usage personnel 50,0 50,0 Produits manufactures divers utilises par les groupes de population a revenus eleves 47,1 55,2 Total en: Millions de gourdes 141,4 151,3 Hillions de dollars 28,4 30,3 Pourcentage des importations totales 25,4 % 22,2 % II La plupart de ces produits etaient des produits de papier et des pro­ duits textiles; Ie reste etait constitue d'articles d'ameublement, de vetements finis et de biens de consommation durables, les materiaux de construction occupant une place particulierement importante. - 70 ­ Tableau 34: MOUVEMENTS DE CAPITAUX ET RESERVES DU SYSTEME BANCAIRE D'HAITI (millions de dollars) 1970 1971 1972 1973 1974 1975 1. Balance en compte courant +10,3 +11,0 +14,8 -3,0 +1,3 -2,8 2. Investissements prives directs et capitaux a moyen et long terme +2,7 +4,7 +11,7 +7,4 +11,2 +23,5 3. Attribution de DTS +2,5 +2,0 +2,1 4. Total des transactions enregistrees +15 2 5 +1.7 ,7 +28,6 +4,4 +12 2 5 +20,7 5. Evolution des reserves nettes Augmentation (-) Diminution (+) -6,4 -9,1 -10,8 -1,1 +19,8 +23,5 6. Erreurs, omissions et tran­ sactions en capital non enregistrees -9,1 -8 2 6 -17 ,8 -5,5 -32,4 -44,2 -15,5 -17,7 -28,6 -4,4 -12,5 -20 2 7 152. On pourrait proposer plusieurs explications de ce declin. Premie­ rement, souvent les exportateurs ne remettent pas une portion de leurs recet­ tes en devises, creant ainsi une sortie de capital prive. Deuxiemement, la Banque nationale (centrale) a dG verser des sommes importantes pour rembourser un credit accorde a l'une des entreprises dont elle detient la majorite des actions, Telecommunications d'Halti, S.A. (TELECO). Troisiemement, il est fort possible qu'une partie des erreurs et omissions soit Ie resultat d'er­ reurs statistiques dans Ie calcul des exportations et importations haltiennes. Par ~xemple, une estimation preliminaire - non confirmee par les chiffres of­ ficiels -tend a indiquer l'existence d'un deficit commercial plus important que celui qu'on a calcule et imputable a une plus grande valeur des importa­ tions que celIe qui est indiquee officiellement. Cette derniere possibilite peut demontrer que la fuite des capitaux a ete moins forte que les chiffres donnes ci-dessus, ce qui ne modifie en rien la conclusion fondamentale, parce qu'une telle situation sous-entend tout simplement que les devises emportees hors du pays n'ont pas pris la forme d'un investissement financier mais sont - 71 ­ revenues en Haiti principalement sous la forme d'importations non essentiel­ les (les importations de biens d'equipement ayant ete enregistrees assez exactement correspondent encore probablement a la valeur estimee ci-dessus). Le principal probleme de la b3lance des paiements n'est done pas comme dans certains pays, l'attente de ch&ngements economiques importants dans un pro­ che avenir, mais bien l'attitude des investisseurs a ltegard de l'existence de debouches d'investissements rentables dans Ie pays. 153. Ce: debouches d'investissement pourraient ne pas avoir ete reveles ou offerts et. en fait, les reserves de devises ont accuse une baisse impor­ tante. Les reserves nettes sont desormais negatives, ce qui fait valoir Ie grave probleme de structure de la balance des paiements auquel est confronte HaIti. - 72 ­ CHAPITRE V STRUCTURE DE L'ECONOMIE 154. Une analyse sectorielle de l'economie hattienne revele l'ampleur des investissements necessaires 1 presque tous les s~cteurs. Les besoins en infrastructure sont enormes; il existe un potentiel de croissance dans les secteurs de production. surtout ceux de l'agriculture, de l'exploitation mi­ niere et de l'industrie legere; enfin, les secteurs sociaux pourraient aise­ ment absorber des volumes importants de capital fixe. Toutefois, si l'on ne procede pas aux reformes necessaires en matiere d'institutions, d'organisa­ tion, et de finances, l'incidence des investissements risque d'etre minime. Les paragraphes suivants contiennent une analyse des secteurs necessitant des investissements en capital, dans laquelle on s'efforce de preciser les conditions permettant d'en accro1tre l'efficacite. Secteur des biens 155. L'agriculture, dont la part dans Ie PIB atteint 45 % environ, em­ ploie plus de 80 % de la population active. Tous les techniciens s'occupant de l'agriculture haltienne s'accordent a reconnaitre qu'il est possible de relever sensiblement Ie niveau de la production grace a l'application de techniques agricoles plus modernes. 11 convient donc de consacrer plus d'at­ tention a l'agriculture que par Ie passe. On estime toutefois que meme dans l'hypothese d'une evolution favorable de la production, il se peut que Ie revenu que pourra en tirer la population rurale ne suffise pas a enrayer la forte poussee migratoire en direction de Port-au-Prince. 156. La degradation des conditions de vie a Port-au-Prince rend Ie pro­ bleme encore plus aigu. II est par consequent justifie et urgent que paral­ lelement aux depenses d'equipement effectuees a Port-au-Prince pour repondre a ses besoins en energie electrique et en eau, on s'emploie vigoureusement a decentraliser l'infrastructure et partallt, a favoriser Ie developpement re­ gional. Un tel developpement se justifie facilement aux plans economique et culturel s'il forte sur les industries liees a l'agriculture (agro-industries, materiel mecanique leger, production d'engrais). HaIti est par tradition un pays rural ou, bien que tacites, les structures collectives existent. Le developpement de communautes de production est essentiel mais demande des efforts considerables. Le probleme de la pauvret'e urbaine a Port-au-Prince, qui est devenu aigu au cours de la derniere decennie, devrait, dans tous les cas, etre considere dans la perspective de developpement agricole sans lequel il aurait tendance a empirer davantage. - 73 ­ Agriculture 157. Le retablissement d'une atmosphere de confiance relative en Haiti depuis Ie debut des anneex soixante-dix a grandement contribue au redresse­ ment de l'economie. CependanL~ ce mouveroent ne toucha presque pas Ie sec­ teur agricoLe dont la production s'est accrue a un rytlnne annuel de 1,2 % de 1971 a 1975, compare a un accroissement de rapopulation des regions ru­ rales de 1,1 % par an durant la meme periode.~ L'expansion de l'agricul­ ture superieure de 50 % a celIe des annees precedentes (periode pendant la­ quelle elle n'avait pas depasse 0,8 % par.an) n'a pas eu d'effet sur Ie ni­ veau de vie des populations rurales qui n'a prat!quement pas varie. 158. Lea cnracteristiques principales de l'agriculture haitienne remon­ tent de loin. Pour la plus grande partie elles datent des premiers jours de l'independance quand la distribution des terres commen~a. Plus tard, Ie droit de ~uccession base sur Ie Code Napoleonien favorisa de nouveaux morcel­ lements des terres. Chacun etant assure de disposer au moins d'une petite parcelle. C'est une des raisons pour lesquelles 80 % des Haitiens sont en­ core tributaires aujourd'hui de l'agriculture pour leur subsistance. L'agri­ culture haitienne est caracterisee par la penurie de terre arable£/ et par l'exiguite extreme des proprietes qui, en moyenne, ne depassent pas 1,40 ha de surface. 159. Alors que les iropats indirects et les droits d'exportation sur les produits agricoles ont contribue a l'ensemble du revenu public, une petite portion seulement de ce revenu est recupere par Ie secteur agricole, soit sous forme de services de vulgarisation dans les regions rurales· soit par Ie financement des depenses de developpement agricole. Cela est mis en evi­ dence par l'insuffisance du budget agricole qui ne depassait pas 9,3 % du budget total de developpement en 1975. Cette situation a amene les agricul­ teurs, au cours des annees, a passer de la production de cultures industriel~ les ou destinees a l'exportation a celIe de denrees de base qu'ils pouvaient echanger sur les marches locaux, ce commerce n'etant pas soumis au contrale de l'Etat. Cela s'est solde par une perte nette pour l'economie haitienne qui s'est vue lentement priver de sources precieuses de recettes en devises ainsi que de facteurs de production qu'on aurait pu destiner a d'eventuelles industries. 1/ D'apres les calculs du Ministere de l'agriculture, ce taux serait lege­ rement plus eleve, se situant a 1,4 % par an. J:..f La densite moyenne de 1a population rura1e depasse quatre personnes par hectare de terre arable. - 74 ­ 160. La dotation du pays en terre arable est tres faible. A la verite, a cause d'une topographie plutot irreguliere, 30 % seulement de sa superfi­ cie totale est propre a la culture. La technologie ou les credits n'etaient pas disponibles, la productivite des terres est restee faible et on a dO satisfaire la demande accrue de denrees alimentaires par la culture exageree de la terre (causant ainsi l'equlsement rapide du sol) et par la culture des regions montagneuses et boisees. Celle-ci faisait appel a un procede contes­ table qui consistait a transformer en charbon des arbres de valeur tels que l'acajou declenchant ainsi Ie processus desastreux de l'erosion du sol, le­ quel en certaines regions, pourrait tres bien s'averer irreversible. 161. La technologie de la production est res tee tres primitive et les operations sont entierement manuelles utilisant comme seuls outils les houes et les machettes. Bien qu'une partie des plaines alluviales representant 5,4 % de la superficie totale du pays convienne a l'irrigation, 70.000 ha seulement, soit 2,5 %, sont inclus dans les systemes d'irrigation. Outre l'entretien inadequat, l'approvisionnement d'eau insuffisant et Ie drainage mediocre rendent la plupart d'entre eux tres inefficaces. L'usage d'engrais est tres limite. En 1974, il ne s'elevait qu'a 3.400 tonnes. Les raisons de ce recours limite aux engrais ainsi qu'aux facteurs de production agricole les plus courants sont diverses: information technique et effort de promo­ tion limites, insuffisance du reseau de commercialisation, cherete des trans­ ports, benefices cleves que les intermediaires prelevent sur leurs ventes aux agriculteurs de ces facteurs, ce qui amenuise les avantages que ces der­ niers peuvent en retirer les les amene a ne plus s'y interesser. 162. Les agriculteurs ne peuvent pas disposer des fonds necessaires et l'absence presque totale d'un credit de developpement agricole a contribue a empirer la situation. Le credit non institutionnel est couramment utilise en HaIti; un grand nombre d'agriculteurs empruntent a des intermediaires en fournissant la garantie de leurs recoltes futures et il semble que les taux d'interets en cours dans les regions rurales aillent jusqu'a 100 % par an. Cepend ant , tout semble indiquer que ces emprunts sont exclusivement destines au financement des biens de consQmmation. Le credit agricole est fourni par deux organismes controles par Ie gouvernement: l'Institut pour Ie develop­ pement agricole et industriel (IDAI), et Ie Bureau de credit agricole (BCA). Alors que leur credit augmentait de 41 % par an de 1971 a 1975, Ie credit total consenti par ces deux etablissements n'a pas depasse 600.000 dollars en 1975, soit 0,2 % de la valeur de la production agricole. Le credit net destine a l'agriculture represente une portion insignifiante (0,3 %) du total net du credit interieur. 163. La culture des denrees de base (mals, haricots, manioc) a progres­ sivement remplace celIe des denrees industrielles ou d'exportation (cafe et - 75 ­ canne a sucre etant les principales). Sous la poussee de la croissance demo­ graphique, 1a culture des denrees d'exportation utilisant des surfaces rela­ tivement etendues a fait place a des cultures de subsistance faisant appel a un coefficient eleve de main-c' 'oeuvre. L'Etat, probablement sans le vouloir, n' a fait que renforcer cette is\! .)lution en appliquant certaines mesures en matiere de prix et d'impots. La consommation au niveau des exploitations n' en a pas aug,l:-,ente pour autant. La production agricole en HaIti demeure dans une 1arec mcsure orientee vers les cultures de rapport, 1a specialisa­ tion locale des produits s'effectuant se10n le principe de l'avantage compa­ ratif • 164. L'ultime consequence de ces changements structuraux a ete une baisse sensible de la production des denrees indispensables a l'economie ha'Itienne, telles que le cafe, le sisal et le cacao. Pour eviter la baisse de production des cultures industrielles et des denrees destinees a l'expor­ tat ion tout en satisfaisant la demande interieure accrue en denrees alimen­ taires grace a une augmentation suffisante des rendements, il aurait fallu laisser monter les prix des denrees industrielles a l'instar de ceux des denrees alimentaires et affecter des ressources au financement de l'accrois­ sement de la productivite. 165. Les succes de la production agricole dans les pays voisins mon­ trent que, selon le produit, il est possible d'augmenter de deux a cinq fois les niveaux actuels de production en HaIti. Cela necessiterait une amelio­ ration des techniques de culture. La plupart des mesures proposees sugge­ rent une utilisation plus intensive de l'eau; par consequent, la priorits devrait etre accordee - et semble l'avoir deja ete - a la remise en etat des anciens systemes d'irrigation dans les plaines alluviales oil la majorite de la population rurale est concentree. 11 est generalement reconnu que quel­ que 77.000 hn supplementaires pourraient etre irrigues ce qui porterait a 5 % la proportion de terres irriguees par rapport a 1a superficie tota1e du pays. De plus, l'usage de melanges appropries d'engrais, de pesticides et d 'herbicides , et la promotion de meilleures varietes de semences seraient fort profitables. 166. La mise en application de ces objectifs se heurte a des difficultes financieres. 11 est clair qu'un developpement raisonnable de l'agriculture demanderait des ressources de loin plus importantes que celles qui sont ac­ tuellement disponib1es. Les investissements agricoles fixes representaient seulement 3,1 millions de dollars en 1975 (15,5 millions de gourdes). De plus, un element substantie1 d'assistance technique est necessaire. En 1975, l'assistance technique representait plus de 40 % des depenses totales de de­ veloppement consacrees a l'agriculture, soit quelque 11,2 millions de gour­ des. - 76 ­ 167. L'efficacite des efforts des autorites haitiennes et de l'assis­ tance etrangere pourrait etre nettement renforcee grace a l'organisation des agricu1teurs en groupes communautaires. Les organisations de producteurs (combites, escouades, societes) ont toujours caracterise 1a culture rurale haitienne mais peu d'effort a ete fait jusqu'ici en vue de l'integration des associations traditionnelles de travail aux projets de developpement rural. La fragmentation excessive du regime foncier rendit necessaire, il y a long­ temps, la creation de ces organisations officieuses. Chaque fois que cela est possible, elles doivent etre regroupees plus efficacement, etre dotees si possible d'un statut legal, et ensuite integrees en organisations regiona­ les comme ce1a s'est fait dans la Vallee de l'Artibonite. 168. En encourageant la formation des cornmunautes rurales, on donnerait un fondement solide au developpement de services tels que la commercialisa­ tion des produits finals, la distribution des facteurs de production, la pro­ pagation des connaissances techniques, l'entretien du materiel et l'augmenta­ tion du credit rural. Quelques cooperatives de production existent deja mais seulement un petit nombre fonctionnent correctement a cause de l'aprete des conditions economiques, de l'insuffisance des stimulants financiers et d'une administration mediocre. De plus, Ie BCA s'est porte garant de quelques pe­ tites mutuelles de credit (Societes agricoles de credit - SAC) groupant 7 a 15 membres, qui font des demandes collectives de credit du BCA et sont col­ 1ectivement responsables de leur remboursement. Bien qu'elles soient limi­ tees quant a leur envergure, les SAC se sont revele une experience reussie. 169. Une politique de regionalisation commence a etre mise en oeuvre. Chaque region agricole releve, en matiere d'aide etrangere, d'un organisme different. Les efforts actuels d'assistance de la Republique federale d'Allemagne sont concentres sur Gonaives, ceux de l'assistance canadienne, sur Petit Goave; l'assistance des Nations Unies pour le developpement s'ap­ plique aux Trois Rivieres et aux Cayes. Les projets d'intervention de l'USAID dans Ie Sud-Est, de l'IDA dans Ie Nord et de la DID dans Ie Cul-de­ Sac et la Vallee de l'Artibonite, aussi bien que l'octroi eventuel d'une aide fran~aise et canadienne dans Ie Plateau Central indiquent clairement un type de developpement agricole base sur des unites regionales dependant de differents organismes d'aide. Une telle politique peut reussir a condition de s'accompagner d'unerenforcement des or ganes du Gouvernement central char­ ges de l'agriculture, afin de fournir Ie support local necessaire et la con­ tinuite dans les efforts de developpement regional. De meme, un certain de­ gre de coordination doit etre maintenu entre les objectifs de chaque projet individuel de developpement. Enfin, les organes nationaux pourraient deci­ der de concentrer leurs efforts sur la diffusion, vers les autres regions, de l'experience acquise dans Ie cadre des projets beneficiant d'une assis­ tance technique etrangere. - 77 ­ 170. Le cafe: Le cafe est indubitablement la plus importante denree produite pa.' li~conomie haltienwe et ceci pour deux raisons: il represente une source de revenus pour une forte proportion de la population et un ap­ port de devises etrangeres. Clest en effet la plus importante source de re­ venu pour 1,5 million d'habit&.'ts des zones rurales et ses exportations re­ presentaient 20 % des recettes totales d'exportation en 1975. II y a envi­ ron 389.000 unites de production du cafe couvrant quelque 132.800 ha, soit 16 % de toutes les terres cultivees. Les rendements sont tres minimes, en moyenne 250 k~/ha, considerablement au-dessous de la moyenne de 1.000 kg/ha obtenue dans de nombreux pays producteurs de cafe. 171. La baisse de production du cafe au cours des quinze dernieres an­ nees est un sujct de preoccupation en raison de l'importance que revet ce produit pour licconomie haitienne. Meme si la production semble s'etre ac­ celeree durant une annee ou deux, en 1975 elle etait encore de 18 % infe­ rieure au niveau atteint en 1960. 172. Le reseau de distribution du cafe peut etre decrit comme un oligop­ sone (peu d'acheteurs et beaucoup de vendeurs), ce qui presque par definition milite contre les interets economiques des producteurs. L'influence du taux de la taxe specifique applicable jusqu'en octobre 1973, associee a la baisse reguliere des cours mondiaux au cours des annces cinquante et soixante, a contribue a diminuer Ie revenu des cultivateurs. 11 semble egaleluent qu'une bonne quantite du cafe haitien passe frauduleusement en Republique dominicaine ou il n'est soumis a aucune taxe. 173. Le manque d'assistance technique et Ie sous-developpement de l'in­ frastructure ont aussi pour effet de decourager l'augmentation de la produc­ tion. En depit de tout cela, la production de cafe demeure relativement ele­ vee. Les cafeiers sont consideres comme des possessions permanentes par les agriculteurs et merne s'ils ne sont pas entretenus, ils fournissent neanmoins une recolte minimale pour des frais d'exploitation presque inexistants. Les cafeiers nouvellement plantcs fournissent des revenus additionnels au bout de quatre a sept ans seulement, et par consequent la production du cafe doit se fonder sur les previsions a long terme des cultivateurs, au lieu d'etre sou­ mise a des variations periodiques a court terme des prix, con~e c'est Ie cas pour la plupart des autres denrees. Par consequent, malgre l'abaissement des revenus des producteurs de cafe depuis les 20 dernieres annees, la production n'a diminue qu'a la fin des annees soixante. Toutefois, les rendements des cafeiers peuvent encore etre fortement accr~s et, eu egard au mauvais etat des sols et a la receptivite du paysan haitien a l'egard de l'innovation, on peut esperer obtenir une augmentation considerable de la production de cafe grace a des facteurs de production modernes et a l'assistance technique. - 78 ­ 174. Par consequent, les possibilites d'investissement sont grandes. Elles comprennent l'assistance technique relative aux methodes de plantation, la distribution des engrais, la prestation des credits pour l'irrigation, etc. Selon certaines estimations, la production de cafe pourrait etre tri­ plee si une nouvelle variete de cafeiers etait introduite et si 1es engrais chimiques etaient plus 1argement utilises. 175. L'Institut du cafe (IHPCADE) a ete cree pour pronouvoir la produc­ tion du cafe et pour aider les petits cultivateurs a ameliorer les techni­ ques de culture et de transformation. II etait aussi prevu que l'IHPCADE accorderait des credits aux cooperatives d'agriculteurs pour l'achat d'en­ grais chimiques. Cependant, ses efforts ont ete limites jusqu'ici a cause de l'insuffisance des ressources financieres mises a sa disposition. 176. Enfin, l'urgente necessite s'impose d'ame1iorer Ie reseau des rou­ tes de desserte qui faci1iterait Ie transport plus rapide et moins cher du cafe et d'autres produits agrico1es vers 1es marches et faci1iterait aussi 1a vu1garisation et la 1ivraison des facteurs de production necessaires a l'amelioration de 1a productivite. A cause de 1a necessite de transporter rapidement 1e cafe aux marches, 1e manque d'infrastructure routiere est gran­ dement responsab1e de 1a tres faible proportion de cafe b1anchi de premiere qualite dans 1es exportations, malgre 1es encouragements fiscaux visant a stimuler 1a production de cette categorie de cafe. De plus, cette production est genee par l'insuffisance des installations de lavage. 177. Quelques projets recents finances par l'USAID (projets relatifs aux petites exploitations/projets de routes de desserte) demontrent qu'on est en train de prendre 1es mesures qui s'imposent. Cependant, cela n'indique pas dans que11e mesure 1es autorites haltiennes seront amenees de ce fait a a1­ 10uer une part plus considerable ?es fonds publics au secteur du cafe. 178. Le sucre: La canne a sucre est 1a plus importante denree indus­ trie11e apres 1e cafe et l'une des sources les plus importantes de recettes de devises etrangeres pour l'economie haltienne. De toutes les terres cul­ tivees, un total de 82.600 ha, soit 10 %, est plante de cannes a sucre. Ce­ pendant, quelque 19.000 ha seu1ement sont utilises pour la production du su­ cre centrifuge (industriel). La production du reste des regions consacrees a 1a culture de 1a canne (c'est-a-dire 1es trois quarts) est cana1isee vers 1es "sucreries" semi-artisana1es et les distilleries (guildives) produisant surtout de la cassonade brute (rapadou) et de l'a1coo1 (clairin), produits consommes localement. 179. Quoique 1a canne soit cu1tivee un peu partout dans 1e pays, la plus importante concentration semble etre dans 1es plaines a11uviales. Les sols de ces regions conviennent a cette culture meme si certaines d'entre e1les - 79 ­ (la Plaine du Cul-de-Sac en particulier) ont de severes problernes de salinite a cause du drainage inadequat du reseau d'irrigation. 180. Le rendement moyen de canne par hectare varie de 49 tonnes dans la Plaine du Cul-de-Sac, beneficiant de l'irrigation partielle, a environ 35 ton­ nes dans les autres plaines alluviales non irriguees. Le rendement dans les regions montagneuses est beaucoup plus faible. Ces faibles rendements sont dOs peut-etre au manque de systeme d'irrigation ou a leur fonctionnement ina­ dequat, au non emploi des engrais chimiques, et a la culture de varietes in­ ferieures de canne a sucre. De meilleures conditions permettraient des re­ coltes de l'ordre de 110 tonnes par hectare avec irrigation, et d'environ 90 tonnes par hectare sans irrigation. 181. II Y a trois raffineries commerciales situees dans les regions principales de production. Leur capacite totale est estimee a environ 130.000 tonnes de sucre brut. Une quatrieme usine est actuellement en voie de construction pres de Leogane avec une capacite supplementaire d'environ 19.000 tonnes. Avec l'addition de cette derniere installation, Haiti pourra transformer environ 1.700.000 tonnes de canne a sucre par an. Les taux de recuperation sont tres bas, 9 % en moyenne a cause de la faible quantite de sucre provenant de la canne cultivee et de l'inefficacite du systeme de trans­ port qui permet a une large portion du convoi de cannes de defraichir. Puis­ que Ie prix de la canne est plutot base sur Ie poids que sur la teneur en sucre, les producteurs ont peu d'interet a ameliorer la qualite de leur pro­ duit. 182. Le besoin d'encourager la production du sucre est evident. L'expe­ rience des dernieres annees a montre que, si Ie niveau de production reste inchange, les deux roles du sucre - celui de fournisseur de calories pour la consommation domestique et celui de pourvoyeur de devises etrangeres - ne sont plus compatibles. Une importante augmentation de la production est ne­ cessaire et pourrait etre realisee par l'amelioration de l'efficacite des usines et par l'accroissement du rendement des plantations de canne a sucre. La confection du sucre est encore lucrative parce que Ie prix de la canne a sucre n'a pas augmente et que l'obstacle primordial a l'augmentation de la production est la fourniture insuffisante de canne a sucre. Les rendements sont faibles par rapport aux normes rnondiales et l'utilisation d'engrais et de l'irrigation permettraient au moins de lea doubler. Les planteurs de canne souffrent aussi des couts eleves du transport et par consequent, prefe­ rent souvent fournir au moins une partie de leur production aux distilleries locales, lesquelles menent une forte concurrence aux producteurs industriels. La modernisation du reseau de transports et du rendement de la production de canne a sucre pourraient ameliorer Ie rapport coOt-prix pour les producteurs et les inciter a reserver une part croissante de leur recolte aux producteurs industriels. - 80 - Industrie manufacturiere 183. Le secteur manufacturier a ete l'un des plus dynamiques de l'econo­ mie haltienne durant les quelques dernieres anneeoo Sa valeur ajoutee s'est accrue a un taux annuel moyen de 6,7 % depuis 1971 et sa part dans Ie PIB s'elevait a 11,7 % en 1975. La structure de production du secteur remonte aux premiers stades du developpement industriel d'llalti. L'activite industrielle etait avant tout caracterisee par la production des biens de consommation de base (produits alimentaires, vetements) et de materiaux de construction (ci­ ment) dont la demande etait en croissance rapide dans les villes. Alors que ces industries connaissaient une expansion rapide, Ie developpement du sec­ teur peut en grande partie etre attribue a l'expansion des industries de mon­ tage de produits destines 8 l'exportation. . 184. Le secteur public de l'industrie, a l'exception notable de la mino­ terie, est contrale par la Societe d'equipement national (SEN). Les entre­ prises publiques ne re~oivent aucune aide financiere de l'Etat et les frais d'investissement sont couverts par l'autofinancement ou par des apports pri­ ves d'origine nationale ou exterieure. 185. Un accroissement impressionnant dans la production de farine et de ciment a pris place. La production de farine a atteint en moyenne une aug­ mentation de 42 % depuis 1971. Le ble est entierement importe du Canada et les importations se sont accrues 8 des rythmes similaires. La minoterie ap­ partient au Gouvernement haltien (8 raison de 60 %) et 8 une entreprise cana­ dienne (8 raison de 40 %). Sa capacite s'est accrue d'un demi million de sacs (de 200 livres) 8 1,5 million de sacs au cours des cinq dernieres an­ nees. Une nouvelle expansion qui doublerait la capacite actuelle est main­ tenant envisagee. Les depenses d'investissement fixe sont financees par les credits-fournisseurs a court terme accordes par Ie Gouvernement canadien pour les achats de ble. Le prix de la farine actuellement a 20 dollars Ie sac est beaucoup plus eleve que dans les autres pays des Caraibes (13-14 dollars) ou qu'au Canada et aux Etats-Unis (10 dollars). L'inclusion dans la masse sala­ riale de la minoterie d'un personnel super flu explique en grande partie cet ecart. 186. L'industrie du ciment a pu directement beneficier de la recente prosperite a Port-au-Prince. L'expansion des constructions privies et les projets de construction routiere ont stimule la consommation de ciment dont la production a connu un accroissement annuel de 22 % durant les annees 1971-74. La capacite de la cimenterie,dont l'Etat haltien possede 16,5 % du capital par l'intermediaire de la SEN! est passee recemment de 80.000 tonnes l' La plus grande portion des 83,5 % du capital restant est detenue par une entreprise fran~aise. - 81 ­ a 300.000 tonnes, au cont raisonnable de 74 dollars la tonne. Les frais to­ taux d'investissement s'elevant a 16 millions de dollars ont ete finances au moyen d'une augmentation de capital d'un montant 4e 2 millions de dollars et par des emprunts prives a moyen terme. Cette expansion a ete encouragee par Ie prix hautement remunerateur du ciment qui prevalait sur Ie marche haitien (approximativement 50 dollars par tonne par rapport a 30 dollars dans Ie reste des Antilles). 187. L'evolution de la production des autres entreprises publiques (l'usine d'e~renage du coton aux Gonaives par exemple) et des petites usines privees travaillant pour les marches interieurs n'est en rien comparable. Les disparites entre les augmentations de production des diverses industries doivent etre attribuees aux restrictions en matiere de credits d'investisse­ ments. Les banques locales ne sont pas disposees a accorder des prets a moyen et long terme aux usines nationales, parce que leurs activites sont beaucoup plus remuneratrices - et moins risquees - si elles se limitent aux credits a court terme accordes aux commer~ants locaux ou aux importateurs. Cela explique aussi pourquoi les seules entreprises qui ont ete capables de s'etendre et de beneficier de la recente prosperite a Port-au-Prince ont ete celles qui avaient acces aux capitaux etrangers. 188. Depuis Ie debut des annees soixante-dix, les industries d'exporta­ tion qui limitent leur production aux biens de consommation manufacturiers sont devenues un secteur important de l'economie haitienne. Le climat poli­ tique ameliore et une economie ouverte avec pleine convertibilite et sans au­ cun controle de transferts de capitaux, ont stimule l'investissement dans ce secteur, de capitaux prives interieurs et etrangers. Parmi les entreprises manufacturieres nouvellement etablies, plus de 150 sont americaines et envi­ ron 80 appartiennent aux Haltiens. 189. Les nouvelles activites consistent surtout a monter ou transformer les pieces importees. Les produits finis sont presque entierement reexpor­ tes. La plus grande part du commerce se fait avec les Etats-Unis. La pro­ duction va des textiles et des balles de basevall et de softball au montage elementaire de pieces electroniques et mecaniques. L'exportation de ces pro­ duits a augmente a un taux annuel moyen de 30 % entre 1970 et 1975, entra!­ nant depuis 1971 la creation de 9.000 emplois supplementaires et fournissant les moyens d'existence a 45.000 habitants de Port-au-Prince. 190. Divers facteurs ont contribue a cette expansion rapide. Premiere­ ment, la disponibilite d'une main-d'oeuvre abondante et a bon marche situee a proximite du marche americain a favorise la sous-traitance en Haiti des activites industrielles exigeant un fort coefficient de main-d'oeuvre.ll II Le salaire journalier minimum fixe par la loi en HaIti est de 1,30 dol­ lar et Ie salaire journalier moyen per~u par la main-d'oeuvre non qua­ lifiee est de 1,70 dollar. - 82 ­ A10rs que dans p1usieurs pays en deve10ppement ayant un potentie1 simi1aire Ie processus de sous-traitance est souvent decourage par les obstacles bu­ reaucratiques ou les barrieres institutionnelles, la politique du Gouverne­ ment haltien y a ete tout-a-fait favorable et toutes les nouvelles usines beneficient du statut de zone franche. Durant les cinq premieres annees d'operation aucun impot sur Ie revenu n'est per~u. Par la suite, l'exemp­ tion est eliminee progressivement. Des emplacements d'usine dans la nouvelle zone de developpement industriel de Port-au-Prince ont ete fournis aux nou­ veaux investisseurs a des conditions favorables. La sous-traitance par les compagnies americaines fut provoquee par 1es dispositions du Tarif douanier des Etats-Unis relatif au montage offshore adoptees en 1965, et disposant de taxe a l'importation 1es articles de fabrication etrangere dont les compo­ santes proviennent des Etats-Unis. 191. L'influence des nouvelles industries de montage sur Ie deve1oppe­ ment de l'economie demeure 1imitee. Jusqu'a present, la sous-traitance inter­ nationale a cree une enclave ne pratiquant aucun cchange ni en aval ni en amont avec les autres industries. Comme Ie travail se limite a l'artisanat de base (couture, broderie, emballage, etc.) a l'exception de certaines acti­ vites en electronique, l'amelioration des divers echelons de competence est 1imitee. 192. La promotion des industries d'exportation qui utiliseraient une. plus grande portion de ressources d'origine haltienne exigera une plus grande coordination du secteur industriel. Compte tenu de l'exiguite du marche lo­ cal, on ne peut plaider en faveur du remplacement des importations. Toute­ fois, de nombreux articles, pour la plupart des articles d'alimentation, tex­ tiles ou outils agricoles manuela, pourraient etre produits d'une maniere ef­ ficace en HaIti. On en produit deja quelques-uns, tout en continuant a en importer, en raison surtout de la penurie d'installations d'entreposage (pro­ duits 1aitlers) ou de 1a preference des consommateurs pour les produits etran­ gers. 193. Le controle de la qualite des produits est une condition prealable au developpement des industries d'exportation utilisant les ressources loca­ les, et au developpement d'un processus limite de remplacement des importa­ tions. De plus, l'existence d'une banque de developpement capable d'evaluer les projets et d'accorder des prets a long et moyen terme est une autre con­ dition prealable importante. 194. La plupart des installations d'infrastructure existantes (e1ectri­ cite, approvisionnement en eau, aeroport international) sont situees a Port­ au-Prince, et par consequent Ie deve10ppement recent de l'activite indus­ trielle s'est limite a 1n region metropolitaine. Cela a eu pour effet d'ac­ centuer les desequilibres regionaux et accelerer l'exode rural. Les salaires - 83 ­ qui, a Port-au-Prince, sont d,ux fois plus tHeves que les revenus rurau:t., ont stimule davantage cet exodc.l La population de Port-au-Prince a augmente durant la meme periode de l4S.000 personnes dont 4S.000 seulement represen­ tent l'accroissement demographique urbain, Ie reste etant Ie resultat de la migration. C'est la perspecti'"e - souvent illusionnce - de trouver un em­ ploi dans les petites industries de Port-au-Prince qui a transforme, dans de nombreux cas, les victimes du sous-emploi rural en chameurs urbains. Les petites industries, nouvellement crcees, sont devenues d'importantes utili­ satrices des reseaux de transport, d'adduction d'eau, d'assainissement et d'energie. Toutefois, comme elles ne paient pas d'impots sur Ie revenu et COMme les tarifs de la plupart des services d'infrastructure sont trop bas, une partie de leurs frais generaux est maintenant prise en charge par la collectivitf. 19S. Le developpement industriel des regions ne s'accomplira qu'apres l'achevemcnt de l'infrastructure regionale que Ie gouvernement se propose de realiser au cours des cinq prochaines annees (remise en etat des principales routes de raccordenent, approvisionnement en eau dans les villes de province, deuxieme zone de developpement industriel au Cap-Haitien). De nouvelles en­ treprises peuvent s'installer dans les regions mais l'octroi aces entrepri­ ses d'exonerations et d'autres avantages devrait etre fonction du role qu'el­ les seront appelees a jouer dans Ie cadre de l'economie regionale. Les lois industrielles de 1963 et 1969 determinent les conditions que doivent remplir les nouvelles industries afin de beneficier des avantages de zone franche. Hais il semble qu'elles n'aient jamais ete appliquees. Infrastructure 196. L'infrastructure a absorbe la plus grande partie de l'investisse­ ment public fixe durant les quelques dernieres annees (jusqu'a 74 % pendant l'exercice financier 1975). A part Ie reseau routier, la plupart des pro­ jets en cours ou prevus, tels que l'approvisionnement en eau, l'energie electrique et telecommunications, sont situes dans la region metropolitaine de Port-au-Prince. 197. Alors qu'il est evident que l'insuffisance d'equipement constitue un obstacle serieux au developpement economique, l'absence d'une decision par les detenteurs de capitaux prives d'initier des investissements dans les secteurs de production de biens pourrait entrainer la sous utilisation de cet equipement. Par consequent, des conditions paralleles pour stimuler 1/ Le salaire moyen paye a la main-d'oeuvre non qua11f1ee est d'environ SOO dollars par an. Le revenu annuel moyen des 400.000 petits exploi­ tants ne depasse pas 2S0 dollars. - 84 ­ l'investissement dans les secteurs de production de biens - par des credits ou des changements institutionnels - peuvent etre necessaires. Transport 198. Le transport a l'interieur du pays se limite pr~ncipalement au transport de passagers et de produits agricoles. La commercialisation defi­ ciente des produits et les arrangements inadequats de distribution des res­ sources sont des obstacles importants au developpement agricole. On pour­ rait eliminer en partie ces obstacles en mettant sur pied un systeme de transport plus adequate 199. Le transport des marchandises et des passagers se fait principale­ ment par voie terrestre et on estime que Ie transport routier represente 80 % du transport total. Les moyens de transport qui utilisent la force hu­ maine ou animale jouent un role important puisque la circulation en vehicu­ les a moteur est limitee et la main-d'oeuvre sous employee abondante. Le transport par caboteur revet une grande importance, principalement entre les regions inaccessibles par voie terrestre (Jeremie, l'Ile de la Gonave et l'Ile de la Tortue), et represente 18 % de tous les transports de marchand i­ ses. Soixante-quinze pour cent de ces expeditions se font par voilier. Les couts du transport par caboteur sont bas mais sa duree est necessairement longue, ce qui limite son potentiel. Ce mode de transport souffre aussi du caractcre inadequat des amenagements portuaires et aussi du manque de credit pour la reparation des navires. 200. Un reseau de transport adequat est une des conditions prealables au developpement economique d'Haiti, et au cours des quelques dernieres an­ nees, ce secteur a beneficie d'investissements publics et d'une aide exte­ rieure importants. En 1975, Ie total des investissements pour Ie transport s'elevait a 28 millions de dollars, soit 48 % du budget de developpement. Les principaux projets actuellement en cours d'execution sont la repartition de la route du Nord - de Port-au-Prince au Cap-Haitien - (IDA), la route du Sud - de Port-au-Prince aux Cayes - (BID) et la route allant de Port-au­ Prince a Jacmel (don du Gouvernement fran~ais). Les installations portuai­ res a Pore-au-Prince sont aussi en voie d'amelioration et d'expansion (BID). 201. Le mauvais etat de la plupart des routes est un resultat de l'en­ tretien inadequat et parfois inexistant des dernieres annces. Par consequent, I'entretien devrait devenir I'occupation premiere du gouvernement et la plus haute priorite devrait lui etre accordee. Un organisme autonome, la (SEPRru~)l/ !/ Service d'entretien permanent du reseau routier national. - 85 ­ a ete cree speciale~ent pour s'occuper de ce probleme. II organise des bri­ gades routieres munies d'un materiel mecanique et beneficie, actuellement, de l'assistance etrangere (USAID) surtout pour ce qui a trait a l'acquisi­ tion du materiel. 202. La remise en etat du reseau routier va necessaireme:nt entrainer un accroissement des depenses d'entretien et i1 est prevu que la SEPRRN aura besoin de 1,2 million de dollars en 1976 et de 3,4 millions de dollars en 1981. Ses ressources viennent principalement des taxes frappant l'essence et 1 'lmile diesel que Ie gouvernement a decide d' affecter a. partir de 1976 a. 1a construction et a l'entretien. On prevoit que les ressources consacrees a l'entretien passeraient de 1 million de dollars en 1976 a. 1,2 million de dollars en 1981, il faudra done de nouveau les augmenter pour assurer Ie fi­ nancement regulier des besoins d'entretien croissants. 203. Vne enquete a ete recemment effectuee pour determiner les besoins du secteur des transports. Elle souligne la rivalite entre Ie developpement d'un reseau routier adequat et la promotion du transport par caboteur. Dans beaucoup de cas, l'application des deux strategies est possible parce que la plupart des villes regionales sont situees sur la cote. En pratique toutes les regions auraient pu etre reliees par voie maritime a l'exception du Pla­ teau Central. La question est de savoir s'il serait justifie de construire dans l'avenir des routes revetues en dur conduisant a des communes telles que Port-de-Paix, Mole St. Nicolas, ou Jeremie au lieu de les relier par la mer. Vne strategie orientee vers la construction de routes provoquerait Ie developpement des regions longeant les routes et faciliterait une rapidite d'acces aux villes principales. D'un autre cote une strategie orientee vers Ie developpement cotier favoriserait Ie developpement autonome des villes de province qui serviraient de debouches aux productions regionales. Ceci en­ couragerait Ie developpement des exportations directes au moins dans les grandes villes, experience qui s'est revelee fructueuse dans Ie passe. 204. Des etudes revelent que la baisse des couts du transport provoque des augmentations directes de 1a production agrico1e. Le besoin urgent d'amelioration du reseau des routes de desserte agricoles en llalti est une consequence de l'existence d'une multitude de tres petites proprietes. Quoi­ que la construction de routes de desserte soit devenue un element de tout projet de developpement regiona~/, Ie manque de routes restera vraisembla­ blement pour longtemps un serieux obstacle au developpement agricole. 11 Le gouvernement a identifie sept regions qui devraient se developper dans Ie cadre d'un projet integre. L'investissement total serait d'un montant de 317 millions de dollars entre 1977 et 1981, dont 24,S mil­ lions de dollars seraient consacres a l'amelioration des routes. - 86 ­ Telecommunications 205. Le secteur des telecommunications a beneficie d'une aide importante de l'Etat. TELECO, l'entreprise de telecommunications, est presque totale­ ment aux mains de la Banque nationale. Le dernier Plan quinquennal (1971-1976) prevoyait des montants d'investissement eleves et contrairement a ce qui s'est produit dans la plupart des autres secteurs, ces investissements ont ete rea­ lises a un rythme satisfaisant, l'investissement reel depassant de loin les previsions. Les investissements atteignaient 5,9 millions de dollars en 1975. Ces mesures rapides et ces investissements substantiels, bien que benefiques pour Ie secteur, pourraient etre consideres comme la preuve d'une lacune dans la politique economique haitienne. En effet, pratiquement aucune analyse n'a ete faite de la priorite des investissements - prerogative de l'Office du Plan (CONADEP) - ni de la forme et du volume des credits accordes pour finan­ cer l'operation - prerogative de la Banque nationale. Cette derniere aurait pu envisager, a la place, un recours a des credits assortis de conditions fa­ vorables de preference aux credits-fournisseurs as sort is de conditions commer­ ciales, a l'aide desquels l'operation a ete financee. Approvisionnement en eau et assainissement 206. Le manque d'eau potable en Haiti est reconnu comme l'une des cau­ ses principales du taux eleve de mortalite qui frappe surtout les enfants. La repartition inegale d'eau douce entre les regions du pays est, par contre, une caracteristique du desequilibre regional general. A la fin de 1975, 12 % environ de la population totale avait acces a l'eau potable, dont 51 % des habitants des villes et 3 % seulement de la population rurale. L'ecart etait encore plus flagrant en ce qui concerne les raccordements, des habitations au reseau, 20 % de la population urbaine en disposant, contre 0,1 % seulement de la population rurale. 207. L'administration du systeme d'approvisionnement en eau se partage entre la Centrale autonome metropolitaine d'eau potable (C~~EP) pour la re­ gion de Port-au-Prince et les Services hydrauliques (SH), et la Cooperative pour l'amelioration en eau potable (COALEP) pour Ie reste du pays. En rea­ lite, l'eau douce n'est fournie par ces deux derniers services qu'a quelque treize villes de province. 208. La plupart des capitaux alloues a l'approvisionnement en eau ont ete jusqu' ici re<;us par la CM-IEP. Elle beneficia, en particulier, de deux prets consecutifs de la BID. Un troisieme pret est prevu pour 1977 pour fi­ nancer Ie dernier stade d'un programme destine a satisfaire les besoins en eau potable jusqu'en 1980 de la zone metropolitaine. En realite, C~1EP n'a jamais pu s'adapter a l'accroissement de la demande: elle fournit la merne - 87 ­ quantite d'eau depuis quize ans, alors que le nombre de consommateurs est passe de 3.000 a 25.000. La Ck~P souffre plus du manque d'eau que du man­ que d'equipement, puisque la production d'eaudes sources a subitement dimi­ nue par sutte du deboisement massif des montagnes locales. Ceci nous amene a conclure que le potentiel d~ l'approvisionnement en eau diminue alors que le nombre de consommateurs d'eau augmente. La moitie seulement des citadins beneficient actuellement d'un type quelconque d'approvisionnement en eau. Une etude des ressources hydriques locales, exigeant des forages et des tests, s'impose d'urgence. 11 semble, cependant, que les fonds d'investis­ sement disponibles soient plutot utilises pour les appareils de distribution d'eau qui seront utilises pour fsire face aux besoins industriels futurs. 209. Les services regionaux sont genes par une absence presque complete de ressources. Lors de l'affectation des ressources d'investissement a l'in­ frastructure, un rang de priorite eleve devrait etre accorde aux ameliora­ tions du reseau d'alimentation en eau des villes de province. Le budget ac­ tuel des Services hydrauliques ne saurait suffire meme a l'entretien du sys­ teme de distribution d'eau deja vetuste. Uncr~dit del'IDA est actuellement a l'etude en vue d'aider a l'extension et a l'amelioration des services hy­ drauliques dans dix villes. Un programme de developpement rural egalement finance par l'IDA, comprend un element d'approvisionnement en eau dont pro­ fiteront 25.000 familIes. 210. Haiti. ne dispose d'aucun reseau d'assainissement pouvant satisfaire aux normes d'hygiene. Port-au-Prince et Cap-Haitien, les principaux centres urbains, sont t~utefois desservis par un reseau limite de drainage par con­ duites auquel sont illegalement raccordees de nombreuses canalisations d'egout. Les besoins de la population ne peuvent etre satisfaits par un reseau aussi deficient. La plupart des conduites sont obstruees et les bas quartiers de ces villes sont inondes en cas d'averses. Les reseaux prives de distribution d'eau et les canalisations sont frequemment contaminees en raison de l'usage repandu des fosses septiques et des latrines. Secteurs sociaux 211. Sante. Les conditions sanitaires en Haiti refletent les faibles niveaux de vie de sa population. L'esperance de vie a la naissance ne de­ passe pas 50 ans. Un taux brut de mortalite de 16 pour 1.000 et une morta­ lite infantile de 150 pour 1.000 naissances temoignent en plus de la situa­ tion sanitaire critique. La qualite des services de sante publique est tres faible: il y a en moyenne un medecin et dix lits d'h&pital pour 13.000 habi­ tants. - 88 ­ Tableau 35: INDICES DE SANTE DANS QUELQUE~ PAYS SELECTIONNES 1973 Esperance Taux de Taux de Mortalite Par de vie a la natalite mortalite infantile habitant naissance brut (par brut (par 1.000 PNB ($ EU) (annees) 1.000) (par 1.000) nes en vie) Haiti 130 50,0 35,8 16,3 150 Inde 120 49,2 38,0 16,0 120-140 Honduras 320 52,7 49,3 14,6 118 Guatemala 500 52,4 42,8 14,1 84 Republique dominicaine 520 57,8 47.5 13,5 103 212. Les normes de sante publique pourraient etre ameliores par l'ele­ vation du standard de vie et par l'amelioration des conditions socio­ economiques plutot que par l'expansion des soins medicaux. La pauvrete d'Haiti, qui s'accompagne d'une alimentation inadequate et de l'insalubrite des conditions de vie, est a l'origine des problemes sanitaires de sa popu­ lation. Les victimes de la malnutrition et du manque d'hygiene sont surtout les nourrissons ce qui explique la proportion elevee de mortalite infantile (70 %) dans Ie total des deces. 213. La carence generale en proteines et en calories contribue a aggra­ ver les problemes de sante. La ration alimentaire moyenne ~n Haiti est es­ tinee a 39 grammes de proteine et 1.700 calories par jour.!1 II semble donc que les exigences journalieres minimum ne soient pas satisfaites pour une grande majorite de la population. Soixante-dix pour cent des enfants de moins de cinq ans souffrent de malnutrition. 214. L'impurete de l'eau, l'absence de systeme d'egouts et la surpopu­ lation entra!nent de tres nombreux cas de maladies contagieuses transmises par l'eau responsables d'une tres grande proportion des mortalites. Les diarrhees infectieuses sont, en particulier, la cause premiere de la morta­ lite infantile. 215. Le taux de fertilite est eleve en Haiti - 225 pour 1.000 pour les femmes agees de 20 a 34 ans. Le rapport existant entre le taux eleve de mor­ talite et Ie taux eleve de fecondite est evident parce que les familIes veu­ lent s'assurer qu'au moins quelques uns de leurs enfants survivront. Le planning familial devrait orienter son action sur l'elimination des causes de la mortalite infantile, particulierement au moyen de programmes nutritionnels. 1/ Les besoins nutritifs journaliers en Amerique centrale ont ete estimes a 50-70 grammes de proteine et 2.000-2.500 calories. - 89 ­ 216. Dne autre cause de 1a morta1ite infantile elevee est la participa­ tion intense des femmes aux activites economiques au detriment de l'allaite­ ment maternel1/. Ceci est particulierement vrai dans les regions rurales ou subsiste la tradition selon laquelle les femmes s'occupent de la commercia­ lisation des denrees agricole;,. 217. L'exode rural est responsable d'environ 70 % de l'accroissement de la population de Port-au-Prince et comprend une forte proportion de femmes dont Ie nonbre depasse de 33 % la population masculine. Des cas similaires. dans d' autn:!:~ pays t suggerent que ce processus, qui s' accelerera vraisembla­ blement a l'avenir, peut aggraver encore plus la situation deja precaire de la sante infantile parce que l'allaitement maternel continue de diminuer. 218. Le seul programme qui ait eu un effet reel sur l'etat general de la sante publique est celui du Service national pour l'eradication des mala­ dies contagieuses qui se consacre a l'elimination du paludisme depuis 1962 (SNEH). Comme dans la plupart des pays tropicaux. Ie paludisme etait autre­ fois l'une des plus importantes causes de mortalite. Le manque de fonds et la recente decision d'etendre les activites du SNlm a d'autres maladies (te­ tanos et tuberculose surtout), ant empeche cet organisme d'atteindre son but initial d'eradication totale du fleau, bien que vers Ie milieu des annees soixante, Ie succes fut pratiquement a la portee de la main. On a pu observe une recurrence de la maladie durant les quelques dernieres annees et, apres avoir baissc jusqu'a 0,4 % en 1966 et 1967, Ie taux de reactions positives atteignait plus de 7 % des echantillons examines. Toutefois, Ie paludisme n'est plus une cause majeure de mortalite en Haiti. 219. Dne analyse de la situation sanitaire nationale en Haiti dissimule de tres granrles differences regionales a travers Ie pays. Alors que Ie taux de mortalite est de 16 pour 1.000 dans les regions rurales, il tombe a/II pour 1.000 dans les villes de province et a 7 pour 1.000 a Port-au-Prince.£ En­ viron 70 % des medecins du pays travaillent dans la capitale. L'infrastruc­ ture sanitaire est caracterisee par la meme repartition inegale. 1/ On estime que 4S % des emplois en HaIti sont occupes par des femmes. 1/ En l'absence de donnees ventilees sur l'esperance de vie, la comparai­ son sur la base des taux bruts de mortalite peut etre consideree comme etant une assez bonne approximation, puisque les groupes d'age a Port­ au-Prince et dans Ie reste du pays sont comparables, a l'exception no­ table du groupe des gens entre 10 et 30 ans, touches plus que les au­ tres par Ie mouvement mlgratolre. - 90 ­ 220. Un projet de regionalisation ayant pour objet la reduction de la concentration des installations sanitaires a Port-au-Prince est en cours de realisation. Les onze districts sanitaires actuels seront organises en cinq regions decentralisees. Chacune des cinq regions sera dotee d'un hopital de district et d'un groupe de centres de sante et de dispensaires. La BID four­ nit les fonds pour la reorganisation et l'equipement de deux des cinq re­ gions. 221. L'intention sincere qu'a Ie gouvernement d'ameliorer les normes sanitaires pourrait etre difficile a realiser. Meme si dans les prochaines annees des fonds substantiels, fournis surtout par l'assistance etrangere, sont affectes aux centres de sante repartis dans Ie pays, les necessites de leur exploitation telles que des salaires suffisants pour Ie personnel medi­ cal et Ie materiel d'entretien devront quand meme etre financees a partir des ressources locales. Le gouvernement s'attend a ce que Ie rapport medecin/ patient augmente de 0,8 a 1,9 pour 1.000 personnes en 1980. Ceci exigera une augmentation du nombre de medecins de deux fois et demie. Une tel Ie augmen­ tation serait possible si Ie nombre de diplOmes de l'Ecole de medecine qui emigrent diminuait de 60 % a 10 % du total des nouveaux medecins. La proba­ bilite d'une baisse si rapide et immediate est faible. De plus, la motiva­ tion de pratiquer la medecine dans les regions rurales ou les besoins sont imperatifs n'est pas tres forte. II serait aussi necessaire que des fonds supplementaires importants soient affectes au budget du Ministere de la sante publique, qui est pour Ie moment l'un des moins favorises (voir par. 97), pour surmonter la disparite geographique actuelle. Education 222. La necessite d'ameliorer Ie systeme d'enseigneTIent ne fait pas de doute. Sous sa forme actuelle, Ie systeme contribue a peine au developpement economique. L'enseignement en Haiti n'est pour Ie moment pas assez repandu, specialement dans les regions rurales, et son contenu souvent peu adapte aux besoins. 223. L'insuffisance des inscriptions evidentc jusqu'en 1971, on estimatt a 32 % Ie taux des scolarisation des enfants ages de 6 a 15 ans qui doivent obligatoirement frequenter l'ecole primaire. De plus, ce chiffre masque la disparitc considerable entre les regions urbaines et rurales; alors que Ie taux de scolarisation est aussi bas que 22 % dans les regions rurales, il est pres de 64 % dans les regions urbaines du pays. Bien que les obstacles tant sociologiques qu'cconomiques a l'inscription et a la frequentation scolaires soient vraisemblablement plus importants dans les regions rurales que dans les villes, Ie rapport ccolier!professeur dans les ecoles primaires montre egalement que la qualite de l'education est inegale entre les regions. Ce rapport s'eleve a 32 dans les regions urbaines et a 53 dans les regions ,/ - 91 ­ rurales. Cependant,:'si lion considere que de nombreuses ecoles primaires sont privces, le p~ds souvent confessionnelles, et que celles'-ci sont mieux equipees, la situation dans les ecoles publiques peut etre plus critique que les chiffres prec~dents ne l'indiquent. On a calcule qu'il y a, en moyenne, 73 ecoliers par p~ofesseur dan~ les ecoles publiques rurales. 224. 11 n%!st pas surprenant que les defections soient nombreuses. Sur 100 enfants eI}.'trant a l' ecole primaire, 17 environ seuler.lent arrivent a lire (au bout de ~~ois ans) et seulement cinq arrivent a accomplir le cycle pri­ maire. 225. E~ plus d'une a~tension limitee due principalement a l'insuffisance des crediJis budl"ctaires, le systeme d'enseignement actuel emploie des metho­ des d' enseignel':!ent excessivement conventionnelles et des professeurs tres peu qualificB'. Cela rend tres peu a merne de fournir a l' economie la main-d I oeuvre qualifiee dont elle a tant besoin. 226. Ltadministration du secteur de lt€ducation n'est pas trop complexe. Deux ministeres en sont responsables: les Ministeres de l'agriculture (DAru~DR) et de l'fducation nationale. Fondamentalement, ltenseignement dans les re­ gions urbaines (enseignement primaire et secondaire, formation des professeurs, et enseignement universitaire) est place sous la tutelle du Ministere de l'edu­ cation; l'enseignement rural (ecoles primaires et normales) et les colleges d'agriculture dependent du Ministere de l'agriculture. 11 n'y eut, pendant un certain temps, guere de coordination entre ces differentes agences. Par consequent, aucune politique d'€ducation homogene nta pu etre con~ue. Une unite de coordination et de planification (sous les auspices de CONAllEP) a etc formee recemment au sein du Ministere de l'education avec pour tache l'elaboration de plans equilibres en matiere d'€ducation. Cependant, jusquta ce jour la planification de l'enseignement s'est revelee une tache impossible puisque l'insuffisance de fonds n'a permis aucun espoir d'amelioration de la qualite et de l'etendue du systeme. L'insuffisance de fonds est aussi res­ ponsable du manque de qualification professionnelle du personnel enseignant et administratif et de la rarete du materiel scolaire (par. 90-92). 227. La comparaison des budgets des ecoles primaires dans l'ensemble du pays revele que les ecoles urbaines re~oivent 66 % du budget et les ecoles rurales 34 % seulement. Cette disparite dans le processus d'allocation des ressources serait merne plus perceptible si les contributions privees, accor­ dees surtout aux regions urbaines etaient prises en compte. 228. Le caractere inadequat du systeme dtenseignement s'explique aussi par son impuissance a satisfaire les exigences veritables du pays en matiere d'acquisition de connaissances ou de techniques. La presente dualite du sys­ teme perpetue la stratification sociale et ne peut, par consequent, etre - 92 ­ utilisee comme un instrument effectif de developpement. L'enseignement pri­ maire est caracterise par un programme d'etude exc~ssivement conventionnel, l'enseignement consistant a orienter les eleves vers des etudes superieures. Ceci ne saurait se justifier dans une situation ou 5 % seulement des eleves accederont a l'enseignement secondaire. De plus, merne dans les petites classes du primaire et dans les regions rurales, aucun sujet n'est enseigne merne partiellement en creole, qui est cependant Ie seul dialecte "ehiculaire de la quasi totalitc de la population rurale. Des etudes experimentales sur les methodes d'enseignement ont ete entreprises dans les petits centres aux environs de Leogane au cours des dernieres annees; elles ont prouve que l'usage du creole peut provoquer une plus rapide et une meilleure compr,hen­ sion des sujets enseignes dans les petites classes des ecoles rurales.~ 229. Les autorites haItiennes prennent actuellement des mesures positi­ ves en vue d'ameliorer la pertinence du systeme d'enseignement. Les metho­ des d'enseignement en usage dans les ecoles primaires sont en cours de revi­ sion. Un institut de l'enseignenlent (Institut p~dagogique) a ete cree avec l'assistance de la Mission fran~aise pour l'education, pour la conduite des activites de recherches et de fOrDlation. Les programmes d'etudes sont en train d'etre reformes; des methodes d'enseignement des langues etrangeres, en particulier, sont introduites afin d'ameliorer les methodes d'enseigne­ ment de la langue fran~aise. 230. Un plan quinquennal a ete elabore par l'unite de planification de l' enseignet:lent pour l' arle110ration du systeme scolaire primaire. On prevoit une augmentation de 64 a 66 % du taux de scolarisation dans les regions ur­ baines et de 22 a 29 % dans les regions rurales. Le rapport ecolier/ professeur diminuerait aussi de 73 a 53 dans les regions rurales. Cela exi­ gerait Ie recrutement de quelque 3.000 professeurs supplementaires et la construction de quelque 1.500 salles de classe. Les frais d'investissement fixe s'eleveraient a une moyenne de 7 millions de gourdes par an et une as­ sistance etrangere serait sollicitee. Les depenses ordinaires supplementai­ res s'eleveraient a quelque 7,2 millions de gourdes a la fin de la periode de cinq ans, ce qui implique une augmentation du budget ordinaire alloue a l'education de 27 % en valeur reelle. 11 n'y a aucune garantie que cette exigence puisse etre satisfaite avec les res sources locales. 231. De nouvelles institutions ont ete creees, pour la formation de tra­ vailleurs et techniciens qualifies - un Institut national de formation pro­ fessionnelle (INFP), et un Centre pilote de for:mation professionnelle (CPFP). 1/ Ces experiences furent entreprises par Ie Centre haItien d'investigation en sciences sociales (CRISS). - 93 - Le centre pilote servirait de modele pour la reorganisation des ecoles de formation professionnelle existantes. L'insuffisance des ressources finan­ cieres rend ces previsions moins certaines. 232. L'existence d'obstacles financiers majeurs devrait freiner l'expan­ sion du systeme d'enseignement traditionnel pendant longtemps. II serait pourtant profitable de mettre un accent considerable sur les programmes d'en­ seignement parascolaires. Les operations de developpement rural basees sur les centres communautaires dependent beaucoup de la disponibilite d'anima­ teurs locaux et les investissements dans l'enseignement peuvent prendre une forme apte a encourager la participation de la population locale au proces­ sus de developpement. Ceci exigerait la construction et l'equipement de centres communautaires dans les regions rurales, ce qui pourrait se faire dans Ie cadre de l'Office national d'alphabetisation et d'action communau­ taire (ONAAC). Jusqu'ici l'ONAAC a concentre ses efforts sur un programme d'alphabetisation qui s'adresse a 150.000 personnes environ. II envisage actuellement de donner un contenu technologique a son enseignement. 233. Les programmes regionaux, tels que l'ODVA dans la Vallee de l'Artibonite, se sont egalement reveles tout-a-fait efficaces. Les experien­ ces passees revelent qu'une centralisation excessive a un effet plutot nega­ tif sur les efforts de developpement rural, et par consequent un programme national d'enseignement simple peut ne pas etre souhaitable. 11 conviendrait plutot d'encourager les programmes regionaux qui ne seraient pas strictement coordonnes. De tels programmes peuvent beneficier des recherches pedagogi­ ques, de la formation du personnel, et de l'assistance financiere d'un orga­ nisne central. - 94 ­ CHAPITRI: VI PERSPECTIVES FUTURES 234. L'economie haltienne est encore une economie dualiste oil un fosse profond separe les villes des zones rurales. En outre, recemment, une serie de changements structuraux brusques sont intervenus: les investissements pu­ blics et les prets etrangers se 80nt accrus de fa~on spectaculaire, ce qui s'est repercute sur la capacite administrative du secteur public. L'indus­ trie du montage pour l'exportation s'est developper grace aux investissements prives etrangers, mais les investissements prives nationaux se sont ralentis. La croissance economique s'est acceleree, mais surtout a Port-au-Prince. L'offre des produits agricoles n'a pas cru aussi rapidement que la consomma­ tion privee urbaine, ce qui a accru Ie deficit des ressources exterieures et lespres8ioDs inflationnistes. Negliger ces changements pour batir un modele coherent de l'economie d'Haiti serait un exercice sterile. II serait egale­ ment denue de sens de projeter ces transformations dans l'avenir parce que certaines d'entre elles ne dureront pas meme a moyen terme. 235. II Y a cependant trois points qui semblent etre cruciaux pour l'ave­ nir ulmediat de l'economie haltienne. Le premier est l'organisation des fi­ nances publiques et des institutions qui s'y rapportent. Sans une nette ame­ lioration de la gestion financiere du secteur public, il est presque inconce­ vable d'envisager un renforcement quelconque du role de ce secteur a l'ave­ nir, une amelioration de 1a productivite de ses investissements ni merne une coordination efficace de l'aide etrangere. 236. Le deuxieme probleme majeur consiste a accrottre la production agri­ cole et renverser la situation comme ces dernieres annees, lorsque la majeure partie de l'accroissement des revenus allait a Port-au-Prince. S1 l'econo­ mie doit s'accroltre de 4 % au cours de la periode 1976-1980 et peut-etre a un rythme plus rapide par la suite, la production agricole doit etayer cette croissance. Cet accroissement devrait par ailleurs ralentir la hausse rapide des importations de denrees alimentaires et faire progresser les exportations, fortement tributaires de la production agricole. 237. Le troisieme probleme majeur est celui de l'investissement public et de son financement. L'histoire des dernieres annees montre que lorsque la contre-partie nationale des fonds etrangers etait fournie, elle etait prelevee sur les faibles montants de l'epargne publique. Or, cette epargne etait realisee au detriment des depenses pub11ques ordinaires et par conse­ quent a dO accelerer l'usure du capital fixe installc. Est-il encore possi­ ble et souhaitable de mobiliser ainsi les fonds de contre-partie d'origine nationale? On peut en douter. II y aura a l'avenir une demande croissante a la fois de fonds de contre-partie d'origine interne et de sommes permettant de financer les depenses ordinaires. II faudra donc prevoir une mobilisa­ tion plus energique et mieux organisee de l'epargne publique. - 95 - Reorganisation de l'Administration des finances publiques 238. Les deux principales conditions prealables a la reorganisation de l'administration financiere e~ Haiti sont la presentation claire et nette des flux de recettes publiques et de l'affectation de ces recettes aux de­ penses ordinaires de developpement. II sera necessaire a cette fin de reor­ ganiser 300 comptes hors-budget tenus a la Banque centrale. Ces comptes de­ vront probablement continuer d'exister pendant quelque temps, mais ils de­ vront etre soumis a des analyses periodiques par Ie ~1inistere des finances et, dans Ie cas de depenses de developpement, par Ie CONADEP egalement afin de determiner si les depenses y figurant sont justifiables. Pour rendre de telles analyses possibles, ces depenses devront etre classees par rubriques economiques. tElles que salaires et traitements, achats de materiel, depen­ ses de drvcloppement, et par rubriques fonctionnelles correspondant aux prin­ cipaux secteurs d'activite. Le Ministere des finances et CONADEP devront ti­ rer les conclusions operationnelles deces analyses. CONADEP sera autorise a inc lure ces ressources au budget et dans Ie Plan de developpement et sera appele a jouer un role de premier plan lorsqu'on decidera de leur affecta­ tion. 239. II conviendra d'elaborer un systeme bien structure et tenu a jour des flux d'infol~ations financieres. Un tel systeme serait divise en trois elements de base: recettes ordinaires, depenses ordinaires et depenses d'in­ vestissement. La structure de base proposee pour ce genre de presentation des donnees figure au diagramme de l'Annexe et au Tableau 10.6. Ensuite, une etroite cooperation devra etre instituee entre Ie Ministere des finances, specifiquement son Bureau du budget, et Ie CONADEP. COMme Ie Ministere des finances sera desormais appele a verifier de plus pres l'ensemble des recet­ tes publiques pen;ues par les organismesplaces sous sa tutelle, il devra egalement exercer un controle strict des depenses ordinaires et, en collabo­ ration avec CONADEP, des depenses de developpement. Grace a une plus etroite cooperation entre Ie Ministere des finances et CONADEP, on pourra assurer que les priorites en matiere de secteur et de projet fixees par CONADEP, exami­ nees par les divers ministeres et incluses dans Ie Plan beneficient effecti­ vement de l'appui du Hinistere des finances lors de l'affectation des recet­ tesa l'entretien, aux fonds de contre-partie ou a d'autres activites de de­ veloppement. Une telle coordination permettrait au CONADEP de se familiari­ ser avec tout Ie domaine.des finances publiques et de determiner Ie carac­ tere adequat de l'epargne publique pour Ie financement du programme d'inves­ tissement en monnaie locale. 240. Enfin, une relation etroite devra etre etablie entre les institu­ tions de gestion financiere et l'Institut haitie~ de statistique. L'Insti­ tut jouerait ici un role d'analyste independant et, par l'entremise de son - 96 ­ examen trimestriel ou annuel des recettes et depenses publiques ajoute a sa connaissance du cadre dynamique de l'economie nationale, il pourrait evaluer l'etat des finances du pays et faire rapport au gouvernenent a ce sujet. Investissement reguis 241. Les priorites d'investisse~ent sont examinees dans l'analyse secto­ • rielle. Dans quelques uns des secteurs - industrie et agriculture en parti­ culier - l'investissement porte sur une multitude de petits projets et devra etre finance par Ie secteur prive, mais etaye par un reseau etendu de credit. Une augmentation du volume du credit est incluse dans les besoins financiers calcules dans Ie present chapitre. D'apres les previsions, l'orientation de l'investissement prive devrait s'apparenter a la tendance generale de l'in­ vestissement public car les investisseurs prives ne manquent pas de recon­ naltre les avantages qu'ils peuvent retirer de l'expansion de l'infrastruc­ ture pub11que. Les tableaux 10.2 et 10.3 de l'Annexe contiennent Ie calcul de ce type d'avantages. 242. La croissance economique, pendant les cinq prochaines annees (1976­ 1980) pourrait atteindre 4 % par an, un leger progres sur Ie taux moyen de croissance de 3 % qui prevalut durant les trois dernieres annees. Le revenu par habitant augmenterait par consequent de 13 % pour la periode entiere. Si minuscules que ces ameliorations puissent sembler, elles exigeront neanmoins une substantielle augmentation du volume et de la productivite des nouveaux investissements. 243. Plusieurs etudes de preinvestissement ont recerunent ete achevees, et aideront a renforcer la productivite des investissel:lents futurs. II sera egalement necessaire d'ameliorer l'administration economique et l'entretien de l'equipement installe. Ces deux objectifs notamment Ie second devraient pouvoir etre atteints lorsqu'on aura decide d'affecter des credits a l'ame­ lioration de la qualite du personnel et a l'entretien. La periode de gesta­ tion des projets recents d'investissement peut aussi se terminer sous peu. Pour toutes ces raisons, Ie coefficient lllBrginal de capital, qui affichait une moyenne de 5,0 en 1971 et 1975, promet de descendre a 4,0 durant la pe­ riode 1976-80. En depit de ce progres, l'investissement total devrait at­ teindre 16 % du PIll, compare a une moyenne de 13,2 % en 1971 at 1975 (Tableau 10.4 de l'Annexe). 244. S'agissant de la composition de l'investissement, il est suggere qu'un changement ait lieu pendant les cinq prochaines annees: au lieu de privilegier les secteurs de l'infrastructure, on s'orienterait davantage vers les secteurs de production et, en premier lieu, vers l'agriculture. Les investissements en agriculture et l'augmentation du credit aux agricul­ teurs dependront necessairement du role plus actif qu secteur public. Une - 97 ­ des principales raisons pour une attitude active du secteur public est que i,e capital prive s' est clairement abstenu de s' aventurer dans l' agriculture 3t risque de continuer de s'en ecarter a l'avenir, au moins jusqu'a ce que les investisscments publics tels que l'irrigation et les voies d'approvision­ nement aient commence a porter 1 "urs fruits. En consequence, la part du sec­ teur public danF l'investissement total peut continuer de s'accroitre pendant les cinq proch:'j.nes annees, de rnaniere a atteindre 46 % en 1980, compare aux 36 % des ctnq iernieres annees. Les investissements fixes du secteur public dans un tel c; -. pourraient s'elever en moyenne a 66 millions de dollars par an pendant Ll tH2:riode 1976-80, compares a 22 millions entre 1971 et 1975 (Tableau 10.5 de l'Annexe). 245. '7,7 r{ ~Jsements I!ublics. Le Plan quinquennal de developpement du gouvernem€"-' r . 1977-81 etait en cours d 'elaboration lors du sejour de la mission a l["l.'U i en avril 1976. Les prioritcs sectorielles avaient ete iden­ tifiees, mais aucun programme d' investissement n' avait etc encore defini. La mission fit sa propre evaluation des investissements puhlics requis, en prenant en consideration les projets que les organismes d'assistance etran­ gere ont l'intention de financer durant cette periode. A cela ont ete ajou­ tes des projets en cours dont Ie financement continuera encore a l'avenir. Comme les plus urgentes conditions d'infrastructure etaient ou sont couram­ ment remplies, on estime que la priorite doit etre accordee au secteur de production principal et en tout premier lieu aI' agriculture. - ..-.. 2l .6. 11 Y a plusieurs raisons (qui se t'eJ:.:lu.pcn.t:-·~~ sont lH~es entre elles), d' accorder la priorite aI ,'agriculture dans Ie futur plan de deve­ loppement: la nikessite' de repandre les fruits du progrcs economique plus largement afin que les zones rurales en bcneficient egalement; celIe d'ele­ ver les revenus de la population rurale au-dessus du niveau predominant de pauvrete absolue, particulierement en amcliorant la nutrition deficiente, celIe de reduire les frais toujours plus cleves qu'entraine l'importation de produits alilJentaires; celIe de relancer la culture des recoltes exportables et finalement la necessite de creer des conditions qui aideraient a ralentir l'exode vers Port-au-Prince. 247. Entre 1971 et 1975, la production alin!entaire s' est accrue n un tam:: annuel de 1,2 % seuler.1ent. Durant cette pcriode, la consommation pri­ vee a augrnentea un taux annuel de plus de 5 % et a cause une brusque augmen­ tation de la demande (2,3 ~~ par an) de prod·.dts alimentaires. La disparite entre la croissance de la consomruation privce et celIe de la consor.1mation alimentaire signifie qu'une large part de la nouvelle demande de conSOrnrna­ tion provenait des populations aux revenue les plus eleves, dont l'elasticite de la demande de produits alimentaires etait basse. L'ecart effectif cons­ tate entre l'offre et la demande internes a disparu a la suite de l'augmen­ tation des importations de denrees alimentaires (de 10,9 % par an) et du changement d'orientation de la production interne destinee dcsormais a la consommation locale plutot qu'aux exportations. - 98 ­ 248. La consommation urbaine a augmente de 10 % par an (Tableau 10.1 de l'Annexe). Comme 1a consommation par habitant dans 1es zones rura1es n'a pratiquement pas varie entre 1971 et 1975, i1 n'y a aucurte raison de croire que 1e pourcentage a110ue aux produits a1imentaires ait diminue, a10rs que 1a part des depenses en aliments de 1a population urbaine a du baisser de 50,6 % a 40,6 %. Ce1a a entraine une degradation importante de 1a balance du commerce agrico1e, representant 1a difference entre l'offre tota1e (inte­ rieure plus exportation) et 1a demande interieure. L'excedent de produits • agrico1es s'e1evait encore a environ 13 millions de dollars en 1975, compare a 21 millions en 1971. Cependant, si 1es tendances actuelles continuent, cet excedent dec1inera rapidement et, en 1980, 1e deficit agrico1e sera de 16 millions de dollars environ. (Le tout aux prix de 1971 - voir Tableau 10.1 de l'Annexe). Les niveaux futurs des exportations et importations de­ pendront des resu1tats obtenus dans 1e secteur agrico1e, de l'augmentation des revenus urbains et enfin de 1a part des ressources locales consacree aux produits a1imentaires. 249. L'agriculture doit nature11ement suivre un mouvement ascendant pro­ che de ce1ui de l'economie tout entiere. Pour des raisons techniques, il peut se reveler impossible pour 1e secteur agricole d'ega1er 1e taux de crois­ sance de l'economie des 1e debut de 1a prochaine periode. La penurie de ter­ res etant une entrave au deve10ppement de l'agriculture haitienne, on doit compter sur l'augmentation du rendement a l'hectare. Ce rendement ne peut etre modifie que par l'introduction de progres techniques et par l'augmenta­ tion de l'investissement, l'un et l'autre etant diffici1es a obtenir et uti­ 1iser rapidement. Cependant, on estime qu'i1 est possible d'augmenter de 3 % par an la production agricole avant 1a fin de la periode de cinq ans. Le projet de plan agricole, recemment elabore par les autorites haitiennes, en­ visage l'hypothese d'une croissance pouvant atteindre 9,4 % par an, objectif qui n'a jamais ete realise et qui ne semble pas realiste pour l'avenir imme­ diat. Toutefois, une croissance de ce secteur merne beaucoup plus modeste permettrait d'accelcrer 1e developpement global de l'economie nationale au cours de la periode suivante. 250. Deux methodes peuvent etre adoptees pour ameliorer la production agricole. La methode globale qui consiste a elaborer des projets de develop­ pement rural integres, a renover 1es reseaux d'irrigation deficients, et la methode des programmes dissocies te1s que celui de la relance de 1a culture du cafe patronne actuellement par l'AID des Etats-Unis. Le ca1cul de la de­ pendance du rythme de croissance de l'agriculture a l'egard du volume de l'in­ vcstissement se fonde ·sur une evaluation approximative des resu1tats obtenus en appliquant ces deux solutions. 11 repose sur les rendements que l'on es­ pere obtenir grace a l'adoption de techniques perfectionnees de culture.'!'! 11 Les rendements possibles ont ete ,estimes par 1a mission agricole FAOI BID de 1973 en Haiti - voir Possibi1ites d'investissement et de deve­ loppement du secteur rural en Haiti, BID, Washington, D.C., fevrier 1974. - 99 ­ l'cvaluation de couts d'investiss0ments fixeJ:./, des depenses additionnelles e developpementl/ et l'augmentation prevue de production par unite de sur­ ~ace (Tablenu 10.2). Sur la base de ces differents elements, on a calcule Ie montant de :ressources en cap'" tal nikessaires pour atteindre Ie taux de croissance agrjcole de 3 % d' ic:.. a 1980 3 / ce qui L:xigera une augmentation annuelle de 51 ~~ de 1 'investissement public dans Ie secteur agricole (Ta­ bleau 10.3). Ell l' absence d' epargne dans les zones rurales, toutes depenses additionnelles (principalement les depenses ordinaires) devront etre finan­ cees par des credits qui s'eleveront a 11 millions de dollars environ, en 1980, compares aux 700.000 dollars en 1975. 251. L'ensemble des besoins financiers calcules plus haut sont (au moins jusqu'en 19-/1') du meme ordre de grandeur que ceux pour lesquels on a mainte­ nant l' inte:' t~lOU de faire ..l.ppel aux organismes etrangers d' aide, ce qui indi­ que qu'un t~l programme est financierement possible. Un inconvenient impor­ tant mais inevitable de ce programme est la forte concentration des avantages qui en decoulent. Ainsi, la renovation des reseaux d'irrigation qui sont ac­ tuellement d~ns un etat de delabrement est Ie moyen Ie plus efficace d'aug­ menter serieusement la production agricole. Toutefois, ce sont les exploi­ tants situes dans une region geographique limitee quibeneficieront des avan­ tages de cette renovation. Elle risque de favoriser les agriculteurs, rela­ t.ivement aises et d'entrainer un phenomene de remembrement des proprietes en domaines plus etendus. Cela s'accompagnera inevitablement d'une speculation sur Ie prix des terres. En l'absence d'un cadastre, Ie gouvernement ne sera peut-etre pas a meme de controler cette evolution peu souhaitable. En revan­ che, Ie programme de developpement de la culture du cafe, en intensifiant la production sur de petites parcelles, encoura~era une repartition plus equita­ ble des ressources et partant des revenus. 1/ Couts de l'irri~ation dans Ie cas de la methode globale et de planta­ tion de nouveaux cafeiers si l'autre methode est appliquee. 1/ Principalement engrais, pesticides, outils, eau et semences. 1/ La production des cultures vivrieres s'est accrue dans Ie passe a un taux de 1,1 %, soit Ie taux d'accroissement de la population rurale. Celui-ci est considere comme un taux "naturel" de croissance de la production agricole qui, apparemment, peut etre obtenu grace a des augmentations mineures de la productivite de la main-d'oeuvre et sans investissement additionnel. Les besoins en capitaux visent a suppri­ mer l'ecart existant entre Ie taux vise de 3 % par an et Ie taux de croissance "naturel" de 1,1 %. - 100 ­ 252. Investissement general. L'investissement public dans Ie secteur industriel restera probablement minime. Les autres depenses de developpement se repartiront parmi les secteurs non productifs, Ie plus grand beneficiaire etant l'infrastructure (Tableau 10.5). Cette repartition suppose que l'on accorde lapriorite absolue a l'agriculture et que les organismes interna­ tionaux d'l1ide se soient deja engages a financer plusieurs projets d'infra­ strucutre. Les affectations de fonds aux secteurs sociaux ne changeront pas par rapport a la periode precedente, a moins que les organismes internatio­ naux n'augmentent leurs engagements. On a soutenu ci-dessus que, pour Ie bon fonctionnement de ces secteurs, il est crucial d'augmenter leurs depenses ordinaires. Cette augmentation, de 6 % par an en valeur reelle, a ete inte­ gree dans le programne de financement decrit dans ce rapport. Tableau 36: INVESTISSEl·IENT PUBLIC (en millions de gourdes aux prix de 1975) Moyennes annuelles 1973-1975 1976-1980 Secteurs de production de biens 20,2 54,8 Infrastructure 95,9 166,7 Secteurs sociaux 49,6 52,6 Total 165.7 274,1 253. Parmi les secteurs non productifs, l'infrastrucutre recevra la plus grande portion des depenses totales de developpement, soit une moyenne de 62 % pendant les cinq prochaines annees. La plupart des debours projetes sont deja engages dans les projets en cours ou des projets approuves (routes, Ie projet d'energie thermique de Port-au-Prince, le port de Port-au-Prince, etc.). Cependant, on doit encore satisfaire d'autres besoins d'investisse­ ment. L'un des besoins les plus urgents est certainement un approvisionne­ ment en eau adequat pour Port-au-Prince et les villes de province. La re­ mise en etat des ports cotiers s'averera egalement benefique. 254. En sus des depenses d'investissement, l'apport public inclut le cout de l' assistance technique et du credit au secteur prive. Ces deux ele.­ ments compris, la moyenne des besoins d'investissement public s'€leve a 87,3 millions de dollars annuellement pour les cinq prochaines annees. Dans le Plan quinquennal recemment elavore et qui n'est pas encore disponible puisqu'il a ete acheve aprcs le depart de la mission, les besoins moyens an­ nuels d'investissement auraient ete fixes a 104 millions de dollars. II est impossible de comparer les estimations de la mission a l'objectif fixe par les autorites ha!tiennes puisque l'on ne connait pas la methode analytique qu'elles ont utilisee pour ce calcul. - 101 - Financement de l'investissement public :55. Le programue d'investissement public necessaire pour atteindre l'objectif de croissance agricole de 3 % par an de 1976 a 1980 a ete evalue a 87 millions de dollars par an, dont une somme de 66 millions de dollars pour les invest::issements fixes et de 21 millions de dollars pour l'assistance technique et Ie credit, Ie tout aux prix courants. En revanche, les depenses annuelles totale~ de developpement s'elevaient a 58 millions de dollars en 1975, egalement en pri..'t courants. CalcuH~e en prix courants, l:a moyenne an­ nuelle de l'il.Jcstissenent public durant la periode 1976-1980 devra atteindre t Ie double d~ celIe de la periode 1971-75. Cependant, un taux d'inflation de 7,5 % par an est compris dans la prevision et la moyenne annuelle d'investis­ sement pour 1976-'10, calculee aux prix de 1975, s'elevera donc a quelque 72 millions de dollars ce qui represente une augmentation de 24 % seulement de l'investissement public effectue en 1975. 256. Ln 1975, les deboursements nets des organismes officiels exterieurs s'elevaient a 17,6 millions de dollars et ont servi a financer 30,5 % de l'investissement public (voir Tableau 24). On s'attend a ce que ces debour­ sements nets atteignent 42,3 millions de dollars annuellement durant 1a pe­ riode 1976-80, et financent par consequent 48 % environ des depenses pub1i­ ques de de'leloppement. On estime que 94 i~ environ des deboursements nets viendront de la BID, de l'IDA et de l'AID dans 1es proportions respectives de lf7, 31 et 16 % du total (voir Tableau 10.16 de l' Annexe statistique). 257. Au cours de la periode 1974-75, 1es depenses ordinaires du gouver­ nement central ont augmente de 37,8 % environ. Les depenses ordinaires extra-budgetaires se sont accrues au rythme plus rapide de 63,7 %. Rien ne prouvant que cette augmentation ait servi a augmenter les frais de fonction­ nement des institutions du secteur public et des organismes autonomes, il a ete suppose que ces derniers sont constants et exprimes en termes reels de 1970. Pres de 4,7 millions de dollars (23,5 millions de gourdes) de depen­ ses d'investissement, dont l'utilisation n'etait pas claire, etaient egale­ ment inscrites dans les comptes extra-budgetaires. Un solde d'environ 21 millions de dollars en 1975, est alors considere comme representant des de­ penses extra-budgetaires non essentielles qu'i1 ne devrait pas etre neces­ saire d'engager a l'avenir. Ces depenses devraient etre donc reintegrces dans Ie circuit des depenses publiques normalement soumises au controle bud­ getaire et devraient fina1ement figurer au budget. 258. On estime que les depenses tant budgetaires qu'extra-budgetaires augmenteront de 6 % en valeur ree11e au cours des cinq prochaines annees. D'ici a 1979, les depenses budgetaires devraient retrouver Ie niveau atteint en 1970 en valeur ree11e. S'il n'y a pas de changement dans l'evolution des - 102 ­ recettes fiscales de 1976 a 1980, on estime qu'elles ne s'eleveront quia 595 millions de dollars, auquel cas la charge fiscale diminuera de 10,8 % en 1975 a 9,2 % en 1980. Mais, compte tenu de l'augmentation necessaire des depenses ordinaires, une diminution de cette charge au-dessous de 10,5 % durant la pe­ riode 1976-80 serait incompatible avec les besoins minimaux de developpement d'Haiti. Par consequent, de nouvelles mesures fiscales seront necessaires. 259. Comme on l'a indique aux paragraphes finaux du chapitre relatif aux finances publiques, les droits d'importation constituent une source pos­ sible de nouvelles recettes fiscales. Grace a ltapplication stricte des ta­ rifs ad valorem, la reduction des exonerations du droit d'i~mportation et une augmentation selective du taux de la taxe dtimportation, on aurait pu perce­ voir environ 15 millions de dollars de plus en 1975. Si de telles mesures sont prises promptement et sont mises en application en 1977, on pourra obte­ nir un revenu supplementaire de 60 millions de dollars au moins durant la periode 1977-80 pour financer les depenses du secteur public. Ainsi on eli­ minera dans une grande mesure la possibilite d'un deficit courant. 260. Le montant de l'epargne publique pour la periode 1976-80 est indi­ que dans Ie Tableau 37 dans deux hypotheses differentes. Si lion ne prend aucune autre mesure fiscale pour augmenter les revenus, l'epargne publique atteindra environ 94 millions de dollars durant la periode indiquee. Dans Ie cas contraire, cette epargne s'elevera approximativement a 141 millions de dollars. Tableau 37: FINfu~CES PUBLIQUES, 1976-80 (en millions de dollars EU) Mesures fiscales additionnelles Non prises Prises Revenus ordinaires du Gouvernement Central 595,4 642,4 Depenses ordinaires du Gouvernement Central 524,6 524,6 Epargne du Gouvernernent Central 70,8 117,8 Epargne des entreprises publiques 33,5 33,5 Moins: paiement des interets afferents a la ·0 dette exterieure 10,8 10,8 Epargne du secteur public 93,5 140,5 - 103 ­ 261. Cornme on l' 1ndique au Tableau 38, s1 les mesures f iscales add1tion­ .v~lles ne sont: pas pr ises, Ie secteur public devra e;:J.prunter 47 millions de .llars environ en sus des prets accordes par les organismes d'assistance exterieure et des dons venant de l'etranger. Bien qu'on puisse aisement en­ visager de faire appel aI' umprlElt interne pour financer ce montant, la mis­ sion a juge qu'~l valait mieux evit~r de financer les depenses publiques au moyen de ce tYPf. d'emprunt. En effet, il est necessaire d'accroitre consi­ derablement Ie ·.redit destine au secteur prive dont l' investissement a ete jusqu'ici nettc-e:lt insuffisant et qui risque d' avoir a absorber la totalite des montants t<.C cl'jdit interne que 1 'on peut raisonnab1ement liberer dans les quelques annees a venir sans a10urdir 1a dette exterieure des banques privces. Tableau 38: FINANCEHEHT DES DEPENSES DE DEVELOPPE::lENT DU SECTEUR PUBLIC: 1976-1980 (en millions de dollars EU) Mesures fiscales additionne1les Non prises Prises Depenses de deve10ppement 436,7 436,7 Financer.lent 436,7 436,7 Deboursements et dons etra ngers nets 296,2 296,2 Solde devant etre finance par l'Etat 140,5 140,5 Epargne du secteur public 93,5 140,5 Reste a emprunter 47,0 262. Les fonds de contrepartie necessaires a 1a realisation des projets finances par les organismes officie1s etrangers durant 1a periode 1976-80 s'eleveront a 60 millions de dollars environ (Tableau 1011). En Ualti, on considere habitue11ement que lIon dispose de fonds de contrepartie chaque fois qu'il existe des recettes fiscales reservees a cet effet et permettant de 1es financer. Toutefois, 1a situation est moins claire, lorsque la source legitime de leur financement n'est plus 1es recettes fiscales mais l'epargne publique. En realite, quel1es que soient 1es procedures d'affectation bud­ getaire, i1 faut reconnaitre que la source du financement interne (notamment 1es fonds de contrepartie) des investissements dans Ie passe n'est pas unique­ ment l'epargne publique mais aussi 1es dons etrangers et l'emprunt interieur. De ce fait, c'est l'ensemb1e de l'epargne pub1ique - qui pourra etre calcu1ee de diverses fa~ons, comme l'indiquent 1e Tableau 12 du texte et 1e paragra­ phe 78 - plutot que les fonds de contrepartie disponib1es qui est 1a verita­ ble pierre de touche de l'effort national. - 104 ­ Tableau 39: EPARGNE PUBLIQUE REQUISE (en millions de dollars EU) Hoyenne Pour­ 1976-80 annuel1e centage Investissement public 357,7 11 71,5 81,9 ... Assistance technique 79,0 15,8 18,1 Depenses tot ales de developpement 436,7 87,3 100,0 Financement 436,7 87,3 100,0 1. Deboursements nets 207,2 41,4 47,5 (Deboursements bruts) (223,0) (44,6) (51,1) (Amortissement de 1a dette exterieure) (15,8) (3,2) (13,6) 2. Dons 89,0 17,8 20,3 3. Epargnes requises 140,5 28,1 32,2 11 Dont 330 millions de dollars .pour 1es investissements fixes, 21,6 mil­ lions pour 1e credit agrico1e et 6,1 millions pour 1e credit industriel. Source: Estimations de 1'AID, de 1a BID, du CONADEP et de la mission. .

Основные сведения
Тип документа Pre-2003 Economic or Sector Report
Дата принятия
Страна Гаити
Источник Всемирный банк