Группа Всемирного банка · Report

Programme-cadre de renforcement des capacit6s de gestion et de planification de I'economie Republique Democratique de Madagascar Programme des Nations-Unies pour le Developpement

Мадагаскар Всемирный банк
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REVUE SECTORIELLE DE L'AGRICULTIJRE BEST AVAILABLE COPY *** HD 9212.5 .V343 M286 1991 ·Blarel, Benoit. , Le secteur de la vanille: ~ analyse des problaemes et G recornmandations • ' / - - -- LE SECTEUR DE LA VANILLE ANALYSE DES PROBLEMES ET RECOMMANDATIONS Programme-cadre de renforcement des capacit6s de gestion et de planification de I' ~nomie C\J co "" 0) CX) R~publique D&!mocratique de Madagascar 0 (.) _J Cl) Programme des Nations-Unies pour le D&!veloppement • Banque Mondiale HD 9212.5 .V343 M286 1991 D&!cembre 1991 PREFACE Cette c!tude a ~e r~isee par la Banque Mondiale en collaboration avec le Gouvemement de la R~ublique Democratique de Madagascar dans le cadre du Programme Cadre de Renforcement des Capacitts de Gestion et de Planification de l'Economie, fmanc6 par le Programme des Nations-Unies pour le Developpement. Le praent rapport a 6t6 produit par Benoit Blarel (Chef de Projet) et Thierry Aube (consultant), avec 1'6troite participation de Francis Masson (consultant), Andriantsoamiraho Rasolojaona (MiniCom) et Velonjara (CAVAGI), et sur la base de missions effectu= l Madagascar en Fmier/Mars 1991 et Juillet 1991, ainsi que la collaboration efficace des services du Ministm-e du Commerce et de la Caisse de Stabilisation. Les auteurs tieMent aussi l • remercier les planteurs de vanille, les pr~arateurs ainsi que les conditionneurs-stockeurs de leur collaboration efficace sans lesquels cette c!tude n'aurait pu etre r~is=. Cette 6tude est composee de deux· volumes. La premier volume rassemble un sommaire, une liste de recommandations prtsentee sous forme matricielle, ainsi que !'analyse d~illee de la situation actuelle et pr~entation des recommandations. Le second volume rassemble les aMexes techniques couvrant !'organisation juridique et rl!glementaire actuelle de la fili~re vanille l Madagascar, la description du fonctioMement de la fili~re, et des propositions de textes ll!gislatifs relatifs aux interprofessions et l'interprofession vanille. Cette c!tude est aussi basee sur le document de travail r~is6 par Thomas J. Payne Market Development pour le compte de la Banque Mondiale en Juillet 1990 qui a analyse en dl!tail la structure du march6 mondial de la vanille et contribue l la meilleure compr&ension de celui-ci par l 'equipe chargee de l '6tude. OCT O7 1999 FOE RECONS1hUC110N AND DEVELOPMENT TABLE DE MATIERES Im SOMMAIRE ••••••••••••••••••••• • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • i CHAPITRE 1 DESCRIPTION DE LA FILIERE DE LA VANILLE A MADAGASCAR . . . 1 I. Les diff6rents typeS d'op6rateurs de la fllim-e . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1 1. 1.e stade de la production . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1 2. 1.e stade de la pr6paration . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1 3. 1.e stade de I' exponation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2 n. 1.e dispositif institutionnel r~issant la fili~re vanille . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3 1. La Caisse de Stabilisation des Prix de la Vanille . . . . . . . . . . . . . . . . . 3 2. 1.e GNIV (Groupement National Interprofessionnel de Ii Vmille) . . . . . . . 4 3. L'Alliance de la Vanille . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4 m. Les modalit6s de contrOle de la qualit6 et la normalisation de Ii vanille . . . . . . . S IV. 1.e systmie de prix et d'imposition et les flux financien . . . . . . . . . . . . . . . . 6 CHAPITRE 2 EXPOSE D'UNE srruATION DE CRISE ...... . .. . . . . . . . . . . . . . 7 I. M6vente de la Vanille Malgache sur le March6 International . . . . . . . . . . . . . . 7 n. Gonflement des Stoclcs et des Coots Financiers du Systanc de Stabilisation . . . . 10 m. Rationnement du Cr6dit et ses Implications . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14 IV. Faillite du Systmie de Stabilisation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16 CHAPITRE 3 LES CAUSES DE LA CRISE ACTUELLE . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17 I. ~ction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17 n. 1.e MarchcS Mondial de la Vanille: Structure de l'Offre et de u Dcmande . . . . . 17 A. I-a Dmnande de Vanille . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18 1. Structure et Composition de la Demande . . . . . . . . . . . . . . . . 18 2. Les Succ6dana de la Vanille . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18 3. Le ROie de la Ugislation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20 B. L"Offre de Vanille . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21 1. Structure de l'Offre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21 2. Structure des Coots de Production . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22 m. La Faillite Economique de la Politique des Prix sur le Marchi Mondial: Causes et Effeta . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23 A. Les Hypod:laes de Base Justifiant la Politique de I' Allimce . . . . . . . . . 23 B. IWutation des Hypodlaes de Base Justifiant la Politique de I" Alliance . . 23 1. Evolution du MarchcS Mondial . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23 2. Pene de Monopole: Elasticit6-Prix et Effets de Substitution . . . . 29 3. 1.e ROie de la QualitcS: Effets sur la Demande et les Prix . . . . . . 29 C. Implications de Strat6gie Commerciale Future . . . . . . . . . . . . . . . . . 31 1. Politique des Prix l rExportation: Recommaodations . . . . . . . . 31 2. Implications Quant au Niveau de Pr6lwements Publics . . . . . . . 32 D. CoDHQUences Economiques de la Stratqie Commerciale de I' Alliance Pow Madagascal' . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35 E. Conuquences Financikes du Systble de Stabilisation pour l'Etat . . . . . 35 1. Explosion des D6penses de Stockage . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35 2. Faillite F'manci~e du Systtme de Stabilisation . . . . . . . . . . . . . 38 3. Coats Financiers pour l'Etat . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 40 -2- IV. La Faillite de la Politique des Prix Int6rieurs. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 45 A. Le R6gime de Prix et son Evolution . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 45 B. Les Cons6quences sur la Production . . . . . . . . . . . . . . . . . ....... . 48 1. Incitation l la Baisse de la Qualit6 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 48 2. Incitation sur le Niveau de Production . . . . . . . . . . . . . . . . . . 48 3. lncitation lune Instabilit6 Accrue du March6 National ...... . so 4. Conclusion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 51 V. La Disparition du Symme de ContrOle de la Qualite et d'Organisation de la Filike . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 51 A. Inttocluction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 51 B. Gena du Syswne de Gestion de la Qualite par la Filim: 1960- 1972nS ..................................... . 52 C. Non-Application et Transformation des Textes Legislatifs en Vigueur . . . S4 1. Abandon Progressif de 1·Application des Textes en Vigueur ... . 54 2. 1975-1982: P6riode d"incitation l la Baisse de Qualit6 ....... . ss 3. 1982-1989: P6riode d'incitation au Gontlement des Stocks et l la Baisse de Qualit6 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 56 4. 1990-1991: Crise du March6 Int6rieur et R6tablissement des Forces du Marc:116 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . S6 5. Le D6veloppement des Stocks Fictifs . . . . . . . . . . . . . . . . . . 57 6. Conclusion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 57 D. Opportunit6 et Valeur du Systane de ContrOle de Qualit6 . . . . . . . . . . 58 E. lnefficacit6 du Symme de Recherche et de Vulgarisation . . . . . . . . . . . 58 CHAPITRE 4 REFORME DU SECTEUR DE LA VANILLE: PRINCIPES DmECTEt.JRS . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 60 I. Les Contr'lintes de la Mforme . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 61 II. Les Principes Directeurs de la R6forme . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 62 m. Description du Cadre Incitatif Raultant de la Mforme Pnco~ . . . . . . . . . 63 A. Le ROie Central de la Tue Ad-Valorem l l'Exportation . . . . . . . . . . . 63 1. EffelS sur la Demande Mondiale d'une Baisse du Prix Export . . . 63 2. T~e Ad-Valorem Unique l l'Expon: Instrument Unique de IMtermination de la Comp6titivit6 du Secteur . . . . . . . . . . . 6S 3. Tue Ad-Valorem Unique& Libre Concurrence: Effeu Attendus sur les Prix Exports et lnt6rieurs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 66 4. Tue Ad-Valorem Unique & Llore Concurrence: Effets sur la Qualid . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 66 • 5. Tue Ad-Valorem Unique: Effets sur les Revenus de rEtat .... 67 B. Le ROie N6cessaire d'une Structure Intcr-Professionnelle . . . . . . . . . . . 68 C. Le ROie D6cisif des Pouvoirs Publics . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 69 CHAPITRE 5 PRESENTATION DETAU JEE DE LA REFORME PRECONISEE .... . 71 I. Les Bases Juridiques de la Libualisation du Secteur Vanille . . . . . . . . . . . . . 71 II. Abolition des Taxes Diverses et Mise en Place d'une Tue Ad-Valorem Unique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 73 A. Abolition des Taxes Diverses l l'Exportation . . . . . . . . . . . . . . . . . . 73 B. Modalit6s d'une Tue Ad-Valorem Unique l rExpon . . . . . . . . . . . . . 73 C. Modalit6s de R~glement de la Taxe . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 75 -3- m. Principes de l'Interprofession et Cadre Juridique N6cessaire l sa Cr6ation 75 A. L'Interprofession par Rapport l l'Etat . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 76 B. L'Interprofession par Rapport aux Acteurs de la Fili~e . . . . . . . . . . . . 77 C. L'Interprofession d'Exportation par Rapport l l'Aval Etranger . . . . . . . 78 IV. Fonctionnement et Organisation de l'Interprofession de la Vanille . . . . . . . . . 78 A. Le Statut Juridique de l'Interprofession . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 79 B. Les Organes de l'Interprofession et les R~gles de Prise de D6cision . . . . 80 1. Mesures Initiales . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 80 2. L 'Organisation lnterne de l'lnterprofession en •Rt!gime de Croisim-e• . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 81 C. Les Fonctions de l'lnterprofession et leur Financement . . . . . . . . . . . . 82 D. Les Sanctions disciplinaires Prises par l'lnterprofession. . . . . . . . . . . . 83 V. Les Fonctions de I'Interprofession . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 84 A. La Politique de Pro~tion et de Recherche . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 84 1. L 'Inspiration de cette Politique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 84 2. Les Modalit6s de cette Politique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 85 B. La S~gie de Qualit6 de l'lnterprofession . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 88 1. Les Principes de la Politique de Qualit6 . . . . . . . . . . . . . . . . . 88 2. La Mise l Jour de la Normalisation de la Vanille . . . . . . . . . . . 88 3. Les Moyens de Contr0le de Qualit6 l !'Exportation et leurs Modalit6s . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 90 4. La Proc6dure de Pr6emption . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 90 C. La Politique de Stocta,e . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 91 1. La Rupture avec le Pass6: Redffinition des Principes et des Objectifs du Stockage par l'Interprofession . . . . . . . . . . . . 92 2. Les Modalit6s du Stockage dans le Nouveau Sy~me . . . . . . . . 94 VI. Le ROie de l'Etat dans la Fili~re Vanille . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 96 CHAPITRE 6 GESTION DE LA TRANSMON . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 98 I. Premim-e Etape: Inventaire Physique des Stocks Existants . . . . . . . . . . . . . . 98 Il. Deuximne Etape: Adoption d'une Nouvelle Strat6gie Commerciale . . . . . . . . 101 m. Troisimne Etape: Mise l lour des Normes de Qualit6 . . . . . . . . . . . . . . . . 102 IV. Quatrimne Etape: Elaboration de la Structure Inter-Professionnelle . . . . . . . . 102 V. Cinquimie Etape: Lib6ralisation du Secteur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 102 -i- SOMMAIRE 1. La vanille constitue un secteur imponant de 1'6conomie malgache. Elle repr6sente, pour Madagascar, sa deuxi=e source en devises ($ 48 millions en moyenne sur les trois demi~es ann6es, soit plus de 10 pour cent des recettes totales d'exportation), et ce, l un moment ota les mtres cultures d'exportation traditionnelles (caf6, girotle, poivre) connaissent des difficult6s majeures et ota les cultures non-traditionnelles, trop lon,iemps n6glig6es, ne sont pas encore en mesure d'assurer 1'6quilibre d'une balance .des paiements qui reste fragile. La vanille fournit mssi l l'Etat malgache des revenus tr6s apprkiables, puisqu 'elle assure l elle seule plus de 10 pour cent des revenus budg6taires de l'Etat, apportant ainsi un renfort d6cisif l un ~ilibre budg~re qui demeure lui- meme pr6caire. La vanille est enfin une des rares sources de revenus mon6taires pour une large pan de la population paysanne dans la r6gion enclav6e du Nord-Est du pays. 2. Le march6 mondial de la vanille naturelle est relativement 6troit (environ 2.000 tonnes par an) mais fort r6mun6rateur du fait de la valeur 61ev6e de ce produit: Madagascar exporte actuellement sa vanille de type Bourbon l S 74/kg, alors que le coot de production et de pr6paration des gausses de vanille l I' exportation est estim6 l moins de S 15/kg. Ceci compare favorablement avec ses concurrents direct, tels que l'lndon6sie dont les coQts de production soot estim6s varier entre $ 20 et $ 35/kg, d6pendant de la qualit6, ou les Comores ($ 44/kJ). Madagascar devrait jouir en principe d'une position extremement favorable sur ce march6. lntroduite en 1840, la vanille a trouv6e l Madagascar son terroir de pr.SClilection. Les conditions naturelles ajout6es l une excellente mattrise des techniques de production et de pr6paration, conftrent l la vanille de Madagascar une r6putation mondiale de haute qualit6 et en font la vanille de r6f6rence clans l'industrie mondiale des 6pices. 3. Malgr6 sa taille modeste, le march6 de la vanille est un march6 dynamique dont les perspectives de d6ve1oppement restent encourqeantes si les conditions favorables l son expansion soot offertes par les principaux pays producteurs. En effet, la demande est actuellement concentr6e sur un nombre rl!duit de pays, les trois principaux (Etats-Unis, France et Allemagne) repr6sentant l eux seuls plus de 90 pour cent de la demande mondiale totale. Le d6ve1oppement de la demande chez les mtres pays riches constitue done une source de croissance non n6gligeable. Par ailleurs, la demande de vanille bmlaicie, chez les pays consommateurs actuels, des tendances lourdes de la consommation: demande croissante de produits naturels, d6veloppement du march6 des 6pices et des aliments pr6par6s. Suite lune crise de sous-production l la fin des anneSes 1970, la demande a en effet augment6 rapidement, notamment sur le march6 ammcain (j pour cent l'an sur la pmode 1980- 1989) qui absorbe environ 60 pour cent de la consommation mondiale, et a cru l un rythme plus modeste (2-3 pour cent l'an) en France et en Allemagne (15 pour cent, chacun, de la demande mondiale). L'=asante majorit6 de la vanille consomm6e dans le monde est transform6e en extraits et ar0mes qui soot alors utilis6s par l'industrie qro-alimentaire. Le d6veloppement important de la demande 111 cours de cette demik'e d6cade retl~te l 'accroissement constant de la demande, chez les consommateurs, d'arOmes naturels clans les aliments fabriqu6s. On s'attend l des taux de croissance comparables lors de la prochaine d6cennie (cf Chapitre 3, section m. 4. Par contre, la vanille est probablement 1'6pice la plus fortement concurrenc6e par des produits syntb6tiques bon march6, tels que la vanilline qui repr6sente plus de 90 pour cent du march6 am6ricain des arOmes de vanille, et SO l SS pour cent de ce march6 en France. Plus r6cemment, elle a aussi 616 concurrenc6e par les •mtres arOmes natureJs• qui sont utilis6s comme succl!dan6s de la - ii - vanille dans les m6langes d'ar0mes. Dans l'avenir, led~\ .:ioppement de substituts bio-technologiques pourrait, si les recherches aboutissent, si la l~gislation est favorable, et si les consommateurs acceptent ces nouveaux produits, remettre en cause toute ou partie du march6 de la vanille. Le d6veloppement de ces substituts est dans une large part expliqu6 par la politique monopolistique (prix 6lev6 et quantire r.sduite) poursuivie par Madagascar, ainsi que par une r6glementation permissive (cf Cbapiue 3, section ll). 5. La vanille est parmi les rares ~ices qui b6n6ficient d'une norme d"idendit6 dans les rqlementations nationales (exemple: Etats-Unis et Europe). Ces r61lementations, qui varient de manike sipificative d'un pays consomrnateur l l'autre, ont des r~c:ussioas impottantes sur la nature de la demande actuelle et ses d6veloppement futurs, les possibilita dt 111bstitution avec des produits syntb~ques, et le degr6 de concurrence avec des vanilla d·autra origines. Ainsi, la r6glementation ammcaine favorise la vanille naturelle l haute teneur en au. upendant, en permettant l'utilisation de vanille de qualit6 inf6deure, elle encourage la concurr~ par les prix au niveau de l'offre ainsi qu'une segmentation du march6. La r6glementation e u ~ favorise par contre la vanille de baute qualit6 (haute teneur en vanilline), bien qu'elle soit rd1t1vanent rnoins favorable l la vanille naturelle puisqu'autorisant l'utilisation de substituts symhaiques. Dans l'avenir, la r6glementation euro~ serait moins favorable au <!~veloppemem dt subuituts bio-teclmologiques que ne le saurait la r6glernentation arnmcaine (cf Chapitre 3, section IT). 6. Mallf6 des avantages ind6niables en terme de qualit6 et de coOu de production, Madagascar risque de perdre irr61Mdiablement sa position de quasi-monopole DIDIJ'el aa profit de nouveaux pays concurrents, en particulier l'lndon6sie. En fait, Madagascar est en puae de perdre tout bonnement son march6; on estime en effet qu'avec une simple continuation des •endanca ac:naelles, et done sans raction de la part de M•dapscar. celle-ci assera toute exportali• • qn&lle cRs 1997. Alors que Madagascar foumissait plus de 70 pour cent de la vanille consomm6t dMII le monde au d6but des anues 1970, sa part de march&§ n'a cess6 de se r6duire pour meindn lO pour cent en 1989. Ceue chute spec:taculaire des exportations de vanille en volume a cepenclan& lonctemps itf masqu~ par une progression constante des exponations en valeur, et ce, jusqu'au aw ... des ann6es 80 (cf Cbapitre 2). •7. Cette situation est en fait l l'oriaine de la crise actuelle de la filin vaaille l Madagascar. c·est en effet la constante auamentation des prix l l'export de la vanille malJacbe ( + 625" entre 1964 et 1990) qui a provoqu6 l'effondrement rapide du volume des exporuuoas m6rne si celui-ci a done ti comp~, de mania ~mnke, par un accroissement des reveaus l l'exportation. L'auamentation croissante des prix l l'aport a ainsi lncitf les acheteun mondiaux l substituer la ftllille naturelle par de la ftDille synthitlque, et a surtout provoqu~ le d~eloppement de la production de vanille chez les pays concurrents, en particulier l'lndon6sie, ~olution qui a 616 facilit~ par une assistance tecbnique et financin offerte par les acheteurs traditionnels de la vanille rnalgache, ainsi qu'une r6'lememation favorable sur le march6 arn6ricain. 8. La position de quasi-monopole nature! dont Madagascar a b6n6fici6 jusqu •au d6but des ann6es 80 a, dans une large rnesure, justifi6 la politique monopolistique qu'elle a poursuivie sur le march6 mondial. Regroup~ en cartel avec la Rq,ublique des Comores et rne de la R6union, sous le nom d'Alliance de la Vanille, Madapscar, en mant des prix 6leva l l'expon et en limitant l'offre au moyen de quotas d'exportation par origine et quotas d'importation par pays acheteur, parvenait l exuaire des rentes irnportantes du rnarch6 mondial de la vanille. Cette politique de monopole a cependant inmtahlemmt conduit au dffeloppement d'une offre conc:urrente importante clans - iii - des pays hon Alliance, ainsi qu 'au deplacement de la demande mondiale vers une vanille naturelle de quali~ inf&ieure mais offerte l des prix substantiellement plus bas. Ainsi, l'lndon~ie, principal concurrent de Madagascar, offre actUellement sur le march6 amt!ricain sa vanille certes de qualit6 inf6rieure mais l des prix de deux-tiers inf6rieurs de la vanille malgache. 9. Si la vanille mal1ache peut pr6tendre 16gitimement, de par ses qualit~ intrinskples (taux 61ev6 de vanilline naturelle et arOme caract6ristique de la vanille de type Bourbon), l une prime de qualit6 sur le marc:h6 mondial par rappon lune vanille de qualit6 inf&!rieure (c:aract6ris6e par un taux de vanilline naturelle infmeur et un arOme moins appr6ci~, les prix actuellemeot demanda par Madagascar se situent largement au-dell de ce que le march6 est pret l supporter. Ce prix trop 61ev6 demand6 par Madagascar cr6e alors un phaiom~ne de substitution de la vanille malgache par la vanille concurrente, et limite les exponations mal1acbes aux seules qualita les meilleures, laissant ainsi les autres sepiems du marcb6 l ses concurrents. Ce phmiomble de substitution au profit de la vanille concurrente connalt pour seule limite les capacitds de producuoa des pays concurrents qui soot encore insuftisantes pour satisfaire !'ensemble de la demande mondwe. Madagascar devimt ainsi progressivemmt un exportateur risiduel, dont les volumes d·nponation varient au gr6 de la capacit6 de production et des aim climatiques des pays concurrenu (d Chapitre 3, Section m. 10. Ce manque de perspicacit6 et de dynamisme chez: les nspomables de la filike vanille malgacbe face l 1'6volution du marcb6 mondial qu'ils ont eux-meme1 pnm,qu6, trouve probablement son oriaine presque exclusivement clans le mode d'orsanisation actUel de la fill~e. Le secteur de la vanille est en effet l'un des seuls qui n'ait pas 6t6 encore lib6ralisl a MaSacascar. Les Pouvoin Publla, et en particulier le Ministke du Commerce, l travers la uellt qu'U exerce sur la Caisse de Stabilisation des Prix de la Vanille, n&issent toute la filike. L'ememble des prix et des marges, depuis I'exploitation jusqu'l I'exportation, soot fixa administrativemem par le Ministke de tutelle, et ce, bien que toutes les opmtiom physiques sur le marcb6 intbieur (production, mise en march6 au stade •ven•, prt!paration, stockase, conditionnement, et mise l aponaion) soient effectu6es exclusivement par le secteur priv6. De meme, la strat6gie commerciale a I' e1ponation (prix et quota) est du resson exclusif du Ministke du Commerce alors que, dans la l'UliU, ce sont lea exportateurs qui nouent lea contadS commerciaux avec les acbeteurs 6tran1ers. A ce rigime c:ontraignant d'administration des prix intfrieun et l l'export s'ajoute un systtme de stabilisation devant prantir l'achat de la totalit6 de la production ainsi que la stabilit6 des pril a la production. Ce I. systmie repose sur des cotisadom ~ • par la Caisse de Stabilisation aa moment de I' exportation et permettant de financer le stoc:kaae de la vanille, lequel stockage doit jouer un rOle r6plateur. 11. En plus des cotisations ~ e s par la Caisse de Stabilisation, 19Em prBne aussi diverses taxes l l'exportation (Droits de Sonie;, Taxe Conjoncturelle, et Pr61nemems sur Produits Caisse), qui alimentent directement le Bud1et de l'Etat. Entin, l'ensemble des op6rations physiques (prq,aration, stockqe, conditionnement, mise l l'exportation) et des transactions commerciales sont, selon lea textes, atoitement controll6es par diverses instances dt!pendant des Pouvoirs Publics (Fokonolona, Caisse de Stabilisation, Direction de la Qualit6 et de la M6trologie U,ale, Direction du Commerce). L'orpnisationjuridique et le fonctionnement actuel de la filiue vanille soot exposa en dt!tail en Annexe 1 et 2, et risulDa dam le Chapitre 1. 12. L'eme:mble des pr61nmnen11 publics, qui comprend done les cotisations l la Caisse de Stabilisation ainsi que les taxes diverses l l' exportation, reprdsente une part consid&able du prix de la vanille l l'expon (S 74/kl) puisqu'elle atteint 82 pour cent en 1990. La pan revenant aux planteurs ne reprdsente que 8 pour cent de ce prix, tandis que lea frais de commercialisation ne se - iv - montent qu•l 9 pour cent seulement. Les prdl~vements publics n•ont cessd d•augmenter en termes r6els au cours du temps. leur pan relative du prix l rexpon passant de 40 pour cent en 1975 l 82 pour cent en 1990. Vaugmentation des prix l rexpon, qui nuit tant l la compititivi~ des aportations de ftllille malpc:he, risulte done exdusivement de l'augmentation des prflnements publics (cf Chapitre 3, Section D et DI). 13. Les difticulds budgaaires auxquelles l'Etat malgache a d0 faire face depuis la fin des ann~ 70, apliquem dam une tarse maure sa politique de taxation Bev6= de la vanille. A terme, cependant, ceae politique de taxation BevM a eu deux effets n6fastes sur la performance du secteur. Premiuement, comme on vient de le voir, elle provoque la perte de com~itivld des exponations de vanille malgache sur le marcb6 mondial, remenant en cause l'existence meme de d6boucb6s futurs. Deuxianement, elle est l l'origine de la faillite financim-e du systane de stabilisation en place, du aontlement insupportable des stocks (plus de 3,000 tonnes, dont une partie import.ante fictive ou de qualiU invendable), qui entratnem l leur tour des coots et risques financiers ~ pour les banques co1111Derciales ainsi que pour le budget de l'Etat, de meme qu 'une crise 6conomique et sociale grave dans les zones de production de la vanille (cf Chapitres 2 et 3). 14. Le besoin d'une rdforme profonde et ur1ente du secteur de la vanille est done clair si Madagascar veut 6viter de perdre un march6 sur lequel elle jouit d'un •vant11e comparatif 6vident. One telle rdforme est d'autant plus mcessaire que la situation macro-«:onomique actuelle de Madagascar ne lui permet pu d'accuser une telle perte, tant sur le plan da reYeDUS en devises, des revenus bud16taires, ou de cmx du systmie financier, que sur celui cle la croissance agricole. L'objectif l court et moyen termea de la r«orme est done de permeare l Madagascar de repgner sa position de leader sur le march6 mondial. A plus Iona terme, ii s'qit am.I pour Madagascar de d6fendre et accroltre la pan de la vanille sur le march6 des arOmes de vanille. Les propositions de r«ormes comenues dam ce rapport d6coulent de l'analyse qui pr6'flde et refl~ les recnmmandations de la mission. 15. One r6forme du secteur de la vanille doit obliptOirement passer par 11111 rcfonte profonde du systmie d'incitations 6:onomiqua qui pdvaut l l'beure acblelle dans la filin. Une lib6ralisation du secteur7 tant sur le march6 intmeur que sur les marcha extmeun, 1'avn n6cessaire afin • d'insuffler un dynaadsme et une efficacit4 qui lui font aujourd'bui cruellemem dffaut. La rfforme du secteur devra avant tout rablir la comp6dtivit6 de la vanille malgacbe sur la marchds ~gers, d6marcbe qui passe n6cessairement par une baisse des prix l l'export, et done par une diminution du tam de taxation actuel, ainsi que par un Bar1issement de la pmme de qual~ des vanilles l !'exportation et RpODdre aimi aux qences d'un march6 usment' (cf chapitte 4). 16. Afin d'assurer une lib&alisatloa ordonn• du secteur qui tienne compte des sp6cificit6s du marcb6 de la vanille, ii est lmplrllif, cependant, de mettre en place une structure institutionnelle addquate. Une telle strUCQlte compone trois Banents fondamentaux. Premi~ement, elle repose sur 1'6tablissement d'une tue ad-ftlorem unique l l'expon qui, d'une part, r6tablisse le niveau de comp6titivit6 de la vanille malgache sur les marchds 6trangers, d'autre pan permette l Madagascar d'extraire des rentes sur le marcb6 mondial qui soient d'un niveau compatible avec ses im6rets t!conomiques l long terme, et enfiD, ne dt!favorise pas une politique d'exportation de la vanille bas6e sur la vente d'une pmme de qualids ditftrentes l des prix diff&encids et comp6titifs (cf Cbapitre 4). -v- 17. Deuximiement, elle passe par la mise en place d•une strudure inter-professionnelle unique et ellicace qui soit charg6e de la mise en oeuvre, du suivi et de l'application d'un ensemble de r~gles prkises qui seront 6tendues l l'ensemble des acteurs de la filiue et qui int6ressent: (a) les normes de qualit6 et les modalitm du contrOle. tant sur le march6 int6rieur qu 'l I' export; (b) une strat6gie de promotion commerciale sur les march6s ext6rieurs, en particulier aupr~ des utilisateurs de l'industrie agro-alimentaire; et (c) l la aestion et 1•administration d•un dispositif de stockage d~ ucurit6. Cette structure interprofessionnelle aura 6galement une mission de promotion de la recherche scientifique et 6conomique et de vulgarisation dans ces memes domaines. Cette demia-e mission sera «roitement li6e l celle concernant la promotion commerciale. 18. Dans la nouvelle organisation de la filiue, la constitution et la 1estion de stocks autres que de skuri~ deffendront une ac:tlvitf essentiellement privN. Les seuls IU>Cks pouvant appartenir et ette g~6s de maniue collective, par l'inter-profession, devraient se limiter done aux seuls stocks de ~ . dont la fonction serait de permettre au secteur de se prffllllnir contre des accidents climatiques exceptionnels (du type cyclones). Une telle conception restrictive de la politique collective de stockage s'avue nkessaire 6tant donn6 les risques commerc:imx in6vitablement li6s l toute activit6 de stockage. La prise en charge par une structure inter-profcssionnelle de tels risques commerciaux, sur r ensemble des stocks d6tenus par la fili~. CDnduirait inffitablement l abandonner le prindpe de la llMralisation du secteur. Par aillmn. une politique collective de stockaae qui s •~ l I' ensemble des types de stocks pr6sente le risque de voir ses objectifs d~6s d'un r6le essentiellement commercial l un rOJe de soutien des prix internes. On aboutirait ainsi in~lement dans le contexte mal&ache l une situation simil&irc l cclle qui pr6vaut l l'beure actuelle (cbapitre 4 & S). 19. Troisianement, tile implique le renforcement des Semas • l'E&at. Celui-ci devrait intkesser au premier chef les activit6s de recherche et de vulgarisation qui rel~ent essentiellement des Pouvoirs Publics. Les Pouvoirs Publics ont 6galement un r6le important l jouer dans la r6labilitation et l'entretien des infrastructures de transport, de communication. et de march6 dans les zones de production de vanille. Par ailleurs, une telle d6marcbe implique. qu•au pr6alable, les modalit6s de la nkessaire collaboration de ces services de l'Etat avec l"imer-profession de la vanille soient clairement d6finies par des tates lqislatifs et r6glementaires, et 1arantisse la libertd de gestion qui sen d6volue l l'interprofession. C'est l cette condition que l'efficacili de l'inter-profession sera elle-meme garantie. De cette manik'e, la collaboration entre le secteur privf et le secteur public sera fruc:tueuse puisque la r6partition des tlcbes aura 6t6 clairement d6fmie (Chapitre S). 20. Les couts 6:onomiques et financiers r6sultant de l'inefficacit4 de l"or1anisation actuelle du secteur de la vanille l Madapscar sont tels que l'ensemble des r6formes propos6es devrait conduire l un pin net substantiel pour l'ensemble des acteurs de la ftlin ainsi que pour l'Etat malgache . • Les calculs de simulation (cf Chapitre 4) indiquent en effet que ces r6formes devraient entratner une augmentation simultan6e des revenus en devises, des revenus bude6taires, ainsi que du niveau de r6mun6ration des planteurs et des exportateurs. - Yi - SECTEUR DE LA VANILLE MATRICE DES REFORMES DE POLITIQUE DOMAINE DE REFORM£ OIJECTIFS PROGRAMME D' ACTIONS l. Bi&im~ det ID& lm~ma LiWnli11tion du commerce inlmcur d dea (l) Abolition de la C1i11e de Stabilisation dea Prill de la Vanille, du pm Diff6renliel det prix l!nc:ouncer la concun-ence (1) Abolition du FNUP Paomouvoir la qualit6 aull divert mdet de (3) Abolition du 1y1tmae d'11m:ment dea profca1ionncl1 d du llltUl la,~.. dea v6rifacateun AIMUora la diltrl,ution dea revenua (4) Abolilion du contr6le dea lnnnctiona .-, lea collcctivitfs d6cenlnlis6et 2. 861iim de1 In& I 1'e111!S!d LIWnliution du commerce e1.t6rieur (I) Abolition d'Univanille R6tabli11emcnt de la comp6titivit6 1ur lea mareba Cllt6rieun (1) Elimination des quoll1 l l'cllportation d dea prill fixca l l'e1.portation Encounpr la concurrence l l'Cllportation (3) Abolition de l'inknliction de production d c1.portation d'clltnit1 Elarcir la 11mmc dea qualita l de fabrication locale l'cllporlation Permdlre la lnnafonnalioa 1ur place (Cit: Clllnih) - vii - OOMAINE DE REFORME OIJECTIFS PROGRAMME D' ACTIONS 3. Rlgjmc de Tautjon Simplifacr le ~gilnc de taution ct a11urcr (I) Abolition des Droil1 de Sortie, Tallc Cor\jonlUrclJe la transparcncc d'l!xportation, ct Pril~cmcnl1 1ur Produill l Caisse. A1111rcr la nculralil6 (vii l vi• de la qualit6) (2) Etabli1scmcnl d'unc taxc ad-valorcm unique 1ur le prilt FOB R~blir la compltilivM de la vanillc (3) FaJtCr le nivcau de la taxe de mani~rc l •blir, au minimum, la m1lg1chc 1ur le marclM! mondial pari16 avec lei pay• concurrent■ R~blir lcs incitationt 6conomiquc■ 1ur le (4) Etabli11emcnl d'unc Comission Paritairc milltc chargk de marcW intcme proposer de■ mi1ion1 du niveau de la taxe Am6liorcr la dillri>utiori de■ rcvcnu1 (5) Permdlrc le rlglcmcnt du montanl de la Ille au moment du npall'iemc:M de■ dcvi■ cs Anurcr une aatJon de l'offrc 1111 le man:W mondial qui pcnncUe d'eltlrairc un nivcau (6) Conlr61e de qualil6 obli111oirc l l'exportation par une fume de rcnlca compatible avec le mainticn de la priv6c, avcc rccouvrcmcnt de■ coOta (g6r6 par l'lntcrprofe11ion compltitivM 1ur le marcW mondial vanillc) Minimiacr lcs riaquc■ de ■ou1-rac1uration m Etablissemcnt d'une p~urc de pr6cmp&ion l l'cxportation des exportation• (&61'6 par l'lnlerprofe11ion vanille) - viii - DOMAIN£ DE REFORME OBJECTIFS PROGRAMME D' ACTIONS 4. ~l~UH!E d!i! ~tock•u - Mile ca place d'une politique de ■tocbp (I) Proc6ter l l'invcntaire phy■iquc dea ■tocks viable ct eommercialanenl utile, l la charp eaclu■ive du ICldeur privt! (2) Proct!dcr l la Rgulariution rmanc~re dca indcmnilt!■ de llocbae Limiter la prite en charae de ri■que■ eommen:iaua ct financicn importanll (3) Elaboration d misc en oeuvre d'une ■tralf&ic eommerciale mullanl d'unc polkique de 11ocb1e de lypc relative au• alock■ rt!el■ eollcclif par l'inlcrprofa■ion (4) Elimination de■ indemnila de ■tocbae, llan■fert de propria6 dca ■tocks aux opt!ratcun ct l l'inlcrprofa■ion (5) l!labli■■cmcnl t!ventucl d'unc polilique eollcclive de ■tocbge ■e limitanl l un llocbge de ■6:uril6, &t!R ct rananc:t! eaclu■ivemcnt par l'interprofa■ ion - ix - DOMAINE DE REFORME OBJECTIFS PROGRAMME D'ACTIONS 4. Q[gaoisatjoo du ~tcuc Misc en place d'unc atructurc li~nlc mail (I) elaboration & promulgation d'une Loi 1ur la Organisations ordonn6c du march6, 1c reponnt ,ur lntcrprofc11ionncllc1 l'6tablis1cmcnt de npporll contnctuel1 cntrc la divcnes famillet profc11ionnella (1) Campagne organis6c d'inConnation ct de 1cn1ibilisation au 1cin au ■cin de la rdilrc, le accteur priv6 ct de la fil~rc 1ur lcs cause■ de la crisc actucllc, let 1olution1 l'etat. recommcnd6c■, y compri1 la cration d'unc intcrprofe11ion vanillc D6gagcr l'etat dc1 activit61 dim:tcmcnt (3) Misc l jour de■ nouvellct nonnc• de qualit6 l l'cxportation ct commcrcialc, 1ur le march6 int6rieur (lladc vcrt d prq,ar6) Promouvoir la concurrence d le (4) Misc au point d'unc nouvelle 1trat6gic commcrcialc 1vcc l'aide «Uvcloppcmcnl du accteur priv6 de 1ociit6(1) priv6c(1) de d6vcloppcmcnl de mare~ 1 Jncilcr au «Uvcloppemcnl de■ a11ociation1 (4) elaboration & cration d'unc intcrprofe11ion de la vanille en de produclcun qui prendnicnl charge de: progra1ivcmcnt en charge lea activit& de (a) Promotion des march& ct rechcrchc pr6pantion, llocbgc, de commcrcialintion (b) Nonnc■ de qualit6 inlcmc puil intcmationalc (c) Ocstion des ,tocks de a6curM (S) elaboration, homologation ct extension des accords inter- profc11ionncl1 rclatif• aux troil fonction1 de l'intcrprofession (d ci- de11u1), ct dttcnnination de• cotisation, corrc■pondantcs CHAPITREl DESCRIPl1ON DE LA FILIERE DE LA VANILLE AMADAGASCAR 1.1 La pr~ente description de la filim-e vanille malgache vise l montrer sch6matiquement comment fonctionne celle-ci en vertu des dispositions 16gislatives et r6glementaires en vigueur. Elle donne les principaux 616ments 6conomiques n6cessaires . . I. Les diff&-ents types d'opmteurs de la filiere 1. Le stade de la production 1.2 La vanille est une culture qui a 6t6 introduite depuis 1870 l Madagascar, l partir de la R6union. Les producteurs, au nombre de 60 000 environ. sur une superficie totale de 28 600 ha en 1989, sont essentiellement concentr~ dans quatre sous-pr6fectures du nord-est, Antalaha, Sambava, Andapa et Vohemar. D s'agit en r~gle g6n6rale de tr~ petites plantations, avec, en moyenne, une superficie de 0,48 ha et une production de 130 kg. Associ6e l des cultures vivrim-es, la vanille procure: des revenus mon6taires aux producteurs mais -elle exige beaucoup de main-d'oeuvre, notamment lors de la f6condation des fleurs. Les plantations ne sont que pour une faible part propri6t6 des op6rateurs aval (pr6parateurs, conditionneurs stockeurs/exportateurs). Cependant, certains de ces op6rateurs aval ont fid6lis6 des producteurs. Un tel ph6nom~ne est parfois d~ign6 sous le vocable d""int6gration•, alors qu'il n'y a pas, dans ce cas, production directe par les n6gociants. 1.3 La qualit6 de planteur de vanille est subordonn6e l la possession d'une carte professionnelle, d'une validit6 de trois ans, d61ivr6e par le chef de district. Le droit-d'effectuer la pr6paration de la vanille est reco1U1u au planteur pour ce qui est de sa production propre. Tout transpon de vanille "vene • (venant d •!tee cueillie et non encore pr6par6e) depuis la.plantation jusqu•au lieu de vente doit ~e accompagn6e de cette carte, qui tient done lieu de laissez-passer. Toutes les gousses venes transport6es doivent !tee au surplus poin~nn6es, chaque planteur ayant son poin~n particulier, sa "marque", qui est mentionn6 sur sa carte professionnelle. 2. Le stade de ta prgparation 1.4 • La "pnparation" de la vanille consiste l appliquer aux gousses venes uncertain nombre de traitements, dont un chauffage, l -l'issue desquels elles acquiuent leurs propri6t6s marchandes, notamment leur parfum. Les gousses sont alors noires. On parle de "stade noir" ou de "stade vrac" ou encore de "stade pr6paration". Les gousses "vrac" seront aptes l ~e stock6es d~ lors qu'elles seront conditionn6es l c~ effet. Les op6rations de pr6paration sont tr~ d6licates et demandent une grande technicit6. Les moyens modemes, tels que le s6chage l l 'air chaud, permettent une meilleure pr6paration que les moyens traditionnels, s'ils soot utilism avec tousles soins requis. 1.5 Outre les producteurs (et leurs coop6ratives pour ce qui conceme les gousses produites par adh6rents de celles-ci), peuvent !tee preparateun les deux cate!gories d'op6rateurs suivants: -2- - les acheteurs-pr6parateurs ind6pendants, - les pr~arateurs-conditionneurs-stockeurs. 1.6 En volume, on estime que les parts de ces trois cat«!gories de pr6parateurs soot respec:tivement de 15~, 1S-20~ et 60-65~ du total. 1.7 L'exercice de la profession de pr6parateur, c"est-l-dire le droit de pr6parer la vanille et de la vendre au •stade vrac•, est subordonn6 l roctroi d'une patente sp«!ciale et d'une carte professionnelle annuelle. Un certain nombre de critkes d'octtoi sont retenus, dont 1'6tal du easier judiciaire du demandeur et la nomenclature compllte des moyens mat6riels dont ii dispose pour J'exercice de sa profession. L'agr6ment peut. sous certaines conditions. etre retir6. L'organe de contrOle des manquements ~entuels des pr6parateurs l leurs obligations est la Direction du Contr61e de la Quali1' et de la M6trolo1ie 16gale, dont le personnel est asserment6. On peut dire que ce contrOle est bien plus prMJable l la pr6paration qu 'ii ne porte sur la conformi1' des gousses ~ pr6par6es aux prescriptions de quali1'. 1.8 Les pr6parateurs-conditionneurs-stockeurs s'approvisionnent par l'interm6diaire d'acb.eteurs, qui sont leurs maodataires. Ces memes acbeteurs donnent l leur tour procuration l d'autres rnaodataires pour c.ouvrir l'ensemble des marcb6s locaux officiels (dits depuis une instruction minist6rielle de 1974: •centres Populaires de Transaction•). Dans la pratique, un arand nombre de ces march6s officiels n•existent pas r691ement: la mise en march6 des grousses vertes passe par des transactions individuelles entre planteurs et collecteurs. 3. Le stade 4e l'exponation 1.9 L'exercice de la profession de conditionneur-stockeur passe 6plement par une proc6dure d'agrmnent pr6alable. Les conditionneurs-stockeurs sont les seuls agents habilit6s l stocker la vanille pour le compte de la Caisse de Stabilisation des Prix de la Vanille (sous des conditions techniques 6tablies), et l exporter sur ordre du Ministke du Commerce. Les conditionneurs-stockeurs jouent done deux rOles: stockage et exportation. 1.10 En venu de cetie proc6dure d'agr6ment, la quali1' de conditionneur-stockeur de vanille est -.en effet justifi6e par la possession d'une carte professionnelle, valable pour un an et dSivr6e par le M~e du Commerce, apr~ avis d'une commission dont la composition est fix6e par d6cret. Un certain nombre d'obliaations sont •mpos6es III candidat. Celui<i doit notamment s'engaaer l se porter aux achats au fur et l mesure du d6roulement de la campagne. L'oqane inter-professionnel, le GNIV, joue un role d ~ dans le contr61e des infractions pouvant etre commises par les conditionneurs-stockeurs (d6cret DO 66-176), en particulier le refus de se poner acqu6reur sur les march6s officiels dans les conditions fixm par la rqlementation en vipeur, les fausses d6clarations de prix d'achat, de prix de vente, de destination de la m,rchandise et le DOD respect du •diff6rentiel• vanille, c'est l dire des prix aux divers stades de la fili~e. tels qu'ils sont fix6s par d6cret inter- minist6riel. Le GNIV a co~ce pour enpger une proc6dure d'exclusion de tout professionnel indisciplin6 de ses propres rangs, en saisissant l cet effet le Ministre du Commerce. 1.11 Les conditionneun-stodteun disposent d'une marge d'initiative tr~ r6duite. Certes, ce sont eux qui, dans la pratique, nouent les contacts avec les acheteurs t!trangers. Toutefois, ces contacts ne se mat6rialiseront dam le cadre des plans d'exportation arret6s lors des r6mions ammelles de I' Alliance Vanille (voir infra) sous la fonne de contralS que par la dkision de la CAVAGI et en son nom, c'est-l-dire en fait du Minist~e du Commerce. C'est par cons6quent celui<i qui, en principe, -3- d6cide, pour une ~&Se donn6e, qui expone quoi, combien, l qui et o~. Autrement dit, le Ministm-e du Commerce choisit parmi les conditionneurs-stockeurs ceux qui, pour cette ann6e, seront admis l exponer et leur d'5igne des destinataires. Les exportateurs effectifs en 1989/1990 sont au nombre total de 13, mais trois maisons contrOlent pr~ des deux tiers des exportations malgacbes de vanille, et la plus importante d'entre-elles, 40~ environ. Par contre, on compte 38 conditionneurs-stockeurs pour l'ann6e 1989. Ceci indique bien que la majorit6 d'entre eux n'ont pas ti d'5ignm pour exponer et n •ont done exerc6, au cours de la pmode considu6e, que les fonctions relatives au stocka&e. n. Le dispositif institutionnel rf&issaot la filln vanille 1.12 Mis l part les Ministm-es (ceux de I' Agriculture, des Finances et du Commerce principalement) et leurs se.rvices compaents (en particulier la Direction du ContrOle de la Qualit6 et de la Mmolo&ie U&aie, auparavant appe16 Service du Conditionnement, et la Direction des Douanes), la gestion de la filike vanille malgacbe est assur6e par deux organismes, la Caisse de Stabilisation des prix de la Vanille et le GNIV, et sur le plan international, d6pend des d6cisions prises au sein de I' Alliance de la Vanille. 1. La Caisse de Stabilisation des Prix de la Yaoille 1.13 La Caisse de Stabilisatioo des prix de la vanille a ti cr'6e l l'ori&ine en 1957 et son statut fix6 par un Decret de Man 1961. Juridiquement, elle est l'unique organisme 6tatique d'intervention. Sa mission consiste l r6gulariser le prix d'acbat au producteur, l financer le stockage en versant l cet effet des indemnit6s aux conditionneurs-stockeurs, l trouver les d6bouch'5 l l' ext6rieur et l Bever la productivit6 au sein de la filike notammem au moyen de la recberche. Le Comit6 qui la gke a une composition tripartite (1) Administration (un repraentant du Ministre de l'Economie et un du Ministre de I' Alriculture); (2) Producteurs (2 repr6sentants) et (3) exportateurs (2 repr6sentams). L' ex6cution de ses d6:isions est confi6 111 Directeur de la Caisse, qui est nomm6 par arret6 du Ministre du Commerce. Un Comit6 de veme restreint si,ge une fois par semaine. 1.14 La Caisse se finance au moyen de prQ~emems. qui repr6semem la diffc!rence entte le prix FOB effectif l I'exponation, d~cdon faite des taxes diverses qui reviennent au budget 16n6ral de l'Etat, et le prix FOB pranti que ~it l'aponateur, tel qu•u est fix6 amwellemem par le diff6rentiel, par d6cret interminisdriel. La Caisse de Stabilisation verse les indemnitds mensuelles de stockage pr6vues aux conditionneun stocbun. Les stocks sont, avec le systmie de fixation des prix, les deux Qmiems essemiels du dispositif de stabilisation mis en oeuvre par la Caisse et duquel elle tire son nom. 1.15 C'est la Caisse de Stabilisation qui d6:ide seule de l'exponation de vanille pr6par6e. Aprb pr6paration et conditionnement, celle-ci est mise sous. •contrat caisse• qui • en fait un contrat d'exportation l tenne et qui comprend Jes obliptions suivames: la Caisse doit recevoir toutes les donn6es n6cessaires lune connaissance Gaete du volume stock6, elle verse les indemnita mensuelles aff6rentes; le stockeur n•est pas propri6taire de la vanille qu'il a en stoct sous contrOle Caisse, mais elle peut etre nantie par lui auprb des banques pour obtenir des avanccs. Le conditionneur-stockeur a en fait le droit de recevoir la valeur de son stock (tel qu •elle est fix&Se par le diffuentiel) une fois qu'il aura ~ aport6. Dans l'entretemps, il conserve ce stock, et se voit d6fray6 des coQts de stoebge par des indemnit6s. La veme de la vanille ne se fait pas au nom de l'exportateur mais done l celui de la Caisse, et le prix FOB pranti que le conditionneur-stockeur r~it C-prix de cession aux -4- •op6ratM l l'exportation•) ne r6sulte pas d'une libre n6gociation avec l'acheteur 6tranger mais est fix6 par le diff,rentiel l un niveau unique et invariable pour une campagne donn6e. 2. Le QNJY CQroupemem National Ipter:professionneI de la vanme} 1.16 Le GNIV a &!t.6 cr4!6 par d6cret en 1966. n r6unit et repr6sente aupr~ des pouvoirs publics et de la Caisse, Jes diff«entes professions de la flliue vanille. Chacune d' entre elles constitue une section s6parcSe, et 6lit en son sein ses repr6sentants au Conseil d' Administration. Les planteurs ont trois repr6sentants, Jes pnparateurs deux et Jes exportateurs trois. En outre, ont voix consultative deux repr6sentaDts du Ministke des Finances et du Commerce, un du Ministke de I'Agriculture et un de l'Institut d'Emission, le Directeur de la Caisse de Stabilisation et le Cnmrnissaire du Gouvemement aupns du GNIV. 1.17 Le GNIV 1bit au d6part l'interprofession de la filia-e, mais a 6volu6 par la suite vers un rOle centr6 sur Ies dches l caract«e adminisuatif, notamment !'impression et la d6livrance de documents (carnets de vmficateurs de la qualit6 sur les marcb6s officiels, autorisations d"exportation aux exportateurs. pour le compte de la Caisse). la centralisation des donn6es statistiques. D lui revient 6galement de proposer des calculs de diff,rentiel l la Caisse de Stabilisation. A I'origine, ii incombait au GNIV d'assurer la surveillance des marcb6s physiques de production officiels. Mais cette mission a. en 1974, «bu aux autorit6s locales, les Fokonolona. 1.18 Le bud&et du GNIV est aliment6 par une cotisation ~ e au moment de I' exportation et dont le montant est fix6 par 1'Assemb16e G6n6rale, sur proposition de Conseil d' Administration approuv6e par le Gouvemement. 1.19 Les missions du GNIV et de la Caisse de Stabilisation, telles qu'elles sont dffinies par Jes textes, se recouvrent paniellement. Dam la pratique, le GNIV fonctionne sun.out comme un auxiliaire de la Caisse de Stabilisation daDS l'edcution des diverses formalit6s administratives intervenant depuis la production jusqu'l l'exportation. 3. L' Alliance de la YanUle •. 1.20 La Caisse de Stabilisationreprtwnte Madqascar lors des nqociations tmues avec la R6union et Comores et les acbeteurs 6tranaers dins le cadre de r• Alliance de la Vanille•. Celles-ci visent l attn"buer un quota l dlacune de ca trois oriaines, le quota global dtant n6goci6 avec les acheteurs 6trangers. Chaque quota national est r6pani entre les pays destinataires et les importateurs 6ttangers. La r6alisation du quota d ~ mdemmem des acbm effectivement flits par les importateurs 6trangers, auxquels ils ne sont pas l6galement tenus. 1.21 L •Alliance fixe aussi le prix auquel Jes transactions commerciales entre les 3 pays producteurs et Jes acheteurs 6trangers seront ralis6es. Enfin, la Caisse de Stabilisation or1amse le financement d'Univanille, entit6 dont la mission est de dc!velopper, par une action de promotion et de lobbying, la vente de la vanille des pays de I' Alliance sur les marcha extmeurs. A cette fin, elle donne instruction aux importateurs de verser une certaine cotisation (I, SS/kg) sur les comptes l r6tranger dont dispose Univanille. .5. m. Les modalitfs de contr61e de la qualltf et la normalisation de la vanille 1.22 Ce contrOle est prM aux divers stades de la fili~e vanille. Le contrOle ex ante a un role important et parfois prime sur le contrOle ex post. On contrOle davantaee I' aptitude des opdrateurs de la filiue l exercer leur fonction plutOt que le d§ultat de leur activi~. Le contrOle appliqu6 aux planteurs est cependant ex post. 1.23 Au stade de la production, il est stipul6 par arrld que chaque campqne de vanille vene est d6clar6e ouvene par arrld du Ministre du Commerce pris aprm consultation du GNIV. Les planteurs, comme les acheteurs, sont ~ (voir supra). Depuis 1974, les transactions doivent avoir lieu sur les march& officiels, les •centres Populaires de transaction•, adrninistra par les Fokonolona. Sur chacun de ceux-ci opue un v6rificateur, Qu localement et rmiunm-6 par les acheteurs au kilotage inspect6. L 'inspection est en principe obligatoire, et elle a lieu avant pr6sentation du lot au march6. Le v6rificateur doit s'usurer de la bonne qual~ de la vanille et doit proc6der l la destruction des 1ousses immatures, dfhiscentes, endornrnag6es, etc.... Le vmficateur est forrn6 l sa dche par la Direction du ContrOle de la Quali~ et de la M6trologie l61ale du Ministk'e du Commerce. En fait, un arancf laxisrne r~pe sur les marcba officiels. Le seu1 agrdeur v6ritable de la marcbandise au stade vert demeure done l'acheteur, selon ses crita-es bien entendu. 1.24 Au stade de la preparation, la campagne est ouvene par arrld du Ministre du Commerce, apra consultation ici aussi du GNIV, dans un d6lai de quatte mois apra la date d"ouverture de la carnpagne de vanille vene. Tout rnouvement de vanille pr~ar6e doit etre accompagn6 des documents identifiant la marcbandise et ne peut se faire que le jour. La profession de priparateur de vanille ne peut etre exerc:N par une penoDDe physique et morale que si elle d"°ent une patente spkiale de pr~arateur-acheteur ou de pr~arateur-~nnier (effectuant la pr6paration pour le compte d'autrui) et une carte professionnelle annuelle daivr6e par une Commission de Sous-PrMecture comprenant le Sous-Pr6fet et des reprfsemants des services ofticiels et des professionnels. 1.25 Les lots clevant etre stock6s sous comrat Caisse sont inspecta par la Direction du Comrole de la Qual~, qui s'usure au pr6alable du caractke appropri6 des locaux de stockase. Les emballaaes doivent etre tels qu'ils assurent une bonne protection iDteme et exteme des aousses. Celles-ci font l'objet d'abord d'un mesurqe (s6paration des diffdrentm lonpeurs). puis d'un classement en cinq qualita auxquellea s'ajoutent lea •cuts• (lousses coup6es en tro~). Pour l'essentiel, la deuximne, la troisiae et la quatrime qualita sont seules usit6es actuellement. La quali~ extra et la premim qual~ ne se rettouvent plus dans lea lots. La deuxime qualit4 ne repr6sente qu'une fal"ble part de l'ensemble. La teneur ea vanilline n'est pu un critke de clusement. Dest interdit d'exporter des JOUSSe& dMOCIUIUHI. Depuis le d6but des IDDNS 1970. OD vend clans la pratique des lots de 1 tonne. Cbaque lot comprend des emballagea dont cbacun a un contenu homoabe rnais le lot est composite. Exemple: lot de 1 toDDe de •2me quali~ l descendre• compos6 de 30" de 3mne DOD fendu, 40S de 4mne DOD fendu et bout coup6, 25S de 4mne fendu et bout coup6 et 5" de cuts. Les rqles de composition des lots, selon les diff&entes catqories de qualit4, ont 6t6 ddfinies par un accord conclu entre les pays de I' Alliance de la Vanille en 1977. 1.26 Les norrnes ont 6t6 6labor6es anciennement et il n'a pu 6t6 proc6d6 aux r6visions rendues n6cessaires par 1'6volution des pratiques commerciales. La qualit6 de la vanille a ch~ au cours des dernim-es d~es. Les diff~ents acheteurs 6tran&ers sont c:aractmHS par des exigences de qualit4 et des sp6cificatiom variables. D existe des incertitudes sur les corr6lations entre certains paramkres (par exemple entre la longueur de la gousse et la qualit6, exprim6e parfois en terme de teaeur en vanilline). -6- IV. Le systkne de prix et d'imposition et les nux financiers 1.27 En tb6orie, les prix, du stade veit au stade de l' exportation, ne r6sultent pu d'une libre confrontation entre vendeurs et acheteurs. Ds sont done int~gralement administr6s. Pour cbacun des stades dffinis par le •diff«entiel", il existe un prix unique obliptoire qui ne distingue pas entre Jes qualita. Toute function physique ou commerciale se voit retribu6e d?une manik'e identique quel que soit l'op6rateur qui !'assure. L'ensemble des caract6ristiques qui pr~ent dffinissmt la notion de •diftentiel•, bareme fixe des prix et des remumrations pour les diffuemes fonctiom imervenant aux diffuents stades de la tilia-e. Le diffuentiel est ~Ii pour chaque plan de campape annuel par dmet inter-mioiAAmiel. Dans la pratique, les prix officiels au stade vert soot des prix plafonds: en effet, les prix r&ls sont le plus souvent inf6rieurs l ceux-ci, y compris pour la vanille de quali~ supmeure (lousses de plus de 14 cm). 1.28 Les prS~ements publics sur la vanille sont coostitua de deux Smieots distincts. En premier lieu, la part du prix FOB d'exponation. tel qu'il est fix6 dans le cadre de r Alliance de la Vanille, qui reviem au budget 1m&a1 de l'Etat est compos!Se des Droits de Sortie (taxe ad valorem), de la Taxe Conjonctuelle l l'Exponation (taxe ad valorem), des PrQ~ements sur Produits Caisse depuis 1985. En deuximie lieu, depuis 1982, le solde des prB~ements publics revient au FNUP (Fonds National Unifi6 de Pdr6quation) et sert l alimenter le budget de la Caisse de Stabilisation des prix de la vaoille. 1.29 Les paiements des acbeteUrS aux vendeun sur le march6 intmeur soot effectu6s directement, sauf ceux faits par les imponareurs, puisque c'est la Caisse de Stabilisation qui expone, non l'exportateur. La Caisse donne imtruction aux banques par lesquelles transitent ces derniers paiements de cr6diter les exponateurs l concurrence de la part du prix FOB qui leur revient (le "prix de cession aux opmteul'S l l'exponation• indiqu6 par le diff6rentiel, aussi appel6 prix FOB &aranti). 1.30 Les indemnit6s measuelles de stocbp soot vers6es par la Caisse par l'intermdiaire des banques. Celles-ci peuvent octroyer des avances aux conditiooneun-stockeurs, sur oaotissement des stocks sous contrat-Caisse d6tenus par ceux-cl et l concurrence de 70 l BO~ de la valeur des stocks. Ces dispositions viennent en contrepartie des obligations qui soot impos6es aux conditiooneurs stockeurs (achat daDS des conditions strictement fix6es, respect des prix du diffm-entiel, destination et acheteurs imposs par la Caisse, etc...). Le cr6dit bancaire est uoe pike maittesse de l'organisation de la filiue vanille. S'il est insaftisaDt ou inexistant, les conditiooneurs stockeurs ne peuvent financer leur c:ampape et, par wie de cons6quence, les plant.ems o'obtiendroot pas d'avances. Le systmoe bancaire se uouve, en nlDm', eapg6 clans l'acti~ d'exportation de vanille. D6peod en effet de celle-ci, la solvabilit6 de leun clients, les conditiooneun stockeurs. D'autre part. clans le cas ol la valeur r6elle des stocks nantis est inf6rieure l leur valeur d6clar6e, les banques encourent des risques qui peuvent etre s6rieux, clans l'bypotbme, bien entendu, ~ l'Etat n'abonde pas la diffm-ence. -7- CHAPITRE2 EXPOSE D'UNE SinJATION DE CRISE 2.1 La filia:e vanille est entr~ depuis plusieurs ann6es dans une situation de crise qui se manifeste par une sme de coQts 6conomiques, financiers et sociaux dont J'ampleur est difficilement supportable pour Madagucar. Cette crise s'illustre en particulier par une mtSvente sur le march6 international, laquelle se traduit par un gonflement sans pr~l!dent des stocks d'invendus, estim6s aujourd'hui officiellement l 3.100 tonnes, soit 1• ~uivalent de prb de S fois la moyenne des exportations des deux derni~es ann6es, soit encore pr~ de 2 ann6es de consommation mondiale. Cette hypenrophie des stocks provoque d'une part un blocage du systmne financier l la base du fonctionnement de la filia:e, mettant l son tour en pm} la viabilit6 financia:e du systme bancaire. D entraine par ailleurs une v6ritable explosion des coQts financiers du syswne de stabilisation l la charge de J'Etat provoquant sa faillite. Entin, le systme de stabilisation ayant virtuellement cess6 de fonctionner, celui-ci n •est plus en mesure d'assurer ni 1'6coulement ni l'achat de la totalit6 de la production de la prochaine campagne (1991), et qui doit etre importante selon les pr6visons. Les cons~uences sociales et 6conomiques d'une telle faillite du dispositif d'achat auprb des producteurs de vanille sont immenses. 2.2 Dans cette premi~e section. nous d~irons bri~ement les m6canismes qui ont conduit l la situation de crise daos laquelle la filia:e vanille est plong~ actuellement. Dans les sections suivantes, nous identifierons et analyserons en dmil les causes de la crise actuelle. I. MEVENTE DE LA VANILLE MALGACHE SUR LE MARCH£ INTERNATIONAL 2.3 Le point de d~art de la crise se situe dans le march4 mondial et, plus pr~isment. dans l'incapacit6 pour Madagascar d'y 6couler sa production. Cette incapacit6 peut etre attribu~ l trois raisons fondamentales et complmientaires: (1) Une pan importante, et croissante, de la production malpche est d'une qualit6 qui ne trouve pas preneur sur le mardi6 mondial au prix fix6 par I' Alliance. 2.4 Ce comtat est exprim4 autrement par les conditionneurs-stockeurs: •1es acheteurs de vanille sont de plus en plus exigeants sur la qua1u,•. La politique de prix 6ev6 et croissant ( + 625" en termes nominanx entre 1963/64 et 1989/90) poutsuivie par Madagascar (d Graphique 2.1.) sur le march6 mondial contraint les acheteurs l etre de plus en plus exi&eants sur la qualit6 de la vanille malgache (longueur, taux d'humidit6, teneur en vanilline, apparence). Cette attitude exigeante a 6t6 d'autant plus rendue possible que depuis 1980 il s'est produit un d6veloppement d'une production concurrente en provenance de pays hors Alliance (lndon6sie, Des du Pacifique, etc.. ). Cette exigence de qualit.S accrue chez Jes acheteurs se traduit alors par le fait qu 'une part croissante de la production devient •mvendable• au prix demand6 par Madaaascar pour ses exportations. (2) Madagascar entend poursuivre une stratqie commerciale de qualit6 et de prix Qev6s, malgr4 I' existence d'une demande effective et importance pour une vanille de qualit6 infmeure l des prix moindres. -8- Vanille Madagascar Evolution des Exportations ,r. du March• Mondlal (en volume) Pita FOB Ct/kg) 80 100 - - - 60 - --- - - 80 -- - - - - - -- - - - - - 60 40 - --- - ~ - -40 J - - 20 - ~~ ~~ ~~ - ... 20 - .. - -~ :.. - r-- 0 11111111111111111111111111 0 65 70 75 80 85 90 Annee I- Prbc FOB $/kg D 'II, Marcha Mondial I Graphique 2. 1 .. -9- 2.S n s'agit ici d'une simple constatation d'une part de la strategie commerciale poursuivie par Madagascar, et d'autre part de revolution de la demande mondiale. Ce phenom~ne a ete mis en evidence par I'etude du marche international. La strategie commerciale actuelle de Madagascar se resume l offrir en une qualite unique et elevee, l des prix eleves et croissants ( + 80~ en termes nominaux sur la periode 1980-1989). Face l ce prix eleve, la demande mondiale se reporte progressivement vers une vanille de qualite reconnue inferieure, mais l des prix nettement plus bas (aux environs de $ 30/kg pour la vanille indonesienne de qualite iDferieure), ou vers une vanille de qualit6 similaire mais l des prix inferieurs (aux alentours de S 50 pour une vanille indonesienne de haute qualite, au lieu des S 74/kg pour la vanille malgache). Ainsi que l'«ude de marchc! international l'a montrc!, le marche le plus prometteur de la vanille naturelle demeure le marche de la vanille de haute qualite. Cependant, si la vanille de Madagascar demeure le standard de qualite sur le marche, la qualite de celle-ci se d6grade; ceci represente le troisi~me faaeur expliquant la mevente l l' exportation. (3) malgre l'objectif affirme de strategie commerciale, et ,elon l'avis de nombreux importateurs, la qualite des exportations malgaches s'est d~iud~ de mani~re sensible au cours des demiues annees. 2.6 En resume, la strategic commerciale de Madagascar (prix c!levl et qualitc! en principe unique et elevee) conduit d'une part l r6duire le niveau de demande de vanillc malgache, d'autre part l promouvoir la production chez les pays concurrents, enfin l diminuer 11 fraction de sa production qui justifie le prix elevc! demande sur le march!§ international par Mada,~. 2. 7 En consequence, les volumes des quotas d'exportation se r6duisem malire un marchc! mondial en expansion, et, de plus ces quotas ne sont plus honores. Le Table.au 2.1. et Graphique 2.1 montrent le pourcentage d=oissant de la part en volume du marchc! mond1AI usure par Mad3&ascar. qui est passe de 77~ en 1971 l 30~ en 1989. Les quotas d'exporwion n"ont ~c! honores qu'aux deux-tiers au cours des deux derniues campagnes (60~ pour le plan 1988 '89, 68~ pour le plan 1989/90). La moyenne des exportations de vanille malgache entre la d~auuc 1970-80 et 1980-1990 a diminue de 30~ en volume, soit environ 300 tonnes, soit encore un DW1que l gagner, ou • coot d'opportunit6 economique, • de l'ordre de S 22 millions en recettes d'exponaion par an. - 10 - TABLEAU 2.1 M•rchf Mondf•l de l• Vanflle ---•-·-------•------------IMPGaTATIOIIS-•-••••••••••--•••••·---•-••• ANNE£ USA FUIICE IFA NONDIALtS EXPOITATl011S NADAGASCAI T S NONDIAL T l NONDIAL T l NONDIAL T T l NONDIAL 1965 1008 61 160 11 76 5 1471 914 66-2 1966 164 65 156 12 95 1 1329 815 66.6 1967 629 51 171 16 103 10 1083 666 61.5 1961 1060 61 175 11 126 I 1551 961 61.7 1969 815 61 233 16 111 I 1446 1097 75.9 1970 1070 65 234 14 111 1 1640 1211 74.3 1971 970 64 245 16 113 7 1509 1160 76.9 19n 1040 66 263 17 111 7 1515 1215 76.7 1973 1056 59 256 14 114 6 1779 720 40.5 1974 977 55 277 16 160 9 1774 1353 76.3 1975 963 60 199 12 125 a 1611 151 53.0 1976 1014 54 325 17 192 10 1113 1101 51.5 1977 1554 57 417 15 266 10 2742 1713 62.5 1971 1115 49 459 19 291 12 2401 1459 60.1 1979 497 37 302 23 164 12 1342 436 32.5 1980 343 31 133 15 124 14 195 410 45.1 1911 640 44 249 17 113 13 1447 635 43.9 1912 114 55 301 19 112 11 1603 117 55.3 1913 977 57 261 15 zoo 12 1710 1099 64.3 1914 141 54 201 13 115 12 1549 127 53.4 1915 743 51 154 12 165 13 1213 621 41.9 1916 1048 63 1N 12 199 12 1671 619 41.2 1917 1317 63 219 10 265 12 2215 1260 56.9 1,aa 1217 57 247 12 111 9 2126 625 29.4 1919 1107 56 219 11 234 12 1963 594 30.3 Sourc•: FAO Statistical Tr. . Y•rboot CAYAGJ, •E n. GONFLEMENT D~ STOCKS ET DPS cours F1NANCIERS DU SYSTEM£ DE STABll.ISA11ON 2.8 Comme cons6quence imm6diate de ceue JUVente sur le march6 mondial, les stocks gontlent et sont estima aujourd'hui l 3.100 tonnes, soit J96quivalent de 5 fois les exportations malgaches moyennes des deux demi~es anMes (1988 et 1989). Ce ph6nomme est une cons6quence imm6diate de la ml!vente intemationale puisque le systmne de stabilisation, en ddcouplant les prix internes des performances de Madap,car sur le march6 mondial, interdit tout ajustement de l'offre nationale l la demande mondiale, tant en volume qu •en qual... 2.9 Les coQts de financement de ces stocks sont normalement garantis par la Caisse de Stabilisation, et servent de base aux calculs l partir des indemnita mensuelles de stockage qui sont arret~ pour chaque campape. Celles-ci se montent l 420 FMG/q par mois pour la campape 1989/90 (cf Tableau 2.2). - 11 - TABLEAU 2.2 lndffllites de Stockaqe de,. v1nille t Madagascar 1985 1986 1987 1988 1989 1990 T•Y!! 'FMilkq•!!!5!il2 i periode cyclonique l/ 183 247 286 409 439 439 periode noraal• 179 241 279 393 421 302 eprN -.rcation 190 216 296 302 302 !I periode cyclonique ma 1er dK_,.• au 31 •r• 2 .10 Le coQt total des indemnit6s de stockage repr6sente une pan sans cesse croissante du budget de la Caisse de Stabilisation, passant de 0.4~ pour la campagne 1979/80 l 78~ pour la campagne 1988/89 et 64~ pour la campagne 1989/90 (cf Tableau 2.3, Graphique 2.2). Selon le budget de la Caisse de Stabilisation de la Vanille, les d6penses de stockage sont ainsi pass6es de 10 millions FMG en 1979/80 l 9.4 milliards FMG en 1989/90, soit 1.8 milliards FMG constants 1980 (c'est-l-dire une augmentation de 17.860 ~ en termes r6els sur une p&iode de 10 ans). 2.11 Comme signe de cette charge financlm-e insupportable pour le budget de la Caisse de Stabilisation et en fait de l'Etat, les indemnit6s mensuelles de stockage ne sont plus pay6es de maniue automatique, c'est l dire mensuellement ainsi qu'il l'est prm par la Loi, mais de manim-e arbitraire par le Tr6sor, qui contrOle les comptes de la Caisse. Les derniers paiements d'indemnit6s mensuelles de stockages effectu6s par le Tr6sor ont 6t6 r6alis6s en novembre 1990 pour la pmode couvrant le stockage de janvier l mai 1990, c' est l dire avec 11 mois de retard, et en juin 1991 pour la pmode de juin l d6cembre 90, l nouveau avec 12 mois de retard. Au moment de la remise de ce rappon (juillet 1991), seules les indemnit6s de stockage dOes jusqu'au 31 d6cembre 1990 ont 6t6 acquitt6es. Les indemnitl!s mensuelles de stockage pour l'ann6e 1991 restent done impay6es. • 12 • Caisse Vanilla Repartition des Depenses Milliard FMG 16 . ••••·•·••·•·•·••••·•••··•••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••• •••••••••••••••••• 14 ··············•···••·••·••••·••••••••••••• ••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••• ••••••••••••••••••••••••••••• •••••••••••••••• 12 10 .· ••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••• .. •••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••• 8 .· .............. .......... ····································· 6 ••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••• 4 2 0 .2..Jc:;:::=::;::=:;:::=::=;::=::;::::========='::I 79 81 83 85 87 89 Annee c::J Fonct. Ill Promotion ~ Stocks al Tfert • l'Etat ~ Autres Graphique 2.2 - - IJ - lAlllAU Z.J Structure •• Pmmu de ,,"Z:,:::cg stablll11Uon de 11 Ytnflle IECElfES lf DEP(NSES DE LA CAISSE YANlllE (MllllAID fNG C<lJIANlS) 1919/10 19110/11 19111/lll 19112/IJ lffl/14 1914/BS 19115/116 19116/117 19117/811 191111/89 1919/90 I. IUDGU DE FCIICJIOIINEMHJ 0.CN0 0.055 O.OZ1 0.066 I.OIZ 0.099 0.1JI o.uz 0.J41 0.ZOJ 0.206 CCUIANJ II. PIOMOJICII DE LA VANILLE 0.064 0.019 O.OIJ O.J56 0.450 0.427 0.4J6 1.111 0.11112 1.49] 0.000 111 • DEPENSH D' 1111HVENl IOI Z.141 Z.0J9 J.555 J.1116 t.010 t.151 2.759 4.t,01 4.Z75 7."21 9.409 dor,t 1tocltege 0.OI0 0.016 0.JZ0 0.651 1.010 1.156 Z.759 4.401 4.Z75 7.421 9.409 dont tr1n1fert • l'Et1t 2.tOI Z.0ZJ J.ZJ5 J.ZJS 0.000 0.000 0.000 0.000 0.000 0.000 0.000 IV. AU11ES 0.5J4 0.059 0.001 ·0.0J5 ·0.J91 ·0.416 ·0.J95 o.oea 0.14) 0.]95 5.071 IV. DEPENSH lOlALEI 2.m Z.17Z J.590 4.Z7J 1. "'" I.Z61 Z.931 ,.oz 5.641 9.51Z 14.6116 V. IECE11ES 1O1ALES J.151 1.5J0 1.592 11 .1116. 15.56J 17.54] 11.217 19.150 JS.Ml l6.t,95 31.066 PAil DES tlPENHS DE LA CAISSE VANILLE Cl) 1919/IO 1980/11 1911/IZ 191ZIIJ 1911)/84 1914115 1915/16 1916117 1917111 191111/89 1989/90 I. IUDGU DI FONCIIONIIEMHJ 1.4 z.s o., 1.5 1.z 7.1 4,1 Z. I ,.z z., 1.4 CClUIIAH II, PIOMOUOI DE LA VANILU Z.J o., 0.4 I.J J9.J JJ.7 14.1 ZI.Z 15.6 15.1 •o.o n., 90.9 93.9 Ill. DEPENSU D1 dont 1tocltne 1NlHVElflOI 0.4 "·' 0.7 99.0 .. , 15.Z 1111.J 811.J 91.J 91.Z 93.9 61.4 61.4 75.7 75.7 71.0 71.0 64. 1 64.1 dont trensfert I l'El1t 75.6 9J.1 90.1 15.1 o.o 0.0 o.o 0.0 0.0 o.o 0.0 IV AUIIU 19.Z Z.7 o.o ·0.I ·J4.I ·JZ.I ·IJ.4 1.4 2.5 4.Z ]4.5 1.4 n., IV, DEPEISES 101AlES (en.I de1 ltcttttl tot1lt1) II.I HZ.I ZZ5.5 JS.9 7.Z 26.0 JZ.4 "·' 47.J SaurcHI CAVAlil, llUOI - 14- m. LE RATIONNEMENT DU CREDIT ET SES IMPUCATIONS 2.12 La cons~uence directe du non-paiement des indemnit~ de stockage par la Caisse de Stabilisation aux conditionneurs-stockeurs est de mettre ces demiers dans une situation financim-e difficile, risquant 1 terme de provoquer la faillite de leur activi~ vanille. 2.13 Ainsi qu'll J'a 6t6 expliqu6 clans le Cbapitre Premier, les conditionneurs-stockeurs acb~ la vanille (verte ou vrac) et la stockentjusqu'au moment de l'exportation. Les conditionneurs-stockeurs passent alors sous contrat-caisse les stocks de vanille. C'est au moment du paiement de !'exportation de ces stocks sous contrat-caisse que les conditionneurs-stockeurs recevront, par l'intenudiaire des banques, le prix FOB garanti prM par le diff6rentiel, prix qui couvre leurs codts d'achats, de pr6paration et marges b6nfficiaires. Les frais de stocka1e au titre des contrats-caisse sont, eux, normalement couverts par Jes indemnitm de stocka&e, pay• chaque mois par la Caisse de Stabilisation aux conditionneurs-stockeurs. Lorsque la vanille stock~ est sous contrat-caisse, Jes banques accordent g6n6ralement des avances aux conditionneurs-stockeurs , hauteur de BO~ du prix pn!vu au diffm-entiel (prix log6 1D111Sin), en contre-partie d"un nantissement des contrats-caisse aupra des banques. 2.14 Les indemnitm de stockage sont cens• couvrir les cbar1es relatives l l'immobilisation des stocks l/: Jes pertcs et d6checs en maauin, la main d'oeuvre pour Jes op6ratiom de triage, d'entretien et de manipulation des 1ousses, les qios bancaires, ainsi que les primes d'assurance. Elles courrent en totalit6jusqu'au moment del'embarquemem des exportations, et, Jes agios bancaires jusqu' au d~int6ressement du conditionneur-stockeur. Telles qu •elles sont prMes par le diff6rentiel, elJes som 1m6ralement consid6r• comme couvrant amplement les coots r6els de stocb&e; ceue diff6rence permettant aux conditionneurs-stockeurs d'autofinancer une partie de leurs achats de vanille vrac ou verte ainsi que Jeurs coots de pr6paration. . 2.15 Tant que la vitesse de rotation des stocks et que le niveau des stocks sont normaux, ce systmie de financement ne pose pas de difficulta majeures aux op6rateurs ou aux banques. Cependant, Jorsque la vitesse de rotation des stocks se r&kluit, et que, par com6quent, ceux-ci 10Dflent de manim-e imponante, un tel syswne pose alors d'importants problmies de financement, a fortiori lorsque les indemni~ de stockqe ne sont plus paym de mania r6,ulia-e. 2.16 Les conditionneurs-stockeurs l lem•tour 6prouvent des difficulta pour payer Jes a,ios et int6rets bancaires aupra des banques commerciales chez qui Jes stocks sont antis. La viabilit6 financi~re de celles-ci est alors mise en pml; en effet, des problmies d'arri6ra ont ti relev• cha: certaines d'entre elles. 2.17 Deuxime cons6quence des stocks d'invendus qui ne cessent d'au,menter, les banques commercial es rationnent d~rmais le cr«lit aux conditionneurs-stockeurs. Cenaines, clans Jes r61ions de production de la vanille, n'acceptent ainsi plus auCUD nantissement de stocks, et ne foumiront pu d 'avances (prets de campape} aux conditionneurs stockeurs pour la prochaine campape 1991. Elles 1/ La vanille stock~ demande un nombre imponant d'op6ratiom hautement intensives en travail • (triage, inspection, entretien. manipulation) qui sont n6cessaires pour 6viter la d6p-adation des gousses. notamment leur moisissement, et les risques de co11tamination du contenu de l'emballqe. ·IS· rationnent l la fois le cr"1it correspondant au nantissement des contrats-caisse, mais aussi leis avances sur produit vrac aiosi que les d~uverts consentis aux conditionneurs-stockeurs et dont la fonction est de permettre l ceux-ci de pr6-financer leurs achar.s. Le cr"1it est rationn6 par les banques pour des raisons financi~es 6videntes: le risque de leur portefeuille devient trop 6lev6, la rentabilit6 du secteur a diminu6, et enfin les plafonds de cr"1its ont «ti atteints. 2.18 Les cons6quences de ce rationnement du cr"1it accord6 ~ conditionneurs-stockeurs sont alors soit une pure et simple impossibilit6 d'acbeter aux producteurs, soit le non-respect des prix officiels, et ce, quelle que soit la qualit4, soit encore l'obliaation dans laquelle se trouvent certains conditionneurs-stockeurs de financer leun acbats et leurs stocks sur fonds propres. Ces stocks "libres• (par opposition aux stocks sous-contrat caisse) seraient en train de se multiplier. • 2.19 D y a toute raison de croire aussi que dans une telle situation. les conditionneurs-stockeurs ont tout intdret l autofinancer les stocks de vanille de bonne qualitc! (ccllc pouvam etre vendue sur le march6 mondial l S 741kg), et l ne passer sous comrat-caisse que les uocks de mauvaise qualit6 2/. Par ailleurs, les conditionneurs-stockeurs ont 6plement tout intc!ret l k:onomiser leurs coQts r6els de stockqe (manutention, entretien) des stocks sous comrat-caisse, ce qui a.:cll&a la d611'3dation de la qualit6 de la vanille aiosi stock6e. 2.20 Le non-paiement des indemnit6s de stockage et le rationnemenr du cr"1it qui en r6sulte, conduisent par cons6quent l la multiplication des incitations l la datnontion de la vanille stock6e d'une part, et l sa concentration dans Jes contrats-caisse d'autre pan. De lelles incitations perverses expliquent le processus de dqradation de la qualit6 analys6 plus baut. 2.21 Une cons6quence suppl6memaire, et importante, du non-paiemem da indemnit6s de stockage et du rationnement du cr"1it et des difficult6s d'acbat (en terme soit dt ~it6 soit de prix) qui en r6sultent, consiste en le renforcement des incitations l l'augmenwioa deb production de vanille de mauvaise qualit6. 2.22 En effet, l"Etat baisse les prix aux producteurs (en termes r6els) afiD ea premier lieu de tenter de d6c:ourqer la production, et en dewdane lieu afin de minimiser la coQa fananciers du systmne de stabilisation. Les planteurs ne som done plus incita financia-emem l produire de la vanille de . qualit6 et, l!tant donn6· rabsence quasi totale d'altematives 6conomiqua v~les, ont tout int6ret l produire et l 6couler sur le march6 un maximum de production afm d·usurer un Diveau mioimnm de revenus montbifes. Leur r6action individuelle de d6fense agrave done. par un cercle vicieux, la situation d'ensemble dom ils som les victimes. 2.23 Les incitations 6conomiques pour les planteurs et les conditionneun-su>ckeurs sont done en place pour mener l la d6gradation de la qualit6 de la vanille tant au Diveau de la production qu•t celui du stockage, et l 1'aggravation de la sur-production. 2.24 Entin, et l la suite au blocage du systble de financement de la campagne (rationnement du cr"1it, non-paiement des indemnit6s de stockage), le systmoe de stabilisation ne sera pas en mesure d'assurer l'acbat de tout ou partie de la production attendue pour la prochaine campape, dont la commercialisation d6butera vers le mois de juin 1991. Les conditionneurs-stockeurs, quant l eux, 'J/ Cecl peut etre fait ais6ment par les conditiooneurs-stockeurs puisque, comme nous le verrons plus tard, il n' existe aucun contrOle r6el des flux pbysiq_ues de marcbandise au Diveau du stoctaae. - 16 - seront contraints dans une large mesure d'autofinancer leurs achats, de limiter leurs achats ·1 la seule vanille de bonne qualit6 pour laquelle les exportations sont possibles (exemple: sup6rieure l 14 cm), et enfin pourront exercer une pression l la baisse sur les prix effectifs pay6s aux producteurs. Les co~uences sociales d'une telle situation sont difficilement calculables mais clairement 6normes pour une population agricole dont les niveaux de revenus sont d6jl parmi les plus bas au monde. IV. FAILLITE DU SYSTEME DE S'l'ABWSATION 2.25 Madagascar doit done faire face l la contradiction suivante: la poursuite sur les march6s extdrieurs d'une politique th6orique de haute qualit6, menant dans les faits une politique int6rieure favorisant la basse qualit6. Les collts 6conomiques, financiers et sociaux de cette contradiction sont difficilement supponables pour Madagascar et sont au coeur de la crise actuelle. 2.26 Etant donn4 le gontlement des stocks et ses Rp«cussions imm6diates sur le systmie financier, la Caisse de Stabilisation ne peut done plus garantir les d4bouch6s aux planteurs, ni en prix, ni en quantit6. La Caisse de Stabilisation n'est plus en mesure non plus d"assurer Jes d4bouchds sur le march6 international d'une vanille 6tant donn6 un •effet de ciseaux•. Celui-ci r6sulte d'une part de ce que le prix Qev6 et croissant demand6 sur le marcb4 mondial par Madagascar requiert une qualit6 sans cesse am'1ior6e; d'autre part, de ce que les incitations 6conomiques en place sur le marcb4 inteme contribuent l la d4gradation de la qualit6 de la vanille produite. 2.27 Entin, comme la Caisse de Stabilisation des Prix de la vanille a perdu toute autonomie financim-e vis-l-vis de l'Etat, elle n'est plus en mesure d'assumer les charges financik'es du symme de stabilisation qui lui incombent. Le manque de discipline financim de la part de l'Etat a done conduit l la faillite financike de la Caisse de Stabilisation du Prix de la Vanille. 2.28 La Caisse de Stabilisation a done effectivement ~ de remplir les rOles qui lui avaient ti initialement dt!volus : (1) r6gulation du prix d'acbat au producteur, (2) recherche et mise en oeuvre de toutes mesures propres l assurer et l dt!velopper I' 6coulement du produit sur les march6s ext6rieurs, et (3) ex4cution de tous programmes d'action en vue d'obtenir une meilleure productivit6. - 17 - CIIAPITRE3 LES CAUSES DE LA CRISE ACIUELLE I. INTRODUCTION 3.1 Dans cette section, nous examinerons en dt!tail les causes structurelles de la crise qui frappe actuellemem le secteur de la vanille l Madqascar. Les causes de cette crise sont multiples et ~itement imbriqu6's, mais peuvent se r6sumer en une politique commerciale inadapt6e au march6 mondial, l laquelle s'ajoute un systmie de stabilisation inteme qui interdit tout ajustement. La gestion de la filiue vanille par les Pouvoirs Publics est dans une large mesure responsable de son manque de flexibilit6 et d'adaptation aux nouvelles conditions du marchi mondial, qu' elle a par ailleurs pr6cipit6. 3.2 Nous proposons de commencer par l'analyse du march6 international, dont l'ivolution ces derniues ann6:s est l I'origine de la crise actuelle. Au pr~able, nous pr6senterons bri~ement la structure de l'offre et de la demande mondiales. Puis, nous identifierons quelles ont pu ~e Jes erreurs de strat6gie commerciale commises par Madagucar sur ce march6, et qui provoquent une perte rapide de sa part du march6 mondial. Nous passerons ensuite l l'analyse de la politique interne des prix, ou nous identifierons aussi les causes qui om contribu.S l la disparition de facto du systmne de stabilisation en place. Enfin, dans une derniue partie, nous analyserons comment et pourquoi le systmie d'organisation de la tiliue, censlS gm-er les aspects cruciaux de qualit6 et de contrOle, est pro,ressivement tomb6 en d6su6tude. 3.3 L'identification de ces trois ensembles de causes structurelles de la crise nous parait imponante puisque toute r6forme du secteur qui se veut viable l long terme et assurer la rel~e du secteur devra s'attacher l les r6soudre. Toute r6forme devra en effet s'attacher l mettre en place un systme qui 1mue une gestion optimale de la strat6gie commerciale de la tiliue sur le march6 mondial. Une telle r6forme devra aussi r6soudre les problmes inhuents l la commercialisation inteme, et done lune rq,artition l la fois efficace et optimale des rec:ettes d'exportation entre les divers agents 6conomiques de la tilim, y compris l'Etat. Entin, la.r6forme de la fili~e devra attacher une attention toute particulim l la mise en place d'un systmne visant l assurer une gestion de la qualit6 de la production qui soit l la fois efficace, flexible et adapt6e aux besom., de la demande mondiale. II. LE MARCIIE MONDIAL DE LA VANILLE: STRUCTURE DE L'OFFRE ET DE LA DEMANDE'J/ 3.4 Originaire du sud-est du Mexique et trm estim6e depuis des si~les, la plante vanilla fralJlDS est devenue une denrl§e dom le commerce et la production se sont r!Spandus dans le monde. Apportl§e dans les nes de l'Oc6an lndien, les Antilles et l'Oc6anie, elle est cultiv6e commercialement depuis les ann6's 1840. La production syst6matique des gousses de vanille a commenc6 dans des Ues qui appartenaiem l la France, notammem Madagascar et les Comores. J,/ Cette section est emprunt6e du document de travail •Etude du March6 lnternational de la Vanille de Madagascar•, Juillet 1990 par T J. Payne Market Development. - 18 - La vanille cultiv6e dans ces Des et l la Rmnion est connue sous le nom de la vanille •Bourbon• et gmi6ralement consid6r6e comme la meilleure du monde. II.A. U DEMAND£ DE VANILLE 11.A. l. Structure et Composition de la De1111l111U 3.5 Environ 2.000 tonnes de vanille sont consomm6es chaque ann6e dans le monde actuellement. Sur la p6riode 1965-1989, la comommation mondiale de vanille a auament' au rydune annuel moyen de 2 pour cent. Sur la p6riode 19~1989, l'augmentation de la consommation de gousses de vanille a ti forte, suite l une crise de sous-production l la fin des ann6es 1970. La progression a ti la plus forte sur le march6 am6ricain fl pour cent par an), et mod&t!e en Europe (2-3 pour cent par an). On s'attend l des taux d'augmentation comparable durant les ann6es 90, w l'accroissement constant de la demande, chez les CODS('mmau,m, d'arOmes naturels dans les aliments fabriquc!s. 3.6 En moyenne. les Etats-Unis importent 60 pour cent des gousses de vanille vendues dans le monde. Les 111tres pays importateurs comprennent la France (14 pour cent), la R.. .blique F6d6rale d"Allemape (12-13 pour cent), le Japon, le Canada et la R6publique D6mocratique Allemande (2 pour cent chacun). Cependant, certains pays tels que la R6publique F6d6rale d" Allemape, qui ne consomme que 30 l 40 pour cent des aousses import6es, en rmporte la majeure partie. Done, toute analyse des marchc!s de consommation finale d'arOmes naturels doit teDir compte de la consnmmation par habitant. Ainsi, les principaux pays CODS('mmareurs sont le Danemark (4,5 1 par personne), les Etats-Unis (3,851 par personne) et la France (2,5 1). Quant aux perspectives d'avenir du march6 de la vanille, il est imponant de consid6rer le Japon, le Canada et les pays scandinaves. En outre, les exportations vers l"Europe centrale et l'Europe de l"Est 111gmenteront sensiblemenr dans les ann6es 90. 3.7 Les utilisateurs finals de aousses de vanille sont les fabricams d'arOmes, les fabricams d'extraits et les consommareurs. Am Etars-Unis, environ 98 pour cent des 1ousses sont trait6es et utilis6es par l'industtie apo-alimentaire, et la vente au d6tail ne reprc!sente qu 'un faible pourcemqe de la consommation. En France, environ 20 pour cent des 1ousses se vendenr au d6tail. Les extraits et les arOmes sont consonmia par l'industrie qro-alimemaire (90-95 pour cent), et par les coDSOrnrnareurs et les collectivit6s (5-10 pour cent). D existe qalement un petit march6 d'ol6orc!sines et d'extraits de vanille destinc!s l la parfumerie et l l'industrie pharmaceutique. Entre 1980 et 1989, c'est dam l'industtie apo-alimemaire, notamment aux Etats-Unis, que l'usaae de la vanille a connu la pro,ression la plus rapide. A noter toutefois que l'auplentarion de la demande de aousses chez les consommateurs n'affectera pas outre mesure la demande mondiale de vanille. 11.A.2. La SuccldaMs de la Vanllle 3.8 La vanille est probablemenr l'dpice la plus fortement concurrenc6e par des produits synth6tiques bon march6. D existe quarres succ6danc!s de la vanille naturelle: la vanilline, 1•6thylvanilline, les autres arOmes naturels, et les produits obtenus par la culture de tissus aussi commun6ment appelc!s produits biotecbnologiques. Le premier concurrent de la vanille naturelle a ti l'eug6nol, constituant de l'essence de girotle. Une technique de fabrication de vanilline • partir de rc!sidus de liqueur de sulfite, sous-produit de la fabrication de pate l papier, a par la suite 6t' mis au point. Cette vanilline peut ttre purifi'8 et rendue difficile l distinper de la - 19 - vanilline praente l 1'6tat nature! dans les gousses de vanille. La vanilline synth6tique ne·poss~e pas l elle seule l'arOme de la vanille naturelle qui se compose de centaines de constituants aromatiques. Elle n'a cepedant pas un goOt aussi •chunique• que 1'6thylvanilline, un autre succl!clann6 de la vanille naturelle. La vanilline repraente au total une production moyenne estim6e l 12.000 tonnes par an, plus de 90 pour cent du march6 des arOmes de vanille aux Etats- Unis, et SO l SS pour cent de ce march6 en France. L'usage en est aussi extremement r6pandu en Scandinavie, au Canada, en Allemagne et autres grandes r6gions productrices de vanilline (i.e. plte l papier). La production de vanilline a aupien~ de 135 pour cent entre 1984 et 1989. La vanilline sert non seulement l remplacer Ia vanille, mais aussi l frelater les extraits de vanille. Lorsgu 'un extrait provient de gausses de vanille de mauvaise quali~. sa teneur en vanilline risque d'etre inf6rieure l celle exig6e par la r6glementation ou les acheteurs d'extraits. L'addition de vanilline en vue d'•enrichir• l'extrait nature! est la forme de frelatage la plus commune. Le frelatage est le plus r6pandu en Europe et a eu des cons~uences d6favorables pour le march6 de la vanille naturelle. C'est bien sur le prix tra infmeur de la vanilline qui incite l frelater les extraits. En fait, la politique de prix poursuivie par I' Alliance Vanille est indirectement responsable du frelatage. En France, par exemple, alors que le prix FOB des gausses de vanille augmentait de 80 pour cent entre 1980 et 1989, les fabricants d'extraits 6taient autorisa l relever leurs propres prix de 2 l 3 pour cent par an. 3.9 Bien que 1'6thylvanilline soit connue depuis des ann6es, elle a du mal l s'imposer sur le march6, car ii est difficile d'en 6liminer totalement certaines impure g6nantes. L'6thylvanilline reste consid6r6e comme un arOme •artificiel• dont I'usage n'est gu~e susceptible de s'accrottre sur les marcha actuels de la vanille. 3.10 Les ·autres arOmes naturels• sont de plus en plus utilisa comme suc~ana de Ia vanille dans les m61anges d'arOmes. Les maisons d'arOme tendent l mettre !'accent sur Ia fabrication d'aromes l ~n pour leurs clients. Les fabricants d'arOmes ajoutent une valeur ajout6e importante l leurs extraits et aux arOmes en Jes m6langeant et en cr6ant des compositions exclusives. En outre, l'incorporation d'autres arOmes naturels l un extrait ordinaire rl!cluit souvent le coot de la substance aromatigue finale et la rend plus attrayante aux yeux des acheteurs. L'apparition d'arOmes de vanille •with Other Natural Flavors• (WONF), c'est l dire m6lang6e l d'autres arOmes naturels) constitue une menace grave pour l'industrie de la vanille, car la plupan de ces produits ne comieonent gu 'une fraction de vanille, mais b6n6ficient malgr6 tout de l 'appellation • 100 ~ nature!•. • • 3.11 Concemant les substituts bio-teclmologiques, le succa dont jouit la vanille et l'int6ret grandissant des consommateurs en faveur de produits naturels, de meme que le coot 6lev6 de la vanille naturelle, et les fluctuations au niveau de l'approvisionnement, de la qualit«! ou du prix, ont conduit des foumisseurs d'arOmes l chercher des suc~an6s 100 pour cent naturels, • abondants, peu coOteux et d'excellente guali~. Cette recberche s'est orient6e vers la technologie de la culture de tissus. Un certain nombre d'6tudes sont actuellement en cours dans des centres de recberche universitaires ou priv6s, notamment ammcains. La bio-tecbnologie constitue potentiellement la menace la plus grave pour l'industrie de la vanille. Elle permettrait de produire de l'arOme de vanille l $350-500/kg contre $ 3.0001kg pour de l'essence de vanille naturelle offrant une concentration similaire. Pour l'heure, l'avenir de la biotecbnologie demeure incertain. En Europe, et notamment en AIJemape, des mesures 16gislatives sont en train d'etre prises visant la limitation de l'utilisation de ces produits de bioconversion comme ingr6dients alimentaires. Cependant, si Jes recherches men6es aux USA donnent des r6sultars prometteurs, on peut s'anendre l des mesures l«!gislatives favorables dans ce meme pays. En d6finitive, c'est surtout la - 20 - perception des produits de bioconversion par le consommateur qui d6terminera leur avenit. Il est clair, cependant, que dans la cas de la biotechnologie, ce sont les prix 6lev6s de la vanille impos6s et la politique commerciale par r Alliance de la Vanille qui ont provoqu6 et acc616rl! cette recherche de substituts ·nanire1s •. 11.A..3. Le Rble de la Ugislation 3.12 De la discussion prl!c6dente, il ressort clairemmt que la l•islation a une influence pr6pond~ sur le march6 de la vanille et son avenir. L'importance de cette ll!gislation se situe l deux niveaux distinds. Premi~ement, au niveau de la production d·extraits; deuxiaement, au niveau de l'l!tiquetage des produits alimentaires. Concernant le second. am Etm-Unis, la vanille est la seule q,ice b6n6ficiant d'une norme d'idendit6 dans le Code des Rls•cmems F~6raux. Cette r6glementation permet de faire la distinction enue les produits qui rcnfcnnent uniquement de la vanille et ceux qui contienneat aussi de la vanilline. Aux Etau-t: nas. la loi impose ainsi des r~gles pr6cises en mati~e d'l!tiquqe des produhs comenant de lavanlllt pure, de la vanille pure m6lang6e l d'autres art.mes naturels, ou des m6lanaes vanille-vanilhne Lei fabricants am6ricains peuvent etre poursuivis pour «iqueta,e trompeur, et la 16gislation requ,cn done: que rint6grit6 des extraits soit pr6serv6e. La 16gislation am6ricaine actuelle est done fa,-,orablc au march6 de la vanille. Cette position favorable pourrait cependant 6voluer dans r·avaur suite l des changements possibles de la 16gislation qui serait plus favorable aux arOmes WO~"f. • cbns l'avenir qui considkerait comme naturelle les substituts bio-tec:hnolo&iques. 3.13 En Europe, la r•lementation impose aussi des rqles pr6cisea • 11111ia-e d'6tiquetage des produhs comenant de la vanille pure, de la vanille pure m6lang6e l d •auu• arOmes naturels, ou des m6langes vanille-vanilline. La nouvelle r6glementation europ6enne ~ clans le cadre de l'homog6n6isation des diverses 16aislations nationales) considue la vanilllllt comme un produit •identique au naturer. Elle serait done moins favorable au marcbf de IA vmwle que le marcb6 am6ricain puisqu •elle incite les fabricams cle produns alimemaires l util 1111' •• arOmes vanille- vanilline en plus lflnde quamit6, 16plisant en fait le frelatage d' extraau. Cme r6&Jementation s '6carte sensiblement de celle pn=lemmem adopt6e en France qui procqcu r appellation vanille de manim-e plus restrictive. Cependant, ceue nouvelle lqislation europfflllll ICIDble favoriser aussi les •111tres arOmes naturels• c•woNF•) et DOD pu uniquement la vmw1me, et de plus serait ' d6favorable 111 cWveloppemem possible des substituts issus de la bio-udmolos1t. N6anmoins, il reste que I'int6grit6 de I' 6tiquerage des extraits demeure aussi extrememenr importaDte en Europe, 0 6tant donn6 que les extram-purs de vanille se vendent plus cbers du fait d unc demande pour les produits naturels par les consornmareurs. Les fabricants comptent sur la r ~ n de leurs fournisseurs, sur les contrOles effecblm par les autorit6s co~es Cl 1W' leur propre programme de contrOle de qualit6 pour assurer la puret4 des straits, qui est une pr6occupation constante, quelque soit le type d'emaits (Bourbon. indousienne ou autre). • 3.14 Ence qui conceme la 16gislation relative l la production d'extraits, celle-ci varie aussi sensiblement d'un pays l l'autre. Aimi, la lqislation am6ricaine prkise qu'il faut 13,35 ounces de gausses ne contenant pas plus de 2SS d'eau pour produire un gallon d'extrait de vanille l indice de concentration de 1. Si la teneur en eau des 1ousses est plus 6lev6e, la r~gle du •poids unitaire 6quivalent• s'applique. Une telle 16gislation autorise ainsi l'utilisation de gousse cle vanille l faible teneur en vanilline (typiquement les gousses indon6siennes). et a aussi pour effet supplfmentaire de favoriser, l tam de vanilline 6quivalent, la vanille la moins cbke; elle favorise enfin la demande de gousses de vanille l tam d"humidit6 le plus procbe possible de 2SS. Cette l~gislation a done jou6 un rOle fondamental clans le ph6nomae de substitution rapide de la vanille • 21 • Bourbon par la vanille indonaienne (moins chm-e et offrant un taux de vanilline infm-ieur); et explique par ailleurs pourquoi les acheteurs am6ricains r6clament une vanille l haute teneur en humidit6 (rouge). 3.15 La 16plation europ6enne, contrairement l la 16gislation am6ricaine, sp6cifie la teneur en vanilline naturelle de l'extrait. Une telle 16gislation tend alors l favoriser }'utilisation de gousses de vanille de baute qualit6 (haute teneur en vanille), profitant aux vanilles Bourbon au d6triment des vanilles de qualit6 inf6rieure d'origine indonaienne, et favorise aussi les vanilles de moindre teneur en eau. Ceci explique clans une large mesure !'apparition l la fois plus limit6e et r6:eme de la vanille indonaienne sur le marcht! europND. ll.B. L 'OFFRE DE VANJUE 3.16 En raison des conditions agro-6cologiques n6cessaires l la culu ..·iuon de la vanille, celle-ci est produite dans un nombre r6duit de pays tropicaux. Les principau1 rroduc:teurs traditionnels sont Madagascar, les Comores, la R6union et le Mexique. Les produ.:teun plus r6cents comprennent principalement l'lndonaie, Tahiti, et Fidji, Somoa, rmas aussi l"Ouganda et quelques rares pays africains ou d' Am6rique Centrale ou Latine. 1l.B.1. Structure tk l'Ojfre 3 .17 L •offre de vanille est caractaiHe par des fluctuations plus ou moam importantes lit!es aux alw climatiques, tels que des cyclones ou pluies trop importantes qui peu~au dmuire toute ou partie de la production. Ainsi durant la deuximie moiti6 des ann6es 1970. u production des nes de J'Ocan Indien om . . soumises lune s6rie d',Vmemems climatiques rn,voquant une diminution importante de la production. Du fait de la croissance imporu.nu de la demande . pendant la m!me p6riode, les stocks de vanille om . . 6ventuellement fpu1" • ont provoqu6, en 1979/80, une crise sur le marcbt! mondial de la vanille, projettant les pru mondiaux l plus de S 100/kg, les prix de I' Alliance am alors fixa l S 45/q. 3.18 Madagascar constitue le principal producteur de vanille, avec uae produdion aDDUelle .. moyenne sur la p6riode 1980-1990 se montant l 1.200 tomies (produc:uon commercialis6e, vrac 6quivalent). Ses exportations moyennes sur la meme p6riode se momem qu1n1 a elles l 767 tonnes. L 'lndonaie constitue depuis ncemment le second producteur mondw suite l une augmentation spectaculaire de sa production tout au long de la dernim-e d ~ . Les exportations indonaiennes som ainsi pass6es de 90 tonnes ea 1980 l 624 tonna en 1989 (les cbiffres de production ne som pas disponibles, mais l'lndonaie ne garde praliquement aucun stock). Les exportations comoriennes som exuemement fluctuantes, et se situent aux alentours de 144 tonnes par an sur la m6me p6riode. La R6mion exporte quant l elle des quantita relativement stables mais faibles, repraentant m moyenne annuelle 16.5 tonnes. Les trois nes de l'Ocm lndiea (Madapscar, Les Comores et la R6mion) produisent toutes de la vanille de type Bourbon, et som nunies dam l'Alliance de la Vanille. Tonga aurait produit 40 tomies de qualit6 supmeure en 1989. La production tahitienne demeure aussi modeste (infmeure l SO tonnes), mais le pays envisagerait d'accrottre sa production l plus de 100 tonnes clans les ann6es 90. Tahiti produit une vanille sp6ciale, Vanilla tahis;nsis, originaire de ce pays, qui offre une saveur tra paniculim-e et b6nt!ficie de son propre crmeau sur le marcb6. Les productions des autres pays sont minimales, mais des essais de d6veloppemem ou de relance de la production se - 22 - multiplieraient dans uncertain nombre de pays (exemple: Ouganda, Costa-Rica, Mexique; et m6me Chine populaire). 3.19 La progression des expon.;; :ions en provenance d'lndon6sie s'expliquent par une strat6gie commerciale agressive et 6volutive bas~ sur les 616ments suivants: (1) accroissement de la production et de sa politique de qualit6 l la production; (2) extension progressive de sa couverture &6oaraphique (marcb6 am6ricain puis europ6en); (3) strat6&ie de segmenwion du march6 par un redressement proaressif de sa qualit6: s'introduisant sur le march6 am6ricain en foumissant d'abord des qualitds infmeures l des prix c o ~ vis l vis des pays de I' Alliance, puis amQiorant proaressivement la qualit6 pour satisfaire les hauts sepients du march6 ammcain, ainsi que les marcb6s europ6ens plus exigeants; (4) strat6gie de segmenw.ion du march!§ par des prix adaptds: prix diffuenci6s selon la qualit6, et les marcb6s; (S) stratf&ie au Diveau des circuits de distribution: maximiser le nombre d'acbeteurs, et de services offens aux adieteurs, absence de quotas. ll.B.2. Structure des Collts de Production 3.20 La structure des coQts de production varie consid6rablement d'un pays • l'auue, en function principalement de la politique du taux de ··1ange. Les pays l i.one Franc (les Comores et la R6union) sont en effet caract6ris6s par des coots de r :i d'oeuvre 6ev~ pour cette culture qui est intensive en main d'oeuvre. Le Tableau suivant pen.1et d'appr6cier 1'1vamage comparatif non-n6gligeable en termes de coQts de production dont Mada&ascar bal~ficie: Tableau3.1 COMPARAJSON DES COUTS DE PRODUCTION DE LA VANII..LE DANS LE MONDE rus S/tg) Madapscar(a) ladonaic(b) Comorca(c) Qualit6 Sup. Inf. Prix Pay6 au Produc:tcur 6.17 27.50 13.70 "·'1 . (vnc 6quivalcnt) Praia de Pr6puatioa 6.91 6.90 6.90 7.93 (vnc 6quivalcat) CoGtTotal 13.0I :W.410 20.60 43.64 a: PriJt au product.eur It !nil de commcrcialillli ofticiela iuua ciu cliffaenaiel 1990/1991, taux de chanp FMG/$ 1990: 1494.1 b: Chiffra de l'indualric obcalUI l Bali en Mai 1990, laWt de chanp Ru/S: 1820 c: Prill au produc&cur It !nil de oommereialiution ofticiela iaaua du diff6rcnlicl 1990/1991, taux de cbanp PC/S 1991: 280 Source: Miaiad:re du Commerce Madapacar et Comora, Rapport TJP 3.21 Les coots de production indiqu6s ci-dessus doivent eue utilis6s avec prudence puisque dans le cas de Madagascar et des Comores, les prix aux producteurs et frais de pr6paration ou commercialisation ne correspondent pas l des coats r6els, mais des prb administratifs fix6s -23 - arbitrairement par l'Etat. N6aninoins, ce tableau indique clairement que Madagascar jouit d'un avantage comparatif important en terme de coots de production. m. LA FAILLITE ECONOMIQUE DE LA POLITIQUE DFS PRIX SUR LE MARCIIE MONDIAL: CAUSES ET EFFEl'S Ill.A. LES HYPOmi:sEs DE BASE JUS11FMNT U POLJ'11QUE DEL 'AUJANCE 3.22 Sur le march6 mondial, Madagascar, organis6 en cartel d~ 1962 avec Jes Comores et la R~on, au sein de I' Alliance de la Vanille, poursuit une politique classique de monopole: quantit6 r6duite et pro: Qevd, lui permettant ainsi de maximiser ses rentes sur ce march6. La justification de cette politique de monopole est basde sur les deux hypodlba suivantes: (a) Madagascar (avec les Comores et la R6union) jouit d'une situation de quui-monopole naturel, (b) la demande mondiale est caract6ris6e par une faible 6asticit6-pro:. 3.23 Dans ces conditions, ii 6tait done rationnel pour Madagascar de poursuivre une telle politique de monopole, et de permettre l l'Etat malgache d'accaparer une pan importante de cette rente l travers un syswne de taxes diverses, et comme indiqu6 dans le Chapitre 2 au moyen du syswne de Caisse de Stabilisation dont le rOle s' est progressivement uansform6 de celui de stabilisation en un rOle de taxation. 111.B. REFUTA11ON DES HYPO'IHESES DE BASE JUS11FL4NT U POU11QUE DE L 'ALI..JANCE 111.B.1. Evolution du Marchi Mondial 3.24 L'6volution des recettes d'exportation de vanille (cf Graphique 3. 1 • Tableau 3.2) nwque une tendance d6croissante tra marqude des volumes qui a d6but6 da a. f&a des anodes 1970. Ainsi que le Graphique 3.2 des exportations en volume le montre, celles<i oat atteint un maximum de 1.700 tonnes en 1977, et n'ont cess6 de baisser depuis pour mcindre un volume d'exportation de 625 et 594 tonnes seulement en 1988 et 1989, respeaivcmeat. L'accroissement - VANILLE - MA~GASCAR - I SL---- - . I I .I - - - :; • . • • Graphique 3.1 - 24- Tablea, 3.2 Ytnfl lt • MfdagHcar Evolution de! aytntit;s des Valeurs et Valeurs Unitaires d 1 Ex00rtation ANNEE VOLUMES VALEURS D• VALEUR VALEURS D' VAi.EUR EXPORTES EXPORTATION UNITAIRE D' EXPORTATION UNITAIRE D1 EltPORTATION EXPORTATION (T) CS MILLION> I/lea FNG ■ill ion FMG/lta 1960 270 6.70 24.80 1642 6081 1961 585 7.69 13.14 1885 3222 1962 640 8.m 13.78 2161 3377 1963 292 4.27 14.64 1048 3589 1964 628 6.46 10.28 1583 2521 1965 984 9.94 10.10 2437 2417 1966 885 8.95 10.11 2216 2504 1967 666 6.81 10.22 1672 2511 1961 961 10.23 10.64 2530 2633 1969 1097 10.84 9.U 3013 2747 1970 1218 13.07 10.73 3610 2964 1971 1160 13.64 11.76 3565 3D73 1972 1215 14.91 12.27 3819 3143 1973 720 9.41 13.07 2217 3079 1974 1353 20.13 14.118 4475 3307 1975 858 13.84 16.14 2966 3457 1976 1101 19.82 18.00 4733 4299 1917 1713 35.62 20.79 8751 5109 1978 1459 38.31 26.25 8644 5925 1979 436 14.74 33.81 3113 7140 1980 410 11.67 45.53 3945 9622 1981 635 27.79 43.17 7491 11797 1982 1187 46.97 52.95 16671 18795 1983 1099 62.45 56.83 27211 24760 1984 827 52.82 63.86 30400 36759 1985 628 43.80 69.74 28805 45868 1986 689 48.02 69.69 29820 43280 1987 1260 U.75 70.43 89235 70821 19U 625 43.61 69.17 58031 92850 1989 594 41.94 70.61 67540 113704 1990 790 56.97 72.12 85122 101749 Source: CAVAGI, IDE -25 - en du prix unitaire des exponations a plus que compens, la chute volume des exportations, et ce jusqu'au milieu des ann~ 1980. Mais, si J'on fait abstraction du pie de 1987, les recettes d'exportations ont commenc6 l chuter da 1983. Cette baisse en volume des exportations malgaches se fait par ailleurs en d6pit d'un march6 mondial en expansion~/. En effet, la baisse absolue et relative des volumes des exportations malgaches est clairement repr'5en* dans le grapbique 3.3, qui indique la chute de la pan des exponations malgaches sur le march, mondial, passant de 70" en d6>ut de pmode (1966-1974) l pra de 30" en 1988 et 1989. ,.. .., ,.. ... ~- VANI LLE - MADAGASCAR , .. ,.. ... ,., 1J ., 1 ••• ••• .., ••• ... ••• ••• ••• .. Graphique 3.2 3.25 La politique de monopole poursuivie par Madapscar a ti payanu JUSQUe ricemment. ses recettes d'exportation aprimNS en dollm aupiemam rqulik-ement coaune le montre le graphique 3.1 jusque vers le milieu des aan6es 1980, pour atteindre un muunum en 1987 (88.75 . millions USS). Elle ne l'est plus depuis le d6ut des ann.s 80. Cene polauque de monopole n'est pas 1116 en effet sans c:o01s et risquel l Iona terme. D'une pan, une tellt politique a pr6clpit6 le d6Yeloppemen1 de produits de subltitutioD (vanilline) qui repraeme plus de 95" du march6 mondial de la vanille. D'autre part, et plus impol1ant encore pour M~ucar. •avec une telle hausse des prix par r Alliance (240S en 8 am), la production d'Jndo•ac a pu se d6Yelopper sur la base d'un prix libre mondial de 35 l 40 US S/q, soit environ moitif moms cher que le prix de l'Alliance• (Etude sur le Systane de Stabilisation l Madagascar, CERDI. 1988, p.125). Cette pr6diction se ralise dans les faits ainsi que !'analyse des chiffres d'exponation l'indique clairement. ~l Les importations mondiales se som effoadrm en 1979 et 1980 suite l la chute brutale de production l Madagascar caus6e par le cyclone de 1978. Depuis, et nonobstant les cycles importants qui caract6risent ce march6, le march6 mondial croh, doublant en volume entre 1980 et 1989. -26- Vanilla Evolution Passee & Situation Actuelle du Marche Mondial _du 100% % _ Marche Mondial _ __...~"""""'2"'ff.:r,,,r,,,,.,,,,,,__ _ _ _ _.,....,,._ 75% 50% 25% 0% 65 70 75 80 85 90 Annee 1111 Madagascar c:J lndonesie Ill Comores ~ Reunion ~ Rate du Monde Graphique 3. 3 - -- • 27 - 3.26 La perte de pan du march!! mondial de la vanille pour Madagascar s'est sunout faite au profit de l 'lndont!sie dont les exportations en volume se sont multipli6es par 7 entre 1980 et 1989 (Graphique 3.3). Les gains de l'lndont!sie se sont surtout produits sur le march6 amt!ricain (60% du march6 mondial en volume), ou les exportations indont!siennes ont 6t6 multipli6es par pr~ de 6 sur la meme p6riode, d6passant les importations Malgaches l panir de 1989, et ou la pan de march!! de l'lndon6sie repr6sente 47.5% du total en 1989, contre 26% en 1980. La pan des exportations malgaches vers le march6 am6ricain, en revanche, est tomb6e de 60% l 38% sur la meme p6riode (d Tableau 3.3). Le prix moyen des importations indon6siennes 6tait de 65% inf6rieur au prix moyen des importations malgaches sur le march6 am6ricain en 1989. Comme indiqu6 dans la section pr6c6dente, la lqislation ammcaine a facilit6 l"entr6e sur son march6 d'une vanille indon6sienne plus comp6titive. Le Tableau 3.3 indique aussi la p6n6tration plus r6cente des importations indon6siennes sur les march6s fran~ et allemands (30% du march6 mondial) au d~ent des importations de Madagascar. Sur le march6 fran~ais. le prix de la vanille indontsienne n'est que 35~ inft!rieur au prix moyen des importations malgaches, ce qui suggue que la qualit6 de la vanille indon6sienne y est nettement supmeure l celle offene sur le march!! ammcain, cons6quence directe de la l6gislation en vigueur sur ce march6. 3.27 D apparait par ailleurs que la reprise du march!! mondial l la suite de la crise de sous- production de 1979-80 a ti ralentie dans une large mesure par la politique de prix 6lev6 et croissant poursuivie par Madagascar; politique dont les effets compressifs sur Jes marcb6s europ6ens ont ti amplifi6s par la forte hausse du dollar durant la premiue moiti6 des ann6es 1980. Alon que le march6 mondial absorbait 2. 700 tonnes et 2400 tonnes en 1977 et 1978, respectivement, et avait cru au rythme annuel moyen de 4.7% entre 1963 et 1978, ce niveau n'a jamais ti rattrapp6 depuis: le march6 mondial absorbait moins de 2.000 tonnes en 1989, et a cru au rythme annuel moyen de 3.7% entre 1981 et 1989. 3.28 Pourtant, r 6volution du go0t et des pr6f6rences en faveur des ar0mes et produits naturels, l'augmentation des revenus, Jes innovations technologiques (utilisation d'arOmes naturels dans les aliments fabriqu6s) dans les principaux pays consnmmateurs de vanille, indiquent que le march6 mondial peut absorber des quantit6s croissantes et que la demande future de vanille naturelle semble etre assur6e. De nombreux march6s potentiels restent par ailleurs sous-d6velopp6s (Canada, Japon, Europe de l"Est, Asie, pays scandinaves). 3.29 La politique commerciale poursuivie par Madqascar et autres pays de 1' Alliance a done eu comme effet d'enrayer la reprise de la demande mondiale d'une pan (en incitant le d6veloppement de nouveaux substituts ou compl6ments: vanilline, •woNF• et biotechnologie), et d'autre pan provoquer une perte relative de sa pan de marcb6 en encourageant le d6veloppement de la production concurrente. En d'autres termes, Madagascar aurait pu accrottre de maniue significative la taille absolue du march6 mondial, et aurait pu par ailleurs y conserver sa pan relative d'un march6 pour lequel Jes perspectives de d6veloppement sont bonnes. 3.30 En faisant l'hypotbme d'un rythme annuel moyen de 4.7~ entre 1981 et 1989, le march6 mondial absorberait 2.200 tonnes en 1989, pour lequel Madagascar foumirait 70%, soit 1.540 tonnes. Ceci repr6sente un coot d'opportunit6 6conomique (manque l gagner) 6quivalent t 940 tonnes d' exportations annuelles supplanentaires par rapport l la moyenne des exportations de 1988 et 1989, o~ pra de 800 tonnes par rapport l la moyenne des exportations en volume des dix demikes ann6es. - 28 - TABLEAU].] PEIFOllNANCE DES EXPORTATIONS DE VANlllE NALGACHEI ET INDOIIESIENIIH U LES PIINCIPAUX MARCHEi 1980 1911 1912 1913 1914 1915 1986 1917 1911 1989 1990 II6Il·YIIII Vol&ae Total (t) 34].0 640.Z IIJ.I ,n.4 141.4 74].1 1048.2 1317.4 1216.7 1107.4 975.2 Prix Clf Noyen (1/IG) 54.27 41.IO 51.11 51.91 59.]4 64.0J 51.]J 55.17 50.9] 41.66 41.97 lt:<f111 ■car: Vol&ae (t) 205.4 4]7.1 "• 580.2 651.0 602.5 462.1 672.4 IZO.J 576.5 420.7 ]91.1 I Total us 60 61 66 67 1Z 62 64 59 47 ]I 41 ........., Pr Ix Clf Noyen (1/11) Yol&ae Ct> 49.52 19.7 SZ.Z4 1ZJ.J 54.73 102.5 59.M 240.1 64.57 192.2 61.64 11J.7 66.97 305.9 70.ZS 44].1 69.11 4JZ.] 51.59 526.5 71.66 411.1 I Total US 26 19 12 ZS 2J ZS Z9 32 J6 41 49 Prix Clf 11nvan tl/lGI 41.16 34.M 21.51 za.25 4].07 49.99 J7.J4 27.96 19.15 21.0] 26.41 fUIR Vot ... Total Ct) 1D 249 JOI 261 201 154 191 219 247 219 Prix Clf Nor9ft Cff/11) JSO J11 JIO 479 511 646 517 410 ]91 N.A. M'v1 I cars Vol ... Ct> 92 147 167 zoz 149 79 92 141 165 14 I Total HANCE 69 59 55 11 I 74 51 46 61 67 31 ·saa 661 512 ........., Prix Clf Noyen Cff/lG) Vol ... Ct) 0 0 0 0 0 0 1 409 ti ]90 9 N.A . 55 I Total FIANCE Prix Clf NmtKI (ffJIG) 0 . 0 . 0 . 0 . 0 . 0 . 1 451 291 5 HA 4 25 N.A . 6LL&!!6!i!C Vol ... Total Ct) 125 11J 11Z 200 115 165 199 265 111 234 ...... c•r Vol... (t> 100 136 14J 175 151 1]7 I] 1n 21] 130 141 I Total lfA IO 14 19 II IZ 19 IO 1Z 60 lndamele: Vol ... (t) 0 0 0 0 2 0 1 11 11 4] I Total IFA 0 0 0 0 1 0 1 4 6 11 Source: us IPICE TIADE, IAIICIUE NOIIUALI -29 - 111.B.2. Perre de Monopole: Elasticite-Prix et Ej/ets de Substitution 3 .31 Le march6 mondial de la vanille auquel Madagascar fait face a done 6volu6 de mani~e importante au cours des dix derni~res ann6es. Si la demande mondiale totale pr6sente une 6lasticit6-prix faible (proche ou inf6rieure l l'unit6, estim6e entre -0.6 et -0. 7), la demande de vanille malgache est par contre devenue caract6ris6e par une 6lasticit6-prix 6lev6e et sup6rieure ll'unit6 suite au d~eloppement d'une production concurrente importante et au niveau de prix expon de la vanille mal1ache. Au cours des ann6es 60 et 70, de par sa position dorninante sur le rnarch6 mondial (en moyenae 70 ~ des exportations mondiales en volume). Madapscar 6tait effec:tivement en position de monopole et faisait done face lune demande dont 1"6lastieit6-prix 6tait faible (entre -0.6 et -0.7), justifiant dam une certain~ mesure une politique de prix 6lev6 et de restriction de l'offre. 3.32 Cette politique de prix 6lev6 et de restriction de l"offre qui s•est aecentu6e tors des ann6es 80. a acc616r6 le d~eloppement d"une production concurrente, prineipalement indon6sienne. Elle a par ailleurs provoqu61'6volution de la demande (notamment am6ricaine, mais aussi europ6enne) vers une vanille moins ch~e et de qualit6 inf6rieure qui pouvait d6sormais !tre satisfaite aupr~ de nouveaux pays producteurs concurrents tels que l"lndon6sie. 3.33 La demande de vanille malgache s•est done progresssivement mais rapidement transform6e en une demande netternent plus 6lastique par rappon au prix, ainsi que le sue~ des exportations indon6siennes le d6montre, et ce, meme si la demande mondiale aggr6g6e reste relativement in6astique par rappon au prix. Au niveau de prix actuel de la vanille rnalgache l l'expon, toute production suppl6rnentaire indon6sienae trouve en effet un ddbouch6 sur le rnarch6 mondial se substituant directement l la vanille malgache (rlndont!sie ne conserve pas de stocks et exporte la totalit6 de sa production). L"6lastieit6 prix de la demande auquelle Madagascar fait actuellement face est done infinie et ne connatt comme seule limite que les capacit6s de production des concurrents (prineipalement indon6siens) 3.34 Cette substitution de la demande de vanille rnalgache par la vanille indon6sienne reste done limit6e par les capacita de production de l'Indon6sie et autres pays concurrents. C"est cette incapacit6 actuelle de l'lndon6sie (et des 111tres pays concurrents hors Alliance) l satisfaire • !'ensemble de la demande mondiale qui permet encore l Madagascar d'exponer. En d"autres termes, Madagascar devient progressivement un exportateur nsiduel. Son niveau d"exportation est d6sonnais function (sans modification de sa politique de prix sur le rnarch6 international) de la capacit6 et des alw de production chez les pays concurrents (d'ol les pies d'exponation de vanille rnalgache en 1987 et 1990). m.B.3. Le Rble de la Qualu,: Ej/ets sur la DDlllllllU et la Pru 3.35 La substitution de la vanille rnalgache par la vanille indon6sienne reste compliqu6e par les aspects de qualit6. En effet. l la demande de gousses de vanille correspond une demande irnplic:ite de vanilline naturelle ~/. Une gousse de vanille de qualit6 6lev6e se caract6rise, honni le fait qu 'elle poss«le le profil sensoriel prUa-6 des acheteurs, par un taux de vanilline uturelle 6lev6e. II est gdn6ralement reconnu que la vanille rnalgache (de type Bourbon) de baute' qualit6 ~/ Ceci raulte du fait que la large majorit6 de la consommation mondiale est destin6e l la production d"extrait naturels de vanille (98~ aux Etats-Unis, 63~ en France, 70~ en Allernagne). - 30 - •offre en moyenne un taux de vanilline naturelle environ deux fois plus 6lev6 que la vanille indon6sienne de qualit6 moyenne. En simplifiant, sur le march6 am6ricain 6tant donn6 la l6&islation en vigueur, afin d'obtenir un extrait de vanille naturelle d'une densit6 donnt!e, ii faudrait done 2 fois plus de gousses de vanille de type indon6sienne que de gousses de vanille malgache. Cette diffuenee de taux de vanilline naturelle justifie done des diffuences de prix de la gousse de vanille sur le march6 international, en paniculier sur le march6 am6ricain. Abstraction faite des diffuences de goQts et arOme (profil sensoriel), un fabricant d'extrait est done l priori indiff6rent entre une aousse de vanille malgacbe de qualit6 6lev6e vendue l un prix double de celui d'une 10usse de vanille indondsienne de qualit6 moyenne. Un rapport de 2 l l entre le prix de la vanille malgache de baute teneur en vanilline naturelle et celui de la vanille indonaienne de teneur faible en vanilline naturelle repraenterait done un rapport de parit6 d'6quilibre, qui r6sulterait des forces du marchc!. Ace niveau de paritc! d'6quilibre le march6 serait indiff6rent entre une vanille malgache de haute qualit6 et une vanille indon6sienne de qualit6 inf6rieure. Sur le march6 europ6en. du fait de la lqislation en vi1eur. les fabricants d'extrait sont ineit6s l utiliser des vanilles l haute teneur en vanilline naturelle ~ l teneur en vanilline 6gale, choisiront de pr6f6rence les 1ousses de vanille la moins on6reuse. 3.36 Or, ce rapport de prix d'c!quilibre actuel ne pr6vaut pas l l'beure actuelle sur le march6 mondial. La vanille malgache se vend l S 741kg, tandis que la vanille indon6sienne se vend sur le march6 am6ricain en 1990 l S 26.5/Jcg, soit 40 pour cent au-dessus du rapport d'6quilibre (estim6 aux environs de 2 l 1). Sur le marchc! fran~, l teneur en vanilline naturelle sensiblement 6quivalente, la 10usse de vanille malgache se vend 35 pour cent au-dessus de la gousse de vanille indondsienne. Tant que le prix de la gousse de vanille malgache ne se rapproche pas de ce rapport d'6quilibre, les acbeteurs mondiaux continueront l substituer la vanille indondsienne l la vanille malpche. C'est cette sur-prime de 35-40~ au-dela du rapport d'6quilibre qui provoque 1'6volution de la demande vers une vanille de qualit6 inf6rieure offerte par l'lndon6sie sur le·marchc! am6ricain, et vers une vanille de qualit6 sensiblement c!quivalente sur le marchc! europ= §I. 3.37 D faut cependant reconnaltre que la prime r6elle de qualit6 sur le march6 mondial part diff6rer de ce rapport d'6quilibre th'°rique de 2 l l si l'on consid~e divers facteurs de qualit6 complanentaires. Parmi les plus importants, on part citer un profil sensoriel ou arOme diff6rent ,seJon qu'il s'agit d'une vanille malgache ou d'une vanille indondsienne. Les fabricams d'emait reconnaissent en effet que la vanille malpche de type Bourbon b6nfficie d'un arOme plus raffin6 et done b6n6ficie d'une meilleure valorisation par rapport l la vanille indon6sienne, ce qui lui vaut d'etre reconnu comme le standard dam l'industtie de l'emaction. 3.38 D'autres facteurs ont trait l la rqularitd de l'arOme clans la production export6e l travers le temps. Madagascar de par sa loque tradition, sa maitrise de la production et de la prdparation, et ses contrOles de qualit6 a, jusque r6cemrnent, ti capable d'assurer une qualit6 Bev~ et relativement bomogae de ses exportations. Ces diff6rents facteurs peuvent justifier une certaine prime de qualit6 en sus d11 rapport th'°rique de 2 l 1 identific! plus baut Oustifi6, lui, comme on l'a dit sur la base d'un diff6rentiel de taux de vanilline naturelle). Cependant, 1'6volution de la demande mondiale indique clairement que la prime de quali~ exig6e actuellement par Madagascar sur le march6 mondial est trop 61ev6e. Cette prime devrait etre abaiss6e (et qui §/ Sur le march6 europc!en, ceue sur-prime de la vanille malgacbe contnoue aussi au d6veloppement du frelatage des extraits. - 31 - ne peut etre d ~ 6 que par le march6) si Madagascar veut enrayer la d6gradation de sa position sur le march6 mondial, et diminu6e davantage encore si Madagascar veut regagner ses parts de march6. 3.39 Le taux de vanilline et l'ar0me (ou profil sensoriel) sont done deux facteurs d6tenninants qui expliquent et justifient une prime financike l la gousse de vanille malgache par rapport l la vanille indone!sienne sur le march6 mondial. Cette prime cependant n•est pas stable et 6volue dam le temps. Ainsi le taux de vanilline environ deux fois sup6rieur de la vanille malgache de haute quali~ justifierait un prix environ deux fois supmeur l la vanille indoneSsienne moyenne. Mais, cette prime de qualit6 tend l diminuer lorsque soit la quali~ de la vanille malgache • diminue, soit la vanille indoneSsienne au&mente. Or, 1'6tude du march6 international (cf Etude du March6 Mondial de la Vanille, Banque Mondiale-TJP Market Development 1990) et les prix indone!siens sur le march6 francais indiquent clairement que la quali~ de la vanille indon6sieone s'am6liore. On estime ainsi l 25 pour cent la part des exportations indon6siennes qui serait d'une quali~ (i.e. taux de vanilline) 6quivalente l celle de Madagascar. Par ailleurs, d'apra les importateurs 6trangers et les producteurs malgacbes, le taux de vanilline naturelle de la vanille malgache se serait d~6 au cours de ces dernikes ann6es. Ence qui conceme l'ar0me de la vanille de Madqascar, Ia prime que celui-ci pourra justifier tendra n6cessairement l diminuer proportionnellement avec la part en volume de la vanille malgache sur le march6 mondial. Or celle-ci on I'a vu est tomb6e de 70 pour cent dans les ann6es 60 et 70 l pra de 30 pour cent en 1989. Ill. C IMPUCt110NS DE STRATEGIE COMMERCIAL£ FU1VRE m. C.1. Politique des Prlz 41 I 'Exportation: kcommandations 3.40 La situation du march6 mondial de la vanille peut se re!sumer de la mani~e suivante. Par suite du d6veloppement de la concurrence, la demande de vanille l laquelle Madagascar fait face preSsente une 61asticit6-prix croissante et tra c:ertainement sup6rieure l l"uni~. ainsi qu'une substitution compl~ par la vanille indonaienne. La vanille mallache de baute qualit6, de par ses qualit6s inttineques (taux de vanilline Sev6 et profil sensoriel ou arOme, stabili~ et homog6n6it6), justifie ri6anmoiqs une prime de qualit6 sur le march6, notamment am6ricain, qui se situerait aux alentours de 100~ par rapport lune vanille indon&ienne de qualit6 moyenne. Depuis le milieu des ann6es 80, c:ette prime de qualit6 que le march6 mondial d6termine tend cependant l se r6duire de mania sipificative et etre inf6rieure l 100~ suite aux effets conjugu6s (a) d'une amQioration de la qualit6 de la vanille indon6sienne moyenne, (b) d'une d6t6rioration de la qualit6 de la vanille malpche moyenne, et (c) d'une 6volution des goQts moodiaux jouant en d6faveur de la vanille malgache en raison de la diminution de sa part du march6 mondial. La politique monopolistique des prix sur le march6 moodial mise en oeuvre par les Pouvoirs Publics malgaches ne correspond done plus l la situation actuelle du marcb6 mondial, qu' elle a par ailleurs contribu6 l cr6er: une v6ritable situation de concurrence du c0t6 de l'offre, et une structure de la demande mondiale favorisant une vanille de qualit6 inf6rieure. 3.41 Face l ces nouvelles conditions du marcb6 mondial, Madagascar doit adapter sa stratt!gie commerciale. L'objectif prioritaire pour Mada&ascar serait de regqner sa part de marcb6 sur le marcb6 mondial de la vanille tout en prodJeant I' existence l terme de ce meme marcb6 en supprimant les incitations au d~eloppement des succ6dan6s de la vanille naturelle (existants et potentiels: biotechnologie), ainsi que de la concurrence d'autre pays (en particulier l'lndon6sie). - 32 - Un objectif suppl~entaire, mais venant en deuximie priorit6, serait d'accrottre la part du march6 des gousses de vanille sur le march6 des ar0mes vanille. Ces objectifs requi~rent de Madagascar une nouvelle strat6gie commerciale. Cette nouvelle strat6gie commerciale devrait etre bas6e sur les deux principes suivants: (1) baisser le prix de la vanille malgache de haute qualit6 l un niveau de parit6 11 avec la vanille concurrente; (2) offrir sur le march6 des vanilles de qualit6s distinctes l des prix diff6renci6s; et (3) poursuivre des strat6gies commerciales diff6renci6es selon les marchl!s g6ographiques. Un telle strat6gie pennettrait d'endiguer la substitution de la vanille malgache par la vanillle indonl!sienne; elle permearait aussi l Madagascar de valoriser sur le march6 mondial !'ensemble de sa production (et non pas une fraction de sa production comme c'est le cas actuellement). m. C.2. Implications Quant au Mveau de Pri~nts Publics 3.42 Une diminution du prix de la vanille malgache l J'exponation n6cessite une baisse du niveau de pr6l~vements publics qui se monte actuellement l 83 ~, le taux de pr6l~ements publics 6tant d6fini comme la diff6rence entre le prix FOB effectif et le prix FOB garanti pay6 l l'exporweur (c'est l dire le ·pnx de cession aux op6rateurs l l'exponation• d6fini par le systmne de diff6rentiel). 3.43 Ainsi qu'on l'a w dans le chapitre premier, ces pr61,vements publics correspondent l deux parties distinctes: (1) une taxation explicite l travers les diverses taxes l l'exponation (Droits de Sortie, Taxe Conjoncturelle l l'exponation institu6e depuis 19n, et les Pr61,vements sur Produits Caisse depuis 1985), dont les revenus soot vers6s directement au budget g6nm-al de l'Etat; (2) une taxation implicite l travers le systmne de stabilisation et reprl!sent6 par les prel,vements FNUP qui som vers6es au profit de la Caisse de Stabilisation sur un compte au Tr6sor, et dont le solde participe directement l 1'6quilibre des Opdrations G6n6rales du Tr6sor (OGT). 3.44 Les pr6l~ements publics (somme des diverses taxes l l'exportation et des revenus bruts de la Caisse de Stabilisation de la Vanille) n'ont cess6 d'augmenter passant de 1 milliards de FMG en 1975 l 56 milliards de FMG EN 1989, soit une augmentation de 576~ en termes rdels sur la p6riode (cf Tableau 3.4). La part des prQnemems publics dans le prix FOB ralis6 (repr6sentant ..le taux brut de taxation), est ainsi pass6 de 45S en 1975 l 83~ en 1989 (cf Graphique 3.4). Les diverses taxes l l'exportation repr6sentent environ 35S de ces pr61nements publics; les 65~ restant revenant en principe l la Caisse de Stabilisation. L'accroissement de ces pr6l~ements publics est done bien l l'origine de l'aup,enmio". des prix export de la vanille malgache. 3.45 Le niveau d'imposition Bev6 actuel (83 pour cent) offre done l Madagascar une marge de manoeuvre imponante pour diminuer ses prix l l'exportation et ce, sans qu'il en r6sulte une baisse des prix l la production. Une diminution du prix l l'exportation devrait done passer par une diminution des pr6lnements publics. Cette diminution des prBnements publics n'entrainerait pas une diminution des revenus nets pour l'Etat puisqu'en provoquant une diminution du prix l l'exponation, la comp6titivit6 de la vanille malgache sur le march6 mondial 11 Dest clair qu'un prix de parit6 ne signifie pas prix 6gal, mais un prix auquel l'acheteur dtranger est indiff6rent entre une gousse de vanille de haute qualit6 et une gousse de vanille de qualit6 infmeure. On estime que ce niveau de parit6 se situerait aux alentours de 2. Pour des vanilles de qualit6 6quivalente, le niveau de parit6 se situerait ~ alentours de 1. - 33 - Vanilla - Madagascar Evolution & Composition du Prix FOB FMG/kg (Thousands) 120 100 ...... 80 · ................................................................................................................ . .. ... 60 .................................. ···········-························ ...................... · . ·.·.· ·· '~ ·· .1 • ... .. .. ..... 40 ,••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••• •••••• ••• •••••• •••••••••••••••• •n• •••••••• 20 75 80 85 90 Annee Wd&I Prix Prod (vrac) 1-:-..:-.-.-::! Prelev. Publics ~ Marges Comm. Graphique 3.4 - -34-. Tableau 3.4 Vanille • M1dfp1scar Evolution de la Rel1tion entct le Prix International en Francs Malpaches au Taux de Change Courent et le Prix IY Produc:teur (en FMG/kp) ANNEE PIIX PIIX PRIX PIIX AU FRAIS COMMEIC. PIELEVEt PIELEVEt COEFF FOi PIODUCTEUI FOi PIDDUCTEUI EN X DU: PUILICS PUILICI PIOTECTICII IEALJSE GAIAIITI GAIAIITI ENS DU: ENS Px IICICJNALI FOi PIIX PIIX NIX PIIX FOi FCII FOi FCII IEAL. GAi. REAL. GAi. Nd. RIG FMG/kl RIG/kl FMG/kl C1) CZ) (3) (4) (4) C5) (5) (6) 1975 3457 250 2096 33.3 54.9 Z7.4 ,. ~ 39.4 1.17 45.a 1976 4299 Z50 2ZZ6 26.8 51.7 25.0 4 1,. . .) 41.2 2.2a 35.7 1977 5109 280 2402 Z5.2 53.6 21.a 46.4 53.0 4.64 32.2 1978 5925 330 2739 Z5.6 55.4 20.6 44.6 53.a 4.65 32.3 197'9 7140 500 3849 32.2 59.8 21.7 40.2 46.1 1.43 41.1 1980 9622 600 4260 28.7 64.8 15.6 35.2 55.7 2.20 34.0 1981 117'97 700 5518 27.3 58.4 19.5 41.6 53.2 3.99 33.9 1982 18195 700 5711 17.1 56.4 13.3 43.6 69.6 11.61 19.7 1983 24760 1000 7801 11.6 59.0 12.q 41.0 68.5 18.64 21.3 1984 36759 1000 11275 12.5 55.6 10.0 44.4 77.5 23.56 13.9 191!15 45168 1000 8640 10.0 53.2 a.a 46.8 81.2 23.38 11.0 1986 43280 1100 9431 11.7 53.7 10. 1 46.3 711.2 23.32 13.0 1917 70821 1200 11365 7.8 41!1.6 8.3 51.4 84.0 74.92 8.5 1988 92850 1700 1689S 1.4 46.3 9.8 53.7 11.1 47.47 9.3 1989 113704 2000 19525 a. 1 47.1 9. 1 52.9 112.8 55.94 8.9 1990 107749 2000 19525 8.5 47.1 9.6 52.9 11.9 69.70 9.4 <1> Valeur unitafre d'Exp,rtation CZ> Prix Officfel Vanf ll• Vert•: luu du Dlfffrentfel: 4.6 lg Vant lte wrte pour 1 kg de vanil le vrac Cl> Prix de Cession aux Clpfrateurs A l 1Exportation: luu du Difffrentlel (4) Frais de Collllercialtsatfon • tprfx de Cession - Gpfnt..,. A l'ExportetlanJ • IPrfx Offfcfel au Producteur, vrac equivalent] (5): Prfl.,,_,,ts ~lies • [Prix FOi INltHJ • IPrfx FCII Garanti] (6): CPN • [Prix au Producteur GarantfJ/[Equfvalant A la ,.,.. du Prix d 1Exp,rtationJ oi, [Equivalant A la Ferae du Prix d'Exp,rtationJ • [Prix FOi rial fH, wrt -.,fvalantJ • [Frats de c-.rctal futfon, vert equivalantJ Source: Diff,rentiels CAVAGI lanque dn Domeea de l 1Etat serait rmblie, ce qui augmenterait Jes exportatiom et done diminuerait le niveau de stocks et Jes collts 6normes actuels de son financement. - 3S- III.D. CONSEQUENCES ECONOMIQUES DE U STRA.'IEGIE COMMERCIALE DE L 'ALLJANCE POUR MADA GAS~ 3.46 Cette faillite de la politique commerciale intemationale se r6percute de mani~e directe sur les recettes d'exportation qui, comme indiqu6 plus haut, baissent en valeur nominale depuis 1983 (bormis pour 1987). Cette chute est d'autant plus dramatique pour 1'6quilibre de la balance des paiements de Madagascar que la vanille constitue la deuximne source en devises pour le pays, et que simultan6ment, les autres exponations traditionnelles (caf6, girotle et poivre) coomeissent des difficuli. sur le march6 mondial, et eofin que les exportations non-ttaditionnelles, bien qu'eo augmentation sensible depuis la libualisatioo. oe repr6sentent en 1989 que 25% des recettes totales d'exportation. 3.47 Une estimation mod6r6' des coots d'opportunit6 6conomique annuels pour Madagascar (en terme de recettes d'exponation) situe ceux-ci aux alentours de S 22 millions, soit ' " des recettes totales d'exportatioo, correspondant l la baisse de 300 tonnes des exportations au cours de cette demi~e d6cennie. Une strat6gie commerciale adapt6' et agressive sur le march6 mondial de la part de Madagascar (gamme de qualit6 Qargie et prix ramen6s l parit6 de qualit6 sur le march6 mondial, d6veloppement de nouveaux march6s) aurait pennis une reprise soutenue du march6 mondial aprm l la crise de sous-production de 1978-80, sur lequel Madagascar aurait pu conserver sa part de march6 initiale (70" ). 3.48 Avec uo tel sc6nario, le march6 moodial pourrait l l'beure actuelle absorber ais6ment uo minimum de 2.200 tonnes, dont Mada,ascar aurait pu fournir 70", soit 1.540 tonnes. Madagascar aurait veodu 600 tonnes sur le march6 moodial l S 741kg, 500 tonnes l environ S 50/q, et 440 tonnes l S 35/q. Un tel scmwio repr6seoterait des recettes d'exportations de vanille de S 82.6 millions (un doublement de la valeur des exportations de vanille actuelles), soit un coot d'opportunit6 6conomique annuel de la strat6gie commerciale actuellement poursuivie par Madagascar estim6 l environ S 40 millions (1'6quivalent de 14" des recettes totales d'exportation de Madagascar). III.£. CONSEQUENCES FINANCIERES DU S'fSTEME DE STABILIS,fDON POUR L 'ETAT 111.E.l. Explosion da Dq,aues u Stoc1az11 3.49 Par suite de la m6vente sur le march&! mondial, les stocks aontlent de manike importante et finissent par imposer uo niveau insupportable de risques et de coOts financiers au systmne de stabilisation. Le systmie de stabilisation, qui Ote tous risques commerciaux l l'eosemble des op6rateurs de la filike, du planteur l l'exportateur, interdit tout ajustmeot de l'offre l uoe demande mondiale pour la vanille malgacbe qui se r6duit. La baisse de performance des exportations malgaches ne se traduit done pas par uo ajustement parall~e de la production nationale, mais par uo accroissement iocontrol6 des stocks. Le graphique 3.5 repr6sente 1'6volution des stocks tb6oriques au cours de la p6riode 1962-1990 I/. Ce grapbique d6montre bien l'envol6' ininterrompue des stocks depuis 1980 (cf. Tableau 3.5). j/ Le calcul est tb6orique puisque il part de l'bypotbme d'un stock initial de z6ro tonnes en 1962, et ignore les destructions et pertes qui oat pu avoir _lieu au cours de la p6riode. - 36- • • --·- VAN I LLE - MADAGASCAR • 1J • . 1 • -- -4 Gnpbique3~ 3.SO Ce araphique illustre par alllems l'ineuctitude des statistiques mal1aches de production. d'exportation et de stoctaae. En effet. le calcul thmque aboutit en 1990 l des stocks s'6levant l 4.600 tonnes, tandis que les stocks d6clans se moment l 3.300 tonnes, soit une diffamce de 1300 toDDeS. En faisaDt 11aypotbae que lOS des stocks aient ti perdus sur toute la paiode, une diffmnce de 840 tonnes subsiste. De telles difflrences suak'ent la pnsence d' exportations ill6ples et/ou d'achals fictifs par les conditionneun-ttocteun. Les chiffres officiels de stocks d6clans l la CAVAGI nvMent aussi des probl-. identiques d'incoh6rence. 3.Sl Le ,onflement insupponable des risques et coOts financiers du systbae de stabilisation peuvent etre ais'-nent illustr6s. Les d.,nses de la Caisse de Stabilisation ne cessent d'aupnenter: + 400S entre 1979/80 et 1989/90 (cf Tableau 2.3 et Graphique 2.2); et repr6sentent une pan sans cesse croissante de ses receues: pa.uant de 7S en 1983/84 l pr~ de •SOS en 1989/90 21. Cette aupientation des d ~ de stabilisation est principalement caus6e • par l'accroissement 1alopant des d6penses IWes m aockap de la vanille invendue, lesquelles passent de 10 millions FMG en 1979/80 l plus de 9 milliards FMG en 1989/90 (cf Tableau 2.3 et Graphique 3.6), soit une aupematicMl en termes rNII de 17.860S sur la pmode! 2/ Les uamfens aplicites l l'Etat du budJet de la Caisse de Stabilisation entte 1979/80 et 1982/83 faussent la comparaison et apliquent le pourceatqe plus 6lev6 des d ~ de la Caisse par rapport l ses d ~ (voir Tableau 2.3). - 37 - Tableau 3.5 Venflle. Medepescar Evolution des stocks Theorigues ANNEE PflCDUCT J0N VOLUMES STOCICS STOCKS CCMMER. EXPORTES THEORJQUES DECLARES (vrac> AU 211/2 en (T) en en 1962 650 640 10 1963 1050 292 761 1964 856 628 996 1965 1150 984 862 1966 950 885 927 1967 983 666 1244 1968 654 961 937 1969 1310 1097 1150 1970 1330 12111 1262 1971 1508 1160 1610 1972 1690 1215 2085 1973 660 720 2025 1974 800 1353 14n 1975 764 1158 1378 1976 1159 1101 1136 1977 847 1713 270 1971 m 1459 -463 1979 m 436 -127 1980 900 410 363 1911 1034 635 762 19112 1195 11117 1070 1983 526 1099 497 1984 1508 127 1171 19115 1761 6211 2311 1986 695 619 2317 19117 2164 1260 3221 2194 19118 804 625 3400 2552 19119 1611 594 4487 2019 1990 972 790 4669 3256 SOURCE: CAVAGI, IDE - 38 - 1.1 .. ------ CAISSE \/ANILLE - MADAGASCAR .... 1.1 1., I ... 1 .4 1 •• I ... 1.1 1 I I j ••• .., i ••• -0.S ••• ••• ... ••• • -- ·-·- Graphique 3.6 1/l.E.2. Faillite Financilre till Systlme tk StabUisation 3.52 Les exc6dents accumulm de la Caisse de Stabilisation estimm l 125 milliards FMG en 1989/90 (cf. Tableau 3.6) som th6oriquemem suffisants pour couvrir l'explosion des d6penses d'intervention (tinancement des indemnita de stockage). Une mame remarque peut etre faite s'qissant des revenus annuels de la Caisse de Stabilisation (31 milliards FMG en 1989/90). 3.53 En pratique, l'instauration du syswne FNUP en 1982 qui modifia le symme de recouvrement des prB~vements devam revenir l la Caisse de Stabilisation, acheva de mettre d6finitivement fin l toute ind6pendance financim de la Caisse de Stabilisation vis l vis de l'Etat et partant, l toute discipline financim du symme de stabilisation. D en rmulte que la Caisse de , Stabilisation ne peut recourir nil ses excddents accumulm nil son budget annuel, et n'est plus en mesure d'assurer le contrOle ni de !'utilisation ni de la disponibilit6 de ses fonds. Cette pate d'autonomie financim-e rmulte de l'accaparement par l'Etat des exc6dents cumulm de la Caisse, du fait que le Tr~r contrOle directement le budget de la Caisse de par la main-mise qu'il a sur le compte bancaire de la Caisse de Stabilisation ainsi que des transfens explicites du budget de la Caisse au budget de l 'Etat. En fait, une circulaire ncente du Tr~r l la Caisse de Stabilisation de la vanille a siniplement plafonn6 les d6penses de celles-ci. 3.54 L'Etat en d6toumant les recettes du syswne de stabilisation vers le Budget de l'Etat a done pris automatiquement la responsabilit6 financi~e d'assumer les risques et coQts financiers du syst~e de stabilisation. En fait, l'Etat n'est pas en mesure actuellement d'assumer ses responsabilit6s ainsi que l'arret du paiement automatique (mensuel) des indemnit6s mensuelles de stockage depuis Janvier 1990 le d6montre. En effet, comme on l'a mentionn6 plus baut, le demier paiement des indemnita mensuelles de stockage a 616 effectu6 en juin 1991 pour la puiode couvrant le stockage de juillet l d6cembre 1990. Le sys~e de stabilisation a done effectivement cess6 de fonctionner. -40- 3.SS Ce ph6nommie de d6toumement des recettes du systmie de stabilisation des prix de la vanille vers des d6penses courantes, le Bud&et de l'Etat dans le cas praent, provoquant l terme sa faillite, est repraentatif du devenir de tout systmie de stabilisation qui ne s 'impose pas une discipline financi~e stricte. La discipline financi=-e disparait lorsque le syswne de stabilisation succombe l la pression de groupes d'int6ret (ceux de l'Etat dans le cas praent) de d6fendre leur niveau de revenus malgr6 les adaptations necessaires impos6es par 1'6volution du march6 mondial (ironiquement provoqu6e par l'Etat malpche, on l'a w plus baut). Dans le cas de Mada&ascar, 1'6volution du march6 mondial imposait l Madqascar soit une r6luction de la production nationale, soit une r6luction du niveau de taxation qui induise une diminution du prix de la vanille malgache l l'exportation et done le rmblissement de sa comp6titivit6 et partant de la demande exteme. Les Pouvoirs Publics se sont interdits les deux solutions. 111.E.3. CoOls Financiers pour l'Etat 3.56 Etant donn6 la faillite du systmie de stabilisation g6r6 par l'Etat, on comprend pourquoi l'ensemble des pr6l~ements publics (taxes multiples et revenus bruts de la Caisse de Stabilisation) correspondent bien l une vmtable taxation du secteur de la vanille. Cette taxation, bien qu'importante, vient cependant per de mania importante les revenus de l'Etat l cause des d6penses et manques l gagner dont elle s'accompagne. En fait, les rendements nets du systmie de taxation diminuent. Le syswne de taxation a done atteint sa zone des rendements dl!croissants, ph6noma connu sous le nom d'effet de Laffer. 3 .S7 Les revenus nets du systme de taxation correspondent l la somme des revenus issus des taxes diverses l l'exportation. et des revenus nets de la Caisse de Stabilisation. c'est l dire des recettes brutes de la Caisse diminu6es de ses ddpenses. Les rendemems nets du systmie de taxation sont dffinis comme le rapport des·revenus nets sur les revenus bruts du systble de taxation exist.ant. Les revenus issus des taxes diverses l l'exportation. et les recettes et ddpenses de la Caisse de Stabilisation sont praenta aux Tableaux 3.6. et 2.3 respectivement. 3.58 Les revenus bruts du systble de taxation (c'est-Mire avant d6luction des d6penses de la Caisse de Stabilisation ..•ont cess6 d'aupiemer jusqu'a en 1987 JW, et couoaissent un tl6chissement depuis (cf Tableau 3.7) ll/. Par contre, Jes recettes nettes du syswne de taxation (c'est l diream d6luction des ddpenses de la Caisse de Stabilisation) repraentent une pan de plus en plus petite des receaes brutes du systme de taxation (cf Grapbique 3.7). Ramenc!es en FMG constants (1980), les recettes neues du systble de taxation de la vanille rapponent moins l rEtat en 1989 et 1990 qu'elles ne Jui rapportaient en 1983. 3.59 Pour l'ann6e 1989, alors que l'Etat pr6levait au total 56 milliard FMG sur le secteur de la • vanille (recettes brutes), ce pr~~ement ne lui rapportait effectivement que 35 milliards FMG jg/ La d6valuation de 1987 a provoqu6 un accroissement signiticatif des recettes brutes. ll/Les revenus du systmie de taxation ont 616 anormalement bas en 1981 et 1982 suite (1) l la sous- production et done m6vente sur le march6 mondial, et (2) aux transferts explicites du budaet de la Caisse Vanille au budget de l'Etat qui ont entraln6: (a) des pertes Hches pour la Caisse de Stabilisation vanille (821 millions sur l'exercice 1981-82 et pra de 2 milliards sur l'exercice 1982- 83)., et (b) un manque l gagner important au niveau_ des taxes l l'exportation. - 39 - TAILEAU 3.6 Nlda1■1cer PIELEVENENT IIOltS FNUP: TAXES MULTIPLES EXPOITATICII VANILLE (MILLIAIIDS FNG) 1911 1912 1913 1914 1915 1986 1987 1981 1989 1990 D1011S DE SOIITIE 0.9 z 3.27 J.65 4.0 5.0 12.0 7.6 8.6 10.3 IAXE CCIIJCIICTUltELLE 0,66 1.47 Z.39 Z.61 3.0 3.0 9.0 5.1 1.5 8.9 PIELEVENENI SPECIAL 0 0 0 0 1.J 1.3 7.0 4.7 Z.3 3.Z TOTAL UNG COUIIANU 1.6 J.5 5.7 6.3 I.J 9.3 28.o 11.1 19.4 ZZ.4 IOTAL CFNG CONHANI. 1910) 1.Z z.o Z.I Z.I J.4 3.3 1.5 4.J 4.3 4.5 EXCEDENTS DE LA CAISSE VANILLE (MILLIAUI FNG) 1980/11 1911/IZ 1912/IJ 1913/14 1914/15 1985/16 1916/17 1917181 1988/89 1919/90 EXCEDENII CFNG COUIIANIS) -0.121 •1.997 9.750 14.992 15.JJ7 7.491 13.749 J0.19J 15.894 15.040 EXC£DEN11 (fMG CCIISIANT, 1980) ·0.121 •1.525 5.755 7.m 7.251 3.174 5.041 9.265 4.077 3.5ZZ EXCEDENTS aNJLES (MllllAIDS 1980/81 1911182 1982/IJ 1913/14 1914/15 1985/16 1916/87 1917/81 1988/89 1989/90 FMG COUIIANTS) 4.979 Z.912 1Z.55Z 27.544 u.881 50.J7Z 64.121 94.314 110.zoa 125.241 Sourceaa CAVAGI, IIESOII Eatl•tlana ...... Nondl•l• Annie Flacale de I• Cal•••: 1 Mal• JO Awrll " - 41 - ,., ..... J.7 l!tdt811Ht •u•ou 1,u,,. ,, ••011 wsntt,e de ,,.,uon • •• y.,,m, et 190 llf!dwnt 1911 1912 191J 1914 1985 19116 1917 19118 1989 1990 (P) IECIUES HUYH CNlttlerds FNGh PaELEVENllfl PUILICS: J.99 11.61 11.64 ZJ.56 ZJ.31 ZJ.]2 74.92 47.47 55.94 69.70 CFOI •••lilt· FOi Garanti> IEVENUS ••uTSr J.11 1.49 11.n 22.55 ZJ.76 ZJ.44 SJ.II 50.8] 47.42 5].47 CfHH Nulttnltl + atcettu CAVAGII IECEYTES llfTYES 1/r El NllllAID fNG CGJIAlf I.J 5.J 17.0 21.4 21.0 11.9 47.Z 4J.5 J5.0 ]7.4 H NllllAID fflG COIISTAIIY 1980 0.1 Z.9 9.Z 10.4 9.J 1. 1 14 .9 11.9 1.2 a.o IENOENENT: aECETTES NEfYES/aEVENUS ,.u,s 9 6J 91 95 II 11 19 16 74 70 IEClYTES NETTES/PRELEVENENTS PUILICI I 46 91 91 90 11 6J 92 6] 54 l0&rctr CAVAGI, Tr&or Eetl•tlon 1.,.._ Nondlelt Pa Prcwleolr• 1/ ltetttn Ntttee • (aev-. dt1 Teatt Nulllpln I l•l-,.rtetl.-1 + IRtcttttl NtttH. le tel111. lta. 191111111 - 42 - (recettes nettes) en raison des ddpenses importantes encourrues par le systane de stabilisation. Le rendement net du syst~me de taxation de la vanille n•~tait done que de 63 pour cent en 1989. Comme le montre le Graphique 3.8, le rendement net du syst=e de taxation, n•a cessd de chuter depuis 1983, passant de 91 pour cent en 1983 l S4 pour cent en 1990. En effet, alors qu'en 1983 Jes recettes nettes repr6sentaient 91 pour cent des recettes totales (ou brutes) du syst=e de iaxation du secteur de la vanille, en 1990, elles ne repr6sentaient plus que S4 pour cent, les ddpenses accaparant ddsomws 46~ des receues totales (cf Graphique 3.8). 3.60 Cette chute des rendements nets du syswne de taxation de la vanille est provoqude par I' explotion du codts li6s au systane de stabilisation. Explosion des coots qui est en fait la r6sultante logique, on l'a w plus haut, du manque de comp6titivi~ de la vanille malgache sur le march«! mondial, lui-m!me provoqud par un niveau de taxation ttop 6lev6. 3.61 Les implications budgdtaires pour t•Etat malgache som importantes puisque les revenus issus du syst~me de taxation de la vanille jouent un rOle non m!gligeable dans I' 4quilibre budgdtaire. Les revenus bruts du syst~me de taxation repr6sentent en effet 14~ des recettes courantes des Op6rations G6n6rales du Trdsor (OG11 en 1989, tandis que les tevenus nets du syst=e de taxation ne repr6sentent plus que 8.8~ des OGT en 1989. Le syst~me de stabilisation devient done de plus en plus co0teux pour l'Etat malgache, mettant ainsi en pull r 4quilibre budg~ire. 3.62 Le r0le critique que jouent les revenus nets du syst=e de taxation de la vanille dans l'dquilibre budgdtaire de l"Etat est explicitement d6montr6 par l'incap~ financim du Trdsor de supporter t•explosion des coats du syswne de stabilisation, en particulier des indemnita de stockage. 3.63 On peut enfin noter que !"analyse des comptes administratifs de la Caisse de Stabilisation et des revenus issus des taxes l l'exportation indique une cenaine incobuence des chiffres. En particulier, pour l"annde 1987 on note une diffdrence inexpliqude de l'ordre de 20 milliards FMG (S 19 millions) entre les chiffres th«>riques de revenus bruts (FOB r6alis6 - FOB pranti) et les chiffres officiels (taxes multiples plus receues Caisse), soit pra de 40" des revenus nets officiels de J'Etat; de meme, une diffdrence de 9 milliards FMG est no~ pour 1989 (S 4 millions), soit pra de 20" des revenus nets officiels de l'Etat. D est difficile de ttouver une explication pour ces 6carts importants qui constituent une perte skhe suppldmentaire pour 19Etat. D est possible qu'une partie de la perte de 1987 (20 milliards FMG) corresponde aux coats du racbat en 1986 par la Caisse de Stabilisation Vanille de 900 tonnes de stocks (cf parllflPhe 3.103). Les 9 milliards de perte en 1989 restent cependant inexpliqua. • -43 - Vanille - Madagascar Recettes Brutes & Nettes du Systeme de Taxation Milliard FMG 80 60 ........................................................................ .......... •:•:•:•:•:•:•: ....... . 40 ........................................................................ 20 83 84 85 86 87 88 89 90 Annee I - •> :) Recettes Brutes a Recettes Nanes I Graphique 3. 7 -· - 44 - Vanilla - Madagascar Repartition des Recettes Brutes du Systeme de Taxation En% 100 80 • 60 • 40 • 20 • 83 85 87 89 Annee D Recettes Nettes - Depenses I Graphique 3. 8 - - 45 - IV. LA FAILLITE DE LA POLITIQUE DES PRIX INTERIEURS. IV.A. LE REGIME DE PRIX ET SON EVOLU110N 3.64 La politique des prix intmeurs repose sur le syst~me de diffuentiel et d'indemnitds mensuelles de stockage, dont les modalitis d'application sont couvertes par le D6cret No 61-124, et assur6es par la Caisse de Stabilisation. 3.65 A travers les diff«emiels, on peut rettacer la r6mun6ration des diff6rents intervenams de la filise vanille depuis le lieu de productionjusqu'au moment de l'exportation. n convient de signaler que cette rq,artition n•a qu'une valeur indicative dans la mesure ou seuls les prix FOB garantis l l'exportateur sont effectivement respectds. Suivant la m6tbodologie proposde par le CERDI (1988), le prix de r6alisation l l'exportation peut etre ventil.S en trois grandes cat6gories: - rmnun6ration des producteurs. - frais interm6diaires de commercialisation (comprenant les frais de commercialisation int6rieure et les marges des diffuents intervenants depuis le collecteur jusqu'au conditionneur-stockeur, y compris le prq,arateur). - prBwements publics r6partis emre le budget &6n6ral de l'Etat (Droits de Sortie, Taxe Conjoncturelle l rExportation, et PrQ~vements Publics sur Produits Caisses depuis 1985) et le FNUP. 3.66 Rgmupgration des produc;teurs. Sur la pmode 1975-1989, les prix officiels aux producteurs ont aupient4 de 700~ en teimes nnminaux. En termes constants cepeodant, les prix officiels aux producteurs sont en 1990 6quivalents l ce qu'ils bient en 1975, et ont dimimu~ en tames constants de SO" emre 1980 et 1989 (cf. Tableau 3.8). 3.67 Sur la pmode consid6rde (1975-1989), la part des prix aux producteurs par rappon au prix FOB garanti par l'Etat a eu tendance l aupiemer jusqu'en 1980 pour atteindre 64.8", et a baiss.S de maniue continue par la suite pour atteindre 47" en 1989 (cf Graphique 3.9). En part relative du prix FOB r6al~. le prix officiei au producteur en revanche n'a cess6 de chuter pour atteindre 8" seulement en 1989 (cf Graphique 3.4 et Tableau 3.4). 3.68 Frais Imenn~liaires de Comrnercialigtion. Sur la pmode 1975-1989, les frais de commercialisation ont augment6 de BSOS en termes nominaux. En francs malgaches constants, les frais de commercialisation ont 8"pnent6 de 55" sur !'ensemble de la p6riode (cf. Tableau 3.8). En part relative du prix FOB pranti, les frais de commercialisation ont tout d'abord connu une baisse pour tomber l 35~ en 1980, et ont depuis remom pour en repr6senter 53" en 1989, d6passant la part correspondant l la rmuneration des producteurs en 1987 (cf Graphique 3.9). En part relative du prix FOB rQ!iH, les frais de commercialisation n'ont cess6 de chuter pour se stabiliser l 9" en 1989 (cf Grapbique 3.4). 3.69 Pr6Jtvemems Publics. Les prSwements publics sont d6finis comme 6tant la diffuence entre le prix FOB r6alis6 et le prix FOB garanti, et correspondent done aux recettes brutes du systmne de taxation en place pour l'Etat. Ils comprennent les diverses taxes l 1'exportation (Droits de Sortie, Taxe Conjoncturelle d'Exportation, et PrQwements Publics sur Produits Caisse) qui reviennent au budget g6n6ral de l'Etat, ainsi que le solde du FNUP qui sert normalement l alimenter la Caisse de Stabilisation. -46- TablNU 3.1 yanf\\s • Mpgascar Eyolutfon - lndfca dt Pcfx IY P[oducttyr Frais de C519rcialisation pt eg,as:£,list AIIIIU NlX PUii NELEVEt NCIDUCTlUI DE PUILICS GAlAIITI CXIMMIICIALISATlCII CIASI 100 1975) 1975 100 100 100 1976 95 108 145 1977 103 108 183 19711 114 111 202 1979 152 124 184 1980 154 102 253 1911 131 120 221 • - -· 1912 105 99 360 1983 125 106 390 1914 114 ,,, 597 1915 104 111 712 99. ~. 1916 104 560 1911 ,_ " 105 121 141 852 M, 1919 113 155 9IO 1990 1GJ 140 831 Saurce: CAVAGl, IDE - • . • -------· VAHILLE - MADAGASCAR - • . • I I • - - • I • - • - • • .- ._ - Graphique 3.9 ·- - _,___, -47 - 3.70 Les pr6l~ements publics ont augment6 de plus de 10.000~ en termes nominau-x iur la p6riode consid6r6e {1975-1989) et de 576~ en tezmes constants {cf Graphique 3.4). Les pr61~ements publics qui reprl!sentaient 39~ du prix FOB ralis6 en 1975, repr6sentent en 1989 83~ du prix FOB ralis6, soit 64~ en moyenne sur la p6riode {cf Tableau 3.4). 3. 71 Mesure de la Taxation des Producteurs. On peut 6valuer celle-ci au moyen du coefficient de protection nominal {CPN).12/. Un CPN infmeur l 100~ r6v~e la prl!sence d'un prt!lffement fiscal ou parafiscal; un CPN sup6rieur l 100~ traduit par contre l'aistace de subventions aux producteurs ll/. 3.72 Le Graphique 3.10 d6crit 1'6volution du niveau de taxation des producteurs sur l'ensemble de la paiode 1975-1989. Le niveau de taxation des producteun n'a cess, d'augmemer tout au long de la paiode, le CPN atteipant 9~ en 1989. Le taux de taxation est done consid6rable et s'est particulik'ement alourdi au coun des dix demims ann6es. D s'agit d"un des taux de taxation les plus t!levl!s au rnonde. ______._._______.._ ._. VAN ILLE - MAOA6"SCAR , _____________ - • • - • • • ____ --------_ - .....................,_..__ Graphique 3.10 ..____. _,___, .12/ Le CPN est dt!fini cornme 6tant le ratio du prix pay6 aux producteurs par rapport au prix de parit6 l l'exponation (prix FOB ralid diminu6 des coOts d'approche). Les coots d'approche (depuis l'exploitationjusqu'au point d'exportation) sont suppos6s lire 6pux aux frais de commercialisation. ll/ Le CPN i ~ la taxation qui rmulterait d'une sur-6\'aluation du taux de chanae. -48 - IV.B. LES CONSEQUENCES SUR U PRODUCDON 3.73 Trois typeS de cons~uences de cette taxation 6norme sur la production peuvent etre identifi6s: incitation l la baisse de la qualitd, incitation perverse quant au niveau de production, et incitation l une instabilitd accrue du marcb6 national. IV.B.1. lndtatlon d la Baisse tk la Qllllllt, 3.74 Les incitations lune production de qualitd ont quasiment disparu. Les visites de terrain ont confirm6 que les producteurs n'emploient que rarement les teclmiqua et imrants de production recl'rnrnand6s, et que !'utilisation de vamcm amQior'=s est pratiquement inexistante. Comme deuxiane cons6queoce des prix extrtmemem bas paya aux produaeun, les vols de vanille sur pied se multiplieot, ce qui agrave les pmblanes de qualitf puasque. soit les gousses sont vol6es l 1'6tat immature, soit le producteur r6colte sa vanille avam lnlftlrit~ afin d'6viter les vols. Le Gouvemement teote de r6duire le problane d'immaturit~ h~ au vol de la vanille, l travers notamment la mise en place d'une nouvelle loi punissant s~vtrcmcnt lea vols de vanille (loi No 88~8 du 12 IMcembre 1988). Une telJ~ loi reste cependant leare mone puisque Jes incitations 6conorniques l la base du problane di:.• vols de la vaniUe n'oa1 pas a6 r6solues; par ailleurs, les pouvoirs policiers et judiciaires restem sous-«111ip6s pour pouYOar proc6der l sa vmtable application. 3.75 Cette incitation lune production de basse qualid est aggrav6e par l'lblence clans le syswne de •diffdrentiel • actuel, de toute prime l la qualitd. Dans la prmque. les prix offens par les conditionneurs-stoc:keurs varient selon la qualitd de la vanille, en JWUa&J• au niveau du vnc (vanille pr6par6e). Au moment de la pr6paration de ce rapport (man 1991 ). la vanille pr6par6e de qualitd supmeure de la campagne 90/91 est pay6e environ 10.000 FMG 'k&, widis que la vanille pr6par6e de qualitd infmeure est pay6e emre 5.000 et 10.000 FMG,'k&, • parfois moins de 5.000 FMG/q; ces cbiffres sont l comparer avec un prix officiel wuquc de la vanille vnc pr6par6e (1016 rnagasin) de 13.885 FMG/q. .JV.B.2. lndtation SUT le Nlwa,, de Prodllctlon 3.76 Les cons6quences d'un niveau Qevc! et croissant de taxation des produaeurs sur la production sont loin d'etre 6videntes. Les calculs de rentabilid l l'exploiw10G montrent qu'au niveau de prix officiel actuel, la production de vanille n'est plus reotable (d T.t>lcau 3.9). De plus, 1'6volution en termes relatifs du prix de la vanille par rapport l celui du riz montre une d6gradation marqu6e (cf Tableau 3.10). Alors qu'en 1980, les planteurs de vanille pouvaieot acbeter plus de 10 k& de riz avec 1 t1 de vanille verte; en 1990 les planteurs ne peuveot plus •officiellement• qu'acbeter un peu moins de 4 k& de riz! Les planteurs de vanille sont done incitds l abandonner la production de vanille au profit de la production de riz ou autres cultures alirnentaires. Les mod~es c!conom6triques d'offre d6velopp6s par le CERDI (1988) indiquent une c!lasticitd de court terme de l'offre de vanille (production cornrnercialis6e par tete) par rappon au prix r6el payi au producteur positive et 6gale l 0.41, bieo que non significative. Les memes r6sultats 6conom6triques indiqueot cependaDt une tendance d6clinante, au wix de 6~ l'an, et done supmeure l la croissance d6mograpbique. La baisse du prix rc!el payc! au producteur aurait done un effet nqatif sur la production cornmercialis6e de vanille. - 49 - Tableau 3.9 RENTABJLITE DE LA PRDDUCTJON DE VANlLLE A L'EXPLOITATlON AL'HECTARE ANNEE TEMPS DES TRAVAUX COOT DES TRAVAUX PRDDUCTION VANILLE (JOURS) (FMG 1 000l VERT (ICG) 0 261 313 0 1 206 247 0 2 252 302 0 3 352 422 11'9 4 403 484 ]76 5 467 560 ,~o 6 549 659 .~i 7 462 554 J!l,i. 8 408 490 161 9 340 408 N 10 1aa 225 144 Teux de Rentabilit6 lnteme: 4% l!!Y!:£1: Ministtre de l'A1riculture (1974) ~= Cout d'apportunit, de l• •in d'oeuvre: 1200 FNG/jour prix officiel vanill• wrt: 2000 FMG/kl TablNU 3. 10 f!!IJX RELATJF PE LA VANILLE PAR RAPPORT AU 911 ANNEE PIIX PRCIMICTEUI PIIX CONSCMNATEUI 11e1a NIX "" .,, VAIIILLE (VIAC EG) l/ RIZ ii W. . ILLI/ (FMG/ICG\ (FMG/ICG) 1980 2760 56.5 n1 1911 3220 71.3 110 1912 3220 118.3 111 1913 4600 223.6 100 1914 4600 295.2 .,, 1915 4600 410.5 S4 1986 5060 555.6 44 1917 5520 394.9 68 19■ 7820 460 83 1919 9200 558.3 80 1990 9200 535 84 l/ Prix officiel vanille wrt x 4.6 kg i.l Prix officiel CM riz de qualtt, ordfnafre J1aq11 1 en 1912 Prix CM rfz ordinaire au c---■teur aur •rchf lfbre, 1913•1990 !S!Y!:£1: CAVAGI, MfnAgrf/SNTIS - 50- 3.77 Siles effets du syst~me de stabilisation sur la production commercialis!Se ne soot pas clairs, les effets sur rexc~ d'offre sont eux particulia"ement 6vidents. Les volumes de production commercialis!Se ne suivent pas les baisses en volume des exportations, et l'ex~ d'offre et done le niveau de stocks, ne cessent d'augmenter. Le sys~e de stabilisation, en interdisant toute relation directe entre le march.S mondial et le march6 national favorise I' accroissement des stocks puisqu 'il garantit nonnalement les achats ainsi que les collts de stockage par les conditionneurs- stockeurs. De plus, ii est probable, bien que difficilement d6momrable q11aotkativement faute de donn6es suffisante.1, que la baisse continue en terme.1 r-1s de.1 prix l la production depuis le d6but de.1 ann6es 1980 incite l accrottre la production plut6t qu'elle ne la ddcourage, et ce en particulier depuis la lib6ralisation de.1 importations. En diet, le.1 producteurs soot contraints de produire de.1 quantita de vanille plus importantes afin de pr6server un niveau minimal de revenus mon6taires. Leur capacit6 l atteindre cet objectif est cependant remise aujourd'hui en question 6tam donncS l'impossibilit6 financia-e pour le syswne de la Caisse de garantir les achats. IV.B.J. lncitation 42 une lnstabilitl Accrue du Marchi National 3.78 Les donn6es r6centes sur la production (commercialis'9) de vanille indiquent par ailleurs que celle-ci mt caract6ris6e par une instabilit6 de plus en plus marqu6e. Ainsi que le Tableau 3 .S et le Graphique 3.11 le montrent, les amplitudes de.1 variations de la production commercialis6e s •est aggrandie au cours de la demia-e dkennie. Le coefficient de variation li/ passe de 15 ~ pour la p6riode 1961-1979 l 41 S pour la p6riode 1979-1989, soit une augmentation de 170~ en 10 ans. VANI LLE - MADAGASCAR ••• a.a .... • .... .... "·" .... .... 1J . 1A .... 1.1 ...• 1.1 • •• .. , ••• ••• Graphique 3.11 ,li/ Le coefficient de variation e.1t d6fini comme 6canl 6aal l: cv s sd/m ofl sd: 6cart-type, et m = moyenne, et a a6 calcul6 l partir de.1 s6ries d6-trend6es, utilisant une tendance quadratique. - 51 - 3. 79 Cette instabilit6 accrue est, paradoxalement, le r6sultat direct du syst~me de stabilisation en place. En effet, les chiffres de production correspondent l la production commercialis6c, et done refl~t la capacit6 du secteur l acheter la production biologique int6rieure. Or, cette capacit6 d'achat du secteur est une fonction directe des financements et incitations offerts aux conditionneurs-stockeurs par le syswne de Caisse de Stabilisation, ainsi que des d6bouch6s sur le march6 ext6rieur. On sait que les d6bouch6s sur le march6 ext6rieur s •amenuisent; que les possibilit6s de financement se r6duisent comme suite au aonflement des stocks; que les incitations 6c:onomiques aux conditionneurs-stockeurs par contre se sont amQior6cs depuis 1980 (leurs marges de commercialisation se sont e.n effet accrues depuis 1980). L "Etat, de son c:Ot6, a ponctuellement amQior6 les capacits de financement des achats par le secteur en pnddant par exemple en 1986/87 au rachat pur et simple de 900 tonnes de stocks alors sous-contrat-caisse aupr~ des conditionneurs-stockeurs. Les effets sur la production commercialis6c ont 6t6 imm6diats puisque celle-ci a tripl6. passant de 695 tonnes en 1986 l 2164 tonnes en 1987. IV.B.4. Condusion 3.80 Le syst~me de stabilisation conduit done l un accroissement de l'exc~ d'offre et done des stocks, ainsi que de I'instabilit6 de la production commercialis6c, infligeant des chocs financiers importants au systmne de stabilisation et qui sont difficilement supportables. L'analyse pr6ddente suu~e que l'instabilit6 du secteur est en grande partie provoqu6c par le syst~e de stabilisation. V. LA DISPARITION DU SYSTEME DE CONTROLE DE LA QUALITE ET D'ORGANISATION DE LA F1LIERE V.A. IN1RODUC110N 3.81 La vanille, de parses caract6ristiques et !'utilisation qui e.n est faite, est une culture qui n6cessite une attention toute particuli~e l la qualit6 que ce soit au niveau de la production, ou l celui de la pr6paration. du conditionnement, du stockage et de I' exportation. Le march6 de la vanille par ailleurs est particuli~ement sensible l la qualit6 du produit, l son bomo1eD6it6 et l la r6auJarit6 dans celles-ci. Si le march6 de la vanille de baute qualit6 reste le march6 le plus • prometteur, il est n6cessaire pour Madalucar de prendre les mesures et les moyens n6cessaires pour satisfaire les besoins de ce march6. Namnoins, le march6 de la vanille de qualit6 infmeure repr6sente un march6 non n6&ligeable que Madagascar ne peut se permettre d'iporer. Entin, la nouvelle politique de stocka&e poursuivie notamment par les utilisateurs am6ricains (•just in time delivery•) demande que Madagascar s'adapte l ceae DOUVelle condition du march6. 3.82 Madagascar a conserv6 jusqu'l l'heure actuelle une r6putation certaine et la vanille de Madagascar demeure le standard de r6f6rence sur le march6 mondial. Cette r6putation est cependant dans une large mesure remise e.n cause par la faillite actuelle du syst=e de contrOle de la qualit6 l Madagascar. 3.83 Par ailleurs, l'bypothae d'une adaptation de la strat6gie commerciale men6c sur les march6s 6trangers implique que Madagascar offre une pmme de produits 6largie l plusieurs qualita. L'Qargissement de la gamme de qualit6 de la vanille n•est pas synonyme d'un abandon d'une politique de la qualit6. Au contraire, 1'61argissement de la gamme de qualitl§ implique un renforcement de cette politique, puisqu "ii devient alors n6cessaire pour la filiue de pouvoir garantir l ~ acheteurs la foumiture, la r6gularit6 et l"bomogm6itl§ des exportations de qualit6 -52 - diffm-ente. Une telle rHrienw.ion de sa strat6gie commerciale n6cessite alors une adaptation de la politique inteme de qualit6 aux exigences du marcb6 mondial. V.B. GENtsE DU SYS'ItME DE GESIION DE Lt QUAL11E PAR Lt FILIERE: 1960-imns 3.84 Afin d'assurer sa politique de qualit6, Madqascar avait mis en place db les ann6es 60 un syswne administratif relativement complexe et sophistiqu6 de conttOle de qualit6 tout au 10111 de la chatne de commercialisation. Ce s)'Stmle de contrOle de la qualit6 est ddfini par un ensemble de textes ldgislatifs, en particulier la Joi No 61~1, les Ddcrets 61-124, 66-176, et l'Ordonnaoce 60-056. Pour une description dl!taill6e du s ~ rdglementaire de la filim-e vanille et de son 6volution de 1960 l 1990, nous renvoyons les lec:teurs int6ress6s l l'Annexe 1: •Organisation Juridique et Rdglementaire de la Commercialisation de la Vanille l Madagascar•. 3.85 Ces textes r6glementent d'une part l'entr6e sur le marcbd, et ceci l tousles niveaux: production, commercialisation, prdparation. conditionnement, st.ockage et exponation, l travers un systmie de cartes annuelles (de producteur, de prdparateur, d'exportateur); ces textes d6finissmt d'autre part les standards et nonnes de qualit6 (l l'achat. l la pr6paration, au conditionnement. au stockage, et l l'exportation). AfiD d'wurer l'application efficace de ces contrOles et normes de qualit6, la rdglementation d6finit par ailleurs un certain nombre de paialit6s 16gales et financim-es, ainsi que la distribution des rOles et fonctions entre l"Etat et ses repr6sentants locaux d'une part, Jes opuateurs de la filim rqroupds au sein du Groupement Inter-Professionnel de la Vanille (GNIV), et diffuents comit6s (comit6s d'qr66ment, comit6 des ventes) d'autre part. Le GNIV, dont les functions, rOles et pouvoirs sont d6tennin& par le D6cret No 66-760, ~t done cease! jouer un rOle important clans l'organisation de la filim, son administt:'ltion, et le contrOle de la qualit6 de la production l tousles niveaux de la filim par les diffuents op6rateurs. Enfin, la r'slementation pmoit les modalit6s selon lesquelles l'orpnisafi'>n de la filim pourra faire J'objet de modifications et de cban1emems. 3.86 Ence qui conceme les normes de qualit6 l l'exportation, il est important de noter que celles-ci ont ti d6velopp6es au cours des ann6es 60 en collaboration entre les acheteurs mondiaux , et les repr6sentants des producteun malpdles. Ces nonnes (pr6cisdment d=ites en Annexe 1) ont joud un rOle utile et important dam la politique nationale de qualit6 poursuivie vigoureusemeut par Madagascar au cours des ann6es 60 et 70. Les locs d'exponation. d6finis par la 16gislation en vipeur, sont nonnalement compos6es d'un assortiment de qualita pouvant aller de la qualit6 la plus 6lev6e (exemple: ~ r i e Extra) l la plus basse (exemple: cat6&orie cuts). Cette strat6gie d'assortiment de cat6gories de qualit6 clans les lots d'exportation bit sans doute justifi6e tant que Madagascar 6tait dans une situation de monopole sur le marcb6 mondial. 3.87 D r6sulte de ces dispositions r6glementaires que la Caisse de Stabilisation des Prix de la Vanille est le seul organisme public qui coiffe la vanille du stade de la production (prix aux producteurs, et amBioration de la productivit6) l celui de !'exportation (6coulement sur les marcb6s extuieurs) et. l cet effet. propose au Gouvemement ou au ministm-e de tutelle les mesures 6conomiques et techniques relatives l ce produit. La composition du comit6 de 1estion de la Caisse pr6voit des repraentants des intdrets g6na'aux (d6panements minist6riels int6ress&), des repr6sentaats l\es producteun et des repdsentants des exportateurs. - 53 - 3.88 Le Comit6 des Ventes cr66 en 1966 est charg6 d'examiner la nature des propositions de vente faites par les exponateurs, et en particulier leur correspondance avec Jes conditions fix6es dans les accords avec les acheteurs (qualit6, prix) lors des r6unions annuelles de l'Alliance Vanille, et de donner son accord ou non l de telles propositions. Ce Comit6 comprend le DirecteUr de la Caisse de Stabilisation de la Vanille, un repr6sentant du Commissariat Gai6ral l la Coop6ration (pour d6fendre les int6r!ts des coop6ratives de planteurs) et deux repr6sentants des exportateurs d6sign6s par le GNIV. Ce Comit6 des Ventes est investi d'un v6ritable pouvoir d'interdiction des exportations au cas o~ celles-ci soot jug6es non conformes (les contrOles physiques de qualit6 «am edcuta par la Direction de la Qualit6 et de la M~logie Ugale). 3.89 Le Groupement National lnterprofessionnel de la Vanille (GNIV), par contre, est une organisation interprofessionnelle jouant aupr~ du Gouvemement et de la Caisse un rOle aussi bien consultatif que d'information (en particulier 6tudes et propositions des diff6rentiels, tenue des statistiques de la fili~e), et assurant la discipline au sein des professions int6ress6es sur les march6s officiels en we de respecter les lois et r~glements en vigueur ainsi que l'exkution des d6cisions particuli~es prises l l'occasion de chaque campagne. Malgr6 l'existence d'un Commissaire du Gouvernement ayant droit de veto, son Conseil d' Administration est exclusivement compos6 de repr6sentants des professionnels (planteurs, pr6parateurs, exportateurs), et les repr6sentants des D6partements et services int6r~. bien qu 'y assistant de plein droit, n'ont qu'une voix consultative. 3.90 La Direction de la Qualit6 et de la Mmologie Ugale (ex-Service du Conditionnement) au sein du Minis*e du Commerce, remplit normalement un certain nombre de fonctions importantes dans la filim-e qui viennent compl6ter les fonctions du GNIV, en particulier celles relatives aux contrOles de la qualit6 tant au niveau de l'achat de la vanille verte, de la pr6paration, qu'l celui du stockage, du conditionnement et de I'exportation. La Direction de la Qualit6 et de la M~logie Ugale est ainsi cens6e former les vaificateurs qui seront charg6s de la vmfication des transactions de vanille verte entre les planteurs et les pr6parateurs sur les march6s officiels. Cette Direction est aussi investie du contrOle et de l'agranent des installations et mat6riel de pr6paration, installations, bltiments et mat6riels de 5t0Cka&e. Cette meme Direction est aussi investi du contrOle physique des stocks avant que ceux-ci passent sous contrat-Caisse. Enfin, ce Service est responsable du contrOle de l'application des normes de qualit6, notamment au moment . de I' exportation. 3.91 Cette organisation r6pementaire de la filim vanille a jou6 un rOle positif extremement important dans le ddveloppement organis6 de la production nationale, l'ablissement et le maintien d'une v6ritable politique de qualit6 l la production et l rexportation et ce jusqu'au milieu des ann6es 70. Le systmne mis en place permeuait une gestion coll6&iale de la tilia'e dans la mesure o~ l 'Etat assurait la r6glementation en vigueur qui prantissait la repr6sentation des int6rets des divers professionnels de la filik'e l tous les 6chelons. Le caractk'e administratif et contraignant de l 'organisation de la filim-e vanille 6tait par ailleurs consid6r6 comme n6cessaire w l'absence d'incitations financim-es et 6conomiques qui pr6valaient dans le r6gime de commercialisation. En effet, le syst~me de diff6rentiel qui fixe administrativement tous les prix au sein de la filiue sans diff6rencier selon la qualit6 de la vanille ne permet pas de fournir aux agents 6conomiques (planteurs, collecteurs, pr6parateurs, exportateurs) les incitations 6conomiques et financiues l une production de qualit6. Dans de telles conditions de fonctionnement du march6, le systme administratif de r6glementation des 6changes commerciaux et de son contrOle selon des normes clairement l!tablies et diffus6es se substituait au jeu normal des forces du marchc!. -54- 3.92 L'efficacit6 actuelle de ce systmne doit etre remise en cause pour trois raisons. D'une part, les textes 16gislatifs en vigueur ne sont plus appliqu6s; d'autre part, les textes 16gislatifs et r~lements ne sont plus adapt6s aux besoins du marcb6 mondial. Enfo1, les systmes de recbercbe et de vulgarisation sont soit inexistants, soit inadapt6s. V.C. NON-APPUCt110N ET'11UNSFORMA110N DES T£XTES LEGISU11FS ENVIGUEUR V. C.l. Abandon Progrusifu I 'Application da Tatu en Vlgwur 3.93 Cette 1estion coll6giale de la filim a 6t6 remise en cause l partir de 1973 lorsque les Comit6s Economiques des Fokontany ont ~ les pleins pouvoirs pour 11 scsuoa de 1'6conomie des collectivit6s locales, et lorsque la Direction des Echanges Extc!rieun au M &Aistm'e de l'Economie et du Commerce (par la suite devenu le Minis~e du Commera) • pris proaressivement en main l 'exportation de la vanille, laissant l la Caiiu a a; Ci NIV un rOle de second plan. Le Comit6 des Ventes, quant l lui, a tout simplement disran. 3.94 Ainsi des Insauctions interministmelles (22 Mai 1973 et du 30 AWTII 1974 en particulier) fixent annuellement les dispositions relatives l l'organisation de la amrar- de commercialisation de la vanille vene. Celles-ci visent en particulier un contrOle accru du ~ement sur les transactions commerciales et sur l'organisation des march6s de la vaiwJc La pouvoirs de la police, des autorit6s politiques locales et des Fokonolona (Jroupemena 1«1P-«Onomiques) sur les marcb6s locaux sont oqanisc!s. Les Fokonolona sont cbargc!s de veilla I 1·a,anion des op6rations suivames: destruction des vanilles refusMS l l'acbat, comr61~ cSa paiements des vmficateurs, contrOle du paiement effectif du prix officiel, d6livranc:e du .., des planteurs, qualit6 des acbeteurs et des pr'Parateurs, obligation des d6claration dt IIDCUlf de cpdazaiae. En rc!sUDM!, cette nouvelle gestion des ~ de commercialisation imaw ck LI vanille a provoqu6 la diminution des activitc!s du GNIV qui n'est appe16 qu"l wura a. buniture des papiers administ:ratifs de contrOle, et la disparition de la capac~ des proflu.-.cls, en particulier des exportateurs, de transmettte sur le march6 national les signaux provenua • march6 international. 0 ,3.9S Le but du lqislateur a ti de pouvoir contrOler les activitc!s d autan1 ph• que: toutes Jes transactions et tousles mouvements de stock font l'objcr de fonn.alit6s et de dispositions r~lementaires pr6cises; cbaque campagne de vanille vene et de vaailte pr'Par6e est ouven.e par a texte officiel. Ceci a pour but d'mter de meure sur le rnarc:h6 des produits imnwura pour le vert et de mauvaise qualit6 pour le vrac; Les transactions ne peuvent se faire que sur Jes marchc!s officiels, et les transactions sont dOment emegistrMS. Elles se font en prc!sence d'un reprc!sentant des autorit6s locales et des planteurs (c'est l dire, le v6rificateur) et du GNIV. 3.96 Dans la pratique, et au fil des aan6es, des irregularitc!s se soot gliss6es dans le circuit, en particulier en ce qui conceme la qual~ de la vaaille au stade vert. En effet, c•est en principe le v6rificateur qui doit y veiller. D ~ i t l cette occasion, de l'ache-teur une r6mun6ration de IOFMG/kilo de vanille achet6e. D faut noter que le v6rificateur e· un planteur qui a 6t6 61u par les producteurs du Fokontany ot se trouve le march6 officiel, et que la plupart du tempS, ii a des liens de parent6 ou d'amiti6 avec ses voisins. D subit de ce fait une pression morale de la part - ss - des planteurs et il n•accomplit pas toujours comme il faut ses tkhes qui consistent l karter et d6truire syst6matiquement les vanilles immatures ou les petites gousses, d'autant moins que sa r6mun6ration, pay~ par l'acheteur, et souvent partag~ parmi jusqu'l six vmficateurs dans un seul march6, n•est pas du tout motivante. 3.97 Au niveau du stockage, tout contrOle physique des stocks et des flux a virtuellement disparu. Quant aux exponations, la nationalisation a impliqu de mani~e croissante la prise en main par le MiDistke de l'Economie et du Commerce (puis par le Minist~e du Commerce) de toutes les d6cisions y affm-entes. Sur la plan administratif et en venu des dispositions r6glementaires suivantes: D6cret No 88-343 (6 Septembre 1988) et ~294 ('28 Juin 1990), la Direction de la Caisse de Stabilisation de la Vanille constitue l'une des Directions plac6es au sein de la Direction G6nm-ale du Commerce, entmDDaDt alors une situation de fait qui s'6tait d6velopp~ d~ le milieu des ann~ 1970. 3.98 Ainsi, le GNIV 6tait re1•6 l jouer un rOle marginal et purement administratif, sans pouvoir d6fendre valablement les int*m des professionnels. Le G~1V n'est plus l meme de remplir ses fonctions faute de moyens financiers, techniques et humains; ,es cotisations n'ont pas 6t6 ajust6es de mani~e systmnatique au cours du temps malar6 les demandes r6p6t6es des professionnels de la filia -cf proc:a-verbal de la r6union ordinaire du GNIV de mars 1988, et les subventions (entratn6es par la non-rulisation des plans d'exponation) som pay6es avec des retards de plus d'une ann6=. D'autre part, les pmoptives et attnbutiom du GNIV ont proaressivement ~ ipor6es: •1..e non-respect de la rqlememation en vigueur aimi que de J"orsanisation mise en place a droit de cit6 (Proca Verbal de la R6union Ordinaire du Conscil d' Administration du GNIV de Man 1988, p.8)9 3.99 Les Pouvoirs Publics n'assurent done plus Di l'application Di le suivi d• textes 16gislatifs en vipeur, Di les fonctions qui lui sont d6volues. Ainsi, le service de prkoaditionnement a effectivement disparu, et la Direction de la Qualit6 et de la M6trolo1ie u,a1e (Ex-Service du Conditionnemem) a des moyens dmsoires, l la fois techniques et financiers. l sa disposition. Le Service de la Qualit6 et de la M6troloaie Uple l Antalaba par exemple. nc posskle que trois • qents pour assurer la v6rification des stocks, des mapsins de stocka&e, du ammel de pr6paration, des normes l l'exportation. D a'a aucun des instrumems n6cesnires l la vmfication de !'application des normes de qualit6 l l'exponation et autres contrOles sanitaires. 3.100 Ces restrictions progressives l l'application des textes rqissam le foactionnement du march6 national de la vanille oat profondmnem boulevem la nature des inciwions 6conomiques sur le march.S de la vanille et repraentent un danger grave pour l'avenir de la fili~e vanille et 1'6conomie malpche. Depuis 1975, trois pmodes distinctes correspondant chacune l un r61ime diff&ent d'incitations 6conomiques peuvent etre distinp6es. Ces diffm-ents r6gimes d'incitations 6conomiques om des r6percussions profondes sur le niveau de production, le niveau des prix, le niveau d 'achat et le niveau des stocks. V.C.2. 1975-1982: Pmotle d'lndtation ~ la Bau,e de Qualltl 3.101 Pendant ceae pmode, l'incitation l l'application stricte des contr6les de quali~ est d'autant plus r6duite que le symme de stabilisation en sarantissant l'achat d'une part et le coat de - S6 - stocta,e des invendus d'autre part aux conditionneurs-stockeurs, incite ces derniers l acJieter et stocker le maximum de quantit6 de vanille qui se pr6sente l eux quelque soit sa qualit6 marchande. Les se\lles limites l cette logique r6sultent des capacit6s de financement de la campagne par les conditionneurs-stockeurs, elles-m6mes fonction des performances l )'exportation. Tant que celles-ci sont rest6es bonnes, c'est-l-dire tant que Madagascar a joui d'une position de quasi-monopole sur le march6 mondial (lui permettant d'exporter toutes ses qualit6s de vanille sous fonne de lots composites, cf paragrapbe 3.86), les capacit6s de financement de la campape d'achat aient illimit6es (en tout cas supaieures au Diveau de production) et les prix officiels tendaient l etre respectl!s. V.C.3. 1982-1989: Plrlode d'incltation au Go,,tlement des Stocks et j la Baisse de Qualitl 3.102 Aprm la crise de sous-production de 1978-1979, et suite aux difficult6s 6conomiques du pays, Jes Pouvoirs Publics commencent alors l augmenter de manim-e importante les prix officiels d'exportation l partir du 19eme Plan de l'Alliance Vanille (cf. Grapbique 3.4). Ainsi qu'on l'a vu plus baut, cette augmentation des prb:: au-dell des rapports de parit6 que le march6 mondial peut supporter provoque la baisse des exponations de vanille malgacbe (1099 tonnes en 1983, 827 tonnes en 1984, 628 tonnes en 1985). Les performances l l'exportation se dqradant, les capacitl!s de financement de la campape d'acbat tendent alors l se r6cluire et les prix officiels l la production ne sont plus respectl!s par les acbeteurs (conditionneurs-stockeun ou leurs mandataires), renfor~ les incitations l la baisse de qualit6. Les conditionneurs-stockeurs ont en effet int6ret l baisser le prix d'acbat afiD d'acbeter le maximum de production. quelque soit sa qualit6, afin de maximiser leurs revenus issus des indemnit6s mensuelles de stockage. Dans un tel r61iJDe, les limites l l'achat sont impos6es par les capacit6s de financement des banques commerciales. 3.103 Ces limites de financement sont en fait atteintes en 1987, et obliaent l'Etat l proc6der au racbat de 900 tonnes de stocks alors sous contrat-caisse auprm des conditionneurs-stockeurs. Ce racbat permet de relancer le financement des achats qui pusent de 695 tonnes en 1986 l 2164 tonnes en 1987. Ceue solution conjollCIUl'elle l des problmies structurels est de courte dur6= ,puisque les acbats retombent l 804 tonnes en 1988, et que les exportations qui avaient presque doubll!s eJttre 1986 et 1987 (passant de 689 l 1260 tonnes suite l un nlentissement de l'aupientation des prix l l'aponation) retombent l 625 tonnes en 1988 et 594 tonnes en 1989. V.C4. 1990-1991: Crise a Mtll'Chl 1""11eur et RltablusOMnt des Forces a Marchl 3.104 Le march6 intmeur fiDit par s'effondrer en 1990 lonque l'Etat cesse de payer les indemnit6s mensuelles de stockage l partir de Janvier 1990. Lonque les indemnit6s de stockage cessent d'etre pay6es et que les capacit6s de financement offertes par les banques commerciales se tarissent, les conditionneurs-stockeurs sont alors incit6s l ne se porter acqu6reur que des gousses de vanille qui trouvent preneur sur le march6 mondial. Puisque le march6 mondial ne demande l Madapscar que des aousses de vaniJle de plus de 14 cm (et fendues), les conditionneurs- stockeurs n'achMent plus que de la vanille supmeure l 14 cm de longueur (et fendues). Le prix national devient quant l lui fonction du jeu de l'offre et de la demande sur le march6 national. L 'offre l!tant supmeure l la demande, le prix r6=I moyen sur le march6 s'effonclre (cf paragrapbe -57 - 3.75). One prime de qualit6 sur le march!§ national s'instaure progressivement, puisque Jes vanilles correspondant aux qualit6s demand!Ses sur le march!§ mondial commandent sur le march6 national un prix supmeur aux vanilles qui ne correspondent pas l ces memes qualit6s Les campagnes de 1990 et de 1991 se d6roulent sous ces conditions et conduisent aux tensions sociales que l' on connait. En effet, les planteurs sont 16s6s par un sysreme de stabilisation auxquels ils ont financi~ement contribu6s de mani~re imponante depuis plus de vingt ans et qui a dans les faits cess!S de fonctionner. V. C.5. Le Dlveloppement dts Stocks Fictift 3.105 L'absence de v6rification effective des stocks incite au d6veloppement de stocks fictifs. Le problmie soulev6 par les stocks fictifs est particuli~ement inqui6tant. Tout d'abord, il implique une perte s~e pour l'EtaL Cette perte peut aueindre des proportions impressionnantes. Il est impossible dans le cadre de ceue c!tude de proc6der l une vmfication physique des stocks, mais des tonnages fictifs variant entre 800 et 1.500 tonnes ont 616 avanc6s par divers professionnels. En supposant des stocks fantOmes de 1.000 tonnes, ceci repr6sente pour le Budget de l'Etat une perte s~e de 5 milliards FMG par an. soit 50~ des indemnita de stockage payc!es par la Caisse de Stabilisation pour la Campape 1989/90, ou encore 14~ des revenus net du systmie de taxation de la vanille. 3.106 De plus, le problmie des stocks fictifs contribue l aggraver le problme de rationnement du cr"1it puisque ii accrott le niveau de risques des banques commerciales. Quelques banques commerciales font actuellement face l ce problane en proc6dant elles-meme l la vmfication physique de ces stocks de manim trimestrielle. Cette op6ration, cependant. entraine des coQts financiers non-nqli1eables, qui sont 6ventuellement Rl)el'Cllta sur le coot du cr"1it. D'autre part elle est loin d"etre 16na'alis• et automatique sur !'ensemble du territoire. 3.107 Entin. le problaae des stocks fictifs d6montre clairement le malaise qui r ~ actuellement au sein de la filim-e, et l'incapacit6 de celle-ci l s'organiser de manike efficace dans le tigime actuel. V. C. 6. Conclusion 3.108 En r6sum6, l'absence de facto de tout systme d'orpnisation de filim, de contrOle et de gestion de la quali1' par la filin eq,liquent la d6andmon de la qualit6, les m6ventes l I' exportation. le gonflement des stocks tint fictifs que rdels, contn"buent l augmenter les coots financiers et 6:onomiques de 1estion de la filim par le Gouvemement, et l diminuer les recettes en devises de 1'6:onomie. Par ailleurs, cette absence de facto favorise le d6veloppement de la production dans des pays concurrents, et ram61ioration de sa qualit6 avec l'aide technique et financim-e des importateurs. Elle remet aussi en cause l'existence meme d'un d6bouch6 de la vanille pour Madaaascar, ainsi que sa capacit6 l fixer un prix FOB 6ev6 et, partant, son aptitude • poursuivre une politique de cartel. 3.109 En pratique, le contrOle de qualid n'est plus assur6 que par une minorid d'exponateurs qui b6n6ficient des moyens techniques et financiers nkessaires l sa ralisation, et de contacts 6troits avec leurs acheteurs 6trangers. Nmmoins, en rlgle &6n6rale, la non participation directe -SB - des professionnels l l'administ:ration des vemes a amen6 une coupure de ceux-ci par rapport au march6 mondial. V.D. OPPOR'IVNITE ET VAL.EUR DU SYS1EM£ DE CONTRtJLE DE QUALITE 3.110 Si le sys•e de contrOle et de 1estion de la qualid mste de jure, ii reste • d6terminer si . celui-ci est resd ad6quat vis-l-vis de la flemande intemationale d'une part, et des capacita de la filim l s'or1aniser. 3.111 Les critkes et normes de qualid ne correspondent plus l la demande internationale, aux nouvelles 16gislations et technololies de ttansformation qui se sont d6velopp695 chez les pays consoaunatNu. En paniculier, ils ne sont plus ajusta aux besoins de la demande tels qu'lls sont exprums par le march6. Ceci vaut aussi bien pour la vanille de qualid infmeure que pour celle de qualid supaieure. Les exportatems s'adaptent individuellement aux demandes de leur clients (e.xemple: tam d'hwnidid, longueur de la gousse, apparence) sans pouvoir se reposer sur une r'alementation inteme adaptde et un systmne de contrOle, d'information et de vul&arisation efficaces, sans disposer des moyens ad6quats (1 seul exportateur disposerait aujourd'hui des 6quipements n6cessaires au contr61e effectif de la qualit4). Les coots d'une telle politique sont 1Iobalement 6lev6s et de nature diverse pour la filik'e: stocks d'invendus qui 1onflent, non-achat de J011SSes, multiplication des contrOles individuels et done des coats correspondants, penes de marcha eumeurs. 3.112 Par ailleurs, la rqJementario11. l l'exponation, qui combine daDS un m!me lot d'exponation des vanilles de qualid diffuentes vendu l un prix unique n'est plus adapt6e aux conditiom du march6 mondial. Etant clonm l'existence d'une production concurrente indonaienne, ii serait pr6f6rable pour Madapscar d'OIJaniser aes exponations en lots homo1mes de vanille de qualid distinctes vendus l des prix diff6rencia qui, au smplus, devraient respecter la parit6 des prix. Ce respect de la parid des prix enue les diverses qualita est impod par les nouvelles conditions de concurrence sur le march6 mondial, et Madapscar ne peut s'y soustraire. La dqradation des perfonnances des exportations malpches sur le march6 mondial de la vanille danontre sans 6quivoque l'impossibilid pour Madapscar de se soustraire aux lois du march6. Les exportateurs ··ma1gaches l'ont bien compris 6tam donm qu'ils n'exportem plus que des lots de qualid homo1me (exemple: lon&Ueur supmeure l 14 cm). 3.113 Dest dair que l'orpnisaticm actuelle de la ftlim VIDille l Madagascar, et en particulier le r61e pr6pondmnt de l'Etat l uaven la Caisse de Stabilisation et le M"mistke du Commerce, limitant les contacts directs l la foil tecJmiques et financiers entre importateurs et e.xportateurs, et SOD inaptitude l remplir aes fonctiom d'information, de promotion, d'analyse du march6 et de SOD 6volution, om directement ~ l l'oriple de l'incapacit6, pour Madagascar, de s'adapter aux besoins du march6, et d'adopter une ~ commerciale qressive sur un march6 mondial en 6volution. V.£. INEFFIC1CITE DU SYS1EME DE RECHERCHE ET DE VULGUUSA.110N 3.114 Les visites du centre de recherche d'Ambobitsara d'une part, les interviews avec les op6rateurs 6conomiques d'autre part, et les constatations sur le terrain nous obli&ent l conclure l la faillite totale, bien que r6cente, de la rechercbe sur la vanille l Madagascar, et ce mal,r6 une - 59 - rq,utation mondiale etablie dans le pass6. La recherche a un rote imponant Ajouer non • seulement dans l'amQioration de la qualite l la production, mais aussi dans l'amelioration des techniques et methodes de preparation de la vanille et de contrOle de qualite. 3.11S Le budget de recherche vanille (equivalant l $ 100.000) est insuffisant et sans commune mesure avec l'imponance de cette culture pour 1'6conomie nationale, de m!me qu'avec les besoins de recherche qui sont n6cessaires pour que Madagascar conserve sa place de premier producteur mondial. Le programme de recherches a pratiquement stoppe toute activite depuis plusieurs ann6es; ii n' existe plus l l'heure actuelle aucun chercheur qui travaille sur la vanille l Madagascar. Les op6rateurs konomiques soot peu ou pas impliqu6s dans la d6termination du programme de recherche, et n 'ont aucun moyen de contrOle sur I' efficacite des programmes de recherche. D n' existe par ailleurs aucun systmie de liaison fonctionnelle entre l 'activite de recherche et les activites de production (tant au niveau de l'exploitation agricole, qu'l celui de la prq,~on, stockage et exportation). La vulgarisation, dans le secteur de la vanille, n'existe pas. 3.116 En r6sume, ii est necessaire pour Madagascar de remettre sur place un systmne efficace et flexible d'organisation de la fili~re, de gestion et de contrOle de la qualite afin d'une part de prevenir la d6terioration en cours de la qualite des exportations de vanille, d'autre part de s'adapter l l'm>lution 00nstat6e de la demande mondiale de la vanille. Les recommandations pratiques soot mum6r6es et pr6sent6es dans la derniue section. - 60 - CHAPJTRE4 REFORME DU SECTEUR DE LA VANILLE: PRINCIP~ DIRECTEURS 4.1 Les recommandations d,Velopp6es dam ce rapport consticuent un ensemble de r«ormes pr6coniues par la Banque Mondiale que celle-ci estime comme n6cessaire pour garantir l'avenir de la vanille l Madagascar. Ces propositions de r6formes sont bas6es sur les recommandations de la mission, et d6coulent de !'analyse du secteur de la vanille l Madagascar et du march6 mondial de la vanille qui a ~ dneloppN dam les cbapitres pr6c:6dents. L 'objectif d'une telle r«orme est de permettre l Madagascar de repgner sa position de leader sur le marcb6 mondial, c'est-l-dire de reprendre 70 l 80 pour cent du marcb6 mondial de la vanille. Cet objectif est loin d'etre irr6aliste 6tant donn6 les atouts majeurs dont Madagascar 1>6Mficie sur ce march6. Mais sa rdalisation nkessite des cbanaements l la fois profonds et rapides dam l'or1anisation du secteur et dam sa stratqie commerciale sur les marcha 6tranlers. Les propositions se concentrent essentiellement sur les rffi>rmes d'ordre orpnisationel et 6conomique. Elles n'entend pas aborder des recommandations d6tai116es relatives l la mise en place et d6finition d'une nouvelle ~ i e commerciale (exemple: strat61ie de sepientation, de •martq• industtiel aupra des entreprises apo-alimeotaires) qui, pour des raisons nidentes de confidentialit6 et d'expertise, doivent etre laiu6es aux professionnels de la filike ,U/. Par contre, la r«orme pr6conis6e a comme intention de rum les conditions mcessaires pour que cette nouvelle strat6gie se ralise, et puisse etre 6labor6e et mise en oeuvre par les v6ritables professionnels de la filike. 4.2 Afin d'arriver l cette nouvelle orsanisation du secteur et stratqie commerciale, une pmode de transition, 111 coun de laquelle le secteur noluera de son mode de fonctionnement actuel l son orpnisarin11 future, est in6vitable. Nous proposons done de distinper entre l'orpnisation future de la film recommand'e ici, d'une part, et la d6finition des 6tapes n6cessaires dont le franchissement permeara d'auemdre l ceae orpnisation future d"autre part. 4.3 Dans le chapitre quatre nous proposom d' m>ncer les principes de la rffi>rme du secteur de la vanille l Madaaascar. Ces principes sous-tendent une orpnisation de la filike vanille qui permette d'atteindre les objectifs d6finis dam le cadre de c:ette r«orme, 10Ut en tenant compte par ailleun des partic:ularita c1u·secteur el du marcb6 de la vanille lesquelles imposem un certain nombre de contraintes. Dans le chapitre dnq, nous d6crirons en d6tail l'organisation future de la filike vanille que nous recommandons. Dans le chapitre six, nous pnciserons enfin les 6tapes et calendrier des r6fonnes n6cessaires qui devraient etre suivies III cours de la pmode de transition. ill Des recommandations pr6cises quant l c:ette strat6&ie commerciale sont par contre offenes clans le document de travail •Etucte du March4 International de la Vanille de Madagascar•, Juillet 1990, 6labor6 par T J. Payne Marat Development pour le ~mpte de la Banque Mondiale. - 61 - I. LES CONTRAIN'TFS DE LA REFORME 4.4 La nkessaire r6fonne du secteur de la vanille l Madagascar se doit de prendre en compte un certain nombre de carac:t6ristiques propres au marcb6 international de la vanille. Celles-ci peuvent se r5Ulller au nombre de trois. (1) Le marcb6 mondial de la vanille mt en pleine 6volution et offre des perspectives encouraaeantes de ""'eloppement, eu ...S l l'accroissement des revenus et l I' c!volution des pts dam les pays consornmaren~. Par suite du d6veloppement de la concurrence, notamment indonaienne, la demande mondiale de vanille malgacbe actuelle praente une Qasticit6-prix Qevde (sup6rieure l l'uni~, qui se concr6tise par une substitution complke de la vanille malgacbe par la vanille indon6sienne. Face l ces nouvelles conditions du marcb6, Madagascar doit adapter sa ~ e commerciale si elle entend regaper sa pan de march6. Ceue nouvelle strat6gie commerciale devrait etre basde sur les deux principes suivants: (a) ramenu le prix de la vanille malgache de haute qualit6 l un niveau de p ~ avec la vanille concurrente de qualit6 infmeure; et (b) offrir sur le.march6 des vanilles de qualit6 distinctes l des prix diff6rencia. Une telle strat6gie devrait aussi etre compl~ par des actions de promotion et de d6veloppement des march&. (2) Le march6 de la vanille requiert des efforts l la fois imponams et constants en ce qui conceme la politique de qualit6, afin d'assurer une qualit6 constante et stable, et de promouvoir des relations de confiance avec les acheteurs 6trangers. Ceci implique que soit mis en place un symrae efficace de contrOle de qualit6, et un systmne de commercialisation interne qui incite l cette recherche de la qualit6 chez tous les intervenants (producteurs, pr6parateurs, exportateurs). Un tel systmne est inverse de celui existant actuellemeat, et qui est caracteris6 par une politique de qualid et de prix unique l )'exportation sur le march6 interne. (3) Le march6 de la vanille, du fait de l'instabilid de la production. est un marcb6 intrins~ement instable. Ceci implique qu'afin de minimiser (a) l'instabilit6 des revenus en devises du pays, (b) l'instabilid en recettes de l'Etat, (c) l'instabilit6 des prix aux producteurs qui poumit avoir des effecs mptifs sur le niveau et la qualit6 de la production. et (d) afin. 6galement, de cr6er la confiance chez les acheteurs, notamment en assurant la r6plarit6 des approvisimmemems. un niveau de stocks minimum de s6c:urit6 puisse etre g6r6 par la filim. Cependaat. ant donn6 les coats financiers potemiellement insupportables que la 1estion d'un tel stock risque d'enttalner (risque amplement d6montr6 par la situation de crise actuelle), I• modalit6a de fonctioanement et de gestion d'un tel stock, g6r6 de manim collective, doivent etre clairement et restrictivement d6finies au pr6alable. Une solution compl6memaire serait de promouvoir une gestion essentiellement privde des stocks, par laquelle, les acheteurs et les vendeurs devront g~er, et se r6partir, les risques inhc!rems l une production naturelle f11u:mante, 4.5 L'organisation actuelle du sec:teur vanille tente de couvrir ces trois aspectS du march6, mais les r6sultats observ6s et d6crits dans le ehapitre pr6c6dent sur les causes de la crise actuelle ont bien montr6 son 6cbec et oat analys6 les risques de celui-ci. En particulier, la strat6gie commerciale poursuivie sur les march6s 6trangen a entrain6 le d6veloppement important d'une production concurrente qui remet en cause la capacit6 meme pour Madagascar de conserver son -62 - marchf • l 'avenir 1§/. L •organisation inteme du marchf conduit • une d~moration de la qualit6 de la vanille produite. Par ailleurs, le systme de stabilisation actuel li6 l l'existence du syswne de diffaentiel a conduit l un accroissement des stocks dont les codts directs (collts financiers) et indirects (collts 6conomiques) sont devenus insupportables, ce qui s'est uaduit par une faillite pure et simple du systmie de stabilisation ainsi que par des risques financiers importants pour le systne bancaire. Entin, l'or1anisation accuelle de la tilim-e accrott l'instabilit6 tant des revenus l l'exponation, que des receaes de l'Etat, et enfin des revenus aux planteurs. Une r6forme du secteur de la vanille appanit done comme 8'cessaire; ce besoiD de r6forme devra se uaduire par la mise en place d'une structure incitative qui rdponde de mania sati.1faisame aux trois comraintes suivames: (1) une stratqie commerciale c:ohuente sur les marcha extmeurs (en tame de 1amme de qualit6, de prix correspondams l ceue pmme, et de volumes); (2) une oraanisation de la production et de la commercialisation inteme qui crfe les incitations 6conomiques l une politique de qualit6; (3) l'o11anisation et la 1estion de stocks qui devront etre un instrument l part entim de la politique de marketing de Madqascar, et non pas !'expression physique de l'l!chec du systble de contrOle de qualit6 interne et de la politique commerciale, comme c'est le cas accuellement. II. I.a PRINCIPE'S DIRECTEURS DE LA REFORM£ 4.6 Le; principes suivams devraient d6ftnir l'orpnisadon l venir du secteur de la vanille l Madagasc:..::-: (1) lib6ralisation du commerce iDtmem et du commerce extmem tant en termes de prix et de volumes que de qualit6 (suppression du quoca 1m6ral et des quotaS par importateur, du prix fixe et unique l l'aport, de la Caisse de Stabilisation. du FNUP, du GNIV, du systble de diffa'entiel, des indemnita de stoctage, du systane d'aanment des professionnels, mise l jour des normes, abolition de !'interdiction de producdon et aponadon d'extraits de vanille naturelle); (2) suppression des diverses taxes l l'aportation, et remplacement de celles-ci par une me ad-valorem unique l l'apomdon; (3) crdation d'une SUUcture imerpmfessionelle de la vanille qui soit chargfe de la mise en oeuvre, du suivi et de l'applicadon d'un ememble de . .les pr6cises quant (i) aux normes et symme de contrOle de qualit6 sur le marchf inteme, (ii) l une politique de marketiD& internationale, fdi) l la &estion et administration d'un systme de stockage de 56:urit6; (iv) une politique de rechen:he et de vulgarisation l la fois technique et scientifique; J.§/ Av«. une simple pousuite des tendances ac:tuelles, les exportations de vanille malpches cesseraient totalement en 1997. Un tel scmwio est irraliste, mais danontre bien l'urgence et la gravid de la situation. -63 - (4) soutien et renforcement des services publics spdc:ialis6s: recherche (MRSTD/FOFIFA), wlgarisation et soutien aux associations de producteurs (MinAgri/DVA), Service de la Qualit6 et de la M6trologie Ugale (MiniCom), Douanes, Police et services juridiques (s6curit6, vols de vanille, poursuites judiciaires pour infractions aux normes et r~gles de fonctionnement du marcb6). 4.7 La rdforme du secteur enteDd ~iter les etfets d'une lib6ralisation d6sordonn6e du commerce de la vanille, dont les co6ta risqueraient de d~asser les baiffices. Les principes directeurs monca ci-dessus entendent permeare une lib6ralisation ordonn6e du sec:teur de la vanille en instituant des m6canismes efficaces et non-distortifs de r6gulation et d'organisation du secteur. Ces m6canismes seraient bas6s sur une taxe ad-valorem unique l l 'exportation, une vmitable structure inter-professionnelle et le renforcement des services l ~ e public. Avant de proc6der l la description d6taill6e et concrke de ces principes directeurs, nous proposons de justifier bri~ement comment de tels m6canismes formeraient un ensemble cohm-ent de rMormes. m. DFSCRIPl'ION DU CADRE INCITATIF RE.ml.TANT DE LA REFORME PRECONISEE Ill.A. I.E ROI.E CENIRAL DE U T.AXE AD-VALOREM AL 'EXPORTA110N 4.8 Etant donn6 ses capacit6s importantes de production de vanille, Madagascar jouit d'une situation dominante sur le marcb6 mondial de ce produit. D en r6sulte qu 'une offre trop importante de vanille mal&acbe sur le marcb6 mondial risquerait de faire chuter le prix expon l un niveau bas, sans que l'augmentation induite de la demande mondiale compense la perte de revenus d'exponation occasionn6e par la dite baisse de prix. Madagascar a done int6ret, atin de maximiser ses revenus l l'exportation, l baisser ses prix l l'export l un niveau de parit6 tei qu'il permette d'emayer le processus de substitution de la vanille de haute qualit6 par la vanille de qualit6 inft!rieure offerte par les concurrents. Une baisse plus imponante des prix l l'expon (c'est-l-dire au dessous de ce prix de parit6 entre la vanille de baute qualit6 et vanille de qualit6 inft!rieure) entrainerait une diminution inutile des revenus pour Madagascar. - 111.A.1. Elfers SIU la Demande Mo'lllllau d'unt Balat di, Prix Expon 4.9 On estime ainsi qu'aux conditions ICblmles du march6 mondial, le prix d'6quilibre optimal de la vanille de haute qualit6 malpche (d'une teneur en vanilline naturelle double de la vanille indonaienne) se situerait emre S 50 et S 60/q. Ramener le prix de la vanille mal&acbe de haute qualit6 l ce prix d'6quilibre de parit6 (par exemple S 551kg) aurait deux effets sur le niveau de demande actuel: (1) un effet de substitution par rapport l la vanille indonaienne, ('2) un effet prix sur la demande totale de vanille. 4.10 Effet de Substitution: Au niveau recommand~ de prix pour la vanille de haute qualit6 malgache, les acbeteurs mondiaux seraient alon indiff6rents entre une vanille malgacbe de baute qualit6 et une vanille indon6sienne de qualit6 infmieure. En fait, 6tant donn6 la pr6f6rence existante pour l'arOme de la vanille Bourbon produite par Mada&ascar, la r6puWion de Madagascar et l'am6lioration possible de sa capacit6 l garantir une homog6n6it6 clans la qualit6 de ses exponations, Jes acbeteun mondiaux seraient dam ce cas incita l remplacer la vanille indon&!sienne par la vanille malgache. A un tel niveau de prix (S 551kg), on pe&lt done estimer que la vanille malgache se substituerait compl~ l la vanille indon&!sienne; une substitution -64- compl~ (100 ") repr6senterait done 300 tonnes d'exportation suppl6mentaires pour Madagascar. L'indon6sie a en effet export6 en moyenne 600 tonnes de vanille de qualit6 infmeure au cours des trois demi«es ann6es (1987-1989); 300 tonnes de vanille de qualit6 supc!rieure sont done n6cessaires pour remplacer les 600 tonnes de qualit6 inf6rieure. 4.11 On peut aussi faire une autre hypothae, dite basse, caract6ris6e par un degrc! de substitution moins Sev6 entre la vanille malgacbe et la vanille indonc!sienne, se situant, par exemple l SOS au lieu des lOOS que l'on vient d'envisager. Dans ce cas 300 tonnes de vanille indonc!sienne seraient remplaca par 150 tonnes de vanille malpche de haute qualit6. 4.12 Effet prjx: D convient aussi de preadre en consid6ration !'augmentation de la demande totale (estim6e en moyenne l 2000 tonnes par an actuellement) qui r6sulterait de la baisse du prix moyen l l'export; avec une elasticit6-prix de la demande totale estim6e l -.65, une baisse du prix de S 19/q ($74/ka - S 551kg), la demande mondiale totale augmenterait d'environ 16 pour cent, soit environ 320 tonnes. 4.13 A nouveau, les r~les de substitution entre la vanille de baute qualit6 {produite par Madagascar) et la vanille de basse qualit6 (offerte actuellement par l"lndon6sie) d~eraient l qui cette de::r..ande suppl6mentaire de 320 tonnes s'addresserait. Dans l'hypothae d'une substitution complae (100 S ), cette demande suppl6mentaire se reporterait en totalit6 sur Madagascar. Dans l'hypothae d'une substitution partielle (50 S), seulement 160 tonnes se reporteraient sur Madagascar, l'lndon6sie continuant l foumir le reste. 4.14 Effet Total: Sur la base des exportations actuelles, par Madagascar, de 700 tonnes (moyenne 1988-1990), une baisse du prix l l'export de la vanille malpche de haute qualit6 de S 74/kg l S 55/k& se traduirait par un volume d'exportation estim6 l 1320 tonnes, dans l'hypothae d'un effet de substitution de lOOS entre vanille de haute qualit6 et de basse qualit6. Ceci repr6senterait un revenu total d'exportation de vanille de S 72 millions, soit une augmentation de 50 " des revenus d' exportation par rappon l la moyenne des trois demia-es ann6es (1988-1990: S 48 millions), qui aurait done ti provoqu6e par une baisse du prix l l'expon de 2SS (S 74/q- S 55/q). 4.15 Dans l'bypothae d"un effet de substitution de SOS emre une vanille de haute qualit6 et une vanille de basse qualit6, la baisse du prix l l'expon de la vanille malgacbe de haute qualit6 de S 74/q l S 55/q se traduirait par un volume d'exponation estilM l 1010 tonnes. Ceci repr6senterait des recettes d'exponation de vanille se montant l S SS.S millions, soit une augmentation de 15 S des revenus d'exponation par rappon l la moyenne des trois demia-es ann6es (1988-1990: S 48 millions), augmemation provoqu6e par coDNqUent par une baisse du prix expon de 2SS. 4.16 D est difficile d'estimer avec certitude le degr6 exact de substitution de la vanille indon6sienne par la vanille malpche dans l'hypotbae d'un prix expon malgache ramen6 au niveau de parit6. La seule indication provient actuellement de la substitution de la vanille malgache par la vanille indon6sienne qui s'est dc!velopp6e au cours des ann6es 80; cette substitution, on l'a we, est actuellement de 100 S. 4.17 Le degrt! de substitution entre la vanille malpche de haute qualit ; ~t la vanille de qualit6 inf6rieure sera en fait fonction des activit& de promotion, d'information, de dc!veloppement de march6 et de certification d'extraits que Madap.,car pourrait conduire sur les march6s ~gers. -65 - De telles activit6s de promotion sur les marchds 6ttal1Jers auront tendance l accrottre le deard de substitution de la demande mondiale de la vanille de quali" inf«ieure vers une vanille de quali" supuieure d'une part, et d'accrottre l'imqe de marque de la vanille de type Bourbon vis l vis de la vanille de type indousienne d'llltre part. Enfin, les acti~ de prospection et de d6veloppcmcm de marchds auront tendance l accrottre la taille absolue du marchd de la vanille naturelle clans le monde. Ces diverses activita seniem du resson d'une structure inter- professionnelle qui constituerait un mtre Q6nent central de ceae rffi>rme. 4.18 Les calculs pr6:6dents d6montreDt bim qu'une baisse du prix de la vanille malpche de baute qualit6 au dell du prix de parid avec la vanille de qualit6 infmeure (estim6 l S SS/q) ne serait pas l priori anomiquement justifi•, puisqu'elle jouenit alors uniquemem sur I'effet-prix et non plus sur l' effet de substitution. En effet, puisque l' Basticit6-prix est estim~ comme 6taDt inf«ieure l l'unit6 (-0.65), une baisse supplmnemaire des prix de 10~ entrainerait une augmentation de la demande totale de 6.5 ~ seulement. n est c1air que, clans ce cas, les revenus totaux d'exponation pour Madaaasar dirnianeraieat. D aiste done un niveau de prix optimal, neuemem infmeur l celui qui pr6vaut actuellemem (S 74/q), auquel les revenus l rexponation seront ma11:imis•. m.A.2. Tau M-Valoron U1'11/W j l'E.xport: Instrument U1'11/W de ~ . la ~ du ~ctar 4.19 La nforme de la tuition de la vanille l l'expon a pncismnmt cornme objecdf de r~Jir la c o ~ de la vanille de baute qualit6 malpche sur la marcbds man&ers en s'assurant que ce niveau de prix optimal est atteint. Ceci implique une nduction du niveau de taxation actuel (taxes diverses plus prBwements FNUP) qui interdit d'aueindre ce niveau de prix optimal. 4.20 Le rqime actuel de d,termination du prix est s u r ~ puisqu'il fixe: (a) le niveau du prix l l' export (S 74/q) l tnvers la politique de r Alliance, (b) le niveau de la demande de vanille malpche en fixant lea quotlS de par la politique de I' Alliance, (c) et le niveau de prix internes via le diff6reatiel. La diffmnce emre le prix export effectif (S 74/q) et le prix export ~ pranti {par le diffmmtiel) d6finit le niveau de taudon (taxa diversa et prBwements FNUP). Le systmne est sur-d~ puisque fixer le Diveau de prix l l'export revient automatiquement l determiner le niveau de demande sur le march' mondial. La fixation du quota l I'export n'a done m fait aucune utilit6. 4.21 Avec le nouveau aysttme, on propose de mer une Huie variable: la taxe ad-valorem unique l l' exportation, et de laiaer jouer la concurrmce et le mar~. Olunaissant de mania approximative le coat de production iDterne de la vanille de baute qualit6, on peut m effet d6terminer le niveau de taxe unique l l'export qu'il faut imposer pour atteindR le niveau de prix optimal ddsn l l'export de la vanille de baute qualitd, c'est-l-dire. mcessaire au r~lissement de la comp6titivi" de Madqascar. A 11D niveau de taxe l I'export correspondra ainsi 11D niveau de prix sur le marchl! mondial, et par CODHqueat 11D niveau de demand111 mondiale. D devieat alors superllu de fixer simultan6meat da quotas l l'exportation, les prix int«ieurs, et de fixer Jes prix l 1'exportation. Smle la dfterminatioa du taux de taxe l l'apart l SOD niveau optimal suffit. -66- lll.A.3. Tau .Ad-Valorem Unique cl Libre Concun-ence: Effets Anendus sur la Pru Exports a Jnurvun 4.22 Av«. la taxe l l'export fix~ l son niveau optimal comme seule variable d6termin6e par l 'Etat, Jes exportateurs malgaches auront done la posaibilit6 de rentrer en concurrence entre eux sur Jes marchc!s «rangers en proposant des prix semiblement diffdrems l leurs acheteurs en function de leur niveau d'efficacit6. En effet, les exportateura et pr~arateurs les plus efticaces, capables d'exporter l un mellleur co4t que leur concurrent, pourront proposer des prix plus avamageux, 1eurs acheteurs. La taxe ad-Vllorem unique l l'export aura comme effet, Ii son Diveau est suftisaDt, de comenir la baisse des prix l l'exportation puisque en-d~ d•un cenaiD niveau de prix, ii ne aerait plus ratable pour l'exportateur de vendre et pour le planteur de produire. La pression l la baisse des prix aux producteurs qui pourrait en rc!sulter sera en effet limide par quatres znkanismes: (1) Un prix trop bas propou par les mandaraiMS des exportateurs aux planteurs n'inciteraient pas ces demiers lune production de qualit6 suffisante, ce qui nuirait aux imhets commerciaux de 1•exportateur; (2) Le jeu de la concurrence entre exportateurs sur le marcb6 inteme aura comme effet d•am6Jiorer Jes prix aux planteurs; (3) c•est le niveau de taxes actuel extrlmement 61ev6 (83 S en 1990) qui empkhe d'atteindre un Diveau de prix l l'export optimal infmeur l son niveau actuel; ce n'est done pas le niveau de prix au producteur (BS du prix export effectif en 1990) qui est la cause du manque de comp«itivit6 des exportations malpcbes. La baisse du prix l l'export passe done bien par une baiase du Diveau de tuition et non par une baisse du prix l la production. (4) Enfin, dam un tel neime de formation des prix, Jes planteurs seront incita • s'orpniser; tout d'abord en se repoupant au moment de la veme aftn de mieux d6fendre leurs intsets vis l vis des collecteur1 et autres mandataipa des exportateurs; ensuite, en faisaDt en sone de pr6parer et stocker em-memes leur vanille; enfiD, en se dotant des moyem pour vendre eux-mtmes lem Vlnille am Jes marcbc!s 6trangers. 111.'4.4. Tau M-Valortm Unique cl Llbrt CDncllrmla: Ejfea sur la Qualltl 4.23 Par d6finition, une taxe ad-valorem unique a un effet neutre sur la qualit6 puisqu'elle impose au meme tam des produits de qualit6 diffmntes. Par opposition, le r . - adllel de prix (systmne du diffdrentiel, prix export fix6 par l' Alliance, taxes diverses et prelwements FNUP) correspond l un r6pme de taution sp6:ifique qui implique des effm n~fs sur la qualit6 puisqu'il tend l taxer plus lourdemem les Vlnilles de qualit6 supmeure que les vanilles de qualit6 inf6rieure. Comme on l'a w dam le chapitre pnc:6dent, le r6pne actuel de taxation incite alors au d6veloppement de la production de qualit6 infmeure. 4.24 Av«. un niveau de taxe ad-valorem unique l l'export qui r6tablisse la comp6titivit6 de la vanille de haute qualit6 malgache, les exponateurs seront libres de vendre la qualit6 qu'ils veulent au prix que le march6 sera prlt l payer. Le jeu de la liblralisation et de la concurrence avec •l'lndon6sie amenera done les exportateun l veadre la vanille de haute qualit6 l ou proche du .. - 67 - niveau de prix de parire optimal avec la vanille de qualit6 inf6rieure. Sur le marcb6 inteme. Jes exportateurs seront incit6s l diff6rencier le prix pay6 aux planteurs en fonction de la qualire de la vanille offerte en r~ercutant au niveau des planteurs Jes diff6rentiels de prix obtenus sur le marcb6 mondial, diff6rentiels qui r6fl~t la volonre des acheteurs 6trangers de payer selon la qualire. 4.25 La taxe l l'expon doit done etre ad-valorem et unique (i.e. exprim6e en pourcemaae du prix FOB dc§clar') si les effets pervers sur la qualire et sur le niveau de prix aux planteurs veulent etre ,Vires. Des proc"1ures automatiques et r6plik'es de r6vision et d'ajustement du niveau de cette taxe en function de 1•,Volution du marcb6 mondial devraient cependant etre 6labor• afin de garantir le maintien de la comp6titivit6 de la vanille malgacbe sur les marcb6s 6trangers. En effet, une attaque frontale de l'Indon6sie par Madagascar sur le marcb6 de la vanille provoquera un r6action de la part de l'Indon6sie. L'lndo•ie, en particulier. r6agira probablement en baissant ses prix de vente et/ou en am6liorant ses services auprm de ses acheteurs (am6lioration de sa qualire, des conditions de vente, garantie de la stabilire d'approvisionnement. etc.). Ceae r6action indon6sienne l son tour devrait provoquer une r~nse de la part des exportateurs malgaches qui devront ajuster leurs prix et services aux nouvelles conditions du marcb6, si ceux- ci veulent maintenir leur comp6titivit6. Ce pb4nomme de r'8ction entre les exportateurs indon6siens et malgaches est sans doute in,Vitable, mais risque d'entralner une instabilit6 certaine sur le marcb6 qui pourrait remettre en cause la confiance des acbeteurs. Les exportateurs malgaches devrom faire preuve d'une p-ande perspicacit6 afin de d6cider quelles devraient etre les actions et politique l poursuivre par !'ensemble de la filim. Ceci requiert une concertation imponante entre les exponateurs sur la marche l suivre quant l la dt!finition de la stratt!aie commerciale et les rt!ponses communes vis l vis des r6actions indon6siennes; !'existence d'une structure interprofessionnelle offrirait le forum n6cessaire l de tels dt!bars ainsi que r outll nkessaire l la mise en oeuvre d'une politique commune qui soit cobt!rente avec la d6fense des objectifs communs de !'ensemble de la filim., Ceci n6cesite aussi une coopt!ration 6troite entre les pouvoirs publics et l'interprofession. En effet, des changements du niveau de la taxe unique l I' exportation doivent etre rendus possible si la ftlim vmt etre donn6e les moyens de sa politique et s'ajuster aux nouvelles conditions d'un march6 mondial en comtante Mlution. n serait done n6cessaire d'«ablir des proc"1ures de concertation emre Jes Pouvoirs Publics et la structure inter- professionnelle en ce qui conc:erne les nvisions wentuelles du niveau de taxation. 4.26 Pour que ces m6cauismes du march6 fonctionnent correctemem, ii est aussi n6cessaire que des normes et standards de qualit6 utiles l la production. pr6paration et l l'exponation soient (a) clairement d6finis et «ablis. (b) pr6alablement diffus6s et wlprisa auprm de !'ensemble des acteurs 6conomiques de la filim, y compris et surtout des planteurs, et (c) appliqu6s et suivis de maniue stricte par !'ensemble des families professionnelles. Ce sera un des rOle majeurs de I' inter-profession. 111.A.5. Tau Ad-Valoron Unique: Ejfm sur les Rewnus u l"Etat 4.27 Le taux de taxation actuel (total des pr6l~ements publics: prix FOB effectif diminu6 du prix FOB garanti) se situe l environ 83 ~ du prix FOB effectif, mais du fait des inefficacit6s et couts importants r6sultant du systme actuel, ce taux de taxation ne rappone en net l l'Etat malgacbe qu 'environ S2 ~ du prix FOB effectif. En revenu brut, le systmie de taxation (total des pr6l~ements publics: prix FOB effectif dimiDu6 du prix FOB garanti) rappone l rEtat mal&ache 69.7 milliards FMG en 1990. En revenu net, c'est-Mire d6duction faite des d~enses de la -68 - Caisse et principalement de stockage, le syswne de taxation rapporte l l 'Etat malgache environ 37.4 milliards FMG. 4.28 En faisant l'hypoth- d'un tallX de taxe l l'export de SO~ et avec un sc6nario d'un degr6 de substitution de 100~ entre la vanille de haute qualit6 et de basse qualit6, les revenus nets de l'Etat se monteraient l S 36 millions, soit 57 .6 milliards FMG ($ 1 = 1600 FMG). Avec ce premier sc~o. les recettes fiscales de l'Etat augmenteraient done de 54~. En rnahvaant l'hypothae d'un taux de taxe l l'export de SO~ mais avec le sc6nario d'un degr6 de substitution de 50~ seulement entre la vaaille de haute quali~ et de basse qualit6, les revenus nets de l'Etat se monteraient l S 27.75 millions, soit 44.4 milliards FMG ($1 • 1600 FMG). Avec ce second sc6nario, les recettes fiscales de l'Etat augmenteraient ainsi de 19~. 4.29 L'augmentation des recettes fiscales proviendrait done de l'efficaciti accnae du secteur de la vanille qui r6sulterait en 1tande partie d'une baisse significative du niveau de pr6l~ements publics actuels. m.B. LE R()LE NECESWRE D 'UNE S'mUCIVRE JNIER-PROFESSIONNELLE 4.30 Une structure inter-professionnelle de la vanille est n6cessaire pour ,·usurer que les m'canisrnes du march6 d6crits ci-dessus jouent pleinemem et de mani~ df'acace. Pour qu'ii en soit ainsi, on a w que deux conditions devraient etre remplies: premi~emeat. des nonnes de qualit6 utiles l la production comme l l'aport doivent etre 6labor6es, wl1ariMes et appliqu6es. Deuximnemem, des activit6s de promotion et de d6veloppemem des marcha ainsi que de recherche et de vulgarisation technique et scientifique doiveat etre men6a par l"inter-profession afin de d~elopper la taille du march6 de la vmille naturelle d'ori&ine maJ1actae et d'accB&er le processus de substitution de la demaade de vaaille en faveur de la vanille maJsacbe. 4.31 Un troisiae r6le qui pourrait etre dffOlu l l'inter-profession serait ce1ui relatif au stoqe. Cependam, la fonction de SU>Cka&e par !'inter-profession devra sc limiter exclusivement l un stoqe de sdcurit6 destim l se praunir contre ces accidents climatiqua exceptionnels (exemple: cyclones) et correspondraient l des volumes nettement infuieun l ceu existant • actuellement; de tels stocks de 56:uri~ serviraient en fait de sysWDe d"assurance de la filike comre ces accidents climatiques exceptionnels. Cea stocks de s6curit6 seraiem la propri6t6 de l'inter-profession qui se porterait acqu6reur sur le march6 des volumes de vanille n6cesaires l la constitution et rotation d'un stock de NCUritj; ces stocks collectifs de 56:uriti seraient gum par !'inter-profession selon des modalit6s qui sont d6tail16es clans le chapitre 5, aeaion C. Toute autre fonction de stocbge, telle que le stockqe de campape (c'est-l-dire l'emreposage de la recolte de l'ann6e), reprmenterait des risques financiers trop importams pour une structure inter- professionnelle, et par CODHQUent, ne devrait pu etre de son ressort. Dans le cadre de la r6forme propos6e, la fonction de stockage deviendrait done une activit6 essentiellement priv6e, et la grande majori1' des stocks seraient g61'6s de mania individuelle et priv6e, les stocks collectifs de s6curi1' d6tenus par !'inter-profession ne repr6semant qu'une partie mineure de !'ensemble des stocks. 4.32 L'actuelle faillite financike du praent rqime de stocka,e dmwntre en effet tr- clairement l'ampleur des risques et coats financiers, et la ll6cessi~ d'~iter qu'une telle situation ne se r ~ dam le futur. Toute function d e ~ autre que ceJle li6e l la s6:urit6 {et sous certaines conditions), revet en fait un caractke purement priv6. En effet, le stoc:kage peut avoir - 69- des objectifs purement sp6culatifs auquel cas celui-ci doit etre l la seule charge financi~e ·de l'agent 6conomique qui dkide de les constituer. Le stockage a aussi gdndralement un rOle de r6gulation dans l'approvisionnement du march6 dans des conditions normales de fonctionnement de celui-ci (c'est l dire sans accident climatique); dans ce cas, les coats wocids au stockage a une valeur marchande qui se retlke dans les prix du march6. Aucune intervention directe de stockage de type collective ou publique n •est alors requise. La rdfonne pr6conis~ visant l am6liorer le fonctionnement du march6 par une concurrence accrue, une meilleure connaissance du march6 et diffusion de !'information (notamment aupra des banques commerciales finan;ant les stocks, mais aussi des planteurs concermnt la nature de leur march6 et ses capacitds d'absorption), une rentabilit6 plus Bev~ du secteur (qui facilitera le financement du stock.qe), ainsi qu'une strat6gie commerciale mieux adapt~, des opuations de diversion (l travers, par exemple, la production d'extraits) contribueront aussi l stabiliser la production mais aussi Jes ventes, ainsi qu'l faciliter les activitds de stockaae. 4.33 Ence qui conceme le fonctionnement du stockage priv6, ii est imporunt de comprendre qu'l l'heure actuelle ~ donn6 le niveau 6lev6 de concurrence qui araa~ise l'offre de vanille, les acheteurs 6trangers ainsi que les producteurs concurrents (exemple: l"lndon6sie), sont incitds l r..uire leurs stoc1cs au niveau minimum requis, et l laisser Madagascar supponer entim-ement les coats et risques financiers imponants du stoc:tage. En effet, on sait qu •au cours des ann6es 80 qui ont w la concurrence indon6sienne se d6velopper, les acbeteurs amaicains ont modifid leur politique de stoc:tage, diminuant ceux-ci l leurs niveaux minimum nkesa;r-.s. De meme, on sait que l'lndon6sie ne prde aucun stock. Dans un systmie liMralis6, ca coOu de stoc:tage seront r6partis plus efficacement entre acheteurs et vendeurs l traVers le mfanisme de formation des prix mondiaux. 4.34 Si un stocta&e de type collectif par une structure inter-professionnelle peut se justifier pour la seule function de ucurit6, done l la manik'e d'une assurance, une telle solution ne reste pu exempte de risques financiers potentiellement imponams. En effet. de a,. sa nature la vanille ne peut etre stock6e ind6finiment et doit faire l'objet d'une rotation const1111c Ii on veut lui conserver sa valeur marcbande. Du fait de cette nkessaire rotation, la constilution de stocks de s6curit6 implique done des risques commerciaux. D faudra done, limiter a,. de mkanismes qui seront prkisa ultmeurement r6tendue des risques financiers que l"inler-profession assumerait , lors de la constitution et la aestion de tels stoclcs de ucurit6. m. C. LE ROLE DECISIF DES POUVOIRS PUBLICS 4.35 Le r61e des pouvoirs publics serait de renforcer uncertain nombre de fonctions esssentielles qui rel~ent de son resson. D en sera ainsi notamment des activita de recberche et de wlgarisation, qui sont essentielles au d6veloppement de la filik'e, et de la politique de qualit6. 4.36 Les Pouvoirs Publics joueront aussi un r6le d6cisif clans la filim 6tant donn6 le pouvoir qu'ils auront de d6tenniner le taux de la taxe ad-valorem unique l l'exportation. En effet, ce taux conditionne de manim-e automatique la com~vit6 de la vanille malgache sur les marchds ext6rieurs. Des pnddures prkises de d ~ o n du niveau de cette tue devraient etre 6labordes et notamment reposer sur des mkanismes de concertation entre l'Et.at d'une part et la structure inter-professionnelle d'autre part. Afin de remplir ce r61e efficacement, rEtat devrait am6liorer de mani~e substantielle sa capacit6 de suivi des performances du secteur en se dotant des moyens n6cessaires l la collecte et analyse de l'information relative aux prix int6rieurs (prix - 70- stade vert et vrac, coots de production l la ferme, marges de commercialisation, coots de· pr6paration, de stockage), l la production, aux exportations (en volume et prix), et au march6 international. Dans ce domaine, les Pouvoirs Publics pourraient b6n6ficier des services de l'inter- profession, notamment en ce qui concerne 1'6volution du march6 international et des performances des exportations malgaches sur celui-ci. - 71 - CHAPITRES P~ATION DETAILLEE DE LA REFORME PRECONISEE I. LFS BASES JURJDJQUES DE LA LIBERALISATION DU SECTEUR VANILLE 5.1 La liMralisation de la filia-e vanille s'inscrit clans le mouvement g~6ral de lib~isation de 1'6conomie d6cid6 par les plus hautes autorita malpches. Elle en pr6c:ise Jes modalit6s pour ce secteur et, s'agissant de l'interprofession, vise aussi l fournir un cadre l~gislatif qui soit applicable l d'autres sec:teurs 6conomiques. S.2 Cette lib~isation, l l'image de la situation dans des pays comm~ lcs Etats-Unis ou la France, implique qu 'une pleine initiative soit donn6e aux agents 6conom1ques tout en mettant en place une armature collective. Celle-ci a pour fonction de laisser jouer la forces du marcb6, mais en instaurant les disciplines n6cessaires l la comp6titivit6, tellC$ qu •dies auront 6t6 con~es par les professionnels par concertation pr6alable entre eux, avec l'appu, de l"Etat et sa sanction par voie d'homologation. 5.3 Compte tenu de l't!tat actUel de la 16gislation malgache et da an.alyies et des objectifs aposa clans ce rappon, une telle d6marcbe passe par l'abrogation de 11 &oulit6 des lois, d6crets, et instructions mioistf§rielles s'appliquant l la vanille actuellement. Cerwns de ces textes, en particulier parce qu 'ils se sont succ6da sur des questions similaires. se canct6risent par un fort degr6 de recouvrement, ou peuvent se substituer l'un l l'autre. Leur abroc•ion simultan6e, si elle est dooc partiellement redondaote, permet cependaot d'atteindrc completcment le but souhait6. Ce but est done le danantMement im6gral du· systmie actuel et son remi,la.;:cment par le nouveau systane, tel qu 'il est expo5' ciaos les sections suivantes. 5.4 On citera, sans prbndre l l'exhaustivi1', les textes l abro1c:r w1varu. classa par ordre chronologique: - I ' ~ du 30 d6cembffl 1939, por1aDt applicatioa. du cMcret du 13 Juaa 19:9 selatif l la circulatiOD, la mise ea veate el l'aponatioa de c:ertains produits naDan&a di Madaplcar et dependlac:a: -1'.AnW du 11 oc:toln 1947, mat le mode de aertiasap et de plombe,e daa Caillel de Vulillc; - l'Ordoaaance I\• 60-056 du 9 juillel 1960, modi6'e par la loi no 61~1 du 9 octobre 1961, qlemeatant la productiOD el la C0111111111CialisaliOD de la vanille; - l'Ordoaaance n• 60-129 du 3 octobre 1960, modific§e par l'ordonnuce no 62-059 du 2S aeptembre 1962, relative au dpme del pm et l certainm modali* d'iDtervention 6conomiquea; - le cl6cret n• 60-187 fiunt I• modali* d'application de l'ordonmnc:e 60-056; - le cMcret 11• 61-124 du 8 man 1961 relatif l la Caill8 de Stabililation de la Vanille; - le cWcret 11• 66-176 selatif l la commercialisaliOD de la vanille et notamrneot Clellll le GNIV; - le d6cret n• 68-315 selatif l la ntioaaliation de la procluctiOD de la vuillle; -72 - - le t.exte 16pslatif portant c:natim del Droita de Sortie mr la vuwle; - lei divenes insuudi0111 ministmell• relativ• l l'orplliatim de campapes amwell•, dam la memre w certaines de leun dispolitioas ..-.ieat toujoun appliqueea; - l'ordoanance a• 73~ portant refOllte de l'ordoaaance a• 60-129 du 3 octobn 1960 relaaive au "8iJDe del prix et l c:artainel moclalir. d'illterveatioa ea matia ecoaomique; - l'article 6 de l'o-dc:wnwnce a• 76-049 portal Loi de p;,,,,.,... pour 1977 et in-rimaat k Tm ~ l l'Exportaaiaa mr la vaaille (1115); - la circu1aire illtenniniltmelle a• 5380-MFP/SG/DGF.3 du 22 avril 1982 relative am op6nliom de revenemmt m faveut del Cailw de Stabiliutioa et am n,lemmts des droita de IOrtie et des taxll c:oqjCIIICUll'ellel; - le cWcnt a• 84-028 fiunl i. altributioaa du Miailtre du Com1...we aimi que l'orpailaaoa pn6n1e de IOll Minisame (pour ce qui amceme 10D r6le de cutelle aur lei o,pnimw ,Je comme,r;ialiuti,. et de slabiliutioa); - le cWcret a• 84-179, abropat 1• clispolti0111 du clecret a• 83-141 du 30 avril 1983 et de IIDUt auzre t.exte 1Ub16queat, ayaat m41- da&el d'ouverture de 1- campape d e ~ de la vanille verte; - 1 • ~ mu,ild,ieJ n• 4993/84 fwnt i. caaditiam et i. modalir. de venemmt de la pat du Budpc G...i 1111' i. ncea. clel burmm de C(IIQrne,dalillCnl et des caiw de ltabilialim des pm de divers produill; - I' AnW IDtermia.il&6ri 4993-83 dla 4/12/14 podllll cnatiaa del ~ 1111' Produit l Caisae; - .i.ll circu1aire iDtermiDillmiel n• 708 MPFE/MC dla 30 jaDvier 1987 portanl awaan& l la circu1aire iDtennini,amielle n• 5380 MPF/SG/DGF.3 dla 22 avril 1982 pncis.; - le cMcnt a• 81-343 du ft eeptemln 1988, fiDDt lei atlributiam du MiDime du Com aimi que l'orpail&lioa pmrue de 1011 Miniltke (pour ce qui caaceme 1011 r6le de tutelle del orpnimw de ltabilialim It de COIIIIDei"ci&!iatioa). S.S Seront en revancbe l flaborer et l ldopler les textes s'appliquant aux question suivantes: - la loi sur les interprofmiom; - les textes d~nissant et orpnisaDt l'intaprofession de la vanille; - les accords iDterprofessioDDels 6tendus d6cid~ par rinterprofession de la vanille portant sur les questions de sa comp6tence et notamment sur la normalisation de la vanille; - la loi sur les prix de la vanille intmeurs et l 1'exportation rempl~ les dispositions abrog6es en la matim et instituam un rqime lib«al de ceux-ci; - les dispositions relatives aux nouvelles tlches du service des douanes l la suite de la criation de l'interprofession; - 73 - - les dispositions prkisant les attributions de la Direction du ConuOle de la Quali~ et de la Mmologie Ugale eu igard aux pr6rogatives de l'interprofession l ce sujet; - la loi cr6ant la taxe unique ad valorem pour la vanille et pr6cisant ses modalit6s de perception; - les dispositions pr6cisant les relations entre les interprofessions et les organismes de rechercbe, dont le FOFIFA; - les d6crets 6ventuellement n6cessaires pour pRCiser l'application de la loi no 88-028 ~ t l renforcer la r6pression des vols de vanille. Il. ABOLITION DFS TAXES DIVERSES ET MISE EN PLACE D'UNE TAXE AD-VAI.OREM UNIQUE II.A. ABOLl110N DES TAXES DTVERSES A L 'EXPORT.A.110N 5.6 Afin d'accroltre la transparence et la simplici1' des opuations commerciales, et 6viter toute distortion emre le prix mondial et les prix int6rieurs, ainsi que les variations de celles-ci, par le systble de taxation, ii est propou que lea diverse& taxes l !'exportation soient remplaca par une taxe ad-valorem unique sur la valeur FOB d6cl~ l l'exponation. Ceci implique que les textes r6&}ementaires et lqislatifs relatifs l la c:nation du FNUP ainsi qu'l l'..,lissement des diverses taxes l l'exportation (Droit de Sortie, Tue ConjoDcturelle d9Exportation, PrB~emems sur Produits Caisse) soient supprias. 11.B. MODALrlES D7JNE T..aE MJ-VALOREM UNIQUE AL 7:XPORT 5.7 La nouvelle taxe l l'exportation de la VIDille serait une taxe ad-valorem (c'est l dire exprim6e a pourcentage), unique (c'est-Mire d'un taux identique quelque soit le niveau de prix du lot expo~ et appliqu6e sur le prix FOB 4'clad (c'est l dire qu'elle serait exprim6e comme • un pourcentaae unique du prix FOB d,cJad). Une nouvelle loi ..,lissant ces principes devrait etre Babor6e par le Gouvernemeat et pnsende uvant l' Assemb16e Nationale. Ele remplacera les textes abro1a relatifl am divenea taxes mentionn6es plus haut. 5.8 Le niveau de cette taxe ad-valorem unique aerait ftxcS dam cbaque Loi de Piaaac-a aDDUelle, c'est l dire pouvant faire l'objet d'6ventuels cbangements, de ~ D l prantir la vitalit6 6conomique et la comp«itivid du secteur. Le niveau acblel de taxation brute (taxes diverses et pr6lnemems FNUP) s''1ne actuellement l 82.IS du prix FOB effectif, tandis que le niveau de taxation nette (c'est-Mire apns d6duction des d6penses affmntes au systmie de stabilisation) s'Bne l environ 52S du prix FOB effectif. Le niveau de la taxe devra ette nettement infmeur l BOS du prix FOB si l'on veut raablir la co~tivid de la vanille malgache. Le calcul pour d6terminer le niveau de la taxe devrait prendre en compte les eanems suivants: (1) prix de la vanille l l'exploitation diff6rencii selon la qualit6; on sait qu'au niveau de prix officiel acblel (S 6/q ea vrac •ivalent) la production de vanille n'est pas rentable pour les planteurs; elle l'est encore moias au prix r6els payt, sur le marcb6 intmeur. -74- (2) coats interm6diaires de commercialisation (pr6paration et conditionnement) se moment aujourd'hui l environ $7/kg de vrac. (3) coQts de 5t0Cka&e; on sait qu'l l'beure aciuelle environ S7 sont d6pensa en frail de stockage par kg export6. On sait par ailleurs que ces co4ts de stoqe sont actuellement trop 6levm, en raison des inefficacitm du syswne aciuel (sur-stockage, stocks fictifs, stocks de qualit6 invendable), mais que ceux-ci peuvent compenser en partie des coQts interm6diaires insuffisams. (4) 6volution de la concurrence t!trangn (qualit6 de la vanille concurrente, prix ~ • selon la qualit6, niveau de production et d"exponation). (5) 6volution de la demande mondiale (consommation en volume, prix par type d'oriple et par qualit6). (6) taux des cotisations • la future sttucture inter-professionnelle. 5.9 Le calcul de la taxe devrait etre 6tabli de manike l ce que le prix l l'export de la vanille malaache de haute qualid soit l parit4 avec lea vanilles de qualit6 concurrentes. Le niveau de la taxe senit calcul6 de mani~e l ce que la somme des cbaraes et coots locaux estima (prix rmmnmteurs l l'exploitatiun, coats de p r ~ et de commercialisation, fnis de stoctqe, cotisations inter-professionnelles) et du montant de la taxe. aboutisse • prix FOB ju16 comp6titif sur le marcb6 mondial. Ce taux serait forcmnent infmeur l son niveau aciuel (82.8~ du prix FOB effectif) puisque celui-ci entra1De un manque de colllp6titivid sur lea marcba -..iaen, ainsi qu'un manque d'incitations lune production de qualit6 par les ptameurs, les pliparatems et Jes conditionneurs-stocteun. Un niveau de taxation se situant aux alentours de 50~ permeurait l la fois de r6tablir la colllp6titivid sur les marcba internationaux, et d'am6liorer les incitations financiues aupra des plameurs, des pr6parateun et des conditioneurs-stoc:bun l produire, stocker et commercialiser de la vanille de haute qualid selon des normes bien t!tablies, ainsi qu•• couvrir les cotisalions inter-profeuimmelles. 5.10 Pour les raisons moDCNS plus baut (cbapiue 4, section m.A.4.), n serait aussi souhaitable •. que des proc6dures de concenation nplikes et automatiqu• entre lea Pouvoirs Publics et la structure inter-professiomielle puissent II clm,uler en we de la mision c!ventuelle du niveau de la taxe ad-valorem unique; par aemple une foia par an, et doDt l'objet senit d'6valuer la comP'dtivit6 des exportations de vani1le malpche en foDCtion de 1'6volution du marcb6 mondial et du marcb6 local. Lon de CII .coacenadoos, la IUIICtDre inter-professimmelle senit habilit6e l faire des propositions concrkes aux Pouvoirs Publics quant • niveau de la taxe ad-valorem unique l l'exportation. Ces propositions concretes seraient bas6es sur une analyse d6taill6e et cbiffr6e de 1'6volution du march6 mondial et de HI implications quant l la comp6titivit6 de la vanille mal1ache sur lea marcb6s --.en. Des ICmllios altematifs sur l'c!volution des exponations en valeur et en volume. et lam cons6quences sur la balance des paieems et lea revenus de l'Etat pourraient etre aabora, qui vieadraient ._ycr les propositions de l'inter- profession. - 75 - 11. C. MODAL/TES DE REGLEMENI DE U - TAXE 5.11 11 serait enfin souhaitable que la taxe unique l !'exportation puisse !tre acquitt= par les exportateurs au moment du rapatriement des devises (pour lequel un d6lai maximum de trois mois est actuellement en vigueur). Il s'agit ici d'une possibilit6 qui serait offerte aux exportateurs mais dont )'utilisation effective resterait l leur discr6tion. Une telle possibilit6 serait un 616ment important de la promotion de la concurrence dans le secteur, et ce, pour les raisons suivames. 5.12 Tout d'abord, le momant de la taxe l l'exportation reprl!sente dans le cas de la vanille une char1e tinancia-e importante pour l' exportateur qui devrait la couvrir soit sur fonds propres, soit sur empnmt aupr~ d'une banque commerciale. Un paiement imm6diat de la taxe l l'exportation aurait done tendance l r6duire les disponibilitds financia-es dans le secteur, limitant la concurrence entre exportateurs, et provoquant au surplus une pression l la baisse sur les prix aux producteurs ainsi que sur les volumes achet6s et/ou stockl!s. Un paiement imm6diat de la taxe l I' exportation aurait aussi tendance l accrottre les incitations l la sous-facturation l l 'exportation afin de r6duire le montant de taxes. Le paiement de la taxe lors du rapatriement des devises encouragerait ainsi de maniue significative l'entr~ sur le march6 de nouveaux exportateurs, en particulier de coopa'ltives de commercialisation, et limiterait les incitations l la sous-facruration des exportations de vanille. Par ailleurs, le paiement de la taxe l l'exportation au Tr~r s'effeauerait par l'interm6diaire des banques. m. PRINCIPES DE L'INTERPROFESSION ET CADRE JURIDIQUE NEC~AIRE A SA CREATION 5.13 L'interprofession peut etre dffinie comme une maniue sp6cifique de rechercher l'efficaci1' 6conomique par le biais d'une concertation libre entre les diffuents acteurs d'une meme filiue agro-alimemaire ou industrielle, cette d6marche aboutissant l des actions d'intuet commun et l des r~gles de discipline de gestion au sein de ceue filiue. Ces r~les s'imposent l la totalit6 de ces acteurs une fois qu'elles ont re;u l'accord de leurs reprl!sentants et l'agr6ment des pouvoirs publics, lesquels agissent. clans ce cu, en tant que d6positaires de l'in1'ret 16n6ral et garants du respect des lois et de l'ordre public. 5.14 n n'est pas ~Ii que le cadre juridique existant l Madagascar (EPIC, associations, soci6tds de droit priv6, etc... ) fournisse la solution organisationnelle adapt~ l la specifici1' des missions de l'interprofession clans le comexte mal1ache. Une loi sur l"interprofession, qui pr6cisera les missions des interprofessions, s'avm done n6cessaire si l'Etat malgache entend fournir le cadre juridique appropri6 au d6veloppement des interprofessions, et combler le vide juridique actuel. Si cela n'est pas fait prealablement, il est probable que l'on courra au devant de grandes difficultl!s si l'on cr6e l'interprofession, l supposer m!me qu'on soit en mesure de la cr6er. 5.15 Ainsi d6finie, l'interprofession peut se situer dans trois dimensions: - par rappon l l"Etat; - par rappon aux acteurs de la filiue couverte par elle; - par rappon au march6 et, pour une interprofession int6ressant des produits d'exportation, par rappon aux acteurs aval 6trangers (acheteurs, importateurs, distributeurs, etc ...), qui seront en effet ses interlocuteurs de pr6dilection. • 76- Ill.A. L 7NTERPROFESSJON PAR RAPPORT A L '£TAT S.16 L'interprofession, expression du secteur priv6 et ordonnancement particulier de ses int6rets, ne peut croltre que sur un terreau dQ>arrasN de l'interVentionnisme 6tatique. Elle n'est imaginable que si l'Etat a consenti, sans ambiguit6 aucune, c'est-Mire par exemple sans fixer un tel'Dle impr6cis pour la mise en oeuvre de sa d6cision, l ne plus rqenter souverainement 1'6conomie et done l ne plus d6cider, en lieu et place des offreurs et des demandeurs, ce qu"ils doivent faire. Par ll, l'Etat accepte l'id• qu'en dMioitive, il peut en savoir mains sur 1'6conomie que les agents du secteur priv6 et, par CODHQUent, qu'il doit les 1aisser qir, toul et' assumam, mais dans leur plmitude, ses pr6ro1atives •norma1es• d'arbitra&e, de pm c:ivile et de pre!servation de l'inim-et amml et tout en leur dQ6pantjusqu'l un cerwn poilll son pouvoir de contrainte, mais clans des conditions restrictives pr~lies et sous soa c:omrOle. Si on suit Celle conception, il va de soi que l'Etat oe doit pas utiliser l'imerprofession. par un f:trange retour des choses, pour: 1. tenter d'instiller une mentalit6 bureaucratique, uglementaire. admmistrative dam les rapports entre les acteurs du secteur prive!, par exemple en leur doanam mission d'e!tablir, de cre!er ou de confoner des situatiom oliaopolistiques, de prendre IDld.e mesure maltbusienne visaot par exemple l limiter le niveau de concurrence ou les volumes l l'exponation, etc ••. ; l. cherc:her l •f6&1er les rapports• mtre les acteurs de la filib'e plua que de laisser l 0 ceux-ci, par une concenation entre eux, le soin de d6finir leun rqt• d action communes; 0 3. orpniser Jes relatiom entre ces acteurs sur la base de comrm d adlal obligatOires ou de prix fix& en fonction des codts de production ou encore de quoua de production ou d'exportation, proposition qui e!quivaudrait l Dier le libre jeu du marcM qu'on entendrait cependant promouvoir au moyen de l'inteq,rofession; 4. concevoir l'inteq,rofessioo comme un outil pour 6couler l'offre um II saucier des d6bouc:he!s effectifs, en oe faisant do11ey ll auui, qu'une muence de pnac:ipe au primat du marc:he!; 5. exercer une tutelle trop pesante et paralysame par exemple en abuum de son pouvoir d'accorder ou de refuser l'homolo1atioo des accords imerprofessionnel1 mmus; 6. obliger, par un biais ou un autre, l'inrerprofession l programmer de manim'e impmtive les activite!s 6conomiques, ce qui revient l ne pas laisser les agents vraiment libres de • produire et de distribuer; 7. l!teodre les rapports cootractuels (ex: obligation de CX1mmaodes pr~ables) d'une ~o • telle que cela s •oppose aux rqles de la concurrence e!conomique; 8. Utiliser la concertation avec l'interprofession pour lui faire avaliser, par suite de pressions, uo taux de taxe unique ad valorem l l'exportatioo trop e!le!ve! et partant, porter atteinte l la vitalit6 6conomique du secteur. 9. d'une ~n ame!rale, fixer les prix et la maraes et les qualita • acheter ou • vendre; - 77 - 10. avoir un droit de regard excessif sur J'utilisation des cotisations par les interprofessions et notamment avoir le pouvoir de r6aliser autoritairement des affectations en cas de d6saccord entre Jes families professionnelles. 111.B. L 1NIERPROFESSION PAR RAPPORT AUX ACIEURS DE U FILIERE 5.17 La r6ussite d'un sec:teur d6pend de sa capacit6 d'adaptation de l'offre l la demande, des r~es du jeu qu'il s'impose, de l'image qu'il donne de lui-m!me, de ses relations avec son environnement. Pour atteindre l cette r6ussite, un seul maillon de la fil i~re ne peut suffire. 5.18 Les producteurs ne peuvent, surtout s'ils ont une formation insufruante, r•ler seuls les probl~es de consommation, de promotion, d'Baboration de r~gles du jeu efficaces. 5.19 Les distributeurs ne peuvent, l eux seuls, apporter une solution au1 probl~mes d'orientation de l'offre, de d6veloppement de la logistique, d'harmonlution de l'emballage, de lobbying sur les march6s 6trangers, etc •••. 5.20 En effet: - I' adaptation de I'offre l la demande ne peut s 'obtenir que par des actions concert6es entre l'amont et l'aval; - les actions de promotion concement l'ensemble de la fili~e. dms une synergie qui s'appuie plus sur la complmnentari~ que sur la concurrence; - les r•les du jeu qui peuvent favoriser un meilleur fonc:tionnancnr de la filim-e sont, par essence, interprofesslonnelles. Comment mettre sur pied des cnttres miuimaux de quali~. des rapports plus consensuels entre stades de la filim. votre des dBais de paiemeuts plus courts si ce n"est par Baboratiou d'un accord emre les membres du secteur? 5.21 Au-4ell des incomprSiensions et des divergences, bmt6es de l"hmoire, il ya un impmwf l loug terme: celui de la d6fense du meme produit et de la mtme origine. 5.22 Ce d6fi ne peut ette relev6 qu'ensernbte, car les atouts d'un produit. pour ind6niables qu'ils puissent ette, d6pendent, pour ette pleinement mis l profit, de 1·a.ccJlence de chacun des stades de la filim: choix des varidtds et qualit6 des productions, perfonmnce commerciale et logistique, adaptation des modes de distn1>ution et optimisation des canct&istiques de la vente. Le relever ensemble implique qu'il n'y ait qu'une saale interprofession par fllia-e et que tousles acteurs de cette faliue y participent et appliquent les accords interprofessionnels qu •elle d6cide. L'interprofession ne peut vivre si Jes francs tireurs ont libre cours ou sises d6cisions ne sont pas respect6es. Pour autant, la discipline instaur6e par l'interprofession n'est pas d'une nature administrative: l'interprofession ne saurait jouer le rOle d'un Minist~e transf&~ en quelque sorte dans le secteur priv6. S.23 Face l un prop-amme ambitieux de ce genre, et face aussi l 1'6ventuelle urgence d'une action r6solue pour redresser une situation compromise, l'interprofessiou peut apponer une rq,onse~ n ne s'agit pu, pour elle, de se substituer aux sp6cific.it6s et rOJes de chaam de ses membres. Ceux-ci ont leurs objectifs, d6veloppent leurs discours, engagent leurs actions. Et - 78 - cela, nul ne peut le faire l leur place ou de les r6genter autoritairement, par exemple en fixant les prix, les marges, les qualita. 5.24 Par contre, l'interprofession est comp6tente pour tout ce qui concerne les problanes communs de la fili~e. En particulier, l 'interprofession aurait un rOle important l jouer dans deux domaines importants : les activita de promotion du secteur sur les march6s 6trangers, et l'c1tablissement de mesures et standards de qualit6 c1airs et utiles au sein de la filike. Aces deux fonctions, on peut ajouter dans le cu de la vanille, un rOle de stabilisation du march6 l ttavers la 1estion de stocks de s6curit6. 5.25 Afin d'arriver l la concertation voulue et de faire en sorte que les d6cisions de l'interprofession soient respect6es, l'ensemble des families professionnelles doit etre reprc!sent6 au sein de l'inteprofession d'une me.me filim-e. D semble raisonnable que les d6cisions principales soient prises sur la bue de l'accord de toutes les families professionnelles. Cepeodant, cette recherche du consensus doit etre assortie de r~gles, notamment en matim de d6lais, qui la rende compatible avec l'urgence et la port6e des d6cisions l prendre. Les r~gles ainsi prises sur la base de !'accord de toutes les families professionnelles pour etre cfficaces et mter le problme des francs tireurs, doivent etre 6tendues l l'ensemble de tous Jes professionnels de la filim-e et appliqu6s par eux. Ce principe de I' extension des r~gles l I'ensemble des acteurs de la filim constitue une caract6ristique fondamentale et n6cessaire de l'interprofession. III. C. L 'INIERPROFESSION D 'EXPORTA110N PAR RAPPORT AL ~VAL E11UNGER 5.26 Tousles op6rateurs d'une filiue sont solidaires, bien que concurrents aussi, dans la conquete ou la reconquete des marcba 6trangers. Dans ce cu, l'interprofession peut aismnent s'identifier au pays ou elle se trouve: elle matmalise la cohc!:reDce d"une ori&ine vis-l-vis des acbeteurs 6trangers. Elle est pour eux un interlocuteur de poids, dont l'action les aide l obtenir les spkifications que le marcb6 exige. 5.27 Pour raumer, la vocation d"une interprofession est de r6aliser des actions de promotion, 'de vulgarisation et de recherche de la qualit6 et, dans le cu sp6cifique de la vanille, de constitution de stocks de s6curit6. On ttouvera en annexe 2 le texte propo5' d"une loi sur les interprofessions qui reprend les analyses que l"on vient d"exposer. IV. FONCI'IONNEMENT ET ORGANISATION DE L'INTERPROFF.sSION DE LAVANILLE 5.28 n y aura une seule interprofession pour la filim vanille, ayam la capacit6, sous raerve d"homologation par Jes Ministm-es de tutelle, d"6tendre les r•les qu'elle aura d6cid6es l }'ensemble des acteurs de la filim vanille. Elle pourrait etre dot6e des caract6ristiques suivantes. Les commentaires qui suivent visent l fournir une premi~e approcbe de la question, qu "il conviendra de compl6ter et de pr6ciser par la suite. Un exemple de ce que pourrait etre les textes relatifs l l'inteprofession de la vanille est propos6 en annexe 3 de la pr6sente 6tude. -79 - JV.A. LE STATUT JURIDIQUE DEL 'INIERPROFESSION 5.29 Dans 1'6tat actuel des possibili• offertes par la 16gislation malgache, le choix du statut de l'interprofession se circonscrit l trois structures juridiques: - La socigtg anonyme. qui est une sociti commerciale de droit priv6. Comme l'a montr6 l'«ude juridique rdali.Ne l propos du projet d'interprofession du caf6, l laquelle on reavoie, cette solution ne convient pu au cu de l'interprofession, ea raison d'une part de la contradiction qui existe emre son ~ e priv6 et la nature de services collectifs, sans but lucratif, de ses activi• et, d'autre part, du fait que le principe fondamental de 1'6gale repr6.1entation des intaets des diverses families professionnelles au sein de l'interprofession entrera en contlit avec un autre principe de base des socic!t6s commerciales, celui de la correspondance des droits et obligations de l'associ6 avec sa part de contribution au capital de la sociti. Enfin, une telle formule reviendrait l donner et concentrer dans un, enti~ unique des pouvoirs de d6cision importants quant au fonctionnement du march6 de la vanille. Une telle situation serait en totale contradiction avec le principe et les imp6ratifs d'une libm'alisation du secteur de la vanille. - L Tublissement Public , Caracttre IndustrieJ et Commercial (EPIC), ayant une personnal~ morale de droit public, mais soumis au droit priv6. Bien que certaines caract6ristiques de cette formule paraissent convenir aux missions des imerprofessions, notamment son autonomie financim comptable et administrative, sa souplesse meme comporte le risque que la tutelle de rEw n'induise lune fonctionnarisation de ses activitm, ce qu'il importe pr6cis6ment d'l!viter. Cette formule est done l 6carter. - L'association. telle que la dlffinit l'ordonnance no 60-133, a l'avantage d'etre une structure qui a un autre but que de faire des bml6fices ce qui ne lui interdit pas n6amnoins de rdaliser des actes de commerce. Or, l'interprofession sera amen6e l en rdaliser, en particulier, au titre de son activi" de stocta&e de HCUri". L'association, d'autre part. a un champ d'action qui n'est I ~ que par la lic6i" de son objet. Ceci est conforme l la vari6t6 des missions de l'interprofession. Enfin, !'association est caract&is6e par une souplesse de sa gestion et de son administtation et par I'extreme facilit6 de sa crution. 5.30 Ces arpmem militeraient ea faveur du dioix de rassociation, faute de rexisteoce d'une solution anm fait robic;t d'une nouyelle lgislation mcifique. Cependant, Ia formule de I' association laisse non raolus trois problmies centraux: - la souplesse de ceue formule laisse le champ relativement libre l une rentr6e en force du patemalisme r&Sgalien de l'Etat, alors que l'imerprofession, pour fonctionner implique done que l'Etat accepte de se dessaisir de nombre de ses.pr&'ogatives; - cette formule n'est pas D6cessairement adapt6e au principe d'une interprofession unique pour cbaque li&n: qui est-ce qui empecherait juridiquement de crm une autre association imerprofessionnelle? - 80- - cette formule ne paratt pas non plus propice au caracta-e obligatoire de ses d'°5ions pour l'ensemble des professionnels d'une fili~e ~ ses divers stades, une fois que l'extension de ces d6ci~ •ns est homologu6e par les pouvoirs publics de tutelle. 5 .31 Afin de pallier la faicaesse du cadre juridique actuel relatif aux interprofessions, et pr.wenir des difficult.SS importantes l l'avenir, nous recommandons que soit pr6par6 un projet de 16gislation nouvelle et sp6cifique, qui pourrait s'inspirer par exemple des dispositions de la loi fran'3ise de 1975 sur l'interprofessio~ de certaines dispositions de la 16gislation des Etats-Unis sur les marketin& orders et Jes marketiq qreements (bien que ces entit.SS ne soient pas imeprofessionnelles par nature) et des statuts juridiques de cenains offices de commercialisation 6trangers (dans leurs seuls aspects de promotion de contrOle de la qualitd et de gestion de stocks collectifs, car l'interprofession ne sera en aucune ~nun organisme disposant d'un monopole de vente l l'exportatio~ l l'inverse done de ces offices). Sans ce cadre ldgal spdcifique, il est fon probable soit que l'inteprofessi•m ne puisse etre cr66e, soit que, 6tant cr66e, elle soit par la suite d.woy6e de ses missions. IV.B. LES 0RGANES DEL 'INrERPR0FESSI0N ET LES REGLES DE PRISE DE DEOSI0N 5.32 Dest nkessaire de distinguer emre deux p6riodes distinctes: une •pmode initiaJe• et une •pmode de croisiue•. Cette distinction s'av«e indispensable du fait qu'une interprofession ndcessite, par dffinition, la prt!sence de professions dOement reprt!sent6es et organwSes. Or, l l'heure actuelle, si Jes professions distinctes existent clans le secteur de la vanille l Madagascar, celles-ci ne sont pas oraanisdes en tant que telles et ne b6n6ficient done pas de structures professionnelles repr6sentatives. 5.33 Etant donn6 la n6cessit6 de cr6er une instance interprofessionnelle dans le cadre d'une r6forme organis6e et efficace du secteur de la vanille ~ Madagascar, des mesures initiates visant l pallier !'absence temporaire et actuelle d'instances prniessionnelles reprt!sentatives sont done in.witables. , IV.B.l. Mesuru lnitialu 5.34 Dans les conditions actuelles, par CODMqllent, il est l prMir qu'au moment de la constitution de l'interprofession, il n'existera pas encore une oiianisation reprt!sentative. Ce peut notamment etre le cas des planteurs, w leur nombre 6lev6 et l'extension 16ographique des zones de production. Les repr6sentants au Conseil d'Administration seraient, dans ce cas, Qus directement, rdgion par rdgion, sur le principe: •un bomme, une voix• par les planteurs disposant d'une carte professionnelle, telle qu'elle est actuellement d6livr6e par le GNIV. n s'agirait en tout 6tat de cause d'une mesure transitoire. Les pouvoirs publics et Jes professionnels devraient faire diligence pour favoriser la crdation d'une organisation professionnelle reprt!sentative des planteurs. 5.35 Au cours de cette phase transitoire, les membres du Conseil d" Administration de l"interprofession qui auraient 61' 6lus annuellement de la mania que l'on vient d"exposer, devraient exposer les principes et les rt!sultats de !'action du Conseil devant Jes assembl6es g6n6rales annuels de leurs coll~ges respectifs. Les membres de ces assembl6es g6n=-ales auraient 6t6 eux-mames Qus, village par village, en m!me temps que les repr6sentants au Conseil d •Administration. IV.B.2. L 'Organisation lnterne de l 'lnterprofession en •Rlgime de Croisilre• 5.36 Le principe est que, en •pmode de croisi«e•, une fois que les families professionnelles membres sont constitu•, le Conseil d'Aministration de l'interprofession est J'6rnanation des professionnels de la filin, ~ en orpnisations professionnelles reconnues comme repr6sentatives, elles-m!mes d6signant leurs repr6sentants au Conseil d' Administration. Celui-ci est, par ll, l'instance de gestion de l'interprofession. D appartient ensuite l ces repr6sentants de rendre pmodiquement compte l leurs mandaots, c'est-l-dire devant les instances responsables des organisations professionnelles repr6sentatives, lesquelles instances devraient etre leurs wembl6es &6n6rales annuelles. 5.37 Pour etre reconnu comme professionnel, un simple enregistrement suffira, compl6td, dans le cas des exportateurs, par des pranties et cautions bancaires d'un montant l d ~ . En aucune ~n cet enre,istrement ne comportera un examen des capacit6s professionnelles des demandeurs. Le but, D<'tamment en ce qui conceme les exportateurs, est la libert6 d'aablissement, assortie done de garamies. Par ll, on veut desserrer l't!treinte oligopolistique actuelle du stade de I'exportation, dont on pense qu 'elle a des etfets globaux ndgatifs et qu' elle est contraire au principe de la libre concurrence. 5.38 D y aura. outre le Conseil d' Administration de l'lnterprofession, des comit6s sp6cialis6s, cbacun couvrant une des trois functions principales de l'interprofession: le stockage de s6curi~, le contrOle de la qualit6 et la promotion, et un secre!tariat 16nm-al do~ des moyens administratifs n6cessaires. 5.39 Les principes suivants poumient dgler la composition de ces instances: - existence de deux coll~es: l'un pour les planteurs, l'autre pour les exportateurs. Les professions •interm6dwres• (collec:teurs), ou pouvant etre exerc6es par les planteurs ou les exportateurs (pr6parateurs), n'auraient pas de collqes distincts. - d6signation des membres du Conseil par les organisations professionnelles reconnues des planteurs et des exponateurs de r ~ , aprb un vote dont les r6sultats seraient transmis aux pouvoirs publics et seraient publi6s au journal ofticiel de la R~ublique Malgache. La reconnaissance de ces organisations professionnelles aurait lieu l l'issue d'une proc6dure d6finie dans la future Joi sur l'interprofession. Une condition en serait notamment de reprdsenter la majori" des professionels d'un colllge. Une seule oraanisation repr6sentative serait prme par colllge. Cependant, il serait probablement utile de pr6voir des sous-collqes ligionaux en ce qui concerne les planteurs (avec, peut- etre, un sous-colllge couvrant l'ensemble des r6Jjons faJ"blement productrices). Ce dernier point reste l examiner par Jes professionnels int6ress6s. 5.40 Le Conseil d'Administration, qui se r6unirait une fois par trimestre, pourrait comprendre 14 membres: - 7 membres repr6sentant les planteurs - 7 membres repr6sentant les exponateurs. 5.41 Toute d6cision majeure du Conseil d'Administration, se traduisant par des obligations pr6cises pour les professionnels de la filim-e (adoption des normes, du budget et des cotisations, fixation du tonnage du stock de s6curit~, etc.•• ), serait appel6e •accord interprofessionnel• et devrait etre bomologu&S par trois ministres (des Finances, de I' Aariculture et du Commerce). Cette ddcision d'bomolo1ation devra avoir lieu clans un d&Slai d'un mois. En cas de non-r6pome l !'issue de ce daai, l'bomolo1ation serait r~ut6e accord~. L 'homologation comporterait !'extension des r•Ies de !'accord l l'ensemble clea op6rateurs de la filiue. c·esa-l-dire que ces r~gles devie.ndraient obligatoires pour tous. Les services publics devraiem au.ui les respecter. 5.42 Le Comeil d' Administration prendrait ces daions l 1'11 oao1mcu Auraient voix consultative un repr6serttant du MinCom. un du MinAgri, un du Minf aa u pnncipe est done que les organes «.atiques soient associ6s aux d&Sli~ons, mais en au~nc fa.;oa qu'ils exercent un contrOle pr&Salable sur l'interprofession. Le seul contrOle serait es ~~ 11 rar le seul biais de l'bomologation. Par ailleurs, au cas oo une action ill6&ale serait comusec. la pouvoirs publics auraient bien entendu tout loisir pour d6marrer les proddures judiciw• arrropri6es. 5.43 Le Comeil d'Administration d6siperait lui-meme parmi ses anaBNa ou parmi une liste de persoonalit6s comp6tentes 6tablie par les organisations professionncll• ttprf:sentatives, les membres des trois comit6s sp6:ialis6s sus-dits, qui se r6uniraient memucJ1cma11. Ces comit6s comprendraient cbacun 6 membres, trois reprc!sentams des producteun. 1n>• des exportateurs. Auraient voix.consultative, outre les reprnentams des trois ministua est,1 cllf.l, ceux du FOFIFA et de la Direction du ContrOle de la Qualit6. S.44 Ces comit6s &k'eraient leurs dornaines respectifs en suivam la ~ 1 0 n s ddcid&Ses par le Conseil d' Administration, et prendraient leurs ddcisions, en partia&laa • u qui conceme l'Section de leurs prc!sidents respectifs, l la majorit6 absolue des membra n. mbliraient un rappon au Conseil d'Administration apra cbacune de leurs r6mions mcnaua 1• Lors des smces du Conseil d"Administration, chaque comit6 spdcialis&S serait rrpret.cml pv son Pr6sident. • S.45 Le Conseil d'Adminisuation, tout comme les comit6s spdciahsa. ddpJICl'ait de services administratifs pour l'accomplissement de lam missions. IV. C. LES FONCDONS DEL 'INlERPROFESSION ET LEUR FINANa.MO.T S.46 L9interprofession aura des fonctions d'orientation sttategique g~~raJe de la filib'e, de gestion de ses trois dornaine-1 d'action: qualit6, promotion, sto:::~, de gestion administrative (d&Slivrance de documents, tmwe de statistiques, etc••. ). Le principe est post que pour J'ensemble de ces trois types d'activit6 (qualit6, promotion en fait, stocks), l'interprofession d6lquera la r~isation des actions l des soci&St6s priv• offrant toute garantie d'ind6pendance. C'est ll un choix en accord avec l'essence meme de l'interprofession. laquelle repr6sente un d6saisissement par l'Etat et I' Administration de ses privilqes et praoptives: ceci irnplique qu •on cberche l 6viter le risque que l'interprofession ne reproduise en son sein la vision des choses et les r~gles de fonctionnement d'une bureaucratie. - 83 - 5.47 Le budget de l'interprofession sera compos• de quatre sous-budgets, correspondant l cbacune de ses domaines d'action et l ses besoins en personnel et en locaux et ~ipements: le budget d6penses g6n6rales, le budget contrOle de la qualire, le budget promotion et recberche et le budget stockage de s6curire. A ces quatre budgets devraient correspondre quatre cotisations s6par•, d'un montant pouvant varier d'une ann• l l'autre, et qui seraient per~es au stade de J'exponation sur le prix FOB. Elles apparaitraient. chacune isol6ment et dans leur total, sur les documents relatifs l l'ex.portation pr6parm et dQivrm par l'interprofession, atin que chaque professionnel ait une claire coonaissance de sa contribution aux d6penses de l'interprofession et de la ventilation de celles~i. 5.48 Les recettes et d6penses dans leur montant et dans leur pro,rammation. ainsi que le bilan de l'interprofession devront etre discut6s et adopt6s par le Conseil d'Administration l la majorire des deux tiers, apr5 rappon des comit6s spkialisa et une foil ran. 5.49 Les fonds seront d6pos6.s l la Banque Centrale et seront rmumb'a. Ds ne pourront etre utilis6s par l'Etat l quelque d6pense que ce soit qu'il aurait dkid~ de 10n propre chef. Seule l"interprofession pourra effectuer les dS>ours, et pour ses seules activita. D'autre part, une fois que les quatre budgets prkit6s auront ~ dkid•, ii ne pourra etre opfff aucun transfert de l'un l l'autre au cours de l'aercice budgdtaire. Toute modification de la r~anition des fonds sera dkid• Ion de la discussion du budget annuel, et seulement l ce momcm. S.50 Une tranqression de ces rlales seraient justiciables de poursuites devant les juridictions co~tes ea matise de contrOle de l'utilisation des fonds publics. Une &elle ripeur dans les proc6dures bud1~es est essentielle compte tenu de l'utilisation indue par rEtat des fonds de la Caisse de Stabilisation collectm au travers du Fonds National Unifif de P~6quation (FNUP) et du risque qu 'une telle d6rive puisse ne se reproduire. S.S 1 On propose, comme premilre hue de r6flexion, les cotisaliom suivantes pour les quatre budgets, exprim6es ea ~ du prix FOB d6:lm: - d ~ gmmles 1" - promotion 3" - contrOle de la qualit6 2" -stockqe a D2lll 9" IV.D. LES SANC110NS DISOPLINAlRES PRISES PAR L 'INIERPR0FESSI0N 5.52 Bien que l'interprofession ne tienne qu'un re,istre des professionnels adh6rents et n'eumine pu leurs comp6teaces professionnelles, elle agira l la mania-e d'un ordre professionnel, tesm de vaifier et de sanctionner les manquements de ses membres aux r~&les d'honorabilit6 professionnelle et l l'application des accords inter-professionnels 6tendus qui auraient 6t6 dkid•. 5.53 Chaque professionnel membre, et tout membre du personnel de I9interprofession ou des soci6t65 priv6es auxquelles auront 6t6 dSqu6es des fonc:tions de conttOle, qui auraient eu conoaissance de manquements caract6ris• en informera les Cami~ Sp6cialis•, qui seront tenus - 84- d"enregistrer les informations communiqu6es et d6cideront de leur instruction et de leur transmission au Conseil d" Adrninis~ation. Toute organisation professionnelle membre de l"interprofession, ou tout membre du Conseil d' Administration l titre personnel, aura la possibili~ d"agir de meme devant le Conseil d" Administration. Celui-ci d6cidera des sanctions professionnelles prises qui pourront aller depuis des amendes jusqu'l l"introduction temporaire ou d6finitive d"exercer. Tout non-versement de cotisations dOes emrainera la meme proc6dure. Les sanctions infli&6es pourront cependant etre port6ea pour appel devant les tribunaux judiciaires. V. LFS FONCTIONS DE L'INTERPROFFSSION V.A. U POU11QUE DE PROM0110N ET DE RECHERCHE V.A.1. L 'Inspiration de cette Polltlqw 5.54 La politique de promotion et de recbercbe qui sera mise en oeuvre par l'interprofession fait panie d'un tout, c'est-l-dire d'une poli:ique de filike.ll/ Cela n'aurait en effet pas de sens de se lancer dans des actions commerc.ales l l"manger et d"y consacrer des moyens importams, financds par la fili~e, si l'amont - •rintendance• - ne suivait pas. D serait de la meme facon peu conuquent, de lib6rer, en amont, des forces actuellement brid6es par un syswne contraignant et anti-6conomique, s'il n'exfa:.lit pas de plan d'ensemble pour canaliser ces forces vers le d6veloppement du marcb.S de la vanille naturelle et pour promouvoir sur celui-ci l'origine Madagascar. Entin, !'activation de la recberche et de la vulgarisation n' est concevable que si de nouvellles perspectives commerciales sont clairement dffinies. Cette activation ne se fera pas d'elle-meme, pour la seule beau~ de la science et de la tecbnique, mais parce qu'une telle d6marcbe sera ju16e payame par les acteurs de la filim. S.SS Trois id6es complmnentaires ressortent: 1. Ics pmpec;tivcs commerciaJcs visant une RSiJIP4ratjon de ta pan de marchg par Madapscar sur Ics marcha existants som encoura,eantes. Madagascar jouit d'un nombre important d'avantages comparatifs, actuellement DOD OU mal exploits, qui, si capitalisds de mania ordonn6e, lui permeuront de rattraper rapidement sa part historique (70~) du marcb6 mondial de la vanille. Ces avantaps comparatifs comprennent: un potentiel de production de qualU, important, une expertise Sev6e • plusieun niveaux (production, pr~aration, commercialisation), des coOts de production bas, un capital de t6putation non n6gli1eable, des cicuits de commercialisation d6jl 6tablis, une vanille bourbon servant de r6f&ence dans l'industrie mondiale des dpices, etc. Afin de r6aliser ces avamqes comparatifs, 1''1aboration d'une strateaie marketing et commerciale ordonn6e et coordonn6e sur les divers marcha aistants, et diff6renci6e selon les marcbds (du fait des 16gislations et goOts diff&ents sur ceux-ci) est n6cessaire. peapegivcs commerciaJcs som bgnnes pour ta vanme natureUe, et pour cene 4e 2. Jes Mada&ascar en particulier. L'accroissement de la demande de produits naturels est une tendance lourde de la coDSOrnrnation dans les pays industrialisa. Vu la part actuelle trm faible (5~) de la vanille naturelle sur le march6 mondial de l'arOme vanille, toute au,rnentation, meme limi* (a. passqe de 5~ l 6~), de cette part, 6quivaut l un fort Jl/ lncluant dans le raisonnement la possibili~ de fabriquer de l'extrait l Madagascar. - 85 - d6veloppement des .dS>oucbfs (400 tonnes dam l"exemple choisi). D faut simplement er• les conditions pour que ce d6veloppement - qui n•est pour 1"instant que potentiel - puisse avoir effectivement lieu; 3. ces conditions de d6veJoppement du march6 peuvent eue rgµpies sans difficult6 maieure. C'est l'hypothae dans laquelle on se place. 5.56 En effet. Madagascar pourrait baisser ses prix substantiellement, c•est-l~ire jusqu'l la parit4 avec l'lndonfsie clans les diverses qualitis, et poumit done poursuivre une politique de sepientation visant l vendre, sur le march6 ammcain, des vanilles de moindre qualit6 sans qu'il en rfsulte un report des acheteurs depuis la vanille de haute qualit6 ven cette vanille de moindre qualit6. Sur le marcb6 europ6en, une baisse des prix de la vanille malgache permettrait aussi l Madagascar d'endiguer le d6veloppem• rapide des ventes indon6sieanes. 5.57 C'est au contraire la situation actuelle, l savoir le prix trop 6lev6 de la vanille de haute qualit6 qui provoque de tels ph6nommies de substitution, lesquels done profitent aux seuls concurrents, puisque, au prix unique 6lev6 actuel, Madagascar ne peut plus vendre • que de la qualit6 6lev6e et doit done laisser les mattes segments du march6 l ses concurrents. 5.58 Si la diff6rence emre le prix de la vanille de haute qualit6 et celui de la vanille de moindre qualit6 6tait suffisamment faible, l'incitation l acheter de la vanille de qualit6 malgache serait bien plus forte. 5.59 Or Mad3&ascar posude les atouts, volume de production, terroir, bas coAts de la main d"oeuvre, anci~ de l' expmence, nputation de la vanille Bourbon qui en fait la vanille de r«uence, pour produire de la baute qualit6 (notammem quant l l'arOme) l meilleur march6 que ses concurrents et, par ll, s'imposer l eux. Pour ce faire cependant. recbercbe et vulprisation soot deux instruments obligfs. 5.60 Par ailleurs, ltant donn6 la teadance lourde de la consommation not6e plus haut, il importe III plus bllit point de •verrouiller• sur le plan 16pl et r6glemmtaire, et ce, dans les diff6rents pays ou ,roupes de pays importateun, l'utilisation de la vanille naturelle, et d'empkher en particulier toute mise l profit de son imqe par des proc6dfs Dl'&itfmes ou frauduleux. c• est ll une des dches prioritaires que l'on assipe l l'inteiprofession. Ceci passe par des actions de lobbyinc, de promotion commerciale et de certification d'emait dam les pays 6tran1en destinaraires de la vanille malpche. V.A.2. Les Modalltb de cme Poliltque Le flnancemem des 4menses aftmmes 5.61 Une cotisation l l'exportation (de l'ordre de 3~ sur valeur FOB) serait au moment du rapatriement des devises verue sur un fonds 1u6 par l'intaprofession. Seton les nouvelles r~1lementations relatives au r6gime de chm&•, ces fonds pourront etre dl!posa sur un compte 6tran&er. L"absence de dq,Ot de ces fonds par les eq,ortateun ferait l'objet d'amendes, de rettait de la carte professionnelle par les instances c o ~ de l'interprofession. laquelle poumit transmettre les dossiers concemfs aux tribunaux en we de poursuites judiciaires. Ces fonds seraient utilisfs par l'interprofession pour la dt!finition et la mise en oeuvre d'une 5trat6&ie - 86- commerciale sur les march6s ~angers, et l cette seule fin. En aucune facon, le budget promotion ne pourrait etre aff~ l d'autres types de d~enses. Ce budget serait contr016 par des commissaires aux comptes, ainsi que par les instances de l'Etat habilit6es en matitre de contrOle de fonds collectifs, et serait rendu public par voie de presse, notamment en d6but d'exercice, ainsi qu'en fin d'exercice pour permettre de juger de sa r6alisation. La dffinition et la mise eo oeuvre de la politique de promotion 5.62 La strat6aie commerciale aurait tout inta'et l etre Babor6e en collaboration avec une ou plusieurs socidta de d6veloppement de marcb6 (dtrangtres ou locales), et ces memes socidta seraient char16es de l'ex6cution de la stratd&ie commerciale sur le march6 mondial, de la mise en oeuvre des strat6gies de segmentation de march6, des programmes de marketing agro-industriel, des actions de lobbyin& et de certification d'extrait, et de la prospection de nouveaux march.SS, dont ceux de l'extrait. Un Comi1' de Promotion, si6geant au sein de l"interprofession et repoupant !'ensemble des families professionnelles, serait charg6, sur la base des rapports et conseils qui lui seraient fairs par ces socidta de d6veloppement de march6, de la d6finition de cette ~ i e , du suivi du programme exku1' par la (ou les) soci6t6(:s) de d6veloppement de march6, et de la pr6sentation, devant le Conseil d'Administration, du programme annuel et de ses r6sultats. Les socib de d6veloppement de march6 auraient done comme fonctions principales d'assister la structure inter-professionnelle dans 1'61aboration des strat6gies commerciales sur les diff6rents march6s ,.,araphiques, sur leur mise en oeuvre, et sur leur suivi et 6valuation. Ces soci-st6s travailleraient done bien pour le compte et sous le contrOle permanent de la structure inter-professionnelle repr6sen1' par le Comit6 de Promotion; leur but ne serait done pas de substituer aux exportateurs dans leurs activita commerciales en pflddaDt l des op«ations de vente, des n6gotiations de contrais de vente, ou en fixant des prix. Ces activita demeurent des activit6s purement individuelles du ressort exclusif des exponateurs privfs. Le rOle de ces socidta de d6veloppement de marcb6 serait de foumir une s4rie de services commerciaux et marketin& visant l promouvoir !'utilisation de la vanille malgacbe sur les diff6rems march.SS, existants et potentiels, ·et b6n6ficiant done l l'ensemble de la filitre. S.63 Un programme annuel d'exportation, de valeur purement indicative, serait 6tabli avant chaque nouvelle campape et vot6 par le Conseil d' Administration l la majorit6 des deux tiers, ··sur rappon pr6alable circonstanc:i• du Comid de Promotion. Bien qu'indicatif et ne signifiant nullement la fixation d'un quota annue1 d'aportadon mais une admadnn des quantit6s pouvant etre dcoul6es, ce programme serait nnsmis • JOUV1rDemeDt et aiderait celui-ci l '1ablir des pr6visions de recettes en devises et de recettes bud1aires. 5.64 Les exportateurs malpches auraiem toute libert6 de se concurrencer sur les marcb6s 6trangers. Dn'y aurait done pas de quota ou de calendrier d'exponation d'~li, mais une concertation et des 6changes d'informations entre Jes acteurs de la filitre sur la campagne en cours et Jes perspectives l moyen terme. Les exportateurs vendraient au(x) prix qu 'ils d6cideraient. L'utilisation des informations concernant la promotion et la stratme commerciaJe S.65 Les soci6tds de d6veloppement de march, pr'-'enteraient. au moins trimestriellement, des rapports sur 1'avancement de leurs activit6s, lesquels inclueraient aussi toute information pouvant etre utile aux exportateurs. Ces rapports p~iseraient notamment les implications des 6volutions constat6es sur les march• destinataires quant aux dches et aux mutations l op6rer en amont, • - 87 - Madagascar, ou tout au moins foumiraient la base d'une discussion l ce sujet entre le., professionnels. L'interprofession veillerait fl ce que }'information ainsi g6n6r!Se soit diffus!Se par le., voie., appropri6es, et au besoin par un suppon de presse interne dont elle se doterait (mais en en confiant !'impression et l'~ition l des soci~ priv6es), l tousles acteurs 6conomique., qui en seraient les membres et aux miniswes et services publics conceml!s spontan6ment, et/ou sur demande. Les mmures seraient prise., pour que !'information irripe routes les r~ions de production. Leur diffusion aupra des divers int«e&HS serait marqu!Se par une ri1oureuse simulrauit6 afin de n 'avantager ou de ne d6savantager personne. 5.66 Ainsi serait emptch6es toute rl!tention et toute appropriation indue de l'information c:ommerciale conjoDdllrelle et strat6gique qui aurait c!t6 obtenue par des voies collectives. On veillerait cependant l ce que la diffusion de celle-cl ne puisse etre mise l profit de mania-e imponante par les concurrents arangers. L'utilisation de l'infonnation concemant le deyelQJ)Pemeot de nouveaux march& 5.67 Un des roles imponants des soci6tl!s de d6veloppement de march6 serait de d6velopper des nouveaux marcbl!s l travers des activitl!s de promotion ou panicipation l des salons imemationaux. Lorsque celles-ci identifieront des clients potentiels, les soci6tl!s de d6veloppement du marcb6 seraient alors cbarg6es de c:ommuniquer au Comit6 du Promotion le nom du client potentiel, le volume et qualit6 de la vanille que celui-ci serait pret l acbeter. Le Comit6 de promotion serait alors char&6 de c:ommuniquer et diffuser !'information auprm de I'ensemble des apormeurs et ce de manim ri1oureusement simultan6e. 5.68 Les exporweurs interess6es seraient alors libres de faire les offres c:ommerciales aupra de ces acheteurs potentiels, et ce de manike individuelle. Ainsi les operations c:omme:rciales resteraient des activitl!s exclusivement individuelles et priv6es tandis que l"interprofession seraient en cbar1e des activitl!s de promotion du sectem. L'implication de J'intemrofession dans ics activit§ 4e cecherche et de wJ&arisation 5.69 Ence qui c:onceme les activit4, de la cecbercbe, l'interprofession, l partir du budget promotion d6fini supra, poumit financer, Ii elle le daire (a) les activita de vulgarisation au b6n6fice de., plameurs et des pr6paratems, lesquelles poumiem ette sous-trait• au Service de Vulgarisation du MinAsri ou l des soci._ priv6es, (b) les activitm de recbercbe, sous-trait6e.1 pour leur pan l des centres de rechercbe locaux (FOFIFA OJI sectems priva); l'interprofession serait repraent6e au c:onseil de rechercbe du FOFIFA qui d6termine et c:ontr61e les proarammm de rechercbe sur la vanille, (c) les activitm de rechercbe, l 1'6ttanger, sur le d6veloppement de nouveaux produits et de nouvelles utilisations de la vanille, qui seraient sous-trait6es enfin auprm de centre., de rechercbe priv6s ou universitaires. Ces activitl!s seraient 6tablies selon un programme annuel, mis au point par le Comit6 de Promotion et de Recherche sus-mentionn6 et transmis par celui-ci au Conseil d' Administration, pour etre soumis l son vote l la majorit6 de ses voix. - 88 - V.B. U STRATEGIE DE QUALITE DEL 'INTERPROFESSION V.B.1. Les Principes de la Politique de Qualiti 5.70 La recherche de la qualit6, cl6 de vo1lte de la strat6gie commerciale de l'interprofession, visera en effet l offrir de la vanille de haute qualit6 l des prix comp6titifs, ce qui est possible l Mada&ascar. 5.71 L'interprofession se fixera comme objectif de remplacer 1'6quilibre •par le bas•, qui existe souvent emre planteurs et ~ aval (basse qualit6, sous-pay6e, ce qui incite l perpetuer la basse qualit6) par une dquilibre •par le baut• (prime l la qualit6, et clw des transactions, suscitant une attitude d'mwlation) et ce, tout au long de la filim-e. On satisfera par 11 11 •exigence premi~e de la qualit6: la s6paration slm qualitds. S. 12 On sait que la qualit6 de la vanille commence sur la liane voire meme dans les ~ns culturales pr6c.sdant la plantation. Ce sont, dans une premi~e phase, des actions de wlgarisation qui permettront d'amQiorer la situation en amont. Dans ce premier temps, iJ faudra enseigner avant de r6primer et le contrOle sera plus centr6 sur une vmfication en aval, au stade de I' exponation, de la qualit6 r6elle. S. 13 Au fur et l mesure que le Diveau des produc:teurs s' 61~era et que leur motivation l produire de la qualit6 augmente.ra, il sera possible toutefois de faire remonter graduellement un contrOle contraignant en amont, mais qui ne sera done vmtablement op6rationnel que lorsque des pro&ra substantiels auront 6t6 faits. Dans la situation dont on b6rite actuellement, les planteurs ne comprendraient et n 'accepteraient pas un contrOle trop s6vke: Us ont ti babitu6s l ce qu •on ne paye pas la qualit6, done l ce qu'on ne la contrOle pas. 5.74 Entin, le r6sultat du contrOle de qualit6 devra etre mat6rialis6 de manilre non 6quivoque, et le meilleur moyen l cet 6prd sera I'apposition sur tout emballqe admis l l'exponation d'une 6tiquette adb6sive pr6cisant les c:aract6ristiques de qualit6 et sur laquelle sera imprim6 le label •Madagascar•. Le label sera refus6 pour tout emballage dont le contenu ne satisferait pas l la normalisation qui sera 61abor6e par l'interprofession. Ce label devra etre con~ , par une sociti sp6cialiHe clans la conception ,rapbique et la publicit6. Le label aura le ~ e d'un pari. S'il s'applique, de manike purement cosm6tique, lune marchandise rest6e dffectueuse, il aura des effets comre-productifs. Dam le cas inverse, il constituera pour Madapscar un moyen utile pour se faire pleinement reconnaltre comme une origine de qualit6 sur le marcb6 mondial. V.B.2. La Mise ~ Jour tk la Normalisation tk la Vanllle A l'Exponation S. 1S n s'agit d'un pr6alable l un redressement de la qualit6, lequel en effet ne peut intervenir que s'il existe un langage pr6cis et accept6 par tous pour dl!signer les qualitl!s, et qui tienne compte de l'6volution constante des pratiques commerciales. Or, la normalisation dont on dispose actuellement est qualifi6e d'obsol~e par nombre d'op6rateurs mal&acbes. Cette mise l jour sera pr6par6e par le Comit6 de la Qualit6 de l'interprofession associant les repr6sentants des professions malgacbes d6sign6s, sur une base paritaire, par le Conseil d' Administration. Assisteront un repr6sentant de la Direction de la Qualit6 et de la M6trologie Ugale, et aussi, l - 89- titte consultatif, des reprc!sentants des acheteurs ,ttanaers qui en feraient la demande dans un dQai d6termin6. 5.76 Ces nouvelles normes, qui d6tiniront diff6rentes cateS1ories de qualit6, tiendront compte ainsi de la segmentation du marchc! mondial et foumiront la base r~glementaire l l 'dlarausemem de la gamme de qualit6s offerte par Madaaascar. 5.77 Une fois Sabor• et adoptNI, ell• feront l'objet d'une action d'information et de sensibilisation sur l• marchc!s 6tranaera. Une telle campape pourrait etre mise en oeuvre par la (ou les)soci6t6(s) de dffeloppement de marcbj dmac§(es) de la stratqie commerciale appliqu6e l la vanille de Madagascar et notaJIIDleltt ile II promotion. S. 78 L•effon de mise l jour portera qalement aur les proc6dures de contrOle de la qualit.6 et sur les tests objedifs de d6termination de la qualit.6 ~ e des gausses (au-dell de lmrs caractmstiques physiques inuMdiatemem perceptibles), tels que ceux permettant d'cStablir la teneur en vanilline, le taux d'humidit6, l'oripie naturelle ou non de la vanilline contenue, ou mettant en cSvidence la puret6 bact6riolo1ique, etc... Ces tests sont utilisc!s de manim-e habituelle par les importateurs cStranaers. D faudra, au sein du Comit6 de la Qualit6, s'entendre sur des valeun aipificativ• concermnt les nsultats l ces tests, desquels aussi d ~ !'attribution ou le refus d'attribution du label Madapscar l un lot expott6, c'est-Mire la possilibit6 meme d'aponer. sw ie Marchg lmmeur 5.79 Enfin, la mise l jour des normes de qualit6 l l'aponation conduira aussi l dcStiDir des r•Ies de qualit6 applicables aux stades •ven• et •noir• en amont, done, de l'exportation elle- meme. Ce travail sera r6aliscS c§galement par le Comit6 de Qualit6, avec l'aide technique des services publics c o ~ . Ce travail aera particulicemem utile en ce qu'il permeura de bien diftencier les qualit6s. Par ll, les planteurs aeront iDcitc!s l l'amBioration de la qualit6 de leur production. Le travail des achetems malaach• consiatant l Hlectionner les offres d• planteurs en fonction des qualit6s truuv111t preneur ·sur le marchc! mondial, s'en verra lui-meme facilit.6. Une fois ces ffll• de •mmna1isation int6rieure• adoptma, elle devront faire l'objet d'une tarae campape d'informadoil et de wlpriution auprts de l'ensemble des planteurs de vanllle maI1ache ainsi que des pnparateun. 5.80 Mais pralablement, tout ce travail d'6laboration aura mcessit6 une c!tude attentive des pratiques actuell• pouvant affecter la qualit6 chez l• planteurs, l• pnparateurl et l• stocteura. Cette premib-e phase, qui sen men6e l bien c!plement par le Comit6 de Qualit6, permettta l la fois d'identifier pr6cismem les diveraes causes de non-qualit6, de mieux connattte le terrain et de mieux pr6ciser le contenu et les ~ p6daaoaiques des actions de wlprisation l emreprendre ult6rieurement. D6termiDer l'aistant en la matim sera en effet une condition essentielle de l'efticacitc! p6da,oaique et, partant, de la boDDe assimilation par les intc!ress6s des contraintes de la normalisation. sachant les alc!u fr6quems qui marquem ceue assimilation clans la pratique. 5.81 Dam un m&ne esprit, une action essemielle l mettre en oeuvre est !'organisation de concours du meilleur producteur, d'abord l l'c!c:helon local puis rc§gional et enfin national. Ces concours seront dous de prix motivants, tels que des voyages aratuits l l'~ger, par exemple dam des foires commerciales ou cbez Jes importateurs des pays destinataires, et Us recevront - 90 - l'appui solennel des pouvoirs publics au niveau le plus 6lev6. Ils feront l'objet d'une information par les m6dias, et notamment, par la t66vision. V.B.3. Les Moyens de Conrrble de Qualitl d l'Exportation tt leurs Modalitls S. 82 Le contrOle le plus effectif sera fait au stade de I'exportation en vertu de la conception d'ensemble qui, aimi qu'on la soulip6, inspirera les comrOles clans une premi~e phue, et qui sera done centr6e sur des vm.ifications en aval plutOt qu' en amont. Dans cette premike 6tape en effet, on mettra pleinement l profit le fait que les contrOles de qualitd sont plus faciles l mettre en oeuvre au •goulot d'6tranglement• final que constitue le stade d'exportation. Toutes les exportations de vanille seront soumises au contrOle de qualit6, qui se fera par 6chantillonnage, et selon les param~es ou criwes arretds par l'interprofession clans les normes l l'exportation mises l jour. Ce contrOle sera effectu6 par une soci6t6 priv6e. Ses services seront r6mun6r6s par l'interprofession et seront financ:65 par la cotisation relative au contrOle de la qualitd. S. 83 Cette soci6t6 devra poss6der les ressources bumaines et en matmel n6cessaires l !'ensemble de ces prestations (contrOle de qualit6 contrOle phytosanitaire, mesure des constituants intemes, ces deux dernim-es fonctions n6cessitant des laboratoires appropri6s). Son accr6ditation auprb des services de contrOle de la qualitd des pays imponateurs et des importateurs 6trangers sera consid6r6e comme nkessaire et, si elle n •est pas d6jl obtenu au d6part, devra etre recherc:h6e s'il ya lieu, en engageant l cet effet les dmnarcbes n6cessaires. L'activitd de cette sociti sera contr016e elle-meme par la Direction du ContrOle de la Qualit6 et de la M~logie Ugale selon des modalit6s l prkiser par l'interprofession. 5.84 Les lots rdpondant aux critm-es de qualit6 seront admis l la proc6dure de pr6emption et se verront appos6s alors l '6tiqueae ponant le label Madagascar pr6cisant la cat6gorie de qualit6 du contenu et ses llltres caract6ristiques distinctives. En meme temps qu'elle effectuera !'apposition de cette 6tiquette, cette sociti d6livrera un Certificat de ContrOle de Qualit6 indiquant les r6sultats du contrOle effectu6 par ses soins, dont la catqorie de qualit6 et autres caract6ristiques distinctives du lot. Ce Certificat sera exi16 par le Service des Douanes au moment de -1' exportation, et servira de base l la proc6dure de pr6emption. 5.85 Les lots d'exportation ne satisfaisant pas aux normes de qualit6 l l'exportation ou pr6sentant une qualitd r6elle infm.ieure l celle d6clar6e par l'exportateur, seront refus6s et n'obtiendront done ni le label ni le Certificat de ContrOle de Qualit6. Ds seront done d6claris impropres l l' exportation. S. 86 Dans le cu o~ le lot inspect6 prdsenterait une qualit6 sup6rieure l celle d6clar6e, l'interprofession n'aura pas l se prononcer et 1111tarnrnent l interdire l'exportation. N6anmoins, les r6sultats du contrOle seront communiqu6s aux pouvoirs publics sur leur demande. V.B.4. La Procldure de Priemption 5.87 Afin d'6viter l'6vasion fiscale par le biais d'une sous-d6claration de la valeur des lots export~ se traduisant par un moindre rendement de la taxe unique ad valorem, les lots l l' exportation d6clar6s conformes passeraient tous par une proc6dure de pr6emption. Ce dispositif - 91 - permettrait en outre de stimuler le dynamisme des exportateurs existant, voire d'inciter l la cr~on de nouvelles maisons d'exportation. 5.88 La mise en oeuvre de cette proc6dure de pr6emption suppose que la qualitl! du lot exportable ait passl! avec succ~ le contrOle de qualit6, soit done accompagn6 du Certificat de ContrOle de Qualit6 6mis par la soci6t6 de contrOle et se voit w apposer le label Madagascar. S.89 La socidl6 priv6e charg6e du contrOle de qualit6 serait charg6e 6galement de mettre en oeuvre la proc6dure de pr6emption. S.90 Les marchandises soumises l la proc6dure de pr6emption seraient plac6es dans un lieu d' entreposage gard6, sp6cialement affect6 l cet usage, et qui serait accessible l tout pr6empteur 6ventuel pour une inspection visuelle du lot. Publicit6 imm6diate serait faite des r&ultats du contrOle de qualitd et de la tranche de prix FOB d6clar6e par l'exportateur (tranches pouvant aller de $3 l $4/kg au maximum). Cette publicit6 serait faite par le Comit6 de Qualitd sur la base de l'information fournie par la soci~ charg6e du contrOle de qualit6 et de la proc6dure de pr6emption. 5.91 Dans un dQai de 5 jours ouvrables, la pr6emption pourrait etre attribu6e au meilleur offrant qui aurait communiqu6 son offre sous pli scell6 au Comitd de Qualit6. Cette pr6emption au meilleur offrant serait acquise l la condition que le prix propos6 ait 6t6 au moins sup6rieur de 5~ l la moyenne de la tranche consid~6e. Une pr6emption acquise pourrait etre annul6e si l'exportation effective n'a pas lieu dans un d6lai donn6. Dans ce cas, des pmalit~ pourraient en outre etre appliqu6es au pr6empteur. 5.92 Une fois la proc6dure de pr6emption achev6e, un tampon serait appos6 sur l'emballage et un Certificat de Pr6emption attestant que le lot a pass6 la proc6dure de pr6emption et indiquant la tranche de prix FOB d6clar6 par l'exportateur, serait d6livr6. 5.93 Le Comit6 de Qualit6 serait charg6 du suivi et contrOle de la proc6dure de pr6emption. 5.94 Le lot l l'export muni du Certificat de ContrOle de Qualit6 et du Certificat de , Pr6emption serait donc·pret l l'exponation. Ces deux documents seraient exig~ par le Service · des Douanes, constituant ainsi des documems juridiquement nkessaires pour toute exportation de vanille. Les lots ainsi aptS l l'exportation seraient alors plomba. 5.95 Le montant de la taxe calcul6 par le Service des Douanes ne pourrait etre inf6rieur au minimum du montant de taxe 6pl au prix minimum de la tranche indiqu6 sur le Certificat de Pr6emption multipli6 par le taux de la taxe ad valorem unique en vigueur. V. C. U POU11QUE DE S'TOCKAGE 5.96 Le stockage est appel6 l etre une fonction importante de l'interprofession de la vanille, si les professionnels d6cident s'en supporter les coQts financiers. D en constituera aussi un signe distinctif par rapport aux interprofessions d'autres fili~es. qui n'auront pas l contribuer et l g6rer des stocks. Le stockage doit faire l'objet de dispositions pr6cises visant l 6viter toute d6rive pr6judiciable et l en faire au contraire un instrument privil6gi6 de reconquete du march6 mondial - 92 - par Madagascar. Un 6chec de la politique de stockage repr6senterait des dangers ,raves pour I' interprofession. V. C.1. La Rupture ~c lt Passi: Rtdqinition us Principes et us Objtctift du Stockagt par l 'lnttrprofession. S.97 Comme cela a ~6 explicit6 pr6c.Semment, le 1onflement des stocks au cours des demia-es ann6es traduit 1•6:hec de la politique commcerciale suivie par Madagascar et accompape la dqradation de sa position sur le march6 mondial. Les stocks soot devenus pour une large part, le rservoir o~ se d6verse la vanille de qualiU m.Siocre, carr6ment invendable, ou encore ne justifant le prix unique impos6 par I" Alliance Vanille. Une autre part des stocks est purement et simplement fictive. Leur tonnage total estim6 actuel est clairement disproportionn6. Les indemnits mensuelles de stockage soot tr5 lourdes l supporter financiuement. Par ailleurs, Ies fonds versa l la Caisse de Stabilisation om ~ d6tourns par l'Etat de leur objectif de stabilisation qui leur avait 6t6 initialement assign6, et d6penss l d'autres fins. Le rsultat est que les indemnit6s mensuelles de stockage nc sont plus vers6es depuis D6cembre 1990 et que les prix officiels ne sont plus aarantis. Une proponion imponante de la vanille stock6e l'a 616 pendant une dur6e telle que ses propri~s marchandes en sont alt6r6es significativement ou d6finitivement. Tout se passe en quelque sone comme si les stocks, dans leur composition et leur volume actuels, servaient l prot6ger les concurrents, non l se prot6ger d'eux ou l entamer leurs positions. S.98 En rsum6, les stocks ont 6t6 d6voya de leur finaliU premia-e: d'un moyen ils soot devenus un fardeau et le sysi=e fonctionne l l'envers. Les fonds pr6vus pour la stabilisation ne sont plus disponibles. Quelles doivent etre alors les fonctiom des stoclcs pour l"interprofession de la vanille? 5.99 Les stocks peuvem jouer des rOles divers: stocks de campagne, de sp6culation, de r6gulation, de rserves, et de s6curiU. Pour 6viter toute dmive analogue l celles constat6es dans le pass6, ii est indispendable que !'inter-profession limite ses activits de stockage aux seuls sto:ks de s6curiU, l l'exclusion de tout autre. Tout autre type de stocks apparatt en effet comme 6tant du resson de !'initiative et de la prise de risques individuelles, et done une d6cision commerciale purement priv6e. 5.100 Le stockage de s6curiU constitue une murance du secteur contre des 6v~ements climatiques exceptionnels tel qu'ua cyclone: ai la production de l'ann6e est perdue en tout ou partie, la vente des stocks de s6curit6 permettra l la fois de procurer un revenu minimum aux producteurs et d'assurer un maintien des exportations. Ce maintien est indispensable pour mter que les acheteurs 6trangers passent durablement l d'autres origines concurrentes ou l des substituts synth6tiques de la vanille naturelle. On veut aussi 6viter par ll un effondrement du march6 mondial du type de celui qui s'6tait produit en 1979-80 l la suite du cyclone de 1977. 5.101 On admet gmi6ralement que, sans systmie d'assurance, le niveau de stockage de s6curiU qui serait r~~ par le secteur priv6 sur une base individuelle tendrait l ne pas etre optimal. La mise en place d'un systmne collectif d'assurance permettrait alors de pallier cette carence de !'initiative individuelle. 5 .102 L 'interprofession peut permeare le montage de ce dispositif d" assurance. Un tel symme d'assurance fonctionnerait en constituant un stock de s6curit4, sur lequel le secteur pourrait puiser en cas d'accident climatique exceptionnel entrainant un d6ficit arave de l'offre. Ce stock serait -93 - constitu6 graduellement sur uncertain uombre d'ann6es jusqu'l l'obtention du niveau dau6 par le secteur. D serait financ6 par des cotisations annuelles de stockage. En cas d'accident climatique exceptionnel, les stocks de s6curit6 seraient alors vendus aux conditionneurs-stockeurs sur la base des antmorit6s acquises et l un prix d6termin4. Le produit de la vente serait r~arti int6gralement entre Ies planteurs affecta par cet accident climatique au prorata des quantit6s vendues pr6c:6demment par eux. Les cotisations accumul6es permea:raient alors de d6marrer la reconstitution progressive du stock de s6curit6. 5.103 Une discipline financike stride est une condition sine-qua-non du boo fonctionnement et de la puennit6 du mkaniunA d'assurance collective. En effet, les cotisations annuelles de stockage ne doivent etre utilis6es qu'l leurs fins prwues; c'est l dire soit l l'acbat de vanille en vue de la constitution progressive du stock de s4curit6, soit l une capitalisation lorsque celui-ci aura atteint son tonnage pr6w (capitalisation qui servira l financer le rachat progressif du stock apr~ datockage). 5.104 Etant donn6 que la vanille ne peut etre stock6e que sur des p6riodes limit6es, il serait ukessaire de pr4voir une rotation physique des stocks de s6c:urit6, c'est-l-dire de proc6der chaque campagne l leur renouvellement partiel. Ce n6c:essaire renouvellement implique l la fois des codts financiers et une prise de risque commercial par l"inter-profession. Les codts financiers tiennent l la diminution de la valeur marcbande de la vanille stock6e caus6e par le vieillissement et par la freinte par dessication. Les risques commerciaux raultent du fait qu'il ya acbat et veme de vanille par l'inter-profession au prix du march6. L'existence de ces codts financiers implique que ceux-ci devront etre couvens, et ils le seront par Jes cotisations annuelles de stocbae. D en va de mtme pour les risques commerciaux; comme ceux-ci ne pourront etre connus qu'ex-post, il faut pr4voir que les taux de cotisations puissent etre ajusta en cons6quence, et de manike r6gulike. 5.105 De plus, la vanille stock6e 06:essite une manipulation et inspection constantes en vue de sou entretien et notamment 4e r 6.limiuatiou des ,ousses d4fectueuses. Ceci implique des codts financiers, qui devront aussi etre couvens par les cotisations 1DDUelles de stocbae. 5.106 L'inter-professiou nous parall ecre riDstance la plus habilit6e l assurer cette fouction de stockage de s6curit6, pour Jes raisoDS suivantes. On a vu en effet l quels r6sultats aberrants on arrivait lorsque Jes stocks l!taient 16cm par l'Etat ou par une instance qui d ~ directement de lui (Caisse de Stabilisation). On suppose que la 1estion par les professionnels, via rinter- profession, est une meilleure solution. 5.107 En effet, comme ce sont eux qui financmt les stocks par leurs cotisations, ils seront incita l en surveiller 4!troitement la bonne utilisation. Par ailleurs, l'interprofession, en tam qu 'instance de concertation ouvene, leur fournit Jes moyens de pr6venir toute utilisation indue des fonds collecta en vue du stockqe. La compt!tence des professionnels est eu elle-m!me une garantie coutre des tentatives irr4alistes clans la gestion des stocks. S.108 D'autre part, comme l'interprofession n'est pas une entit, l but lucratif, elle est suppos4e !tre mieux l m!me de conserver aux stoclcs la fonctiou restrictive de mkanisme collectif d'assurance que l'ou vient de d6finir: en constituant et en 6c:oulant Jes stocb, elle ne fera pas acte de commerce, (meme si elle ne pourra 6viter de faire face l certains risques commerciaux comme on vient de le souligner). Entin, l'interprofession, instance qui Babore les - 94 - normes, est dans une bonne position pour contrOler la qualiti des aousses l stocker, et, par ll, 6viter Jes d6voiements pass6s. V. C.2. Les Modalil~s du Stockage dans le Nouvttll,I Systl~ 1) Oui d6cide de la politigue de stoc1c31e? 5.109 Comme le sto<:taae sera une function importante de l'interprofession, les principales d6cisions doivent revenir au Conseil d Administration de l'Inteq,rofession. Un Com.id du 0 Stockage, plus restreint, et ol seront repraent6es toutes les families professionnelles, assurera le suivi technique et financier, et se r6mira avec la fr6quence nkessaire. 2) Oui possmte Jes stoclcs de s6curit€7 5.110 C'est I inter-profession qui serait le propri6taire 16gal de ces stocks de s~t6 puisque 0 c•est elle qui se ponerait acqu6reur sur le march<! local des gousses de vanille n6cessaires l la constitution et rotation des stocks de s6curit6. 3) Oui 1m les stoclcs en function des d6cisiOJ1$ prises? 5.111 D parait souhaitable qu•une sociti privN, distincte de I'interprofession, soit charg~ du stockage physique, dans le cadre des d6cisions prises par l'inter-profession. Elle sera choisie en function de son ind~ance et de sa comp6tence technique. le stockage ayant bien des traits d'un maier. Ses services seront retribua l partir d'un chapitre sp6cial du budget stoctage de !'inter-profession. Ceue sociti devra tenir un inventaire permanent des stocks au moyen d'une stticte comptabilit6 matia-e et veiller l ce que les qualita d6clar6es correspondent exactement aux qualit6s r6elles des lots stock6s. Les n6cessita de l'entretien des stocks interdisant le plombage des emballages, ceue sociti devra veiller avec la plus grande rigueur l ce qu'il ne soit o~6 aucun transvasement injustifi6 du contmu d'un emballage l un autre emballage. 5.112 Ceue Socidt6 clevra tenir une comptabilit6 pnmle et analytique qui permettra l l'inter- , profession de chiffrer les divers coQts financiers lia au stockage. Les comptes de cette Socidt6 seront soumis au contrOle d'audit de l'inter-profession et l celui des instances judicaires comp6tentes en matia-e de fonds collectifs. 5.113 Le calcul du co1lt des services de stocta&e qui seront pay& l cette Sociti priv~ sera bas6 sur le coQt d'entretien des stocks dbrlllim par comptabilit6 analytique, auquel s'ajoutera . une marge normale de profit. Les co1lts lia l la prise de risque commercial r6sultant de l"achat et de la vente de stocks et de la diminution de la valeur marcbande de la vanille stock~ seront assum6s int6gralement par l'inter-profession. 4) Comment financer Je stockai:e? 5 .114 Le coot total du stocka1e sera fiDanc6 par une c:otisation sur le produit des ventes export, pr6aff~ au stockage, et dont le taux, d6:id' chaque anMe par le Conseil d' Administration pourrait se situer en premia-e appimimation entre 2 et 4~ de la valeur FOB d6clar6e. D sera fait appel l des actuaires professionnels offrant toutes les garanties d'ind6pendance pour d6terminer le taux soubaitable. - 95 - 5.115 . Toutes les op6rations financi~res relatives au stockage rulis6 par l'interprofession seront sous le contrOle des juridictions comp6tentes en matike de fonds publics. Lecompte •stocks• de l'interprofession sera, comme ses autres comptes, ouvert l la Banque Centrale. D s'agira d'un compte bloqu6. Les d6p0ts seront r1Smun6ra. Ds ne pourront atre affect6s l aucune autre utilisation que celles d6cid6es par l'interprofession, et dans le seul cadre de la aestion des stocks. 5) OueUes guantitQ stocker? 5.116 n ne pourra pas y avoir de ratio fixe entre le niveau de la production et celui des stocks de ~ . clans la mesure oo cela risquerait d'induire une sarisation excessive des op«ateurs de la filike en leur offrant un dQ>ouch6 assur6. Le volume de stocks de s6curit6 sera une function des exportations passlSes, et devrait correspondre soit l la quan~ n6cessaire pour s6curiser les acheteurs «ran1ers, soit l l'effon financier (cotisations stockages) que les membres de !'inter-profession seraient disposer l fuurnir en we du stoqe de s6curit6. 6)@ raJiser Je stoclcage? 5.117 Le stockage devra se faire dans des entrepOts sp6cialement pr6vus l cet effet, con~ en function des exigences du stockage. Ces locaux seront surveilla. D semble raisonnable de pr6voir un entrepOt par r6gion de production, et, en tout mt de cause, un l Sambava et un l Amalaha. 7) La Yeote 4e stocks en ca., 4e crise mu 5.118 La situation de crise de production grave justifiant 1'6coulement massif des stocks ne pourra etre constat6e que par le Conseil d' Administration de l1nterprofession sur rappon circonstanci6 du Comit6 des Stocks. Une situation de crise de production arave serait d6finie en function d'6vaiements climatiques exceptionnels, du type d'un cyclone, qui auraient dmuit toute ou panie de la production de la vanille; ceue situation poumit par ailleurs et:re diff6rencil!e selon Jes r6gions producttices. Le Conseil d'Administration d6cidera des quantita l destocker, avec leur ventilation selon les diverses qualits, de 1'6:helonnement du destockage aussi que des prix de vente et, s'il ya lieu, de dispositions paniculikes selon Jes f6aions de production. Les • quantita destoct. seraient r6parties entre les divers exportateurs selon leur part moyenne dam • les exponations au coun des ttois derniues anncSes. 5 .119 Le prix auquel la vanille issue des stocks de NCUrit6 serait c6dl!e aux exponateurs serait 6gal l la somme du prix d'achat, des coats d'emretien comspondants (d6termin6s l panir de la comptabilit6 analytique de la socil!tl privl!e cbarg6e du stockage) et des coQts li-SS aux op6rations de datockage. 5.120 Le produit net de la veme des quantit6s destock6es serait r6pani entre les producteurs toucha par l'accident climatique, r6gion de production par r6gion de production JI/, sur la base de la moyenne de leurs apports, expriml!e en poids ou en •ivalent poids stade vert, au cours des ttois demiues ann6es comme dans le cas des exportateurs. A cette fin, on utiliserait les releva d'appon consignm dam les livrets poss61a par chacun des producteurs. JI/ Une r6gion de production n'ayant pa., l!t6 touchl!e par l'accident climatique ne bm6ficierait bien sur pas de ces paiements. -96- VI. LE ROLE DE L'ETAT DANS LA F1LIERE VANILLE 5.121 La mise en place de l"intaprofession et la libre initiative, assonie de disciplines collectives librement consenties, qui est le principe fondamental de cette institution, impliquent une profonde red6finition du rOle de rEtat dam le secteur de la vanille. 5.122 L'Etat doit faire son deuil de sea pntentions l r6genter la vie 6conomique et l dkider en lieu et place des acteurs de 1"6conomie, en particulier des professionnels de la filin vanille, ce qu'ils doivent faire, c'est-l-dire 1 que1s prix, quellea quantita, l qui, o~. ils doivent vendre, etc... Par contte, l'Etat doit assumer, mais dam lcur totale pl6nitude, des praoptives qualifi6es 1m.-alement de normales en ce qui le com, et qui correspondent minemear l sa mission de pr6servation de l'int6dt 1m«a1 et du bien public. 5.123 Si cette mutation nkessaire de l'Etat est entreprise et achev6c. on doit aboutir au tableau suivant de ses relations avec l'konomie en 1m6ral, et la filime vanille en sw,iculier une fois que son inteq,rofession aura 616 cr66e (avec l'appui de l'Etat): - l'Etat assure l'ordre public et notamment dote les forces de l'ordre de taus les moyens nsessaires l l'application de la loi de 1988 sur la r~ression des vob de la vanille et veille l ce que les agissements d6lictueux soient port6s devam les criburwia judiciaires. C"est ll une des conditions pr6alables de l'effort de redressement de qualill de la vanille malpche entrepris par l'interprofession; - l'Etat met en place ou amBiore lea moyens de conununication • de lil6cnmmunication qui doivent relier les r6&ions producttices de la vanille au reste du pays • nntarnrnent l Antananarivo. Sans ce d6senclavement, l'interprofession n'aurait pas I• moyens de fonctio1111er dam des conditions normales; - l'Etat appuie la dmmcbe d'effi~ et de recbercbe de la quaJill de rimerprofession en favorisant une bow entente et une bow collaboration emre celle-ci • sa services de recherche et de vuigarisation, • en assipant l ces demiers des m.issiom ea accord avec celles de l'interprofession. VEtat recberc:hera amsi la meilleure coordination possible entre les chercheurs et les vulaarisateurs. Les premiers ont besoin des seconds pour tramrneare aux planteurs les messages tecbniques utiles et les seconds om bcsoin des premiers pour p r ~ les orientatiom de leur travail et pour ne pas en d6connecta des r6alita du terrain. Les plamadons offnmt amsi, l leur manim, un cbarnp d'expmmentation et d'observation, aux c:Ot6s des stations de recherche; - dans un m6rne esprit l"Ew accorde tout son appui, tant dans les dklarations des responsables politiques que dam l'action des ministkes et des services d6centralism, l la constitution et au renforcement de ,roupements de producteurs, meuant fin ainsi l la situation pr6sente, qui est caract6riHe par une faiblesse tra dommageable de ces or&anisations. Le but est de susciter 1'6meqeace d"interlocuteurs responsables vis-l-vis aussi bien de l'Etat que de leurs partenaires de l'interprofession, qui soient conscients des r6alit6s du marc:hc! mondial et se ddpartissent done de teutations dc!zna&o&iques. Ce n'est qu 'l cette condition que ces groupements peuvent esp6rer 61alement int6,rer lea stades de la prdparation et de !'exportation de la vanille. Les conditions seront tout au moins crc!6es - 97 - pour qu'ils puissent le faire s'ils veulent prendre les risques affc!rents. L'interprofession aura rc!ussi Ala condition, en particulier, que le niveau de vie et le niveau de conoai5"Dce des planteurs ainsi que les capacitc!s gestioooaires de leurs c!lus s'amc!liorent significativement; - d'autre part, I'Etat Ala fois dc!pendra du travail r6alis6 par l'interprofession et parach~era celui-ci en cc qui concerne ses missions de contrOle aux frontiues et notamment de contrOie douanier. Dans ce domaine, l'Etat et l'interprofession s•~auteront run r amre. 5.124 En effet, la r6pression des exportations de contrebande affaiblira les francs-tireurs de l'interprofession, amBiorera l'assiette de fioaocement des cotisations qui Jui som dOes, assainir~ la fili~e. et augmentera les rentr6es fiscales de l'Etat via la taxe unique. 5.125 L'efficacit6 sur les marcbc!s 6trangers attendue de l'action de l'interprofession, et done l' augmentation des ventes, aura un meme effet sur le rendement de la taxe unique. D' autre part. en permettant d'c!lever le revenu des op6rateurs de la fili~e. elle offrira la possibilit6. si l'Ew se dote des services fiscaux n6cessaires, d'accrottre les rentr6es fiscales tealement par le biais de l'impOt sur le revenu, de la f1Scalit6 indirecte, et de celle sur les balHaca des soci6tc!s. 5.126 Par ailleurs, le travail des douaniers, par ce qui est du calcw du montant de la taxe unique l payer par les exporweurs, sera extremement facilit6 par le conu6le de la qualit6 et la proc6dure de prc!emption mis en oeuvre par l'interprofession, en recounur aux services d'uoe soci~ priv6e sp6cialis6e, pour les lots devant !tre exponc!s. Les services douaniers auront en effet, par ce moyen, une base claire pour la vmfication du prix l l'apon dklar6 sur la facture accompagnant le lot export6. D va sans dire d'autre part que la proc4dure de pr6emption aura pour effet d'emp!cber la sous~6claration de la valeur de ces lots aporta a pennettra l son tour une c!lcwation du rendement de la taxe unique. - La Direction du ContrOle de la Qualit6 et de la M6trologie Lqale du Ministue du Commerce aura clans ses praogatives de contrOler la fiabilit6 du c:omrGle de qualit6 sur les lots expoms effectu6 par la soci~ priv6e 51)6:ialisN qui en aura ~ mission de la part de l'interprofession. Elle pourra ~ement mettte en oeuvre, en se dowtt des moyens matmels et humains n6cessaires, des pro,rammes de certification qui pourront !tre facturc!s aux professionnels demandeurs de ces services. - L 'Etat, enfin, jouera un rOle cemra1 clans la d6termination de la compmtivit6 du secteur de la vanille sur les marchc!s extmeurs l travers la fixation du niveau de la taxe ad valorem unique l l 'exportation. Etant donn6 les cwolutions constantes de la demande mondiale d'une pan, de l'offre des pays concurrents tels que l'lndonc!sie d'autre pan, et de I' 6volution du march6 iodrieur enfin, le niveau de cette taxe ad valorem devrait pouvoir • faire l'objet des r6visions et ajustements n6cessaires. De tels ajustements soot en effet incwitables si l 'on veut assurer le maintien de la competitivit6 de la vanille malgache sur le march6 mondial. Ils devraient faire l'objet de concertation des Pouvoirs Publics aupr5 de l 'interprofession vanille afin de 1arantir une information parfaite des premiers quant l 1 •cwolution du marcb6 mondial et des perfonnances des exportations malgaches sur le marcb-S mondial. - 98 - CIIAPITRE 6 GESTION DE LA TRANSITION 6.1 La pa-iode de ttamition conceme l la foil l'or1anisation et la 1estion de la filike et s'l!tend entre le moment praent et la date de mile en place dffinitive des rfformes fnndamr-arales 116:essaires l la re-dynamisatinu du secteur: lib6ralisation, abolition des taxes diverses et institution d'une tu.e ad-valorem unique l I'export, cr6ation et mise en marcbe d'une structure imer-professionnelle. Des propositions concemam les orientations et Jes modalit6s concrkes de fonctionnement qui poumient caract6riser cette orpnisation future du secteur de la vanille l Madapscar ont 6t6 pr6sent= dam la section pr6c6dente. D s 'agit. dans cette section. de proposer les aapes chronolo1iques des r4formes qui permettrom d'atteindre l cette nouvelle organisation du sec:teur. 6.2 Six aapes sont HCCSsaires afin de mettre sur pied l'organisation propoee du sec:teur de la vanille. Elles sont lides l: (1) l'inventaire physique des stocks mdstams et Jes actions qui en dlcoulent; (2) l'adoption d'une nouvelle 5trat6aie commerciale sur les marcha 6tran1ers et les mesures qui s•y rauachent. y compris l'abaissemmt du Diveau de taxation actuel et la veme ordonn6e des stocks sur le marcbf mondial; (3) la redffinition des normes de qualitl l l'exportation et. partant, sur le marchl intmeur, ainsi que leur diffusion et wlprisation; (4) la cr6ation du cadre l,Sislatif 116:essaire l l'mblissement d'une structure imer- professionnelle; (5) la ralisation d'une campape d'information aupra des families professionnelles, notamment les plameun, sur les causes de la crise et sur ses solutions, et la dffinition de proc6dures de concertation prables l la mise en place d'une structure imer- professioDDelle. (6) la lib6ralisation du secteur_ I. PREMIERE ETAPE: INVENTAIRE PHYSIQUE DES STOCKS EXISTANTS 6.3 Etam donn6 l'imponance cruciale d'une mesure exacte des stocks, tant en volume qu'en qualitl, dam la r6ussite du processus de r6fonne, celle-ci devrait etre ralisle imm6liatement. La meilleure solution serait que cette dcbe soit prise en charge par une Soci6ll privle (nationale ou intemationale) et non par les or1anim• existants (Caisse de Stabilisation, GNIV, ou Ministke du Commerce), ceci afin d'assurer une impartialit.6 totale et de raabllr la confiance, qui manque cha: )'ensemble des opmteurs 6:onomiquea de la filike. 6.4 La r~artition des stocb peut actuellement (avant inventaire) acre estimle de la manike suivante: -99 - STOCKS YANJLLE ESTIMATION & REJ>ARTmQN Stocb ThcSoriques ( ~ 1 la Caiue au 30/4/91) 3.093 ronna Production Eatimcc Campape 1991 1.lOOtollllOI (vnc 6-uivalcn&) Total MPIJSition RV Agent: S1ocb apput.enanl l la Caiuc 172 tonnc:a ( ~ en 1986187) Stocb aoua contrat-Caiue 2.221 tonnea (au 30/4191) Production Eatimcc Campape 1991 1.100 tonnea (vnc6-uivaJcnt) MPt,rtitipn w Nature: Vanillc laveadablc ( ~ 700t.oana Stocb Pidifa (Cldm6) 700 tonnca Vanillc ~ Muebande 2.793 tonnca R,artitign de la Vanille QuaW Marphande: VaaiDe + 14 cm 793 &oanCI VaaiDe - 14 cm 900 lOIUICI Vanillc Mcollc 1991 1.100t.oana 6.5 L"inventaire des stocks devrait etre exdcut6 de manim rigoureuse scion leur nature juridique (stocks rachet6s par la Caisse, stocks sous contrat-Caisse, stocks libres), selon leur qualit6 (d'apra les normes de qualit6 acmellement en vipeur: qualit6 Ema. le l 4e Cat6gorie, cuts, et invendables), et enfin selon leur ann6e de campape (campagne de production). D devrait etre o~6 de maniae simultan6e sur J"ensemble du territoire, et pendant une p6riode courte afin de permettre le plombqe des caisses jusqu"l l"acb~ement de l"inventaire. Le coQt financier de l"inventaire physique des stocks serait l la charae du budget de l"Etat. 6.6 Les actions suivantes devraient etre emreprises imm6diatement apra ach~ement de l"inventaire physique: - 100- Stocks Ayant Fait J'Obiet d'un Rachat par Ja Caisse - Fictifs: Remboursement de la valeur du stock (plus inter!ts) par le conditionneur- stockeur. l verser sur un Compte Special de Promotion. remunere et ouvert l la Banque Centrale sur la base du prix paye par la Caisse au moment de l'ac:hat de ces stocks auxquels s'ajouteraient des interets; Arret du paiement des indemnites de stoqe et remboursement sur le Compte Special de Promotion des indemnites de stoclcage per~es , (plus les ~ets) depuis leur date d'acbat; des poursuites judiciaires (exemple: retrait de la carte professionnelle) pourraient etre entreprises, et des amendes pourraient etre infligees. - Invendables: Destruction pure et simple; arret du paiement des indemnit.6s de stockage et remboursement sur le Compte Special de Promotion des indemnit6s de stockage per~es (plus interm) depuis leur date d'acbat. - De Qualitf Marchande: lnventorie par qualit6; regularisation et reprise du paiement des indemnit6s mensuelles de stockage par la Caisse de Stabilisation. Stocks sous contrat-Caisse - Fictifs: Remboursement de la valeur du stock (plus int6rets) par le conditionneur- stockeur l verser au Compte Special de Promotion sur la base du prix pay6 par la Caisse au moment de l'acbat de ces stocks auxquels s'ajouteraient des interets; Arret du paiement des indemnites de stockage et remboursement par le conditionneur-stockeur sur le Compte Special de Promotion des indemnit.6s de stockage per~es (plus int6rets) depuis leur date d'achat; des poursuites judic:iaires (exemple: rettait de la carte professionnelle) pourraient etre entreprises, et des amendes infligees; remboursement par l'Etat de la valeur du nantissement l la banque commerciale concernee. - Invendables: Destruction pure et simple; arret du paiement des indemnites de stockage et remboursement par le conditionneur-stockeur des indemnit6s de stockage per~es (plus interets) depuis leur date th6orique d'achat sur le Compte Special de Promotion; remboursement par l'Etat de la valeur du nantissement l la banque commerciale concernee. - De Qualitf Marchande: lnventaire par qualite; r6gularisation et reprise du paiement des indemnit.6s mensuelles de stocta&e par la Caisse de Stabilisation. 6.7 Pour la campagne de vrac 1991/92, le march6 fonctionnera de mani~e normale. c•est- l-dire que les conditionneurs-stockeun se porteront acbeteun de la vanille de qualite marcbande au prix fixe par le diff6rentiel. Ces stocks seront normalement passes sous contrat-caisse et nantis aupr~ des banques commerciales. Les indemnites mensuelles de stockage seront pay6es reguli~rement par la Caisse de Stabilisation. Les agents de la Direction du Conditionnement et de la Ml!trologie Legale seront charges de proc:6der au contrOle physique des volumes et de la qualite des stoclcs qui seront mis sous contrat-Caisse. - 101 - ll. DEUXIEME ETAPE: ADOPrlON D'ONE NOUVELLE STRATEGIE COMMERCIALE 6.8 Pour la campape commerciale correspondant au 29e Plan (1991-1992), le paiement de $ 1.5/q par les acheteurs 6trangers l Univanille devrait etre supprinut A la place, la Caisse de Stabilisation serait charade d'engager immr6cUatemeat (sur la base d'appels d'offre intenuitionaux) une ou plusieurs Soci&Ms Priv6es lnternationales spr6c:ialis6es clans le d6veloppement des rnarcha des produits qricoles l baute valeur. Cea Soci&Ms Priv6es seraient charg6es de (a) proposec une 5tnt6&ie conunerciale pour la vanille de Madapscar sur la zone g6>araphique o~ ella aeniem c o ~ , et ceue st:ratqie qui incluerait da propositions chiffr6es relatives au prix apart pour la diffmmtes qualita de vanille npenoricSes Ion de l"inventaire physique des stocks, ainsi qu 'une estimation des volumes pouvant etre r6c:oula sur ces rnarcha l un horizon de plusieurs ann6es; ces propositions de prix permettraient d'assister Jes Pouvois Publics dans la d6termination de prix de vente optirnaux sur les diff6rems march• pendant cette campape; (b) de meure en oeuvre la strat6pe proposN; (c) d6velopper del DOUVeaux march• 16>,raphiques; (d) de prornouvoir la vanille rnalpche sur Jes rnarcba existants et de d6velopper ceux-ci, y cornpris en pr6voyant le d6veloppement d'un proaramme de certification d'exttaits. 6.9 Ces Soci«• priv6es seraient financ6es l partir d'un budget guc! exclusivement par la Caisse de Stabilisation; ce budget serait constituc! l partir d'un prBnement l l'apan ($1.5 l $2/q). Les Fonds issus de ce pr6lwement seraient directement vers• au Cornpte Spr6c:ial de Promotion, ouvert auprs de la Banque Centrale, et r6mun~. 6.10 Le prix de S 74/kg l l'export serait done ajust6 en fonction des recnmmandations des Soci~ Priv6's de D6veloppernem de Marchdl. En attendant que ces Soci6ta soiem s6lectionn6's, il est recommand' aux Pouvoin Publics de procr6cier l une baisse du prix apart de la vanille de haute qualit6 d'environ 20• (au lieu des 10• propods) s'appliquant sur la totalit6 des acbats (au lieu des 30 tomies minimum d'acbat). 6.11 La diffl!rence entre le nouveau prix FOB effectif propod ci-dessus et le prix FOB &aranti payc! l I'exponareur sera norrnalement collecr. par le Traor et distribu6e de la manise suivante. En priorid seront couvens: (a) le pnlwement pr6w alimemam le Compte Spc!cial de Promotion, (b) la dc!penses courantes et normal• 12/ de la Caisse (fonctionnement et salaires) «ablies sur la base de son bud1et ammel qui alimenteront le budget normal de la Caisse de Stabilisation l son cornpte (ddbloqu6) au Tnllor, et (c) l• prmsions de dl!pemes relatives aux indemnit6s me:nsuelles de stocta&e, qui serum provisionn• l un Cornpte Spr6c:ial de Stoctaae, r6munuc! et ouvert l la Banque Centrale; ces pnMliom aeront basNI sur les nsultats de l'inventaire physique des stocb 2QI. Le IOlde restant, apm venement l ces trois cornptes, sera verse! au titre des Opm-ations Gc!Mrales du Traor, et tiendra lieu de recettes fiscales. 12/ La Caisse arretera toute dc!pense d'investissement. ~/ Si les recettes de la Caisse ne sont pas suffisantes pour couvrir les indemnitc!s de stockaae, celles- ci devraient etre l la charge de l'Etat. - 102 - m. TROISIEME EI'APE: MISE A JOUR DF.S NORMF.S DE QUALITE 6.12 Lors de la campagne 1991/92, un Comit6 regroupant des reprdsentants des cooditionneurs-stockeurs, des pr6parateurs, des planteurs, de la Direction de la Qualit6 et de la M~logie Ugale serait charge§ de la mise l jour des normes l I' exportation et sur le march.S int«ieur, tant au stade du vrac qu'l celui du vert. D serait souhaitable que des reprmentants des acheteurs mangers puissent participer au travaux d'un tel Comit6, notamment en ce qui concerne la dffinition des normes l I' exportation. En 1111 dea Socidta de d6veloppement de marc:h6 qui foumiront leurs services, ce Comit6 poum faire appel l 1' expertise de comultants sp6ciala clans la vanille et l'Qaboration de normes de qual~. Lea coOts de ce Comit6 seraient supportls par l'Etat. 6.13 Une fois ces normes 6tablies, la Caisse de Stabilisation, en association avec les services de wlprisation du Ministke de I' Agriculture, aenit alors chargd de la diffusion et de la wlaarisation de ces nouvelles normes aupra de l'ememble des agents 6:onomiques de la filik'e, en paniculier les planteurs. Les coQrs de ccue op6ration seraient supportds par l'Etat. IV. QUATRIEME El'APE: ELABORATION DE LA STRUCTURE INTER- PROFF.SSIONNELLE 6.14 Au cours de la campape 1991192. les Pouvoirs Publics Qaboreraient et prdsenteraient l I' Assembtde Nationale une Loi d6fioiuant le cadre juridique des inter-professiom des produits agricoles (d Cbapitre 3 Section III, et Annexes 3 & 4). 6.15 Parall~ement. une rnmmiuion sp6:iale nunissant des npreserrtants du Ministke du Commerce, de la Caisse de Stabilisation, du Minisdn de r Apiculture, des reprdsentants des cooditionneurs-stockeurs et des planteun seraient char&• de la diffusion aupra de I'ememble des families professionnelles de la vanille, notammem •es planteura, d'une analyse des causes de la situation actuelle de la vanille, des solutions envisq6es, et DOl3IDIDellt de Ia cr6ation d'une inter- profession, en d6fitdfflllt les r61es de celle-ci, 111 modalit6s de fonctionnement, et les proc6durs d'Qection des repraemants des families professioDDelles concemdes. On pourrait envisager de ·recourir aux services d'une sociti priv• en ce qui conc:erne la p~aration d'un tel document et sa diffusion dans les J'6aiom productrices de vanille. 6.16 Un premier vote de l'epnsentlDII des families professionnelles (planteun, pr~arateurs, et conditionneurs-stocbun) senit lion orpaid dam le but de cr6=r une Commission Cbqde de I' Qabontion des texta r6aissant la IUUCIUre inter-professionnlle de la vanille. Cette Commission serait composcSe de reprmentams des plameun, des conditionneurs-stocteurs, du Ministse du Commerce et du Ministke de r Apiculture. Les juristes et les SJ>'clalistes des structures inter- professionnelles poumient apponer leur concours l l'Qaboration de ces textes. Les coOts d"une telle op6ration seraient financds par I'Etat. V. CINQUIEME ETAPE: LIBERALISATION DU SECl'EUR 6.17 Avant le c:nrnrneocement de la campape de ven 1992/1993 et de la campape d'exportation correspondante, la Caisse de Stabilisation des Prix de la Vanille. le systmle de diff6rentiel, le FNUP, le GNIV, le contrOle des marchds locaux de la vanille par les Collectivit6s - 103 - locales seraient supprim~ et abolis. Simultan~ent, une Loi annoncant la libualisation du commerce intdrieur et cxtdrieur de la vanille et la libent! des prix intdrieurs et extdrieurs serait pr~entl!e l I' Assemblde Nationale. De mime, une Loi dtablissant une taxe ad-valorem unique sur le prix FOB d6clar6, ainsi que les m6canismes de sa rt!vision, serait pr~entl!e l I' Assembll!e Nationale. 6.18 Simultane!ment, les textes 6tablissant la structure inter-professionnelle de la vanille seraient publi6s. Cette structure serait do1' du capital provenant du Compte Spkial Promotion. 6.19 Les stocks sous contrat-Caisse subsistant au moment de 1'6tablissement de la structure inter-professionnelle et de l'abolition simultan6e de la Caisse deviendraient la propri~ ldgale des conditionneurs-stockeurs. La propri~6 l~gale des stocks rachet~ par la Caisse en 1986/87 qui subsisteraient serait transf6r6e l la structure inter-professionnelle, et constituerait un appon en nature en vue de la constitution du stock de s6curit6. REVUE SECTORIELLE DE L' AGRICULTURE LE SECTEUR DE LA VANILLE ANALYSE DES PROBLEMES ET RECOMMASDATIONS ANNEXES Programme-cadre de renforcement des capacitb de gestion et de planification de r~nomie R~ublique D~cratique de Madagascar Programme des Nations-Unies pour le D6veloppement Banque Mondiale D6cembre 1991 ANNEXE 1 ORGANISATION JURJDIQUE ET REGLEMENTAIRE DE LA COMMERCIALISATION DE LA VANILLE A MADAGASCAR TABLE DE MATIERES PREMIERE PARTIE: DESCRIPTION DE L'ORGANISATION JURIDIQUE ET REGLEMENTAIRE DE LA FILIERE DE LA VANll..LE: 1960-1973 . . . 1 CHAPITRE I: ORGANISATION JURIDIQUE . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1 I. COMMERCIALISATION-INTERNE . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1 A. AU NIVEAU DE LA PRODUCI1ON . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1 a. Rappel historique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1 b. Evolution de la production malgache . . . . . . . . . . . . . . . . . 2 B. AU NIVEAU DE LA PREPARATION DE LA VANILLE . . . . . . . 2 a. Crita-e d'ocuoi de la carte professionnelle de pr6parateur . . . 3 b. Proc6dure de contr0le . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3 c. Organe de contrOle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4 C. LA PROFESSION D'EXPORTATION DE VANILLE . . . . . . . . . . 4 a. Conditions d'octroi de la carte professionnelle . . . . . . . . . . 4 b. Organe de contr0le . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5 D. ROLES DES PROFESSIONNELS DANS LA COMMERCIALISATION DE LA VANll..LE . . . . . . . . . . . . 6 a. Les planteurs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6 b. Les collecteurs, les pr6parateurs et les exportateurs . . . . . . . 7 E. FIXATION DES PRIX . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8 Il. COMMERCIALISATION INTERNATIONALE . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9 A. REALISATION DU PLAN D'EXPORTATION . . . . . . . . . . . . . . 9 B. LES NORMES DE LA VANILLE AL'EXPORTATION . . . . . . . . 10 a. R~lementation et principes appliqum . . . . . . . . . . . . . . . . 10 b. Normes d'exportation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10 m. ROLES ET FONCI1ONS DES ORGANISMES D'INTERVENTION . . . . . 11 A. LA CAISSE DE STABil.JSATION DES PRIX DE LA VANil..LE . . 11 a. Attributions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11 b. Sttuct11re . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11 c. Activita commerciales . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13 d. Modalit6 de recouvrement des prB~ements . . . . . . . . . . . . 14 B. LE GROUPEMENT NATIONAL INTERPROFESSIONNEL DE LA VANil..LE . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14 a. Orpne d61ib6rant du G.N.I.V. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15 b. Les fonctions du G.N.I.V. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15 c. Fonctionnement du G.N.I.V. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17 C. RELATIONS ENTRE LE G.N.I.V. ET LA CAISSE DE STABllJSATION . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17 CHAPITRE Il: ANALYSE CRITIQUE DE L'ORGANISATION PASSEE DE LA FILIERE VANILLE . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19 I. COMMERCIALISATION DOMESTIQUE ET INTERNATIONALE . . . . . . 19 A. COMMERCIALISATION INTERNE DE LA VANILLE . . . . . . . . 19 a. Vanille verte . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19 b. Vanille pr6parc!e . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19 c. Au niveau des exportations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19 B. COMMERCIALISATION INTERNATIONALE . . . . . . . . . . . . . . 19 OEUXIEME PARTIE: ORGANISATION ACTUELLE DE LA FILIERE VANILLE 1973n5 - 1991): REFORME DE LA POLITIQUE VANILLERE . . . . . 21 CHAPITRE I: L"ORGANISATION JURIDIQUE DE LA COMMERCIALISATION DELA. VAND..l.E .................................. 21 I. COMMER.CIALISATION INTERNE . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21 A. FIXATION DES PRIX . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21 B. ORGANISATION OE LA COMMERCIALISATION ........... 21 D. COMMERCIALISATION EXTERIEURE . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26 m. ROLES ET FONCI10NS DE LA CAISSE DE STABILISATION . . . . . . . 26 A. AU NIVEAU DE LA COMMERCIALISATION IPl."lnl.,c: . . . . . . 26 B. PAIEMENT DES INOEMNITES DE STOCKAGE DE VANILLE . . 26 C. ACl1VITES DE f..ECHERCHE . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 27 D. DIMINUTION PROGRESSIVE DE L" AUTONOMIE DE LA CAISSE . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 27 IV. LE FONDS NATIONAL UNIQUE DE PEREQUATION (F.N.U.P) ..... 28 V. FONCllONNEMENT DU G.N.I.V. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 29 A. REDUCI10N DU NOMBRE DU PERSONNEL DE CET ORGANISME . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 29 B. L•UNIVAND..l.E . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 29 C. 1'RESORERIE DU GNIV . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30 VI. LE MINIS1"ERE DU COMMERCE . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30 A. OUVER.11.JRE DE LA CAMPAGNE DE COMMERCIALISATION DE LA. VANILLE . . . . . . . . . . . . 32 B. LA DIRECI10N DE LA QUAUI"E ET DE LA MEntOLOGIE LEGALE . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 32 C. NORMALISATION DU PRODtm' . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 32 D. LE SER.VICE DES DOUANES . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 33 CHAPITRE D: ANALYSE ET CRmQUE DE L•ORGANISATION DE LA Fn.1ERE VANILLE DE 1973ns A 1991 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35 PREMIERE PARTIE DFSCRIPI'ION DE L'ORGANISATION JURIDIQUE ET REGLEMENTAIRE DE LA FILIERE DE LA VANILLE: 1960-1973 CHAPITRE I: ORGANISATION JURIDIQUE 1.1 La vanille constitue l Madagascar run des produits agricolcs d'exponation dont la production et notamment la commercialisation sont particuliuement rt1lement6es. Ceci d6coule bien 6videmment du caractue trm sp6cifique des op~ations de commercialisation. Des mesures 16gislatives et r6glementaires ont 616 en effet prises d~ li fm des ann6es cinquante. I - COMMERCIALISATION-INTERNE A. AU NIVEAU DE LA PRODUCTION a. Rappel historigue 1.2 Impl~ l Madagascar depuis 1870 ~ partir de la R6union. la vanille y a trouv6 son terrain d'Qection. La vanille malgache class6e clans l'espke dite •vaniJla tn,rans•. vari6t6 la plus r6pandue et d6nomm6e, •vanille Bourbon• a eu une importance telle que sa production d6passait trm vite la consommation mondiale. ~ 1901, la production do Des de l'Ocbn lndien ~t d'environ 12.SOO kg. Et, en 1963, la production malgache aneipait d6jl 1.050 Tonnes. Ce qui implique que dm 1960, l'Etat a interVenu pour r6glememcr cette production. Une sme de textes lqislatifs et r6glementaires ont 6t6 pris pour harmoniser la production ainsi que la commercialisation. C'est ainsi que par l'Ordonnance No 60-056 du 9 juillet 1960, modifi6e par la loi no 61-021 du 9 octobre 1961, la carte de plameur de vanille valable pour une dur6e de trois ans a 6t6 cr66e. La qualit6 de producteur de vanille n•est justifi6e que par la possession de ceue carte professionnelle qui doit accompagner toute vanille verte transport6e de la plantation au lieu de vente et qui tient lieu de laissez-passer. Par cette Joi, le marquage des vanities vertes est rendu obligatOire et les producteurs de vanille justifiant de cette carte sont autoris6s de plein droit l pr~arer leur propre vanille. A noter qu •en venu des dispositions du Dkret No. 60-187 fixant les modalit6s d'application de l'Ordonnance No. 60-0S6 tendant l normaliser la r6colte, le transport, la commercialisation de la vanille verte et organisant les professions de collecteurs et pr6parateurs de vanille, la • carte de planteur de vanille• clans laquelle doit etre mentionn6e la marque du planteur est d6livr6e par le Chef du District du lieu o~ se trouve la plantation. Valable pour une dur6e de trois ans, la carte devra chaque ann6e, etre vis6e par l'agent d' Agriculture responsable du secteur o~ se trouve la plantation. - Al-2 - b. Evolution de ta production malgache 1.3 L'6volution de la production malgache qui s•~~ve en moyenne A 1.300 Tonnes de vanilles pr6par6e., par an. se prt!sente comme suit : CAMJ>AGNES 1962/63 650 Tonnes 1963/64 l.OSO Tonnes 1964/65 856 Tonnes 1965/66 850Tonnes 1966/67 950Tonnes 1967/68 983 Tonnes 1968/69 694 Tonnes 1969n0 1.310 Tonnes 191on1 1.330 Tonnes 1911m 1.508 Tonnes 1mm 1.690 Tonnes 1913n4 660Tonnes B. AU NIVEAU DE LA PREPARATION DE LA VANILLE 1.4 La profession de pr6parateur de vanille est organis6e telle qu"elle at ci-dessous d6crite: 1. - Conformanent aux dispositions de !"article premier de la loi N• 61-021 du Octobre 1961, sont autoris6s l pr6parer la vanille: - les produc:teurs justifiant de leur carte de planteurs ; - les c:oopamves de producteurs de vanille pour la pr6paratioa des vanilles de leurs adh6rents. i.- Les acbeteurs de vanille vate qu'ils soient collecteurs ou acheteUn patent6s et les pr~arateurs de vanille, seuls habilita l sercer ces professions, en venu des dispositions de !"article S de rOrdonnance No 60-056 rqJememam la production et la commercialisation de la vanille, doivent etre ap-6es par des commissions de district. Cet article ajoute qu•en cas de refus d"agr~ment par ces commissions, appel peut etre fait auprb d'une commission provinciale si6geant au chef-lieu de la province. 3.- Aux tennes de l"article 24 du o.:ret N° 66-176 du 30 mars 1966, la profession de pr6parateur de vanille ne pourra etre serc6e par une personne physique ou morale que si elle d6tient une patente sp6ciale de pr6parateur-acbeteur ou prq,arateur- fa~nnier et une carte professionnelle annuelle dflivr6 par la Commission de Sous-pr6fecture dont la composition est la suivante : Pr6sident Le sous-pr6fet ou son adjoint - Al-3 - Membres Un reprt!sentant local du service du conditionnement ou du Minist~re de I' Agriculture Un reprt!sentant du Minisrere des finances et du Commerce Un reprt!sentant de la section planteurs du groupement interprofessionnel Un reprt!semant de la section exportateurs du groupement interprofessionnel. 1.5 Cet article 24 d6finit le pr6parateur-acheteur comme c!tant celui qui est propribire de la vanille verte qu'il pr6pare apra l'avoir acbet6e. Tandis que le pr6parateur-~nnier est celui qui pr6pare de la vanille verte appartenant l autrui mais dam sa propre entreprise, avec son propre personnel et sous sa propre responsabilit6. a. Critm:e d'octroi de Ia cane profe.,siopneJie de preparateur 1.6 La demande d'agr6ment doit comporter Jes pr6cisions sur: - l'Etat civil du demandeur; - la Nationalit6; - les professions exerc6es; - le nombre d'ann6es d'exercice de la profession de pr6parateur; - le tonnage de vanille pr6par6e au cours des trois demi~es ann6es; - la nomenclature compl~ des moyens matmels dont dispose l'int6ress6 pour l •exercice de la profession de pr6parateur. (article 26 du d6cret) 1.7 Seront joints l l 'appui du dossier: - Un eKtrait du easier judiciaire de mois de trois moins; - Un certificat d'imposition l la contribution des patentes de leur cat6gorie (pr6parateur-acheteur ou pr6parateur-~nnier); - La description d6taill6e des locaux sp6:ialement rt!servt!s l la pr6paration de la vanille, vis6e par le service du conditionnement qui attestera que le mat6riel et les locaux sont adapta l une pr6paration correcte des quantita de vanille trait6es. 1.8 Dans la mesure o~ Jes conditions ci-dessus requises sont remplies, l'agr6ment de pr6parateur est accord6 par la Commission sus-vis6e. b. PmcMure de coDUOJe 1.9 N6anmoins, comme le pr6cise l'article 7 de l'Ordonnance N° 60-056 du 9 juillet 1960, l'agr6ment peut etre refus6 ou retir6 l tout moment sur d6cision de la Commission sus- indiqu6e en cas de faute grave notamment: condamnation, fraude, faillite, faux renseignement au moment du ddpOt de la demande d'agriment. 1.10 La d6cision de retrait de l'agr6ment qui peut etre temporaire ou d6finitive est notifi6e l l'int6ress6, communiqu6e aux Chambres de Commerce, d'lndustrie et de l' Agriculture et afficbc!e au Chef-lieu de district. -Al-4- c. Ot:gane de contrQJe 1.11 L"organe de contrOle, en venu des dispositions de l'article 31 du d6cret N° 66-176, est constitu6 par le personnel du Service du Conditionnement. Aux tennes de cet article, tout pr6parateur (acheteur ou ~nnier) doit se preter l tout contrOle du service du Conditionnement et lui foumir tous renseignements et concours utiles. 1.12 Le rOle important du service du Conditionnement dans ce domaine du contrOle et en outre spkifi6 par l"Ordonnance no 66-056, en son article 11 qui stipule que le contrOle des conditions sanitaires et mat6rielles de la pr6paration de vanille est assur6 par le personnel asserment6 du service de contrOle du conditionnement qui a acca l tout lieu oil la vanille est achet6e, pr6par6e ou stock:6e. 1.13 n en rc!sulte que ce personnel assermentd est habilit6 l saisir la commission d'aar=ient en vue de l'application des sanctions pr6vues dont le retrait de la carte professionnelle en cas de violation de r6glementation r6gissant la profession. C. LA PROFESSION D'EXPORTATION DE VANILLE 1.14 La qualit6 d' exponateur de vanille est justifi6e par la possession d'une carte professionnelle d'exponateur de vanille valable pour un an et d6ivr6e par le Ministre des Finances et du Commerce. L'article 32 du d6cret n• 66-176 dispose que cette carte est d6ivr6e apra avis d'une Commission si6geant sous la prc!sidence du Ministre des Finances et du Commerce et compos6e de : du Cornrnissaire du Gouvemement aupra du Groupement National lnterprofessionnel de la vanille ; du Chef du Service des Comributions directes (ou son reprc!sentant); du Chef du Service du Conditionnement (OU SOD repraentant) ; de deux repr6'ermnrs des exponateurs (privc!s ou coopmtives) dc!signc!s par le Ministre sur une liste prc!sentN par la section • exp0113te11rs• du Groupement National Interprofessionnel de la Vanille; du Directeur de la Caisse de Stabilisation des Prix de la Vanille. a. Copditions d'octroi de la cane motessionnelle 1.15 Pour etre agr6e l exercer la profession d'exportateur de vanille, l'int6ress6 doit adresser au Ministre des Finanees et du Commerce avant le premier Mars de chaque ann6e sa demande de carte professionnelle renfennant les renseignements n6cessaires suivants : - La raison sociale de l' entreprise, le numao du r6gistre du Commerce, la date depuis laquelle l'Entreprise consacre tout ou en partie de son activit6 l la vanille ; - La date et lieu dt- naissance du 16rant, sa nationalit6, son domicile ; - Les tonnaaes de la vanille conditionn6e et export6e au cours des trois ann6es pr6c6dentes. -Al-5 - 1.16 Les demandes seront accompagn6es d'un dossier comprenant les pi~ annexes suivantes: (art. 33 du d6cret 66-176) - un extrait du easier judiciaire datant de moins de trois mois ; - un certificat d'inscription au r6le des patentes au titre d'exponateur de vanille; - une description compl~ des locaux ~ialement rmervt!s au conditionnement et au stockage de la vanille (superficie, nature de la construction et de la couvenure etc.). Cette description sera vis~ par le service du Conditionnement qui mentionnera son appr6ciation sur les dits locaux ; - un engagement de 1'exportateur de se porter aux achats au fur et l mesure du d6roulement campagne ; - I' mionc6 de la nature, de la valeur, et la localisation des investissements de toute sone effectu6es l Madagascar au cours des dix derni~res ann6es. b. Organe de contrOle 1.17 Le rOle du Groupement National lnterprofessionnel dans ce domaine est d6terminant. D rt!sulte en effet de l'examen des dispositions de !'article 36 du d6cret n• 66-176 qu'en cas d'infractions l la r6glementation ou aux d6cisions du Groupement National lnterprofessionnel de la Vanille (G.N.I.V.) sur les points suivams: - Absence de d6clarations de stocks de quinzaine, ou fallSses d6clarations (l'article 37 du d6cret fait obligation aux exportateurs l proc6der l la d6claration des stocks qu 'its daiennent une fois toutes les quhmines); - Absence OU fausses d6clarations de prix d'acbal ; - Fausse d6claration sur les prix et conditions de veme, ou faux renseignements sur la destination r6elle de la vanille expome ; - Non respect du diff6rentiel ofticiel et des circulaires d'application; !"article 55 du d6cret d6finit le diffdrentiel comme aam UD 6tat de tarif qui d ~ e l partir du prix pranti de la vanille vene: . Le prix de revient en vrac de la vanille au pr~arateur ; . Le prix de revient de la vanille conditionn6e, emball~. pr!te l I' exportation; . Les marges bma6ficiaires des pr~arateurs et exponateurs. - Refus de se poner acheteur sur Jes marcht!s officiels dans les conditions fix6es par le Groupement National lnterprofessionnel de la Vanille ou abstention syst6matique. 1.18 Les marcht!s ofticiels sont des points de vente organism par arret6 du chef du district, quant au jour du march6 et la localit6 fixt!s pour le besoin du contrOle des transactions. 1.19 Par ailleurs, il rt!sulte des dispositions du meme article 37, dernier alin6a, que la. G.N.I.V. doive rendre compte au Ministre des Finances et du Commerce du manquement ou de violation de la r6glementation par un exponateur (toute infraction ou manquement dans la -Al-6 - tenue ou la pr6sentation du r6gistre d'entr6e et de sonie de vanille) a comp6tence d'exclure le professionnel indisciplin6 du G.N .I. V. 1.20 Par le fait meme qu'l l'occasion de leur mission de contr0le pennanente (art. 38 du d6cret N° 66-176), les agents du service du Conditionnement devront s'assurer que Jes exportateurs sont bien dot6s des b!timents, du mat6riel et du personnel n6cessaires au conditionnement satisfaisant des tonnages de vanille qu'ils ont d6clar6s, et notifier par 6:rit au G.N.I.V. qui constitue l'orpne de contrOle et babilit4 l saisir le Ministre en we de l'application des sanctions (retrait de carte professionnelle d'exponateur). D. ROLES DES PROFESSIONNELS DANS LA COMMERCIALISATION DE LA VANILLE a. Les pJameua 1.21 Au niveau de la commercialisation de la vanille verte, !'article 40 du d6cret pr6cit6 present que chaque campagne sera d6clar6e ouverte par un arr~ du Ministre des Finances et du Commerce pris aprb consultation du Groupement National lnterprofessionnel de la Vanille et publi6 au Journal Officiel de la R6publique. 1.22 Le deuxime alin6a de ce meme article prdcise que toutes transactions et transpon de vanilles vertes sont interdits avant la dale ainsi arret.. 1.23 Ces mesures r6glementaires ont 6t6 prises en we de sauvegarder la qualit6 de la vanille malgache l l'exponation. 1.24 La maturit6 des gousses ,taut une condition sine qua non de garantie de la qualit6, l'article 4 de l'Ordonnance N° 60-056 du 9 juillet 1960 present que la r6colte, la circulation, le commerce, la d6tention et la pr6paration des vanillo immatures sont interdits. A noter que la vanille est consid6r6 comme immature lorsque les deux lignes de d6hiscence ne sont pu apparentes. 1.25 D incombe en cons'4uence au plameur de respecter les dates d'ouverture de la campagne de commercialisation ainsi fix6es par arr~ du Ministre, sous peine de sanctions pr6vues l l'article 19 de l'Ordonunce N° 60-356 (saisie des produits cueillis, transpon6s, commercialis6s stock6s ou p r ~ dam des conditions illicites). 1.26 C'est la raison pour laquelle le G.N.LV. est tam d'etre repr6sent6 sur tous Jes march6s officiels. D d616gue sur cbaque marcb6 un repr6sentant de la section des Planteurs aux fins de constater la r6gularit6 des transactions (p6sage-respect du prix officiel, contr0le de la qualit6 des gousses) et signaler au groupement interprofessionnel (G.N.I.V.) les anomalies 6ventuelles. 1.27 Le G.N.LV. d6signe en outre un repr6sentant officiel (Jendanne) cbarg6 de la surveillance des march6s. 1.28 A signaler que ce repr6sentant du G.N.LV. qui est un v6rificateur form6 par le Service du Conditionnement est r6mun6r6 par les ~eteurs au taux de 2 Fm& par kilo. - Al-7 - b. Lm collecteurs, im prm,arateurs et Jes exponateurs Commercialisation de la vanme vene 1.29 Le rOle essentiel de tous ces professionnels est d'assurer la collecte des produits mis sur le march6, tout en respectant les normes de la quali~, de respecter les prix officiels fix6s pour la campape par le Gouvernement. 1.30 L'article 45 du d6cret N° 66-176 du 30 mars 1966 dispose que: - le prix d'acbat sur les march6s officiels ne saurait etre inf6rieur au prix officiel fix6 pour la campagne ; - le pesage de la vanille est conttadictoire ; - le paiement s •effectue sur le champ et en esp~e. si le montant de la transaction ne d6passe pas cinquante mille francs malagasy au-dell desquels l'usage du ch~e est autoris6; - tout lot de vanille verte apport6 sur le march6 sera obligatoirement accompagn6 d'un laissez-passer dQivr6 par le chef du villaae du lieu de production ou par son dQ6gu6. 1.31 La carte de planteur et le laissez-passer nw«ialise et justifie la provenance du produit. 1.32 Tandis que la quali~ de cbaque acheteur est justifi6e (art. 44 du meme d6cret): - soit, par la production de sa carte professionnelle, lorsque le titulaire est pr6sent en personne au march6 ; - so~ pour les mandaraires, par une procuration, 16plis6e l laquelle est annex6e, une photocopie ou un extrait certift6 conforme de la carte professionnelle du mandant (pr6parateur OU exportateur). 1.33 Ces mandataires achetant pour le compte et au nom de leurs mandants, ceux-ci sont entim-ement responsables de leurs agissemems (non respect de la norme de qualit6, achats l vil prix, pesage irr6gulier etc). Commercialisation des vanmm vmarm 1.34 Les vanilles pr6par6es ne peuvent etre achet6es que par: - les exportateurs titulaires de carte professionnelle valable pour la campagne, qu'ils soient exponateurs priv6s ou coop6ratives ; - les pr6parateurs justifiant de leur carte professionnelle ; - les mandataires des professionnels sus-indiqu6s munis de leur procuration. 1.35 Elles ne peuvent etre vendues que par : - les planteurs autoris6s l pr6parer eux-memes leurs vanilles, par la d6tention de leur carte de planteur (art. ler de la loin• 61-021 du 9 octobre 1961) ; - les pr6parateurs-acheteurs. - Al-8 - 1.36 L'article SI du d6cret n° 66-176 relatif l la commercialisation de la vanille stipule que le prix d'achat des vanilles pr6par6es ne saurait etre inf6rieur au prix officiel fix6 pour chaque campagne. 1.37 Dans le cas d'achats aux planteurs auioris6s, l'acheteur doit: - exiger la pr6sentation de la carte de planteur (livret) et v6rifier qu'il est bien v~ pour auiorisation de pr6paration; - inscrire son achat sur le livret du planteur et signer; - d6livrer en 6change du laissez-passer qu'il conservera en archives un rk~iss6 de la quantit6 de vanille livr6e. 1.38 Dans le cas d'achats aux pr6parateurs, l'acheteur doit : - exiger la pr6sentation de la carte de pr~arateur, et v6rifier l'identit6 de son vendeur; - inscrire son achat, le jour meme sur le r6gistre dont la tenue est r6glement6e par l'article 37 du meme d6cret, en prkisant le nom et le num6ro de la carte professionnelle du vendeur. 1.39 Cet article 37 du d6cret n ° 66-176 du 30 mars 1966 dispose que les titulaires de la carte d'exportateur de vanille doivent teDir un r6gistre cot6 et parapb6 par la Cbambre de Commerce. 1.40 Ce r6gistre mentionnera: - la date d'emr6e, le poids, le nom du vendeur, le prix des vanilles ach~ l 1'6tat vrai ou entrl!es en magasin aprb pr6paration par ses soins; - la date de sorties, poids, nom de l'acheteur (local), le prix et les conditions; - pour !'exportation: la date, le nom du navire, le nom de l'acheteur et le num6ro de l' auU>risation de sortie. 1.41 En vertu des dispositions de l'article 54 du d6cret pr6cit6, U>utes cessions de vanilles pr6par6es emre exportateurs doivent faire l'objet d'inscription sur Jes registres des deux exponateurs int6ress6s et d'une d6claration imm6diate tant au G.N.I.V. qu'l la Caisse de Stabilisation. Ces transactions seront ensuite report6es, tant par le vendeur que l'acheteur sur leur d6claration de quinzaine qui suit la transaction. E. FIXATION DES PRIX 1.42 Le d6cret n° 66-176 relatif l la commercialisation de la vanille pr6cise en son article SS, alin6a 2 que le diff6rentiel propos6 par le G.N.I.V. de Stabilisation des Prix de la Vanille, l partir du prix garanti de la vanille verte, fix6 par le Gouvemement, d6terminera notamment: - Le prix de revient en vrac de la vanille au pr6parateur ; - le prix de revient de la vanille conditionnt!e, emballc!e, prete l l'exportation. - Al-9 - 1.43 D raulte de ces dispositions que la fixation de prix rel~e du Gouvemement qui statue sur les propositions des organismes inf6rieurs (G.N.I.V., et Caisse de Stabilisation). n. COMMERCIALISATION INTERNATIONALE 1.44 La rencontte des repraentann. ~es pays producteurs de vanille de l"Ocwi lndien en 1962 l Saint-Denis (R6union) a abouti l un accord et l l~ oaiss:mce d'un consensus de consolider la solidarit6 emre les pays producteurs et de mener une politique commune de vente pour contrebalancer la force des importateurs. D'ob la naissance de 1· Alliance par laquelle tousles ans, les pays producteurs de l'Ocwi lndien (Madagascar, La R6union, les Comores) se concertent avec les importateurs europ6ens et ammcains en we d'6changer des id6es sur la mise en place de ce qu'on appelle le •p1an annuel d'exportation de vanille•. 1.45 Cette r6union de n6gociations permet d'arreter d'accord parties les conditions de r6alisation du plan d'exportation l mettre en place, de fixer l cet effet un quota global qui tient compte du componement du march6 mondial de ce produit ainsi que le prix l I' exportation. Ce quota global est ensuite r6parti entre les pays consommateurs et par la m&ne occasion le rytbme d'embarquement est d6termin6. La vente qui est FOB pons ou a6roports malaaches est par la suite confirm6e par la signature de conttat de vente 6tabli entre le pays producteur repraent6 par la Caisse Vanille pour le cas de Madagascar et chaque imporweur. A. REALISATION DU PLAN D'EXPORTATION 1.46 Le proca-verbal de r6union de n6gociation constitue le texte de base, dans le cadre de la r6alisation du plan d'exponation. Le conttat de vente sign6 par la Caisse Vanille avec chacun des acheteurs n' est que le relev6 des conclusions prises au cours de cette r6union de nt!gociation. 1.47 La r6alisation.se concr«ise par la notification l la Caisse Vanille du dt!blocage de quota, dans le cadre du contrat sip6, et par l'ouvenure de cr6dit documentaire au nom de I' op&ateur-chargeur. N6anmoins, le cr6dit 6tant irr6vocable, divisible et transf6rable, la Caisse de Stabilisation se charge de ripartir le quota ainsi d6>1oqu6 entre plusieurs o~rateurs qui d6tiennem des stocks upondant l la qualit6 sp6cifi6e clans la notification et retenue au cours de la r6union de n6gociation du plm d'exponation. 1.48 Le conttat qui n'est autre qu'une confirmation de vente n'avait aucun caractue contraignant l 1'6gard de l'acheteur qui restait libre de proc6der l l'enl~emeot total ou partiel de son quota. Ce qui explique la non r6alisation parfois cuisante et regrettable d'un plan d'exportation. Toutefois, la signature du conttat de vente entre les parties cootractantes est d'un int&et non n6gligeable dans la mesure ob elle permet l la partie malgache d'esquisser des pr6visions pour les n6cessita des finances publiques et 1'6quilibre de la balance de paiements. - Al-10 - B. LES NORMES DE LA VANil..LE A L'EXPORTATION a. Rdglementation et principes appliguds 1.49 Comme pr6c:6demment d6crite, la commercialisation de la vanille verte se dm-oule sur les marcha officiels qui ne sont autres que des march6s contr016s. Au moment de ces transactions, les 1ousses cueillies en I' a.at ne donnent aucun parfum. 1.50 Ces aousses, pour etre aportables et avoir leur parfum, doivent subir les opuations de transformation suivantes: - 6chaudage • s6chage • triage • classement - empaquetage - conditionnement l l 'exportation b. Normes d'e'.l'.portation 1.51 Aprm avoir r-.~ .!l'ti les gousses en deux c:at6gories: enti~ et fendues, on les classe suivant les qualit6s ci-aprm tout en les ~t~unissant en bouillons ou paquets de m!me longueur: - Ext, ;e sont les gousses les plus belles, ,rasses, onctueuses, de couleur bl'U!Kuocolat, parfumm et sans tache. • - Premim qualit4: un peu moins smses que les pr6c:61entes. - 2we qualit4: un peu moins smses et beaucoup plus petites que les premim-es. - 3m>e et 4me (lUalit4,: d ~ m par leur couleur, leur grosseur et le nombre de tacbes ainsi que leur Neheresse. 1.52 D est fait remarquer qu 'l la fin des anues soiunte, les qualita dites •extra· et •premi~e qualit6•, ont dispam du circuit conunercial. ms le dl!but des annm soixante-dix, les normes appliqum l l'aportation sont donMes ci-aprm pour un lot d'une tonne: 2w qualitd a 4cscen4te composee ae: 25~ de 2ble DOD fendu 25~ de 3mie DOD fendu 25" de 4mle non fendu et bout couP' 20~ de 4mle fendu et bout couP' 5~ de cuts - Al-11 - 2tme aualitg adescendre composge de: 30~ de 3~me non fendu 40~ de 4mle non fendu et bout coup6 25~ de 4mle fendu et bout coup6 S~ de cuts 9me quanw compost5e de: 60~ de 4mle non fendu et bout coup6 35~ de 4mle fendu et bout coup6 S~ de cuts m. ROLES ET FONCI]ONS DES ORGANISMES P'INTERVENTIQN A. LA CAISSE DE STABIUSATION DES PRIX DE LA VANILLE (Dkret No. 61-124 du 8 mars 1961) 1.53 En raison.des fluctuations des cours sur les marchm extmeurs de la vanille qui n'ont pas manqu4 de se rc!percuter sur le producteur. cration de la Caisse de Stabilisation des Prix de la Vanille a dt6 d6cid= en 1957. N6anmoins, son statut n•a pu etre aabor6 que par le Dkret chi! plus baut. a. Attributions 1.54 La Caisse de Stabilisation des Prix de la Vanille qui est un 6tablissement public dot!! de la personnalit6 civile et de l'autonomie financik'e a pour but: a.- la r~ation du prix d'acbat au producteur; b. - la rechercbe et la mise en oeuvre de toutes mesures propres l assurer et l d6velopper 1'6:oulemeat du produit sur les marchm extmeurs; c.- l'exl!cution de tous propmmes d'action en we d'obtenir une meilleure productivitl!. b. Sttucture 1) Orpnisation administrative Orpnedgtibmnt 1.55 La Caisse de Stabilisation est 1u= par un Comit6 comprenant: - deux reprl!senrants des int6rm 16n6raux l savoir: un reprl!senrant du Ministre c:harg6 de l'Economie et un repr~erttant charg6 de I' Alriculture et du Paysannat: - deux reprmentants des producteurs; - deux reprmentants des exponateurs. - Al-12 - 1.56 En cu d'absence, Jes membres titulaires peuvent etre remplacti par des suppl6ants choisis dans la m&ne cat6gorie. 1.57 Les membres titulaires et suppl6ants sont nomm6s pour deux ans; leur mandat est reoouvelable; leurs fonctions gratuites. Leur d6signation fait l'objet d'un arret6 du Ministre char16 de l'Economie (aujourd'hui arret6 du Ministre du Commerce) sur proposition: - des ministres int6ress6s pour les repr6sentants des inw'ets gl!nmux; - des cbambres de commerce et des organisations professionnelles ou commerciales int6ress6es pour les repr6sentants des exportateurs et des producteurs. 1.58 Le Comit6 Bit parmi ses membres un Pr6sident et un Vice-pr6sident appel6 l le suppll!er. Un fonctionnaire nomm6 par dcScret exerce aupr~ du Comit6 les fonctions de Cnrnmissaire du Gouvemement. 1.59 Assistent, l titre consultatif, aux d61ib6rations du Comit6: - un repr6sentant du Ministre charg6 des Finances; - un repr6sentant de l'Inspection d'Etat; - le Direc:teur du ContrOle Financier ou son D616gu6 qui peut, par ailleurs, etre nomm6 CC'mrniSPire du Gouvernement; - le Trmorier Principal ou son d616p6; - un repr6sentant du Comitl! interbancaire; - toute autre personne dont la consultation parait utile. 1.60 Le Comit6 de gestion se rl!unit en session ordinaire au mains deux fois par an sur convocation du Ministre char&6 de l'Economie, lequel peut provoquer aussi une r6union extraordinaire si les circonstances l'exi&ent ou si la rnajorit6 des membres le demandent. 1.61 Le Comit6 de gestion: - arrete chaque ann6e le proanrnme aDDUel d"emploi des fonds de la Caisse; - d6cide des conditions de pr61hement sur le fonds de r6serve pour la r6gularisation des oours, des emprunts l souscrire ainsi que des d6p0ts 6ventuels au fonds de r6serve; - fixe les conditions de recrutement et de r6mun6ration des fonds de la Caisse. 1.62 Le Comit6 ne d61iba-e valablement que si la maiti6 au mains des rnembres som pr6sents ou dQment repr6sent6s. Les d6cisions som prises l la rnajorit6 des membres pr6sents; en cu d'6gal panage des voix, celle du pr6sident est prdpond6rante. 1.63 Sauf veto du C,mmissaire du Gouvernement, les d61ibuations du Comit6 de Gestion sont ex6cutoires de plein droit. En cu de veto, l'ex6cution de la d6lib6ration est suspendue jusqu 'l ce que se soit prononc6 le Pr6sident de la R6publique, Chef du Gouvernernent, saisi du d6saccord dans les quinze jours pour compte rendu du Commissaire du Gouvernernent. - Al-13 - Organe d'exgcption 1.64 L' edcution des d6cisions du Comit6 de Gestion est assur~ par le Directeur de la Caisse nomm6 par arret6 du Ministre charg6 de l'Economie. 1.65 Le Directeur 6tablit et pr6sente au Comit6 le programme annuel d'emploi des fonds de la Caisse. 2) Organisation financitJ:e 1.66 Conformmnent l son statut, les op6rations de la Caisse sont suivies par exercice ouvert le ler mai de cbaque ann• et clos le 30 avri1 de l'ann• suivante. 1.67 La comptabilit6 de la Caisse est tenue par le Tr6sorier Principal suivant les r~gles de la comptabilit6 publique. c. Activitgs commercialc;s 1.68 Dans le domaine des exportations, la Caisse de Stabilisation, par le truchement d'un Comit6 de vente qui si~ae en son sein une fois par semaine et qui comprend, aux termes de l'article 57 du d6cret No. 66-176 du 30 mars 1966, le Directeur de la Caisse de Stabilisation (Pr6sident), un repr6semant du Commissariat Gaiml l la coo~on et deux exponateurs d6sign6s par la section exponation du ,roupement interprofessionnel (membres), contrOle les o~ons d'exportation suivant les conditions fix6es clans Jes accords conclus avec Jes acbeteurs. 1.69 Elle finance par ailleurs: - le stockage afin de permettre, selon les attributions stat11taires, l'acbat de la totalit6 de la production quels que soient la situation des stocb et le rytbme des exportations. A noter qu'avant 1973, il incombait au Comit6 de vente d'6tablir le diff6rentiel de l"indemnit6 de stoctage. Celle-ci est destin~ l couvrir Jes frais engag6s par Jes exportateurs pour la conservation de la vanille exc:6dant Jes exponations. - des recherches ainsi que les actions publicitaires et de propqande en faveur de la vanille naturelle. Elle assure clans ce cadre le financement depuis plusieurs ann• des recherches agronomiques entteprises par la Station Vanille l Ambobitsara (ANTALAHA) et la lutte d6ploy• par le FOFIFA (Division de Patbologie V6g6tale} comre le d6p6rissement du vanillier. 1.70 Dans le cadre de la promotion de la vanille naturelle sur la scbe intemationale, l 'Etat malgacbe par le biais de la Caisse de Stabilisation a beaucoup comribu6 au fonctionnement de l'Univanille qui a 6t6 cbarg6 de mener des actions publicitaires en faveur de la vanille naturelle aux USA et en Europe g6ograpbique. 1.71 Pour son rOle de r6plateur de prix, elle garantit au producteur le prix d'achat fix6 annuellement par le Gouvemement, quelles que soient les fluctuations des cours sur les marcb6s ext6rieurs. -Al-14 - 1.72 Ces diff6rentes activit6s peuvent etre men6es grAce aux prQ~ements qu 'elle effectue l !'exportation et qui repr6sentent la diff6rence entre le prix FOB de r6alisation et celui 1aranti l l'exportation. Ceue diff6rence qui est vers6e clans un compte sp6cial l la Banque Centrale est 16r6e par le Tr6sor. d. Modalitg de r;ecouvrement des pretmmeJUS 1.73 Le recouvrement des pr61~ements en faveur de la Caisse et &6r6s par le Traor se praeme comme suit jusqu'en 1975: 1.74 A l'issue de la ralisation des op6rations d'embarquement, l'acheteur ayant constat6 la conformi~ de la quali~ des marchandises avec les documents prment6s par l'op6rateur- cbar,eur pro=!e au paiement en devises de la contre-valeur des lots embarqua. 1. 75 La banque notifie par la suite la Caisse de la r6alisation des ventes en lui adressant un avis de cddit qui renferme tous les renseignements n6cessaires tels que le taux du dollar relatif l l'exponation et la valeur en francs malagasy. Ceci permet l la Caisse d'6tablir le d=mpte y aff6rent. Ceue op6ration faisant ressortir le montant du prB~ement, celle-ci adresse l 1'op6nteur une note de dl!bit nclamant le paiement de ce pr6l~ement qui doit etre 6tabli au nom du Tr6sorier Principal l Antananarivo. B. LE GROUPEMENT NATIONAL INTERPROFESSIONNEL DE LA VANllJ.E (G.N.I.V.) (D6cret No. t.176 du 30 mars 1966) 1.76 Jusqu'en 1958, l'orpnisation du secteur vanillier bit u6e sur une seule organisation professionnelle priv6e, le syndicat des Exportateurs de vanille qui maltrisait totalement la politique vanillue, tant l l'int6rieur qu'l l'ext6rieur, d'o~ une commercialisation hautement sp6culative. 1.77 A partir de 1959, le milieu rural na,issait et tentait de s'organiser, par la cr6ation de ses propres structures: Syndicat C.T.M.C., puis coopuative C.TMC couvrait toute la •pr6fecture d' Antalaha et la Coop6rative Apicole d'Andapa. Ces organismes se sont par la suite repoupa, en 1963, pour devenir une Union, l'UNICOOP d' Antalaha. 1.78 Comme suite aux cons6quences cl6sasUeuses de l'anarchie qui r6pait au sein de la profession (opposition d'intm'ets enue producteurs et aponateurs, surproduction et m6vente en 1963 et 1964), le Gouvemement a cr6! le Groupement National lnterprofessionnel de la Vanille (G.N.I.V.) en 1966 qui rdunit les diff6rentes cat6gories de profession pour: - assurer aupra des pouvoirs publics une repr6sentation de toutes Jes professions int6ress6es (planteur, pr6panleur, exponateur); - donner au Gouvemement toutes informations utiles l la d6finition de sa politique vanillue; - assurer, suivant les directives du Gouvemement un fonctionnement rationnel et efficace du march6 de la vanille l l'intm'ieur et l rextmeur, en particulier en assurant la discipline inteme de chacune des professions intm'essm. - Al-15 - a. Or&ane d~liMrant du G,N,I,Y, 1. 79 Chaque cat6gorie professionnelle 6num6r6e ci-dessus constitue une section s6par6e et 6lit en son sein ses repr6sentants au Conseil d' Administration, ainsi que son bureau. 1.80 La composition du conseil d'adrninistration est la suivante: - quatre repr6sentants des planteurs, dont au moins un au titre des coop6ratives; - deux repraentan!I ,tes prq,arateun; - trois reprc!sentams des exportateurs dont au moins un au titre des coop6ratives. 1.81 Assistent en outre de plein droit avec voix consultative: - deux repr6sentants du Minis~e des Finances et du Commerce dom un au titre du Commerce; - un repr6sentant du Ministue charg6 de I'Agriculture; - un repr6sentant de l'lnstitut d'anission malgache; - le Directeur de la Caisse de Stabilisation; - le CC'mmiswre du Gouvernement auprm du Groupemem National Interprofessionnei de la Vanille. b. Les functions du G.N,I,Y, 1) Mise en place des moyens permettant aux produc;tcua d"fcouler Jeur recoJte au prix tixg par Je Gouvememem - Impression et mise en place des carnets de vmficateurs; - Diffusion des list.es des marcba ofticiels; - D6livrance ou visa de tous documents nkessair'5 l I' exerc:ice des professions (rnandmtires, prl!parateurs-acheteurs, pr6parateurs-~nniers). 2) Surveillance des marchfs officiels 1.82 Ace titre, les rnembres du Conseil d'Adrninistration et des A1encs du G.N.I.V. effectuent des toum6es de rect'nnaissance pour: - rnettre au point avec les producteurs des mesures tendant au respec:1 des dispositions r6glementaires sur le dm>ulement normal des tramactions; ii leur incombe l cet effet de conscientiser les producteurs l respecter la reglementation sur la qualit6 et de faire appliquer les sanctions pr6vues en cas de violation d'une de ses dispositions (saisie de vanille imrnamre pour etre sur le champ d6truite). - donner des conseils pratiques aux v6rificateurs; 1.83 Compte-rendu en est par la suite fait aux autorit6s comp6tentes (Ministre du Commerce, Chef provincial du Commerce, Caisse de Stabilisation, Sous-pr6fet). -Al-16 - 3) Etude et proposition des diffm:eotiels 1.84 Les reprdsentants de cliaque section ayant recueilli les avis, les voeux et les justifications des professionnels de base, le G.N.I. V. ~lit des calculs de diffuentiel pour etre transmis l la Caisse de Stabilisation. 4) Commcr;cialisation inteme 1.15 Le rOle du G.N.I.V. l ce titre se raume dam l'accomplissement de toutes les formalits administratives incombant aux professiollllels et la cemralisation des donn«!es statistiques sur la production et ses variations, les stocks au d6but et fin de ~iode. 5) Commercialisation extmeure 1.86 Le G.N.I.V. sert d'antenne de la Caisse pour: - la remise des autorisations d'exponation aux op6rateurs cbar,eun: - la surveillance du hon d6roulement 1m6ral des instructions donn6el par la Caisse relatives aux opmtions d'exportadon; - c:emralisation des donn«!es statistiques concernant lea exporutioal. 6) Sur la promotion locale et le., reJations pubJigues 1.87 Pour promouvoir la comn~ locale de la Vlllille et intensifier I• actions publicitaires, le G.N.I.V. s'occupe des ventes directes de la vanille: - aux consommareun individuels en touristes; - aux points de vate ouvens avec IOD propre personnel dam les endroill fr6quenta par les touristes: HOtel Madapscar Bilton Amoports internadonaux (sous douanes) Salon de d6pstation l Antananarivo 1.88 Ence qui conceme lea opmtioDS promotionnelles, le G.N.I.V. en a baucoup contnbu6 par: - l'octroi de cadeaux aux nombnux h6tea de passap; - la satisfaction des demandes de diverll ministka; - l'octroi de cadeaux offens au coun des conffrences internationales; - la participation aux foires et manifestations ponant sur les produits alimentaires. 1.89 A noter qu'en venu des dispositions de l'article 12 du d6cret No. 66-176 du Commissaire du Gouvememem aupr• du G.N.I.V. est chaqcS de coordonner les activitm et les d6:isions du Consell d' AdmiDistratioD viH-vis des lois et rqlemem. - Al-17 - c. fonctionnemeot du G,N,I,Y, 1.90 Le budget de fonctionnement du G.N.1.V., aux termes de l'article 10 du d6cret pr6cit6 est aliment6 par une cotisation per~e au moment de l'exportation au moyen d'un ch~e 6tabli au nom de ce groupement interprofessionnel. 1.91 Le montant de la c:otisation est fix4 par l' Assembl6e Gma-ale sur proposition du Conseil d' Administration approuv6e par le Commiswre du Gouvemement. 1.92 n s'agit en fait d'un pr61~ement, lbnt donn6 que la Caisse en a toujours tenu compte pour la d6termination des frais demise l FOB. 1.93 Quant au taux de ce prQ~ement, il a 6t6 au d6part fix6 ~ 12 francs par kilo puis port6 l 14 francs pour la pmode de 1966 l 1975. C. RELATIONS ENTRE LE G.N.I.V. ET LA CAISSE DE STABll.ISATION 1.94 La question qui s'est pos6e est de savoir si le Groupement N1tl0ft&l lnterprofessionnel de la Vanille (G.N.1.V.) fait double emploi ou non avec la Caisse de S~ili.sation des Prix de la Vanille et par voie de com6quence, s'il devrait ou non etre supprUM ou tout au moins etre intqr6 au sein de la Caisse. 1.95 La paplexit6 raulte de !'analyse des dispositions ci-apr~ des d6:reu portant cr6ation de ces deux orpnismes sous les DUID6ros 61-124 et 66-176 des 8 man 1961 et 30 mars 1966, en leur article premier. 1.96 En effet, aux termes de !'article premier de ce d6cret No. 61-124, lA Caisse a pour but: - la r6gulation du prix d'acbat au producteur; - la recherche et la mise en oeuvre de toutes rnesures propres l usurer et l d6velopper 1'6coulement du produit sur les marcbe!s extmeurs: - l'edcution de tous prol"IIJIJlles d'actions en we d'obtenir une meilleure productivit6. 1.97 En outre, le d6c:ret No. 66-176 pr6:it6 stipule que le G.N.I.V. a pour but: - d'assurer aupr~ des pouvoirs publics une repr6sentation de toutes les professions int6ress6es; - de donner au Gouvernement toutes infonnations utiles l la d6finition de sa politique vanillke; - d'assurer, suivant les directives du Gouvernement, un fonctionnement rationnel et efficace du march!! de la vanille l l'int&ieur et l l'extmeur, en paniculier en assurant la discipline inteme de cbacune des professions int&ess6es (planteur, pr6parateur, exportateur). 1.98 Sur le plan iuridigue. D r6sulte des dispositions r~glementaires pr6cit6es que, de par sa mission statutaire, la Caisse de Stabilisation des Prix de la Vanille apparalt comme 6tant le - Al-18 - seul organisme public qui coiffe la vanille du stade de la production (prix au producteur et productivit6) l celui des exponations (6:oulement sur les march6s extl!rieurs) et, l cet effet, de proposer au Gouvernement ou au Ministue de tutelle des mesures l!conomiques et techniques concemant ce produit (art. 6 l 13 du statut). La composition du Comitl! de Gestion de la Caisse (art. 2) corrobore ce point de we en pr6voyant des repr6sentants des int6tets 16n6raux (dl!partements ministmels int6ress6s), des repr6sentants des producteurs et des repr6sentants des eiq,ortateun. Den est de m!me de !'existence d'un Commissaire du Gouvernement investi du droit de veto, aiDsi que de l'intervention meme du Prmident de la IUpublique, Chef du Gouvernement, pour statuer sur le diff6rend en cas de veto formuli par le Cnrnrnissaire du Gouvemement (art. 3). 1.99 Le Groupement National lnterprofessionnel de la Vanille, par contre, est une organisation interprofessionnelle jouant aupra du Gouvernement un rOle aussi bien consultatif que d'information, et assurant la discipline au sein des professions int6tesHes en we de respect des lois et r~glements en vigueur ainsi que de l 'edcution des dkisions paniculiues prises l l'occasion de chaque campagne. C"est ainsi que, malgrl! I'existence d'un Commissaire du Gouvernement ayant droit de veto, son Conseil d' Administration est exclusivement cornposl! de repr6sentants des professionnels (planteurs, prl!parateurs, exportateurs) et que les reprbentants des D6partements et services int6ressm, bien qu'y assistant de plein droit, n'ont que voix consultative (art. 6 du statut). 1.100 En somme, sur le plan juridique, le Groupement National Interprofessionnel de la Vanille ne semble pas faire double emploi avec la Caisse de Stabilisation des Prix de la Vanille. Comme ii a ti pr6c6demrnent dwelopP', le G.N.I.V. constitue un •auxniaire• ou plus exactement une antenne de la Caisse clans I'exation de toutes les formalit6s administratives incombant l celle-ci au moment des eiq,ortations. 1.101 Sur le plan pratiQUe, il est constat6 qu'avant 1973, la Caisse de Stabilisation des Prix de la Vanille et le G.N.I.V. jouaient pleinement leur rOle respectif, clans le cadre des dispositions statutaires les r61issant. 1.102 D faut souliper, en pise de conclusion, que de tout ce qui prkMe, la Caisse de 'Stabilisation constitue juridiquement l'unique orpdsme ~que d'intervention. D est cependant nkessaire qu'elle soit assistM d'une orpnisation interprofessionnelle ayant uniquement pour but de l'klairer, de !"informer et surtout de veiller l la bonne ex6cution de ses dkisions par les professionnels int6ressa. - Al-19 - CHAPITRE 11: ANALYSE CRITIQUE DE L'ORGANISATION PASSEE DE LA FILIERE VANII..LE I. COMMERCIALISATION DQMESTIOUE EI INTERNATIONALE A. COMMERCIALISATION INTERNE DE LAVANll.LE 1.103 n est vrai qu'l Madagascar, la production de vanille a tra vite d6pass6 la consommation mondiale, si bien qu'au cours de certaines campagnes (1963/64, 1967/68) le pays a connu la surproduction. Malgr6 tou~ en raison de la stricte application de toutes les dispositions r6glememaires qui ont 6t6 prises, la qualit6 des vanilles vertes mises sur le march6 ~t irr6prochable. Les raisons qui ont pennis d'obtenir ce r6sultat se r6sument comme suit: - les plantations de grande importance ~ent encore d'un nombre limit6; - le coot de la production ~t moins Qev6; - les vols de vanille sur pied ~ent n6gligeables; - la R6glementation sur la normalisation ainsi que sur le transfert de vanille 6tait bien r~; - le G.N.I.V. a pu mettre la main et mattriser le processus de la commercialisation. Les planteurs ont 6t6 parfaitement mobilis6s par le biais de diff6rents aspects d'interventiond6ploy6s par la G.N.I.V. et le sous-pr6fecture (mstructions, conseils). b. YaoilJe ume 1.104 La prdparation individuelle de vanille ~t be1 et bien l la port6e des producteurs qui apportaient un soin tout particulier l cet qard. L'esprit d'entraide ayant r6gn6 au sein des collectivit6s villageoises, la technique de pr6paration a 6t6 vite mattris6e par les planteurs qui ont r ~ des imtructions des connaisseurs locaux et celles des agents du G.N.I.V. 1.105 Tout ce qui pr6cMe justifie l'efficacit6 de la technique de la pr6paration et du conditionnement qui a donn6 la c66brit6 des vanilles malgaches sur le march6 mondial. c. Au niveau des exportations 1.106 Tousles acheteurs ont pu se r6jouir de la qualit6 de leurs importations. La confiance entre les partenaires a gagn6 du terrain. Jusqu 'l la fin des ann6es soixante, rares dtaient les importateurs qui ont demand6 l proc6der l la r6faction au moment de leur r~glement. B. COMMERCIALISATION INTERNATIONALE 1.107 La vanille malgache, de par sa qualit6 mondialement reconnue, s'est lanc6e l couvrir da 1967 les principales zones de consommation du monde. - Al-20 - 1.108 Tout 6ventuel entrave l la promotion de la consommation a dt6 6vit6 d'autant plus que les acbats ont 6t6 Ala fin des ann6es soixante libell6s en dollars et en francs fran~s. 1.109 En somme, !'organisation de la fili~re vanille de 1960 l 1973 a dt6 marqu6e d'une efficacit6 exemplaire et ce, par l'application ad6quate des textes r6glementaires en vigueur et la prise de responsabilit6 de cbaque secteur professionnel. 1.110 D'une pan, au cours de cette p6riode, les producteurs des rqions productrices ont su s'orpniser en coop«atives ou en syndicat dont l'efficacit6 a 6t6 reconnue. Les exportateurs auxquels «aient affilim les mandataires et les planteurs-pr~arateurs ont pu crm leur syndicat qui a su faire respecter la R6glementation en son sein et notamment au regard de la normalisation. 1.111 D'autre pan, la Caisse de Stabilisation ainsi que le Groupement National lnterprofessionnel om fait preuve de leur devoir de soutenir les diff6rents secteurs des professionnels et jou6 efficacement leur rOle respectif. - Al-21 - DEUXIEME PARTIE ORGANISATION AC11JELLE DE LA FllJERE VANILLE (1973n5 - 1991): REFORME DE LA POLITIQUE VANILLERE 2.1 La chute de la premike R6publique le 13 mai 1972 et l'avbement du r6pne socialiste en 1975 oat marqu6 l Madagascar un toumant historique dam la vie 6conomique nationale. La rnainrniM de l"Etat dam la 1estion des affaires 6conomiques du pays bit incontestable. Cette situation bit remarquablement particuliue en rnatike de la Commercialisation de la vanille tant domestique qu •ext6rieure. Autrernent dit, l partir de l'ann6e 1973, l"Etat malgache s'est ddtermin6 l renforcer son contr0le sur toutes les o~ons commerciales notamrnent l l'exportation. L'id6ologie ayant quelque peu prim6 sur le respect des textes r~glementaires en vigueur, des cbangements notables ont en cons6quence intervenu au niveau de la commercialisation tant inteme que sur le march6 international. CHAPITRE I: L'ORGANISATION JURIDIQUE DE LA COMMERCIALISATION DE LA VANILLE I. COMMERCIALISATION INTERNE 2.2 La rnalgachisation de 1'6conomie nationale ayant ti au centre de la prdccupation du Gouvernernent des ann6es soixante dix, une s6rie de rnesures de nationalisation des secteurs cla de 1'6conomie avait ti prise. En rnatim d'organisation de la filim •vann1e• en particulier, la rt!forme pr6conis6e tendait l la rnattrise populaire des opt!rations de commercialisation. Cette r6forme rentre dam le cadre de la politique de mattrise populaire du d6veloppernent 6conomique. A. FIXATION DES PRIX 2.3 Les dispositions rqlementaires sur la fixation de prix au producteur demeurent rnabJtenl\es et respectt!es, c'est-l-dire que le prix au producteur est fixt! par le Gouvernement. 2.4 Au niveau de la commercialisation aussi bien de la vanille verte que de la vanille pr~ar6e VRAC, un arret6 ministmel, puis interministmel l partir de 1988, fixe le prix et dates d'ouvermre de la carnpape de commercialisation dam les diverses zones de production. B. ORGANISATION DE LA COMMERCIALISATION 2.5 Ence qui conceme la commercialisation de la vanille verte, l'organisation se praente telle qu •elle est dffinie par le d6cret no 66-176. Cependant, la rt!forme marqu6e par la rnise en place du nouveau r~ime 6tait principalement ax6e sur les points suivants: - l 'objec:tif de production devrait etre fixt! chaque ann6e par le Gouvernement; - Al-22 - - la r~isation par les planteurs de cette politique de production est contr016e par les fokonolona, constitu6s par l'ensemble des villageois de dix-huit ans r6volus. Ces fokonolona constituent des groupes socio-6conomiques auxquels la r6forme pr6conis6e s'y trouve comme pilier; - la collecte et le groupage de la vanille verte sont assur6s par ces m!mes groupes socio-6conomiques; - la pr6paration de la vanille verte est effectude par ces memes groupes selon les m6thodes traditionnelles, semi-industrielles ou industrielles. 2.6 Toutefois, la prq,aration acbeteurs ou faconniers continuaient l jouer leur rOle, ainsi que les maodataires qui suppl=nt les exportateurs clans la mise en oeuvre des ~ons de collecte. 2.7 La politique d'exponation pr6conis6e se r6sume comme suit: - prix de vente stables et garantis pendant une p6riode assez lon,ue afin de permettre aux acheteurs et utilisateurs d'6tablir un planning rationnel de lnar a..···uvit6s; - application 6ventuelle de prix pr6f6rentiels au profit des achcta£n ec utilisateurs qui s'engaaent d'une part, l importer un tonnage minimum l d~emu.ner ct d'autre part. l augmenter progressivement leurs acbats; - intensification des actions publicitaires et de propagande en f iveur de la vanille naturelle. 2.8 Cette politique vanill~e a ~6 mise en oeuvre l partir de 1973 par le bws des mesures ci-apr6s: une instruction interministmelle (M~e de l 'Economat • des Finances, Ministue de l'Intaieur, Ministke du D6veloppement Rural) fixe chaquc mMr les dispositions relatives l l'organisation de la campagne de commercialiut10n de la vanille verte. 2.9 C'est ainsi qu'au titre de la campagne de la vanille verte en 1973,"74. les dispositions ci-apr~ ont ~ prises le 22 mai 1973: - les acbats de vanille verte s'effectueront sur !'ensemble des nwdla officiels, dont le nombre, la location, la fr6quence, les jours et beures d' ouvenure IOlll fix6s par arr~ de Monsieur le Pr6fet d' Antalaba; - l'intervention conjointe et coordonn6e des acheteurs sera organis6e par M. le Pr6fet d' Antalaha; - la police, l'organisation et le daoulement des op6rations sur chaque march!! seront sous la responsabilit6 des Fokonolona; - afin de faciliter les transactions au profit des producteurs-vendeurs, les formalites seront simplifi6es. Ainsi, seule doit subsister l'utilisatjon des laissez-passer qui serviront de titre de transport du produit, et vaudront autorisations de vente sur lesquels doit figurer le prix effectivemem pay!!. 2.10 En we de stimuler la prise de conscience des Fokonolona sur laquelle va reposer la r6forme de d6veloppement, la d6livrance par le Chef de village de ces laissez-passer sera effectude sous leur responsabilit6. Ces laissez-passer qui doivent etre contresign6s par les vmficateurs ne seront d6livr6s qu •apra v6rification, pesage et agr6ment des lots par ces derniers devant le Fokonolona et sur les marchds. - Al-23 - 2.11 Apr~ le paiement des prix de la vanille aux producteurs qui s'effectuera 6galement devant les Fokonolona, lesdits laissez-passer accompagneront, durant leur transfert des march6s aux magasim de pr6paration les lots dont ii font l'objet. 11s seront centralis6s en fin de course par les acheteurs qui doivent pouvoir, l tout moment, les pr6senter au contrOle des autorit6s comp6tentes. 2.12 Surles march6s officiels, ii sera veilltS l l'extScution des op6rations suivantes: - destruction immcSdiate et sur place, des vanilles r ~ apr~ vmfication, tStablissement ainsi que signature des procs-verbaux de destruction; - contrOle du paiement des vmficateurs l la fin du marchd; - contrOle du paiement effectif du prix; - visa des livrets de planteurs. 2.13 Les Fokonolona veilleront sptScialement l ce que les dispositions du dinam-pokonolona soient strictement appliqu6es, en mati~e: - de vols de vanille - de ventes et d'achats des vanille.c. imman•~ ou prtSsenwn tout matte dc!faut les rendant impropres l la commercialisation. 2.14 Cette instruction interminist6rielle de 1973 dtSclare faire appliquer wutes autres dispositions rtSglememaires en vigueur, not.amment en ce qui concerne: - la qualit6 des acheteurs; - la qualit6 des producteurs de vanille; - l'obliption de d6claration de quinnine; - I'obligation de tenir les rc!gistres sp6ciaux. 2.15 Elle d6clare 6galement qu'en matim de commercialisation de 11 vanille pr6par6e, ·vrac•, les acheteurs sont responsables de la qualit6 des vanilles qu"ils om ~cpt6es. 2.16 Par ailleurs, au titre de la campagne de commercialisation 1974n5, l"mstrUction interminist6rielle du 30 avril 1974 fixaDt les dispositions relatives l l'orianuion de la campagne sus-4voqu6e ne difft:re dam son contenu de celle qui la prtScbde que sur les points suivants: - Les achats de vanille verte s •effectueront sur I' ensemble des Centres populaires de transaction (CP'l1 dont le nombre, la localisation, la fr~ence, les jours et heures d'ouverture sont fix6s par Arret6 de Monsieur le Prc!fet d" Antalaha. - L'intervention conjointe et coordonn6e des acheteurs sera organis6e par Monsieur le Pr6fet d'Antalaba de mani«e l ce que tousles C.P.T. soient couvens par ces deniers ou leur mandataires. - La police, l'organisation et le d6roulement des op6rations sur cbaque C.P.T. seront sous la responsabilit6 du Repr6sentant du Fokonolona (vatoeka) o~ est implant6 le Centre. - Al-24 - 2.17 A cet effet, il sera assist«!: - de v6rificateurs, • de repr6sentants des Fokonolona, des Fokontany 1f0up6s autour du Centre int«ess6, - d'un repraentant de r Administration. 2.18 A l'analyse, Jes instructions interministmelles pr6cit6es n'avaient pour objet que d'adopter la dllemeatadon au besoin de l'idmlope que les classes politiques, c'est-l-dire les diri&eants ont voulu inculquer pour soutenir le r6gime en place. Malgr6 tout, Jes Fotonolona n •ayant pas 6t6 prets , assumer s6rieusement Jes taches , eux confi6es, !'adoption de la politique vanilla-e bas6e sur le 1estion populaire des op6rations de commercialisation interne de la vanille n'avait pas donn6 de r6sultat satisfaisant. La preuve en est que le Vatoeka qui a 6t6 appe16 l repr6senter le Fokonolona bien que b6n6ficiaire d'une commission pay6e par le GNIV au moyen d'une subvention accord6e par la Caisse de Stabilisation, n'a pas fonctionn6 comme il se doit et le pouvoir publi6 a dO par la suite le supprimer. 2.19 Cependant, l'adoption de la politique vanilla id!Soloaiquement ax6e sur la. maiurnis~ populaire clans la commercialisation a eu pour impact remarquable la diminution des activit6s du GNIV qui jouait un rOle de plus en plus passif et quasirnent mc,nnu clans certaines zones de productions. 2.20 Cette diminution prosressive des activita du G.N.I.V. s'explique par le fait qu'l partir de 1973, date l laquelle le Gouvernement rnalgacbe a mis en place une structure politique bas6e sur l'intervention directe du Fokonolona (lroupement des villa1eois) clans la 1estion des affaires rurales, notamrnent en matib de cornmercialisation de la vanille, le recours au service du GNIV pour l'orpnisation du march' s'amenuise. D'autant plus qu'l partir de 1976, une ristoume est accord6e aux collectivita ddcentlalis6es (fokontany, firaisampokontany, fivondronarnpokontaDy, faritany), l raison de cinq francs par kilogramme de vanille vendue, au niveau des collectivita infmeures (fokontany et firaisampokontany). Cette ristoume est veme par les acbeteun au profit du VATOEKA du fokontany qui signifie ·vaornieran'ny Toe-arena· OU ·eornmmion anornique au scin du fokontany•. 2.21 La rnalversation constal6e au Diveau de la 1estion de ces ristournes a conduit le pouvoir ou la puissance publique l supprimer ceue entit6. Cependant, 11:tat n'a pas supprim6 cette ristourne et l partir de 1987, elle est aupnelltN l dix francs par kilo de vanille verte vendue et les acheteurs sont tams de la payer pour alirnenter le bud&et de fonctionnement des collectivit6s concem6es. . 2.22 Le paiement de cette ristourne s'effeccue 'Pfanent au niveau de la commercialisation de la vanille pr6parie vrac. C"est ainsi qu'l l''Poque oo le tam bit encore fix, l cinq francs par kilo de vanille verte, l'acheteur devait verser vingt trois francs par kilo de vanille pr6par6e au profit des collectivit6s inf6rieures. Le calcul est alors bm sur le rendement de 4,6 kl de vanille verte pour un kilo,rarnme de vanille pr,Par6e. 2.23 Dans les rn!mes conditions, le faritany bm6ficie d'une r~6ration de collecte (ristoume) de vinat francs par kilosrarnrne de vanille verte issue des zones d'achat et production relevant de son resson. ' - Al-25 - 2.24 Dest relev6 qu'en raison des moyens d6risoires mis l la disposition du GNIV, cet organisme n'a pas pu mener efficacement sa mission. 2.25 Par ailleurs, l'intervention de l'Etat dans le cadre de la nationalisation des affaires konomiques s'est intensifi6e. C'est ainsi que I'Ordonnance no 73-054 du 11 septembre 1973 ponant refonte de I"Ordonnance no 60-129 du 3 OdObre 1960 relative au r6gime des prix et l certaines modalit6s de l"intervention en matiue 6conomique dispose en son article premier qu'entrent dam son champ d'application toutes mesures tendant l promouvoir !'expansion 6conomique, am6liorer les circuils et 6chanaes commerciaux, garantir l'approvisionnement en biens d'•ipement et de consommation et rdsoudre les probl6mes PQ"5 par le prix. 2.26 A ce titre sont notamment susceptibles de r6glementation: - l'importation, !'exportation, la circulation, la d6tention, !'utilisation, I'achat et la mise en vente de tous produits; - l'exercice d'une activit6 ou d'une profession l caract6re commercial ou industriel. 2.27 L'anicle 7 de cette Ordonnance d6clare que des textes r~glementaires peuvent fixer: - les prix limites l la production et aux diff6rents stades de la distribution - les prix minimal I'acbat, l la production - les prix limites l l' exportation - les prix minima l 1'exportation. 2.28 Cependant, bien qu'en venu des dispositions de !'article 71, la prmente Ordonnance soit applicable en matiue de la production et la commercialisation de la vanille, aucun texte rqlementaire n'a 6t6 pris, en raison des incohuences constat6es justifiant l'inapplication de certaines dispositions mentionn6es dans l'anicle 7, Smnement •Les prix obligatoires en d~ et au-dell desquels il est interdit d'acheter ou de vendre•. 2.29 En matiue de commercialisation de la vanille verte ou pr~ar6e, seuls les prix plancbers sont r~glementairement fixa. L •objec:tif principal est de prot6ger au mieux les producteurs. La surenchm qui pouvait bien avoir lieu pendant les campagnes de basse ou de moyenne productions, est l l'avamage de ces demiers. 2.30 Pour revenir aux ac:tivit6s du GNIV, il convient de sipaler que la passivit6 croissante de cet organisme interprofessionnel pour bien assumer son rOle est due notamment l l'insuffisance jusqu'l ce jour tra ressentie des moyens l sa disposition. 2.31 En somme, l'adoption de la politique vanill~e bas6e sur la gestion populaire des op6rations de commercialisation interne de la vanille a provoqu6 la dt!sarticulation des activitm du GNIV. Bien que le Groupement interprofessionnel ait 6t6 coiff&S par un Commisuriat du Gouvernement, son fonctionnement laissait l dmirer. Bref, ses bureaux n•6taient appelm qu 'l assurer les relations publiques sur la fili~e vanille et notamment, la centralisation des donn6es statistiques aux autorita comp6tentes. 2.32 Quant aux exportations, !'essence meme des dkisions de nationalisation a impl~ le renforcement de !'intervention de I'Etat sur toutes les op6rations de Commercialisation. Toutes dkisions relatives aux exportations rel~ent du Ministue du Commerce. Cette • Al-26 - situation a cependant 6volu6 l panir de 1982 date l laquelle la Caisse CAVAGI est habilit6e l mener sa politique de vente suivant les imtructions du Ministue de tutelle, notamment en ce qui concerne le placement des produits dont elle a la charge sur les nouveaux march6s. n. COMMERCIALISATION EXTERIEQRE 2.33 Le systme de commercialisation baHe sur l"atttibution de quota fixf lors de la ruuon de nqociation du plan d'exportadon, clans le cadre de ratliance des pays producteurs de r0c:6an lndien demeure la r•le, comme il a ti dmite dans la premi~e partie du pr6sent rapport. Ce plan annuel d'exportation de vanille cimente les relations commerciales entre 1~ partenaires. D convient de signaler que le systae de quota n'a jamais constitu6 un frein au d6veloppement des exportations clans la mesure oo les importateurs quoiqu 'ils confirment leurs ac:hats par la signature de contrat de vente, ne sont jamais contraints d'enlever la totalit6 de leur quota. Ds effectuent le d6blocage de quota en function du besoin de sa clien~le et du comportement du march6 clans les pays consommateurs. 2.34 D s'ensuit que les op6rateurs disposent d'une large manoeuvre pour exporter de la vanille dans le cadre de rattribution de quota suppl6mentaire et la prospection par leur diligence de nouveaux marcb6s. 2.35 Dans le cadre de rextension du marcb6, une tentative fructueuxe a ti men6e par Mada,ascar de 1980 l 1985, en essayant de foumir directement certains utilisateurs situ6s dans la zone p6riph6rique de l'Europe g6ograpbique telle que l'ltalie. Cette d6marche a ti parsem6e d'obstacles: les membres du Syndicat Europ6en du Commerce de vanille ont 6ev6 une objection smeuse argu6e sur la perturbation de leurs activit6s de revendeurs. Si bien que cette prospection de marcbw a ti tra vite abandonn6e. m. ROLES EI FONCTIONS DE LA CAISSE DE STABILISATION A. AU NIVEAU DE LA COMMERCIALISATION INTERNE 2.36 Pour le bon d6roulement des op6rations de Commercialisation, la Caisse de Stabilisation se charge de !'impression des laissez-passer et des canes professionnelles de planteur. 2.37 En outre, elle rend compte au Ministke de tutelle du d6roulement de la campagne et des difficult6s 6ventuellement rencontr6es III niveau des op6rations de commercialisation domestique. B. PAIEMENT DES INDEMNITES DE STOCKAGE DE VAN1LLE 2.38 La Caisse de Stabilisation contn'bue morm6ment l la bonne marche de la Commercialisation inteme de la vanille en proc6dam au paiement des indemnita de stockage qui permet aux Conditionneurs-Stockeurs de se mettre aux achats de la production. 2.39 Mais ces derniers temps, des difticulta 6normes sont rencontr6es par la Caisse pour payer ces indemnit6s de 5t0Cka&e. Le paiement ne pouvait plus, comme il se doit, se r6aliser - Al-27 - mensuellement. En raison des restrictions budgbires notifil!es l la Caisse de Stabilisation par la Direction du Trdsor par leare no 2427/MFB/SG/DT/CP.4 du 03 avril 1990. la Caisse n'a pu proc~er qu'au paiement partiel de ces indemnit6s et ce, apr~ plusieurs mensualitds de retard. 2.40 Ces contraintes bud1&bires impos6es l la Caisse s•expliquent par le fait que dans le cadre de l'opcation Gm6rale du Trfsor (OGT}, les dc!penses annuelles ou trimestrielles de la Direction du Trfsor som initialement arret. avec la b6n6fiction de la Banque Mondiale et du Fonds Monaire lntemational (FMI) dam le cadre de la politique d'ajustement struc:turel. 2.41 Dest estimable que ces organismes financiers intemationaux autoriseront le Trdsor l accorder des moyens financiers l la Caisse permettant l celle-ci d'assumer son rOle dans de bonnes conditions. n serait souhaitable l cet effet qu'elle soit dot6e d'un compte d'intervention, pour le bon d6roulement de la Commercialisation. C. ACTIVITES DE RECHERCHE 2.42 Depuis plus d'une d~e. la Caisse de Stabilisation s'est lanc6e dans le financement des activitds de recherche agronomiques pour l'am6lioration de la quali1' de la vanille malpche. Ces activitds sont menl!es par le FOFIFA (Dc!partement de pathologie v6g6tale) pour la lutte contre le dq,mssement du vanillier et par la Station de la Vanille l Ambohitsara - Antalaba pour la production des vari6ta plus productives. Des essais multi- locaux som actuellement enttepris avant la wlgarisation des vari6tds jusqu'ici obtenues. D. DIMINUTION PR~SIVE DEL'AUTONOMIE DE LA CAISSE 2.43 En raison de la mainmise du Ministke du Commerce sur le placement du produit l l' extmieur, et notarnrnent de la surveillance tra accrue manifeme par ce d6partement ministmiel l I'6gard des activius commerciales de cet organisme, toutes d6cisions y relatives ne pouvaient eue prises que sur b6udiction de ce d6partement. 2.44 Le prix l l'exponation ayam ti flu ma moyen du l)'Stmle de plan annuel d'exportation, le recours au Comit6 de vente pdvu par la Rglememation est devenu par la force des choses supertlu. Ce qui a conduit l la mile en veilleuse des activius de ce Comit6 l partir de 1982. 2.45 n convient toutefois de rappeler que le rOle principal de ce Comi1' de vente ~ d'examiner la r6gulari1' des sownissions, c'est-l-dire des propositions de ventes, pr6sent6es par les exportateurs, d'attribuer les offrea d'achat propos6es par les nouveaux acheteurs (outsiders) aux opuateurs d~eurs des stocks dom la quali1' r6pond l la demande de ces acheteurs. 2.46 Par ailleurs, le recoun l ce Comit6 de vente a pennis de respecter le principe de l'ant6riori1' de r6colte. Autremeat dit, la nouvelle r6colte, en application de ce principe, ne pouvait etre embarqu6e qu'apra avoir vmfi6 que les stocks issus des r6coltes ant6rieures de quali1' correspondant l ce qui est demand6 sont effectivement q,uisds. C'~it en • Al-28 - conuquence une manim-e de sauvegarder la quali~ du produit l !'exportation et la possibili~ pour tousles exporweurs d'kouler leurs stocks de qualit6 saine et marchande. 2.47 Le caractke trop 6troit du march6 de la vanille n'a pas permis d'observer ces principe., si bien qu •en fin de compte le nombre r6el des exportateurs est diminu6 et que la majo~ des professionnels ne sont que des d6tenteurs de stocks. 2.48 En somme, le d6faut d'ouvenure du march6 international de la vanille d"une pan, la mainmise quui absolue du MiDistke du Commerce sur les activit6s commerciales de la Caisse d'autre part om en partie expliqu6 la diminution progressive, sans parler de la limitation des moyens financiers, du rOle de la Caisse de Stabilisation au coun des ann6es soixante dix et quatre viqts. 2.49 Quoiqu'il en soit, la Caisse de Stabilisation des prix de la vanille de par son rOle statutaire, est appelde l assurer la garantie des prix au producteur. Elle com,nue d'exercer ses attributions dans la limite des moyens mis l sa disposition. Ce qua Justafae son intervention en 1987 lorsqu'elle a proc6d6 au rachat de stocks de 968 tonne&. op~on qui a pennis d'assainir ta tr6sorerie des professionnels vis-l-vis des banquo. Cene action de la Caisse a pennis de r6aliser la collec:te issue de cette campape s'Qevanr a 2.114 tonnes de vanille pr6par6e. IV. LE FONDS NATIONAL UNIOUE DE PEREOUADQN CF,N U F> 2.50 Le symme de recouvrement de pr61~ement devant revenir l la uwe d6crit dans la premim-e partie du praem rappon ne r6pondait pas au besom des Filwlca put,hques. Accusant parfois trop de retard quant au eaiement par les opmteurs-dwreun, l'Etat a mis en place le symme F.N.U.P. qui a pennis aux banques d'assurer le dispa;hma des pans revenant aux divers services ilaress6s et au profeuionnel, dis que l'achlllllf proc~e au r~ement des importations. 2.51 Les modalita de r6partition de pans sur la base de d6cornpte mbli p• la Caisse som •donnies dans la circulaire interministmelle No. 5380-MPF/SG/DGF.3 du 22 IVl'il 1982 relative aux op6rations de reversement en faveur des C.aisses de Stabilisation • 1UX rqlements de droits de sonie et de tau conjoDCtllrelle, moditi6e par la circulain iDtenninistmelle du 30 janvier 1987. En ce qui conceme le versernent de la p1rt du Budget 1aiml, l'arret6 ioterm.inist6riel No. 4993/84 du 4 d~re 1984 tixe les conditions et les modalita de ce versemem sur les recettes des bureaux de commercialisation ct des Caisses de Stabilisation des prix des divers produils. Les pr611Nements hors FNUP (correspondant aux r~1lements des droits de sonie, taxes conjoncturelles et pr6l~ements sur produits Caisse) som direc:tement r6&16s par les banques par le biais des d6comptes 6tablis par la Caisse au profit des or1aaismes int6ress6s et en application des textes r•lementaires en vipeur ci~essus cit6s. 2.52 A noter que le pr61~ement F.N.U.P. est vers6 dans un compte spt!cial l la Banque Cemrale sous No. 01/35001/K/DF. Dest &61'6 par la Direction du Tr6sor et rentre dans le cadre de l'Op6ration Ga6rale du Traor (0.G.T.) - Al-29 - v. fONC:OONNEMENI ou o,N,1, v, 2.53 Des changements notables ont pu etre relev~ sur le fonctionnement du G.N.I.V. l partir de 1973. A. REDUcnON DU NOMBRE DU PERSONNEL DE CET OR.GANISME 2.54 Concurremment l la crise que connait cet oraanisme interprofessionnel dans son fonctionnement, crise duel l'intervention croissante de l'Etat dans l'konomie nationale et notamment au changement politique pr6c6dant l'av~ement de la seconde R6publique l Madagascar, le nombre du personnel du GNIV s•est r6duit d'une ann6e l I' aua-e, si bien qu'en fin de compte, ii perd sa popularit6 et n"arrive plus l assumer son role comme il l'a fait avant 1972. 2.SS Ainsi, la pr6paration du march6 inteme n'a pu etre men6e dam de bonne conditions et le contrOle de l'ouverture des march~ officiels n'etait pas suffisammem assur6, faute de moyens en personnel et mawiel. B. L"UNIVANII:.LE 2.56 D n'est pas supe.rtlu de rappeler qu'en janvier 1968, les pays producteurs de l'Oc6an lndien et le Syndicat Francais du Commerce de la Vanille ont cr66 une orsanisation charg6e de la propagande et de la d6fense de la vanille dmomm6e •umvanil1e• dom le si~ge est l Paris, et qui est une association rqie par la Joi du ler juillet 1901. Le fonctionnement de cet organisme est assur6 par les cotisations des pays producteurs. 2.57 Cependam, sous Jes auspices du GNIV, le si•e de l'Univanille a ~ cransf6r6 l Madagascar et a pris le nom d'Univanille Imemational, suivant prods-verbal de I' Assembl6e constitutive tenue l Tananarive le 5 juillet 1973, avec la participation des dBflations de Mada,ascar, des Comores et de la R.6union. 2.58 La composition du Conseil d' Administration est la suivante: - quatre repraentants de Madagascar - deux reprbentants des Comores - deux repraentants de la R.mnion. Cette association n'a fonctionn6 vmtablement que durant quelques ann6es. Le GNIV ayant petit l petit perdu ses pr6rogatives et ayant r6troc6d6 sa place dans son rOle promotionnel de la vanille naturelle dans le monde par le biais de sa participation aux foires internationales alimentaires, n'a pu soutirer cet organisme dans son inaction. On peut dire qu'l l'beure actuelle, l'activit6 de l'Univanille International est mise en veilleuse et l'avenir des activit6s promotionnelles du commerce de la vanille est remise en question. - Al-30 - C. TRESORERIE DU GNIV 2.59 En vertu des dispositions du d6cret no 66-176 du 30 mars 1966, le budget de fonctionnement de ce groupement interprofessionnd est alimen~ par le versement d'une cotisation par les exponateurs au moment des embarquements, c'est-l-dire qu'en principe toutes op6rations ne pourraient se r~iser qu'aprb l'accomplissement par l'op6rateur de la p~ure de paiement de ceue cotisation. 2.60 Le taux de cette cotisation est flu par le Comeil d' Administration du GNIV approuv6 par le Qlmmissaire du Gouvemement auprm du GNIV. 2.61 Le Commissatlat du GNIV ayant t1t6 supprim6, !'approbation incombe l la Caisse de Stabilisation. 2.62 L'6volution des taux appliqu6s se pr6sente comme suit: Pmode Taux am,Uouf par tiJo - mars 1966 l mars 1984 12FMG - avril 1984 l septembre 1984 14FMG - octobre 1984 l juin 1988 30FMG - juillet 1988 l aujourd'hui S0FMG 2.63 Eu 6gard l la dipr6ciation mon6taire et au taux actuel de i'inflllioa l Madagucar, le GNIV d6clare l l'heure actuelle que ce demier taux de SO FMG est lqcmear dipass6 et qu 'un r6ajustement sera incessamment demand6. 2.64 D d~e de ce systane de cotisation que le non enlt:vemem paniel de quota par les acheteurs au titre de la r~isation de cenains plans d'uportation entraine Wit baisse inmtable des recettes du GNIV. Cette situation amme la Caisse l lui ICCOl'dcr parfois des . subventions pour le besoin de son budget. Toutefois, le conttOle de l'utilisalioa des moyens financiers par le GNIV ainsi que de ces subventions 6chappe l la Caisse. s·a,want d'une 0 organisation interprofessionnelle, ce conttOle relt:ve plutOt de son Conseil d Administration qui a la possibil~ de saisir la Caisse, le cas 6ch6ant. 2.65 L'octroi de ces subventions qui ne pourrait avoir lieu que tardivemem ne RSOut presque rien. Cette solution ne constituera en aucun cas un moyen d'am6liontion des activi* du GNIV, clans la mesure oo la libc!ration de ces subventions ne saurait intervenir qu'l posteriori, done ne r6pondant nullement pas au besoins de ceue organisation. VI - LE MINISTERE DU COMMERCE 2.66 Ce d6partement ministmid al plusieurs reprises chang6 de nom depuis 1973: - Ministk'e de l'Economie et du Commerce (MEC) (1973-1980) - Minista-e de l'Jndustrie et du Commerce (MIC) (1981-1983) - Ministae du Commerce (MC) (1983-1991). - Al-31 - Mais toujours est-ii ce que ce d~artement a toujours 6t6 appel6 A assurer la tutelle des organismes dont la Caisse de Stabilisation des Prix de la Canne et du Sucre et la Caisse de Stabilisation des Prix de la Vanille. 2.67 Le dkret DO 84-028 du 26 janvier 1984, en son article 2, pr6cise que •1es organismes de commercialisation, de contrOle de la qualit6, de conditionnement, et de stabilisation des prix des produits rel~ent de la tutelle technique et administrative du Minisme du Commerce. 2.68 A noter cependaDt que dans le cadre de !'organisation 1m6rale de ce minist~e dl!finie par le praent daet, en son article S, les directions des Caisses de Commercialisation et de Stabilisation des Prix de produits l l'exponation sont placl!es sous J'autoritl! et le contrOle du Directeur Gm6ral du Commerce ext6rieur. 2.69 Le dl!cret DO 88-343 du 6 septembre 1988 fixant les attributions du Minist~re du Commerce ainsi que l 'organisation g6n6rale de son Minist~e. dkret qui a abrog6 celui du 26 janvier 1984 ci-dessus, a enterinnl! les termes de l'article 2 du dkret no 84-028 en confirmant que les organismes de commercialisation, de contrOle de la qualit6, de conditionnement et de stabilisation des prix des produits rel~ent de la tutelle technique et administrative du Minisme du Commerce. 2.70 De meme, comme indiqul! l l'article S ci-dessus du dl!cret no 84-028, J'article S du dkret DO 88-343 pr6citl! dispose que les Caisses de Commercialisation et de Stabilisation des prix des produits sont placl!es sous l'autoritl! et le contrOle du Directeur Gl!n6ral du Commerce. 2.71 Les particularitl!s pouvant etre relevl!es dans la nouvelle organisation gl!nl!rale du M~e du Commerce sont les suivants: - La •Direction Gm6rale du Commerce Extmeur• est transforml!e en •Direction Gm6rale du Commerce•; - Le service des informations et des statistiques commerciales qui 6tait sous le dkret DO 84-028 au sein du Seer~ Gm6ral rel~e aujourd'hui de la Direction Gl!n6rale du Commerce et prend le nom de •service d'information, de statistiques et d'analyses commerciales •; - La Direction des imponations disparait de la nouvelle organisation gm6rale de ce Ministue et est devenue un Service du M°~e: •1.e service des imponations ·; - Le Service des relations intemationales est ttansform6 en Direction: •1.a Direction de la concurrence et de la consommation •; - La Direction du contrOle l!conomique est suppriml!e et remplacl!e par la •Direction de la concurrence et de la consommation •; - La Direction de la qualitl! et de la M6trologie ll!gale est nouvellement cr66e eu 6gard au ttansfert du Service du Conditionnement du Minist~e de la Production A&ricole et de la R6forme Agraire (MinAgri) au Ministue du Commerce, en vertu des dispositions de l'article 6 du dkret no 84-028. - Al-32 - 2.72 Bref l l'analyse, les changements approt6s par la nouvelle organisation gm6rale du Ministlre du Commerce rel~vent de l'instauration progressive du sys~me de la lib6ralisation du commerce int6rieur et ext6rieur l Madagascar. 2.73 n faudra sipaler que le d6cret no 88-343 du 6 septembre 1988 a 616 modifi6 par le d6cret no 90-293 du 28 juin 1990. 2. 74 En somme, sur le plan adrninistratif et en vertu des dispositions r~glernentaires ci- dessus, la Direction de la Caisse de Stabilisation des Prix de la Vanille (C.S.P.V.) constitue rune des Directions plac6es sous l' autorit6 et le conttOle du Directeur G61i6ral du Commerce. Le Directeur de la Caisse a l cet effet ran1 de Directeur de Minis*e. n convient d' 6voquer que par D6cret no 91-131 du 12 mars 1991, le Gouvemernent rnalgacbe a proc1Sd6 l la nomination du nouveau Directeur de la Caisse de Stabilisation des prix de la Vanille. A. OUVERTURE DE LA CAMPAGNE DE COMMERCIALISATION DE LA VANILLE 2.75 D a ti ant6rieurernent cit6 qu'en vertu des textes r~glernentaires en vigueur, le prix de la vanille au producteur est fix6 par le Gouvemernent. Nmmoins, la fixation de prix et la d6termination des dates d'ouverture de la campape de commercialisation de la vanille, verte ou pr6par6e, soot ofticiellernent annonc. par duet (avant 1984), puis par arret6 du Minis*e du Commerce suivant le d6cret no 84-179 du 23 rnai 1984. B. LA DIREcnON DE LA QUALITE ET DE LA METROLOGIE LEGALE (ex-Service du Conditionnernent) 2.76 Avant 1984, !'Administration du Service du Conditionnernent ~t exerc6e par le Minis*e de la Production Agricole et de la R6fonne Agraire. Mais elle a 6t6 ensuite transf6r6e au Minis*e du Commerce en vertu des dispositions de l'article 6 du d6cret no 84- 028 du 26 janvier 1984 aux termes duquel, •1es moyens de fonctionnernent (les biens, rneubles et immeubles, le personnel ainsi que les crlSdits de fonctionnernent) appartenant au Service de normalisation. de conttOle de la qualit6 et du conditionnernent des produits agricoles, soot ttansf6r6s au Ministke.cbar&I! du Commerce•. 2.77 Le rOle et les functions de cet orpnisme demeurant fixa par l'Ordonnance no 60-056 du 9 juillet 1960 (art. 11) et le d6cret no 66-176 du 30 mars 1966, en ses articles 26, 39 et 49, ii raulte que le Service de la qualit6 et de la Mmologie lqale collabore moitement avec la Caisse de Stabilisation et le G.N.I.V. C. NORMALISATION DU PRODUIT 2.78 L"on ne peut s • ~ e r de dire qu'actuellernent la normalisation doernstique de ce produit est d6pass6e. La normalisation bas6e sur la distinction des zones productrices d'ori&ine a 6t6 abandonn6e depuis belle lureue. 2. 79 Sur le rnarch6 international, les irnportateurs ont constatl! que la qualit6 de la vanille rnalgache ne cesse de se dl!grader. C'est ainsi qu'l partir de 1973, les qualit6s •extra• et - Al-33 - •premi«e• ont disparu du circuit commercial. D'ob la n6cessit6 de red6finir au d6but des ann6es soixante dix les normes appliqu6es sur le plan commercial. Ces nomes d6jl appliqu6es l partir de 1973 ont ~ rappel6es l Paris lors de la r6union des 4, 5 et 6 avril 1977 tenue entre les acheteurs traditionnels am6ricains et europ6ens et les repr6sentants des pays producteurs de vanille de l'Oc6an lndien (Madagascar, Comores et La R6union). 2.80 Actuellement, Jes importateurs traditionnels remettent en cause l cor et l cri ces normes convenues. Ds affirment que la qualit6 des vanilles malgaches a r6trograd6 et que les cuts ne sont 111tres que du bois. La diminution du tam de vanilline constat~ suivant Jes analyses scientifiques en laboratoires que certains d'entre eux ont entreprises et notamment compte tenu du prix l l' exportation actuellement appliqu6, les am~ent l exiger la modification unilat6ral, souvent en terme de longueur des goursses, de la composition de leur importation. 2.81 La refonte sur la normalisation paratt done s'imposer. N6anmoins, elle ne sera efficace et partant edcutoire que si les parties int6ress6es participent s6rieusement l son Saboration et l son adoption, 111 cours d'une r6union internationale. D. LE SERVICE DES DOUANES 2.82 Bien que relevant du Ministue des Finances et du Budget, la Direction des Douanes joue un rOle d«enninant dam la mise en oeuvre des op6rations d'embarquement de la vanille et partant clans la r6alisation du plan d'exportation de ce produit. a. Pesage La d6ontologie des Services des Finances publiques impose aux Agents du Service des Douanes de proc6:ler, 111 moment de l' embarquement des lots de vanille, au pesage de ces lots. D leur incombe en outre de vmifier la r6gularit6 de chaque embarquement par le biais du contrOle: - la validit6 du d61ai d' embarquement accord6; - de la r6gularit6 du tonnaae l embarquer III w de l'autorisation d'exportation d61ivr~ par la Caisse de Stabilisation. D convient de signaler que depuis un certain temps, les Agents du Service des Douanes l Toamasina procklent syst6matiquement au contre-pesage des marchandises (vanille) avant tout arrimage sur les loop courtiers. b. Perception des droits et taxes Sur la base du prix l )'exportation mentionn6 dans l'autorisation d'exportation, le Service de Douanes calcule le montant des droits et taxes: (i) Le Droit de soaie m,s,} Toutes op~ons d'exportation de vanille, l l'instar d'autres produits agricoles d'exportation sont soumises au paiement des droits de sortie par - Al-34 - l'opuateur d6sip6. Le taux de ce droit est fix6 l 15~ de la valeur imposable et n'a subi aucune modification depuis plusieurs ann6es. fli) La me conioncrureJie AI'em,rtation (ICE} Con;ue d'etre conjoncturelle, cette taxe qui a 6t6 institu'9 en 1977 par l'article 6 de l'Ordonuance n• 76-049 (Loi de Finances pour 1977) pour servir de levier ma redressqe clcoaomique du pays est devenue struc:turelle. Son taux est fin l 11 ~ de la valeur imposable n'a jamais jusqu'l praent subi macune modification. fill) Les preim,nems sur produit Acaisse <PPC} Sont soumis au reversement Ill profit du budaet ammales, par le dbet n. 84-395 du 10 octobre 1984, les recettes des Caisses de Stabilisation sur tous les produits expona soumis l contrat caisse. Selon l'arret6 ministmel n• 4993/84, le momam du reversement est fix6 au tiers de la diff6rence entre le pm de r6alisation et le pm FOB &aranit major6 des d6penses couvrant la rmnun6ration des op6nteurs. Ont 6t6 institu6s depuis 1984 par I' Arret6 1Dtenninist6riel 4993-83 du 4/12/84, et aont effectifs depuis 1985. Leur momant est calcu16 sur chaque bordereau. La base de leur 6valuation est: la somme (TCE + PPC) doit atre 6gale ) une tiers des pr61Pements publics, Droits de Sortie mtclu l/. Le reliquat (soit deux tiers des pr6lnements publics, Droits de Sortie mtclus) alimeme le compte FNUP. l/ Les Pr6lfNements Publics sont qaux l la diff6rence entre la valeur FOB r6alis6e rn:>ins frais ad valorem, frais de ripqe d'une part, et valeur FOB 1arantie d'autre pan. - Al-35 - CBAPITRE ll: ANALYSE ET CRITIQUE DE L'ORGANISATION DE LA FILIERE VANll.LE DE 1973ns A 1991 2.83 L'organisation de la commercialisation domestique et extmeure de la vanille malgache telle qu'elle est rqie par les textes rqlementaires toujours en vigueur n'est pas l proprement parler la source iHvitable de la crise actuelle de la filiue vanille l Madaaascar. A noter que le phaoma de surproduction de vanille est l plusieun reprises coDDU l Madagascar: 1963/64 et 1967/68. 2.84 Des mesurea appropri• om c!t6 prises l cet effet par le Gouvemement malgache pour rmoudre la crise, tels que la destn1ction des stocks et le rachat des stocks par la Caisse de Stabilisation des Prix de la Vanille qui a pris les dispositions n~essaires pour les exporter. 2.BS Un petit rapprochement entre l'administration de la filike d'avant ·1972 et celle d'aujoud'bui permet de conclure que l'intervention de l'Etat trop pouss• dans la commercialisation de ce produit et plus particuliuement I' entrN de l'id~logie politique dans la aestion d'un produit aussi d6licat qu'est la vanille constituent la source lointaine de la crise actuelle. Les cause imm6diates sont constitu6es par la politique actuelle de prix l l'aponation et le caractke trop restreint du marcb6 de ce produit. 2.86 L'organisation de la commercialisation de la vanille confi• en trop fone proportion au Fotonolona n'a pas donm les raulws attendus. La preuve en est la disparition tra rapide du vatoeka qui a ti appel6 l usurer la police d'organisation du march6 de la vanille verte. La surveillance du march6, le repr6sentant du GNIV ~ sur la touche, laissait l d6sirer. Le vmficateur qui est g6nm"llement une personne trm coDDUe dans la collectivit6 villageoise n'a pas pu efticacement opmr. Ce qui mait bien mdemment l la qua1n, du produit l I'exportation. 2.87 Par ailleun, la Caisse de Stabilisation trouvant ses mar1es d'action trop limit6es n'a pas pu mener sa mission dans de bonnes conditions, en sa qua1n, d'organisme d'intervention. Ce qui destabilise parfois le dl!roulement de la commercialisation imerne de la vanille. 2.88 Le Groupement National lnterprofessionnel de la Vanille, en raison de l'insuftisance trb caractmsN de ses moyens en personnel et ontamment mataiels et financiers, n'a pas pu maitris6 la mise en oeuvre des mesures tendant au respect de la discipline par ses smembres si bien que le prix officiel n •est pas respect6. 2.89 L'impossibiln, du GNIV d"exercer efticacemem son rOle statutaire implique des effets . fkheux telle que la recrudescence des vols de vanille sur pied, situation qui a amen6 I' Assembl6e Nationale Populaire l adopter la loi no 88-028 du 12 d6cembre 1988 tendant l renforcer la repression des vols de vanille. I 2.90 L'article premier de cette loi stipule que: •Quiconque aura vol6 ou tent6 de voler clans les champs des 1ousses de vanille et dans quelque ~ i t que ce soit les memes produits en vrac, pr6par6s ou d6jl emballa en we de leur mise en vente, est puni d'un emprisonnement de deux l dix ans et d'une amende de 100.000 l 1.000.000 FMG. Le receleur sera puni des memes peines que le voleur. - Al-36 - 2.91 Cet article pr~ise que •par d6rogation aux dispositions des articles 462 et 463 du Code p6nal, aucune circonstance att6nuante ne pourra etre retenue .en faveur des individus reconnus coupables des infractions aux alinw pr6c6dents ainsi que les anicles 569 et suivants, du Code de Proc6dure P6nale ne leur soot pas applicables •. •n sera en outre prononu cootre eux une interdiction de s6jour de deux l cinq ans•. •En cas de condarnoation, il sera toujours d6cern6 UD rnaodat de ddpOt cootre le prc!venu libre praeot l !'audience et un rnaodat d'arret comre le prctvenu non cornparam•. 2.92 D convien enfiD de relever que la crise actuelle de la filike vanille raulte en particulier de la non application des dispositions f61lernentaires en vigueur parmi lesquelles, il faudra citer: - article S4 - pa,rammhe s et article ss C4PGJ 66-176}: sur l'~lissement du diff6rentiel - article S7fmeme dpe(): sur le Comit6 de vente. Ce Comit6 de vente permet aux 616ments professionnels (repraentams des Conditionneurs-Stockeurs, repraentant du GNIV et du Mioistke du Commerce) de participer l 1'6tude des soumissions (propositions de vente) praent6es par les aponateurs ou Cooditionneurs-Stockeurs l la Caisse de Stabilisation L•intervention tta caractma6e de 1•Etat dam la commercialisation extmeure de ce produit 6carte la mise en oeuvre de c:eue proc:61ure. L•inapplication est ici de facto et DOD dejure. - PNet no 68-31S du 25 iuin 1968: relatif l la rationalisation de la production de la vanille - Anicle 3 du dm;et wfcitd: Interdiction des mouvemems de vanille entre zones produdrices. 2.93 Le conttOle des mouvernents de ce produit est indispensable. La nqligence l cet 61ard ou la suppression de ceae mesure favorisera incontestablemeot les fraudes et les exportations illicites, clandestines. .,. \ ANNEXE2 Performance du Marchf de la Vanille l Madagascar TABLE DE MATIERES Cbapitre 1: Or1anisation . de :la production ... ____ . ........ ... . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1 I. Descripnon soc~nomique . ... .... .. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1 n. • • •-'--: Descripuon ~que . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1 m. Rentabilit6 des cultures concurrentes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2 IV. Evaluation gt!n6rale du stade de la production . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4 Chapitre 2: Le stade de la pr6paration . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .... .. ... . .. .. s I. •... • • soc1~nomique Descripuon ,(Aft .. ...... ..... .. .. • .. .... ... .. ... . s II. Description technique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .... ... .. . . .. .. 8 m. Evaluation des contraintes au niveau de la transformation .. .... .. ... . .. . 9 Chapitre 3: Le Syswne de ContrOle de Qualit6 . . . . . . . .... ...... .. .. .. ... .. 10 I. Au stade vert du commerce en 1ousses vertes ... .. . .... . .... ... ... 10 n. Au stade noir . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .... ... ... ... .. . . .. . 11 m. Au niveau du conditionnement et du stockage .... .. ..... .. ... .. .. . 11 IV. Au niveau de l'exportation . . . . . . . . . . . . .... .. .... .. . .. .. .. .. 13 V. Evaluation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. .... ... ... .. . .. .. .. 14 Chapitre 4: Activit6s de Recherche et de Vulgarisation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1S I. Diagnostic . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1S II. Recornrnand2tions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15 Cbapitre S: Activit6s de commercialisation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17 I. Caractmstiques et origines du systane de stabilisation . . . . . . . . . . . . . . . . 17 II. La commercialisation internationale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17 m. Les modalit6s d'exportation de la vanille . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19 IV. La commercialisation dornestique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21 Chapitre 6: Recnrnrnaudations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25 I. Production . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25 n. Prc!paration et conditionnement . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25 m. ContrOle de la qualit6 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26 IV. Recherche et vulgarisation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 27 - A2-1 - Chapitre 1: Organisation de la production I. Pmcdmion socio-¢conomigpe 1.1 La vanille est essentiellement produite dans la panie nord-est de Madagascar. plus pr~iHment dam les soua-pr6fectures d'Antalaba, de Sambava, d'Andapa et de Vohemar. Selon les statistiques qricoles disponibles, BO~ de la production sont concentra clans ces quatre sous- pr6fectures. Mais on peut noter 6galement une production dans la sous-pr6fecture de Toamasina, l Nosy-Be, Ambanja et Ambilobe. 1.2 La superficie totale cultiv6e en 1989 ~ t 28,600 ha., et on estime le nombre de plantations l environ 60,000, ce qui, en 1989, donne une superficie moyenne de 0,48 ha. par exploitation avec un volume moyen de production de 130 kg. 1.3 Le rendemeot moyen atteint pour sa part 0,27 T/ba. Les sous-pr6fectures caract6ris• par les rendements les plus Qev6s sont Nosy-Boraba, Analalava, Befandriana Nord et Nosy-Be. Les rendements les moins Qev6s (par un facteur de 5:1) soot observ6s l Mahanoro, Ambanja et Antalaha. 1.4 Le Ministke d' Aariculture 6value a 54 pour cent la part de la main d"oeuvre ext6rieure l I'exploitation dans le total des heures de travail consacr• l la culture du vanillier. En r~gle g6nble, Jes exploitations soot si petites qu'on peut faire l"hypothme lqitime que seuls quelques planteurs recourent l la main d'oeuvre extaieure. Notons aussi que }'association de certaines cultures avec celle de la vanille, essentiellement les arbres fruitiers (servant aussi d"ombra,e OU d'abri), est pratiqude, partout l Madagascar. Nmnnoins, dans un plantation de vanillier, ii est rare que ces cultures associ• occupem plus de 10~ du terrain. n. Pmctiption techoigye •• 1.5 La culture du vanillier est une activitj qui exige des soins constants pour les diverses tlches culturales s"6cbeloDDaDt au cours de l'annde. Den r6sulte que la culture d'un hectare exige environ un travailleur l temps complet. 1.6 Ence qui conceme le choix de l'emplacement, le vanillier nKessite des terres alluvionnaires d'origine volcanique, riches en humus. Les sols l argiles compacts et lat6ritiques ne lui conviennent pas, car ils conservent uop d'humidit6, ce qui occasionne la pourriture de la racine. D s'agit d'une plante exigeante en phosphate et en potassium. Les terres excellentes sont rares, et elles sont parfois l!puis• en humus et en 616ments chimiques apr~ 3-4 ans de culture intensive sans paillage. Aussi, le recours aux engrais chimiques, devient partout de plus en plus n6cessaire. 1. 7 Le lieu choisi doit bm6ficier d'un drainage excellent. Un espacement de 2M X 3M entte les lianes est recornmand6, et. sur les pentes, leur placement en contour pour r6cluire I' 6rosion de la terre. Il faut placer les arbres tuteurs et assurer leur Qagage d'une ~ n telle que l'on parvienne l un ensoleillage d'environ 50~. - A2-2 - 1.8 La multiplication par bouturage des tiges est faite l la fin de la saison s~e. Puis vient le paillqe (paille de canne l sucre + herbe, de pref6rence 16gumineuse). Provignage, Qagage, pollinisation des tleurs, 6clairage et sarclage, sont les autres tacbes culturales qui demandent des soins l des moments d6terminds. 1.9 Les maladies, Jes insectes et meres parasites attaquant le vanillier sont nombreux. Parmi les maladies d'oripie fongique on peut citer l'anthracnose, la fusariose, le fusicladium vanillae, la phytophtbora palmivora, l'amerosporum vanillae, la scellaria vanillae, la nectria vanillae, le mildiou et d'autres encore. La lime est attaqu6e par toute la gamme des col6op*es, des 16pid~es. des hmniptkes et des dip*es, soit par des centaines d'espkes d'insectes. Les escargots sont 6galement nuisibles. 1.10 Le contrOle de ces diverses affections est op6r6 au moyen de contrOles culturaux consistant l 6liminer les organes malades, l r"1uire rombrqe qui se excessif favorise les maladies), l enlever les d6bris, l d6truire le bois mort, l mettre en place des pi~ges lumineux, ou l faire une capture manuelle. Pour les escargots, on utilisera des applts aux fruits avec m6taldBlyde). En outte, on peut employer toute la gamme des fongicides et des autres produits chimiques apicoles 1/. 1.11 Le vanillier permet la premim-e cueillette l partir de 2.5-3 ans; et il atteint sa productivit6 maximale l 5 ans. Sa lon16vit6 moyenne est de 6-8 ans, et maximale de 10-12 ans. D doit produire un minimum de 1000 kg. gausses vertes/hectare, l moins que la r6colte n'ait 6t6 fortement amoindrie par des maladies et des parasites. 1.12 Seulement une petite JDinork' des plantations de la zone de production est ainsi entretenue. La plupan des plantations sont c:ependant bien loin de cet id6al. Nous avons D.Ot6 au cours des visites de terrain plusieurs cas de lieu de production mal choisis, de manque de contr6les culturaux voire une absence totale de contr6le chunique des maladies et parasites. Le raultat est bien sQr une proportion 6lev6e de limes et de aousses malsaines et improductives. Nous estimons qu'l Madagascar, au minimum de 70~ de la production potentielle l Madagascar est perdue l cause du mauvais entretien des plantations. Par ailleurs, panout, les producteurs se plaignent du vol sur pied de ,ousses vertes, lesquelles sont ensuite commercial~ bien entendu. m. Rentabilit6 des cultures concurremcs 1.13 Nous prmentons ici le co4t de production et le rendement par hectare de vanilliers, qui caractmsent la DM§thode traditionnelle (sans emploi d'intrants): l/ Elmo W. Davis, McCormick & Co. Vanma (1988). Recherche g6n6tique pp 9-10, emploi d'intrams pp. 36-37. Donovan S. Corell, •vanilla-Its Botany, History, Cultivation and Economic Import• Economic Botany V. 7, No. .4 (1953). Horticulture pp. 318-~1. -A2-3 - METHODE TRADmONNELLE DE PRODUCTION DE LA VANILLE (par hectare) Ann6e Temps des CoQt des Production Rendement travaux travaux vanillevert (FMG 000)0 0ours) (FMG '000) (kg) 0 261 313 0 0 1 206 247 0 0 2 252 302 0 0 3 3S2 422 179 350 4 403 484 376 752 s 467 S60 3S9 718 6 549 659 402 104 7 462 554 384 768 8 408 490 268 536 9 340 408 256 512 10 188 225 244 ,11 Source: Bilan et Perspectives de la Politique Vanilliqe Minisw-e du Dfvcloppement Rural, Direction de la Prograrnrnation et de la Statistique Agricole. 1974 (aaualiu m ce qui conceme les coots unitaires des travaux et les rendements), 1.14 Le taux de rentabilit6 inteme (TRI) indique! par ce tableau elms lequel (nous supposons un coot d'opportunit6 de main d'oeuvre de 1200 FMG/jour et un pru officiel des 1ousses au stade vert de 2000 FMG/q, est d environ 4S, ce qui est infuieur au taux d"int6ret 0 bancaire. A un prix de 3000 FMG/kg, le taux de rentabilit6 inteme de la vanille est de 42 S. En supposant un coot d'opportunit6 de main d oeuvre de 1000 FMG/jour et un prix des 1ousses au 0 stade vert de 2000 FMG/kg, le taux de rentabilit6 inteme devient 23 S. Le TRI des cultures alternatives, calcule! l partir des rnernes hypoth~ de dq,art, se situe pour sa part aux niveaux suivants: TRI Girofle = neg. TRI Poivre = 20S 1.15 On voit done que le TRI de la vanille est infmeur l ceux du poivre et lc!gm-ement supmeur l celui du girotle. -A2◄- IV. Evaluation 1gngra1e du stade de Ia production 1.16 Le type d'exploitation pr6dominante est de dimension familiale et on n'y applique que rarement les techniques culturales recommand«!es. L'emploi de vari~6s am61ior«!es est limit6. L'int6gration verticale de la production - c'est l dire, le fait que la production soit effectu6e par les pr6parateurs et par les conditionneurs eux-mtmes reste un pb6nommie tr~ limit6. Cependant, on note des cas usez nombreux ou ces opfrateurs om fid6lis6 des producteurs. Ce systmne en effet pnseme alon l'avamage de faciliter la ma1trise de la qualit6. 1.17 Le vol sur pied constitue un r6el problmne dans la mesure o~. d'une part, ii cause un pr6judice financier aux planteurs, et, d'autre part, ou ii incite ces derniers l proc6der l la r6:olte de 1ousses encore immatures. 1.18 Ajoutons qu'l l'heure actuelle les banques n'accordant auam cr6!it l la tr~ grande majorit6 des petits planteurs, constitue un frein puissant l l'accroissemem de la productivit6 (voir l ce sujet Chapitre V, •Activite!s de Commercialisation•). - A2-S - Chapitre 2: Le stade de la priparation I. Description socio«onomigue 2.1 La aousse de vanille telle qu'elle a ~ rkoli. ne possMe pas encore le parfum dSicat que nous lui connaissou; il faut lui faire subir une sme de traitements. Ces traitements sont !'oeuvre des pr6parateurs, dont la profession est ldUellement r6glemeat6e: elle ne peut en effet etre ex~ que par une personne physique ou morale qui a ~ qr~ l cette fin par une commission sp6:iale si61eant au niveau du Fivondronana. En d'autres tcrmcs. ii s'agit d'un travail de professionn.el, qui n6cessite une longue expmence ainsi que des mamiels et des locaux appropris, lesquels sont en principe iDspect'5 et ap-cSes par le l'ex-Service du Conditionnement (devenu la Direction de la Qualit6 et de la M~loaie Ugale). 2.2 Les pr6parateurs, pour la bonne qualit6 de leur travail. 10m tcnus de refuser le traitement des aousse.c imrnatnres. 2.3 D existe trois cat6&ories de pr6parateurs : les planteurs-pnparateurs (15" de la pr6paration, en volume) les acheteurs-pr6parateurs ind6pendants (15-20") les pr6parateurs-conditionneurs-stockeun (60-65") 2.4 La proportion restreinte des planteurs-pr6parateurs provim du fait que la plupart des producteurs prfikent vendre leur vanille au stade vert pour 6viter, d'unc .,.i. les d6penses d'investissement suppldmentaires en acbat de matmel de pr6paration a. d'autre part, de consacrer trop de tempS aux op6rations de pr6paration de la vanille aux d6pem da autres activit6s (les travaux pour les autres cultures par exemple). 2.5 Les pnparateun-conditionneun-stocteurs (PCS), s'approv11aoanent par l'imerm6diaire d'acheteurs, qui sont lam maadataiJ:es. La plupart du temps, le pcs fournit au rnandataiR une voiture et une certaine sornme d'araent (parfois jusqu"l plusacurs millions de FMG souvent) avec laquelle ii devra acheter le plus de vanille verte pouible et payer la taxe par kilo de vanille acbet6e (au v6rificateur, pour les besoms de l'inspectioa que cclui-ci r6alise sur les rnarcha physiques). 2.6 Les acheteurs ou pr6parateurs-acheteurs, selon leur d6nomination dans la profession, donnent procuration l leur tour l des rnaodataires pour couvrir tous les march6s locaux (au nombre de 500). 2. 7 Dans le Fivondronana d' Antalaha, par exemple, les achats ont ~ assur6s pendant la campape 1990 par quelques 147 pr6parateurs-acheteurs, qui se font aider par 222 rnaodataires. 2.8 Les planteurs sont autoris6s de plein droit l pr6parer leur vanille par le Pr6sident du Fivondronana qui appose son visa sur leur carte de planteur. Toutefois, cbaam d"entre eux ne poum pr6parer qu 'une quantid correspondant l la capacit4 de sa propre plantation.' 2.9 La quantit6 directement trait6e par les planteurs est relativement faible comme il a 616 not6 auparavant. Les 6carts de triage font fr6quemment •objet d'une prq,aration chez le producteur. Dans la pratique, le planteur trie grossi~ement les lots de vanille verte avant leur mise sur le march6. Par cette opmation se trouve mise l l' 6cart une certaine quantit6 de gousses irnrnarures ou de longueur r6duite. 2.10 Le nombre de pr6parateors-planteurs n'at pas connu avec exactitude du fait que leur a,ranent n'at pas fait annuellement rnais tous les trois ans. 2.11 Par contre, quelques indications sont disponibles quant au nombre de prq,arateurs- acheteurs et prq,arateors-~nniers, nombre qui a subi de fortes variations sensiblernent au cours des diff6rentes campagnes, comme le montre le tableau suivaot: EVOLUTION DU NOMBRE DE PREPARATEURS DE LA VANILLE 1986 1989 1990 Antalaba (prq,.-ache.) 134 214 148 • (pr6p.-~.) 63 59 15 Andapa (pr6p. -ache.) 86 104 S6 • (pr6p.-fa~.) 19 - - Sambava (pr6p.-ache.) 163 589 233 • (pr6p.-fa;.) 19 - - Voh6mar (pr6p.-ache.) 135 74 64 • (pr6p.-~.) - 5 1 TOTAL 619 1045 517 . Source: GNIV, Antalaba 2.12 L'6volution du nombre de pnparateurs suit sensiblement celle de la production de la vanille vene et celle de Ia production commercialue de vanille vrac, ainsi qu'ii est rettac6 dans le tableau ci-aprm: EVOLUTION DE LA PRODUcnON 1986 1989 1990 Production vanille verte (T) 2650 4147 3569 Production commercialisde de vanille vrac (T) 69S 1681 n.d. Source: MinAgri Antalaha; Caisse Vanille - A2-7 - 2.13 Les frais de pr6paration soot fix6s par le diffl!rentiel (voir Chap. V). Le montant inscrit dans celui-ci est le r6sultat de n6gociations entre les professionnels (par l'interml!diaire du GNIV) et le Minis~e du Commerce (par l'entremise de la Caisse de Stabilisation de la vanille): FRA1S DE PREPARATION PREVUS PAR LE DIFFERENTIEL DES PRIX DE LA VANILLE (FMG/kg) 1984 1985 1986 1987 1988 1989 1990 Frais de prq,aration 800 (.) 900 (.) 950 (.) 1090 1526 1526 1526 Rmwn6ration prq,arateurs . - - 410 800 1000 1000 TOTAL 800 900 950 1500 2326 2526 2526 Source: Caisse vanille (.) poste unique: frais de pr~aration et ranun6ration du p~arateur 2.14 Selon le Groupement National lnter-professionnel de la Vanille (GNIV), ces frais, malgr6 l'augmentation enrepstr6e, ne couvrent pas encore les coots de p~aration. Le tableau suivam illustre les diffl!rences entre la rmmmm-ation officielle offene par le systmne de diff&entiel des prix de la vanille et le montant des coots et marges estima par le GNIV. FRAIS DE PREPARATION omCIELS ET ESTIMES PAR LES PROFESSIONNELS EN 1987 (FMG/q) CalculsGNIV Montant prm par diff6remiel Frais pr6paration 1394 1090 Rmmm. pr~. (40S) 558 410 2.15 Si J'on actualise les coOts intennl!diaires et les prix selon les indications du GNIV, on obtient respectivement, toujours suivant ce mode de calcul pour l'ann6e 1991: FRAIS DE PREPARATION ESTIMES PAR LES PROFESSIONNELS EN 1991 (FMG/k1) Frais pr~aration 2660 Ranun6ration du p~arateur 1064 - A2-8 - 2.16 Ce frais paraissent Qev6s comparativement l ceux indiqu6s par des paysans- pr~arateurs interrog6s. n. Dacription techniwe 2.17 La transformation de la vanille consiste l favoriser la formation du parfum, l donner au produit un be1 aspect, et l le rendre apte l bien se conserver en 6viwtt la dc!hiscence (ouverture de la aousse). La prl!paration est bas6e sur ll'Ois principes: une phase de c:bauffqe (6c'bandag~ en eau) ayant pour but de d~ire les processus de la vie (m~lisme), et par ll, d'arreter la maturation de la gousse, et permettre aussi de diffuser dans l 'ensemble du tissu, les sues et les enzymes qui post6rieurement produiront les 250 compos6s chimiques qui, composent 1'arOme de la vanille marchande (dur6e 1 jour). une phase de transpiration (6tuvage et exposition au soleil), consistant l favoriser des fermentations diastasiques et maintenant les gousses l une temp6rature convenable, et dans une atmosph~e riche en oxygme et bien pourvue en humidit6, ayam pour but la conversion des pr=rseurs des 6lmients des arOmes (dur6e 8 l 20 jours). une phase de dessiccation (s6:bage l l'ombre) visant l amener la teneur en eau des gousses l un taUX assez bas mais en assurant la contim1ation de la phase pr6c6dente et la bonne conservation du produit. La gousse perd 2/3 de l'eau originelle (dur6e 2 l 3 mois). 2.18 Les conditionneurs-stockeurs plus nantis utilisent la mdthode de prl!paration . am6Iior6e qui emploie un s6choir lair cbaud, et qui prfsente plusieurs avantages: 1'6c:onomie de main d'oeuvre par la r"1uction des manipulations, le traitement homo1me des 1ousses, l'indl!pendance vis-l-vis des a16u climadques et la possibilit6 de travailler jour et nuit, et done la rapidit6 plus ,rande des opmtions. 2.19 A la fin de la pnparation, les pases sont pretes au conditionnement. 2.20 Le conditionnement des 1ousses de vanille a surtout pour but le d6veloppement et la conservation des 6lmients caract6ristiques de l'arOme vanille avec sa finesse et sa suavit6. Les 1ousses sont mises en malles ferm6es pendant 4 l 6 semaines, entreposa dans un maguin propre et sec. La vanille est un produit tra d6licat, qui moisit facilement dans une atmosph~e satur6e ou en pr6sence d'une humidit6 excessive, au cas o~ sa teneur en eau d6puse uncertain tam.. Ceci implique au cours de son stockage, done de sa conservation, un contrOle usez fr6quent (en ce qui conceme l'emballage, voir Chapitre Ill). 2.21 Les gausses de vanille peuvent aivrer durant leur stock.age. Autrefois, le givrage bit consid~6 comme un signe que la gousse contenait beaucoup de vanilline (compos6 chimique - A2-9 - qui foumit 25~ de l'arOme de la vanille). Ence qui concerne la teneur en vanilline, l'analyse spectrographique est plus rapide et plus stlre que l'observation. 2.22 Un des auteurs de cette panie de l'«ude, expert en techniques d'analyse spectrographique et chromographique des arOmes, a «6 frapp6 quand il a demand6 au plus important acheteur industriel de vanille au monde quel 6tait son systmie de contrOle de qualit6 de la vanille. < <Aucun> >, r~ndit-il. < <Nous faisons confiance l notte fournisseur, qui nous assure que toute la vanille que nous achetons est d'origine malgache. Mais ce qui nous inqui•, ce sont les donn6es que notte foumisseur lui-meme nous a pr6sent6: elles d6montrent que la quali~ de la vanille mal1ache se d6grade d"ann6e en ann6e. Om les ann6es 1970, la teneur en vanilline des gausses malgaches que nous avons achet6es a chut6 de 2,3 l 1,7 ~. La qualit6 demim-e s'est presque abaiss6 jusqu'au niveau des gausses indondsiennes que nous avons test6es r6cernrn~. Mais la teneur en vanilline n'est pas le seul crit«e de la qualit6> >. m. Evaluation des contraintes au niveau de la transformation 2.23 Les traitements sont !'oeuvre des p~arateurs artisanaux ou industtiels et leurs moyens varient notablement suivant les cas avec les cons6quences que cela implique sur la qualit6. 2.24 Pour la monification (cbauffage) le maintien de la tem~re de cuisson est souvent laiss6 l une appr6ciation personnelle. Tra peu de p~arateurs possWent un tbermom~e. ce qui rend I' opuation impr6cise, sauf dans le cas ota le pr~arateur possWe d6jl une grande expmence. 2.25 Pour I' «uvage, on utilise normalement des couvertures en coton pour envelopper les gausses. D'habitude, une couverture dure trois campagnes et si, auparavant, le coot 6tait supponable, ce n'est plus le cas actuellemem obligeant nombre de pr~arateurs l utiliser des sacs de jute lesquels prdsentent plusieurs inconvmiems: l l'a neuf, ces sacs absorbent l'arOme de la vanille; l 1'6tat usag6, ils communiquem l'odeur de leur prkMent contenu. Aun moment donn6, des morceaux de fibre colla aux gausses ont fait tr~ mauvaise impression sur les imponateurs am6ricains, qui les ont pris pour des polls de rats. 2.26 Le ·s6cbage au soleil se fait sur des couvertures ~ - sur des claies l 1 M du sol. Malheureusement, la p6riode de s6chage coincide avec celle des pluies, ce qui rend exttemement malais6e les op6rations sun.out quand le mauvais temps persiste. 2.27 Pour le s6chage l l'ombre, les magasins mal era ou soumis l une atmosphue satur6e rendent l'op6ration risqu6e pour les gousses, qui sont alors sensibles aux moisissures. 2.28 Quand les op6rations de classement sont faites dans un local non-appropri6, les gausses sont exposa l des risques multiples de cnntamination par d'autres odeurs provenant d'auttes produits (caf6, girofle, etc.) ou d'alhnents consomma par les visiteurs (bananes, oranges, etc.) ou encore de l'huile pour les cbevem: des femmes. - A2-10 - Chapitre 3: Le Systane de Contrt.le de Quali~ I. Au stade xea du commerce eo wsses veaes 3.1 Le Dcet 66-176 (1966) stipule que chaque campagne de vanille vene sera d~aiie ouverte par un arr~ du Ministre du Commerce pris apr~ consultation du GNIV. Toute transaction et tout transpon de vanille verte sont interdits avant ceae date. L'arr~ fixe aussi, par sous-pr6fecture, les march6s ofticiels l ouvrir. A l'beure actuelle, en raison de.s microclimats caract6risant les diverses zones, une date d'ouverture diff6rente est fix6e pour Sambava (206 march6s), Maroantsetra, Andapa, et Antalaba (300 marcha, environ). Les ;ours au cours desquels les march6s seront ouvens sont fix6s pour chaque quinzaine amsi que les beures d'ouvenure. 3.2 Ence qui conceme la vanille verte amen~ aux march~. iJ nlSle un carnet de planteur de vanille, que tout producteur de vanille doit poss~er. Claque utulaire du carnet (cane) de planteur r~it une marque qui est sa propri6t6; le carnet accompape obligatoirement toute vanille vene transpo~ de la pla.'1tation au lieu de vente. 3.3 Les acheteurs, en ce qui les conceme, doivent ette agr6a qu"ils soient collecteurs ou pr6parateurs, par des commissions de districts rf!uoissant le Pr6s1..lem du F1YOndronana, les repr6sentants du MinAgri, du MiniCom, et ceux des trois sections du G~1V, celle des planteurs, celle des pr6parateurs, et celle des exporweurs. Les acheteurs agr6a de vlllille verte ont I'obligation: (a) de tenir un registre d'acbat qui indique la date et le lieu de I' adla. le nom et le domicile du vendeur, la marque, et la quantit6 achet6e. (b) d'inscrire sur les carnets des plameurs les achats de vanille vcru cffectu6s. 3.4 Ce carnet doit etre vis6 annuellement par l'agent d" Agriculture raponsable du sec:teur o~ se trouve la plantation. En outre, le d6cret sp6cifie que •te pru d' adlat sur les march6s ofticiels ne saurait etre inf6rieur au prix ofticiel fix6 pour la c:ampqne •. qui doit etre pay6 sur le champ en liquide. Pour assurer le respect de ces conditions, le d6cret nomme le GNIV comme arbitre. Dest tenu d'etre repr6sent6 sur tousles marcb6s officids par un nombre suffisant de pr6parateurs-acheteurs et d"exponateurs disposant des fonds n6cawres pour faire face au march6. D peut, s'il le juge utile, d616per sur chaque marcb6 un repraentant de sa section des planteurs aux fins de constater la r6gularit6 des transactions et signaler au GNIV les anomalies 6ventuelles. 3.5 On peut noter que le rOle du •vmficateur• n'est pas sp6cifi6 dans le d6cret 66-176. Cependant, on observe que, clans la ventilation du diff6rentiel vanille (voir Cbapt. V), est inscrite la •r6mun6ration du v6rificateur ... FMG 46/kilo•. Cet agent, pay6 par les acheteurs, doit inspecter cbaque lot de gousses avant leur pr6sentation au march6. n doit s' assurer de la bonne qualit6 de celle-ci et ii doit proc6der l la destruction de toute mauvaise vanille, sunout de la vanille immature. Peuvent 6galement etre consid6r6s comme vanille de mauvaise qualit6 les vanillons (petites gousses) les gousses endommag6es ou ddhiscentes, etc. Le v6rificateur est normalement form6 par le Service de Conditionnement du Ministue du Commerce. Sa formation est assur6e par un stage de deux jours, CN il entend des expos6s et o~ ii observe des - A2-11 - d~onstrations faites par les fonctionnaires du Minist~re de 1•Agriculture et du Minist~re du Commerce. Puis le candidat subit un examen par =it avant de recevoir son carnet. 3.6 Le vuificateur n'est pas oblig6 d'aviser que le prix officiel est respect6; les autorit~ locales qui surveillent chaque march6 doivent accomplir cette t!che. Le D6cret 66-176 donne pleins pouvoir au GNIV pour agir l ce sujet; ce pouvoir n•a ~ employ6 que rarement. n. Au swte noir 3.7 Peuvent etre autorisa par les commissions des sous-prffeaures l pr6parer leur propre vanille ou celle des autres, les producteurs de vanille justifiam d"une production sup6rieure l cent kilos de vanille verte, ou les coopuatives de producteurs quelle que soit la production de celles-ci. A part Jes pr6parateurs-producteurs. ii existe des pr6parateun •and6pendants" (pr6parateurs-acheteurs, qui l leur tour vendent aux conditionneun-stocteurs). Les pr6parateurs- acheteurs sont autoris~ 6galement par les commissions sous-pr6fectoraJes. 3.8 Chaque campagne de vanille vrac est ouverte par un 11tetf du Ministre du Commerce qui doit etre pris aprb consultation du GNIV. interverwll dms Jes quatre mois apr~ la date d'ouverture de la campagne de vanille verte. 3.9 Les vanilles pr6par= ne peuvent ette vendues que par la plameurs autoris~ l pr6parer eux-memes leur vanille et par les pr6parateurs-acheteul"l . Ca vanities ne peuvent etre achet= que par les conditionneurs-aponateurs agr66s. 3.10 Il est bien pr6cis6 dans le d6cret relatif l la commercw1U110n des vanilles que le prix d'achat des vanilles pr6par~ ne saurait ette infmeur au prix offic1d f1d pour chaque campagne. 3.11 Dans les dispositions ofticielles, l'on ne trouve aucune rtftrma sp6cifiant une norme de qualit6 pour la vanille pr6par6e et non-conditionn6e. m. Au niveau du conditionnement et du stockage 3.12 Avant que la vanille soit mise sous comrat-caisse, ii faut qu'elle soit conditionn6e et stock6e dans un magasin appropri6 et agrU par l'ex-Service du Conditionnement devenu la Direction du ContrOle de la Qualit6 et de la M6trologie Ugale; tout op6rateur d~irant soumettre ses produits au contrOle doit adresser au poste local de la Qualit6 et de la M6trologie L6gale, une demande de v6rification. Le rendez-vous pour le contrOle de la qualit6 du produit est indiqu6 l I' op6rateur lors de I' enregistrement de sa demande. Les v6rifications s' effectuent dans I' ordre d'inscription des demandes. 3.13 LIEU D'INSPECTION: La vmfication du produit ne peut avoir lieu que dans les lieux appropri~ (bien a6r6s, bonne visibilit6, propres, en bon 6tat, bien abrit6s de l 'humidit6 et de toutes contaminations telles que celles caus= par des parasites et des attaques de rongeurs. Le lot pr6sent6 l la v6rification doit etre bien arrim6, I'objectif 6tant de permettre l l' agent charg6 du contrOle de circuler librement et d'avoir acus facile l tousles colis composant le lot. - A2-12 - 3.14 LES CARACTERISTIQUES D'EMBALLAGE. Les emballages doivent: supponer le contenant d'une capacit6 optimale et le &erbage des colis, etre propres, exempts d'odeur et de cnmamination, pouvoir assurer la protection du c:ontenant c:ontte toute souillure, etre bien fermm: les canons de vanille seront cercla de feuillard aux deux atrmita. Chaque carton sera obliptoirement plomb6 aux extr6mita au moment de l'exportation. 3.15 Les paquets sont ranga dans des bottes en fer blanc gamies de papier sulfurisl!. On c:ompte 30 paquets par bolte. Les bottes sont mises dans des caisses en bois ou en carton en we de leur exptScfition. 3.16 Notons que les aousses conditionn6es font l'objet de classement par qualit6 avant mise en emballage de ~n l ce que le contenu de chaque emballage soit homogme et conforme en principe aux normes. Les 10usses sont prt!sent6'& en paquets •ou bottillons•, obtenus aprm les manipulations suivantes, sachant que le c:ontenu de chaque paquet ou •bottillon• doit lui aussi etre homoame: DRESSAGE: Les aousses sont l!tirl!es pour reprendre leur forme naturelle puis lissl!es contre un morceau de bois poli, ce qui favorise le ama,e. CLASSEMENT: Apns avoir r6parti les gausses en deux cat6gories, entim-es et fendues, on les classe &6nm-alement en 4 qualita sans tenir c:ompte de leur longueur. Premiift qua&t6: ce sont les aousses les plus belles, p-asses, onctueuses, de couleur brun- chocolat, parfmnl!es et sans dche. Dewdane qua&t6: un peu moins amses que lea ~entes 3• et 4•: d6termin6es par leur couleur, leur posseur et le nombre de dches ainsi que leur s6cheresse. CALIBRAGE: Les 10usses r6parties selon leur qualit6 sont classl!es selon leur lonpeur afin de constituer des loa uniformes. Le classement est fait l l'aide de tables de mmure ou de rl!glettes. Les aousses sont r6panies par catqorie dans des casiers. Elles sont ensuite mmies en bottillons ou paquets entoura des plus belles l()USSes et attach• au milieu par un lien (sauf les paquets de gousses fendues, qui sont, elles, relil!es aux deux atranita). 3.17 Les aousses ainsi conditionn6es sont daormais aptes l etre stock6es et expon6es. -A2-13 - IV. Au niveau de r exportation 3 .18 Est interdite I' exponation: des vaoilles avari6es (moisies, mit6es, cr6osot6es). des vanilles clans la prdparation deaquelles est intervenu un produit chimique. des vanilles recuites ou reprdparNS. 3.19 En dehors de ca caract6ristiques minimales l J'exponation, le sys~me officiel de classification est d6terrnin6 par: (1) l'origine des gousses (cOte est, Nosy be, Comores), (2) la dc9liscence ou !'absence de dc9lis,;ence fendue, non fendue), (3) la longueur, (4) les d6fauts, (5) la teneur en eau, (6) la couleur, (7) la souplesse, (8) la tolirance de classement. Les critues de classification, pour la zone cOte est, sont r•ma dans le tableau ci-apr~: ClUTERE DE CLASSIFICATION DE LA VANll.LE MARCHANDE ll qualit6 2l qualit6 3l qualit6 4l qualit6 non fendue fendue non fendue fendue non fendue fendue non fendue fendue saine - hon parfum cass6e ou coup6e longueur > 14 cm longueur < 14 cm couleur unifonne brun fonc6 souple et souple soupleou pleine Hebe ni tkhe dches tkhes 011 Di rague rapes rapes importantes bumidit6 38" bumidit6 38~ bumidit6 30" bumidit6 25 ~ Source; Pffinition des dffauts a teur dMJDination, tecbnigues d'khantilloooage, 44teanination de teneur en eau, •Fiche Technique, Vanille•, Direction de la Qualit6 et M~logie, Minisw'e du Commerce (Juillet 1990). 3.20 En cons6quence d'un accord intervenu au sein de I' Alliance de la Vanille, les lots peuvent ne pas etre uniformes mais etre composa de diff&entes qualita. Par exemple, un lot dit de •2• qualit6 l descendre• sera compose! de: 25~ de 2• DOD fendu 25" de 3• DOD fendu 25" de 4• DOD fendu et bout coupe§ 20~ de 4• fendue et bout coupe§ 5~ de •cuts•. - Al-14 - v. Evaluation 3.21 Pour comprendre le syst=e de la normalisation officielle, il faut tenir compte du haut degr6 de r6glementation qui s'applique l tousles intervenants (planteurs, vmficateurs, pr~arateurs. acheteurs, rnanclaraires et exportateurs) qui doivent etre agr6!s et expmmentm clans leurs mc!tiera. De plus, tous ont l'obliptioD de meme clans leurs canes professionnelles leurs transactions ou des rnouvements de stocks (voir Cbapitre V, • Activita de la Commercialisation•). 3.22 Dans la pratique, cependaDt, la normalisation est peu r ~ . D'ailleun les normes, n'ayant pas ti r6vism depuis longtempS sont devenues partiellement obsol~. Les IIW'les de tol6rance normales sont d~ass6es. La qualit6 rnoyenne a fonement baiss6e au cours des deux demia-es ddcennies et ce bien que le prix Bev6 l l"exportation pr6vu par le diff6rentiel impose en principe de vendre des gousses de qualit6 sup6rieure. Quant aux exportations clandestines de vanille, on n'a pas de donn6m fiables sur leur qualit6 rnais ii est permis de supposer qu'une part irnportante en est de qualit6 faible. 3.23 En ralit6, la normalisation initialement con~e par les pouvoirs coloniaux, et qui faisait la distinction entte les diverses oripnes, a ti abandonn6e au profit d'une convention de l'Alliance portant sur la composition d"un lot, dont un exernple vient d'etre donn6 ci-dessus. Or meme ceae demim normalisation est actuellement n6glig6e. Les conditionneun-stockeun principaux et des responsables du Minista-e du Comme~ e DOUS ont d6clarm que le systmie est 4 tomb6 en dmu6tude pendant les anmes 1980 due en r&1 . ..,n du manque absolu de rnoyens financiers et hurnaios tie celui-ci. 3 .24 Les acheteurs ~,e.rs insistent prioritairement sur des crita-es ou indicateurs de qualit6 tels que le tam d'humidit6 et la loqueur, exigences que les exportateurs n'oot pas encore les rnoyens, en 6quipemeot d'analyse et main d'oeuvre sp6cialis6e, de satisfaire en sa totalit6. 3.25 Cette exiaence sur la loqueur ne semble pas avoir des fondements trm solides, puisqu'il a ti prouv6 qu'il n'existe qu'une corrBation relativement faible entre la longueur d'une . gousse et sa teneur en vanille. 3.26 Pour rmoudre ce paradoxe apparent entre l'existence de normes, fllrent elles imparfaites, et la chute absolue de la qual~ DOUS croyons qu'il faut regarder ve.rs l'amont, c'est- l-dire constater !'absence d'un systmie incitatif l la qualit6 aux stades •vert• et •vrac•, absence tenant notarnment aux prix trm peu r6lnumrateurs que soot pratiqua • ces stades. 3.27 Un rnoyen compl6rneotaire, parmi d'autres, de rem6dier l cette situation, serait d"activer la recherche biochimique l la Station Ambobitsara sur Jes pr6curseun chimiques des 6lmnents aromatiques en ce qui conceme la aousse verte ou la aousse en pr~aration qui n' a pas encore d6velopp6 tout l'arOme de la vaoille au stade final. Une fois identifi6s ces Smnents indicateurs, il faudra trouver s'il existe une corrSation 6troite entre les plus significatifs d'entre eux d'une part et, d'autre part, les sipes qui peuveot ette identifia et utilis6s clans la pratique couraote du commerce des aousses. Une fois ces corrQations 6tablies, il serait alors n6cessaire de proc6der l la wlgarisarion de ces d6couvertes. -A2-15 - Chapitre 4: Activites de Recherche et de Vulgarisation I. Diagnostic 4.1 La recherche sur le vanillier l partir de 1960 avait d6velopJ>' certaines vari~ productives et rmistantes aux maladies et aux insectes, avec des gausses plus longues, conditionn"'5 sur pied, de plus haute teneur en 616ments aromatiques, etc. Egalement, la recherche avait pennis de mettre au point des techniques plus effic:aces en ce qui concerne I' entretien des plantatiom de vanille, et la tramformation des gousses. 4.2 Les autorita coloniales avaient c!tabli une sWion e:xpdrimentale sur le vanillier l lvoloina qui a~ fermt!e aprb l'ind6pendance 'Z/. La Station Ambohitsara, l 10 km. de Antalaha, a 616 ouverte en 1956. Depuis 1976, la Caisse de Stabilisation de la Vanille a vers6 des fonds contrOla l travers le FOFIFA l la Station Ambohitsara. En 1990, la Caisse a octroy6, l ce titre, la somme de FMG 200 milliom, dont 84 milliom ont 616 raerv• pour l'investissement. La diff&ence (200 - 84, soit 116 milliom) finance la rechercbe l Ambohitsara, mais celle-ci reste ememement limitt!e pour ne pas dire inexistante. De plus, seuls cinq ou six planteurs de la r6gion om profit6, irr6guli~ement, d' au moins une vari616 am61ior6' issue de ceue station. Autant dire que la vulgarisation officielle •est 6vanescente. 4.3 n faut ajouter qu'il n'existe aucune collaboration entre le Minimre de I' Agriculture (dont 46 aaems dans la mne de production) et la Station Ambohitsara sur la culture de la vanille. 4.4 Etant donm l'urgence de financer un programme efficace de rechercbe et de vulgarisation dans la fili~e. cette situation nous para!t inacceptable, et elle doit etre assainie prioritairement par le FOFIFA et le Ministke de I' Agriculture. 4.5 D est utile·de signaler d'autre part, qu'l Madagascar ii n'y a aucune recherche effectu6' par les op6rateurs priva sur la production et la transformation de la vanille. n est recommaod6 de mettre en oeuvre un pro,ramme de recherche sur la culture de la vanille, qui aurait six volets, sous la supervision d'un comit6 o~ si.eraient les reprdsentants des producteurs et des conditionneurs-exportateurs, ainsi que ceux du MinAgri, du MinCo et du FOFIFA. n. Res;ommandations 4.6 Les volets de rechercbe prioritaires couvriraient: 1. La normalisation de: • La vanille verte. • La vanille en vrac. 2/ Gilbert Bouriquet. Le Vanillier et la Vanille dans te Monde Ed. Lechevalier, Paris (1954) - A2-16 - 2. L •amQioration vari6tale: • Poursuite des travaux en COilIS ~ la Station sur la caract6risation des hybrides par d6croisement contr016. • Culture in vitro - microbouturage; rechercbe de variantes et mutants par culture de tissus. • Intensification des tests multilocaux de confirmation des rmultats sur les clones prm6lectionna. 3. La patbologie: • Prophylactique ou curative: conduite des plantations; identification et mahodes de traitement des maladies. • Gmdtique: recherche de vari~ raistantes aux maladies . • lDoculations et essais de areffa&e en serre. 4. La technologie: En liaison avec l'•ipe de la recherche g~m!tiquc er d unBioration vari6tale, 0 • s6lection des hybrides en function de Ia qualitc! des 1ouue5 (ind6hiscence, longueur, teneur en eau et en vanilline). • Etude des diffm-ents constituants de Ia vanille . • Etude de la technologie post-r6colte (pr6paration. condrtaonnement, stockage) . 5. L 'a,ronomie et ap'CHCOnomie: • Red6finition (validid - rentabil~ des donn6es sur I" abl mement, sur Ia conduite et le mode d'entretien des plantations. • Etude des besoins en 6lmnents fertilisants du vanillier • de &eS tuteurs, et des cultures associm. • Tests ap'CHCOnomiques d'innovations technologiqua. I• ,yu~es de production, et I'oqanisation des producteurs. 6. La vulgarisation: • Distribution des hybrides l la fois bons producteun, rblSWU et tol6rants. • Cultures associm. • Test de culture sur pente de colline abandonn~ et apra dffrichage. 4.7 En we de renforcer l'impact commercial potentiel des activitb de recherche et de vulgarisation, ii faut accrottre Jes activita de Ia station de rechercbe d' Ambobimra qui, bien qu •6tant en 6tat de 16thargie, pourrait voir ses activita renattre si une politique cons6quente 6tat men~. - A2-17 - Chapitre 5: Activites de commercialisation I. Caract6ristiques et origines du systtme de stabilisation 5.1 Les frais de commercialisation et les divers prix depuis le stade de la production jusqu'l celui de l'exportation sont repris dans un barmae appel6 •diffuentiei ■, qui est bbli annuellement et clans lequel tout prix ou tous frais est rigoureusement fix6 au cours de l 'ann6e, et quel que soit l'op«ateur, et ne varie aucunement selon la qualit4. Le diff6rentiel, avec d'autres dispositions, rendent compte du caracta-e stric:tement r6glement4 des aaivita relatives l la vanille, et ce, depuis 1961 et m!me auparavant. En effet, c'est db r ~ e coloniale que les Pouvoirs Publics ont ~rouv4 le besoin de ma!triser le prix et I' offre de ce produit, en raison du c:aracta-e fortement sp4culatif qu'a son exportation. 5.2 C'est dans ce contexte que naquit la Caisse de Stabilisation des Prix de la Vanille en 1957 ajoutl! au Fonds National de R6gularisation des Cours des Produiu d"Outre Mer, devenu en 1958 la Caisse Centrale de Coopmtion. La Caisse de Stabilisation des Prix de la Vanille a pris sa forme d4finitive en 1961 et a acquit par la m!me occasion son autonomic financia-e. 5.3 Les objectifs initiaux assigna l la Caisse de Stabilisation de la Vanille sont: La rqularisation du prix au produc:teur et l'assurance d"obtenir un prix l I'exportation d6termin6 par le diff6rentiel; Un meilleur aulement du produit sur les marcha extmeun; L'am4lioration de la productivit4. n. La commercialisation intemationaJe 5.4 Un certain nombre de dispositions ont ti prises pour contrOler l'exportation de la vanille. La concertation entre les pays produc:teurs de vanille •bourbon• de l'Oca.n lndien a abouti, en 1962, l un accord ayant pour objet la d6finition et l'application d'une politique commune de vente ( ~ et prix), concraiHe par le •ptan annuel d'exponauon•. La Caisse de Stabilisation de la Vanille est appel6e ~ administter !'exportation (contrOle des quotas et du prix) par la d4livrance d'autorisations d'exportation, en fonction des possibilius offertes par le march6 extmeur. Le GNIV dtait char&6 de la r6partition des quotas emre les exportateurs. C'est maintenant le Minis~e du Commerce qui, dans les faits, d6cide des affectations, sans que des r~gles pr6cises permettem d'infirmer la supposition qu'il agit arbitrairement en la mati~e. 5.5 Le comit6 des ventes a ti cr6! en 1966, et charg6 d'examiner, par rapport l la r6glementation, Jes propositions de vente faites par Jes exportateurs et de donner son accord ou non l telles propositions. Ce Comitl! comprend le Directeur de la Caisse et un repr6sentant du Commissariat G6n6ral l la Coop6ration (pour d6fendre des int&ets des coop&atives} et enfin deux repr6sentants des exportateurs daigna par le GNIV. 5.6 Le symme mis en place permettait done: une gestion coll~iale de la filiue dans la mesure o~ l'Etat administtait les activita d'exportation mais o~ les int6rets des professionnels 6taient repr6sent6s l tousles 6chelons. Malheureusement, tout a ti remis en cause en 1973, - A2-18 - ann6e oil les Comit6s ~conomiques des Fokontany ont r~ pleins pouvoirs pour la gestion de l' 6conomie de la colk ::ivitc!, et l partir de laquelle la Direction des Echanges Extc!rieurs du Minis~e de l 'Economie et du Commerce a pris en main l 'exportation de la vanille en se faisant seconder par la Direction de la Caisse. De fait, le GNIV a ti relc!guc! au second plan et n'a plus ~ plus en mesure de d6fendre valablement les int6rets des professionnels. Son comit6 de ventes a purement et simplement disparu. 5. 7 Les indemnit6s de stockage sont la cons~ence oblig6e de la politique d'approvisionnement de l"Etat. En effet, les quantitm fix6es dans les plans d'exportation le sont en fonction des possibilit6s offertes par le march6 et non en function des stocks int6rieurs. 5.8 Dans la mesure oil la production commercialis6e est imporunte « les exportations sont limit6es, les stocks s'accumulent. Done si, lors des p6riodes fastea. lea stocks sont considc!r~ comme des stocks de s6curit6 destina l pr6voir les ruptures ntfastes ~ la bonne image de marque du pays exportateur, ii en va autrement pour les pc!riodes de surproduction, ou le stockage devient une charge in6vitable. L 'Etat est en effet bien oblief de rembourser les frais de stockage aux conditionneurs-stockeurs pour 6viter qu'ils ne deviennent un fardeau pour eux et afin de les inciter l absorber la totali1' de la r6colte. 5.9 L'indemni1' de stocka,e est done pr6vue pour couvrir les diaries relatives l l'immobilisation du stock: les pertes et d6chets en magasin, la main d'oeuvre pour les op6rations de triage et d'entretien des 1ousses, et pour la manipulation, les agios bancaires ainsi que les primes d'assurance. Le taux d'indemni1' s'applique par kilo de vanille « par mois de stockage. Ces indemnita courem en totali1' jusqu'au moment de l'embarquemem a lea qios jusqu'au daint6ressement du conditionneur-stockeur. Le tableau ci-apra retrace l"lvolution du taux d'indemni1' de stockage: INDEMNITES MENStJEI I ES DE STOCKAGE DE LA VA1'1LLE IUcolte 1985 1986 1987 1988 1989 1990 Taux mensuel (FMG/q) P6riode cyclonique 183 247 286 409 439 439 Pmode normale 179 241 279 393 421 421 Apr~ embarcation - 190 216 296 302 302 Source: Caisse de Stabilisation des Prix de la Vanille 5.10 n faut noter que les taux couvrent largemem Jes frais r6els, ce qui incite les conditionneurs-stockeurs l p~er l un maximum de stocka,e. Le tableau suivant est assez repraentatif de la situation des stocks: - A2-19 - PRODUCTION, EXPORTATION ET STOCKS DE VANILLE Plan Campagne Quota R6alisation Production lndemn. Stock. (millions FMG) (Tonnes) 2~ 1986/87 753 748 695 4.407 25~ 1987/88 1179 1184 2164 4.275 2Q 1988/89 643 387 803 7.420 27~ 1989/90 910 625 1681 9.409 Source: CAVAGI, MinAgri, GNIV 5.11 Un autre volet est la camparne promotionnelle sur les march«ss 6trangers. L'id6e de r6aliser une promotion naquit en 1963, en m!me temps que le d~age du premier plan d'exportation. La campagne de promotion 6tait financ6e l partir d'une cotisation des pays exportateurs de 80 cents par kilo de vanille export6. Cette premiue initiative ne donna pas les r6sultats esp6r6s. Les importateurs, l qui on avait laisse! le soin de g6rer la prime de publicit6, avaient utilise! les fonds pour la publicit6 de leur marque, ou consid6r6 ces fonds comme une simple ristourne. 5.12 D a fallu attendre 1968 pour qu'une organisation structur6e soit mise en place; les Producteurs de l'Oce!an Indien ont fond6 une association d6nomm6e UNIV ANILLE, centre d'c!tudes de promotion, et le VANILLA INFORMATION BUREAU, dont la principale activit6 s •est pon6e sur la promotion de la vanille naturelle dans les pays l fon potentiel de d6veloppement de la consommation et o~ elle est prot6g6e par des r6glementations administratives (]es Etats-Unis, la France et I' Allemagne). La strat6gie utilis6e pour les trois pays est sensiblement la mante: mobiliser le consommateur au tour du concept de •vanille naturene•, mat6rialis6 par un sigle, veiller l ce que la vanille expon6e mmte ce sigle, assurer la promotion aupr~ des commer~ts et des industries utilisat:rices et prot6ger le sigle contre toute utilisation inque. S .13 Actuellement, Im activit6s d'UNIV ANILLE sont financ6es par une cotisation de SI.SO par kilo de vanille expon6e, mais le meme probl~e persiste: les imponateurs peu scrupuleux retiennent la somme ainsi constitu6e qui transite cbez eux. m. Les modaJit§ d'exportation de la vanme 5.14 Avant 1973, Im exportations de vanille furent l'affaire de particuliers et de soci6t6s d'import-expon; l'Etat jouait un rOle d'arbitre. En 1973, le Gouvernement Ramanatsoa a proc6d6 lune refonte de la politique de l'a en matim d'6:onomie vanill~e. C'est ainsi que la Caisse Vanille mt devenue le principal acteur sur le march6 ext6rieur de la vanille, mais, en fait sous la houlette de la Direction des Echangm Ext6rieurs. -A2-20- 5.15 Les plans d'exportation sont done ne1ocil!s par le Minist~re du Commerce. La Caisse Vanille se charge ensuite de signer les contrats de vente avec chacun des acheteurs. La r6alisation de l' opuation se concr~e par la demande faite par les importateurs l la Caisse Vanille de d6blocage de quota, avec dl!signation d'un ou de plusieurs foumisseurs. La Caisse se r6serve le droit de r6partir le quota entre les op6rateurs qui d6tiennent les stocks r6pondant l la quali1' ¢ifi6e dam la demande. Gmualement, mais done pas n6cessairement, les foumisseurs daipa par l'importateur som ceux retenus pour l'opamon. On passe ensuite l la phase dite d'application. ot la Caisse dSivre aux conditionneurs-stockeurs daignl!s une autorisation d' exportation. 5.16 D faut noter !'existence de relations commerciales traditionnelles bas6es sur la confiance r6ciproque entre exportateurs et importateurs (exemples: McCormick-Malagasy Agencies/Fraise; Zink & Triest-Ramanandraibe). 5.17 Les prob19les et les contraintes affectant les exportations de vanille sont de divers ordres. Tout d·abord, on doit mentionner le probl~me de financement, qui est li6 l celui des indemnitl!s de stockage. Selan les banquiers, les dl!stocka1es se font l un rytbme assez irr61Ulier et ce, depuis la r6colte 1987, c'est l dire depuis trois ans. D en rl!sulte un plafonnement au niveau des engagements des conditionneurs-stockeurs, et comme cons6quence, la limitation ou la suppression des cr6dits vanille nouveaux: pour la r6colte 1990 par exemple, la BFV n'a plus accep1' aucun nantissement. Elle les a repris en 1991, mais en op6rant une stricte sSection parmi les demandeurs. 5.18 A propos des indemnita de stockage, ii faut dire que le systmie a pennis cenm de faire absorber toutes les r6coltes, mais l quel prix.! Comme l'on a pu noter supra, le montant des indemnitl!s pay6es n'a ~ de crottre, pour atteindre presque 10 milliards, pendant le 2.,,_ plan. Mais le systmne a donn6 naissance l une situation encore plus pave du point de we de la qualit6 de vanille. En effet, il a crU une incitation l la recberche de la quamit6 dam tout l' appareil de production, et ce, au d6triment de la quali1'. Ceci fait qu'au fil des ans, la vanille de quali1' inf6rieure qui n'a pas pu etre 6coul6e sur un march6 devenu de plus en plus exigeant, s'est amoncel6e pour constituer un stock m>rme dont l'existence diminue d'autant la force de n6gociation du pays, l fortiori si l'on tient compte du fait que les principaux pays importateurs, comme les Etats-Unis, om adop1', face l ceue situation. une politique d'approvisionnement visant l minimiser les stockages en aval. 5.19 La non-participation directe des professionnels l l'administration des ventes a amen6 une d6connexion de ces m!mes professionnels par rapport au march6. ACblellement, done, seuls les exportateurs qui en ont les moyens peuvent maintenir le contact avec le marchd et proc6der l des prospections valables de clients. Les autres se contentent des bribes d'informations qui leur parviennent: il n'existe pas l l'heure actuelle, Di au niveau d'UNIV ANILLE, Di l celui de la Caisse Vanille, de service effectif destind l donner des informations commerciales valables aux exportateurs. S.20 Comme ii a 6t6 dit plus haut, ii existe des relations traditionnelles entre les nationaux et les partenaires ~gers. Les exportateurs nationaux connaissct parfaitement les exigences de leurs vis-l-vis, surtout en matim de quali1', et ils fournissent des efforts constants en we de satisfaire l ces exigences: 6tant donn6 la d6gradation de la qualit6 intrineque de la vanille malgache, ils 6prouvent de plus en plus de difficul1' l y arriver mais ils y parviennent quand - A2-21 - meme. Si la vanille malgache continue done l etre une r~f~rence sur le march6 ext6rieur en matiue de qualire, le m6rite en revient done en grande partie aux effons des exportateurs consciencieux, car ii faut d6plorer !'absence de signaux 6conomiques incitatifs l la qualitd. Et les informations sur les moyens et techniques modernes pour I' am6lioration de la qualit6 manquent totalement au niveau du producteur ou du pr6parateur. 5.21 D mt reconnu qu'actuellement, les ac:heteurs sont de plus en plus exigeants en matia de taux d"humidire ou de teneur en vanilline des gausses. Mais les exportateurs ne sont pas encore 6quip6s pour tester leurs produits. A l'heure actuelle, deux entreprises seulement poss~ent des appareils ad6quats pour proc6der l ces tests, sachant par ailleurs que la seconde n' a pas encore le personnel qualifi~ pour le faire. IV. La commercialisation domestigge 5.22 L'ensemble du march~ intmeur est strictement r~glementd, surtout depuis 1966. Tousles intervenants (planteurs, pr6parateurs et exportateurs) doivent etre agr6!5 et ils doivent justifier, lors des tractations ou des manipulations de stocks, leur qualit~ par la production de leur carte professionnelle. 5 .23 Le but du ldgislateur a 6re apparemment de professionnaliser les activit6s concernant la vanille, mais surtout de pouvoir contrOler les activit6s. Ceci est visible dans le fait que: Toutes les transactions et tousles mouvements de stock font l'objet de formalit6s et de dispositions r6glememaires prkises. Chaque campagne de vanille verte et de vanille pr6par~ est ouverte par un d6cision officielle. Ceci a pour but d'6viter de mettre sur le march6 des produits immatures pour le vert et de mauvaise qualid pour le vrac. Les transactions ne peuvent se faire que dans les march6s officiels, et elles sont toutes dOment enregistr•. Elles se font en pr6sence d'un vuificateur et du repr6sentant du GNIV. 5.24 On a cherch6 aussi l installer les postes d'ac:hat le plus possible l proximire des lieux de production am6liorant ainsi leur accessibilid. L'objectif, en principe, 6tait de contrOler les transactions en vue de pr6server les intuets de chaque partie: le respect du prix 6tabli, pour le vendeur; et la garantie d'un bonne qualire, pour l'ac:heteur. Cependant, un tel s~me 6tait de • fa;on constitutive, destind l etre inop6rant. puisque n'instaurant pas les incitations 6conomiques nkessaires l la qualitd. S.25 En effet, les prix sont fix6s officiellement et publi6s en meme temps que les dates d'ouverture de la campagne. Les niveaux de ces prix refl~ent en principe le consensus entre les professionnels et J'admioisttatioo. Dam la pratique, ils sont purement et simplement administr&, et de plus done, pour un stade donn6 (exemple stade •vert•) il n'y a qu'un prix unique, quelle que soit la qualire. - A2-22 - 5.26 Les vanilles ne peuvent, d'autre part, cirader la nuit - et doivent etre accompagn6es de documents en bonne et due forme: cette disposition permet de contrOler tout mouvement de stock. 5.27 Les vanilles prq,ar6es ne peuvent etre acbet6es que par les pr6parateurs agr~ et seulement aupr~ des plameurs autorisa l pr6parer eux-memes leurs vanilles ou aupr~ d'autres pr6parateurs aana. 5.28 Les ttamactions de vanille prq,ar6e emre les exportateurs doivent etre enregistr6es et d6clar6es au GNIV et l la Caisse Vanille. 5.29 Dans la pratique, la plupart des formalit& ~ent au d6part respect6es mais au fil des ann6es. de multiples irr6gularit& se sont gliss6es dans le circuit. En ce qui conceme la vanille vene, le prix ofticiel n•est la plupart du temps pas respectd, et ce en dq,it de la concurrence entre Jes mandataires et les pr~arateurs-acheteurs sur Jes march6s officiels dont on pourrait l premi~re we penser qu'elle joue en faveur des planteurs. Dans les cas ob les acheteurs ne sont pas pr~ents en nombre suftisant ou n •ont pas suftisamment de moyens pour absorber la vanille offerte sur le march6 officiel, le Pr~ident du Fokontany peut alors d6cider de la prolongation du march6. Toutefois, ce genre de disposition n'a qu'un int~et purement th-SOrique. 5.30 D'autre part, le contrOle de la qual~ de la vanille au stade ven est, Jui aussi, constitutivement d6ficient. En effet, c'est en principe le vmficateur qui doit y veiller. D per~it l cette occasion, de l'acbeteur une r6mun6ration de lOFMG/kilo de vanille achet6e pass6e r6cemment l 16 FMG/kg. Mais il faut noter que le vmficateur est un planteur qui a 6t6 Bu par Jes produc:teurs du Fokontany o~ se trouve le marcb6 officiel, et que la plupart du temps. il a des liens de parent6 ou d'amiti6 avec ses voisins. D subit de ce fait une pression morale de la part des planteurs et il n'accomplit pas toujours comme il faut les dches lui incombant comme le triage et la destruction syst6matique des vanilles irnrnarures ou des petites gousses, et ce d'autant moins que sa r6mun6ration, pay6e par l'acbeteur, et souvent partag6e jusqu'l six vmficateurs sur un seul march6, n•est pas du tout motivante. S .31 Les laissez-passer qui doivent porter sur les quantitml r6guli~ement achet6es sur le march6 font l'objet de laxisme, ceci permeuant de faire entrer dans le circuit commercial des vanilles de contrebande, done parfois de mauvaise qualit6. 5.32 Pour Jes vanilles prq,ar6es, il n'y a pas de march6 organis6, ce qui laisse Jes pr6parateurs l la merci des conditionneurs-stockeurs. Ces demiers peuvent en effet, d6cider l leur gr6 d'accepter ou non la qualit6 des aousses offertes et par cons6quent, le respect ou non du prix ofticiel. En fait selon Jes informations que nous avons pu recueillir, le prix officiel qui est actuellement de 13.885 FMG/kilo rendu au magasin de l'acheteur n'est jamais respect6, et ce pour plusieurs raisons. 5.33 Tout d'abord la qualit6 de la vanille offerte n'est &6n6ralement pas au goOt du conditionneur-stockeur: le refus peut etre en panie 16gitime dans la mesure o~ la qualit6 s •est d6grad6e l la source, c'est-l-dire db le stade vat. A l'beure actuelle, la longueur minimum de 14 cm. est souvent, et l juste titre, demand6e par les conditionneurs-stockeurs, qui arguent que le march6 ext6rieur exige cette sp6cification. n faut remarquer que, meme pour cette qualit6, le prix -A2-23 - officiel n'est pas res~: habituellement, le kilo est pay6 10.000 FMG pour les vanilles de 14 cm. et plus, et entre 1.000 et 5.000 FMG pour les llltres. 5.34 Ensuite, les conditionneurs-stockeurs ~oquent souvent l'insuftisance des moyens financiers duel la restriction des cr6dits bancaires: ceci diminue done d'111tant leur demande effective, et met en position de faiblesse l'offrant. 5.35 Le pr~arateur est d'autant plus en position de faiblesse que c'est Jui qui, la plupart du temps, se d~lace vers le conditionneur-stockeur. Qu'il soit mandat6 par ce dernier et sa faiblesse est encore plus ~ideate; qu'il soit planteur et l'on comprend ais6ment qu'avec quelques dizaines de kilos de vanille vrac tra fragile sous les bras, et a plusieurs kilom~es de son domicile, il n'ait pas une force de n6gociation importante. 5.36 Les contraintes pesant sur la commercialisation domestique sont de divers ordres et affectent directement, soit la motivation des intervenants, soit la qualit6 des produits. En premier lieu, le prix au producteur qui tbl§oriquement est fix6 d'accord partie entre le MinCommerce et Jes professionnels (GNIV) couvre l peine le coot de la production. Par ailleurs les prix r6els au producteur ont chut6, ainsi que le r~~e le tableau ci-aprm: EVOLUTION DES PRIX REELS A LA PRODUCI1ON DE VANll.LE 1984 1985 1986 1987 1988 1989 1990 Prix nominal au prod. (FMG/kg) 1000 1000 1100 1200 1700 2000 2000 lndice prix l la consommation 100 110,S 126,6 146,1 184,5 201,3 225,0 Prix r6el au prod. (base: 1984) 1000 905 869 821 921 993 889 Source: Caisse Vanille, BDE 5.37 Le niveau actuel du prix au producteur n'a pas d'effet incitatif positif sur la production, et surtout sur la production pr~ar6e par le producteur. Le systme de commercialisation a done amen6 l une indiff6rence l la qualit4 chez un nombre 6Jev6 de producteurs, ce qui a favoris6 la fid6Jisation des apports, not6e pr6c6demment. D n'est pas exclu aussi, si les conditions socio-politiques sont cr6!s, qu 'on assiste dans certains cas au d6veloppement d 'exploitations de grande taille dirig6es par une minorit6 de producteurs nantis des moyens pour l'application des techniques modernes l leur plantations, et capables par cons6quent d'111gmenter leur productivit6 jusqu'l un niveau deux ou trois fois plus 6lev6 que celui de la masse de paysans-producteurs. 5.38 On doit ajouter qu'l l'heure actuelle, Jes progrm r6alis6s vers la constitution d'organisations syndicales ou coop6ratives par les paysans-producteurs de la vanille sont presque inexistants. Toutefois, ces progra conditionnent l'am6lioration technique de ces producteurs. l'achat, par eux, d'intrants et de plants am6lior6s l des conditions avantageuses, l'apprentissage collectif du marketing et. probablement, l'acca au cr6dit rural. - A2-24 - 5.39 Le systmie malgache actuel du cr6dit bancaire est tel qu•on peut constater qu'il est inaccessible au petit planteur de la vanille. Les deux programmes de prats, d'un part le Fonds Rural (dont les versements sont fait l travers les municipalit6s) et d'autre part 1'0p6ration D6veloppement Rural ~gr6 sont arret65. D reste, au niveau national, un programme de Cr6dit aux Groupemenu par lequel on envisage d'octroyer des cr6dits l des organisations solides, disposant d'un encadrement technique et d'UD minimum de moyens et implant6s dans un lieu accessible. Ce dernier proaramme n'a pas encore 6t6 6tabli clans la wne de production de la vanille. 5 .40 En r6sum6, le ponefeuille de cr6dits consacr6 aux activit6s de collecte de la vanille est insuffisant. Ces cr6dits sont difficilement accessibles et leur octroi est soumis l des conditions strictes. Pratiquement, seuls les conditionneurs-stockeurs peuvent pr~re obtenir un cr6dit auprm des banques. Le taux d'int6r!t est de 13~ l 14~. 5.41 Un autre probl~me r6side clans l'inexistence de mesures incitatives pour l'amQioration de la qualit6: les prix officiels, soit de la vanille vene, soit de la vanille vrac, sont uniques, quelque soit la qualit6 des produits. D n'est pas prm de financement pour la recherche en we d'amQiorer le traitement et le conditionnement de la vanille. 5.42 La derniue contrainte est constitu~ par la recrudescence des vols sur pieds, qui, en plus d'avoir d'un effet d6motivant sur les planteurs, emratne une cons~uence n6faste sur la qualit6: le vol, effectu6 le plus souvent sur des gausses immamres et l'arrachage des gausses, se faisant pendant la nuit sans cboix. Par ailleurs la crainte du vol pousse Jes planteurs l proc6der pr6cocement aux r6:oltes et done l cueillir des gausses hmnatures. - A2-2.S - Chapitre 6: Recommandations I. Production 6.1 Objectif: L •objectif premier peut etre formul6 ainsi: Comme la vanille est un produit essentiellement destin6 l l'exportation, la production doit s'adapter en matim de qualit6 aux exi1ences du marcb6 et foumir l la transformation une mati~e premi~re aux qualit6s ~ e s en rapport avec celles-ci. 6.2 Voies et moyms: peuvent se r6sumer au nombre de trois. Tout d'abord les planteurs doivent etre aptes l utiliser les techniques culturales am6ior6es qui nkessitent des moyens financiers en cons•ence. Deux formules soot possibles: L'acus au cr6dit individuel 6tant soumis l des conditions assez strictes auxquelles la plupart des planteurs ne peuvent r6pondre, ii ya lieu d'envisager des groupements solides pour obtenir uil financement bancaire. La BTM serait en train de meure au point pour la vanille le cr6dit aux poupements. Pour remabiliser au mieux l'activit6 de production il convient de l'associer avec la pr6paration. Le cr6dit bancaire n'en sera que plus accessible et la qualit6 des produits plus maltris6e. Par ailleurs, le prix au producteur, actuellement non incitatif doit etre revu. 6.3 Deuximiemem, il est enfin iJnp6ratif que les prix soient ranun6rateurs et varient suivant les qualit6s offertes afin de foumir les incitations n6cessaires l une production de qualit6. Troisimiement, des activit6s de wl&arisation tant au niveau des techniques de production, que de la nouvelle normalisation, et des conditions et exi1ences des marcb6s mondiales doivent etre d6velopp6es et g6n6ralis6es. n. J>mzaration et conditionnemem 6.4 Objectif: Apra avoir obtenu des producteurs de la vanille aux qualit6s intrins~ues irr6prochables, la tramformation se doit de lui faire subir les traitements propres l lui donner la pr6sentation et les caract6ristiques commerciales qui doivent correspondre l celles exig6es par le marcb6. 6.5 Voies et Moyms: Dest absolumem indispensable que les pr6parateurs disposent du mat6riel ad. . et surtout d'un four de s6chage pour 6viter la trop grande d6pendance aux al6as climatiques: le four solaire dont l'«!tude est d6jl l un stade avanc6 au FOFIFA semble le mieux indiqu6. Les solutions propos6es au niveau de la production: acus au cr6dit, r6gime de prix et wlgarisation-formation, valent 6galement pour la tramformation. -A2-26- m. ConuOJe 4e ta cmatitg 6.6 Objedif: Et.ant donn6 les dimensions r6duites du marcb6, la qualit6 reste avec le prix le facteur d ~ pour l'accession l la supr6matie sur le marcb6 de la vanille. Dest par cons6quent normal que l'amQioration de la qualit6 soit consid~6e comme l'axe principal de la politique vanillike et que le contr6le de la qualid soit appelc! l jouer un rOle primordial daDS l'application de c:eue politique. 6.7 Voles et moyens: la qualit6 doit etre le souci de tousles intervenants de la fili~e, • quelque stade qu'ils soient. Le contrOle de la qualit6 doit done etre fait scrupuleusement l tous les niveaux. Tel est du moins le principe valable l l'avenir, quand le fonctionnement de la fili~e aura ti suffisamment am'1m. D'ici ll, le contr6le amont devra ltre neuement plus informatif qur rq,ressif, tant done, que les planteurs n'auront pas pris suftisamment conscience des r6alit6s du marcb6 international. Des actions de wlprisations consfquentes devront, au pr6alable, etre men6es daDS ce sens. 6.8 De nouvelles normes de qualit6 pour la vanille d'exportation doivent ltre dffinies par un Comit6 constitu6 des repr6sentants des professionnels (conditionneurs-stockeurs, exportateun, pr4parateun, plameurs), avec ,Vmtuellemem l'appui des services techniques de 1-&at malp:he. La dmmcbe doit partir du r6pertoriage des nouvelles exigences du marcb6, dont les indications ont ti donn6es dans le rapport d'6tude du march«! international de la vanille (Banaue Mondiale, 1990). Le contrOle doit porter non seulement sur l'aspec:t ext6rieur des aousses et le taux d'humidit6, mais c!plemem mr d'auues variables •intemes• l sp6cifier, tels que la teneur en vanilline et quelques auues composls cbimiques affectifs de l'arOme. A partir de ces exi1mces seront d6finis les c:ritkes qui serviront de base au projet de normalisation. Les exigences sont nombreuses et disparates mais elles peuvent ette grossi~ement clw6es par type (par exemple, par paJMles zones de flestinariol\ d'Ammque-Europe-Japon). Le but sera qu'on ne retiemie l la fin que deux ou trois c:at61ories de qualit6 afin d'arriver lune meilleure adaptation• la sqmentation du marchti. Etant donm la complexit6 et le haut niveau technique de la d6marcbe, on doit contier l un instance nellement comp6tente la tlcbe de proposer un projet de _ normalisation. Dest qalement n6cessaire d'en111er une fquipe de sp6cialistes (cbimistes d"analyse) pour meare au point des m6thodes d'analyse et les matmels et proc6dures requis pour les rendre op«ationnelles. Le systmie doit ette test6 pour assurer son efficacit6 dans r application les normes par tous les acteurs 6conomiques avant d'ette ~ par l'instance qui sera comp6tente l cet qard. 6.9 Le contrOle de la qualit6 doit et:re fait en application du principe de l'autodiscipline entre les professionnels. Celle-ci sera fournie par la mise en oeuvre de contrOles de qualit6 l tous les stades, soit par une structure semi-6tatique, soit par une d'une sociti priv6e sp6cialis6e, l laquelle on d'16perait c:eue fonction dans des conditions dffinies. Cette demi~e formule aurait pour avantqes la neutralit4 et le smeux, ainsi que le fait de disposer des •ipements d'analyse qui manquent aux exportateurs actuellemem. Ses services seront bien entendu foumis l titre onueux (commission sur la quantit6 pr6sent6e au comr61e, par exemple). - A2-27 - IV. Recbercbe et wlHrisation 6.10 Objectif: D s'agit principalement de procurer les moyens techniques ad6quats, et au moindre coOt, l la production et l la transformation, afin de r6pondre aux exigences toujours en 6volution du march6 ext6rieur. 6.11 Voies et moyens: La politique de recherche sera d6finie et son application suivie par un comit6 comprenant des repr6seatants des diverses catqories de professionnels et des repr6semants des services publics l titre consultatif. La recherche portera notamment sur l'am6lioration vari6tale, la phytopathologie, l'agro6conomie, l'am6lioration des techniques culturales, l'am6lioration des techniques de pr6paration, de conditionnement et de stockage, et la mise au point des moyens techniques pour le contrOle de la quali~. Un financement de la Station d' Ambohitsara pour les achats en devises de mat6riel pourrait !tre sollicit6 du programme PNRA; la Caisse ou la structure de rel~e devrait continuer l prendre une part pr6pond6rante au financement des d6penses d'investissement et de fonctionnement du Centre. 6.12 La wlgarisation aura pour mission de la diffusion des mat6riels et techniques mis au point par la recherche. Etant donn6 son extreme importance pour la bonne application de toute politique de production, on ne doit n6gliger aucun moyen pour la rendre r6ellement efficace, notamment: la r6alisation d'~es de terrain pr6alables identifiant avec pr6cision ou r6sident, dam les pratiques actuelles, les facteurs de non-quali1'; 1'6laboration des outils p6dagogiques adaptm, la formation suivant des m6thodes appropri6es et la dmionstration in situ. La vulgarisation doit !tre faite en collaboration entre la Station et les services administratifs concema. v. Commercialisation 6.13 Objectif: La cbatne de commercialisation doit !tre organis6e de telle sone que: Le produit soit mis en march6 dam les meilleures conditions possibles (qualit6 du produit et des services) Les prix obtenus, tout en pennettant de fid6liser les acbeteurs, soient motivants pour les vendeurs et profitables l la nation. 6.14 Voies et moyens: Ence qui concerne la commercialisation int6rieure, les professionnels doivent jouer un rOle plus actif pour faire connattre les cours pratiqu6s et les r6alit6s du march6 et donner aux planteurs les moyens de se renforcer en am6liorant leur adaptation au march6. Le v6rificateur, s'il subsiste doit 6galement veiller l l'application des r~glements en matiue de quali1'. 6.15 D convient done de veiller l l'application stricte des dispositions existantes ou l prendre. Les professionnels qui participeront l la gestion de la filike devront disposer de toutes les informations ou statistiques concernant celle-ci, de maniue l agir en connaissance de cause. -A2-28 - 6.16 Quant aux prix, on attend du syst=ie de contrOle de la qualit6, de wlgarisation technique et commercial qui sera mise en place qu'il contribue d6cisivement l leur rel~ement en am6Jiorant !'adaptation de l'offre l la demande. • 6.17 Comme, sur un plan global, le stockage demeurera in6vitable pour usurer la continuiu des approvisionnements des marcba et pour ernmqasiner la r,COlte d'une campqne, ou encore pour faire face aux iuvitables aim commerciaux. ii conviem de pr6voir dea ncaniunes ad6quals de tinaacement d'un ltOCkqe de type collectif. Le contr61e de stocks doit alon etre plus s6vse et plus ahaustif. D'autre part, ii faudra veiller l ce que le stockage ne coanaisse plus le m&nes d6rives que celles qu •on a not6 jusqu'au maintenant. Un moyen de parvenir l cette tin serait de raerver le mkaaisme d'assurance mutuel que constitue le stockage collectif, aux seuls stock dits de s6:uri~, c'est l dire servant de prantie contre les risques climatiques majeurs, tels que les cyclones. La Caisse doit en outre continuer l assumer son rOle en mati«e de stockage jusqu'au moment w les stocks actuellement constata seront ~uisa. 6.18 Le Comit6 des Ventes doit etre r6instaur6 afin de permettre aux professionnels d'avoir une influence d6cisive sur la 1estion des vemes et sur les divers contrOles de quali~ ou du stock. 6.19 Les centres de promotion l l'atmeur doivent servir aussi d'antennes pour donner aux professionnels mal&acbes toutes informations utiles pouvant leur servir a am61iorer leurs conditions d'accs l ces marcba. A cet effet, un centre d"informations commerciales sur la vanille notamrnmt doit etre cr.S l Amalaba al tous les professionnels pourront puiser des informations sur les marcha. Ce centre devra etre do~ de tous les moyens modernes de communication pour pouvoir remplir correctement son rOle. ANNEXE3 PRQ,JET DE LOI BEJ,c\TJYE AUX ORGANISATIONS INTERPBQfFSSIQNNELLF$ EXPOSE DE$ MQDFS Dans sa volold de laisser jouer les forces du march6 et de dynamiser Jes aportations, l'Etat, conscient du r6le moteUr que pourraient jouer les organisations interprofessionnelles, se propose de d6finir un cadre juridique propice l leur cr6ation et ~ l la sp6citicit6 et l la port,e de leurs missions. L'"1iction d"une Joi sur rorpnisation interprofessionnelle s"inscrit clans le contexte &6n6ral de la lib6ralisation de 1'6conomie. Elle traduit, avant tout, le souci d"un abandon par l'Etat de son interveminnnime et de ses pruoptives npliennes clans le domaine de 1'6conomie. En cela, le but tix6 est de donner libre essor. pour le plus &rand bien de la nation, 111 ddveloppement des forces sociales et 6conomiques, et notamment de l'agriculture, socle sur lequel doit s •"1itier une 6conomie diversiti6e, forte et comp«itive. Une caract6ristique principale de Ia pnseme loi nside clans Ia conttactualisation du droit matmel de l'interprofession. Le conttat entre parties priv6es yest consacr6 en tam que mode d'administration du dispoaitif nonnatif applicable l l'ensemble des acteurs appartenant l un m&De secteur 6conomique. La contractualisation usocie ces parties priv6es autour d'un projet bien idemiti6 par des moyeas et des objectifs. Ele permet de darifier les droits et devoirs de chaque partie, contn"buant ainsi l l'efticacit6. Comme le respect des en131ements est crucialement ucessaire l Ia confiance que lea diftem parteDaires doiveat se porter, an systme de sanctions est pr6vu clans le cu de manquemems l ces enpaemems. Pour mesurer la pon6e novatrice de ce dispositif et son oriplllit6 juridique, ii convient de rappeler la propeasion que Ia puissanre publique a ea de lonpe date, l recourir de prff6rence l l'action unilat6rale comraipante. Mais le sem des priorita a chq6, la tradition de l'interventioanisme public s'efface deYlllt le IOIICi d'efticacit6, le principe de Ia responsabilit6 des int6ress6s se substitue l l'empire du R&Iemeat, l'initiadve crattice des professionnels pr6vaudra sur la primaut6 du respect de Ia norme. Cette volont6 de chan1ement traduit les nouveaux rapports que l'Etat voudrait entretenir avec Jes op6rateurs 6conomiques. Ele symbolise Ia DOUVelle p6dagope de la politique 6conomique de l'Etat qui s'articulera autour de l'id6e fondatrice de Ia responsabilit6. Cette nouvelle 6thique inaugurera l l'endroit des op6rateurs 6conomiques une strat6gie in"1ite de l'implication bme sur la participation clirecte l Ia 1estion de Ia profession. C'est ll l'objet de la prdsente loi. - A3-2 - 1TI'RE I - QENERALITES Article 1 L •organisation interprofessionnelle est une institution ayant pour but de favoriser la concertation entre les diff6rentes cat6gories de professionnels int6ress6s l la production, la collecte, la transformation sous quelque forme que ce soit, la commerc~;Jisation et l'exportation d'un produit ou d'un poupe de produits donn6s, de mania-e notamment l dffinir des disciplines collectives librement consenties. L'orpnisation interprofessionnelle est constitue!e par !'ensemble des organismes professionnels 16galement constitu6s repr6sentatifs chacun d'un m~er ou d'une fonction d ~ . existant au sein d'un secteur d'activid, et s'adonnant, l titre principal l un ou l des types diffuents d'activita ayant trait audit secteur. D ne peut y avoir qu'une seule organisation professionnelle repr6sentative d'un ml!tier ou d'une fonction ou d'un groupe de m~ers ou de fonctions donn6s sur une base nationale ou r6gionale. nest solennellement affirm4 que la puissance publique n'intervient pas dans le fonctionnement des oqanisations interprofessionnelles. Tout manquement de celles-ci aux lois et r•lement est du ressort des trib~ux judiciaires, auxquels l'Etat ou les particuliers peuvent soumettre tout liti1e les concenwn. Article 2 L •orsanisation interprofessionnelle a pour objet: - de favoriser la concertation entre les diverses professions d'une meme filim, ou/et entre ces professions et les pouvoirs publics, ou encore entre ces professions et Jes op6rateurs c!Cran&ers destinarair• des exportations du ou des produit(s) de cette filim; - d'am6liorer !'adaptation de l'offre l la demande; - de r6aliser des ·enquetes approfondies sur les pratiques productives et commerciales caractmstiques des op6ratcun d'une mime filim, avant d'engqer toute action interprofessionnelle et. en particulier, de dffinir des Riles de discipline; - de mettre en place des dispositifs et de raliser des op6rations visant l la promotion des produits du secteur, au conttOle de la qualid, l la wlprisation et l la recherche, ainsi qu 'l la constitution, le cas ~mt. de stocks de produits, tinanca et gu6s collectivement et visapt l se pr6munir contre des risques majeurs; - de diffuser l ces fins, en tomes circonstances et dam Jes meilleurs d6lais, toutes informations techniques, scientifiques ou commerciales utiles aux o p ~ de la filiue; - de s'assigner comme priorit6 une mission d'information et d'explication vis-l-vis des op6rateurs 6conomiques et notamment de ceux qui out 6t6 d6vaforis6s dam leur ~ucation; - de parvenir ainsi l apporter la prospmt6 aux op6rateurs 6conomiques et l 6tablir des rapports harmonieux et d'6mularion entre eux. -A3-3 - Anicle 3 Dans I' ex6cution de ses missions de concertation et de participation des groupements professionnels dans la 1estion de la profession; de ses missions de service public et de police 6conomique. l'organisation interprofessionnelle est dotde d'attributions consultatives, r•lementaires et disciplinaires. Article 4 L'orpnisation imerprofessionnelle a tous Jes attributs de la personnalit, juridique et est dotde de l'eDJefflble des pouvoirs et capacit& lui permettant de mener l bien les missions qui lui sont dffinies par la Loi. (D est recnrnmandi qu 'une 6tude soit emreprise en vue de dlfmir une fonnule juridique adapt6e l la sp6cificit, de l'interprofession et apte l garantir son ind~endance, en paniculier vis-l-vis de la puissance publique] 'I]]]U; U- ELIQIBILITE, AGREMENT AnicleS La qualid d'orpnisadfJD interprofessionnelle De peut etre accord6e • UD groupement d'or1anismes professionnels constitu6 qu'apra son qrmiem par arretl inlaministmel du MiDistre des Finances et du M"uustre du Commerce, ainsi que du ou da Mmistte(s) comp6tent(s) pour le secteur 6conomique auquel s'applique l'interprofession. Tout ,roupemem professionnel ddsirant se f6dmr au sein d"1111e orslllisation interprofessionnelle est tam de demander un qrfment dam ces mimes conditions. Ceue demande dolt etre accompapN d'un dossier conforme aux conditions pr6cis6es par la loi fixam le statut juridique de l'orpnisation interprofessionnelle d'une filiue donn6e et permettant d'appr~er sa reprc!sentativid par rapport l la cat61orie de professionnels couverte par elle, soit au niveau national, soit • Diveau ~ - L 'aarmem est ocuoy6 dans un dSai maximum de trente (30) jours a compter de la date de d ~ de la demande, ou le cas 6ch6ant, celle du d~ du dernier 616mem compl6tant le dossier. AnicJe 6 D ne peut etre reconnu qu 'une seule orpnisation interprofessionnelle par procluit ou aroupe de produit dc!terminds. - A3-4 - Article 7 En cas de manquement par l'organisation interprofessionnelle l toutes ou partie de ses obligations d6tinies par la loi, il appaniendra aux professionnels s •estimant •~~ ou l l 'Etat de porter le litige devant les tribunaux judiciaires. TITRE m-DE LA DISCIPLINE COLLECTIVE Article 8 Au sein de l'organisation interprofessionnelle, la discipline collective est librement consentie par les professionnels membres et est par ll de nature contraauelle. Elle se matirialise par les accords interprofessionnels aendus. Elle implique la d6finition de unctions intemes pour tout manquement l ces accords commis par un ou des professionnels du ~eur 6conomique couven par l'interprofession et la possibilit6 de d6f6rer aux tribunaux judici&ires les fautifs dans les cas qui le justifient. Les principes de cette 6conomie contractuelle s'appliquem au:1 produits et aux services. CHAPITRE I - DES ACCORDS INTERPROFESSIOSSEL$ Article 2 L'accord interprofessionnel est conclu entre des organismes professaonnels 16galement constitu~ et ayant trait l un produit d6fini. L •accord interprofessionnel est ~Ii pour le long terme. Les or1an11mes professionnels signataires de l'accord g6n6ral devront s'y r6f6rer chaque fois qu'ils conviendrom d'un accord interprofessionnel sp6cifique. L'accord interprofessionnel peut comporter des modalit6s r6gionales ou locales permettant d'en adapter les dispositions aux conditions particulia-es d'une r6gion ou d'une localiti d6termin6e. Article JO L' accord interprofessionnel a pour but: - de d6velopper les dt!bouch~ int6rieurs et ext6rieurs, et d'orienter la production vers les besoins des march~; - d'am6liorer la qualit6 des produits; - de s'assurer collectivement contre les risques majeurs, notamment au moyen de stocks de s6curiti. - A3-S - Aaicle 11 Vaccord interprofessionneJ doit d6finir le produit qu'il r6git, Jes activit6s et la zone l r 6gard desquels il est applicable; il doit indiquer la dur6e de son appliquation et Jes conditions de son renouvellement. L'accord interprofessionnel doit promouvoir la meilleure adaptation possible aux besoins du march6 et l ses lois. Article 12 L •accord interprofessionnel ne doit pas comporter. pour chaque produit, de dispositions relatives: - l la prantie mutuelle de foumiture et de prise en charge des comnwides par les or1anismes professionnels signataires de l'accord. Ces questions ressortissent en effet de la libre initiative des professionnels et de la comp6tence des tribunaux judiciaires auxquels ces professionnels peuvem prt\enter leurs litiges. Par comre, I'accord intaprofessionnel g6o6ral doit comporter. pour cbaque produit, des dispositions permanentes relatives: - am cotisations professionnelles assises sur le produit et o6c:anirea a l'application de l'accord; - aux sanctions et inf:lemnisarions s'appliquant en cas d'inex6c:ution IDC.lle ou partielle des obli&ations; - aux cas de force majeure justifiant une exon6ration panielle ou IDC.llc des obli&ations des parties. Article 13 L'accord interprofessionnel est abli par dkision unaoim~ du Comeil d.Administration de l'imerprofession. L 'accord interprofessionnel doit ecre bomologu6 et 6tendu par meu interminist6riel pris par les Ministres comp6tents pour le secteur 6:onomique considm-6. Tout refus d"homologation doit etre expliCU, et ne doit ecre motiv6 que par une non-confonnit6 aux lois et l la Constitution. n ne pourra ecre fond6 sur une mgeoce de confonnit6 aux pr6visions du plan ainsi qu'aux objectifs de la politique 6:onomique du Gouvememeot. La proc6dure d'extension conftrera l tout ou partie de l'accord g6n6ral un caractke obligau>ire l l' 6gard de r ensemble des producteun, acheteurs, transformateurs industriels quel que soit leur stratut juridique. L'exteasion est subordonn6e l la condition que les dispositions de l'accord am6ral qui en sont l'objet, aient ti adopt6es par l'ensemble des families professionnelles. Le d6lai d'ex6cution des formalit6s concemant la proc6:lure d'extension ne peut exc6der UD (1) mois. Article 14 Tout contrat de foumiture de produits, passc! entre personnes physiques ou morales ressortissant l un accord ~ . et qui n'est pas conforme aux dispositions de cet accord, est nul de plein droit. L'organisation interprofessionnelle dam le cadre de laquelle a 616 conclu !'accord, ainsi que chacune des organisations professionnelles qui la constituent, sont recevables l demander la reconnaissance de cette nullit6 au juge du contrat. En cu de violation des r~les rc!sultant des accords 6tendus, ii sera allouc! par le juge du T.S.E., l la demande de !'organisation interprofessionnelle et l son profit, une somme dont les limites sont comprises entre . . . et . .. (l d,terminer ult6rieurement) Toutefois, si !'organisation interprofessionnelle justifie d'un prc!judice d'un montant sup6rieur, le T.S.E. peut ordonner la rc!paration intqrale de ce prc!judice. Dans tousles cu, la mise en oeuvre des sanctions pnwes l l'alinc!a prc!c6dent ne fait pas obstacle l l'application ,Ventuelle de celles pr6vues par les comrats de foumiture, ainsi que par les rqles de disciplines intemes de l'intmprofession en cause, en cu de dc!faut d'ex6cution des clauses de ces rqlemems. Si le contrat de foumiture, aueint d'une nullit6 de plein droit, pone sur un produit dont la circulation est accompap6e de titres de mouvement, l'Administration co~te pourra, sur proposition de l'oraanisation intmprofessionnelle intuessc!e, suspeodre la dBivrance de ceux-ci. CHAPffRE JI; FINANCEMENT DES INTEPROFESSIONS Article ts Lorsqu 'un accord interprofessionnel a 616 ,tendu, conform6ment aux dispositions de l'article 13 de la prc!sente loi, les d. . . qu'il pr6voit sont financc!es par les parties soumies l !'accord. Les receues correspondant l ces d. . . sont affectNs par l'interprofesssion aux 6tudes et contrOles techniques et 6conomiques, aux actions tendant au d,Veloppement des dB>oucbc!s et de mani~e gaic!rale l toute activit6, exercde directement par l'interprofession ou dQ6gu6e par elle, qui rentre clans le cadre de cet accord interprofessionnel homologue! et dtendu. En cu de dc!saccord entre les oqaoismes professionnels partie prenante l l' accord, ii sera fait appel aux tribunaux judiciaires. La meme proc6dure pourra s'appliquer l la perception et au recouvrement des sommes dOes l raison des cl"tJSes libuatoires et du DOD respect de !'accord. - A3-7 - Ankle 16 Les organismes interprofessionnels peuvent faire appel aux Pouvoirs Publics ou l des soci~~ privc!es pour assurer tout ou panie de leurs activit~ qui ne ressonissent pas du domaine public. Pour ce qui concerne les services rendus par les organismes publics, ceux-ci peuvent ou non etre rl!tribu~ et, dans l'affirmative, ils le sont de par une libre nc!gociation entre l'interprofession et ces organismes. Anicle 11 Les ressources financi~es de !'organisation interprofessionnelle sont constituc!es par: - des cotisations obligatoires qui nonobstant leur caract~re obligatoire, demeurent des cr6ances de droit priv6; - des subventions exceptionnelles de l'Etat qui sont soumises l un r6gime sp6cial d'autorisation de programmes; - la r6mun6ration des prestations rendues; - les mar1es b6n6ficiaires; - le produit des placements de l'interprofession. TITRE rn -DJSPOSmONS FINALES Article 18 Des textes r~glementaires fixeront, en tam que de besoin, les modalitis d'application de la pr~ente loi. Article 19 La pr6sente Loi sen publi6e au Journal Officiel de la R6publique. Elle sera ex6cut6e comme Loi de l'Etat. ANNEXE4 PRQJEI' DE LOI FIXANT L~ STATIJTS DE L'JNTERPROFESSION DE LA VANILLE DIRE PBEMJER: CREATION - DENOMINATION - OBJET - DUREE - SIEGE Article 1: Creation n est cr66 entre les Associations et Groupements professionnels repr~entatifs de la filiue vanille, qui d6clarent approuver les pr6sents statuts, ou, l titre tramitoire, et l d6faut de rexistence de telles associations ou groupements, des repr6sentants Sus par les membres de chaque profession, tels que leur nombre et leur localisation peuvent ette dl!termin6s par les r~es professionnels existants, une interprofession r6gie par la ll!gislation en vigueur en R6publique D6mocratique de Madagascar. Article 2: Dgnomination L'Association prend la d6nomination de •INTERvANU.LE· 1'. Article3: .QbiGt Intervanille a pour objet: - de se comtituer en un forum o~ les divers opbeurs de la filiue pourraient confronter leurs points de we; - d'exercer toute action aux stades de la production, de la collecte, de la pr6paration, de la tramormation, de la commercialisation et de !'exportation de la vanille, concemant ll(ltaDJment du contrOle de la qualit6, la promotion des exportations, la recherche et la wl&arisation, ainsi que la comtitution et la 1estion collective de stocks de ~rit6 de vanille pr6par6e. Article4: lam lntervanille est er~ pour une dur6e illimit6e qui commencera l courir au jour du d6p0t 16gal des praents statuts, sauf cas de dissolution anticip6e. • Article s: Sim Le si~ge d"Intervanille est ~Ii l Antananarivo. Il peut etre tramf6r6 en tout autre endroit du territoire national par d6cision du Conseil d' Administration. Intervanille a par ailleurs des bureaux locaux dam chacune des pandes r6gions de production de la vanille, qui disposeront de tous rnoyem de t616cc\rnmunications nkessaires l leurs activit6s. 11 Nam cboi1i ut,i1nircrna pour Ja OCIIIIIIIOditl • rapaa. - A4-2 - TITRE DEUXIEME; LES MEMBRES Anicle 6: Les membres lnterVanille regroupe les Associations et Groupements professionnels de la filiue vanille 16galement constituc!s et reconnus reprc!sentatifs sur le territoire national. pour tout ou panie de celui-ci. Article 7: Adh&ion Toute Association ou tout Groupement qui sollicite d'etre reconnu comme reprc!sentatif d'un colllge ou d'un sous-coll~e d'lntervanille doit: 1° adresser sa demande accompagn6e de ses statuts, de la composition et des noms de ses organes d'administration et de la liste des membrea a JOW' de leur cotisation, aux Ministm'es de I' Agriculture, du Commerce e1 des Finances, et au Prc!sident du Conseil d' Administration d'lntervanille. elms le cu de demandes intervenant aprm la crQtion d'lntervanille; 2° donner son adhc!sion expresse aux dispositions des p r ~ smuts. Cette association ou ce groupement pourra etre ainsi admis l IOllac1ter une reconnaissance des Pouvoirs Publics comme or1anisation la plus reprc!sentative pour un colllge ou un sous-coll•e d6terminc!, sur la base des tonnages rc!alisc!s par 1e1 adhb'cnts par rapport au tonnqe total caract6risant le coll~ge ou le sous-coll•e ou sur c:eJle du nombre de ses adhuents par rapport l l'effectif total du coll~ge ou du sous-colltie Article 8: Bettait et exclusion Toute Association ou tout Groupement peut se retirer d'lntervanille 10U1 rc!serve de faire connaltre sa dc!cision par lettre recommaod'-e au Prc!sident d•lmcrvanilte. six (6) mois avant la date souhai• pour le rmait, et sous rc!serve d'avoir sausfu l lOUtes ses obligations envers .lntervanille. L'exclusion d•une Association ou d'un Groupement peut etre prono~ par le Comeil d' Administration contre toute Association ou tout Groupement qui ccuenit de remplir les conditions imposc!es par la Joi ou par les prc!sems statuts. L•Association ou le Groupement devra etre avisc! par leure recommaod6e avec accuse! de • rc!ception, un mois avant la rc!union du Conseil d'Administration. n pourra y prc!senter touti;;., explications qu 'ii jugera utiles. Appel de cette dc!cision pourra etre fait auprm des tribunaux jucliciaires. - A4-3 - TITRE TROISIEME: LES ORGANES I. LE CONSEIL P' ADMINISTRATION Article 9: Composition lnterVanille est administr6, par uo Cooseil d' Admioisttatioo compos6 de 14 membres • d6sip6s par les or1aoisations professionnelles adh6rant aux pr6sents statuts: - 7 repr&entants d6sign6s par le(s) organisatioo(s) repr6senwives des planteurs; - 7 repr6sentaots d6sign6s par le(s) orpnisatioo(s) repr6seotat.ives des exportateurs. Article 10: P§ignation Chaque Association ou Groupement adhl!rent l l'lntervanille db1pe ses repr6sentants au Conseil d' Administration selon une proc6dure d6finie souveninemau par lui-m!me. Le Cooseil d'Administration Bit parmi ses membres uo Prtsidem pour la dur6, de son mandat d'administrateur. Le Pr6sident est obligatoirement uoe personne physique. D pr6side les saoces du Conseil d' Administration. Article 11: Mandat La dur6, des fonctions des adrninistrateurs est de deux ann6cs rcnouvelables. Les fonctions de membre du Cooseil d' Administration soot penoandles et b6n6voles. Cependaot, les membres du Conseil d' Administtation, de rneme quc ccux des Comit6s Spkialis6s d.Sfinis l l'article 13 ci-apr~. se voient d6fray6s de IOute dq,ense faite dans le cadre de leurs fonctions. Article 12: Yacance En cu de vacance au sein du Cooseil d' Administration, il est pourw remplacement III selon la meme proc6dure que celle retenue pour la d6signation des membres du Conseil. Article 13: Comitg S¢cialis§ Trois Comit6s Sp6cialis6s soot constitu6s, dJacun d'eux ~ responsable d'uo domaine pr6cis, et comptant trois repr6sentaots des planteurs et trois repr6sentants des exportateurs d6sign6s par le Conseil d' Administration parmi ses membres ou parmi une liste de personnalit6s repr6sentatives qu'il aura l!t.ablie au dt!but de dJaque mandat, et ce, par uo vote l la majorit6 simple. Ces Comit6s Sp6cialis6s se r6uniront au plus tard une fois par mois et devront rendre compte de leur action au Conseil d' Administration. Ils seront dJarg6s pour le premier du Stoctaee de S6curit6, pour le second de la Promotion, de la RecherdJe et de la Vulgarisation et pour le troisime du CootrOle de la Qualit6. - A4-4 - Article 14: Bmmion Le Conseil d' Administration se r6unit sur convocation du Pr&ident aussi souvent que les activit& de 1•association 1•exigent et au moins une fois tous les trois mois. Le Conseil d'Administration ne peut d6lib~er que sur des questions inscrites l l'ordre du jour. Les d61ib6rations sont valides si les deux-tiers au mains des membres sont pr6sents. Les d6cisions sont prises l la majorit6 des voix des membres pr6sents, cbaque membre n'ayant qu'une seule voix. En cu de pana,e, celle du Prmident est prq,ond6rante. En cu d'adoption d'un accord interprofessionnel devant etre soumis l extension, la majorit6 requise est des deux-tiers des prments clans les m&nes conditions qu'l l'alin6a prk6dent. Les d61ib6rations du Conseil d' Administration sont constat6es par proc~-verbal dOment approuv6 par les membres du Conseil et sip par le Pr6sident. Ce proc~-verbal est rendu public, notamment par voie de presse. Claque Association ou Groupement membre de l'Univanille doit etre destinataire de tous les p~-verbaux des rmnions du Conseil d' Administration qui seront par ailleurs publim par la presse. Tout citoyen pourra en outre en r6clamer copie. Article ts: Attributions Le Conseil d' Administration a les attributions les plus 6tendues pour agir au nom d'lntervanille, et faire exkuter les actes ou opamons relatifs l son objet. Le Conseil d' Administration a notamment les pouvoirs monciatifs et non limitatifs suivants: - il d6finit et oriente les actions d'intuet national pour le dl!veloppement et la promotion de la filike vanille; - il d61ibke et statue sur toutes les propositions qui lui sont soumises; - il wure le bon fonctionnement d'Intervanille; - il nomme un Secr6taire G6.n6.ral appoint6 dont les fonctions et·attributions sont fix6es par le pr6sent statut; - il statue sur les demandes d'adh&ion des Associations ou Groupements l61alement constitum l Madagucar; - il fixe et recouvre le montant des cotisations; - il fixe et ordonne les d6penses d'administration et les frais de &estion, et d&igne les co-siparaires des titres de paiement; - A4-S - - il fixe le contenu des missions d6volues aux Comit6s Sp~ialis6s et surveille 6troitement leur ex~tion; - il engage et r6tribue les soci~ priv6es sp~ialis6es dans des domaines inwessant les activit6s de I'interprofession; - il reprcfsente l'lntervanille vis-l-vis des tiers et de toutes Jes Administrations. A cet effet, ii peut d6lquer tout ou partie de ses pouvoirs l l'un quelconque de ses membres; • - ii reprdsente l'interprofession vis-l-vis des acbeteurs ~gers et d6signe, sur demande des Pouvoirs Publics de tutelle, des reprcfsentants de l'interprofession appelcfs l si6ger dans des instances internationales. Article 16: Le Secrgtaire Ggngra1 Le Secr6taire G6n&al, nomm6 dans les conditions pr6vues l l'anicle 15 ci-dessus, est chara6 de fonctions au sein d'lntervanille dans la limite des pouvoirs qui lui sont conf6r6s par le Conseil d' Administration, auquel il doit rendre compte de sa mission. TITRE OJJATRIEME; ORGANISATION FINANCIERE AtticJe 17: Exercice L'exercice financier commence le premier {ler) avril et prend fin le trente et un (31) mars de cbaque ann6e. Par exception, le premier exercice comprendra le temps 6:oul6 le jour de la constitution dainitive d'Intervanille jusqu'au trente et un (31) mars suivam. Article 1s: Ems financiers D est proc616 chaque ann6e l un inventaire comportant l'indication de la situation active et passive de I'Association. Les am financiers sont mblis conform6ment aux textes relatifs au plan comptable en vigueur l Madagascar. Ds sont tenus l la disposition de tout adhm-ent individuel de l'interprofession au si~ge, et sont diffus6s par voie de presse, et ce, dans les meilleurs d6lais. Atticle 19: Ressources Les ressources d'Intervanille sont constitu6es par: - les diverses cotisations lntervanille per~es sur le prix expon FOB; - Jes subventions ou dotations provenant de l'Etat; - A4-6 - - les soutiens financiers nationaux ou intemationaux de toute nanire (dons,· legs, ... ); - les recettes provenant des prestations foumies par l'lntervanille. fflBE CINQQIEME; DISSOLU]]ON EI DJYERS Article 20: Dissolution L'Univanille se dissout par: - l' extinction de son objet; - la d~ision de dissolution anticip6e prise par le Conseil d' Administration; - la d~ision de justice pour de justes motifs. En cas de dissolution antic~, le Conseil d' Administration, r~gle le mode de liquidation et nomme le ou les liquidateur(s), qui peuvent etre pris parmi ses membres. La nomination des liquidateurs met fin aux pouvoirs des Adrninistrateurs. Pendant tout le cours de la liquidation et jusqu 'l expresse d~ision contraire, tous les 616ments de l'actif social continuem l demeurer la propric!U de l'etre moral et collec:tif. Pendant la liquidation, les pouvoirs du Conseil d' Administration sont maintenus comme pendant la p6riode d'activil' de !'Association. Le Conseil conftre, s'il ya lieu, tous pouvoirs sp~iaux aux liquidateurs, approuve les comptes de la liquidation et donne d6charge aux liquidateurs. Le Conseil d' Administration est convoqu6 par les liquidateurs. Ceux-ci sont tenus de proc6der l ceue convocation lonqu'ils en seront requis par au moins le quart des membres. Elle est praid6e par le ou l'un des liquidatmrs, ou par une personne daip6e par le Conseil d'Administration. Le Comeil d' Administration peut toujours moquer ou remplacer les liquidateurs et ~ ou restteindre leurs pouvoirs. Tout extrait ou copie du proc:a-verbal des d61ib6rations du Conseil d' Administration sont valablement sign6s par le ou les liquidateurs. Les liquidateurs ont mission de r6aliser, rnerne l 1'amiable, tout I' actif immobilier et mobilier de !'organisation inteiprofessionnelle, d'6teindre le passif, sauf restrictions que le Conseil d' Administration pourrait y apponer. - A4-7 - Anicle 21: R~glement int¢cieuc En tant que de besoin, les dispositions des pr6sents statuts pourront etre, en ce qui concerne certaines modali~ d'application, compl~~ par un r~glement inta-ieur. Ce r~lement est prq,ar6 par le Conseil d' Administration. Anicle 22: Litiges • Pour toutes questions litigieuses venant l se pr6senter, il est fait Section de domicile au si•e d'Imervanille, et attribution de juridiction aux tribunaux comp6tents du si~ge. lt ,.

Основные сведения
Тип документа Report
Дата принятия
Страна Мадагаскар
Источник Всемирный банк