RELEASEDFR DIFFUSION RESTREINTE Rapport No. CA- 17a TRADUCTION NON-OFFICIELLE A TITRE D'INFORMATION Ce rapport ne peut être utilisé que par le Groupe de la Banque et les organisations ou personnes spécialement autorisées, et à des fins officielles seulement. Il ne peut être ni publié ni cité sans l'autorisation du Groupe de la Banque, lequel ne garantit en aucune manière son exactitude ou son caractère exhaustif. BANQUE INTERNATIONALE POUR LA RECONSTRUCTION ET LE DEVELOPPEMENT ASSOCIATION INTERNATIONALE DE DEVELOPPEMENT SITUATION ECONOMIQUE ACTUELLE ET PERSPECTIVES D'AVENIR D'HAITI 3 Mai 1972 Departement d'Amerique Centrale et des Caraibes TAUX DE CONVERSION 1 dollar EU - 5 gourdes 1 gourde (G) 20 cents EU Sauf indication contraire, les données annuelles se rapportent aux exercices financiers (se terminant le 30 septembre). MAP SECTION SEE ORIGINAL MAP TOO LARGE TO SCAN TABLE DES MATIERES Pages DONNEES DE BASE RESUME ET CONCLUSIONS....................... i-v I. LE CADRE GENERAL............................ 1 Caractéristiques physiques............. 1 Ressources humaines.................... 2 Infrastructure......................... 4 Gestion économique..................... 5 Tendances économiques.................. 6 II. PROBLEMES ET POLITIQUES SECTORIELS.......... 8 Agriculture............................ 8 Industries manufacturières et extractives 14 Routes............................... 15 Electricité............................ 16 Télécommunications..................... 17 Enseignement........................... 18 Politique en matière de santé publique et de démographie................... 19 Développement communautaire............ 21 Priorités sectorielles................. 21 III. BUDGET, MONNAIE ET BALANCE DES PAIEMENTS POLITIQUES SUIVIES ET PERSPECTIVES D'AVENIR. 23 Budget................................ 23 Monnaie............................... 30 Balance des paiements................. 33 Conclusion............................ 39 Ce rapport est fondé sur les conclusions d'une mission économique qui s'est rendue en Hatti en novembre 1971 et qui était composée de MM. G.P. Pfeffermanil (chef de mission), H.B. Meier (analyste d'investissement) et R.A. de.Campos (assistant économiste). L'analyse sectorielle se fonde partiellement sur l'Inventaire des ressources naturelles établi par l'Organisation des Etats américains. STATISTICAL APPENDIX I. Population and Employment II. National Accounts III. Balance of Payments and External Trade IV. External Debt V. Public Sector Finances VI. Monetary Statistics VII. Agricultural Statistics VIII. Other Sectors IX. Prices and Wages BASIC DATA Area and Population Area: 28,700 square kilometers of which 27,750 on Island of Hispanida 1960 1967 1971 Population (thousands) 3,991 4,577 4,968 Annual rate of population growth % 1.8 2.0 2.1 GDP per capita at factor cost: (current US$) 87 81 108 (constant 1966 Us$) 91 75 82 I. ECONOMIC INDICATORS GDP at constant 54/55 factor cost (millions of gourdes) 1,671.2 1,580.1 1,877.F Origin of GDP (in percent) 100.0 100.0 1. Agriculture T9-T 51.1 Mining 1.5 1.2 1.9 Manufacturing 10.3 9.5 11.3 Construction 3.3 2.7 3.6 Power and Water 0.6 0.8 0.9 Trade 12.4 10.6 9.9 Other 22.5 24.1 24.2 1960-67 1967-71 19 Average annual charges in selected economic indicators (in percent) GDP at constant factor cost -0.8 4.. 1.1 Agriculture value added -0.3 2.8 0.8 Manufacturing value added -1.9 9.1 1,9 Exports of goods -2.4 9.1 1.7 Imports of goods -1.0 lO.h 3.0 Cost of living index (lower classes) 3.7 2.1 3.1 1967 1969 Public Finances (millions of gourdes) National Government: Total revenues 155.6 197.6 263.7 Total expenditure 178.2 209.9 276.3 Net borrowing (-) 22.6 -12.3 12.6 Revenues as % of GDP 8.0 9.4 10.5 Expenditure from funds earmarked for development (current + capital) 11.8 18.6 18.9 as % of total expenditures - ii - 1967 1969 1971 Money and Credit (millions of gourdes) Net foreign assets -30.9 -29.1 48.2 Net credit to National Government 159.8 186.3 193.3 Net credit to other public sector -3.0 8.3 8.4 Credit to private sector 42.4 49.o 68.5 Other assets -16.5 -16.8 -21.7 TOTAL ASSETS - LIABILITIES 151.8 197.6 296.7 Currency and demand deposits 107.0 131.7 175.3 Savings deposits 34.1 42.2 67.8 Other 10.7 23.7 53.6 Balance of Payments (million US$) 1960 1967 1971 Exports (fob) 38.1 32.2 45.7 Imports (fob) 43.4 40.4 60.0 Trade Balance -5. -8.2 14. Receipts from tourism (gross) .1 2.1 8.7 Other services (net) -10.7 -12.0 -20.6 Net Goods and Services -7.9 -18.1 -26.2 Net transfers 9.2 17.2 22.7 CURRENT BALANCE (net) 2.3 -0.9 -3.5 Private direct investment 0.1 1.1 6.0 Public sector borrowing (net) 1.3 -1.5 2.3 Drawings on official loans 1.5 0.2 2.3 Repayments of official loans -0.1. -0.9 -1.2 Export credits and other (net) -0.1 -0.8 1.2 Other capital -1.1 -1.0 4.2 Changes in reserves - increase) -2.6 2.3 -9.0 External Public Debt 1967 1969 1971 Public debt outstanding as of September 30 (million US$) 48,668 50,889 52,767 J Public debt service ratio 2.70.8 2.1 IMF Position (million US$ as of September 30) Quota 15.0 15.0 19.0 Gold tranche - - 1.9 Credit tranche 9.3 11.6 19.0 Drawings outstanding 10.8 9.4 3.1 of which compensatory 1.3 2.3 1.2 Use of Fund credit 7.0 5.7 1.2 Net foreign exchange reserves of the banking system -6.2 -5.8 9.6 Coverage of current payments (no. of weeks) - - 6 1/ Includes US$ 15.5 million repayable in local currency. The debt service ratio only reflects obligations in foreign currency. - iii - II. SOCIAL AND RELATED INDICATORS Life expectancy (1970) 48 years Birth rate (1965-70) 44 per thousand Death rate (1965-70) 20 per thousand Infant mortality (1970) 147 per thousand live births Population per physician (1968) 14,069 Population per hospital bed (1968) 1,403 Adult literacy (1970) 30 percent RESUME ET CONCLUSIONS 1. Apres une stagnation de plus de dix années, le PIB d'ilaÎti s'est mis a progresser à un rythme satisfaisant entre 1968 et 1971. Ce changement traduit une reprise économique dans plusieurs secteurs, notamment dans ceux de la construction, de l'industrie légère, de l'administration et des services, dont le tourisme. Les dépôts d'épargne auprès des banques, qui étaient restés pratiquement au mé-ie niveau de 1961 à 1967, ont presque doublé entre 1967 et 1971. Le regain de confiance se reflète en outre par l'augmentation des remi- ses provenant de l'étranger. La détente du climat politique en 1971 a encore contribué a l'amélioration de la situation économique. PEn 1971, le PIB a pro- gressé de près de 6 pour cent en valeur réelle, ce qui est le plus fort taux de croissance enregistré depuis plus de dix ans. Les réserves de devises se sont également accrues au cours des trois dernières années. 2. Il ne faut pas perdre de vue que la croissance de ces dernières an- nées s'explique en grande partie par la reprise de l'économie après de longues annees de stagnation. Le PIB par tête reste toujours inférieur à son niveau de 1960, et certains des principaux secteurs de l'économie - les exportations agricoles, l'irrigation, les transports - ne donnent encore aucun signe d'amé- lioration. La rupture avec les tendances de la décennie précédente n'en est pas moins évidente. La plupart des problèmes fondamentaux de développement à Long terme restent à résoudre, mais la reprise de la croissance et l'arrivé< au pouvoir d'un gouvernement plus tourné vers les affaires économiques permet- tent plus qu'autrefois d'augurer que des mesures seront prises pour attaquer ces problèmes. La position de la balance des paiements haitienne étant pré- caire, et la gestion économique faible, Haiti devra largement compter sur l'aide extérieure pour élaborer et exécuter une politique de développement. 3. Les renseignements macro-économiques que l'on possède pour Haiti sont tres maigres et nécessairement sujets à caution, étant donné la prépond- rance du secteur agricole sur lequel on sait relativement peu de chose. Les taux d'investissement et d'épargne enregistrés en Haiti sont bas par rapport a ceux du reste du monde. Les investissements publics ne s'élèvent qu'à 1 à 2 pour cent du PIl. Le taux de l'impôt (environ 12 pour cent du PIB) est re- Lativement élevé pour un pays dont le revenu moyen par habitant est d'environ 100 dollars. L'aide extérieure étant peu abondante, une partie considérable des investissements publics est financée sur les ressources intérieures. On ne possede pas de données sures sur ces points mais il semble qu'une fraction importante de la population connaisse le chômage ou le sous-emploi. i' indus- tri e mantufacturii,re est l'une des rares branches (le l'économie où l'emploi aiL atiu ,mentë rapidement au cours des dernières années, notamment à la suite de l'ouverture <te plus de 100 usines d'assemblage travaillant pour l'export- tion qui emploient chacune une centaine d'ouvriers. 4. Si les ressources de base dont dispose le pays sont médiocres pour une popu l at ion de 5 mi Ll ions d'habitants, elles sont tellement sous-ut: i ies que la prochaine décennie offre de grandes possibil-Ltés de dôvelopment. Il suff-irait notament, pour doubler la production agricole sur les terres acni- lmen t irriguées , de faire bénéficier le réseau d'Irri :a tion d'un entrntien - j1i - convenable et de quelques travaux de remise en état. Je mônme iiia*Li offre des perspectives favorables de développement dans le secteur du itr ism. les communications difficiles constituent toutefois un obstacJe iiporLinL au de- veloppenient de l'agriculture, du tourisme et d'autres irancs de i'ecoie. Les deux routes principales, la route du Sud aliant atux v etrye; t a rmi et la route du ord en direction du Cap-ilaïtien ne sont pas carrs>ables LOute t' anne. La route du Sud n'est utilisable que par jeep, mUe pndanL Ia sai- son sucte, a l'exception d'un tronçon de 55 km qui part de Port-au-Prince. A toutes fins pratiques, les principaux centres de proviince sot virLuellemenrt coupés de la capitale. C'est pourquoi la reconistruct-ion de lia riue du Sud la remise en état de la route du Nord, et la création d'un service rinc d'entretien des routes s'imposent d'urgence. En outre, ql itr' in- vestisseinents relativement capitalistiques dipose;t nettemi at drus I do- miaines de l'ner ie electrique, des téléconiunicatioi,; et, ai lui' H - ce, de l'irri;ation. . iLa plupart des secteurs appellent toutefois un m;odek-te» eilfort: d r'- mise en état et d'entretien à demander i l'homme plutit qu'à la m;aicÀhin et aux investi.ssements. Cet effort pourrait être des plus productifs s'il i four- n- par les communautés locales plutôt que par le -ouverner-eiit central. L'ex- périence semble indiquer qu'on pourrait avoir des chances de réussit j en 1 innt étroitement les redevances des usagers à leurs avantages dans le cadre d'le formule comportant une décentralisation administrative et budgétaire et un r>on mécanisme de contrôle. Il conviendrait d'établir des organisrme autonomes ré- ïionaux et locaux dans une grande mesure autofinancés, qui fonctionieriient sur le modele des autorités du port et de l'aéroport inlternational de Port-au- erince. Ces organismes collecteraient des redevances dont le produit irait h l'entretien des routes, à l'irrigation, à la remise en état et A I'entretien des canaux et à d'autres services. Une rémunération en nourriture Lavoriserait encore de tels efforts de caractère communautaire. Certainis tronons; de ran- des routes ont déjà été construits et entretenus de cette faç;on, au coÛt de 10 cents LU seulement par jour et par ouvrier, plus la nourriture. Ù. Le régime fiscal haTtien souffre de son extrume complication. lws autoritésl haitiennes savent bien qu'elles devront s'efforcer d le siimiplifier, notamment par une réduction sélective des recettes affectées a des fins spé- ciales. En outre, il est indispensable qu'elles procèdent avant toute c1ose a la réduction des droits sur le café, qui freinent gravement la production, au profit d'un impSt progressif sur le revenu, sur les propriétés foncifres urbaines et sur les importations non essentielles, contributions qui peuvent toutes facilement supporter une hausse. Il conviendrait en outre de réduire les déductions excessives sur l'impôt sur le revenu et de remanier le système actuellement utilisé pour évaluer les impôts frappant les entreprises commer- ciales et industrielles. Le remplacement de l'impôt sur la propriété cons- truite par un impôt sur la propriété foncière urbaine et l'instauration d'une perception plus efficace offriraient des possibilités de recettes qui n'ont pas été suffisamment exploitées jusqu'ici et rendraient aussi la fiscalité - iii - plus équitable. Les droits sur les importations pourraient en outre être considérablement augmentés, ce qui permettrait d'une part d'accroître progres- sivement les recettes fiscales et d'autre part, du point de vue de la balance des paiements, de limiter l'importation de biens non essentiels et d'articles de luxe. 7. Haiti est parvenu à maintenir la libre convertibilité, sans ajuste- ment du taux de change. D'autre part, le pays n'est pas parvenu à mobiliser suffisamment l'épargne intérieure, ce qui s'explique principalement par le man- que d'attrait des taux d'intérêt servis sur les dépôts en banques. L'ouverture en 1971 d'une succursale de la First National City Bank en laiti - signe que le monde des affaires reprend confiance dans l'économie haitienne - aura en ou- tre pour effet probable de faire monter quelque peu les taux d'intérêt sur les d- dépôts en banque. A moins que les taux d'intérêt ne deviennent plus compétitifs, une forte proportion de l'épargne continuera à être placée ailleurs que dans les banques ou transférée à l'étranger. La Banque nationale est la principale institution financière en Haiti. Elle remplit les rôles de banque centrale, de trésor de l'Etat, de principale banque commerciale et à travers son direc- teur elle exerce une influence décisive sur l'unique banque de développement du pays, l'Institut de développement agricole et industriel (IDAI). La Banque nationale a été la principale institution de développement, et dans un passé récent, a contribué à l'établissement d'institutions responsables pour l'éner-- gie électrique et les télécommunications. Elle exerce également le contrôle de gestion de la minoterie et du port de Port-au-Prince. Le contrôle financier de la Banque nationale a indubitablement exercé une influence favorable. Dans l'avenir, néanmoins, les autorités haitiennes devraient envisager de donner davantage d'indépendance en matière de décisions d'investissement à CONADEP - l'organe de planification - ainsi qu'aux institutions responsables des secteurs (par exemple l'électricité et les télécommunications) et des crédits pour le développement, afin que celles-ci puissent graduellement assumer davantage de responsabilités. Par ailleurs, il serait bon de créer deux banques de dévelo( pement, l'une pour l'agriculture et l'autre pour l'industrie afin d'ouvrir la voie à un dynamisme de promotion économique accru. Les inconvénients initiaux qui pourraient se présenter à cause du remplacement d'une institution de déve- loppement par deux institutions spécialisées dans un petit pays seraient cer- tainement bientôt plus que compensés par les avantages de la spécialisation financière et économique. 8. Les réserves en devises d'Haiti ont progressé en 1970 et 1971 à la suite de l'augmentation des rentrées nettes afférentes aux investissements directs privés, d'un certain accroissement des flux de capitaux publics et des attributions de DTS. Cependant, les exportations traditionnelles, le cal, le sucre, les huiles essentielles, n'ont pas encore retrouvé leur niveau d'at. trefois. La possibilité d'une reprise soutenue de la culture du café, qui per- mettrait à Haiti d'utiliser pleinement son contingent pendant la deuxième par- tie de la présent décennie, dépend essentiellement des incitations qui seront offertes à la production. Celle-ci est devenue moins intéressante ces der- nières années à la suite de la chute des cours mondiaux et de l'augmentation simultanée des taxes frappant le café. Non seulement celles-ci sont plus lourdes en Halti que dans les pays d'Amérique centrale (18 dollars par sac valant environ 45 dollars), mais encore elles ne tiennent pas compte des changements de prix et sont régressives. Insuffisamment encouragés, - iv - les agriculteurs n'ont pas planté assez de caféiers, en remplacement de ceux qui ont été détruits par les ouragans du milieu des années 60, pour maintenir une production régulière à long terme. Ils ont préféré pousser la production vivrière, se livrer principalement à des cultures de subsistance et réduire la production destinée à l'exportation. Comme nous l'avons préconisé au paragraphe 6 ci-dessus, la taxe sur le café pourrait être considérablement réduite sans que les recettes de l'Etat en souffrent, si d'autres iiiipôts plus progressifs étaient augmentés en compensation. Il para-t improbable que les exportations de café augmentent à l'avenir à moins que les producteurs ne soient mieux rémunérés. Les exportations de sucre pourraient, elles, augmen- ter, à la suite de l'accroissement de la capacité de raffinage, à condition que les agriculteurs soient disposés à augmenter leur production de canne, en dépit du niveau très bas des cours actuels. Les perspectives pour les huiles essentielles, les agruwes, les fruits tropicaux et autres produits agricoles secondaires sont plutôt préoccupantes, parce que, là encore, les stimulants à la production ont été réduits par le coût élevé des transports, la paperas- serie et les monopoles d'exportation. On peut s'attendre à une augmentation continue des exportations de produits manufacturés, mais les gains en devises réalisés sur les articles réexportés après assemblage ne représente qu'une faible partie du total des exportations. Mêeme si, à long terme, ces exporta- tions peuvent augmenter pour devenir une source importante de devises, à moyen terme, les gains nets en devises resteront probablement modestes. 9. Pour la première fois en 10 ans, les recettes brutes provenant du tourisme ont dépassé 8 millions de dollars en 1971. Le tourisne en Marti of- fre sans aucun doute des perspectives de développement favorables, en raison de la culture, des paysages et du bon marché de la main-d'oeuvre de ce pays. Pour qu'il continue à se développer dans les années à venir, il conviendra de prendre certaines mesures: a) améliorer les transports et les communications; b) développer un sous-secteur agricole qui approvisionnerait régulièrement les h8tels et les restaurants; c) améliorer la gestion htelière; il suffirait pour cela que le gouvernement réussisse à attirer une ou deux chaÎnes d'hôtels internationales; d) adopter une politique de concession des terres plus sélec- tive comportant à l'égard des promoteurs étrangers le donnant donnant et non pas des privilèges sans contrepartie suffisante pour le pays; e) établir en matière de développement du tourisme une coopération plus étroite entre les agences gouvernementales, les compagnies de navigation aérienne et de naviga- tion maritime étrangères. 10. Les importations de marchandises ont augmenté rapidement en 1970 et 1971, reflétant une reprise de l'économie après plus de 10 ans de stagnation. La composition des importations soulève certaines questions à propos des ob- jectifs de développement et des instruments de gestion économique. En effet, parmi les articles qui progressent le plus rapidement se trouvent les automo- biles, les produits alimentaires de luxe, les biens de consommation durables et les textiles. En revanche, les importations de camions, d'autobus et de jeeps sont fort loin de répondre aux besoins de transports de l'économie. Les droits à l'importation sont relativement bas par rapport aux normes interna- tionales: ils s'élèvent à environ 20 pour cent de la valeur des importations et sont en outre inefficacement appliqués. laiti reçoit une assistance tech- nique des Etats-Unis pour améliorer l'administration de ses douanes. Il conviendrait de compléter cette amélioration en élevant progressivement, le niveau d'ensemble des tarifs douaniers par une hausse des droits sur les lim- portations de produits non essentiels. 11. Les importations de kérosène sont soumises à des droits, alors que, si le kérosène était bon marché, la population hartienne l'utiliserait de pré- férence au charbon de bois provenant des arbres du pays, et l'on pourrait ain- si freiner l'érosion du sol qui constitue, à long terme, l'une des principales menaces au développement économique d'Harti. Il conviendrait donc d'exempter le kérosène (le droits à l'importation jusqu'à ce qu'on soit en mesure de pro- duire et de vendre localement du lignite à un prix inférieur ou égal par unité de calorie. Le PNUD finance actuellement une étude sur les possibilités éco- nomiques d'exploitation du lignite. 12. Au cours de la décennie écoulée, Harti n'a reçu que fort peu d'aide officielle extérieure. Les entrées de capitaux officiels ont atteint en moyenne 1 dollar environ par habitant, ou 5 millions de dollars par an. La dette publique extérieure d'Larti s'élevait à 52,7 millions de dollars à la fin de 1971. A la fin de 1970, tous les arriérés de la dette publique exté- rieure ont été éliminés. Le ratio du service de la dette, qui était de l'or- dre de 2 pour cent en 1971, devrait se maintenir entre 2 et 3 pour cent au cours de la présente décennie. Toutefois ce chiffre masque le fait que le service dont le pays est capable est restreint par l'extrêie rigueur avec la- quelle il est obligé do grer sa balance des paie-ients. Il suffirait d'une faible augmentation <le crédits-fournisseurs pour créer des problèmes de ser- vice de dette qui forceraient les autorités monétaires à ralentir le rythme d'expansion économique afin de libérer les ressources nécessaires au service de la dette. Le gouvernement devra pour cette raison exercer la plus grande retenue dans ce domaine; d'autre part, à travers sa politique économique et financière, le gouvernement devra faire le maximum pour inspirer confiance parmi les Institutions externes de prêt en mesure d'accorder à liarti de l'aid au développement ; des termes favorables. 13. Si l'on s'en tient à une estimation prudente, on peut prévoir que le PTB augmentera d'environ 4 pour cent par an en valeur réelle pendant les années 70, ) condition que les stimulants à la production soient améliorés, que l' assistance extérieure soit plus abondante et que les pouvoirs publics sachent investir et entretenir judicieusement. Si, au contraire, l'extérieur n'accorde pas h ilafti une aide suffisante et si les ventes h l'étranger n'aug- mentent pas, les perspectives, en l'absence de stimulants adéquats, sont cellos d'un déclin continu des exportations de café au profit des cultures do subsistance; il est dans ce cas difficile d'envisager un accroissement annuel du PIB supérieur à 1 ou 2 pour cent. Ce n'est qu'en améliorant la gestion économique, en accordant plus d'importance à l'entretien et en recevant une aide extérieure plus copieuse qu'on peut espérer voir la présente décennie se solder par une hausse mesurable du revenu réel par tête. I. LE CADRE GENElAL "Vue du ciel, liaiti est une masse confuse de falaises et de montagnes sauvages, coupée par des torrents au cours tortueux et par d'étroits canons aux parois abruptes. On voit s'étendre la grande plai ne du Nord, la large plaine centrale qui suit la vallée de l'Arti- oonite, la plaine côtière de l'Arcabaie entre Port-au- Prince et St. Marc, la plaine du Cul-de-Sac entre l'Etan Saumltre et Port-au-Prince, et toutes les autres poches (le culture extensive du Sud; le joli vert moucheté des plantations de canne à sucre, de café, de riz et de si- sal contraste vivement avec les rouges et les bruns du sol, qui, pour &tre agréables à l'oeil, n'en révèlent pas moins l'étendue de l'érosion du sol en llaiti. Les som- mets et les flancs de toutes ces montagnes, à l'excep- tion des plus élevées, sont dénudés, les arbres ayant été coupés pour en faire du bois de feu et les violents orages tropicaux ayant arraché le terreau fertile. Des cours ('eau brunâtres, chargés d'humus et de détritus, trahissent un grave manque d'intérêt pour l'écologie. Il y a peu de cultures en terrasses et encore moins de cultures qui suivent les courbes de niveau, dans un pays où les paysans sont individualistes jusqu'à l'obsession et ou leurs propriétés sont morcelées depuis des généra- tions." 1/ ,aractristique physiues 1. Les quelques données disponibles sur l'utilisation des terres con- firment les observations consignées dans le paragraphe ci-dessus. Les terres cultivables ne représentent qu'environ 15 à 20 pour cent de la surface totale d'environ 2,8 millions d'hectares. Pourtant, sous l'effet de l'énorme pression démo graphique, le reste du pays est également en grande partie cultivé, ce qilli contribue î Ja déforestation, à l'érosion et à l'épuisement de la terre. Toutefoi s, si les ressources en terre d'Haïti étaient utilisées plus efficace- l'agriculture et 1'élevage pourraient y être beaucoup plus productifs qu'ils ne 1e sont actuellement. De violents ouragans ravagent le pays, en particulier la péninsule méridionale, tous les deux ou trois ans, arrachant café iers, cultures vivrières et maisons. Les caféiers ayant une longue piri de de ;estation, les ouragans font généralement baisser la production pendan: plusimeurs années. La partie septentrionale du pays, qui est mieux proté,ée des otiraý'ans, connaît (les périodes de sécheresse fréquentes et souvent graves, qui ont occasionné des famines dans un passé assez récent. ilaîti n'a que de faibles ressources iitniercs: cuivre, bauxite, mangan(se, fer, li: nite nt un 1/ H;tti par kohert [. Rotberg, ilouglton Mifflin, 1971, p.5. - 2 - peu de pétrole et de sel, à quoi il faut ajouter du sable et d'autres maté- riaux de construction. Jusqu'à présent seuls la bauxite et le cuivre sont ex- ploités. Dans l'ensemble les ressources minérales d'Halti ne sont pas très prometteuses, à l'exception possible du lignite, qui pourrait être utilisé comme combustible par une usine thermo-électrique à la fin des années 1970. Toutefois, des permis de prospection ont été récemment accordés dans le Nord et il est possible que de nouveaux gisements, de cuivre notamment, soient dé- couverts. Halti a de beaux sites le long de ses côtes et dans ses montagnes escarpées. Elle possède un certain nombre de plages, notamment le long de la côte sud de la péninsule méridionale et près du Cap-HaTtien au nord. Halti est aussi belle que de nombreuses autres Iles des Caralbes mais on ne peut pas dire qu'elle le soit plus que certaines de celles-ci. Enfin, bien qu'on ne dispose guère d'informations sur ce point, il semble que la mer autour de l'le soit poissonneuse, mais ses ressources ne sont pas exploitées à l'heure actuelle. Ressources humaines 2. Il est impossible d'évaluer avec précision la population d'Halti, qui se situe autour de cinq millions d'habitants. Plus de 80 pour cent des Haltiens vivent de l'agriculture. C'est pourquoi la terre supporte l'une des pressions démographiques les plus fortes du monde, et chaque famille haltienne cultive moins d'un hectare en moyenne. La densité est particulièrement élevée dans les vallées fertiles. La population urbaine se concentre principalement dans la région de Port-au-Prince qui abrite environ 450.000 habitants. En outre, le pays compte un petit nombre de villes de province dont aucune ne dépasse 20.000 habitants. 3. On estime généralement que le taux de natalité est de l'ordre de 40 pour 1.000 et le taux de mortalité d'environ 20 pour 1.000, ce qui entralne un accroissement annuel de la population d'environ 2 pour cent. Le taux de mortalité élevé reflète le manque de protection contre la maladie, aggravé par une malnutrition très généralisée. A la campagne, jusqu'à 30 pour cent des nouveau-nés sont exposés à mourir du tétanos pendant le premier mois de leur vie. Pour l'ensemble du pays, on évalue à un peu plus de 70 pour cent seu- lement les chances qu'ont les jeunes Haltiens de vivre jusqu'à l'âge de trois ans, ce qui représente un taux de mortalité élevé par rapport aux normes in- ternationales. Pour la plupart des Haltiens, la ration alimentaire semble être d'environ 2.000 calories par jour au maximum. De même la consommation moyenne, par adulte, de protides et de lipides est extrêmement faible. Tou- tefois, à première vue, les Haitiens, surtout ceux qui vivent dans les cam- pagnes, n'ont pas un aspect aussi affligeant que les habitants de la plupart des autres pays où le PIB par habitant est d'environ 100 dollars. 4. On ne dispose pas de données sur l'emploi en Halti. Toutefois, il existe actuellement un chômage et un sous-emploi considérables, malgré une émigration importante et la reprise récente de l'activité économique. A la campagne, il est très fréquent de trouver des adultes qui ne travaillent que deux ou trois heures par jour dans les champs, les propriétés étant très pe- tites et ne bénéficiant pratiquement pas d'apports d'engrais. La main-d'oeuvre des villes est très abondante, comme l'indique le niveau très bas des salaires - 3- journaliers (environ un dollar) offerts à des travailleurs dont la producti- vité, si l'on en croit les hommes d'affaires étrangers, dépasse souvent celle de la main-d'oeuvre analogue aux Etats-Unis. En province, il est possible de trouver des ouvriers pour la construction des routes à 10 cents EU par jour, plus la nourriture. 5. La situation politique et surtout des perspectives économiques peu séduisantes ont poussé un très grand nombre d'HaItiens appartenant aux pro- fessions libérales à émigrer, ce qui a aggravé la pénurie d'administrateurs qualifiés. On dit qu'il y a moins de médecins haitiens en Haiti qu'à l'étran- ger, et même si la profession médicale n'est qu'un exemple extrême, un exode considérable a sans aucun doute réduit l'effectif non seulement des professions libérales et des cadres, mais aussi des ouvriers qualifiés, des mécaniciens et de la main-d'oeuvre spécialisée résidant en Haiti. Les Haltiens émigrent généralement vers les Etats-Unis et le Canada, les manoeuvres également vers les Bahamas et la République Dominicaine. Au total, entre 5 et 10 pour cent de la population haitienne vit à l'étranger. Jusqu'en 1971, le gouvernement, tout en taxant l'émigration, ne la décourageait pas complètement, parce qu'elle réduisait le potentiel d'opposition politique à l'intérieur du pays et qu'elle augmentait les remises de devises. Le fait que les Haltiens de presque tous les milieux s'expatrient volontiers est l'un des principaux facteurs expli- quant l'évolution passée de l'économie, et un élAment essentiel à considérer lorsqu'on élabore des plans d'avenir pour Haiti. Ainsi, par exemple, la plupart des enseignements supérieurs et certains enseignements techniques encourageront probablement l'émigration, ce qui sera moins le cas pour d'autres types d'instruction (formation de personnel paramédical, d'instituteurs, d'agents de vulgarisation agricole). 6. Bien que la langue officielle soit le français, 80 à 90 pour cent de la population ne parlent que le créole, dialecte d'origine normande et afrÉ caine, et ne savent ni lire ni écrire. La culture haïtienne, dont le créole est le véhicule, frappe par son originalité et son universalité dans le pays. Elle est un mélange d'animisme et de christianisme, de vie artistique très originale, elle confère une personnalité spéciale aux Haitiens et constitue pour eux un motif de fierté. 7. En raison essentiellement de ce qu'on pourrait appeler son "atomi- cité", la culture haitienne n'engendre aucune aspiration nationale particu- lière. Les familles recherchent l'autonomie sur tous les plans et ont ten- dance à se considérer les unes les autres avec une certaine méfiance et même hostilité. Dans une telle atmosphère, il n'existe guère d'esprit communau- taire et encore moins national. Cet élément, auquel il faut ajouter la pro- fonde faille sociale entre une petite élite instruite et le reste de la popu-- lation, tend à expliquer comment depuis près de deux siècles les gouvernements se maintiennent au pouvoir sans apporter d'amélioration visible à la vie rurale. De même 1'"atomicité" de la vie sociale aide à comprendre l'existence d'un régime fiscal compliqué consistant dans une pyramide de sources de fonds - 4 - "affectés". Pour reprendre les termes d'une étude consacrée par la Banque Mondiale à ce sujet, 'l'affectation est le succédané d'une confiance qui est absente entre les groupes" 1/. Infrastructure 8. Dans nombre de secteurs importants, la quantité et la qualité de l'équipement culminèrent au 18ème siècle. Cela est particulièrement vrai des routes, de l'irrigation, du contr6le des eaux et des ports. On enregis- tre, dans ces domaines et depuis 170 ans, une dégradation imputable au man- que d'entretien. Les deux routes principales, la route du Sud vers les Cayes et Jérémie et la route du Nord vers le Cap-Haltien ne sont pas carrossables toute l'année. La route du Sud n'est utilisable qu'en jeep même pendant la saison sèche, à l'exception d'un tronçon de 55 km à partir de Port-au-Prince qui a été refait en ciment, à grands frais, ces dernières années. La route du Nord n'est pas carrossable pendant et après les grosses pluies. Les routes secondaires sont dans un état encore plus désastreux. A toutes fins pratiques (tourisme, commercialisation agricole, etc.), les principales agglomérations provinciales sont virtuellement coupées de Port-au-Prince. Les routes re- construites par les Etats-Unis entre 1915 et 1934 ne sont guère maintenant en meilleur état que le reste du réseau 2/. En conséquence, la production des biens d'exportation dans la péninsule méridionale est entravée par les mauvaises communications avec le port et l'aéroport international de Port- au-Prince. Les ports sont dans un même état de délabrement, à l'exception de Port-au-Prince, actuellement en cours de reconstruction et d'expansion. En dehors des appontements de Port-au-Prince et du Cap-HaItien, le pays n'a pas de port utilisable . Des transbordements ont lieu sur une petite échelle aux Cayes et à Jérémie, mais il sont peu économiques. 9. Quant à l'infrastructure hydraulique, sa situation est assez analo- gue à celle des routes et des ports. Elle était très développée au 18ème siècle, alors qu'HaIti était l'un des principaux exportateurs mondiaux de sucre. Depuis, à l'exception des travaux d'irrigation entrepris dans la vallée de l'Artibonite grâce à l'aide financière de la Banque import-export et partiellement terminés, il n'y a pas eu d'extension notable du réseau d'ir- rigation. En fait, celui-ci, qui était considérable, a souffert du manque d'entretien et s'est beaucoup dégradé; son rendement n'est plus maintenant qu'une fraction de ce qu'il fut jadis. Le mauvais état du réseau d'irrigation explique que la production agricole actuelle ne représente également qu'une fraction de son potentiel. La même dégradation atteint le dispositif de contrôle des.eaux et le réseau de drainage. Des dégâts particulièrement coû- teux à réparer se sont produits dans les ouvrages généralement assez petits qui protègent les routes des eaux. C'est ainsi que la détérioration des ouvrages hydrauliques entratne celle des routes. 1/ "Taxation and Earmarking in Developing Countries", Working Paper No 43, 1969. 2/ Des ouragans fréquents et des conditions hydrauliques difficiles contri- buent à élever les frais d'entretien. - 5 - 10. L'infrastructure haltienne ne consiste plus qu'en quelques pistes d'envol à usage intérieur, un aéroport international équipé pour recevoir des avions à réaction, quelques centrales électriques fonctionnant au gasoil, une centrale hydro-électrique à Péligre près de la frontière dominicaine, une usine de traitement des eaux et un nouvel appontement à Port-au-Prince, un système de télécommunications rudimentaire consistant en quelque 3.500 télé- phones dans la région de Port-au-Prince et une poignée d'autres en province. En outre, le patrimoine public comprend des écoles, des h8pitaux et quelques tronçons de routes. La presque totalité de cette infrastructure se concentre dans Port-au-Prince ou ses alentours, ou dessert cette capitale. En bref, l'infrastructure haltienne présente un grand nombre de déficiences graves. Gestion économique 11. Ces quinze dernières années, les décisions concernant la gestion économique étaient prises exclusivement par le Président. Le cabinet et les hauts fonctionnaires détenaient peu de pouvoir réel. En même temps, une régle- mentation extrêmement lourde régissait la plupart des formes d'activité éco- nomique dans leurs moindres détails. Ainsi, par exemple, de nombreux permis devaient 8tre établis et visés pour la majorité des transactions économiques, notamment celles qui concernaient les exportations, mais il n'y avait pas assez de personnel de gestion et d'administration pour écluser le flot de cette paperasse. En outre, les communications étaient difficiles entre la capitale et la province. Il ne fait aucun doute que la centralisation de l'administration à Port-au-Prince, jointe au mauvais état des communications, ait ralenti l'activité économique. Cette situation a, en outre, encouragé entre les secteurs public et privé des contacts officieux, dont souffraient l'efficacité et l'honngteté de la gestion. En pratique, beaucoup dépendait de la possibilité, pour les entrepreneurs privés, d'obtenir une décision présidentielle sans passer par l'appareil administratif. En outre, certaines formes d'activité économiques, notamment celles qui étaient aux mains d'une poignée de familles de l'"élite", constituaient un danger politique pour le régime, de sorte que celui-ci était souvent amené à renforcer sa situation politique au prix de mesures entratnant une régression économique. Le déclin de centres provinciaux jadis actifs (notamment dans la péninsule méridionale) est imputable, en grande partie, à la priorité accordée par le régime précé- dent aux objectifs politiques sur les objectifs économiques. 12. Après la mort du Dr Duvalier, il n'y a aucun doute que le climat politique qui avait régné jusqu'alors s'est amélioré. Les décisions qui étaient prises exclusivement par le Dr Duvalier le sont maintenant collec- tivement par un cabinet, formé pour une moitié environ de technocrates. Tou- tefois, la manière dont le gouvernement élabore ses décisions d'ordre écono- mique n'a guère évolué; elle consiste essentiellement à répondre, au fur et à mesure des besoins, à des crises soudaines, à des ordres directs du Président (concernant, par exemple, la mise en train de travaux d'entretien lorsque l'une des routes principales cesse d'être carrossable) et à des pres- sions d'hommes d'affaires. La CONADEP, organe de planification des investis- sements publics, dispose de quelques-uns des meilleurs techniciens du secteur - 6 - public, qui ont bénéficié de la présence d'un conseiller en planification que la Banque Mondiale a détaché auprès de la CONADEP pendant environ trois ans. La CONADEP manque toutefois d'une direction efficace. Actuellement, elle n'est chargée que d'une partie du programme d'investissements, lui-même très réduit. Si elle bénéficiait d'un appui suffisant des pouvoirs publics et de fonds d'investissement plus importants, elle pourrait devenir un bon outil de planification et de contrôle des investissements. 13. La politique financière est entravée par l'existence d'un très grand nombre de fonds "d'affectation spéciale" qui se recouvrent en partie, et dont certains sont gérés par le Ministère des finances et d'autres non. En outre, si la concentration des pouvoirs aux mains de la Banque centrale (qui joue le rôle de banque centrale, de Trésor, de principale banque commerciale et, par l'intermédiaire d'une filiale, de banque de développement). Ainsi, par exemple, il arrive souvent que la Banque centrale, dans son rôle de Trésor public, ne paie pas les traitements des fonctionnaires à la date prévue, afin d'être en mesure de parer à d'autres besoins (monétaires, par exemple). De même, le Ministère des travaux publics dépend pour une grande partie de ses fonds de recettes extrabudgétaires contr6lées par la Banque centrale et ses possibilités de planification s'en trouvent également réduites. Ainsi, bien que le pouvoir de décision économique n'appartienne plus exclusivement au Président mais à un groupe, l'appareil administratif n'a guère été modifié. En fait, libérée de l'emprise présidentielle, la bureaucratie risque de peser davantage, avec toute la paperasserie que cela comporte. Pour réaliser cette amélioration durable, il conviendra de simplifier considérablement l'adminis- tration, de rationaliser et clarifier les responsabilités dans le domaine économique. Une première mesure qui s'impose consisterait à confier nettement les fonctions de planification des investissements publics au Ministère des finances alors que le Trésor serait chargé de contrôler les fonds. Actuelle- ment, ces deux activités ne sont pas clairement séparées et des administrateurs, qualifiés pour remplir des fonctions de contrôle, prennent en fait des déci- sions concernant les investissements. En général, les activités de planifi- cation et d'exécution devraient être distinguées de la fonction de contr6le, et le pouvoir du contrôleur devrait se limiter à vérifier que les fonds sont bien dépensés conformément aux prévisions budgétaires. Tendances économiques 14. Il n'existe pas, en Harti, de comptabilité nationale digne de foi. Les estimations de production laissent toutefois à penser que le PIB est resté stagnant depuis la fin des années 50 jusqu'en 1968 alors que la popu- lation augmentait d'environ 2 pour cent par an. Le PIB réel par tête a donc baissé au cours de cette période. Le point le plus bas a été atteint en 1967, où le PIB en prix constants était inférieur d'environ 5 pour cent à son niveau de 1960. Depuis lors, la situation s'est améliorée et le PIB a progressé régulièrement jusqu'à 1971, reflétant la reprise économique de plu- sieurs secteurs, notamment de la construction, de l'industrie manufacturière, de l'administration et des services, tourisme compris. La production de ciment est passée de 38.100 tonnes en 1967 à 70.000 tonnes en 1971, stimulée par l'essor de la construction de logements particuliers et par les investis- sements réalisés dans de petites fabriques produisant pour l'exportation. - 7 - La production d'électricité est passée de 68,2 millions de kWh en 1967 à 86,2 millions de kWh en 1971, la production de farine a progressé de 32 pour cent, la fabrication des chaussures de 91 pour cent 1/, et la culture du mars et du riz a également marqué quelque avance. Le nombre de touristes a presque doublé entre 1967 et 1971. En même temps, on observe à certains in- dices une reprise de confiance dans l'économie. Les dépôts d'épargne en banque, qui n'avaient pratiquement pas varié entre 1961 et 1967, ont augmen- té de 33 millions de gourdes, soit de plus de 100 pour cent entre 1967 et 1971. La masse monétaire a accusé une tendance semblable, traduisant les hausses de la consommation et de l'investissement privé. La First National City Bank de New York a ouvert une succursale en Harti en 1971 et la Chase Manhattan a annoncé son intention de faire de même alors que jusqu'à cette date, la Royal Bank of Canada était la seule banque étrangère en Harti. La reprise de confiance après de longues années se traduit encore par l'augmen- tation des remises en provenance de l'étranger, qui semblent être liées à l'activité de construction privée. Dans le mme temps, les recettes de l'Etat augmentaient de 70 pour cent depuis 1967 après une longue période de stagna- tion. Les réserves de devises ont également progressé ces trois dernières années, après sept ans de baisse. 15. Il ne faut pas perdre de vue que la croissance des dernières années représente dans une grande mesure une reprise après de longues années de stag- nation. Le PIB par tête est encore inférieur à son niveau de 1960, et quelques. uns des principaux secteurs de l'économie (les exportations agricoles, l'irri- gation, les transports) ne donnent encore aucun signe d'amélioration. Malgré leurs progrès récents, les réserves de change sont encore très faibles (9,6 millions de dollars, soit l'équivalent de 2 mois d'importations approximati- vement). Il n'en reste pas moins évident, même à l'observation superficielle, que la conjoncture économique, rompant avec les tendances de la décennie pas- sée, s'améliore depuis quelques années. La plupart des problèmes fondamentauv du développement à long terme restent à résoudre, mais la reprise de la crois sance économique et l'arrivée au pouvoir d'un gouvernement plus soucieux des réalités économiques permettent, plus qu'autrefois, d'espérer que des mesures seront prises pour attaquer ces problèmes. Etant donné la position précaire de sa balance des paiements et la faiblesse de sa gestion économique, Harti devra beaucoup compter sur l'aide étrangère pour élaborer et exécuter ses po- litiques de développement. La reprise de la croissance économique affermit le Gouvernement haltien dans son dessein de rechercher à l'étranger aide et con- seils, et il ne fait guère de doute que, dans les années à venir, l'évolution économique d'Harti dépendra dans une large mesure du volume et du type de l'assistance extérieure qui lui sera accordée. 1/ A partir de 1968. - 8 - Il. PROBLEMES ET POLITIQUES SECTORIELS Agriculture 16. Quatre produits agricoles fournissent 65 pour cent environ des ex- portations haltiennes de marchandises. A lui seul, le café représente 40 à 45 pour cent des exportations. Les 20 pour cent restants se répartissent de façon à peu près égale entre le sucre, le sisal et les huiles essentielles. Au cours des dix dernières années, les exportations de café ont fortement di- minué, tandis que celles des trois autres principaux produits agricoles res- taient stationnaires ou fléchissaient. Par contre, certains indices lais- sent prévoir que la production agricole destinée à la consommation intérieure (c'est-à-dire essentiellement l'agriculture de subsistance) s'est nettement améliorée au cours des dix dernières années. C'est sur cette hypothèse que sont établies les statistiques nationales de l'agriculture qui font apparat- tre une augmentation de près de 10 pour cent de la valeur ajoutée réelle de- puis 1968, date à laquelle les exportations ont commencé à diminuer ou sont restées stationnaires. Par simple observation on peut constater que les cul- tures vivrières se sont considérablement intensifiées en vingt ans: les flancs de collines, qui étaient jadis occupés par des forêts ou par des ca- féiers, sont utilisés maintenant pour des cultures vivrières et l'érosion s'en trouve accélérée. 17. Un examen rapide des tendances que manifestent les principales cul- tures d'exportation montre que l'abandon de ces dernières au profit des cul- tures destinées au marché national peut s'expliquer essentiellement comme la réaction rationnelle des paysans à l'évolution des prix. Dans le cas du café, dont la culture est l'apanage presque exclusif de petits propriétaires qui cultivent également des produits alimentaires, les prix à la production ont baissé entre le début des années cinquante et la fin des années soixante, comme le montre le graphique qui suit la page 9. Le fléchissement des prix à la production ne traduit que partiellement l'incertitude des cours mondiaux du café. Les impôts ont fortement augmenté, d'ordinaire aux dépens des prix aux producteurs plutôt que des marges commerciales. Les parcelles étant gé- néralement de faible étendue (moins d'un hectare par ménage), et comme il coÛte très cher d'améliorer la productivité par rapport au revenu des paysans, la plupart des producteurs de café se trouvent dans l'impossibilité de compen- ser le fléchissement des prix par une augmentation de leur production. En fait, le producteur type ne produit qu'un ou deux sacs de 60 kg de café par an, ce qui représente un revenu de 36 dollars environ; ce producteur doit ven- dre sa production sur un marché d'oligopsone où les négociants se doublent d'ordinaire d'usuriers. La seule façon dont la plupart des paysans peuvent réagir à la chute des prix est donc de se protéger en ramenant leur production de café au minimum de liquidités dont ils ont besoin, et de consacrer leurs terres, leur temps et leurs efforts aux cultures de subsistance dont la valeur réelle demeure constante dans le temps. La formation récente d'une associa- tion des négociants de café, qui va canaliser toutes les exportations, se tra- duira très probablement par une nouvelle diminution des prix à la production. -9- 18. Au moment même où les bénéfices des producteurs diminuaient, les coÛts de commercialisation augmentaient, d'une part parce que la dimension moyenne des parcelles était en baisse depuis 1950, et de l'autre parce que l'état des routes se dégradait. De plus, Halti a cessé d'importer de la fa- rine qui constituait autrefois la cargaison de base des caboteurs qui desser- vaient les ports des provinces; le cabotage s'est donc trouvé considérable- ment réduit et le café, qui constituait une cargaison marginale, a dÛ être transporté par route. 19. La taxation est toutefois l'élément le plus important; en effet, les taxes qui frappent le café sont de loin les plus élevées de tous les pays producteurs d'Amérique Centrale. 1/ Non seulement la charge fiscale se monte-t-elle à environ 18 dollars le sac de 60 kg, 2/ mais son montant absolu reste le même quel que soit le prix. Aussi bien les taxes du café sont-elles non seulement très élevées mais aussi régressives. Il n'y a guère lieu de douter qu'un allègement des taxes du café, qui se traduirait par une éléva- tion des revenus du producteur, stimulerait la production. Par contre, a moins que les producteurs ne reçoivent un prix satisfaisant, tous les autres efforts (assistance technique, distribution de caféiers, d'engrais, etc.) ne mettront probablement pas le pays en mesure de remplir son contingent de 490.000 sacs. L'argument selon lequel les ouragans ont été la cause princi- pale du fléchissement de la production caféière n'est valable que pour la pé- riode de gestation des arbres détruits. Les statistiques semblent toutefois indiquer que, même si l'on admet une période de gestation de quatre à cinq ans après de gros ouragans, la production de café a continué à baisser. Une réduction des taxes sur le café n'entralnerait pas forcément une réduction des recettes que l'Etat tire de ce produit. Tout dépendrait de la façon dont les paysans réagiraient aux stimulants relatifs aux prix. Si un relèvement de 30 pour cent des prix à la production (grâce à un abaissement des taxes) provoque une augmentation de production plus que proportionnelle, l'Etat ne pourra qu'y gagner. Si, d'autre part, les paysans ne réagissent pas à ce type de stimulant, l'Etat peut toujours augmenter d'autres recettes (par exem- ple 1'impet sur le revenu, l'impôt foncier ou les droits à l'importation de biens non essentiels) dans le cadre de ses intentions déclarées. Quoiqu'il en soit, étant donné l'importance capitale que le café présente pour Harti, des arguments convaincants peuvent être avancés pour réduire les impôts sur le café tout en s'assurant que les bénéfices en sont effectivement transmis aux producteurs. Comme l'ont montré d'autres pays, il est possible de provoquer une augmentation des bénéfices des producteurs en diffusant par radio les cours du café sur divers marchés. Comme les radios portatives sont d'un usage courant, des émissions indiquant les cours pourraient avoir un effet bé- néfique pour les producteurs. 1/ Voir appendice, Tableaux 5.4 et 7.2. 2/ De café arabica non lavé et brisé. HAITI: COFFEE INDICES Basic ouota (FOB Price, FOB Price net of Taxes, and Export Volume) (490,000 bags) l i l l l l l l I I l l l l I l l i Producer and Marketing Returns Index (net of taxeS)2 106 / 105 102103 103 1000 100 - 10%****1 .* 100 98 98 97 100 96 94% \ 4**(1951-55 =100) 91 90 87. 80 V ExpoFrB Price Indexn (1951-55= 100) 71 *71 70 9- 766 85S 8061 607 700 %55 53 50 II l I I l l I 1 1 _ 1 1950 1955 1960 1965 1970 1Five year shifting average base = 1951-55 = 100. 2Yearly index, base 1951 = 100. Source: Haitian Coffee Institute. World Bank-6331(R) - 10 - 20. Lorsque l'Etat aura rétabli des stimulants raisonnables à la pro- duction, la tâche essentielle consistera alors à augmenter la productivité. A cet effet, il faudra fournir une assistance technique, mieux espacer les caféiers et les protéger du soleil, replanter pour abaisser l'âge moyen des arbres, et fournir des engrais. Le Ministère haltien de l'agriculture est pleinement conscient des éléments techniques qui interviennent dans l'amélio- ration de la production caféière et dispose d'un personnel de 120 à 180 agents de vulgarisation qui pourraient, avec un minimum de formation supplé- mentaire, s'acquitter de ces tâches. 21. Il existe en lialti trois raffineries de sucre; une quatrième doit commencer à fonctionner sous peu. L'expansion de la capacité doit se tra- duire par une augmentation des exportations, sous réserve que les paysans veuillent bien accroitre leur production de canne à sucre. Il n'existe pas de statistiques de production dignes de foi. On estime qu'lialti produit de 2 à 3 millions de tonnes de canne à sucre, dont environ 750.000 tonnes sont raffinées dans les sucreries. Les trois sucreries locales produisent chaque année environ 75.000 tonnes de sucre, dont la plus grande partie est vendue sur le marché intérieur. Depuis quelques années, Haiti ne remplit pas le contingent préférentiel de sucre que lui ouvrent les Etats-Unis (30.000 ton- nes). Au cours des trois dernières années, les exportations de sucre ont été légèrement inférieures à 18.000 tonnes, soit 55 pour cent du volume des exportations au début des années cinquante, bien que les prix du sucre à l'ex- portation dépassent actuellement ceux de cette époque. Deux éléments sont intervenus dans le recul des exportations: la capacité limitée de raffinage et l'augmentation constante de la demande interne. Comme dans le cas du café, on peut également expliquer le ralentissement de la production par l'insuf- fisance des stimulants. Les raffineries paient les producteurs 4,10 dollars la tonne; mais beaucoup de producteurs doivent prendre à leur charge les frais de transport qui se montent souvent de 1 à 1,50 dollars la tonne. Les prix à la production n'ont pas changé depuis 1948, et les paysans reçoivent moins pour leur canne à sucre que leurs homologues de n'importe quel autre pays pro- ducteur de la région des Caralbes. 22. La structure du prix de revient du raffinage du sucre l/ permet de penser que les sucreries, toutes entre les mains d'étrangers, sont extrênme- ment rentables; la taxe sur le sucre est relativement peu élevée. Les deux petites raffineries sont exonérées des taxes à l'importation dans le cadre de la loi d'encouragement à l'industrie, bien que l'une d'entre elles ait été fondée en 1953. La plus grande usine, qui appartient à la Haltian American Sugar Company, paie les taxes à l'exportation mais n'a pas atteint, au cours des dernières années, la tranche de bénéfices qui est passible de l'imp6t sur le revenu. Les principales taxes qui frappent le sucre brut sont une taxe à l'exportation, de 1,43 cent EU par livre et, pour la production destinée au marché intérieur, deux redevances de 1,5 cent EU par livre chacune, dont l'une est perçue par le Ministère des finances et l'autre par la Régie du Tabac. Les bénéfices tirés du raffinage du sucre représentent à peu près 40 pour cent des ventes, déduction faite des taxes, pour la raffinerie principale, l/ Voir appendice, Tableau 10.1. - il - qui alimente surtout le marché intérieur, ainsi que pour l'ensemble des trois raffineries. Comme dans le cas du café, il semblerait que, si l'Etat désire voir la production remonter, il lui faudrait relever les prix à la production. Si, pour le café, ce résultat peut être obtenu grâce à une réduction des taxes, dans celui du sucre, l'Etat pourrait envisager une loi fixant un prix minimum à la production qui serait révisé chaque année en fonction des objectifs de production et des cours en vigueur à l'étranger. 23. Au cours des dix dernières années, l'industrie du sisal s'est transformée: la raison principale en est le fléchissement des cours mondiaux qui sont devenus moins rentables, entrainant ainsi la disparition des grandes plantations au profit de la cueillette, par les paysans, du sisal sauvage. La plus grande partie du sisal est transformée en corde destinée à l'expor- tation. Comme les perspectives mondiales du sisal ne sont guère favorables, aucune mesure particulière ne s'impose. Les exportations d'huiles essentiel- les (surtout de vétiver) sont passées d'environ 100 tonnes au début des années cinquante à environ 300 tonnes vers la fin des années soixante. Il existe en HaTti une quarantaine de petites distilleries d'huiles essentielles. Tou- tefois, après 1969, le volume des exportations a diminué d'un tiers; ce phé- nomène s'explique essentiellement par la création d'un monopole de commercia- lisation, qui a fixé des contingents de production à chaque distillerie. Ce monopole, que le gouvernement avait justifié au début en invoquant des con- trôles de qualité, a fait baisser les prix payés aux producteurs, d'où le fléchissement de la production. C'est à peu près la même chose qui est ad- venue à propos des mangues, des agrumes et de certains bois exotiques. Les multiples permis qui sont exigés pour exporter ces produits pourraient être abolis afin d'encourager la production. 24. L'analyse qui précède a mis l'accent sur les stimulants à la pro- duction et les imperfections du marché. On ne devrait pas pour autant oublier les problèmes plus fondamentaux que pose la productivité agricole, problèmes qu'il faudra attaquer ensuite si l'on veut que la production suive le rythme de la croissance démographique et réponde aux besoins d'exportation. Les mau- vaises communications constituent l'un des principaux obstacles à l'améliora- tion de la productivité. La remise en état du réseau routier et des voies de desserte ne manquera pas de stimuler la production agricole et pourrait con- duire à une spécialisation régionale plus efficace. A l'heure actuelle, en raison des difficultés de transport, le mais se paie trois fois plus cher dans le Nord que dans le Sud. Le présent rapport n'analyse pas en détail l'a- griculture de subsistance, encore que ce secteur ait une importance capitale pour le pays. Néanmoins il est possible d'indiquer quelques-uns des obstacles généraux qui entravent le développement de l'agriculture (tant de rapport qu' de subsistance). La houe et la machette sont, à quelques exceptions près, les seuls instruments dont se sert l'agriculteur. L'assolement est pratique- ment inconnu: lorsqu'une parcelle est épuisée, on la laisse en jachère pen- dant quelques années et on y fait paitre le bétail, sans y semer du trèfle ou d'autres plantes qui pourraient accélérer la régénération du sol. Le ré- gime foncier, extrêmement mouvant, implique de fréquents changements de pro- priétaires, ce qui encourage l'épuisement et l'érosion des sols. Le fait que - 12 - l'Etat soit (depuis l'époque du Roi Christophe, au début du l9ème siècle) pro- priétaire de terres dans le Nord n'a pas arrangé les choses. En règle géné- rale, les paysans ne sélectionnent pas leurs semences afin d'améliorer leurs cultures: ils ne prennent pratiquement aucune mesure de protection contre les insectes et les maladies des plantes. 25. Ce sont surtout les communautés religieuses qui ont entrepris un effort de reboisement et d'amélioration des méthodes culturales. Certaines de ces tentatives ont été couronnées du plus grand succès; cependant, elles n'ont qu'une portée limitée. L'une des causes principales du déboisement est que le bois constitue la seule source de combustible dans les campagnes. L'Etat devrait envisager sérieusement d'encourager l'exploitation du lignite à Massade et d'exonérer de droits de douanes les importations de pétrole lampant. Il est possible de fabriquer localement et à bon marché des cuisi- nières à pétrole, que la population semble en général accepter facilement. Le prix élevé du pétrole lampant par rapport au charbon de bois est l'un des principaux obstacles à une utilisation plus large des combustibles liquides. 26. La meilleure façon d'améliorer à moyen terme la productivité agri- cole consisterait peut-être à améliorer les installations d'irrigation qui existent déjà dans les nombreuses plaines fertiles du pays. L'inventaire des ressources naturelles d'Halti que l'OEA a dressé récemment fait état de 18 projets d'irrigation et de drainage qui desservent 57.000 hectares. En règle générale les réseaux d'irrigation en Haiti ne sont pas équipés de systèmes de drainage satisfaisants, ce qui pose des problèmes de "salinisation' des sols. Par suite du manque d'entretien, les détritus alluviaux transportés par les rivières obstruent souvent les prises d'eau. Les sédiments s'accu- mulent également dans les canaux d'irrigation ou, du fait des carences de l'entretien, les pertes par infiltration sont assez importantes. En outre, les redevances au titre de l'eau ne sont pas fixées en fonction de critères nettement définis et n'assurent pas l'entretien satisfaisant,étant perçues par le Ministère des finances et versées au budget général de l'Etat. C'est là un exemple où, en réservant les recettes aux services d'entretien locaux, on pourrait aider à relever la productivité. L'étude de l'OEA a estimé qu'en réalité l'irrigation ne donne généralement que 40 pour cent des résultats qu'elle pourrait fournir. Les quelques cas où les efforts de développement ont été organisés sur le plan local par la communauté prouvent qu'il est possible d'améliorer sensiblement la productivité en assurant l'entretien de routine sans pour autant engager de gros capitaux. Ces exemples montrent que, pour augmenter la production, il suffit parfois d'un minimum de matériel et d'un peu d'organisation. Ce qui est essentiel, c'est d'entretenir un climat de confiance entre les paysans et les cadres techniques. Toutefois, les augmentations de production exigeront que l'on fasse certains investisse- ments pour construire des silos. En outre, si l'on veut éviter un flé- chissement des prix agricoles, il faudra que le développement suive le rythme d'accroissement des revenus dans l'ensemble du pays. Sur le plan de la de- mande, des possibilités considérables s'offrent pour le riz, les légumes et - 13 - les fruits destinés à la consommation locale et aux exportations. De même, les résultats obtenus autrefois donnent à penser que si une société étrangère pouvait s'associer avec des capitaux haltiens pour reprendre la culture de la banane, elle bénéficierait d'un potentiel de développement très appréciable. 27. Par la suite, des projets plus ambitieux pourraient devenir renta- bles, tels l'achèvement du réseau d'irrigation et de drainage que l'Eximbank a financé dans l'Artibonite et qui dessert environ 20.000 hectares. Parmi les projets en cours, le plus important est un projet bilatéral financé par des dons allemands, et qui consiste à forer 25 puits dans la plaine des Go- nalves, selon la formule qui avait été employée avec un certain succès près de Port-au-Prince. Le manque de crédits pour l'irrigation et des problèmes politiques et administratifs complexes qui se posent font que l'on a toutes raisons de s'occuper d'abord de l'entretien, puis de la reconstruction et, seulement quelques années plus tard, d'envisager de gros investissements pour agrandir la superficie aménagée. 28. La situation de l'élevage suscite de sérieuses inquiétudes. Le cheptel ne fait pas l'objet de statistiques dignes de foi, mais les observa- teurs sont d'accord pour dire qu'il s'est considérablement amoindri au cours des quinze dernières années. Ce recul serait surtout imputable aux carences de la structure du marché: les éleveurs, qui ne possèdent généralement que quelques têtes de bétail, vendent leurs meilleures bêtes à la seule société qui soit organisée pour exporter (la iaitian American Meat and Produce Co.) et le reste sur le marché national. En raison de cette situation d'oligopsone, les prix à la production sont extrêmement faibles (environ 7 à Il cents EU la livre sur pied). La raison principale pour laquelle les paysans ont décimé leurs troupeaux malgré les prix peu élevés est que le bétail constitue l'une des rares sources d'argent liquide dont ils disposent en cas d'urgence. Ré- cerment, les prix ont augmenté de 2 cents EU la livre et il semble que les ventes de bétail s'en soient trouvées accélérées. Cela est d'autant plus re- grettable que Port-au-Prince ne dispose pas de lait frais. En outre, des facteurs structurels ont empêché les possibilités de croissance à long terme de s'améliorer. Le cheptel est réparti entre un grand nombre de fermes et les vaches ne représentent que la moitié environ du troupeau alors qu'un élevage rationnel vise à porter cette proportion à 90-95 pour cent. Les pou- voirs publics pourraient envisager deux séries de mesures pour essayer de ralentir la réduction du troupeau. Si les prix à la production étaient rele- vés a un niveau analogue à celui d'autres pays producteurs, les éleveurs n'au- raient pas 5 vendre autant de bêtes pour obtenir l'argent liquide dont ils ont besoin. En même temps, si l'on doublait le prix, on encouragerait puis- samment une augmentation de la production. En deuxième lieu, le contingen- teient des exportations, sous une forme ou sous une autre, pourrait ralentir le taux d'abattage. Toutefois, l'expérience qu'Haiti a faite des contingents d'exportation incite à envisager cette idée avec prudence de peur de compro- mettre les bénéfices des producteurs. 29. A l'exception d'une ou deux entreprises de dimensions moyennes, les pêcheries sont sous-développées en Hatti. En fait, il. est souvent difficile de trouver du poisson frais sur un marché de la côte. Même le commerce de poisson séché, qui est une source appréciable de protéines en Afrique occiden- tale, n'est pas très développé. Compte tenu des ressources actuelles de la pêche et des carences du régime alimentaire des populations, il importe d'étu- dier au plus vite les possibilités offertes par le secteur des pêches. Un expert de l'OIT, spécialiste des coopératives détaché auprès du PNUD à Port- au-Prince, est en train de préparer un petit projet de pêcheries près de St. Marc. La BID a également l'intention de fournir une assistance technique en matière de pêche. Industries manufacturières et extractives 30. L'industrie est assez développée par rapport îi l'ensemble de l'éco- nomie haltienne. Outre les industries "de base" (ciment, farine, textiles bon marché, ustensiles de cuisine, savon), et les exportations traditionnel- les (corde de sisal, produits artisanaux), il s'est constitué au cours des dix dernières années un secteur de petites industries de fabrication orientées vers les exportations, qui déploie une très grande activité et dont l'expan- sion s'est accélérée au cours des deux dernières années. La plupart des pe- tites usines qui travaillent pour l'exportation ont des cadres haitiens et sont installées dans des bâtiments appartenant à des Haltiens. En règle géné- rale, la participation étrangère se limite à l'octroi de facilités de crédit, à la fourniture de machines et à la mise en place de circuits de commercialisa- tion. La plupart de ces entreprises montent ou traitent des éléments impor- tés (pièces électroniques, articles de sport, vêtements, sous-vêtements) des- tinés à la réexportation, en profitant des avantages de coÛt qu'ilaiti présente par rapport aux Etats-Unis sur le plan de la main-d'oeuvre Ces entreprises emploient une dizaine de milliers d'ouvriers. La surtaxe de 10 pour cent que les Etats-Unis ont imposée en août 1971 sur leurs importations n'a pas exercé d'effets sensibles sur ce secteur. L'aménagement par l'IDAI (qui est l'orga- nisme de développement de la Banque centrale) d'un parc industriel près de l'aéroport international de Port-au-Prince devrait encourager l'expansion: ce parc contiendra en effet des locaux qu'il est possible d'acheter ou de louer pour y installer des machines. 31. C'est le manque de crédit à moyen terme qui pose le principal obsta- cle à l'expansion. En effet, le crédit à moyen terme ne peut être obtenu que de l'étranger ou de l'IDAI, dont les industriels critiquent les procédures compliquées et les politiques restrictives. Dans ces conditions, l'expan- sion a été financée essentiellement par le réinvestissement des bénéfices et par des crédits ne provenant pas de sources organisées. L'étranger a hésité à financer la construction ou l'achat de bâtiments et se borne d'ordinaire 3 fournir des crédits pour l'acquisition de matériel et pour la constitution d'un fonds de roulement. Le pays a sans aucun doute besoin d'une institution orientée vers les affaires et qui puisse consentir des crédits à moyen terme pour l'expansion de l'industrie d'exportation; cependant, il faudrait pour - 15 - cela que la Banque centrale libéralise ses politiques en faveur du crédit à moyen terme. Ce problème est repris au chapitre III. Les lois d'encourage- ment à l'industrie sont extrêmement généreuses. Elles exonèrent les usines nouvelles de l'imp8t sur le revenu pendant cinq ans; cette période initiale est suivie d'une autre période de cinq ans durant laquelle l'impôt est progres- sivement institué. La plupart des facteurs de production importés sont exo- nérés de droits de douane. 32. Il existe en Halti deux exploitations minières: une mine de bauxite (possédée et exploitée par la Reynolds Mining Company) dans la pénin- sule du Sud et une mine de cuivre (possédée et exploitée par une société ca- nadienne) dans le Nord. Il s'agit dans les deux cas d'entreprises assez modestes. Le gisement de bauxite n'est pas particulièrement riche d'après les normes internationales. Il fournit environ 600.000 tonnes courtes par an; il n'est prévu ni réduction, ni expansion pour les prochaines années. La bauxite fournit 5 à 6 millions de dollars de devises (recettes brutes) mais son extraction a aggravé l'érosion. En l'absence de lois à cet effet, les entreprises minières ne sont pas tenues de remettre le sol en état après l'avoir éventré. Ce n'est que récemment que certains travaux ont été entre- pris pour récupérer les terres occupées par la mine de bauxite. Les exporta- tions de minerai de cuivre s'élèvent à 5.000 tonnes environ par an et rappor- tent 1 à 1,5 million de dollars de devises en recettes brutes. 1/ Pour des raisons d'ordre géologique, la production est bien inférieure à la capacité de l'usine de concentration. Si l'on parvenait à surmonter les obstacles ma- tériels dans des conditions économiques, la production pourrait légèrement augmenter à l'avenir. Dans une optique plus lointaine, il n'existe toutefois aucun projet visant à augmenter la capacité. Comme l'indique le chapitre I, des concessions de prospection sur grande échelle ont été récemment accordées dans le Nord à deux sociétés étrangères qui recherchent surtout du cuivre. L'avenir de ce secteur dépendra des résultats obtenus au cours des prochaineF années. Routes 33. halti dispose d'environ 3.000 km de routes dont la plupart ont été construites dans les années vingt; les 186 km de routes qui (selon les statistiques officielles) sont bitumées se sont rapidement dégradées faute d'un entretien suffisant. Moins de dix ans après l'achèvement d'un projet d'entretien routier financé par la Banque Hondiale et l'IDA (141-HA; 32-HA), il n'est même pas possible d'utiliser toute l'année les principales routes nationales. A l'exception des 55 premiers kilomètres de route bétonnée près de Port-au-Prince, et d'une centaine de kilomètres près des Cayes, oÙ le pa, sage est assuré grâce aux travaux d'entretien réalisés dans le cadre d'un p, jet répional FAO/PNUD, la route du Sud 2/ est dans un état d'abandon total. A titre d'organe d'exécution, la BID est en train d'effectuer une étude, finan- cée par le PN4UD, nécessaire pour la construction d'une route nouvelle. La 1/ Les statistiques d'exportation du cuivre ne semblent pas être dignes de foi et sous-estiment probablement le volume réel des expéditions. 2/ 300 kilomètres entre Port-au-Prince et Jérémie. - 16 - route du Nord, qui relie Port-au-Prince à Cap-11altien, la deuxième ville du pays, n'est pas carrossable après de fortes pluies: même en saison sèche il faut plus de sept heures pour parcourir 315 km. La plupart des autres routes l/ ne peuvent être utilisées par des voitures de tourisme. Sans aucun doute, l'amélioration de l'entretien routier mérite de recevoir la priorité la plus élevée. 34. A l'heure actuelle, le budget haltien ne permet pas de financer l'achat des machines et des matériaux indispensables pour remettre les routes dans un état acceptable et pour reconstruire la route du Sud. Tout finance- ment extérieur devrait être assorti d'une assistance technique afin de garan- tir la continuité de l'entretien routier. Un expert détaché au titre du programme d'assistance technique de l'OEA a mis sur pied en 1971 un programme d'entretien routier. 2/ Par ailleurs Italconsult est en train d'effectuer une étude de la route du Nord dans le cadre d'un contrat de 180.000 dollars qui doit être financé conjointement par les Gouvernements italien et haltien. En outre, les crédits ouverts par le PNUD pour financer l'étude de la route du Sud réservent un certain montant pour l'étude de l'ensemble du service national d'entretien. 35. Le gouvernement se rend compte qu'il lui est impossible de cons- truire des routes nouvelles en laissant par ailleurs le réseau existant se dégrader complètement. La plupart des fonctionnaires admettent également que les routes en béton et, souvent, les routes bitumées ne se justifient pas sur le plan économique dans un pays qui compte moins de 30.000 véhicules. La construction de la route du Sud (en béton) a donc été ralentie en attendant la publication des recommandations de l'étude que finance le PNUD. Le Minis- tère des travaux publics, qui est chargé de l'entretien et de la construction des routes, a vu son organisation remaniée après l'arrivée du nouveau gouver- nement au pouvoir. Les divers services d'entretien et de construction de routes, tels que le Service national d'entretien des routes, oit été rattachés au Ministère des travaux publics. Electricité 36. Jusqu'en 1971, Halti était mal alimentée en électricité par des cen- trales diesel souvent vétustes et d'un prix de revient élevé. En règle géné- rale, l'industrie produisait sa propre électricité, tandis que la ville de Port-au-Prince était alimentée par une centrale démodée reliée à un système de distribution inefficace. Les vols d'électricité étaient si répandus à Port-au-Prince qu'ils compromettaient gravement la position financière de la Compagnie d'éclairage. La situation s'est beaucoup améliorée depuis 1970: la centrale hydraulique de Péligre est entrée en exploitation, la concession de la Compagnie d'éclairage privée a expiré et on a créé pour la remplacer une nouvelle entreprise du secteur public, l'Electricité d'Halti, qui alimente désormais les principales villes. Toutefois, jusqu'à maintenant, seul 1/ A l'exception de la route du Centre, entre Port-au-Prince et le barrage de Péligre, et de la route qui relie la capitale à Kenscoff. 2/ Le coût de l'entretien routier est fixé à 3 millions de dollars par an. - 17 - Port-au-Prince est relié à Péligre; le reste du pays continue à utiliser des groupes électrogènes diesel dont le prix de revient est élevé. Grâce à la mise en service de la première turbine de Péligre, le réseau de Port-au-Prince n'a aucune difficulté à assurer la demande de pointe (18.500 kW). Pour la première fois depuis des dizaines d'années, la vie quotidienne n'est plus marquée par des interruptions de courant. Lorsque la deuxième turbine de Péligre commencera à fonctionner en 1972, les génératrices diesel de Port-au-Prince ne seront utilisées qu'en cas d'urgence et pour satisfaire la demande de pointe. Il faudra commencer à construire une troisième turbine ) Péligre en 1973, mais cela exigera de nouvelles études techniques. Outre Péli're, seul le Saut Maturines, dans le Sud-Ouest, offre un potentiel de pro- duction d'électricité. C'est pourquoi le PNUD est en train de financer une étude afin de déterminer s'il serait possible d'employer les gisements de lignite de Massade pour alimenter des centrales thermiques. Il faudra mettre au point les plans de financement bien à l'avance pour éviter de répéter l'ex- périence extremement coÛteuse de Péligre.l/ 37. Ce sont d'anciens techniciens de la Compagnie d'éclairage qui con- tinueront à faire marcher les génératrices diesel de Port-au-Prince; pour sa part, le fournisseur italien, la société G.I.E., formera des flaitiens après l'installation des génératrices de Péligre. Toutefois, aucun personnel n'a été formé pour gérer le réseau élargi ni pour préparer des programmes de dé- veloppement à long terme. De plus, la modernisation du réseau de distribution et son unification à 12.400 volts pour un coût de 2,5 millions de dollars en cinq ans exigeront également du personnel de la Compagnie d'électricité un effort considérable. En 1971, le gouvernement a engagé trois experts haute- ment qualifiés de l'ONU pour conseiller et former des Haitiens, notamment en matière de gestion d'entreprises d'électricité; cependant, il n'a eu recours à leurs services que pendant quelques semaines. Dans le cadre d'un programme financé par le PNUD, dont l'exécution doit commencer en janvier, l'Electricité d'Haiti recevra l'aide d'experts dans le domaine des tarifs, de la comptabi- lité et de la préparation d'un programme de développement. Comme Harti manque presque totalement de personnel compétent en la matière, il serait manifeste- ment souhaitable qu'une organisation internationale puisse l'aider à préparer, à financer et à exécuter un programme de développement de l'électricité. Télécommunications 38. Avant 1969, la situation des télécommunications en Halti était ex- tremement critique. Comme les standards téléphoniques achetés en 1954 n'ont été installés qu'en 1969, le pays était pratiquement privé de liaisons télé- phoniques. Depuis 1969, il existe à peu près 4.000 lignes. Toutefois, comm l/ Pour ce projet, les crédits-fournisseurs équivalaient pratiquement à des achats au comptant de produits importés. Un marché a été signé en mai 1968 entre lalti et l'entreprise italienne G.I.E.: il s'agissait de livrer trois turbo-générateurs, ainsi que les lignes de transport entre Péligre et Port- au-Prince au prix de 5,6 millions de dollars; la majeure partie de ce mon- tant devait être versée pendant les travaux. - 18 - le mentionne le chapitre 1, l'infrastructure des télécommunications reste extrêmement limitée. Un nouveau central crossbar de 3.000 lipnes, acheté à Mitsubishi dans le cadre d'un prêt de huit ans, doit être mis en service S Pétionville en octobre 1972. On a également entrepris d'acheter pour Port-au-Prince un nouveau central crosshar de 10.000 lignes qui coutera 1,5 million de dollars. Northern Electric et Mitsubishi ont été invités à sou- mettre des offres pour la fourniture du central et du matériel de distribution ainsi que pour leur installation. Pour le service interurbain avec Les Cayes, Jérémie, Cap-Haltien, Gonalves, Port-de-Paix, St. Marc et Jacmel, on dispose de circuits aériens à 22 voies VIIF déjà anciens mais le service laisse :î désirer. Deux nouveaux centraux d'environ 200 lignes chacun sont actuellement installés dans les quatre premières de ces villes. Des consultants (Computer Sciences Corporation) ont déjà terminé une étude préliminaire et envisagent maintenant diverses formules de réseaux interurbains. L'élaboration d'un plan de développement est financée par le PNJD et la BTD. 39. On envisage également d'ouvrir une nouvelle liaison internationale. Harti est reliée par des circuits sur hyperfréquences qui passent par la République Dominicaine. Bien que la liaison puisse recevoir 300 circuits, Haiti désire, pour des raisons de sécurité, en installer une nouvelle. La République Dominicaine a proposé de construire une station terrienne de télé- communications par satellites entre les deux pays mais Haiti estime qu'une telle dépense ne saurait se justifier à l'heure actuelle. Une autre formule est également à l'étude: il s'agirait d'une liaison sur hyperfréquences entre la Jamaique et le point le plus élevé de la presqu'ile du Sud. 40. Le réseau téléphonique et télégraphique national est géré par Télé- communications d'Halti S.A. (Teleco), entreprise dans laquelle l'Etat a, de- puis septembre 1971, une participation majoritaire. Le personnel de Teleco suffit au fonctionnement du réseau actuel, mais il aurait besoin d'un renfort pour élaborer les plans d'expansion et surveiller les travaux. Comme le dé- veloppement du système de télécommunications d'Halti ne fait que commencer, une assistance technique serait vivement souhaitable à ce stade pour mettre les travaux dans la bonne voie. Enseignement 41. L'indigence de l'enseignement en Halti est <à l'image de la pauvreté du pays. Néanmoins, le système va officiellement du jardin d'enfants à l'uni- versité. Les écoles primaires relèvent du Ministère de l'éducation dans les villes et du Ministère de l'agriculture dans les campagnes. Les deux régimes sont administrativement séparés mais préparent tous deux les élèves au certi- ficat d'études primaires. Au total, sur environ 1 million d'enfants d'âge scolaire, quelque 260.000 enfants fréquentent l'école primaire, dont 62.000 des établissements privés. Toutefois, sur les 2.800 instituteurs qui dépen- dent du Ministère de l'éducation, un millier seulement ont terminé leur for- mation pédagogique. En outre, dans les écoles primaires rurales, près de 60 pour cent des élèves sont en première année, et les trois premières classes regroupent 85 pour cent de l'effectif global. Seulement 800 élèves environ terminent avec succès le cycle de l'enseignement primaire chaque année dans - 19 - les campagnes. Alors que le nombre des instituteurs n'a guère augmenté en dix ans dans les établissements publics, celui des instituteurs de l'enseigne- ment privé s'est accru d'environ 45 pour cent. L'Etat dirige vingt écoles secondaires groupant 16.000 élèves, tandis que les 71 institutions secondaires privées d'Harti en ont 11.000. L'Université d'Haiti compte environ 1.400 étudiants dont 600 ?à la faculté de médecine. Les écoles professionnelles (pu- bliques et privées) forment environ 13.000 élèves. En outre, l'Office natio- nal d'alphabétisation et d'action communautaire (ONAAC), sous la conduite d'un jeune directeur plein de dynamisme, s'occupe de 150.000 adultes et a réussi 5 réduire quelque peu le taux d'analphabétisme. 42. L'enseignement pose plusieurs problèmes importants. En premier lieu, bien que la majorité de la population ne parle que créole, l'enseigne- ment est donné en français. Le pays a évidemment besoin, dans une certaine mesure, de parler une langue à audience internationale, mais l'enseignement primaire et professionnel pourrait toucher un plus grand nombre d'enfants, sans majoration de budget, si le créole était également reconnu langue offi- cielle. En outre, la qualité de l'enseignement et le niveau des examens, inspirés de l'étranger, limitent actuellement le nombre de diplSmés tout en contribuant à "l'exode des compétences". Le gouvernement s'étant rendu compte que la modicité des traitements des enseignants avait freiné l'expansion des écoles publiques, le Président Jean-Claude Duvalier a annoncé leur relèvement pour le mois d'avril 1972. Il reste à définir les objectifs de l'enseignement en tenant compte des besoins du pays et de la forte ponction que subit son capital intellectuel. Bien que la mise en place d'un enseignement de "deuxiè- me classe" se heurte, on le comprend, à une certaine résistance, de puissants arguments militent en faveur d'un renforcement de la formation professionnelle aux niveaux primaire et moyen qui pourrait par la suite entraîner une amélio- ration des services et de l'entretien dans le domaine de l'agriculture, de la médecine et de l'infrastructure, tout en réduisant l'incidence de l'émiyration des travailleurs qualifiés. En tout état de cause, il convient de noter que la population s'intéresse vivement à l'éducation, comme en témoigne le succès des écoles de mission et le grand nombre d'écoles privées. Politicue en matière de santé publique et de démographie 43. La région de Port-au-Prince/Pétionville a une population urbaine d'environ 450.000 personnes, sur un total national de 5 millions d'habitants. A l'exception de cinq villes de 10 à 20.000 habitants, le reste de la popula- tion est dispersée: les carences de l'infrastructure des transports font qu'il est extrêmement difficile de se procurer des services médicaux. C'est en partie pour cette raison que, jusqu'à présent, les services de la santé publi- que se sont surtout attachés à éliminer les maladies qui n'exigent pas de traitement individuel. C'est ainsi que depuis dix ans se poursuit, avec l'aide des Etats-Unis, un programme très positif d'éradication de la malaria et que, avec l'aide de la B1, l'adduction d'eau a été améliorée aussi bien dans les villes que dans les campagnes. On ne trouve en Harti que 300 à 400 médecins, - 20 - 415 infirmières et environ 800 employés des services paramédicaux dont seule- ment 110 ont reçu une véritable formation professionnelle. Plus de 60 pour cent des médecins et 55 pour cent des infirmières travaillent ) Port-au-Prince. Le taux d'émigration est particulièrement élevé dans le domaine médical; ce phénomène s'explique en partie par le bas niveau des traitements dans le sec- teur public, en partie par l'état de pauvreté générale du pays. Une forte proportion des 50 à 60 médecins qui sont formés chaque année en HaTti quitte le pays. L'assistance technique, publique et privée, que fournit l'étranger ne peut pas faire grand-chose pour contrebalancer l'émigration des médecins haitiens. Comme dans le domaine de l'éducation, l'Etat pourrait augmenter la rétribution des médecins du secteur public. A long terme, il convient de s'attacher à former, plutôt que des médecins à formation complète, un person- nel paramédical capable de donner la majorité des soins individuels dans les villes et les campagnes. 44. La forte densité de la population haltienne, notamment sur les terres arables, conduit à faire du planning familial un secteur prioritaire du développement. L'attitude des pouvoirs publics est d'ailleurs favorable au planning familial (allant de pair avec l'hygiène et l'alimentation des nourrissons); le Ministère de la santé publique et de la population joue re- marquablement son rôle d'animateur. Un Conseil national de la famille et de la population a récemment été constitué, qui doit élaborer des directives. Ce Conseil groupe les représentants de huit services publics et de la Croix- Rouge haltienne. En septembre 1971, un contrat a été signé avec le PNUD, prévoyant une aide dans ce domaine pendant une période de cinq ans. Le Fonds des Nations Unies pour les activités en matière de population a accepté de fournir, pour couvrir les deux premières années d'activités du Conseil, un financement initial de 360.000 dollars, c'est-à-dire le maximum qui puisse être utilement absorbé. Au début, les efforts se limiteront à la zone de Port-au-Prince. L'Organisation panaméricaine de la santé (PAHO), qui est l'organe d'exécution du Conseil, enverra des techniciens en IlaTti en janvier 1972. La réaction de la population aux tentatives de planification familiale, effectuées surtout par des groupements religieux, augure bien de la réussite des activités de l'Etat. Bien que le taux d'accroissement démoyraphique d'HaTti ne soit pas élevé par rapport à celui d'autres pays en voie de déve- loppement (environ 2 pour cent par an) et que l'amélioration de l'irrigation puisse permettre d'augmenter sensiblement la production alimentaire, la très forte densité de la population par rapport à la superficie des terres arables et le délai nécessaire pour qu'un fléchissement de la fécondité se traduise par un ralentissement sensible de l'expansion démographique soulirnent la nécessité de poursuivre activement une politique de régulation des naissances. Celle-ci prendra par la suite la priorité la plus élevée si le taux de morta- lité diminue grâce à l'amélioration de l'encadrement médical. - 21 - Développement communautaire 45. Le Centre rural de développement de Milot, organisne local cons- titué par des missionnaires canadiens, montre ce qu'il est possible de réali- ser en un bref laps de temps, avec quelques techniciens haftiens et étrangers et une mise de fonds modique. Milot est une collectivité rurale groupant environ 3.000 habitants qui vivent dans une plaine fertile à 18 km au sud de Cap-Hartien. Avant le début du projet en 1968, l'agglomération n'avait pas l'électricité; l'approvisionnement en eau y était insuffisant; l'irrigation, l'enseignement et la santé publique y étaient sous-développés. Le développe- ment agricole était freiné par l'absence de routes tandis que l'élevage du bétail et de la volaille était à l'état embryonnaire. La route reliant Cap-Haftien (qui est une escale des navires de croisière et un lieu de villé- giature séduisant) à Milot n'était praticable qu'en jeep, ce qui entravait également le mouvement des touristes se rendant à la Citadelle du Roi Christophe, centre d'attraction très impressionnant. 46. Avec l'aide des municipalités et de quelques crédits de l'Etat, les améliorations suivantes ont été apportées au cours des quatre années écoulées; ces réalisations sont dues essentiellement à la main-d'oeuvre que la popula- tion locale a fournie bénévolement en échange de nourriture; on a construit une école primaire, une école préprofessionnelle, un établissement de forma- tion des enseignants ruraux, un centre d'alphabétisation, une école d'agricul- ture et une ferme expérimentale (qui expédie désormais des poulets et des lé- gumes dans le reste du pays); on a entrepris la construction d'une ferme lai- tière, d'un dispensaire, d'un centre social, d'un petit réseau d'adduction d'eau potable, d'une centrale électrique assortie d'un petit réseau de distri- bution, ainsi que la remise en état et l'entretien de la route reliant Milot au Cap-Hartien. Le projet comporte une plantation de canne à sucre de dimen- sion moyenne et doit assurer son propre financement dans le proche avenir. L'exemple le plus frappant de ce qu'il est possible de réaliser dans un cli- mat de confiance mutuelle avec de solides stimulants économiques est la consti- tution d'une caisse d'épargne qui paie 5 pour cent d'intérêt sur les dépôts et prête à 10 pour cent; en moins de deux ans, près de 50.000 dollars ont été confiés à cet établissement par la population locale, composée en majorité de petits agriculteurs. Cet effort permet bien des espoirs pour l'avenir, en ce qui concerne les possibilités de mobilisation et d'utilisation des ressources à l'échelon local. Milot est devenu l'un des villages les plus prospères d'Harti, et la qualité de l'existence y est nettement meilleure que dans le reste du pays. Priorités sectorielles 47. De toute évidence, plutôt que d'engager des dépenses importantes, il convient de commencer par de modestes efforts de reconstruction et d'entre- tien qui font appel à une main-d'oeuvre abondante. Ceux-ci pourraient porter davantage de fruits s'ils étaient axés dans une large mesure sur le dévelop- pement communautaire local, au lieu de nécessiter l'intervention centralisée - 22 - de l'Etat. D'ailleurs, ils ne pourront réussir que dans la mesure où la popu- lation locale se sera rendu compte que ses efforts se solderont par des ré- sultats tangibles pour la communauté. L'expérience acquise indique qu'il y aurait peut-être beaucoup à gagner d'une décentralisation administrative et budgétaire, assortie d'un bon appareil de contrôle. Des organismes autonomes a caractère régional et local, en grande partie autofinanc&s, devraient Ctre constitués sur le modèle de l'aéroport international de Port-au-Prince et de la Répie portuaire de Port-au-Prince et du Cap-HaÎtIlri. Ces organismes percevraient des redevances qui serviraient ý l'entretien des routes, î l'en- tretIen et a la réfection de canaux d'irripation et 5 des services divers. La fourniture de vivres en échange de travail encouragerait davantage ces efforts à base communautaire. C'est ainsi que l'on a pu construire et entre- tenir des tronçons de routes moyennant seulement 10 cents EU! par ouvrier et par jour et la fourniture gratuite de nourriture. La décentralisation administra- tive et l'affectation des recettes fiscales ) des réalisations locales seraient susceptibles de créer un climat de confiance, trop souvent absent lorsque les fonds sont centralisés dans le cadre du budget national et l'initiative des travaux dépend d'un ministère. Par ailleurs, comme l'ont indiqué les sections précédentes, quelques investissements relativement capitalistiques s'imposent pour les routes, l'électricité, les télécommunications et, plus tard, l'irri- gation. 48. Le tableau ci-après indique les principales dépenses d'investisse- ment public qui ont été effectuées au cours des trois derniers exercices et esquisse pour l'avenir un programme d'investissement public qui ne comporte que des projets à priorité élevée. Le tableau montre également quelles ont été, dans le passé, les sources de financement des investissements publics. Si Haiti a financé une part très importante des investissements publics sur ses propres ressources, c'est essentiellement parce qu'elle ne recevait pas d'aide extérieure. Tout en continuant sans doute à financer une fraction im- portante de ses investissements publics, elle restera tributaire de l'aide étrangère. Au cours des trois derniers exercices, Haiti a financé sur ses propres fonds 60 à 70 pour cent de ses investissements publics, pourcentage qu'il semble raisonnable de maintenir à l'avenir. Dans ces conditions, si l'aide étrangère augmente, le niveau de l'investissement public pourra etre relevé en proportion. Outre le transfert de capitaux que représente l'aide, Harti pourrait tirer grand profit de la création d'institutions qui accompa- gne ce transfert, et de l'efficacité accrue des dépenses publiques qui en résulterait. en .illite de lourdes' 1r)9 19 0 1-1 19- _ 19 - 1>'- 19-5 1976 Invest. Autec: Ine. AUres ln-est. -uttos Inves+. Autren Tivs' .utte ]ne. -ten nest. Autres Inet. Autres Sines dép. 0.-. Total fIsen én. de_. Toi Lxes _n. dév. TCtal fine_ dép. dn. ntal fixe: O- . né . ]t ixe al,. de.. Ital fIne- dn, dév. Total fixes déf. sdé. Total Fner,ie 10.3 0.5 10.8 18.0 0.5 18.5 24.6 0.5 25.1 20.0 - 20.0 5.0 - 5.0 10.0 - 10.0 20.0 - 20.0 15.0 - 15.0 Transports 12.0 - 12.0 7.6 - 7.6 8.5 - 8.5 15.0 · 15.0 25.0 - 25.0 35.0 - 35.0 35.0 - 35.0 35.0 - 35.0 Télécommunlea t - - - - - - - - - 2.5 - 2.5 5.0 - 5.0 2.5 - 2.5 2.5 - 2.5 2.5 - 2.5 Agricultue 0.4 8.0 8.4 0.4 8.8 9.2 0.2 15.0 15.2 2.4 15.0 17.4 4.0 16.0 20.0 4.0 15.0 19.0 10.0 15.0 25.0 1.5 1.0 2.5 Industrie 1.0 - 1.0 0.8 - 0.8 1.6 - 1.6 1.6 - 1.6 1.6 - 1.6 - - - - - - - - - Toris 0.1 1.7 1,8 0.1 0.6 0.7 0.1 0.9 1.0 1.0 0.5 1.5 3.0 0.5 3.5 6.0 0.5 6.5 - 0.5 0.5 - 0.5 0.5 Adduction d'eau 5.9 0.4 6.3 1.0 0.1 1.1 8.4 0.7 9.1 - - - - - - - - - - - - - Edca-tio 0.6 1.9 2.5 2.1 0.8 2.9 1.1 1.3 2.4 1.0 0.5 1.5 1.0 0.5 1.5 1.0 0.5 1.5 1.0 0.5 1.5 1.0 0.5 1.5 Sante - 10.5 10.5 - 8.6 8.6 - 8.8 8.8 - 8.0 8.0 - 8.0 8.0 2.0 8.0 10.0 2.0 8.0 10.0 5.0 10.0 15.0 Développement conmunautaire - 0.7 0.7 - 0.7 0.7 - 0.9 0.9 - 1.0 ..0 - 1.0 1.0 - 1.5 1.5 - 1.5 1.5 - 1.5 1.5 Preinvestissement etecherches - 5.4 5.4 - 7.0 7.0 - 8.0 8.0 - 8.0 8.0 - 10.0 10.0 - 10.0 10.0 - 10.0 10.0 - 10.0 10.0 Total 30.3 29.1 59.4 30.0 27.1 57.1 44.5 36.1 80.6 43.5 33.0 76.5 44.6 36.0 80.6 60.5 35.5 96.0 70.5 35.5 106.0 60.0 23.5 83.5 FINANCEMET National 40.6 40.4 53.5 Budget de l'Etat 11.9 5.2 10.8 CONADEP 23.9 29.5 35.8 Budget de développement (4.7) (6.7) (6.7) Fonds routier (8.9) (4.8) (4.5) Compte 21gre (10.3) (18.0) (24.6) Administration poetuaire 2.0 2.4 2.7 1HPCADE 0.7 0.6 1.4 IDII-SENT 1.0 1.2 1.5 CCALET 0.1 0.5 0.2 Ser-ice den taux 0.4 0.4 0.4 0AAC 0.6 0.6 0.7 international 18.8 16.7 27.1 (m; 3.9 5.7 7.2 7N1CEF 0,9 0.9 2.1 l,c /O-I 0.3 0.1 0.6 8.4 6.5 6.3 Ela 4.3 3.4 9.5 CEA 1.0 0.1 1.5 Tctai 59.4 57.1 80.6 76.5 80.6 96.0 106.0 83.5 SJasu' la -1. 19 '1, les in,estissementn en matiee de télénornications relne.-aent d- ne::enr ,r é. i,.*- 2C 1-E et -titmaons de lo inioon - 23 - III. BUDGET, MONNAIE ET BALANCE DES PAIEMENTS POLITIQUES SUIVIES ET PERSPECTIVES D'AVENIR Budget Nature du système financier 49. Les finances publiques d'HaIti se présentent sous une forme com- plexe.J Les comptes budgétaires comprennent la majeure partie des recettes et dépenses de l'Etat, bien que leur importance relative ait diminué au cours des dernières années. On peut les classer de la façon suivante: a) les comptes fiscaux enregistrent les recettes et dépenses ordi- naires des divers ministères et comprennent un Fonds de contrepartie qui reçoit 5 pour cent des recettes fiscales nettes pour financer des projets entrepris en coopération avec des organisations internationales et des institutions autonomes; b) les comptes d'affectation spéciale portent sur les coûts d'exploi- tation des deux organismes percepteurs d'impôts, l'Administration des douanes et l'Administration générale des contributions, qui retiennent respectivement 7 pour cent et 10 pour cent de leurs recettes pour couvrir leurs dépenses, et sur un Fonds spécial pour le service de la dette publique, qui est alimenté par des taxes spéciales (3 dollars par sac de café exporté, 0,75 dollar par sac de sucre consommé localement) et par un prélèvement de 7,5 pour cent sur les recettes douanières nettes pour financer le service de la dette publique totale, exception faite du service des emprunts liés au café. Les comptes extrabudgétaires se répartissent entre quatre catégories princi- pales: a) le Budget de développement porte sur les opérations du Conseil national de développement et de planification (CONADEP) qui sont financées par le Budget de développement et les colis postaux. Il ne comprend pas toutes les dépenses de développement du Gouver- nement central; 1/ Le Tableau 5.1 de l'Annexe statistique en présente une vue synoptique. - 24 - b) les Comptes spéciaux portent sur des opérations très diverses. Ils comprennent les épenses d'entretien routier et le Fonds de contre- partie routier,19 qui sont alimentés par les recettes provenant d'une taxe de base et d'une taxe de consommation supplémentaire sur l'essence, et le Compte spécial pour la construction de l'usine hydro-électrique Péligre, où affluent les paiements d'amortissement provenant de la vente de la sucrerie du Sud, les redevances sur l'exploitation des mines, les contributions des organismes autonomes et un certain nombre d'imp6ts indirects. Sont également comprises sous ce titre les opérations qui intéressent le fonds de réserve pour dépenses imprévues, les fonds d'assistance spéciale pour les prestations de maladie ou de chômage, le plan commun d'assurance et d'épargne des Forces armées hartiennes et d'autres comptes moins importants; c) les Fonds d'amortissement spécial financent le service des emprunts liés au café moyennant des recettes provenant d'une taxe spéciale de 4 dollars par sac de café exporté; d) les Comptes non fiscaux comprennent diverses opérations de moindre importance. 50. En résumé, les recettes proviennent de plus de 60 impôts différents pour les comptes budgétaires et de 35 impôts pour les comptes extrabudgétaires, la plupart de ces impôts ne produisant pas suffisamment de recettes pour cou- vrir les frais de leur recouvrement. Le tableau de la page suivante présente l'évolution des principaux flux des finances publiques depuis 1966. Le sys- tème extrêmement compliqué des comptes d'affectation spéciale, qui vise à réduire les influences politiques et à préserver des fonds pour subvenir à des dépenses essentielles, traduit le manque de confiance qui règne dans le secteur public. En conséquence, le système financier d'Harti est très rigide et ne permet pas de modifier facilement l'ordre des priorités lorsque le be- soin s'en fait sentir. Gestion financière 51. Au cours des dernières années, la gestion financière a visé essen- tiellement à équilibrer les recettes et les dépenses, sur le plan de la tré- sorerie. Lorsqu'il s'est agi de créer de nouveaux impôts, on s'est peu préoc- cupé d'équité dans la détermination de la structure des recettes. En outre, la structure des dépenses a été de plus en plus déterminée a priori moyennant 1/ Jusqu'en 1972, certaines taxes sur l'essence étaient affectées au Fonds routier, un organisme intègre au Ministère des travaux publics sous le contrôle budgétaire de CONADEP. Depuis 1972, ces taxes sont réparties moitié/moitié entre un Service national d'entretien des routes au sein du Ministère des travaux publics, et un nouveau fonds de la Banque nationale chargé de subvenir aux besoins de contrepartie et de service de la dette afférents aux projets routiers financés avec l'aide extérieure. -25- un recours croissant aux affectations spéciales plutôt qu'à la budgétisation. Les dépenses essentielles telles que le service de la dette, et la plupart des dépenses de développement telles que celles du Fonds de contrepartie, sont financées par des recettes d'affectation spéciale. Le poste compensateur des comptes budgétaires est représenté par les traitements et salaires, dont le paiement dépend d'une accumulation suffisante de fonds non affectés. A l'heure actuelle, la rétribution des fonctionnaires est en retard approximativement de deux mois de telle sorte que tout excédent courant des comptes de trésorerie est immédiatement absorbé par les traitements. De ce fait, les organismes publics qui bénéficient de recettes d'affectation spéciale ne sont pas enclins à se laisser intégrer au régime budgétaire général. Dans ces conditions, les disponibilités qui peuvent être utilisées pour des dépenses de développement ne sont pas directement fonction de l'excédent du budget ordinaire mais plutôt de la situation de chaque compte particulier affecté à telle ou telle fin - le Fonds de contrepartie, le Compte Péligre, le Budget de développement. Depuis 1969, les décaissements du Fonds de contrepartie ont excédé les recettes par épuisement des soldes accumulés. Par conséquent, si la part des recettes fiscales qui l'alimentent n'augmente pas, les fonds de contrepartie nécessaires au financement de nouveaux projets ne pourront 9tre obtenus qu'aux dépens des projets en cours. Le budget central de développement présente une situation analogue. Cependant, les transports pourraient bénéficier de fonds de contre- partie par l'intermédiaire de recettes à affectation spéciale. En outre, par suite de l'achèvement de l'usine hydro-électrique Péligre, les recettes qui ont été affectées à ce compte seront disponibles pour d'autres fins. - 26 - OPERATIONS FINANCIERES DU GOUVERNEMENT CENTRAL (millions de gourdes) Exercices financiers se terminant le 30 septembre 1966 1967 1968 1969 1970 1971 Recettes budgétaires 129,5 118,5 129,7 122,6 142,6 155,8 Fiscales 100,0 95,7 105,3 99,1 116,3 126,1 D'affectation spéciale 29,5 22,8 24,4 23,5 26,4 29,7 Recettes extrabudgétaires 34,0 37,1 54,4 75.0 83,0 107,9 Comptes non fiscaux 1,4 1,2 1,3 1,0 0,9 1,0 Budget de développement 3,8 3,2 4,5 6,1 7,9 7,8 Autres comptes spéciaux 15,9 21,9 33,0 51,9 56,9 76,4 Fonds d'amortissement spécial 11,3 10,7 10,9 14,2 13,0 17,5 Autres 1,6 0,1 4,7 1,8 4,2 5,2 Dépenses budgétaires 120,8 139,5 128,4 134,4 143,9 167,8 Fiscales 100,0 121,1 112,5 113,6 120,6 141,4 D'affectation spéciale 20,8 13,4 15,9 20,8 23,3 26,4 Dépenses extrabudgétaires 34,4 38,7 56,4 75,5 84,7 108,5 Comptes non fiscaux 1,4 1,2 1,1 0,8 1,2 3,0 Budget de développement 8,0 7,4 4,6 5,6 8,3 8,1 Autres comptes spéciaux 16,2 19,0 31,4 54,9 60,1 79,2 Fonds d'amortissement spécial 3,7 3,5 4,8 5,1 4,7 5,7 Autres 5,1 7,6 14,5 9,1 10,4 12,5 Excédent/déficit global 8,3 -22,6 - 0,7 -12,3 - 3,0 -12,6 Emprunt extérieur net -4,0 - 4,7 - 5,6 - 6,5 6,5 - 6,4 Emprunt intérieur net -7,5 31,5 11,8 12,5 1,1 17,8 Variations des dépôts (- = augmentation) 3,0 - 4,6 - 4,6 5,4 - 4,3 1,8 Ecart statistique 0,2 0,4 - 0,9 0,9 - 0,3 - 0,6 Source: Tableau 5.1 -27- Tendances récentes et structure fiscale 52. Si l'on tient compte du niveau du revenu par habitant, la charge fiscale est dans l'ensemble assez lourde en Harti; elle a dépassé 12 pour cent du PIBI/ en 1971, alors qu'elle était inférieure à 10 pour cent en 1966. Au cours des dernières années, les recettes des comptes extrabudgétaires ont fourni la majeure partie de l'accroissement, représentant en moyenne plus de 25 pour cent par an depuis 1966, ce qui indique une élasticité par rapport au PIB dépassant 4. En 1971, les recettes extrabudgétaires ont représenté envi- ron 4,3 pour cent du PIB, contre moins de 2 pour cent en 1966. Cet accrois- sement exceptionnel des recettes extrabudgétaires s'explique par la tendance croissante à procéder à des affectations spéciales de fonds. En revanche, les recettes budgétaires n'ont pas progressé jusqu'à la fin de 1969. Les droits d'importation ont représenté plus de 50 pour cent de l'augmentation, depuis 1966, ce qui est imputable à un accroissement des importations plutôt qu'à un renforcement de leur incidence. Depuis 1966, les recettes budgétaires provenant des impôts se sont stabilisées à 5,8 pour cent du PIB. De plus, la Régie du Tabac enregistre des recettes fiscales de l'ordre de 60 millions de gourdes, soit approximativement 2,5 pour cent du PIB. 53. La répartition des dépenses est déterminée en grande partie par la structure des recettes. Comme pour celles-ci, les dépenses extrabudgétaires ont pris de plus en plus d'importance; cependant, on ne connait pas en détail leur affectation. Les dépenses budgétaires ont augmenté beaucoup moins rapi- dement. Les traitements et salaires, qui constituent le poste de dépenses le plus important des comptes budgétaires, ont représenté une part stable des dépenses budgétaires globales équivalant à un peu plus de 70 pour cent pour la période 1966-71. Les autres dépenses courantes effectuées au titre des biens et services, y compris le service de la dette, absorbent une part crois- sante des dépenses budgétaires. Si en 1966 elles n'ont représenté que 17 pour cent des dépenses budgétaires, elles ont dépassé 27 pour cent en 1971. Les délpenses enregistrées dans les comptes relatifs au développement se sont éle- vées en 1971 à environ 50 millions de gourdes, soit près de 2 pour cent du PIB; ce chiffre représente un progrès par rapport à 1966, année où les dépenses de développement se sont élevées approximativement à 16 millions de gourdes, soit moins de 1 pour cent du PIB, et il traduit les efforts considérables déployés par les autorités hartiennes pour le développement. Néanmoins, les recettes de la Régie du Tabac demeurent complètement distinctes du reste du régime fis- cal. Si elles y étaient incorporées, les fonds disponibles pour l'investis- sement publie s'accrottraient considérablement. Les dépenses enregistrées aux comptes de la Régie du Tabac semblent être destinées principalement à la sécurité intérieure; cela ne justifie cependant pas le secret qui les entoure et qui suscite une grande méfiance dans le secteur privé et les milieux finan- ciers étrangers. 1/ Tous les coefficients sont donnés par rapport au PIB au coût des facteurs. - 28 - 54. Depuis 1967, les opérations budgétaires et extrabudgétaires de l'Etat ont enregistré un déficit qui a fluctué considérablement, atteignant 12,6 mil- lions de gourdes e7 1971, et qui a été financé presque exclusivement par des fonds intérieurs .- Sauf pour 1970, on a enregistré un remboursement net de la dette extérieure; depuis 1966, ce remboursement s'est élevé en moyenne à 4 millions de gourdes par an. En 1970, la dette extérieure a été en grande partie rééchelonnée et, de ce fait, les dépôts qui s'étaient accumulés dans les comptes des créanciers étrangers par suite de l'accroissement, de 1967 à 1969, des arriérés de paiement ont été libérés et rendus à l'Etat. A l'exclu- sion de 1970, le remboursement net de la dette extérieure a dépassé en moyenne 5,5 millions de gourdes. 55. On ne dispose d'une classification détaillée des contributions que pour les recettes budgétaires. Les impôts directs, à l'exclusion des droits d'exportation, représentent moins de 15 pour cent des recettes budgétaires. Les recettes provenant des impôts sur le revenu souffrent de l'inefficacité des méthodes de recouvrement. Néanmoins, après avoir plafonné depuis le début de la décennie écoulée, elles se sont élevées à 17,8 millions de gourdes en 1971, contre 13,2 millions de gourdes en 1962, 10,7 millions de gourdes en 1966 et 12,5 millions de gourdes en 1969, ce qui traduit la reprise de l'éco- nomie haftienne. Les impôts directs comprennent en outre les droits perçus sur la délivrance des cartes d'identité, lesquelles sont exigées de tous les Haftiens, ainsi qu'un impôt sur la propriété bâtie. Si les recettes provenant des droits afférents à la délivrance des cartes d'identité se sont constamment accrues au cours des dernières années, atteignant environ 3 millions de gourdes en 1971, celles qui proviennent de l'impôt sur la propriété bâtie n'ont enre- gistré pour la même année qu'un montant de 600.000 gourdes, soit le même niveau qu'en 1962. 56. Les impôts indirects et les droits d'exportation fournissent la ma- jeure partie des recettes budgétaires, à savoir une proportion de 80 pour cent. Les droits d'importation ne représentent qu'environ 20 pour cent de la valeur des importations de biens, mais ils constituent la source de recettes fiscales la plus importante en Hafti; ils se sont élevés à 61,6 mil- lions de gourdes en 1971 et ont constitué le principal élément de l'augmen- tation des recettes budgétaires au cours des dernières années. En 1971, les taxes à l'exportation ont rapporté 19,8 millions de gourdes, dont 18,8 mil- lions de gourdes sont imputables aux exportations de café. Les taxes à l'ex- portation du café sont au moins deux fois plus élevées que celles qui sont imposées dans la plupart des autres pays d'Amérique centrale pour le café lavé et trois fois plus élevées pour le café naturel et le café brisure; elles absorbent environ 30 pour cent du produit des exportations de café. En 1971, les impôts de consommation, dont plus de la moitié porte sur la farine et le sucre consommés localement, se sont montés à 28,1 millions de gourdes. Ces impôts frappent en outre les cigarettes, les boissons alcoolisées et non alcoolisées, les huiles alimentaires, les textiles, le savon, le saindoux, 1/ Principalement par les autorités monétaires, sauf en 1971, année où l'Etat a emprunté 8,9 millions de gourdes au secteur privé. - 29 - etc. Les recettes provenant des impôts de consommation ont varié considéra- blement au cours de la décennie écoulée, atteignant 24,2 millions de gourdes en 1965 et tombant à 15,2 millions de gourdes en 1969, la minoterie ayant été temporairement fermée; depuis, elles ont progressé à la faveur de la reprise économique. Priorités budgétaires 57. Les autorités hartiennes voient la nécessité de simplifier le systèml budgétaire en procédant à une réduction sélective des recettes d'affectation spéciale. L'intégration au régime budgétaire principal de l'Office du tou- risme, de l'Institut haftien du café et du Bureau de contrôle des zones fron- talières représente déjà un certain progrès dans ce sens. Les municipalités ont été également incorporées récemment à ce système. Une telle mesure ne devrait cependant pas accentuer le mouvement de transfert des ressources des centres provinciaux vers Port-au-Prince. En outre, on devrait s'efforcer davantage de supprimer les recettes d'affectation spéciale attribuées aux organismes de recouvrement des impôts, qui seraient placés sous l'autorité du Ministère des finances publiques. Enfin, il importerait spécialement que les recettes de la Régie du Tabac soient incorporées au budget et utilisées à des fins plus productives. 58. Cependant, dans certains cas, les affectations spéciales de fonds ont constitué une contribution au développement en garantissant l'existence des ressources nécessaires à des investissements déterminés ou, d'une manière générale, à des dépenses de développement. Tel fut le cas du Fonds routier, du compte Péligre et du Fonds de contrepartie. Il est possible de recourir à des mécanismes analogues d'affectation spéciale de fonds pour recueillir auprès des usagers les fonds nécessaires à l'expansion et à l'entretien des systèmes d'irrigation, des aéroports et des ports maritimes. 59. Certaines mesures répondent au besoin de simplifier la législation fiscale. Une loi adoptée en 1971 vise à intégrer toute la législation anté- rieure concernant les impôts de consommation. Une loi analogue concernant les impôts sur le revenu et les droits de douane est en cours de préparation. Le groupe d'étude qui se livre à cette tâche devrait envisager, comme un point d'intérêt national primordial, le passage de la taxation du café, de nature contre-productive, à un impôt progressif sur le revenu, la propriété urbaine et les importations non essentielles. Les déductions excessives qui sont appli- quées à l'impôt sur le revenu des personnes physiques devraient être réduites de même que devraient être simplifiées les méthodes actuelles de déterminatic des imp8ts frappant les entreprises industrielles et commerciales. Le rempla- cement de l'impôt sur la propriété bâtie par un impôt sur la propriété urbaine, qui serait appliqué selon des méthodes de recouvrement efficaces, apporterait plus d'équité dans la structure fiscale tout en constituant une source de recettes jusqu'ici largement inutilisée. Il serait en outre possible de re- lever considérablement les droits d'importation, ce qui permettrait à la fois d'augmenter progressivement les recettes fiscales et, dans l'intérêt de la balance des paiements, de limiter les importations de biens non essentiels et de produits de luxe. - 30 - Monnaie 60. Comme on l'a noté au Chapitre 1, la Banque nationale joue un r8le très important dans l'orientation de la politique économique. Elle est à la fois la banque centrale et la principale banque commerciale et elle exerce les fonctions de Trésor de l'Etat. Le Directeur de la Banque centrale est Prési- dent et Directeur général de l'IDAI, la banque de développement agricole et industriel qui jouit de l'assistance de la BID. La Banque centrale détient en outre une participation primordiale dans le secteur de l'énergie (par l'inter- médiaire d'Electricité d'Haiti) et les télécommunications. De plus, par l'in- termédiaire de la banque de développement, elle détient une participation dans plusieurs industries et exerce certains contrôles par le truchement de ses prêts à la sucrerie du Sud, qui produit plus de la moitié des exportations totales de sucre d'Haiti. Cette concentration des pouvoirs à la Banque natio- nale est le résultat en partie du désir des pouvoirs publics de placer les secteurs clés de l'économie sous le contrôle financier traditionnellement ri- goureux de cet établissement. 61. Le tableau de la page suivante montre que la Banque centrale a pu développer le crédit au cours des quelques dernières années dans le cadre d'accords de crédit "stand-by" du FMI, tout en constituant des réserves de devises et en maintenant la convertibilité de la gourde. Cependant, le crédit à moyen terme reste insuffisant et cela a sans doute, comme on l'a mentionné dans la section du Chapitre II relative à l'industrie, freiné l'expansion de la petite industrie d'exportation. L'afflux considérable des envois de fonds de l'étranger a en partie compensé les effets de cette insuffisance. 62. En tant que Trésor, la Banque nationale équilibre effectivement les recettes et les dépenses en ajustant les dépenses courantes (principalement les traitements et salaires) aux recettes et aux obligations afférentes au service de la dette. De ce fait, les traitements du secteur public enregis- trent souvent des retards de paiement. Cependant, en 1971, les arriérés n'ont généralement pas dépassé quatre à six semaines, en raison d'une augmentation des recettes publiques et d'une stabilisation des traitements du secteur public. Cela représente un progrès. Cependant de nombreux fonctionnaires sont fré- quemment obligés d'emprunter des fonds hors des établissements de crédit à des taux d'intérêt allant jusqu'à 20 pour cent par mois. Il serait souhaitable d'assurer une planification et une coordination plus satisfaisantes entre le Ministère des finances et la Banque centrale afin de réduire davantage les retards à l'avenir. 63. Outre qu'elle exerce les fonctions de principale banque commerciale, la Banque nationale établit la politique du crédit. Les banques commerciales consentent du crédit pour des périodes maximales de 180 jours; certaines lignes de crédit, toutefois, sont reconduites jusqu'à couvrir des périodes de 18 mois. De plus, la Banque nationale ne verse qu'environ 3 pour cent d'intérêt sur les dépôts d'épargne et la Banque royale du Canada, qui est la deuxième banque d'Halti, applique habituellement un taux d'intérêt inférieur d'un point de pourcentage à celui de la Banque nationale. De ce fait, les épargnants sont - 31 - RECAPITULATION DES COM1PTES DU SYSTEME BANCAIRE (millions de gourdes) Exercices financiers se terminant le 30 septembre 1966 1967 1968 1969 1970 1971 Avoirs extérieurs (net) -19P3 -30,9 -33,2 -29,1 2,B 48,2 Crédit intérieur (net) 166,1 18297 202,6 226,7 227,6 248,5 Gouvernement central (net) 135,8 159,8 170,3 186,3 182,6 193,3 IDAI (net) -2,7 -3,9 -4,5 -0,3 3,7 5,1 Autres crédits du secteur public (net) 4,4 0,9 4,2 15,0 2,5 3,3 Capitaux officiels -17,4 -17,1 -18,2 -19,4 -20,4 -22,1 Secteur privé 39,9 42,4 47,1 49,0 55,7 68,5 Divers (net) 6,1 0,6 3,8 2,6 3,5 0,4 Total avoirs = engagements 146,8 151,8 168,4 197,6 230,4 296,7 Engagements envers le secteur privé 138,2 143,0 156,5 178,3 196,0 247,3 Monnaie fiduciaire 102,9 107,0 116,5 131,7 142,0 175,3 Billets en circulation (68,5) (72,9) (78,3) (82,9) (91,1) (108,9) DépSts à vue (34,4) (24,1) (38,2) (48,8) (50,9) (66,4) Quasi-monnaie 35,3 36,0 40,0 46,6 54,0 72,0 Dépôts d'épargne (33,4) (34,1) (35,3) (42,2) (49,8) (67,8) Divers (1,9) (1,9) (4,7) (4,4) (4,2) (4,2) Engagements à long terme 8_6 8 8 12,9 19,3 21,8 26,6 Contre-inscription DTS - - - - 12,6 22,8 Source: Tableau 6.1 - 32 - peu portés à déposer leur épargne dans les banques locales, surtout que les plus avertis d'entre eux peuvent la placer à l'étranger à meilleur compte. Néanmoins, en 1971, les dépfts d'épargne ont augmenté de près d'un tiers. La création en Haiti, cette année-là, d'une succursale de la First National City Bank, outre qu'elle est le signe d'un regain de confiance à l'égard de l'éco- nomie dans le milieu international des affaires, augmentera très vraisembla- blenient la compétitivité du marché monétaire. Le plan de la Chase .îanhattan Bank de suivre cet exemple accentuera cette tendance, ce qui entraînera proba- blement un relèvement des taux d'intérêt applicables aux dépôts. Il semble qu'il existe en Haiti un potentiel inexploité d'épargne important (le succès de l'établissement d'épargne de Milot mentionné au Chapitre Il et des projets réalisés dans le secteur du bâtiment en l'absence d'un crédit institutionnel en sont des preuves). La création de sociétés d'épargne et de pret à Port- au-Prince et dans les principales villes de province contribuera d'une manière appréciable à la mobilisation des ressources d'Haiti. uans la mesure ou la création d'institutions et l'aménagement des taux d'intérêt augmenteront les ressources du système bancaire, les secteurs prioritaires pourront bénéficier d'un crédit plus important et à plus long ternie. 64. L'Institut de développement agricole et industriel (IiAI), dont le Directeur général est le Président et le Directeur de la Banque nationale, est le seul établissement haltien de crédit au développement. L'IoAl fournit des crédits et une assistance technique en vue du développement, tandis que sa filiale, la Société d'équipement national (SEN), prend des participations directes dans des entreprises. De plus, l'IDAI possède et exploite plusieurs petites entreprises. Il tire la majeure partie de ses ressources des recettes douanières et de prêts de la BIO. L'exploitation tant de l'IDAI que de la SEN se solde par des pertes. La plupart de leurs investissements directs sont exploités d'une manière peu économique, souvent en raison d'un surcroît de personnel. De plus, les pertes enregistrées sur les prits s'élevent à près de 30 pour cent du portefeuille. La dégradapion de la situation finan- cière est due en partie à un manque de personnel qualifié qui soit apte a procéder à l'évaluation des projets, spécialement dans l'industrie. Il n'existe pas de normes claires pour l'examen, l'approbation ou le rejet des demandes de prêt. Un certain degré d'autonomie dans les décisions d'inves- tissement est nécessaire dans les principales institutions et secteurs tels (ue l'énergie électrique et les télécommunications. Cependant, le contrôle financier de la Banque nationale demeurera nécessaire. Ù5. Bref, Haiti a réussi à maintenir la convertibilité de sa monnaie sans en ajuster le taux de change. Elle n'a pas toutefois pu assurer une mobilisation satisfaisante de l'épargne, et la raison principale en est que les taux d'intérêt appliqués dans le pays ne sont pas concurrentiels. La Banque nationale a été la principale institution de développement, et dans un passé récent, a contribué à l'établissement d'institutions responsables de l'énergie électrique et des télécommunications. Elle exerce également le contr6le de gestion de la minoterie et du port de Port-au-Prince. Le contrôle financier de la Banque nationale a indubitablement exercé une influence favo- rable. Dans l'avenir, néanmoins, les autorités haitiennes devraient envisager de donner davantage d'indépendance en matière de décisions d'investissement à CONADEP, ainsi qu'aux institutions responsables des secteurs (par exemple l'électricité et les télécommunications) et des crédits pour le dévelop- pement, afin que celles-ci puissent graduellement assumer davantage de responsabilités. Par ailleurs, il serait bon de - 33 - créer deux banques de développement, l'une pour l'agriculture et l'autre pour l'industrie afin d'ouvrir la voie à un dynamisme de promotion économique accru. Les inconvénients initiaux qui pourraient se présenter à cause du remplacement d'une institution de développement par deux institutions spécialisées dans un petit pays seraient certainement bientôt plus que compensés par les avantages de la spécialisation financière et économique. De plus, comme on l'a dit plus haut, une mobilisation plus efficace de l'épargne créerait les conditions né- cessaires pour permettre aux banques commerciales de consentir du crédit à des échéances dépassant un an. L'existence de plus d'une source de crédit à moyen terme se traduirait sans aucun doute par une utilisation plus efficace des ressources. Balance des paiements 66. Le tableau de la page suivante fait ressortir l'amélioration récente de la balance des paiements d'Hafti. Les exportations ont diminué légèrement durant la décennie écoulée, enregistrant une valeur moyenne approximative de 37 millions de dollars. Cependant, en 1970 et 1971, elles ont augmenté consi- dérablement, en raison principalement d'une reprise du café - bien qu'en 1971, les exportations de café restent inférieures de 5 pour cent à la moyenne des douze dernières années - et d'une progression des exportations de sucre, de bauxite, d'essences, de viande, de ficelles et d'articles d'artisanat. Comme on l'a dit au Chapitre II, les exportations de marchandises consistent princi- palement en produits agricoles et leur progression a été freinée par les res- trictions administratives frappant les exportations et par l'absence d'incita- tions adéquates à la production. 67. Dans les conditions actuelles, il est fort possible que les expor- tations de sucre augmentent par suite d'un accroissement de la capacité de raffinage; ainsi, Haiti pourrait fournir le contingent prévu en régime préfé- rentiel pour les Etats-Unis, si les agriculteurs acceptent d'augmenter leur production aux prix en vigueur. Hafti pourrait en outre vendre par la suite du sucre sur le marché mondial, à moins que l'accroissement de la consommation intérieure ne supprime cette possibilité. Cependant, les perspectives qui se dessinent en ce qui concerne le café, les essences, les agrumes, les fruits tropicaux et les exportations agricoles de moindre importance sont une source de préoccupations sérieuses. Dans la majorité des cas, on peut s'attendre que les volumes des exportations diminuent, ou, au mieux, qu'ils se stabili- sent à leur niveau actuel, faute d'incitations adéquates à la production. D'autre part, même si l'on encourage suffisamment les producteurs de café er imputant une partie des taxes qui frappent ce produit à d'autres sources de recettes (telles que les importations, le revenu, la propriété foncière ur- baine), les exportations de café ne commenceront à progresser que lorsque les nouveaux arbustes porteront des fruits. Il semble peu probable, par consé- quent, qu'Halti soit en mesure de remplir son contingent de 490.000 sacs de café dans les toutes prochaines années. Les exportations de produits miniers ne s'accrottront pas considérablement durant les cinq prochaines années. Celles de produits manufacturés continueront à augmenter mais les profits nets en devises qui leur sont imputables (la valeur ajoutée locale) ne représentent que 30 pour cent environ des exportations brutes, soit approximativement - 34 - BALANCE DES PAIEENTS (millions de dollars) Exercices financiers se terminant le 30 septembre 1966 1967 1968 1969 1970 1971 Balance commerciale - 5,9 - 8,2 - 2,4 - 5,4 -11,8 -14,3 Exportations, f.o.b. 37,9 32,2 36,3 36,7 39,0 45,7 Importations, f.o.b. 43,8 40,4 38,7 42,1 50,8 60,0 Services (net) -14,4 - 9,9 - 8,1 -10,2 -11,7 -11,9 Tourisme (net) - 3,2 - 1,2 0,9 1,6 2,3 4,2 Crédit (1,7) (2,1) (4,5) (5,4) (6,6) (3,7) Débit (4,9) (3,3) (3,6) (3,8) (4,3) (4,5) Autres (net) -11,2 - 8,7 - 9,0 -11,8 -14,0 -16,1 Biens et services (net) -20,3 -18,1 -10,5 -15,6 -23,5 -26,2 Transferts (net) 17,0 17,2 12,8 15,8 21,9 22,7 Balance courante (net) - 3,3 - 0,9 2,3 0,2 - 1,6 - 3,5 Investissement direct (net) 1,0 1,1 1,1 1,8 3,1 6,0 Emprunt du Gouvernement central (net) - 0,8 - 1,5 - 0,3 - 1,1 0,5 0,3 Emprunt des organismes publics (net) 0,2 - 0,8 2,5 1,5 2,0 Divers (net) 4,6 - 1,0 - 4,3 - 2,5 0,4 2,2 Variations des réserves (- = augmentation) -0,8 2,3 0,4 - - 6,4 - 9,0 Source: Tableaux 3.1 et 3.2 - 35 - 3,5 millions de dollars. Par conséquent, même si à plus long terme ces expor- tations augmentent de manière à devenir une source importante de devises, à moyen terme les recettes en devises nettes resteront probablement assez modestes. 68. Après avoir diminué au début de la décennie, le nombre des touristes arrivant en Harti par avion s'est accru d'une manière assez constante, se chiffrant en 1971 à 40.000, et représentant un afflux annuel brut de devises d'environ 8 millions de dollars. En outre, les navires de croisière mouillent à Port-au-Prince et à Cap-Haftien plusieurs fois par semaine, ce qui repré- sente des entrées supplémentaires de devises difficiles à chiffrer avec pré- cision. Hafti dispose d'environ 500 chambres d'hôtel dont la qualité est suffisante pour attirer les touristes étrangers, et qui sont situées pour la plupart dans la région de Port-au-Prince. A l'heure actuelle, la capacité d'accueil des hôtels n'est pas entièrement utilisée, sauf quelques semaines par an; il est possible de pallier dans une large mesure cette insuffisance en développant le tourisme de groupes. Le tourisme offre indubitablement de bonnes perspectives de développement, car Hafti dispose de centres d'intérêt naturels et culturels, ainsi que d'une main-d'oeuvre peu coûteuse. Cependant, les pouvoirs publics devront prendre un certain nombre de mesures pour favo- riser le développement du tourisme dans les prochaines années: a) Transports et télécommunications. Actuellement, les touristes ne peuvent pas quitter facilement Port-au-Prince par la route. Les plages sont situées à environ une heure de route de Port-au-Prince. La remise en état du réseau routier relancera sans aucun doute le tourisme. L'armée hartienne a le monopole des transports aériens intérieurs, pour lesquels elle utilise des appareils plutôt vétustes; les services au sol et le respect des horaires laissent à désirer, si l'on tient compte de l'importance des recettes et de la modicité des coûts en jeu. Les avions privés ne peuvent atterrir sans une autorisation présidentielle et les pistes sont généralement encom- brées d'obstacles de manière à rendre impossible tout atterrissage non autorisé. Une libéralisation des transports aériens s'impose, si le climat favorable actuel persiste. De plus, si l'on veut que les touristes retournent en Halti, l'on doit supprimer certaines formalités irritantes telles que la perception de recettes parafis- cales par l'armée à l'occasion de contrôles routiers. Tel est no- tamment le cas sur le chemin de la Citadelle (l'impressionnante forteresse située près de Cap-Haftien) où des recettes parafiscales sont perçues sans être affectées à la modernisation des routes menant à la forteresse; celle-ci n'est accessible qu'à cheval mais, moyennant des travaux de réfection peu coûteux, elle pourrait être empruntée par des autobus. Enfin, une amélioration des télécommuni- cations est indispensable si l'on veut que les réservations dans les hôtels et les moyens de transport s'effectuent efficacement pour un nombre croissant de touristes. - 36 - b) Il conviendra de pousser le développement agricole d'Haiti pour nourrir les touristes. Actuellement, l'approvisionnement semble forcer les possibilités du secteur agricole, même pour les fruits tropicaux, les volailles et la viande de boeuf. Le pays aurait surtout besoin d'une organisation qui créerait, en coopération avec la direction des hôtels, un sous-secteur agricole axé sur le tou- risme. c) Amélioration de la gestion des hôtels. Le développement du tourisme ne se fera que si l on passe du système actuel, qui est axé sur un faible volume et des prix élevés, à un système orienté vers un volume plus important et des prix moyens. Ce passage ne pourra s'effectuer que si l'on modifie radicalement les méthodes de gestion hôtelière. A l'heure actuelle, les hôtels sont exploités sur une base quasi artisanale, ce qui empêche le développement d'un tourisme à plus grande échelle. Pour en élever le niveau, les pouvoirs publics de- vraient essayer d'y intéresser les entreprises hôtelières interna- tionales. Plusieurs projets de création d'hôtels leur ont été sou- mis; les plus importants d'entre eux portent sur un village du Club Méditerranée et un hôtel de la chafne Holiday Inn. Cependant, les négociations relatives à ces projets n'ont pas encore été achevées. Dans le cas du Club Méditerranée, les investisseurs étrangers et les intérêts hartiens ne sont pas parvenus à s'entendre sur le plan financier. d) Une politique plus sélective en matière de concessions. Le Gouver- nement haltien a toujours pratiqué une politique très libérale en ce qui concerne la concession de terrains aux entreprises touristi- ques, en dépit du fait qu'aucun projet ne s'est suffisamment déve- loppé pour attirer les touristes. Une politique beaucoup plus sélec- tive en matière de concessions s'impose si Hafti veut développer le tourisme sur une base professionnelle saine. e) Coopération plus étroite avec les compagnies aériennes et les compagnies de navigation en matière de promotion. Les pouvoirs pu- blics envisagent de créer de nouveaux bureaux hartiens de tourisme à l'étranger, ce qui représente des coûts considérables. Une coo- pération plus étroite avec les compagnies d'aviation et de naviga- tion, moyennant une contribution à leur budget de promotion, serait peut-être plus économique. 69. Les importations de marchandises, dont la valeur s'était stabilisée aux environs de 40 millions de dollars vers la fin de la décennie écoulée, ont représenté un montant de 51 millions de dollars en 1970 et de 60 millions - 37 - de dollars en 1971. L'importance du coefficient d'importation (environ 1,27)1J traduit une reprise qui intervient après plus d'une dizaine d'années de sta- gnation. Il ne peut, par conséquent, être considéré comme mesurant la pro- pension à long terme à importer. Cependant, la composition des importations soulève certaines questions concernant les objectifs de développement et les instruments de la gestion économique. Les articles dont l'importation s'est accrue le plus rapidement sont les voitures particulières, les denrées alinen- taires, les biens de consommation durables et les textiles. En revanche, les importations de camions, d'autobus et de jeeps, tout en augmentant au cours des dernières années, n'ont même pas commencé à correspondre aux besoins des transports de l'économie. Si l'on tient compte, d'une part, du fait que le secteur public manque presque complètement de camions et d'autobus en bon état et dans une large mesure de jeeps, et de l'autre, de l'encombrement de la circulation à Port-au-Prince, qui touche à la saturation, on jugera peu probable que la structure actuelle des droits d'importation suffise à empêcher une paralysie des transports urbains. Bien qu'ils aient été relevés récem- ment, les droits d'importation relatifs aux voitures particulières restent bas par rapport à ceux qui sont appliqués dans d'autres pays en voie de déve- loppement (de l'ordre de 40 à 50 pour cent pour la plupart des automobiles). De plus, l'application des droits est défectueuse, en partie pour des raisons administratives, en partie à cause de facturations frauduleuses. Le niveau général des tarifs (les recettes douanières représentent environ 20 pour cent des importations) est bas et favorise probablement la forte propension à im- porter. En revanche, comme on l'a dit au Chapitre II, les importations de kérosène sont soumises à des droits alors que, si ce produit était moins cher, l'on pourrait freiner l'érosion en encourageant la population à l'utiliser pour remplacer le charbon provenant des arbres haftiens. Le kérosène devrait être importé en franchise jusqu'à ce que la production et la distribution de lignite permettent d'utiliser ce dernier produit à un prix par calorie égal ou inférieur. En résumé, les droits de douane étant relativement faibles et leur application irrégulière, la politique du crédit supporte le fardeau du contrôle des importations; ce contr8le, s'il est peut-6tre efficace dans l'ensemble, ne comporte pas de distinction entre les diverses catégories d'importations. llafti bénéficie d'une assistance technique américaine pour la réorganisation de l'administration des douanes. Une mesure complémentaire à cet égard consisterait à élargir progressivement l'écart entre les droits frappant les importations de produits essentiels et celles de produits non essentiels. 1/ Le coefficient d'importation représente le rapport de la croissance du PIB à la croissance des importations. Un coefficient d'importation de 1,27 signifie que pour 10 pour cent d'accroissement du PIB, les importa- tions se sont accrues de 12,7 pour cent, les deux augmentations étant exprimées en valeurs réelles. Si les exportations ne se développent pas proportionnellement, un coefficient d'importation aussi élevé devient préoccupant à moyen terme. Le Tableau 3.7 de l'Annexe présente la compo- sition des importations. - 38 - 70. Le reste des invisibles de la balance courante consiste en transferts privés et en services autres que le tourisme. Durant les six dernières années les deux catégories de flux se sont approximativement compensées. Les ser- vices (nets) autres que le tourisme fournis à l'étranger ont augmenté à la faveur de la relance économique et l'afflux des transferts privés de l'étran- ger s'est lui aussi accru.!/ Le déficit enregistré au titre des biens et ser- vices a fluctué largement au cours des dix dernières années. Après être passé de 14,2 millions de dollars en 1962 à 22,5 millions de dollars en 1965, en raison principalement de la diminution des exportations de marchandises et des recettes provenant du tourisme, il est tombé à 10,5 millions de dollars en 1968, la baisse des revenus ayant entratné une diminution des importations. Par suite de la reprise économique amorcée en 1969, le déficit s'est de nouveau accru et a dépassé légèrement 26 millions de dollars en 1971. lalti a reçu une aide extérieure officielle peu importante durant les dix dernières années. Les nouvements de capitaux officiels se sont élevés dans l'ensemble à 4,9 millions de dollars par an en moyenne, consistant principalement en assistance technique des Nations Unies et en prêts de la BID. Au cours de la même période, l'afflux net de capitaux privés s'est élevé en moyenne à 2 millions de dollars par an. 71. A la fin de 1971, la dette publique extérieure d'Hafti s'élevait à 52,7 millions de dollars. Elle consistait essentiellement en deux prêts de l'Export-Import Bank, consentis en 1941 et en 1948, et dont la fraction non remboursée s'élevait alors à 27,8 millions de dollars, et en un prêt de l'agence américaine AID, consenti en 1959, dont la partie restant due (en gourdes) se montait à 5,1 millions de dollars. Les paiements au titre du ser- vice de la dette afférents à ces trois prêts s'élèveront à 1,1 million de dol- lars en 1972, et augmenteront pour atteindre 2,8 millions de dollars en 1978, pour décrottre ensuite. Les emprunts contractés auprès de sources privées, dont certains remontent à 1950, représentaient à la fin de 1971 un montant de 5,8 millions de dollars. Les paiements au titre du service de la dette qui s'y rapportent s'élèveront approximativement à 2 millions de dollars en 1972, compte tenu du remboursement du crédit-fournisseur relatif à l'usine hydro- électrique Péligre, mais ils devraient tomber à moins de 500.000 dollars dans les années suivantes. Le reste de la dette publique extérieure d'Harti com- prend un montant de 5,4 millions de dollars consenti par la BID à des condi- tions très favorables et remboursable en monnaie nationale, un crédit de l'IDA de 300.000 dollars et un prêt de la BIRD dont la partie restant due s'élève à 100.000 dollars et dont le remboursement sera achevé au milieu de 1972. Un emprunt de 4 millions de dollars contracté en 1958 auprès de la Banco de Colonos de Cuba reste entièrement dÛ mais aucun paiement n'a encore été exigé par le créancier. A la fin de 1970, Harti avait réglé tous les arrérages de la dette publique extérieure. En 1971, le coefficient du service de la dette était de l'ordre de 2 pour cent. Pour la dette actuelle, il devrait se maintenir entre 2 et 3 pour cent durant la présente décennie. Cependant, ce coefficient ne I/ Los transferts privés comprennent l'aide fournie par des organisations religieuses, qui joue un rôle important en Halti (de 1966 à 1971, quelque 3 millions de dollars par an). - 39 - donne pas par lui-même une idée exacte de la capacité d'Haiti en matière de service de la dette, car cette capacité est limitée par les contraintes se- vères qui pèsent sur la balance des paiements. 72. Comme il a été dit dans les sections précédentes, l'avenir des ex- portations haftiennes est incertain. Si l'on peut s'attendre que les recette- provenant du tourisme et des petites industries d'exportation augmentent, les perspectives qu'offrent les principaux produits d'exportation, à savoir les produits agricoles, sont moins favorables. En outre, le niveau des réserves extérieures est bas, bien qu'il ait récemment enregistré des progrès. PEr conséquent, Hafti se heurte à d'assez graves difficultés de balance des paie- ments et ne peut, que dans une mesure très limitée, recourir aux réserves pou7 atténuer l'effet du déficit. Tout porte à croire que pendant ce temps les importations continueront à augmenter assez rapidement si l'économie progresse Hafti ne peut donc se permettre de dépenser une forte proportion de devises pour assurer le service de la dette extérieure. D'autre part, étant donné la pauvreté du pays et les contraintes fiscales qui en sont la conséquence, Hafti est tributaire de l'aide extérieure pour le financement et l'organisation de son effort de développement. Jusqu'ici, l'aide extérieure qu'elle a reçue s'est élevée approximativement à un dollar par habitant, niveau très bas qui a expliqué en partie la mauvaise performance économique du pays. 73. Il suffirait d'une faible augmentation de crédits-fournisseurs pour créer des problèmes de service de la dette qui forceraient les autorités mo- nétaires à ralentir le rythme d'expansion économique afin de libérer les res- sources nécessaires au service de la dette. Le gouvernement devra pour cette raison exercer la plus grande retenue dans ce domaine; d'autre part, à travers sa politique économique et financière, le gouvernement devra faire le maximum pour inspirer confiance parmi les institutions externes de prêt en mesure d'accorder à Hafti de l'aide au développement à des termes favorables. Conclusion 74. Il est difficile d'évaluer quantitativement les perspectives qui se dessinent pour les toutes prochaines années concernant l'économie hartienne, ne serait-ce que parce que l'expérience des dix dernières années rend diffi- cile la distinction entre la reprise à moyen terme et les tendances à long terme latentes. En outre, l'agriculture représente la moitié du PIB et par conséquent influence dans une mesure considérable le développement global; cependant, on ne dispose que de renseignements très insuffisants à cet égard, particulièrement en ce qui concerne les cultures vivrières ou les produit: subsistance, qui constituent la majeure partie de la production. Les persi tives de croissance relatives à l'industrie manufacturière et au bâtiment sont suffisamment bonnes, mais elles dépendront dans une large mesure de la continuation des envois nets de fonds de l'étranger et d'un accroissement pro- gressif du pouvoir d'achat national qui, pour de nombreuses années encore, restera faible en raison de l'inévitable lenteur du développement agricole. Les industries d'exportation présentent des perspectives très intéressantes, mais elles constituent une part trop modeste de la production globale pour - 40 - avoir un effet appréciable sur le revenu national. La contribution nette des industries d'exportation aux recettes en devises d'larti est elle-même très modeste si on la compare aux exportations traditionnelles, notamment au café. L'économie haltienne a manifestement besoin d'une meilleure gestion et d'un concours extérieur plus important. L'amélioration de la gestion économique s'impose plus particulièrement sur deux plans: a) les mesures d'encouragement à la production, b) l'investissement public. On ne peut espérer accroftre considérablement les exportations de produits agricoles durant les cinq à dix prochaines années si l'on n'améliore pas le régime des incitations à la pro- duction, notamment en ce qui concerne les principales cultures traditionnelles d'exportation, de manière à assurer une augmentation de la production destinée à l'exportation - que ce soit par la réduction des taxes à l'exportation ou par d'autres mesures. Par ailleurs, des incitations adéquates à la production pourraient permettre une augmentation des exportations telle que les contin- gents de café et de sucre seraient intégralement fournis. 75. L'investissement public jouera lui aussi un rôle décisif dans le comportement de l'économie hartienne. Comme on l'a dit plus haut, la quasi- absence de communications modernes représente un obstacle grave au développe- ment; les prix du mafs sont approximativement trois fois plus élevés dans le Nord que dans le Sud. S'il est entretenu d'une manière adéquate, le réseau limité d'artères principales - les routes du Nord et du Sud - permettra à la population rurale d'acheter davantage en valeur absolue pour un coût monétaire donné, grâce à une plus grande homogénéité du marché national des produits et à un abaissement des coûts de transport. Ce progrès à lui seul est susceptible de se traduire par une augmentation de la production. En outre, le dévelop- pement des communications est de nature à favoriser le commerce d'exportation et le tourisme. D'autre part, l'augmentation en plusieurs étapes de la puis- sance électrique installée constitue une condition nécessaire du développement industriel. En résumé, une croissance annuelle en valeur réelle du PIB de 4 pour cent environ durant la présente décennie semble être un objectif raison- nable, pourvu que l'économie haltienne bénéficie d'incitations adéquates à la production et d'une aide étrangère plus importante, et que l'investissement public et l'entretien s'y effectuent de manière plus judicieuse. En revanche, si l'aide extérieure n'est pas suffisante et si les exportations n'augmentent pas - et il est probable qu'en l'absence d'incitations adéquates les exporta- tions de café continueront à diminuer tandis que les cultures de subsistance augmenteront - le PIB pourra difficilement progresser de plus de 1 à 2 pour cent par an. En d'autres termes, seule une gestion économique plus ration- nelle plaçant l'accent sur l'entretien de l'infrastructure et l'accroissement de l'aide extérieure sont susceptibles de se traduire, durant la présente dé- cennie, par une augmentation appréciable du revenu réel par habitant. STATISTICAL APPENDIX Table I. POPULATION 1.1 Population and Vital Statistics 1.2 Employment in Selected Enterprises 1.3 Selected Social Indicators 1.4 Nutrition 1.5 Principal Causes of Mortality, 1.6 Population Projections 1.7 Human Resource Structure in Public Health II. NATIONAL ACCOUNTS 2.1 GDP by Industrial Origin 2.2 Growth Rates of GDP at Factor Cost by Industrial Origin 2.3 Structure of GDP by Industrial Origin III. BALANCE OF PAYMENTS AND EXTERNAL TRADE 3.1 Balance of Payments - Current Account 3.2 Balance of Payments - Capital Account 3.3 Merchandise Exports 3.4 Foreign Exchange Receiptsfrom Tourism 3.5 Exports to the United States of Light Manufactured Products 3.6 Foreign Exchange Reserv. 3.7 Composition of Imports IV. EXTERNAL PUBLIC DEBT 4.1 Haiti - External Public Debt - Debt Repayable in Foreign Currency 4.2 Past Transactions and Estimated Future Service Payments an External Public Debt - Debt Repayable in Foreign Currency 4.3 Haiti - External Public Debt - Debt Repayable in Local Currency 4.4 Past Transactions and Estimated Future Service Payments on External Public Debt - Debt Repayable in Local Currency 4.5 Debt Service Ratio, 1967-1980 V. PUBLIC SECTOR ACCOUNTS 5.1 Fiscal Operations of the Central Government 5.2 Budget Revenues 5.3 Revenues from Excise Taxes 5.4 Comparison of Taxation on Coffee 5.5 Revenues from Coffee Export Taxes - 2 - VI. ACCOUNTS OF THE BRANKING SYSTEM 6.1 Consolidated Swumary Accounts of the Banking System 6.2 Summary Accounts of the National Bank 6.3 Summary Accounts of Private Banks VII. AGRICULTURE 7.1 Procbiction of Selected Agricultural Canmodities 7.2 Distribution of Returns from Coffee Exports VIII. OTHER SECTORS 8.1 Production of Selected Mineral and Industrial Commodities IX. PRICES AND WAGES 9.1 Cost of Living Index X. MISC ELLAN EDUS 10.1 Sugar Refining Sector: Extimated Financial Situation 10.2 Condition of the Road Network Table 1.1: FPULATIDN AND VITAL STATISTICS 1 Mid-Year Birth Rate Death Rate Population 1950 3,353 1960 3,991 1961 4.,067 1962 4.,146 1963 4,226 46.8 22.7 196 4,310 46.9 22.8 1964 40396... 1960-65 45-50 20-24 1966 4,486 1967 4,577 1968 4.,671 .. 1969 9,768 .. 1970 4,867 .. 1965-70 43.9 19.9 1971 4,968 . 1/ The last census conducted in Haiti was in 1950, and its results have frequently been questioned. Recent statistics on population have had to be estimated on a limited amount of available informatih and should therefore be used with caution. Source: United Nations, Statistical Bulletin for Latin Anerica. Table 1.2: EMPLDYMNT IN SELECTED BTERPRISES 1/ Bad of Reporting Eaterprises bnployees Fiscal Total Port a Other Total Port au Other Year Prince Prince 1966 904 673 231 15,826 11,231 4,595 1967 988 727 261 18,490 12,887 5,603 1968 1,084 788 296 20,463 14,678 5,785 1969 1,154 826 328 21,516 15,567 5,949 1970 1,254 921 333 22,812 16,808 6,oo 1971 1,380 1,002 378 25,015 18,825 6,190 1J Industrial and Commercial enterprises having one or more registered employees paid at the legal level of wages. Source: National Office for Old-Age Insurance. Table 1.3: SELECTED S0CIAL INDICATORS (Demoxraphic and Health) Life Expectancy 1960-65 45 years 1970 48 years Infant Mortality 1964 172 per thousand live births 1970 147 per thousand live births Population per Hospital Bed 1965 1,657 1968 1,03 Population per Physician 1965 14,135 1968 14,069 (Caltural) School Ehrollment Primary 1970 14.9% of population 5-14 years Secondary 1970 6.8% of population 15-19 years Primary and Secondary 1970 12.4% of population 15-19 years Higher 1970 0.2% per thousand inhabitants Daily Newspaper Circulation 6 per thousand inhabitants Sources: United Nations, Statistical Bulletin for Latin America, Haitian Statistical Institute, ONAAC, Ministry of Public Health. Table 1.4: NUTRITION Haiti 1958 1965 1970 Latin American absQ- % of abso- % of abso- % of Standard lute standard lute standard lute standard Calories per day 1,580 63.2 1,770 70.8 1,700 68.0 2,500 Protein-gr./day 37 61.7 46 76.7 40 66.7 60 Animal 8 114.3 7 100.0 7 100.0 7 Pulses 12 120.0 11 111.0 ) 10 ) 33 62.3 Other 17 39.5 30 69.8 )3 Fat-gr./day 36 85.7 26 61.9 .. ..2 Sources: 1958 - Sebrell and Coll, "Appraisal of Nutrition in Haiti". The American Journal of Clinical Nutrition, Septanber-October, 1959. 1968 - FAD estimate. 1970 - Beghin, Fougere and King, Food and Nutrition in Haiti, Presses Universitaires de France, 1970. Latin Anerican Standard - Man Land and Food, US Departmnt of Agriculture, Economic Research Service, November 1963. Table 1.5: PRINCIPAL CAUSES OF MORTALITY, 1970 Total 0 - 14 Years 15 and + Absolute % Absolute % Absolute % Infectuous and Parasitic Diseases 857 26.1 597 34.5 260 16.7 Heart and Circulatory Conditions 278 8.5 26 1.5 252 16.2 Nutritional Deficiencies 336 10.3 280 16.2 56 3.6 Conditions of the Respiratory, Digestive and Intestinal Systens 1,565 47.5 773 4.7 792 50.8 Other Known Causes 253 7.6 55 3.1 198 12.7 Total Known Causes 3,289 100.0 1,731 100.0 1,558 100.0 Source: Ministry of Public Health from statistics furnished by hospitals only. Table 1.6: POPULATION PROJECTIONS (thousands and percent) 1970 1975 1980 Population % Population % Population % Both Sexes 0-14 1,862 38.26 2,065 38.25 2,290 38.24 15-44 2,232 45.86 2,476 45.86 2,745 45.84 45-64 513 10.54 569 10.54 632 10.54 65 - 260 5.34 289 5.35 321 5.36 Total 4.,867 100.00 5,399 100.00 5,988 100.00 Female o-i1- 917 37.61 15-44 1,107 45.41 1,226 5.6 1,39 45 45-64 270 11.07 .. 65 - 144 5.91 .. Total 2,438 100.00 2,699 2,989 Male 0-14 945 38.90 .. 15-44 1,125 46.32 1,250 46.21 1,386 L5.5 45-64 243 10.00 .. 65 - 116 4.78 .. .. .. Total 2,429 100.00 2,700 2,999 Source: Haitian Statistical Institute. Table 1.7: HUMAN RESOURCE STRUCTURE IN PUBLIC HEALTH, 1970 (number of professionals and rates per 10,000 inhabitants) In All Localities Port An Prince No. Rate No. Rate Doctors 332 0.68 205 6.02 Dentist 104 0.21 34 1.00 Ehgineers 3 .01 3 0.10 Nurses 415 .85 228 6.70 Obstetricians 50 0.10 24 .71 Aides 771 1.58 245 7.20 Phamacists 111 0.22 Source: Ministry of Public Health. Table 2.1: GROSS DDMESTIC PRODUCT BY iDUSTRIAL ORIGIN, 1960-71 (in millions of gourdes) (Fiscal Years Ending Sept. 30) 1960 1961 1962 1963 1964 1965 1966 1967 1968 1969 1970 1971 (est.) (Constant 1954/55 Factor Costs) Agriculture 825.1 770.5 846.8 792.1 785.4 798.2 820.9 808.2 825.6 8648. 850.0 90.5 Mining 24.8 25.2 27.3 28.1 26.8 23.5 22.2 19.7 22.2 34.2 30.0 35.0 Manufacturing 171.4 170.7 177.2 173.6 155.5 161.4 153.3 149.8 159.3 168.3 200.0 212.0 Construction 54.9 56.0 61.3 62.7 59.3 56.7 43.8 43.2 47.3 53.1 61.0 67.5 Electricity and Water 9.6 11.1 13.0 12.6 12.1 13.2 12.6 13.5 12.2 14.9 15.0 16.0 Transport and Communications 56.1 62.0 63.1 53.6 46.6 47.2 39.9 39.9 60.5 58.6 61.0 63.0 Trade 207.2 167.0 216.5 182.3 168.3 176.4 175.2 159.1 168.7 168.7 178.0 185.0 Finance 9.3 10.5 11.0 11.1 13.1 12.5 12.7 13.1 12.3 12.7 13.5 14.0 Housing 143.3 146.1 149.1 143.8 1468.3 149.5 154.2 155.7 158.6 162.3 170.5 177.0 Government 79.0 864.1 91.5 84.9 864.7 79.9 75.2 79.9 69.4 75.o 85.0 87.5 Personal Services 90.5 95.4 99.6 97.9 105.0 103.9 102.7 100.8 106.2 99.9 112.5 116.0 GROSS DDMESTIC PRODUCT a,671.2 1,598.6 1,756.4 1,642.6 1,605.1 1,622.4 1,612.7 1,580.1 1,642.3 1,696.2 1,776.5 1,877.5 (Current Factor Cost) GROSS DDMESTIC PRODUCT 1,598.0 1,596.7 1,733.5 1,647.8 1,750.6 1,879.? 1,965.6 1,953.8 1,992.5 2,106.8 2,234.7 2,517.3 Source: CONADEP, Haitian Staxistical Institute and Mission Estimates. Table 2.2: GROWTH RATES OF GDP AT FACTOR COST BY INDUSTRIAL ORIGI9 (percent) Fiscal Years Ending September 30 1960-63 1966 1967 1968 1969 1970 1965-70 1971 Agriculture 0.4 2.8 -1.6 2.3 2.8 0.2 1.2 6.4 Mining 0.2 -5.5 -11.3 12.7 54.1 -12.3 5.0 16.7 Construction 2.1 -22.8 -1.4 9.5 12.3 14.9 1.5 10.7 Manufacturing -0.3 -5.0 -2.3 6.3 5.6 18.8 4.4 6.0 Electricity and Water 7.7 -4.6 7.1 -9.6 22.1 0.7 2.6 6.7 Transport & Communications 3.1 -15.5 0.0 51.6 -3.2 [.1 5.3 3.3 Wholesale & Retail Commerce 2.7 -0.7 -9.2 6.3 0.0 5.5 0.2 3.9 Banking, Insurance & Real Estate 7.3 1.6 3.1 -6.1 3.3 6.3 1.6 3.7 Housing 2.0 3.8 1.0 1.9 2.3 5.1 2.7 3.8 Government 1.3 -5.9 6.3 -13.2 8.1 13.3 1.2 2.9 Personal Services 4.0 -1.2 -1.9 5.4 -5.9 12.6 1.6 3.1 Gross Domestic Product 0.5 -5.6 -2.0 3.9 3.3 4.8 1.8 5.7 Source: Table 2.1 able 2,3: STRUCTURE OF GDP BY INDUSTRIAL ORIGIN (percent) Fiscal Years Ending Septamber 30 1960 1965 96 1967 198 1969 1970 1971 Agriculture 49.4 49.2 50.9 51.1 50.3 50.0 47.4 48.2 Mining 1.5 1.4 1.4 1.2 1.4 2.0 1.7 1.9 Construction 3.3 3.5 2.7 2.7 2.9 3.1 3.5 3.6 Manufacturing 10.3 9.9 9.5 9.5 9.7 9.9 11.4 11.3 Electricity and Water 0.6 0.8 0.8 0.9 0.7 0.9 0.9 0.9 Transport & Communication 3.3 2.9 2.5 2.5 3.7 3.5 3.5 3.4 Wholesale & Retail Comerce 12.4 10.9 10.9 10.6 10.3 9.9 10.1 9.9 Banking, Insurance & Real Estate 0.6 0.8 0.8 0.8 0,7 0.7 0.8 0.7 Housing 8.6 9.2 9.6 9.9 9.7 9.6 9.7 9.4 Government 4.7 4.9 4.7 5.1 4.2 4.4 4.8 4.7 Personal Services 5.4 6.4 6.4 6.3 6.5 5.9 6.4 6.2 Gross Danestic Product 100.0 100,0 100.0 100.0 100.0 100.0 100.0 100.0 Source: Table 2.1 Table 3.1: BAIANCE OF PAYMENTS - CURRENT ACCOUNT (millions of US$) (Fiscal Years Ending September 30) 1960 1961 1962 1963 1964 1965 1966 1967 1968 1969 1970 1971 Exports, FOB 38.1 30.3 40.8 43.2 36.0 37.8 37.9 32.2 36.3 36.7 39.0 45.7 Imports, FOB 43.4 51.9 47.9 39.2 37.1 42.6 43.8 4o.4 38.7 42.1 50.8 60.0 Trade Balance -5.3 -21.6 -7.1 4.0 -1.1 -4.8 -5.9 -8.2 -2.4 -5.4 -11.8 -14.3 Receipts from Services 16.3 1U.8 13.3 9.7 7.3 7.1 7.7 8.8 11.2 11.9 13.6 16.5 Other Transport (2.5) (0.8) (2.6) (2.3) (1.2) (0.9) (0.9) (1.5) (1.5) (0.9) (1.0) (1.2) Travel (8.1) (8.1) (6.0) (2.1) (0.9) (1.4) (1.7) (2.1) (4.5) (5.4) (6.6) (8.7) Investment Income (..) (..) (..) (..) (..) (..) (..) (..) (..) (0.1) (0.1) (0.1) Government, n.i.e. (3.6) (4.1) (3.8), (4.1) (3.9) (3-4) (3.7) (3.8) (3.8) (3.9) (4.5) (5.0) Other Services (2.1) (1.8) (1.0) (1.2) (1.3) (l.) (1.4) (1.1) (1.4) (1.6) (1.4) (1.5) Payments for Services 18.9 17.7 20.4 20.8 22.3 24.8 22.1 18.7 19.3 22.1 25.3 28.4 Freight and Insurance (4.0) (4.8) (5.1) (4.7) (4.9) (5.2) (4.9) (4.0) (4.1) (5.8) (8.4) (10.2) Other Transport (1.2) (1.0) (1.1) (1.6) (1.2) (1.5) (1.2) (1.6) (1.7) (1.3) (1.5) (1.8) Travel (3.8) (2.2) (2.7) (3.7) (4.3) (5.6) (4.9) (3.3) (3.6) (3.8) (4.3) (4.5) Investment Income (h.1) (3.4) (6.1) (4.7) (6.2) (5.2) (3.9) (3.1) (3.3) (3.4) (3.4) (3.6) Government, n.i.e. (3.8) (3.6) (3-) (3.6) (3.3) (5.0) (5.0) ([.4) (4.3) (5.4) (5.o) (5.3) Other Services (2.0) (2.7) (2.0) (2.5) (2.4) (2.3) (2.2) (2.3) (2.3) (2.4) (2.7) (3.0) Net Services -2.6 -2.9 -7.1 -11.1 -15.0 -17.7 -14.4 -9.9 -8.1 -10.2 -11.7 -11.9 Balance on Goods and Services -7.9 -24.5 -14.2 -7.1 -16.1 -22.5 -20.3 -18.1 -10.6 -15.6 -23.5 -26.2 Private Transfers 2.6 2.8 4.3 0.6 3.5 4.7 12.9 13.2 8.9 10.8 15.0 14.5 Receipts (6.4) (7.3) (8.3) (7.2) (8.2) (10.9) (18.9) (18.3) (14.1) (17.1) (19.8) (19.8) Payments (3.8) (4.5) (4.0) (6.6) (4.7) (6.2) (6.0) (5.1) (5.2) (6.3) (4.8) (5.3) Government Transfers 6.6 11.6 2.7 3.2 2.9 4.1 4.1 4.0 3.9 5.0 6.9 8.2 Receipts (6.6) (11.9) (3.2) (3.3) (3.0) (1.1) (.1) (4.0) (3.9) (5.0) (7.0) (8.3) Payments (--) (0.3) (0.5) (0.1) (0.1) (--) (--) (--) (--) (--) (0.1) (0.1) Net Transfers 9.2 1U.4 8.0 3.8 6.4 8.8 17.0 17.2 12.8 15.8 21.9 22.7 CURRENT ACCOUNT BALANCE 2.3 -10.1 -6.2 2.3 -9.7 -13.7 -3.3 -0.9 2.3 0.2 -1.6 -3.6 Source: National Bank of the Republic of Haiti, Custo.nA i)nLi ation, IMF, TIF Balance o, Payments Yearbooks, and Mission Estimates. Table 3.2: BALANCE OF PAYMENTS - CAPITAL ACCOUNT (millions of US$) (Fiscal Years Ending Sept. 30) 1960 1961 1962 1963 1964 1965 1966 1967 1968 1969 1970 1971 Current Account Balance 2.3 -10.1 -6.2 -3.3 -9.7 -13.7 -3.3 -0.9 2.3 0.2 -1.6 -3.5 Private Direct Investment (net) 0.1 0.5 1.2 -1.W 2.8 1.0 1.1 1.1 1.8 3.1 6.0 Central Govt. Borrowing (net) 1.3 2.6 0.5 -0.5 1.0 1.1 -0.8 -1.5 -0_3 -1.1 0.5 0.3 IDA (net) - - - *7T -707 - - - - - - - TBRD (net) 0.8 0.3 -0.2 -0.3 -0.1 -0.2 -0.2 -0.2 -0.1 -0.2 -0.2 -0.2 Drawings (0.8) (0.5) (0.2) (0.1) (-) (-) (-) (-) (-) (-) (-) (-) Repayments (-) (0.2) (0.4) (0.4) (0.1) (0.2) (0.2) (0.2) (0.1) (0.2) (0.2) (0.2) US Government (net) 0.6 2.4 1.1 -0.2 1.7 1.7 -0.1 -0.3 -0.1 0.1 -0.4 -0.7 Drawings (0.7) (2.4) (1.5) (-) (-) (-) (-) (-) (-) (-) (-) (-) Repayments (Orl) (-) (0.4) (0.3) (-) (-) (0.3) (0.5) (0.2) (-) (0.6) (0.7) Capitalized Interest (-) (-) (-) (0.1) (1.7) (1.7) (0.2) (0.2) (0.1) (0.1) (0.2) (-) Other -0.1 -0.1 -o.4 -0.3 -0.7 -o.4 -0.5 -1.0 -0.1 -1.0 1.1 1.2 Public Agency Borrowing (net) - - - 0.3 0.3 0.7 0.3 - 0.8 2?5 1.5 2.0 IDB (net) - - - 0.3 0.3 0.7 0.3 - 1.2 _0 . 2.0 Irawings (-) (-) (-) (0.3) (0.3) 0.7 (0.5) (0.2) (1.0) (1.4) (0.8) (2.3) Repayments (-) (-) (-) (-) (-) (-) (0.2) (0.2) (0.2) (0.2) (0.2) (0.3) Other (net) - - - - - - - - - 1.3 0.9 - Errors and Omissions 1/ -1.1 10.1 -0.3 -0.3 4.9 8.9 4.6 -1.0 -4.3 -2.5 o.4 2.2 SER Allocations - - - - - - - - - - 2.5 2.0 Changes in Reserves (-=increase) -2.6 -31j 4.8 2.5 0.7 2.0 -o.8 2.3 0.4 -0.8 -6.4 -9.0 National Bank -2.9 -2.8 IT TT. L7 1.2 -0.3 2.3 _07 T -6.3 T Commercial Banks 0.3 -0.3 - 0.1 -0.7 0.8 -0.5 - -0.4 0.3 -0.1 -0.8 1/ Includes private short-term capital (-=increase in assets) and transactions with international organi7ations. Sources: National Bank of the Republic of Haiti, IMF, EF Balance of Payments Yearbooks and Mission Estimates. Table 3.3: MERCHANDISE EXPORTS (Volume ror perfume essence oils in thousand kilo: other items in million kilos; unit value in U.S. $ per kilo and value in millions of US$) (Fiscal Years Ending Sept. 30) (Eleven Months) 1950 1959 1960 1961 1962 1963 1968 1966 1966 1967 1968 1969 1970 1970 1971 Coffee Volume 26.2 19.6 28.2 16.7 32.6 26.4 22.6 22.6 28.4 16.9 19.5 18.6 16.1 15.6 21.1 Unit Value .78 1.17 .72 .72 .63 .68 .78 .86 .89 .81 .75 .78 .94 .9 .88 Value 20.5 23.0 20.2 12.1 20.7 16.8 17.6 19.8 20.7 13.7 18.6 13.7 15.2 18.6 18.8 S olume 33.8 31.2 2.3 19.3 13.3 18.5 1.2 18.9 17.7 11.9 14.6 20.6 16.6 16.3 7.9 Unit Value .28 .17 .18 .18 .17 .20 .22 .17 .13 .12 .11 .12 .11 .11 .10 Value 9.3 6.8 8.5 3.4 2.3 3.8 3.8 2.5 2.3 1.4 1.6 2.5 1.8 1.7 0.8 sugar V31.3 16.8 33.1 80.7 16.8 89.1 18.7 23.2 29.0 32.1 28.4 16.9 18.0 16.8 19.1 Unit Value .10 08 .12 .11 .10 .11 13.3 .10 .10 .12 .13 .13 .14 .14 .15 Value 3.0 1.3 3.9 8.5 1.7 6.6 2.0 2.8 2.8 4.0 3.1 2.2 2.5 2.2 2.9 Bauxite Volume - - 417.7 352.9 428.5 896.9 467.7 427.7 412.0 316.0 469.9 728.8 648.5 628.5 684.4 Unit Value .01 .01 .01 .01 .01 .01 .01 .01 .01 .01 .01 .01 .01 Value - - 3.8 2.9 3.5 4.9 3.9 3.9 3.6 2.8 4.1 6.2 5.6 5.5 5.9 Essential Oils Estli 84.7 126.8 105.6 165.5 187.0 118.5 118.2 166.8 226.9 286.2 382.6 36.3 206.0 177.2 389.6 Unit Value 7.27 8.74 11.36 9.06 8.02 9.28 7.00 7.21 7.93 9.43 7.88 9.79 12.33 12.28 7.81 Value 0.6 1.1 1.2 1.6 1.6 1.1 .B 1.2 1.8 2.7 2.7 3.0 2.6 2.2 2.7 Copper Ore Volume - - 7.5 18.8 12.8 15.0 10.2 9.8 7.3 8.8 5.9 8.8 3.7 5.0 Unit Value 13 .17 .20 .20 .23 .20 .28 .27 .25 .28 .25 .20 Value - - - 1.0 3.2 2.5 3.0 2.8 2.0 1.7 1.2 1.5 1.2 0.9 1.0 Other Exports (Value) 5.1 8.1 8.9 8.9 7.9 8.6 8.9 6.0 8. 6.7 8.9 7.6 10.2 8.7 11.5 Total Exports (Value) 38.5 38.9 38.1 30.3 80.8 83.2 36.0 37.8 37.7 32.0 36.2 36.7 39.0 36.8 L3.2 Source: National Bank of the Republic of Haiti, Customs Administration and Haitian Statistical Institute. Table 3.4s FOREIGN EXCHANGE RECEIPTS FROM TOURISM (in millions of U.S. dollars) Fiscal Years ending September 30 1966 1967 1968 1969 1970 1971 Net foreign exchange receipts -3.2 -1.2 0.9 1.6 2.3 4.2 Credit 1.7 2.1 4.5 5.4 6.6 8.7 Expenditures by tourists arriving by plane(staying in Haiti for five days on the average) 1.3 1.6 3.8 5.0 6.1 7.9 Expenditure by tourists arriving by boat(staying for one-half day on the average) 0.4 0.5 0.7 0.4 0.5 0.8 Number of tourists arriving by plane (thousand persons) 10.2 12.0 20.5 26.9 31.6 41.6 Number of tourists arriving by boat (thousand persons) 25.3 31.7 35.7 22.1 27.9 39.8 Debit 4. .1 3.6 3.8 L.2 4.5 Haitians traveling 0. 0.7 0.9 0.9 0.9 1.0 Haitians studying abroad 4.2 2.6 2.7 2.9 3.4 3.5 Sources: National Bank of the Republic of Haiti; and National Office of Tourism and Public Relations. Table 3.5: EXPORTS TD THE UNITED STATES OF LIGHT MANUFACTURED PRODUCTS (in millions of US dollars) Calendar Years 9 Months 1967 1968 1969 1970 1970 1971 Total 3.2 6.1 8.1 11.1 8.0 10.8 Products Made of Domestic Materials 1.0 2.1 2.4 3.1 2.4 2.4 Leather Manufactures 0.1 - 0.2 0. 0.2 0.2 Wood Manufactures 0.1 0.2 0.2 0.2 0.1 0.1 Twine and Manufactures of Textile Fiber 0.4 1.4 1.2 1.8 1.7 1.6 Articles Made from Textiles 0.2 0.3 o.4 0.3 0.2 0.3 Mats and Matting 0.1 0.1 0.1 0.1 - - Wbrks of Art - - 0.2 0.1 0.1 - Brooms, Brushes, etc. 0.1 0.1 0.1 0.2 0.1 0.2 Products Made of Imported Materials 2.2 4.0 5.7 8.0 5.6 8.4 Cotton Fabrics - 0.1 0.1 0.1 0.1 0.1 Ribbons and Lace 0.1 0.1 0.2 0.1 0.1 0.1 Appliance Parts - - - 0.1 0.1 0.2 Transformers, Switchgears, etc. - 0.2 0.2 0.3 0.2 0.5 Radio and Television Apparatus - - 0.1 0.2 0.1 0.2 Travel Goods and Handbags 0.3 0.4 0.6 - - 0.1 Clothing and Clothing Accessories 0.4 0.9 1.3 1.8 1.1 1.4 Footwear 0.7 0.8 1.0 1.8 1.3 1.8 Sound Recorders - - - 0.1 0.1 0.J Toys and Christmas Decorations - - 0.1 0.2 0.1 0.3 iporting Goods 0.7 1.3 2.1 3.3 2.4 3.4 Costume Jewelry - 0.2 - - - - 4urce: US Department of Commerce. Table 3.6: FOREIGN EXCHANGE RESERVES (in millions of U.S. dollars) September 30 1965 1966 1967 1968 1969 1970 1971 Banking system (net) -4.7 -3.9 -6.2 -6.6 -5.8 0.6 9.6 National Bank (net) -4.3 -4.0 -6.3 -7.1 -6.0 0.3 8.5 Assets 2.0 1.7 1.3 2.3 .1 . 9.7 Gold (0.7) (0.1) (0.1) (0.1) (0.1) (0.1) (0.1) IMF gold tranche position (--) (--) (--) (--) (-) (-) (1.9) Special drawing rights (--) (--) (--) (--) (--) (0.1) (1.1) Foreign currency holdings (0.5) (0.5) (0.2) (0.5) (0.2) (0.4) (1.3) Deposits (0.5) (0.4) (0.3) (0.9) (1.6) (2.7) (4.0) Items in transit (0.3) (0.7) (0.7) (1.0) (1.2) (0.6) (1.3) Contractual liabilities -6.3 -5.7 -7.0 -6.3 -5.9 -3.4 -1.2 To foreign banks (-1.9) (-0.3) (--) (-0.2) (-0.2) (-0.5) (--) Use of Fund resources (-4.4) (-5.4) (-7.0) (-6.1) (-5.7) (-2.9) (-1.2) Payments arrears -- -- -0.6 -3.3 -3.2 -0.3 -- Commercial arrears (--) (--) (-0.5) (-2.1) (-0.9) (-0.3) (--) External public debt arrears (--) (--) (-0.1) (-1.2) (-2.3) (--) (--) Other banks (net) -0.4 0.1 0.1 0.5 0.2 0.3 1.1 Assets 0.1 1.1 Liabilities -0.5 -- -- -- -- -- -- Source: National Bank of the Republic of Haiti. Table 3.7 COMPOSITION OF IMPORTS, c.i.f. (In millions of U.S. dollars) Fiscal Years ending September 30 1963 1964 1765 1560 190- 17 -1960 1909 771 A. Economic Classification Total Imports 4 8 42.0 47.7 8.6 h.1 2.8 47.8 59.1 Nondurable consumer goods 16 . 17. 1. 15.2 14.3 15.5 19.6 Foodstuffs (8.1) (8.4) (9.2) (9.2) (9.1) (9.1) (9.4) (11.7) Beverages and tobacco products (1.1) (1.1) (1.2) (1.0) (1.4) (1.0) (1.2) (2.0) Chemical and pharma- ceutical products (2.8) (3.1) (4.0) (3.8) (3.6) (3.8) (3.3) (4.1) Other (0.6) (1.0) (1.1) (0.5) (1.1) (0.4) (1.1) (1.8) Consumer durables 11.4 9.4 9.5 9.1 9.5 9.3 9.9 11.8 Combustibles and lubricants 2.1 2.6 1.6 1.8 1.7 2.5 2.7 3.3 Raw materials 0.8 0.9 1.0 0.8 1.1 0.9 0.9 1.4 Construction materials 1.5 1.5 1.5 1.3 1.4 1.5 1.6 2.8 Capital goods 4.3 3.8 3.4 4.0 3.6 3.1 4.1 6.9 for agriculture (0.2) (0.1) (0.2) (0.1) (--) (--) (0.1) (0.2) for industry (1.3) (1.9) (1.6) (1.3) (1.5) (1.2) (1.6) (2.9) for transport (2.8) (1.8) (1.6) (2.6) (2.1) (1.9) (2.4) (3.8) Other machines and equipment 1.2 0.9 1.2 1.3 0.9 0.8 1.0 1.5 Unclassified imports 2/ 9.9 9.3 14.0 15.8 10.9 lo.4 12.6 11.8 B. Tax Classification Total Imports 43.8 42.0 .7 8.6 . 2.8 67.8 Rcorded by customs 3. T7 3. T 36o 37.9 3,rz =3.5 . Dutiable (28.0) (27.9) (27.7) (26.9) (30.1) (25.9) (28.3) (39.2) Duty-free (8.0) (8.0) (9.4) (9.1) (7.8) (9.7) (9.7) (15.7) Not recorded by customs 7.8 6.1 10.6 12.6 6.4 7.2 9.8 4.2 Sourcess General Customs Administration; National Bank of the Republic of Haiti and mission estimates. 1/ Estimates. 2/ Includes imports not recorded by customs. Table 4.1 * MAlIl EXTERNAL PUBLIC DEtT OUTSTANUING AS UF SEPTEMBER 1O, 1971 DEBT REPAYABLE IN FOREIGN CURRENCY IN THOUSANDS OF U.S. DULLARS DEBT UUTSTANDING SEPTEMBER 30, 1971 CRLDITUR COUNTRY UNDIS* TYPE OF CREDITOR DISBURSED BURSED TUTAL IRANLk duu bou 6EKHANY (FLUoRLPegi) 11 - 11 UNITLU KINGUUM (ul 1 701 USA 312 * 312 SUPPLILRb 1#824 1 0824 L Ut A 4ouuw 40u0 PRIVATLLY PLACED BUNDS 0000 * 4#000 IBK0 144 143 1 L) A 5 350 LOANS PRUM INTLo ONGANIZATIONS 493 493 cA iAuA 2,300 ? 2>0 USA 200b11 * 2tspll LOANS FRUM GOVERNMENTS 30#911 300911 TUTAL EXTLRNAL PUBLIC DEBT 1) 37s228 37#228 UTLs DLBT WITH A MATURITY OF OVER UNE YEAR INCLUDLS PRINCIPAL IN ARREARS$ AMOUNT GEKMANY (FLDsRLV6U ) UNITLL KINUUUM I USA 412 SUPPLILR4 320 CJtA 4#000w PRIVATLLY PLACED BUNDS 4*0OU USA u LOANS FRUM GOVERNMLNTS 77u TOTAL 5p090 ECONOMIC AND SOCIAL DATA DIVISIUN ECUNUMIC PROGRAM DEPARTMENT FEBRUARY 7, 1972 Table 4.2 - HAITI PAST TRANSACTIONS AND ESTIMATED FUTURE SERVICE PAYMENTS ON EXTERNAL PUBLIC DEBT AS OF SEDTEMBER 10, 1971/l DEBT REPAYABLE IN FOREIGN CURRENCY IN THOUSANDS OF U&s DOLLARS TOTAL PAGE 1 DEBT OUTSTANDING TRANSACTIONS DURING PERIOD BEGINNING OF PERIOD CANCEL- LATIONSP DISBURSED INCLUDING COMMIT- DISBURSE- SERVICE PAYMENTS ADJUST- YEAR ONLY UNDISBURSED MENTS MENTS PRINCIPAL INTEREST TOTAL MENTS (1) (2) (3) (4) (5) (6) (7) (8) 1967 38P007 38P007 610 610 952 129 19081 1968 37*665 37*665 40 40 292 64 356 1969 37P413 37P413 2.340 1350 284 113 397 1970 38P479 39.469 178 0068 1p188 403 1'591 1971 38P359 380459 40 140 1271 62 19333 -5,090 1972 32p138 32-13 a/2 * 1s629 105 1p733 02.300 1973 28P209 28,209 - * 1s336 82 1*418 - 1974 26P874 26P874 - I 1675 67 1*742 * 1975 25P199 25i199 1 1*726 52 10778 1976 23P474 23,P474 - * 1*655 405 2*060 - 1,77 21P819 21,819 " " 1085 737 1*821 * 1978 20735 20*735 * * 1114 701 10815 1979 19*621 19P621 * * 1#147 662 10809 1980 18P475 18q475 * * 1s235 621 1*856 1981 17,240 17.*240 1 * 1312 577 10889 1982 15*929 15,929 " * 1s277 532 10809 1983 14*652 14652 " " 1>326 487 1*813 1984 13p326 13p326 p 1373 440 19813 * 1985 11954 11 954 * 1*421 392 1*813 " 1986 10p533 10p533 1p471 342 1.813 * 3EE FOO7OTES3 AT END OF TABIE. Table 4.2 - HAITI PAST TRANSACTIONS AND ESTIMATED FUTURE SERVICE PAYMENTS ON EXTERNAL PUBLIC DEBT AS OF SEPTEMBER 10, 1971 DEBT REPAYABLE IN FOREIGN CURRENCY IN THOUSANDS OF UsSo DOLLARS PAGE 2 SUPPLIERS DEBT OUTSTANDING TRANSACTIONS DURING PERIOD BEGINNING OF PERIOD CANCEL- LATIONS. DISBURSED INCLUDING COMMITO DISBURSE- SERVICE PAYMENTS ADJUST- YEAR ONLY UNDISBURSED MENTS MENTS PRINCIPAL INTEREST TOTAL MENTS (1) (2) (3) (4) (5) (6) (7) ( ) 1967 2P975 2P975 * 377 76 453 1968 2.598 20598 97 21 118 1969 2.501 2#501 - 59 * 59 1970 2.442 2P442 * * 313 60 373 1971 2P129 2,129 - * 305 48 353 -320 1972 1#504 IP504 - * 404 42 446 * 1973 10100 10100 * 300 31 331 * 1974 800 800 * * 300 22 322 * 1975 500 500 * 300 13 313 - 1976 200 200 - 200 5 205 * Table 4.2 - HAITI PAST TRANSACTIONS AND ESTIMATED FUTURE SERVICE PAYMENTS ON EXTERNAL PUBLIC DEBT AS OF SEPTEMBER 1O, 1971 DEBT REPAYABLE IN FOREIGN CURRENCY IN THOUSANDS OF U.S. DOLLARS PAGE 3 PRIVATELY PLACED BONDS DEBT OUTSTANDING TRANSACTIONS DURING PERIOD BEGINNING OF PERIOD CANCEL- LATIONSP DISBURSED INCLUDING COMMIT- DISBURSE- SERVICE PAYMENTS ADJUST- YEAR ONLY UNOISBURSED MENTS MENTS PRINCIPAL INTEREST TOTAL MENTS Cl) (2) (3) (4) (5) (6) (7) (8) 1967 4000 4000 - * * * * 1968 40000 4#000 - * * * * * 1969 40000 0000 - * * * * * 1970 4P000 4*0UO - * * * * * 1971 4'000 4000 - * * * -4p000 1972 a * Table 4.2 - F PAST TRANSACTIONS AND ESTIMATED FUTURE SERVICE PAYMENTS ON EXTERNAL PUBLIC DEBT AS OF SEPTEMBER 10, 1971 DEBT REPAYABLE IN FOREIGN CURRENCY IN THOUSANDS OF U.S DOLLARS PAGE LOANS FROM INTLe ORGANIZATIONS IBRD DEBT OUTSTANDING TRANSACTIONS DURING PERIOD BEGINNING OF PERIOD CANCEL- LATIONSP DISBURSED INCLUDING COMMITO DISBURSE0 SERVICE PAYMENTS ADJUST* YEAR ONLY UNDISBURSED MENTS MENTS PRINCIPAL INTEREST TOTAL MENTS CI) (2) (3) (4) (5) C6) cy) C) 1967 1#126 1#126 * * 205 50 255 * 1968 921 921 * * 72 40 112 1969 849 849 * 225 40 265 * 1970 624 624 - " 235 30 265 * 1971 389 389 " * 246 13 259 * 1972 143 143 * * 143 5 148 * Table 4.2 - HAITI PAST TRANSACTIONS AND ESTIMATED FUTURE SERVICE PAYMENTS ON EXTERNAL PUBLIC DEBT AS OF SEPTEMBER 10, 1971 DEBT REPAYABLE IN FOREIGN CURRENCY IN THOUSANDS OF UaSa DOLLARS PAGE 5 LOANS FROM INTL* ORGANIZATIONS IDA DEBT OUTSTANDING TRANSACTIONS DURING PERIOD BEGINNING OF PERIOD CANCEL* LATIONSP DISBURSED INCLUDING COMMITO DISBURSE* SERVICE PAYMENTS ADJUST* YEAR ONLY UNDISBURSED MENTS MENTS PRINCIPAL INTEREST TOTAL MENTS c1) (2) C3) (4) (5) (6) (7) (8) 1967 350 350 * * 3 3 1968 350 350 * * * 3 3 1969 350 350 * * 3 3 1970 350 350 a 3 3 1971 350 350 *1 1 1972 350 350 a " 2 3 4 1973 348 348 a " 4 3 6 1974 345 345 * * 4 3 6 1975 341 341 a * 4 3 6 1976 338 338 " 4 3 6 1977 334 334 * * 4 3 6 1978 331 331 * 4 2 6 1979 327 327 * 4 2 6 1980 324 324 " 4 2 6 1981 320 320 * 4 2 6 1982 317 317 " 7 2 9 1983 310 310 t 11 2 13 1984 299 299 - * i 2 13 1985 289 289 - * 11 2 13 1986 278 278 * * 11 2 13 Table 4.2 - B PAST TRANSACTIONS AND ESTIMATED FUTURE SERVICE PAYMENTS ON EXTERNAL PUBLIC DEBT AS OF SEPTMBER 30, 1971 DEBT REPAYABLE IN FOREIGN CURRENCY IN THOUSANDS OF U*So DOLLARS PAGE 6 LOANS FROM INTL* ORGANIZATIONS DEBT OUTSTANDING TRANSACTIONS DURING PERIOD BEGINNING OF PERIOD CANCEL* LATIONSo DISBURSED INCLUDING COMMITO DISBURSE- SERVICE PAYMENTS ADJUST- YEAR ONLY UNDISBURSED MENTS MENTS PRINCIPAL INTEREST TOTAL MENTS (1) (2) (3) (4) (5) (6) (7) (8) 1967 1*476 1o476 " 205 53 258 1968 1#271 1#271 * 72 43 115 1969 1s199 1s199 " 225 43 268 1970 974 974 235 33 268 * 1971 739 739 " 246 14 260 1972 493 493 * 145 7 152 1973 348 348 " 4 3 6 1974 345 345 * - 4 3 6 1975 341 341 " 4 3 6 * 1976 338 338 - 4 3 6 1977 334 334 4 3 6 1978 331 331 * 4 2 6 1979 327 327 * 4 2 6 1980 324 324 " " 4 2 6 * 1981 320 320 * * 4 2 6 * 1982 317 317 7 2 9 * 1983 310 310 11 2 13 * 1984 299 299 - 11 2 13 1985 289 289 - 11 2 13 * 1986 278 278 * 11 2 13 * Table 4.2 - HAITI PAST TRANSACTIONS AND ESTIMATED FUTURE SERVICE PAYMENTS ON EXTERNAL PUBLIC DEBT AS OF SEDTEMBER 30, 1971 DEBT REPAYABLE IN FOREIGN CURRENCY IN THOUSANDS OF U#Ss DOLLARS 'AGE 7 LOANS FROM GOVERNMENTS CANADA DEBT OUTSTANDING TRANSACTIONS DURING PERIOD BEGINNING OF PERIOD CANCELa LATIONSo DISBURSED INCLUDING COMMITO DISBURSE* SERVICE PAYMENTS ADJUST* YEAR ONLY UNDISBURSED MENTS MENTS PRINCIPAL INTEREST TOTAL MENTS (1) (2) (3) (4) (5) (6) (7) (8) 1969 . * 2,300 1*310 - 10 70 * 1970 1,310 2*300 890 * 140 140 - 1971 2*200 2*300 * 100 * 1972 2*300 2,300 a p 2*300 Table 4.2 - HAITI PAST TRANSACTIONS AND ESTIMATED FUTURE SERVICE PAYMENTS ON EXTERNAL PUBLIC DEBT AS OF SEPTEMBER 30, 1971 DEBT REPAYABLE IN FOREIGN CURRENCY IN THOUSANDS OF U&Ss DOLLARS PAGE a LOANS FROM GOVERNMENTS USA DEBT OUTSTANDING TRANSACTIONS DURING PERIOD BEGINNING OF PERIOD CANCEL* LATIONSD DISBURSED INCLUDING COMMIT" DISBURSEO SERVICE PAYMENTS ADJUST- YEAR ONLY UNDISBURSED MENTS MENTS PRINCIPAL INTEREST TOTAL MENTS Cl) (2) (3) (4) (5) (6) (7) (8) 1967 29#556 29D556 610 610 370 - 370 1968 29P796 29796 40 40 123 - 123 1969 29#713 29p713 40 40 * * * 1970 29#753 29*753 178 178 640 170 810 1971 29#291 29.291 40 40 720 - 720 *770 1972 27#841 27.841 * 10080 55 1,135 1973 26P761 26*761 * * 1032 49 10081 * 1974 25*729 25.729 " " 1.371 43 1414 * 1975 24#358 24*358 * * 1*422 37 1'459 * 1976 22D936 22D936 " - 10451 398 1o849 - 1977 21P485 21*485 10081 734 1'815 * 1978 2U#404 20#404 " U 1.110 699 1'809 * 1979 19#294 190294 1 " 1143 660 10803 U 1980 18 151 18#151 - * 1.231 619 1'850 * 1981 16#920 16'920 1*308 575 1'883 * 1982 15'612 150612 U " 1#270 530 1,800 * 1983 14#342 14p342 1#315 485 1'800 * 1984 130027 13'027 - * 1s362 438 10800 * 1985 11665 11 665 U * 1s410 390 1'800 * 1986 10*255 10#255 - 1'460 340 P800 * Table 4.2 - HAITI PAST TRANSACTIONS AND ESTIMATED FUTURE SERVICE PAYMENTS ON EXTERNAL PUBLIC DEBT AS OF SEPTEMBER 30, 1971 DEBT REPAYABLE IN FOREIGN CURRENCY IN THOUSANDS OF U&Ss DOLLARS PAGE 9 LOANS FROM GOVERNMENTS DEBT OUTSTANDING TRANSACTIONS DURING PERIOD BEGINNING OF PERIOD CANCEL* LATIONSP DISBURSED INCLUDING COMMIT- DISBURSE- SERVICE PAYMENTS ADJUST* YEAR ONLY UNDISBURSED MENTS MENTS PRINCIPAL INTEREST TOTAL MENTS C ) (2) (3) (4) (5) (6) (7) (8) 1967 29#556 29P556 610 610 370 - 370 1968 29#796 29P796 40 40 123 - 123 1969 29P713 29P713 2s340 1350 - 70 70 - 1970 310063 32P053 178 0068 640 310 950 1971 31#491 31P591 40 140 720 - 720 -770 1972 30141 30P141 - 1080 55 1'135 *2P300 1973 26#761 26P761 - - 1032 49 1,081 - 1974 25P729 25P729 - - 1*371 43 1'414 - 1975 24P358 24P358 * 1422 37 1'459 - 1976 22P936 22'936 - 1'451 398 1'849 1977 21o485 21P485 1 - 0081 734 1'815 - 1978 20P404 20s404 1 0110 699 10809 1979 19#294 19P294 - * 1143 660 1'803 - 1980 18P151 18P151 * * 1i231 619 1'a50 - 1981 16.920 16P920 - " 1s308 575 1'883 - 1982 15#612 15P612 - * 1I270 530 10800 1983 14P342 14P342 - l 1'315 485 10800 1984 13P027 13o027 - 1i362 438 1,800 - 1985 11s665 11665 - - 10410 390 1i800 - 1986 10,255 1O255 - - 1I460 340 10800 - Table 4.2 - HAITI PAST TRANSACTIONS AND ESTIMA.TED FUTURE SERVICE PAYMENTS ON EXTERNAL PUBLIC DEBT AS OF SEPTEMBER O, 1971 DEBT REPAYABLE IN FOREIGN CURRENCY IN THOUSANDS OF U.S. DOLLARS PAGE 10 /1 For the years 1967-1972 shown on this table, transactions are for fiscal years ended September 30. Amounts outstanding are amounts at the beginning of the fiscal year, i.e. amounts outstanding shown on the 1967 line are for October 1, 1966, and transactions are for the period October 1, 1966 to September 30, 1967. Starting with 1973, data are for calendar years -Service during 1972 includes a period of 15 months, from October 1, 1971 through December 31, 1972. /2 Excludes arrears. (See Note below) NOTE: Includes service on all debt listed in Table 1 prepared February 7, 1972, with the exception of the following: a) Loans for which repayment terms are not available: loan from Canada government $2,300 b) Principal in arrears: Suppliers $ 320 Privately placed bonds $h,OOO Loans from U.S. government $ 770 ECONOMIC AND SOCIAL DATA DIVISION ECONOMIC PRDGRAM DEPARTMENT FEBRUARY 7, 1972 TABLE 4.3 - HAITI EXTERNAL PUBLIC DEBT OUTSTANDING AS UF SEPTEMER 30, 1971 DEBT REPAYABLL IN LOCAL CURRLNCY IN THOUSANDS OF UeSe DULLARS DEBT UUTSTANOING SSrEM2BER 30, 1971 CRLDITUR COUNTRY UNoISm TYPE OF CREOITOR DISOURSED BURSED TUTAL 10b boU36 5,3f9 10>415 LOAN4 FRUM INTLe URGANIZATIONS 60036 5#379 100415 USA :>124 5,0124 LOANS FRUM GOVLRNMENTS 50124 m0124 TUTAL EXTLRNAL PUBLIC DEBT 1U160 5379 15#539 NUTES DLBT WITH A MATURITY OF OVER ONE YEAR ECONOMIC AND SOCIAL DATA DIVISION ECUNOMIC PROGRAM DEPARTMENT FEBRUARY 8, 1972 Table tAST TRANSA TIONS AND ESTIMATED FUTURE SERVICE PAMNTS CN EXTERNAL PUBLIC DEBT AS OF SEPTEMBER 30, 1971/1 DEBT REPAYABLE IN LOCAL CURRENCY IN THOUSANDS OF UsSs DOLLARS PAGE 1 TOTAL DEBT OUTSTANDING TRANSACTIONS DURING PERIOD BEGINNING OF PERIOD CANCEL* LATIONSo DISBURSED INCLUDING COMMIT- DISBURSE- SERVICE PAYMENTS ADJUST* YEAR ONLY UNDISBURSED MENTS MENTS PRINCIPAL INTEREST TOTAL MENTS Cl) C2) (3) C4) C5) C6) (7) C) 1967 6s025 9,948 1,300 169 244 66 312 *1 1968 5,950 11,003 802 1P842 206 85 291 - 1969 7#586 11s599 52 1,434 231 238 469 * 1970 8*789 11v42O 5v118 790 233 353 586 *1 1971 9,345 16,304 6 964 150 326 476 -621 1972 10,160 15P539 - 2s003 388 325 713 1973 11*775 159151 P 1688 401 355 756 1974 13PO62 14,750 1 1688 448 380 828 1975 14302 14,302 - *, 485 393 878 * 1976 13*817 13,817 * * 498 377 875 * 1977 13#319 13,319 * 513 361 874 1978 12P806 12,806 * * 784 343 1sv27 * 1979 120022 12P022 - - 803 320 1P123 * 1980 11219 11219 * * 823 296 I119 - 1981 10s396 10,396 * * 617 274 891 * 1982 90779 9,779 * * 626 258 884 * 1983 9*153 9*153 - - 635 241 876 * 1984 80518 8,518 * * 645 225 870 * 1V85 7P873 7ja73 - * 655 208 863 * 1986 7P218 7218 - - 666 190 856 /1 FOR THE YEARS 1967-1972 SHOWN ON THIS TABLE, TRANSACTIONS ARE FOR FISCAL YEARS ENDED SEPTEMBER 70. AMOUNTS OUTSTANDING ARE AMOUNTS AT THE BEGINNIIG OF .THE FISCAL YEAR, I.E., AMOUNTS OUTSTANDING SHOWN ON TRE 1967 LINE ARE FOR OCTOBER 1, 1966, AND TRANSACTIONS ARE FOR THE PERIOD OCTOBER 1, 1966 TO SEPTEMBER v0, 1967. STARTING WITH 1973, DATA ARE FOR CALENDAR YEARS. SERVICE DURING 1972 INCLUDES A PERIOD OF 15 MONTHS, FROM OCTOBER 1, 1971 THROUGH DECE?tBER 31, 1972. NOTE: INCIUD&, SERVICE ON ALL P"'r LISTED IN 'ADLE 1 PREPARED FEBRUARY 8, 1972. Table 4.4 - HAITI PAST TRANSACTIONS AND ESTIMATED FUTURE SERVICE PAYMENTS ON EXTERNAL PUBLIC DEBT AS OF SEPTEMBER 30, 1971 DEBT REPAYABLE IN LOCAL CURRENCY. IN THOUSANDS OF U*S& DOLLARS PAGE 2 LOANS FROM INTL# ORGANIZATIONS I DG DEBT OUTSTANDING TRANSACTIONS DURING PERIOD BEGINNING OF PERIOD CANCEL- LATIONSP DISBURSED INCLUDING CONNIT* DISBURSE0 SERVICE PAYMENTS ADJUST* YEAR ONLY UNDISBURSED WENTS NENTS PRINCIPAL INTEREST TOTAL NENTS (1) (2) (3) (4) (5) (6) (7) C ) 1967 1668 5J,591 10300 169 173 64 237 1 1968 1'664 6#717 1 0040 166 72 238 * 1969 2P538 6P551 * 1o382 231 94 325 * .1970 3P689 6*320 5000 772 233 112 345 ml 1971 4P227 11i86 958 150 157 307 m621 1972 5*036 100415 - 2,003 281 147 428 * 1973 6P758 10,134 1s688 313 180 493 1974 8P133 90821 - 1*688 322 208 530 * 1975 9P499 9499 331 226 557 * 1976 9P168 9s168 - 340 216 556 * 1977 8P828 8,828 - * 349 205 554 * 1978 8,479 8479 . 614 193 807 1979 7,865 7P865 a 624 176 800 * 1980 7241 7#241 636 158 794 1981 6P605 6P605 a a 423 143 566 1982 6P182 6P152 a * 425 134 559 - 1983 5P?57 P757 * 428 124 552 * 1984 5P329 5329 a a 430 . 115 545 * 1985 4P899 4P899 * a 432 106 538 * 1986 4P467 4467 * a 435 96 531 * Table 4.11 - HAITI PAST TRANSACTIONS AND ESTIMATED FUTURE SERVICE PAYMENTS ON EXTERNAL PUBLIC DEBT AS OF SEPTEBER 30, 1971 DEBT REPAYABLE IN LOCAL CURRENCY IN THOUSANDS OF US* DOLLARS PAE 3 LOANS FROM GOVERNMENTS USA - AID DEBT OUTSTANDING TRANSACTIONS DURING PERIOD BEGINNING OF PERIOD CANCEL- LATIONSs DISBURSED INCLUDING COMMIT- DISBURSE- SERVICE PAYMENTS ADJUST* YEAR ONLY UNDISBURSED MENTS MENTS PRINCIPAL INTEREST TOTAL MENTS cl) (2) (3) (4) (5) (6) (7) (8) 1967 4o357 41357 - * 71 4 75 * 1968 4#286 4#286 802 802 40 13 53 1969 5,048 50048 52 52 144 144 1970 5>100 50100 1d 18 * 241 241 1971 50118 5118 6 6 * 169 169 - 1972 5#124 5#124 * * 107 178 285 * 1973 5>O17 5*017 * * 88 175 263 * 1974 4929 0929 - * 126 172 298 1975 4#803 4,803 - -. 154 167 321 - 1976 4P649 4#649 * * 158 161 319 - 1977 40491 40491 * * 164 156 320 * 1978 4#327 4#327 - * 170 150 320 * 1979 40157 4s157 * 179 144 323 * 1980 3#978 3,978 i * 187 138 325 * 1981 30791 3#791 * * 194 131 325 * 1982 3s597 3P597 - " 201 124 325 * 1983 3,396 3#396 " - 207 117 324 * 1984 3#189 30189 - * 215 110 325 * 1985 2s974 2s974 * * 223 102 325 * 1986 2s751 2#751 * * 231 94 325 * ECONOMIC AND SOCIAL DATA DIVISION ECONOMIC PROGRAM DEPARTMENT FEBRUARY 8, 1972 Table 4.5: DEBT SERVICE RATIO 1967-1980 (millions of US$ and percent) Exports of Debt Debt Service Goods and Service Year Interest Amortization Total Services 2/ Ratio (Past) 1967 0.1 1.0 1.1 41.0 2.7 1968 0.1 0.3 0.4 47.5 0.8 1969 0.1 0.3 0.4 48.6 0.8 1970 0.4 1.2 1.6 52.6 3.0 1971 0.1 1.3 1.3 62.2 2.1 (Projected on Outstanding Debt as of September 30, 1971) 1972 0.1 1.6 1.7 65.0 2.6 1973 0.1 1.3 1.4 71.0 2.0 1974 0.1 1.7 1.7 77.0 2.2 1975 0.1 1.7 1.8 82.0 2.2 1976 0.k 1.7 2.1 89.0 2.4 1977 0.7 1.1 1.8 96.0 1.9 1978 0.7 1.1 1.8 103.0 1.7 1979 0.7 1.1 1.8 110.0 1.6 1980 0.6 1.2 1.9 118.0 1.6 1/ Debt Repayable in Foreign Currency only. Excludes advance payments of suppliers credit for Peligre Hydro-electric Plant. 2/ Principal Assumptions: Sugar-full quota of 30,000T by 1973. Coffee-decline until 1976 then rising to quota of 490.,000 by 1980. Thurists-rising by 10,000 tourists per year. Re-exports-10% p.a. Other-4% p.a. Source: Tables 3.1 and 4.2 Table 5.1: FISCAL OPERATIONS OF THE CENTRAL GOVERNMENT (millions of gourdes) Fiscal Years ending September 30 1966 1967 1968 1969 1970 1971 BUDGET REVENUE 129.5 118.5 129.7 122.6 142.6 155.8 Fiscal Revenue 100.0 9.7 105.3 99.1 11 . 127.1 Customs Revenue (net) -3. 70.2 *7.7 0 61.0 7.3 Customs Revenue (gross) (68.7) (63.2) (71.0) (71.7) (74.5) (83.4) less: 7.5% to SFSPD (4.2) (4.1) (4.6) (4.8) (4.9) (5.4) 7.0% to Customs Adm. (4.7) (4.7) (4.6) (4.8) (4.6) (5.5) US$3. per bag of exported coffee to SFSPD (6.0) (4.3) (4.8) (3.6) (4.0) (5.2) Internal Revenue (net) .43.0 42.2 44.2 37.8 51.7 55.7 Internal Revenue (gross) (52.5) (51.4) (54.4) (48.1) (64.2) (69.2) less: 10% Internal Revenue Adzl/ (6.6) (6.6) (7.2) (7.3) (9.3) (10.1) US$0.75 per bag of sugar for SFSPD (2.9) (2.6) (3.0) (3.0) (3.1) (3.5) Other Fiscal Revenue 3.2 3.4 4.2 2.7 3.5 3.1 Earmarked Revenue 29.5 22.8 24.4 23.5 26.4 29.7 Special Fund for Service of Public Debt 13.1 11.0 12.7 11.5 12.5 17. Customs Administration 4.7 4.7 4.6 4.8 4.6 5.5 Internal Revenue Administration 6.6 6.6 7.2 7.2 9.3 10.1 Special Provision for Development 5.1 0.5 .. EXTRABUDGET REVENUE 34.0 37.1 54.4 75.0 83.0 107.9 Non-fiscal Accounts 1T 1.2 1.3 1.0 0.9 1.0 Development Budget 3.8 3.2 4.5 6.1 7.9 7.8 Other Special Accounts 15.9 21.9 33.0 51.9 56.9 76.h Special Sinking Funds 11.3 10.7 10.9 11.2 13.0 17.5 Other Accounts 1.6 0.1 4.7 1.8 4.2 5.2 BUDGET EXPENDITURE 120.8 139.5 128.4 134.4 14 .9 167.8 Fiscal Expenditure 100.0 121.1 112. IIT. 120.6 Wages and Salaries 9.6 7l.2 70 . -76. 71.0 94.4 Other Current Expenditure 12.4 17.0 17.7 20.6 23.3 27.9 Transfers, Cooperative Projects and Contributions to international organizations 3.5 6.0 4.8 5.8 6.4 7.0 Checks of Previous Years 14.5 21.3 15.1 1.3 3.7 5.8 Matching Fund (--) 2.6 .5 9.1 6.2 6.3 Expenditure from Earmarked Revenues 20.8 18.4 15.9 20.8 23.3 26.4 Special Fund for Service ofF Public Debt 4.9 C.I 73 .7 9 10.9 Customs Administration 4.7 4.7 4.5 4.9 4.9 5.1 Internal Revenue Administration 6.6 6.6 7.1 7.4 8.6 10.4 Special Provision for Development 4.6 1.0 -- -- -- -- EXTRABUDGET EXPENDITURE _.t 38.7 56.4 75.5 84.7 108.5 Non-fiscal Accounts 1.6 1.2 1.1 0.7 1.2 3.0 Development Budget 8.0 7.4 4.6 5.6 8.3 8.1 Other Special Accounts 16.2 19.0 31.h 54.9 60.1 79.2 Special Sinking Funds 3.7 3.5 4.8 5.1 4.7 5.7 Other Accounts 5.1 7.6 14.5 9.1 10.4 12.5 Over-all Surplus/Deficit 8.3 -22.6 -0.7 -12. O -12.6 Budget . -21.0 1.3 -11. -1.3 -12.0 Extrabudget -0.1 -1.6 -2.0 -0.5 -1.7 -0.6 NET EXTERNAL BORROWING -4.0 -4.7 -5-6 -6.5 6.5 -6.4 Drawings 2/ 1.0 1.1 0.7 0. _0. - Repayments -5.0 -5.1 -1.6 -1.5 -5.9 -6.4 Public Debt Arrears -- -0.7 -4.7 -5.5 11.6 - NET INTERNAL BORROWING -7.5 31.5 11.8 12.5 1.1 17. Private (net) 2.9 -1.7 2.0 0 99 Monetary Authorities (net) -3.5 28.6 13.5 10.5 0.7 8.8 Overdraft (net) (-4.0) (27.4) (-25.2) (10.b) (3.5) -12.3 Loans (net) (0.5) (1.2) (38.7) (0.1) (-2.8) 21.2 CHANGES IN DEPOSITS (-increase) 3.0 -4.6 -4.6 5.4 -4.3 1.0 STATISTICAL DISCREPANCY 0.2 0.L -0.9 0.9 o _-_ Source: National Bank of the Republic of Haiti. 1/ Includes also 15% of municipalities funds 7/ Includes capitalization of interest Table 5.2: BUDGET REVENUES (millions of gourdes) Fiscal Years Ending September 30 1962 1963 1964 1965 1966 1967 1968 1969 1970 1971 1/ TAX REVENUES 129.1 1 1 116.9 108.0 120.0 1a5.8 134.7 146.6 Custans Revenue 80.6 69.6 70.6 65.6 68.7 63.2 71.0 71.7 74.5 83.4 Import Duties (52.0) (43.1) (47.9) (43.4) (46.0) (45-3) (51.6) (54.9) (57.6) (61.6) Coffee Export Taxes (24.9) (25.0) (16.7) (17.4) (19.3) (13.5) (15.6) (13.4) (J4-o) (18.8) Other Export Taxes (2.1) (4.3) (.2) (1.8) (2.6) (2.2) (1.6) (1.2) (1.0) Other (1.6) (1.5) (1.7) (1.6) (1.6) (1.8) (1.6) (1.8) (1.7) (2.0) Income Tax 13.2 15.4 14.1 12.0 10.7 11.4 12.9 12.5 15.7 17.8 Enterprises (10.6) (11.1) (11h) (9.9) (8.7) (9.3) (10.3) (9.5) (12.2) (14-5) Individuals (2.6) (4.3) (2.7) (2.1) (2.0) (2.1) (2.6) (3.0) (3.5) (3.3) Excise Taxes 19.4 17.5 16.5 24.2 23.3 19.9 20.1 15.2 24.6 28.1 Flour (11.3) (9.9) (9.2) (1.1) (9.8) (7-4) (6.5) (1.3) (9.9) (12.0) Sugar (0.6) (0.3) -- (5.7) (5.9) (5.2) (6.1) (6.1) (6.2) (7.0) Cigarettes, Oil & Other (7.5) (7.3) (7.3) (7.4) (7.6) (7.3) (7.5) (7.8) (8.5) (9.1) Other Tax Revenues 15.9 17.3 15.9 14.9 14.2 13.5 16.0 16.4 19.9 17.3 Developed Properties (0.8) (0.8) (0.7) (0-4) (0.5) (0.5) (0-4) (0.5) (0.6) (0.6) Legal Transactions (13.7) (13.8) (13.9) (12.7) (12.) (11.1) (12.2) (12.1) (13.8) (11.9) Other (1.6) (1.7) (1.7) (1.8) (1.3) (1.9) (3.6) (1.8) (5.5) (2.8) NON-TAX REVENUES 7.1 11.2 10.2 11.6 1. 9.7 6.8 7.9 9.2 TOTAL BUDGET REVENUE 136.2 131.0 131.7 125.6 2. 19 2.1 122.6 12.6 28.1 1/ Estimate based on first 10 months. Sources: Finance Ministry, Customs Administration, Internal Revenue Administration, Y,,-'tio±al Bank of the Republic of Haiti and Mission Estimates. Table 5.3: REVENUES FROM EXCISE TAXES (In thousands of gourdes) Fiscal Years ending September 30 10 Months 1967 1968 1969 1970 1970 1971 Total 19,937 20,100 15,154 24,646 20,590 23,470 Ordinary excise taxes 7,303 7,538 7,819 8,503 7,251 7,700 Alcohol derived from sugarcane 347 385 354 385 321 325 Alcohol derived from other substances -- -- 4 -- -- -- Liquor 160 226 241 335 293 322 Wine 101 108 168 156 1k0 206 Stamp duty on alcbhol 388 382 [15 474 4o 44o Soft drinks 321 345 474 578 483 509 Cigars 4 1 2 2 2 4 Cigarettes 2,664 2,681 2,771 3,138 2,741 2,861 Processed tobacco 1 1 1 1 1 -- Edible oil 1,157 1,172 1,243 1,225 1,036 1,192 Lard 172 139 144 176 142 172 Luxury foodstuffs 542 509 559 628 529 616 Soap 776 825 715 660 538 579 Textiles 424 446 395 446 369 299 Shoes 4 19 30 28 17 24 Aluminum products 15 48 53 23 22 -- Propane gas 40 39 32 46 38 25 Others 184 212 220 203 185 126 Flour excise tax and earmarked excise tax 12,634 12562 7, 16 1 13,339 15 770 Flour e,xci2s e,7 ta2x, 8,182 Sugar 5,210 6,075 6,085 6,187 5,157 5,864 Sourcest Ministry of Finance; and the National Bank of the Republic of Haiti and Internal Revenue Administration. Table 5.4s COMPARISON OF TAIATION ON COFFEE Price per Quintal Costa Dominican (46 kg.) Rica/1 Guatemala/2 Honduras Nicaragua Republic Salvador Haiti/4 (US$ per 46 kg.) 20.00 Exonerated 2.00 4.83 1.13 Exonerated 2.00 13.35 25.00 3.00 4.83 1.13 2.50 13.35 30.00 3.75 4.83 1.13 3.00 13.35 35.00 13.25 4.75 4.83 1.13 4.00 13.35 40.00 2.45 6.25 4.83 1.13 5.25 13.35 45.00 4.95 7.75 4.83 1.13 0 6.75 13.35 (percent of price per 46 kg.). 20.00 - 10.0 24.2 5.7 10.0 25.00 - 12.0 19.3 4.5 - 10.0 66.8 30.00 - 12.5 16.1 3.8 - 10.0 44.5 35.oo 3.8 13.6 13.8 3.2 - 11.4 38.1 40.00 6.1 15.6 12.1 2.8 - 13.1 33.4 45.00 11.0 17.2 10.7 2.5 - 15.0 29.7 1/ "Ad valorem" tax and advertising tax. g/ Includes taxes earmarked for the National Coffee Association and the Manicipal Development Institute. Includes tax earmarked for the Coffee Office. Tax on unwashed arabica. Source: OAS and National Bank of the Republic of Haiti. Table 5.5: REVENUES FROM COFFEE EKPORT TAXES 1966-1971 Tax Fiscal Year ending September 30 Rate 1966 1967 1968 1969 1970 1971 (In 60 Kilogram bags) 1/ Exports of coffee 405167 285 627 320,000 308 166 266,025 358 463 Washed Arabica 35,000 32,000 29,253 30,275 t1,320 Unwashed Arabica 368,967 256,627 286,500 271,732 224,861 307,600 Brokens 1,200 1,000 1,500 7,181 10,889 9,543 (In U.S. dollars per bag) (In thousands of gourdes) Total coffee taxes collected 3,185 23,967 26,806 24,361 2Z5982 30,251 Budget revenue 19 6014 D-2758 1514114 1345 14 0149 18 790 Fiscal revenue 3,526 9,17 10,602 9,1781 9,555~ t Washed Arabica 3.85 (569) (455) (520) (475) (583) (795) Unwashed Arabica 7.60 (12,914) (8,982) (10,028) (9,06) (8,545) (11,689) Brokens 7.85 (44) (36) (54) (260) (427) (375 Earmarked revenue 6,078 4,284 4,812 3,668 4,494 5,931 Special Fund for Service of Public Debt 3.00 (6,078) (4,284) (4,812) (3,668) (3,962) (5,214) Special budget revenue 0.40 (--) (--) (--) (--) (532) (717) Exrabugerevenue 14 581 10 210 11392 10 912 11 533 11,461 Coffee bonds 4.00 8!20 5711 6!339 5,873 5,321 7,135 National Coffee Office 1.00 1,519 1,071 1,203 1,156 1,330 1,792 International Coffee Agreement 0.402/ 2,431 1,714 1,925 1,233 1,596 717 National Office for Alphabetization 0.264 2,431 1,714 1,925 2,034 1,756 473 Peligre hydroelectric 2/ project 0.50 -- -- -- 616 1,19 National Defense Account 0.25 -- -- -- -- 33 Source: National Bank of the Republic of Haiti. 1/ Data correspond to exports on which budget taxes were collected during the year; because of timing factors these exports are slightly different from exports shown in Table 3.3. They also differ--and to an even greater extent--from exports on which extrabudget taxes are collected, partly because of a substantial time lag on these collections. 2/ These taxes have recently been lowered so that for years prior to 1971 tax revenues are calculated at different rates. Table 6.1: CONSOLIDATED SUMMARY ACCOUNTS OF THE BANKING SYSTEM (millions of gourdes) September 30 1966 1967 1968 1969 1970 1971 Foreign Assets (Net) -19. - 09 -33.2 -29.1 2.8 48.2 Assets 9.1 7.5 15.0 16.6 21.0 47.7 Liabilities -28.4 -38.4 -48.2 -45.7 -18.2 3.5 Domestic Credit 166.1 182.7 202.6 226. 227.6 248.5 National Govt. (Net) 135.6 159.7 170.3 186.3 IB 193.3 IDAI (Net) -2.7 -3.9 -4.5 -0.3 3.7 5.1 Other Public Sector (Net) 4.4 0.9 4.2 8.6 2.5 3.3 Official Capital and Surplus (-) 17.4 17.1 18.2 19.4 20.4 22.1 Private Sector 39.9 42.4 47.1 49.0 55.7 68.5 Unclassified (Net) 6.0 -0.1 2.2 1.9 3.8 -2.1 Interbank Float 0.1 0.7 1.6 0.7 -0.3 2.5 TOTAL ASSETS-LIABILITIES 146.8 151.8 169.4 197.6 230.4 296.7 Long-Term Liabilities to Intl. Organizations 8. 8.8 12.9 19.3 21.8 26.6 SDR Contra-entry -- 12.6 22.8 Liabilities to Private Sector 138.2 1143.0 156.5 178.3 196.0247.3 Money 10. 107.0 fl6 131.7 1142.*0 175-.3 Currency (68.5) (72.9) (78.3) (82.9) (91.1) (108.9) Demand Deposits (34.4) (34.1) (38.2) (48.8) (50.9) (66.4) Quasi-money 35.3 36.0 40.0 46.6 54.0 72.0 Savings Deposits (33.4) (34.1) (35.3) (42.2) (49.8) (67.8) Other (1.9) (1.9) (4.7) (4.4) (4.2) (4.2) Source: National Bank of the Republic of Haiti and IMF. Table 6.2: SUMARY ACCOUNTS OF THE NATIONAL BANK (millions of gourdes) Septeber 30 1966 1967 1968 1969 1970 1971 Foreign Assets (net) -19.8 -31.6 -3_6 -30.1 1.2 42.8 Asset .6 6.7 12 .3 1 . -19.7 39.3 Liabilities -28.4 -38.3 -7.9 -45.6 -18.2 3.5 Iff (net) (-26.8) -(-34.9) (-30.7) (-28.3) (-14.4) (3.5) Arrears on External Debt (--) (-0.7) (-5.9) (-11.6) (--) (--) Other Arrears (--) (-o.4) (-4.2) (-3.6) (-0.6) (-) Arrears at Private Banks (--) (-2.1) (-6.5) (-1.1) (-0.8) (--) Other (-1.6) (-0.2) (-0.6) (-1.0) (-2.4) (--) Domestic Credit (net) 140.0 1 7.1 173.0 1 8.2 19.6 206.3 National GoverMent (net) 5 159.8 170.3 186.3 182.6 193.3 Overdraft (--) (27.4) (2.2) (12.7) (16.2) (3.9) Other Loans (145.6) (146.8) (187.1) (187.2) (184.3) (205.5) Deposits (-) (9.8) (14.4) (19.0) (13.6) (17.9) (16.1) IDAI (net) -2.7 -3.9 -4.5 -0.3 3.7 5.1 Loans (6.9) (6.8) (6.3) (5.9) (5.7) (8.3) Deposits and Cash (.) (-9.6) (-10.7) (-10.8) (6.2) (2.1) (3.2) Other Public'Sector (net) 4*4 0.9 4.2 8.6 2.5 3.3 CAMEP (grqss) (1.7) (2.1) (6.6) (12.5) (12.6) (12.8) COCEA (gross) (--) (--) (--) (0.9) (3.5) (4.8) Other (gross) (5.3) (4.2) (3.0) (3.6) (5.6) (7.0) Deposits (-) (-2.6) (5.4) (5.4) (8.4) (19.2) (21.3) Official Capital and Surplus (-) 17.4 17.1 18.2 19.4 20.4 22.1 Private Sector 21.4 24.8 26.2 26.9 30.0 34.1 Unclassified (net) -1.5 -7.4 -4.9 -3.9 -2.8 -7.4 TOTAL ASSETS - Liabilities 120.2 125.5 137.4 168.1 194.1 249.1 Liabilities to Banks (net) 15.2 15.6 2. 2 .6 20.3 26.1 Currency Holdings (.7) ().3 (1.0) (0.7) O -.) T59) Deposits (14.5) (16.3) (10.5) (21.7) (21.4) (28.5) Loans (-) (--) (1.0) (1.8) (1.8) (1.9) (3.2) Long-term Liabilities to International Organizations 8.6 8.8 .2.9 12. 21.8 26.6 SDR Contra 1htry -- -- -- -- 12.6 22.8 Liabilities to the Private Sector *. 10*. 11*. 12 *4 173* Money U. 6-5 9. --- 3- Currency in Circulation .(68.5) (72.9) (78.3) (82.9) (91.1) (108.9) Denand Deposits (14.1) (14.6) (19.1) (22.1) 27.5 (34.3) Quasi Money 13.8 13.6 17.4 20.2 23.8 30.3 Savings Deposits (11.9) (11.7) (12.7) (15.9) (19.8) (26.1) Other (1.9) (1.9) (4.7) (4.3) (4.0) (4.2) Sourcet National Bank of the Republic of Haiti and IKF. Table 6.3: SUMMARY ACCOUNTS OF PRIVATE BANKS (millions of gourdes) September 30 1966 1967 1966 1969 1970 1971 Foreign Assets (Net) 0.5 0.7 2.4 1.0 1.. .4 Assets 0.5 -.7 2.7 1.1 1.3 Liabilities -- -0.1 -0.3 -011 -- -- Position with National Bank (Net) l3 16. 11. 2 20.1 28.6 Currency Holdings 0.7 0.3 . 0.7 -0. 7.7 Reserve Deposits 14.6 16.6 U.3 25.2 21.3 29.8 Loans (-) -- 0.6 1.0 1.6 2.0 2.0 Domestic Credit 26.0 24.9 28.0 28.0 32. 39.7 Private Sector 19.7 17. 20.9 22.1 25.7 34.4 Unclassified (Net) 7.5 7.3 7.1 5.9 6.6 5.3 Liabilities to the Private Sector 41.8 41 4. 525.7 73.7 Demad Deposits 19.1 26.7 32.1 Savings Deposits 21.5 22.4 22.6 26.3 30.0 41.7 Other -- -- -- 0.1 0.2 -- Sources National Bank of the Republic of Haiti and IMF. Table 7.12 PRODUCTION OF SELECTED AGRICULTURAL COMMODITIES Fiscal Years ending September 30 1966 1967 1968 1969 1970 1971 Coffee (thousand 60 kilo- gram bags) 583 469 526 503 450 543 Sisal (thousand short tons) 27 24 19 17 17 18 Cotton (thousand 250 kilo- gram bags) 12 9 4 5 7 12 Bananas (million stems) 17 17 13 14 14 14 Cacao (thousand metric tons) 2.5 2.7 2.5 2.7 2.9 3.1 Corn (thousand metric tons) 234 246 220 242 240 252 Rice (thousand metric tons) 76 77 77 83 80 81 Sugarcane (thousand metric tons) 4,952 4,900 4,300 4,600 4,800 4,900 Sorghum (thousand metric tons) 187 1881 189 209 210 211 Beans (thousand metric tons) 41 42 36 40 0 42 Tobacco (thousand metric tons) 2.0 1.9 1.9 2.2 2.2 2.2 Potatoes (thousand metric tons) 6.4 6.5 6.6 7.4 6.6 7.0 Manioc (thousand metric tons) 111 111 111 121 130 134 Sources: National Bank of the Republic of Haiti; Ministry of Agriculture; and National Council for Development and Planning. Table 7.2: DISTRIBUTION OF RETURNS FROM COFFEE EXPORTS (in U.S. dollars per 100 kilogram and per cent) F.o.b. Export Taxes Intermediaries Producer Fiscal Year Price Amount Share Amount Share Amount Share 1950 102.00 16.40 16% 11.60 11% 74.00 63% 1952 104.00 16.80 16% 13.20 12% 74.00 72% 1953 108.00 17.40 16% 17.60 16% 73.00 68% 1966 80.00 25.82 32% 1.18 18% 40.00 50% 1965 84.00 26.82 32% 23.18 28% 34.00 40% 1966 85.00 26.82 32% 23.18 27% 35.00 41% 1967 79.00 26.82 34% 20.18 25% 32.00 41% 1968 74.00 26.82 36% 16.18 22% 31.00 42% 1969 72.00 26.48 37% 17,72 24% 28.00 39% 1970 95.80 27.25 29% 21.37 22% 47.18 49% Sources: Ministry of Finance and Economic Affairs; General Customs Administra- tion; and the Haitian Institute for the Promotion of Coffee and Export Produce. Table 8.1: PRODUCTION OF SELECTED MINERAL AND INDUSTRIAL COMMODITIES Fiscal Years ending September 30 1966 1967 1968 1969 1970 1971 Bauxite (thousand metric tons)2/ 412.0 316.0 469.9 763.8 648.5 705.0/1 Copper (thousand metric tons)2/ 9.8 7.3 4.4 5.9 4.8 6.O1 Sugar (thousand short tons) 64.8 60.5 63.7 58.2 63.9 68.6 Molasses (million gallons) 3.5 3.0 3.3 3.3 3.5 3.8 Cement (thousand metric tons) 37.5 38.1 40.6 51.2 62.4 70.0 Cotton textiles (million yards) 4.3 3.8 4.0 3.5 3.6 5.9 Cigarettes (millions) 348.o 351.0 342.o 361.0 420.7 451.4 Flour (thousand metric tons) 45.4 41.3 11.1 10.9 0.5 54.5 Soap (thousand metric tons) 5.8 5.7 5.6 4.8 4.4 7.6 Cooking oil (thousand metric tons) 5.3 4.7 4.7 5.0 4.9 8.2 Lard (thousand metric tons) 0.7 0.7 0.5 0.6 0.7 1.5 Shoes (thousand pairs) 53.6 45.1 187.81 173.1 221.2 357.9 Soft drinks (million bottles) 15.9 13.9 16.8 20.5 25.5 26.6 Perfume essence oils (thousand kilograms)./ 226.9 286.2 342.5 306.3 206.0 380.O1 Source: National Bank of the Republic of Haiti. 1/ Istimates based on eleven months coverage. 2/ Export data. 3/ In 1968 coverage was extended to a manufacturer who was not previously listed. Table 9.1: COST OF LIVING INDEX Fiscal General Food Clothing Housing Year Annual Average - 1948 = 100 1960 102.7 91.6 76.7 209.0 1961 106.6 94.8 83.0 213.1 1962 106.0 95.6 83.0 203.5 1963 111.7 101.8 86.0 210.8 1964 117.1 1o9.4 86.4 211.9 1965 124.4 115.7 85.4 238.2 1966 130.9 118.2 83.2 282.3 1967 132.8 119.5 89.4 280.7 1968 130.3 118.5 97.8 252.1 1969 133.4 122.4 112.0 231.7 1970 135.1 123.7 112.1 236.7 1971(est) 144.0 .. .. Annual Percentage Change 1961 3.8 3.5 8.2 2.0 1962 -0.6 0.8 0.0 -4.5 1963 5.4 6.5 3.6 3.6 1964 4.8 7.5 0.5 0.5 1965 6.2 5.8 -1.2 12.4 1966 5.2 2.2 -2.6 18.5 1967 1.4 1.1 7.5 -0.6 1968 -1.9 -0.8 9.4 -10.2 1969 2.4 3.3 14.5 -8.1 1970 1.3 1.1 0.1 2.2 1971(est) 6.6 .. .. Source: Haitian Institute of Statistics. Table 10.1: SUGAR REFINING SECTOR: ESTIMATED FINANCIAL SITUATION (millions of US$, except as noted) MAJOR PRODUCER OTHERS TOTAL Gross Sales 8.0 1.9 9.9 Exports TIT .1.9 37 Domestic 6.5 - 6.5 Taxes 2.9 0.4 3.3 Excise Taxes 1. - 1.7 Export Duties 0.3 0.4 0.7 Tobacco Monopoly 1.3 - 1.3 Sales After Taxes 1.5 6.6 Exports 1.2 1.7 7 Domestic 3.9 - 3.9 Production Costs 3.0 0.8 3.8 Sugar Cane 7.7 D7. T-T Wages 0.2 0.1 0.3 Fuel and other inputs 0.5 0.1 0.6 Profit 2.1 0.7 2.8 Profit/Gross Sales 2". % 3ZBI% 2.% Profit/Sales after taxes 4l.2% 46.7% 42.4% Taxes/Gross sales 36.3% 21.1% 33.3% Production Costs/Gross Sales 37.5% 42.1% 38.4% Assupations: Production (000 short tons) 55.0 13.6 68.6 Exports Domestic 44.2 - 44.2 Prices - Export: 6.90/lb. Taxes - Exports 1.40/lb. Domestic: 7.40/lb. Domestic: 3.00 /lb. Sugarcane Price - $4.10/short ton Yield - 10% Employment (man/days): HASCO -120,000, Other - 30,000, Wages - $1.50/man/day Source: Haitian-American Sugar Company and Mission estimates. Table 10.2: CONDITION OF THE ROAD NETWDRK (in kilometers) Concrete or Asphalt Stone Gravel Dirt Route Good Poor Poor Good Poor Bad Bad Total Total 186 100 17 160 517 666 1,711 3,157 MaJor roads 186 78 17 40 209 60 18 748 No. 100i Port-au-Prince, Gonaives, Cap-Haitien 104 66 17 -- 63 -- -- 250 No. 200t Port-au-Prince, Cayes (Southern Road) 24 6 -- -- 61 60 65 196 No. 214: Cayes, Jaremie (Southern Road) -- -- -- 30 67 -- -- 97 No. 300t Port-au-Prince, Hinche, Cap-Haitien 58 6 -- 10 38 -- 93 205 Secondary roads -- 22 3 66 182 70 343 No. 150t Gonaives, Port-de-Paix -- -- -- -- -- -- 77 No. 113: Gonaives, Mole St. Nicholas -- -- -- -- -- -- 70 70 No. 102: Croix-des-Bonquets, Saltrou -- 22 -- 3 10 105 -- 140 No. 305: Mirebalais, Belladere -- -- -- -- 56 -- -- 56 Other roads -- -- 117 242 224 1,483 2,066 Sources National Council for Development and Planning (CONADEP), Economic and Social Action Plan 1970-71.
Группа Всемирного банка · Pre-2003 Economic or Sector Report
Haiti - Current economic position and prospects : Situacion economique actuelle et perspectives d'avenir d'Haiti
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Pre-2003 Economic or Sector Report
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Гаити
Источник
Всемирный банк