î DIFFUSION RESTREINTE Rapport No. AW- 19a TRADUCTION NON-OFFICIELLE A TITRE D'INFORMATION Ce rapport a e'té prépare' a titre de document interne. Ni la Banque ni les organismes qui lui sont affiliés n'acceptent aucune responsabilite quant à son exactitude ou son caractère exhaustif. En aucun cas ce rapport ne saurait être publie' ou cité comme représentant leurs vues. BANQUE INTERNATIONALE POUR LA RECONSTRUCTION ET LE DEVELOPPEMENT ASSOCIATION INTERNATIONALE DE DEVELOPPEMENT LE DEVELOPPEMENT ECONOMIQUE DE LA HAUTE VOLTA (en quatre volumes) VOLUME I RAPPORT PRINCIPAL le 27 novembre 1970 Departement Afrique de l'Ouest TAUX DE CONVERSION Unité monétaire: Franc CFA (FCFA) Avant le 11 août, 1969: 1,00 dollar E.U. = '246,85 FCFA 1.000 FCFA = h,05 dollar E.U. Après le 11 août, 1969: 1,00 dollar E.U. = 277,71 FCFA 1.000 FCFA = 3,60 dollar E.U. POIDS ET MESURES 1 tonne métrique (t) = 2.205 livres 1 kilogramme (kg) = 2,2 livres 1 kilomètre (km) = 0,62 mile 1 mètre (m) = 3,28 pieds COMPOSITION DE LA MISSION Le présent rapport a été établi sur la base de renseignements recueillis par une mission économique oui a séjourné en Haute Volta en lovembre-Décembre 1969. La composition de la mission était la sui- vante: John C. de dilde Chef de mission Frédy Rý. G. Holin Economiste H. Casati Consultant-Economiste Agricole (FAO) A. Guinard Consultant-Agronome (FAO) G. Lazarev Consultant-Sociologue (FAC) A. H. Robinet Consultant-Expert Elevage (FAC) S. Picker Consultant-Expert Education î. Raphaeli Expert Planification Le rapport comprend les volumes suivants: I dapport principal II Agriculture II Elevage IV Education TABLE DE MATIERES Page CARTES Ressources écoromiques et pluviométrie Réseau routier Offices Régionaux de Développement (ORD) Densité d'occupation du sol & zone de peuplement Mossi DONNEES DE BASE RESUME ET CONCLUSIONS i - ii I. GENERALITES Ressources et climat Ressources minérales La population, ses caractéristiques 2 Migrations 3 Niveau de l'instruction et des qualifications professionnelles 4 Santé 5 Structure de l'économie 6 Evolution politique 6 II. LA MARCHE DE L'ECONOMIE 8 Production de l'agriculture et de l'élevage 9 Production industrielle 10 Commerce extérieur et balance des paiements il Finances publiques 13 III. DEPENSES DE DEVELOPPEMENT ET AIDE ETRANGERE 17 Le Plan de 1967-1970 17 Retards dans les programmes de dépenses relatifs au développement 18 Financement du Plan 19 Assistance étrangère 21 -2 - Page IV. ORIENTATION FUTURE DU DEVELOPPEMENT ET DE L'AIDE ETRANGERE 24 Besoins d'investissement en matière d'infrastructure 24 Exploitation des ressources minières (Manganèse) 25 Développement rural 31 Le problème démographique 31 Promotion de la migration et de la colonisation à l'intérieur du pays 32 Développement régional 34 Diversification des programmes des ORD 37 Elargissement du champ d'activités des ORD 39 Amélioration du secteur élevage 41 Education et formation rurales 43 L'aide étrangère et ses conditions 45 ANNEXE STATISTIQUE Liste des tableaux 500 0 1 T...T~ba.-a 0 50 00 150 (Monqane e) KILOMrTRES OVNS O VINS* 0 600 co0 roN ER COTON NIAMEY *Kong ussio. O 100 800 600 SORHO Re. Nouna neEoma -90nnu ll ensil Di ryenn COTCO O11ES Dédougou A OUAGJALLIU O UGOU Soeno K UDOUGOU So0nzo s GH Safa e .me uairkoye Fada N*Gourma Koundougo 0aR B7OVINS O~c 0A r OVINS undd é BOBO-DI ULASSO SORGHO. ° 13 0 Orodara * * -"-' . RIZ Diebougou 40 Bo .. M ý . REPUBL1QUE DE LA HAUTE VOLTA G ouac G aA N A RESSOURCES ECONOMIQUES A RA CH/DES ET PLUVIOME TRIE Routes -ier-EItt Chemin de fer C 0 T E '6' D'I l JUnI T 1970 BiRD-3106 REPUBLIQUE DE LA HAUTE VOLTA / .-m''o .- - RESEAU ROUTIER ..---''e.° CHEMIN DE FER ROUTES NATIONALES ROUTES REGIONALESArnd ET SECONDAIRES DJbiBO AUTRES ROUTES DORB DORIIAR OUAHIGOUYA BAR OLOGHO Kongoussi t- Dilbaseo\ KAYA Yako Bogande ~ bl.Dimboo Tasi WKANCHARI ro EDOUIGOUJ Bodinga Tcheriba -Gu Dinkouro KOL mNnO 4 -WT ouo SLN oky oo SAFANé Ol OUJPELA 'Mamoucol Sabou Sopone I L KOMBISSIRI F RALioE aI A N'dorolo L 0h oso1Bnoku Koundougou Boudoukou - Gr,ong TEKDG Kouroumo o 0.nd4 Bonou 0 BOROMO Magc B p^b P Ouohabou Comin-Yanga S Samoýrogoon SamandeniuI Boho KariBiouPm LEO Sanga .^% ZABRE. ORODARA .DIEBOLI-O ..,.,. -. .Slndo. BANFORA ouereGAOA Niongoloko Komp MAURITANIE J SE,'N 1 6 E R 3. Mn...- -- - ATIEý HAUT C OTE N l G E R i A 0 25 50 75 100 125 150 SIERRA LEON DIOLRE ' K1I-LOMEýRE~S LIBERIA" S E P T E MB RE 19 7 0 BR1 REPUBLIQUE DE LA HAUTE VOLTA .- OFFICES REGIONAUX DE DEVELOPPEMENT <- (ORD) 0 20 40 6 80 00 DR10 S 2 0 6(L0 80 100 AL)- LIMITES DES ORD KILOMETRES 0S LIMITES ADMINISTRATIVES OUAHIGOUYA - (YATENGA) oTOUGAN - KAYA ( 4> oDEDOUGOUL (V. NOIRE) o0UAGADOUG0U KoUDOUGOU ýKDUP LA"_, FADA-N-COURMA BOROMO> $1 HOUNDý 9o DBO-DIOULASSO DI EBOUGOU .., . . '".' ._ O \ 8 T 0 G 0 o BANFORA OFFICES REGIONAUXDRGANISME DE SOURCE DE 6 DE DEVELDPPEMENT NOM DEVELIOPPEMENT FINANCEMENT 1Koudougou SATEC i FAC EXISTANT5 3 Yatenga BDPAF EXSAT 4 v. Nire CFDT FAC J I 5 Kjya oFi FA 6 Banfora 50TESA FEO '.7 Fada N'Gourma - Budget National 8 Di4bougou CIDR Bdget National A CREER 9 Bobo Dioulasso CFDT/CIDR/IRHO FAC 10 Sahel 11 Koupýla COTE D' VO IT R E CEPTEMBDE 1970 RIRD 3130 MAP SECTION SEE ORIGINAL MAP TOO LARGE TO SCAN DONNEES DE BASE Surface: 106.000 milles carrés; 274.200 kilomètres carrés. Population (1970): 5,1 millions (dont environ la moitié sur 63.500 kilomètres carrés dans la région Mossi). Taux de croissance: 21 par an. Mortalité: 30,5%. Densiité: moyenne: 9 par mille car=ré, 1par kilo- mere carré. Dans la région Mossi: 108 par mille carré, 42 par kilomètre carré. Situation politique: Indépendante depuis le 5 Août 1960 Membre de la Banque Centrale des Etats de l'Afrique de lOuest Membre de lUnion Monétaire Ouest Africaine Membre associé de la Corunauté Européenne Produit intérieur brut, en francs courants (estimation 1966) Milliards de FCFA Millions de $EU* Total: 58,2 $235 Par habitant 12,400 $50 Origine du PIB Secteur primaire 49,1% Artisanat, industrie 5,5% Cemmerce 20«1ý Gouvernement 8,2% Autres 17,0% Commerce «xtérieur Accroissement annuel (en milliards de FCFA) 1966 1967 196 196d/1966 Exportations (recensées) 3,99 4,h3 5,29 15% Importations (recensées) 9,29 8,97 10,12 4,l% Déficit des biens et services -5,30 -4,54 -4,83 * Sur la base du taux de change, existant le 10 Août 1969, de 247 FUFA pour 1 $EU. Au taux actuel de 278 FCFA pour 1:-$EU, le PIB de 1966 équivaudrait à 210 millions de dollars EU, et le 4IB par tête à h5 dollars EU. Balance des paiements en % du PIB, aux prix du marché (1966) Exportations (et ré-exportations) recensées 6,9% Importations recensées 16,0% Déficit des biens et services -9,1% Transfert sans contrepartie +15,8% Mouvement monétaire net (accroissement -)-1,4% Monnaie, Crédit et Prix Accroissement (en milliards de FCFA) annuel Déc.1966 Déc.1968 Déc.1969 19697 1968./66 Mcnnaie 6,53 7,45 8,49 9,1% Quasi-Monnaie 0,63 0,92 1,05 18,5% Crédit domestique au secteur privé 3,63 4,06 5,69 16,2% Taux d'accroissement des prix 109,8 114,1 ... ,,, 1,9% (1964 = 100: famille européenne) Opération du secteur public (en milliards de FCFA) 1966 1967 1968 1969 1970 Recettes courantes de l'Etat 7,43 7,56 8,26 8,93 9,64 Dépenses courantes de l'Etat 7,93 7,01 7,29 8,22 8,85 Excédent/Déficit -0,50 0,55 0,97 0,71 0,79 Dépenses dtéquipement de l'Etat * 0,78 1,03 1,16 1,26 1,35 Dépenses de ltaide étrangère 5,03 4,90 5,51 Dette publique extérieure (en millions de EU) Dette totale (y compris les montants non décaissés au 31 décembre 1968) 20,1 Service de la dette totale (prévision 1969) 1,3 Ratio du service de la dette (en 1968) -- 3,9% des exportations, recensées de bien * Y compris les dépenses d'investissement sur ressources étrangères, de 0,45 milliard de FCFA, en moyenne de 1967 à 1970. Concentration des exportations 1965 1968 Produit de l'élevage; coton 58%; 7% 48%; 17% Réserves nettes de devises 1965 1969 Accroissement annuel (en millions de >EU) (Déc.) 10,5 21,3 19,3% Situation au FMI (en millions de $EU) 28 Février 1970 Quote-part 10 Prélèvement Néant RESUME ET COICLUSIONS i. La Haute Volta voit son développement entravé par un certain nombre d'obstacles sérieux: son éloignement de ses débouchés et sources d'approvisionnement d'outre-mer, sa pauvreté en ressources naturelles, le surpeuplement d'une bonne partie de son territoire, le niveau insuf- fisant de formation de sa main-d'oeuvre et la fréquence assez élevée des maladies débilitantes qui sévissent sur son sol. La terre et l'eau, ses principales ressources, présentent elles-mêmes de graves déficiences. Le pays présente certaines ressources minérales mais l'exploitation économi- que de la principale d'entre elles -- le manganèse -- est gênée à l'heure actuelle par le coût élevé des transports et le. cours assez bas de ce mi- néral sur le marché mondial. ii. Le pays a accompli, malgré ces difficultés, certains progrès, notamment depuis que le gouvernement militaire actuel a pris le pouvoir au début de 1966. Les finances publiques, qu'on avait laissé péricliter, ont été assainies et des excédents budgétaires considérables réalisés, en partie toutefois, au détriment de chapitres essentiels du fonctionnement et de l'entretien. D'une façon générale les exportations se sont accrues plus vite que les importations et la réduction du déficit de la balance commerciale qui s'en est suivie, jointe à des recettes considérables en- caissées au titre de l'aide étrangère, ont permis un accroissement subs- tantiel des avoirs en devises. Les dépenses de développement, bien qu'accu- sant un retard marqué sur les objectifs fixés, s'accélèrent depuis quelque temps. Des Offices Régionaux de Développement (ORD) qui sont, dans une large mesure, dirigés par des sociétés étrangères, ont été créés à des fins de vulgarisation agricole, de commercialisation ainsi que pour dis- penser des crédits destinés à accroître la production agricole: une augmen- tation notable de la production de coton a été enregistrée. Dans l'indus- trie -- qui n'est pas un secteur très important de l'économie de la Haute Volta -- un certain nombre d'affaires nouvelles ont été lancées. Quelques améliorations ont été apportées aux grandes voies de communication. Un programme de création de centres d'éducation rurale -- dont le pays res- sent encore vivement le besoin à bien des égards -- a été exécuté. iii. La Haute Volta, avec un P.I.B. par personne d'environ 50 dollars seulement, n'en reste pas moins un pays très pauvre, assailli par de nom- breux problèmes difficiles à résoudre. Les progrès ne peuvent être que tres lents. Tous les efforts quant à l'orientation et la portée du déve- loppement, devront tendre à combler certaines lacunes graves mises en relief par l'expérience passée. Il importerait d'achever ou, le cas échéant, d'entreprendre un nombre considérable d'études et enquêtes de pré-investis- sements propres à fournir l'information de base (sur la population, les migrations, la production agricole, etc.), information indispensable à une planification plus judicieuse et à l'élaboration de projets réalistes de développement. L'organisation administrative et le recrutement de personnel nécessaires à l'exécution des projets ont besoin de sérieuses améliorations. - i1 - Dans l'avenir la planification devra accorder plus de place au problème démographique. Il est peu probable que les migrations vers la C8te d'Ivoire et le Ghana puissent jouer dans l'avenir le même r6le de soupape de sécu- rité que par le passé dans une situation que caractérise un excès de popu- lation et de trop faibles revenus. Il devient donc plus urgent encore d'intensifier la production intérieure et de favoriser une migration in- terne aboutissant à une meilleure répartition de la population par rap- port aux ressources en terres. Il faudra à cet égard particulièrement s'attacher à mettre au point les plans de peuplement des vallées telles celle de la Volta Blanche, qui sont, pour le présent, en raison du danger d'onchocercose, en grande partie inhabitées, mais qui pourraient être ouvertes au peuplement si les programmes envisagés d'extermination du vecteur de cette maladie étaient mis à exécution. iv. Les régions rurales qui nourrissent la très grande majorité de la population devront rester au centre des efforts de développement. La compétence et l'orientation des Offices Ruraux de Développement sont à modifier progressivement. Il sera sans aucun doute nécessaire de conti- nuer à mettre l'accent sur les cultures de rapport telles que celles du coton et, à cet égard, le projet coton proposé à l'IDA sera d'une impor- tance considérable. Mais il n'en faudra pas moins accorder davantage d'attention dans l'avenir à d'autres cultures et notamment à celles des céréales et des plantes fourragères et à l'intégration de l'élevage dans l'économie fermière pour l'amélioration du cheptel tant des animaux de trait que de boucherie. On devra de plus en plus utiliser les ORD pour la réalisation de programmes de développement rural plus complets, mieux intégrés s'étendant à tous les aspects de la vie paysanne. Le financement devra être trouvé, dans le cadre des ORD, pour de nombreux petits projets impliquant un engagement proforide la population rurale elle-même, projets qui sont, en raison de leur nombre et de leur modicité, négligés pour le moment, et ce en dépit des services substantiels qu'ils pourraient rendre au développement. v. Beaucoup plus d'attention devrait être accordée à l'élevage, fort négligé par le passé et qui donne des signes d'une grave dégradation. Il y aurait lieu d'établir un ORD des régions de pâturage et d'élevage du nord. Une action de grande envergure contre les maladies et les parasites des animaux, largement répandus aujourd'hui, conjuguée avec des efforts d'a- mélioration de la gestion de l'élevage devrait être sérieusement envisagée. La mise au point de routes du bétail pour réduire les pertes à la commer- cialisation et assurer l'arrivée en bonne condition des animaux aux lieux d'abattage et d'exportation devrait être accélérée. Les abattages de brousse et la préparation des peaux et cuirs ont besoin d'être améliorés. On devrait étudier sérieusement les possibilités d'engraisser rapidement les animaux dans des. pacages ad hoc. Fort heureusement, bon nombre des études essentielles pour l'établissement d'un programme d'élevage efficace sont déjà achevées ou en voie d'exécution ou projetées. - iii - vi. Il conviendrait aussi d'améliorer l'éducation et la formation professionnelle. La Haute Volta n'est pas en mesure, cela est évident, de développer rapidement son système d'enseignement régulier malgré son taux actuellement peu élevé de scolarisation. Il faudra mettre l'accent sur la formation pratique. Le pays a appliqué un programme intéressant dans le cadre duquel une telle formation, conjuguée avec quelques cours plus proprement scolaires, était dispensée dans les centres d'éducation rurale à des garçons et à des filles de 14 à 17 ans. Les résultats ont été en fait très décevants ce qui n'empêche pas l'idée d'être bonne dans son principe. Au lieu de renoncer à ce programme, les pouvoirs publics devraient prendre des mesures pour l'amélioration de la qualité de l'en- seignement, le programme et ltéquipement des centres de façon que les jeunes gens, au moment où ils les quittent, soient mieux à même d'exercer des métiers ruraux. vii. La Haute Volta, étant donné les possibilités offertes d'accélérer son développement, devrait vraisemblablement 6tre en mesure d'absorber un volume croissant d'aide étrangère; pour les derniers exercices, celle-ci a été en moyenne d'environ 20 millions de dollars par an. Cela laisserait donc une certaine marge pour un financement du Groupe de la Banque, finan- cement qui viendrait compléter celui du FAC et du FED, les deux principaux bailleurs d'aide extérieure. La coordination des activités de toutes les entités intéressées, notamment du Gouvernement voltalcue, du FAC, du FED, du PNUD et du Groupe de la Banque, sera indispensable pour la bonne marche du financement et de l'exécution des études de pré-investissement et des projets. Les ressources propres de la Haute Volta étant limitées, il faudra que ce paya puisse bénéficier d'une assistance technique plus effi- cace et d'un financement partiel des coûts et des dépenses courantes en monnaie locale qui sont essentiels à son développement et dépassent sa capacité financière. Certes, la dette extérieure de la Haute Volta n'est pas encore très élevée, cependant, en raison de la pauvreté de ce pays, il serait des plus souhaitable que la quasi totalité de l'aide exté- rieure dont il a besoin lui soit fournie sous forme de dons ou à des conditions de faveur de manière qu'une fraction aussi large que possible de l'accroissement de sa production serve à grossir les ressources affectées à son développement futur et contribue à relever le niveau de vie dé- plorablement bas de sa population. I. GENERALITES 1. La Haute Volta est un pays sans littoral maritime, de 274.200 km2, situé au nord de la Côte d'Ivoire et du Ghana et peuplé d'environ 5,1 millions d'habitants. Outre les grandes distances qui la séparent de ses fournisseurs et de ses acheteurs d'outre-mer (la capitale, Ouagadougou, est à 1.181km du port le plus proche, Abidjan), la Haute Volta connaît deux obstacles majeurs à son développement: son peu de ressources naturelles, qu'aggrave encore un climat défavorable, et une population qui, sur une bonne partie de son territoire est, par rapport à ses ressources, trop nombreuse et dont le niveau professionnel demeure assez bas et la vitalité est minée par un certain nombre de maladies endémiques. Ressources et climat 2. Les terres et l'eau sont les principales ressources du pays encore que leur qualité soit médiocre. En particulier, sur le plateau central Mossi, densément peuplé, le sol est pauvre et peu profond, sans humus, sou- vent latéritique. Il est meilleur à l'ouest et au sud-ouest mais on ne trouve des terres relativement grasses, alluviales que dans les vallées flu- viales et dans des bas-fonds très dissiminés. Les précipitations annuelles vont de 1000-1400 mm dans l'extrême sud-ouest (zone soudanaise méridionale) à 500 mm dans le nord (zone sahélienne) et sont concentrées sur une courte période de 90 à 150 jours. En outre on enregistre de larges variations d'une année sur l'autre et durant la saison des pluies elle-même, ce qui entraîne de gros écarts dans le rendement des cultures. La chaleur intense qui règne pendant la plus grande partie de l'année provoque de forts taux d'évapo- transpiration de telle sorte que la balance hydrologique n'est positive que durant 3 ou 4 mois dans la zone soudanaise et deux mois dans la zone sahé- lienne et est fortement négative en tous lieux sur l'ensemble de l'année. La topographie du pays, le peu de précipitations qu'il enregistre et son taux élevé d'évapotranspiration limitent les possibilités d'emmagasiner de l'eau pour irrigation. La nature ne permet pas de cultiver des plantes pérennes à haut rendement et restreint le nombre des plantes annuelles qui peuvent être cultivées. Ressources minérales 3. Les ressources minérales de la Haute Volta seraient éventuelle- ment exploitables mais leur importance fait actuellement l'objet d'études et il n'existe pas encore d'activité minière organisée. Les ressources qui à long terme offrent les meilleures perspectives sont probablement les gisements de minerai à haute teneur de manganèse qui se trouvent à Tambao dans le nord; les perspectives de leur mise en valeur seront examinées plus loin. Dans le sud-ouest, près de Gaoua, il existe semble-t-il un gisement de cuivre assez important à quelque 200 ln du chemin âe fer d'Abidjan. Il est activement exploré par un consortium international dans lequel un groupe - 2 - français, un groupe anglo-américain et le Gouvernement voltalque ont des intérêts. Dans la région de Kaya, le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) français étudie un gisement de cuivre porphyrique renfer- mant également du molybdène. Le Bureau sera peut-être en mesure de dire, au cours du second semestre de 1970, si l'exploitation commerciale de ce ;te mine se justifie. Dans le nord, à Tin Edia, un gisement de 50 millions de tonnes de magnétite vaudra peut-être la peine d'être exploité non pas tant pour son fer que pour le vanadium qui s'y trouve associé. Il existe aussi des indices d'autres minerais (bauxite, plomb, nickel/chrome, cuivre/ nickel et or) mais les recherches entreprises jusqu'ici ne permettent pas encore de savoir s'ils se prêteront à une exploitation commerciale sauf peut-être en ce qui concerne certaines argiles bauxitiques qui pourraient être extraites en petites quantités et utilisées dans la confection de produits réfractaires ou abrasifs. h. Il est peu probable qu'une mise en valeur des ressources miné- rales voltaïques puisse contribuer beaucoup et d'une façon directe au dé- veloppement économique du pays. Elle ne susciterait vraisemblablement que peu d'emplois par rapport au nombre total de personnes pour qui il y faut créer des occupations productrices. L'expérience montre que les sociétés minières étrangères conservent par-devers elles le produit de leurs ex- portations à la réserve des seuls montants indispensables pour couvrir leurs frais de fonctionnement locaux et pour s'acquitter envers l'Etat de ce qu'elles lui doivent, au titre de participation aux bénéfices et les rede- vances ou à celui des droits à l'exportation. Si l'exploitation minière se révèle rentable, les sommes versées à ces titres pourront d'ailleurs être considérables. Il conviendra toutefois d'en mesurer la valeur d'après ce qu'elles ajouteront à la capacité de l'Etat de financer un programme de développement plus important, conçu dans l'intérêt de la majorité de la population et notamment de celle des zones rurales. D'une façon générale, donc, ce sont les possibilités d'un développement rural qui conditionneront le rythme du progrès en Haute Volta. La population, ses caractéristiques 5. La population qui, à la suite d'un rencensement par sondage effectué en 1960/61, a été évaluée à près de 4,h millions d'habitants se chiffrerait maintenant (1970) à 5,1 millions d'habitants. Le taux de crois- sance annuel d'environ 2 pour cent reste assez modeste, en raison surtout d'un taux de mortalité qui se maintiendrait à 30 pour mille. La densité moyenne de peupleient -- 19 habitants au km2 -- ne serait donc pas élevée mais la mauvaise répartition des habitants par rapport aux ressources da sol crée de graves problèmes. I/ La moitié de la population est probable- ment concentrée dans la région Mossi, qui comprend moins d'un quart 1/ Voir la carte intitulée "Densité d'occupation du sol et zone de peuple- ment Mossi". - 3 - de la superficie totale et les sols les plus pauvres. Il existe des zones où la densité de peuplement va de 50 à 100 personnes au km2. Dans les régions les plus peuplées, la rivalité entre l'utilisation en pâtures et terres cultivables est intense et entraÎne de perpétuels conflits entre les bergers-éleveurs et les cultivateurs. La fertilité des sols va dimi- nuant de surcroît car il n'existe plus assez de terres pour en mettre en jachère et les autres moyens qu'on pourrait employer pour restituer au sol sa fertilité ne seraient pas économiquement rentables. En revanche, le sud et le sud-est recèlent des zones considérables qui sont pratiquement vides. D'importantes vallées fluviales, qui s'étaient dépeuplées pour diverses raisons, restent inoccupées par crainte de l'onchocercose (cécité des rivières). L'ouest du pays est dans sa majeure partie sous-peuplé. Migrations 6. L'émigration des travailleurs soulage quelque peu la situation de l'emploi. Malheureusement, l'on ne possède pas de données sûres et à jour sur son étendue et son incidence économique. Tandis que leurs besoins matériels sont devenus progressivement le motif principal qui pousse lAs travailleurs à émigrer, le désir des jeunes de s'affranchir des contraintes d'une société traditionnelle dominée par les anciens ne laisse pas de jouer dans le même sens et de façon importante. L'émigration des travailleurs est de caractère surtout temporaire, sa durée va d'une saison à plusieurs années encore que certains migrants se fixent définitivement à l'étranger. Les Voltaïques font souvent plusieurs séjours à l'étranger avant que de retourner se fixer définitivement chez eux. Certains migrants envoient de temps à autre de l'argent à leurs familles afin surtout de les aider à payer leurs impôts. La plupart néanmoins semblent ne transférer d'argent et de biens qu'à leur retour au pays. Le montant annuel des envois ou des ra- patriements de fonds des migrants n'est pas connu mais on l'estime habituel- lement à environ 3 milliards de francs CFA, ou près de 30 pour cent du re- venu monétaire de la population rurale. 7. Le recensement par sondage de 1960/61 estimait le nombre de Vol- talques temporairement absents du pays à 160.661 personnes dont 56 pour cent séjournaient en Côte d'Ivoire, 31 pour cent au Ghana et le reste dans d'autres pays. D'après certains indices, le total des expatriés temporaires s'élève- rait maintenant à nettement plus de 300.000; le chiffre prévu par le Plan 1967-70 pour l'année 1970 est même de 372.000. La proportion des migrants présents en Côte d'Ivoire s'est probablement considérablement accrue au dépens de celle des migrants vivant au Ghana. En outre, certaines données fragmentaires portent à penser que tant le nombre que la durée des séjours effectués à l'étranger par des travailleurs voltaïques auraient augmenté, 8. Cette migration des travailleurs n'est pas tant s'en faut un bienfait sans partage. Quelque 87 pour cent des partants sont des hommes, appartenant presque tous aux groupes d'âges les plus jeunes et les plus actifs. L'absence de ces éléments porte sans aucun doute un préjudice con- sidérable à la production agricole de la Haute Volta. Etant donné l'état de sous-équipement de l'agriculture voltaïque, c'est essentiellement sur sa main-d'oeuvre que cette agriculture doit compter. Comme la saison agri- cole est brève en Haute Volta, il y importe au plus haut point que la préparation et l'ensemencement des terres aient lieu au moment propice. C'est alors que les besoins en main d'oeuvre agricole sont à leur maximum, ainsi que plus tard, lors des travaux de désherbage. Les femmes et los vieux qui restent au village sont souvent incapables de faire face à ces besognes de sorte qu'aussi bien la superficie des cultures que le calendrier des façons culturales souffrent de cet état de choses. De plus, bien que la plupart des émigrants se placent à l'étranger comme travailleurs agricoles, les connaissances qu'ils acquièrent, relatives principalement à la culture du café et du cacao, ne leur servent à rien en Haute Volta. Le travail accompli à l'étranger habitue l'émigrant au revenu monétaire et à son retour dans le pays, il serait, semble-t-il, plus enclin que la moyenne de ses compatriotes à se livrer à des cultures de rapport comme celle du coton, par exemple. 9. On ignore de façon quasi complète l'influence, éventuellement favorable, que peuvent avoir les migrations sur la distribution de la po- pulation à l'intérieur de la Haute Volta. L'enquête démographique de 1960/61 a montré qu'environ 26 pour cent des ruraux étaient nés dans d'autres villages que ceux de leur résidence et que ce pourcentage atteignait son maximum dans les régions vers lesquelles les Mossis -- habitants de la région centrale densément peuplée -- sont enclins à émigrer. Les Mossis débordent sans aucun doute sur les zones limitrophes mais l'importance de cette poussée ne pourrait être établie qu'à l'aide d'enquêtes nouvelles. Les migrations intérieures se heurtent à de sérieux obstacles qui sont autant de freins, Les tribus et les lignées qui possèdent des droits d'usage sur un terri- toire répugnent à y admettre des "étrangers" et à leur accorder des terres dans une mesure qui mettrait en danger leur domination. Des facteurs socio- religieux limitent aussi les migrations. Si les hommes sont disposés à aller loin à la recherche d'un travail temporaire, ce n'est pas le cas des familles qui, émigrant à l'intérieur, repugnent à s'écarter beaucoup de leurs villages d'origine. En particulier, les visites rituelles qu'elles doivent y faire aux autels des ancêtres les empêchent de trop s'éloigner de ces villages. Niveau de l'instruction et des qualifications professionnelles 10. Le niveau d'instruction et de qualification professionnelle de la population laisse beaucoup à désirer. D'après le recensement de 1960/61, dans la population rurale 1,6 pour cent seulement des hommes et 0,1 pour cent des femmes âgés de 14 ans et plus étaient capables de lire ou écrire le français qui, en raison de l'existence de quelque 60 langues ou dialectes indigènes, demeure la langue officielle et, avec le mossi, le principal langage de communication. Etant donné la modicité des ressources disponibles, l'instruction régulière n'a progressé que lentement. En 1967/68, les pro- portions des enfants de 6 à 11 ans et de 12 à 18 ans scolaris5s n'étaient que de respectivement 10 et 6,3 pour cent. En 1969/70., le total des effectifs scolarisés étaient de 137.950 dont 9.500 seulement fréquentaient les écoles secondaires et techniques et 450 les établissements universi- taires (dont 350 à l'étranger). Comme dans de nombreux autres pays d'Afrique, la proportion des abandons et des redoublements est très élevée dans les écoles primaires et secondaires. L'éducation des adultes se réduit à l'instruction que dispensent les services de vulgarisation agri- cole en surcroit à l'expérience concréte. Quant aux bergers-éleveurs no- mades ou semi-nomades, c'est à peine s'ils ont été touchés par la vulga- risation ou la scolarisation. Par ailleurs, tandis que le développement de la vulgarisation agricole intervenue ces dernières années contribuait à ouvrir l'esprit paysan aux innovations, notamment à la culture de rap- port du coton, le progrès se trouve freiné par un certain nombre de facteurs. L'agriculture est soumise à des risques considérables et une grande partie de la population rurale vit à ce point près du simple niveau de subsistance qu'elle répugne à des innovations qui pourraient mettre en danger les cultures qui en sont la base. Il faut que le cultivateur soit persuadé par des démonstrations répétées que les innovations loin de constituer un risque pour sa sécurité sont à la fois possibles et pro- fitables. Le système de la famille étendue, qui ne cède que progressive- ment à celui de la famille"nucléaire", fait que l'influence de l'élement âgé, plus conservateur, tend à dominer. Cet état de choses, combiné à l'habitude de mettre en commun au moins une partie des revenus tirés des terres de la famille étendue, émousse jusqulà un certain point l'esprit d'initiative et d'entreprise des éléments plus jeunes et plus dynamiques de la population rurale. 11. Le faible niveau d'instruction et un manque relatif d'expérience portent également préjudice à la qualité des services de l'Etat et tendent à les rendre trop dépendants de l'assistance technicue étrangère. Le personnel étranger est, pour une grande part, mal utilisé et sa qualite tend à décroitre. Enfin, l'affectation du personnel voltaÏque de contre- partie adjoint, et sa formation, laissent encore beaucoup à désirer. Santé 12. Les maladies endémiques par leur importance et leur fréquence nuisent gravement au rendement économique de la population, qu'elles pri- vent notamment de bras en nombre suffisant pour l'agriculture aux époques critiques de la saison de croissance. Des progrès notables ont été en- registrés dans la lutte contre la variole, la rougeole, la trypanosomiase (maladie du sommeil) mais certaines affections débilitantes comme le pa- ludisme et la bilharziose continuent de sévir à l'état endémique sur une bonne partie du territoire voltalque. On note également en Haute Volta, particulièrement dans le sud-ouest, l'importance d'infections parasitaires telles que celles du ver de Guinée. Quatre cent mille personnes souf- friraient à des degrés divers d'onchocercose; quarante mille d'entre ellec probablement sont aveugles et totalement inactives. Mais l'effet le plus - 6 - grave de cette maladie est d'interdire l'accès des vallées fertiles in- festées par la mouche qui en est le vecteur. A noter également la fré- quence assez élevée du trachome; quelque 50.000 personnes seraient tu- berculeuses. L'action du Service de santé officiel est sérieusement han- dicapée par l'absence de médicaments et autres fournitures et par la pé- nurie de personnel qualifié. Environ 85 pour cent des crédits affectés à la santé sont consacrés au paiement des salaires. Il n'existe que six médecins voltaïques pleinement qualifiés; sur les 11 circonscriptions que compte la Santé publique, cinq étaient sans directeur médical en 1969 et dix n'avaient pas de directeur médical adjoint. Structure de l'économie 13. L'économie de la Haute Volta est à très forte prédominance rurale. Cinq pour cent seulement de la population peuvent être considérés comme urbains. D'après le recensement de 1960/61, dans la population active, 90,8 pour cent des hommes et 82,6 pour cent des femmes se livraient à l'a- griculture et/ou à l'élevage (dont pour celui-ci respectivement h,l et 2,3 pour cent). Il est peu probable que cette proportion ait sensiblement diminué. Les évaluations du produit intérieur brut aux prix du marché pour 1966 _l, dernière année pour laquelle nous possédons des chiffres raisonnablement exacts, montrent que l'agriculture et l'élevage représentant 48,7 pour cent du total. Toutefois, la part de ces activités dans les productions primaire et secondaire qui, à leur tour, conditionnent large- ment le produit du secteur tertiaire, était de 80 pour cent. En 1966, la contribution du commerce au produit intérieur brut était de 20,1 pour cent et celle des services publics, de 8,3 pour cent. L'industrie manu- facturière ne s'attribuait que 5,h pour cent. Si la part de l'élevage dans le produit intérieur brut n'était que de 11 pour cent, les animaux et les produits animaux constituaient, en 1968, 5 pour cent de la valeur des exportations recensées de la Haute Volta. Cette part a ce- pendant décliné ces dernières années et s'explique principalement par des importations correspondantes de bétail malien et nigérien. 1h. La pauvreté de cette économie est attestée par la faiblesse du revenu par tête. Le P.I.B. par tête était en 1966 équivalent à 50 dollars et ne s'est probablement accru depuis lors que de façon marginale. Le re- venu monétaire est très inférieur à ce chiffre. En 1966, la production de subsistance représentait 41 pour cent de la consommation privée et environ 35 pour cent du P.I.B. aux prix du marché. Evolution politique 15. Durant l'ère coloniale, le territoire de l'actuelle Haute Volta avait été relativement négligé. Il fut même -- de 1932 à 1947 -- divisé en trois parties administrespar le Niger, le Soudan français et la Côte d'Ivoire. 1/ Voir Tableau I de 1l' Lnnexe statistique. La Haute Volta est devenue indépendante en 1960. Depuis cette date jusqu'en janvier 1966, le pays a été administré par un gouvernement léga- lement élu, présidé par Maurice Yaméogo, chef du "Rassemblement démocra- tique africain", seul parti autorisé. Sa corruption et sa mauvaise gestion financière le firent cependant critiquer de façon de plus en plus vive. Les mesures d'austerité qu'il s'estima en fin de compte contraint de prendra précipitèrent une grève générale et des démonstrations de rues qui provo- quèrent sa chute et son remplacement par un régime militaire dirigé par le général Sangoulé Lamizana. Ce gouvernement est toujours au pouvoir et a valu au pays une ère de stabilité politique caractérisée par un redres- sement des finances publiques et des progrès lents mais continus. En mur3 1970, il a soumis à une commission consultative un projet de constitution prévoyant un retour graduel à un régime civil mais stipulant que des entités non politiques seraient représentées au parlement à côté des partis po- litiques et que, pendant une période transitoire de 4 ans, la présidence de la République et certains ministères-clés, dont celui des finances, seraient conservés par les militaires. Malgré l'impossibilité où s'est trouvée la commission consultative de parvenir à un accord, et l'opposition des partis politiques, le projet de constitution a fait l'objet d'un réfe- rendum populaire le 14 juin et a été approuvé a une majorité écrasante. Des élections doivent avoir lieu en novembre 1970. - 8 - II. LA MA.RCHE7 DE L'ECONOMIE 16. L'économie voltaïque a marqué, malgré les difficultés mentionnées ci-dessus, certains progrès, notamment depuis lfavènement du régime actuel. En l'absence de données sûres et de séries cohérentes concernant la comptabilité nationale, il est malaisé de fournir une mesure d'ensemble de ces progrès. De 1964 à 1967, la pro- duction a probablement juste suivi l'accroissement démographique mais il est permis d'hasarder l'hypothèse que, par la suite, l'économie a crû à un rythme de 3 à 4 pour cent. Certains indicateurs spécifiques de l'expansion commerciale et de l'amélioration des finances publiques et de la balance des paiements figurent dans le tableau 1 ci-dessous. Tableau 1: INDICATEURS DU PROGRES ECONOMIQUE Taux de Moyenne croissance 1965 et 1966 1968 et 1969 annuel Volume des produits agricoles commercialisés (en milliers de tonnes) Coton graine 8,25 24,65 4h,o Arachides (décortiquées) 7,25 10,35 12,6 Sésame 2,15 2,80 9,2 Karité 10.,15 17.,50 15.,0 %iportations (en milliards de FCFA) f.o.b. 3,83 5,31 11,4 Importations (en milliards de FCFA) c.a.f. 9,23 11,h9 7,3 Devises étrangères nettes (en milliards de FCFA)a/ 2,60 5,94 23,0 Epargne budgétaire gouverne- mentale (en milliards de FCFA) / 134 959 92,0 Créances nettes de l'Etat sur le secteur bancaire (en milliards de FCFA) -01l3 +2,2h - a/ Les chiffres se rapportent à fin 1965 et 1969. b/ Les chiffres se rapportent à 1966 et 1969 (estimations), respective- ment. L'amortissement de la dette est compté dans l'épargne budgétaire. - 9 - Production de l'agriculture et de l'élevage 17. Dans le cadre d'Offices régionaux de développement (ORD), des services de vulgarisation dirigés surtout par des sociétés étrangères travaillant sur contrats financés par l'assistance étrangère s'efforcent non sans quelque succès de promouvoir la production et la commercialisation de cultures de rente. La production de coton graine est passée de façon très remarquable de 7.436 tonnes en 1965/66 à 36.250 tonnes en 1969/70 et ce progrès concerne particulièrement l'ORD de la Volta Noire où la Compagnie Française pour le Développement des Fibres Textiles (CFDT) s'emploie, depuis un nombre considérable d'années, à développer cette activité. La production d'arachides est également en modeste augmentation grâce notamment à l'aide de l'Institut des recherches pour les huiles et oléagineux tropicaux (IRHO). La col- lecte des amandes de karité s'est beaucoup intensifiée pour répondre vraisemblablement à un désir accru de revenus monétaires de la popu- lation rurale. Toutefois les cultures de rente n'ont que peu progressé dans les régions les plus peuplées de la Haute-Volta. En l'absence de tout recensement agricole et de toute enquête par sondage portant sur les récoltes annuelles, il est difficile de dire comment évolue la production vivrière et notamment celle du sorgho et du mil, les principales céréales. Dans certaines zones cotonnières, la culture des céréales a probablement retiré quelque bénéfice des engrais utilisés pour le coton. Une campagne,financée par le FED, de désinfection des semences a probablement contribué à améliorer les rendements. En revanche, la fertilité du sol continuant de décroître, tout particulière- ment dans la région Mossi, il est peu probable qu'en chiffres nets les productions vivrières aient sensiblement augmenté. Celle de riz a sûrement progressé mais cette denrée n'a toujours, en Haute Volta, qu'une importance assez secondaire. 18. L'élevage ne semble pas être en grand progrès mais les données disponibles à ce sujet sont quelque peu confuses et contradictoires. Le nombre de têtes de bétail continue certes d'augmenter - les bovins de 1 à 2 pour cent, les ovins et les caprins en moyenne de 3,5 pour cent par an - et le troupeau s'élève aujourd'hui (1970) à environ deux millions et demi de bovins et quatre millions d'ovins et de caprins; toutefois les taux de prélèvement restent modestes (probablement 10-11 pour cent seulement pour les bovins et 25 et 30 pour cent pour les ovins et les caprins, respectivement). Les pâturages sont surpeuplés, notamment dans le nord, ce qui pose désormais un problème grave, tandis que la fréquence des maladies augmente. Les statistiques officielles indiquent effectivement que les exportations d'animaux et de produits animaux ont augmenté de 7,h pour cent en valeur en moyenne de 1965 à 19681/. Si d'après ces statistiques, la valeur des exportations d'animaux sur pied a augmenté, les données recueillies par le Service de l'élevage 1/ Voir les tableaux XII et XIII de l'Annexe statistique. - .L - font apparaître un déclin du nombre des bêtes exportées en provenance soit de la Haute Volta soit du transit. _/ Le Service de l'élevage indique éga- lement que le nombre d'ovins et de caprins d'origine voltaïque exporté est demeuré à peu près le même. 2/ Ces écarts s'expliquent peut-être en partie par la difficulté qu'il y a à recueillir des données exactes sur le bétail exporté sur pied. Les exportations de viande de boeuf et de volailles, pour lesquelles on possède des statistiques plus sûres, ont nettement aug- menté. Au total, cependant, l'expert élevage de la mission est arrivé à la conclusion que le secteur de l 'élevage ne donne que peu ou pas de signes de croissance et qu'à certains égards, il a même régressé. Production industrielle 19. La production industrielle qui, on l'a déjà noté, n'est pas très importante paraît, dans l'ensemble, être restée stagnante de 1966 à 1968 sauf en ce qui concerne l'égrenage du coton, la fabrication de savon et de t8le galvanisée. 2/ La production des huiles végétales autres que celles provenant du karite a considérablement fléchi. En 1969 toutefois, il semble qu'elle ait connu une reprise plus générale. Il a été créé quelques us3.nes industrielles ces dernières années. La plus importante, située à Koudougcu (VOLTEX), fabrique des textiles de coton. Elle est entrée en activité vers la fin de 1969 et doit produire, dans sa première année d'exploitation, environ 600 tonnes de filés et 275 tonnes de tissus. L'Etat possède ho pour cent de son capital-actions. Une seconde usine, moins importante, située à Banfora, transforme en sucre en morceaux un sucre importé de l'étranger. Elle pourrait être intégrée par la suite dans un ensemble beaucoup plus important comprenant une plantation de canne à sucre et une sucrerie, qui est en- core à l'étude. Une briquetterie et de petites fabriques Cie cigarettes et d'allumettes ont également été fondées. La Banque nationale de développe- ment s'efforce de stimuler certaines industries et entreprises artisanales autochtones mais sans grand résultat étant donné la capacité limitée des entreprises du crû. If Si l'on compare les nombres moyens de bêtes exportées en 1965/66 et 1968/69, l'on constate une baisse de 12 pour cent pour les animaux de Haute Volta et de 49 pour cent pour les animaux en transit. La moyenne des ovins et caprins voltalques exportés est restée peu près inchangée entre 245.000 et 249.000 têtes tandis que, pour les animaux en transit, elle a enregistré une baisse considérable, de 64.564 à 19.601 têtes. Voir les chiffres figurant au volume III du présent rapport. 2/ Voir les Tableaux XII et XIII de l'Annexe statistique. y/ Voir Tableau III de l'Annexe statistique, pour les statistiques de pro- duction de 1966 à 1968. - il - Commerce extérieur et balance des paiements 20. Le comnierce extérieur se développe favorablement depuis quelques années comme le montre le Tableau 2. Les exportations de coton et de graine de coton ont progressé rapidement notamment en 1967 et 1968 et celles des autres produits agricoles tels les arachides et le karité se sont également accrues. La part des animaux et produits animaux dans le total des expor- tations a décru sensiblement encore que leur valeur enregistrée ait con- tinué d'augmenter, comme déjà noté. Les importations n'ont au total aug- menté qu'assez lentement, sauf en 1969, où elles ont connu un brusque ac- croissement, peut-être d'ailleurs éphémère. 1/ Les importations de denrées alimentaires et de boissons ont fléchi, les importations de biens de con- sommation ayant baissé, dans leur ensemble, tant en 1966 qu'en 1967. La valeur des biens d'équipement importés a presque doublé, passant de 1.185 millions de FCFA en 1965 à 2.001 millions en 1968. Grâce à l'augmentation considérable accusée par ses exportations, la Haute Volta a pu stabiliser, voire réduire le déficit global de sa balance commerciale jusqu'en 1969, année durant laquelle les importations ont marqué une vive reprise. Il est à noter que tous ces chiffres ont trait aux échanges officiellement cons- tatés. Dans un pays comme la Haute Volta dont les frontières terrestres sont très étendues, un pourcentage considérable du commerce extérieur éciappe à tout contr8le officiel. La balance des paiements de 1968 établie par la Banque centrale fait état d'exportations et d'importations dont les chiffres globaux sont respectivement de 21 et de 31 pour cent supérieurs aux montants indiqués par les statistiques officielles, encore qu'on n'a- perçoive pas clairement si ces ajustements font la part, et le cas échéant dans quelle mesure, du commerce non contrôlé. 21. L'on ne dispose que de trop peu de données pour dire avec pré- cision quelle a été leévolution de la balance des paiements de la Haute Volta. Neánmoins le fait que ses avoirs nets en devises ont augmenté ré- gulièrement de 2,6 milliards à fin 1965 à 5,94 milliards à fin 1969 et à 7,11 milliards en mars 1970 suffit à montrer le caractère très favorable de cette évolution. Des évaluations se rapportant à la balance des paie- ments de 1968 ont été établies par le FMI et par la Banque centrale des Etats de l'Afrique occidentale (BCEAO). Ces deux estimations, reproduites au Tableau XIX de l'Annexe statistique, s'accordent approximativement pour chiffrer le déficit total des biens et services à un montant quelque peu supérieur à 5 milliards de FCFA mais cela pour l'unique raison que la BCEAO comprend dans les "services divers" les envois de fonds et transferts des travailleurs émigrés (3,1 milliards de FCFA bruts) alors que le Fonds 1/ Durant le premier trimestre de 1970, les importations se sont élevées à 2,94 milliards de FCFA contre 3,34 milliards pour le trimestre cor- respondant de 1969. Tableau 2: COMMERCE EXTERIEUR RECENSE (en millions de FCFA) Elevage et Coton et graine Produits produits de Importations Année de coton agricoles l'élevage Total Aliments / Total Déficit Pourcen- Pourcen- Pourcen-& boissons Valeur tage du Valeur tage du Valeur tage du (Valeur) (Valeur) total total total _ (i 1965 3o5 8,3 805 21,9 2.319 63,0 3.680 2.55o 9.169 5.489 1966 336 8,h 890 22,6 2.611 65,5 3.985 2.610 9.294 5.309 1967 9h0 21,2 1.466 33,1 2.615 59,0 4.429 1.970 8.970 4.541 1968 1.037 19,6 1.924 36,4 2.882 54,5 5.290 1.860 10.130 4.840 1969 5.330 12.860 7.530 a/ Animaux sur pied non compris. Source: Tableaux XII et XVI de l'Annexe statistique; les totaux afférents à 1969 ont été calculés par le FMI. - 13 - les inclut (les estimant à 4 milliards de FCFA) dans le poste des "transferts privés". Les chiffres de la BCEAO, qui sont peut-être un peu plus sûrs, indiquent que le déficit total en compte courant afférent à 1968, transferts privés y compris, s'élevait à environ 3,2 milliards de FCFA. Le déficit commercial était de quelque 5,3 milliards de FCFA tandis que les "services" et les "transferts privés" faisaient apparaître un solde positif d'environ 2 milliards de FCFA. Des frais substantiels de voyage et de transports, de services fournis au titre de programmes d'aide étrangère, des revenus d'investissements et des commissions commerciales se trouvaient plus que compensés par des recettes qui comprenaient au premier chef des envois de travailleurs migrants (3,1 milliards de FCFA), des pensions (près de 2 mil- liards de FCFA) versées par la France à d'anciens militaires voltalques et des dépenses effectuées en Haute Volta par des Etats étrangers (1,4 milliard de FCFA environ). Concernant le compte capital, les chiffres de la BCEAO font apparaître pour 1968 une importation de capital nette de 5,59 mil- liards de FCFA, somme qui, à l'exception de 0,75 milliard, représentait des fonds "publics". Sur ce dernier montant, les tirages nets sur prêts ne représentaient que 0,23 milliard de FCFA. Ce flux de capital a permis à la Haute Volta d'ajouter 1,23 milliard à ses réserves de change nettes, compte tenu d'une marge pour "erreurs et omissions" s'élevant à -1,13 mil- liard de FCFA. Finances publique s 22. Le Gouvernement actuel a particulièrement bien réussi à assainir les finances publiques du pays et à dégager des économies budgétaires pour ses investissements. Il lui a fallu, au début de 1966, faire face à une détérioration sérieuse des finances publiques qui s'était traduite par un déficit cumulé de près de 4,5 milliards de FCFA d'origine diverse et com- prenant notamment des factures en retard totalisant près de 1,5 milliard de FCFA.1/ Or il n'a pas seulement réglé virtuellement l'ensemble de cet arriéré, il s'est encore doté de liquidités substantielles, tout en accrois- sant ses dépenses d'investissements. En regard d'un endettement envers les banques qui s'élevait à 130 millions de FCFA à fin 1965, à fin 1969 l'Etat voltaïque était, envers le même secteur, créditeur de 2,24 milliards de FCFA (Voir Tableau 1 ci-dessus). 23. On trouvera au Tableau 3 un aperçu de l'évolution des finances publiques de 1966 à 1969 et aux Tableaux III à IX de l'Annexe statistique des chiffres plus détaillés. Tandis que les recettes ordinaires ont crû à un rythme annuel moyen de 20,2 pour cent grâce surtout à une augmentaticn du produit des impôts indirects, les dépenses courantes ont augmenté à une cadence de 3,75 pour cent seulement. Les frais généraux d'administra- tion ont été contenus; les dépenses consacrées aux services sociaux et 1/ Voir Tableau IV de l'Annexe statistique. - 1h - culturels (santé et éducation) et à la défense nationale ont été compri- mées en 1967 et 1968; le budget des services économiques a été rogné en 1967 et pratiquement stabilisé depuis cette date. L'effectif de la fonction publique est resté à peu près inchangé; quant au ratio dépenses de personnel de l'Etat (salaires et pensions) sur dépenses courantes (environ 56 pour cent en 1968 et 60 pour cent en 1969), il est assez mo- deste si l'on considère la pauvreté du pays. 1/ Le Gouvernement a pu, grâce essentiellement à ces mesures, dégager des économies budgétaires (ressources intérieures moins dépenses courantes afférentes à tous les postes sauf celui de l'amortissement de la dette) oui se sont élevées annuellement, en moyenne, à plus d'un milliard de FcFA de 1967 à 1969. Tableau 3: EUDGET ET EPARGNE DE L'ETAT (en millions de FCFA) 1966 1967 1968 1969 (est.) 1. Recettes budgétaires ordinaires 7.h29 7.565 8.260 8.926 2. Dépenses budgétaires ordinaires 7.926 7.008 7.288 8.224 dont amortissement de la dette (125) (179) (105) (153) 3. Solde du budget ordinaire (1-2) -497 -557 +971 +703 a. amortissement de la dette exclu -372 +738 +1.076 +856 h. Ressources extraordinaires - total 1.121 712 547 554 a. Intérieures (506) (262) (97) (10h) b. Etrangères * (615) (45o) (450) (450) 5. Dépenses d'investissement et d'équipement 78 1.037 1.156 1.257 6. Solde budgétaire total (3+h-5) -160 +232 +362 - 7. Epargne budgétaire intérieure(3a+ha) 134 998 1.173 959 * Aide budgétaire française, sauf un encaissement de 92 millions de FCFA versés en 1966 par le Fonds de solidarité de l'Entente. Sources: Tableaux V et VI de l'Annexe statistique. 1/ Il est toutefois prévu, dans le budget de 1970, des dépenses de personnel supérieures de 756 millions de FCFA (15 pour cent) à celles de 1969. Cette augmentation est due en partie (probablement pour quelque 212 millions de FCFA) à la prise en charge directe par I'Etat des traitements des maîtres des écoles confessionnelles, auparavant payés indirectement par voie de subventions, et en partie à la révision, intervenue en décembre 1969, des salaires minimum. - 15 - 24. Les mesures d'austérité prises- dans le domaine des finances publiques n'ont pas été sans entraîner certaines conséquences fâcheuses. Nous avons déjà noté que les dépenses relatives aux services économiques avaient été sévèrement comprimées. Les crédits ordinaires pour les fournitures, l'équipement et l'entretien ont été insuffisants; ils ne représentaient, par exemple, qu'environ 13 et 17 pour cent des dépenses courantes en 1966 et 1969 respectivement. Une portion considérable de l'aide française (h50 millions de FCFA annuellement pour les exercices récents) allouée au budget a dÛ servir à combler des insuffisances dans les crédits pour fournitures nécessaires au fonctionnement de certains services. Des administrations-clés, telles celles de l'élevage et de la santé, ont consacré virtuellement tous leurs crédits au paiement des traitements et des salaires; il ne leur restait que très peu de chose pour leurs dépenses de fonctionnement. Les services agricoles qui opèrent dans les régions où les programmes appliqués ne bénéficient pas d'une aide étrangère ont été tout autant dépourvus de fonds de fonctionnement. L'en- tretien a souffert de cette pénurie dans la généralité des cas. L'épargre budgétaire mentionnée plus haut ne saurait d'ailleurs être considérée comme parfaitement réelle car elle est dans une certaine mesure le fruit d'un sous-entretien et a servi à financer au budget de li'investissement et équipement", des dépenses qui ont un caractère d'l"entretien" plutôt que d'"investissement". Le budget ordinaire devrait, à l'avenir, faire une place plus raisonnable à l'entretien et au fonctionnement nécessaires. Cela ne signifie pas, bien entendu, qu'un contrôle attentif des dépenses courantes ne continue à s'imposer, tout particulièrement en raison du peu d'espoir qu'on peut avoir de renforcer encore la fiscalité d'un pays dont les recettes courantes d'Etat représentent déjà environ 20 pour cent du P.I.B. monétaire et les droits de douane 28,5 pour cent (en 1968) de la valeur des importations enregistrées. 25. Le montant du budget de l'équipement et de l'investissement, y compris le crédit budgétaire français mentionné plus haut, est passé de 764 millions de FCFA en 1966 à 1.257 millions en 1969 et à 1.354 millions en 1970. Si l'on fait abstraction des dépenses financées par le crédit budgétaire français et de quelques autres, d'importance assez minime, le budget de l'équipement et de l'investissement a été divisé en parts presque égales entre le Fonds routier et les frais "d'investissements et d'études". Ces derniers comprennent la contribution voltaïque de contrepartie aux programmes de développement des ORD et aux activités de recherche agricole financées par l'aide étrangère. l_/ Il n'est pas tenu compte, dans le budget de l'équipement et de l'investissement, du montant considérable des fonds accordés par l'étranger pour des projets spécifiques. 1/ C'est ainsi que sur les 425 millions de FCFA prévus par le budget de 1970 en faveur des "investissements et études", 199 millions iront aux ORD, 153 millions à la contrepartie et 62 millions aux institute de recherche. - 16 - 26. Nous pourrons traiter rapidement des budgets autres que le budget général. L'Office des postes et télécommunications possède un budget au- tonome, approximativement équilibré. Les caisses d'assurances sociales, qui paient les allocations familiales et les prestations des assurances- accidents et vieillesse des travailleurs salariés, ont tendance à accuser un déficit global qui, en 1968, s'est élevé à environ 64 millions de FCFA. _/ Des collectivités locales urbaines et rurales, au nombre de 82. possèdent leurs budgets propres. Leurs ressources, si l'on fait la part des impôts perçus reversés à l'Etat, sont extrêmement modiques. En 1968, elles n'ont été que de 940 millions de FCFA, soit moins de 13 pour cent des dépenses courantes de l'Etat pour le même exercice. 2/ Presque toutes les dépenses des collectivités locales concernent des services courants. Moins de 10 pour cent sont affectés à des "travaux neufs", dans les do- raines surtout de l'éducation, de la santé et de l'administration. If Voir Tableau XII de l'Annexe statistique. 2/ Voir Tableau X de l'Annexe statistique. - 17 - III. DEPENSES DE DEVELOPPEMENT ET AIDE ETRANGERE Le Plan de 1967-1970 27. Le premier programme de développement de la Haute Volta qui portait sur une période de trois années et demie, du milieu de 1967 à la fin de 1970, a été lancé en 1967. Il tablait sur un taux annuel de croissance de 4 pour cent, ce qui était plutôt optimiste si l'on considère que jusque là l'éco- nomie ne s'était probablement pas développée à un taux supérieur à quelque 2 pour cent. Ses auteurs exprimaient de surcroit l'espoir que ce programme jetterait les bases d'un accroissement plus rapide pour les périodes ulté- rieures. 28. Le Plan envisageait des dépenses de développement d'un montant de 32,97 milliards de FCFA dont 5,h6 milliards représentaient une "tranche optionnelle". Les dépenses réelles jusqu'à fin 1969 sont présentées au tableau 4. Durant les 30 premiers mois de l'exécution du Plan, elles n'ont atteint que 60 pour cent du niveau prévu (66 pour cent si l'on ne tient pas compte de la tranche optionnelle). Le taux effectif des dépenses, qui a considérablement augmenté en 1969, se compare ainsi qu'il suit avec les objectifs (en milliards de FCFA): 1/ 1967 1968 1969 Objectifs 4,13 8,25 8,12 Dépenses effectives 3,31 4,18 6,21 Le relèvement de la production semble aussi avoir pris du retard bien que, comme on l'a déjà vu, les indices exacts concernant la croissance du P.I.B. et de la production totale de l'agriculture et de l'élevage fassent presque complètement défaut. Le seul objectif de production important qui ait des chances d'être dépassé durant la période du Plan est celui du coton. If Ces chiffres dont la mission n'a eu connaissance qu'après l'achèvement de ses travaux "sur le terrain", font apparaître pour 1967 et 1968 un total inférieur de 1,2 milliard de FCFA à celui qu'on trouvera dans le tableau XXVII de l'Annexe statistique. L'écart peut s'expliquer en partie par le fait que ledit tableau comprend des dépenses "hors Plan". - 15 - Tableau 4: LE PLAN DE 1967-1970: DEPENSES PREVUES ET DEPENSES EFFECTUEES (en milliards de FCFA) Dépenses prévues Dépenses effectuées Réalisation des objectifs en pour- Secteur centage (1) (2) (3) (3) f (2) 1967-70 1967-69 Production Secteur rural 9,11 6,16 3,17 51,4 Secteur moderne 5,95 4,66 2,97 63,7 Infrastructure économique 11,40 7,15 4,29 60,0 Secteur social (santé, éduca- tion, etc.) 4,84 3,65 2,07 56,7 Recherches, études et information 1,67 1,26 1,20 95,2 Total 27,5 22,69 13,70 59,8 Retards dans les programmes de dépenses relatifs au développement 29. Les retards les plus sérieux enregistrés dans les dépenses d'inves- tissement se sont produits dans le secteur rural, auquel le Plan a accordé une priorité parfaitement légitime. Là les dépenses prévues pour 1967-1969 n'avaient été effectuées qu'à concurrence d'un peu plus de la moitié à fin 1969. Des progrès ont sans aucun doute été accomplis dans l'organisation et la dotation en personnel des Offices Régionaux de Développement, qui ont permis de poursuivre ou de mettre en train d'utiles programmes de vulgari- sation agricole. Néanmoins, dans le sous-secteur de l'élevage, l'avance a été négligeable ou nulle et les dépenses réalisées sont restées, par rapport aux objectifs, très en dessous de la moyenne de l'ensemble du secteur. On enregistre des retards sur presque tous les points: équipement du Service de l'élevage, qui lui permettrait de mieux lutter contre les maladies, - 19 - surveillance des abattages en brousse et amélioration de la préparation des peaux et des cuirs, exécution des projets d'itinéraires des troupeaux, abattoirs, de âSturaes-relais et de fermes d'élevage. Fort heureusement un certain nomýr dItudes portant sur ces questions et de nature à aboutir a des projets sont actuellement en cours ou déjà même achevées. 30. Dans le secteur moderne -- celui de l'industrie -- les résultats sont meilleurs. Comme nous l'avons signalé, la création d'une usine textile et celle d'une fabrique de sucre en morceaux, ont représenté les deux plus gros investissements. D'autres investissements envisagés pour l'égrenage du coton et la fabrication de cigarettes, d'allumettes, de briques et de chaus- sures ont été réalisés. En revanche, la construction -- en projet depuis longtemps -- du nouvel abattoir d'Ouagadougou, celle de la raffinerie d'huile végétale également, ont subi de gros retards pour des raisons lar- gement indépendantes de la volonté des pouvoirs publics. Elles ne seront probablement pas entreprises avant l'exercice 1970/71. Un certain nombre de projets plus modestes n'ont pas été mis en train non plus -- probable- ment avec raison pour quelques-uns d'entre eux. 31. Les dépenses d'infrastructure ont atteint, au cours des années 1967-69, 60 pour cent des prévisions, ou 75 pour cent si l'on fait abstraction de la "tranche optionnelle" attribuée à ce secteur. Les investissements routiers qui représentaient la majeure partie des dépenses ont été quelque peu retardés mais n'en ont pas moins marqué des progrès raisonnables. Les inves- tisseients ferroviaires sur le tracé actuel de la RAN1 ont dépassé les prévision-s mais si l'on considère l'ensemble de la période du Plan, ils seront probablement très inférieurs à l'objectif car la construction.de la ligne desservant la mine d manganèse de Tambao ne sera certainement pas commencée avant la fin de cette période, ccntrairement à ce qui avait été envisagé. Les investisse- ments urbains -- adductions d'eau et constructions de logements, par exemple -- sont très au-dessous de ce qu'on attendait. 32. Les dépenses du secteur social, essentiellement de la santé et de l'éducation, n'ont atteint que 56,7 pour cent de leur objectif. Par contre, les dépenses d'études, de recherches et d'information ont évolué conformément au Plan. Dans l'ensemble, il apparaît que l'exécution du Plan demandera une année ou deux de plus qu'il n'avait été originalement prévu. A en juger par ce qui est d'ores et déjà acquis, il est probable que 65 pour cent des dépenses projetées auront été effectuéesà fin 1970. Financement du Plan 33. Le manque de crédit n'a pas été le principal goulet d'étrangle- ment. A fin octobre 1969, par exemple, 79 pour cent du financement exté- rieur public et privé projeté étaient déjà acquis. I/ Certes le financement 1/ Voir Tableau XXIX de l' Lnnexe statistique. - 20 - intérieur a été difficile mais il n'en a pas constitué pour autant non plus un sérieux obstacle jusqu'ici. Les causes sont multiples du retard subi dans l'exécution du programme de développement. L'une dtelles réside dans la lenteur et la complication des procédures appliquées par les institutions dispensatrices de l'aide extérieure. Pour une bonne part néanmoins le décalage entre les engagements et les versements s'explique par le fait que les projets de développement ne sont pas suffisamment élaborés et par l'absence de services dotés d'un personnel et d'un équipement suffisant pour les exécuter avec effi- cacité. Le Ministère du Plan et des Travaux Publics ne dispose pas encore de l'organisation qui lui permettrait d'assurer et de surveiller la bonne et rapide préparation et exécution des projets. La mission de la Banque elle- même n'a obtenu qu'avec beaucoup de difficulté de ce ministère une information sûre et à jour sur les projets actuels et potentiels et sur les versements faits au titre des engagements. Les données essentielles des projets sont souvent dispersées au travers de plusieurs ministères ou directions. La Banque a déjà recommandé qutil soit créé un service des projets doté d'un personnel suffisant pour diriger la préparation et suivre ltexécution des projets, que toute l'information essentielle relative au Plan et ses éléments constitutifs soit rassemblée en un "Centre de Documentation" rattaché au Ministère du Plan. Quelques dispositions semblent avoir été prises dans ce sens. Toutefois, il est peu probable que le problème posé par le recrutement d'un personnel suf- fisamment expérimenté, tant étranger qu'autochtone, soit résolu de sit8t. La Banque a également recommandé la création, au sein du Ministère des Finances, d'un service de programmation chargé, d'une part, de synchroniser budget ordi- naire et budget drinvestissement et, d'autre part, d'évaluer les dépenses ordinaires occasionnées par les investissements.-/ Ces propositions ont, depuis, été adoptées par le Gouvernement de la Haute Volta. Un expert de l'assistance technique sera nécessaire pour mettre sur pied le service et former des contreparties voltalques: des négociations relatives au finance- ment du coût de cet expert sont actuellement en cours entre le Gouvernement et le PNUD. 34. Selon le Gouvernement, l'origine des ressources ayant servi à financer les dépenses du Plan jusqu'à fin 1969 aurait été la suivante (en millions de FCFA): 2/ lf C.J. Martin, "Propositions pour l'amélioration de la planification du développement en Haute Volta - Création et fonctionnement d'un service de programmation au Ministère des finances". (18 février 1970). 2f On trouvera aux Tableaux XXVI et XXVII de ltAnnexe statistique des venti- lations quelque peu différentes de ces origines pour 1967 et 1968. Le Tableau XXVII montre que l'apport local (après prise en compte sommaire des investissements privés étrangers sous "entreprises et autres sourcas privées") s'est élevé à environ 33 pour cent du total tandis que le "budget de l'Etat" ne comportait pour ces deux mêmes années qu'une contribution très inférieure à celle qui est indiquée dans le texte pour l'ensemble de la période 1967-1969. Le Tableau XXVII n'en montre pas moins que la contribution budgétaire a été considérablement plus élevée en 196b qu'en 1967 et il est légitime de penser que les crédits budgétaires de dévelop- pement nationaux et locaux ont fortement augmenté en 1969. - 21 - Montants Pourcentage du total Ressources intérieures Budget de l'Etat 2.098 15,3 Budgets des collectivités locales, BND et investissements privés locaux 1.950 1h,2 Ressources extérieures France (FAC et Caisse Centrale) h.969 3h,3 Communauté Economique Européenne(FED) 2.874 21,0 PNUD/ONU 619 4,5 Sources bilatérales diverses 1.102 8,0 Investissements étrangers privés 365 2,7 Total 13.704 100.0 La contribution locale aux dépenses d'investissement a été beaucoup plus élevée qu'on ne s'y attendait. Notons toutefois que l'élément budgétaire des dépenses de développement incorpore un montant substantiel de frais de fonctionnement (traitements du personnel voltalque affecté aux ORD, par exemple) et que la BND qui prête à l'agriculture, à l'industrie et aux constructions, fonctionne en partie grâce à des fonds étrangers. 1 Assistance étrangère 35. Les données pré -citées montrent que 9.656 millions de FCFA, soit 70,5 pour cent du total des dépenses d'investissement, ont été financés de 1967 à 1969 par l'aide étrangère. L'investissement privé ne représentait qu'une faible partie de ce montant. D'après d'autres sources, les verse- ments totaux effectué-s au titre de l'aide étrangère, assistance technique comprise, se sont élevés à 4.900 millions de FCFA en 1967 et à 5.511 mil- lions en 1968. 2/ Il est certain toutefois qu'une partie de cette assistance se rapportait à d'autres objectifs que ceux du Plan. Depuis 1966 l'assis- tance étrangère a beaucoup augmenté, qu'il s'agisse d'engagements ou de versements. Dans les quatre années 1963 à 1966, par exemple, les engage- ments totaux avaient été en moyenne de 2.436 millions de FCFA par an. 3/ 1/ Le volume des prêts consentis par la BND est passé de 448,4 millions de FCFA en 1965/66 à 1.475,2 millions en 1968/69. 3/ Voir Tableau XXXI de l'Annexe statistique. 3/ Voir Tableau XXX de l'Annexe statistique. - 22 - 36. Les principales sources d'aide étrangère ont été la France (FAC et Caisse Centrale) et la Communauté Economique Européenne (FED). Le PNUD/ONU arrive au troisième rang, loin après les deux premières. D'après les données du paragraphe 34, la France, le FED et le PNUD ont apporté au financement étranger du Plan jusqu'a fin 1969 une part égale respectivement à 48,6, 29,8 et 6,4 pour cent du total. Précisons que les données fournies au Tableau XXXI de l'Annexe statistique relatives aux versements totaux de 1967 et 1968 indiquent une part beaucoup plus importante pour la France (65,4 pour cent) et plus petite pour le FED (17,1 pour cent). Ces écarts s'expliquent par le fait qu'une portion considérable de l'assistance technique et autre fournie par la France n'a pas été utilisée dans le cadre du Plaz,> En 1967 et 1968, l'aide française à l'investissement, par exemple, ne cons- tituait que 44,h pour cent de l'assistance française totale. Si l'on tient compte du coût de l'assistance technique, en partie utilisée au développe- ment, la proportion indiquée ci-dessus passe à 88,7 pour cent. 37. La mission n'a pas disposé d'une ventilation précise de l'aide aux investissements fournie par le FAC. On sait toutefois qu'en 1967 et 1968 quelque 5 pour cent de cette aide sont allés aux recherches et aux études. Un tiers environ a été consacré à la mise en valeur agricole et au développe- ment de l'élevage mais, de cette fraction, seule une petite part a été consacrée à l'élevage. Encore n'a-t-elle été versée qu'assez lentement à cause du fonctionnement et de la coordination défectueux des services intéressés. La santé et l'éducation ont absorbé un peu plus de 10 pour cent de cette aide, les investissements dans l'infrastructure, utilisés surtout à l'achat d'équipement pour l'entretien des routes, environ un sixième, les fournitures et l'équipement destinés à divers ministères, environ un quart. 38. Plus de 60 pour cent des allocations versées par le second FED, qui ont servi principalement à financer le Plan 1967-1970, sont allés à divers projets et études routiers. 1/ Approximativement 14 pour cent ont été consacrés aux adductions d'eau , d'électricité et un peu plus de 10 pour cent au développement rural, y compris un programme de vulgarisation agri- cole intéressant, deux ORD et une campagne d'envergure nationale en faveur du traitement des semences. Tandis qu'une part substantielle du premier FED était allée à la santé et à l'éducation et notamment à la construction de 225 centres d'éducation rurale, moins de trois pour cent du second FED ont été consacrés à ces secteurs. En matière de santé, toutefois, le FED a continué de financer un programme pilote remarquablement efficace d'exter- mination du vecteur de l'onchocercose. D'une façon générale, l'exécution des programmes FED a été caractérisée par les longs délais qui séparaient les versements des engagements. Dans le cadre du second programme, par exemple, les engagements souscrits a fin 1969 s'élevaient au total à l'équi- valent de 28,3 millions de dollars. Des contrats avaient été placés pour 20,5 millions et des versements effectués pour 9,8 millions seulement. Ce décalage s'explique en bonne partie par le fait que les engagements in- terviennent avant que ne soient précisés les détails des projets. 1/ Voir Tableau XXXII de l'Annexe statistique. - 23 - 39. Les organisations et entités autres que la France et le FED sont à l'origine d'un peu moins de 16 pour cent du total de l'aide versée en 1967 et 1968. La contribution du PNUD a été la plus importante, qui a financé des études majeures des ressources minérales portant surtout, mais non exclusivement, sur les possibilités d'exploitation et de transport du minerai de manganèse extrait à Tambao. 40. L'efficacité de l'aide étrangère laisse toujours à désirer encore que depuis trois ans la situation se soit améliorée considérablement à cet égard. L'on procédait auparavant à des investissements parfois inconsidérés. Le FAC et le FED, par exemple, ont financé la construction d'un grand nombre de barrages dont la plupart sont restés inutilisés parce que certains in- vestissements complémentaires d'irrigation n'ont jamais été faits. Le FED a financé d'autre part un programme assez coûteux de conservation des sols dans le nord du pays, qui a donné peu de résultats durables. Il est arrivé que des hôpitaux, des écoles, etc., aient été construits sans qu'on se soit suffisamment préoccupé de leur dotation en personnel, de leur fonctionnement et de leur entretien. L'affectation de fonds suffisants pour le fonctionne- ment et l'entretien continue de poser un problème sérieux. - 24 - IV. ORIENTATION FUTURE DU DEVELOPPEMENT ET DE L'AIDE ETRANGERE 41. Le développement des régions rurales dans la perspective d'obtenir le maximum tant de la production agricole que de l'emploi de la main-d'oeuvre devrait continuer d'être la préoccupation principale du Gouvernement et de la population volta'ques. Les efforts futurs dans ce domaine devraient progressivement s'orienter vers des programmes de développement rural plus intégrés et plus vastes et mettre davantage l'accent sur l'utilisation effective du potentiel voltalque en matière d'élevage. Simultanément, les autorités devraient progressivement tenir un compte plus marqué de la né- cessité de procéder à une meilleure répartition de la population en fonction des ressources agricoles, en créant des possibilités de coloni- sation rurale dans des régions les moins peuplées du pays. Toutefois, avant d'examiner le problème du développement rural, il nous paraît opportun d'offrir quelques remarques sur les besoins d'investissement dans le secteur de l'infrastructure (transports et communications) et dans le secteur minier. Besoins d'investissement en matière d'infrastructure 42. La mission n'a pas eu l'occasion d'étudier en détail le secteur des transports. Cependant, tout bien considéré, il n'apparaît pas néces- saire d'effectuer de nouveaux investissements importants d'infrastruc*- ture dans ce secteur. (hormis la prolongation, éventuelle, de la ligne de chemin de fer jusqu'à Tambao). La Haute Volta aura un nombre suffisant de grands axes routiers lorsque les travaux actuellement financés par le FED (routes reliant Bobo-Dioulasso à Faramana et Ouagadougou à Koupela et la frontière ghanéenne) seront terminés, et si, ce qui semble le cas, certaines routes supplémentaires (de Koupela à la frontière togolaise et de Koupela à Fada N'Gourma) sont incluses dans le troisième programme du FED. Les crédits proposés par l'IDA pour le développement de la culture du coton prévoient également la construction de routes d'accès. En dehors des engagements pré- sents et futurs, la mission estime que le premier objectif est d'améliorer les routes et les pistes locales dans les régions qui dépendent des ORD existants et, finalement, construire certaines routes qui faciliteront la colonisation de la zone relativement vide de Fada N'Gourma et de la vallée de la Volta Blanche. 43. Bien que la mission n'ait pas spécifiquement étudié le secteur das télécommunications, il ne fait aucun doute que de nouveaux investissements seront nécessaires pour compléter le programme actuellement en cours d'exé- cution, financé en partie à l'aide d'un prêt de 800.000 dollars accordé par l'IDA. Le réseau présent des télécommunications est très peu développé et dans sa plus grande part se borne à desservir Ouagadougou et Bobo-Dioulasso, les deux principales villes du pays, et à assurer les liaisons entre ces deux centres urbains et la Côte d'Ivoire le long de la voie ferrée qui mène - 25 - à Abidjan. Le réseau téléphonique est pratiquement le plus faible de l'Afrique. Mis à part le central international d'Ouagadougou, les ins- tallations existantes ne suffisent pas à écouler le trafic actuel. Une étude entreprise par la SOFRECOM sur financement FAC précisera les besoins futurs du pays, et l'on envisage de procéder à l'étude des liaisons avec les autres pays de l'Entente. Exploitation des ressources minières (Manganèse) 44. Bien que recherches et prospection minières se soient poursuivies dans diverses directions, les autorités voltalques se sont surtout attachées pendant ces dernières années, à trouver le moyen d'exploiter les gisements de manganèse de Tambao. Plusieurs études consécutives financées par le PNUD, la première lancée en 1966, ont été consacrées à cette question. 45. Les recherches ont montré que le minerai de manganèse se trouve principalement dans deux collines et que le gisement se prolonge au- dessous du niveau de la pénéplaine. Bien que les travaux ne soient pas encore complètement achevés, il est probable qu'ils confirmeront l'exis- tence de 10 millions de tonnes environ de minerais oxydés marchands.l' Ces minerais sont de qualité supérieure à la majorité de ceux qui sont actuellement extraits dans le reste du monde. Quelque 51 pour cent sont de "qualité chimique" et ont une teneur en manganèse de plus de 56 pour cent et en dioxyde de manganèse de 65 pour cent. Sur le reste, 32 pour cent sont d'excellents minerais métallurgiques qui titrent 51 pour cent environ de manganèse, et 17 pour cent des minerais métallurgiques standards contenant 46 pour cent de manganèse environ. Les impuretés sont loin de dépasser les normes commerciales; la teneur en phosphore d'une cer- taine quantité de minerai est plutôt élevée mais néanmoins acceptable. 46. Sous les minerais oxydés il y a une couche épaisse de minerai carbonaté, intercalée d'oxydes. L'épaisseur de cette couche n'a pas encore été étudiée mais on croit qu'elle représente 10 millions de tonnes environ. Ce minerai qui, dit-on, titre de 36 à 52 pour cent de manganèse, pourrait être oxydé sur place par calcination et ensuite pelletisé à un prix de revient total estimatif de 8 dollars par tonne, ce qui élèverait la teneur en manganèse à près de 59 pour cent en moyenne. 47. Le gisement de Taibao offre nombre d'autres avantages. Tous les oxydes et une partie des carbonates pourraient être extraits à ciel ouvert, et, vu la configuration de la couche de minerai, l'extraction d'une tonne de minerai marchand ne demanderait probablement le déblaiement que de 1/ Des données plus récentes font état d'une réserve de 12,6 millions de tonnes titrant 54,5 pour cent de manganèse en moyenne; la ventilation de ce tonnage par qualité n'était malheureusement pas disponible au mo- ment de la rédaction du présent rapport. - 26 - 2,25 tonnes de stérile, contre 5 tonnes dans de nombreuses autres mines de manganèse. Le minerai a également une densité d'humidité anormalement faible (1 pour cent) et ne produirait donc que très peu de "fines", à vendre au rabais. Au total, le gros de ce minerai n'aurait à faire l'objet d'aucun traitement. Depuis l'êtude de justification économique di projet par la société NEDECO en 1967, il a été prouvé que cette mine ne nécessitait que très peu ou pas d'eau du tout pour être enrichie. 48. Le principal inconvénient di projet Tambao est la distance (1.51hkm) qui le sépare de la mer (Abidjan). Pour exploiter le gisement, il faudrait donc construire une voie ferrée de 353 km reliant Tambao à Ouagadougou if, point de départ de la ligne de la RAN qui va jusqu'à Abidjan. La société NEDECO avait un moment envisagé le transport du minerai par route puis par rail mais est finalement arrivée à la conclusion que, malgré un investisse- ment initial peu élevé, cette solution provoquerait une hausse di coût du transport par tonne/km. L'Omnium Technique d'Aménagement (OTAM) procède actuellement à une étude plus approfondie de cette voie ferrée, dans le cadre d'un projet financé par le PNUD. Les travaux portent sur le tracé detaillé, le coût et les spécifications du premier tronçon de 91 km Ouagadougou-Kaya et sur une étude quelque peu moins complète du reste de la voie ferrée, notamment la justification économique d'une ligne reliant Dori à Niamey au Niger. L'étude complète, qui doit être terminée à la fin de 1971 ou au début de 1972 devrait fournir une évaluation assez sûre des investissements nécessaires. Les estimations d'investissements d'infra- structure ferroviaire nécessaire (à l'exception des locomotives et di maté- riel roulant) varient à l'heure actuelle de 24 à 28 millions de dollars. L'OTAM estime quant à elle apparemment que le montant des travaux s'éta- blira à 24 millions; le tracé ne comporte que peu d'obstacle topographiques et ne nécessite donc pas la construction de nombreux ponts. h9. La question cruciale est de savoir si les coûts de production, du transport et de la manutention permettront d'arriver à un prix f.o.b. Abidjan qui, à son tour, et compte tenu des prix actuels et à venir du mi- nerai, permettra à une éventuelle société minière de faire des bénéfices intéressants, et à l'Etat d'obtenir un montant appréciable de royalties. Comme on estime que mine et transports ne fourniront que 1.500 emplois directs, la décision des autorités voltaïques de poursuivre les travaux doit avant tout être fonction des recettes probables que rapportera l'ex- ploitation de la mine. Certes, le chemin de fer pourra aussi transporter des cargaisons mixtes ainsi que du bétail et des produits agricoles en pro- venance du nord du pays, mais cela ne devrait être qu'un élement marginal puisque le potential agricole de la région située au nord d'Ouagadougou est très limité. ./ Via Dori, important marché de bestiaux. Une route directe, contournant Dori, aurait 340 km de long. - 27 - 50. En attendant les résultats de l'étude de justification du PNUD, on ne peut qu'évaluer approximativement le coût d'exploitation, ce afin de donner l'ordre de grandeur des divers éléments qui le composent, ce que nous ferons en supposant que 500.000 tonnes environ de minerai seront produites et expédiées chaque année, chiffre généralement considéré comme le plus probable. 51. Le coût par tonne de minerai f.o.b. Tambao a initialement été estimé par la société NEDECO à 9,49 dollars ou, avec provision pour imprévus de 10 pour cent, à 10,h4 dollars, montant qui se décompose comme suit: Développement, extraction et manutention $ 2,05 Enrichissement (eau, énergie et divers) $ 2,59 Frais généraux $ 0,50 Intérêt et amortissement $ 1,71 Dépenses générales (ventes, etc.) $ 2,55 Frais supplémentaires pour les minerais chimique et électrique $ 0,09 Total $ 9,49 Imprévus $ 0,95 Total $10,44 Il se pourrait, au vu de données plus récentes, que la société NEDECO ait surestimé le coût de l'enrichissement. On pense en effet maintenant que le minerai ne devra être que très peu enrichi. C'est pourquoi, les seuls besoins en eau seront ceux de l'approvisionnement en eau potable. En outre, les travaux hydrologiques en cours devraient confirmer l'hypothèse selon laquelle on peut se procurer de l'eau en forant des nappes souter- raines au lieu de recourir au pompage dans le Niger avec amenée d'eau par canalisation comme on avait d'abord pensé le faire car une couche aquifère calcaire découverte près d'Oursi semble s'étendre jusqu'à Tambao. Provi- soirement donc, on peut réduire les frais d'exploitation de 1 dollar par tonne. En supposant que tous les autres éléments du coût restent inchangés, le coût f.o.b. rail avoisinerait 9,50 dollars environ par tonne. 52. Les frais de transport par rail se composeraient (1) des coûts d'exploitation de la voie ferrée par tonne de minerai transporté par rail de Tambao au port de Vridi (Abidjan) et (2) du coût par tonne des intérêts et d'amortissement du nouveau tronçon de voie ferrée. 53. En 1968, la RAN a fait savoir au Gouvernement de la Haute Volta qu'elle était prête à transporter du minerai au coût marginal d'exploitation de 2.100 FCFA par tonne (8,40 dollars). I/ Bien qu'on ne sache pas si la 1/ Ici comme ailleurs dans le texte les prix ou les coûts en FCFA ont été con- vertis au taux arrondi de 250 FCFA pour 1 dollar parce qu'ils ont été fixés avant la dévaluation partielle du franc CFA en août 1969. - 28 - RAN est disposée à s'en tenir à ce prix, il a été retenu à des fins de calcul provisoire. Il faut cependant souligner que ce prix ne tient compte ni de l'intérêt et de l'amortissement des wagons minéraliers ni de leur entretien, lesquels devront tous deux être pris en charge par la société minière. Le directeur actuel du projet du PNUD a estimé que ces postes se monteraient à 0,38 et 0,33 dollar respectivement, portant donc le prix total à 9,11 dollars. 54. La somme qui devra être perçue par tonne de minerai pour tenir compte des remboursements effectués au titre de l'intérêt et de l'amor- tissement des investissements d'infrastructure dans la nouvelle voie fer- rée dépendra (1) du coût de l'investissement, (2) du taux d'intérêt, et (3) de la période d'amortissement. Sur la base des paiements annuels combinés au titre de l'intérêt et de l'amortissement, on donne ci-dessous les coûts approximatifs par tonne calculés dans les diverses solutions (on suppose, dans chaque cas, une production de 500.000 tonnes de minerai par an): Investissement de 24 millions Investissement de 26 millions de dollars'dans la voie ferrée de dollars dans la voie ferrée Amortissement sur Amortissement sur 20 ans 40 ans 20 ans 40 ans 6% d'intérêt $4,18 $3,19 $4,86 $3,72 7% d'intérêt $h,53 $3,60 $5,28 $4,20 55. Il est donc clair que le taux d'intérêt et la période d'amortis- sement ont tous deux une incidence marquée sur les coûts. En particulier, si l'on double la période d'amortissement, l'on réduit le coût par tonne de 1 dollar environ. Le résultat des études entreprises sur l'utilisation économique des gisements de minerai carbonaté montrera s'il est possible de le faire. Si ces gisements peuvent être enrichis ou si le carbonate peut être vendu en l'état à des prix intéressants pour être immédiatement utilisé par l'industrie métallurgique (il semble que dans certains cas, le carbonate soit maintenant employé dans des hauts-fourneaux sans avoir subi de transformation), il devrait être possible d'amortir les coûts sur une période de 40 ans. 56. Les frais d'intérêt et d'amortissement de la voie ferrée par tonne de minerai pourraient aussi être réduits si, outre les quantités mar- ginales de produits non-miniers, d'autres minerais pouvaient être trans- portés par le nouveau chemin de fer. C'est pour cette raison que le projet du PNUD (UPV6) procède actuellement à des recherches minières supplémen- taires dans les régions que ce chemin de fer pourrait desservir, et nota.- ment le gisement de Tin Edia que nous avons déjà mentionné; de plus, le BR(M étudie le gisement porphyrique de cuivre et molybdène situé dans la zone de Kaya. Signalons également le projet minier du PNUD qui prospecte - 29 - un autre gisement porphyrique de cuivre et molybdène près de Kourki au Niger, à 40 km de Tambao. Toute spéculation relative au résultat de ces travaux est actuellement inutile. On s'attend néanmoins à pouvoir, cou- rant 1972, évaluer assez exactement les perspectives d'exploitation com- merciale des gisements de Kaya et de Kourki. S'il s'avère possible d'ex- traire des quantités importantes de minerai de l'une et/ou l'autre de ces mines, ceci aurait probablement une forte incidence sur les coûts et profits de l'exploitation et du transport du minerai de TaMbao. 57. La possibilité a également été étudiée de transporter par le nouveau chemin de fer le ciment fabriqué par une nouvelle usine qui serait implantée dans le Nord du pays, utilisant les dépôts calcaires découverts à Tin Hrassan. Cependant, même avec une capacité minimum annuelle de 70.000 tonnes, la production de cette cimenterie dépasserait de loin les besoins de consom- mation de la Haute Volta (30.000 tonnes). Elle serait obligée de soutenir la concurrence, sur le marché d'exportation, des pays côtiers qui pourront sans doute se procurer du ciment à un prix plus intéressant auprès d'une usine dont l'implantation est prévue au Togo, Une cimenterie construite au Niger a éprouvé de sérieuses difficultés à écouler sa production en raison de l'étroitesse du marché. 58. Sans tenir compte de la possibilité de transporter des minerais autres que le manganèse ou de prolonger à 40 ans la période d'amortisse- ment du chemin de fer le prix de revient f.o.b. Abidjan du minerai de Tambao serait approximativement de 23,33 ou 23,78 dollars (par tonne mé- trique). En voici la décomposition par élément: Coûts de production, frais administratifs et frais généraux $ 9,50 Coûts du transport (non compris le intérêts et amortissement de l'infrastructure) 9,10 Intérêts et amortissement au titre du nouveau chemin de fer (24 millions de dollars sur 20 ans): à 6 pour cent 4,18 (à 7 pour cent) (4,53) Frais d'entreposage et de fret au port de Vridi (Abidjan) 0,55 Total 23,33 (23,78) Il faut 'cependant souligner à nouveau que ce montant de 23 dollars environ par tonne est uniquement indicatif et que si les travaux en cours donnent des résultats favorables le prix réel pourrait lui être inférieur. - 30 - 59. L'autre facteur essentiel de l'équation est le prix auquel il sera possible de vendre le minerai de Tambao f.o.b. Abidjan. Bien qu'ils contiennent une grande quantité de minerai chimique et électrique, tous les gisements de manganèse de Tambao, à l'exception d'une faible quantité, devront probablement être vendus à des fins métallurgiques car les usiges chimiques et de piles sèches ne représentent que quelque 5 pour cent seu- lement de la consommation totale. Ces dernières années, les cours des minerais métallurgiques ont enregistré une nette baisse, en grande partie semble-t-il, parce que de nouveaux gisements importants de ce minerai ont été mis à jour. A moins que les cours ne remontent en flèche dans l'ave- nir, ou que les coûts ne puissent être fortement réduits, il est improbable que le minerai de Tambao soit à même de soutenir la concurrence des autres pays producteurs sur le marché mondial. 60. Compte tenu des différentesqualités de minerai extrait à Tambao, il a été estimé que les ventes se répartiraient comme suit: 17 pour cent titrant 46 pour cent de manganèse (qualité métallurgique standard), 32 pour cent titrant 51 pour cent de manganèse, et 51 pour cent titrant 57 pour cent. Il est difficile de déterminer les prix auxquels ces diverses qualités de minerai pourraient être couramment vendues et ce d'autant plus que la plus grande partie du minerai de manganèse est vendue sous contrat à long terme ou est produite par des mines "captives" appartenant à des entreprises qui l'utilisent pour leurs propres besoins. Le cours du minerai disponible titrant 46 pour cent de manganèse était en juillet 1970 aux Etats 4Jnis de 50 cents environ par unité de teneur en manganèse par tonne forte, soit 22,64 dollars par tonne métrique. En considérant que les prix des minerais titrant 51 et 57 pour cent de manganèse peuvent être supérieurs de 20 et 40 pour cent respectivement (soit 27,17 et 31,70 dollars) et que le fret maritime coûte entre 5 et 6 dollars par tonne, le prix global f.o.b. du minerai de Tambao à Abidjan serait approximativement le suivant: Minerai expédié Répartition par qualité Prix f.o.b. Abidjan Total (dollars E.U.) (dollars E.U.) 17% 16,64 - 17,64 282,88 - 299,88 32% 21,17 - 22,17 677,74 - 709,44 51% 25,70 - 26,70 1.310,70 - 1.361,70 Prix global pour 100 tonnes 2.271,32 - 2.371'02 Prix global par tonne 22,71 - 23,71 Ainsi donc, sur la base des prix pratiqués au milieu de 1970, il semblerait que le prix global auquel le minerai de Tambao pourrait être vendu f.o.b. Abidjan serait à peu près égal au coût de ce minerai, f.o.b. Abidjan, sans provision pour les bénéfices de la société minière ou recettes de l'Etat voltaïque. - 31 - 61. Il se peut naturellement que les cours du manganèse remontent. Cela dépendra surtout de l'évolution de la demande d'acier et des minerais de manganèse provenant d'autres origines. Si les faibles cours du manga- nèse peuvent amener certains producteurs marginaux Vi à se retirer du marché, il n'en reste pas moins que d'autres sociétes minières comme la Groote Eylandt Mining Company, en Australie, accroissent encore leur ca- pacité. Il se peut également que, si les prix enregistrent une hausse, même légère, certaines mines eidstantes estiment alors avantageux de développer leur production quand elles peuvent le faire au prix d'investissements complémentaires relativement peu importants. 62. En dernier ressort, l'exploitation des gisements de Tambao dépern- dra de la décision d'investir d'une entreprise étrangère qualifiée. Dans le passé, l'Union Carbide s'y est intéresséemais elle ne semble pas dis- posée à investir dans les conditions de marché actuelles. Une fois ter- minés en Haute Volta tous les travaux indispensables pour déterminer le coût approprié du transport, la meilleure chose à faire sera sans doute, pour les pouvoirs publics, de communiquer aux sociétés minières potentiel- lement intéressées par l'extraction du minerai les résultats de ces travaux. Ces sociétés seront alors en mesure de décider quel parti prendre à la lumière du coût de transport et de leur propre estimation des coûts de production et des perspectives du marché. Toutefois, comme le Gouver- nement voltaïque devra engager son crédit limité pour emprunter des fonds considérables, destinés à la construction de la voie ferrée, il devra, dans son propre intérêt, s'assurer que l'exploitation des gisements de Tambao se fasse dans des conditions telles qu'il en tirera des recettes appréciables. Développement rural Le problème démographique 63. A l'avenir, tout effort de développement devra être axé sur le problème démographique considéré dans son ensemble, duquel jusqu'à pré- sent le Gouvernement n'a pas encore suffisamment réalisé l'importance. Il n'y a aucune inclination à considérer la planification familiale comme une nécessité à long terme. Certes, il faut admettre que nombre de facteurs rendent très difficile l'introduction d'un tel programme. Dans la société africaine traditionnelle, le prestige et l'influence des groupes apparentés dépend surtout de leur dimension sur le plan tribal. Les Mossi, tribu dominante du pays, qui vivent dans la region la plus peuplée de la Haute Volta, pourraient parfaitement ressentir des mesures de contr6le démogra- phique comme mettant en danger leur importance relative. Dans les régions _l Il est rapporté que la Société Mokta, qui exploitait un gisement de manganèse à Grand-Lahou en Côte d'Ivoire, aurait cessé ses activités, ses exportations ayant constamment diminué, tombant de 155.638 tonnes métriques en 1966 à 71.021 en 1969. - 32 - rurales,en outre, les familles attachent un grand prix à avoir un grand nombre d'enfants. Les fils survivants sont le seul soutien des parents dans leurs vieux jours. Mais le facteur le plus important est peut-être que la famille nombreuse est considérée comme essentielle pour l'agricul- ture, en raison surtout du manque de matériel agricole en Haute Volta. Alors que pendant la plus grande partie de l'année la main-d'oeuvre fami- liale n'est pas ou presque pas utilisée, il y a à peine assez de main-d'oeu- vre disponible aux périodes de pointe de la campagne agricole, en particu- lier à l'époque des semailles qui doivent avoir lieu à une période donnée et se faire en l'espace de quelques jours, et à l'époque du sarclage. 64. Les autorités voltaïques ne pourront pas ignorer indéfiniment le problème de la planification familiale, mais ce n'est dans le futur prévisible qu'en favorisant les mouvements migratoires à l'intérieur et à l'extérieur du pays et en améliorant la production agricole et l'éle- vage qu'elles arriveront sans doute à réduire les pressions démographiques. Faut-il encore d'abord se faire une idée plus exacte de l'ampleur et de la nature du problème. Il est à cet égard urgent de procéder à une nou- velle étude démographique afin de déterminer les variations du taux d'accroissement et de la distribution démographiques qui se sont produites depuis la dernière enquête par sondage de 1960/61. Elle doit êtra accompa- gnée d'une étude des migrations internes et externe qui permettra de véri- fier leurstendances pendant la dernière décennie et de se rendre compte dans quelle mesure cette migration a résolu ou non le problème. Il faut pour cela des renseignements à jour sur l'ampleur, les causes, la durée, l'origine et la destination tant des mouvements migratoires intérieurs qu'extérieurs. Une enquête sociologique aurait de plus pour objet d'ex- pliquer les facteurs qui, dans les zones d'origine et d'accueil, déter- minent et limitent la migration intérieure spontanée. Il est regrettable que les tentatives faites pour obtenir ces renseignements si élémentaires pour une future planification n'aient reçu aucun appui financier extérieur alors que 300.000 dollars environ sous forme d'aide étrangère suffiraient pour effectuer l'étude démographique proposée. 65. Une nouvelle étude démographique pourrait aussi fournir la base d'un recensement agricole par échantillonnage, lequel donnerait les renseigne- ients nécessaires sur la production agricole et l'élevage, la superficie des terres, les surfaces consacrées aux cultures, au pacage et à la jachère, ainsi que sur le matériel agricole disponible. Il procurerait aussi des données plus sûres pour les programmes de planification de diverses régions et serait la base d'une évaluation beaucoup plus précise des progrès futurs. Promotion de la migration et de la colonisation à l'intérieur du pays 66. Il est peu probable que les mouvements migratoires de la main-d'oeuvre voltaïque vers la Côte d'Ivoire et le Ghana puissent dans les années à venir contribuer autant que dans le passé à atténuer le problème de la surpopula- tion. En effet, le chômage s'est accru l'année dernière dans ces deux pays - 33 - voisins, ce qui a contraint les autorités ivoiriennes et ghanéennes à prendre des mesures contre les travailleurs étrangers. Heureusement, la grande majorité des ouvriers voltalques travaillent dans le secteur agri- cole ou dans d'autres secteurs où la main-d'oeuvre locale fait défaut. En Lait, il ressort d'une récente étude de la Côte d'Ivoire faite par la Banque que les objectifs du développement agricole de ce pays ne peuvent être atteints sans recourir à de la main-d'oeuvre voltalque supplémentaire. De même, pour réussir à accroître sa production de cacao dans des proportions importantes, le Ghana dépend probablement de l'entrée continue d'émigrants voltaïques. Jusqu'à présent, le nombre de ressortissants voltaïques ex- pulsés par ces deux pays ne semble pas avoir dépassé quelques milliers. Il est peu probable, néanmoins, que la migration nette des voltaïques vers les villes,lesquelles peuvent avoir absorbé un peu plus de 20 pour cent des travailleurs émigrants en Côte d'Ivoire et 10 pour cent peut-être au Ghana, augmente; et le rythme auquel la migration totale s'est accrue dans le passé pourrait bien ralentir considérablement. 67. Une accélération de la migration intérieure est donc essentielle pour dégager les régions les plus peuplées de la Haute Volta, d'autant plus que les possibilités d'accroissement de la production dans ces régions sont extrêmement limitées. Citons en exemple la région centrale du Mossi, particulièrement pauvre, et qui offre peu de possibilités de développement. Hormis la culture du riz et des produits maraîchers dans ces zones limitées et disséminées aux sols fertiles et bien irrigués, la seule possibilité semble être celle d'implanter quelques variétés de sorgho importé à rende- ment supérieur. Mais on ignore encore si les habitants de ces régions les accepteront. L'expérience a montré dans le passé que la région Mossi ne convient pas à la culture du coton, principale culture de rente de la Haute Volta. Le volume II du présent rapport (paragraphe 183) souligne que pour que la densité démographique moyenne ne dépasse pas le maximum désirable de 40 personnes par km2, quelque 1.300.000 habitants des zones rurales devront être réinstallés dans près de 150.000 exploitations agricoles pendant la période 1970-1990. 68. Migration et réinstallation doivent être surtout orientées vers la région relativement dépeuplée de Fada N'Gourma dans le sud-est et les vallées où l'on trouve encore des terres assez riches. Il serait prématuré et trop onéreux de mettre en place dans la zone de Fada N'Gourma un Office Régional de Développement, de le pourvoir de personnel et d'y exécuter un programme de développement de grande envergure. Cependant il faudrait étudier très sérieusement la mise sur pied d'un programme destiné d'abord à la zone avoisinante et beaucoup plus peuplée de Koupela, d'où l'on pourra encourager la migration vers la région de Fada N'Gourma au moyen d'un programme pro- gressivement élargi, lié à la construction de routes d'accès. Le Gouverne- ment français a montré quelque intérêt à aider à l'exécution de ce programme. 69. La colonisation des vallées est celle qui offre le plus de promesses. Elle est cependant fonction d'une campagne effective dont l'objet est d'éli- miner le Simulium damnosum, vecteur de l'onchocercose. Des programmes pilotes, en particulier celui qui a été financé ces dernières années par le FED dans - 34 - une région couvrant la partie sud-ouest de la Haute Volta et les régions avoisinantes du Mali et de la Côte d'Ivoire on prouvé que lion peut lutter efficacement contre ce vecteur en aspergeant d'insecticides les lieux où il.se reproduit. L'OMS doit envoyer, au début de 1971, une mission d'étude qui restera sur place un an environ et qui, espère-t-on, conduira à la formulation d'un programme efficace de lutte contre l'onchocercose dans une zone couvrant certaines régions du Niger, du Mali, de la C8te d'Ivoire, de la Haute Volta, du Ghana, du Togo et du Dahomey. Une partie essentielle du programme devrait être la mise en valeur et le repeuplement des vallées d'où la mouche aura été éliminée, en particulier, pour la Haute Volta, de celles des Volta Rouge et Blanche. Des deux, la vallée de la Volta Blanche est la plus intéressante car ses terres sont plus riches -- quelque 160.000 hectares de bonnes terres et 300.000 d'assez bonnes -- et il y a aux alen- tours Inmédiats de la vallée des zones très peuplées où vivent des tribus Bissa et Mossi qui très probablement profiteront des possibilités d'implan- tation. C'est pourquoi il est important d'entreprendre rapidement une étude de pré-investissement en vue de déterminer la meilleure façon de mettre en valeur cette vallée et son coût. La portée et la nature de cette étude sont exposées en détail dans l'Annexe 5 du volume II. Pour éviter que son coût ne soit excessif, le repeuplement devrait s'effectuer aussi spontanément que possible, les autorités se chargeant uniquement de fournir l'encadrement et l'infrastructure indispensables à la bonne exploitation des ressources de la vallée. Développement régional 70. Un des principaux objectifs de développement doit bien sûr être l'accroissement accéléré de la production et du nombre des emplois dans les régions déjà occupées. Les volumes II, III et IV du présent rapport contiennent des propositions détaillées relatives au développement des secteurs de l'agriculture et de l'élevage et du secteur connexe de l'édu- cation et de la formation rurale. 71. On a déjà dit que les Offices Régionaux de Développement (ORD), lar- gement financés par l'aide extérieure et dirigés, à une exception près, par des sociétés étrangères, ont fourni la structure au développement des régions rurales. A ce jour, sept ORD _/ fonctionnent . Ce sont ci-dessous avec le nom de l'organisme ou de l'entreprise responsable et la principale source de financement: 1/ Les limites des ORD existants et projetés sont indiquées sur une carte au début de ce volume. - L'ORD de la Volta Noire (Dedougou): organisme - CFDT financement - FAC - L'ORD de Ouagadougou: organisme - auparavant la SATEC 1/ mais actuellement l'Etat voltaique financement - FAC - L'ORD de Koudougou: organisme - SATEC financement - FAC - L'ORD de Kaya: organisme - CFDT financement - FAC - L'ORD de Banfora: organisme - SOTESA g/ financement - FED - L'ORD de Yatenga: organisme - BDPA 3/ financement - FED - L'ORD de Gaoua: organisme - CIDR L/ financement - budget voltaïque L'Annexe 3 du volume II donne les renseignements dont on dispose sur les progrès réalisés dans ces ORD en matière de production et de commerciali- sation. Ces renseignements sont quelque peu insuffisants. 72. Ces ORD ont fait un travail très utile mais il leur faut encore combler progressivement un certain nombre de lacunes: (i) Organisation et encadrement. La planification, le contrôle et l'évaluation des programmes des ORD qui sont effectués à l'échelon du Gouvernement central par la Direction du Développement rural du Ministère de l'Agriculture et des Industries ànimales sont in- suffisants. Il y a un manque de coordination entre les directeurs des ORD et les agents des divers services nationaux. Le personnel des ORD est généralement mal distribué, le nombre de travailleurs des services de vulgarisation agricole étant trop faible par rappoit au personnel de direction. On ne s'est pas assez intéressé au re- crutement et à la formation de personnel voltaÏque exerçant les mêmes fonctions que le personnel étranger. Seuls le BDPA et la CIDR Société d'Assistance Technique et de Crédit Social d'Outremer. 2 Société d'Assistance Technique pour le Développement Agricole. j/ Bureau pour le Développement de la Production Agricole. h/ Compagnie Internationale de Développement Rural. - 36 - emploient des homologues voltaïques à leurs agents de tous niveaux. Il est probable que les services de vulgarisation resteront exage- rement onéreux tant que les efforts déployés pour remplacer le personnel étranger n'auront pas été accélérés. Enfin, le personnel de vulgarisation qui s'occupe des exploitations agricoles ne possède souvent pas assez de connaissances agricoles pratiques. L'expérience montre que la formation "sur le tas" de ce personnel donne de meil- leurs résultats que l'éducation agricole officielle. (ii) Champ d'activités. Les ORD n'ont jamais réalisé leur objectif initial qui était de jouer le rôle d'organismes de développement rural intégré. Ils se consacrent presque uniquement a assurer les services de vulgarisation agricole, le crédit connexe et la com- mercialisation. A une ou deux exceptions près, les autorités ne se sont pas ou presque pas occupées de l'élevage alors que ce secteur revêt une énorme importance pour l'économie du pays; la plus grande partie du cheptel bovin et des petits ruminants se trouve dans les ORD existants. Les unités de culture attelée sont trop peu utilisées, en partie à cause de la pénurie de ma- tériel et du manque de formation des hommes et de dressage des animaux. En général, peu d'efforts ont été tentés pour diversifier la production. Certains problèmes d'infrastructure, comme celui de l'amélioration des routes, des pistes et des ponts, ont été fortement négligés. Les efforts déployés pour améliorer les conditions sanitaires rurales actuelles qui ont une incidence défavorable sur la production, ont été insuffisants. Quelques projets de développement de puits de villages ont toutefois joué un rôle utile. (iii) Participation des agriculteurs. En général on attache trop d'im- portance a orienter les agriculteurs et pas assez à leur parti- cipation directe au processus de développement. Il faut s'effor- cer davantage de former des agriculteurs autonomes capables de gérer leurs propres affaires et de participer à des actions collectives comme l'approvisionnement de marchandises et la com- mercialisation des produits agricoles. La CIDR a pratiquement été le seul organisme à faire un sérieux effort dans ce domaine. Elle utilise pour ses travaux de vulgarisation à temps partiel des agri culteurs locaux qui doivent démontrer sur leurs propres terres les méthodes agricoles modernes et sont censés occuper dans leurs communautés une position leur permettant d'exercer un rôle d'en- trainement. Dans le cadre des travaux de vulgarisation il faudrait davantage insister sur ce que les Français appellent "animation", c'est-à-dire des activités axées plus directement sur la création d'un désir de progrès et visant à faire prendre conscience à la population des possibilités d'amélioration. Ce sont des "animateurs" qui conviennent le mieux à ce genre d'activités, choisis parmi les habitants de la communauté locale et qui reçoivent une formation - 37 - "sur le tas", complétée par de bréves séances d'instruction, de nature plus formelle. Dans le volume IV, nous proposons d'envisager la création d'un groupe d'animateurs qui travaillerait en parallèle au service de vulgari ation agricole, techniquement mieux orienté et mieux formé que le premier et oui le soutiendrait. Ce groupe pourrait être progressivement dissout après une période de dix ans lorsque les agriculteurs seront plus disposés à accepter des innovations qu'ils ne le sont aujourd'hui. Le volume III attire éga- lement l'attention sm le besoin de l'implantation d'un service pas- toral dans l'ORD du Sahel. Diversification des p ogrammes des ORD 73. La diversification de la production est entravée par de sérieuses contraintes écologiques. Le ccton est la principale culture de rente à laquelle se prêtent de vastes 2ones de la Haute Volta. Il sera sans doute nécessaire de continuer à insiEter sur l'accroissement de la production de cette culture, non seulement parce que les agriculteurs la trouvent de plus en plus intéressante, maiE aussi parce qu'elle engendrera les recettes qui permettront à la vulgarisation agricole de subvenir dans une proportion croissante à ses besoins. Le projet de l'IDA pour l'accroissement de la production de coton dans 1'ORD de la Volta Noire et dans celle de Bobo- Dioulasso, qui vient d'être cré', revêt donc une importance primordiale. Il devrait accroître la produc ton de coton-graine, qui s'est élevée en 1969/70 à 36.250 tonnes pour tcute la Haute Volta, de quelque 24.000 tonnes en augmentant la superficie cultivée et le rendement. Il permettrait de développer les services de vulgarisation nécessaires, d'acheter de l'équi- pement agricole, des insecticides et des engrais, d'augmenter la capacité d'égrenage, d'améliorer certaines routes, etc. Poursuivant les travaux déjà entrepris pour développer La culture du coton, le projet aurait un taux de rendement économique tràs intéressant. Cette culture peut aussi être développée dans d'autres r5gions de la Haute Volta. Le volume Il propose un objectif global poteatiel de 120.000 tonnes de coton graine pour 1980. 74. Il faudra toutefois, e fin de compte, chercher à éviter que le coton ne soit la seule culture sur laquelle compter car à la longue les cours de cette culture enregistreront certainement une baisse sur le marché mondial. C'est p>urquoi les autorités devront s'attacher à accroître le rendement des prin ipales céréales vivrières. L'extension de la superficie consacrée au c ton par cultivateur est non seulement tri- butaire de l'utilisation plus e ficace des unités de culture attelée, mais encore et surtout d'une amélior tion des rendements du mil et du sorgho. On a déjà fait remarquer que le traitement des graines et les effets ré- siduels des applications drengrais sur les champs de coton ont une influence favorable sur le rendement des ,éréales vivrières. Cependant, il est éga- lement important, comme nous 1'ndiquons dans le volume II, de travailler à multiplier et propager certaines variétés importées de sorgho à rendement supérieur déjà expérimentées à a station agricole de Saria. S'ils étaient - 3o - couronnés de succès, de tels efforts pourraient étendre la superficie consacrée aux cultures de rente et peut-être même engendrer un excédent de sorgho qui servirait d'aliment complémentaire pour le bétail. 75. La production de riz et, dans une moindre mesure de cultures maraÎchères, peut être développée. Pour ces dernières, l'importance du marché national et de celui des pays voisins constitue une sérieuse limi- tation. En revanche, les perspectives du paddy, dont la production avoi- sine 35.000 tonnes sans doute, sont plus prometteuse s:près de 7.000 tonnes (en termes de paddy) sont importees et la consommation augmente assez ra- pidement. Il devrait être possible de doubler la production pendant les années soixante-dix. Le Gouvernement chinois (Taiwan) a fourni l'assis- tance technique et une certaine aide financière à de petits projets agri- coles et dirige un projet quelque peu plus important à Kou, près de Bobo- Dioulasso. Bien qu'onéreux, ces projets ont fourni, grâce à des méthodes de culture intensives, des rendements très élevés. Ils illustrent les possibilités d'accroissement des rendements encore qu'il reste à savoir s'ils pourront être maintenus après le départ des experts chinois. Il y a un nombre relativement élevé de bonnes terres basses dispersées de su- perficie généralement limitée ainsi que des zones situées en dessous des barrages existants qui peuvent être exploitées pour la riziculture. La mission pense que maints petits projets d'irrigation peuvent être lancés pour la culture du riz et d'autres céréales et qu'ils ne devraient pas en- traÎner des coûts élevés à condition que l'on ne recherche pas la perfection du système d'irrigation et que les agriculteurs participent aux travaux nécessaires. 76. Un projet concernant l'établissement d'une plantatiôn de canne à sucre et d'une raffinerie de sucre près de Banfora dans le sud-ouest a fait l'objet d'une étude approfondie. Il produirait d'abord 15.000 tonnes de sucre, et peut-être plus tard 20.000, puis 25.000 et 30.000 tonnes successi- vement. Une partie de la production serait commercialisée dans la partie nord de la Côte d'Ivoire. Certaines expériences ont montré que d'excellents rendements peuvent être obtenus en recourant à l'irrigation. On prévoit de planter 1.500 hectares en 1971 et un nombre identique en 1972. Le projet définitif n'est pas encore prêt mais certains indices laissent entendre que le sucre pourrait être fabriqué et vendu à un prix inférieur au prix de revient du sucre actuellement importé aux termes de l'Accord sur le sucre de l'OCA1. Cependant, les plans actuels selon lesquels l'Etat four- nirait gratuitement l'eau d'irrigation aux confins de la plantation sont difficilement justifiables. 77. L'une des façons les plus utiles de diversifier et d'accroître la production des exploitations voltalques existantes est de combiner progressivement l'élevage du bétail et les cultures, ce qui sera, il faut l'avouer, un processus à la fois long et difficile. Les agriculteurs ne sont pas habitués à garder leur bétail; ils le confient en effet à des pas- teurs traditionnels comme les Peuls (Fulani). Même l'utilisation d'unités - 39 - de culture attelée n'a fait que de lents progréès; en 1969, il n'y avait que 14.000 animaux de trait dont 8.000 ânes. Ceux-ci ont une force de traction limitée et ne rendent que peu de services sauf lorsqu'il s'agit de travailler des terres extrêmement meubles ou de tirer des charrettes. Les méthodes suivies pour dresser les animaux et former les hommes à mani- puler les unités de culture attelée sont si mal appropriées que les avan- tages offerts par les animaux de trait donnent rarement des résultats. Les animaux de trait ne reçoivent que peu ou pas de soins, pas plus que d'ali- ments supplémentaires. Le matériel est souvent mal adapté aux besoins et mal entretenu. Le volume IV du présent rapport indique qu'il y a des mé- thodes de formation efficaces susceptibles d'être appliquées et donne une description détaillée d'un programme de formation à la fois intéressant et important, pour les artisans ruraux, actuellement exécuté à Ouagadougou sous les auspices de l'OIT. En outre, il propose d'envisager la création d'un centre d'essai et de mise au point de divers types de matériel de culture attelée et d'outils pour améliorer les machines et instruments ru- dimentaires avec lesquels les agriculteurs voltalques doivent travailler. Dans l'avenir, les ORD devraient certainement s'intéresser de plus près à la formation des hommes et au dressage des bêtes pour l'utilisation du maté- riel, et à l'implantation d'artisans, indispensables à l'entretien du ma- tériel, ainsi qu'au soin correct et à l'alimentation appropriée du bétail. 78. Toutefois, l'intégration de l'élevage dans les exploitations agri- coles ne doit pas avoir pour seul objet de fournir aux agriculteurs des animaux de trait. Comme nous l'indiquons au volume III, les agriculteurs devraient peu à peu s'habituer à garder une ou deux bêtes pour l'embouche. Il leur faudrait acheter de jeunes bêtes, les dresser, les utiliser pour la culture attelée puis les engraisser pour l'abattage. Cela amènera les agriculteurs à cultiver et à récolter du fourrage (Stylosanthes gracilis ou Bracharia raziziensis), à acheter certains concentrés nutritifs (unique- ment pour le bétail à l'embouche) et peut-être même à employer l'excédent de sorgho pour nourrir les bestiaux si l'introduction de sorgho à rendement supérieur donne de bons résultats. Il sera nécessaire d'apporter quelques modifications à l'utilisation des terres de façon à délimiter à l'échelle des villages les zones homogènes consacrées aux céréales d'une part, au pacage et à la culture des céréales fourragères d'autre part. De plus, il faudra rassembler tout le bétail de chaque village en troupeau. Tout cela ne sera pas facile, il s'en faut. Cependant, il est possible d'enta- mer la réalisation de ce programme en lançant quelques projets pilotes à l'échelle des villages dans chaque ORD, particulièrement celle de la Volta Noire. Elargissement du champ d'activités des ORD 79. Les ORD ont été conçus à l'origine comme des instruments destinés à promouvoir .le développement rural intégré, principe qu'il s'agit de mettre progressivement à exécution. A cet effet, il faudra étendre leurs activités non seulement à une gamme plus vaste de cultures et des mesures d'amélioration de l'élevage, mais aussi des mesures dans des secteurs complémentaires comme l'infrastructure d'accueil et des transports. Il est important que cela se fasse d'une façon qui amene les populations rurales à participer au- tant que possible à leur propre développement. C'est le sentiment de la mission qu'il y a, au sein des ORD existants, un grand nombre de petits projets susceptibles de contribuer directement ou indirectement à la pro- duction, parfaitement à même de susciter l'intérêt de la population lo- cale, et qui ne peuvent être exécutés faute d'assistance et de fonds né- cessaires. Au nombre de ces projets figurent (1) de petits projets d'irri- gation, (2) des projets pilotes, à l'échelle des villages, pour l'inté- gration de l'élevage dans l'agriculture, (3) la construction de puits de village, particulièrement dans les régions où les eaux polluées sont à l'origine des infections parasitaires affaiblissantes comme le ver de Guinée dans le sud-ouest, (4) la construction et la réparation de ponceaux et de courtes pistes pour faciliter la commercialisation, (5) la création d'até- liers d'rrtisanat et ainsi que de centres de dressage pour animaux de trait, et (6) la construction de petits entrepôts et centres d'approvision- nement. 80. Ressources budgétaires ou d'assistance étrangère sont rarement disponibles pour le financement des petits projets de ce genre qui pour- raient au total pourtant contribuer de façon considérable à élargir les programmes des ORD et à les rendre plus efficaces. En outre, dans la préparation des budgets annuels ou des plans pluriannuels il est difficile de prévoir les besoins afférents à de tels projets. La mission estime que le meilleur moyen d'en assurer le financement serait de confier à cette fin un fonds spécial à la Banque Nationale de Développement. La BND est une institution autonome, convenablement gérée, à laquelle la Caisse Centrale de Coopération Economique française fournit une certaine aide en capitaux et experts. Elle serait mieux à même qu'un organisme étatique ordinaire d'appliquer des critères économiques objectifs pour évaluer les projets proposés aux fins de financement éventuel. Le fonds consacré au financement de ces projets devrait être complètement inde- pendant des fonds propres de la BND et géré par celle-ci en qualité d'administrateur. 81. Selon les vues de la mission, le fonds servirait uniquement à financer des projets soumis par l'intermédiaire des directeurs des ORD. Aucun projet ne serait financé sans que la population locale y soit as- sociée, ce qui signifie que celle-ci doit contribuer à sa réalisation en y apportant des fonds, de la main-d8oeuvre ou des matériaux. Les fonds de financement seraient mis à la disposition des collectivités rurales lo- cales, de groupes de villages ou d8autres groupes de bénéficiaires. Les conditions du financement devraient être souples, adaptées au type de projet et à la solvabilité des bénéficiaires. Dons et prêts pourraient être en proportion variable. La part de prêt pourrait être élevée si, comme dans le cas de petits projets d'irrigation, les bénofiGiai4 p?o- fitent d'un accroissement direct de la production. Par contre, le financement de projets pilotes comportant de gros risques et effectués à titre expérimental, ou de travaux de réfection de routes et de ponts, pour- rait se faire en grande partie ou complètement sous forme de dons. $2. Pour mettre en application cette proposition, il faudrait quelque peu renforcer le personnel de la BND et surtout demander la collaboration étroite des divers services nationaux intéressés pour s'assurer que les propositions de projet sont bien élaborées et que leur exécution est con- trôlée. Le tout devrait être conçu comme un projet pilote. Il ne faut donc au départ prévoir qu'un fonds de faible montant, étant entendu qu'il sera augmenté si l'expérience le justifie. Les procédures et méthodes de gestion devront naturellement être revues à divers moments, à la lumière de l'expérience acquise. Amélioration du secteur élevage 83. L'état du cheptel voltalque est très préoccupant. Le taux crois- sant des maladies, le pâturage excessif de certaines terres de parcours, les faibles taux de production et le médiocre rendement des troupeaux en général illustrent cette situation. Il ressort des données présentées au volume III qutà moins que la Haute Volta ne réussisse, non seulement à arrêter la dégradation de la situation, mais encore à renverser la tendance actuelle, elle cessera vraisemblablement d'être exportatrice net de bétail. En dehors du bétail étranger en transit, les exportations nettes de la Haute Volta entre 1966 et 1969 n'ont probablement pas dépassé en moyenne 58.o)CO , bovins et 190.000 ovins et caprins, compte tenu des bêtes impor- tées et incorporées au cheptel. 8h. Voici quelles devraient être les caractéristique principales de tout programme d'élevage: (i) Création d'un ORD spécial d'élevage dans la région septentrionale du pays (ORD du Sahel). Cet ORD comprendrait le nord sahélien, con- sacré presque entièrement à l'élevage, et qui compte 15 pour cent des bovins et 39 pour cent des ovins et des caprins. Le véritable objec- tif à long terme serait de faire au premier chef de cett3 région une zone de reproduction d'où les taurillons ou les jeunes boeufs seraient envolées vers le sud pour ;r être engraissés. Cependant les objec- tifs plus immédiats seraient (1) d'augmenter et de protéger l'ap- provisionnement en eau non polluf du bétail, (2) d'aménager des points d'abreuvage pour permettre une rotation régulière des pâ- turages, (3) d'organiser les propriétaires de bétail pour permettre dans la mesure du possible une utilisation collective des terres de parcours et de la commercialisation, (h) de faciliter la lutte contre les épizooties, (5) de diffuser les races améliorées du Niger comme le boeuf Azawack et la chèvre de Maradi, déjà intro- duites, et (6) de pourvoir des services de vulgarisation pour l'amélioration du cheptel. Dans l'optique de la création de cet OD, la SEDES et SCET/Coopération, ensuite à une étude générale sur le cheptel par cette dernière, ont entamé une étude de justi- fication préliminaire financée par le EC. Une étude agrostolo- gique de la région a déjà été achevée et une nouvelle nappe acqui- f3re., récemment découverte dans la vallée de la Beli., a été sondée. - 42 - (ii) Campagne de lutte contre les épizooties. Des mesures de lutte contre une épizootie bien déterminée telle la péripneumonie bovine qui se répand de plus en plus ne serait probablement pas suffisam- rient justifiées. Par contre, une campagne bien préparée et plus complète ayant pour objet d'arrêter la recrudescence de la peste bovine, de traiter les effets croissants de la péripneumonie et d'autres maladies, et de soignerles jeunes animaux contre les parasites internes et externes présenterait plus d'avantages pour les dé- penses engagées. Des calculs préliminaires et quelque peu hypothé- tiques, il faut l'admettre, qui sont présentés dans le volume III, il ressort que le coût de cette campagne à buts multiples serait de loin inférieur aux avantages estimés en termes d'accroissement de production et du poids des animaux. Il serait bon de profiter des séances de vaccination et de soins réservés aux animaux pour donner aux éleveurs des conseils en matière de zootechnie et leur distribuer des sacs d'aliments et des pains de sel. Le centre de Markoye au nord en a déjà distribué une petite quantité et les eleveurs ont favorablement accueilli cette initiative. Toutefois, il faut faire observer que la possibilité d'une campagne globale de lutte contre les maladies dépend d'une action coordonnée décidée en commun par le Mali et le Niger, ce qui pourrait se faire dans le cadre des mesures de développement d'un marché commun du bétail et de la viande prises en février 1970 à la Conférence de Niamey et qui comprend les pays de l'Entente, le Mali et le Ghana. (iii) Embouche. En principe, le bétail pourrait être engraissé dans des ranches ou dans des pâturages en dehors des exploitations agri- coles individuelles. L'étude d'un projet de ranch commercial près de Oursi dans le nord a prouvé que l'implantation de ranches com- merciaux dans cette région serait difficilement réalisable. On ne pourrait en effet trouver suffisamment de terres, à moins de déplacer un grand nombre de pasteurs traditionnels. Une mission allemande a étudié la possibilité d'implanter un ranch d'embouche des zébus dans la région de Banfora au sud-ouest, mais, bien que les résultats ne soient pas encore connus, on peut se demander si la fréquence des cas de trypanosomiase et de "heart water" et le danger de l'accrue de la brousse permettront de réaliser ce projet. L'implan- tation d'un ranch mixte reservé à la reproduction et à l'embouche du bétail Baoulé et 1Méré, connu pour sa résistance à la trypanosomiase, peut se révéler plus prometteuse. La possibilité d'accroître les paturages d'embouche près de Banfora et de Bobo-Dioulasso doit être soigneusement étudiée. L'expérience effectuée par l'IEMVT 1/ au Sénégal, en Côte d'Ivoire et à Madagascar incite à envisager ces opérations, bien que leur rentabilité doive encore être attenti- vement examinée. Les sous-produits nécessaires à la fabrication Institut d'Elevage et de Médecine Vétérinaire des Pays Tropicaux. - 43 - d'aliments du bétail sont disponibles en relativement grande quantité: tourteaux d'arachide et de coton, graine de coton, son et autres résidus de minoterie, d-èches de brasserie, et, si le projet sucrier de la région de Banfora est exécuté, chutes de cannes à sucre et mélasse. L'eau dont serait approvisionnée la plantation de canne à sucre de Banfora pourrait aussi être em- ployée à la culture du fourrage irrigué, utilisé en "feed-lot". L'IIEVT a entrepris en 1970 une étude de l'approvisionnement, du coût et de la valeur nutritive de tous ces produits. Cette étude est la première étape d'une enquête sur les avantages offerts par la création d'une usine de fabrication d'aliments du bétail, Entre-temps, il faudrait procéder à des essais en vue d'expéri- menter la possibilité d'un engraissement intensif des animaux à la station d'élevage de Banankélédaga et à la station expérimen- tale de 1'IRAT à Farako Bâ, sous la supervision et orientation de l'IEMVT. (iv) Commercialisation. Des routes du bétail, bien equipées et bien délimitées, complétées par des pacages aux points d'arrivée, doivent être mises au point pour réduire les pertes de bétail et de garantir leur bon état lorsqu'ils arrivent aux abattoirs d'Ouaga- dougou et de Bobo-Dioulasso ou aux points d'exportation par rail ou par camion. La SCET/Coopération a préparé deux projets de routes du bétail dans l'est. Ils seront financés par le FAC et devraient servir d'expérience utile pour l'aménagement et l'exploitation d'autres itinéraires. Certains indices préliminaires montrent que les commerçants de bestiaux sont probablement disposés à payer les services fournis le long de ces routes. Entre temps, il faudrait sans tarder mettre au point des itinéraires qui traverseraient le centre et l'ouest du pays. Il faudra aussi prendre des mesures pour améliorer l'abattage de brousse ainsi que la préparation et la collecte des cuirs et peaux pour les vendre sur le marché. (v) Coordination et gestion. Un programme détaillé d'élevage néces- sitera la coordination des activités d'un certain nombre de ser- vices de l'Etat, notamment la Direction du développement rural, le Service des industries animales et du bétail, et celui des ressources hydrauliques et de l'équipement rural. La gestion de l'ORD du Sahel, des routes et des abattoirs du bétail pourrait être confiée à une société autonome. Pour en garantir une coor- dination efficace, nous proposons dans le volume III d'établir un Conseil supérieur de l'élevage. Education et formation rurales 85. Le volume IV présente un certain nombre de propositions en matière d'éducation et de formation professionnelle. Ce volume étant entièrement consacré à ces domaines, on n'exposera ici que quelques-unes des conclusions et recommandations les plus importantes ayant trait au développement rural et qui n'ont pas encore été mentionnées. Un pays aussi pauvre que la Haute Volta et oui consacre déjà 15 pour cent de son budget ordinaire à l'édu- cation, pour un taux de scolarisation relativement faible, ne peut se permettre d'étendre rapidement son système d'enseignement proprement dit. Il faudra d'abord mettre l'accent sur les divers types d'enseignement qui conviennent aux besoins ruraux et sur l'éducation des adultes qui pourrait être assurée par des services bien organisés et bien encadrés de vulgari- sation agricole. 86. Dans les zones rurales, l'Etat s'est en effet attaché à accroÎtre le nombre des inscriptions dans les centres d'éducation rurale spécialement conçus plutôt que dans les écoles primaires ordinaires. La conception de ces centres semble excellente. Ils ont en effet pour but de fournir un cours de trois ans pendant lesquels garçons et filles de 14 à 17 ans reçoivent une formation pratique et théorique leur permettant de mieux s'intégrer dans la vie rurale. Dans la pratique, cependant, ces centres n'ont pas répondu aux espoirs qu'on avait placé en eux. De fortes pres- sions ont été exercées pour abaisser l'âge d'inscription et pour rendre ces centres plus semblables aux écoles primaires ordinaires. La plupart des jeunes gens qui quittent les centres ne vont pas travailler dans leur ferme ou dans celle de leur famille; ils deviennent des travailleurs émi- grés, à l'étranger. Ceci est dû en partie au fait que les "diplômés" sont trop jeunes pour avoir leur propre ferme. Plusieurs projets tendant à prolonger leur formation n'ont pas eu davantage de succès. La principale difficulté qu'affrontent les centres réside dans la médiocre qualité de la formation et de l'enseignement donnés. La formation pratique (programme et orientation), la préparation et le contrôle du corps enseignant, les méthodes d'enseignement, le matériel et la taille des exploitations agri- coles des centres, ainsi que la coordination entre services de vulgarisa- tion et centres souffrent de nombreuses lacunes. Le volume IV présente un certain nombre de recommandations destinées à corriger ces insuffisances dans l'espoir que les diplômés trouveront un emploi utile si leur formation est vraiment adéquate et pratique. Il propose également d'introduire des méthodes d'enseignement accéléré de la langue française ou d'enseignement dans les principales langues vernaculaires. De plus, il insiste sur l'im- portance que revêt l'accroissement des possibilités ouvertes tant aux en- seignants qu'aux diplômés de ces centres. 87. Il y a en Haute Volta maintes institutions et organisations qui s'occupent de donner divers types de formation. Leur amélioration, leur coordination et leur contrôle est un problème qu'il y a lieu de résoudre rapidement. Le volume IV propose d'étudier très sérieusement la création d'un Institut National Voltalque pour la Formation Professionnelle. Cet institut pourrait être chargé, en collaboration avec des organisations exis- tantes, de perfectionner les méthodes de formation sur les exploitations agricoles, dans les ateliers et les fabriques, et au sein des services de vulgarisation. Il pourrait déterminer de manière précise les besoins réels de formation dans divers secteurs de l'économie, la durée et les méthodes de formation, et compléter de manière convenable le travail déjà effectué dans ce domaine. - 45 - L'aide étrangère et ses conditions 88. Compte tenu de toutes les contraintes et toutes les difficultés qu'affronte la Haute Volta, il ne fait aucun doute que les progrès seront lents. Toutefois, les assises d'une croissance un peu plus rapide dans l'avenir ont déjà été posées. En raison des incertitudes qui pCsent sur l'influence des dépenses passées et futures en matière de développement et sur l'accueil que la population réserve aux changements proposés, il est difficile de prévoir le futur taux d'expansion. On peut se risquer à avancer que dans les années à venir imédiates il sera de 4 pour cent environ, et légèrement supérieur pour le secteur moderne de l'économie. 89. Ces dernières années,la Haute Volta a reçu sous forme d'aide étrangère, notamment d'assistance technique, un montant équivalent à 20 millions de dollars environ par an. L'importance de l'aide future dépendra surtout de l'accélération donnée à la préparation des projets. Certes, un travail considérable a déjà été fait dans ce domaine mais il reste beau- coup à faire. Il est probable que le besoin de financement extérieur aug- mentera progressivement. Selon l'expert de la mission, le secteur de l'é- levage à lui seul nécessitera des ressources supplémentaires de l'ordre de 35 millions de dollars pendant les années soixante-dix. Il devrait donc y avoir pour le groupe de la Banque des possibilités de financement qui compléteraient l'aide que n'ont cessé d'accorder le FED et le FAC. Il sera néanmoins nécessaire que tous les organismes intéressés, à savoir le Gouvernement voltaïque, le FED, le FAC, le PNUD et le groupe de la Banque, coordonnent leurs actions en matière de préparation et de financement des projets. Le présent rapport a proposé un certain nombre d'études allant d'étude démographique et des mouvements migratoires à une enquête agricole par sondage. Elles sont en effet, toutes, indispensables à une bonne pla- nification et aux études de justification de projets déterminés. Il est extrêmement important qu'elles fassent l'objet d'une décision rapide. 90. En contribuant au développement économique de la Haute Volta, les institutions d'aide étrangère devraient également tenir compte des considérations suivantes: (i) Les taux de rendement ne seront probablement pas très élevés, mais il sera possible de trouver parfois des projets à rendement élevé. Citons par exemple le projet cotonnier soumis à l'IDA pour finan- cement. Il a été précédé d'importantes activités de développement qui ont créé des conditions où l'accroissement supplémentaire mar- ginal des moyens provoque une forte expansion nette de la produc- tion. Toutefois, compte tenu de la pauvreté générale du pays et des considérables efforts à déployer pour amener la population à accepter les innovations inhérentes au développement, il est évident que les rendements marginaux des dépenses de développement seront faibles particulièrement si leurs avantages totaux,et leur échelonnement dans le temps, sont évalués de façon réaliste. Il est malaisé - 46 - d'estimer avec précision ce que serait le taux du rendement marginal car il dépend naturellement largement du montant des ressources affectées au développement. On peut toutefois avancer qu'il sera nettement inférieur à 10 pour cent. (ii) L'Etat ne peut contribuer gue modestement aux dAnenses de dévelnp- pement. Certes, les données contenues dans ce rapport montrent qu'une "épargne" budgétaire moyenne de 1 milliard de FCFA a été réalisée de 1967 à 1969. Cette épargne a cependant été en partie réalisée au détriment de dépenses de fonctionnement et d'entretien essentielles; et il serait probablement irréaliste de s'attendre à ce qu'elle puisse être maintenue. (iii) En finançant ces dépenses de développement, il faut prévoir la couverture des coûts de fonctionnement courants en même temps que des dépenses dtinvestissement proprement dites. Le développement rural en particulier entraîne d'appréciables dépenses courantes en personnel qui ne peuvent pas être toutes prises en charge par le budget. (iv) De même, les organismes d'aide étrangère doivent-ils prévoir le financement d'une partie des coûts locaux. La part en devises nécessaires aux programmes de développement sera sans aucun doute assez faible et l'élément de coût local dépassera presque invaria- blement la part qu'on peutlégitimement demander au Gouvernement voltalque d'assumer. (v) Presque toute l'aide devra être accordée sous forme de dons, ou assortie de conditions très favorables. La raison n'en est pas uniquement que le service actuel de la dette est spécialement onéreux. En 1969, le montant inscrit au budget à cette fin était équivalent à 7 pour cent environ du total des ressources budgétaires. Des données relatives à la balance des paiements 1968 préparées par la BCEAO, il ressort que le service de la dette extérieure se montait, cette année, à 2,4 pour cent seulement des recettes d'ex- portation. D'après les données communiquées à la BIRD, l'endette- ment extérieur de la Haute Volta s'élevait fin 1969 à un montant équivalant à 23,13 millions de dollars. Les paiements au titre du service de la dette devraient passer de 1,98 millions de dollars en 1970 à 1,50 millions en 1976, année pendant laquelle ils re- présenteront probablement 4,6 pour cent du total des recettes d'ex- portation. En principe, les futures entrées de capitaux bruts pour- raient être suffisamment importantes pour permettre à la Haute Volta de contracter certaines dettes dans des conditions "commerciales" normales. Cependant, plus granC sera la part de l'accroissement de la production et des ressources qutil faudra réserver au service de la dette, plus lent sera le rythme d'expansion du niveau de vie terri- blement bas du peuple voltalque. C'est pourquoi, en dernière analyse, la thèse de l'aide accordée sous forme de dons ou dans des conditions très favorables repose sur la pauvreté du pays et la nécessité d'éle- ver aussi rapidement que possible le faible niveau actuel de revenu. ANNEXE STATISTIQUE LISTE DES TABLEAUX * Tableau I - PRODUIT INTERIEUR BRUT (AU PRIX DU MARCHE) 1966 Tableau II - PRODUCTION INDUSTRIELLE Tableau III - BUDGET NATIONAL - RESSOURCES ET DEPENSES DEFINITIVES 1961-1965 - EXCEDENT E T DEFICIT BUDGETAIRE Tableau IV - DETERMINATION DU DEFICIT REEL (Y COMPRIS LE "NON- COMPTABILISE") Tableau V - BUDGET NATIONAL DE HAUTE VOLTA - RESSOURCES ET DEPENSES DEFINITIVES 1966-1968 ET PREVISIONS BUDGETAIRES 1969 Tableau VI - BUDGET D'ETAT 1966-70 Tableau VII - DEPENSES DU BUDGET NATIONAL - 1966-70 Tableau VIII - BUDGET NATIONAL - COMPOSITION SECTORIELLE DES DEPENSES DEFINITIVES DE 1966 A 1968 ET PREVISIONS BUDGETAiRES 1969 Tableau IX - BUDGET D'ETAT 1966-1969 - RESSOURCES ORDINAIRES - FISCALITE INDIRECTE Tableau X - BUDGETS DES COLLECTIVITES Tableau XI - CAISSE DE PREVOYANCE SOCIALE Tableau XII - EXPORTATIONS RECENSEES 1965 A 1968 Tableau XIII - EXPORTATIONS RECENSEES SUIVANT LA VENTILATION CTCI ET PRINCIPAUX PRODUITS EXPORTES - 1967-SEPTEMBRE 1969 Tableau XIV - IMPORTATIONS RECENSEES 1965 - 1968 Tableau XV - IMPORTATIONS RECENSEES DE HAUTE VOLTA 1964 - 1966 Tableau XVI - IMPORTATIONS RECENSEES SUIVANT LA VENTILATION CTCI ET PRINCIPAUX PRODUITS - 1967-SEPTEMBRE 1969 Tableau XVII - IMPORTATIONS RECENSEES PAR PAYS D'ORIGINE 1965-1968 Tableau XVIII - EXPORTATIONS RECENSEES PAR PAYS DE DESTINATION 1965-1968 Tableau XIX - RESUME DES ESTIMATIONS DE LA BALANCE DES PAIEMENTS 1968 LÜos table:3ux relatifs à l'agriculture, l'élevage et l'éducation sont inclus n l volumes II. III et IV de ce rapport. fableau XX - ENCOURS DE LA DETTE PUBLIQUE EXTERIEURE AU 31 DECEMBRE 1969 - DETTE REMBOURSABLE EN DEVISES ETRANGERES lableau XXI - EVALUATION DES PAIEMENTS AU TITRE DU SERVICE DE LA DETTE PUBLIQUE EXTERIEURE NON-AMORTIE, Y COMPRIS LE MONTANT NON ENCORE DEBOURSE AU 31 DECEMBRE 1969 Tableau XXII - SITUATION MONETAIRE Tableau XXIII - BANQUEý NATIONALE DE DEVELOPP1IENT: CREDIT CLIENT NET EN FIN D'EXERCICE 1965-68 Tableau XXIV - BANQUE NATIONALE DE DEVELOPPEMENT - PRETS ACCORDES AU 30 SEPTEIBRE 1969 Tableau XXV - ORIGINE, DESTINATION ET FINANCEMENT DES PRODUITS DOMESTIQUES Tableau XXVI - OPERATIONS DE DEVELOPPaîENT REALISEES (COMPTE-RENDU D'EXECUTION) EN 1967 ET 1968 PAR ORIGINE DE FINANCEMENT Tableau XXvII - TOTAL DES REALISATIONS PREVUES OU NON AU PLAN - ANNEES 1967 A 196b (PAR SECTEUR) Tableau XXVIII - DEPENSES DE DEVELOPPEMENT - LOCALISATION DES OPERATIONS REALISEES EN 1967 ET 1968 Tableau XXIX - FINANCEMENT DU PLAN 1967-70 - SITUATION AU MOIS D'OCTOBRE 1969 Tableau XXX - AIDE AUX INVESEISSEMENTS (CONVENTIONS DE FINANCEMENT ET AUTORISATIONS DE PROGRAMME) Ïableau XXXI - MIONTANT DE L'AIDE ETRANGERE RECUE DE 1966 A 1968 - REGLEMENTS EFFECTUES Tableau XXXII - PROJETS FINANCES PAR LE FED A LA FIN DE 1969 TABLEAU I HAUTE VOLTA: PRODUIT INTERIEUR BRUT (AU PRIX DU MARCHE) 1966 (en milliards de FCFA et pourcentage) A. Origin Branche d'activité Valeur 1. Agriculture, Sylviculture,Elevage, Pêche 28.360 48,7 2. Industries extractives 0.188 0,3 3. Industries mn?iufacturières 3.161 5,4 h. Constructions et travaux publics 2.332 4,0 5. Electricité et eau 1.305 2,2 6. Transports 1.922 3,3 7. Commerce 11.726 20,1 8. Propriété des maisons d'habitation 3.476 6,0 9. Administrations h.807 8,3 10. Autres services 0.942 1,6 Total 58.220 100 B. Utilisation Cons3mmation privée h8.851 83,9 Auto consommation 20.268 34,8 Autre 23.583 49,1 Consommation publique 5.985 10,3 Administration civile 5.010 8,6 Défense 0.976 1,7 Formation brute, Capital fixe 7.041 12,1 Construction et travaux 4.243 7,3 Equipement 2.799 h,8 Accroissement des stocks 1.530 2,6 Total des dépenses intérieures à l'Economie 63.403 - Exportations (y compris non contr8lées) 6.721 11,5 Moins importations (id) -11.909 -20,h Total des dépenses imputées au Produit intérieur brut 58.220 100,0 Paiement net à la nation de revenus 2.137 3,8 de facteurs en provenance du reste du monde Source: Comptes Economiques de Haute Volta, 1965-1966. TABLEAU II HAUTE VOLTA; PRODUCTION INDUSTRIELLE Désignation Unité 1966 1967 1968 1969 Boissons Boissons gazeuses 000 hecto. 19,1 17,0 17,8 16,6 Bière " 35,9 hO,3 h5,3 44,2 Matières grasses Huile Arachides brute tonnes 1,137 905 5h6 606 Huile Arachides raffinée 1,10h 759 559 607 Tourteaux Arachides 1343 1.055 851 750 Beurre de karité "88 747 868 U98 Valeur ventes million FCAF - - 150,2 105,2 Literie dont Lits en 1à0 000 3,5 1,9 3,5 ,1 ou en 80 et 90 000 1,6 1,1 1,9 2,1 Valeur vente million FCAF 25,5 13,0 23,3 26,h Tles ondulées galvanisées dont t5les de 5,2; 5,6; 6,h kg 000 115,3 195,2 153,4 251,6 l/ Valeur vente million FCAF 68,5 103,6 96,5 122,8 i/ Industries manufacturières dont chambre a air 000 (784) 950,8 512,5 520,1 Valeur vente million FCAF (90) 93,1 91,3 Industries mécaniques Valeur vente million FCAF 230,7 2h4,0 323,1 238,8 2/ Industrie textile Vente vêtement conf. millio'n FCAF 34,3 20,5 19,3 13,3 3/ Industrie chimique Savon tonne 1,220 1.901 2.350 2.062 Valeur vente million FCAF - - 281,7 159.1 ElectricitC Livraison au réseau 000 kwh 21,169 20.712 21.997 16.888 2/ Eau potable Production 000 cu.m. 3.448 3.151 3.345 2.480 j/ l/ Six mois. 2/ Sept mois. 3/ Huit mois. Source: Direction de la Statistique et de la Mécanographie. TABLEAU III HAUTE VOLTA: BUDGET NATIONAL - RESSOURCES ET DEPENSES DEFINITIVES 1961-1965 EXCEDENT ET DEFICIT BUDGETAIRE (en millions FCFA) (1) (2) (3) (4)=(2)+(3) (5) Ordinaire/de Extra- moins dépense Total Ressources fonctionnement ordinaires Extérieures d'Equipement & Dépenses 1961 Ressources 5.465 293 3.051 3.344 8.809 Dépenses - 6.495 - 1.170 - 7.665 Solde - 1.030 2.17h 1.144 1962 Ressources 5.352 355 500 855 6.207 Dépenses - 7.576 - 793 - 8.369 Solde - 2.224 62 - 2.162 1 963 Ressources 7.286 1.178 1.150 2.328 9.614 Dépenses - 8.115 - 833 - 8.948 Solde - 829 1.495 666 1964 Ressources 7.754 1 422 423 8.177 Dépenses - 8.690 - 631 - 9.321 Solde - 936 - 208 - 1.144 1965 Ressources 7.901 44 671 715 8.615 Dépenses 8.307 - 617 - 8.924 Solde - 407 98 - 309 (1): Budget Ordinaire. (2) et (3): Ressources Extraordinaires - intérieures et étrangères. (4): 1ère ligne: Total (2) + (3) 2ème ligne: Dépenses du Budget Extraordinaire. (5): Total Budgétaire: Recette - Dépenses et Excédent ou Déficit budgétaire. Source: Ministère du Plan et des Travaux Publics et Comptes définitifs du Budget de l'Etat. TABLEAU IV HAUTE VOLTA: DETERMINATION DU DEFICIT REEL (Y COMPRIS LE fNON-COMPTABILISE") (En millions de FCFA) au 31/12/65 non au 31/12/66 non- comptabilisé comptabilisé Total comptabilisé compta- Total I. Dettes à "Court Terme" bilisé 1. Etranger: - avance spéciale Trésor Français 400 - ( 600 - ) - réglement différé à Paierie 330 - ( - - ) - avance spéciale BCEA0D - ( 730 137 -) 802 - contribution pour Assistance Technique non payée - ( - 65) 2. Créanciers Privés - Bon de caisse 60 - ( 67 - ) - réglement différé 462 - ( 624 - ) - factures impayées - 881.1/ ( - 572) - dépenses engagées 42 (1.h5 - 42)1.356 - moratoire fusion Sovolcom -- ( - 50) 1.252 923 2.175 1.458 730 2.158 II. Dettes à "Long Terme" - avance pour paiement pension 450 - ( 450 -) - avoir (Chèques Postaux) 668 - ( 698 -) 2.4h3 - avoir Caisse d'Epargne 478 - (2.372 486 -) - avoir établissement Inter Etats 73 - ( 102 -) - Autres Tiers 702 - ( 707 -) Total 3.624 923 3.872 73o 4.601 III. Disposibilitéa Recettes (après régularisation) - 522 - -2 - -287 IV.Déficit réel 3.102 923 4.025 3.585 730 4..315 1/ Non inclus 167 millions de dettes envers créanciers publics. Source: Ministère du Plan et des Travaux Publics. TABLEAU V BUDGET NATIONAL DE HAUTE VOLTA RESSOURCES ET DEPENSES DEFINITIVES 1966-1968 ET PREVISIONS BUDGETAIRES 1969 (1) (2) (3) (4)-(2)+(3) Total Res- (5) Ordinaire/de fonc- Extraordi- Extérieures moins dépenses sources et tionnement naires d'équipement Dépenses 1966 Ressources 7.429 506 615 1.121 8.550 Dépenses 7.926 784 8.710 Solde -497 337 - 160 1967 Ressources 7.565 262 450 712 8.276 Dépenses 7.008 1.037 8.0h5 Solde 557 - 325 232 1962 Ressources 3.259 97 h50 547 8.806 Dépenses 7.288 1.156 3.hhh Solde 971 - 609 362 1969 (Budget Initial) Ressources 8.926 104 h50 55h 9.h80 Dépenses 8.223 1.257 9.h80 Solde 703 - 703 - (1) Budget ordinaire. (i et (3) Ressources extraordinaires: intérieures et étrangères. (h) 1ère ligne: Total (2) + (3) 2ème ligne: Dépenses du Budget extraordinaire. (5) Total budgétaire: Recettes-Dépenses et Excédent ou déficit budgétaire. Source: Budget de l'Etat et Comptes définitifs du Budget de l'Etat de Haute Volta. TABLEAU VI HAUTE VOLTA: BUDGET D'ETAT 1966-70 (en millions de francs CFA) 1966 12n7 1968 1969 1970 (Prffvieone) (Pr4vigu") I. Ressources 8.550,3 8.276,4 8.806,5 9.480,5 10.206,92 A. Ordinaires 287564,8 8.259,6 8.92,5 9_ 1) d'origine fiscale 6.951,4 6.596,4 7.340,6 8.031,5 8,860,5 directes (2.111,4) (2.095,6) (2.102,4) (2.126,5) (2.213,0) indirectes -(4-692,4) (4.355,8) (5.037,9) (5.753,0) (6.505,5) Timbre, Enregistrement (137,3) (136,0) (193.5) (152,0) (141,0) Divers (10,3) (9,0) (6,8) ( - ) ( ) 2) Autres 477,3 968.4 919,0 895,0 784,4 Domaine de l'Etat (34,6) (33,7) (45,6) (34,4) (39,0) Arriérés et divers (442,7) (934,7) (W3,4) (860,6) (713, 4) B. Extraordinaires 1,121,6 711,6 546,9 554,0 56 0 1) En provenance de l'étranger 615,4 450,0 450,0 450,0 450,0. Aide française (523,4) (450,0) (450,0) (450,0) (450,0) Fonds de solidarité de l'Entente (92,0) (-) (-) (-) (...) 2) Domestiques 506,2 261,6 96,9 104,0 1n.0 Remboursement de pays voisins (8,4) (3,8) (5,6) (4,5) (5,4) Remboursement de Fonds de l'Afrique Occidentale française (179,0) (14,0) (-) (7,0) (7,0) Remboursement de Fonds de Pensions (200,0) (169,3) (-) (-) (..) Remboursement d'emprunts obtenus (5018) (5,2) (1, 4) (22,5) (24, 6) Profits de la BCEAO (68,0) (69,3) (89,9) (70,0) (75,0) II. Dépenses 8.710,0 8,044,8 8.444,2 9,480,5 10,206 9 1) Aortissement et 5572 511,4 481.7 6741 __ intérêt 411,5 340,9 295,6 430,4 452,9 B. pens e sonnel 145,7 170,5 186,1 243,7 257,3 et Matériel-L' 5.964,4 5.440,3 5.744.3 6.358.3 7,078.7 1) Personnel 4.606,3 4.020,0 4.218,2 4.775,7 5.479,0 2) Matériel 1.358,1 1.420,3 1.526,1 1.582,6 1.599,7 C. Transferts 1.404,5 1.056,3 1.,062.4 1.,190,.7 p,6( D. Dépenses d'Equipement 783,9 1.036,8 1.155,8 1.257,4 1.lJ0 III. Excédent ou déficit budgétaire -159,7 231.6 362.3 -- 1/ Y compris reports d'exercice; les donnés ne sont donc pas directement comqprablee à cell, du tabi )u précédent. 2/ Dans l'hypothèse o1ì le montant de l'aide française serait égale à celui de 1967, 1968, 1969, soit 450 millions de FCFA. Sources: République de Haute Volta: Budget de l'Etat et Comptes Définitifs du Budget de l'Etat. TABLE U VII HAUTE VOLTA: DEPENSES DU BUDGET NATIONAL - 1966-70 (en millions de FCFA) Prévisions 1966 1967 1968 Budgétaires 1969 1970 I. Dépenses Ordinaires 7,926 7,008 7,268 8,224 8,853 A. Par type 1. Administration générale 1,735 1.737 1.899 2.039 2.092 Institutions (145) (170) (89) (106) (113) Dépenses Communes (1,444) (1.458) (1.624) (1.689) (1,722) Pensions (146) (170) (186) (244) (257) 2. Affaires Etrangères 329 277 323 393 423 Ministère (150) (89) (105) (128) (138) Autre (179) (188) (218) (265) (285) 3. Défense Nationale et Sécurité 1.845 1.622 1.660 1.894 2. 06 Armée (976) (909) (931) (1,045) (1.182) Intérieur et Sécurité (816) (669) (678) (787) (812) Justice (53) (44) (51) (62) (70) 4. Services Sociaux 801 693 717 819 861 Santé publique (796) (690)' (712) (812) (854) Autre (5) (3) (5) (7) (7) 5. Services Culturels 1.504 1.356 1.341 1.634 1.840 Education et Sport (1,049) (906) (971) (1.152) (1,519) Bourses et Subventions scolaires (455) (450) (370) (482) (321) 6. Economie 1,301 982 1,053 1.015 1. 017 Finance et Commerce (534) jf (364) (390) (435) (361) Plan et Agriculture (456) (383) (483) (576) (632) Travaux Publics (1o1) (73) (-.) 2 (--) (--) 2/ Postes et Télécommunications (210) (162) (180) (4) (4) 7. Dette 411 341 295 430 453 B. Par nature économique 1. Personnel 4.559 3.965 4.219 _3 4.736 5.479 2. Pensions 146 170 186 244 257 3. Matériel 1,004 1.005 1.491 _/ 1.338 1.515 4. Entretien 27 29 35 85 85 5. Subventions, transferts, prêts 1.404 1,056 1.062 1.191 1.064 6. Reports budgétaires 375 442 -- 200 -- 7. Dette (pensions exclues) 411 341 295 430 453 II. Dépenses d'investissements./ 784 1.037 1.156 1.257 1.354 1. Entretien routier ... 151 326 379 418 2. Bâtiments ... 33 102 8 9 3. Equipement ... -- 20 8 5 4. Investissement et études ... 302 204 343 425 5. Participation ... 101 54 69 47 6. Equipement s ressources étrangères 523 450 450 450 450 (prov.) 8.710 .05 8.>4 9.>81 10,207 1/ Y compris: 93 millions de participations. 7/ Depuis 1968 les Travaux Publics dépendent du Ministère du Plan. 3/ Y compris reports. / Y compris sur aide française: 523 millions CFA en 1966 et 450 millions CFA en 1967, 1968, 1969. Voir rubrique 6 des dépenses d'investissement. 5f D'origine française exclusivement. Au jugé des informations qualitatives reçues à -Paris s'apparenterait p:mr partie à des "dépenses ordinaires" (1/2 dépenses ordinaires?) Ju-type: achat de médicaments, vaccins, petit matériel scolaire. Valeur inconnue pour 1970. Source: République de Haute Volta: Comptes définitifs du Budget de leEtat et ajustement FMI. TABLEAU VIII HAUTE VOLTA: BUDGET NATIONAL - COMPG.LTION SECTORIELLE DES DEPENSES DEFINITIVES DE 1966 A 1968 ET PREVISIONS BUDGETAIRES 1969 (en millions de FCFA ou pourcentage) 1966 1967 1968 1969L/ 1966/69 196i/65 Valeur % Valeur % Val-eur % Valeur 7. Valeur % Va-Leur % Administration générale 1.735 19.9 1.737 21,6 1.899 245 2.039 21,5 7.410 21,4 12.516 29,0 Représentations extérieures 329 3,8 277 3,4 323 3,8 393 4,1 1 322 3,8 2 059' 4,8 Défense nationale de sécurité 1.845 21,2 .1.622 20,2 1.660 19,7 1.894 20,0 7.021 20,2 5.720 13.,2 Dépenses sociales et culturelles 2.305 26,5 2,049 25,5 2,,058 24,4 2.453 25,9 8 .865 25,6 11.535 26,7 Dépenses économiques et financières 1.301 14,9 982 12,2 1.053 12,5 1.015 10,7 4.351 12,5 6.419 14,8 Dette 411 4,7 341 4,2 295 3,5 430 445 1,477 4.3 934 2,2 Total Budget de Fonction- nement 7.926 9,10 7,008 87,1 7.288 86,3 8,224 86,7 30.446 87,8 39.183 90,7 Budget d'Equipenent2f 784 9,0 1,037 12,9 1,156 13,7 1.257 13,2 4.234 12,2 4.043 9.3 Budget Général 8.710 100,0 8.045 100,0 8.444 100,0 9,481 100.0 34 680 100,0 43.226 100 0 1/ Y compris la partie financée par l'aide française, pour un montant annuel de 450 millions de FCFA. 7/ Prévisions budgétaires. Source: République de Haute Volta, Comptes définitifs du Budget de l'Etat. TABLEAU IX HAUTE VOLTA: BUDGET D'ETAT 1966-1969 RESSOURCES ORDINAIRES - FISCALITE INDIRECTE/ (en millions de FCFA) Fiscalité indirecte 1966 1967 1968 1969 Droits et taxes à l'importation 1.398 1.h67 1.750 1.850 Taxes de consommation et monopole du tabac 881 820 8h0 1.006 Taxe sur le chiffre d'affaire 2.h06 2.153 2.309 2.719 dont taxe forfaitaire à 1'importation(1.121) (1.000) (1.130) (1.170) dont taxe de sortie ( 87 > (123) (159) (152) Droits fiscaux de sortie h2 31 5h h7 Taxes diverses à l'importation et l'exportation 115 106 123 131 Ajustement pour intérêt et pénali- sation - 150 - 221 - 28 ---- Total h.692 h.356 5.038 5.753 1/Par ailleurs la taxe sur le bétail a rapporté: 115 millions CFA en 1966, - 11h en 1967, 113 en 1968 (fiscalité directe). Source: Ministère des Finances et du Commerce et Direction générale des Douanes, des Contributions Diverses, ajustement FMI. TABLEAU X HAUTL VOLTA: BUDGETS DES COLLECTIVITES (En millions de FCFA et en pourcentage) A. Comptes Définitifs 1966 Govt. urbain Govt. rural Total Valeur Pourcentage Valeur Pourcentage Valeur Pourcentage I¶ Recettes Produits perçus sui rôle 325,6 61,8 621,8 75>7 947,4 N,2 Autres produits 201,2 38,2 200,1 24,3 -401,3 29,8 Total 526,8 100,0 821,9 100,0 1,348,7 100,0 II. Dépenses Administration 75,1 14,5 100,2 13i5 175,3 13,9 generale (41,2) (8,0) (88,9) (12,0) (130,1) (10,3) dont Personnel Entretien domaine 157,4 30,4 143,9 19,4 301,3 23.9 public et prive 40,6 7,9 120,4. 16,2 161,o 12,8 Services sociaux (14,9) (2,9) (35,6) (4,8) (50,5) (4,0) dont Enseignement - 50,2 6,8 50,2 4,0 Services économiquQs 245,0 47,2 188,0 25,4 433,0 34,4 Divers - - 138,9 18,7 _3819 11,0 Travaux neufs Total 518,1 100,0 741,6 100,0 1,259,7 100,0 B. Budgets Prévisionnels des Collectivités Rurales - 1968 (Total avant reversement de 30%. - en millions FCFA, nombre et pourcentage) Moins de De 5 à De 10 à De 15 à 5 moins de 10 moinZ de -20 moins de 20 CFAF 201 nillions millions millions millions millions Total FCFA FCFA FCFA FCFA et plus Nombre de collectivités 4 34 22 15 5 80 2/ Kontant total des Budgets 17,4 265,2 270,6 254,2 129.9 937,3 3/ Pourcentage de valeur totale 1,9 28,3 28,9 27,1 13,9 100 ... suite ThLEAU X - snite C. Budget Prévisionnel des Collectivit's Urbaines: 1968 (on millions de FCFA) Reversement Brut au Budget général Total net Banfora 24,5 7,1 17,h Bobo-Dioulasso 176,3 50,8 125,5 Kaya - - Koudougou 32,8 9,7 23,1 Ouagadougou 330,4 96,7 233,7 Ouahigouya 34,8 10,7 2>4,1 Total 598,8 175,0 423,8 D. Recettes des Collectivités - Exercice 1969 (Situation des Emissions de rôle et liquidation de Taxe au 30 novembre, 1969) I. Collectivités Rurales Total des recettes: 663 0 Imp8ts des collectivités (524,) Patente ( 47,6) II. Collectivités Urbaines Toutes les Collectivités Ouagadougou Total des Recettes 437,1 242 1 a) Impôts 324,7 Impôt forfaitaire sur le revenu (99,5) (46,0) Impôt foncier bâti (82,h) (hh,5) Patente (107,h) (62,3) b) Centimes additionnels 14,8 8,5 c) Taxes Municipales 98,W -9-l dont: propriétés bâties (26) (77) 1/ Communes de Dori, Fada N'Gourmaa, Koujiela, Tankodogo et Ziniare. 7/ Total: 82 collectivités - 2 de montant inconnu. / Après reversement au budget de gouvernement central, 674,1 millions de francs CFA. Source: Ministère du Plan. TABLEAU XI HAUTE VOLTA: CAISSE DE PREVOYANCE SOCIALE (en millions de FCFA) 1962 1963 1964 1965 1966 1967 1968 A. Prestations familiales servies 146,8 172,3 200,2 244,9 263,1 250,5 307,3 dont allocations familiales 112,5 134,0 155,9 191,6 209,2 209,3 210,5 cotisations encaissées 126,8 130,7 128,4 134,7 139,3 133,8 134,1 1961 1963 1964 1965 1966 1967 1968 B. Services Accident du Travail Montants des prestations payés (millions FCFA) 9,6 18,2 ... 19,0 20,8 20,1 20,5 Cotisations encaissées 46,1 45,3 1962 1963 1964 1965 1966 1967 1968 C. Service Assurance Vieillesse Nombre des Assurés (en milliers) 23,0 24,h 27,6 30,9 33,2 34,6 35,7 Nombre des Pensions liquidées (arrondi) 300 300 500 600 700 900 1.100 Montant des Prestations payées (millions FCFA) 5,h 10,3 15,4 23,0 25,7 37,5 42,0 Montant des cotisations encaissées (millions FCFA) 94,9 97,3 96,4 104,0 106,3 103,3 lo,5 D. Situation financière pour l'ensemble des trois régimes (1968) (Prestations familiales, Accident, Vieill sse en millions FCFA Recettes Dépenses Cotisations encaissées 282,9 Prestations servies 307,3 Subvention de compensation 50,0 Frais de personnel 30,9 Revenus des immeubles 27,1 Frais de fonctionnement 21,4 Tous autres 15,2 Frais autres 12,9 Investissement 13,6 Total recettes 375,2 Total dépenses 39,1 Disponibilités 1967 202,3 Disponibilités au 31/12/68 188,4 Total 577,5 Total 577,5 E. Bilan au 31/12/68 (résumé) de la Caisse de Prévoyance Sociale (3 Régim,es) (en millions FCFA) Actif Passif Immobilisation 499,7 1aserVes 783,9 Réalisable 121,5 Exigibles 116,2 Disponible 98,4 Report à nouveau 241,7 Report à nouveau 363,1 Résultat (vieillesse, Déficit de l'exercice accident) 51,7 293,4 (prestations familiales) 110,8 473,9 Total 1.193,5 Total 1.193,5 Source: Caisse de Prévoyance Sociale. TABLEAU XII HAUTE VOLTA: EXPORTATIONS RECENSEES 1965 A 1968 (En millions de Francs CFA) (En pourcentage) 1965 1966 1967 1968 1965 1966 1967 1968 Total 3.680 3.985 4.429 5.288 100,0 100,0 100,0 100,0 Bovins 1.441 1.498 1.501 1.589 39,1 37,6 33,9 30,0 Autres animaux 702 709 770 936 19,1 17,8 17,4 17,7 Viande réfrigérée 66 200 259 280 1,8 5,0 5,8 5,3 Cuirs et peaux 110 204 85 77 3,0 5,1 1,9 1,5 Coton 257 304 842 913 7,0 7,6 19,0 17,3 Graine de coton 48 32 98 123 1,3 0,8 2,2 2,3 Amandesde karité 63 155 68 311 1,7 3,9 1,5 5,9 Huile et beurre de karité 62 51 12 54 1,7 1,3 0,3 1,O Arachides 162 20h 283 302 h,h 5,1 6,h 5,7 Sesame 88 64 118 118 2,h 1,6 2,7 2,2 Or 248 116 - - 6,7 2,9 - - Autre 433 448 393 585 11,8 11,3 8,9 11,1 Source: Ministère des Finances et du Commerce, Situation Economique de la Haute Volta. TABLZIAU XIII HAUTE VOLTA: EXPORTATIONS RECENSEES SUIVANT LA VENTILATION CTCI ET PRINCIPAUX PRODUITS EXPORTES 1967- SETEMIBRE 1969 (en milliards FCFA et 000 tonnes) 1967 1968 1969 (9 mois) Valeur Tonnage Valeur Tonnage Vpleur Tonnage Alimentation Total 2,66 3h,0 3,05 h2,8 1 85 2 6 Animaux vivants 2,27 23T, 2,53 32,5 1,2 17,3 (bovins) 1,50 20,9 1,59 23,5 0,82 ll,h (ovins/caprins) 0,6h 6,4 0,71 7,6 0,h2 4,5 (volailles vivantes) 0,12 0,9 0,22 1,h 0,17 1,3 Boissons et tabac total 0,06 0,5 0,05 0,h 0,0 0,4 Matières brutes non combustibles 1,51 27,7 1,89 4l,2 1,79 291 (carburant non compris tot.) Arachides décortiquées 0,23 3,6 0,30 9,0 0,23 6,8 Graines de coton 0,10 5,6 0,12 5,7 0,08 6,0 Graines de sésame 0,12 2,9 0,12 3,h 0,11 2,7 Amandes de karité 0,07 3,h 0,31 15,1 0,24 6,8 Coton masse égrené 0,84 5,9 0,92 6,3 1,01 5,7 Combustibles, minerai, lubrifiant 1/ 1/ 1/ Huile, graines, animales et végétales 0,02 0,3 0,08 1, 0,04 _b Produits chimiques 1/ /00 1/.,1 Articles manufacturés 0,10 0,6 0,11 0,4 0,12 1,0 Machines et matériel de transport 0,07 0,2 0,08 0,2 0 Divers 0,01 1/ 0,01 21 0, 02 1/ Total 4,43 63,3 5,29 86,5 4,05 57,2 1/ Inférieur à la plus petite unit4 retenue. Source: Direction de la Statistique et de la Mécanographie. TABLEA.[U XIV HAUTE VOLTA: IMPORTATIONS RECENEES 1965 - 1968 (en millions de CFA francs) (en pourcentage) 1965 1966 1967 1968 1965 1966 1967 1968 1. Biens de consommation 5.299 5.506 4.218 5.653 57 8 59 2 47 0 55 9 dont: produits alimentaires (TTJ8 ) (2°.0-0 ) (2.112 ) (1.901) 2t,- ) (, ) Cý3) ,- ) textiles (982) (780) (749) (1.057) (10,7) (8,94) (8.3) (10,h) 2. Biens dlequipement 1.185 1.142 1.506 2.001 12 9 12 3 16 8 19 8 dont: camions (2) -T ) -TM) 3 ) ) , autres vehicules (213) (210) (129) (270) (2,3) (2,3) (1,4) (2,7) 3. Produits bruts semi - manufacture's 2.349 2.102 2.659 1.785 25,6 2246 29,7 17,6 dont: pièces detachees pour bicyclettes et moto (241) (180) (298) (239) (2i6) (1,9) (3,3) (2,h) ciment (280) (220) (214) (237) (3,1) (2,h) (2,h) (2,3) 4. Carburants et lubrifiants 336 - 6187 _681 3 __ 9 _6. Total 9.169 9 8.970 10.120 100,0 100,0 100,0 100,0 Source: Ministère des finances et du commerce. Situation Economique de la Haute Volta TABLEAU XV IMPORTATIONS RECENSEES DE HAUTE VOLTA 196h - 1966 en valeur (milliards de FCFA) et en milliers de tonnes 1964 1965 1966 Quan- Quan- Quan- Valeur tité Valeur tité Valeur tité Produits alimentaires et produits végétaux et animaux!! 2.6 -2,91 - 3 - dont: légumes et fruits comestiblesi/ 1,03 0,90 -,83 noix de cola 2/ 0,80 - 0,76 - 0,72 - Riz 0,90 3,4 0,12 3,2 0,16 3,9 Farine et froment 0,24 6,9 0,28 8,3 0,37 11,2 Animaux vivants 0,15 - 0,36 - 0,55/ - Energie (produits pétroliers) M4 35,9 0,34 30,2 Demi-produits -36 - - 1,64 - dont: Ciment 0,12 2r, 0,23 28,0 22~, filés de coton 0,26 0,6 0,23 0,5 0,25 0,5 engrais 0,01 - 0,01 - 0,01 - Biens de consommation 200 _.-..,-. 1 - - dont: Tissus de coton et imprimés 1,01 1,7 0,60 1,0 0,45 0,9 produit,s pharmaceutiques 0,16 - 0,20 - 0,28 - couvertures coton 0,05 - 0,07 - 0,10 - Biens c production et consommation durable 2 39 -2 36 - 2 19 - dont: véhicules - "i3ý- o,hh- chambre à air et pneumatiques 0,27 - 0,21 - 0,21 - mobilier métallique ) machines et appareils ) 0,85 - 0,82 - 0,70 - construction électrique ) Autres et non ventilés 4 - 0,37 - 70 - Total 9,49 167,3 9,17 157,5 9,29 158,2 1/Boissons et tabac compris. ' Essentiellement réexportés au Mali. 37 Essentiellement importés du Mali, 425 M pour les bovins - 107 M pour les ovins et caprins. Source: Ministère du Plan, TABLEAU XVI HAUTE VOLTA: IMPORTATIONS RECENSEES SUIVANT LA VENTILATION CTCI ET PRINCIPAUX PRODUITS - 1967- SEPTEBRE 1969 (en milliards FCFA et 000 tonnes) l967 1968 1969 (9 mois) Valeur Tonnage Valeur Tonnage Valeur Tonnage a) Alimentation total 2,00 40 3 1 90 38,1 1 87 2 dont Animaux vivants Ô,3Ï T 0,2 3,1 0,06 0,6 Céréales et produits à base de céréales 0,66 21,4 0,51 15,6 1,03 l,h Fruits et légumes 0,13 3,3 0,13 3,8 0,09 1,9 Sucre raffiné 0,42 8,3 0,60 12,3 0,32 5,7 b) Boissons et tabac total 0,31 2,2 0,20 _19 0,17 17 c) Matières brutes non comestibles carburant non compris total 0,83 29,3 1,05 36 4 0,71 2h 6 dont sel brut 0,16 10,9 , 12, 0,09 noix de colas 0,51 12,5 0,59 14,8 0,38 9,9 d) Combustibles minéraux, lubri- fiants et produits connexes 0,ý9 38,1 0,6_ 36,1 0,6h 32,4 dont Pétroles et produits dérivés 0,53 35,8 0,67 35,8 0,63 32,2 e) Huiles graisses animales végétales 0,09 1,5 007 _1 0,08 1,4 f) Produits chimiques et compo- sés total 0,58 3,8 0,65 3,6 ,17 2/ O dont produits méd. et pharma. 0,22 0,2 0,32 0,3 0,21 0,2 Engrais 0,02 0,7 0,01 o,4 0,03 1,1 g) Articles manufacturés total 2,66 33 7 2 98 38 6 2 b6 42 9 dont ciment hydraulique 0,21 200,2 23, 7 fer et aciers 0,25 4,4 0,20 3,9 o,4o 7,3 Articles manufacturés en mtal. 0,35 2,1 0,31 1,8 0,4b 3,h Filés, tissus, textiles 1,22 3,3 1,55 5,5 1,07 2,9 caoutchouc manufacturé 0,33 1,0 0,36 1,1 0,32 0,9 h) Machines et matériel de transport total 1 51 3,8 2,00 5 1 2,38 5,4 dont matériel de transport &,d5 -~2-,~ 0,99 ~¯2, 1,02 2,7 i) Articles man. divers 0,4O 0,9 0,57 4 0,70 23 Total 8,97 151,6 10,12 165,5 10,59 142,1 ]/ Cniffre douteux, consiste essentiellement d'articles de voyage. 2/ dont 0,59 d'"Elements chimiques et composés", quelque dix fois la valeur des années précédentes. Source: Direction de la Statistique et de la Mécanographie. IA3LEAU XVII HAUTE VOLTA: IMPORTATIONS RECENSEES PAR PAYS DtORIGINE - 1965-1968 (En millions de FCFA) (En pourcentage) 1965 1966 1967 1963 1965 1966 1967 1?6j France 4.909 4.048 4.029 h.42h 53,5 43,6 hh,9 43,7 Côte d'Ivoire 1.505 1.630 1.374 1.623 16,4 17,5 15,3 16,o Allemagne Fédérale 223 247 291 h9 2,h 2,7 3,2 4,4 Mali 543 711 575 h2h 5,9 7,6 6,h h,2 Etats-Unis 191 3h6 217 419 2,1 3,7 2,h h,1 Belgique 170 h72 163 326 1,9 5,1 1,9 3,2 Sénégal 270 330 316 299 2,9 3,5 3,5 3,0 Pays-Bas 190 176 179 250 2,1 1,9 2,0 2,5 Italie 1h 106 242 13h 1,6 1,1 2,7 1,3 Grande Bretagne 119 136 85 123 1,3 1,5 0,9 1,2 Ghana 212 118 143 108 2,3 1, 3 1, 6 1,1 Japon 12 il h6 32 0,2 0,2 0,6 0,3 Autre 681 963 1.305 1.509 7,h 10,3 14,6 15,0 Total 9.169 9.29h 8.970 10.120 100,0 100,0 100,0 100,0 Zone franc 7.h67 7.390 7.218 7.819 81,h 79,6 80,5 77,3 UMOA 1.849 2.015 1.725 1.958 20,2 21,7 19,2 19,3 CEE 5.636 5.0h9 h.909 5.583 61,5 5h,3 Sh,7 55,2 Source: Ministère des Finances et du Commerce. Situation Economique de la Haute Volta, Avril 1969. TABLEAU XVIII HAUTE VOLTA: EXPORTATIONS RECENSEES PAR PAYS DE DESTINATION, 1965-6? (en millions de FCFA) (en pourcentage) 1965 1966 1967 1963 1965 1966 1967 196b Côte d'Ivoire 1.795 2.010 2.185 2.806 48,8 50,h 49,3 53,1 France 521 717 600 749 14,2 18,0 13,5 1h,2 Ghana 649 598 601 532 17,6 15,0 13,6 10,0 Japon 48 39 120 359 1,3 2,2 2,7 6,8 Mali 155 152 106 134 h,2 3,8 2,h 2,5 Grande Bretagne 47 46 52 110 1,3 1,2 1,2 2,1 Belgique -- 3 69 97 -- 0,1 1,6 1,8 Italie 105 5h 140 90 2,8 1,h 3,1 1,7 Allemagne Fédérale -- 2 -- 57 -- -- -- 1,1 Sénégal 10 1 7 8 0,3 -- 0,2 0,2 Pays Bas -- -- 15 3 -- -- 0,h -- Autre 350 313 534 343 9,5 7,9 12,0 6,5 Total 3.680 3.935 4.429 5.288 100,0 100,0 100,0 100,0 Zone Franc 2.583 3.045 3.351 3.909 70,2 76,4 75,7 73,9 UMOA 1,899 2.167 2.330 2.923 51,6 54,4 52,6 55,3 CEE 626 776 82h 996 17,0 19,5 18,6 18,8 Source: Ministère des Finances et du Commerce. Situation Economique de la Haute Volta. Avril 1969. TABLEAU XIX HAUTE VOLTA: RESUME DES ESTIMATIONS DE LA BALANCE DES PAIEMENTS, 1968 (En milliards de FCFA) 1968 Af 1968 _2 A. Biens et services -,1- Balance commerciale -1,3 Exportations FOB (5,29) (6,96) Importations CIF (-10;12) (-12,24) Transports et voyages divers - 1,22 Intérêt de la dette publique - 0,09 - 0,07 Revenu des investissements: Revenu d'investissements directs ... - 0,39 Autres ... OP07 Gouvernement (n.r.a.) - 0,26 - 1,15 Services au titre des programmes d'assistance (- 0,68) (- 2,17) Dépenses du personnel diplomatique (0,42) (0,93) Autres (...) (0,09) Autres services ... 2,60 B. Transferts 7 683 Secteur privé 5,70 2,21 Gouvernement central 4,04 4,62 C. Capital total non-monétaire O_;40 0.97 Privé ... 0~7 Gouvernement central O,A0 0,23 Retraites sur prêts (0,66) (0,60) Remboursement (- 0,26) (- 0,27) Souscriptions de capital ... (-- O 10) Gouvernement local ... - 0,01 D. Erreurs et omissions (nettes) -3,69 -1 E. Total (de A à D) 1,27 F. Opérations monétaires 1,27 Banque centrale 1,08 -108 Actif (accroissement -) - 1,23) - 1,23) Passif (,25) (0,5)' Banques commerciales et Banque Nationale de Développement - 019 - 017 Actif (accroissement -) ( 0,43) (- o,43) Passif (0,2h) (o26) Autres institutions monétaires ... o,02 Lf Estimations du Fonds Monétaire International. 2/ Estimations provisoires de la BEAO. TABLEAU XX HAUTE VOLTA: ENCOURS DE LA DETTE PUBLIQUE EXTERIEURE AU 31 DECEMBRE 1969 1/ DETTE REMBOURSABLE EN DEVISES ETRANGERES 2/ (En milliers de dollars E.U.) Encours de la dette Source au 31 décembre 1969 partie déboursée compris la partie .seulement non déboursée TOTAL DE LA DETTE PUBLIQUE EXTERIEURE 20.13 23.132 Engagement envers le secteur privé 350 350 Obligations émises en souscriptions .31 31 publiques Institutions financières - Banque In- ternationale pour l'Afrique Occ. 320 320 Prêts des organisations internationales 800 (IDA) Prêts bilateraux 20.086 21.982 France Mi:039 République féderale de l'Allemagne 1.852 2,732 Ghana 4.195 4.195 lf Dettes d'échéance initiale ou portée a un an au minimum. 2f Y compris en FCFA, librement convertible en franc Français. TABLEAU XXI HAUTE VOLTA: EVALUATION DES PAIEMENTS AU TITRE DU SERVICE DE LA DETTE PUBLIQUE EXTERIEURE NON-AMORTIE, Y COMPRIS LE MONTANT NON ENCORE DEBOURSE AU 31 DECEMBRE 1969 DETTE ReBOURSABLE EN DEVISES ETRANGERES (En milliers de dollars E.U.) Page 1 Année (oPe Tio ) Paiements en cours d'exercice y compris la partie Amortissement Intérêt non déboursée DETTE PUBLIQUE EXTERIEURE TOTALE 1970 22.700 1,694 283 1.977 1971 21.006 1.206 254 1.460 1972 19.801 1.228 266 1.494 1973 18.573 1.491 286 1.777 1974 17.082 1.495 264 1.759 1975 15.586 1.608 231 1.839 1976 13.979 1.304 196 1.500 1977 12.674 1.178 162 1.340 1978 11.496 1.062 134 1.196 1979 10.434 939 110 1.049 1980 9.495 764 92 856 1981 8.731 757 80 837 1982 7.975 759 69 828 1983 7.215 396 57 453 1984 6,819 389 54 4h3 Note: Y compris le service de la dette totale figurant au Tableau XX établi le 28 avril 1970, à l'exception des prêts de la France (US$432.000), dont les conditions de remboursement ne sont pas connues. - a suivre - Tableau XXI (suite) 2 Dette Totale Année (Comm. Période) Paiements en cours d'exercice Total y compris la partie Amortissement Intérêt non déboursée ENGAGE24ENT ENVERS LE SECTEUR PRIVE 1970 350 209 21 230 1971 141 52 9 60 1972 90 52 5 57 1973 38 27 2 28 1974 il 3 i 1975 8 3 3 1976 5 2 3 1977 3 1 1 1978 2 1 1 1979 1 1 1 1980 - - OBLIGATIONS EMISES EN SOUSCRIPTIONS PUBLIQUES 1970 31 51 7 1971 26 5 1 7 1972 20 5 i 6 1973 15 3 1 4 197h il 3 1 4 197 8 3 3 1976 5 2 3 1977 3 1 1 1978 2 1 1 1979 1 1 1 1980 - - - - à suivre - Tableau XX-l (suite) 3 Dette Totale Paiements en cours d'exercice Année (Commn.Période) Total y compris la partie .ortssement Intérêt non déboursée ENGAGEMENT DU SECTUR PRIVE INSTITUTIONS FINANCIERES BANQUE INTERNATIONALE POUR L'AFRIQUE OCCIDENTALE 1970 320 204 19 223 1971 116 h6 7 54 1972 69 46 h 50 1973 23 23 1 24 PRETS DES ORGANIZATIONS INTERNATIONALES IDA 1970 800 1 1 1971 800 - 3 3 1972 800 - 5 5 1973 800 - 6 6 1974 800 - 6 6 1975 800 - 6 6 1976 800 - 6 6 1977 800 - 6 6 1978 800 . 6 6 1979 800 8 6 14 1980 792 8 6 14 1981 784 8 6 14 1982 776 8 6 14 1983 768 8 6 14 1984 760 8 6 14 Tableau (Yi (suite) . . Dette Totale Paiements en cours d'exercice >~~nnée (Commn.Période)Tol y conpris la rtie Amortissement Intérêt PRETS BILATERAUX 1970 21.550 1.485 262 1.747 1971 20.065 1.154 243 1.397 1972 18.911 1.176 256 1,432 1973 17.735 1.464 279 1.743 1974 16.270 1.492 257 1.749 1975 14.778 1.605 225 1.830 1976 13.173 1.302 189 1.491 1977 11.871 1.177 156 1.332 1978 lo.695 1.061 128 1.189 1979 9.633 931 10h 1.035 1980 8.703 755 87 842 1981 7.947 749 75 823 1982 7.199 751 63 814 1983 6,447 388 1 439 1984 6,059 381 8430 FRANCE 1970 1h.623 1.303 152 1.455 1971 13.320 972 138 1.109 1972 12.348 994 155 1,149 1973 11.354 1.099 183 1.282 1974 10,255 1.053 170 1,223 1975 9.202 1.093 147 1.240 1976 8.109 790 121 911 1977 7.319 66h 97 761 1978 6.655 549 79 628 1979 6.106 418 6h h83 1980 5.688 243 56 299 1981 5.1444 236 5h 290 1982 5.208 239 51 290 1983 h.969 241 . 9 290 1984 4.728 234 47 281 - a suivre - Tableau _ïj (suite) - Dette Totale Paiements en cours d'exercice Année (Comm.Période) Total y compris la partie Amortissement Intérêt non déboursée PRETS BILATERAUX REPUBLIQUE FEDERALE DE L'ALLEMAGNE 1970 2.732 - 5 5 1971 2.732 - 5 5 1972 2.732 - 5 5 1973 2.732 - 5 5 1974 2.732 74 5 79 1975 2.658 148 5 152 1976 2.511 148 h 152 1977 2.363 1h8 h 152 1978 2.216 148 h 151 1979 2.068 148 3 151 1980 1.921 148 3 150 1981 1.773 148 2 150 1982 1.626 148 2 150 1983 1.478 148 2 149 1984 1.331 148 1 1h9 GHANA 1970 4.195 182 105 287 1971 h.013 182 100 283 1972 3.830 182 96 278 1973 3.648 365 91 456 1974 3.283 365 82 447 1975 2.918 365 73 438 1976 2.554 365 64 429 1977 2.189 365 55 420 1978 1.824 365 46 410 1979 1.459 365 36 401 1980 1.094 365 27 392 1981 730 365 18 383 1982 365 365 9 374 TABLEAU XXII HAUTE VOLTA: SITUATION MONETAIRE (En milliards de FCFA - fin d'exercice) 1965 1966 1967 1968 1969 Avoirs étrangers (nets) 2,60 3,41 3,79 4;97 5,94 Crédit intérieur 4121 3Y82 3,33 3114 3,45 Créances sur l'Etat (nettes) 0 13 0,20 -0 41 -0,92 -2,24 Créances sur le secteur privé 4108 3,62 3,74 4,06 5,69 Monnaie 6,27 6,53 6 60 7,45 8,50 Quasi-monnaie 0, 14 0,09 0,06 0) 14 0y20 Autres éléments (nets) 0,40 0,61 0 46 0)51 0,68 Monnaie (ajustement saisonnier) 6,10 6,43 6, 40 7,29 8,31 Source: EMI. TABLEAU XXIII HAUTE VOLTA, BANQUE NATIONALE DE DEVELOPPEMENT: CREDIT CLIENT NET EN FIN D'EXERCICE 1965-68 (millions de francs CFA et pourcentages) Septembre 30,1965 Septembre 30,1966 Septembre 30,1967 Septembre 30,1966 Valeur Pourecent Valeur Pour-cent Valeur Pour-cent Valeur Pour-cent A. Par type 1/ 908,8 00,0 1.027,t 100,0 1.159.7 100,0 1.153,6 100.0 Long terme 303,4 33,4 414i, 40,3 499,8 43,1 568,0 49,2 Moyen terme 370,7 40,3 346,4 33,7 30B,0 26,6 303,5 26,3 Court terme 211,9 23,3 234,0 22.8 204,0 17,6 167,8 14,6 Douteux 22,3 2,5 32,9 3g2 147,9 12,7 114,3 9,9 B. Par Secteur 908»3 100,0 1.027t4 100,0 1.159,7 100,0 1.153.6 100,0 Immobilier 457,9 50,4 509,3 49,6 600,1 51.7 679,2 58,9 Agriculture 213,3 23,5 222o5 21,6 212,8 18.3 187,9 16,3 Commerce et industrie 122p4 13,h 204?3 19,9 267,8 23,1 144,6 12,5 Petit équipement et véhicule 34,6 3,8 33,4 3,2 43,5 3,8 64.5 5,6 Crédits Publics 28,9 3,2 24,3 2.,h 9,9 0,9 66,4 5,7 Autre 52,0 5,7 33,6 3,3 25,6 2,2 11,0 1,0 1/ Les classements de la B.N.D. et de la B.C.E.A.O. sont différents et ne permettent pas les recoupements. Source: Banque Nationale de Développement - Bilan. TABLEAU XXIV HAUTE VOLTA: BANQUE NATIONALE DE DEVEIDPPEMENT - PRETS ACCORDES AU 30 SEPTEMBRE 1969 (en millions de FCFA ou ý ) Montant Cumulé Prêts accordés pendant la durée de l'exercice depuis l'origine en % du montant cumulé au Valeur Valeur % 30 septembre 1968 (progression annuelle) A. Par type Long Terme 1.236,3 21,7 266,7 18,1 27,5 Moyen Terme 1.423,9 25,1 200,3 13,6 16,3 Court Terme 1.980,2 34,7 304,0 20,6 l81 Compte courant 1.05h,2 18,5 704,2 / 7,7 201,2 Total 5.700,1 100,0 1.475,2 100,0 34,9 B. Par Secteur Agriculture 2.034,2 35,6 781,8 53,0 62,4 Immobilier 1.549,9 27,2 217,7 14,8 16,3 Petit Equipement et Véhicules 695,h 12,2 157,9 10,7 29,4 Commerce et In- dustrie 1.070,h 18,3 317,2 21,5 42,l Crédits Publics 123,3 2,3 - - 0 Tous autres 221,5 3,9 0,6 e e Total 5.700,1 100,0 1.475,2 100,0 34,9 1/ Pour 90% accordés dans le secteur de l'Agriculture: 633,2 millions CFA. Source: Banque Nationale de Développement (Etat A). TABIEAU UV HAUTE VOLTA: ORIGINE, DESTINATION ET FINANCENT DU CREDIT DOMESTIQUE. (en millions de CFA francs) 1965 1966 1967 1968 1968 1969 Dec. Dec.. Dec. Mars Dec. Mars A. Origine 4.826,7 4.418,9 4,235,8 3.846,0 -3.930,4 ·3.7288 l. Banque Centrale 17.i3,3 705,8 185,6 -296, -70 -1.112,5 2. Banques Cormerciales et de Développement 2.385,5 2.100,5 2.336,1 2.572,4 2.867,3 3.152,7 a. Crédit total (3.455,7) (2.731,h) (3.020,1) (3.341,2) (3.225,5)(3.897,5 b. Moins: financement de la Banque Centrale (1.047,7) (- 54641) (- 653#3) (- 703.0) (- 337,7)(- 71l,h c. Moins: financement des autres Institutions (22,5) (84,8) (25,7) (60,8) (20,5) (23,h 3. C.C.P. 41o,6 384.,7 357,0 480,h 373,6 483,2 h. Caisse Nationale d'Epargne h73p5 536,5 696,2 705,3 777,6 797,0 5. Trésor 542,9 718,4 668,9 405,7 527,5 413,2 6. Interinstitution (net) -3h1 -27,0 -3,0 -21,0 79,h -h, B. Destination 4.826.7 4.418.9 4.235,8 3.846,0 3.930,4 3.72, 3 1. Au Gouvernement (net) J66,d 977,2 504,9 131,4 21,3 -614,5 2. Au Secteur Privé 4.080,1 3.634 3 3.751,0 3.903,7 h.055,1 4.64',2 3. Avoirs nets non classifiés -86,1 -165,6 -12.1 -168,1 -225,4 -292,1 4. Interinstitutions (net) -3h,1 -27,0 -8,0 -21,0 79,h -h,8 C. Financement h.326,7 4.418,9 .235 8 3.8460 3.390,4 3.72,83 1. Avoirs extérieurs nets -2.5Y3,1 -3.716,2 - .1, -7475, -5.449,6 2. Engagement vis-à-vis des Ins- titutions Etrangères 233,5 312,2 401.1 h80,7 481,2 583,9 3. Engagement vis-à-vis du Secteur Privé 7.423,3 7.822,9 8.023,5 7.840,9 3.893,8 3.951,7 S.3urc : F.M.I. TABLEAU XXVI HAUTE VOLTA: OPERATIONS DE DEVELOPPEMENT REALISEES (COMPTE-RENDU D'EXECUTION) EN 1967 ET 1966 PAR ORIGINE DE FINANCEMENT (en millions de FCFA ou pourcentage) Budget National Communal et Autres Entreprises Investissement Aidj Aides ct :utrcs Humdin Françaiso FED Publiqucc PrivT 1967 PIan 214,3 1,128,6 337;5 478,9 690',7 2,850,0 Hors Plan 11,9 614,3 187,2 14,4 166,0 993,8 Total 226,2 1.742,9 524.7 493,3 856,7 34843,8 En pourcentage 6% 45% 14% 13% 22% 100% 1968 Plan1 / 472,6 1.259,9 691,3 357,9 1.206,2 3.987,9 Hors Plan 110,3 284,2 10,0 24,1 327,8 756,4 ff~f2/ 3 Total 582,9 1.544,1 701,3 382,0 1.534,0- 4.744,3 'n pourcentage 127. 33% 157. 6 32% 100% 1967 et 1968 Total Plan 686,9 2.388,5 1.028,8 836,8 1.896,9 6.837,9 Hors Plan 122,2 898,5 197,2 38,5 493,8 1.750,2 Total 809,1 3.287,0 1.226,0 875,3 2.390,7 8.588,1 En pourcentage 9,4 3813 14,3 10,2 27,8 100 0 1 Opérations prévues au Plan de 1968, programma optionnel et reliquat du programme 1967. Dont investissement humain, FCFA 92,7 millions. 3/ Dont aide privée extérieure, FCFA 201 , 5 millions. Source: Ministère du Plan et des Travaux Publics. TABLEAU. XX: HAUTE VOLTA: TOTAL DES REALISATIONS PREVUES OU NON AU PLAN - ANNEES 1967 à 1968 (par secteur) (En millions de FCFA ou pourcentage) Financement public Financement privé Total Général 1967 1968 Total 1967 1968 Total Par ministère valeur % valeur % valeur i Plan & Travaux Publics 585,3 996,5 1.581,8 25,5 590,4 1.208,1 1.798,5 75,3 3.380.3 39.4 Agriculture 1.476,9 1.h70,3 2.947,2 47,5 153,0 81,9 234,9 9,8 3.182.1 37.0 Poste-Telecom.-Inform. 50,6 106,1 156,7 2,5 - - - - 156,7 1,8 Finance & Commerce 6,5 115,4 121,9 2,0 103,0 61,3 164,3 6,9 286,2 3,3 Travail & Func.Publique - 3,0 3,0 0,1 7,0 3,0 10,0 0,4 13,0 O,2 Santé 318,5 293,0 611,5 9,9 0,3 131,6 131,9 5,5 7h3,4 8,7 Education Nationale W09,3 186,0 595,3 9,6 3,0 h81,0 51,1 2,1 6464 7,5 Intérieur 140.0 40,0 180.0 2.9 - - - - 180.0 2.1 Total 2.987,1 3.210,3 6.197,4 100,0 856,7 1.534,0 2.390,7 100,0 8.588,1 100,0 Par secteur Production 1.300e7 1.312,7 2.613,4 42,2 806,h 1.181,2 1.987,6 83,2 4.601,0 53,6 Infrastructure 409,2 82h,7 1.233,9 19,9 40,0 130,1 170,1 7,1 1.4,0 16,4 Invest. Sociaux 952,9 628,2 1.581,1 25,5 10,3 197,7 208,0 8,7 1.789,1 20,8 Recherche 32h,3 4h4,7 769,0 12,h - 25,0 25,0 1,0 794,0 9,2 Total 2.987.1 3.210,3 6.197,4 100,0 856,7 1.534,0 2.390,7 100.0 8.588.1 100,0 Source: Ministère du Plan de Haute Volta: Comptes rendus d'exécution. TABLEAU XXVIII HAUTE VOLTA: DEPENSES DE DEVELOPPEMENT LOCALISATION DES OPERATIONS REALISEES EN 196' ET 1968 (En millions de FCFA) Total Total en Répartition Rapport: % en % du montant de la Investissement 1967 1968 valeur régionalisé population régional sur % en % population Investissementarégionalisés 2.050,0 1.817,1 3.867,1 Dépenses - ORDIs Banfora 184,6 92,3 276,9 7,2 4,3 1,7 Bobo-DioulassoL/ 35,3 94,3 129,6 3,4 3,9 0,9 Diebougou 26,6 37,8 64,4 1,7 7,4 0,2 Volta Noire 303,7 248,2 551,9 14,3 11,3 1,3 Koudougou 134,9 565,6 700,5 18,1 14,7 1,2 Nd. Plat Mossi 117,5 143,3 260,8 6,7 11,8 0,6 Ouagadougoul/ 176,9 173,9 350,8 9,1 16,2 0,6 Yatenga 134,5 79,3 213,8 5,5 10,7 0,5 Sud-Est 115,9 81,1 197,0 5,1 11,1 0,5 Sahel 69,0 65,2 134,2 3,5 5,1 0,7 Villes Bobo-Dioulasso 467,9 62,8 530,7 13,7 ) 3,6 ) 7 1 Ouagadougou 283,2 173,3 456,5 11,8 ) ) Dépenses - investissements non régionalisés 1.793,8 2.927,2 4.721,0 dont nationaJ2/ n.d. (1.618,1) à régionaliser2/ n.d. (1.309,1) Total 3.843,8 4.744,3 8.588,1 100,0 100,0 1/ Ville exclue. _/ Répartition 1967 inconnue. Source: Ministère du Plan et des Travaux Publics. TABLEAU Ii HAUTE VOLTA: FINANCEMENT DU PLAN 1967-70 SITUATION At MOIS D'OCTOBRE 1969 (en milliards de FCFA) Autres sources bilatérales pu- Organisations FAC FED bliques et privees ¯financemnt voltaique Total Internationales Total 1/ Pourcen- Total 21/ Pourcen- Total P Pouroon- Total Pourcen- Total 1/ Pourcen- Total 1/ Pourcen- Plan Total tage Plan Total tage Plan Total tage Plan Total tage Plan Total tage Plan Total tage Investissements productifs 0,57 0,17 30 4,48 3,42 76 1,89 2y16 114 3,29 1,31 40 2,79 2,44 82 13,02 9,50 71 Infrastructure économique 0,20 - 0 1,69 0,95 87 5,06 5,19 102 0,81 0,52 64 1,17 0,92 78 8,33 7,58 91 Equipements sociaux 0.70 0,63 90 1,16 1,15 100 2,21 0,96 43 0,57 0,88 154 0,30 0,24 80 4,94 3,86 78 Etudes et recherches 0,38 0,12 32 0,36 0,28 78 - 0,02 - 0133 - 0 0,15 0,40 267 1,22 0,82 90 Total 1,85 0,92 50 7,09 5,80 82 9,16 8,33 91 5,00 2,71 53 4.41 4.00 91 77,51 21 76 79 Pourcentage par sourone Total 7 26 33 18 16 100 Acquis 4 27 3 12,5 18,5 100 i/ Sur la base des conventions de financement signées, ou en cours de signature. Source: Ministère du Plan. TABLEAU XXX HAUTE VOLTA: -AIDE AUX INVESTISSEMENTS (CONVENTIONS DE FINANCEMENT ET AUTORISATIONS DE PROGRAMME) (en millions de FCFA) 1961 1962 1963 1964 1965 1966 ,Tàtal 1961-66 en valeur en % Etudes 209 134 153 343 122 18h 1.145 100 6,3 dont FAZ 209 93 142 87 80 - 610 53 FED -- 41 -- 3 3 -- 48 h Production 1.971 2.r35 878 650 1.503 873 8. 1i0/1 100 h5,9 dont FAC 485 503 446 336 1.104 621 3.495 42 FED 1.479 2.000 -- 226 273 -- 3.977 47 Infrastructure 608 1.135 574 524 507 1.130 4.477 100 24,5 dont FAC 173 64 1GO 212 25 -- 574 13 FED 123 450 330 184 231 960 2.278 51 Social /1 2.007 359 442 470 318 678 4.272 100 23,3 dont FAC / 139 269 246 261 163 18M 1.262 30 FED 1.730 -- -- -- -- 202 1.932 45 Total 4.794 4.163 2.046 1.983 2.450 2.860 18.300 100 1/ Dont financement de barrage: FAC: 1961/66 - 567 (et 191 sur FAC 1959/60) 16 % de la rubrique. FED: " - 2.398 millions FCFA 60 % Total: - 2.965 ' 35 % Source: Ministère du Plan et des Travaux Publics. TABLEAU XXXI HAUTE VOLTA: MONTANT DE L'AIDE ETRANGERE REÇUE DE 1966 A 1968 REGLEMENTS EFFECTUES (en millions de FCFA) 1966 1967 1968 France 2.841 3.598 3.211 Aide aux Investissements (1.190) (1.678) (1.343) Assistance techniquei/ (753) (970) (1.037) Subvention au budget d'Equipement (523) 2/ (450) (450) Bourses (135) (126) (140) Aide Militaire (86) (76) (126) Autre (154) (298) (115) C.E.E. 1.3622 577 1.198 Nations Unies et Agencts Spécialisées 277 209 4h République Fédérale d'Allemagne 126 105 164 Etats-Unis 189 166 Chine 67 51 78 Israël 13 7 5 Autres (publics et privés) 156 187 411 Total 5.031 h.900 5.511 1/ Net de la contribution voltaique: 227 millions CFA en 1966 167 " 1967 121 " 1968. 2/ Y compris: 223 millions CFA accordés en 1965 et utilisés en 1966. 3/ En 1966 aide aux investissement exclusivement. Source: Ministère du Plan et des Travaux Publics. TABLEAU XXXII HAUTE VOLTA: PROJETS FINANCES PAR LE FED A LA FIN DE 1969 (En millions de US$ d'équivalent) 1er FED Montant Projets engagement total , Dépenses initial de s mar ches Education Construction de 50 écoles primaires 27.4.60 1.131 1,131 225 centres d'éducation rurale 17.3.61 2.422 2.422 Ecole Nationale d'Administration 4.h.63 1.303 1.289 Sant-' ¯=nfrastructure sanitaire et équipement 12.11.61 3.840 3.659 Campagne contre l'onchocercose ... 226 74 Conservation des sols 13.6.61 4.143 h.137 Adduction d'eau Adduction d'eau de Kaya, Koudougou et Ouahigouya 17.3.61 470 470 Adduction d'eau et égouts de Ouagadougou 20.12.62 1.764 1.764 Extension du système de distribution d'eau de Ouagadougou 8.11.68 729 - Adduction d'eau rurale et barrages Construction de 3 barrages 16.8.60 380 380 Construction de 8 barrages en terre 17.3.61 1.599 1.599 Construction de barrages 20.7.62 7.749 7.738 Puits pour la population et le bétail 16.8.60 158 158 Elevage Seconde phase de la campagne contre la peste bovine 6.5.64 789 789 Etudes 896 896 Total 26.87&e 26.506 - à suivre - TABLEAU XXXII HAUTE VOLTA: PROJETS FINANCES PAR LE FED A LA FIN DE 1969 - suite (En millions de US$ d'équivalent) 2ème FED Nontant Projets engagement total Dépenses initial des march6s Education Construction d'un centre de formation d'artisanes à Ouagadougou 2.12.66 341 298 Santé Campagne contre l'onchocercose 10. 1.66 388 371 Adduction d'eau Renforcement de l'adduction d'eau d'Ouagadougou 20. 6.68 2.512 2/ 80 Approvisionnement en eau et electri- cité de l'usine textile de Koudougou 21. 3.67 1.338 669 Offices régionaux de développement Yatenga 14.12.65 952 781 Banfora 23.10.67 1.OO 492 Adduction d'eau rurale Puits sur investissement humain 2. '6.66 119 121 Autre développement rural Traitement des semences et con- servation des récoltes 6. 3.68 923 499 Elevage Abattoir industriel d'Ouagadougou 18.9.69 2.107 2/ - Routes Modernisation de la route de Bobo-Dioulasso à Faramana 2.12.66 4,333 2,924 Modernisation de la route de frontière Ouagadougou-Po-Ghana 24. 5.67 8.305 1,747 Modernisation de la route Ouagadougou- Koupela (1ère tranche) 18. 9.69 3.229 2 Etudes, assistance technique et supervision, etc. 2.230 1.812 Etude de route Ouagadougou, Kaya, Dori 1. 7.65 511 511 Etude de route Fada N'Gourma 3. 2.65 193 193 Total 20.465 / 9.832 1/ Montant des engagements initiaux: 28.311.000. 2/ Engagements. 3/ Montant des engagements initiaux: 28.260.000 Source: FED.
Группа Всемирного банка · Pre-2003 Economic or Sector Report
The economic development of Upper Volta (Vol. 1 of 4) : Rapport principal
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Pre-2003 Economic or Sector Report
Страна
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Источник
Всемирный банк