DIFFUSION RESTREINTE RapportNo. AW-14a TRADUCTION NON-OFFICIELLE A TITRE D'INFORMATION Ce rapport a e'té prépare' 'a titre de document interne. Ni la Banque ni les organismes qui lui sont affilie's n'acceptent aucune responsabilite quant à son exactitude ou son caractère exhaustif. En aucun cas ce rapport ne saurait être publi' ou cité comme représentant leurs vues. BANQUE INTERNATIONALE POUR LA RECONSTRUCTION ET LE DEVELOPPEMENT ASSOCIATION INTERNATIONALE DE DEVELOPPEMENT DEVELOPPEMENT ECONOMIQUE AU MALI EVOLUTION, PROBLEMES ET PERSPECTIVES VOLUME I RAPPORT PRINCIPAL 15 mai 1970 Département Afrique de l'Ouest TAUX DE CHANGE Avant le h mai 1967 2h6,853 Fi = % dollar E.U. 1 Fl = 1 franc CFA Du h mai 1967 au 11 août 1969 493,706 FM = 1 dollar E.U. 1 FM = 0,50 franc CFA Après le 11 août 1969 555,hl9 Fm = 1 dollar E.U. 1 FM = 0,50 franc CFA Note: Les chiffres relatifs aux coûts et aux investissements donnés en francs maliens dans ce rapport n'ont pas été rectifiés pour tenir compte de la dévaluation partielle du 11 août 1969. Sauf indication contraire, tous les équivalents en dollars ici mentionnés sont calculés sur la base du taux de change antérieur à la dévaluation. COMPOSITION DE LA MISSION Ce rapport est fondé sur les travaux d'une Mission qui a séjourné au Mali, où elle a fait ses recherches sur le terrain en avril et mai 1969. Sa composition était la suivante: John C. de Wilde, Chef de Mission Heinz B. Bachmann, Economiste Carlos IIerayo, Economiste Yves Franchet, Expert en Comptabilité nationale Ernst-Albrecht F. Conrad, Entreprises publiques William I. Jones, Economiste agricole Edward A. Minig, Energie électrique Giuseppe Pennisi, Education Le rapport comprend certaines données supplémentaires recueillies depuis l'achèvement des travaux de la Mission au 1Mali. LIBTE DES ABREVIATIONS UTILISEES ACM - CIIN - Compagnie Malienne de Navigation ACM - ENCOM - Entreprise Malienne des Constructions Métalliques COMATEX - Combinat Textile OCINAM - Office du Cinéma Ialien OPAM - Office des Produits Agricoles du Mali RCFM - Régie du Chemin de Fer du Mali RTM - Régie des Transports du Mali SEPOM - Société d'Exploitation des Produits Oléagineux du Mali SHM - Société des H8telleries du Mali SOCOMAI - Société des Conserveries du Mali SOCORAI - Société de Construction Radioélectrique SOMIEX - Société Malienne dtImport-Export SONAREM - Société Nationale de Recherche et d'Exploitation SONATAM - Société Nationale des Tabacs et Allumettes du Mali SONEA - Société Nationale de ltExploitation des Abattoirs SONE'RA - Société Nationale d'Entreprise et de Travaux Publics TUB - Transports Urbains de Bamako UNICOOP - Union des Coopératives Divers BDM - Banque de Développement du Mali BCM - Banque Centrale du Mali CFDT - Compagnie Française des Fibres Textiles FAC - Fonds dtAide et de Coopération FED - Fonds Européen de Développement OMîPT - Olce Malien des Postes et Télécommunications UMAO - Union Monétaire de ltAfrique Occidentale TABLE DES MATIRES Page no CARTES l. Précipitations et zones écologiques (No; 2810) 2; Ltéconomie du Mali (No; 2811) 3. Les axes dtexportation et dtimportation (No. 2812) 4. Les routes et la production agricole (No. 2813) DONNEES DE BASE RESUE ET CONCLUSIONS i - ix I. Le pays ........ .. ......... .......... .... ..... i Caractéristiques-physiques-et-population-;:;;;;;;;;;;;; i Ecologie .................; ; ; .; ; . ; ; : ;; ; i Les ressources naturelles .......................... 2 La structure des transports et- les axes de communications ..........;;;;;;;;;;;;;; 2 La population et ses caractéristiques .............. h Insuffisance des éléments d'information disponibles. 5 II. Structure de l'économie ............................... 7 Importance du secteurpublic;;;;;;;;;.;;;;.... 7 Le secteur rural ........;.;;.....;.;;;.;; 7 Le secteur manufacturier ;...;;;;..;...;;;;;;; 10 Le commerce et la banque ........................ 10 III.Evolution de l'économie 10 Le développement des entreprises d'Etat ...;;;;;; 12 La réglementation de ltéconomie par l'Etat ..;;;;;;; 13 Les conséquences économiques de 1961-à-1966-.;..;; i La réintégration dans la zone franc ...;;;;;;;;;;;;; 18 Le rétablissement-de-la-convertibilité'-- - du franc malien .... ----......... ....... ..--.. . 21 Le coup dtEtat de novembre-1968-et- ----------- le nouveau gouvernement ........................... 22 IV. La libération du commerce et des prix .........7 24 V. Le redressement des entreprises d'Etat ............... 26 VI. Les finances publiques . .......................... 30 Les ressources-financières-dgouvernement . ;;;; ; 32 Les dépenses ..............;;;;. 36 Les perspectives d'équilibrer le budget .......... 37 - 2 - TABLE DES MATIERES (suite) a 30 VII. La balance des paiements internationaux ................ 38 Le problème de la dette extérieure .................. h0 La dévaluation d'aolt 1969 ....................... hl L'avenir des échanges fondés sur des accords de compensation ........................ 42 VIII. Perspectives d'accroissement de la production .......... 43 A. Agriculture, élevage et Dgche o... ............ 43 Coton ................ 0...............s......... 43 Arachides ........... .... 46 Riz .. . .. . ..............es.......o... ... . 49 Autres céréales ........ .................. 5r. Autres cultures ............ .... ..... 51 Le problème de l'Office du Niger ............. 52 Elevage .. ... ............ . .. . . ...... .. 51 P9che e.s. . ............ ..... . ..... .. 55 Onchocercose .............. . ..... 5 Services de soutien de l'agriculture et de l'élevage ............ .... ... .......... B. Industrie, .........00...·.. .... . ·· . ..... ... · 58 C. Tourisme ........................................ 60 IX. Besoins en infrastructure .............................. 61 A. Routes et transports routiers ................... 6i B. Le chemin de fer ......... ............. .......... 62 C. Navigation fluviale et transports fluviaux ...... 63 D. Transports aériens ........... .............. 64 E. Fourniture d'énergie électrique et d'eau ........ 64 F. Télécommunications ........................... 66- G. Education ....................... .............. 67 X. Perspectives de croissance et de financement extérieur . 70' -3 - TABLE DES MATIERES (Suite) Page no ANNEXE: LE SYSTEMDE STATISTIQUES DU MALI.................. 73 I. Introduction et conclusions résumées...... 73 II. Principales séries statistiques........... 74 A. Production agricole................. 74 B. Industrie et commerce............... 76 C. Statistiques des prix............... 76 D. Statistiques du'commrce extérieur.. 77 E. Population......;;;.; .. .; 78 III. Comptabilité nationale.................... 79 A. Cadre du système comptable.......... 79 B. Le PIB et ses principaux éléments... 80 C. Evaluation des comptes de la nation. 82 IV. Recommandations ........................... 82 A. Statistiques démographiques et consommation des ménages.......... 83 B. Relevé des prix...................... 83 C. Commerce extérieur............... 84 D. Statistiques industrielles.......... 84 E. Coopération entre organismes........ 85 F. Comptabilité nationale.............. 85 ANNEXE STATISTIQUE Tableau figurant dans le texte Tableau 1: Mali - Le budget et les opérations du Trésor (entre p. 30 et p. 31) 12° 8° 4° 00 4* 24°-- REPUBLIQUE DU MALI 0 100 200 300 40 500 0 ?0 -24 PRECIPITATIONS ET ZONES ECOLOGIQUES KILOMETRES FRONTIERES INTERNATIONALES FRONTIERES REGIONALES @ CAPITALES REGIONALES To @ VILLE DE PLUS DE 10.000 HABITANTS a AUTRES VILLES VOIES FERREES (ECARTEMENT 1 METRE) A L G E R l E ROUTES PRINCIPALES COURS D'EAU NAVIGABLE ZONES D'INONDATION 20- - ISOHYETES ANNUELS MOYENS ZONE SAHARIENNE I ZONE SUB-SAHARIENNE FORAS ZONE SAHELIENNE ZONE SOUDANAISE ZONE GUINEENNE MA U R l T Ak N I E [ s . n200mm sýComm N l G E R SENEGAL 4OOmm .ERS DNKAR Oves u """500rmm - - 600 NIAMEY RtPARTITIO MENSUELLE r - U T E V O L T A DES PRECIPITATIONS - - 800mm 0UAGADOUGOU 30m 9mm 1 00 0~'0 1 'mm1 200 G1 200m Kø n 00mmG H A 100 COT ' DIVOIR .oUA K4 0Nioro Segou Sikasso Gao JANVIER 1970 BIRD - 2810 8 4 00 40 REPUBLIQUE DU MALI - 20 100 200 300 400 500 a E CONOMIE l -24 TR QKILOMETRES ---FRTrJT lERE~ IrJTERrj*VT irNALE .............. FPurNTI PE PEGICrI LE5 ® CA'ITZLE- REION.ALES -'ILLE CE PLU DE 10.0 u Hå T r Taouden o U -TE VILLES - FEPREE_ (E CE <TEME4T I METRE) A RiuTE¯ FPirCiFiLE\ A L G E R l E -CUR& E' Ej li -V I,."8tE II'~rD~ i''r~AD RA Rý -. i NES c, C' I ii N-D,T i -,N COTON e-- 20 MIL IRA $ 1* ARACHIDES AUTRES CULTURES VIVRIERES AUTRES CULTURES CHEPTEL (LA TAILLE DU SYMBOLE EST, PROPORTIONNELLE A-CIELLE DU TROUPEAU) M A U R I T A N lEBourem Gounda - r AUTAnso o NieDA 0 N Y E6R SENEGAL . . . 4 G VERS DAKAR 17 Kayes uinaoSev Bofou abé I d Niono andigara ou"ak NIAMEY ..o kr . S.. inso H A U T E v 0 L T A N, Kånlébo FeBi 2 Kouri 'Farømana-4 K mo N 11 G E JR A G U lN iksse, t Bougouni BooDoaas Auou D A H 0 M E Y KonkanG H A N A CTE D'9V IRE L- JANVIER 1970 BIRD -2811 20° 1 0o i ~PORT E S P A G N E REPUBLIQUE DU MALI Alger Annobo AXES D'EXPORTATION ET D'IMPORTATION ,,an --- FRONTIERES INTERNATIONALES Peregaud @ CAPITALES Djelfa VOIES NAVIGABLES NISIE ROUTES GOUDRONNEES ROUTES CARROSSABLES TOUTE L'ANN Touggourt AUTRES ROUTES M A R O C VOIES FERREES (ECARTEMENT I TRE) lomb- VOIES FERREES (ECARTEMENT 1, 35 METRE) Bichar 500 30°-I COURANT D'IMPORTATION ET D'EXPORTAT&N 1966-67 G(MILLIERS DTONNES) Fort-Flotters :J A L E RI o Tomanrosset 20°-- -20° MA U R T A N I E m A L l AgoIug 1 o Goo St. Louis SN G E R lyes -mopti Dakc',* ouiooSégou Niamey AMBI B r San HUTE T OLTA 4 - BAMAKtial Ouagodoug GUINEE TB ugouni GUINEE T.GUINEE Sikasso Bb Kourou '' Doulasso DAHO EYou 10°- . ~KankonPrk Conokry o kulA SIERRA B LEON Eý COTE GHANA . IVOIRE TOGO! Logo$ M RLIBERI Cotonou A T ý4t44t Qcebn Q U E Abldjon ,Port s CAMEROON 0 200 400 600 800 1,000 ý i j I i |- - KILOMETRES JANVIER 1970 BIRD -2812 4 VERS TAODEN0 REPUBUQUE DU MALI ROUTES ET PRODUCTION AGRICOLE A L G E R I E COMMERCIALISATION OFFICIELLE 0 POISSON GARACHIDES EM[L ET SORGHO A PADDY @'OTON *SUCRE Tessolit 20- -20° m ROUTES GOUDRONNEES DE PLUS DE 5 METRES DE LARGEUR - ROUTES GOUDRONNEES DE 5 METRES DE LARGEUR ET MOINS ROUTES SANS REVETEMENT DE PLUS DE 5 METRES DE LARGEUR ROUTES SANS REVETEMENT DE 5 METRES DE LARGEUR ET MOINS ------ PISTES AMELIOREES ------- MAUVAISES PISTES VODIES FERREES K,dal COURS D'EAU NAVIGABLES (JUILLET - JANVIER) ZONES D'INONDATION AEROPORT INTERNATIONAL TERRAINS D'AVIATION Bouremn , 0 100 200 300 400 TOMBOUCTOU G<urm RhorouS KILOMETRES GOUNDAM AO ~GAO 16-4 M A U R I T A N I E /NIAFOUN!1 r6, nANSONGO - -e m-n -- -ara-- - /[ \ ~ NIOF* Sy me - Lobbezonga -Douentzo Tambaoo -l-- Demo MOPTýf N l G E R Tene o IAYES - l Mourdiah A BANDIAGARA . VER * 11 BANDIAGARA DABAIFOULASE Cý -an s SK n anamb ar NIAMEY VERS 9 SANEG PORTO NOVO L M omin an-, KITA KOUOIKORO tenI es KU4R Bla H A U T E /V O L T A SBAK /OUAGADOUGOU D4, Yorosso KUTIÄAALGERIA 'YBA -12 REGION COUVERTE r VERS ACCRA PAR LA CARTE 1 fl~'M AURiTANIA C0UGOUNIuTAI G 1N E ýýSIKASSO ?MALI NIGER . Yonfolik P KO]ondiebo® . Bobo Diouýasso ..,GAe EGLY POR-ý LT KaiooGUTNEA EA zeou E S RA VORY. NIGERIA 'IKankon vManonk L-18E4U VERS CONAKRY C O EA A J0 uungolodougou -Natc ca .U,,, -)ceÄ VER. BLÖJAN D V O l R E Ferkessedougou BON- VERS ABIDJAN VERS ABIDJAN 4 0 mAi 1970 BIRD - 2813R M A L I DONNEES DE BASE Superficie: 1.200.000 kilomètres carrés Population: 5.000.000 habitants (milieu de 1969) Taux d'accroissement 2,0% Effectifs scolarisés 14,0% Statut politique: Indépendant en tant que partie de la Fédération avec le Sénégal - Avril 1960 Indépendant en tant que Mali - Septembre 1960 Produit Intérieur Brut (au prix du marché): 1959 1964/65 1965/66 1966/67 Prix courants - milliards de FM 66,5 90,4 94,6 140,O millions de $E.U. 269,4 366,2 383,2 421,3 Croissance moyenne 6,2% p.a. Valeur approximative de la hausse des prix 3,6% p.a. Revenu par habitant - Dollars E.U. $'60 $80 - $82 $89 - Accroissement moyen 5,0 p.a. Structure du PIB aux prix du marché (1966/67) Origine %Eploi Agriculture, élevage, pêche 50,3 Consommation privée 72,8 Industrie 1,7 Cohsômmation publique 16,3 Bâtiment et travaux publics 5,5 Investissement intérieur brut 18,2 Commerce, transports et télécommunications 22,5 Solde net du commerce et des services extérieurs(-) 7,3 Autres activités 9,1 Puissance publique 10,9 100,0 100,0 - 2 - Evolution des finances de l'Etat (milliards de FM) 1961 1965/66 1966/67 1967/68 Total des recettes courantes 8,7 12,5 13,8 18,8 Total des dépenses courantes 10,0 12,9 118,6 -1,3 -0,4 -1,5 +0,2 Dépenses de développement inscrites au budget 2,1 2,7 2,9 Déficit total 5,6 2,5 4,2 2,.7 Monnaie et crédit ( en fe d Période: 196 1966 1968 nillards de F1) Masse monétaire totale 17,0 22,4 22,5 Quasi-monnaie o,6 o,5 1,0 Crédit au secteur privé 2,5 2,9 3,7 Balance des paiements (milliards de FM) 1959 1964/65 1965/66 1966/67 Importations 12,1 2h,0 13,1 11,3 Exportations 9,8 10,8 9,5 9,7 Balance commerciale -2,3 -3,2 -3,6 -1,6 Soldes en compte courant -5,3 -8,7 -8,1 -6,6 Réserves de devises au 31 décembre 1964 1965 1968 Réserves brutes (millions de dollars E.U) -25,9 -18,6 -74,5 Importations de marchandises du mois N E A N T Situation au FMI (millions de dollars E.U) Quote-part 13,0 17,0 17,0 Tirages 5,0 10,9 12,0 Evaluation des décaissements bruts de l'assistance étrangère (milliards de FM) 196h/65 1965/66 1966/67 France, 2,h 2,0 1,5 CEE (FED) 2,1 2,h 1,5 Chine continentale 1,8 1,1 1,4 Russie 2,7 1,8 2,2 Autres (y compris prêts en liquide de pays de l'Est) 4,3 5e8 Total 13,3 13,1 10,6 -3- Dette extérieure publique (millions de dollars E.U.) 1966 1967 1968 Ten fin année Encours total de la dette y compris non décaissé 193,1 213,O(Juin)211,2 Total du service de la dette 9,2 8,0 5,4 Rapport du service de la dette (aux exportations brutes) 18,6% 18,5% 11,9% Opérations du Groupe de la Banque Mondiale A. Opérations anciennes (millions de dollars E.U au 31 décembre 1968) Montant engagé Montant décaissé BIRD N E A N T IDA 9,1 3,0 B. Conditions des opérations de la BIRD et de l'IDA Taux d'intérêt Délai de Grâce Délai de remboursement annuel (années) (années) 0,75% 10 4o VOLUME I RESUIIE ET CONCLUSIONS (i) Le gouvernement malien s'est lancé, après l'indépendance, dans une campagne assez ambitieuse visant à moderniser l'économie et à en organiser le développement selon des principes socialistes. Un nombre considérable d'entreprises publiques furent créées dans les secteurs du commerce, de l'industrie et des transports. Les négociants privés virent imposer des restrictions sévères à leur activité. Le commerce extérieur fut réorienté vers les pays socialistes, dans le cadre d'un ensemble d'accords bilatéraux de compensation et de paie- ment, et les pays de l'Est devinrent les principales sources d'une assistance financière et technique, dont la quasi-totalité fut con- sacrée au développement du secteur public. Lléconomie fut soumise à des règles strictes au moyen d'un système global de contr8le des prix s'exerçant à tous les niveaux. (ii) Bien que le gouvernement ait réussi à monter quelques entre- prises manufacturières utiles, bien qu'il ait développé l'enseignement et amélioré l'infrastructure des transports, son programme a imposé dans l'ensemble de sévères contraintes à l'économie. En dépit-d'in- vestissements massifs, la production ne fit que peu de progrès. Certains investissements dans l'industrie furent mal conçus. La plupart des entreprises publiques connurent de -graves difficultés financières et de sérieux problèmes de gestion. L'agriculture fut comparativement négligée et si l'on fit bien certains investissements dans ce sec- teur, tels les investissements dans l'Office du Niger et les polders à riz, ils furent en général mal préparés, mal exécutés et n'eurent qu'une faible incidence sur la production agricole. Les mesures de contrôle des prix, qui avaient été conçues avant tout pour protéger le consommateur, aboutirent généralement à décourager dans les petites exploitations la production destinée au marché. L'ampleur du pro- gramme d'investissement et le médiocre développement de la production entrainèrent une detérioration marquée de la balance des paiements et du budget. Malgré le volume considérable de l'aide étrangère, les déficits résiduels de la balance des paiements firent fondre rapide- ment les réserves de devises. Il fallut adopter des mesures rigou- reuses de restriction des changes. Les déficits budgétaires furent financés dans une large mesure par des crédits bancaires, ce qui donna naissance à des pressions inflationnistes difficiles à contenir. Comme les bien importés et d'origine locale vendus sur le marché aux prix officiellement contr6lés étaient offerte en quantités insuffisantes, on vit apparaître un commerce clandestin intérieur et extérieur qui prit des proportions considérables et entráina pour l'Etat de nou- velles pertes de revenu tout en donnant naissance à un courant d'ex- portation illicite de capitaux. (iii) Face à ces problèmes, le gouvernement décida, après une longue période d'hésitation et de dissensions internes, de demander la ré- intégration du pays dans la zone monétaire française, qu'il-avait quittée en 1962 pour poursuivre sa politique d'indépendance. En février 1967, un accord devant permettre d'atteindre progressivement cet ob- -ii- jectif fut signé avec la France. Le gouvernement espérait obtenir ainsi pendant quelque temps des subventions budgétaires et se voir ouvrir l'accès aux réserves françaises de dévises étrangères. En échange, il devait accepter une collaboration franco-malienne qui comprenait des mesures visant à redresser la situation des entreprises publiques et à combattre les déficits du budget et de la balance des paiements. A titre de première mesure, le franc malien fut dévalué de moitié en mars 1967. Certaines mesures furent prises pour amélio- rer les méthodes comptables des entreprises publiques et pour assainir leur situation financière. On créa une nouvelle banque centrale dotée d'un statut qui réduisait son pouvoir de financer le budget. Bien qu'on ne fu^t parvenu à aucun accord sur les mesures budgétaires qui eussent satisfait les conditions que posaient les Français pour le versement de subventions budgétaires, ceux-ci acceptèrent en mars 1968 de rétablir la convertibilité du franc malien avec le franc français et d'ouvrir au Trésor français un compte d'opérations spécial sur lequel le Mali pour- rait faire des tirages. Ceci permit de lever les restrictions qui pesaient sur les importations et les transferts et d'approvisionner à nouveau largement le marché en marchandises étrangères dont il avait longtemps manqué, mais au prix de tirages sur le compte dtopérations qui prirent rapidement de ltampleur. Entre-temps, le nouveau visage de la coopération franco-malienne semblait avoir provoqué au sein du parti dirigeant des dissensions considérables dues surtout au fait que l'aile la plus militante du parti craignait qu'on ne fût en train de mettre en péril l'orientation "socialiste" du pays. (iv) En novembre 1968, les militaires slemparèrent du pouvoir, dé- posant Modibo Keita, qui avait été président depuis l'indépendance, et installèrent leur propre cabinet. Le nouveau gouvernement ne s'inspirait dtaucune idéologie particulière, mais paraissait déterminé à s'engager dans une politique économique purement pragmatique. Il héritait d'une série de problèmes délicats: le déficit du budget et celui de la balance des paiements; une dette publique extérieure extrêmement lourde; une situation des changes dans laquelle les engagements à court terme excédaient largement les avoirs; des entreprises publiques qui, tout en étant en voie de redressement, nécessitaient encore des améliorations substantielles; et une économie en état de marasme général. A cela s'ajoute qu'il accédait au pouvoir au moment où le pays connaissait une récolte extrêmement mauvaise de denrées alimentaires, ce qui l'obligea à prendre presque sur le champ un certain nombre de mesures pour importer du riz et d'autres denrées alimentaires afin de combler le déficit. Mais d'autre part, il héritait aussi d'un actif consi- dérable: un noyau de fonctionnaires qui soutiennent favorablement la comparaison avec ceux de bien d'autres pays africains, et qui, grâce en partie peut-être à son africanisation précoce, avait acquis une ex- périence et un sens des responsabilités considérables; et, par dessus tout, une économie n'ayant pas à subir de graves pressions démographiques et renfermant des possibilités considérables de production, notamment dans les secteurs de l'agriculture, de l'élevage et de la pêche. (v) Le nouveau gouvernement a pris un certain nombre de mesures cons- tructives, dont la plus importante a été de relever les prix à la -iii- production des denrées agricoles de première nécessité. Ces mesures, combinées à l'augmentation des quantités de biens offerts sur le marché, devraient constituer des stimulants plus efficaces pour la production. Les restrictions imposées à l'activité des commerçants privés ont été considérablement assouplies; ce qui permet à ceux-ci de jouer de nou- veau un r8le plus important. Comme suite à des mesures déjà prises par le précédent gouvernement, le cabinet français de comptabilité qui prête depuis un certain temps son assistance aux entreprises publiques a reçu du renfort sous la forme d'une équipe plus nombreuse d'experts de l'OIT financée par le PNUD, qui a entrepris de se livrer à un exa- men approfondi et systématique des entreprises publiques. Le gouverne- ment étudie également des propositions de participation étrangère à certaines entreprises publiques et a adopté un nouveau code des in- vestissements destiné à attirer les entrepreneurs et les capitaux étrangers. Ces mesures et certaines autres permettent d'escompter un redressement de la situation. (vi) Cependant, pour rétablir la situation économique le gouvernement doit encore s'acquitter de nombreuses tâches. Il devra notamment: a) Réaménager la dette extérieure - Les charges de plus en plus lourdes qu'impose le service de la dette extérieure com- promettent les perspectives d'équilibre budgétaire et de réduction du grave déficit de la balance des paiements. Le Mali a déjà manqué à ses obligations en matière de remboursement d'une partie de ses dettes. Récemment, les paiements au titre de la dette envers le gouvernement français ne purent être effec- tués qu'en tn prélevant le montant sur les sommes versées en subventions par le même gouvernement français. Le gouvernement malien cherche actuellement à obtenir une révision de l'échéancier de sa dette en fonction de ses possibilités de paiement. Faute de quoi, sa solvabilité risquerait d'être compromise lors de la contraction de nouveaux emprunts. b) Equilibrer le budget - La crise budgétaire a été provi- soirement conjurée avec l'aide de subventions françaises. Le gouvernement devrait s'efforcer de parvenir le plus rapidement possible à équilibrer le budget et à dégager au moins quelques excédents qui pourraient être consacrés aux investissements. Le Mali a accompli dans le passé un effort fiscal appréciable, compte tenu notamment du fait que la plus grande partie de son commerce avec les pays voisins se fait à travers de vastes frontières terrestres ce qui rend difficile toutes mesures de contrâle et de perception de droits. Cependant, les recettes pourraient être considérablement accrues si le service des douanes était mieux équipé pour surveiller les frontières terrestres et,surtout, s'il pouvait bénéficier d'une assistance technique pour l'aider à former son personnel et à améliorer leurs méthodes défectueuses de détermination de la valeur des marchandises et de leur procédure de dédouanement. Il conviendrait aussi de réduire le rythme d'augmentation des dépenses inscrites au budget. Les dépenses de personnel des services gouverne- -iv- mentaux absorbent une part trop importante du budget, en grande partie en raison d'une inflation excessive de fonc- tionnaires. c) Libérer la structure des prix - Le pays continue d'appliquer un système assez étendu de controle et de réglementation des prix, difficile à manier, et qui de ce fait engendre un volume substantiel de commerces clandestins et impose aux entreprises publiques des charges considérables. L'expérience a montré qu'un pays dont les frontières terrestres sont très étendues ne peut isoler efficacement sa propre structure des prix et que le gouvernement ne peut pas davantage réussir à fixer les prix d'achat et de vente de denrées agricoles dont la production est sujette à d'importantes fluctuations en fonction des conditions atmosphériques. Il est sans doute nécessaire de contrôler les prix d'un nombre très limité d'articles importants, mais pour la plupart des bien, il conviendrait de permettre que les prix s'établissent à des niveaux qui soient davantage en rapport avec les conditions réelles de l'offre et de la demande. Il serait bon d'envisager de remplacer les méthodes de fixation des prix actuellement en vigueur dans le secteur agricole par un système de prix-plancher qui permettrait au gouvernement d'acheter en périodes de récoltes abondantes afin de constituer des stocks qui pourraient être revendus dans les années de mauvaises récoltes pour limiter l'augmentation des prix. d) Améliorer la situation des entreprises publiques - Il con- viendrait de libérer les entreprises publiques des servitudes qui leur ont été imposées à seule fin de servir des objectifs sociaux, ce qui permettrait à ces entreprises de fonctionner de manière plus conforme aux principes du commerce et d'être en mesure de concurrencer les commerçants privés. On pourrait utilement envisager d'introduire plus largement dans les salaires et les modes de rémunération des éléments stimulants, susceptibles d'augmenter la productivité et la qualité du travail. Les prohibitions et les tarifs excessivement élevés qui ont été décrétés sur les importations concurrentes pour protéger les entreprises locales devraient être abolis de façon à inciter ces entreprises à accroitre leur efficacité. e) Réduire le déficit de la balance des paiements - Il semble bien que les pressions qui s'exercent sur la balance des paie- ments soient en voie de diminution sensible, ceci étant le résultat tant des restrictions maintenues sur les crédits bancaires au gouvernement et à l'économie, que de la reconstitution des stocks précédemment épuisés. Lorsque les réserves antérieure- ment épuisées auront été reconstituées, il sera encore nécessaire de poursuivre la politique de restriction du crédit. Le pays ne saurait courir le risque de se voir imposer à nouveau des contrôles difficiles à exercer et qui ont tendance à avoir des effets néfastes sur la production et le commerce. Ei dehors de la révision de l'échéancier de la dette et d'un courant d'aide ininterrompu, le seul moyen radical de redresser la balance des paiements est d'augmenter la production et les exportations. (vii) Cet accroissement de la production et des exportations doit provenir avant tout de l'agriculture, de l'élevage et de la-pêche, qui sont les trois secteurs les plus riches en potentialité. On peut résumer de la façon suivante les mesures qui peuvent être prises dans ces secteurs: a) Le coton - La production de coton s'est accrue dans des proportions substantielles et, en dépit du déclin attendu des cours mondiaux, une expansion considérable de cette culture serait rémunératrice à la fois pour les cultivateurs et pour l'économie. Le financement extérieur du programme cotonnier doit normalement cesser dans un an ou deux. Dans ces con- ditions le gouvernement devrait commencer dès que possible à examiner les objectifs et les modalités de financement d'un nouveau programme en collaboration avec le FED et le FAC, qui ont participé au financement de l'actuel programme, et avec la BIRD dans la mesure où un appoint financier serait nécessaire pour un programme plus ambitieux. La production de coton peut être doublée dans les trois ou quatre années à venir. b) Le riz - Les conditions de rentabilité de la production de riz sont favorables, notamment dans les régions situées autour de Mopti, au centre du pays et il est possible d'obtenir une augmentation considérable de la production. En se fondant sur les travaux d'une équipe de la FAO, travaux qui se poursuivent à l'heure actuelle, une mission de la MPAO de la Banque a dé- fini un projet de riziculture qui comprend la création de nou- veaux polders et l'amélioration de la production des polders déjà exploités. Des plans techniques plus poussés sont en cours d'élaboration et le FAC, avec l'espoir que le projet est suscep- tible de remplir les conditions de financement requises par le Groupe de la Banque, entreprend actuellement une étude de pré-investissement portant sur l'ensemble de l'opération. D'ores et déjà, un programme spécial de vulgarisation a commencé à fonctionner pour la riziculture avec l'aide du FAC. c) L'élevage - Il devrait être possible d'augmenter l'effectif du troupeau et les ventes de bétail, ce qui ouvrirait des perspectives considérables étant donné la demande croissante- de viande dans les pays du littoral de l'Afrique occidentale. Certains des moyens d'y parvenir - amélioration des itinéraires empruntés par le bétail, création de points d'eau pour étendre la surface de pâturage utilisable, création de ranchs pilotes pour l'embouche - sont subordonnés à la réalisation préalable - des enquêtes et études nécessaires, dont les unes sont en cours. En attendant, il semble bien que l'un des moyens les plus efficaces d'augmenter le nombre de têtes de bétail offertes à -vi- la consommation soit de lancer une attaque concertée contre la peripneumonie bovine, qui est la maladie qui fait actuelle- ment le plus de ravages parmi les animaux. Cependant les coûts et les bénéfices d'une telle campagne, qui devra probablement être menée à l'échelon international, auront besoin d'une étude soignée. d) Lapêch2e - La pêche constitue à l'intérieur du pays une in- dustrie importants qui fournit des exportations substantielles sous forme de poisson fumé et sécné. Le principal problème est de réduire les pertes de poids et de qualité causées par les in- fections larvaires dont souffrent les poissons. Les méthodes permettant de remkSdier à ce problème sont connues. Cependant, le Gouvernement a besoin d'aide pour définir et organiser un programme précis qui czaprendrait la création d'un petit service de vulgar-iantion, une aosistance aux coopératives et l'octroi d'un petit volume de crédit. e) Le cr$'it agricole - S'il convient dans ce domaine d'orienter le crdit et la fourniture des instruments nécessaires à la pro- duction vers des programmes bien conçus ayant pour objectif d'aug- menter la production, il devrait exister une institution nationale efficace, capable de centraliser la fourniture des facteurs de production et de gérer la distribution du crédit disponible. L'institution de crédit qui fonctionne actuellement en tant que département semi-autonome de la Banque de Développement du Mali présente de nombreuses faiblesses. Des projets de création d'une nouvelle institution ont été élaborés avec l'assistance technique fournie par la Caisse Centrale de Coopération Econo- mique. f) L'Office du Niger - Cette très importante entreprise d'irrigation, consacrée surtout au coton et au riz n'a jamais été une réussite. Depuis quelques années, la situation de l'Office du Niger s'est encore aggravée à bien des égards et il est aujourd'hui assailli par un ensemble complexe de pro- blèmes difficiles à résoudre. Cependant, étant donné les dé- penses considérables qui ont déjà été engagées dans cette entre- prise, il importe de rechercher les moyens de tirer de cet investissement des résultats plus positifs. Cn trouvera plus loin, exposées dans leurs grandes lignes, des propositions rela- tives à une étude dans ce sens; et il est vraisemblable que le FAC en entreprendra l'exécution. (viii) Les possibilités de production sont plus limitées dans les autres secteurs de l'économie. Dans le domaine des ressources minérales, le développement de l'extraction du minerai de fer, de la bauxite et peut- être d'autres minéraux offre certaines perspectives à long terme, mais -vii- il sera nécessaire de faire des études plus approfondies pour avoir confirmation de la rentabilité de telles entreprises. Dans le secteur manufacturier, en dehors de la rationalisation des entreprises exis- tantes, un petit nombre d'opérations nouvelles pourraient s'avérer réalisables, notamment en ce qui concerne le développement de la pro- duction des textiles. Il conviendra ici de prendre bien soin d'éviter de créer des entreprises nouvelles qui, tout en ayant une incidence très faible sur l'augmentation du PIB et du niveau de l'emploi, pourraient avoir à supporter des coûts de production élevés et risqueraient de causer à l'Etat des pertes considérables. Il est souhaitable de renforcer le personnel et d'accroître les ressources de l'actuelle Banque de Dé- veloppement du Mali dont les fonctions sont avant tout celles d'une institution bancaire à vocation commerciale afin de lui permettre d'in- tervenir d'une manière plus efficace dans le domaine du développement. Le Gouvernement cherche également à obtenir une assistance pour dé- velopper le tourisme. Le Mali offre sans doute certains attraits touristiques, mais ils sont de nature à attirer surtout un nombre restreint de touristes ayant des motifs d'intérêt très particuliers. Les investissements productifs dans ce domaine risquent donc d'avoir une portée limitée. (ix) Les investissements nouveaux dans l'infrastructure du pays devront être étroitement accordés aux besoins des secteurs productifs de l'éco- nomie. Les besoins essentiels peuvent se résumer comme suit: a) Les routes - Le Mali est relativement bien équipé pour ce qui est des grands axes de circulation routière. Il conviendra d'accorder la priorité à l'amélioration et à l'entretien des pistes et des routes qui desservent les régions productrices de coton et d'arachide et à la réfection du revêtement des routes principales qui relient Bamako à Ségou et à Bougouni. Un projet portant sur un programme d'entretien et d'améliora- tion des routes a été évalué et un crédit IDA doit être soumis à l'agrément du Conseil d'administration de l'IDA en juin 1970. b) Les télécommunications - Il est indispensable de faire d'urgence des investissements sélectifs dans ce domaine, car des interruptions et des retards fréquents entravent la bonne marche de l'administration publique et des affaires. C'est certainement la liaison Bamako-Mopti-Ségou, qui appelle les améliorations les plus urgentes, car elle dessert la partie la plus productive du pays, celle qui aura vraisemblablement à l'avenir le taux de croissance le plus élevé. La BIRD a demandé au Gouvernement de définir avec plus de précision l'ordre de priorité, les montants et les justifications tech- niques et économiques des investissements qu'il se propose de faire, afin qu'ils remplissent les conditions requises pour être éventuellement financés par le Groupe de la Banque. -viii- c) L'énergie électrique et l'adduction d'eau - On a déjà com- mencé grâce à un financement du FED les travaux d'extension du système d'adduction d'eau qui en avait le plus urgent besoin, celui de Bamako, et l'on cherche à se procurer le financement nécessaire pour les installations de distribution. En ce qui concerne l'énergie électrique, une centrale diesel de h,5 MW, qui sera indispensable pour Bamako en 1971 est financée par un crédit-fournisseur français. Cette centrale ne représente qu'un investissement modeste, mais elle constitue seulement la première étape d'un programme plus vaste destiné à fournir à long terme des quantités d'énergie plus importantes dans le cadre duquel on envisage la construction du barrage de Selingué sur un affluent du Niger, le Sankarani. Les installations de production d'élec- tricité de ce barrage et l'équipement supplémentaire dont serait dotée l'actuelle centrale hydraulique de Sotuba permettraient de couvrir les besoins de Bamako pendant longtemps. Il reste à faire les études nécessaires pour justifier la construction et la date de réalisation d'un barrage par rapport à l'alternative d'une centrale thermique. Une centrale thermique supplémentaire sera vraisemblablement nécessaire avant l'achèvement du barrage. d) L'enseignement - Le principal besoin en ce domaine concerne l'amélioration et le développement de la formation des agents de vulgarisation de niveau intermédiaire et du personnel vétérinaire d'un niveau de qualification infra-professionel. Cela dit, il ne semble pas que l'enseignement appelle d'autres investissements urgents. Depuis l'indépendance, le Mali a essayé de mettre en oeuvre une réforme de l'enseignement de base de façon à adapter celle-ci aux besoins du pays, mais des difficultés sont apparues lorsqu'il s'est agi de recycler les enseignants, de mettre au point de nouveaux matériels d'enseignement et de doter toutes les écoles de l'équipement nécessaire. Il est cependant possible de faire quelques économies sur les dépenses consacrées à l'édu- cation (dépenses qui absorbent déjà 18% du budget), de manière à dégager les fonds nécessaires pour les fournitures, l'équipement et les matériels d'enseignement. Le Gouvernement a lancé,avec le concours financier du FNUD, un programme prévoyant la création de 38 centres de formation rurale pratique dont le rôle serait de donner aux jeunes gens ayant achevé leurs études primaires une formation pratique organisée, cambinée à une expérience sur le tas qui serait l'une et l'autre adaptées à leurs activités rura- les. Dans son principe l'idée paraît bonne, mais l'expérience déjà acquise à l'occasion de projets sensiblement analogues donne à penser qu'une certaine prudence s'impose et qu'il serait sage d'expérimenter de manière approfondie le programme envisagé avant la mise en place de tous les centres afin de savoir s'il est sus- ceptible de donner satisfaction. -ix- (x) A moyen terme, on devrait pouvoir obtenir un taux de croissance de 3 à 4% et faire progresser les exportations à un rythme sensiblement plus rapide. Toutefois, cela dépendra beaucoup de l'action du Gouver- nement, car sa politique jouera vraisemblablement un rôle encore plus décisif que le volume des investissements qui pourront être faits. Un programme triennal de développement intérimaire (1970/71-1972/73) que le Gouvernement doit approuver au milieu de 1970 met correctement en relief l'importance du développement des secteurs directement productifs de l'économie. Ce programme envisage un taux de croissance supérieur à celui indiqué ci-dessus, mais l'élaboration des projets et la mobilisa- tion de l'aide extérieure nécessaire subiront presque inévitablement des retards. Etant donné que le Mali ne sera pas à même pendant quelque temps de dégager une épargne publique appréciable, c'est l'aide étran- gère dont il disposera qui déterminera dans une large mesure l'envergure et la composition du programme qui pourra être entrepris. Le volume et la nature de cette aide seront à leur tour largement fonction de la rapidité avec laquelle pourront être préparés les projets susceptibles de recevoir un financement, et du comportement même de l'économie malienne. (xi) Etant donné le faible niveau du revenu par habitant, la masse de la dette extérieure actuelle, les réserves de change "négatives" du pays et les perspectives de croissance modestes qu'il offre à moyen terme, l'aide étrangère devra être accordée à des conditions de faveur. Un prêt de la Banque ne serait pas justifié. Il conviendra aussi de bien comprendre que durant les prochaines années, le Mali sera incapable de contribuer de manière appréciable au financement de projets, du moins pour ceux qui nécessiteront des prélèvements sur ses ressources budgé- taires. L'apport du Mali pourrait, dans une certaine mesure, revêtir la forme d'une prise en charge de frais de fonctionnement comme par exemple les frais d'entretien des routes ou les dépenses de vulgarisation agri- cole. Pour ce qui est des projets exécutés par des entreprises autonomes ayant une économie propre, comme les projets relatifs à l'énergie élec- trique et aux télécommunications, on peut escompter une contribution locale sensiblement plus importante. Il convient cependant d'envisager un financement extérieur pour certaines dépenses courantes supplémentaires comme les frais de vulgarisation, l'achat des engrais et des insecticides, etc., car il arrive souvent que de telles dépenses aient une incidence plus grande sur l'augmentation de la production que le financement d 'investissements. I. LE PAYS Caractéristiques physiques et population 1. Avec une superficie de 1.240.150 km2, soit plus de deux fois celle de la France, le Mali est, après le Tchad, le plus vaste Etat francophone d'Afrique tropicale. Situé au Nord de l'équateur entre les dixième et vingt-cinquième parallèles, il est bordé au sud et au sud- ouest par la Côte d'Ivoire et la Guinée, à l'ouest par le Sénégal et la Mauritanie, au nord par l'Algérie et à l'est et au sud-est par le Niger et la Haute-Volta. La topographie du pays est caractérisée par la pré- dominance d'un bas-plateau traversé par le bassin du Niger. L'altitude ne s'élève que dans les régions périphériques du Mali, lorsqu'on aborde les collines rocheuses situées à l'ouest et au sud-ouest de Bamako, les escarpements du plateau Dogon aux confins de la Haute-Volta et l'Adrar des Iforas, qui est le prolongement du massif central saharien au nord- est du pays. Ecologie 2. Du point de vue écologique, le pays s'étend de la zone saha- rienne, au nord, à la zone guinéenne, à l'extrême sud. Environ 40 pour cent de la surface du pays se trouve dans la zone saharienne et sub- saharienne et un quart seulement fait partie des zones soudanaise et guinéenne, où les précipitations sont suffisantes pour permettre de pratiquer des cultures régulières. La zone sahélienne intermédiaire est avant tout une région d'élevage. Les précipitations annuelles s'éche- lonnent d'une hauteur pratiquement nulle au nord à 1300 mm au sud (Sikasso). La durée de la saison des pluies est plus longue au sud (environ six mois) et plus courte au nord. La hauteur totale des pluies et leur répartition au long de la saison sont très variables, ce qui provoque des fluctuations considérables dans le volume annuel des récoltes. 3. Ces limites écologiques sévères sont considérablement modifiées par l'influence du Niger dont le cours traverse le Mali sur une longueur de 1.700 km. Le Niger et ses affluents, notamment le Bani, inondent régulièrement leurs rives, ce qui permet de cultiver environ 200.000 hectares de riz dans des conditions d'inondation incontrôlées ou contrô- lées partiellement et aussi quelque 80.000 hectares de mais, de sorgho et même de blé dans la zone sahélienne au fur et à mesure que les eaux se retirent des terres inondées. C'est aussi l'eau du Niger qui alimente la seule entreprise importante d'irrigation du Mali, l'Office du Niger, où l'on plante chaque année sur 33.000 hectares du riz, du coton et un peu de canne à sucre. Enfin, tout le long du bassin du Niger les eaux regorgent de poisson. La partie sud-ouest du pays est arrosée par le fleuve Sénégal qui, contrairement au Niger, n'a guère rendu de ser- vices jusqu'à présent à l'économie, encore que la construction d'un ou plusieurs barrages permettrait éventuellement de produire de l'énergie électrique et d'irriguer des terres. -2- Les ressources naturelles h. La terre et l'eau sont les principales ressources naturelles du pays. La fertilitê du sol est des plus variables; les terres alluviables des vallées bordant les cours d'eau et du delta central du Niger sont en général parmi les meilleures et les plus profondes, mais elles sont très pauvres en matières organiques. Des ressources minérales, dont l'impor- tance permet d'envisager la mise en valeur ont été découvertes, pour la plupart à la suite d'un travail de prospection considérable accompli avec une assistance technique soviétique par une sociêté d'Etat, la SONAREM, créée spécialement à cet effet. Une bonne partie de ces ressources se trouvent dans les régions périphériques du nord du pays. La vallée de Tilemsi, située à 100 km. au nord de Bourem, renferme un gisement de quelque 20 millions de tonnes de phosphate (26 à 30 pour cent de P2 0) et la firme allemande KlZckner a étudié la possibilité de l'exploiter. Un gisement de quelque 3,5 millions de tonnes de minerai de manganèse (43 à 46 pour cent de Mn) a été découvert à 30 kilomètres à l'est d'Ansongo, près de la frontière du Niger. Un vaste gisement de sel situé à l'extrême nord du pays, à Taoudênit, est exploité sur une petite échelle par des nomades. Des recherches pétrolières ont aussi été en- treprises dans le nord, mais elles n'ont donné aucun résultat jusqu'à présent. Si les ressources minérales du nord sont extrêmement difficiles à exploiter de manière rentable en raison de leur emplacement, celles de l'ouest et du sud-ouest sont beaucoup plus faciles d'accès. On trouve dans cette région des gisements très importants de minerai de fer, renfermant probablement plus d'un milliard de tonnes de géotite et de magnêtite. Ils comprennent notamment quelque 500 millions de tonnes de magnétite (56 à 60 pour cent de Fe) à Bale, non loin de Bamako, et 20 millions de tonnes d'hématite (60 à 65 pour cent de Fe) dans la région de Nioro. Des gisements de bauxite dont les réserves s'élèvent environ à 880 millions de tonnes, et dont la teneur en alumine est de l'ordre de 40 à 45 pour cent avec noine de h pour cent de silicone, ont été trou- vés à Bafoulabé et à Kéniéba, dans la région située au sud-ouest de Bamako et au sud de Kita. Il existe également quelques gisements d'or, de lithium-et de cuivre, mais l'importance de leurs réserves est très mal connue. Hormis les gisements de pierre à chaux de la région de Bafoulabé, d'où sera extraite la matière première de la nouvelle usine de ciment d'une capacité de 5o.ooo tonnes à Damiou, aucune de ces ressources n'est mise en valeur à l'heure actuelle sur une importante échelle.1/ Les possibilités d'exploitation qu'elles peuvent offrir soit en vue de l'exportation soit en vue d'une transformation en métaux à l'aide de l'énergie hydro-électrique qui pourrait être tirée du fleuve S6négal vont faire l'objet d'une étude de pré,-investissement financée par le PNIUD. La structure des transports et les axes de communications 5. L'étendue du pays et les distances qui le séparent des marchés d'outre-mer et des sources d'approvisionnement constituent des handicaps sévères pour l'exploitation efficace des ressources naturelles non négligeables du Mali. A cause de la longueur des frontières terrestres, 1/ On note cependant une certaine exploitation de gisements de marbre, de granit et de kaolin. il est très difficile d'exercer un contrâle sur le commerce extérieur avec les pays voisins et de percevoir les droits d'importation et d'exporta- tion. Ce trait revêt une importance particulière du fait que la plupart des exportations du Mali, tels le bétail et le poisson, sont dirigées vers des pays africains proches et que les exportateurs de ces produits rapatrient une partie de leurs recettes sous forme de biens de consomma- tion. Les longues distances ont également pour effet de rendre les transports extrêmement onéreux. Bamako est à 1.156 km. d'Abidjan et à 1.231 km. de Dakar; il faut parcourir 646 km. pour aller de Bamako à Mopti, qui est un grand centre de pêche et de riziculture, et 1.229 km. pour se rendre à Gao, dans le nord-est. Le transport d'une tonne d'ara- chides de Bamako à Dakar et Abidjan coûte entre 9.500 et 11.000 FM, et celui d'une tonne de coton de Ségou, au centre du pays, à Abidjan revient à 16.000 F. 6. Bien que le Mali soit relativement bien équipé en grands axes routiers, la longueur totale de l'ensemble du réseau routier (1.050 km.) est assez petite eu égard à l'étendue du pays. Les routes secondaires et tertiaires sont donc très insuffisantes, et nombre de celles qui existent ne valent guère mieux que des pistes et sont fort mal entrete- nues. Les liaisons routières à l'intérieur du triangle Bamako-Mopti- Sikasso, qui délimite la région la plus productive du pays, et les routes reliant ce triangle à la Haute-Volta et à la Côte d'Ivoire sont assez bonnes, mais on ne peut se rendre dans les régions de l'ouest (Kayes) et du nord-est (Gao) qu'en empruntant des pistes plus ou moins carrossa- bles. Il n'y a que 2.,21 km. de routes pour 1.000 habitants et l',09 km. pour 1.000 km2, alors que dans un pays voisin comme le Sénégal ces chiffres sont respectivement de 4,0 et 6,4. 7. Les principaux axes d'exportation et d'approvisionnement desser- vant le pays sont les suivants (voir carte): a) La voie ferrée Dakar-Bamako-Koulikoro (1.285 km. dont 641 km. au Mali), qui est prolongée au nord-est par la voie fluviale du Niger à partir de Koulikoro vers Ségou et Markala et par la route à partir de Bamako vers Ségou et d'autres points du nord-est. La plupart des exportations d'arachides et de produits dérivés de l'arachide ainsi qu'une petite partie des exportations de coton sont acheminées par cette voie. La quasi-totalité des importations de denrées alimentaires, de ciment, de véhicules et de machines ainsi que la plus grande partie des importations de combustibles liquides et de lubrifiants empruntent également cet axe. b) La voie ferrée (ou la route) reliant Abidjan à Ouangolodougou (606 km.), au nord de la Côte d'Ivoire, puis la route qui prolonge cet axe au nord vers Sikasso, Koutiala et San au Mali, ou la voie ferrée qui continue jusqu'à Bobo-Dioulasso (798 km.) en Haute-Volta, puis la route de l'est qui aboutit à Sikasso ou celle du nord qui mène à San. Tout comme la liaison avec Dakar, cet axe dessert la région de Banako, mais il constitu avant tout la principale voie d'acheminement des approvisionnements et des exportations pour toute la région du Mali qui s'étend au sud et au sud-est du bassin du Niger. C'est par cette voie que s'écoule la grande masse des expor- tations de coton du pays, une certaine quantité de poisson (le plus souvent transporté uniquement par la route) et une petite partie des exportations d'arachides. Les importations empruntant cet axe comprennent une quantité assez importante de biens de consommation divers, des noix de cola et du bois scié (surtout par la route), ainsi que la totalité de l'essence d'avion (exclusivement par la route). c) Les routes et les pistes reliant le Mali à la Haute-Volta C'est par elles que passe la plus grande partie des exportations de bétail sur pied et de poisson ainsi qu'une petite partie des importations de biens de consommation. La voie ferrée Cotonou-Parakou et la route qui la prolonge par Niamey jusqu'au nord-est du Mali constituent un axe d'importance mineure; du carburant et des lubrifiants ainsi qu'une certaine quantité de céréales sont acheminés vers Gao par cette voie. 8. Les transports routiers et par chemin de fer sont complétés par les transports aériens et fluviaux. Le trafic de la portion naviga- ble du cours supérieur du Niger entre la Guinée et Bamako est très limité, mais la partie navigable du cours moyen qui s'étend sur 1.400 km., de Koulikoro à la frontière du Niger sert au transport d'environ 70.000 tonnes de marchandises par an. Entre Koulikoro et le barrage de Markala, le cours du Niger n'est navigable que cinq mois par an, mais en aval de Markala, entre Mopti et Diré, il est navigable huit mois par an. Les transports aériens intérieurs sont assurés par la société nationale Air Mali, dont la flotte est principalement composée d'avions soviéti- ques et qui assure les liaisons internationales avec Paris et divers aéroport d'Afrique centrale et occidentale. L'aéroport de Bamako est aussi desservi par UTA, Air Afrique, Aéroflot, Interflug et Air Guinée. 9. D'après une étude faite sur les transports par la firme belge Traction et Electricité, les transports routiers et par chemin de fer assurent l'un et l'autre une part égale (42 pour cent) du trafic intérieur de marchandises exprimé en tonne-kilomètres, le reste étant transporté par la voie fluviale. Quant aux transport des voyageurs, il est assuré pour près de 73 pour cent par la route, 16,5 pour cent environ par les chemins de fer, 7,5 pour cent par les fleuves et 3 pour cent par la voie aérienne.l/ La population et s*s caractéristiques 10. Les données dont on dispose sur la démographie laissent beaucoup à désirer, mais il n'en est pas moins manifeste que la densité de la popu- lation du Mali est faible. Sur la base d'un sondage fait en 1960/61 et 1/ Evaluations faites pour l'année 1966/67. -5- de travaux effectués en 1963 par un expert de l'ONU, on évalue générale- ment la population du pays au milieu de 1968 à 4,8 millions d'habitants. La densité varie entre 0,1 et 36,5 habitants au kilomètre carré, la moyenne étant de 3,8. L'essentiel de la population est concentré dans le sud, le sud-ouest et le sud-est du pays, en particulier dans les vallées longeant les cours d'eau. Les cultivateurs ignorent la pénurie de terres,sauf au voisinage immédiat des villages, et s'en remettent pour la plupart à de longues jachères de brousailles pour rendre au sol sa fertilité. 11. La proportion de la population pouvant être considérée comme urbaine n'est que de 11 pour cent. En dehors de la capitale, Bamako, peuplée de 180.000 à 190.000 habitants, les villes principales sont Kayes, Ségou, Mopti et Sikasso (qui ont chacune une populaticn comprise entre 24.000 et 30.000 âmes), Gao (environ 18.000), Tombouctou et San (17.000 environ), et Nioro, Koutiala et Koulikoro (peuplées chacune de quelque 12.000 âmes). Le taux d'accroissement annuel de la population est passé, pense-t-on, de 1,4 pour cent durant la période 1945-49 à 2 pour cent en 1969; il continuera sans doute à s'élever au cours des prochaines années pour atteindre 2,2 pour cent, tandis que s'abaissera le taux de mortalité, qui est à l'heure actuelle évalué très approximativement à 49 pour 1.000. 12. La proportion de la population alphabétisée est probablement inférieure à 8 pour cent. Les progrès de l'enseignement ont été lents. Pour l'année scolaire 1967/68, 14 pour cent des enfants du groupe .d'âge de 5 à 14 ans étaient inscrits dans les écoles de l'enseignement primaire et moyen. 13. La population est, dans l'ensemble, assez bien nourrie. Grâce aux amples ressources du pays en bétail et en poisson, la consommation de protéines d'origine animale est la plus élevée d'Afrique. Pour ce qui est des maladies endémiques, la plus répandue est incontestablement la malaria. On rencontre la schisostomiasie dans quelques régions irri- guées, mais aussi dans certaines autres parties du pays. L'onchocerchose (cécité des rivières) sévit dans les vallées du sud-ouest et du sud, encore qu'un programme pilote visant à enrayer cette maladie dans les vallées du sud (région de Sikasso) ait donné des résultats notables. Le pays souffre encore d'une grave pénurie de médecins. 14. La population est essentiellement rurale et formée de travail- leurs indépendants; ce trait est illustré par le fait que le nombre total-de salarie en .966/67 n'êtait qui de 52.417, -y' compris -1.164 non !LIricmins. Les services gouvernementaux en er;ioyaient 23.993 et 28.424 tr-availlaient dans le secteur économique (voir Tableau 7, Annexe statistique). Insuffisance des éléments d'information disponibles 15. Les éléments d'information dont on dispose sur l'économie ma- lienne sont, à bien des égards, très incomplets. Les données concernant le commerce extérieur sont insuffisantes du fait qu'une partie importante des importations et des exportations ne sont pas enregistrées et que celles qui sont prises en compte sont elles-mêmes considérablement sous- évaluées. On relève des disparités sensibles dans les évaluations de la production agricole. Les sondages qui ont été effectués depuis 1964/65 ont considérablement amélioré la qualité de l'information, mais ils ne s'àppliquent pas à la totalité de la production. Les renseignements relatifs aux quantités commercialisées par les canaux officiels et non officiels ne fournissent que des évaluations approximatives. Les donnés concernant l'élevage et la pêche sont encore plus incertaines. Pour obtenir les chiffres qui figurent dans les comptes nationaux, il est nécessaire de se fonder sur des évaluations approximatives des propor- tions respectives des marchandises commercialisées aux prix officiels et de celles qui sont vendues à des prix illicites. On sait peu de choses de la structure de la consommation et de l'épargne des ménages, et les seules indications dont on dispose sur la consommation privée sont celles qui peuvent être dégagées de la comptabilité nationale. On a déjà relevé l'insuffisance des donnés démographiques. Il est éminemment sou- haitable que les statistiques soient améliorées en quantité et en sûreté, pour qu'il soit possible à l'avenir de préparer plus intelligemment le programme de développement. 1/ Voir la note sur l'amélioration de l'information statistique en préface à l'Annexe statistique. II. STRUCTURE DE L 'ECON0ME 16. Dans les limites des renseignements disponibles, les comptes nationaux fournissent -certaines données intéressantes sur la structure de l'économic du pays. Pour les années 1965/66 et 1966/67, ces données - peuvent se résumer comme suit (voir Tableaux 1 et 2, Annexe Statistique). Part (%) du PIB aux prix du marché de: Secteur de subsistance 28,2 Secteur primaire 48,9 Agriculture 27,3 Elevage 19,0 Peche 2,6 Secteur secondaire 13,5 Industries manufacturières 1,6 Secteur tertiaire 37,6 Administration 10,9 Secteur public (1966/67) 17,0 Secteur privé (1966/67) 83,0 Rapport des exportations au PIB aux prix du marché 11,0 Rapport des importations à l'offre totale de biens et de services 16,h Importance du secteur public 17. Il convient de relever la place importante qu'occupe le secteur public dans l'économie. A vrai dire, la part du secteur public dans le PIB n'était que de 17 pourcent en 1966/67 en dépit de la création de nom- breuses entreprises publiques et de l'expansion continue des services publics au cours des années soixante. Cet état de choses est dû au fait que l'économie est restée dominée par les activités traditionnelles, telles que ltagriculture, l'élevage, la peche, ltartisanat et le commerce rural, qui ont toutes un caractère "privé". Le secteur public domine, toutefois, entièrement la branche moderne de l'économie. En 1966/67, par exemple, 75,l% de la valeur ajoutée par toutes les entreprises modernes et 75,3% de ltensemble de leur masse salariale relevaient du secteur public; et si l'on tient compte des services publics, la contribution globale du secteur public au PIB et à la masse salariale totale dans la-branche "moderne" atteignait respectivement 93% et 86,6%. En-fait, sur les 52.417 salariés que le Mali comptait au total en 1966/67, 7.009 seulement étaient employés par des entreprises privées. Les entreprises d'Etat occupent une place particulièrement dominante dans le commerce moderne, les transports et l'industrie manufacturière, secteurs dont elles réalisent 80% à 90% du chiffre d'affaires. Le secteur rural 18. L'agriculture, l'élevage, la pêche et des activités d'artisanat rural telles que la filature, le tissage, la confection de cordes, etc., entrent directement pour plus de la moitié dans la production brute du - 8 - pays et jouent indirectement un r6le considérable dans le reste de la pro- duction. En outre, ces activités emploient 85% à 90% de la population active et leurs produits forment la quasi-totalité des exportations du pays. 19. L'agriculture est caractérisée par la prépondérance de petites exploitations familiales; on en dénombre environ 400.000 ayant chacune de 3 à 5 hectares de cultures. Les exploitations sont généralement cultivées par des "familles" au sens large, dont les chefs déterminent normalement la répartition et l'utilisation des terres ainsi que la distribution du produit de la culture selon les pratiques coutumières. Les droits de cul- ture sont héréditaires. La culture est le plus souvent extensive, encore que les terres situées dans les villages ou leur voisinage immédiat soient généralement travaillées de manière sensiblement plus intensive ou plus régulière, avec l'appoint de détritus ménagers et de fumure animale. Les ingrédients achetés, tels que les engrais, les insecticides et les fongi- cides ne sont encore utilisés qu'à une échelle modeste et presque unique- ment pour des cultures de rapport comme le coton. Cependant, l'usage de la charrue à traction animale et, dans une moindre mesure, de la charrette, s'est largement répandu. La moitié, sans doute, de la surface cultivée est maintenant labourée, le reste étant travaillé à l'aide de la houe tradi- tionnelle dénommée "daba". 20. La subsistance reste le principal souci du cultivateur malien. Près de 90% de la surface cultivée est consacrée à des cultures vivrières. Le sorgho et le mil sont de loin les céréales les plus importantes et cons- tituent les aliments de base dans la plus grande partie des régions culti- vées. Le paddy est la deuxième céréale par ordre d'importance; à l'ex- ception de celui qui est produit à l'Ôffice du Niger, il est partout battu à la main, puis transformé à la ferme par les femmes en riz étuvé. Le mais et le fonio (digitaria exilis) ont une importance bien moindre. Des tu- bercules (manioc, ignames et patates douces) et des légumes sont également cultivés en quantités considérables pour la consommation locale. Les ara- chides, cultivées surtout à l'ouest et au sud-ouest de Bamako, sont une culture de subsistance en même temps que de rapport. 21. Seule une petite partie du produit des cultures vivrières est commercialisée. En outre, comme les quantités auto-consommées ont ten- dance à rester assez stables, les variations de production dues aux con- ditions atmosphériques ont avant tout pour effet de provoquer des fluctua- tions considérables dans les quantités commercialisées. En temps normal il n'y a pratiquement pas de mais commercialisé et 5% seulement de la pro- duction de mil et de sorgho est vendu sur le marché. La quantité de riz mise en vente ne dépasse guère 25% de la production et provient en grande partie de l'Office du Niger. Le volume d'arachide commercialisé peut at- teindre le tiers de la production. 22. La plus importante des cultures de rapport est le coton, cultivé principalement en terrain sec au sud-est du bassin du Niger dans une ré- gion délimitée au sud par Sikasso et Bamako et au nord-est par Koutiala, San et Ségou, mais aussi en terrain irrigué à l'Office du Niger. La tota- lité de la production est commercialisée par les circuits commerciaux - 9 - ordinaires, sauf peut-être cinq mille tonnes qui sont conservées dans les régions rurales pour y être égrenées, filées et tissêes à la main. Comme on l'a déjà relevé, les arachides et le riz ont beaucoup d'importance en tant que cultures de rapport. La canne à sucre n'est cultivée comme cul- ture de rapport qu'à l'Office du Niger, où 6.200 tonnes ont été produites en 1968/69, ce qui représente le quart de la consommation annuelle du Mali. 23. A un moindre degré, la population se livre à la cueillette de produits poussant à l'état sauvage, comme la gomme, le kapok et surtout les noix de "karité" dont on tire de l'huile et du "beurre". Les quan- tités ramassées et commercialisées ont tendance à subir des variations accentuées en fonction du mouvement des prix. En outre, un nombre con- sidérable d'arbres fruitiers, notamment des manguiers, ont été plantés au cours des dix dernières années et le pays exporte de petites quantités de mangues. La culture maraîchère a pris quelque importance dans la Haute vallée du Niger et dans les environs de Bamako, et une petite par- tie de la production est exportée vers des pays voisins, notamment la Côte d'Ivoire. 24. L'élevage joue un rôle très important dans l'économie: il four- nit en effet près de la moitié des exportations et la part qui lui re- vient dans le PIB est de 18 à 209. Les estimations font état de quelque 4,5 millions de têtes de bovins et d'environ 9 millions de moutons et de chèvres. Près de 85% du troupeau de bovins est constitué d'animaux de race Zébu, le reste étant formé d'espèces N'Dama, qui résistent à la tripanosomiasis et sont élevées au sud du 13ème parallèle, dans les ré- gions où l'on rencontre la mouche tsé-tsê. La plus grande partie des bo- vins est gardêe par des pâtres professionnels et des pâtres-cultivateurs qui élèvent les bêtes non seulement pour leur subsistance propre mais aussi comme source de revenus liquides réguliers. Un nombre considérable d'animaux appartiennent aussi à des cultivateurs sêdentaires qui les uti- lisent comme bêtes de trait ou s'en servent pour d'autres usages et qui confient souvent leur bétail à des pâtres de métier qui les gardent au pâturage pendant au moins une partie de l'année. Bien que l'on manque de renseignements précis on estime généralement que le troupeau s'accroît chaque année d'environ 12/, ce qui, déduction faite de la proportion de bêtes vendues (11 à 12% environ), représente probablement un accroissement annuel net de l'ordre de 1 à 2%. Les exportations consistent presque uni- quement en bêtes sur pied à qui l'on fait traverser les frontières en de nombreux points pour les vendre surtout en Côte d'Ivoire et au Ghana. Une proportion considérable de ces exportations a, de tous temps, échappé au contrôle. C'est ainsi que durant la période comprise entre 1963 et 1967, le chiffre, très variable d'une annêe à l'autre, des exportations offi- ciellement enregistrées a été en moyenne de 56.000 têtes par an, alors que les exportations réelles ont vraisemblablement dépassé de beaucoup le double de ce chiffre. En moyenne, il n'y a> semble-t-il, que fort peu, voire pas du tout, d'exportations de moutons et de chèvres. 25. La pêche est une activité importante dans la plus grande partie de la population rurale du Mali qui vit groupée sur les bords des multiples cours d'eau, lacs et étangs du pays. Elle est le principal moyen d'exis- tence de quelque 30.000 familles. Le produit de la pêche organisée, - 10 - concentrée dans les environs de opti, représente 2,5 à 3% du PIB et fournit entre un sixième et un septième des exportations maliennes. Les données statistiques concernant la pêche sont encore plus douteuses que dans le cas de l'élevage, mais on estime en général que le volume annuel des prises varie aux alentours de 100.000 tonnes. Etant donné les possi- bilités restreintes de commercialisation du poisson frais, la plus grande partie du poisson pêché est transformé par les pêcheurs en poisson séché et fumé, dont 10.000 à 12.000 tonnes sont probablement exportées vers la Haute-Volta, le Ghana et la C6te d'Ivoire. Les exportations de poisson échappent elles aussi en grande partie au contrôle; les chiffres des ex- portations officiellement enregistrées se situent en effet généralement entre 5.000 et 7.000 tonnes. Le secteur manufacturier 26. L'industrie moderne, qui est principalement entre les mains d'en- treprises publiques, n'existe encore qu'à une échelle très modeste, puisque sa production représente moins de 2% du PIB et qu'elle emploie moins de h.000 personnes. Elle fabrique principalement du fil et des tissus, des cigarettes et des alumettes, et transforme divers produits agricoles. Les industries artisanales sont à peu près trois fois plus importantes pour ce qui est de leur contribution à la production nationale. Le filage et le tissage à la main ainsi que la fabrication de corde sont, avec d'autres métiers artisanaux des activités assez largement répandues. Le commerce et la banque 27. Le commerce moderne organisé, notamment le commerce officielle- ment enregistré d'importation et d'exportation et la commercialisation des produits manufacturés, est contrôlé dans une large mesure par des entre- prises d'Etat. Cependant, dans les campagnes, la plus grande partie de l'activité commerciale est encore entre les mains de négociants tradition- nels, et ce sont eux qui drainent la part de loin la plus importante des revenus engendrés par le commerce. Bien que deux banques commerciales françaises fonctionnent encore au Mali, l'activité bancaire est dominée par la Banque de Développement du Mali, institution publique qui s'occupe principalement d'opérations commerciales, se charge de toutes les opéra- tions bancaires des entreprises publiques, traite toutes les transactions financières qui sont faites aux termes d'accords de paiement bilatéraux et fournit un volume modeste de crédit pour le développement, en grande partie sous la forme d'un crédit agricole distribué par un département autonome, le Service du Crédit Agricole et de l'Equipement Rural (SCAER). III. EVOLUTION DE L'ECONOMIE 28. De septembre 1960, c'est-à-dire à partir de la rupture de la fédération qui unissait le Mali au Sénégal, jusqu'au coup d'Etat mili- taire de novembre 1968, l'évolution économique du Mali a été déterminée dans une vaste mesure par des objectifs et des politiques fixés par l'uni- que parti officiel, l'Union Soudanaise du Rassemblement Démocratique, dont - 11 - le Secrétaire général était Modibo Keita, le Président de la République. Ces directives visaient à faire du Iali un pays politiquement et éco- nomiquement indépendant de la France, qui était l'ancienne puissance colonisatrice, à moderniser et à diversifier l'économie et, par dessus tout, à imprimer au pays une orientation socialiste et à tresser des liens politiques, économiques et financiers avec d'autres gouvernements "révolutionnaires". 29. L'indépendance du Mali vis-à-vis de la France se traduisit par l'africanisation rapide de ses services publics, l'abandon de sa parti- cipation à la Communauté franco-africaine et son retrait, en juillet 1962, de l'Union Monétaire de l'Afrique Occidentale accompagné de l'instituticnd'une banque centrale et d'une monnaie nationales. Bien que les relations du Mali avec la France se soient refroidies, il n'y eut jamais de rupture totale. Le commerce avec la France, l'aide économique et l'assistance technique française se poursuivirent, mais leur volume alla décroissant; à la fin de 1965, le personnel français d'assistance technique travaillant au Mali comptait encore 294 personnes, dont 195 enseignants. Mais si l'as- sistance de la France connut un certain déclin, l'aide du Marché Commun Européen prit une ampleur croissante. 30. Dans la logique de son orientation socialiste, le Gouvernement noua des liens plus étroits avec le Bloc soviétique, la Chine communiste et les Gouvernements 'hévolutionnaires" de la RAU, du Ghana et de la Gui- née. Aux termes d'une série d'accords bilatéraux de commerce et de paie- ments, le commerce fut réorienté vers les pays socialistes. Ainsi, la zone sino-soviétique, qui avait été jusqu'alors une source d'approvision- nement négligeable, fournit pendant la période de trois ans comprise entre 1965 et 1967 42,4% des importations enregistrées du Mali. Par oppo- sition, la part du Marché Commun Européen (dans laquelle la France était prépondérante) dans ces importae ns était tombée à 26,71 alors qu'elle atteignait presque 74% en 1961. - Cette réorientation des achats du Mali reflétait en grande partie des changements correspondants dans l'origine de l'assistance étrangère. Une aide de plus en plus importante fut obte- nue des pays socialistes, notamment pour l'édification des entreprises publiques maliennes. En trois ans, de 1964/65 à 1966/67, la masse de l'aide accordée par ces pays sous forme de prêts et de dons s'était ac- crue dans des proportions telles qu'elle dépassait légèrement l'aide ob- tenue de l'Occident, Marché Commun compris. 1/ Les exportations ont subi un changement d'orientation analogue, mais on ne peut citer de chiffres précis pour l'illustrer car pratiquement toutes les exportations du Mali vers la zone sino-soviétique sont en- registrées officiellement en tant qu'exportations vers le Sénégal et la Côte d'Ivoire, pays dans les ports desquels sont embarquées les marchandies à destination de pays socialistes. - 12 - Le développement des entreprises d'Etat 31. Durant une grande partie des années soixante le Gouvernement s'est attaché à développer un vaste secteur public ou socialisé. Son effort porta avant tout sur la création d'entreprises d'Etat dans les do- maines du commerce, de l'industrie et des transports. Si cette politique reflétait d'une manière générale les orientations idéologiques du parti dirigeant, elle s'inspirait également de motifs bien particuliers. Le Mali n'avait pratiquement jamais reçu d'investissements privés d'origine étrangère, les firmes étrangères ayant choisi presque exclusivement de se consacrer au commerce d'importation et d'exportation. Il n'y avait guère eu non plus de créations d'entreprises indigènes, sauf dans le commerce traditionnel. Le Gouvernement était, par suite, convaincu que seules de vigoureuses initiatives de l'Etat étaient capables de dévelop- per, moderniser et diversifier l'économie. Un autre facteur d'impor- tance était la méfiance très répandue à l'égard des négociants tradition- nels, dénommés collectivement dioulas, à qui l'on reprochait de faire peu de cas des intérêts nationaux et d'exploiter à la fois les produc- teurs et les consommateurs. Les entreprises commerciales d'Etat furent donc conçues comme les moyens nécessaires pour mettre fin à cette ex- ploitation et aussi comme des instruments visant à fournir des biens de consommation à tous les éléments de la population et en tout point du pays, dans des conditions d'égalité et d'équité. Enfin, dans le domaine des transports, la création, en 1961, d'une société publique de trans- port routier (RTM) fut dictée en grande partie par la nécessité de re- médier d'urgence à la crise survenue à la suite de l'interruption de la liaison par chemin de fer avec le Sénégal.l/ 32. La mesure la plus importante pour le développement du secteur commercial public fut la création de la SOMIEX, décidée dès 1960. Cette entreprise d'Etat reçut le monopole de l'importation du ciment et d'un certain nombre de produits de consommation de base ainsi que celui de l'exportation des arachides. Elle fut également chargée d'administrer les importations et les exportations dans le cadre d'accords bilatéraux de compensation et de paiement et se vit confier progressivement la tâche de commercialiser les produits des autres entreprises publiques. Les activités du secteur commercial public furent complétées en 1961 par la création de la Pharmacie Populaire, entreprise d'Etat chargée de l'im- portation et de la distribution des produits pharmaceutiques. Plus tard encore, en 1966, une autre société publique de commerce, UNICOOP, fut constituée pour assurer la distribution en gros et au détail d'un cer- tain nombre de biens de consommation, notamment les textiles et les vête- ments, mais il ne lui fut pas conféré de monopole. Cependant, la plus importante, après la 30IEX, des organisations publiques de commercialisa- tion développées par l'Etat, fut l'OPAM qui prit la suite de l'Office des Céréales, dont la création était antérieure à l'indépendance. A par- tir de 1964/65, l'OPAM reçut le monopole absolu de l'achat et de la 1/ Sur le développement des entreprises publiques, voir le Volume V du présent rapport. - 13 - distribution des céréales, ce qui éliminait en théorie, sinon en pratique, tous les intermédiaires privés. Une autre société d'Etat, la SONEA, fut créée avec la mission d'assurer l'achat et la vente du bétail et des pro- duits de l'élevage et reçut aussi la charge de gérer les abattoirs. En 1965/66, le chiffre d'affaires des entreprises publiques du secteur com- mercial "moderne" était passé à 15,88 milliards de F14 alors qu'il n'était que de 3,74 milliards de FM4 en 1961. A l'inverse, celui du secteur privé était tombé de 11,65 à 6,43 milliards de FM. Ce qui restait de l'activité commerciale du secteur privé était essentiellement le fait des compagnies pétrolières étrangères auxquelles on avait permis de continuer à assurer l'importation et la distribution des produits pétroliers. 33. Un certain nombre d'entreprises publiques furent lancées dans le domaine de la manufacture et de la transformation. Elles compre- naient, en dehors des abattoirs déjà mentionnés (dont un seul, à Bamako, est entré en service), une conserverie, une usine d'huile végétale, une usine de céramique fabriquant de la vaisselle et de l'équipement sanitaire, une imprimerie, des manufactures de cigarettes et d'alumettres, une usine de montage de postes de radio et, plus récemment, une usine textile et une sucrerie. En outre, une vieille briqueterie fut reprise et renovée et deux ateliers qui fonctionnaient déjà furent convertis en une entre- prise fabriquant des meubles et certains types de matériels employés dans la construction. On entreprit également la construction d'une cimenterie. Par ordre de taille, les entreprises les plus importantes étaient la manu- facture de cigarettes, l'usine textile, l'huilerie, la conserverie, l'abat- toir, la sucrerie et la cimenterie. A l'exception de l'usine d'huile végétale et de l'abattoir de Bamako, qui furent financés respectivement par la République fédérale d'Allemagne et par le FED, toutes ces entre- prises nouvelles furent réalisées avec le concours des pays socialistes. 3h. Dans le domaine des transports, l'initiative de l'Etat s'est manifestée par la création d'une compagnie aérienne nationale indépen- dante, Air Mali (avec l'assistance technique et du matériel soviétiques), de la compagnie de transport routier déjà mentionnée, d'une entreprise municipale de transport à Bamako et d'une compagnie de transport fluvial. Dans le secteur varié des services, des sociétés d'Etat furent créées pour gérer des hôtels et des cinémas. On créa aussi une entreprise publique de construction et une société d'économie mixte, Energie du Mali, chargée de gérer les installations énergétiques et hydrauliques. Enfin, la prospection des ressources minérales et leur exploitation éven- tuelle furent confiées à une autre société d'Etat qui bénéficia dès ses débuts d'une assistance soviétique substantielle. La réglementation de l'économie par l'Etat 35. Le développement d'un vaste secteur public fut complété par une rfglementation exhaustive de l'ensemble de l'économie. La fixation des prix fut progressivement étendue à la quasi-totalité des produits locaux et importés et cela à tous les niveaux, depuis les prix de gros jusqu'aux prix de détail, dans un effort pour assurer des prix "équita- bles" et pour comprimer la marge entre les prix à l'importation et à la production d'une part et les prix de détail de l'autre. Un Fonds de - 14 - péréquation des transports fut créé pour subventionner le coût du trans- port vers les régions éloignées des sources d'approvisionnement aux frais des autres régions et les entreprises publiques de commerce se vi- rent demander de puiser dans leurs propres ressources pour pallier l'in- suffisance des interventions du Fonds dans la mesure où ses ressources financières ne lui permettaient pas d'assurer que les marchandises fus- sent offertes en tout point du pays à des prix plus ou moins égaux. Les cultivateurs furent légalement tenus de livrer leurs produits à des prix déterminés à l'avance et de s'affilier à des organisations quasi- coopératives (Sociétés Mutuelles de Développement Rural) qui étaient responsables au niveau du "cercle" ou de la circonscription administra- tive de la collecte des produits agricoles et de leur livraison à l'OPAIM. On n'institua jamais explicitement de quotes-parts obligatoires de livraison, mais des administrateurs locaux zélés essayèrent à cer- tains moments d'en imposer et de faire respecter leur livraison. On ne fit aucun effort pour collectiviser l'agriculture, mais on exerça sur le villageois des pressions considérables, qui restèrent d'ailleurs sans grands effets, pour les amener à consacrer une partie de leur travail et de leurs terres à la culture de champs collectifs constitués dans leurs villages, o' les meilleures façons culturales étaient théorique- ment appliquées.i. Les conséquences économiques, de 1961 à 1966 36. L'extension rapide des entreprises publiques, le volume consi- dérable des autres investissements accomplis par l'Etat et l'effort fait pour instaurer une réglementation complète de l'économie soumirent les disponibilités limitées du pays en main-d'oeuvre qualifiée et en res- sources naturelles à des tensions sévères. Bien que les résultats obte- nus par le Gouvernement soient restés 40% en deça des objectifs ambi- tieux de son premier Plan quinquennal (1961/62 à 1965/66), le volume des investissements effectivement réalisés (h7,3 milliards de F14) ne put être financé entièrement par l'aide étrangère. Malgré un renforcement substan- tiel de la fiscalité qui permit d'augmenter de 54 les recettes du budget entre 1961 et 1965/66, le déficit budgétaire global n'en atteignit pas moins quelque 12 milliards de FN durant cette période de cinq années et demi. Si quelques-unes des entreprises publiques, comme la SOMIEX et la manufacture de cigarettes, furent en mesure dès les premiers temps de faire des bénéfices grâce surtout au quasi-monopole dont elles jouissaient, la grande majorité d'entre elles accusèrent des déficits sensibles. 2/ Le volume des crédits bancaires accordés à l'Etat et au secteur économique, y compris les entreprises publiques, s'éleva de 11,07 milliards de FM au milieu de 1962 à 33,52 milliards de FM au milieu de 1966 et 37,98 milliards de FM à la fin de 1966. Cet endettement eut pour effet d'exercer des pressions considérables sur la balance des paiements internationaux. Il 1/ Voir Tableau 11, Annexe statistique. 2_/ Voir Tableau 5, volume V. - 15 - devint nécessaire d'instaurer un contrôle de plus en plus sévère des changes et des importations afin de contenir le déficit. Mais cela ne suffit pas à empêcher les réserves de devises de diminuer régulièrement; elles passèrent en effet d'un montant net d'avoirs de 3,61 milliards de FM au milieu de 1962 à un montant net d'engagements de 12 milliards de FM à la fin de 1966. Ln juillet 1964, le FI accorda au Mali un crédit "stand by" de 9,9 millions de dollars (2,45 milliards de FM au cours de l'époque), mais dès le mois d'avril 1965, ce compte était épuisé. 37. Malgré la masse assez importante des investissements, l'écono- mie ne progressa qu'avec lenteur. Les évaluations du PIB à prix cons- tants indiquent e le taux annuel de croissance ne fut que de 2,3e entre 1959 et 1964/65.- Il fut de 3,1% l'année suivante, mais 2,e 1965/66 à 1966/67, il n'y eutapparemment pas de croissance du tout.2_/ Pour l'en- semble de la période comprise entre 1959 et 1966/67 inclus le taux an- nuel de croissance a été en moyenne de 2,2% seulement. Les investisse- ments réalisés pendant le premier Plan quinquennal s'avérèrent en grande partie improductifs. Si l'investissement considérable qui fut consacré aux routes et à l'enseignement fut incontestablement utile, ceux qui fu- rent faits directement dans l'appareil de production donnèrent des ré- sultats décevants. Une proportion considérable de la capacité de pro- duction des nouvelles entreprises industrielles d'Etat resta inemployée. Ltinvestissement consacré à l'agriculture fut encore moins productif. Une part importante de l'effort financier de l'Etat dans ce domaine fut affectée à la relance de l'Office du Niger, l'entreprise d'agriculture irriguée gérée par l'Etat, mais il n'en résulta pas d'augmentation notable de la production. Une somme assez importante fut dépensée pour aménager des polders, voués principalement à la riziculture, mais on fut loin d'ob- tenir les résultants escomptés, l'affaire ayant été mal préparée sur le plan technique et insuffisamment suivie par les services de vulgarisation agricole. Un grand nombre d'écoles saisonnières d'agriculture furent ou- vertes avec l'aide du FED pour former les jeunes agriculteurs, mais là encore les résultats furent décevants, en partie parce que l'emplacement de certaines des écoles avait été mal choisi et parce qu'il ne fut pas possible de les doter toutes du personnel de formation adéquat. Les seules dépenses qui furent manifestement productives dans le domaine de l'agriculture furent celles que l'on consacra au matériel agricole, aux engrais et aux insecticides, lesquels contribuèrent avant tout à l'essor de la production cotonnière. 38. La politique de fixation des prix et la pénurie croissante d'ar- ticles de consommation qui résulta des restrictions sévères imposées sur les importations eurent un effet néfaste sur la production agricole. _/ L'objectif du premier Plan quinquennal était d'accroitre le PIB de 30% à prix constants entre 1959/60 et 1965/66, mais l'accroissement obtenu nta été que de 14%. 2/ Voir Tableau 3, Annexe statistique. -16- La politique du Gouvernement en matière de fixation des prix était orien- tée bien plus vers le consommateur que vers le producteur. C'est ainsi que les prix à la production du mil et du sorgho, qui étaient de 16 FM le kilo en 1958/59 et 11 et 11,5 M en 1959/60 furent fixés à 10 FM les quatre années -suivantes puis légèrement relevés (11 FM) pendant deux autres années. Pour le paddy blanc, le prix à la production qui était de 12 FM le kilo en 1959/60, fut abaissé brutalement à 8 F14 (9 FM pour le riz. produit à l'Office du Niger) en 1961/62, puis«rclevé.-progressi- vement au cours des trois années suivantes jusqu'à 12,50 FM. Le prix de l'arachide coque, qui était de 15,0O Fn en 1959/60, fut fixé au ni- veau de 14 FMJ seulement pendant les quatre années suivantes, puis réduit encore à 13 F1M en 1964/65 et 1965/66. Pendant la même période, le prix du coton graine resta inchangé: 34 FM le kilo pour le coton de première qualité.1/ 39. Il est difficile d'évaluer les répercussions exactes de cette politique des prix et de la pénurie de biens de consommation sur la pro- duction et la commercialisation, compte tenu des fluctuations du volume des récoltes en fonction des conditions atmsphériques et du manque d'éléments d'information dignes de confiance sur la production et les ventes. Cependant, il n'y a guère de doute que ces conséquences ont été défavorables. La production d'arachides semble bien avoir diminué assez régulièrement à partir de 1963/64 et les quantités commercialisées ont baissé encore plus nettement. La production et les ventes de riz ont eu tendance à rester stationnaires malgré l'aménagement de nouvelles zones de culture. L'abaissement du prix officiel du riz par rapport à celui du mil et du sorgho a encouragé la consommation locale de riz; et le Mali, qui exportait régulièrement des quantités considérables de riz jusqu'en 1964/65, est parvenu à grandepeine à satisfaire ses besoins intérieurs à partir de cette époque. Aucune tendance nette ne s'est manifestée en ce qui concerne le sorgho et le mil, dont la production et surtout les ventes-ont toujours varié avant tout en fonction des conditions atmosphé- riques. Toutefois, l'OPAM, l'organisme de commercialisation d'Etat, a eu souvent beaucoup de difficulté à acheter suffisamment de céréales pour approvisionner les villes et autres régions déficitaires à des prix officiels qui tendaient à n'avoir plus aucun rapport avec la réalité dans les années de mauvaise récolte. L'abattoir géré par l'Etat, qui commença à fonctionner en 1964, fut tout simplement dans l'impossibilité d'acheter assez de viande aux prix contr8lés et encourut des pertes sévères dues au niveau insuffisant d'utilisation de sa capacité et aux bas prix auxquels il était obligé de vendre sa viande. Quant à la cueillette des produits poussant à l'état naturel, comme les noix de karité, le'kapok et la gomme, elle connut un déclin marqué faute de stimulants. 40. Le coton est la seule denrée agricole dont la production s'est nettement accrue durant cette période, ce qui s'explique sans doute par divers facteurs. Mâme aux prix officiels la culture du coton était très intéressante par rapport aux autres cultures. Une campagne bien organisée l/ Pour ce qui est de l'évolution des prix à la production, voir Tableau 10, Annexe statistique. - 17 - a été lancée sous l'égide de la CFDT pour accroître la production, et des subventions abondantes ont permis aux cultivateurs d'acquérir des moyens de production comprenant des charrues, des pulvérisateurs, des insecticides et des engrais. Toutefois, même dans le cas du coton il y eut en 1965/66 et 1966/67 un renversement du mouvement d'exten- sion de la superficie en culture et il fallut attendre 1968/69 pour voir les surfaces plantées en coton dépasser celle qui avait été at- teinte en 1964/65. Cette diminution de la surface cultivée doit être en grande partie attribuée à l'action du Gouvernement en vue de dé- courager la production de coton et d'accroitre celle des céréales dont les quantités livrées sur le marché avaient été très inférieures aux besoins au cours des années précédentes. Cependant, il se peut aussi que le phénomène ait été causé par la pénurie croissante de biens de consommation offerts aux agriculteurs. 4l. La fixation arbitraire des prix est également responsable du volume croissant d'un commerce clandestin, tant intérieur qu'exté- rieur, poursuivi par les négociants traditionnels qui demeurèrent ac- tifs en dépit des réglementations restrictives du Gouvernement. On vit se développer dans les principaux centres du Mali un marché "parallèle" ou marché noir dont les prix étaient fort éloignés des prix officiels. On ne dispose malheureusement d'aucun renseignement sur l'envergure de ce marché "parallèle". Quoi qu'il en fût un écart considérable séparait les prix "parallèles" des prix officiels des denrées alimentaires, par exemple, le mil était vendu à Bamako sur le marché "parallèle" à un prix plus de trois fois supérieur au prix officiel et le prix "parallèle" du riz étuvé atteignait plus du double du prix légal. De même une quantité croissante de produits agricoles, de bétail et de poisson fut passée en contrebande à travers les vastes frontières terrestres du Mali dans des pays voisins où les prix étaient souvent plus élevés que ceux qui étaient fixés par les autorités maliennes. Des négociants, qui estimaient que la poursuite de leurs activités au Mali n'offrait guère de perspectives d'avenir, utilisèrent une partie de ces exportations pour exporter illé- galement des capitaux. Les recettes de ces exportations clandestines servaient aussi à acheter à l'étranger des marchandises qui étaient à leur tour passées en fraude au Mali, pour y être vendues à des prix incontrôlés. En 1964, le Gouvernement institua la procédure dite de l'EXIC avec l'in- tention d'encourager le rapatriement des recettes d'exportation sous forme de devises et de marchandises. En vertu de cette procédure, les négociants étaient autorisés à utiliser 50% des recettes de leurs exportations de bétail et de poisson et 400 de celles de leurs autres exportations pour importer légalement certaines marchandises déterminées. Cette mesure n'eut toutefois que des effets limités, en partie parce que le commerce illicite permettait d'échapper aux droits d'importation et d'exporta- tion, ainsi qu'au contrôle des prix de vente des marchandises importées. La valeur des exportations enregistrées qui, après avoir atteint 5,08 milliards de FIM en 1961 était tombée en moyenne à 2,54 milliards de FM en 1962 et 1963, remonta à 4,1 milliards de FMl en 1964, mais retomba en 1965/66 à 3,05 milliards de Fil. Au cours des deux années suivantes, cette valeur s'éleva successivement à h,l puis 5,06 milliards de 1/Voir Tableau 25, Annexe statistique. - 18 - Ialgré la difficulté évidente qu'il y a à évaluer le volume du commerce clandestin, on a estimé que les exportations non enregistrées en 1965/66 et 1966/67 avaient été de 57%' plus élevées que celles qui furent offi- ciellement contrôlées par la douane. Pendant ces deux années, ces ex- portations illicites ont probablement permis la fuite de quelque 6 mil- liards de F11 de capitaux privés. La réintégration dans la zone franc 42. Les difficultés économiques croissantes du Mali, et notamment la sévère pénurie de devises qui alla s'aggravant en 1965 et 1966, fu- rent à l'origine d'un courant d'opinion qui se propagea au sein du Gou- vernement malien en faveur d'une réintégration dans la zone franc, qui devait permettre au Mali d'avoir accès aux réserves de devises de la France et de se voir accorder une aide française accrue. Bien que se manifestât aussi une opposition virulente de la part de ceux qui crai- gnaient que le choix de cette voie ne mit en péril le "socialisme" et ne signifiât la capitulation devant "1l'impérialisme" français, des négo- ciations furent ouvertes avec la France et, après une série de contro- verses et d'interruptions prolongées, s'achevèrent le 15 février 1967 par un accord. 43. Cet accord prévoyait la réintégration du Mali dans la zone franc en trois étapes successives: (1) une phase préparatoire devant dé- buter en mai 1967, durant laquelle le Gouvernement malien apporterait, avec l'aide de la France, les modifications nécessaires à sa politique économique et financière pour qu'elle soit conforme aux règlements en vigueur dans l'Union Monétaire de l'Afrique Occidentale que le Mali avait quittée en juillet 1962; (2) une période de coopération bilatérale durant laquelle la France garantirait la libre convertibilité du franc malien; et (3) l'adhésion du Mali à l'Union Monétaire de l'Afrique Occi- dentale. 44. Le Gouvernement français était très désireux de voir le Mali comprimer pendant la première phase le déficit de son budget et celui de sa balance des paiements de façon à réduire au minimum la nécessité de subventionner le budget et la ponction sur les réserves françaises de devises qui suivrait la convertibilité du franc malien. Il s'engagea à fournir pendant une période transitoire des subventions budgétaires au Gouvernement malien à la condition que celui-ci prît les mesures adé- quates- pour rétablir l'équilibre du budget au plus tard, semble-t-il, en 1970. De même, le Gouvernement français insista pour qu'un effort fût fait pour assainir la situation financière des entreprises publiques de manière à les empêcher d'absorber les ressources du pays. 45. La mesure qui inaugura la période préparatoire fut la dévalua- tion de 50% du franc malien le 5 mai 1967. On espérait que cette déva- luation massive stimulerait la production en vue de l'exportation, découra- gerait les importations et aurait aussi quelque incidence bénéfique sur les recettes du Gouvernement. La dévaluation permit de doubler les recettes de douane, qui pass8rent de 3 milliards de FM en 1966/67 à 6 milliards de FM en - 19 - 1968/68 bien que l'on eût appliqué des taux sensiblement réduits pour com- penser la hausse du coit des importations. Cependant, la dévaluaticn n'eut pas sur la balance des paiements l'effet qu'on en attendait. Si le Gou- vernement n'avait exercé aucun contrôle, les prix des marchandises im- portées et exportées auraient pu théoriquement s'élever de 100%. En réalité, le Gouvernement, soucieux non sans raison de protéger les con- sommateurs et de maintenir la stabilité des salaires, usa de son pouvoir de fixation des prix pour limiter la hausse des prix. La hausse des prix de vente des articles de consommation fut maintenue très en dessous de 100% aux dépens des marges des grossistes et des détaillants. Les prix à la production de la plupart des produits agricoles ne furent augmentés que légèrement (6,6% pour le mil et le sorgho, 6,2% pour le maTs, 12,5% pour le paddy blanc, et 17,7% pour le coton graine de première qualité seulement), sauf celui des arachides (en coques) qui fut relevé de 5%. Cette augmentation modeste est probablement due en partie au fait qu'à l'occasion de l'institution de prix à la production uniformes dans tout le pays, le Gouvernement avait déjà augmenté dans des propor- tions sensibles, en 1966/67, les prix qui se situaient auparavant à un bas niveau.1/Cependant, la dévaluation massive du franc malien par rap- port au franc CFA accentua nettement la disparité entre les prix offi- ciels au Mali et les prix pratiqués dans les pays voisins. Cette dispa- rité, à laquelle s'ajouta la hausse des droits d'exportation que le Gouvernement s'efforça de faire appliquer, donna une impulsion accrue aux exportations clandestines vers les pays en question. De 1966/67 à 1967/68, le montant global des exportations enregistrées et non enregis- trées est passé, estime-t-on, de 9,74 à 13,90 milliards de FII, ce qui représente une augmentation fort modeste compte tenu des prix beaucoup plus élevés, en francs maliens, auxquels les exportations sont censées avoir été vendues. On estime toutefois que la part des exportations clandestines dans l'ensemble des exp otations s'est accrue, passant de 58% en 1966/67 à 63% en 1967/68, bien que le Gouvernement ait libé- ralisé au milieu de 1967 la procédure de l'EXIC en permettant aux ex- portateurs d'utiliser 75% du produit de leurs ventes pour l'importation légale dtun éventail plus vaste d'articles de consommation. A la même époque, la valeur estimée, en francs maliens des importations augmenta plus vite que celle des exportations, si bien qu'en fait, le déficit 1/ Les augmentations globales des prix, y compris celles qui avaient été décidées en 1966/67, ont été les suivantes: mil et sorgho: 60% (pour les régions produisant des excédents); paddy blanc: 44%; arachides (en coques): 84,6%; maïs: 30,8%; coton graine: 17,7%. Voir Tableau 10, Annexe statistique. 2/ Voir Tableau 26, Annexe statistique. - 20 - au titre des échanges de marchandises en 1967/68 où il atteignit 3,8 milliards de Fil contre 1,54 milliard de Fil l'année précédente.]/ 46. Pour remettre de l'ordre dans les finances des entreprises publiques, le Gouvernement malien accepta de s'adjoindre les services d'une équipe de comptables envoyée au Mali dans le cadre de l'assis- tance technique française par le Cabinet Bourgeois. Cette équipe, qui poursuit encore ses travaux, entreprit un examen systématique des comptes de ces entreprises en vue d'améliorer leurs méthodes comptables et de dégager une image authentique de leur situation financière, con- dition préalable aux efforts qui pourraient être entrepris ultérieure- ment pour venir à bout de leurs difficultés et leur donner des bases financières plus saines. En même temps, le Gouvernement français fit de la réduction du déficit du budget une condition pour le versement des subventions qu'il avait en principe promises. Bien que quelques mesures eussent été prises pour faire face à certaines hausses inévitables des coûts provoquées par la dévaluation, la France jugea que les disposi- tions adoptées n'étaient pas une garantie suffisante pour justifier le débours de la subvention pour le budget de 1967/68. Entre temps, le FI avait lui aussi insisté sur l'adoption de mesures de stabilisation, comme condition préalable à l'ouverture d'un nouveau crédit "stand by". En août 1967, le Mali bénéficia d'un arrangement de crédit "stand by" d'une durée d'un an pour un montant de 6,5 millions de dollars, qui pourrait être augmenté dans la mesure de rachats ultérieurs à condition que le Gouvernement prit les engagements suivants: (1) blocage des cré- dits de dépenses, qui s'élevaient à 1,8 milliard de francs maliens au titre du budget 1967/68, jusqu'à ce que le versement de la subvention française de 2 milliards de FN fût définitivement acquis; (2) les cré- dits bancaires nets accordés au Gouvernement ne seraient pas augmentés de plus de 1,5 milliard de Fil pendant l'exercice 1967/68, ni de plus de 1,8 milliard de Fil pendant le reste de la période du "stand by"; et (3) le montant total des avances bancaires pour le financement des opérations du Gouvernement, d'une part et des crédits bancaires octroyés à toutes les entreprises publiques, d'autre part (lequel s'élevait à 18,7 milliards de FM au milieu de 1967) serait maintenu en dessous d'un plafond de 20,. milliards de FN jusqu'au 31 mai 1968 et serait ramené à 19,9 milliards de FM4 avant la fin août 1968. Aux termes de cet accord, 3 milliards de dollars furent tirés jusqu'à la fin de 1967, époque à laquelle, le plafond fixé pour les crédits bancaires au Gouvernement ayant été dépassé, les tirages furent suspendus. l/ Il se peut que la valeur des exportations et des importations citées dans ce paragraphe soit inférieure à la réalité, car les majorations appliquées pour compenser la sous-évaluation du commerce enregistré et les évaluations du commerce non enregistré sont peut-être trop modestes. - 21 - Le rétablissement de la convertibilité du franc malien 47. Bien que la mise en application de l'accord franco-malien eût donné lieu à des frictions considérables et que ni l'une ni l'au- tre des deux parties ne fût pleinement satisfaite du déroulement des opérations, les deux Gouvernements décidèrent en mars 1968 d'aborder la "deuxième phase", à savoir la réintégration du Mali dans la zone monétaire française. Un aspect essentiel de cet accord fut le rem- placement de la Banque de la République du Mali (BRM), qui jusqu'alors avait joué à la fois le rôle d'une banque centrale et celui d'une banque commerciale, par la Banque Centrale du Mali (BCM), qui prit en charge les opérations de la BRI en tant que banque centrale, et la Banque de Développement du Mali (BDM) qui avait à la fois les attribu- tions d'une banque commerciale, en particulier pour ce qui était du crédit aux entreprises publiques, et celles d'une institution de fi- nancement du développement. A l'occasion de cette réorganisation, l'encours des crédits bancaires aux entreprises publiques fut réduit de 3,7 milliards de FH et converti en une dette du Gouvernement en- vers la BCM, ce qui revenait à augmenter d'autant la masse de capitalisa- tion sans contrepartie des entreprises d'Etat. Un Conseil de direction composé à égalité de représentants du Mali et de la France fut placé à la tête de la BCM et l'administration courante de l'institution fut confiée à un Directeur général nommé par la France. Le crédit de la Banque Centrale au Gouvernement fut réglementé par des dispositions limitant la durée des avances à 240 jours par année civile (sauf déci- sion contraire acquise en Conseil de direction à la majorité des deux tiers) et stipulant que leur montant ne pourrait dépasser le plus bas de deux plafonds qui étaient: soit 10% des recettes définitives effec- tivement encaissées par le Gouvernement au cours de l'année précédente, soit 10% de la moyenne des engagements de dépôt des banques commerciales au cours des douze mois précédents. L'objectif général était d'instau- rer sur la monnaie et le crédit des contrôles analogues à ceux qui étaient en vigueur dans l'Union Monétaire de l'Afrique Occidentale. 48. En échange de l'acceptation de ces contrôles, la monnaie ma- lienne devint pleinement convertible en francs français en vertu d'un accord par lequel un "compte d'opérations", ouvert au Trésor français pour détenir, en francs français, toutes les réserves de devises du Mali, garantirait au ali des facilités de découvert automatique. Dans la mesure où le franc français était convertible en d'autres monnaies, le franc malien devint aussi plus généralement convertible. Cet arran- gement permit d'assouplir considérablement le contrôle des importations, dans le cadre, toutefois, d'un système de licences qui fut maintenu, et de lever les restrictions sur tous les paiements et transferts. Il en résulta par contrecoup certains effets salutaires pour 1' économie. Les biens de consommation importés qui furent désormais offerts en plus grandes quantités constituèrent le stimulant dont la commercialisation des produits agricoles, du bétail et du poisson avait tant besoin. D'au- tre part, les commerçants furent encouragés à rapatrier les recettes en francs CFA de leurs exportations. -22- 49. Pour la France, le rétablissement de la convertibilité du franc malien n'eut pas que des conséquences heureuses. Pendant les neuf premiers mois, c'est-à-dire jusqulà la fin de 1968, le "compte d1opéra- tions" accusa un déficit de 15,58 milliards de FM. A la fin du premier trimestre de 1969, le compte accusait un déficit supplémentaire de 1,36 milliard de FM alors même qutil avait été crédité de 2 milliards de FMI au titre des subventions budgétaires que le Gouvernement français avait accepté en mars de verser au Mali.1/ Une proportion considérable de ce déficit était causée par les transferts de capitaux privés, qui eurent lieu notamment à la suite du déblocage des dépfts bancaires anté- rieurement gelés. iCependant, on peut ltattribuer en bonne part à un lourd déficit commercial. En dehors du remboursement de dettes commerciales, la libération des paiements avec la zone de convertibilité monétaire entraina évidemment un déplacement de l'origine des importations du Mali des pays de ltEst vers la zone du commerce libre. Il y eut aussi sans doute un accroissement des importations dû au pouvoir d'achat refoulé qui était apparu après tant d'années de pressions inflationnistes et de contrôles. Quoiqu'il en soit, les paiements faits pour les importations par le "compte d9opérations" représentèrent plus de dix fois le modeste montant de ses recettes dtexportation.2/ La poursuite de contrats d'exportation dans le cadre des accords bilatéraux de commerce et de paiement qui liaient le Mali à des pays de l'Est peut expliquer. en partie le fait qu'il n'y eut-pas de développement des exportations maliennes vers la zone franc. I y eut un changement marqué dans l'ensemble des transactions effectuées par le Mali en 1968 dans le cadre d'accords bilatéraux de compensation, transactions qui avaient auparavant un solde régulièrement déficitaire: il s'en dé- gageait en effet en fin d'année un solde net-de 1.988 millions de FM en faveur du Mali contre un déficit net de 1.208 millions de FM l'année précédente. Il semble bien qu'indirectement, ce déplacement de 3,2 milliards de FM pendant l'année 1968 se soit produit aux dépens du "compte dtopérations" du Mali au Trésor français. Le coup dtEtat de novembre 1968 et le nouveau Gouvernement 50. Malgré ltinauguration de la "deuxième phase" en mars 1968, la coopération franco-malienne n'alla pas sans heurts pendant le reste de l'année. Les Français étaient préoccupés par le déficit croissant du "compte d'opérations". Des négociations interminables n'aboutirent à aucun accord quant aux conditions dans lesquelles seraient versées les 1 Voir Tableau 29, Annexe statistique. Celles-ci ne comprenaient pas les recettes en francs CFA qui avaient été cédées à la BCIM et qui étaient vraisemblablement constituées en grande partie par le produit d'exportations anciennes (encore que peut-être -très anciennes) vers les pays voisins appartenant à la zone franc CFA. -23- subventions budgétaires promises par la France. Au 11ali même, les di- vergences paraissaient se faire plus aiguds. Au sein du parti dirigeant, une aile militante bruyante à laquelle allaient, semblait-il, les sympa- thies du Président, craignait que la collaboration avec les Français n'aboutit à la liquidation du "socialisme". Une activité croissante était déployée pour former une milice populaire sur laquelle on pour- rait compter pour défendre celui-ci. L'armée de métier, redoutant que la milice ne devînt une force rivale et convaincue du désenchantement d'une grande partie de la population à l'égard du parti dirigeant, in- tervint le 19 novembre 1968 et arrêta le Président Keita et un certain nombre de ses collaborateurs, pour le remplacer à la tête de l'Etat par le lieutenant Moussa Traore. Le pouvoir fut remis aux mains d'un Comité Militaire de Libération qui était censé fixer la politique qui serait suivie par un cabinet composé en grande partie de civils. 51. Le nouveau Gouvernement n'a pas été inspiré par une idéologie particulière, mais il étàit dýcidé à adopter une attitude moins doctrinaire et plus pragmatique pour aborder les problèmes éconotuirues. il abrogea le monopole de la comercialisation des céréales que détenait l'OPAMI au cours de la ca:tpagne 1968/69 et offrit aux commerçants des possibi- lités bien plus étendues de prendre part légalement au commerce intérieur et extérieur. Dans le domaine des affaires étrangères et de l'aide, il s'efforça de poursuivre une politique plus équilibrée entre l'Est et l'Ouest, diminuant la dépendance assez marquée des pays communistes qui s'était développée ces dernières années au Mali en ma- tière d'assistance technique. 52. Le Gouvernement accédait au pouvoir à une époque peu favorable. En raison de mauvaises conditions atmosphériques, la récolte de céréales qui arrivait sur le marché à ce moment précis se trouvait être excep- tionnellement mauvaise. Pendant les six premiers mois de 1969, il fal- lut prendre les dispositions nécessaires-pour importer 20.h4 tonnes de riz pour un prix de 1.665 millions de FI. Le Gouvernement paya 544 millions de Fi à l'Argentine pour se faire livrer 16.000 tonnes de mil et-obtint respectivement des Etats-Unis et de la France les dons de 15.000 tonnes de maïs et de farine. 53. Outre la nécessité de faire front à cette pénurie sévère mais temporaire de denrées alimentaires, le Gouvernement se trouvait devant un certain nombre de problèmes critiques à plus long terme qu'il avait hérités du passé. Des emprunts imprudemment contractés avaient gonflé la dette publique extérieure contractuelle du pays, qui s'élevait à 104,27 milliards de FM (211,2 millions de dollars), sans compter des engagements à court terme en devises d'un montant de 36,42 milliards de FM. Il fallait aussi pallier les déficits chroniques du budget et de la balance des paiements. Il était donc nécessaire de poursuivre le travail de redressement des entreprises publiques, de rationaliser la structure des prix et, par-dessus tout, d'élargir la base de production de l'économie sans laquelle il semblait bien qu'il fût impossible de rétablir véritablement l'équilibre du budget et de la balance des -24- paiements. Les plus aigus de-ces problèmes seront examinés dans les sec- tions suivantes de ce rapport. La stabilité de l'actuel Gouvernement dépendra dans une large mesure de son aptitude à faire face à ce noeud de problèmes. IV. LA LIBERATION DU COMMURCE ET DES PRIX 5h. On a déjà noté que le nouveau Gouvernement était décidé à s'en- gager dans une voie plus pragmatique en matière de politique économique. Dans la ligne de cette politique, il a adopté une attitude plus libérale à l'égard des commerçants traditionnels, leur permettant de prendre une plus large part au commerce intérieur et extérieur. La nouvelle régle- mentation qui a été adoptée en mars 1969 est beaucoup moins limitative en ce qui concerne le commerce privé. Le monopole de l'OPAII en matière de commerce des céréales a été provisoiremert aboli permettant atsi aux commier- çants d'acheter directemént aux -agriculteurs. Après de longues déliberati.ons, le Gou- vernement a aussi décidé fin mai 1969 d'augmenter les prix d'achat officiels de certains produits agricoles afin de stimuler davantage la production. Le prix à la production du mil et du sorgho a été relevé de 16 à 18 FMv le kilo; celui du paddy blanc de 18 à 24 FM, celui des arachides de 24 à 30 FM et celui du coton graine de première qualité de 40 à 45 FM. 55. Stil s'agit là sans aucun doute de mesures prises dans la bonne direction, elles ne sont pourtant pas allées assez loin et ont manqué de cohérence dans leur portée comme dans leur exécution. Lorsque par exem- ple l'OPAM a employé des commerçants comme agents d'achat, leur four- nissant mêne des avances pour financer leurs achats, ceux-ci ont jugé plus profitable, en particulier après la mauvaise récolte de denrées alimentaires de 1968/69, d'acheter et de vendre pour leur propre compte, payant des prix plus-élevés que les prix officiels et vendant aussi à des prix plus élevés. Les commerçants ont même trouvé avantageux de vendre illégalement des denrées alimentaires dans les pays voisins qui avaient connu eux aussi une mauvaise récolte et ou les prix étaient plus élevés qu'au Mali. De manière analogue, la firme commerciale d'Etat, la SOK X, a eu des difficultés pour faire concurrence aux négociants privés. Conformément à la politique du Gouvernement, elle était obligée de vendre à des prix uniformes et avait pu jusqu'alors compenser les pertes encourues dans les régions les plus reculées du pays par les béné- fices qu'elle faisait dans la région de Bamako et sur d'autres marchés plus accessibles. Lorsque les commerçants ont été de nouveau autorisés à concurrencer la SOMIEX, ils ont naturellement concentré leurs activités sur les marchés les plus commodes et les plus rentables, compromettant du même coup la capacité de-la SOMIEX de compenser les pertes faites sur certaines de ses opérations. Par ailleurs, lorsque le Gouvernement a relevé les prix à la production des denrées agricoles, il s'est refusé à reconnaître les conséquences de cette mesure sur les prix de détail, dans sa volonté louable sans doute mais irréalisable d'empêcher la hausse du coût de la vie. -25- 56. Le pays souffre encore de l'emprise A peu près absolue d'un système de contr8le des prix. Ce contr6le s'inspire en partie de la méfiance dont font preuve les marchands traditionnels et en partie du souci d'empêcher la hausse du coût de la vie. Cependant, l'expérience révèle qutavec ses longues frontières terrestres, le Mali ne peut isoler sa structure des prix de celles des pays voisins sans provoquer un com- merce illicite important. Il n'est pas davantage possible, dans un pays où les récoltes subissent des fluctuations d'une année à liautre, d'ap- pliquer des prix uniformes et stables pour des produits alimentaires d'origine intérieure. Des prix officiels fixés avant les récoltes niont de chances d'être praticables que s'il arrive que l'offre évolue par-la suite de manière à permettre de satisfaire la demande à de tels prix. Cet état de choses a été à nouveau démontré après la mauvaise récolte 1968 lorsque l'OPAM ne put se porter acquéreur des céréales aux prix fixés et que les produits alimentaires qui pouvaient être livrés à la commer- cialisation furent achetés par les négociants à des prix échappant à tout contrôle. Après cette expérience, le Gouvernement rendit à l8OPAM le monopole de la commercialisation des céréales au cours de la campagne 1969/10. La bonne récolte obtenue en 1969 permit à l'0PAM d'acheter de très fortes quantités de céréales aux prix officiels en 1969/70, mais il est improbable qu'il puisse en être encore ainsi lorsque les conditions de l'offre sont moins favorables. Il ne fait aucun doute que les agri- culteurs ont besoin d'être assurés dans une certaine mesure à l'avance qu'ils pourront écouler leurs produits à certains prix minimums. Ils pourraient cependant recevoir une telle assurance grâce à un système de prix plancher qui permettrait au Gouvernement d'acheter pour soutenir ces prix dans les années de récolte abondante et de vendre les stocks qu'il aurait ainsi accumulés pour amortir la hausse des prix qui suivrait normalement les mauvaises récoltes. 57. D'une manière générale, il serait souhaitable que le Gouvernement sioriente vers une libération des prix et les laisse dans une large mesure se fixer d'eux-mêmes en-fonction des conditions d'offre et de demande qui prévalent sur le marché. Les firmes commerciales d'Etat devraient alors recevoir le droit d'opérer sur-le marché avec une liberté sensiblement égale à celle des commerçants privés. Le Gouvernement craint sans aucun doute qu'une telle libération ait pour effet d'augmenter le coût de la vie et qu'elle en- traîne la nécessité de relever le niveau des salaires. Il faut reconnaître qu'il est difficile de prévoir-avec exactitude les répercussions qu'aurait à ces égards une telle politique. On ignore, par exemple, quel pourcentage des produits, ayant une réelle importance dans le coût de la vie au niveau des masses, est vendu respectivement aux prix officiels et aux prix du "marché noir". Les craintes qu'il n'y ait une augmentation considérable du coût de la vie sont principalement fondées sur-l'hypothèse que les prix officiels sont aussi en fait des prix déterminants. En outre, l'offre du'marche peut fort bien réagir favorablement à un régime des prix plus libre. Quoi qu'il en soit, il est douteux que le Mali puisse, à long terme, maintenir un niveau de vie qui, fondamentalement, exige d'être constamment soutenu aux dépens du budget et.de la balance des paiements internationaux. 58. Il est enfin une-considération supplémentaire que le Gouvernement doit jeter dans la balance. La réglementation globale de l'économie et en particulier la détermination de prix appropriés et de marges commerciales pour un grand nombre de biens sont des tâches complexes et difficiles qui exigent un très haut niveau de compétence et de raffinement - 26 - administratifs. Elles imposent de lourds fardeaux à des services pu- blics qui ont à faini_face à bien d'autres problèmes. Certes, l'admi- nistration publique malienne soutient favorablement la comparaison avec celle de nombre d'autres pays africains, mais il est douteux qu'elle puisse s'acquitter efficacement de tâches aussi lourdes. V. LE REDRESSE1ENT DES ENTREPRISES D'ETAT 59. De 1961 à 1967/68, le nombre des entreprises d'Etat est passé de 12 à 27 et leur chiffre d'affaires s'est élevé de 5,6 à 37,6 milliards de F14. Il convient cependant de noter que l'augmentation du chiffre d'affaires de 11,7 milliards de F14 enregistrée pendant la dernière année de cette période a été due en grande partie à la dévaluation du franc malien. Dans le chiffre d'affaires de 1967/68, la part des firmes com- merciales a été de 63., celle des sociét's industrielles de 16%, celle des entreprises de transport et de télécommunications de 14% et celle des sociêtés d'énergie électrique, de construction et de services de 7%. Les investissements dans les entreprises d'Etat se sont probablement élevés à quelque 17 milliards de FM.2/ 60. Depuis 1964/65, les entreprises d'Etat ont réalisé globale- ment un léger bénéfice avant impôt; ce bénéfice s'est élevé successi- vement à 0, t8 million de FM, 0,96 million de FM et 0,54 million de Fm en 1965/66, 1966/67 et 1967/68. Sur les 27 entreprises en activité en 1967/68, 9 ont fait des bénéfices, 14 ont accusé des pertes (pertes plus ou moins chroniques pour 7 d'entre elles) et 4 n'avaient aucun compte permettant d'établir leurs résultats financiers. Les bénéfices auraient été supérieurs en 1967/68 si la SOMIEX n'avait souffert d'une diminution de ses bénéfices de 0,31 million de FH par rapport à l'exercice prêcêdent, ses marges bénéficiaires ayant été comprimées par la dévalua- tion. Les résultats de cette société auront étê vraisemblablement plus médiocres encore en 1968/69 en raison de la concurrence accrue des com- merçants privés. Les chiffres provisoires relatifs à la deuxième moitié de 1968 font d'ailleurs état d'une perte de 12,7 millions de FMl. 61. Les entreprises du secteur public sont encore dans leur en- semble une cause d'appauvrissement des finances de l'Etat si l'on ne tient pas compte des impôts indirects qu'elles payent (taxe sur le chiffre d'affaires et droits d'importation et d'exportation). En 1967/68, les subventions versées par l'Etat aux entreprises publiques, sauf la SONARE1 (la société de prospection des ressources minérales qui, assez naturellement d'ailleurs, dépend presque entièrement des subven- tions de l'Etat), se sont élevées à 230 millions de FMl et les avances du Trésor à 5hl millions de FM, soit au total une ponction de 771 mil- lions de F1I. Le Gouvernement s'est également chargé du service des l/ L'Office du Niger n'est pas compris dans ces chiffres. Pour une étude plus approfondie des entreprises d'Etat, se reporter au Volume V du prêsent rapport. -27- dettes contractées au profit des entreprises publiques, dont la valeur s'est élevée approximativement à 500 millions de Fil. En sens inverse, les entreprises du secteur public ont transféré au Gouvernement des bénéfices d'un montant de 350 millions de FM et payé 55o millions de FM d'impots sur les bénéfices, encore que sur cette somme 480 millions n'aient été payés que par compensation de créances sur le Gouvernement pour effets impayés. Sans tenir compte de cette compensation, la ponc- tion nette sur les finances du Gouvernement s'est élevée à 371 millions de FM. 62. A bien des égards, les :>pérations des entreprises d'Etat sont-en voie d'amélioration ou offrent des perspectives d'amêliora- tion. Tout d'abord, les méthodes de comptabilité sont meilleures au- jourd'hui que naguère et -permettent d'obtenir une image plua exacte des résultats financiers. Le Cabinet hourgeois a pris une part notable aux améliorations qui ont été faites dans ce domaine avec notamment la formation de comptables. Cependant, les méthodes comptables laissent encore à désirer en ce qui concerne le contrôle approprié des coûts. Deuxièmement, le travail du Cabinet bourgeois a été renforcé et complété par l'arrivée au début de 1969 d'une équipe de l'OIT financée par le FNUD, dont le séjour pourra se prolonger jusqu'à trois ans et qui consacre ses - travaux aux problèmes plus vastes posés par la gestion et l'organisation. Troisièmement, les liquidités des entreprises dtEtat se sont sensible- ment accrues à la suite de la décision prise par le Gouvernement en mai 1969 de les doter d'un capital supplémentaire de 1 milliard de FM et de consolider 3,75 milliards d'avances bancaires faites à ces entreprises. Cependant, les liquidités posent encore un problème majeur car les so- ciétés dfEtat ont été dotées das le départ de capitaux insuffisants et le crédit bancaire est très serré. Quatrièmement, la situation de la SONEA, la société d'élevage et de conditionnement de la viande, qui souf- frait d'une sous-utilisation de sa capacité et accusait des pertes chro- niques, a été améliorée par la décision prise par le Gouvernement en mai 1969 de lui supprimer la taxe sur le chiffre d'affaires et de'réduire le tarif de l'abattage fait pour le compte de bouchers privés. Cin- quièmement, le Gouvernement est maintenant disposé à envisager la par- ticipation d 'associés étrangers privés aux entreprises publiques. Mlalgrë l'échec des négociations visant à obtenir la participation diune société française de transport routier à sa propre entreprise de trans- port routier, la RTM, et à l'entreprise de transport municipal (TUB), le Gouvernement paraît résolu à rechercher d'autres possibilités de créer des sociétés dtéconomie mixte. C'est ainsi par exemple qu'il est à la recherche dtune participation étrangère à la gestion et au capital de la société h8telière et touristique. Enfin., il existe au sein du Gouvernement comme dans les entreprises publiques une volonté d'examiner les problèmes du secteur public d'un point de vue lucide et critique et dtêtudier les propositions de redressement. En avril/mai 1970 le Gouvernement a entrepris un examen des entreprises publiques à ltissue duquel un certain nombre de décisions ont été prises en vue de comprimer les effectifs et de restreindre le champ de leurs activités dans certains cas-et dtassouplir les restrictions frappant les prix, dans d'autres cas. -28- 63. Un certain nombre de mesures restent encore à prendre pour accroître la rentabilité et l'efficacité des sociétés d'Etat. Il con- viendrait d'étudier avec soin la possibilité d'appliquer des barames de salaires tenant compte de la qualité du travail du personnel. Le concept actuellement en usage de la transférabilité du personnel entre l'administration publique et les entreprises d'Etat devrait être réexaminé. La gestion des sociétés commerciales et industrielles exige des com- pétences et des aptitudes tout à fait différentes de celles qui sont requises dans les services de l'administration. Il cônviendrait de constituer un corps permament de personnel de gestion. Par-dessus tout, il conviendrait de prendre des mesures complémentaires afin de faire en sorte que les entreprises d'Etat puissent être plus compétitives et opérer conformément à des principes commerciaux normaux. Le Gouvernement a récemment admis que les sociétés commerciales de l'Etat devraient en principe être autorisées à pratiquer des prix rémunérateurs. Ainsi, en mai 1970, il a pris connaissance du fait que la SO1EX avait éprouvé de grosses pertes surtout par suite de marges commerciales insuffisantes fixées par la réglementation officielle des prix. Le Gouvernement a par conséquEnt convenu que ces marges doivent être relevées, bien qu'il n'apparaisse pas encore nettement si lajustement effectif de ces marges sera suffisant pour permettre à la SOMIEX de fonctionner à nouveau avec des bénéfices. Parallèlement, le Gouverne- ment a reconnu que seul un relèvement des marges commerciales de 1'OC9. permettrait à celle-ci de surmonter ses pertes. Cependant, il se peut que la crainte de répercussions sur le coût de la vie dans les villes retarde la mise en oeuvre des mesures nécessaires. Le Gouverne- ment a également décidé d'autoriser la RTM à pratiquer des tarifs plus élevés en vue de parvenir à une exploitation plus rentable. 64. Si les sociétés industrielles et commerciales d'Etat étaient autorisées à opérer dans le cadre d'une structure des prix libérée, il serait également normal qu'elles soient en mesure de soutenir la concur- rence à la fois locale et étrangère. Il faudrait alors réduire les taxes excessivement élevées qui gravent le prix des cigarettes et remplacer les prohibitions totales d'importation, comme celles qui pèsent sur les allumettes, les cigarettes et les postes de radio, par des tarifs protecteurs modérés qui permettraient au Gouvernement de se procurer quelques recettes, lesquelles lui échappent actuellement sur les importations clandestines, tout en incitant les entreprises d'Etat à accroitre leur compétitivité. A cet égard, il convient d'observer que le Gouvernement a décidé en mai 1970 de permettre à la SONAT.4, la manufacture nationale des tabacs et allumettes, d'importer des - cigarettes et allumettes étrangères en vue d'enrayer la contrebande. 65. Certaines entreprises continueront sans aucun doute à connaître des problèmes ardus engendrés par des erreurs qui furent commises au moment de leur création. Il n'y a guère d'avenir, par exemple, pour la petite fabrique de porcelaine et matériel sanitaire, qui nia jamais disposé d'un marché suffisant pour écouler ses produits, sauf si sa production peut être réorientée d'une manière ou d'une autre. La SOCONA, qui gére une conserverie, continuera vraisemblablement à éprouver des difficultés -29- pour trouver des marchés suffisants et pour organiser de manière satisfaisante ses approvisionnements en matières premières. Les problèmes particuliers de ces entreprises et de quelques autres devront être examinés avec une attention particulière, sans doute par l'équipe de l'OIT qui a le pouvoir de faire venir des experts a cet effet. 66. La MI.ssion nta pas pu formuler de conclusions quant aux be-- soins futurs des entreprises publiques en matière d'investissements. Les besoins d'investissements commniqués par les entreprises elles- mêmes s'élevaient à 13 milliards de FIM, dont 5 milliards pour Air Mali (renouvellement de l'équipement et investissement dans la construction du nouvel aéroport de Bamako) et 3 milliards pour Energie du Mal.i, la société d'eau et d'électricité. Un certain nombre de sociétés ont be- soin, sans aucun doute, de financer des renouvellements indispensables de leur équipement et sont incapables de fournir les fonds nécessaires en raison de leur pénurie de liquidités. La RTM, par exemple, devra renouveler la plupart de son parc de véhicules au cours des prochaines années même si le champ de ses activités a été réduit en vertu d'une décision gouvernementale prise en mai 1970. Le Gouvernement devrait charger l'équipe de l'OIT de faire une étude critique des besoins d'investissements et d'évaluer la part du financement qui pourra être prise en charge par les sociétés elles-mêmes. L'objectif devrait être non pas de promouvoir l'expansion en soi de ces entreprises mais de déterminer quels sont les renouvellements d'équipement et les investisse- ments complémentaires -qui sont nécessaires pour améliorer leur rentabili- té et leur efficacité. 67. Dans l'immédiat, les perspectives d'amélioration des résul- tats financiers des entreprises d'Etat ne sont pas bonnes. La situa- tion financière de la SCIIEX se dégrade et la manufacture de ciga- rettes (SONATAM), qui faisait naguère des bénéfices considérables, a souffert en 1969 d'un grave incendie qui a été la cause d'une réduction de son activité. Cependant, au cours des prochaines années, la renta- bilité devrait, dans l'ensemble, s taméliorer. La SEPOM, qui gére llusine dthuile végétale et de savon, devrait être en mesure de faire des bénéfices considérables grâce à l'amélioration de son approvisionne- ment en matières premires. La CRIATEX, dont l'usine de filature et de tisaage nta commencé a fonctionner qu'en avril 1968 et dont les résul- tats n'ont pas été incorporés dans les chiffres précédemment cités pour 1967/68, a fait des bénéfices substantiels pendant les neuf premiers - 30 - mois de son activité et devrait continuer dans cette voij.1' La SONEA devrait maintenant pouvoir supprimer ses pertes et peut-être même commencer à faire des bénéfices. Si la réglementation des prix qui défavorise les sociétés publiques de commerce était effectivement assouplie, ces sociétés devraient elles aussi améliorer leurs résultats. Dans les années qui viennent, les en- treprises publiques devraient donc dans l'ensemble être capables de rappor- ter davantage d'argent à l'Etat et de prélever sur leurs gains des sommes plus importantes pour le réinvestissement. VI. LES FINANCES PUBLIQUES 68. Equilibrer les recettes et les dépenses de l'Etat, telle est pour le Mali l'une des taches les plus importantes. Comme le montre le Tableau I, le déficit budgétaire cumulé des années 1963 à 1968 incluses, s'est élevé à 13,13 milliards de Fi. Au cours des trente derniers mois, le déficit annuel a été en moyenne de 1,92 milliard de FAI, soit 11,5jf des recettes budgétaires, et le budget présenté par le nouveau Gouvernement pour 1969 avait un déficit de 4,5 milliards de El. 69. Le Trésor, qui administre pour le compte du Gouvernement l'ensemble des recettes et des décaissements, sauf pour ce qui concerne les entreprises publiques, fait état d'un déficit encore plus lourd dans les opérations des administrations centrales et locales: 17,33 milliards de FiI. Ceci provient du fait que certaines transactions extra-budgétaires sont aussi enregistrées dans les comptes du Trésor. 70. En règle générale, les recettes n'ont même pas été suffisantes pour couvrir les dépenses courantes, c'est-à-dire les dépenses autres que d'in- vestissement. Selon les comptes budgétaires, le déficit total pour la période de six ans mentionnée plus haut a dépassé de 4,2 milliards les dépenses d'in- vestissement inscrites au budget. Pour la même période, les comptes du Trésor indiquent que le déficit a été légèrement inférieur aux décaissements portés au compte "investissements" des administrations centrales et locales, mais les investissements réels ont été vraisemblablement très inférieurs à la somme de 17,h9 milliards qui ressort des comptes. Par exemple, on trouve sous le chapitre des investissements des dépenses du Fond Routier d'un montant de 3,90 milliards de FéI, qui ont été affectées en grande part à l'entretien du réseau et non à des constructions nouvelles. 71. Les dépenses de l'Etat au cours de ces dernières années auraient été plus élevées s'il s'était acquitté normalement du service de la dette lJ La COMATEX est bien gérée, mais il convient de noter que ses gros bénéfices sont dus en partie au fait qu'elle peut acheter du coton à un prix très inférieur au prix d'exportation, droits d'exportation compris, et que gr9ce à la protection dont elle bénéficie, elle peut vendre ses produits à des prix plus élevés que ceux qu'attendraient les importations comparables sans les droits d'importations. Pendant les neuf mois de son activité en 1968, la société a fait 515 millions de il de bénéfices et a payé 163 millions de FM de droits indirects, mais la quantité de coton qu'elle a consommée a proba- blement entraîné pour l'Etat un manque à gagner de 60 millions de M en re- cettes d'exportation non encaissées et les impôts indirects qu'elle a payés ont été sans doute sensiblement inférieurs aux sommes que l'Etat aurait pu prélever sur des importations. Tableau I : MALI - LE BUDGET ET LES OPERATICNS DU TRESOR (en milliards de FM) Totaux 1964 1968 cumulés 1969 963 ( e moitié) 196/65 1965/66 1966/67 1967/68 (2ème moitie) 1963-68 (évaluations) Budget de l'Etat Recettes budgétaires - Total 11,05 5,98 73,10 12,48 13,84 18,76 8,97 - 18,85 Directes - total h,91 5,74 4,70 5,d2 6,35 2,29 - 5,C5 Indirectes - total 5,27 6,67, 7,15 7,27 11,40 6,25 - 11,93 Droits et taxes d'importation 3,46 3,06 3,01 2,94 3,83 2,87 - 4,00 Droits et taxes d'exportation 0,24 0,27 0,07 0,05 2,10 0,46 - 2,00 Taxes sur le chiffre d'affaires 1,46 3,12 3,73 3,76 4,95 2,76 - 4,85 Autres recettes indirectes 2 0,11 0,22 0,34 0,52 0,52 0,16 - 1,08 Autres recettes - total .0,87 0,69 0,63 0,75 1,01 0,43 - 1,87 Dépenses budgétaires - Total 12,66 7,26 13,46 14,09 15,77 20,79 9,80 - 23,34 Courantes 1l,42 6,49 12,3t 12,a9 15,35 18,62 8,9o - 21,77 Dépenses de personnel 7,37 4,08 8,30 8,55 9,25 10,98 5,18 - n.d. Dépenses en capital 3/ 1,24 0,77 1,08 1,20 0,42 h/ 2,16 0,90 7,77 1,57 Solde budgétaire -1,61 -1,28 -0,36 -1,61 -1,93 -2,03 -0,83 -13,13 -4,49 Trésor de l'Etat Opérations des Administrations centrales et locales -4,26 -0,06 +0,70 -3,51 -4,26 -5,54 -0,40 -17,33 Dont opérations ayant constitué des dépenses d'investissement 4,92 1,85 1,17 3,20 3,19 2,87 0,27 17,49 Modes de Financement - Totaux +4,26 +0.06 -0,70 +3,51 +4,26 +5,54 +0,40 +17,33 Mouvements des avoirs fiduciaires du Trésor -0,01 négl. +0,01 - -0,01 -0,01 +0,11 - 0,01 Avances de la Banque Centrale au Trésor(net) +3,62 +2,h -0,51 +2,17 +3,61 +3,04 +2,52 +16,88 Mouvements des dépôts du système de chèques postaux auprès du Trésor +0,96 -1,76 +0,04 +0,92 -0,92 -1,45 -1,23 - 3,42 Mouvements des dépôts des banques privées auprès du Trésor négl. +0,08 +0,03 +0,88 +0,21 +1,26 -1,15 + 1,31 Mouvements du montant des effets impayés -0,27 +0,04 +0,80 -0,37 +0,90 +1,55 +0,95 + 2,88 Autres transactions -0,50 -0,73 -0,35 -0,09 +0,46 +1,16 -0,71 - 0,31 Y compris recettes des gouvernements régionaux. V In budget de cette année ne fait 4pparaitre aucune contribution au Fonde Routier Y compris recettes des années précédentes. encore que les comptes du Trésor fassent état d'un reçu de 1,18 milliard de FM. Y copris les contributions budgétaires au Fonds Routier Y_ T compris 2,70 milliards pour le service de la dette, dont 1,15 milliard pour le et aux dépenses d'investissement des gouvernements régionaux. remboursement d'avances de la Banque Centrale, la plus grande partie du solde étant affectée à la liquidation de dettes envers les entreprises. - 31 - extérieure, laquelle donna lieu à l'accumulation d'une masse considérable d'arriérés. Par exemple, aucun poste n'a été prévu au budget pour les paie- ments au titre de la dette envers le Gouvernement français. 72. Pour le moment, le Gouvernement français a accepté de verser certaines subventions budgétaires, mais à condition seulement qu'elles servent en grande partie à liquider les arriérés des sommes qui lui sont dues et que le Gouver- nement malien prenne les mesures nécessaires pour parvenir en quelques années à équilibrer son budget. L'accord qui a fini par être conclu en 1969 à l'issue de longues négociations stipulait que la France fournirait rétroactivement 2 milliards de FM pour le budget 1967/68 mais que, sur ce total, 1,8 milliard de FM serait affecté au remboursement de dettes, comprenant des arriérés envers le Gouvernement français. Une subvention de 1m illiard de MI a été versée pour le budget qui a couvert le second semestre de 196. pour assurer la transi- tion avec un nouvel exercice budgétaire. Pour 1969, le Gouvernement français a accepté de fournir 3 milliards de Fi, sur lesquels toutefois, 1,2 milUard devait être affecté au service de la dette envers la France. Le solde de 1,8 milliard de F'i auquel s'ajoute le reliquat de la subvention de 1967/68 d'un montant net de 200 millions de Ft, soit au total 2 milliards de FM1, devait servir à amortir le déficit en 1969. Dans le cadre de cet accord, le Iali s'est engagé à comprimer de 0,8 milliard de Fu1 les dépenses inscrites au budget de 1969. Le budget révisé de 1969 pourvoit essentiellement à 22,5 milliards de Fi de dépenses et à 20,8 milliards de FM de recettes, sans inclure ni d'un c6té ni de l'autre la somme de 1,8 milliard de F14 encaissée puis décaissée pour le service de la dette envers la France. Le déficit résiduel de 1,8 milliard de FM devait être financé par un emprunt à la Banque Centrale. 73. Au cours de la période 1963-68, les avances de la Banque Centrale ont en fait financé près de 97% du déficit du Trésor au titre des opérations du Gouvernement central et des administrations locales. De temps en temps d'autres modes de financement ont été utilisés, comme par exemple divers types de dépôts auprès du Trésor, et, notamment au cours de ces dernières années, le Trésor a fait face à une partie de son déficit en ajournant purement et simple- ment le paiement des effets (voir Tableau I). La politique qui consistait à s'en remettre à la Banque Centrale pour financer le budget a, bien entendu, donné naissance à de graves pressions inflationnistes; les restrictions im- posées par la loi sur les nouvelles avances de la Banque Centrale à l'Etat rendront en tou4 cas impossible à l'avenir un recours excessif à ce procédé de financement2 . Il sera de même difficile de continuer à accumuler des effets impayés; quant au versement de subventions budgétaires par la France, il ne 1J Cette somme est comprise dans le chiffre net qui figure au Tableau I sous le titre de "autres transactions" du Trésor. 2f a 1969, des avances de la Banque Centrale d'un montant brut de 1,7 milliard de F-i seront nécessaires, mais du moins le budget 1969 prévoit-il apparemment au chapitre des dépenses une somme de 1,15 milliard pour le rem- boursement d'avances anciennes. - 32 - saurait se prolonger au-delà de quelques années. Il incombe donc au Gou- vernement d'explorer les moyens de faire disparaître le déficit et de faire quelques économies qui lui permettront de contribuer au finance- ment des investissements publics nécessaires. Les mesures possibles tant en ce qui concerne les ressources financières qu'en matière de dépenses sont examinées ci-après. Les ressources financières du Gouvernement 74. La dévaluation de 1967 n'a pas eu sur les ressources financières du Gouvernement une incidence aussi favorable qu'on aurait pu théorique- ment l'espérer. Les recettes provenant des droits et des taxes d'impor- tation sont certes passées de 2,94 milliards de FM en 1966/67 à 3,83 mil- liards de FM l'année suivante, mais cet accroissement a été décevant compte tenu du fait que la base d'évaluation des droits d'exportation avait, en principe, doublé. L'augmentation des recettes issues des droits d'exportation (passées de 0,05 milliard de FM à 2,10 milliards de FM) a eu plus d'ampleur, mais celles-ci sont retombées par la suite à un niveau plus modeste, les augmentations de certains droits n'ayant pu être maintenues. Les recettes des taxes sur le chiffre d'affaires sont demeurées stables en dépit des hausses de prix qui ont suivi la dévaluation. Ces résultats assez décevants ont été dus en grande par- tie au souci du Gouvernement d'atténuer les répercussions de la déva- luation sur le coût de la vie. Ainsi, en 1967/68, au lieu de fonder la valeur des taxes et des droits d'importation sur l'augmentation réelle du coût des importations, qui était d'environ 100%, le Gouvernement l'établit sur une base arbitraire qui tenait compte d'une augmentation de coût variant entre 6% et 60;; on est revenu en 1969 à la base des prix réels mais en abaissant les tarifs, si bien que le montant des taxes d'importation ne s'est pas accru. De même, les augmentations des prix des biens et services produits dans le pays consécutives à la dévaluation ont été limitées et il y a eu un certain relâchement dans le recouvrement des taxes sur le chiffre d'affaires, de sorte que l'accroissement escompté des recettes provenant de ces taxes ne s'est pas concrétisé. Si la dévaluation a permis au Gouvernement d'augmenter considérablement ses recettes sur les exportations de coton, denrée dont le commerce pouvait être assez facilement contrôlé, il s'est avéré difficile de percevoir des taxes d'exportation plus élevées sur d'autres produits qui pouvaient être exportés en contrebande. En fait, la pé- riode qui a suivi la dévaluation a vu s'enfler considérablement le volume du commerce clandestin en raison de la disparité accrue entre les prix officiellement en vigueur au Mali et ceux qui pouvaient être obtenus dans les pays voisins. 75. Il faut reconnaître que, d'une manière générale, la fiscalité est déjà relativement lourde au Mali. Une étude récente du FMI sur la fiscalité dans 52 pays en voie de développement situe le Mali parmi les "pays faisant un effort fiscal important" et le classe au onzième rang après des pondérations tenant compte du chiffre modeste de son PIB par habitant et de la faible proportion du commerce enregistré. En 1967/68, les recettes de l'Etat s'élevaient au total à 15,8' du PIB au coût des facteurs, contre 1U% en 1963 et 8,5; seulement en 1960 (voir Tableau 21, Annexe statistique). - 33 - 76. Il semble qu'il n'y ait guère de résultats à attendre d'une augmentation des taux de la fiscalité directe qui fournit depuis quatre ans et demi 37% environ des recettes de l'Etat. Les recettes des taxes et impôts directs ont représenté en moyenne 6a du PIB (entre 5,3 et 7%) entre 1963 et 1967. Ce rapport est considérablement plus élevé que dans la plupart des pays voisins et soutient avantageusement la com- paraison avec les proportions correspondantes au Sénégal (4,8%) et en Côte d'Ivoire (3,1%), pays qui ont l'un et l'autre un revenu par habi- tant trois ou quatre fois plus élevé que celui du Mali. 77. Dans le domaine de la fiscalité indirecte, il paraît diffi- cile d'augmenter le taux de la taxe sur le chiffre d'affaires, qui est de 20% pour les biens de production locale et de 13% pour la construc- tion. La masse des recettes pourrait théoriquement augmenter si le Gou- vernement venait à relâcher son contrôle des prix, mais il pourrait y avoir en ce cas des pressions insurmontables en faveur d'une réduction des taux. Mais d'autre part, les rentrées dues aux taxes d'importation et d'exportation pourraient être considérablement accrues sans élever les taux des taxes, en améliorant les procédures et les méthodes doua- nières d'évaluation et en utilisant des moyens plus efficaces pour ré- duire le volume du commerce non enregistré. 78. Il ne semble pas possible de relever les taux des taxes ap- pliquées au commerce extérieur. Les recettes des droits d'importation ont représenté en 1966/67 et 1967/68 37% de la valeur des importations enregistrées - soit sensiblement la même proportion qu'au Sénégal, mais beaucoup plus qu'en Côte d'Ivoire. Une politique sélective de réduc- tion des taux de certains droits pourrait fortbien accroître les recettes au lieu de les diminuer et il importe que le Gouvernement étudie soi- gneusement le tarif d'importation sans perdre de vue cette idée. Des réductions ainsi conçues contribueraient à atténuer les motifs qui in- citent à la contrebande. A cet égard, il convient d'observer que les droits extrêmement élevés qui ont été imposés sur les importations de cigarettes (200 à 300%) pour protéger la manufacture locale sont à l'origine d'une contrebande substantielle de cigarettes étrangères. De même, le marché intérieur est inondé d'allumettes étrangères en dépit de l'interdiction officielle de toute importation. 79. Plutôt que de relever les taux des taxes d'exportation, il sera probablement nécessaire de les réduire encore davantage. Une hausse considérable de ces taux a été décidée en janvier 1969, mais il a fallu très vite les ramener à un niveau plus bas car il s'avérait impossible de les faire appliquer. En juin 1969, le Gouvernement a décidé une nouvelle diminution des taxes d'exportation sur le coton et les arachi- des à la suite de l'augmentation, le mois précédent, des prix à la production de ces deux produits. Comme il est probable que les prix du coton et de l'arachide connaîtront une baisse de 10 à 15% au cours des prochaines années, il faudra peut-être procéder à une nouvelle diminu- tion des taux, encore que la dévaluation du franc malien alignée sur celle du franc CFA qui a eu lieu en août 1969 en ait écarté, pour le moment du moins, la nécessité et que l'effet d'une éventuelle réduc- tion du taux de la taxe ait des chances d'être compensé par un volume - 34 - accru d'exportations. Il faudra peut-être aussi alléger les taxes sur les exportations de poisson séché et fumé si le Mali veut être en me- sure de lutter contre la concurrence de plus en plus forte du poisson de mer sur les marchés étrangers 80. Le seul moyen efficace d'augmenter les recettes prélevées sur le commerce extérieur est d'accroître le volume de la production et des exportations et de diminuer la part du commerce extérieur qui échappe aux droits de douane par la contrebande et du fait de la sous- évaluation de la valeur réelle des produits. En ce qui concerne la production et les exportations, les perspectives seront analysées dans une autre section de ce rapport. Quant au deuxième objectif, il faudra pour l'atteindre améliorer considérablement le fonctionnement des douanes. Pour être en mesure de surveiller plus efficacement les lon- gues frontières du Hali, le service des douanes aura besoin d'être mieux équipé en moyens de transport et d'être doté de meilleurs moyens de communication. Les améliorations à apporter au service des douanes sont aussi d'ordre qualitatif. Lorsque le Hali est devenu pleinement indépendant à la suite de la dissolution de la Fédération du Mali, son service des douanes ne comptait pratiquement aucun fonctionnaire qua- lifié. Des efforts ont été faits pour former des fonctionnaires de douane, notamment en créant à cet effet une école spéciale, mais la compétence du personnel laisse encore beaucoup à désirer. Il est né- cessaire d'instruire les douaniers des procédures de dédouanement des marchandises et, surtout, des méthodes permettant d'évaluer les mar- chandises à leur juste valeur. A l'heure actuelle, les procédures douanières sont lourdes et favorisent l'évasion; en outre la sous- évaluation est courante. On est de plus en plus conscient au Mali de la nécessité d'une assistance technique pour améliorer la formation des douaniers, renforcer, au moins pendant une période transitoire, le personnel existant et améliorer l'organisation du service; malheureuse- ment, dans ce domaine, l'aide ne peut être obtenue facilement des sources habituelles. 81. Le renforcement du personnel et de la surveillance des douanes ne suffira pas à lui seul à réduire de beaucoup le volume du commerce clandestin et la "sous-dêclaration" de la valeur du commerce contrôlé. Il faut aussi que le contrôle officiel des prix soit relâché de manière que les prix puissent s'établir à un niveau qui reflète plus fidèlement l'offre et la demande et que la disparité entre les prix du Mali et ceux des pays voisins se réduise suffisamment pour que la contre- bande soit moins tentante. Le IMhli ne peut réellement espérer fixer les prix à des niveaux très différents de ceux qui ont cours à ses frontières. Enfin, pour réduire la tentation de la contrebande, il faudra également poursuivre une politique libérale en matière d'importations et de changes. 82. La Mission a tenté de faire une évaluation prospective des re- cettes du Gouvernement en 1972/73. Les chiffres auxquels elle est par- venue sont reproduits ci-dessous: - 35 - (en milliards de FM) Droits Droits Taxe sur Impôts d'impor- d'expor- le chiffre Autres directs tation tation d'affaires revenus!/ Total 1966/7 5,82 2,9h 0,05 3,76 1,27 13,8h 1967/8 6,35 3,83 2,10 h,95 1,18 18,41 1972/73 hypothèse faible 9,30 6,10 1,20 7,00 1,70 25,30 "l hypothèse forte 10,90 6,80 1,20 7,80 1,70 28,40 Ces estimations reposent sur l'hypothèse selon laquelle la croissance du PIB serait en moyenne de 3,6% par an entre 1967/68 et 1972/73 tandis que le commerce extérieur ferait des progrès plus que proportionnels. Des évaluations "faibles" et "fortes" ont été faites pour la plupart des catégories. Les recettes des impôts directs ont été projetées sur les bases respectives de 6% et 7% du PIB aux prix du marché en 1972/73. L'hypothèse la plus faible pour les recettes des droits d'importation correspond à un montant s'élevant à un tiers environ de la valeur des importations enregistrées, laquelle est considérée comme égale à celle de la période de deux ans comprise entre 1966/67 et 1967/68; dans l'hypothèse forte les recettes seraient d'environ 37% de cette valeur. Ni l'un ni l'autre de ces deux objectifs n'aura de chances d'être at- teint si le Gouvernement ne peut ramener d'ici là à 20% (au lieu de 30% actuellement) le rapport des importations non enregistrées aux importations totales. 83. La Mission prévoit que le produit des droits d'exportation tombera du niveau élevé de 2,1 milliards de FM atteint pendant la première année qui a suivi la dévaluation à 1,2 milliard de F14, cela en grande partie parce que les cours mondiaux de l'arachide et du coton ne se maintiendront vraisemblablement pas à un niveau suffisant pour supporter ne serait-ce que les tarifs plus bas qui sont entrés en Vigueur en juin 1969. Cette somme modeste ne pourra même être per- çue que si le Gouvernement est capable de réduire le pourcentage d'exportations non enregistrées - de 80% environ à 60% pour le bétail, de 55 à 40% pour le poisson, de 45 à 25% pour les arachides et de 28 à 10% pour le coton. 8h. Au cours des quatre dernières années, les recettes de la taxe sur le chiffre d'affaires ont varié entre 3,8 et h 3% du PIB et ont atteint en moyenne h du PIB en 1966/67 et l967/68.2/ Comme le l/Ne comprennent pas les revenus exceptionnels tels que les transferts de bênéfices de la part des entreprises publiques. 2/Voir Tableau 21, Annexe statistique. - 36 - PIB monétisé devrait s 1accroftre plus rapidement que le PIB total, on est en droit de penser que cette proportion peut itre portée à 4,5% (l'évalua- tion faible de la Mission) ou 5% (l'évaluation forte) en 1972/3. On a prévu que les autres revenus s'élèveraient à 1,5% du PIB, soit légèrement au-dessus du niveau de 1,3% atteint ces dernières années. 85. Ces projections des recettes ne tiennent pas compte d'éventuels transferts de bénéfices de la part des entreprises d'Etat. Il est très difficile de prévoir quel sera le volume des bénéfices ou dans quelle mesure ceux-ci seront conservés par les entreprises ou transférés a l'Etat. On peut cependant se hasarder à prévoir que la part de ces béné- fices qui reviendra à l'Etat pourrait être de l'ordre de 0,5 à i milliard de FM en 197/73. En ce cas, le montant total des ressources budgétaires se situerait cette année-là entre 25,8 et 29,4 milliards de FM. Les dépenses 86. Les dépenses courantes inscrites au budget sont passées de 10,04 milliards de FM en 1961 à 18,21 milliards de FM en 1968 (la moitié des dépenses de l'exercice 1967/68 plus toutes celles de la seconde moitié de 1968), ce qui représente un rythme annuel d'augmentation de 8,9%. Entre 1961 et l'exercice 1965/66, le rythme d'augmentation n'a été que de 6% environ, mais entre 1965/66 et 1967/68, période qui comprend le dernier exercice antérieur à la dévaluation et le premier exercice qui l'a suivie, les dépenses ont augmenté de près de 21% par an (voir Tableau I). 87. Les dépenses courantes absorbées par le personnel sont passées de 5,14 milliards de FM en 1961 à 10,67 milliards de FM en 1968 (soit un taux d'augmentation moyen de 11%) et ont constitué 58,5% de l'ensemble des dépenses courantes en 1968. Cette augmentation semble due presque entièrement à l'accroissement régulier des effectifs employés par le gou- vernement dont la politique était de fournir des emplois dans le secteur public à la quasi-totalité des dipltmés de ses écoles. Les salaires et les traitements ont été maintenus à un niveau constant en dépit d'une hausse des prix qui a été de plus de 50%, m8me sur les marchés contral6s, entre 1962/63 et la fin de 1968. 88. Entre 1961 et 1968, les dépenses de matériel et de fournitures n'ont augmenté que de 2% en moyenne, passant de 3,91 à 4,5 milliards de FM. Etant donné la hausse des coûts, notamment depuis la dévaluation, il est évident que les dépenses ont diminué sensiblement en valeur réelle. L'entretien a été négligé et les écoles manquent beaucoup d'équipement, de mobilier et de matériel d'enseignement. 89. La provision pour le service de la dette est passée de 0,27 milliard de FM en 1961 à 1,50 milliard de FM en 1968, mais, comme on l'a déjà relevé, même ce dernier chiffre était assez loin de correspondre aux véritables obligations du Mali au titre de la dette. Les autres dépenses, comprenant notamment les subventions et contributions, ont approximativement doublé, passant de 0,73 à 1,54 milliard de FM. -37- 90. Si l'on examine la répartition des dépenses par ministères, on constate que les domaines où leur augmentation a été la plus forte sont celui de l'éducation, de la jeunesse et des sports (de 1,55 milliard de FM en 1961 à 3,5h milliards de FM en 1968) et celui de la-santé, du travail et des affaires sociales (de 1,10 à 2,36 milliards de FM). Par contre, les sommes dépensées pour l'agriculture, l'élevage et la pèche sont demeurées modeses (0,76 milliard de FM en 1968 contre 0,45 milliard de FMT- en 1961).'/ 91. Les prévisions de dépenses que la Mission a essayé de dresser pour 1972/73 donne une idée des difficultés que le Gouvernement risque de rencontrer pour équilibrer le budget des dépenses courantes et dégager en outre un petit excédent pour les investissements. Il faudra s'efforcer par tous les moyens de ralentir le rythme actuel dtaugmenta- tion des dépenses de personnel. La Mission pense que le taux d'augmenta- tion peut être maintenu au niveau de 45 par an, mais l'expérience du passé donne à penser qu'il pourrait stavérer impossible de descendre en dessous de 6%. Sur cette base, les dépenses de personnel seraient soit de 13,2 milliards de FM soit de l4,6 milliards de FM en 1972/73. Il serait souhaitable que la dépense supplémentaire serve à relever le niveau incontestablement assez bas des salaires et des indemnités plut6t qu'à accroftre des effectifs déjà pléthoriques. Comme les dépenses de fournitures et de matériel ont diminué sensiblement en valeur - réelle, il faudra à l'avenir allouer à ce poste des crédits plus appropriés. La Mission considère qu'il sera sans doute nécessaire d'augmenter chaque année ces dépenses de 5% au minimum-et de 8% au maximum, ce qui les ferait passer à 6,h ou 7,3 milliards de FM. Pour ce qui est du poste des contri- butions, subventions et dépenses diverses, la Mission envisage une augmen- tation annuelle des dépenses de 2 à h %, ce qui ferait passer les crédits de ce poste à 1,6 ou 1,8 milliard de FMI en 1972/73. 92. n faut ajouter à ces dépenses prévisionnelles une provision d'environ 1,4 milliard de FM pour les crédits alloués sur le budget au Fonds Routier. Ce fonds devra accroftre ses dépenses dans des propor- tions substantielles pour faire face au problème de l'entretien des routes, et notamment pour enrayer la dégradation des routes secondaires et des-voies de desserte qui s'est rapidement aggravée ces dernières années. Le chiffre minimum donné pour les dépenses repose sur une analyse approfondie de l'étude du PNUD sur les transports et des travaux relatifs à un projet-d'entretien des routes qui ont été faits au bureau de la BIRD d'Abidjan. Les perspectives d téquilibre du budget 93. Le montant total des dépenses indiquées-ci-dessus pour 1972/73 se situerait entre 22,6 et 25,1 milliards de F4. Si l'on rapproche ces projections de dépenses des évaluations "faible" et "forte" présentées 1/ Voir Tableau 20-a, Annexe Statistique. -38- précédemment pour les recettes courantes, l'excédent qui apparaît est de 3,2 milliards de FM dans le premier cas et de h,3 milliards de FM dans le second. Il n'est cependant pas tenu compte du Service de la dette. On a déjà observé que les importants versements au titre de la dette envers la France en 1969 n'ont pu 6tre effectués que grâce aux subven- tions françaises. Le budget 1970, qui prévoit des dépenses ordinaires s'élevant à 21,2 milliards de FMl/ ne contient en fait de provisions pour le service de la dette extérieure que 250 millions de FM, bien qu'il soit probable qu'il auirait fallu inscrire bien plus de 3 milliards de - FM au budget pour faire face à tous les paiements théoriAuement échus. En outre, sur la base des obligations existantes, -ce service pourrait être près de deux fois et demi plus élevé en 1973. La conclusion est inéluctable: si lton veut éviter de lourds déficits budgétaires '2 impossibles à réduire, il faudra réviser ltéchéancier de la dette._/ VII. LA BALANCE DES PAIEMNTS INTERNATIONAUX 9h. Les déficits des finances publiques ont été -accompagnés de déficits de la balance des paiements internationaux. Le Tableau 19 de l'Annexe statistique montre l'évolution de la balance des paiements de 1964/65 à 1967/68. Les chiffres relatifs au commerce ont été corrigés pour tenir compte dans la mesure du possible des sommes correspondant au commerce non enregistré selon les meilleures évaluations dont on dis- pose au Mali. Au cours des trois dernières années qui ont précédé la dévaluation, le déficit du compte courant a été en moyenne de 7,8 milliards et pendant la première année qui a suivi la dévaluation de 50% du franc malien, il a bondi à 14,5 milliards de FM. Ces déficits ont été causés par l'excédent considérable des importations sur les exportations et surtout par les lourdes dépenses de frêt, d'assurance et d'acheminement qu'entraine pour le Mali son éloignement des sources d'approvisionnement et des marchés étrangers. Les déficits du compte courant sont, bien sûr, dans une large mesure le reflet des sommes importantes reçues par le ali sous forme de dons et de prêts de l'étranger. Toutefois, lorsqu'on fait le compte exact des entrées nettes de capitaux et des changements survenus dans les avoirs à l'étranger, il reste un solde négatif important sous le titre "Net des Capitaux privés erreurs et omissions". Pendant les trois années qui ont précédé la dévaluation, ce solde a été en moyenne de 3,76 milliards de FM et il était de 5,28 milliards de FM en 1967/68. Les sorties de capitaux privés officiellement enregistrées n'ont été en moyenne que d. l_/ Le budget 1970 prévoit des dépenses totales de 23,35 milliards de FM y compris 2,16 milliards de FM au titre de "l'équipement et des inves- tissements" (sur ce dernier chiffre, un-montant de 1,2 milliard de FM doit être prélevé sur le Fonds routier). Les recettes ordinaires sont, évaluées à 21,76 milliards de FN, et le déficit de 1,59 milliard qui en découle doit -être financé sur les recettes extraordinaires et exceptionnelles. 2/ Pour une discussion plus -détaillée de la question du service de la dette, voir ci-après par. 100-10h. -39- 0,46 milliard de F1 pendant la prémière période et se sont élevées à 4 milliards de FM en 1967/68. La différence doit être attribuée en grande partie à la fuite des capitaux-privés encore que "erreurs et omissions" puisse en expliquer une partie. Les commerçants ont, dans le passé, conservé à l'tranger une -partie substantielle des recettes de leurs exportations clandestines. 95. On ne dispose encore d'aucun renseignement sur la balance des paiements de 1968/69. Il semble cependant qu'elle se soit soldée encore une fois par un déficit substantiel. Les engagements nets en devises étrangères de la Banque Centrale ont augmenté de 10,2h milliards de FM dans le courant de l'année. Le montant des tirages sur le "compte d'opé- rations" du Trésor français est passé de 8,6 à 20,72 milliards de FM, soit une augmentation de 12,12 milliards.1/ Par contre, pendant la période com- prise entre juin 1968 et mars 1969, le solde global des comptes de compen- sation bilatéraux du Mlli est passé d'un montant négatif de 5h4 rmIlions de FM à un crédit posit f de 1.960 millions de FI, soit un redressement de 2,5 milliards de FM.] 96. De toute évidence, la Mali n'aurait pu supporter les effets de la libération du commerce et des paiements à partir de mars 1968 sans les tirages qu'il a faits sur le "compte d'opérations". Le FMI a également apporté une certaine aide au Mali en acceptant en juin 1968, à condition que le montant total des crédits bancaires au gouvernement soit maintenu en dessous d'un certain plafond, de lui accorder un nouveau crédit "stand- by"l de 5 millions de dollars qui pourrait être augmenté proportionnellement à des rachats au titre de tirages antérieurs. Cet accord a été suivi à lz, fin octobre 1969 d'un nouvel arrangement mettant 3 millions de dollars à la disposition du EMi, mais cette somm devait servir presque entièrement à reporter les obligations de rachat au titre des tirages anciens. 97. Certains signes donnent à penser que les pressions sur la balance des paiements se rel9chent actuellement quelque peu. La reconstitution des stocks de produits importés de la zone de convertibilité monétaire, qui a commencé en mars 1968, est sans doute en grande partie achevée. Les sub- ventions budgétaires françaises et les restrictions imposées au crédit de la Banque Centrale au gouvernement, renforcées par les plafonds inclus dans les accords de "standby" du FMI, sont de nature à diminuer les pres- sions inflationnistes suscitant une demande excessive. Les banques com- merciales (deux banques privées et la BDM qui appartient à l'Etat) souf- frent de la rareté de l'argent et ne peuvent augmenter leurs possibilités de crédit qu'en réescomptant à la Banque Centrale, laquelle s'efforce de maintenir des plafonds de réescompte. Le rythme des paiements faits pour les importations sur le "compte d'opérations" pendant les six premiers mois de 1969-a été à peu près de 15% inférieur à celui des neuf derniers mois de 1968.3/ 1/ Voir Tableau 28, Annexe statistique; f/ Voir Tableau 30, Annexe statistique; 3f1 Voir Tableau 29, Annexe statistique. -h0- 98. Les indications tirées du "compte d'opérations" montrent aussi que les sorties massives de capitaux privés qui ont suivi le rétablisse- ment de la liberté des transferts en mars 1968 et entraîné pendant les 9 derniers mois de 1968 une ponction de 6,h9 milliards de FM se sont réduites à 1,01 milliard de FM pendant les six premiers mois de 1969. fl y a désor- mais moins de raisons de laisser à l'étranger les recettes d'exportation. Déjà en 1967/68, les exportations illicites dg capitaux s'étaient apparem- ment abaissées à quelque 1,25 milliard de FM.1/ L'augmentation des ventes de francs CFA à la Banque Centrale dénote un courant accru de rapatriement de francs CFA qui correspondent en grande partie à des recettes d'exporta- tions; ces ventes ont été en moyenne de 0,10 milliard de FM par mois pendant les 9 derniers mois de 1968 et successivement 0,h8 et 0,4 milliard de FM pendant le premier et le deuxième trimestre de 1969. Les tirages mensuels nets-sur le "compte d'opérations" ont été nettement moins forts en 1969 qu,er. 1968. Les tirages nets ont été de 15,58 milliards pour 9 mois en 1968, mais ils sont tombés à 6,h6 milliards de FM du ler janvier au 10 septembre l969.' 99. A long terme, la capacité du Mali de gérer sa balance des paie- ments sans recourir de nouveau à des restrictions -sévères qui ont des effets néfastes sur la monnaie dépend de divers facteurs. Il lui faudra éviter tout financement inflationniste du déficit budgétaire, réussir à accroître la production et les exportations et à obtenir poúr ce faire une aide de l'étranger, enfin accélérer le remboursement de la dette extérieure. Les possibilités d'accroître la production-et les exportations seront examinées dans la section suivante de ce rapport.- C'est le problème de la dette ex- térieure qui va être maintenant analysé. Le problème de la dette extérieure 100. La conséquence des emprunts massifs contractés au cours des années passées est que le Mali est maintenant lourdement endetté. Selon le rapport fait par le gouvernement à la BIRD, l'encours de la dette ex- térieure publique à la fin de 1968 s'élevait à l'équivalent de 211,2 millions de dollars dont bl,2 millions n'ont jamais été décaissés. Une grande partie de la dette non décaissée, à savoir l'équivalent de 30 millions de dollars, était due aux pays de l'Est, principalement à la Chine communiste. L'encours de la dette du Mali était constitué pour 54,7% de dettes envers-l'ensemble des pays de l'Est et pour 23% de sommes dues à l'Etat français. 101. Selon des renseignements ultérieurs communiqués officieusement à la BIRD par le Gouvernement, la dette extérieure publique à la fin de 1969 s'élevait à 154,h milliards de Fn, soit 278 millions de dollars E.U. au taux de change en vigueur. Sur cette somme, 22.,l milliards de 1/ Ce chiffre représente la différence approximative entre le total de 5,28 milliards de F1 qui figure sous le titre "Net des capitaux pr-ivés., erreurs et omissions" et le montant net des sorties de capitaux offi- ciellement enregistrées, qui était de h milliards de F. 2/ Voir Tableau 28, Annexe statistique. Au cours des cinq mois suivantj, soit jusqu'au 10 février 1970, les nouveaux tirages neTs se sont élevÈ-e à 2,3 milliards de FM. -141- FI n'ont pas encore été décaissés. La quasi-totalité de l'accroissement par rapport au total précédemment déclaré à la fin de 1968 représentait - probablement des correctifs aux données chiffrées fournies antérieurement. 102. Il ressort des prévisions relatives au service de la dette extérieurc déclarée à la fin de 1968 que les paiements devaient passer de 6,1 millions de dollars en 1969 à 14,9 millions de dollars en 1972 et-en 1973 pour atteindre un maximum de 21,6 millions de dollars en 1975. On s'attendait à ce que ces paiements tombent à 12,4 millions de dollars en 1980. L'augmentation marquée des obligations du service de la dette prévue pour le début des années soixante-dix était due au fait que la plupart des dettes contractées envers les pays de l'Est n'arrivent à échéance qu'au cours de ces années-là. A la fin de 1969 les arriérés de paiements S'élevaient à 6,5 millions de dollars. 103. Pour un pays dont les engagements extérieurs à court terme sont considérables et dont les exportations n'ont qu'un volme modeste, ces paie- ments futurs constituent un fardeau extrêmement lourd. Les paiements au titre du service de la dette qui arrivent à échéance en 1969 représentaient probablement quelque 20% des recettes d'exportation encaissées cette année-là. En 1975, le service de la dette absorberait 48% des recettes d'exportation même si celles-ci s'élevaient d'ici là de 50%. Comme on l'a déjà noté, il est impossible d'équilibrer le budget si le service de la dette impose une charge aussi lourde; Il sera évidemment nécessaire de procéder à un réaménagement de la dette. 104. Le Gouvernement reconnaît pertinemment que les manquements à ses obligations sont préjudiciables à sa réputation de solvabilité et que le calendrier d'amortissement de la dette extérieure devra être révisé en accord avec ses créditeurs. En mai 1970, seules les dettes envers la République Fédérale d'Allemagne, le Ghana et l'Algérie avaient fait l'ob- jet d'un aménagement . Le Gouvernement espère cependant parvenir à un accord au cours de 1970 avec ses deux principaux créanciers: l'Union Soviétique et la République Populaire de Chine, de même qu'avec la You- goslavie et la R.A.U. Jusqu'à présent, la France, le troisième créancier par ordre d'importance, s'est montrée peu disposée à négocier à nouveau les modalités des prêts qu'elle a consentis, d'autant plus qu'elle a déjà accordé un concours important au Mali sur le plan budgétaire et de la balance des paiements. La dévaluation d'août 1969 105. Lorsque le n1 août 1969, le Mali a procédé à une nouvelle déva- luation de sa monnaie, de 11,1% cette fois, pour la maintenir alignée sur le franc français et le franc CFA, la charge du service de la dette non française s'est trouvée encore alourdie. Les motifs de cette nouvelle dévaluation ne sont pas clairs. En ramenant le franc malien à la moitié de la valeur du franc CFA, la précédente dévaluation avait eu pour effet d'accroftre la disparité entre les niveaux des prix au Mali et dans les pays voisins, au point que la contrebande sten trouvait fortement stimulée et qu'il devenait difficile pour le Mali de maintenir le contrôle des prix. Il ne semblait pas qu'il fût essentiel pour le Mali de suivre la -h2- dévaluation du franc CFA pour maintenir la-compétitivité de ses expor- tations dans les pays de la zone franc CFA. L'avenir des échanges fondés sur des accords de compensation 106. Une question importante relative aux échanges et aux paiements internationaux reste à résoudre: c'est celle de l'avenir des seize accords bilatéraux commerciaux et de compensation conclus par le Mali. Cette ques- tion a pris de l'acuité parce que le Mali possède maintenant, en vertu de ces accords, un très important solde créditeur global alors que son déficit avec la zone de libre échange s'est fortement accru à la suite de la libê- ralisation des échanges et des paiements. A l'exception de ceux qui le lient au Ghana, à la Guinée, au Maroc et à la République arabe unie, tous ces ac- cords ont été conclus par le Mali avec des pays communistes. La mission n'a pu obtenir de renseignements sur le volume des échanges et des paiemenjl- résultant de ces accords bilatéraux. Elle estime que le Nali a avantage à acheter et à vendre aux conditions les plus compétitives. Le fait même que, à la suite du rétablissement de la convertibilité du franc malien, les im- portations émanant des pays avec lesquels il existe des accords de compen- sation ont en grande partie fait place à des importations émanant de la zone de convertibilité monétaire témoigne des handicaps que le respect de ces accords a imposés au Mali. Le gouvernement craint apparemment que leur abrogation ne marque un abandon de sa politique d'équilibre entre l'Est et l'Ouest. Il n'y a pourtant aucune raison pour que le Mali, comme bien d'autres états, ne puisse commercer avec les pays de l'Est sur une base libre et compétitive, en vendant à ces pays quand les prix qu'ils offrent sont attrayants et en leur achetant quand il y trouve avantage. 107. Faute de renseignements spécifiques sur les clauses des accords bilatéraux, il a été difficile à la Irssion de faire des suggestions con- crètes sur les différentes manières dont ceux-ci pourraient être abrogés. Il semblerait toutefois que les soldes figurant au débit ou au crédit du compte général du Mali pourraient dans la plupart des cas être liquidés par des achats ou des ventes, et dans le cas où le Mali a des soldes débi- teurs et des dettes contractuelles, ces soldes pourraient être réglés par assimilation à des dettes contractuelles. Vis-à;.vis du Ghana, le Mali avait un solde de 2.270 millions de FM en sa faveur à la fin de mars 1969, bien qu'il se trouva en retard dans le paiement de la dette qu'il avait contractée auprès de l'ancien gouvernement N'Krumah. Le ler avril 1969, le Ghana consentit à réviser l'échéancier des paiements dus par le Mali au titre de la dette, mais à la condition que les paiements continuent d'être réglés en devises convertibles. EI même temps, il a été mis fin à l'accord bilatéral de compensation, étant entendu que le Mali pourrait utiliser le solde créditeur principalement pour l'achat de bois au Ghana. VIII. PERSPECTIVES D'ACCROTSSEMENT DE LA PRODUCTICN A. Agriculture, élevage et pêche 108. L'agriculture, l'élevage et la pêche constituent le secteur qui offre la meilleure perspective d'expansion de la production. Dans l'agri- culture, la production de coton peut être très rapidement développée, avec l'assurance, fondée sur l'expérience acquise, qu'il en résultera un béné- fice pour les cultivateurs et une source de recettes très importante pour le Gouvernement. Les possibilités d'augmentation de la production de riz sont grandes et devront être mises à profit si le Mali veut faire face à sa consommation intérieure croissante et disposer finalement d'excédents en vue de la reprise des exportations de ce produit. Les arachides offrent des perspectives moins favorables, bien qu'il doive être possible de revenir à une production supérieure aux très faibles niveaux enregistrés depuis quelque temps. Certaines possibilités existent aussi pour quelques cultures secondaires. Dans le secteur important de l'élevage, il est probable que les progrès seront assez lents jusqu'à ce que soient terminées les études sur les possibilités de création de ranches d'engraissement et sur les ressources en eau pour les pâturages et les itinéraires du bétail et que soient prises des mesures concertées pour combattre les maladies du bétail, notamment la -- peripneumonie, et pour améliorer les moyens de commercia- lisation. En ce qui concerne la pêche, la tâche essentielle consiste à améliorer la qualité du traitement du poisson, de façon à réduire les pertes et à affronter la concurrence croissante. Coton 109. La quantité de coton graine produite est passée de 12.884 tonnes en 1961-62 à 44.939 tonnes en 1968-69. Tandis que la production des régions irriguées de l'Office du Niger a décliné, celle de la région d'agriculture en sec a progressé de 5-894 à 40.389 tonnes, avec des rendements moyens passés de 138 à 572 kg/acre. L'accroissement de la production de riz cultivé en sec est surtout dû à l'introduction de nouvelles variétés, à l'adoption d'instruments de culture à traction animale, qui a facilité une rapide expansion de la surface cultivée et certaines améliorations dans la préparation des terrains, à l'utilisation d'insecticides et à l'application d'engrais et de fumier. L'adoption de ces facteurs de production a été facilitée par le crédit, de caractère principalement saisonnier, et par un service de vulgarisation agricole assez efficace dirigé par la CFDT, qui est également chygée de la cueillette et de l'égrenage du coton et partage avec la SOMIEX 1/ la commercialisation du produit à l'exportation. 110. Le programme de culture du coton a bénéficié d'une aide extérieure provenant de plusieurs sources. Le FAC a accordé des dons pour le service de vulgarisation et l'équipement agricole. Le FED a fourni des subventions pour les achats d'insecticides, d'engrais et, en 1969-70, de matériel agri- cole et il a en outre financé une campagne intensive pour la production du 1/ Voir vol. II, "Notes sur l'agriculture, l'élevage et la pêche." coton dans la zone de Fana. L'Union soviétique a également fourni du matériel dont une partie a été utilisée dans les régions cotonnières. L'aide ainsi fournie est difficile à chiffrer au total parce qu'elle l'a souvent été pour des programmes qui s'étendaient aussi à des cultures autre: que celle du coton. Les calculs faits par la Mission indiquent que, mis à part l'aide russe et le financement par le FAC d'installations d'égrenage, l'aide financière totale accordée pour le programme de culture du coton est passée de 155 millions de FM en 1965-66 à 266 millions de FM en ,1968-62 et qu'elle s'élèvera probablement à 483 millions de FM en 1969-70._ 111. En matière d'aide extérieure, les engagements existants viennent maintenant à expiration. L'aide fournie en application du deuxième FED cessera avec l'exercice 1969-70 et la CEE devra déterminer quel soutien sera accordé au titre du troisième FED. Le financement par le FAC d'une partie du programme de vulgarisation s'étend jusqu'à la fin de l'exercice 1970-71 et il se peut que les dons en équipement de cet organisme cessent après 1970-71 lorsque la construction d'une petite usine d'outillage agricole aura été achevée avec son aide. Il importe que le Gouvernement malien s'entende rapidement avec le FED et le FAC, et peut-être aussi avec d'autres dispensateurs d'aide en puissance tels que l'IDA, sur l'ampleur et la natura du financement d'un nouveau programme de culture du coton et sur les méthodes de ce financement. 112. Le Gouvernement et la CFDT envisagent en principe la continuation du programme actuel comportant la subvention des moyens de production et le développement de la surface cultivée dans les limites de la région où la CFDT exerce actuellement son activité. Le programme serait calculé pour porter la production de coton graine de 40.900 tonnes en 1968-69 à 74.000 tonnes en 1972-73. Cependant, si l'on persuadait les cultivateurs, peut- être avec l'aide d'une subvention accrue (fournie effectivement par le FED en 1969-70), d'utiliser de plus fortes doses d'engrais -- ce qui offre des avantages économiques dont la démonstration a été faite -- l'objectif de la production pour 1972-73 pourrait être porté à 90.000 tonnes. A long terme, une production de 200.000 à 300.000 tonnes pourrait fort bien être atteinte, car il reste de grandes surfaces qui pourraient être avec profit semées en coton, et sur la base de rendements de 3 à h tonnes par hectare actuellement atteints par les cultivateurs les plus avancés, il devrait être possible de porter en fin de compte les rendements moyens à une tonne ou davantage. 113. Plusieurs questions se posent à l'occasion de l'établissement d'un nouveau programme de culture du coton. Une de celles-ci a trait à l'ex- tension du champ d'opérations de la CFDT. Si, comme on l'a indiqué plus haut, cette extension n'est pas envisagée pour le moment, il n'y a cependant apparemment pas de raison fondamentale de ne pas étendre la culture du coton 1/ Voir tableau 5, ibid. - h5 - aux régions où est &ctuellement cultivée l'arachide. Les conditions éco- logiques sont généralement semblables et les cultivateurs accueilleraient probablement avec faveur l'occasion d'entreprendre une culture plus lucra- tive que celle des arachides. Cette dernière culture en souffrirait sans doute, encore qu'il soit possible que certains cultivateurs trouvent avan- tage à cultiver le coton en assolement avec l'arachide. Le développement de la zone d'opérations de la CFDT aurait toutefois l'inconvénient de pro- voquer une dispersion des efforts et ne devrait en tout cas être réalisé qu'au rythme de la formation de personnel de vulgarisation. On doit re- connaître d'autre part qu'il existe encore dans la zone actuelle de la CFDT de larges possibilités de développement de la surface ensemencée en coton, car de nombreux cultivateurs n'ont pas atteint la moyenne de 0,13 hectare de coton par famille obtenue dans le secteur de Koutiala où la CFDT exerce son activité depuis le plus longtemps. 11h. Une autre question a trait à l'ordre de grandeur et aux méthodes du financement extérieur qui seraient le plus efficaces. Les deux pro- grammes mentionnés plus haut comportent chacun des besoins en investisse- ments dans les véhicules, des moyens d'entreposage et de l'équipement de manutention et d'égrenage, besoins s'élevant à 942,5 millions de FM pour l'objectif de 74.000 tonnes et à 1 .698,5 millions de FM pour celui de 90.000 tonnes.2/ Cela mis à part, il importe que des investissements soient consacrés à l'amélioration des routes secondaires et des pistes desservant la région cotonnière afin de faciliter le transport de ce qui est nécessaire à la production ainsi que du coton et d'autres produits agricoles et de réduire sensiblement les frais des usagers de ces rou- tes.2/ Il est important, toutefois, de déterminer dans quelles propor- tions et de quelle manière le service de vulgarisation et la fourniture d'insecticides, d'engrais et de matériel agricole (charrues, machines à pulvériser et charrettes) devraient être financés. En particulier, le besoin de subvention courante des facteurs de production doit être réévalué. 115. Il fait peu de doute que la culture du coton serait profitable même sans subventions. En fait, les subventions courantes n'ont repré- senté en 1968-69 que 6,1 pour cent de la valeur f.o.b. du coton exporté via Abidjan ou Dakar, tandis que divers impôts d'Etat, y compris un droit prélevé pour le financement du service de vulgarisation, se sont élevés à 35 pour cent de la valeur des exportations. L'augmentation du prix payé au producteur pour le coton de première qualité, porté de 40 à h5 FM par kilo à partir de la saison 1969-70, entamera quelque peu les recettes de l'Etat par tonne exportée, mais les recettes provenant du coton continue- ront d'être très supérieures aux subventions totales accordées aux pro- ducteurs, même si, comme il faut s'y attendre, le prix à l'exportation 1/ Voir p. 16, ibid. Les coûts n'ont pas été révisés pour tenir compte de l'ajustement du cours du franc malien à la suite de la dévaluation du franc français en août 1969. 2/ Voir tableau 6, ibid. - 46 - diminue. La seule raison qui puisse être invoquée en faveur de la conti- nuation de l'octroi de subventions est que celles-ci sont nécessaires pour persuader les cultivateurs d'adopter des pratiques qui, même sans sub- ventions, seraient profitables. Dans ces conditions, il y a avantage à fournir des stimulants en subventionnant les facteurs de production plutôt qu'en augmentant les prix payés pour la récolte parce que la première solution, au contraire de la seconde, encouragerait particulièrement les cultivateurs à l'esprit ouvert au progrès. Il serait spécialement sou- haitable de continuer d'accorder des subventions si le programme cotonnier devait s'étendre à de nouvelles régions. 116. Il n'apparaît pas que le service de vulgarisation nécessite un financement extérieur, car le droit spécial perçu à son profit sur les exportations devrait fournir des ressources suffisantes._/ Cependant, étant donné la pénurie sévère de devises dont le Mali continuera de souffrir, une aide étrangère devrait être fournie pour l'achat d'engrais, d'insecti- cides, de machines à pulvériser et d'instruments agricoles (ou de pièces détachées pour la fabrication locale de ces derniers). Cette aide, qui contribuerait fortement à l'accroissement de la production, devrait être fournie pendant un nombre limité d'années et pourrait être utilisée pour financer une proportion de ces importations qui décroîtrait à mesure qu'aug- menteraient les gains en devises du Mali. L'équivalent en monnaie locale de cette aide pourrait être utilisé en partie pour la subvention sélective des facteurs de production, étant entendu que le taux de subvention dé- croîtrait progressivement, et en partie pour la constitution de ressources destinées à l'octroi de crédits, celles-ci étant actuellement insuffisantes. Il existe un besoin non seulement de crédits saisonniers pour l'achat des facteurs de production à renouveler chaque année, mais aussi de crédits à un peu plus long terme pour l'acquisition de pluvérisateurs, d'instruments agricoles, de charrettes et de boeufs. 117. Un programme sur ces bases devrait être dressé dès que possible par le Gouvernement malien en collaboration avec des organismes capables d'apporter le financement extérieur nécessaire. Il n'est pas douteux qu'un développement très important de la production de coton fournira à de nom- breux cultivateurs des occasions d'emploi rémunératrices supérieures à celles d'autres cultures et constituera le moyen le plus rapide d'augmenter les recettes en devises et fiscales du pays. Arachides/ 118. L'avenir de la culture des arachides, dont le Mali produit norma- lement quelque 15O.ooo tonnes (en gousse), s'annonce beaucoup moins brillant que celui du coton. Après être restées stationnaires, la production et la 1/ Voir P. 13 , ibid. 2/ Pour un examen plus étendu de la question des arachides, voir pp. 22 - 36 du volume II du présent rapport. - h? - comnrcercialisation ont montré depuis 1965 une tendance à décliner. Une des causes en est probablement les prix excessivement bas payés aux producteurs. Ces dernières années, cependant, les prix ont été relevés et celui de 30 F4 par kilo, en vigueur depuis mai 1969, est presque le double du prix payé avant la dévaluation, soit 16 FM. Le nouveau prix devrait stimuler la production, mais il ne permettra pas au gouvernement de perce- voir des taxes importantes à l'exportation aussi bien de l'huile que des fruits décortiqués. 119. Il n'existait pas réellement de programme pour encourager cette culture jusqu'en 1967, année où un organisme français, le BDPA, a été chargé d'une campagne spéciale de vulgarisation et, d'autre part, de la cueillette des arachides et de leur livraison à la SOMIEX. Le FAC a fourni une aide d'environ 360 millions de FM par an pour l'exécution de ce programme et en particulier pour payer le coût du personnel étranger, de matériel de transport et d'instruments agricoles, ainsi que de fongi- cides pour le traitement des semences. Dans le même temps, le FED a pris à sa charge la subvention des faibles quantités d'engrais utilisées dans la culture de l'arachide. 120. Le programme entrepris sous la direction du BDPA s'est concentré sur 1) la multiplication des quantités de semences selectionnées et leur distribution; 2) un ensemencement moins tardif; 3) une densité plus forte des semis; 4) la désinfection des semences; et 5) l'application d'engrais. Il n'a pas jusqu'ici donné de résultats remarquables, pour une part parce qu'il n'a été lancé que voilà seulement quelques années, mais peut-être avant tout pour la simple raison que les pratiques recom- mandées ne sont pas aussi rémunératrices pour les cultivateurs que dans le cas du coton. Le BDPA a cherché à encourager un ensemencement moins tardif en incitant les cultivateurs à semer leur autre culture vivrière, le sorgho, avant les pluies, mais les risques que cela comporte pour l'approvisionnement en vivres ont dissuadé les intéressés d1adopter cette pratique. Bien que présentant des avantages, l'ensemencement plus dense tarde aussi à être adopté. Un degré modeste de succès a été obtenu dans la distribution de meilleures semences et dans l'application de fongi- cides. La recommandation la plus importante du BDPA, l'utilisation de 100 kilos d'engrais mixte par hectare, nia rencontré qu'un accueil réservé. Bien qu'il apparaisse qu'une telle dose d'engrais augmente les rendements de 300 kilos par hectare en moyenne, l'incertitude des résultats lors des années de sécheresse ou de pluviosité mal répartie rend les cultivateurs méfiants à l'égard des engrais. En outre, jusqu'à une époque récente, la marge entre le coût de l'engrais et le surplus de revenu provenant d'une augmentation des rendements était de toute appa- renceinsuffisante pour tenter de nombreux cultivateurs. Cependant, au nouveau prix entré en vigueur en 1969, un rendement supplémentaire de 300 kilos d'arachides par hectare donnerait une marge de 5.800 FM au- dessus du coût subventionné de l'engrais et de 2.900 FM au-dessus du coût non subventionné, ce qui devrait encourager l'utilisation des engrais, à condition que le gouvernement puisse mettre de côté les devises néces- saires pour en acquérir ou qu'un nouveau programme du FED de soutien des achats d'engrais puisse être mis en oeuvre. - 48 - 121,. La campagne pour le dévetloppement de la culture de l'arachide a souffert de la difficulté de recouvrer les crédits alloués aux cultiva- teurs pour l'achat de matériel et de fournitures nécessaires à la production. Contrairement au coton, les arachides ne suivent pas obligatoirement une voie unique de commercialisation et de traitement le long de laquelle il est possible de déduire des prix payés les crédits qui ont été accordés. Les arachides sont souvent vendues directement à des négociants qui ne tiennent évidemment pas à jouer le râle d'agents de perception pour le recouvrement des crédits. C'est ainsi qu'un tiers du modeste volume de crédits accordés au cours des deux premières années de l'Opération arachides" n'a pas été récupéré. 122. Un autre désavantage a été le très mauvais état de toutes les routes dans les régions de production d'arachides. S'il est vrai que cette culture n'est pas assez profitable pour justifier un programme vaste et onéreux d'amélioration des routes, un effort devrait néanmoins être fait pour améliorer au moins celles que le BDPA considère comme très importantes pour le succès de sa campagne. 123. Le gouvernement se propose de substituer l'exportation de l'huile à celle des arachides décortiquées. Jusqu'ici, le faible volume d'arachides commercialisées et les contrats d'exportation découlant d'accords bilatéraux ont fait obstacle à ce changement et empêché un approvisionnnement adéquat de l'huilerie d'Etat de Koulikoro (SEPOM). Bien que les livraisons à l'huilerie se soient améliorées, il est douteux qu'il y ait avantage à exporter de préférence de l'huile d'arachide. Il ne pourrait en être ainsi que si le Mali pouvait trouver un marché local profitable pour les tourteaux, destinés notamment à l'engraissement du bétail, et s'il pouvait porter à 40% le taux d'extraction qui n'était que de 31 % en 1967-68. Un accroissement du taux d'extraction ne peut être obtenu que par l'amélioration de la qualité des arachides qui, lorsqu'elles sont livrées, renferment de nombreuses impuretés et des fruits véreux. S'appliquant aux arachides non décortiquées, le prix actuel payé au producteur ne peut varier en fonction de la qualité. Le gouvernement pourrait utilement envisager l'opportunité d'obliger les cultivateurs à décortiquer leurs fruits et, pour sa part, d'ajuster plus exactement le prix payé à la qualité et à la quantité des fruits réellement contenus dans la gousse. Les cultivateurs pourraient ainsi être incités à s'appliquer davantage à produire des arachides de bonne qualité. 124. En 1967-68, environ 25 % de la récolte d'arachides ont été commercialisés, et sur ce pourcentage, un peu plus de la moitié a été exporté sous forme d'arachides décortiquées, le reste étant pressé à l'huilerie. Les exportations ont sensiblement fléchi. Un certain accroissement de la production et des exportations devrait être enregistré à l'avenir, mais il est peu probable que la culture de l'arachide prenne un développement exceptionnel. Il est de même peu probable que les arachides contribuent fortement à accroître les recettes publiques. - 49 - Riz 125. Les conditions sont généralement favorables à la culture du riz dans les vallées fluviales et dans le delta intérieur. La production de paddy, cependant, plafonne depuis plusieurs années à un niveau avoisinant probablement 160 000 tonnes. Il n'est sans doute commercialisé qu'environ 25 à 30 pour cent de cette quantité, sous forme soit de riz blanc, soit de riz mi-cuit, le reste étant consommé sur le lieu de production sous forme de riz mi-cuit préparé par les femmes. Le riz est pour la plus grande partie cultivé dans des conditions d'irrigation naturelles dans la région du delta intérieur et est soit du riz flottant, soit du riz semi-flottant. Le reste est cultivé dans des polders (environ 65.000 ha), où le niveau de l'eau est commandé en partie, et dans la région irriguée (30. 000 ha) de l'Office du Niger. La quantité de riz alluvial cultivé dans la vallée supérieure du Niger et dans la région de Sikasso n'est pas très importante. 126. Les efforts faits dans le passé pour accroître la production ont été fortement contrariés par une médiocre planification des polders, la concurrence d'autres cultures dans certaines régions, le fait que des ser- vices de vulgarisation appropriés n'ont pas été créés et, du moins dans un cas, par des conflits sur les droits de culture dans les espaces aménagés en polders. Les nouveaux polders financés ces dernières années par le FED et le FAC ont généralement fait l'objet de plans nieux conçus. En 1969, le Gouvernement a lancé une campagne spéciale de vulgarisation concentrée sur le riz et baptisée "Opération riz." Le but du Gouvernement était de fournir un vulgarisateur (moniteur) et deux adjoints (encadreurs) par 1-000 hectares de terre à polder, ce programme devant être rapidement développé de façon à couvrir 69.000 hectares en 1972. Un centre de formation de vulgarisateurs spécialisés en riziculture avait été créé auparavant à Dioro. Malheureusement, par suite des difficultés financières auxquelles le Gou- vernement avait à faire face, l11"Opération riz"l n'a disposé que d'un budget très insuffisant. Cependant, le FAC s'est chargé depuis lors de la financer provisoirement, en employant notamment des fonds de contrepartie des 3.500 tonnes de farine livrées au Mali à titre de don en 1969. En mai 1969, le Gouvernement a d'autre part décidé de stimuler la production en portant le prix du riz paddy blanc, le plus largement commercialisé, à 24 FM par kilogramme. 127. Les efforts futurs d'accroissement de la production devraient surtout se concentrer dans la région de Ségou-Mopti, où les conditions écologiques sont très favorables et où la concurrence d'autres cultures rémunératrices telles que le coton est relativement faible. Une équipe de la FAO financée par le FNUD travaille à des plans pour cette région. Sur la base de ses travaux, un groupe de la Mission permanente de la BIRD à Abidjan a défini en 1969 un projet possible comprenant: 1) la création de quatre nouveaux polders dans la région de Mopti (23.000 hectares); 2) la fourniture pour tous les polders de la région de Ségou-Mopti (70.000 hectares) d'un service de vulgarisation qui distribuerait des -50- semences s6lectionnées, encouragerait l'utilisation de la traction animale, des engrais et des fongicides, et donnerait des conseils sur les méthodes de culture; et 3) l'octroi de crédits pour l'achat de matériel et de four- nitures, y compris des batteuses à pédale. Le coit de ce projet, qui serait dirigé par une seule organisation, est provisoirement estimé à une somme comprise entre 7,5 et 8,3 millions de dollars. L'objectif consiste- rait à accroître de 78.000 tonnes la production de paddy. L'équipe de la FPO élabore des plans techniques pour trois polders; le FAC doit financer les plans du quatrième et entreprendre une étude globale de justification afin que le projet soit prêt pour une évaluation finale au début de 1971. Ce projet offre apparemment une occasion importante de financement par le Groupe de la Banque. 128. Il faudra veiller particulièrement à ce que, dans les nouveaux polders, il ne soit pas alloué par famille plus qu'il ne faut de terre a riz pour une culture intensive. L'expérience acquise à l'Office du Niger montre que les terres nouvellement mises en valeur doivent être propor- tionnées au nombre de cultivateurs disponibles pour les cultiver d'une manière assez intensive pour produire de hauts rendements. Les problèmes de commercialisation devront également être étudiés avec soin afin que le recouvrement du crédit soit assuré. Etant donné que la plus grande partie du riz est consomméepar les producteurs, les crédits devront être recou- vrés sur la seule partie commercialisée de la récolte. De plus, à la différence du coton, qui doit être égrené dans des installations spéciales, le riz est vendu, ainsi qu'on l'a déjà fait remarquer, sous forme aussi bien de riz mi-cuit par les producteurs eux-mêmes que le riz blanc. L'envoi aux rizeries de la totalité des excédents commercialisables faci- literait sans aucun doute le recouvrement des crédits, mais cette solution peut ne pas être applicable. La capacité de blanchiment ne paraît pas poser de problème immédiat, car les quatre rizeries d'Etat existantes sont très insuffisamment utilisées. Les deux rizeries situées de manière à desservir la région de Ségou-Mopti ont une capcité de 27.600 tonnes. La Chine communiste s'est apparemment engagée à construire une nouvelle rize- rie. La M1ission ignore s'il s'agit en l'occurrence de maintenir la capa- cité existante menacée par l'état défectueux d'une partie de l'équipement des rizeries, ou d'accroître cette capacité. Le besoin de cette nouvelle rizerie n'est pas manifeste. Autres céréales 129. Il n'y a pas actuellement de programme visant à accroître la production d'autres céréales, dont les plus importantes sont le mil et le sorgho, le mais ne venant qu'ensuite. Ies récoltes de mil et de sorgho semés dans les terrains qui viennent d'être cultivés en coton bénéficient souvent indirectement des engrais et du fumier qui ont servi pcur le coton. La recherche agricole n'a pas produit de méthodes d'amélioration de ces - 51 - cultures qui peuvent être facilement propagées grâce à un service de vulgarisation. Par la suite, de plus grands efforts de recherche devraient leur être consacrés et devraient se concentrer principalement sur l'obten- tion de variétés dont le rendement sera supérieur sans qu'il y ait pour cela à engager dans la production des dépenses élevées que ces cultures, fondamentalement de subsistance, ne pourraient supporter. Autres cultures 130. Le Mali est déterminé à cultiver davantage de canne à sucre et à développer la production de thé afin de subvenir à ses propres besoins en ce qui concerne ces produits. La production de sucre de canne provenant des cultures de l'Qffice du Niger pourrait atteindre 8.000 tonnes en 1969- 70 en regard d'une consommation intérieure de 25.000 à 30.000 tonnes. Outre le développement de la production à l'Office du Niger, le Gouverne- ment désirerait obtenir un financement extérieur pour un nouveau projet sucrier qui n'a pas encore été formulé ni étudié comme il convient. Jusqu'ici, cependant, l'expérience montre que les rendements sont assez faibles et que les coûts sont si élevés que le Gouvernement a jugé bon d'exonérer le sucre produit localement de la taxe sur le chiffre d'affaires, De la sorte, la production intérieure est une cause d'importantes pertes de recettes sur le sucre importé, auquel pourraient être appliqués des droits très élevés étant donné les possibilités d'approvisionnement à bas prix offertes par le marché mondial. La Mission n'est donc pas d'avis que l'accroissement de la production de sucre mérite qu'il lui soit con- sacré une part des maigres ressources dont le Mali dispose pour son développement. 131. Un problème à peu près semblable se pose à propos des plans actuels du Gouvernement visant à ce que le Mali couvre par lui-même ses besoins en thé. La culture du thé fait l'objet d'essais à l'échelle d'un projet pilote et avec l'aide chinoise dans la région méridionale de Sikasso, où elle est pratiquée en terrain irrigué. Les conditions écologiques ne sont guère idéales et les rendements ont été jusqu'ici assez faibles, sur- tout si on les rapporte aux coûts. Cependant, le Gouvernement se propose apparemment de faire planter 206 hectares de 1971 à 1973 et la Chine con- tinentale a accepté en 1969 d'accorder une aide supplémentaire d'un mon- tant de 256 millions de FM pour le développement de cette culture et la construction d'une usine d'une capacité de production annuelle de 500 tonnes de thé. Il se peut très bien que le coût du thé produit soit si élevé que les possibilités de taxation de la production seront très inférieures à celles qu'offre l'importation. 132. Parmi les autres cultures, le Gouvernement espère développer la production du dah -- une fibre semblable au kenaf qui est déjà cultivée pour la fabrication des cordes -- en quantité suffisante pour justifier la construction d'une fabrique de sacs. Certains cultivateurs ne tiennent - 52 - pas à faire pousser de grandes quantités de cette plante pour la raison que son rouissage nécessite une main-d'oeuvre abondante; le succès de ce projet peut dépendre de la question de savoir si la fabrique de sacs pourra employer, outre la fibre longue ayant subi le rouissage, des fibres coupéeC ou n'ayant pas subi cette opération. Le tabac malien, cultivé dans l'office du Niger et la haute vallée du Niger, couvre maintenant la moitié des besoins de la fabrique de cigarettes, en ne servant toutefois que pour la productier des cigarettes de qualité ordinaire. Il existe des possibilités d' augmen- tation de la production et d'amélioration de la qualité, et le FED a accordé une subvention prenant effet à partir de 1969/70 pour encourager la produc- tion de tabac dans la haute vallée du Niger sous la surveillance du BDPA. La culture des fruits et celle de légumes de type européen offrent aussi des perspectives assez favorables. Un grand nombre de manguiers plantés et greffés dans le passé produisent maintenant d'excellents fruits dont de petites quantités sont exportées. Des anacardiers ont également été plant¶s,' mais le décorticage manuel des noix de cajou exige une main-d'oeuvre trop abondante pour être rémunérateur et il est improbable que le volume de la production soit suffisant pour justifier la création d'installations méca- niques de décorticage telles que celles qui fonctionnent actuellement à l'essai en Afrique orientale, région qui avait pour ainsi dire le monopole de la fourniture de ces noix et avait coutume de les expédier en totalité à l'Inde où elles étaient décortiquées à la main. Dans l'extrême sud- ouest du Mali, le FED a alloué une petite somme pour encourager, aux fins d'exportation, l'extraction d'huile d'orange essentielle du grand nombre d'oranges récoltées dans la région et qui ne peuvent être écoulées sur le marché, mais l'extraction manuelle pénible n'a pas été accueillie avec faveur par les cultivateurs malgré leur manque relatif d'autres possibilités d'accroître leurs revenus, et seule la mise en service d'appareils d'ex- traction a empêché l'abandon du projet. 133. On a déjà fait observer que la cueillette des produits des arbres sauvages (graines du karité, kapok et gomme arabique) a marqué une certaine reprise dans un passé récent par suite de la remise en vigueur de stimulants. Il est permis de penser que ces produits entreront dans une proportion croissante, quoique modeste, dans les exportations du pays. Leur collecte et leur commercialisation ne réclament aucune intervention de l'Etat, puisqu'ils répondent facilement aux stimulants normaux du marché. Le problème de l'Office du Niger 134. Il y a lieu de faire quelques remarques au sujet de la voie à suivre à l'avenir en ce qui concerne l'Office du Niger, qui représente l'unique grand plan d'irrigation du Mali. Depuis sa mise en oeuvre, ce projet n'a pas été vraiment couronné de succès. Il reste essentiellement une région de culture du riz et du coton, bien que la production de canne à sucre et d'une petite quantité de tabac ait été développée ces dernières années. Malgré des investissements considérables consacrés à l'expansion -53- du projet au début des années 1960, la production de paddy est restée stationnaire aux environs de ýO.OO0 à h2.000 tonnes et les rendements ont baissé de quelque 25 pour cent au cours des dix dernières années; de son côté, la production de coton brut n'a pas dépassé une moyenne de 3.800 tonnes sur les quatre dernières années, contre 8.700 tonnes dans les années de records de production 1962/63 et 1963/64. De grandes surfaces ont été abandonnées. 135. Diverses raisons ont contribué à ce médiocre résultat: graves insuffisances dans l'irrigation et surtout dans le drainage, dues à des défauts de conception à l'origine et dont l'effet a été accru par un entre- tien très médiocre des canaux et des drains; nombre de colons insuffisant pour la pratique d'une culture intensive nécessaire à la rentabilité d'une irrigation coiteuse; prix d'achat des produits excessivement faible par comparaison avec le cout assez élevé du matériel et des fournitures uti- lisés dans la production; services de vulgarisation insuffisants; enfin gestion médiocre. 136. Pendant les années 1960, le projet a bénéficié d'une assistance technique et d'une aide en matière d'investissements très importantes en provenance de diverses sources, dont l'URSS, la Chine continentale et le FED. C'est parce que cette assistance s'est révélée en grande partie inefficace et que les problèmes de l'Office apparaissent vraiment difficiles a résoudre qu'il s'est manifesté une certaine tendance à considérer la réorganisation de l'Office comme une entreprise offrant peu de chances de succès. Cependant, vu les sommes importantes déjà investies dans ce pro- jet, ce serait une erreur de considérer les perspectives d'amélioration de celui-ci comme inexistantes. Il est certain que de nouveaux investisse- ments ne devraient être décidés qu'après une étude minutieuse, aussi la M,ission recommande-t-elle instamment que soit entreprise à bref délai une êtudé objective approfondie de tous les problèmes qui se posent à l'Office et des remèdes possibles. Une telle étude a fait l'objet d'échanges de vues entre le Gouvernement malien et le FAC. La Mission a exprimé, au paragraphe185 du volume II du présent rapport, son opinion quant aux tâches relevant de cette étude et au personnel nécessaire pour effectuer cette dernière. Elevage 137. Le cheptel constitue la ressource et le produit d'exportation les plus importants du Mali. Il existe de très grandes possibilités d'accroissement de la production, et des études entreprises à la fois par la FAO et par les pays de l'Entente ont inontré que les régions côtières de l'Afrique occidentale offrent un large marché en expansion rapide pour les animaux sur pied et la viande de boeuf. Malheureusement, l'industrie de l'élevage n'a jamais reçu l'attention que mérite son importance. Les -54- crédits des Services de l'élevage et de la pêche du Ministère de la Pro- duction ne représentent que 1 pour cent du budget total de l'Etat. Il y a une grave pénurie de personnel qualifié dans les services vétérinaires et de l'élevage. Il reste beaucoup à faire pour élaborer des solutions pratiques au problème du développement du secteur de l'élevage, développe- ment que des politiques peu judicieuses ont souvent entravé. 138. La capacité de pâturage des grands terrains de pâture naturels du Mali pourrait être fortement accrue par la création de points d'eau supplémentaires. Bien que des programmes de forage de puits aient donné des résultats satisfaisants dans certaines régions, l'absence d'une étude hydrologique globale en a grandement limité l'effet. En 1968 a été lancé un programme d'exploration des ressources 1V.drauliques de la région située entre Nara et Niono et de la plaine du Gondo. Ce programme, financé par le PNUD, a démarré lentement faute d'appareils de forage. Un programm de forage de puits dans la région de Gourma, patronné par l'Allemagne, a été pour une grande part infructueux. 139. La création d'itinéraires du bétail visant à réduire les pertes par amaigrissement et par maladie doit également attendre l'achèvement de recherches sur les ressources en eaux souterraines. Pour le M'.ali, il importe que les itinéraires de commercialisation du bétail sur pied soient améliorés nan seulement à l'intérieur du pays, mais aussi en Haute-Volta pour la conduite des bêtes jusqu'aux marchés de ce pays et de la Côte d'Ivoire. Ce problème doit en conséquence être abordé sur le plan: régional. 140. La possibilité d'accroître la production par la création de ranches d'embouche est à l'étude. Une étude agrostologique d'un ranch à Niono, à la limite de l'Office du Niger, a révélé que ce ranch ne serait pas suffisamment vaste pour s'avérer économique. On compte maintenant étudier s'il serait possible de consacrer ce ranch à des opérations d'affouragement plus intensives, le bétail devant être fourni par un autre ranch que l'on se proposerait d'implanter plus au nord. Il serait peut-être possible de créer des ranches en d'autres lieux, mais on ne saurait encore affirmer si les éleveurs seraient disposés à vendre leurs bêtes prématurément à ces ranches au lieu de les garder, comme maintenant, sur les pacages naturels jusqu'à ce qu'elles soient bonnes à vendre sur le marché. 11 h. En attendant, attaquer la maladie semble être le moyen immédiat le plus sûr d'accroître l'offre de bovins sur le marché. La peste bovine a été à peu près éliminée dans le cadre d'une campagne internationale contre cette maladie, mais il est nécessaire que le Gouvernement affecte encore des crédits à la consolidation des résultats de cette campagne. La menace la plus sérieuse à laquelle il faut maintenant s'attaquer est la pari- pneumonie bovine contagieuse. Le Gouvernement a établi un projet pro- visoire, d'un coiût estimé à environ 2 millions de dollars, pour mener contre cette maladie une campagne qui pourrait être cependant entreprise sur le plan régional avec des pays voisins. Une demande de financement a été faite à l'AID des Etats-Unis et au FED. Du point de vue de la réduction d,n pertes de bovins, les avantages pourraient être considérables. Il n'est pas -55- douteux que le marché pourrait absorber davantage de bovins, et les éleveurs ntont montré aucune disposition à conserver leurs animaux plutôt que dten approvisionner le marché. 142. Les politiques qui ont entravé dans le passé la commercialisation de bovins ont été modifiées dans une certaine mesure. En 1969, les taxes à l'exportation applicables au bétail, qui avaient favorisé le commerce clandestin, ont été réduites dans de fortes proportions et on a supprimé le monopole du commerce des bovins que la SONEA détenait théoriquement d'une façon cependant incomplète. Il a déjà été indiqué que certaines mesures ont également été prises pour encourager les bouchers privés à profiter des installations d'abattage de la SONEA à l'abattoir de Bamako. En 1969, la SONEA a changé de nom et son domaine d'intervention a été réduit à l'exploitation de l'abattoir. ELle est maintenant placée sous la tutelle d'un office de l'élevage et de la viande nouvellement créé, qui exerce également une surveillance sur les opérations de deux autres sociétés et de services s'occupant respectivement de la commercialisation et de l'exploitation d'une nouvelle tannerie et d'un atelier de fabrication de chaussures. Bien que l'achat de bétail destiné à l'abattoir de Bamako puisse désormais steffectuer sur le marché libre, one ne voit pas encore très bien si le maintien du contr61e des prix de la viande sur le marché intérieur permettra d'assurer la rentabilité des opérations. La question de savoir si les exportations de viande peuvent 6tre substituées à celles du bétail sur pied sera fonction du résultat des efforts entrepris pour faire échec à la discrimination contre les importations de viande qui sévit dans les pays importateurs. Pêche 143. Ltindustrie de la pêche, concentrée autour de Ipti, donne lieu à un important commerce dtexportation de poisson séché et fumé. Il n'apparait pas qu'il y ait un risque d'épuisement des ressources en poisson. Le principal problème de l'industrie de la pêche n'est pas l'accroissement de la production, mais la lutte contre l'infestation par des larves du poisson séché et fumé, infestation qui commence dans les nombreux campements de pêcheurs où le poisson est traité et qui cause non seulement une très importante dégradation de la qualité, mais aussi une perte en poids estimée à quelque 25 à 40 pour cent. La concurrence plus vive que le poisson de mer des pays côtiers est susceptible de faire au poisson séché et fumé du Mali rend particulièrement urgentes l'amélioration de la qualité et la réduction des prix du poisson exporté. L'infestation peut être combattue avec efficacité par un traitement thermique du poisson dans des "fours - 56 - solaires" de construction simple et relativement peu coûteuse installés dans les campements de pêcheurs, par l'emploi d'emballages imprégnés d'insecticide et par la pulvérisation ultérieure des entrepôts. Un programme de ce genre, complété par la fourniture d'un crédit d'un montant modeste pour l'achat de moteurs hors-bord et de filets, pourrait être exécuté par l'entremise de coopératives, dont on a déjà une expérience assez encourageante, et sous la surveillance d'un petit service de vulga- risation pour la pêche. Les détails pratiques et le coût de ce programme devraient être établis sans délai. Ses éléments essentiels sont exposés au paragraphe 234 du volume II du présent rapport. On devra veiller, toutefois, à éviter un projet trop complexe dont le coût ne pourrait être supporté par l'industrie de la pêche. Onchocercose 144. L'onchocercose ou "cécité des rivières" a affecté et rendu inhabitables certaines vallées fluviales du Mali dans des régions du sud- est adjacentes à la Haute-Volta ainsi que dans des régions du sud-ouest. Dans la région de Sikasso, au sud-est, la mouche qui véhicule la maladie paraît avoir été détruite pour le moment grâce à un programme pilote patronné par le FED, et l'on a enregistré des cas très nombreux de re- peuplement plus ou moins spontané des régions ainsi débarrassées de ce fléau. La Mission n'a pas eu l'occasion d'examiner quelles mesures com- plémentaires devraient être prises. La justification de ces mesures dépendra largement non seulement du coût de la destruction de la mouche et de la prévention d'une réinfestation, mais encore de l'intérêt écono- mique qu'il y aurait à rendre à la culture les zones affectées, compte tenu de ce que la plupart des régions du Mali ne souffrent pas d'un manque véritable de terres cultivables. Une enquête plus détaillée est nécessaire. Services de soutien de l'agriculture et de l'élevage 145. Au Mali, la recherche agricole est adéquate pour ce qui est du nombre des stations de recherche. Cependant, aux stations de recherche agricole, les spécialistes ne sont qu'au nombre de onze et aux deux centres d'élevage au nombre de treize._ Il y a apparemment un très grand risque que le personnel français de la recherche agricole, pour lequel il n'y a pas de remplaçants immédiatement disponibles, soit fortement réduit. Cette réduction aurait des conséquences fâcheuses pour un pays où la recherche doit encore être poursuivie afin de fournir la matière pratique et solide de programmes de vulgarisation agricole efficaces, en particulier pour des cultures comme celles du mil et du sorgho. 146. Les services de vulgarisation restent également, à maints égards, insuffisants en nombre et en qualité. La CFDT et le BDPA ont apporté une contribution non négligeable à leur amélioration en organisant la formation en cours d'emploi de travailleurs maliens vulgarisateurs, en particulier de 1/ Voir tableau 12, annexe statistique. -57- ceux du niveau le plus bas connu au Hali sous le nom "d'encadreurs de base." Pour le personnel des niveaux supérieurs, une formation de nature plus classique est toutefois nécessaire. Outre le centre de Dioro, qui form le personnel de vulgarisation pour la riziculture, il existe trois centres qui dispensent un enseignement pratique d'une durée de trois ans pour les "moniteurs", grade immédiatement supérieur à celui di"encadreur." Le nombre annuel de sortants--environ 90 au total--est insuffisant par rapport à l'accroissement de la demande, et le PNUD étudie un projet de financement de trois autres écoles ainsi qu'un programme d'amélioration des centres existants. Outre les bonnes connaissances pratiques en agri- culture dont ils doivent faire preuve, les moniteurs doivent être capables de s'occuper des crédits et des fournitures et de contrôler la commerciali- sation. Les écoles existantes manquent de matériel d'enseignement appro- prié et leur enseignement de la comptabilité élémentaire et des aspects commerciaux de l'agriculture est imparfait. L'Institut polytechnique rur:* de Katibougou, qui accueille aussi les étudiants des pays voisins, dispense un enseignement satisfaisant à un niveau plus élevé dans les domaines de l'agriculture, de l'élevage, des coopératives, du génie rural et de la sylviculture. Le seul problème que cet établissement doit résoudre est le remplacement, en 1970/71, de son personnel enseignant qui lui a été jusqu'ici fourni surtout par l'UMESCO. De l'école des assistants d'élevage, à Bamako, qui forme des assistants d'élevage pour plusieurs pays, il ne sort chaque année que 6 ou 7 di lomés maliens, nombre nettement insuffisant par rapport aux besoins.J 147. Il est également nécessaire d'apporter de grandes améliorations à l'organisation du crédit et à la fourniture de crédits. L'octroi de crédits aux exploitations agricoles et la passation de marchés de matériel et de fournitures pour le crédit agricole sont traités par la SCAER, département autonome de la BDM.2/ Il n'y a jamais eu assez de fonds disponibles pour les octrois de crédits, et l'achat des biens nécessaires à la production est financé presque entièrement par l'aide étrangère. La gestion et la comptabilité de la SCAER laissent grandement à désirer; aucun compte n'a pu être fourni à la Mission. Le Gouvernement ne méconnaît pas la nécessité d'une réforme et met sur pied une nouvelle institution indépendante, suivant ainsi le conseil que lui a donné la Caisse Centrale de Coopération Economique. Il est sohaitable qu'une institution unique continue de centraliser les achats et les fonds pour le crédit destiné aux diverses opérations agricoles du M1ali. L'évaluation et la répartition ultérieure des crédits et des moyens de production nécessaires, ainsi que l'octroi et le recouvrement des crédits au niveau des exploitations agricoles pourraient et devraient être laissés à des organismes chargés d'opérations déterminées concernant par exemple le coton, le riz, les arachides...D'autre part, l'approvisionnement en fonds, la fixation des 1 On trouvera un exposé sommaire sur l'enseignement agricole aux para- graphes 36 à 38 du volume IV du présent rapport. 2f Un exposé plus détaillé des opérations du Service du Crédit Agricole et de l'Equipement Rural figure aux pages 51 à 55 du Volume II. -58- conditions du crédit et la passation des marchés de matériel et de four- nitures devraient être centralisés. Nouvelle ou réorganisée, pour pouvoir efficacement s 'acquitter de toutes ces responsabilités, l'institution aura sans nul doute besoin, au moins pendant quelque temps, d'une assistance étrangère pour sa gestion et sa comptabilité. B. Industrie 148. Une des tâches principales du Xali dans le domaine industriel consistera à assainir les bases de certaines entreprises industrielles publiques. Il est probable qu'une certaine expansion de la production pourra encore être réalisée au cours des années à venir grâce à de nouvelles créations d'entreprises. Une cimenterie financée par l'URSS est entrée en service en september 1969. Sa capacité initiale est de 30.000 tonnes et le colât de sa production sera, pense-t-on, assez élevé. Elle peut produire assez de ciment pour pourvoir à tous les besoins du Mali. Mise à part la construction d'une théerie et d'une rizerie, la Chine communiste s'est aussi engagée à construire à Bamako un ensemble formé d'une tannerie et d'une fabrique de chaussures qui coûtera 600 millions de FH et pourra produire annuellement 20.000 peaux tannées et 35.000 paires de chaussures. Le FAC a accepté de financer une nouvelle usine d'égrenage du coton capable de traiter de 25.000 à 30.000 tonnes de coton brut et une fabrique de matériel agricole équipée pour produire 6.500 charrues, 3.000 chars à boeufs et 3.500 instruments aratoires divers par an. Cette dernière entreprise appartiendra à une société mixte franco-malienne dont le Gouvernement malien détiendra la majorité du capital social, d'un montant limité à 40 millions de F1. La société a obtenu le monopole du marché malien pour les produits de sa fabrication. La valeur des pièces et des matériaux importés nécessaires au fonctionne- ment de cette petite usine a été estimée à 53 pour cent d'un chiffre de vente total annuel de 189 millions de FM4. 149. La nouvelle opération la plus importante qui ait été mise sur pied est une nouvelle usine de textile qui transformerait 1.150 tonnes de coton en 9,3 millions de mètres d'indienne. Avec celle du C04ATEX déjà exploitée, cette nouvelle usine permettra au Mali de subvenir largement à ses besoins en cotonnades. Ce projet a pour promoteur le groupe français Agache-Willot et son coût estimé est de 4.950 millions de F1 dont la majeure partie, à l'exception de 625 millions de FM, représentant le capital social, doit être financée par des crédits-fournisseurs et d'autres prêts. Le Gouverne- ment a été assuré de 48 pour cent du capital social, avec la stipulation que sa part sera portée à 60 pour cent en cinq ans. 50. Le Gouvernement malien est maintenant désireux d'encourager la participation de capitaux privés étrangers et de personnels dirigeants étrangers à des opérations en association. A cet effet, il a adopté en mai 1969 un nouveau code des investissements qui prévoit d'accorder à toutes les nouvelles entreprises agréées une exonération des impôts sur les bénéfices pendant cinq ans et une exonération des droits d'importa- tion, pendant dix ans, ainsi que la liberté du transfert des bénéfices nets et des salaires du personnel étranger. En outre, les investisse- ments particulièrement importants pourront bénéficier d'un régime "con- ventionnel" suivant lequel peuvent être également garanties la stabilité du régime fiscal et du régime douanier et la fourniture nécesaire d'énergie et de crédits bancaires. -59- 151. Le Gouvernement a adopté une politique s ouple à l'égard de sa propre participation au capital social d'entreprises susceptibles de faire l'objet d'investissements privés étrangers. Quoi qu'il en soit, il ne peut souscrire à un important pourcentage de capital social car il dispose de maigres ressources. Dans le même temps, il se peut fort que les investisseurs étrangers ne soient pas enclins à se risquer a investir d'importants capitaux sous forme de participations. Dans ces conditions, le rapport dettes/fonds propres est susceptible d'être très élevé, comme dans le cas de la nouvelle usine de textile, ce qui risque de se traduire par des obligations de remboursement de dette importantes au cours d'un laps de temps relativement bref. Ce problème tend à être d'autant plus grave que le projet est plus coilteux. A l'avenir, par exemple, le ali espère produire de l'énergie à bon marché sur un affluent du Sénégal d'après les résultats d'études, financées par le PNUD, effectuées dans le bassin de ce fleuve, et formuler des projets pour l'utilisation d: cette énergie et des ressources minérales de la région de Kayes en vue de la production d'acier, d'aluminium et d'engrais. Même si, après une nouvelle étude détaillée (pour laquelle un financement complémentaire du PNUD est demandé), de tels projets se révélaient rentables, ils nécessiteraient d'énormes investissements. Il sera peut-être difficile de disposer de suffisamment de capitaux propres pour ces projets, surtout si le Gouverne- ment estime nécessaire d'insister sur une participation importante dans les industries exploitant les ressources naturelles. 152. Il est évident que le Gouvernement espère utiliser la BDM comme véhicule de ses investissements dans de nouvelles opérations industrielles. En principe, la BDM pourrait devenir un institut financier de développe- ment au lieu de rester au premier chef une banque commerciale. Toutefois, s'il devait en être ainsi, il faudrait probablement que ses fonctions de banque commerciale soient dissociées, surtout si le nouvel institut devait remplir les conditions pour une participation de capitaux étrangers sous forme soit d'investissements dans son capital propre, soit de prêts. Yême dans ce cas, il se pourrait que le Gouvernement ne puisse investir beaucoup lui-même dans un tel institut. 153. Un autre problème est le choix approprié des opérations industrielles futures. Il faudra prendre soin d'éviter les plans qui produisent peu de "valeur ajoutée" et entraÎnent une forte perte de recettes pour l'Etat, lequel, même dans des circonstances favorables, continuera d'éprouver des difficultés pour équilibrer son budget ordinaire. Un exemple caractéristique en est un projet actuellement envisagé pour la fabrication de bicyclettes et de motocyclettes. L'entreprise n'emploierait que 82 personnes et importerait en exemption de droits du matériel et des pièces détachées représentant plus de 60 pour cent du montant des ventes de ses produits. Une situation assez semblable se présente en ce qui concerne l'usine d'instruments aratoires projetée et l'usine de postes de radio à transistors déjà en exploitation (SOCORAM), qui importe des pièces détachées pour la moitié de la valeur de sa production finale. Dans ces deux derniers cas, l'interdiction -60- de l'importation des produits correspondants joue au détriment des consommateurs et tend à affaiblir l'efficacité en étouffant la concurrence. Quand des usines ont pour activité le traitement de matières premières indigènes, comme dans le cas des textiles, les avantages pour le pays sont plus évidents, mais même dans ce cas, il est nécessaire d'évaluer les avantages représentés par les économies de devises et les créations d'emplois comparativement aux pertes de devises et de recettes fiscales sur l'exportation du coton brut et à la probabilité que la taxe sur le chiffre d'affaires applicable à la production nationale d'articles textiles sera d'un rendement moindre que les droits sur les textiles importés. C. Tourisme 15h. Le gouvernement est désireux d'encourager l'industrie du tourisme, qu'il a admise au bénéfice des dispositions du nouveau code des investissements. Le lali n'est certes pas dépourvu d'attraits touristiques, tels la pittoresque bourgade de Mopti, la ville fabu- leuse de Tombouctou, les villages de Djenné et Sangha, riches en souvenirs historiques, et le pays des Dogons, à l'antique culture. Cependant, ces attraits sont susceptibles de plaire moins à la majorité des touristes qu'à un nombre restreint de ces derniers ayant des intérêts particuliers. De plus, la saison touristique est très courte. Le nombre des touristes est encore faible, bien qu'il soit passé de 51o en 1966 à 1.017 en 1967.1/ Si l'on espère voir le tourisme se développer encore, le Mali ne peut toutefois guère compter rivaliser en ce domaine avec les pays du littoral atlantique. 155. La Société des Hôtelleries du Mali, propriété de l'Etat (SHM), exploite deux restaurants, huit hôtels et plusieurs maisons de villé- giature, représentant un total de 350 lits. La SMN est assez mal gérée et il n'existe pas de comptes financiers de ses opérations. La Chine communiste et l'URSS ont chacune construit un motel pour le compte du Mali, et la RAU a financé la construction à Bamako d'un nouvel hôtel de 200 lits dont l'ouverture est prévue en 1970. Le Gouvernement a conscience des imperfections de la SHM et-cherche à intéresser une société étrangère à la direction du tourisme et à des investissements supplémentaires dans cette industrie. Il est toutefois assez douteux que les possibilités de profits soient suffisantes pour attirer un vo- lume important d'investissements privés. D'autre part, l'achat d'un bateau de luxe, dont le codt estimé avoisine un million de dollars et qui serait affecté à des croisières touristiques sur le Niger a été proposé. Cependant, étant donné les limitations que comporte la navi- gabilité du fleuve, la courte durée de la saison touristique et le nombre de touristes sur lequel il est permis de compter, il pourrait être très difficile d'atteindre un taux de remplissage qui rende profitable l'exploitation d'un bateau de ce genre. 1/ Voir tableau 38. -61 - IX. BSOINS EN iTFRASTRUCTURE A. Routes et transports routiers 156. Il a déjà été indiqué que, grâce à des investissements passés, le Mali est pourvu d'un assez bon réseau de routes principales. La seule artère importante qui ne soit pas encore bitumée est celle qui relie Sikasso à Koutiala, et il est d'ailleurs possible que cette route soit comprise dans le troisième programme du FED. Sur les routes Bamako-Koulikoro et Bla-Koutiala, deux sections mesurant respectivement 26 et 30 km resteni non bitumées, mais l'asphaltage du tronçon Bamako-Koulikoro, qui a un assez bon revêtement en latérite ne peut être considéré comme d'une très grande nécessité compte tenu des ressources disponibles. Le Gouvernement désire également bitumer la route en terre de Markala à Niono, importante parce qu'elle dessert l'Office du Niger et une station de recherche agri- cole mais pour ainsi dire impraticable pendant la saison des pluies. La question de savoir si le cout de l'opération serait finalement justifié dépendra en grande partie des décisions prises au sujet de l'avenir de l'Office du Niger. 157. Les travaux les plus urgents à exécuter sont l'amélioration des pistes et des routes secondaires et tertiaires qui desservent les zones de culture du coton et de l'arachideL/ et la réfection du revêtement des routes Bamako-Ségou et Bamako-Bougouni. Un projet comportant un programme quadriennal d'entretien routier et d'amélioration des pistes de collecte et une étude de factibilité et d'avant-projet portant sur le renforcement et la reconstruction des routes Bamako-Ségou et Bamako-Bougouni a été évalué et doit être soumis à l'approbation du Conseil d'administration de l'IDA en juin 1970. Ces projets feront l'objet d'un crédit IDA de 7,6 millions de dollars. Le programme sera exécuté par la Direction des Ponts et Chaussées avec le concours d'experts du BIT et d'un bureau d'étuden. La contribution du Gouvernement comportera principalement l'octroi de crédits plus importants à l'entretien des routes prélevés sur le Fonds routier, qui est alimenté par le produit des taxes sur les hydrocarbures. Ces crédits passeront de 90 millions de Fî. en 1971 à 1.400 millions de FM en 1974. Ians le passé, une partie des ressources du Fonds routier a servi à financer les dépenses du budget général. 158. La RTM, société nationale de transports routiers, a besoin d'être réorganisée d'urgence. Son exploitation a été constamment dé- ficitaire, sa perte atteignant 158 millions de FM pour l'exercice 1/ Voir voluie II,.. par. 59, 64 et 91. -62- 1967/68 pour un chiffre d'affaires de 510 millions de FM. Au cours de cette année 1967/68, sa part dans le transport routier des mar- chandises sèches n'a pas dépassé 20 pour cent, grâce à des transporteurs particuliers, le reste ayant été transporté par la SOMIX et 1'OPAM. La part de la RTM dans -le transport des produits pétroliers a été d'environ 50 pour cent. Les TUB sont en léger bénéfice, mais sérieuse- ment gênés dans leur trésorerie par le fait que l'Etat leur est redevable de sommes très importantes pour le transport de ses employés. En 1969 et 1970, des pourparlers ont eu lieu avec la Compangie Transafricaine, société française qui exploite des services de transport routier en Afrique de l'Ouest, dans le but d'obtenir sa participation à une -entre- prise en association à laquelle se joindraient la RTi4 et les TUB. Cependant, le Gouvernement a trouvé inacceptables les conditions posées par la société française, et cherche maintenant à-obtenir une assistance technique étrangère pour l'exploitation de la RTM. En mai 1970, le Gouvernement a décidé de limiter l'exploitation de la RTM à certaines lignes intérieures et internationales et de l'autoriser à relever ses tarifs dans l'espoir d'en rendre l'exploitation rentable. B. Le chemin de fer 159. Les principales dépenses d'investissement du chemin de fer de l'Etat (RCFM) sont couvertes par un crédit de l'IDA d'un montant de 9,1 millions de dollars accordé en septembre 1966 pour aider au financement d'un programme total de 11,1 millions de dollars et comprenant la repose partielle de la voie, l'acquisition de locomotives, d'automotrices, de wagons de voyageurs et de marchandises, la fourniture et l'équipement d'ateliers, le remplacement de lignes téléphoniques et le paiement de services d'études. Ce programme, dont le coût révisé est maintenant estimé à l0.550.000 dollars, devait primitivement être achevé vers le milieu de l'année 1969, mais il demandera probablement deux années de plus. Entre-temps, l'administration du chemin de fer a conçu pour la période de 1970 à 1974 un programme d'investissements complémentaires de 2,2 milliards de FM. Ayant examiné cette proposition en juin 1969, un groupe d'experts de la Banque en matière de chemins de fer a exprimé le doute qu'une grande partie du programme soit réellement nécessaire si toutes les installations et tout le matériel fournis ou restant à fournir conformé- ment au programme antérieur étaient utilisés efficacement. Il est certes - 63 - possible qu'il y ait lieu de remplacer une longueur supplémentaire de 30 kilomètres de voie, de renforcer ou de remplacer quelques ponts et de faire l'acquisition d'une grue de dépannage, mais le coût total estimé de ces opérations ne dépasserait pas 400 millions de FM et serait donc infé- rieur à l'économie de 950.000 dollars attendue dans le versement du crédit de l'IDA. 160. L'évolution du trafic du chemin de fer est décevante, en raison surtout de la lenteur du développement économique. Depuis 1965ß6, le trafic marchandises est resté pour ainsi dire stationnaire à un niveau annuel d'environ 230.000 tonnes, et si le nombre de voyageurs transportés est passé de 561.000 en 1965/66 à 703.000 en 1967/68, il est retombé brusquement à 476.000 pendant les neuf premiers mois de 1968/69, proba- blement à cause d'une augmentation des tarifs du simple au double après la dévaluation. Le trafic stagnant, les frais de personnel élevés, la dépendance étroite du chemin de fer sénégalais pour la réparation des locomotives et du matériel roulant, et le fait que les tarifs marchandises n'ont été relevés que de 30 pour cent après la dévaluation ont fortement contribué à entretenir les déficits. Le déficit qui a atteint le chiffre sans précédent de 417 millions de FN en 1966/67, a été de 166 millions de FM en 1967/68 et de 79 millions de FM au cours du deuxième semestre de l'année civile 1968. Le chemin de fer a des difficultés de trésorerie, en partie dues à un excès de comptes à recevoir, et il avait au 31 mars 1969 un arriéré de dettes de 530 millions de FM envers le chemin de fer du Sénégal. La RCFM manque à certains de ses engagements pris au terme de l'Accord de crédit de l'IDA, y compris ses obligations de réduire ses dépenses de personnel et de réaliser des taux déterminés de rendement du capital immobilisé, fixés pour commencer à 4 pour cent en 1968/69. Il est peu probable que des opérations rémunératrices puissent être réalisées sans de nouveaux relèvements de tarifs et de nouvelles réductiond des coûts unitaires. Si les questions pendantes concernant les résultats obtenus par le Mali en application de l'Accord de crédit sont réglées, les économies faites sur le montant initial du crédit pourraient être utilisées pour couvrir les besoins les plus urgents du chemin de fer en investissements supplémentaires. C. Navigation fluviale et transports fluviaux 161. Les transports fluviaux organisés ne jouent pas un rôle vraiment important. Le trafic transporté en 1966/67 par la CN, société nationale de transports fluviaux, ne s'est élevé qu'à 31.250 tonnes-kilomètres et à 20,5 millions de voyageurs-kilomètres. La société estime qu'elle a besoin de nouveau matériel et s'occupe de définir et de justifier ses besoins. Bien qu'il n'y ait pas eu, ou guère, d'entretien ni de balisage de chenaux sur le Niger, on n'a pas connaissance d'un programme d'amélioration de la navigation à la fois réalisable et rentable. Il est probable qu'une -64- amélioration sensible de la navigabilité devra attendre la construction du barrage de Selingué, sur la Sankarani, affluent du Niger. Ce barrage, qui alimenterait une centrale hydro-électrique et régulariserait dans une cer- taine mesure le cours du Niger, permettrait de prolonger du 15 janvier jusqu'à une date comprise entre le 15 mars et le 15 avril la saison pendant laquelle un trafic lourd et semi-lourd est acheminé sur la section Bamako- Ségou, la plus importante du fleuve. D. Transports aériens 162. La compagnie Air Iali a fait des plans d'investissement de 2 milliards de FM pour quelques années à venir, pour des installations de service et commerciales en cours de construction au nouvel aéroport de Bamako, avec un ffnancement du FED d'un montant de 7,393.000 dollars, et pour le remplacement des deux appareils à réaction Iliouchyne 18 qu'elle utilise actuellement dans ses service avec Paris. La Mission n'a pu examiner ce besoin d'investissements,] mais il est possible que l'URSS, qui a fourni la majeure partie de l'équipement actuel d'Air Mali, soit aussi disposée à en financer le remplacement. La compagnie Air Mali réalise en principe un léger bénéfice qui, toutefois, pourrait disparaître s'il était fait une évaluation plus exacte de l'inventaire et des comptes à recevoir. Malgré un taux de remplissage faible, ses services inter- nationaux sont une source apparente de bénéfices, tandis que ses services intérieurs sont en déficit malgré un taux d'utilisation très supérieur diî à des tarifs excessivement bas. Les réserves de trésorerie d'Air Mali sont à un niveau constamnent faible, pour la raison principale que le Gouverne- ment ne paie pas les sommes qu'il lui doit pour le transport de son per- sonnel. La coopération russo-malienne dans le domaine de l'aviation a à son actif une réalisation digne d'attention: la formation d'un grand nombre de Maliens comme pilotes, navigateurs et personnel au sol qualifié. E. Fourniture d'énergie électriaue et d'eau 163. L'Energie du Mali (EDI), société mixte dont 55 pour cent du capital nominal de 50 millions de FM sont détenus par l'Etat et le reste par la Caisse centrale et l'Electricité de France, gère au nom du Gouverne- ment les installations de fourniture d'énergie et d'eau sur tout le terri- toire du Hali en vertu d'un accord de concession d'une durée de 30 ans valable jusqu'à la fin de 1990. Depuis 1965, ses opérations sont béné- ficiaires. Son revenu net s'est élevé à 98,8 millions de FM en 1966 et à 126,3 millions de F en 1967, mais il est tombé à 86,5 millions de F14 en 1968 par suite du retard mis à rajuster les tarifs après la dévaluation de 1967. L'EDH parait capable d'accumuler une encaisse très importante à réinvestir. Cependant, comme beaucoup d'autres entreprises publiques ou mixtes, elle éprouve des difficultés à obtenir le règlement de ses factures. A la fin de l'exercice 1967/68, elle avait pour 1.002 millions de FM de comptes à recevoir représentant principalement des sommes dues par les municipalités de Bamako et de Kayes pour la fourniture de courant et d'eau. 1/ Il en est de même en ce qui concerne le besoin signalé de 471 millions de FM pour les améliorations des aéroports de Mlopti et Nioro. -65- 164. LIEDM fournit l'électricité à 9 agglomérations. La seule ville de Bamako compte pour 85 pour cent dans la consommation. La puissance installée est de 17,9 HW, dont 5,9 rM correspondant à de l'hydro-électricité. En 1967/68, la production a totalisé 33,9 GWh. Pendant la période 1962/68, la demande en énergie a progressé au rythme moyen de 10,3 pour cent, bien que de 1965 à 1968, le taux de croissance soit tombé à 6,3 pour cent. lh janvier 1970, l'Electricité de France terminera, pense-t-on, une étude de la demande future en énergie ainsi qu'une étude de la gestion, de l'orga- nisation dt de la structure tarifaire de 11EDM. 165. Il est certain que des installations d'énergie supplémentaires seront nécessaires avant peu. La solution à long terme la plus favorable paraît être la construction du barrage et du réservoir de Selingué, sur la Sankarani. Etant donné que ce réservoir inonderait 2.150 hectares en Guinée, il serait nécessaire d'obtenir pour sa construction le consente- ment de ce pays. Le barrage, pour lequel Italconsult établit les plans définitifs, régulariserait dans une certaine mesure le cours du Niger, améliorant la navigation et permettant d'accroître la production d'énergie de la centrale hydraulique existante de Sotuba, actuellement pourvue de deux générateurs d'une puissance totale de 5,h M. Bien que probablement peu importants, certains avantages pourraient résulter de la construction de ce barrage en ce qui concerne l'irrigation. Si une puissance de 20 IH- était installée à Selingué et une puissance supplémentaire de 5,h Mi à Sotuba, ces centrales pourraient, à elles deux, fournir à la région de Bamako 17,2 1,I1 et 14,5 HJ d'énergie supplémentaire pendant les périodes de "hautes eaux" et de "basses eaux", respectivement. Une étude financée par le PNUD, portant sur les aspects techniques du projet, doit démarrer en octobre 1970 et durera deux ans et demi. Il importe que cette étude soit étendue aux aspects économiques ou complétée pour couvrir ce domaine particulier. Entre-temps, un crédit-fournisseur a été obtenu pour l'achat d'une installation diesel de h.500 i destinée à répondre aux besoins de Bamako en 1971. Il est prévu qu'une nouvelle centrale thermique d'une capacité à peu près égale sera nécessaire en 1973 ou 1974. 166. Ces dernières années, le FED a assuré le financement des projets d'adduction d'eau pour Sikasso et Tombouctou. En 1969, il s'est en outre engagé à mettre à la disposition du Gouvernement malien, 2,5 millions de dollars (1 .250 millions de FM) pour le développement très nécessaire des installations de traitement et de fourniture d'eau de Bamako. Ces mesures doivent être complétées par un investissement de 300 millions de FM dans la distribution de l'eau, projet dont le Gouvernement cherche toujours à obtenir le financement. 167. Le programme d'investissements de l'EDM pour la période 1969/73 s'élève à 4.h2 millions de FM, compte non tenu des répercussions possibles de la dévaluation d'août 1969. Cette somme ne couvre évidemment pas le coit de Selingué, mais elle n'en assurera pas moins une certaine augmenta- tion de la capacité de production au moyen de groupes diesel dans des villes autres que Bamako. L'EDM compte financer le programme d'investissements précité à concurrence de 2.567 millions de FM sur ses ressources propres. Un financement extérieur de 1.345 millions de F4 a déjà été obtenu, sans tenir compte du crédit-fournisseur obtenu dernièrement pour l'acquisitii-n de l'installation diesel de Bamako. -66- F. Télécommunications 168, La Mission h'a pu examiner les besoins en investissements dans les télécommunications. Toutefois, ses constatations générales confirment l'opinion que l'amélioration des télécommunications contribuerait fortement à l'efficacité des services publics et de la conduite des affaires. Sur 268 villes-ou villages, 88 seulement possèdent des équipement de télé- communications d'une sorte ou d'une autre, et sur ce nombre il en est trente qui n'ont en tout et pour tout qu'un seul poste téléphonique public. Seule la ville de Bamako a un réseau téléphonique automatique et des services télex. Les circuits existants sont presque tous surchargés. 169. En 1965, le BEPTOM (Bureau d'études des postes et télécommunica- tions d'outre-mer) a présenté un plan de 20 ans pour la modernisation du réseau de télécommunication, concentré sur l'expansion et l'amélioration des liaisons interurbaines et l'amélioration et l'automatisation des ré- seaux téléphoniques dans les villes principales de Mopti, Ségou, Koulikoro, Kayes et Kati. Le coûit de ce programme, révisé en 1968 pour tenir compte de l'effet de la dévaluation de 1967, a été estimé à 7,5 milliards de FM. Depuis lors, la SOFRECOM a achevé une étude générale complémentaire, et des études spéciales ont été effectuées en ce qui concerne les liaisons Bamako-Mopti, Bamako-Kayes et Bamako-Sikasso. 170. L'IDA a demandé au Gouvernement de définir avec plus de prée cision ses priorités immédiates et de lui soumettre des estimations de coits plus exactes et des données de justification technique et économique. Il apparaît que la liaison Bamako-Hopti ainsi que les améliorations des services téléphoniques et télex de Bamako méritent d'être traitées en priorité. Le coût de cette partie du programme a été très provisoirement estimé à 1 .4h2 million de FM et le Gouvernement désire vivement obtenir le financement nécessaire par le Groupe de la Banque. La liaison Bamako- Ropti, qui transite par Ségou, est la plus importante du point de vue administratif et économique. Elle dessert le tiers environ de la population et la partie la plus productive du pays que l'on s'attend à voir présenter le taux de croissance le plus élevé. La liaison est actuellement très sur- chargée et souffre souvent d'interruptions et de retards graves. 171. Les renseignements financiers dont on dispose sur les opérations globales de l'Office Malien des Postes et Télécommunications (OMPT) font état de résultats favorables pour l'exercice 1967-1968. Cependant, en -67- vertu du système actuel de comptabilité de l'OMPT, une large part des dépenses d'exploitation (y compris l'amortissement) n'est pas répartie entre les services postaux, de télécommunications et les services financiers. Il est par conséquent difficile, en l'occurrence d'exprimer un avis positif sur l'étendue de la rentabilité des services de télécommunications. Il serait souhaitable que le Gouvernement gère la comptabilité de l'OMPT sur une base absolument commerciale et établisse notamment une distinction entre les comptes relatifs aux opérations postales et ceux concernant les télécomunications. 172. Etant donné que les opérations de télécommunications de l'O'PT sont ou peuvent être une source de bénéfices, elles devraient permettre d'obtenir des prêts ou des crédits auto-amortissables au titre des télé- communications. G. Education 173. Dans le volume IV du présent rapport, la Mission examine l'évo- lution et les problèmes du système d'enseignement existant et évalue ses besoins à venir. Seuls seront soulignés ci-après quelques points particuliers et conclusions concernant ces problèmes. 174. Peu après l'accession à l'indépendance, le Gouvernement se fixa le but louable de mettre au point un système d'"enseignement général fondamental ou de base" dont le contenu fût "fondé non seulement sur les valeurs spécifiquement africaines et maliennes, mais aussi sur les valeurs universelles." L'idée du Gouvernement était de fusionner les écoles primaires et du premier degré du secondaire en écoles uniques d"'enseignement fondamental" et de faire appliquer par celles-ci un programme d'études qui ne détacherait pas les élèves de leur milieu, mais les mettrait en rapport d'une manière pratique avec les problèmes de ce milieu. En d'autres termes, un enseignement spécifiquement malien devait -remplacer un système d'er- seignement d'inspiration étrangère fortement marquée. Une formation en - 68 - agriculture, en divers métiers manuels et en économie ménagère devait être donnée concurremment avec l'enseignement général et les écoles devaient recevoir l'équipement nécessaire à cet effet. L'enseignement secondaire général ne devait pas subir de changements importants, mais il devait être complété grâce à la création de nouvelles écoles professionnelles et techniques. 175. Cette réforme de l'enseignement n'est pas encore entièrement réalisée, même en ce qui touche le seul côté matériel. Toutes les écoles primaires et du premier degré du secondaire n'ont pas été fusionnées en écoles d'enseignement fondamental. Dix pour cent seulement des écoles ont été pourvues des moyens leur permettant de donner une formation agri- cole et dans des métiers manuels. Il a été beaucoup plus difficile qu'on ne l'avait prévu d'élaborer un nouveau programme d'études valable, de réaliser de nouveaux matériels d'enseignement et de former des maîtres dans la nouvelle orientation. Si un très grand nombre de nouveaux établisse- ments d'enseignement technique et professionnel spécialisés ont été créés et si les effectifs scolaires s'y sont accrus, l'enseignement secondaire général s'est, de son côté, développé beaucoup plus rapidement. Les parents et les élèves restent apparemment convaincus que l'enseignement secondaire général est le meilleur moyen de parvenir à une carrière fructueuse, en particulier au service de l'Etat. Les tentatives visant à lier l'enseigne- ment aux besoins futurs en main-d'oeuvre sont encore insuffisantes et la conséquence en est que le Gouvernement et le secteur public en général ont dû se charger de nombreux employés en surnombre alors que de nombreux emplois nécessitant une spécialisation ne peuvent être pourvus. 176. Il y a d'autres problèmes. Si le nombre des écoles a fortement augmenté, les dépenses de matériel et de fournitures ont pris un tel retard que beaucoup d'écoles ne sont pas suffisamment équipées. Etant donné les difficultés financières du Gouvernement, la nécessité s'impose de contenir les dépenses d'enseignement, lesquelles absorbent déjà 18 pour cent du budget. Des économies sont possibles. Comme dans la plupart des autres pays d'Afrique, on compte au Mali un nombre excessif de redoublants et d'élèves qui ne terminent pas leurs études. On estime qu'il n'est pas consacré moins du tiers des dépenses à l'enseignement de redoublants ou d'élèves qui abandonneront leurs études sans en avoir retiré grand profit. Il conviendrait d'envisager un système automatique de passage de classe en classe, qui, bien que non exempt d'inconvénients, a été adopté dans plusieurs pays africains comme mesure d'économie. Dans l'enseignement secondaire, on pourrait réaliser des économies en réduisant notamment le nombre plutôt excessif des matières à option qui entraine des rapports élevés entre effectifs de maîtres et d'élèves et en limitant les admissions dans les domaines où il y a déjà trop de candidats par rapport à la demande. -69- 177. Hormis la satisfaction de certains besoins déjà mentionnés en matière d'instruction de personnel pour l'agriculture et l'élevage, la Mission ne voit pas la nécessité d'investissements très importants dans l'enseignement. Ce qu'il faut, c'est plutôt améliorer la qualité de l'enseignement, fournir aux écoles des matériels d'enseignements meilleurs et en plus grand nombre, et utiliser davantage les moyens existants. Aucun programme relatif à l'éducation n'a été soumis à la Mission. En fait, il existe un plan important de création de centres de formation rurale dénommés Centres d'orientation pratique (COP). Par leur conception, ces centres paraissent intéressants. Ils donneraient aux élèves qui quittent l'école primaire une formation pratique, en internat, d'une durée de deux ans, qui les préparerait aux activités du milieu rural. Chaque centre aurait une ferme, un atelier, une unité d'enseignement ménager rural et une salle de classe pour l'enseignement général; le nombre de places y serait de soixante. L'enseignement théorique alternerait avec des périodes de travaux pratiques, en sorte que chacun des centres pourrait en réalité accueillir 120 élèves par an. 178. Le projet original qui envisageait la création de 70 COP a été ramené à 38 dont le coiût s'établirait apparemment à 3.158.900 dollars. Sur cette somme, le Gouvernement doit contribuer 1.773.300 dollars et le PNOUD le reste. Il se peut fort que l'envergure de ce projet soit contes- table. Il y aurait lieu d'explorer les possibilités des COP, mais il serait bon de faire d'abord un essai en créant quelques centres seule- ment. Les difficultés éprouvées dans la réforme de l'enseignement fon- damental devraient servir de mise en garde contre une hâte excessive, surtout étant donné les ressources limitées dont dispose le Gouvernement. L'expérience d'une opération antérieure, les Centres de promotion rurale, incite également à la prudence. Quatre-vingt-dix de ces centres furent créés hâtivement avec des fonds du FED pour donner à des jeunes gens plus ou moins dépourvus d'instruction une formation agricole pratique d'une saison. En principe, ces centres étaient eux aussi bien conçus. Cepen- dant, ils se révélèrent très coûteux en pratique et leurs avantages furent tout relatifs. Un choix peu judicieux de leur emplacement, leur suréqui- pement, un enseignement médiocre et des coût excessifs furent quelques-uns des problèmes qu'ils posèrent. La réintégration des stagiaires dans la vie rurale à la fin des cours suscita également des difficultés inattendues. Au bout de quelques années, ils passèrent sous le contrôle de la Fonction publique et furent largement réorientés dans le sens d'un endoctrinement politique. Récemment, ils ont été réattribués au Ministère de la Produc- tion qui devrait normalement les réorganiser d'une manière plus conforme à leurs objectifs primitifs. -70- X. PERSPECTIVES DE CROISSACE ET DE FINANCMRENT EXTERIEUR 179. Dans les dernières sections ci-dessus du présent rapport, on a cherché à donner une indication des principales possibilités d'accroisse- ment de la production et des besoins en investissements les plus urgents. A long terme, le potentiel d'augmentation de la production est considérable. A moyen terme, la possibilité existe de doubler la production de coton, d'augmenter sensiblement celle du riz et de porter la production d'ara- chides à des niveaux quelque peu supérieurs à ceux, faibles, des dernières années. IBs perspectives favorables s'offrent pour quelques cultures de moindre importance. En ce qui concerne le cheptel, les possibilités à long terme sont énormes étant donné l'expansion des marchés étrangers, mais il s'écoulera inévitablement du temps avant que les mesures destinées a accélérer la croissance modeste actuelle d'écoulement de la production de bétail produisent leur effet. Une certaine augmentation de la production des fabriques d'articles manufacturés existantes peut être espérée, ainsi que la production de ciment et d 'une plus grande quantité de textiles par des usines nouvelles ou projetées. On ne peut guère établir une projection exacte du taux de croissance globale, mais le PIB pourrait fort bien s'ac- croetre aux taux moyens de 3 à 4 pour cent sur la période de 1967/68 à 1972/73. Beaucoup dépendra de l'évolution des politiques gouvernementales portant sur les stimulants de la production. les mesures qui ont déjà été prises pour améliorer ces stimulants devraient donner une impulsion à l'économie. Dans un avenir plus éloigné, un taux de croissance plus important devrait pouvoir être atteint. 180. Un programme triennal intérimaire de développement s 'étendant sur les années 1970/71 à 1972/73 a été établi et sera vraisemblablement adopté par le Gouvernement avant la fin de juin 1970. La mission du Groupe de la Banque n'a pas encore eu l'occasion d'étudier ce programme dans le détail. Toutefois, l'importance qui y est accordée aux inves- tissements directement productifs, notamment dans l'agriculture, l'élevage et les activités de la pêche traduit l'idée exacte que l'on se fait des priorités actuelles. Le plan repose apparemment sur l'hypothèse selon laquelle près de 110 millions de dollars poùrront être obtenus au titre de l'assistance extérieure; il envisage en outre un taux de croissance notablement supérieur à celui prévu par la mission de la Banque. Cepen- dant, il est probable que l'élaboration et la mise en oeuvre des projets subiront des retards, de même que la mobilisation de l'aide extérieure. Etant donné la modeste contribution que le H1ali sera en mesure d'apporter à même ses propres ressources en faveur du développement, l'envergure et la teneur du programme dépendront pour une grande part de l'assistance extérieure qui sera disponible et des décisions que prendront les insti- tutions d'aide à l'étranger. -71- 181. Dans le passé, le Mali a bénéficié d'apports importants de capitaux pour le compte de l'Etat. Ces capitaux ont été investis pour une grande part dans des entreprises du secteur public ou ont servi a d 'autres fins qui n'ont contribué que dans des proportions relativement modestes à la croissance économique. I1 est probable que, pour des entrées de capitaux semblables à l'avenir, on pourrait réaliser beaucoup plus. De toute façon, la disponibilité de ressources pour le développement dépendra largement des décisions des gouvernement étrangers et des institutions étrangères capables de fournir une aide, car le Gouvernement malien ne pourra avant quelque temps produire des ressources importantes a affecter aux investisse- ments. Il est difficile d'estimer le montant de l'aide susceptible d'être reçue. Le FAC et le FED continueront vraisemblablement aà prendre des engagements financiers importants. A l'heure actuelle, cependant, il semble douteux que, mis à part les soldes à verser sur les prêts en cours, les pays de l'Est prennent des engagements de même ampleur que par le passé, ne serait-ce que parce qu'on ne s'attend pas que les entreprises du secteur public auxquelles est allée la majeure partie de leur aide se développent rapidement à l'avenir. Le Mali aura besoin d'une aide sensible- ment accrue du Groupe de la Banque, qui ne lui a accordé jusqu'ici qu'un seul crédit de l'IDA. Les décisions en matière d'aide que prendront un certain nombre de gouvernements et d'institutions pourront être fortement influencées non seulement par les possibilités d'utilisation productive de leurs fonds, mais aussi par les résultats obtenus dans le domaine écono- mique par le Gouvernement malien. S'il est vrai que ce dernier a pris certaines mesures constructives, la 1Idssion a cependant fait remarquer que les résultats en question offraient encore à certains égards amplement matière à amélioration. 162. Pour plusieurs raisons, l'aide extérieure devrait être fournie à des conditions très favorables quant à l'intérêt et a l'amortissement, du moins pour les premières années à venir. La dette extérieure est très élevée et elle risque de représenter une charge considérable pour le budget et la balance des paiements, même si l'échéancier du service de la dette était remanié. Le PIB par habitant est très faible et les perspectives a moyen terme le concernant te laissent espérer qu'une amélioration modeste. Il est probable que la réduction du déficit de la balance commerciale sera lente, et il faudra du temps pour éliminer le déficit budgétaire et dégager une certaine marge permettant d'assurer un service de la dette plus élevé - 72 - et d'affecter au développement un montant plus important de ressources publiques. La Mission estime qu'un prêt de la Banque ne se justifiera pas et que, pendant quelques années, l'aide du Groupe de la Banque devra être limitée à des crédits de l'IDA. 183. De même, on doit reconnaitre que, même s'il amêliore sa situation économique, le Gouvernement malien ne pourra accumuler une épargne publique substantielle et apporter une contribution moyenne très importante au fi- nancement des projets de développement par prélèvement sur ses ressources budgétaires. Dans le passé, plusieurs gouvernements étrangers et institu- tions étrangères ont, en fait, jugé nécessaire de financer intégralement des projets, en fournissant dans de nombreux cas des marchandises dont le produit de la vente constituait les fonds de contrepartie pour le finance- ment des dépenses locales. Cela ne signifie pas qu'on ne peut attendre aucune contribution du Gouvernement malien à l'avenir. La contribution qu'il sera à même de fournir dépendra dans une certaine mesure de la naturu du projet et de ce que les gouvernements et institutions de l'étranger seront disposés à considérer comme contribution locale. C'est ainsi que le Gouvernement malien peut prendre sur les ressources du Fonds routier pour couvrir partiellement le coût d'un programme général d'entretien des routiers. De même, les entreprises publiques ou mixtes autonomes qui ont besoin d'une aide extérieure pour certains projets, telles l'Energie du Mali et l'Qffice malien des Postes et Télécommunications, ont quelques ressources propres qu'elles peuvent affecter à ces projets. Mais quand les ressources devront provenir du budget de l'Etat, la contribution sera nécessairement très modeste. Pourtant, même dans ce cas, il sera parfois possible de considérer certaines dépenses publiques courantes, telles que celles qui concernent la vulgarisation agricole, comme une contribution à des projets agricoles financés avec une aide extérieure. A ce sujet, il importe que les organismes dispensateurs d'aide reconnaissent que le financement de dépenses courantes -- par exemple les sommes consacrées à la vulgarisation et aux quantités d'engrais, d'insecticides, etc. entrant chaque année dans la production -- peut être aussi important, et quelquefois plus, pour obtenir des augmentations de la production que le financement de dépenses d'investissement caractérisées. Un complément aux ressources du Mali destiné à permettre le financement de dépenses courantes productives pourrait constituer une contribution importante au développement. -7-3- ANNÈXE lEri SYSTEME DE STATISTIQUES DU MALI Evaluation et recommandations I. INTRODUCTION ET CONCLUSIONS RESUMEES 1. Pendant son séjour au Mali en mai 1969, la Mission économique a entrepris une brève étude du système malien de statistiques. 2. Elle a cherché à évaluer la qualité des informations statisques disponibles et des travaux statistiques en cours, et à formuler des re- commandations quant à l'amélioration possible de la qualité de ces informations et des méthodes statistiques utilisées. 3. Les résultats de ces recherches ont d'autre part servi de base pour la constitution d'une série de comptes nationaux à prix constants, mise à jour et dépeignant l'évolution de la situation économique du Mali depuis 1959. h. Les enquêtes de la Mission eurent lieu à l'Office central de statistique et dans ses bureaux régionaux. L'étude engloba l'ensemble des travaux effectués actuellement au Mali ainsi que les estimations faites pour le système de comptabilité nationale. 5. En général, les statistiques maliennes préàentent pas fàal.'l, lacunes bien qu'elles aient été beaucoup améliorées depuis 1964. Les séries statistiques fondamentales manquent encore dans diverses branches. Cependant, il existe un système intégré de comptes nationaux. Bien que beaucoup d'informations de base ne soient pas disponibles, les estima- tions officielles des comptes nationaux sont utiles par la représentation qu'elles donnent des tendances de l'économie malienne. L'amélioration des informations statistiques de base concernant les prix, les données démographiques et la consommation des ménages accroîtrait l'exactitude des comptes nationaux et permettrait de mieux juger ces tendances. 6. Les raisons des insuffisances actuelles sont d'ordre surtout budgétaire. L'élévation du niveau des cadres ne constitue pas, au Mali, une difficulté de première importance actuellement. Il est vrai, cependant, que les estimations des comptes nationaux sont encore en grande partie sous la responsabilité d'un assistant technique étranger à qui est due leur grande amélioration depuis 1964. 7. Comme dans beaucoup d'autres pays africains, les travaux statis- tiques sont très centralisés. Les bureaux régionaux ont des budgets si insignifiants qu'il leur est impossible d'effectuer des enquêtes statis- tiques à l'exception de celles qui sont payées sur le budget de l'Office central. 8. La coopération apportée à l'Office central par les autres orga- nismes d'Etat n'est pas aussi étroite qu'il le faudrait. S'il était possible de remédier à cette situation, les travaux d'établissement des comptes nationaux pourraient être considérablement simplifiés et l'on - 74 pourrait disposer d'un plus grand volume de données pour une dépense modique. 9. La compétence professionnelle du personnel de la statistique que la Mission a consulté est apparue satisfaisante, mais les statis- ticiens semblaient craindre une réduction future fort probable de leur très modeste budget. Quoi qu'il en soit, il ne semble pas qu'un per- sonnel d'assistance technique supplémentaire soit nécessaire, cela grâce au travail du personnel en fonction, à moins que ne soient entre- pris un recensement démographique et une enquête par sondage de la consommation des ménages. Dans ce cas, une assistance technique étrangère devrait être fournie, car les statisticiens sont entièrement accaparés par des tâches courantes dont ils ne pourraient être distraits. 10. Compte tenu des difficultés budgétaires du gouvernement, il est à prévoir que des ressources supplémentaires ne pourront probablement pas être affectées à la statistique avant quelques années. Néanmoins, il faudra porter les fonds de la statistique au niveau minimal nécessaire pour permettre le recueil et la mise en ordre des données 3tinformations essentielles. Plus précisément, cela signifie: - que les crédits alloués pour l'enquête agricole annuelle ne devraient pas être réduits et qu'ils devraient être assignés de façon que l'Office central puisse remplacer son équipement hors d'usage (automobiles, bicyclettes, etc.); - que des crédits devraient être alloués pour permettre aux bureaux régionaux de faire des relevés de prix à divers stades de la commercialisation et sur divers marchés de leur région; - que, s'il est décidé de procéder à un recensement démographique et à une enquête sur la consommation, des crédits spéciaux devraient être affectés à ces opérations et une aide étrangère devrait être demandée à des organisations internationales telles que le PNUD ou la FAO. II. PRINCIPALES SERIES STATISTIQUES 11. Les principales séries statistiques ont été examinées afin de permettre une évaluation des agrégats des comptes nationaux qui en décou- lent. Les séries dont il a été tenu compte ont trait à la production, aux prix, au commerce extérieur et à la démographie. A. Production agricole 12. Jusqu'en 1964, des estimations approximatives de la production agricole étaient établies par le Ministère de l'Agriculture pour le pays tout entier, exception faite du territoire de l'Office du Niger. Elles comprenaient des statistiques concernant les cultures principales, la pêche et l'élevage. Depuis 1964, une enquête agricole annuelle par - 75 - sendAge est effectu'e par 110'ffice central de statistique en collabora- tion avec ses buroaux régionaux ain,si q'avec le Ministère de l'Agricul- tura. 'lette enquête porte sur l'esemble du pays, mais elle ne s'est pas appliquée à 1Of.L'ice du -iger la première année et ne s'est jamais ap- pliquée aux "casiers anénagés", pour lesq,,els clest au Ministère de l'Agricult,re qu'il appartient de collecter les données. L'enquête étudie les surfaces cultivées et la production et les rendements des cultures principales: mil, sorgho, riz, arachides, coton et mais. En outre, elle fournit des estimations de la population agricole, du matériel utilisé pour la production et du cheptel dans les villages (par opposi- tion au cheptel errant). Les données sur les surfaces cultivées, la production et les rendements à l'Office du Niger sont fournies chaque année par celui-ci. Des données semblables sur les "casiers aménagés" sont fournies par les services de l'"encadrement rural". 13. Les données émanant de l'Office central de statistique se sont améliorées depuis la première enquête et il semble qu'on puisse les tenir maintenant pour suffisamment sûres. Les données de l'Office du Niger, qui a une expérience beaucoup plus grande dans le recueil des informations, sont bonnes également. Les estimations de la surface cultivée des "casiers aménagés" sont assez bonnes, mais les estimations des rendements moyens sont extrêmement rudimentaires. Les bureaux régionaux de statistique ont organisé pour le personnel de ltiencadrement rural" des périodes de formation en matière de statistique. Cet enseignement pra- tique devrait contribuer à l'amélioration de la qualité des données qu'ils fournissent. 14. Les données relatives aux produits agricoles commercialisés sont fournies directement par le Ministère du Commerce, par l'Office du Niger pour son territoire et par la Compagnie française pour le dévelop- pement des fibres textiles (CFDT) en ce qui concerne la culture du coton de pluie. Les données relatives au volume des produits soumis au contrôle de qualité sont fournies par le Service du conditionnement. Le Service de l'élevage fournit les données sur la production de bétail, les expor- tations officielles et l'abattage officiel. Ces données ne reflètent toutefois pas la situation réelle, car un important trafic de viande et de bétail sur pied échappe au contrôle. Les fluctuations observées dans les données enregistrées sont dues moins aux tendances économiques qu'aux modifications des taxes à l'exportation, des prix ou des règlements. Les données fournies par le Service de la pêche laissent encore beaucoup à désirer. 15. Somme toute, les données concernant la production agricole se sont considérablement améliorées depuis 1964, mais une amélioration est encore nécessaire, surtout en ce qui concerne l'élevage et la pêche. - 76 - B. Industrie et Commerce 16. Jusqu'en 1965, les données disponibles sur l'activité industriellc moderne étaient fournies par une enquête de la Chambre de commerce. Cette enquête ne portait que sur le secteur privé. Depuis l'année budgé- taire 1964-65, l'Office de la statistique fournit des données sur les entreprises industrielles (publiques et privées) et les établissements commerciaux qui réalisent un chiffre d'affaires supérieur à 5 millions de FM. Ces donnés ont trait principalement à l'emploi, aux salaires, aux ventes, aux immobilisations et à la valeur ajoutée. 17. Bien qu'il ait été fortement réduit depuis 1965, le délai d'éta- blissement de ces données est encore très long: plus d'une année. Cette lenteur est due pour une grande part au fait que l'enquête est effectuée uniquement par la voie postale et que les réponses ne sont obtenues qu'après maints rappels. 18. Les données fournies par l'enquête sont confrontées, autant que possible, avec celles qui proviennent d'autres sources, telles que les indications des déclarations de revenus. Ces dernières se sont révélées assez sûres pour le secteur privé. Malheureusement, les comptables utilisent un plan français de comptabilité établi en 1946 et qui n'est pas vraiment satisfaisant. Une étude visant à l'améliorer est actuelle- ment effectuée par le FAC et par l'INSEE à Paris, et le système amélioré sera bientôt mis en application dans plusieurs pays d'Afrique centrale Congo (Brazzaville), Gabon, République centrafricaine, Cameroun7. Le nouveau cadre comptable proposé tient compte des problèmes particuliers à ces pays,des progrès réalisés dans les techniques de comptabilité depuis 1946 et des besoins en comptables nationaux. Le Gouvernement malien pourrait appliquer ce système avec profit. La comptabilité des entre- prises industrielles ou commerciales du secteur public est très mal tenue, ainsi qu'il ressort nettement des données. Cette comptabilité est actuellement réorganisée par une société d'experts-comptables fran- çais, le Cabinet Bourgeois. 19. Une grande faiblesse des données actuelles vient de ce que les petits établissements (ceux dont les ventes n'atteignent pas 5 millions de Fi) ne sont pas compris dans l'enquête. Au stade actuel de dévelop- pement de l'industrie malienne, l'importance de ces établissements dans l'activité industrielle globale est considérable. Ils totalisent près de 75 pour cent du montant de l'ensemble des ventes. C. Statistiques des prix 20. L'indice actuel des prix à la consommation s'applique aux produits alimentaires consommés par les ouvriers maliens à Bamako. Le poids de chaque denrée a été calculé d'après des informations réunies lors d'une petite enquête faite auprès des ménages à Bamako en 1962-63 et d'après des comparaisons avec des études semblables effectuées à Niamey et à Ouaga- dougou. - 77 - 21. Il est très difficile de calculer un indice des prix des mar- chandises importées, car les principales importations se font en vertu d'accords de compensation et varient souvent en nature et en qualité. 22. Les principaux établissements commerciaux appartiennent à l'Etat, qui règle les prix de revient, les prix de détail et les prix à l'expor- tation ainsi que les marges maximales autorisées sur les marchandises importées. Il est par conséquent facile d'obtenir les données relatives aux prix officiels. 23. Les données concernant les prix sur les marchés parallèles et dans les coopératives sont fournies chaque mois pour ce qui est des marchés de Bamalco. Les renseignements sur les prix pratiqués hors de la capitale sont recueillis peu souvent, sont incomplets et publiés irré- gulièrement. Cela semble dû surtout à un manque de crédits dans les bureaux régionaux. La situation pourrait cependant être améliorée sans qu'il en coûte beaucoup. Les méthodes utilisées pour le receueil des données sur les prix sont fondamentalement bonnes. Le personnel chargé de ce travail demande au consommateur quel prix il a payé une marchandise qu'il vient d'acheter et pèse cette marchandise, ou bien il l'achète pour ses propres besoins. Il est très important que les prix soient mesurés de cette façon à cause de l'effet du marchandage sur le niveau des prix. D. Statistiques du commerce extérieur 24. Les tableaux des résultats du commerce extérieur (importations et exportations de marchandises) sont dressés en collaboration par les Services des douanes et l'Office central de statistique. Les Services des douanes procèdent à une première vérification et au co dage des déclarations en douane qu'ils adressent ensuite au centre de calcul équipé d'un ordinateur Bull "Gamma 10". Un projet préliminaire mensuel est imprimé et corrigé par la douane et l'Office de la statistique. Un tirage définitif est alors fait. Depuis septembre 1966, la valeur des marchandises importées est indiquée c.a.f. frontière malienne. Aupara- vant, elle était enregistrée c.a.f. Abidjan ou Dakar. 25. Pour plusieurs raisons, les données relatives au commerce exté- rieur sont extrêmement incertaines. Le facteur principal d'incertitude est de toute évidence l'ampleur du commerce clandestin. Dans un pays qui a près de 7.500 km. de frontières et où l'on a eu tendance ces der- nières années à contrôler exagérément les prix et le commerce extérieur, on doit s'attendre à ce que la contrebande soit importante. 26. Pendant de nombreuses années, même l'enregistrement du commerce contrôlé a été incomplet, du fait que certaines importations officielles en franchise destinées à l'entreprise commerciale publique SOIEX n'étaient pas enregistrées. Cette situation semble s'être améliorée depuis 1965. - 78 - 27. Néanmoins, la qualité des données actuelles concernant le commerce contrôlé laisse encore beaucoup à désirer. Les valeurs portées sur les déclarations en douane sont très souvent sans rapport avec les valeurs réelles des marchandises enregistrées et le contrôle exercé par les services des douanes est tout à fait inefficace. Une des principales causes en est que la douane manque de personnel qualifié. 28. En outre, le délai de six mois nécessaire à la publication de ces statistiques est beaucoup trop long et il faudrait parvenir à le réduire d'une façon ou d'une autre. Comme les services des douanes ne sont pas, pour le centre de calcul, un client qui rapporte, leurs tra- vaux, toutefois, ne sont jamais considérés comme urgents et ne sont exécutés que lorsqu'il se présente du temps libre. E. Population 29. Le problème des données démographiques représente sans aucun doute une des plus graves lacunes des statistiques maliennes. 30. Les sources récentes d'information comprennent: - une enquête détaillée de la région du delta central du Niger en 1950; - une enquête démographique générale par sondage effectuée en 1960-61. La publication des résultats définitifs de cette enquête a été repoussée jusqu'en 1969 et l'on s'est demandé s'ils valaient vraiment la peine d'être publiés étant donné la qualité inférieure des réponses reçues; - une étude des perspectives démographiques de 1963 à 1973. Cette étude s'appuie sur l'enquête démographique par sondage de 1960. Une méthodologie classique est appliquée: une estimation de la population survivante est calculée par âge et par sexe d'après les taux de mortalité, et les naissances d'enfants vivants sont calculées d'après les taux de fécondité. On considère trois hypothèses: i. Les taux de mortalité décroîtront peu à peu et les taux de fécondité resteront constants; ii. Les taux de mortalité décroîtront de façon plus accentuée et les taux de fécondité commenceront à décroître légèrement; iii. Mêmes taux de mortalité qu'en (Il) et taux de fécondité cons- tants, mais à un niveau inférieur à (II) et (1). - 79 - L'Office de la statistique a décidé de considérer lhypothèse (I) comme la plus logique, bien que le raisonnement sur lequel il s'est appuyé pour cela n'.ait jamais été très clairement exposé. Cette hypothèse avance des taux de fécondité qui semblent plutôt élevés pour ce type de pays, mais le chiffre total de la population auquel elle conduit a été considéré comme la meilleure approximation de la réalité. 31. Une autre source de données démographiques est constituée par les recensements administratifs. Ceux-ci fournissent les seules données disponibles avant 1960. Ils n'ont jamais été effectués simultanément dans tout le pays et le degré de confiance qu'ils méritent dépend largement de la bonne volonté et des connaissances des fonctionnaires qui en ont la responsabilité. On considère que les résultats sous-estiment le nombre d'habitants. En 1965-66, il a été procédé à Bamako à un recensement qui est considéré d'une exactitude satisfaisante. Les chiffres des statisti- ques des naissances et des décès tenues par les bureaux de l'état civil sont également sous-estimés, en particulier dans les régions rurales. 32. Tout bien considéré, les données officielles concernant la population du Mali sont obtenues d'après des projections approximatives fondées sur des hypothèses non vérifiées. Elles indiquent une popula- tion de près de 4.90J.000 habitants au milieu de l'année 1969 et un taux d'accroissement de 2 pour cent par an. Il sera nécessaire d'amé- liorer ces données d'ici quelques années. III. COMPTABILITE NATIONALE 33. Depuis 1964, l'Office malien de la statistique établit les comptes de la nation sous la direction d'un spécialiste français mis à la disposition du Mali au titre de l'assistance technique. Précédem- ment, des comptables français ont établi des comptes de la nation pour 1956 et 1959, mais à cette époque, on ne cherchait pas à former du per- sonnel malien pour cette tâche. 34, On trouvera ci-après une brève description du système malien, qui est fondé sur les méthodes de la comptabilité nationale française. A. Cadre du système comptable 35. Les comptes de la nation du Mali ont pour base la classification ci-après des agents économiques: quatre secteurs institutionnels inté- rieurs et un secteur institutionnel situé à l'étranger, à savoir 1) entreprises non financières; 2) institutions financières; 3) entreprises publiques et organisations sans but lucratif au service dcs ménages (administrations); 4) ménages, y compris les entreprises familiales; et 5) "reste du monde" (compte extérieur). Les opérations de ces secteurs institutionnels sont divisées en 1) production, accroissement des stocks, formation de capital fixe, consommation, exportations et importations (opérations sur biens et services); 2) transferts (opérations de répar- tition); et 3) opérations financières. - 80 - 36. Les changements annuels affectant l'économie sont décrits par deux comptes distincts: 1) produits, et 2) secteurs institutionnels. Les comptes de produits décrivent les ressources et leur emploi par groupes de biens et de services. On distingue deux catégories de ressour- ces: 1) production, et 2) importations. Les cinq emplois des ressources sont: 1) la consommation intermédiaire (commercialisée ou non); 2) la consommation finale (commercialisée ou non); 3) les mouvements nets des stocks; 4) la formation de capital fixe; et 5) les exportations. La pro- duction est évaluée aux prix payés aux producteurs, les importations sont comptées à la valeur c.a.f. et les divers emplois des ressources aux prix du marché. Pour équilibrer ces comptes, on introduit une res- source supplémentaire, désignée sous le nom de "marges" et qui représente l'augmentation de valeur due aux impôts indirects, frais de transport et bénéfices commerciaux. 37. La comptabilité des secteurs institutionnels est décrite par trois comptes distincts: 1) le compte d'exploitation. Sa balance, le résultat brut d'exploitation, est la différence entre la valeur ajoutée résultant de l'activité du secteur et la somme des enarges salariales et des impôts indirects nets; 2) le compte d'affectation montre comment les'excedents bruts d'exploitation augmentée des subven- tions sont utilisés pour la formation d'épargne après les paiements d'impôts directs, de transferts courants, d'intérêts et de primes d'assurance; 3) le compte des opérations en capital décrit le finance- ment des investissements. Toutes les opérations du secteur institu- tionnel "reste du monde" avec les autres secteurs figurent dans un seul compte (extérieur). Tout le système des comptes de la nation est récapitulé dans un "tableau économique d'ensemble". Un tableau d'entrées-sorties des produits présente l'offre et la demande pour chaque groupe de produits (branche). B. Le PIB et ses principaux éléments 39. Produit intérieur brut total. Les estimations du produit intérieur brut sont déterminées comme étant le total des valeurs ajoutées correspondant à chaque groupe de produits, augmenté des rémunérations du personnel de l'Etat et du personnel domestique. Au Mali, à l'exemple du système français, l'administration publique et les services du per- sonnel domestique sont considérés comme non productifs. C'est pourquoi, pour obtenir le produit intérieur brut, il y a lieu d'ajouter les traite- ments et salaires payés dans ces secteurs. 39 Les estimations du PIB ont été calculées au Mali pour 1956, 1965 et pour chaque année budgétaire depuis 1964-65. A l'exception de 1959 (année pour laquelle le PIB a été calculé en prix constants de 1964), toutes les autres donnés disponibles sont exprimées en prix courants. La Mission a établi des estimations des comptes de la nation en prix constants de 1964 pour les années 1959 et 1964-65 à 1966-67. - 81 - 0. Produit intérieur brut, par groupes de produits. Pour chaque groupe de produits, la valeur ajoutée est calculée d'après la valeur de la production augmentée des "arges"' et diminuée de la consommation inter- médiaire. La valeur ajoutée totale provient en majeure partie de lagri- culture. 41. Les statistiques de la production agricole, estimées chaque année au moyen d'enquêtes par sondage depuis 1964, peuvent être considérées comme suffisamment sûres. Les estimations de la consommation intermédiaire appa- raissent très objectives, bien qu'elles soient souvent fondées sur des hypo-- thèses approximatives pour ce qui est du secteur traditionnel. Il est très difficile d'obtenir des données exactes sur l'élevage. Les hypothèses posées dans le rapport de Tyc, Lacrouts et Sarniguetl/ sont tout à fait objectives et raisonnables. Nous les avons donc utilisées pour nos estimations de la valeur ajoutée provenant de l'élevage. 42. L'Office malien de statistique a estimé la valeur ajoutée par l'industrie, les mines, le commerce et les transports d'après des enquêtes annuelles en ce qui concerne le secteur moderne et d'après des estimations approximatives de l'activité économique traditionnelle en ce qui concerne les groupes de produits. La différence entre les "marges" brutes et les imp6ts indirects augmentés des frais de transport donne les "1marges"nettes. Ces dernières sont déterminées pour le commerce traditionnel comme étant la différence entre les margesi nettes totales et les estimations relatives au commerce moderne fournies par l'enquête annuelle. 4. La valeur ajoutée dans les transports est calculée de la même manière. La valeur ajoutée totale résultant de lactivité minière et indus- trielle est tirée du tableau d'entrées-sorties. Le secteur moderne est com- pris dans l'enquête annuelle. Les déclarations de revenus sont utilisées pour estimer la valeur ajoutée des petits établissements industriels aux- quels l'enquête ne s'applique pas. Les différences sont alors ajoutées au secteur traditionnel. Formation brute de capital intérieur. La valeur de la formation brute de capital intérieur est la somme de la formation brute d'immobilisa- tions intérieures et de l'accroissement des stocks. Il y a accroissement des stocks principalement dans l'élevage (pour lequel nos estimations s'ap- puient sur le rapport de Tyc, Lacrouts et Sarniguet) et dans les textiles (pour lesquels nos estimations de stocks sont tirées de la comparaison des importations et de la consommation par habitant). 46. « La formation de capital fixe traditionnel englobe les bateaux de pêche (pirogues), les bateaux de transport et le bétail pour la trac- tion animale. Les estimations concernant les pirogues et les bateaux (mises approximativement à jour chaque année) proviennent d'une étude du Ministère des Transports. Les estimations concernant le bétail proviennent du rapport établi par Tyc, Lacrouts et Sarniguet. l/ Tyc, Lacrouts et Sarniguet, Exploitation du cheptel bovin au Mali (République du ali: Ministère du Développement, 1965n 3. - 82 - h7. Le logement traditionnel est ccnsidéré dans les comptes de la nation du Mali comme faisant partie de la consommation privée. Cette façon de voir a été justifiée par le fait que la durée moyenne des huttes maliennes ne dépasse pas quelques années. Compte tenu des méthodes adoptées dans d'autres pays ainsi que des recommandations des Nations Unies, nous avons cependant compris le logement dans les investissements traditionnels. L'es- timation est tirée d'une enquête sur la consommation des ménages effectuée en 1958 pour le bassin du Niger et mise à jour chaque année au moyen des taux de croissance démographique. 48. La formation de capital moderne comprend la construction, les travaux publics et les machines et véhicules importés. Le nombre des véhi- cules importés est obtenu d'après les immatriculations. Les données sur la construction proviennent de l'enquête annuelle et les données sur les tra- vaux publics du Ministère des Travaux publics. N_9. Consommation privée. On calcule la consommation privée en dédui- sant des ressources totales les exportations, la formation brute de capital intérieur et la consommation publique. La consommation publique est obtenue d'après les comptes des administrations et entreprises publiques. La con- sommation privée est donc une grandeur résiduelle. Elle est affectée de toutes les erreurs d'estimation. On devrait donc la vérifier soigneusement en la rapprochant des données de l'enquête sur les ménages avant de l1utilise à des fins d'analyse. C. Evaluation des comptes de la nation lio. Le système français de comptabilité nationale a l'avantage de donner une vue complète du processus économique général. Il montre les relations entre institutions et leurs opérations. Un de ses principaux défauts, toutefois, est qu'il nécessite une grande quantité de données statistiques sires pour que l'économie puisse être analysée en détail. Dans un pays comme le Mali, où les informations statistiques essentielles sont souvent de qualité médiocre, la formulation de nombreuses hypothèses rend les estimations incertaines, et seuls quelques recoupements sont pos- sibles. Le secteur traditionnel, en particulier, n'est pas suffisamment exploré et l'on ne dispose pas de données sur la consommation des ménages, la population ou le commerce extérieur clandestin. Néanmoins, l'économie malienne étant simple, le nombre d'unités de production et d'activités éco- nomiques est très réduit et, attendu que les mêmes méthodes sont employées chaque année pour dresser les comptes, il y a des chances pour que les va- riations annuelles des agrégats soient significatives. IV. RECOI1IANDATIONS 51. Avant de faire des recommandations quelconques sur ltamélioration possible des informations statistiques fondamentales et de la comptabilité nationale, on ne doit pas perdre de vue que les moyens financiers qui seront affectés aux services de la statistique au cours des prochaines années seront - 83 - limités. Etant donné les difficultés budgétaires du Mali, il est assez peu probable qu'un accroissement important des travaux statistiques courants ou des études spéciales puisse être financé sur les ressources intérieures. A. Statistiques démographiques et consommation des ménages 52. La connaissance des principales données démographiques d'un pays -- telles que population totale, taux de natalité et de mortalité, taux d'accroissement, répartition par âge et par sexe -- est importante dans chaque secteur de la vie économique. De même, il est essentiel, surtout dans un pays sans débouché sur la mer comme le Mali, oÙ le volume des échan- ges extérieurs non enregistrés sera toujours important, de disposer d'esti- mations sûres de la consommation des ménages. 53. Par suite du manque de données sures, il sera nécessaire de pro- céder avant peu d'années à un recensement démographique ou à une enquête démographique par sondage, ainsi qu'à une enquête par sondage sur la con- sommation des ménages. Un recensement démographique constituerait la meil- leure base possible pour des enquêtes ultérieures par sondage et serait particulièrement utile pour une enquête par sondage auprès des ménages. Le questionnaire du recensement pourrait être très court et des données démographiques plus détaillées pourraient être obtenues au moyen d'une petite enquête par sondage qui serait effectuée peu après. Le coût élevé et l'organisation complexe d'une telle opération rendraient toute- fois préférable une enquête démographique par sondage. De toute manière, l'enquête auprès des ménages devrait être étroitement liée à l'enquête démographique afin de réduire le coût de toute l'opération. Les diffi- cultés d'effectuer une enquête auprès des ménages, dans les régions rurales comme en ville, ne doivent pas être sous-estimées. 5ý. A l'heure actuelle, les services de statistique du Mali ne sont pas aptes à diriger ces opérations. L'aide d'un expert-conseil serait nécessaire. Le choix de la manière d'opérer devrait être étudié avec soin. Dès qu'une recommandation pourrait être faite, l'aide étrangère pourrait être demandée à des organisations internationales telles que la FAO et le PNUD ou au FAC. B. Relevé des prix 55. Les distinctions entre prix contrôlés et prix du marché libre sont importantes pour mesurer l'efficacité de la politique des prix. Les prix du marché libre dans les différentes régions du Mali n'ont jamais été publiés ni relevés. On pourrait remédier à cette situation sans augmen- tation importante des dépenses courantes. Les bureaux régionaux de sta- tistique n'ignorent pas ce besoin et il semble qu'ils seraient capables de s'acquitter de la tSche moyennant une faible augmentation de leurs dépenses. - 84 - C. Commerce extérieur 56. Il y a deux moyens d'estimer le commerce non enregistré. Le premier consiste à comparer la production avec la consommation des mé- nages et le commerce extérieur enregistré. Le second consiste à relever les informations statistiques pertinentes des pays voisins. L'améliora- tion des informations concernant le commerce non enregistré découlera donc de celle des statistiques de la production et de la consommation. 57. En même temps, les statistiques du commerce extérieur enregistré peuvent, elles aussi, être améliorées. Depuis 1965, l'enregistrement des importations exemptes de taxes destinées aux organismes d'Etat semble être beaucoup plus étendu. On peut encore améliorer l'enregistrement des données de base obtenues d'après les documents des douanes en augmentant les effec- tifs de personnel qualifié dans les douanes et en accordant aux services douaniers une assistance technique plus généreuse. De plus, étant donné que les statistiques du commerce extérieur sont traitées sur ordinateur, il serait possible de contr6ler le prix uni- taire moyen des marchandises exportées et importées. Une telle méthode, déjà employée dans les pays africains d'expression française de l'UDEAC, s'est révélée très utile pour rectifier l'enregistrement inexact des don- nées. Elle a même conduit à 11accroissement du montant des taxes recouvred, cela par suite des sommes récupérées sur les fausses déclarations. Pendant le séjour de la Mission au Mali, l'Office malien de statistique entrait en relation avec le service de statistique du secrétariat de l'UDEAC pour demander conseil au sujet de la mise en pratique de ce système. Le délai de plus de six mois que demande la publication des sta- tistiques du commerce extérieur pourrait certainement être réduit. L'Of- fice de la statistique n'étant pas un client payant, le traitement de ses données est généralement différé par le centre de calcul, bien que ce der- nier fasse lui-même partie de cet Office. Il serait certainement possible de parvenir à un accord avec le centre de calcul sur un traitement plus urgent de ces données. D. Statistiques industrielles 60. L'enquête annuelle sur les mines, l'industrie manufacturière et le commerce ne porte que sur les entreprises modernes dont les ventes sont supérieures à 5 millions de FM. Les ventes de ces entreprises ne repré- sentent que 25 pour cent du total des ventes industrielles. Des enquêtes périodiques par sondage dans le secteur traditionnel fourniraient des don- nées réelles alors qu'on obtient actuellement les données de ce secteur en faisant la différence entre le total estimé dans les comptes de la na- tion et la production indiquée par l'enquête annuelle concernant le secteur moderne. L'enquête pourrait finalement être étendue au secteur traditionnel des transports. - 85 - 61 Les données réelles du secteur moderne souffrent d'un manque de précision dû principalement à la qualité des méthodes comptables privées appliquées dans les entreprises. Les comptes des entreprises publiques sont actuellement révisés par une société française d'experts-comptables, le Cabinet Bourgeois. Le principal problème qui concerne ces entreprises semble être l'estimation du volume réel des transferts entre le gouverne- ment central et les entreprises publiques. Les méthodes comptables dif- fèrent d'une entreprise à l'autre, si bien que le résultat obtenu en agré- geant les données qui en découlent est souvent fallacieux sinon totale- ment dépourvu de signification. 6.2. Une procédure comptable commune serait très utile par bien des côtés. L'OCAM est en train d'en étudier une pour tous ses membres. Il s'agit d'un projet mis en route en 1967 après qu'eut été reconnue la dif- ficulté diagréger et de comparer les données industrielles des cinq pays membres. Pour commencer, l'étude a été effectuée par des experts-comptables français avec des fonctionnaires des pays de l'UDEAC. Elle a fait ensuite l'objet de discussions à la Conférence de l'OCAM à Kinshasa, en janvier 1969, oil tous les membres ont décidé d'adopter la procédure comptable pro- posée. 63. Des travaux sont encore en cours pour perfectionner la procé- dure commune en question. On modifie la procédure comptable française de 1949 afin: a) d'améliorer le traitement électronique des données comptables; b) de prendre en considération les nécessités de la compta- bilité économique nationale; et c) de l'adapter aux particularités des économies en voie de développement. Un projet de cette procédure comp- table révisée sera soumis à la prochaine conférence de la Commission économique pour lAfrique à Addis-Abeba. La qualité des statistiques industrielles et commerciales mali ennes devrait beaucoup s' améliorer si une telle procédure était adoptée d'ici peu d'années. E. Coopération entre organismes 64. La coopération insuffisante entre plusieurs organismes d'Etat et l'Office de la statistique rend le recueil des informations statistiques disponibles encore plus difficile. L'Office de la statistique devrait être tenu au courant des versements d'aide étrangère (par nature et par pays) ainsi que de questions moins confidentielles (telles que les dépenses d'in- vestissement dans les entreprises publiques). En même temps, il devrait être interdit par la loi à l'Office de la statistique de divulguer des in- formations de caractère confidentiel. F. Comptabilité nationale 65. Les comptes de la nation du Mali souffrent du manque d'informa- tions statistiques fondamentales appropriées. Bien que l'Office utilise le système français et non pas celui des Nations Unies, le cadre utilisé semble satisfaisant. Quelques changements peu importants pourraient être suggérés. Le logement traditionnel devrait être compris sous la rubrique de la formation de capital et non pas sous celle de la consommation privée. D'autre part, si les estimations des principaux agrégats étaient faites à une époque moins tardive, une évaluation plus complète des résultats erre- gistrés par l'économie malienne serait rendu ros3sible. ANNEXE STATISTIQUE Liste des tableaux TABLEAU 1 - Produit intérieur brut aux prix du marché, par secteur (valeur) TABLEAU 2 - Produit intérieur brut aux prix du marché, par secteur (%) TABLEAU 3 - Produit intérieur brut par secteur, à prix constants en vigueur dans la République du Mali, pour les années de référence comprises entre 1959 et 1972/73 TABLEAU h - Utilisation des ressources (Prix courante) TABLEAU 5 - Emploi des ressources (Prix constants) TABLEAU 6A - Epargne et déficit courant de l'économie TABLEAU 6B - Investissement brut par secteur et sources de financement TABLEAU 7 - Emplois salariés 1966/67 TABLEAU 8 - Production agricole: estimations concernant les principaux produits TABLEAU 9 - Commercialisation de la production agricole - Marchés officiels TABLEAU 10 - Prix officiels à la production: principaux produits agricoles TABLEAU 11 - Exploitations familiales, champs collectifs et centres d'apprentissage ruraux: emblavures et rendements des princi- pales cultures au cours de la campagne 1967-1968 TABLEAU 12 - Répartition du personnel du Ministère à la production, par service TABLEAU 13 - Mali - Situation monétaire, 1962-1969 TABLEAU 14 - Actif et passif de la Banque centrale du Mali TABLEAU 15 - Mali: activités des banques de dép6ts TABLEAU 16 - Tableau récapitulatif de l'indice d'ensemble des produits alimentaires de janvier 1965 à mars 1969 TABLEAU 17 - Indices des prix de détail du mil et du riz TABLEAU 18 - Prix de détail des principaux produits agricoles, sur la place de Bamako TABLEAU 19 - Mali - Balance des paiements 1964/65 - 1967/68 TABLEAU 20 - Recettes du Gouvernement central et des régions TABLEAU 20a - Dépenses courantes du Gouvernement central et des régions TABLEAU 21 - Revenu du Gouvernement et PIB TABLEAU 22 - 30Mosition, des dépenses courantes TABLEAU 23 - Comptes du Trésor TABLEAU 24 - Opérations du Fonds routier TABLEAU 25 - Commerce extérieur contrôlé et non contrôlé TABLEAU 26 - Principaux produits exportés TABLEAU 27 - Origine des importations, par zone TABLEAU 28 - Tirage net cumulatif sur le Compte d'opérations TABLEAU 29 - Evolution du Compte d'opérations d'après les postes de la balance des paiements, 1968-69 TABLEAU 30 - Soldes des comptes "clearing" TABLEAU 31 - Emprunts et dons publics en provenance de l'extérieur 1964/65-1967/68 TABLEAU 32 - Emplois des emprunts et dons publics en provenance de l'extérieur 1964/65 - 1967/68 TABLEAU 33 - Assistance financière engagée par le FED et fonds déboursés TABLEAU 34 - Assistance financière engagée par le FAC et fonds déboursés TABLEAU 35 - Programme PITUD TABLEAU 36 - Dette publique extérieure y compris la dette non remboursée TABLEAU 37 - Estimation des paiements futurs au titre du service de la dette publique extérieure, y compris la dette non encore déboursée TABLEAU 38 - Tourisme : nombre d'arrivées par pays de résidence et par saiscn Tableau 1 PRODUIT INTERIEUR BRUT AUX PRIX DU MARCHE, PAR SECTEUR (en milliards de francs maliens courants) 1959 1964/65 1965/66 1966/67 1967/68 1/ 1972/73 2/ proj. Secteur primaire 36,8 44,l 82,3 - Agriculture, sylviculture 20,3 24,7 24,6 29,8 -- - traditionnel (19,0) (20,8) (21,8) (26,2) (29,9) - - moderne (1,3) (3,9) (2,8) (3,6) - Pêches 3,1 2,5 2,5 2,7 2,7 - Elevage, viandes 13,4 16,9 17,7 19,8 27,2 - Secteur secondaire 60 12,0 13,2 3,? - Energie 0,2 0,5 0,6 0,6 - Industries manufacturières diverses 0,4 0,6 1,3 1,8 - Artisanat 2,3 4,9 4,8 5,6 6,7 - Construction, travaux publics 3,1 6,0 6,5 5,7 - - moderne (0,8) (2,0) (1,8) (1,2) - - divers (2,3) (4,0) (4,7) (h,5) (5,h) - Secteur tertiaire 23,7 34,3 36,6 38,0 - Transport, télécommunications 4,5 3,0 3,3 3,7 - - moderne (1,8) (1,7) (2,4) (2,3) - - divers (2,7) (1,3) (0,9) (1,4) (1,7) - Commerce 12,1 19,3 20,2 19,8 - - - public - (1,7) (2,6) (1,9) - - - compagnies pétrolières (0,2) (0,2) (0,4) (0,4) - - - sociétés modernes privées diverses (7,2) (0,7) (0,4) (0,3) - - - traditionnel (4,7) (16,7) (16,8) (17,2) (21,9) - Administration 6,3 9,4 10,3 11,3 12,3 - Services divers 0,8 2,6 2,8 3,2 4,0 - Total 66L5 20,4 94,6 104,0 130,3 155,4 dont : Secteur privé 56,8 71,7 77,9 86,3 - Secteur public 9,7 18,7 16,7 17,7 - 1/ Estimations provisoires fournies par la mission. Seul le secteur traditionnel, l'administration et les sources "diverses" font l'objet d'estimations distinctes. Pour les autres rubriques, on prend en considération la valeur ajoutée dans le "secteur moderne", estimée à 18,4 milliards de FM contre 12,1 milliards de FM en 1966/67. 2/ Les renseignements concernant la période 1972/73 sont exprimés en francs maliens 1966. Source: Comptabilité nationale 1959, 1964/65, 1965/66 et 1966/67. Les chiffres correspondant a 1967/68 sont des estimations de la mission. La projection pour la période 1972/73 est celle qu'a établie le Gouvernement malien dans son programme de redressement, ajustée aux prix de 1967/68. Tableau 2 : PRODUIT INTERIEUR BRUT AUX PRIX DU MARCHE, PAR SECTEUR (en pourcentage) 1959 196h/65 1965/66 1966/67 Secteur primaire 55,3 48,8 h7,3 50,3 Agriculture, sylviculture 30,5 27,3 26,0 28,7 - traditionnel (28,6) (23,0) (23,0) (25,2) - moderne ( 1,9) ( h,3) ( 3,0) ( 3,5) Pêches h,7 2,8 2,6 2,6 Elevage, viandes 20,1 18,7 18,7 19,0 Secteur secondaire 9,0 13,3 lh,0 13,2 Energie 0,3 0,6 0,6 0,6 Industrie manufacturières diverses 0,6 0,7 1,4 1,7 Artisanat 3,5 5,4 5,1 5,4 Construction, travaux publics h,6 6,6 6,9 5,5 - moderne (1,2) (2,2) (1,9) (2,2) - divers (3,h) (h,h) (5,0) (3,3) Secteur tertiaire 35,7 37,9 38,7 36,5 Transport, télécommunications 6,8 3,3 3,5 3,5 - moderne (2,7) (1,9) (2,5) (2,2) - divers (h,1) (1,h) (1,0) (1,3) Commerce 18,2 21,3 21,3 19,0 - public ( -) (1,9) ( 2,7) ( 1,8) - sociétés pétrolières ( 0,3) ( 0,2) ( 0,h) ( 0,h) - sociétés modernes privées diverses (10,8) ( 1,7) ( 0,h) ( 0,3) - traditionnel ( 7,1) (18,5) (17,8) (16,5) Administration 9,5 10,4 10,9 10,9 Services divers 1,2 2,9 3,0 3,1 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 dont : secteur privé 85,h 79,3 82,3 83,0 secteur public 14,6 20,7 17,7 17,0 Tableau 3: PRODUIT INTERIEUR BRUT PAR SECTEUR, A PRIX CONSTANTS, REPUBLIQUE DU MALI, POUR LES ANNEES DE REFERENCE COMPRISES ENTRE 1959 ET 1972/73 (Milliards de FM 1964/65) 1959 1964/65 1965/66 1966/67 1972/73 Secteur primaire 40,8 44p 44e8 47e7 59,8 Agriculture, sylviculture 23,0 24,7 24,6 26,7 - traditionnel (18,7) (20,8) (21,8) (23,4) - moderne (h,3) (3,9, (2,8) (3,3) Pêches 2,3 2,5 2,5 2,5 Elevage, viandes 15,5 16,9 17,7 18,5 Secteur secondaire 7£9 12,0 12,7 1222 17,0 Energie 0,3 0,5 0,5 0,5 Industries manufacturières modernes 0,3 0,6 1,1 1,5 Artisanat 3,7 h,9 4,8 5,0 Construction, travaux publics 3,6 6,0 6,3 5,2 - moderne (1,3) (2,0) (1,6) (0,9) - traditionnel (2,3) (h,o) (h,7) (h,3) Secteur tertiaire 30,9 34,3 35,7 33,3 44,8 Transport 4,3 3,0 3,1 2,8 Commerce 18,3 19,3 19,9 17,2 Administration 6,5 9,,4 10,3 11,3 16,6 Services 1,8 2,6 2,94 2,0 Total 79,6 90,4 93,2 93,2 121,6 Sources: Comptabilité nationale 1959 et 1964/65 (Office statistique du Mali). Estimations de la mission pour les périodes 1965/66 et 1966/67. Projection du Gouvernement malien pour la période 1972/73. Tableau 4: UTILISATION DES RESSOURCES (En milliards de francs maliens courants) 1959 196h/65 1965/66 1966/67 1967/68W 1972/73ý/ Production intérieure brute 59,9 80,6 83,9 92,3 109,1 - dont: Production de subsis- tance (17,9) (24,9) (24,7) (30,6) - - Production commerciale (42,O) (55,7) (59,2) (51,7) - - Traitements et salaires administratifs 6,3 9,h 10,3 11,3 12,3 - Gages du personnel de maison o,3 0,h 0,4 o,h 0,5 - PIB (prix du marché) 66,5 90,h 94,6 104,0 121,9 155,4 + Importation 12,1 22,3 20,2 18,8 16,6 32,6 Ressources disponibles 78,6 112,7 114,8 122,8 138,5 188,0 Utilisation: - consommation privée 51,1 64,7 70,4 75,7 - 105,6 - consommation publique 8,1 15, 16,5 17,0 - 26,0 - formation brute de capital interne3/ 7,9 17,1 13,8 13,6 - 26,2 - variations des stocks 1,7 3,3 3,4 5,3 - 4,8 - exportation 9,8 12,2 10,7 11,2 10,5 25,4 PIB au coût des facteurs 61,5 82,2 86,5 96,o 112,4 - Prix net des facteurs dans les pays fournisseurs 2,6 -1,h -1,4 -1,0 -1,5 - PNB au coût des facteurs 58,9 83,6 87,9 97,O 113,9 - Dépréciation 0,9 3,3 3,4 3,3 3,4 - Revenu national 58,o 80,3 84,6 93,7 110,5 - PIB par habitant aux prix de marché (en francs maliens) 15.800 19.800 20.300 21.800 25.100 25.900 D'après la première estimation du PIB aux prix de marché qui se montaient à FM 121.9 millions. Une estimation plus récente est donnée au Tableau 1. Les estimations du PIB aux prix de marché sont tirées du programme de redressement du Gouvernement malien, ajustées sur la base des prix postérieurs à la dévaluation. 3/ Y compris les investissements destinés aux logements traditionnels estimés à FM 2,3 milliards, FM 2,7 milliards, FM 2,8 milliards et FM 2,9 milliards respectivement, pour 1959, 1964/65, 1965/66 et 1966/67. Source: Comptabilité nationale du Mali. Tableau 5: EMPLOI DES RESSOURCES (en milliards de francs maliens à prix constants 1964/65) 1959 1964/65 1965/66 1966/67 Production intérieure brute 72,8 80,6 82,5 81,5 Traitements et salaires de l'admini- stration 6,5 9,h 10,3 11,3 Gages du personnel de maison 0,3 o,h o,h 0,h PIB (prix de marché) 79,6 90,4 93,2 93,2 + Importations 13,7 22,3 18,3 13,6 Ressources disponibles 93,3 112,7 111,5 6,8 Utilisation: - consommation privée 61,3 64,7 69,5 67,0 - consommation publique 8,5 15,4 16,3 15,0 - formation brute de capital internei/ 9,7 17,1 12,2 11,0 - variation des stocks 2,1 3,3 3,h 4,0 - exportation 11,7 12,2 10,1 9,8 PIE au coût des facteurs 72,1 82,2 85,1 86,1 Moins prix des facteurs dans les pays fournisseurs 2-1,4 -1,2 -1,h PNB au coût des facteurs 69,6 83,6 863 8715 Moins dépréciation 3,3 2,9 2,$ Revenu national 68,2 80,3 83h 85,0 PIB par habitant, aux prix de marché, en francs maliens 18.900 19.800 20.000 19.500 en dollars 76 79 80 78 1/ Y compris les investissements dans la construction de logements traditionnels. Source: Renseignements tirés de la comptabilité nationale. Tableau 6A: IPA3UNE ET DEFICIT COURINT DE LECONMIE (milliard de francs maliens) 19s9 1964/65 1965/66 1966/67 PUB iu prix du marché 66,5 90,4 94,6 104,0 ,o-ns consornra-i;on totale 59,2 80,1 86,9 92,7 narzne7intérieure 7,3 10,3 7,7 11,3 Coins rémunértion des facteurs 2,6 -1,h -1,h 1,0 MarZne nationale 4,7 11,7 9,1 12,3 ioration bruto du capital fixe 9,6 20,4 17,2 18,9 :oins l'parync nationale 4,7 11,7 9,1 12,3 Sificit courant h,9 8,7 8,1 6,6 Déficit global des ressources 2,3 10,1 9,5 7,6 plus rémunération des facteurs 2,6 -1,h -1,h -1,0 Dficit courant h,9 8,7 8,1 6,6 Aéficit courant (-) -4,9 -8,7 -d,1 -6,6 ¯ntrées nettes de Capitaux publics 1 long terme 8,3 12,0 11,2 b,9 Intres entrées nettes (erreurs et omissions incluses) -3,4 -6, -6,4 -6,2 Belance nette - -3,2 -3,3 -3,9 ir tions des avoirs extérieurs - -3,2 -3,3 -3,9 _ources: lomptes nationaux et balance des paiements Tableau 6B: IM|STISSIRENT BRUT PAR SECTEUR ET SOURCES DE FINANCZENT (en milliards de francs maliens courants) 1959 1964/65 1965/66 1966/67 Secteur - Elevage 0,81 1,12 1,12 1,19 - Véhicules, machines 1,86 4,76 2,90 2,60 - Embarcations 0,19 0,27 0,28 0,29 - Construction, travaux publics.' 4,93 9,31 8,95 8,70 - Etudes, travaux de recherches 0,16 1,68 0,54 0,77 Total 7,85 17,14 13,79 13,55 Sources de financement Financement extérieur - dons 3,56 3,00 3,18 2,02 - prêts 0,63 6,19 4,00 4,32 Epargne nationalel/ 3,66 7,95 6,61 7,21 Contribution de l'épargne nation- ale aux investissements (o/o) 46,6 46,1 47,9 53,2 1/ Les investissements dans la construction de logements traditionnels font partie du secteur de la construction et sont financés par l'épargne nationale. Si l'on considère ces investissements comme faisant partie de la consommation, l'épargne nationale représente seulement 25,2 o/o, 36,14 o/o, 3,8 o/o et 40,7 o/o des investissements effectués en 1959, 1964/65, 1965/66 et 1966/67 respectivement. Source: Comptabilité nationale. Table 7 : WAGE AND SAIY EMPoIyMENT 1966/67 Tableau 7 EMPLOIS SALARIES 1966/67 Mixed Econory Type of activity and Cooperatives Private Sector Total Branches d'activité Secteur d'économie Secteur Privé Ensemble mixte et Coopératives I Economic Sector No. % Secteur économique Nombre % Agriculture, livestock,forestry and fisheries Agriculture,élevage,sylviculture, 16.0 pêche 7 500 889 8 389 16,0 Extractive industries 1.7 Industries extractives 872 - 871 1,7 Building and public works 8.0 Bâtiments et travaux publics 1 793 2 405 h 198 8,0 Electricity, gas and water 1.6 Electricité, gaz, eau 854 - 854 1,6 Commerce, banking and insurance 7.9 Commerce, banques, assurances 2 555 1 565 h 120 7,9 Manufacturing industries 8.7 Industries manufacturières h 012 564 h 576 8,7 Transport 7.2 Transport 3 144 625 3 769 7,2 Non-government services - various 3.1 Services divers non gouvernementaux 685 961 1 6h6 3,1 Sub-total economic sector 54.2 Ensemble du secteur économique 21 415 7 009 28 424 54,2 II Government Services 45.8 Services gouvernementaux 23 993 45,8 of which dont Education, Youth and Sports 11.9 Education, Jeunesse et Sports 6 287 11,9 Public health and Social Affairs 7.2 Santé publique et Affaires Sociales 3 776 7,2 III Total 100.0 Total général 52 417 100,0 Source : Ministry of Labor and Public Services; Ministère du Travail et des Fonctions Publiques. Table 8: ESTIMATES OF AGRICULTURAL PRODUCTION: MAJOR CROPS Tableau 8: PRODUCTION AGRICOLE: ESTIMATIONS POUR LFS PRODUIT3 PRINCIPAUX (Metric Tons :Tonnes Netriques) 1959/60 1960/61 1961/62 1962/63 1963/64 1964/65 1965/66 1966/67 1967/68 1966/69 1972/73 (Target) (objeptifs) Sorghum and Millet - Sorgho et mil Census - Enqu6tes 678 000 720 800 737 423 827 000 est. 900 000 Governmat estinates - Estimations gouvemementales 827 650 866 875 863 050 946 450 880 800 809 125 881 300 800 000 Rough Rice - Paddy Census - Enqu6tes 157 800 158 100 158 470 est. 200 000 Government estimates - Estimations gouvernementales 144 9(0 200 125 188 859 191 900 161 800 162 325 159 650 165 000 Maize - Mais est. Census - Enqu8tes 110 000 93 000 76 000 65 800 60 000 100 000 Fonio Census - Enqu8tes 20 000 19 100 18 200 Manioc, Yams, Sweetpotatoes Manioc, Ignames, Patates Census - Enqutes 69 600 146 100 150 200 NIb, Voandzou & Other Local Legumes Niebe, Voandzou et autres l6gumes Census - Enqufte 28 400 29 100 29 800 Peanuts (in shell) - Arachide (en coque) Plus que Census - Enqu8tes 148 000 153 200 159 231 119 000 Righer thanl62 000 Government estimates - EstLmations gouvernementales 138 69 166 575 181 7U 172 530 117 640 108 505 116 800 1967/68 Seed cotton - Coton graine ca Census - Enqu6tes 32 500 23 450 32 500 46 000 95 000 Goiernment estimates - Estimations gouvernementales 177 915 23 895 31 065 21 430 28 370 40 515 Table 9: AGRICULT¶RAL PROIJCTION MARKETED THROUGH OFFICIAL CRANNELS Tableau 9: PROLUCTION AGRICOLE - COMMERCIALISATION OFFICIELE (Metric tons - Tonnes métriques) Crop - Prodiction (Source) 1957/58 1958/59 1959/60 1960/61 1961/62 1962/63 1963/64 196/65 1965/66 1966/67 1967/68 1968/69 Peanuts in shell - Arachides e coques (Ministry of Commre - Ministire du emrce) 97 100 85 900 50 900 83 00 66 oo 70 700 75 200 48 800 27 200 (Agricultural Service - Service Agricole) 50 olo 27 073 39 809 29 252 28 000 (est.) Seed Cotton - Coton Graine: Non-irrigated - Non-irrigué (CFDT and Agricultural Service - CFDr et Service Agricole) 2 88 3 825 2 653 6 393 5 894 12 282 15 763 21 772 16 184 21 731 29 888 10 889 Niger Office - Office dh Niger 3 296 3 105 1 30 5 075 6 990 7 706 9 373 6 4i 2 275 6 235 2 730 1 050 Total 6 180 6 930 6 957 11 68 12 884 19 988 25 136 29182 18 459 27 966 32 618 4. 939 Sorghum and Millet - Mil et Sorgho: (OPAM) 19 930 28 520 16 330 17 420 25 900 56 320 60 320 Pade Rica - Riz Padb: Padb at Office - Pad à l'Office (Office & OPAM) 31 218 37 244 37 036 37 588 23 067 23 021 26 868 25 300 24 750 25 860 30 456 26 500 Padb: other - Padb hors Office (OPAM) 428L 1 766L 3 933L 2 898 1 131 7 020 5 93ý 5 000 (est.) Pad,t other - Paddy hors Office (Agric.Service - Service Agric.) (5 265) (3 301) (10 898) (9 275) (for caparison - pour mémoire) Paddy équivalent of rice hand-willed and partoiled before sale to OPAN (60% out-tum) Padb correspondant au riz étuvé avant vente à l'OPAM au rendeent de 60% 2 8601 7 600-l 7oL 1 815 2 560 3 780 1 975 Total 26 755 35 390 30 870 28 010 28 710 36 660 38 370 ca.33-34,000 Maize - Mais: (OPAM) 665 808 1 512 2 352 Mangoes - Mangues: (OPAM) 116 179 270 364 Note: Also small amounts of wheat, green beans and potatoes in some years. Eh plus, du blé, des legumes et des pommes de terre en petite quantiteau cours de certaines années. /l Before 1964-65, figures obtained via Agricultural Service publications allegedly based on OPAM reports. Comparison of these figures with detailed figures in OPAN annuel reports for subsequent years shows major discrepancies. There are also significant internal discrepancies among figures in OPAM annual reports. Avant 1964-65, chiffres publiés par le Service Agricole et basés apparemment sur les rapports de l'OPAM. La comparaison de ces chiffres avec les chiffres plus détaillée des rapports annuels de l'OPAM pour les années suivantes révèlent des divergences considérables. On note également des divergences importantes Darmi les chiffres figurant dans les rapports de ltOPAM. Table 10: OFFICIAL PROIUCERS' PRICES: PRINCIPAL AGRICULTURAL PRDIUCTS Tableau 10: PRIX OFFICIEES A LA PRDIUCTION: PRODITS AGRICOLES PRINCIPAUI (MF/kg - IM/kg) Prockct - Prodit 1958/59 1959/60 1960/61 1961/62 1962/63 1963/64 1964/65 1965/66 1966/67 1967/68 1968/69 1969/70 Sorghum md Millet - Mil st Sorgho producing region - zone prodaetrice 16 11-11 10 10 10 10 10-11 10-11 ( 15 16 16 18 deficit region - zone d6ficitaire 16 11 -16 12-14 U-14 13114 121-1c3 12*-1 (1 Rice - Biz paddys white - blanc regular - normal 12 12 8 11 111 12 12* 16 18 18 24 (at Niger Office - a l'Office de Niger) 12 12 14 9 mixed - n4lange' 13 13 131 13 red - rouge 7 8 8 9 9 12 12 12 12 hand-milled,parboiled - ris etuY4 white - blanc 23-33 23-33 34 36 36 36 mixed - m6lange' ( 20-28 20-28 30 30 30 30 red - rouge ( 27 27 27 27 Peanute - Groundnuts - Arachides in hell - en coqme 14 75 15 6 14 14 14 14 13 13 16 24 24 30 shelled - dcortiqume 24 25 62 23 23 23 23 machine 23 23 28 40 90 40 hand 25 2% 29 42 92 42 1 la main Seed Cotton - Coton Graine lst quality -1re qualitg 34 34 34 34 34 34 34 34 34 40 40 45 2nd quality- 2 e qualit4 31 31 30 30 30 30 30 30 30 35 35 35 3rd quality- 3me qualitg 25 25 25 30 30 30 30 30 30 35 35 35 Maize - Mais 13 13 16 17 17 17 Table 11: FAMILY FARMS, COLLECTIVE FIELDS AND RURAL APPRINTICESHIP CENTERS: LAND IN MAJOR CROPS AND YIELDS IN 1967-196ô Tableau 11: EXPLOITATIONS FAMILIALES, CHAMPS COLLECTIFS ET CENTRES D'APPRENTISSAGE RURAUX: EMBLAVURES ET RENDEMENTS EN 1967-196b Crop - Produit Family Fams/3 Collective Fields Rural Apprenticeship Centers Exploitations Familiales Champs Collectifs Centresd'apprent. Ruraux Area Farmed Yield Area Farmed Yield Area Farmed Yield Emblavures Rendement Emblavures Rendement Emblavures Rendement (ha.) (kg./ha.) Sorghum and millet - Sorgho et Mil 866 590Z 840 13 535 260 694 563 Rice (Paddy) - Riz (Paddy) 133 470 727 ca 1 650L 136Z 255 1 030 Maize - Mais 31 220Z 954 n.a.-n.d. n.a.-n.d. 28 348 Peanuts, Groundnuts - Arachides 121 040L2 885 ca 4 350L 256L 322 522 Seed Cotton - Coton graine 62 110 584 4 330 221 176 631 / Surfaces for some regions not known; yield for Segou, Mopti and Bamako Regions. Superficies non connues pour certaines régions; rendement pour les régions de Segou, Mopti et Bamako. / Not counting area intercropped. Cultures pures seulement; cultures associées non comprises. 13 Excluding Office du Niger. Office du Niger non compris. Tabla.2,: Distribution of Production Ministry Personnel by Service 2/ UAblftai2Distribution du Personnel du Minist&re & la Production par Service 1/ Service Professionals 2/ Sub-professionals j/ MonitorIV/ Others / Professionels Comis, et al. Moniteurs Autres Cabinet 8 5 - 13 Rural Economic Institute/ Institut d'Economie Rurale 4 2 - 21 Agronomic Research/ Recherches agronomiques 11 - 15 43 Agricultural Education/ Enseignament agricole 9 1 9 128 Grading and Quality Control/ Conditionnement 5 1 1 2 Pest Control/ D6fense des Cultures 3 1 5 12 Rural Development/ D6veloppezent Rural 1 4 - 3 Extension/ Vulgarisation 142 - 4 23 Rural Engineering/ 0nie Rural 18 - 4 59 Rural Water/ Hydraulique Rural 8 3 - 26 Soil Conservation/ Conservation des Sols 29 2 - 15 Hunting & Wild Life Chasse & Faune 2 - 1 32 Fishing/ P&che 3 51 Animal Husbandry/ Elevage 22 8 * 15 Cattle & Vaccine Laboratory/ Laboratoire 10 14 - 32 Sotuba Animal Husbandry Center Centre Eotechnique do Sotuba 8 10 3 72 Niono Animal Husbandry Center/ Centre Zootechnique do Niono 5 2 - 61 Livestock Assistants School Ecole des Assistants d'Elevage 1 - - 1 Cooperative Service/ Service de la Coop6ration - 6 - 28 Those payed on National Budget /Ceux pay6e sur le Budget National Engineers, agronomists, supervisors, controllors, technical assistants, veterinary doctors, and livestock assistants. Ing6nieurs, agronomes, conducteurs, contr5lears, adjoints techniques, m6decins v6th- rinaires et assistants d'6levage. j/ Office personnel without specialized agricultural training. Personnel do 3=awansans formation sp6cialis6e dans 1'agriculture. / And Comparable. Et assimil6s. )/ Skilled and unskilled workers "pr6pos6n et al. Ouvriers, main-d'oeuvres, pr6poss, et Plus 30 student veterinary assitants,t/tU 30 el;[*h1i rmiers. Tableau 13: MALI - SITUATIoN MCNETAIRE, 1962-69 (en milliards de francs maliens) 1962 1963 1964 1965 1966 1967 1968 1969 Mari Juin Sept. Déc. Mars Juin Sept. Déc. Mars Avoirs en devises (net) 1,08 -2,11 -6,38 -8,24 -12,00 -13,30 -25,82Z? -27,76 -27,48 -15,81-3 -20,82 -2h,37 -2h,17 -25,14 Crédit intérieur 13,87 18,63 25,93 29,54 37,98 38,50 51,38 54,16 54,18 46,8tL2 48,83 48,82 49,48 52,36 Créances sur l'Etat (net) (6,26) (8,34) (10,68) (17,59)/Li (24,92) (24,44) (37,82) 2 (40,79) (39,05) (34,40e (34,95) (35,71) (36,49) (3h,98) Créances sur les entreprises d'Etat ( -- ) (7,94) (12,76) ( 8,68) (10,14) (11,26) (11,13) (11,31) (12,21) ( 9,15)A (10,06) ( 9,21) ( 9,29) (10,98) Créances sur les entreprises privées (7,61) (2,35) ( 2,49) ( 3,27)1 ( 2,92) ( 2,80) ( 2,43) ( 2,06) ( 2,92) ( 3,25) ( 3,82) ( 3,90) ( 3,70) ( 6,4o) Monnaie 13,03 1,60 17,00 18,38 22,37 23,11 22,62 23,31 24,h9 28,14 24,82 22,20 22,54 24,55 Numéraire (8,13) (9,63) (11,75) (11,72) (12,70) (12,96) (13,34) (13,48) (14,80) (15,95) (14,85) (13,23) (13,78) (15,67) Dépôts à vue (4,90) (4,97) ( 5,25) ( 6,66) (10,67) (10,15) ( 9,28) ( 9,83) ( 9,69) (12,19) ( 9,97) ( 8,97) ( 8,76) ( 8,88) Quasi-monnaie 0,37 0,hO 0,63 0,66 0,51 0,53 0,53 0,53 0,53 0,33 0,29 0,73 1,02 0,96 Divers (net) 1,55 1,52 1,92 2,26 3,10 1,56 2,41 2,56 1,68 2,52 2,90 1,52 1,75 1,71 Source: Fonds Monétaire International. /1 Avant 1965, les créances sur les entreprises d'Etat comprenaient les factures escomptées aux organismes publics ainsi qu'un petit nombre de factures escomptées aux entreprises privées. A la fin du premier trimestre de 1965, le montant des créances sur les entreprises publiques a pour cette raison été gonflé de 4,34 millions de FM. /2 A la suite de la dévaluation du 5 mai 1967, les avoirs en devises et les emprunts à l'étranger ont fait l'objet d'une nouvelle estimation. Une perte nette de 11,24 milliards de FM a été inscrite aux créances sur l'Etat. /3 A partir de mars 1968, la nouvelle banque centrale a refusé d'inscrire à son passif un montant de 13,73 milliards de FM correspondant à des emprunts extérieurs contrac- tés avant par l'Etat. En conséquence, les chiffres ci-dessus mentionnés ont été soustraits à la fois des montants des dettes extérieures et des créances sur l'Etat. En outre, certaines dettes contractées pair la plupart envers le CCP français, et qui, avant mars 1968, ne faisaient pas partie des emprunts étrangers du système bancaire, sont à présent ajoutées aux montants de ces emprunts et soustraites des dépôts de l'Etat. Ces deux modifications expliquent la différence entre les données de l'IFS et les chiffres de ce tableau. /4 Au moment de la réorganisation de la banque centrale, 3,76 milliards de FM représentant les créances sur les entreprises publiques ont été pris en charge par l'Etat. En conséquence, les créances sur l'Etat ont augmenté de 3,76 milliards de FM et les créances sur les entreprises publiques ont été réduites du même montant. De plus, l'Etat a pris en charge 50 milliards de FM représentant les créances nettes de l'ancienne banque centrale et a augmenté de 1 milliard de FM le montant total des fonds de roulement de certaines entreprises d'Etat, par un emprunt de même montant auprès des banques maliennes. Tableau 14: ACTIF ET PASSIF DE lA BANQUE CENTRALE DU MALI 1962 - JUIN 1969L (en milliards de francs maliens) 1967 1968 1969 1962 1963 1964 1965 1966 Mars Juin Sept. Dc. Mars Juin Sept. Déc. Mars Juin Avoirs en devises 3,56 1,55 0,95 1,72 1,48 1,66 3,76L 3,70 3,50 0,1-/4!5 0,46 0,3h 0,30 0,76 o,86 Créances sur l'Etat h,03 6,56 9,33 16, 16/ 23,83 24,02 37,4cLa 40,12 38,83 3h,31/5/6 34,31 34,32 34,83 35,48 35,48 Créances sur les banques de dépôts 1,94 2,26 1,69 1,48 -- -- -- -- -- -- 2,30 2,90 h,31 7,88 9,20 Créances sur les etreprises publiques et privées 1,88 8,29 13,03 9,73/-2 12,2h 13,19 12,68 12,55 14,16 - -- -- -- -- -- Fonds de réserve 8,30 12,32 14,44 15,71 19,37 19,95 19,78 20,15 21,42 19,66/. 15,99 14,35 14,15 15,83 14,86 Dépôts à terme -- 0,27 0,48 0,h0 0,35 0,36 0,3h 0,33 0,34 -- -- -- -- -- -- Dépôts de l'Etat -- 1,05 1,03 1,17 1,69 2,01 1,93 1,92 2,06 2,35 1,90 o,61 0,21 2,36 1,38 Dettes extérieures 1,98 3,54 7,29 9,71 13,36 14,89 29,5913 31,46 31,00 11,65/-V-5 18,38 21,85 2h,53 25,87 29,02 Divers (net) 1,13 1,48 1,76 2,10 2,78 1,66 2,20 2,51 1,67 0,79 0,80 0,75 0,55 0,06 0,28 Source: Fonds Monétaire International. j1 Les données pour la période comprise entre 1962 à 1967 concernent la BRM; les données pour 1968 et 1969 concernent la BCM. 2~ Voir renvoi (1 ) du Tableau 13. 3 Voir renvoi (2) du Tableau 13. Au moment de la liquidation de la BRM, il a été procédé au transfertà la BDM des comptes relatifs aux transactions avec les pays de la zone de clearing; en coséquence, les avoirs en devises et les dettes de la Banque centrale ont été diminués du montant des créances acquises et des dettes contractées par le Mali envers ces pays. Voir renvoi (3) du Tableau 13. Voir renvoi (h) du Tableau 13. 7La diminution des f cnds de réserve est due au transfert à la BDM des dépôts à vue du secteur privé. Tableau 15 : MALI : ACTIVITES DES BANQUES DE DEPOTS 1962 - MARS 1969 (en milliards de francs maliens) 1967 1968 1969 1962 1963 1964 1965 1966 Mars Juin Sept. Dc. Mars juin Sept. Déc. Mars Fonds de réserves 0,23 0,73 0,79 0,93 1,85 1,96 2,39 2,86 2,30 3,71 0,70 0,92 0,35 0,17 Avoirs en devises 0,06 0,o4 0,03 0,01 0,01 0,01 0,03 0,02 0,03 3,472/ L,23 3,11 4,92 5,07 Créances sur l'Etat 1,71 2,13 1,74 1,68 1,15 1,17 1,42 1,61 1,62 1,79 1,40 0,93 0,52 0,53 Créances sur les entreprises d'Etat - - - - - - 0,97 0,83 0,97 9,15 10,06 9,21 9,29 11,07 Créances sur le secteur privé 5,73 2,00 2,22 2,21 0,821/ 0,87 0,87 0,83 0,97 3,25 3,81 2,90 3,70 6,49 Dépôts à vue 4,19 2,37 2,77 3,00 3,57 3,74 4,50 4,99 4,64 11,56w 8,84 7,91 7,41 7,56 Dépôts à terme 0,37 0,12 0,15 0,26 0,17 0,17 0,20 0,20 0,19 0,33 0,29 0,73 1,02 0,96 Dettes extérieures 0,51 0,16 0,06 o,o4 0,01 0,01 0,01 0,01 0,01 7,77-/ 7,14 5,97 4,86 5,09 Crédit de la Banque centrale 1,91 1,74 1,67 1,43 - - - - - - 2,30 2,90 L,25 7,88 Divers (net) 0,75 0,51 0,13 0,10 0,08 0,09 - 0,12 0,08 1,71 1,63 0,56 1,24 1,84 SOURCE : Fonds Monétaire International _/ La Banque Populaire Malienne pour le Développement a été fermée en décembre 1966 et ses créances sur le secteur privé transférées à la BRM. 2_/ Voir renvoi 3/ du tableau précédent 3_/ Voir renvoi Q du tableau précédent Table 16: PRICE INDEX OF ALL FOOD PRODUCTS - JANUARY 1965 - MARCH 1969 (BASE 100 - AVERAGE PRICES FRDM JULY 1, 1962 - JULY 1, 1963) Tableau 16: TABLEAU RECAPITULATIF DE L'INICE D'ENSEBLE DES PRODUITS ALIMENTAIRES D JANVIER 1965 A MARS 1969 - BASE 100 MOYENNE DU 1 JUILLET 1962 AU 1 JUILLET 1963 Month - Mois Years - Annies January February March April May June July Autut Septenber October November Deceuber Janvier Fgvrier Mars Avril Mai Juin Juillet Aout Septenbre Octobre Novembre Decoabre 1/ 114 9 119 6 116 2 120 1 115 9 119 5 121 6 122 6 111 2 111 1 117 0 115 0 1965 2/ 164 2 168 2 160 2 164 2 154 7 159 5 164 5 159 6 178 6 159 8 15 6 166 7 l/ 116 0 116 5 112 4 116 5 117 1 123 4 129 5 129 0 134 1 126 5 121 1 126 0 1966 / 169 7 161 8 161 2 156 0 168 2 169 9 176 0 175 6 218 7 197 1 199 4 188 5 1/ 127 1 138 9 132 1 133 4 137 0 138 4 156 0 176 5 165 7 161 2 154 8 152 5 1967 21 204 2 185 6 188 5 174 2 175 3 182 0 200 7 212 3 199 0 197 0 185 2 188 5 1/ 150 6 147 6 151 5 155 6 156 5 155 6 155 0 154 1 158 2 156 8 163 7 152 0 1968 2/ 184 8 197 1 198 6 196 8 194 2 195 8 196 1 195 1 185 9 185 0 188 2 170 0 1/ 154 7 17 5 152 8 161 8 1969 2/ 172 3 167 7 172 4 206 9 Source: Statistical Service Service Statistique 17 - Prices in cooperatives (controlled prices). Prix dans les cooperatives. 2/ - Uncontrolled market prices in Bamako. Prix moyens sur les marches de Bamako. Tableau 17: INDICES DES PRIX DE DETAIL DU MIL ET DU RIZ Base 100 (1962/63) Prix unitaire moyen par kg 1962/63: riz étuvé: FM 37 mi: FM 16,5 Riz étuvé Mil Coopératives./ Marchés2 Coopératives Marchés Juillet 1965 121,6 240,5 106,1 272e7 Janvier 1966 121,6 273,0 106,1 309,0 Juillet 1966 121,6 245,2 106,1 297,0 Janvier 1967 154,1 343,2 133,3 484,8 Juillet 1967 154,1 275,7 133,3 303,0 Janvier 1968 154,1 254,1 133,3 254,5 Juillet 1968 154,1 270,2 133,3 266,7 Janvier 1969 148,6 210,8 172,7 226,4 Février 1969 139,2 2114,2 172,7 211,0 Mars 1969 139,2 210,8 172,7 212,1 1 Prix réglementés. Prix du marché libre. Source: Gouvernment malien. Tableau 18: PRIX DE DETAIL A BAMAKO DES PRINCIPAUX PRODUITS AGRICOLES (Fm/kg) Mil Riz étuvé Arachides Viande Poisson Pois- Pois- Marché Coopé- Marché Coopé- Décor- En Grondin son son parallèle ratives parallèle ratives tiquées coque (Boeuf) frais séché fumé 1956 16,50 - 43 - 35 - - 300 - - 1963 18 - h ·47 23 127 253 156 151 1964 23 - 52 - hh 22 192 305 256 200 1965 47 17,50 89 45 62 35 183 315 268 260 1966 56 17,50 104 45 61 33 193 307 303 248 1967 46 22 106 57 84 47 231 380 381 287 1968 39 29 100 55 108 60 249 320 370 309 Source: Gouvernement malien. Les prix du "marché parallèle" sont les prix du marché libre; les prix de la coopérative sont des prix réglementés. 1/ Table19. MALI - BALANCE OF PAYMENTS 1964/65 - 1967/68 (in billion of MF)~ 1/ Tableau 19,: MALI ~ BALANCE DISPAIEENTS 1964/65 - 1967/68 (en milliards de FM) 196),/65 1965/66 1966/67 1967/68 Credit Debit Balance Credit Debit Balance Credit Debit Balance Credit Debit Balance CURRENT ACCOUNT ODMPTE COURANT Exports 10 82 - 10 82 9 h6 - 9 46 9.74 - 9 74 13 70 - 13 70 ExportatLons Imports - 13 95 - 9 - 13 06 -13.06 - 1128 -11 28 - 17.50 -_ Importations Trade Balance - 3 13 - - 3 80 Balance commerciale Freight and Insurance - 3 58 - 3 58 0 01 3 02 - 3.01 0 10 3 h2 - 3 32 0 20 6 18 - 5 98 Frts, assurances Travel and Transportation 0 03 1 26 - 1 23 0 11 1 58 - 1 47 0 17 1 27 - 1 10 0 40 2 64 - 2 24 Voyages et transports Other services 1 30 33 - 2 13 1 1 2 - 1 39 1 16 2 79 -1 6 2_M - Autres services Balance of goods and services 2" 2 -O i -2r ff7 I-0 -323 -96 Balance de biens et services Investsnt incame - 0 - 0 02 - 0 24 - 0 2h - 0 18 - 0 18 - 0 56 - 0 56 Private transfers 2 14 0 72 1 42 2 39 0 79 1_6 1 71 0 54 117 3 40 1 40 2_00 Balance on current account (before public transfers) - 8 67 - 8 l - 6 60 -14 52 CAPITAL TRANSACTIONS OPERATIONS a CAPMAL Loans to the public sector 9 02 - 9 02 8 24 - 8 24 6-86 - 6 86 9 57 - 9 57 runte a oector publie Orante to the public sector 3 00 - 3 00 3 58 - 3 58 2 22 - 2 22 3 06 - 3 06 Dans a sectetr pubie Public transfers: tech. asist. 1 25 0 25 1 25 1 30 0 25 1 30 1 55 0 25 1 55 3 10 0 50 3 10 Transferts publien: assist. techni. others . - 0 13 - 0 38 - 0 79 - 1 04 - 0 86 - 1 - 2 77 - 3 27 autres Repayment of public debt - 0 93 - 0 93 - 0 91 - 0 91 - 0 62 - 0 62 - 0 82 - 0 82 Amrtisennt de la dette pblique Net private capital and3 errors and omissions - 4 10 -à-MIO - 3 57 -_ - 3 62 _6_2 - 5 28 -_28 Balance on capital account (inel. errors and omaissions) +7 86 +7 60 5 28 6 36 Balance des operatos en capital (y inclas erreurs et omiasionm) TOTAL BALANCE 2/ 081 - 0 '51 -1 32 -8 16 SOLDE GLOAL Short-term monetary liabilities- (nt+ 0 81 +0 51 + 1 32 +8 16 gague mon4taires à coutte me (]st) I/ Official balance of payment figures have been completed by -ming unrecorded foreign 2/ Those figures do not include varions financial arrangements vith Eatern coentries iich are ta importa and exporta. The unrecorded net anrplus has beau added to official figures be considered capital transactions of the Central Gowemment rather than short-trm liabilities of private capital outflow. Official figures on public loans have been completed by of the Central Bank. including loans received from IDA and Germay. The figures for 1967/68 reflect the devaluation from MF 246.85 to 493.71 - $1.00 of XV 1967. SOURCE: INF and Mali's Pl.nnir, Directorate "Balance of P&7mnte July 1964 - July 1968". 1/ Les chiffres de la Balance de4Palements officielle ont et4 re'amnagées par 2/ Ces chiffres excluent quelques operations financières avec les pays de l'Est qui ne repr4sentant l'addition des importations et exportations non contiolles. Le surplus net de ces pas a proprement parler des engagements monitaires k court-terme de la Banque Centrale mais des opérations a étt ajout4 aux données officielles sur les transferts de capitax opdrationsan capital du Gouvernement Central. prives. Les chiffres des emprunts publics ont été augmentés par l'inclusion des tirages sur pr^ts de l'IDA et de l'Allemagne. Les pour 1967/68 refletent la dévaluation de 246.85 Fm à 493.79 - $ 1.00 de mai 1967. SOUeCE: FMI et Direction du Plan et de la Statistique du Mali "Balance depaiements juillet 1964 - juillet 1968" - AdE p s I!j a å mjlj i jg s 4 t ß!I. o .... o - 00 0 4>0 8 L 000> 8 * 8~ MN0OOO O0 O% 0O1 zv4 0 j r>oe oOdor4O 0 0 0 NO O tOO I >-O O O O O O O lo M. HHO O~OO 0 0 0 L O I 044> 04000014 l 3 i i?. 0> 4> It i å Table 20a - Tableau 20a CURFINT 177PFNDITUWS OF CENTRAL GOVERUMEIT AND 1 GIONAL AD IP.OS - D:PL3:ES CCIMTZS DU 0OUVEfiL,ITNT CETIR T ET DES ,"GTOTS in billicn MF/en mi11'rds de Francs maliens 1964 1968 1969 1964/65 1967/68 Budget 1960 1961 1962 1963 Jn.June 1963/65 1266 1966/6 1967/68 Jul-De Budg 1961-1963 1966/67 96 1969 Fraosidency, parliammnt .39 .36 .0 .43 .47 .51 .53 .22 .33 3,6 3.5 2.7 1.6 P,ésidence, AssemLée Nationale F i aas .28 .36 .4 .1,0 .46 .35 .6,2/ .36 .76 3.3 3.0 3.8 3.7 A'faires étrangres .74 2.14 2.37 2.33 2.52 2.51 2.70 2.78 1.42 3.19 21.1 19.0 15.3 15.5 Difense, sócurité te-, .52 .57 .65 .73 .70 .72 .79 .21 .75 5.4 5.3 3.6 3.6 I,térieur .12 .13 .13 .14 .1)4 .16 .17 .06 .17 1.2 1.1 .9 .8 Jistice Finance, 'arce .31 .40 .61 .58 .5o .67 .72 .3 .86 4.1 4.3 3.9 4.2 F.noces et commerce .06 .o6 .01, .05 .06 .09 . Pn .55 .40 .26 .30 .30 .32 . 13/ ) 5(4 3.7 2.3 1:7 27 T:avc.x ,blics en .10 .10 .10 .12 .14 .12 .13 .07 .25 .9 .9 .7 1.2 Tnir!. ce, Inf:maotions lI ccAock .45 .49 .70 .76 .72 .82 .-6 .33 1.6 5.1 5.7 4.3 7.1 A:iculture, 6levage næ/ 1.00 1.55 1.89 2.19 3.01 3.37 3.91 3.76 1.66 i.73 17.4 25.3 39.7 22.9 - -. n1: .74 1.10 1.31 1.48 1.63 1.6o 2.00 2.0 1.16 2.65 12.0 12.9 12.9 12.9 Tr-el, o'r co"on erenditures .33 .53 .42 .52 .57 .66 1.61,9/ .91 1.00 1,.0 4.3 9.3 4.9 Voyages, autres frais conmcuns -a--re of public buildings .13 .17 .13 .12 .16 .19 .10 .06 .17 1.3 1.1 .6 .8 Ritrotien des båtiments publies T -cical assistance/ .21 .23 .11 .l1 .22 .20 .33 .21 .27 1.7 1.1 2.0 1.3 Assistance tcchnique3/ Crt nion, participat,Uons/ .16 .21 .36 .31 .28 .50 1.03 .54 .70 2.3 2.6 5.9 3.4 Cxntributions, participations/ dies to eglens coA towns .03 .06 .04 .02 .01 .11 .47 .03 .10 .1 .4 1.8 .5 Scbventions aux rågions & comoriunes 0-boreosto ublic enterprises .53 .31 .10 5/ .05 .06 .20 .03 .65 3.8 .4 .8 3.2 abventiens ux entreprises publiques blic aebt .03 .0 .10 .10 ,12 .14 .53 .39 .72 .80 .3 1,9 5.8 3.9 atte publique 1m o ntic- of unpaid bills .23 .20 .06 .05 .06 .41 .29 .19 .75 1.5 1.3 1.7 3.6 Iquidation du passif Usq- ncr expenditnres .3, .71 .11 .12 .07 .06 .07 .04 .09 2.0 .6 .4 ,L 'annes diverses Ref,-3 .,7 .1,3 .36 .31 .33 .26 .30 .17 .31 3,9 2.2 1,7 1 Ristouns etcu nitures. 5.72 10,.0 10.89 11.2 6.9 12.38 12,89 15.35\ 18/? 8.90 R0,61 1- 0 1007 Øoý ico3 tal dénones courantes r o tDveiocnb Bidgei 1.9 .90 1.78 .04 50 .30 .37 ontributic i ci budget d'åquipeent contri.butiono t he IFonds Routler" .24 .73 .68 .60 .69 .70 (1.L8)g2/ l,C5 .35 .70 ontributirns au Fonds Routier T.nvetmernts of 0'-lor-tl Budgets .52 .17 .39 .50 .12 .53 .25 .50 nvestissernts ' bud,ets réionaux epymcat of Contrl Rank advances 1.15 jomboursemnot av,ncs B.C.M. Total li-rrm et 7 66 11.18 13.10 12,66 7.26 . .20.79 9.80 23.33 otalbect courant ] Inl-ding youth and sports, aebeidies for edu5ation Y inclus Jounesse et Sports atsi bien que les sbventions a låduca4on Including lIbor and social affaira - Y incles Tre-il et AffirYes Sociales Local contributions to foreign teehincal assitance Co. -lbution locple aIc frais dr lassistanco tcehnique åtrangère Including ,Ibsidies other tlian for edraation, t ons, tois, and public enty, Y inclus subventioi sqe pour indtcaion, les 16gions, les co nes ei les entreprises pildIgcs Includedl eccri:clbuLions and participatiens" -Inclis dae "Contiitnon eé etrp I6 ndling control of state enterprise-, altho-h detached fror preidncy sin.e 1967/68 Y inclue "Conle'81o des Entreplises Publigaos", bien que ce service été détaché de la Prsidn-. en 1967/dU Shairp inorc-ec due to ependitues for new embasies 7 Augmentation due aux d6penses pour nouvolles ambassades Including energy and industrien, although detached from DPd airne 1967/68 Y inclus '&nergio et Iindustrie", bien que ce service it été détachý des Travanx P ublics en 1967/68 Siearp increase due to a) net: needs of public services 2/ Augementation die aux "besoins nouveaux des services publics" et ax 'i>rovisions pour intégration des foncleon- b) provision for integration of civil servants naim-. 10/Including linistry of Transport, Teleco.mnications, and Tourism Y inelu le kinistere des Transports, des T61écommunications et du T<rnie flhIncludng repayment of Central Bank advance Rombourseent de avances de la B.C.M. exclus 1 As indicated in the treasury accounts. Budget accounts do not show any contrtbution to the "FenCd Eontle ' Seivant les comptes du Trésor. .es comptes budgétairen no montrent cene contribution au Fonde Router en 1966/63 Sourceý: 1960 = BapPort BID 1966 1961-66/67: Lrnuaire Statistique 1967 1967/68-1-D 1968: l-3nistère dos Finanoet "BudSet CIELtt, étts d6il16s 19(7-1933 Table 21 GOVERNEENT REVENUES AMD GDP (NF billions) Tableau 21: REVENU DU OOUVEREMNT ET PIB (on milliards de F) 1960 1961 1962 12§ 1964/5 19/ 1966/7 1967/8 GDF at factor costs 70d/ 68' 80ý- 80é1 82.2 86.5 96.0 118.9 PIB aux prix des facteurs /2 Government revenues Revenus du gouvern 2ent in MF 5 96 8 68 -9 76 11 02 12 97 12 05 13 67 18 82 en franca maliens in % of GDP 8 5 12 8 12 2 14 0 15 8 13 9 14 2 15 8 en % du PIB Recorded imports Importations contrlees in MF n.a. 8 75 11 28 8 45 9 7h 9 hi 7 80 12 63 en francs maliens in % of GDP n.a. 12 9 14 1 10 6 11 8 10 9 8 1 10 6 en % du PIB Import Taxes Taxes à l'importation in MF 1 14 2 52 3 59 3 46 3 06 3 01 2 94 3 83 en franes maliens in % of rec.imports n.a. 28 8 31 8 4o 9 31 h 32 0 37 7 30 3 en % des importations Recorded exports Exportations contelees in MF n.a. 5 08 2 48 2 61 h OZ 3 05 4 14 5 06 en francs maliens iL % of GDP n.a. 7 5 3 1 3 3 h 9 3 5 4 3 4 3 en % du PIB Export Taxes Taxes à l'importation in MYF 0 12 0 26 0 20 0 24 0 27 0 07 0 05 2 1 en francs maliens in % of rec.exports n.a. 5 1 8 1 9 2 6 8 2 3 1 2 41 5 en % des exportations urnover Taxes Taxes sur les transactions in MF 0 97 1 16 0 92 1 46 3 12 3 73 3 76 h 95 en francs maliens in % of GDP 1 4 1 7 1 2 1 8 3 8 4 3 3 9 4 2 en % du PI Direct tax revenues Taxes directes in MF 1 89 2 42 4 09 4 91 5 74 4 70 5 82 6 35 en francs maiens in % of GDP 2 7 3 6 5 1 6 1 7 0 5 4 6 1 5 3 en % du PIB /1 INTERPOLATED BETWEEN 1959 AND 1964/65, BASED ON USDA AGRICULTURAL PRODUCTION INDEX. /2 BASED ON TREASURY ACCOUNTS, INCLUDING RM3IONAL BUDGETS. /3 AVERAGE FOR 1964 and 1965. /1 INTERPOLE ENTRE 1959 ET 1964/65, BASE SUR L'IND3RDE LA PRODUCTION AGRICOLE ELABORE PAR LE MINISTERE AMERICAIN DE L'AGRICULTURE. BASE SUR LES COMPTES DU TRESOR; Y INCLUS LES BUDGETS REGIONAUX. 2 MOYENNE DES ANN;S 1964 ET 1965. Tableau 22 : CCMPOSITICK DES DEPENSES COURANTES (en milliards de FM) Salaires et autres dépenses Matériel et Dette Contributions, de personnel fournitures publique subventions, etc. Total 1961 5,L4 3,91 0,72 0,27 10,04 1962 6,22 3,79 0,58 0,30 10,89 1963 7,37 3,09 0,80 0,16 11,42 1964 (Janvier-juin) 4,08 2,41 6,49 1964/65 8,30 3,58 0,33 0,17 12,38 1965/66 8,55 3,84 0,30 0,20 12,89 1966/67 9,25 h,5o 0,66 o,94 15,35 1967/68 10,98 5,00 1,46 1,18 18,62 1968 (Juillet-décembre) 5,18 2,00 81 91 8,90 N.B.: 1. Les chiffres ci-dessus comprennent les dépenses courantes du Gouvernement central et des régions. 2. La rubrique matériel et fournitures englobe ce qui est nécessaire à lentretien des bâtiments publics mais non à celui des routes (financé par le Fonds routier). 3. La dette publique comprend l'amortissement des factures non réglées. Source: Se reporter aux Tableaux 19 et 20. TREASURY ACCOUNTS Table 23: Tableau 23: COKPTES DU TRESOR Situation end of year Million of MF En million de MF Situation fin d'annee 1962 1963 1964 1965 1966 1967 1968 DceLbre D6cembre Jne /Juin June / Juin June/Jula J,e/Ji d~/Juin Dcembre December December orieinal revised/revie' _____ _____ ___ December REVENUE AND EXPERDITURE ACCOUNTS COMPTES DES RECETTES ET DÄPENSES 1. curent Budget 1. uete Ordinaires Accmulated eft. 8 767 10 652 10 999 10 900 9 619 12 136 15 288 18 989 19 638 D91.14 a~ *i 2. Investment Budgets 2. Budet! d'nv= igssments 2. c ateddets - 1 435 990 851 1 450 2 035 2 898 4 039 5 522 5 107 2 c cue 3. Other Administrations 3. Collentivitä Aintrativec Net position of caunoal budgete - 16 - 5 - 29 - 8 - 23 - 3 - 32 - 138 - 139 Situation nette des budget. communaux Net osition of special funds - 168 - 248 -372 - - 370 -358 - 326 - 279 - 361 - 430 Situation nete des caisses et emptes spgcia,x Treasury advances to public enterprises - - - - 80 28 569 809 Avances du Trgsor aux entreprises publiques TOTAL -821 -23 -O0U 78 ~~BT - 2497 3U 2 TbT 5. Total accumulated deficit of central and Lcal acinistrations (including special funds) 7128 11 389 11 -9 T1~77 II-7/ ¶ T9~ W IE 1E38 5. D;ficit total accumule par lahinistratin et Des collectivit<e administratives FINANCIAL OPERATIONS ACCOUNTS OCMPTES DES OPFRTIONS DE FIANCENT 6. Grrer held by the Treasury - 10 -17 - 18 20 -12 - 13 - 24 35 -23 6. NuamérairealaTrJoere 7. Central BNk 7. B e t Net advances to the Treasury 2 469 6 088 8 523 9 021 8 507 10 671 14 287 17 331 19 846 Aeanesnttés de la BaneB s Centrale au Tr6cor 8. Postalchedcng system 8. Office des Posten (chèquestaux) Netdpits at th reasury 1 819 2 780 1 025 461 525 1 466 530 - 923 -2 17 Dpt1 nt des chques postaux Tre'sor 9. French Treasury 9. Trosor Franaise Net advan es to the Mali treasury 3 069 2 859 2 856 3 o06 2 809 3 032 3 024 3 103 2 880 Avances nettes da Tra'r Pr ~.i. au Trgsor alien 10. Deposits with the Treasury 622 424 698 581 610 1 694 1 706 2 964 1 819 10. Dste divers au Trisor 11. Pension fund (civil servants) 11. Caisse de Retrait* du Mali Net deposits at the Treasury 375 356 355 355 581 581 931 1 061 964 D60ta neta au Treor 12. Short term treasury liabilits, än. 12. Bon de caisse v-irmsente différe's (y inclus unpaid bill. 1 232 965 1 002 1 003 1 088 718 1 614 3 16o 6 113 factures non-payées) 13. lainm on regional treasurers and other 13. CrJance, sar percepteurs et autres internal accounts 2 250 - 2 070 - 2 796 - 2 457 - 2 838 -3 148 -3 027 - 2 063 - 2 671 omptes internes 14. Total financing of acc=mulated deficits 7 126 11 385 11 467 11 970 11 270 1 781 19 041 24 578 24 981 14. Financement total du d,ficit acemule Source: Direction nationale du Trésor. Tableau 24: OPERATICKS W FKDS RMTIER Années Recettes affectées Dépenses Versements au Fonds engagées effectifs 1961/62 494 575 454 1962/63 900 764 695 1963/6h 815 895 803 196h/65 700 1126 876 1965/66 701 1121 997 1966/67 1057 1148 759 1967/68 7h0 777.5 749 1968 (2nd half) 2h0 243.5 262 1969 700 700 538 Source: Gouvernement malien. Table 25: RLECORDED AID TRECORT)P POREIGN T3R-ADE (in millions of MF) Tableau 25: '~~~ Tabeau25:CONWRCEP FXTVRTPrR CONTPROLV. VP NOIN-CONTROLE- en millions de FM) 1962 1963 1964 1965/66 1966/67 1967/68 IMPORTS DPORTATIONS Recorded 11.28 8.45 8.87 9.41 7.80 12.63 Contr6les Onrecorded n.a. n.a. n.a. 3.65 3.48 4.87 Non-contr6lees TOTAL 13.06 11.28 17.50 EXPORTS EXPORTATIONS Recorded 2.48 2.61 4.13 3.05 4.14 756 Contr61ees Unrecorded Non-contr6les n.a. n.a. n.a. 6.41 5.6o 8.64 TOTAL 9.46 9.74 13.70 BALANCE OF TRADE BALANCE CMMERCIALE Recorded trade Transactions contr6les - 8.80 - 5.84 - 4.74 - 6.36 - 3.66 - 7.57 Unrecorded trade Transactions non-controlees n.a. n.a. n.a. + 2.76 + 2.12 + 4.77 TOTAL - 3.60 - 1.54 - 3.80 DTJ Z(7 : Official foreign trade stntistics and Mali' s adjusted Bnlance of Payments. 'Statistiques officielles de commerce exterieur et Balance dePaiements du Mali. Table 26: EPORTS OF PRINCIPAL CCMOITIES (in millions of MF) Tableau 26: PRINCIPAUX PRODUITS EIPORTES (en millions de FR) 1959 1962 1964/65 1965/66 1966/67 Livestock, meat, hides and akins 3 059 3 357 h 943 5 096 5 100 Animaux vivants, viandes, peaux et cuirs Fish (smoked and salted) 1 500 1 500 1 500 1 675 1 336 Poissons salée et fum6s Groundnuts 2 260 1 660 1 984 863 835 Arachides Cotton fibre 126 550 1 285 1 026 1 379 Coton fibre Other exporta 155 1 228 1108 800 1 090 Exportations diverses Total 8 490 8 295 10 820 9 460 9 740 1f Including estimates for uncontrolled exports Y inclus estimations d'exportations non-contrôlées Source: Mission elaboration out of documents on national accounts officially published and undor preparation. Elaboration de la mission sur la base des comptes économiques officiellement publiés et en préparation. Tableau 27 : PROV!NANCE DES IMPORTATICNS, PAR ZONES (en millions de FM) 1962 1963 1964 1965 1966 1967 1968 Zone de libre échange 8.025 5.813 5.158 4.934 4.072 7.362 9.610 Zone de clearing 3.256 2.638 3.727 5.756 h.682 5.402 5.277 Total 11.281 8.451 8.885 10.690 8.754 12.764 14.887 Source: Gouvernement malien Tableau 28 : TIRAGE NET CUMULATIF SUR LE COMPTE D'OPERATIONS (en millions de FM) Date de clbture Montant 1968 Mars - Avril 4.138,4 Mai 7.275,0 Juin 8.600,0 Juillet 10.h30,1 Août 11.296,2 Septembre 11.581,9 Octobre 13.270,9 Novembre 14.931,7 Décembre 15.584,7 1969 Janvier 17.273 Février 18.309 Mars 16.947 Avril 18.7h Mai 19.230 Juin 20.720 Juillet 21.300 Août 21.533 10 septembre 22.O04 Tableau 29 : EVOLUTIC DU COMPTE D'OPERATIWS D'APRES LES POSTES DE LA BALANCE DES PAIEmTS, 1968-69 _/ (en milliards de francs maliens) 1968 1969 1969 Avril-Déc. Janvier-Mars Avril-Juin (9 mois) (3 mois) (3 mois) Paiement des biens et services (net) -66 -22 -2,98 Paiement des importations -6,67 -2,25 -3,28 Recettes des exportations 0,66 0,12 0,50 Balance commerciale -5,91 -2,13 -2,78 Revenu des investissements (net) -0,20 -0,20 - Administration, (chiffre non mentionné ailleurs - net) -0,45 -0,12 -0,20 Paiement des transferts (net) -07 -0 ~-Q,h9 Privés 0,11 0,04 0,81 Publics -0,68 -0,23 -0,32 Mouvements de capitaux (net) -630 169 -0,50 Privés -6,h9 -1,04 0,03 Officiels 0,19 2,73 -0,53 Mouvements de capitaux (non classés) (net) -2,15 -0_,j -_067 Achats de francs maliens par la BCM -3,02 -1,hh -1,34 Ventes de francs CFA à la BCM 0,89 0,95 1,25 FMI (net) - Divers (net) -0,02 0,08 -0,58 Déficit global du Compte d'opérations -15,58 -1,36 -3,66 1/ Ne représente que les transactions avec la zone de convertibilité. Source : Banque centrale du Mali. MALI - Table 30: BAIAW0ES ON BIATERAL CLEARIYN ACCOUNTS (in millioe of MF) AT THE ENM CF P" ifA Tableau 30: SOLDES DS COMTES "CLERING" - (en million d- FN) A LA FIN DU TERE Swing Credit Limit. 1962 1963 1964 1965 1966 1967 1968 Linit. dee aredita Deteer Deeber Deember June Deber June Deember Jun_ 'Demaber June , Decembr COUNTRIES Rciproqæu. Déce-br- DScembre D6cembre Juin Ddcembre Juin Dcebre juin SDcembr Jun Décmbre PATS Algera 500 - - ---- 11 - 219 - - 262- 522 - 522 - 530- 496 Algrie Bulgaria 50 -36.0 -15.2 - 13 8 - 19 - 7- 62 - 10 - 74- 16 B a.re China (People's Rep.) 500 - 25.6 -106.9 - 294 20 - 964- 960- 726- 52 China populire 5 + 2.5 +13.5 + 9 151 + 29 + 7k4 88 90 98 C Cuba 75 l C,echoslovaal 500 - 211.0 - 330.0 - 123 + 11 - 7 - 64 - 134 - 168 - 190 T.b"oo1v.qui. Eagtern Germay 125 + 0.2 -16.2 + 12 j + 13 j + 37 - 66- 38 - + 210 m. de l'Et Ghana 250 280.0 286.1 - 50 + 766 - +1.115 + 2,460 2,416 +2,750+2,230 Guinea 250 +179.0 +69.9 + 160 15 + 153 - 2 + 2 + 284 298 ouinie Hugary 50 --+ 17.6 + 73 + - 23 - 6 + 64 + 90 Moýo254737038 - k42 ao Morocco 205 - k.7 -367.0 - 35 j u2- 429 - 816 - 828- 830 - 850 North Viet-a~ 50 + 5.0 + 11.0 + 13 + 5 5 -4 k' 2 10 yiet-s du Nord Poland 60 - 5.7- 18.9 - 11V - k2 + 15+ 27 + 180+ 72+ 60 Polei R na -- - ------ 16 - 16 16 - 16 aonle Senegal 100 ---- - 99.3 - 110 g - 76 8 - 118 - 126 - 192- 172 n.a. Segl U.A.R. 200 + 35.0 + 28.9 + 9 5 + 75 5 + 18 + 30 - 8- 26 - 28 1.A.. U.S.S.R. 500 + 16.o - 61.4 - 522 - - 298 ' - 504 - 94 - 1,14o - 1,200 - 70 U.a.S.S. ,ugoelavia _50 - 82.5 - 93.7 - 7 - 148 - 177 - 238 - 190 - 46 134 Tougoalavia Total of credit (+) balare. + 517.7 + 557.0 + 276 + 666 + 1,033 + I,26+ 1,367 + 3,130 + 2,974 3,262 + 3,654 Total den mola cr4<dtta (o) Total of debit (-) balances - 413.5 +118.6 - 1,602 -1,468 - 1.415 - 1.837 1.811 - 3.872 - 4.182 - 3.806 - i.666 Total des eoldea Sbtaura (-) TOTAL NET BAIANCES + 104.2 - 551.6 - 1,326 - 802 - 382 - 572 41, - 742 - 1,20B - Skk 1,988 KmInES nETs SOURCE : Data supplied by Mali Goverrnent SoalE n Da fora par le overnment 2/Sign (+) meana balances owned by Malit sign (-) means balances due by Mali n ~ l o a Note : Mali also has bilateral agreemente with Albania, Cameron, Mauritania, Niger, North Kora and Tunisia, but no transactions take place. Note i le Mali a igalemnt conclu dee accords bilat&r~x *k pa~enta aec 1'Albanle, 1. Cameron, le Na~ritanie, le Niger, la Corée da ad .t la Tunisie, mzis aocua opération n'ea m lieu. Table 31 - Tableau 31 Foreign Public Loans and Grants 1964/65 - 1967/68 (in billions of MF) MALI Eprunts et Dons Publigues en provenance de l'ext4rieur 1964/65 - 1967/68 (en milliards de FM) 1964/65 1965/66 1966/67 1967/68 Drawings Payments Drawings Payments Dravings Payments Drawings Payments Credit Debit Credit Debit Credit Debit Credit Debit A) FOREIGN LOANS: A) PRETS EXTERIEURS: Drawings on development loans Tirages sur prets de d'eveloppement france 1.13 0.52 0.15 0.36 France Germany 0.46 o.46 0.01 0.36 Allemagne IDA -- 0.23 -- IDA United Kingdom -- 0.47 -- -- Royaume Uni United States -- 0.04 -- -- Etats Unis Clearing countriest Zone clearing: Mainland China 1.81 1.07 1.h2 0.82 Chine Continentale United Arab Republic 0.56 0.29 0.61 0.58 Republique Arabe Unie U.S.R.R. 2.65 1.83 2.20 4.86 U.R.S.S. Other clearing countries: 0.01 -- 0.10 0.08 Autres pays de la zone clearing Drawings on financial loans Tirages sur prets financiers Cash loans 2.40 0.13 2.80 0.79 2.14 0.86 2.60 2.77 r@ts financiers Trade credits -- -- 0.76 -- -- -- -- -- Crbdits commerciaux Repayment of public debt -- 0.93 -- 0.91 -- 0.62 -- 0.82 Remboursement de la dette publique 9.02 1.06 8.24 1.70 6.86 1.48 9.57 3.59 B) FOREIGN GRANTS: B) DONS EITERIEURS FAC and Cooperation Min. 1.26 1.52 1.32 2.86 FAC et Mn. de la Coopgration FED 2.12 2.h2 1.49 2.26 FED USAID 0.39 0.43 0.26 0.36 USAID Other (incl. UNDP) -- 0.03 0.23 0.24 Autres (PNUD inclus) Clearing cointries o.48 0.48 0.47 0.44 'Pays de la zone clearing Local contributions (tech. Contributions locales assistance) 0.25 0.25 0.25 0.50 4.25 0.25 4.88 0.25 3.77 0.25 6.16 0.50 1 T31 172 1 15773 Tr9 Source: IMF, Mali's Planning Directorate publication "Balance of payments 1964-1968" completed with additional information from IDA,FAC,FED,USAID and UNDP documents "Balance dW Paiements 1964-1968", IMF et Direction Nationale du Plan. On a ajoutd aux chiffres officiel.s une information suppldmentaire tire)des documents publies par 11fIDA, le FAC, le FED, 1'USAID, et le PNU. Table 32 - Tableau 32 Uses of Foreign Public Loans and Grants 1964/65 - 1967/68 (in billiorm of MF) MALI - Emplois des Emprnts et Dons Publiques an provenance de l1ext6rieur 1964/65 - 1967/68 (an milliards de FM) 1964/65 1965/66 1966/67 1967/68 Drwig Repayments Drawings Repaymeta Drawings Re paymnts. Drawings Repay3mnts Credit Abit Ldredit Debi t Credit ait ret Dbt A) FOREI= LO A) PETS EXTERIEURS Capital goods 2.76 1.65 0.92 ) Biens d'equipement Services associated with developm. ) Services lies aux projets de projects 0.90 1.62 1.51 ) d6veloppement Local cost of developm.projects 2.96 1.16 2.04 ) Frais locaux des projets de d6velop. Technical assistance - 0.25 0.25 0.50 Assistance technique Selected official liabilities Engagements officiela speciaux (clearing countries) 2.40 0.13 3.56 0.79 2.14 0.86 2.60 2.77 avec la sane clearing Repayment on development loans - 0.93 - 0.91 - 0.62 - 0.82 Remboursement de la dette publique 9.02 1.06 8.24 1.70 6.86 1.48 9.57 3.59 B) FOREIGN GRANTS B) DONS EITERIEURS Capital goods 1.41 1.39 0.84 ) Biens d'quipeament Services associated with develapm. ) Services lies aux projeth do projects 0.53 0.42 0.33 )3.06 d4veloppement Local cost of development projects 1.06 1.77 1.05 ) Frais locaux des projets de devel. 3.00 3.5B 2.22 3.06 Scholarships 0.50 0.55 0.55 1.10 Bourses Otmr technical assistance 0.75 0.25 0.75 0.25 1.00 0.25 2.00 0.50 Autre assistance technique 1.25 0.25 1.30 0.25 1.55 0.25 3.10 0.50 Grand Total 13.26 1.31 13.12 1.95 10.63 1.73 15.73 4.09 Total general Source: IMF, Mali's Planning Directorate FMI et Direction Nationale du Plan et de la Statistique Table 33 - Tableau 33 FINACIAL AID æITTED AND DISBURSED Bf F.E.D. (in millions Of MF) MÅLI- ASSISTAEI FIAEIERE Emn PAR LE .S.D. ET MS DEBOg (em milks, de fK) 3960-61/ 1965 1966 1967 1968 Total 1960-1968 C t 0ts Comit-te Comitsmnts Comitest Comitmant Commitmento Di.bursemnte Engage ngagee Enggementa Egagemnte Enggeamnt. tngagemante D&p~nse. Economic and social invet t project~ Projets d'ivetismmeta & ~a.e et Goaux I FED Program 10.346 - - - - 10.346 10.073 I Programma ME II FED Program 1.035 1.43o - 6.158 8.623 1.923 II Programæ FED Farm price oupport program Aide k la productif II FED Program 295 864 959 278 2.396 514 1 Progras s>D Production dieLfication program Aide ' la Diversification II FED Program - 12 217 - 229 14 II Programm FED Technical agsistasoe II FED Program 186 69 kk 37 336 277 TOTAL 10.3h6 1.526 2.375 1.220 6.473 21.930 12.801 TOTAL SoUCE FED quarterly pblicatins a the sitatio of ogog projeate. SoME situation dee projete e cutan, C~flaion CE. /i brekdomn by yøers cov-ing the firet ED ?rgr~ is not available. YL. vatilato am lle dse Mesemsta pe t le proder Progrema FM a'est ps dalepæle. 2/Actul dibrent. during first IED Program thro~g 1964 amounted to 4,257 million HF. 3/Le. dee ffeetiveu ~ t Js prm Progr Disbureamute - preous com ts cætind dur-ig the seccnd FD Program to ad by mid 1969. IED s'1levaient £ la fin de 1%4 à 4.257 ml~de d . M ae di semente 1i de mam te atl-e at o am a p la påride de dme Pr jD qui -btemd jesq'Ila moitlå de Table 34 - Tableau 3h FINANCIAL AID COMMITTED AND DISBURSED BY F.A.C. (in millions of MF) MALI - ASSISTANCE FINANCIRE ENGAGÉE PAR LE F.A.C. ET FONDS DEBOURSES (en millions de FM) Total Ootal actual 196U 1961 1962 1963 1964 1965 1966 1967 1966 commitments disbursements Total des Total des fonds engagements déboursés General studies 49 24 26 40 54 20 -- 26 237 476 375 Etudes generales Production 1,156 761 1,212 22u 449 bl 112 1,207 1,27u 6.466 5,515 Production Infrastructure 412 -- -- 42 -- -- -- 267 721 Infrastructure Social development 236 15 40 37 3S 11u 34 Z72 325 1,107 745 Equipements sociaux Total 1,653 820 1,276 339 541 211 146 1,505 2,099 6,792 6,635 TOTAL Source: Fonds d'Aide et de Coopération, Paris Source : Fonds d'Aide et de Cooperation, Paris ]1 i ili } å i e a e 5 d d .à d in a L 'I1 ei e *~ ~} | o1 . . 4 8 - ',' ',' 0 :!方 、!-―一珊’!! Tabl- 37 - Tabl.au 37 NLI1 ESTMTSD ~ SWICE i/ ON MEML PUBLIC DEBT OUTST~ IKCLUDING MISBURSED (in ilUoma or dljAr.) XSTDUTION IM PA1~ AU TITRIK DU SEWICE DE LA DVM PUBMW3 EXTM~ 1/ T C~RIS L& IZTrZ 21021 ENCORE MMURSEL (m ilU~d. d011ý8) la at 6/30/1965 M of 6/30/1966 A. of 6/30/1967 A. of 61301~ u or 12/31/1968 Au 301611s65 A. 30/6/1966 A- 3OL/107 Au 3p161~ Au 3Vl2/196B TOUL OUTSTAMING DM 139.6 157.9 213.0 210.6 211.2 Mffå PUXJQn am== Tmä= På~ tv of pýinclpal änd 1~ ..t dering 1965 7.1 Mmente de pr~ pal at den intýr;te au ~ 9 cle la p4riodc; 1966 9.3 4.6 19.67 9.9 6.9 6.8 1969 9.6 7.0 8.0 5.4 1969 9.1 6.5 8.0 6.o 6.1 1970 8.8 9.4 12.3 12.1 12.4 1971 9.4 9.2 12.6 12.6 12.7 1972 U.4 11.6 14.7 14.7 14.9 1973 11.3 11.3 14.6 14.8 V" 9 1974 11.0 11.1 14.4 14.9 15.4 1975 8.6 14.6 17.1 20.9 21.6 1976 7.4 10.3 13.4 16.7 17.0 19n 4.9 9.0 12.2 2,5.4 3,5.8 iglo 4.1 8.9 12.2 14.5 14.9 1979 3.6 8.8 12.1 12.6 12.7 100 8.2 11.4 12.2 12.4 SOURGE Statistie.1 Urvic n läýiöiomå, ^ SOIRCE i Diviel- des 5~ .@ StatIstIgenv, Include. ~ ice ca all dobt liotod In pm~ . table I o~ . 19 servicc de tomhem 1« dottna porttem en .Ith the ý.ption at th. foU~g t- WýIch r~ tabium amtärlser i V.zo~an da ~ puer 1«~ e t~ are not ~löble 1« ~tima dIx~ s~ m next >ag M~e t Total a~ ft of prim~ ~ 1~ et 5.2 7.7 8.0 6.6 Total des wrid"s T- from U.S.S.R. - - 2.8 2.8 prat de Table 38 - Tableau 38 Tourism. Breakdown of number of tourists by countries mad seasons MALI - 1/ Tourisme. Nombre d'arrivees par pays de residence et par saisons Jan-March April-June July-Sept. Oct.-Dec. Year 1966 jan-mars avril-juin jut-sept. oct.-dec. Annee 1966 France 89 97 34 73 293 (57.4%) France United States 42 10 4 31 87 (17.1%) Etats Unis Germany 20 21 2 2 45 (9.0%) Allemagne United KingdDm 2 4 4 12 22 (4,3%) Royaume-Uni Canada 7 2 - 3 12 (2.4%) Canada Switzerland 1 2 1 - 4 (0.7%) Suisse Other western countries 7 11 - 7 25 (5.0%) Autres pays occid. Eastern countries 3 4 - 1 8 (1.4%) Pays de l'Est Ivory Coast - 1 1 - 2 Cbte d'Ivoire 1/ No breakdomn for 1968 has been supplied. Upper Volta 5 1 - - 6 (2.7%) Haute Volta General information given by the N.T.O. Other African countries 2 2 1 1 6 Autres pays africains shows an increase as remarkable as for 1967, the totalnunber of tourists reaching Total 178 155 47 130 510 (100.0%) 2,005 persons. The target for 1969 amounts Year 1967 to 4,000 tourists. France 99 66 141 189 495 (42.0%) France United States 75 18 81 80 254 (21.6%) Etats Unis United Kingdom 27 20 29 6 82 (6.9%) Royaume-Uni Germany 14 18 8 33 73 (6.2%) Allemagne Switzerland 8 3 4 30 45 (3.8%o Suisse Belgium 2 6 4 29 41 (3.6%) Belgique Italy 7 3 14 5 29 (2.5%) Italie Canada 7 1 4 8 22 (1.9%) Canada Other western comtries 9 10 3 10 32 (2.7%) Autres pays occid. Eastern countries 28 11 20 25 82 (6.9%) Pays de l'Est Ivory Coast 1 - 1 - 2 ote d'Ivoire 1/ On ne dispose pas de la ventilatioA pour has e Upper Volta - - - 1 1 (1.9%) Haute Volta 1968. L'information g'n4rale fournie par Other African countries 3 3 3 10 19 Autres pays africains l'O.N.T. indique une angmentation aussi remarquable qu'en, 194T, 26 nowbre total 280 159 313 425 1,177 (100.0%) de touristes slilevant A2.005. L'objectif & attein&en 1969 est de 4.000 touristes. Source: National Tourist Office Office National de Tourisme
Группа Всемирного банка · Pre-2003 Economic or Sector Report
Mali - Economic development in Mali : evolution, problems and prospects (Vol. 1 of 5) : Rapport principal
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Организация
Группа Всемирного банка
Тип документа
Pre-2003 Economic or Sector Report
Страна
Мали
Источник
Всемирный банк