R ? DIFFUSION RESTREINTE Rapport No. EAP - 13a WI T H iN ONE WEEK TRADUCTION NON-OFFICIELLE A TITRE D'INFORMATION Ce rapport a e'té prépare a titre de document interne. Ni la Banque ni les organismes qui lui sont affiliés n'acceptent aucune responsabilite' quant à son exactitude ou son caractère exhaustif. En aucun cas ce rapport ne saurait être publie ou cité comme représentant leurs vues. BANQUE INTERNATIONALE POUR LA RECONSTRUCTION ET LE DEVELOPPEMENT ASSOCIATION INTERNATIONALE DE DEVELOPPEMENT RAPPORT DE LA MISSION ECONOMIQUE de 1969 AU CAMBODGE (en trois tomes) TOME II LES ANNEXES SECTORIELLES 12 octobre 1970 Département de l'Asie de l'Est et du Pacifique CURENCT EQUITALENTS TAUX DE CHANGE Before August 18, 1969 Avant le l8 août 1 9 (a) US$ 1.00 M Riela 35.00 Riel 1.00 US$ 0.029 Riels 1 million US$ 28,571 (b) F Fr. 1.00 M Riela 10 Riel 1.00 M F Fr. 0.10 (- US$ 0.020) Riels 1 million F Fr. 100,000 After Augse 18, 1969 Depuis le 1 août 1969 US$ 1.00 M Riels 55.54 Riel 1.00 US$ 0.018 Riels 1 million M US$ 18,004 (F Fr. 1.00 M Riela 10 - US$ 0.18) Note: On August 18, 1969 the new parity for the Riel vas defined as 16 milligrama of fine gold, which corresponds to the nw parity of the French Franc (which vas devalued on August 10, 1969) at the same rate of exchange as before. However, the exchange rate for non-Franc currencies vas brought in lino with the Franc rate. Note: Depuis le 18 août 1969 la parité du Riel est définie par 16 mg d'or fin, ce qui ne modifie pas le taux de change du Riel par rapport au Franc français (dévalué lui-même le 10 août 1969). Cependant le taux de change du Riel par rapport aux autres monnaies a été aligné sur le taux de change par rapport au Franc français. Préface Ce rapport a été préparé par une mission économique de la Banque Mondiale qui a visité le Cambodge du 19 octobre au 20 novembre 1969. Il est fondé sur les constatations faites à cette époque. Sa rédaction fut terminée en février 1970 et ne tient donc aucun compte des événements survenus au Cambodge depuis lors. La composition de la mission suit: Rudolf iablutzel Chef de la 11ission -le H.J. Goris Economiste George C. Maniatis Economiste Yves Franchet Comptes Nationaux 11aurice Gaide Agriculture (Consultant) M1artin Karcher Transport Raymond H. Rollet Energie Jeremy Bonnett Tourisme M,lle G. Gagnon Secrétaire LA CONJUNCTURE ET LES PERSPECTIVES EONONEQUES DU CAMBODGE TOME II Page Annexe I: Le Secteur des Transports 1 Annexe II: Energie 28 Annexe III: Tourisme 44 Annexe IV: L'Industrie Manufacturiere 68 Annexe I: LE SECTEUR DES TRANSPORTS TABLE DES MATIERES A. INTRODUCTION B. LE SECTEUR ROUTIER Le réseau routier 4 Administration et planification du réseau routier 5 Construction et entretien des routes 6 Financement des routes 7 Transports routiers 8 C. LES CHEMINS DE FER ROYAUX DU CAMBODGE 11 Généralités 11 Trafic 11 Installations et exploitation 12 Résultats de l'exploitation 13 Situation financière 15 Perspectives d'avenir 15 D. LES PORTS 19 Port de Phnom Penh 19 Port de Sihanoukville 21 E. LA BATELLERIE 23 F. L'AVIATION CIVILE 25 Aéroports et trafic 25 Royal Air Cambodge 26 Annexe I: TRANSPORTS A. INTRODUCTION 1. La population du Cambodge, ses activités économiques et ses besoins en transports se concentrent dans la plaine centrale qui après avoir enjambé la frontière thailandaise au nord-ouest s'étend jusqu'à la frontière vietnamienne au sud-est, le long du Tonlé Sap, du Bas- Mékong et du Bassac. La population est clairsemée sur le plateau et dans les régions montagneuses du nord, du nord-est et du sud-ouest; la densité n'y excède pas cinq habitants au kilomètre carré et la demande de transports est faible sauf le long des frontières pour des raisons stra- tégiques. 2. Le Cambodge bénéficie d'un réseau étendu de voies navigables, et jusqu'à l'ouverture du port de Sihanoukville sur le golfe du Siam en 1960, il n'était relié à la mer que par le Mékong. En outre,la plaine centrale du Cambodge est desservie par un réseau de grandes routes bien développé et par un chemin de fer qui relie la province rizière de Battambang à Phnom Penh et, depuis fin 1969, au port de Sihanoukville. La dimension réduite du territoire a milité jusqu'ici contre le dévelop- pement du réseau civil de transports aériens, et à l'exception des vols touristiques internationaux entre Phnom Penh et Siemréap, celui-ci est quasi-inexistant à l'intérieur du pays. 3. Depuis l'indépendance, l'investissement dans le secteur des transports d'une proportion considérable des ressources intérieures et extérieures du Cambodge a permis d'entreprendre les principaux ouvrages suivants: (i) la création, et par la suite le développement, du port de mer de Sihanoukville; (ii) la construction d'une route à quatre voies sur 224 km et d'un chemin de fer sur 262 km de Phnom Penh à Sihanoukville; (iii) la construction d'aéroports internationaux à Phnom Penh et à Siemréap; et (iv) la construction d'un pont sur le Tonlé Sap à Phnom Penh et d'une route (encore inachevée) entre le réseau routier du nord et celui du nord-est permettant d'éviter la traversée du Tonlé Sap par bac. 4. Grâce à ces travaux,il ne sera pas nécessaire de doter le système des transports d'ouvrages importants dans un proche avenir, mais en revanche, il faudra améliorer le niveau de l'infrastructure existante -2- et son entretien. Il est peut-être moins spectaculaire d'améliorer et d'entretenir le système des transports que d'entreprendre de nou- veaux travaux, mais du point de vue économique la tâche est pour le moins aussi rentable et il ne serait pas bon de laisser la dotation du secteur des transports (investissement plus dépenses courantes) tomber trop brusquement du niveau estimatif de 00 à 700 millions de riels où on l'avait maintenue ces quatre dernières annés. 5. La création de l'infrastructure du secteur et l'organisation des services de transport sont des tâches que se partagent le Ministère des travaux publics, les autorités provinciales et locales, différentes entreprises autonomes publiques et mixtes (par exemple les chemins de fer, les ports, les lignes aériennes), les entités privées exploitant les services de transports routiers et la batellerie. Le Ministère des travaux publics est chargé entre autres choses de la construction et de l'entretien du réseau routier, des aéroports et des voies d'eau intérieures; il réglemente également les transports routiers et fluviaux et approuve les modifications de tarifs 1/ conjointement avec le Minis- tère du commerce. En outre, il examine et approuve les projets d'inves- tissements des entreprises de services publics de l'Etat, à savoir les chemins de fer et les autorités portuaires de Phnom Penh et de Sihanouk- ville. 6. L'action de l'Etat sur le secteur des transports est donc assez étendue. Elle se traduit moins par la promulgation de règlements influant sur son fonctionnement que par des décisions en matière d'investissements. L'Etat tend à s'en remettre au jeu de la concurrence pour assurer la bonne répartition du trafic entre les divers modes de transports et s'abstient d'appliquer un régime de licences restrictif. Quant à savoir si cette attitude prévaudra dans le cas de la concurrence route-rail sur le trajet Phnom Penh-Sihanoukville, on ne saurait encore l'affirmer, mais la chose est probable. Le gouvernement a toutefois admis que les entreprises de transports de l'Etat suivent une politique de prix ne leur permettant pas de recouvrer leurs dépenses d'équipement par le truchement de provisions pour amortissement, et moins encore de faire des bénéficAs. On a argué du fait que les services de transports doivent servir a atteindre des objectifs nationaux, sociaux et économiques et non pas à réaliser des bénéfices. 7. On peut être fondé, économiquement, à favoriser l'emploi de moyens existants en consentant des tarifs inférieurs aux prix de revient réels, mais lorsqu'il s'agit d'investir dans des -moyens nouveaux, on ne En ce qui concerne les transports routiers et fluviaux,le gouvernement établit par décret uniquement les tarifs maximums. - 3 - doit s'y résoudre que pour de solides raisons d'ordre économique. Comme c'est à l'Etat qu'il incombe au premier chef d'établir la coû- teuse infrastructure de tous les moyens de transport, et que la justi- fication économique des nouveaux projets n'a jamais été soumise jusqu'ici a un examen approfondi, il est essentiel que le gouvernement recommande, et sous peu exige, que des preuves détaillées et solides étayent la justification économique de tous les nouveaux projets proposés. En particulier les prévisions de circulation devraient 6tre faites avec beaucoup plus de soin qu'auparavant, afin que les constructions ne dé- passent pas les besoins ou ne soient pas entreprises prématurément et n'absorbent pas de ressources qui pourraient trouver ailleurs une uti- lisation plus productive. Comme le souligne plus loin le présent rapport, il est nécessaire de procéder à une analyse économique soigneuse avant de décider de l'importance et de l'échelonnement des futurs projets d'investissement dans tous les moyens de transport. B. LE SECTEUR ROUTIER Le réseau routier (voir carte) 8. Le réseau cambodgien de routes principales comprend quelque 4.200 km de routes nationales et 1.700 km de routes provinciales (Tableau 9.1). Les artères de grande communication rayonnent à partir de Phnom Penh et relient tous les centres importants de l'activité économique. C'est autour de la capitale que le réseau routier est le plus dense, d'autant plus que la plupart des routes provinciales se trouvent dans les provinces entourant Phnom Penh. Environ 60% des routes nationales et moins de 10% des routes provinciales ont un revêtement à base de bitume. Les autres se répartissent également en routes en gravier et chemins de terre. En outre, il existe quelque 13.000 an de pistes en terre qui ont été aménagées par les autorités locales et par l'amée cambodgienne à l'intention du trafic vicinal ou militaire. Elles sont généralement mal entretenues et ne se prêtent pas à la circulation des véhicules automobiles, particulièrement pendant la saison des pluies. 9. Le réseau principal remonte à 30 ou 40 ans et a été construit selon des nomes convenant à une circulation peu dense mais ne corres- pondent pas à la circulation actuelle. Tandis que certaines routes ont été progressivement améliorées et que d'autres ont été construites d'après des normes modernes, la plus grande partie du réseau ne saurait supporter un gros trafic. La chaussée et les accotements notamment sont étroits; en général, la largeur de la chaussée oscille entre 4 et 6 mètres, les chaussées de 7 mètres constituant l'exception. En outre les bas-c6tés construits avec du sable et de l'argile sont insuffisamment tassés et sont inondés chaque année pendant la mousson; celle-ci provo- que de graves effondrements dans les chaussées et donne lieu à des travaux de réfection très coiteux. Sur les routes provinciales, les ponts sont le plus souvent construits en bois ou en acier. Ils sont à voie unique et leur capacité maximale ne dépasse pas six tonnes; même sur les routes nationales, un certain nombre de ponts doivent être rem- placés ou renforcés de toute urgence. 10. Les comptages manuels de la circulation effectués sur les principales routes nationales de 1964 à fin 1968 révèlent des volumes de circulation relativement élevés se situant en général entre 500 et 2.500 véhicules par jour, ce chiffre se répartit également entre les motocyles, les véhicules légers et les poids lourds. Le volune de circulation le plus élevé (jusqu'à 3.100 véhicules) a été enregistré sur la route Phnom Penh-Sihanoukville; le plus bas (environ 60 véhicules) dans le nord sur la route de Stung Treng. Les comptages n'étant pas toujours effectués au même endroit et les résultats variant considé- rablement d'une année a l'autre, il serait téméraire d'en déduire des - 5 - taux de croissance précis pour la circulation routière; néanmoins, il semble que le plus souvent celle-ci ait augmenté pendant cette breve période. Sur les routes provinciales, la circulation dépasse rarement 100 véhicules par jour surtout en raison de leur mauvais état. Administration et planification du réseau routier 11. La conception, la construction et l'entretien des routes nationales incombent à deux départements du Ministère des travaux publics, la Direction du Génie Civil (DGC) et la Direction du Matériel et des Travaux neufs (DMTN). Les administrations provinciales s'occu- pent des routes provinciales, mais en réalité elles manquent de fonds et de matériel pour les entretenir et les améliorer; il siensuit nue (i) environ 901, des rares travaux d'entretien sont effectués avec du matériel emprunté à la DGC,(ii) les routes sont dans un tel état qu'elles ne sont ouvertes qu'au trafic de véhicules légers. En ce qui concerne la plupart des chemins vicinaux, la situation est encore plus critique, les normes de départ étant plus basses et les travaux d'entre- tien étant à peine assurés. 12. C'est à la DGC qu'incombe au premier chef la planification et les travaux techniques de construction et de réfection des routes et des ponts ainsi que l'entretien du réseau routier national, grosses réparations et resurfaçages périodiques y compris. La DMTN a surtout pour tâche de construire des ponts, des routes et des aéroports et même des remblais de chemins de fer; elle est également chargée de l'ex:'loi- tat on (t d.. 1 ntre1ken des b.:ce :x qt-c pointi nrincipaux de franchis- sement. L'existence parallèle de ces deux organismes remonte à la créa- tion en 1960 d'un bureau spécial, devenu plus tard la DMTN, et qui a été chargé de reprendre le matéritl utilisé pour la construction de la route Phnom Penh - Sibanoukville. Les fonctions des deux départements sont rien moins que clairement réparties et c'est le Ministre des travaux publics lui-même qui se charge dans une large mesure de répartir leurs tâchps. Cette dualité entraine inévitablement des heurts et des conflits, une diminution des échanges d'équipement entre les deux départements et la sous-utilisation du matériel, à quoi s'ajoutent des doubles emplois en personnel et en travail. Par exemple, les deux départements ont leurs propres bureaux d'étude, le budget consacré aux investissements routiers étant très restreint, il semble qu'il y ait là pléthore de personnel. Cette question mériterait d'être étudiée plus avant afin de déterminer si les deux départements ne pourraient pas fusionner et travailler d'une manière plus efficace et économique sous une direction unique. 13. Les construction nouvelles ne sont guère étudiées du point de vue économique et les études de justification économique des investisse- ments routiers n'ont pas encore été introduites dans le processus de - 6 - planification. En fait, la décision de construire une nouvelle route est prise à un niveau très élevé par le Chef de l'Etat, le Premier Ministre, le Ministre des travaux publics ou de l'agriculture, le Minis- tre des armées, etc., sur une base autant politique et militaire qu'éco- nomique. Une fois la décision prise, elle est communiquée à la DMTN et à la DGC qui préparent alors des études techniques préliminaires détaillées comprenant un devis portant sur les quantités et les prix. Les études sont ensuite présentées pour approbation aux Ministres des travaux publics et des finances. Le plus souvent, le Ministre des finances dégage des crédits pour chaque ouvrage,en particulier sous forme de petits acomptes annuels allant de 500.000 à 15 millions de riels. Il s'ensuit que l'on entreprend des travaux qui seront terminés beau- coup plus tard. Par exemple, une route de 45 km reliant Chrui Changwar (sur la rive du Tonlé Sap opposée à Phnom Penh) aux réseaux routiers du nord-ouest et du nord-est a été commencée en 1964 et n'est pas encore terminée. Sur un coûât global de 240 millions de riels, environ 190 millions ont été dépensés; la DMTN disposant au total d'un budget rou- tier annuel de quelque 40 millions de riels, il faudra probablement encore quelques années avant que l'on puisse ouvrir la route à la circu- lation. Il en résulte que les fonds, qui se répartissent entre un grand nombre de nouveaux ouvrages, restent improductifs pendant des années alors qu'une plus forte concentration de crédits aboutirait a une renta- bilité plus élevée. 14. Les crédits budgétaires affectés aux gros travaux d'entretien de longue haleine et a l'amélioration des routes ont été tout aussi faibles (voir ci-dessous); la planification a principalement consisté a répartir les fonds entre les chantiers importants selon l'état dans lequel se trouvaient les routes et la densité de la circulation, et à entreprendre les réparations les plus urgentes permettant de les main- tenir ouvertes surtout à la suite des dégâts causés par la mousson. La DGC a diî souvent se contenter de palliatifs, par exemple, construire des ponts à voie unique sur des routes à forte densité de circulation ou resurfacer une route sans en renforcer les faibles fondations. Il est inévitable que de telles pratiques réduisent considérablement la vie économique des investissements. Construction et entretien des routes 15. A l'exception de quelques grands ponts dont la construction a été adjugée à des entrepreneurs sur la base d'appels à la concurrence internationale, les travaux de construction et de consolidation sont habituellement exécutés en régie. La DMTN, qui construit actuellement environ 30 km de routes par an, estime avoir un potentiel de construction d'environ 100 km par an. Pour l'instant, huit projets en sont à la phase de construction ou à une étape avancée de l'étude technique; quatre - 7 - d'entre eux concernent des régions situées aux frontières du Viet-Nam et de la Thaïlande; les responsables espérant que la colonisation et la mise en valeur de ces régions les protégeront contre les incursions d'éléments étrangers. En raison de l'insécurité provoquée par des actes de guerre le long de la frontière vietnamienne, certains travaux ont dû être interrompus. 16. La marche des travaux a été ralentie surtout par le piètre état du matériel qui remonte en majeure partie à l'époque de la construc- tion de l'artère à quatre voies Phnom Penh-Sihanoukville vers la fin des années 1950; depuis 1964, la DMTN n'a pratiquement reçu aucune dota- tion nouvelle. On étudie actuellement l'opportunité de créer a Kratie, Siemréap, Battambang et Stung Chai quatre nouveaux ateliers qui viendraient s'ajouter à l'atelier central situé près de Phnom Penh et de doter ces nouveaux ateliers de leur matériel propre. Leur coût est évalué à quelque 400 millions de riels et ne se justifierait pas à moins d'une augmentation considérable des crédits annuels affectés à la construction routière. 17. Jusqu'au moment où l'on disposera à nouveau de fonds plus abondants pour le développement routier, il faudrait prendre des mesures conservatoires permettant de préserver l'équipement et d'intensifier l'entretien de façon à réduire les frais de transport sur l'ensemble du réseau. Pour atteindre cet objectif, aussi limité soit-il, il faudrait disposer de nouveaux matériels d'entretien et de pièces détachées, le stock actuel étant délabré ou, faute de pièces détachées, hors d'usage. En 1967, sur 186 camions, moins du quart était réputé en bon état; tout le matériel lourd (rouleaux compresseurs, tracteurs, niveleuses, etc.) est vieux de plus de neuf ans, quelquefois de quinze ans et a atteint la limite de sa vie économique. Le remplacement et le recomplètement du matériel nécsssiteraient chs crédits en devises correspondant approxima- tivement à 2,5 ou 3,0 millions de dollars des Etats-Unis. Financement des routes 18. Les dépenses au titre des routes sont financées principale- ment au moyen de crédits budgétaires annuels initiaux. Pendant le pre- mier plan quinquennal (1960-64), elles avaient été couvertes au moyen de crédits spéciaux. En outre, le chef de l'Etat fournit quelques sub- ventions directes prélevées sur ses propres fonds de développement et les administrations provinciales fournissent des crédits budgétaires limités. La mission n'a pas eu connaissance des chiffres de la DMTN concernant les dépenses relatives à la construction de routes, sauf pour 1968 et 1969, où elles ont atteint quelque 40 millions de riels. Les crédits budgétaires afférents à l'entretien et à la r'fection des routes figurent au Tableau 2; leur examen permet de constater qu'après être - 8 - passés rapidement de 14 millions de riels en 1955 à près de 200 millions de riels en 1961, les crédits budgétaires sont tombés par la suite à 61 millions de riels en 1968 et à 48 millions en 1969; ces montants représentent respectivement le tiers et le quart des besoins minimums évalués par la DGC. 19. Ces dépenses sont bien en deçà des investissements proposés dans le second plan quinquennal pour 1968-1972 qui établissait leur niveau autour de 300 millions de riels par an. Elles sont aussi bien inférieures aux recettes provenant des taxes sur les transports routiers et versées au budget général. Quoique la taxation des transports routiers n'ait pas fait l'objet d'une étude systématique, l'on sait qu'en 1966 les droits acquittés à l'importation par l'essence et le gas-oil (car- burant utilisé le plus souvent pour les camions et les autobus Diesel) ont atteint quelque 545 millions de riels. En outre, les taxes acquit- tées par les véhicules commerciaux et privés produisent annuellement quelque 60 millions de riels. Même sans tenir compte des droits d'importation sur les véhicules et d'autres droits de moindre importance sur les pneus et les pièces détachées, les recettes au titre des taxes acquittées par le transport automobile ont dépassé 600 millions de riels, soit le double des dépenses routières annuelles proposées dans le second plan quinquennal et six fois le niveau des dépenses en 1968 et 1969. Le gros des recettes provient des ventes d'essence (506 millions de riels en 1966, dernière année pour laquelle les statistiques sont connues); il ne faut donc pas conclure que les transports commerciaux par route - camions et autobus Diesel - soient surtaxés; néanmoins, l'importance de l'excédent des recettes sur les dépenses renforce les arguments avancés par la DGC et la DMTN à l'appui d'une augmentation substantielle des dépenses afférentes à l'amélioration et à l'entretien des routes, car les usagers ont amplement prouvé qu'ils étaient prêts à payer pour cela. Transports routiers 20. Au cours de la dernière décennie, le parc automobile du Cam- bodge a augmenté en moyenne de plus de 9% par an, passant de 15.300 véhicules fin 1959 à environ 36.350 véhicules en septembre 1969. Comme le démontrent les chiffres ci-dessous, c'est le nombre des voitures de tourisme qui a augmenté le plus rapidement, suivi par celui des camions et des autobus: -9- Taux annuel approxi- 1959 1969 matif de croissance Voitures 9.078 25.366 10,9% Camions 5.193 9.626 i 6,5% Autobus 1.035 1.356 2,8% Total 15.306 36.348 9,1% Il y a en outre quelque 16.170 motocyclettes et scooters, 2.170 tricy- clecars et 9h.000 vélomoteurs (Tableau 3). Eu égard à l'importance de la population, le niveau de la motorisation est relativement peu élevé; on compte environ 200 personnes pour un véhicule à moteur à h roues contre environ 160 en Tha'lande et 37 en Malaisie. 21. Les statistiques révèlent que les ventes annuelles d'essence, après être passées rapidement de 74,5 millions de litres en 1960 à 91 millions de litres en 1963, sont tombées brusquement à 58 millions de litres en 1964 et se sont maintenues à 47-49 millions de litres jusqu'en 1968. Clest peu après qu'elles ont commencé à baisser, probablement à la suite de l'imposition d'une taxe spéciale sur l'essence en 1963. Par contre, la vente de gas-oil, moins lourdement taxé, a augmenté régu- lièrement, passant de 15 millions de litres en 1960 à 74 millions de litres en 1967, c'est-à-dire au taux de 25% par an tandis que les camions abandonnaient de plus en plus l'essence au profit du carburant Diesel, et que les transports automobiles se développaient sensiblement sans que cette augmentation ait été toutefois chiffrée. Depuis peu, les camion- neurs ont tendance à adopter le carburant Diesel, moins couteux que le gas-oil, mais qui use davantage les moteurs. Afin d'éviter des effets de distorsion aussi nocifs, les services officiels devraient entreprendre une étude pour déterminer la meilleure politique à suivre en matière de taxation des carburants. 22. Les transports de voyageurs et de marchandises sont entre les mains d'entreprises privées. Le contrôle exercé par l'Etat sur l'indus- trie des transports de voyageurs par voie routière comporte l'inspection technique des véhicules, l'établissement de tarifs maximums et l'octroi de licences pour les itinéraires d'autobus et de taxis-bus. En fait, les tarifs appliqués sont généralement bien inférieurs au maximum auto- risé, en raison de la vivacité de la concurrence. Le régime des licences d'itinéraires est suffisamment souple pour tenir compte de la demande. Outre les autobus, il existe un grand nombre de taxis-bus (2.042, prin- cipalement des véhicules à trois roues) qui circulent, soit sur des trajets 1/ La moitié environ des camions a une capacité supérieure ou égale - à 5 tonnes. - 10 - réguliers dans les régions urbaines, soit dans un district (srok) donné, ainsi que des voitures de location (1.05) qui peuvent desservir n'importe quelle partie du pays. La concurrence de ces véhicules peut expliquer pourquoi le taux de croissance des autobus n'a été que de 2,8% pendant les années 1960. 23. Le transport des marchandises fait l'objet du même contrôle de la part des autorités mais les itinéraires ne sont pas soumis a licence. Cependant, sur le trajet le plus important, Phnom Penh- Sihanoukville, deux entreprises de camionnage composées d'anciens agents en douane se partagent le monopole du trafic import-export pour le compte de la SONEXIM. En raison de l'ouverture de la nouvelle ligne de chemin de fer en fin 1969, ce monopole est gravement menacé, les che- mins de fer cherchant à obtenir le monopole du transport du riz, du fer, du ciment et de toutes autres marchandises se prêtant à la palettisation. Jusqu'à présent, le Ministère des travaux publics n'a pas fait droit a leurs demandes, et la question est restée en suspens en attendant une décision sur l'éventuelle dissolution de la SONEXIM. Le Ministre des travaux publics pense à juste titre que si l'on attribue tout le trafic à un seul mode de transport, on empêchera la concurrence de stimuler l'amélioration des services et l'abaissement de leur prix. L'avantage essentiel du transport routier réside dans sa grande souplesse, dans la vitesse et l'économie des opérations de manutention; ces facteurs seront particulièrement décisifs en ce qui concerne le chargement et le déchargement au port de Sihanoukville en raison des éventuelles suresta- ries. 2h. Un décret gouvernemental de 1967 fixe à 1,0 riel par tonne- kilomètre le taux maximum des transports de marchandises, pour les transports interurbains par route. Néanmoins, l'Etat n'a pas les moyens pratiques de faire respecter les dispositions du décret, et comme le tarif maximum ne comprend pas les frais de manutention au point d'arrivée ni le passage par bac, les tarifs réels peuvent en fait dépasser le niveau maximum légal, notamment sur les routes de moindre importance et en période de pointe. Pendant la morte-saison cependant, les tarifs de camionnage tombent bien en dessous de la limite autorisée. Les tarifs de transport par chemin de fer se situent autour de 0,75 riel la tonne- kilomètre et supportent la comparaison avec ceux des transports par voie routière, sauf pour ce qui est du service et des frais de manutention au point d'arrivée. - il - C. LES CHEMINS DE FER ROYAUX DU CAMBODGE Généralités 25. La Société des Chemins de fer royaux du Cambodge, entreprise publique autonome de l'Etat, exploite deux lignes de 647 km à voie métrique unique: (i) la vieille ligne reliant Phnom Penh à Battambang et à la frontière thailandaise (385 km), construite en deux tronçots de 1930 à 1940; et (ii) la nouvelle ligne de Phnom Penh à Sihanoukville (262 km) en construction depuis 1960 avec l'aide de la France, de l'Allemagne et de la Chine continentale; elle a été mise en service sur toute sa longueur fin 1969. 26. La vieille ligne rejoint les chemins de fer thallandais à Poipet; elle faisait partie du réseau de l'ancienne Indochine et devait êtrelro- longée nar un tronçon Phnom Penh-Saïgon afin d'assurer une liaison ferroviaire entre les trois pays voisins. Sa principale fonction était cependant - et reste encore - de relier Phnom Penh, la capitale, et la riche région rizière de Battambang. Depuis octobre 1961, aucun trafic international nly passe, les relations diplomatiques ayant été rompues entre le Cambodge et la Thaïlande. 27. En reliant Phnom Penh, Sihanoukville Port et la raffinerie de pé- trole située près du port, la nouvelle ligne double la route pour le trafic import-export et celui du pétrole. Elle dessert également les chefs-lieux des provinces de Takéo et de Kampot mais jusqufici la circulation sur les tronçons Phnom Penh-Takéo et Takéo-Kampot, inaugurés en 1966 et 1967 respec- tivement, a été d'une rareté décourageante. Trafic 28. Iarchandises: Pendant la période 1951-1968, le trafic marchandises a connu des fluctuations extrêmement fortes sans apuaremment marquer de tendance ascendante. Les tonnages transportés en 1951, 1961 et 1967 se sont maintenus aux environs de 275.000 tonnes; le minimum a été enregistré en 1955 avec 135.000 tonnes et le maximum en 1965, avec 388.000 tonnes (Tableaux 9. et 9.5). La production agricole constitue de beaucoup la ma- jeure partie du tonnage de marchandises transportées par chemin de fer, ce qui explique ces fluctuations. Les produits agricoles constituant en moyenne ,us des deux tiers du tonnage transporté, les années de mauvaise récolte (1955, 1961, 1962) sont également des années de trafic ferroviaire peu in- tense (Tableau 9.6). Le solde de ce dernier consiste principalement en biens manufacturés, en combustibles et matériaux de construction ainsi qùten pro- duits forestiers; son volume a été moins élevé au cours des années 1960 que pen- dant la décennie précédente, signe d'une diminution de la part des Chemins de fer - 12 - au profit des transports routiers. 29. La dépendance du fret ferroviaire à llégard de la nroduction agri- cole a provoqué le déséquilibre géographique du trafic: de 1960 à 1967, 90% du fret total se dirigeait sur Battambang-Phnom Penh (rableau 9.6). En outre, la demande de transport agricole est saisonnière et se concentre dans la période mars/fin juin. Ces deux caractéristiques ont de graves répercus- sions sur le fonctionnement, la politique commerciale et les finances des chemins de fer. 30. Voyageurs: Contrairement au trafic marchandises, le trafic voyageurs a fait preuve dlune croissance soutenue pendant la période 1951-1968. De 675.000 en 1951, son chiffre est passé à 2,h millions en 1968, soit un taux moyen de croissance de 7,8% par an (Tableau 9.4). Le nombre de kilomètres- voyageurs a augmenté un peu plus rapidement (8,2% par an) passant de h5,2 millions à 173 millions, soit une augmentation moyenne de 67 à 72 km. 31 Les recettes des chemins de fer ont bénéficié du fait que le tra- fic des voyageurs de première et de deuxième classes a augmenté plus rapide- ment que celui des voyageurs de troisième classe: en 1955, les voyageurs de première et de deuxième constituaient 24% du total des kilomètres-voyageurs sur l'ancienne ligne eten 1967, environ 40%. Par suite, les recettes du trafic voyageurs ont augmenté encore plus rapidement que le nombre de kilo- mètres-voyageurs, passant de 17,1 millions de riels en 1955 à 35,1 millions de riels en 1967 (Tableau 9.7), bien que les tarifs n'aient été que légère- ment relevés. On ne peut cependant pas déterminer si l'accroissement plus rapide du trafic des première et deuxième classes stest répercuté favorable- ment sur les revenus nets des Chemins de fer, sans études de coÛt détaillées. Néanmoins, l'écart entre les recettes moyennes provenant des kilomètres- voyageurs de première et de deuxième classes (o,h5 riel ) et celles qui pro- viennent des kilomètres-voyageurs de troisième classe (0,25 riel ) est raisonnable. Installations et exploitation 32. L'ancienne ligne était équipée de rails de 25 kg au mètre, pouvant supporter une charge maximale de 13-15 tonnes par essieu. Cependant, l'affai- blissement des structures et des ponts a réduit la charge par essieu à 10 tonnes. La nouvelle ligne comporte des rails soudés de 45 kg au mètre, pou- vant supporter une charge de 20 Luile: pèr e3sieu. Avec la mise en service sur la nouvelle ligne de locomotives et de wagons de marchandises plus lourds, le renforcement des structures et des ponts de l'ancienne ligne devient une tache de plus en plus urgente si l'on veut que les marchandises en transit puissent emprunter les deux lignes. Cependant, même lorsque les ouvrages auront été consolidés, la charge par essieu de l'ancienne ligne sera toujours de 15 tonnes et les nouveaux wagons de marchandises ne pourront donc pas l'emprunter quand ils seront pleins. 33. A l'exception des récents achats liés à la construction et à l'exploitation de la nouvelle ligne, le parc de locomotives et de matériel - 13 - roulant est resté relativement stable: il n'a guère eu d'acquisitions et virtuellement pas de remplacements (Tableau 9.8). En réalité, le trafic sur l'ancienne ligne n'aurait pas justifié que l'on complétât le parc, celui- ci étant peu employé même pendant les années de trafic plus intense. En 1965, année de trafic record, le kilométrage moyen par locomotive à vapeur ne dépassait pas 05 km et la capacité nette par train n'était en moyenne que de 31 tonnesL , chiffre qui est tombé à 33 tonnes en 1966. Si le parc ferroviaire est sous-utilisé,c'est en partie à cause de sa trop forte capa- cité, mais plus encore en raison du déséquilibre de la répartition du trafic, de son caractère saisonnier et des fortes fluctuations enregistrées d'une année à l'autre. Les Chemins de fer ont demandé au Gouvernement français de détacher auprès d'eux un expert de l'exploitation ferroviaire qui les aide- rait à améliorer l'efficacité de l'exploitation; toutefois, au moment de la visite de la mission, ils ntavaient pas encore reçu de réponse. 34. Jusquten 1965, un an avant la mise en service du premier tronçon de la nouvelle ligne, le personnel permanent des Chemins de fer a augmenté lentement, passant de 1.240 employés en 1951 à 1.600 en 1965, soit à un taux moyen inférieur à 2% par an. Ensuite, l'exploitation de la nouvelle ligne ayant commencé, les effectifs (Tableau 9.9) ont progressé de 49%, passant a 2.385 en 1968. Le personnel des voies a constitué plus de la moitié de l'augmentation et son chiffre a presque doublé. Le personnel administratif a augmenté de 31%, le personnel chargé de l'exploitation, de 25% et les mécaniciens, de 20%. Le Conseil d'administration des Chemins de fer a récem- ment établi le plafond du personnel à 2.500 personnes, mais ce chiffre con- cerne uniquement le personnel permanent, la direction étant assez souple dans le recrutement du personnel temporaire qui compte actuellement 600 personnes. Comme le trafic ferroviaire est peu dense, on peut s'aventurer a suggérer une réduction des effectifs2/, qui devrait cependant faire l'objet d'une étude détaillée afin d'en déterminer l'importance et la répartition par services. Résultats d'exploitation 35. Le trafic de marchandises a été de tout temps la principale source de revenus des chemins de fer; les résultats financiers ne peuvent donc que traduire l'instabilité du trafic des produits agricoles. Tandis que pendant 1/ Chiffres établis par les Chemins de fer; il s'agit du tonnage transporté, divisé par le nombre de trains. On obtiendrait un indice plus valable en calculant le quotient kilomètres-tonnes/kilomètres-trains; ce calcul donne 153 tonnes en 1965 et 76 tonnes en 1966, chiffre toujours assez bas. 2/ Par exemrIe, en 1967, les Chemins de fer sénégalais, où il n'y a pas de pénurie de personnel, ont transporté en gros 5 fois plus de fret et 2 fois plus de voyageurs avec des effectifs plus de deux fois moins nombreux. - lb - la campagne record de 1965, les recettes brutes au titre trafic marchandises (70,6 millions de riels) ont été presque deux fois plus importantes que les recettes provenant du trafic voyageurs (36,6 millions de riels), l'année suivante elles leur ont étéinférieures de près de 20% (28,4 millions de riels contre 34,8 millions de riels). Les autres rentrées, correspondant a environ 15 - 20% du total, proviennent des services, des placements en titres, des rentes et d'opérations diverses telles que l'exploitation d'une scierie et d'imprimeries, dont les Chemins de fer sont propriétaires. 36. A la différence des recettes d'exploitation brutes qui enregistrent annuellement des fluctuations pouvant atteindre 35%, les dépenses d'exploi- tation ont un schéma de croissance beaucoup plus stable et prévisible (Tableau 10.10). Néanmoins, l'augmentation de 21% enregistrée dans les dépenses d'exploitation de 1965 à 1968 est imputable en grande partie (i) à l'augmen- tation de la provision pour amortissement, qui est passée de h à 11 millions de riels et (ii) à l'augmentation du prix des services, de la consommation de carburant et de matériel à la suite de la mise en service de la nouvelle ligne. Le coût des services en 1968 a constitué environ deux tiers des frais généraux et environ 60% des dépenses d'exploitation,proportions relativement élevées. Ces dernières atteindront des niveaux plus acceptables lorsque la nouvelle ligne aura atteint son plein rendement et que des provisions pour amortissement appropriées auront été prévues. 37. De 1953 à 1968, les recettes brutes d'exploitation ont dépassé chaque année les frais généraux, sauf lors des trois médiocres campagnes de 1955, 1962 et 1966. Pendant toute cette période, à l'exclusion de cinq années seulement (1955, 1962, 1966, 1967 et 1968,) les Chemins de fer ont réalisé des bénéfices nets d'exploitation après provisions pour amortissement. Cependant si l'on y regarde de plus près, ces dernières ont été établies à des niveaux tellement bas que les résultats comptables s'en sont trouvés faussés et que les chemins de fer ont perdu la capacité de remplacer leur matériel usagé au moyen de leurs propres fonds de réserve. Jusqu'en 1965, les provisions pour amortissement n'atteignaient pas la moitié du niveau requis, si l'on s'en tient à la valeur comptable non réévaluée des avoirs ferroviaires. Depuis 1966, les provisions pour amortissement ont été cal- culées sur la base de la valeur comptable de la vieille ligne et de l'ancien parc, mais elles sont toujours nettement insuffisantes, la valeur comptable ne correspondant même pas au coût du remplacement des avoirs, compte tenu de deux dévaluations importantes de la monnaie cambodgienne et de l'augmenta- tion générale des prix intérieurs et mondiaux.l Il est donc indispensable de réévaluer les avoirs des chemins de fer si l'on veut déterminer des nro- visions pour amortissement réalistes; cependant, il sera difficile de rat- traper le temps perdu à cet égard, la provision pour amortissement disponible 1/ Même avant la dévaluation d'août 1969, les chemins de fer reconnaissaient que certains wagons de marchandises auraient coûté 15 fois plus que leur valeur comptable et les automotrices, achetées en 1946 et 1951, six ou sept fois plus. - 15 - fin 1968 n'étant que de 27 millions de riels et la concurrence de la route empêchant les chemins de fer de relever leurs tarifs et d'augmenter leurs revenus dtune manière substantielle. Situation financière 38. Comme le révèle leur bilan, résumé dans le Tableau 11, les Chemins de fer se trouvent dans une situation financière extrêmement difficile et serrée; leur dette à long terme au 31 décembre 1968 s'établissait à 1.622 millions de riels, soit plus de quatre fois et demie leurs fonds propres (capital et réserves). Cette situation est due au fait que les fonds destinés à la construction de la nouvelle ligne, de toute évidence supérieurs à la capacité financière interne des Chemins de fer, leur ont été accordés à titre de prêt et non de contribution aux fonds propres. Toutefois, eýception faite d'un prêt de 79 millions de la République fédérale d'Allemagne= , le créditeur des Chemins de fer est en fait le Gouvernement cambodgien par le truchement de sa Caisse nationale d'équipement (CNE). Selon un accord de prêt révisé d'octobre 1966, conclu avec la CNE, l'intérêt (3% par an) court à partir de la date du versement, et à compter de 1970, le principal et les intérêts sont payables en 50 ans par annuités constantes. 39. Dans un rapport officiel en date d'avril 1968, les Chemins de fer ont attiré l'attention du gouvernement sur leur incapacité à payer les inté- rêts pendant la construction et ultérieurement, le principal ainsi que les intérêts; ils ont instamment demandé, à juste titre, que les prêts soient convertis en un apport de capital de la part de l'Etat, celui-ci faisant face aux obligations financières qu'ils ont contractées dans le cadre des prêts. En attendant le règlement définitif de cette question, l'Etat assume les obligations des Chemins de fer au titre du prêt de l'Allemagne et leur a accordé un moratoire de facto pour le remboursement du prêt de la CNE. En échange de la conversion du prêt en fonds propres, les Chemins de fer ont proposé de remettre à l'Etat leur revenu net, après due affecta- tion au fonds de réserve. Quelles sont en fait les perspectives de renta- bilité pour les Chemins de fer? Perspectives d'avenir 40. La nouvelle ligne ayant été mise en service au mois de novembre et non pas au mois de juillet comme il avait été prévu dans le budget, 1969 a été encore une année de transition au cours de laquelle les recettes du trafic sur la nouvelle ligne ont été nettement inférieures aux pré- visions budgétaires. En octobre 1969, les Chemins de fer ont été obligés de demander à l'Etat une subvention en espèces de 15 millions de riels, afin d: résoudre leurs problèmes immédiats de liquidité. Il est donc probable 1/ Au 31 décembre 1968, 7,9 millions de riels seulement avaient été déboursés au titre de ce prêt, comme le montre le bilan (Tableau 9.9). - 16 - que les résultats finals pour 1969 feront apparaitre un déficit d'exploita- tion bien supérieur aux 4,8 millions de riels prévus dans le budget qui ne prévoit même pas pour la nouvelle ligne la constitution de provision pour amortissement (Tableau 9.10). bl. Les possibilités de remédier aux insuffisances du trafic et des opérations sur la vieille ligne étant fort limitées, crest sur la nouvelle ligne que les Chemins de fer devront compter pour améliorer leur situation financière. Les Chemins de fer pensent que sur cette ligne le trafic par régions sera plus équilibré, qu'il y aura moins de variations saisonnières et de voyages à vide, que des trains plus lourds pourront y circuler et que la traction reviendra meilleur marché. Quant à savoir si en dernier ressort la nouvelle ligne sera rentable du point de vue financier, on ne saurait l'affirmer et cela dépendra de la capacité des Chemins de fer à concurrencer efficacement les transports routiers et à relever certains de leurs tarifs. La question de la rentabilité économique est encore plus douteuse. 42. Les quatre principales sources de trafic sur la nouvelle ligne sont (i) le fret import-export transitant par Sihanoukville Port, (ii) le pétrole raffiné à Sihanoukville, (iii) le ciment venant de l'usine de Kampot et (iv) le trafic voyageurs. Pour atteindre ne serait-ce que le seuil de rentabilité financière, les Chemins de fer devront détourner à leur profit une partie importante de ce trafic, monopolisé jusqu'ici par la route qui raccourcit en outre de 17% le trajet entre Phnom Penh et Sihanoukville. Sauf pour ce qui est des besoins locaux de la région de Sihanoukville, les produits pétroliers raffines passeront très probablement au transport ferroviaire qui offre des taux attrayants et des voies privées aux deux extrémités de la ligne: la consommation intérieure du Cambodge absorbant chaque année quelque 250.000 mètres cubes de produits de la distillation du pétrole à 130 riels le mètre cube, les recettes des Chemins de fer pourraient stélever à environ 30 mil- lions de riels. En ce qui concerne le reste du trafic, les projections apparaissent plus incertaines. L3. Non seulement n'existe-t-il pas de projections de trafic valables pour Sihanoukville Port, mais encore la part du transport ferroviaire dans ce trafic apparaît-elle douteuse. Les Chemins de fer ont cherche à conclure un accord avec la SONEXIH (Société Nationale d'Exportation et d'Importation) et la SONAPRI (Société Nationale des Produits Importés) en vertu duquel le transport du riz, du fer, du ciment et de tout autre fret se pretant à la palettisatiorn leur serit. lioerv. La aIA uuclare qu'elle n'y voyait pas d'objection à condition que les chemins de fer soient en mesure d'offrir les mêmes taux et le même service que les camionneurs, notamment un transport ainsi que des opérations de chargement et de déchargement sûrs et rapides. Comme il était de toute évidence difficile aux chemins de fer de prendre des engagements à cet égard et que le sort de la SONEXIM dans le courant actuel de libéralisation est encore en suspens, les négociations ont été ajournées. Néanmoins, les Chemins de fer estiment qu'ils pourraient attirer a eux la moitié ou même les deux tiers du trafic de Sihanoukville Port, soit en gros 300.000 à 400.000 tonnes, ce qui à un taux moyen de 0,75 riel la - 17 - tonne/km leur procurerait de 59 à 79 millions de riels. A moins qu'un tel accord soit conclu et mis à exécution en dépit de la première réaction défa- vorable du Ministère des travaux publics, il semble peu probable que le trafic ferroviaire atteigne le chiffre supérieur de la fourchette. 44. Les Chemins de fer ont fait des prévisions variables concernant le trafic du ciment provenant de l'usine de Kampot, à 166 km au sud de Phnom Penh. A leur avis, le tonnage à transporter serait de 100.000 à 150.000 tonnes, et procurerait de 12 à 19 millions de riels de recettes brutes. Ce chiffre semble optimiste si on le compare avec les recettes totales du trafic marchandises sur le tronçon Phnom Penh-Kampot, qui en 1967 et 1968 n'ont été respectivement que de 1,3 et 0,8 million de riels. 45. En dépit d'une réduction de 40% du prix des billets normaux en faveur des volontaires qui avaient participé à la construction de la nouvelle ligne, le trafic voyageurs sur le tronçon Phnom Penh-Takéo n'a pas répondu à l'attente des Chemins de fer et les recettes de 1968 et 1969 ont été de quelque 9 millions de riels seulement. Avec l'ouverture du tronçon Kampot- Sihanoukville et le retour aux tarifs normaux, les recettes devraient passer à environ 20 millions de riels dans les années à venir. h6. On s'attend que la nouvelle ligne rapporte de 125 à 160 millions de riels, y compris 5 à 10 millions de riels au titre du trafic divers. Il faudra sans doute des années aux Chemins de fer pour atteindre ne fût-ce que le premier chiffre cité, et pour ce faire ils devront adopter une poli- tique commerciale dynamique pour parvenir à se protéger contre la concurrence des transports routiers. 47. Lorsque l'on compare ces estimations des recettes brutes avec celles (i) des frais généraux (environ 60 millions!/ pour la no velle ligne); (ii) des provisions pour amortissement, (environ 60 millions2 de riels au taux antérieur a la dévaluation) et (iii) des interêts sur le prêt de la CNE (environ60 millions de riels), on est forcé de conclure que même en bénéfi- ciant de circonstances extrêmement favorables (du point de vue des Chemins de fer) la nouvelle ligne ne sera pas financièrement viable. Llaffirmation des Chemins de fer selon laquelle ils ne seront pas en mesure de faire face aux obligations financières qu'ils ont contractées dans le cadre de l'accord de prêt de 1966 conclu avec la CNE semble pleinement justifiée. De plus, il est peu probable qu'ils puissent constituer des provisions pour dépré- ciation d'un montant suffisant, calculé d'après le coût de remplacement des 1/ En 1968, les Chemins de fer ont évalué les frais généraux de la nouvelle ligne à 57 millions de riels en se fondant sur ceux de l'ancienne ligne pour la période 1965-67. 2/ Calculés dtaprès un coefficient moyen de moins-value de 3% des coûts d'investissement y compris les intérêts pendant les travaux. - 18 - avoi.rs, du moins avant un certain nombre d'années. Les tarifs en vigueur ne le permettent pas, et les Chemins de fer ne peuvent pas les relever substan- tiellement sans s'exposer à la concurrence de la route. 48. Investissements futurs: Maintenant que la nouvelle ligne est presque terminée, les Chemins de fer se tournent vers les investissements nécessaires à la remise en état de l'ancienne ligne. Les structures et les ponts notam- ment doivent être renforcés de toute urgence afin que le matériel roulant neuf puisse circuler sur les deux lignes. Les Chemins de fer établissent des plans et des estimations de coût pour les travaux de consolidation. Ils auront par la suite des problèmes de remplacement des voies et du matériel roulant. Toutefois, en raison de la pénurie totale de fonds de renouvellement, aucun nlan d'investissement et aucune estimation de coût n'avaient été éta- blis au moment où la mission était sur place. Un plan de ce genre devrait reposer sur (i) un schéma d'exploitation intégrée pour l'ancienne et la nouvel- le lignes , qui permette la pleine utilisation du nouveau matériel roulant et (ii) une évaluation soigneuse des gains économiques des investissements faite à partir de la comparaison avec le coût et les besoins d'investissement des transports routiers. -19- D. LES FORTS h9. C'est depuis 1960 seulement que le Cambodge dispose d'un port de mer pour son commerce d'outre-mer, qui transitait auparavant exclusi- vement par le port fluvial de Phnom Penh, situé à 332 km de l'estuaire du Mékong. La décision de construire un port de mer s'est révélée oppor- tune, la navigation sur le Mekong ayant été sérieusement compromise par la guerre du Viet-Nam. Depuis novembre 1966, les bateaux transitant par le Viet-Nam doivent naviguer en convois hebdomadaires et sont donc exposés à des retards importants. 50. Depuis 1960, le trafic des ports de Phnom Penh et de Sihanoukville s'est établi comme suit (en tonnes): Phnom Penh Sihanoukville Total 1960 842.000 34.700 876.700 1961 741.000 95.500 836.500 1962 898.000 166.300 1.064.300 1963 962.500 369.600 1.331.600 1964 707.800 714.800 1.422.600 1965 595.400 754.600 1.350.000 1966 517.100 548.500 1.065.600 1967 535.200 545.200 1.080.hco 1968 453.100 747.800 1.200.900 1969 (9 mois) 227.700 358.300 1/ 586.000 1 Non compris 392.000 tonnes de pétrole empruntant la ligne maritime appar- tenant à la raffinerie située à 11 km au nord de Sihanoukville. Port de Phnom Penh 51. La part de Phnom Penh dans le trafic a reculé considérablement au profit de Sihanoukville. Tout d'abord, Phnom Penh ne s'occupe plus que du trafic ayant pour origine ou destination l'Extrême-Orient, à savoir Saigon, Singapour, l'Indonésie, Hong Kong et le Japon. Ensuite, le trafic à destination ou en provenance des pays socialistes hostiles au Viet-Nam du Sud est détourné sur Sihanoukville. Troisièmement, depuis l'ouverture de la raffinerie de Sihanoukville fin 1968, Phnom Penh a définitivement per- du le trafic d'importation du pétrole: en 1967 et 1968 les importations de produits de la distillation du pétrole ont constitué respectivement 46% et 50' du trafic total de Phnom Penh. Néanmoins, il ne faudrait pas sous-estimer l'importance future de Phnom Penh dans le trafic maritime du Cambodge, car sa proximité des prin- cipaux centres de production et de consommation lui donne un net avantage sur Sihanoukville Port, notamment pour ce qui est du trafic avec les ports de l'Extrême-Orient. Bien que les deux ports n'aient fait l'objet d'aucune étude comparée systématique et que les projections de trafic sures fassent -20- de toute évidence défaut, Phnom Penh pourrait récupérer une part importante du trafic transitant à présent par Sihanoukville dès que la guerre du Viet-Nam s'apaisera et que la navigation deviendra plus facile sur le Bas- Mékong. 53. A l'heure actuelle, les installations de mouillage de Phnom Penh Port consistent en deux jetées de béton armé d'une longueur totale de 183 mètres, et de quatre pontons en acier de 40 mètres chacun. Il existe en outre 24 pontons destinés aux embarcations fluviales et aux chalands. La profondeur du fleuve est comprise entre 5 et 7 mètres entre l'estuaire du Mékong et Phnom Penh; le tirant d'eau maximum des embarcations qui peuvent y naviguer à marée haute est limitée dans l'estuaire à 4,1 mètres en avril et à 5,1 mètres en septembre. Le port de Phnom Penh accueille des navires jaugeant jusqu'à 4.000 tonneaux nets mais, en moyenne, 2.000 à 2.500 tonneaux. Après avoir atteint un maximum de 625 en 1962 et 1963,le nombre des navires relâchant au ort est tombé à 279 en 1968 et n'aura pas dépassé 200 en 1969 (Tableau 9.12 . 54. En 1962, le port de Phnom Penh a été établi en tant qu'entité autonome disposant de son propre budget et dirigé par un conseil coiffé par le Minis- tre des travaux publics. En dépit du recul enregistré dans le trafic depuis cinq ans et des difficultés pratiques résultant du système des convois hebdo- madaires, le port est parvenu à fonctionner de façon rentable, bien que les ta- rifs n'aient pas été modifiés depuis 1958. Deux éléments principaux sont en cause: tout d'abord, en 1967, la Chambre de Commerce de Phnom Penh a re- mis au port la gestion et les recettes importantes des entrepôts publics; ensuite, l'amortissement ne concerne que les avoirs acquis après que le port soit devenu autonome en 1964, tous les autres avoirs étant considérés amortis. l/ Les fonds de réserve, qui sont actuellement de quelque 14,5 millions de riels (y compris les bénéfices nets disponibles fin 1968) se- raient absolument insuffisants pour remplacer les installations, mais la Direction du Port ne voit pas de raison péremptoire pour les gonfler sou- dainement, car ils sont déposés auprès du Trésor et ne rapportent rien. En outre,elle compte sur l'Etat pour que celui-ci lui fournisse les fonds néces- saires, au cas où une expansion importante serait décidée. A la suite de la dévaluation survenue au mois d'août 1969, certains tarifs seront cependant peut-être augmentés. 55. Le Japon a manifesté un certain intArit . l'égard du développement du port de Piuu Penh et dt son transfert du Ioilé 5ap vers un rouvel emplace- ment situé sur le Kékong (à faible distance de l'emplacement actuMel). Il a en effet participé à une étude préliminaire économico-technique en 1965-66. Ce projet dont la réalisation se serait inscrite dans un plan d'urbanisa- tion aurait permis à des bateaux de plus fort tirant de relâcher à Phnom Penh; 1/ Les deux jetées en béton armé ont été construites en 1952 et 1960 respecti- vement et n'auraient pas pu être entièrement amorties en 1964. -21- son exécution a cependant été remise sine die pour des raisons financières et politiques. Il aurait notamment nécessité le dragage de l'estuaire du Mékong par le Viet-Nam du sud, en exécution d'un accord international conclu entre les deux pays. Sa réalisation coûterait, selon les estimations, environ 240 millions de riels au taux postérieur à la dévaluation; il pré- voit la construction de quatre jetées de 120 mètres,d'entrepôts et de routes d'accès, ainsi que l'acquisition d'équipement de manutention et autre. En raison de la diminution très sensible du trafic enregistrée depuis 1965, il n'y a cependant pas de risque immédiat d'encombrement à Phom Penh; à l9avenir, le développement des ports de Phnom Penh et de Sihanoukville devrait être étudié parallèlement. Port de Sihanoukville 56. Le site de Sihanoukville Port a été choisi en 1956 en raison de la profondeur de ses eaux, qui permet le passage de navires d'un tonnage réel de 10.000 à 12.000 tonneaux par le chenal d'entrée et la jetée, et parce qu'il était protégé contre les lames du golfe du Siam par un chapelet d'Îles situées à l'ouest. Au cours de la première phase, portant sur quel- que 400 millions de riels, Sihanoukville Fort a été doté d'une jetée de 285 mètres de long et de 28 mètres de large comptant deux mouillages de chaque côté, et de deux entrepôts de 120 mètres sur 54 mètres. Le trafic ayant rapidement dépassé les projections initiales, une deuxième phase a été entreprise en 1964. Elle comprenait la construction de deux quais (de 350 mètres de long), d'un évitage de 500 mètres de diamètre, de deux entre- pôts et de deux brise-lames d'un coût total d'environ 600 millions de riels. A cette occasion, Sihanoukville Port a également fait l'acquisition d'une drague qui a été livrée en avril 1967. Cependant en raison d'un litige entre le Port et le fournisseur français, au sujet de la bonne marche de la drague, celle-ci n'avait pas encore été réceptionnée officiellement en no- vembre 1969. Entre-temps, l'ensablement a fait baisser le tirant de l'évi- tement et des nouveaux quais de 10 mètres à 6,50 mètres, et de ce fait les deux nouveaux postes à quai n'ont pas été pleinement utilisés. On espérait que la question pourrait être réglée avant fin 1969 avec le fournisseur fran- çais, et que les travaux d'approfondissement de l'évitement pourraient com- mencer sans autre délai. 57. Comme il ressort du paragraphe 50 et du Tableau 9.13, le trafic s'est situé autour de 750.000 tonnes en 1965 et en 1968. Pendant les neuf premiers mois de 1969 il est tombé brusquement, et il est probable qu'il ne dépassera pas 500.000 tonnes pour l'ensemble de l'année. Ce recul est im- putable aux mauvaises récoltes et à des difficultés de balance de paiements. Bien que la Direction du port n'ait pas fait de projections de trafic, elle a le sentiment que la capacité actuelle qu'elle estime à 600.000 tonnes par an est insuffisante et devrait être augmentée. Cette estimation de la capacité du port est toutefois fondée sur une capacité moyenne de 100.000 tonnes par poste à quai, chiffre peu élevé, non seulement si on le compare à des ports d'importance similaire mais aussi aux résultats enregistrés depuis cinq ans à Sihanoukville Port. Lorsque les deux nouveaux quais seront entièrement utilisables, et en admettant qu'ils seront utilisés dans des -22- conditions normales d'efficacité, le port devrait avoir une capacité suf- fisante pour absorber un trafic de l'ordre d'un million de tonnes par an. De plus, le port de Phnom Penh a une certaine capacité excédentaire qui pourrait être utilisée en cas d'urgence. Il s'ensuit que l'on dispose des délais nécessaires pour entreprendre l'étude approfondie des perspectives du trafic avant de poursuivre l'expansion des installations portuaires. Cette étude devrait envisager parallèlement le développement du port de Sihanoukville et celui de Phnom Penh; s'il apparaît que c'est avant tout à cause du projet d'aménagement d'une zone industrielle à Sihanoukville que l'on se propose de développer le port, il vaudra mieux attendre des préci- sions à ce sujet avant d'entreprendre les travaux d'agrandissement. - 23 - E. LA BATKTUMIE 58. La batellerie a joué de tout temps un rôle important dans le système de communications du Cambodge. Elle a peut-être été supplantée par la route et le rail, mais son rôle est loin d'être , négligeable. Dans certaines régions, notamment sur la rive gauche du Mékong et du Tonlé Sap, le transport fluvial est toujours le seul moyen de communication possible avec le reste du pays. Cependant, comme dans bien des pays, il est difficile d'obtenir des statistiques sûres con- cernant le trafic fluvial intérieur et donc impossible de comparer en pleine connaissance de cause les différents modes de transport; néanmoins, la longueur et la profondeur des cours d'eau navigables et l'importance de la flotte enregistrée témoignent de la vitalité de la batellerie du Cambodge. 59. Quelque 660 km de cours d'eau (équivalant à la longueur du réseau ferroviaire) sont navigables pendant l'année entière, tandis que 930 km sont ouverts a la navigation des chaloupes à moteur pendant la saison des crues. Les principaux cours d'eau sont le Mékong (jusqu'à Kratié), le Tonlé Sap et le bassac. Les navires de haute mer peuvent emprunter le Mékong sur quelque 200 km à partir de la frontière vietna- mienne jusqu'à Kompong Cham, et les restrictions de tirant d'eau sont de 4 à 5 m pendant la saison sèche. Si l'on remonte plus au Nord vers Kratié, ces restrictions descendent jusqu'à 1,5 m, ;t limitent la navigation aux embarcations plus petites. Entre Phnom Penh et Kompong Chhnang,le Tonlé Sap (90 km) est ouvert à la navigation des chaloupes a moteur de 50 tonneaux tandis que le Grand Lac est accessible aux cha- loupes plus petites (de 5 à 25 tonneaux) et aux bateaux de pêche. Du fait de l'irrégularité de son cours et de seschenaux eten raison de la concurrence de la route, le Bassac (90 km) a perdu de son importance et a présent est emprunté principalement par des jonques et des chalands pour le transport de matériaux de construction et de bois. Les autres rivières navigables toute l'année se situent principalement dans les provinces c6tières. 60. La flotte immatriculée comprend 824 chaloupes à moteur dont 220 pour le transport mixte et 604 transportant uniquement des marchan- dises. Si quelques bateaux ont une licence leur permettant de transpor- ter jusqu'à 250 passagers ou jusqutâ 120 tonnes de marchandises, la capacité moyenne est relativement faible (68 passagers et 8,6 tonnes). En fait, une proportion appréciable des chaloupes à moteur servent à remorquer les jonques et les chalands, dont 2.400 jaugeant plus de 16 tonneaux sont enregistrés officiellement. L'importance de la flotte est restée stable pendant un certain nombre d'années mais la proportion des petites embarcations (7 à 10 tonnes) est en augmentation; néanmoins, - 2h - depuis une dizaine d'années, une large part des embarcations à vapeur ou a essence ont été remplacées par des bateaux à moteur diesel. 61. Les navires de transport des voyageurs sont soumis au même régime de licences d'itinéraires que les autobus. Quotidiennement, quelque 60 bateaux réguliers s'arrêtent à Phnom Penh Port, qui en 1968 a vu embarquer ou débarquer environ 700.000 voyageurs. Les lignes régulières vont jusqu'à Kompong Chhnang (100 km en 8 h. environ) et à Kratié (212 km en 15 h. environ). Les billets de bateau sont deux fois moins chers que les billets d'autobus. Si l'on considère que la batel- lerie enregistrée a une capacité de 15.000 passagers, et que chaque bateau parcourt en moyenne de 15 à 25 km par jour en pleine charge, le trafic passagers pourrait atteindre annuellement quelque 80-140 millions de passagers-km alors que les chemins de fer ont réalisé 173 millions de voyageurs-km en 1968. De même, si l'on s'en tient à la capacité enregistrée des chaloupes, des jonques et des chalands (environ 120.000 tonneaux), le trafic de marchandises sur les cours d'eau intérieurs est probablement intense; il serait toutefois difficile d'en faire l'estima- tion en l'absence d'indicateurs d'utilisation. Néanmoins, les installa- tions de mouillage dans les ports fluviaux étant généralement rudimentaires et inefficaces, il est peu probable que l'utilisation de la flotte soit élevée. Les marchandises transportées par voie fluviale comprennent le riz et d'autres produits agricoles, des matériaux de construction, du bois, du charbon de bois, des poteries, du poisson et du bétail. Les tarifs sont généralement inférieurs au maximum autorisé, qui est de 1,0h riel la tonne/km. 62. A l'exception de quelque 4 millions de riels de dépenses annuel- les d'entretien sur le Bas-Hékong, aucun crédit n'a été affecté depuis plusieurs années à l'entretien ou au développement des voies navigables. Les installations de mouillage sont généralement entre les mains d'enti- tés privées. Vu l'importance de la batellerie, l'Etat aurait intér6t à s'efforcer d'améliorer la navigabilité des cours d'eau; la première mesure consisterait à faire une étude des transports fluviaux. - 25 - F. L'AVIATION CIVILE Aéroports et trafic 63. Bien que le Cambodge ne possède pas moins de 26 aérodromes, presque tous les transports civils aériens s'effectuent à partir des deux grands aéroports de Phnom Penh (Pochentong) et de Siemréap. Il n'y a pas, pour l'instant, de liaisons régulières avec d'autres aéro- ports; ceux-ci desservent le trafic administratif, militaire et parfois privé. Les distances entre les grandes villes sont trop faibles et la clientèle éventuelle des lignes aériennes trop réduite pour que le transport aérien intérieur puisse doubler économiquement le chemin de fer et la route. En fait, le trafic concerne actuellement surtout les voyages internationaux, et les touristes étrangers sont les principaux clients de la seule ligne intérieure régulière de Phnom Penh à Siemréap. 6h. Le trafic voyageurs des aéroports de Phnom Penh et de Siemréap a rapidement augmenté. Pendant la période 1968-1969, les mouvements d'appareils ont augmenté de 6% par an à Pochentong, tandis que le nombre de voyageurs progressait de 15,5% par an et passait de 30.000 à 127.000 1/ (Tableau 9.l). A Siemréap, le chiffre des voyageurs est passé de 27.200 en 1966 à 47.700 en 1968, soit une augmentation de 70% en deux ans. Les statistiques correspondant au premier semestre de 1969 révèlent une nouvelle augmentation de 33% du trafic voyageurs total pendant le premier semestre de 1968. Avant que Siemréap n'accueille les Boeing 707 en novembre 1969, Pochentong était le seul port d'arrivée du trafic international. La moitié des passagers poursuivant leur voyage par avion jusqu'à Siemréap, il est probable que l'aéroport de Siemréap va devenir plus important que celui de Pochentong, car une partie des touristes gagneront directement Siemréap-Angkor, où se trou- vent les prestigieux sites touristiques du Cambodge. Le trafic marchan- dises, qui n'a pas atteint 1.000 tonnes en 1968, reste négligeable. 65. Depuis six ans, la rajeure partie des investissements consa- crés à l'infrastructure aérienne (256 millions de riels) a été utilisée pour le développement de l'aéroport de Siemréap, qui a bénéficié de . l'assistance financière et technique de la. Chine continentale et de la France. La piste d'atterrissage (2.550 mètres sur 45 mètres) peut rece- voir des avions du type Boeing 707, mais l'aérogare est déjà trop petite pour accueillir les nombreux voyageurs; elle devra être agrandie et conçue 1/ Ce chiffre comprend les arrivées et les départs de passagers, mais non les passagers en transit. - 26 - d'une manière plus fonctionnelle. A Pochentong, les investissements (64 millions de riels) ont été consacrés (i) à l'allongement de la piste d'atterrissage, qui a été portée de 2.400 à 3.000 mètres (sa largeur n'est que de 40 mètres et ne correspond pas aux normes inter- nationales), et (ii) à l'agrandissement du parc de stationnement et à des travaux divers. En outre, l'aéroport de Sihanoukville a été doté d'une tour de contrôle, celui de Stung Treng d'une nouvelle piste d'atterrissage (1.250 mètres sur 40 mètres) ainsi que d'une aérogare, et celui de Kompong Cham d'une aérogare. 66. Des investissements d'environ 300 millions de riels sont nécessaires pour améliorer les normes de sécurité, actuellement insuffi- santes, des aéroports de Pochentong et de Siemréap et pour augmenter la capacité d'accueil limitée de leurs aérogares. A l'heure actuelle, le contrôle de l'espace aérien du Cambodge est assuré par les services de la circulation aérienne du Viet-Nam. Les relations entre ces deux pays étant tendues, cet arrangement est des moins satisfaisants. De plus, les deux aéroports ont besoin d'un nouvel équipement de lutte contre l'incendie et d'installations de télécommunications. On prévoit égale- ment d'achever le parc de stationnement de Pochentong (40 millions de riels) et de porter de 40 à 45 mètres la largeur de la piste d'envol de Pochentong (30 millions de riels). Au moment où la mission était sur place, une commission gouvernementale étudiait les besoins et les priorités de l'expansion des deux aéroports, sous l'angle de l'accueil éventuel des gros avions à réaction en 1972-1973. Cette expansion devrait être liée à l'augmentation de la capacité hâtelière pour éviter qu'un secteur ne soit en retard sur l'autre. Ensuite, il conviendrait de déterminer si et quand la mise en place d'installations nécessaires à l'accueil de gros avions a réaction se justifierait du point de vue économique, pour lequel des deux aéroports, en estimant le nombre de touristes que perdrait le Cambodge du fait de l'absence de telles instal- lations. Royal Air Cambodge 67. La compagnie nationale de transports aériens du Cambodge (RAC) a été fondée en 1956. Le Cambodge et la France y détiennent respecti- vement une participation de 60% et de 40%; elle a commencé ses opérations en affrétant des avions. A présent, la RAC possède et exploite trois appareils (une Caravelle, un DC-6 et un DC-4) sur le trajet Phnom Penh - Siemréap, et sur un certain nombre d'itinéraires internationaux en direc- tion notamment d'Hong Kong, de Singapour, de Bali et de Canton. Le trafic est passé rapidement de 27.300 passagers en 1964 à 70.600 en 1968, augmentant en moyenne de 27% par an. Sauf en 1966, la RAC a travaillé à perte pendant la période 1965-1968, ce qui a drainé considérablement ses liquidités. Avec la disparition des écarts de taux de change, la - 27 - situation devrait s'améliorer à mesure que les recettes au titre du trafic international seront changées à la nouvelle parité qui correspond a présent a celle qui était utilisée pour calculer les provisions pour amortissement des appareils achetés en francs français. 68. La RAC prévoit ltacquisition d'une deuxième Caravelle en 1970 ou 1971. Ici encore, l'insuffisance de la capacité hôtelière, notamment à Angkor, risque de constituer un goulet d'étranglement pour l'expansion du trafic; d'autre part, la concurrence d'un nombre croissant de lignes aériennes étrangères ayantle droit c'atterrir au Cambodge pourrait limiter la part du marché prise par la RAC. - 28 - Annexe II: ENERGIE TABLES DES MATIERES Page A. Historique 29 B. Structure actuelle du secteur 30 C. Investissements réalisés 33 D. Installations existantes 33 Puissance installée 33 Lignes de transport 34 Distribution 34 Consommation et tarifs 35 E. Evolution des besoins 35 Région sud-ouest 36 Région nord-ouest 41 F. Conclusions 43 - 29 - Annexe II: ENERGIE A. Historique 1. Lorsque le Cambodge était encore administré par la France, toutes les activités intéressant la fourniture d'électricité et d'eau dépendaient du Service des Travaux Publics. Cependant, il n'existait jusqu'en 1929 aucune distribution publique d'électricité. Cette année-làa, deux sociétés privées, la Compagnie des Eaux et de l'Electricité d'Indochine (CEE) et l'Union Electrique d'Indochine (UNEDI) appartenant au même groupe français, se sont vues accorder les Concessions pour la production et la distribution de l'électri- cité à Phnom Penh et dans 7 autres grandes villes. La Société Franco- Khmère d'lectricité (SFKE) a été créée en 1948 pour exploiter les services publics à Battambang. Plusieurs autres organismes ont pris naissance dans des centres secondaires sous l'égide des collectivités ou sociétés privées locales. 2. Outre ces distributeurs et producteurs d'électricité officiel- lement agréés, un certain nombre de producteurs privés se sont éta- blis au cours des ans, soit du fait de l'absence de réseaux publics (par exemple dans les plantations de caoutchouc) soit pour d'autres raisons telles que l'insuffisance du réseau de distribution public et les tarifs excessifs. 3. Lorsque le Cambodge a obtenu son indépendance en 1953, le Ministère des Travaux Publics a pris la relève du Service des Travaux Publics. Une Direction de l'Hydraulique et de l'Energie (DHE) a été créée au sein de ce Ministère pour diriger la production et la dis- tribution d'électricité et pour controler le développement des sec- teurs de l'énergie et de l'eau. 4. En 1958, le gouvernement a racheté la CEE et l'UNEDI et a institué une Société d'Economie Mixte, l'Electricité du Cambodge (EDC),pour prendre en charge les activités de ces deux sociétés privées. En 1963-64, les activités de l'FDC furent étendues à 7 centres secondaires dont le port maritime de Sihanoukville récenment construit. La Société Nationale des Grands Barrages (SNGB) a été constituée en 1968 pour construire et exploiter tous les futurs bar- rages et centrales hydrauliques du Cambodge. 5. Sur la base des statistiques établies par l'EDC et la SFKE et des estimations effectuées par les producteurs privés, la con- sommation nationale d'électricité peut être décomposée comme suit: Phnom Penh 75% Autres régions desservies par l'EDC 9% SFKE (Battambang) 3% Centres secondaires 3% Producteurs privés 10% Consommation nationale lo07 - 30 - Pour les dix dernières années, les seules statistiques dis- ponibles sont celles qui intéressent les régions desservies par l'EDC et la SFKE, qui représentent 87% de la consommation natio- nale et 96% de la distribution publique. De 1958 à 1963, la demande annuelle moyenne a progressé d'environ 13 dans ces deux régions; la consommation a diminué légèrement en 1964-65 et le taux moyen d'accroissement s'est établi depuis lors aux environs de 5% par an. Ce ralentissement peut s'expliquer en partie par la politique de nationalisation appliquée par l'Etat dans divers secteurs de l'éco- nomie, et en partie par la surcharge des systèmes de distribution et par les tarifs élevés. B. Structure Actuelle du Secteur 6. Par l'intermédiaire de sa Direction de l'Hydraulique et de l'Energie (DHE), le Ministère des Travaux Publics administre les services publics de l'électricité et de l'eau (potable et d'irriga- tion). La DHE a un droit de regard sur les entités qui exploitent ces services; elle en établit les règlements administratifs et techni- ques, délivre les concessions et gérances et centralise les renseigne- ments et les statistiques. En tant que responsable de la planifica- tion dans ce secteur, la DHE provoque et coordonne tous les projets afférents à la production, au transport et à la distribution de l'électricité et de l'eau. 7. Les buts suivants ont été dévolus à la Société Nationale des Grands Barrages (SNGB): - étudier, construire et exploiter tous les barrages desti- nés aussi bien à la production de l'énergie qu'à l'irriga- tion; - construire et exploiter tous les travaux auxiliaires de ces barrages, tels que les centrales thermiques complémen- taires, les lignes de transport, les sous-stations, etc. - vendre l'électricité et l'eau provenant de ces barrages; et - prendre en charge tous les problèmes techniques, indus- triels ou financiers en rapport avec les objectifs de la SNGB. Du fait de ces responsabilités, la SNGB pourrait entrer en conflit avec la DHE notamment au sujet des diverses études et pro- jets intéressant le secteur. Cependant, les deux organismes ont un personnel comun,ce qui a permis d'éviter jusqu'à présent ce genre de problème. Actuellement, le rôle de la DHE se borne essentielle- ment à prendre en charge le côté administratif des problèmes alors que leurs aspects financiers et techniques sont confiés à la SNGB. 8. La SNGB est dirigée par un Conseil d'administration dont le président est désigné par le Ministère des Travaux Publics et nommé - 31 - par le gouvernement de même que 7 autres membres du Conseil. Un Cormissaire du gouvernement nom.ié par le Ministère des Travaux Publics et un Commissaire aux Comptes désigné par le Ninistère des Finances assurent le contrôle des opérations de la société. Le capital de la SNGB est constitué par des dotations de l'Etat et ses recettes sont tirées des ventes d'électricité; celles-ci seront ultérieurement complétées par une taxation de l'eau d'irri- gation. La SNGB supiporte les charges des emprunts contractés par l'Etat pour financer les ouvrages qui lui ont été remis. 9. L'Electricité du Cambodge (ED) est dirigée par un Conseil d'administration de 8 membres qui élit son propre président. L'2tat désigne les administrateurs qui le représentent et les autres sont élus par l'Assemblée générale des actionnaires. le contrôle finan- cier est assuré par deux contrôleurs, l'un désigné par l'Etat et l'autre choisi par l'Assemblée générale des actionnaires. A l'heure actuelle, le capital de l'DC s'élève à RC 225 millions ($41 millions), dont 85ý appartiennent à l'Etat. De par ses statuts, l'EDC a pour buts: - d'assurer la production, le transport, la distribution, l'impoortation et l'exportation de l'énergie électrique dans le pays; - d'exécuter tous les travaux d'extension et d'amélioration des ouvrages nécessaires pour les besoins de la population, de l'industrie, du commerce et de l'agriculture; - d'assurer la vente et la fabrication de tous les produits, matériels et outillages électriques et mécaniques; et - d'acheter tous les brevets, licences ou marques déposées et d'en assurer l'exploitation. 10. Il faut noter que ces deux dernières tâches sortent des fonctions d'un organisme public producteur et distributeur d'électri- cité et qu'elles ne devraient donc pas être incluses dans les statuts de l'EDC. Il faut également souligner qu'il existe une source de conflit d'intérêts entre la SITGD et l'EDC, qui sont toutes deux char- gées d'assurer la production et le transport de l'électricité au Cambodge. Il n'existe aucune raison apparente pour que la SNGB exploite les centrales hydro-électriques et éventuellement les "cen- trales thermiques complémentaires", alors que la gestion des autres centrales thermiques incombent normalement à l'EDC. L'EDC conçoit et réalise ses propres projets pour le développement de la production d'électricité thermique alors que la SNGB se charge des projets de centrales hydro-électriques. 11. Comme exemple de ce manque de coordination, l'2DC c augmenté jusqu'à 45 Mi la capacité de ses centrales thermiques au moment où la SEIGB devenait capable de fournir de l' énergie hydraulique à la -32- région de Phnom Penh d'abord à partir du barrage Kirirom et ensuite à partir de celui de Prek Thnot; pourtant, la capacité de pointe à l'époque (1968) n'atteignait que 20 N. En effet, il était bien connu à l'époque que l'augmentation de la consommation d'électricité était freinée par deux goulets d'étranglement: les tarifs élevés ainsi que la vétusté et la surcharge du réseau de distribution. Une meilleure coordination entre ces deux organismes aurait permis a l'EDC de réduire ses investissements dans les centrales thermiques et d'augnenter son budget de renforcement, de modernisation et d'ex- tension du réseau de distribution. 12. Un tel manque de coordination devra ftre évité à l'avenir par une redistribution judicieuse des responsabilités. Pour ren- forcer la cohésion et la coordination entre ces deux organismes, il serait dêjà utile qu'ils aient un ou plusieurs administrateurs en comrrun et peut-être même un bureau d'étude commun. Toutefois, pour résoudre ce problème de façon durable, l'Etat devrait envisager de redéfinir les statuts de l'EDC et de la SNGB afin d'assurer une division plus rationnelle de leurs tâches futures. 13. La Société Franco-Khmère d'Electricité (SFKE) est une société privée qui produit et distribue l'électricité à Battambang. Sa con- cession est sur le point d'expirer et l'Etat nta pas encore décide s'il va la renouveler ou la transférer à l'EDC. A l'heure actuelle, le capital de la SFKE s'élève à RC 2 millions ($360.000). 14. Dans 59 centres secondaires, les services publics sont exploi- tes soit par les municipalités soit par des aociétès privées locales. La distribution ne se fait que pendant plusieurs heures par jour et l'électricité est facturée à un taux déterminê en fonction du nombre de foyers lumineux dont dispose chaque consommateur, ces centres n'ayant aucun consommateur industriel. L'emploi des compteurs devra être généralisé lorsque la durée de distribution sera augmentée. 15. Le personnel de la SNGB/DHE ainsi que celui de l'EDC semble être techniquement qualifie. Les ingénieurs dont le nombre parait être un peu inférieur aux besoins ont été formes dans des universités étrangères et sont envoyés de temps à autre dans des pays étrangers en stage. L'EDC dispose d'une école professionnelle moderne installée par l'Electricité do Frnceet cià e 'éAquipe et les ouvriers reçoivent une formation spécialisée. Bien que le persouiel de la SNGB/DHE et de l'EDC soit capable d'exploiter les services publics au Cambodge, il lui faut faire appel à des consultants pour l'exécu- tion des projets et des études spéciales et pour l'amélioration de l'administration et de l'organisation. La mission permanente du PNUD au Cambodge s'efforce actuellement de réaliser une meilleure coordination dans les plans de développement du secteur et apporte également son assistance à la DHE et à la SNGB. - 33 - C. Investissements réalisés 16. Corime indiqué dans le paragraphe 4, l'EDC a hérité des biens financés par les sociétés françaises qui jusqu'en 1958 assuraient les services publics à Phnom Penh et dans divers autres centres. Ces biens étaient constitués par les centrales diesel et les réseaux de distribution a moyenne et basse tensions. Phnom Penh ne disposait que d'une seule centrale diesel située au nord de la ville et dont la capacité installée était de 10 M11. L'EDC en a accru la capacité jusqu'à 22,5 MI et a construit au sud une nouvelle centrale a vapeur dont la capacité initiale était de 5,3 MVI en 1961 et atteignait 23,5 MI en 1966. Depuis lors, la capacité de cette centrale a été ramenée à 18 MW après que deux groupes a vapeur aient été vendus à un producteur privé et que 3 groupes diesel aient été transférés à Simrap, lorsque l'énergie du Kirirom est devenue disponible à Phnom Penh. De nouveaux réseaux de distribution ont été mis en place dans la banlieue et dans les nouveaux ensembles, mais il semble qu'aucun investissement important n'ait été apporté aux réseaux ini- tiaux du centre-ville. L'EDC a construit l'immeuble de son siège social dans le centre de Phnom Penh et a récemment édifié l'école professionnelle mentionnée ci-dessus. 17. Dans les petits centres, les investissements ont apparamment été limités au minimum nécessaire pour maintenir la capacité des centrales au niveau requis pour satisfaire la demande des consomma- teurs. Aucune mesure importante n'a été prise pour améliorer la capacité de distribution. 18. A Battambang, la capacité de la centrale diesel était de 1,0 MW en 1957 et atteint maintenant 1,8 MU. Le réseau de distri- bution ne semble pas avoir subi de modification importante au cours des dernières années. 19. Le premier investissement effectué par la SNGB a été le barrage de Kirirom uniquement destiné à produire de l'électricité, ainsi que la ligne de transport 110 kV du barrage jusqu'à Phnom Penh. Le coût total de ces travaux s'est élevé aux environs de 10 millions de dollars. La SNGB a récement lancé la construction du projet Prek Thnot comportant une puissance installée de 18 MI1. Le coûât total de la première tranche des travaux atteindra environ 28 millions de dollars financés à concurrence de 19,3 millions de dollars par des prêts et dons extérieurs en provenance de 12 pays différents. D. Installations existantes Puissance installée 20. La puissance installée des centrales existantes se décompose comme suit: -34 - Centrale hydraulique de Kirirom 10,0 Kw (50 GWh par an) Centrale diesel de Phnom Penh Nord 22,5 MW (EDC) Centrale à vapeur de Phncm Penh Sud (EDC) 18,0 xw Total de Phnom Penh 50,5 MW (puissance de pointe en 1968: 20 MW) Centrale diesel de Simiréap (EDC) 2,5 MW (puissance de pointe en 1968: 0,8 MW) Centrale diesel de Sihanoukville (EDC) 1,0 MVW (puissance de pointe en 1967: 0,8 MW) Centrale diesel de Battambang (SFKE) 1,8 MW (puissance de pointe en 1967: 0,8 M) En 1972, l'agglomération de Phnom Penh disposera en outre de la production de la centrale hydraulique de Prek Thnot, à savoir 18 MW (50 GWh par an). Dans les centres moins importants, la puissance installée est inférieure à 1 MW par centre. Les producteurs privés disposent d'une puissance totale d'environ 12 MW à Phnom Penh et de 8 MW dans les provinces; ce total de 20 M semble important compte tenu de leur consommation moyenne. Lignes de transport 21. La première ligne de transport est entrée en service en 1968 et relie Kirirom A Phnom Penh (110 In). Ses caractéristiques sont les suivantes: pyl^nes métalliques, câbles aluminium-acier, 110 kV, capacité optimale 30 MW (Kirirom 10 MW et Prek Thnot en cours d'ins- tallation, 18 MW). Il n'existe aucun réseau d'interconnexion. Distribution 22. Deux réseaux de distribution sont en service dans la région de Phnom Penh: celýi e, i-ntre oui Ast le réseau initial (1929), biphasé 2xh.400/2x220 volts et celui de la banlieue et des nouveaux quartiers, triphasé 15.000/380-220 volts. L'interconnexion entre les deux réseaux est limitée par la puissance des transformateurs Scott (2,5 }lW pour une charge supérieure à 20 MW). En fait, les deux systèmes fonctionnent indépendamment, le réseau biphasé étant alimenté par la centrale nord et le triphasé par la centrale sud et celle de Kirirom. De ce fait, il est impossible d'utiliser la totalité de la production de Kirirom à laquelle s'ajoutera celle de Prek Thnot dans quelques années. Le réseau biphasé est maintenant surchargé, les chutes de tension atteignent 30 à 40% et les coupures sont fréquentes. - 35 - 23. Dans les centres secondaires, la majorité des réseaux de distribution sont en basse tension (220 volts). Toutefois la tension de 6,3 kV est utilisée à Battambang et Sihanoukville et une ligne de 15 kV vient d'être mise en service à Sienrtap entre la centrale et le nouvel aéroport international; cette dernière alimentera les h6tels de la région d'Angkor. Consommation et tarifs 24. Dans les régions desservies par l'EDC et la SFKE, la consom- mation totale s'est élevée à 75 millions de kWh en 1967 et a probable- ment atteint 83 millions de kWh en 1969. L'éclairage et les usages domestiques représentent 70% du total, l'éclairage public 3%, et l'industrie seulement 18p; 35% des consommateurs utilisent moins de 50 kWh par mois, 58% consomment moins de 100 kWh et seulement 2% ont une consommation supérieure à 1.000 kwh par mois. Le facteur de charge de tous les systèmes est d'environ 55% et le facteur de puissance est très faible, soit près de 0,7. 25. A Phnom Penh, l'électricité domestique coûte RC 3,96/kWh ($0,072) et l'électricité industrielle environ RC 2/kWh ($n,036). Ces tarifs, surtout celui de l'industrie, paraissent être excessifs lorsqu'on les compare aux tarifs en vigueur à Bangkok qui sont environ moitié moins élevés. Dans les provinces, l'électricité coûte encore plus cher puisque les tarifs respectifs sont RC 6,325/kWh ($0,115) et RC 4/kWh ($0,072). 26. L'Electricité de France vient d'achever pour le compte du PIUD une étude de tarifs qui a été soumise à l'approbation du gouver- nement. Les nouveaux tarifs qu'elle propose devraient entrer en vigueur au début de 1970 et devraient normalement entraîner une augmentation sensible du nombre des branchements particuliers à Phnom Penh et dans plusieurs autres villes. E. Evolution des besoins 27. L'étude du développement de l'énergie au Cambodge se présente de manière assez inhabituelle. Comme l'économie nationale revêt un caractère essentiellement agricole, l'irrigation est l'objectif prin- cipal de la DHE et de la SNGB. Etant donné toutefois que les travaux d'irrigation éventuels ne risquent pas d'avoir une rentabilité propre avant un certain temps, la SNGB a eu pour principe d'adjoindre la production d'électricité aux ouvrages d'irrigation afin de procurer des recettes immédiates a ses investissements. Mais elle semble avoir négligé la nécessité de créer des débouchés pour cette nouvelle éner- gie hydraulique. C'est ainsi qu'à l'heure actuelle, le problème principal est de créer des débouchés pour l'énergie hydraulique de Kirirom et Prek Thnot et de coordonner les divers projets de barrage avec le développement prévu pour l'industrie, le tourisme et d'autres secteurs. - 36 - 28. A longue échéance, il est évident qu'un réseau national 220 kV sera nécessaire pour repartir l'énergie entre les divers centres de consommation et qu'il faudra concentrer la production d'énergie ther- mique d'appoint dans un nombre réduit de centrales. 29. Dans un premier temps, étant donné les divers projets à l'étude (barrages, plans de développement industriel, tourisme,etc.), on peut distinguer deux centres principaux de consommation: (i) la région sud-ouest avec Phnom Penh, Sihanoukville (port maritime et futur centre industriel et Kampot (cimenteries); et (ii) la région nord-ouest avec Battambang (industries textile et sucrière) et Siemréap Angkor, où le tourisme est en plein essor. Les sources de production d'énergie en perspective et le déve- loppement de la consommation sont étudiés ci-dessous pour chacune des deux régions. Région sud-ouest 30. Comme indiqué ci-dessus, la capacité de production atteint actuellement 50,5 MW y compris la centrale hydraulique de Kirirom dont la capacité maximale de 10 MW sera rarement atteinte (les capacités moyenne et minimale seront respectivement de 5,5 EW et 3 MW). 31. Le barrage de Prek Thnot fournira une capacité supplémen- taire de 18 MW (maximum), ' MW (moyenne) et h MW (minimum) à partir de 1972. Ceci portera la capacité hydraulique à 28 MW maximum et 7 MW minimum en 1972. La production annuelle d'énergie devrait s'établir entre 48 GWh et 100 GWh. 32. La capacité de production d'énergie thermique atteint actuel- lement 40,5 1W, dont 22,5 MI sont fournis par la centrale diesel nord. La plupart des groupes de cette centrale fournissent du biphasé et devront être déclassés au cours des dix prochaines années. La capacité de la centrale tombera ainsi à 12 MW en 1975 et à zéro en 1979. 33. On trouvera sur le graphique 1 les variations de la capacité totale (thermique et hydraulique), qui passera par un maximum d'en- viron 50 MW pour tomber à près de 25 - 30 MW en 1979. 34. Une société japonaise est sur le point d'achever l'étude préliminaire du projet de barrage Stung Chinit au nord de Phnom Penh. Ce barrage servirait à l'irrigation et à la production d'énergie; il - 37 - devrait fournir a la région de Phnom Penh 3 - 5 MW (18 Gh/an). Son coût serait d'environ une vingtaine de millions de dollars, dont 8 millions en dépenses locales. 35. A l'heure actuelle (1969), la consommation sur le réseau public de distribution de Phnom Penh est de l'ordre de 80 GWh/an et la puissance de pointe d'environ 22 MW; le taux d'accroissement est assez faible étant donné l'état de ce réseau. Il est donc néces- saire d'accorder la priorité aux travaux d'amélioration de la distri- bution d'énergie. Deux proje'.s dont l'étude a été financée par le PNUD peuvent dès à présent être mis en oeuvre; ils comprennent: (i) un réseau 110 kV autour de Phnom Penh pour permettre l'interconnexion des sources d'énergie hydrauliques et thermiques et l'alimentation des réseaux de distribution en divers points. Le coût de ce projet est évalué à $2,2 millions dont $1,7 million seraient en devises. Les dossiers d'appels d'offres sont prêts et l'EDC est en mesure de financer les dépenses locales; un prêt a été demandé à la Banque Asiatique de Développement pour couvrir les dépenses en devises. (ii) un réseau de distribution moyenne et basse tensions (15.000/380-220 V). Une étude portant sur une première tranche de 5 ans en est au stade définitif et les dossiers d'appels d'offres pourraient être rapidement prêts. Le coût du projet s'élèverait à quelque $4,8 millions dont $3 millions en devises. Les dépenses en monnaie locale peuvent être financées par 1'EDC mais aucun organisme n'a encore été présenté pour financer les dépenses en devises. Le PNUD a recommandé l'adoption d'une nouvelle structure des tarifs et a confié à l'Electricité de France une étude dans ce but; cette étude a été achevée et sou- mise à l'approbation du gouvernement. On prévoit que les nouveaux tarifs entreront en vigueur dans les premiers mois de 1970. 36. Dans la suite de la présente étude, on a supposé que la réali- sation de ces deux projets du PNUD serait entreprise sans tarder. En effet, dans le cas contraire, le développement de l'énergie dans la région de Phnom Penh serait stoppé. Si ces projets sont lancés immédiatement, on peut prévoir que le taux annuel d'accroissement de la demande atteindra 7% pour les consommateurs actuels, que les pro- ducteurs privés seront progressivement raccordés au réseau public et que l'EDC sera capable de satisfaire la demande des nouveaux consom- mateurs. Selon les conclusions de l'étude du PNUD, le rythme de déve- loppement pourrait être d'environ 15% pendant les cinq ans suivant l'achèvement des travaux et de l'ordre de 9, par la suite. Ainsi, le taux moyen serait d'environ 11% pour les années à venir. Dans le même intervalle, la consommation évoluerait de la manière suivante: - 38 - en 19791: 12 G avec une puissance de pointe de 3 1W en 1979: 230 G11h avec une puissance de pointe de 60 1*W Il ressort du graphique 1 qu'à partir de 1975 la capacité de pro- duction risque d'tre insuffisante et d'aboutir à un déficit d'environ 35 MW en 1979. Mgme si l'on entreprend le projet Stung Chinit entre 1975 et 1979, il sera nécessaire de faire appel à des sources d'éner- gie complémentaires. 37. L'EDC est en mesure de financer les travaux du réseau de distribution du port maritime de Sihanoukville. Les nouveaux tarifs doivent y entrer en vigueur à la même date qu'à Phnom Penh. On peut donc prévoir que les diverses entreprises industrielles dont la réa- lisation est prévue à court terme seront raccordées au réseau public, surtout du fait que la raffinerie de pétrole (en fonctionnement depuis le début de 1969) devrait pouvoir fournir des résidus lourds à bas prix utilisables pour la production de l'électricité. Les projets industriels les plus avancés sont une usine d'engrais (urée) et une papeterie pour lesquelles on a fait appel au concours financier du Gouvernement français. Plusieurs autres industries nouvelles devraient s'installer à Sihanoukville entre 1974 et 1979. Dans ces conditions, la consomation s'établirait come suit: en 1974: 32 GWh avec une charge de pointe de 8 à 10 1 en 1979: 140 GWh avec une charge de pointe de 30 1*W (voir graphique 2) Au moment où seront créées les nouvelles industries, la cen- trale diesel d'l 1W existant à l'heure actuelle devra être remplacée par une nouvelle centrale utilisant les résidus lourds de la raf- finerie de pétrole. Les dimensions des groupes dépendront de la demande de ces industries. 38. A Kampot, la cimenterie produit sa propre énergie au moyen d'une vieille centrale à vapeur a charbon et dont le rendement est très faible. Il est prévu que cette cimenterie sera agrandie en 1970 et que ses besoins en énergie ainsi que ceux de la population de la région atteindront 5 Mw en 1974 et 7 111 en 1979 (voir graphique 3). Comme Kampot est peu éloigné de Sihanoukville, ce centre devrait pouvoir être alimenté en énergie assez facilement à partir de la centrale thermique de Sihanoukville au moyen d'une ligne de transport. 39. Etant donné que bihanoukvil.e se trouve à 80 am seulement du barrage de Kirirom et que durant quelques années la région de Phnom Penh seule ne pourra pas utiliser la totalité de l'énergie du Kirirom et du Prek Thnot, il semble évident que l'on devrait relier Kirirom à Sihanoukville par une ligne de transport. - 39 - 40. Cependant il faut noter, tout d'abord, que l'on devra disposer de vapeur à Sihanoukville pour les besoins de l'usine d'engrais et le fait d'utiliser cette vapeur pour produire également de l'énergie électrique est une solution financièrement valable. 4l. De plus, come la capacité de la ligne 110 kV Kirirom- Sihanoukville est juste suffisante pour transporter la puissance de Kirirom et Prek Thnot, elle ne pourra pas constituer la principale artère de la région eud-ouest sans subir d'importantestransformations pour être exploitée à 220 kV. Et même si de telles transformations sont rentables, il semble impossible d'éviter la construction d'une 2ème ligne 220 kV; il devra donc être examiné à quel point une telle boucle sera électriquement exploitable. 42. Dans la négative, il faudrait s'assurer que la ligne Kirirom- Sihanoukville peut être économiquement amortie en un temps relative- ment court. 43. A ce stade de notre étude, nous avons abouti aux conclusions suivantes (voir graphique 2): - Dans un proche avenir, la région de Phnom Penh et celle de Sihanoukville-Kampot fourniront leur propre énergie; une centrale thermique doit être construite à Sihanoukville, et il sera peut-être utile de construire une ligne entre Kirirom et Sihanoukville. - En 1974-75, il faudra prévoir une source supplémentaire d'énergie dans chacune de ces régions. En 1979, les besoins en énergie de l'ensemble de la région du sud-ouest attein- dront environ 7CMW. Plusieurs projets hydro-électriques sont en cours d'étude. 44. La "Hydro-projects" de Moscou étudie actuellement le projet de barrage de Kamtchay près de Kampot, dans le massif des Cardamomes (Cambodge méridional ). Le projet comporte trois étapes: - Un barrage amont d'une capacité de 50 MW et dont la pro- duction annuelle serait de 145 GlA. - Un barrage intermédiaire fournissant 65 MW et 216 GWh. - Une usine aval, au fil de l'eau, capable de produire 70 GWh par an. Seule la deuxième tranche (barrage intermédiaire) du projet Kamtchay a été achevée, y compris l'étude de justification et le dossier d'appel d'offres. Le coûât en a été évalué à 48 millions de dollars (avant que la monnaie locale ne soit dévaluée de RC 35 à Rc 55,5 par dollar), ce qui semble être excessif pour un barrage de production d9énergie sans irrigation. Il semble qu'une variante à ce projet - 40 - comportant un seul barrage en tête de vallée et une centrale hydrau- lique fonctionnant sous chute totale serait plus rentable. On pourrait ainsi espérer une production annuelle de 370 GWh avec une puissance installée de 80 à 90 MWI, et la possibilité d'irriguer 30.000 ha. Il est extrêeMent important qu'une étude détaillée de variante soit entre- prise sans tarder. 45. Des experts japonais étudient actuellement le projet de barrage de Sambor sur le Mékong. Ce barrage servirait essentiellement à la production d'électricité avec une possibilité d'irrigation réduite à 35.000 ha. La centrale aurait une capacité de 875 MW et produirait quelque 7.000 GWh par an. Le coiît total s'élèverait à environ 358 millions de dollars. Ce projet permettrait d'obtenir plus d'énergie que n'en exigera le marche prévisible à moyen terme, à moins que la raffinerie d'aluminium envisagée pour Sihanoukville ne s'avère réali- sable, et il semblerait qu'une étude effectuée récerment par une société japonaise à ce sujet ait abouti à des conclusions pessimistes. 46. Le Comité du MéKong envisage la possibilité d'un autre barrage en amont du projet Sambor sur le Nékong au site de Stung Treng. Une étude sur carte révèle que le barrage pourrait conduire à une retenue de 110 milliards de m3, ce qui permettrait une production d'énergie de 5.000 MW et surtout d'assurer la régulation du cours aval du Mékong, principalement dans le delta (Vietnam sud). L'exécution d'un projet aussi ambitieux suppose à priori que l'on pourra trouver des débou- chés internationaux. Ceci sort évidemment du cadre de la présente étude. 47. Si le barrage de Kamtchay (dans sa variante exposée ci-dessus) stavère réalisable et est effectivement construit, l'énergie qu'il produirait ne serait pas disponible avant 1976. Il est donc néces- saire de prévoir une autre centrale thermique dtappoint dont le meil- leur emplacement reste à déterminer. Quel que soit le site retenu pour cette centrale (Sihanoukville, Phnom Penh ou ailleurs dans la région sud-ouest), il faudra toujours construire une ligne de trans- port pour évacuer et répartir la production éventuelle du barrage de Kamtchay. Cette ligne de transport s'imposera encore plus mani- festement si la justification du projet du barrage Sambor était établie. Une telle ligne constituerait la première tranche du réseau national 220 kV dont la construction s'imposera à long terme conjointe- ment avec celle des grands barrages sur le Mékong. 48. Pour la région sud-ouest, nos conclusions soni, les suivanteo: (a) Les deux projets du PNUD intéressant le réseau de distri- bution de Phnom Penh doivent être entrepris aussi rapide- ment que possible (à condition que soient appliqués les nouveaux tarifs d'électricité) afin de faire face au développement normal de la demande d'énergie et de réduire les coûts moyens en utilicant à plein l'énergie hydrau- lique provenant des barrages Kirirom et Prok Thnot. - 41 - (b) Il est nécessaire d'effectuer une étude détaillée de la centrale thermique de Sihanoukville et d'établir les dcssiers d'appel d'offres pour la première tranche dont la puissance doit être déterminée en fonction des besoins réels des nouvelles industries, dont la réalisation est certaine. (c) L'étude de justification de la ligne de transport 220 kV entre Sihanoukville et Phnom Penh devra être effectuée dans les deux hypothèses possibles: avec et sans le barrage de Kamtchay. (d) La variante du barrage de Kamtchay devra être étudiée en détail afin de compléter l'étude d'ensemble du secteur de l'énergie dans la région sud-ouest. Région nord-ouest 49. Les centrales diesel existant déjà à Battambang et Siemréap suffiront à satisfaire les besoins locaux pour les années à venir même avec une extension des réseaux de distribution. 50. Le projet initial du barrage de Battambang comportait trois tranches: - Barrage de dérivation permettant l'irrigation de 20.000 ha surtout pendant la saison sèche. Son coiÎt est évalué à 17 millions de dollars dont 7 millions de dollars en monnaie locale. La Banque Asiatique de Développemen- s'est inté- ressée au financement de cette première tranche. - Barrage principal avec production d'énergie. La hauteur du barrage et la puissance installée de la Centrale seront fixées après évaluation finale des besoins de la région en eau et électricité; à l'heure actuelle, il ejt envisagé dans une première étape une capacité de 5 m (25 GWh par an) qui sera ultérieurement poussée à 31 MU (175 GUh par an). Le coût est évalué à 30 - 36 millions de dollars dont 10 millions de dollars en monnaie locale. - Extension du réseau d'irrigation pour desservir 68.000 ha. Le coût de cette opération s'élèverait à 18 millions de dollars dont 9 millions de dollars en monnaie locale. Le programme d'exécution du projet du barrage de Battambang risque d'être revu en fonction des conclusions d'une nouvelle étude entreprise sous les auspices du Gouvernement suisse et axée sur une étude de marché de l'énergie dans la région nord-ouest. Cette étude devrait être achevée en mars 1970. 51. A Battambang proprement dit, l'accroissement de la consom- mation d'énergie est freiné par l'insuffisance du réseau de distri- bution et par la politique tarifaire. Deux usines textiles locales produisent leur propre énergie au moyen de centrales diesel privées. Par ailleurs, une sucrerie doit venir s'implanter dans la ville. Les installations existant à Battambang ont une capacité de production de: - 42 - SFIE (réseau public) 1.100 kW Producteurs privés (1.100 + 1.500) 2.600 kW En 1968, les puissances de pointe ont été: SFKE (réseau public) 760 kW Producteurs privés 1.250 kW Comme la concession de la SFKE est sur le point d'expirer, la DHE espère pouvoir négocier avec cette société un accord pour l'amélioration du réseau de distribution et pour la mise en applica- tion à Battambang des nouveaux tarifs recommandés par le PNUD. Si un tel accord s'avérait impossible, le gouvernement ne renouvelle- rait probablement pas la concession de la SFKE et la céderait à l'EDC. En tout état de cause, l'accroissement de la consommation pourrait alors se faire aà un rythme normal. En 1979, la charge de pointe et la consormation pourraient atteindre respectivement 5.000 kW et 25 Gh. La capacité actuelle des centrales diesel devrait suffire pour satisfaire la demande jusqu'en 1976; en 1979, le déficit de puis- sance pourrait atteindre environ 2 VN. 52. A Siemréap, près d'Angkor, l'EDC dispose actuellement d'une centrale diesel dont la capacité est de 2.500 kW1. En 1969, sa charge de pointe était d'environ 800 kW. L'aéroport international et 1'hôtel en cours de construction exigeront un surcroît de puissance atteignant 800 kW. En 1971, la puissance de pointe pourrait atteindre 1.800 kW. Etant donné que l'on prévoit la construction de plusieurs autres hôtels et un développement important du tourisme, la consommation devrait augmenter en conséquence, d'autant plus que les nouveaux tarifs doivent également être mis en application. Ainsi, la charge de pointe pourra s'élever à 2,600 kU en 1974 et à 3.500 kW en 1979. A partir de 1974, la capacité de production deviendra insuffisante et risque en 1979 d'accuser un déficit de 1.000 kW. 53. La construction d'une ligne de transport est envisagée pour relier la future centrale hydraulique de Battambang à Siemréap . La puissance installée de cette centrale devrait être adaptée aux besoins futurs dc la région ~-ord-ouct qui pouraient atteindre 1-,6 M- en 1972 et 9 1* en 1979. 54. La sucrerie envisagée à Battambang n'influera probablement pas sur ces prévisions de consommation du fait qu'elle peut produire sa propre énergie (vapeur et électricité) en brûlant la bagasse, résidu du traitement de la canne à sucre. - 4~3 - F - Conclusions 55. Etant donné que le barrage Kirirom existe déjà et que celui de Prek Thnot est en cours de construction, la priorité devra 6tre donnée à la distribution d'électricité dans Phnom Penh. Dans ce contexte, il importe avant tout que le Gouvernement cambodgien trouve une source de financement pour fournir l'apport de devises nécessaire à l'exécution des deux projets du PNUD. 56. Pour la région nord-ouest, l'étude des consultants suisses fournira les renseignements préliminaires nécessaires à l'élaboration d'un plan de préinvestissement. 57. Par contre, pour la région sud-ouest, un tel plan de préinves- tissement ne peut pas 6tre entrepris tant que de nombreux points n'auront pas été éclaircis, à*savoir entre autres: (a) Il faudra effectuer une étude générale des perspectives de développement industriel afin d'obtenir une meilleure vue d'ensemble des débouchés pour l'énergie. A l'heure actuelle, les seuls projets industriels en cours d'étude pour la région sont ceux de l'usine d'engrais, de la cimenterie de Kampot et du complexe du papier. Il est très difficile d'avoir une idée précise sur le développe- ment futur de Sihanoukville tant qu'une étude plus systé- matique n'aura pas été entreprise. (b) Une étude détaillée de la variante proposée pour le barrage de Kamtchay devrait être effectuée aussitôt que possible afin de déterminer de façon plus précise la viabilité de ce projet. (c) Une étude devra être faite pour déterminer quelle pourra être la capacité de la nouvelle raffinerie de pétrole de Sihanoukville en matière de production de résidus lourds, et quel serait le meilleur emplacement pour la future centrale thermique de la région sud-ouest (voir par. 43). Les résultats d'une telle étude serviront de base pour déterminer les dimensions de la centrale thermique de Sihanoukville et pour fixer le programme de construction de la ligne de transport de Sihanoukville à Phnom Penh, et éventuellement la ligne Kirirom-Sihanoukville. GRAPHIQUE 1 CAMBODGE: EVOLUTION DE L'ENERGIE DANS LA REGION DE PHNOM PENH 1,000 l 1 1,000 MEGAWATTS 800 -800 6 0 0 -- __TAUX DE CROISSANCE AN NEL 6 0 600 600 400 400 200 200 100 - -0 80 --- 80 MAA N °^AP^CI,E ENHREIE l CA A-IC T P E-GET.QU TOTA..E D'ORIGINE THERMIQUE MINI 20- - - -20 MAX 1 ssaeme * .sue .ee a . UI.i%isi'e'.LSi<d I.illsMs PREK THNOT 8 8 6 om 4 ~N4 4MMNN 2-- -- - -- 2 ECHELLE SEMI - LOGARITHMIQUE 1968 '69 '70 71 '72 73 '74 '75 '76 77 78 79 '80 '81 '82 '83 BIRD - 4816 GRAPHIQUE 2 CAMBODGE: EVOLUTION DE L'ENERGIE DANS LA REGION DU SUD-OUEST 1,000 1 __ _ _ __ _ _ ;__I_I_i -_I_I_i_ l_ 1,000 MEGAWAT S-_,___ 800 -- 800 600i- - ----- - - --60 400 - - - - - --- -400 200 - ---- --200 100 - 100 80 -- _80 60 - - - - - 60__ _ __ __ __ __ _ 40 10 D'FINEDE Tr TALE DENERCIE, DEMANDE D'ENERGIE POUR 20 -PHNOM PENH 20~ .~-- - - __ _ ____ _20 DEMANDE D' ENERGIE POUR SIHANOUKVIL LE 1 -- - - - -_10 8 -- - _-_-_- -_-_- 8 6 - -- - --- 8T 4 --------DEMANDE D'ENERGIE POUR KAMPOT 2ý 2 0.8 ----g 0.6 -70.6 0.4 - --- - 0.4 ECHELLE SEMI - LOGARITHMIQUE 0.2 - --9- - 0.2 1967 '68 '69 '70 '71 '72 '73 '74 '75 '76 '77 '78 '79 '80 '81 '82 CAPACITE DE PRODUCTION TOTALE m AVEC KAMTCHAY S ANS KAMPTCHAY AVEC SAMBOR ET SANS KAMTCHAY BIRD - 4817 - 44- Annexe III: 1MURISME Table des matières Page A. LE POTENTIEL TOURISTIQUE DU CAMBODGE 46 Les temples khmers 46 Moyens d'accès 47 Position du Cambodge dans la région 47 Autres centres d'intérêt touristique 48 B. SERVICES D'HOTELLERIE ET AUTRES POUR LES VISITEURS 48 Phnom Penh: moyens d'hébergement 49 Siemiéap:moyens d'hébergement 50 Frais de construction 52 Autres services, restaurants, magasins, etc. 53 C. LE TRAFIC TOURISTIQUE DE CES DERNIERES ANNEES 54 Volume du trafic 54 Fluctuations saisonnières 55 D. LE TOURISME AU CAMBODGE: EVALUATION DE LA DEMANDE FUTURE 56 Durée moyenne de séjour à Siemreap 58 E. L'INFRASTRUCTURE 58 Les aéroports 58 Les routes 59 Les services publics 59 Plan de mise en valeur de Siemr'ap 60 F. LE ROLE DE L'ETAT ET SA POLITIQUE EN MATIERE DE T0URISME 60 Le département du tourisme 61 La politique d'investissement 61 Page G. QUEqUES INCIDENCES ECONOMIQUES DU DEVELOPPEMENT DU TURICME 62 Recettes du tourisme 62 L'emploi 63 H. ETUDES DE PREINVESTISSEMENT 63 I. NOTE: Calcul du nombre probable de visiteurs au Cambodge en 1972 et 1975. 65 - 46 - A. LE POTENTIEL TOURISTIQUE DU CAMBODGE 1. Trois éléments majeurs entrent en ligne de compte dans l'étude du potentiel touristique du Cambodge. Le premier est la présence dans la Province de Siemréap de magnifiques temples en pierre, uniques en leur genre, construits par la civilisation khmère entre les neuvième et quatorzième siècles après Jésus -Christ (souvent appelés temples d'Angkor). Le deuxième est l'existence de bons moyens d'accès par voie aérienne à ces temples et le troisieme est la situation géographique du pays, au centre du circuit touristique de l'Asie du Sud-Est. Les temples khmères 2. Les temples khmères qui forment l'ensemble d'Angkor couvrent une superficie de quelque 160 km2 au nord de la ville de Siemreap. L'ensemble se compose d'une douzaine de grands temples et de nombreux monuments plus petits. Parmi les grands temples, Angkor Vat et Angkor Thom sont peut-être les plus célèbres, en raison de leurs vastes dimen- sions et de la complexité de leur construction. (Les murs d'Angkor Thom ont 16 kilomètres de long; ils ont renfermé autrefois une ville importante comptant plusieurs centaines de milliers d'habitants. Les maisons et palais en bois ont disparu sous la forêt, mais il est resté au centre le Bayon, immense temple de pierre aux quarante neuf tours, chacune portant sur ses c6tés quatre façades sculptées). Les temples d'Angkor sont reliés par des routes goudronnées qui forment ce que l'on appelle les petit et grand circuits (27 et 37 kilomètres respec- tivement). Il existe encore d'autres temples remarquables (particuliè- rement Banteay Srei) dans un rayon d'une trentaine de kilomètres de Siemréap; ces temples (qui ne font pas partie de l'ensemble d'Angkor) figurent de plus en plus aux programmes des tours organisés. 3. Certains des temples d'Angkor restèrent cachés sous la forêt tropicale pendant des siècles; leur découverte et restauration ont contribué à la renommée de l'ensemble. Les temples sont de vastes édifices aux proportions harmonieuses qui contiennent des ensembles sculpturaux si délicats qu'ils ne peuvent manquer d'enchanter le visiteur même profane en la matière. Quelques-uns des temples d'Angkor n'ont pas été restaurés et,dans le silence et sous la lu- mière qui filtre entre les arbres immenses de la forêt environnante, ils donnent une impression peut-être plus saisissante que les temples restaurés. La paix et le calme de la forêt au milieu de laquelle se dressent ces temples contribuent certainement beaucoup à l'attrait qu'ils exercent sur tous les visiteurs. - 47 - 4. Si une grande partie des monuments de la civilisation khmère se trouve concentrée dans la région d'Angkor, un grand nombre de temples ont aussi été découverts dans d'autres régions du pays, dont cinq dans les provinces de Siemréap et Kampong Thom au nord et à l'est dtAngkor. L'Unesco étudie la possibilité de les restaurer et de les mettre en valeur, notamment par la construction d'une route à partir de la ville de Siemréap. Il y a donc lieu de croire que le nombre et la variété des temples accessibles aux voitures augmentera encore, bien que le projet de l'Unesco, sur lequel nous reviendrons dans des sections ultérieures du présent rapport, ne doive probablement pas se matérialiser avant au moins plusieurs années. 5. C'est un organe financé par des intérêts en partie cambodgiens, en partie français, la "Conservation d'Angkor", qui est chargé de la restauration et de la protection des temples d'Angkor. Elle ne dispose cependant que de ressources limitées et il n'est pas certain qu'elle puisse, sur son budget actuel, faire face à tous les problèmes qui se posent. Il faudra peut-6tre pour assurer une protection absolument efficace des sculptures des temples et des édifices eux-mêmes consacrer davantage de fonds aux travaux. Un grave danger qui peut se présenter dans l'immédiat est l'effet des vibrations produites par le bruit des grands avions à réaction qui utilisent maintenant l'aéroport de Siemreap, a proximité des temples, La mission est d'avis qu'il faut étudier dans tous ses détails le problème de la sécurité des temples et que cela peut se faire dans le cadre du plan général de développement du tourisme à Siemréap dont il est fait état à la section E du présent rapport. Moyens d'accès 6. Dans le passé les visiteurs étaient forcés de transiter par Phnom Penh, capitale du Cambodge, pour gagner ensuite Siemreap par la route ou l'avion. Mais depuis le début de novembre 1969, l'aéroport de Siemrgap est ouvert aux vols internationaux directs. Plusieurs com- pagnies aériennes, notamment Royal Air Cambodge, Air France, Cathay Pacific et Malaysia-Singapore Airlines, relient maintenant ou ont l'intention de relier Siemreap aux autres centres touristiques de la region, tels que Hong Kong, Bangkok, Singapour et Bali. Ces liaisons aériennes directes accroissent beaucoup le potentiel de trafic touris- tique à Sierap; il fallait en effet, jusqu'ici, s'écarter des grands itinéraires par des correspondances incommodes qui augmentaient d'ailleurs le prix du billet. Position du Cambodge dans la région 7. Le troisieme élément qui influe sur le trafic potentiel vers le Cambodge,et particulièrement Siemréap, est le fait que le pays est situé à l'intérieur des circuits touristiques traditionnels en Asie du - 48 - Sud-Est qui touchent à Hong Kong, à la Thaïlande, à Singapour, aux Philippines et, plus récemment, à Bali. Le trafic dont jusqu'à présent le Cambodge ne bénéficiait guère ne cesse de s'accro'tre; les visiteurs viennent du Japon, de l'Australie et des pays voisins et aussi d'Amérique du Nord et d'Europe. Autres centres d'intérêt touristique 8. Si l'ensemble de temples situé près de Siemreap constitue la principale curiosité qui attire les visiteurs au Cambodge, d'autres centres d'intérêt existent dans le pays, ou pourraient être mis en valeur. Citons tout d'abord Phnom Penh, ville attirante offrant de nombreuses curiosités telles que le musée et le Palais royal; elle peut certainement bénéficier de l'augmentation des flux de visiteurs venant au Cambodge surtout pour se rendre à Siemréap. Les plages et les îles aux environs de Kep et de Sihanoukville peuvent également attirer les visiteurs; elles offrent déjà des possibilités d'hébergement qu'utili- sent surtout actuellement des résidents cambodgiens venus passer la fin de semaine. Le gouvernemeLt a bcn espoir que les visiteurs étrangers viendront de plus en plus nombreux à ces stations balnéaires, mais la mission, dans ltétat actuel des choses, doute qu'elles puissent dans l'immédiat beaucoup attirer les visiteurs étrangers venant de pays loin- tains. Cette opinion s'appuie sur le fait que les itinéraires des tours organisés actuellement en Asie du Sud-Est touchent traditionnellement plusieurs pays que ne saurait particulièrement concurrencer l'attrait des plages du Cambodge. Il se peut néanmoins que les résidents de pays voisins recherchent la possibilité de vacances sur les plages et ce potentiel pourrait être analysé dans le cadre d'une étude du trafic des voyageurs dans la région. En tout état de cause, la mission est con- vaincue que cette demande augmentera plus lentement pour ces zones que pour les principaux centres d'intérêt du Cambodge et leur mise en valeur ne devrait être entreprise qu'après une étude sérieuse de marché. B. SERVICES D'HOTELLERIE ET AUTRES POUR LES VISITEURS 9. La fourniture de services touristiques ne consiste pas seule- ment à construire des hôtels, des restaurants et des boftes de nuit, mais à assurer aussi une certaine qualité de cuisine et de service. Le Cambodge, heureusement, a une tradition de bonne cuisine (française, mais aussi chinoise, vietnamienne et khmère) et, à un moindre degré, de services hôteliers satisfaisants. Le personnel qualifié existe déjà, ce qui est un atout précieux. En outre, il y a depuis longtemps au Cambodge une demande de viande, légumes et autres produits de bonne qualité, ce qui a suscité la production de ces derniers pour le marché. Le Cambodge se trouve donc de ce côté relativement bien placé pour accueillir les visiteurs étrangers et leur offrir des moyens d'héberge- ment, des restaurants et des services hôteliers de qualité. - 49 - Phziom Penh: Moyens d'hébergement 1/ 10. A la fin de 1969, on comptait à Phnom Penh sept h6tels avec 340 chambres disponibles que le département du tourisme classe dans la catégorie internationale. Ne sont pas comprises dans ce chiffre les chambres retenues par les lignes aériennes ou occupées en permanence. Il existe d'autres hôtels qui sont rarement utilisés par les visiteurs étrangers. Des sept hôtels mentionnés, deux, le Royal et le Monorom, qui offrent 119 chambres disponibles, sont d'une classe légèrement supérieure et accueillent essentiellement des hommes d'affaires et visiteurs d'Europe et d'Amérique, et aussi quelques groupes. Les autres hôtels sont davantage fréquentés par des visiteurs chinois et japonais ainsi que par des étudiants étrangers et des jeunes gens. Les prix de chambres climatisées pour 2 personnes dans les deux hôtels de catégorie supérieure varient par jour entre 8 et 12 dollars, et dans les cinq autres h6tels, entre 6 et 10 dollars. 11. Sauf à l'hôtel Royal, 2/ les taux d'occupation annuels sont faibles (20-40%) et il est prob;able qu'il ne sera pas nécessaire d'ac- croftre le nombre de chambres du même type, actuellement disponibles, avant plusieurs années. Il serait nécessaire toutefois de disposer à Phnom Penh d'h6tels de classe supérieure offrant des services et des chambres de qualité. Pour l'instant, c'est l'Hôtel Royal qui en fait office et en 1970 il s'agrandira de 40 chambres pour un cou^t de 15 mil- lions de riels cambodgiens (RC) (272.000 dollars E.U.) 3/. Un nouvel hôtel de 250 chambres (le Cambodiana) est en constructi7n pour une so- ciété semi-publique, la Société Royale d'Hôtellerie; ce sera l'hôtel de catégorie "luxe" de PZnom Penh. L'exécution du projet a plusieurs années de retard et l'on prévoit actuellement l'ouverture de l'hôtel pour 1972. Selon les prévisions, il coitera 250 millions de RO (4,5 millions de dollars E.U.), ce qui para^t bien cher (18.000 dollars par chambre) si l'on songe que la direction annonce son intention de fixer les tarifs à peu près aux niveaux actuels pratiqués à Phnom Penh et de recevoir les groupes. On peut douter qu'à de tels niveaux l'hôtel 1/ Voir le tableau 10.5 2/ L'Httel Royal appartient à l'Etat mais il est exploité par une compagnie concessionnaire,la "Société Cambodgienne d'Hôtellerie et de Tourisme" (SOCHOT). 3/ La SOCHOT fait cet investissement sur ses propres ressources en échange de la prolongation de sa concession pour une durée de quinze années. - 50 - puisse être rentable, étant donné le capital investi. Lorsque le Cambodiana sera ouvert et s'il fixe bien ses tarifs à peu près aux niveaux actuels, il est à craindre que les h6tels existants, parti- culièrement le Royal et le Monorom, devront soit abaisser leurs tarifs, soit accepter que leur clientèle diminue. 12. Il n'est pas facile de prévoir quelle sera la demande future de moyens d'hébergement à Phnom Penh. L'ouverture de l'aéroport de Siemréap signifie que les groupes ou individus qui starrâtaient dans la capitale avant, ou après leur visite à Angkor, ont main tanant la possibilité de l'éviter complètement. On ne saurait dire avec pré- cision pour le moment dans quelle mesure il en sera ainsi. Peut-être doit-on prévoir que la demande à Phnom Penh diminuera temporairement, certains visiteurs évitant Phnom Penh, mais que par la suite, elle se relèvera du fait que dans le nombre croissant de visiteurs à Siemréap, une certaine proportion décidera certainement de s'arrêter à Phnom Penh. La situation étant ainsi incertaine, et compte tenu du faible taux d'occupation actuelle des hâtels classés, il faudrait réexaminer soi- gneusement les programmes d'investissements dans de nouveaux moyens d'hébergement à Phnom Penh et probablement en retarder l'exécution, jusqu'au moment où l'on aura pu évaluer la situation de la demande dans l'année suivant l'ouverture de l'aéroport de Siemréap. Siemréap: Moyens d'hébergement 1/ 13. A Siemréap, l'hôtellerie peut offrir 300 chambres pour les visiteurs étrangers, dont 265 se trouvent dans des h6tels confortables avec restaurants, salons, etc. Toutes ces chambres sont exploitées par la Société Khmère des Auberges Royales (SOKHAR) dont le capital appartient à l'Etat à concurrence de 80%; cette société est aussi la plus importante agence de voyages au Cambodge et possède un hâtel à Sihanoukville. Depuis 1967, la capacité des h6tels s'est augmentée de quelque 110 chambres; de grands travaux de modernisation ont été effec- tués, notamment la construction d'une piscine à l'Auberge Royale des Temples. Les taux d'occupation montrent que l'accroissement de la capacité a suivi la hausse de la demande, mais en 1969, ces taux ont commencé à si approcher de leur maximum, qui est probablement de 70 à 80% par an, compte tenu des fluctuations saisonnières de la demande, de certains manques d'efficacité dans la gestion, des annulations, etc. Le prix d'une chambre climatisée, pour deux perscnnes, est légèrement inférieur à 11 dollars dans les deux grands h6tels (265 chaimbres) et légèrement supérieur à 8 dollars dans l'hâtel plus petit (36 chambres). 14. Il est prévu deux augmentations de la capacité d'hébergement à Siemreap en 1970; la SOKHAR doit ajouter 60 chambres nouvelles à l/ Voir le tableau 10.6 - 51 - l'Auberge Royale des Temples, dont le coût sera de 16 millions de RO (291.000 dollars EU) et la Société 16telière du Cambodge (Air France y participe pour 48% au capital social) ouvrira un h6tel de 200 chambres (dont la capacité sera portée ultérieurement à 300 chambres) en avril ou mai 1970 pour un coiît de 150 millions de RC (2.730.000 dollars EU). Les prix du nouvel hôtel seront de l'ordre de 16-17 dollars par chambre climatisée, pour deux personnes, avec des réductions à 13-14 dollars pour les groupes de 25 personnes au minimum. Bien que la capacité des hôtels de catégorie supérieure à Siemréap doive donc presque doubler en 1970, il ne semble guère y avoir risque qu'elle soit excédentaire; les deux sociétés hâtelières ont indiqué que toute la capacité nouvelle d'hébergement est déjà retenue pour 1970, et que par suite de retards dans l'achèvement des travaux, elles sont forcées maintenant d'annuler des réservations faites antérieurement. 15. Outre la construction prévue de 100 nouvelles chambres à l'Hôtel Air France que nous avons mentionné ci-dessus, des sociétés cambodgiennes et étrangères préparent plusieurs projets hôteliers à réaliser à Siemréap. La capacité globale de ces projets, s'ils sont tous exécutés,dépasserait 1.000 chambres. Mais il est très difficile d'évaluer combien de ces projets seront menés à bien au cours des quelques prochaines années, si l'on tient compte des diverses raisons qui ont jusqu'ici emp6ché l'exécution des nombreux projets d'hôtels qu'il serait possible de réaliser à Siemréap. La première de ces raisons est que certaines lignes aériennes intercontinentales qui souhaiteraient investir dans des hôtels ont eu de la difficulté à obtenir les autorisations d'escale nécessaires au Cambodge (en partie pour des raisons politiques); la deuxième est que l'aménagement et la répartition des terrains réservés aux h6tels n'ont pas été coordonnés selon un plan systématique et la situation vient encore de se compliquer du fait que le Chef de l'Etat, agissant de sa propre initiative et contre l'avis des ministres intéressés, a alloué un emplacement à un groupe h6telier qui avait réussi à obtenir une audience de lui. Une troisième raison est que l'infrastructure à Siemreap, réalisée sans plan dtensemble et insuffisante, fait hésiter les investis- seurs potentiels. Il se pose enfin le problème de la pénurie de capitaux cambodgiens pour l'investissement hôtelier qui freine considérablement le développement de l'hôtellerie malgré l'existence de capitaux étrangers disponibles; le gouvernement a en effet pour politique de maintenir un certain pourcentage de chaque investissement entre les mains de bailleurs de fonds cambodgiens. Prévoir comment vont évoluer ces contraintes est une des difficultés majeures que pose l'estimation de la capacité h6telière future. (Il va de soi néanmoins qu'on peut assez bien prédire quelle sera la capacité jusqu'en 1972, compte tenu du délai total d'exécution de tout grand projet hôtelier). Un autre élément, dont il n'est pas facile de prévoir les incidences, est que, dans l'hypothèse ou sera exécuté le Plan général de développement du tourisme à Siemréap, qui est proposé dans le présent rapport, ce Plan pourrait fournir les bases - 52 - d'une augmentation plus rapide de la capacité d'hébergement dans les hôtels. Devant toutes ces incertitudes, la mission juge impossible de dire combien de chambres d'h6tel pourraient âtre disponibles à Siemreap en 1975 et donc (par voie de conséquence) quel pourrait être le trafic maximal de cette année-là. 16. En dépit de ce que nous venons de dire des obstacles à l'accrois- sement des moyens d'hébergement, le problème à long terme à Siemréap ne sera sans doute pas celui de leur insuffisance; avec l'augmentation des arrivées de touristes, la mission est convaincue que les lignes aériennes et les h6teliers présenteront des projets de construction d'h6tels et que le gouvernement encouragera la mise en place de moyens supplémentaires. Par contre, il faudra veiller à empêcher que les temples perdent leur magnifique cadre forestier que menace la prolifération des hôtels, maga- sins, cafés, boutiques en plein vent, etc. Déjà l'aéroport, l'Auberge Royale des Temples et l'H6tel Angkor (Air France) sont très proches des temples. Des promoteurs ont sollicité des terrains pour de nouveaux hâtels à proximité des temples et il semble que dans un cas la demande ait été approuvée (le projet Holiday Inn d'un h6tel de 300 chambres). Il y a aussi le risque que soit abandonné la pratique actuelle de cons- tructions basses sans étage. Le Département du tourisme, dans son désir d'augmenter la capacité des h6tels, a tendance à ignorer le pro- blème de la protection du charme particulier d'Angkor. Si, à côté des temples, on laisse édifier de nouveaux hôtels et les constructions qui les accompagnent, la situation peut s'aggraver rapidement et certains des temples les plus beaux du monde seront cernés d'immeubles commerciaux trop voyants. Frais de construction 17. Les frais de construction au Cambodge ne semblent pas anorma- lement élevés si l'on se rapporte aux constructions hâtelières du passé et d'aujourd'hui. A Siemréap, le coiût de la construction de bâtiments sans étage qui ne nécessitent ni charpentes d'acier ni ascenseurs reste faible. Ce qui relève les frais de construction, c'est que les h8tels doivent produire leur propre électricité et assurer eux-ménes leur approvisionnement en eau. D'après les exemples qui nous ont été donnés, il apparaît que le coiût de construction d'h6tels neufs de bonne catégorie peut âtre de l'ordre de 550.000-800.000 RC (1o - 15.o0o dollars EU) par chambre et celui des agrandissements se situe aux alentours de 250.000 - 400.000 ac (5 - 7.000 dollars EU). A ces niveaux d'inves- tissement il est possible de fixer des tarifs qui concurrencent ceux pratiqués dans d' autres parties de la région et obtenir un rendement raisonnable des capitaux. Il est encore malaisé d'estimer la part des éléments importés nécessaires à la construction d'hdtels, mais il est évident qu'en dehors des matériaux de base comme le bois, le sable et le ciment, il faudra importer une grande partie des matériaux et produits tels que le verre, l'acier, la peinture, les appareils de climatisation, etc. Tout compte fait néanmoins, on peut penser que la part des maté- riaux importés ne devrait pas dépasser 50% du cou^t total et devrait se situer aux alentours de 30 à 40% du total. Autres services, restaurants, magasins, etc. 18. En généra], les h6tels eux-mêmes ont des restaurants et bars où les visiteurs étrangers trouvent repas et boissons de qualité. Les menus à prix fixe (de 3 à 6 dollars EU) ne sont pas bon marché. A Phnom Penh, on trouve aussi en dehors des h6tels des restaurants chinois et autres très divers où les repas sont moins chers. Il y a de même à Phnom Penh des boÎtes de nuit où les prix sont raisonnables. La visite des boutiques attire aussi les visiteurs étrangers, notamment celles où l'on vend des objets en argent et les frottis des sculptures en pierre des temples. Mais jusqu'à présent, il n'existe pas de boutiques de ce genre dans les hâtels et,à Siemreap, les produits de l'artisanat et les frottis sont vendus au détail surtout par l'intermédiaire d'enfants qui, massés à l'entrée de chaque temple, attendent le visiteur étranger. Il conviendrait que le Département du tourisme s'occupât plus vigoureuse- ment d'organiser la vente des objets d'art et des produits de l'artisanat et d'en contr6ler la qualité et l'authenticité. 19. Un autre service qu'il faut contrôler de plus près est celui des guides, élément essentiel des activités touristiques dans un pays ou l'anglais n'est guère parlé et où il est indispensable de décrire et d'expliquer les principales curiosités. Aussi bien le Département du tourisme que la SOKHAR ont fait des efforts considérables pour fournir des guides aimables, désireux de rendre service et capables de s'exprimer, mais la mission a pu constater que, dans bien des cas, leur connaissance des temples et des sculptures est rudimentaire et parfois inexacte. Il faut, pour les recruter, appliquer des critères plus rigoureux et exercer davantage de surveillance si l'on veut éviter que les visiteurs aient l'impression de ne pas en avoir pour leur argent. Le prix des services des guides, non compris le transport, est d'environ 6 dollars par jour, ou, s'il s'agit d'une visite guidée en autocar d'un temple tel qu'Angkor Vat, d'environ 2 à 3 dollars par personne. Avec une voiture de location et un guide, une visite de deux jours des temples les plus importants peut facilement coûter de 30 à 50 dollars. - 54 - C. LE TRAFIC TOURISTIQUE DE CES DERNIERES ANNEES Volume du trafic l/ 20. Pendant les premières années 1960, le nombre de visiteurs 2/ s'est maintenu aux environs de 22.000 par an; c'est seulement depuis 1965 qu'il a rapidement augmenté et en 1969 le nombre des arrivées sera sans doute le double de celui de 1965. Ce sont les visiteurs venus d'Amérique du Nord qui ont le plus augmenté ces quatre dernières années et ils ont représenté 30% des arrivées en 1968. Les arrivées d'Européens, près de 40% du total en 1968, se sont accrues plus lente- ment et leur importance relative diminue donc depuis quelques années. Les arrivées de visiteurs en provenance d'Asie et d'Australasie sont entrées pour 27% dans le total en 1968 mais la hausse, dans leur cas, est plus lente ces dernières années que l'augmentation des arrivées d'Européens et de Nord-Américains. Il est à noter, toutefois, que le nombre des visiteurs japonais et australiens s'est rapidement accru depuis 1965. La proportion des arrivées de Japonais et d'Australiens qui était de 9% du total en 1965 est passée à 14/ en 1968. 21. Sur la base des statistiques h6telières de Phnom Plenh et de Siemréap, on peut estimer que 20 à 30% seulement des visiteurs étrangers séjournent à Phnom Penh. Comme on peut supposer que presque tous les visiteurs en voyages d'affaires séjournent au moins une partie du temps à Phnom Penh, il est évident que 20 à 30% au maximum des visiteurs étrangers au Cambodge y viennent pour affaires. Les autres, 70 à 80% du total, y sont venus en majeure partie en voyage d'agrément. On ne sait combien d'entre eux font partie de groupes organisés. La mission estime néanmoins, sur la base des renseignements qu'elle a pu obtenir, qu'un nombre assez élevé des visiteurs à Siemréap, qui dépasse probable- ment 50% du total, voyageaient en groupes organisés. 22. Le volume des nuitées de ces visiteurs étrangers dans les hâtels classés de Phnom Penh et Siemréap a atteint au total en 1968 un chiffre se situant entre 110.000 et 124.000 3/. Cela signifierait une durée moyenne de séjour de 3,1 à 3,5 nuits par visiteur étranger. Comme l'on pouvait s'y attendre, la proportion des nuitées à Phnom Penh dans le total est plus élevée que celle des visiteurs qui ont séjourné dans la capitale, ce qui s'explique par la durée moyenne de séjour plus longue 1/ Voir les tableaux 10.1 à 10.4 2/ Arrivées enregistrées aux frontières. 3f Selon que l'on retient les chiffres des registres des hôtels ou les statistiques de la taxe de séjour. On estime que le chiffre des nuitées de visiteurs étrangers en 1969 se situe au total aux alentours de 160.000. - 55 - des visiteurs venus en voyages dIaffaires. C'est ainsi qu'en 1968, quelque 45% du total des nuitées de visiteurs étrangers ont été enregistrées à Phnom Penh et 55% à Siemréap, ce qui laisse supposer que la durée moyenne de séjour a été de h à 5 jours à Phnom Penh et de 2 à 2,5 jours à Siemre'ap. La durée moyenne de séjour deu visiteurs étrangers a probablement baissé ces dernières années et elle devrait encore se raccourcir à l'avenir, le trafic à Siemrdap devant augmenter plus vite que celui de Phnom Penh. En 1968 le nombre des nuitées de vi- siteurs étrangers à Siemréar a augmento de % par rapport à 1967 alors qu'a Phnom Penh, la hausse n'était que de 5%. Pendant les six premiers mois de 1969, par comparaison avec la période correspondante de 1968, le chiffre des nuitées a monté de 60% à Siemréap, alors qu'il n'augmentait que de lh% environ à Phnom Penh. Fluctuations saisonnières 23. En raison du faible volume des voyageurs venus au Cambodge jusqu'à maintenant, le schéma des fluctuations saisonnières que l'on peut dresser à partir des séries statistiques disponibles ne sera pas nécessairement typique de ce qui se passera à l'avenir. Néanmoins, le schéma qui se dégage est à peu de chose près celui que l'on peut attendre dans un pays où la saison sèche dure d'octobre à avril et celle des pluies de mai à septembre. Par exemple, les arrivées et les nuitées, particu- lièrement à Siemréap, se concentrent en général dans la période d'octobre à avril, mais il est vrai aussi que les visiteurs étrangers semblent volontiers venir en juillet et en août. Le seul mois où le volume du tourisme étranger est toujours faible semble être juin. La conclusion importante à tirer d'une analyse des statistiques actuelles du Cambodge est que, par rapport à ce que l'on a pu constater dans de nombreux pays, les arrivées de visiteurs étrangers ne semblent pas beaucoup fluctuer suivant les saisons. La même conclusion s'applique aux centres touris- tiques voisins de Hong Kong et de Bangkok qui reçoivent chaque année des afflux de visiteurs étrangers beaucoup plus élevés que le Cambodge. Si l'on part du postulat que les visiteurs étrangers au Cambodge sont vraisemblablement ceux qui se rendent aussi à Hong Kong et à Bangkok, tout donne à penser que le schéma des fluctuations saisonnières du trafic touristique au Cambodge ne changera pas radicalement lorsque les arri- vées augmenteront à l'avenir, et qu'en l'absence de brusques montées de la demande, l'industrie h6telière devrait être en mesure d'obtenir des taux annuels d'occupation relativement élevés, ce qui garantirait une bonne rentabilité des investissements. - 56 - D. LE TOURISME AU CAMBODGE: EVALUATION DE LA DEMANDE FUTURE- 2h. Les temples khmères sont des curiosités qui justifient sans aucun doute la visite de voyageurs étrangers et s'il est possible de leur fournir les moyens d'hébergement et autres services nécessaires, il ne fait guère de doute que le trafic touristique au Cambodge augmentera considérablement. Cette conclusion est fondée essentielle- ment sur le fait que les possibilités d'accès au pays se sont amélio- rées et que le trafic touristique vers l'Asie du Sud-Est, déjà très élevé, va encore, selon touèe probabilité, s'accroître rapidement, surtout lorsque la guerre du Viet Nam aura pris fin. 25. Le volume de la demande à destination du Cambodge est étroite- ment lié à celui dont bénéficie l'ensemble de l'Asie du Sud-Est et si le Cambodge recevait déjà une proportion raisonnable du trafic régional, il serait justifié de calquer les projections de la demande future relative au Cambodge sur celles de la demande future dans l'ensemble de la région. Mais ce n'est pas le cas; le Cambodge n'a pas bénéficié de la croissance du tourisme dans les premières années 1960 et, jusqu'à ces dernières années, le nombre des touristes vers le Cambodge ne s'est pas accru au même rythme que celui des visiteurs qui se rendaient dans d'autres pays de la région. 1/ Les arrivées de touristes au Cambodge ne représentent que 2 à 3% des arrivées enregistrées aux frontières des principaux pays qui accueillent des touristes 2/ dans la région; il est probable que chaque année 150.000 à 200.OOo-visiteurs passent sur le territoire cambodgien par avion, en route vers Hong Kong et la Thaflande, et que 20% au plus de ce nombre s'arrêtent au Cambodge. 26. On pourrait donc soutenir que, compte tenu de l'amélioration des moyens d'accès à Siemréap et du désir des pouvoirs publics de développer le secteur du tourisme, le nombre des visiteurs étrangers pourrait beaucoup augmenter pendant la période 1970-1975. Mais, à en juger par l'état de choses en 1969 et par les difficultés qu'ont rencontrées les,agences de voyages à obtenir des réservations dans les h6tels de Siemreap en 1970, on peut penser qu'au moins pendant les deux ou trois années à venir, l'augmentation du trafic à Siemréap ne pourra être que rigoureusement fonction de l'accroissement des moyens d'héber- gement (qui peut âtre estimé avec suffisamment de précision). Si l'on tient compte des fluctuations saisonnières de la demande et de certains 1/ Les arrivées de visiteurs en Thailande, à Singapour, aux Philippines et en Malaisie ont augmenté en moyenne de 20% par an depuis 1964. 2/ Total des arrivées en Malaisie, aux Philippines, en Thailande, à Singapour et à Hong -Kong. - 57 - facteurs techniques tels que les taux de double occupation des chambres, on peut calculer que le nombre maximal, et donc probable, des nuitées de visiteurs étrangers à Siemreap en 1972 serait de l'ordre de 224.000 à 240.000. 1/ Par comparaison avec le chiffre estimé pour 1969, 105.000, cela~signifie que les taux de croissance pendant les trois années atteindront en moyenne 29 à 32% (à comparer au taux de 40% enregistré en 1968 et au taux de 55% estimé pour 1969). Il est impossible d'évaluer ce que sera probablement la capacité des h6tels à Siemreap en 1975, et, en tout état de cause, on ne peut affirmer avec certitude quE la: croissance du trafic en sera étroitement fonction. Dans ces conditions, nous avons supposé que l'augmentation des nuitées de visiteurs étrangers sera de l'ordre de 20 à 30% par an, afin d'obtenir un ordre de grandeur approximatif de ce que pourrait être le volume du trafic. La fourchette des taux a été retenue en fonction de ce qui a été constaté dans certains pays de l'Asie du Sud-Est (pendant la période 1964-68, le nombre des visiteurs étrangers à Singapour a augmenté en moyenne de 29% par an), et d'une évaluation de l'attrait réel que constituent les temples khmères pour le touriste. Le résultat en est que le total estimé des nuitées des visiteurs étrangers en 1975 serait de l'ordre de 390.000 à 530.000. La mission pense que la durée moyenne de séjour à Siemréap ne s'allongera probablement pas beaucoup à l'avenir (voir par. 28) et que par conséquent l'augmentation du total des nuitées implique un accroissement équivalent du nombre de visiteurs étrangers. 27. Ainsi que nous l'avons dit au paragraphe 12,il est très malaisé de prévoir la demande future à Phnom Penh; néanmoins, pour obtenir des ordres de grandeur du total des nuitées de visiteurs étrangers que l'on peut escompter à Phnom Penh pendant les cinq prochaines années, nous avons appliqué au volume des nuitées estimé pour 1969 (54.000) deux taux de croissance raisonnables de 10% et 15% par an. 2/ Si l'on addi- tionne les nuitées de visiteurs étrangers projetées pour Siemreap et Phnom Penh, on obtient des totaux qui se situent dans des fourchettes de 300.000 - 320.000 en 1972 et de 490.000 - 660.000 en 1975. Bien entendu, ces chiffres ne sont rien de plus que des indications très approximatives de ce que pourrait être le volume de la demande de visi- teurs étrangers au Cambodge pendant les cinq années à venir, mais ils fournissent la base à partir de laquelle est possible l'examen des avantages économiques éventuels qui fait l'objet de la section G du présent rapport. 1/ se reporter -u'Lx ,,ragranhes 47-50 infra, pour 1 manière dont ces projections ont été calculées. 2/ Voir par. 50. - 58 - Durée moyenne de séjour à Siemréap 28. Le touriste qui veut visiter les temples les plus importants de l'ensemble d'Angkor et se pénétrer un peu de l'atmosphère de la forêt silencieuse doit rester au moins deux jours entiers à Siemréap, ce qui correspond à la durée moyenne de séjour actuelle. Les pouvoirs publics espèrent pouvoir augmenter la durée moyenne de séjour par des distractions telles que le golf et la promenade en bateau (sur le grand lac"Tonle Sap" à quelque 30 km de Siemréap ou sur le lac West Baray, à proximité d'Angkor Thom). La mission n'est pas convaincue que l'organisation de ces activités entra'nerait un allongement sensible de la durée moyenne de séjour des visiteurs étrangers; il n'est pas certain d'abord que ces passe-temps pourraient concurrencer les activités rivales offertes dans d'autres pays de l'Asie du Sud-Est; il est à craindre aussi que les visiteurs reculent devant l'effort de jouer au golf dans la chaleur et l'humidité excessives de Siemréap, surtout après une série fatigante de visites des temples. 29. Le gouvernement, en association avec l'Unesco, espère que l'ouverture de nouveaux temples aux visiteurs (voir par. h) aura pour conséquence un allongement de la durée moyenne de séjour. Là encore, rien n'est certain; en effet, il n'est nullement prouvé qu'après la visite de l'ensemble d'Angkor, les autres temples présentent beaucoup d'intérêt supplémentaire pour le visiteur profane. On peut évidemment soutenir, par contre, que la visite des temples qui seront restaurés présentera de l'intérêt en ce qu'elle offrira au visiteur l'avantage accessoire de se mêler à la population et à la vie du Cambodge. En tout état de cause, la question exige une étude de marché minutieuse avant que le projet de l'Unesco soit entrepris. E. L'INFRASTRUCTURE Les aéroports 30. Le Cambodge possède deux aéroports internationaux, l'un à Phnom Penh, l'autre à Siemreap. L'ouverture de ce dernier a supprimé un obstacle à l'augmentation des arrivées de visiteurs étrangers et beau- coup amélioré les perspectives du secteur du tourisme au Cambodge. L'existence de deux aéroports pose toutefois un problème de besoins et de priorités en matière d'investissement. Jusqu'à présent, environ 50% des voyageurs arrivant à Phnom Penh partaient directement pour Siem- réap, sans sortir de l'aéroport. On peut raisonnablement supposer que ces visiteurs chercheront maintenant à se rendre directement à Siemréap. La réduction du trafic à Phnom Penh qui pourrait s'ensuivre mettrait en question la nécessité d'une partie des nouveaux investissements que l'on envisage de faire à l'aéroport. Pour ce qui est des bâtiments de l'aé- roport à Siemréap, il faudra presque certainement, le moment venu, les agrandir ou les remplacer pour accueillir dans de bonnes conditions le nombre de visiteurs étrangers que l'on escompte à l'avenir. - 59 - Les routes 31. La rupture des relations diplomatiques avec la Thailande empêche que le trafic routier en provenance de Thailande pénètre au Cambodge au poste de Poipet. Il est de fait néanmoins que certains groupes ont quitté le Cambodge à ce point, bien que, selon les rapports dont on dispose, la route au-delà de Sisophon soit en mauvais état faute d'entretien. Comme Siemréap n'est pas très éloigné de Bangkok par la route (environ 350 à hOO km), on peut normalement concevoir qu'une fois rétablies les relations diplomatiques et réparée la route, les entrées de visiteurs venant de Bangkok a Siemréap par la route seront assez élevées. Les agences qui organisent les tours pourraient réaliser des économies considérables en utilisant lfitinéraire routier au lieu des transports aériens. Cependant, le tourisme ne serait qu'une des justifications économiques de cette route et la décision de réparer la route ne pourrait évidemment être prise que dans le cadre d'un programme routier global pour le Cambodge. La même remarque s'applique presque exactement aux routes qui relient le Cambodge au Sud Vietnam; une fois la guerre terminée, il se pourrait que des visiteurs en assez grand nombre arrivent de Sai7gon (et poursuivent peut-être leur voyage jusqu'à Bangkok) par la route. 32. Il est probable que dans la région de Siemréap il sera nécessaire de construire quelques routes nouvelles, le nombre des visiteurs croissant, et l'étude du plan général de mise en valeur de Siemréap qui est pro- posé aux paragraphes 35 et 36 pourrait englober l'analyse des besoins en routes. 33. Comme nous l'avons déjà indiqué, l'Unesco étudie la possibilité de mettre en valeur et de restaurer plusieurs temples et zones histori- ques, actuellement inaccessibles, au nord et à l'est de Siemréap. Cette entreprise qui, selon les prévisions, doit prendre de cinq à dix ans, nécessitera tout d'abord la construction de plus de deux cent kilomètres de routes. Il est invraisemblable toutefois que le tourisme puisse jus- tifier un tel investissement, du moins dans l'avenir immédiat, et c'est pourquoi il faudrait aussi étudier les incidences que ces routes pour- raient avoir sur le développement de l'agriculture, des exploitations forestières et d'autres activités économiques. Les services publics 3h. A Siemréap, les aménagements en cours pour l'approvisionnement en eau et en électricité et l'évacuation des eaux usées se font sans coordination ni plan d'ensemble; à titre d'exemple, les divers hôtels produisent eux-mêmes l'électricité dont ils ont besoin alors que la puissance installée du réseau central est suffisante. La fourniture de l'eau se fait aussi sans programme systématique et l'H^tel Angkor - 60 - (Air France) puisera son eau dans le fossé d'Angkor Vat et utilisera le même fossé comme citerne où il déversera ses eaux usées partielle- ment traitées. Comme on s'attend que la capacité des hôtels ait sensiblement augmenté à Siemréap en 1975, il est indispensable que les services fournissant l'eau et l'électricité, et le système d'égoûAts, soient organisés selon un plan systématique. Plan de mise en valeur de Siemréap 35. Les dangers que peut faire courir la construction incontrôlée d'hôtels dont nous avons fait état à la section B, la nécessité de coordonner et de planifier la mise en place des services publics ainsi que d'étudier les mesures à prendre pour la conservation des temples eux-méeles (par. 5) ont incité la mission à proposer au gouvernement la mise à exécution, aussitôt que possible, d'un projet d'élaboration d'un plan général d'aménagement de Siemréap. Il existe déjà un projet d'amé- nagement d'une ville "le nouveau Siemréap" mais il n'a pas été établi sur la base d'évaluations de la demande touristique ni des possibilités matérielles de mise en valeur de la région. 36. , Le projet envisagé devrait porter sur toute la zone urbaine de Siemreap, ainsi que sur la zone du Parc d'Angkor et des temples qui y sont situés sur le "petit" et le "grand" circuits. Ce plan d'ensemble de mise en valeur de la région délimiterait les zones à aménager et les zones protégées, fixerait les normes et la densité à respecter dans les constructions, etc. Sur la base d'une estimation de la demande touris- tique potentielle, l'étude préciserait l'échelonnement dans le temps des étapes de l'exécution et indiquerait les besoins en superstructure (hôtels et autres bâtiments fonctionnels) et en infrastructure, notam- ment les voies urbaines et l'aéroport, pour chaque phase de la mise en valeur. L'exécution rapide de cette étude permettrait d'éviter l'im- plantation dommageable et parfois inutile de travaux d'infrastructure exécutés sans coordination et d'arrêter la mise en place incontrôlée de superstructures nuisibles à l'harmonie de l'ensemble. F. LE ROLE DE L'ETAT ET SA POLITIQUE EN MATIERE DE TOURISME 37. Au Cambodge, le r6le uA iou 1 Itt dans le développement du tourisme est déjà considérable, _/ ce qui contribue 'à garantir qu'il sera tenu compte des besoins du secteur du tourisme lors de l'élaboration et 1/ L'Etat qui possède 60% du capital de la SOKHAR, principale agence de voyages et société h6telière du pays, a pris une participation importante dans la nouvelle société qui construit l'hôtel de caté- gorie "luxe" à Phnom Penh et est directement propriétaire d'autres hôtels, notamment le Royal à Phnom Penh. Il est aussi actionnaire majoritaire de Royal Air Cambodge. - 61 - de l'exécution de la politique générale du gouvernement. Lexistence d'un Département du tourisme ayant à sa tête un Sous-Secrétaire dgEtat au tourisme, membre du cabinet, montre l'importance que le gouvernement attache à ce secteur. Le Département du tourisme 38. Ce département a de nombreuses fonctions, parmi lesquelles on peut citer la classification et la réglementation des hôtels et de leurs prix, la perception des taxes de tourisme, la formation de guides et le contr6le de leurs qualifications, la publication de bro- chures de publicité, le rassemblement de statistiques et la propagande touristique à l'étranger. On peut dire en général que le département, dans ses activités, semble ne pas avoir de politique bien définie et manque de dynamisme. Le peu dgimportance accordé aux travaux statis- tiques et à la recherche témoignent de la légèreté avec laquelle la politique touristique est appliquée. I/ Nous avons déjà fait allusion aux dangers que fait courir la mise en valeur désordonnée de Siemréap, menée jusqu'ici au petit bonheur; les services officiels du tourisme, uniquement soucieux de développer les investissements à n'importe quel prix,,ne semblent pas voir que l'intérêt artistique des temples de Siemreap risque de s'amenuiser rapidement. Si l'on veut développer le tourisme au Cambodge selon un plan rationnel, il est indispensable que le Département du tourisme s'attelle plus vigoureusement à cette tâche en fournissant les statistiques et les études qui pourront servir de base aux décisions. La politique d'investissement 39. Le Deuxième Plan Quinquennal (1968-1972) accorde au tourisme une priorité élevée dans l'economie du pays, juste après l'agriculture et l'industrie. En même temps, la modicité des crédits inscrits à ce poste du budget pour l'ensemble des cinq années (110 millions de RC, 2 millions de dollars EU) indique que, dans l'esprit du gouvernement, c'est au secteur privé d'effectuer la majeure partie des investissements qui seront nécessaires pour atteindre l'objectif du Plan, à savoir un accroissement annuel de 20% du nombre des visiteurs. Pour attirer les investisseurs privés, le gouvernement fait bénéficier les h6tels de classe internationale des divers stimulants fiscaux qu'il consent aux 1/ Les statistiques de base sont rassemblées auprès des hôtels et des postes-frontières, mais les données brutes restent inutilisées au Département du tourisme. Avec un minimum de personnel et de matériel, il serait possible au Cambodge de mettre au point un système très complet et efficace de statistiques du tourisme. - 62 - investissements dans l'industrie. Les plus importants de ces stimulants sont l'exonération des droits de douane sur l'équipement importé et l'exonération de l'impft sur les bénéfices pendant les cinq premières années qui suivent l'investissement (qui est l'allègement maximal accordé). Il semblerait donc que, sans bénéficier d'avantages spéciaux, l'investissement dans les h6tels pour visiteurs étrangers soit bien favorisé. Mais la limitation de la participation des capitaux étrangers, dont la proportion fait l'objet dans chaque cas d'une décision du Ministère des Finances, a ralenti et ralentit encore le rythme auquel peuvent se faire les investissements dans l'h6tellerie. De ce fait, alors que les investisseurs étrangers sont tout prêts aà accro:'tre leur participation, le manque de capitaux cambodgiens freine l'exécution des programmes d'investissement. Il serait souhaitable que le gou- vernement modifie sa politique sur ce point afin de faciliter l'augmen- tation rapide de la capacité d'hébergement. G. QUELQUES INCIDENCES ECONOMIQUES DU DEVELOPPEMENT DU TOURISME Recettes du tourisme 4o. Le montant total des devises dépensées par les visiteurs, entrant par les voies bancaires officielles et enregistrées par l'Office national des changes, a atteint 800.000 dollars en 1966 et s'est élevé à 1,7 million de dollars en 1968 et à 1,1 million de dollars pendant les six premiers mois de 1969. Cependant, les dépenses quotidiennes moyennes obtenues en divisant ces recettes par le nombre de nuitées des visiteurs étrangers (12 à 15 dollars) sont si faibles qu'il y a tout lieu de penser que toutes les devises dépensées par les visiteurs n'ont pas été offi- ciellement enregistrées pendant ces années. Il n'en apparai't pas moins que le nombre de nuitées des visiteurs étrangers n'ayant pas doublé entre 1966 et 1968, comme l'ont fait les recettes enregistrées, une proportion toujours plus grande des devises est entrée par les voies officielles. A la suite de l'abolition du système des taux de change multiples en août 1969 et la chute des taux du marché noir, il est probable qu'une assez forte proportion, sinon la totalité, des recettes en devises du tourisme entre maintenant au Cambodge par les voies légales. On estime qu'en 1969 les visiteurs étrangers au Cambodge ont dépensé 3 millions de dollars EU (160.000 nuitées multipliées par 20 dollars de dépenses par nuit). En 1975, ces recettes pourraient être de l'ordre de 12 à 16 millions de dollars si les projections du trafic touristique calculées à la section 4 se réalisent et si les dépenses moyennes par nuitée se situent aux alentours de 25 dollars. 4l. Pour estimer quelles peuvent être les recettes en devises qu'apportera le tourisme au Cambodge pendant la période 1969-1975, il est raisonnable de diminuer d'environ 25% les recettes brutes, afin de tenir compte de l'élément importé dans les dépenses courantes d'exploi- tation et de l'élément payable en devises des dépenses d'équipement venant à échéance pendant l'année en question. On peut estimer sur cette base que les recettes nettes en devises provenant du tourisme ont atteint - 63 - au total 2,3 millions de dollars EU en 1969 (dans l'hypothèse où toutes les recettes brutes ont pénétré par les voies officielles) et qu'en 1975 les recettes nettes pourraient être au total de l'ordre de 9 à 12 millions de dollars. L'emploi h2. Actuellement l'industrie du tourisme au Cambodge emploie directement environ 1.500 personnes, dont les deux tiers travaillent dans les hâtels et le reste dans les agences de voyages, le Département du tourisme, la Direction de l'aviation civile, etc. Certains autres travailleurs, employés dans l'agriculture, l'industrie artisanale ou la construction, exercent une activité directement liée au tourisme, mais on ignore quel est leur nombre. Le personnel des hâtels semble avoir un rendement assez élevé (le rapport personnel/chambre est en moyenne de 1,3/1) et l'augmentation du nombre des chambres d'hôtel nécessitera vraisemblablement le recrutement de personnel supplémentaire. Il se peut fort bien que la capacité des h6tels soit au moins doublée en 1975, et le nombre des personnes directement employées dans ce secteur pourrait dépasser 3.000, l'effectif des travailleurs dans les activités annexes (agriculture, etc.) augmentant aussi. H. ETUDES DE PREINVESTISSEMENT 43. Comme nous l'avons dit à la section E, il faut de toute urgence établir un plan général de développement du tourisme dans la région qui entoure Siemréap. Cette étude devrait comprendre la répartition des terrains et de leur utilisation, la fixation des normes de construction et l'échelonnement dans le temps des étapes de la construction des superstructures et des infrastructures, l'examen des apports administra- tifs et financiers nécessaires à l'exécution du plan et l'évaluation de la stabilité des temples eu égard au bruit des avions a réaction et autres risques. Cette étude stimpose afin de protéger ces monuments dont la beauté attire les visiteurs à Siemréap, et d'éviter le gaspillage économique que risque de provoquer la mise en place de l'infrastructure sans plan systématique. Le gouvernement doit soumettre au PNUD dans de brefs délais une demande d'aide financière pour l'exécution de cette étude. hh. A plus long terme, il faudra aussi étudier l'exploitation touristique d'autres temples antiques du Cambodge dont un grand nombre ont encore enfouis dans la forêt tropicale. L'Unesco a déjà organisé aeux missions à cette fin et les études qu'elles ont redigées consti- tuent une utile base technique à partir de laquelle il sera possible d'analyser plus en détail la justification économique et les possibili- tés sur le plan technique de la restauration et de la mise en valeur d'autres groupes de temples. Il est prévu que le Cambodge demandera l'aide du PNUD pour l'exécution des études nécessaires (l'Unesco faisant - 64 - office d'agent d'exécution). 45. Avant que le Qouvernement cambodgien entreprenne la mise en valeur pour leur exploitation touristique d'autres parties du Cambodge, telles que les stations balnéaires de Kep et de Sihanoukville, il sera nécessaire de faire des études de marché pour vérifier s'il existe réellement une demande. 46. Dans un contexte plus vaste, nous estimons que le Cambodge, le Laos, la Thaîlande, le Sud-Vietnam et le Nord-Vietnam constituent une entité touristique, au centre de laquelle se trouve le Cambodge. Lorsque la situation au Vietnam se sera stabilisée, il vaudra la peine d'envisager l'organisation coordonnée de circuits touchant l'ensemble de ces pays, les déplacements se faisant soit par la route soit par transport aérien. Il est évident que pour l'instant la situation ne se prête pas à une étude utile de cette possibilité, mais l'idée est à retenir pour l'avenir. - 65 - I. NOTE: CALCUL DU NOMBRE PROBABLE DE VISITEURS AU CAMBODGE EN 1972 ET 1975 Siemréap h7. Pour les raisons que nous avons indiquées à la section D du rapport, il est probable que jusqu'en 1972 l'augmentation du nombre de visiteurs étrangers à Siemréap sera limitée par la capacité des h8tels existants. Le calcul des arrivées probables à Siemreap en 1972 repose donc sur le nombre de chambres d'hôtels qui, selon les prévisions, devraient être disponibles cette année-là. h8. L'élément dont il faut particulièrement tenir compte pour déterminer le trafic touristique maximal possible est la longueur de la saison touristique dans la région. Au Cambodge, ou cette saison peut être assez longue, on peut escompter des taux d'occupation annuels rela- tivement élevés; la mission a estimé qu'un taux entre 70 et 80% était réalisable et elle a retenu, pour ce calcul, un taux maximal de 70%. Un autre facteur qui détermine le nombre total des visiteurs est le taux de double occupation des chambres. En 1968, ce rapport était déjà assez élevé à Siemreap (1,7) mais une forte proportion de voyages en groupes pourrait encore hausser ce rapport à 1,8 ou 1,9. La mission a calculé le trafic global pour deux taux d'occupation des chambres par deux personnes, à savoir 1,7 et 1,8. 49. En appliquant un taux d'occupation et un taux de double occupa- tion au nombre de chambres d'hôtel estimé, on a calculé les nuitées de visiteurs totales. Afin de séparer les nuitées de visiteurs étrangers de ce total, la mission a estimé pour 1972 les nuitées de visiteurs résidant dans le pays sur la base de l'évaluation faite pour 1969 augmen- tée d'un taux annuel moyen de 8%. Le chiffre ainsi obtenu a été sous- trait du total, le reste représentant le total possible des nuitées de visiteurs étrangers. Pour la période 1972-1975,le volume projeté des nuitées à Siemréap en 1972 a été affecté d'un taux moyen de croissance évalué à 20 ou 30% par an, qui semble dans les limites du possible. Phnom Penh 50. Il est très difficile d'évaluer quelle pourra être la demande de visiteurs à Phnom Penh du fait que l'ouverture de l'aéroport de Siemréap modifie les voies d'accès dans le pays. Dans ces conditions la seule possibilité était d'appliquer deux taux de croiscance raisonnables - 66 - (10 et 15% par an) au total estimé des nuitées de visiteurs étrangers en 1969. Les deux totaux de nuitées ainsi calculées ont été addition- nés à ceux pour Siemréap afin de donner un ordre de grandeur approxima- tif des totaux estimés de nuitées de visiteurs étrangers au Cambodge en 1972 et 1975. Récapitulation des calculs Siemréap Nombre de Nombre de Taux de Nuitées Nuitées Nuitées nuits nuits double de de de visi- d'hâtels d'hâtels occupa- visiteurs rési- teurs disponibles prises tion dents étrangers 1969 lf 109.900 70.600 1,7 120.000 15.000 105.000 (taux d'oc- cupation 64%) 1972 206.000 14.o0o 1,7 245.000 19.000 224.000 (564 (taux d'oc- chambres) cupation 70%) 1,8 259.000 19.000 240.000 1975 Projections des nuitées de visiteurs étrangers 390.00U en 1972 augmentées au taux de 20 et 30% par an pendant la période 1973-1975 530.000 Phnom Penh Nuitées de visiteurs Nuitées de visiteurs étrangers au taux de étrangers au taux de croissance de 10% par croissance de 15% par an an 1969 1/ 54.000 54.000 1972 72.000 82.000 1975 96.ooo 125.000 1/ Estimation pour l'année calculée à partir de chiffres partiels. - 67 - Total des nuitées de visiteurs étrangers Estimation Projections 1969 159.000 - 1972 - 300.000 - 320.000 1975 -490.000 - 66o.000 - 68 - Annexe IV: L'INDUSTRIE MANUFACTURIERE TABLE DES MATIERES Page A. L'EVOLUTION DE L'INDUSTRIE ET SES PROBLEMES 69 1. La situation dans le passé 69 Production et investissement 69 Emplacement de l'industrie 70 Emplois et salaires 71 2. Politique industrielle 73 Le gouvernement 73 Entreprises publiques 74 Priorités 76 Mesures propres à stimuler l'investissement 77 Protection de l'industrie 79 3. Contraintes 81 Le secteur public 81 L'initiative privée 83 Crédit bancaire 84 Infrastructure 85 Contr^e des prix 85 4. Résumé et perspectives 86 B. LA STRUCTURE DE L'INDUSTRIE 89 Mines 89 L'industrie du ciment 89 L'industrie des engrais 90 H'etaux précieux 92 Traitement des denrées alimentaires 92 Fabrication des boissons 95 L'industrie du tabac 97 L'industrie textile 97 L'industrie du papier 99 Bois d'oeuvre et meubles 101 Les industries du caoutchouc et des matières plastiques 101 L'industrie chimique 102 Briqueteries, verreries et produits céramiques 103 La métallurgie 103 Autres activités industrielles 103 - 69 - Annexe IV: L'INDUSTRIE MANUFACTURIERE A. L'EVOLUTION DE L'INDUSTRIE ET SES PROBLEM1ES 1. La situation dans le passe Production et investissement 1. Au moment de l'indépendance (1953), le Cambodge n'avait pratique- ment aucune industrie. Néanmoins, grâce au commerce intérieur et extérieur qui était très actif au moment où le pays faisait encore partie de l'Indochine, il s tétait créé dans le pays un noyau d'entrepreneurs pour la plupart chinois et vietnamiens. Malgré la forte préférence marquée par le gouvernement depuis 15 ans pour les industries du secteur public, ctest toujours ce groupe d'entrepreneurs privés qui a joué un rôle vital dans les progrès réalisés jusqu'ici dans l'industrie. 2. L'industrie manufacturière entre aujourd'hui pour environ 12% dans le PIB et emploie 3% de la population active. La contribution au PIB des industries manufacturières et du batiment est montée de 13 à 18% au cours des dix dernières années, soit à un taux de 7% par an. Les entreprises privées, non constituées en sociétés, ont participé pour plus de 60% à la valeur ajoutée par le secteur manufacturier pendant la période 1963-1966, les so- ciétés anonymes privées ou mixtes y ont contribué pour 34%, et c'est seule- ment le reste qui doit être attribué aux entreprises publiques. Pour ces dernières, le pourcentage est passé de 3 à 7% entre 1963 et 1966. (Voir Tableau 8.3). La part des entreprises privées dans l'investissement indus- triel global n'est pas moins importante, puisqu'elle représente 39% du total, tandis que les entreprises publiques et mixtes entrent pour 39 et 22% respec- tivement dans l'investissement total de la période 1957-1968 qui s'est élevé à 4.310 millions de riels. 3. Les variations du montant de l'investissement dans le secteur indus- triel ont été très irrégulières pendant la période 1957-1968 (voir Tableaux 8.5, 8.8 et 8.9) et reflètent l'absence de liaison d'ensemble entre les divers projets ainsi que les incertitudes d'une politique souvent changeante. Depuis quelques années, les entreprises publiques et mixtes ont investi dans une proportion beaucoup plus grande et ont ainsi nettement contribué au déve- loppement du secteur manufacturier. L'investissement prive accuse une baisse nette depuis 196h, année où il avait atteint son maximum et, pendant les an- nées qui ont suivi, il na repréenté en moyenne que 28% du total. h. De 1962 à 1966, dernière année pour laquelle on dispose de ren- seignements complets, la valeur de la production industrielle est passée de 11,2 à 15,4 milliards de riels, soit une augmentation totale de 37,2%, et par an de 9% en moyenne (voir Tableau 8.1). La production industrielle a - 70 - légérement baissé en 1966 (de 2%). Elle se compose essentiellement, pour plus de 70%, de la production des industries de transformation de denrées alimentaires et de matières premières. Parmi les autres industries, on observe une expansion notable de l'industrie textile; sa production a doublé de 1963 à 1965, et elle nta cessé d'augmenter depuis lors. Les ventes des 250 principales entreprises industrielles sur lesquelles on disposait de renseignements pour 1967 ont augmenté de 20% cette année-là contre 10% en 1966 (voir Tableau 8.2). On trouvera ci-après une récapitulation des inves- tissements ventilée entre les industries installées à Phnom Penh pour la pé- riode 1956-1968. La mécanique légère et le montage de véhicules et d'appa- reils ont attiré plus dtun tiers du capital investi; viennent ensuite les textiles et le caoutchouc. Il est intéressant de noter que l'investissement dans l'industrie alimentaire et les boissons ne représente que 8% du total pour cette période, bien que cette industrie contribue pour plus d'un tiers à la valeur ajoutée totale du secteur manufacturier. Investissements industriels prévus par industrie â Phnom Penh (1956-1968) Industrie Investissement Pourcentage (en millions de riels) Denrées alimentaires et boissons 122 8,8 Bois d'oeuvre et produits en bois 18 1,0 Mécanique légère 296 20,0 Montage et réparation de véhicules et d'appareils 290 19,0 Industrie du caoutchouc 176 12,0 Produits chimiques et matières plastiques 153 10,0 Textiles 222 15,O Papier et impression 153 10,0 Divers 82 5, TODTAL 1.512 , Emplacement de l'industrie 5. L'activité industrielle est largement concentrée à Phnom Penh où 830 nouvelles unités privées ont été constituées entre 1952 et 1968, repré- sentant un investissement de 1.521 millions de riels et créant, selon les estimations, 12.000 emplois nouveaux. (Voir Tableaux 8.6 et 8.7 pour une répartition détaillée de l'investissement et de l'emploi entre les industries). De 1965 à 1968, on dispose de renseignements statistiques pour l'ensemble du pays qui montrent que 37% des nouvelles entreprises privées ont été installées à Phnom Penh; elles représentent en valeur 60% du total et entrent pour 48% dans le total des emplois créés. Les autres régions où l'activité industrielle présente quelque importance sont les provinces de Kandal (abstraction faite de Phnom Penh), Battambang, Kompong Cham, Prey Veng et Kompong Thom. La majeure partie des investissements dans la province de Battambang a servi - 71 - à construire des rizeries et des scieries, alors que ceux réalisés dans celle de Kompong Cham sont allés en majeure partie aux scieries et aux fours pour le séchage du tabac. 6. Afin d'éviter que l'industrie ne continue à se concentrer à Phnom Penh, le gouvernement a cherché vigoureusement ces dernières années à faire de Sihanoukville un deuxième pôle de développement industriel. Le plan du gouvernement est dry attirer les industries qui produisent pour ltexportation avec des matières premières importées ou produites dans le pays, tandis que Phnom Penh continuerait à attirer les industries qui travaillent pour le marché intérieur. Bien que l'infrastructure de base ait déjà été mise en place à Sihanoukville, le peu d'activité industrielle que l'on a enregistré jusqulici est le fait d'entreprises publiques ou mixtes, et la production (bière, essence) est destinée à la consommation intérieure. Le seul établis- sement privé est une scierie. Pour donner plus d'attrait aux avantages que présente llimplantation drindustries dans le port, le gouv-ernement se propose de créer une zone franche où les activités industrielles et commerciales pourraient se faire sans restrictions administratives et douanières. On estime que pour donner à cette zone franche les aménagements d'un domaine industriel, il faudrait dépenser 60 millions de riels. Une très petite frac- tion seulement de cette dépense a été engagée, des difficultés budgétaires semblant être la cause de ce retard. 7. Il n'est pas certain que ce projet réussisse. Pour ltinstant, la proximité du Viet-Nam fait que Sihanoukville ne présente pas tellement d'attrait pour y installer des activités économiques, et l'actuel monopole d'Etat dans le système bancaire et les assurances est en contradiction avec la notion de zone franche. D'une manière générale, on ne peut espérer de progrès majeurs tant que la situation politique de la région ne se sera pas stabilisée. A plus longue échéance, un accroissement rapide des activités économiques ne se justifiera que si les entreprises industrielles et commer- ciales étrangères peuvent utiliser d'une façon rentable le port comme centre industriel ou entrepAt où pourront être montés les éléments de machines et d'appareils destinés à être vendus sur le marché régional. Dans ce genre d'activité, il va de soi que Singapour et Hong Kong concurrencent vigoureu- sement Sihanoukville et nous n'avons nas décelé jusqu'ici d'avantages compa- ratifs vraiment importants. On trouvera aux paragraphes 60-86 ci-a,rès l'analyse des projets d'installation d'un certain nombre drusines à Siha- noukville envisagés par l'Etat ou par des investisseurs privés. Emplois et salaires Les renseignements sur llemploi industriel sont incomplets, mais il semble qu'il nly ait guère de chômage au Cambodge et, comme en plus la mobilité de la main-dfoeuvre est relativement faible, le gouvernement a recours à des stimulants spéciaux pour attirer, par exemple, les travailleurs à Sihanoukville. Sur la base des rapports transmis au ILinistère du travail par les entreprises elles-mêmes, la répartition de la main-d'oeuvre par industrie était la suivante en]967: - 72 - Industrie Etablissements Emploi Industries alimentaires 764 4.242 Boissons 58 1.979 Textiles 324 5.180 Vétements et chaussures 332 1.572 Bois et meubles 281 2.936 Papier et impression 201 2.865 Produits en cuir 28 216 Produits en caoutchouc 87 1.39h Produits chimiques 123 1.087 Produits minéraux et non métalliques 126 2.271 Mécanique légère 603 5.760 Construction 105 2.433 Divers 285 1.467 TOTAL 3.290 33.302 9. Lorsqu'elles recrutent du personnel, les entreprises sont tenues de donner la préférence aux ressortissants cambodgiens et elles ne sont pas autorisées à employer des étrangers dans une proportion supérieure à 30% du personnel total. Dans le cas de spécialistes étrangers que l'on juge indispensables, ce pourcentage ne peut être augmenté qu'après une autorisa- tion du Ministère du travail. Du point de vue ethnique, la main-d'oeuvre industrielle se compose essentiellement de Khmers. Selon une enquête récente qui a porté sur 417 établissements industriels à Phnom Penh, 81% des travail- leurs étaient khmers, 12% chinois et le reste vietnamiens et membres d1autres minorités. La proportion des femmes était de 24%. 10. La même étude a indiqué que dans le cas des travailleurs du sexe masculin, 5% gagnaient un salaire de base de 750 riels par mois, au moins 34% de 750 à 1.250 riels, 3h% de 1.250 à 2.500 riels, 20% de 2.500 à 5.000 riels et 8% seulement de 5.000 riels ou plus. Dans le cas des travailleurs du sexe féminin, les proportions sont plus fortes dans les catégories inferieures. Les travailleurs reçoivent en outre des allocations familiales, soit 15% du salaire de base pour l'épouse, et 5% par enfar4t jusqu'à l'âge dc 16 ans. Les entreprises publiques p-n-ent anl.si à Tnr Charge les dépenses médicales et l'hospitalisation de leurs employés, ainsi que la moitié de ces dépenses pour leur famille. De plus, bien qu'elles n'y soient pas obligées, la plu- part des entreprises d'Etat fournissent gratuitement le logement, l'électri- cité et l'eau à la moitié environ de leurs employés. 11. Le salaire minimum a été institué depuis 1959 et il se situe actuel- lement à 25 riels par jour pour les hommes et à 21 riels pour les femmes à Phnom Penh; il est inférieur dans les capitales provinciales et autres re- gions. Des salaires minimaux distincts sont appliqués aux mineurs (15 et 18 riels par jour respectivement pour les mineurs de 12 à 15 ans et de 15 à 18 ans à Phnom Penh). L'augmentation des traitements et salaires des - 73 - fonctionnaires, en novembre dernier, à la suite de la dévaluation, et dont ont bénéficié particulièrement les échelons inférieurs, va très probable- ment être étendue aux traitements et salaires payés par les entreprises publi- ques et même par le secteur nrivé. Pour les entreprises publiques, le Minis- tère de l'industrie envisage l'application d'une structure uniforme des trai- tements et salaires qui pourrait être la suivante: Catégories Services techniques Services administratifs de postes Debut Fin _Debut Fin Direction 5.500-10.000 8.100-15.500 5.500-10.500 8.100-15.500 Maltrise 2.800- 5.500 4.14- 8.1h0 2.800- 4.800 h.1h- 7.104 Exécution 950- 3.700 1.406 5.476 950- 3.000 1.406- .h40 12. On ne dispose pas de renseignements sur la productivité de la main- d'oeuvre. Le pays manque de personnel qualifié pour occuper les postes techniques et administratifs au niveau des cadres supérieurs et encore plus pour les postes de direction. Le gouvernement a fait un effort considérable ces dernières années pour développer lenseignement technique et, dans un très proche avenir, des jeunes diplômés sortiront des écoles techniques et des universités en nombre suffisant. Toutefois, l'enseignement qu'ils reçoi- vent les prépare à occuper des postes supérieurs plutôt qu'elle ne les oriente vers les postes de niveau moyen auxquels le pays a le plus besoin de pour- voir. Un problème plus général qui se pose au Cambodge semble être la dif- ficulté à imposer une discipline industrielle, ainsi que la passivité des travailleurs aux niveaux inférieurs. Même les fautes graves ne sont pas sanctionnées, et le licenciement d'employés incompétents se heurte aux convictions religieuses et sociales. 2. Politique industrielle Le gouvernement 13. Afin de faire face aux multiples problèmes que pose le develope- ment industriel, le Ministère de l'industrie vient d1être réorganisé et il se compose maintenant de quatre divisions: mines, industrie et artisanat, contrôles techniques, entreprises publiques et mixtes. De plus, le Centre national de productivité a été rattaché au Ministère de l'industrie. La Division des mines s'occupe de la prospection et de l'exploitation des ressources minérales. La Division de l'industrie et de l'artisanat est chargée d'étudier l'évolution du secteur manufacturier, de fixer les priori- tés en matière d'investissement, de préparer et évaluer les études de justi- fication économique et de conseiller le gouvernement sur les mesures juri- diques institutionnelles, organiques, économiques et financières a prendre pour développer l'industrie, et les transformations à apporter dans ces do- maines. En outre, elle a pour fonction d'approuver les demandes d'importation de matières premières et d'équipement et de concevoir et imposer des critères objectifs. Le Bureau de l'artisanat, dans la même division, est chargé de tout ce qui concerne la sculpture sur bois et sur pierre, le tissage à la main, la vannerie et la poterie. La Division des contrôles techniques a pour fonctions le contrôle de la qualité, l'étude des problèmes de pollution, le contrôle des établissements qui opèrent dans des conditions dangereuses et insalubres, le contrôle des poids et mesures, etc. La Division des entre- prises publiques et mixtes a pour attributions de coordonner les activités des vérificateurs des comptes de l'Etat et de ceux des entreprises, de mettre au point des méthodes uniformes de comptabilité et de gestion et drinformer le Ministre des activités de ces entreprises. 14. Afin d'améliorer la gestion des entreprises publiques, le gouverne- ment a créé en 1966 une Commission de la productivité, chargée de former les cadres aux méthodes et techniques modernes de gestion. Cette commission était composée de fonctionnaires du Ministère de l'industrie et d'un certain nombre de directeurs des entreprises publiques. Elle était aidée dans ses travaux par deux experts de l'OIT ainsi que deux autres experts spécialistes de la gestion et de la comptabilité des industries. Cette commission vient d'être incorporée au Centre national de productivité, de création récente, qui dépend du Ministère de l'industrie. L'objet de ce centre est d'aider les entreprises publiques à trouver des solutions aux problèmes de gestion tels que l'achat, la production, la commercialisation, le calcul des prix de revient, l'établissement des budgets, l'entretien de l'équipement. A cet effet, le Centre organise des sessions de formation sur ces sujets avec l'aide continue des experts de l'OIT et il fournit aux stagiaires la documentation nécessaire. Les activités et les services du Centre vont être développés, et les entreprises privées pourront également en bénéficier. Le Centre envisage à un stade ultérieur de conseiller, avec l'aide d'experts, les entreprises sur les questions techniques. 15. L'exécution efficace de ces tâches pour lesquelles le Ministère n'était pas équipé jusqu'ici présuppose le recrutement dtun certain nombre d'experts, soit recrutés directement, soit fournis par les organisations inter- nationales, et le Ministère stest adressé au PNUD pour obtenir un conseiller principal. Néanmoins, comme nous le verrons plus loin, les problèmes fonda- mentaux de politique industrielle qui se posent ne peuvent être résolus par le seul Ministère et leur solution demandera la participation de toutes les instances gouvernementales. Il s'agit en particulier des rapports entre les secteurs public et privé. Entreprises publiques 16. Le Gouvernement cambodgien s'est fixé pour objectif premier l'indus- drialisation du pays afin d'économiser les devises, de fournir des emplois productifs et une formation technique à une main-d'oeuvre en nombre croissant et d'exploiter les ressources naturelles du pays. Comme le pays manquait de dirigeants qualifiés pour l'industrie et de connaissances techniques, et qutil y avait pénurie de capitaux privés cambodgiens désirant s'investir dans l'industrie moderne, les pouvoirs publics ont pensé dès le début que le rôle de pionnier en la matière devait nécessairement incomber aux entreprises - 75 - patronnées par l'Etat. Cette manière dtenvisager le développement de lrin- dustrie correspondait d'ailleurs à 1'idéologie des pays du bloc de l'Est, qui étaient disposés à offrir une aide financière et technique pour consti- tuer un premier noyau d'industries au Cambodge. En outre, cette forme d'en- treprise permettait de développer l'industrialisation sans avoir recours à l'excès aux qualifications et aux ressources financières des minorités ethniques. 17. Lfaide technique et économique de la République populaire de Chine entre 1956 et 1960, qui a atteint un montant de 1,2 milliard de riels, a permis de construire et d'exploiter une usine textile à Kompong Cham, une usine de contreplaqué à Dey Eth, et une cimenterie dans la province de Kampot. On créa alors des entreprises publiques autonomes, la SONATEX, la SONACO, la SONAPAP et la SONACIENT. (Le Tableau 8.h donne la signification des acronymes et fournit d'autres détails sur les entreprises publiques et mixtes). Un nouveau don d'une verrerie en 1963 (pour une valeur estimée à 100 millions de riels) amena la création de l'entreprise publique: Verrerie d'Etat (1966). Un prêt de la Tchécoslovaquie en 1961 fut consacré à la construction d'une sucrerie et d'une usine de traitement du caoutchouc, et un autre prêt servit à la construction d'une chaîne de montage de tracteurs. C'est alors que trois nouvelles entreprises publiques virent le jour: la SONASUCRE, la SONAPNEU et la SONATRAC. 18. En 1960, le gouvernement constitua la Société khmère des distille- ries (SKD) sous forme d'entreprise mixte à laquelle la Société française des distilleries d'Indochine et la Société anonyme des distilleries anna- mites du sud de l'Indochine durent céder leurs avoirs. En 1963, la SKD fut transformée en une entreprise publique et reçut le monopole de la pro- duction, de l'importation et de la distribution de l'alcool. La Société nationale des exploitations forestières (SONEF) fut créée en 196h, et la même année vit l'apparition de la Société khmère de jute (SOKJUTE) chargée de constituer des fermes modèles pour la culture du jute et la production de fibres, et diorganiser la fabrication et la vente des sacs; la SOKJUTE était initialement une entreprise mixte où le secteur prive participait a concurrence de 6% mais dont la part a été rachetée en 1969. Depuis 1968, la Société nationale de conserverie de poissons (SONACOP) exploite une usine de conserves de poissons et de farine de poisson, et la Société nationale d'exploitation et de commercialisation des pierres et métaux précieux et semi-précieux (SONEXPIEROR) transforme et vend les pierres précieuses et prospecte le pays à la recherche de nouveaux gisements de minerais précieux et semi-précieux. 19. Les résultats financiers des entreprises industrielles publiques, pendant les années 196h à 1968, sont indiqués au Tableau 8.10. La SKD a fait des bénéfices très importants, et entre pour les deux tiers dans les bénèfices nets réalisés par le groupe tout entier. La source principale des bénéfices de la SKD est le monopole de l'alcool. La SCNATEX et la SONASUCRE ont eu des résultats satisfaisants, du moins pendant certaines années, mais ces résultats sont dus en majeure partie à la forte protection * une papeterie à Chilong - 76 - tarifaire dont ces sociétés bénéficient, et à la façon dont les marges béné- ficiaires sont calculées par le gouvernement. Les autres entreprises indus- trielles de l'Etat ont travaillé à perte ou ont obtenu un faible rendement de leur capital investi, là encore malgré la politique des prix pratiquée par le gouvernement. Il faut toutefois tenir compte du fait que des pertes financières n'impliquent pas forcément un manque d'efficacité, et qutà l'opposé la rentabilité financière d'une entreprise ne peut pas toujours être attribuée à une bonne gestion. Sur les bénéfices nets réalisés par les entreprises industrielles publiques en 1968, un tiers environ a été trans- féré à l'Etat. Les années précédentes, la contribution versée à ltEtat était presque nulle. 20. Le Plan prévoit l'investissement de 3 milliards de riels dans des projets industriels. On s'attend à ce que les entreprises publiques inves- tissent près de 2 milliards de riels pendant la période 1968-1972, soit par autofinancement, soit par emprunt. Dans le passé, les recettes réinvesties ont été de l'ordre de 100 millions de riels par an, en majeure partie par la SKD et la SONATEX. Les excédents sont rarticulièrement limités (ou les pertes particulièrement persistantes) dans les entreprises d'Etat qui ont pour mis- sion de lancer de nouveaux projets (SONACIMENT, SOKJUTE, SONAPAP). Nous n'avons pu savoir avec précision si les pouvoirs publics envisagent des trans- ferts de fonds d'investissements d'une entreprise à l'autre et sous quelle forme ces transferts pourraient se faire. Priorités 21. Comme les autorités cambodgiennes donnent toujours le pas à l'agri- culture sur l'industrie, elles n'ont jamais dressé de plans trop ambitieux de remplacement des importations par des produits de l'industrie locale. Il faut tenir compte également à cet égard de l'absence de chômage, et du fait qutil reste dans le pays de vastes superficies de terres non cultivées. Les pouvoirs publics considèrent que l'industrie constitue un élément utile et nécessaire d'une croissance équilibrée mais n'en font pas un moyen indé- pendant du développement. C'est pourquoi ils fixent les objectifs industriels avec beaucoup de prudence et n'appliquent pas une protection sans discrimi- nation. Comme le marché intérieur est limité et que les ouvriers spécialistes de l'industrie sont rares, cette manière d'envisager les choses est très largement justifiée. 22. Le deuxième Plan quinquennal met l'accent en général sur la pro- motion d'activités qui doivent entraîner avec le temps: a) l'augmentation de la production et l'amélioration de la qualité des produits agricoles en vue de llexportation; b) le relèvement de la qualité des produits indus- triels et l'abaissement des coûts de production; c) le rétablissement de la confiance des entrepreneurs et des agriculteurs privés; et d) l'augmenta- tion du rendement de certaines entités et institutions publiques. Les nou- velles industries dont on envisage la création sont au premier chef celles qui doivent faciliter la croissance de la production agricole (par exemple, l'industrie des engrais), rendre possible la transformation des matières premières en produits finis ou semi-finis (par exemple, les usines d'huiles - 77 - végétales et les conserveries), et les industries qui produisent pour la consommation finale (par exemple, les textiles, le ciment, le sucre èt le papier). On accorde en même temps la priorité aux industries orientées vers l'exportation et qui utiliseront certaines cultures industrielles mises en route dans le secteur agricole. 23. En ce qui concerne les objectifs d'investissement, le Plan se con- tente d'énumérer plusieurs projets industriels qui paraissent à première vue très souhaitables. Investissement proposé Type de projet 1968-72 1968 Usines d'engrais 570 70 Raffinerie de sucre - Distillerie 310 30 Amidonnerie 250 - Huilerie 130 - Aliments du bétail 70 - Usines textiles 260 - Papeterie 380 - Cimenterie 500 - Aciérie 90 - Motopompes et motocyclettes 400 - Divers 61 31 TOTAL 3.021 131 Bien que le Plan entre maintenant dans sa troisième année d'exécution, aucune étude de justification économique n'a encore été produite pour l'un quelconque de ces projets. Cela signifie que, même si ces projets sont reconnus souhaitables et que l'on trouve les capitaux nécessaires, il sera impossible du point de vue technique de les terminer pour la fin de 1972 qui est la dernière année d'exécution du Plan. En outre, un certain nombre de ces projets sont censés être financés par les entreprises d'Etat qui les parrainnent et ce à partir des fonds propres de ces entreprises d'Etat. Mais il est évident que ces ressources financières sont loin dfêtre suffi- santes. Le gouvernement lui-même se heurte depuis quelques années à des pro- blèmes financiers de plus en plus ardus, et il n'a pas encore trouvé de fonds d'origine étrangère pour les projets industriels qu'il envisage. Mesures propres à stimuler l'investissement 24. Le premier et le deuxième Plans ont eu une influence directe faible - voire nulle - sur l'initiative privée, car les dispositions monétaires et fiscales et les mesures de réglementation et de protection étaient prises pour chaque cas d'espèce, sans qu'il y eût de lien avec le Plan. D'autre part, il n'y a pas eu de plan pour la période 1965-1967. Le gouvernement oriente le développement industriel au moyen d'autorisations d'investissement - 78 - et de réglementations des prêts à l'industrie. Les prêts pour l'équipement industriel doivent être approuvés par le Conseil d'administration de la Caisse nationale d'équipement pour les montants qui ne dépassent pas 5 millions de riels, ou par le Conseil supérieur du Plan lorsque les sommes dépassent 5 millions de riels. Lorsque les entreprises existantes fournissent un produit sur le marché dans des conditions satisfaisantes, les pouvoirs publics empêchent la création de nouvelles entreprises afin d'éviter que les moyens de production ne fassent double emploi et que des ressources soient gaspil- lées; ils n'accordent d'exception à la règle que si la nouvelle société va utiliser des techniques plus modernes, ou mettre en place une capacité de production plus forte qui entraînerait une réduction substantielle des prix de revient. Les nouveaux investisseurs peuvent demander au Ministère du Plan qu'il applique des mesures de protection. Cette requête est étudiée par une commission spéciale qui soumet son rapport au Conseil supérieur du Plan et, si ce dernier donne son approbation, cette mesure est prise par décret. De plus, et dans la mesure du possible, la Banque centrale et le ministre compétent peuvent garantir que les devises nécessaires seront mises à la disposition de l'investisseur pour l'importation régulière de matières premières et d'équipement neuf. De même, la Caisse nationale d'équipement peut être invitée à accorder des prêts à moyen et long terme à des taux d'in- térêt peu élevés (h - 5%). 25. En 1957, le gouvernement a fait adopter une loi, toujours en vi- gueur, selon laquelle certaines garanties et certains avantages fiscaux sont consentis aux investisseurs étrangers potentiels, ces avantages variant en fonction de l'importance que présente lrinvestissement pour l'économie na- tionale. Clest ainsi que l'investissement privé étranger est garanti contre les nationalisations pendant une période de 20 ans, qui peut être encore prolongée de 10 ans. Lorsqu'il y a nationalisation ou expropriation dans ltintérêt public, une indemnité "juste et équitable" est accordée. La loi prévoit llexonération des droits d'enregistrement et de timbre, des droits de douane frappant l'équipement et autres matériels nécessaires à l'exploi- tation de ltentreprise, des imp'ts fonciers sur les propriétés rurales et terres cultivées, des imp'ts sur les bénéfices et dividendes des sociétés, et autorise un amortissement accéléré. Enfin, la loi accorde le rapatriement d'un montant égal à 20% par an du capital investi ainsi que le transfert des bénéfices annuels. Malgré ces conditions favorables stipulées dans la loi, on ne peut pas dire que ces mesures aient attiré des investissements étrangers qui méritent d'être signalés. 26. Bien que diverses taxes fiscales soient perçues sur les entreprises industrielles, à l'exception de la taxe exceptionnelle d'équipement, on peut dire que le poids de la fiscalité n'est pas très élevé. Chaque entre- prise industrielle est soumise à une patente déterminée à partir d'une esti- mation de la valeur de location des immobilisations utilisées. Llimpôt sur les bénéfices est de 25%. Il existe un impt foncier de 240 riels par hec- tare, une taxe de construction de 10 riels au mètre carré, et une taxe sur les engins automobiles d'un montant de 720 riels par tonne. Les actionnaires paient un imp't de 20% sur le revenu des valeurs mobilières. De plus, les - 79 - actionnaires étrangers doivent payer sur les dividendes une taxe exception- nelle déquipement dont le montant est de 48% ou un peu moins, en fonction de l'importance de la participation de ressortissants du Cambodge au capital de l'entreprise. Le gouvernement perçoit un impôt sur les traitements et salaires qui suit une progression de 1 à hO% jusqu'à 50.000 riels et est de ho% pour les traitements qui dépassent ce montant. Cet impôt est payé par l'employé lui-même. La taxe sur le chiffre d'affaires est de 5% et le gou- vernement perçoit aussi une taxe de 12% sur le chiffre d'affaires sur impor- tations. Enfin, il y a des droits et des timbres sur les factures, les re- çus et traitements, les transferts d'actions, etc. - et certains impôts spéciaux qui frappent, par exemple, la transformation du paddy et la fabri- cation de la glace. Protection de l'industrie 27. L'industrie locale est protégée à des degrés divers. Tout d'abord, les pouvoirs publics peuvent interdire, par décision pour chaque cas drespèce, l'importation d'un produit particulier qui est fabriqué dans le pays, ou bien ils peuvent en contingenter l'importation. Un autre moyen important pour protéger ltindustrie est le tarif douanier, particulièrement depuis la dévaluation de 1969. Le Cambodge applique, soit un tarif minimal, soit un tarif général ad valorem. Ce tarif général est le triple du tarif minimal; il est seulement applicable aux importations provenant de pays qui ne sont pas membres du GATT ou qui n'ont pas signé d'accord commercial avec le Cam- bodge, ce qui en réduit beaucoup la portée. La structure des tarifs frappant certains produits est indiquée ci-après: Produits Tarif minimal Conserves de viande 30-70% Conserves de poisson 4o-60% Huiles végétales 20-30% Conserves de légumes 50% Sucre 60% Confiserie 20-50% Jus de fruits ho-60% Bière, boissons non alcoolisées ho% Alcool 70-100% Cigarettes 100% Hydrocarbures 40% Savon 30-70% Allumettes 80% Articles en matières plastiques 30-40% Articles en caoutchouc 20-O% Articles en bois 60% Articles en papier 20-40% Cotonnades LU-70% Soie et textiles synthétiques 70% Bonneterie et vêtements 50-70% Chaussures ho% Outils agricoles 20-0% - 80 - 28. En plus du droit à l'importation et de la taxe sur le chiffre d'af- faires qui est de lh%, certains produits sont soumis à une taxe spéciale qui est perçue à l'entrée au Cambodge. C'est ainsi que le sucre, la bière et certains alcools sont assujettis à une taxe de consommation, et que les cigarettes sont frappées d'une taxe de circulation d'un montant de 40%. D'autre part, certains produits importés sont classés dans la catégorie des produits de luxe et sont assujettis, en plus du droit à l'importation, à une péréquation positive. 29. Bien que les réformes économiques de 1963 n'aient pas eu de réper- cussion directe sur le secteur des industries manufacturières en ce sens qu'aucune industrie n'a été nationalisée, la nationalisation des banques et du commerce extérieur a néanmoins beaucoup transformé les conditions dans lesquelles l'industrie privée pouvait opérer, par exemple, en ce qui concerne la fixation des prix, la possibilité d'obtenir les importations nécessaires, l'autorisation d'investir et le crédit. De plus, ces réformes ont fait planer un doute sur les intentions futures du gouvernement. 30. Celui-ci, qui a reconnu ces craintes et les difficultés qu'elles soulevaient, a voulu rétablir la confiance dans le secteur priv' et attirer les capitaux étrangers; à cet effet, il a créé en 1968, sous la présidence du Ministre du Plan, une Commission nationale de l'investissement qui a pour fonction principale de coordonner les activités des différents services du gouvernement, afin d'accélérer les décisions lorsqufun nouveau projet d'in- vestissement est proposé. En mars 1968, une loi sur la Répartition des acti- vités économiques a été adoptée où sont énumérées les activités qui, en principe, sont réservées au secteur public. Ce sont: l'extraction des pierres précieuses, des minéraux et du sel marin; la production et la distri- bution de l'alcool et des boissons alcooliques, des armes et des munitions, et des produits pharmaceutiques; la production, le raffinage et la distri- bution des produits pétroliers; la production de produits chimiques autres que les engrais; l'exploitation des principaux barrages et réseaux d'irriga- tion; enfin, les activités bancaires et les assurances, le commerce extérieur, le commerce de gros des produits importés, les transports ferroviaires et aériens; et les postes et télécommunications. Si ces activités sont consi- dérées comme un monopole de liEtat, le gouvernement peut néanmoins accorder à des investisseurs privés la permission de s'y livrer pour une période ne dépassant pas 20 ans. 31. Les bailleurs de fonds du secteur privé peuvent investir dans toutes les autres industries, mais si l'intérêt public l'exige (par exemple dans le cas où l'initiative privée ne se manifeste pas suffisamment dans un domaine, ou pour des motifs de respect de l'ordre public ou d'augmentation injustifiée des prix), l'Etat peut intervenir et se livrer à une activité qui reste ouverte à l'entreprise privée et qu'il va concurrencer sur un pied d'égalité. Etant donné que l'intérêt public est une notion qui peut donner lieu à toutes sortes d'interprétations et que, dans la nature des choses, l'Etat n'entre jamais en concurrence avec une société privée sur un pied d'égalité, cette nouvelle loi n'a guère calmé les appréhensions des inves- tisseurs privés potentiels. Depuis qu'elle a été adoptée, deux projets - 81 - seulement ont été présentés par le secteur privé. Lun est l'hôtel Angkor (Air France) à Siemréap, et l'autre, une laiterie dont le promoteur est Comin Khmère, société d'origine danoise qui est établie au Cambodge. 3. Contraintes 32. L'exiguité du marché intérieur et l'absence de ressources minérales ainsi que la pénurie de techniciens et de cadres supérieurs limitent grave- ment les possibilités d'industrialisation rapide. Mais en dehors de ces facteurs qui sont inhérents à la situation du Cambodge existent certaines autres contraintes, soit d'ordre administratif et institutionnel, soit d'ordre politique, qui limitent encore davantage l'industrialisation, mais auxquelles il est possible avec le temps de porter remède. L'une de ces contraintes est le manque dfautonomie dans la gestion des entreprises publiques, ce qui ne permet pas de stimuler l'amélioration de leur efficacité. Une autre contrainte est la discrimination pratiquée au détriment du secteur privé sous diverses formes, et l'on citera par exemple la politique de crédit et les tarifs de l'électricité. Le secteur public 33. La création d'entreprises publiques qui fut dictée dans le passé par des considérations d'ordre social ne s'est pas faite à partir d'études techniques et de justification économique valables. Il s'est agi plutôt de projets que soumettaient des pays étrangers en majeure partie au titre de l'aide sous forme de dons, sans qulau préalable eussent été étudiées avec soin la qualité des matériels et les dépenses qu'entrainerait la production. Le résultat est que des unités trop petites pour être rentables ont été construites (par exemple, une cimenterie d'une capacité de production annuelle de 50.000 tonnes) et que ces unités sont dotées d'un matériel périmé. Dans d'autres cas, tels que l'usine de contreplaqué de la SONAO, l'usine a été construite sans que l'on eût évalué au préalable les dimensions du marché. Comme les coûts de production et la qualité du produit ont rendu impossible les exportations, l'usine a dÛ à l'origine fonctionner à 25% de sa capacité. Les techniques employées ne sont pas toujours adaptées aux conditions du pays. Par exemple, on a employé de la colle qui ne convenait pas au climat, de telle sorte que le contreplaqué s'est désagrégé. A la suite d'un malentendu, une raffinerie de sucre a été construite avant qu'ait été créée la sucrerie qui devait transformer le sucre de palme en sucre roux à demi transformé qui pouvait être raffiné. Enfin, on n'a pas recherché suffisamment les sources de matières premières, ni étudié les besoins en devises pour ltachat de ces matières premières, des pièces de rechange, et des autres facteurs de produc- tion nécessaires. 34. La gestion de la plupart des entreprises publiques laisse beaucoup à désirer. Les directeurs ont souvent été choisis pour des raisons person- nelles plutôt que sur la base d'autres critères, et il y a une pénurie géné- rale de cadres aux postes clés, techniques, financiers et administratifs. - 82 - En même temps, la direction au niveau le plus haut est accablée de trop de questions de détail qui ne lui laissent pas le temps de traiter des pro- blèmes majeurs; elle ne dispose pas de conseillers capables de l'aider et elle a à faire face à ltinertie des subordonnés. Il a fallu former les tra- vailleurs, soit en cours d'emploi avec l'aide d'exnerts étrangers, soit par l'envoi dans d'autres pays (surtout en Chine, en Tchécoslovaquie et en France) de cadres, qui à leur tour ont formé des apprentis. 35. Une autre difficulté provient des longs délais avec lesquels on obtient les pièces de rechange des machines (si même on parvient à en obtenir), les modèles qui ont été installés n'étant plus fabriqués dans les pays qui les ont fournis initialement. Cela nécessite la fabrication de ces pièces dans des ateliers du pays dloù, bien entendu, des retards, des difficultés d'ajustement, etc. 36. Il est très difficile d'accuser les entreprises publiques d'inef- ficacité dans leur exploitation, puisque ces insuffisances leur sont imposées dans une large mesure. Bien que la majorité des entreprises publiques obtiennent des bénéfices, cela ne signifie pas nécessairement qutelles soient bien gérées, et naturellement le contraire est également vrai. Cela s'expli- que tout d'abord par le fait que bien que ces entreprises aient pris la forme de sociétés de droit public, leur autonomie de gestion est pratiquement nulle. Les prix qu'elles paient pour leurs facteurs de production sont fixés par le gouvernement et, dans de nombreux cas, à des niveaux très élevés (comme, par exemple, pour le jute), pour des raisons d'ordre social. Ensuite, les prix des produits finis sont également fixés par le gouvernement, en géné- ral sur la base des calculs du prix de revient, mais parfois à des niveaux inférieurs au prix de revient réel, si bien qu'il faut subventionner lrentre- prise (par exemple, le ciment). Les entreprises publiques offrent les dé- bouchés les plus faciles au nombre croissant de diplômés qui sortent des écoles secondaires et des universités, ce qui fait qu'à des degrés divers presque toutes les entreprises publiques ont un personnel trop nombreux. En outre, les entreprises publiques fournissent à leurs employés des indem- nités et avantages divers de caractère purement social, tels que la gratuité du logement, de l'électricité, de l'eau, des soins médicaux, en même temps qu'elles contribuent à diverses caisses de sécurité sociale. Il arrive quel- quefois qu'une partie de leurs recettes provienne de l'exploitation d'un monopole fiscal. La SKD, par exemple, qui détient le monopole de l'alcool, sert en fait d'agent fiscal. De plus, l'obligation de passer par l'inter- médiaire de la SONEXIM augmente les coûts de production en raison de la commission que les entreprises sont tenues de lui verser pour des services dont l'utilité ne stimpose pas et en raison des retards que cette procédure entraîne fréquemment. Enfin, certaines unités industrielles ont été vendues au Cambodge à des prix excessifs, ce qui gonfle les provisions annuelles pour amortissement. Compte tenu de ces remarques, les résultats financiers des entreprises publiques ne renseignent nullement, ou très peu, sur l'effica- cité réelle avec laquelle elles sont gérées. - 83 - 37. En dépit des difficultés passées et présentes, et des réticences que leur inspirent les résultats obtenus, les pouvoirs publics responsables continuent à penser mainterant qu'ils doivent encore sîen tenir au capita- lisme d'Etat et semblent décidés à poursuivre l'exécution des projets énu- mères dans le second Plan quinquennal. L'exécution de ces projets doit être confiée à des entreprises publiques, soit à celles qui existent déjà, soit a de nouvelles entreprises créées à cet effet. L'initiative privée 38. Stil est vrai que l'introduction du "socialisme khmer" en 1963 nfa pas en soi beaucoup modifié la position des industries privées par compa- raison avec les entreprises publiques, dont les principales avaient déjà été formées, cette nouvelle politique a causé beaucoup d'incertitude et accru la méfiance réciproque entre la classe des hommes d'affaires et l'adminis- tration dtEtat. De fait, les premiers en sont venus à être simplement tolérés. Les strictes restrictions imposées aux importations des facteurs de production industrielle, en particulier des matières premières, ont crýé de graves pro- blèmes et entraîné des retauds coûteux pour les sociétés industrielles. Les pouvoirs publics, soupçonnant que les demandes 'imnortations présentées par les sociétés avaient été gonflées afin d'accumuler à' létranger des comptes en devises ou afin de vendre une partie de ces importations sur le marché intérieur à des prix beaucoup plus élevés, ont pris l'habitude d'amputer radicalement le montant des devises demandé, voire à en refuser totalement l'octroi. Cette attitude a anené, naturellement, les sociétés à demander plus que ce dont elles avaient vraiment besoin afin, d'obtenir au moins le nécessaire, ce qui menait à un cercle vicieux. En 1968, par exemple, les demandes de devises n'ont été satisfaites qu'à concurrence de 25%, et les allocations ont été accordées en fonction de facteurs qui n'avaient rien a voir avec le bien-fondé des preuves apportées. Les hommes d'affaires se trouvent donc devant lfalternative soit de s'en passer, soit d'avoir recours au marché parallèle, où les prix sont plus éleviés, soit mêmle d'utiliser des sources clandestines. De nombreuses sociétés ont été forcées de diminuer ou de cesser leur production. 39. Les lourdes procédures d'octroi de licences, et en particulier le rôle d'intermédiaire de la SONEXIM dans les transactions commerciales avec l'extérieur, posent des problèmes supplé;entaires aux industriels et commer- çants. La SONEXIII manque de personnel expérimente et les retards sont longs et fréquents; de toute façon, le rôle réel de la SONEXIE se borne troi sou- vent à l'imposition d'une paperasserie supplémentaire et à la perception d'une commission. Ieme dans les cas où des appels d'offre sont lancés, c'est la société qui passe la commande qui indique les sources auxquelles elle souhaite que l'on s'approvisionne, et c'est elle, en fait, qui fait les adjudications et choisit en dernier ressort. - 8h - Crédit bancaire h0. Pendant la période 196h-68, où fut appliquée par la Banque centrale une politique de resserrement des liquidités monétaires, le développement de ltactivité industrielle a été gravement freiné par une brusque diminution du crédit bancaire à court terme. On ne dispose pas de chiffres sur la répartition du crédit bancaire par secteur. Le crédit bancaire accordé à l'industrie et au commerce est passé de 329 millions de riels en 1955 à 1.992 millions de riels en 1963 et est retombé à 722 millions de riels en 196h pour remonter progressivement jusqu'à 2.lhl millions de riels en 1968, ce qui est très proche du niveau de 1963. De plus, lorsqu'elles ont accordé leur crédit, les banques commerciales ont donné la priorité aux besoins en fonds de roulement des grandes entreprises publiques. Le crédit bancaire a moyen et long terme a été relativement négligeable; les variations de son montant ont été très fantaisistes, et les sociétés privées n'y ont guère eu accès. Les deux banques commerciales sont la propriété de la Banque centrale qui adopte une attitude négative à l'égard des petites industries, bien qu'elles constituent une forte proportion du secteur privé. 41. La Caisse nationale d'équipement (CNE) qui a pour fonction de four- nir des prets à moyen et long terme aux entreprises pour la construction d'usi- nes et ltachat de matériel dans les secteurs industriel et agricole a, pen- dant la période 1958-68, avancé 883 millions de riels aux entreprises indus- trielles sous forme de crédits à moyen et long terme. La majeure partie de ces crédits est allée à des entreprises publiques (58%) et mixtes (20%) et le reste (seulement 221) à des sociétés privées. Pour l'essentiel, la CNE joue le rAle d'agent financier du gouvernement; c'est elle qui répartit les crédits inscrits au budget pour les projets d'investissement prévus dans le Plan, la part du produit de la taxe exceptionnelle d'équipement qui est réservée à l'investissement dans des immobilisations, et les fonds alloués pour la participation de l'Etat aux entreprises publiques et mixtes. Les ressources financières de la CNE se composent dtune dotation de l'Etat qui est montée progressivement de 30 à 170 millions de riels, et d'avances du Trésor. La CNE n'accepte pas de dépAts et, comme elle ne dispose que de fonds limités, elle n'a guère eu d'influence sur le développement de l'investis- sement industriel, particulièrement dans le secteur prive. 42. C'est pourquoi le goavcrncnt z prcpccé une loi qui doit trans- former la CNE en une banque publique de développement. Les fonctions de cette nouvelle banque, la Banque cambodgienne de développement (BCD) n'ont pas été définies très rigoureusement; elle aura pour tàche, au moyen dtune aide financière et technique, de contribuer à la mise en oeuvre des projets d'investissement qui doivent servir au développement économique du pays. La priorité toutefois doit être donnée aux projets qui serviront à développer le secteur agricole. Les projets d'investissement industriel viennent au second rang. Parmi les activités de la nouvelle banque, on peut citer le financement des travaux publics et le décaissement des fonds placés à sa dis- position pour l'exécution du Plan et du Programme d'investissements publics. La BCD peut prendre une participation au capital social des entreprises publiques et mixtes. - 85 - 42. Les ressources de la BCD seront constituées initialement des avoirs de la CNE et de subventions de l'Etat. Mais elle peut aussi emprunter des fonds supplémentaires à l'Etat et aux institutions financières ainsi que sur le marché financier local, et s'adresser également à des organisations nationales et internationales. La BCD acceptera les dépôts de particuliers et d'entreprises publiques et pourra utiliser les moyens de réescompte de la Banque centrale. 43. Les opérations de cette nouvelle banque ne seront fructueuses que si elle peut obtenir des ressources suffisantes, et si elle est gérée avec compétence. Les attributions qui lui ont été données semblent trop vastes pour donner à cette nouvelle institution la possibilité de fournir une assis- tance financière efficace aux industries privées et donc de développer ce secteur. IniYastructure 44. Les efforts du gouvernement pour mettre en place une infrastructure satisfaisante ont en général été bien orientés pour ce qui est des transports, des communications, etc. Par contre, dans le cas de lélectricité, alors qu'une puissance excessive a été installée à Phnom Penh, la distribution laisse beaucoup à désirer. Toutes les grandes entreprises industrielles ont installé leurs propres groupes générateurs en raison des sautes de tension du réseau public, de l'irrégularité du service et des tarifs élevés. Selon les renseignements disponibles, le prix auquel l'Electricité du Cambodge vend le courant dépasse de 30 à 40% le coût du courant qui peut être produit par une entreprise. Des capitaux privés sont, de ce fait, immobilisés dans des installations dont on aurait pu se passer. Contrôle des prix 45. Le gouvernement essaie de régulariser le mécanisme du marché en fixant le prix d'un grand nombre de matières premières et de produits indus- triels. S'il le fait, c'est qu'il pense que l'exiguité du marché entraînera inévitablement des situations de monopole, si même elles n'existent pas déjà. Pour éviter la mise en place de moyens qui feraient double emploi et le gas- pillage des ressources qui en résulte et qui, selon lui, apparaîtraient dans une économie où seules jouent les forces du marché, le gouvernement, lorsqu'il autorise de nouveaux investissements, essaye d'empêcher la création d'entre- prises qui pourraient se faire concurrence. Il ne semble pas se rendre compte qu'il se peut souvent que des monopoles n'existent qu'en apparence puisque, dans la plupart des cas, des produits de remplacement peuvent se substituer aux produits naturels, et que la concurrence étrangère peut freiner l'appari- tion de monopoles dans le pays beaucoup plus efficacement que toute forme d'intervention de l'Etat. De fait, le système de contrôles des prix qui, en apparence, est conçu dans l'intérêt public, contribue en réalité au climat d'incertitude dans lequel se font les affaires, à la corruption, et à la méfiance entre le gouvernement et les entreprises privées. - 86 - 14. Résumé et perspectives 46. Les dimensions relativement limitées du marché intérieur et l'ab- sence de ressources minérales font que l'industrialisation rapide se heurte a des difficult's. De plus, le d'veloppement de l'industrie est freiné par le manque de techniciens et de cadres de direction, par le rôle imprécis laissé à l'initiative privée, par la préférence que donne l'Etat à la création d'entreprises publiques sans trop se soucier de stassurer de leur efficacité, par les restrictions apportées à l'importation de matières premières indus- trielles et de pièces de rechange, par l'obligation pour toutes les tran- sactions de commerce extérieur de passer par l'intermédiaire de l'Etat, par la fixation de prix imposés, ainsi que par une politique du crédit bancaire qui manque de souplesse. 47. Certains de ces problèmes sont inhérents à la situation du Cambodge, mais un grand nombre d'entre eux découlent de décisions passées, ce qui laisse toute possibilité d'assainir le climat du développement industriel. On devrait pouvoir, par exemple, délimiter équitablement le rôle de l'initiative privée dans l'effort de développement du pays. Il y a là, bien entendu, des décisions a prendre qui toucheront au rôle que doivent jouer les entrepreneurs -non ethniques qui, à la suite de la politique déclarée par le gouvernement d'augmenter le nombre des Khmers dans l'industrie et le commerce, ont été petit à petit écartés du système économique. La conviction que la création d'entreprises publiques est l'instrument qui convient pour développer l'in- dustrie du Cambodge ne repose pas bien entendu sur des considérations pure- ment économiques, bien que dans certains cas il soit tout à fait justifié de craindre que ltinitiative et les capitaux privés ne suffisent pas. Ce qu'il faudrait faire, ce serait, en plus de la notion de service public, d'utiliser plus explicitement des critères financiers et économiques pour fixer les domaines qui seront réservés au secteur public. Il faudrait aussi que la politique de lrEtat concernant la possibilité dfune concurrence des entreprises publiques dans des domaines qui sont "en principe réservés au secteur privé" soit appliquée avec moins dtambigulté. 48. Sauf s'il y a de bonnes raisons de croire que la gestion de l'Etat est plus efficace que la gestion privée, ou que les entrepreneurs privés ne s'intéressent pas à des projets qui se justifient du point de vue économique, on ne voit pas pourquoi il y aurait intérêt là créer une entreprise publique. Dans certains cas le gouvernement pourrait aussi se débarrasser d'entre- prises qui sont manifestement non rentables, ou trop petites pour pouvoir s'acquitter du rôle qu'on leur a confié, à savoir empêcher l'apparition, dyailleurs peut-être contestable, dtune situation de monopole privé (par exem- ple,.la SONASCIE). 49. Comme nous llavons dit, les résultats financiers des entreprises publiques ne donnent guère de renseignements, voire aucun, sur la manière réelle dont elles sont gérées, et cela est du au fait, primo, qu'elles s'acquittent de fonctions qui n'ont rien à voir avec l'objet pour lequel elles ont été créées, et secundo, que des contrôles des prix et des marges - 87 - bénéficiaires interviennent à tous les niveaux. Un certain nombre d'entre- prises publiques subventionnent en fait les agriculteurs en leur achetant les matières premières à des prix qui sont supérieurs au niveau concurrentiel. Il conviendrait dans bien des cas que l'entreprise paye des prix concur- rentiels et que le gouvernement subventionne les producteurs par d'autres moyens. Lorsqu'une entreprise doit s'acquitter d'un service public que le secteur privé ne peut prendre en charge, le statut de l'entreprise (ou le décret qui l'institue) devrait fixer les objectifs de l'entreprise et laisser à la direction le soin de choisir le moyen le plus économique de les atteindre. La suppression des prix imposés risque certes, dans certains cas, de provoquer des pertes financières qui pourraient d'ailleurs être supportées par l'Etat lorsque cela se justifie; dans le cas contraire, une réévaluation de toute l'opération stimposerait. De cette manière, l'independance de la direction dans les opérations quotidiennes de l'entreprise serait sauvegardée et, en même temps, la manière dont elle est gérée pourrait être évaluée sur la base de résultats strictement financiers. 50. A l'heure actuelle, des contribles des prix sont également appliqués aux matières premières et aux produits industriels dans le secteur privé. Outre qu'on peut vraiment douter de leur efficacité, ces contrôles sont la source de toutes sortes dtabus. On peut conclure de ce qui précède que, dans la plupart des cas, des objectifs sociaux sont mieux atteints par une action directe de l'Etat que par l'application d'un système des- prix. 51. Le gouvernement ne semble pas se rendre compte, en ce qui concerne les importations et les exportations, des répercussions néfastes qu'a sur l'industrie manufacturière le monopole d'Etat que constitue la SONEXIM et, en particulier, lteffet de dissuasion qutil a sur les entrées au Cambodge des capitaux privés étrangers. A bien des égards, la SONEXIM reste un inter- médiaire superflu5 elle continue et continuera très vraisemblablement à utiliser les services d'exécutants privés alors que sa raison dtêtre était de prendre leur place. Les exportateurs prives continuent à mettre en contact les vendeurs cambodgiens avec les acheteurs étrangers. Pour bien des pro- duits, les importateurs privés préparent les commandes et les passent ensuite à la SONEXIM qui fait office d'importateur officiel. Même dans le cas d'ap- pels d'offres, dont la SONEXIM a essayé de généraliser l'utilisation, c'est en fait la société qui a passé la commande qui fait les adjudications et le choix final. De ce fait, la présence de la SONEXI ne protège pas des fraudes et ne fait qu'augmenter les frais de distribution, qu'il s'agisse d'argent effectivement dépensé ou de temps perdu. 52. On pourrait limiter le rle de la SONEXIIM, par exemple, à celui d'un agent de l'Etat réglementant le commerce de certaines catégories parti- culières de produits, pour veiller à ce que les exportateurs et autres com- merçants n'abusent pas de leur position de force, et fassent par exemple tomber les prix des produits agricoles à des niveaux anormalement bas. Si telle était sa fonction, la SONEXII pourrait jouer un rôle beaucoup plus utile après avoir été déchargée des autres activités pour lesquelles elle n'est pas équipée. Comme on vient de le proposer en fait, on pourrait laisser - 88 - à la SONEXIM le soin de controler une partie du commerce d'exportation, notamment celui du caoutchouc, du paddy et du mais. 53. Parmi les autres mesures à prendre pour supprimer les obstacles au développement de l'industrie, on peut citer la réduction des tarifs industriels de l'électricité et l'amélioration de la qualité du service correspondant, problèmes qui devraient pouvoir trouver une solution sans soulever des difficultés épineuses sur le plan politique. On pourrait penser que cette remarque s'applique également au crédit bancaire qui devrait prendre une forme plus cohérente et plus souple, garantissant au secteur privé une source plus sure de fonds accordés avec moins de discrimination. Tant que le Cambodge n1aura pas de marché financier, il importe que l'on ne se contente pas de fournir aux entrepreneurs des crédits à court terme, mais aussi les crédits à moyen et long terme qui sont indispensables pour stimuler la production et l'investissement industriels. La suppression du monopole d'Etat dans le système bancaire pourrait conribuer beaucoup à l'amélioration des résultats industriels. - 89 - B. La structure de l'industrie 54. L'activité industrielle est entre les mains d'entreprises pu- bliques mixtes et privées. Les entreprises publiques et mixtes sont orga- nisées en sociétés, tandis que dans le secteur privé prédominent les en- treprises non constituées en sociétés, qui appartiennent à un seul pro- priétaire ou à plusieurs associés. Ces entreprises industrielles ont en majeure partie un caractère artisanal. On estime que 8% seulement des industries obtiennent des bénéfices annuels dépassant 100.000 riels. Mines 55. Le pays est peu doté en ressources minérales. De ce fait, l'ac- tivité minière n'a guère d'importance économique et se limite essentiellement à l'extraction et au traitement de la pierre à chaux, des phosphates et des pierres précieuses. Néanmoins, le gouvernement a décidé de faire effec- tuer une étude complète des ressources minérales du pays et, à cet effet, le deuxième Plan quinquennal prévoit l'ouverture d'un crédit de 74,7 mil- lions de riels pour la période 1968-72. Parmi les minéraux qui seront ainsi prospectés, on compte l'étain, le pétrole, les phosphorites, les pierres précieuses, les hydrocarbures et le kaolin. Une étude est prévue également sur la possibilité technique d'enrichir les minerais de bauxite à faible teneur dont dispose le pays. Une nouvelle loi sur les mines, qui a été promulguée en 1968, fixe les conditions à remplir pour obtenir les permis et concessions en matière de prospection minière. Il est à noter que si, en principe, les permis et les concessions sont réservés uniquement aux citoyens khmers, le Conseil des ministres peut accorder ce droit à des étrangers par décret spécial. L'industrie du ciment 56. La SONACIMENT exploite la seule cimenterie à Chakrey-Ting (Kampot). Pour l'essentiel, l'usine utilise la pierre à chaux et l'argile qui sont extraites dans la région même. De petites quantités d'autres minéraux, les pièces de rechanges et autre matériel sont importés et proviennent en majeure partie de Chine continentale. Pendant la période 1965-68, la production s'est élevée à 55-60.000 tonnes par an et satisfait à environ un tiers de la consommation totale. Des agrandissements de l'usine sont presque terminés, ce qui devrait porter la production à 100.000 tonnes à la fin de 1969 et à 150.000 tonnes en 1970. On espère que l'augmentation de la production réduira sensiblement les prix de revient qui, à l'heure actuelle, sont très supérieurs aux prix internationaux. La production est vendue à l'entreprise commerciale publique SONAPRIM qui détient le monopole de distribution du ciment. Comme le gouvernement fixe les prix de gros et de détail, la SONACIMENT est forcée de vendre à un prix inférieur au coût effectif. La SONEXIM subventionne en partie le déficit avec le produit d'une taxe qui frappe les ciments importés. - 90 - 57. Le deuxième Plan quinquennal prévoit la construction d'une deuxième cimenterie mais, jusqu'à présent, aucune étude de justification économique n'a été effectuée. Un avant-projet préparé par la SONACIMENT estime que la demande de ciment devrait augmenter au taux de 10% par an, et on prévoit qu'elle atteindra 365.000 tonnes par an en 1974. Comme la production an- nuelle de l'usine actuelle après 1970 sera de 150.000 tonnes, il faudra donc importer 215.000 tonnes d'ici à 1974, et des quantités encore croissantes ultérieurement. On a donc suggéré au même emplacement que la cimenterie actuelle la construction d'une nouvelle usine qui aurait une capacité de production se situant entre 300 et 600.000 tonnes et qui pourrait être ter- minée en 1973. D'après les calculs, l'exploitation de l'usine à 75% de sa capacité (225.000 tonnes) en garantit la rentabilité. Le coût de la construction est très approximativement estimé à 12 millions de dollars. Des études qui n'ont encore rien de définitif indiquent l'existence de ré- serves de pierre aà chaux d'au moins 80 millions de tonnes à Phnom-Loang (A 8 kilomètres de l'emplacement de la cimenterie actuelle) et de 10 millions de tonnes d'argile à Phnom-Sar, (à 11 kilomètres de l'emplacement actuel). L'eau ne semble pas poser de problème. 58. Outre qu'il est nécessaire d'obtenir une estimation plus précise des gisements de minéraux de base, il faudra déterminer avec assez d'exac- titude la capacité minimale de production de la nouvelle cimenterie envi- sagée afin de garantir que son exploitation sera rentable. Il est aussi important, par ailleurs, d'évaluer le volume futur du marché. Une estimation du taux de croissance de la demande devra certainement prendre en considé- ration la demande supplémentaire de ciment que provoquera la mise en route de la deuxième phase des projets de production d'électricité et d'irrigation aà Stung Chinit, Battambang et Prek Thnot qui est actuellement à l'étude, sans oublier le calendrier prévu pour les diverses étapes des travaux. Il est probable, en plus, que la construction d'un certain nombre de nouveaux h6tels qui sont actuellement au stade des plans (et, d'une façon plus géné- rale, la croissance du tourisme à plus longue échéance), stimulera encore la demande. Enfin, si les activités du bâtiment qui sont actuellement très ralenties s'accroissent à la suite de la reprise de l'activité économique, la demande augmentera encore. Il s'ensuit que la réalisation de ces projets et autres travaux d'infrastructure et les dates auxquelles ils seront exé- cutés détermineront la décision de construction d'une deuxième cimenterie et le moment convenable pour en commencer l'exécution. L'industrie des engrais 59. En 1963, la Société khmère des phosphates (SOKPHOS) a été créée pour exploiter le gisement de phosphorites de Tuk-Meas (Kampot). La par- ticipation de l'Etat au capital social est de 83% et la minorité représente des intérêts français et des intérêts privés khmers. Le traitement comporte la pulvérisation des phosphates bruts et leur mise en sacs. La qualité des phosphates ainsi obtenus laisse beaucoup à désirer, étant donné la faible teneur en P205 (15-16%). Pour relever la teneur en P2o5 au niveau souhaitable, il est nécessaire d'importer des phosphates beaucoup plus riches. - 91 - La preduction annuelle, qui est de 12.000 tonnes, couvre à peu près la moitié de la consommation totale à l'heure actuelle. La SOKPHOS vend sa production à 1'ROC, qui est le distributeur exclusif des engrais dans le pays, à des prix fixés par le gouvernement. On n'envisage pas d'accro±tre les installations de traitement parce que les gisements de phosphorites connus jusqu'à présent seront à peine suffisants pour la consommation de la prochaine décennie. Lorsque la décision fut prise de construire cette usine d'engrais, il n'avait été procédé à aucune étude sérieuse qui aurait pu donner une estimation précise du volume des gisements disponibles. D'autre part, l'emplacement de l'usine ne se prête pas au traitement des phosphorites importées. Pour éviter la fermeture de l'usine dans l'avenir et faire face à la demande croissante d'engrais, le gouvernement se propose de rechercher de nouveaux gisements. Si cette prospection est infructueuse, le gouvernement fera étudier si la construction à Sihanoukville d'une usine d'une capacité de 100.000 tonnes traitant des phosphorites importées serait justifiée. 60. Le Plan prévoit aussi la construction à Sihanoukville d'une usine de production d'urée, d'une capacité annuelle de 35.000 tonnes, qui serait installé à proximité de la raffinerie de pétrole dont elle utiliserait les gaz résiduels et les produits légers de distillation. Le coût de cette usine est estimé approximativement à 500 millions de riels. Cette usine serait exploitée sous forme d'entreprise mixte, en association avec une société étrangère spécialisée qui serait actionnaire minoritaire. Comme les agriculteurs devront utiliser des engrais azotés mélangés dans certaines proportions avec les phosphates, il est envisagé de construire une autre usine oÙ ces deux types d'engrais seraient mélangés et vendus prêts à être utilisés. La capacité de la deuxième usine est fixée à 150.000 tonnes. Le colât de la construction est estimé à 70 millions de riels et son exploitation serait confiée à une entreprise publique. Il n'a pas été précisé si la vente de la production se ferait par l'intermédiaire de cette entreprise, d'une entreprise nouvelle, ou de l'OROC. 61. Les responsables du Plan affirment que les inconvénients résultant de la faible capacité de l'usine d'urée envisagée, dont la production serait de 35.000 tonnes (les usines modernes dans d'autres pays ont une capacité de production de 600.000 tonnes), seraient compensés par les économies de transport et de manutention, ainsi que par le prix très bas des sous-produits de la raffinerie de pétrole qui n'ont pas d'autre usage. Il faudrait faire exécuter une étude de justification économique pour déterminer si cette assertion est juste. D'autre part, les experts ont des avis divergents sur la possibilité d'utiliser le mélange de phosphates et d'urée dans toutes les rizières. C'est là un point qui demande à être précisé avant la construction de la deuxième installation de mélange. Enfin, il vaut la peine de noter que la consommation actuelle d'urée ne dépasse pas 7.000 tonnes par an et qu'elle ne devrait atteindre 50.000 tonnes qu'au bout de 10 années. Tout compte fait, il est très vraisemblable que la construction à ce stade d'une usine d'urée est peut-être prématurée. - 92 - Métaux précieux 62. Les zircons, les saphirs et les rubis sont obtenus par des mé- thodes très rudimentaires dans les provinces de Battambang et de Stung Treng. Les pierres précieuses sont extraites par des particuliers qui les vendent à une société de création récente, la SONEXPIEROR. On estime que plus de 80% des pierres extraites sont exportés clandestinement du pays. Le Plan prévoit une dépense de 6 millions de riels pour l'exécution de travaux de recherche dans les régions de Ratanakiri et de Pailin pendant la période 1968-1972. A l'heure actuelle, la SONEXPIEROR exploite un petit atelier de taille, mais elle se heurte à une grave pénurie de tailleurs expérimentés. L'expansion des activités de la SONEXPIEROR ne se justifiera que s'il est possible de réduire le trafic clandestin des pierres précieuses, de trouver des gisements et de former des tailleurs et polisseurs spécia- lisés. Traitement des denrées alimentaires 63. Le paddy est décortiqué dans un grand nombre de petites rizeries (1.468) disséminées en majeure partie dans les villages. Le manque de rizeries modernes nuit non seulement au rendement, mais aussi à la qualité du riz (il prend une couleur jaunâtre s'il n'est pas décortiqué et expédié immédiatement); en m6me temps, les prix se ressentent de cette qualité inférieure, en particulier lorsqu'il s'agit des exportations. De plus, dans le système d'exploitation actuel, l'utilisation des sous-produits est très difficile. D'autre part, la grande diversité des variétés de riz soulève des problèmes de décortiquage en ce sens que l'appareil ne peut pas être ajusté aux nombreuses dimensions du grain, et le fort pourcentage de brisures qui en résulte abaisse la valeur commerciale du riz. Pour pallier ces inconvénients, il vaudrait peut-9tre la peine de rechercher la possibilité d'accumuler des stocks de paddy à proximité de rizeries modernes où il serait décortiqué immédiatement avant expédition. Ce traitement centralisé permet- trait également de récupérer l'huile de la balle du riz ainsi que les sous- produits de l'extraction. 64. Un groupe privé khmer étudie la possibilité de construire une mino- terie à Sihanoukville. A l'heure actuelle, toute la farine consommée est importée. Un petit moulin produit de la farine de manioc et 14 boulangeries et pâtisseries suffisent à alimenter le marché intérieur. Les pâtes alimen- taires à base de riz et les produits connexes sont fabriqués dans le pays par 17 petites usines et en quantité suffisante pour satisfaire la demande actuel- le. Les condiments à base de soja sont produits par plus de 40 entreprises à l'échelle industrielle et semi-industrielle. 65. Le Cambodge exporte traditionnellement du sucre roux (sucre de palme) au Sud Vietnam, à Hong Kong et à Singapour. Il existe actuellement 35 petites sucreries produisant ce type de sucre. Mais la préférence des consommateurs va maintenant au sucre raffiné et la perte de ces marchés a créé des difficultés pour les planteurs. Pour faire face à ce problème et - 93 - continuer à obtenir les devises que procuraient ces exportations, le gouver- nement a construit une raffinerie qui traite le sucre roux produit dans le pays. Cette expérience s'est heurtée à de nombreuses difficultés dont la principale était que la masse cuite ne pouvait pas être traitée directement en raison de sa faible teneur en saccharose (35 à 40%). Il a donc fallu construire des installations supplémentaires pour porter la teneur en sac- charose du sucre roux à 80-85%. Entre-temps, la reprise des exportations de sucre roux vers le Sud Vietnam a fait sensiblement baisser les excédents disponibles et, pour une forte part, la SONASUCRE traite maintenant du sucre roux importé. La production qui est de 11 à 13.000 tonnes par an ne suffit pas à satisfaire la demande locale et on estime que 7 à 8.000 tonnes sont importées chaque année, en majeure partie par des voies clandestines. On s'attend que la production atteigne 16.000 tonnes en 1970. En tout état de cause, les coûâts de production restent très supérieurs aux prix internatio- naux et sont encore montés brusquement après la dévaluation. Le MAGETAT distribue le produit à des prix fixés par les pouvoirs publics pour l'en- semble du pays. 66. Le deuxième Plan quinquennal prévoit la construction d'une raffi- nerie de sucre à Kompong Kol. Les plans d'une raffinerie de 12.000 tonnes ont été préparés à partir d'une série d'hypothèses techniques dont il faut vérifier la validité. Le coût de la raffinerie est estimé à 250 millions de riels et l'on pense que la production pourra être vendue à des prix con- currentiels. Les 150.000 tonnes de canne à sucre qui alimenteront la raffi- nerie seront cultivées sur 3.000 hectares dont la moitié sera exploitée par 500 familles et l'autre par la SONASUCRE. Selon les études qui ont été faites, si l'on parvient au rendement estimé et si l'intérêt est versé ou imputé sur le capital employé, l'entreprise ne commencera à être rentable que dans 10 ans. Jusqu'à présent, la zone cultivée n'occupe que quelques centaines d'hectares et le rendement en canne à sucre est inférieur à 40 tonnes à l'hectare, alors que les auteurs de l'étude avaient tablé sur 50 tonnes. Il y a donc tout lieu de penser que ce sont des considérations sociales telles que les économies de devises, la diversification de la pro- duction agricole, l'emploi, etc. qui risquent de peser sur la décision de poursuivre l'exécution de ce projet. 67. Dans le secteur des produits laitiers, le gouvernement a crée avec l'aide de la FAO une laiterie expérimentale dans une exploitation d'Etat à Stung Meanchey. La laiterie ramasse le lait de la région qui, en raison des conditions climatiques, a une forte teneur en matières grasses et elle le mélange à du lait en poudre importé (lait écrémé reconstitué). Afin de stimuler l'accroissement du troupeau de vaches laitières, le prix du lait payé aux producteurs est très élevé, mais comme le lait en poudre est fourni gratuitement par la FAO, le prix du lait à la vente reste à des niveaux acceptables. La laiterie fournira du lait pasteurisé et homogénéisé à la ré5ion de Phnom Penh. La production vient de commencer et doit, selon les previsions, atteindre 2.000 litres par jour. En 1968 une entreprise mixte, la Société khmère pour l'industrie laitière (SOKILAIT,a été créée pour la production et la distribution de produite laitiers. Participent à cette - 94 - société l'entreprise commerciale d'Etat,"Magasin d'Etat pour l'alimontation" (MAGETAT), l'Australian Dairy Produce Board et la Société danoise COMIN KHMERE. La participation du MAGETAT au capital social de 1 million de dollars est limitée à 20% du total. La SOKILAIT commencera à produire du lait concentré au début de 1970. Elle utilisera comme matières premières du lait écrémé en poudre et des matières grasses dissoutes. Le lait concentré est actuellement importé au rythme de 80 millions de riels par an. L'im- portation de produits similaires sera interdite aussitôt que la SOKILAIT sera en mesure de satisfaire la demande locale. Le gouvernement a accordé à la Société l'importation en franchise de son équipement, ainsi que l'exo- nération de l'impft sur les bénéfices pendant deux ans; il a garanti aussi que la société recevra les devises nécessaires pour l'importation de ses matières premières et que pendant une période de 20 ans elle ne risque pas d'être nationalisée. Une filiale privée, la METALKMERE, commencera en même temps à fabriquer les boÎtes en fer blanc dont a besoin la SOKILAIT. La METALKEMERE espère en même temps vendre des boÎtes en fer blanc à d'autres producteurs de conserves. Elle a soumis également à l'étude des sociétés pétrolières la possibilité de leur vendre des récipients en métal pour les lubrifiants. 68. Le saindoux et l'huile d'arachide sont produits dans 16 petites huileries et une raffinerie moderne d'huile végétale. Une huilerie traitant la balle du riz vient d'être construite à Phnom Penh et sa capacité de production annuelle est de 3.000 tonnes. On estime que la production d'huile végétale est à peu près de 10.000 tonnes par an, quantité qui couvre la majeure partie de la demande locale. De petites quantités d'huile raffinée sont importées pour les consommateurs au goût plus averti et pour les étran- gers. Le propriétaire d'une plantation de cocotiers a l'intention d'ins- taller une petite usine dans sa plantation pour produire de 'L'huile de coco en utilisant les noix de qualité inférieure et les excédents de coprah dans la région. 69. Le Plan prévoit la construction d'une huilerie à Sihanoukville avec une capacité de production de 15.000 tonnes d'huile raffinéo. Les matières premières seront les graines de coton, les arachides, le kapok et le maïs, et toute la production doit être exportée. Le coût de l'hui- lerie a été estimé approximativement à 100 millions de riels. Il conviendrait toutefois d'étudier ce projet dans le cadre de la mise en valeur de nou- velles plantations de cocotiers qui est envisagée le long de la c6te sud- ouest. Ce projet de plantation de cocotiers semble offrir de bonnes possi- bilités pour le traitement industriel de l'huile à l'intention surtout des marchés étrangers. 70. Le Plan envisage en outre la construction d'une amidonnerie qui traitera 150.000 tonnes de maïs par an. L'intention est d'exporter les 90.000 tonnes d'amidon qui seront produites chaque année. L'exigutté re- lative de l'usine, qui traitera 500 tonnes de maïs par jour (alors que dans les autres pays la production normale est de 800 tonnes), ne devrait pas, - 95 - semble-t-il, nuire à la rentabilité de l'entreprise. Le coût est estimé à 190 millions de riels. Enfin, le Plan prévoit la construction d'une usine qui fabriquera des aliments pour les animaux. Les arguments que l'on avance en faveur de cette construction est que l'usine utilisera les sous- produits de l'huilerie, de l'amidonnerie, de la raffinerie de sucre à Kompong Tram et de la brasserie, ainsi que la farine de poisson que produira la SONACOP. On estime que la capacité de production d'aliments pour les animaux sera de 60 à 65.000 tonnes par an, destinées surtout aux marchés extérieurs. La vente d'aliments du bétail bon marché aiderait aussi à stimuler l'élevage qui est l'un des objectifs du Plan. Le coût de l'usine d'aliments du bétail est estimé approximativement à 50 millions de riels. Aucune étude de justification économique n'a encore été présentée pour ces divers projets qui font partie d'un ensemble. Cette série de projets ne pourra itre réalisée que s'il est possible d'augmenter la production de ma:s à un point tel qu'il y ait chaque année un excédent pour l'usage industriel. Or, la production de mais, après avoir atteint une pointe de 204.000 tnnnes en 1964, est tombée à un creux de 117.000 tonnes en 1968. On peut expliquer cette baisse en partie par la diminution des superficies cultivées (de 136.000 hectares en 1964 à 100.000 hectares en 1968), et en partie par le fait que d'autres cultures telles que les légumes (essentiellement les hari- cots), l'arachide et le manioc ont remplacé celle du mais. On ne pourra donc relever la production de mals aux niveaux souhaitables que par une politique des prix bien conçue pour tous les produits qui peuvent se substituer au mais. 71. Dans le domaine de la conserverie, une usine à Takhmau et trois autres entreprises plus petites produisent des conserves de légames, de pdissons de mer et de viande. Le "Tuk trey" est préparé dans des bocaux et des boites dans de nombreux ateliers artisanaux (63), principalement dans la province de Kampot. On utilise à la fois les poissons de mer et les poissons des lacs. Pour permettre aux pêcheurs de la province de Koh Kong, où les poissons abondent, de vendre les excédents de leur p6che, le gouvernement vient de créer une usine de conserves de poisson et de farine de poisson. L'usine est exploitée par une entreprise publique, la SONACOP. L'installation d'une fabrique de crevettes congelées à Sihanoukville en est encore au stade des études préliminaires. Un groupe français envisage d'organiser la p9che industrielle dans les eaux territoriales du Cambodge et de construire à Sihanoukville une usine pour l'exportation de crustacés surgelés. Enfin, un groupe australien a proposé au gouvernement un projet agro-industriel qui combine l'élevage du bétail et la conserve de viande. Ces deux projets ont été approuvés en principe par les pouvoirs publics il y a plus d'un an. . Fabrication des boissons 72. La production et la distribution des alcools et des spiritueux est un monopole d'Etat confié à la SKD. Un certain nombre de petites dis- tilleries privées produisent de l'alcool qu'elles sont tenues de vendre à la SKD; elles utilisent comme matières premigres le riz, le ma£s et le - 96 - sucre de palme. Les prix pour l'ensemble du territoire sont fixés chaque année par les pouvoirs publics. La production totale d'alcool pur a atteint 75.000 hectolitres en 1968. Les boissons non alcoolisées sont produites en majeure partie par trois grandes entreprises qui alimentent 90% du marché et par un grand nombre de petites entreprises (125) qui produisent des quan- tités plus faibles. La production totale en 1968 est estimée à 175.000 hectolitres. Deux des grands fabricants de boissons non alcoolisées four- nissent également la glace qui est fabriquée dans un certain nombre de petits établissements sur tout le territoire du pays. Tous les vins sont importés. Il en a été de m9me de la bière jusqu'en 1968, année où la bras- serie de la SKD à Sihanoukville a commencé à produire. Sa production devrait avoir atteint 100.000 hectolitres en 1969 et, selon les prévisions, elle devrait encore augmenter, ce qui permettra de réduire substantiellement les importations. Le malt est importé par la SONEXIM. L'emplacement choisi pour la brasserie n'est pas celui qui pourrait desservir le mieux les centres de consommation, et il est à craindre que ceci ne relève les frais de dis- tribution. A la fin de 1967, la SKD a commencé la production de jus d'orange dans une fabrique nouvelle créée pour absorber les excédents agricoles. La production actuelle, qui est de 1,5 million de bouteilles, devrait atteindre 5 millions en 1972. Néanmoins, la SKD n'alimentera encore qu'une très faible proportion du marché des boissons non alcoolisées (5%). Les boissons alcoolisées importées sont distribuées par la SKD dans ses magasins de détail, et les boissons alcooliques qu'elle produit sont également vendues à des grossistes et détaillants du secteur privé. La bière et le jus d'orange fabriqués par la SKD sont distribués par la société privée BGI qui dispose sur l'ensemble du territoire d'un réseau de distribution très bien organisé. La SKD a l'intention d'utiliser les gaz carboniques de la brasserie pour produire des eaux et autres boissons gazeuses. 73. Un problème qui se pose pour la nouvelle raffinerie de sucre dont on envisage la construction est l'évacuation régulière des mélasses. Le rejet des mélasses dans le fleuve a été interdit pour éviter la pollution des eaux du Stung Sangker. D'autre part, la fabrique d'aliments du bétail n'absorbera que les mélasses de la raffinerie de sucre en service à Kompong Tram. La solution qui paraît la meilleure est de transformer ces mélasses en alcool et c'est pourquoi le Plan prévoit la construction d'une distillerie à proximité de la nouvelle sucrerie de Kompong Kol avec une capacité de production initiale de 3.000 hectolitres par an. Le coût est estimé à 50 millions de riels. Il faut noter toutefois que la consommation intérieure d'alcool est relativement stable (100.000 hectolitres par an) et que la SKD absorbe déjà les mélasses de la sucrerie de Kompong Tram. le rempla- cement des brisures de riz par la mélasse est souhaitable, mais il n'est pas réalisable en raison de difficultés techniques et des habitudes des consommateurs. En raison de toutes ces considérations, on propose de redis- tiller l'alcool dans une nouvelle distillerie qu'installera la SKD et dont la production sera exportée en partie. La SKD a été chargée d'étudier les marchés de Hong Kong et de Singapour. En outre, 1.000 hectolitres de cet alcool seront produits sous forme de rhum, boisson qui est actuellement im- portée. Il n'a pas encore été procédé à une étude de justification économique - 97 - et, de toute évidence, ce projet est fonction essentiellement de la cons- truction de la sucrerie envisagée et des possibilités futures d'exportation. L'industrie du tabac 74. L'industrie du tabac se compose de deux secteurs, l'un tradition- nel à forme artisanale, l'autre moderne à forme industrielle. Dans le premier, le tabac est séché et vendu en vrac dans les marchés par de petits négociants, parfois sous forme de cigarettes grossières fabriquées sur place. Il y a actuellement dans le pays 162 fours de séchage de la feuille de tabac. Le secteur industriel qui comprend trois entreprises fabriquant de 3.500 à h.ooo tonnes de cigarettes par an est beaucoup plus important. On estime que de 15 à 20% de cette production sont exportés clandestinement au Sud Vietnam, en partie parce que les prix y sont plus élevés, et en partie par fidélité des clients. La Manufacture de cigarettes du Cambodge (MAC), entreprise mixte à laquelle l'Etat participe à concurrence de 20%, entre pour 60% dans la production industrielle totale. L'industrie textile 75. Les seules usines d'égrenage du coton et filatures du pays appar- tiennent à la SONATEX et sont intégrées dans ses deux fabriques de Kompong Cham et Battambang. Les filatures qui traitent le coton produit dans le pays ont une capacité de 25.000 broches et leur production annuelle est de 3.000 tonnes. Le coton fin et les fibres synthétiques sont importés. La SONATEX exploite deux usines de tissage qui produisent des textiles de con- sommation courante. Leur production annuelle est de 8 à 9 millions de mètres carrés. Le secteur privé exploite 3 à h usines de tissage assez grandes et 60 autres plus petites; trois entreprises fabriquent des filets de p9che en coton et nylon. La SONATEX satisfait la moitié des besoins du secteur privé en filés de coton et le reste est importé. Les deux plus importantes usines de textiles privées possèdent des ateliers de teinture et de finissage qui travaillent aussi pour les petites usines de tissage. 76. La bonneterie est relativement peu importante. Une vingtaine de petites entreprises à Phnom Penh fabriquent des sous-vêtements et de la bonneterie. Les importations clandestines en provenance du Sud Vietnam sont assez élevées. Une entreprise fabrique de la ouate hydrophile et des bandes de pansement. La production de la soie est assez négligeable. Pour des motifs d'ordre religieux, cette activité est exercée par des Vietnamiens. La majeure partie de la demande locale est satisfaite par des importations en provenance du Japon et de la Chine. Le tissage de la soie, notamment la fabrication de "sampots" et de "sarongs",est une activité artisanale. La demande de ces tissus augmente et va encore se développer avec l'afflux des touristes. 77. Comme les textiles synthétiques deviennent de plus en plus populaires les auteurs du Plan ont prévu la construction d'une filature de fibres syn- thétiques et du coton longue soie. Ce coton sera produit dans le pays, comme - 98 - permettent de l'espérer les essais du Ministère de l'agriculture qui ont donné de bons résultats. La production servira à la fabrication de tissus pour les v6tements d'hommes et de lingerie fine. La capacité de la filature (25.000 broches) suffira à couvrir les besoins intérieurs en 1972. Le coilt de la construction est estimé à 190 millions de riels. De plus, le Plan envisage, pour un montant de 70 millions de riels, la construction d'une installation de teinture et de finissage qui pourra traiter 70 tonnes par jour. Ce projet intégré prendra la forme d'une entreprise mixte. Les deux grandes entreprises textiles privées ont été invitées à y participer. Les raisons qui motivent le lancement de ce projet sont les suivantes: l'Etat veut a) construire une usine de dimensions optimales, utilisant les techniques modernes, notamment en ce qui concerne la teinture et le finissage des tis- sus synthétiques; b) emp9cher l'abus de la situation de monopole dont béné- ficient les deux grandes sociétés privées; c) donner la prépondérance aux Khmers dans l'entreprise. Un groupe étranger spécialisé y participera et, outre le savoir-faire qu'il apportera, assurera la coopération des divers groupes hétérogènes qui composent l'entreprise. Jusqu'à présent, les entre- prises privées montrent de la réticence à s'associer au projet dont l'étude de justification économique n'a pas encore été faite. Encore que, dans ce secteur, il semble possible de substituer la production locale aux impor- tations, certains des arguments avancés en faveur de ce projet ne paraissent guère fondés. 78. Jusqu'à une époque récente le jute était cultivé par des familles d'agriculteurs dans les régions de Battambang et Kandal et sur les rives du Mékong. Les petites quantités produites servaient à fabriquer de la ficelle, des hamacs, des courroies, et autres articles similaires. Les sacs de jute ont toujours été importés. Afin de diversifier la production agricole et d'économiser des devises, le gouvernement a essayé de lancer la culture extensive du jute et du kénaf pour l'industrie. C'est la SOKJUTE qui a été chargée de développer ces cultures qui sont maintenant implantées dans les provinces de Battambang, Pursat, Kompong Chhnang, Kcmpong 'hom. Siemréap,et Kandal. Outre les conseils techniques qu'elle donne, la SOKJUTE a dresse l'inventaire des régions qui se prêtent au développement des cultures de jute et de kénaf, fournit aux agriculteurs des machines et des pompes à moteur a crédit, des semences et des engrais, et consent des avances sur la pro- duction future. La production de jute et de kénaf est passée de 160 tonnes en 1965 à 6.000 tonnes en 1969 et l'on pense qu'elle atteindra 15.000 et 21.000 tonnes en 1975 et 1979 respectivement. L'usine de traitement du jute de la SOKJUTE à Daunteav (Battambang) est entrée en service en 1967 et a atteint sa capacité de production maximale (5 millions de sacs) en 1968. Elle fabrique, à titre de sous-produits, 300 tonnes de ficelle et 400.000 mètres de toile par an. Les prix de revient sont supérieurs d'à peu prés 30% au prix c.a.f. des sacs importés. La cherté de la production s'explique surtout par les prix très élevés que la SOKJUTE doit payer aux cultivateurs de jute et de kénaf. Le gouvernement fixe les prix a de tels niveaux dans l'intention d'encourager vigoureusement les agriculteurs à développer leur production. Les sacs utilisés pour le riz exporté sont vendus à la SONEXIM et le reste est mis en vente par la SOKJUTE elle-me^me. Dans les deux cas, - 99 - les prix sont fixés par le gouvernement. Le Cambodge doit importer chaque année 6 à 7 millions de sacs supplémentaires pour satisfaire ses besoins. 79. La SOKJUTE a préparé avant la dévaluation une étude de préinves- tissement oÙ il est suggéré de construire au même emplacement, pour un coiut estimé à 168 millions de riels, une deuxième usine qui devrait être ter- minée en 1973. La capacité de production de la deuxième unité est fixée à 10 millions de sacs et, si l'on se fie aux prévisions d'une croissance de la demande atteignant 10% par an, elle serait portée à 15 millions en 1979. Or, si le rythme de la production de riz peut être accéléré par la cons- truction de réseaux d'irrigation et de régulation du débit des fleuves, on peut concevoir que la demande de sacs augmentera beaucoup plus vite apres 1975. La région de Battambang a été choisie pour l'implantation de cette usine parce qu'elle est le centre principal non seulement de production de jute et de kénaf, mais aussi de consommation de sacs de jute. De plus, les problèmes de la main-d'oeuvre y sont plus facilement résolus et les frais généraux peuvent être réduits par la gestion commune des deux usines. Néanmoins, le succès de ce projet est fonction de plusieurs facteurs im- portants. Il faut tout d'abord évaluer quelle sera la demande de produits en jute dans l'avenir en face de l'accroissement des fibres synthétiques de remplacement. Il n'est pas sans intérêt de noter incidemment que le Pakistan, l'Inde et la Thalande développent la production de jute. De son c8té, l'Indonésie a construit une fabrique de sacs utilisant les fibres synthétiques, mais le produit final ne parait pas présenter les avantages du sac en jute. Dans le même ordre d'idées, le Japon, bien que producteur de fibres synthétiques, n'a pas cherché à les utiliser pour la fabrication de sacs et importe du jute et du kénaf. Un autre facteur à prendre en considération est que la modernisation des techniques de transport du riz risque de restreindre gravement l'emploi de sacs. Si le riz peut être transporté à Sihanoukville dans des containers, emmagasiné dans des silos et chargé en vrac dans les navires, il est certain que la demande de sacs en jute baissera considérablement. Un autre élément est que la production de la nouvelle usine étant largement conditionnée par le volume de la récolte de riz, la possibilité d'en exporter une forte proportion en cas de mauvaise récolte ailleurs revêt une grande importance. A cet égard, et compte tenu de l'importance des matières premières dans le prix de revient total (50%), un élément difficile à prévoir, qui conditionne dans une très large mesure la possibilité d'exporter, est la politique des prix (et des subventions) qu'appliquent tous les pays producteurs de jute. Enfin, il ne faut pas oublier que l'augmentation de la production de jute et de kéiaf dépend d'un assez grand nombre de facteurs: mise en place de moyens d'irri- ation, application d'engrais, disponibilités en main-d'oeuvre utilisable, mise en culture des superficies envisagées, installation d'un réseau satis- faisant de transports ruraux et possibilités de production à l'échelle industrielle. L'industrie du papier 80. Le papier est fabriqué par la SONAPAP dans sa papeterie de Chhlong (province de Kratié). La production annuelle varie entre 3.500 et h.500 - 100 - tonnes par an et porte sur le carton, le papier d'emballage, le papier kre le papier journal et diverses autres sortes de papier. La production ccr-. un tiers des besoins du pays. La papeterie utilise pour matières prer.iù: le bambou et la paille de riz, qui représentent un tiers des quantités nY saires, le reste étant importé. C'est la SONAPRIM qui distribue le prcdui final, dont les prix de gros et de détail sont fixés par le gouvernement. Enfin, il y a au Cambodge plus de cent ateliers d'édition et d'impression, et petites entreprises fabriquant des articles en papier. L'Imprimerie Sangkum Reastr Niyum, entreprise mixte à laquelle l'Etat participe à conc rence de 40% du capital social, imprime le quotidien Neak Areat Niyum, T publication mensuelle Kambuja, des livres, et effectue des travaux sur commande. 81. La demande de papier ne cesse de croÎtre et, selon les projecLjrn- elle devrait atteindre 15.000 tonnes en 1972. Pour y faire face, il et prévu dans le Plan la construction d'une usine de pâte et de papier; sa production annuelle sera initialement de 5.000 tonnes de pâte et sera portc ultérieurement à 15 ou 20.000 tonnes, pour un coût estimé à 320 millione' da riels. Cette nouvelle installation fournira de la pâte à la papeterie existante à Chhlong et se spécialisera dans la production de papier journal et de papier kraft. Elle utilisera comme matière première le pin qui se trouve en abondance dans les régions de Kirirom, Bung-Bé et Komreng. L'étude de ce projet a été faite par un groupe d'experts dans le cadre do jL. Coopération bilatérale française. Le groupe a toutefois changé d'avis sur les aspects économiques du projet et il envisage maintenant la constructioi dans la zone franche de Sihanoukville d'une papeterie de dimension optimale selon les normes internationales. La papeterie utilisera de la pâte impor- tée (à longue fibre) et vendra les produits Yinis dans tous les pays de l'Asie du Sud-Est. La pâte sera importée de Sibérie où l'URSS éprouve des difficultés à disposer de sa production depuis l'achèvement des grandes usines de pâte de Vladivostock. De plus, la papeterie offrira un débouché à la pâte extraite du bois de l'hévéa. Le remplacement des vieux hévéas sur les plantations devrait assurer un apport régulier de 250 à 300.000 tonnes de bois d'hévéa par an. Mais l'utilisation du bois d'hévéa soulève un certain nombre de problèmes. Le premier est que la fibre du bois est courte, encore que ce problème puisse 6tre résolu par le mélange de la pâte obtenue de l'hévéa à de la pâte importée. La deuxième difficulté est qu'il faut éliminer les résidus de latex dans le bois d'hévéa. Là encore, les experts affirment que le problème a été techniquement résolu. Enfin, il semble que les Japonais ont trouvé le moyen de résoudre le problème du bleuissement. S'il est vrai, comme il apparaÎt, que ces difficultés ont pu être écartées, il est possible de construire, de préférence à Toule Bet sur le Mékong, à proximité des grandes plantations d'hévéas, une usine d'une capacité de production de 90 à 100.000 tonnes de pâte sèche. La moitié de cette production pourrait être transformée dans le pays et le reste exporté sous forme de pâte. En raison de la taille de cette entreprise et de la capacité d'absorption limitée du marché cambodgien, il a été suggéré que ce projet soit lancé sous l'égide de la Commission du Mékong. - 101 - Bois d'oeuvre et meubles 82. Il y a environ 500 scieries disséminées dans l'ensemble du pays. La SONASCIE exploite deux scieries au matériel périmé à Kompong-Ton et Kompong-Speu. Bien que la SONASCIE ait été constituée pour régulariser le fonctionnement du marché, elle n'est guère en mesure de le faire en raison de l'exiguIté du marché sur lequel elle opère et du fait qu'elle ne peut pas moderniser ses installations faute de capitaux. les sociétés privées utilisent un équipement moderne et sont à même de soutenir efficacement la concurrence. La SONEF est la seule entreprise qui exporte du bois d'oeuvre, d'ailleurs gràce à des subventions. 83. La vannerie, qui est une activité importante, se fait dans de petits ateliers et de petites entreprises industrielles oÙ l'on fabrique des meu- bles, des articles de ménage de toutes sortes et des articles de pêche. La fabrication de meubles en bois a lieu, elle aussi, dans de petits ateliers. 84. La SONACO a en 1968 produit 3.300 mètres cubes de contreplaqué et pensait atteindre 4.000 mètres cubes à la fin de 1969. Après l'instal- lation de l'équipement moderne qu'elle a commandé, elle portera la production à 5 ou 6.000 tonnes. Chaque année, quelque 1.000 mètres cubes de contre- plaqué sont exportés avec l'aide d'une subvention de la SONEXIM. Un groupe d'investisseurs étrangers étudie actuellement la possibilité de construire une deuxième usine qui utilisera le bois de la région de Cardamomes, ac- tuellement exporté sous forme de grumes. L'usine sera installée à Siha- noukville et toute la production sera exportée. Les sous-produits qui ne satisfont pas aux normes internationales pourraient être utilisés par des entreprises du pays pour la fabrication de meubles. Les industries du caoutchouc et des matières plastiques 85. De nombreux artisans et 25 entreprises plus importantes produisent des articles en caoutchouc. Comme les prix du caoutchouc et de la main- d'oeuvre sont peu élevés, le rechapage est une activité florissante à laquelle participent deux entreprises et de nombreux artisans. Les pneus de bicyclette sont fabriqués par trois entreprises, dont la plus grosse alimente plus de la moitié du marché. Ce sont des artisans qui fabriquent les chaussures de tennis, les semelles en caoutchouc des chaussures en cuir, les tuyaux et courroies en caoutchouc et les patins de rizerie en caoutchouc. La SONAPNEU, entreprise d'Etat, a commencé en 1967 à fabriquer des pneus d'automobiles, camions, motocyclettes et tracteurs. La production a atteint 600 tonnes en 1968. Depuis la fin de 1967, le monopole de la distribution des pneus d'automobiles et de camions importés a été transféré de la SONAPRIM à la SONAPNEU. En 1968, les ventes par la SONAPNEU de pneus importés ont représenté les deux tiers de ses recettes totales. La SONAPNEU perçoit, au nom de la SONAPRIM, un droit sur les pneus importés et reçoit de la SONAPRIM une subvention pour les pneus qu'elle produit. Ces droits varient selon les dimensions des pneus. La SONAPNEU étudie la possibilité de fabriquer des éléments de plancher en caoutchouc. Enfin, plus de 40 - 102 - petites entreprises produisent divers articles en plastique, tels que us- tensiles, tasses, tuyaux, sandales. L'industrie chimique 86. En 1960, l'Etat cambodgien a, en association avec la société française Air Liquide, formé la Société khmère d'oxygène et d'acétylène (SOKOA) pour la production d'oxygène, d'azote, d'acetylène et de gaz com- primé. La participation de l'Etat est limitée à 25% du capital social. Des peintures et des vernis sont fabriqués par deux entreprises, et deux autres produisent de la colle avec les déchets de poisson, et des produits pour le tannage. Une usine fabrique des allumettes, dont la production est suffisante pour le marché local. Deux groupes étrangers étudient la possi- bilité de fabriquer des insecticides au Cambodge. Il existe une trentaine de fabriques de savon dont trGis ont une production industrielle. La SKD a le monopole des parfums qu'elle prépare à partir d'extraits importés et d'alcool redistillé dans le pays. La fabrication des produits pharmaceu- tiques est un monopole d'Etat, de même que leur importation et leur dis- tribution au niveau du gros, ces deux activités étant confiées à l'entre- prise publique ENAPHAR. Certains produits toutefois sont fabriqués par deux entreprises qui travaillent sous le contrôle et au nom de l'ENAPHAR. Cette dernière exploite elle-mâme un petit laboratoire pour la préparation de comprimés et d'ampoules. Une entreprise privée fabrique de la pâte den- tifrice sous licence d'une société internationale et quatre autres produi- sent leur propre marque. Enfin, la Société khduare de raffinage du pétrole (SERP), entreprise en association fondée en 1967 par l'Etat et un groupe français, a construit et exploité à Sihanoukville une raffinerie dont la production en 1969 était estimée à 400.000 tonnes de brut. L'investissement dans ce projet s'élève à 800 millions de riels, dont la moitié a été financée par un prêt français. L'Etat possède 65% des actions et a une option de rachat des intérgts étrangers minoritaires après dix ans. La capacité de production annuelle est de 600.000 tonnes. La SERP pense exporter 30.000 tonnes de naphte et 90.000 tonnes de mazout. L'exploitation pendant quel- ques années ne devrait pas être rentable, car la capacité de production de la raffinerie est bien supérieure à ce que peut absorber le marché inté- rieur, et les techniciens étrangers coûtent cher. Néanmoins, la raffinerie garantit au Cambodge son approvisionnement en essence, car il ne peut uti- liser librement l'itinéraire le plus économique qui passe par le delta du Mékong. En outre, la raffinerie permettra d'économiser une somme en devises estimée à 2 millions de dollars. L'année prochaine, la SERP envisage d'ins- taller une unité de production de gaz à usage domestique, et elle terminera ultérieurement ses installations par la construction d'une unité de pro- duction d'asphalte. La distribution sur le marché intérieur sera assurée par les trois sociétés internationales qui opèrent déjà dans le pays et l'entreprise mixte de formation récente, la TELAKHMERE. SHELL a cédé 10 stations-service à TELAKHMRE et ESSO et CALTEX en cèderont 10 et 5 res- pectivement. - 103 - Briqueteries, verreriles et produits céramiques 87. Les besoins du pays en briques, tuiles et carreaux de sol sont couverts par les 166 briqueteries, en exploitation. A l'exception d'une usine moderne à Takhmau, elles sont disséminées dans l'ensemble du pays. Certaines ont des installations semi-industrielles avec foyers Hoffman, mais la plupart d'entre elles brûlent du charbon de bois. Une poterie produit selon des techniques industrielles des articles en fa'ence de divers types et usages, de petits récipients portatifs et les récipients pour le latex utilisés dans les plantations d'hévéas. Dans la région de Kompong Chhnang, de nombreux potiers vendent leurs produits céramiques non seulement sur le marché intérieur, mais aussi dans une partie du Sud Vietnam. La SONAC pro- duit 10.000 mètres carrés de carreaux de sol et d'autres produits céramiques. L'usine de la Verrerie d'Etat est entrée en service en 1967 et sa production a atteint 3.600 tonnes en 1968 dont 2.750 tonnes de bouteilles et le reste composé d'articles en verre. Elle se procure les trois quarts de ses matières premières dans le pays. Les grands fabricants de boissons non alcoolisées et la SKD sont tenus d'acheter leurs bouteilles à la Verrerie d'Etat. Il existe aussi trois petites verreries privées dont deux se servent des débris de verre comme matière première. La métallurgie 88. La consommation d'acier au Cambodge est estimée à 50.000 tonnes par an, dont la moitié de produits ronds. Le Plan prévoit la construction d'un four électrique qui transformera les ferrailles en billettes et d'un laminoir d'une capacité de production initiale de 10.000 tonnes, qui sera progressivement portée à 20.000 tonnes. Pendant les premières années, on utilisera les ferrailles disponibles dans le pays, mais il sera nécessaire par la suite d'en importer de l'étranger. Le coût initial du projet est estimé à 90 millions de riels, mais l'étude de justification économique n'a pas encore été faite. Etant donné la taille minimale que doivent avoir les installations pour qu'une aciérie soit rentable, il semble tout au moins prématuré d'entreprendre la réalisation d'un tel projet au stade de déve- loppement atteint par le pays. Autres activités industrielles 89. Toute une gamme d'autres produits sont fabriqués dans le pays par plus de 260 ateliers artisanaux, notamment articles de quincaillerie, outils agricoles, articles en métal, bateaux, péniches, pompes, balances. Il existe quelques fonderies, dont celles, bien équipées, de la SONASUCRE et SONACIMENT. Sous licence japonaise, trois entreprises montent des tran- sistors et plus de 30 autres montent des bicyclettes. L'argenterie, la sculpture sur bois et sur pagodite sont des activités prospères que l'ac- croissement du tourisme devrait encore développer. Il y a au Cambodge plus de 40 ateliers de réparations d'automobiles. Enfin, la SONATRAC a installé une chaîne de montage qui doit sortir chaque année 1.000 tracteurs et 800 camions, importés démontés. Jusqu'à présent, la SONATRAC n'opère qu'à 25% - 10>4 - de sa capacité de production. Les raisons de cette sous-utilisation des moyens sont le manque de devises et l'absence d'un marché pour les camions. La SONATRAC a la représentation exclusive d'une société française dont elle importe les motocyclettes et bicyclettes à moteur. On estime que 5.000 motocyclettes et mobilettes environ ont dû être vendues en 1969 et les ventes s'accroissent rapidement. 90. Il est prévu dans le Plan la construction d'une usine pour la fabrication de 10.000 motocyclettes et bicyclettes à moteur et 20.000 moto- pompes, articles jugés importants pour la population des campagnes. La fa- brication de certaines parties sera sous-traitée à des entreprises privées du pays. La production de 20.000 motopompes par an permettrait l'irrigation de 100.000 hectares de plus chaque année. Le coût de l'usine est estimé à 300 millions de riels. De plus, le Plan prévoit la mise en place d'une station-service par la SONATRAC au prix de il millions de riels. L'étude de justification économique n'a pas encore été rédigée et on n'a pas encore résolu le problème de la licence à obtenir d'un constructeur étranger. En outre, la vente de ces articles aux agriculteurs est fonction de la solution qui sera apportée au problème du crédit agricole.
Группа Всемирного банка · Pre-2003 Economic or Sector Report
Cambodia - Report of economic mission - 1969 (Vol. 2 of 3) : Les annexes sectorielles
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Pre-2003 Economic or Sector Report
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Камбоджа
Источник
Всемирный банк