FILE COPY DIFFUSION RESTREINTE Rapport No. AF-73a TRADUCTION NON-OFFICIELLE A TITRE D'INFORMATION Ce rapport a e'té prépare 'a titre de document interne. Ni la Banque ni les organismes qui lui sont affiliés n'acceptent aucune responsabilité quant à son exactitude ou son caractère exhaustif. En aucun cas ce rapport ne saurait être publié ou citd comme représentant leurs vues. BANQUE INTERNATIONALE POUR LA RECONSTRUCTION ET LE DEVELOPPEMENT ASSOCIATION INTERNATIONALE DE DEVELOPPEMENT SITUATION ET PERSPECTIVES ECONOMIQUES ACTUELLES DU SENEGAL 29 février 1968 Departement Afrique TAUX DE CONVERSION 1 $ E. U. = 246, 85 francs CFA 1 franc CFA = 0,004 $ E. U. 1 milliard FCFA = 4 millions $ E. U. 1 franc français = 50 francs CFA Le prdsent rapport a étd êtabli à la suite du sjour au Sén6gal, en novembre 1967., d'une mission de la Banque composée de Paolo Leon Heinz Baclmann TABLE DES MATTIEES NO de pages \DONNEES DE BASE CARTES RESUME ET CONCLUSIONS ............................ i I. GEIERALITES .............e...................... l Le pays et ses habitants e............o....co..... l Situation politique .................... e.. l Situation sociale ....................... 2 Emploi, traitements et salaires ............... 3 Croissance économique récente . h Balance des paiements .................... 6 II. PRINCIPALES ACTIVITES ECONOMIQUES .......... 9 Agriculture . 9 Elevage ..........o............e...... 16 Pêche ..................... .e...... 17 Mvines ..e.....................O.o..e.......... 17 Industries manufacturières ............. 18 Construction ................. .,....e.......... 22 Perspectives de Itindustrie . 22 Tourisme .....ao....... ...o................. 23 Transports, énergie et eâi ....... 2h Education .............................o.......... 25 III. SITUATION IDNETAIRE ET BANCAIRE . 27 IV. FINANCES PUBLIQUES ............. oo......e.........c. 31 Recettes ordinaires de ltEtat ............ .... 31 Dêpenses ordinaires de lEtat ....,.oee... 33 Entreprises publiques o. coo...c..... 35 Situation financière générale et Tresor ..o.. 36 Plan de développement 1965/66 - 1968/69 ......... 38 V. PERSPECTIVES ...........0o....................... h5 VI. CONCLUSIONS ET CAPACITE DU SENEGAL A MPRUNTER oc.9... h9 AINEXE I Cours mondiaux des arachides : perspectives du marché à moyen terme ANNEXE II Cours de l'arachide et soutien accordê par le Trésor sénêgalais 2 fIII Projets industriels en préparation ANNEXE IV Grands projets inclus dans le Plan de développement revisé 1965/66 - 1968/69 EEý V Projections: 1968 - 1972 ÀE STAT13TI,UE Tableavx 1-33 DWNEES DE B-SE Superficie: 197.200 km. carrés Population (1966) Total 3.568.000 habitants dont 47.000 non-africains Densité 18 au km. carré Taux de croissance 2,h % par an Scolarisation 34 % (1964) Régime politique République indépendante depuis 1960 Produit intérieur brut (aux prix du marché) 1959 1964 1965 1966 estimation provisoirc aux prix courants (milliards de FCFA 148,6 181,9 186,0 196,1 (millions de $ des EU 601,8 736,9 753,7 794,6 Taux de croissance (% p.a.) / ,2 (FCFA 4l.915 45.776 45,607 47.261 par habitant ( ($ des EU 169,8 185,4 18h,8 191,5 Taux de croissance ( p.e.) /1,8 Hausse approximative des prix (i p.a.) / ,0 - 3,0 Composition du PIB aux prix du marché (1965) Origine % Utilisation % Agriculture 27,9 Consommation publique 74,8 Energie et mines 2,1 Consommation privée 15,5 Industries 11,5 Investissement intérieur brut 11>8 Bftiments et T.P. 3,0 Solde net du commerce extérieur Transports 3,8 (y compris les services) -2,1 Commerce 29,8 Autres services 6,5 Administrations 15,4 Total 100.0 Total 100.0 Financement de l'investiseement intérieur brut (en milliards de FCFA) 1961 1964 1965 1966 Formation de capital fixe - montant brut 17,7 2l,~ 21,9 TE, Epargne nationale - montant brut 14,8 l5 0 11,7 15,7 Entrées nettes de capital et modification des avoirs étrangers 0,7 6,5 10,2 3,1 Epargne intérieure brute 19,7 21,2 18,0 22,h Budget du Gouvernement central (en milliards de FCFA) 1962/63 1965/66 1966/67 Total des recettes ordinaires 34,6 35,8 35,4 Total des dépenses ordinaires 29 9 33 0 33,3 Excédent du budget ordinaire 2,1 Dépenses de développement inscrites au budget f/ 29 4 Déficit total 0,1 2,7 financé par recours à des sources étrangères 0,7 0,2 0,2 sources intérieures / -01 2,5 Assistance étrangère: miontant estimatif brut des versements (en milliards de FCFA) 1964 1965 1966 France 8,2 7;0 6,3 CEE (FED) 1,2 2,7 2,9 Etats-Unis 1,2 0,1 ) Sources diverses l,1 0,8 ) > Total 11,7 10,6 l0,3 Monnaie et crédit Appartenance à une grande zone monétaire: Membre de l'Union monétaire ouest-africaine (JiMDA) et de la Zone franc Masse monétaire totale (à la fin de l'année, en milliards de FCFA) 1962 1964 1965 1966 Montant total de la masse monétaire 34,9 29,5 28,8 26,8 crédit sio secteur privé 33,8 34,6 34,3 30,5 crédit à l'Etat -10,8 -8,9 -6,6 -8,8 1/ A l'exclusion des dépenses de dveloppement entièrement financées par l'aide étrangère. 2/ Modification des bilans du Trésor (- = augmentation) par suite d'opérations budgétaires. -3 - 1961 1964 1965 1966 Balance des paiements (en milliards de FCFA) provisoire Importations 43,5 45,6 44,6 42,9 Exportations 39,3 Ê3 38,5 hL, 5 Balance commerciale -4,2 -7,3 -. 1,6 Services (valeur nette) 8,4 7,0 2,2 2,0 Rémun&ration des facteurs (paiements nets) -1,5 -2,3 -2,2 -2,3 Transferts privés -3,4 -3,9 -4,1 -4,4 Transferts publics 5 0 6 i 5 2 16 Balance des comptes -4 52, Commerce extérieur Appartenance a une grande zone douanière: Membre de lfUnion Douanière ouest-africaine Membre associé de la CEE 1964 1965 1966 Exportations de biens et services: du PIB 23, 226 2,6 Taux de croissance () + 9,4 + 0,4 +11,8 Importations de biens et services: du PIB 28,4 2-7,1 25,6 Taux de croissance () + 1,0 -3,1 -3,8 Concentration des exportations (5) Arachides et produits dérivés 66,5 67,5 68,5 Réserves internationales Au 31 décembre (Avoirs extérieurs imputés à lintérieur de l'Union monétaire d'Afrique occidentale) 1964 1965 1966 Valeur totale (millions de $ des EU) 33,2 23,2 32~7 Importations mensuelles de marchandises 2,2 1,5 2,2 Position à l'égard du FI(millions de $ des EU) 1964 1965 1966 Quote-part 25,0 2~0 27~ Tirages - Dette publique extérieure (en fin d'année) 196à 1966 Encours total de la dette, y compris sommes non encore reçues (millions de $ des EU) 67,8 79,2 Opérations du Groupe de la Banque Mondiale A. Opérations passées (millions de $ des EU - au 31 décembre 1967) Engagements Versements BIRD u,0 0,4 -AID 9,0 1,18 B. Conditions des opérations BIRD/AID Moyenne pondérée Taux d'intérêt Différé d'amortisse- Durée d'amortisse- p)ent (années) ment (a es Septembre 1966- mai 1967 2,h 7,8 31,6 一I O & 州 H 川 H 門A 1 196B BIRD一1828R 0 25 50 75 100 Podor SENEGAL ORGANISATION ADMINISTRATIVE F ET POPULATION L IR.% ERESý..T. ..III ES .............. L TE DE AR EMENTALES ST- LOW L I M IT S REPIONALES t CAP I TALE b CHEF-LIEU DE REGIO 0 CHEF- L , EU DE DEPARTEMENT Motorn POPULATION DES.V.LLES DE PLU s DE 10. 0 HABITANTS 10.000-19.000 20.000-49.000 Linquire Ke 11 0 DE PLUS DE 1.040. l 0 U R B E 1 DENSITE DE POPULATION Nk.-, (NOMBRE D'HABITANTS PAR KM 2 CAP- 5 ET MOINS DE 5 V 24 6-15 h Da 16-30 31-50 tri 5 61-" ALOUM 7 -100 PLUS DE 100 FJ S E und,ougn k G j ounda 0 ri 4 M % >b' Kédougou. > m] iquinchor MAI 1968 BIRD 1829R R odor SENEGAL Dagano NDn TRANSPORTS ST- OUISROUTES BITUMEES ROUTES EN TERRE AMELIOREE ROUTES EN TERRE ENCONSTRUTION CHEMINS DE FER VOIES NAVIGABLES Lougo Moton AEROPORT DAKAR-YOFF nnau[ N oN'° ..e® Lnguere D'00 brn, ..10 DhrYonofere Borro Mo o o B r bý D . 5 D,onko MMoust TvaauaneBa' Toube Pout ambey MTBik DAKA .'Rind, IOURBEL M' atoguine Gossas M Bauafick F-mel ALc Dofoe ofrne K.unghel Bl Madiabe U E KayemnoreU S K.ussE SE TAMBAKOUNDA Koul.ng. ir TVmldil K and,, Dian KaunKkane \Mk Bignona ö N'D ende M. r CA AN S-o -- ---.a c. ZIGUINCHOR S-mre .Kedougou. Oussouye .-z ..-.--GUINEE PORTUGAISE GUNEE .. MAI 1968 BIRD -1850R SENEGAL PRINCIPALES PRODUCTIONS AGRICOLES MIL 7x ARACHIDE Ä,RIZ COTON . BETAL 0200 400 MINE DE T-OKILOMETRES PHOSPHATE\ M A U R I T A N I E DAKAR KIDIRA c MALI CTAMBACOUNDA G U I N E G U IN E EG U I N E E P OR T UG AIS E MAY 1968 BIRD - 2289 RESLE ET COUCLUSIOUS 1. Au cours Ues durniý zr'c ann' .s, productiQn et revenu ont crd lentisment au Sénégal; il se peut même que, si l'on se rapporte au revenu réel par tête, celui-ci ait diminué de près de un pour cent par an. Le rythme de croissance du secteur agricole a été satisfaisant, bien que la principale production - les arachides - ait été affectée de variations cycliques de grande amplitude. Les arachides - exportées à la fois sous la forme de graines et sous la forme d'huile - sont la base de l'économie sénégalaise; elles entrent pour environ 69/ dans le total des exportations et pour plus de 17% dans la formation du produit intérieur brut, en tenant compte des activités de transformation. Le secteur industriel a beaucoup souffert de l'éclatement de l'ancienne Afrique Occidentale Française et de la perte des marchés extérieurs qui en est résulté. L'industrie est égale- ment handicapée par la structure des prix qui maintient ceux-ci à un niveau élevé et empêche les exportations vers d'autres pays que ceux de l'Union Monétaire Ouest-Africaine. 2. Les investissements dans le secteur privé ont connu une poussée rapide en 1966 et 1967 sous l'effet de la mise en oeuvre de nouveaux projets dans les transports et l'industrie. Le bas niveau qu'ils avaient atteint les années précédentes a été compensé en partie par un accroissement des dépenses publiques en capital partiellement financées sur les avoirs du Trésor et dont l'effet a été d'éviter un plus grand marasme économique. 3. Le principal problème de l'économie sénégalaise est le haut niveau des prix qui, dans le passé, a fait obstacle à la diversification des productions et des exportations. Ces surprix ont également amené le gouvernement à augmenter les taxes et droits sur les produits importés, avec pour résultat d'avoir peut-être diminué les recettes qui auraient pu provenir de certaines exportations. Depuis une date récente, les arachides du Sénégal exportées en France ne bénéficient plus de prix préférentiels et la récolte 1967/68 devra être vendue aux cours pratiqués sur le marché mondial et dont le niveau est bien en dessous (20%) des prix préférentiels précédemment consentis par la France. En prévision de ce changement de prix, le gouvernement sénégalais a, depuis quelques années, lancé un programme d'actions dans le but d'accroître la productivité et la production des agriculteurs et, par là, de leur conserver des revenus d'un même montant malgré cette diminution des prix. La taxe à l'exportation sur les arachides a été diminuée et les coûts de commercialisation et de transformation ont été réduits. Un programme limité de stabilisation des prix a également été établi par la Communauté Economique Européenne pour atténuer les effets de la suppression des prix préférentiels. Le prix mondial de l'arachide a cependant diminué dans de plus grandes proportions que ne l'avaient prévu le gouvernement sénégalais et la CEE et, conséquemment, le prix d'achat au producteur a été réduit d'environ 13% pour la récolte 1967/68. 4. Depuis l'indépendance, les dépenses publiques ont été maintenues dans des limites étroites. Une augmentation importante des taux des taxes et impÔts a eu pour résultat un accroissement sensible, jusqu'en 1965, dse' - ji - recettes correspondantes. iais depuis, le bas niveau des importations, la contrebande et la réduction des droits de douane sur les marchandises originaires des pays de la CEE ont eu pour effet de diminuer les recettes provenant des taxes à l'importation et les excédents budgétaires sont devenus moins importants. Le secteur public est administré avec compétence, et il est fait un large recours à l'assistance de techniciens et d'adminis- trateurs étrangers. Le manque de personnel qualifié est cependant parti- culiérement sensible au niveau moyen des postes administratifs. En 1965/66 et 1966/67 les investissements publics ont été freinés tant par des retards dans la préparation des projets que par un manque de fonds d'origine locale. Ils devraient croître considérablement au cours de la présente année fiscale et de la prochaine, encore qufà un niveau moindre que prévu. Le plan de développement en cours d'exécution se présente comme un programme d'actions bien équilibré et, à l'exception d'un grand projet d'adduction d'eau, l'ordre des priorités a généralement été correctement établi. Le Sénégal reçoit une aide financière importante de l'extérieur et en particulier de la France - qui supporte, entre autres, le coût du personnel d'assistance technique qu'elle fournit - , de la CEE - dont l'aide à la culture de l'arachide se traduit à la fois par un soutien des prix et une aide à l'investissement - et, dans une moindre mesure, des Etats-Unis, de l'Allemagne Fédérale et du Canada. Le Groupe de la Banque Mondiale et les institutions des Nations Unies ont également une activité marquée dans le pays. 5. Bien qu'une aide financière importante soit attendue de l'étrange-- il est peu probable que le Sénégal soit en mesure de financer toutes les actions prévues aux deux dernières années du plan de développement (1967/68 et 1968/69). En effet, l'excédent des recettes sur les dépenses~de fonc- tionnement du budget restera faible dans les années à venir du fait de l'impossibilité pratique d'augmenter la fiscalité sans nuire à la compé- titivité des exportations sénégalaises. On peut espérer toutefois que le gouvernement pourra continuer avec le même succès que précédemment à maintenir les dépenses courantes de ltEtat à un niveau raisonnable, de sorte que leur accroissement ne dépasse pas le taux modeste enregistré dans le passé. A cet égard, des mesures sont prises actuellement pour assainir la situation financière des entreprises publiques et des muni- cipalités et l'on peut raisonnablement penser que les unes comme les autres pourront éviter, à l'avenir, d'avoir recours au Trésor pour financer leur déficit. Si des ressources locales complémentaires ne pouvaient être mises à contribution, une impasse budgétaire importante avec, pour consé- quence, des coupes sombres dans les dépenses de développement, deviendrait inévitable. Mais les avoirs du Trésor sont actuellement d'un montant élevé et il devrait être possible pour le gouvernement d'en utiliser une partie pour financer les investissements. Le gouvernement n'a toutefois pas encore pris de décision a ce sujet. 6. Ce que seront dans les prochaines années les prix de l'arachide aura des conséquences sur les ressources du Trésor: si le prix mondial se maintient à un niveau proche de celui auquel il est actuellement, et si les prix au producteur et les coûts de commercialisation - ou les uns ou les autres - ne sont pas diminués, les recettes du Trésor seront moins élevées que dans le passé. Comme les cours mondiaux semblent devoir rester, en fait, aussi bas qu'ils le sont actuellement., le gouvernement devra - iii - diminuer les prix au producteur et les coûts de commercialisation - ou les uns ou les autres - s'il veut éviter une chute des revenus qu'il retire de l'arachide. Dans la mesure où elle sera effectuée graduellement, la diminution des prix au producteur, si elle devient nécessaire, ne devrait pas diminuer l'intérêt qu'il trouve à utiliser des méthodes et des moyens modernes de culture. 7. A court terme aussi bien qu'à long terme, l'avenir de l'économie sénégalaise est dominé par la baisse du prix à l'exportation des arachides. Bien qu'à long terme la production agricole doive, en valeur, croître à un taux constant de 3,5% par an, on peut s'attendre à ce qu'entre 1966 et 1972 l'accroissement ne soit que de 2% par an par suite de conditions climatiques défavorables (et de nature cyclique) en 1971 et 1972. Ce faible taux ne saurait être contrebalancé ni par une augmentation de la proportion d'huile dans les exportations de produits arachidiers puisque l'on prévoit que les prix de l'huile sont eux aussi appelés à diminuer, ni par un accroissement sensible de la production industrielle. De la sorte, le produit intérieur brut ne continuerait à croître qu'à un rythme lent et peut-être moins élevé encore que le taux d'accroissement de la population. 8. Le poids de la dette extérieure ne constitue pas pour le Sénégal un fardeau excessif. Les paiements annuels effectués au titre de cette dette représentaient, en 1966, 2% de la valeur des exportations et 2, 6l des recettes courantes de l'Etat. Malgré le recours prévu à un financement extérieur important dans les deux prochaines années et malgré des expor- tations stagnantes en valeur, le premier des pourcentages cités ci-dessus n'atteindra vraisemblablement que 4% par an en 1972, principalement du fait des conditions avantageuses auxquelles doit être consentie l'aide extérieure. Cependant, à long terme, les perspectives pour le Sénégal restent sombres, car il est probable que production et exportations ne continueront à croître que lentement; il se pourrait même qu'elles n'augmentent plus et plafonnent à un certain niveau. Dans ce cas, un recours accru à un financement extérieur aux conditions normales du marché financier pourrait menacer l'équilibre de la balance des paiements du Sénégal. A moins d'un rajustement des prix qui favoriserait de nouvelles exportations - mais sur ce point le Sénégal, par son appartenance à une union monétaire, n'a qu'un pouvoir de décision limité - tout nouvel endette- ment ne devrait se faire que sur la base de conditions nettement plus favorables que celles qui ont habituellement cours sur les marchés financierc 9. En considération de ses faibles ressources et de la bonne gestion de ses affaires, le Sénégal peut être admis à bénéficier de nouveaux crédits de l'Association Internationale de Développement. Sur la base de sa solvabilité, le Sénégal peut être considéré comme pouvant recevoir un financement mixte: des prêts de faible montant devraient pouvoir lui être consentis par la Banque. SITUATION ET PERSPECTIVES ECONOMIQUES AC"TELLES DU SENEGAL I. GENERALITES Le pays et ses habitants 1. Le Sénégal couvre une superficie de près de 200.000 km. carrés, à l'extrémité ouest du continent africain. Quatre grands fleuves tra- versent le pays d'ést en ouest: le Sénégal, qui marque la frontière avec la Hauritanie et est navigable sur 1.800 km., le Saloum, la Gambie et la Casamance. La vallée moyenne et inférieure de la Gambie constitue le pays du même nom, ancienne colonie britannique, formant une mince enclave en territoire sénégalais. Le climat et la végétation varient considérablement avec la latitude: sub-sahariens dans le n'ord, où la plu- viosité est inférieure à 400 mm. par an, ils prennent dans le sud (Ca- samance) le caractère de la forêt tropicale où il tombe chaque année jusqu'à lm.60 de pluie. 2. La population du Sénégal (environ 3,5 millions d'habitants) aug- mente à la cadence approximative de 2,4% par an. Le nombre des non-Afri- cains - qui sont surtout des Français, des Libanais et des Syriens - est tombé de 63.000 à 47.000 entre 1961 et 1966. L'émigration de Séné- galais vers l'Europe, qui en 1962 était montée à 7.700, est aujourd'hui insignifiante. 3. En l'absence de tout recensement récent, les caractéristiques de la population du Sénégal (répartition par âge et par sexe) sont mal connues. On a toutefois procédé récemment à des calculs globaux par région (Tableau 3), qui montrent combien la densité de population est variable: de 1.011 habitants par km carré au Cap Vert (dominé par le district métropolitain de Dakar), elle tombe à 3 habitants par km carré dans llouest du Sénégal, région où les terres cultivables ne manquent pourtant pas mais qui est éloigné des grandes voies de communication. Le Siné-Salou, est celle des régions agricoles où la population est le plus dense (33 habitants par km carré). 4. Les mouvements de migration interne sont considérables. Si la population des campagnes est restée plus ou moins stable depuis 1961, celle des agglomérations urbpines ' augr;enté de près de 7% par an. D'autres mouvements sont en cours à l'intérieur des régions rurales, où l'on constate une assez forte migration vers l'ouest. Situation politique 5. La situation politique n'a guère changé depuis l'établissement du précédent rapport économique, et le Sénégal reste, politiquement, l'un des pays les plus stables d'Afrique occidentale, grâce en grande partie aux qualités exceptionnelles dont le Président Senghor fait preuve à la tête du pays. La situation politique interne s'est modifiée du jour où, en juin 1966, l'unique parti légal d'opposition (PRA - Sénégal)l/ a fusionné avec le parti au pouvoir (UPS) 2/ et où trois des anciens chefs de l'opposition sont devenus ministries. Ce changement revêt une importance particulière dans la perspective des élections générales de février 1968, qui semblent bien à présent devoir se faire selon le sys- tème du parti unique, ou mieux, unifié. Ces élections entraîneront sans doute un remaniement ministériel, mais une ré-orientation politique profonde est peu probable. L'absence de toute opposition organisée a aidé à surmonter le malaise politique qui s'est manifesté au printemps de 1967 et qui était dû en partie à la mise en oeuvre d'un plan d'amé- nagement de la zone urbaine de Dakar et en partie aux dissensions entre diverses sectes musulmanes. Cette double agitation n'a cependant eu aucun rapport avec l'attentat dont le Président Senghor a failli être victime au printemps de 1967 et qui est apparu, à la lumière de l'en- quête qui a été faite, comme un acte isolé. 6. La situation politique extérieure s'est considérablement amé- liorée. Les relations avec le Mali sont devenues cordiales, et le Pré- sident Senghor a usé de son influence pour faciliter le récent changement de politique monétaire du Mali. Les relations avec la Guinée se sont normalisées depuis la réunion que les présidents des quatre pays riverains du Sénégal _/ ont tenue à Bamako en novembre 1967, et-au cours de laquelle ils sont convenus de rétablir les rapports de coopération entre leurs quatre gouvernements. Les relations avec la France demeurent extrêmement cordiales, et le projet qu'a conçu le Président Senghor de créer une communauté des pays francophones (d'Afrique et d'ailleurs) a renforcé sa position parmi les personnalités dominantes de l'Afrique francophone. Situation sociale 7. Comme celle d'autres pays africains situés au sud du Sahara, la population du Sénégal se compose d'éléments appartenant à diverses tribus, elles-mêmes divisées en castes. Le tribalisme ne joue néanmoins au Sénégal qu'un rôle relativement faible. Parmi les traits communs à toutes les tribus figure le système de la f amille étendue, en vertu du- quel le citadin, s'il a un emploi, se sent tenu d'accueillir chez lui les parents qui arrivent de la campagne ou d'une autre ville, en quête de travail. Des enquêtes par échantillonnage, visant à déterminer les dimensions de telles familles, ont montré que chaque ouvrier d'usine a en moyenne 9 personnes à sa charge, le nombre de ces personnes augmentant, en général, proportionnellement à ses gains. Ce système encourage l'exode rural, tout en réduisant l'ambition que pourraient avoir les travailleurs urbains de gagner davantage. 1/ Parti de la Révolution africaine 2/ Union progressiste sénégalaise 3/ Guinée, Mali, Mauritanie, Sénégal -3 - 8. Le citadin qui a un emploi contribue également à l'entretien des parents restés à la campagne. Malgré les envois d'argent de la ville au village, et en dépit du fait que les revenus des cultivateurs augrentent sans doute, depuis quelques années, plus rapidement que ceux des citadins, l'exode rural n'a guère diminué. La ville conserve son attrait, surtout pour le jeune paysan qui n'a pas grand chose à perdre au changement, sachint qu'une fois en ville, s'il n'y trouve pas d'emploi, des parents pourvoiront à ses besoins. 9. Du point de vue religieux, bien que plus de 95% d'entre eux soient musulmans, les Sénégalais sont divisés en un certain nombre de sectes, dont les deux principales groupent à elles seules la majeure partie de la pop- ulation. Leurs chefs religieux, ou marabouts, dont les fonctions sont héréditaires, jouissent d'une grande influence. Emploi, traitements et salaires (Tableau h) 10. Il y avait au Sénégal en 1965 quelque 120.000 salariés, approxi- mativement 10% de moins qu'en 1960. L'accroissement substantiel de l'emploi dans le secteur industriel avait été plus que compensé par une forte baisse d'effectifs dans le secteur des services et dans le secteur public apparemment liée h la réduction des forces militaires françaises (depuis 1963) et à la disparition progressive de grandes sociétés privées spécialiséej dans le commerce des arachides. Le nombre des fonctionnaires du gouvernemen& sénégalais est resté à peu près le même qu'avant l'indépendance. 11. L'inscription au chômage, dans les zones urbaines, d'ouvriers et d'employés ayant précédemment travaillé, a progressé plus vite que la population urbaine. En 1966 et 1967, le nombre des emplois ne semble guère avoir augmenté. Au contraire, diverses entreprises. modernisent leurs installations et se dotent d'un outillage, ce qui réduit leurs besoins de main-d'oeuvre. En 1967, les manuffactures ont pour cette raison licencié près de 400 personnes. 12. Le salaire légal minimum (SIG) est le même depuis 1961, et sa réglementation semble respectée par les employeurs. Les salaires des travailleurs qui ne sont pas de simples manoeuvres sont fixés par des con- ventions collectives; et eux non plus n'ont guère augmenté. (Il est vrai qu'ils semblent déjà être relativement élevés, en raison du manque de main-d'oeuvre qualifiée: c'est ainsi que les contremaîtres gagnent, par an, l'équivalent de 2.200 à 3.000 dollars, parfois davantage). D'après les calculs qu'on a faits en 1964 pour un échantillon de travailleurs industriels, la paie nette de chacun représentait, en moyenne, environ 1.000 dollars par an. Ce niveau élevé des salaires résulte aussi du fait que les étrangers employés dans l'industrie privée gagnent parfois entre 2 et h fois plus qu'ils ne gagneraient en France. Il subsiste donc un écart considérable entre les gains d'un Sénégalais et ceux d'un étranger faisant le même travail. Certaines entreprises s'occupent activement de la formation sur le tas de Sénégalais, parmi lesquels elles espèrent recruter un personnel moins cofteux que les cadres non-africains mais les progrès sont lents. Croissance économique récente (Voir tableaux 5 à 8) 13. Bien que les données tirées de la comptabilité nationale soient encore très approximatives, elles donnent une idée assez claire de la croissance récente. Depuis 1959, le produit intérieur brut a augmenté de 4,2% par an (aux prix courants). La hausse des prix, particulié- rement sensible ces dernières années, semble avoir été de 2 à 3% par an; la population, de son côté, a augmenté d'environ 2,4% par an, de sorte que le revenu par habitant à prix constant a fort bien pu baisser de 1% par an. Pour 1966, le PIB par habitant peut être évalué à 190 dollars, au taux de change officiel. 14. La lenteur de cette croissance s'explique par de nombreuses raisons. D'abord, peu après l'accession du Sénégal à l'indépendance, l'ancienne AOF s'est scindée en un certain nombre de pays souverains, et Dakar a cessé d'être la capitale administrative, commerciale et industrielle de ce groupe de territoires. Il en est résulté notamment que l'industrie, conçue à l'échelle d'un grand ensemble, a perdu certains de ses débouchés. Depuis 1963, l'effectif des forces militaires françaises a beaucoup diminué, privant le Sénégal d'une grande partie du revenu qu'il tirait des dépenses militaires. 15. Par ailleurs, l'indépendance elle-même a été, pour un temps, génératrice d'une incertitude parmi les chefs d'entreprises et les dé- tenteurs de capitaux qui s'est encore accrue à la suite de la natio- nalisation du commerce de l'arachide décidée par le gouvernement pour améliorer la situation des cultivateurs. Le problème, cependant, a été depuis lors en grande partie résolu, et l'activité économique du pays bénéficie d'une ambiance générale aussi favorable que possible à l' entreprise privée. 16. Depuis l'accession à l'indépendance, la structure de l'économie ne s'est pas profondément modifiée, comme le montre la comparaison des chiffres suivants: Pourcentage du PIB aux prix du marché 1959 1966 Agriculture 28 29 Industrie, mines, bâtiments et T.P. 16 16 Services 41 h0 Administrations 15 15 Total 100 100 L'apport considérable de l'industrie s'explique par l'importance des activités de transformation des arachides qui à elles seules, entrent pour près d'un quart dans la production industrielle totale. 17. La structure des dépenses n'a pas non plus subi de grands changements: Pourcentage du PIB 1961 1966 Consommation 88 89 Investissement 10 10 Exportations (valeur nette) 2 _1 Total 100 100 Epargne intérieure brute 12 11 18. L'incertitude qui a un moment régné au Sénégal et les réajus- tements consécutifs à l'indépendance ont eu cependant un effet sur l'investissement. Un fléchissement de l'activité du secteur privé entre 1959 et 1962 a été compensé en grande partie par une augmentation de l'investissement du secteur public: Pourcentages de la formation de capital brut 1959 1962 1965 Secteur privé 57 45 55 Secteur public h3 55 h5 Total 100 100 100 19. Le Sénégal a une économie ouverte. Doté d'une monnaie convertible et intégré à un système bancaire régional, il participe sans restrictions aux mouvements internationaux de capitaux privés. On le voit aux sorties importantes de revenus privés - notamment ceux d'Européens habitant au Sénégal - ainsi que de capitaux privés, ce double phénomène répondant apparemment à une préférence marquée pour le dépôt des liquidités à l'étranger. Des entrées de capital privé, liées aux nouvelles possibi- lités d'investissement, se sont également produites; mais elles sont moins régulières que les sorties, car elles dépendent d'occasions parti- culières qui sont elles-mêmes rares et irrégulières. Les entrées de capitaux publics - tant pour l'investissement que pour la couverture de dépenses courantes telles que celles d'assistance technique - ont largement compensé les sorties et notablement contribué à la croissance du Sénégal en lui fou1rnissant l'appoint de compétences rares en même temps que les moyens de financer certains projets d'intérêt public. - 6 - Balance des paiements (Tableaux 9 à 12) 20. Commerce. Le Sénégal ne dispose pas encore de bonnes statistiques de sa balance des paiements, et l'on doit se contenter d'estimations, parfois assez sommaires. Même pour le commerce, on se heurte à des pro- blèmes statistiques (Voir tableaux 10-11). La place du commerce extérieur dans l'économie a varié dans des proportions sensibles: Pourcentages du PIB 1961 1963 1966 Exportations de marchandises 25 20 23 Importations de marchandises 27 25 22 21. Les exportations ont évolué parallèlement aux récoltes d'arachides, Le niveau élevé qu'elles ont atteint en 1966 s'explique par la récolte record de 1965-66. Le fléchissement des années 1961 à 1963 s'explique de plus par le déclin des exportations vers les pays membres de l'Union douanière ouest-africaine, déclin qui semble s'être poursuivi: les exportations vers ces pays peuvent être évaluées pour 1966 à quelque 6 milliards de FCFA, contre 19 milliards environ en 1959 (Tableau 10). Les arachides et produits dérivés constituent toujours l'élément prin- cipal des exportations (Tableau 12). Le plus gros acheteur est la France (61% des exportations), dont la part est restée plus ou moins constante depuis 1961; il est arrivé toutefois qu'à l'occasion de ré- coltes particulièrement abondantes d'arachides, la part relative de la France décline en faveur d'autres pays européens (Italie, Portugal) qui achètent les arachides du Sénégal sur le marché mondial. Les expor- tations de phosphate de calcium ont aussi augmenté sensiblement jus- qu'en 1965, grâce à la mise en exploitation d'une nouvelle mine. Les autres exportations - constituées surtout par des matières premières et des produits manufacturés - restent d'un faible volume et n'ont pas subi grand changement. 22. Les importations sont en déclin depuis le maximum qu'elles ont atteint en 1964. Ce mouvement est surtout imputable aux produits de consommation, tant agricoles qu'industriels. Les importations de denrées alimentaires, en particulier, ont augmenté de plus d'un milliard de FCFA entre 1961 et 1964, et diminué d'autant au cours des deux années sui- vantes. Ces fluctuations sont très vraisemblablement dues aux variations de la production agricole vivrière du Sénégal; mais le relèvement des taxes sur les importations de produits de consommation a également contribué au déclin que l'on constate depuis 196h. Il est vraisemblable aussi que la disparition, depuis 1963, des grandes entreprises d'impor- tation du commerce intérieur a nui à la distribution des produits - 7 - d'importation. D'autre part, l'augmentation des taxes paraît avoir eu pour effet de réduire les achats de produits industriels de consommation. Pour ce qui est des biens d'équipement et des produits intermédiaires, le v.olume des importations ne semble pas avoir beaucoup changé depuis quelques années; il a considérablement augmenté, en revanche, pour ce qui est des matières premières, en raison de l'activité industrielle accrue des années 1965 et 1966. 23. Bien que la France fournisse le gros des importations, sa part du total a sensiblement diminué (de 59% environ en 1961 à 47% en 1966), par suite de la libéralisation des échanges avec les autres pays de la CEE et du commerce accru du Sénégal (et du Mali) avec les pays de lr est. 2h. Politique commerciale. Membre de l'Union douanière ouest-africaine (UDOA)i/ et membre associe de la CEE, le Sénégal fait partie de deux zones prêférentielles. Les droits de douane, impôts et autres taxes à l'impor- tation sont moitié moindres dans le cas des échanges entre pays membres de 1'UDOA que dans celui des articles importés du pays le plus favorisê en dehors de l'UDOA. Ce régime préférentiel pourtant généreux ne semble pas avoir eu grand effet sur les échanges entre les divers pays membres de l'UDOA: le volume de ces échanges n'a guère augmentê depuis 1960, et il a même diminue dans certains cas. Cela est dû notamment à la difficulté de coordonner les politiques industrielles et les nouveaux investissements à l'intérieur de l'Union douanière ce qui a abouti à multiplier les entreprises analogues dans les divers pays membres. Vis-à-vis de la CEE, le Sênêgal jouit des mêmes privilèges douaniers que les pays de la CEE s'accordent les uns aux autres; les droits de douane qui frappent les articles importés du Sénégal (ou exportés vers le Sénêgal) ont été progressivement abaisses et seront complètement supprimés au milieu de 1968, bien que le Sénégal conserve la facultê de percevoir des droits de douane pour protéger ses productions locales* Le Tarif Extérieur Commun ne comporte pas de droits de douane sur les arachides décortiquées, de sorte que le Sénégal ne bénéficie d'aucun avantage à cet égard. Il comporte cep dant un droit de 15% sur l'huile d'arachide produite en dehors des EAIIAP, ce qui représente pour les pays en question un avantage équivalent. 25. Le Sénégal a conclu une douzaine d'accords bilatéraux, surtout avec d'autres Etats africains et avec certains pays dtEurope de l'est; mais aucun de ces accords n'a eu d'effets importants. La forte discrimination exercée à l'encontre du Japon, dont les produits sont frappés, à l'impor- tation, de taxes trois fois supérieures au tarif normal, répond surtout aux intérêts des pays de la CEE, dans la mesure où elle empêche le Sênégal de s'adresser à un fournisseur dont les prix sont relativement bas. f L'UDOA comprend: La auritanie, le Sénégal, le Mali, la Côte d'Ivoire, la Haute Volta, le Niger et le Dahomey. 2/ Etats africains et malgache associes. - 8 - 26. Services et Compte "Capital". Les autres éléments de la balance des paiements (Tableau 9) ont été pour la plupart estimés d'après des données incertaines. La rubrique "Transports" comprend surtout les services de cet ordre rendus par le Sénégal au 1.ali (chemins de fer et port de Dakar) et aux compagnies de transport maritime dont les bateaux utilisent ce même port. Les services rendus à la Mauritanie ne sont pas inclus. La rubrique "Voyages", dont le solde est lourdement déficitaire, comprend à la fois le prix des billets d'avion ou de bateau pris par des personnes résidant au Sénégal et les dépenses faites par ces personnes à l'étranger - dépenses considérables en raison de la mobilité de la population étrangère. Au contraire, touristes et gens d'affaires ne font au Sénégal que des dépenses modiques. Sous la rubrique "Services d'Etat", on a compté la valeur des services d'assistance technique rendus au Sénégal, et le montant - en diminution depuis quelques années - des dépenses faites au Sénégal par les forces militaires françaises. 27. Les transferts de fonds privés à l'étranger constituent, eux aussi, un gros élément de déficit. Ils comprennent tous les revenus d'étrangers résidant au Sénégal, pour autant que ces revenus sont transférés ou déposés à l'étranger. L'estimation est sans doute inférieure à la réalité attendu qu'elle repose sur le comportement observé parmi les étrangers en 1959. Il se peut que depuis cette date, les intéressés aient été de plus en plus enclins à conserver leur agent à l'étranger, vu la hausse du coût de la vie au Sénégal (en particulier pour les non-Africains). Les sommes que les migrants envoient à leurs familles n'ont pu être évaluées, elles aussi, que de manière approximative. Si l'on estime qu'elles sont restées à peu près les mêmes depuis 1963, c'est que le nombre des Sénégalais résidant à l'étranger a lui-même été plus ou moins constant. 28. Le montant de l'aide étrangère à l'Etat (Tableau 13) repose pour une part sur des estimations, car il est difficile d'évaluer financièrement les divers genres d'assistance que la France accorde au Sénégal. Il comprend la valeur intégrale de l'assistance technique, sans dinstinction entre les sommes dépensées respectivement en France et au Sénégal, ce qui représente(d'aprés les estimations) plus de 5 milliards de FCFA par an. C'est ce chiffre qui figure dans la balance des paiements. 29. Pour estimer la rémunération des facteurs, on a admis que les profits tirés de l'industrie (laquelle se trouve presque entièrement entre des mains étrangères) étaient intégralement transférés à l'étranger. En principe, une partie de ces gains devrait réapparaître comme une entrée de capitaux, puisqu'on sait que des bénéfices ont été réinvestis dans le pays. Cependant,le compte capital de la balance des paiements se solde - compte tenu de l'apport de fonds publics et des variations des avoirs extérieurs - par un excédent de sorties dont le montant n'est pas négligeable. Cette situation s'explique en partie par des opérations commerciales et des virements privés qui ne sont pas déclarés; il se peut aussi que les rapa- triements de capitaux jouent à cet égard un r8le considérable. lais la raison fondamentale de cet excédent de sorties est que les particuliers et les entreprises préfèrent garder à l'étranger leurs liquidités et leurs économies, y compris les réserves légales ou statutaires, les réserves pour dépréciation, etc. Il. PRINCIPALES ACTIVITES ECONOMIQUES Agriculture (Tableaux 15 à 18) 30. Le Sénégal est un pays essentiellement agricole. Lagriculture occupe plus de 70% de la population active de sexe masculin. Il stagit presque exclusivement de petits cultivateurs, qui exploitent avec litaide de leur famille de 3 à 6 hectares de terres communales ou qui pratiquent le nomadisme pastoral. A llèpoque coloniale, on a essayé de créer deux grandes entreprises agricoles hautement mécanisées et employant une main d'oeuvre salariée. Pour les arachides comme pour le riz, ces tentatives ont échoué. La valeur ajoutée, dans ltagriculture et llélevage, représente environ 40% du PIB, au coût des facteurs, et cette proportion nla guère varié depuis huit ans. 31. Les conditions sont telles que dans tout le Sénégal (à lsexcep- tion de lextrtme sud (Casanance)),le nombre des cultures possibles est restreint. La majeure partie du territoire reçoit moins d'un mètre de pluie par an, répartie sur une période de 3 mois et demi à h mois, de sorte quton ne peut cultiver que des espaces à cycle végétatif court. La culture traditionnelle était celle du mil, complétée par llélevage et (dans une bien moindre mesure), la culture du manioc et parfois du coton. Ce sont les Européens qui, au début de leur pénétration, ont introduit au Sénégal la culture de larachide. 32. La production agricole (à llexclusion de la p8che) stest élevée en moyenne, au cours des années 1962-1966, à 43 milliards environ de FCFA, l6levage représentant un peu plus de 10%, liexploitation forestière envi- ron 1% et lagriculture proprement dite près de 90%. La production diara- chides - la seule qui tienne une place importante dans les exportations - constitue près de la moitié de la production totale. Clest là une propor- tion exceptionnellement élevée : au Dahomey, les cultures d1exportation ne représentent que 15% de la production totale, et m8me en Cfte dlIvoire, dont ltéconomie agricole est fortement orientée vers llexportation, elles ne dépassent pas 40%. Si la culture des arachides occupe une place aussi pré- dominante, ctest à cause de conditions naturelles particulièrement favo- rables. Mise à part la Casamance, la culture des arachides s'est révélée nettement plus profitable que toute autre, ou meme que llélevage, surtout au temps oÙ la France garantissait des prix préférentiels élevés et stables. La culture du coton est la seule qui puisse prendre de llimportance et devenir un jour aussi profitable que celle des arachides. Mais on lIa longtemps considérée comme trop délicate pour les paysans sénégalais, et ctest pourquoi on lta négligée. 33. Au cours des huit ann6es 1959-1966, la production agricole a aug- menté en moyenne dtenviron h% par an, surtout grâce à liextension des super- ficies cultivées. Les rendements à llhectare niont augmenté que très len- tement et restent généralement faibles, la masse des exploitants restant attachée aux méthodes traditionnelles. La production drarachides nta aug- mentè que de 3% par an; pour le mil, le riz, les légumes et les produits Clèlevage, la croissance a été beaucoup plus rapide, mais la production ne siffit pas encore aux besoins du pays. - 10 - 3h. Dans le proche avenir, il se pourrait que le taux de croissance de ltagriculture se ralentisse un peu. Pour les arachides, on peut stat- tendre à une forte augmentation des rendements à lthectare; mais les super- ficies cultivées augmenteront sans doute plus lentement et les prix d7expor- tation baisseront, de sorte que la valeur totale des exportations d1arachides n'augmentera vraisemblablement pas de plus d'un pour cent par an. Bien que lion puisse sfattendre à voir llensemble de la production de coton, de canne à sucre, de riz et des cultures traditionnelles monter de pràs de 6% par an, la valeur de la production agricole, estimée dtaprès les tendances actuelles, augmentera probablement dlun peu plus de 3%. Cependant entre 1966 et 1972, cette augmentation de valeur restera en moyenne inférieure à 2% par an, à cause des conditions climatiques défavorables (de nature cyclique) qui régne- ront en 1971 et 1972. 35. Les particularités de son sol et de son climat rendent la savane sénégalaise éminemment apte à la production d'arachides. Initialement limité. aux régions qui se trouvent à ltest et au nord de Dakar, cette culture stest étendue de plus en plus, depuis quinze ans, vers le sud-est, dans une région qui lui convient encore mieux, à mesure que la densité croissante de la popu- lation raréfiait les bonnes terres arables et réduisait les jachères au- dessous du niveau optimal. Le Gouvernmment a encouragé llémigration "cen- trifuget" continue des planteurs d'arachides vers des régions moins peuplées en étendant le réseau routier et lapprovisionnement en eau. Grâce à cela, la superficie des cultures est passée de 650-700.000 hectares environ en 1947-1955 à plus dlun million d1hectares en 1966 et 1967. Les rendements, toutefois, sont restés faibles, à cause des méthodes de culture qui sont encore le plus souvent traditionnelles. Ltemploi des engrais chimiques était encore inconnu à une date très récente, et celui de la traction ani- male est encore primitif, bien que les b9tes de trait ne manquent pas. La production globale a augmenté de pair avec la superficie des cultures, passant de 450-600 milliers de tonnes entre 1947 et 1955 à 950.000-1.150.00C en 1963-1966. 36. Pour ce qui est de la commercialisation, le Gouvernement est intervenu depuis liindépendance en confiant toutes les transactions - que les arachides soient destinées à 9tre exportées ou à 9tre traitées sur place - à une société de droit public, et en créant des coopératives agri- coles qui vendent leur production directement à cette société sans passer par le négoce privé. La mise en place des coopératives ayant nécessité un certain temps, les négociants niont été évincés du marché que progressive- ment. En ce qui concerne la production, ltintervention de llEtat nta été effective qutà partir du moment o, en 1964, le Gouvernement a confié à la SATEC./ llexécution dýun programme de vulgarisation agricole dans les principales régions de culture de l!arachide, afin d1accroftre les rende- ments moyens de 25% en ltespace de 5 ou 6 ans. La SATEC a commence ses opérations en 196h sur quelque 150.000 hectares, et a couvert en 1966 toute la superficie de 724.000 hectares prévue pour son action. Cette superficie, représente à peu près les deux-tiers des terres cultivées en arachides au Sénégal, et fournit 851 du volume total de la récolte. 1/ Société dtassistance technique et de coopération, organisme français se-,,i-public, à but non lucratif, spécialisé dans les travrx de -la- rd ff cation et de vglarisatio gricoles. - il - A c8té de la SATEC, qui donne aux planteurs des conseils tech- niques, stattachant notamment à généraliser liemploi des engrais chimiques et de semences améliorées, ainsi que celui dtinstruments aratoires et dIanimaux de trait pour le labourage et le sarclage, il y a au S4égal, trois organismes publics qui stoccupent des arachides. L ONCM1 est chargé de donner des conseils techniques aux coopératives agricoles; il leur fournit aussi semences, matériel de culture et engrais. A partir de la campagne en cours (1967/68), il est aussi partiellement chargé des transactions intérieurea; il sert en effet d1intermédiaire entre les coopératives et 1IOAS-2, société de droit public chargée de la vente des arachides à. létranger et de lapprovisionnement des huileries du Sénégal. La BNDS3, .banque nationale de développement, est responsable du financement à court et à moyen terme des achats d tengrais et de machines agricoles; elle stoccupe aussi, avec les banques commerciales, du finance- ment à court terme de la commercialisation des arachides, et elle fournit pour cela des crédits tant aux coopératives qulà 11OCAS. 3% Ltemploi d'engrais pour la production d'arachides est favorisé par lapplication dlun programme que finance le FED et en vertu duquel les engrais bénéficient de subventions égales à 30% environ de leur prix. En 1965, la demande drengrais chimiques est restée inférieure litattente; mais elle a augmenté en 1966, passant de 26.000 à 39.000 tonnes, tandis que le montant global des subventions passait lui-m&ae de 200 à 300 millions de FCFA. Lorsque le second FED disparaftra, au printemps de 1969, le Gouver- nement devra assumer le financement de ce prograrme. 39. DIaprès les tendances antérieures concernant l'accroissement des superficies exploitées, et compte tenu de laugmentation probable des rendements dans les régions agricoles bénéficiant des services de la SATEC, on estime que laccroissement du volume de la production atteindra peut- être dans ltavenir près de 5% par an. Cependant, comme il semble, d1après les fluctutions cycliques quia connues dans le passé la production des arachides f, que la récolte de 1970/71 doive Otre mauvaise, ainsi sans doute que la suivante, il se peut quIentre 1966/67 et 1971/72, la produc- tion dlarachides n1augmente guère, en moyenne, que de 2,5 par an. If Office national de coopération et dtassistance au développement. Office de commercialisation agricole du Sénégal. 3 Banque nationale de développement du Snégal. Deux ou trois bonnes années, suivies d'une ou deux années médiocres, oï les rendements sont de 10 à 20% inférieurs à la moyenne. - 12 - PRIX DES ARACHIDES A LA PRODUCTION ET A LEXPORTATION (en FCFA par kilo décortiqué )1969/7 Jusqulen 1967/68- et 196/6h 196/65 1965/66 1966/7 1968/69 plst Prix garanti pai la France 52.5 h9.5 48.5 h8.5 - - Pri:x du marché mondial ** 39.0 h03 Soutien du prix par la CEE - 3.0 1.0 o.5 2.9 Prix sénégalais à liexportation (c.-.f.) 52.5 52.5 49.5 49.0 4l.9 40.3 Recettes de ltEtat 7 7 Frais de commercialisation et de traitement 14.1 l.1 13.0 13.0 11.7 ) 36.2 Prix à la production 29.8 29.8 29.8 29..8 26.1 Prix à la production (arachides non décortiquées)L(20.9) ) (20.9) (20.9) (18.3) L 1 kg. diarachides non décortiquées donne 0,7 kg. diarachides décortiquées. *M Sans objet. 40. Les prix à la production sont fixés par le Gouvernement au début de chaque campagne. Gràce aux prix garantis par la France, le Sénégal a pu, jusquten 1966/67, exporter le gros de ses arachides (traitées et non traitées)-à des prix bien sùpérieurs à ceux du marché mondial et payer aux producteurs des prix relativement élevés. La réglementation insti- tuée par la CEE a contraint la France à réduire ses prix garantis, la CEE compensant une partie de la réduction. Ei 1967, le régime préférentiel a complètement disparu, et le Sénégal doit désormais vendre ses arachides aux prix du marché mondial; mais jusquten mai 1969 la CEE remboursera 80% du manque à gagner qui pourrait résulter dtune baisse des cours mondiaux en dessous de h6 FCFA le kilo. La CEE a toutefois fixé à 13 millions de dollars le montant maximum du soutien qu'il accordera, en 1967/68, et 1968/69, aux prix de toutes les huiles et graisses végétales exportées par les Etats associés vers les pays du Marché commun. 41. Lorsqutà la fin de 1967 les cours mondiaux des arachides décor- tiquées sont tombés brusquement à 39 FCFA par kg., la somme affectée par la CEE au soutien des prix en 1967/68 nta plus suffi à compenser l'écart des prix à 80%. Ainsi, le Sénégal ne recevra guère en moyenne, compte tenu des subventions de la CEE, plus de h2 FCFA par kg. diarachides décor- 'iqu6es (c.i.f.). Cette situation a amené le Gouvernement à fixer le prix - 13 - de larachide à 18,30 FCFA par kg. (non d4cortiquée) pour la récolte 1967/68, soit une baisse dtenviron 13% par rapport au prix pratiqué au cours de la prcédente campagne. Le Gouvernement slefforce diautre part de réduire les frais de manutention et de cormnercialisation. h2. La réduction des prix à la production et celle des frais de manutention niayant pas suffi à compenser entièrement la chute des cours à ltexportation, une réduction du revenu net que lîEtat tire des expor- tations dlarachides était inévitable. Dans le passé, lorsque le prix à l'exportation était de 52,50 FCFA par kg. décortiqué, le Trésor encaissait environ 8,60 FCFA par kg., dont 6,5 FCFA sous la forme de taxes à llexpor- tation - le restant, soit 2,1 FCFA par kg., représentant le profit net du fonds de stabilisation des cours de ltarachide. Si le prix à ltexportation. tombe à h2 FCFA le kilo, le revenu net du Trésor tombera lui-mé'e à h,l FCFA par kg. - à savoir h,h FCFA de taxes à lexportation, 1/moins une pertD de 0,3 FCFA par kilo supportée par le fonds de stabilisation. Sans doute laccroissement de la production globale compensera-t-il partiellement ce manque à gagner; mais une réduction des recettes de l'Etat nren reste pas moins vraisemblable. Il faut donc stattendre à une nouvelle réduction des prix payés aux producteurs le jour où la CEE cessera de soutenir les cours (printemps 1969). LtAnnexe I traite succinctement des perspectives à moyen terme pour les cours.mondiaux des arachides, tandis que ltAnnexe II montre les effets que llévolution des cours mondiaux aura sur les avoirs du Trésor 43. Si lion peut penser qutà moyen terme, le niveau des cours mondiaux ne nécessitera-qutun léger réajustement supplémentaire des prix à la produc- tion, à plus long.terme les perspectives demeurent incertaines. On a assist1 dans le passé à de fortes fluctuations des cours mondiaux de llarachide, e; rien ne dit qusil ne sten produira plus. Il y a plus grave; ctest que lihu d1arachide est-en train de perdre peu à peu lavantage relatif quielle avait jusqulici par rapport aux autres huiles végétales. DIune part, les progrès techniques réalisés dans le traitement des graines oléagineuses réduira pro- bablement la différence de prix de revient qui avantage actuellement les arachides; d'autre part la préférence des consommateurs dlEurope occidentale - principal débouché des exportations sénégalaises - ira sans doute statténuait a mesure que la qualité des autres huiles végétales staméliorera. Continuaa à reposer essentiellement sur la culture de lîarachide, lléconomie du Sénégo t sera vraisemblablement exposée I de fortes fluctuations des exportations - fluctuations contre lesquelles lont protégé, jusquien 1966/67, les prix garantis par la France et la CEE. En outre, le déclin probable de la comp6- tivité des arachides par rapport aux autres oléagineux risque de compromettrs gravement, à longue échéance, le potentiel de croissance de l6conomie. La diversification de ltéconomie est donc devenue indispensable, et la straté- gie de croissance qulapplique le Gouvernement montre ltimportance qulil y attache. En donnant pour objectif aux plans actuels laugmentation des ren- dements, il voudrait amortir les effets du passage dtun marché préférentiel au marché mondial des arachides et se ménager, à moyen terme, un r6pit pendant lequel préparer le développement dtautres productions agricoles exportables. Mail il n;a pas ltintention diétendre indéfiniment la culture de ltarachide. Cette stratégie semble judicieuse. 1/ Taux réduit en vigueur depuis janvier 1966. - L4 - 44. Le mil constitue, au Sénégal, la principale denrée alimentaire de base, et s'production représente, en valeur, de 15 à 20% de la produc- tion agricole totale. La superficie ensemencée a beaucoup augmenté depuis 1960 et équivaut approximativement à celle des cultures d 1arachide attendu que le mil, nourriture de base des paysans, se cultive en alternance avec celle-ci. Il se cultive également dans le nord, dont le climat est trop sec pour ltarachide. Jusqulà une époque toute récente, les rendements étaient généralement bas, et stationnaires depuis longtemps; la production totale, en dépit dtune augmentation rapide, ne suffisait pas à satisfaire entièrement la demande locale. Tandis que la production slétait accrue de 400.000 tonnes en 1961 à plus de 550.000 tonnes en 1965, les importations étaient passées de 1h à 30.000 tonnes. Le programme de vulgarisation agri- cole appliqué par la SATEC dans les régions de culture de larachide vise également celle du mil, et comme celle-ci réagit mieux que la première à l'emploi dîengrais chimiques, liaugmentation des rendements dépassera sans doute, dans le cas du mil, les 25% prévus pour ltarachide. La production de mil pourrait donc, à moyen et à long terme, dépasser les besoins alimen- taires de la population et permettre le développement du cheptel. Il est probable toutefois que jusque vers 1975, la demande locale croissante absor- bera la totalité de la production. 45. Le riz - riz de rizière dans les fordts de palétuviers, riz de montagne en altitude - est une des cultures alimentaires traditionnelles de la Casamance. La majeure partie de la production, toutefois, nlest pas commercialisée, de sorte que la demande croissante du reste du pays ne peut être satisfaite que par des importations (170.000 tonnes en moyenne, ce qui équivaut aux deux tiers de la production locale). On essaie, depuis 1949, de produire du riz, selon des méthodes hautement mécanisées, dans la vallée du Sénégal (Richard Toll); mais cette entreprise nia à aucun moment été bénéficiaire, et il est projeté de transformer une partie des rizières en plantations de canne à sucre. Un nouvel essai de culture du riz dans le delta du Sénégal a commencé en 1964, avec des capitaux fournis par le FAC. Les travaux dtadduction dieau et de régulation partielle des débits permet- tront diaménager 30.000 hectares sur lesquels de petits exploitants indépen- dants cultiveront le riz en partie à liaide de machines. Cette région est censée produire, lorsqu'elle sera pleinement en valeur, environ 60.000 tonnec de paddy par an. On a commencé par construire au bord du fleuve un barrage de terre de 80 km. de long qui emptchera les champs dtetre inondés par lleau de mer à la saison sêche et qui permettra de les irriguer avec de lleau douce à la saison des pluies. Certaines difficultés de gestion ont toutefois ralerti les progrès, et la SATEC a reçu mission diapporter une assistance technique , la SAED _/, entreprise diEtat chargée de la réalisation du projet. En 1967, les cultures couvraient déjà 7.000 hectares; mais une nouvelle extension est peu probable avant 1970, cette pause devant permettre de consolider les résul- tats acquis. En Casamance, lexpérience passée montre que clest par ltamé- lioration progressive des méthodes traditionnelles, grâce à un vaste effort de vulgarisation, que lion a le plus de chances diaccroitre la production de riz. Par l'emploi d'engrais chimiques et llintroduction de variétés 1 Société diAménagement et dtExploitation des Terres du Delta. - 15~ améliorées, on parviendrait sans doute à doubler les rendements moyens sans avoir à transformer radicalement les méthodes traditionnelles, alors que la récente application de techniques plus modernes et plus complexes, dans le cadre d'un projet financé par le FED, n'a pas donné les résultats attendus. Plusieurs programmes de plantation de riz seront prochainement lancés en Casamance. En outre, le Gouvernement a chargé la SATEC d'élaboret une stratégie diensemble pour le développement au Sénégal de la culture du riz. 46. Il ressort de comparaisons sommaires qu'au Sénégal, la culture du coton est actuellement presque aussi rémunératrice que celle de l'ara- chide, et pourrait le devenir tout autant si les cours de l'arachide ne remontent pas* Un projet de production de coton a été lance e ,963 au Sénégal oriental avec des capitaux fournis par le FAC, la CFDTý'se chargeard du travail de vulgarisation et de la commercialisation du coton. SuperLicies ot rendements ont augmenté à un rythme satisfaisant, et il est vraisemblabl. que d'ici aà 1971, 13.000 hectares seront plantés en coton et auront un rendement moyen de 1.000 kg. à l'hectare. Malgré cela, la production de coton ne représentera pas, en 1972, plus de 1% de la production agricole totale. Mais si les résultats obtenus tiennent leurs promesses de 1967, on pourrait envisager à plus long terme une expansion considérable de la production de coton, notamment pour l'exportation. Une usine d'égrenage du coton, financée par le FED, est actuellement en construction et devrait pouvoir commencer à fonctionner à la fin de 1968. 47. Pour réduire les quantités de sucre qu'il doit actuellement importer (65.000 tonnes en 1965), le SénZgIgaa l'intention de transformer en plantations de canne à sucre une partie des terres de Richard Toll où l'on a vainement tenté la culture mécanisée du riz. Si l'application des plans actuels se poursuit, la production à ltéchelle commerciale pourra commencer en 1971. La rentabilité du projet, qui prévoit la création d'une sucrerie et d'une raffinerie (entreprises privées) n'est pas assurée, du moins pour l'ensemble de l'économie. En effet, la production locale de sucre devra être subventionnée pour pouvoir soutenir la concurrence du sucre importé, encore celui-ci se vend-il au prix préférentiel fixê en vertu de l'accord sucrier de l'OCAÎÊ., bien supérieur au cours du marché mondial. lf Compagnie française pour le développement des fibres textiles, société française d'économie mixte à but non-lucratif, qui s'occupe de développer la culture du coton. 2/ Organisation commune africaine et malgache. Pour protéger la producticn sucrière de Madagascar et du Congo (Brazzaville), les membres de l'0CAi sont convenus d'acheter à ces deux pays une partie du sucre dont ils ont besoin, à un prix préférentiel nettement supérieur au cours du marclf mondial. - 16 - h8. La culture des 1umes se pratique surtout dans les Niayes, petitc bande de territoire qui longe la cate entre Dakar et Saint-Louis, où la nappe phréatique, peu profonde, affleure en de petits étangs d'eau douce autour desquels se pratiquent diverses cultures potagères. L'absence presque complète de services de vulgarisation et la mauvaise organisation des débouchés ont entrainé la stagnation de la production. Deux coopérativeï, ont réussi, dans une certaine mesure, à exporter des haricots verts en Europe à un moment de l'année (décembre, janvier)où ils se vendent assez cher pour compenser le montant élevé du prix f.o.b. En revanche, un fabricant italier de concentré de tomates, récemment installé au Sénégal, n'a pas pu se procurer assez de tomates sur place et a dû importer tout le tonnage dont il avait besoin. Le potentiel existant ne pourra Otre exploité que si la production et la commercialisation sont soutenus et organisés. Le Ministére de l'Agriculture envisage une action analogue à celle que mène la SATEC et la CFDT. 49. En Casamance, le potentiel d'accroissement et de diversification de la production est bien supérieur à ce qu'il est dans le reste du pays; mais les travaux de mise en valeur effective demeurent insignifiants. Il existait déjà, bien avant l'époque de l'indépendance, des stations de recherches sur les cultures vivrières traditionnelles (riz, mil et arachides). ainsi que sur de nombreuses espèces fruitières. Mais on ne s'est guère occupé jusqu'à présent de communiquer les résultats de leurs travaux aux cultivateurs, qui comptent parri les plus arriérés du pays. Maintenant que la construction de plusieurs nouvelles routes a relié cette région au reste du pays, il conviendrait d'entreprendre un vaste effort pour tirer un parti pratique de certaines études récentes. Elevage 50. Selon des estimations sommaires, le cheptel bovin a peut-être augmenté de plus de 5% par an, passant de 1,6 millions de tUtes en 1959 à 2,2 millions en 1965; quant aux chèvres et aux moutons, leur nombre s'est accru de plus de 10% par an, passant de 1 à 1,9 milliona Ces taux de croissance élevés sont dus aux efforts du Gouvernement pour lutter contre la peste bovine et étendre la superficie des pâturages en forant des puits. Cependant, l'augmentation du cheptel n'a eu sur l'économie que des effets restreints, car on ne s'est guère occupé jusqu'ici d'encourager les éleveurs à tirer de leurs troupeaux un meilleur parti ni d'améliorer la commercia- lisation. Le Gouvernement a maintenant pris conscience de ces problèmes et mis en train plusieurs projets visant à organiser et à développer le marché de la viande et du lait. Le FED a accepté de financer la constructior de deux abattoirs à Thiès et à St-Louis, ce qui devrait faciliter et rationaliser la commercialisation. Le Gouvernement compte ouvrir à Doli, vers le milieu de 1968, un ranch assez grand pour accueillir 10.000 b8tes achetées aux éleveurs qui pratiquent l'élevage traditionnel et destinées à être vendues aux grands abattoirs. Siccette entreprise réussit,quatre autres ranches seront aménagés après 1970 et canaliseront la majeure partie du bétail mis sur le marché. La laiterie industrielle dont l'actuel Plan de Développement prévoit la construction à St-Louis devrait accroftre la commercialisation du lait dans cette importante région d'élevage. La - 17 - yéalisation de ces projets ne suffira cependant pas à permettre une bonne intégration de l'élevage à l'économie monétaire; il faudra aussi mettre sur pied un service plus complet et plus efficace de vulgarisation. Dans la région de culture de l'arachide, la SATEC encourage l'emploi de la traction animale dans les champs d'arachide et de mil, et ses efforts semblent devoir conduire à une grande amélioration. Mais il n'existe rien de semblable dans les principales régions d'élevage de l'intérieur et du nord du pays. Pêche 51. Le Gouvernement a pris des mesures énergiques pour le développe- ment de ce secteur qui semble avoir de l'avenir. Le poisson tient une grande place dans l'alimentation des Sénégalais de la région côtière, et il se vend aussi - après séchage - à l'intérieur du pays. Au large de la cate, la mer est très poissonneuse, et quelque 300 bateaux, d'une douzaine de nationalités différentes, y pèchent en toute saison et prennent environ 450.OOO tonnes de poisson par an. Il existe à Dakar, pour le thon, un certain nombre de conserveries et usines de congélation; d'autres entre- prises se sont récemment créées pour la préparation de crevettes congelée- destinées à l'exportation. 52. La majeure partie du poisson sénégalais est pris, à proximité de la cÔte, par de petits bateaux, surtout des pirogues à voile, et se vend directement sur le marché. La plus importante des peches inidustriel-leL est celle du thon, qui jusqu'à une date récente était entièrement le fait de bateaux français qui déchargeaient leurs prises à Dakar. 53. Il existe à présent une société d'Etat (SOSAP)2/ qui possède 5 bateaux dotés d'installations frigorifiques et qui compte en avoir 19 dés 1971. L'investissement peut être estiméý à 2,9 milliards de FCFA, et devra:i permettre de tripler la production et les exportations de thon sous diverser formes. Mines 5h. Ce secteur fournit 1% environ du PIB et près de 6% des expor- tations de biens2 Sa contribution aux recettes de l'Etat est marginale. Ses principales productions sont le phosphate de calcium, exploité (avec des capitaux internationaux) par la Compagnie sénégalaise des Phosphates de Tai'ba, le phosphate d'aluminium, le sel et l'attapulgite (utilisée darc la composition des boues destinées aux forages pétroliers). 55. L'extraction de phosphate de calcium (cf. Tableau 19) a doublé entre 1962 et 1966, grâce à l'expansion considérable des mines de Taïba. La production de 1967 devrait atteindre 1,2 millions de tonnes (contre 497.000 tonnes en 1962). Les plans initiaux prévoyaient pour 1970 une expansion supplémentaire de 1,8 million de tonnes. Mais en raison de difficultés imprévues d'exploitation, il n'est pas certain qu'ils seront 1/ Société sénégalaise d'armement de pêche. - 18 - entièrement réalisés et il faudra de gros investissements supplémentaires rien que pour maintenir la production à son niveau actuel. Les réserves sont évaluées à 30 millions de tonnes, mais seraient en réalité un peu supérieures à ce chiffre. Les prospections n'ont guère permis de découvrir de nouveaux gisements. 56. La production de phosphate d'aluminium n'a augmenté depuis 1962 que dans une faible proportion. La mine, dont les capitaux sont d'origine étrangère, semble avoir atteint sa capacité maximale de production (200.000 tonnes environ). Les réserves sont limitées, et on n'a pas découvert de nouveaux gisements. 57. En 1962, un recensement industriel a montré que le secteur minier, considéré globalement, ne parvenait même pas à couvrir ses dépenses ordi- naires* Cela s'expliquait surtout par le fait que le mode d'extraction du phosphate de calcium était encore primitif, mais aussi en partie par les difficultés de placement rencontrées sur le marché mondial pour le phosphaue d'aluminium, aussi bien qu'au Pli et en Côte d'Ivoire pour le sel, Un recensement industriel ultérieur, complété par certaines données recueillies pour les besoins de la comptabilité nationale, montre qu'en 1966, le secterr minier est parvenu à financer ses dépenses courantes, mais non l'amortisse- ment du matériel et des installations. Sa rentabilité future dépendra, en grande partie, des mines de Talba. 58. Les travaux de prospection petrolière, interrompus en 1961, ont repris en 1966. La société française Total, qui procède aux forages, a relevê des indices encourageants, dont la validité ne pourra toutefois être confirmée qu'en 1968, par d'autres forages. La prospection se fait dans l'Atlantique, au large de la côte de Casamance, et dans les environs de Dakar. 59. Des recherches minières - autres que la prospection pétrolière - se font surtout dans l'est du Sénégal, en application d'un projet financé par le PNUD. Elles ont permis de localiser quelques gisements minéraux intéressants (molybdène, chrome). La France finance des études géologiques générales. Industries manufacturières (Tableaux 19 et 20) 60. Ce secteur contribue à l'heure actuelle à 12% environ de la formation du PIB. Il a traversé, entre 1961 et 1965, une crise grave: selor. l'indice de la production industrielle, la production manufacturière (compte non tenu des huileries) avait baissé de 9% en quatre ans. Cela s'explique probablement par le retrait des troupes françaises stationnées dans le pays et le démembrement de l'ancienne AOF. L'interruption des relations entre le Sénégal et le 1-ali, jusqu'en 1963, et, depuis lors, les difficultés persistantes du Mali concernant sa balance des paiements, ont également contribué à cette récession industrielle, aggravée par la lenteui avec laquelle le pouvoir d'achat de la population urbaine a augmenté. On constate en effet que les industries textiles, dont les produits sont pour une large part consommés par la population rurale, ont beaucoup moins souffert que les autres industries du fléchissement de l'activité de ce secteuro Cette tendance est confirmée par les deux recensements indus- 1-;ls d, 1962 et 1966, tandis que les comptes économiques sous eeti ment . direii.on de l!. rlcession passé;, vraisemblablement à cause d1un r.c, ~ L. 6ci se - 19 - 61. Une vigoureuse reprise d'activité s'est produite en 1966, sous l'effet de diverses causes. De nouveaux investissements dans les mines, l'énergie électrique, les huileries, l'agriculture sont venus stimuler l'activité des entreprises -petites mais nombreuses -qui s'occupent de la transformation des métaux; un relèvement des taxes à l'importation a assuré une meilleure protection " la fabrication d'un certain nombre de biens de consommation (cuirs, tissus, produits chimiques). Deux bonnes récoltes consécutives d'arachides (1964/65 et 1965/66), achetées au pro- ducteur a des prix identiques à ceux des années antérieures, ont consi- dérablement augmenté le revenu des populations rurales. Dans l'ensemble, cette activité s'est maintenue au cours de 1967, meme si, pendant le second semestre, le volume des ventes a subi le contre-coup de la médiocre récolte d'arachides de l'année 1967/68. 62. La principale industrie manufacturière -l'extraction d'huile d'arachide -a échappé a% ces aléas, du fait qu'elle exporte plus de 82 pourcent de sa production. Sa position prioritaire en tant qu'acheteur d'arachides l'a également garantie, dans une large mesure, contre les fluctuations de la récolte. Sa croissance a été très satisfaisante, et ses bénéfices, comparés à ceux de la plupart des industries sénégalaises, ont été élevés. Estimés sur la base des données disponibles, la progres- sion des huileries nous a semblé pouvoir se chiffrer approximativement comme suit (en milliards de FCFA): Taux de 1962 1966 croissance Chiffre d'affaires total 17,h 20,h 17% Valeur ajoutée 4,2 h,9 17% Dépenses en main-d'oeuvre, taxes 3,5 3,9 11% Bénéfices bruts 0,8 1,0 25% Capital investi h,h n.d. Bénéfice brut en pourcentage du capital 17% n.d. Bénéfice brut, en pourcentage du chiffre d'affaires h,6 h,9 63. La rentabilité des huileries a probablement augmenté, en 1966, car le capital investi a suivi une progression paralle%le, voire inférieure, a celle du chiffre d'affaires total. Cette industrie travaille au maximum (ou presque) de sa capacité, et elle est bien gérée. C'est pour une grande part aux investisseurs étrangers qu'elle est redevable de son succès, surtout "a cause de leurs relations étroites avec les grandes sociétés dis- tributrices françaises. Une des entreprises est en fait une filiale d'une grande société française. La rentabilité des huileries fonctionnant au Sénégal ressort du fait que leur capacité de tritruration..a. continué d'augmenter depuis 1960. La proportion de la récolte commercialisée traitée dans les huileries sénégalaises s'est élevée de 53 pourcent en 1960/61 à 5h pourcent en 1965/66, bien que les ventes d'arachides aient augmenté de près de 20 pourcent au cours de la même période. - 20 - 6h. Les marges bénéficiaires semblent plus élevées dans les huileries que dans n'importe quelle autre industrie. C'est dans les autres indus- tries alimentaires qu'elles paraissent être les plus faibles -notamment pour les minoteries, qui se sont trouvées coupées de leurs anciens débon- chés dans les pays voisins et ont perdu la clientèle que constituaient pour elles les forces militaires françaises du Sénégal. Les entreprises de mécanique générale et d'électricité - pour la plupart de petites dimen- sions - ont progressé modestement (encore, ces progrès sont-ils limités à l'année 1966) et il est douteux qu'elles présentent une rentabilité satisfaisante. 65. L'industrie textile, qui vient au second rang dans le secteur manufacturier, offre un tableau différent. Le Sénégal importait, jusqu'a présent, du coton en balles pour la filature, le tissage, l'apprêt et l'impression, Dans un proche avenir, il utilisera de plus en plus un coton indigène. Cette industrie est dominée par deux grandes entreprises, touter deux a capitaux étrangers: ICOTAF (filature et tissage) et SOTIBA-SIMPAFRIC (impression), La majeure partie de la production se vend au Sénégal même.. mais les exportations vers les pays voisins (Mauritanie, Mali, Niger, C6te d'Ivoire) sont également importantes. Soutenue par un marché local en expansion, et peu gênée jusqu'a présent par la concurrence des pays voisins l'industrie textile est rémunératrice. Ses progrès ressortent des estima- tions suivantes (en milliards de FCFA): 1962 1966 Chiffre d'affaires total 5,l 6,7 Valeur ajoutée 1,9 2,6 Dépenses de perscnnel, impôts 1,6 1,8 Bénéfice brut 0,3 0,8 Bénéfice brut en pourcentage du chiffre d'affaires 7 12 Ces chiffres comprennent les données relatives à une usine de chaussures (BATA) et aux ateliers de confection, mais ils ne tiennent compte que d'une partie de la production artisanale, qui est considérable (on l'évalue à 3 millions de FCFA). Ces estimations ne sont que des approximations, mais elles montrent bien que l'accroissement des ventes a davantage profité au capital investi (dont le revenu a augmenté) qu'à la main-d'oeuvre. Ce phénomène paraît lié au progrès de la mécanisation, qui semble caractéris- tique de toute l'industrie sénégalaise, et dont les huileries, les fabri- cations alimentaires et les transports fournissent d'autres exemples. 66. L'industrie des matériaux de construction - au premier rang des- quels vient le ciment produit par une entreprise locale, la SOCOCIEM- souffre depuis deux ans du ralentissement de la construction au Sénégal même et de la perte des marchés voisins, le Mali et la C1te d'Ivoire, ayant trouvé des fournisseurs moins chers ou ayant commencé a fabriquer eux-mêmes du ciment à partir de clinkers importés. - 21 - 67. Le Gouvernement s'est montré généreux envers l'indust.rie. Il a pris en 1962 des mesures législatives de stimulation -exemptant Les entreprises "prioritaires" de taxes sur les bénéfices réinvestis pendant cinq " huit ans, réduisant de moitié pendant trois ans la taxe sur les dividendes distribués, autorisant certaines détaxes pour les exportations, garantissant les entreprises bénéficiaires contre les modifications que les taux de taxation pourraient subir pendant la durée de l'investissement. Les entreprises bénéficient d'autres avantages dans certains cas parti- culiers. Toutes celles qui se développent ou augmentent leur capital peuvent prétendre a ces avantages des que l'investissement dépasse 40 mil- lions de FCFA (20 millions en dehors de la région du Cap Vert). Le Gou- vernement s'est engagé a pratiquer une politique d'économie mixte, et n'envisage de nationaliser aucune industrie. Toutefois il demande souvent, et obtient du secteur privé, une participation minoritaire de l'Etat à l'activité des entreprises. 68. Mesures protectionnistes. Les marchandises importées au Sénégal supportent cinq taxes principales: (a) des droits de douane, qui varient de 2 pourcent (sur les denrées alimentaires de base) à 25-75 pourcent (sur un certain nombre d'articles dont le Sénégal est producteur); (b) des droits fiscaux, dont le taux varie selon la nature des biens qui en sont frappés; (c) une taxe statistique uniforme de 3 pourcent; (d) une taxe tenant lieu d'impôt sur le chiffre d'affaires ou s'y ajoutant -le taux uniforme de 20,6 pourcent est porté a 30,9 pourcent dans ie cas de certains biens que le Sénégal produit (soit directement, soit sous forme de produits de sub- stitution); (e) une taxe sur le chiffre d'affaires dont le taux est de 13,5 pourcent, exception faite .de quelques biens durables, dont le Sénégal n'est pas producteur, pour lesquels ce taux a été porté à 33,3 pourcent. Il convient de noter que pour les produits locaux, l'impôt sur le chiffre d'affaires n'est que 9,9 pourcent. Le Tableau 1h montre l'incidence cumu- lative des taxes qui frappent, à l'importation, certains articles dont le Sénégal est producteur, et la compare aà ce qu'elle est en Côte d'Ivoire. Les différentes taxes aà l'importation semblent avoir été instituées 'à des fins Protectionnistes (en même temps que pour le profit qu'en tire l'Etat), a l'exception paradoxale des droits de douane qui ont été progressivement supprimés à l'égard de tous les pays de la CEE. 69. Outre ces droits et taxes à% l'importation, le Sénégal a interdit, ou soumis a un système de licences, les importations d'un certain nombre d'articles dont il est lui-meme producteur: chaussures, conserves de poisson, couvertures de coton, filés de coton, sucre en morceaux, huiles, cotonnades. Ce dispositif de protection est renforcé dans certains cas par l fait que divers "intrants"' (énéralement des biens d'équipement et des matières premières nécessaires a l'industrie locale) sont exemptés de taxes à l'importation, 70. De façon générale, l'adoption de ces mesures protectionnistes n'a pas été le résultat d'une politique économique d'ensemble bien définie. La taxation,ou l'interdiction de certaines importations, ont été le plus souvent décidées en fonction des demandes plus ou moins justifiées de certaines entreprises. Il n'a généralement pas été tenu compte de ce que - 22 - ces mesures allaient couter à ltéconomie, ni des incidences qu'elles auraient ultérieurement sur l'industrialisation. Si, dans l'ensemble, ce protectionnisme ne paraît pas encore excessif, le maintien des usages actuels, sans souci des répercussions néfastes qu'ils pourraient avoir, risque, à long terme, d'aboutir à l'implantation d'industries qui, ayant peu de chances de se développer et d'être concurrentielles, constitueraient un poids mort pour l'économie du Sénégal. 71. Si l'on exclut les huileries, l'essor de l'industrie est entravé par des prix de revient élevés, des marchés extérieurs restreints, et le fait que la croissance du marché intérieur dépend essentiellement de celle de la production et des exportations d'arachides (celles-ci étant un des facteurs déterminants du pouvoir d'achat). Il importera, pour assurer l'avenir de l'industrie sénégalaise, de stimuler vigoureusement les ex- portations. Il sera nécessaire de trouver de nouveaux débouchés - en Gambie, au Ghana, en Nigéria et même en Europe -et il faudra pour cela abaisser lc, prix à l'exportation. Construction 72. Ce secteur a récemment souffert du déclin des programmes de logement financés par le Gouvernement et du départ des forces militaires françaises. Le Sénégal a grand besoin de logements pour les familles à revenu modeste. Le Gouvernement en est conscient, et mesure l'importance que présente pour l'industrie locale des travaux de construction de ce genre. Mais des raisons financières l'ont contraint à réduire le soutien qu'il accordait aux programmes de logement, et il essaie de donner au logement des familles à faible revenu priorité sur celui des familles à revenu moyen. Perspectives de l'industrie 73. Les perspectives industrielles (cf. également Annexe III) dé- pendent pour beaucoup de l'avenir des huileries qui traitent les arachides. Les huileries ont été favorisées, jusqu'à présent, par le régime préfé- rentiel que la F?ance accordait à leurs produits. Elles bénéficieront du fait que' les droits du tarif douanier commun de la CEE frappant l'impor- tation d'huiles végétales (15 pourcent) ne s'appliquent pas aux impor- tations en provenance du Sénégal, Elles bénéficient aussi des relations établies avec des sociétés-méres ou des correspondants de France. Mais il n'est guère douteux que la rentabilité ultérieure des huileries soit appelée à décliner en raison de la baisse du prix des arachides à l'ex- portation. Cependant, d'après les industriels locaux, les perspectives de commercialisation paraissent a moyen terme satisfaisantes. Divers projets d'expansion sont actuellement à l'étude, et il est probable que la capacité de production, qui est à présent de 530.000 tonnes par an (d'arachides non décortiquées) atteindra 800.000 tonnes environ en 1973, lorsque les huileries traiteront près des deux tiers de la récolte. 74. Divers grands projets sont actuellement en cours de réalisation dans le reste du secteur. Une fabrique d'engrais chimiques composés ess-ntiellement destinés au marché intérieur, construite en partie avec - 23 - l'aide financière de la SFI, commencera à produire en 1968. Une usine de filature et tissage du coton, dont la production pourra atteindre 10 mil- lions de mètres par an, commencera à fonctionner en 1969 et fournira la matière première nécessaire pour augmenter de 4 millions de mètres la capacité des ateliers existants d'impression de tissus, On prévoit la mise en train, entre 1967 et 1970, de neuf autres projets industriels de moindre importance, dont la réalisation fournira au marché intérieur divers articles tels que margarine, boeuf en conserve, articles de ménage. Divers autres projets sont à l'étude, notamment l'extension de la cimen- terie (subordonnée 'à l'existence de débouchés), la construction d'une petite aciérie (avec four et laminoir électriques), de tréfileries, de clouteries et de fabriques d'accumulateurs. Ces projets sont encore imprécis, et il n'est pas certain que l'on trouve des industriels disposés a en entreprendre la réalisation. Si tous se réalisaient, les nouveaux investissements atteindraient en 1968-72 un total voisin de 13 milliards de FCFA. Si l'on considère uniquement ceux qui ont dès maintenant fait l'objet d'engagements fermes, on arrive, pour les nouveaux investissements de cette période quadriennale, à un total de 9,4 milliards. Il est peu probable, pour autant qu'on en puisse juger actuellement, que l'inves- tissement dans de grands projets conserve la même ampleur au cours des années suivantes (vers 1975), à moins que les conditions ne changent à l'exportation et que le Sénégal ne se mette mieux en mesure de lutter contre la concurrence étrangère. Pour le moment en tout cas, aucun autre grand projet n'est envisagé, ni dans le secteur public ni dans le secteur privé, Tourisme 75. Le Sénégal n'est pas encore doté d'une industrie touristique développée; mais le pays présente certains avantages naturels. Son climat permet de pratiquer la natation en toutes saisons. Il possède de belles plages, offre de vastes possibilités de pêche et dispose d'un bon réseau de liaisons aériennes. Malgré cela, ce ntest que récemment que l'on s'est vraiment efforcé au Sénégal d'attirer davantage de touristes; mais les les Canaries et le sud marocain sont de sérieux concurrents. La différence dans le prix du voyage entre Dakar et les Canaries n'est pas considérable et serait facile à compenser si la vie au Sénégal était toutefois meilleur marché, 76. Le Sénégal a accueilli en 1966 quelque 20.000 visiteurs, "a peu près également répartis entre la catégorie des touristes et celle des gens d'affaires. Cette évaluation est peut-ètre optimiste dans la mesure ou elle comprend les étrangers qui viennent en séjour chez des parents installés au Sénégal. Le Festival de la Négritude a attiré au Sénégal quelque 10.000 visiteurs supplémentaires. La capacité d'accueil des h8tels est actuellement limitée. Un magnifique hôtel, le NtGor, a été construit au bord de la mer avec le concours du Gouvernement; il conviendrait mani- festement pour de brefs séjours de vacances, mais est actuellement presque entièrement occupé par des gens d'affaires et par le personnel des com- pagnies aériennes. Un nouvel hôtel est à l'étude par la chaîne d'hôtels américaine Sheraton. - 24 - 77. C'est le coût de la vie qui constitue le principal obstacle à l'essor du tourisme. La différence de prix -par rapport aux Canaries et au sud marocain -reste considérable et risque de détourner du Sénégal une clientèle pourtant aisée. Cela explique peut-être le faible intérêt que manifestent pour ce pays les investisseurs et promoteurs étrangers. Transports, énergie et eau 78. Aucun grand changement ne s'est produit dans l'un ou l'autre de ces secteurs depuis le dernier rapport économique, Les dépenses que l'Etat consent pour la construction de routes devraient être mieux coordonnées. Les programmes d'investissements en cours ne reposent sur aucune étude générale des besoins de transports, et certains des projets en voie de réalisation ne semblent guère avoir de justification économice (par exemple les routes du diéri). En outre, les transports restent mal coor- donnés, et bien que l'on ait pris récemment des mesures pour modifier la répartition du trafic entre le chemin de fer et la route -en faveur du premier--il semblerait important de procéder, avant l'établissement du prochain plan, a% une étude de la coordination des transports. Ces deux études sont d'autant plus nécessaires que le Gouvernement est contraint de ménager les ressources limitées dont il dispose. Cependant, parmi les projets de construction routière qui figurent à son programme, il y en a au moins un- celui qui concerne les routes secondaires appelées a% desservir les régions de culture d'arachides- qui semble à première vue devoir être classé parmi les projets prioritaires. 79. Le transport des arachides s'est récemment heurté à certaines difficultés. Par suite de l'exclusion des entreprises commerciales non- africaines de la commercialisation des arachides, le parc poids-lourd s'est considérablement réduit, et il ne semble pas y avoir suffisamment de transporteurs sénégalais présentant les garanties voulues pour obtenir des banques commerciales les prêts nécessaires à% l'achat d'un nombre suffisant de véhicules. 80. L'énergie électrique est aux mains d'une compagnie étrangàre privée dont les tarifs sont fixés par le Gouvernement. Cette compagnie a récemment construit une nouvelle centrale thermique (Cap des Biches, 25 millions de Kw) qui semble devoir satisfaire la demande accrue a laquelle on s'attend d'ici 1969/70. La consommation d'électricité a augmenté rapidement depuis 1960 (9,7 pourcent par an en moyenne entre 1960 et 1966, le taux d'accroissement de la consommation industrielle étant même supérieur). 81. Les industriels estiment que le coût des transports, celui de l'énergie et celui de l'eau sont trop élevés par rapport à ce qu'ils sont en Europe, et réduisent l'aptitude du Sénégal à lutter contre la concurrence étrangère. Ces charges ont encore augmenté rapidement ces années dernières. du fait qu'il a fallu réduire dans une certaine mesure le déficit financier de diverses entreprises d'Etat (ports, chemins de fer) et relever les taxes qui frappent divers "intrants". Education 82. Le Premier Plan de Développement (1961-1964) n'a pas atteint l'objectif qui lui avait été assigné d'assurer un enseignement primaire a 50 pourcent des enfants d'âge scolaire. En 196h en effet, le taux de scolarisation n'était que de 34 pourcent environ. Pour la période du second Plan (1965/66 à 1968/69) lobjectif a été ramené à h3 pourcent pour 1969; d'autre part, on a accordé plus d'importance aux enseignements secondaire, supérieur et technique, afin de former davantage de maîtres et de personnel de niveau moyen, améliorant ainsi la qualité du personnel enseignant et accélérant l'africanisation des cadres. En fait, il ressort d'une récente révision du Plan que l'objectif assigné à l'enseignement primaire devra encore être abaissé, jusqu'à 40 pourcent environ, et cela pour deux raisons: (a) manque de ressources budgétaires pour faire face à l'accroissement des dépenses de fonctionnement; (b) lenteur avec laquelle se réalisent les programmes de construction, à cause surtout de difficultés technuiques et administratives. L'exécution des projets concernant les écoles normales et secondaires a également pris du retard. Pour l'enseignement technique, ou" la situation est la même, le Gouvernement reconsidère actuellement son programme en le situant dans une perspective décennale. Les investissements prévus pour l'enseignement supérieur ont été réduits, essentiellement par souci d'éco- nomie. D'autre part, le Gouvernement accroit progressivement sa partici- pation au financement des frais de fonctionnement de l'Université, la Rrance fournissant le complément. 83. Le système d'enseignement présente un certain nombre de faiblesEo:, Il rel.ve de trois ministères, un pour l'enseignement général., un autre pouir l'enseignement technique et un troisième pour la jeunesse et les sports. L'enseignement agricole moyen dépend du Ministere de l'Ebonomie rurale. Il en résulte un certain manque de souplesse dans la répartition du per- sonnel enseignant (dont il y a pénurie) et une vive rivalité pour le par-- tage des crédits limités dont on dispose. En outre, l'enseignement tech- nique lui-même se divise en deux grands secteurs (un secteur technique et un secteur secondaire d'enseignement professionel); une petite partie de l'enseignement technique échappe même à la compétence du ministère du même nom. 84. Le niveau des études scolaires est sans doute trop élevé, tenant compte du fait que l'instruction est donnée nécessairement dès la première année d'école primaire dans une langue qui n'est pas la langue maternelle des élèves, En 1966/67, on comptait parmi les élèves de l'enseignement primaire environ 18 pourcent de redoublants. Le Gouvernement tient beaucoup a maintenir un niveau élevé d'enseignement, afin que les jeunes Sénégalais en sachent autant que les jeunes Fiançais du même âge et puissent être adrý.&- dans les écoles supérieures françaises. La nécessité se fait sentir dravo - 26 - des écoles dont l'orientation réponde aux besoins spécifiques du Sénégal en matière de main-d'oeuvre, et le Ministère de l'Education nationale a créé un certain nombre de classes secondaires à orientation agricole ou les enfants peuvent acquérir, après leur sortie de l'école primaire, des notions pratiques d'agriculture moderne. 85. On ne dispose d'aucune analyse de la main-d'oeuvre sur laquelle la planification de l'enseignement puisse prendre appui. Certaines études sont toutefois en cours, sous le patronage soit de la France soit du BIT. Elles devraient donner une base solide 'à la préparation et à la justifica- tion des projets d'ordre éducatif qui seront inscrits au prochain Plan. 86. Le manque de personnel qualifié restera le principal frein à l'expansion de l'enseignement. Il y a actuellement au Sénégal environ un millier d'enseignants étrangers dans les écoles secondaires et supé- rieures; ils sont pour la plupart pretés par la France au titre de son programme d'assistance technique. La France fournit également la quasi- totalité du personnel de l'Université de Dakar. Le Sénégal ne peut guère compter pour l'avenir sur le concours d'un nombre encore plus grand de maîtres étrangers pour compléter les cadres de son enseignement. - 27 - III. SITUATION MONETAIRE ET BANCAIRE 87. Le Sénégal fait partie de l'Union monétaire ouest-africaine (UMOA), qui comprend six autres pays. Les membres de l'Union ont une monnaie commune, le franc CFA, et une banque centrale commune, la BCEAO, qui a le privilège de l'émission et garde en compte les avoirs de l'Union en devises. Le franc CFA est librement convertible en francs français, les opérations de conversion se faisant par un compte dont la BCEAO est titulaire auprès du Trésor français. Ce système a été exposé en détail dans divers rapports économiques de la BIRD et dans d'autres documents. 88. Le principal changement qui soit récemment intervenu dans le fonctionnement de la BCEAO concerne les emprunts à court terme contrac- tés par les Gouvernements auprès de la Banque centrale; la durée maxi- male des prêts a été portée de 240 à 365 jours. Quant à leur montant maximal, il reste fixé à 10% des recettes budgétaires de l'Etat emprun- teur au cours de l'exercice précédent. 89. La structure du système bancaire reste telle qu'elle a été décrite dans le dernier rapport économique. Bien que le taux d'escompte (3,5%) n'ait pas changé, la structure de ce taux a été modifiée en 1965. La nouvelle structure réduit l'écart entre les emprunteurs sûÛrs et les emprunteurs marginaux. Cependant le mécanisme du taux dtintérêt n'est pas un instrument de politique économique ni de politique du crédit. Le seul instrument de ce genre est constitué par la politique de ré- escompte de la BCEAO, fondée sur les normes traditionnelles d'appré- ciation de la solvabilité, le cas de chaque client étant examiné sé- parément. La BCEAO centralise les informations sur les risques. 90. Le crédit à court terme est dominé au Sénégal par le finan- cement de la commercialisation et de la transformation des arachides. Il suit, de ce fait, un rythme saisonnier - se développant en décembre, atteignant son sommet en avril, puis décroissant jusqu'en novembre. La meilleure façon d'analyser les mouvements du crédit est donc dtutiliser les moyennes annuelles (en milliards de FCFA): Crédit au secteur privé Moyennes annuelles à long et à à court terme moyen terme 1963 26 7 1964 27 7 1965 28 8 1966 28 8 Les crédits à court terme semblent être restés au même niveau depuis 1965. Ce phénomène n'est pas facile à interpréter, attendu que le PNB a augmenté, aux prix courants, pendant la même période. Ce sont vrai- semblablement des circonstances particulières - comme la disparition des sociétés privées naguère actives dans la commercialisation des produits agricoles - qui expliquent cette stagnation, Le crédit intérieur stest probablement contracté en 1967 à cause de la mauvaise récolte dtarachides. Il ne semble pas que la Banque centrale ait exercé une influence restric- tive sur le volume du crédit. Au contraire, entre septembre 1963 et sep- - 28 - tembre 1966, le volume des réescomptes est passé, approximativement, de 7 à 11 milliards de MCFA. 91. Le Tableau 21 analyse le crédit à court terme dans chacun des grands secteurs emprunteurs. Il illustre l'importance relative de la commercialisation des arachides. Entre les changements qui se sont pro- duits d'année en année dans les autres secteurs et les variations de la valeur ajoutée dans ces mêmes secteurs, la correspondance n'apparaît pas clairement. Certaines entreprises (minières et textiles, entre autres) financent sur leurs propres fonds une partie des crédits à court terme dont elles ont besoin, et un accroissement des gains, résultant d'une activité accrue, peut se traduire par une diminution des emprunts. 92. Le Tableau 22 illustre les crédits à long et à moyen terme dans chacun des principaux secteurs emprunteurs. Il fait ressortir une tendance ascendante, notamment pour les crédits à long terme; mais le volume reste très modeste du fait que les banques commerciales, pourtant habilitées à prêter à long et à moyen terme, répugnent à le faire. Cet- te hésitation des banques locales - qui, à l'exception de la BNDS, sont toutes des filiales d'établissements étrangers - à se lancer dans des opérations qui sont interdites aux services centraux, dans le pays où la société-mère a son siège, est encore renforcée par la rentabilité assez faible des entreprises sénégalaises. La BNDS est, en pratique, seule à investir autrement qu'à court terme, et elle est en grande par- tie financée par des sources françaises (Caisse centrale de Coopération iconomique - CCCE). A moins que la CCCE n'augmente, dans l'avenir, le volume de ses prêts à la BNDS, il faudra, pour les crédits à long et à moyen terme (en dehors de ceux que prévoit le Plan de Développement) s'adresser à d'autres banques commerciales en tirant parti des possibi- lités de réescompte qu'offre la BCEAO. 93. Si l'on prend pour base les chiffres de fin d'année, on cons- tate que les disponibilités monétaires ont baissé continuellement entre 1962 et 1966. Cette baisse jusqu'en 1965, est surtout imputable à la réduction des avoirs étrangers et des d'p8ts du Gouvernemient jusquten 1965 (Tableaux 23-25), tandis que le déclin en 1966 était le résultat de la réduction considérable des crédits à l'éconor.iie. 9h. En 1964, le Gouvernement a lancé sur le marché intérieur une émission de h milliards de FCFA de bons à long terme qui ont trouvé preneur dans le secteur privé, y compris les banques et caisses d'é- pargne publiques. Les dépôts à vue détenus sur place ont d'abord bais- sé, à cause des retraits opérés par les acheteurs de bons, puis sont remontés grâce aux fonds rapatriés de l'étranger. Les disponibilités liquides des banques en auraient souffert si celles-ci n'avaient pas été en mesure de compenser les retraits sur dépôts par des emprunts à leur siège central, à l'étranger. Il se peut aussi qu'elles aient, pour une part, limité la réduction de leurs avoirs liquides en restreignant un peu le crédit. Cet emprunt de 1964 a pleinement montré combien le marché local des capitaux est étroit, et rend problématique tout nouveau iecours à cette méthode de financement. Cependant le Trésor détient des - 29 - sommes considérables accumulées par l'épargne publique (excédents des caisses de sécurité sociale, dépôts des caisses d'épargne postales) qui sont disponibles pour le financement de dépenses publiques. 95. La BCEAO joue, par ses opérations de réescompte, le rôle d'une banque commerciale. Bien que certains plafonds soient appliqués globalement au réescompte, ils ne sont guère efficaces car ils sont plus élevés que le volume effectif des opérations de crédit. Certains usages bancaires fixent le crédit à accorder à chaque emprunteur selon sa situation financière, ce qui impose implicitement des limites beau- coup plus étroites au réescompte, Le volume des opérations de crédit se trouvant ainsi rigoureusement lié à la situation financière des em- prunteurs, l'action de la Banque centrale n'a pas d'effet anti-cyclique. En fait, chaque fois que l'activité du secteur privé se ralentit, que ce phénomène soit saisonnier ou réponde à des causes durables, le mé- canisme du crédit tend peut-être même à amplifier les variations cycli- ques. 96. Le départ des forces militaires françaises et la baisse des exportations due au démembrement de l'ancienne AOF ont suscité l'appa- rition de capacités excédentaires dans certains secteurs de l'industrie sénégalaise, entre 1960 et 1965. Les tendances déflationnistes qui en résultèrent furent dans une certaine mesure, sans que le Go«uvernement·l'eût voulu,. contrariées par les mesures qu'il prit pour réduire le montant de ses dépôts auprès des Banques et mobiliser l'épargne intérieure. Il eût douteux qu'une politique disXpansion, dàvantage concertée et affirmée en vüe d'ac- croître le pouvoir d'achat et d'utiliser les capacités excédentaires, eût, en fait, été plus judicieuse. Elle aurait probablement suscité une nouvelle hausse des prix, déjà trop élevés, et stimulé la demande de produits importés plutôt que de produits locaux. 97. Les indices de prix dont on dispose pour le Sénégal ne sont pas très significatifs. Un indice des prix à la consommation (les achats courants d'une famille européenne habitant Dakar en 1945 étant pris comme base de calcul) montre que la hausse des prix a été en moyenne de 3' par an pour la période 1959-66, et de 2,9% pour la période 1963-66. D'après un autre indice des prix à la consommation (calculé cette fois sur la base des achats courants d'une famille africaine ur- baine en 1960-61), l'augmentation aurait été inférieure à 5% par an entre 1960-61 et 1966, la hausse étant toutefois particulièrement ra- pide en 1965 et 1966. Les deux indices montrent que les prix n'ont pas sub depuis 1960, des hausses exceptionnellement fortes. 98. Depuis 1950 et même avant, le niveau géneral des prix, au Sénégal et dans les autres pays africains de la "zone franc", est plus élevé que dans les pays d'Europe (y compris la France) et les pays d'Afrique occidentale (notamment la Gambie) qui n'appartiennent pas à la "zone franc". Bien qu'on ne dispose d'aucun indice comparé des prix pratiqués au Sénégal et dans d'autres pays, les prix auxquels la plupart des articles (qu'ils soient de première nécessité ou de luxe) se vendent sur le marché local sont relativement élevés. Les "étran- gers". comme les Sénégalais, sont très conscients de cette situation. - 30 - Les premiers en sont même venus à considérer Dakar comme une des villes les plus chères du monde, et comptent souvent que les prix y sont pres- que doubles de ce qu'ils sont en Europe. Cela est certainement exagéré; mais il semble bien qu'un niveau aussi élevé des prix ait un effet pro- fond et néfaste sur toute l'économie du pays. - 31 - IV. FINANCES PUBLIQUES Recettes ordinaires de l'Etat (Tableau 26) 99. En dépit d'un effort considérable, les revenus que l'Etat séné- galais tire de la fiscalité n'ont pas augmenté proportionnellement au produit national, ainsi que le montrent les chiffres suivants : 1962/63 1966/67 Total des revenus ordinaires en pourcentage du PIB 20,4 18,1 Total des revenus fiscaux en pourcentage du PIB 19,0 17,4 Impôts indirects en pourcentage du PIB 14,6 12,6 Taxes à l'importation en pourcentage des importations 36,0 35,4 Impôts directs en pourcentage du PIB 3,7 4,3 Nous analyserons dans les pages qui suivent l2évolution des finances publiques depuis 1962/63, les données dont nous disposons n'étant compa- rables qu'à partir de cette date. Le régime fiscal du Sénégal est ana- logue à celui des autres pays africains d' expression française. Il existe environ quatorze imp8ts directs rapportant ensemble à peu près le quart du produit total de la fiscalité. Le plus important d'entre eux est l'impôt sur les bénéfices (30, pour les sociétés), suivi par l'impôt général sur le revenu et l'impôt de développement perçu sur les traitements et salaires. Les impôts immobiliers sont eux aussi importants. La taxation directe n'est que très légèrement progressive; le seul impôt direct dont le taux soit progressif est l'impôt général sur le revenu, qui fournit 131 environ du produit global des impâts directs. 100. Depuis 1962/63 les taux ont été relevés pour l'impôt sur les bénéfices (1966/67), l'imp8t de développement (1969/66) et les patentes (1964/65). Par suite de ces changements, et grâce notamment à une per- ception plus efficace des impâts, le produit des ipôts directs a augmen- té de 7,5' (cf. Tableau 26) entre 1962/63 et 1966/67 - augmentation très satisfaisante surtout si on la compare à l'accroissement du PIB au cours de la même période (3,4k par an). 101. Il est peu probable, à moyen terme, que les taux dtimposition soient à nouveau relevés. Attendu que les entreprises prioritaires créées ces années dernières bénéficient d'exonérations temporaires, tout relèvement des impôts sur les sociétés se limiteraient aux autres entreprises qui se trouveraient ainsi désavaitagco parrapport à celles qui bénéficient d'exemptions. Les autres taux d'impôts sur le revenu ne peuvent plus guère être relevés, attendu que le produit de ces impôts a déjà tendance, depuis quelque tenps, à décliner. En outre, le succès des récents efforts de perception représente en lui-même une augmentation des impôts et risquerait de ne pas se poursuivre si les taux d'imposition é,taiant relevés. - 32 - 102. Les impôts indirects fournissent les trois-quarts du produit total des impôts. La base de ce système est la taxe sur le chiffre d'affaires, qui frappe aussi bien les importations que les transac- tions intérieures. Cette taxe constitue pour l'Etat sénégalais la principale source de revenu fiscal et représentait à elle seule en 1965/66 le tiers environ de ce revenu. En ce qui concerne les impor- tations, cette taxe se présente comme un droit de port supplémentaire (taxe forfaibaire représentative de la taxe sur les transactions) au taux de 20% pour la plupart des produits importés et de 30' pour ceux concurrents de- fabrication locale.. Les autres droits d'importa- tion ont été mentionnés ci-dessus (paragz.apil 68). Les taxes indirectes frappent un grand nombre de produits de grande consommation (p. ex. produits pétroliers, tabac). Les droits d'exportation frappent unique- ment les arachides et ont représenté, pendant les années 1962-65, environ 105 du total des recettes de l'Etat. 103. Bien que, depuis 1962/63, les taux des impôts indirects aient augmenté presque chaque année, le produit de cette imposition est allé en diminuant. Entre 1962/63 et 1966/67, il a baissé d'environ 2'. Ce déclin est entièrement imputable aux taxes qui frappent le commerce extérieur; car tandis que le produit des autres impôts indirects a augmenté de 20-!, celui de toutes les taxes à l'importation et à l'ex- portation a baissé d'environ 75 au cours de cette période. Si le pro- duit des droits d'exportation a diminué, c'est en grande partie à cause de la réduction (mentionnée ci-dessus) du taux des taxes à l'exporta- tion. Si le revenu total des taxes à l'importation a diminué de 83 entre 1962/63 et 196.,/66, les importations elles-mêmes n'ont diminué au cours de la même période que de 31 environ. Certaines pertes de revenu ont sûrement résulté de l'abaissement des droits de douane sur les importations en provenance de la CEE et de l'exemption de taxes sur leurs consommaUions intermédiaires accordée aux entreprises prio- ritaires. Une perte sensible a pu résulter également de l'accroisse- ment de la contrebande entre le Sénégal et les pays voisins, accroisse- ment dû (entre autres causes) au reièvement des taxes. En 1966/67, le produit des taxes à l'importation a légèrement augmenté, mais il est resté inférieur de 2% à ce qu'il était en 1962/63. 104. Ces considérations donnent à penser qu'au cours de la pêriode en question, l'êconomie a réagi contre le coût élevé des importations, non seulement par une réduction de ces importations mais aussi par l'éva- sion fiscale. Le Gouvernement est parfaitement conscient de ce phénomène et estime impossible, à moyen terme, de relever encore les taxes à l'in- portation. En Lait le budget de 1967/68 ne prévoit qu'une légère augmen- tation du produit de ces taxes. 105. Certaines marges d'accroissement subsistent peut-être à l'égard de certains impôts indirects (sur le tabac et l'essence); mais ici encore on risque de provoquer une forte augmentation de la contre- bande. Ce danger est beaucoup moindre à l'égard des articles de consoi- mation durable, et un léger accroissement des recettes résulterait peut-être d'un relèvement des taxes qui les frappent. - 33 - Dépenses ordinaires de l'Etat (Tableaux 27-28) 106. Entre 1962/63 et 196/'66, les dépenses publiques ordinaires ont augmenté de 3,7i par an, aux prix courants. Ce taux modeste s'explique par l'effort d'austérité depuis longtemps déployé par le Gouvernement. Les traitements et salaires n'ont pas été relevés au cours de cette période, et le nombre des fonctionnaires n'a guère varié. La masse des traitements et salaires de la fonction publique n'a augmenté que de 4,43 par an en moyenne. Les dépenses de matériel sont restées au même niveau ou ont même légèrement baissé. Les trans- ferts et autres dépenses s'étant accrus considérablement, ce sont les dépenses d'entretien qui, en fait, ont fait les frais de l'augmentation modérée des dépenses de fonctionnement et cela au moment où, entre autres, des travaux importants de construction de routes étaient entrepris. La question se pose donc de savoir si le réseau routier est encore entre- tenu de façon satisfaisante. 107. Les demandes de relèvement des barèmes de traitements et sa- laires sont devenus très pressantes ces années dernières, la hausse des prix réduisant le pouvoir d'achat, à salaire égal, d'environ 3' par an. Le Gouvernement a relevé les barèmes de rémunération d'environ 59 en 1966/67. Il a pu toutefois limiter à moins de 1% l'augmentation du total des dépenses de fonctionnement, surtout en réduisant encore les frais d'entretien ainsi que les trarisferts et subventions. 108. Le tableau ci-après montre quelle est la répartition des dé- penses d'après leur objet et comment elle a varié : Pourcentage du total des dépenses ordinaires 196273 196677 Souveraineté et défense nationale 27,8 27,6 Secteurs économioues 2', 7 22,9 Secteurs sociaux 20,h 22,h Dépenses communes 1,n Dette publique 3,h 1,6 Transferts et dépenses diverses 21,2 24,0 Total 100,0 100,0 C'es' dans les secteurs sociaux que la hausse a été le plus rapide. Cela est dU en grande partie à l'augmentation des effectifs scolaires et au vaste programme de constructions scolaires que le Gouvernement a lancé à l'époque du Premier plan de développement. 109. Les transferts et dépenses diverses représentent une large part (24%) du total. Dans la première catégorie figurent les sommes versées aux municipalités et aux offices de logement (OHLM1) (ce sont en fait des transferts de taxes), les sommes dues à la 1Fauritanie en vertu de l'accord d'union douaniere(égales à 8,7,l de l'ensemble des - 3h - recettes perçues par le Sénégal et la Mauritanie au titre des taxes et droits à l'importation),les bourses d'études et les subventions aux écoles et hôpitaux privés. Parmi les dépenses diverses figurent no- tammfaent la participation du Sénégal au coût de l'assistance technique française, y compris le financement des instituts de recherche (parti- cipation prévue au Plan de développement), le loyer de certains bâti- ments et les frais d'établissement d'un centre de mécanographie (qui, à proprement parler, constitue plutôt un investissement). 110. Il n'est guère contestable que depuis six ans le Gouvernement poursuit sans relâche son effort d'austérité. Bien que cet effort lui ait été imposé, dans une certaine mesure, du fait que les effectifs de la fonction publique dépassaient de loin, au moment de lindépendance, les besoins du nouvel Etat, il a remarquablement réussi à freiner ses dépenses. 111. Le Gouvernement ne pourra vraisemblablement pas, dans l'avenir, comprimer davantage ses dépenses. Sans doute pourrait-il opérer de substantielles réductions de personnel sans que le fonctionnement de ses services ait à en souffrir; mais il est peu probable qu'il le fasse. Les inconvénients politiques que présenterait une telle mesure sont évidents; en outre, toute réduction sensible des effectifs aurait des incidences non négligeables sur les revenus urbains et sur le chiffre d'affaires des entreprises locales. En effet, une telle compression n'aurait pas nécessairement pour contre-partie la création de nouveaux emplois dans d'autres secteurs et elle entraÏnerait très vraisemblable- ment une aggravation du chômage. 112. Le plus important, dans l'avenir à moyen terme, sera d'éviter de nouvelles augmentations des dépenses. Le taux d'accroissement de la masse salariale, dont le pouvoir d'achat a probablement diminué jus- qu'en 1965/66, ne pourra rester longtemps inférieur à% la hausse des prix, et en fait le Gouvernement a dû autoriser, pour les exercices 1966/67 et 1967/68, une augmentation des traitements et salaires de 5'. Pour com- penser les effets de nouvelles augmentations éventuelles, le Gouverne- ment devrait réduire progressivement les effectifs de la fonction publique en s'abstenant de pourvoir les postes vacants qui ne seraient pas indispensables. 113. Les dépenses de matériel et de travaux d'entretien auront tendance à augmenter plus vite dans l'avenir du fait des investisse- ments passés, présents et futurs, et parce que les constructions an- ciennes exigent davantage d'entretien. C'est seulement en imposant délibérément un ordre de priorité aux différentes fonctions de l'Etat et aux divers genres d'édifices publics (l'entretien des écoles, par exemple, doit-il passer avant celui des bâtiments admcrinistratifs?) que le Gouvernement pourra prévenir une augmentation générale de ses dépen- ses. Il devra renoncer aux travaux qui ne sont pas absolument indis- pensables, et l'on peut compter qu'il voudra prendre les mesures qui s'imposent â cet égard. 114. Les possibilités de réduction des transferts sont limitées. Les versements 'à la Mauritanie, allant de pair avec le volume des in- portations du Sénégal et de la Mauritanie, semblent appelés à augmenter légèrement. Les subventions aux raunicipalités, en revanche, pourraient rester à leur niveau actuel. En fait, la situation financière des muni- cipalités fait actuellement l'objet d'un examen général3 le Gouvernement intervient pour combler par des avances du Trésor certains déficits accu- mulés et exerce sur les dépenses communales un contrôle rigoureux (le manque de données nous a empêché d'exainer plus à fond l'effet des finances municipales sur les recettes et les dépenses de liEtat). Les autres dépenses se maintiendront sans doute plus ou moins à leur niveau actuel, ou diminueront légèrement une fois que le centre mécanographique et comptable sera complètement installé. 115. Résumons-nous. Les recettes courantes de l'Etat ont peu de chances d'augmenter plus vite que le revenu national. Le produit des impôts directs et indirects augmentera sans doute proportionnellement au taux de croissance probable du PIB, entre 1966 et 1972. Il est vraisemblable que le produit des taxes à l'importation augmentera de pair avec le volume total des importations. Si la taxe d'exportation des arachides reste fixée au même taux, les recettes de i'Etat n'augmen- teront guère qu'à la cadence de 2' par an. D'autre part il semble pro- bable que, mis à part le service de la dette, le total des dépenses de fonctionnement accusera une hausse de près de 3 par an. Si les faits confirment ces projections et si l'on tient compte en outre du service de la dette extérieure, il est vraisemblable que l'excédent du budget ordinaire, après avoir atteint 1,3 et 1,6 milliards de FCFA en 1967/68 et 1968/69 respectivement, déclinera ensuite pour faire place à un défi- cit dans les années après 1970. Entreprises publiques 116. En 1966, le Gouvernement s'est vu forcé de consentir d'urgence des avances, représentant au total environ 1,h milliars de àF, à di- verses entreprises publiques pour leur permettre de consolider les dettes à court terme qu'elles avaient accurm.ulées. Pour prévenir le retour de pareilles crises, il exerce à présent un contrôle rigoureux sur les ope- rations finamcières de 1 plupart des entreprises publiques, et a réuni entre les mains du Q 2 la comptabilité de 18 d'entre elles. Ensemble, ces 1Ï, entreprises / ont eu on 1966 un d5ficit net de 350 nillions de FCFi. l/ Centre des établissements publics, société d'Etat relevant du Hinis- tère des Finances. 2/ Elles comprennent toutes les grandes entreprises publiques sauf l'OCAS, qui a le monopole de l'exportation des arachides, l'ONCAD, organisme étroitement associé à la production des arachides, et la BNDS, banque nationale de d6velopperient étroitement associée au fi- nancement de la récolte d'arachides. On a l'intention de réunir ces trois entreprises publiques, dès 1968, en un centre analogue au CEP. - 36 - Leurs dépâts au Trésor atteignaient à la date du 30 juin 1967 4,1 milliards de FCFA, tandis que leur dette envers le Trésor s'élevait à un total de 3,2 milliards de FCFA. Les dépôts sont constitués toutefois, pour plus de 603 du total, par les avoirs inscrits à des comptes de chèques pos- taux. Si l'on met de côté les PTT, les 17 autres entreprises devaient ensemble au Trésor une somme nette d'environ 1,6 milliards de F CFA, dont une grande partie ne sera jamais remboursée. 117. Au cours de l'exercice 1966/67, les plus gros déficits ont été ceux des chemins de fer et des autobus de Dakar. Diverses grandes entreprises de développement agricole (Richard Toll, Delta, Casonance), le programme b H.L.M. et Radio-Sénégal ont également accusé des déficits considérables. En revanche, le bilan des PTT et celui de la sécurité sociale ont été largement positifs; celui du port de Dakar aussi, dans une moindre mesure. 118. On compte sur la refonte des tarifs et sur le tonnage crois- sant des transports d'arachides pour réduire sensiblement le déficit des chemins de fer. Un relèvement du tarif des transports municipaux soulè- verait des problèmes politiques délicats, et on ne peut guère s'attendre à voir diminuer ce déficit. Il est également improbable que, dans l'en- semble, malgré le gros effort des responsables, le déficit des entrepri- ses de développement agricole diminue si le projet de culture de la canne à sucre se réalise conm,e il est prévu. Quant à Radio-Sénégal, dont les recettes sont insignifiantes, l'opinion générale est que son apport au développement agricole et à la stabilité sociale justifie la dépense. Ainsi donc, à long terme, le budget global des 18 entreprises d'Etat gérées par le CEP pourrait plus ou moins s'équilibrer, le déficit des transports publics urbains, du développement agricole et de la radio étant compensé par l'excédent de recettes de la sécurité sociale, des PTT et du port. Le Trésor n'aurait donc pas indéfiniment à combler un déficit. Situation financière générale et Trésor (Tableaux 29-30) 119. On ne disp,ose pour le secteur public d'aucune comptabilité d'ensemble, de sorte qu'on ne peut se faire des finances de l'Etat qu'une idée incomplète _ _ illiars de F CFA 1962/63 1963/6 196/ 196/66 1966/67 Recettes ordinaires 34,3 33,9 36,7 35,8 33,4 Dépenses ordinaires 29, 31,8 32,3 333, Excédent >,6 2,1 4,2 2,8 2,1 Budget d'équipement 3, 7,0 8, 2,9 4,8 Déficit total 0. 4, 2,7 Financé par recours à des: sources étramgères 0.7 - 1,2 0,2 0,2 irrunts intérieurs à long terme - 4,0 0,1 - - avoirs du Trésor (-= augmentation) 0,2 0,9 3,0 -0,1 2,3 - 37- Le budget d'équipement ne.comprend qu'une partie des sommes que le secteur public consacre au développement. En particulier, les grosses dépenses d'équipement financées au moyen de prêts et subventions de l'étranger ne figurent pas sur le tableau ci-dessus. En sont également exclues les déDenses d'assistance technique financées par la France, ainsi que la contribution de la France au budget ordinaire d'un certain nombre d'insti- tutions (instituts de recherche, université, chemins de fer). Ce tableau n'en est pas moins représentatif des grandes tendances des finances de l'Etat, puisque les dépenses qui n'y figurent pas sont entièrement fi- nancées par des ressources d'origine étrangère, lesquelles n'y figurent pas non plus. Il ressort de ce tableau que l'excédent budgétaire cou- rant a tendance à décroître et que les déficits les plus élevés corres- pondent aux périodes où ont été effectuées de grosses dépenses d'équipe- ment. En fait ces dernières ont subi des réductions lorsqu'elles paraissaient devoir imposer au Trésor une charge excessive. Ainsi la modicité du déficit global de 1965/66, si elle s'explique en partie par un manque de projets de dévelopDement prêts à être mis en oeuvre, a éga- lement résulté des efforts du Gouvernement pour reconstituer les réser- ves du Trésor. 120. Un rapide examen des opérations du Trésor s'impose, vu le rôle important que joue cette institution dans le secteur public entier. Le Trésor ne finance pas seulement les déficits budgétaires mais fournit en outre aux organismes publics - collectivités locales, entreprises d'Etat - des crédits à long et à moyen terre', reçoit leurs dépôts, et, de façon générale, sert de banque au secteur public. C'est par lui que l'Etat effectue toutes ses opérations en espèces. Tous les excédents de recettes de l'Etat, les dépôts d'entreprises publiques, les fonds de la sécurité sociale et le produit des emprunts peuvent servir à financer n'importe quelle dépense autorisée. Le Trésor peut égale- ment accorder des crédits à court terme aux importateurs par l'escompte des effets en douane, qu'il peut lui-même réescompter à la Banque cen- trale. Il peut obtenir - bien qu'il n'en ait encore jamais demandé - des avances de la Banque centrale (cf. ci-dessus, paragraphe 88). Il a un compte courant auprès du Trésor français. 121. En tant que receveur de dépôts et que prêteur de fonds (qu'il s'agisse de prêts ou d'avances), le Trésor joue un rôle monétaire qui peut échapper au contrôle de la Banque centrale. C'est ainsi que les déficits importants des années 1962/63 et 1563/64, marqués au Sénégal par un flé- chissement de l'activité économique, peuvent s'interpréter comme un re- cours au Trésor en tant qu'instrument monétaire. 122. Les statistiques relatives aux comptes du Trésor sont compara- bles depuis 1963/64. Ces données sont difficiles à analyser, du fait que chaque compte d'opération concerne souvent, mais non toujours, plus d'une seule opération, et qu'un compte comprend parfois des opérations déjà incluses dans d'autres comptes. Le Sénégal a toutefois la chance - exceptionnelle parmi les pays franco-hones d'Afrique - de posséder une comptabilité complète, et il s'attache à mécaniser ses opérations comptables, ce qui permettra peut-être une classification plus précise ces opérations. .- 38 - 123. La Mission a essayé de classer méthodiquement, au Tableau 30, les opérations du Trésor. Bien que ce classement laisse subsister un résidu qui peut s'expliquer par des doubles emplois et des omissions, le tableau en question fait bien ressortir les principaux changements intervenus dans la situation du Trésor. Si les avoirs du Trésor ont augmenté en 1963/6h, c'est surtout à cause de gros remboursements d'avan- ces consenties aux entreprises publiques et d'une augmentation des dépôts de ces entreprises; ils ont décliné en 1964/65 et 1965/66 par suite de forts déficits budgétaires et de la réduction des dépôts des entrepri- ses publiques; ils ont légèrement remonté en 1966/67, toujours à la suite, principalement, de l'augmentation des dépôts des entreprises publiques et ils s'élevaient en fin d'année fiscale à quelque 9,4 milliards de F CFA. 124. Quel est le montant minimum des soldes nécessaires pour que les opérations financières de l'Etat puissent se faire sans difficulté? Les autorités ne semblent pas avoir à cet égard de principes bien défi- nis, malgré l'importance que cette question - nous le verrons - pourrait prendre. Si l'on met de côté les opérations hors budget, le montant des avoirs du Trésor représente actuellement les dépenses ordinaires de l'Etat pendant un peu plus de trois mois. Cela est manifestement excessif, surtout si l'on considère que la Banque centrale peut avancer l'équivalent de 1C3 des recettes fiscales, ce qui porte au total le potentiel de réserve à quatre mois environ de dépenses ordinaires. La Mission ne saurait se risquer à dire avec certitude, d'après l'étude qu'elle a faite des finances gouvernementales, quelle autre politique il aurait été possible de suivre; alors òu'il a été fait un large usage des avoirs du Trésor au cours du Prerier plan de développement, le Gouvernement a peut-être fait preuve, depuis, d'une trop grande prudence dans la gestion de ses finances. Plan de développement 1965/66 - 1968/69 (Tableaux 31-33) 125. Nous avons déjà dit qu'il n'existe pas de comptabilité budgé- taire complète, embrassant à la fois les dépenses ordinaires et les investissements. Attendu que très souvent l'aide étrangère ne figure pas sur les documents budgétaires (elle apparaît toutefois dans la comptabilité interne que tient le Ministère des Finances), que les in- vestissements des entreprises ;ubliques ne font pas l'objet de rapports au Ministère du Plan, que ce Ministère attache plus d'importance aux engagements de dépenses qu'aux dépenses effectives concernant chaque pro,et, on ne peut se faire des investissements publics qu'une idée approximative. Les deux ministères mentionnés ci-dessus sont égale- ment conscients des inconvénients de cette situation, et le Ministère du Plan a récemment publié, au sujet des dépenses de développement, un rapport sommaire qu'il s'est efforcé de rendre aussi complet que pos- sible. Bien que ce rapport traite seulement des engagements de dépense, il constitue un précieux instrument d'analyse et de politique financière. - 39 - 126. Le deuxième Plan de développement, actuellement en cours d'appli- cation et embrassant la plupart des dépenses de l'Etat et des organismes officiels, porte sur les quatre exercices 196"/66 à 1968/69. Il est donc actuellement à mi-course, et le Gouvernement a récemment procédé à une révision tant des dépenses que des sources de financement. Les tableaux 31 et 32 confrontent les deux versions (initiale et révisée) et font apparaître le montant de l'aide étrangère sur laquelle compte le Gou- vernement. 127. Les investissements concernant l'agriculture et les activités connexes tiennent une grande place dans les deux versions (34 et 29ý respectivement du total). Le tiers environ des dépenses prévues concerne les secteurs sociaux. Les deux autres tiers se répartissent entre les dépenses d'infrastructure, les études et recherches, et la participation à des entreprises industrielles. 128. La modi.cité relative de la part allouée à l'infrastructure s'explique par le fait que le Sénégal a déjà une infrastructure plus développée que celle de la plupart des autres Etats d'Afrique, et que le premier Plan (1961-64) a donné à ce secteur une haute priorité. En revanche la part allouée aux travaux d'adduction d'eau nrapparaît guère comme le résultat de calculs réfléchis. La majeure partie des dépenses prévues à ce titre concerne un vaste projet visant à fournir de l'eau à Dakar, projet dont l'ampleur parait excessive par rapport non seule- ment aux besoins actuels du Sénégal, m,uais aussi à ses ressources finan- ciòres (Il est à noter toutefois qu'une grande partie de l'aide étrangère allouée à ce projet, sous la forme de crédits consentis par les fournis- seurs, ne serait pas disponible pour d'autres projets). L'estimation du coût remonte déjà à quatre ans, et il n'est pas impossible qu'en fait, la dépense dépasse les prévisions. Le Gouvernement devrait réexaminer la mesure dans laquelle il est tenu de poursuivre la réalisation de ce projet, pour autant qu'il devra pour cela puiser dans ses propres res- sources. !is à part ce projet, le Plan constitue un programe de dé- penses bien équilibré. Cependant, quand on en examine le contenu en détail, certains -oroblèmes et difficultés apparaissent. 129. Le montant des études et travaux de recherche que prévoit le Plan n'est pas excessif (les crédits prévus à ce titre comprennent d'ailleurs les dépenses courantes de diverses institutions d'origine française qui poursuivent au Sénégal des recherches de science appli- quée). L'étude des questions économiques et financières cormmence seu- lemeat à se développer, surtout à la demande des institutions financières étrangères. Les études qui devraient permettre de déterminer quels sont les projets à inclure dans le prochain (troisième) Plan n'ont pas encore commencé. Les organismes d'aide étrangère se plaignent de l'élaboration des projets, la jugeant moins satisfaisante au Sénégal que dans d'autres Etats d'Afrique occidentale. 130. Pour ce qui est de l'agriculture, un vaste projet de planta- tion de canne à sucre qui jouit du plein appui du Gouvernement et dans lequel le secteur privé a des intérêts est en fait d'une rentabilité - 40 - douteuse. Les études officielles ont montré que les bénéfices bruts n'atteindront un niveau satisfaisant qu'au bout de dix ans; d'ici là, le Gouvernement devra subventionner l'entreprise. Les études consacrées à un autre projet important - la culture du riz dans le delta du Sénégal ont porté sur le gain de valeur ajoutée qui en résulterait pour l'ensent- ble de l'économie plutôt que sur la rentabilité directe de l'affaire, elles ont abouti à une entreprise trop ambitieuse qui s'est heurtêe à des difficultés de gestion. Dans ce cas, le Gouvernement a pris des mesures rigoureuses, réduisant le programnme d'action dans l'inmédiat, faisant appel à l'assistance technique d'une société étraangère (SATEC) et la chargeant d'étudier plus a fond les aspects économiques et finan- ciers de l'entreprise. Un programme de cultures potagères - tant pour la consommation locale que pour l'exportation - qui à l'époque du pre- mier Plan de développement était menacé de faillite, a dû être corplèLe- nont réétudié et n'est pas encore prêt à redémarrer. C'est essentiel- lement sur le manque de services de vulgarisation qu'il a achoppé. Quant à 1' tinfCrastructure, on a exécuté divers travaux de construction de routes dont la justification économique est discutable. 131. En revanche, les exemples de programmes bien conçus ne man- quent pas. Il faut signaler en particulier ltaction menée pour accroî- tre la productivité de la culture combinée du mil et de l'arachide, action à laquelle le Gouvernement a accordé le maxi:iumn de priorité et pour laquelle il a sollicité l'aide financière du Groupe de la Banque mondiale. Un vaste programme de pêche, visant à améliorer l'exploita- tion des ressources halieutiques locales, a été lancé avec l'aide de la France et de l'URSS. Ce programme, qui semble judicieusement conçu, est intéressant en ce que les deux bailleurs de fonds coopèrent à la construction des bâtiments de pêche. Le Plan prévoit aussi, avec l'assistance de l'AID, une amélioration des chemins de fer, qui a exigé du Gouvernement des décisions courageuses et nouvelles, à l'égard de questions aussi délicates que la réduction du personnel et le relève- ment des tarifs. Un projet de culture de coton, destiné à fournir de la matière première à l'industrie textile locale, a été lancé avec l'aide d'une société française (CFDT) et a remporté un grand succès. On trou- vera à l'Annexe IV une liste de ces grands projets. 132. En l'absence d'une documentation détaillée indiquant les dé- penses faites au titre de tous les projets inscrits au Plan, on ne peut qu'évaluer sormairement les dépenses d'investissement que le Gouverne- ment parviendra peut-être à faire avant la fin de la période d'appli- cation du Plan, si son effort n'est pas freiné par l'insuffisance de ses ressources financières. 133. Pendant la période du premier Plan (1961-1964), les dépenses de développement se sont élevées à 36,4 milliards de FCFA (ce qui re- présente une moyenne annuelle de 9,1 milliards). Ces chiffres compren- nent les dépenses des orgmiismes à statut officiel (chemins de fer, ports et télécommunications). Si l'on exclut ces dernières dépenses, ainsi que le montant estimatif de certaines dépenses qui concernent le coinerce et le tourisme et qu'il est difficile de comparer aux - 41 - dépenses plus récentes (dont la structure diffère), on arrive à un total de 33, 2 milliars de FCFA représentant une dépense moyenne annuelle de 8,3 milliards de FCFA. Pendant les deux poreières années du deuxième Plan (1965/66 - 1966/67), les dépenses effectives se sont élevées à un total de 12,1l milliards de FCFA (ou 6,3 milliards par an) dont 11,2 milliards inscrits au budget (Tableau 33). 134. Ce ralentissement des dépenses s'explique par les circonstances inséparables de la mise en train d'un nouveau plan quadriennal et du db- marrage de nouveaux projets, ainsi que par les difficultés déjà leitionnées auxquelles s'est heurtée l'élaboration des projets à présenter aux orga- nismes d'aide étrangère. Nous avons déjà signalé d'autre part la répu- gnance des autorités sénégalaises à utiliser certaines ressources locales (en particulier les avoirs du Trésor). 135. Il est intéressant de comparer les dépenses effectives des deux dernières années et les projections incluses dans le Plan révisé 1963/66 - 1966/67 Plan révisé Dépenses effectiv s (milliards de FCFA) Etudes 2/u1,9P 1,50 Services directement productifs 7,15 4,70 Infrastructure 4,28 2,-5 Dépenses sociales 6,69 396 Total4 20,07 12,51 Le Plan révisé, lui-même inférieur de 60" au Plan initial n'a été réalisé qu'à 62e. Cependant, certaines dépenses ont été engagées pour l'agricul- ture (notamment au titre du programme du FED) au cours de cette période, mais les sommes correspondantes n'avaient pas encore été versées en juin 1967. Même si on les fait entrer en ligne de compte, le taux de dépenses demeure faible, d'autant plus que certains organismes à statut officiel (chemins de fer, port de Dakar, postes et télécommunications) sont éga- lement en retard sur leur calendrier de dépenses. 136. Pour la période 1967/63 - 1968/69, le total des dépenses faites au titre du Plan révisé peut être estimé à h8,8 milliards de FCFA. Le 1/ A l'exclusion de 0,7 milliard de FCFA, report du premier Plan sur le deuxième. 2/ A l'exclusion de la participation de l'Etat à l'industrie. 7/ Ce chiffre comprend environ 2 milliards de FCIFA de prêts pour achat de machines agricoles et engrais, prêts inclus dans le Plan mais non dans la comptabilité budgétaire. h/ A l'exclusion des dépenses relatives au port de Dakar, aux PTT, à la SICAP, aux chemins de fer et à l'101CAD. - 42 - report des deux premières années se chiffre approximativement à 8,5 milliards de FCFA, cette somme comprenant les investissements prévus au titre des entreprises publiques. Les dépenses de l'exercice en cours et du prochain exercice devraient donc être de 57,h milliards, soit en moyenne 28,7 milliards pour chacune des deux années. Il est certain que ce niveau ne sera pas atteint, car des contraintes, autres que financières, freinent aussi les dépenses de développement. 137. La principale de ces contraintes est le manque de personnel, dont les effets se font sentir jusqu'à l'échelon le plus élevé des ser- vices de coordination. Les cadres du Ministère du Plan, chargé de for- muler les programmes et d'en négocier le financement, se réduisent à moins d'une dizaine de personnes, ce qui est bien trop peu pour un Plan d'une telle ampleur. L'élaboration des projets incombe en grande partie à des consultants étrangers, dont il est difficile de coordonner les travaux. Les négociations avec les organismes d'aide étrangère sont également délicates, car ces institutions n'ont pas toutes les mêmes normes, ne jugent pas les projets selon les mêmes critères et ne pro- cèdent pas de la même manière. Le nombre des organismes officiels d'aide bilatérale ou multilatérale dont l'activité s'exerce au Sénégal est à tout moment supérieur à 10. Si l'on compte les fournisseurs, ce nombre atteint facilement 20. Cette diversité est également gênante pour les administrations "dépensières", attendu que la demande et l'octroi de crédits se font d'une manière différente dans chaque cas. On mesurait mal, au moment où on a lancé le Plan, la difficulté de coordonner ces diverses tâches, et cette difficulté est sans doute appelée à s'accroî- tre encore du fait que le Sénégal, dans son effort de développement, semble devoir faire appel de plus en plus à des sources étrangères de financement. La pénurie de personnel expérimenté que connaissent les ministères techniques et les autres organismes "dépensiers", freine également l'élaboration et la mise en oeuvre des projets, en dépit du recours fréquent à des consultants et techniciens étrangers. Après avoir passé en revue les projets inclus dans le Plan révisé, la lssion estime que le total des dépenses ne dépassera probablement pas 38,3 milliards de FCFA, y compris le montant - estimé à 5,1 milliards - des sommes qui seront effectivement dépensées sur le report des deux premiè- res années. Ce total est encore très élevé (plus de deux fois supérieur à la moyenne annuelle des dépenses faites au titre du premier Plan), mais il devrait être possible de l'atteindre, grâce au fait notamment que deux des principaux secteurs - celui de l'eau et celui du logement - sont aux mains d'entrepreneurs privés et échappent ainsi, dans une cer- taine mesure, aux problèmes de capacité d'absorption. 138. Pour financer ce volume de dépenses effectives, le Sénégal peut compter recevoir, vraisemblablement, 17,7 milliards de FCFA, à valoir sur l'aide étrangère qui a déjà fait l'objet d'engagements (3 milliards de la France, 8 milliards de la CEE (FED), 3 milliards de l'Allemagne à titre d'aide et sous forme de crédits de fournisseurs, 2 milliards du Groupe de la Banque mondiale, 0,5 milliard environ des E.U., autant des institutionsde 110j.N.U.,autant de l'URSS et autant du Canada). Les engagements des diverses institutions sont loin d'être - 43 - tous également précis, et il n'est pas absolument certain que les verse- ments atteindront le total indiqué ci-dessus. Le Gouvernement compte cependant pouvoir trouver à l'étranger des ressources supérieures à ce chiffre (à supposer que, comme il l'espère, les dêpenses soient elles- mêmes supérieures). 139. Le Gouvernement négocie également l'émission à Paris, sous la garantie du Gouvernement français, d'un emprunt public de 1,5 miniara de FA. Les intérêts s'élèveront sans doute, avec les charges connexes, à 7 ou 8%. Le produit de cet emprunt sera affecté au financement de pro- jets inclus dans le plan. Les ressources extérieures actuellement en vue représentent donc au total environ 19,2 milliards de FCFA, 140. Le Plan prévoit la possibilité de mobiliser 2,1 milliards environ de *FCFA sur les ressources des entreprises publiques, pour financer une partie de leurs propres investissements. Il s'agit essentiellement du port de Dakar, des chemins de fer, des postes et têlécommunications et du logement. Certaines dépenses inscrites au plan (logement, instituts de recherches) sont financêes par transfert de crédits figurant au budget ordinaire, et il en a déjà étê tenu compte dans la projection ci-dessus des dépenses courantes. Elles re- présentent un total d'environ 2,4 milliards de FCFA. En outre, 2,8 milliards - destinés au logement, à l'agriculture et à des entreprises industrielles - viendront de prêts de la BNDS, escomptés par la BCEAO. Bien que cela soit subordonné à l'approbation de chaque projet par la BCEAO, le Gouvernement a bon espoir de pouvoir obtenir de cette source une somme de cet ordre. Enfin, comme l'indique le paragraphe 115 ci- dessus, on peut compter sur 2,9 milliards de FCFA comme excédent du budget ordinaire au cours de l'exercice actuel et du prochain exercice (1967/68 et 1968/69). Les ressources mobilisables sur place s'élèvent donc à un total de 10,2 milliards de F.CFA, et la situation se présente ainsi Milliards de FCFA Estimation des dépenses 1967/68 - 1968/69 33,2 Estimation du report de 1965/66 - 1966/67 _5__ Total à financer 38,3 Financement en vue 29,4 Estimation des versements sur les engagements d'aide extérieure 17,7 Emission de bons à Paris 1,) Auto financement des entreprises publiques 2,1 Transfert du budget ordinaire aux entre- prises publiques 2,4 Prêts de la Banque de développement escomptés par la Banque centrale 2,8 Excédent du budget ordinaire 2,9 Reste à financer 8,9 - 44 - Ce déficit de 8,9 milliards de 13tFA concerne avant tout des projets qui seraient de nature à sugciter des concours étrangers. Parmi eux figure le programme de productivité mil-arachides, auquel le Groupe de la Ban- que ibndiale envisage d'accorder son soutien, conjointement avec la CCCE, ainsi que plusieurs projets routiers, dont l'un prévoit la construc- tion de routes pour desservir les principales régions de culture de l'arachide et a fait l'objet de démarches auprès du Groupe de la Banque Mondiale. Cependant, pour obtenir de l'étranger une participation fi- nancière suffisante, il faudra trouver au Sénégal même des fonds de contrepartie, et il est indispensable que le Gouvernement mobilise des ressources locales supplémentaires, en plus des 10,2 milliards de FCFA qui sont déjà entièrement "liés" aux engagements financiers de l'étran- ger ou réservés à des projets qui ne peuvent être financés par l'étranger. Il existe à vrai dire une possibilité d9accroître les moyens locaux de financement; ce serait d'employer une partie de l'encaisse accumulée au Trésor. A l'heure actuelle, cette encaisse représente au total 9,h milliards de FCFA. Sur cette somme, un demi milliard est réservé aux collectivités locales pour combler leurs déficits, et presque un milliard sera probablement utilisé au soutien de la production d'arachides (cf. Annexe II). Il resterait alors une réserve d'environ 8 milliards repré- sentant 22% du total des dépenses ordinaires prévues au budget de 1967/68.1 Ce volume de réserves paraît considérable. Si l'on estime qu'une encaisse de réserve égale à 15% des dépenses ordinaires (soit 5,5 milliards de FCFA) constitue un "tampon" suffisant, le Gouvernement pourrait prélever sur les soldes du Trésor environ 2,5 milliards de EFA, ce qui représente 28% du déficit mentionné ci-dessus. Un tel apport est raisonnable, et il devrait suffire à susciter le concours d'institutions d'aide étrangère qui exigent des pays bénéficiaires qu'ils participent au financement des projets. Si le Sénégal ne trouve pas de crédits étrangers pour achever de combler le déficit - il manquerait encore pour cela environ 6,8 milliards de FCFA, une fois que le Trésor aurait augmenté son apport -, ou si le déficit se révèle, à la lumière de données plus précises, plus important que prévu, on sera inévitablement conduit à réduire les dépenses de dévelop- pement. Il ne devrait pas y avoir d'hésitation sur l'ordre de priorité suivant lequel devrait s'opérer cette compression : elle devrait porter sur les travaux d'adduction d'eau et de voirie, la construction de routes et les dépenses d'ordre culturel et récréatif. 1/ La principale autre demande de financement à laquelle le Trésor est exposé à devoir faire face pourrait venir du Fonds de stabilisation des cours de l'arachide, qui sera presque épuisé au terme de la cam- pagne 1968/69 et qu'il faudrait reconstituer. Ainsi que le montrent les Annexes I et II, les cours futurs du marché mondial, si on les compare au niveau actuel (ou même ultérieur) des prix à la production, ne permettront pas d'accumuler des réserves considérables. D'autre part le Gouvernement a toujours la possibilité d'emprunter à la Banque centrale jusqu'à concurrence de 010 de ses recettes ordinaires, ce qui lui assure une encaisse supplémentaire de 3,h milliards de FCFA; et ce prêt, bien qu'il soit en principe à court terme, peut être renou- velé. Ce genre de crédit devrait amplement suffire à amortir les fluctuations des cours de l'arachide, de sorte que le Trésor n'aurait pas à mobiliser de réserves supplémentaires pour cet usage. V. PERSPECTIVES lhl. La valeur de la production agricole ne semble devoir aug- menter, entre 1966 et 1972, que de 2% par an en considérant le chiffre connu pour la première de ces années et estimé pour la seconde. Ce secteur sera handicapé, pendant les années qui viennent, par la fai- blesse des cours de l'arachide et par les fluctuations cycliques du clinat.(Si l'on considère la tendance de la production agricole, plu- tôt qu'une année en particulier, le taux de croissance pendant les quelques années à venir peut être évalué à 3,5% par an). La produc- tion des cultures vivrières augmentera sans doute plus rapidement. L'industrie et la construction progresseront vraisemblablement à raison de h% par an. Si la croissance, relativement rapide de 1967 à 1970, semble devoir se ralentir ensuite, c'est en partie qu'on est mal renseigné, à l'heure actuelle, sur les projets qui se concrétiseront peut-être après 1970, mais c'est aussi à cause de l'amenuisement des possibilités d'investissement. Le taux de croissance des autres sec- teurs sera déterminé par celui des deux secteurs principaux (agricul- ture et industrie). L'augmentation du PIB dépassera donc de peu les 2% par an, c'est-à-dire que le PIB augmentera un peu plus lentement que la population (Annexe V). 142. L'investissement, tant public que privé, se situera sans doute au cours des années qui viennent à un niveau sensiblement plus élevé. Il est à noter toutefois que les estimations de l'investisse- ment public après 1969 reposent entièrement sur l'idée qu'on peut se faire, grosso modo, de l'aptitude du secteur public à absorber cet investissement. 1h3. Les exportations d'arachides souffriront du fléchissement des cours; en volume, elles devraient augmenter sensiblement (encore qu'il faille s'attendre, pour deux des années dont il s'agit ici, à une baisse cyclique de la production globale); mais en valeur totale, les exportations d'arachides et produits dérivés semblent appelées à baisser entre 1966 et 1972. Même en 1970, où cette valeur atteindra probablement son maximum, elle restera encore inférieure de 17% à ce qu'elle a été en 1966, année-record. Si l'on excepte les conserves de poisson et les engrais chimiques - nouvel article d'exportation - les autres exportations notamment celle des phosphates, resteront vraisemblablement au même niveau. On peut donc s'attendre, pour la période considérée, à une stagnation des exportations, en valeur. 144. Quoique les importations de biens d'investissement et de matières premières et produits intermédiaires soient appelées à aug- menter considérablement, il est peu probable que les importations de denrées alimentaires augmentent dans une proportion notable; cela s'explique à la fois par la faible croissance du revenu par habitant et par les progrès que fait la production de certaines denrées (mil et riz) qui remplacent des denrées importées. Au total, on peut s'at- tendre à voir les importations augmenter, entre 1966 et 1972, de 2% par an, c'est-à-dire plus vite que les exportations. La balance com- - 46 - merciale qui était favorable en 1966, cessera sans doute de l'être par la suite. Son déficit variera sensiblement de pair avec la production d'arachides, et atteindra son maximum en 1971, année où3 par suite de la sécheresse cette production sera probablement à son plus bas. lh5. Il n'y a lieu de s'attendre à aucun changement notable à l'égard des autres éléments de la balance des comptes. Les versements à l'étranger pour rémunération des facteurs augmenteront vraisemblable- ment, tant à cause des capitaux étrangers récemment investis dans di- verses entreprises qu'en raison d'une hausse (à vrai dire assez faible) des intérêts versés au titre de la dette extérieure. Le solde excéden- taire des services d'Etat semble appelé à diminuer dans l'avenir, par suite de la diminution des dépenses faites au Sénégal par les forces militaires françaises. Les subventions accordées au titre des dépenses courantes diminueront peut-être également, en particulier celles qui sont versées par le FED pour soutenir les prix de l'arachide. 146. En ce qui concerne le compte capital, on peut, en se fondant sur ce qui a été dit ci-dessus des dépenses de développement, estimer quelle sera probablement en 1968 et 1969 l'entrée de capitaux publics. Il est vraisemblable que les mouvements de capitaux privés se solderont ces deux années-là, comme dans le passé, par une sortie. Au cours des années suivantes, l'entrée de capitaux publics dépendra de la mesure dans laquelle la France et la CEE seront disposés à continuer d'apporter au Sénégal une aide substantielle. L'assistance de la France tend, depuis un certain nombre d'années, à diminuer; mais les effets de cette tendance ont été compensés par l'aide croissante de la CEE. Cette der- nière se poursuivra jusqu'en 1969, date à laquelle l'actuelle convention d'association doit prendre fin . On ignore tout de ce que seront ensuite les intentions ou la politique des pays du Marché commun. Il est toute- fois raisonnable de penser que, sous une forme ou sous une autre, un nouveau programme d'aide sera mis en train. Quoi qu'il en soit, il res- sort clairement des projections ci-dessus que le Sénégal aura encore be- soin pendant de longues années d'une aide étrangère et de capitaux étran- gers. 1h7. Les investissements et l'entrée de capitaux étrangers devant être en moyenne supérieurs à ce qu'ils ont été dans le passé, l'effort d'épargne du Sénégal ne devrait pas augmenter sensiblement. Le taux marginal d'épargne nationale s'établit, pour les années 1966-1970, à 12%, chiffre légèrement supérieur aux moyennes du passé mais inférieur aux variations d'une année à l'autre. Le secteur public contribuera à cet effort; tandis qu'au cours des deux dernières années du premier Plan, les ressources locales ont fourni environ 48% des dépenses totales de développement (soit à peu près 10 milliards de FCFA), il est probable qu'au cours des années 1967/68 et 1968/69, ces ressources atteindront un pourcentage inférieur (35%), mais seront plus élevées en valeur ab- solue (plus de 12 milliards). Cet accroissement de l'apport local à l'investissement public sera cependant dû pour une bonne part à la réduction recommandée des réserves du Trésor, qui est une façon de financer le déficit. Cela ne devrait pas avoir d'incidences facheuses sur le niveau des prix, attendu que cela correspondra pour une large - 47 - part à des importations dont il est déjà tenu compte dans les projections ci-dessus. Un accroissement éventuel de la demande intérieure ne devrait d'ailleurs pas soulever de problème grave, étant donné l'existence de ca- pacités excédentaires de production. 148. Ces projections impliquent une hausse de la valeur marginale du coefficient de capital. Cette hausse est toutefois due presque en- tièrement au fléchissement des cours de l'arachide; si les projections relatives à la production étaient calculées sur la base de prix cons- tanta, et si on les comparait aux valeurs enregistrées dans le passé, à prix constants, on verrait que le coefficient n'a guère changé. 19. L'avenir économique du Sénégal se présente donc sous un jour assez sombre. Cette projection montre que les événements postérieurs à l'indépendance n'ont pas été aussi exceptionnels qu'ils pourraient le sembler à première vue, et la lenteur de la croissance passée apparaît - lorsqu'on la rapproche de la faible croissance également prévisible dans le futur - comme imputable à des causes plus profondes que le départ des forces françaises et le démembrement de l'ancienne AOF. 150. Le niveau élevé des prix a déjà été signalé. La sur- évaluation du taux de change oui en résulte, a eu pour effet d'en- courager les importations (jusque vers 1965) et de décourager les exportations (sauf celle des arachides) aussi bien que la production locale d'articles à substituer aux importations. En raison toutefois des cours préférentiels élevés dont ont bénéficié les exportations d'ara- chides et des grosses entrées de fonds publics étrangers, l'équilibre de la balance des paiements a pu être plus ou moins préservé. La crois- sance, toutefois, a été lente, et la rentabilité de presque toutes les productions a été nulle, ou insignifiante. A part les arachides, seuls les textiles ont progressé de manière satisfaisante, par suite de la place importante qu'occupent les tissus dans le budget du consommateur sénégalais. En outre on peut discerner, au cours de cette période, une tendance favorable aux investissements fortement capitalistiques probablement liée au coût élevé de la main-d'oeuvre et au côlt relati- vement modique des biens d'investissement importés. 151. Le Gouvernement a réagi contre cette lenteur de la crois- sance économique en établissant des barrières douanières (afin de sti- muler la fabrication sur place d'articles propres à remplacer certaines importations) et en augmentant la taxation indirecte, surtout celle frappant les importations (afin d'augmenter l'épargne destinée au fi- nancement des dépenses de développement). Cela a évidemment entraîné une nouvelle hausse des prix, et a peut-être eu un effet néfaste sur les exportations. En revanche cela n'a stimulé que dans une faible me- sure la fabrication d'articles destinés à la consommation locale; car la dimension restreinte du marché intérieur des produits manufacturés (en dehors des textiles) reste un obstacle à l'industrialisation, en dépit de la protection dont celle-ci bénéficie. Que les mesures prises par le Gouvernement aient eu un effet adverse sur les exportations est plus difficile à prouver; mais il faut bien reconnaître que ces ex- portations restent tout aussi peu diversifiées que dans le passé. Il - 48 - est certain aussi que la production par l'agriculture de denrées qui se substitueraient aux produits importés a été découragée par le fait que le Gouvernement, craignant de provoquer une hausse excessive du coût de la vie, s'est abstenu de relever les taxes sur les importations correspondantes. 152. Le régime préférentiel dont bénéficiait l'arachide a main- tenant pris fin. Pour compenser une réduction éventuelle des recettes provenant des exportations et pour éviter une baisse du revenu des cul- tivateurs, le Gouvernement a pris des mesures visant à accroître le ren- dement des cultures d'arachides. A plus long terme cependant, si l'éco- nomie du Sénégal continuait à reposer exclusivement sur sa production d'arachides, elle resterait exposée aux conséquences des fluctuations importantes des revenus provenant des exportations, fluctuations elles- mêmes liées à celles des cours des arachides au marché mondial, et souffrirait de l'amenuisement progressif de l'avantage de prix dont l'arachide jouit actuellement par rapport aux autres oléagineux. Le revenu de la population souffrirait également des aléas d'une pro- duction que menace la concurrence de produits substituables moins coûteux. Bien que l'arachide soit encore actuellement la plus rémuné- ratrice des productions du Sénégal, un effort de diversification s'im- pose, et il ne se heurte, en fait, à aucun obstacle insurmontable. 153. Nous avons vu dans les précédents chapitres que la culture du coton et celle des légumes pourraient être développées pour ltexpor- tation, et que le Sénégal devrait également pouvoir exporter des chaus- sures et des tissus. Il pourrait aussi accroître sa production de riz, de mil, de légumes et de fruits destinés à la consommation locale. En dehors des industries manufacturières, l'offre reste trop peu élastique. Mais les mesures vigoureuses que le Gouvernement a prises pour assurer une assistance technique à la production de riz et de coton sont autant de pas dans la bonne direction. Pour le riz comme pour le coton, la réaction des agriculteurs a été rapide et très encourageante. Pour que ces efforts soient fructueux, il faudrait avant tout que les nouvelles exportations puissent devenir vraiment compétitives sur le marché mon- dial, et que les nouveaux substituts aux importations puissent concur- rencer efficacement les importations. D'après l'analyse ci-dessus, il semble que, sauf modification des relations des prix pour la plupart des articles, les produits sénégalais autres que l'arachide resteront relativement chers, et ne seront pas compétitifs. 154. Toute modification des relations des prix soumettrait à court terme les finances du Gouvernement à une pression considérable; elle ne serait réalisable que sur la base d'un accord entre les membres de ltunion monétaire, y compris l'Etat garant du FCFA. Des études détail- lées s'imposent avant toute décision, afin notamment de déterminer les produits pour lesquels il conviendrait de modifier la relation des prix et ceux pour lesquels elle pourrait demeurer inchangée. Il s'agit là pour le Sénégal, en tout cas, d'un grave problème de politique écono- mique; et il n'est guère douteux que les forces économiques en jeu con- traindront le Gouvernement, les autorités monétaires, les partenaires du Sénégal et ses principaux bailleurs de fonds à s'y attaquer. - 49 - VI. COIHCLUSIONS ET CAPACITE DU SENEMAL A EM4PRUNTER 155. Les efforts déployés par le Sénégal jusqu'ici sur le plan économique peuvent être considérés comme satisfaisants. Le principal obstacle qui s'oppose à l'accélération de la croissance et à la diver- sification de la production demeure le niveau élevé des prix; mais les mesures que lton pourrait prendre pour remédier à cette situation en modifiant la relation des prix demandent à être étudiées avec soin et appliquées avec prudence. A ce propos, on pourrait à l'avenir examiner plus attentivement les avantages et les inconvénients des mesures de protection douanière déjà prises ou envisagées. 156. L'épargne publique reste faible, bien que le Gouvernement se soit attaché à restreindre les dépenses courantes. Quant aux dépenses de développement, bien que l'élaboration des projets n'ait peut-être pas été pleinement satisfaisante, on s'efforce sérieusement, à l'heure actuelle, de remédier à cette faiblesse. La mise en oeuvre des projets s'est améliorée, dans le sers de l'efficacité, grâce au recours du Gouvernement à des sociétés étrangères d'assistance technique. La décision de réaliser un projet trop ambitieux d'adduction d'eau est regrettable; mais pour le reste, les dépenses de développement inscrites au programme des deux années à venir sont bien équilibrées et leur ordre de priorité paraft, dans l'ensemble, judicieux. Pour juger le parti que le Sénégal a tiré des sommes consacrées à son développement, il faut tenir compte de la date récente à laquelle il est parvenu à l'indépendance et comparer ce qu'il a fait à ce qu'ont fait d'autres pays d'Afrique. Bien qu'il y ait encore des progrès à faire, l'effort d'investissement public peut être considéré, dans l'ensemble, comme satisfaisant. Certaines incertitudes subsistent à l'égard du financement ultérieur des dépenses de développement. Nous avons montré dans le présent rapport, entre autres choses, lintérdt qu'il y aurait à utiliser davantage les réserves du Trésor pour des actions de développement. De façon générale, le Gouvernement est conscient du problème de financement qui se pose à lui, mais il ne paraît pas en avoir envisagé tous les aspects. 157. Un certain doute subsiste également quant aux incidences que les cours mondiaux de l'arachide sont de nature à avoir sur les finances publiques. Si les cours restent aussi bas qu'actuellement, on ne pourra guère éviter de réduire encore, si peu que ce soit, le prix payé aux planteurs. L'expérience récente montre, en tous cas, que le Gouvernement est rÎsolu à faire en sorte que ses finances ne soient pas mises en péril par des prix à la production trop élevés. 158. En conclusion, on peut compter que le Gouvernement poursuivra une politique orientée vers le développement et continuera à combattre les pressions qui s'exercent en faveur d'un accroissement de la consommation- Cette tâche apparaît comme particulièrement délicate quand on sait que le revenu par habitant semble devoir rester au même niveau, sinon même diminuer. 159. La dette extérieure du Sénégal s'élevait, à la date du 31 dêcembre 1966, à 79,2 millions de dollars, -en comptant les sommes empruntés non encore utilisées (Tableau 1). Depuis cette date, le Gouvernement a contracté divers emprunts (BIRD, CCCE, FAC), et sa dette totale à la fin de 1967 peut être estimée à environ 83,8 millions de dollars. Le montant des versements effectués n'est pas connu avec précision, mais se situe aux environs de 73 millions de dollars. Les sommes payées en 1967 au titre du service de la dette (Tableau 2) cor- respondent à 2,1% de la valeur des exportations de biens en 1966. Encore plus significatif peut-être est le rapport entre le service de la dette publique et les recettes de l'Etat, étant donné que le Sénégal appartient à une grande union monétaire, qu'il n'a pas de monnaie propre et que les difficultés relatives à sa balance des paiements sont surtout importantes par leurs incidences sur les finances publiques. Or, même ce dernier rapport est faible (2,6%). 160. Au cours des quelques années à venir, le service de la dette est appelé à s talourdir, en raison des nouveaux emprunts qui seront - contractés auprès de la France, de l'Allemagne et d'autres prêteurs. Les sommes en cause, toutefois, ne sont pas élevées (environ l'équivalent de 25 m-llions de dollars d'emprunts nouveaux) et la plupart de ces dettes ont été contractées à des conditions avantageuses. Il est une seule exception, celle de l'émission publique de bons du Trésor qui sera vraisemblablement lancée à Paris et dont le taux d'intéret atteindra peut-être 8%. Le service des dettes nouvelles ne pèsera pleinement sur les finances publiques qu'aux abords de 1980; en 1972 par exemle, le service de la dette ne représentera sans doute pas plus de ,5'% des exportations, malgré la stagnation probable de celles-ci. 161. A supposer que les tendances actuelles persistent, la dette ne saurait manquer de soulever, A long terme, des difficultés. Si la capacité d'exportation du Sénégal reste limitée, si le revenu par habitant continue à décliner ou se maintient tout juste au même niveau, si l'aptitude du pays à épargner n'augmente pas sensiblement, l'inves- tissement ne sera sans doute possible que grâce à un apport toujours plus considérable de capitaux étrangers, tant publics que privés. A moins que les premiers ne continuent d'être prêtés à des conditions avantageuses pour l'emprunteur, on peut craindre qu'à long terme, vu le volume des engagements-actuels, le S6n6gal n'ait peine à assurer le service de cette dette. 162. Il importe de souligner que l'investissement public du Sénégal, et même certaines charges qui feraient normalement partie de ses dépenses ordinaires (paiements afférents à l'assistance technique étrangère, dépenses des instituts de recherche, dépenses de l'Université, etc.) sont actuellement financés grâce à l'assistance étrangère qui met à la disposition du Gouvernement, à des conditions très avantageuses pour lui, des sommes considérables. Si cette situation prenait fin, il n'est pas douteux que le pays aurait peine à porter le fardeau de sa dette extérieure actuelle. Il est toutefois raisonnable de penser que le Sénégal continuera pendant quelques années encore à bénéficier d'une aide étrangère assortie de conditions avantageuses. Ainsi, la solva- bilité du Sénégal - et l'équilibre de sa balance des paiements - apparais- sent comme reposant essentiellement sur la continuation des entrées de capitaux publics fournis suivant ces conditions avantageuses. Dans ces circonstances, il semble important que le Sénégal évite de contracter des dettes importantes dans les conditions normales du marché financier car il deviendrait plus vulnérable aux difficultés résultant d'un poids accru de la dette. 163. En 1966, le produit intérieur brut du Sénégal était évalué, au taux de change en vigueur, à environ 190 dollars des Etats-Unis par habitant. Ainsi, compte tenu de sa pauvreté et des résultats qu'il a obtenus, le Sénégal remplit les conditions voulues pour bénéficier de crédits de l'AID; du point de vue de sa capacité à emprunter, il ne devrait contracter dt emprunts de type classique que pour des montants très restreints. le Sénégal doit toujours être considéré comme un pays en faveur duquel il convient de combiner lraide financière de ltAID et celle de la BIRD. ANNEXE I Cours mondiaux des arachides: Perspectives du marché à moyen terme 1 1. A partir de la récolte de 1967/68, le Sénégal vendra sa pro- duction d'arachides aux prix du marché mondial. En fait, la moitié en- viron de la récolte sera vendue sur place à des huileries; mais les sommes que celles-ci devront payer seront calculées sur la base des prix mondiaux (un accord récemment conclu entre le Gouvernement et les producteurs d'huile garantit que ceux-ci s'abstiendront de concentrer leurs achats sur les périodes où les cours mondiaux se trouvent être relativement faibles). Le r8le crucial que joue cette culture dans l'ensemble de l'économie justifie un rapide examen de la manière dont les cours mondiaux paraissent, à moyen terme, devoir évoluer. 2. L'évolution du marché des huiles et corps gras sera dominée, dans l'avenir, par deux grands faits: d'une part, 1'augmentation du taux de croissance de la production d'huiles végétales dans certains pays en développement, si leurs plans actuels d'expansion aboutissent; d'autre part,Ir, die.ndu taux de croissance des importations des pays d'Europe occidentale, qui sont les principaux acheteurs du marché mondial. Si les plans d'expansion des pays en développement risquent de ne pas avoir en fait toute l'ampleur qu'on envisage actuellement de leur donner, il est également vraisemblable que la consommation de ces pays augmentera plus vite que dans le passé. Il est donc peu probable qu'un gros excé- dent de production vienne provoquer une forte baisse des prix. Cet ex- pos6 est toutefois un peu assombri par les incertitudes qui planent sur la situation où se trouvent, à l'égard des huiles et corps gras, les pays d'Europe orientale (y compris l'URSS) et la Chine. Ces région ont importé dans le passé plus qu'elles n'ont exporté, et on peut se demander si cette situation va persister. En fait, les prix auxquels les arachides se sont vendues en 1967 ont souffert notamment des grandes quantités de graines de tournesol que l'Union soviétique a exportées en Europe, à la suite d'une récolte exceptionnellement abondante. 3. De 1950 à 1961-63, la production mondiale de corps gras a aug- menté, selon les estimations, de 3,5 pour cent par an, atteignant 36,3 millions de tonnes en 1965. C'est dans les pays évolués que cette pro- duction a le plus augmenté, et leur part de la production mondiale est aujourd'hui d'environ 45 pour cent. 4. Si l'on considère les tendances passées et les perspectives d'avenir dont il a été fait mention ci-dessus, il semble que pour 1970, l'offre et la demande mondiales ont des chances de se 'équîlibrer plu ou oins , à des prix légèrement inférieurs à leur niveau moyen de 1961-63. Ultérieurement, il est vraisemblable que l'augmentation de la production sera plus sensible, et il se peut que les prix baissent encore davantage. / D'après des documents de travail du Département des Etudes écono- miques (Division d'analyse des échanges commerciaux et de projection des exportations) ANNEXE I Pa,o 2 5. Le marché des tourteaux, qui servent à compléter l'alimen- tation du bétail, présente certaines singularités. Jusqu'à une date toute récente la demande augmentait très rapidement, mais il est dou- teux que cette tendance persiste. Il semble que les éleveurs substi- tuent parfois du grain aux tourteaux dans l'alimentation du bétail. Ils disposent aussi d'autres aliments de remplacement--comme l'urée-- chaque fois que le prix des tourteaux devient excessif. 6. Les prix (exprimés en anciennes livres sterling) nous sem- blent devoir, être les suivants vers 1972: Arachides (Nigéria, décortiquées, CAF Londres) 60-65 par tonne longue Huile d'arachide (Nigéria, 3-5 pour cent, CAF ports européens) 95-100 par tonne longue Tourteaux d'arachide (Nigéria, 56 pour cent, CAF Royaume-Uni) 39-4o par tonne longue 7. En 1967, les prix des arachides ont fortement baissé; de 65 livres sterling anciennes en mai, ils étaient tombés pour la mi- novembre à 55 livres 17 sh. et 6 pence. Le Sénégal procéde actuelle- ment à la vente de sa prochaine récolte, et a déjà trouvé preneur pour une bonne partie de ses exportations au prix de 61 livres (anciennes). On pense, dans les milieux commerciaux, que les prix vont se stabiliser cette année à 55 livres (anciennes) par tonne. Cela paraît dua à deux causes: d'une part la concurrence de l'URSS et ses livraisons inatten- dues à l'Europe occidentale; d'autre part, l'incertitude des huileries françaises quant aux conséquences qu'aura l'alignement du Marché Commun et des Etats associés sur les cours mondiaux des oléagineuxe 8. A moyen terme, les autorités sénégalaises craignent surtout que les arachides ne perdent du terrain par rapport aux graines rivales. A l'heure actuelle, elles se vendent plus cher que les succédanés (graines de soja, par exemple), parce que leur huile est de meilleure qualité et plus simple à fabriquer. Mais la qualité est essentiellement affaire de goûit, et il n'est pas impossible de modifier les préférences des consom- mateurs par une publicité habile en faveur d,succédanés; d'autre part, il est toujours possible que des améliorations techniques apportées a la fabrication des succédanés viennent réduire le prix de revient qui actuellement les handicape. 9. Ces raisons semblent devoir inciter à ne pas envisager l'évo- lution à moyen terme du cours des arachi-des sous un jour trop optimiste. C'est pourquoi la mission a choisi comme base de calcul, dans son rap- port, le plus bas des deux chiffres délimitant la "fourchette" des prix à venir. ANEIXE Il Page 1 Cours de 1'rnchide et soutien sccord; r?r Ie Trésor SénégaLais 1. L'évolution future des cours de l'arachide sur le marché mondial, et l'écart entre ces cours et les prix payés aux producteurs, auront des incidences considérables sur les liquidités du Trésor du fait que les fonds des Caisses de stabilisation des prix et de péréquation des transports pour les produits arachidiers font partie de ces liquidités. Pour la récolte de 1967/68, le Gouveriement a réduit les prix à la pro- duction d'environ 13 pour cent, en prévision d'une forte baisse des prix a l'exportation, par suite de la disparition du régime préférentiel que les pays de la -CEE, et la France en particulier, accordaient naguère aux oléagineux. Il est vraisemblable que les prix actuellement payés à la production resteront les mêmes pour la récolte 1968/69. Pour ces deux années, la situation se présente donc comme suit: Base décortiquée 19768 168869 (a) Prix mondial (CAF Londres, F CFA par tonne) 38,990 40,335 (b) Production pour l'exportation (milliers de tonnes) 700 722 (c) Recettes totales d'exportation (millions de F CFA) 27.293 29.122 (d) Aide de la CEE (millions de F CFA) 2,00 600 (e) Prix à la production (F CFA par tonne) 26.142 26,142 (f) Frais de commercialisation, de conditionnement et taxes (F CFA par tonne) 18.061 18.061 (g) Prix de revient total (e + f multiplié par b) (millions de F CFA) 30.943 31.933 (h) Perte totale (g-c-d, millions de F CFA) 1.610 2.211 (i) Versements aux Caisses de stabilisation et de péréquation compris dans (f) (millions de F CFA) 1,400 1.445 (j) Perte nette pour les Caisses de stabilisation et de péréquation (h-i, millions de F CFA) 210 l_ 766 2. Bien que certains de ces chiffres ne soient qu'estimatifs, et bien que nos calculs reposent sur l'hypothèse d'une hausse de prix au cours de cette période (le cours passant de 58 à 60 livres anciennes pour atteindre, à moyen terme, le niveau postulé dans le présent rapport), la perte que subiront les Caisses intervenant dans le circuit de l'ara- chide peut être estimée, pour l'ensemble des deux années, à 1 milliard l_f Il n'a pas t tenu compte dans le calcul de cette perte des recettes budgétaires provenant de la taxe à l'exportation des arachides et qui sont comprises dans la ligne (f). Sur la base d'une taxe de 4,400 F CFA par tonne, le montant de ces recettes serait d'environ 3,080 millions de F CFA en 1967/68, de sorte que la part nette des arachides dans les recettes publiques serait dtenviron 2,870 millions de F CFA (3,080 - 210). AIME l Page 2 environ de F CFA. 3. Mais à moins que l'aide de la CEE ne se poursuive au-delà de 1969--éventualité sur laquelle on ne peut compter--les pertes des Caisses de stabilisation et de péréquation augmenteraient très rapide- ment après 1968/69, ce qui réduirait considérablement la liquidité totale du Trésor. Base décortiquée 1969/70 1970/71 1971/72 (a) Cours mondiaux (F CFA par tonne) 40.335 40.335 40.335 (b) Production pour l'exportation (milliers de tonnes) 601 609 8h7 (c) Recettes totales d'exportation (mil- lions de F CFA) 24.241 24.,564 34,164 (d) Prix de revient total (millions de F CFA) 26,580 26.920 37,441 (e) Perte totale (millions de F CFA) 2.339 2,356 3,277 (f) Versements aux Fonds de stabilisation compris dans (d) (millions de F CFA) 1.203 1.218 1,694 (g) Perte nette pour les Fonds de stabili- sation (millions de F CFA) 1,136 1,138 1,583 4. Dtautre part, une faible réduction--h pour cent--des prix à la production et/ou des autres éléments du prix de revient rétabli- rait la situation, à supposer toutes choses égales d'ailleurs: (a) Recettes totales dtexportation (mil- lions de F CFA) 24,2h1 24,564 34,164 (b) Prix à la production et frais divers (F CFA par tonne) 42,435 42.,435 42.435 (c) Prix de revient total (millions de F CFA) 25,517 25.843 35,943 (d) Perte totale 1,276 1,279 1.779 (e) Perte nette pour les Caisses de stabi- lisation et de péréquation 73 61 85 Une telle réduction est-elle réalisable? Si la baisse portait, non sur les prix à la production mais exclusivement sur les frais divers, ceux-ci devraient tomber de 18.061 à 16.293 F CFA par tonne d'arachides décortiquées. Mais ces frais comprennent, entre autres, une taxe a l'exportation et des versements destinés aux Fonds de stabilisation. Si l'on exclut ces deux éléments, les autres charges totalisent actuel- lement 11.770 F CFA par tonne, et il faudrait les ramener à 10,000 F CFA par tonne, ce qui représente une baisse de 15 pour cent. Le Gouvernement compte prendre diverses mesures pour réduire ces frais de commercialisa- tion et de traitement. En particulier, le programme de construction de Page 3 de routes de desserte dans les régions productrices d'arachides a pour but de réduire le coût du transport. Il est peu probable toutefois que les frais de commercialisation et de transport puissent supporter à eux seuls la réduction nécessaire du prix des arachides à la livraison. Une nouvelle réduction, assez faible, des prix à la production est donc dans l'ordre des choses possibles. Si lon admet les hypothèses ci- dessus, et si l'on fixe (arbitrairement) les frais divers à 10,900 F CFA par tonne, les prix à la production devraient baisser de 26,142 à 25,250 F CFA par tonne sur la base arachides non décortiquées, cela im- plique une réduction des prix à la production de 18.300 F CFA par tonne (prix 1967/66) à 17.677 F CFA, c'et-à-dire de 3,4 pour cent. On estime qu'une réduction de cet ordre ne détournerait pas les agriculteurs de l'emploi d'ongrais chimiques ni dîautres mises de fonds. 5. En conclusion, au cours de la période 1967/68 - 1968/69, les ressources du Trésor diminueront probablement de 1 milliard de F CFA. Si les cours mondiaux se maintiennent au niveau que nous avons admis par hypothèse dans ce rapport, et si les prix à la production font l'ob- jet d'un ajustement, il n'y a pas lieu de penser que le Trésor soit ex- posé à subir ultérieurement d'autre perte. Les disponibilités des Cais - ses seront sans doute en grande partie épuisées, mais cela ntest pas grave pour le Sénégal (a) à cause des ressources globales dont dispose le Trésor et qui peuvent faire l'objet de virements internes, et (b) parce que les ressources du Trésor, y compris les avances que le Gou- vernement peut demander à la Banque Centrale, suffisent amplement à compenser les fluctuations des cours mondiaux de l'arachide. A sup- poser que toutes les autres ressources du Trésor doivent être mobilisées à d'autres fins, les possibilités de financement qu'offre la Banque Centrale (de l'ordre de 3,4 milliards de F CFA) devraient permettre d'amortir les fluctuations à court terme des prix si ces fluctuations ne dépassent pas 3 ou 10 pour cent du prix que nous avons admis par hypothèse (60 livres anciennes par tonne longue). 6. Aux fins de comparaison, nous indiquerons ci-dessous les chif- fres que nous avons utilisés dans la présente annexe comme représentant les prix payés à la production et les divers frais qui grèvent les ara- chides tant décortiquées que non décortiquées: F CFA par tonne métrique Prix à la production, non décor- tiquées l8300 17.677 Autres frais, non décortiquées l2ý643 12 028 Prix CAF, non décortiquées 30,943 29t70 Prix à la production, décortiquées 26-142 25-253 Autres frais, décortiquées 1 61 7.2 Prix CAF, décortiquées 4.203 42L35 ATME II Pagr77 -- Livres anciennes F CFA par tonne longue par tonne métrque Cours mondial (CAF Londres, décortiquées) 58 38.990 Cours mondial (CAF Londres, décortiquées) 60 40335 Les exportations d'huile brute ont été, dans la présente note, assimilées aux exportations d'arachides décortiquées. Page 1 PROJETS iYDUSTRIELS Eý RÉLÀ,ISATION ET A_ L'ETUDE Capacité Investissep.cnts Chiffre Date initiale d'affaires possible de productior (millions de F CFA) Industries alimentaires Concentrés de tomates 2,000 t/an 37 250 1968/69 Jus de fruit n.d. 180 n.d. 1969/70 Traitement du poisson 10.000 t/an 850 1,300 1969/70 Conserves de boeuf n.d. 200 n.d. 1968/69 Traitement du poisson 15,000 t/an 40 n.d. 1967/68 Rizerie Delta n.d. 100 n.d. 1968 Rizerie (Richard Toll) n.d. 100 n.d. 1967 Sucrerie 12,000 t/an 2.000 500 1969/70 Fabrique de margarine 1,000 t/an 100 n.d. 1969 Textiles et cuirs Filature de coton 4,000 t/an 90 n.d. 1968 Tissage de coton n.d. 705 n.d. * Impression h millions 2.800 1968 mètres/an 00 Usine combinée 10 millions n.d. 1969/70 mètres/an 1.450 Tannerie 250.000 peaux/an 40 160 1968 Autres industries Ecorces d'arachides 2,500 t/an 130 90 1969 Caoutchouc 300,000 pneus/an 160 80 Engrais chimiques 130,000 t/an 3.100 1,100 1968 Engrais et insecti- cides n.d. 100 n.d. ? Engrais organiques 78,000 t/an 200 4oo 1968 Essences aromatiques n.d. 188 n.d. 1967/68 Produits pétroliers n.d. 120 n.d. 1967/68 Ciment 100,000 t/an 600 500 ? Batterie de cuisine 1,000 t/an 100 165 1968 Couvercles métalliques n.d. 20 54 1968 * Réalisation douteuse ? Incertaine; études en cours A1ITEX77J Jiii Page 2 PROJETS INDUSTRIEI-S EN REALISATION ET A LETUDE (suite) Capacité Investissements Chiffre Date initiale diaffaires possible de production (millions de F CFA) Verrerie n.d. 100 n.d. * Détergents 900 t/an 60 150 ? Aciérie électrique 18,000-25,000 t/anl.200 650 ? Tréfilerie 300-400 t/an 80 n.d. ? Clouterie, tréfilerie 400 t/an 150 90 ? Réfrigérateurs (montage) 2.000 t/an 80 95 * Appareils de climatisation n.d. n.d. n.d. ? Accumulateurs n.d. 100 231 ? Récepteurs radio à transistors (montage) 12,000 an 50 100 ? Total 12-830 Total, à l'exclusion des projets de capacité incertaine ou de réalisation douteuse * Réalisation douteuse ? Incertaine; études en cours Sources: CEE, Possibilités d'industrialisation des Etats africains et malgache. déc. 1966; estimations de la BIRD AMMRZE 111 Page i LISTE DE GRANDS PROJETS INCLUE DAMS LA VERSI01 REVISEE DU PLAN QUADRIENNAL 1965/66-1968/69 Les pages qui suivent donneront un bref aperçu de certains des grands projets inclus dans le plan de développement actuellement en cours de réalisation (1965/66 - 196/69). Unrésumé de tous les projets inclus dans le plan se trouve dans l'annexe statistique (ta- bleau 31). Agriculture 1. Productivité de l'arachide et du mil. Il s'agit d'une opération complexe comprenant la fourniture de semences, d'engrais chimiques et d'insecticides, ainsi qu'un important travail de vul- garisation, et visant à augmenter les rendements du mil et de l'a- rachide. Ce projet répond à la nécessité de rendre la culture de llarachide plus rentable, en égard à la baisse des prix à l'expor- tation, et a pour but d'accrortre les connaissances techniques des cultivateurs afin de faciliter la diversification ultérieure de leur production (cultures vivrières et élevage). 2. Riziculture. Les projets de cet ordre se situent dans quatre régions principales: (a) Dans le delta du Sénégal, on envisage de créer progressivement 30.000 hectares de rizières, cultivées par de petits propriétaires sur une base coopérative; mais les travaux ont été ralentis en attendant que l'action du service de vulgarisation qui vient d'être implanté puisse faire sentir ses effets; (b) à Richard Toll, sur le Sénégal, les résultats de l'exploitation mé- canisée ont été décevants, et de graves problèmes de gestion se sont posés dans le passé; (c) dans la vallée du Sénégal, une série de rizières moins étendues, irriguées par les crues du fleuve, a été aménagée sur les rives; (d) en Casamance, deux projets ont trait à la riziculture: dzune part, on facilite le genre de riziculture qui se pratique déjà dans les marais à palétuviers; d'autre part, on organise des démonstrations sur parcelles d'essai, on s'occupe de la formation de personnel et on procède à un inventaire des ressources hydrologiques de la région (U.S. AID). Deux rizeries sont en con- struction (dans le delta et la vallée). 3. Sucre. Le projet prévoit la plantation en canne à sucre d'une partie des terres de Richard Toll et des environs; un domaine expérimental de 110 hectares est en cours d'aménagement. A un premier stade, 1.500 hectares environ seront mis en culture; ultérieurement, une fois qu'on aura terminé l'aménagement du lit de la Taouey (régu- larisation du débit et captage d'eau pour l'irrigation), on compte mettre en culture une tranche supplémentaire de 7 à 8.000 hectares. Une sucrerie et une raffinerie seront installées par des sociétés à capitaux étrangers, avec participation de l'Etat. On voit dans ce projet un moyen de diversifier l'agriculture; en outre, la production de sucre réduirait le volume des importations. Il se peut que la lauritanie, sur l'autre rive du Sénégal, adopte un projet analogue; d'autres pays d'Afrique occidentale (Iiger. Togo. Dahomey., Haute-Volta) ANNEXE TV Page 2 envisagent également de faire des plantations de canne à sucre. Il est vraisemblable que le projet du Sénégal devra être subventionné par 1iEtat pendant de longues années. 4. Coton. Ce projet concerne la culture du coton dans le Siné Saloum et le Sénégal criental, sous la direction technique de la CFDT (Compagnie française pour le développement des fibres textiles). D'après le plan initial, 4.000 hectares devaient 6tre plantés en coton dès 1968/69, et on envisageait la possibilité d'entrepreidre immédiatement la mise en culture d'une tranche supplémentaire de 5.000 hectares. Ce projet a été couronné d'un plein succès, et le Plan révisé a porté l'objectif à 12,500 hectares, qui pourraient produire 4.500 tonnes de coton-fibre, c'est-à-dire de quoi alimenter en matière première toute l'industrie textile sénégalaise. Une première usine d'égrenage doit s'ouvrir en 1968, et on en prévoit une seconde. Le financement du programme est assuré en grande partie par le FED. Elevage 1. Divers projets visant à améliorer l'état sanitaire du cheptel sont en cours d'exécution. 2. On procède également au forage de puits pour l'abreuvage. 3. On avait prévu la création d'un certain nombre d'abattoirs, mais le programme inclut dans le premier plan a d1â être réduit, faute de crédits. Une série de stations frigorifiques est en construction à l'intérieur du pays, ainsi qu'un entrep8t au port de Dakar. Bien que le Sénégal importe de grandes quantités de bétail, de viande et de pro- duits laitiers, le développement de ce secteur do l'économie est con- sidéré comme une entreprise à long terme, moins urgente que l'agricul- ture. P6ches Le grand projet, à cet égard, est celui de constituer une flotille de thoniers . Sa réalisation a ét6 retardée par l'évolution des techniques de conservation (passage de la réfrigération à la con- gélation). Routes Divers projets, différents de ceux que le Plan prévoyait initialement, sont en cours dtexécution. Ils concernent surtout la réfection ou la rénovation de routes existantes; mais dans d'autres cas, il s'agit d'additions au réseau routier: 1. Routes du diéri. Ce long axe routier suit le cours du Sénégal et est surtout destiné à rendre possibles tout au long de l'année les communications avec les régions desservies. La justification économique de ce projet paraît contestable. ANLW~E -IV Page 3 2. Routes de production. Il s'agit de routes secondaires con- struites dans les régions oÙ se cultive l'arachide et destinées a leur donner accès à la voie ferrée. Parmi les autres routes, il y en a une qui traversera le Sénégal oriental et est surtout destinée à permettre les communications avec des régions agricoles encore isolées; une autre desservira, au nord de Dakar, une région de cultures maraichères. La construction de cette dernière ne semble guère justifiée pour le moment. Chemins de fer L'IDA (Association Internationale de Développement) a finan- ce un programme de rénovation et de réorganisation. Ports La BIRD a financé un programme d'extension et de modernisation du port de Dakar. Le Plan quadriennal initial prévoyait des travaux du m6me ordre dans divers autres ports (notamment celui de St. Louis); mais ces projets ont pour la plupart disparu du Flan révisé. Enseignement ].. Le programme révisé prévoit une réduction considérable des dépenses d'enseignement, celles-ci passant de 8.800 millions de F CFA dans le Plan initial à moins de 5,300 mil2ions de F CFA . Cette réduc - tion s'est accompagnée d'un changement complet d'orientation du pro- gramme., l'accent étant mis davantage sur l'enseignement primaire aux dépens, essentiellement, de l'enseignement secondaire général et d'autres activités diverses dans le domaine éducatif. La part de l'enseignement primaire dans le total des dépenses prévues au Plan pour l'enseignement s'est élevée de 24 pour cent à près de 42 pour cent, alors que celle de l'enseignement secondaire est tombée de 28 pour cent à 22 pour cent et celle des activités diverses et de l'infonation de 17 pour cent à 9 pour cent. Les sommes attribuées à l'enseignement technique (15 pour cent du total) et à l'Université (9 pour cent) n'ont que très peu diminué, mais les programmes dans ces secteurs ont souffert de la réduction gé- nérale des dépenses d'enseignement. 2. En ce qui concerne l'enseignement primaire, le Plan révisé prévnit la construction de 825 nouvelles classes et de 325 logements pour instituteurs. Bien qu'il soit probable que ce programme ne puisse être réalisé au cours du second Plan, il absorbera à lui seul environ 1,700 millions de F CFA, soit prés du tiers du total des dépenses dfen- seignement. 3. Presque la moitié des sommes affectées à l'enseignement se- condaire (soit 527 millions de F CFA) concerneront quatre nouveaux lycées à Dakar, Kaolack, Thiès et Pikine, dans le cadre du programme à long terme qui prévoit un lycée de garçons et un lycée de filles dans chaque ANNEXE IV province. La construction de dix nouveaux Coll'ges d'Enseignement Général (CGE), sur financement canadien, absorbera encore 25 pour cent des sommes prévues pour l'enseignement secondaire (300 millions de F CFA), le reliquat des fonds devant servir à l'extension et l'aménage- ment des lycées et CGE déjà existants. 4. Il est prévu de dépenser environ 800 millions de F CFA pour l'enseignement technique, un peu moins de la moitié des 20 à 30 projets retenus concernant l'enseignement agricole. 5. L'enseignement supérieur est représenté uniquement par l'Uni- versité de Dakar. La construction d'une école polytechnique a été repor- tée à plus tard. Santé publique Le Plan prévoit de grosses dépenses pour l'aménagement d'h6- pitaux à l'intérieur du pays, grâce à l'aide étrangère. Le financement des budgets de fonctionnement des h8pitaux s'est récemment heurté à certaines difficultés. Urbanisme Le Plan, après révision, affecte aux H.L.M. une plus large part de la dépense totale. Le Sénégal recevra peut-être une aide étrangère, sous la forme de prêts aux conditions normales, pour la construction de logements destinés aux familles à revenu moyen. Adduction d'eau 1. Le vaste projet destiné à fournir de l'eau à Dakar peut se diviser sommairement en deux parties. D'un c6té, il s'agit de poser des canalisations sur une cinquantaine de IcLlome,tres entre Dakar et les environs de Thiès, où les ressources en eau sont suffisantes pour four- nir à Dakar le cubage d'appoint dont la ville aura besoin d'ici dix ans; le Gouvernement a demandé au FED de financer ces travaux. D'autre part, il est projeté de poser des canalisations entre Thiès et le lac de Guiers, a plus de 200 km. de Dakar, où il semble y avoir assez dreau pour ali- menter la capitale pendant de longues années. La justification économi- que de cette seconde partie du projet est douteuse, mais le Gouvernement est lié par les engagements qu'il a contractés. Le financement se fera grâce aux crédits accordés par les fournisseurs et grâce à l'aide de ltAllemagne. 2,, Les projets de distribution d'eau et de construction d'égouts, tant à Dakar que dans les chefs-lieux de régions rurales, ont subi de fortes compressions lors de la révision du Plan, en raison à la fois de leur coit et des difficultés de réalisation. ANTEXE IV Page ~ Industrie Le Plan initial surestimait considérablement l'apport de l'Etat aux nouvelles entreprises industrielles. Pendant la première moitié de la période d'exécution du Plan actuel, l'Etat a fait un ef- fort appréciable pour participer à la création d'une fabrique d'engrais chimiques (SIES, partiellement financée par la SFI), d'une raffinerie de sucre, d'entrepfts frigorifiques et de la compagnie chargée de la pêche au thon. La conserverie de thon, qui sera également financée par l'Etat (probablement avec l'aide de l'URSS) ne deviendra nécessaire que lors du prochain plan. Pendant la seconde moitié de la période d'application du Plan actuel, le Gouvernement envisage d'accorder un soutien financier aux sucreries, aux rizeries, et aux filatures ou tissages de coton (toutes industries qui auront sans doute besoin d'appuis financiers extérieurs). ANNE LF, V Pagc. i PROJECTIONS: 1968-1972 la présente Annexe passe somairement en revue les hypothèses sur lesquelles reposent, et les résultats auxquels aboutissent les pro- jections dont il est fait état dans le corps du rapport. A) Produit intérieur brut (milliards de F CFA) 1966 1968 1970 1972 Agriculture 55,8 58,6 60,0 62,4 Energie et mines 4,2 3,8 4,2 4,6 Industrie et travaux publics 28,2 31,1 33,6 35,5 Services 78,4 81,3 83,7 86D4 Administration- 29p6 30,9 32, 3__0 Total 196,2 205,7 213,8 2229 Agriculture: (1) Production d'arachides: elle est censée aug- Menter de près de 7 pour cent par an entre 1966/67 et 1972/73, passant de 950.000 tonnes a 1.410.000 tonnes (1.070.000 tonnes en 1971/72), grâce à un léger accroissement des superficies plantées, une augmentation de 30 pour cent du rendement moyen des régions dont s'occupe la SATEC et une augmentation de 5 pour cent du rendement moyen des autres régions. (2) Prix au producteur des arachides: on a admis par hypothèse que ces prix baisseraient, tombant de 21 F CFA le kg. en 1966/67 à 18,3 F CFA le kg. en 1967/68 et à 17,7 F CFA le kg. en 1969. (3) Autres cultures (à prix constants): Coton: 13.000 tonnes de coton-graine en 1972. Sucre: 20.000 tonnes de sucre brut en 1972. Mil: 790.000 tonnes en 1972, grâce à l'extension des superficies ensemencées et à l'augmentation des rendements (40 pour cent sur les terres de la SATEC, D pourcent ailleurs). Riz: 127,.000 tonnes de paddy en 1972, dont 27.000 tonnes pro- duites par les rizières du delta. Manioc: 172.000 tcnnes en 1972. Légumes: 123.000 tonnes en 1972. Elevage: la production est censée aug - ienter de 5 pour cent par an entre 1966 et 1972. Autres produits: maintenus constants. ANNEXE V Page 2 Energie et mines: (1) La production d'énergie est censée augnmonter un peu moins vite que dans le passé (7 pour cent par an). (2) La production globale des mines est censée augmenter de pair avec celle des mines de phosphate de calcium, qui atteindra son maxi- mum (1.2 millions de tonnes) en 1968. Industrie -B9timents et Travaux Publics: (1) La croissance des industries alimentaires sera stimulée par de nouveaux investissements (voir ci-dessous); celle des huileries sera relative- ment peu rapide, en raison de la baisse (esti- mée à 10 pour cent) du prix de l'huile. La ca- pacité totale de broyage devrait atteindre, en 1973, 780.000 tonnes environ d'arachides non décortiquées. (2) Pour les industries textiles et assimilées, on s'est fondé sur ce qae l'on sait des investisse- ments décidés. Pour les autres industries, dont la production ne peut-être évaluée en détail, on a appliqué un coefficient marginal capital/pro- duction de 1,3 (net), correspondant a ce que ce coefficient a été dans le passé. (3) La production du secteur "bgtiments-travaux pu- blics" a été estimée en fonction du rapport con- staté en 1963-66 dans ce secteur, entre valeur ajoutée et investissement. fixe. Services: (1) On a admis que la croissance des transports irait de pair avec celle des secteurs ci-dessus. (2) On a admis que le commerce croÎtrait proportion- nellement aux autres secteurs; on s test fondé sur les relations passées entre son taux de crois- sance et celui du PIB, en distinguant entre les années selon que la récolte dtarachides a été bonne ou mauvaise. (3) Les autres services sont supposés croftre au même rythme que la population. Administration : On a admis que le taux de croissance serait de 2 pour cent par an en 1968 et 1969, et de 2,5 pour cent ensuite. ANNEE V Page 3 B) Investissements (milliards de F CFA) 1966 1968 1970 1972 Agriculture 0,48 0,80 0,90 1,00 Energie et mines 2,88 2,70 3,85 3,05 Industrie et construction 441 6,65 5,60 3,80 Services _520 320 3_20 3 _0 Secteur privé 12,27 13,35 13,55 11,05 Administration française 0,26 0,10 - - Administration sénégalaise 6_22 14,00 1470 16 ,20 Secteur public 6,48 14,10 14.,70 16,20 Total général l8,75 27,)45 28,25 27325 Agriculture: Pour les années 1968 et 1969, on a acdis que la valeur du matériel agricole neuf corres- pondrait aux estimations du Plan; pour les années ultérieures, on a supposé un accroisse- ment linéaire. Energie et mines,: La construction d'une nouvelle centrale élec- trique est prévue pour 1969 et 1970; on s'attend d'autre part, pour 1968 et 1969, à un gros in- vestissement dans la reconversion des mines de phosphate. Industrie et BCtiments et Travaux Publics: Les projections reposent sur les projets d'in- vestissement connus (Cf. Annexe III). Services: Supposés constants, a un niveau plus bas qu'en 1966, la croissance des transports privés sem- blant devoir être moins rapide que dans le passé. Administration française: Extrapolation des montants régressifs des années passées. Administration sén6galaise.: Pour 1968 et 1969, les chiffres correspondent aux dépenses publiques prévues au Plan, après déduction des investissements intangibles; pour les années ultérieures on a admis que la capa- cité d'absorption augmienterait de 5 pour cent par an. AIIDE V Parý4 C. Importations de marchandises (milliards de F CFA) 1966 1968 1970 1972 Biens d'équipement 4,4 8,8 9,1 8,7 Carburant, demi-produits et matières premiares 9,5 10,3 11,1 12,1 Produits alimentaires, boissons, tabacs 14,6 14i4 14,4 14,1 Autres biens de consommation 11. 1 114 1 Total des produits ci-dessus 39,9 44.,9 46,0 46,3 Autres importations 390 _3L 3 3S2 Total des importations 42_9 _80 9222 Biens dtéquipement: Le rapport moyen constaté dans le passé entre les importations de biens diéquipement et les investissements a été appliqué aux investisse- ments à venir. Demi-produits: Le rapport moyen constaté dans le passé entre ces importations et la production des secteurs en cause a été appliqué à la production future de ces secteurs. Produits alimentaires, boissons, tabacs: Les importations de riz et de céréales ont été supposées constantes attendu que la croissance de la production locale dépassera largement, dans l'avenir, celle du revenu par habitant; pour les importations de sucre et de lait, on a admis qu'elles augmenteraient au me^me rythme que la population, les premières se ralentissant à partir de 1971 en raison de 11apparition d une production locale; les importations de légumes ne sont censées augmenter que de 6 pour cent par an, ctest-à-dire moins rapidement que dans le passé, à cause de ltaugmentation de la produc- tion locale; les autres importations alimen- taires devraient continuer à diminuer au même rythme qutentre 1962 et 1966. Autres biens de consommation: Supposés constants; la production locale d'articles manufacturés augmentera tandis que le revenu par habitant stagnera. n tmortations: Augmenteront au même rythme que les produits ci- dessus. ANNEXE V Page 5 D. Ebportations de marchandises (milliards de F CFA) 1966 1968 1970 1972 Arachides 12,9 11,3 9,1 4,7 Huile 13,2 10,7 13,1 14,3 Tourteaux _2j _26 3l 3 Total arachides et produits dérivés 30,511 26,6./ 25,3 22,7 Conserves de poisson 1,3 1,6 2,h 3,7 Phosphate dIaluminium 0,3 0,3 0,3 0,3 Phosphate de calcium 2,3 2,8 3,5 3,!5 Engrais chimiques - _-_ 0,3 Oh Total des produits ci-dessus 34,4 31,3 31,8 30,6 Autres exportations _01 l_O 11 12 Total des exportations 44,5 42,0 43,1 42,7 Arachides: (1) quantités exprim6es en milliers de tonnes (non décortiquées), déduction faite des quantités triturées ou consomées sur place, a savoir: 1968 458 1969 430 1970 355 1971 175 1972 184 (2) prix: pour 1968, 58 livres anciennes par tonne longue CAF (24.705 F CFA par tonne métrique f.o.b.); pour les autres années, 60 livres anciennes par tonne longue CAF (25.647 F CFA par tonne métrique f.o.b.). Huile: (1) quantités d'arachides triturées (en mil- liers de tonnes non décortiquées): 1968 550 1969 605 1970 660 1971 715 1972 715 l y compris l'ajustement statistique 2/ y compris 2 milliards de la CEE (soutien des prix) ANNEXE V Page 6 (2) prix: pour toutes les années, 95 livres anciennes par tonne longue CAF, plus 15 pour cent correspondant à la protection dans le cas des exportations vers les pays du Marché commun; 7h.637 F CFA par tonne métrique CAF et 70.670 F CFA par tonne métrique f at.b. Tourteaux: (1) quantité estimée à 36 pour cent des arachides triturées, soit la moyenne enregistrée dans le passé. (2) prix: 13.000 F CFA par tonne métrique f .o.b. Phosphates.: les exportations de phosphate de calcium sont censées atteindre leur plafond en 1969, après les travaux de reconversion, celles de phosphate d1aluminium restant constantes. Ear,is chimiques: projection des exportations de la nouvel- le société productrice. Autres exportations: m&ne taux de croissance que pour la pro- duction des industries manufacturières autres que les huileries. E. Balance des paiements (milliards de F CFA) 1966 1968 1970 1972 Exportations, f.o.b. Ue,5 42,0 h3,l h2,7 Importations, CAF 42,9 48,0 49,2 49c5 Balance commerciale 1,6 -6,0 -6,1 -6,8 Solde des services 2,0 2,8 3,0 2,2 Solde net du commerce extérieur et des services -3- - Intérêts de la dette publi.que -0ý2 -O 2 -0,5 -0,5 Autres versements pour la ré- munération des facteurs (net) -2> h -2 -2 9 Montant nut des vorsiments pour -2t3 -2.6 -3, 4 rémunération des facteurs ANNEXE V Page 7 1966 1968 1970 1972 Transferts privés ~9.7 7.7p -,~ =-6,6 Envois dlargent des migrants 2,2 2,2 2,2 2,2 Transferts publics courants 5,6 5,1 5,1 5,1 Balance des transferts courants 1.2, 0s7 Balance des comptes 2- -7 Amortissement de la dette publique -0,8 -0,9 -1,0 -l,h Entrée de capitaux publics 3,7 10,0) Mouvement de capitaux privés (net) -3,1 -h,0) 6,5 8,7 Variation des réserves (- = augmentation) -2,3 - - - Services: (1) Voyages: déficit maintenu constant aà un niveau légèrement inférieur à celui de 1966, â cause de l'augmentation future des dépenses faites par les touristes étrangers. (2) Transport: en augmentation par suite de l'accroissement de 8 pour cent du trafic international des chemins de fer. (3) IAdministration: le montant des services a été supposé constant au niveau de 1966. Intérgts et amortisse- ment de la dette publique: Projection des charges afférentes au service de la dette non remboursée à l'heure actuelle, plus les dettes nouvelles qui seront contractées d'ici à 1969. Autres versements pour rémun4rations des facteurs: On a admis que le rapport passé entre bénéfices et dividendes d'une part, valeur ajoutée par les industries d'autre part, se maintiendrait dans l'avenir. Transferts courants: Tous constants sauf les subventions officielles qui, en 1966, comprenaient les sommes fournies par la CEE pour soutenir le prix des arachides. En 1968 le soutien du prix des arachides est calculé différemment et est inclus dans la valeur des exp rtations. ANNEXE V Page 8 E.trée de capitaux publics: Calculée dfaprès l'estimation des dépenses de développement, révisée en fonction de la diminution vraisemblable de ces dépen- ses. Variation des réserves: On n'a pas supposé que le montant des ré- serves changerait, vu le faible accrois- sement du volume total des échanges cam- merciaux. Mouvements de capitaux prives: Résiduels. F. Epargne (milliards de F CFA) 1966 1970 1972 Investissement 18,8 28,3 27,3 Moins: eolde net du commerce extérieur et des services 3,6 -3rl -he6 Epargne intérieure brute 22 25,2 22~7 Moins: rémunération des facteurs et transferts privés courants -6,7 -7.5 -7,8 Epargne nationale brute 7_ l7,7 Taux marginal d!épargne nationale L¿'11.8 pour cent/ Taux marginal d'épargne intérieure L15.6 pour cent/ LISTE DES TABLIAUX Tableau No. 1 Dette publique extérieure à long et à moyen terme* Encours au 31 décembre 1966, y compris les sommes restant à verser 2 Estimation des versements contractuels au titre du service de la dette 3 Population (1960-1966) 4 Elnploi 5 Origine du produit Litérieur brut: répartition par secteurs d'activité économique (1959-1966) 6 Formation brute de capital (1959-1966) 7 Depense intérieure brute et épargne intérieure brute (1961-1966 8 Produit intérieur brut et épargne intérieure brute (1961-66) 9 Balance des paiements. Estimations 1961-1966 10 Exportations de marchandises en 1959-1966 1l Importations de marchandises en 1959-1966 12 Principaux produits d'importation et d!exportation en 1962-1966 13 Montant estimatif brut des versements au titre de l'assistance étrangère (1964-66) 14 Montant cumulà des taxes à l'importation de certains produits manufacturés au Sénégal: comparaison entre le Séiégal et la C6te d'Ivoire 15 Production agricole de 1957 à 1966 16 Production agricole de 1961 à 1967 et projection pour les an- nées 1968-1972 17 Ventes et exportations d1arachides de 1949 à 1967 13 Prix des arachides au Sénégal de 1950 à 1968 19 Production de certains prodcits industriels (1960-1966) 20 Indices de la production industrielle (1959-1967) 21 Analyse du volume du crédit à court terme (1963-1967) 22 Analyse des crédits à long et à moyen terme: situation au 30 juin des anné3s 1963 à 1967 23 Actif et passif des banques de dépôt (1962-1966) 24 Actif et passif de la BCEAO - Sénêgal, 1962-1966 25 Situation monétaire générale (1962-1967) 26 Recettes ordinaires de liEtat (1962/63 - 1967/63) 2" Dépenses ordinaires de 1'Etat (1962/63 - 1967/68) 26 Analyse des dépenses ordinaires (1962/63 - 1966/67) 29 Déficit global de 1-Etat (1962/63 - 1966/67) 30 Variations des comptes du Trésor (1963/64 - 1966/67) 31 Plan de développement (1965/66 - 1968/69). Version initiale et version révisée analysées par grands projets 32 Programe de développement. Version initiale et version ré- visée. Résumé par secteurs (1965/66 - 1968/69) 33 Dépenses effectives de développement (1965/66 - 1966/67) Tableau 1: SENEGAL - DETTE PUBLIQUE EXTERIEURE A LONG ET A MOYEN TEqME:/ ENCOUES AU 31 DECEMBRE 1966, Y CC&MPRIS LES MONTANTS DES FRETS NON ENCORE DMBOURS!S Dette remboursable en devises étrangères 2j (milliers de dollars des E.U.) Eléments de la dette Encours du 31 décembre 1966 publique extérieure (y compris les montants des prêts restant à débourser) MONTANT TOTAL 3 79.L7 Obligations - Emissions publiques 213 Emprunts contractés par voie privée - crédits de banques privées 45 Crédits de 1 94000 Prêts du Gouvernement des E.U. - Prêts de ltU.S.-A.I.D. 1.300 Prêts d'autres gouvernements membres de la B.I.R.D. 61-914 Prêts du Royaume -Uni. 1 .0W Prêts de la France 4/ 55014 Pr6ts de ltAllemagne 5.500 Prêts de l'U.R.S.S. 6.684 lf Dette à échéance (initiale ou différée) d'un an ou plus. 2f Le franc CFA, librement convertible en francs français, est assimilé ici aux devises étrangérés. - 3/ Non compris le prêt de 6.716-110 dollars consenti à Air Afrique par la Banque d'Import-Export et garanti conjointement par la C8te d'Ivoire et le Sénégal. Le montant intégral de ce prêt avait été versé et restâit à rembourser à la date du 31 décembre 1966. 1/ Le prêt de 79-000 dollars consenti par la Compagnie du Chcin de Fer au Gouvernement générai de ltAOF comprend des intérêts pour un montant indéterminé. Tableau 2: SENBAL - SERVICE DE LA DETTâ PUBLIQUE EXTERIEURE A LON'TG ET A MOYEN TERME (ENCOURS A LA DATE DU 31 DECEMBRE 1966, Y COI- PRIS LES MONTANTS DES PRETS NON ENCORE DBOURSÉS) - ESTIMA- TION DES VERSiENTS CONTRACTUELS AU TITRE DU SERVICE DE CET- TE DETTE l/ Dette remboursable en devises étrangères 2 (milliers de dollars des E.U.) ANNEE ENCOURS DE LA DETTE (EN VERSWENTS A FAIRE PENDANT L'ANNEE DEBUT D'ANNEE) Y COMPRIS LES MONTANTS DES PRETS RESTANT A DÉBOURSER AMOrTfISSEIENT INTERET TOTAL 1967 72,311 2,839 924 3.763 1968 69,272 3.002 875 3.877 1969 66,269 3.524 862 4,386 1970 62.745 3,447 801 4.248 1971 59,298 3.6835 732 4,416 1972 55,614 3,551 773 4.324 1973 52,062 3.497 816 4,324 1974 48,565 3.112 730 3.542 1975 45,h54 2,8Cý48 653 3.501 1976 42,606 2,614 600 3.21h 1977 39,992 2.487 535 3,02J 1978 37,506 2,13l 480 2,611 1979 35,374 1,581 437 2,018 1980 33,794 1,520 406 1.,926 1981 32,274 1,298 377 1.675 l_ Comprend le service de toutes les dettes figurant au Tableau 1, à l'exception d'un pr^t de 6,684,000 dollars consenti par l'U.R.S.S. (remboursable en nature) et dtun prêt de 162,000 dollars consenti par la France et dont les conditions de remboursement ne sont pas connues. 2/ Le franc CFA, librement convertible en francs français, est as- similà ici aux devises étrangères. Division des Services statistiqs3 Département des Etudes éc,onomic2es 11 janvier 1968 Tableau 3 POPULATION (1960 - 1966) A. Population totale (en milliers) Africains Non-Africains Total 1960 3.050 60 3,110 1961 3,120 63 3,183 1962 3,190 59 3.249 1963 3,270 56 3.326 1964 3,350 50 3.400 1965 3.440 47 3.487 1966 3,521 47 3,568 Taux de croissance: 2,4 o/o par an B. Population africaine par région (1966) Population Superficie en km2 en4sité Cap-Vert 55,930 550 1,011 Casamance $85,928 28,350 21 Diourbel 561,467 33.547 17 Fleuve 382.294 44,127 9 sénégal oriental 165,538 59,602 3 Siné-Saloum 801.758 23,945 33 Thies 467,675 6.601 71 Total 3,520,640 196.722 18,17 C. Population urbaine et population rurale (en milliers) Population Population Population totale urbainel rurale 1961 3.183 740,0 2,443,0 1964 3,400 903,7 2,496,3 Taux de croissance (pourcentages par an) 2e2 6,9 0,7 l_/ Villes de plus de 5,000 habitants. Sources: Ministère du Plan et du Développement: A et B, Service de la Statistique; C, Aménagement du Territoire, "Le Peuplement du Sénégal". Tableau h EMPLOI A. Emplois salariés Moyenne annuelle Février 1960 1961 1964 1965 Agriculture, pêches 3,-411 3.14. .101 Mines 2.230 1.619 2,635 1.521 Industries manufacturières 12.638 12.554 17,132 15.946 Bâtiment - Travaux Publics 13,954 Il.477 14.810 14.779 Services publics 2.788 2,013 2.966 3,012 Banques, assurances, commerce 20.300 20.389 16.455 16.865 Transports 10.522 9.505 15.770 15,919 Autres services 23.026 22.6h1 12.013 12,397 Total 88.869 83,342 85.882 84.519 Administration 5,700 1/ n.d. n.d. 35.142 Total général 134.569 n.d. n.d. 119.661 B. Châmeurs inscrits 2/ 1963 1966 Commerce, banques n.d. 9.166 Bâtiment - Travaux Publics n.d. 18.672 Personnel domestique nrd. 3,615 Divers n.d. 9.113 Total lo.642 40.566 3/ l/ Y conpris les fonctionnaires de ltadministration française. 2 A la date du 30 septembre. 3 Dont 5.812 ntont encore jamkais travaillé. Source: Ministère du Travail Tableau5 ORIGINE DU PRODUIT INTERIEUR BRUT: REPARTITION PAR SECTEURS D'ACTIVITE ECONRIQUE (1959 - 1966) (milliards de F CFA, aux prix courants) 1959 1960 1961 1962 1963 196h 1965 1966 (Estimation provisoire) Agriculture 41,82 h,82 45,72 47,80 47,00 48,69 51,89 55,80 Energie et mines 2,40 2,76 2,87 2,90 2,60 2,81 3,06 14,16 Industries alimentaires 6,22 6,51 7,99 8,22 10,09 10,11 10,29 ) Textiles et cuir 1/ 4,48 4,90 4,97 5,12 5,34 5,48 5,60 ) 23,57 Autres industries 4,18 4,142 4,37 4,51 4,99 14,83 5,.43 ) Bâtiment - Travaux Publics 5,63 5,08 5,19 6,114 5,27 5,56 5,77 14,62 Transports 7,05 6,91 6,25 6,10 6,20 7,03 7,10 7,51 Comerce 41,81 41,91 47,02 50,,49 53,02 54,49 55,48 58,09 Autres services 2 ii2,02 12,02 12,02 12,02 12,20 12,88 12,83 12,83 Administration 3 22_,95 232 2,8 26,23 29,39 300 86 29,56 Produit intérieur brut aux rix du marché â 23,38 2623 29,39 30,q3 28,60 29,56 1L43,56 152,8- 16,28 169,53 17610 181,91 186,05 196,14 Moins: Impàts indirects 21,69 20,64 23,19 2,68 67 27,02 27,51 PIB au coût des facteurs 126,87 132,21 137,09 L4,85 151,60 155,64 15903 168,63 Taux de croissance (o/o par an) 14,2 3,7 5,7 4,7 2,7 2,2 6,0 Taux de croissance (1959-1966 o/o par an) ( ,2___ ) PIB par habitant (F CFA) 42.511 43.069 L4.583 45.580 45.776 45.607 47.261 Taux de croissance (o/o par an) 1*3 2,0 2,2 0,4 -0,4 3,6 Taux de croissance (1960-1966 o/o par an) ( 1,8 Estimation de la hausse des prix entre 1960 et 1966 (o/o par an) 2,0 - 3,0 ) l71 compris l'artisanat 2] Y compris le loyer des habitations et les salaires payés sur le budget des ménages 31 Ventes nettes de biens et services, plus traitements et salaires Sources: Ministère du Plan et du Développement, Service de la Statistique; Estimations de la BIRD Des cornentaires détaillés se trouvent après le tableau 8. Tableau 6 F)RMATION BRUTE DE CAPITAL (1959 - 1966) (milliards de F CFA) (Estimation Provisoire) 1959 1960 1961 1962 1963 1964 1965 1966 Secteur privé 7.57 7,88 6,99 7,70 10,73 12,25 12,02 12,27 Agriculture 0,09 0,20 0,37 0,28 0,58 0,36 0,28 0,48 Energie et mines 2/ 3,15 3,23 1,73 1,05 3,17 2,56 2,99 2,88 Industries alimentaires 0,36 0,5h 0,15 1,12 1,47 1,30 1,22 0,97 Textiles et cuirs 0,22 0,10 0,10 0,41 0,29 0,34 0,39 0,28 Autres industries 0,09 0,26 0,22 0,81 0,79 1,09 0,92 2,40 Batiment travaux publics 0,74 0,67 0,72 O,84 0,97 0,67 0,94 0,76 Transports 1,17 1,17 1,88 1,67 2,01 3,43 3,78 3,00 Services 0,58 0,58 0,58 0,58 0,45 1,hO 0,40 0,40 Commerce 1,17 1,13 1,24 0,94 1,00 1,10 1,10 1,10 Secteur public 5,80 4j72 8,55 9,39 8,77 8,83 9,93 648 Administration sénégalaise 3,54 2,h9 6,93 8,31 6,81 8,41 9,67 6,22 Administration française 2,26 2,23 1,62 1,08 1,96 0,42 0,26 0,26 Formation brute de capital fixe 3,37 12,6o 1 17 09 19,50 21,o8 21,95 18,75 3/ Variations de. stocke -0,02 n.d. n.d. 1,07 -0,70 +0,42 -0,02 n.d. Investissement intérieur brut 13,35 n.d. n.d. n.d. 18980 21,50 21,93 n.d, 1 Compris les entreprises où le Gouvernement a une participation minoritaire 2/ A l'exclusion des dépenses consacrées à la recherche de pétrole (estimées à 3 milliards de F CFA en 1959 et 1960, et à 2,8 milliards de F CFA en 1966) 3/ A l'exclusion des stocks agricoles Des commentaires détaillés se trouvent après le tableau 8 Tableau 7 DEPENSE INTERIEURE BRUTE ET EPARGNE INTERIEURE BRUTE (1961 - 1966) (milliards de F CFA) Estimation provisoire 1961 1962 1963 1964 1965 1966 Consommation 140,6 150,2 160,2 160,7 168,1 173,7 Investissement intérieur brut 15,5 1/ 17,1 l/ 18,8 21,5 21,9 18,8 1/ Solde (positif ou négatif) des échanges commerciaux et des services 2 2 -03 - 3,6 Produit intérieur brut, aux prix du marché 160,3 169,5 176,1 181,9 186,1 196,1 Consommation publique 2/ 22,h 29,0 27,4 28,2 28,9 n.d. Consommation privée (secteur monetaire) 98,8 100,5 110,7 109,9 115,8 n.d. Autoconsommation 19,4 2 2,1 22,6 23.4 nd. Consommation totale 140,6 150,2 160,2 160,7 168,1 173,7 Epargne du secteur public 3/ 7,h 2,3 6,5 3,4 5,8 5,0 Epargne du secteur privé 1f 12 17 17,8 1, Epargne intérieure brute totale 1, 15 21,2 18,0 22, l Investissement fixe brut 2 Biens, services, dépenses extérieures, traitements et salaries payés par l'administration sénégalaise 3/ Administration sénégalaise, après versement des subventions et transferts 4/ Y compris l'administration française Des commentaires détaillés se trouvent après le tableau 8 Tableau 0 PRODUIT INTERIEUR BRUT ET EPARGNE INTERIEURE BRUTE (1961 - 1966) (milliards de F CFA) Estimation provisoire 1961 1962 1963 1964 1965 1966 Produit intérieur brut aux prix du marché 160,3 169,5 176,1 181,9 186,1 196,1 Moins : versements à l'étranger pour rémunération des facteurs - montant net -1,5 -1,7 -2,1 -2,3 -2,2 -2,3 Moins : transferts privés nets à l'étranger -3,4 -3,6 -3,5 -3,9 -14,1 -4,4 Produit national brut 155,4 164,2 170,5 175,7 179,8 189,4 Taux de croissance 1961-1966 (% par an)-/ - - - - - - - - - 4,1 - - - - - - - - - - - - - / Taux de croissance du PNB par habitant 1961-1966 (% par an)-/ - - - - - - - - - 1,7 - - - - - - - - - - - - - / Epargne intérieure brute 19,7 19,3 15,9 21,2 18,0 22,4 moins Rémunération des facteurs et transferts privés -4,9 -5,3 -5,6 -6,2 -6,3 -6,7 Epargne nationale brute 14,8 14,0 10,3 15,0 11,7 15,7 Epargne nationale brute en pourcentage du PNB 9,5 8,5 6,0 8,5 6,5 8,3 Des commentaires détaillés se trouvent aux pages suivantes REMARQUES SUR LE TABILAX 5 - 8 (A) Valeur ajoutée (1) Agriculture On a ré-estimé la consommation du producteur lui- même par référence aux séries plus complètes et plus cohérentes de données relatives à la production agricole; le Département de Statistique n'a pas employé, pour ses estimations de 1964-1966, les mêmes méthodes que les années précédentes. Pour la production d'arachides, on a considéré l'année de commercialisation plut6t que celle de production proprement dite. (2) Energie et mines Chiffres recalculés en fonction des recensements de 1962 et 1966; on a également inclus la valeur ajoutée par la prospection pétrolière. (3) Cuirs et textiles On a ajouté la valeur de la production artisanale. Industries alimen- Les séries antérieures à 1963 ont été ajustées taires conformément aux nouvelles méthodes suivies à partir Autres industries de cette année-là. (b) Transports Re-estimation des intrants matériels de 1963-1966 selon les méthodes employées pour les années anté- rièures. (5) Commerce Ajusté en fonction des changements intervenus dans les autres secteurs. (B) Formation brute de capital (1) Energie et mines Ajustement pour les prospections pétrolières de 1959 et 1960; pour 1962, on a utilisé les résultats du recensement de cette année-là. (2) Industrie On a utilisé, pour 1962, les résultats du recensemeirt de cette année-là. (3) B&timent et On a majoré les séries 1959-1963 pour les rendre Travaux Publics conformes à la méthodologie des années suivantes. (4) Services En ce qui concerne logement, on a réduit les esti- mations du Département de Statistique pour 1963-1966. afin d'éviter qu'elles ne chevauchent avec les inves- tissements du secteur public. (C) Dépense intérieure brute (1) Consommation et Le mode de présentation a été choisi, entre bien épargne publiques d'autres, afin surtout d'illustrer des tendances, plut6t qu'indiquer des valeurs absolues. (D) PNB et épargne nationale (1) Production et Les transferts courants de fonds publics indiqués épargne nationales au tableau 9 ont été assimilès à un èlment du compte capital et exclus par conséquent du calcul des agrégats nationaux. Tableau 9 BALANCE DES PAIEMENTS - ESTIATIONS 1961 - 1966 (milliards de F CFA) 1961 1962 1963 1965 1966 Estimat Importations, CAF h3ý5 43,1 h2 45,6 hh,6 425; Exportations, f.o.b. 3tl 38,6 3h,6 38.3 385 4L5 Balance commerciale -4,2 9 9, -7p3 ,1 1 Transports (net) 1,8 1,8 2,7 2,6 2,6 2,7 Voyages (net) -6,0 -6,3 -6,0 -5,1 -5,O -h7 Services des Administrations (net) 12,6 11 2 10 0 _95 _,6 _hO Balance des services 8 67 6,7 7,0 2,2 2,0 Intérêts de la dette publique (net) .. -0,1 -Q,2 -0,1 -0,1 -0,2 Dividendes et bénéfices - -1,6 -_99_ -2,2 -2,1_ -1 Paiements pour la rémunération des facteurs (net) -1»5 ~1,7 -2,1 -2,3 -2,2 -2,3 Transferts courants privés à l'ét:anger-5,2 -5.,6 -5,7 -6,1 -6,3 -ý6,6 Envois de fonds des migrants L8 2,0 2,2 2,2 2,2 2,2 Transferts courants publics 5 0 5 0 2 61 _ Balance des transferts courants 1,1,7 2,2 1,1 1,2 Balance des comptes _Ls,3_ _l_ -3i - -50 _ Entrée de capitaux publics 2,6 5,0 4,6 5,6 3,9 3,! 7 Amortissement de la dette publique 1/ -0,1 -0,3 -0,7 -0,6 -0,6 -o., Mouvements de capitaux privés (solde net) plus erreurs et omissions n.d. n.d. -5,6 -6,5 -0,8 -3,l Modification des réserves (- = acrois- sement) n.d. n.d. 5;0 1,9 2,5 -2,3 1/ Y compris la liquidation des avoirs appartenant 'à d'autres pays de l'ancienne A.O.F. Des remarques se trouvent à la page suivante Remarques sur le Tableau 9 Services (1) Transports - Revenu ferroviaire provenant du MLali estimé d'après le compte prévisionnel d exploitation. - Marges sur produits p6tSoliers pour 1tavitaillement des navires calculées, pour 1959-1962, d'après la comptabilité nationale, et pour 1963-1968, d'après les tonnages commercialisés à Dakar. - Port - frêt en provenance ou à destination du Mali, estimé en 1965 à 159.000 tonnes (130 F CFA par tonne). (2) Voyages - Voyages par avion ou par bateau estimés en rapportant leur valeur et le nombre des passagers en 1959 au nombre des passagers au cours des années ultérieures. - Le nombre des touristes venus au Sénégal est censé être resté le même. - Dépenses faites à l'étranger par des personnes résidant au Sénégal, Io nombre de ces personnes qui était de 24,000 en 1961 a diminué de pair avec la population non-africaine. Une sur deux en moyenne est censée rester deux mois à 1'étran'ger et y dépenser 50.000 F CFA par mois; l'autre y passe trois mois, dépensant aussi 50.000 F CFA par mois. (3) Services d'Etat services rendus par l'administration sénégalaise à ltadministration française, moins services rendus par la France au Sénégal, d'après les estimations du Service de la Statistique. (4) Intérêts et amortissement de la dette publiques; estimés d'après les budgets de l'Etat. (5) Dividendes et bénéfices; bénéfices nets des industries (à l'exclusion des mines et des entreprises de bâtiment et travaux publics, mais y compris l'énergie électrique, telle qu'elle figure dans le recense- ment industriel et a été estimée pour les années ultérieures sur la base de ce recensement). (6) Transferts privés à 1'étranger; estimés d'après l'évaluation faite en 1959 du revenu des familles étrangères, et le pourcentage d'épargne de cette année-là, moins les investissements faits dans le pays; estimés pour les années ultérieures diaprès lzaccroissement du re- venu total des familles. (7) Envois de fonds des migrants; estimés dtaprès la valeur des envois faits en 1956, rapportée pour les années ultérieures à une estima- tion du nombre total de migrants. (8) Transferts publics courants: voir Tableau 13. Tableau 10 EXPORTATIONS DE IAITHAISESCC EN 1959 - 1966 (milliards de F CFA) 1959 1960 1961 1962 1963 196 196l 1966 Statistiques doua- nières 28,6O 27,88 30,66 30,67 27,28 30,24 31,71 36,76 Exportations non en- registrées vers: la Mauritanie 3,65 3,67 3,66 3,65 3,5 3,5 3,5 3,5 les autres pays 3,36 2,98 3,83 3,09 2,96 2,64 2,1* 2,9 de 1UDOA le Mali 11,85 5,90 - - 000. 0,1 001 0,2 la Gambie - - - - - - - 0,06 Correction relative - - ++118 +0283 +1,81 +1o10 +1,94 au prix des produits dérivés de l'arachide 1] TOTAL n.d. n.d. 39,31 32,59 34,61 38,29 38,5l 4,46 Sources et note - cf. Tableau l1 * Les statistiques douanières comprennent 350 millions de F CFA dtexportations vers les pays de 1'UDOA, ce qui porte la valeur totale approximative des exportations vers ces pays a 2.h milliards de F CFA. Tableau 11 IMPORTATIONS DE MiARCHiANDISES E1-1 1959 - 1966 l99 1960 1961 1962 1963 1964 196Î 26 Statistiques 4,04 42,48 38o33 38,21 38,53 42,39 40,57 39,75 douaniàres Corrections - - - - +2,80 - +0,98 +l,64 faites par le Sénêgal, ré- ajustées 2] Chiffres utilisés par le Sénégal 4,04 42,48 38,33 38,21 41,53 42,39 41,55 41,39 Importations non enregis- trées de : Pays de lTUDOA 0i93 l57 2i95 2à52 1,6 230 l,52 incl. la MauritanieV-/ 1e45 1,65 3,0 3,0 3,0 3,0 3,0 3,0 Importations non enregistrées de: Blé et riz - - 2e02/ 2,0 incl. incl. incl. incl. Thon - - o4 0,4 0,6 0,6 0,4 0,3 Importations non 2à82 lâ22 - - 0,5 0,4 0,6 0 63J enregistrées en provenance du Mali Importations il- n.d. n.d. _18 _2 2,0 _2- 2 licites en pro- venance de la Gambie 5/ 48,5 48,1 49,2 50,6 49,6 47,9 A déduire: Réexportations en Mau- ritanie 4_ n.d. n.d. _5 O_ 320. _ _,0 _5-0 _,0 TOTAL n.d. n.d. 43,5 43,1 44,2 45,6 44,6 42,9 Sources et note - voir page suivante Tableaux 10 et 11 - Notes 1/ Différence entre les prix réellmont consentis au Sénégal pour les arachides décortiquées et pour l'huile d'arachide (brute ou raffinée) et les prix statistiques (mercuriales) utilisés dans les statistiques d'exportation. Pour les années 1963/64 a 1965/66, les prix sont donnes par la BCEAO dans "Economie Ouest-Africaine", nos 123 et 137. Pour les années antérieures, les prix ont été estimés sur la base des prix garaitis par le Gouvernement français pour les arachides décortiquées. 2 Le rajustement concerne les iMportations de produits pétroliers. 3 Extrapolation. h Estimations de la Mission, sur la base du rapport du FMI, "L'Economie de la Mauritanie", décembre 1965. / Estimations de la ission, sur la base de renseignements fournis par le Ministère des Finances. Sources: (a) B.C.,E.A.0. "Conjoncture Ouest -Africaine" et "Notes d'Information" (b) Ministère du Plan. "Situation économique du Sénégal", 1965 et 1966 "Comptes économiques 1959-60-61-62" "Bulletin statistique et économique mensuel" Tableau 12 PRINCIAUX PRODUITS DtIMPORATION ET Dl WIPOIRTAIOH. EN 1962 - 1966 (milliards de F CFA) EXPORTATIOS 1962 1963 1964_ l96 1966 Arachides décortiquées ]3,8 8,7 9,1 9,2 12 9 Huile dtarachide brute 9,4 721 9,4 10,7 10,8 Huile dtarachide raffinée 1,6 2,5 2,7 2,h 294 Tourteaux d'arachide 2,1 1,9 2,4 2,6 2,5 Autres produits dérivés de liarachide lf 1,2 0 e _,1 1 9 Total arachides et produits dérivés 26,1 21,0 25,4 26,0 30,5 Poisson en conserves 1,1 1,8 1,1 1,1 1,3 Phosphate de calcium 1,2 1,2 2,2 2,4 2,3 Phosphate d'aluminium _O_2 01 0#2 OD _Q.,03 Total des produits ci-dessus 28,6 24ol 28o9 29o8 341 Total des exportations 38,6 34,6 38,2 38,5 44, IMPORTATI ONS Aliments, boissons, tabac 145, 13,6 16,4 15,2 14,6 Autres produits de consommation 13,2 12,5 12,8 11,4 11,h Carburants 2,1 2,1 1,9 2,5 2,7 Matières premières 0,7 0,7 0,3 1,8 2,1 Biens dtéquipement et demi-produits 10,1 l02 ]L l0 0 91 Total des produits ci-dessus 40,6 39 _2 h0,9 399 Total des importations 43,1 44,2 45,6 41,6 42,9 lf Une correction a été apportée aux statI.stiques officielles pour tenir compte des prix réellement pratiqués a l'exportation Fýuces: Iinistère du Plan et du Développement, Service de la Statistique Estimaticns de la BIRD Tableau 13 MONTANT BRUT ESTIATIF DES VERSEIEiJTS AU TITRE DE LIAIDE 3TRANGERE 1964-1966 (milliards de F CFA) 1 1 165 966 Financement des dépenses de fonctionnement 6..8 ef 674 e] 6 6 (subventions) - - France 5.19 5.22 5_3O Université 1,77 Assistance technique générale 3,00 e] Recherche scientifique 0,33 0,36 0,27 Chemin de fer 0,09 Matériel scolaire 0,14 Radio 0,03 Etats -Unis 0_74 -0l ) Canada 0,03030 e /L£.lemagne 0.13 0,27 ) Siisse 0.02 ) Fonds européen de développement - 13 106 1/ Financement des investissements 5,65 3,86 36 (subvcations et prêts) France 2f 3,01 1,80 l,05 FAC 1,84 0,35 0,38 CCE 0,98 1,19 0,54 Université 0,19 0,26 0,13 Allemagne 0,50 0 07 - 1tats -Unis 0 49 06 0,0 e Nations Unies 00,05_ej 2onds européen de développement 1,11 Total Général il,7360_ 10,33 Partiellement verse en 1967 2 a l'exclusion des sommes consacrées à des programmes multinationaux (par ex. ASECNA, OCLALAV) e] chiffre partiellement estimatif Remarques:(1) Ces chiffres diffèrent de ceux que donne l'OCDE et qui semblent surestimer les prets de la France (2) Les dépenses d'assistance technique de la France sont des estimations pour 1966, maintenues constantes pour les années précédentes (3) Llaide fournie par le FED pour les dépenses coirantes concerne le soutien du prix des arachides Sn:ece : Estimation de la BIRD Tableau 14 MONTANT CWWULE DES TAXES A L ,tPORTATIiN DE CERTAINS PRODUITS M!ANUFACTUIES AU SENEGAL: CCMPARAISON ENTRE LE SENDAL ET LA COTE DtIVOIRE (Taxe à 1timportation exprimée en pourcentage de la valeur CAF7!) Sénégal C6te dtIvoire Sardines en boÎtes 61,6 43,7 Farine 46, 4,0 Sucre (raffiné) 14,6 1,0 Filés de coton 68,3 49,5 La C6te dIIvo.re est productricr Cotonnades S4,5 37,9 Sacs de jute et articles similaires 47,8 32,2 Articles de tricot 61,5 43,7 Couvertures de coton 5h,7 37,8 Allumettes 41,0 28,2 Ciment 54,7 37,9 " If Chiffres fournis par la CEE. Source: CEE, Possibilités d'industrialisation des Etats africains et malgache., décembre 1966. Tableau 15 PRODUCTION AGICOLE DE 1957 à 1966 (en milliers de tonnes métriques) 195 1958 1959 1960 1961 1962 1963 1964 1265 16 Denrées alimentaires tradi- 1966 tionnelles Mil: Tonnage global 358 325 321 392 h07 424 478 532 55h h23 Tonnage ommercialisé - (93) (96) (112) (116) (122) - - - - Riz: Tonnage global 72 87 79 86 8h 91 106 110 122 125 Tonnage commercialisé - (17) (18) (18) (18) (19) - - - - Mais: Tonnage global 33 26 28 27 28 28 27 37 h1 ho Tonnage camercialisé - - (9) (9) (9) (9) - - - - Manioc: Tonnage global 146 153 178 168 139 157 152 156 149 2h1 Tonnage camercialisé - - (50) (47) (39) (hh) - - - - Patates: Tonnage global 23 22 32 21 16 16 15 7 6 6 douces Tonnage cannercialisé - - (1) (1) (1) (2) - - - - Haricots niébé (Dolic) - 13 14 11 15 15 1h 17 1h 16 Fruits: Tonnage global - - 33 33 32 h0 - - - - Tonnage commercialisé - (7) (5) (5) (6) - - - - Làgumes: Tonnage global - - 95 97 92 100 - - - - Tonnage commercialisé - (34) (34) (33) (28) (34) (33) (34) (3h) (36) Arachides: Tonnage global 900 770 816 907 995 91h 952 1,019 1,168 950 Tonnage commercialisé (808) (675) (718) (809) (872) (749) (782) (839) (98h) (775) Coton: - - - - - - - 0,1 0,3 1,2 (Allen) Sources-: Ministère du Plan et du développement, Service de la Statistique: "Comptes économiques 1959", "Situation économique 1962, 1963, 1966"; Ministère de l'Agriculture; estimations de la BIRD. Tableau 16 PRODUCTION AGE[COLE DE 1961 A 1967 ET PROJECTION POUR LES ANNEES 1968 A 1972 (en milliards de F CFA) (Productions réelles) (Projections) 1961 1962 1963 1964 1965 1966 1967 1968 1969 1970 1971 1972 Arachides 1/ 20,90 19,19 19,99 21,hO 24,53 19,95 22,06 22,55 21,35 18,72 18,91 24,92 Coton - - - - 0,01 0,04 0,13 0,24 0,36 0,43 0,49 0,51 Sucre - - - - - - - - - - 0,25 0,2 Mil 6,10 6,36 7,17 7,98 8,31 6,34 n.d. 9,57 10,44 11,01 11,85 12,52 Rîz 1,51 1,64 1,91 1,97 2,20 2,25 n.d. 2,4l 2,47 2,63 2,86 3,10 Manioc 1,39 1,55 1,52 L,56 1,50 2,41 n.d. 1,58 1,64 1,95 1,70 1,72 Légumes 2,07 2,25 2,25 2,32 2,34 2,43 2,52 2,50 2,54 2,61 2,65 2,77 Elevage 3,56 3,76 4,04 4,26 4,91 5,11 5,38 5,63 5,92 6,20 6,51 6,84 Fanes d'arachides 2,42 2,42 2,23 2,32 2,42 2,42 3,60 3,60 3,60 2,6u 2,60 h,10 Autres produits 2L44, 2,67 2,70 2,78 2,87 2,95 n.d. 3,00 3,00 3,00 3,00 3),00 Total 1/ -0,39 39,84 41,81 h,59 49,09 43,90 n.d. 51,08 51,32 -9,15 50,85 59,90 lf Pour las arachides, les chiffres de chaque année représentent les quantités récoltées et non les quantités commercialisées Sources: Cf. Tableau is Tableau 17 VENTES ET EXPORTATIONS D'AP4RACKEDES DE 1949 à 1967 (milliers de tonnes) Campagne Production totale Arachides non décortiquées Exportations Production d'huile Exportations mises sur traitées par d'arachides Huile Huile le marchéliles huileries décortiquées brute raffinée brute raffinée Tourteaux 1949-50 571 429 228 141 67 10 1950-51 471 342 205 96 60 10 1951-52 571 443 260 164 75 10 70 8 102 1952-53 558 h9 310 123 83 17 82 8 119 1953-54 614 550 315 187 93 18 91 h 127 1954-55 h6h 390 330 98 82 23 80 8 119 1955-56 603 539 340 172 93 26 91 12 lj4 1956-57 763 677 360 284 89 33 87 15 140 1957-58 900 808 387 3h6 96 38 96 16 154 1958-59 770 675 3h 272 97 38 97 15 147 1959-60 816 718 420 246 105 39 105 13 169 1960-61 907 809 442 257 106 36 106 10 179 1961-62 995 872 453 297 107 46 107 15 171 1962-63 91h 749 470 195 103 54 103 24 180 1963-64 9_2 782 504 198 1- 57 118 31 182 1964-65 1.019 839 530 217 124 50 124 32 193 1965-66 1.168 984 534 318 125 60 125 33 198 1966-67 950 2 760 2/ n.d. n.d. n.d. n.d. n.d. n.d. n.d. l_/ Déduction faite des pertes 2/ Estirations de la BIRD Sources: Ministère du Corerce et de l'Industrie; BCEAO. Tableau 18 PRIX DES ARACHIDES AU SENEGAL DE 1950 à 196, (non décortiquées) Prix à la production (en francs Production CFA par kilo) 1/ commercialisée Recettes en espèces des Campagne Dakar Kaolak Ziguinchor Prix (en milliers producteurs (on milliarde moyen de tonnes) / de F CFA) 1950-51 18e5 .. 18,50 342 6)3 1951-52 20,00 : 18955 443 8,2 1952-53 20,50 .. 18,65 463 856 1953-54 21-00 20-00 1900 19,95 551 11,0 1954-55 21,00 20.00 19950 2036 390 B.o 1955-56 22o00 21-25 20-50 20-83 539 11,0 1956-57 22-00 21-25 20-50 20,60 713 1,6 1957-58 22-00 21,25 20,50 20;h7 831 17,0 1958-59 22i00 21-25 20,50 20,50 711 1h5 1959-60 22-75 22-00 21;25 21,50 744 16-o 1960-61 22975 22,00 21-00 20,50 £30 17,0 1961-62 22175 22;00 21,25 20,50 901 18,5 1962-63 22Î75 22;00 21;25 20e50 749 15.h 1963-64 22,75 22,00 21,25 20,50 79G 16,4 1964-65 22;75 22,00 21>25 20,50 ~870 17,5 1965-66 22,75 22300 21,25 20,50 1.011 20,7 1966-67 22e75 22,00 21,25 20,50 -796 16,3 1967-68 18,ho 17,97 16,59 18,00 3/ 1.000 3, 18,0 ;Lf Les prix à la production qui sont indiqués ici comprennent le transport jusqu'aux points de vente ainsi que, pour les années antérieures à la création de lOffice de Comercialisation Agricole, les marges bénéfi- ciaires; les revenus monétaires des producteurs ont donc été inférieurs, en fait, aux chiffres ci-dessus 2 Compte non tenu des pertes 3/ Estimations de la BIRD Sources: BCEAO et Ministère du Commerce et de 1tIndustrie. Tableau 19 PRODUCTION DE QUELQUES PRODUITS INDUSTIRELS (1960-1966) Quantités Indice 1960 = 100 S 1966 1961 1962 1963 L9& 1966 Mines Phosphate de calcim (milliers de tonnes) 903 998 436 532 503 725 968 1.069 Phosphate d'aluminium (milliers de tonnes) 135 145 132 134 119 115 128 138 Industries alimentaires Huile d'arachide brute (milliers de tonnes) 120 127 110 102 99 109 113 120 Huile d'arachide raffinée (milliers de tonnes) 58 58 94 120 138 148 152 152 Textiles et Cuir Filés de coton (tonnes) 330 407 125 168 180 100 92 113 Cotonnades (tonnes) 1.131 1.346 102 93 97 100 93 111 Couvertures de coton (tonnes) 269 243 123 n11 42 40 39 Chaussures (milliers de paires) 3.775 4.629 127 103 153 125 100 123 Autres produits industriels Ciment (milliers de tonnes) 181 195 108 109 113 122 108 116 Allumettes (milliers de cartouches) 95 105 126 96 89 83 112 124 Peintures et vernis (tonnes) 2.421 2.479 113 108 150 122 127 130 Tabac traité (tonnes) 1.265 1.305 96 123 96 90 99 102 Savon (tonnes) 11.808 13.805 91 96 100 95 103 121 Thon en conserves (tonnes) 6.159 7.518 96 120 133 102 78 95 Source: Ministère du Plan et du D6veloppement, Service de la Statistique Tableau 20 INDICES DE LA PRODUCTION INDUSTRIELLE (1959-1967) Six Six 1959 = 100 mois mois 1960 1961 1962 19 63 196 M -1=95 -1-- 1966 1967 Energie 122 144 163 166 187 193 210 200 208 Mines 167 396 477 439 549 693 786 83h 971 Matériaux de cons- 99 106 107 112 117 106 112 118 107 truction Industrie chimique 106 101 10h 116 109 116 129 137 146 Tabac et allumettes 96 9h 116 92 86 95 99 100 96 Huileries 102 109 107 111 122 12h 130 150 144 Farine de céréales 101 107 112 108 102 9h 104 104 103 Boissons et confi- 96 113 131 143 11 130 129 1h7 123 serie Conserves alimentaires 169 163 203 225 173 132 161 147 225 Textiles 113 125 122 135 13h 151 190 183 226 Cuirs 132 160 128 188 159 129 160 157 185 Divers 320 32h 223 lh3 185 159 299 279 329 Indice général 117 130 132 13 139 212 160 167 173 Indice général à l'exclusion des mines, de l'é- nergie et des huileries 124 130 128 12h 121 118 1h2 Source: Ministère du Plan et du Développement, Service de la Stastistique T'ableco 21 ANALYSE DU CREDIT A COURT TERME (1963-1967) (milliards de F CFA) au 31 décembre au 30 JuIn 1Î963 1964 1965 -f96 -966 1967 Agriculture, Pêche 0,121/ 0,32 0,19 0,20 0,11 0,11 Energie et mines 1,3h 1,08 1,21 1,18 1,02 1,57 Industries alimentaires 2,36 2,h3 2,25 2,50 4,85 5,09 Textiles et cuirs 0,39 0,h9 0,h3 0,38 0,22 0,38 Autres industries 0,38 0,66 0,58 0,59 0,56 0,57 Construction 1,33 1,40 1,25 0,93 0,83 0,73 Transports 0,71 0,73 0,86 0,87 0,381 0,72 Commerce 19,ho 19,35 19,59 15,30 19,72 16,76 Services 0,54 0,55 0,29 0,h7 0,38 0,55 Total 26,57 27,01 26,65 222 28,50 26,48 Risques inférieurs à 10 million de F CFA 2/ n.d. 2,27 1,30 2,84 1,42 2,00 3/ Crédit total du système n.d. 29,28 27,95 25,26 29,92 28,h8 bancaire comprenant : huileries 1,65 1,h8 1,52 1,77 3,78 4,56 exportations d'arachides 9,27 10,13 10,16 7,63 12,39 10,22 Total pour les arachides 10,92 11,66 11,68 9,4o 16,17 14,78 Total h/ à l'exclusion des arachides 15,65 15,35 3h,97 13,02 12,33 11,70 Commerce import- export 6,20 5,37 5,28 3,92 3,53 3,29 Commerce inté- rieur 3,93 3,80 4,15 3,75 3,80 3,25 Ai 1 exclusion des coopératives agricoles 2/ Y compris les ajustements statistiques 3/ Sans les ajustements statistiques / des risques supérieurs à 10 millions de F CFA Source : BCEAO Tableau 22 ANALYSE DES CIEDITS A LONG ET A MOYEN TETE: SITUATIGI1 AU 30 JUTll DE3 AN2E 196 (mi.lliards de F CFA) 1963 196 1965 1966 1967 A) Crédits en cours Agriculture os57 0,74 0961 0918 0,25 Industrie 3,67 4y19 4l35 4,50 4Y50 Construction 166 1,96 2,39 2,17 2,13 Transports 012 0,05 04h 0,18 O,15 Cormerce 0il1 0¿10 0,1 0,16 0-85 Services 0,15 0135 0,hO 0,62 o,63 Institutions financières 0,15 0,10 0,05 .. .. Total . 49 78 781 8,1. Part des crédits à long terme n.d.8 5.,08 5,70 B) Crédits prolongès (net) Agriculture 0,17 -0,13 -0,43 0,07 Industrie 0,52 0,16 0,15 - Construction 0,30 0,43 -0,22 -0,04 Transports -0,07 -0,01 0,14 -0,03 Coimerce -0,04 0,04 0,02 0,69 Services 0,20 0,05 0,22 0,01 Institutions financières -0,05 -0,05 -0,05 - Total 1 03 0 49 -0 0 70 Part des crédits . long teme n.d. 0,02 0, hO Source: BCEAO Tableau 23 ACTIF ET PASSIF DES BANQUES DE DEPOT (1962 - 1966) (milliards de F CFA en fin d'année) 1962 1963 196h 1965 1966 Réserves 0,83 0,56 0,65 0,90 0,52 ?voirs extérieurs -2,81 2,h3 2,70 2,28 1,97 Créaces sur l'Etat 0,14 0,08 1,67 2,20 2,20 Créances sur le secteur privé 32,33 32,37 32,79 33,19 29,j0 Mode de financement : ressources propres 24,h8 20,90 19,23 19,02 17,71 1Y ré-escomptes de la BCEAO) 11,36 13,33 14,03 11,79 ) 7,85 ré-escomptes de banques ) étrangères ) 0,11 0,23 0,14 n.d. Actif = Passif 30,h9 35,44 37,81 38,7 34,19 Dépôts à vue 13,76 12,66 11,20 11,77 12,40 Dépôts à terme 1,23 1,04 0,87 1,0h 0,70 Dépôts du Trésor 5,49 3,93 6,21 3,11 2,14 Engagements extérieurs .. 4,11 2,90 h,79 5,20 Crédits de la BCEAO 7,87 11,36 13,33 14,02 11,79 Autres éléments (montant net) 2,14 2,29 3,30 3,84 1,96 1/ Y compris les ré-escomptes de banques étrangères Sources : FMI, BCEAO Tableau 24 ACTIF ET PASSIF DE LA BCEA0 - SENEGA, 1962 - 1966 (milliards de F CFA, en fin d'eiinée) 1962 1963 1964 1965 1966 Avoirs extérieurs 19,28 12,h9 9,55 9,37 11,41 Créances sur banques - ré-es- comptes 1,07 11,34 13,33 l,02 11,63 (Court terme) (7,23) (10,16) (11,85) (12,38) (9,87) (Moyen terme) (0,84) (1,18) (1,h8) (1,64) (1,76) Actif = Passif 27,35 2383 22,88 23,39 23,oh Fonds de réserve 19,87 15,70 16,60 15,41 13,24 Dépôts de l'Etat 6,35 8,08 5,14 6,86 9,66 (Espèces détenues par le Trésor) ) (0,55) (o,50) (0,57) (0,h3)) ) ) (Billets et monnaies) ) ) (2,93) ) (Compte d'investissement du (5,61) (7,22) (h,oo) (2,50)) Trésor) (Dépôts de l'Etat) (0,19) (0,36) (0,57) (3,93) (6,73) Engagements extérieurs 1,12 005 1,14 1,12 0,14 Sources : FMI, BCEAO Tableau 25 SITUATION MONETAIRE GENERALE (1962 -1967) (milliards de F CFA, en fin d*année) A) Union monétaire ouest-africaine Premier Premier trimestre trimestro 1962 1963 196 1965 1966 1966 1967 Avoirs extérieurs (net) 3h,77 30,71 31,hl 33,11 41,57 41.,21 h2,06 Crédit intérieur 60,61 64,74 79,98 80,98 79,50 85,5h 85,95 Créances sur l'Etat (net) -18,42 -23,d3 -22,68 -20,04 -21,90 -26,66 -25,13 Créances sur le secteur privé 79,03 88,57 102,66 101,02 101M,0 112,20 111,08 Monnaie 86,18 88,58 94,30 97,29 100,07 107,95 106,68 Quasi-monnaie 3,90 3,74 10,38 8,23 9,14 8,34 10,06 Divers (montant net) 5,30 3,13 6,71 8,57 11,86 10,46 11,27 B) Senegal Avoirs extérieurs (net) 15,16 10,14 8,20 5,73 8,03 4,14 5,32 Crédit intérieur 23,08 23,19 25,65 27,68 21,70 34,34 29,34 Créances sur l'Etat (net) -10,76 -10,67 -8,92 -6,65 -8,76 -6,94 -8,31 Créances sur le secteur privé 33,84 33,86 34,57 34,33 30,46 41,28 37,65 Monnaie 34,91 30,52 29,51 28,77 26,79 32,92 31,66 Quasi-monnaie 1,23 1,04 ,87 1,04 ,70 1,15 ,57 Divers (montant net) 2,10 1,77 3,47 3,60 2,24 4,41 2,43 Source: FI Tableau 26 RECETTES ORDINAIRES DE L'ETAT (1962/63-1966/67) (millions de F CFA) Montants effectifs 1962/63 1963/64 1964/65 1965/66 1966/67 Impôts directs 6.303 6.811 7.22_1 8.433 8.h31 c omprenant: impôts sur les revenus 4.16o 4.526 4.954 5.839 5.749 impfts forfaitaires 1.023 1.048 1.087 1.202 1.171 impfts f onciers 591 543 582 675 742 7mp3ts indirects 24.750 24.283 25.679 24.134 24.708 comprenant: taxes à l'importation Uý03 151.11. 1:619 l 3å 15!124 (droits de douane) -07 793 606 176 nad. (droits fiscaux) h.990 h.338 3.853 3.538 n.d. (taxes forfaitaires) 5.676 5.973 5.234 4.986 n.d. (taxe additionnelle) 489 485 569 h4 n.d. (taxe sur le chiffre d'affaires) 3.h02 3.h7 3-791 3.217 n.d. (taxe orf aitaire sur le chiffre d'affaires) 61 63 107 109 n.d, (taxe de raffinage) - - 1.313 1.142 n.de (taxe statistique) 78 72 206 476 n.d. taxes à l'exportation 1.922 X.9 3.8 droits dtaccise 20 3l. (produits pétroliers) 1.937 2.016 2.693 2.629 n.d. taxe sur le chiffre 1.9h5 2.071 2.181 2.566 2.397 d'affaires Redevances 1.070 1"096 1.102 1.192 9_9 Revenu foncier et divers 1.658 1.25h 1.925 1.775 2!4 Contributions et rembourse- ment,. 76 h62 793 291 330 Total des recettes ordi.naires -h~~3.0 67~ 3.2 Tat_a_1_de reetggdý3h5_4 33.906 36.-735 35.825 35.378 Total des recettoc fiscales 32.123 32.190 3h.013 33.759 34.134 Source: H1inistère des Finances Tableau 27 DEPENSES ORDINAIRES DE LtETAT (1962/63-1967/68) (millions de F CFA) Prévisions Montants effectifs budgétaires 1962/63 1963/6h 196h/65 1965/66 1966/67 1967/68 Personnel 14.037 14.118 15.361 15.97h 17.140 17.663 Matériel 6.215 7.072 6.395 6.205 6.140 6.374 Travaux d'entretien 2.185 2.578 1.550 1.585 1.479 1.540 Tranuisf erts, etc. 6.422 7.176 8.207 8.404 7.997 9.011 Dette publique et pensions 1.030 870 1.020 901 507 1.080 Total 29.889 31.814 32.533 33.069 33.263 35.673 Source: Ministère des Finances Tableau 28 ANALYSE DES DENSES 02DINAIRES (1962/63 et 1966/67) (miilions de F CFA) Taux annuel 1962/63 Composition 1966/67 Composition de croissance (o)) (0/0) Souveraineté 1.780 60 2.121 6. 44 Personnel 972 1.321 8,0 Matériel 808 800 déclin Défense et Justice 6.21h 20,8 7.067 21,2 Personnel h.285 5.274 5,3 Hatériel 1.929 1:793 déclin Economie et Finances 5.218 17 6.164 18£ 4, Personnel 3.860 h.570 h,3 Matériel 1.358 1.594 4,l Services sociaux 5.831 .2 7.446 2 62 Personnel 4.072 5.768 9,1 Matériel 1.759 1.678 déclin Dépenses communes 1.283 4. 48 11 déclin Personnel 835 208 déclin 4atériel hh8 276 déclin Travaux d'entretien 2.185 7, 1.478 4, déclin Transferts, etc. 6.348 21,2 7.997 2,0 Dette publique et pen- sions 1.030 3 506 l1 d6clin Total 29.889 100,0 33.263 100,0 2t Source: Ministère des Finances Tableau 29 DEFICIT GLOBAL BUDGETAIP DE L'ETAT (1962/63 - 1966/67) (millions de F CFA) 1962/63 1963/64 196h/65 1965/66 1966/67 Recettes ordinaires 34.548 33.906 36.735 35.825 35.37S Dépenses ordinaires 29.889 31.81h 32.33 33.069 33.263 Exédent 4.659 2.092 4.202 2.756 2.1i Dépenses de développement!/ 5.502 7.001 8.469 2.879 4.804 Déficit total 843 4.909 4.267 123 2.689 couvert par recours a sources étrangères 714 - 1.151 223 169 sources locales - 4.000 131 - - Variation des soldes du Trésor en raison d'opéra- tions budgetaires -129 -909 -2.985 100 -2.520 l_/ Comprises dans le budget d'équipement. Ces chiffres ne comprennent pas les dépenses entièrement financées par l'aide étrangère. Tableau 30 VAIATIOlS DES CRIPTES DU TRESOR (1963/64 - 1966/67) (millions de F CFA) 1963/64 1964/65 1965/66 1966/67 Déficit ou excédent budgétaire -909 -2.985 +100 -2.520 Autres comptes budgétaires +241 -370 +423 +289 Opérations liées au budget +1.650 -320 +283 +50 Opérations de régularisation -455 -902 +991 -4.003 I. Total des opérations budgétaires +_27 -4.577 +1.797 -6.189 Compte Caisse des Pensions -110 +593 +463 +153 Comptes d'investissement +58 +1.1h3 -539 +450 Fonds de stabilisation - - - +4.499* (arachides) (+3.110) Prêts aux entreprises publiques -24 -163 - - Prêts aux pouvoirs locaux - -60 - -91 Prêts à d'autres institutions -1.247 -671 +121 +190 Avances aux entreprises publiques -350 +473 -554 -1.534 Avances aux pouvoirs locaux -8 +5 - +3 Avances à d'autres institutions +2.893 -333 -110 +114 Comptes divers +1_ +81 +47 +492 II. Total des comptes spéciaux du Trésor +1.229 +1.068 -572 +4.276 Dépôts des entreprises publiques +2.031 -66 -2.698 +2.434 Dépôts des pouvoirs locaux - -2 +2 - Dépôts dtautres institutions +99 -86 +33 +5 Opérations financières pour les pouvoirs locaux +135 -1h -136 +460 Dépôts divers +279 -10 -40 +261 III. Total des dépôts +2.544 .-h3 -2.839 +3.160 IV. Emprunts de 1'Etat - - +435 +52 V. Doubles emplois, omissions +150 -394 -848 -258 Espèces en caisse et comptes internes ~ -77 -273 +521 -571 Comptes courants -3.203 +26 +856 -1.639 Compte auprès du Trésor français +323 -120 -641 +843 Dépôt à la Banque centrale -2.271 +4.656 +916 - Autres comptes -25 +36 +10 +2 Effets en douane +303 -19 +365 +324 VI. Variation totale des liquidités du Trésor (- = augmentation) -4.450 +4.306 +2.027 -1.041 Total des liquidités du Trésor (en milliards de F CFA, a la fin de l'exercice) l4,6 10,3 8,3 9,4 * Appara't pour la première fois; un montant compensatoire figure sous la rubrique "Opérations de régularisation". Source: loijitère des Finances Tableau 31 PLAN DE DEV10P~RENT 1965/66 - 1968/69, VERSON INITIALE ET 0 VRSON REVISEE ANALYSEES PAR GRANDS PRMJETS (edlliards de F CFA) Version initiale Version r vse 1965/66- 1967/68- Aide 1965/66- 1967/66- Aide 1966/67 1968/69 Total étrangere 1966/67 1966/69 Total étrangere Recherches et études 8 i 702_ 419 1,95 222 16 dont, agricultur 0,07 0,32 1,19 1,10 - 0,88 0,1 gologie 0,U9 0,56 1,05 0,56 0,38 0,38 0,76 o,66 institut. de reeherches 1,19 1,67 2,86 1,3 1,11 1,89 2,60 1,36 Agriculture 942 13,9 22,5 13,2 5.2 11.39 16.71 14.55 dont, arachides, mil (.emeces) 0,8 4,56 0,96 0, 0,10 0,29 0,39 0,39 atår,iel 1,08 1,60 2,68 0,23 0,96 1,65 2,61 1,56 SATEC 0,87 0,68 1,55 1,55 0,90 0,97 1,67 1,87 Culture du Ri. - USAID - - - - - 0,28 0,26 0,28 c.a ance 0,56 1,48 2,00 ) 0,1 0,28 0,h2 0,80 Delt (SA]D) 0,35 0,80 0,75 ) 8,71 0,84 o,65 1,89 0,96 Vallåe (OAV), Duet 0,06 1,34 1,80 ) 0,05 0,55 o,6o 0,50 Sint-ialem 0,33 0,38 0,71 ) 0,06 0,88 0,50 0,4 Sucr. - Mhard Toll 1,13 1,36 2,89 2,80 0,08 1,00 1,14 1,o6 T.uey 0,65 - 0,65 o,65 - 0,65 o,65 o,65 Coton - CFDT 0,07 0,08 0,15 0,15 0,12 0,31 0,48 0,35 Engrai chimiques 2,02 3,49 5,51 1,75 1,70 3,57 5,27 8,76 Elevage 2.6 216. 862 3_92 031 l.8 2,23 1.38 doc: fanch de Doli 8,19 - 0,19 - 0,19 - 0,19 - Fonds de roulement - Doli 0,08 0,02 0,10 - - 0,15 0,15 - 1/ Vtydraulique pastorale 0,81 0,81 1,62 1,62 - 0,25 0,25 0,25 Pamre de vaccinatian 0,12 0,12 0,28 0,2h - 0,28 0,28 0,28 Etable. B vach e laltifire, 0,0, 0,06 0,10 0,10 - 0,03 0,03 0,03 Abattodre dgionaux 0,12 0,12 0,28 0,28 - 0,10 0,10 0,10 CZane dentrep5t frigcrilique 0,12 0,26 0,40 0,40 - 0,30 0,30 0,30 Abattoir--Daiar 0,03 - 0,03 - - 0,03 0,03 - Entrep5t rigrifique - Port de Dakar 0,1 - 0,10 - - 8,30 0,30 - Ca,page d'hygiåne 0,17 0,08 0,31 0,31 0,04 0,03 0,07 0,07 For0ts 0,30 22_ O_8 9_$ 9_9 9_7 0,58 0 20 dont: Plantations - Delta - 0,15 0,15 n.d. 0,08 0 Darcaecca et cade 0,09 0,11 0,20 n.d. 0,05 0,09 0,13 0,08 Prtection - Nyayee o,04 0,03 0,09 n.d. 0,03 0,03 0,06 - Teck et O-elna ,04 0,06 0,10 n.d. 0,01 0,08 0,09 0,06 Påches 20 1_61 }270 2.28 94$ 20 2.60 / 2 6 dont: chalutier 0,31 0,30 1 - .. 0 0,0 - pache au than 1,37 0,95 2,32 2,28 0,46 1,87 2,33 2,23 (bata råfrig"rd) (o,65) (0,70) (1,35) (1,35) - - bhateaux ccnglatcur:) (0,67) (0,25) <0,92) (0,92) (0,86) (1,87) (2,33) (2,23) autree bateaux) (0,96> - (0,96) - - - CER, C0., WCA.D 1 0, 9_, 1,_499 ,9 94 1.22 1,6 1,17 dont: CER, CU 0, 0,21 0,97 n.d. 0,15 1,02 1,17 1, 0NCAD 0,33 0,38 0,67 n.d. 0,30 0,20 0,50 0,11 Routes 1 3_26 1ý77 1_, 3 -36 4., 8' doct: Projet. incerits au 1er Plan 145 - 1,21 3 36 Etude 0,05 - 0,08 - 0,05 - 0,0 - Ncuvelles routes n.d. n.d. 0,80 0,80 0,87 0,47 - Plate - Delta 0,20 - 0,09 0,09 - A.4lioratione: Tane-Gambie > ) 0,29 0,29 - Thiåe-T.ba ) 1,00) 0,2b 0,27 0,27 - uoul-Sal " " ) ) 0,21 0,21 - Cap Vert 0,72 - 0,10 0,45 0,55 - Rutes du Diri " 1,80 1,80 1,38 1,38 1,38 Tambacounda - Mak " 0,40 0,80 0,44 0,08 0,88 3/ Rouatec de pruction 0,51 0,21 1,65 1,65 1,65 g pi.tee anåioåes " 0,53 - 0,32 0,32 0,20 Autres travaux " 0,31 0,31 0,21 0,28 0,45 0,37 Chsminde dfor 2 16 216 2_.3 5 0.30 3:13 __.} 2O- dont VOie ferA", bMtient. 1,50 31i 2,93 n.d. n.d. n n.d. Lc- tive. 0,01 0,43 o,8 " 0,56 gones 0,20 0,22 0,42 " " 0,7h Porte 1 83 1,1 2 6 2a 43 4 - 17 .nt: Dakar 96 0,92 1,07 0,2 1,23 1,7 Ka.lack 0,30 - - - 0,30 - - - Avlation civile 0,20 9_1 01 0.29 09 0.7 956 0.37 Tål6co~micationø 0.0 1_ 220 12}_ 924 042 1.16 0.38 dont; Fcete u,21 1,0 1,22 n.d. 0,19 0.17 0,36 - T'Iek aeationas 0,69 0,29 0,98 .d. 0,55 0,25 0,80 0,3h E.28 8 8 261 266 2_6} 5 I, dont: 02néal - Pri.aire 1,01 1,09 2,10> 3 68 , 0,73 2,21 2, 1 Secocdaire 1,39 1,11 2,50) 0,36 0,80 1,16 0,83 Techa~qe o,6o 0,82 1,42 0,56 0,15 o,64 0,79 o,43 Sup6rieur 0,16 0,72 0,88 0,43 0,1 0,33 0,87 - _ Education populaire et eport. 0,24 0,16 0,40 0,14 0,10 0,07 0,17 Sant 1_52 0 82 3 1.11 0,78 l,$ 2.22 1.7 dcnt H6pitau- 1,09 0,9 1,6 c.d. &, 1,21 1,87 1,67 Loganent 319 41 2_7 _ 2,30 6841 6 122 dant: R-al 0,32 0,32 , 0,23 0,19 0,1 0 0, 0Ug" 2,34 2,61 4,95 1,61 1,0 2,65 3,70 0,80 SICAP 1,01 1,02 2,03 0,75 0,79 1,43 2,22 0,75 Addutione d-eau _2 2 4 10,56 6,90 1 7 16 _49 7,30 dont: !u - rgions rurale. 8,6 - 0,69 6¯ 6 - 0,69 0,6 Dau - s.n-s urbaines 0,75 6,50 7,25 6,14 0,93 6,78 7,71 6,61 4/ E-u - agglam6rations ruralme 0,5> 0,23 0,77 - 0,15 0,20 0,35 - Eg-ut. - emne urbanase 0,42 0,30 0,80 - 0,05 0,1, 0,15 - Egoute - agglamåratione rearlec 0,33 0,72 1,05 0,07 0,07 0,07 0,08 - I.dustrie 00 143 1_60 0_0 26 14.0$ 4$ - 56 ai.t, Participation B SOSEPA ..d. ..d. n.d. a.d. 0O, 0,96 - SOFPIGAL " " 8,2 0,02 0,02 SIES 2,30 2,30 2,30 DA12" 0,701 0,08 0,05 SAR " 0,03 0,03 - Sucre " 1,40 1,40 1,00 Re.eries e 0,11 0,11 0,06 Filature/tsage de co~o " 0,09 0,09 0,09 0mszre 02} 0l 03 - 0.30 2j_ 125 02 Tourism _08 00 0.18 - 0,1 0.18 29$ - TOTAL 2.E 40,5 492 89,76 812 24,71 48,84 2a 522 ChiffOlre incerta P m~ råduit; ne cae~d qu la ~ ~n n tat aa I61:evr9squ $ 67 -uid CFA Tableau 32 PROGRAMME DE DEVELOPP4ENT, VERSION INITIAE ET VERSION REVISEE, RESUIE PAR SECTEURS (1965/66 - 1968/9) (mflliards de F CFA) Version initiale Version révisée 1965/66 1967/68 Financement 1965/66 1967/68 Financement 1966/67 1968/69 Total o. étranger 1966/67 1968/69 Total o/o étranger Recherches et enquêtes 3-48 L02 8_ 4.1 lå 3.27 5_22 L6 L16 Agriculture 9,03 13,49 22,52 20,2 1 13,92 5,32 11,39 16,71 16,8 1/ 14,55 Elevage 2,46 2,16 4,62 5,5 3,32 0,35 1,89 2,23 3,3 1,34 Forgts 0,30 0,52 0,82 1,o 0,15 0,19 0,35 0,54 0,8 0,20 Pêche 2,01 1,69 3,70 4,4 2,28 0,56 2,04 2,60 3,8 2,26 CER, CAR, ONCAD 1,09 0,55 1,64 1,9 0,99 0,45 1,22 1,67 2,4 1,17 Industrie 0,30 1,30 1,60 1,9 0,60 2,76 1,90 4,66 6,8 3,56 Tourisme 0,08 0,10 0,18 0,2 - 0,17 0,18 0,35 0,5 - Commerce 0,23 1 _38 M - 032 2? 1,2 l8 0,95 Secteurs directement pro- ductifs 15,50 19,96 35,46 356 21,26 10,10 19,92 30,01 32 24,03 Routes 4,51 3,26 7,77 9,2 4,97 3,36 4,49 7,85 11,5 5,43 Chemins de fer 2,18 2,16 4,34 5,2 2,05 0,30 3,13 3,43 5,0 2,35 Ports 1,43 1,13 2,56 3,0 2,43 0,54 1,24 1,78 2,6 0,87 Aviation civile 0,20 0,51 0,71 0,8 0,29 0,09 0,47 0,56 0,8 0,37 Postes et télécomimmications 0,90 1,30 2,20 2,6 1,23 0,74 0,42 1,16 1,7 0,34 Enseignement technique 0.60 0_82 1 2 O»7 01 0,64 O2 l_9 _ 2 Secteurs non directement productifs 9,82 jP8 19,00 22 11,53 5_ 10,39 15,57 28 29 1/ A l'exclusion, en fait, du programme relatif aux engrais chimiques Continuation page 2. -2 - Tableau 32 (continuation) PROGRM0M DE DEVELoPMENT, VERSION IITIALE E VERa[ON REVISEE, RESIIE PAR SECTEURS (1965/66 - 1968/69) (milliards de F CFA) 1965/66 1967/68 Financement 1965/66 1967/68 Financement 1966/67 1968/69 Total oLo étranger 1966/67 1968/69 Total o/o étranger Enseignement général 3,68 3,73 7,41 8,8 4,88 2,51 1,99 h,o 6,6 3,44 Santé publique 1,52 0,82 2,34 2,8 1,57 0,78 1,44 2,22 3,3 1,75 Logement 3,79 4,18 7,97 9,5 2,79 2,30 4,67 6,97 10,2 1,22 Adduction d'eau et égouts 272 784 1o,56 12£ 690 1,89 716 9, 1373 30 Secteurs sociaux 11 71 16,57 28,28 âL 16,14 748 15,26 22,74 33 13,71 Total général à_o1 49,2 89,76 53,12 24,71 48,84 73,5 6o9 Total, à l'exclusion des crédits à court terme 1/84,25 oo,o 68,2710o,o /A l'exclusion, en fait, du programme relatif aux engrais chimiques Source: Ministère du Plan et du Développement Tableau 33 DEFENSES REELES DE DEVELOPPEMENT (1965/66 - 1966/67) xmiiliions de FCFA) 1905/b6 1966/67 Budget Report Transferts Prêts de Budget Transferts Prêts TOTAL d'équi- du ler du budget l'Alle- Aide Aide Aide d'équi- du budget de l'Alle- Aide Aide Aide l65/06 pement Plan ordinaire magne FAC USA FED Total pement ordinaire magne FAC USA FED Total 1966/o7 1/ Etudes 43,2 139,2 269,5 - 582,2 1,5 - 33,6 113,6 286,5 - 388,3- 8,9 - 797,3 1.631,9 Agriculture 251,5 180,9 - - 81,5 - 26,9 600,8 433,1 - - 156,0 23,3 980,6 1.583,0 2.183,8 Elevage 8,2 30,7 - - - 26,7 - 65,6 1L0,7 - - 22,2 - - 162,9 228,5 Forêts 66,2 9,5 - - - - - 75,7 91,6 - - 7,8 - - 99,L 175,1 Pêches 1,1 - - - - - - 1,5 31,6 - - - - - 31,6 33,0 CER. CAR, ONCAD 55,1 1,9 - - - 33,8 - Bo,8 35,6 - - - 0,2 - 34,8 115,6 itoutes 520,8 2L,1 - h52,0 - - - 996,9 625,7 - 3,7 32,1 - 240,2 900,7 1.897,6 Ports 3,6 - - - - - - 3,6 - - - 10,0 - 179,9 189,9 193,5 Chemins de fer - - - - - - Aviation civile - - - - - - - - 87,0 - - - - - 87,0 87,0 Postes et télécommu- nications - - - - - - - - 109,6 - - 28,7 - 2,1 110,1 110,5 Enseignement technique 22,0 - - - - - - 22,0 115,8 - - - - 2,2 118,0 110,0 Enseignement général 1o6,1 loy,l - - 110,0 127,1 - 518,3 255,9 - - 251,1 93,0 16,5 638,5 1.096,8 Arts, jeunesse, sparts, information 210,3 3,5 - - 15,0 228,8 - 157,6 179,9 - - 1,7 - - 181,6 039,2 Santé publique 32,2 36,5 - - 205,0 72,1 - 3L5,8 53,3 - - 4L,5 4,6 3,5 105,9 451,7 Logement, eau, égouts 783,2 218,9 - - 16,2 - - 1.018,3 1.090,3 - - L7,6 - - 1.137,9 2.1L6,2 Industrie 11,3 - - - 20,0 - - 34,3 79,1 - - - - - 79,1 113,1 Commerce 18,2 2,8 - - - - - 21,0 7,3 - - - - - 7,3 28,3 Pourisme 127,2 4,1 - - - - - 131,6 52,9 - - - - - 42,9 17L,5 Total 2.2L3,5 753,5 269,5 52,0 B29,9 264,2 96,9 4.909,5 3.L90,0 286,5 3 973,0 130,0 1.255,0 6.338,2 11.2L7,7 1/ Comprend un prêt (8,3 millions de FCFA) de la CCCE pour la construction d'une centrale électrique à Tambacounda Source: Ministère des Finances; estimations de la BIRD.
Группа Всемирного банка · Pre-2003 Economic or Sector Report
Senegal - Current economic position and prospects of Senegal : Situation et perspectives economiques actuelles du Senegal
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Pre-2003 Economic or Sector Report
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Сенегал
Источник
Всемирный банк