RETURN TO DIFFUSION RESTREINTE REPORTS DESK HL CSY Rapport No. TO-618 WITHIN ONE WEEK TRADUCTION NON-OFFICIELLE A TITRE D'INFORMATION Ce rapport a 'té prépar' e titre de document interne. Ni la Banque ni les organismes qui lui sont affiliés n'acceptent aucune responsabilit4 quant à son exactitude ou son caractère exhaustif. En aucun cas ce rapport ne saurait être publii ou cité comme représentant leurs vues. BANQUE INTERNATIONALE POUR LA RECONSTRUCTION ET LE DEVELOPPEMENT ASSOCIATION INTERNATIONALE DE DEVELOPPEMENT EXAMEN DES PROJETS ET PROGRAMMES AGRICOLES TUNISIE Le 12 avril 1968 Département Projets EQUIVALENTS MONETAIRES I dinar = 1, 905 dollar 1 dollar = 0, 525 dinar 1 million de dinars 1. 905. 000 dollars I million de dollars = 525. 000 dinars TABLE DES MATIERES Page No. RESUME ET CONCLUSIONS ........ ....................... i . Vii I. Introduction ...................................... 1 II. Le secteur agricole dans 186conomie tunisienne........ 2 III. Résultats récente enregistrés dans le secteur agricole 10 IV. Ecamen des projets .......... ................. 14 A. Projets d'irrigation (en cours) .................. 17 B. Projets d'irrigation (proposés) .................. 22 C. Projeta agricoles (en cours) ..................... 24 D. Projets agricoles (proposés) ..................... 27 E. Projet forestier (en cours) ................... 28 F. Projet forestier (proposé) ....................... 29 G. Projet relatif a la poche (propos) .............. 30 H. Résumé de 1'examen des projets ................. 31 V. Besoins en assistance technique ....,................. 32 A. Planification et préparation des projets ......... 32 B. Recherche ...... ........... 33 C. Services de vulgarisation et de formation ....... 34 VI. Facteurs de production agricole ............. 36 Tableaux: Production des principales cultures Importations d'engrais Estimation de l'emploi des engrais phosphatés Liste des projets agricoles Superficie et dépenses d'investissement des projets d'irrigation en cours Estimation des besoins supplémentaires en personnel agricole en 1971 Ordre de priorité des projets suggéré par la mission Carte: Carte économique de la Tunisie ANNEXES 1. Développement de l'irrigation dans le bassin infèrieur de la Medjerda 2. Projets d'irrigation - En cours 3. Projets d'irrigation - Envisagés 4. Projets agricoles - En coure 5. Projets agricoles - Envisagés 6. Projet de sylviculture - En cours 7. Sylviculture - Envisagé 8. Projet concernant la pêche - Présenté a la Banque 9. Estimation de l'assistance bilatérale agricole de la Tunisie 10. Mandat EXAN DES PROJETS ET PROGRUES DU SECTEUR AGRICOIE TUNISIE RESUME ET CONCLUSIONS i. Afin de rassembler les renseignements de base dont aura besoin le Groupe de travail spécial sur liagriculture créé par le Groupe consultatif pour la Tunisie, une mission de la BIRD s'est r*ndue en Tunisie à la fin du mois diaoût et en septembre 1967 pour étudier les projets et programmes du secteur agricole en Tunisie. L'étude ainsi préparée doit aider le Groupe de travail à examiner de façon plus détaillée qu'il n'a été fait dans le passé, les priorités et les besoins des différentes branches du secteur agricole et, à cet effet, elle nfa pas été conçue de manière à présenter un examen global du secteur ou une évaluation détaillée des projets. Il stagit donc d'un aide mémoire de travail qui servira de base aux discussions et non pas d'une étude plus approfondie du développement agricole en Tunisie. ii. L'agriculture présente une telle importance pour l'économie tunisienne que le Plan quadriennal 1965-1968 lui accorde une attention toute particulière; de fait, depuis quelques années, le Gouvernement affecte au secteur agricole des ressources qui sont à peu près proportionnelles à la con- tribution qulil apporte au Produit intérieur brut. Malgré les efforts qui sont faits pour exécuter les plans et les programes agricoles, ce secteur ne s'est pas beaucoup développé. Des con- ditions atmosphériques défavor&bles ont provoqué de fortes fluc.. tuations de la production annuelle. Mais il faut dire que les agriculteurs tunisiens n'ont guère augmenté les quantités de facteurs de production modernes qu'ils utilisent. Qutil stagisse d1engrais, de moyens m6eaniqueu, de produits anti-parasitaires, de techniques modernes de culture, tout semble rester à des niveaux qui ne s'améliorent guère. A cet état de choses, il faut voir plusieurs causes, mais l'une dientre elles, fort importante, est le manque dans tout le pays d'agriculteurs expérimentés qui pourraient inciter la masse des agricul- teurs traditionnels à utiliser les méthodes nouvelles de production et à employer des facteurs de production modernes et qui pourraient leur apprendre le moyen de sien servir. ~ ii! - iii. C'est dans ce contexte général qu les membres de la mission ont cherché à analyser les projets déjà préparés, afin de dresser un ordre de priorité approximatif, ayant surtout à liesprit la recherche des aspects de ces projets qui pourraient attirer les capitaux emMrieurs. Le Gouvernement a soumis au total 23 projets dont un grand nombre portent sur l'irrigation, et cela semble-t-il parce que dans ce sous-secteur on utilise plus, souvent la méthode de préparation des travaux par projet. Les projets constituent en effet les éléments de travail les plus tangibles dfun programme de développement; clest pourquoi la mission a considéré qu'ils présenteraient un intérêt majeur pour le Groupe de travail et elle a donc insistf sur ces éléments dans son étude. Il faut néanmoins recoriiattre que toutes les activités de développement n'apparaissent pas dans les projets et c'est pour cette raison que lion slest efforcé dans l'étude de passer en revue d'autres domaines dans lesquels on pourrait utiliser laide extérieure pour favoriser le développement. A cet aspect de lassistance, on a consacré une partie assez brève du rapport qui porte sur les besoins en assistance technique et les programmes d'aide qui pourraient fournir les facteurs de production agricole. Les principales conclusions auxquelles est parvenue la mission en ce qui concerne les projets et les pro- grammes sont résumées dans les para7raphes qui suivent. iv. Pour commencer par les projets, un certain nombre de travaux envisagés concernent la région de 18Oued Medjerda qui est la source la plus importante dfirrigation par eau superficielle dans le pays. D'importants travaux ont déjà été entrepris pour mettre en valeur la région de la basse Medjerda; ils s'exécu- tent sous la direction d'un organisme semi-autonome, l'Office de mise en valeur de la vallée de la Medjerda (OMVVM). Des études préliminaires ont également été entreprises dans certaines parties du cours moyen et supérieur de 1Oued Medjerda et dans les bassins de ses affluents. Comme des travaux effectués dans une partie du bassin de la edjerda pourraient avoir des répercussions regrettables sur le développement futur de ltagriculture dans diautres zones du bassin, la mission recommande tout diabord l'exécution d'une étude générale de liensemble du bassin afin de déterminer quelle sera ltutili- sation la plus rentable des ressources hydrauliques de la région. Il ne paratt pas souhaitable de retarder encore les travaux dans la zone de lOM4VI jusqu'à liachèvement de lttude de l'ensemble du bassin, mais il faudrait limiter les autres travaux prévus, compte tenu des incertitudes quant aux décisions que lon sera amené à prendre dans llavenir. La mission recommande donc dans son rapport l'envoi dans les plus brefs délais dtune mission de la BIRD qui analyserait les nom- breux renseignements dont on dispose déjà et qui définirait - i1i - et évaluerait un projet qui justifierait l'octroi d'un prêt de la BIRD. La même mission pourrait également préparer la liste des points sur lesquels devrait porter l'étude générale du bas- sin qui durerait plus longtemps. v. Il existe également huit projets d'irrigation déjà en cours d'exécution et qui, selon les prévisions, devraient être terminés en 1968 ou 1969. Tous ces projets, à llexcep- tion d'un seul, celui de lOued Chiba, bénéficient déjà d'une aide extérieure. A l'exception de deux projets pour lesquels on utilisera les eaux souterraines, tous les projets en cours coûteront très cher à l'hectare. Il serait souhaitable néan- moins de terminer ces projets aussi rapidement que possible parce qu'ils ont déjà atteint un stade de construction assez avancé. Les superficies nouvelles qui seront irriguées grâce à ces projets aélèvent au total à un peu plus de 30.000 hec- tares. vi. Parmi six projets dfirrigation que l'on propose d'exécuter pour la mise en valeur future de l'agriculture, trois se feront dans le cours supérieur de l'Oued Medjerda et relèvent donc de l'étude de l'ensemble du bassin dont nous recommandons l'exécution. Le quatrième projet qui a pour objet de réaménager l'agriculture irriguée dans les oasis du Sud du pays, présente de l'intérêt parce quil semble possible d'y obtenir des fruits et légumes de primeus pour lexportation. Il faut étudier plus avant les aspects hydrologiques et écono- miques de ce projet, mais, tel qu'il est conçu, ce projet mérite d'être exécuté en priorité et il conviendrait d'en terminer les travaux préparatoires sans plus tarder. vii. Nous avons placé plus bas sur la liste des priorités deux projets hydrauliques proposés (celui du lac Ichkeul - irri- gation - et celui de l'Oued Zeroud - lutte contre les inonda- tions) et cela en raison des évaluations économiques qu'ont fait apparattre les études menées jusqulà présent. Le projet du lac Ichkeul, diailleurs, se complique du fait qutil a des objectifs multiples et qu'il peut être lié aux travaux du bassin de la Medjerda. viii. I existe deux projets en cours qui se classent dans la catégorie plus générale de l'agriculture et qui tous deux portent sur la création de coopératives. L'un prévoit la for- mation de Coopératives de production (UCP) dans la région du Nord, et bénéficie de ltaide financière de la BIRD et de l'IDA. Le prêt et le crédit octroyé serviront à fournir toute une gamme de moyens de production agricole qui sont nécessaires pour améliorer les modes de culture actuels, ltintention étant sur- tout diajouter des activités d'élevage, ce qui permettrait de remplacer par des cultures fourragères la période des jachères -iv- qui alterne actuellement avec les cultures de céréales. Ce projet servira également à irriguer une petite fraction des terrains confiés aux coopératives. Liassistance technique dont bénéficiera ce programme des coopératives viendra d'un Bureau de contr8le créé à cet effet et dont le personnel sera composé de techniciens tunisiens et étrangers. Ce projet mérite une haute priorité parce qu'il peut servir à montrer si ce type de travail en coopératives peut stadapter à l'agricul- ture en Tunisie, parce qufil bénéficie d'une aide extérieure importante et parce que les leçons que l'on pourra en tirer fourniront de précieuses orientations pour l'avenir. ix. Le deuxième projet agricole en cours est la mise en place d'une Coopérative de polyculture dans la région cen- trale. Les unités coopératives qui seront créées dans le cadre de ce projet auront pour r8le dloffrir des pâturages plus constants et mieux contrôlés pour le bétail au moyen de l'amé- nagement de régions irriguées et de réserves de fourrage; ces coopératives offriront aussi certains services et enseigneront les méthodes modernes aux agriculteurs. Nous avons placé ce projet plus bas sur la liste des priorités parce qutil est moins avancé que le projet de Coopératives de production et parce que le personnel expérimenté de gestion agricole n'est pas encore assez nombreux. Les projets de coopératives se disputent inévi- tablement ce personnel et dans ces conditions il a fallu donner la priorité au projet de Coopératives de production du Nord qui est mieux financé et mieux organisé. x. Outre les deux projets agricoles déjà en cours, le Gouvernement a soumis la description de trois projets proposés: un projet de coopératives qui serait simplement une extension du projet de Coopératives de production déjà en cours dont nous avons fait état, une Coopérative de service pour la région du Sahel et un projet dlassistance technique (pour laquelle on demande laide du PNUD) qui aurait pour objet de former les coopérateurs et les directeurs de coopératives et diaider les coopératives de la région centrale à dresser leurs plans de production. Un quatrième projet proposé qui prévoit la création d'une Coopérative de service dans la région du Nord est en préparation mais la description détaillée n'avait pas encore été faite. xi. Le projet dtassistance technique mérite d8étre exécuté en priorité parce quiL vise à remédier à la pénurie de gérants et de directeurs expérimentés et à ce titre satis- fait un besoin très critique dans le secteur agricole. Les 4V autres projets de coopératives ont été placés dans la catégorie de priorité 2, là encore surtout pour les raisons que nous avons avancées dans le cas du projet de Coopérative de polyculture, à savoir que la pénurie de personnel de gestion et de surveillance expérimenté pour les coopératives empeche qu'on puisse procéder rapidement à la création de nouvelles coopératives. Lorsqu'il faut faire un choix, il semble préférable de remettre à plus tard la mise en oeuvre de projets nouveaux ou diun projet qui vient à peine de commencer, comme c'est le cas du projet de Coopérative de polyculture, afin de garder un personnel suffi- sant pour le projet des Coopératives de production (UCP) dont l'exécution se poursuit. Il va sans dire, bien entendu, que ces restrictions seront levées dès que lteffectif du personnel expérimenté augmentera. xii. Le Gouvernement a soumis deux projets forestiers, un qui est proposé (Exploitation des forêts) et un qui est en cours (Reboisement). Le projet de RC7oisement prévoit la plantation dtarbres pour la production de pâte pour une pape- terie, sur une superficie qui devrait atteindre 40.000 ha en 1975. Il est indispensable de procéder à des études écono- miques plus poussées pour déterminer quelle sera la contri- bution économique de ce projet une fois mené à bien. Le projet d'Exploitation des forêts portera sur des super- ficies déjà exploitées pour le bois dioeuvre et il paralt plus prometteur sur la base des renseignements dont on dispose actuellement. n faudrait procéder sans délai à une étude de justification technique et économique du projet. xiii. Un projet prévoyant la modernisation de la flotte de pêche c8tière a été préparé. Il semble que l'on puisse beaucoup attendre des pêcheries c8tiéres pour augmenter les denrées alimentaires et les recettes d8exportation, mais ce projet exige des travaux préparatoires considérables avant qu'on puisse le présenter aux sources de financement extérieur. C'est parce qu'il en est seulement à ce stade qu'il a été placé en dessous des projets classés en priorité 1. xiv. En plus des projets que le Gouvernement avait déjà préparés, la mission a procédé à un examen géneral des efforts et des besoins d'assiotance technique. '1 7 importante activité qui mérite d'être aidée est la préparation des projets et notam- ment l8valuation de leur rentabilité. La mission sien est aperçue lorsqu'elle a examiné les projets qui lui étaient soumis. Lassistance technique pourrait d'ailleurs ne pas se limiter à la préparation des projets au sens étroit du terme, mais servir également à améliorer la planification globale; elle pourrait ainsi contribuer à mieux coordonner les programmes de développe- ment, ce qui fournirait de meilleures bases pour solliciter l'aide extérieure. xv. Un certain nombre de problèmes de recherches devraient faire l'objet d'une.attention particulière; citons notamment l'agronomie d'ir- rigation, la production des betteraves a sucre et l'amélioration des fourrages; à cet égard l'assistance technique pour la recherche permettrait de réduire les délais qui interviendraient autrement entre la mise en train des programmes agricoles et les résultats obtenus. Cette étude ne contient aucune estimation des besoins en matière de recherche, mais l'importance de la recherche pour augmenter la productivité exige que cette activité reçoive une aide suffisante. xvi. La présente étucte fait état à maintes reprises du grave obstacle que constitue la pénurie de personnel expéri- menté pour gérer et surveiller les coopératives et collaborer avec les agriculteurs du secteur traditionnel. Le Gouvernement a déjà pris certaines mesures pour y remédier; il faut souli- gner néanmoins que de grandes possibilités soffrent à l'assis- tance technique extérieure: enseignement des méthodes de gestion, entretien du matériel, méthodes culturales modernes et méthodes d'élevage. L'aide extérieure pourrait également servir à la formation du personnel des services de vulgarisation et aux travaux qu'il exécutera, une fois formé; il faut en effet mettre à sa disposition un matériel méilleur et plus abondant pour les démonstrations pratiques et lui faciliter ses déplacements par des moyens de transport plus nombreux. xvii. Les activités de l'assistance technique portent sur tous les travaux agricoles et divers pays ou institutions ap- portent ici de l'aide, ce qui rend difficile de bien coordonner ces activités. Il serait probablement utile pour assurer une utilisation plus rationnelle et économique des ressources d'as- sistance technique d'exécuter uno étude approfondie des besoins et des ressources en assistance technique. xviii. Il est indispensable pour que le pays se procure les moyens de production agricole modernes qu'il dispose de devises, et les préts ou crédits consentis à la fois pour liachat des produits ou l'exécution de projets y contribuent pour une bonne part. La mission nua pas pu discerner avec précision sil faut attribuer au manque de devises le fait que les agriculteurs n'utilisent pas davantage ces facteurs de production, mais il est à prévoir que la demande augmen- tera à mesure que les méthodes de culture stamélioreront. Il est à supposer dans ce cas que les stimulants que l'on four- nira à l'agriculture encourageront les exploitante à utiliser les facteurs de production modernes. Il ne faudra pas le moment venu que le manque de devises limite l'utilisation de ces facteurs. TUNISIE EXAEN DES PROJETS ET PROGRAY4ES DU SECTEUR AGRICOLE I. INTRCDUCTION 1.01 Le Groupe consultatif pour la Tunisie a récemment institué un Groupe de travail pour l'agriculture chargé d'étu- dier divers aspects du secteur agricole de l'économie tunisienne. Le Groupe consultatif a d'autre part prié la BIRD d'examiner les programmes et projets du secteur agricole tunisien et de pré- senter au Groupe de travail un rapport sur les résultats de son examen, celui-ci devant servir de base aux discussions auxquelles procédera le Groupe de travail J une date à fixer avant une réunion plénière du Groupe consultatif prévue pour le début de 1968. Le rapport ci-après contient les opinions et conclusions d'une mission envoyée par la Banque mondiale comme suite à cette demande. La mission, qui a séjourné en Tunisie du 24 août au 27 septembre 1967, était composée de MM. J.B. Hendry, P.Z. Kirpich, H. Kordik, C. Brochu (FAO), et C. Iceekan (consultant). 1.02 La nomination d'un Groupe de travail chargé de sloccu- per spécifiquement d'un seul secteur - en l'occurrence le secteur agricole - est une mesure expérimentale inédite prise par le Groupe consultatif. Elle résulte du désir du Groupe consultatif de concentrer son attention avec un souci du détail accru sur les ordres d'urgence et les besoins corrélatifs propres à un secteur, et de déterminer si cette manière de procéder favorise une coor-. dination plus efficace de l'aide financière offerte par les pays membres du Groupe consultatif. Pour sa part, la mission envoyée par la Banque était chargée d'examiner le programme de dévelop- pement agricole du Gouvernement tunisien et les projets compris dans ce programme, et de présenter des suggestions sur l'ordre de priorité de ces projets et sur les besoins en ce qui concerne à la fois l'assistance technique et la fourniture de moyens de production agricole. Le mandat complet de la mission est donné à lannexe 10. 1.03 La partie principale du rapport débute par une brève description des données de base du développement agricole en Tunisie et par un aperçu des résultats obtenus dans l'agricul- .ture. Suivent un examen des projets agricoles élaborés par le Gouvernement, quelques estimations des besoins en assistance technique, et un exposé de la situation relative à la fourni- ture des moyens de production agricole. Des descriptions de projets, comportant un peu plus de détails qu'il nten est donné dans la partie principale du rapport, figurent aux annexes 1 à 8. 1.04 La description des possibilités de projets et des perspectives de développement dans le bassin de la Medjerda est présentée de façon plus complète que pour les autres projets, car ce bassin représente la seule possibilité vraiment importante d'irrigation par eau superficielle dan le pays. Il a déjà été procédé à d'importants investissements pour l'irrigation et l'aménagement fluvial dans la vallée de la Basse Medjerda, et des études techniques sur la poursuite possible de ces travaux ont été effectuées. Considéré dans son ensemble, le bassin présente toutefois plusieurs problèmes très complexes qui sont étudiés à la fois dans le rapport principal et à llannexe 1. 1.05 L'annexe 9 résume les différentes formes d'aide étrangère dont a bénéficié la Tunisie au cours de deux années récentes, à savoir 1965 et 1966. Cette annexe indique (par pays) les sommes mises à la disposition de la Tunisie en prêts et crédits, les sommes attribuées sous d'autres formes, ainsi que les effectifs de personnel étranger travaillant dans l'agricul- ture. IL. LE SECTEUR AGRICOLE DANS LECONOMIE TUNIENNE 2.01 D'après n'importe lequel des critères usuels, l'agri- culture contribue pour une part importante à la santé économique de la Tunisie. Bien que ne bénéficiant pas de ressources naturel- lee assez abondantes pour lui permettre dtatteindre des chiffres de production élevés, le secteur agricole constitue une base solide pour l'économie nationale. Un peu plus de la moitié de la population active est employée dans lagriculture et, par conséquent, directement intéressée à l'amélioration ou à la dégradation des résultats de ce secteur. A l'heure actuelle, les produits agricoles représentent également près de la moitié de la valeur totale des exportations de marchandises tuni- siennes, ou environ le tiers si l'on calcule la valeur totale des exportations de biens et de services. La part agricole du produit intérieur brut (PIB), s'est élevée en moyenne à 21 pour cent sur la base des chiffres de tendance ajust6s pour la période 1962- 1966, et cette proportion atteint 27,5pourcent si l'on z-Jzute la contribution des industries alimentaires à celle de l'agriculture. Enfin, les investissements dans l'agriculture tunisienne ont eu lieu à raison d'environ un cinquième du total des investissements. 2.02 Les estimations du Gouvernement fixent actuellement A environ 9 millions d'hectares, soit un peu plus de la moitié de la superficie totale du pays, l#étendue des terres considérées comme productives. Sur ce chiffre, la moitié seulement (4,5 millions d'hectares) correspornd à des terres arables, tandis que 40pow cet(3,6 millions d'hectares) sont des terrains -3- de pacage ou des terres où croit l1alfa, et les 10 pour cent restants (900 000 hectares) des forêts. La répartition géographi- que des pluies en Tunisie est de nature à favoriser une produc- tion agricole élevée dans une partie assez réduite seulement du pays, le long de la cOte septentrionale, alors que le territoire s'étend en majeure partie dans des zones arides ou semi-arides. La combinaison des caractéristiques pluviométriques et topo- graphiques conduit à identifier en Tunisie six régions agricoles: (a) La région de Tunis et du Cap Bon - la plus riche du point de vue agricole, au nord-est du pays, où les terres sont bonnes et où les précipitations varient de 400 à 600 mm par an. La production y est diversifiée et comprend les agrumes, les légumes, le raisin de cuve et les produits laitiers. (b) Les plaines de la Tunisie septentrionale - région agricole la plus riche ensuite, avec des précipitations variables de l'ordre de 400 à 600 mm par an. Cette région comprend une partie du bassin de la Medjerda et les collines du Tell. Les céréales y. constituent la production agricole principale et l'on y èlève aussi quelque bétail. (c) La région montagneuse de la Krouhirie et des Mogods - région du bassin hydrographique de la Medjerda, riche en ressources forestières, et zones plus sèches des montagnes du Tell, en partie cultivées. Les perspecti- ves d'avenir sont les meilleures sil est possible de développer la production Forestière et les prés-bois. (d) La région du Sahel - région qui s'étend le long du littoral oriental du Cap Bon à Zarzis, à faibles préci- pitations annuelles de 200 à 300 mn. Clest une région importante pour la production des olives et, en moin- dre quantité, des amandes et de céréales n'exigeant que des eaux de pluie. Les oasis cotières de la partie méridionale produisent des dattes. (e) La région centrale - steppe semi-aride, largement uti- lisée pour l'élevage des ovins. La production diolivos à augmenté ces dernières années et l'alta de cette région est utilisé pour la fabrication du papier par une usine située à Kasserine. (f) La région désertique méridionale - région aride où les possibilités agricoles sont limitées aux oasis éparses qui produisent des dattes et des légumes, et où les chameaux et les chèvres trouvent une maigre piture. 2.03 Le principal produit agricole d1exportation de la Tunisie est l'huile d'olive. La Tunisie se classe, en fait, au deuxième rang dans le monde pour l'exportation de cette denrée. Les condi. tions préférentielles aumquelles étaient exportés en France les vins tunisiens ont pris fin en 1964, ce qui a diminué pour la Tunisie l'espoir de pouvoir continuer à écouler à l'étran- ger sa production de vin, mais la France a accepté de nouveau un faible contingent en 1966, et, diautre part, quelques expor- tations ont eu lieu vers lAfrique et vers lEurope en 1966 et 1967. La Tunisie a exporté du blé dur dans le passé parce que cette denrée était plus recherchée que le blé tendre sur les marchés mondiaux et que les qualités de blé tunisien sont très appréciées dans certains pays importateurs. La Tunisie n'ayant pu se suffire en céréales grâce à sa propre production, l'expor- tation de blé dur a entrain6 des importations équivalentes de blé tendre, augmentées des quantités supplémentaires à la satis- faction des besoins intérieurs au cours de certaines années. Les exportations d'agrumes ont eu tendance à se développer ces dernières années, les oranges occupant une position favorable sur les marchés européens du fait de la préférence des consommateurs pour la variété particulière cultivée en Tunisie. Des légumes ont été également exportés, mais cette culture d'exportation offre surtout un avantage pour les quelques régions capables de produire des variétés htives. Les exportations de produits d'origine animale et végétale ont de 1962 à 1965 oscillé entre 30 et 36 millions de dinars par an. 2.04 n convient de noter que, malgré la contribution de l'agriculture aux exportations, la Tunisie importe également des produits agricoles en quantité substantielle. Les irportations d'huile de soja, de céréales et diautres denrées se sont élevées à 24,5 millions de dinars en 1966. n s'agissait, il faut le reconnaitre, d'une année de récoltes m6diocres, et limportation de céréales pour la consommation humaine a été particulièrement importante, mais les produits agricoles ont représenté en tout cas le cinquiéma environ de toutes les importations de l'année. En dehors des importations de céréales et d'huile de soja, diautres catégories de produits agricoles ont été importées en quantité cette année-là, dont des produits laitiers pour environ 2 millions de dinars et du sucre et des produits à base de sucre pour près de 3 miions de dinars. 2.05 Etant donné 18importance de 11agriculture pour lléco- nmie tunisienne et pour la forte proportion de la population qui tire directement ses moyens d'existence de l'exploitation des terres, il n'est pas surprenant quù ce secteur ait été traité avec une attention particulière par le Gouvernement dans léta. blissement de ses plans. Le document fondamental sur la plani- fication est actuellement le Plan quadriennal (ci-après nommé le "Plan"), qui porte sur la période 1965-1968 et a été initiale- ment établi dans le cadre d'un plan prospectif décennal pour la période 1961-1971. Un des trois volumes constituant le Plan - le volume II - est consacré au secteur agricole, qui a été divisé en neuf secteurs secondaires faisant l'objet d'autant de chapitres dans le document, à savoir : forêts, conservation des ea*x et des sols (CES), hydraulique agricole, principales cultures (notamment céréales et légumipeuses) arboriculture, cultu- res maralchères, cheptel et fourrage, activitis d'appui (recher- che, vulgarisation agricole et études techniques), et pèche. Le Plan contient, en termes généraux, des estimations de la produc- tion agricole et des surfaces cultivées à l'époque de sa rédac- tion; des indications sur les objectifs de production agricole A atteindre (par régions) au cours d'années déterminées; des esti- mations des coûts totaux et de l'augmentation de valeur devant résulter du développement; des indications sur les changements d'ensemble qui toucheront les régions consacrées à différentes cultures, sur les études en cours ou envisagées et sur les modi- fications à apporter aux méthodes de culture; enfin, des esti- mations sur les besoins en moyens . de production agricole. A l'exception de la section traitant de l'hydraulique agricole, le Plan ne comporte pas de subdivisions plus poussées en projets spécifiques. En d'autres termes, si le Plan fixe les buts à atteindre par les efforts de développement, il n'entre pas dans les modalités d'application année par année et projet par projet. Les besoins totaux ne sont pas récapitulés, ni par année ni par période d'application du Plan, aussi est-il difficile de déter- miner jusqu'à quel point certains des objectifs peuvent s'exclure mutuellement. Les faibles ressources du pays (particulièrement en personnel technique expérimenté) étant probablement insuf- fisantes pour exécuter tous les programmes envisagées à la caden- ce d'application prévue, toute tratative d'estimation de lieffi- cacité du Plan est en outre rendue très difficile. 2.06 Les objectifs fixés et les méthodes utilisées pour les atteindre reflètent certaines considérations majeures que les planificateurs officiels ont mis au premier plan de leurs préoccupations. Une brève énumération de plusieurs dlentre elles donnera une idée des principes diaction appliqués dans le domai. ne du développement agricole : (a) Le Gouvernement voudrait faire du système d'organisa- tion en coopératives l'institution agricole prdomi- nante en Tunisie, main le type de coopérative à créer peut prendre diverses formes. Clest ainsi que des coopératives de production (UCP) sont constituées dans la région du nord, oÙ elles remplaceront les exploita- tions agricoles qui appartenaient autrefois à des -6 - colons français et italiens. Les objectifs de réforme agraire comportent le transfert de ces terres à des cultivateurs du secteur traditionnel. Cependant, au lieu de distribuer les terres en petites parcelles individuelles, le Gouvernement remet à leurs nouveaux possesseurs des actions des coopératives de production. On pense que les coopératives fonctionneront indivi- duellement comme des exploitations agricoles de gran- des dimensions en conservant essentiellement les méthodes de production et l'échelle d'exploitation typiques des anciennes fermes de colons. Une autre sorte de coopérative, la coopérative de polyculture, est actuellement installée dans la région centrale, où les conditions agricoles et les modes de possession des terres sont très différents de ceux du nord. Les coopératives de polyculture sont conçues pour fonction- ner comme une seule grande organisation destinée à favoriser l'exploitation des pAturages par rotation au lieu de laisser épuiser leur capacité de paissance sans contrOle comme à l'heure actuelle. Ces coopératives posséderaient chacune une petite surface de terres irriguées où des réserves de pftture pourraient crottre en prévision des années sèches. Dans ces coopératives, le bétail et les oliviers resteraient la propriété de particuliers. Les coopératives à constituer dans les oasis de la région méridionale aride chercheraient à rationaliser l'utilisation des terres dans les zones irriguées peu étendues et, dans certains cas, à accroitre les possibilités locales daemploi. Enfin, il est prévu des coopératives de services ayant pour objet de fournir des services de commercialisation, des crédits, et den moyens de production aux exploitations agricoles privées de moyennes et de grandes dimensions. Des coopératives de services peuvent être aussi orga. nis6es par des exploitations agricoles privées pour favoriser des activités communes telles que lfirriga- tion ou la culture des oliviers. (b) Quels que soient les objectifs sociaux et autres objectifs non économiques que le (buvernement s'est fixé en sattachant & créer des coopératives, cette forme d'institutions offre également certains aanta- ges en ce qu'elle favorise le développement agricole. En premier lieu, elle maintient un volume d8exploita-. tion qui a apparement donné des résultats favorables lorsque les colons géraient les fermes, ce qui s'appli- que en particulier au cas des UOP dans la r6gion du nord. En second lieu, les coopératives permettent thoriquement aux vulgarisateurs agricoles de faire -7- adopter plus facilement les techniques et pratiques modernes de culture par les agriculteurs traditionnels, puisque les coopérateurs sont dirigés par des géranta de coopératives qui doivent normalement travailler en liaison étroite avec ce personnel dlenseignement. Les coopératives de tervices ont pour but diaider les cultivateurs privés à obtenir les moyens de production agricoles nécessaires tels que les engrais, les pro- duits antiparasitaires et les machines agricoles (grgce à la location de services de machines), ce qui devrait également contribuer à accrottre la production agricole. Toutes les coopératives sont ainsi considé- rées come des institutions grAce auxquelles les acti- vités tendant à favoriser la productivité peuvent être facilement orientées; elles sont en ce sens plus effi. caces que ne le seraient les efforts d'augmentation de la productivité d'une population agricole tradition- nelle disséminée sur de petites exploitations ou prati- quant l'élevage de manière désordonnée sur les ressour- ces limitées en fourrage. Il faut noter, toutefois, qu'il reste à prouver, par les résultats obtenus, la raison dietre de cette innovation institutionnelle. (c) L'effort particulier de création de coopératives en tant qu'institutions destinées à favoriser la producti- vité agricole s'explique par le fait que l'accroisse- ment futur de la production totale est subordonné bien plus à laugmentation de la productivité qu'à celle des surfaces cultivées. Les meilleures terres agricoles de la Tunisie sont déjà cultivi%s et il niexiste guère de possibilités d8accrottre la superficie cultivable dans de fortes proportions. Des changements seraient apportés au schéma de répartition des cultures, clest.- h-dire que l'on développerait certaines dIentre elles aux dépens de certaines autres, mais cela sur une surface cultivée apprSimativement égale à celle diaujourd'hui. Dans ce contexte, il est évident que la production de certaines denrées pourait augmenter stil leur était consacré une plus grande surface, mais cela ne change rien à lfessentiel, à savoir qz l'on ne penum pas que la superficie totale cultivée puisse augmenter sensiblement. (d) Les principaux changements envisagés dans le schéma de répartition des cultures comprennent une réduc- tion d'environ 2D pmrct de la surface cultivée en céréales et la production de fourrage sur de grandes - 8 ~ étendues en jachère dans le cadre dfun programme diamé- lioration de l'élevage. La perte des marchés français préférentiels pour le vin tunisien provoquera pense- t-on, une diminution de la production du raisin de cuve au profit de produits tels que les agrumes (dans les endroits où le sol le permet), les amandes ou les olives. Diautres changements comprennent l'aug- mentation de la production de primeurs, dagrumes et de pistaches, le tout destiné à l8accroissement des exportations. Il est toutefois important de noter que seule une partie relativement faible des terres arables de Tunisie est située dans une zone clima- tique assez chaude pour produire des fruits et des légumes avec une avance appréciable sur la produc- tion de l'Europe méridionale. Une certaine pro- duction de denrées précoces est évidemment pos- sible, mais les perspectives offertes sont très limitées. (e) On pense que l'irrigation apportera une contribution indispensable au développement de la production à certains égards, en particulier là où les cultures maratchères, les agrumes et le bétail (cultures fourra. gères) fourniront une production de valeur commerciale élevée, encore que cette contribution doive être rela. tivement modeste. Le Plan estime que la superficie irriguée avant sa mise en vigueur était d'environ 78.800 hectares, auxquels tous les projets d'irri- gation en cours (non compris celui de la vallée de la Basse Medjerda, non considéré comme en cours en ce sens) ne permettraient dajouter que 30.000 hectares dfici 1969. D'ailleurs, selon certaines estimations, la superficie irriguée avant la mise en vigueur du Plan serait inférieure au chiffre indiqué. Sur une superficie totale de terres arables de 4,5 millions d8hectares, c'est là un effort d'irrigation modeste du point de vue de l'augmentation de la surface productive. L'irri- gation par eau superficielle doit être réalisée en plusieurs endroits, mais la principale source dirrigation de cette nature serait le bassin de la Madjerda. Ailleurs, lirrigation serait réalisée essentiellement grÉce à des puits et fournirait assez peu de possibilités d'accroissement de la surface irrigue. Une extension limitée de la surface cultivée est considérée cone possible dans le sud, où des puits profonds pourraient permettre la création de nouvelles oasis dans la région désertique. (f) L'élevage est un facteur potentiel important de la croissance agricole, aussi a-t-il été inclus dans les plans généraux de création de coopératives. Le développement de la production de viande et de lait pourrait réduire certaines dépenses actuelles d8im- portation (en ce qui concerne notamment les produits laitiers) et contribuerait d'autre part à améliorer le niveau moyen d'alimentation de la population tunisienne. Diverses méthodes sont expérimentées; dans la région du nord, on remplacerait la mise en jachère intermédiaire par les cultures four.. ragères dans l'assolement c6réales/jachères/cé- réales pratiqué par les colons. Dans les zones à précipitations variables de la région centrale, où de fortes pertes de bétail ont été provoquées dans le passé par llinsuffisance des pluies, les coop4ratives de polyculture mettront en vigueur le système de pfturage par intermittence tout en autorisant l'accès des troupeaux & des pacages lriigués et à des terres irriguées consacrées aux cultures fourragères (comprenant diverses cactées sans épines) quand les sources naturelles de four- rage souffrent de la sécheresse. Les zones natu- relles d'approvisionnement en lait proches des centres urbains (Tunis et Bizerte par exemple) recourraient aux paturages irrigués pour l'élevage des vaches laitières; cette production laitière serait étroitement liée aux moyens de ramassage et de transformation afin d'amliorer les possibilités de commercialisation du lait. (g) Le Gouvernement tient à augmenter les possibilités d'emploi dans 14conoie tunisienne, mais il ne compte pas sur un accroissement du nombre de personnes emplo- yées dans le secteur agricole. Il désire aussi main- tenir l1équilibre d6mographique entre régions, et il espère à ce sujet que liagriculture contribuera à décourager llexode rural en fournissant notamment des moyens d'ex:Leience aux habitants des régions centrale et méridionale. Le programme des coopératives pour ces régions est l8expression de cet objectif en matière d'emploi. Enfin, le Gouvernement a le ferme espoir que la population actuellement occupée dans l'agriculture pourra trouver davantage dioccasione d8accroltre la durée de son tefpe de travail dans les emplois agricoles et augmenter de la sorte ses revenus par un surcrolt de travail productif. C'est là un objectif compr6hmnmible et dfune réalisation - 10 - souhaitable, mais certains aspects de la planification de liactività coopérative, tels que le maintien de grandes unités d'exploitation et de la culture exten- sive par des moyens mécaniques peuvent être incom- patibles avec l'objectif d8augmentation du temps d'emploi aux travaux agricoles pour la main-dSoeuvre disponible dans liagriculture. (h) Le Gouvernement exerce toujours une très forte influence sur le développement agricole en continuant de réglemen- ter les prix et la commercialisation des cultures principales, préférant stimuler la production en subventionnant les facteurs importants de production plut8t qu'en desserrant le contrble des prix des den- r6es commercialisées. Cette politique est en grande partie fondée sur le désir de stabiliser les prix des danr6es alimentaires pour les consormateurs qui ne sont pas employés dans l'agriculture, mais elle pré- sente des faiblesses évidentes par ses effets sur les stimulants de la production et sur l'affectation des ressources entre les diverses branches de production. III. PESULTATS RECENTS ENREGISTRES DANS LE SECTEUR AGRICOLE 3.01 Les renseignements dont on dispose donnent à penser que liagriculture tunisienne n'a pas subi de modifications essentiel- les depuis quelques années. Les chiffres de production des den- rées principales révèlent d'amples fluctuations d'une année à l'autre, attribuables avant tout aux facteurs climatiques. Par suite de ces variations, il est difficile d'évaluer la tendance fondamentale avec précision, mais il apparait que le secteur agricole ne se caractérise pai par une croissance vigoureuse. Commentant la situation et les perspectives économiques telles qu'elles se présentaient en mars 1967 1/ la mission de la BIRD a signalé un taux de croissance de 2 pnur cent du secteur agricole pour 1960-1965, mais les récoltes m6diocres de 1966 devaient abaisser cette estimation. Cependant, compte tenu des importantes variations annuelles et du petit noebre d'années examinées, ces estimations des taux de croissance niont pas une trés grande signification. Qutil suffise de faire remarquer, pour les besoins du présent rapport, que l'on relève à ce joir peu de signes déno- tant un changement fondamental de la capacité à soutenir la croissance agricole. Le tableau I donne les chiffres de produc- tion des denrées principales de 1960 à 1966. Ci-après, les travaux de cette mission seront dénommés "le rapport économique de 1967.n 3.02 Ces chiffres montrent qu'il n'y a pas de tendance de croissance prononcée pour les céréales et que la croissance est apparemment nulle pour les olives. En fait, la production d'oli- ves semble en constant déclin depuis 1963. Cela est dû à la rareté des pluies au cours des dernières années et aux campagnes de faible rendement dans le cycle de production des oliviers, et il se peut donc que cela n'indique pas en fait une tendance à une régression de la production. La production de raisin de cuve peut être fonction des efforts du Gouvernement tendant à réduire peu à peu la surface consacrée à la vigne, mais on ne possède pas de données récentes indiquant dans quelle mesure cette réduction siopère. La capacité de production des agrumes s'est légèrement développée, surtout à la suite de l'augmentation des superficies plantées en orangers. La production de légumes (artichauts, pommes de terre, piments et tomates) parait augmenter, mais t il est possible que cela soit important pour l'avenir en raison de la valeur élevée de ces denrées, ces dernières n'occupent actuel- lement quIenviron un pour cent de la totalité de la superficie cultivée. 3.03 On ne possède sur les rendements que des données frag- mentaires, mais qui montrent que le rendement des céréales (blé dur et tendre, orge, par exemple) a été plus faible en 1965 qu'en 1962 et 1963, trois années comparables de bonne pluviosité. Il en est de même pour les légumes, à l'exception des artichauts. En fait, le rendement des pommes de terre, piments et tomates a été moindre en 1965 quIen 1960, bien que le volume de la produc- tion ait été plus fort dans tous les cas. 3.04 Le fait que la croissance ait été si limitée dans lagriculture peut être attribué à diverses causes, mais non au manque de ressources financières. On a déjà fait remarquer que le Gouvernement avait alloué à lagriculture, sur le total des investissements prévus par le Plan, une proportion approximati- vement correspondante à la part de cette même agriculture dans le PI, soit environ 2) por cent. Les projections des investisse- ments envisagés pour la période quadriennale de 1967 à 1970 et qui figurent dans le Rapport économique de 1967 impliquent même une augmentation de la proportion allouée à l'agriculture (qui atteindra un peu plus de 26 pour cent 4total sur les quatre années), alors que l'on s'attend que la part du secteur agricole dans le PI continue de décrottre. Il est certain qulune partie des investissements effectués récemment dans l'agriculture a été affectée au remplacement d'un équipement agricole hors d'usage, mais une autre partie représente des investissements nouveaux nets qui avaient pour objet d'augmenter la productivité agricole. -12 - 3.05 L'examen de l'utilisation récente des facteurs de la production agricole aide à comprendre la lenteur de la croissance. En ce qui concerne les engrais, seules étaient disponibles des données sur la production intérieure et les importations, et non sur les quantités effectivement utilisées, mais, sur cette base, il ne semble pas que l'utilisation des engrais ait beaucoup augmenté en Tunisie ces dernières années. Cela est certain dans le cas des engrais azotés, dont la totalité a été importée. Les importations de 1966 ont été inférieures à celles de 1963 ou 1964., même après les bonnes récoltes de 1965. Les raisons de cette diminution n1apparaissent pas clairement - que ce soit le manque de devises, la lenteur à passer les commandes, ou l'absence de demande de la part des agriculteurs - mais il est évident que la consommation d'engrais azotés n'augmente pas. Les engrais potassiques, également importés, présentent la même tendance, mais là, la raison en est que la plupart des sols tunisiens possèdent déjà de la potasse en quantités suffisantes. La production des phosphates a augmenté de façon continue, mais il en a été de même des exportations. Pour estimer la consommation intérieure de phosphates au cours des dernières années, on peut déduire les exportations de la production et considérer que ce qui reste a été utilisé par les exploitations agricoles tunisien- nes. Cette méthode d8évaluation fait abstraction de tout mouve- ment des stocks d'une année sur lautre, mais à défaut de meilleu- res données, elle fournit une approximation brute de la consomma tion annuelle. En la prenant pour base, on constate que la consommation intérieure de phosphates a progressé, quoique faible- ment, par rapport aux niveaux d'utilisation de 1962. Les données relatives aux engrais figurent aux tableaux 2 et 3. 3.06 Les autres éléments de la consommation productive comprennent les machines nécessaires à la mécanisation de l'agri- culture et leurs pièces détachées, ainsi que les moyens de pro- tectlon des plantes contre les insectes et les maladies. Une mesure du rôle relatif de la mécanisation agricole est fournie par le parc de tracteurs et autre matériel mécanisé. De 1960 à 1966, ces deux années incluses, les réceptions de tracteurs de différentes sortes ont été en moyenne d8environ 1.000 par an. Certains de ces véhicules remplaçaient un équipement hors d'usa- ge, mais un certain nombre représentaient une augmentation nette de la dotation existante. Une usine de montage de tracteurs a été ouverte à Tunis en 1966 et a assemblé 750 tracteurs au cours de sa première année. Il lui restait encore environ 300 tracteurs au milieu de l'année 1967, bien quielle n'en eût pas monté d'autres au cours de l'année. Tous ces chiffres semblent montrer que la mécanisation de ltagriculture progresse, mais le seul nombre des achats de matériel ne permet pas de tirer des conclu- sions dbfinitives. I:l faut noter en effet que l'utilisation -13 des tracteurs et autre matériel est aussi importante pour évaluer les effets de la mécanisation que le volume et la nature du parc, or aucune donnée n'a été recueillie sur cette utilisation. Diaprès les observations faites sur place, cependant, il semble probable qu'une utilisation moins efficace du parc existant au cours des dernières années a pu annuler l'avantage apparent résultant de l1augmentation de ce parc par rapport à son niveau antérieur. Des pièces détachées ont été importées en Tunisie en 1966 et 1967 au titre d'un prêt extérieur mais le manque de personnel d8entretien a été un obstacle important et le coût des réparations du matériel dans le secteur privé est extrêmement élevé. Tout bien considéré, il est peu probable que les efforts de mécani- sation aient porté la productivité à un niveau très supérieur aux niveaux atteints précédemment, mais une utilisation plus efficace de l'équipement devrait commencer à produire de bons résultats dans des travaux tels que la préparation des jachères en vue de la production de fourrage. 3.07 Les fonctionnaires du service de protection des végétaux rapportent que le taux diapplication des pesticides et autres produits protecteurs n'a pas augmenté ces dernières années. La seule exception intéresse la protection des agrumes, qui est assurée directement par le service de protection des végé- taux sur toutes les terres plantées d'espèces & agrumes. L#Autri. che a fourni pour ce programne une assistance technique sous forme de matériel de pulvérisation aérienne. Le service de pro- tection des végétaux est également chargé d'aider les exploi- tants agricoles dans des cas graves, tels que les invasions de sauterelles, mais il niexiste pas actuellement de programme géné- ral de développement systématique de l'emploi de produits protecteurs des récoltes dans les coopératives ni dans les exploitations privées. 3.08 On doit enfin se demander si la qualité de l'écono- mie rurale pratiquée en Tunisie s'est améliorée de façon sensible, et, à ce sujet, il semble évident que les méthodes courantes de culture introduisent un élément de grande faiblesse dans le program- me de développement des moyens de production agricole. Le départ des agriculteurs étrangers a laissé un large vide en ce qui touche la connaissance des équipements et des techniques agricoles modernes et l'expérience de leur utilisation. Il faudra pour transformer graduellecent les cultivateurs traditionnels en agriculteurs modernes la surveillance et les conseils diagronomes ayant dans le domaine de l'exploitation agricole moderne une formation et une expérience plus développée que celles des per- sonnes actuellement disponibles pour cette tache en Tunisie. En outre, il faudra du temp pour constituer un cadre exp6rimenté de moniteurs et de personnel de mattrise bien que le Gouvernement ait déjà cbtenu de bons résultats dans ses efforts pour donner la formation initiale & ces cadres. L'efficacité des opérations de - 14~ - certaines coopératives a visiblement décliné par rapport aux débuts - opinion tirée en partie de l'observation des travaux agricoles sur les lieux mêmes - et le manque de cadres expérimentés est certainement une des causes de l'utilisation limitée des moyens modernes de production et de l'exploitation inefficace du matériel dont il est fait état ci-dessus. En résumé, le plan d'action général élaboré pour le secteur agri- cole est peut-ètre approprié aux conditions d'exploitation en Tunisie, mais les opérations agricoles n'ont pas encore commencé d'atteindre les niveaux requis par ce plan d' action. 3.09 Ltexposé sommaire que nous venons de faire, à la fois de la politique de développement de l'agriculture et des résultats obtenus ces derniers tempe sert à replacer dans le contexte actuel l'examen des projets et des programmes dans les paragraphes qui suivent. A cause de la situation générale de l'agriculture nous donnons dans notre examen un avis relativement favorable pour ce qui est des activités qui ont pour effet d'amé- liorer l'apport qualitatif ou d'augmenter la contribution quan- titative des facteurs modernes de production, notamment le nombre des chefs d'entreprise expérimentés. Par contre, le coat élevé du développement à l'hectare et la période de gestation relativement longue des travaux d'irrigation nous donnent à penser qu'il vaudrait mieux adopter une attitude plus prudente à l'égard du développement de lirrigation dans l'avenir. De plus, nous avons noté précédemment que si les moyens du dévelop- pement agricole existent en général, il y a peu d'indices que l'agriculture se soit sensiblement développée jusqu'à présent. Il semble donc que les ressources dont dispose la Tunisie soient insuffisamment utilisées et c'est pourquoi nous recommandons dans cette étude de renforcer et de regrouper les efforts de déve- loppement et de mettre en oeuvre les projets à un rythme un peu plus lent que celui qui avait été prévu initialement. IV. EXMN DES FROJETS 4.01 Les projets agricoles qui seront examinés ici sont ceux qui peuvent être considérés comme suffisamment délimités du point de vue : (a) de la région intéressée; (b) de la nature des activités à mener à bien; et (c) du calendrier à respecter pour la réalisation des objectifs fixés. Cependant, à l'excep- tion du secteur de l'irrigation, le Plan ne contient pas de projets au sens ainsi défini. Le Gouvernement a fourni, sur demande, des informations relatives aux projets dans tous les cas a elles étaient faciles à recueillir et pouvaient être - 15 - rassemblées en une description appropriée de projet. On dispose ainsi de descriptions pour 15 projets d'irrigation (dont 9 étaient en cours), 5 projets concernant l8agriculture (dont 2 étaient en cours), 2 projets concernant les forêts (dont un était en cours), et un projet relatif aux pêcheries. Seuls ces projets ont été compris dans le présent examen. h.02 Les projets sont résumés au tableau h. La définition dtun "projet" adoptée pour les besoins du présent document étant quelque peu restrictive, les projets figurant dans cette liste sont loin de couvrir toute l'étendue de l'activité de dévelop- pement dans le secteur agricole. De nombreuses activités et plusieurs secteurs secondaires ont été laissés de côté parce que les renseignements qui les c"zcernent nfont pu être faåi- lement rassemblés en une description de projet. C'est ainsi que la liste du tableau 4 ne mentionne pas de projets relatifs à l'horticulture, à la conservation du sol, ou à l'élevage. Cer- taines activit5s relevant de ces rubriques sont conduites au titre des projets de coopératives qui figurent dans la liste (projets en cours et proposés), mais il n'en est pas de même pour cer- taines autres. Aucune description de projet n'a été reçue pour la recherche, la vulgarisation agricole, ou les études techniques, mais il est peu probable que des activités relevant de ces domaines soient comprises dans les projets figurant au tableau 4. 4.03 De même qu'ils ne couvrent pas toute lactivité de développement de l8agriculture, les projets examinés ntenglobent pas toutes les activitei agricoles qui reçoivent une aide étran- gère. LMannexe 9 contient des tableaux qui indiquent l'aide étrangère accordée à l'agriculture en 1965 et 1966, par pays et par programme, et ces tableaux fournissent plus de détails que le tableau 4 sur ce qui a été fait par divers pays. En dehors des projets énumérés, une aide aura donc pu être accordée pour effectuer une étude de justification économique, pour financer le coût de la recherche dans des stations expérimentales, pour acheter du bétail à l'étranger, ou pour effectuer une étude sur la présence d'eaux souterraines. Les activités de ce genre con- tribuent largement au développement agricole et les chapitres ultérieurs du présent rapport indiqueront où elles devraient se poursuivre. 4.Oh Ce qui précède, montre à liévidence que le Gouvernement tunisien nia pas fait beaucoup intervenir la notion de projet dans sa planification, soit à ses propres fins, soit pour obtenir une aide étrangère. Du fait que la plus grande partie de l'acti- vitd se classe sous de larges tètes de chapitres dans les pro- - 16-~ grammes, les plans de développement agricole n'ont pas été pré- parés pour chaque cas d'espèce et leur mise en oeuvre a été mal coordoiée. Ce jugement comporte des exceptions, mais, la plupart du tempe, l'acquisition de moyens de production n'a pas été en rapport direct avec l'accroissement attendu de la production, les méthodes de production proposées ne sont pas toujours les plus rentables, la production envisagée n'est pas toujours calculée en fonction des estimations de la demande future, et les calendriers d'exécution de lfensemble des activités de développement ne reposent pas sur une appréciation objective des aptitudes à les mener à bien. Un avantage important de la planification devrait être d'imposer une discipline pour forcer à comparer les diverses façons d'utiliser des ressources peu abondantes. Des plans établis autour d'un noyau solide de projets spécifiques devraient rehausser cet aspect coercitif de la planification, et par là llefficacité de cette dernière. Puisque la planification continuera ditre un élément principal des efforts de développement de la Tunisie, l'élaboration de projets plus nombreux et mieux formulées devrait avoir pour avan- tage d'exercer un effet plus vigoureux sur la production future et d1offrîr des bases plus solides pour justifier l'aide exté- rieure. Les imperfections de la planification sont étudiées plus loin au chapitre consacré à l'assistance technique, mais il a semblé utile d'évoquer ces problèmes de planification avant d'entamer llexamen des projets. 4.05 La mission sest efforcée dans la présente étude de fixer un ordre de priorité aux projets qui étaient présentés par le Gouvernement. Il vaut la peine de noter que ces priorités ne constituent guère plus que des indications approximatives, car la mission n'a pas eu la possibilité d4tudier les projets en détail et elle ne disposait pas de bases solides pour se former un jugement. De plus, et pour la même raison, l'attribution d'une priorité élevée ne signifie pas nécessairement que les projets soient approuvés dans leur forme actuelle. Dans ce cadre général, les projets ont été classés en trois catégories : priorité 1, priorité 2, priorité 3. Les trois éléments dont on a tenu compte pour décider de ces priorités sont : a) le degré de préparation du projet pour sa mise en oeuvre, b) l'effet proba- ble que le projet aurait sur la production et c) la facilit6 relative avec laquelle ce projet peut être terminé et amené au stade de l8exécution dans de bonnes conditions. Parmi ces trois critères, on a accordé une importance plus grande au degré de préparation et à la possibilité de terminer le projet. Dans cer- tains cas néanmoins, une priorité 1 n'est accordée que pour les études de pr6investissement du projet, parce que ce projet paralt -17 - devoir augmenter éventuellement la production mais exige des études plus approfondies avant qu'il puisse être prêt à être ex6cutê. Dans ces conditions il va de soi que la mission a dans quelques cas porté des jugements très subjectifs, qui ont essen- tiellement pour but de servir de base de discussion au Groupe de travail. A. Projets d'irrigation (en cours) 4.06 On possède des renseignements sur neuf projets d'irri- gation en cours, le plus important, ne serait-ce que par ses dimensions, étant le projet de mise en valeur de la vallée inférieure de la Mdjerda. Le champ de ce projet dépend toutefois de travaux susceptibles d'être effectués en d'autres endroits du cours de la Medjerda situé en territoire tunisien, ce qui crée des problèmes d'une grande complexité. Un exposé plus détaillé de la mise en valeur du bassin de la Medjerda figure à l'annexe 1, mais les principaux éléments des recommendations peuvent être rappelés ici. 4.07 Les travaux sur la Basse Medjerda ont été exécutés jusqutici par un organisme autonome, 1"Office de mise en valeur de la vallée de la Medjerda" (OMVVM). En 1959, les investissements pour les grands ouvrages avaient atteint le total de 17,2 millions de dinars, et une surface irrigable nette de 12.178 hectares avait été aménagée. L'OMVVM propose actuellement qu'une somme supplémentaire de 12,4 millions de dinars soit investie pour la période du Plan 1965-1968, dont 5,2 millions de dinars seulement seraient directement consacrés à l'irrigation de nouvelles surfaces (10.967 hectares nets irrigables). Clest cette dernière somme qui a été comprise dans les demandes d'aide étrangère. 4.08 Toute mise en valeur entreprise dans une partie du bassin de la Medjerda risque d'avoir un effet défavorable sur les perspectives agricoles dans d'autres parties du bassin. Ctest pourquoi aucune région ne peut être étudiée isolément. Mais il nlest pas souhaitable que toute activité de mise en valeur du bassin de la Medjerda soit suspendue, en attendant que soient résolues toutes les questions en suspens. Une concep- tion d'ensemble de la planification des projets sera nécessaire pour réduire le plus possible les délais dans l'exécution des travaux de la Basse Medjerda, et traiter en même temps avec efficacité les problèmes de corrélation que pose la mise en valeur des différentes parties du bassin. ~18 - 4.09 Une étude générale du bassin de la Medjerda est nécessaire pour orienter la mise en valeur future de toutes les régions du bassin. L'exploitation croissante des ressources du bassin, à la fois en eau potable et en eau d'irrigation, posera avec de plus en plus d'acuité la question des possi- bilités d'approvisionnement futur et de la salinité accrue. Une étude englobant tout le bassin devrait porter sur les aspects hydrologiques, agricoles et économiques du probléme et envisager également le type d'organisation requise pour faire fonctionner un ensemble complexe dfinstallations (barrages-réservoirs, un ensemble de puits profônds, dérivations artificielles, etc.) et installer les dispositifs de contrôle nécessaires. Une étude de ce genre pourrait demander environ trois ans, mais son coat définitif dépendra de facteurs tels que l'existence de personnel d'assistance technique et l'êtat diavancement de diverses autres études et recherches. La dépense pourrait être comprise entre 250.000 et 500.000 dinars, mais une estimation plus sûre des coûts et une définition plus précise des attributions devront être élaborées ultérieurement. 4.10 Pendant que serait effectuée une étude du bassin de la Medjerda, il devrait être possible de poursuivre certains travaux de mise en valeur en fonction de ce qui a déjà été commencé dans la région du projet cl'0MVVM. La Banque Africaine de Développement envisage de financer une partie (environ 3.000 ha) de la superficie de 10.967 ha que l'on propose de mettre en valeur. La BIRD a l'intention égale- ment d'envoyer une mission pour définir et évaluer un projet qui, dans cette même zone, pourrait être retenu pour un prêt de la BID. De nombreuses données ont déjà été recueillies, mais il semble indispensable de pousser plus loin l'exploita- tion de ces dormées pour résoudre les problémes que posent liapprovisionnement en eau, la haute teneur en sel de l'eau de la Medjerda et la tranche appropriée de financement. Une mission technique est nécessaire pour analyser les données connues qui ont trait à ces problèmes et aussi pour étUdier de près le plan de répartition des diverses cultures, les perspectives de commercialisation, l'existence de cadres et d'administrateurs, et les méthodes da cnstruction à appliquer. Cette mission pourrait également définir les buts fixées à l'étude de tout le bassin de la Medjerda et établir des esti- mations du coût de cette étude. Pour que des plans de dévelop- pement bien conçus puissent être élaborés pour la prochaine phase de travaux dans la région du projet de 18OMVYM, le Gouvernement devra accepter de limiter le rythme et le type de mise en valeur de la vallée supérieure et de la vallée moyenne du bassin de telle manière que la phase suivante du -19- projet de lVRXVM ne soit pas compromise et que les travaux déjà effectués ne soient pas en contradiction avec les recommendations qui pourraient être faites à la suite de l8étude portant sur liensemble du bassin. 4.l Une priorité élevée devrait être accordée au choix du personnel technique qualifié chargé dieffectuer l'étude du bassin de la Medjerda et des conditions à remplir en vue de son développement intégré au profit de l'agriculture et d'autres besoins. Aucune raison technique ne s'oppose à ce que ces deux études soient entreprises à bref dlai. 4.12 Outre celui de l'OMVVM, huit autres projets d'irrigation en cor-s devraient, pense-t-on, augmenter de 30.281 hectares le total dbs superficies brutes irrigables. L'exécution de plusieurs de ces projets a commencé il y a déjà quelque temps, et il est prévu actuellement que les deux tiers seront achevées en 1968. Le reste devrait l'être dans le courant de l'année 1969. A l'excep- tion du projet de l'Oued Chiba, relativement modeste, et du projet de l'OMVVM décrit ci-dessus, tous les projets d'irrigation en cours bënficient actuellement d'une aide financière exte- rieure plus ou moins importante. Le projet de l'Oued Chiba a éte financé uniquement par le Gouvernement tunisien; le projet de 10MVVM a été partiellement financé par l'étranger dans le passé, mais ne bénéficie plus de cette aide à llheure actuelle. On trouvera au tableau 5 la liste de ces huit projets en cours, avec l'indication, pour chacun d'eux, de la surface brute irri- gable, des dépenses totales dlinvestissement et du coût moyen par hectare. 4.13 Ce qui frappe le plus dans les chiffres indiqués, outre qulils concernent des étendues relativement faibles de terres à irriguer, est le coût brut très élevé par hectare. Ce n'est que dans le cas des puits profonde et de surface que le coût,-,Ëar hectare se situe dans un ordre de grandeur qui pourrait être rentable, bien que les coûte totaux indiqués pour les puits profonde ne comprennent pas, en fait, le coùt du développement agricole, dont il est tenu compte au contraire dans les estima~ tions relatives aux puits de surface. - Quoi qu'il en soit, les chiffres recueillis donnent à penser que les travaux d'irrigation en eau de surface actuellement entrepris tendent à atteindre des coûts tels que lacçroissement de la production agricole qui doit en résulter apparait insuffisant pour compenser les dépenses supplémentaires. Par comparaison, la mise en valeur de nappes dteau souterraines peut constituer la solution la plus avantageuse au problème de l'irrigation en Tunisie. Clest là, toutefois, une conclusion provisoire, car le coût des projets -20- dtanagement des nappes dteau souterraines peut aussi se ressen- tir de la place plus ou moins grande faite dans les plans à des éléments coûteux tels que systèmes complexes de conduites et d'é- quipement d'aspersion, ou canaux en éléments préfabriquée ou pré- contraints. Néanmoins, s'il est possible d'agir efficacement sur ces facteurs de coûts élevés, l'utilisation de l'eau provenant de nappes souterraines semble offrir en Tunisie de nets avantages é- conomiques. 4.14 Une priorité suffisante devrait être donnée à ces huit projets afin qu'ils soient menés à leur terme dans les délais pré- vus actuellement, c'est-à-dire qu'ils soient tous achevés en 1969. Cette recommandation est exprimée pour la raison principale que tous (l'Oued Chiba, cependant, toujours excepté) bénéficient d'une aide de l'étranger et que leur réalisation est déjà très avancée. De son côté, le projet de ltOued Chiba est maintenant achevé à environ 80 pour cent. Un avis différent serait émis si ces projets en étaient au début de leur exécution, mais le fait qu'ils en soient déjà si loin sur la voie de leur achèvement oblige à déclarer qutils devraient maintenant être menés à bonne fin aussi rapidement et économiquement que possible. Aucune estimation n'a été fournie sur les dépenses annuelles à supporter pour terminer ces projets d'ici deux ans, mais on peut se risquer à prévoir approximativement 5 mil- lions de dinars en 1968 et 3 millions de dinars en 1969. 4.15 Quelques impressions et observations générales sur ltir- rigation peuvent être formuléesà propos de ce bref examen des pro- jets: (a) Bien que l'irrigation occupe le premier plan dans le pro- grame de développement agricole si l'on considère le nombre des projets en cours, il n'existe apparemment pas de possibilités d'irrigation de grande envergure du point de vue de la superficie irrigable. L'irrigation peut exer- cer une forte influence dans un nombre limité de régions, en favorisant en premier lieu la production de denrees de valeur marchande élevée, mais l'effort de développement de l'agriculture trouvera son application essentielle dans les régions tributaires des eaux de pluie. (b) Il s'est manifesté en Tunisie une tendance à utiliser des moyens d'irrigation très coûteux, dont certains sont aussi perfectionnés que dans n'importe quel autre pays du monde. Il en est résulté des coûts d'irrigation par hectare ex- trêmement élevés et non économiquement justifiables sur la base de la production que cet investissement devrait entraf- ner. On pourrait faire beaucoup pour réduire les coûts de -21- l'irrigation et notamment utiliser davantage les matié- res premières et la main-d'oeuvre rurale locales. Cer- tains plans d'installations d'un prix de revient peu élevé mettant en oeuvre des matières premières locales ont bien été établis par des ingénieurs de l'Etat, mais lea projets réels ont fait intervenir des conceptions plus coûteuses. (c) L'exécution technique des projets, c'est-a-dire les tra- vaux de construction de barrages, le forage de puits, les adductions d'eau et autres travaux, apparaît très bonne, mais les installations que comportent ces projets seront eênéralement prêtes bien avant que les agriculteurs aient eté instruits et organisés pour utiliser l'eau comme il convient. (d) Un côté de la question, implicite dans ce qui a été dit plus haut, est que, en dépit d'une bonne planification et d'une bonne exécution technique, les aspects économiques des projets semblent avoir été très négligés aux stades de la planification et de l'apnrobation. Il faudra peut-être revoir le schéma de répartition des diverses cultures afin de tirer le meilleur parti des moyens d'irrigation. L'aug- mentation escomptée de la production d'agrumes est caracté- ristique à cet égard. On pense que les projets d'irrigation en cours accroîtront la production d'agiumes d'environ 100.000 tonnes par an quand ils auront tous été entièrement réalisés, et ce tonnage est à peu prés égal à la production actuelle. Dans les prévisions de marché faites par la FAO pour 1975, il est estimé que la production totale d'agrumes par les pays méditerranéens sera d'environ 8,6 millions de tonnes pour une demande attendue sur les marchés européens de 6 millions de tonnes seulement. La Tunisie est, doit-on reconnaltre, dans une situation privilégiée parce que ses oranges sont une variété recherchée, mais dans les condi- tions prévues, il est clair que la production accrue d'a- grumes rendra la commercialisation de plus en plus diffici- le et que des études de marché et des améliorations du con- trole de la qualité seront nécessaires porr venir à bout de ces problèmes. (e) Selon les indications actuelles, la mise en valeur des res- sowces en nappes d'eau souterraines pourrait être une mé- thode d'irrigation plus économique que celle des ressources en eaux superficielles, Des renseignements plus complets devraient être prêts à ce sujet à la fin de l'année 1967, -22- car une étude des ressources en nappes dreau souterrai- nes, financée par AID des Etats-Unis, aura dépassé à ce moment-là le stade de l'étude de "pré-viabilité". Ces travaux devraient fournir des données hydrologiques sû- res pour toutes les régions de la Tunisie, et des analy- ses ultérieures devraient révéler si le programme élargi de puits profonds proposé est techniquement réalisable. (f) Les activités de vulgarisation destinées à apprendre aux agriculteurs à utiliser convenablement l'eau d'irrigation souffrent du manque général de personnel expérimenté. Des estimations concernant les besoins en personnel et des suggestions sur le plan de répartition de ce dernier sont examinées plus loin dans le présent rapport, mais on doit faire remarquer que les régions irriguées exigent une plus forte densité d'agents de vulgarisation que les régions non irriguées. B. Projets d'irrigation (proposés) 4.16 Ltévaluation des projets drirrigation proposés s'inspire de cette expérience de l'irrigation en Tunisie ainsi que des rensei- gnements qui ont pu être tirés des descriptions de projets existan- tes. De brèves descriptions de projets figurent à ltannexe 3 au pré- sent rapport, tandis que diverses rdamarques et des suggestions sur les priorités à donner sont résumées dans les paragraphes ci-après. 4.17 Le projet d'irrigation qui offre les perspectives les plus intéressantes, du point de vue du développement agricole, est le réamé- nagement envisagé des oasis situées dans le sud du pays, en vue de dé- velopper la culture irriguée pratiquée dans les oasis depuis des siè- cles. L'attrait du projet résulte de ce qu'il accroitrait la produc- tion des primeurs, qui seraient facilement exportables sur les marchés européens, et celle des légumes et des produits de l'élevage pour l'ap- provisionnement de l'industrie touristique qui se développe rapidement en Tunisie. Les perspectives de commercialisation sont donc plus fa- vorables que pour d'autres projets, et la contribution de ce projet à l'économie apparait un peu plus assurée. Des études topographiques et un certain nombre d'études détaillées des sols et dfétudes hydrologi- ques ont été effectuées, mais d'autres études hydrologiques sont néces- saires. Ces études devraient être coordonnées avec les analyses en cours d'élaboration dans le cadre de l'enquête sur les puits profonds. Du fait qu'il nta pas encore été effectué d'études de justification économique (comprenant des études de marché), ces études indispensables devraient être entreprises en priorité. Si elles corroborent les pro- messes que ce projet semble offrir actuellement, le projet pourra être établi assez rapidement pour être soumis à l'examen préalable à son financement. 4.18 Trois des projets proposés intéressent différentes par- ties du bassin supérieur de la Medjerda, à savoir Souk El Khemis-Souk El Arba, et les plaines de Ghardimaou. Il a déjà été recommandé au paragraphe 4.09 que le rythme de la mise en valeur des zones de la Haute et Moyenne Medjerda soit réduit de ma- nière a ne pas compromettre la poursuite du projet de l'OMVVM dans la basse Medjerda et à ne pas préjuger les conclusions de l'étude de l'ensemble du bassin. Les priorités attachées à ces projets sont sous-entendues dans la recommandation en question. 4.19 Le projet d'irrigation en eau de surface lié à la mise en valeur du lac Ichkeul est à classer comme moins prioritaire du point de vue de son effet sur l'agriculture. Une étude détaillée de la viabilité du projet indique que la solution la plus favora- ble coûterait environ 2.500 dinars par hectare, mais ce chiffre ne tient pas compte du drainage. Il est très douteux qu'un projet soit économiquement justifié quand le cou^t de la mise en valeur at- teint une somme aussi élevée. Cependant, l'étude de justification économique signale d'autre part que des couches aquifères contenant une eau de bonne qualité ont été découvertes sous des nappes d'eau souterrainec déja connues. Il semble qu'il soit préférable dtexplo- rer ces possibilités d'irrigation en eau souterraine avant de com- mencer les travaux d'irrigation en eau superficielle dans la région du lau Ichkeul. La solution de rechange recommandée par l'étude de justification économique appelle un développement polyvalent, com- prenant une certaine quantité de production d'énergie hydro-électri- que et la fourniture d'eau potable pour Tunis et les établissements industriels de la région de Menzel-Bourguiba. Quelle que puisse être la rentabilité du projet compte tenu de ces objectifs supplé- mentaires, il apparait que c'est là un projet coûteux du point de vue agricole et qu'une contribution deux fois plus importante à l'ir- rigation pourrait être obtenue des eaux souterraines à des coûts très inférieurs par unité de surface mise en valeur. 4.20 Le Gouvernement n'a pas fourni de descriptions de projets de drainage. Les travaux de drainage sont actuellement exécutés par le Sous-secrétariat à l'Agriculture sous forme d'une série de petits projets répartis sur ltensemble du pays, moyennant une dé- pense totale d'environ 1,4 million de dinars. Le gouvernement ne cherche apparemment pas à obtenir d'aide extérieure pour les projets de drainage et L'on ne possède pas de renseignements suffisants per- mettant d'assigner un ordre de priorité à cette activité. On ne pos- sède aucun renseignement non plus sur les investissements effectués pour l'irrigation au titre des programmes de création de coopéra- tives. Il ne s'agit pas de "projets" d'irrigation, au sens donné à ceux étudiés ici, mais lion a tenu compte des avantages de l'ir- rigation dans l'analyse des programmes de coopératives qui est don- née ci-après. 4.21 La régularisation du cours d'eau fait l'objet d'une seule description de projet, lequel ccmporte la construction d'un barra- ge sur l'Oued Zeroud. Une étude de viabilité a été effectuée pour ce barraee, mais elle ne contient pas d'évaluation du projet sur le plan economique. Dns ces conditions, le projet n'est pas enco- re prêt pour être pris en considération. Une première impression, fondée sur les données comprises dans l'étude, est qu'il se révé- lerait très coûteux. Du point de vue des estimations préliminai- res des coûts, il est douteux que la mise en oeuvre de ce projet dans un proche avenir vaille d'être étudiée plus avant. C. Projets agricoles (en cours) h.22 Deux projets seulement sont en cours au titre général du développement agricole et tous deux sont des projets de coopé- ratives. La mise en oeuvre du projet de Coopératives de produc- tion (UCP) pour la région du nord vient de commencer (en 1967) avec l'aide d'un prêt de la BIRD d'un montant de 12 millions de dollars des Etats-Unis et d'un crédit de lIDA d'un montant de 6 millions de dollars. La mise en oeuvre du projet de Coopératives de polyculture pour la région centrale a commencé il y a un peu plus longtemps (en 1966). Ce projet a bénéficié des activités des Nations Unies dans la région centrale, mais aucune aide extérieure directe n'a encore été octroyée au projet proprement dit. Le pro- jet d'UCP vise à mettre en valeur une superficie totale de 345.000 hectares, la phase d'organisation initiale devant se terminer à la fin de l'année 1968. Le projet de Coopératives de polyculture pré- voit que 1,h million d'hectares seront organisés en coopératives pendant la période 1968-1971 et que tous les investissements auront été effectués en 1976. 4.23 Ces deux projets en cours sont apparemment bien conçus du point de vue technique pour tirer profit des possibilités inhé- rentes aux conditions de sol et d'eau dans chacune des deux régions. Tous deux s'appuient sur des études agricoles techniques soigneuse- ment élaborées. Il a été estimé que, par ses effets économiques, le projet d'UCP produirait un taux interne de rentabilité d'environ dix pour cent au bénéfice de lféconomie, D'un autre côté, le projet de Coopératives de poyculture fait une place importante à la pro- -25- duction de pistaches et d'olives, ce qui soulève quelques questions quant à la rentabilité du schéma de répartition des cultures qui est envisagé. h.2h L'expérience que l'on a jusqutici du projet des UCP ré- vèle que de nouvelles sources d1eau seront nécessaires pour le dé- veloppement projeté de ltélevage. Il est d'autre part nécessaire d'explorer la possibilité de sources de fourrage autres que le me- lange "avoine et vesce" actuellement utilisé. Il semble indiqué de procéder à des études de marché pour la production de bétail, puisque l'on n'a que peu d'estimations sûres des quantités de lait, de produits laitiers et de viande (mouton et boeuf) qui peuvent être commercialisées, et peu d'indications sur les sortes d'amélio- ration des moyens de commercialisation nécessaires pour développer les marchés. Le problème dominant, toutefois, est celui du manque de personnel expérimenté de gérance et de vu-garisation agricole. Le Bureau de contrôle, créé pour diriger et faciliter ltorganisa- tion et le fonctionnement des coopératives conformément au projet UCP, emploie des techniciens étrangers qui apportent un soutien im- portant aux gérants et aux vulgarisateurs dans les coopératives. En accordant un soutien financier au projet des UCP, la Banque a fixé la cadence à laquelle celui-ci peut être mis en oeuvre sur la base des estimations de ce qui serait réalisable avec le personnel étran- ger et tunisien dont on pourrait disposer. A moins de changements dans lteffectif du personnel de gestion actuellement disponible pour diriger la croissance et le développement des coopératives, il ne devrait pas y avoir de raison de modifier cette estimation initiale. 4.25 Les effectifs de personnel qualifié à différents niveaux dont on pense pouvoir disposer dans lfavenir et les besoins en di- verses catégories de personnel sont récapitulés au tableau 6. Dif- férentes hypothèses ont été faites en ce qui concerne les densités dteffectifs d'adjoints techniques, d'assistants techniques monteurs et de gérants de coopératives dont on pourralt Uispo- ser pour les divers types de projets agricoles en cours d1exécution. Les techniciens des trois dernières catégories reçoivent une forma- tion pendant environ cinq ans, quoiqu'il stagisse dtune formation différente pour chacunes les agents agronomes poursuivent des étu- des pendant six ans aprés le baccalauréat. On a donc groupé (dans les totaux figurant au bas du tableau) les catégories de personnel ayant à peu près la même durée de formation, afin de permettre une comparaison entre les besoins prévus et le nombre prévu de personnes disponibles. Ainsi qu'il ressort du tableau, le nombre de personnes formées au niveau d'assistant agronome, d'agent de vulgarisation ou de gérant de coopérative devrait correspondre à peu près aux besoins des projets indiqués. Le nombre des personnes ayant reçu une forma- tion d'agent agronome serait en réalité supérieur à celui que néces- -26- sitent les projets. Le tableau ne tient pas compte des besoins autres que ceux des projets (par exemple pour les forêts, la re- cherche, la pratique vétérinaire, 1'emploi dans le secteur privé, etc.) ni de l'épuisement des effectifs avec le temps, en sorte que l'excédent de personnes disponibles par rapport aux besoins peut être en réalité inférieur aux indications du tableau. Plus important, toutefois, est le manque de personnel ayant une verita- ble expérience de ltagriculture et le fait que la formation seule ne suppléera pas à l'expérience. Celle-ci est des plus précieuses quand elle est acquise sous la direction d'un chef expérimenté. Il peut être souhaitable d'augmenter la densité d'affectation des agents agronomes à ltissue de leur formation officielle, la densi- té réelle devant être déterminée par le nombre de ces agents qui se- ront disponibles et par la cadence à laquelle les nouvelles coopé- ratives et les projets d'irrigation entreront en exploitation. Cet- te augmentation de la densité d'affectation peut ne pas remplacer l'expérience, mais elle réduira le champ des responsabilités des nou- veaux agents agronomes et leur permettra d'acquérir une expérience plus concentrée au cours des premières années. h.26 Le projet des UCP an cours mérite visiblement un ordre de priorité élevé. Il conviendrait que ce projet, qui bénéficie déjà d'une aide f-inancière, soit achevé dans le délai prévu. Ltex- périence acquise au cours de sa réalisation sera précieuse pour lttablissement et la mise en oeuvre de projets ultérieurs de coopé- ratives. Si ce projet ne pouvait être mené à bonne fin, il semble qutil ne serait guère utile d'envisager d'autres efforts de même na- ture. Ainsi qu'il a déjà été mentionné, l'existence de personnel de direction et de maîtrise expèrimenté peut poser un problème critique, et c'est pourquoi il y aurait peut-être lieu dtaffecter un ordre de priorité moins éleve au projet de Coopératives de polyculture. Il est difficile d'indiquer de façon précise le rythme possible de mise en oeuvre, mais le projet de Coopératives de polyculture ne devrait pas être conduit à un rythme tel que du personnel doive être retiré du projet fortement prioritaire des UCP avant que celui-ci ait ét& bien mis sur pied. De toute façon le Gouvernement fera évidement procéder à quelques travaux de développement dans la région centrale mais leur rapidité d'exécution ne devrait probablement pas dépasser la moitié du rythme prévu dans le projet de Coopératives de polycul- ture. Ltobjectif de 700.000 hectares qui seraient confiés aux Coopé- ratives de polyculture en 1971 semble le maximum qui puisse être at-- teint sans qu'il en résulte de gêne pour la mise en oeuvre du projet des UCP. - 27 - D. Projets agricoles (proposés) 4.27 Des descriptions de projet ont été reçues pour trois projets agricoles dont la mise en oeuvre future est proposée et, comme dans le cas des projets en cours, tous trois comportent la création d'organisa- tions coopératives. Deux de ces projets augmenteraient le nombre des coopératives en service, tandis que le troisième est un projet d'assis- tance technique destiné à soutenir le développement des coopératives. L'annexe 5 contient les descriptions des trois projets en question. 4.28 Le plus important, par la superficie à laquelle Il s'applique et par son coût, est le projet de développement des coopératives de pro- duction (UCP) dans la région du nord. Ce projet est de d:imension à peu près égale au projet des UCP en cours et doit normalement commencer à la fin de l'année 1968, quand l'organisation initiale des coopératives prévues dans le projet en cours d'exécution aura été terminée. Les élé- ments de justification du projet, c'est-à-dire les hypothèses concernant les coûts et les bénéfices, se rapprochent beaucoup de ceux qui ont été utilisés pour le projet en cours, et il en est de mme des caractéristiques d'organisation et de gestion ainsi que du plan fondamental d'exploitation. Ce qui est évident, dans ce projet, c'est qu'il doit beaucoup bénéficier de l'expérience que la réalisation du projet en cours dans la mme région aura permis- d'acquérir. Du fait que ce dernier a été mis en train après la date initialement prévue, il n 'aura sans doute pas atteint le terme de sa phase d'organisation pour la fin de l'année 1968, et par conséquent, le nouveau projet serait probablement retardé d'autant. Si le projet en cours semble progresser en 1968 à la cadence prévue, on aura le temps de commen- cer aà établir le projet d'expansion qui pourra ainsi être examiné peu après en vue de son financement. Le projet d'expansion ne pourrait proba- blement pas démarrer avant 1969, et peut-4tre pas avant 1970, car le personnel de direction et de ma:trise expérimenté continuera d'tre insuf- fisant pour satisfaire les besoins des projets. L'établissement propre- ment dit du projet ne devrait pas présenter de difficultés quand le moment sera venu, car l'expérience acquise au cours de l'exécution du projet précédent devrait fournir d'amples informations pour son élaboration. Ce projet est donc très intéressant parce qu'il peut être facilement établi et qu'il a pour base un travail semblable déjà en cours. Le rythme de son exécution est plus douteux par suite de manque de personnel. 4.29 Le second projet de coopératives proposé comporte l'organisation de Coopératives de services dans la région du Sahel pour conseiller et instruire les agriculteurs au sujet de nouveaux schémas de réparation des cultures, et fournir des crédits et une aide pour la commercialisation. A la différence des coopératives UCP, les agriculteurs continueraient de cultiver leurs propres terres et d'en récolter les produits. Les princi- paux changements comprendraient la mise en oeuvre d'un programme de taille des oliviers afin d'augmenter la production des oliveraies déjà en exploi- tation et un accroissement de l'élevage et des plantations d'arbres fruitiers aux dépens de la production de céréales. Les objectifs de ce projet sont relativement modestes, de m8me que son coût et la part des devises dans le coût total n'est que d'environ huit pour cent. Des études détaillées ont été effectuées pour 20 coopératives, un inventaire des oliveraies a été dressé et des études sont en cours sur 70 autres coopératives. Ces études asétendent à la p5dologie, à l'hodro-géologie, à la conservation -28- du sol et à l'agronomie, et l'on pense qu'elles seront terminées à la fin de l'année 1968 ou au début de 1969. Il résulte d'indications prélimirgi- rOs que les modifications recommandées du schéma de répartition des cul- tures et des méthodes culturales seraient techniquement réalisables, bien que la forte augmentation de production d'olives puisse créer de sérieux problèmes de commercialisation, les perspectives d'accroissement des expor- tations d'huile d'olive étant relativement faibles. Les besoins relative- ment modestes en deviies rendent ce petit projet intéressant du point de vue du financement extérieur. Comme dans le cas du projet d'extension des UCP, l'augmentation du nombre de coopératives au titre de ce projet devrait avoir lieu à une cadence qui ne conduise pas à détourner du personnel de direction et de maltrise, déjà rare, du projet des UCP actuellement exécuté dans la région du nord, oÙ des ressources importantes sont déjà engagées. Là encore, toute augmentation de l'effectif global de ce personnel jusqu'ici peu nombreux justifierait que l'on assouplisse les limites mises à la cadence d'exécution du projet. Le Gouvernement a l'intention également de créer une Coopérative de service pour la région du nord, mais au moment où notre étude a été faite, nous ne disposions pas encore d'une description du projet et des détails du programme. Il semble, d'après les entretiens que nous avons eus avec les fonctionnaires du Sous-secrétariat d'Etat à l'Agriculture que la justification économique du projet et son degré de préparation sont comparables à ceux des coopératives de service dont la création est envisagée dans la région du Sahel. 4.30 Le troisième projet est un projet d'assistance technique qui a été soumis au PNUD pour examen. Bien que d'autres suggestions d'assis- tance technique soient étudiées dans une section ultérieure du présent rapport, le lien étroit entre ce projet et les projets de coopératives autorise à le mentionner spécialement ici. En termes généraux, le pro- jet réclame la présence de techniciens étrangers pour aider aux plans de mise en place de Coopératives de polyculture dans la région centrale, à l'initiation des coopérateurs et des gérants de coopératives aux diverses techniques modernes d'agriculture, et en général pour aider les agronomes et les agents de vulgarisation dans la région centrale. Un projet de cette sorte mérite un rang de priorité élevé parce qu'il correspond à un besoin urgent dans une région où le manque d'expérience de la culture ex- tensive moderne entrave au plus haut point le développement futur des coo- p6ratives. E. Projet forestier (en cours) 4.31 Un projet visant à développer la plantation d'espèces d'arbres a croissance rapide dans le gouvernorat de Bizerte est déjà en cours d'exé- cution; en 1964, 8.000 hectares plantés d'arbres avaient remplacé des taillis improductifs. L'objectif final est d'appliquer ce projet sur 40.000 hectares et, pour y parvenir, de planter en sept ans (de 1968 àa 1975) à une cadence approchant 3.200 hectares en moyenne par an. La pro- duction, qui commence à partir de la 12ème année de croissance, serait de 70 m3 par hectare et par an, ce qui, pour 3.200 hectares, donnerait un total légèrement supérieur à 200.000 m3. Une description plus détaillée du projet est donnée à l'annexe 6. -29- 4.32 Pour justif ier la rentabilité du projet, on a pris pour base la demande d'une fabrique de pâte à papier dont on envisage la construction et qui aurait une capacité de production annuelle de 30.000 tonnes, encore que la matière première dont une fabrique de papier de cette dimension a besoin ne soit que d'environ 100.000 m3 de bois. En outre, l'accroisse- ment attendu de la demande tunisienne en produits de papeterie (en plus des capacités existantes de production) sera d'environ 15.000 tonnes par an en 1971, également réparties entre papier kraft, papier d'impression et papier i lettres. Il est possible que la pâte qui sera produite par le projet en cours ne convienne pas à la production de toutes ces variétés de papier. Il y a lieu de se demander enfin s'il sera possible d'atteindre le rythme de plantation proposé (3.200 hectares par an) avec le personnel et l'équipement dont on pourra disposer. h.33 Ce projet semble ne pas avoir un caractère d'urgence à l'heure actuelle, car sa justification économique, telle qu'elle est présentement conçue en fonction de la dimension et de la nature de l'opération, est douteuse. Il existe apparemment une documentation suffisante pour les aspects techniques du projet, mais la détermination des dimensions renta- bles (particulièrement en fonction des investissements que nécessite la capacité de production de ltusine envisagée) exige une étude beaucoup plus complète que celle qui a été faite pour accompagner une présentation modi- fiée du projet actuel. F. Projet forestier (proposé) 4.34 Le Gouvernement a établi une autre description de projet dans le secteur forestier; ce projet vise à améliorer l'exploitation des ressources forestières sur une superficie de 190.000 hectares en Tunisie centrale. Le Service des forêts a commencé certaines recherches en vue de l'améliora- tion de l'exploitation du bois d'oeuvre, mais le projet proposé nécessi- terait diverses autres études, ainsi que la construction de voies de des- serte et autres investissements d'infrastructure, et un matériel permet- tant un système d'exploitation semi-mécanisé. Le projet serait d'abord placé sous la direction du Service des forêts, mais le but final est de confier les travaux à un organisme spécial ou à une coopérative. La for- mation du personnel forestier a bénéficié d'une aide finlandaise et alle- mande sous forme de capitaux et l'envoi de personnel et un institut de recherche forestière est Linanc par des fonds du PNUD. Le projet est décrit avec plus de détails à l'annexe 7. 14.35 La production actuelle de bois d'oeuvre dans la région sur la- quelle porte le projet est d'environ 20.000 m3 par an, et le projet prévoit de la porter à 65.000 m3 la première année et a plus de 130.000 m3 dès la troisième année de mise en valeur. Les perspectives de vente de ce volume de bois d'oeuvre paraissent bonnes. Les dépenses d'exploitation et d'investissement s'élèveraient au total à environ 650.000 dinars sur une période de cinq années. Le projet peut bénéficier d'études déjà effectuées par la FAO sur l'exploitation et l'économie forlestiàres en Tunisie, d'un rapport rédigé par un fonctionnaire forestier finlandais, et d'une étude de conservation des forgts portant sur une superficie de '80.000 hectares - 30 - de la zone du projet. Des études sur les 110.000 hectares restants sont déj. en cours et doivent 8tra termintes pour la fin de l'année 1969. Ces derniéres 6tudes sont effectuées par le MMET et par d'autres techniciens français. 4.36 Ce projet devrait bénéficier d'un degré élevé de priorité et les études indispensables devraient être terminées dès que possible. A ce sujet, le programme futur d'études doit faire une place à des études de marché et à une enquête de justification économique. Etant donné que l'exploitation prévue dans le projet continuera de porter sur des super- ficies dont l'exploitation actuelle manque plus ou moins dtefficacité, il y aurait probablement en tout état de cause une certaine augmentation de la production annuelle. Il se peut que le rythme d'exploitation pro- posé dans le projet soit trop :rapide, notamment du fait de l'utilisation intensive de personnel du Service des forêts par les programmes de ter- rassement et de boisement des coteaux et de plantation d'arbres en bor- dure des routes entrepris dans le cadre de la "Lutte contre le sous- développement" (LCSD). Cependant, il s'agit là d'une question à résou- dre au cours des études ultérieures de viabilité technique et économique. G. Projet relatif à la pêche (proposé) 4.37 La mission a reçu la description d'un projet relatif à la pêche, dans lequel il est envisagé de transformer la flotte de pêche côtière, actuellement composée en majeure partie de bateaux à voiles ou actionnés à la rame, en une flotte moderne : navires à moteur et à coque en ma- tière plastique de 6, 8 et 10 mètres de long. Le projet envisage que la pêche côtière se fasse, le moment venu, au moyen de 3.000 de ces bateaux motorisés, cette modernisation de la flotte permettant des prises plus importantes et des prises moyennes plus élevées par homme. La pêche dans les eaux côtières a 100 km ou davantage de la Tunisie, permettrait de pêcher une forte proportion de poissons de valeur plus élevée qui seraient vendus sur les marchés extérieurs et serviraient aussi pour la consommation intérieure. Ce projet est décrit plus en détail à l'annexe 8. 4.38 Bien que certaines études aient été faites pour déterminer l'am- pleur et la nature des ressie,urces de .la mer à proximité des eaux terri- toriales de la Tunisie, ce projet de transformation de la flotte exigerait des études et des travaux de préparation plus poussés avant qu'il puisse être pris en considération pour un financement extérieur. Au stade ac- tuel, les bateaux seraient construits par l'Office de la pêche et seraient vendus aux pêcheurs, les tranches de remboursement étant déduites du prix du poisson vendu à l'Office. La viabilité économique de cet arrangement, de même que les caractéristiques techniques de la constructica et de l'é- quipement des bateaux, exigent des études plus approfondies. Dans sa forme actuelle, le projet n'indique pas quel serait le calendrier des travaux et on ne sait pas avec précision s'il faudra exécuter un programme de formation pour enseigner aux pêcheurs le fonctionnement des bateaux et du matériel. Dans le cas où cela serait nécessaire on ne possède aucun renseignement sur les disponibilités en personnel enseignant ni sur la durée de cette formation. -31- h.39 Ce projet a été placé dans la catégorie des priorités 2 surtout parce qu'il n'est pas prêt à être mis en oeuvre dans de brefs délais et qu'il exige beaucoup de travail préparatoire. Il faut noter toutefois qu'il porte sur une activité oÛ des progrès semblent réalisables et que le projet pourrait, s'il est appliqué avec succès, augmenter la produc- tion dtaliments riches en protéines et accroître les recettes en devises. H. Résumé de l'examen des projets 4.4o L'examen ci-dessus des 23 projets en cours et proposés,établis par le Gouvernement tunisien, a comporté une attribution préliminaire d'un ordre de priorité. Cet ordre est indiqué au tableau 7. Sur le total des projets reçus, 16 ont été désignés comme méritant un rang de priorité "élevé" et la mise en oeuvre du moins partielle, pourrait commencer rapide- ment. C'est une fraction importante du total qui est ainsi classée comme urgente, mais huit de ces projets sont des projets d'irrigation déjà en cours. Pour ceux-là, le classement est un simple rappel de l'opinion selon laquelle ils devraient être menés à leur terme dans les délais les plus brefs possibles. Un degré élevé de priorité est attribue à la dé- finition et à l'évaluation par la BIRD d'un autre projet de la Basse Medjerda (OMVVM) nécessaire pour l'amener au stade où eon financement pourra être envisagé. La recommandation qui va de pair et qui tend à faire effectuer une étude à long terme de l'ensemble du bassin de la Med- jerda ferait entrer dans le programme à étudier trois des projets d'irri- gation proposés dans le cours supérieur de la Medjerda. Quatre autres projets sont classés avec un rang de priorité élevé ce sont un projet d'irrigation proposé (reconversion des oasis), le projet de Coopératives de production (UCP) en cours dans la région du nord, un programme de forma- tion proposé pour les coopérateurs et gérants de coopératives, et un pro- jet forestier proposé (exploitation forestière). D'après les informations limitées dont on dispose, tous semblent offrir de bonnes perspectives de rentabilité économique. Le premier et le dernier de ces quatre projets nécessitent encore quelques études avant que toutes les questione de possi- bilités d'exécution puissent être résolues, et le degré élevé de priorité s'applique à la réalisation des études nécessaires plut8t qu'à la mise en oeuvre effective des projets. 4.41 Quatre projets - le projet de Coopératives de polyculture en cours, le projet propose de Coopératives de services, un projet proposé pour le développement de la pêche et l'expansion proposée des coopératives de production (UCP) dans la région du nord - semblent techniquement réali- sables, mais les perspectives économiques des trois permiers n'ont pas été entièrement étudiées. Une mise en oeuvre prochaine de tous les projets relatifs aux coopératives pèserait probablement trop lourdement sur les rares ressources existantes en personnel de direction et en experts conseils. Il semble donc prudent de spécifier que l'on ne devrait prévoir l'examen plus poussé de ces projets que s'il est établi que les besoins en personnel des projets prioritaires sont entièrement satisfaits. Le projet de dé- veloppement de la pêche qui est proposé exige des études plus approfondies. -32- V. BESOINS EN ASSISTANCE TECHNIQUE A. Planification et préparation desprojets 5.0l L'étude des documents que le Gouvernement tunisien a fourni à l'appui des projets en cours d'exécution ou proposés, ainsi que l'examen du programme de développement de l'agriculture, montrent que le pays a besoin d'assistance technique au stade de la planification et de la pré- paration des projets. Ce besoin se fait sentir dans des situations très diverses et en dépit du fait que des conseillers venus de l'extérieur par- ticipent déjà à certaines activités de planification. La planification technique, par exemple les plans industriels et les études agronomiques, semble en général bien exécutée, mais la justification économique d'un projet ou d'un programme laisse souvent a désirer, voire même n'est pas du tout prise en considération. De ce fait, le Gouvernement accepte des projets qui peuvent très bien fonctionner, mais qui ne correspondent ab- solument pas, du point de vue économique, à la situation dans laquelle ils seraient appliqués. On peut citer, par exemple, plusieurs cas (dans les projets et dans le Plan) où le revenu des agriculteurs dans l'avenir est calculé sur la base d'estimations tout à fait incertaines des ventes de récoltes. Nous avons mentionné à ce sujet dans le présent rapport le cas de la production d'agrumes (dans les projets d'irrigation en cours) et de la production des pistaches (dans le projet des Coopératives de poly- culture). Il est très probable que l'on enregistrera une surproduction analogue dans le cas des artichauts; la FAO estime qu'il faudrait que la Tunisie parvienne à exploiter 14.000 tonnes en 1970 pour utiliser l'excédent de production sur la consommation intérieure. Comme le commerce mondial d'un produit aussi spécial que celui-là est tout à fait limité, si la produc- tion s'accroit, les risques de commercialisation augmentent d'autant. L'OCIE, dans ses estimations, indique que la vente des tomates,autre cul- ture dont le produit peut être exporté, se heurtera à une forte résistance sur les marchés extérieurs parce qu'en 1970 la production européenne sera excédentaire par rapport aux besoins de l'Europe. Malheureusement, la majeure partie des denrées que peut produire la Tunisie n'appartient pas aux variétés hâtives. Il semble donc nécessaire d'accorder une assistance technique à la Tunisie pour aider le pays à mieux évaluer les possibilités du marché et pour accompagner l'exécution des projets de pratiques de com- mercialisation plus modernes. 5.02 Mais il ne s'agit pas seulement de mieux évaluer la rentabilité des projets et de mieux calculer les projections du marchét les planifi- cateurs au niveau du Gouvernement ont besoin d'une aide pour préparer leurs projets. Par exemple, à l'exception du projet du cours inférieur de la Medjerda, qui a été préparé avec l'aide d'experts-conseils étrangers, aucun des projets qui ont été soumis à la mission nfavait atteint le stade de préparation où on pouvait examiner si un financement extérieur se jus- tifiait. L'assistance technique en matière de planification n'est pas seulement nécessaire pour améliorer la présentation des projets aux prêteurs étrangers éventuels, car même la planification pour l'agriculture reste encore très imprécise. Le Plan contient de nombreuses observations utiles et un grand nombre de renseignements techniques, mais il ne semble pas que ]es planificateurs puissent dégager du magma des idées ainsi remuées des projets bien conçus, faciles à réaliser, et compatibles avec les principaux éléments de la stratégie du développement; il est donc difficile de déceler la corrélation entre les investissements proposés et les objectifs de produc- tion que le Gouvernement se fixe. Il faut, pour que la planification devien- ne plus précise et qu'elle s'édifie à partir d'un programme de développe- ment axe sur la réalisation de projets spécifiques, que le pays reçoive l'aide technique d'un plus grand nombre d'experts que cela n'a été le cas jusqu'ici. Ce genre de planification donnerait aux pouvoirs publics une information plus utile, à partir de laquelle allouer les ressources tant extérieures qu'in- térieures dont dispose le pays. 5.03 La planification, au Sous-Secrétariat d'Etat à l'Agriculture, se fait déjà avec l'aide de quelques techniciens fournis au titre de l'assis- tance technique, mais il semble néanmoins souhaitable de renforcer l'effort de planification dans ce département, en particulier pour ce qui est de la planification et de la préparation des projets. Il est également indispen- sable, pour améliorer si peu que ce soit l'efficacité des plans, de réunir et d'analyser des statistiques agricoles. A l'heure actuelle, par exemple, les estimations de la production et des superficies consacrées aux diverses cultures varient selon les sources officielles qui les font, il est difficile de ventiler ces chiffres par région et les s'rles de données ne sont pas com- plates. L'assistance technique pourrait contribuer à améliorer les méthodes de rassemblement des données de base dans l'agriculture, à décider des me- sures à adopter à cet effet et à fixer jusqu'à quel degré de détail il faut aller dans l'intérêt de la planification et de la recherche; elle aiderait également à exploiter les renseignements, à mettre au point de nouveaux modes de présentation des données et les moyens de réduire les délais nécessaires pour se les procurer et, enfin, à analyser les statistiques. B. Recherche 5.Oh La recherche agricole en Tunisie a comencé à se préoccuper des problèmes auxquels se heurtent les agriculteurs et les directeurs de coo- pératives et se cantonne moins dans des activités d'application moins pra- tique dans l'immédiat. C'était là une réorientation dont le pays avait grand besoin et dont on ne peut que se féliciter. Il existe certains do- maines où les problèmes exigent des recherches plus approfondies; nous ci- terons l'agronomie de l'irrigation (c'est-à-dire la recherche du moment pro- pice pour l'arrosage, la bonne préparation des terres pour l'irrigation, etc.), les possibilités de développement de la production des betteraves à sucre avec et sans irrigation (les importati,3ns de sucre coltent très cher en de- vises), des expériences conçues pour trouver les fourrages améliorés qui con- viennent le mieux aux conditions du pays, les possibilités de culture du tabac et l'adaptation au milieu local de variétés sélectionnées de céréales, en particulier de blé. Il ne s'agit pas là dtune liste exhaustive et ce n'est qu'une indication du genre de problèmes qui se sont déjà posés. 5.05 La mission n'a pu obtenir facilement les renseignements qui lui auraient permis de chiffrer les besoins de la recherche en Tunisie; par exemple, il aurait fallu savoir quel matériel serait nécessaire, combien de techniciens et de chercheurs pourraient être utilisés, dans quelle spécialité il faudrait les choisir, etc., néanmoins, tout porte à croire qu'actuel- lement il n'y a pas trop de chercheurs en Tunisie. Comme l'augmentation de la productivité de l'agriculture dépend en partie d%m connaissance exacte, à partir des résultats de la recherche, des facteurs du milieu qui influent sur la production, il saute aux yeux que l'assistance technique dans ce domaine est tout à fait prioritaire. Il e:iste plusieurs instituts de recherche qui dépendent du Sous-Secrétariat d'Etat A l'Agriculture : l'insti- tut national de recherches agronomiques (INRAT); le Centre de génie rural (CGR); l'Institut de reboisement et, avec l'aide de l'UNESCO, le Centre de recherche et d'utilisation des eaux salines pour l'irrigation (CRUESI). On compte également des instituts pour l'élevage et la pêche qui fonctionnent sous l'égide des offices créés spécifiquement pour ces sous-secteurs de l'agriculture. La France est actuellement la source la plus importante d'as- sistance technique pour la recherche agricole en Tunisie, mais d'autres pays y participent également, comme il est indiqué sous la rubrique générale de la recherche, au tableau 3 de l'Annexe 9. Une liste des projets exécutés par les instituts de recherche que nous venons de citer (mais qui ne figure pas dans la présente étude) indique que leur activité porte sur des pro- blémes pratiques très divers; la mission n'a pas eu la possibilité toutefois d'examiner dans quelle mesure la recherche pourrait être freinée par une pénurie relative de personnel expérimenté et de matériel de recherche ou d'autres moyens. On peut affirmer sans risque de se tromper qu'il existe des besoins dans ces domaines et il semble que l'on puisse ici faire deux observations relatives à l'aide extérieure qui pourrait éventuellement être fournie en faveur de la recherche. Tout d'abord, il est très nécessaire, à l'heure actuelle, d'essayer en Tunisie les résultats de la recherche qui ont été mis au point dans d'autres parties du monde, afin d'adapter ces dé- couvertes aux conditions de la Tunisie. Si nous insistons sur ce point, c'est pour mettre en garde contre les postulats qu'adoptent parfois les chercheurs fournis au titre de l'assistance technique qui partent avec la conviction que les résultats de la recherche peuvent être transférés tels quels, sans qu'il soit nécessaire de vérifier s'ils conviennent & des régions différentes ou s'ils sont applicables à ces régions. Un deuxième point, qui n'est pas sans lien avec le premier, est qu'il faudrait que les cher- cheurs fournis à la Tunisie par l'assistance technique soient des personnes qui aient l'expérience des conditions climatiques et autres qui se retrouvent dans le milieu tunisien. C. Services de vulgarisation et de formation 5.06 Nous groupons ici les sujets de la vulgarisation et de la forma- tion parce qu'ils ont des liens très étroits dans le contexte du développe- ment de l'agriculture en Tunisie. Nous avons souligné à plusieurs re- prises dans ce rapport qu'a l'heure actuelle le développement est nettement freinëé par le manque de personnel de direction et de surveillance expéri- menté. Nous tenons à préciser que nous ne voulons pas dire par là qu'il y a ou qu'il y aura un manque de personnel formé, car le rapport montre également que l'effectif des personnes qui, selon les prévisions, auront subi une formation complète, sera probablement suffisant pour remplir les postes que l'on envisage maintenant de créer. Nous avons voulu rappeler que tant que le personnel qui aura reçu une formation théorique n'aura pas acquis l'expérience voulue, de préférence sous la direction de conseillers eux-mêmes expérimentés, l'obstacle restera. L'acquisition de cette expérien- ce prend di temps, mais l'assistance technique qui fournirait des conseil- lers et des moniteurs expérimentés pourrait également contribuer à réduire les délais. 5.07 Le Gouvernement se rend bien compte des graves pénuries de cadres' expérimentés dont souffre l'économie tunisienne, et il a déjà com- mencé à prendre des mesures pour y remédier. Les pouvoirs publics ont prévu deux programmes accélérés qui commenceront en 1968: l'un comportera le recyclage du personnel de vulgarisation au moyen de cours d'une durée de deux semaines, qui seront donnés au moins deux fois par an; le second pro- gramme a pour objet d'enseigner aux agriculteurs les connaissances pratiques et élémentaires dont ils ont besoin pour améliorer leurs procédés de culture et d'élevage. Ce dernier programe sera exécuté dans 20 centres de forma- tion, chaque centre formant environ 15 agriculteurs pendant des périodes de 15 jours. Les plans actuels prévoient que cet enseignement pourrait se faire à un rythme permettant la formation d'environ 7.000 agriculteurs par an, et l'on ne peut dire encore si cette formation modifiera les pratiques actuelles des agriculteurs et si ce rythme peut être effectivement maintenu. En tout état de cause, à cette cadence de 7.000 agriculteurs formés chaque année, il faudra deux ans et demi pour donner cette formation minimale aux membres actuels des coopératives de production créées actuellement dans le cadre du projet UCP qui s'exécute aujourd'hui dans la région du nord. L'OMVVM fournit déjà des cours de formation analogues pour les agriculteurs, jeunes et vieux, et dans le cas des centres destinés aux jeunes, les cours ne sont pas réservés aux seuls participants venant de la zone où opêre 'NOMVVM. 5.08 Il existe également des plans pour améliorer la qualité de l'en- seignement donné au niveau supérieur, qui consisteraient à ajouter de nou- veaux laboratoires et autres moyens d'enseignement à l'Ecole nationale supérieure d'Agriculture de Tunis (ENSAT). Pendant ltannée universitaire 1967 -1968, l'Ecole comptait 201 étudiants dns les quatre années d'études qui mènent au diplôme d'ingénieur agronome, notons qu'en 1960, l'effectif total était de 47 étudiants inscrits. Pendant cette même année universi- taire, a été créé un second cycle qui allongera la durée des études actuelles d'une cinquième et d'une sixième années. Un programme menant au doctorat est appliqué depuis 1964 et il est exécuté en collaboration étroite avec les Facultés des Sciences de Tunis et de Paris. A tous ces niveaux donc, le Gouvernement a déjà des plans et des activités qui contribuent à la formation et l'expérience pratique de tous ceux qui participent à l'agriculture tuni- sienne. 5.09 Le projet proposé au PNUD en vue de former des coopérateurs et directeurs de coopératives stintëgre également bien dans l'ensemble de ces efforts. Une autre manière d9envisager les travaux a été adoptée pour le projet de création de coopératives de production (UCP) qui bénéficie d'un prêt de la BIRD; les techniciens venus de l'étranger et leurs homologues tunisiens examinent soigneusement les plans de production des coopératives et leur donnent des conseils techniques par l'intermédiaire d'un Bureau de contrôle. Ces deux activités d'assistance technique pourraient sans doute être utilement étendues aux programmes de développement agricole exécutés en Tunisie. Si l'assistance technique actuelle que fournissent les pays - 36 - êtrangers dans les écoles professionnelles, les universités et les labora- toires de recherche est importante et nécessaire, et devrait gtre poursuivie au moins au niveau actuel, il faudrait faire davantage en faveur des directeurs de coopératives et des agents de vulgarisation dans l'exercice de leurs fonctions, c'est-à-dire qu'il faudrait poursuivre leur formation en cours d'emploi et surveiller de près leurs méthodes. 5.10 Les fonctionnaires chargés du développement de l'agriculture, les adjoints techniques, les assistants techniques, et moniteurs éprouvent également de la difficulté à s'acquitter au mieux de leurs fonctions parce qu'ils manquent de matériel pour travailler. Ils ont de la peine à par- courir les zones qui leur sont affectées faute de moyens de transport, ne serait-ce qu'un cyclomoteur ou une bicyclette. Il arrive parfois que l'on ne puisse faire les démonstrations voulues faute de matériel (engrais, se- mences, outils, équipement moderne). C'est à l'assistance technique qu'il incomberait peut-8tre de fournir le matériel dont a besoin le personnel opé- rationnel pour son travail. Les dépenses seraient probablement assez limi- tées, mais l'effet stratégique serait sans doute un des plus élevés que puisse fournir un investissement en faveur du développement de l'agriculture. D'une importance aussi grande Lerait l'assistance technique qui servirait à améliorer les réparations et l'entretien du matériel agricole, des véhicules et des machines. Le Gouvernement canadien se propose d'envoyer des mécani- ciens qui enseigneront aux techniciens à réparer l'équipement hydraulique et il fournira également des mécaniciens à l'Office de motoculture. Cette assistance est très nécessaire pour relever le rendement du stock actuel de matériel mécanique et il faudrait étudier sérieusement la possibilité d'accroitre cette catégorie particulière d'assistance technique. 5.12 Pour conclure ces brèves observations sur l'assistance technique, la mission suggère l'exécution d'une étude approfondie des besoins en assis- tance technique et des moyens disponibles. Cette étude pourrait conduire à l'utilisation plus rationnelle et économique des ressources d'assistance technique en concentrant les efforts sur les besoins les plus urgents, en évitant les doubles emplois et en demandant aux pays qui sont à même de les fournir, les experts dont la spécialité serait la plus utile à l'agriculture tunisienne. VI. MOYENS DE PRODUCTION AGRICOLE 6.o L'étude des besoins du secteur agricole n'a pas montré que la Tunisie manquat en général de facteurs de production agricole. Aussi bien les fonctionnaires des services agricoles opérant sur le terrain que les fonctionnaires de Tunis que nous avons questionnés, ont répondu que les facteurs les plus importants étaient disponibles en quantité suffisante, compte tenu du peu d'empressement que manifestent les agriculteurs pour s'en servir. lb bref, ces fonctionnaires ne se sont pas plaints de manquer de ces facteurs. Cela na signifie pas que l'utilisation des facteurs mo- dernes tels que: engrais, produits antiparasitaires, matériel mécanique, etc. soit optimale. Au contraire, nous avons déjà dit en constatant la lenteur avec laquelle se développe l'agriculture tunisienne, que l'emploi des facteurs de production modernes n'augmente pas très rapidement. Il va de soit que surmonter cet obstacle est l'essence mâme du développement de l'agriculture. Pour augmenter l'emploi des facteurs de production modernes il faut, bien entendu, qu'un pays dispose des - 37 - devises dont il a besoin pour acheter àé l'étranger; mais il faut aussi mettre sur pied un systèLme de stimulants (qui pourraient consister à fournir ces facteurs de production à bas prix et à relever les prix à la production) qui encourage vigoureusement les exploitants à leur propre compte et les coopératives à utiliser davantage de ce.9 facteurs de production modernes. Comme le Gouvernement tunisien contr8le actuellement les prix de ces facteurs et les prix à la production, il devrait ttre possible de faire en sorte que ces prix dans les deux cas stimulent leur emploi. Par contre, si l'objectif premier du Gouvernement est de maintenir les prix à la production assez bas dans l'intérêt des consommateurs des villes, on risque que les stimulants en faveur des agriculteurs soient gravement diminués. 6.02 Une importante partie des besoins actuels en facteurs de production est satisfaite au moyen du pr*t pour les produits, consenti par les Etats-Unis (664-H-033), qui fournira les devises nécessaires pour la période qui se terminera à la fin de 1968. Ce projet se décompose ainsi: 1 million de dollars pour le matériel agricole, 250.000 dollars pour les produits antipara- sitaires, et ,5 million de dollars pour les pièces détachées (dont certaines serviraient au matériel agricole) et 1 million de dollars pour les lubrifiants (dont certains seraient également utilisés pour le matériel et les machines agricoles). Il reste quelques montants à débourser au titre dlun prêt antérieur (664-H-026) dont 650.000 dollars pour le matériel agricole. D'autres sources de facteurs de production sont l'Allemagne (engrais, semences, bétail), la Yougoslavie (tracteurs, pompes), les Pays-Bas (bétail) et l'Autriche (protection des végétaux). L'assistance extérieure donnée en faveur des projets comporte également un certain élément de facteurs de production agricole (par exemple: matériel agricole et élevage), comme dans le cas du prtt consenti par la IRD pour la création de coopératives ou en liaison avec les activités d'assistance technique (semences selectionnées). 6.03 Stil n'a pas été possible aux fine du présent mémoire d'identifier avec précision le volume ou la nature des besoins en facteurs de production pendant les quelques années à venir, il convient d'indiquer certaines perspectives qui pourraient se réaliser. L'utilisation moyenne des engrais en Tunisie est actuellement très faible; le développement prévu des coopératives (au titre des seuls programmes actuellement en cours d'exécution) devrait fortement augienter la demande d'engrais. Ce devrait àtre l le résultat de 11amélioration progressive des méthodes de culture déclenchées par les activités de vulgarisation qui jcuent un r8le si important dans le programme des coopératives. - 38 - L'introduction des nouvelles variétés de blé, à partir des variétés naines du Mexique, ne peut donner de bons résultats que si elle s'accompagne d'un certain nombre d'améliorations dans les méthodes culturales, notamment l'application d'un volume relativement important d'engrais. D'autre part, on a constaté que l'irrigation dans l'agriculture entrafne généralement un emploi accru des engrais et il est probable que la demande augmentera a mesure que, pendant les prochaines années, des superficies plus importantes seront irriguées. Enfin, la diversification des cultures peut aussi entratner une demande de matériel nouveau pour l'ensemence- ment, pour l'application des engrais, pour le nivellement des terres à irriguer, etc. 6.04 Du point de vue de l'assistance extérieure, il est donc important que le pays dispose des devises dont il a besoin pour importer ces facteurs de production au fur et à mesure que les besoins s'en font sentir. Il faut donc examiner avec soin s'il y a encore pénurie de devises malgré les prêts actuels servant a l'achat de produits, et si les observations des fonctionnaires, que nous venons de citer, reflètent exactement la situation. Ce qui est essentiel, c'est qu'il ne faut pas que le manque de devises emplche d'accrottre l'utiliaation des facteurs de production modernes. Le processus peut être décrit ainsi: les efforts d'un personnel de plus en plus expérimenté (directeurs de coopératives et agents de vulgarisation) relèveront peu à peu les normes des méthodes culturales ce qui entralnera une hausse correspondante de la demande des facteurs de production modernes; ce disant, nous partons de l'hypothèse que le (buvernement aura crée avec un succès comparable les stimulants qui inciteront les agriculteurs à utiliser ces facteurs de production; tous ces éléments peuvent contribuer à accroltre le rùle de l'aide extérieure consentie pour l'achat de produits. Source: BIRD Tableau 1 Production des principales cultures -- 1960-1966 (en milliers de tonnes) Cultures 1960 1961 1962 1963 1964 1965 1966 Bl dur 360 201 321 529 350 429 300 Bl tendre 79 42 72 123 81 100 49 -Orge 137 50 103 _261 130 180 80 Total partiel 567 293 496 913 561 709 429 Olives 554 189 221 443 430 272 92 Agrnes 96 93 62 88 94 82 110 Raisin pour la fabrication du vin 203 164 240 253 239 241 190 Artichauts 11 il 10 14 15 18 19 Pommes de terre 40 43 41 64 54 60 68 Poivrons 33 46 50 52 49 56 67 Tomates 62 58 93 93 102 124 149 Total partiel 146 158 194 223 220 258 303 Source: Sous-Secr6tariat d'Etat à l'Agriculture M14P i TUNISIA Area cvaredSEA4 by apDRAINAGE BASIN OF THE ERRANEAN OUED MEDJERDA BIZERTE ...... A L G» E R A M Sain roads Irrigated zones of OMVVM Standard gauge railways To date4,C I ~Boundaries of Oued Medjerda Extension by 1971 (Plan Minimal)-,pr basin gå gålb Extension after 1971 (Plan Optimal) '6 el g0 ......Limtits pf OMVVNI Périm'etre Ez Zou in 0 10 20 3 40 0 9oteurl -KILOMETERS 0 oa, ,. 0 CgrE -l u UIs BEN METIR DAhM ri 'u -0 ~ s oukonä Teboureslok "" .ierd- Souk-ArE Acoussah ute zorcurla --Gambetta Le Ke asMontesquiou n, Ain gifïda, o Dou Kadra' 00 \ IN SYsein,, * T BE 196 M oBRD -3KIR49 MEDITERRANVEAN SEA -- eBZERTE RON -_CAP BON Tabarka Gu/f of Tunis B6NE er BJA Menzel MEN T9R4 VL Gromnbolia IRON 5|DM SALEM o beui Hamnmamnet O0UK-AHRAS Wf GS31 Ulf of HDmmame/ EBEUR Maktur .-SOUSSE Monastir k MTneraE dKAIROUA sa Tebessal Mahdi ~ Ou ppelne FUrianaO SFAX KERKENNAH ISLANDS PHosHATEMahares PHVOSÅHA TE Djb La Skhirra Gulf of Gabbs Dbba GABkS Djerba MNGANESE Arrarn Zrzis Me'denine Ben , Gardan ECONOMIC MAP1 OF TUNISiA Roads Railways Bordj am amsLe Beuf : Dam in prospect Mineral deposits SSalt deposits Main mining a rea s Dry lakes and salt flats -Dra4 ed area fp Irrigated area 0 20 40 60 so 10oIMIles M - ---Oil pipeline AUGUST 1962 JBRD-1042 Tableau 2 Importations d engrais (en tonnen) Catågorie 1960 1961 1962 1963 1964 1965 1966 Engrais azot&s 12.016 12.798 13.511 26.284 25.008 16.513 20.132 Engrais phosphatås 240 69 - 351 71 - 1/ - 1/ Engrais potassiques 4.292 2.517 h.h98 5.145 6.513 1.750 3.547 Autres engrais 61 1.18 1.987 2.727 2.153 0 = Total des importations 17.009 16.802 19.996 34.507 33.745 18.373 23.679 1/ Quantit6 någligeable Source: Sous-Secråtariat d'Etat i l'Agriculture. Tableau 3 Estimation de l'emploi des engrais phosphatés 1960-1965 (on tonnes) a1.26. 1961 1962 16 196 1965 Production de phosphate. naturels 2.101.000 1.982.000 2.097.000 2.365.000 2.751.000 3.040.000 moins: Exportations de phosphates naturels 1.636.000 1.627.000 1.833.700 1.971.900 2.214.700 2.260.200 Estimation de l'utilisation int6rieure 465.000 355.000 263.300 393.100 536.300 779.800 Production de superphosphate. 150.000 160.000 173.000 184.0 199.000 320.000 moins: Exportations de superphosphates 111.900 156.700 115.100 _147.200 124.800 257.100 Estimation de l'amploi intirieur 38.100 3.300 57.900 36.800 74.200 62.900 SMURCES: Production -- Sous-Secr6tariat d'Etat i l'Agriculture Exportations -- Rapport 6conomique de la Banque, mars 1967, Vol. II, Tableau 39. Tableau 4 TUNISIE, Liste des projets agricoles Aide Projets Dépenss totales d'investissement financiêre (estimations) extérieure projets en projets en août cours proposés 1967 (on milliers de dinars) Irrigation et lutte contre les Inondations: OMVVM (Madjerda inférieure) 5.165 Néant Nebhana 20.000 Etats-Unis Lacs Collinaires 400 Allemagne de l'Ouest Oued Chiba 2.100 Néant Oued Lakhmes 2.600 Allemagne de l'Ouest Oued Masri 2.200 Allemagne de l'Ouest El Haouaria 1.300 Etas-Unis Puits peu profonds 3.300 Allemagne de l'Ouest Puits profonds 8.400 Allemagne de l'Ouest Reconversion des oasis 12.700 Allemagne de l'Ouest Oued El Abid (Haute Medjerd&) n.d. Néant Souk El Khemis-Souk El Arba (Haute Medjerda) 13.000 Néant Ghardimaou (Haute Medjerda) 14.000 Néant Lac Ichkeul 33.134 URSS (unique- ment études de justification économique) Oued Zeroud 1.200 Néant Agriculture: Coopératives de production (UCP) 17.200 BIRD Coopératives de production (UCP) 77.200 Néant Coopératives de polyculture 12.234 Néant Coopératives de service 6.970 Néant Formation des coopérateurs 1.078 Néant Sylvicultures Reboisement 2.566 Niant Exploitation des forêts 648 Néant Pécheries: Modernisation des pêcheries c8tières 6.050 Néant Source: Sous-Secrétariat d'Etat i l'Agriculture Tableau 5 TUNISIE: Superficie et dipenses d'investissement des projets .d'irrigation en cours (non compris la Medjerda inférieure) Dépenses moyennes Superficie Dépenses totales d'investissment Projet brute dtinvetissemnt i l'hectare (ha) (en millions de dinars) (en dinars) Nebhana 5.153 20,0 3.881 El Haouria 770 1,3 1.688 Oued Chiba 975 2,1 2.154 Oued Masri 2.500 2,2 880 Oued Lakhmes 1.6ho 2,6 1.585 Lacs Collinaires 300 0,4 1.333 Puits peu profonds 4.460 3,3 740 Puits profonds 14.483 8,4 573 30.281 Source: Chiffres calcul6s 4 partir de données fournies par le Sous-Secrtariat d'!tat 4 l'Agriculture Tableau 6 TUNISIE: Estimation des besoins suppluentaires en personnel agricole en 1971 - Projets en cours Fonctionnaires Directeurs chargé du Agents de développement de vulga- coopéra- Irrigation aaricole Assistants risation tives Medjerda inférieure (environ 10.000 ha) 8 10 20 - Projeta en cours (environ 20.000 ha) 16 20 40 - Oasis (environ 5.000 ha) 4 5 10 - Coopératives UCP (région du nord) (environ 400.000 ha) 24 60 100 400 Coopératives de polyculture (région du contre) (environ 1.400.000 ha) 16 32 140 400 Coopératives de service (Sahel) (environ 300.000 ha) 4 10 90 90 Total des besoins 72 137 400 890 1.427 Augmentation du personnel actuel qui est de 280 1.400 Note: Les estimations du personnel disponible varient souvent. Source: Chiffres préparés par la mission BIRD & partir de données founies par le Sous-Beerétariat d'Etat i l'Agriculture 引 ANNEXE 1 page EWýE4 DE PROJETS ET PROGRAMES AGRICOLES TUNISIE Développement de lIrrig!,tion dans le bassin intérieur de la Medjerda A. Les faits L'eau est assez peu abondante en Tunisie., la ?luviométrie ne dépasse 4M mm, par an que dans la région nord du pays.. a l'intérieur d'une zone large de 125 ka et longue de 225 km. Le cours de la Medjerda est tout entier dans cette zone,, et clest de loin le plus gros cours deau du pays. on a évalué le total des ressources annuelles de la Tunisie a 2.750 millions de mètres cubes d'eau, dont 2 milliards m3 d'eaux de surface 1/ A elle seuliu la Medjerdafournit la moitié de ces eaux de surface, soit environ un milliard de Metres cubes chaque année. La mise en valeur du bassin de ce neuve est donc d'une importance extrOme pour le pays. 2. L'Office de la Mine en Valeur de la Vallée de la Medjerda (ONVM organt.,ý autonome chargé de llexécution du projet, propose de procéder par tranches correspomiant aux diverses périodes du plan national, comme le montre le tableau 3. Pour le Plan quadriennal 1965-68., le coÛt de la tranche a été évalué a% 12-445.950 dinars. De ce total,, le montant correspondant directe- ment à l'irrigation de nouvelles terres (un total brut de 16.438 hectares) nlest que de 5.165.000 dinars., et il semble que le Gouvernement tunisien ne charche.pour le moment quta se procurer ce montant. Des investissements privés a réaliser simaltanément et consistant surtout en machines et bétail_, atteindraient 3.459.000 dinars. B. Emplacement etblimat 4. La carte no 1 montre le bassin que draine la Medjerda, ainsi que le périmètre attribué à 11OMVYM dont la surface est de 310.000 hectares. On évalue la portion irrigable dudit périmètre a 87.000 hectares (brut) mais., comme il a été dit plus hautj, on n'envisage pas d'en irriguer plus l/ Voir Réf. 1. on trouvera à la fin de cette annexe la liste des références. ANNEXE 1 page 2 de 46.000 hectares (brut) d'ici la fin du Plan décennal. C'est ce que l'on appelle le "Plan minimal" de mise en valeur de la val'ée inférieure. Il semble probable qut' faudra beaucoup d'années avant que le volume des eaux disponibles permette d'aller au-delà du Plan ninimal. 5. En dehors et en amont de la vallée inférieure de la Medjerda, il y a une superficie importante de terres irrigables. Il ne faudra pas négliger d'en tenir compte si l'on veut éviter des conséquences fâcheuses sur la vallée inférieure (diminution du volume des eaux disponibles et accroissement de la salinité). Sur la base des limites approximatives indiquées sur la carte No. 1 et des sous-régions inscrites au tableau 2, on admet que la superficie de la vallée supérieure est d'environ 33.000 hec- tares, celle de la vallée moyenne d'environ 7.000 hectares. 6. Dans le périmètre attribué à l'OPMVi, la pluviométrie moyenne annuelle évolue entre 400 et 500 mm. La plupart des pluies tombent pen- dant les mois d'hiver, donc de novembre à fin mars, et c'est là un facteur favorable car, si l'on a pris soin d'installer un drainage artificiel, il favorise le lessivage des sels. Les températures sont élevées l'été, elles sont basses en hiver. Il gèle fréquemment, sauf le long de la côte. Les vents sont souvent assez forts et causent parfois des dommages aux récoltes, aussi est-il essentiel, dans bien des cas, de protéger ces ré- coltes par des brise-vent. C. Travaux principaux Barrages pour la retenue des eaux 7. Il y a deux de ces barrages. Le premier est le barrage Nébeur sur l'oued Mellègue, l'autres le Ben Métir sur l'oued El Lil, affluent de l'oued Bou Heurtma. La carte no 1 montre leur emplacement. 8. Le barrage Nébeur a été terminé vers 1956 et a coûté 13,8 millions de dollars. Il est en béton. et en forme d'arc-boutant. Haut de 65 métres, sa capacité est de 300 millions de mètres cubes. Il comporte une petite centrale hydro-électrique d'une puissance de 8.000 Kw., dont on dit que la production annuelle est de 20 millions de Kwh. (Réf. 4, p.2). Il est une question qu'il faudra étudier plus à fond, celle du taux d'accumula- tion des boues dans le réservoir. 9. Le barrage Ben Métir a été terminé en 1948. L'eau de retenue est réservée en priorité à la ville de Tunis. Collectée sur 108 Km2, elle est amenée par un aqueduc d'environ 150 km de long. On pourrait en réserver un peu pour l'irrigation, mais seulement pendant les mois relativement humides de l'année. 10. On construit actuellement un barrage sur l'oued Kasseb. C'est l'URSS qui en assure le financement, et la construction a été confiée a une entreprise ymigoslave. La mission n'a pu savoir ce que sera le coût de ce barrage, ni quelles en sont les principales caractéristiques; mais on lui a dit que la retenue totale serait de 150 millions de m3, dont 80 millions utilisables. Il semble que le rendement serait de l'ordre de 65 millions ANNEXE 1 page 3 de m3 par an, dont 25 millions serviraient à approvisionner la ville de Tunis, les autres 40 millions de m3 étant destinés à l'irrigation. 11. La firme française Coyne et Bellier a entrepris l'étude d'un important barrage sur l'oued Bou Heurtma, mais l'on n'a pas encore fini d'étudier le bassin de cet oued (Réf. 5, p.3). On compte que le réservoir en question assurerait 160 millions de m3 utilisables et que son rendement annuel serait d'environ 55 millionsde m3 d'eau de bonne qualité. La mis- sion n'a pu savoir quelle serait la quantité réservée à la ville de Tunis ni celle qui serait disponible pour l'irrigation. Gr9ce à l'assistance technique bilatérale allemande, on procéde actuellement a une étude préli- minaJe d'une sous-région de la vallée supérieure, celle de Bou Salem. Comme le montre le tableau 2, cette sous-région a une superficie brute de 20.000 hectares, dont 15.000 environ ne peuvent gtre irrigués. L'étude dont il s'agit devrait être terminée d'ici un à deux mois, mais il faudra quelque neuf mois de plus pour terminer l'avant projet. Il est entendu que le rapport préliminaire proposera d'utiliser aussi d'autres moyens d'approvisionner en eau la zone de Bou Salem, dont le captage d'eaux sou- terraines et la construction d'un barrage-réservoir sur l'oued Rhezala, affluent de l'oued Bou Heurtma (voir carte no 1). A ce sujet, la Réf. 6 (page 65) dit que l'oued Bou Heurtma devra fournir de 40 à 50 millions de m3 d'eau par an pour remplacer celles de l'Oued Mellégue qui contiennent trop de sels. 12. L'International Engineering Company (IECO) a étudié 2 barrages à installer sur de petits affluents de la Medjerda dans la partie supérieure de la plaine de Ghardimaou. Celui du Rarai aurait une capacité totale de 43 millions de m3 et une hauteur de 66 mtres. Celui du Nemeur retiendrait 27 millions de m3 et serait haut de 46 mètres (voir Réf. 7). Il est un rapport récent (Réf. 8), qui propose d'irriguer une surface nette de 8.300 hectares dans la partie supérieure de la plaine de Ghardimon, grâce aux moyens suivants: le barrage du Rarai, un autre barrage qui détournerait les eaux de la Medjerda en amont de Ghardimacuet le forage de puits profonds. 13. Le plan quadriennal parle d'un barrage sur la Medjerda, prés de Ghardimaou,dont la capacité serait de 200 millions de m3 et le rendement annuel de 120 millions de m3. Il semble cependant que le lac de retenue s'étendrait sur territoire algérien. Nous ne savons jusqu'à quel point cette question a été étudiée. 14. Le plan quadriennal parle aussi d'autres réserves d'eau possibles. L'une, sur l'oued Béjà, aurait un rendement de 20 à 25 millions de m3 par an. D'autres, que fourniraient certains affluents situés sur la rive droite de la Medjerda, (oueds Meliz, Siliana et Tessa) auraient des rendements assez faibles et l'eau une haute teneur en sels. 15. Nous en venons maintenant i la possibilité de transvaser les eaux du lac Ichkeul. AMEXE 1 page 4 Le barrage de détournement d'El Aroussia 16. Cette importante construction a été terminée en 1956 et a coûté 7 millions 1/2 de dollars. Il comporte trois vannes hautes de 11 mètres et larges de 12 mètres. La centrale électrique qui y est adjointe ne compte qu'une seule turbine dont la capacité est de 4.500 Kw. Cette turbine ne peut fonctionner en juillet et août, les eaux étant alors trop basses. Elle recomience à tourner en septembre, mais seulement pendant la soirée. Le débit, à l'entrée du canal d'irrigation, est de 13 m3 par seconde. Les principaux canaux d'irrigation 17. Ces canaux, qui existent depuis 1958, sont le canal du nord, dont la capacité est de 6 m3 par seconde et la longueur de 30 km, et le canal du sud, sensiblement de m8me longueur et de capacité égale a 7,8 u3 par seconde. Il y a 6 stations principales de pompage dont la capacité varie de 333 à 980 litres par seconde. Elles aussi sont entrées en fonction en 1958. Lutte contre les crues de la Medjerda . 18. Les travaux déjà réalisés sont considérables. Si, de Tebourba à la mer, il n'y a que 50 km à vol d'oiseau, le cours de la Medjerda s'étend sur quelque 80 km. Ainsi, la pente est insuffisante pour que le débit puisse dépasser un volume que l'on évalue à 800 m3 par seconde sans que la rivière déborde. Les berges se situent en général a un niveau qui dépasse de 2 à 3 mètres celui des terres adjacentes. Ce sont dtabord les terres de la rive gauche qui sont inondées, et cela revient environ tous les 3 à 4 ans. Si le débit atteint quelque 1.200 m3 a la seconde, ce qui se produit tous les dix ans, les eaux se répandent sur la rive droite. 19. A la suite d'études exécutées sur un modèle dans un laboratoire hydraulique de Grenoble (France), un plan de lutte contre l'inondation a été dressé. Ce plan comportait aménagement du cours de la rivière, érection de digues et construction d'un canal destiné à évacuer plus directement le trop- plein dans la mer. Il prévoyait en outre le dragage des alluvions et leur dép8t dans certaines régions basses, proches de la côte, que l'on rendrait ainsi propres à la culture. Le travaux de construction nécessaires n'ont jusqu'a présent été exécutés que de façon intermittente. 20. Le reboisement et la conservation des sole font partie du plan d'action à long terme contre les crues. Drainage 21. Vu le taux élevé de salinité des eaux et parce que la nappe phréa- tique est souvent peu profonde dans le périmatre à irriguer, il est essentiel de créer un drainage artificiel par fossés profonds, au fond revîtu de tuiles d'argile cuite. Déjà environ 4.000 hectares sont ainsi drainés. D. Bref rappel historique 22. Les fonds déjà investis dans les gros travaux d'aménagement du ANNEXE 1 page 5 bassin inférieur de la Medjerda s'élevaient en 1959 a un total de 32,8 millions de dollars. Ils avaient été consacrés, a concurrence de 21,3 millions de dollars, à l'érection de barrages (ceux de Nébeur et d'El Aroussia, mais non compris celui de Ben Métir puisque son but principal était d'alimenter en eau la ville de Tunis). Le solde, soit 11,5 mil- lions de dollars, a été utilisé pour les catégories de travaux suivantes (Réf. 4, p.ll) : Canaux principaux 4,2 millions de dollars Canaux latéraux 2,9 " Adductions aux exploitations 0,3 " Drainage et lutte contre l'inondation 247 " Divers Total 11,5 23. A ce jour voici ce qui a été fait: Terres irriguées 16.161 hectares Développement de cultures sèches 7.730 " Conservation des sols 32.506 " Reboisement 6.5W0 " Total 62.897 " 24. Les 16.161 hectares mis en valeur par l'irrigation se répartissent ainsi: Terrains ayant fait l'objet d'un lotissement: (a) hectares irrigables (net) 5.932 (b) i non irrigables 1.100 Terrains exploités de façon communautaire: hectares irrigables (net) 635 Terrains en propriété privée: (a) hectares irrigables (net) 6.246 (b) " non irrigables 1.057 Routes et villages :1.191 Total 16.161 25. Le lotissement a provoqué la création de 957 lots. La super- ficie moyenne brute des lots est de 7 hectares, ce qui donne environ 6 hectares de terres cultivables (moyenne nette). Les 957 lots ont été répartis en 14 secteurs d'irrigation et sont groupés en coopératives. ANNEXE 1 page 6 26. C'est en 1960 que le premier lotissement, celui d'El Habibia, a été approvisionné en eau. Une étude exécutée en 1966 a montré que la valeur brute moyenne de la production annuelle était de l'ordre de 150 à 220 dinars par hectare et que chaque famille tirait de son lot, c'est-à-dire d'une superficie nette de 6 hectares consacrés à la culture des légumes, un revenue net d'environ 400 dinars par an (Réf. 2, p.60). Outre,son lot, chaque colon a obtenu une maison et une étable pouvant abriter quelques vaches. Le coût total de chaque lot, bâtiments compris, s'est élevé à 4.500 dinars, somme que le colon doit rembourser par versements mensuels s'étendant sur 20 ans. 27. Jusqu'à 1958, les travaux d'infrastructure ont été payés par le Couvernement français qui a utilisé a cette fin des fonds du Plan Marshall (Réf. 9, p.2). Il ne subsiste donc aucune dette afférente à ces travaux. Il y a plusieurs années, la Tunisie a obtenu du Koweit un prêt de 5,6 mil- lions de dollars dont on dit qu'il a été entièrement versé. La mission ignore quelles furent les conditions de cet emprunt. E. Les Sols et les Cultures 28. Sur presque toute la zone irrigable de la vallée inférieure, on a fait beaucoup de travaux de classification des sols en appliquant géné- ralement les normes du "Bureau of Reclamation" des Etats-Unis (Service de l'amélioration des sols). Le programme américain d'aide bilatérale a activement soutenu ces travaux. La Grontmij, firme hollandaise de consul- tants qutemploie l'OMVVM, y a également participé. Les sols ont été classés en 4 catégories, la première s'appliquant aux terres les meilleures et la quatrième aux terres les plus mauvaises (Rapport, Réf. 9). Le pédoloque qui a rédigé le rapport conclut que les sols de la zone aà irri- guer, dans le cadre du plan optimal, se répartissent à peu près de la façon suivante: catégorie 1 et 2 : 20% catégorie 3 : 40% catégorie 4 : 40% 29. Comme nous l'avons dit plus haut, c'est un total net de 10.967 hectares supplémentaires que l'on propose de doter de l'irrigation au cours du plan quadriennal. L'étude économique exécutée par la Grontmij a pris pour base le plan de culture suivant (Réf. 3) : légumes 2.888 hectares cultures fourragères 3.848 " arbres fruitiers 4.231 " Total 10.967 " 30. Sur les hectares consacrés à la production de légumes, il y aurait, en 6 ans, les 7 récoltes suivantes: artichauts: 2; melons et concombres: 1; tomates: 1; poivrons: 1; autres légumes: 1; blé: 1. Les rende- ments à l'hectare de la superficie consacrée aux cultures fourragères sont ANNEXE 1 page 7 évalués comme suit : 2.700 litres de lait et 320 kg de viande, ' quoi s'ajoute un excédent de production à vendre directement, évalué à 1.200 unités fourragères. Le verger serait composé d'abricotiers (40 pour cent), pêchers (10 pour cent), poiriers et pommiers (10 pour cent), oliviers (20 pour cent), et diverses autres espèces (20 pour cent). Selon le plan de culture actuel, la superficie assignée aux arbres fruitiers sera ainsi répartie grosso modo: arbres fruitiers: 1.281 hectares; légumes: 672 hectares; quelques milliers d'hectares plantés d'oliviers à faible rendement, et le reste sera en jachère ou ensemencé en céréales. Cepen- dant, parce que l'eau d'irrigation aura une assez haute teneur en sels et que - on le verra plus loin - la salinité risque d'augmenter encore, peut- 8tre faudra-t-il réviser le plan de culture et les rendements prévus quand on fera un nouvel examen. F. L'eau Les besoins 31. La Grontmij a évalué comme suit les quantités d'eau nécessaires: apport annuel apport maximum Cultures nécessaire nécessaire en m3 par ha. en litres par seconde et par ha. Légumes 9.000 0,6 Fourrages 7.300 0,7 Fourrages et légumes ensemble 10.000 0,6 Fruitiers 3.000 0,25 Fruitiers et légumes inter- calaires 6.000 o,43 32. En comparant certaines données relatives au projet Nebhana, on s'est aperçu qu'il existe une divergence d'opinion au sujet du volume d'eau que ce projet nécessite. Il y a certes accord sur le total nécessaire pour l'année entière; mais quand il s'agit de,la consommation de pointe requise mensuellement pour certaines cultures, on constate que l'évalua- tion de l'I.E.C.O. (qui a fourni les ingénieurs consultants du projet Nebhana) dépasse de 50 à 100 pour centcelle des techniciens de la sous- direction de l'Hydraulique et de l'Equipement rural de Tunisie (HER). Pour le volume d'eau à fournir aux diverses récoltes de chacune des deux sous-divisions principales du projet pendant la période de pointe, l'I.E.C.0. donne des chiffres supérieurs de 50 à 60 pour cent à ceux de la ER. Mais son chiffre ne dépasse plus que de 10 pour cent celui de la HER pour l'ensemble des deux sous-divisions (voir Réf. 10). Ce calcul du volume d'eau nécessaire par mois pendant la période de pointe est une affaire grave dans le cas de la Medjerda inférieure, non seulement parce qu'il faut savoir s'il y aura assez d'eau mais aussi en raison de la capacité des canaux d'adduction. Lorsqu'on envisage une adduction d'eau par tuyaux et l'arrosage par aspersion (comme c'est l cas pour une partie du bassin de la Medjerda inférieure et de la plaine de Ghardimaou), la ANNEXE 1 page 8 quanitié d'eau à fournir en période de pointe a une influence directe sur le montant à investir. C'est pourquoi il faudra étudier cette question plus avant. Ressources en eau 33. Lorsque, pendant les mois d'été, le débit de la Medjerda n'est plus que de quelques métres cubes par seconde, l'irrigation du bassin de la Medjerda inférieure se fera principalement grâce au réservoir de Nébeur, où l'eau a une teneur assez élevée en sels. Selon certaines observations faites au barrage d'El Aroussia, la salinité varie généralement de 2 à 3 grammes par litre de mai à septembre. Le maximum, soit 3,4 grammes par litre, a été observé en soût 1961. L'année 1966 passe pour avoir été plutot séche, mais l'on n'en a pas encore publié les données. 34. Il y a longtemps que l'on sait que les ressources en eau et la salinité sont des facteurs déterminants pour les vallées inférieure,. moyenne, et supérieure. On n'a cependant pas encore procédé à une étude systématique de ces facteurs. Cette étude devrait évidemment porter sur les quantités requises pour les divers périmètres irrigables, mais aussi sur les réservoirs actuels et futurs, et sur la façon de savoir comment faire fonctionner ces réservoirs pour maintenir la salinité à des niveaux que les différentes cultures puissent supporter. Le tableau 3 montre que l'on a fait quelqueeffort dans ce sens. Les données qu'il présente ont été extraites de calculs préliminaires exécutés par la HER. Il semble s'en dégager qu'il serait possible d'irriguer 21.000 hectares (net) dans la vallée inférieure, sous condition d'accepter un taux de salinité de 2 grammes par litre. Mais d'autres conditions importantes doivent être préalablement remplies, à savoir: (a) que l'on ait d'abord terminé divers réservoirs de la rive gauche dont sans doute les barrages des oueds Kasseb, Bou Heurtma et Béja. Mais l'on ignore la date à laquelle celui du Kasseb sera terminé. On ne sait pas non plus quelle quantité d'eau il assurera puisqu'il est possible qu'on en détourne une partie pour la ville de Tunis. L'état actuel des dispositions relatives au barrage du Bou Heurtma est mal connu et il en va de mgne pour celui que l'on propose de construire surl'oued Rhezala. Quant au barrage de la Béjà, il en est à l'état de proposition car aucune étude réelle n'a encore été entreprise. (b) que l'on puisse faire venir pendant le mois d'août 10 millions de m3 du projet d'aménagement du bassin du lac Ichkeul. Si les calculs pré- liminaires dont il a été questin ci-dessus montrent que l'adduction annuel- le po-terait sur h8 millions de m-3, il n'en reste pas moins que le projet du lac Ichlkeul n'a pas encore été coimencé et que -son coût très élevé fait douter quiil soit économiquement justifié. Enfin, aucune décision n'a en- core été prise quant àN la répartition des eaux qu'il procurerait; (c) que l'on n'irrigue pas plus de 5.000 ha dans la vallée moyenne et 7.000 dans la vpliée sunér::ieure. Pour ' e moment, on ignore quelle sera la superficie irriguée dans la va.lée moyenne, laquelle compte au total 7.000 ha soit probablement pas plus de 5.000 ha de superficie nette. Cependant, on s'occupe activement d'amener l'irrigation à des ANNEXE 1 page 9 coopératives installées dans la région de la moyenne Medjerda sur une superficie d'environ 2.000 ha (net). Selon un récent rapport (Réf. 11), l'eau serait pompée de la rivière. Les coopératives dont il s'agit sont financées partiellement par un prêt de la Banque auquel est lié un crédit de l'I.D.A. 1/ Pour ce qui est de la vallée supérieure, il a déjà été signalé que la zone irrigable dépasse de beaucoup 7.000 ha. 35. Les calculs préliminaires de la HER n'ont pas fait mention de la plaine de Ghardimaou. La mission a entendu dire qutil va bientot paraître un rapport de la société d'ingénieurs-conseils "Ralph M. Parsons, Inc.". Ce rapport conseillerait d'irriguer 2.500 ha de ladite plaine au moyen de puits forés profonds. Six de ces puits ont été récemment forés. Ils ont un giamètre de 56,25 cm (33,42 cm à l'âme du tube). Ils s'enfoncent a environ 100 mètres de profondeur et ont un débit de 110 litres à la . seconde d'eau de bonne qualité (moins de 0,50 gr de sels par litre) 2/. Grâce à la main-d'oeuvre locale, on a aménagé des canaux d'irrigation, simplement creusés dans le sol, qui sont entrés en fonction, de sorte qu'on irrigue plusieurs centaines d'hectares plantéo surtout en légumes. Une courte reconnaissance des lieux permet, semble-t-il, d'estimer assez pro- bable q'une irrigation de la plaine de Ghardimaaiutilisant uniquement la nappe phréatique, au moins pendant les mois difficiles de l'été, n'aurait guère d'effet sur le débit de la rivière en aval. Ce jugement se fonde sur le fait que l'eau pompée proviendrait alors de réserves d'eau souter- raines trop profondes pour qu'il s'en écoule grand chose pendant les mois d'été. Il y a environ dix-huit mois, la société Parsons a placé des appa- reils de mesure du débit de la rivière. Il semblerait donc possible, par l'étude des données ainsi recueillies, de déterminer les effets de l'irri- gation. Par contre, le rapport (Réf. 8) propose aussi d'irriguer une superficie beaucoup plus vaste - 8.300 ha (net) - en utilisant les eaux de surface. Une partie de ces eaux proviendrait des barrages de retenue, le reste serait amené directement du lit de la rivière. 3/ S'il en est ainsi, il y aurait évîdemment une beaucoup plus forte probabilité d'effets nuisibles sur le débit de la rivière en aval. Possibilité de récupérer les eaux usées des villes 36. Le périmètre de l'Ariana-Soukra, dont la superficie est de 500 ha et qui se trouve à l'intérieur du territoire placé sous l'autorité de l'OMVVM, emploie des eaux usées de la ville de Tunis pour -l'irrigation (Réf. 2, p.49). Il existe une évaluation selon laquelle on pourrait faire un emploi beaucoup plus considérable d'eaux usées car la quantité maximale qui pourrait être récupérée de toutes les villes du pays serait de l'ordre 1/ La Banque et l'I.D.A. n'ont pas encore approuvé le projet de pomper l'eau de la rivière. Il faut d'abord savoir s'il y en a suffisamment pendant la saison sèche. 2/ Pour ce qui est du rendement de la nappe d'eau souterraine, on a avancé deux chiffres : 13 et 30 millions de m3 par an. 3/ On propose d'y employer des tuyaux. ANNEXE 1 page 10 50 millions de m3 par an (Réf. 6, p.89). Vu le peu de distance qu'il y a de la Medjerda inférieure à la grande agglomération de Tunis, dont la population atteint presque 1 million dans la zone métropolitaine, il semble qu'il faudrait s'intéresser sans trop tarder à l'utilisation de cette res- source. Il paraît probable que les eaux usées de Tunis conviendraient bien à l'irrigation puisque cette ville est alimintée par le bassin de l'oued Bou Heurtma et que le degré de salinité devrait donc être faible. Il en coûterait peut-être cher de capter l'effluent des égouts; encore faudrait-il comparer ce coÛt à celui de barrages capables de fournir une quantité d'eau égale. En outre, ce captage présenterait un avantage sup- plémentaire: à l'heure actuelle les égouts de la ville se déversent dans la baie de Tunis à proximité de l'aéroport et rendent parfois l'atmosphère peu agréable. Le projet du lac Ichkeul 37. Le bassin du lac Ichkeul, qui se trouve au nord-ouest du Tunis et à peu de distance au sud-oeust de Bizerte (voir carte no 1), a une surface de 2.124 ai2 dans une région où la pluviométrie est relativement abondante. On a terminé en 1964 une étude préliminaire portant sur l'utilisation des eaux que capte ce bassin (Réf. 12). D'après ce rapport les eaux de surface atteignent 356 millions de m3 par an et plusieurs bar- rages permettraient d'en utiliser 70 pour cent, soit 210 millions de m3. Le rapport a donc proposé de construire quatre barrages d'une capacité totale de 276 millions de m3, dont 154 millions utilisables. On irrigue- rait ainsi 11.360 ha, tout en assurant l'approvisionnement des industries de Bizerte et de Menzel-Bourguiba. Il est question que la région de Bizerte- lienzel- Bourguiba devienne zone franche en vue d'y provoquer un développe- ment industriel important. C'est donc pour ces industries qu'il faudrait un approvisionnement en eau. Dans une première période on leur fournirait 22 millions de m3 par an et ce chiffre augmenterait ultérieurement. Plus tard le projet du lac Ichkeul alimenterait également la ville de Tunis, à concurrence de 28 millions de m3 dit le rapport. Mais pour qu'il en soit ainsi il sera nécessaire de créer une canaliaation d'environ 90 km de long et 1 m 1/2 de diamètre. On trouvera au tableau 4 les caractéristiques principales du projet dans sa période initiale, et l'on y verra que le coût total est évalué a environ 33 millions de dinars. 38. Le rapport de 1964 ne fait aucune allusion au captage des eaux du bassin du lac Ichkeul pour alimenter la vallée de la Medjerda inférieure. C'est pourtant une idée que les autorités tunisiennes étud .int maintenant très activement. Elle nécessiterait une canalisation d'm n 50 km de long, au sujet de laquelle une équipe de l'assistance technique russe va bientôt entreprendre des études préliminaires. On compte que ces études dureront six mois. Selon les calculs de la HER dont il a été question plus haut, c'est 48 millions de m3 que l'on transférerait ainsi chaque année d'un bassin à l'autre. G. L'action ultérieure - Ses exigences 39. Parce que les problèmes que pose la mise en valeur du bassin de la Medjerda sont très complexes et qu'il y a inter-dépendence étroite ANNEXE 1 page il entre les différentes parties dudit bassin, il serait imprudent d'en étudier une région séparément des autres. Il faut cependant reconnaître qu'il est des travaux que l'on peut entreprendre avant que l'on ait répondu a toutes les questions qui se posent, et qu'il est souhaitable de ne pas retarder indûment la poursuite de ce que l'on a déjà commencé en certains endroits. Toutes recommandations doivent donc tenir compte à la fois de la complexité des problèmes et de la nécessité de poursuivre l'oeuvre entre- prise. Ces deux facteurs vont être examinés ci-après. Etude du bassin de la Medjerda 40. Voilà longtemps que divers experts ont proposé une étude d'en- semble du bassin de la Medjerda. Parce que la demande d'eau va croissant et que la salinité pose des problèmes graves et complexes, cette étude parait a.la fois nécessaire et urgente. 41. Mais pour qu'elle soit valable,elle doit se préoccuper de l 'hydrologie, l'agriculture, et des conséquences économiques. C'est ainsi par exemple, qu'un programme de barrages coûteux ne doit pas se fonder uniquement sur leurs caractéristiques physiques et hydrologiques, mais rechercher aussi le moment où ils auront le maximum d'utilité économi- que et en fixer la date en conséquence. 42. La mise en place des différents moyens, tels que barrages de re- tenue, réseaux de tuyaux d'irrigation (comme dans la plaine de Ghardimaou) et canalisations d'un bassin à un autre (comme dans le cas du lac Ichkeul) en rendra inévitablement la gestion de plus en plus complexe au fil des ans. Il faudra donc des services compétents et suffisamment étoffés pour instal- ler les appareils de contr8le nécessaires (par exemple pour mesurer, de façon continue et où il le faut, le débit de la rivière, les niveaux de la nappe phréatique et de la salinité) et pour planifier le fonctionnement de l'en- semble du système. Des lors, l'équipe qui entreprendra l'étude du bassin devrait avoir pour tàche de prendre les premières mesures qui mèneront aà organiser les services dont il s'agit. 43. L'étude du bassin devrait durer environ 3 ans. Il est difficile d'en évaluer le coût dès maintenant car cette opération obligerait à aller a Tunis, d'une part pour voir par exemple quelles sont les ressources en personnel homologue et l'outillage disponible pour les mesures hydrologiques, d'autre part pour se renseigner sur l'état actuel des études afférentes aux divers barrages et nappes phréatiques. Cependant la dépense ne devrait pas dépasser 1 million de dollars et pourrait même peut-gtre descendre jusqu'à 500.000 dollars, étant bien entendu que ces chiffres laissent de caté le coût des importantes explorations à entreprendre sous terre au sujet des principaux barrages et des tuyaux d'adduction d'eau. Il serait possible de confier a la mission préliminaire que nous proposons ci-après, le soin de procéder à une évaluation plus précise du coût de l'étude et d'en élabo- rer le programme. ANNEXE 1 page 12 Préparation du projet relatif à la Medjerda inférieure. 44. Dans le cadre du Plan décennal, on a évalué à 29,2 millions de dinars les dépenses afférentes au développement de la Medjerda inférieure. Le détail en est donné au tableau 5. on remarquera que près de 6 millions de dinars ont été alloués à la conservation des sols et. au rebofsement, travail que l'on fait faire surtout à la main, afin de donner du travail aux chSmeurs. Dans le Plan quadriennal, la dépense prévue est de 12.46.0oo dinars (voir tableau 6). on évalue à 5.165.oo dinars le total des crédits concernant directement la zone irriguée à mettre en valeur pendant la durée du Plan (16.438 ha de surface brute, soit 10.967 hectares de surface nette). La mission a demandé quelle serait la part de ces investissements qui exigerait des devises étrangères, mais nos interlocuteurs n'avaient pas les chiffres. 45. On a évalué à 3.459.OOO dinars les investissements privés que réaliseraient propriétaires terriens et coopératives,et qui s'ajouteraient aux 5.165.000 dinars d'investissements publics. L'emploi des fonds privés serait le suivant (Réf. 3, p.V-7) : Dinars Nivellement des sols et fossés d'irrigation 53o.ooo Machines et outillage agricoles 695.000 Création de vergers 880.000 Achat de bétail 1.354.000 3.459.000 46. Le Plan quadriennal est en cours d'application depuis 1965, mais l'on n'a encore dépensé que 990.976 dinars (sur un budget de 12.446.000 dinars). Encore n'est-ce qu'une faible part de ces dépenses qui intéresse la nouvelle zone a irriguer. Par conséquent, le coûit du projet auquel le Gouvernement s'intéresse serait peu différent de celui qui figure dans la dernière colonne du tableau 6. Il se peut néanmoins que le financement effectif d'une tranche du projet finisse par s'en écarter, s'il faut par exemple renoncer à irriguer des sols de mauvaise qualité, ou s'il se trouve au contraire qu'il faille engager des frais supplémentaires. Autres facteurs dont il faut tenir compte 47. On dispose déjà d'une quantité considérable de chiffras et ren- seignements concernant le projet de la Medjerda inférieure. Beaucoup d'êtudes complémentaires doivent cependant être faites, en raison même de la complexité du projet et de la nécessité de choisir, à des fins de financement, une tranche du projet qui soit valable. En outre, pour qu'il soit possible de mettre au point les modalités d'un projet, il est indispensable qu'on accepte de ne pas dépasser un certain rythme de progres- sion dans la mise en valeur des vallées moyenne et supérieure. Et ce rythme lui-même, pour être précisé, exige des études et des entretiens avec les pouvoirs publics compétents. ANNEXE 1 page 13 48. La Banque Africaine de Developpement est en train d'examiner la possibilité de financer en partie la mise en valeur de la Medjerda inférieure. La BIRD prépare l'envoi d'une mission chargée de mettre au point et d'évaluer sur place un projet propre à faire l'objet d'un prêt. Outre l'étude des principaux problèmes qui se posent et la re- cherche d'un accord sur le rythme de développement des régions en amont de la rivière, il est des questions à étudier tout particulièrement pen- dant la préparation et l'évaluation de ce projet. Ce sont entre autres le plan des cultures, la commercialisation des récoltes, les modalités de gestion et les méthodes applicables aux travaux de construction. Une équipe de l'Unesco a passé plusieurs années en Tunisie à rechercher les cultures adaptées aux conditions de salinité que l'on rencontre dans la vallée de la Medjerda et dans d'autres parties du pays. Cette équipe a exprimé l'avis que plusieurs des cultures proposées risquent de ne pas convenir. Elle est par contre encourageante au sujet des fourrages et des artichauts; tout dépend de la nature des sols. Si, pour ce qui con- cerne la diminution de la salinité, les perspectives ne sont pas favorables, il peut être nécessaire de laisser de côté certaines zones, du moins jusqutà ce que l'on puisse raisonnablement compter sur la réalisation de certains barrages de retenue. 49. En matière de commercialisation et de prix, il faut noter que l'on se prépare maintenant à produire de gros tonnages d'artichauts ain- si que divers fruits, le tout étant surtout destiné à l'exportation. Il sera nécessaire d'examiner de près comment se présentent les perspecti- ves à cet égard. Comme il est question de consacrer une partie importan- te de la zone irriguée aux cultures fourragères, la production de viande et lait sera considérable. Dans leurs analyses économiques, les consul- tants de la Grontmij ont trouvé un taux de rendement interne de 19 pour cent. Mais leurs calculs ont eu pour point de départ le plan de cultures dont il a été rendu compte plus haut ainsi que les prix en vigueur à ce moment-là. S'il est exact qu'il y a, à peu de distance, le marché de Tunis pour les viandes et les produits laitiers, il semble bien qu'à l'heu- re actuelle la majorité des consommateurs appartiennent à la catégorie des revenus moyens. S'il en est ainsi, les cours s'établiraient en fonction du taux de saturation de la demande des consommateurs à revenu moyen. 50. l est hautement souhaitable tant pour le projet lui-même que pour faciliter les contrôles ultérieurs de l'institution qui aura consenti un prêt, que l'on mette en route dés le début une bonne comptabilité et une vérification des comptes satisfaisante. Il s'agirait de déterminer de fa- çon périodique (sans doute une fois par an) le rendement économique du pro- jet dans son ensemble et celui de la tranche ayant fait l'objet d'un finan- cement extérieur. 51. Enfin, en ce qui concerne les méthodes applicables aux travaux de construction, il y a lieu d'étudier plus avant les questions suivantes: a) la nature et l'importance des travaux d'infrastructure et d'aménagement des exploitations (tableau 6) n'incitaraient sans ANNEXE 1 page 1 doute pas les entrepreneurs internationaux à soumissionner. En ce cas, si le prêt ou crédit ne s'applique qu'aux dépen- ses en devises étrangères, son montant serait peu élevé. Si par contre il doit couvrir les coûts indirects d'origine étran- gère, il sera nécessaire d'élaborer une méthode rationnelle pour déterminer ces coÛts. b) le genre de canaux d'irrigation que lon compte adopter est le même que celui que l'on a appliqué jusqu'à présent. C'est le système des "canaux portes" où l'on utilise des éléments en .béton précontraint pour les canaux secondaires et tertiaires. Comme l'usine où l'on fabrique ces éléments existe déjà à proximité, il ne faut pas rejeter cette manière de procéder, qui dans d'autres conditions serait d'un coût élevé. Cependant, en ce qui concerne les canaux quaternaires où l'on propose des fossés creusés dans le sol ect revêtus de .héton, on épargnerait beaucoup d'argent en creusant ces canaux a main d'homme et en supprimant tout revêtement. Les infiltrations d'eau devraient en effet être négligeables puisque le taux d'utilisation des ca- naux quaternaires varie entre 1 jour sur 7 et 1 jour sur 14. H. Recommandations 52. (i) nl ne faut pas s'occuper de la mise en valeur d'une partie du bassin sans prendre en considération celle des autres parties. (ii) Il faudrait faire une étude de l'ensemble du bassin, étude dont le programme serait dressé par la mission de la BIRD dont il est question ci-dessous. (iii) En attendant les résultats de cette étude, il faudrait poursuivre une certaine mise en valeur de la Medjerda inférieure. Une mission de la BIRD viendrait en Tunisie étudier les données existantes, élaborer et évaluer un projet que la BIRD pourrait envisager de financer. (iv) La mise en valeur de la haute et moyenne Medjerda ne devrait continuer qu'à un rythme qui ne puisse nuire ni au développement de la Medjerda inférieure, ni à l'étude de l'ensemble du bassin de cette rivière. ANNEXE 1 page 15 Références 1. Exploitation des Eaux souterraines - Tunisie - R. Ambroggi FAO/PNUD juin 1967 2. Développement rural de la Basse Vallée de la Medjerda - Grontmij, juin 1967 3. Evaluation économique du Plan quadriennal pour la mise en valeur de la vallée de la Medjerda - Grontmij, décembre 1966 (en anglais) 4. Rapport préliminaire sur les sols et les possibilités d'irri- gation dans le cadre du Projet d'irrigation de la vallée de la Medjerda - Rodger B. Collons, décembre 1959 (en anglais) 5. Irrigation de la Plaine Sud-Est de Souk El Khemis - HER, octobre 1966 6. Plan Quadriennal, 1965-1968 : Secrétariat d'Etat au Plan et à l'Economie nationale. Vol. II, mai 1965 7. Projets de la Haute Medjerda. Rapport sur leur justification économique - International Engineering Co. avril 1967 (en anglais) 8. Haute Vallée de la edjerda; Aménagement hydro-agricole de la région de Ghardimaou. Direction de l'Hydraulique et de l'Equipement rural. juillet-août 1967 9. Rapport de Mission. octobre 1959 à juillet 1966. william J. Davis, U.S. AID (en anglais) 10. Rapport sur l'évaluation du projet de l'oued Nebhana - Inter- national Engineering Co. mai 1961 (en anglais) 11. U.C.P. du Nord - Projet B.I.R.D. Périmétres irrigables à partir des eaux de surface. Avant-projet. Mémoire explicatif. Direction HER. S/Direction du Génie rural (août 1967) 12. Schéma des Mesures hydro-bonificatives dans la région du lac Ichkeul. Comité d'Etat des Aménagements hydrauliques et d'Irri- gation agricole de la Rép. soc. d'Ukraine. Kiev, 1964. ANNEE 1 tableau 1 DEVELOPPEIUIT DE LA IEDJERDA INFERIEURE REGIONS (en hectares) SUPERFICIE IRRIGUEE brute nette Conserva- R6gien tion des Cultures super- Total super- Total totale sols et sèches ficie cumulé ficie cumulé Sd6ve- reboise- addi- addi- lopper ment tionnelle tionnelle Avant les Plans 28.435 22.500 667 5,268 5,268 3.816 3.816 Plan décennal Premier plan 34.462 16.506 7.063 10,893 16,161 8,942 12.758 triennal (1962-64) Plan qua- 78.028 58.440 3,150 16,438 35,599 10,967 23.725 driennal (1965-68) Deuxième Plan 53,458 4o.000 13.458 46,057 10,519 34.244 triennel (1969-71) Plan décennal 166.ooo 115.000 10.200 40,800 46,100 30,400 33,5001/ (en chiffres ronds) Projet minimal 191,50 137,500 10.900 46,100 33.5001/ (en chiffres ronds) Plan optimal 40,900 87.oo 29,500 63,000 (en chiffres ronds) 1/ Chiffre publié dans la Réf. 2(chiffres 12 et 13) ANNEXE 1 Tableau 2 ZONES IRRIGABLES DE LA VALLEE DE LA MEDJERDA (hectares) superficie superficie brute nette maximum inclus dans probable les études de projets VALLEE HAUTE 13,000 10,000 8,000 Ghardimaou Bou Salem 20,000 15.000 VALLEE MOYENNE Oued Zarga, Testour, Sloughia 3,000 2.000 Medjez El Bab 4.000 3.000 1,000 VALEE INFERIEURE Plan minimal 46.000 33.000 33,000 Plan optimal (augmenta- tion par rapport au plan minimal) 41.000 30.000 Totaux 127,000 93.000 Totaux, dans l'hypothèse ou l'on n'applique que le plan minimal dans la vallée inférieure: 86.000 63.000 ANINEXE 1 Tableau 3 VALLEE DE LA EDJERDA Quantités d'eau nécessaires et disponibles 1/ au mois d'août Quantités nécessaires Superficie Quantités Qualité de Zone nette d'eau. l'eau désirée (hectares)2/ (millions de m3) (grames par litre) Bou Salem 7.000 1 1,6 Vallée moyenne 5.000 8 2,4 Vallée inférieure 21.000 33 Pertes dues aux sels - 4 Total 33.000 56 Disponibilités Quantités Qualité de d'eau l'eau (millions de m3) (grammes par litre) Medjerda, étiage 5 3,5 Réservoir Hellègue 27 2,7 Réservoirs de rive gauche 14 0,6 Projet du lac Ichkeul 10 1,1 Total 56 1/ Ce tableau se fonde sur les calculs prélii4naires conuniqués sous forme de tableau par la Direction de l'Hydraulique et de l'Equipment Rural (HER) 2/ Chiffres retenus par la mission en fonction d'un besoin de 0,6 litre d'eau par seconde et par hectare, correspondant à 157 m de pluie dans le mois. ANNEKE i Tableau 4 PROJET DU LAC ICHKEUL Caractéristiques principales et coûts 1/ (coûts en milliers de dinars) Périmétres irrigués Superficie Coût en hectares Sedjenane 350 232 Djouvine 5.340 3,993 Menzel-Bourguiba 2.070 1.895 Mateur 2.200 1.695 Rhezala 650 336 Douimies 750 329 Totaux 11.360 8.480 Aménagement des Exploitations 4.336 Lutte contre les inondations (digues et correction du cours de la rivière) 2.871 Logements et bâtiments administratifs 1.558 Barrages de retenue capacité en millions de m3 Sedjenane, lére phase 118,0 4.200 Djoumine 136,0 8.050 Rhezala 10,5 741 Douimiss 10,8 600 276 13.591 Approvisionnement des industries en eau 22 millions de m3 par an pendant la lère phase 2.084 Centrale hydro-électrique 184 Total 33.134 2/ 1/ Extraits de la Réf. 10 pour la vari,nte No. 3 qui est celle que l'on conseille d'adopter. 2/ La Réf. 10 donne un total de 35.526.000 dinars. Mais elle a adopté la seconde phase pour le barrage de Sedjenane et pour l'approvisionnement en eau des industries. ANNEKE 1 tableau 5 DEVELOPPEMT DE LA MEDJEDA INFERIEURE Cots du Projet minimal (en .dinars - prix de 1960) Avant Plan Projet le Plan décennal minimal INVESTISSEEITS Etudes de base 165.000 341,300 506,300 Conservation des sols et reforestation 498.000 5,920,250 6.418,250 Périmétre à irriguer Infrastructure 1/ 2,822,300 9.865.100 12.687.oo Services publicl 2/ 783.500 5.817.700 6.601.200 Aménagement des exploita- tions 1.687.600 3.622.750 5.310.350 Bétail et semences 12.000 2.159.600 2.171.600 FRAIS D'EXPLOITATION Entretien, expérimentation et vulgarisation agricole 661.4oo 1.500.200 2.161.600 Total 6.629.800 29.226.900 35.856.700 1/ Lutte contre les inondations, canaux de drainage, réseau de canalisations pour l'irrigation (primaires, secondaires et tertiaires) routes. / entre@mrurau d'emploi, électrification, adduction d'eau à usage domestique, habitat rural. 3/ Canalisatimns quaternaires, fossés de drainage, nivellement, voies diaccès, étables. Le drainage de propirétés privéee n'intervient que pendant et après le Plan quadriennal. ANNEXE 1 tableau 6 IEVELOPPEMNT DE LA MEDJM!RD INFERIERE Budget afférent au Plan quadriennal (en milliers de dinars) Part pour Crédits laquelle l'aide budgétaires financière extérieure totaux est désirée 1/ Topographie et études pédologiques 172 85 172~~8 Développement agricole Expérimentations et parcelles servant aux démonstrations 145 Amélioration du cheptel bovin 940 Vulgarisation 343 1438 Infrastructure Conservation des sols 2.777 Gros travaux de drainage 750 423 Travaux d'irrigation 3.100 2.317 Routes 450 260 Centres ruraux 750 Entretien 250 8.077 3.000 Aménagement des exploitations 2/ Habitat 680 Drainage, nivellement, fossés d'irrigation et étables 2.080 2.080 2.76. 0 80 12.446 5.165 1/ Selon la Réf. 3, les chiffres de cette colonne représentant les investisse- ments qui concernent directement le périmètre additionnel a irriguer (16.438 ha de superficie brute, soit 10.967 ha de sperficie nette), pendant le Plan quadriennal. Comme il est dit dans le texte, il n'a pas été pos- sible de savoir les montants pour lesquels il faudra des devises étrangères. 2/ Il s'agit ici des terres mises en valeur par l'Etat et destinées aà être loties. L'aménagement d'autres types d'exploitation ne figure pas dans ce budget. ANNEXE 2 page 1 EXAMIN DES PROJETS ET PROGRAMES DU SECTEUR AGRICOLE TUINISIE Projets d'irrigation - En cours On trouvera dans cette Annexe la description de huit projets d'irrigation en cours d'exécution. Comme, dans la plupart des cas, l'aménagement est presque terminé, et que les responsables n'envisagent pas d'élargir les opérations au-delà du projet actuel, les auteurs en ont fait une description relativement brève. 1. Projet de Nebhana (a) Description du projet (i) Emplacement - La zone d'opérations est située dans les régions ctières au nord et au sud de Sousse. (ii) Superficie - Il s'agit d'irriguer, en tout, 5.153 ha, dont 1.350 ha seraient consacrés à la production de légumes, 970 à celle d'agrumes, et le reste, à celle d'abricots. Les périmètres d'irrigation ne sont pas concentrés, mais dispersés sur une superficie totale beaucoup plus étendue. (.iii) Etat actuel - La construction a débuté en 1962. Le barrage, distant de 80 kilomètres environ du aecteur d'irrigation le plus proche, a été achevé en 1966. La conduite qui le reliera aux périmètres d'irrigation mesurera au total environ 220 km; elle devrait être achevée en 1968. Les canalisations latérales et les canaux dans les exploitations devraient être achevés à la fin de 1969. La Sous-Direction des Grands Travaux (SDGT) est chargée de surveiller l'aménagement de ce projet. Elle a égale- ment étudié et préparé le projet en collaboration avec Coyne et Bellier, qui s'est vu confier les études du barrage, et SOGETHA- IECO (Etats-Unis), qui s'est chargé des études hydrauliques. (iv) Aspects techniques - Parmi les aspects techniques, il faut citer la construction d'un barrage qui permet d'emmagasiner 80 millions de m3, dont 27 millions de m3 serviront chaque année à l'irriga- tion. Une conduite partant du barrage apportera l'eau aux périmètres d'irrigation éloignés, mais les eaux accumulées ne seront pas suffisantes pour permettre d'irriguer toute la super- ficie prévue. De ce fait, les responsables prennent actuelle- ment leurs dispositions pour fournir 10 millions de m3 supplé- mentaires à partir de 12 puits. 500 ha environ seront dotés de canaux de drainage. AMEME 2 page 2 (b) Organisation et gestion Le fonctionnement et l'entretien du barrage et de la conduite doivent être confiés à la SDGT, et ceux des autres ouvrages d'irri- gation, a ces coopératives de service que l'on créera a cet objet. Les responsables n'ont pas encore pris de dispositions pour ren- forcer spécialement le personnel du service de vulgarisation dans les zones irriguées. (c) Estimation des dépenses On estime à l'heure actuelle le coût total du projet a environ 20 millions de dinars (38 millions de dollars), dont la moitié environ devra être réglé en devises. Cette somme comprend les dépenses de nivellement du sol, mais non celles d'aménagement des exploitations et de création des plantations. Les prix à facturer aux agricul- teurs pour l'eau fournie sont encore a l'étude. Les Etats-Unis ont fourni une contribution financière pour l'exécution de ce projet. 2. Projet de El Haouria (a) Description du projet (i) Emplacement - Les opérations se déroulent a l'extrém.té orientale du Cap Bon. (ii) Superficie - La zone totale d'opérations est de 770 ha, dont 600 ha pour la production de légumes et 170 ha pour celle d'agrumes. (iii) Etat actuel - La construction a commencé en 1965. Le secteur consacre aux agrumes est améoagé, et les périmetres destinés à la ,roduction de légumes devraient 'être en 1969. C 'est la SDGT qui s'est chargée des études et de la préparation du projet (en collaboration avec les services hydrauliques), ainsi que de la construction. (iv) Aspects techniques - Les travaux comprennent le forage de 22 puits, la construction d'une station de pompage, la création de routes, le nivellement du sol, et l'aménagement de brise- vent. La terre doit être irriguée par aspersion. (b) Organisation et gestion C'est la SDGT qui se chargerait d'entretenir et de faire fonctionner les pompes et les puits. L'entretien du reste de l'équipement d'irrigation incomberait à des coopératives de service et aux agri- culteurs privés. (c) Estimation des dépenses On estime la dépense totale à environ 1,3 million de dinars (2,5 millions de dollars), dont 25% en devises. Les Etats-Unis ont fourni une aide financière pour l'exécution de ce projet. ANN~EE 2 page 3 3. Projet de l'Oued Chiba (a) Description du projet (i) Emplacement - Les opérations se déroulent dans le Cap Bon, au nord-est de Nabeul. (ii) Superficie - La zone d'opérations comprend 500 ha destinés à la culture d'agrumes, et 475 ha à celle de légumes. (iii) Etat actuel - La construction a cominencé en 1961. La société d'études Coyne et Bellier a préparé un rapport sur le barrage, et la SDGT a également fourni des études du projet. (iv) Aspects techniques - Parmi les travaux du projet, figure la construction diun barrage avec un réservoir capable de fournir 3 millions de m3 d'eau par an. La construction de 12 puits permettrait d'ajouter 2 millions de m3 supplémentaires aux res- sources annuelles en eaux d'irrigation. L'ensemble compren- drait également une conduite de 30 km. L'irrigation se ferait par aspersion. (b) Organisation et gestion la SDGT se chargerait de gérer et d'entretenir le barrage et la conduite, mais ce sont des coopératives de service et/ou les agri- culteurs privés qui seraient responsables de l'entretien des puits et du petit équipement d'irrigation. Les responsables n'ont pas encore pris de dispositions particulières pour l'emploi d'un person- -el de vulgarisation et/ou la préparation des plans d'aménagement au niveau des exploitations. (c) 7tir<ion des dépenses Le Gouvernement tunisien finance entièrement la réalisation de ce projet. A l'heure actuelle on estime les dépenses totales à 2,1 millions de dinars (4 millions de dollars). 4. Projet de l'Oued Masri (a) Description du projet (i) Emplacement - La zone d'opérations est située dans la partie ouest- du ap Bon, a l'est de la ville de Grombalia. (ii) Superficie - Le projet vise à améliorer l'irrigation sur une superficie d'environ 2.500 ha. (iii) Etat actuel - La construction du barrage a débuté en 1964, et devrait gtre terminée à la fin de 1967. L'achavement des canaux secondaires est prévu pour le.début de 1969. -La SDGT, qui i exécuté les études initialès et préparé le projet, surveille ANEXE 2 page 4 la construction. La société d'études Coyne et Bellier s'est chargée des études qui on trait au barrage. (iv) Aspects techniques - Le système d'irrigation, dont le fonction- nement repose sur l'écoulement des eaux par gravité, tirera 3 millions de m3 d'eau dtun réservoir qui sera créé au moyen d'un barrage sur l'Oued Masri, et 3 millions de m3 supplémentaires de puits. Une conduite permettra de transporter l'eau d'irri- gation depuis le barrage jusqu'à la zone a irriguer, distante de 30 km. (b) Organisation et gestion Les responsables n'ont pas encore décidé quel serait l'organisme qui exécuterait les opérations nécessaires et se chargerait de l'entretien; ils n'ont pas encore achevé les plans pour la mise en valeur agricole du périmétre. (c) Estimation des dépenses On estime le coût total du projet à 2,2 millions de dinars (4,2 millions de dollars), dont environ 30% de dépenses en devises. L'Allemagne de l'Ouest finance 50% du coût total. 5. Projet de l'Ouad Lakhmes (a) Description du projet (i) Emplacement - Les opérations se déroulent à environ 120 km au sud-ouest de Tunis et 60 km au nord-ouest de Kairouan. (ii) Superficie - La zone totale d'opérations couvrira 1.640 ha, dont 740 ha seront plantés d'arbres fruitiers (abricotiers et pechers) êt 900 ha'utilisés pour un assolemeiti légumes/fourrage. (iii) Etat actuel - La construction a débuté en 1963. Le barrage a Kt¯ahven 1966, et les autres ouvrages doirent être ter- minés en 1968. La SCET a préparé les études qui avaient trait au barrage, et la -SDOT a effectué les autres. La SDGT s'est également charg& .as travaux de construction. (iv) Aspects techniques - L'aménagement du barrage en béton sur l'Oued Laèhmes permettra d'utiliser 5,5 millions de m3 par an. En outre, six puits doivent fournir 1,5 million de m3 supplémen- taires. Une conduite longue de 12 km transportera l'eau depuis le barrage jusqu'à la surface irriguée et des fossés a ciel ouvert assureront le drainage. L'irrigation se fera par as- persion. ANNEXoE 2 page5 (b) Organisation et gestion C'est la SDGT qui doit se charger de faire fonctionner et d'entre- tenir les principaux ouvrages; des coopératives de service seront responsables des installations d'irrigation mineurus. (c) Estimation des dépenses On estime le coÛt total du projet à 2,6 million de dinars, dont 600.000 dinars de dépenses en devises. L'Allemagne de l'Ouest finance ces dernières. 6. Projet des lacs collinaires (a) Description du projet (i) Emplacement - Le projet compreud la construction de barrages dans les collines qui se trouvent à proximité de Bizerte et dans le Cap Bon. (ii) Superficie - La zone totale d'opérations est de 300 ha, qui seront entièrement consacrés aux cultures mara'chéres. (iii) Etat actuel - La construction a commencé en 1962, et il est maintenant prévu qu'elle sera achevée en 1968. La SDGT a pris en charge la construction et la surveillance des travaux, ainsi que les études préparatoires. (iv) Aspects techniques - Le projet prévoit la construction de 5 barrages en terre - trois dans la région de Bizerte et deux dans celle du Cap Bon - et des canaux destinés à transporter l'eau aux surfaces irriguées. (b) Organisation et gestion Le fonctionnement et l'entretien des barrages ooront confiés à la SDGT; des coopératives de service se chargeront d'entretenir les autres ouvrages d'irrigation. Les responsables n'ont pas encore achevé les plans relatifs à l'équipement en personnel des services de vulgarisation et aux mesures propres a stimuler le développe- ment de l'horticulture. (c) Estimation des dépenses On estime le coût total du projet à environ 400.000 dinars (800.000 dollars), dont environ 30% devront être réglés en devises. L'Al- lemagne de l'Ouest finance à peu près 40% des dépenses totales. ANNEXE 2 page t 7. Projet des puits de surface (a) Description du projet (i) Brplacement - Les opérations se déroulent dans la région du Cap Bon et dans le gouvernorat de Bizerte. (ii) Superficie - La zone d'opérations est de 4.460 ha, oÙ les cul- tures ne répartissent de la manière suivante: agrumes: 440 ha; - arbres fruitiers: 502 ha; légumes: 1.368 ha; fourrage: 2.150 ha. (iii) Etat actuel - Les travaux devaient comencer en 1966. La Divi- sion de l'Hydraulique et de Mise en Valeur du Sous-Secr6tariat d'Etat à l'Agriculture doit installer les puits pour les agri- culteurs privées. C'est la Banque Nationale Agricole qui fournira le crédit destiné à appuyer cette activité. (iv) Asects techniques - Le projet comprend l'aménagement de 615 puits (d'une profondUrmoyenne de 15 m et d'un diamètre de 4 ml, de bassins réservoirs, de 495 pompes d'une capacité de 100 m par jour, de 120 pompes dtune capacité de 200 m3 par jour, et de canaux primaires et secondaires en béton. On fournirait égale- ment aux agriculteurs le crédit nécessaire pour aménager des plantations d'arbres fruitiers et acquérir du bétail. (b) Organisation et gestion L'exploitation et l'entretien seront à la charge des agriculteurs privés qui pourront se faire aider par les coopératives de service et/ou l'Office de Motoculture. Les responsables n'ont pris aucune décision quant au personnel nécessaire pour le service de vulgari- sation. (c) Estimation des dépenses On estime le colt total du projet, dépenses de mise en valeur agri- cole comprise, à 3,3 millions de dinars (6,3 millions de dollars), dont 740.000 dinars (1,4 million de dollars) de dépenses -en devises. LtAllemagne de l'Ouest finarnce environ 50% du codt total. Les agriculteurs devront rembourser en 20 ans, avec un intérgt de 3%, les prdta qui leur seront consentis. 8. Projet de puits profonde (a) Description du projet (i) 1nplacement - Ce programe concerne des périmètres situés dans la region du Cap Bon (Grombalia, Tafelloune, Tazoghrane, Takelsa), dans la plaine de Kairouan, dans la Tunisie du centre (Sbeitla- Hadjeb-El Aioun), et à Gafsa et Nefta. ANNEXE 2 page 7 (i) Superficie - Les surfaces à amênager sont les suivantes : Total Agrumes Fruits Légumes Fourrage (ha) Cap Bon Grombalia 1,740 350 350 635 405 Takelsa 359 150 135 36 38 Tafelloun 680 40 100 330 210 Tazoghrane 855 175 120 340 220 Total partiel 3.634 715 705 1.341 873 Plaine de Kairouan 6.434 - 2.870 1/ 184 3.380 Tunisie centrale. 4.415 - 2.056 156 2.203 2/ Gafsa, Nefta n.d. nd. n.d. Total 14.483 715 5.631 1.681 6.456 (iïii) Etat autuel - La Division de l'Hydraulique et de Mise en Valeur du Sous-Secrétariat à l'Agriculture se charge d'appliquer les différents programmes. Les travaux ont commencé à la fin de. 1966, et un tiers environ du projet est exécuté. Tous les travaux doivent être définitivement terminés a la fin,de 1968.. Le Sous-Secrétariat d'Etat à l'Agriculture n'a pas encore achevé toutes les études qu'il devait effectuer. Il a terminé les études pédologiques et bien avancé les études hydrologiques, mais n'a pas encore commencé les plans des tracés dfirrigation. (iv) Aspects techniques - Les programmes comprennent le forage de puits d'une profondeur maximale de 1.000 m chacun, la construction d'ouvrages connexes et de petits réservoirs d'eau, de canaux et de canaux latéraux, et le nivellement du sol. Le procédé d'ir- rigation reposerait sur l'écoulement des eaux par gravit4. (b) Organisation et gestion Les puits situés dans la région du Cap Bon sont destinés aux agricul- teurs privés, et ce sont des coopératives de service qui se char- geront de leur entretien. Les autres périmètres irrigués doivent être intégrés dans des coopératives de polyculture. 1/ Y compris 1.060 ha d'oliviers. 2/ Y compris 179 ha de blé, et 104 ha de légumineuses. ANNE 2 page b (c) Estimation .des dépenses On estime le coût total de ce programne à 8,4 millions de dinars (16 millions de dollars), dont 1,7 million de dinars (3,2 millions de dollars) de dépenses en devises. L'Allemagne de l'ouest finance environ 50% du coût. Les dépenses estimées par région sont les suivantes: Total .Dépenses Dépenses en en devises monnaie locale (millions de dinars) Cap Bon 1,9 0,4 1,5 Plaine de Kairouan 3,3 0,7 2,6 Tunisie centrale. 1,6 0,3 1,3 Gafsa 0,9 0,2 0,7 Nefta 0,7 0,1 o,6 Total 8,4 1,7 6,7 Source : Sous-Secrétariat dIEtat à l'Agriculture ANNEEE 3 page 1 EKAMEN DES PROJETS ET PROGRAMES DU SECTEUR AGRICOLE TUNISIE Projets d'irrigation - Envisagés 1. Projet du lac Ichkeul (a) Généralités La région du lac' Ichkeul est située au nord de la Tunisie, au sud de la ville de Bizerte. Ce lac est alimenté par de nombreux petits ruisseaux et cours d'eau, dont les principaux sont l'Oued Sedjenane et l'Oued Djoumine. La société soviétique UKRGUIPROVODKHOZ a pré- pare en 1964 une étude de justification économique. La zone d'opérations, qui couvre environ 50.400 ha, est située à proximité des grands centres de consommation de Bizerte et de la ville industrielle de Menzel Bourguiba. A- 1heure actuelle, 25.000 ha environ sont consacrés aux cultures annuelles 1.000 ha a la cul- ture d'arbres fruitiers, et 9.320 ha aux pâturages. Les .L>.000 ha restants sont improductifs. L'irrigation est le fait des seuls agri- culteurs privés, qui la pratiquent avec des moyens réduits, et la surface totale irriguée ne dépasse pas 300 ha. Les terres du périmètre appartiennent à quelque 3.000 agriculteurs, et la plupart des exploitations n'ont qu'une superficie de 5 à 10 ha en moyenne. La production insuffisante de fourrage entrave le développement de l'élevage. La région d'Ichkeul est située dans la zone de climat méditerranéen sub-tropical, avec des étés chauds et secs (30-310C) et des hivers frais et humides (7-90C). Les précipitations moyennes sont de 600 m., concentrées, pour la plupart, durant les mois d'hiver. La zone d'exé- cution du projet est située dans une plaine relativement plate qui borde le lac, et qui, à l'heure actuelle, se trouve fréquenment inondée l'hiver. (b) Description du projet Les auteurs de l'étude de justification économique ont étudié quatre manières possibles de développer l'irrigation dans cette zone. Les experts-conseils recommandent la solution qui consiste à cone- truire quatre barrages, avec une installation hydro-électrique (sur le barrage de l'Oued Sedjenane) d'une puissance de 1.200 W. Il y aurait 154 millions de m3 d'eau disponiblos, dont 108 millions de Y3 pour l'irrigation. On pourrait porter la superficie irriguée a 11,260 ha, et l'on protégerait 11.700 ha contre les crues. ANNEXE 3 page 2 Parmi les principaux travaux, il faut citer la construction de 4 barrages, de 32 km de conduites principales, de 27 km de canaux prin- cipaux, de 8 km de conduites primaires, de 22 lcm de canaux primaires, de canaux secondaires et tertiaires, d'ouvrages de défense contre les crues (digues et rectification des cours d'eau) d'une centrale bydro- électriqu-e d'habitations et de b9timents administratifs. Les res- ponsables n'ont fait aucune étude sur le drainage nécessaire. Le procédé d'irrigation reposerait sur l'écoulement des eaux par gravité. Bien que les responsables n'aient pas encore de plana arrêtés quant à l'organisation des cultivateurs, il est probable que la plupart des petits agriculteurs, propriétaires de 5 à 10 ha, seraient groupés en coopératives de production. Ceux qui détiennent plus de 30 ha devien- draient sans doute membres de coopératives de service. (c) Estimation des dépenses Sur la base des prix 1967, on a estimé ainsi le coût total de ce pro- jet: .principaux éléments et dépenses correspondantes (milliers de dinars) Barrages réservoirs 13.591 Canaux et autres ouvrages 8.480 Défense contres les crues 2.871 Aménagement des exploitations agricoles 4.336 Habitations et immeubles administratifs 1.588 Alimentation en eau industrielle 2.084 Centrale hydro-électrique 184 33.134 Ces estimations comprennent une provision pour imprévus de 10%. Les auteurs de l'étude de justification éconcniique recommandent d'étaler .la construction sur sept ans, avec des dépenses annuelles réparties de la manière suivants: le 2e 3e 4e 5e 6e 7e 2,2% 10% 18% 22% 22% 18% 7,8% (d) Organisation et gestion La SDGT, du Sous-Secrétariat d'Etat à l'Agriculture, se charge d'exé- cuter ce projet. On n'a pas encor- précisé quelle sera l'organisation future qui se verra confier le for ctionnement et l'entretien du système d'irrigation. AÈNEE 3 page 3 Les auteurs du rapport proposent d'irriguer 11.260 ha, compte tenu du fait que la nature des sols limite la surface irrigable. La solution recommandée permettrait de faire deux récoltes par an sur quelque 6.55o ha. Les différentes cultures, les rendements et la production sont les suivantes: PRODUCTION ET VALEUR Denrée Rendement/ Prix/tonne Super- Produc- Valeur ha-tonnes Dinars ficie tion Milliers ha tonnes de Dinars Agrumes 20 30 1.850 37.000 1.110 Olives h 60 1.000 4.000 240 Fruits 8 5o 350 3.4001/ 188 Raisins 6 50 200 3.6007/ 180 Artichauts l 50 2.286 25.146- 1.258 Tomates 30 15 616 18.480 277 Poivrons 15 ho 805 12.075 483 Autres légumes 15 30 1.788 27.160 573 l/ Y compris les cultures dérobées de fraisiers dans les oliveraies 2/ Y compris les cultures dérobées de vigne dans des oliveraies. En outre, un accroissement important de la production de fourrage permettrait d'augmenter sensiblement la productinn de bétail. Les agriculteurs élèveraient 8.000 bovins pour la production de lait et 16.000 pour celle de viande; les fourrages ainsi produits pourraient entretenir, en plus des bovins, environ 78.000 ovins. On estime que la production devrait atteindre 24.000 tonnes de lait, 1.120 tonnes de viande de boeuf, 285 tonnes de viande de mouton, et 105 tonnes de laine. (e) Avantages et justification Le projet rie semble pas être d'uu bon rendement économique. Pour compenser les dépenses d'investissement élevées - 2.350 dinars par hectare irrigué -, les responsables ont fait une place importante à la production de légumes. Qui plus est, ce prix de revient moyen par hectare ne comprend pas les dépenses de drainage. Comme la plu- part des sols de cette zone -sont lourds, et que l'eau s'y écoulo mal, il serait indispensable de construire des drains. L'accent mis sur la production d'agrumes et de légumes recd le projet plus intéressant, mais il pourrait être très difficile de coumercia- liser la production prévue. Telle qu'elle est envisagée, l'opération aurait un rendement brut de 7,2 millions de dinars par an, dont 5,8 millions de dinars proviendraient des cultures irriguées, 1,1 million ANIUME 3 page 4 de dinars, de la production des terres protégées contre les crues, et 300.000 dinars, de la production de bétail. Comme le prix de revient est élevé, et qu'il doit encore augmenter du fait des dépenses de drainage, des intérêts à verser durant la construction, et d'une provision pour imprévus accrue, il convien- drait d'étudier d'autres solutions pour mettre en valeur cette région. Les auteurs du rapport de justification économique mention- nent que des nappes aquifères, dont l'eau est de bonne qualité, existent sous les ressources en eaux souterraines déjà connues. Il conviendrait d'étudier plus avant 11 exploration etg ultérieurement, les possibilités d'exploitation de ces nappes aquiferes. La justification économique des projet d'irrigation repose actuelle- ment sur la production d'agrumes et de légumes; pour les rendre moins tributaires de ces deux cultures on pourrait envisager de créer à proximité du lac Ichkeul, une ferme pilote ou une station de recherche chargée d'étudier l'emploi éventuel de méthodes d'ir- rigation moins colteuses (c'est-à-dire de canaux creusés à la main et canaix latéraux alimentés par des puits tubulaires) et l'agrono- mie d.es céréales, du coton et de la betterave sucrière en culture irriguée. 2. Aménagement des oasis (a) Généralités Les oasis de Tunisie existent depuis des siècles; certaines d'entra elles, dans la partie aride au sud du pays, sont antérieures à l'époque romaine. One peut distinguer trois types d'oasis: (i) les oasis côtières de Gabès et de Zarzis; (ii) les oasis inter- médiaires distantes de 10 à 40 km de la côte; et (iii) les oasis continentales telles que celles de Gafsa, Tozeur et Eefta, profondé- ment enfoncées dans l'intérieur du pays. La hauteur des précipitations annuelles est comprise entre 90 et 175 mm, et la température moyenne, entre 19,3 et 21,30C. La topo- graphie des oasis est favorable à un développement de l'irrigation, car le terrain est généralement plat ou en pente douce, mais les sols sont généralement de qualité médiocre. Les sols sablonneux, d'une haute teneur en gypse (15 à 30%) prMcr-.nit, La salinité est très élevée, et la capacité de réteation dteau, faible. Les trois types d'oasis couvrent une superficie peu importante : 7.888 ha pour les oasis de Gabès, 857 ha pour celles de Medenine, et 6.843 ha pour celles de Gafsa. Les dattes et quelques fruits - bananes, raisins, agrumes, figues, grenades, abricots et olives - constituent l'essentiel de la production actuelle. Les cultivateurs ne peuvent produire qu'en irriguant ce qu'ils font à l'aide de méthodes et de systèmes archalques. ANEXE 3 page 5 Les responsables ont effectué des études topographiques qui portent sur une superficie totale de 11.900 ha, et des études détaillées des sola-- dont ils ont dressé la carte à léchelle du 1:10.000e et du 1:20.000e - qui couvrent 7.800 ha. Il existe quelques études hydro- logiques, qui intéressent 60% environ des oasis. Le Sous-Secrétariat d'Etat à l'Agriculture a préparé ces études en collaboration avec la SOGETHA. Il nia fait aucune étude détaillée sur la mise en valeur agricole ni sur lévaluation économique du projet. On a évalué à 736.000 dinara les fonda nécessaires pour parachever les études, mais aucune somme n'y a été consacrée depuis 1964. Ltad- ministration estime que son personnel pourrait terminer les études en deux ans, mais une aide extérieure serait probablement nécessaire pour pr&parer les études agricoles et économiques. (b) Description du projet L'exécution de ce projet permettrait de produire des primeurs dans les oasis c8tières, d'améliorer la production de bétail dans toutes les oasis; et dt accro'tre la production de dattes dans les oasis continen- tales. Elle susciterait une modification du régime foncier en intro- duisant une agriculture de coopératives, en entraînant 1'éclaircissage et la régénération des plantations de dattiers, et une meilleure ex- ploitation des ressources hydrauliTues grâce au remodelage des systèmes de canaux, au nivellement du sol, a l'emploi de procédés de drainage, et à l'emploi de ressources en eaux souterraines jusqu'ici inutilisées. Les travaux nécessaires comprendraient l'abattage mécanique des pal- miers, le forage de puits, la construction de canaux et de canaux latéraux, de fossés de drainage et le nivellement du sol. Les inves- tissements agricoles comprendraient les dépenses liées à 1faménagement de plantations de palmiers et d'arbres fruitiers, et aà la fourniture de bétail. Tous les systèmes d'irrigation seraient basés sur llécou- lement des eaux par gravité. Les besoins en eau ont été étudiés, mais pas de manière très -détaillée. Les auteurs de l'enquête présument qutil faudrait environ 11.000 m3/ha pour un assolement légumes-fourrage et 6.100 m3/ha pour la production de fourrage d'hiver. Ils estiment à environ 25% les pertes dues au transport de l'eau dans des canaux sans revêtement; ce taux semble faible, surtout dans les sols sablonneux. Il semblerait opportun dîinclure dans les études à effectuer une analyse détaillée des besoins en eau, des pertes en cours de transport et de l'efficacité de l'irri- gation. En ce qui concerne la qualité de l'eau, on peut dire -que les nappes aquifères actuellement exploitées sont très salines (6.000 ppm), mais qu'en raison de la grande perméabilité des sols sablonneux, les cultures choisies semblent tolérer cette teneur élevée en sel. L'un des problèmes les plus sérieux dans les oasis est celui du régime foncier. Les exploitations ont une superficie moyenne de quelque 0,3 ha. L'absenteisme-est fréquent, et de nombreuses petites parcelles ne sont pas cultivées. ANNEXE 3 page 6 La recherche agricole s'effectue actuellement sous les auspices de l'INRAT, sur des parcelles de démonstration situées à proximité de Gabès et à Tozeur. Les autorités ont également créé, à Tozeur, une station secondaire de 17 ha du projet UNESCO (utilisation des eaux salines), et entrepris, à proximité de Gabès et à Gafsa et à Nefta, de petites opérations pilotes. La vulgarisation agricole se limite à ces dernières. (c) Estimation des dépenses On évalue, très approximativement, à 8,6 millions de dinars le coût total, à l'exclusion des imprévus et des intérêts à verser durant la construction, mais études supplémentaires comprises. On estime à 1,7 million de dinars les besoins en devises. Il faudrait en outre 4,2 millions de dinars pour l'aménagement des plantations et le développement de l'agriculture. Le Gouvernement n'a pas évalué les dépenses en devises nécessaires au développement de l'agriculture, mais celles-ci pourraient être relativement élevées, car elles comprennent le coût d'éléments tels que les engrais, les produits antiparasitaires, et le défrichage mécanique du sol. Les dépenses estimées pour les trois différents types d'oasis sont les suivantes : ESTIMATION DrS DPENSES Projet Etudus Puits Irri- Drainage Dévelop- Total gation pement de l'agri- culture Groupe de Gabès 538 1.135 4.395 605 2.159 8.832 Groupe de Gafsa 181 343 825 240 1.771 3.360 Groupe de Medenine 18 15 199 82 217 531 737 1.493 5.419 927 4.147 12.723 On ne connait pas avec précision la durée de la période- d'aménagement. prévue, mais coze le personneli de vulgarisation fait .gravement dé% faut,, il est peu probable: que l'on puisse aménager plus de·5.000 ha an cours des quatre prochaines années. (d) Organisation et gestion C'est le Sous-Secrétariat d'Etat à l'Agriculture qui s;est chargé de préparer le projet. La mission n'a pu obtenir aucune information sur la mise en place le moment venu d'un organe chargé de gérer le projet et/ou des services de vulgarisation indispensables. ANEXE 3 page Y (e) Avantages et justification Le Gouvernement estime à 6,2 millions de dinars par an la valeur de la production totale, lorsque l'ensemble mis en place aura atteint son plein rendement. Après déduction de la production actuelle, qui est de 1,78 millions de dinars, et des dépenses de production, à l'exclusion des redevances pour l'eau fournie et la régénération, soit 1,8 millions de dinars, la valeur nette serait de 2,62 millions de dinars. (f) Conclusions et recommandations Le projet proposé mérite un examen plus approfondi. Il conviendrait de poursuivre les études, en mettant l'accent sur l'achévement des études hydrologiques, et en les coordonnant avec l'enquèteen cours sur les eaux souterraines. Cette dernière pourrait faire apparaltre la possibilité de cultiver des terres nouvelles, ce qui réduirait les pertes que la régénération des oasis existantes entraînerait du fait de la disparition de la production actuelle. Il conviendrait de mettre l'accent sur l'aménagement des oasis catières, parce qu'il serait possible d'y produire des primeurs, que les dattiers s'y développeraient plus rapidement, et que l'activitd touristique de la région c8tière assure de bons débouchés pour toutes sortes de productions de légumes et de bétail. Les auteurs des études qu'il reste i entreprendre devraient y inclure une analyse sur la commercialisation des légumes. Si les conclusions de cette enqugte et des études hydrologiques et pédologiques étaient favorables, on pourrait peut-8tre produire plus de légumes qu'il n'est actuellement prévu. 3. Projet de Ghardimaou (a) Généralités La plaine de Ghardimacuest située au nord-ouest de la Tunisie, à proximité de la frontière algérienne et a environ 40 km au sud de la mer Méditerranée. La plaine fait partie du bassin de la Medjerda et couvre une superficie brute d'environ 1,4.000 ha. Le fleuve prin- cipal est l'Oued Medjerda, qui a pour affluents les Oueds Rarai, Ilemeur, Hadjar, Hamman et Enja. Les précipitations annuelles sont de 448 mm en moyenne, dont 81% se ?roduisent durant les sept mois d'hiver. Le Sous-Secrétariat d'Etat a l'Agriculture a prégaré des études pédologiques et des cartes a l'échelle du 1:50.OO0 . A quelques exceptions près, les sols de la zone sont constitués d'argile ou de glaise argileuse lentement per- méables. La salinité et l'alcalinité ne posent pas de problèmes, et ne devraient pas ea poser après le début de l'irrigation. ANNEXE 3 page b Il existe des données hydrologiques sur le débit de la Medjerda, mais l'on n'a pas enregistré d'observations sur ses affluents. Des estimations, fondées sur des calculs de corrélation entre les précipitations et les pertes de précipitations, ont été faites pour la période 1930-1962. Il résul',e de ce calcul que le débit moyen annuel serait, en millions de m'i: Rarai 29,20 Nemeur 16,55 Hadjar 12,10 Hamman 7,'7i Medjerda 166,39 Les affluents que l'on compte utiliser pour exécuter ce projet ont une eau dont la qualité, en ce qui concerne la salinité, est bonne (527 ppm en moyenne), mais, en périodes de débit réduit, la salini- té de la Medjerda est de 1.660 ppm. On part de l'hypothèse que les affluents contiennent, en moyenne, 3 kg/m3 de matières en sus- pension. (b) Description du projet Il s'agirait d=c.guer une suiorficie nette de 8.300 ha don+ 5,850 ha seraient utilisés pour une irrigation intensive d'arbres fruitiers et de cultures maratchères et 2.450 ha recevraient une irrigation supplémentaire pour une rotation de betteraves à sucre. Ce projet a été établi à partir des études suivantes sur les ressources en eau: (i) Etude par l'International Engineering Company (IECO) des ressources en eau superficielle et des possibilités de construction de barrages; (ii) Etude par Parsons Eugineering des eaux souterraines; (iii) Estimation des eaux que peut fournir l'Oued Medjerda. On envisage dans ce projet d'utiliser différentes sources hydrau- liques qui sont: (i) Les eaux souterraines locales seraient utilisées pour augmenter l'irrigation dans les périmètres irrigués, ce qui réduirait le coiût de la construction de canaux et moyens de transport de l'eau. On estime que 25 forages produiraient chaque année de 20 à 22 millions de m3 d'eau; (ii) Un barrage sur l'oued Rarai permettrait d'emmagasiner 39 millions de m3 et d'eu libérer chaque année 24 millions; (iii) L'eau provenant de l'Oued Medjerda ne serait utilisée que pendant les mois de décembre à mai, époque où le degré de salinité serait inférieur à 1,5 gr par litre. On estime que la quantité moyenne d'eau que l'on pturrait tirer par an de l'Oued Medjerda se situerait aux environs de 12,3 ANNEXE 3 page 9 millions de m3; il serait possible de compenser les déficits possibles pendant les années de faible débit en puisant dans les eaux du barrage construit sur 10ued Rarai. La qualité moyenne des eaux résultant d'un -mêlange de toutes les sources utilisées serait inférieure à 1 gr. de salinité par litre. Les superficies cultivées seraient: Agrumes 2.100 ha Fruits divers 900 Cultures maratchères 2.850 Rotation de betteraves a sucre en hiver 2.450 Total 8.300 (c) Estimation des dApenses Sur la base des prix de 1966, les dépenses totales ont été esti- mées comme suit: Principaux éléments et dépenses correspondantes (en milliers de dinars) Barrage sur l'Oued Rarai D 6.200 Ouvrages de prise d1eau sur l'Oued Medjerda 280 Station de pompage pour l'eau de la Medjerda 170 Forages d'exploration 500 Réservoirs pour l'eSmagasinage journalier 240 Conduites d'irrigation 2.150 Distribution dans les périmètres irrigués 2.225 Amén£gement du terrain 1.230 Total partiel 12.995 Etudes, surveillnce des travaux, achat des terrains et divers 1.005 Total 14.000 Le coIt moyen par hectare équipé et aménagé est d'environ 1.700 dinars. (d) Organisation et gestion C'est le SDGT du Sous-Secrétariat d'Etat à l'Agriculture qui est chargé de l'exécution du projet dans sa phase actuelle. Il n'existe pas dans la description du projet de plan relatif i l'organisation future de la zone englobée dans le projet. On estime que l'exécution prendra huit ans, mais que l'irriga- tion pourrait commencer dans les pérrimtres irrigués dès les prwniires années des travaux et avant que ne soit terminé le ANNEXE 3 page 10 barrage sur l'Oued Rarai. Le début des travaux du barrage est prévu pour la quatrième année d'exécution du projet. (e) Avantages et justification Dans l'étude qui a été soumise à la mission les recettes annuel- les sont estimées à 3.180.000 dinars. Les frais d'amortissement, oi figure une provision pour le paiement de 1'intér6t à trois pour cent, s'élaveraient à820.000 dinars par an. Sur la base des hypothèsea retenues dans l'étude, la valeur ajoutée devrait se situer en moyenne a quelque l0 dinars à l'hectare lorsque les installations fonctionneront à plein rendement. (f) Recomandations Il faudrait pour prendre une décision définitive sur la mise en valeur complète de la zone à laquelle s'applique le projet, at- tendre les conclusions de l'étude de mise en valeur de l'ensemble du bassin de la Medjerda et dont nous avons recommandé l'exécu- tion. Du point de vue purement technique, on pourrait probable- ment commencer certains travaux sur les eaux souterraines avant que ne soit terminée l'étude sur l'ensemble du bassin, ces tra- vaux ne devant pas modifier les ressources en eau dans d'autres parties du bassin; mais m6me dans ce cas il est indispensable d'évaluer la justification économique de cette partie limitée du projet par des études plus approfondies. h. Pro,ets de Souk El Arba - Souk El Khemis - Sloughia (Haute et Moyenne Med,1erda) (a) Généralités Il y a, dans la région de la haute et de la moyenne Medjerda, deux autres projets possibles, dont l'un concerne la plaine de Souk El Arba et de Souk El Khemis (à l'est de la région de Ghardimaou) et l'autre le Couloir de Sloughia (à proximité des villes de Teatour et de Medjez el Bab). La mission n'a reçu ni rapports ni informations détaillées sur le projet relatif au Couloir de Sloughia. Couloir de Sloughia Il s'agirait d'irriguer environ 1,100 ha, dont 420 ha seraient plantés de p4chers, 380 d'abricotiers, et 300 de légumes. C'est la SDGT qui a étudié les aspects techniques du projet. Parmi ceux-ci, figurerait la construction-d'un petit barrage sur la Medjerda, et de stations de pompage. L'irrigation se ferait par aspersion. Les estimations approximatives du coft dont on dispose actuellement donnent à penser que le coûttotal serait dienviron 1 million de dinars, soit 910 dinars/ha. ANNMXE 3 page 11 Plaine de Souk El Arba - Souk El Khemis On pourrait irriguer, dans cette plaine, environ 18.000 ha au total. Llaménagement de l'irrigation se ferait en deux phasea: pour la première, qui concerne 2.100 ha, situés dans la partie est de la plaine, au sud-est de Souk El Khemis, l9Allemagne fê- dérale envisage déja d'en financer les travaux. Si la cons- truction débute en 1968, -le projet pourrait 6tre entièrement exécuté à la fin de 1969. La SDGT est actuellement chargée du projet dans sa totalité. Dans cette plaine, les précipitations sont d'environ 480-500 mm par an en moyenne, avec une pluviosité relativement élevée du- rant les mois d'hiver, -de novembre à mai. La température moyenne annuelle est de 17,9 Ob. La SDGT estime que les sols alluviaux se prdtent aux cultures envisagées, et elle a exclu les sols qu'elle considère comme trop lourde et trop difficiles à travail- 1er. Dans le rapport qu'elle a préparé, elle n'a donné aucune indication sur les propriétés chimiques et physiques des sols. - Il existe des relevés hydrologiques sur le débit de la Medjerda. (b) Description du projet Telle que la SDGT l'envisage, la première phase des travaux d'irrigation comprendrait la construction d'une installation de prise d'eau et d'une station de pompage sur la Medjerda, d'un canal principal, d'un barrage réservoir, de canaux, de systemes de drainage, de voies de desserte et de brise-vent. Le rapport recommande l'irrigation par aspersion. En ce qui concerne le projet densemble, les études pour la construction d'un barrium sur l'oued Bou Heurtma, qui devrait fournir 55 millions de m d'eau de bonne qualité par an, sont encore en cours. Les auteurs du programe de mise en valeur n'ont pas pris en considération les résultats de l'étude sur les eaux souterraines. En outre, ils n'ont pas pris en considération les conséquences possibles, pour la basse Medjerda (OMVM) d'une réduction du débit dgeau fra'che et d'un rejet accru, dans la Medjerda, d'eaux salines drainées. La société diétudes allemande "Agrartechnik" a effectué une étude de la plaine toute entière et des possibilités d'irrigation; le rapport devrait être prêt A la fin de 1967. La majorité de la plaine - 16.500 ha environ - serait consacrée à un assolement de betteraves sucrières, blé dur, blé tendre, et fourrage. La culture des agrumes occuperait quelque 500 ha,- et celle d'autres fruits (p8ches et abricots surtout), 1.000 ha. L'élevage, et notament l'engraissement du btail, -deviendrait une activit6 essentielle dans la zone d'opérations. ANNEXE 3 page 12 (c) Estimation des dépenses L'on n'a estimé que le coilt de la première phase des travaux; celui-ci serait, au total, mais à l'exclusion des imprévus et des intrdts durant la construction, de 1,11 million de dinars, soit 510 dinars par hectare. Il n'a pas été possible d'obtenir une décomposition en besoins en devises et monnaie locale. Il semble que l'estimation des rendements moyens - h-5 tonnes/ha pour le blé, 5-7 tonnes pour le fourrage et 30;-50 tonnes pour les betteraves à sucre - soit optimiste. Il ntexiste ni calculs ni justification-conmique, ni propositions quant à l'organisa- tion responsable. (d) Conclusions et recommandations C'est seulement en fonction des directives que fournirait une étude d'ensemble du bassin qu'il faudrait envisager la mise en valeur de la haute et moyenne Medjerda. 5. Projet de 1#Oued Zeroud (protection contre les inondations) (a) Généralités L'Oued Zeroud est lune des trois rivières qui traversent d'ouest en est la plaine de Kairouan, dans la région du Sahel tunisien. Il y a, dans la mêe région, deux autres rivières, qui sont lOued Merguellil et l'Oued Nebhana. Ces trois rivières inondent la plaine durant les mois d'hiver, lorsque de fortes pluies stabattent sur les chafhes de montagnes. Le Gouvernement tuni- sien a déjà commencé à aménager deux de ces trois rivières, l'Oued Nebhana et 110ued Marguellil, la construction des ou- vrages étant financée par les,v Etats-Unis. La SDGT prend en charge l'exécution du projet. (b) Descriptini du projet La soci6té d'études fran aise Coyne et Bellier a préparé une étude préliminaire en 196 . Dans cette étude, elle a analysé certains aspects techniques du barrage à construire, examiné les formations géologiques à l'emplacement du barrage, et esti- mé ltimportance des crues. Elle nla fourni ni analyse 6cono- mique des travaux proposés, ni indications sur l'importance de la superficie mise en valeur. Les travaux comprendraient la construction d'un barrage capable de retenir, durant la première phase, 420 millions de m3. En une seconde phase, on surélèverait le barrage de 50 à 6Q-métres, ce qui permettrait de retenir environ 755 millions de m-. ANNEXE 3 page 13 (c) Estimation des dépenses Les experts-conseils ont préparé une estimation trës approxima- tive des dépenses, qu'ils évaluent à 6,3 millions de dinars pour la premiere phase, et 2,1 millions de dinars supplémentaires pour la seconde. Ils n'ont pas -fait la répartition entre besoins en devises et en monnaie locale. (d) Conclusions et recommandations Il est très difficile destimer la nature des avantages que pro- curera le projet, car il eomITer que, la plupart du temps, les inonda. ions dans la plaine de Kairouan n'aient que des effets bénéfiques sur la production de blé. Les graves inondations qui pourraient endommager ou détruire les récoltes de blé, ne se produisent qu'une fois tous les dix ans. En tout état de cause, il convient de remarquer que le blé est une piètre culture pour cette région, puisque le rendement moyen dépasse rarement 400 kilos al lihectare. En outre, la justification économique du pro- jet semble plus que douteuse, car les experts pensent que le réservoir sera rapidement envasë: ils estiment sa durée de vie utile à 18 ou 20 ans seulement. Source: Sous-Secrétariat d'Etat à 1SAgriculture. ANNEXE h page 1 EKAMEI DES PROJETS ET PROGRAMS DU SECTEUR AGRICOLE TMIISIE Projeta agricoles - En cours Les deux projeta décrits dans cette Annexe sont actuellement en cours d'exécution. Un prêt de la H[RD et un crédit de 1'IDA ont permis d'exécuter le premier projet, et l'ensable mis en place vient de com- mencer à fonctionner, bien que beaucoup de coopératives qui en font partie aient êté organisées antérieurement. Pour ce qui est du second projet, il ne fait lobjet-daucune aide extérieure, et la Tunisie a commencé de 1 exécuter en 1964. On trouvera ci-dessous un bref aperçu de ces opérations. 1. Unités coopgratives de production (UCP) (a) Description du projet (i) eplacement -- Gouvernorats septentrionaux de Tunis, Bizerte, Beja, Djendouba, Le Kef et llabeul. (ii) Superficie -- 185.000 ha (consolidation) et 160.000 ha (création de nouvelles coopératives ; total: 345.000 ha. (iii) Objectifs -- Ce projet fait partie d'un proamne national dcennal, qui vise à regrouper dans un systeme de coopé- ratives puis à mettre en valeur un million dthectares situés dans la Tunisie du Nord et qui appartiennent a l'Etat ou à de petite propriétaires. Le blé devrait être la culture principale, a-laquelle s'ajouteront les cultures fourragéres et l'élevage. Les principales opérations com- prendront le remplacement de la jachère par des cultures fourragères, la création d'unités d'élevage centralisées pour la production de lait et/ou l'engraissement d'ovins et de bovins, la culture d'arbres fruitiers, et la culture irriguée de légumes dans quelques zones limitées. Dans ces coopératives, le revenu net annuel devrait passer de 12 dinars par hectare-à 27 dinars par hectare quand lamé- nagement sera terminé. Pour les coo-Pératives qui existent déjà, la valeur ajoutée par an devrait atteindre 2,8 mil- lions de çlinars. (iv) Programe d'aménagement -- Le programme d'aménagement se dWcompose en trois grandes parties. La premiêre consiste à consolider les 213 coopératives (environ 185.000 ha) créées avant 1966. La seconde consiste à établir quelque 160 nouvelles coopératives sur environ 160.000 ha entre septembre 1966 et septembre 1968. Enfin, on s'efforcera AMMEXE 4 page 2 de soutenir, durant la phase de pré-coopération, la pro- ductivité des eMploitations-qui appartiennent a l'Office des Terres Domaniales (OTD). La période d'aménagement devait durer quatre ans, mais coeme la mise en place du Bureau de contrdle (dont il est fait état ci-après) a présenté des difficultés, l'ezécution du projet a été retardée dfun an. Le Gou- vernement a cependant continué de créer des coopératives, et, à la fin de 1967, il en aura aménagé 370. Pour ltaider a exécuter le projet, la BIRD et lIDA ont con- senti, à partir de 1967, un prêt de 12 millions de dol- - lars et un crédit de 6 millions de dollars respectivement. (v) Aecte techniques -- Le remplacement escompté de la ja- chère par une pro uction de fourrage dans le système actuel de polyculture est un élément important du projet. Une station de recherche agricole et un centre d'élevage, déjà implantés dans la région, devraient obtenir quelques résultats techniques, et, le PEUD créera, en compliment diun projet antérieur de stations expérimentales en Tunisie du centre, deux stations de recherches dans la zone d'opé- rations. L'exécution du projet nécessitera l'emploi d'un outillage agricole moderne, et dlun équipement d'irrigation peu important. Les coopératives ont grand besoin de ba- timents agricoles et d'un fonde de crédit automatiquement renouvelable, qui financerait l'acquisition du bétail à engraisser. (b) Organisation et gestion (i) En principe, la division PAVA du Sous-Secrtariat d'Etat à l'Agriculture prend en charge la direction technige du programe de développement des coopératives. Mais 1 la demande de la Banque, le Gouvernement a également créé un Bureau exécutif de Contr6le, seul chargé de surveiller la gestion des coopératives du projet. Ce Bureau est placé sous la tutelle du Ministre de l'Agriculture, mais il est directement responsable devant une commission nationale pour la coopération agricole. (ii) Ce sont les commissaires régionaux au développement agrico- le qui sont chargés d'appliquer le projet. Un spécialiste du développement agricole et cinq ou six assistants pour chaque groupe de vingt coopératives doivent les aider. En outre, il doit y avoir un directeur par coopérative. (iii) Neuf experts venus de l'étranger (un économiste, 4 agronomes, et h sp6cialistes de la production animale) ont été nommés au Bureau de Contrôle, et, A l'heure actuelle, cinq de leurs ANNEXE 4 page 3 homologues Tunisiens travaillent avec eux. Ce Bureau examinera les rapports de justification économique prépa- r4s pour toutes les nouvelles coopratives, et les plans budg6taires des coopératives existantes. La Banque Na- tionale Agricole (TA) ne peut procéder a aucun décaisse- ment avant que le Bureau niait approuvé les programes d'investissement correspondant à chaque cooprative. (c) Estimation des dpenses Financement dont: Banque/IDA Total Dépenses en devises envisagé (millions de dollars) Coopratives existantes 9,8 1,9 4,2 Coopratives nouvelles 20,1 8,5 11,6 !ormes d'Etat 2»7 2_0 2,2 TOTAL 32,6 12,04 18.1/ Pourcentage 100 38,3 '5,2 1/ dont: bitiments agricoles 3,5 machines agricoles 9,6 équipement d'irrigation 3,s4 taureaux importés 0,1 études de justification économique 0,7 gestion TOTAL (d) Estimation des recettes (i) Diaprés les flux montaires prévus pour une cooprative type de 1.000 ha, le revenu net de chaque adhérent d«vrait s'élever à environ 40 dinars les premières années et at- teindre 250 dinars quand les-dlàemet productifs auront atteint leur plein rendement. Dans cette projection, les subventions sont déduites des capitaux investis, et le taux -dint6r4t retenu est un taux courant (6 pour cent par an). (ii) Les capitaux investis dans les nouvelles coopératives de- vraient avoir un taux de ren'tabilité annuel d'environ 10 pour cent, sur une durée de vie de 24 ans. .ANNER 4 page 4 (e) Etat actuel La Banque Nationale Agricole n'a encore procédé à aucun décais- sement, mais le Bureau de Contrdle a donné son accord pour que certains plans budgétaires faosent l'objet de crédits à court terme, crédits que la ENA doit financer sur ses ressources pro- pres. Les appels d'offres pour l'achat du matériel agricole ont été lancés. (f) Remarque0 et recomandations Comme il s'agit d'un projet en cours, dont la réalisation en est i ses débuts, la mission ne peut donner que ses premiires im- prissions sur les difficultés futures de fonctionnement qu'elle entrevoit. Il faut cependant mentionner que de nombreuses coo= pêratives, qu'elles soient nouvelles ou créées depuis longtemps, sont mal approvisionnées en eau pour le bétail. Cette carence est assez grave pour la production d'ovins et de bovins de boucherie mais, surtout, elle constitue sans aucun doute un facteur limitatif pour la production de lait. Le problème ne devrait pas être insurmontable. D'une manière générale, on peut obtenir de l'eau en creusant des puits ou en construisant de petite bassins pour emmagasiner les eaux de pluie en ruissel- lement, mais les indications et les conseils d'un personnel technique sont indispensables pour créer les installations. A cet égard, les techniciens que fournit le Bureau de Contrdle devraient pouvoir être d'un certain secours. Un autre probléne d'ordre général concerne le type de fourrage i utiliser pour remplacer la jachère. Le foin d'avoine et de vesce que les Tunisiens produisent courament en culture sèche fournit un fourrage de mauvaise qualité et il convient de faire des re- cherches supplémentaires pour trouver de meilleures solutions. Là encore, le personnel technique du Bureau de Contr8le pourrait apporter une contribution efficace en encourageant et en orien- tant ce type d'expérimentation. Si de meruses cvopfratives ont obtenu, jusqu'à présent, des reultatc mddiocres, c'est en grande partie parce que leurs dirigeants manquent d'expérience en matière de gestion de coo- p6ratives, et que les coopérateurs ne sont pas suffisament au courant des méthodes modernes. Certaines coopératives obtien- nent, pour les céréales, des rendements inférieurs a ceux des exploitations traditionnelles de la m4me région, et ceci en raison de 1finexpdrience des directeurs. Comme leurs membres répugnent à mettre leur bétail en commun, de nombreuses coopéra- tives ont des cheptels insuffisants, En fait, certaines dientre elles ont vendu leur fourrage au lieu de l'utiliser pour leurs propres troupeaux. Il semble que ce genre de situation s'expli- que davantage par un manque d'expérience des méthodes agricoles AI'!EXE h page 5 pratiques que par un défaut de formation théorique; il faut-donc 'efforcer de mieux inculquer les connaissances nécessaires. Les responsables pourraient concrétiser cet effort en fournis- sant plus de spécialistes du développement agricole et d'aooie- tante qu'ils ne l'envisagent actuellement, de manière a accrof- tre les possibilités de formation en cours d'emploi pour les jeunec dipldhés - à quelque niveau que ce soit - des écoles d'agriculture. Il apparaft également que le manque d'un per- sonnel de direction et de vulgarisation expérimenté pourrait accroftre le délai nécessaire pour porter la production des coopératives aux niveaux élevés actuellement prévus. 2. Coopratives de polyculture (région centrale) (a) Description du projet (i) Emplacement -- Gouvernorata de Le Kef, Kairouan, Kasserine, sse, Sfax, Gafsa (à l'exclusion de la région c8tière de Sousse-Sfax), et la région la plus -méridionale (précipita- tions inférieures à 300 am par an). (i) Superficie -- Deux millions d8hectares. (iii) Objectifs -- Ce projet vise à intensifier la production agricole en augmentant la production de certains fruits (olives, pistaches, amandes), en améliorant celle d'ovins (par l'adoption, par exeMple, diun système d'assolement dans la zone de pâturages), et en suscitant la création de petits périmétres irrigués (forage de puits). (iv) Procamea d'aména ement -- Il est prévu que le rythme de cation des coopératives sera de 100 unités par an (di- mension moyenne: 3.500 ha). Pour chaque groupe de 100 unités, les investissements s' étaleraient sur une période de 5 ans, soit, pour chacun des différents éléments: Année 1 2 3 4 5 Constitution des coopératives x x x Irrigation x x x Conservation du sol x x x x Plantation des cactus x x x Plantation des arbres fruitiers x x x x x ANNEIE h page 6i 66 coopératives fonctionnent-actuellement; elles couvrent 240.000 ha et comprennent 12.600 agriculteurs. Les opé- rations ont comnencé en 1964. (v) Aspects techniques -- D'après les prévisions, l'utilisation du sol se modIfIera de la manigre suivante: Pfturages Arbres Périmètres Cérdales Etensifs fruitiers irrigués Total -----------(p ou r ce n t a g e )- - - - - -- Situation actuelle 40 50 10 - 100 AprAs la période d'aménagement 24 50 25 1 100 L'introduction d'un système d'assolement dans la zone de pitturages -extensifs constitue la principale caractéristique technique. Cette zone serait divisée en blocs de 500 ha, subdivisé' à leur tour en 15 soles de pâturages, plus une parcelle plantée de cactus inerm- Cette dernikre constituerait une-zone de fourrage de réserve utilisable selon les besoins. La densité des animaux varierait de- 0,h à 0,5 ovins par ha selon les conditie climatiques. La production-de céréales se limiterait aux terrains les mieux adaptées. Les responsables s'efforceraient d'encou- rager l'emploi, pour la production de càrales, de tech- niques de culture modernes. Les coopératives consacre- raient les périmètres irriguées à la culture d'arbres fruitiers (60 pour cent), de fourrage.(35 pour cent et de denrées alimentaires (5 pour cent). (b) Organisation et gestion (i) Ctest la PAVA (Division de la Production et de la Vulga- risation), du Sous-Secrétariat d'Etat à l'Agriculture, qui dirige la préparation et le contr8le des opérations. Lfor- ganigrame ci-dessous indique les divers niveaux de res- ponsabilité pour la réalisation du projet: ANNE h page 7 Sous-Secrétariat d'Etat Ministère du Plan et à 1 Agriculturt Division des Finances P_AVA de la Coopération Gouvernorat: 1 Haut fonctionnare cha4 UR.i du dnreloppemâït agric e (formation, vu%garisation, (comptabilité, comercia- asaiz-tance tychnique) lisation) U.R.D. : 1 Adjoint ter-enique chargé du e ae agr co e 2/ pour 2 i.u. lug. 1 Assistant Coopérative: 1 Moniteur 1 Directeur d. coopéra- pour 2 coopératives tive par coopérative (ii) Pour chaque groupe de 100 coopératives, les besoins en per- sonnel seraient les suivants: h fonctionnaires chargés du développement agricole (un pour deux U.R.D.) 8 assistants (un par U.R.D.) 35 agents de vulgarisation (un pour trois coopératives) Si 100 coopératives sont créées tous les ans, les besoins totaux seront: Année 1 2 3 4h Fonctionnaires chargés du d6veloppement agricole 4 8 12 16 20 Assistants techniques 8 16 24 32 40 Moniteurs 35 70 105 140 175 1/ U.R.C.: union régionale des coopératives. 2/ U.L.C.: union locale de coopératives. 3/ U.R.D.: unité régionale de développement. AN~4 page»E (c) Estimation des dfpenses (i) Les dépenses d'investissement par hectare seraient les suivantes: (Dinars) Plantation des arbres (culture sèche) 160 Réseau d'irrigation 500 Plantation êQas arbres (culture irriguée) 400 Culture des cactus 50 Conservation des sols 10 On a-estimé ainsi les dépenses totales pour 100 unités (350.000 ha): Conser- Irrigaton vation Arbres Pian- PR- Maté- Ba^ti- des Cac- frui- ta- tura- Etudes riel ments sols tus tiers Réseau tions ges Total (miliers de dinars) Dépenses - totales 164 100 200 1.750 250 8.000 1.400 320 50 12.234 Dont: dépenses en devises 80 50 20 - - 500 420 60 10 1.140 Le Gouvernement financerait 85 pour cent des dépenses totales sous forme de subventions et de prêts aux coopératives. Les 15 pour cent restants feraient l'objet-d'un auto-finan- cement en nature (main-dfoeuvre familiale). (ii) Les dépenses annuelles renouvelables (pour 350.000 ha) comprendraient: Vulgarisation (subventions) (E:tnara) Fonctionnaires chargés du développement agricole 6.000 Assistants 8.000 Agents de vulgarisation 24.500 Total 38.500 A01EE h page 9 Des crédits a court terme financeraient les dépenses d'exploitation (pour 350.000 ha) à 1exclusion de la main-dqoeuvre familiale. Par types de cultures, on estime ces dépensas a: (Dinars) Arbres fruitiers 130.000 Cultures annuelles 80.000 Cultures fourragères 100.000 Total 310.000 (c) Estimation des recettes (pour 350.000 ha) On estime à 860.000 dinars la valeur ajoutée actuelle. Les au- teurs du projet estiment que 15 ans aprés i' amnagement, la valeur ajoutée atteindrait 3,9 millions de dinars, en grande partie à cause des planta- tions et cultures irriguées-nouvelles. L'emploi augmenterait de 1,2 mil- lion de journées de travail, (d) Stade de préparation (i) Les études portant sur 12 coopératives sur environ 62.000 ha (notamment à Le Kef, Sfax, Kairouan) sont déjà achevées. En outre, le projet du PNUD pour la Tunisie du centre a fourni les études de base pour la région de Kasserine et une partie de celle de Gafsa. (ii) Les études actuellement en cours ont trait à des cooprati- ves qui couvrent au total 600.000 ha, dont 370.000 ha sont encore sous la surveillance et la tutelle des Offices de Sidi Bou Zid et Souassis. Elles devaient être achevées pour la fin de 1967. (e) Remarques et recommandations (i) ce projet est en grande partie fondé sur l'ttude du PNUD qui proposait un programme intégré de développement pour la région du centre. Cette étude concernait un territoire de 2,2 millions d8hectares au total, et les investigations portaient sur trois r6gions qui ne couvraient que 900.000 ha, mais les études détaillées se limitaient à une seule de ces régions (Sbeitla-Hadjeb El Aioun). Les autoritCs ont cré, en 1965, une coopérative pilote dans le Gouvernorat de - Kasserine, et les premiers résultats ont été encourageants. Depuis quatre ans, dtautres opérations du PNUD - trois sta- tions chargées d'eMpérimenter différentes cultures dans les régions centrales - sont en cours; ces stations ont fourni un soutien technique au projet de planification du PINUD. ANNEXE 4 page 10 (ii) La méthode générale de mise en valeur proposée semble techniquement réalisable. Le Gouvernement est désireux de stimuler un certain développement dan cette région, afin d'empêcher les habitants d'émigrer vers le nord, déjà trés peupl6. Par ailleurs, la justification écono- mique du projet repose essentiellement sur une importante production supplémentaire dtolives et de pistaches. Compte tenu des tendances générales des mtportations d'olives, les perspectives en matière de prix ne sont pas particulièrenent brillantes. Pour les ventes exté- rieures de pistaches, les perspectives sont raisonnable- ment bonnes, à condition que les programes de développe- ment de cette culture ne soient pas excessifs. Or, il s' agit ici de glanter 100.000 ha, dont les arbres, une fois parvenus a maturité, produiraient 7.500 tonnes de pistaches, ce qui représente 60 pour cent du total du commerce mondial actuel (1966-67). (iii) Il est relativement facile de prévoir la création de 100 coopératives par an, mais il est beaucoup plus difficile de faire face à un programme dfaménagement qui porte sur environ 350.000 ha la première année, 700.000 ha la sui- vante et ainsi de suite. Les membres de la mission ont eu ltimpression que les fonctionnaires régionaux voulaient poursuivre à tout prix les objectifs ambitieux de ce plan, mais que le manque de personnel expérimenté avait empêché les coopératives existantes diatteindre le rythme d'expan- sion prévu. (iv) La mission estime re ce projet pourrait bénéficier d'un soutien financier a la condition que l'on donne la prio- rité aux zones où des périmètres d'irrigation sont déjà en voie de construction ou en fonctionnement, et que lon réduise d'environ 50 pour cent le rythme de création des coopératives, de manière à tenir compte des besoins en personnel pour dtautres opérations de mise en valeur en cours. Source: Sous-Secrétariat dfEtat a lAgriculture. AIEXE 5 page 1 EXAMEN DES PROJETS ET PROGRAMMES DU SECTEUR AGRICOLE TUNISIE Projets agricoles - envisagés On trouvera dans cette annexe une description rapide de trois pro- jets agricoles que la Tunisie a proposés pour une mise en oeuvre future. Les deux premiers ont trait à l'organisation et l'expannion des coopéra- tivea, et le troisième, à un projet d'assistance technique dont l'objet serait de faciliter l'exécution du programme de développement des coopé- ratives. 1. Expansion des unités coopératives de production (UCP) (a) Description du projet (i) EMplacement -- La zone d'opérations est située dans la ré- gion du nord, à Jendouba, Bou Salem, Haut Joumine, Menzel Bourguiba, Bou Arad, Le Sers, Djebel Abiod, Zaouiet Medien, Barbare. (ii) Superficie -- 100.000 ha par an> à partir de 1968, jusqu'à un total de 400.000 ha en 1972. (iii) Objectifs -- Ce projet fait suite au projet de création de coopératives en cours dans la région du nord, et serait exé- cuté suivant les mêmes principes. Son exécution susciterait un renouvellement des modes de culture, destiné à permettre d'incorporer l'élevage (c'est-a- dire une rotation céréales/ jachère/céréales), et à intégrer les secteurs traditionnel et moderne. Les auteurs du projet prévoient que 20 ans après l'aménagement, la production brute atteindra 400% de sa va- leur actuelle. (iv) Programme d'aménagement -- Comme les investissements s'é- talent sur cinq ans, pour chaque lot de 100.000 ha, la pé- riode totale d'aménagement serait de neuf ans. En d'autres termes, on créerait, chaque année pendant quatre ans, 100 coopératives (dimension moyenne: 1.000 ha par unité), et il faudraiLt cinq ans à chacune d'entre elles pour être en- tièrement aménagée. (v) Aspects techniques -- Les principaux changements prévus dans l'utilisation du sol sont les suivants: ANNm 5 page 2 Fourrage Arbres Péri- & lègu- frui- Patu- mètre 0ériales Jachére mineuses tiers Trages Lrrg6 htal --------- ---pourcnagè----------- ----- Situation actuelle 45 30 - 3 22 - 100 Après la période diamnnagement 39 6 12 19 22 2 100 (b) Organisation et gestion (i) La division de la production et de la vulgarisation (PAVA), du Sous-Secr6tariat d'Etat à lAgriculture, dirigerait la préparation et l'application du projet. La surveillance technique des coop6ratives lui serait également confiée. Oiest le Sous-Secrtariat d'Etat,aux Finances qui serait chargé de gérer les coopératives. (ii) En ce qui concerne les dotations en personnel, il y aurait un fonctionnaire chargé du développement agricole pour 15 ou 20 coopératives et un agent de vulgarisation pour 3 coopératives. Les besoins totaux pour exécuter le projet seraient: Année Fonctionnaire chargé du développement agricole 6 12 18 2h 30 moniteurs 40 80 120 160 200 (c) Estimation du cott et des tranches annuelles de dépenses (i) Pour une seule unité coopérative (1.000 ha), un estime les dépenses d'investissement as page Année 1 2 3 4 5 Total --------I--en d.fnare) --- -------- Btiment,s 2.700 2.700 - - - 5.400 Plantations 1.220 1.220 1.220 1.220 - 4.880 Pturages 1.265 1.265 1.265 1.265 - 5.060 Conservation des sols 1.800 1.800 1.800 1.800 1.800 9.000 Irrigation 7.950 - - - - 7.950 Matriel 25.600 - - - - 25.600 Animaux 600 - - - - 600 Total partiel 41.135 6.985 4.285 4.285 1.800 58.490 Auto-financement (main-d' oeuvre familiale) 10.830 Investissement total 69.320 On estime les dépenses totales pour l'ensemble du projet, qui porte sur 400.000 ha, à: Année 1 2 3 4 5 6 7 8 Total (Millions de dinars) Investissement 4,1 4,8 5,2 5,7 1,7 1,0 0,6 0,2 23,3 Main-dvoeuvre familiale h.3 Total 27 6 (ii) Les dépenses renouvelables coeprennent les subsides pour le traitement des fonctionnaires chargés du d6veloppement agricole et des agents de vulgarisation, et pour les dé- penses ammelles d'exploitation. Les auteurs du projet ont fixé les besoins en personnel a six fonctionnaires chargès du d6veloppeunt agricole et 40 moniteurs -ev :M.00 coopératives (oiest-a-dire 100.000 ha), et ils-esUment A 34.800 dinars le odt annuel de ce per- sonnel. Les dépenses d'exploitation pour lenemble du rojet passent de 1,1 million de dinars la premiére-année 5,2 millions de dinars à la vingt-et-uniène amne. ANNEXE 5 page 4 (d) Estimation des recettes Les auteurs du projet ont calculé les recettes, ainsi que les dépenses, d'après les estimations utilisées dans le projet de coopératives de production (UCP), actuellement en cours d'exé- cution et financé par la BIRD. Le taux de rentabilité prévu est donc comparable à celui de cette opération, c'est-à-dire 10%. (e) Stade de préparation Chaque unité coopérative de production (UCP) doit être créee dans une zone géographiquement homogène, dite URD (Unités régionales de développement). Les auteurs du projet ont déja identifié les URD, et, dans cette mesure, ont également indiqué l'emplacement des UCP. Des études sur les sols, l'hydrogéologie, et le régi- me foncier sont actuellement en cours; celles qui ont trait aux premiers 100.000 hectares devraient être achevées en mai 1968. (f) Remarques et recommandations Il semble peu opportun de commencer à élargir le programme de développement des coopératives dans la région du nord avant d'avoir convenablement aménagé les Coopératives de production (UCP) de l'opération en cours. Le succès de ce projet en cours d'exécution constitue un premier pas, et elle fournira des ren- seignements précieux pour une expansion ultérieure. La mission pense donc qu'il est peu probable que le développement, décrit ci-dessus, des Coopératives de production (UCP) puisse commencer avant 1970, et qu'avant cette date, les organismes concernés de- vraient consacrer tous leurs efforts à faire de l'expérience en cours une opération viable et productive. 2. Coopératives de service (Région de Sahel) (a) Description du projet (i) Epacemient -- Gouvernorat de Sousse. (ii) Superficie -- 300.000 ha. (iii) Objectifs -- Ce projet vise à accroitre et diversifier a production agricole grâce à une régénération des oli- veraies, que l'on obtiendrait en taillant les oliviers existants, en remplaçant certaines oliveraies et certains champs de céréales par des arbres fruitiers (abricotiers et amandiere), et par l'utilisation d'eaux souterraines pour l'irrigation. Chaque agriculteur continuerait à cul- tiver sa terre et à en récolter les produits, mais les coo- p6ratïe détermineraient les nouveaux modes d'exploita- ANNEXE 5 tion. Elles aideraient également le cultivateur en lui fournissant du crédit et des services de commercialisa- tion. (iv) Le programme de mise en valeur prévoit la création an- nuelle de 30 coopératives, couvrant environ 100.000 ha, pendant trois ans. L 'aménagement de chaque coopérative nécessiterait, pour chaque activité, le lape de temps estimé suivant: Régénération des oliveraies - 5 ans Plantation d'arbres fruitiers - 2 ans Irrigation - 2 ans Conservation des sols et pâturages- 2 ans Vingt de ces coopératives devraient être créées à la fin de 1967, mais, à l'époque où la mission s'est rendue en Tunisie, on n'avait pas encore commencé à exécuter le pro- jet. (v) La régénération des oliveraies existantea constitue l'une des principales caractéristiques techniques. Cette propo- sition est inspirée d'une expérience similaire entreprise en Libye, et les estimations ci-dessous sont établies à partir des données provenant de Libye. Production annuelle eepa- d'un olivier (pourcentage de la production potentiele) Année Nouvelle plantation R6gen6ration R6gén6ration (Libye) (Tunisie) 2 - - 3 - 10 - 4 - 20 5 8 5 78 34 9 8 17 45 100 93 70 100 100 Comme on peut lr voir dans le tableau ci-dessus, l'expérience poursuivie en Libye montre que l'on peut, à l'aide de métho- des de régénération qui comprennent un élagg rigoureux, a- mener les oliviers (présumés être si vieux que leur produc- tion est devenue négligeable) à produire à 100% au bout de 17 ans, alors qu'il faudrait 25 ans à des oliviers nouvelle- ANNEKE 5 page ô ment plantés pour atteindre ce niveau de production. La du- rée de la période réelle de régénération dépend de l'état primitif des arbres, et, pour les besoins de la prévision, les auteurs du projet présument qu'il faudra un peu plus de temps en Tunisie qu'en Libye pour obtenir un plein ren- dement (vingt ans). Ce projet encouragera également les coo- pérateurs à diversifier leur production, en leur permettant de planter des arbres fruitiers, d'irriguer leurs cultures et d'introduire un assolement des pâturages dans les zones de pa-. cage. Les principaux changements prévue dans l'utilisation du sol sont les suivants: Utilisation actuelle Utilisation future Différence - ---- --------------(P t Oliveraies 34,0 35,o +1,0 Arbres fruitiers 0,7 3,5 +2,8 Céréales 28,0 11,o -17 Irrigation 0,1 0,5 +0,4 Cactus - 3,5 +3,5 Pâturages 17,0 26,3 +9,3 Zone non-agricole 202 20 2 0 (b) Organisation et gestion La division PAVA prendrait en charge l'exécution du projet. Indépendamment du fonctionnaire régional (au niveau du Gou- vernorat), le personnel nécessaire à la fin de la troisième année serait de quatre fonctionnaires chargés du développe- ment agricole, de dix assistants (un par U.R.D.), et de 90 moniteurs (un par coopérative). (c) Estimation des coûts et tranches annuelles de dépenses (i) Pour les différents types d'activités, les investisse- ments, et leur répartition dans le temps seraient les suivants: page 7 Régé- Arbres Conser- ntra- Frui- Irri- vation Maté- tîon tiers gation Cactus du sol riel Total Dépenses totales 0,13 2,55 l,56 0,72 0,50 1,20 0,31 6,97 (millions de dinars) Dont: dépenses en 0,07 - 0,10 0,22 . - 0,16 O,55 devises (millions de dinars) Période d'inves- 2 il 6 4 5 4 3 - tlussement (années) ' (ii) Les dépenses renouvelables ont été estimées de manière à inclure le coût du personnel de vulgarisation et les dépenses annuelles d'exploitation. Le coût des fonction- naires chargés du développement agricole, des assistants, et des agents de vulgarisation s'élèverait à 80.50o di- nars par an. Les dépenses d'exploitation - que des cr6- dits à court terme devraient couvrir -comprendraient 180.000 dinars pour l'irrigation et 135.000 dinars pour l'entretien de l'équipement, soit au total 315.000 di- nars par an. La main-d'oeuvre appartenant à la famil- le des agriculteurs ferait face aux dépenses annuelles supplémentaires (entretien des plantations, élevage, travail nécessaire pour les cultures annuelles par exem- ple). (d) Les auteurs du projet envisagé estiment que la valeur ajoutée par les entreprises mises en place augmenterait deux fois et demie durant la durée de vie du projet. L'emploi dans la zo- ne dIrpérations augmenterait de 1.800.000 journées de travail. (e) Le Gouvernement a déjà terminé l'examen des grandes lignes 6- conomiques du projet, ainsi que des études détaillées portant sur une superficie de 90.000 ha (vingt coopératives); *1 a reçu de la SO0THA un inventaire des oliveraies situées dans la zone d'opérations. Des études de pédologie, d'hydrogéolo- gie, de conservation des sols, et diagronomie sont en cours pour 210.000 ha (soixante-dix coopératives) supplémentaires; ces études devraient être achevées à la fin de 1968 ou au dé- but de 1969. (f) Remarques et recommandations La Tunisie nfa actuellement aucune expérience en matière de régénération des oliveraies, mais les résultats obtenus en AMgME 5 page t8 Libye constituent probablement une indication raisonnable des possibilités réelles. Comparées aux données de Libye, les es- timations utilisées dans ce projet semblent prudentes. Par contre, si les respon,sables parviennent à accroître la produc- tion des oliveraies existantes jusqu'au niveau escompté, ils auront à faire face au problème que posera la commercialisa- tion de cette offre tunisienne supplémentaire; or les auteurs du projet n'ont pas tenu compte, pour estimer les recettes, des tendances futures du marché. Des techniciens de la FAO ont fait savoir à la mission que le projet était technique- ment réalisable, et son exécution pourrait contribuer à accroî- tre la productivité agricole dans la région du Sahel, oÙ les possibilités de diversification sont tout à fait limitées. Ce projet mérite donc d'être examiné attentivement; mais, comme il nécessite peu de devises, il est, du point de vue du Groupe Consultatif, relativement moins prioritaire. 3. Assistance technique pour aider los coopératives (a) Description du projet (i) Elacement -- Gouvernorat de Kasserine. (ii) SuDerficie -- Environ 600.000 ha. (iii) Ce projet vise à aider le Gouvernement à préparer des plar s détaillés pour quelque 150 coopératives de poly- culture, à donner aux coopérateurs une formation en matière de nivellement du sol, d'irrigation et d'éle- vage, à apprendre aux jeunes directeurs de coopératives les méthodes de gestion d'une exploitation agricole et l. comptabilité, et à fournir une assistance technique eux agronomes et aux moniteurs du. Gouver- nement dans la région de Kasserine. (iv) Le projet a été établi de manière à s'étendre sur une période de trois ans. (b) 2Wrgnisation et gestion Le centre des opérations serait situé dans la ville de Kasse- rine et l'équipe chargée du projet comprendrait onze experts. Un groupe de six experts (un agronome chevronné, un spécialiste de l'économie agricole, deux spécialistes de l'agriculture, un spécialiste de l'irrigation et un spécialiste de l'élevage) se chargeraient de planifier l'organisation des coopératives. Un second groupe, composé de cinq experts (trois agronomes, un spé- cialiste de l'élevage et un expert en gestion des exploitations agricoles) aiderait le Gouvernement à installer les coopérati- AINEXE 5 page. 9 ves et assisterait le personnel sur le terrain pour la vul- garisation. En outre, un groupe d'ouvriers qualifiés, d'un niveau équivalant à celui de contre-maitre, enseignerait aux coopérateurs, sous la surveillance des experts, les techni- ques de nivellement du terrain et les pratiques d'irrigation (cinq ouvriers qualifiés). (c) Estimation des dépenses L'exécution du projet coûterait, en tout, environ 2 millions de dollars, et, sur ce montant, la Tunisie demandera au PNUD de fournir environ 1,1 million de dollars pour les éléments suivants: Contribution demandée au PND Années Total (milliers de dollars) 1 2 3 Personnel 321 306 297 924 Bourses - 10 13 23 Matériel 45 10 20 75 Divers 18 19 19 56 Total 384 345 349 1.078 (d) Stade de préparation Le représentant résident des Nations Unies a reçu un avant- projet de requête, qui est à l'étude d'après les renseigne- ments reçus. (e) Remarques et recommandations La mission estime que ce projet mérite d'être hautement prio- ritaire, car il correspond bien aux recommandations qu'elle a faites à propos des besoins en assistance technique pour les coopératives. Il semble cependant que le rythme retenu pour aménager les coopératives soit ambitieux (600.000 ha en trois ans); il conviendrait probablement de le réviser, de manière à ce qu'il soit compatible avec les disponibilités en person- nel de direction et de contr8le expérimenté. Source- Sous-secrétariat d'Etat & l'Agriculture ANNEXE 6 Page 1 EXAM DES PROJETS ET PROGRAMMES DU SECTEUR AGRICOLE TUNISIE Projet de sylviculture - i cours 1. Projet de reboisement (a) Description du projet (i) Ewlacement -- La zone d'opérations se situe dans la r6gion des Mogods, et couvre la vallée de la Sedjenane (districts de Natur et Sedjenane, Gouvernorat de Bizerte). (ii) Superficie -- Environ 22.000 ha. (iii) Objectifs -- Le projet vise a développer des plantations dvarbres a croissance rapide dans une zone que couvrent a l'heure actuelle des taillis improductifs. La justifi- cation économique du projet repose sur la création d'une usine de pâte a papier (d'une capacité de 30.000 tonnes). (iv) Progran1e d'aménagement -- Les opérations sont déjà en cours. En 1966, quelque 8.000 ha étaient plantés, et le plan quadriennal en vigueur (1964-1968) avait pour objectif le reboisement de 8.000 ha supplémentaires. A l'heure actuelle, on plante 1.800 ha par an, mais les autorités prévoient encore qu'un total de 18.000 ha aura été reboisé à la fin de 1968. La superficie totale reboisable est de 40.000 ha, soit 22.000 ha supplémen- taires à aménager dans les sept années qui suivront 1968. Cet objectif implique que l'on reboise environ 3.200 ha par an durant la période qui suivra 1968. (v) Parmi les aspects techniques de cette opération, figurent le défrichage à la main des taillis, et la préparation des terres a l'aide de tracteurs et d'un labourage à la machine. la densité de jeunes plants est de 1.400 a 2.000 par hectare. Les engrais sont utilisés dans la plantation proche, qui est sarclée a la machine durant les deux premières années qui suivent la mise en terre. Des variétés d'eucalyptus occupent les trois-quarts environ de la superficie reboisée; pour le reste, il s'agit de variétés de pins. Il est démontré que toutes ces espèces ont une croissance rapide. En 1959, deux stations situées dans la zone d'opérations ont entrepris des essais, et le procédé de plantation a donné des ANNExE 6 Pag premiers résultats tout à fait encourageants. En ce qui concerne la production de jeunes plants, il sera néces- saire d'aménager deux pépinières, dont chacune produira deux millions d'unités par an. (b) Organisaticn et gestion Le Service des Forêts dirige les opérations en cours, et se chargerait de lélargissement qui en est envisagé. Le person- nel nécessaire serait: un spécialiste de la sylviculture, un agent forestier, trois assistants forestiers, et neuf gardes forestiers. Ce personnel est déjà disponible, et participe, à temps partiel, aux opérations en cours. (c) Estimation des coûts et tranches annuelles de dépenses Le Service des Forêts a préparé un document qui contient une estimation détaillée des dépenses, est:imation que l'on peut résumer de la façon suivante: 1. Investissements fonciers (par ha): Alignement et défrichage 25 dinars dont 2,5 en devises Préparation du sous-sol et labourage 35 dinars dont 25,0 en devises Jeunes plants 15 dinars dont 1,8 en devises Plantation 35 dinars dont 9,0 en devises Total 11 dinars dont 38,â en devises 2. Immeubles (logements): Total: 73.000 dinars, dont 26.400 dinars en devises. 3. Routes et infrastructure: 250 dinars par kilomètre de voies de desserte, dont"130inars en devises. 800 dinars par kilométre de routes principales, dont 445 dinars en devises. Durant la période de sept ans, on construirait quelque 220 km de voies de desserte et 25 km de routes principales. La répartition dans le temps des investissements totaux serait approximativement la suivante: ANNE]R 6 Page A n n e T 2 3 4 5 6 7 Total (milliers de dinars) Investissements fonciers 330 330 330 330 330 330 440 2,420 Immeubles 40 19 13 - - - - 72 Routes principales - - - 5 5 5 5 20 Voies de desserte 7 7 8 8 8 8 8 54 Total 377 356 351 343 343 343 453 2.566 Les auteurs du projet n'ont fait aucune estimation des frais de gestion; ils ont probablement présumé que ces frais étaient inclus dans le budget ordinaire du Service des Forêts, et que ce projet n'entrainerait aucune dêpense supplémentaire. Ils ont estimé les dépenses renouvelables à 7.500 dinars par an pour l'entretien et a 65.000 dinars par an pour les coûts d'exploitation après la douzième année suivant l'aménagement. (d) Estimation des recett3s Les auteurs du projet ont estimé que le bois, empilé le long de la route principale, atteindrait un prix moyen de 3,2 dinars au m3. A partir de la douzième année suivant l'amé- nagement, 3.000 ha environ seraient exploités, avec un rende- ment de l'ordre de 70 m3 a l'hectare. la production annuelle atteindrait ainsi une valeur de 672.000 dinars. (e) Stade de préparation On pourrait considérer ce projet comme étant en crurs d'exé- cution. (f) Remarques et recommandations Ce projet est destiné à alimenter une usine de pâte a papier d'une capacité de 30.000 tonnes; une telle usine, cependant, ne consommerait pas plus de 100.000 m3 de bois, alors que cette opération en produira environ 190.000 m3. Dans un rapport sur l'économie forestière en date du mois de juin 1966, la FAO note que le Gouvernement a également 19intention de créer une papeterie qui serait aliment5e en pâte dtalfa et de bois, la p9te de bois étant, les preriers temps, importée. la FAO ne donne aucune indication sur les dimensions de cette papeterie. D'après le plan quadriennal, la consommation interne de papier et de carton devrait passer de 24.000 tonnes ANNEXE 6 Page 4 en 1964 a 32.000 tonnes en 1971. Déduction faite du potentiel existant (c'est-à-dire d'une papeterie située à Kasserine), les besoins internes seraient de moins de 15.000 tonnes, qui se décomposeraient en quantités presque égales de papier Kraft, de papier d'impression, et de papier d'écriture. Pour produire ces qualités de papier, il faudrait mélanger une quantité importante de pate à longues fibres (environ 50%), obtenue a partir de variétés de Pinus. Compte tenu de ce renseignement, la mission n'est pas sûre que le projet soit techniquement et économiquement r6alisable dans les conditions actuelles. En outre, elle considère comme douteux le rythme prévu pour la plantation, qui semble extrêmement ambitieux. D'après l'expéri- ence d'autres pays, il semble que 2.000 ha par an dans une zone donnée soit la superficie maximale que l'on puisse aménager de façon convenable. En conclusion, et d'une manière générale, le projet ne semble pas être prometteur sous sa forme actuelle, et il ne mériterait un examen sérieux supplémentaire qu'après une étude plus approfondie des problèmes d'ordre industriel et commercial. Source: Sous-Secrétariat dtEtat a l'Agriculture. ANNEXE 7 Page 1 EXAMEN DES PROJETS ET PROGPAMES DU SECTEUR ACRICOLE TUNISIE Sylviculture-a-oa 1. Projet d'exploitation forestière (a) Description du proJet (i) Mlacement -- Les opérations se dérouleraient dans les régions de Jendouba, Le Kef et Kasserine. (ii) Superficie -- La zone d'opérations totale couvrirait 190.000 ha, soit, par type de bois d;oeuvre: 170.000 ha de Pinus Halepensis 15.000 ha de Quercus Mirbecki 5.000 ha de Pinus Pinaster Total 190.000 (iii) Etat actuel -- A l'heure actuelle, la production interne de bois d'oeuvre (20.000 m3) ne suffit pas à satisfaire la consommation interne (157.000 m3). La Tunisie importe pour environ 3,4 millions de dinars de bois traité. Les terres forestières ne sont pas bien exploitées, et les travaux et ouvrages préliminaires, tels qu'études sur l'exploitation des forêts (y compris les inventaires et la détermination de la périodicité des coupes), voies de desserte et infrastructure, manquent. En 1965, le Service des Forêts a entrepris des investigations qui comprenaient l'aménagement d'une certaine infrastructure (garde-feu, voies de desserte) et les études ont porté sur 80.000 ha. Sur la base de la production annuelle estimée A l'hectare (1,25 m3 pour le Quercus et 0,65 m3 pour le Pi,nus), on peut penser que les forêts de la zone d'opérations pro- duiront 133.000 m3 de bois par an, ce qui équivaut à environ 650.000 dinars. Une partie de cette production pourrait alimenter une usine de carton d'une capacité de 20.000 tonnes, que la Tunisie créerait avec l'aide financière de la SFI. L'exécution du projet envisagé s'étalerait sur quatre ans; elle consisterait, essentiel- lement, à acheter l'équipement nécessaire pour pouvoir atteindre les objectifs d'exploitation (de 65.000 m3 la première année A 130.000 m3 la quatrième année). ANNEME 7 Page 2 (iv) Aspects technique$ -- La réalisation du projet exige un équipement qui permettrait une exploitation semi- mécanisée. Lem opérations seraient: l'abattage, la premi.re transformation (ctest-à-dire écorçage et façonnage), le débitage., l'empilage et le balivage. (b) Organisation et gestion Le Service desForêts gërerait le projet avec trois sections techniques. La Finlande et l'Allemagne financeraient des centres de formation qui fourniraient des agents de vul- garisation spécialiss dans l'exploitation forestière. Après 1972, le Service des Forfts abandonnerait l'exploitation à des coopératives ou a un organisme spécial. Une coopérative pilote existe déjà dans la région de Le Kef, mais elle a obtenu des résultats médiocres, en raison d'une pénurie de main-d'oeuvre qualifiée. (c) Estimation des coûts et tranches annuelles de dépenses Les tranches annuelles de dépenses seraient les suivantes: Année Dépenses totales d'investis- 1 2 3 4 5 sement Dépenses dtinvestissement - matariei 94h 61,9 39,8 30,0 - 226,1 Dépenses d'eploitation - (main-d'oeuvre contractuelle) 40,0 64,8 80,0 80,0 80,0 344,8 (consommation productive, combustible, etc.) 93 13,0 18,2 18,2 18,2 7699 Total 143,7 139,7 138,0 128,2 98,2 6h7,8 Les dépenses d'exploitation ne comprennent pas le coût du personnel technique, coût que l'on peut approximativement estimer à environ h7.000 dinars par an. (d) Estimation des recettes Le m3 de bois abattu, façonné, et empilé vaudrait environ 2,5 dinars. Come le mètre cube de bois sur pied vaut environ un dinar, le profit serait d'environ 1,5 dinar par m3. Lorsque l'exploitation fonctionnera A plein régime, la production pourrait atteindre une valeur nette de 200.000 dinars par an. AMNXE 8 Page 1 EXAIEN DES PROJETS ET PROGRAMMES AGRICOLES TUNISIE Projet concernant la peche - présenté à la Banque 1. Plan de modernisation de la poche ctière (a) Description du projet (i) Lic -- 1dions de p8che ctigre en Tuniiaie (ii) Objet -- Le projet a pour but de remplacer la flotille actuelle d barcations i voile et à rames par 3.000 bateaux à moteur, afin d'accroitre la productivité, la valeur des prises et l'em- ploi de la main-dtoeuvre. Diaprés une enquête faite en 1963, la flotille de poche c8tière .comptait alors 486 bateaux à mo- teur, 401 barques à rames et 3.332 embarcations munies de voiles. Les nouveaux bateaux à moteur seraient construits en Tunisie. Les coques seraient en plastique, la matière première étant importée de 1étranger. Il y aurait trois séries de di- mensions différentes: 1.500 bateaux de 6 métres, moteur de Il à 13 CV équipage de trois hommes; 1.000 bateaux de 8 métres, moteur de 30 CV équipage de 4 ou 5 hommes 500 bateaux de 10 mètres, moteur de 50 CV équipage de six hommes. (iii) Plan dlaction -- Ces bateaux seraient construits dans-les chantirs navals de l'Office national des pâches (ONP). Le projet ne donne pas d1indications de temps quant à la cons- truction et i la mise.A 1eau des nouvelles embarcations. (b) Organisation et direction (i) Clest 110NP qui exécuterait le projet. Les bateaux seraient vendus aux pêcheurs à tempérament les échéances tant déduites du prix du poisson vendu par eux 1 l'ONP. Pour vaincre les résis- tances d8ordre psychologique, l NP achèterait aux pêcheurs l'em- barcation qu'ils possédent ddjà, ces achats étant subventionnés par lfEtat. . ANNEXE 8 Page 2 (c) Evaluation des coûts (i) Voici, selon les troix types de navires, A combien a été évalué le coût de la coque, du moteur et des appareils de poche ainsi que certaines dépenses variables: (en dinars) Coque Moteur Appareils Dépenses variables 6 métres 660 750 190 150 8 mètres 900 1000 300 250 10 mètres 1200 1200 500 400 La durée de vie utile est évaluée à 10 ans pour les coques, 5 ans pour les moteurs et 3 ans pour les appareils de pêche. (d) Evaluation des gains à attendre du projet (i) Les bénéfices à tirer de l'opération ont été évalués en fonction de données fournies par une coopérative de pêcheurs installée à Ghar El Melh. Sur cette base, on escompte que la quantité - moyenne de poisson prise par homme et par an passerait dienvi- ron 0,6 tonne en 1965 à 1,5 tonne grâce aux bateaux motorisés. Comme les lieux de pèche les meilleurs se trouvent au moins A 100 km de la r6te et que les bateaux à moteur permettraient aux pêcheurs d'aller travailler A cette distance, il est rai- - sonnable de compter que la productivité par homme augmenterait. En outre, on y trouve des espèces qui sont parmi les plus appré- ciées et qui peuvent être exportées. Ctest lA une autre don- née qui contribuerait à accroitre la valeur des prises de cha- que pêcheur. (ii) Une fois la flotille modernisée, il y aurait moins de bateaux de pêche que ce n'est le cas maintenant. Mais comme chaque embarcation aura en moyenne un équipage plus mmbreux, on compte que liopération se traduirait par une augmentation nette du nombre d8hommes employés dans la pêche c8tière. (e) Etat de la préparation du projet (i) Deux études générales ont été faites sur la pêche en Tunisiew L'une, par la Sogetha, est intitulée "Possibilité de dévelop- per le secteur de la pêche en Tunisie". L'autre, qui a été e:xcutée par la SCET en.collaboration avec-le B.C.E.O.M. a pour A)0IEZ 8 titre: "Un groupe diétudes pour le développement de la p8che". Il semble que ces travaux aient traité des perspectives g6né- rales quiouvrent à la Tunisie les ressources dont elle dispose en matière de p6che. Pour ce-qui est du projet, les données en sont encore très générales. Aussi faudra-t-il y consacrer encore beaucoup de travail d1évaluation économique et stattacher à régler des questions d'organisation et de gestion si lion veut démontrer que le projet est viable et obtenir une aide financière extérieure. Et cependant, les informations qutil a été possible d1obtenir donnent certainement i entendre que la pêche offre de bonnes perspectives. Elles n'indiquent pas clairement sil serait nécessaire de mettre en train.un programme de formation de pêcheurs ni, dans llaffirmative, comment on compte y pourvoir. (f) Commentaires (i) Puisqutil y a lieu de poursuivre la préparation du projet, - celui-ci ne saurait être pris en considération dès maintenant. Mais si les études ultdrieures montrent qulil est économiquement viable, et si lon peut l'organiser et en assurer la gestion avec la personnel actuel, -il pourrait être mis à exécution assez facilement. Source: Sous-Secrétariat diEtat à lSAgriculture. ANNEXE 9 page 1. EXAMEN IS PROJETS ET PROGRAMMES D SECTEUR AGRICOLE TUNISIE Estimation de l'assistance bilatérale agricole de la Tunisie 1. La mission a reçu du Gouvernement tunisien des renseignements sur l'aide économique que le pays reçoit de diverses sources, mais elle n'a pas cherché à vérifier ces renseignements par d'autres sources. Les chiffres ne donnent donc aucune indication de la nature générale et de la répartition de l'aide extérieure. Ils précisent l'importance et le genre d'aide que divers gouvernements et institutions internationales ont fournie ces deux dernières années 1965 et 1966. Pour l'aide reçue avant 1965, on ne trouvera qu'un total au 31 décembre 1964. Pour bien mettre en valeur les divers aspects de l'aide extérieure, les auteurs ont présenté les données de trois manières différentes, c'est-à-dire: l'aide bilatérale à l'agriculture sous forme de prêts et de crédits, (Ta- bleau 1); l'aide bilatérale à l'agriculture sous forme de dons, subven- tions, assistance technique et fonds de contrepartie (Tableau 2) et le personnel étranger travaillant dans des sous-secteurs agricoles en 1966 (Tableau 3). Pour chaque tableau, les auteurs ont donné quelques mots d'explication et recommandé la prudence dans les interprétations parce que les renseignements fournis à la mission n'étaient pas toujours com- parables et que les tableaux contiennent quelques chevauchements, omis- sions et contradictions. Pour toutes ces raisons, le lecteur doit se rap- peler que les chiffres indiqués peuvent seulement donner une impression très générale de l'aide étrangère fournie à la Tunisie. 2. On trouvera au Tableau 1 le montant des prêts et crédits consen- tis à l'agriculture tunisienne, qu'ils soient afférents à des projets ou destinés à l'acquisition de biens. Les prêts que les Etats-Unis consen- tent pour l'achat de produits destinés à l'agriculture font, en fait, par- tie de crédits plus importants et les montants indiqués sont donc des es- timations de la part des crédits que la Tunisie peut utiliser pour l'achat de produits servant à développer l'agriculture. Les sommes indiquées peu- vent, dans une certaine mesure, être inférieures à la réalité, parce que certains produits, qui n'ont pas été classés comme faisant partie du "prêt à l'agriculture", ont pu profiter indirectement au secteur agricole (lu- brifiants par exemple). Le Gouvernement de Tunisie n'a pas fourni d'esti- mation, per année civile, des décaissements effectués a ce jour au titre de ces prêts destinés à l'acquisition de biens, et les données que l'on peut cbtenir à partir de sources américaines sont établies sur la base de l'exercice financier des Etats-Unis. C'est pourquoi les auteurs n'ont in- diqué que la partie du prêt consacrée à l'agriculture. En ce qui concerne les décaissements au titre des prêts consentis par l'Allemagne, le Gouver- nement tunisien n'a fourni aucun renseignement pour les différentes années civiles, mais seulement un total pour la période allant jusqu'au 31 décem- bre 1966. ANNEXE 9 page 2 3. On trouvera au Tableau 2 toute l'aide extérieure à l'agricul- ture, en dehors des prêts et des crédits. L'aide que certains pays ont consentie se trouve minorée, du fait que la valeur monétaire indiquée ne comprend pas toujours les services du personnel technique fourni. En fait, certains pays et organismes (Finlande, Bulgarie, Pologne, Tchécoslovaquie, Yougoslavie, Canada, Suisse, Italie et l'Organisation des Nations Unies par exemple) ont fourni du personnel d'assistance tech- nique, mais le Gouvernement de Tunisie n'a pas noté la valeur monétaire correspondant à ses services. On ne trouvera donc rien au Tableau 2 pour ces pays. 4. Le Gouvernement de Tunisie n'a indiqué l'importance définitive des programmes d'aide que pour certains pays. Les montants correspondants à la "totalité du programme" ne figurent aux Tableaux 1 et 2 que lorsqu'ils ont été fournis à la mission. Les dépenses des Etats-Unis au titre de l'assistance technique n'ont pas été communiquées par année civile, mais on trouvera au Tableau 2 le total des dépenses au 31 décembre 1966. En ce qui concerne l'assistance technique française, les estimations indiquées sont les sommes convenues chaque année, plut5t que les décaissements rél- lement effectués durant l'année en question. Il se peut donc que ces dé- caissements se soient répartis sur une période plus longue que l'année in- diquée. 5. Enfin, les auteurs ont tenté, au Tableau 3, d'indiquer l'impor- tance et la répartition du personnel d'assistance technique qui a travail- lé en Tunisie en 1966. Les dépenses engagées au titre d'une partie de ce personnel étranger ont été financées par des fonds compris dans les esti- mations de l'assistance technique qui figurent au Tableau 2, mais, comme il a été noté au paragraphe 3 ci-dessus, les estimations financiéres de l'assistance technique par pays d'origine ne comprennent pas le coût des services de certains techniciens. En outre, il y avait, parmi le person- nel énuméré au Tableau 3, des techniciens que le Gouvernement de Tunisia avait engagés directement, et dont le coût ne faisgit pas partie des pro- grammes d'assistance technique de leur propre pays. Exception faite des estimations relatives au personnel d'assistance technique de l'Organisa- tion des Nations Unies, de la Suède et des Etats-Unis, les nationalités et les activités du personnel technique indiquées au Tableau 3 sont celles qui figurent dans les documients du Sous-Secrétariat d'Etat à l'Agriculture. Comme le personnel technique fourni par l'Organisation des Nations Unies, la Suède et les Etats-Unis n'est pas rétribué par l'intermédiaire du Gou- vernement tunisien, leurs noms et leurs occupations n'apparaissent pas dans les documents ofticiels. Pour cette raison, les estimations du nom- bre des techniciens fournis par l'ONU, la Suède et les Etats-Unis ont été faites a partir de renseignements provenant directement de ces trois sour- ces. TISIE: Aide bilatdrale pour les projets agricoles Ammm 9 PrftS et cridIte Totalité du program Montante utilisée Montante utilisé montante utilies au 31/12/6à en 19fl en 1966 Danemark (Couronnes (pollare) (Couronue (Dollar) (Dbllare) (Couromen (Dollar@) danoisea> aoss)dinB )dnie Matériel de réfrigération Matériel pour la production de lait et de fromage Mat6riel agricole Total partiel Alleamme CK) (Dola4.) l ) O3be (UN) (Dollare) (EK) (Dollars) Construction de 3 barrages Port de pécha de Mahdia Eaux d'irrigation et eau potable Irrigation en Tunisie du nord Barrage de Bir M'Cherga Total partiel Kowelt (Dinars du (Dollars) (Dinaref u (Dinarm du (Dollar%) (Dinars du (Dollars) Projet de la basse Medherda - Total partiel ln bétail Total partiel Suède (couronne. (am) L V (OMM (bu ) (Courom (Dollars) Port de pèche de Keliba Etude du Cap Bon Total partiel Débuté en 1967 Total dépensé au 31/12/66 Y compris des dépenses pour l'aénagemnt de l'aérodrome de Djerba Accord signé en 1967. Sources Gouvernement tunisien TUNISIE: Aide bilatérale pour les projets agricoles NUE 9 Tableau 1 Prats et crédits Page 2 Totalité du programme Montants utilisés ýMontants utilisée Montants utilisée au31/02=6 en 1965 en 1966 Etats-Unis (DIllars) --- Ibars) (Dollars) (Dollars) Prats et crédits pour des projeta Nebhana BNA Eau potable Matériel agricole Collège de Chott Maria Reboisement - ErM Bank Matériel hydraulique - EXIM Pompes - EXIM Total partiel Equipement Tracteurs Fournitures agricoles Machin:s agricoles Fournitures agricoles Engrais, insecticides Pompes Matériel pour le forage de puits Total partiel U.R.S.S. (Roubles) (Dollars) (Roubles) (De)a. (Roubles) (Dollars) (Roubles) (Dllars) Barrage sur l'Oued Kasseb Lac Ichkeul (recherche, études, construction du barrage) Total partiel Yougoslavie (Dollars (Dollars) (Dollars) (Dollars) Abattoir eEllouhoum 165 tracteurs 10 bateaux de poche Pompes, conduites et matériel de forage pour l'irrigation Total partiel Débuté en 1967 Sources Gouvernement tunisien. ANEE 9 TUNIIEM Aide bilatérale à l'agriculture Pag 1 Dans. subvention. ansistance technige et tM de &..t»Parti- Tôtalit6 du rogr Montante Utilisés neM utiliaI montante utilis o &M 33/12/6 en 19y5 en 16 (Dînam (I ) (Dinarn (Dol2ae) (Kn Wrs (Dollar) (DinaW (Dollar) as) EßTrim ns) Tm-roanm) IE :) Autriche Protection des végétaux Total partiel Belgique (France ) (rmm (Dollars) (F (Dollan) (Prancs (Dollar@) Ferme pilote pour la production Total partiel France (Franco) (Dlers) (Prie) (Dollars) ( ) (Dollars) (France) (Dollars) Assistance technique, 1959-1964t Matériel Etudes Personnel BDPA - Equipement scolaire Centre de Génie Rural de l'ENSAT Etudes de défense ot ntre les crues Mission française de productiviti Etudes sur l'eau potable de Tunis Professeurs d'agriculture BDPA Professeurs adj oints d'agriculture INRAT - Fournitures de laboratoire Collège d'agriculture - fournitures Oued Nebhana Total partiel Allemagne (i) (Dollars) (1à) (Dollars) () (Dollars) (li4) (Dollars) Fonds de contre-parties Engrais, semences, bétail Autre assistance tochniquet: Projet d'El Habibia (pépinière) Projet de Bejaoua (élevage et production de lait) Projet de Bordj Toua-Haouaria INRAT - (recherche) Sedjenane (élevage et produc- tion de lait) Megrine (protection des végétaux) 3 URD (Souk El Arba) HER (formation de photographes) Projets de sylviculture Centres de ramassage du lait Bourses Volontaires Total partiel 1/ Ce programme se poursuit en 1967 au meme rythme qu'en 1966. Une formation technique à l'étranger est prévue. A l'exclusion de l'as&itance technique pour l'enseignement agricole. TISIEs jAde bilatéele l'agrioulture Dons. Subventiom. aneistence techniq~ et fonda de contre2artis TDtalit4 du programw Ko.ata t~ *Uligde Nomtan utiligig au 3 104f6 .fiJY en 196 (u~na (DIM ) - . (Dalla) (DLair (11llarM) (Dinre (Dolara) tiliGem)tiiiEin) i(if'a)mrerens) arm Etat~-niM Fonds de contre-artie (PL 480)* MA (Banque d'grioulture) Oued Gabbs CES (conservation des ole) fabitationa rurmle matriel agricole 50 Puits Nebhana erguell Chott Maria Enseignament agriol Ecole dlagriculture de Chott Naria El Haouria G'du El Ghoulo Total p*rtiel Autre assistance technique BNA Oued Margue1li1 Experts-conseila 50 puits Production de fruite et lågsa Mise en valeur de la valle de la Medjerda Collge agricole de Chott Maria Coopkrativeø Etudes du march& des denie egricoleø Total partiel ./ D6calammsent au 12/31/66. Sources Uniquemnt renseigneset donnm* par le Gouverrownt tuadim. Personnel de l'assistance technique à l'agriculture ayant travaillé en Tunisie en 1966 Pays ou organisation AU culture Recherche Formation Vulgarisation irri ation Elevage Sylviculture Pêche Total (nomre de personnes) Allemagne h5 3 5 1 18 Autriche 12 1/ 1 13 Belgique 1 19 1 5 26 Bulgarie h 2 6 Canada 7 7 Etats-Unis 2 9 1 3 Finlande 6 6 France 2/ 19 67 10 13 1 8 118 Italie 7/ 2 1 3 ONU 14 9 11 3 1 10 48 Pays-Bas 3 3 1 h 11 Sude 7 7 Suisse 1 1 2 Tchécoslovaquie 1 1 1 5 8 U.R.S.S. 4 3 1 8 Yougoslavie 1 11 13 1 26 1/ Y compris 11 personnes travaillant A la pulvérisation des cultures par avion 2/ Non compris 5 personnes de la SCET travaillant au service de vulgarisation 3/ Non compris 14 personnes de "Nuovo Castore" travaillant aux projets des "lacs collinaires"*. Source: Gouvernement tunisien, ONU et US.AID. AMMFE 10 page 1 EXAMN DES PROJETS ET PROGRAMES DU SECTUR AGRICOLE TUNISIE Mandat 1. Le 21 août 1967, ou aux environs de cette date, vous vous rSn- drez en Tunisie pour passer en revue les programmes du Gouvernement tunisien qui ont trait au secteur agricole, et notament ceux qui con- cernent les investissements, les besoins en- assistance technique, et l'approvisionnement en moyens de production.- M91. Brochu (FAO) et Kirpich feront également partie de la mission dont M. Hendry est chargé de coor- donner les travaux. En se rendant en Tunisie, M. -Kordik passera, pour recevoir des instructions, a la FAO, à Rome, ou M. Brochu (FAO) se joindra à lui. M. Hendry rejoindra la mission en Tunisie, et M. Kirpich le suivra pour participer aux travaux pendant deux ou trois semaines au mois de septembre. 2. La mission aura, notamment, à faire une étude et à dresser la liste: (a) de tous les projets d'investissement dans le secteur agricole qui sont en cours, de leur état d'avancement, des sources de financement, et des mesures qui restent à prendre pour les exécuter, y compris les besoins en assistance technique; (b) des projets d'investissement dans le secteur agricole qui sont identifiés et/ou en préparation et qui semblent susceptibles d9être exécutés dans un avenir proche; du travail qui reste à faire pour que la Banque puisse évaluer ces projets, et de l'assistance technique re- quise à cet effet; (c) des besoins possibles en assistance technique qui ne sont pas directement liés aux projets ci-dessus; et (d) des besoins en moyens de production tels qu'engrais, semences, produits antiparasitaires et en crédits correspondants. La mission donnera une estimation chiffrée des investissements et de l'as- sistance technique nécessaires pour chaque projet et chaque programe; elle indiquera quels sont à son avis les projets prioritaires et les ca- lendriers à adopter. Ce faisant, elle tiendra compte de la situation gènérale du secteur agricole, et, notament, des capaoit6s d'application et des limites du marché. La mission n'entreprendra ni une identifica- tion détaillée des projets, ni la préparation de ceux-ci. ANNEXE 10 page 3. Quand la mission aura terminè ses travaux en Tunisie, vous passerez i la FAD, à Rome, pour des consultations. La mission devrait 6tre-de retour à la Banque le 1er octobre, ou aux environs de cette date. A votre retour vous présenterez un bref compte rendu de mission que vous ferez suivre d'un rapport détaillé.
Группа Всемирного банка · Pre-2003 Economic or Sector Report
Tunisia - Memorandum on review of agricultural projects and programs : Tunisie - Examen des projets et programmes agricoles
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Pre-2003 Economic or Sector Report
Страна
Тунис
Источник
Всемирный банк