Группа Всемирного банка · Pre-2003 Economic or Sector Report

The economic development of Upper Volta (Vol. 2 of 4) : Agriculture

Буркина-Фасо Всемирный банк
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DIFFUSION RESTREINTE Rapport No. AW- 19a TRADUCTION NON-OFFICIELLE A TITRE D'INFORMATION Ce rapport a eté prépare' 'a titre de document interne. Ni la Banque ni les organismes qui lui sont affiliés n'acceptent aucune responsabilité quant à son exactitude ou son caractère exhaustif. En aucun cas ce rapport ne saurait être publié ou cité comme représentant leurs vues. BANQUE INTERNATIONALE POUR LA RECONSTRUCTION ET LE DEVELOPPEMENT ASSOCIATION INTERNATIONALE DE DEVELOPPEMENT LE DEVELOPPEMENT ECONOMIQUE DE LA HAUTE VOLTA (en quatre volumes) VOLUME II AGRICULTURE le 27 novembre 1970 Departement Afrique de l'Ouest CURRm1CT EQUIVALEHTS Currenc- Unit: CFA Franc (CFAF) Bofore August 11, 1969: US$ 1.00 CFAF 246.85 CFAF 1,000 US$ l.o5 After August 11, 1969: US$ 1.00 = FAF 277.71 CFAF 1,000 = US$ 3.60 WEIGHTS AUD MEASURES llNetrie Ton (t) = 2,205 lbs. I Kilogram (kg) = 2.2 Ibs. 1 iloneter (km) = 0.62 mile 1 Meter (m) = 3.28 feet - COMPOSITION DE LA IUSSION Le présent rapport a été établi sur la base de renseignements recueillis par une mission économique qui a séjourné en Haute Volta en Novembre-Décembre 1969. La composition de la mission était la sui- vante: John C. de Wilde Chef de mission Frédy R. G. Holin Economiste H. Casati Consultant-Economiste Agricole (FAO) A. Guinard Consultant-Agronome (FAO) G. Lazarev Consultant-Sociologue (FAO) A. H. Robinet Consultant-Expert Elevage (FAC) S. Picker Consultant-Expert Education N. Raphaeli Expert Planification Le rapport comprend les volumes suivants. I Rapport principal II Agriculture III Elevage IV Education TABLE DE MATIERES Page DONNEES DE BASE RESUME DU RAPPORT i - iv I. LES PRINCIPALES CONTRAINTES ET LA SITUATION ACTUELLE DE L'AGRICULTURE 1 A. Les contraintes 1 Sévérité du climat et pauvreté des sols 1 Densités excessives et moyens insuffisants des exploitations 2 Manque de cadres et de moyens dans l'administration agricole 3 B. Situation actuelle de l'agriculture en Haute Volta 3 Le secteur agricole et l'élevage 3 Le système foncier 4 L'évaluation de la production agricole 5 Les cultures alimentaires 6 Les cultures de rente 9 La commercialisation et les prix 13 C. Conclusions 15 II. LE DEVELOPPEMENT AGRICOLE: POLITIQUE ET RESULTATS 17 A. Les programmes et les structures du développement 17 Les programmes de développement 17 Les moyens du Ministère de l'Agriculture 18 Les Offices Régionaux de Développement (ORD) 19 La politique des ORD 21 L'ORD de Ouahigouya (BDPA) 21 Les ORD de Koudougou et de Ouagadougou (SATEC) 22 -2- Page Les ORD de la Volta Noire et de Xaya (CFDT) 23 Les autres ORD 24 Le crédit agricole 2h L'encadrement des producteurs 25 Les systèmes d'encadrement; les méthodes (travail des encadreurs) 25 Formation des cadres; recrutement, traitement et avenir des agents d'encadrement 28 Résultats acquis 29 Recherche et formation des homologues voltaiques 30 Education rurale, moyen de formation de producteurs évolués 30 B. Le bilan des actions entreprises 31 Méthodes et résultats des interventions 31 Différences des résultats selon les programmes 31 Lenteur de la vulgarisation agricole 36 Inadaptation de certains programmes aux conditions des exploitations 37 Les coûts des investissements 38 Les aménagements anti-érosion de Yatenga 39 Le coût des aménagements hydrauliques 39 Les coûts de fonctionnement h0 Les crédits de fonctionnement 41 Les coûts de l'encadrement 42 Le coût de l'assistance technique étrangère 46 Le développement agricole et la recherche agronomique 46 C. Les projets en cours 47 L'exécution du Plan 47 Le projet de développement cotonnier de Bobo-Dioulasso/ Volta Noire 49 Le projet de développement sucrier de Banfora 50 Le projet d'huilerie de Bobo-Dioulasso 53 Autres projets 54 III. LES POSSIBILITES DE DEVELOPPMENT AGRICOLE 56 A. Les perspectives économiques 56 L'évaluation du potentiel économique 56 3 Page La demande et les objectifs possibles de production 57 La demande intérieure 57 Le marché extérieur 58 La transformation des produits 58 Projections 59 B. Une nécessité à long terme: l'association agriculture-élevage 61 La politique et l'association agriculture-élevage 61 L'aménagement des structures agraires et l'insertion de l'élevage 62 L'amélioration de l'alimentation du cheptel: le déve- loppement des productions fourragères 64 Les limitations de la traction animale: le problème des instruments de culture 65 L'action zootechnique 66 La définition des objectifs 66 Les modes d'exploitation de troupeaux 66 Le choix et l'amélioration des espèces 67 Les conditions d'entretien 67 L'amélioration des performances 68 Recommandations relatives aux méthodes d'encadrement 68 Perspectives d'une politique d'association agriculture- élevage 68 Objectifs et priorités 69 Effets des actions 69 C. Moyens et méthodes d'intervention 70 Meilleure répartition de la population agricole 70 Diversification progressive des actions 72 Besoins des structures centrales de contrôle et inté- gration des services techniques au niveau régional 73 Renforcement du contrôle central 73 Intégration des services techniques au niveau régional 74 Le coût de l'encadrement 75 L'organisation des producteurs 78 La politique des prix agricoles 79 La réorientation des financements 80 - 4 -page D. Les projets possibles 81 Augmentation de la production des terres hautes 81 Hydraulique agricole 83 Colonisation des zones inhabitées 84 IV. CONCLUSIONS 87 ANNEXES DONEES DE BASE 1. Superficie: 274.122 km2 2. Population: 1966 1969 1/ Totale 4.740.000 5.030.000 dont: population urbaine 305.000 320.000 population rurale 4.135.000 4.410.000 population émigrée 290.000 300.000 Taux dtaccroissement net: 2% par an pour la population totale 3. Données économiques globales (1966) - PIB (en millions de francs CFA): 58.220 dont: agriculture 19.373,5 sylviculture et chasse 2.793,0 élevage 5.726,5 p6che 467,0 total production rurale 28.360,o soit 48,8% du PIB répartie en production autoconsommée 20.268,0 production commercialisée 8.092,0 - PIB moyen per capita en 1966: PIB par voltaïque 12.300 FCFA, soit US$49 PIB de secteur agricole par habitant rural 6.800 FCFA, soit US$28 dont: production autoconsommée: 4.900 FCFA (US$20) production monétarisée: 1.900 FCFA (US$ 8) l/ Le chiffre de la population urbaine et de la population emigrée varie selon les sources consultées de 275.00o a 320.000 pour les villes et de 300 à 370.000 pour les migrants. RESUME DU RAPPORT La situation actuelle i. Les informations statistiques disponibles ne permettent pas dréva- luer de façon précise la situation actuelle et l'évolution récente de 1'éco- nomie agricole en Haute Volta. ii. En matière de production agricole, il semble que les cultures vi- vrières sont restées stagnantes par tête d'habitant; par contre la production cotonnière a augmenté dans des limites supérieures aux prévisions. Par ailleurs, on observe que la production et la consommation de riz sont en augmentation. Cependant, aucun de ces produits, à l'exception du coton, n'a connu véritablement d'amélioration de rendement et les augmentations de production ne sont le résultat que d'une extension des superficies cultivées. iii. Le système "agriculture-élevage" actuel conduit à un surpeuplement relatif du pays qui se traduit dans certaines zones d'une part par un manque de terres tant pour l'agriculture que pour le parcours, d'autre part par des mouvements migratoires temporaires vers le Ghana et la Côte d'Ivoire, dé- finitifs vers des régions moins peuplées de la Haute Volta (front Mossi). iv. La commercialisation des produits de rente s'effectue de façon relativement satisfaisante en dépit du mauvais état de l'infrastructure qui obère les coûts. Par contre, la commercialisation des prodiits vivriers reste très déficiente et rend difficile les échanges avec les zones défi- citaires, telles l'Est et le Nord. v. En raison de l'insuffisance des ressources budgétaires l'ensemble de la politique agricole de la Haute Volta dépend de crédits extérieurs associés en général à l'intervention de sociétés étrangères dont le coût et les contreparties nationales sont élevés. L'avenir de ces financements est problématique. vi. Aucun projet spécifique de développement rural conduisant à des investissements productifs n'a pu être préparé par l'Administration voltaÏque dans le cadre de l'exécution de l'actuel Plan National, à l'exception du projet cotonnier de la Volta Noire dont le dossier a été mis au point sur financement et par des experts extérieurs. Les possibilités de développement rural vii. D'une façon générale la place de l'agriculture dans le développement de l'économie de la Haute Volta et de sa balance commerciale restera dans l'avenir nettement moins importante que celle de ltélevage. - ii - viii. Le potentiel agricole de la Haute Volta est limité en raison des contraintes physiques (pauvreté des terres, manque d'eau, etc.), de la faible technicité paysanne, du manque de cadres nationaux, etc. ix. Un développement agricole relatif pourrait cependant avoir lieu selon les orientations suivantes: (a) assurer une meilleure répartition de la population par rapport aux terres actuellement cultivées ou éventuellement récupé- rables; (b) développer les cultures de rente: le coton en premier, et en second lieu le riz; (c) améliorer la ration alimentaire de la population par l'augmen- tation des productions vivrières: mil, sorgho. x. Compte tenu de sa situation, la Haute Volta doit encourager le développement (progressif et lent) de l'association "élevage-agriculture" en raison du manque de terres et du surpeuplement relatif qui impliqueront une extension des cultures aux dépens des zones de parcours du bétail. Recommandations xi. L'application des recommandations qui seront développées ultérieure- ment dans le rapport de mission reste subordonnée d'une part à la réalisation d'études générales indispensables (telles qu'enquêtes démographiques et agri- coles), d'autre part à la préparation de projets susceptibles d'être soumis à un financement. xii. On recommandera en conséquence la création au sein du Ministère de l'Agriculture et du Ministère du Plan de bureaux de projets préparer des dossiers de financement. xiii. Les financements publics disponibles tant d'origine nationale qu'exté- rieure, devront être affectés par priorité: (a) aux activités productives susceptibles d'entraîner les plus fortes croissances des revenus individuels ruraux; (b) à la mise en valeur des régions peu ou pas peuplées susceptibles d1accueillir les excédents de population rurale du plateau Mossi: zones peu peuplées du Sud Ouest et du Sud Est, vallées du plateau Mossi (notamment Volta Blanche). xiv. Dans le cadre des critères ci-dessus définis, on recommande de re- noncer à la distinction traditionnelle entre investissements et charges cou- rantes, sur le plan des financements, et de consacrer les ressources disponibles au financement des actions les plus susceptibles d'accrditre la production, que - iii - ces actions portent sur de nouveaux investissements, sur l'accroissement des moyens de fonctionnement des services publics (élevage, service de la vulgarisation agricole) ou sur une combinaison de ces types d'actions. xv. La priorité du développement agricole doit revenir à la culture cotonnière. Celle-ci est actuellement en bonne voie (notamment projet Volta Noire). On recommandera cependant: (a) d'une part, de ne pas dépasser un objectif national à long terme (120.000 t de coton-graine, qui paraît un objectif maximum), compte tenu des perspectives globales de l'Afrique de l'Ouest et des capacités d'absorption des marchés exté- rieurs; i/ (b) d'autre part, de répartir l'objectif global national entre les différentes régions productrices. xvi. L'objectif de colonisation des nouvelles terres implique la mise au point de projets techniquement et économiquement viables dont les com- posantes essentielles seraient: - inventaire général des possibilités; - lutte inter-Etats contre l'onchocercose qui rend inutilisable une grande partie des zones désertes; - préparation de projets de mise en valeur et d'équipement de certaines zones à aménager en priorité en Haute Volta (Volta Blanche). xvii. On recommandera également l'utilisation des ressources hydrauli- ques existantes sous réserve cependant: (a) de valoriser les équipements existant3 par des aménagements aval à faible coût. Une politique de financement de petits projets au sein de charue ORD permettant d'atteindre cet objectif; (b) de créer des points dteau (puits) pour l'alimentation humaine et animale; (c) d'aménager sommairement les bas-fonds. If Cet objectif doit également tenir compte de la capacité budgétaire de la Haute Volta pour soutenir les prix. - iv - L'ensemble des superficies irriguées devrait être consacré principalement à la riziculture. viii. En raison de l'avenir problématique déjà signalé de l'encadrement actuel, principalement étranger, il apparaît nécessaire que la Haute Volta se préoccupe d'abaisser le coût de son encadrement, notamment en formant des cadres nationaux compétents, susceptibles de prendre la relève des techniciens étrangers. xix. En matière de recherche un effort doit être fait pour adapter les programmes et les moyens aux objectifs prioritaires d'amélioration de la productivité des productions vivrières. La vulgarisation des variétés amé- liorées de sorgho et de mil devra notamment être l'objectif essentiel à court terme. xx. L 'encouragement de la production dépendra de toute évidence de l'amélioration des conditions de la commercialisation (circuits et infra- structure), ainsi que de l'équipement en matière de transformation des pro- duits agricoles. xxi. Dans la mesure du possible, les actions basées sur une culture de rente devront être diversifiées d'une part en vue d'améliorer la production vivrière à la fois pour lialimentation humaine et pour ltalimentation du bétail; d'autre part pour intégrer progressivement l'élevage à l'agriculture. Les zones prioritaires d'actions intégrées seront choisies de préférence dans le Sud-Ouest (Banfora) et le Sud-Est (Fada N'Gourma), où existent encore des terres disponibles contrairement au plateau Mossi, relativement surpeuplé et surexploité. xxii. Les actions de diversification des cultures et d'intégration de l'élevage à l'agriculture reposent déjà sur un effort permanent de forma- tion des cultivateurs et du personnel de vulgarisation. Cet effort sera poursuivi et accentué à l'avenir; il sera également étendu aux régions propices au développement, dans lesquelles sera entreprisune politique de mise en valeur de terres nouvelles. Ces actions, dépassant le cadre des productions commercialisées, s'élargiront graduellement à des thèmes plus diversifiés en vue d'aboutir à un développement global intégré: organisa- tion de groupements pré-coopératifs de producteurs, amélioration des structu- res de commercialisation, regroupement des terres cultivées par terroir villageois, utilisation du bétail sur l'exploitation agricole (traction animale, embouche paysanne), entretien et réfection du réseau des pistes de desserte, aménagement des bas-fonds aptes à la riziculture, etc.. Il s'agit là d'une politique à long terme dont les résultats seront lents et progressifs, mais qui constitue de toute évidence la condition de l'amé- lioration de l'économie rurale voltaïque et du niveau de vie des paysans. I. LES PRINCIPALES CONTRAINTES ET LA SITUATION ACTUELLE DE L'AGRICULTURE A. Les contraintes 1. Les conditions naturelles, humaines, techniques et économiques sont peu favorables au développement de l'agriculture. Sévérité du climat et pauvreté des sols 2. Dans la plus grande partie du pays, les pluies annuelles sont peu importantes (moins de 900 à 1000 mm) et ne durent pas plus de quatre mois; leur volume total varie sensiblement (en général d'environ 20 pour cent une année sur trois) ainsi que leur répartition pendant l'année et spéciale- ment en début de saison pluvieuse. L'extrême sud-ouest (régions de Bobo- Dioulasso, Banfora et Gaoua) est plus humide (pluviométrie annuelle de 1100 à 1300 mm pendant 4 à 5 mois et exceptionnellement 6 mois). Les températures élevées (260C à 300C en moyenne pendant la saison sèche, 250C à 270C pen- dant la saison des pluies), l'harmattan qui souffle de novembre à avril provoquent une évaporation intense toujours supérieure à 2000 mm par an. Un tel climat ne permet que des cultures annuelles d1espèces à croissance rapide et résistant bien à la sécheresse (mil, sorgho, coton, arachide, sésame), ce qui exclut toute possibilité de cultures tropicales arbustives riches; seuls le manguier et llanacardier peuvent, dans la partie sud, être cultivés sans l'irigation qui est indispensable aux cultures plus exigean- tes (canne à sucre, riz, agrumes). La brièveté de la saison des pluies entraîne de nombreux goulots d'étranglement dans la répartition du travail agricole, notamment pour la préparation des champs et les sarclages, q réduisent les surfaces cultivées. L'irrégularité des premières pluies obli- ge à recommencer plusieurs fois les semis dont la date optimale est diffi- cile à choisir pour une année déterminée. 3. Les sols exondés généralement dérivés de roches granitiques ou gréseuses ont un potentiel de production faible; en outre, une cuirasse latéritique parfois très proche de la surface gêne le drainage et limite l'enracinement des cultures qui peuvent ainsi souffrir successivement d'excès ou de manque d'eau suivant l'échelonnement des pluies; ils sont très pauvres en acide phosphorique et en azote. Les sols formés à partir de schistes ou de roches basiques sont naturellement plus riches en élé- ments nutritifs et leurs propriétés physiques sont meilleures mais leur étendue est limitée. Tous ces sols sont très sensibles à l'érosion qui est forte lors des premiers orages quand la végétation naturelle a disparu, en fin de saison sèche ou après les premiers semis. Les sols de bas-fonds riches en argile et en matières organiques sont les plus fertiles; ils sont cependant difficiles à labourer et à drainer par suite de leur texture. - 2 - 4. Le relief très peu accentué n'est pas propice aux ouvrages d'irri- gation qui seraient cependant utiles ici. Les réservoirs sont de faible profondeur et les barrages doivent souvent avoir une grande longueur dans des vallées peu marquées. La fraction perdue par évaporation étant ainsi très forte (4/5 à 6/7), les investissements par mètre cube utilisable sont particulièrement élevés (100 à 200 FCFA/m3). Faute de dénivelée suffisante, le drainage est difficile ainsi que la protection des périmètres irrigués contre les crues. Densités excessives et moyens insuffisants des exploitations 5. La répartition irrégulière de la population accentue encore les caractéristiques défavorables du milieu naturel. Les plus fortes densités, dépassant 80 habitants par km2, se trouvent sur le plateau Mossi. Sur ces sols granitiques, avec une pluviométrie annuelle de 650 à 850 mm, la surface cultivée par l'agriculture traditionnelle est de 0,h à 0,5 ha par habitant et la jachère devrait durer au moins quatre ans pour maintenir la fertilité à un niveau correct; compte tenu de 5 à 10 pour cent de terres incultivables (affleurements de rochers ou de cuirasses, emprise des villages et des routes), la densité maximale théoriquement possible serait ainsi d'environ 40 habitants au km2; l'augmentation de la population entraÎne donc un raccourcissement des jachères et un épuisement corrélatif de sols originelle- ment déjà peu fertiles. Au contraire, de vastes zones cultivables sont pres- que inhabitées aussi bien à l'est qufau sud-ouest. Dans cette dernière région, la trop faible densité humaine ne permet pas d'exploiter un potentiel de production qui est nettement plus élevé qu'ailleurs. Les conditions sani- taires s'opposent également à l'exploitation des terres fertiles des vallées où sévit l'onchocercose. La malaria et le ver de Guinée affaiblissent les cultivateurs, spécialement au début de la saison des pluies au moment des travaux les plus pénibles. La trypanosomiase humaine interdit ou freine la mise en valeur des zones boisées du sud; la trypanosomiase animale est un handicap très sérieux de l'élevage en zone agricole. 6. Les exploitations agricoles manquent des moyens indispensables pour surmonter les difficultés qu'elles rencontrent. La pauvreté des sols implique l'utilisation d'engrais chimiques et de fumure organique; la suppres- sion du goulot d'étranglement à la préparation des champs exige l'emploi d'instruments tractés pour le labeur et le sarclage. Or la plupart des ex- ploitations se consacrent surtout aux cultures vivrières indispensables à la famille; elles ont donc des difficultés à se procurer les sommes néces- saires à l'achat de produits ou d'équipements. Les difficultés de l'exploi- tation sont accrues par la séparation de l'agriculture et de l'élevage: en effet les parasitoses animales, les difficultés de pâturage en zone cultivée surtout lorsque les jachères se raréfient, comme c'est le cas sur la majeure partie du Plateau Mossi, la pauvreté des ressources fourragères, en saison sèche, les difficultés d'abreuvement incitent les agriculteurs à confier le soin des bovins qu'ils peuvent posséder à des pasteurs et non à les garder en permanence sur leur exploitction. Ceci, s'ajoutant à une réticence psycho- logique des agriculteurs à s'intéresser à l'élevage, complique l'introduction - 3 - de la culture attelée et l'emploi de la fumure organique. L'organisation sociale très hiérarchisée ne favorise pas l'esprit d'initiative des jeunes cultivateurs qui ne disposent pas directement des biens collectifs de la famille (terres et cheptel). Manque de cadres et de moyens dans l'administration agricole 7. Le manque d'effectif des services chargés du développement agricole ne leur permet pas d'apporter aux exploitants les conseils techniques dont ils auraient besoin. Les moyens de travail (véhicules, petit matériel, produits) font encore plus défaut que le personnel. De même, l'équipement de la recherche agronomique est réduit et celle-ci doit se limiter aux problèmes les plus urgents. L'IRAT a trois stations à Saria (sélection des sorghos et mils, fumure des cultures vivrières, essais de matériel pour la culture attelée), à Mogtedo (riz et aménagement hydro-agricole) et à Farakoba (cultures maraichères et fourragères, introduction de canne à sucre). L'IRHO a une station à Niangoloko (essais de variétés et de fumure sur l'arachide, le sésame) et conduit des essais sur l'arachide en liaison avec l'IRAT à Saria. L'IRCT a un agent à Bobo-Dioulasso qui fait des essais sur le coton à Saria et en différents points de la zone de production. La SESUHV fait des essais de production de canne à sucre près de Banfora. La MAVOCI fait quelques essais de culture de tabac près de Hounde. L'ORST04 a fait plusieurs études pédologiques (carte générale de la Haute Volta au 1/500.000 et carte des vallées des Volta Blanche et Rouge au 1/200.000). B. Situation actuelle de l'agriculture en Haute Volta Le secteur agricole et l'élevage 8. L'économie voltaïque tire l'essentiel de sa production de l'agri- culture et de l'élevage. Ces deux activités contribuent pour 43 pour cent au PIB (agriculture 33 pour cent et élevage 10 pour cent). La sylviculture, la chasse et la p9che représentent environ 6 pour cent du PIB. Les autres secteurs économiques sont en fait étroitement dépendants du secteur rural qui constitue la source dominante de l'activité voltaique. La superficie cultivée annuellement est de l'ordre de 1.900.000 hectares, soit 0,45 ha par habitant rural et environ 2,5 ha par exploitation familiale; le revenu brut de l'agriculture est d'environ 20 milliards de FCFA, soit un revenu par hectare cultivé de l'ordre de 10.000 FCFA, ou US$36. La productivité de l'élevage est beaucoup plus faible: le revenu brut est estimé à 5,7 mil- liards de FCFA, soit un revenu par hectare, d'après les estimations par le Plan des surfaces de pâturage extensif, de l'ordre de 250 FCFA ou US$1. 9. L'activité agricole est donc prédominante par la valeur de sa production. Elle intéresse 85 pour cent de la population présente dans le pays. La production animale est nettement concentrée. Dans la plus grande partie des régions agricoles, celle-ci est presque entièrement le fait d'éleveurs semi-nomades peuls qui représentent environ 5,5 pour cent de la population. Les Peuls élèvent des troupeaux qui leur sont propres, mais prennent aussi en charge le bétail appartenant aux sédentaires dont l'unique fonction est de fournir le capital et d'en recevoir un revenu lors des ventes d'animaux en cas de besoin. I/ Dans le nord du pays, l'élevage est encore plus spécialisé et constitue l'activité principale d'un nombre restreint d'éleveurs nomades touareg, bellah et peuls. Le secteur de l'élevage comprend en outre une valeur ajoutée particulière qui provient du transit à travers la Haute Volta du bétail malien et nigérien acheminé vers les pays c8tiers. Il en résulte une place différente des deux secteurs dans le commerce extérieur: les produits animaux viennent au premier rang et représentent 53 pour cent des exportations contr8lées alors que les produits agricoles (coton, arachide, karité, sésame, etc.) ne représentent que 38 pour cent. Ces disparités accusent une nette séparation, sinon une concurrence, de la production agricole et de la production animale. Le système foncier 10. La formation des exploitations agricoles voltaïques résulte de structures foncières et de systèmes culturaux qui ont des caractéristiques communes, bien que variant selon les ethnies, les régions et la densité de population. 11. Toutes les terres relèvent d'un droit éminent de nature reli- gieuse appartenant à différentes catégories de chefs de terre. Les exploi- tations cependant se constituent à partir de droits d'usage nombreux que l'on peut regrouper en quatre modes de tenure: (a) droit d'usage permanent d'un chef d'exploitation appartenant à un lignage dont le chef détient un droit d'appropriation collective; (b) droit d'usage permanent résultant du défrichement d'une terre inculte; (c) droit d'usage hérité. Ce droit d'usage tend à devenir per- manent après deux ou trois générations; (d) droit d'usage provisoire prêté par le détenteur du droit d'usage permanent ou du droit d'appropriation collective (te- nure indirecte). 12. La répartition de ces modes de tenure en Haute Volta s'établit ainsi (en pourcentage du nombre de champs cultivés d'après enquête / Les recensements du cheptel ne permettent pas de distinguer la proportion de bétail appartenant aux éleveurs et appartenant aux sédentaires. -5 - par sondage l/): Mode de tenure Pourcentage des champs cultivés (a) 5h (b) 14 (c) 6 (d) 26 Total 100 13. Cette évaluation fait apparaître d'une part que des droits nouveaux se créent sur les terres libres (14 pour cent), d'autre part que la tenure indirecte est importante (un quart des champs sont prêtés). 14. Une très grande partie des champs prêtés appartiennent à des chefs de terre (Mossi 32 pour cent des champs prêtés, Senoufo et Gouarounsi 60 pour cent, Bobo 30 pour cent), ce qui -- étant donné le petit nombre de ces notables -- montre une inégalité de la répartition de la terre et une concentration foncière. Le nombre des agriculteurs sans droit d'usage permanent sur la terre est important ainsi qu'en témoigne le nombre des champs pr^tés. Les modes de tenure se différencient cependant selon la densité de population. Dans les pays Bobo, Marka, Samo, Senoufo où la densité n'est que de 15 à 20 habitants au km2, le quart des champs se constitue sur brousse libre. Par contre, dans les pays de forte densité (30 à 40 habitants au km2), pays Mossi et pays Biassa, la rareté de la terre se traduit par une forte proportion de champs prêtés au bénéfice de parents (plus du tiers des champs cultivés sont prêtés). 15. Les exploitations agricoles en Haute Volta sont en majorité des exploitations individualisées coincidant avec le ménage monogame ou polygam (6 à 9 personnes). Il subsiste cependant encore des formes collectives d'exploitation au niveau de la communauté de lignage. Les terres cultivées comprennent des champs de village et des champs de brousse. Le nombre de parcelles cultivées est de 2,5 à 3,7 par exploitation. Les jachères sont souvent attenantes, ce qui constitue selon la durée de la jachère (de 4 à 15 ans) un domaine foncier de ltexploitation couvrant de 15 à 50 ha. L évaluation de la production agricole 16. La production agricole est très difficile à évaluer en ltabsence d'une enquête agricole sérieuse. Les séries statistiques établies selon des méthodes très criticables présentent de telles distorsions que la mission a renoncé à en faire usage. Seules les données concernant les productions lf G. Bouthillier. "Les structures foncières en Haute Volta. Résultat d'une enquête par sondage." Institut Voltaïque de Recherche Scientifique. - 6 - commercialisées par le secteur moderne présentent une garantie suffisante. La mission a ainsi été conduite à procéder à une évaluation redressée qui donne sur la situation actuelle des ordres de grandeur compatibles et acceptables. On indique dans les notes qui accompagnent le tableau "Pro- duction et destination de la production" les bases de l'évaluation et les raisons des différences avec les statistiques officielles. Les donnéesc ce tableau sont commentées dans l'analyse ci-après de chacune des productions agricoles. 17. Les évaluations proposées ne sont donc que des ordres de gran- deur. Encore faut-il les nuancer d'un coefficient de variation interannuel dont l'importance est telle qu'il faut apprécier avec prudence les données relatives à l'évolution en longue période. Une analyse effectuée par la mission a partir d'observations des stations de recherche (et dont le détail figure en Annexe 1) montre la grande irrégularité des rendements, tenus dans une grande dépendance vis-à-vis des précipitations. Ainsi, pour l'ensemble de la Haute Volta, les rendements des champs de démons- tration de sorgho peuvent, une année sur trois, varier de plus ou moins 100 par rapport à un rendement moyen observé de 620 kg/ha; ceci signifie que la production peut, tous les trois ans, ne pas atteindre 520 kg/ha ou dépasser 720 kg/ha. Les mêmes irrégularités sont observées quand le sol reçoit fumure organique et minérale: le rendement moyen est certes plus fort avec fumure, mais le coefficient de variation des rendements reste le même que pour la culture traditionnelle sans engrais. Au total, la varia- bilité des rendements a pu être estimée à: 45% pour les sorghos et mils 16% pour l'arachide 20% pour le coton. Il en résulte donc une production globale très irregulière dont l'évaluation précise reste encore très aléatoire. 1/ Les cultures alimentaires 18. Les céréales de base sont le sorgho et le mil qui occupent en- viron 1,4 million ha. La production actuelle est de l'ordre de 850.000 tonnes en année normale; elle se répartit dans la proportion de 2/3 de sorgho et 1/3 de mil; le rendement moyen est d'environ 6 qx/ha. La plus grande partie de la Haute Volta se situe dans l'aire de semis au poquet, à plat, à l'exception du Sud-Ouest qui appartient déjà à l'aire de la cul- ture billonnée. Les données climatiques sont cause de fortes différences régionales et de variations interannuelles déjà signalées. Certaines régions sont ainsi occasionnellement déficitaires (Yatenga, Est, Sahel), alors que l'ouest et le sud du pays (Banfora, Bobo-Dioulasso, Koudougou) sont volontiers des zones exportatrices. 1/ Voir en annexe I: Tableaux I et II. - 7 - 19. On estime que sur la longue période la production a dû progresser selon le rythme démographique. Cette augmentation s'est cependant faite de façon différente selon les régions: dans le pays central Mossi et le Yatenga où la densité de population est en moyenne de 40 à 50 habitants au km2 (et atteint fréquemment 100 à 150 habitants au km2), l'accroissement de la superficie cultivée ne s'est réalisé que par une réduction, parfois même une suppression, des jachères. Dans les zones de plus faible densité (est et sud du pays), par contre, la popu]tion peut encore gagner de nou- velles terres. Les actions de modernisation, pour leur part, ntont eu qu'un faible impact sur le volume global de la production vivrière. Selon une estimation du Plan, ces actions (notamment la désinfection des semences par le thioral et les arrière-effets des engrais coton) ne seraient res- ponsables que de 1,5 pour cent de la production totale en 1967 et de 2,5 pour cent de celle de 1968. 20. Le sorgho et le mil sont principalement des produits d'auto- consommation familiale. Ces céréales sont consommées sous forme de pâte, de bouillie et de semoule ou sous forme de bière, le "dololl. Celle-ci absorberait environ 1/5 de la production totale de sorgho, principalement le sorgho rouge 1/. On estime 2/ que 15 pour cent de la production de sorgho et de mil sont commercialisés vers les villes et vers les régions occasionnellement déficitaires. Une autre partie de la production (non connue) fait l'objet d'une spéculation inter-saisonnière pour être revendue localement au moment de la soudure (septembre-octobre). 21. Le ma-s et le fonio fournissent un complément alimentaire non négligeable. La production de mais serait de l'ordre de 100.000 tonnes et celle de fonio d'environ 10.000 tonnes. Les haricots par ailleurs cons- tituent un produit d'exportation dont la valeur en 1968 (72 millions de FCFA) était équivalenteau quart des exportations d'arachides. Les cultures traditionnelles comprennent également une production d'ign_ames dans le sud du pays. Le volume de la production n'est pas connu, mais celle-ci est actuellement insuffisante pour couvrir la demande des marchés urbains et de certains marchés ruraux. Ceux-ci sont approvisionnés par une importation non contr8lée d'ignames du Ghana. 22. Le riz est encore une culture marginale dans l'alimentation de l'économie voltaique. Ce produit est un aliment "noble" dont le prix de vente au détail est trois fois celui du sorgho. Sa consommation est en augmentation régulière. La production aurait ainsi plus que doublé en dix ans, passant de 16.000 tonnes (moyenne 1958-59) à une production de l'ordre de 35.000 à h0.000 tonnes en 1968. Les importations qui complètent une production insuffisante en riz de qualité ont par ailleurs progressé de 1964 à 1968 (en milliers de tonnes): 196h 1965 1966 1967 1968 3,5 3,3 4,î 3,8 (h,0) Rapport Kellerman. Enquête SEDES 1966. - 8 - 23. La plus grande partie du riz produit est cultivé dans des zones inondées en saison des pluies, sur une superficie totale de l'ordre de 40.000 ha. Le rendement moyen a été évalué à 870 kg/ha. Cette riziculture s'est dêveloppée plus ou moins spontanément dans de nombreux petits bas- fonds non amenages ainsi que dans les terres non aménagêes, à l'amont et à l'aval des multiples barrages routiers qui retiennent les eaux de crue des marigots. 24. Le riz irrigué est beaucoup plus récent. Sa culture a étê entreprise sur quelques petits périmètres (Boulby, Louda, Mogtedo, Kamboinse) totalisant environ 300 ha. Sur les pêrimètres amenagés par la mission chinoise (Boulby et Louda) d'excellents rendements ont été obtenus, en moyenne six tonnes par hectare durant trois années de culture, et même 7 t/ha en 1969 sur une parcelle d'essai de 2 ha à Louda. Ces excellents résultats sont dus à la qualitê du planage et des aménagements, au soin apporté a la formation et à l'encadrement des cultivateurs; il faut également noter que les cultivateurs de ces deux périmètres ont êté organisés en coopératives pour la gestion et l'entretien du périmètre ainsi que pour la commercia- lisation. Il sera intéressant de suivre attentivement l'évolution de ces périmètres après le départ de la mission chinoise pour voir si les rende- ments se maintiennent. Sur les périmètres de Mogtedo et de Kamboinse la formation des cultivateurs n'a pas été aussi poussée; le rendement y est moins bon tout en restant élevé, 3,5 à la tonne par hectare. On note en- core que de grands aménagements rizicoles, datant de plusieurs années (tels les périmètres de Loumana, de Niena-Donkele) sont peu ou pas cultivés faute de travailleurs ou parce que les ouvrages ne sont pas termines. 25. Le riz est semé directement en place, soit à la volée, soit plus souvent en poquets suivant la méthode utilisée pour le sorgho, lorsque les pluies sont bien établies et après un labour fait lorsque la terre est assez humide pour pouvoir être travaillée à la houe. Les échecs sont fréquents car la submersion nlest pas contr8lée; une crue trop précoce ou trop forte noie les jeunes plants; un arrêt prématuré des pluies entrai- nant ltassèchement des rizières fait avorter la fructification surtout avec les variétés à long cycle végétatif. Le décorticage est souvent fait par 'tuvage sur les lieux de production; ce procêdé a l'avantage d'amêliorer la valeur nutritive du produit mais il demande beaucoup de travail. Le riz est en majorité autoconsommé ou commercialisé par le circuit tradition- nel, après ce traitement rudimentaire. Seule une faible partie de la production (2.000 tonnes environ) est livrée à la rizerie moderne de la SISALIA qui ne travaille cependant pas à pleine capacité. 26. Les disponibilités céréalières en Haute Volta peuvent être ainsi évaluées: la quantité de sorgho et de mil par habitant est de l'ordre de 170 kg par an (déduction faite des semences et des pertes). Si l'on en déduit la bière, chaque habitant dispose de 150 kg de sorgho et mil sous forme de céréales alimentaires. A cela s'ajoutent le mai's, le riz et les farines de froment importées. Ces dernières sont de plus -9- en plus consommées par les villes; en 1968 les importations ont atteint 410 millions de FCFA, soit environ 13.000 toines, trois fids plus que le riz. Au total la disponibilité en céréales alimentaires (sorgho + mil + mais + riz + farines importées) - (semences et pertes + bière de sorgho et de maïs), peut être évaluée à environ 180 kg par habitant et par an, dont 3,5 kg de céréales importées. Les cultures de rente 27. A côté des cultures vivrières, un second groupe de cultures comprenant coton, arachide, sésame, occupe une superficie d'environ 250.000 ha et fournit l'essentiel des produits commercialisés par le circuit moderne en vue de l'exportation ou de la transformation industrielle locale (huiles et, à partir de 1970, textiles). A cela s'ajoute le produit de cueillette des amandes de karité. ]/ 28. Le coton est la culture commerciale la plus importante en Haute Volta. Sa progression est spectaculaire de 1961/62 à 1968/69. En huit campagnes, la superficie a été multipliée par 3,3; par contre la production commercialisée de coton-graine a été multipliée par 13 et le rendement est passé de 102 kg/ha en 1961/62 à h26 kg/ha en 1968/69. La moyenne des trois dernières campagnes est de 330 kg/ha. Tableau 1: EVOLUTION DE LA PRODUCTION COTONNIERE ET DES RENDEMENTS Production Superficie coton-graine Rendement Production fibres (1000 ha) (1000 t) (kg/ha) (1000 t) 1961/62 22,9 2,4 102 0,8 1962/63 36,0 6,6 184 2,2 1963/64 45,8 8,0 176 2,7 1964/65 52,5 8,8 167 3,0 1965/66 49,7 7,5 150 2,5 1966/67 52,3 16,3 311 5,7 1967/68 65,4 17,3 264 6,2 1968/69 75,0 32,0 426 11,4 1969/70 81,0 86,3 431 Source: CFDT Ces résultats sont le fruit de la politique suivie par la CFDT dont on exa- minera plus loin les méthodes. l/ Voir Annexe I, Tableau III. - 10 - 29. La production est principalement destinée à l'exportation sous forme de fibres et de graines. Les exportations totales de coton représentent 20 pour cent des exportations de la Haute Volta en 1968. Tableau 2: PRODUCTION ET EXPORTATION EJ COTON-FIBRE ET DES GRAINES DE COTON 1965 1966 1967 1968 1969 Production de coton fibre (en milliers de tonnes) 2,3 2,5 5,7 6,2 8,7 Valeur des exportations de coton fibre (millions de FCFA) 257,2 303,5 842,O 913,5 - Valeur des exportations de grai- nes de coton (millions de FCFA) 47,5 32,3 97,8 l23,5 - Source: CFDT et Direction Commerce. 30. Une faible partie de la production (3.000 tonnes de coton-graine en- viron) échappe au circuit de commercialisation moderne et alimente un actif ar- tisanat textile. La mise en activité en 1970 de l'usine Voltex (capacité 2.500 t destinée au marché intérieur, pourrait cependant diminuer rapidement l'im- portance des textiles traditionnels. Les graines de coton pourraient éga- lement faire l'objet d'une transformation en Haute Volta dans l'éventualité de la construction de la nouvelle usine CITEC (capacité de traitement de 20.000 tonnes dont 15.000 tonnes de graines de coton). 31. Lez zones productrices sont principalement localisées dans les régions de Bobo-Dioulasso, Volta Noire, Koudougou. - il - Tableau 3: REPARTITION REGIONALE DE LA PRODUCTION COTONNIERE (CAMPAGNE 1968/69 - en milliers de tonnes) Milliers de t % % cumulé ORD 1/ Volta Noire 17,11 53 53 ORD Koudougou 5,73 ) ) ORD Kaya k,87 ) 33 ) 86 Secteur Bobo-Dioulasso 2,11 ) ) ORD Ouagadougou 1,61 ) 11,5 ) 97,5 ORD Yatenga 0,77 ) ) Secteur Koupela 0,16 ) ) Secteur Gaoua 0,lh ) 2,5 ) 100,0 Zones est 0,07 ) ) ORD Banfora 0,03 ) ) Total Haute Volta 32,60 100,0 Source: Rapports d'activité CFDT, 32. Le volume global de la production d'arachide en Haute Volta est mal connu: on l'estime à 75.000 t d'arachide coque. La superficie cultivée serait d'environ 100.000 ha. et le rendement moyen est estimé à 700 kg/ha. La plus grande partie de la production est destinée à la consommation locale (55.000 à 60.000 t) et lion estime que l'ensemble de la production a suivi la tendance de la consommation et a progressé au rythme d'environ 2 pour cent par an. Une partie de la production, en augmentation constante depuis 1960, est commercialisée par le secteur moderne; un quota de l'ordre de 3.000 t coque est livré à l'industrie (CITEC) en vue de fournir 900 t d'huile raffi- née (600 t pour le marché local et 300 t pour l'exportation), le reste des arachides commercialisées est exporté en décortiqué. Ces exportations, après avoir stagné sans dépasser 3.000 t dtarachides décortiquées jusqu'en 1959, et chuté de 1960 à 1962, sont en progression constante malgré les difficultés de marché. Elles ont atteint 8.800 t décortiquées en 1968. Leur valeur représente 6 pour cent de la valeur totale des exportations en 1968. Les zones de production sont situées dans l'Ouest (Banfora, Bobo, Diébougou et dans l'Est (Bogandé, Kongoussi). Les Offices Régionaux de Développement sont des organismes publics autonomes chargés du développement rural intégré et global d'une région et dotés pour ce fait de ressources financières et en personnel. - 12 - Tableau h: EXPORTATION DES ARACHIDES ET DES TOURTEAUX D'ARACHIDES 1965 1966 1967 1968 Exportations d'arachides décor- tiquées (1000 t) h,3 5,8 7,h 8,8 Valeur des exportations d'ara- chides décortiquées, tourteaux (millions de FCFA) 168 217 302 311 33. La production de sésame n'est pas très importante (de ltordre de 6.000 t). Les superficies cultivées (de l'ordre de 35.000 ha) sont princi- palement localisées dans les régions de Bobo-Dioulasso, Banfora et Volta Noire. La moitié environ de la production est consommée localement (fabricatioui des sauces sombala). L'autre moitié est exportée par le circuit moderne (2.900 t en 1968). Le sésame représente 2,5 pour cent de la valeur totale des expor- tations (118 millions de FCFA). 34. Le karité est très répandu en Haute Volta. Sa collecte subit ce- pendant des fluctuations considérables en raison du cycle de fructification de l'arbre. Les statistiques de commercialisation reflètent bien ces va- riations. En 1966, la Haute Volta a bénéficié d'une bonne année et d'une situation commerciale particulière (difficultés nigérianes) qui ont permis à prix avantageux une exportation de 16.000 t d'amandes vers la Scandinavie et le Japon. La valeur des exportations en 1968 (310 millions de FCFA) re- présente 6 pour cent de la valeur totale des exportations, soit autant que les arachides. L'industrie, approvisionnée par quota sur les exportations (3.266 t en 1968), fournit un beurre de. karité dont une partie est exportée. La consommation traditionnelle de beurre de karité est importante mais non mesurée. Tableau 5: COMMERCIALISATION (en 1000 t) 1956 6,1 1960 13,9 1964 15,2 1957 2,6 1961 1,8 1965 1,5 1958 2,7 1962 14,l 1966 18,0 1959 1,5 1963 0,5 1967 0 1968 20,8 - 13 - La commercialisation et les prix 35. Les prix mirina des prodnits agricoles sont fixés par arrêté en début de chaque campagn,e:. Respectés pour les produits commercialisés par le secteur moderne, ils ne sont qu'indicatifs pour les cultures vivrières commercialisées par le secteur traditionnel. Les prix à la production n'ont varié au cours des cinq dernières campagnes que pour le coton et l'arachide où une baisse a été enregistrée depuis la campagne 1968/69. Tableau 6: PRIX AUX PRODUCTEURS (en FCFA par kg) 6'6~ Campagnes Campagne 1967/68Capge 1966/69- 1969/70 Sorgho-mil 12 12 Mais 13 13 Paddy ler choix 19 (prix sta- 19 Paddy 2ème choix 17 tionaires) 17 Sésame (Ouagadougou) 26,75 26,75 Karité (Ouagadougou) 7 7 Arachide décortiquées (Ouagadougou) 26,75 25,75 Coton graine ler choix 34 (baisse 32 Coton graine 2ëme choix 30 des prix) 28 Les prix fixés pour le karité, le sésame et l'arachide tiennent compte des transports, ce qui pénalise les régions éloignées. Pour un prix de 100 dans les régions de Banfora et Bobo-Dioulasso, le prix est de 80 à 85 dans les régions de Ouagadougou, Koudougou et Kaya et de 75 à 80 dans les régions de Ouahigouya et Dedougou. Le prix du coton par contre est le même sur toute l'étendue du territoire. 36. La commercialisation des cultures de rente a fait, sauf pour le coton, l'objet d'une politique hésitante de la part du gouvernement qui tant8t a confié le monopole aux ORD, tant8t lta partagé avec les commerçants privés. Actuellement, la commercialisation du coton est monopole dtEtat contrôlé par la CFDT. L'achat se fait par l'intermédiaire des ORD encadrés ou directement par la CFDT dans les zones non encadrées. Par contre, en ce qui concerne l'arachide, le sésame et le karité, les ORD de Ouagadougou, - 14 - Kaya, Koudougou, Fada N'Gourma, Dedougou et Koupela ont été tenus- de ré- trocéder leur monopole aux commerçants agréés (au nombre de 49). Ceux-ci ont également en charge les zones non encadrées. C est ainsi que dans la région de Bobo-Dioulasso, très important producteur d'arachide et de sésame, l'IRHO qui encadre partiellement de nombreux oléiculteurs se trouve en com- pétition avec les commerçants privés, plus ou moins soutenus par les in- dustriels de l'huile. Seules les ORD de Ouahigouya et de Banfora (grosse région productrice) ont gardé le monopole de la collecte primaire qu'elles peuvent cependant concéder aux commerçants. 37. L'écoulement des arachides, du coton, du karité et du sésame vers l'industrie de transformation est régularisé par la Caisse de Stabilisation des Prix, créée en 1964. La Caisse est alimentée par une taxe sur les im- portations et les exportations, par une taxe sur les ventes d'huile d'ara- chide en Haute Volta, par les reversements des exportateurs lorsque les prix de réalisation sont supérieurs aux prix fixés annuellement par la Caisse, ainsi que des ressources diverses. Son activité ainsi que sa ges- tion sont satisfaisantes. Le principal produit soutenu est le coton. Son prix d'achat à la production est trop élevé pour que, compte tenu des coûts d'égrenage et de transport il puisse être vendu au cours mondial sans in- tervention de la Caisse. L'arachide reçoit également un fort soutien depuis que la France ne garantit plus le prix (1968). La vente de sésame alimente régulièrement les reversements ainsi que le karité qui bénéficie d'une bonne conjoncture depuis deux campagnes. Le solde en fin d'exercice 1968/69 est de 3h0 millions de FCFA. I/ L'écoulement du coton est assuré par la CFDT. Lexportation des produits oléagineux est assuréepar des exportateurs privés après livraison d'un quota à l'industrie (usine CITEC). 38. Les autres produits ne b.énéficient pas de soutien commercial. Le riz fait l'objet de livraisons à la rizerie Sisalia. Un essai a été tenté pour organiser une commercialisation coopérative par la SOVOLCOM g/ mais une mauvaise gestion a conduit à une mise en sommeil de cet organisme. La SOVOLCOM avait notamment reçu un stock de céréales du PAM 3/ destiné à une action sur les cours des graines. Ce fonds a été mal géré, mais l'expérien- ce serait à poursuivre. A une échelle restreinte, elle a été réussie pendant deux ans dans l'ORD de Yatenga. Voir Annexe I, Tableaux IV et V. Société Voltalque de la Commercialisation. Programme alimentaire mondial (WFP). - 15 - C. Conclusions 39. On peut apporter à cette analyse de la production agricole les conclusions suivantes: - Les problèmes vivriers ne semblent pas s'être aggravés du fait de la progression démographique. Ceci ne signifie ce- pendant guère d'amélioration notable, notamment à la période de soudure. On observe une extension de superficie ou une diminution de la jachère sans augmentation de la producti- vité. - Le coton est devenu la production commerciale de base de la Haute Volta. Sa production est en hausse supérieure aux prévisions. Les perspectives sont optimistes en dépit des risques d'écoulement qui résulteraiènt de la politique coton- nière adoptée simultanément par un grand nombre de pays africains. - Certaine produits connaissent une hausse ou une progression suivie mais trop soumise à la conjoncture: arachide, karité (crise nigériane). - Le riz entre de plus en plus dans les pratiques de consomma- tion. Sa production est en progrès. - L'alimentation reste déficitaire en protéines animales. - On observe encore que la production agricole de la Haute Volta ne fournit pas deux produits qui occupent une place considérable dans les importations: le sucre qui pourrait être produit en Haute Volta (59h millions de FCFA) et les noix de cola (599 millions de FCFA) 1/. La valeur de ces importations équivaut à 21 pour cent de la valeur des ex- portations 1968 (soit plus que les revenus de l'exportation du coton. 40. En ce qui concerne le système de production, on notera en con- clusion que l'agriculture voltalque reste sous la dépendance étroite des facteurs physiques: pauvreté des sols et irrégularités climatiques. Les techniques encore rudimentaires n'autorisent qu'un faible rendement et une exploitation extensive des terres. Cette dépendance est accentuée par l'iné- gale répartition de la population. En effet, l'existence de zones très densement peuplées, comme le plateau Mossi, se traduit de plus en plus par l/ Chiffre en fait supérieur, car nombreuses importations non contrôlées. - 16 - une rupture de l'équilibre; avec plus de 40 habitants au km2, la rotation quadriennale des cultures ne peut plus être respectée. Chez les meilleurs paysans, dans le Yatenga, la pression démographique s'est tra- duite par un effort d'intensification, d'utilisation de l'engrais; mais dans la plupart des zones surpeuplées, l'adaptation s'est faite d'une part par l'appauvrissement des sols surcultivés, d'autre part par des mou- vements migratoires. bl. Ceux-ci sont de deux sortes: migrations temporaires et émigra- tion définitive. Les premières concernent les jeunes travailleurs qui vont se louer en CÔte d'Ivoire ou au Ghana. L'importance de cette main- d'oeuvre est décisive dans de nombreux secteurs (plantation, construction) de l'économie de ces deux pays. En retour elle rapportaà la Haute Volta des ressources qui sont évaluées à environ 2 milliards de FCFA par an. Le nombre de travailleurs, le lieu et la durée de leurs déplacements sont mal connus. Le second mouvement migratoire est plus profond, bien que moins spectaculaire. Il se traduit par une pénétration diffuse mais con- tinue de familles mossi parmi les ethnies du Sud-Ouest et de l'Est dont les territoires sont moins peuplés. Ce mouvement actuellement spontané du "front mossi" est mal connu. Une politique visant à le canaliser vers certaines zones apparaîtrait souhaitable à la fois pour favoriser une colonisation plus rationnelle des terres vides et pour éviter quune pré- pondérance locale des émigrés ne bouleverse trop l'équilibre social et politique. - 17 - II. LE DEVELOPPEMENT AGRICOLE: POLITIQUE ET RES[JLTATS A. Les programmes et les structures du développement Les programes de développement 42. Les actions de développement agricole en Haute Volta depuis une dizaine d'années ont été marquées par la diversité des initiatives et des méthodes ainsi que par une coordination parfois insuffisante. La créa- tion des Offices Régionaux de Développement (ORD) et le Plan-Cadre 1967-70 ont cependant favorisé un regroupement plus systématique des actions et une ébauche de politique de développement. 43. Un ORD est un organisme décentralisé administré par un Conseil de Direction responsable de la préparation et de l'exécution des programmes dans sa région. Le rôle de la direction du Développement Rural au Ministè- re de l'Agriculture est pratiquement limité à la préparation des budgets, au contrôle de leur exécution et à la gestion administrative du personnel fonctionnaire. 44. La politique de développement repose sur une décentralisation des programmes .au niveau des ORD sous le contrôle des Ministères du Plan et de l'Agriculture. Les principaux ORD créés ont bénéficié d'un finan- cement extérieur (FED: ORD de Banfora et Yatenga; FAC: ORD de Volta Noire, Kaya, Ouagadougou, Koudougou) et d'une assistance technique étrangère. Celle-ci est fournie par des "sociétés d'intervention" qui prennent en main la réalisation du programme,la mise en place des structures d'enca- drement et la "voltaisation" progressive de l'ORD. Différentes sociétés ont ainsi obtenu des conventions pour assister les ORD: SATEC, BDPA, SOTESA, CFDT, CIDR. On observe que les ORD n'ont d'existence que dans la mesure où ils bénéficient à la fois d'un financement extérieur et de l'assistance d'une société. C'est ainsi que les ORD de Fada N'Gourma et de Koupela n'existent qu'administrativement. L'ORD de Gaoua constitue une exception car cet ORD bénéficie du concours de la CIDR et son financement est assuré par le budget national. 45. Les programmes d'action des ORD s'attachent surtout à promouvoir une politique de vulgarisation agricole par le moyen d'un "encadrement rapproché" et par la diffusion de "thèmes techniques progressifs". Les méthodes diffdrent selon les sociétés: la CFDT se préoccupe essentiellement de la culture cotonnière; la SATEC et le BDPA s'efforcent de transformer l'exploitation dans son ensemble; la CIDR de son côté tente un effort in- téressant d'organisation des agriculteurs sur la base de groupements de pro- ducteurs. Les données de base restent cependant les mêmes et les prin- cipales actions comprises dans tous les programmes sont les suivantes: - 18 - - mise en place d'un réseau d'encadreurs; - distribution de crédit à court terme en produits (semences, engrais, traitements); - crédit à moyen terme pour achat de polyculteurs, charrettes, attelages, matériel de traitement; - conseils techniques (date des travaux, semis en ligne, culture attelée, traitements, etc.); - commercialisation des cultures de rente; - équipement rural (routes, puits, barrages) avec le concours de la Direction de l'Hydraulique et Equipement Rural (HER), encore que ces équipements d'infrastructure soient rare- ment réalisés sous la responsabilité directe des ORD. 46. L'apparente rationalité de l'organisation du développement agricole en Haute Volta ne doit pas dissimuler les faiblesses de cette politique. En la mettant en oeuvre, le gouvernement renonce partielle- ment à contr8ler le développement agricole. Celui-ci est confié à des sociétés qui disposent des principaux moyens d'orientation de l'action des ORD. Cette autonomie excessive des organes régionaux a pour consé- quence un affaiblissement des services du Ministère de l'Agriculture tant sur le plan technique que sur le plan politique. En ce qui concerne les programmes d'action, on notera que l'effort a surtout porté sur l'enca- drement agricole et que peu a été fait dans le domaine de l'élevage et dans celui de l'équipement agricole. On peut ainsi estimer que les fi- nancements ont principalement servi à couvrir des dépenses de fonctionne- ment en vue de l'éducation des fermiers. L'avenir des ORD reste problé- matique: le financement reste extérieur et son maintien n'est pas assuré (d'autant plus qu'il n'est nullement payé par les résultats des opérations entreprises). Le retrait du financement de l'opération SATEC dans l'ORD de Ouagadougou en est un bon exemple. Il faut enfin noter que les ORD et les sociétés d'intervention multiplient les besoins en cadres supérieurs et en cadres de contrepartie, tous supportés par le budget national. Or l'absence d'une politique nationale de formation de cadres supérieurs et moyens implantés en milieu rural et destinés à remplacer l'assistance technique étrangère à des coûts moindres ne permet ni une diminution des coûts, ni une extension des opérations. Les moyens du Ministère de l'Agriculture 47. Le Ministère de l'Agriculture compte quatre directions: Développement Rural, Hydraulique et Equipement Rural, Elevage et Industries Animales, Eaux et Forêts. Le budget du Ministère de l'Agriculture, qui était en 1957 de 80 millions de FCFA, est passé à 415 millions de FCFA en 1969. - 19 - La part de l'agriculture dans le budget général représentait 2,7 pour cent en 1957 et 5 pour cent en 1969. La direction du Développement Rural a disposé en 1969 d'un budget de 176,9 millions de FCFA et la direction Hydraulique et Equipement Rural a un budget de 26,6 millions de FCFA. Le per- sonnel du Ministère a notablement augmenté en quelques années: les services de l'Agriculture disposaient en 1957 de 185 agents dont 35 expatriés. En 1966, le personnel de la D.irection du Développement Rural comptait 644 agents, tous nationaux, dont une partie détachée dans les ORD. A ce pexon- nel s'ajoutent l'assistance technique étrangère et le personnel des ORD qui n'est pas payé par le budget national. Les "encadreurs de base" no- tamment, au nombre d'environ 650, forment une catégorie importante d'em- ployés principalement payés par les ORD. Les Offices Régionaux de Développement (ORD) 48. La Haute Volta a organisé sept ORD depuis 1966, date de créa- tion de l'institution. Les ORD ont pour plusieurs d'entre eux bénéficié d'un financement extérieur qui a permis leur démarrage: - ORD de Volta Noire (Dedougou) - Société:CFDT Financement FAC - Négociation en cours pour un finance- ment BIRD. - ORD de Ouagadougou - Société: SATEC 1/ Voltaique depuis 1968 - Financement FAC. - ORD de Koudougou - Société: SATEC Financement FAC. - ORD de Kaya - Société: CFDT Financement FAC. - ORD de Banfora - Société: SOTESA Financement FED. - ORD du Yatenga (Ouahigouya) - Société: BDPA Financement FED. - ORD de Gaoua - Société: CIDR Financement sur le budget national. Deux autres ORD ont été crées mais ne fonctionnent pas encore: - ORD de Koupela - ORD de Fada N'Gourma La création de deux autres ORD est envisagée: - ORD de Bobo Dioulasso - ORD du Sahel (Dori) 1/ La SATEC ne joue actuellement qu'un rôle consultatif. - 20 - h9. Les principales caractéristiques des ORD et leur potentiel sont résumés dans le Tableau 7. Tableau 7: CARACTERISTIQUES DES ORD Surface Population Densité Pluviométrie ORD totale population annuelle Potentiel km2 en 1970 hab/km2 mm Ouagadougou 24.179 755.000 31 750 à Faible par suite de la 1000 surexploitation des sols Koudougou 26.324 685.950 26 800 à Faible dans les zones 1000 peu exploitées, médio- cre dans les autres par suite des condi- tions climatiques et pédologigues Kaya 21.578 558.000 26 650 à Faible à cause de la 800 sécheresse du climat et de la surexploitation des terres Ouahigouya 12.300 50.oc0 4i 600 à Très faible à cause de 700 la surexploitation des sols et des condi- tions climatiques Dédougou 37.356 545.900 15 800 à Moyen, sols assez bons 1100 mais climat assez sec dans le Nord Bobo- Assez bon grâce à une Dioulasso 20.500 269.000 13 1100 à pluviométrie relative- 1200 ment élevée Banfora 18.393 203.600 1l 1200 à Bon, grâce aux condi- 1400 tions climatiques et à la qualité de certains sols Diebougou- Assez bon grâce aux Gaoua 14.488 157.350 1l 1000 à conditions climatiques 1200 et pédologiques Koupela 15.657 333.300 21 700 à Faible par suite de la 1000 pluviométrie et de la surexploitation de cer- taines zones Fada N'Gourma 43.h4U 202.750 5 700 a Médiocre par suite des 1000 conditions climatiques - 21 - La politique des ORD 50. La décentralisation adoptée présente de nombreux avantages; en rapprochant des exploitants le centre de décision, elle a permis de mieux tenir compte des problèmes locaux; les actions agricoles sont traitées d'une manière moins administrative et plus dynamique; les agents chargés des ques- tions rurales sont en contact plus étroit avec les cultivateurs qui béné- ficient d'un soutien technique et matériel beaucoup plus efficace. Mais ce transfert des responsabilités pose aussi un certain nombre de problèmes. Le manque d'ingénieurs qualifiés et de crédits ne permet pas de maintenir une équipe assez forte au Ministère. La coordination et le contrôle techniques et économiques qui relèvent du Ministère, ne peuvent plus être exercés effi- cacement. Il est impossible d'être informé rapidement et complètement sur les activités agricoles dans l'ensemble du pays. Les statistiques agricoles nationales qui étaient déjà peu précises autrefois, sont pratiquement inexis- tantes aujourd'hui ou sont produites avec beaucoup de retard. Des actions qui ne justifient pas l'affectation d'un agent à plein temps dans chaque ORD ne sont pas entreprises. 51. Un exemple probant de l'avantage d'actions spécifiques cen- tralisées est fourni par le succès de la campagne nationale de protection des semences pour laquelle le FED a financé une équipe chargéS de vulgariser l'emploi de produits de désinfection des semences sur l'ensemble du pays à l'aide d'affiches et de films publicitaires. La distribution des produits était assurée par les ORD. L'action d'une équipe centrale bien coordonée à celle des ORD a permis de placer près de 250,000 sachets de thiolal. L'O)RD de Ouahigouya (BDPA) 52. L'ORD de Ouahigouya a une surface de 12.300 km2 et une popu- lation de 477.000 personnes; la densité moyenne de 4l habitants dépasse par- fois 70 dans les zones les plus peuplées. Les sols sont très pauvres avec une cuirasse latéritique souvent très proche de la surface; la pluviométrie annuelle moyenne est de 600 à 700 mm; les conditions naturelles sont donc très défavorables à l'agriculture qui est essentiellement vivrière (mil) avec peu de cultures d'exportation (arachide, sésame, coton). Les pasteurs et les agriculteurs possèdent un cheptel nombreux (bovins, ovins et caprins). L'exploitation agricole moyenne compte environ 8 personnes et cultive 2,8 ha de céreales et 0,h de productions d'exportation, les rende- ments moyens sont d'environ 550kg/ha pour le mil, 400 kg/ha pour l'arachi- de, 200 kg/ha pour le sésame et 100 kg/ha pour le coton. 53. Le BDPA a été chargé en mars 1965 d'une action de développe- ment agricole dans la zone où le Groupement Européen de restauration des Sols (GERES) avait fait des aménagements anti-érosifs (2.540 km2 et 158.000 habitants). En avril 1967 cette action a été étendue à l'ensemble de l'ORD du Yatenga créé en 1966, installé en 1967 et dirigé par un ingénieur volta'- que depuis septembre 1968. L'action qui bénéficie d'un financement FED a porté sur la vulgarisation des techniques suivantes pour le mil, l'ara- chide, le sésame et le coton: - 22 - - amélioration des semis (traitement des semences, préco- cité, densité, alignement); - amélioration du travail du sol (labours, sarclages) avec des animaux de trait; - fumure minérale; - lutte contre les parasites (denrées stockées et cotonnier). 54. En plus des actions de vulgarisation l'ORD assure l'appro- visionnement des exploitants en produits et matériels; il intervient éga- lement dans la commercialisation (mil, arachide, coton, petit bétail); une action limitée sur l'élevage (alimentation en sel, protection sanitaire) a été entreprise. Enfin 78 puits ont été financés par le FED avec la parti- cipation des bénéficiaires. 55. Un nouveau programme a été préparé pour la période 1970-73. Il prévoit la poursuite des actités actuelles et une action plus importante sur l'élevage (organisation de groupements d'éleveurs pour l'exploitation plus intensive des troupeaux) avec soins antiparasitaires, utilisation rationnelle des pâturages, abreuvement. 56. Les résultats obtenus sont bons dans l'ensemble mais la pauvreté des exploitants ne leur permet pas de faire des progrès spectacu- laires dans un milieu physique aussi peu fertile. Il s'agit plus d'une in- tervention è caractère social imposéepar les très graves problèmes d'une région surpeuplée que d'une opération destinée à développer des productions riches que les conditions naturelles ne permettent pas. Les ORD de Koudougou et de Ouagadougou (SATEC) 57. Les ORD de Ouagadougou et de Koudougou ont ensemble une su- perficie de 505.00 km2 et une population de 1.353.000 personnes; la densité moyenne est de 27 habitants par km2 pouvant atteindre 100 habitants par km2 dans quelques secteurs. La rareté des jachères n'a pas permis de maintenir la fertilité. La pluviométrie annuelle moyenne varie de 750 à 1000 mm. Sols et climats sont peu favorables à la production agricole qui se compose essen- tiellement de sorgho et de mil avec quelques cultures d'arachide et de coton. L'exploitation moyenne compte environ 9 personnes cultivant à peu près 3 ha dont 2,6 ha de productions vivrières et 0,40 ha de coton et d'arachide avec un peu de riz dans les bas-fonds; elle possède en moyenne 2 bovins; les ren- dements moyens sont estimés à 500 kg/ha pour le sorgho, h50 kg/ha pour le mil, 200 kg/ha pour le coton et 400 kg/ha pour l'arachide. 58. Le surpeuplement relatif de l'ORD de Ouagadougou est plus important que dans celui de Koudougou. Cette disparité est accentuée par la pauvreté des sols de l'ORD de Ouagadougou dans laquelle il n'est pas possible d'envisager de développer la culture du coton et de l'arachide. - 23 - Par contre l'ORD de Koudougou posséde des potentialitées intéressantes dans le domaine du coton; de plus de nombreux bas fonds sont aptes à la rizi- culture. L'ensemble de ces conditions explique une meilleure progression des résultats à Koudougou, alors que le développement rural est très lent dans l'ORD de Ouagadougou et le restera. C'est dire que les disparités dans la croissance économique entre ces deux ORD devraient s'accentuer à l'avenir en depit d'efforts de vulgarisation d'intensité sensiblement égale jusqu'à maintenant. 59. La SATEC a été chargée en janvier 1961 d'une première action d'encadrement étendue progressivement à l'ensemble des ORD de Ouagadougou et de Koudougou créés en 1966 dont le premier est dirigé par un ingénieur voltaïque depuis 1967. Ces actions bénéficient d'un financement FAC. Elles ont porté d'abord sur l'amélioration des productions vivrières par l'in- troduction de houes tirées par des ânes pour la préparation des terres et le sarclage; une fumure minérale phosphatée de fonds et des fumures phos- phazotées d'entretien étaient conseillées. Après quatre ans il est apparu que si de nombreuses houes avaient été vendues à crédit, les surfaces travaillées étaient limitées et que le supplément de production dû à l'en- grais était faible; les productions vivrières n'étant pas commercialisées, les paysans ne purent pas rembourser les prêtsqui leur avient été accordés. Depuis 1966 l'action porte presque uniquement sur les cultures commercia- lisées (arachide, et surtout coton): - amélioration des semis (désinfection des semences, pré- cocité, densité); - travail du sol (labour et sarclages) avec des houes attelées; - lutte contre les parasites du cotonnier et des denrées stockées. 60. Les ORD assurent également l'approvisionnement des exploi- tants en matériel (houes, pulvérisateurs), en produits (engrais, insecti- cides) et en semences. Ils se chargent de la commercialisation du coton pour le compte de la CFDT qui en a le monopole. Ils font du crédit à court terme sous leur responsabilité grâce à une avance de la BND. Les résultats obtenus ont été bons pour la production de coton qui a nettement augmenté en particulier dans l'ORD de Koudougou qui présente des conditions natu- relles favorables. Ce programme sera poursuivi pendant les prochaines années en y ajoutant une action sur la production de riz dans les bas-fonds et les périmètres aménagés. Les ORD de la Volta Noire et de Kaya (CFDT) 61. L'ORD de la Volta Noire (Dédougou) a une superficie de 37.000 kn2 avec une population de 512.000 habitants. La densité moyenne est rela- tivement faible: 1h habitants au km2. La pluviométrie est d'environ 950 mm par an. Les cultures n'occupent que 7 pour cent de la superficie disponible. La Volta Noire est la grande région cotonnière de la Haute Volta. - 24 - 62. L'ORD du Nord Mossi (Kaya) occupe une superficie de 21.000 km2, la population est de 530.000 personnes soit une densité de 26 habitants au km2. La pluviométrie est en moyenne de 700 mm; il pour cent de la su- perQLcieest cultivée; chaque bovin dispose de 7 à 8 ha pour pâturer. 63. L'action d'encadrement dans ces deux ORD a été confiée à la CFDT (avec l'assistance de la CIDR à Houndé et Boromo). Cette action a été concentrée sur la production cotonnière: traitements insecticides, fer- tilisation, semis en ligne. Ces deux ORD fournissent actuellement 70 pour cent de la production cotonnière de la Haute Volta. La Volta Noire et Kaya ont bénéficié d'un financement FAC. 64. Un projet de développement de la culture cotonnière dans la Volta Noire décrit en détail cet ORD. Ce projet, qui vise à développer l'expansion cotonnière que connaît cette région depuis quelques années, est soumis pour financement à la Banque Mondiale. (Le projet comprend éga- lement le futur ORD de Bobo-Dioulasso). Les autres ORD i/ 65. L'ORD de Banfora bénéficie depuis 1968 d'un financement FED et de l'assistance d'une société italienne, la SOTESA. L'action porte surtout sur les cultures d'oléagineux (arachide, sésame) dont l'IRHO s'était occupé jusqu'en 1967 et devrait également porter sur la riziculture de bas-fonds. 66. L'ORD de Gaoua ne dispose que d'un financement limité fourni par le budget national. L'encadrement est assuré par la CIDR; la création de l'ORD a permis de lancer la culture cotonnière dans cette région. L'action de la CIDR cependant s'attache à une transformation plus comple- te des structures agricoles. Des expériences intéressantes, bien que de portée encore limitée, ont été tentées en matière de groupements coo- pératifs, de magasins, de regroupement des terres. Il serait question de confier l'encadrement des ORD du Sud-Est (Koupe'l.a et Fada N'Gourma) à la CIDR lorsque leur financement aura été trouvé. 67. Il faut encore signaler l'action de l'.IRHO dans le secteur de Bobo-Dioulasso appelé à se transformer en ORD. L'IRHO dont ce n'est ce- pendant pas la vocation, semble bien réussir dans l'encadrement des pro- ducteurs d'arachides. Le nouvel ORD de Bobo-Dioulasso relèverait de ltintervention de la CFDT; son développement est inclus dans le projet soumis à la demande de financement à la Banque Mondiale. Le crédit agricole 68. Le crédit agricole est fourni par la Banque Nationale de Développe- ment. Il est accordé aux ORD qui instruïsent ces prêts et sont responsa- bles du recouvrement. En trois campagnes, le volume de crédit distribué 1/ ORD de Banfora 18.400 km2 190.000 habt. ORD du Sud-Est 59.000 km2 510.000 " ORD de Gaoua 145.00 km2 1)46.000 habt. ORD de Bobo- 20.500 km2 255.000 " Dioulasso - 25 - a dépassé le milliard de FCFA. Les opérations ont porté surtout sur le crédit à court terme: commercialisation (53 pour cent du crédit total 1966-69), achats de produits chimiques, engrais et produits insectici- des (28 pour cent du crédit total 1966-69). Le crédit à moyen terme est nettement moins important (19 pour cent du crédit 1966-69). Il est principalement consenti pour permettre aux agriculteurs de s'équiper pour la culture attelée et pour acheter des appareils de traitement insecticide. 69. Le recouvrement des créances a été en général difficile dans certaines régions: plus de la moitié du total exigible pour l'ensemble du pays n'était pas recouvré de 1966 à 1968. La situation s'est améliorée à la suite de la reprise de matériel chez les agriculteurs défaillants. Elle s'est également améliorée du fait de l'accroissement substantiel des revenus du coton. L'assainissement de la situation financière a cependant provoqué une réorientation fondamentale de l'action dtencadrement, obli- geant en particulier la SATEC à renoncer à son programme de diffusion de la culture attelée. Le tableau VII (situation avant reprise du matériel) mon- tre en effet que 90 pour cent des impayés proviennent des zones encadrées par la SATEC. Ces zones, dont certaines,comme l'ORD de Ouagadougou, pré- sentent des conditions naturelles défavorables, n'ont pu produire une quantité supplémentaire suffisante de produits commercialisés pour per- mettre de rembourser régulièrement les prêts. Par contre, dans les zones d'action de la CIDR, les recouvrements ont été faits à 100 pour cent en 1968. Le recouvrement a été également très bon dans les ORD animés par la CFDT. i/ L'encadrement des producteurs Les systèmes d'encadrement; les méthodes (travail des encadreurs) 70. L'effectif d'encadrement mis en place en 1968/69 par les diffé- rentes Sociétés est donné dans le Tableau 8. I/Voir en annexe I: Tableaux VI et VII. - 26 - Tableau 8: EFFECTIF D'ENCADREMENT Chefs Chefs de Encadreurs de de secteur sous-secteur base CFDT ORD Volta Noire 7 19 134 ORD Kaya 8 47 Secteur Bobo-Dioû3tasso coton 1 9 Secteur Koupela - 1 3 BDPA ORD Yatenga 6 - 73 CIDR ORD Gaoua 3 il 33 SATEC ORD Koudougou 15 130 ORD Ouagadougou 15 140 SOTESA ORD Banfora n.c. n.c. 56 IRIHO Secteur Bobo- Dioulasso 10 a/ a/ Plus 38 animateurs non rétribués. 71. Tous les ORD et la CIDR dans la région de Dano-Gaoua ont mis en place des systèmes drencadrement, qui aboutissent à une pyramide hiérarchique à peu près semblable avec des coefficients de multiplication (nombre d'agents d'un étage donné placé sous la responsabilité d'un agent de l'éta- ge supérieur) très variables. Des renseignements recueillis on peut*tirer le tableau suivant: - 27 - Tableau 9: STRUCTURE D'ENCADREMENT BDPA CFDT SATEC .CIDR jusqu'en à partir fin 1969 de 1970 Directeur d'O.R.D. coefficient 6 6 7 h 6 Chefs de secteur coefficient 2,5 3,6 h h Chefs de sous-secteur coefficient il 3 6 8 h Encadreurs-animateurs coefficient 80 80 130 100 130 Chefs d'exploitation encadrée Remarque: Pyramide établie sur la base de l'encadrement prévu en novembre 1969. Ces chiffres recueillis dans les ORD, différent parfois des chiffres officiels cités plus haut. Les coefficients de multiplication sont faibles entre les étages supérieurs (2,5 a 7) et élevés au bas de la pyramide (80 à 130). Les cadres supérieurs sont nombreux par rapport aux encadreurs sur le terrain (de 17 à h6 agents non encadreurs pour 100 encadreurs). Le nombre d'exploitations encadrées et le taux d'encadrement (nombre d'exploitations encadrées/nombre total d'exploitations) varient beaucoup d'un ORD à l'autre. Le taux d'encadre- ment oscille entre 5 et 35 pour cent de l'ORD de Gaoua (en formation) à celui de Volta Noire. 72. Suivant les organismes responsables, l'animation i/ est limitée au recrutement d'exploitants qui acceptent de cultiver du coton suivant les On notera que le système d'encadrement actuel procède d'une confusion entre les fonctions de vulgarisation et d'animation. Leur objet et leur rôle dans l'encadrement sont présentés et discutés dans le rapport secto- riel consacré à l'éducation et la formation. - 28 - méthodes modernes, ou peut aller jusqu'à la promotion d'un état d'esprit général propre à l'introduction des solutions modernes pour la culture et pour d'autres problèmes. La CIDR, de plus, oblige ses encadreurs à culti- ver leurs propres champs qui doivent être, sous peine de renvoi, parmi les plus beaux du village. La CIDR affirme que l'exemple de l'encadreur et les bons rendements qu'il obtient sont les actes d'animation les plus effica- ces. Pour que les encadreurs CIDR puissent réellement cultiver leur ex- ploitation, ils sont fréquemment engagés "à mi-temps", mais ils ne sont jamais "bénévoles", car il ne serait plus possible alors d'obtenir un travail constant et planifié. Pour toutes les sociétés d'intervention la vulgari- sation est menée de la m9me façon: présentation des thèmes (culture en ligne, traitements, etc.) au cours de réunions de village accompagnêes parfois de démonstrations, reprise de ces démonstrations devant des groupes réduits avec, si possible, application par quelques participants, conseils aux chefs d'exploitation qui appliquent le thème. Formation des cadres: recrutement, traitement et avenir des agents d'encadrement 73. Le BDPA et la SATEC se sont efforcés de mettre au point des métho- des qui se rapprochent de celles de la formation professionnelle uniquement en vue de la formation des encadreurs et des chefs de sous-secteur. Pour la CIDR la formation est avant tout obtenue sur le tas au contat des réa- lités. Cette méthode a donné d'excellents résultsts. La CFDT avait adopté la même formule avec succès. 7I4. Les encadreurs sont, soit recrutés (niveau généralement inférieur au CEP) et formés sur place par les chefs de sous-secteur, soit recrutés à l'échelon national sur concours du niveau CEP et formés par un stage de neuf mois à Matourkou. Les responsables s'accordent pour dire que les encadreurs recrutés suivant la seconde formule manquent de pratique, ont souvent des difficultés de contact avec la population (milieu d'origine et parfois ethnie différents) et n'ont pas un niveau de connaissances géne- rales et techniques suffisant pour racheter ces faiblesses. La CIDR affirme qu'après deux ans de travail sur le terrain, l'encadreur recruté et formé sur place est plus effictce. 75. Il n'existe aucune règle de recrutement des agents intermédiaires (chefs de sous-secteur et de secteur). Ce sont généralement les anciens agents de la DDR (ATA et CTA) _/ détachés auprès de l'ORD qui sont nommés à ces postes. Leur niveau technique est suffisant, leur expérience profession- nelle les a familiarisés avec les questions de vulgarisation mais ils man- quent presque toujours de pratique et on leur reproche de conserver un es- prit de fonctionnaire, qui ne staccorde pas avec le travail qui leur est demandé. 1/ ATA: Adjoint Technique Agricole CTA: Conducteurs des Travaux Agricoles - 29 - 76. La CFDT parfois et la CIDR en général s'efforcent de déceler parmi les encadreurs ceux qui sont susceptibles de devenir chefs de sous- secteur puis de secteur par une promotion intérieure. Ce processus, qui a toujours donné de bons résultats dans les actions générales "coton" assurées par la CFDT, ne peut s'appliquer qu'avec difficulté en ORD car les agents détachés de la DDR essayent d'y transposer les habitudes admi- nistratives liant un poste à un indice lié lui-même à un diplôme. 77. La CIDR considère au'en fin d'action les encadreurs devraient réin- tégrer le milieu agricole productif (ils auront toujours gardé leur exploi- tation) ou trouver des occupations dans les activités para-agricoles (grou- pements coopératifs). Les autres sociétés d'intervention ne se sont pas posé la question ou n'ont pas apporté de réponse. 78. L'éventail des salaires des agents est très vaste, de ltenca- dreur au directeur d'ORD, avec de très fortes variations pour un même ni- veau d'un ORD à l'autre. Le traitement net d'un encadreur varie de 6.500FCFA/ mois (CIDR) à 17.000 FCFA/mois (CFDT). Il faut encore ajouter les varia- tions dues au fait que les agents détachés de la DDR conservent leur solde quel que soit le poste auquel ils sont nommés. Résultats acquis 79. Il est difficile de juger les résultats acquis car l'environnement varie d'un ORD à l'autre et les actions ont été mises en place à des dates différentes. Tous les ORD et la CIDR mesurent les résultats acquis par les accroissements de production régionale. Les statistiques utilisées ne portent que sur les productions et produits commercialisés (coton essen- tiellement). Elles ne font pas entrer en ligne de compte une partie de la production de certaines cultures de rente (par exemple arachide et sésame) et font abstraction des accroissements de production vivrière ou animale. Les résultats ainsi chiffrés montrent que les actions menées sont nette- ment positives du point de vue de la croissance, mais ne permettent pas de juger des transformations profondes, peut-être plus utiles du point de vue du développement intégré. 80. Le pourcentage d'exploitations "encadrées" (ayant appliqué au moins un des thèmes proposés) et d'exploitations "équipées" (ayant acquis au moins une partie du matériel nécessaire à l'application des méthodes modernes) pourrait donner des indications intéressantes. Mais on ne possè- de aucun relevé précis. D'après les évaluations des encadreurs, on compte en moyenne 80 à 100 exploitations encadrées et 10 équipées par encadreur, soit, suivant les ORD, 10 à 40 pour cent d'exploitations encadrées et 2 à 3 pour cent d'exploitations équipées. 81. Une évaluation plus précise et complète des résultats pourrait per- mettre de déceler les véritables points faibles et de proposer des aménage- ments. Seule la CIDR a tenté de trouver une solution partielle à ce pro- blème en demandant au service de l'Education des Adultes du CDPP de mettre - 30 - au point et d'appliquer une méthode de mesure des résultats d'une action de développement, qui a été appliquée à titre d'essai sur le canton de Koper. _/ Recherche et formation des homologues voltaïques 82. Tous les agents expatriés du BDPA et de la CIDR sont doublés d'un homologue voltalque ou conseillent un ou plusieurs agents voltaiques titu- laires du poste. Malgré certaines difficultés pour trouver l'homologue adéquat, les deux organismes n'ont jamais dû renoncer à ce principe inscrit dans les textes relatifs aux ORD et il règne à tous les niveaux un esprit de coopération entre les agents expatriés et les voltaiques. La SATEC a un homologue pour le directeur de l'ORD de Koudougou, mais pas d'homologue pour ses chefs de secteur. Les agents CFDT n'ont pas d'homologue. Education rurale, moyen de formation de producteurs évolués 83. Le système d'éducation rurale mis en place en Haute Volta en 1961 est particulièrement intéressant par l'effort d'imagination et le pari qu'il représente. Les jeunes ruraux, sans quitter leur milieu, doivent recevoir une formation pratique et utile, qui leur permettra, de retour dans l'exploitation familiale, d'accélerer l'évolution de l'agriculture. Cette formation est donnée dans un centre d'éducation rurale (CER) par un maître ou une monitrice d'éducation rurale. Les sessions durent trois ans, avec recrutement tous les trois ans. 84. Depuis le début de cette expérience, il a été ouvert 650 centres environ, totalisant près de 25.000 élèves (soit 7,6 pour cent de la moyenne des tranches de 3 ans comprises entre 12 et 18 ans). Cependant les objec- tifs visés n'ont pas toujours été atteints: une faible minorité d'élèves sortant des CER prend une part active aux travaux agricoles sur l'exploi- tation familiale. Aucune étude statistique n'a été faite à ce sujet, mais toutes les informations recueillies sont concordantes. Par exemple de nombreux élèves sortant des CER s'expatrient vers la CSte d'Ivoire ou le Dahomey, où ils sont employés comme "pointeurs" dans les plantations. Les principales explications données à ce demi-échec sont les suivantes: les élèves sont trop jeunes lorsqu'ils sortent du centre, la formation reçue ne les prépare pas à travailler efficacement dans une exploitation tradi- tionnelle, ils n'ont ni moyens ni terre pour s'installer à leur compte s'ils _/ La méthode consiste à classer les exploitations en trois classes de pro- gressivité: agriculture traditionnelle, agriculture moderne, agriculture moderne + participation à la gestion des groupements. L'évolution des ex- ploitations dans les différentes classes est suivi d'année en année (se- lon l'^ge de l'exploitant). La méthode est cependant insuffisante car elle ne se fonde pas sur une stratification socioéconomique des exploi- tations et n'accorde aucune place à l'évaluation des résultats. Il s'agit par ailleurs d'une méthode lourde et coûteuse qu'il semble diffi- cile de généraliser. - 31 - le veulent, les parents (et les élèves) considèrent li'cole, rurale ou au- tre, comme un moyen pour échapper du milieu rural. En fait toutes les difficultés viennent de ce que des pressions psychologiques et politiques ont faussé l'idée au départ, faisant déconsidérer l'éducation rurale (enseignement au rabais) et provoquant un abaissement de l'âge de recru- tement, et de ce que la formation reçue par les élèves ne correspond pas à ce qu'elle devrait être parce que les programmes et les méthodes ne sont pas adaptés, le niveau des maîtres et monitrices n'est pas suffisant. B. Le bilan des actions entreprises 85. La politique voltalque de développement agricole a eu pour ré- sultat de doter une partie du pays d'une structure d'encadrement, d'expéri- menter et diffuser des programmes de productivité, de favoriser le dévelop- pement de cultures de rente, coton et arachide, de mettre en place à des coûts malheureusement très élevés certaines infrastructures, en matière hydraulique notamment. L'évaluation des résultats fait apparaitre des as- pects positifs: incontestable progression de la culture cotonnière essen- tiellement par amélioration de la productivité, mais également des aspects encore négatifs tels que les coûts excessifs, les programmes mal adaptés, les investissements inutilisés(hydrauliques). Méthodes et résultats des interventions 86. La mise en application pendant près d'une dizaine d'années de programmes de développement dans les différents ORD permet aujourd'hui de formuler quelques observations sur les méthodes d'intervention. Parmi les principaux enseignements, on soulignera en particulier que: - les résultats sont très différents selon les programmes; - les programmes de vulgarisation agricole ne cormencent à être efficaces qu'après des délais assez longs; - les programmes sont encore souvent inadaptés aux conditions techno-économiques des exploitations. Différences des résultats selon les programmes 87. La production de coton a augmenté très fortement depuis cinq ans, ainsi qu'on l'a signalé dans la première partie. Cet accroissement remar- quable est dû à: - la rentabilité des techniques proposées qui peuvent donner selon l'analyse du plan un revenu d'environ 200 FCFA par jour- née de travail; - 32 - - l'efficacité de l'encadrement; - l'organisation de la collecte. Le tableau 10 compare les actions de productivité pour une même campagne cotonnière. Les indices montrent d'une part l'efficacité de ces actions, d'autre part la marge d'action possible: sans augmenter l'encadrement et les surfaces cultivées, les rendements pourraient être considérablement a- méliorés par une diffusion plus systématique des actions de productivité. Le tableau 11 rappelle cependant que les résultats restent tributaires des conditions climatiques: en Volta Noire, le rendement moyen 1967/68 est inférieur au rendement 1966/67, bien que les actions productivité aient touché des superficies plus grandes. Tableau 10: LES PROGRAMMES DE PRODUCTIVITE EN CULTURE COTONNIERE EN 1968/69 Super- Traitements Nombro Super- Engrais Super- No.de Superfi- -ende- ficie insectici- appareils ficie par ha. ficie polycul- cie tra- ment coton des (% SC) de trai- fumée cultivé semée teurs vaillée moyen Zone tement (en % en en (houes) au poly- (ha) pour 100 de SC) coton ligne en ser- culteur (kg/ha) 1 tr. 2 tr ha. de (en % vice pr (en % (sC) coton (kg/ha) de SC) 100 ha de Sr) coton ORD 'volta Noire (CFDT) 25.250 51 37 8,5 22 26 59 7,5 13,4 626 ORD Kaya (CFDT) 14.175 5 3 1,9 1,6 1,8 69 7,9 17,8 345 Secteur Bobo (CFDT) 6.685 13 10 4,6 6 6 13 4,6 10,2 313 Secteur Kopele 2.135 1 - 0,h 1 1 8,5 4,0 2,5 76 ORD Ouagadougou 2.705 42 9,5 3,9 6,5 6 72 ... ... 283 ORD Koudougou (SPTEC) 13.220 37,5 17 2,7 8 6 75 ... 433 ORD Yatenga- Banfora-Gaoua 3.000 8 1,5 ···... ... ... 138 Total Feute Volta 71.650 31 18 5,0 12 l 60 •7. 7 Source: Rppport d'activité CFDT cpmpagne 1968/1969. - 3h - Tableau 11: EVOLUTION DU PROGRAME DE PRODUCTIVITE EN CULTURE COTONNIERE DANS L'ORD DE VOLTA NOIRE DE 1966 A 1969 1966/67 1967/68 1968/69 Superficie cultivée en coton (ha) SC 16.715 22.476 27.250 Traitements insecticides (en % de SC) - 1 traitement 17,5 31,5 51,0 - 2 traitements 8,0 15,8 37,0 Surface fumée (en % de SC) 7,5 15,0 22,0 Engrais par hectare cultivé en coton(kg/ha) 9,7 ... 24,O Superficie semée en ligne (en % de SC) ... 52,8 59,0 Superficie travaillée au polyculteur (% SC) 11,0 8,8 13,4 Rendement (kg/ha) 43h 414 628 Source: Rapport d'activité CFDT 1966 à 1969. 88. La production d'arachide a augmenté également, mais beaucoup moins fortement que celle de coton, doublant de 1964 à 1967. Les programmes ré- gionaux pour le développement de l'arachide ont bien réussi lorsque cette culture était la principale source de revenus monétaires; partout ailleurs elle n'a pas pu soutenir la concurrence du coton car le revenu qu'elle donnait, dans les meilleures conditions, par journée de travail est très inférieur (100 à 140 FCFA). Il est également probable que les difficul- tés de conmercia2lisation ont diminué encore l'intérêt de cette production pòur le paysan. L'action spécialisée de L.'IRHO a cependant permis une re- prise importante de la commercialisation dans la zone de Bobo-Dioulasso. - 35 - Tableau 12: PRODUCTION CoMMERCIALISEE EN TONNES Zone de Banfora Zone de Bobo- Dioulasso (IRHO) 1960 64 - 1961 349 - 1962 1.142 - 1963 1.502 - 1964 979 233 1965 1.228 724 1966 1.274 1.055 1967 1.15o 1.063 89. Au contraire certaines actions sur les cultures vivrières n'ont rencontré qu'un succès limité. Un programme de développement dans les ORD de Ouagadougou et de Koudougou avait cherché à augmenter la production de sorgho en améliorant la préparation du sol avec des houes tiréeepar des ânes et en appliquant une fumure minérale. Ce programme a échoué parce que les techniques proposées étaient peu efficaces et que l'augmentation d'une production vivrière non commercialisée ne permettait pas de couvrir les dépenses supplémentaires que les exploitants avaient à supporter pour l'a- chat d'engrais, de matériel et d'animaux de trait. Lorsque la culture du coton fut introduite dans l'ORD de Koudougou elle s'est bien développée comme dans les autres régions de Haute Volta, s'étendant cependant au dé- triment de la culture de l'arachide. Tableau 13: PROGRMQIE DE PRODUCTIVITE - ORD KOUDOUGOU 1965 1966 1967 1968 Hectares de céréales fumés 104 84 32 Nombre total de houes 2.W40 2.570 2.322 2.379 Nombre de houes utilisées 1.556 Hectares d'arachide fumés 38 158 95 40 Hectares de coton fumés 18 205 707 1.051 Hectares de coton traités 163 1.036 3.543 4.966 Tonnes de coton commercialisées 1.354 3.113 3.070 5.726 Source: SATEC, Rapport d'activité de l'ORD de Koudougou. - 36 - 90. La comparaison de ces différents programmes montre que le succès de ces actions dépend d'un certain nombre de facteurs: - Il faut tout d'abord déterminer les cultures dont le développe- ment puisse être profitable pour les cultivateurs. - Les techniques à vulgariser doivent avoir été mises au point par la recherche agronomique et soumises à l'épreuve des con- ditions locales pour vérifier qu'elles sont rentables et qu'elles peuvent être utilisées par les agriculteurs. - Le service de vulgarisation doit être capable d'aider les cul- tivateurs à utiliser les techniques nouvelles, notamment en leur donnant -la formation voulue. - Les produits et équipements adaptés aux conditions locales doivent être mis à la disposition des paysans, en temps opportun, - Les différentes actions de vulgarisation, d'approvisionnement et de commercialisation doivent être bien organisées. Lenteur de la vulgarisation agricole 91. Pour augmenter leur production les exploitations doivent employer des techniques nouvelles. Les méthodes agricoles traditionnelles utilisent tout le travail disponible à certaines périodes (préparation des champs., premiers sarclages) et il est pratiquement impossible d'accroître les sur- faces cultivées, même dans les régions où la densité de population le per- met, sans modifier les anciens procédés culturaux. La vulgarisation est donc l'aspect essentiel de tout programme de développement. 92. Cette transformation demande un temps assez long; les cultiva- teurs n'abandonnent pas volontiers les méthodes qu'ils ont toujours pra- tiquées; il faut qulils aient apprécié par eux-mêmes l'inérêt de l'inno- vation proposée. Les fluctuations de rendement liées à lIirrégularité des pluies masquent en grande partie les effets d'un changement technique, sur- tout s'il ne donne qu'un supplément de production relativement limité. Tou- te action de vulgarisation doit être poursuivie pendant un temps d'autant plus long qu'elle demande une transformation plus radicale. De même sa durée et par conséquent son coût devront s'accroître en raison inverse de sa rentabilité; ceci pose un problème délicat pour répartir des moyens toujours linit6s entre les multiples besoins des différentes régions. 93. L'évolution de la production de coton en est un bon exemple. Les techniques modernes de cette culture sont entièrement différentes des mé- thodes traditionnelles. Les dix premières années d'efforts ont donné des résultats modestes et ce n'est qu'à partir de 1965 que la production a crû rapidement après au moins trois ans de vulgarisation intensive. Dans l'ORD de la Volta Noire où l'action est la plus ancienne et la densité d'enca- drement la plus élevée, le pourcentage des surfaces de cotonniers ayant - 37 - reçu trois traitements et plus contre les parasites était en 1968/69 de 23 pour cent, celui des surfaces recevant en plus des engrais était de 25 pour cent. Dans 1'ORD de Kaya où les agents d'encadrement sont moins nombreux et où le programme n'a vraiment commencé qu'en 1966, ces pour- centages étaient respectivement de 3 pour cent et 2 pour cent. 94. La réceptivité des cultivateurs joue également un r8le primor- dial dans le succès des opérations de vulgarisation. Deux programmes com- parables pour l'amélioration des cultures vivrières, l'un dans l'ORD de Ouagadougou, l'autre dans l'ORD de Ouahigouya, ont donné des résultats bien différents (résultats à la 3ème année): Ouagadougou Ouahigouya (Yatenga) Hectares de cére'ales fumés pour 10.000 exploitants 14 236 Hectares de céréales labourés par instrument 0,5 3,8 95. Ces écarts sont dûs en grande partie à l'intérêt que les agri- culteurs du Yatenga portent à toute possibilité d'amélioration de leur production vivrière; au contraire dans l'ORD de Ouagadougou, la proximi- té de la capitale fait que les exploitants disposent d'autres sources de revenus et participent moins aisément aux actions de mise en valeur agri- cole. Avant d'entreprendre tout programme de développement il serait donc très souhaitable de bien vérifier si les agriculteurs sont prêts à fournir les efforts indispensables pour valoriser complètement les crédits consi- dérables affectés aux actions de mise en valeur. Inadaptation de certains programmes aux conditions des exploitations 96. Certains programmes ont été ou sont mal adaptés aux possibilités réelles des exploitations agricoles. La culture attelée avait été autre- fois considérée comme le préalable absolu de tout progrès agricole. Dans l'ORD de Ouagadougou un programme avait été conçu qui prévoyait l'intro- duction sur une large échelle de houes tirées par des ânes pour améliorer la préparation des champs de culture vivrière. Cette expérience n'a fina- lement pas réussi car les animaux utilisés étaient trop faibles pour l'ins- trument choisi sur le type de terre de la région; de plus l'absence de cul- ture de rapport n'a pas permis aux cultivateurs de rembourser les échéances du prêt qui leur avait été accordé. 97. Les responsables du fPlan estiment .maintenant que la culture atte- lée est le stade ultime de l'évolution des exploitations. La culture atte- lée ne peut réussir que dans les régions où les paysans peuvent disposer de boeufs assez puissants et en stattachant à résoudre progressivement les pro- blêmes posés par le choix et l'entretien des équipements, la formation des cultivateurs, le dressage des animaux. - 3b - 98. L'utilisation d'animaux de trait pose de très nombreux problèmes à l'agriculteur voltalque. Souvent il ne dispose pas personnellement de bétail même si sa famille en a, les gros animaux étant un bien collectif dont seul le chef du groupe peut décider l'affectation; ces animaux sont difficiles à dresser car ils travaillent irrégulièrement; ils doivent être gardés au village pendant la saison des cultures où ils risquent de faire des dégâts dans les champs; puisqu'ils ne pâturent plus librement, ils doivent être nourris et abreuvés, ce qui impose un travail supplémen- taire parfois considérable car les ressources fourragères sont maigres. Les animaux de travail doivent être périodiquement traités contre la try- panosoniase. Le matériel de culture est coûteux. 99. L'utilité d'un attelage est parfois limitée car les gros travaux ont lieu en fin de saison sèche quand les boeufs ont été mal nourris pen- dant plusieurs mois et que leur effort de traction est à son min:imum. L'ex- périence de dizaines d'années d'effort démontre que dans les zones où la culture attelée est possible, elle a déjà été introduite du moins à une é- chelle modeste; il s'agit alors seulement de la perfectionner. Les diffi- cultés rencontrées en Haute Volta sont dues à des causes diverses dont la principale semble être, lorsque les conditions naturelles et économiques étaient favorables, une insuffisance de la formation des cultivateurs. L'u- tilisation de la charrette qui demande un effort de traction assez faible et qui permet de résoudre le problème capital des transports peut être vulgarisée beaucoup plus simplement que la charrue; le succès de ce moyen de transport le prouve en Haute Volta. 100. La désinfection des greniers qui a fait l'objet d'une campagne nationale est inadaptée au mode de stockage actuel. Le produit conseillé est le gammagrain dont l'effet dure seulement trois mois, alors que les grains sont souvent conservés plus d'un an; le paysan qui veut protéger efficacement sa récolte devrait donc remettre du produit au moins quatre fois, ce qui demande un travail très pénible pour vider et remplir le gre- nier, opérations d'ailleurs impraticables car le sorgho est conserivé en panicules que ces manipulations briseraient. Ce programme malgré un début relativement bon risque donc de ne pas donner tous les résultats attendus tant qu'un produit non toxique plus tenace ne sera pas utilisé ou que le mode de stockage ne sera pas modifié. Les coûts des investissements 101. La faible rentabilité de la plupart des actions agricoles dans un pays naturellement pauvre semble avoir poussé certains services à né- gliger complètement les questions économiques pourtant fondamentales, spécialement lorsque les programmes sont exécutés avec des crédits d'ori- gine étrangère. Il en a résulté un coût généralement élevé des programmes entrepris. Ces coûts sont même souvent excessifs dans le cas de certains aménagements. On analyse ci-après quelques exemples caractéristiques. - 39 - Les aménagements anti-érosion de Yatenga 102. L'exemple le plus connu de ces coûts excessifs est celui de la lutte contre l'érosion des sols dans le cercle de Ouahigouya. Une sur- face de 2.540 km2 a été entièrement couverte d'un réseau de fossés et de banquettes anti-érosives avec des barrages pour retenir les eaux de ruis- sellement. Le FED avait en 1961 mis à la disposition de ce programme une subvention de 1,34 milliard de FCFA. Le coût réel des travaux de 1961 à 1964 s'est élevé à 993,5 millions de FCFA. Or cet aménagement fait sans la participation des paysans et sans tenir compte de l'implantation des cultures, n'est même pas entretenu. Les seuls effets d'un investissement aussi considérable sont dtaméliorer légèrement la végétation spontanée dans les parties incultes et de permettre d'abreuver les troupeaux pendant ure partie de la saison sèche grâce aux retenues des petits barrages. Ces résultats sont hors de proportion avec les sommes investies. Le coût des aménagements hydrauliques 103. Il en est de même pour les aménagements hydrauliques: 70 barrages ont été construits sur crédits FAC et FED pour un coût unitaire moyen de 30 à 50 millions de FCFA. Ces barrages s'ajoutent à ceux très nombreux qui avaient déjà été construits soit sur l'ordre des anciens commandants de cercle, soit sur crédits d'investissement FERDES et FIDES, soit à l'occasion de travaux routiers pour franchir les bas-fonds; une étude a, par exemple, montré qu'il existait 54 barrages d'origines diverses uni- quement dans la région de Ouagadougou. La justification des barrages financés par le FAC et le FED dépendait des conditions locales. Certains étaient destinés seulement à fournir de l'eau aux hommes et au bétail; souvent une série de puits dont le coût unitaire moyen ne dépasse pas 250.000 FCFA aurait permis d'obtenir le même résultat dans de bien meil- leures conditions sanitaires; les retenues d'eau superficielles favorisent la dissémination de la bilharziose et du ver de Guinée, ainsi que celle des parasites du bétail; les simulies vectrices de lonchocercose se multiplient sur les déversoirs; les trop nombreux troupeaux qui se con- centrent à proximité détruisent tous les pâturages. D'autres barrages devaient servir a stocker de l'eau pour des cultures irriguées à l'aval; mais la surface moyenne de chaque périmètre est très petite, 47 ha d'après les statistiques officielles, et l'investissement est au moins de 1 million de FCFA par hectare irrigable uniquement pour le barrage. Le nombre de périmètres aménagés étant très réduit (7 sur h) les investissements dans les barrages en terre sont très peu valorisés. Au coût du barrage s'a- joute celui des aménagements qui est, lui aussi, manifestement excessif d'après les normes généralement admises même dans des pays où les systèmes de production sont plus intensifs. Le prix de revient d'un hectare irri- gué en Haute Volta ntest jamais inférieur à 500.000 FCFA, et peut dépasser 1 million de FCFA, non compris le coût du barrage. Un périmètre de 7,5 ha irrigués vient d'être créé à l'aval d'un barrage existant à Yaramokro dans le cercle de Boromo; le coût de cet aménagement est de plus de 270.000 . FCFA/ha; les diguettes intermédiaires et le planage des terres n'ayant pas - h0 - été faits, ce coût est donc à doubler pour que le perimètre soit prêt à être cultivé; il serait d'ailleurs normal d'y ajouter encore le montant des salaires des fonctionnaires qui ont fait le projet et qui ont sur- veillé son exécution. Les causes de ces dépenses excessives dans ce cas sont les suivantes: - la popu]ation n'a accepté de faire qu'une faible part des tra- vaux au salaire horaire prévu pour ce type d'action dite "en investissement humain", soit 50 FCFA/jour plus une ration ali- mentaire. Son rendement a été faible jusqu'au jour où les terrassements ont été payés à la tâche; - les aménagements sont inutilement luxueux; une route de plus d'un kilomètre a été faite pour desservir un périmètre de 7,5 ha cultivables; le canal d'amenée est fait en béton armé et il eat surdimensionné ainsi que ses ouvrages annexes; le réseau de colature est surdimensionné et son intérêt est sou- vent discutable pour l'irrigation de rizière; la digue de protection contre les crues à l'aval du déversoir aurait pro- bablement pu être réduite ou même supprimée en rectifiant llémissaire si les débits à évacuer avaient été mesurés exacte- ment comme ils auraient pu l'être. 10h. Les aménagements faits par la mission de coopération chinoise sont également coûteux. Le projet du Kou (cercle de Bobo-Dioulasso) est évalué, tous frais compris (construction de la piste, canal d'amenée, aménagement et planage des rizières) à 3,25 milliorsde dollars, soit 903,5 millions de FCFA pour 1.735 ha irrigués, soit plus de 520.000 FCFA par hectare. 105. Une meilleure préparation psychologique des cultivateurs qui bénéficient de l'aménagement, des travaux plus sommaires, permettraient de ramener le coût de ces périmètres en dessous du seuil au-delà duquel toute rentabilité est illusoire. Les cofits de fonctionnement 106. La politique d'austérité budgétaire pratiquée par le gouverne- ment voltaïque a, dtune façon générale, conduit au blocage de l'infra- structure administrative en maintenant le nombre de fonctionnaires sans pouvoir leur donner les moyens de travailler. C'est ainsi par exemple que les quatre agents du Service de l'Agriculture dans la subdivision de Koupela ont un budget de fonctionnement annuel entièrement payé par la collectivité rurale qui ne dépasse pas 25.000 FCFA par an. Ceci repré- sente le fonctionnement d'un vélomoteur pendant 30 km par mois et par agent. De même, l'infrastructure routière secondaire se dégrade faute de crédits et ne peut plus être entretenue par les collectivités. - 41 - Les crédits de fonctionnement 107. Les crédits de fonctionnement nécessaires à une opération de mise en valeur agricole peuvent s'évaluer en pourcentage des frais de personnel prévus dans les projets de développement en couis d'exécution dans les ORD. 108. Le budget total de l'ORD du Yatenga (non compris le personnel d'assistance technique) est de 31,69 millions de FCFA, se décomposant en: - 23.880.5o0 FCFA de salaires de personnel permanent (direction, encadrement, chauffeurs, secrétaires); - 2.088.500 FOFA d'achat de véhicules complémentaires; - 5.721.000 FCFA de fonctionnement (utilisation des véhicules, main-d'oeuvre temporaire, vulgarisation agricole, fournitures de bureau). En plus il y a des provisions pour le renouvellement des investissements qui sont évalués annuellement à: - 1.030.000 FCFA pour les bâtiments amortis en 20 ans; - 2.900.000 FCFA pour les véhicules amortis en h ans; - 750.000 FCFA pour le matériel de bureau et le petit outilla- ge agricole amortis en 10 ans, ce qui représente au total 4,7 millinns de FCFA par an. Les crédits de fonctionnement annuels représentent donc 24 pour cent des frais de per- sonnel voltaique permanent; les provisions pour renouvellement repré- sentent 20 pour cent des dépenses de personnel. 109. La part réservée aux crédits de fonctionnement et aux provi- sions pour renouvellement des investissements est beaucoup plus faible dans les budgets des services administratifs payés sur fonds nationaux. Aussi les services a&inistratifs ne disposant pas des crédits indispensables à l'activité de leurs agents, ont-ils cherché à d'autres sources les moyens de travail que le Budget National ne leur donne pas. Cela les a conduit à entreprendre des investissements dispendieux et inutiles au détriment d'acti- vités plus modestes mais infiniment plus rentables. Il est en effet plus facile de trouver une aide extérieure pour la construction d'ouvrages im- portants pendant un temps limité que pour la mise en valeur de petites zones par l'encadrement, la formation et l'équipement des exploitants pen- dant plusieurs années. 110. Cette tendance est particulièrement nette dans le programme général de construction de barrages en terre qui prévoyait en 1960 la cons- truction de 50 ouvrages par an selon le budget suivant: - personnel du service 25 millions de FCFA - fonctionnement du service 20 " - études (à sous-traiter ou à réaliser en partie par le service) 60 n - travaux (à sous-traiter) 1.000 " - contrôle des travaux (à sous-traiter ou à réaliser en partie par le service) 25 " Total 1.130 millions de FCFA 111. Dans le Plan 1967-70 les prévisions triennales d'investissements hydrauliques étaient de 4.400 millions de FCFA sans indication des crédits de fonctionnement réservés au service de l'HER pour l'exécution et le con- trôle de ce programme. Un rapport du FED estimait en 1965 à 12 pour cent des investissements les crédits nécessaires au service responsable pour la direction et la surveillance des travaux. Or la rentabilité des ouvra- ges prévus ou réalisés est contestable. Le même rapport du FED éva- luait le coût moyen d'investissement (études préparatoires, travaux d'amé- nagements, contrôle de l1exécution, encadrement) à 1 million de FCFA par hectare irrigué: - études 45.000 FCFA/ha - travaux 68.000 " - contr8le 50.000 " - encadrement des cultivateurs 417.000 " 1.000.000 FCFAf/ha pour un revenu brut de 10h.000 FCFA/ha (43.200 FCFA de riz, 40.800 FCFA de coton, 20.000 FCFA de cultures maraichères); ce dernier chiffre très opti- miste semble avoir été rarement atteint. De plus, la superficie des terres actuellement aménagées est très inférieure aux possibilités (303 ha sur 3.700 ha). - 43 - Les coûts de l'encadrement 112. On a cherché dans le tableau- ci-après à évaluer le coût de l'encadrement en rapportant le coût total des opérations à la production commercialisée que l'on doit considérer comme le seul résultat tangible de l'encadrement (les autres effets étant beaucoup plus diffus et à très long terme). 113. On observe que l'amélioration de la productivité de la culture cotonnière a permis de faire baisser de façon sensible les charges d'en- cadrement par kilogramme de coton dans les zones CFDT, ce coût est encore élevé (8,8 FCFA) comparé au Cameroun (3 FCFA) mais les perspectives de production des prochaines années laissent attendre une baisse de ce coût (jusque vers 5 FCFA) qui pourrait alors être éventuellement récupéré sur le prix de vente. Dans cette perspective, l'action CFDT serait considérée comme une réussite, après cependant plus d'une quinzaine d'années d'efforts. L'action SATEC implantée beaucoup plus récemment dans une zone plus diffi- cile entraîne des coûts nettement plus élevés (18 FCFA/kg). 114. Les coûts d'intervention de l'IPIO, qui comme la CFDT est spécia- lisé dans une seule production, diminuent aussi; cependant, le coût d'en- cadrement par kilogramme additionnel d'arachide est encore égal à 56 pour cent du prix d'achat au producteur. Par kilogramme commercialisé, il est égal à 38 pour cent du prix au producteur (29 pour cent pour le coton CFDT, 59 pour cent pour le coton SATEC). L2encadrement reste donc très coûteux et ne peut encore être mis à la charge du producteur. Le revenu net do l'agriculteur passerait de 24 FCFA à 15 FCFA dans les zones CFDT et 6 FCFA dans les zones SATEC dans le cas où l'encadrement devrait être déduit du prix au producteur. - hh - Tableau 1h: NORMES ET COUT D IENCADREMNT 1. Dans l'ORD de la Volta Noire 1/ (CFDT; CIDR dans le cercle de Houndé) 1967/68 1968/69 (millions de FCFA) Valeur de la production commercialisée 304,8 522,2 Dépenses totales de l'ORD pendant la campagne 153,3 151,5 (en FCFA) Dépenses de l'ORD pour 100 FCFA commercialisés 50 30 Dépenses de l'ORD par kg de coton commercialisé 15,5 8,8 Prix pondéré de kg de coton 31 30,5 Dépense de l'ORD par hectare de coton 6.800 5.500 Superficie cotonnière par encadreur (hectares) 255 220 2. Dans 1'ORD de Koudougou 2/ (SATEC) Valeur de la production commercialisée n.c. 181 Dépenses totales ORD 11h (en FCFA) Dépenses ORD pour 100 FCFA de production commercialisée " 63 Dépense encadrement ORD par kg de coton commercialisé 3/4 18 Revenu net du producteur pour 1 kg de coton (payé 30 FCFA) 23,7 Dépense ORD par hectare de coton 8.000 Frais de production par hectare de coton 6.320 Superficie cotonnière (en hectares) par encadreur 110 3. Dans 1'ORD de Gaoua / Valeur de la production commercialisée 19,3 40,2 Dépenses totales de l'ORD 21,5 29,5 (en FCFA) Dépenses ORD pour 100 FCFA de production commercialisée 111 74 Dépenses d'encadrement par kg de coton commer- cialisé 5/ 52 22 Dépenses ORD par ha de coton 14.000 8,500 Frais de production pour 100 FCFA de production commercialisée 17 14 Superficie cotonnière par encadreur (hectare) - 85 - cont. - - 45 - h. Dans la zone arachidière de l'IRHO / 1961 1967 Superficie d'arachide par encadreur (en ha) 50 100 Nombre d'exploitations par encadreur 78 200 Dépenses totales d'encadrement (en FCFA): par hectare encadré 1h.000 6.5o0 par exploitant encadré 9.300 3.600 par kg de production commercialisée par 1'IRHO 12 6,3 par kg de production supplémentaire due à l'encadrement 1h 9,6 Prix du kg payé au producteur 18 16,5 1/ Données de base 1967/68 et 1968/69. Production commercialisée: 9.271 t et 17.128 t; superficie: 22.500 ha et 27.250 ha; rendement 4h kg/ha et 628 kg/ha; prix pondêré selon pourcentage des 1er et2éme choix 31 FCFA et 30,5 FCFA; dépenses ORD pendant la campagne 153,3 millions de FCFA et 151,5 millions de FCFA; encadreurs 88 et 12h; frais de production par hectare 6.320 FCFA. 2/ Données de base. Production comnercialisée en 1969: coton 5.731 t à 30 FCFA/kg; arachide 510 t à 16,5 FCFA/kg; sêsame 15 t à 26,7 FCFA/kg, Budget ORD 11h millions de FCFA. Nombre d'encadreurs 120. Valeur de la production de coton commercialisé 176,7 millions de FCFA. Superficie en coton 13.200 ha. Rendement moyen en coton h33 kg/ha (coton: source CFDT). 3/ Les dépenses affectées à l'arachide et au sésame ont été décomptées en proportion de leur contribution à la valeur totale de la production cormmercialisée. h/ Données de base: Production commercialisée, années 1968 et 1969; coton 327 t, 1069 t; valeur 2,8 millions, 32 millions; arachide 320 t, 218 t, valeur 4,8 millions, 3,3 millions; paddy 270 t, 220 t, valeur h,6 mil- lions, 3,7 millions. Superficie en coton 1968, 1.200 ha, 1969 2.800 ha. Nombre encadreurs. 5/ Par approximation, on a affecté au coton une part des dépenses proportion- nelle à la part du coton dans la valeur totale de la production cormercia- lisée, soit environ 17 millions en 1967/6ù et 23,5 millions en 1968/69. 6/ Les données ci-dessus se rapportent au secteur de Banfora. Les données bru- tes sont les suivantes pour 1961 et 1967: superficie encadrée 302 ha et 1.112 ha; augmentation de rendement à l'hectare par rapport à la moyenne traditionnelle 1.000 kg et 680 kg; prix de l'arachide au producteur 18 FCFA et 16,5 FCFA; nombre de producteurs encadrés h67 et 2.026; dépenses totales du secteur (FAC + BN) h,23 millions de FCFA et 7,23 millions de FCFA (ex- primé en kg-coque). Sources: Pour 1, Rapport de CFDT et Plan; pour 2, Rapport d'activité et comp- tabilité SATEC;pour 3, Rapport d'activité CIDR et Min. Agriculture (DDR), Rapport sur les op'rations de Diébougou-Gaoua; pcur h, Rap- ports annuels de l'IRHO. - 46 - Le coût de l'assistance techni2ue étrangère 115. Bien que nécessaire en l'absence de cadres nationaux formés en nombre suffisant, l'intervention d'experts extérieurs présente des inconvé- nients parmi lesquels en particulier: - des disparités dans l compétence professionnelle des agents d'assistance technique, le recrutement d'agents de valeur s'ave- rant de plus en plus difficile et leur insertion dans les ser- vices voltalques n'étant pas toujours très satisfaisante; - le coût élevé de cette assistance technique tant en frais de fonc- tionnepent qu'en salaires qui en rend le financement impossible par le budget voltaïoue s'il était appelé à moyen terme à prendre le relais des financementes extérieurs avant d'avoir pu former des cadres nationaux moins onéreux; - l'efficacité parfois contestable d'experts apparemment bon marché, comme les jeunes "militaires du contingent", I/ dont le manque d'expérience ne permet pas de rentabiliser les crédits de fonctD on- nement souvent importants dont ils disposent. Le développement agricole et la recherche agronomique 116. Malgré les moyens relativement réduits dont ils ont disposé, les instituts de recherche agronomique ont déjà mis au point des techniques in- téressantes pour les actions de vulgarisation. Cet effort doit être main- tenu. 117. Dans le domaine des cultures vivrières, les essais de fumure ont montré les limites des possibilités, compte tenu des prix relatifs des en- grais et des céréales. Des sélections ont été entreprises pour créer des sorghos hybrides tirant parti de la haute productivité des variétés améri- caines à grain farineux mais gardant le grain vitreux et le goût des varié- tés locales. Ces hybrides stables pourront être vulgarisés dans quelques années; ils donneront un rendement de 20 à 30 pour cent supérieur. Il existe des sorghos farineux originaires d'Ouganda qui donneraient en Haute Volta des rendements de 50 à 100 pour cent supérieurs à ceux des variétés traditionnel- les; les essais n'ont pas été poussés très loin car leur goût était estimé inacceptable par les cultivateurs. Or ceux-ci ont bien consommé les sorghos américains importés des Etats-Unis lors des famines; de mêie la consommation directe de sorghos rouges, normalement réservés à la fabrication de bière, se développe. Il aurait donc été opportun d'essayer la vulgarisation des sorghos farineux en laissant les cultivateurs faire eux-mêmes un choix qui les concerne directement: faible production de sorghos traditionnels à goût / Ce sont de jeunes techniciens que l'Aide Française envoie au titre de Ser- vice Militaire obligatoire dans les Etats africains où ils remplissent des fonctions d'Assistance technique. Les salaires perçus par ces jeunes techniciens sont 4 à 6 fois plus faibles que ceux des cadres normaux de 1 'Assistance technique. - 47 - apprécié avec risque de disette à la période de soudure ou production abon- dante de sorghos moins bons mais assurant une alimentation régulière toute l'année. L'enjeu est assez important pour que la question soit clairement, posée. La réponse des cultivateurs aurait peut-être permis de simplifier ou d'éviter un programme de sélection long et coûteux. 118. Dans le domaine des cultures de rapport, l'amélioration des va- riétés devra être poursuivie en partant, suivant la méthode adoptée, d'in- troduction étrangère. Les doses de fumure et les techniques culturales à préconiser sont connues; il suffit de les préciser sur certains points (ty- pes d'engrais, assolements). Seule la phyllodie du cotonnier exige un ef- fort nouveau pour enrayer la progression de cette mycoplasmose. 119. La multiplication des semences a été bien organisée pour les cul- tures industrielles. Pour les cultures vivrières et pour les plantes four- ragères, il serait souhaitable de la mettre au point en liaison avec les ORD et les programmes de vulgarisation. Laisser cette multiplication à un institut de recherche qui devrait seulement en assurer le contrôle est une perte de temps pour un personnel qualifié déjà absorbé par de nombreuses activités plus délicates. L'extension des cultures fourragères sera cepen- dant limitée dans certaines régions par les difficultés de conditions na- turelles. C. Les projets en cours L'exécution du Plan 120. Les investissements prévus par le Plan 1967-70 dans le secteur du développement rural étaient de 7,8 milliards FCFA, soit 28,3 des inves- tissements totaux. Le Plan prêvoyait également que l'ensemble des res- sources du secteur rural progresserait au taux moyen de 3,3 pour cent et atteindrcit en 1970 52,5 milliards de FCFA. 121. Les exportations de produits agricoles en fin de Plan ont été ainsi estimées (pour les principaux produits): - 48 - Tableau 15: PROJECTIONS DU PLAN DES EXPORTATIOIS DE PRODUITS AGRICOLES ET DE L'ELEVAGE - EXPORTATION REELLE 1969 % Total Tonnage Tonnage valeur des prv aten Millions exportations prévu atteint FCFA prévues 1970 1970 1969 (1000 t) Animaux vivants 3.800 ) - - a/ ) Viande (carcasse) 300 ) 56 1,7 Cuir et peaux 100 ) - - Coton égrené 1.500 ) 15 8,7 Graine de coton 200 ) 22,6 10 10 Arachides décortiquées 800 10,6 20 8 Légumes et fruits 190 2,5 - - Karité 150 ) 2,5 10 ) Huile karité 4o ) 5 ) 10,6 Tourteaux divers 50 0,7 - - a/ Exportation d'animaux vivants 1969: 12.000 bovins 6.250 ovins 1.350 caprins 122. L'évaluation voltaïque des réalisations du Plan pour la période 1967/68 retient queun retard sensible a été pris. Selon les prévisions, lensemble du Plan pourrait prendre un an de retard. Les actions de déve- loppement rural du Plan ont en fait consisté principalement à financer les programmes des ORD. Certains projets spécifiques cependant ont été mis en oeuvre pendant la période du Plan. Ces projets sont soit en coursde né- gociation en vue de leur financement (projet Volta Noire), soit envisagés et encore plus ou moins probables. Leur situation actuelle est brièvement analysée ci-après. - 49 - Le projet de développement cotonnier de Bobo-Dioulasso/Volta Noire 123. Ce projet fait l'objet d'un dossier de financement pré- paré par la CFDT et soumis par le gouvernement de la Haute Volta à la BLR.D. Le projet original porte sur les ORD de Dedougou et de Bobo-Dioulasso soit environ 58.000 km2 et 55.000 exploitations comp- tant 800.000 personnes. La production de coton-graine a été d'environ 19.000 tonnes en 1968-69, en augmentation rapide après un effort persévé- rant de vulgarisation (4.200 tonnes en 1965-66). Le niveau technique des cultivateurs a nettement progressé pendant ces dernières années et le ren- dement moyen est passé de 360 - 360 kg/ha à 550 kg/ha grâce à l'emploi des techniques améliorées. Le projet a pour objectif de porter la production cotonnière à 75.800 tonnes au bout de la sixième année avec un rendement moyen de 840 kg/ha, en continuant la vulgarisation des méthodes déjà con- seillées: pulvérisations insecticides, fumure minérale, culture attelée. En outre la production vivrière augmentera grâce aux effets résid-uels des fumures et à la désinfection des semences. l/ Tableau 16: OBJECTIFS DE LA CULTURE DU COTON DANS LES ORD DE VOLTA NOIRE ET DE BOBO-DIOULASSO 1968 1975 Surface totale (ha) 34.400 88.200 Rendement (ha) 550 840 Productions (tonnes) 19.000 75.8oo Surfaces avec traitements insecticides seulement (ha) 7.000 32.600 Surfaces avec traitements insecticides et fumure (ha) 7.500 24.700 Surfaces avec traitements insecticides fumure minérale et culture attelée (ha) 7.200 Surfaces avec méthodes traditionnelles non améliorées (ha) 19.900 23.700 ./ Les chiffres indiqués dans les paragraphes 123 à 125 se rapportent au pro- jet originairement soumis à la BIRD. Le Rapport No. PA-58 de la Banque intitulé "West Volta Cotton Project: Upper Volta", en date du 8 septembre 1970, contient des détails sur le projet révisé par la mission d'évaluation de la Banque. - 50 - 124. L'encadrement nécessaire devra comprendre: 7 cadres supérieurs (fournis par la CFDT), 12 chefs de secteurs, 53 chefs de sous-secteurs, 287 vulgarisateurs et 34 employés administratifs. Il faudra construire 9 logements, 2 bureaux, 32 hangars pour la collecte et 4 silos centraux. La dotation initiale de véhicules supplémentaires est de 9 voitures pour le personnel et 6 camions. Deux usines d'égrenage (capacité annuelle to- tale 50.000 tonnes) devront être construites. Il faudra enfin améliorer certains passages des pistes de collecte. Les investissements totaux sont évalués à 930.976.000 FCFA dont 16 pour cent pour les bâtimients et le matériel, 52 pour cent pour les usines et 32 pour cent pour les pistes. Les dépenses annuelles de fonctionnement du projet (personnel, bureaux, véhicules, par- ticipation aux frais de recherche agronomique) passeront de 52.054.000 FCFA la première année à 344.335.000 FCFA la sixième année. Les dépenses annuel- les prises en charge directement par les cultivateurs (engrais, insectici- des, matériel) passeront de 246.273.000 FCFA la première année à 469.130.000 FCFA la sixième année. 125. La valeur ajoutée au niveau des exploitations passera de 3.774.000 FCFA en 1970 à 4.676.000 FCFA en 1975. Le revenu monétaire net des meilleures exploitations passera de 15.000 FCFA à 95.000 FCFA par an. Le taux de renta- bilité économique prévu est de 46 pour cent au prix actuel du coton, compte te- nu d'une hypothèse de bcissc du prix de coton, le taux de rentabilité serait ramené à 28 pour cent. Tableau 17: EVALUATION DE LA PRODUCTION COTONNIERE EN HAUTE VOLTA 1969 - 1985 1969 1975 1980 1985 Cbjectif Haute Volta 1980 - - 120 - Zone du projet 19,3 75,8 95 119 Reste de la Haute Volta 12,7 - 25 - Dans la période 1969-1980 la production cotonnière dans la zone du projet devait augmenter au taux annuel de 15 pour cent. Ce taux ne devait être que de 6,5 pour cent pour le reste du pays. Le projet de développement sucrier de Banfora 126. Le projet sucrier de Banfcra doit conduire à la réalisation d'un complexe agro-industriel devant déboucher sur une usine d'une capacité de 15.000 tonnes de sucre par an, pouvant être portée ensuite à 20.000, 25.000 puis 30.000 tonnes en fonction du développement du marché commercial de la - 51 - Haute Volta cui sera en 1973 de l'ordre de 15.000 tonnes. Ce projet a été rendu possible à la suite d'études et d1expérimentations conduites depuis 1965 par la Société d'Etudes du Sucre en Haute Volta (SESUHV) avec un budget global de 105 millions de FCFA. 1 La production est destinée d'une part à satisfaire en partie le marche national, d'autre part, tout au moins au cours des premières années d'exploitation, à l'exportation vers le Nord de la C8te d'Ivoire. 127. Le projet sucre entraînera trois grands investissements: (1) hydraulique pour l'amenée des eaux du Yanon et de la Comoé (coût provisoire 600 millions de FCFA); (2) implantation de canne à sucre qui portera sur 1.500 puis 3.000 ha de culture avec un réseau d'irrigation sous pres- sion et un ensemble d'équipement en matériel agricole et de transport (environ 700 millions de FCFA); (3) l'usine et les services généraux pour une production jour- nalière de 120 à 130 tonnes de sucre (environ 1.700 millions de FCFA), soit au total un programme global de 3 milliards de FCFA. 128. La convention d'agrément signée en octobre 1968 prévoit que le projet serait entrepris par la SOSUHV dont l'Etat voltàique posséde- rait 33 pour cent des actions, le reste appartenant en majorité aux Grands Moulins de Paris. L'Etat voltaïque apporterait les terrains (10.000 ha estimés à 13.000 FCFA l'hectare), l'équipement hydraulique et fournirait l'eau à la plantation. Le programme financier envisagé serait le suivant: (a) financement spécial de l'infrastructure de captage des eaux d'irrigation (en dehors du programme financier agro-indus- triel à la charge de la Haute Volta: 600 millions de FCFA); (b) expropriatinn des terrains à la charge de la Haute Volta; g/ (c) programme financier de 2.400 millions de FCFA, dont 30 pour cent assurés par le capital: 720 millions; 70 pour cent sur crédits, soit 1.680 millions répartis pour 2/3 en long terme (20-25 ans), 1/3 crédit sur 10 ans. 1/ Voir en Annexe 1, Tableau XII. g/ On notera qu'aucun coût n'a été prévu pour la réinstallation des agri- culteurs expropriés. - 52 - 129. Le programme prévoit la plantation de 1.500 ha en 1971 et 1.500 ha en 1972. Le rendement moyen sur la base des essais réalisés devrait at- teindre 8 tonnes de sucre par hectare et pourrait monter à 9 ou 10 t/ha ce qui est excellent. Une première parcelle de multiplication de boutures serait plantée en novembre 1969 pour arriver à planter 1.500 ha en septem- bre 1971. Six coupes successives seront faites sur une même parcelle avant de la replanter. En culture irriguée, le rendement annuel estimé en cannes est de 70 t/ha à 12 pour cent de sucre; avec des variétés très bien adap- t's aux conditions locales il pourrait atteindre 90 à 100 tonnes. Il est prévu d'épandre annuellement 140 kg d'azote, 140 kg d'acide phosphorique et 40 kg de potasse par hectare. La plantation emploiera près de 1.000 ouvriers en pleine production. Le nombre d'emplois créé par l'usine n'a pas encore été évalué. Comme première étape du programme, une agglomére- rie de 15.000 t et d'un coût global de 300 millions de FCFA, fonctionne depuis octobre 1969. Le sucre traité est importé du Congo-Brazzaville. Tableau 18: PROJECTIONS DE LA CONSOMMATION ET DE LA PRODUCTION 1968 1969 1970 1971 1972 1973 Consommation (1.000 t) 10,5 11,2 12,3 13,2 l4,1 15 Production (1.000 t) - - - 7 12 15 Investissements sucriers (millions de FCFA) 180 425 448 1.897 50 - Source: Conseil OCAM sucre. 130. Le projet sucrier pourrait être justifié par les lourdes charges que représente l'importation de sucre pour la Haute Volta. En application des accords OCAM les pays importateurs sont tenus de réaliser 70 pour cent des importations dans la zone OCAM à un tarif supérieur au cours mondial (50.000 FCFA la tonne c.a.f. Abidjan). Ces pays sont également tenus de percevoir une taxe de 4.500 FCFA par tonne de sucre achetée au cours mondial (34.650 FCFA en 1969). Cette taxe alimente la caisse de péréquation OCAM. L'accord OCAM entraine donc pour la Haute Volta une dépense au bénéfice des pays producteurs de 140 millions de FCFA. I/ Sur le plan national un fonds de régularisation permet de normaliser le prix de détail du sucre provenant des différentes zones. 1/ Importation prévue 1969/70: 11.000 tonnes. Différence cours OCAM-cours mondial CFAF 15.350 x 7.700 t = 125,9 millions de FCFA. Taxe 3.300 t x 4.500 FCFA = 14,8 millions de FCEZ. - 53 - 131. La répartition prévisionnelle des charges du projet apparaît de- pendant discutable:il n'est par exemple prévu d'amortir l'équipement hydrau- lique à charge de l'Etat soit sur les bénéfices de la plantation, soit par la vente de l'eau. La Haute Volta peut ainsi rencontrer des difficultés pour financer sa contribution. 132. Le projet se heurte de plus à un problème social: la plantation exige le dépacement de bons agriculteurs qui demandent des indemnités élevées pour les palmiers reniers situés sur les terres à exproprier. On notera encore quiune superficie importante d'environ 10.000 ha, est requise pour seulemünt 3.000 hE utiles de p1clnt.tion. 1/ Dans un p&ya où la bonne ter- re est raro, la vnlorisation de la superficie expropriée parcît insuffisante et purr-it être améliorée par l'addition d'un programme d'élevage intensif. 133. En définitive la justification du projet dépend essentiellement du bénéfice qu'en tirerait l'économie voltalque et pour cela il importe de connaître: (1) le prix de revient prévisionnel du sucre ainsi produit, compte tenu de tous les coûts, y compris l'eau d'irrigation. En l'absence de tout compte prévisionnel d'exploitation, il n'est pas encore possible d'évaluer ce prix de revient ni de le comparer aux prix actuels des sucres importés; (2) les ressources budgétaires nettes dont bénéficieraient l'Etat voltaique, en les comparant à celles que l'importa- tion de sucre induit directement et indirectement dans le contexte actuel; (3) la viabilité économique de l'opération annexe d'embouche in- tensive (feed-lot) envisagée pour valoriser les sous-produits de la production sucrière. Cette opération serait peut-être susceptible d'améliorer la rentabilité d'ensemble du projet. 134. Il apparaît donc prématuré en l'état actuel de l'étude technique et économique en cours de prendre position sur ce projet. Un solide dos- sier technique, financier et économique complet doit être établi si la Haute Volta veut pouvoir présenter ce projet sucrier à lexamen des sources exté- rieures de financement et apprécier l'intérêt pour l'économie nationale de la création d'un complexe sucrier à Banfora. Le projet d'huilerie de Bobo-Dioulasso 135. Le projet a pour objet la création à Bobo-Dioulasso d'une nouvelle huilerie d'une capacité de trituration d'au moins 20.000 tonnes d'oléagineux 1/ L'entreprise a en effet sélectionné les meilleures terres. Celles ci étant très dispersées il a été jugé nécessaire pour faciliter le réseau de desser- te et pour éviter toute pénétration dans la plantation, de former un péri- mètre unique englobant toutes les zones plantées. - 54 - Le propriétaire de l'usine serait la Société des Huiles et Savons de Haute Volta - CITEC. La convention d'agrément a été signée en juin 1969. L'usine prévoit de traiter 15.000 tonnes de graines de coton, 2.200 tonnes d'amandes de karité, 2.800 tonnes d'arachides décortiquées. Sacapacité pourra passer à 40.000 tonnes suivant la progression de la production cotonnière. Les 20.000 tonnes triturées fourniront: 750 t d'huile de coton destinée à la savonnerie 240 t d'huile coton-arachide pour le marché local 1.033 t semi-raffinées pour l'exportation 5.326 t de tourteaux de coton (prix usine: 10.000FCFA/t) 748 t de tourteaux d'arachide (12.500 FCFA/t) 136. Le coût de l'usine est de 750 millions de FCFA dont les 2/'3 en matériel. Le financement a été ainsi envisagé: 1/3 court terme, fircé par le groupe Boussac (propriétaire de la CITEC); 1/3 moyen terme en crédit fournisseur; 1/3 long terme financement extérieur que le gouvernement de la Haute Volta s'est engagé à solliciter. Le FAC et le FED se sont ré- cusés en raison du coût trop élevé du projet. La justification économique du projet n'a pas encore été établie: elle devra reposer sur l'avantage éventuel pour la Haute Volta d'exporter de l'huile plut8t que des graines, compte tenu des coûtsde transformation entraînés, ainsi que sur les prix auxquels pourraient être placés les tourteaux sur les marchés d'exporta- tion et sur le marché local. Autres projets 137. Le projet minoterie. Le groupe des Grands Moulins de Paris a préparé un projet de minoterie d'une capacité de 1.600 qx par jour. La mi- noterie traiterait 1.200 qx par jour de blé importé mélangé à 400 qx de mil et sorgho. Les résidus seraient transformés en aliments du bétail, destinés à l'exportation ou peut-être en partie à un projet d'élevage dans la région de Banfora. L'investissement serait de 500 millions de FCFA provenant entiè- rement du marché des capitaux privés. L'usine devrait fonctionner à la fin de 1970. 138. Le .projet maraîchage. Un projet de développement de la culture maraîchère est actuellement soumis au FAC. Le projet prévoit la mise en culture de 150 ha: 50 ha en aval du barrage de Loumbila !/ (dont la construc- tion sera financée par le FED) et 100 ha dans la plaine de Banankeledaga. / Les producteurs des coopératives maraîchères de Ouagadougou et de Bobo- Dioulasso seraient installés dans les zones du projet. La production atten- due edt principalement destinée à l'exportation vers la Càte d'Ivoire. On peut cependant craindre que ce marché ne soit vite saturé par la production ivoirienne également en accroissement rapide. De nouveaux marchés, européens notamment, seraient nécessaires pour absorber la production ajoutée par le projet. Si la mise en oeuvre de projets de cette taille paraît incompatible A 20 km au nord de Ouagadougou. A 17 km au nord de Bobo-Dioulasso. - 55 - avec les perspectives des marchés tant voltai'ques qu'extérieurs, il n'en demeure pas moins vrai que l'élaboration dans le cadre des ORD de projets plus modestes permettraient de satisfaire une demande locale en expansion constante, notamment dans tous les centres urbains et chefs lieux de cer- cles. Tableau 19: LE PROJET MARAICHAGE (en tonnes) Production pour l'expor- Importations an- tation ajoutée par le nuelles d'Abidjan projet en 1975 a/ Haricots 108 160 Melons 96 Fraises 48 Tomates 240 - Carottes, navets 405 580 Choux, choux-fleurs 256 620 Poireaux 200 120 Salades 200 350 a/ D'après une enquête SEDES. Source: Ministère de l'Agriculture. - 56 - III. LES POSSIBILITES DE DEVELOPPEMENT AGRICOLE A. Les perspectives économiques L'évaluation du potentiel économique 139. L'évaluation des possibilités de développement agricole se heurte à des lacunes considérables en matière d'étude, à des incertitudes quant à la valeur des données, à une préparation insuffisante de programmes ou de projets de développement. La situation actuelle est mal connue et les études concernant notamment les sols, la production agricole, ltélevage et ses rapports avec l'agriculture, la population rurale et les mouvements de population, sont nettement insuffisantes. De plus les études réalisées (comme dans le domaine de l'expérimentation agronomique) restent en grande partie inexploitées. Une meilleure évaluation du potentiel apparaît donc comme un préalable à tout programme de développement à long terme. Dans l'immédiat on doit se limiter à une identification approximative des pos- sibilités et des programmes d'action. 140. Cependant, aucun programme demandant des investissements impor- tants ne devrait être entrepris sans un minimum de renseignements permettant de fixer nettement les grands problèmes, de définir les grandes lignes des solutions à adopter et de contr8ler les résultats obtenus. Les données in- dispensables d'une enquête agricole seraient: - le nombre d'exploitations agricoles; - le nombre de personnes actives et le nombre total de personnes; - la surface cultivée et sa répartition entre les productions; - le rendement par hectare des principales cultures. Ves renseignements peuvent être obtenus par enquêtes régionales légères, par sondage, effectuées si possible toutes la même année en vue de dispo- ser d'une base statistique homogène, sinon étalées sur plusieurs années. Les résultats devront ensuite être mis à jour régulièrement par un contrô- le annuel sur un sous-échantillon. lu. L'évaluation du potentiel économique serait amplement facilitée par la mise sur pied d'un bureau de documentation. En effet, de très nom- breuses études intéressantes ont été faites en Haute Volta. Les rapports sont souvent épuisés ou dispersés entre les différents services intéressés. Des informations risquent d'être perdues ou des travaux longs et coûteux peuvent être recommencés inutilement. Il serait souhaitable de demander à une équipe de spécialistes de faire un inventaire et une rapide analyse de tous ces rapports. La reproduction partielle ou totale des documents d'in- térêt général permettrait de fournir à tous ceux qui le demanderaient les exemplaires dont ils ont besoin. - 57 - La demande et les objectifs possibles de production La demande intérieure 142. L'évolution à moyen et long terme de la demande intérieure pour les produits essentiels de consommation alimentaire permet de fixer par voie de conséquence des objectifs de production. La demande intérieure minimum en produits vivriers de base devrait normalement suivre la crois- sance démographique, soit 2,1 pour cent par an. On pourrait en conséquen- ce estimer que la production de sorgho et mil passera de 830.000 tonnes en 1970 à environ 1,04 millions de tonnes en 1980. Il ne semble pas qu'il faille attendre une augmentation per capita de la consommation de sorgho et de mil. Le maîis devrait par contre suivre une courbe de progression plus rapide, au minimum au rythme de 4 pour cent par an, pour tenir compte d'une demande croissante. Les tendances actuelles montrent qu'en regard d'une relative stabilité de la demande en céréales de base, on doit s'at- tendre à certains déplacements de consommation. Ils proviendront de la dépense de revenus monétaires qui résulte, tant en milieu urbain que rural, des effets induits de la distribution des salaires de la fonction publique et des revenus de la commercialisation du coton ou de cheptel. Ceci crée une tendance de la demande urbaine vers le riz, la viande, les fruits et légumes, et de la demande rurale vers le riz, aliment de prestige, et cer- tains légumes. Les effets sur le revenu du programme de développement du coton et d'une meilleure commercialisation du bétail ne feraient que con- firmer ces tendances. Ainsi, par exemple, du seul fait du coton commer- cialisé en 1980 le revenu monétarisé d'un rural pourrait augmenter de 17 pour cent. 1/ On estime en conséquence qu'un doublement de la production de riz en 10 ans, Qui apparaît comme un objectif raisonnable, 9/ ne ré- pondra probablement pas à la demande et ne supprimera pas les importa- tions. En matière de consommation de protéines animales, on se reportera au rapport élevage. La demande intérieure de fruits et légumes vers 1980 n'est pas quantifiable mais on peut tabler sur un marché urbain et rural. 143. En ce qui concerne l'arachide, on ne prévoit pas d'augmenta- tion des exportations, d'autant plus que le développement du coton en l'ORD de Bobo-Dioulasso aura pour conséquence prévisible de réduire les surfaces consacrées à l'arachide (moins rémunératrice pour le paysan). On tient compte essentie llement de la consommation intérieure pour laquelle on propose le rythme de 2 pour cent, soit une production 1980 de 90.000 tonnes environ. Enfin, la consommation de sucre estimée à 12.000 tonnes en lf Population rurale en 1960: 5,5 millions. Revenu monétarisé par habi- tant, production supplémentaire de coton exclue, supposé sans change- ment: 1.900 FCFA, soit un revenu monétarisé total d'environ 10,h mil- liards de FCFA. Production supplémentaire de coton: 90.000 tonnes à 25 FCFA/kg payé au producteur; 20 FCFA de revenu net. Total du reve- nu monétarisé nouveau: 1,8 milliard . Z/ Cet objectif se décompose en (a) augmentation des rendements sur les 40.000 ha actuellement mis en culture; (b) aménagement en 10 ans de 10.000 nouveaux hectares de bas-fonds irrigués. - 58 - 1970, doublerait pour atteindre 24.000 tonnes en 1980, suivant les pro- jections établies par 11OCAM. Le marché extérieur 144. La CFDT s'est fixée un objectif de production de coton de 120.000 t en 1980. Cet objectif parait être un maximum à ne pas dépas- ser d'une part en raison de la fragilité du marché, d'autre part en rai- son de la concurrence que sont appelés à se faire les différents Etats de l'Afrique de l'Ouest engagés dans une même politique cotonnière pou- vant provoquer à long terme une baisse des prix. On notera que la réa- lisation de cet objectif devrait impliquer une répartition régionale de la production à atteindre, de façon à faire bénéficier le plus grand nom- bre de régions de la production cotonnière (86 pour cent de la production proviennent actuellement de deux ORD, Kaya et Volta Noire). 145. En ce qui concerne les oléagineux, les perspectives de marchés sont étroites. Aucune progression notable n'est à attendre pour l'ara- chide dont les prix peu rémunérateurs devraient inciter les paysans à ne pas étendre les surfaces cultivées en vue de l'exportation. Les ventes de sésame de même ne paraissent pas destinées à progresser. La production de graines de coton augmentera rapidement si la Haute Volta réalise l'am- bitieux programme qu'elle a entrepris. Llexportation de ces quantités nouvelles sera intéressante si les prix couvrent au moins les coûâts de commercialisation et de transports. En ce qui concerne le karité, la Haute Volta pourrait, selon les industriels de la CITEC, placer 40.000 tonnes sur le marché mondial. Cela n'est guère considérable, mais im- plique un gros effort pour améliorer la collecte et le tri des amandes. 1146. En tout état de cause, le marché extérieur voltaïque restera dominé par la viande à destination des pays côtiers. La Haute Volta est en effet appelée à tirer des revenus substantiels de la viande produite sur son territoire et aussi de la valorisation du bétail malien et nigé- rien en transit. La transformation des produits 147. La politique de développement de la production agricole doit inclure un effort en matière de transformation des produits pour répondre à la demande. Dans ce domaine cependant un effort important a déjà été fait ou est en cours: (a) transformation des fibres de coton: usine Voltex qui doit répondre à la demande intérieure; (b) transformation des produits oléagineux. L'usine CITEC répond actuellement à la demande. L'extension prévue de- vrait travailler en partie pour l'exportation; - 59 - (c) farines: projet de minoterie (Grands Moulins de Paris). Inclusion du mil et du sorgho dans la farine de froment; (d) sucre: projet SOSUHV dans la région .de Banfora; (e) rizerie: un effort est à faire pour améliorer le décorti- cage en milieu rural. Projections 148. Les estimations (très approximatives) des tendances de la de- mande peuvent être traduites en objectifs possibles de production vers 1980. 1/ Ces objectifs pourront être atteints par une amélioration des rendements mais devront également induire une augmentation des superfi- cies cultivées. Les rendements améliorés prévisibles en 1975 et en 1980 peuvent être choisis en fonction des niveaux techniques définis par les programmes de vulgarisation. En 1980 il est peu probable que le rende- ment moyen dépasse celui obtenu avec des semis bien faits, une fumure mi- nérale et, dans le cas du coton, des traitements insecticides. En 1975 le rendement maximum peut être estimé égal à la moyenne arithmétique des chiffres retenus pour 1970 et 1980: Tableau 20: PROJECTIOU DES RENDEMENTS POSSIBLES Rendement Rendement Rendement national moyen amélioré amélioré en 1970 en 1975 en 1980 (kg/ha) (kg/ha) (kg/ha) Sorgho 550 715 875 Mil 500 650 800 Coton-graine 425 5b5* 750 Riz 900 1.200 1.500 Mais 600 775 950 Arachide-coque 700 830 950 149. Sur cette base, on a établi le tableau ci-après qui évalue les superficies qu'il sera nécessaire de cultiver en 1980 dans deux hy- pothèses avec ou sans amélioration du rendement. On observe que sans amélioration des rendements la superficie cultivée devra être augmentée l/ Voir Annexe 1 - Tableau XIII. - 60 - de près de 40 pour cent alors qu'avec amélioration des rendements la su- perficie resterait approximativement égale à celle cultivée en 1970. La première hypothèse risquerait de compromettre à long terme le capital sol de la Haute Volta. Une mise en culture de 700.000 ha supplémentaires d'ici 10 ans ne pourrait en effet se faire qu'en réduisant considérablement les jachères dans les zones les plus peuplées. La seconde hypothèse par ail- leurs parait irréaliste dans le délai d'une décennie. On peut en consé- quence supposer une double tendance d'amélioration de la productivité et d'extension des superficies qui porterait la superficie cultivée aux en- virons de 2,2 millions d'hectares. L'augmentation de 300.000 ha pour ne pas se faire aux dépens des jachères dans les zones de forte densité de- vrait être répartie pour une part dans les zones de faible densité (Fada N'Gourma, Est, Sud-Ouest) et pour une seconde part dans les zones vides (Volta Blanche, Volta Rouge). Un projet de colonisation des zones vides dimensionné.·sur les besoins de la Haute Volta en 1980 devrait ainsi aug- menter la superficie cultivée de 150.000 à 200.000 ha. Cela demanderait une superficie totale, incluant la jachère, de 600.000 à 800.000 hecta- res. Cette extension concernerait 400.000 à 500.000 habitants ruraux. i/ Tableau 21; EST-IATION DES SUPERFICIES CULTIVEES EN 1980 a/ (en milliers d'hectares) 1970 1980 Superficie Superficie cultivée Superficies culti- cultivée sans amélioration vées avec améliora- des rendements tion des rendements Sorgho ) 1.400 1.000 800 Mil ) 680 425 Mais 150 260 170 Fonio 4O 50 50 Coton 80 260 160 Riz 40 80 55 Arachide 100 100 90 Sésame 30 30 30 Total 1.65o 2.460 1.780 a/ Chiffres de superficie approximatifs et arrondis. l/ Sur la base d'une superficie cultivée par habitant de 0,h0 ha. - 61 - B. Une nécessité à long-terme: l'Association agriculture-élevage La politique et l'association agriculture-élevage 150. L'association agriculture-élevage apparaît comme un des thèmes majeurs d'une politique globale de développement agricole. Son importance est démontrée par la nécessité d'une meilleure productivité du cheptel pour satisfaire les besoins en viande, par la nécessité également d'une meilleure répartition du parcours, des jachères et des cultures alors que 1 'extension des surfaces cultivées est en concurrence avec les systèmes d'élevage ex- tensif pratiqués. Sans une telle intégration, l'élevage qui fournit actuel- lement le produit majeur des exportations voltaïques, diminuerait fortement dans les zones à moyenne et forte densité de population et le pays pourrait alors devenir importateur net de viande dans moins de 20 ans. L'association agriculture-élevage se justifie également dans la mesure où elle peut à long terme permettre une mutation socio-économique de l'exploitation en lui fournissant l'énergie animale, la fumure organique et lui permettant une diversification par l'introduction de la culture fourragère. De plus, le calendrier des travaux et l'augmentation des revenus monétaires se trouve- raient favorisés par l'entretien permanent de l'animal et par la production de viande. 151. Il n'existe actuellement aucune politique globale d'association agriculture-élevage en Haute Volta. Seule une action partielle a été tentée en introduisant la culture attelée chez les agriculteurs comme un moyen d'accroître la production végétale. Cette action s'est traduite par un échec total de la traction asine et par une certaine expansion (mais encore très lente) de la traction bovine dans les zones les plus favorables. L'é- volution de l'effectif des bêtes de traits apparaît ainsi: Tableau 22: BETES DE TRAIT EN HAUTE VOLTA Bovins Anes Chevaux 1965 4,000 8,000 50 1969 6, 500 8,100 50 Cette action n'a pas encore été de nature à transformer profondément l'agri- culteur, à l'exception de rares élites paysannes. Si les réussites obtenues après de longues années dans certains pays (Mali, Sénégal, Tchad, Cameroun) encouragent à persévérer, il faut cependant souligner que de nombreux pro- blèmes restent à résoudre et que l'action devrait changer de dimension - 62 - pour que se réalise une véritable intégration de l'agriculture et de l'éle- vage. L'effort à faire devrait porter sur l'aménagement des structures agraires pour y insérer l'élevage, ltamélioration fourragère, sur l'adapta- tion de la traction animale, sur les actions zootechniques (alimentation, soins), sur 1tencadrement. L 'aménagement des structures agraires et l'insertion de ltélevage 152. En dehors du Sahel et de ses franges où les propriétaires de cheptel sont en même temps les éleveurs, l'exploitation du cheptel dans le reste de la Haute Volta est dominée par une séparation presque complète des agriculteurs et des éleveurs. Les premiers détiennent la propriété des pâturages naturels (constitués, pour la plupart, de jachères dans les régions à forte densité de population) et possèdent la propriété d'une partie du cheptel. Les seconds, appartenant presque exclusivement à l'ethnie peuhl, exploitent les troupeaux des agriculteurs et obtiennent ainsi un droit (de fait le plus souvent) d'utilisation du pâturage pour leur propre cheptel. Les paysans qui gardent eux même leur bétail sont rares, sauf peut-être dans certains groupes Lobis. La répartition schématique actuelle du cheptel bovin serait la suivante: Tableau 23: REPARTITION DU CHEPTE[ BOVIN PAR ZONE EN 1970 Eleveurs traditionnels et autres éleveurs du Nord 600.000 à 700.000 bovins Bande centrale, peu propice au développement de l'élevage (dont par convention moitié du cheptel propriété des sédentaires, moitié du cheptel propriété des éleveurs) 800.000 bovins Sud-Ouest et Sud-Est, propices à des actions d'association agriculture-élevage 1.000.000 bovins Total 2.500.000 environ 153. Les uns et les autres restent donc dans une dépendance mutuelle très étroite mais ont des intérêts de plus en plus antagonistes lorsque la pression démographique s'accroît au-dlelà d'un point déjà atteint dans le plateau Mossi. A cela s'ajoute le "bétail divaguant" (notamment le bétail en transit) qui utilise le parcours sans droit d'usage, accentuant ainsi les conflits. Cette situation structurelle devrait être modifiée grâce à - 63 - l'association de l'agriculture et de liélevage. Celle-ci, en effet, supposerait: (1) que les troupeaux pâturant dans les zones de culture (zone cultivée + jachères) soient contrôlés par les agriculteurs de ces zones. Cette première condition permettrait seule une organisation plus rationnelle de l'utilisation des terres et un aménagement de la pâture. Le contrôle direct des troupeaux par les agriculteurs permettrait en outre aux institutions villageoises coutumières de jouer un rôle en matière de réglementation des déplacements du cheptel. ais, dans les zones surpeuplées, cela aurait pour conséquence soit la réduction, parfois même la dis- parition préalable du cheptel n'appartenant pas aux agri- culteurs, soit la sédentarisation de ce même cheptel si elle est démographicuement supportable; (2) la première condition étant réalisée, l'association supposerait alors que le problème soit abordé dans sa totalité et non, comne cela a été le cas jusqu'a main- tenant, par le moyen d'actions partielles telle que la culture attelée. 154. Aborder le problème agriculture-élevage dans sa totalité sig- nifierait que l'on établisse des plans d'aménagement agro-pastoraux. villa- geois ou intervillageois dterminant: (a) Le plan d'occupation du sol: zones de culture ouverte avec jachères naturelles, zones de culture intensive avec pos- sibilité de clôture, zones de parcours libres. (b) Un schéma de rotation des cultures et des jachères par blocs ou quartiers de terroir villageois de nature à fa- ciliter le gardiennage des cultures groupées et l'exploi- tation des jachères par le bétail. (c) La charge pastorale optimale sur les jachères naturelles et les parcours libres. (d) Le calendrier et le mode dtexploitation du parcours. (e) Un programme d'amélioration des pâturages (cultures four- ragères). (f) Un système de contrôle et de sanction assuré par les insti- tutions villageoises coutumières. (g) La surveillance et le gardiennage des troupeaux. - 64 - 155. On soiignerp cependant les difficultés considérables d'une telle évolution. Le cadre communautaire que supposent les plans d'aménage- ments villageois risque de ne pas être accueilli favorablement par des agriculteurs qui cherchent actuellement à secouer les contraintes collecti- ves traditionnelles en devenant de plus en plus individualistes. L'ïnté- rêt économique dtune organisation villageoise pourrait cependant être de nature à contrarier cette tendance. L'amélioration de l'alimentation du cheptel: le développement des productions fourragères 156. Les cultures fourragères posent encore de nombreux et difficiles problèmes techniques. Les recherches faites à Saria et à Farakoba montrent que dans la zone où la pluviosité annuelle moyenne est comprise entre 700 et 1000 mm le fourrage le plus rustique est "crotalaria juncea" (12 à 15 tonnes de matière verte par hectare et par an) et que, lorsque le sol est plus fertile, "pennisetum pedicellatumI" peut être utilisé (20 à 25 tonnes de matière verte par hectare et par an). En zone plus humide (Sud Ouest) "stylosanthes gracilis" et "1bracharia ruziziensis" donnent des quantités de matière verte plus fortes (30 à 35 tonnes) si les sols sont assez riches. Toutes ces plantes supportent mal le pâturage et, à l'exception du "stylo- santhes", se défendent mal contre les mauvaises herbes. Elles ne conm viennent donc qu'en prairies temporaires et doivent être fauchées. De plus la conservation du fourrage est difficile. L'ensilage est une technique délicate; il ne peut être pratiqué par un exploitant individuel car les pertes sont considérables dans une petite fosse; l'utilisation d'un silo collectif est très complexe. Les fourrages assez grossiers se prêtent mal à la fabrication d'un foin de bonne qualité. La culture fourragère demande un travail très important pour la préparation des terres, le semis, la coupe, le transport et la conservation d'une production assez faible et d'une valeur nutritive souvent médiocre. 157. Aucune plante introduite ne s'est avérée supérieure ou même comparable aux graminées locales (andropogon) pour la création de prairies permanentes en zone sèche. Aucune technique ne permet donc actuellement d'améliorer la production fourragère des jachères dans la zone où la plu- viométrie annuelle moyenne est de 700 à 1000 mm. Dans la zone plus hu- mide le "Stylosanthes" peut se maintenir mais sa production n'a pu être encore déterminée exactement. Si des variétés de sorgho à haut rendement étaient vulgarisées il pourrait être envisagé qu'une partie du supplément de production soit distribuée aux animaux. Dans le Yatenga où les ressources fourragères sont particulièrement réduites, les paysans donnent effective- ment un peu de grains aux boeufs de trait. Mais même si la production de sorgho augmentait sensiblement dans l'ensemble de la Haute Volta, les besoins de l'alimentation humaine sont tels que les surplus disponibles pour le bétail seront faibles et ne pourront servir qu'à compléter une ration qui devrait venir essentiellement des fourrages ou des sous-produits in- dustriels (issues de meunerie, tourteaux d'arachide, graines de coton, mé- lasses). - 65 - 158. Il faudrait en conséquence poursuivre et même développer les recherches sur les productions fourragères pour permettre à l'agriculteur d'entretenir correctement son bétail de tràit ou de rente: sélection d'es- pèces végétales adaptées aux conditions écologiques des différentes régions et spécialement des zones sèches; mise au point des techniques de culture compatibles avec les disponibilités en travail et en équipement; détermi- nation de la place optimum des productions fourragères dans l'exploita- tion en fonction de leurs effets économiques. 159. Les résultats acquis pourraient déjà être vulgarisés si la mul- tiplication des semences des espèces les plus intéressantes (stylosanthes, bracharia) étaient organisées. Ce travail est actuellement confié à l'IRAT qui ne peut le faire qu'au détriment de son activité propre de recherches et ne dispose d'ailleurs ni du matériel (moissonneuse-batteuses, trieuses) ni du personnel voulus. Il pourrait être envisagé de le confier à un ORD doté des moyens nécessaires. Les limitations de la traction animale: le problème des instruments de culture 160. Des essais intéressants sur le matériel de culture attelée ont été faits: ils ont permis d'orienter les fabrications de la SOVICA l/ qui n'a pas toujours respecté les normes de résistance mécanique qui lui avaient été fixées; les houes fabriquées en Haute Volta sont l'objet de nombreuses et vives critiques car certaines pièces ne supportent pas les efforts normaux qui leur sont demandés. Il faut donc d'abord améliorer la qualité du matériel construit en Haute Volta. 161. L'un des principaux problèmes ne semble pas devoir être résolu par la culture attelée telle qu'elle est pratiquée actuellement. Si les attelages peuvent préparer une superficie plus grande que celle piochée à la main, ils ne permettent pas aisément d'avancer les dates de semis dont la précocité est très importante pour obtenir un bon rendement. En effet, faute d'une puissance suffisante, les attelages ne peuvent labou- rer qu'une terre assez meuble, ce qui impose d'attendre que les premières pluies, dont une fraction notable ruisselle ou est évaporée, aient humidi- fié suffisamment le sol. L'effort de traction des animaux pourrait être nettement accru par: (a) un meilleur dressage, ce qui implique une utilisation plus regulière pendant toute l'année; (b) un meilleur harnachement; (c) une alimentation plus régulière; (d) une mise au travail à l'âge adulte, c'est-à-dire après 3 1/2-hans. Ces améliorations permettraient d'exécuter plus rapidement les gros travaux de labour qui pourraient ainsi être faits à une date plus précoce. SOVICA: Société voltaique de montage de matériel agricole. - 66 - 162. Le motoculture, grâce à sa puissance, semble être la meilleure solution pour obtenir des semis précoces. Elle ne peut cependant pas être généralisée actuellement en Haute Volta. Les tracteurs existants sont trop coûteux et d'une puissance disproportionnée par rapport à la taille des exploitations et des parcelles. L'emploi de ce type d'ins- trument implique une modification radicale -de tout le système agricole et foncier: regroupement des cultures, obligation d'un calendrier agri- cole et d'un assolement uniforme et rigoureux pour lensemble des ex- ploitants. Ces transformations ne sont pas obtenues facilement. Il se- rait donc utile de mettre au point un outil motorisé de faible coût et de puissance moins élevée, qui serait utilisé pour la première prépara- tion des champs sans remanier complètement le mode d'exploitation. 163. Les charrettes utilisées en Haute Volta sont bien adaptées à leur tâche. Leur coût élevé ne parait pas limiter leur diffusion. L'action zootechniaue 16h. L'association agriculture-élevage devrait nécessairement se fonder sur une action zootechnique aux objectifs beaucoup plus larges que ceux assignés jusqu'à maintenant à la politique de l'élevage. Celle- ci, en effet, n'a bénéficié de moyens (encore que limités) que pour agir dans le domaine de la santé animale et n'a disposé ni de zoo-techniciens ni de moyens de recherche pour aborder les problèmes complexes de l'as- sociation agriculture-élevage et pour définir en consécuence une politique adéquate. Or, les problèmes zootechniques sont nombreux, nouveaux et perfois mal connus. La définition des objectifs 165. La situation alimentaire de l'Afrique de l'Ouest donne sans conteste une priorité à la production de viande. La fourniture de tra- vail animal n'est qu'un objectif relativement secondaire et apparaÎt comme l'un des moyens de sédentariser une faible part du cheptel en llin- tégrant à l'exploitation agricole. Les modes d'exploitation de troupeaux 166. On a déjà souligné que l'agriculture et l'élevage, bien que tirait leurs ressources d'un même espace (tantôt cultivé, tantôt en ja- chère), étaient complètement séparés. Leur intégration suppose que l'on définisse la place et le fonctionnement de différents systèmes d'exploi- tations possibles: (a) Atelier sédentaire de production animale: animaux stabi- lisés dans l'exploitation, comprenant un animal fournis- sant l'énergie plus un ou deux jeunes de remplacement. A plus long terme cet atelier pourrait comprendre une re- productrice et ses satellites. - 67 - (b) Petits troupeaux en exploitation semi-extensive, suppléés par une production fourragère améliorée. Ce mode d'exploi- tation suppose les aménagements de la structure agraire que l'on a déjà soulignés en ce qui concerne la clôture des cultures et réserves fourragères ou le gardiennage collectif des troupeaux par les agriculteurs. Cela suppose égale- ment un choix régionalisé des espèces fourragères. (c) Grands troupeaux en exploitation extensive: il s'agit d'une amélioration du système actuel dont on ne saurait envisager la disparition avant longtemps mais dont la rationalisation apparaît indispensable. Ce mode de gestion pourrait notamment comprendre: constitution de troupeaux villageois à gardiennage collectif, calendrier de déplace- ment pour une exploitation rationnelle des parcours natu- rels et des jachères, éventuellement supplément d'alimen- tation. Ce système suppose un contrôle villageois de l'usa- ge pastoral de terroirs ou de parcours traditionnels proches des chamos et des jachères reservées à la culture. Le choix et liamélioration des espèces 167. Le choix entre zebu et taurins résulte des conditions naturelles. A long terme il serait cependant nécessaire de rechercher les améliorations génétiques possibles, principalement pour les taurins. En ce qui concerne l'objectif particulier de la traction animale, il n'est plus discutable, après l'échec de la traction asine, que le seul moteur à retenir doit être le boeuf, taurin ou zébu selon les régions. Les conditions d'entretien 168. Celles-ci sont primordiales pour le cheptel sédentaire dans l'exploitation: (1) L'inimal doit recevoir selon le cas une ration complémentaire de travail ou d'engrLissement distincte de la ration d'en- tretien. De ce fait il ne peut être abandonné à lui-même pour trouver sa nourriture notamment après les périodes d'ac- tivité à la charrette ou aux champs. (2) Une surveillance sanitaire continue est indispensable pour détecter les signes de parasitismes, certaines maladies con- tagieuses, la trypanosomiase dans les régions où ces affections sévissent à l'état endémique. La protection sanitaire com- porte donc des visites périodiques et des mesures de prophy- laxie appropriées dont le coût n'est pas négligeable et doit être répercuté sur le compte d'exploitation, soit au niveau du producteur, soit au niveau de l'ORD dans le cadre d'une intervention collective. - 68 - (3) La poursuite et le renforcement de l'action sanitaire restent bien entendu une nécessité absolue pour le cheptel semi-extensif et extensif que l'on tenterait progressivement d'associer à une utilisation plus ra- tionnelle des espaces cultivés et en jachère des villa- ges. L'amélioration des performances 169. La production de viande à partir du cheptel de trait dépend en premier lieu de la façon dont l'animal a été utilisé. On doit évidem- ment conseiller de ne pas le mettre trop t8t au dressage afin d'éviter le rachitiSmeet l'arrêt de la croissance. Les expériences conduites à Saria indiquent que trois ans constituent l'âge minimum pour le dressage, quatre ans pour le travail continu. Enfin pour profiter pleinement de l'aptitude à l'engraissement, ltanimal ne devrait pas 6tre utilisé plus de quatre sai- sons consécutives. La rotation du capital en serait améliorée ainsi que le déstockage des troupeaux de naisseurs. 170. On se rappellera cependant que les connaissances en matière d'amélioration des performances sont très insuffisantes. De nombreuses recherches sont encore nééessaires pour améliorer le format et le rende- ment en viande, mettre au point les rations les plus économiques et abor- der à long terme l'introduction de la femelle comme animal de reproduction intégré à l'exploitation. Recommandations relatives aux méthodes d'encadrement 171. En supposant que les solutions techniques adéquates permettent d'éliminer les contraintes zootechniques et agronomiques qui pèsent sur ltassociation agriculture-élevage, l'encadrement (vulgarisation et ani- mation) fera sentir aux agriculteurs les avantages qu'ils peuvent tirer de cette association et leur exposera les techniques auxquelles ils devront faire appel pour obtenir les résultats cherchés. Dans ce contexte il est indispensable que les actions de vulgarisation correspon- dantes soient assurées par l'encadrement normal polyvalent sou- tenu par un personnel spécialisé. Dans le cas général, vulgarisateurs et animateurs travaillant dans une zone favorable à l'as- sociation agriculture-élevage recevront un complément de formation qui pourra ne pas recouvrir les problèmes particuliers du dressage des boeufs. Dans le cas particulier où serait admis le principe suivant lequel l'ani- mateur (à mi-temps) doit avoir une influence par l'exemple qu'il donne en tant qu'exploitant agricole, toute action devrait commencer par la forma- tion professionnelle des animateurs de la zone favorable. Perspectives d'une politique d'association agriculture-élevage 172. L'analyse précédente montre que l'association agriculture-éle- vage se heurte à des difficultés multiples. On devra s'attendre, en con- séquence, à ce que le développement de cette politique n'apporte que des résultats généralement limités à court et à moyen terme. Son intérêt est cependant incontestable et à long terme il constitue l'avenir de la pro- duction animale et des exportations du pays. - 69 - Objectifs et priorités 173. L'objectif principal doit être la production de viande. La fourniture de travail apparait seulement comme un objectif secondaire et complémentaire, en tirant parti des animaux présents sur l'exploitation. On ne doit pas, par ailleurs, attendre de résultats significatifs en ma- tière de fumure organique et de rationalisation des pâturages tradition- nels tant que n'auront pas été expérimentés des programmes pilotes d'amé- nagement agro-pastoral de villages. La "révolution fourragère" est limi- tée par les contraintes naturelles et les systèmes coutumiers d'occupa- tion du sol et le nécessaire contrôle du cheptel est rendu plus difficile en raison de la séparation entre la propriété et la gestion du troupeau. 174. La priorité de l'objectif "viande", mise en évidence par le rapport sectoriel sur l'élevage, justifie un certain nombre d'actions spécifioues: très schématiquement (voir détail rapport élevage) le Sahel se spécialiserait en élevage naisseur pur; le Sud-Est et le Sud-Ouest, au Sud de l'isohyète 600, deviendraient fournisseurs de viande; le plateau Mossi, en raison de ses conditions peu favorables, ne se prêterait pas à un développement particulier de la production animale, à l'exception du petit élevage. Dans les zones intéressées par l'association agricultu- re-élevage les opérations spécifiques pourraient être les suivantes: (1) Entretien de bovins sédentarisés sur l'exploitat-ion (cul- ture attelée + production de viande) en priorité dans les ORD Volta-Noire, Bobo, Banfora, Gaoua et Sud-Est. Ces programmes devraient comporter une importante action de formation pour les agriculteurs et les artisans ruraux; ils devraient également porter sur tous les aspects techni- ques de ces interventions (santé animale, choix des équi- pements, production fourragère). (2) Engraissement de cheptel dans un feed-lot commercial dont le création est envisagée dans la région de Banfora ou près de Bobo-Dioulasso. (3) Production de viande en ranching commercial (possibilité d'un ranch dans la région de Banfora). (h) Développeinent pilote de programmes d'aménagement agro- pastoral des villages (notamment dans le cadre des opé- rations de colonisations rationnelles des zones vides: Volta Blanche, zones sous-peuplées de Fada N'Gourma et Tenkodogo). Effets des actions 175. L'imprécision des donnée5 relatives au cheptel et à sa réparti- tion ne permet que de situer l'échelle des effets possibles. Les diffé- rentes actions qu'il serait possible df'entreprendre pourraient avoir les effets suivants. - 70 - 176. En 1965 l'effectif de bovins dressés était de 4.000 bêtes; en 1969 de 6.500. Pour 1980 il faut envisager un effectif de 25.000 à 30.000 têtes. Si les bovins étaient retenus pour la traction pendant cinq mois et mis à l'embouche la saison suivante, il faudrait dresser en moyenne 5.000 à 6.000 animaux par an. Un centre peut dresser, d'après l'expérien- ce de la SATEC, 8 paires de boeufs en cinq semaines pendant environ 7 mois par an; ceci représente environ 100 boeufs dressés par centre et par an. Il faudrait donc .50 à 60 centres pour couvrir les besoins nationaux. Si un sixième de l'effectif, c'est-à-dire 4.000 à 5.000 bovins, était en- graissé et abattu chaque année et l'embouche paysanne augmentait le poids moyen (carcasse) de 30 kg par tête, on pourrait atteindre une production de viande supplémentaire, due au programme, de l'ordre de 126 à 150 tonnes carcasse en 1980, représentant une valeur brute d'environ 126 à 150 mil- lions de FCFA. On ne peut, par ailleurs, pas chiffrer la valeur ajoutée aux cultures par l'emploi de 12.500 à 15.000 attelages. 177. Le feed-lot envisagé produirait 12.000 à 16.000 têtes par an, soit 1.600 à 2.400 tonnes de viande (carcasse). Le ranch dans la région de Banfora pourrait avoir une production de l'ordre de 5.000 têtes par an, soit 700 à 800 tonnes. Pour les projets pilotes de développement de l'élevage dans les programmes d'aménagement agro-pastoral des villages (en particu- lier zones de colonisation) on ne peut même pas faire une évaluation pro- visoire avant les études préalables et avant l'expérimentation de program- mes pilotes d'association agriculture-élevage au niveau des villages. 176. On observe, malgré l'imprécision de l'évaluation, que les actions qu'il est actuellement possible d'entreprendre dans les zones les plus favorables à l'association agriculture-élevage (Sud-Est et Sud- Ouest) auraient un effet économique limité: en 1980, 30.000 têtes se- raient intégrées à des programmes agriculture-élevage (par le biais de la culture attelée) dans des zones oû le total des bovins dépasserait alors le million. L'impact social serait cependant plus important car il est en effet permis de penser que les 10.000 exploitants intéressés par le programme serviront d'exemple et que l'effet d'entraînement sera suffi- sant pour intensifier le processus et l'étendre à d'autres régions favo- rables. Les encadreurs ruraux devront donc être formés aux techniques de l'association. C. Moyens et Méthodes d'intervention Meilleure répartition de la population agricole i/ 179. Lorsque la densité de population dépasse 40 habitants par km2 dans les conditions écologiques des zones les plus peuplées de la Haute Volta, l'équilibre entre les surfaces cultivées et celles en jachères I/ Voir Annexe 1, Tableau XIV. - 71 - est compromis; les champs ne peuvent plus être laissés en friche assez longtemps pour restaurer convenablement leur fertilité; l'exploitant est alors obligé d'étendre encore plus ses cultures vivrières pour couvrir les besoins alimentaires minimum de sa famille malgré la diminution des rendements, ce qui provoque une nouvelle dégradation de la fertilité, 180. Toute amélioration de l'agriculture devient ainsi de plus en plus difficile; le manque de terre freine le développement des cultures de rapport qui permettraient d'acheter les engrais et les équipements indispensables pour compenser l'épuisement des champs; la végétation des rares jachères est beaucoup trop maigre pour alimenter le bétail. L'agri- culture traditionnelle se stabilise ainsi à un très faible niveau de pro- ductivité malgré un travail intensif, comme dans le Yatenga. Dans ces conditions, tout programme de développement doit comporter une part prépon- dérante de subvention puisque les revenus agricoles ne peuvent supporter le coût réel des actions entreprises. 181. Une meilleure répartition géographique des exploitations serait un moyen de mieux utiliser les deux facteurs essentiels de la production agricole en Haute Volta: la terre et le travail. Il faudrait assurer à la plus grande partie des familles agricoles la superficie dont chacune a besoin dans le système de culture traditionnel pour pouvoir appliquer de manière rentable les meilleures méthodes préconisées par la recherche agronomique, soit h à 5 ha de cultures et 15 à 20 ha de jachères pour une famille de 10 personnes. 182. La pression démographique dans les zones les plus peuplées a déjà poussé certains exp]citants à s'installer dans des régions où il y avait des terres libres. Ces départs kn'ont pas été assez nombreux puisque la densité agricole continue à croitre dans les régions les plus surexploitées. Il faut donc organiser. le courant migratoire pour qu'il atteigne l'importance exigée par la gravité du problème. 1C3. Les statistiques démographiques montrent que, en 1970, la densité dépasse 40 habitants par ka2 dans 13 cercles couvrant 36.000 km2 et comptant 1.620.000 ruraux (33 pour cent de la population agricole to- tale). Ces cercles sont situés principalement dans les ORD de Ouahigouya, Ouagadougou, et Koudougou et dans le futur ORD de Koupéla. En 1990 tel sera le cas dans 20 cercles couvrant 50.000 km2 et comptant 3.290.000 ha- bitants, soit h8 pour cent de la population agricole totale. Sans modi- fication du système de production actuelle (surfaces cultivées et rende- ments) il faudrait donc déplacer en vingt ans, plus d'un million d'habi- tants pour seulement maintenir les disponibilités actuelles en terre par exploitant; par contre pour ne jamais dépasser une densité de 40 habitants par km2 en 1990, il serait nécessaire de déplacer environ 1.300.000 ru- raux, ce qui correspond à l'établissement en 20 ans de près de 150.000 exploitations nouvelles dans les zones peu peuplées. Cette situation dé- montre qu 'une politique tendant à une meilleure répartition de la popu- lation doit être l'objectif prioritaire de la politique générale de dé- veloppement agricole en Haute Volta. - 72 - Diversification progressive des actions 184. Il est souhaitable de limiter le nombre des interventions sur la production agricole dans une région déterminée pendant les premières années d'un programme de mise en valeur. Cette spécialisation permet de concentrer les efforts sur quelques points précis pour mieux obtenir :. l'adhésion des cultivateurs; elle est d'ailleurs indispensable tant que la qualification du personnel d'encadrement n'est pas parfaitement con- firmée et que l'efficacité des méthodes techniques préconisées n'a pas été clairement démontrée. Ultérieurement les interventions seront élar- gies, soit à d'autres techniques d'une même culture soit à d'autres pro- ductions. Ces nouvelles interventions cherchent à tirer un parti plus complet des premières améliorations obtenues ou à supprimer les goulots d'étranglement que fait naître l'augmentation de la production. 185. Ainsi en Haute Volta le programme de développement de la pro- duction de coton cherche d'abord à obtenir des semis précoces et denses; lorsque cette amélioration qui permet de doubler les rendements (pas- sent de 200 kg/ha à 400 kg/ha), les traitements insecticides sont jus- tifiés (augmentation de 100 kg/ha) puis la fmure minérale (augmentation de 300 kg/ha). Une amélioration de la culture du sorgho est alors pos- sible grâce à l'effet rémanent des engrais mis sur le coton. De même la nécessité de réduire le temps de préparation des sols au moment des se- mis peut justifier, lorsque les surfaces sont assez grandes, l'emploi d'une charrue qui augmente encore les rendements en ameublissant mieux le sol. 186. L'utilisation de sorghos hybrides à haut rendement permettrait de réduire les surfaces nécessaires à la production alimentaire. L'ex- ploitation pourrait ensuite affecter les terres et le travail ainsi li- bérés, à des cultures industrielles; cette possibilité serait particu- lièrement intéressante dans les régions à forte densité où toute occa- sion de diminuer les surfaces vivrières doit être recherchée, soit pour augmenter les pâturages, soit pour introduire de nouvelles cultures com- mercialisées. 187. Le choix des premières actions d'un programme de mise en va- leur sera fonction: (a) des débouchés existants pour les productions, aussi bien à l'exportation que sur le marché intérieur. Ce dernier marché peut absorber des quantités importantes de pro- duits vivriers et notamment de sorgho dont une partie pourrait, d'après des procédés techniques récemment mis au point, être substituée aux importations de blé, traité par la minoterie; - 73 - (b) des résultats économiques des techniques que l'expérimen- tation agronomique permet de conseiller à l'agriculteur. De ce point de vue les cultures vivrières sont nettement désavantagées par rapport aux cultures d'exportation (co- ton, arachides) ce qui explique que les programmes con- cernant ces dernières aient beaucoup mieux réussi. Besoinsdes structures centrales de contrôle et intégration des services techniq2ues au niveau régional Renforcement du contrôle central 188. Après quelques années de fonctionnement, il apparaît que la mise en place des ORD a effectivement permis une programmation à l'échelle régionale et une grande souplesse dans la recherche des moyens financiers et des moyens en personnel. On doit, en revanche, constater que des fai- blesses, susceptibles de s'accentuer dans le futur, ont résulté de ce mode d'organisation: les ORD sont devenues dépendantes de sociétés d'in- tervention étrangère qui, en pratique, décident des programmes et des moyens; la coordination des politiques entre les différentes sociétés et par conséquent entre les principaux ORD est inexistante; l'encadre- ment voltaïque n'apparaît pas en mesure de se substituer à celui fourni par les Sociétés, tout au moins aux niveaux de responsabilité, et en con- s'quence n'apparaIt pas susceptible, dans le futur, de mettre en place de nouveaux programmes; enfin, devant cette situation, renforcée par la dépendance vis-à-vis de sources de financement multiples, l'organisation centrale chargée du développement rural s'est considérablement affaiblie. Cet affaiblissement est de nature à compromettre à la fois la mise en oeuvre de programmes nouveaux répondant à des priorités nationales, la préparation, l'impulsion et la coordination d'actions et de projets spécifiques. 189. Il apparaît, en conséquence, souhaitable de procéder, tout en maintenant la structure décentralisée des ORD, au renforcement des structures centrales de contrôle. Ceci signifierait principalement: (a) un élargissement des compétences et un renforcement des cadres de la DDR; (b) la mise en place au niveau de la DDR d'une cellule com- prenant des cadres hautement qualifiés, chargée d'élabo- rer, évaluer et coordonner les projets exécutés par les ORD. Cette cellule servirait de charnière entre le Plan et les ORD; (c) la sélection et la formation d'un personnel voltaïque par- ticipant à cet échelon de responsabilités; - 74 - (d) un contrôle plus serré des budgets et des programmes des ORD et une négociation directe avec les sources de finan- cement pour réajuster les programmes après évaluation des résultats obtenus par les ORD avec le concours ou non des sociétés d'intervention 190. L'établissement de normes (telles par exemple diminution pro- gressive du coût de l'encadrement par kg de coton, rapport entre augmen- tation des rendements et actions réalisées, etc.) permettrait de comparer l'efficacité des structures régionales, d'évaluer l'intérêt des demandes de crédit, de réajuster leurs programmes et leurs moyens, de pénaliser les gaspillages et les résultats insuffisants ou, au contraire, de stimu- ler leur productivité. Intégration dés services techniques au niveau régional 191. Lors de la préparation des textes législatifs fixant leurs attributions, il avait été admis que les ORD seraient chargés de tous les aspects de la mise en valeur régionale et qu'ils disposeraient pour cela du personnel des services techniques affectés dans leurs circonscriptions. Seuls les problèmes réglementaires (service sanitaire, santé animale, con- trôle de la chasse et de l'exploitation forestière) ou d'intérêt national (statistiques, recherche) continuaient El relever directement des services centraux. La coordination de ces diverses activités incombait au comité de direction de l'ORD où les services centraux sont représentés au même titre que les collectivités locales et l'administration territoriale. 192. En fait les ORD se sont surtout intéressés aux problèmes les plus urgents, vulgarisation et crédit agricole,pour lesquels ils dispo- saient de personnel qualifié venant des services administratifs ou recru- té directement. Leur activité a été beaucoup moins importante dans les domaines des infrastructures (construction de pistes ou aménagements de périmètres irrigués), de l'équipement (silos), de la corimercialisation. Le personnel spécialisé dans ces techniques est rare en Haute Volta et il est resté affecté aux services du Ministère de l'agriculture (hydrau- lique et équipement rural) ou du Ministère du plan et des travaux publics. Bien que ces services devaient intervenir à la demande des ORD, en fait il semble que cette collaboration n'ait pas toujours été aussi régulière ou'il aurait été souhaitable; des demandes venant des responsables régio- naux sont restées sans réponse: à Fada N'Gourma, par exemple, l'agent chargé de conseiller les exploitants d'une zone irriguée depuis longtemps n'a pas pu obtenir l'aide du service de l'hydraulique pour faire réparer la prise d'eau sur le barrage. Réciproquement, des périmètres irrigués ont été aménagés avant que l'ORD ait pu obtenir des exploitants une par- ticipation suffisante aux travaux. 193. Ce manque d'harmonie entre les programmes des services techni- ques centraux et ceux des ORD freine le développement de la production qui ne pose pas seulement des problèmes de vulgarisation et de crédit mais im- plique aussi bien des actions dans les domaines les plus divers. Il est - 75 - nécessaire de mieux intégrer l'action des services techniques spécialisés dans celle des ORD. Bien entendu, la rareté du personnel spécialise ne permet pas d'affecter à chaque ORD des techniciens de toutes les disciplines voulues. Dans un premier temps il serait bon de donner aux agents d'encadrement des ORD une formation complémentaire dans les do- maines, autres que la vulgarisation,qui se révèlent localement les plus utiles (irrigation, santé animale, etc.). Parallèlement le programme d'action des services centraux pourrait être établi en fonction de celui des ORD. Les représentants des services centraux siégeant en comité de direction des ORD, cette harmonisation ne parait pas devoir soulever de difficultés majeures. De plus lorsqu'un service central doit inter- venir sur le terrain ses agents pourraient à cette occasion être tempo- rairement détachés à l'ORD intéressé. Ces différentes mesures permettraient à l'ORD d'être mieux à rurme d'agir sur les différents aspects des program- mes de mise en valeur. Le coût de l'encadrement 194. La réalisation des programmes de développement agricole passe par un renforcement de l'action d'encadrement. Les méthodes actuelles, malgré les insuffisances soulignées par ailleurs, ne devraient cepen- dant pas être modifiées mais seulement mieux adaptées. En particulier la place de l'animateur directement au contact des producteurs devrait être renforcée comme invitent à le faire les résultats obtenus par la CIDR et l'IRHO. Animateurs et vulgarisateurs (ou "encadreurs de base" selon la terminologie en usage) doivent constituer deux cadres diffé- rents, complémentaires certes, mais fonctionnellement distincts. Les profils professionnels devraient schématiquement être les suivants: Animateu;r Vulgarisateur (encadreur) Age 30 ans minimum 20 ans minimum Origine village ou voisinage région même(si possible) Lieu de résidence village village ou environs Sélection choix par chef- stage et concours secteurs, approbation par village Niveau technique bon agriculteur formation technique Exploitation person- obligatoire souhaitable nelle Contrat mi-temps plein temps - 76 - A long terme on peut estimer que la fonction des animateurs deviendra de moins en moins nécessaire au fur et à mesure que la formation et l'organisation professionnelle des agriculteurs sera suffisante. En prévision de cette évolution il est donc essentiel que le salaire des animateurs soit surtout distribué sous forme de primes, basées sur les résultats obtenus afin d'éviter une possible fonctionnarisation. 195. La densité optimale d'encadrement a été évaluée en tenant compte des expériences acquises. Il est essentiellement suggéré de renforcer la base de la pyramide mais par contre de l'alléger vers le sommet. Le nombre de cadres qui serait nécessaire pour couvrir toute la Haute Volta apparaît dans le Tableau 23. Tableau 23: BESOINS THEORIQUES DE CADRES Densité d'encadrement Nombre total des exploitations en 1980 Exploitation a/ - 700.000 Animateurs 1 pour 50 expl. 14.000 Vulgarisateurs b/ 1 pour 250 expl. 2.800 Chef de sous-secteur 1 pour 1.750 expl. 400 Chef de secteur 1 pour 12.250 expl. 57 Chef ORD - l a/ Le nombre d'exploitations était d'environ 500.000 en 1969. On estime que le nombre passera à 700.000, d'une part, par suite de la crois- sance démographique, d'autre part, par suite d'une accélération de l'éclatement des grandes familles actuelles. _/ Le nombre de vulgarisateurs est actuellement de 650. L'effort de formation, ou de recyclage pour les vulgarisateurs existants sur la période décennale serait en moyenne de 280 vulgarisateurs et 1.400 animateurs par an. - 77 - 196. Le coût de fonctionnement annuel des agents d'encadrement in- cluant salaire, charges sociales, fonctionnement de véhicule et charges diverses), évalué d'après les coûts actuels des agents de la CFDT, pour- rait être de FCFA 3 milliards (voir Tableau 24). Tableau 24: COUT DE FONCTIONNIMENT D'UN ENCADREIENT COMPREMENSIF Coût de fonction- Nombre Coût total Type d'agent nement annuel d'agents (millions FCFA) (mil îons~ EFÀ Chef ORD voltaloue l Agents d'administration ORD 3 22 66 Agents techniques ORD 3 66 198 Chefs de secteur 3 57 171 Chefs de sous-secteur 0,5 400 200 Vulgarisateurs 0,25 2.800 700 Animateurs 0,12 14.000 1.680 Total 3.059 Le coût d'encadrement par exploitation s'éleverait à 4.350 FCFA par an. Le coût relatif de l'action dtencadrement est bien entendu difficile à mesurer. On peut cependant tenter une hypothèse globale pour fixer l'or- dre de grandeur. On suppose que sans encadrement la production agricole necroîtrait qu'au rythme de 2 pour cent par an, soit en 1980 (base 1966: 19.4 milliards): 25,4 milliards de FCFA. On suppose par ailleurs que les actions d'encadrement de 1966 à 1980 porteraient la production 1980 à un niveau correspondant à un taux annuel de croissance de 4 pour cent: soit une production de 33,6 milliards FCFA. L'augmentation de production due à - 78 - l'encadrement en 1980 serait de 8,2 milliards pour une dépense annuelle d'encadrement de 3 milliards, soit 36 pour cent de la valeur de la pro- duction additionnelle. Après 1980 le coût de l'encadrement n'augmen- terait plus et serait par la suite appelé à diminuer par disparition pro- gressive des animateurs. 197. Il s'agit donc d'une action très coûteuse et il apparaît hors de question que la Haute Volta, étant donné ses moyens financiers limi- tés, puisse se donner comme objectif une couverture d'encadrement sur la totalité du pays, les exigences d'un encadrement optimal efficace ne permettant pas par ailleurs de diminuer (tout au moins dans les dix prochaines années) les ratios d'encadrement. Il apparaît ainsi que la Haute Volta devra établir des priorités dans chaque ORD et concentrer ses moyens dans les zones à plus fort potentiel de façon à réaliser locale- ment un encadrement optimal de préférence à un encadrement diffus peu efficace. L'organisation des producteurs 196. Les expériences pilotes en Afrique, notamment celles menées en Haute Volta par la CIDR montrent l'intérêt d'une organisation des pro- ducteurs sous forme de groupements. Après l'échec d'une simple trans- plantation des formules coopératives de type européen (qui n'ont jamais constitué pour la plupart des producteurs africains que des cadres formels actionnés par l'administration) on sait que les groupements doi- vent être de taille réduite, s'identifier avec les unités sociales coutumières dont le système d'autorité peut servir à l'animation de groupement, avoir des objectifs simples au départ susceptibles de capter l'intérêt des producteurs (tels les "magasins" de la CIDR). Ces grou- pements doivent en fait être "pré-coopératifs", leur évolution doit être très progressive. La liaison avec l'encadrement est essentielle mais il est surtout important que l'action puisse être rapprochée et continue: ceci implique des cadres dévoués, susceptibles de demeurer longtemps au contact des agriculteurs groupés. Cette condition est en même temps une limite de l'extension à grande échelle dfune action ty- pe CIDR. Néanmoins le groupement des agriculteurs reste la clé de cer- taines opérations, en particulier des opérations pilotes d'association agriculture-élevage dans le cadre des plans d'aménagement villageois agro-pastoraux évoqués plus haut. La politique des prix agricoles 199. En ce qui concerne les céréales de base, les faibles transac- tions intérieures qui interviennent annuellement se font dans la liber- té la plus complète et les commerçants les plus aisés tentent de stocker les produits pour la période de soudure où les prix montent sensible- ment. L'organisation de la commercialisation et du stockage sous le contrôle des ORD permettrait sans doute d'une part d'éviter les spécu- lations de disette et d'autre part de promouvoir la vente à des prix plus rémunérateurs pour les producteurs de leurs surplus. Sans aller - 79 - jusqu'à l'instituton de circuits commerciaux étatisés dont les résultats s'avèrent généralenot d'cevants, les ORD pourraient être habilités à con- trôler la commercialisation effectuée par des commerçants agréés,à mettre à leur disposition des moyens de stockage adéquats, à orienter les prix au moyen d'un Fonds de régularisation alimenté par le Programme Alimen- taire Mondial et à passer avec des commerçants des contrats de concession de la commercialisation en échange de clauses de respect des prix à l'achat à la production comme à la vente et à la consommation. 200. En ce qui concerne les cultures d'exportation, notamment le coton, il n'a pas toujours été facile de concilier la nécessité,d'une part,de payer des prix à la production qui constituent des stimulants suffisants et, d'autre part, de commercialiser les exportations à des cours mondiaux concurrentiels. Aussi, indépendamment du coût des services de vulgarisation, la Caisse de Stabilisation des prix (CSP) a dû subventionner les prix à la production du coton graine. Clest ainsi par exemple que pour la récolte de coton 1968, la Caisse de Stabilisation des prix a subi une perte de 116 millions de FCFA sur les exportations de coton (76 millions de FCFA si l'on tient compte d'un bénéfice compensatoire sur le coton graine) alors que les prix à la produc- tion avaient quelque peu baissé cette année-là. Heureusement, la dévaluation partielle du franc CFA en août 1969 a permis d'obtenir un prix à l'exporta- tion plus élevé en francs CFA sans augmentation correspondante des prix à la production. Cette plus grande marge entre les prix à la production et à l'exportation ainsi que de nouvelles modalités, plus favorables pour le gouvernement, concernant le partage des bénéfices tirés de l'achat, de l'égrenage et de l'exportation du coton entre la CSP et la CFDT qui doivent entrer en vigueur en 1970, devraient permettre dtéliminer les subventions au cours des prochaines années. Cependant, étant donné que l'on prévoit une baisse des cours mondiaux du coton, il est vraisemblable qu'un nouveau déficit apparaîtra au début de 1973 et augmentera à moins que les prix à la production soient réduits dans une proportion correspondante. 201. Dans ces conditions, on ne peut qu'escompter une réduction pro- gressive des prix du coton à la production, et ce d'autant plus que les frais d'encadrement des producteurs risquent tôt au tard d'être remis à la charge de la Haute Volta par les aides extérieures dont le financement est très aléatoire à long terme. La politique d'incitation économique en ce qui concerne le coton, culture de rente essentielle de la Haute Volta, passe donc par l'amélioration intensive de la productivité, seule méthode possible d'accroissement des revenus paysans face à la diminution inéluc- table des prix à la production. L'objectif de production de 120.000 tonnes de coton graine en 1980 devra être atteint autant par augmentation de 425 à 750 kg/ha des rendements que par l'extension des surfaces de 80.000 à 160.000 hectares. - 80 - La réorientation des financements 202. Dans un pays pauvre aux ressources naturelles et financières li- mit6es comme c'est le cas de la Haute Volta, les financements publics disponibles qu'ils soient d'origine extérieure ou en provenance du Budget National doivent être affectés: (a) aux activités productives susceptibles d'entraîner la plus forte amélioration des revenus individuels ruraux; (b) aux projets entraînant les charges courantes les plus fai- bles pour les finances publiques voltaiques ou, dans le cas des financements extérieurs, aux projets dont les charges de fonctionnement pourraient être supportées par le Budget National ou directement par les producteurs à l'expiration de l'aide étrangère. 203. Dans le cadre de ces critères, il paraît essentiel d'admettre que les financements productifs ruraux en Haute Volta soient orientés dans les conditions suivantes: (a) Suppression de la distinction traditionnelle entre inves- tissements et fonctionnement. Le financement du fonctionne- ment de certains services publics (compris éventuellement par l'aide extérieure) est en effet souvent susceptible d'en- traîner des accroissements sensibles dans le secteur pro- ductif, et par conséquent dans les revenus individuels. Tel est le cas par exemple du service de l'élevage qui, s'il dis- posait des moyens nécessaires (véhicules, vaccins, etc.), pour- rait améliorer sensiblement ltétat sanitaire du cheptel bovin et le taux d'exploitation du bétail. Tel est surtout le cas du service d'encadrement et de vulgarisation agricole dont ltefficacité détermine directement les suppléments de pro- duction susceptibles d'être obtenus dans les exploitations agricoles. (b) Affectation prioritaire des ressources au déblocage et à la mise en valeur des zones inhabitées ou peu denses du Sud Ouest, du Sud Est et du Centre (vallées) qui présentent actuellement le plus fort potentiel de développement; ceci signifie, au contraire, que peu de moyens seront consacrés au plateau Mossi où les actions de développement ne peuvent avoir qu'une rentabilité économique marginale compte tenu des obstacles de tous ordres qui alourdissent les coûts et minimisent les bénéfices. (c) Financement de petits projets ponctuels dont les effets éco- nomiques directs permettent d'améliorer l'économie d'une zone restreinte: petits équipements de stockage de produits, amé- lioration ou réfections de l'infrastructure de desserte - 81 - routière en vue de débloquer la production et d'en permettre une meilleure commercialisation, aménagements sommaires de bas-fonds en vue de la riziculture, etc. De tels projets, identifiés par les ORD, pourraient être évalués par un bu- reau de projets agricoles implanté à la Banque Nationale de Développement et ensuite financés et supervisés par cet or- ganisme. (d) Allègement progressif du coût des interventions de l'Assis- tance technique étrangère dans les ORD afin de mettre le budget voltaîque à même de se substituer progressivement aux financements extérieurs dont le maintien à long terme paraît aléatoire, voire même inopportun. La formation de cadres voltaîques compétents et expérimentés constitue l'un des moyens privilégiés d'alléger de tels coûts, en raison de l'écart important de salaires entre cadres locaux et ex- patriés. D. Les projets possibles Augmentation de la production des terres hautes 204. Une étude documentée l/ a montré que les possibilités de diver- sification étaient limitées. Aucune culture nouvelle ne semble possible' en dehors des projets déjà préparés ou en cours d'exécution. 205. La fertilité naturelle de la majorité des sols restera toujours assez faible puisqu'elle tient à leur origine géologique et à la présence de cuirasses latéritiques fossiles; mais son exploitation pourrait en être sensiblement améliorée. La jachère sous végétation naturelle est et res- tera encore longtemps le seul mode pratique de régénération des sols cul- tivés car elle est efficace et ne demande ni travail ni dépense supplé- mentaires. La variation de la fertilité en fonction de la durée des ja- chères n'a pas été étudiée en détail: une synthèse de toutes les études antérieures dans des conditions physiques et agronomiques comparables serait très utile; elle permettrait de fixer un programme d'observations complémentaires pour choisir le temps optimum de repos des terres, qui est aujourd'hui estimé devoir être de quatre ans au moins. Cette pre- mière estimation et l'évaluation faite par l'ORSTOM à partir des photo- graphies aériennes prises en 1960 montrent les zones surexploitées et celles où il y a des terres libres. Un programme de colonisation des zones sous-exploitées est pratiquement le seul moyen d'éviter une dé- gradation progressive des sols cultivés dans les régions où la densité atteint 30 ou h0 habitants au km2. L/ 2npport Tellcrr.mn, iC, 1967. - 62 - 206. Dans les régions à haute densité, la jachère naturelle peut être améliorée en enrichissant la végétation spontanée par des espèces à crois- sance rapide et couvrant bien le sol (Stylosanthes et Bracharia dans les régions les plus pluvieuses, Adropogon ou autres graminées locales ail- leurs). Cette action sera difficile à faire admettre car son effet n'est pas spectaculaire et les cultivateurs n'accepteront ce travail supplémen- taire que dans les régions où ils ont des difficultés à nourrir leurs ani- maux; encore faudrait-il que la suppression ou le contrôle de la vaine pâ- ture permette aux cultivateurs les plus dynamiques de profiter seuls de leur initiative. L'amélioration de la productivité permettrait d'éviter la diminution des jachères, de limiter l'extension des surfaces cultivées, d'augmenter les quantités produites. 207. Dans l'immédiat, la fumure minérale annuelle est l'unique possi- bilité d'accroitre la fertilité des sols; les cultures commercialisées (arachide et surtout coton) peuvent facilement en supporter le coût si les semis sont faits correctement (date et densité); sur les cultures vivrières l'engrais n'est justifié que dans des cas exceptionnels (Ya- tenga) pour éviter une dépense plus importante en céréales à la période de soudure. Mais partout, comme les programmes en cours le préconisent maintenant fort opportunément, l'engrais ne peut être conseillé que si la culture est bien faite, ce qui n'est pas toujours le cas pour de nom- breuses raisons (difficultés de préparation des sols, mauvaise santé des agriculteurs au début de la saison des pluies, extension exagérée des surfaces cultivées pour se prémunir contre les dégâts des animaux). 208. Les techniques déjà mises au point par les instituts de recher- che pour le sorgho, le riz, l'arachide et le coton permettraient de dou- bler les rendements moyens. Le principal problème est donc de faire accepter ces nouvelles méthodes par les paysans grâce à une vulgarisa- tion bien organisée. Il faut suivre atb ntivement les résultats des actions entreprises pour bien comprendre les causes des difficultés rencontrés par les agents d'encadrement; il sera alors possible d'amé- liorer l'efficacité du dispositif de vulgarisation. Le point le plus délicat semble être la date des semis qui sont encore souvent trop tar- difs. Ce problème n'a encore été jamais résolu définitivement en Afri- que tropicale faute d'équipement suffisant pour la préparation des ter- res. Les résultats obtenus dans la culture du coton sont déjà satisfai- sants; si les paysans étaient assurés de trouver aisément les céréales dont ils ont besoin, ils pourraient se consacrer plus spécialement aux cultures de rapport dans les zones qui leur sont favorables. 209. On notera encore au'une certaine spécialisation des productions par région serait utile si un réseau de commercialisation était mis en place. L'Est et le Sud-Ouest oÙ les cultures d'exportation sont peu im- portantes pourraient fournir des céréales aux régions du Centre où le coton se développe. De même la constitution de stocks de réserve régula- riserait les cours des céréales à la période de soudure, comme l'ORD de Yatenga l'a prouvé par une action très modeste. Les silos existants pour- raient servir d'amorce à une intervention plus soutenue. - 83 - 210. La mise en application de ces différentes améliorations pourrait conduire à des "programmes de productivité" réalisés dans le cadre des ORD. Ceux-ci impliqueraient des actions spécifiques qui pourraient faire l'objet de financement par le crédit agricole (programme engrais, amélio- ration de la jachère naturelle, programme semence et semis). Ils impli- queraient également une monognéisation des méthodes d'encadrement et une formation plus poussée du personnel. Ces programmes surtout reposeraient sur la mise au point de petits projets susceptibles d'améliorer production et commercialisation (petits aménagements hydro-agricoles, amélioration de l'infrastructure de desserte, création de moyens de stockage, etc.). Hydrauliaue agricole 211. L'irrégularité et l'insuffisance des pluies ne pourront être com- battues que par l'irrigation. La culture sèche sera toujours aléatoire même en choisissant des variétés à cycle végétatif bien adapté aux con- ditions locales. 212. L'irrigation peut être développée de deux manières, déjà essayées en Haute Volta. L'une est le périmètre aménagé où la distribution de l'eau est parfaitement contrôlée; le coût de ces aménagements est élevé et leur exploitation requiert des techniques très intensives auxquelles les cultivateurs ne sont pas habitués; la conduite rationnelle de l'eau sur un périmètre irrigué implique une discipline très stricte, un tra- vail délicat et pénible, un apprentissage de gestes difficiles; ces transformations ne sont jamais généralisées en moins d'une génération. 213. Une autre méthode serait d'améliorer l'utilisation actuelle des bas-fonds. Il faut d'abord choisir, en se basant sur l'expérience des habitants, les bas-fonds où une action est possible, c'est-à-dire ceux où la crue est la plus régulière et la moins forte; des aménagements simples (drains, diguettes) permettraient de contrôler partiellement la submersion; le choix de variétés à cycle végétatif adapté à la durée de la submersion, le repiquage à partir de pépinières irriguées diminueraient encore les risques. Ces aménagements faits par les paysans eux-mêmes s'ils en sentent le besoin et s'ils reçoivent l'aide technique voulue seraient très peu coûteux; ils pourraient dtre généralisés dans les régions les plus peuplées où le manque de terre oblige les cultivateurs à utiliser toutes les ressources disponibles. Le calendrier cultural dans les bas- fonds étant décalé par rapport à celui des terres hautes, comme la crue l'est par rapport aux pluies, les nouvelles productions permettraient de mieux utiliser le travail agricole sans bouleverser l'agriculture tra- ditionnelle. Progressivement initiés à la maîtrise de l'eau, les paysans pourraient ensuite passer plus facilement à l'irrigation contrôlée qui, à très long terme, devrait prendre une place importante en Haute Volta. 214. La mise en valeur des bas-fonds doit être encouragée. L'équipe centrale de la HER _/ étudierait rapidement les possibilités des bas-fonds 1/ Service de l'Hydraulique et de l'Equipement Rural. - 8h - où les paysans accepteraient de faire du riz (levé topographique expédié, analyse des informations disponibles sur la crue, étude du bassin versant); elle établirait un plan de mise en valeur sommaire (rectification du lit du cours d'eau, contrôle de la crue, dimension des diguettes permettant de retenir l'eau en fin de saison, variétés à cultiver); elle aiderait les cultivateurs à réaliser l'aménagement. 215. Les périmètres irrigables à l'aval des barrages existants doivent être aménagés au moindre coût; l'étude des crues passant réellement par dessus le déversoir montrera si la digue de protection contre les crues ne peut pas être assez réduite ou s'il n'est pas plus économique de ne cultiver qu'en saison sèche; les canaux seront faits en terre et non en béton tant que la surface cultivée et les ressources en eau le permet- tront; aucun aménagement ne sera entrepris sans le concours réel des fu- turs bénéficiaires. Aucun nouveau barrage ne devrait être construit tant que tous les périmètres irrigables n'auront pas été aménagés. Des puits procureront plus économiquement lteau nécessaire aux hommes et aux animaux. Colonisation des zones inhabitées 216. La colonisation des zones inhabitées ou peu peuplées de l'Est ou du Sud-Ouest et des vallées permettrait d'exploiter des terres actuelle- ment inutilisées; de plus, elle serait un moyen de lutter contre l'épui- sement progressif sur les plateaux voisins en procurant aux jeunes ex- ploitants d'autres champs cultivables que des jachères déjà insuffisantes pour obtenir des rendements corrects sur les terres hautes surpeuplées. L'objectif devrait être d'installer un nombre de colons au moins égal à l'accroissement naturel de population des régions à plus de h0 habitants par km2. 217. Bien que les déplacements spontanés des cultivateurs aient été, et soient encore, très importants en Afrique tropicale et spécialement en Haute Volta où l'implantation des exploitations est souvent assez récente, l'expérience a montré que les projets de colonisation organisée sont toujours très difficiles à réaliser. Pour que ces opérations réus- sissent, il faut encourager ou susciter le départ d'agriculteurs dyna- miques et faciliter leur installation dans la zone d'accueil en évitant qu'ils ne rencontrent des difficultés insurmontables mais sans étouffer leur initiative par une aide ou des contraintes excessives. Sinon l'Etat est obligé de supporter des dépenses considérables pour suppléer au man- que d'esprit d'entreprise des colons qui ne pourraient ou ne voudraient pas faire les efforts voulus pour créer leurs propres exploitations. 218. De toutes les vallées, celle de la Volta Blanche (voir Annexes 5 et 6) est la plus favorable par la qualité des sols; sur un total d'en- viron 5.000 km2, 1.600 km2 sont considérés comme bons et 3.000 km2 comme moyens. L'opération sera délicate mais le potentiel de production sem- ble justifier une action importante. La documentation montre que cette - 85 - zone plus peuplée autrefois que maintenant a été abandonnée surtout à cause des maladies (onchocercose, trypanosomiase). Il faut donc d'abord préciser exactement la situation sanitaire et déterminer les moyens de l'améliorer (destruction des simulies et des glossines, lutte contre les maladies). Les possibilités de mise en valeur devront ensuite être éva- luées dans les différentes zones où les habitants pourront s'installer sans risques sanitaires excessifs; il faudra enfin organiser l'installa- tion des colons. 219. Un schéma général dgaménagement devra dfabord être établi ainsi que le programme détaillé d'une première action pilote. La colonisation sera ensuite généralisée en fonction de l'expérience acquise qui servira à établir progressivement de nouveaux projets. A chacun de ces stades seront précisés, suivant le programme donné en Annexe 5: (i) l'aménagement général (pistes, écoles, infirmeries); (ii) le système d'exploitation (culture et élevage); (iii) l'organisation de la production (formation, encadrement, crédit, approvisionnement, commercialisation); (iv, les charges et les profits prévisibles. 220. Sur les plateaux peu occupés de l'Est et du Sud-Ouest le poten- tiel de production ne justifie pas une intervention coûteuse. Les mé- thodes de cultures seront semblables à celles des zones d'origine des colons. L'étude technique devrait donc être assez rapide en se basant principale- ment sur la documentation existante, complétée par une rapide prospection pédologique pour éliminer les sols trop pauvres; les droits fonciers tra- ditionnels sur les terres à coloniser devront être définis pour éviter des conflits entre population actuelle et les arrivants. La documenta- tion sociologique permettra de choisir les régions où peuvent être trou- vés les colons en fonction des relations qui existent déjà entre les groupes sociaux de la zone d'accueil et de celle de départ et contribue- ra à déterminer les modalités concr-tes de la migration et l'aide à apporter aux colons. 221. La zone de Diebougou-Gaoua possède un potentiel productif indéniable qui conduit les autorités volta'ques à envisager le renfor- cement du programme de développement déjà entrepris. L'action menée depuis 1963 par la CIDR dans cette région avec des moyens réduits a obte- nu des résultats intéressants et sensibilisà près de 5.000 exploitants agricoles à l'application de nouvelles techniques culturales. Un projet plus compréhensif doit être elaboré, tenant compte des contraintes et des potentialités concrètes. Il pourrait permettre l'installation sur les terres vacantes d'agriculteurs migrants en provenance des zones sur- peuplées du plateau Mossi. - 86 - 222. La région de Fada N'Gourma, dans le Sud-Est, où la densité actuelle ne dépasse pas cinq habitants au li2 et où des terres de bonne qualité sont abondantes pourrait également constituer un exutoire pour la population agricole en surnombre du plateau Mossi. Un projet de mise en valeur prévoyant la construction d'axes routiers de pénétration et un service technique d'encadrement et d'animation pourrait être envisagé à moyen terme dans cette région. Dés à présent, l'ORD de Koupela, qui est situé au nord de Fada N'Gourma et qui a une population assez dense sauf dans les cercles de Tenkodogo et Bogande, devait être doté d'enca- drement et d'autres facilités qui pourraient lui permettre de servir de couloir de pénétration vers la région de Fada. 223. L'un et l'autre projets sont considérés comme prioritaires par les autorités voltaiques qui souhaiteraient que la Banque Mondiale puisse s'intéresser à leur financement. Les aspects techniques et économiques doivent être encore étudiés d'une façon détaillée avant qu'on puisse se décider à un financement éventuel. - 87 - IV. CONCLUSIONS 22h. Les possibilités de développement agricole sont limitées en Haute Volta. La pauvreté des sols, la sécheresse du climat, la répartition irrégulière de la population, la rareté des cadres techniques, l'insuffi- sance des capitaux nationaux font qu'il sera long et difficile d'augmen- ter la production. Une certaine évolution se constate cependant à partir de laquelle les orientations d'un programme de mise en valeur aux objectifs relativement modestes, compte tenu des conditions critiques existantes, sont dégagées ci-après: 225. Priorité- aoit être accordée à une meilleure répartition de la population, en vue d'utiliser au mieux les deux facteurs essentiels de la production agricole voltalque: la terre et le travail. On se fixera donc comme objectif, pour diminuer autant que possible la pression dé- mographique sur le plateau Mossi, de favoriser le courant migratoire actuel et de mettre en valeur les zones à bon potentiel agricole situées dans les régions les moins peuplées (Sud-Est, Sud-Ouest, vallées du plateau cen- tral). 226. Tenant compte de cette priorité, les financements de toutes origi- nes devront porter sur les projets et actions entrainant les plus fortes croissances de la production, sans plus tenir compte de la distinction traditionnelle entre charges d'investissements et dépenses de fonctionne- ment. 227. Si certains ORD bénéficiant actuellement d'une aide extérieure massive ont obtenu des résultats non négligeables, leur avenir reste problématique car aucun engagement financier à long terme n'a été pris par les institutions financières. L'arrêt de cette assistance risquerait de compromettre définitivement les programmes en cours qui, reposant es- sentiellement sur la vulgarisation des techniques modernes et llorganisa- tion des exploitations, requièrent, pour une longue période, des cadres compétents. La Haute Volta n'est actuellement pas capable de prendre en charge sur son budget des interventions dont l'équilibre financier global n'est pas encore assuré ni même envisagé. Elle ne peut pas non plus en diminuer le coût car elle n'a pas assez de personnel national qualifié pour se passer du concours des techniciens étrangers. 228. Ce manque de personnel est déterminant non seulement pour les opérations entreprises mais surtout pour toute nouvelle action. Il serait dangereux de vouloir lancer un programme de mise en valeur agricole sans s'assurer que des techniciens voltaeques pourront prendre la relève des spécialistes étrangers à une date d'autant plus proche que la rentabili- té des productions possibles ne permet pas de supporter longtemps des charges très lourdes. Un très gros effort doit donc être entrepris pour former le personnel national aux tâches qui lui incomberont. - 88 - 229. La faiblesse des moyens disponibles impose aussi d'être parti- culièrement prudent dans le choix des objectifs et des méthodes. Tout projet doit donc être étudié très sérieusement pour bien apprécier les composantes des problèmes à résoudre et comparer exactement l'efficaci- té des différentes solutions possibles. La documentation sur les problè- mes généraux de la Haute Volta est abondante et il semble superflu de vouloir l'augmenter; il serait cependant très utile de la réunir dans un bureau unique muni des moyens de reproduction voulus. Au contraire les chiffres permettant de préparer un projet rigoureux sont rares et ne per- mettent souvent pas de formuler un jugement objectif. Après un inventai- re exhaustif des connaissances acquises et une enquête agricole nationa- le pour réunir les informations d'ensemble indispensables, il serait pos- sible de fixer, en fonction des grandes orientations fixées par le Plan, un programme d'enquêtes limitées aux seules données fondamentales pour les régions où des actions doivent être entreprises. La collecte de ces informations, leur exploitation et la préparation des projets devraient être confiées à une équipe centrale de spécialistes travaillant en liai- son avec tous les ministères intéressés. L'analyse économique des projets devra tenir compte de la variabilité interannuelle des rendements et en apprécier les effets sur les disponibilités monétaires des cultivateurs pour le remboursement des prêts. 230. La réalisation des projets devrait être très progressive pour améliorer continuellement les méthodes d'intervention en milieu paysan dont les réactions sont en grande partie imprévisibles. Quel que soit le soin apporté à la préparation d'un projet, il est toujours basé sur un certain nombre d'hypothèses notamment en ce qui concerne la partici- pation des cultivateurs et la répartition des ressources de l'exploita- tion entre les diverses activités; il importe donc d'enregistrer régu- lièrement les résultats obtenus dès le début des réalisations et de les analyser pour réajuster les prévisions des programmes. Ce contrôle du déroulement des opérations aurait permis d'éviter plusieurs erreurs coû- teuses en Haute Volta; il ne peut être assuré uniquement par les respon- sables de l'action sur le terrain, qui sont mal placés pour apprécier exactement les résultats de leur propre travail et n'en ont souvent pas le temps. Comme la préparation des projets, le contrôle permanent de leur exécution devrait revenir à une équipe de spécialistes au niveau du Ministère de l'Agriculture. 231. L'expérience montre que les paysans voltalques sont parfaitement capables d'adopter de nouvelles méthodes soit sous l'influence d'une action de vulgarisation soutenue pendant de nombreuses années, comme dans le cas du coton, qui est faite avec des techniques assez perfection- nées, soit même de leur propre initiative, comme dans le cas du riz, qui est alors cultivé d'une manière assez rudimentaire. La colonisation spon- tanée des agriculteurs Messis prouve qu'ils cherchent à résoudre, par le seul moyen à leur portée, le problème capital du manque de terres dans leur région. Vulgarisation et migrations devraient donc être les prin- cipaux aspects de tout programme de mise en valeur agricole en Haute Volta. - 89 - 232. Plusieurs interventions pourraient être envisagées: (a) les actions sur les cultures d'exportation doivent être poursuivies; en matière de cultures vivrières il serait uti- le d'étudier la réaction des cultivateurs aux sorghos fa- rineux à haut rendement. Les possibilités de spécialiser les régions par type de production devront être étudiées pour une meilleure utilisation des ressources naturelles et une croissance nationale aussi équilibrée que possible; (b) l'irrigation dans les bas-fonds naturels et à l'aval des barrages existants doit être développée lorsque la densi- té de population est assez forte pour que les paysans soient sensibles à l'intérêt d'une culture pénible, mais permettant d'exploiter des terres précédemment inutilisées tant que les jachères étaient abondantes. L'introduction d'une agriculture irriguée dans une zone qui l'ignorait est une révolution si profonde qu'il importe d'agir très prudemment; tout investissement public démesuré par rapport aux connaissances des cultivateurs et aux efforts qu'ils acceptent de fournir, ne serait pas utilisé et immobili- serait en pure perte des capitaux qu'il serait plus inté- ressant d'affecter autrement; l'accent doit être mis sur des petits projets auxouels la population locale s'inté- resse vraiment et qui peuvent contribuer directement ou indirectement à une hausse de la production et de la com- mercialisation; (c) la colonisation des terres incultes dans la vallée de la Volta Blanche et sur les plateaux de l'Est ou du Sud-Ouest permettra de lutter contre la surexploitation des zones trop peuplées; dans bien des régions, la densité a atteint le chiffre à partir duquel les jachères sont insuffisantes pour maintenir ces rendements à un niveau correct sans fu- mures très coûteuses et modification radicale des techni- ques traditionnelles. Une telle intensification est un processus difficile et long. Aussi la rentabilité n'est pas toujours démontrée avec les méthodes actuellement connues. Elle nécessite donc des délais que l'émigration d'une fraction sensible de la population donnerait en stabilisant à peu près les disponibilités en terre par habitant; (d) la recherche et l'expérimentation agricole sont absolument indispensables. En plus des recherches actuelles qu'il faut poursuivre, deux points devraient être étudiés: (i) le mode d'exploitation des vertisols qui couvrent des surfaces étendues dans la vallée de la Volta Blanche. Leur potentiel de fertilité est élevé mais - 90 - leur mise en culture est difficile à cause de leurs ca- ractéristiques physiques. Il sont jusqu'à présent peu utilisés en Haute Volta et l'IRAT vient seulement de commencer les essais sur ces sols à côté de Saria; (ii) les méthodes et les équipements pour la préparation des sols par la motorisation. Il s'agit d'essais à très long terme, très complexes, car il faudra probablement mettre au point un matériel entièrement nouveau; (e) L'encadrement des cultivateurs sera poursuivi et les thèmes proposés seront élargis et diversifiés dans toutes les zones favorables et aptes à la mise en valeur. Ces thèmes nou- veaux introduiront graduellement des actions concrètes por- tant sur l'utilisation du bétail dans l'exploitation agri- cole (culture attelée, embouche paysanne), l'organisation de groupements précoopératifs paysans, le regroupement des zones de culture et l'utilisation rationnelle des jachères par les troupeaux, l'entretien des pistes de desserte, l'aménagement des-bas fonds aptes à la riziculture, le creu- sement de puits. A N N E X E S ANNEXE 1 - Tableaux statistiques ANNEXE 2 - Caractéristiques des exploitations agricoles ANNEXE 3 - Activité des ORD du Yatenga, de Koudougou et de Ouagadougou ANNEXE h - Barême des prix ANNEXE 5 - Etude d'un projet de colonisation dans la vallée de la Volta Blanche ANNEXE 6 - Remarques relatives à un projet d'action contre l'onchocercose en Haute Volta et au Nord Ghana (note établie par M.Y. Lacoste) ANNEXE 1 TABLEAUX STATISTIQUES 1. Utilisation des terres 2. Evaluation et desuination de la production 3. Evolution des productions commercialisées 4. Structure des prix des produits agricoles 5. Activité de la Caisse de Stabilisation des prix au cours des campagnes 1965 - 1968 6. Crédit agricole de 1966 à 1969 7. Situation récapitulative au 30 juin 1968 de l'échéance agricole au 31 mars 1968 8. Les investissements hydrauliques - Barrages exécutés par les HER 1956 - 1966 9. Financement des opérations de développement de la production dans les ORD - 1967, 1968 et 1969 10. Coût des opérations 11. Origine du financement du développement agricole (investissements) 12. Le projet sucrier de Banfora 13. Projections A. Objectifs possibles de production 1980 B. Population 14. Densités de population par cercle et par ORD Annexe 1 Page 1 Tableau I: UTILISATION DES TERRES Superficie totale de la Haute Volta 27,4 millions ha Superficie 1/ cultivée annuellement en: sorgho mil 1.400.000 ha mals 150.000 ha fonio et divers 50.000 ha coton 60.000 ha riz 40.000 ha arachide 100.000 ha sésame 30.000 ha Superficie cultivée annuellement 1.850.000 ha Superficie cultivée par habitant rural 0,45 ha 1/ Estimation des superficies d'après les rendements moyens et évaluations diverses. Pour les cultures traditionnelles de base, l'année de réfé- rence est l'année "normale" 1966/67. Pour les cultures de rente, données les plus récentes: campagne 1967/68 pour l'arachide et le sésane; can- pagne 1968/69 pour le coton. Toutes les données sont approximatives. Tableau II: EVALUATION ET DESTINATION DE LA PRODUCTION (en milliers de tonnes) Sorgho Mil Mals Riz paddy Coton graine Arachide coque Sésame Karité amandes Production 570 260 100 ho 37 75 6 22 Consommation intérieure - semences et pertes il 6 2 4 2 4 - - - autoconsommation 47h 23h 68 30 ) - commerce intérieur traditionnel 85 40 30 h ) 3 55 3 4 - commerce intérieur moderne (livraison à l'industrie) - - - 2 - 3 - 3,5 Exportation (commerce moderne) - - - - 32 13 3 14,5 Notes: Pour le sorgho, le mil et le mais, on a pris comme référence une "année normale" (1966/67). Pour le sésame, l'arachide et le karité, la campagne 1967/68. Pour le coton, la campagne 1968/69. Sources: On a consulté (a) les statistiques officielles du Ministère de l'Agriculture, non utilisables en raison du gonflement anormal des résultats depuis 196h; (b) les évaluations officielles du Plan qui corrigent quelque peu les premières statistiques; (c) une évaluation non publiée du Plan qui établit une correction d'après la tendance sur 15 ans, la pluviométrie, la consommation; (d) les évaluations des comptes économiques de la Haute Volta; (e) des évaluations partielles fournies par l'IRHO (pour les oléagineux), la CFDT, la USAID (rapport sur le riz), le rapport Kellermann. La ventilation de la production selon la destination utilise notamment les résultats d'une enquête SEDES de 1966. On fait figurer à titre d'information l'évolution de la production de sorgho et de mil selon (a) la statistique officielle du Ministère de l'Agriculture; (b) l'évaluation non publiée du Plan (en milliers de tonnes): Moy. 1959-62 1963 1964 1965 1966 1967 1968 (a) 640 769 1.035 1.254 1.189 1.176 1.300 (b) - - 786 772 750 860 836 CD CD X~o CD Annexe 1 Page 3 Tableau III: EVOLUTION DES PRODUCTIONS COMMERCIALISEES (en milliers de tonnes) 1964 1965 1966 1967 1968 1969 Coton Production commercialisée par la CFDT (monopole) (coton graine) 814 8,8 7,5 16,3 17,3 32,0 Production coton exporté 2,7 3,0 2,5 5,7 6,1 8,7 Graines de coton commercialisées 3,9 3,5 2,5 5 5,1 ,0 pour l'exportation Arachides (décortiquées) Total commercialisé par le secteur moderne 5, 5,8 8,7 10,9 10,3 10,4 Exportations 3,6 h,3 5,8 7,4 8,8 8,0 Livraisons à l'industrie 1, 1,5 2,8 2,4 2,0 1,4 Karité Total commercialisé par le 15,1 1,6 18j7 0,01 20,8 14;8 secteur moderne Livraison CITEC 3,8 0,9 3,1 0,01 3,6 4,2 Exportations 10,6 0,7 15,5 - 165 10,6 Sésame Commercialisation par le 253 2,4 1,7 2 6 2e9 2,7 secteur moderne y Exportations 2,1 2,4 17 2,3 2.9 2,5 Sources: Direction du Commerce. Rapports CFDT, CITEC. Tableau IV: STRUCTURE DES PRIX DES PRODUITS AGRICOLES l/ (en FCFA/kg) Sorgho(pd)Ctn Mil mais Riz (paddy) Coton graine Arachides ler choix 2ime choix ler choix 2è. choix (décortq.) Sésame Karité Prix au producteur 121/ 1311 19 17 32 28 25,75 26,75 7 Prix grossiste (bascule 23 212/ 38,6 34,6 26,75 27,75 8 Ouagadougou) Coton fibre Traitement, conditionnemont 107,2 96,1 2/ Exportation, prix départ 32,34 33,37 12,75 Ouagadougou Exportation prix gare Abidjan 37,39 38,4 16,76 Exportation f.o.b. Abidjan 140,1 129 39,64 40,37 18,60 Exportation c.a.f. ( 25962/ port destination 48,602/ 50,273/( 27,hh3/ l/ D'après les barèmes fixés par arrêté: campagne 1969/70. / L'arachide non exportée est vendue 20 FCFA le kilo décortiqué, entrée usine. L'huile est vendue 90 FCFA le kilo sortie usine. 3/ Equivalent FCFA des prix c.a.f.: arachide port français. Sésame port italien. Karité poitjaponais, puis port scandinave. Source: Direction du Commerce. Annexe 1 Page 5 r'ableau V: ACTIVITE DE LA GAISME DE STABILISATION DES PRIX AU COURS DES CAMPAGNES 1965 - 1968 (millions de FCFA) 1965/66 1966/67 1967/68 1968/69 Ressources annuelles de la Caisse Taxe sur export-import 79,0 86,0 92,6) 46,3 Taxe vente huile 2,3 2,0 2,0) Reversement sur export 6,5 2,9 64,5 194,6 Autres ressources - - - Total 86,8 90,9 159,1 282,3 Bilan annuel -/ Bénéfices 6,6 20,0 19,9 (30,0) Solde à reporter en fin d'exercice - - - 340,O Produits soutenus Coton 5o,2 92,2 63,7 11190 aýrachide 2,3/ 3,6/ 65,W9/ 73,7 Karité 46,2 - - - Montant du soutien (FCFA/kg) Coton fibre I/ 21 16 10' 12 Arahide d,corticu6 0,7 0,6 9 8 L roduits donnant lieu à reversement: sésame (2,5 millions FCFA en 1967/6C); karité (62 millions en 1967/68); reversement sur l'exportation de coton grai- ne depuis 1966/69. 2/ Remboursements de prêts SOVICA-SOVOLCOM. Prix garanti par la France. Prix non garanti par la France depuis 1968. Le bilan annuel tient compte de soldes et d'opérations (crédit notamment tel eue avances sur la commercialisation du paddy) non portés sur le tableau ci-dessus). 6/ Ô stimation provisoire. / in 196/69 le montant du soutien est d'environ 10 pour cent du prix f.o.b. Abidjan payé par les acheteurs. Source: Ministère du Commerce et des Finances. Annexe 1 Page 6 Tableau VI: CREDIT AGRICOLE DE 1966 à 1969 Montant des crédits accordés (en milliers FCFA) Court terme Moyen terme Total 1966/67 51.306 98.297 149.603 1967/6b 343,570 5oh 344.074 1968/69 455.896 76.406 532.302 Total 1966-69 850.772 175.207 1.025.879 Nature des crédits accordés (en milliers FCFA) Court terme Moyen terme Produits chimiques 288.140 Culture attelée 70.587 Semences 17.882 Appareils de traitm. 31.934 Commercialisation 537.095 Achats d'animaux 4.443 Aménagement plantations 16.237 Divers 63.731 Evolution de la situation des paiements (en millions FCFA) Total Impayé après encaissement Pourcentage exigible 1/ de l'échéance 1/ impayé 2/ Situation au 30.9.1965 27,16 0,58 2,1 Situation au 30.6.1966 25,48 13,15 56,6 Situation au 30.6.1967 44,67 23,60 52,7 Situation au 30.6.1966 50,23 26,56 56,0 Situation au 30.6.1969 51,62 13,b7 26,76 1/ Inpayés antérieurs + échéance du mois de mars de l'année en cours. 2/ Pourcentage impayé/total exigible. On observera que les données relatives à la ventilation des crédits en court terme et moyen terme ne correspondent pas entièrement aux totaux de chaque type de crédits. Source: Banque Nationale de Développement. fableau VII: SITUATION RICAPITULATIVE AU 30 JUII 196b DE L'ECHEANCE AGRICOLE DU 31 MARS 1966 Lnpayés au Total exigible 30.6.1967 Echéance (impayés + Encaisse- ImpayéL % et anterieurs 1968 échéance) ments 03D de LCiægadougou (SATEC) 13,15O,710ý/ 9.o46.65o 22,197,360 5.870,600 16,326.760 73 DEAD de Koudougou (SATEC) 3,833,256!/ 7.354.164 11,187,420 5.243,733 5,943.687 53 ORD de Dédougou (CFDT) 1,871,98â 7.948,998 9.820,986 7,021,516 2,799.470 28 ORD de Kaya (CFDT) 18.052 1.995,989 2.014,041 1,866.687 147,354 7 Zone CIDR (Bobo-Diébougou) - 1.444,514 1hh4.-51h 1.444,514 - 0 Zone CFDT Koupela 19.887 114.922 134,809 66,557 68,252 50 Crédits réalisés par SATEC hors de ses zones d'interven- tion 1.927.805-/ 1.505.339 3.433.1Ud 154.659 3,278,485 95 20.821.698 29.410.576 50.232.274 21.668.266 28.564.008 56 g' Courtterme 1966 zone SATEC y compris. 2/ Sous déduction de 634.098 FCFA de moratoires consentis pour sécheresse exceptionnelle. 3/ Ces crédits étaient précédemment inclus dans l'ORD de Ouagadougou. Source: Tableau communioué par la Banque Nationale de Développement. Ce tableau ne fournit pas d'indications chiffrées sur l'ORD du Yatenga (BDPA). (D Annexe 1 Page 8 'fableau VIII: LES INVESTISSEMENTS HYDRAULIQUES - BARRAGES EXECUTES PAR LES HER 1956 - 1966 i/ Source de Nombre de barrages Coût total des Superficie éven- financement réalisée travaux tuelle irrigable (millions FCFA) /IDES 7 130,20 21 1.035 ha FERDES 3 9,10 3/ 15 ha FAC 21 574,80 / 355 ha FED 40 915,22 _5 702 ha Total 71 1.629,32 _/ 2.107 ha Pas de nouveaux barrages construits après 1966. _/ Coût de 6 barrages (coût non connu pour 1 autre). Coût d'un barrage seulement. Coûât de 17 barrages (coût non connu pour 4 autres). Coût de 31 barrages (coût non connu pour 9 autres). Coût de 55 barrages, soit approximativement 30 millions de FCFA par barrage. Source: H Annexe 1 Page 9 Tableau IX: FINANCEMENT DES OPERATIONS DE DEVELOPPEMENT DE LA PRODUCTION DANS LES ORD 1967, 1968 ET 1969 (en millions de FCFA) Financement Financement Financement total extérieur de la Haute Volta ORD Volta Noire (CFDT) / 452,6 FAC 18464 268,2 ORD Kaya (CFDT) j/ 453,2 FAC 364,5 88,5 ORD Ouagadougou et Koudougou (SATEC) 2/ 819,5 FAC 715,9 173,6 ORD Gaoua (CIDR) 1/ 68,0 - - 68,o ORD Banfora (SOTESA) ... FED. ... ... ORD Yatenga (BDPA) 2/ 218ý3 FED 180,0 3813 Sources: 1/ Division du Plan. 2/ Rapports des sociétéq comptabilité. Annexe 1 Page 10 Tableau X: COUT DES OPERATIONS (en millions FCFA) Développement arachide Bobo-Dioulasso-Banfora (IRHO) Financement 1960-67 45,03 dont FAC 41,70 BN 1/ 3,33 dont pour 1967 7,23 dont FAC 5,99 BN URD de Yatenga (BDPA) Financement 1965-1970 325,7 dont FED 269,00 BN 56,70 dont pour 1969 33,07 dont FED 14,28 BN 18,79 Financement des opérations d'animation rurale - CIDR (Cercles de Houndé, Boromo, Bobo-Dioulasso, Diébougou, ORD de Gaoua) Financement de la CIDR 1968-69 38,43 dont FAC 12,93 BN 21,00 Divers 4,50 ORD de Ouagadougou et de Koudougou (SATEC) Financement 1961-1969 1.245,18 dont FAC 1.280,00 BN 215,07 Financement ORD Koudougou 1970 114,82 dont FAC 64,31 BN 50,51 ORD Volta Noire et Kaya (CFDT) Financement 1967-1969 905,8 dont FAC 548,9 BN 356,9 dont pour ORD Volta Noire en 1969 138,4 dont FAC 97,5 dont pour ORD Kaya en 1969 171,2 dont FAC 52,0 1/ BN: Budget National. Annexe 1 Page 11 Tableau XI: ORIGINE DU FINANCEMENT DU DEVELOPPEMENT AGRICOLE (INVESTISSEMENTS) A. Engagements (000 uc) 1/ Remarques 1960 380 Construction de trois barrages 158 Hydraulique humaine et pastorale 1961 1.562 Huit barrages en terre 1962 7.112 Barrages 1965 960 Mise en valeur de Yatenga 1966 393 Lutte onchocercose 1966 122 Puits ruraux 1967-1969 140 Mise en valeur de Banfora 10.827 3. PNUD Aucun C. Aides Bilaterales (millions de FCFA) USA 6 Développement ressources en eau ïiep. féd. de l'Allemagne 125 Aménagement du lac de Bam Chine (For- mose) 600 (environ) Aménagement de Boulby, Louda, Kou D. BIRD Envisagé pour les ORD de Volta Noire et Bobo-Dioulasso (cont.) Annexe 1 Page 12 Tableau XI (suite) Total annuel affecté au Pourcentage par rapport à développement rural (en l'ensemble des programmes milliers de francs fran- .années çais) FAC - Haute Volta 1959 4.172 18,21 1960 8.953 35,50 1961 10.259 49,40 1962 10.502 68,26 1963 11.87 50,05 1964 6.927 33,11 1965 24.017 77,40 1966 13.532 58,82 1967 14.891 45,92 1966 14.781 51,58 10 années 119.81 47,85 1,/ En unités de compte: 1 uc = $ 1 Source: Recueil des renseignements statistiques concernant l'utilisation des crédits FAC pendant la période 1959-1968 (février 1969). Annexe 1 Page 13 Tableau XII: LE PROJET SUCRIER DE BANFORA 3tablissement de la plantation (millions de FCFA): Dépense Etat voltaique Dépenses SOSUHV .erres (expropriations) 100 Matériel agricole et roulant 170 Hydraulique 600 Irrigation 300 Défrichement 100 Première installation des cultures 110 Bâtiments de culture, magasins 27 Laboratoire, bureaux 20 727 Décomposition du prix du sucre produit dans l'agglomérerie de Banfora: Coit Prix (FCFA/kg) Prix à la frontière 42,00 taxes d'importation 0,h0 transport 1,10 Prix rendu usine 43,50 usinage 18,39 Frix sorti usine 61,89 taxe intérieure 7,10 transport (péréquation) 2,51 Prix tous points du territoire 71,50 marge grossiste 3,50 Prix vente du grossiste 75,00 marge détaillant 5,00 Prix vente détail e0,00 Source: 3OSUHV Banfora. Tableau XIII: PROJECTIONS A. OBJECTIFS POSSIBLES DE PRODUCTION 1980 (en milliers de tonnes) Sorgho Mil Mais Paddy Coton Arachide Sésame Karitl Prod cton actuelle 560 270 100 40 37 75 6 22 Hypothèse de 2 1 2 1 4gO Doublement Objectif CFDT 2?l - croissance par an par an par an par an Objectif 1980 700 340 160 80 120 90 ? 7 B. POPULATION - PROJECTIONS _/ (en milliers d'habitants) 1965 1969 1970 1975 1980 1985 Population totale 4.719 5.030 5.127 5.657 6.330 7.137 dont: population présente rurale 4.,162 4.410 4.50 5,505 6.180 population présente urbaine 272 320 321 382 460 554 population émigrée 285 300 305 331 365 403 / Hypothèse de croissance conforme à celle de la population. Hypothèse de croissance double du taux de croissance démographigue pour tenir compte des besoins alimentaires. j/ L'objectif se décompose en: (a) augmentation des rendements (1,6 t/ha au lieu de 0,9 t/ha actuellement) sur 40.000 ha actuellement en culture; (b) aménagement en 10 ans de 10.000 nouveaux hectares de bas-fonds irrigués avec un rendement moyen de 1,6 t/ha. l/ Le service de la statistique de Haute Voltaa établi en 1967 des projections différentes concernant la population urbaine et la population émigrée, tout en conservant les mêmes hypothèses que le document 1963 de l'INSEE en ce qui concerne l'évolution de la population totale et de la population rurale. Source: L'INSEE coop. "Perspectives de population des pays africains et malgache d'expression française, 1963, pour la Haute Volta, d'après enquête démographique 1961U Pour 1969: évaluation mission. Annexe 1 Page 15 Tableau XIV: DENSITES DE POPULATION PAR CERCLE ET PAR ORD Densité de population par kn2 ORD de Volta Noire gn 1970 en 1990 Cercle de Nouna 12 18 Toma 27 40 Dedougou 1h 21 Boromo 18 27 Hounde' 8 13 Tougan 24 36 ORD de Koudougou Cercle de Yako 59 87 Reo 48 87 Koudougou 77 119 Leo 7 12 Tenado 18 32 0OUD de Ouagadougou Cercle de Ziniare 46 71 Bousse 52 77 Ouagadougou 113 177 Sapone 39 60 Kombissiri 32 50 Zorgho 21 33 ianga 35 5h Zabre 35 58 Tiebele 77 134 Po 7 13 OU de Yatenga Cercle de Titao Ouahigouya 20 29 Gourcy 48 69 Seguenega649 82 112 ORD de Banfora Cercle de Banfora 12 19 Annexe 1 Page 16 Tableau XIV (suite) Densité de la population par 1n2 en 1970 en 1990 0RD de Kaya Cercle de Kongoussi 37 52 Barsalogho 13 20 Boulsa 20 31 Pissila 27 42 Kaya 47 72 ORD de Diebougou-Gaoua Cercle de Diebougou 25 39 Gaoua 20 31 OâD de Koupela Cercle de Garango 52 84 Koupela 61 100 Tenkodogo 20 33 Bogande 12 16 OiD de Fada N'Gourma Cercle de Fada N'Gourma 5 6 Diapaga 5 6 0ïD de Bobo-Dioulasso (création envisagée) Cercle de Bobo-Dioulasso 15 23 Oradara 13 20 ORD du Sahel (création envisagée) Cercle de Oudalan 5 7 Djibo 7 il Dori 10 13 AN.NIEZE 2 CARACTERISTIQUES DES EPLOITATIOUS AGRICOLES A. Surfaces et rendements 1. Les surfaces et les rendements des exploitations agricoles ont été estimés dans de nombreux rapports mais non par enquête 2 ,ral" sur l'ensemble du pays. Des différentes estimations fragmentaires, faites notamment pour la préparation du plan 1967-1970, il reseort que: a) la surface cultivée est de 0,3 à 0,5 ha Dar habitant soit 0,6 à 1,0 ha par personne active, La surface occupée par les jachères varie suivant la densité de population- lorsque les ressources en terres le permettent elle devrait être au moins 4 fois égale à la surface cultivée. b) la répartition de la surface cultivée entre les différentes productions varie suivant les régions en règle générale, les cultures vivrières (sorgho, mil, mais, légumineuses) occupent environ *,5' de la surface totale, 15% étant consacrés aux cultures d'exportation (coton, arachides). c) les rendements des cultures faites avec les méthodes tradition- nelles ont été estimés par les statistiques officielles. GRD sorgho et coton graine arachides coque mil kg/ha kg/ha kg/ha Uuagadougou 543 190 600 Fada-0'Gouri.a 55018 500 Banfora 80) - 700 Ouahigouva 450 100 450 Dedougou 600 300 500 Booo-Dioulasso 660 150 600 Diebougotraoua 400 200 600 Kaya 46 100 500 Ces estimations sont assez différentes des mesures faites sur les champs de déiponstration regroupés par secteur agricole (dont les linites ne sont pas les mêmes que celles des ORD) et sur les parcelles de vulga- risation crées par les 'RD. ANNEXE 2 2. Le rendement moyen pour l'ensemble du pays est estimé à 300 kg/ha par la CFDT, celui de l'arachide à 700 kg/ha d'après l'IRHO. 3. Les caractéristiques d'une exploitation courante comptant 10 personnes dont 5 travailleurs sembleraient donc etre: Cultures Surface en ha Rendement Production kg/ha kg Sorgho et mil 2,80 550 1.540 aÏs n,30 600 180 Légumineuses et cultures vivrières diverses r 30 600 180 Coton 040 300 120 Arachide 1 10 700 70 Riz 010 900 90 TOTAL 4;00 4. Les temps de travaux pour les différentes cultures traditionnelles sont estimés annuellement par hectare à 100 journées pour le sorgho, le mais les légumineuses et vivrières diverses, 130 journées pour le coton, 170 journées pour l'arachide, 150 journées pour le riz. ariabilité des rendements 5. Les rendements par hectare cultivé sont très irréguliers. Le manque d'équipements pour bien préparer les terres, de fumure organique pour améliorer le pouvoir de rétention de l'eau dans le sol, de traite- ments antiparasitaires font que l'agriculture voltaïque est étroitement sous la dépendance de la pluviométrie, spécialement avant le semis et pendant la première végétation. Des essais récents de l'IPAT ont montré que le rendement du sorgho était inversement lió aux quantités de pluie en avril-niai ces précipitations favorisent la nitrification de l'azote organique qui, ainsi libéýré. est entraîné par les pluies et n'est donc plus disponible pour la culture dont la croissance est ralentie. Une sécheresse trop prolongée après la préparation des champs détruit les jeunes plantules, le semis doit alors être recommencé et il est trop tardif pour pouvoir donner un bon rendement. ANNEXE 2 -3- 6. Le coefficient de variation (écart type exprimé en pourcentage de la moyenne) des rendements a été calculé pour le sorgho dans les différents secteurs agricoles de la Haute Volta, à partir des résultats obtenus sur les champs de démonstration faits pendant 5 ans de 1961 à 1965. Les chiffres annuels utilisés étant eux-mêmes la moyenne d'une série de champs, la variabilité réelle en chaque point est très certai- nement beaucoup plus forte car la pluviométrie à une année déterminée n'est pas uniforme sur l'ensemble de la région; à la dispersion inter- annuelle des productions il faudrait ajouter la variation intrarégio- nale. Chaque champ de démonstration de sorgho était divisé en deux parcelles, l'une en culture traditionnelle, l'autre recevant une fumure minérale il a donc été possible de distinguer les deux modes de culture. Variabilité des rendements en sorgho Secteur agricole Culture traditionnelle Culture avec engrais minéral kg/ha coefficient de kg/ha coefficient de variation en % variation en % Ouagadougou 550 14 973 15 Fada N'Gourma 602 17 939 15 Banfora 473 34 751 24 Ouahigouya 569 9 923 9 Koudougou 481 24 851 17 Dedougou 695 12 1.-32 14 Bobo-Dioulasso 491 35 815 22 baya 644 25 1,2? 26 Ensemble 622 16 916 12 7. Pour l'ensemble de la Haute Volta le rendement peut donc une année sur trois, être supérieur ou inférieur à 622 i 100; c'est-à-dire ne pas atteindre 520 kg ou dépasser 720 kg. Dans certaines régions (Banfora, Bobo-Dioulasso), il peut varier avec la mime probabilité de 310 - 320 kg à 660 - 730 kg. La stabilité relativement bonne, sous la réserve déjà citée du mode de calcul, des rendements à Ouahigouya est à noter; elle pourrait être liée à la compétence des agriculteurs du Yatenga qui ont été obligés d'adapter leurs techniques 3 des conditions physiques particulièrement défavorables. ANIEXE 2 -4- 8. Les seules séries de rendement en un même lieu ont été fournies par la station de l'IRAT à Saria pendant 9 ans de 1961 à 1969 sur un essai de fumure. La première série est constituée par les parcelles témoins ne recevant aucun engrais- la deuxième série reçoit tous les ans par hectare 5 tonnes de fumier, 3 kg d'azote et 24 kg d'acide phos- phorique. Variabilité des rendements du sorgho à Saria Kg/ha coefficient de variation en % Témoin sans engrais 163 45 Fumure organique et minérale 977 45 Les parcelles sans engrais ont un rendement très faible car la culture continue épuise les sols. Les parcelles fumées donnent une production beaucoup plus élevée. Mais dans les deux cas, le coefficient de varia- tion est très fort (45%) chiffre qui doit correspondre à la réalité des exploitations agricoles de Haute Volta. Sur cette base, le rende- ment national ·_ovn de 550 kg/ha varierait donc de t 270 kg/ha une année sur trois, soit de 300 kg/ha à 800 kg/ha. 9. Un calcul semblable a été fait avec les rend_ements annuels moyens fournis par l'IRHO pour ses secteurs de Banfora (9 années de 1959 à 1967) et de Bobo-Dioulasso (5 années de 1964 à 1968), tant pour la culture traditionnelle que pour les exploitants encadrés employant les techniques préconisées par cette institut. Variabilité des rendements en arachide Banfora Bobo-Dioulasso kg/ha coefficient de kg/ha coefficient variation en de variation en % Cultures tradi- tionnelles 512 19 418 13 ïxploitation encadrée 1.413 14 1. 16 ANNEXE 2 -5- 10. Une série de rendements sur une parcelle de coton à la station de Saria, pendant 5 ans, de 1961 à 1967, donne un coefficient de varia- tion de 20% pour un rendement moyen de 1.564 kg/ha, production élevée due à la fertilité des sols. 11. En résumé, la variabilité des rendements en un endroit déter- miné peut donc être estimée à: 45% pour les sorghos et mils 16% pour l'arachide 20% pour le coton. C. Financement des exploitations 12. Tous les programmes de développement entrepris en Haute Volta prévoient l'utilisation d'engrais minéraux, de produits insecticides et d'équipements, innovations qui entraînent toutes les dépenses moné- taires plus ou moins importantes. 13. Pour faciliter la vulgarisation de ces techniques nouvelles des prêts ont été faits aux cultivateurs: a) à court terme pour les engrais et les insecticides, le rembour- sement ayant lieu au moment de la coïxercialisation b) à moyen terme pour les pulvérisateurs, les houes et les char- rettes, le remboursement ayant lieu en 2 à 5 ans. 14. L'expérience a confirmé les résultats enregistrés dans d'autres pays. Il apparait tout d'abord que si le crédit facilite la vulgari- sation pendant les premières années, il devient rapidement beaucoup moins nécessaire lorsque les paysans ont apprécié l'intérêt des produits ou des équipements. Ainsi les agriculteurs du Yatenga dont les revenus monétaires semblent être parmi les plus bas Ju pays, achètent des char- rèttes valant 22.500 bCnA , souvent sans demander de crédit ou avec seu- lement un prêt sur un an pour la moitié de leur valeur, la quasi tota- lité (96%) de ces prêts est remboursée à la date fixée. D'autre part, le crédit a toujours échoué quand 1'équiperient proposé était inadapté aux besoins réels de l'exploitation. Dans les ORD de Koudougou et de Ouagadougou le montant des iupayés a atteint, en 1967, 71% des échéances pour des prêts de cinq ans destinés à l'achat de houes attelées. La trop faible puissance Jes ânes utilisés pour la traction, leur sensi- bilité à la trypanosomiase et le manque de protection sanitaire, l'ef- ficacité discutable de la lioue dans un système de production essentiel- lement vivrier sans culture commercialisée importante avant le dévelop- pement de culture cotonnière à Koudougou, l'ampleur du changement technique ANrEXE 2 -6- nécessaire pour tirer tout le parti possible d'une meilleure prépara- tion des sols (semences sélectionnées, engrais, assolement faisant place aux productions d'exportation) sont autant de causes qui n'ont pas per- mis aux paysans de faire face à leurs engagements. Aussi la BNsTD a- t-elle décidé d'arrêter tout crédit à moyen terme jusqu'à ce que la situation actuelle soit apurée. 15. Tout projet de crédit agricole devrait donc comporter une es- timation précise: a) de la capacité d'autofinancement des exploitations qui peuvent disposer souvent d'un capital non négligeable en vencant une partie de leur cheptel; b) de la rentabilité des investissements proposés compte tenu des aléas climatiques. Le cultivateur qui. obtient un prêt s'engage en effet à rerdoàourser une somme fixe à une date déterminée mais le supplément de récolte qui devra lui servir à faire face à se dette dépend pour une grande part de la iluvio-nétrie. Le montant des échéances ne devrait donc jamais excéder la valeur de l'accroissement minimum de récolte qu'il peut espérer obtenir une année sur trois; c) des méthodes permettant de recouvrer facilement les échéances au moment de la commercialisation. 16. Les études faites lors de la préparation du -lan 1967-70 et les projets de imise en valeur des ORD permettent d'apprécier la renta- bilité des différentes améliorations techniques tant pour le rendement moyen que pour le rendement minimum probable une année sur trois. Le tableau ci-joint a été établi sur la base des rendements moyens assortis de leur variabilité soit: 550 kg/ha de sorgho 1 45% 550 kg/ha d'arachide t 16% 300 kg/ha de coton -ý 20% 17. Les augmentations de coÛt de production ont été évaluées d'après les données retenues pour les projets en cours d'exécution, soiti a) pour la désinfection des semences 1,5 sachets de Thioral par hectare de sorgho et 8 sachets par hectare d'arachide; b) pour la fumure ainérale 36 kg de phosphate d'ammoniaque et 14 kg de sulfate d'ammoniaque par hectare de sorgho, 75 kg de superphosphate simple par hectare d'arachide, 72 kg de phosphate d'ammoniaque et 28 kg de sulfate d'ammoniaque par hectare de coton. ANEX 2 -7- c) pour les traitements, insecticides 3 pulvérisation de 2,5 d'énulsion Endrin-DDT chacune, y compris l'amortissement et l'entretien des appareils ; d) pour la culture attelée l'amortissement sur 3 ans (intérêt compris) et l'entretien d'un polyculteur et d'une charrette employés sur 3 hectares. Les prix au producteur ont été estimés à: 12 FCT'A/kg pour le sorgho 16 FCFA/kg pour l'arachide en coque 30 FCrA/kg pour le coton graine. 18. Il ressort du tableau ci-joint que, compte tenu des inves- tissements correspondants, la rentabilité de la culture attelée est négative sur le sorgho, faible sur l'arachide, relativement peu élevýe sur le coton. Ce calcul ne tient cependant pas compte des revenus tirés des travaux faits à façon chez d'autres exploitants ce qui est généralement une source de revenus appréciables pour les pro- priétaires de charrettes. Il faudrait en outre prendre en considération les effets de l'augmentation des surfaces que permet la charrue. -8- annexe 2 COUT ET BENEFICES DES "INPUTS" ET METHODES NOUVELLES Moyenne Minimum 1 année sur 3 Rende- Dépenses de Recette Bénéfice Rende- Dépenses de Recette Bénéfice ment culture brute net ment culture brute net kg/ha FCFA/ha 2/ FCFA/ha FCFA/ha kg/ha FCFA/ha FCFA/ha FCFA/ha Sorgo Dés 'nection des semences + 80 + 30 + 960 + 930 + 40 + 30 + 480 + 45o Densité et date de 5 semis + 195 + 0 + 2.340 + 2.340 + 110 + 0 + 1.320 + 1.320 Fumwure minérale + 325 + 1.875 + 3.900 + 2.025 + 1u0 + 1.875 + 2.160 + 285 Culture attelée if + 150 + 3.500 + 1.800 - 1.700 + Èo + 3.500 + 960 - 2.540 Arachide Desinfection des semences + 280 + 160 + 1.280 + 112 + 65 + 160 + 1.oho + 8 Densité et date de semis + 85 + 0 + 1.360 + 1.360 + 70 + 1.130 + 1.120 + 1.120 Fumure + 195 + 1.500 + 3.120 + 1.620 + 165 + 1.500 + 2.640 + 1.140 Culture attelée 1/ + 290 + 3.500 + 4.64o + 1.140 + 245 + 3.500 + 3.920 + 420 Coton Densité et date de semis + 50 + 0 + 1.500 + 1.500 + ho + 0 + 1.200 + 1.200 Traitements insecticidos + 500 + 3.600 + 15.000 +.400 + 400 + 3.600 + 12.000 + 8.00 Fumure + 450 + 3.800 + 13.500 + 9.700 + 360 + 3.800 + 10.800 + 7.000 Culture attelée 1/ + 200 + 3.500 + 6.000 + 2.500 + 160 + 3.500 + 4.800 + 1.300 L'augmentation de rendement par la culture attelée est du principalement à une meilleure préparation du sol. 2f Sur la base des prix payés actuellement par les cultivateurs. ANNEXE 3 - ACTIVITES DES ORD DU YATENGA, KOUDOUGOU ET OUAGADOUGOU Tableau I: ORD DU ]UTENGA 1967 1968 19691/ Arachides: production (t) en coque 3.080 4.000 7.000 commercialisation (t) graines 850 1.100 3.000 Coton: production (t) 300 400 1.000 commercialisation (t) 115 250 250 Sésame: production (t) 300 400 720 commercialisation (t) 150 350 240 Charrues (nombre total) 703 804 1.073 Houes (nombre total) 323 403 444 Charrettes à âne (nombre total) 46 224 300 Décortiqueuses (nombre total) 25 87 120 Pulvérisateurs (nombre total) 2 17 27 Engrais(tonnes) '41 82 115 Produits de désinfection des semences (sachets 51.O0 80,000 74.500 25 g) Produits de conservation des denrées stockées 27 29 (tonnes) Semences arachide ( t ) 82 99 122 Semences coton (t) 30 50 71 Puits creusés avec l'aide du FED (nombre) 21 51 Creusement des puits (milliers de FCFA) 5.617 17,165 Crédit à court terme (milliers de FCFA) 800 6.600 Taux remboursement (pourcentage) 99 96 Surface labourée (ha) 2,550 5,200 7.000 Surface semée en ligne (ha) 2-500 4.500 5.300 Surface fumée (ha) 645 1.340 2.060 Agents d'assistance technique 6 4 3 Agents voltaiques d'encadement supérieur 6 8 8 Agents voltaîques d'encadrement de base 56 64 73 Crédits accordés par le FED (en 1.000 FCFA) Total Personnel d'assistance techniaue 9i.51 33.692 35.177 18.682 Personnel vo-Lalque 34.110 11,50 11.850 10-710 Achats de véhicules et matériel 3,810 2,760 280 770 Fonctionnement 16.5oo 7.000 5.500 4.000 1u1.971 55,002 52,807 34.162 1/ Les chiffres de production sont de préviie en 1969. ANNEXE Page 2 -2 - Tableau II: ORD DE KOUDOUGOU U.oudougou 1965 1966 1967 1968 1969-1 19701/ Arachides production (t) cocues - - 2.840 3.445 4.135 5.260 commercialisation (t) graines - - 170 200 300 400 Coton production (t) 1,700 3.113 3.o50 5.80o 6,300 8,515 commercialisation (t) 1.700 3.113 3.o4o 5,725 6,ooo 8,5oo Charrues - nombre total Houes - nombre total 2,440 2.570 2.322 2.379 2.200 - Charrettes (à âne) 20 173 278 338 350 Décortiqueuses 3 Fulvérisateurs 73 183* 339 589ýj/ 900 Engrais (t) 21 35 58 108 230 350 Produits désinfection des se- mences (sachets) - 8.000 42.ooo 61.300 111.500 Produits de conservation des denrées stockées (t) - 0,305 3 6 9.8 Semences arachides (t) - 21 12 9 - Semences coton (t) - - 800 900 600 Puits creusés avec aide FAC (n.) Crédit court terme (milliers FCFA) - 3.386 7.009 18,900 - Crédit moyen terme (milliers FCFA) 4.073 7.718 9.893 10.794 12.948 Taux de remboursement C.T. 96 - 98 - - m .T. 96 72 55 47 60 Surface préparée (ha) 3.050 1,715 2.0hl - - Surface semée en ligne (ha) 2.000 2,884 12.430 14.000 13.100 Surface fumée (ha) 160 447 834 1.090 2,350 l/ Ob.jectifs. ANNEXE 3 Page 3 Tableau III: ORD DE OUAGADOUGOU Ouagadougou 1965 1966 1967 1968 196911 1970J Arachides production (t) coques - . - - - commercialisation graines (t) - . 200 - 15 68 150 Coton: production (t) - - 1.105 1.800 2.400 commercialisation (t) 4oo 646 869 1.607 2.200 2.500 à Sésame .3.000 production (t) - - - - - commercialisation (t) - - -5 15 Charrues - nombre total - 225 10 - - Houes - nombre total - 5.129• 4.5o - - Charrettes (à âne) 190 196 260 - - Décortiqueuses - - 4 - - Pulvérisateurs 7 31 - - Engrais (t) 45 68 54 90 99 Produits de désinfection des semences (sachets) 1.732 10702 52,01 91,000 68.800 Produits de conservation des denrées stockées (t) - 1.190 3.950 6 3 10 Semences arachide (t) - 106 90 85 h (en cours) Semences coton (t) - 163 250 350 490 (en cours) Puits creusés avec aide du FAC (nombre) - . - 159 (pew Jles 2 ORD). Crédit à court terme (milliers FCFA) - 4.344 3.437 2.L25 2.ooopcur 69-70 Crédit moyen terme 10.951 17.351 11.234 9.043 8.085 Taux de remboursement » C.T. - - 92 94 M.T. 96,3 56,h 23,7 26,1 38,5 Surfaces préparées (ha) 8.400 9.160 6.940 - - Surfaces semées en ligne (ha) 6.300 10.058 18.000 20.780 23.609 Surfaces fumées (ha) 358 813 730 890 1.195 1/ Objectifs. ANNEXE 4 BARE'E DES PRIX I Coton - Campagne 1969/70 -Prix d'intervention moyen au producteur 68% en ler choix à 32.000 'FCFA 32% en 2/3è choix à 28.000 FCFA 30.720 - Poste prévisible en fin d'achats)- -Frais de marché- (y compris commission ORD 100FCFit) 1.100 - Frais d'évacuation sur Usines 5.500 - FRIX de REVIENT COTON GRAINE/Rendu Usine = 37.320 - PRIX de REVIENT COTON FIBRE/Usine : 103.666 -(Base rendement prévisible 36%) -- Egrenage 18.000 - Transport Usines/Port Abidjan 3.900 - Manutention-Nagasinage/Abidjan 475 - Frais de transit Abidjan-(exonérés de la TPS) 2.100 - Intérêts bancaires - (base taux réescompte 3,5%) 2.400 - Patente/Export 200 - Frais de Vente/Europe 1.300 - Assurances 1.200 - Frais généraux 3.100 - PRIX DE REVIEIT FOR ABIDJAN 136.341 Le barême ci-dessus ne couvre le financement des stocks de coton 'ibre que jusqu'au 30 juin 1970. Le financement des frais de stockage prolongé au delà de cette date sera assuré par la Caisse de S btien sur présentation de factures. Les frais sont estimés à 49 FC"7 par tonne fibre/quinzaine. ANNEXE 4 -2- II KARITE - CAM4PAGNE 1969-1970 (FCFA p.r tonne) SCANDINAVE JAPON PRIX ACHAT PRODUCTEUR 7.000 7.000 Lon2 à répartir 29.234 26 723 Valeur producteur OAGADOUGOU 36.234 33.723 - Commission à l'acheteur 500 500 - Manutention lieu d'achat 500 500 VALEUR NU BASCULE O'UAGADOUGOU 37.234 34.723 - Déchet/dessication 1% loco-magasin Cuagadougou 429 403 - Intérêt 6,6% 4 mois LOM - 2,166% 930 874 - Amortissement sacs charroi 432 432 - Emballage 13,33 x 153 2.066 2.066 - Loyer magasin Juzaydougou 150 150 - Commission exportateur 500 500 - Frais généraux Afrique 1.200 1.200 VALEUR LOCA MAGASIN :UAGADOUCOU coefficient 42.941 40.348 96,834 - Frais de plombage et de conditionnement 130 130 - Mise sur wagon et camionnage 409 409 - Intervention transitaires 371 371 - Intervention groupeurs 476 476 - Transport fer Abidjan 2.651 2.651 - Statistiques sur sacherie 1% sur valeur mercuriale 27 27 VALEUR GARE ABIDJAN 47.005 44.412 - Transport, manutention port embarquement et honoraires Abidjan 861 861 - Loyer magasin Abidjan 250 250 - Déchet 1% sur FOB Abidjan 492 466 - Taxe de port 66 66 - Acconage 478 478 VALEUR FOB ABIDJAN - coefficient 99 49.152 46.533 FOB en anciens francs français 98.304 93.067 - Intérêts à 0,75% sur CAF & 1,50 sur JAPON 870 1.740 - Déchet sur CAF 1% 1.160 1.160 - Escompte documentaire à 0,5% sur CAF 580 580 - Frais généraux 1% sur CAF 1.160 1.160 - Désarrimage, prise en cale, surveillance 400 400 - rt Europe-Nord et Japon 11.473 14.680 - Courtage 1% Scandinavie, Japon 2% 1.160 2.320 - Assurance 0,77% 893 893 VALEUR CAF Scandinavie - coeff. 94,98 1000 kg) 116.000 117.856 Japon - coeff. 93,23 1016 kg) En £ sterling ................. 88,4,6 88,4,6 ANNEE 4 III ARAC1lDES - Ca 2PAGNE 1969;/1970 ("Cr. par tonne) PRIX D'ACHAT PRODUCTEURS 25.750 - ianutention à l'achat 250 - Commission acheteur 750 VALEUR INU BASCULE .j G/.OUGOU 26.750 - Déchet/dessication 1% sur loco-magasin un.s:-dougou 323 - M-ise en magasin, tarage, conditionnement 250 Intérêts 6,60% 4 mois sur loco-magasin c'ucgadougou 701 - Charroi 423 - Emballage 13,33 x 153 2.039 - Loyer magasin )uagadougou 150 - Commission exportateur 500 - Frais généraux Afrique 1.200 VALEUR LOCA-MAGASIN MUACADOUOMU - coefficient 96,834 32.336 - frais de plombage et conditionnement 130 -lise sur wagon et camionnage 409 - Intervention transitaire 371 - Intervention groupeur 476 - Transport fer Abidjan 3.640 - Statistiques sur sacherie 1% 27 VALEUR GARE A2IDJAN 37.389 - Déchet 1% sur FOB 397 - Transport, manutention port embarquement et honoraires Abidjan 911 - Loyer entrepôt Abidjan 400 - Taxe de port pour 1012 Kg 66 - Acconage 1013 478 VALEUR FOR ABIDJAN - coefficient 99 39.641 FOB en anciens francs français la tonne netrique 79.282 - Intérêts 9% 1 mois sur CAF roit 0,75% 729 - Déchet de route 1% sur CAP 972 - Expertise 150 - Frêt maritime port français 8500x1013 + 10% 10.637 - Escompte documentaire 0,50 sur CAF 486 - D,sarrimage, prise en cale, surveillance 871 - Frais gérraux Europe 1% sur CAF 972 - Réfaction, impureté base pur 1,5% sur CA" 1.458 - Courtage 0,50% sur CAF 486 - Assurance 1,19% sur CAF 1.157 VALEUR CAF PORT FRAUCAIS - coefficient 93,56 a/ 97.200 a/ Compte tenu d'un soutien de 9.000 :FCrIt de la Caisse de Stabilisation le prix de vente CAF port français est d'environ 88.000 FCFA. ANNEXE 4 -4- IV SESAME - CAMPAGNE j169-7J (FCFA par tonne) PRIX ACHAT PRODUCTEUR 26.750 - 1!anutention à l'achat 250 - Commission acheteur 750 VALEUR NU BASCULE 3UA,GIDOUGOU 27.750 - Déchet/Dessication 1% sur loco-magasin Cuagadougou 334 - lise en magasin, tarage, conditionnement 250 - Intérêts 6,60% 4 mois sur loco-magasin 'uagadougou 723 - Charroi 423 - Emballage 13,33 x 153 2.039 - Loyer magasin aua.adougou 150 - Commission exportateur 500 - Frais généraux Afrique 1.200 VALEUR LOCO-AGASIN 2/'AD'30U coefficient 96,834 33.369 - Frais de plombage et conditionnement 130 - Mise sur wagon et camionnage 391 - Intervention transitaires 371 - Intervention groupeurs 476 - Transport fer Abidjan 3.640 - Statistiques sur sacherie 1% 27 VALEUR GARE ABIDJAN 38.422 - Déchet 1% sur FOB 406 - Transport, manutention port embarquement et honoraires Abidjan 861 - Loyer entrepôt Abidjan 400 - Taxe de port pour 1013 Kg 66 - Acconage 1013 Kg 478 VALEUR FOB ABIDJAN coefficient 99 40.633 FOB en anciens F.F. la tonne métrique 81.266 - Intérêts 9% sur 2 mois sur CAF soit 1,50% 1.575 - Déchets de route 2% sur CAF 2.100 - Expertise 150 - Frgt maritime 25 x 555,42 x 1013 14.065 - Escompte documentaire 0,50% sur CAF 525 - Désàrrimage - prise en cale - surveillance 400 - Frais généraux Europe 1% sur CAF 1.050 - Réfaction impureté base pure 1,5Z sur CA? 1.575 - Courtage 1% sur CAF 1.050 - Assurance 1,19% sur CAF 1.250 CAF port italien - coefficient 91,31 105.006 arrondi à 105.000 ANNEXE 5 ETUDE D'UN PROJET DE COLO*ISATION DANS LA VALLEE DE LA VOLTA BLTANCHE 1. Compte tenu de la complexité de ce projet, les études et les réalisations devront être progressives pour améliorer continuellement les méthodes en fonction des résultats obtenus. Une étude générale dressera d'abord l'esquisse du projet de mise en valeur de toute la vallée suivant les différentes zones, fixera les priorités à respecter et choisira la partie la plus favorable à une première réalisation pilote dont les méthodes et les moyens seront déterminés avec précision. Lorsque cette première opération aura été réalisée, l'acti sera éten- due à d'autres parties de la vallée. I. ETUDE DES POSSIBILITES DE HISE EN VALEUR ET SCIIEA GENERAL D'AMENAGEMENT 2. Les possibilités de mise en valeur des zones qui pourront être débarrassées d'onchocercose et de trypanosomiase sont fonction: - des conditions naturelles - de leur occupation actuelle - des techniques de production - des charges et des profits prévisibles des exploitations agricoles - de la surpopulation éventuelle des zones voisines suscep-- tibles de fournir un courant migratoire. 3. L'étude des conditions naturelles fixe les limites absolues du projet sur le plan technique. 4. Les seules cartes existantes sont à l'échelle du 1/200.000 ce qui permet d'établir une esquisse générale de mise en valeur mais non des projets d'aménagement hydro-agricoles; des levés topographiques à l'échelle du 1/10.000 ou mêwe du 1/5.000 sont à prévoir pour toutes les zones à irriguer ou à drainer et pour la construction des pistes. 5.. Le réseau de stations météorologiques en Haute Volta est parti- culièrement dense. Toutes les informations nécessaires sur la pluie, l'é- vaporation et la température ont déjà été enregistrées. Il suffira de bien préciser à partir des données existantes la variabilité des pluies aux périodes critiques, c'est-à-dire en avril-mai avant la préparation des terres, en mai-juin à la date des semis, et en septembre au moment de la maturation. Ceci permettra d'apprécier la probabilité d'échec des sermis et de bas rendements dont l'analyse économique devra tenir compte. 6. Une carte pédologique au 1/200.000 a été dessinée par l'ORSTOM en 1964. Cette carte indique la répartition des associations de familles de sols, classées d'après leur mode de formation. Elle montre que les ANNEXE 5 -2- parties les plus intéressantes semblent surtout situées dans le sud mais elle ne peut être. utilisée directement pour un projet de mise en valeur car elle ne donne pas la vocation culturale des sols. Il faut reprendre ce travail en localisant à la même échelle, les principaux facteurs limitants des cultures qui peuvent être envisagées (céréales, arachides, coton, oignons): a) profondeur de la cuirasse- b) sensibilité à l'érosion en fonction du relief et du type de sol; c) profondeur de la nappe phréatique en saison des pluies. 7. La fertilité générale et les cultures possibles seront tirées de la carte actuelle interprétée à l'aide des résultats obtenus sur les stations de l'IRAT. Cette carte permettra de déterminer le mode de mise en valeur qui doit être envisagé dans les différentes parties de la vallée, a) nature des cultures;b) mode de préparation des sols; c) ren- dement prévisible suivant l'assolement et la fumure minérale. 8. Dans les zones qui seront affectées à la colonisation les caractéristiques pédologiques définies ci-dessus seront cartographiées au 1/50.000 pour évaluer le nombre d'exploitations qui pourront y être installées. Les parties qui feront l'objet d'un aménagement hydro-agri- cole (drainage, irrigation) seront cartographiées au 1/20.000 pour localiser les caractéristiques hydrodynamiques (perméabilité, canacité d'absorption) et seulement lorsque ces éléments pourront avoir une in- fluence importante sur la nature et le colt des travaux à entreprendre pl.r le projet. Ces études détaillées devront préciser, outre les élé- ments recueillis lors de la cartographie au 1/200.000, le système d'ir- rigation ou de drainage suivant la nature des cultures. 9. L'hydrologie superficielle a été étudiée sommairenent dans les bassins versants des barrages en terre construits sur les affluents de la Volta. Bien que la direction de l'hydraulique n'ait pu fournir des informations précises il semble exister quelques échelles limnimétriques dont le dépouillement donnera, sur l'écoulement des eaux de surface, des indications pour des aménagements hydro-agricoles assez simples. L'hydro- logie souterraine n'a pas encore été étudiée; le BRG;L doit entreprendre ce travail dans la partie Nord de la vallée à la latitude de Ouagadougou en 1970. Il faudra le compléter et l'étendre à l'ensemble de la vallée. Son but sera de déterminer les ressources en eaux souterraines dans les différentes formations qui apparaissent sur la carte géologique de la région. Un inventaire des ressources hydrauliques sera fait sur tous les points d'eau existants ou abandonnés, il permettra d'identifier les nappes et les débits qu'elles peuvent donner dans les différentes parties de la vallée. Cet inventaire sera complété par une étude hydrogéologique avec des sondages de reconnaissance qui donneront les caractéristiques hydrauliques de chacune des nappes; cette dernière étude permettra de fixer les types d'ouvrages captants à utiliser, leur localisation et leurs débits. ANNEXE 5 -3- 10. Il faut évaluer rapidement l'occupation actuelle des terres par les différentes activités humaines pour déterminer celles qui sont libres ou peuvent être libérées et mus quelles conditions elles peuvent être mises à la disposition des colons. 11. L'occupation actuelle est mal connue, en dehors de quelques études ou monographies de villages. Les photographies aériennes verti- cales au 1/50.000 prises il y a une dizaine d'années montrent la ré- partition générale de l'habitat et des cultures. Elle est suffisante pour l'ensemble de la vallée; mais dans le sud, les mouvements de po- pulation ont provoqué des changements importants qui nécessitent une nouvelle couverture aérienne; elle devrait être prise au 1/20.000 pour pouvoir servir de base à une cartographie plus détaillée de cette par- tie où semblent se trouver les sols les plus intéressants. Une inter- prétation de ces photographies accompagnée d'une enquête sur le terrain déterminera l'utilisation des terres (culture, pâturage, bois de chauffage) ainsi que les populations qui détiennent ces droits d'ex- ploitation. 12. Un recensement exhaustif des chefs de famille établis dans la vallée sera fait en mettant à jour les listes d'imposables détenues par l'administration; il permettra de choisir par sondage aléatoire un échantillon d'exploitations agricoles où seront enregistrés: (a) la population totale et active ainsi que la natalité, la mortalité, la f'condité et les mouvements migratoires; (b) la surface cultivée répartie par -production suivant la nature des terres; (c) la durée des jachères; (d) les droits fonciers sur les différents types de terres; (e) l'équipement et le cheptel vÉS-. 13. Une enquête démographique par sondage dans les zones hautes voisines de la vallée montrera le nombre de familles qu'il serait sou- haitable de faire émigrer en fonction du potentiel de production des sols tel qu'il a été déterminé par les études détaillées de la grande région de Ouagadougou. Les techniques de production traditionnelles dans les régions d'origine des colons ne peuvent être transposées direc- tement dans la vallée puisque les conditions physiques y sont très différentes. Les méthodes intensives utilisées par un nombre limité des agriculteurs de la vallée ont été décrites par des spécialistes des sciences humaines. Elles semblent assez efficaces pour pouvoir dans un premier stade être employées par les colons qui s'installeront à proximité des parties déjà cultivées. Dans les zones où les conditions ANEXE 5 écologiques sont différentes et où la densité de population ou le type d'aménagement ne justifie pas une agriculture aussi intensive il sera nécessaire de mettre au point par expérimentation agronomique les solutions permettant d'améliorer les cultures déjà connues et les techni- ques à utiliser sur les terres qui n'ont jamais été cultivées ou pour les productions nouvelles. Le programme d'expérimentation sera établi à partir d'une étude liée à l'enquête sur les exploitations où seront exa- minées les difficultés techniques que rencontrent les agriculteurs. Les recherches à entreprendre pour les nouveaux types de culture seront fi- xées par références aux problèmes similaires dans des projets compara- bles. La documentation sur les conditions naturelles montre que les sols les plus riches sont très argileux, se crevassent profondément en saison sèche et sont très vite inondés; il semble donc qu'il faille avant tout se consacrer au mode de préparation des sols et au choix des cycles végétatifs. 14. Les producteurs ne seront attirés par le projet que s'ils y trouvent un intérêt direct. Il faut donc déterminer les types d'ex- ploitation (surface par production, techniques, équipement) qui donnent les meilleurs résu-Ihts possibles par comparaison avec ceux obtenus sur le plateau et qui soient compatibles avec les moyens et notamment les ouantités de travail dont les agriculteurs disposent. Les diverses études faites lors de la préparation des projets de développement des ORD donnent des indications utiles pour évaluer les caractéristiques des exploitations sur les terres hautes. Aucune analyse semblable n'a été faite dans la vallée. Il faudra faire une étude monographique très minutieuse de quelques exploitations représentatives des grands types existants tels qu'ils résulteront du dépouillement de l'enquête agri- cole; les points à préciser seront: (a) la répartition du travail selon1es saisons et les pro- ductions végétales ou animales; (b) les coûts et les revenus des productions principales. Ces mêmes éléments seront déterminés à l'aide des résultats obtenus sur les stations de recherche, pour les techniques ou les productions nouvelles. Les modèles d'exploitation dans chaque zone de la vallée pourront alors être calculés par une programmation linéaire très sim- plifiée. 15. Le schéma général de mise en valeur définira les types de production a retenir pour chaque zone (agricoles, pastorales ou fores- tières) ainsi que les aménagements nécessaires pour les obtenir. Le choix entre les différentes activités possibles sur une même zone sera fonction de leurs résultats économiques prévisibles et des directives fixées par le plan national de développement ou les autorités nationa- les. Un programme linéaire pourra être utile pour tenir compte de ANNEXE G -5 - toutes les contraintes reconnues et des diverses options possibles. Les aménagements nécessaires seront fixés selon les besoins des pro- ductions, les conditions naturelles et la situation présente de l' in- frastructure. La succession des opérations sera dressée d'après les liaisons techniques qui existent entre elles. 16. Il sera alors possible d'évaluer l'économie générale du pro- jet technique et de procéder aux ajustements de détail qui s'avéreraient intéressants. II. ORGANISATION DU PROJET DE COLONISATION 17. La mise en valeur de la vallée par des cultivateurs qui ne connaissent pas ou peu cette région implique une organisation pour: (a) fournir aux migrants une aide matérielle ou financière sous la forme convenable; (b) mettre en place l'infrastructure sociale et administrative indispensable à la vie de la collectivité au même titre que les aménagements techniques étudiés précédemment pour la production; (c) former les exploitants à leurs nouvelles tâches et les guider dans leurs travaux; (d) faciliter l'approvisionnement, le crédit et la commer- cialisation qui sont les conditions nécessaires ou les conséquences normales de l'activité économique. Cette organisation humaine et économique sera fonction du projet techni- que mais aussi des motivations des migrants ainsi que de leur organi- sation sociale et familiale, aspects qui doivent être étudiés avant toute intervention dans la zone d'où viendront les futurs colons. 18. Les premiers colons semblent devoir être recrutés parmi les descendants des anciens habitants de la vallée; la documentation dis- ponible indique où ils se sont repliés et permet ainsi de fixer la zone d'étude. Une enquête psychosociologique y sera faite pour préci- ser: (a) les raisons qui pourraient inciter les chefs d'exploita- tion à s'installer ou non dans la vallée; (b) les caractères particuliers des familles favorables à ce transfert: nombre de personnes totales et actives, situa- tion dans le village d'origine, relations avec les groupes sociaux de la vallée, niveau de connaissances techniques. ANNEXE 5 - 6 - Ces éléments montreront les incitations permettant d'attirer les colons sur les terres libres, les effectifs prévisibles de migrants pendant les premières années ainsi que les méthodes et les moyens qui devront être employés pour former et encadrer les cultivateurs. III. PREPARATION D'UN PROJET SPECIFIQUE 19. Dans le cadre de schéma général présenté ci-dessous, on po- sera donc comme objectif de définir un projet spécifique susceptible de faire l'objet d'un financement extérieur. Ce projet constituerait la première phase d'un projet général Volta Blanche. La préparation d'un projet spécifique devrait donner lieu aux opérations suivantes: A. Programme et évaluation de l'assainissement sanitaire dans l'ensemble de la zone 20. Ce programme sera inclus dans le programme inter-Etat de la lutte contre l'onchocercose. On définira cependant les mesures qu'il est indispensable de prendre au niveau de l'ensemble de la Volta Blan- che. On définira ensuite les opérations à réaliser au niveau des zones se- lectionnées pour le projet spécifique. L'organisme de lutte contre les grandes end'mies de Bobo-Dioulasso (OCCCE) aura, avec l'aide de l'ONS, a préparer cette partie en projet et en établir le coûàt. B. Etude générale en vue de déterminer les zones et les actions priori- taires dans la Volta Blanche 21. L'étude générale doit comprendre: (a) inventaire des sols en vue d'établissement d'une carte d'ensemble de la mise en valeur agronomique de la vallée; (b) inventaire des ressources hydrauliques et plan directeur d'un aménagement général de la vallée; (c) inventaire de la situation actuelle (occupation du sol, population, droit foncier, etc.), utilisation de l'en- quête par sondage; (d) principes et plan directeur d'un projet de colonisation: type d'exploitation, type d'organisation, populations con- cernées, mesures d'incitation et motivations des migra- tions. L'étude doit se conclure par une proposition de zones et d'aménagements prioritaires avec indication des possibilités économiques (type de mise en valeur, aménagements, importance de la colonisation possible). L'étude ANNExE 5 -7- générale préalable doit être définie par des termes de références très précis pour que l'on se limite dans des délais courts aux données stricte- ment indispensables pour identifier un projet spécifique. La réalisa- tion sera confiée à une firme consultante. C. Identification d'un projet spécifique 22. Une mission d'identification aura à définir le contour d'un projet spécifique. Cette mission aurait notamment pour charge de pré- ciser les termes de référence des études à entreprendre en vue de la préparation du projet. D. Préparation du projet 23. La préparation du projet doit envisager à l'échelle des zones choisies les différents aspects soulignés plus haut dans la présenta- tion générale d'un schéma d'aménagement. La préparation sera sous trai- tée à une firme consultante -- elle comprendra: (a) les études particulières nécessaires: notamment topogra- phie, pédologie détaillée, avant-projets d'équipement hydraulique, enquêtes diverses (population, système fon- cier, type d'exploitation), etc.; (b) l'établissement de l'avant projet technique et l'éva- luation de ses bénéfices économiques, en comparant les avan- tages découlant des deux hypothèses de base suivantes: colonisation spontanée après simple éradication des simu- lies, colonisation organisée avec dépenses supplémentai- res d'investissements (infrastructure routier, habitat) et d'encadrement des producteurs; (c) la finalisation économique du projet avec l'assistance d'une mission de la Banque. ANNEXE 6 RE4ARQUES RELATIVES A UN PROGRAMME D 'ACTION CONTRE L'ONCHOCERCOSE EN HAUTE VOLTA ET AU NORD GHANA l/ 1. La lutte contre l'onchocercose dans les vallées des Volta, tant en Haute Volta qu'au Ghana, revêt non seulement une importance hu- manitaire considérable mais aussi un très grand intérêt économique. En effet ces larges vallées qui sont pratiquement désertes présentent de très notables potentialités agricoles (eau et sols). Celles-ci sont d'autant moins négligeables qu'elles se trouvent à proximité d'espaces fortement peuplés où n'existent que de très minces possibilités pour faire face aux conséquences de la croissance démographique qui s'accé- lère depuis plus d'une décennie. 2. Les liens qui existent entre le problème sanitaire et le pro- blème économique apparaissent très étroits depuis que les recherches médicales et entomologiques ont montré que la stratégie d'une action efficace contre l'insecte vecteur de la maladie, était pour une grande part, une modification du milieu écologique: il s'agit en effet de faire disparaître au maximum les gîtes de simulies en éliminant les pe- tites ruptures de pente dans le lit des rivières (seuils rocheux où le courant est rapide et l'eau très oxygénée). Or cette modification des conditions écologiques favorables à la prolifération des simulies peut s'effectuer dans le cadre d'une série de travaux destinés à une augmen- tation de la production agricole dans ces vallées: une série de petits barrages convenablement localisés permettrait d'une part de submerger la plupart des gîtes de simulies, et d'autre part d'assurer une maîtri- se de l'eau suffisante pour permettre la mise en culture intensive de sols riches. Or ceux-ci ne sont guère cultivables actuellement car ils sont trop longtemps submergés en raison des pluies et il n'existe pas de réserves d'eau suffisantes pour les arroser en saison sèche. La réalisation d'un ensemble de digues permettrait d'assurer l'exondation des terres les plus intéressantes à cultiver, les alluvions formant les levées naturelles, suffisamment longtemps avant le retour de la sé- cheresse pour qu'elles puissent être mises en culture. A la suite des récents travaux de M. Balay, entomologiste, il apparaît qu'il n'est pas nécessaire d'envisager l'élimination des petites chutes et sections à courant rapide sur toute la longueur des cours d'eau, mais seulement à partir d'une distance de 7 à 8 km en aval de la source. 3. La réalisation de ce programme de barrage d'inégale importance implique une soigneuse analyse des formes du relief et un inventaire des potentialités hydrauliques. Il parait réaliste d'envisager la construction _/ Cette note a été préparée à l'intention de la mission par M. Y. Lacoste, Professeur à l'Institut de géographie de Paris. M. Lacoste a effectué plusieurs missions en Haute Volta et connaît particulièrement bien le problème de l'onchocercose et celui de la mise en valeur de la Volta Blanche. ANNEXE 6 -2- de barrages permettant le maintien sur les seuils rocheux d'une tranche d'eau suffisante pour éviter la formation des petites cascades et des remous d'eau courante que recherchent les simulies. La réalisation de ces ouvrages entraînent la submersion d'une partie de la vallée; il importe aussi de choisir leurs emplacements non seulement en fonction des nécessités de l'action contre les gîtes de simulies, mais aussi en tenant compte de la localisation des différents types de sols. 4. Du point de vue agronomique, ils sont en effet d'un très iné- gal intérêt. Or la carte pédologique dressée par 1'ORSTOM pour les vallées de la Volta Rouge et de la Volta Blanche est basée sur une très complexe classification physico-chimique, mais ne donne guère d'indi- cations quant à l'intérêt agricole que présentent ces différents sols. Il importe donc d'envisager de compléter cette étude pédologique par un inventaire des potentialités agro-pédologiques. 5. Dans une grande partie de ces vallées, les processus naturels et les effets des déboisements et des défrichements anarchiques (d'au- tant plus déplorables qu'il s'agit pour une grande part de forêts qui ont été "classées") ont amorcé une grave érosion des sols qui progresse rapidement. Il importe d'envisager les mesures qui permettront de le juguler tant pour préserver les dernières potentialités pédologiques de ces régions que pour éviter à la saison des pluies l'apparition de nouveaux gites de simulies dans les ravinements. 6. La mise en culture de ces vallées ne doit pas conduire à la disparition des forêts claires qui s'y trouvent encore actuellement car il est nécessaire de maintenir un certain équilibre écologique. Mais il paraît souhaitable d'envisager la réalisation progressive d'une ré- partition des espaces couverts d'arbres et des étendues cultivées. La forêt doit être peu à peu localisée sur les espaces les plus menacés par l'érosion et sur les sols les moins intéressants pour l'agriculture. Comme dans ces vallées se trouvent des troupeaux relativement nombreux et comme elles sont les axes d'importants mouvements pastoraux, il est nécessaire d'envisager un aménagement de l'espace qui tienne compte de la nécessité de maintenir ou de réaliser un certain coefficient de boisement, des exigences de l'élevage et des impératifs découlant d'une mise en culture intensive des sols les plus fertiles. 7. Compte tenu que ces vallées des Volta couvrent des surfaces assez considérables, il paraît raisonnable au moins dans un premier temps d'envisager l'analyse globale des obstacles et des potentialités naturelles et humaines, d'un espace qui ne soit pas trop vaste. C'est la vallée de la Volta Blanche jusqu'aux environs de Navrongo dans le nord Ghana, qui semble présenter le plus grand nombre d'éléments po- sitifs. Alors que la vallée de la Volta Rouge ne dispose que d'assez minces potentialités hydrauliques et pédologiques, alors que la vallée de Volta Noire présente le grave inconvénient d'un fort encaissement dans de nombreuses parties de son cours, la large vallée de la Volta Blanche ANNEXE 6 -3 - offre de vastes espaces de sols utilisables et voit s'écouler en été des débits importants. De plus, alors que la Volta Rouge et la Volta Noire sont bordées par des contrées qui ne sont pas en général forte- ment peuplées, la vallée de la Volta Blanche (tant en Haute Volta que dans le nord Ghana) se trouve environnée d'espaces où le surpeuplement agricole qui est déjà très préoccupant va s'aggraver dans les prochai- nes décennies. Il parait donc logique d'envisager dans une première phase la concentration des recherches sur cette vallée de la Volta Blanche. 8. Envisager la mise en valeur de ces vallées qui sont actuelle- ment presque totalement désertes pose le problème de la mise en place d'un peuplement suffisant. Il importe donc d'envisager une minutieuse analyse des structures agraires et des données historiques et sociologiques dans ces vallées et dans leurs alentours. Si ces espaces sont pour la plupart actuellement inhabités, et si les forêtsont fait l'objet d'une décision de classement (d'ailleurs bien mal respectée) qui interdit théoriquement les coupes de bois et les défrichements, il n'en reste pas moins que ces étendues ont été plus ou moins occupées jusqu'à des périodes qui ne sont pas très anciennes. Des groupes réfugiés ou refoulés sur les fran- ges de ces vallées conservent des droits sur les terres qui paraissent être à l'abandon. La colonisation des vallées doit être organisée en prenant toutes les précautions non seulement sur le plan sanitaire mais aussi sur le plan sociologique. Il importe de ne pas laisser continuer le processus actuel d'implantation spontanée d'un peuplement semi- clandestin et anarchique qui conduit à une détérioration des ressources et à des formes d'exploitation très intensives au'il sera difficile de modifier par la suite. Il importe que puisse se réaliser une occupation progressive et méthodique des terres par des groupes cohérents et efficaces au fur et à mesure du recul de la maladie et de la mise en place de struc- tures d'encadrement. 9. Il est bien connu que les transplantations de population sont des opérations très délicates; il parait donc très souhaitable d'envisa- ger le repeuplement de la vallée de la Volta Blanche comme un processus très progressif se réalisant méthodiquement de proche en proche à partir de populations qui vivent déjà sur le pourtour des espaces actuellement inoccupés. A cet égard la vallée de la Volta Blanche présente un atout considérable avec la survivance en son milieu d'un noyau de peuplement relativement important et particulièrement dynamique. Il s'agit du groupe des villages de Niaogho et de Béguédo (cercle de Garango) soit environ 7.000 habitants pour les deux cantons dont 2.500 à Niaogho pro- prement dit. La survivance de ces villages près du lit de la Volta dans une zone infestée par l'onchocercose pose de nombreux problèmes. C'est une complexe combinaison de facteurs écologiques et historiques qui semble expliquer cette subsistance. Mais l'intérêt majeur que pré- sente ces villages réside dans le fait que leur population témoigne d'un dynamisme agricole très remarquable. Niaogho en particulier se caractérise par une mise en valeur intensive des terres alluviale s de la vallée (plusieurs récoltes par an, techniques de repiquage et ANNEXE 6 d'arrosage, usage massif de fumier, etc.). Ce cas fournit la preuve de l'intérêt que présentent les potentialités naturelles de ces valles et ce dans le cadre pourtant relativement étriqué de techniques tout à fait "traditionnelles". Le revenu familial moyen à Niaogho est environ trois fois supérieur à ce qu'il est sur le plateau ossi. 10. Onchocerquiennes à 80 pour cent, les populations de ces villa- ges ne présentent pas, tout au moins pour le moment, les formes les plus graves de la maladie, en raison peut-être du fait que le nombre de pi- qûres infestantes par individu est encore relativement modéré. Or la désertion récente des villages qui entouraient Niaogho risque d'entrai- ner une augmentation très sensible du nombre de ces piqûres infestantes et par là une aggravation considérable des formes de la maladie. 11. Il importe donc de mettre en oeuvre dans les plus brefs dé- lais les moyens qui permettront d'éviter l'étiolement puis la dispari- tion de ce noyau de peuplement. En effet celui-ci présente un double intérêt dans le cadre d'un programme de mise en valeur de la vallée de la Volta Blanche. D'une part, avec les villages, on dispose d'une population qui se trouve déjà solidement implantée dans la vallée. Ceci exclut dans un premier temps les difficultés et les risques d'une transplantation. D'autre part, cette population pratique déjà des techniques de culture relativement intensive qui sont du type de celles qu'il faudra implanter sur l'ensemble des meilleurs sols de la vallée. Ces villages peuvent donc être considérés comme le noyau d'un premier pôle de développement à partir duquel il sera possible de réaliser progressivement la mise en valeur et le peuplement de la vallée, après que l'hypothèque onchocercose aur,a pu être leve. 12. Compte tenu de l'importance du rayon d'action de l'insecte vecteur (une centaine de km) il peut paraître tout à fait inutile d'en- visager de concentrer les recherches et l'action sur la vallée de la Volta Blanche. Certes il est nécessaire d'envisager la mise en oeuvre de môyens qui permettront d'éliminer les foyers les plus importants au voisinage de la vallée de la Volta Blanche, pour éviter sa réin- festation. Mais étant donné que les piqûres infestantes sont le fait de simulies agées dont le rayon d'action est bien moindre (cf. les travaux du Dr. Leberre et du Dr. Roland), il ne parait pas irréa- liste d'envisager de concentrer les actions sur des espaces relative- ment limités.

Основные сведения
Тип документа Pre-2003 Economic or Sector Report
Дата принятия
Источник Всемирный банк