. ~{ Rapport No. 8041 .£tLE ,CO f"/ I La Banque mondiale et Ie Senegal, 1960-87 . "'. . · 1 26 Octobre 1987 Departement de' 'eva!uation retrospective des operations RESERVE A L'IUSAGE OFFICIEL Document de la Banque mondiale le present document fait I'objet d'une diffusion restreinte. II ne peut etre utilise par ses destinataires que dans I'exercise de leurs fonctions officielles et sa teneur ne peut etre divulguee sans I'autorisation de la Banque mondiale. LISTE DES ABREVIATIONS ET DES ACRONYMES AASP Autres apports du secteur public APD Aide publique au d~veloppement BCG Boston Consulting Group BNDS Banque nationale du d~veloppement s~n~galaise CAD Comit~ d'aide au d~veloppement CEAO Communaut~ ~conomique des Etats de l'Afrique de l'Ouest CSA Commission de la s~curit~ alimentaire CVCCEP Commission de v~rification de contrOle des comptes des ~tablissements publics ICS Industries chimiques du S~n~gal ISRA Institut s~n~galais de recherches agronomiques MADIA Managing Agricultural Development in Africa MEC M~canisme ~largi de cr~dit (FMI) NPA Nouvelle politique agricole OMVS Organisation pour la mise en valeur du Fleuve S~n~gal ONCAD Office national de coop~ration et d'assistance pour le d€!veloppement PAS Pr@t a l'ajustement structurel PIP Programme d'investissement public PREF Plan a moyen terme de redressement €!conomique et financier RAP Rapport d'ach~vement du projet RCFS R€!gie des chemins de fer du S€!n€!gal RERP Rapport d'€!valuation r€!trospective du projet SAED Soci€!t~ d'am~nagement et d'exploitation des terres du Delta SEFICS Soci€!t~ d'exploitation ferroviaire des industries chimiques du Senegal SEIB Soci~t~ ~lectrique et industrielle de Baol SENELEC Soci~t~ nationale de l'~lectricit€! SMIG Salaire minimum interprofessionnel garanti SODAGRI Soci€!t~ de d~veloppement agricole et industriel SODEFITEX Soci€!t~ de d~veloppement des fibres textiles SODEVA Soci€!t€! de d€!veloppement et de vulgarisation agricole SOFISEDIT Societ~ financi~re senegalaise pour le developpement de l'industrie et du tourisme SOFIDI Soci€!t€! financi~re pour le d€!veloppement industriel SOMIVAC Soci€!t€! de la mise en valeur de la Casamance SONACOS Soci€!t€! nationale de commercialisation des ol€!agineux du S€!n€!gal SONAR Soci~t€! nationale d'approvisionnement rural USB Union s~n€!galaise de Banque POUR USAGI OPPICIEL THE WORLD BANK Washington, D.C. 20433 U.S.A. Ie 26 octobre 1989 MEMORANDUM AUX ADHINISTRATEURS ET AU PRESIDENT OBJET La Banque mondiale et Ie S6n6gal, 1960-87 Veuillez trouver ci-joint copie d'un rapport intitu16 "La Banque mondiale et Ie S6n6gal, 1960-87" ~labor6 par Ie D6partement de l'~valuation r~trospective des op6rations. PUce - j ointe Le pr6sent document fait l'objet d'une diffusion restreinte. II ne peut ttre utilis6 par ses destinataires que dans l'exercice de leurs fonctions officielles et sa teneur ne peut etre divu1gu~e sans l'autorisation de 1a Banque mondia1e. POUB. USAGE OFFICIEL LA BANQUI!: MONDIALE ET LE SENEGAL, 1960-87 Table des mati~res AVANT-PROPOS •••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••• i RESUME ET CONCLUSIONS •••.••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••• iii I. CADRE GENERAL 1 A. Evolution ~conomique et strat~gie de la Banque au niveau macro~conomique •••••••••••.•••••••.••••..••.••.• 1 B. Le Programme de pr@t et la strat~gie sectorielle de 18 Banque ........................................... 12 1) Dimension et composition du Programme de pr@t ••.••.•• 12 2) Strat~gie sectorielle de la Banque ••••••••••.•••..•.. 13 II. AJUSTEMENT STRUCTUREL ET CONDITIONNALITE •.•••••..•.••.••.•... 19 A. Les objectifs et les contraintes de l'ajustement structurel tels que les per~oivent la Banque et Ie Gouvernement ........................................ 19 B. Br~ve description des trois PAS •••.••.••.••.••.•••.....•. 22 c. Ajustement structurel et conditionnalit~ dans un cadre de politique macro~conomique .•••••.•..•..•.••••.• 27 D. Analyse et typologie des conditions des PAS au S~n~gal •.• 34 E. Base des conditions des PAS et leur r~percussion sur 18 perform.ance ..................................... 38 1) Introduction. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 38 2) Agriculture.......................................... 39 a) Politiques des prix agricoles •••••••••.••.••..••.• 40 b) Recherche agricole ••••••••••••••..•••••.••••..••.• 49 c) La performance agricole et ses ~l~ments d~terminants ••••.••.•.••...•.•.•.•........•..... 51 3) AmiHioration de l'efficaciU du secteur priv~ •.....•. 55 4) Investissements et finances du secteur public .•.....• 64 5) Renforcement et d~sengagement du secteur public et engagement du secteur priv~ ••.•••••.•..•.•••..•. 69 6) Les coQts sociaux de l'ajustement ••••.•••••••.•••.... 76 F. Aide ext~rieure et retomb~es de la dette ext~rieure et du service de la dette sur les investissements et la croissance ....................................... 79 G. Conclusions. ... ........ .. ... ... . ... . . . . . .. . . . . . . ... . . . . . . 84 Le pr~sent document fait l'objet d'une diffusion restreinte. 11 ne peut @tre utilis~ par ses destinataires que dans l'exercice de leurs fonctions officielles et sa teneur ne peut @tre divulgu~e sans l'autorisation de la Banque mondiale. Table des mati~res (suite) Pages III. QUESTIONS SECTORIELLES ET COORDINATION DE L'AIDE ••••••••••••• 89 A. Le secteur agricole ...................................... 89 1) Introduction .................................. « • • • • • • 89 2) PrAts de la Banque mondiale 1 l'agriculture, 1969-79 ............................................ 91 L'agriculture stntgalaise * questions strattgiques ••• 93 a) Diversification ................................... 93 b) Technologie ....................................... 97 c) Prix 1 la production et fiscalitt agricole ••••.••• 99 d) Institutions ..... « • • • a-a. • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • 101 e) Conclusions ....................................... 104 3) Ajustement structurel et agriculture, 1980-87 •••••••• 107 a) Prix 1 la production et rtaction de l'offre .••••.. 109 b) Subventions aux intrants •••••••••••••••••••••••••• 116 c) Rtformes institutionnelles : Le rOle des organismes de dtveloppement rural............... 118 d) Conclu8 ions ....................................... 123 B. Secteur industriel ....................................... 12.5 C. Le secteur des transports ••••••••••••••••••.•••••.•.•••.• 131 1) Introduction ......... It It •• It It • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • 131 2) Aide du Groupe de la Banque •••••••••••••••••••.•.•••• 132 3) Routes ...........................................•... 133 4) Chemins de fer It ••• It It It ••• It It It • It • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • 13.5 5) Ports et ai!roports •••••••••••••••••••••••••••.•••••.• 138 6) Conclusions ................ It ••••••••••••• It • • • • • • • • • • • 139 D. Education ....................... ...... .............. ..... 142 E. Coordination de l'aide ••••••••••••.••••••••••••••••••••.• 145 1) Introduction. It •••• It ••• It It It •••••••••• It • It • It •••• It ••• It • • • • 145 2) Probl~meset contraintes •••.•••.•••.•••••••••..•••.•• 146 3) ROle de la Banque •••••••••••••••••••••••••••••••••••• 148 ANNEXES 1. Matrices de politique et conditions des PAS I, II et III ••.••• 151 2. Objectifs de dtveloppement et indicateurs de performance correspondants It •• It •• It It • It It • It • It It It • It • It •••• It ••• It ••• It • It •• It • • • • • • • 178 3. Production agricole et productivitt des principales cultures, 1960/61-1986/87 ••••••••••••••••••••.•••••••••••••. 179 4. Donntes de production agricole et de prtcipitations, 1960-86.. 180 5. Projets approuvts par le Conseil d'administration par ann.~e civile, 1966-87 ... It •••••• It. It •• It.. . • .•..•• .. . . •. .. . • . . . 181 6. Stntgal - Recettes nettes internationales, 1969-86 •••••..••••• 183 Liste des graphiques dans Ie texte 1. Stntgal: PIB et secteur primaire •••••••••••••••••.••••••••••• 5 2. Classification des variables et relations entre contraintes, institutions et changements structurels, mesures de politique, indicateurs de performance et objectifs de d6ve loppement ............. It It It • It It It It ••• It • It • It It • It It It • It • It •• It • It •• It • 33 Table des mati~res (suite) Liste des tableaux dans le texte 1. Composantes du PIB et d~penses totales pendant certaines p~riode8 •••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••• 2 2. Cinq p~riodes comprises entre 1960/61 et 1985/86 •••••••••••••• 3 3. Pourcentage de la consommation et des investissements dans le PIB, 1960/61 l 1985/86 •••••••••••••••••••••••••••••• 6 4. Engagements de la Banque mondiale au S~n~gal. 1966-87 ••••••••• 13 5. Projet de classification des variables aux fins d'analyse de politique ................................................ 30 6. Prets l l'ajustement structurel I-III : Typologie des conditions .................................................. 36 7. Classification des conditions des PAS concernant I' agriculture ............................................... 40 8. Prix officiels l la production, 1970-86 ••••••••.•••••••••••.•• 43 9. Production agricole et productivit~ des principales cultures, 1960/61-1986/87 ••••••••••••••••••••••••••••••••••. 44 10. Prix relatifs l la production ••••••••••••••••••••••••••••••••• 46 11. Pr~cipitations annuelles cumulatives, 1961-87 ••••••••••••••••• 53 12. 4~uelques indicateurs de la performance agricole, 1981-87 ••..•• 54 13. Classification des conditions PAS concernant l'am~lioration de l'efficacit~ du secteur priv~.............. 56 14. Quelques indices industriels de production, 1979-86 ••••.••••.• 58 15. Classification des conditions PAS concernant les investissements et les finances du secteur public; et le renforcement et le d~sengagement du secteur public ••••.•• 65 16. Evolution du secteur parapublic, 1962-82 •••••••••••••••.••.•.. 70 17. Secteur parapublic, revenu net global et subventions de l'Etat, 1977/78-1981/82 ••••••••••••••••••••••••••••.•••.. 70 18. Principaux indicateurs du secteur des entreprises publiques et des dix premi~res entreprises l privatiser ••••••••••••••• 74 19. Salaire minimum (SMIG) en francs CFA/heure et termes de l'6change intersectoriel, 1979-86 •••••••••••••••••••••••• 77 20. Balance des paiements mettant en relief l'aide ext~rieure nette, 1981-87 ..................•..•........................ 81 21. Projections de balance des paiements mettant en relief l' aide ~trang~re nette. 1986-92 ••••••••••••••••••••••••.•..• 83 22. D~caissements des projets BIRD/IDA ••••••••••••••••••••••••.••. 92 23. Coefficients de protection nominale l la consommation et protection nominale relative des c~r~ales, 1970-85 •.••.••••• 114 24. Position financi~re des organismes de vulgarisation en fonction du budget et chiffres s~par~s de certaines institutions du secteur rural, 1981.85 •••••••••••••••••••••• 119 ~ IBRD 21914 - i - AVANT-PROPOS La pr~sente ~tude est 1a troisitme d'une s~rie commenc~e en 1985 et portant sur 1es relations de 1a Banque mondia1e avec certains pays emprunteurs. Les deux premitres ~tudes portaient sur 1e Pakistan (Rapport No 6048) et 1e Sri Lanka (Rapport No 6074). E11es ont ~t~ soumises aux Administrateurs et au Pr~sident de 1a Banque mondia1e en 1986. Une quatrieme ~tude portant sur 1a Tanzanie devrait @tre pub1i~e prochainement. Chacune de ces ~tudes devrait permettre l 1a Banque et l l'Emprunteur d'identifier les forces et 1es faiblesses de leurs relations et contribuer ainsi l les rendre plus fructueuses l l'avenir. Ces ~tudes devraient ~galement aider l 1a recherche des moyens susceptibles d'am~liorer l'efficacit~ de l'aide au d~veloppement apport~e par la Banque. L'~tudedes relations entre 1a Banque et le S~n~gal couvre la p~riode 1960-87. Elle est s~lective dans son analyse et recouvre essentie1lement 1es secteurs et domaines o~ 1a Banque a ~u particuli~rement active, l savoir l'agriculture, l'industrie, les transports et l'~ducation ainsi que l'ajustement structure1. La presente ~tude a ~t~ r~a1is~e sur la base d'un examen des archives de 1a Banque mondia1e, de discussions avec un certain nombre de fonctionnaires de la Banque et d'informations recuei1lies au cours de missions au S~n~ga1. Nous tenons l remercier ici, pour leur coop~ration et leurs conseils pr~cieuxt 1es responsables du Gouvernement s~n~ga1ais, 1es repr~sentants du secteur priv~ ainsi que l'ensemble des bai11eurs de fonds intervenant au S~n~ga1. - iii - RESUME ET CONCLUSIONS Introduction i. Depuis 1960, ann~e de son ind~pendance, le S~n~gal a vu son PIB augmenter de 2,4 % seulement par an, ce qui repr~sente le taux de croissance le plus faible enregistr~ par un pays africain n'ayant connu ni guerre ni conflits sociaux. Parall~lement, le taux de croissance d~mographique a ~t~ ~lev~ et en constante augmentation: on l'estime actuellement 1 3 % par an, si bien que le revenu r~el per capita se trouve d~sormais au-dessous de son niveau de 1960. Le secteur primaire, qui repr~sente encore environ 20 % de l'ensemble du PIB, a connu le taux de croissance le plus faible (1,7 % par an), dans un contexte ~conomique caract~ris~ ~galement par une faible croissance: 3,9 % par an dans le secteur secondaire et 2,1 % par an dans les autres secteurs. Durant cette p~riode, la structure de l'emploi n'a gu~re chang~ : bien que l'agriculture ait perdu quelques emplois au profit de l'industrie, on estime que 70 % de la population active reste employ~e principalement dans l'agriculture. ii. Le secteur agricole a continu~ 1 jouer un rOle pr~dominant dans la d~lamique du d~veloppement du pays. Depuis 1960, on a enregistr~ d'importantes fluctuations au niveau de la production agricole (principal ~l~ment du PIB du secteur primaire), dues pour une large part aux al~as climatiques qui ont entraln~ de fortes variations de l'ensemble du PIB. Outre des variations importantes, la pluviom~trie a connu une nette tendance 1 la baisse. Si l'on ajoute 1 cela l'insuffisance des ressources dont dispose le pays, la d~gradation des sols, les fluctuations des termes internationaux de l'~change et un cadre g~n~ral de politique ~conomique inad~quat, on comprend pourquoi la production agricole n'a gu~re progress~ malgI'~ tous les efforts de d~veloppement; 11 en a ~u de meme pour le PIB. En fait, depuis 1960, certaines des contraintes les plus fondamentales - notamment la fragilit~ des ressources, la pluviom~trie incertaine, la forte croissance d~mographique auxquelles se heurtent les d~cideurs et les bailleurs de fonds impliqu~s dans le d~veloppement ~conomique du S~n~gal, se sont aggrav~es encore avec le temps. iii. Durant la p~riode 1960-87, le S~n~gal a re~u de l'~tranger une aide consid~rable. En r~gle g~n~rale, il a la r~putation d'etre un pays afril::ain mod~le, politiquement stable, caract~ris~ par une certaine continuit~ dans l'administration et des rapports ~troits avec les bailleurs de f,Jnds, y compris la Banque mondiale. Durant la p~riode 1980-86. les apports nets de capitaux de toutes origines ont atteint au total une moyenne d'un demi-milliard de dollars par an. dont les trois quarts sous forme de dons ou 1 des conditions fortement concessionnelles. Cet apport net repr~sente 80 dollars par tete et par an, soit le cinqui~me environ du PIB per capita et pr~s du double du montant per~u dans les autres pays du Sahel (45 dollars en moyenne). Une cinquantaine de pays et d'organismes foulnissent une aide au S~n~gal, mais la plus grande partie de cette aide provient d'une douzaine de bailleurs de fonds, notamment la France qui, durant les 15 demi~res ann6es, a foumi 40 % de l'aide totale, et la BIRD/IDA qui a contribu6 pour environ 8,5 % de cette aide. - iv - iv. Consid~rant les niveaux ~lev~s de cette aide ext~rieure et le peu de progr~s ~conomiques r~alis~s, un certain nombre de questions fondamentales se posent Quant 1 l'efficacit~ de l'aide ~trang~re au S~n~gal et au d~fi complexe que lance le d~veloppement du S~n~gal. Le pr~sent rapport est essentiellement consacr~' l'efficacit~ de l'aide - sous toutes ses formes - fournie par la Banque mondiale. Bien que, par rapport' l'ensemble de l'aide re~ue par le S~n~gal, la part de la Banque ait ~t~ relativement r~duite, notamment si on la compare 1 celle beaucoup plus consid~rable de la France, elle a n~anmoins connu une certaine augmentation ces derni~res ann~es avec la mise en place des prats 1 l'ajustement structurel. De plus, par le biais de ses travaux ~conomiques et sectoriels et grace 1 un dialogue continu, la Banque a toujours eu, dans les d~cisions ~conomiques du S~n~gal, un rOle important et une influence indirecte consid~rable, qui ne sont donc pas n~cessairement li~s • l'importance de sa contribution financi~re. En outre, depuis la fin des ann~es 1970, la Banque a jou~ un rOle de tout premier plan en fournissant, avec l'encouragement et le soutien d'autres bailleurs de fonds, des conseils en mati~re de politique g~n~rale. Enfin, par rapport aux autres pays, le S~n~gal a ~t~ un client pr~f~rentiel de la Banque : alors que sa population ne repr~sente qu" peine 2,5 % de l'ensemble de la population des ·pays africains • faible revenu·, le S~n~gal a re~u 4,7 % de l'ensemble des prestations que la Banque mondiale a fournies • ces pays durant la p~riode 1970-86. Cadre g~n~ral v. Le est devenu membre de la Banque le 31 aoOt 1962. La S~n~gal premi~re op~ration de la Banque au S~n~gal, apr~s son ind~pendance, a ~t~ un cr~dit ferroviaire consenti par l'IDA en 1966. Depuis lors et jusqu" la fin de l'ann~e 1987, 61 op~rations ont ~t~ financ~es au S~n~gal, pour un montant total d'environ 800 millions de dollars. Les cr~dits de l'IDA repr~sentent 80 % de ce chiffre; la plus grande partie des prats de 1a BIRD ont servi 1 des projets dans les secteurs des transports, de l'industrie et du tourisme. Le dernier prat de la BIRD remonte 1 1981, date. partir de laquelle on a estim~ que Ie pays n'avait pas une capacit~ de financement suffisante pour justifie~ de nouveaux prats de la BIRD. Les prats • l'ajustement structurel"' ont repr~sent~ le tiers de 1 'ensemble des engagements; les prats destin~s aux projets ont ~t~ assez fortement concentr~s dans les secteurs de 1 'agriculture et des transports - qui ont repr~sent~ chacun 21 % de l'ensemble des engagements. La Banque est ~galement intervenue dans la plupart des autres secteurs, mais • travers un nombre plus limit~ de projets. Apr~s une p~riode de d~marrage lent, de 1966 • 1971, les prats de la Banque au S~n~gal ont rapidement augment~ pour atteindre en moyenne 85 millions de dollars par an pendant les quatre derni~res ann~es. vi. D'un point de vue macro~conomique, l'~conomie s~n~galaise a travers~ plusieurs p~riodes distinctes depuis 1960, l'~volution ~conomique du pays fluctuant en fonction de la pluviom~trie et des termes internationaux de l'~change. Ces fluctuations ne semblent gu~re avoir exerc~ d'influence sur la nature ni sur l'ordre de priorit~ des projets de la Banquet 1 une importante exception pr~s, • savoir le changement de cap de la strat~gie du Gouvernement et de la Banque vers la fin des ann~es 70. Jusque 11, la Banque ~tait 'g~n~ralement optimiste, 1 des degr~s divers, • - v - l'~gard de l'avenir du pays, et ses projets touchaient la plupart des secteurs principaux du pays. Or, sur la base des conclusions d'une mission ~conomique effectu~e en novembre 1976, Ie Rapport ~conomique de 1979 a bross~ un tableau beaucoup plus sombre des perspectives ~conomiques, mettant ainsi en doute les ~valuations ant~rieures de la Banque. Les difficult~s financi~res grandissantes du pays et sa stagnation ~conomique, aggrav~e par la hausse des prix p~troliers de 1979, ainsi que les r~sultats souvent peu satisfaisants des projets ant~rieurs, ont conduit l modifier profond~ment la strat~gie; se rendant compte en effet que Ie cadre de politique g~n~rale du S~n~gal ~tait responsable, au moins en partie, de ces r~sultats m~diocres, la Banque a pris la d~cision de soutenir la r~orientation de la strat~gie, en mettant en place, en 1980, des prAts l l'ajustement structurel et en r~duisant. les ann~es suivantes, la place accord~e aux projets. vii. Bien que l'~conomie s~n~galaise n'ait gu~re progress~ au cours des 25 derni~res ann~es (avec mAme un recul du revenu per capita), on aurait tort de penser que les investissements consid~rables, r~alis~s grAce l l'~pargne interne et aux emprunts ext~rieurs, n'ont eu aucun impact sur l'~conomie du pays. En effet, on peut mentionner un certain nombre de domaines dans lesquels des progr~s sensibles ont ~t~ obtenus : d~veloppement de la culture du coton dans Ie S~n~gal oriental; croissance de la production agricole commercialis~e en Casamance et dans la r~gion du Fleuve; d~veloppement de la culture du mals et du ni'b~ dans les zones plus arides du Bauin arachidier, d~veloppement de l'infrastructure des transports et notamment renforcement des structures d'organisation de l'entretien routier; et, plus dcemment, lib~ralisation du march~ des c'dales; dforme du syst~me des coop~ratives agricoles; et mise en place des politiques d'ajul;tement structurel vis ant l am~liorer 1 'efficacit~ g~n~rale de l'~conomie. Il n'en reste pas moins vrai que ces progr~s ont ~t6 l la fois partbls et insuffisants et qu'i1s ont Ie plus souvent ' t ' contrebalanc's par des facteurs contraires. viii. Les activit~s de la Banque ne repr~sentent sans aucun doute qu'un ~l~ment du contexte g~n~ral de la politique ~conomique et de l'aide ext~rieure au S~n~gal, mais cet 'l~ment est de premi~re importance. D'une part, la Banque a jou~ un rOle majeur dans la plupart des domaines o~ des progr~s ont ~t~ enregistr~s (voir ci-dessus). D'autre part, un grand nombre de projets qui b~n~ficiaient de l'aide de la Banque se sont heurt~s l des probl~mes s~rieux qui ont eompromis l'efficacit~ g~n~rale des interventions. Qui plus est, alors qu'il est trop tOt pour juger de l'impact des r~centes initiatives d'ajustement structurel sur les r~sultats ~conomiques, une ~valuation ex ante de l'impact possible de ees initiatives laisse l penser que les r~sultats vont sans doute se situer bien en-de~l des pr~visions. ix. Comme vont Ie montrer les paragraphes suivants, s'il y a un facteur qui puisse d'une part expliquer les dsultats peu satisfaisants des interventions ant~rieures de la Banque au S~n~gal et d'autre part laisser pr~voir que les objectifs de croissance assign~s par Ie programme actuel d'ajustement structurel n'ont qu'une faible probabilit~ d'Atre atteints, c'est que la Banque a eu tendance l n~gliger, minimiser ou supposer r'solus des questions et des probl~mes de fond. Par ailleurs, la Banque a continu~ 1 fournir des conseils et l formuler des reeommandations sur la base d'in£ormations tout l fait insuffisantes, sans bien comprendre les rapports - vi - qui existaient entre les mesures et les objectifs de politique g~n~rale. Une telle situation a non seulement souvent conduit la Banque A faire preuve d'un optimisme sans fondement dans ses perspectives d'avenir, mais cela l'a aussi amen~e A ne gu~re se pr~occuper de concevoir une strat~gie de d~veloppement de l'~conomie s~n~galaise A long terme. Les ~tudes ~conomiques et sectorielles de la Banque ont souvent permis d'identifier correctement les probl~mes et les contraintes auxquelles se heurte Ie d~veloppement ~conomique du pays, mais en derni~re analyse, la Banque a souvent choisi d'ignorer ces probl~mes, en esp~rant que les choses finiraient par s'arranger pour Ie mieux, et cela pour toute une s~rie de raisons parmi lesquelles figure, semble-t-il, Ie d~sir de ne pas interrompre la continuit~ du programme de prAto Cela ne veut pas dire qu'il n'y a pas eu d'am~lioration depuis lors, t~moin en particulier la mise en place des prAts A l'ajustement structurel, mais Ie processus d'apprentissage a ~t~ lent et la strat~gie sur laquelle est bas~e la politique de pr@t de la Banque continue A pr~senter des points faibles et des insuffisances. Strat~gie et impact de la Banque x. Pendant les premi~res ann~es de ses interventions au S~n~gal, il a fallu quelque temps A la Banque pour ~tablir des relations ~troites avec Ie Gouvernement. 11 s'est av~r~ extr@mement difficile de trouver des projets bien pr~par~s, et Ie choix des premiers projets a ~t~ moins motiv~ par des consid~rations d'ordre strat~gique que par Ie fait qu'ils se pr@taient A un financement de la Banque. Vers 1970, la Banque a commenc~ A d~finir une strat~gie de prAto Elle jugeait alors que Ie S~n~gal avait surmont~ les probl~mes structurels du lendemain de l'ind~pendance et semblait avoir un avenir prometteur. Les documents de strat~gie de la Banque soulignaient qu'il fallait renforcer la position comp~titive du pays et am~liorer les incitations A la production, notamment dans Ie secteur rural. Les principaux objectifs devinrent 1a diversification agricole, avec la mise en train de l'~levage et de la production de riz, de coton et de cultures maralch~res, et aussi la diversification g~ographique. Le programme de prAts devait @tre centr~ sur des activit~s directement productives (agriculture, industrie manufacturi~re) et sur l'infrastructure d'appui. Cette strat~gie de la Banque reprenait, en les soutenant, les objectifs et les plans du Gouvernement; elle est rest~e en grande partie inchang~e pendant toutes les ann~es 1970. Mais, tandis que les ~tudes ~conomiques de la Banque identifiaient correctement un grand nombre de probl~mes s~rieux - niveau ~lev~ des prix et des coQts, taux de change sur~valu~, pl~thore de fonctionnaires et apparition de difficult~s au niveau des finances publiques -, on n'a pas fait grand-chose pour porter rem~de A ces probl~mes; or, rien ne permettait de penser qu'ils allaient se r~soudre d'eux-m@mes et qU'on pouvait par cons~quent les ignorer. xi. En outre, la strat~gie de wdiversification W n'a pas ~t~ bien d~finie. Pendant toutes les ann~es 1970, des documents internes portaient A croire que la Banque n'avait pas une id~e claire des domaines et des secteurs de l'~conomie qui pr~sentaient Ie meilleur potentiel et avaient Ie plus besoin de soutien. La Banque avait pour objectif prinCipal d'intervenir dans Ie plus grand nombre de secteurs ftA titre exp~rimental, afin de d'finir les avantages comparatifs du S~n~galW (m~mo interne). Au niveau du secteur industriel, la Banque a entrepris en 1975 une importante - vii - 6tude de la comp6titivit6 et des incitations industrielles dans quatre pays d'Afrique de l'Ouest, y compris Ie S6n6gal : une partie des r6sultats de ces recherches a 6t6 utilis6e plus tard par les prats 1 l'ajustement structurel. Finalement, Ie programme de pr@t a port6 sur la plupart des secteurs, avec une concentration des interventions, avant 1980, dans les secteurs de 1 'agriculture , des transports, de l'industrie et de l'6ducation, auxquelles il faut ajouter, durant les ann6es 1980, les prats 1 l'ajustement structurel devenus Ie principal 6l6ment de la nouvelle strat6gie. Exp6rience sectorielle xii. Agriculture. La politique du d6veloppement du secteur agricole doit s'accommoder non seulement des maigres ressources naturelles disponibles, mais aussi de conditions climatiques extr@mement variables qui vont ell se d6gradant. L'exp6rience des 25 derni~res ann6es semble indiquer que cell contraintes n'ont pas 6t6 surmont6es de fa90n appr6ciable. Entre 1960 et 1986, la valeur ajout6e agricole a progress6 d'environ 1,3 % par an mais, depuis 1970, ce chiffre est tomb6 1 moins de 0,5 %. S'il est vrai que les politiques g6n6rales adopt6es ont jou6 un rOle majeur dans cette d6gradation, les tendances de la production du secteur agricole du S6n6gal peuvent n6anmoins s'expliquer essentiellement par la faiblesse des pr6cipitations. Pratiquement aucune contre-mesure n'a 6t6 prise car, au d6but des ann6es 1980, moins de 1 % des terres arables 6taient irrigu6es. La majorit6 des producteurs agricoles ont donc dn faire face 1 une pluvi~n6trie en forte baisse, avec des variations extr@mes dans les conditions climatiques d'une ann6e 1 l'autre. xiii. A l'heure actuelle, les perspectives g6n6rales de l'agriculture s6n6galaise restent sombres. En ce qui concerne Ie produit d'exportation traditionnel - l'arachide -, les perspectives d'exportation sont m6diocres et la productivit6 du secteur n'a pas r6ussi 1 s'am6liorer. De m@me, dans les conditions actuelles, vu notamment Ie faible d6veloppement de l'agriculture irrigu6e, il semble qu'il y ait peu de chances de voir augmenter consid6rablement la production c6r6ali~re nationale, en substitution des importations alimentaires. Dans ce contexte, la place primordiale accord6e 1 l' agriculture par la strat6gie de d6veloppement paralt manquer de r6alisme. Cependant, comme la majorit6 de la population reste employ6e dans l'agriculture et comme les possibilit6s du S6n6gal dans les autres secteurs sont 6galement limit6es, il est 6vident qu'il faut am6liclrer l'utilisation des ressources dans Ie secteur agricole. xiv. Les prats consentis par la Banque 1 l'agriculture s6n6galaise ont 6t6 nombreux, depuis le premier projet, qui remonte 1 1969. Mais, les modalit6s et la teneur des prats ont chang6 de fa90n sensible, notamment apr~s 1979. Avant 1980, tous les prats de la Banque au S6n6gal 6taient des pr@ts-projets : 35 % de tous les projets approuv6s et 31 % du volume des engagements portaient sur Ie secteur agricole. Depuis 1980, la plus grande partie des prats de la Banque ont 6t6 des prats 1 l'ajustement structurel, comprenant des programmes d'action touchant notamment Ie secteur agricole, tandis que Ie nombre de projets int6ressant directement Ie secteur diminuait. - viii - xv. En d~pit du nombre important de prets consentis par la Banque 1 l'agriculture s~n~galai8e au cours de toutes ces ann~es, on peut constater, de toute ~vidence, que la rentabilit~ des investissements de la Banque dans le secteur agricole a ~t~ tr~s faible. L'~valuation r~trospective des projets montre que deux-tiers du volume des engagements portant sur l'agriculture n'ont pas permis d'atteindre les objectifs escompt~s. Bien entendu, on peut expliquer en partie cet ~tat de choses par des facteurs exog~nes, notamment la s~cheresse exceptionnelle, mais ~galement par le fait que la Banque n'a pas d~fini d'objectifs appropri~s et coh~rents, dans le cadre d'une strat~gie 1 plus long terme, entralnant ainsi des carences dans l'analyse des politiques g~n~rales et dans la conception des projets, qui n'ont pas toujours bien tenu compte des conditions locales. En outre, il semble que la Banque ait modifi~ l'objectif de ses prets d'une mani~re souvent radicale et, dans une certaine mesure, impr~visible. xvi. Entre 1969 et 1979, les prets de la Banque ont correspondu d'assez pr~s1 ce qui ~taient 1 l'~poque les ~l~ments principaux de la strat~gie du secteur, 1 savoir l'accroissement de la production et de la productivit~ dans le Bassin arachidier, et la diversification, notamment au profit du riz, avec le d~veloppement de l'agriculture irrigu~e dans la r~gion du Fleuve. Mais l'analyse de la Banque a eu tendance 1 ne consid~rer que les options 1 court terme. 11 a souvent ~t~ affirm~ que le potentiel d'exportation des arachides a ~t~ frein~ par la sur~valuation du taux de change et par les contraintes de la demande, mais il ne semble guere que la Banque ait s~rieusement ~valu~ les options de politique g~n~rale dans le cadre d'une s~rie de sc~narios, comportant, par exemple, un ajustement du taux de change. La Banque n'a jamais rendu public, en particulier, une analyse de ce dernier ~l~ment, parce que la France soutenait activement un taux de change fixe dans le cadre de l'Union mon~taire ouest africaine. Les conseils de politique sectorielle que pouvait offrir l'institution ~taient donc, en l'occurence, d'une utilit~ limit~e. La question du taux de change est manifestement une question tres d~licate qUi doit etre trait~e dans le cadre de l'Union mon~taire. D'autre part, les possibles effets d'une d~valuation sont nombreux et complexes. Elle peut par exemple contribuer 1 am~liorer la comp~titivit~ de l'~conomie, mais il reste des incertitudes s~rieuses quant 1 l'impac~ 1 court terme d'une telle mesure. N~anmoins, le taux de change constitue une variable politique majeure, qui justifie une analyse explicite. 11 pourrait au moins servir de variable ftfactice ft dans les ~tudes de la Banque visant 1 d~terminer les changements de politique n~cessaires et les r~sultats qu'on peut en attendre, ou de variable ftde secours· 1 laquelle on pourrait recourir en cas d'~chec des autres mesures pour augmenter les exportations. La Banque n'a pas non plus abord~ de fa~on coh~rente la question du riz et de 1 'agriculture irrigu~e. A la fin des ann~es 60, l'accroissement de la facture des importations alimentaires avait amen~ le Gouvernement 1 faire de la riziculture un ~l~ment cl~ de sa politique, pour essayer de r~duire les importations. En 1970. on pouvait d~nombrer une douzaine de projets rizicoles. On estimait cependant que, dans les grands p~rim~tres d'irrigation pr~vus dans la r~gion du Fleuve. les coQts de production allaient d~passer d'environ 30 % le prix international du riz import~; la Banque a donc pr~conis~ et soutenu le d~veloppement de la riziculture en Casamance. Or, vers le milieu des ann~es 70, la Banque a chang~ de cap. Elle a demand~ au Gouvernement d'investir d~sormais dans les - ix - projets rizicoles du Fleuve, parce qu'on estimait alors que lebarrage anti- sel de Diama et le barrage hydro'lectrique de Manantali rendraient la riziculture possible dans des conditions 'conomiques I il ne semble gu~re, cependant, que ces estimations aient ' t ' fond'es sur des 'tudes d'taill'es. En outre, ce changement apparent d'orientation de la Banque n'a gu~re modifi' son allocation des ressources, en grande partie parce qu'elle continuait 1 avoir des doutes au sujet de la viabilit' 'conomique de la riziculture. xvii. Quoi qu'il en soit, on n'a pas insist' longtemps sur la riziculture, ni en Casamance ni dans la r'gion du Fleuve; chose peut-etre encore plus importante, on n'a gu~re essay' de faire intervenir des considerations 1 plus long terme. Et pourtant, dans un contexte OU la croissance agricole et non agricole dispose de peu de moyens, et OU les contraintes de la balance de paiements et de la capacit' d'endettement demeurt!nt fortes, des coQts d'investissement 'lev's dans l'agriculture irrigu~e se justifient mieux que ce que peut faire apparaltre une analyse classique coQts-avantages. N'anmoins, il faudrait alors qu'on accorde un certain poids d'une part aux effets externes positifs, notamment la r'duction des risques affectant la production et une situation de moindre d'pendance 1 l"gard des al'as climatiques, d'autre part au fait qU'un tel projet engendre des avantages qui s"talent sur plusieurs g'n'rations : dans un pays OU les choix d'investissement sont peu nombreux, le tr~s grand projet d'irrigation 1 long tecne propos' pour la vall'e du S'n'gal (exigeant des investissements pendant 30 1 40 ans) devrait pecnettre de plus que doubler la production agricole, et cela devrait avoir des r'percussions importantes sur la r'partition des revenus. Or, apparemment, il n'en a jamais 't' tenu compte dans les estimations du coQt d'opportunit' du capital au S'n'gal. De rapides estimations, purement classiques, de ce coQt auraient pecnis d'exclure tous les projets, 1 l'exception des plus simples et des plus conventionnels. xviii. Le fait de n'avoir pu mettre sur pied une strat'gie durable du secteur agricole peut etre attribu' en partie 1 une grave insuffisance des donn~es et A une incapacit~ l am~liorer les syst~mes d'information de base sur ltagriculture s~n~galaise. En raison de l'in~uffisance d'informations. au niveau micro-'conomique, sur les facteurs de production et de distribution, on a tent' d'introduire des messages techniques qui se sont av'r's peu appropri's et insuffisamment diff'renci's. Rien n'a ' t ' fait pour r'soudre de fa~on satisfaisante les questions d'agronomie concernant la r'action des rendements 1 une s'rie d'intrants. La question des quantit's d'engrais 1 appliquer a donn' lieu 1 des avis tr~s partag's. Mais durant toute cette p'riode, les agriculteurs se sont montr's tr~s r'ticents, peu d'sireux d'adopter les nouvelles technologies propos'es par les organismes de vulgarisation et dans le cadre des projets financ's par la Banque. Ce sont essentiellement des insuffisances au niveau de la recherche qui expliquent pourquoi on n'a pas pu mettre au point des programmes technologiques satisfaisants qui auraient pu etre facilement vulgaris's aupr~s des agriculteurs. La Banque n'a rien apport' directement aux recherches agricoles du S'n'gal, 1 l'exception de quelques v'hicules et d'un peu de mat'riel, avant la fin de 1981, avec le projet de Recherche agricole. De m@me, l'attitude de la Banque 1 l"gard des subventions aux intrants a - x - elle aussi manqu~ de coh~rence. Les documents de la Banque reprennent constamment l'id~e qU'il faut accorder plus de place aux diff~rences ~cologiques et utiliser surtout les engrais dans les r6gions oh ils sont les plus rentables. Durant les ann~es 1970. les subventions aux intrants ont re~u un certain appui. fond~ sur des arguments ad'industrie naissante a • mais au fur et A mesure que les conts des subventions augmentaient et en l'absence d'une croissance significative de la production, cette attitude s'est modifi~e. Vers la fin des ann~es 70, la Banque s'est d~clar~e oppos~e au principe de subventions g~n~ralis~es aux intrants, mais cette position d~pendait en partie de l'adoption d'autres mesures permettant de se couvrir contre les risques, par exemple des assurances sur les cultures. Apr~s 1980, la Banque s'est oppos~e cat~goriquement A l'octroi de subventions aux intrants. Pourtant, pendant toute cette p~riode. aucun accroissement de productivit~ n'aurait ~t~ possible sans l'introduction des technologies ad~quates. xix. Cette question de subvention est complexe. II semble que, si les prix des intrants ne sont pas subventionn~s. leur utilisation doive rester insignifiante. En fait, il convient de noter que. meme en plein Programme agricole. durant les ann~es 70, la consommation moyenne d'engrais A des prix subventionn~s est rest~e A des niveaux extremement faibles, meme dans Ie Bassin arachidier. N~anmoins. les subventions peuvent. tout au moins pendant un certain temps. encourager l'utilisation des intrants. Le Programme agricole a r~ussi, dans une certaine mesure, A faire mieux connaltre les intrants modernes aux agriculteurs et A amener ces derniers A les utiliser davantage. En outre, il convient ~galement de faire observer que, assorti de fortes subventions, Ie Programme agricole est parvenu A faire adopter une nouvelle technologie de toute premi~re importance - c'est Ie seul cas en Afrique de l'Ouest la traction animale. Cela s'est traduit par une importante augmentation de la production. Bien qU'on ne puisse pas avancer d'arguments satisfaisants A l'appui de subventions permanentes aux intrants. les probl~mes auxque1s se heurte 1 ce stade l'~conomie s~n~galaise d~gradation des sols et d~sertification, al~as climatiques. et taux de change sur~valu~ laissent A penser que des subventions s~lectives aux intrants Bent probablement indispensables pour obtenir des augmentations de productivit~. La Banque devrait peut-etre r~examiner sa position actuelle et son opposition cat~gorique A l'octroi de subventions aux intrants. xx. Durant les ann~es 70, on ne s'est gu~re occup~ de politique des prix agricoles ni de politique fiscale; cet ~tat de choses s'explique en partie par la nature meme des cr~dits destin~s aux projets. Durant toute la d~cennie, les agriculteurs s~n~galais ont ~t~ frapp~s d'une taxation implicite par Ie biais des prix contrOl~s et, notamment du prix A la production des arachides, qui n'atteignait en moyenne que 43 % du prix A 1 'exportation. Alors que l'analyse de la politique sectorielle a montr~, vers Ie milieu des ann~es 70, qu'il ~tait souhaitable de relever les prix A la production des principaux produits agricoles, on ne s'est gu~re pr~occup~ de savoir quel devrait etre Ie niveau des prix des divers produits, ni quelle devrait etre leur structure relative, c'est-A-dire les rapports entre les prix des divers produits. En meme temps, quand il s'est agi d'~tablir Ie prix des arachides, dont 1 'importance 'tait fondamentale du fait de ses - xi - retomb~es budg~taires consid~rables, les services de la Banque ont accept~ que ces consid~rations budg~taires l'emportent sur le bien-&tre du producteur. L'incapacit~ dont la Banque a fait preuve pour traiter durant cette p~riode les questions de prix a eu pour cons~quence majeure l'apparition d'anomalies dans les structures des prix relatifs, qui ont affect~ les r~sultats des projets. C'est ainsi, par exemple, que la chute des prix A la production, alors que les intrants se vendaient A des prix constants pendant toute la dur~e d'un projet, a eu pour r~sultat de limiter l'utilisation des intrants, compromettant ainsi les hausses de productivit~ pr~vue. Bien qu'on connaisse mal l'ampleur de leur impact sur la production, les contrOles des prix et de la commercialisation ont eu pour effet de limiter les quantit~s des produits commercialis~s et, concurremment avec un certain nombre d'autres facteurs, notamment les s~cheresses successives, ont favoris~ l'exode rural. xxi. La Banque a eu, A l'~gard des organismes parapublics de d~veloppement, une attitude de soutien vigoureux durant les ann~es 70. Elle n'a pas trait~ des graves carences qui caract~risaient la principale institution du secteur agricole l'OHCAD -, comptant sur les nouveaux organismes de d~veloppement rural pour d~velopper le secteur. Vu le rOle important que l'OHCAD a continu~ A jouer dans le secteur agricole, cet espoir manquait pour une bonne part de r~alisme. La Banque a constamment court-c:ircuit~ d'autres organismes, notamment le Minist~re du d~veloppement rural. Un d~senchantement grandissant A l'~gard des organismes de d~veloJ>pement rural et la lourde charge qu'ils imposaient aussi sur le budget de l'Etat ont conduit la Banque A leur retirer son soutien. Sur le plan du renforcement des institutions, les interventions de la Banque sont rest~es limit~es et sporadiques. xxii. Apr~s 1980, la r~orientation de la strat~gie de la Banque concernant le secteur agricole a marqu~ un important revirement. Contrairement aux ann~es pr~c~dentes, la Banque a accord~ une importance majeure A la politique des prix. Ayant retir~ son soutien aux organismes de d~veloppement rural, elle a soutenu d~sormais le renforcement du Minist~re de d~veloppement rural, qu'elle avait jug~ auparavant incapable d'assumer la direction d'initiatives sectorielles. La Banque a ~galement r~duit consid~rablement le nombre de projets. xxiii. Les documents de la Banque postulent depuis 1980 une croissance significative de l'agriculture en se fondant sur de simples effets de prix. Alors que l'importance nouvelle accord~e au rOle des prix est hautement souhaltable, les faits semblent indiquer que, dans le contexte s~n~galais, les politiques de prix ne peuvent avoir qu'une efficacit~ limit~e tant qu'on ne s'attaque pas A d'autres facteurs majeurs affectant les r~sultats agric()les faiblesse des pr~cipitations, d~gradation des sols, et m~diocrit~ des travaux de recherche et de vulgarisation. De nombreux ouvrages consid~rent que l'~lasticit~ de l'offre, A court et moyen termes, est extr&mement faible dans le contexte de l'Afrique subsaharienne. xxiv. Au S~n~gal, les donn~es ~conom~triques tr~s peu nombreuses dont on dispose r~v~lent une influence pr~dominante de la pluviom~trie et un impact tr~s limit~ des prix sur la production des arachides et du mil. La - xii - Banque a entrepris certains travaux de recherche sur les effets des variations de prix sur la production et les revenus agricoles, ainsi que sur les finances publiques, mais elle n'a pas utilis~ les r~sultats de ces recherches pour formuler sa strat~gie d'aide. En outre, il s'est trouv~ que, malgr~ Ie rel~vement des prix nominaux, les prix agricoles r~els - ou les prix nominaux corrig~s pour tenir compte de l'inflation - n'ont pas augment~ durant la p~riode d'ajustement structurel. Qui plus est, on n'a pas mis au point les technologies n~cessaires A toute augmentation de rendements. En fait, apr~s 1980, on a plus ou moins choisi d'ignorer un certain nombre de probl~mes fondamentaux que pose la croissance agricole - d~veloppement institutionnel, politique du cr~dit et choix d'une technologie appropri~e - surtout en raison de contraintes au niveau des d~penses publiques. Dans ces conditions, les estimations et les projections ex-ante de la Banque concernant l'~volution de la production agricole du S~n~gal semblent avoir ~t~ particuli~rement optimistes. xxv. Avec Ie recul des choses, il semble que la politique de la Banque visant A encourager la croissance agricole au S~n~gal soit pass~e d'un extr@me l l'autre, tout en ayant eu tendance A ignorer ou l n~gliger certaines des contraintes les plus fondamentales qui entravaient Ie d~veloppement du secteur, A savoir les facteurs climatiques, la recherche et la technologie. Durant les ann~es 70, elle s'est davantage pr~occup~e d'apporter un soutien institutionnel et de financer des projets que de politique des prix. Mais depuis 1980, elle poursuit une politique de lib~ralisation des prix et des march~s, et accorde moins d'importance au soutien institutionnel. Des mesures de lib~ralisation des march~s et des prix permettent d'obtenir des r~sultats impressionnants dans certains domaines, notamment la lib~ralisation du march~ c~r~alier, mais elles ne peuvent en elles-m@mes jouer qu'un rOle limit~ dans la croissance du secteur. Ce sont des conditions n~cessaires, mais non suffisantes. En outre, Ie d~veloppement agricole du S~n~gal exigera qu'on fournisse aux agriculteurs des programmes agronomiques et technologiques appropri~s, avec l'appui des organismes concern~s, et qu'on attaque enfin la question des al~as climatiques, en mettant en place des syst~mes d'irrigation et des programmes de r~g~n~ration et de conservation des sols. Tout cela sous- entend que l'Etat et les bail leurs de fonds ~trangers jouent un rOle important de soutien aux projets. Ce n'est qu'alors que d'autres mesures de politique g~n~rale pourront devenir v~ritablement efficaces. xxvi. Industrie. D~s l'ind~pendance, la strat~gie du Gouvernement dans Ie secteur industriel, comme dans 1 'ensemble de l'~conomie, a ~t~ une strat~gie de ftdiversification ft • Dans la pratique, cette strat~gie n'a gu~re donn~ de r~sultats, parce que Ie cadre de politique g~n~rale ne se pr@tait ni l la croissance ni l la diversification. Apr~s l'ind~pendance, qui a fait perdre A l'industrie s~n6galaise une bonne partie du march6 des colonies fran~aises d'Afrique occidentale, Ie Gouvernement a 6rig~ d'importantes barri~res douani~res assorties de nombreuses restrictions quantitatives. En outre, il a accord6, par cas d'esp~ces, de nombreuses d6rogations au r~gime tarifaire commun. Ce syst~me a conduit au d~veloppement d'un secteur industriel g~n~ralement peu comp~titif, coQtant cher l l'~conomie et ne pr~sentant qU'un potentiel de croissance limit~. On estime que 1a valeur ajout~e industriel1e a augment~, depuis 1960, l raison - xiii - d'un peu plus de 4 % par an, ce qui aura it 6t6 tout l fait m6ritoire si la base de d6part avait 6t6 plus 6lev6e ou si cet accroissement traduisait un abaissement des d6penses d'6quipement. Mais cela n'a pas 6t6 Ie cas. xxvii. Financement industriel. Alors que la Banque donnait tout son appui l la strat6gie de diversification, son programme de prat - les cr6dits industriels ne s'attaquait certainement pas aux contraintes qui entravaient Ie d6veloppement de l'industrie. Alors que les travaux 6conomiques et sectoriels de la Banque ont fait ressortir les nombreux obstacles qui s'opposaient l la croissance industrielle, y compris, d~s Ie d6but, Ie rOle fondamental du taux de change, ces pr60ccupations n'ont pas d6bouch6 sur des mesures op6rationnelles, jusqu'l l'introduction des prats l l'ajust.ement structurel, et II encore dans une certaine mesure seulement. Au contraire, la Banque a suppos6 de fa~on implicite que l'octroi d'un financement l long terme finirait par conduire l la croissance. Une nouvelle soci6U financUre de d6veloppement, la SOFISEDIT, devait atre cr66e, l la demande du Gouvernement, pour canaliser les ressources. xxviii" On ne sait pas trb bien pourquoi la Banque a d6cid6 d' aider l constituer la SOFISEDIT. L'industrie avait besoin de moyens de financement supp16mentaires l long terme et il fallait aussi am6liorer les capacit6s d'6vall.lation mais, 6tant donn6 les perspectives conmerciales, l'ampleur de ce besoin 6tait limit6e. 11 s'agissait donc de choisir entre une instit'Lltion entUrement nouvelle et certaines modifications du syst~me financier en place. compte tenu des perspectives modestes de la demande. Alors que la Banque pr6parait l'6tude de faisabilit6, les archives mont rent que les services de la Banque 6taient tr~s sceptiques quant l la n6cessit6 de cr6er une institution nouvelle. En tout 6tat de cause, la Banque d6cida en 1974 d'aider l constituer la SOFISEDIT grace l un prat-projet, essentiellement sur l'insistance du Gouvernement ou, en d'autres termes, en raison des bonnes relations existant entre la Banque et Ie S6n6gal. xxix. Pratiquement depuis Ie d6but. la SOFISEDIT s'est heurt6e, entre autres. l des difficult6s financi~res qui n'ont fait qu'empirer avec Ie temps. N6anmoins, la Banque a continu6 l l'aider avec deux op6rations supplementaires. en 1976 puis en 1981. En admettant que Ie march~ du financ:ement industrie1 l long terme ait pr6senU une lacune que devait combler la SOFISEDIT, cette lacune s'est beaucoup amenuis6e dans les 12 mois qui Olit suivi sa cr6ation, car de nouveaux r6g1ements bancaires ont donn6 l toutes les banques acc~s l des ressources l long terme. De plus, Ie march6 6tait alors loin d'atre dynamique, vu Ie ralentissement consid6rable de 1a croissance industrielle apr~s 1975. xxx. La SOFISEDIT a obtenu des r6sultats m6diocres. Ses op6rations sont rest6es essentiellement stationnaires. bien inf6rieures aux niveaux pr6vus, avec des r6sultats financiers peu encourageants. 11 semble que, dans toute cette p~riode, la Banque ait compl~tement ignor6 la r6alit6 de la situation, c'est-l-dire un march6 du financement industriel extr@mement r6duit pour lequel Ie syst~me financier existant aurait fort bien suffi et, compte tenu du contexte de politique 6conomique, de mauvaises perspectives de croissance industrielle. Avec les prats l l'ajustement structurel, notanment les PAS 11 et 111 (1986/87). et avec un Projet de restructuration - xiv - du industriel, en 1987, secteur la Banque a commenc~ A s'occuper s~rieusement des probl~mes structurels qui entravent la croissance industrielle au S~n~gal. De plus, Ie Gouvernement a inclus la SOPISEDIT dans ses efforts de restructuration du secteur bancaire public. Mais, il faut ajouter que la Banque ne s'attaque toujours pas de front A quelques-uns des probl~mes de fond qui continuent A se poser, comme le taux de change ou la question des entrepreneurs et des capitaux priv~s. La le~on essentielle A tirer de l'exp~rience acquise par la Banque en mati~re de prAts industriels au S~n~gal est que, s'il existe des probl~mes de fond, on ne peut pas les m~connaltre en esp~rant que les choses vont finir par s'arranger. xxxi. Transports. Au moment de l'ind~pendance, le S~n~gal disposait d~jA d'un r~seau de transport bien d~velopp~. Jusqu'A cette date, ce r~seau servait A l'acheminement des exportations et des importations entre la Prance et toute l'Afrique occidentale fran~aise. L'ind~pendance a apport~ certains changements profonds. Apr~s 1960, le r~seau ne desservait plus qu'une zone beaucoup plus r~duite, tandis que Dakar perdait de son importance en tant que centre r~gional. Par ailleurs, les services de transit que Dakar fournissait jadis aux compagnies a~riennes et maritimes ont peu A peu perdu de leur importance. Et enfin, la lente croissance de l'~conomie est venue limiter encore davantage la demande de services de transport, tandis que la croissance rapide de la population suscitait de fortes pressions pour cr~er des emplois, ce qui explique les effectifs pl~thoriques des institutions publiques, y compris celles du secteur des transports. xxxii. 11 ne fait aucun doute que la strat~gie de la Banque A l'~gard du secteur des transports s~n~galais a ~t~ rationnelle et que ses principaux ~l~ments sont aussi valables aujourd'hui qu'ils l'~taient vers le milieu des ann~es 60, date A laquelle ils ont ~t~ formul~s pour la premi~re fois : solide planification des investissements, priorit~ accord~e A l'entretien, et insistance sur l'~conomie et l'efficacit~. Entre 1966 et 1987, le Groupe de la Banque a approuv~ 15 prAts et cr~dits au secteur des transports, repr~sentant pr~s de 170 millions de dollars : six projets routiers, quatre projets ferroviaires, trois projets portuaires et deux projets d'a~roport. En outre, la Banque a mobilis~ un cofinancement consid~rable et a consacr~ beaucoup de temps aux travaux sectoriels et A la supervision. Les r~sultats obtenus ont ~t~ tr~s divers. S'agissant des routes, les projets ont donn~ g~n~ralement de bons r~sultats; mais cela n'est pas vrai pour Ie sous- secteur des chemins de fer. Le S~n~gal a d~sormais une organisation efficace et rationnelle d'entretien routier; les ports et a~roports ont de bonnes installations mat~rielles, qui devraient Atre suffisantes pour r~pondre, dans l'avenir, A la demande; et, malgr~ les mauvais r~sultats des projets ferroviaires, il est probable que le syst~me se serait effondr~ compl~tement sans l'assistance de la Banque. En mAme temps, il se pose de graves probl~mes : les chemins de fer ont continu~ A Atre mal exploit~s et ont vu leur d~ficit s'aggrandir; les services d'entretien routier fonctionnent bien mais Ie financement des travaux d'entretien est assur~ par les bailleurs de fonds, ce qui pose des questions de politique g~n~rale qui n'ont pas re~u toute l'attention qu'elles m~ritent. Les installations des - xv - ports et a~roports sont bonnes, mais 1e trafic est en diminution. La strat~gie de 1a Banque ~tait peut-@tre bonne, mais sa tactique a souvent ~t~ mauvaise. xxxiii. Une premi~re conclusion import ante concernant 1es interventions de 1a Banque dans 1e secteur des transports est que 1es projets ont plus de chance de dussir si 1es changements institutionnels se font progressivement. Dans 1e domaine de l'entretien routier, 1e programme de pr@t n'est devenu efficace qu'apr~s que 1a Banque eut chang~ de tactique et eut d~cid~ de travai11er dans 1es conditions existantes pour renforcer et am~liorer 1e service de l'entretien routier, au lieu de proc~der A une r~organisation profonde inacceptable sur 1e plan po1itique. Par contre, quand 1a Banque a essay~ d'amener 1e Gouvernement l cr~er un nouveau service charg~ des routes de desserte et quand e11e a insist~ pour acc~l~rer l'ex~cution du projet. avec un personnel trop peu nombreux qui n'avait pas 1es c:omp~tences vou1ues, ses efforts se sont sold~s par d'importants problemes. xxxiv. En second lieu, i1 faut s'attaquer aux prob1~mes diffici1es de fa~on plus directe et plus franche. Quand e11e a de bonnes raisons d'avoir des doutes au sujet de 1a vo1ont~ du Gouvernement, ou des moyens dont i1 dispose pour ex~cuter 1es divers ~l~ments d'un projet, 1a Banque ne devrait pas h~siter A diff~rer un pr@t. Dans 1a mesure ou 1a Banque n'a exerc~ aucune influence sur 1a po1itique ferroviaire de l'Etat et n'a pas pu apporter 1a moindre am~lioration A 1a gestion ou au fonctionnement des chemins de fer, on ne voit pas tr~s bien pourquoi e11e a continu~ A pr@ter. De p,lus, l'exp~rience acquise avec 1es premiers projets de port et d'a~toport a montr~ l'importance qu'i1 fa11ait attacher A une autonomie financi~re et op~rationne11e; or, 1a Banque n'a pas vraiment r~sist~ quand 1e Gouvernement s'est mis plus tard A empi~ter sur cette autonomie, ce qui a contl·ibu~, ces dernUres ann~es, aux probUmes de gestion et de tr~sorerie des deux institutions charg~es de ces sous-secteurs. xxxv" Enfin, i1 convient de sou1igner ce qui est maintenant ~vident : une bonne pr~paration et une bonne ~va1uation sont 1a c1' de 1a r'ussite d'un projet. Les Deuxi~me et Troisi~me projets ferroviaires, qui ont ~t' d~sastreux. ont ~t~ mal ~va1u~s d~s 1e d~but. Les deux projets ont dft @tre modi:fi~s durant leur ex~cution pour effectuer d'autres travaux plus urgents : on aurait pu 1e pr~voir. 11 est parfois diffici1e de tirer des 1e~ons du pass' pour am'liorer 1es 'valuations de projets futurs. L'exp~rience acquise dans toute l'Afrique montre que 1a subdivision des anciens territoires co1oniaux exige qu'on aborde 1a p1anification des transports dans une optique nouvelle, ce qui imp1ique, dans 1e cas particu1ier du S~n~ga1, une r~duction du trafic de transit. Or, dans de nombreuses 'valuations, 1es pr'visions de trafic font preuve d'un optimisme beaucoup trop grand. xxxvi. Education. Des progr~s significatifs ont 't~ r~a1is's depuis l'ind~pendance pour d've1opper 1e secteur de 1t~ducation, mais 1es r~su1tats ne sont pas enti~rement satisfaisants. Entre 1965/66 et 1984/85, 1es d~penses pub1iques consacr~es l l'~ducation ont augment~. passant de 1 % A 5 % du PIB. Le nombre d'inscriptions a augment~ re1ativement vite dans - xvi - l'enseignement sup~rieur, maintenant ainsi la tradition ~litiste du syst~me. Par c~ntre, le S~n~gal reste encore aujourd'hui l un rang extr@mement bas sur le plan des principaux indicateurs de l'~ducation. En effet, en 1985, le taux d'alphab~tisation des adultes n'~tait que de 28 % et le taux de scolarisation dans les ~tablissements d'enseignement primaire de 50 % pour l'ensemble du pays, beaucoup plus bas dans les r~gions rurales. xxxvii. Quant la Banque a commenc~ son dialogue avec le S~n~gal, vers la fin des ann~es 60, sur les probl~mes et les politiques de l'enseignement, elle a identifi~ les deux principales faiblesses du syst~me comme ~tant la mauvaise adaptation de l'~ducation aux besoins de l'~conomie moderne et le faible taux de scolarisation dans l'enseignement primaire, notamment dans les r~gions rurales. A ce jour, la Banque a financ~ cinq projets d'~ducation. A l'exception du cinqui~me projet (1986), portant sur l'enseignement primaire, la Banque s'est attaqu~e l la premi~re des deux faiblesses du syst~me, c'est-l-dire la n~cessit~ d'intensifier la formation professionnelle en fonction des priorit~s de l'Etat. Dans 1 'ensemble, la Banque a assez bien r~ussi l aider l renforcer l'infrastructure de l'enseignement l ces niveaux. xxxviii. D'un autre cOt~, bien qu'on ait reconnu depuis longtemps 1 'importance de l'enseignement primaire comme base essentielle du d~veloppement l long terme du pays, en raison de la situation budg~taire serr~e et de l'ordre des priorit~s d~fini. ce sous-secteur ne s'est pas d~velopp~ aut ant qu'il aurait dQ; or la Banque n'a pas fait grand chose, malheureusement, pour encourager le Gouvernement s~n~galais l accroltre les ressources destin~es l ce sous-secteur. S'il est vrai que d'autres bail leurs de fonds sont all~s encore plus loin que la Banque pour appuyer la distorsion du syst~me en faveur des villes et de l'enseignement sup~rieur, il est certain que la Banque aurait dQ insister davantage pour soutenir l'enseignement primaire, aussi bien par ses travaux ~conomiques et sectoriels que par ses prAts. Ce n'est qu'en 1986 qU'elle a approuv~ un projet d'enseignement primaire. Ce projet ~tait con~u pour donner plus d'efficacit~ au syst~me, faire baisser les coQts unitaires et d~velopper l'enseignement primaire. 11 devait @tre financ~ sans greyer davant age le budget, mais plutOt en restructurant les cr~dits affect~s au secteur de l'~ducation. PrAts l l'ajustement structurel xxxix. A la fin des ann~es 70, tous les indicateurs macro~conomiques montraient que la situation ~conomique ~tait devenue intenable. Avec le gonflement des d~ficits courants et budg~taires, les d~s~quilibres int~rieurs et ext~rieurs avaient atteint des proportions de crise. La performance ~conomique ne cessait de s'aggraver. Les r~sultats m~diocres de l'agriculture et des exportations provoquait la stagnation du PIB et de la production, alors que la consommation priv~e et publique continuait de s'accroltre l une cadence alarmante (entre 1977/78 et 1980/81, la consommation publique a augment~ de pr~s de 5 % par an et la consommation priv~e de 3,2 %, alors que le PIB progressait beaucoup plus lentement (0,8 %) et que les investissements diminuaient (-4,3 % par an). En 1980/81, - xvii - 1a consommation d~passait 1a production nationa1e et l'~pargne int~rieure ~tait devenue sensib1ement n~gative. Etant donn~ l'amp1eur de 1a crise, une stabilisation et un ajustement ~taient devenus in~vitab1es. xl. Le Gouvernement avait 1e choix entre deux alternatives : i) adopter une attitude passive en attendant 1e jour o~, in~vitab1ement, i1 lui faudrait proc~der A un "ajustement forc~ft, ou Ii) intervenir activement par des mesures et des r~formes appropri~es, afin d'atteindre un minimum d'~quilibre int~rieur et ext~rieur. Le Gouvernement a opt~ pour 1a deuxi~me soluti'Jn qui, ma1gr~ des risques po1itiques consid~rab1es, restait n~anmoins pr~f~rab1e. Apr~s de 10ngues discussions avec 1a Banque et 1e FHI, 1e Gouvernement a pub1i~ en d~cembre 1979 un "Programme de reconstruction ~conomique et financi~reft, suivi en octobre 1980 d'une ftD~c1aration de po1itique ~conomique". Ces documents ont ouvert 1a voie A un programme de stabilisation et d'ajustement structure1, en collaboration avec 1e FHI et 1a Banque; apr~s huit ans, ce programme se pour suit encore aujourd'hui. Jusqu'ici 1e soutien de 1a Banque a consist~ en trois op~rations d'ajustement structure1 (PAS), en 1980, 1986 et 1987. xli. Les PAS avaient des objectifs globaux assez c1airs : A court terme, stabi1iser 1a situation et ~viter des d~fauts de paiements externes, tout en ~tab1issant 1es conditions fondamenta1es d'une croissance A plus long terme. En quelques mots, ces conditions ont consist~ A am~liorer 1e cadre d'incitations A 1a production, A intensifier l'efficacit~ des interventions pub1iques dans l'~conomie, et A renforcer et augmenter 1e rOle du secteur priv~. Tandis que 1e PAS I de 1980 n'a que partie11ement r~ussi A remp1ir ses objectifs, et a10rs qu'i1 est encore trop tOt pour juger de tout l'impact des PAS II et III (1986/87), i1 est clair que, jusqu'ici, 1es principaux objectifs A court terme ont ~t~ atteints, bien qu'i1 ait fa11u proc~der A p1usieurs r~~che10nnements de 1a dette. Mais, en ce qui concerne 1es objectifs A plus long terme (croissance), l'approche de 1a Banque ne peut etre ~va1u~e que sur une base ex-ante. xlii. Du point de vue de 1 'analyse des po1itiques, dans tout plan de d~veloppement, 1a question principa1e concerne 1a nature des rapports entre, d'une part, 1es objectifs A atteindre et, de l'autre, l'ensemb1e des mesures d'intervention et des r~formes institutionne11es con~ues pour atteindre ces objectifs, tout en tenant compte de l'inf1uence des variables exog~nes qui ~chappent par d~finition au contr01e du d~cideur. Les objectifs des programmes d'ajustement structurel et 1es mesures et r~formes de politique g~n~ra1e qui 1es accompagnent, c'est-A-dire les conditions convenues entre 1e Gouvernement et 1a Banque, constituent un sous-ensemble essentie1 d'un tel plan de d~ve10ppement. En derni~re analyse, la r~ussite d'un ajustement structure1 ne peut pas etre mesur~e tout simp1ement en v~rifiant si les condItions sont bien remp1ies, mais i1 faut voir si, et dans que11e mesure 1a performance ~conomique et 1a situation socia1e s'am~liorent (ind~pendamment de l'inf1uence positive ou n~gative des facteurs exog~nes). C'est pourquoi, i1 est essentie1 de bien comprendre que1s sont les liens qua1itatifs et quantitatifs entre ces conditions et 1es objectifs du programme d'ajustement. En d'autres termes, une ~va1uation ex-ante des programmes d'ajustement structure1 doit pr~ciser les ~l~ments dont disposait 1a Banque pour re1ier 1es mesures d'intervention et 1es r~formes aux - xviii - r~su1tats ~conomiques, 10rsqu'e11e a formu1~ sa conditionna1it~ ou 1a base sur 1aque11e 1es conditions ont ~t~ choisies. Dans 1e pr~sent rapport "conditions· et ·conditionna1it~· s'entendent de toute 1a s~rie de mesures que d~crivent 1es d~c1arations de po1itique de d~ve10ppement. et non pas seu1ement des mesures qui concernent de fa~on sp~cifique 1es conditions de d~b10cage des tranches : c'est 1e programme dans son ensemble, constitu~ par toute 1a s~rie de mesures, qu'approuvent 1a direction de 1a Banque et son Consei1 d'administration, en tant que condition de r~ussite. xliii. En premier lieu, i1 faut faire ressortir que, durant tout 1e processus, 1a Banque a impos~ un grand nombre de conditions, pass~es de 32 dans 1e PAS I A 46 dans 1e PAS II, et A 77 dans 1e PAS III. 11 semble donc que 1e programme d'ajustement devienne de plus en plus rigide et g~n~ra1. D'un autre cOt~, une proportion grandissante des conditions (de 34 % dans 1e PAS I A 56 % dans 1e PAS III) ~tait des ~tudes ou des ·pr~conditions·, c'est-A-dire ne constituaient pas en soi des interventions de po1itique g~n~ra1e et ne pouvaient en aucune fa~on modifier 1e statu quo. En fait, 1a n~cessit~ d'une multitude d'~tudes montre bien que 1a Banque et 1e Gouvernement ne connaissent ni 1a r~a1it~ ~conomique sous-jacente. ni 1es rapports qui existent entre 1es variables. Qui plus est, l'absence d'un ordre pr~cis de priorit~ parmi 1es autres conditions, et 1a nature incomp1~te de beaucoup d'entre e11es (par exemp1e, d~sengagement du secteur public, sans engagement du secteur priv~) semb1ent indiquer que l'ajustement est loin d'@tre un ensemble solide. Le fait qu'i1 y ait un grand nombre de conditions, sans ordre de priorit~. permet une certaine soup1esse, mais on risque fort de n~gliger des conditions importantes, et 1e Gouvernement doit a10rs supporter un coQt administratif extr@mement ~lev~. xliv. Un examen des conditions dont sont assortis 1es trois PAS, group~es en quatre grands domaines a) agriculture, b) efficacit~ du secteur priv~, c) investissement et finances publics, et d) renforcement et d~sengagement du secteur public, en para11~le avec l'engagement du secteur priv~ - conduit A penser que, dans une large mesure, 1a conditionna1it~ a ~t~ fond~e sur une analyse et une compr~hension incomp1~tes de 1a dynamique et du fonctionnement du syst~me socio-~conomique s~n~ga1ais. On a donc eu constamment tendance A surestimer 1es r~su1tats attendus (notamment en ce qui concerne 1a croissance) et 1 sous-estimer 1es r~percussions n~gatives des contraintes sur 1e d~ve10ppement. xlv. Tout d'abord, dans 1e domaine de l'agricu1ture. non seu1ement 1e rOle quasiment exc1usif accord~ aux prix reposait sur une faib1e base empirique, mais on n'a pas accord~ suffisament d'attention au c1imat et A 1a d~gradation de l'environnement nature1, qui sont des facteurs de plus en plus contraignants. 11 semble en effet que c'est uniquement en modifiant 1es conditions nature11es que 1es mesures de po1itique g~n~ra1e peuvent devenir v~ritab1ement efficaces. En second lieu, 1a s~rie de mesures de restructuration visant A am~liorer l'efficacit~ du secteur priv~ repr~sente un ensemble de conditions n~cessaires mais non suffisantes : en effet, s'i1 n'y a pas, para11~lement, de d~va1uation, 1e secteur priv~ verra in~vitab1ement diminuer sa rentabi1it~. En outre, 1es perspectives m.diocres de 1a demande, 1es po1itiques financi~res d'aust.rit~, et toute une s.rie d'autres prob1~mes, qu'i1 ne sera pas possible de r~soudre - xix - rapidement, jettent des doutes sur les pr~visions optimistes de la Banque. En troisi~me lieu, la conditionnalit~ impos~e pour am~liorer la pr~paration des projets et la programmation des investissements repr~sente effectivement un grand progr~s, mais les comp~tences techniques limit~es qu'on peut constater au sein de nombreux services publics risque fort de limiter la pertitlence de ces conditions. Enfin, pour ce qui est de la question fondamentale de la privatisation, le d~sengagement du secteur public, en l'absence d'incitations permettant d'assurer parall~lement l'engagement du sectel1r priv~, ne saurait en soi modifier la situation actuelle. Au S~n~gal, l'engagement du secteur priv~ se heurte aujourd'hui 1 des obstacles ~normes, notamment la rentabilit~ n~gative des organismes parapublics Mis en vente, les perspectives d~favorables de la demande 1 la fois au niveau national et international, une p~nurie extreme de cr~dit et de capitaux 1 risque, et Ie manque d'esprit d'entreprise. xlvi. Une autre question pr~sente une importance fondamentale pour le d~veloppement futur du S~n~gal. II s'agit de savoir si les ressources ext~rieures nettes qui sont disponibles suffisent 1 fournir les fonds d'investissement indispensables 1 un d~collage, permettant enfin au pays de sortir de ce long ~tat de stagnation. Or, les ~l~ments d'information dont on dispose sugg~rent que ces moyens ne sont pas suffisants, car la plus grosse partie des nouvelles res sources ext~rieures devra sans doute etre utiUde pour assurer Ie service de la dette. Ce probUme ne peut plus etre m~con,nu, car la Banque et les bailleurs de fonds devront in~luctablement choisir entre remboursement de la dette et d~veloppement. 11 semble qU'une formule d'annulation de la dette et non pas un r~~chelonnement, qui ne fait que renvoyer 1 plus tard une ~ch~ance in~vitable - so it un pr~alable indispensable, si l'on veut disposer d'un apport net de ressources ext~rieures suffisant pour des investissements productifs. Bien sar, il est absolument indispensable que les fonds ainsi lib~r~s ne servent pas 1 financer des projets anti-~conomiques; en pareil cas, un all~gement de la charge de la dette n'aurait gu~re de senSe D'un autre cOt~, une r~duction des paiements au titre de la dette non seulement permettrait de financer de bons projets du secteur public, mais porterait ~galement rem~de 1 la p~nurie de cr~dits et de devises dont souffre l'~conomie. ce qui est une condition importante de la croissance des investissements du secteur priv~. xlvii. En r~sum~,si la Banque veut aider 1 mettre sur pied une v~ritable strat~gie de croissance 1 long terme de l'~conomie s~n~galaise, elle doit commencer par admettre pleinement les contraintes ~normes auxquelles se heurte Ie d~veloppement. Les perspectives ne sont gu~re encourageantes, mais il ne servira 1 rien de m~connaltre ces faits. Des projections trop optimistes sont trompeuses 1 maints ~gards, mais surtout lorsqu'il s'agit d'estimer l'effort que devront fournir 1 la fois Ie Gouvernement et les bailleurs de fonds. Si la Banque peut 1 juste titre s'enorgueillir d'avoir contribu~ 1 la mise en place des conditions pdalables 1 la croissance, elle est loin d' avoir termin~ sa tAche. En d'autres termes, des mod~les ~conomiques simples ne marchent pas en pratique, notamment quand ils ne tiennent pas compte de certaines variables tr~s importantes, voire d~terminantes. On ne saurait ignorer un certain nombre de probUmes et de questions de fond qui se prhentent aussi bien au niveau macro~conomique qU'au niveau sectoriel. 11 faut leur accorder la - xx - priorit~. 11 faut ensuite leur faire place dans un cadre qui pennette aux d~cideurs d'estimer, de fa~on aussi explicite que possible, dans Ie cas o~ l'on parviendrait A r~soudre ces probl~mes, ou du moins A en r~duire la gravit~, quel en serait l'impact au niveau ~conomique. Ce n'est qu'alors que la conditionnalit~ - et l'ajustement structurel - prendront tout leur sens. Coordination de l'aide xlviii. L'ampleur des apports d'aide ext~rieure A l'~conomie s~n~galaise fait de la coordination de l'aide une question de toute premi~re importance. Les bailleurs de fonds ne se sont gu~re int~ress~s, dans Ie pass~, A la coordination de leurs activit~s, mais l'importance de cette coordination a ~t~ mise en relief avec la mise en train de l'ajustement structurel en 1980, puis les discussions et les examens des programmes de d~veloppement et enfin, avec l'organisation de la premi~re r~union du groupe consultatif en 1984; dans ce processus, la Banque a jou~ un rOle catalytique de premier plan. xlix. De nombreux ~canismes ont ~t~ mis en place pour am~liorer la coordination de l'aide. Dans Ie cadre des programmes d'ajustement structurel. Ie Gouvernement a constitu~ un conseil intenninist~riel et plusieurs comit~s de coordination. Les r~unions du groupe consultatif -une deuxi~me r~union a eu lieu en 1987 - ont pennis A la Banque de diffuser ses analyses ~conomiques et ses recommandations de politique g~n~rale aupr~s d'autres bail leurs de fonds, ce qui a donn~ plus d'efficacit~ 1 ses conseils; la Banque a alors pu commencer A pr~senter, simultan~ment, au Gouvernement et aux bail leurs de fonds, des conseils syst~matiques concernant les cat~gories d'aide n~cessaires et l'ordre de priorit~ des projets. La Banque a ~galement aid~ A organiser des r~unions sectorielles pour examiner les programmes et les politiques, et 1a mission r~sidente de la Banque, elle aussi, convoque r~guli~rement des r~unions officieuses pour infonner les bail leurs de fonds des progr~s du programme d'ajustement structurel. 1. Les efforts d~ploy~s par la Banque pour renforcer la coordination entre les bail leurs de fonds ont d~jA port~ leurs fruits; mais des probl~mes importants subsistent, et par cons~quent. il est ~vident qu'il faut essayer de multiplier les initiatives du mAme genre. 5i la Banque devait jouer un rOle plus actif, Ie programme deviendrait plus intensif. ce qui conduirait sans aucun doute 1 un probl~me d'effectifs: il semble donc appropri~ de proc~der 1 une certaine r~partition des taches entre les bailleurs de fonds. Au niveau macro~conomique, il reste encore beaucoup 1 faire pour intensifier les ~changes de vues entre tous les int~ress~s. Dans Ie cas notamment des politiques d'ajustement structurel, plusieurs bail leurs de fonds s'insurgent contre Ie fait qu'on les met devant un fait accompli, convenu entre Ie Gouvernement et la Banque, et 1 propos duquel ils n'ont rien eu 1 dire. La fa~on la plus efficace d'assurer une coop~ration plus ~troite consiste 1 faire participer les bailleurs de fonds, ou du moins les principaux d'entre eux, A l'~laboration et 1 la conception de ces politiques, et cela d~s Ie d~but. Plusieurs bailleurs de fonds du 5~n~gal estiment qu'on aurait pu - xxi - 6viter leurs d6saccords actuels avec la Banque sur d'tmportantes questions de politique g6n6rale. si les 6tudes pr6paratoires avaient 6t6 financ6es et ex6cut6es conjointement. Ii. Au niveau des projets. la Banque a fait d'tmportants efforts pour aider le Gouvernement A rationaliser ses programmes d'investissement, d'une part en mettant au point des strat6gies sectorielles et en classant les projets par ordre de priorit6, et d'autre part pour amener les bailleurs de fonds ~ s'y conformer. Cette tache s'av~re difficile: en effet, on ne dispose pas des informations n6cessaires concernant les projets et les programmes d'aide ont divers objectifs qui ne correspondent pas n6cessairement A ceux du programme d'investissement du Gouvernement. N6 anmo ins , des progr~s remarquables ont 6t6 r6alis6s. Afin d'amener les bailleurs de fonds A mieux tenir compte des priorit6s du pays, il y a lieu ici encore de pr6coniser que l'examen du programme d'investissement soit fait conjointement par la Banque et les principaux bailleurs de fonds. II convient d'encourager la pratique d6jA adopt6e consistant A confier A divers bailleurs de fonds Ie rOle d'antmateur dans les secteurs o~ ils interviennent pour une forte part. Iii. L'ex6cution quotidienne et la mise en oeuvre des programmes de d6veloppement, y compris dans Ie domaine de l'assistance technique, continuent A poser un grand nombre de probl~mes, qui tiennent au fait que les d.:l.vers bailleurs de fonds n'envisagent pas les choses de la mAme fa~on, notamment la r6mun6ration des nationaux, les d6penses en monnaie locale ou les m~thodes de d6caissement. Les repr6sentants locaux des bailleurs de fonds sont Ie mieux en mesure de connaltre ces probl~mes et de pr6coniser des solutions permettant de mieux harmoniser leurs interventions. lIs semblent 6galement Atre tout A fait dispos6s A renforcer leur coop6ration mutuelle. Pour r6aliser des progr~s dans ce domaine, il faudrait que les administrations centrales d6l~guent une partie de leur pouvoir de d6cision A leurs repr6sentants locaux, mais aussi, dans Ie cas de plusieurs bailleurs de fonds, que soit consid6rablement renforc6e leur mission locale. liii. En derni~re analyse, il faut cependant reconnaltre qu'il y aura toujo1.lrs des limites A ce que la Banque peut faire dans Ie domaine de la coordination de l'aide, car les objectifs des divers bail leurs de fonds ne pourront sans doute jamais conlncider parfaitement. On ne pourra trouver de solution v6ritable A ces probl~mes que lorsque Ie S6n6gal disposera de moyena propres pour d6cider de sa politique 6conomique et de ses programmes d'investissement, permettant ainsi au Gouvernement d'accepter ou de rejeter des propositions d'aide en fonction de ses besoins, de sa capacit6 d'absorption et de ses propres priorit6s. Chapitre I CADRE GENERAL 1. En r~gle g~n~rale. on consid~re 1e S~n~ga1 comme un pays africain mod~le. Sa stabilit~ politique et la continuit~ de son administration ont ~t~ exemplaires. Le S~n~gal entretient des relations chaleureuses avec les bailleurs de fonds, y compris avec la Banque mondiale, ayant b~n~fici~ pendant de longues ann~es et sans interruption d'une aide ext~rieure imporUnte. En mame temps, Ie revenu per capita recule de fa~on quasi- constante depuis 25 ans et se trouve maintenant au-dessous du niveau qu'i1 avait 8.tteint l l'~poque de l'ind~pendance. Ces quelques observations pdliminaires posent sans nul doute un certain nombre de questions fondamentales au sujet du d~fi complexe que Ie d~veloppement lance au S~n~gal et de l'efficacit~ de 1 'assistance exUrieure, y compris celle de la Banque. Le premier chapitre examine, sur un plan tr~s g~n~ral, 1'~volution ~conomique du S~n~gal depuis 1960, ainsi que la strat~gie d'aide de la Banque. II met en relief un certain nombre de questions importantes et sugg~re quelques conclusions g~n~rales au sujet du rOle de 1a Ball que • II est suivi d'un examen d~taill~ de l'optique et de l'efficacit~ de la Banque concernant, d'abord, l'ajustement structurel entrepris depuis 1980 (Chapitre II), puis ses grands secteurs d'intervention depuis Ie d~but des relations (Chapitre III). L'examen des questions sectorielles agricoles et industrielles se scinde en deux parties. Le Chapitre II porte sur la p~riode d'ajustement structurel depuis 1980 et ~tudie, entre autres, la conditionnalit~ et les r~sultats de l'agriculture et de l'industrie, l la 1umi~re des contraintes auxquelles se heurtent ces deux secteurs. Le Chapitre III, qui porte sur toute l'exp~rience des prats-projets de la Banque dans ces secteurs, l partir du premier projet r~alis~ en 1969, examine ces contraintes avec quelques d~tai1s, notamment dans Ie secteur agricole, et essaie de voir dans que1le mesure la Banque a aid~ lIes surmonter. A. Evolution ~conomique et strat~gie de la Banque au niveau macro~conomique 2. n'un point de vue macro~conomique, il est possible d'identifier, depuis 1960, cinq p~riodes relativement distinctes dans l'~conomie du S~n~gal. Le Tableau 1 fournit les valeurs des principales variables macro~conomiques concernant les six ann~es de r~f~rence (au d~but et l la fin de chaque p~riode) durant ces cinq p~riodes. Afin de r~duire quelque peu les fortes fluctuations annuelles, on s'est servi de moyennes de deux ans pour ces ann~es de r~f~rence. Le Tableau 2 pr~sente les taux de croissance correspondants de ces mames variables durant chacune des cinq p~riodes suivantes i) 1960/61 l 1966/67; ii) 1966/67 l 1973/74; iii) 1973/74 l 1977/78; iv) 1977/78 l 1980/81; et v) 1980/81 l 1985/86. 3. Bien que la d~finition de p~riodes comporte toujours un ~l~ment d' arbitraire, un examen de ces tableaux confirme que Ie S~n~gal a vu la croissance de son PIB et de sa production sectorielle, ainsi que la - 2 - situation des exportations-importations et des investissements-'pargne, subir des changements significatifs, voire des revirements; cette 'volution apparalt clairement durant ces p'riodes. T.bl •• u 1 : COMPOSANTES DU PIB ET DEPENSES TOTALES PENDANT CERTAINES PERIODES (.oy.nn•• d. deux .n••n .llli.rd. de fr.nc. CFA.n prix con.t.nt. d. 1979) 1960/61 1966/67 1978/74 1977/78 1980/81 1986/86 l!. 1. Secteur prl_ir. 86 107 117 127 111 129 lb Secteu r .econd.1 r. 67 87 111 183 141 174 lc Autr.. 218 260 269 288 309 367 1 PIB 371 444 487 648 661 670 2. Export.tion. 171 169 161 201 184 197 2b I.port.tion. 191 210 198 269 283 268 2 Deficit de r...ourc.. 20 61 37 68 99 61 3 Tot. I de. depen ... Il!. 391 496 624 616 660 731 4. Con.~.tlon publiqu. 86 86 78 99 114 128 4b Con~.tlon prive. 269 341 346 419 460 618 I; Tot. I inv••ti .....nt. 86 68 101 99 86 86 6 Ep.rgn. intern. 46 18 64 30 -14 24 l!. Ch.qu. colonn. r.pres.nte I. debut .t/ou la fin d'un. period. p.rtlculier., p.r .x..pl., 1960/61 • 1966/67 ..t I. pr.. ier. perl ode .t .in.1 de .uite. Tou. I•• chiffr. . .ont d.. .oy.nn.. de d.ux .n., .n d'.utr•• ter... , 1960/61 .ignifl. qu'll .'.git de I• .oyenn. de 1960 et 1961. Jll. Le tot.1 de. depen••• (r.nge. 3) ..t eg.1 • I. .0RIIe du PIB (r.nge. 1) .t du deficit de r ...ourc.. (r.nge. 2). II ..t .u•• 1 eg.' • I••0RIIe de I. con.ommation publlqu. (r.nge. loa), de I. con.OIM.tion prlve. (range. lob) .t du tot. I de. lnv••ti .....nt. (r.nge. 6). ~ C.lcule .ur la b... du Tabl •• u SA 8 d.n. B.nqu. .ondi.I., S.negal An Economy Under Adju.tment, R.port No. 64&4-SE, 13 fevri.r 1987. \' - 3 - Tabl .. u 2 CINQ PERIODES COIiPRISES ENTRE 1980/81 ET 1886/88 (t.ux de crol ••anc. annu.t.) Peri ode. I II III IY Y I-Y 1980/81 1888/87 1873/74 1877/78 1880/81 1980/81 • 1988187 i 187al74 I 1877178 I 1880181 i 1986£86 I 1986186 (Noebr. d~ann".) (8) (7) (4) (a) (6) (26) '. 18 Sect.ur pri_ir. a,72 1,28 1,87 -4,00 a.16 1,66 lb Sect.ur secondaire 4,38 3,58 4,71 1,84 4,30 a,88 lc Autr•• 2,a2 0,62 2,74 2,12 a,47 2,11 1 PIB 3,04 1,84 1,02 0,76 a,62 2,40 2a Exportation. -1,12 0,18 6,71 -2,08 o,eo 0,58 2b I.portation. 1,6a -0,77 7,86 1,71 -1,71 1,20 2 Deficit de r •••ourc.. 3 Total de. depen ... 4,01 0,21 4,eo 2,83 2,06 2,63 4a Con.oeution publlqu. 4,22 -1,17 6,42 4,80 2,24 2,67 4b Con.OMatlon priv.. 4,74 0,18 4,81 a,17 2,41 2,82 6 Tot. I inv..tl .....nt. 0,40 &,82 0,&8 -4,81 1,01 6 Epargn. Int.rn. -8,a& 20,17 -11,11 -a&,l1 aO,Ol -1,68 Source Chlffr•• derive. du Tabl .. u 1. 4. Avant de d~crire bri~vement 1es caract~res principaux de chaque p~riode et 1a strat~gie de 1a Banque (y compris son analyse ex-ante), i1 est essentie1 de sou1igner 1e rOle pr~dominant que l'agricu1ture joue au S~n~ga1 dans la dynamique du d~veloppement. Le Graphique 1 montre bien la forte corr~lation qui existe entre les taux de croissance de la production du secteur primaire et du PIB.1 Elle montre que les fluctuations de 1a production agricole (qui est la principale compo sante du PIB du secteur primaire) ont fait monter et descendre 1 'ensemble du PIB. Cette corr~lation a ~t~ confirm~e sur Ie plan statistique par un certain nombre d'~quations de r~gression ~tablies sur la base d'observations annuelles !/ Comme la production du secteur primaire est une composante du PIB, une telle corr~lation n'a rien de surprenant. Toutefois, comme la part de la production dans Ie PIB ~tait assez faible (22 % en 1960/61 et 19.3 % en 1985/86). cette corr~lation en est plus remarquable. - 4 - effectu~es entre 1960 et 1983. 2 Etant donn~ la faiblesse de la croissance du S~n~gal durant la p~riode ~tudi~e (de 1960 l nos jours), on aurait tort de penser que l'agriculture a ~t~ le moteur de la croissance et entralnait derri~re elle le reste de l'~conomie. Bien au contraire, la conclusion A tirer est que le PIB a ~volu~ d'une fa90n presque enti~rement parall~le avec la production agricole. Etant donn~ l'influence pr~dominante du climat (surtout les pr~cipitations) sur cette derni~re, il s'ensuit que l'~volution du PIB du S~n~gal a ~t~ en grande partie d~termin~e par les al~as climatiques. La stagnation a marqu~ aussi bien la production agricole que le PIB. 5. La premi~re p~riode (1960/61 A 1966/67) se caract~rise par une performance relativement bonne de l'agriculture (surtout arachides), et une augmentation de la production du secteur primaire, l raison de 3,7 % par an. Les recettes fournies par les arachides ont stimul~ la croissance du PIB, qui a l~g~rement d~pass~ 3,0 % par an. N~anmoins, on peut observer deux tendances n~gatives i) d~sinvestissement dans les activit~s du secteur moderne; et ii) croissance de la consommation sup~rieure l celle du PIB (la part de la consommation dans le PIB est pass~e de 87,6 % en 1960/61 A 95,9 % en 1966/67, comme le montre le Tableau 3). C'~tait alors les premi~res ann~es des interventions de la Banque au S~n~gal, durant lesquelles elle a effectu~ certains travaux ~conomiques, mais ne participait pas encore A des projets. £/ Les r~sultats les plus remarquables sont que le taux annuel de changement du PIB a une corr~lation tr~s prononc~e avec le taux annuel de changement de la production d'arachides (ratio t = 6,3; R2 = 0,66) et, aussi, avec le taux annuel de changement du rendement en arachides (ratio t = 7,4; R2 = 0,72). On a constat~ une autre corr~lation significative entre le taux de changement du PIB et le taux de changement des exportations d'arachides. Pour des r~sultats plus d~taill~s, voir R~publique fran9aise, Minist~re des relations ext~rieurest Coop~ration et D~veloppement, D~s~quilibres structurels et Programmes d'ajustement au S~n~gal, Mission d'~valuation (mars 1985), Volume II, Annexe au Chapitre 1.2. - 5 - Graphlaue 1 SENEGAL PIS ET SECTEUR PRIMAIRE (Taux annuel de croissance. prix constants) 30~-----------------------------------------~ 20 10 '" g' E 0 '" I:! :::J & -10 -20 -PIB - - - Secleur primaire .30 ~--a.""""""""' MUM ___"""'-_-'--_""""""""__-.l.._""""'__ ~ ~ ro n n n ""'--~""""""""~--.I n ~ U M IWtw45392. - 6 - T.bl .. u a POURCENTACE DE LA CONSOMUATION ET DES INYESTISSEMENTS DANS LE PIS, 1980/81 A 1986/88 1980/81 1988/87 1978/74 1977/78 1980/81 1986/88 Con.~tlonJPIB Pourcent.ge I prix con.t.nt. de 1979 87,8 96,9 87,1 &4,6 102,8 98,4 Pourcent.ge I prix cour.nt. 88,1 91,7 87,4 98,8 102,6 96,0 Inveati .....ntJPIB Pourcent.ge I prix con.t.nt. de 1979 17,8 16,8 20,7 18,1 16,2 12,3 Pourcent.ge I prix cour.nt. 14,6 10,6 20,7 18,0 16,0 13,8 Sourc.. Chiffr.. d'riv'. du T.ble.u 1 et de R'publique fr.n~.i.e, Mini.tere de. rel.tion. extirieur.. , Coopir.tion et D'veloppement, D'.'quilibre••tructurel. et Progr..... d'.ju.te.ent.u Sin'g.l, Mi •• ion d"v.lu.tion (Mar. 1986). 6. La deuxi~me p~riode (1966/67-1973/74) se caract~rise par un ralentissement prononc~ de la production d'arachides et, en mame temps, de la croissance du PIB - la valeur ajout~e primaire et Ie PIB augment ant tous deux au rythme d'environ 1,3 % par an. Cette stagnation de la production agricole s'explique surtout par l'arrat du programme fran~ais qui accordait des prix pr~f~rentiels aux arachides s~n~galaises. Du jour au lendemain, les exportations d'arachides ont dO faire face A la concurrence sur Ie march~ mondial et ont pratiquement cess~ ,de progresser. En m~me temps, l'~pargne et les investissements int~rieurs ont augment~ de fa~on substantielle - la part des investissements dans Ie PIB atteignant son niveau Ie plus ~lev~ de 20,7 %. Ce ratio d'investissement ~lev~ prate A confusion, car il correspond en grande partie A l'achat d'entreprises ~trang~res (c'est-A-dire A leur s~n~galisation). De mame la consommation priv~e n'a pas augment~ (croissance de 0,2 %) ce qui, conjugu~ A la croissance d~mographique, signifie que la consommation per capita a recul~ A raison d'environ 2,0 % par an. 7. L'analyse de la situation ~conomique que la Banque effectue dans son Programme d'action de 1970 est A la fois perspicace et exacte. Elle critique Ie Gouvernement i) pour n'avoir pas fait grand-chose "afin de permettre A l'~conomie artificielle d'avant l'ind~pendance de s'ajuster A un niveau qui corresponde mieux au potentiel ~conomique et aux moyens humains du pays"; ii) pour favoriser une industrialisation de substitution aux importations, qui modifie les termes de l'~change int~rieur au d~triment de l'agriculteur; et iii) pour ne pas mettre en place un syst~me de commercialisation des arachides qui fonctionne convenablement apr~s en avoir exclu les n~gociants priv~s.3 La Banque avait pr~vu un taux de ~I Banque mondiale, Programme d'action, juin 1970. - 7 - croissance annuelle du PIB de 5,6 % entre 1968 et 1976; la raison principale ~tait qU'elle percevait alors une am~lioration de la pr~paration et de l'ex~cution des projets ainsi que des possibilit~s de diversification agricole dans les r~gions du sud et du sud-est. 4 Dans sa Note sur Ie Programme d'action de 1971, la Banque recommande de relever Ie niveau des prix et d'introduire des mesures appropri~es pour encourager la production d'arachides; mais, par contraste avec son ~valuation de l'ann~e pr~c~dente, elle critique vivement l'~tat de la pr~paration des projets qui, selon elle, constitue un obstacle majeur. En outre, la Banque d~plore la faible proportion d'investissements financ~s par l'~pargne int~rieure et avertit des cons~quences qu'elle pourrait avoir sur Ie futur service de la dette. Elle rabaisse ~galement ses projections de croissance du PIB, qu'elle fixe d~sormais 1 4,5 % par an jusqu'en 1977. 8. En 1972, la Banque ~tait devenue assez optimiste 1 l'~gard des progr~s et des perspectives ~conomiques du S~n~gal, notamment dans Ie secteur manufacturier. Comme Ie d~clare Ie Programme d'action de cette ann~e : ·Dans Ie secteur priv~, Ie Gouvernement a remarquablement r~ussi 1 stimuler des industries de substitution aux importations ..• ·; et "l'expansion sensible des exportations de produits manufactur~s au cours de ces derni~res ann~es montre bien l'am~lioration de la position comp~titive du S~n.~gal sur Ie march~ international ••• " • Toutefois. la faiblesse de l'~pargne, la s~n~galisation et la raret~ des entrepreneurs locaux contilkuent de l' inqui~ter; elle d~clare par exemple "I' absence de formation structur~e et Ie peu d'exp~rience pratique des hommes d'affaires locaux repr~sentent des contraintes importantes". Le Programme d'action de 1972 termine sur une note optimiste, comme en t~moigne la citation suivante : "au cours des cinq 1 six derni~res ann~es, les politiques ~conomiques (du Gouvernement) sont devenues plus vigoureuses et ont mieux r~ussi, si bien qu'il existe d~sormais une base satisfaisante permettant d'acc~l~rer la croissance ~conomique de 1 'agriculture, de la p@che, du tourisme et des industries manufacturi~res". La Banque estime aussi que son influence et ses moyens d'action s'intensifient; c'est ainsi que Ie Groupe de la Banque est consid~r~ par Ie Gouvernement "non seulement comme un bail leur de fonds, mais aussi comme un important conseiller qui, 1 propos de questions de d~veloppement, peut stimuler les apports d'autres donateurs", 9. La troisi~me p~riode (1973/74 1 1977/78) est une p~riode de croissance anim~e par la pouss~e des exportations. Les cours et la demande mondiaux du phosphate et des arachides ont augment~ de fa90n tr~s substantielle et les termes de l'~change internationaux du S~n~gal ont double entre 1973 et 1976. Le volume des exportations a progress~ 1 raison de 5.7 % par an durant la troisi~me p~riode (et, bien entendu, l'augmentation a ~t~ beaucoup plus consid~rable si on l'exprime en pouvoir d'achat), tandis que Ie PIB progressait de 3,0 % par an. La pouss~e des exportations a servi surtout 1 financer la consommation (la consommation publique ayant augment~ de 6,4 % par an). Les investissements n'ont progress~ que l~g~rement (0,6 % par an) tandis que l'~pargne int~rieure reculait au rythme de 11,1 % par an (voir Tableau 2). Le rapport investissement/PIB est tomb~ de 20,7 % 1 18,1 % durant cette p~riode (voir 11 Ibid. - 8 - Tableau 3) une . grande partie des investissements servant l des utilisations non productives notamment l'achat public des entreprises priv~es que d~crit en d~tail la Section E du Chapitre II.5 Le Programme d'action de 1974 reste relativement optimiste quant l l'avenir. Il identifie quatre facteurs fondamentaux dont d~pendra ce dernier : climat, tennes de l'~change, capacit~ de l'Etat l r~agir, et accroissement de l'aide financi~re. Il pr~voit que ces facteurs se conjugueront de fa~on satisfaisante, permettant ainsi l la croissance de reprendre ~~diatement, et jetant les bases d'un d~veloppement acc~l~r~ durant les ann~es 1980. La Banque projetait un taux de croissance du PIB de 4,4 % jusqu'en 1980. En particulier. le Programme d'action de 1974 estime qu'en raison de l'irrigation et du d~veloppement agricole dans le sud, le climat jouera un rOle moins d~cisif. Or, comme le d~crit la Section E du Chapitre II, le climat (avec une diminution constante des pr~cipitations et la d~gradation des sols) ~tait devenu un facteur de plus en plus d~terminant. 10. LeProgramme d'action de 1976 soutient la strat~gie de d~veloppement du Gouvernement. qui continue l donner la priorit~ au d~veloppement rural et l la diversification agricole. Plus pr~cis~ment, il endosse vigoureusement l'id~e de d~velopper le potentiel d'irrigation par l'intenn~diaire de l'Organisation pour la mise en valeur du fleuve S~n~gal (OMVS). Il exprime certaines inqui~tudes au sujet de la possibilit~ de voir l'~pargne publique brute tomber au-dessous des obligations du service de la dette contraignant ainsi le Gouvernement l reconduire et l refinancer sa dette ~trang~re; il admet qu'une aide-programme est urgente. Cependant, la Banque n'~tait pas encore enti~rement prete l mettre ses propres pr~ceptes en oeuvre et l se placer l l'avant-plan puisqu'une aide- programme pouvait etre fournie par d'autres bailleurs de fonds (probablement la France). Il est surprenant de voir le Programme d'action conclure que ·malgr~ l'actuelle crise de liquidit~s, la capacit~ financi~re du S~n~gal n'est pas en question l long terme ..• •• 11. La quatri~me p~riode (1977/78 A 1980/81) fut une p~riode de crise. Deux ann~es de s~cheresse conjugu~es A une chute brutale des cours mondiaux des arachides ont fait baisser de 4,0 % par an la production du secteur primaire tandis que le PIB croissait au rythme marginal de 0,75 % par an (Tableau 2). Pour la premi~re fois, le total de la consommation a d~pass~ le PIB - ce ratio passant de 94,S % l plus de 102 % (Tableau 3). Par c~ntre, la part des investissements dans le PIB a recul~ une fois de plus, tombant de 18,0 l 15,2 %. Dans son Programme d'action de 1978, la Banque a r~vis~ quelque peu son ·~valuation assez positive des perspectives l long tenne de croissance du S~n~gal· et a ramen~ ses projections de croissance du PIB l un maximum d'environ 4 % par an durant la p~riode 1977-81. (En fait, le taux effectif a ~t~ de 0,75 %.) La Banque a adopt~ une attitude tr~s tol~rante, sinon favorable, l l'~gard de la s~n~galisation, ·r~alis~e ~I Il est surprenant de constater que le Programme d'action de 1976 soutient la constitution d'un certain nombre d'organismes parapublics tels 'que la SOFISEDIT. orient~s vers le d~veloppement du secteur industriel et du tourisme. - 9 - avec pragmatisme et 1 une cadence modeste-. 6 Une fois de plus, e11e d~c1are que 1a d~va1uation est 1e mei11eur moyen pour aboutir aux r~su1tats recherch6s, bien qu'e11e soit impossible 1 r~a1iser. 12. Le Programme d'action de 1978 ~voque, peut-etre pour 1a premi~re fois, 1a relation inverse qui existe entre 1e service de 1a dette, d'une part, et 1a croissance et 1a distribution des revenus, de l'autre; c'est ce que montre 1a citation suivante -La vraie question n'est donc pas une question de capacit6 d'endettement, mais une question des 1imites au-dell desque11es des emprunts supp1~mentaires contraindront 1 obtenir loca1ement des fonds pour assurer 1es paiements de service de 1a dette, ce qui compromettra l'ensemb1e de 1a croissance 6conomique-. 7 13. La cinqui~me p~riode, qui est 1a p~riode actuelle, se caract~rise par 1a stabilisation et l'ajustement structure1. Cette p~riode fait l'objet d'une analyse d6tail16e dans 1e Chapitre II consacr6 1 l'ajustement structure1. On peut simp1ement noter ici que 1a croissance du PIB s'est acc616r~e . 1 3,6 % par an entre 1980/81 et 1985/86, en raison de l'am61ioration de 1a production agrico1e sous l'inf1uence de conditions climatiques re1ativement favorab1es en 1985/86. 8 Une 6vo1ution macro~conomique inqui6tante - en liaison directe avec 1a stabilisation - a 6t6 1e nouveau recu1 du ratio d'investissement, qui est tomb~ en 1985/86 1 seu1ement 12,3 % du PIB (en prix constants de 1979) et 1 13,8 % en prix courants. 14. Le M6morandum 6conomique de 1984 a r6vis~ 1 1a baisse - une fois de plus - 1es projections mac ro6conomiques de 1a Banque pour 1e S~n~ga1. 11 pr~sente trois sc~narios possibles entre 1986 et 1995 : !I Etant donn~ 1a rapidit6 extreme du processus de s~n6ga1isation durant 1es ann6es 70 et jusqu'en 1977 (voir Tableau 16), c'est-l-dire avant 1a r~daction du Programme d'action de 1978, cette affirmation semble diffici1e 1 justifier. II De par son appartenance 1 l'Union mon6taire, 1a monnaie s6n~ga1aise est enti~rement convertible. !I Le fait que 1es deux ann6es de base, 1980/81, aient correspondu 1 des ann6es de p1uviom6trie re1ativement faib1e, tandis que 1es deux derni~res ann6es auxque11es on se r6f~re, 1985/86, ont correspondu 1 deux campagnes re1ativement favorab1es, signifie que 1es taux de croissance du PIB primaire et de l'ensemb1e du PIB mesur6s pendant cette p6riode risquent de donner une impression exag6r6e de croissance annue11e. - 10 - Cas de Faible Forte base croissance croissance Taux de croissance du PIB 3,1 1,9 3,8 Investissements int~rieurs bruts/revenu int~rieur brut 18,6 12,1 15,6 Coefficient marginal du capital 6,0 6,4 4,2 Le cas de base, qui est une extrapolation des tendances actuelles, n'~tant pas r~alisable, dans la mesure o~ il implique des d~ficits financiers qui continueraient 1 s'accroltre ind~finiment, il laisse uniquement deux options viables, une faible croissance (ajustement forc~) et une forte croissance (ajustement dirig~).9 Le M~morandum ~conomique pr~sente ensuite des arguments en faveur des possibilit~s de r~alisation du sc~nario d'ajustement dirig~ (un taux de croissance du PIB de 4,0 I). Cependant, au d~but de l'ann~e 87, dans une analyse d~tail1~e de l' impact du d~ve1oppement, 1a Banque abaisse ses vues encore davantage et projette un taux de croissance de 3,5 % entre 1986 et 1990 et entre 1990 et 1995. 10 15. Au niveau 1e plus global, 1es arguments de 1a Banque en faveur d'un ajustement dirig~ (c'est-l-dire une croissance de 3,8 %) sont tributaires de deux facteurs c1~s, un rapport investissement/PIB de 15,6 % et un coefficient marginal de capital de 4,2 (c'est-l-dire une rentabi1it~ moyenne brute des investissements de 23,8 %) comme l'indiquent 1es chiffres du paragraphe pr~c~dent. Historiquement, entre 1960 et 1983, ce ratio se situait aux alentours de 6 (ce qui sous-entend une rentabi1it~ des investissements de 16,7 I). GrAce 1 une am~lioration de la pr~paration, du choix et de l'ex~cution des projets et 1 un accroissement des activit~s directement productrices du Programme d'investissements publics (PIP), la Banque esp~re pouvoir atteindre le niveau de productivit~ des investissements indiqu~ ci-dessus. Vu l'~tat actuel de l'ana1yse des projets, et la faiblesse institutionnel1e du Minist~re du Plan du S~n~gal, sur 1aque1le le Chapitre III donne certains d~tai1s, on peut Atre quelque peu sceptique quant 1 la probabi1it~ d'atteindre ce niveau de productivit~. Toutefois, mAme si l'on adopte cette hypoth~se, l'obtention d'un rapport investissement/PIB de 15,6 % semble Atre abso1ument irr~a1iste. Comme nous l'avons VU, ce ratio n'atteignait que 12,3 % en 1985/86 (la derni~re ann~e pour laquelle on dispose des chiffres du revenu national), exprim~ en prix constants de 1979. Comme les sc~narios de la Banque dont i1 a ~t~ question ~I Le M~morandum ~conomique de 1984 semble Atre que1que peu contradictoire. A 1a page 95 se trouvent les trois sc~narios ci-dessus, a10rs qu'l la page 102, o~ sont pr~sent~s les indicateurs d~tai11~s, 1es taux de croissance correspondants du PIB sont indiqu~s comme ~tant de 2,2 % pour l'option de faible croissance et de 4,0 % pour l'option de forte croissance. !QI Banque mondia1e, Senegal An Economy Under Adjustment, Rapport No 6454-SE, 13 f~vrier 1987, page 36. - 11 - plus haut utilisent ~galement des prix constants de 1979, il faut donc retenir cet indicateur - au lieu du ratio de 13,8 % en prix courants (voir Tableau 3). Si la part des investissements reste A son niveau actuel (12,3 %) et si on utilise le coefficient marginal ~lev~ du capital de 4,2, on obtient un futur taux de croissance du PIB de 2,9 %. Mame si 1a part des investissements pouvait passer de son niveau de 1985/86 A 14,0 %, et se stabiliser A ce niveau (c'est le maximum esp~r~ par la Banque, comme on 1e verra au paragraphe 138), le taux correspondant de croissance du PIB ne serait alors que de 3,33 % (en utilisant Ie coefficient marginal ~lev~ de capita.l de 4,2). L'ana1yse agdgative ci-dessus semble indiquer qu'on n'a gu~re de raisons de penser. si l'on veut faire preuve de r~alisme, que pendant les cinq A dix prochaines ann~es. 1a croissance ~conomique du S~n~gal va s'~carter sensiblement de sa tendance historique (c'est-A-dire une croissance de 2.4 % entre 1960/61 et 1985/86 en prix constants de 1979, voir 'fableau 2). En mettant les choses au mieux, on pourrait peut-atre s'attendre A un taux d'environ 3,0 %. L'ana1yse des r~percussions du r~~che1onnement de 1a dette sur les faib1es res sources en devises dont on dispose pour 1es investissements, qu'on trouvera A 1a Section F du Chapitre 11. renforce nettement l'id~e que, au niveau macro~conomique. il est extramement improbable de voir se modifier les tendances de 1a croissance. On affirmera que 1e service de 1a dette absorbera une forte proportion des futurs apports d'aide ~trang~re en 1aissant tr~s peu de chose pour les investissements. si bien que. sans annulation (et non pas r~~che1onnement) de la dette, l'~conomie s~n~ga1aise a extramement peu de chances de sortir de sa stagnation historique. 16. Si l'on examine, p~riode par p~riode, les relations Banque/S~n~gal au niveau macro~conomique. on peut tirer la conclusion fondamenta1e suivante. Nous avons montr~ la persistance d'expectatives exag~r~ment optimistes concernant les perspectives de croissance et de d~veloppement socio-~conomiques au S~n~gal. Dans son Premier programme d'action (1970), comme nousl'avons vu, 1a Banque projetait un taux de croissance du PIB de 5,6 % par an entre 1968 et 1976. Depuis lors, la Banque a progressivement abaiss~ cette estimation: i) 4,5 % (1970-77) dans le Programme d'action de 1971); ii) 4,4 % (1974-80) dans Ie Programme d'action de 1974; iii) 4,0 % (1977-81) dans Ie Programme d'action de 1978; iv) 3,8-4.0 % (1985-95) dans 1e M~morandum ~conomique de 1984; et enfin, v) 3,5 % (1986-95) dans Ie ~morandum ~conomique de 1987. Malgr~ cette r~~valuation constante A la baisse, les ~v~nements ont montr~ que chaque objectif avait ~t~ consid~rab1ement surestim~ au regard des r~sultats que pr~sente le Tableau 2. 17. La raison principa1e de ce ph~nom~ne semble atre. au moins avant 1980, qu'on n'avait pas compris toute l'importance des contraintes int~rieures et ext~rieures pour Ie d~veloppement de l'~conomie. D'ordinaire. on imputait de mauvais r~sultats A des facteurs exog~nes supposh temporaires, tels que Ie climat (faibles pdcipitations), et A des changements cycliques des termes de l'~change internationaux et de la demande mondiale des produits d'exportation s~n~ga1ais. et non pas A des faiblesses structurelles et institutionnelles ayant des racines profondes. Bieri entendu, comme nous l'avons montr~ par l'aper~u historique ci-dessus, la .E!ianque avait conscience d 'un grand nombre de ces faiblesses. mais ne s'est pas rendu compte que 1a stagnation ~conomique ~tait in~vitable. vu - 12 - l'existence d'un certain nombre d"l'ments te1s que i) 1a persistance de l'envahissement du secteur public et de 1a s'n'ga1isation, qui affaib1issait 1a comp'titivit' d'jl faib1e du secteur priv' et 'moussait l'esprit d'entreprise; ii) 1a d'gradation s'cu1aire (et non cyclique) des conditions agroc1imatiques (c'est-l-dire 1a diminution des pr'cipitations et 1a d'gradation des sols); iii) 1e comportement d'cevant de l"pargne et des investissements int'rieurs leur faib1e niveau et leur qua1it' m~diocre; et enfin iv) 1e fardeau grandissant impos' par l'accroissement de 1a dette ext'rieure sur 1a balance des paiements et sur l'aide ext~rieure disponib1e pour des investissements productifs. Dans ces conditions, un d~co11age ~tait impossible. En plus, comme on 1e verra plus tard, l'optimisme exag~r~ et persistant de 1a Banque a certainement contribu~ l de mauvaises d~cisions strat~giques. 18. H~me apr~s 1980, quand e11e s'est rendu compte que 1es causes de 1a stagnation ~taient d'ordre structure1 et n'avaient pas un caract~re temporaire (cyclique), 1a Banque a continu~ l sous-estimer de fa~on significative l'extr~me difficult' qu'i1 y avait l modifier 1a structure et 1es institutions de fa~on l permettre un nouveau r~gime de d~ve10ppement. Vu 1es implications de 1a charge de 1a dette - dont i1 est question l 1a Section F du Chapitre II on peut se demander en toute justice si 1e d~co11age est effectivement possible sans une modification fondamenta1e des r~gles du jeu internationa1es, par exemp1e une annu1ation partie11e de 1a dette, accompagn'e de nouveaux dons ~trangers. B. Le Programme de prAt et 1a strat'gie sectorie11e de 1a Bangue 1) Dimension et composition du Programme de prAt 19. Pendant 1es 20 derni~res ann~es, 1e S~n'ga1 a ~t~ un b'n~ficiaire privi1~gi~ de l'aide internationa1e, avec une participation de 1a Banque mondia1e repr~sentant en moyenne un peu moins de 10 % du total. Et pourtant 1e S~n~ga1 a ~t' 'ga1ement un client privi1~gi~ de 1a Banque. Avec une population n'atteignant que 2,5 % de ce11e de tous 1es "pays africains l faib1e revenu", i1 a re~u 4,7 % des fonds fournis par 1a Banque mondia1e l ces pays durant 1a p~riode de 1970-86. 20. La premi~re op~ration de 1a Banque dans 1e S'n~ga1 ind~pendant a ~t' un cr~dit consenti par l'IDA en 1966 pour 1e d~ve10ppement ferroviaire. Depuis 10rs et jusqu'en 1987, i1 y a au total 61 op~rations de prAt, repr~sentant des engagements d'environ 800 millions de dollars. Les cr'dits de l'IDA atteignent 80 % de ce total; 1a majorit~ des prAts de la BIRD ont servi l des projets dans 1es secteurs des transports, de l'industrie et du tourisme. Le dernier pr~t de la BIRD a ~t' consenti en 1981, date l 1aquel1e on a jug~ que 1e pays n'avait pas une capacit~ financi~re suffisante pour lui permettre de recevoir de nouveaux prAts de la BIRD. - 13 - 21. Le Tableau 4 indique les prets de la Banque mondiale, r6partis par grands secteurs et par p6riodes. Les prets A l'ajustement structurel ont repr6sent6 Ie tiers du total; les prets-projets ont ~t~ assez fortement concentr~s dans les secteurs de l'agriculture et des transports, bien que la Banque soit intervenue dans un nombre consid~rable de secteurs avec des op~rations relativement r~duites. Apr~s un lent d~marrage, en 1966-71, les prets de la Banque au S~n~gal ont augment~ rapidement pour atteindre une moyenne annuelle de 85 millions de dollars pendant les quatre derni~res ann~es. Cependant, les prets-projets se sont ralentis : ils ont diminu~ en chiffres absolus dans les secteurs traditionnels d'intervention de la Banque, c'est-A-dire l'agriculture et les transports. Tabl .. u 4 ENGAGEMENTS DE LA BANQUE MONDIALE AU SENEGAL, 1966-87 (en .11110n. de dollar.) I du Sect.eur a 1966-71 1972-76 1978-79 1980-8a 1984-87 ~ ~ Agriculture (18) 11 a8 SO 68 89 189 21 lndu.trie et tourl ... (8) 8 18 17 88 4 Tran.ports (16) 16 21 48 67 29 188 21 Enerllie et teljco..unl ca'l;ion. (6) 8 18 42 81 7 Secteur urbain et .. u (4) 8 8 80 41 6 Education et .ante (8) ..! !! ....!! -1! ..l! 2! 2 Total partiel 28 86 119 168 167 648 87 PAS et autre. (7) -- -- --.!. ..1!. ~ ~ ..!! TOTAL (81) 28 86 126 234 839 812 100 Pour iMmolre : Die.i .....nts 18 89 80 167 298 686 a Le noabre tot.1 de proj.t. e.t indlqui entre p.r.nth~.... ~ : a.nque .ondl.le (I . . ehlffr.. ont ite arrondl.). 2) Strat~gie sectorielle de la Banque 22. Le Chapitre III analyse dans Ie d6tail, au moins pour les grands secteurs d'intervention de la Banque - agriculture, industrie, transports et ~ducation -, l'~volution de la strat~gie sectorielle de la Banque A l'~gard du d~veloppement s~n~galais. La Banque prend souvent beaucoup de temps pour ~laborer un projet et a tendance A Ie faire suivant sa propre dynamique. Les diverses p~riodes macro~conomiques dont il a ~t~ question plus haut semblent n'avoir gu~re exerc~ d'influence sur 1a nature ni sur l'ordre de priorit~ des projets, A une seule grande exception pr~s, Ie chsngement de cap de la straUgie, qui s'est produit vers la fin des ann~es 70. Avant cette ~poque, la Banque ~tait essentiellement optimiste, A des - 14 - degr~s divers, l l'~gard de l'avenir du pays, et ses pr@ts-projets portaient sur toute une s~rie de secteurs. Le Rapport ~conomique de 1979, fond~ sur les r~sultats d'une mission ~conomique qui avait eu lieu en novembre 1976, a pr~sent~ un tableau beaucoup plus sombre des perspectives ~conomiques et a mis en doute les ~valuations pr~c~dentes de la Banque. Les difficult~s financi~res grandissantes du pays, aggrav~es en 1979 par la hausse des prix p~troliers, ainsi que l'exp~rience peu satisfaisante des projets pr~c~dents, ont conduit l modifier profond~ment la strat~gie, avec la mise en place, d~s 1980, des pr@ts l l'ajustement structurel, puis, les ann~es suivantes, une diminution de la place accord~e aux projets. 23. Durant les premi~res ann~es de ses interventions au S~n~gal, la Banque a pris un certain temps pour ~tablir des relations ~troites avec le pays. 11 s'est av~r~ extr@mement difficile de trouver des projets bien pr~par~s; le choix des tout premiers projets s'explique plus par le fait qu'ils se pr@taient l un financement de la Banque que par des consid~rations d'ordre strat~gique. Apr~s avoir consacr~ plusieurs ann~es l effectuer des analyses ~conomiques et l ~laborer des rapports sur le pays, la Banque a commenc~ l d~finir une strat~gie vers 1970. Elle jugeait alors que le S~n~gal avait surmont~ les probl~mes structurels du lendemain de l'ind~pendance - perte de march~s de ses produits manufactur~s, d~part de l'arm~e fran~aise, ~limination des prix pr~f~rentiels l l'exportation des arachides - et l'avenir semblait plein des promesses. Les documents de strat~gie de la Banque soulignent alors qu'il faut renforcer la position comp~titive du pays et am~liorer les incitations l la production, notamment dans le secteur rural. La diversification est devenue l'objectif principal, et le programme de pr@t cherchait essentiellement l intensifier directement des activit~s de production (agriculture, industrie manufacturi~re) et l fournir l'infrastructure d'appui. Cette strat~gie de la Banque reprenait en les soutenant les objectifs et les plans du Gouvernement; elle est rest~e essentiellement inchang~e pendant toutes les ann~es 70. 24. La m~thode de la Banque ~tait n~anmoins entach~e de deux grandes erreurs. En premier lieu, le jugement selon lequel, en 1970, le S~n~gal avait surmont~ ses grands probl~mes structurels du lendemain de l'ind~pendance ~tait faux. Alors que le Programme d'action de 1970 identifiait correctement un grand nombre de probl~mes, dont certains ~taient importants, notamment le niveau ~lev~ des prix et des coQts, la question des taux de change, le nombre de fonctionnaires, et l'apparition de difficult~s dans les finances publiques, rien n'a ~t~ fait pour y porter rem~de et rien ne portait l croire qu'ils allaient se r~soudre d'eux-m@mes. La question du taux de change est un exemple particuli~rement int~ressant de n~gligence intentionnelle d'une grande variable de politique. D~s le d~but de ses travaux ~conomiques, la Banque l'avait identifi~e comme ~tant un ~l~ment essentiel : en effet, un document interne (mars 1963) d~clare : "Le probl~me fondamental de l'ajustement semble donc @tre ~troitement li~ l la valeur du franc CFA". Par la suite, on voit la direction de la Banque demander l ses services ·d'~tudier le probl~me du taux de change", puis leur donner pour instructions d'~liminer toute discussion du taux de change de leurs rapports ~conomiques. - 15 - 25. En second lieu, la strat~gie d'aide de la Banque au S~n~gal a ~t~ dans la pratique beaucoup moins bien d~finie qu'on ne vient de Ie dire. Les Programmes d'action et autres documents internes datant des ann~es 70 semblent indiquer qu'il s'agissait surtout d'intervenir dans un grand nombre de secteurs. D'un cOt~, la Banque n'avait pas une id~e claire des secteurs de l'~conomie qui offraient Ie meilleur potentiel et avaient Ie plus besoin de soutien, d'ob la dispersion du programme de prOt dans tous les secteurs. D'un autre cOt~. la Banque voulait porter au maximum les reSSOllrces que Ie pays recevait d'elle et d'autres bailleurs de fonds. C'est ainsi que Ie Programme d'action de 1971 d~clare : "Afin d'obtenir une croissance ~conomique, fOt-elle mod~r~e, Ie S~n~gal doit, ~tant donn~ Ie manque de ressources naturelles, faire intervenir un certain nombre de projets d'ampleur relativement modeste int~ressant toute une s~rie de secteurs productifs. Ce param~tre, qui trouve son expression dans les plans nationaux, est un ~l~ment d~terminant du Programme d'intervention du Groupe de la Banque, qui est ~troitement li~ au processus de planification du pays ... Notre programme d'intervention comporte un grand nombre de projets r~partis dans toute une s~rie de secteurs. Cette approche se justifie par Ie potentiel limit~ mais diversifi~ du S~n~gal·. Et, en 1978, Ie Programme d'action d~clare : "La strat~gie que nous avons suivie et que nous nous proposons d'intensifier consiste 1 faire augmenter la capacit~ d'absorption du S~n~gal, pour qu'il puisse tirer Ie plus grand parti possible de l'aide ext~rieure qui lui est offerte. Nous voulons donc maintenir notre participation dans tous les secteurs cl~s de l'~conomie ... Dans Ie cas des projets plus importants, nous continuerons 1 solliciter un cofinancement, conservant ainsi la possibilit~ d'intervenir comme dans Ie pass~ dans un grand nombre de secteurs en mOme temps, et offrant aux bailleurs de fonds moins exp~riment~s la possibilit~ d'investir facilement leur argent". 26. En d'autres termes, c'est 1 'absence d'une perspective de d~veloppement 1 long terme de l'~conomie s~n~galaise, alors qu'elle voulait augmenter l'apport de ressources et atteindre ses objectifs de prOt, qui conduit la Banque 1 rechercher des occasions lui permettant d'intervenir dans la quasi-totalit~ des secteurs. L'exp~rience des projets, examin~e dans Ie Chapitre III, semble indiquer que 1es r6su1tats globa1ement d~cevants des projets sont dus au fait que, pour essayer d'atteindre ses objec:tifs de prOt, la Banque a eu tendance 1 ignorer constamment certains probl~mes de fond. Bien qu'elle ait eu souvent parfaitement connaissance de ces probl~mes grAce 1 ses travaux ~conomiques et sectoriels, la Banque n'a pas ~t~ en mesure, pour une raison ou pour une autre, de s'y attaquer. Le pl:ogramme de prOt est donc all~ de 1 'avant , la Banque gardant confiance, en esp~rant que les choses finiraient pas s'arranger, mais cela s'est traduit, la plupart du temps, par des r~sultats m~diocres. 27. Durant les ann~es 70, les prOts de la Banque se sont heurt~s 1 des diff:lcult~s dans les secteurs agricole et industriel; la raison essentielle ~tait que Ie cadre g~n~ral de politique et d'incitations ne se prOtait pas 1 la croissance et qu'on ne faisait pas grand-chose pour l'am~liorer. Dans Ie secteur des transports, les projets de la Banque ont donn~ de bons r~sultats quand on s'est attaqu~ franchement aux probl.mes, mais ils ont ~cho1J~ quand on ne Ie faisait pas. Dans Ie secteur de I "ducation. les projets ont r~ussi, au sens 'troit du terme, mais 1a Banque n'a pas cherch' - 16 - A r~soudre le probl~me des carences de l'enseignement primaire, qui constitue un goulet d'~tranglement tr~s s~rieux pour une croissance A long terme. Le Chapitre III examine les interventions de la Banque dans ces quatre secteurs. Il n'y a pas grand-chose A dire du rOle jou~ par la Banque dans les secteurs de It~lectricit~, de l'~nergiet des t~l~communications. du d~veloppement urbain et de l'eau. Les projets de la Banque ont eu un caract~re dispers~ et certains d'entre eux sont de date tr~s r~cente : la plupart ont donn~ de bons r~sultats. Cependant, le Projet des trames d'accueil, qui date de 1972, fournit un bon exemple de l'empressement de la Banque pour octroyer des pr~ts au S~n~gal, m~me quand des probl~mes majeurs n'avaient pas ~t~ r~gl~s. C'~tait le tout premier projet urbain de la Banque, qui devait servir ail leurs de mod~le. Or, la Banque et l'Etat avaient des objectifs et des politiques qui, d~s le d~but, ~taient absolument diff~rents la Banque lan~ait son nouveau programme urbain, tandis que le Gouvernement voulait uniquement bltir quelques unit~s d'habitation. Le projet s'est heurt~ A de nombreuses difficult~s et a connu de longs retards. 28. Vers la fin des ann~es 70, la strat~gie de la Banque A l'~gard du S~n~gal a chang~ de cap de fa~on spectaculaire. C'est ce qu'on voit clairement quand on compare le programme de pr~ts propos~ pour les exercices 79 A 83 dans le Programme d'action de juillet 1978 et les pr~ts effectivement consentis durant cette p~riode. Apr~s des ann~es d'h~sitation et de doutes, la Banque ~tait devenue, durant la deuxi~me moiti~ de la d~cennie, extr~mement enthousiaste A l'~gard de l'irrigation au S~n~gal, dont elle avait l'intention de faire un ~l~ment essentiel de son programme d'aide. Comme le d~clare le Programme d'action de 1978 : "La grande irrigation doit ~tre consid~r~e comme le moyen le plus certain et le moins coQteux de permettre A cette ~conomie, qui reste quasiment stationnaire, de croltre au rythme modeste de 4 % par an". Deux grands projets d'irrigation ont donc ~t~ inclus dans le programme de pr~ts, l'un pour l'exercice 81 et l'autre pour l'exercice 82; ces projets absorbaient un tiers de l'ensemble des prAts propos's pour la p~riode de cinq ans. En 1 'occurrence , aucun de ces projets ne s'est concr~tis~ d~s que le pr@t A l'ajustement structurel est devenu 1e principal ~l~ment de la strat~gie d'aide de la Banque. 11 29. Ce changement d'orientation de la strat~gie se justifiait au moins pour deux raisons. En premier lieu, les d~s~quilibres financiers int~rieurs et ext~rieurs du S~n~gal ~taient devenus quasiment insurmontables et le pays avait d'sesp~r~ment besoin d'une aide financi~re d'urgence. En deuxi~me lieu, des r'formes profondes de politique g'n'rale devraient permettre le r~tablissement de l'~quilibre financier et Jeter la base d'une reprise de la croissance. Comme les prAts-projets ne constituaient pas un instrument appropri' pour induire ces changements, l'aide-programme devenait le choix ~vident. Les points forts et les points faibles de cette strat~gie nouvelle sont examin~s dans diverses sections du pr~sent rapport. La conclusion essentielle est que, tandis que les pr@ts A !!I Apr~s un Projet d'assistance technique A l'irrigation en 1985, un projet d'irrigation finit par se concr~tiser; il a ~t' approuv~ par le Conseil d'administration en d~cembre 1987. - 17 - l'ajustement structurel ont rtussi, jusqu'ici. l tliminer de grandes dis torsions au niveau de la politique tconomique du pays et ont donc aidt l crter un certain nombre de conditions ntcessaires l la croissance, ces conditions sont loin d'@tre suffisantes; il s'agit II d'un tltment auquel la Banque n'a pas pr@tt suffisamment attention durant les anntes 80. Or, il est peu probable de voir la productivitt augmenter au Stntgal uniquement en raison d'une Ramtlioration- de la politique gtntrale. 11 sera essentiel d'apporter en m@me temps un soutien direct aux institutions et aux projets. - 19 - Chapitre II AJUSTEMENT STRUCTUREL ET CONDITIONNALITE A. Les objectifs et les contraintes de l'ajustement structurel tels que les percoivent la Bangue et le Gouvernement 30. Le chapitre consacr~ I. l'~volution macro~conomique du S~n~gal depuis 1960 montre bien que, durant la p~riode 77/78-80/81, la situation ~conomique ~tait devenue intenable. Avec l'augmentation des d~ficits courao.ts et budg~taires, les d~dquilibres internes et externes avaient atteint des proportions de crise. Les r~sultats ~conomiques empiraient. Les mauvais r~sultats de l'agriculture et des exportations entralnaient la stagnation du PIB et de la production, tandis que la consommation priv~e et publique allait s'acc~l~rant I. des taux effrayants (entre 1977/78 et 1980/81, la consommation de l'Etat s'est accrue I. raison de pr~s de 5 % par an et la consommation priv~e de 3,2 I). En 1980/81, la consommation a d~pass~ la production nationale et l'~pargne interne ~tait devenue nettement n~gative. Etant donn~ l'ampleur de la crise, une stabilisation et un ajustement ~taient devenus in~vitables. 31. Le Gouvernement avait le choix entre deux alternatives i) ad()pter une attitude passive et laisser les tendances r~trogrades parvenir I. un point de rupture qui d~clenche un processus d'ajustement forc~ ou Ii) intervenir activement par des mesures et r~formes appropri~es de politique afin d'atteindre un certain ~quilibre interne et externe. Le Gouvernement a opt~ pour la deuxi~me formule qui, malgr~ des risques politlques ~levh, restait pr~f~rable I. la voie inexplorh 1 laqueUe devait conduire la premi~re formule. Apr~s de longues discussions avec la Banque et Ie FMI, le Gouvernement a formul~ et publi~ en d~cembre 1979 un "Programme de rel~vement ~conomique et financier", suivi en octobre 1980 d'une "D~claration de politique ~conomique". Ces documents exprimaient l'engagement du Gouvernement I. l'~gard de profondes r~formes ~conomiques et institutionnelles et ouvraient la voie I. un programme de stabilisation et d'ajustement structurel en collaboration avec le FMI et la Banque; ce programme se poursuit encore huit ans plus tard. 32. Si l'on veut ~valuer dans un esprit critique le processus d'ajustement structurel et le rOle de la conditionnalit~, 11 est essentiel d'lndiquer d~s le d~but et de fa~on aussi explicite que possible les objectifs des deux parties (Gouvernement et la Banque) et les contraintes auxquelles elles se heurtaient et continuent 1 se heurter. La meilleure fa~on d'expliquer la nature et l'~volution des relations entre la Banque et le Gouvernement pendant toute la p~riode d'ajustement consiste 1 se placer dans l'optique de leurs objectifs et de leurs contraintes respectives. L'analyse ci-dessous peut alors servir de base I. l'examen de ces relations, dans un cadre th~orique simple. 33. En r~gle g~n~rale, les deux parties avaient en commun des objectifs assez analogues, mais dans beaucoup de cas, leurs raisons ~taient quelque peu diff~rentes. Par contre, elles se heurtaient 1 des contraintes nettement diff~rentes. Dans l'imm~diat et I. court terme, aussi bien Ie Gouvernement que Ie FMI/Banque mondiale souhaitaient Ie r~tablissement d'un - 20 - certain ~quilibre interne et externe grace 1 des mesures appropri~es de stabilisation. Pour Ie Gouvernement, il ~tait n~cessaire d'obtenir un apport suppl~mentaire d'aide ext~rieure, afin d'~viter d'avoir 1 cesser d'honorer ses obligations en mati~re de dette ext~rieure et aussi afin d'~viter d'avoir 1 r~duire de fa~on trop brutale les d~penses de l'Etat et les importations, ce qu'il avait besoin de faire, respectivement, pour diminuer Ie d~ficit budg~taire et pour att~nuer Ie d~ficit de la balance des paiements. La viabilit~ du r~gime et, en derni~re analyse, sa survie ~taient essentiellement fonction des moyens dont il disposait pour continuer 1 assurer Ie service d'une dette ~trang~re grandissante et 1 importer des produits strat~giques (notamment les produits alimentaires). Non seulement Ie FHI et la Banque mondiale insistaient sur ces objectifs de stabilisation, mais ils avaient une raison autre que celIe du S~n~gal pour aller aussi loin que possible afin d'aider Ie pays 1 assurer Ie service de sa dette ext~rieure et 1 la r~~chelonner. Un arr~t de paiement du S~n~gal, pays de premi~re importance parmi les pays du Sahel, aurait en effet envoy~ des ondes de choc chez tous les bailleurs de fonds et dans Ie tiers monde et aurait pu exercer un effet d'entrainement qui aurait compromis encore davant age un syst~me mon~taire international d~jl fragile. Ainsi donc, il fallait ~viter pratiquement 1 tout prix un arr~t de paiement. 34. A moyen et 1 long termes, et sous r~serve du r~tablissement d'un certain ~quilibre externe et interne, la Banque mondiale devait utiliser ses pr~ts 1 l'ajustement structurel pour encourager des objectifs de croissance ~conomique et de distribution en faveur de l'agriculture et des m~nages ruraux qui, pendant toute la p~riode comprise entre 1960 et 1980, avaient fait l'objet de discrimination. Alors que, ici encore, les deux parties ~taient profond~ment d'accord au sujet des objectifs 1 atteindre, elles se sont heurt~es 1 des contraintes nettement diff~rentes. En adoptant toute une s~rie de mesures d'ajustement structurel - notamment un rel~vement des prix agricoles, Ie d~sengagement du secteur public. un plafond sur les effectifs des fonctionnaires et leurs traitements, la lib~ralisation des importations, et l'~limination de la plupart des subventions - Ie Gouvernement ne pouvait manquer de l~ser certains groupes socio-~conomiques, au moins pendant une p~riode de transition, sur Ie plan de leur position relative, sinon absolue, en mati~re de revenu et de pouvoir politique. Les fonctionnaires allaient ~tre touch~s par la compression des traitements, conjugu~e 1 la hausse des prix alimentaires, qui se r~percuterait aussi sur les m~nages des travail leurs du secteur traditionnel, tandis que les industriels et les ouvriers fabriquant des produits de substitution aux importations perdraient les avantages de la rente artificielle dont ils avaient joui dans Ie pass~. Meme certains groupes ruraux, tels que les gros producteurs du Bassin arachidier (mourides) subissaient les contrecoups de la nouvelle politique semenci~re et de la r~organisation des coop~ratives. Pour un Gouvernement qui avait toujours soutenu ces groupes aux d~pens de la majorit~ de la population rurale, l'~limination de ces rentes et subventions artificielles sur lesquelles ce soutien ~tait bas~ entrainait des risques de coOts politiques extr~mement ~lev~s. Cette crainte ~tait particuli~rement bien fond~e car, d'un point de vue d'~conomie politique, ces m~mes groupes urbains plus petits, plus homog~nes, mieux organis~s et moins dispers~s g~ographiquement pouvaient, par leur action collective, exercer beaucoup plus efficacement que les agriculteurs des pressions politiques. .I - 21 - 35. Le Gouvernement s'est trouv6 en pr6sence d'un probleme extr@mement difficile : il lui fallait se justifier aupres de ces groupes, sinon les convaincre que leurs pertes A court terme seraient largement compens6es par des avantages A long terme. En outre, il lui fallait mettre sur pied certains m6canismes provisoires de compensation pour faire accepter un peu plus facilement ces mesures aux populations concern6es. Emp@cher ces populations d'avoir une r6action et une opposition trop fortes aux mesures d'ajustement structurel repr6sentait une contrainte importante dont devaient tenir compte les nouvelles politiques 6conomiques, les changements structurels et les r6formes institutionnelles. Ainsi, du point de vue du Gouvernement, les fonds d'ajustement structurel devaient servir non pas simplement A continuer A assurer Ie service de la dette ext6rieure et A maintenir par cons6quent une certaine cr6dibilit~ vis-A-vis des cr6anciers et A ouvrir la voie A de profonds changements structurels et sectoriels qui, on l'esp6rait, devaient d6boucher sur une certaine croissance 6conomique, mais devaient aussi fournir une compensation partielle A certains perdants A court terme qui d6tenaient plus de pouvoir que les autres. 36. Comme la Banque elle-m@me n'avait pas A mettre en oeuvre les mesures d'ajustement structurel qu'elle recommandait (et que parfois elle imposait), elle 6tait beaucoup moins sensible aux effets n~gatifs que ces mesures exer~aient sur les revenus et sur Ie pouvoir relatif de ces m@mes groupes (par exemple, les fonctionnaires, les industriels et tous les producteurs de produits de substitution aux importations). A la limite, on peut dire que la n6cessit6 de faire accepter ces mesures d'ajustement structurel par ces groupes a 6t6 une contrainte s~rieuse pour Ie Gouvernement. Soit dit entre parentheses, la distinction entre les objectifs et les contraintes des po1itiques n'est pas toujours bien claire. La n6cessit6 de s'attaquer A une contrainte devenue trop s6rieuse a la valeur d'un objectif A atteindre, comme Ie montrent bien les quelques exemp1es ult~rieurs. 37. On aurait tort de dire que la Banque 6tait parfaitement insensible aux r6actions des groupes vuln6rab1es. Dans Ie cadre du PAS III, la Banque a aid6 A mettre en place une caisse sp6ciale de r6insertion des travailleurs licenci6s (par. 160). Cependant, les coQts de l'ajustement ont 6t6 repr6sent6s, dans leur ensemble, comme 6tant des coQts provisoires, en attendant que 1'6conomie r6agisse vigoureusement sur Ie plan de l'offre. La Banque 6tait g6n~ralement beaucoup moins sensible aux pr6occupations des divers groupes socio-6conomiques que Ie Gouvernement qui, lui, devait mettre les mesures en oeuvre et en supporter les cons6quences. 38. D'un autre cOt6, la politique de pr@t de 1a Banque s'est heurt~e elle.·m@me A un probleme d6licat et tres contraignant. A partir de la fin des ann6es 70, les bailleurs de fonds et Ie grand public du monde occidental ont, en effet, commenc6 A s'apercevoir qu'il faudrait augmenter sensiblement le transfert de ressources A l'Afrique et aux pays du Sahel. Cette attitude s'expliquait par un certain nombre de facteurs : i) des pr~occupations humanitaires pour l'une des r6gions les plus pauvres du monde; ii) la fourniture directe ou indirecte de produits alimentaires pour att6nuer les cons6quences de la s6cheresse; iii) dans Ie cas d'un grand nombre de bailleurs de fonds occidentaux (France non comprise), r6orientation des affectations r6gionales de l'aide A 1'6tranger qui, dans - 22 - Ie pass~, avait favoris~ l'Asie et l'Am~rique latine aux d~pens de l'Afrique; et iv) toute une s~rie de raisons g~opolitiques, y compris une neutralisation possible de l'attitude relativement faible de l'Occident vis-l-vis de l'apartheid en Afrique du Sud. 39. Dans ces conditions, de fortes pressions s'exer9aient sur la Banque mondiale pour accroltre son volume de prAts au S~n~gal. On peut formuler l'hypoth~se que, m@me si la direction de la Banque n'a pas d~fini l l'avance un quota explicite de prAts, il a ~t~ fix~ sans doute un certain quota implicite. Sous le poids de l'opinion mondiale - qui a tendance l faire de l'aide l l'~tranger un synonyme de secours et un pr~alable l l'am~lioration des r~sultats, mais n'envisage presque jamais l'aide comme une b~quille qui entrave le d~veloppement le filtrage du volume des ressources fournies l un pays mod~le comme le S~n~gal aurait compromis l'!mage de la Banque. A certains ~gards, l'accroissement du vlJlume des prAts au S~n~gal ~tait une contrainte pour la Banque ~tant donn~ notamment la r~duction de l'aide fran9aise (par. 165). 40. En bref, les importants besoins du S~n~gal en aide ~trang~re pendant toutes les ann~es 80, provoqu~s par la situation critique de sa dette et de son d~ficit en ressources, conjugu~e aux pressions exerc~es sur la Banque mondiale pour transf~rer des ressources l l'Afrique en g~n~ral et au S~n~gal en particulier, sont d'une importance fondamentale pour comprendre le processus d'ajustement structurel et de conditionnalit~. Nous passons maintenant l une br~ve description des prAts l l'ajustement structurel (PAS) en analysant, plus pr~cis~ment, les types de conditions dont ils ~taient assortis,afin de mieux comprendre le dialogue de politique et Ie jeu de conditionnalit~ que jouaient les deux acteurs. B. Br~ve description des trois PAS 41. Jusqu'ici, le S~n~gal a re9u trois PAS. Le PAS I a ~t~ approuv~ en d~cembre 1980, Ie PAS II au d~but de l'ann~e 1986 et le PAS III au milieu de l'ann~e 1987. La raison d'@tre et les strat~gies qui sont l la base de ces prAts sont d~crits avec beaucoup de d~tails dans les trois Rapports du Pr~sident, auxquels on devra se r~f~rer directement si l'on veut obtenir des explications plus d~taill~es.12 Nous nous bornerons l brosser ici les grands traits des trois programmes PAS avant d'examiner avec beaucoup plus de d~tails les mesures recommand~es que comportait la strat~gie (c'est-l-dire les conditions) et l d~finir une typologie de ces conditions. Les vocables Wconditions W et Wconditionnalit~W se r~f~rent dans Ie pr~sent rapport l 1 'ensemble de mesures que d~crivent les d~clarations de politique de d~veloppement, sans se limiter aux mesures qui repr~sentent des conditions particuli~res de d~blocage de tranche : c'est le programme tout entier constitu~ par Ie train complet de mesures qu'approuvent la direction de la Banque et son Conseil d'administration en tant que conditions de la r~ussite. 12/ Banque mondiale, Rapports du Pr~sident. No P-2869a-SE, 26 novembre 1980 (PAS I); P-42l3-SE. 10 janvier 1986 (PAS II); et P-4498-SE, 4 mai 1987 (PAS III). - 23 - 42. On trouvera dans l'Annexe 1 la matrice compl~te des mesures d'ajustement structurel envisag~es par les trois PAS dont le S~n~gal a b~n~fici~. Dans le cas du PAS I, cette matrice identifie les principaux probl~mes ~conomiques, leurs symptOmes, les mesures prises et envisag~es par l'Etat (c'est-A-dire les conditions), Ie suivi de ces conditions par la Banque et les dates les plus importantes. Dans Ie cas du PAS II, cette mat rice est l~g~rement diff~rente elle se compose des questions structurelles, des mesures prises par l'Etat, des mesures A prendre, des actions l surveiller et d'un calendrier. Enfin, la mat rice du PAS III contient trois colonnes r~serv~es respectivement aux objectifs, l P~volution r~cente et aux progr~s r~alish dans le cadre du PAS II, et d~finlt les conditions encourag~es dans Ie cadre du PAS III. On se r~f~rera directement l l'Annexe 1 pour obtenir toute information plus pr~cise sur ces programmes. 43. Le programme du PAS I pr~voyait un certain nombre de mesures visant l faire augmenter l'~pargne publique (comme on l'a vu au Chapitre I, l'~pargne interne ~tait devenue n~gative en 1980/81 l hauteur de 2,5 % du PIB), l faire augmenter la productivit~ des investissements, l am~liorer l'efficacit~ du secteur parapublic. l fournir de meilleures incitations aux producteurs et aux exportateurs, l freiner la consommation urbaine, et l entreprendre dans le secteur agricole toute une s~rie de r~formes institutionnelles et de r~formes de politique. A moyen terme, c'est-l-dire de 1981 l 1985, Ie programme se donna it les principaux objectifs macro~conomiques suivants : i) r~duire le d~ficit courant de 15,6 % l 6-7 % du PIB; Ii) obtenir une ~pargne nette publique passant de 15 % des investissements publics en 1981 l 25 % en 1985; iii) faire augmenter le taux global d'investissement de 16 % en 1981 l 18 % en 1985; et iv) obtenir un taux de croissance annuel de 4 % du PIB. Le rapport d'~valuation r~trc,spective du programme a conclu que, en 1981/82: "Le Gouvernement a r~ussi l am~liorer sensiblement son programme d'investissement, l r~am~nager un certain nombre d'importantes entreprises parapubliques, l encourager les producteurs nationaux l exporter, et l r~duire les distClrsions des prix de certains produits de base. Cependant, le GOUVE!rnement n' a pas r~ussi l atteindre les objectifs macro~conomiques que fixaient les accords du PAS et du MEDC (m~canisme ~largi de cr~dits du FMI) et ll'a r~alis~ pratiquement aucun progr~s sur Ie plan des r~formes agric:oles. Le MEDC a donc ~u arr@t~ (janvier 1981) pour @tre remplac~ par des accords de confirmation d'un an; le d~caissement de la deuxi~me tranche du PAS a ~U retard~ et, finalement, Ie solde du pr@t l ~u annul~ (juin 1983)".13 44. Trois ~l~ments principaux ont contribu~ l l'~chec du PAS I. En premier lieu, deux ann~es successives de mauvais temps, en 1979/80 et 1980/81, ont conduit l une r~colte d'arachides, l des recettes d'exportation et une production alimentaire qui ~taient absolument d~sastreuses. En second lieu, l'ajustement structurel se fondait sur des informations incompUtes et inexactes. En particulier, la dette publique ~tra:~g~re ~tait beaucoup plus ~lev~e que ne l'avaient cru les organismes 13/ D~partement d'~valuation dtrospective, Rapport d'~valuation r~trospective du programme Senegal Structural Adjustment Loan and Credit, Rapport No 5637, 9 mai 1985, page iii. - 24 - multilat~raux, tandis que Ie d~ficit et les arri~r~s de l'Etat ~taient eux aussi nettement sup~rieurs aux premi~res pr~visions. En troisi~me lieu, des pr~visions trop optimistes concernant les variables exog~nes, et en particulier les cours mondiaux des arachides. ont encourag~ Ie Gouvernement l majorer en 1981 les prix l la production de 43 %. Comme les cours internationaux des arachides se sont ~croul~s en 1982. Ie Gouvernement a dO couvrir la marge entre Ie prix ~lev~ l la production et Ie faible prix l 1 'exportation, ce qui a conduit l l'une des pires h~morragies qu'ait subie Ie budget de l'Etat. Examinant en d~tail Ie PAS I, John P. Lewis, ancien Pr~sident du Comit~ d'aide au d~veloppement (CAD), constate l la lumi~re de l'exp~rience que les modalit~s ~taient l'~l~ment Ie plus inqui~tant du PAS I. En effet, Ie pr8t ~tait assorti de 32 conditions, et 13 mesures devaient 8tre prises durant les trois premiers mois du pr8t. Comme il Ie d~clare : BL'ambivalence caract~rise Ie mode ou Ie style op~ratoire des engagements et, de l'autre cOt~, leurs d~tails, c'est-l-dire les modalit~s de fonctionnement ~crites en petits caract~resB.14 II impute l'~chec du PAS I l 1a fois au Gouvernement et l la Banque. Plus pr~cis~ent, il estime que Ie Gouvernement a eu tort de ne pas avoir consult~ 1a Banque au sujet de l'annulation des dettes des agriculteurs, du niveau OU devaient 8tre fix~s les prix l la production des arachides et du d~mant~lement de l'Office national de coop~ration et d'assistance pour Ie d~veloppement (ONCAD). D'un autre cOt~, la Banque a eu tort de mettre l'accent des r~formes agricoles du PAS essentiellement sur un programme de distribution d'engrais et de semences. BElle a eu particuli~rement tort de laisser des imp~ratifs de proc~dure l'amener l pr~coniser des mod~les de po1itiques d~taill~s, par exemple un sch~ma pr~cis d'organisation des coop~ratives locales, ou 1a politique un peu sp~ciale des semences qu'elle a adopt~e avant de poss~der des informations compl~tes et suffisamment fiables. (11 s'agit II d'un aspect troublant du dossier, car i1 t~moigne d'une sorte 'd'arrogance' , ax~e sur Washington, qui a souvent vici~, au cours des ans, cette institution qui est par ailleurs essentiellement admirable.)w.15 45. Sur un plan plus positif, Lewis rend hommage l 1a Banque pour avoir fait l'exp~rience de divers types d'organisation dans Ie domaine agricole. La Banque savait que la d~centralisation ~tait essentielle mais ne connaissait pas suffisamment les dimensions culturelles, triba1es, sociales, migratoires et autres param~tres sociologiques du tissu rural s~n~galais pour identifier un mod~le pr~cis d'institution et de politique permettant de remplacer l'ONCAD par des coop~ratives ou par d'autres institutions au niveau vi1lageois. 46. Dans son Rapport d'~valuation r~trospective de programme de 1985 (Rapport No 5637), 1e D~partement des ~valuations r~trospectives a conclu que, parmi les le~ons l tirer du PAS I, figuraient 1es ~l~ments suivants : i) n~cessit~ dans laquelle se trouve Ie b~n~ficiaire d'obtenir un soutien politique vigoureux des r~formes structurelles ce dont i1 s'agit ici, c'est que, si la Banque avait conscience de l'opposition politique dont on pouvait s'attendre de la part de certains groupes de population urbaine et 14/ John P. Lewis, BAid, Structural Adjustment, and Senegalese Agriculture B, aoOt 1984, page 43. 15/ Ibid., pages 53-54. - 25 - de bureaucrates t elle a n~anmoins sous-estim~ Itopposition de It~lite rurale et Ie manque de coop~ration de la part du Minist~re du d~veloppement rural; ii) impact que dtautres sources de financement ext~rieur peuvent exercer sur la volont~ politique dtobserver la conditionnalit~ d'un PAS - Ie Gouvernement disposait dtautres sources de financement assorties de peu ou pas de conditionnalit~; iii) n~cessit~ dtune bonne pr~paration d'un programme de PAS, notamment lorsque les conditions sont d~riv~es de donn~es de base qui pr@tent l certains doutes - c'est-l-dire l'~tablissement de crit~res quantitatifs pr~cis concernant les indicateurs cl~s quand on n'a pas suffisamment de confiance l l'~gard des chiffres de base t peut rendre de tels crit~res inop~rants d~s Ie d~part. Nous reviendrons sur un grand nombre des questions qui ont ~t~ effleur~es ci-dessus en faisant particuli~rement ressortir les diverses cat~gories de conditions qui ~taient impos~es et leur lien avec les objectifs. 47. Deux grands th~mes sont l la base de la strat~gie du Gouvernement durant Ie PAS II et Ie PAS lIlt c'est-l-dire : i) cessation progressive d'une intervention directe de l'Etat dans les activit~s de production et promotion des initiatives du secteur priv~; et ii) obtention d'une meilleure efficacit~ de la gestion des res sources publiques grAce l des am~liorations de la qualit~ et de l'efficacit~ des investissements publics et l des r~formes du secteur public. Le PAS II comportait un grand nombre de COIlditions (46) portant sur des questions et des secteurs trh divers. Les pl:~incipaux ~Uments du PAS II peuvent se ranger en deux grands groupes compo]~tant chacun plusieurs rubriques. 1) Politiques d'acc~l~ration de la croissance de la production et de ltemploi a) R~formes des incitations agricoles afin de faire augmenter la production c~r~ali~re grAce l des am~nagements du prix du riz import~; lib~ralisation de la commercialisation des c~r~ales; mise en place de m~canismes de soutien d'un prix plancher des c~r~ales; pr~paration d'un programme de mesures de soutien visant l am~liorer Ie potentiel de production des c~r~ales en culture de pluie et en culture irrigu~e; et restructuration des organismes de d~veloppement rural. b) Mesures visant l supprimer Ie contrOle des dispositifs de distribution et de commercialisation des intrants dans Ie secteur des arachides, l relever Ie prix l la production des arachides afin d'am~liorer les revenus des agriculteurs et l r~duire Ie cont du soutien apport~ par l'Etat. c) Train complet de r~formes de la politique industrielle visant en particulier l r~duire les niveaux de protection effective, l rationaliser Ie syst~e de subventions aux exportations et l ~liminer graduellement les contrOles des prix. - 26 - 2) Gestion du secteur public a) Ex~cution d'un programme d'investissement public de deux ans qui canalise les res sources vers des secteurs productifs; r~forme de la programmation et de la budg~tisation des investissements publics pour mettre en place un programme d'investissement et un syst~me de budg~tisation l horizon mobile de trois ans; et pr~paration du programme d'investissement et du budget consolid~ des trois premi~res ann~es; b) acc~l~ration des r~formes du secteur parapublic, y compris ~laboration d'une strat~gie coh~rente pour guider la restructuration et/ou la privatisation de la majorit~ des entreprises publiques; c) r~duction des d~s~quilibres financiers par des mesures visant l malt riser la croissance des d~penses, l am~liorer la base des recettes et l r~duire les arri~r~s de paiement. 48. Sur le plan des objectifs macro~conomiques, deux sc~narios de projections ont ~t~ ~tablis : un premier sc~nario indiquant ce qui pourrait se produire en l'absence d'une bonne ex~cution des politiques d'ajustement structurel, c'est-l-dire un sc~nario d'Wajustement forc~", et une deuxi~me s~rie de projections montrant une croissance jug~e r~alisable et compatible avec les estimations des moyens de financement et avec l'application des politiques d'ajustement. Le deuxi~me sc~nario d'"ajustement dirig~" indiquait les objectifs macro~conomiques suivants pour la p~riode 1986-90 : i) un taux de croissance du PIB de 3,4 % par an (contre un taux de 1,4 % dans le cadre de l'option d'ajustement forc~); ii) un taux de croissance des exportations de biens et services de 5,1 %; iii) l'obtention d'un ratio d'~pargne interne en fonction du PIB de 10,7 % (contre 1 % en 1984) et d'un ratio d'investissement de 17,3 % (contre 13 % en 1984); iv) l'obtention d'un ratio de service de la dette par rapport aux exportations de 20 % et d'un ratio d'encours de dette par rapport au PIB de 66,1 % en 1990. A la lumi~re de l'exp~rience, ces objectifs semblent tr~s optimistes; ils s'inscrivent dans une tendance visant l "voir l'avenir avec des lunettes roses· - question qui a d~jl ~t~ ~voqu~e au Chapitre I. 49. La Banque a qualifi~ le PAS II de r~ussite. Le pret a ~t~ enti~rement d~caiss~ et le Gouvernement a rempli un grand nombre de conditions. Parmi les plus importantes figuraient les conditions suivantes : i) adoption d'un plan c~r~alier afin d'encourager la s~curit~ alimentaire et de r~duire le rOle des aliments import~s et abolition du monopole des importations de riz que d~tenait la Caisse de p~r~quation et de stabilisation des prix; ii) rationalisation progressive du syst~me de protection effective, ~limination graduelle des restrictions quantitatives des importations, r~vision du sch~ma de subvention aux exportations, pr~paration d'un programme d'investissement public l horizon mobile de trois ans, et enfin programme de d~sengagement du secteur public d'un certain nombre d'entreprises parapubliques et publiques. Malgr~ - 27 - l'~valuation positive du PAS II faite par les deux partenaires, l'~valuation critique des modalit~s du PAS II que contient la Section E soul~ve un certain nombre de questions pertinentes. 50. Les r~sultats ~conomiques relativement bons de 1985-87, pendant et apr~s le PAS II, ont ~t~ caus~s en partie par des facteurs exog~nes (esselltiellement des conditions climatiques favorables) et ont ~t~ partiellement influenc~s par les politiques du Gouvernement. Cette constatation pose des questions de m~thodes concernant les effets exerc~s sur les r~sultats ~conomiques par des facteurs exog~nes ind6pendants de la volont~ des d6cideurs, d'une part, et, de l'autre, par des instruments de politiques et par des r~formes institutionnelles qui d~pendent en partie de la volont~ des d6cideurs. Cette question est examin~e dans la Section C ci-apr~s. Quoiqu'il en soit, les bons r6sultats 6conomiques obtenus entre 1985 et 1987 ont conduit au PAS III, qui est essentiellement un prolongement de la strat~gie et des programmes con~us dans le cadre du PAS 11. 16 Le programme de 1987/88 ~ 1989/90 se donne les objectifs fondamentaux suivants : a) obtenir un taux de croissance annuelle moyenne du PIB r~el d'environ 3,8 %; b) continuer ~ freiner le taux annuel d'inflation pour le ramener de 5,6 % en 1986/87 ~ environ 3,4 % en 1989/90; et c) r~duire davantage le d~ficit courant externe, ~ l'exclusion des dons officiels, pour le faire tomber du chiffre estimatif de 10,8 % du PIB en 1986/87 aux alentours de 7,3 % en 1989/90. Le taux de croissance de 4,7 % qui est proj et~ pour Ie secteur primai,re est particulUrement ambitieux. En agriculture, l'expansion do it venir surtout d'importants accroissements de ls production c~dali~re tandis que la production d'arachides devrait restE!r proche de ces niveaux actuels. Pour l'industrie et les services, les t.aux de croissance ont ~t~ fixh respectivement ~ 3,7 % et 3 %. 51. Pour atteindre ces objectifs macro~conomiques, le Gouvernement a l'intention de continuer ~ mettre en oeuvre deux strat~gies fondamentales compatibles avec Ie PAS II, c'est-~-dire: i) la promotion de l'initiative priv4~e et une utilisation plus efficace des ressources grace ~ des politiques appropri~es de prix et ~ d' autres incitations, et ii) 1a r~duction de l'intervention directe des organismes publics dans les acti'rit~s de production et l' obtention d 'une meilleure efficacit6 de la gestion des ressources publiques. Comme le montre l'Annexe 1, le PAS III est l~.ssorti de 77 conditions. C. Ajustement structurel et conditionnalit~ dans un cadre de politique macro~conomique 52. Afin d'~valuer le processus d'ajustement structurel, il est essentiel de l'analyser dans un cadre de politique macro~conomique. Au niveau plus g~n6ral, le Gouvernement formule un plan de d~veloppement indiquant une strat~gie sous forme d'un ensemble d'objectifs ~ atteindre, grace ~ une s~rie de mesures d'intervention et de r~formes institutionnelles. Les objectifs d'ajustement structurel et les conditions 16/ Le PAS III s'est n6anmoins int~ress~ ~ quelques domaines nouveaux, notamment aux lois du travail et au secteur financier. - 28 - convenues entre le Gouvernement et la Banque forment un sous-ensemble essentiel du plan et, 1 la limite, comme on le verra plus tard, pourraient m@me colncider avec le plan. En derni~re analyse, la r~ussite de l'ajustement structurel ne peut pas @tre mesur'e en se demandant si les conditions sont remplies en soi, mais si les r~sultats 'conomiques s'am~liorent effectivement. L'am~lioration des r'sultats d'pend 1 son tour i) d'une bonne compr'hension qualitative et quantitative des effets des mesures d'intervention et des r~formes (conditions) sur les objectifs souhait~s sur le plan g~n'ral; et ii) de l'absence d'une 'volution d'favorable et inattendue des principales variables exog~nes qui se r~percutent sur les r'sultats, telles que le climat et les termes de l"change internationaux. Le premier groupe de variables d'pend, au moins en partie, de la volont~ du d'cideur; alors que le deuxi~me est compos~ de facteurs impossibles 1 contrOler. Quand on veut ~valuer le processus d'ajustement structurel, la difficult~ consiste en ce que de bons r'sultats peuvent provenir de facteurs exog~nes favorables (par exemple une excellente r~colte imputable 1 des pr'cipitations plus abondantes que d'ordinaire) plutOt que de mesures et de conditions appropri~es ou que, 1 l'inverse, de mauvais r'sultats peuvent @tre dus 1 des chocs externes ou internes d~favorables, malgr' une strat'gie de d~veloppement et une conditionnalit' appropri~es. On aura it tort, dans le premier cas, d'imputer 1 l'ajustement structurel les r~sultats favorables obtenus, ou, dans le deuxi~me cas, de critiquer le processus parce que le d~veloppement n'a pas ~t~ celui escompt~. 53. On a besoin d'un cadre th'orique pour pr~ciser et distinguer les effets complexes des r'formes mises en place et des facteurs conjugu~s exog~nes sur la performance ~conomique. Nous pr~senterons bri~vement ce cadre avant de l'appliquer plus pr~cis'ment au cas du s'n~gal.17 La d~marche qui est 1 la base de ce cadre fait intervenir trois 'tapes. La premi~re consiste 1 identifier les grands objectifs de d'veloppement qu'on peut con8id~rer comme repr~8entant une croissance 'conomique (G); une r'partition plus ~gale ('quitable) des revenus et/ou une att~nuation de la pauvret', ce qui, dans le cas du S~n'gal, signifie la r'duction de la forte disparit' qui existe entre les revenus urbains et les revenus ruraux (D); une am~lioration de la balance des paiements (B); une r'duction de la d~pendance 1 l"gard du reste du monde, exprim'e par exemple par la s~curit' alimentaire et par une plus grande autosuffisance alimentaire (S); une plus grande stabilit~ des prix (P); et d'autres objectifs socio- 'conomiques, y compris des objectifs non mat'riels (et peut-@tre id~ologiques) (0). A court comme 1 long terme, il peut exister des conflits parmi et entre les objectifs. 11 est important de ne pas oublier ce fait quand on ~value la performance globale de l'~conomie. 54. Apr~s avoir identifi' les principaux objectifs, en indiquant peut- @tre leur importance relative, la deuxi~me 'tape consiste 1 choisir un ensemble correspondant d'indicateurs de performance rendant compte de ces 171 Ce cadre a 't' ~labor'dans J. Lecaillon et coll., Economic Policies and Agricultural Performance of Low-Income Countries, OCDE, Centre de d'veloppement, Paris, 1987; Annexe au Chapitre 1. 11 a 't~ utilis' ici dans un contexte l~g~rement diff~rent afin d"valuer la performance de six pays pauvres au cours d'une p~riode de 20 ans. - 29 - objectifs. Ces indicateurs de performance repr~sentent 1es objectifs eux- m@mes. L'~vo1ution de ces indicateurs dans 1etemps permet de voir si 1a performance s'est am~lior~e ou a empir~ et, dans de nombreux cas, de mesurer l'amp1eur du changement. A titre d'exemp1e, l'Annexe 2 contient un ensemble d'indicateurs possibles de 1a performance agrico1e. au niveau global et de fa~on plus sp~cifique, qui correspondent aux objectifs pr~ciUs. 55. Quand on veut ~va1uer 1a performance, 1a troisi~me et derni~re ~tape consiste A essayer d'estimer 1es effets des mesures de po1itique et des changements structure1s et institutionne1s - et plus particu1i~rement dans le contexte actue1 des conditions du PAS - sur 1es indicateurs de performance correspondants aux divers objectifs de d~ve10ppement. Toutefois, comme on vient de 1e faire ressortir, des variables exog~nes - qui ~quiva1ent A des contraintes internes et externes - se r~percuteht sur 1a performance et s'ajoutent aux changements de po1itiques et aux modifications institutionne11es apport~es par 1e d~cideur. 11 est donc important d'essayer de distinguer et de s~parer, tout au moins dans une certaine mesure, 1es effets de ces facteurs exog~nes des effets exerc~s en soi par 1es po1itiques et 1es changements institutionne1s. 56. 11 est donc utile, du point de vue de l'ana1yse des po1itiques, de subdlviser 1es variables en 1) variables incontr01ab1es; 2) variables p1ac~es en partie sous 1e contr01e du d~cideur; et 3) variables de performance, inf1uenc~es par 1es deux cat~gories ci-dessus. Le Tableau 5 pr~sE'nte une proposition de classification des variables par 1es fins. Les varia"b1es incontr01ab1es sont 1es contraintes et 1es chocs qui peuvent avoil' une origine interne ou externe. Les contraintes internes peuvent @tre 1a structure socio-~conomique initia1e ainsi que 1es conditions p~dologiques et climatiques et 1a situation agro-~co10gique. (Ainsi, dans 1e cas du S~n~ga1, 1e volume et 1e profi1 des pr~cipitations sont de loin 1es e1~ments 1es plus importants qui d~terminent 1a production agrico1e.) Les contraintes externes sont par exemp1e 1es changements apport~s aux exportations ou aux importations, te1s que 1e choc p~tro1ier de l'OPEP et l'intensification du protectionnisme A l'~tranger. - 30 - Tebl.eu 6 : PROJET DE CLASSIFICATION DES VARIABLES AUX FINS D' ANALYSE DE POLITIQUE Veriebl •• incontralebl •• : I. Contrelnte••t choc. A. Intern•• B. Extern•• Veriebl .. r.l.vent pertl.ll ...nt du contral. du dicideur II. ChengeMenta In.titutlonnel ••t .tructur.l. III. We.ur.. de polltiqu.. A. Politiqu. . . .cro6cono.iqu•• B. Polltlqu•• egricol •• Veri.bl •• de perfonaenc••ubl ••ent I'influ.nc. de I, II .t III cl-de••u. : IV. Indiceteur. de perlor.. nc. A. Indlc.teur. egricol .. 1. Indiceteur. globeux 2. Indiceteur. "per_ B. Indiceteur. netloneux V. Obj.ctif. de div.lopp.-ent ~ J. Leceilion .t coil., Econo.lc Pollci •• end Agrlcult.urel P.rfor.. nc. of Low-IncOllle Countrl •• , OCDE, C.ntr. de div.lopp.-ent, Peri., 1987. Bi.n que cet.te .tude de I 'OCDE .t I. tabl.eu ci- de••u. t.reitent ....nti.ll ...nt d'egrlcultur., I. tabl ..u peut. igel ...nt .'eppllqu.r bl.n .Or , d'eutre••ecteur.. R"p'ecer donc IAgrlcol.·, per lSectorl.'·. 57. Les variables qui d~pendent partiellement du d~cideur peuvent ~tre subdivis~es en deux cat~gories en fonction du degr~ de contrOle effectif. Dtordinaire t les changements et r~formes institutionnelles entra1nent des changements des droits juridiques et des droits de propri~t~; ils ont tendance 1 affecter la structure socio-~conomique et il est notoirement difficile de pr~dire leur influence sur la performance. Par contre. les mesures ou instruments de politique (par exemple la masse mon~tairet les taux dtimposition et les politiques de prix) peuvent !tre manipul~s par Ie d~cideur avec beaucoup plus de flexibilit~ et de fa~on beaucoup plus progressive dans Ie cadre d'une structure institutionnelle et soqio- ~conomique donn~e. - 31 - 58. Dans le cadre d'un programme d'ajustement structurel, les conditions sont contenues dans une enveloppe plus large de politiques et de changements institutionnels (structurels) qui constitue la strat~gie de d~veloppement du Gouvernement. Dans le contexte du S~n~gal, on verra que les conditions des PAS II et III repr~sentaient un tout - ensemble de mesures figurant dans le r~cent plan de d~veloppement, colncidant pratiquement avec ces mesures et pouvant difficilement en etre distingu~es. 59. Du point de vue de l'analyse des politiques, la question fondamentale concerne la nature des rapports qui existent entre ces diverses cat~gories de variables. Le Graphique 2 montre le sens dans lequel s'exerce l'influence entre et parmi les cinq cat~gories de variables qui ont ~t~ d~finies plus haut. Les fl~ches 1 et 2 repr~sentent les effets des mesures appliqu~es, surtout au niveau macro~conomique mais aussi, dans une certaine mesure. au niveau sectoriel, sur les indicateurs de performance nationaux et sectoriels. 18 Dans le Graphique 2, la fl~che 3 repr~sente les changements des r~formes institutionnelles et en particulier les changements d'organisation au niveau d'un secteur, en indiquant leur influence soit sur la production, soit sur la distribution. A son tour, toute ~valuation de performance doit tenir compte de l'impact des contraintes et chocs internes et externes qui sont indApendants, ou presque, de la volontA du d~cideur (fl~ches 4 et 5). 60. La fl~che 6 traduit l'interd~pendance des indicateurs de performance, c'est-A-dire la contribution que les indicateurs sectoriels peuvent apporter A la performance globale au niveau national et la fa~on dont, A son tour, elle peut etre affect~e par eux. Ensuite, la fl~che 7 indique que le choix des indicateurs de performance au niveau national et sectoriel est dArivA des principaux objectifs de d~veloppement. Du meme coup, les indicateurs de performance servent A juger du progr~s rAalisA pour atteindre les objectifs de d~veloppement. (C'est la raison pour laquE!lle la fUche 7 est bidirectionnelle.) En fin , la fl~che 8 indique que le profil des institutions et le choix des politiques dApendent en premier lieu des objectifs de dAveloppement poursuivis par l'Etat qui, dans le contE~xte d' un programme d' aj ustement structurel, seront influencAs de maniere sensible par la Banque mondiale et par les bailleurs de fonds. En outrl?, les d~cideurs modifieront leurs stratAgies, c'est-A-dire une comb:lnaison de r~formes institutionnelles et de mesures de politique choisies en fonction de la r~ussite ou de l'~chec du d~veloppement, indiqu~es par les indicateurs de performance et aussi par les ~valuations de p":lrformance de la Banque mondiale et des bailleurs de fonds impliquh. Cett,e relation, repdsentAe par la fUche 8a, exprime l'impact de la perf~rmance sur les orientations des politiques. 61. Le cadre conceptuel que nous venons de d~crire (repr~sent~ par le Graphique 2) fournit non seulement une classification utile des variables de politique sur le plan op~rationnel, mais il indique aussi la direction 18/ Dans le Graphique 2. ces deux s~ries de fl~ches sont combin~es pour la clart~ de l'expos~; en fait, la fl~che 1 devrait relier les politiques macro~conomiques aux indicateurs, tandis que la fl~che 2 devrait relier les politiques sectorielles aux indicateurs. - 32 - des principales relations de cause l effet entre les diverses cat6gories de variables. En tant que tel, il joue un rOle utile en tant qu'instrument d'organisation pennettant d'examiner dans Ie d6tail l'impact que des mesures de politique et des changements institutionnels exercent, soit s6par6ment soit dans leur ensemble (il s'agit notamment des conditions de l'ajustement structurel) sur la performance, et de s6parer leurs effets, tout au moins en th6orie, de ceux qU'exercent des facteurs et contraintes impossibles l contrOler. Toutefois, Ie Graphique 2 reste une bolte noire tant qu'on ne pr6cise pas de fa~on explicite et quantitative, grAce l des mod~les d'6quilibre g6n6ral. voire partiel, les divers rapports qui lient les variables les unes aux autres. 62. M@me si ce serait manquer tout l fait de r6alisme que de penser pouvoir capter et expliquer les effets directs et indirects combin6s de 1 'ensemble de toutes les mesures de politique et des r6fonnes institutionnelles sur les indicateurs de performance dans le cadre d'un mod~le d6tail16 d'6quilibre g6n6ral, il est important de connaltre les mod~les et approches partiels. implicites ou explicites, que la Banque a utilis6s pour 6tayer ses recommandations. 63. De fa~on plus pr6cise, on peut demander l la Banque de quelles preuves th60riques ou empiriques elle disposait pour justifier telle ou telle recommandation. C'est ainsi que l'une des fl~ches de la case 1 du Graphique 2 relie les politiques de prix agricoles l la production agricole; comment la Banque a-t-elle estim6 la r6action de l'offre l l'6volution des prix de soutien et aux autres mesures comp16mentaires et comment a-t-elle estim6 6galement l'impact sur la demande int6rieure? Sans aucun doute, les 6l6ments de preuve qui ont pennis de relier les mesures de politique et les indicateurs de performance 6taient plus vigoureux dans certains cas que dans d'autres. II est plus facile d'estimer l'impact marginal d'une mesure donn6e, telle qU'une modification des prix ou de l'assiette fiscale, dans Ie cadre d'une structure donn6e, que d'estimer les effets conjugu6s d'un ensemble de mesures - sans parler des modifications d'organisation qui changent la structure socio-6conomique existante. 64. Avant d'appliquer Ie cadre th60rique dont il vient d'@tre question l une 6valuation s6lective d'un certain nombre d'interventions et de conditions qui 6taient l la base des trois PAS, il est essentiel d'examiner ces conditions de fa~on concr~te. , - 33 - Graphlque2 CLASSIFICATION DES VARIABLES ET RELATIONS ENTRE CONTRAINTES, INSTITUTIONS ET CHANGEMENTS S"rRUCTURELS, MESURES DE POUTIQUE, INDICATEURS DE PERFORMANCE ET OBJECTIFS DE DEVELOPPEMENT Variables incontrOlables I. CONTRAINTES A. Internes Variables de performance IV. INDICATEURS DE PERFORMANCE B. Externes A. Agriculture 1. Indicateurs globaux V. OBJECTIFS DE Variables partiellement DEVELOPPEMENT S{)US Ie contrOle du decideur II. INSTITUTIONS ET CHANGEMENTS STRUCTURELS 2. Indicateurs separes ] [ B. Au niveau national 8 8 B. Dans I'agriculture 8 ~ J. Lee.illon .~ coil., Econ~ic Pol lei •• • nd AAricul~ur.1 P.rforM.nc. of Low- Inc~ Coun~ri •• , OOOE, C.n~r. de div.lop,...n~, P.rl., 1987. 8i.n que c.~te '~ude d. I'OCDE.~ I. ~.bl .. u ci-des.u. ~r.iten~ ....n~I.II ...n~ d'.grlcul~ur., I. ~bl .. u peu~ 'g.l ...n~ .'.ppliqu.r bi.n .Or I d'.u~r•• • eeteur.. R..pl.c.r done 'Agricol.', p.r 'Sectorl.I'. - 34 - D. Analyse et typologie des conditions des PAS au S~n~gal 65. La principale fo~e dtinfluence que la Banque peut exercer dans son dialogue de politique ~conomique avec Ie Gouvernement passe par ltenveloppe de conditionnalit~ (de fa~on beaucoup plus limit~e, la Banque peut influencer Ie Gouvernement par la qualit~ de son analyse socio- ~conomiquet ses prets-projets et son assistance technique). A ce propos, il se pose automatiquement un certain nombre de questions, par exemple : Quelle fo~e ces conditions doivent-elles prendre? Dans que lIe mesure sont-elles sp~cifiques? Sont-elles exprim~es en te~es qualitatifs ou quantitatifs? Quelle est leur intensit~ et leur pertinence? Combien de conditions ont ~t~ impos~es par chaque PAS? Y a-t-il eu une priorit~ pa~i les nombreuses conditions dtun PAS donn~? 66. Pour r~pondre au moins A certaines de ces questions t nous passons maintenant A un examen plus concret des conditions qui sont A la base des trois PAS. La premi~re observation, et la plus importante, que sugg~re cet examen t concerne Ie nombre ~lev~ et grandissant de conditions qu'impose chaque PAS (voir Tableau 6)19 et la diversit~ consid~rable de ces conditions t qui vont de simples ~tudes A des changements institutionnels assez profonds - qui touchent une multitude de questions et de secteurs. 67. A cause de la diversit~ des conditions et du fait que beaucoup d'entre elles ne constituent pas ou n t entralnent pas des mesures d'interventions en tant que telles - au sens d'un changement d'instruments d'intervention ou d'une r~fo~e institutionnelle (structurelle) - il est essentiel d'~tablir une classification op~rationnelle qui concorde ~galement avec Ie cadre th~orique ci-dessus. La typologie que nous proposons ici contient cinq cat~gories diff~rentes de conditions, A savoir : 1) des ~tudes; 2) des pr~alables aux interventions, y compris la fo~ulation de programmes d'action t les mesures annonc~es par Ie Gouvernement, la publication de d~crets, "Ie renforcement administratif", les examens et les plans dtaction; 3) des changements d'instruments d'intervention dans Ie cadre d'une structure existante, par exemple, changements des prix agricoles A la production et A la consommation, modifications des subventions aux exportations, changements des droits d'importation et des restrictions quantitatives, r~fo~es fiscales, plafonds budg~taires par cat~goriet ~limination des monopoles de commercialisation, changements des instruments mon~taires, tels que Ie contrOle du cr~dit, et r~glement des dettes du Gouvernement A l'~gard du secteur priv~; 4) des objectifs interm~diaires, qui sont des conditions sur lesquelles l'Etat ne peut exercer qU'un contrOle limit~ car elles subissent l'influence de facteurs exog~nes, par exemple, l'augmentation de la proportion d'investissements publics A financer sur l'~pargne publique nette; et enfin 5) des r~formes institutionnelles et structurelles, par exemple, abolition ou restructuration des entreprises publiques et parapubliques existantes ou cr~ation de nouvelles entreprises, 19/ Les matrices de politique de l'Annexe 1 font apparaltre Ie nombre des conditions. 11 convient de noter que la liste des conditions peut diff~rer tr~s l~g~rement dtun document de la Banque mondiale A l'autre; il en va de meme du nombre exact de ces conditions. - 35 - privatisation d'entreprises d'6conomie mixte, mise en oeuvre d'un programme de r60rganisation au sein d'un minist~re, par exemp1e Hinist~res du Plan et du d6ve10ppement rural, ex6cution de plans d'am6nagement des grandes banques et mise A l'essai de nouvelles structures d'organisation agrico1e. 68. Bien sdr, 1es "6tudes" et toute 1a s6rie de mesures qui figurent ci-dessus dans 1a cat6gorie des "pr6a1ab1es" ne modifient nu11ement, en soi, 1a situation existante de 1a po1itique et des institutions. Ce1a ne va pas dire pour autant que ces deux cat6gories de conditions n'aient pas leur tmportance; en fait, e11es peuvent etre des pr6a1ab1es essentie1s A l'identification des interventions appropri6es. Hais c'est uniquement au cas ou e11es sont contenues dans 1es nouveaux instruments ou 1es r6formes de po1itique qu'e11es peuvent exercer une influence sur 1a performance. Les dossiers des minist~res des pays en d6ve10ppement sont p1eins de vieilles 6tudes, programmes d'action et examens qui n'ont jamais 6te suivis d'effet. 69. Par c~ntre, 1es trois autres cat6gories de conditions peuvent avoir un impact significatif sur 1a performance - sans que cet impact s'exerce n6cessairement dans 1e sens pr6vu ou souhait6. 20 En derni~re analyse, leurs effets d6pendront en partie de facteurs exog~nes et en partie de 1a va1idit6 et de l'exactitude des "mod~lesft sous-jacents et des apprClches ou cadres th60riques dont 1a Banque s'est servie pour re1ier 1es variables de po1itique aux indicateurs de performance (c'est-A-dire 1es f1~ches 4-5 et 1-3, respectivement, du Graphique 2). Cette question est reprise plus tard dans 1a Section E. 70. L'Annexe 1 s'efforce 'de c1asser 1es diverses conditions des PAS dans l'une de ces cinq cat6gories. Bien que certaines conditions ne correspondent pas bien Aces cat6gories et d'autres observateurs pourraient faire des choix que1que peu diff6rents on peut dire que 1a repartition de l'Annexe 1 indique 1es cat6gories de conditions dont sont assortis 1es trois PAS consentis au S6n6ga1. Comme on peut 1e voir d'apr~s 1e Tableau 6, 1e total des conditions impos6es a fortement augmente d'un PAS a l'autre, passant de 32 dans 1e PAS I a 46 dans 1e PAS II et A 77 dans 1e PAS III; par ai11eurs, 1a proportion de conditions correspondant A des 6tudes et a des pr6a1ab1es est pass6e de 34 % dans 1e PAS I A 52 % dans 1e PAS II et a 56 % dans 1e PAS III. 20/ Soit dit entre parenth~ses, une intervention ou une r6forme institutionne11e mise en oeuvre de fa~on incomp1~te aura proportionne11ement moins d'inf1uence sur 1a performance. - 36 - Tabl.au 8 PRETS A L'AJUSTEWENT STRUCTUREL I-III TYPOLOGIE DES CONDITIONS l! ~ PAS II PAS III Etudes 8 8 13 Prealabl •• & 1& 30 Interv.ntlon. 1& 18 28 ObJectlf. Intena6diair•• 4 1 Refor... in.tltutionn.II •• ..l ..l 8 No.br. total de condition. 82 48 77 l! L'Ann••• l conti.nt la II.te co.pl~te de. condition •• Sourc. : Prepare par I. Departement d'evaluation retro.pectlv •• 71. Ceci nous am~ne 1 un ~l~ment important qui intervient dans l'~valuation du processus de n~gociation de l'ajustement structurel entre la Banque et Ie Gouvernement : il s'agit de la "rigueur" de l'enveloppe de conditionnalit~. On peut dire que deux dimensions de cette rigueur sont Ie nombre de conditions dont un PAS est assorti et la proportion de conditions "dures" (actions, objectifs interm~diaires et r~formes institutionnelles) par rapport aux conditions "douces" (~tudes et pr~alables). Une dimension suppl~mentaire de la rigueur est l'ampleur et la gamme des domaines et questions de politique sur lesquels porte un PAS. Dans une ~tude comparative de la conditionnalit~ englobant tous les pays recevant des PAS entre 1980 et 1986, Mosley identifie 19 domaines diff~rents d'intervention relevant de quatre rubriques diff~rentes, 1 savoir politique commerciale, mobilisation des ressources, utilisation efficace des ressources, et r~formes institutionnelles. 21 II d~finit la rigueur d'un PAS en utilisant uniquement Ie nombre de domaines d'intervention que comporte un PAS donn~. Ainsi donc Ie PAS II du S~n~gal comportait 11 de ces domaines : on lui a donc attribu~ une rigueur de 11, qui est relativement ~lev~e par rapport aux autres pays b~n~ficiaires de PAS (la gamme allait de 4 pour Ie Niger et 5 pour Ie Chili 1 15 pour la Turquie).22 Dans Ie PAS III (qui ne figure pas dans l'analyse de Mosley), il semble qU'au moins 15 des 19 domaines d'intervention soient couverts, ce qui donnerait une rigueur de 15. 72. II Y a aussi une autre dimension de la rigueur, qui est l'intensit~ d'une condition particuli~re d~finie en termes d'impact sur les indicateurs de performance. Une r~forme institutionnelle majeure (par 21/ Paul Mosley, "Conditionality as Bargaining Process Structural Adjustment Lending, 1980-86", Essays in International Finance, No 168, octobre 1987, Department of Economics, Princeton University, voir Tableau 2. 22/ Ibid., voir Tableau 3. - 37 - exemp1e 1a suppression de l'OHCAD, son remp1acement par d'autres dispositions institutionne11es, ou un programme important de 1ib~ra1isation des importations) peut exercer un impact significatif sur l'efficacit~ et sur d'autres objectifs, tout en ~tant beaucoup plus diffici1e l ex~cuter et tout en entralnant l court terme des coQts pour certains groupes socio- ~conomiques puissants. L'intensit~, au sens o~ nous 1a prenons ci-dessus, est extr@mement diffici1e l mesurer de fa~on pr~cise, mais doit @tre gard~e l l'esprit. E11e a ~ga1ement un certain rapport avec 1e degr~ de difficu1t~, pour 1e Gouvernement, l app1iquer une mesure donn~e,et avec 1a r~sistance po1itique qu'e11e suscite. 73. L'~vo1ution de 1a conditionna1it~ au S~n~ga1 pendant 1es ann~es 80 appe11e quelques observations importantes qui sont essentie11es si l'on veut mieux comprendre 1e processus de n~gociation entre 1es deux parties. D'un cOt~, l'augmentation sensible du nombre de conditions et de 1a gamme de questions couvertes conduit l penser que 1e programme d'ajustement devient plus rigoureux et plus g~n~ra1. D'un autre cOt~, 1a r~duction sensible de 1a proportion de conditions -duresft conjugu~e l l'absence d'un , ordre de priorit~ pr~cis parmi ces derni~res et l un certain nombre de conditions ftdures ft incomp1~tes (voir par. 75) 1aisse entendre. un affaib1issement re1atif de 1a ftrigueurft et un d~sir de faire preuve d'une plus :grande soup1esse quand i1 s'agit de savoir si 1e Gouvernement a effectivement respect~ 1es conditions du PAS. 11 est vrai que quelques conditions ~taient des mesures de d~b10cage des tranches mais, en dehors d'e11es, i1 semble que 1a Banque ait pUt dans une certaine mesure, choisir l son gr~ 1a s~rie de conditions sur 1esque11es e11e fondait ses d~cai9sements et 1a s~rie sur 1aque11e e11e pouvait fermer 1es yeux et, dans des cas pr~cis, se donner latitude de d~cider si 1es conditions avaie:nt ~t~ remp1ies ou non. Nous reviendrons sur ces questions fond~menta1es 10rsque nous examinerons de fa~on plus concr~te 1e processus de n~gociation de 1a conditionna1it~. 74. L'examen de 1a 1iste de conditions qui figure dans 1es PAS I-III (dans l'Annexe 1) am~ne l formu1er une autre observation de caract~re g~n~ra1. Cette 1iste ne mentionne aucun indicateur de performance qui correeponde aux objectifs concrete du d~ve10ppement (des exemp1es possibles d'indicateurs agrico1es sont fournis dans l'Annexe 2) - bien que chaque PAS pr~cise ces objectifs aux niveaux macro~conomique et sectorie1. La raison de cette omission semble @tre que 1a performance ~conomique subit l'inf1uence partie11e de variables exog~nes incontr01ab1es (voir f1~ches 4 et 5 du Graphique 2) et qu'i1 serait donc injuste de p~na1iser 1es gouvernements pour des r~su1tats sur 1esque1s i1s ne peuvent exercer qU'un contr01e 1imit~.23 Cependant, ces indicateurs pourraient servir l suivre l'~vo1ution de 1a situation ~conomique et socia1e et l 1a comparer avec 1es expectatives de d~part. 11 ne s'agirait pas de savoir si 1es conditions sont remp1ies ou non, mais un tel examen pourrait @tre instructif l 1a fois pour 1e pays et pour 1a Banque afin de connaltre 1es diff~rences entre 1es 23/ 11 est que1que peu surprenant que 1a Banque emp10ie des objectifs interm~diaires (te1s qU'une augmentation de 15 % l 25 % de 1a part de l'~pargne pub1ique dans 1es investissements publics) en tant que conditions, m@me si ces conditions ne re1~vent que jusqu'l un certain point de 1a vo10nt~ du d~cideur. - 38 - r~sultats escompt~s des changements structurels et la r~alit~ de la situation. 15. Une derni~re observation g~n~rale, avant d'entreprendre une ~valuation plus pr~cise des trois PAS et de leur impact sur les r~sultats : un certain nombre de conditions retenues sont incompl~tes, en ce sens que, mame si on les remplit, elles ne suffisent pas A exercer une influence sur la structure socio-~conomique. 11 faut qu'elles soient compl~t~es par d'autres mesures si on veut qu'elles soient efficaces et exercent un impact sur la politique. On peut citer comme exemples de ces conditions - il en sera question plus tard - le d~sengagement du secteur public (mise en vente d'entreprises parapubliques et publiques) qui ne pourrait d~boucher sur des r~sultats concrets qu'A la suite de 1 'engagement du secteur priv~ (qui ach~terait ces entreprises); et 1 'importance extrame accord~e aux politiques des prix agricoles pour modifier la production en l'absence des interventions compl~mentaires qui sont essentielles sur le plan de la commercialisation et de la distribution. E. Base des conditions des PAS et leur r~percussion sur la performance 1) Introduction 16. En 1980, il ne faisait plus aucun doute que le S~n~gal ~tait le th~atre d'un processus cumulatif d'affaiblissement et de r~cession ~conomiques. Bien que ce processus ait ~t~ exacerb~ par des facteurs exog~nes. tels que des s~cheresses cons~cutives et la chute des cours mondiaux des arachides, les causes de cette r~cession avaient un caract~re structurel et non pas temporaire. Pour faire face A cette situation critique, la Banque et le Gouvernement, A qui il faut ici rendre leur dQ, se sont rendus compte que, s1 l'on voulait sortir d'une escalade qui allait de mal en pis, il leur fallait envisager la situation dans une vaste optique macro~conomique. Les interventions devaient se situer simultan~ment sur de nombreux fronts pour aider A ~liminer les d~s~quilibres et les goulets d'~tranglement existants. La logique sur laquelle reposait cette approche ~tait qu'un ensemble de mesures compl~mentaires qui se renforceraient mutuellement et seraient appliqu~es simultan~ment entralnerait, apr~s une br~ve phase de stabilisation, les modifications structurelles et institutionnelles indispensables pour remettre l'~conomie sur la voie d'une croissance et d'un d~veloppement soutenables. 11. Dans la pr~sente section, nous essayons de r~pondre A un certain nombre de questions concernant le choix des conditions. De fa90n plus pr~cise, quels ~l~ments th~oriques. conceptuels ou empiriques. permettant de mettre en rapport les mesures et les r~formes avec la performance ~conomique escompt~e, la Banque a-t-elle utilis~s ex-ante pour formuler sa strat~gie et son enveloppe de conditionnalit~? Etant entendu qu'il fallait mettre en place un vaste ensemble de mesures intersectorielles, comment la Banque a-t-elle estim~ les effets conjugu~s probables d'une combinaison de - 39 - mesures sur les divers objectifs de d6veloppement et comment a-t-elle s6par6 ces effets de ceux des variables exog~nes? En d'autres termes, jusqu'ou la Banque a-t-elle pu d6voiler le secret de la bolte noire du Graphique 2? Est-ce que l'enveloppe d'aide de la Banque (ajustement structurel, prAts-projets et assistance technique) renferme des contradictions apparentes? 78. Une autre question fondamentale concerne la fa~on dont la Banque a fait c:onverger une straUgie et une enveloppe de conditionnalit6. Quelles questions ont fait l'objet d'un d6bat interne et quelles controverses ont- elles suscit6? Est-ce que la Banque a tir6 les le~ons des exp6riences et des 6checs pass6s (par exemple, est-ce que la Banque a tir6 la le~on de l'6pisode du PAS I pour formuler le PAS II?)? 79. L'analyse ci-apr~s porte de fa~on s61ective sur quelques questions fondamentales de politique. Une r6serve qu'il convient de formuler d~s le d6but est qu'il est trop tOt pour juger de l'impact des PAS II et III sur la peJ:formance ex-post. En effet, les mesures d' ajustement structurel prennE!nt du temps pour s' infiltrer dans le syst~me et pour exercer une influE!nce sur l' 6conomie. 11 est donc pr6matud de porter un j ugement d6finltif sur le degr6 de r6ussite qu'a pu avoir la strat6gie endoss6e par la Banque et par le Gouvernement. Dans la mesure ou des tendances perceptibles apparaissent au cours des deux ou trois derni~res ann6es, celleB-ci seront examin6es. Toutefois, la pr6sente 6valuation porte surtout sur la validit6 de la base analytique et empirique qui a servi l des recommandations ex-ante de politique et sur le processus de formulation de ces recommandations. 80. La multitude de conditions que renferment les trois PAS (voir Annexe 1) se r6partissent en quatre grands domaines suivants 1) agriculture: 2) am61ioration de l'efficacit6 du secteur priv6 (lib6ralisation du commerce, promotion des exportations, 61imination des distorsions de prix, incitations au d6veloppement industriel et l la cr6ation d'emplois, r6formes du secteur financier): 3) investissements et finances publiques (am61ioration de l'efficacit6 du processus d'investissement public, am61ioration du processus budg6taire); et 4) renforcement et d6sengagement du secteur public, ainsi qU'engagement du secteur priv6. Chacun de ces domaines est 6valu6 l tour de rOle: vient ensuite une br~ve discussion des conts sociaux de l'ajustement. 2) Agriculture 81. Ce premier domaine de l'ajustement structurel peut se subdiviser \ selon les grandes rubriques du Tableau 7, qui sont assorties des conditions du PAS correspondantes. Dans la pr6sente section, nous examinons surtout les deux premi~res rubriques, car la section du Chapitre III consacr6e au secteur agricole renferme une analyse d6tail16e des changements institutionnels. - 40 - Tabl .. u 7 CLASSIFICATION DES CIN)ITIONS DES PAS CONCERNANT L 'AQRICULTU'tE Condition. l!. PAS II PAS III Prix .t cr6dlt. aarlcol .. 11-18, 17, 2, a, 6 a9, 41, 42 26, 27 44, 46 22 Chana-nte I net I tut Ion.-I., 21, 2a, 24 1, 4, 8-11 87, a., 40 r60raani ..tion .t planlflcatlon 2e 43,46-68 l!. La null6rotatlon . . condition. corr..pond I c.ll. lndiqu' I "Ann.x. 1, qu'll convl.nt de con.ult.r pour plu. de ditail •• 82. Les questions que nous voulons mettre ici en relief entrent dans les trois principales rubriques suivantes 1) politique des prix agricoles; 2) recherche agricole; et 3) performance agricole et ~l~ments qui la d~terminent. a) Politigues des prix agricoles 83. De 1980 l 1987, le Gouvernement a relev~ sensiblement ~ les prix nominaux l la production, ainsi que le prix du riz au d~tail. Le rOle jou~ par la Banque dans l'~volution et la conception des politiques de prix a consist~ a) l indiquer dans le PAS I qu'il fallait ~tudier les politiques des prix des c~r~ales et des cultures d'exportation (conditions 11 et 12 de l'Annexe 1); b) l mettre en place un m~canisme de soutien des prix l la production des c~r~ales et l indiquer la n~cessit~ de maintenir un taux de protection nominale d'au moins 25 % pour les c~r~ales, en ajustant le prix de vente du riz au d~tai124 (conditions 1-3 du PAS II); et c) l pr~parer l'~tude des prix et incitations agricoles en 1987 (condition 41 du PAS III). 84. Avant d'entrer dans l'analyse des raisons qui ont amen~ la Banque l formuler ses recommandations dans ce domaine, un examen de la documentation met en relief la demande constante et continue de nouvelles ~tudes portant sur les effets des politiques de prix agricoles. Bien que 24/ 11 semble qu'on ait voulu fixer le prix de vente du riz au d~tail l un niveau d~passant de 25 % le prix de vente du mil au d~tail. Cependant, il apparalt en fait que ,cette marge de protection ait ~t~ appliqu~e au prix du mil non transform~, ce qui a eu pour r~sultat. sans doute involontaire, que le prix de vente du mil au d~tail ~tait sup~rieur l celui du riz. - 41 - cette demande ait ~t~ un leitmotiv des ann~es 60 et 70, elle a ~t~ reprise avec plus de force durant les ann~es 80. t~moin la citation suivante : ·Les prix de quatre produits de base - arachides. coton, mil et riz - sont les param~tres fondamentaux de l"conomie, en ce sens qu'ils se r'percutent sur la production, les revenus ruraux. Ie coQt de la vie et aussi (notamment les prix des arachides) sur Ie niveau des recettes et de l"pargne publiques. Le programme cherchera l rationaliser l'intervention de l'Etat dans ces domaines (en partie sur la base d'une 'tude concernant les prix relatifs optimums des produits agricoles que Ie Gouvernement a command'e et qui est en passe d'@tre achev'e) •••• ·25 Sept ans plus tard, en mai 1987. cette ~tude n"tait toujours pas termin~e, l en juger la citation suivante : ·Des consultants 'trangers sont en train d'effectuer une 'tude des prix et des incitations agricoles ••• Cette 'tude permettra au Gouvernement de d'terminer les prix relatifs des diverses c'r~ales et des produits l base de c~r6ales et l'aidera l d6cider si Ie prix des arachides devrait servir de base pour 6tablir les prix d'autres produits agricoles. Les r6sultats de cette 6tude. qui devront @tre connus en aoQt 1987, conduiront l la pr6paration d'un plan d'action avant la fin octobre 1987 (condition de la deuxi~me tranche). Ce plan sera mis en oeuvre pendant la campagne 1987-88 (condition de la troisi~me tranche)·.26 85. Vu l'importance critique de la question, on ne comprend pas tr~s bien pourquoi cette 6tude n'6tait pas encore achev6e l la fin 1987. Les citations ci-dessus semblent indiquer que la 8anque ne pouvait pas avoir tellement confiance dans la base analytique des recommandations qu'elle focBulait dans ce domaine. Elles posent aussi la question de savoir si, en l'absence d'une bonne 6tude, la pr6cision avec laquelle elle 6tablissait les prix agricoles (qui sont devenus des conditions des PAS) n'~quivalait pas l "mettre la char rue avant les boeufs". Nous reviendrons bientOt sur ce point. 86. Nous passons maintenant aux raisons qui servent de base l la str,aUgie des prix agricoles. En premier lieu, les objectifs 6taient clairs. La 8anque et Ie Gouvernement voulaient encourager une plus grande autosuffisance alimentaire en rempla~ant la consommation du riz par la consommation de mil/sorgho et aussi en rempla~ant Ie riz d'importation par du riz de production nationale. En outre. Ie prix 6lev6 du riz l la consommation (au moins Ie double du cours mondial) devait constituer une source importante de recettes pour Ie Gouvernement, qui encaisserait la ~/ Rapport du Pr6sident, PAS I, page 23. ~/ Rapport du Pr6sident. PAS 111. pages 27-28. Cette 6tude n'6tait pas encore achev'e 1 la fin de l'ann'e 87. - 42 - diff~rence entre Ie prix ~lev~ au d~tail et Ie faible prix A l'importation. De mame, on devait encourager la production d'arachides afin d'intensifier les exportations et d'am~liorer les revenus des m~nages ruraux. 87. Afin d'atteindre ces objectifs, Ie Gouvemement - A l'instigation de la Banque - a relev~ en termes nominaux tous les prix A la production. II se pose alors deux s~ries de questions fondamentales : 1) A quelle sorte de r~action globale de l'offre pouvait-on s'attendre au niveau de 1 'ensemble du secteur agricole? (c'est-A-dire dans quelle mesure la production totale r~pondrait-elle au rel~vement des prix nominaux?); et 2) comment savoir si l'ensemble de mesures compl~mentaires indispensables pour faire augmenter la production, outre les incitations par les prix, figurait dans la strat~gie agricole? 88. Pour que l'ensemble de la production agricole augmente, il faut que deux conditions soient remplies 1) les prix agricoles r~els doivent augmenter, et non pas seulement les prix nominaux; et 2) il faut pouvoir disposer de terres ou de main-d'oeuvre exc~dentaires (inutilis~es), et/ou de technologies permettant d'augmenter les rendements, avec des m~canismes appropri~s de vulgarisation et de distribution rap ide aupr~s des agriculteurs. Comme ces demiers r~agissent aux prix r~els plutOt qU'aux prix nominaux, il faut examiner l'~volution des prix r~els pour savoir si la premi~re condition ci-dessus a ~t~ effectivement remplie. Le Tableau 8 contient une s~rie chronologique de prix officiels A la production exprim~s en termes constants (c'est-A-dire obtenus en utilisant l'indice des prix A la consommation d'une famille s~n~galaise). Ce tableau montre clairement qu'il n'y a pas eu de modifications significatives du prix r~el entre 1970 et 1986 dans Ie cas des arachides, du mals et du mil. En fait, les ~l~ments dont on dispose semblent indiquer une l~g~re diminution des prix r~els de ces trois produits durant les ann~es 80. 27 Ainsi donc, il ne semble pas qu'ait ~t~ remplie la premi~re condition appelant une augmentation globale de la production agricole CC'est-A-dire une augmentation de ses prix r~els). 27/ Etant que les subventions aux engrais ont ~t~ consid~rablement donn~ r~duites et que la distribution d'engrais a ~t~ compromise, ces facteurs devraient renforcer l'observation ci-dessus concernant les prix r~els A la production. En fait, on se sert souvent, pour exprimer Ie prix r~el A la production, du rapport entre Ie prix nominal A la production et Ie prix des engrais. Bien entendu, quand des changements institutionnels exercent une influence n~gative sur les disponibilit~s en engrais, cela revient A dire qu'il y a une augmentation tr~s significative du prix de ces demiers. - 43 - Tableau 8 : PRIX OFFICIELS A LA PRODUCTION, 1970-88 EN VALEURS CONSTANTES DE 1970 (franc. CFA/kllo) ~ Arachh:J.. !!!1.! !ill 1970 33 20 18 17 1971 30 28 18 17 1972 27 20 17 16 1973 26 24 20 20 1974 28 26 21 18 1975 24 22 18 18 1978 26 21 18 18 1977 23 20 18 17 1978 22 19 17 18 1979 23 19 16 17 1980 23 20 14 18 1981 24 26 18 18 1982 21 21 14 16 1988 19 19 18 16 1984 18 18 16 16 1986 23 21 18 18 1988 22 20 16 16 ~ Banque mondiale, -Senegal : Agricul~ural S.c~r S~r.~gl Bdef- , Volume II Annexe .gti.tique, (projet) , .eptembre 1987. 89. 11 semble qu'il en aille de m@me de la deuxi~me condition. Les ~l~ments dont on dispose montrent que la superficie cultiv~e et les rendements ont subi de tr~s fortes fluctuations - surtout sous l'influence du profil des pr~cipitations le long d'une tendance qui reste stationnaire, lorsqu'elle n'est pas en baisse. Le Tableau 9 et l'Annexe 3 montrent que 1a superficie cultiv~e en arachides ~tait nettement plus faible en 1985-87 qu'elle ne l'a jamais ~t~ durant toute la p~riode 1961-87; alors que, durant ces ann~es, les rendements sont rest~s 1 peu pr~s au m@me niveau qU'au d~but de la p~riode. Les superficies cultiv~es et les rendements en mil et en sorgho semblent avoir l~g~rement progress~ dans le pass~ r~cent. Dans le cas du paddy, il y a eu tr~s peu de changements dans les superficies cultiv~es. mais une augmentation sensible des rendements, tandis que la superficie et les rendements du mals augmentaient. En fin de compte, la situation semble compl~tement statique dans le cas des deux cultures fondamentales, les arachides et le mil, qui occupent 86 % de l'ensemble de la superficie cu1tiv~e. Une cause fondamentale de cet ~tat de choses est la faiblesse des recherches et l'absence de messages technologiques appropri~s pouvant exercer un effet positif sur les rendements. C'est 11 une question sur laquelle nous reviendrons dans la sous-section suivante. 11 est difficile de comprendre sur quelle base le Gouvernement et la Banque pouvaient s'attendre 1 une augmentation sensible de la production agricole globale, alors qU'aucune des deux conditions ci-dessus n'~tait remplie. Pour compliquer ce - 44 - probl~me. notre ~valuation du secteur agricole (voir Chapitre III) fait ressortir que les faiblesses institutionnelles. sur Ie plan de la commercialisation et de la distribution, freinent sensiblement l'accroissement de la production, si bien que, m~me en pr~sence d'incitations par les prix et d'apports technologiques viables, il semble peu probable qu'on obtienne une r~action significative de la production globale. (La Banque avait fix~ A la croissance agricole des objectifs optimistes, c'est-A-dire 3,5 % de croissance annuelle pendant les dix ann~es suivantes et une croissance de la production c~r~ali~re de 4,9 % par an entre 1991 et 1995).28 Si l'ensemble de la production agricole ne pouvait enregistrer que des progr~s marginaux, la Banque et Ie Gouvernement ne pouvaient, en mettant les choses au mieux, que s'attendre A une am~lioration relative des revenus ruraux par rapport aux revenus urbains en raison des modifications apport~es aux termes de l'~change au niveau inUrieur. T.bl.au 9 PRODUCTION ACRICOLE ET PRODUCTIVITE DES PRINCIPALES CULTURES, 1980/61-1986/87 (.oy.nn. . . nnu.II •• de• • ou.-pirlodee) Moy.nn•• Arachld•• .. I Il.orgho annu.II •• Produ~lon SUe!rflcl. R.ndemente Production SUe!rfici. R.nct.Mtnt. (tonn.. ) (ha) (tonn••/h.) (tonn•• ) (h.) (tonn•• /ha) 1980/61-198./66 942.180 1.031.000 0,91. ..2.980 871.600 0,608 1986/88-1989/70 918.6-40 1.109.2.0 0,828 6••• 620 1.062.600 0,613 1970/71-197./76 761.237 1.062.712 0,723 .7•••01 969.987 0,.94 1976/76-1979/80 982.187 1.22•• 937 0,788 669.1.7 989.10-4 0,687 1980/81-19M/87 703.032 916.669 0,767 636.236 1.077 .388 0,691 R1z ....... Production SUe!rflcle Renct.Mtnte Production SUe!rfici. R.nct.Mtnt.. (tonn ••) (he) (tonn••/ha) (tonn..) (ha) (tonn••/ha) 1980/61-198-4/66 91.620 7•• 880 1,227 29.280 3-4.800 0,8-41 1986/88-1989/70 116.3.0 90.1.0 1,291 .2.720 6•• 320 0,787 1970/71-197./76 83.30-4 7•• 928 1,112 33.066 .3.398 0,762 1976/76-1979/80 100.321 72.161 1,390 -46.601 67.787 0,805 1980/81-19M/87 119.77. 69.280 1,729 87.189 78.832 1,106 ~ : Ann••• I. 90. Le fait que la r~action globale de l'offre Boit limit~e par lea disponibilit~s en intrants, la technologie, la rentabilit~ de 1 'agriculture , telle que l'exprime Ie prix r~el de la production, ainsi que 28/ Voir Rapport du Pr~sident, PAS III, page 7 et __~An~_E~c~o~n~o~m~y _S_en~egaa~l Under Adjustment, page 35. - 45 - par l'efficacit~ du syst~me de commercialisation et de distribution, signifie que, m~me dans les meilleures conditions, l'~lasticit~ de l'ensemble de la production par rapport aux prix tend 1 ~tre assez faible. Toutefois, le m~me raisonnement ne s'applique pas 1 chaque culture. Des changements des prix relatifs 1 la production peuvent conduire 1 modifier sensiblement l'emploi des ressources et l'affectation des terres entre les diff~rentes cultures. Dans le cadre d'une certaine dotation en ressources et d'une technologie donn~e, les changements des prix relatifs peuvent induire des changements au niveau de la composition de la production. Bien que la chose n'ait pas ~t~ explicit~e, on a l'impression que, dans la strat~gie agricole Gouvernement/Banque. l'objectif d'autosuffisance alimentaire en est arriv~ avec le temps 1 prendre relativement plus d'importance par rapport 1 celui de la promotion des exportations d'arachides, si bien qu'on s'attend 1 voir diminuer le prix relatif 1 la production de ces derni~res. Les ~l~ments d'information qu'on poss~de sur cette question ne sont pas enti~rement clairs, comme l'indique en d~tail le Chapitre III. Le Tableau 10 montre que le rapport entre les prix des arachides et du mil ne suit pas une tendance nette et homog~ne depuis 1980. Par contre, la nouvelle politique de prix sous-entendait une diminution sensible du prix relatif du mil par rapport au paddy de production nationale, qui le faisait tomber de 0,96 en 1980-82 1 0,82 en 1986. 11 semble donc que, sur le plan des priorit~s relatives, l'instrument des prix ait favoris~ d'abord le paddy, puis le mil et les arachides. Pour estimer les effets des changements des prix relatifs sur la composition de la production, il faut examiner les statistiques dont on dispose au sujet de la r~action de l'offre au niveau des divers produits. Les quelques ~l~ments ~conom~triques qui existent et que pr~sente avec certains d~tails la section du Chapitre III consacr~e au secteur agricole - mont rent l'influence pr~dominante des pr~cipitations et l'impact limit~ des prix sur la production des c~r~ales, comme sur celle du mil. - 46 - T.ble.u 10 : PRIX RELATIFS A LA PRODUCTION (fr.nc. CFA/kilo), 1870-86 l! ......./ ......./ Ar.chide./ coton .•.'. Ar.chide./ Ar.chides/ .11 .. II/ p.ddy ~ ..!.l.L 1970 0,64 1,00 o,eo 0,96 0,64 o,eo 1971 0,79 1,22 1,28 0,81 0,64 1,06 1972 0,7a 1,22 1,29 0,81 0,80 1,06 1978 0,80 1,26 1,a7 0,8a 0,68 1,09 1974 1,08 1,40 1,40 1,19 0,74 1,00 1976 0,86 1,14 l,aa 0,7a 0,74 1,17 1976 0,86 1,14 1,aa 0,72 0,74 1,17 1977 0,82 1,08 1,14 0,84 0,76 1,06 1978 0,82 1,08 1,14 0,84 0,76 1,06 1979 0,88 1,16 1,08 0,96 0,76 0,9a 1980 0,86 1,2a 1,14 0,96 0,70 0,98 1981 1,02 1,62 1,60 0,96 0,6a 0,98 1982 0,89 1,28 1,20 0,97 0,69 0,94 198a 0,74 1,06 1,00 0,97 0,69 0,94 1984 0,86 1,20 1,08 0,92 0,71 0,91 1986 1,29 1,60 1,60 0,91 0,86 1,00 1986 o,eo 1,29 1,29 0,82 0,70 1,00 l! Prix .Ju.te. pour en falre des prix ~ I I. production, c'e.t-I-dire non co.pri. I.. coOt. theoriqu.. d......nc.. , etc. Ar.chide./ Ar.chlde./ .. II/ • 11 ...... p.ddy 1970-74 1,26 1,22 0,92 1976-79 1,20 1,12 0,82 1980-86 1,26 1,81 O,9a Sourc.. In.titut "neo.l.l. de recherch.. .grono.lque.; et "Ini.~re du developp..-nt rur.I, Qouvern...nt du seneg.l. 91. Nous essaierons ensuite de reconstruire 1es 616ments dont disposait 1a Banque et 1e processus (de d6cisions) qui a fini par d6boucher sur 1es recommandations et sur l'enve1oppe de conditionna1it6 dans 1e domaine des prix agrico1es. Quand on analyse l'impact de l'6vo1ution des prix. 1a production et des prix • 1a consommation (par exemp1e, ceux du riz), on sait bien qu'un cadre d'6qui1ibre g6n6ra1 permettant d'6tab1ir en meme temps 1es effets sur l'offre et sur 1a demande a toutes probabi1it6s de conduire • des estimations sensib1ement diff6rentes et plus pr6cises que 1a m6thode uti1isant un 6qui1ibre partie1 et plus 1imit6. En fait, cette "analyse sur p1usieurs march6s des po1itiques des prix agrico1es du S6n6ga1" a 6t6 effectu6e au sein de 1a Banque par A. Braverman et 1 - 47 - J.S. Hammer en 1984. 29 Le mod~le faisait intervenir non seulement plusieurs march~s, mais aussi plusieurs r~gions, qui ~taient au nombre de quatre : 1) le Bassin arachidier; 2) le Sud; 3) la r~gion du Fleuve; et 4) Dakar. Ce mod~le comportait des simulations de deux types d'interventions g~n~ra1es qui ont ~t~ ana1ys~es. On a ana1ys~ s~par~ment quatre prix, tOUtE~S choses ~tant ~gales d'ai1leurs,30 puis trois enve10ppes int~gr~es de po1itiques qui faisaient intervenir des changements de prix multip1es. 31 92. 11 convient de d~crire bri~vement ce mod~le car : a) cette description fournit un bon cadre d'analyse permettant de suivre l'interaction comp1exe des variations de prix multiples; et b) la strat~gie des prix de 1a Banque en a tenu compte. Les sc~narios de simulation des prix ont donn~ des estimations de leurs effets conjoints sur l'offre et 1a demande des principa1es cultures, sur 1es revenus r~e1s des quatre r~gions, sur les recettes des exportations agricoles, sur le d~ficit de l'Etat dans 1e domaine de l'agricu1ture et sur 1es importations de riz. A10rs que le mod~le avait pour objet principal d'offrir un outi1 d'analyse et de prouver qu'il ~tait possible d'obtenir une s~rie de r~sultats en fonction d'~lasticit~s qui ne sont pas suffisamment connues, 1es r~sulats fondamentaux indiquaient qu'i1 existait une relation inverse entre certains avantages et certains coats. Sur 1e plan des avantages, i) i1 ~tait possible de stimuler 1a production de mil par une augmentation des prix du riz et cette production ~tait sensible A l'hypoth~se concernant 1es 61asticit~s crois~es; et ii) 1e d~ficit public ~tait sensib1ement r~duit grace surtout aux progr~s des recettes douani~res obtenues des importations de riz. D'un autre cOt6, sur 1e plan des coats, i) 1es recettes nettes en devises (tr~s sensibles A l'hypoth~se d'~lasticit~) al1aient diminuer parce que 1a production supp1~mentaire de mil se fait aux d~pens des arachides; et ii) les revenus r~els recu1ent de fa~on importante dans toutes 1es r~gions.32 Deux facteurs, contribuent au recu1 des revenus r~e1s: 29/ A. Braverman et J.S. Hammer, "Multimarket Analysis of Agricultural Pricing Policies in Senegal", dans Singh, I., L. Squire et J. Strauss (responsab1es de r~daction), Agricultural Household Models: Extensions, Applications and Policy, Baltimore: The Johns Hopkins University Press, 1986, pages 233-254. 30/ C'est-A-dire : 1) r6ductions de 15 % et 35 % du prix des arachides re~u par 1es agricu1teurs; 2) augmentations de 10 % et 50 % du prix du riz; 3) augmentations de 50 % et 118 % (cours mondiaux de 1981) du prix du coton; et 4) augmentations de 100 %, 200 % et 300 %, respectivement, du prix des engrais. 31/ 1) R6duction conjointe du prix des arachides et des engrais; 2) r6duction du prix des arachides mais augmentation du prix du riz; et 3) simulation d'une d6va1uation en relevant 1es prix des produits 6chang6s. 32/ Ces effets se maintiennent quand augmente seu1ement le prix du riz, i1s sont renforc~s quand i1 y a en m@me temps r~duction du prix des arachides. - 48 - l'abaissement des prix et de la production des arachides et la rentabilit~ plus faible du mil (parce que la demandeest in~lastique et l'augmentation de la production se traduit par un abaissement des prix). 93. Comme Ie montre la citation suivante. Ie mod~le a suscit~ beaucoup de controverses au sein de la Banque : "Les r~sultats de votre analyse mont rant les effets nuisibles d'une augmentation du coftt du riz import~ se fondaient sur un cadre ~conomique et politique qui aura it exig~ qu'on l'examine de plus pr~s... Sans aucun doute, tout d~bat public concernant les effets de la hausse des prix du riz sur Ie march~ national aurait des cons~quences politiques inqui~tantes s'il montrait que les conclusions de votre analyse laissent supposer un certain nombre d'effets nuisibles sur les revenus des consommateurs et des producteurs. [Les services r~gionaux] ont ~galement indiqu~ que Ie PHI et la r~gion soutenaient vigoureusement des re1~vements des prix int~rieurs du riz. Ce soutien est fond~, selon les services r~gionaux, sur la conviction profonde qU'une telle d~cision apporterait des avantages budg~taires d'importance primordiale. 33 Nous trouvons la citation suivante dans un autre document interne : "II s'agit ~ga1ement de savoir ce que nous avons l'intention de faire avec 1e mod~le de politique des prix de Braverman, dont les r~su1tats g&nants ont ~t~ temporairement ob1it~r~s en attendant que 1e Service des projets examine la validit~ des donn~es et des sp~cifications du mod~le".34 94. 11 n'est gu~re surprenant qu'on ait mis en doute la va1idit~ des r~sultats obtenus grace A un mod~le quelconque. Cependant, on ne sait abso1ument pas pourquoi aucun des sc~narios de politique examin~s grAce au mod~le n'~tait celui que la Banque a effectivement adopt~, c'est-A-dire une augmentation sensible du prix des arachides conjugu~e A une augmentation du prix du riz. Par rapport au sc~nario pr~voyant un abaissement du prix des arachides, une augmentation du prix des arachides a toutes probabi1it~s de provoquer une certaine r~action de l'offre, contribuant ainsi A gonfler des recettes d'exportation, et de r~duire quelque peu la croissance de la production du mil et, par cons~quent, de faire augmenter la rentabilit~ de mil (A cause de l'in~lasticit~ de 1a demande). 11 semblerait donc que les r~percussions n~gatives sur les revenus r~e1s et les recettes d'exportation, te1les que les indique 1e mod~le en suivant un sc~nario de hausse des prix du riz conjugu~e A une baisse du prix des arachides, auraient ~t~ probablement invers~es avec un autre sc~nario fond~ sur une hausse concomittante des prix du riz et des arachides. Dans 1e cadre de ce dernier sc~nario, la contrepartie est 1e coftt budg~taire consid~rable d'un soutien apport~ A 1a hausse des prix des arachides. 33/ Document interne (septembre 1984). 34/ Document interne (septembre 1984). -I - 49 - 95. A la r6flexion, la Banque et Ie Gouvernement ont peut-Atre retenu un sc6nario de prix raisonnable (susceptible d'Atre d6fendu) sans l'avoir cependant mis l l'6preuve dans un cadre analytique explicite et, peut-Atre. en c6dant essentiellement aux pressions exerc6es par Ie PMI et par Ie Gouvernement. 35 Cependant. comme on l'a affirm6 plus haut, la Banque a nettement surestim6 les effets exerc6s par les politiques de prix sur la production globale. 96. Quoi qu'il en soit, la r6duction r6cente du prix du riz l la consommation, que Ie Gouvernement a ramen6 de 160 l 130 francs CFA, ne semble pas concorder avec l'objectif visant l encourager Ie remplacement du riz par du mil dans Ie r6gime alimentaire et l augmenter, par cons6quent, Ie degr6 d'autosuffisance. 97. Avant d'abandonner la question de la politique des prix, il convient de formuler une observation supp16mentaire. La Banque et Ie Gouvernement voulaient, entre autres, am6liorer la situation nutritionnelle des m~nages ruraux en faisant augmenter la consommation de mil - qui devait se substituer l la consommation de riz. Or, un rel~vement du prix du mil a toutes chances d'encourager un exc~dent commercialis~ bien plus que des progr~s de l'ensemble de la production. Une r~action marginale de cette derni~re l un rel~vement du prix, conjugu6e l une forte r~action sur Ie plan de l'exc~dent commercialis6 ph6nom~ne caract~ristique des cultures de subsistance - pourrait conduire l une r6duction de la quantit6 de mil disponible et consomm~e grAce l cette production, et exercerait donc une influence n~gative sur la nutrition. b) Recherche agricole 98. Un leitmotiv deuxi~me qu'on retrouve dans une ~valuation r~trospective des documents et des dossiers de la Banque est l'observation plusieurs fois r~p~t~e que les recherches actuellement consacr~es l 1 'agriculture sont insuffisantes et qu'on ne dispose donc pas des technologies appropri6es qui permettraient d'accroltre les rendements, grAce l des activit~s de vulgarisation et de distribution aupr~s des agriculteurs. C'est ainsi que, en 1980, Ie Rapport du Pr~sident renferme l'~valuation suivante : "Les technologies recommand~es par les programmes de recherche agricole ont fait apparaltre certains carences fondamentales. Les recherches actuelles ont beaucoup trop port~ sur une seule zone du Bassin arachidier, ne tiennent pas compte des derniers r~sultats des recherches internationales et cherchent de fa90n trop ~troite l am~liorer les rendements de certaines cultures sans tenir dnment compte des contraintes g~n~rales d'ordre technique, ~conomique et sociologique qui sont impos~es l l'exploitation familiale. 11 ne fait aucun doute qU'un programme doit 35/ En priv~, les services de la Banque ont estim~ dans l'ensemble que Ie S~n~gal avait relev~ Ie prix du riz uniquement pour des raisons budg~taires et que les S~n~galais croyaient que l'offre de c~r~ales nationales ne r~agirait pas aux prix. - 50 - diversifier les recherches agricoles afin de les faire porter sur les principales r~gions ~cologiques du S~n~gal et stefforcer en mAme temps de mieux identifier les nombreuses contraintes des syst~mes dtexploitation du pays".36 11 est surprenant de constater qutune seule condition des trois PAS concerne directement la recherche (condition 22 du PAS It voir Tableau 7). Les projets de la Banque dans le domaine des recherches agricoles sont ~valu~s au Chapitre III dans la section consacr~e au secteur agricole. 99. La Banque a entrepris un examen important des structures de la recherche agricole du S~n~gal.37 Ce document contient en particulier les conclusions suivantes : a) la le~on la plus importante A tirer des premiers prets de la Banque A 1 'agriculture s~n~galaise (1969-79) est sans doute que, A moins de les reconnaltre rapidement comme telles et dty porter rem~de, des rec ommandat ions techniques insuffisantes et/ou incorrectes peuvent entralner un ~chec des investissements; b) la Banque a cherch~ A assurer l'accessibilit~ et l'adoption de nouvelles technologies t sans chercher A savoir si les technologies utilis~es jusque lA n'~taient pas suffisantes. Selon les auteurs t cela revenait A "mettre la charrue avant les boeufs".38 (Nous nous sommes d~jA servis de cette expression A propos d'une strat~gie de prix qui a ~t~ con~ue et adopt~e sans qu'on sache, ni sur Ie plan th~orique ni de fa~on empirique, quelles en sont les r~percussions). 100. Jammeh et Lele font ressortir deux autres contradictions possibles entre la strat~gie agricole actuelle et, respectivement, l'affectation des cr~dits de recherche et ltavis des hommes de science au sujet des possibilit~s d'ex~cution techniques de cette strat~gie. lIs notent t en premier lieu, que l'affectation actuelle des cr~dits de recherche semble etre fortement biais~e en faveur du riz et du mals aux d~pens du mil/sorgho et des arachides (bien qu'on puisse l'expliquer dans ce dernier cas par Ie fait que, dans Ie pass~, 1es recherches visaient essentiellement cette culture d'exportation). En second lieu, l'Institut s~n~galais de recherches agronomiques (ISRA) affirme que Ie plan c~r~alier est d~ficient d'un point de vue scientifique pour deux raisons fondamentales : 1) il ne d~finit pas de fa~on pr~cise ce qui constitue l'autosuffisance alimentaire (se rappeler que, dans le cadre de ce plan, le pays devait devenir autosuffisant A hauteur de 80 % dans Ie domaine de l'alimentation d'ici l'an 2000); et 2) il ne semble gu~re comprendre les contraintes techniques qui empechent d'atteindre l'objectif. 101. La derni~re conclusion des auteurs m~rite d'@tre cit~e car elle r~v~le un obstacle fondamental qui s'interpose entre les r~sultats des recherches et ltaugmentation de la production: 36/ Rapport du Pr~sident, PAS I, page 6. 37/ S.C. Jammeh et U. Lele, "Building Agricultural Research Capacity in Senegal", Banque mondiale (MADIA), 25 aoQt 1987, (ron~o). 381 Ibid. t page 17. - 51 - "L'exp~rience de l'ISRA a montr~ que Ie transfert des r~sultats de recherche aux agriculteurs n'a eu, en g~n~ral, qU'une influence modeste sur la production. D'apr~s les sp~cialistes, on a souvent imput~ cet ~tat de choses 1 l'insuffisance de la vulgarisation et des r~actions des producteurs • l'~gard de 1 'innovation. Or, la raison fondamentale, selon l'ISRA, est Ie manque persistant d'appr~ciation de la distinction qui existe entre un r~sultat de recherche d'une part et, de l'autre, la recommandation technologique ou pratique- (page 82). 102. Dans une importante ~valuation de l'ajustement structurel au S~n~gal, Ie Hinist~re fran~ais des affaires ~trang~res a rappel~ lui aussi que taus les observateurs soulignent depuis 20 ans les faiblesses des reche:rches. En effet, les recherches n' ont pas ~t~ en mesure d' offrir des vari~t~s nouvelles adapt~es • l'~volution des conditions climatiques (pr~c.ipitations plus faibles et plus irdgulUres). EUes restent limit~es 1 des stations exp~rimentales et ne tiennent pas compte des contraintes socio-~conomiques qui caract~risent les syst~mes de production des agriculteurs. En particulier, cette ~valuation fait observer que les r~sultats sont surtout faibles dans Ie domaine des c~r~ales et des l~gumes. Bien qu'il semble qu'on puisse obtenir une certaine augmentation du rendement c~r~alier en adaptant mieux les recherches, on ne peut s'attendre 1 de pareils dsultats • br~ve ~ch~ance.39 103'. Les observations pdc~dentes conduisent aux principales conclusions suivantes : 1) la base analytique et empirique sur laqueUe la Banque a ~labor~ sa strat~gie agricole est insuffisante et prete 1 controverse; et 2) comme la strat~gie ne supposait a) ni une augmentation des prix agricoles r~els, b) ni 1 'existence de messages technologiques permettant d'augmenter les rendements, grAce 1 une vulgarisation efficace aupr~s des agriculteurs, il semble que, 1 la lumi~re des preuves vigoureuses fournies par un certain nombre d'~tudes selon lesquelles l'offre r~agit de fa~on limit~e aux prix, les expectatives et projections ex-ante de la Banque concernant la r~action globale de la production sont tres optimistes. c) La performance agricole et ses ~l~ments d~terminants 104. Des preuves irr~sistibles mont rent qu'il existe une forte corr~lation entre la production agricole et Ie volume et la r~partition des pr~cipitations au S~n~gal; c'est ce que confirment les ~tudes ~conom~triques dont il est question • la Section A du Chapitre III. L'Annexe 4 pr~sente sur Ie m!me graphique l'~volution de la production annuelle des arachides, du mil/sorgho et du paddy, et des pr~cipitations, entre 1960 et 1986.Cette corr~lation appara1t clairement dans Ie cas des deux premi~res cultures mais elle est, bien entendu, moins prononc~e pour Ie riz, dont la culture se pratique en partie dans des p~rim~tres irrigu~s. Comme on Ie verra au Chapitre III dans la section consacr~e au secteur 39/ R~publique fran~aise, Minist~re des relations exUrieures, Coop~ration et D~veloppement, Evaluations : D~s~quilibres structurels et programmes d'ajustement au S~n~gal, Chapitre 5, page 31. - 52 - agricole, ni le prix ni l'utilisation des engrais ne semblent avoir sur la production un impact important, contrairement aux variables climatiques dont les effets sont absolument d~terminants. 105. Les rapports entre la production d'arachide et la production de mil sont complexes et doivent etre analys~s plus en d~tail si l'on veut en tirer des conclusions sur le plan de la politique g~n~rale et pouvoir ~laborer une strat~gie appropri~e. Ces deux cultures sont pratiqu~es sur les memes terres par les memes agriculteurs. Pour des raison agronomiques (fertilit~ du sol), un r~gime d'assolement est souhaitable. Les arachides sont une culture de rapport tandis que le mil/sorgho est une culture de subsistance. L'emploi d'un mat~riel permettant d'~conomiser la main- d'oeuvre (par exemple, des semoirs) dans la production d'arachides lib~re la main-d'oeuvre familiale qui peut alors augmenter la superficie consacr~e au mil/sorgho. En meme temps, les rendements en mil de la campagne pr~c~dente sont associ~s de fa~on n~gative l la production courante. Les ann~es de r~colte abondante, il est possible de constituer des stocks de subsistance qui r~duisent durant la campagne suivante les pressions poussant l faire occuper les terres par des cultures vivri~res, et vice- versa. Les effets conjugu~s des facteurs ci-dessus conduisent l un profil de production annuel qui, au premier regard, semble etre assez capricieux. 106. Depuis une trentaine d'ann~es, une constante extremement grave est la diminution consid~rable des pr~cipitations annuelles (voir Annexe 4). Le Tableau 11 fait apparaltre cette tendance de fa~on plus accus~e en pr~sentant les pr~cipitations annuelles moyennes cumulatives de cinq p~riodes quinquennales allant de 1960-65 l 1980-85. On peut voir que la moyenne a constamment diminu~ pendant chaque p~riode, pour tomber de 799 mm par an en 1961-65 l 448 mm par an en 1981-85. En outre, le Tableau 11 montre que, dans chaque p~riode quinquennale, le nombre d'ann~es durant lesquelles les pr~cipitations annuelles sont tomb~es au-dessous de 600 mm par an a ~galement augment~, passant de z~ro pendant la premi~re p~riode l cinq pendant la p~riode la plus r~cente. La cons~quence principale de cette ~volution l la baisse est que, simplement pour maintenir un niveau de production constant, les rendements devraient augmenter suffisamment pour compenser cette baisse - ce qui est extremement difficile compte tenu des faiblesses dont il vient d'etre question dans le domaine de la recherche. Bien qu'il soit trop tOt pour conclure que cette tendance est irr~versible ou que, l tout le moins, elle ne peut pas etre interrompue, il est certain qu'elle constitue un autre obstacle consid~rable l la r~action de la production agricole. - 53 - Tabl .. u 11 PRECIPITATIONS ANNUEUES CUUULATIVES, 1981-87 N~br. d'ann'" ou I.. MOI.nn. gulngu.nnal. ericlelta~lon. 6ta1.n~ • upirl.ur.. lnf'rl.ur•• .n _ par an • 800_ • 800_ 1981-86 799 2 0 1988-70 886 1 1 1971-76 668 0 a 1978-80 648 0 4 1981-86 448 0 6 1988-87 l!. 489 0 2 l!. Moy.nn. d. d.ux an•• Sourc.. : OCDE, Club du Sah.I, D'v.lop~n~ d.a cul~ur.. pluvial •• au $6n'gal (.. i 1988) pour I.. ann'" 1980/81' 1980/81, ~ ·S.n~al: Agricul~ural S.c~or S~ra~y Brl.t·, (Volu.. II) pour I•• ca.pagn.. cone6cu~lv••• 1980/81. 107. Qui plus est, les effets de la diminution des pr6cipitations tendent A atre reli6s A un processus de d6sertification qui les intensifie et qui a 6t6 acc6l6r6 par le surpaturage, l'absence de bonnes fonnules d'assolement, Ie d6boisement et l'6rosion. Pour certains observateurs perspicaces la seule fa~on d'inverser la d6sertification consiste A r6tablir sur large 6chelle la fertilit6 du sol par des applications massives de phosphate naturel. On nous a dit A maintes reprises (il s'agit en particulier de techniciens fran~ais) que l'avenir de la production agricole pluviale passe obligatoirement par la r6g6n6ration du sol. La quest.ion du r6tablissement de la fertiliU du pays doit atre s6par6e de celIe de l'application des engrais au niveau de l'exploitation. La privatisation des march~s et de 1a distribution des engrais que pr6conisent la BiLnque et Ie Gouvernement ne doit pas s' effectuer au d6triment de la conservation et du r6tablissement de la fertilit6. En fait, c'est lA un domaine dans lequel l'Etat aura probablement A jouer un rOle de premier plan" 108. Sur Ie plan de son impact possible, l'am6lioration de la fertilit6 et de la conservation du sol est analogue A la construction d'un grand projet d'irrigation. 11 faut commencer par engager des d6penses cons:id6rables tandis que les b6n6fices n' apparaissent que plus tard. 11 semble que l'ex6cution d'un tel programme de r6g6n6ration des sols se - 54 - heurte au S~n~ga1 A de graves difficu1t~s techniques et administratives. 40 Si un tel programme devait apporter au patrimoine un ~l~ment indispensable A l'am~lioration de 1a productivit~ agrico1e, i1 appartient a10rs A l'Etat d'intervenir - comme i1 1e fait pour 1a recherche. I1 est tout A fait surprenant que 1a Banque semble avoir ~t~ presque comp1~tement absente de ce d~bat fondamenta1. 109. Ceci nous am~ne A l'~va1uation de 1a performance agrico1e durant 1a p~riode de l'ajustement structure1. Le Tableau 12 contient certains indicateurs portant sur 1a p~riode a11ant de 1981 A 1987. Ce tableau montre c1airement l'impact pr~dominant des pr~cipitations sur 1a production agrico1e. Le beau temps qui a r~gn~ en 1982 et 1983 a permis d'obtenir de bonnes r~co1tes. Sont venues ensuite deux ann~es extr@mement mauvaises, 1984/85. (En particu1ier. 1es pr~cipitations sont tomb~es en 1984 au niveau 1e plus bas de 1a p~riode pour 1aque11e nous poss~dons des donn~es; c'est-A-dire A partir de 1960.) T.ble.u 12 QUELQUES INDICATEURS DE LA PERFORMANCE ACRICOLE, 1981-87 PIa .grlcole (_Illi.rd. de fr.nc. CFA con.t.nt. de 1979) 60,6 76,2 80,1 48,4 61,2 80,8 n.d. PIa du secteur prluire (_illl.rds de fr.nc. CFA con.t.nt. de 1979) 107,8 134,3 140,9 114,3 123,4 136,6 n.d. PIa (_illi.rd. de fr.nc. CFA const.nt. de 1979) 668,9 843,3 880,9 830,9 864,8 886,1 n.d. 438 684 492 313 438 606 473 Ar.chldes (_llllon. de tonne.) 487 888 1.080 676 490 801 841 MII/.orgho (_I II ion. de tonn..) 641 960 666 362 471 960 834 P.dd1 (_Illion. de tonne.) 86 122 120 102 138 148 148 Source. Seneg.l: An Econ~y Under AdJustmentj et -Seneg.' Agricultur.1 Sector Stnteg1 Brlef-. 40/ Les sols semb1ent @tre trop minces A l'heure actuelle et ne contiennent pas suffisamment de mati~res organiques pour absorber 1e phosphate nature1 qui, sans ce1a, est emport~ par 1e vent ou par 1e ruisse11ement. Un rem~de possible pourrait consister A mettre en place un syst~me de production agrico1e mixte qui apporterait au sol des mati~res organiques auxque11es 1e phosphate nature1 pourrait se raccrocher. ! . - 55 - 110. Les conditions atmosph~riques se sont ensuite am~lior~es en 1986/87; il en est all~ de mame de la production agricole. Le climat d~clenche, en cycles de deux ans, des fluctuations prononc~es du PIB agricole, de la production d'arachides et de la production de mil/sorgho. So it dit en passant, Ie Tableau 12 fait apparaltre l'ajustement anticyc1ique d~ja not~ de 1a production de mil aux stocks (c'est-A-dire un ajustement prononc~ de 1a production dans 1e sens de 1a baisse en 1983 - qui fut une ann~e relativement bonne sur 1e plan du c1imat - apr~s 1a r~co1te exceptionne11e en 1982 et un ajustement dans 1e sens inverse en 1986, apr~s 1es r~co1tes d~sastreuses de 1984-85). 111. Comme 1a nouvelle po1itique agrico1e (voir par. 220 et 221, Chapitre III) n'a commenc~ A atre ex~cut~e qU'en 1986, il est beaucoup trop tOt pour juger l'impact - ~ventue1 - que 1es nouvelles mesures (notamment 1a po1itique de prix) pourraient avoir sur 1a performance. Cependant, ce que semb1ent indiquer 1es donn~es du Tableau 12, c'est que 1e profi1 des pr~cipitations continue de rester, comme i1 l'a toujours ~t~, l'~l~ment d~terminant de 1a production. Pour revenir un instant au cadre de po1itique que nous avons d~ve10pp~ dans 1a Section C, ce1a veut dire que 1e c1imat et 1a d~gradation de l'environnement nature1 du S~n~gal repr~sentent des contraintes de plus en plus imp~ratives qui entravent l'am~lioration de 1a performance. Dans ces conditions, i1 y a tout lieu de croire que 1es mesures de po1itique (po1itique des prix, distribution d'engrais, etc.), ains! que 1es r~formes auront une efficacit~ extramement 1imit~e et circonscrite. L'objectif essentie1 devrait consister A att~nuer ces contraintes par tous 1es moyens possibles (par exemp1e r~g~n~ration et conservation du sol, d~ve10ppement de vari~t~s qui r~sistent mieux A 1a s~cheresse et peut-@tre mise en place de projets de petite irrigation). 11 semble que ce soit seu1ement en modifiant l'environnement nature1 que 1es mesures de po1itique puis sent devenir v~ritab1ement efficaces. 3) ~~lioration de l'efficacit~ du secteur priv~ 112. Ce deuxi~me grand domaine de l'ajustement structure1, apr~s 1 'agriculture, peut @tre subdivis~ en quatre secteurs et sous-secteurs que mentionne Ie Tableau 13. Ce tableau indique 1es conditions particuli~res de chacun de ces secteurs et sous-secteurs - dont 1e num~rotage corresponde A ce1ui de l'Annexe 1, qui doit @tre consu1t~e pour plus de d~tails. - 56 - T.bl .. u 11 CLASSIFICATION DES CONDITIONS PAS CONCERNANT L'AMELlORATION DE L'EFFICACITE DU SECTEUR PRIYE Condition. L!. !!!!..! !!!U! PAS III 1. Llb6r.II •• tlon du c~rce •• Reduction de. re.trlctlon• .ux I.port.tion. 14-18 64-&7 2. Attinu.tlon de. I.perfectlona du ..rchll •• EII.ln.tlon progr..alve des prix Induatrlela contral" 20 &9-81 b. Encour.gement de I. cr6stlon et de I• .obiliti d'_plol 21-23 82, 68 c. EII.ln.tion de I. pr.tlque de conventiona apicl.l . . .vec I.. entreprlaea 17 &8 3. Reatructur.tlon du .ecteur Induatrlel •• For.ul.tion d'une nouvelle polltlque Indu.trlelle 12, 13 b. Pr~tlon de. exportstlon. Induatrlell .. 14-16 18, 19 84-70 4. R..tructur.tlon du aecteur fln.ncler 9, 10 71-77 L!. Le nu"rots;e de. condltlona corre.pond i celul de l'Annexe 1, qui devr. atre con.ultee pour plu. de detsi la. ~ : T.bl .. u 't.bll per Ie Npert...nt de I "v.lu.tlon r~roapective. 113. Le secteur industriel du S~n~gal a toujours ~t~ tr~s prot~g~ par un ensemble de droits de douanes, de contingents et de conventions sp~ciales de l'Etat qui donnaient pratiquement des pouvoirs de monopole l un certain nombre d'entreprises. La strat~gie industrielle suivie depuis l'ind~pendance a consist~ l pousser l l'extr&me le remplacement des importations, ce qui a donn~ au secteur une inefficacit~ remarquable. Apr~s la crise de 1978-81, tous les int~ress~s se sont rendus compte que, en l'absence de modifications structurelles radicales et notamment d'une plus grande orientation vers les exportations, l'industrie s~n~galaise ~tait condamn~e. Cette constatation a conduit au train de mesures d'ajustement structurel qui a ~t~ expos~ dans le paragraphe pr~c~dent. Alors qu'une restructuration profonde des secteurs industriel et financier est une condition n~cessaire pour obtenir une croissance sup~rieure au taux - 57 - historique (marginal) de 3,9 % par an atteint entre 1960/61 et 1985/86, il n'est pas du tout certain que ces mesures soient suffisantes - ~tant donn~ les contraintes extr@mes auxquelles se heurtent actuellement ces secteurs. 114. La section du Chapitre III consacr~e au secteur industriel d~crit quelques-unes de ses caract~ristiques principales. La plupart des industries sont marqu~es par une forte concentration (avec deux ou trois entreprises dominantes); les plus grosses entreprises priv~es restent propri~t~ ~trang~re; d'ordinaire, les entreprises emploient un mat~riel et une technologie d~pass~s (plus de la moiti~ des usines ont ~t~ construites avant 1970); le march~ du travail est tr~s mal organis~, ce qui entralne des co~ts de main-d'oeuvre relativement ~lev~s et une faible productivit~ du travail; et l'utilisation de la capacit~ existante est faible, se situant en moyenne l 60 % dans l'industrie (et l 30 % seulement dans l'usinage des arachides). En 1985, la Banque avait compris que -les tendances pass~es ~taient insoutenables parce qu'elles creusaient de plus en plus le d~ficit structurel de la balance des paiements, posant ainsi un probl~me de financement insoluble ... et en bref, l'~conomie s~n~galaise n'a pas de ·sc~nario de tendance" , parce que, sans ajustement, les tendances pass~es ne repr~sentent pas du tout un sc~nario faisable".41 La mise en oeuvre de la nouvelle politique industrielle (un programme global de r~formes visant l am~liorer le niveau de comp~titivit~ des entreprises) et des conditions du PAS qui s'y rapportait a commenc~ vers la fin de 1986 et se poursuit aujourd'hui. La transition entre le syst~me actuel et le nouveau r~gime post-ajustements structurels pourrait prendre au moins trois ans. Les effets l court terme de la transition ne peuvent manquer de provoquer des bouleversements et d'entralner des pertes l court terme qui, comme l'esp~rent le Gouvernement et la Banque, seront largement cont:rebalanc~es par les avantages l moyen et l long termes. 115. Comme il n'est pas possible l ce stade de proc~der l une ~valuation ex-post de l'impact des PAS II et III sur la performance industrielle et financi~re priv~e, nous examinons de fa~on critique les mod~les et approches ex-ante (y compris toute preuve th~orique et empirique) qui relient les mesures et r~formes de politique l la performance industrielle et que la Banque a utilis~s pour formuler son enveloppe de conditionnalit~.42 En particulier. nous essayons de voir si les objectifs escompt~s dans le cadre du sc~nario dit d'ftajustement dirig~" de la Banque ~taient raisonnables l la lumi~re des contraintes extr@mes auxquelles se heurte le secteur secondaire. 116. Le Tableau 14 indique la performance r~cente de l'industrie en fonction de certains indicateurs. On peut voir que le PIB industriel est rest~ pratiquement stationnaire entre 1982 et 1986, tandis que l'indice des 41/ Rapport du Pr6sident, PAS II, page 25. ~/ En d'autres termes. nous nous effor~ons de r~pondre l certaines questions qui ont 6t6 pos6es dans l'introduction de la pr~sente section. - 58 - activit~s industrielles reculait de 103 A 96 durant la meme p~riode.43 Les secteurs qui ont ~t~ touch~s de fa~on particuli~rement dure dans le pass~ imm~diat - comme le montre le tableau - ont ~t~ le "traitement de l'huile" et les "textiles, habillement et cuir". 11 est probable qu'il n'y a pas eu de changements significatifs en 1987 - l'indice des activit~s industrielles pendant le premier semestre n'ayant augment~ que du chiffre marginal de 1,5 %. Tableau 1.. QUELQUES INDICES INDUSTRIELS DE PRODUCTION, 1979-88 (1978 = 100) Pond'- ration ~ !!!2 !!!! .!!!! !!!!! ~ (I) Ali ..ntation, boi ••on. et tabac 43,1 118,8 86,8 89,2 109,4 109,7 100,6 103,2 88," Traltement de I'huile 12,2 n.d. n.d. n.d. 89,2 78,7 48,0 86.8 28,8 Autre. prodult. all ..ntalre., etc. n.d. n.d. n.d. 126,2 122,7 122,9 180,0 112,7 Textile., hablll ...nt, culr 12,3 96,0 94,3 114,4 147,3 189,9 120,1 183,9 78,7 Indu.tri .. du bois 0,6 141,6 138,3 138,.. 1..... 2 182,3 126, .. 119,0 100,0 Papler, carton 1,8 118,0 118,8 133,1 131,7 187.6 139,4 120,1 178,6 Indu.trle. chl.ique. 11, .. 106,1 91,2 104.8 79, .. 73,1 72,1 77.9 76,3 MaWriaux de con.tructlon 3,3 96,3 93, .. 92,8 92,2 128,8 118,2 94,1 91,7 Machin.. et ..Wrlel ",0 98.8 70.8 66, .. 77," 93,8 97,8 78,1 78,9 Mine. 18.6 101,7 89.8 107," 87,8 8",3 107,9 11",6 118,7 ElectriciW, eaU 6,1 131,0 129,7 184,8 1"1,8 1"8,7 168,2 166,0 188,8 Total I ndu.tr Ie 100,0 n.d. n.d. n.d. 103,3 107,1 106,0 107,8 96,8 Total .an. traitement de I 'hulle 87,8 n.d. n.d. n.d. 108,0 111," 112,9 117,8 108,0 PIa lndu.triel l! 1"1,0 138,9 1.... ,8 188,3 170,1 187,0 170," 177,2 Fabrication n.d. n.d. (89,8) (98,8) (97,8) (98,8) (100,0) (100,1) Autr.. Indu.trie. n.d. n.d. (66,0) (87,6) (72,3) (88,2) (70,4) (77,1) l! En prix con.tant. en franc. CFA de 1979. Source. : aanque MOndiale, Rapport d"valuation, Sen!Gal : Indu.trial Sector R..tructuring Project, Rapport No 8947-SE, 26 noveMbre 1987, page aa; et aanque MOndiale, SeneAal : An EconOMY Under Adju.t..nt, Rapport No 84604-SE, la f'vrier 1987, SA Tableau 6. 43/ On ne voit pas tr~s bien pourquoi ces deux s~ries vont dans des sens oppos~s. Certains observateurs fran~ais croient qu'il s'agit lA d'une contradiction fondamentale des donn~es. - 59 - 117. Nous pouvons maintenant passer l un examen des effets l court tecne escompt~s de la nouvelle politique industrielle et des conditions du PAS - en nous occupant particuli~rement des m~canismes de cause l effet qui, selon la Banque, allaient r~percuter ces conditions sur la perfocnance. La lib~ralisation commerciale (~limination des restrictions quantitatives et r~duction des droits de douanes), conjugu~e l l'~limination progressive des conventions sp~ciales entre l'Etat et les entreprises, est la focnule n~o-classique typique pecnettant d'~liminer les distclrsions de prix (de fixer de justes prix) et de dduire les imperfections du march~. Dans des conditions normales, le FMI et la Banque auraient recommand~ ce dernier train de mesures en sus d'une d~valuation - ce qui est une impossibilit~ dans le contexte actuel. La lib~ralisation du commerce a tendance l frapper l court tecne les entreprises nationales, en r~duisant l'~cart entre les prix nationaux et les cours mondiaux et en les for~ant l faire face l la concurrenCe ~trang~re; par contre, une d~valuation fait augmenter les prix des biens commercialisables par rapport l ceux qui ne le sont pas et joue un rOle de stimulant pour les entreprises qui produisent des biens d'exportation ou des biens suseeptibles d'~tre export~s. Ainsi done, une d~valuation att~nue, en soi, l'impact n~gatif l court tecne de la lib~ralisation sur la production et l'emploi. Le niveau nominal moyen des droits de douane devait @tre ramen~ de 47,3 % (niveau ant6r.ieur aux r~focnes du PAS II) l 36,2 % apr~s la r6focne de 1986 (ces chiffres se r~f~rent l la moyenne pond6r6e; pour la moyenne non pond~r6e, les chiffres seraient, respeetivement, 46 % et 35,7 I). 118. Le maintien d'un niveau de protection de cette ampleur (36-37 %) se justifie. semble-t-il, du fait qu'il correspond l peu pr~s au niveau de la sur~valuation du franc CFA; si une d6valuation avait 6t6 possible, on aurait pu alors 61iminer enti~rement les droits de douanes et proc~der l une d6valuation de 36-37 % pour obtenir un r6sultat analogue. 119. En fait, les mesures de lib6ralisation du commerce ont eu pour effet net de r~duire les prix des importations comp6titives d'environ 7,5 % nominaux en moyenne (c'est-l-dire ont fait tomber l'indice de 147,3 l 136,2) mais ont entra1n6 en d6finitive une r6duction beaucoup plus consid6rable l la suite de l'~limination des contingents et des conventions sp6ciales. Par contre, une d~valuation aura it fait augmenter les prix des importations. Dans ces conditions, les entreprises qui produisaient des biens commercialisables (remplacement des importations et produits exportables) se sont trouv6es en pr~sence de l'~quivalent d'une appr6eiation de la monnaie alors qU'elles devaient fa ire face l la concurrence 6trang~re. Elles ont done dO. r6duire les prix qU'e11es per(;evaient, ce qui a eompromis leur rentabilit~. 120. En outre, deux autres facteurs doivent exercer l court tecne un effet n~gatifsur le secteur industrie1 : en premier lieu. 1e durcissement tr~s consid6rab1e des po1itiques financi~res, qui a 1imit6 la croissance de 1a liquidiU interne l 3 % en 1987/88 (c'est-l-dire un chiffre bien inf~rieur 1 la croissance du PIB nominal, qui est estim6 1 9 %) avec pour cons6quence 1e resserrement du cr6dit aux entreprises nationa1es; et, en sec>ond lieu, 1a tendance d6flationniste qui agit sur 1a demande interne et limite donc le march6 interne. - 60 - 121. Une ~tude effectu~e par le Boston Consulting Group (BCG)44 a conclu que, l court terme, un certain nombre d'entreprises seraient forc~es de fermer leurs portes et que 1a population active employ~e par les entreprises existantes serait r~duite d'environ 4.300 travailleurs (le secteur moderne des fabrications en emploie au total 27.000). L'~tude a ~galement estim~ que, en fin de compte, la restructuration du secteur s~n~ga1ais des industries manufacturi~res exigerait des investissements globaux d'environ 13 milliards de francs CPA (environ 45 millions de dollars). Les besoins financiers de l'agro-industrie et des textiles repr~sentent plus de 90 % du total et les pertes d'emploi de ces sous- secteurs atteignent 73 % de celles du secteur manufacturier. Ces estimations montrent clairement que, durant 1a p~riode de transition, l'ajustement impos~ au secteur manufacturier a entra1n~ l court terme des coUts extr~mement ~lev~s. 122. La question fondamentale consiste l se demander si ces effets l court terme repr~sentent les coUts in~luctables de transition et de friction qu'il faut absorber pour permettre au secteur industriel de devenir comp~titif et d'avoir un nouveau r~gime de croissance efficace et orient~ vers les exportations. Pour r~pondre l cette question, il faut examiner d'un oeil critique les contraintes l moyen et l long termes qui interviennent dans ce secteur ainsi que ses perspectives d'avenir. D~s le d~but, il convient de noter que, dans le cadre de son sc~nario d'ajustement dirig~, la Banque ~tait raisonnablement optimiste - elle projetait un taux de croissance du secteur secondaire compris entre 3,5 % et 4 % en 1987-90 et entre 4,0 % et 4,5 % en 1990-95. Vu les contraintes extr~mes qui sont impos~es l l'industrie, on ne voit pas tr~s bien comment on peut avancer des arguments convaincants l l'appui des pr~visions ci-dessus - nous reviendrons bientOt sur ce point. 123. Les principales contraintes auxquelles se heurte le d~veloppement industriel du S~n~gal sont bien connues. En premier lieu, comme le d~crit le Chapitre I, la performance macro~conomique a toujours eu une corr~lation ~troite avec la performance agricole. Ainsi donc, comme la r~action de l'offre agricole semble devoir ~tre minime dans l'avenir pr~visib1e, il ne faut pas s'attendre l ce que la demande int~rieure de biens de consommation et d'autres produits industrie1s ait une croissance autre que marginale. De m~me, la demande ~trang~re de produits industriels export~s semble ~tre elle aussi impr~cise. A l'exception du poisson transform~ et des phosphates, la majorit~ des exportations industrielles du S~n~gal sont destin~es aux march~s de 1a CEA045 sur lesquels elles sont fortement prot~g~es. En r~gle g~n~rale, les exportations ne sont pas comp~titives sur les autres march~s, malgr~ les tarifs pr~f~rentiels d~finis au sein de la CEE. A l'heure actuelle, les march~s de la CEAO sont en proie l une profonde r~cession. Dans ces conditions, il semble que, l l'exception peut-Atre des exportations de poisson, 1es perspectives des exportations 44/ R~publique du S~n~gal, Minist~re du d~veloppement industriel et de l'artisanat, Impact de la r~forme de la politigue industrielle. Etude pr~par~e par le Boston Consulting Group, janvier 1987. ~/ Communaut~ ~conomique des Etats de l'Afrique de l'Ouest. - 61 - industrielles soient elles aussi defavorables. Qui plus est, les exportations de poisson sont restees stationnaires ces derniers temps. 124. L'imperfection du marche du travail est une deuxi~me contrainte importante qui entrave Ie developpement industriel. Une etude recemment achevee du marche du travail industriel et de la performance economique du Senegal a mis en relief un certain nombre de graves probl~mes.46 Dans Ie contexte actuel, cette etude apporte les constatations suivantes : 1) Sur Ie plan des principes, Ie Gouvernement a conclu une vague alliance avec les syndicats ·cooperantsft; la meilleure fa~on de decrire Ie comportement des fonctionnaires consiste peut- etre l dire qu'ils creent un environnement permettant de proteger les interets des travailleurs sans pour autant mettre en danger l'existence des entreprises. Le Gouvernement est parvenu l ce resultat en adopt ant une attitude fortement interventionniste qui fait appel l divers r~glements du marche du travail. 2) Les fonctionnaires continuent l avoir peur d'entreprendre des reformes profondes du syst~me de relations existant dans l'industrie. lIs estiment en effet que ces reformes pourraient troubler l'equilibre fragile des relations antagonistes qui existent entre les syndicats et Ie patronnat. 3) Les administrateurs d'enterprises citent Ie manque d'effort, de motivation et de discipline des travail leurs comme etant une grande raison de la faible productivite du travail dans l'industrie senegalaise - ce phenom~ne semble etre imputable, tout au moins en partie, l l'absence d'un lien direct entre la performance et la remuneration dans la plupart des entreprises. 4) Une autre raison de la faiblesse de la productivite de la main-d'oeuvre semble etre Ie caract~re limite (l long t@rme) des effectifs de travailleurs specialises et Ie fait que, depuis longtemps, les entreprises recyclent de moins en moins leurs employes. 5) Les r~glements actuels semblent avoir pour resultat la sous- utilisation de la main-d'oeuvre; dans ces conditions, un assouplissement des r~glements concernant les heures de travail (remunerees) et/ou les licenciements, ainsi que des r~glements concernant les travail leurs temporaires (journaliers) se traduirait pour toutes les parties par des ameliorations (l la Pareto). 46/ Voir Jan Svejnar et Katherine Terrell, "Industrial Labor, Enterprise Ownership and Government Policies in Senegal ft , avant-projet revise, 23 decembre 1988 (prepare pour la Banque mondiale). - 62 - 6) Les administrateurs dtentreprise se sentent particuli~rement gan~s du fait qutils ne peuvent pas licencier des travail leurs sans obtenir ltapprobation de l'Etat t ce qui repr~sente des d~marches longues et complexes. Une autre contrainte importante qui est impos~e au comportement des entreprises vient des difficult~s associ~es ~ la prorogation des contrats des travailleurs temporaires (journaliers). Malheureusement t les r~formes du travail que proposait la nouvelle politique industrielle prennent plus de temps que pr~vu et se heurtent ~ une certaine opposition de l'Assembl~e nationale. La tradition syndicaliste a des racines profondes au S~n~gal et il semble tr~s difficile dt~liminer ou d'assouplir les privil~ges qui contrecarrent l'efficacit~ des travailleurs. 125. Une troisi~me s~rie d'obstacles ~ la restructuration et au developpement industriel a ~ voir avec ltoffre tr~s peu ~lastique d'entrepreneurs et de capital au S~n~gal. Le S~n~gal a toujours pr~f~r~ _es marchands aux hommes dtaffaires. Les observateurs fran~ais qui connaissent bien la sc~ne locale ntont cess~ d'affirmer que c'est l~ un handicap dans le contexte actuel. De mame, l'absence d'un march~ des capitaux, conjugu~e aux restrictions de cr~dit et ~ la faiblesse du syst~me bancaire (il en sera question plus loin) et aux expectatives pessimistes des entreprises se solde en d~finitive par une limitation consid~rable des disponibilit~s en capitaux de croissance. 126. L'extrame fragilit~ du syst~me bancaire repr~sente Ie dernier obstacle fondamental au progr~s industriel. Le secteur financier se compose de 14 banques et de cinq institutions financi~res; cinq banques poss~dent environ 85 % de l'ensemble des avoirs bancaires. Dans le secteur financier, les conditions ont beaucoup empir~ depuis une quinzaine d'ann~es pour toute une s~rie de raisons, parmi lesquelles on peut citer l'octroi excessif de cr~dits en grande partie improductifs; les ing~rences fr~quentes de l'Etat dans les d~cisions de prat des banques pour soutenir des projets agricoles mal con~us; une gestion m~diocre des banques et l'absence d'un contrOle interne; et une faible rentabilit~ imputable ~ des marges insuffisantes. La ventilation du cr~dit consenti au secteur priv~ montre que le commerce est le plus gros emprunteur. En 1985, le commerce a absorb~ en effet 44 % du cr~dit offert au secteur priv~, contre 23 % pour l'industrie et 2,5 % chacun pour le tourisme et l'agriculture. La part de l'industrie dans le cr~dit consenti au secteur priv~ a atteint un maximum de 35 % en 1975 t pour tomber ~ 14 % en 1979; depuis lors, elle a l~g~rement remont~. En 1985 t 17 % seulement de tous les cr~dits au secteur priv~ ~taient des prats ~ long terme (plus de 10 ans d'~ch~ance). En fait t les banques ntont qu'une exp~rience limit~e en mati~re de prats de d~veloppement ~ long terme t par opposition au cr~dit commercial ~ court terme. 127. Les mesures du PAS III qui concernent le secteur financier et sont actuellement en cours dtex~cution comportent la r~organisation de deux grandes banques - la Banque nationale du d~veloppement s~n~galaise (BNDS) et l'Union s~n~galaise de banque (USB) le renforcement du suivi des activit~s bancaires et l'augmentation du capital minimum exig~ pour ouvrir de nouvelles banques (conditions 71-77 du PAS III, voir Annexe 1). En - 63 - outre, la Banque est en train de financer un projet de restructuration du secteur industriel pour soutenir Ie train de mesures ci-dessus; ce projet doit fournir certains capitaux d'investissement, apporter une assistance technique et venir en aide aux travailleurs licenci6s. 11 semble qu'on soit passablement sceptique au S6n6gal - notamment parmi les fonctionnaires bien inform6s du Minist~re des finances oft l'on ne pense pas que ces mesut'es suffisent en soi pour ftassainir w Ie secteur financier. On se demande si l'absence d'un secteur financier et bancaire viable ne risque pas de pdsenter un obstacle insurmontable A tout d6coUage soutenable de l'industrie. 128. La Banque a parfaitement conscience de toutes ces contraintes et de tous ces obstacles au d6veloppement industriel et financier. En fait, on trouve ces arguments pr6sent6s de fayon convaincante et critique dans les m6morandums internes de la Banque. On peut citer ici quelques exemples: i) Ie Document cadre de politique ~conomique de 1987-90 (28 septembre 1987) 6voque la possibilit6 de voir les investissements et la production r6agir de fayon plus faible que pr6vue aux nouvelles conditions; ii) I,m document interne (d6cembre 1987) exprime de profondes inqui6tudes au sujet du manque de progr~s de la mise en oeuvre du Code du travail : "L'Assemb16e nationale a consid6rablement affaibli les changements propos6s au s'Lljet des contrats d'emploi temporaires. Le Gouvernement s'inqui~te beaucoup de ce repli et s'efforce de faciliter la mobilit6 de la main- d'oeuvre dans Ie cadre des lois en vigueur. Le coQt 6lev6 de la main- d'oeuvre continue A poser un grand probl~me au S6n6gal w ;47 et iii) dans un document interne (janvier 1988), nous trouvons la citation suivante : "Certaines indications mont rent qu'il y a eu des sorties consid6rables de capitaux priv~s durant la premi~re moiti~ de la p6riode 1987/88 ••. tandis que les banques commerciales locales h6sitaient A rapatrier le produit des exportations; ces sorties ont aggrav6 la situation d6jA tr~s difficile des liquidit6s dans l'6conomie ••• Le secteur bancaire se trouve en pr6sence de graves probl~mes de liquidit6 qui ne cessent d'augmenter et qui s'expliquent par le nombre important de prats non productifs et par des carences de gestion qui ont provoqu~ une grave perte de confiance A l'6gard de 1a majorit6 des banques commerciales du pays". 129. On a de la peine A concilier l'~valuation critique que la Banque elle-mame a faite des contraintes auxquelles se heurte le secteur industriel et ses pr6visions relativement favorables portant sur l'avenir pd'lt!Bible (c'est-A-dire jusqu'en 1995). La seule base analytique et empirique possible de cette derni~re 6valuation est l'6tude du BCG qui, aprE!S avoir estim6 les coQts de la transition vers l'ajustement industriel - dunt il est question plus haut - a sugg6r6 que les deux sous-secteurs les plu!! vuln6rables, A court terme, A savoir l'agro-industrie et les textiles, pourraient, s'ils parvenaient jamais A devenir comp6titifs, fournir la plus grande partie des exportations industrielles sur lesquelles se fondent les 47/ 11 s'agit des conditions 62 et 63 du PAS III (voir Annexe 1) qui pourraient atre consid6r6es comme exemples de conditions incompl~tes, en ce sens que Ie Gouvernement ne peut se porter garant de ce que l'Assembl~e nationale va faire ou ne pas faire. Cependant, comme Ie Gouvernement contrOle la grosse majorit6 des si~ges 1 l'Assemb16e nationale, la validit~ mame de ces conditions doit atre mise en doute. - 64 - pr~dictions de la Banque. Or, il semble extrAmement improbable que ces deux sous-secteurs puis sent effectuer la rationalisation et la restructuration qui les rendraient comp~titifs. Non seulement les estimations du potentiel d'exportation pr~sent~es par l'~tude du BCG sont dfiment nuanc~es (c'est-l-dire elles sont fonction de la comp~titivit~) mais l'~tude indique en outre de fa90n explicite qu'elle n'avait pas mandat de juger l'impact 1 long terme de la nouvelle politique industrielle. Ceci nous ram~ne 1 la bolte noire que d~crit la Section C - reliant les mesures de politique et les contraintes exog~nes de la performance. La Banque paralt avoir, 1 l'~gard de 1 'impact favorable des r~formes de politique, une confiance plus grande que les preuves disponibles ne semblent justifier; elle paralt ~galement sous-estimer l'extr@me difficult~ que suscite l'assouplissement d'un certain nombre de contraintes qui sont actuellement imp~ratives. 4) Investissements et finances du secteur public 130. Comme le montre le Tableau 15, ce troisi~me domaine de l'ajustement structurel peut Atre subdivis~ en deux secteurs et sous- secteurs. Le tableau indique les conditions particuli~res qui ont trait 1 chacun de ces secteurs et sous-secteurs et correspondent 1 la num~rotation de l'Annexe 1 qu'il convient de consulter pour avoir plus de d~tails. Nous ~valuons ensuite de fa90n critique l'~volution de chacun de ces secteurs. - 65 - T.bl ..u 16 : CLASSIFICATION DES CONDITIONS PAS CONCERNANT LES INYESTISSEloiENTS ET LES FINANCES DU SECTEUR PUBLIC; ET LE RENFORCEloiENT ET LE DESENQAQEloIENT DU SECTEUR PUBLIC Condition. l!. ~ e!L!! PAS III Inv..ti .....nt. .t fin.nc •• du • .acteUI' public 1. AMllol'.tion de I. qu.ll~ do inv..ti ..... nt. public. •• An.ly•• , identlfic.tlon .t ge.tlon do Pl'oJet. a, .. 28 16-17 b. Pl'ogl'....tlon do Inv..tl.- • ...nt. 1, 2 2"-27 18, 1", .. 6 29, 18-20 2. Fln.nc.. publlqu•• •• c..t ion d. I. dette 'tl'.n~l'. 7, 8 46 aa b. Pl'oc".u. budget.il'. 6, 8 a .. - .... 21-28, 28-32 aO-32, ."-38 R.nfol'c...nt .t de..ng.g... nt du • .acteUI' publ ic 19, 20 .0-88 1, "-12 2. D".ng.gement du ..cteu I' pub II c 18 29 2, • l!. La nuMl'ot.tlon de. condition. cOI'I'•• pond i c.ll. de l'Ann.x. 1 qu'll .'.git de con.ultel' pour plu. d. d.t.il •• 131. Ainsi done, Ie PAS I demandait la ·constitution d'un service d'identification, de pr~paration et d'~valuation des projets et la mise en place, d'une norme minimum de taux de rentabUit~· (conditions 3 et 4). Le PAS II exigeait l'~tablissement de crit~res techniques, ~conomiques et financiers plus rigides concernant l'analyse des projets (condition 28), tandh que Ie PAS III avait pour conditions l'ach~vement d'un guide d'~valuation des projets et Ie transfert a divers minist~res techniques des responsabUiUs d'identification et de pr~paration des projets (conditions 15-17). Si la m~thode d'analyse des projets n'est pas bonne et Ie choix des (:rit~res d'investisssement est trop vague, on ouvrira alors la porte a des projets marginaux et non productifs qui n'apportent rien a la croissance ou risquent mame en fait de l'empacher. - 66 - 132. La dont se sert actue11ement 1e S~n~ga1 se fonde sur 1a m~thode m~thode fran~aise des effets (Caisse centrale). Cette m~thode emp10ie 1es prix du march~ et s'efforce de pr~ciser 1es effets indirects d'un projet en se servant d'une formu1e entr~es-sorties intersectorie11es. Cette m~thode est tr~s diff~rente de 1a m~thode plus c1assique que suivent 1a Banque et 1a p1upart des gouvernements et qui fait appe1 A des prix de r~f~rence en supposant que, si ces derniers traduisent effectivement 1a valeur margina1e des facteurs, ainsi que 1es prix fronti~re des biens ~changeab1es, i1s tiennent ~ga1ement compte des effets indirects. La m~thode des effets pr@te A controverse pour des raisons empiriques et th~oriques. Sur 1e plan empirique, ~tant donn~ 1a faib1esse notoire de 1a base des donn~es du S~n~ga1, que11e confiance peut-on avoir dans 1 'exactitude du tableau entr~es-sorties sur 1eque1 e11e repose? Des fonctionnaires importants du Minist~re des finances estiment que 1a m~thode des effets pr~sente des d~fauts sur 1e plan th~orique; pour leur part, 1es experts fran~ais au S~n~ga1 1a d~fendent et affirment qu'e11e repr~sente une fa~on tout A fait diff~rente mais va1ab1e d'effectuer une analyse de projet. 133. Etant 1e rOle fondamenta1 de l'investissement en tant donn~ qu'~l~ment d~terminant du taux et de 1a qua1it~ de 1a croissance socio- ~conomique, i1 est extr@mement surprenant de noter 1a 1enteur avec 1aque11e 1a Banque et 1e Gouvernement ont compar~ dans un esprit critique 1es avantages et 1a signification des deux m~thodes d'ana1yse des projets. En janvier 1988 (c'est-A-dire huit ans apr~s 1es conditions pr~cit~es du PAS I) cette ~va1uation n'~tait pas encore achev~e, comme 1e montre 1a citation suivante : -J'ai ~ga1ement organis~ un atelier d'un jour anim~ par [le consultant] pour aider A mettre d~finitivement au point un projet de guide d'~va1uation des projets pr~par~ par 1e Gouvernement du S~n~ga1... On pense que 1e texte d~finitif du guide sera pub1i~ sous peu. A 1a suite de sa mission, [le consultant] pr~parera au d~but f~vrier une br~ve note dans 1aque11e i1 fera une comparaison synoptique de 1a m~thode des effets et de 1a m~thode des prix de r~f~rence que 1a Banque utilise pour analyser 1es projets.- 48 134. Des observateurs locaux (i1 s'agit de fonctionnaires s~n~ga1ais et d'experts fran~ais) s'inqui~tent de ce qui, se10n eux, est 1a baisse de qua1it~ de nombreuses ~tudes de faisabi1it~.49 135. De l'autre cOt~, 1a programmation des investissements s'est un peu am~lior~e. Le Minist~re du Plan a pr~par~ un PIP A horizon mobile de trois ans - comprenant 384 projets, d'un montant de 379 milliards de francs CFA et repr~sentant environ 8 % du PIB. La part des activit~s directement productrices au sein du PIP aurait atteint 56 % - ce qui repr~sente une 48/ Document interne (janvier 1988). 49/ On nous a dit, par exemp1e, que l'ana1yse ~conomique contenue dans l'~va1uation du Projet d'irrigation IV par 1a Banque ~tait nettement moins bonne que ce11e de projets ant~rieurs, te1s que ceux de Dagana et de Lampsar. - 67 - augmentation sensible par rapport au chiffre historique. Dans la mesure au l'estimation de la productivit~ d'un investissement est fonction de 18 m~thode d'analyse du projet, on ne peut r~pondre 1 la question importante qui consiste 1 savoir si la composition du PIP serait sensibl~ment diff~rente si on avait utilis~ l'analyse classique de la Banque (prix de r~f~rence) • 136. La pr~paration du PIP a ~t~ institutionnalis~e au sein du Minist~re du Plan. Celui-ci a pour tache principale de r~unir et d'informatiser des donn~es concernant les divers projets, y compris leurs futures d~penses renouvelables. En principe, on ne retient aucun projet dont les d~penses renouvelables ne sont pas inscrites explicitement au budget. On affirme souvent que le Minist~re du Plan n'a tout simplement pas les comp~tences techniques lui permettant de fa ire autre chose que de servir de d~pOt central des projets, de les cataloguer et de les classer. Le Minist~re du Plan n'entreprend pour son compte aucune ~valuation critique des divers projets; il semble avoir pour fonction principale de r~unir les ~l~ments des projets et de suivre leur acheminement. 137. Un grave obstacle 1 un dialogue valable entre la Banque et Ie Gouvernement au sujet des questions d'investissement est les rapports qui existent entre le Minist~re des finances et le Minist~re du Plan; ces rapports laissent beaucoup 1 d~sirer. On pense, en g~n~ral, que Ie Minie:t~re du Plan a re~u beaucoup trop de pouvoir en ce qui concerne 1& pr~paration du PIP - c'est un travail qu'il ne peut ex~cuter qu'en partie ~tant. donn~ sa comp~tence technique extr@mement limit~e; et qu'U est absolument incapable d'@tre le principal interlocuteur de la Banque en matiere d'investissement dans le jeu de l'ajustement structurel. Un grand nombre d'observateurs estiment que, si l'on veut am~liorer la qualit~ des projets, ainsi que la planification et la programmation des invefltissements, en g~n~ral. la meilleure solution consiste 1 renforcer la capa(:it~ technique, actuellement faible, des minist~res sp~cialis~s, tela que les Minist~res du d~veloppement rural, des travaux publics et de l'industrie, d'ou la plupart des projets tirent leur origine; et de confier, dans ce domaine g~n~ral, un rOle beaucoup plus grand au Minist~re des finances. Dans l' ~tat actuel des choses, il est impossible de S.!lVo.:U: vraiment quelle est la qualit~ de la grande majorit~ des projets qui figul:"ent au PIP. La condition pr~voyant l' approbation d 'un prograrmne d'in,restissement 1 horizon mobile de trois ans semble donc ne pas signi::'.er grand-chose. Au mieux, on parviendra 1 r~duire "le nombre d'~l~phants blancs" et de projets pirates. On entend souvent dire que la Banque devrait aller en direction de projets plus petits ou, 1 tout le moins, en fairli:'! l' essaL 138. Nous en venons maintenant au domaine des finances publiques. La conditionnaliU du PHI-PAS a aid~ 1 faire tomber le d~ficit courant de 26 % en 1981 1 10 % environ en 1986 et le d~ficit budg~taire d'environ 8,2 % du PIB en 1982/83 1 2,3 % en 1985/86. Toutefois, il faut formuler d~8 Ie d~but une observation g~n~rale la Banque a toujours tendance 1 f:L;;c:e'!:. puis 1 modifier p~riodiquement, dans de nombreux cas, des objectifs budg~taires qui restent sensiblement sup~rieurs aux r~sultats. Un exe~ple frappant est fourni ici par la proportion d'investissements (il s'agit des investissements int~rieurs bruts) par rapport au PIB. Dans le PAS I, au - 68 - moment ou ce ratio se situait aux alentours de 16 %, on avait fix~ pour objectif de le porter l 18 % vers le milieu des ann~es 80. 50 Or, ce ratio est tomb~ l environ 13,8 % aussi bien en 1985 qu'en 1986. Le PAS II a sensiblement r~duit l'objectif pour le ramener au chiffre plus r~aliste de 14 % jusqu'en 1992, et le faire augmenter progressivement par la suite. 51 (Le Chapitre I examine les r~percussions n~gatives de cette diminution sur la croissance.) Des objectifs budg~taires trop ambitieux se traduisent par des objectifs de croissance qui ne sont ni r~alistes ni r~alisables. 139. Les autres grandes questions que pose la relation entre la conditionnalit~ et le processus budg~taire sont les suivantes. En premier lieu, il semble qu'il y ait contradiction entre les conditions PAS de la Banque visant l centraliser la gestion et le contrOle de la dette ~trang~re (au sein du Minist~re des finances) et certains projets de la Banque qui accordent (ou essaient d'accorder) aux entreprises b~n~ficiaires une autorit~ budg~taire d~centralis~e. C'est ainsi que les fonds destin~s l la Soci~t~ d'am~nagement et d'exploitation des terres du Delta (SAED) , l la Soci~t~ nationale de l'~lectricit~ (SENELEC), l la Soci~t~ nationale des t~l~communications (SONATEL) et l l'ISRA devraient transiter par le Minist~re des finances au lieu d'aller directement l ces entreprises - ce qui entra1ne une perte de contrOle central sur les d~caissements. Un autre exemple de conflit entre le programme PAS et les projets de la Banque est celui des consid~rations et exceptions sp~ciales que demandent et re~oivent souvent les entreprises publiques b~n~ficiant de l'aide d'un projet (par exemple, le SENELEC re~oit une subvention sp~ciale sur le prix du p~trole). Au sein de la Banque, les services des programmes et les services des projets travaillent parfois dans des directions oppos~es. 140. En second lieu, une r~action quasiment universelle des fonctionnaires s~n~galais et des experts expatri~s bien infonn~s (l l'exclusion des services de la Banque) est que a les SAL sont assortis d'un nombre beaucoup trop grand de conditions; et b) beaucoup d'entre elles ne sont pas v~ritablement valables et n'ont pas des liens pr~cis avec des objectifs de d~veloppement. On nous a dit, et nous avons pu observer, que la surveillance de l'ex~cution du tr~s grand nombre de conditions du PAS III demandait infiniment de temps au Minist~re des finances, au Minist~re du Plan et aux employ~s d'autres minist~res (des r~unions hebdomadaires sont pr~vues uniquement pour v~rifier le progr~s de l'ex~cution de ces conditions). Un haut fonctionnaire du Minist~re des finances a exprim~ de fa~on pittoresque ce sentiment de frustration en disant que "surveiller ces conditions du PAS, c'est comme conduire une automobile qui aurait 50 clignotants". En outre, un grand nombre de ces conditions sont per~ues comme n'ayant aucun lien, ou des liens lointains, SO/ Rapport du Pr~sident, PAS I, page 20. 51/ Rapport du Pr~sident, PAS II, Annexe IV, page 4. - 69 - avec les objectifs et les r~sultats du d~veloppement (il s'agit, par exemple, de la publication d'un d~cret, de la pr~paration des statistiques des comptes de la nation).52 141. Enfin, il semble que Ie FMI continue A faire pression sur la Banque pour qu'elle d~bloque les tranches du PAS A la date pr~vue. Le repr~sentant r~sident du FMI nous a d~clar~ que pour lui et pour Ie Fonds, un grand probl~me vient du fait que Ie d~blocage des tranches (et par con8~quent la v~rification de l'ex~cution des conditions du PAS) est une condition (un crit~re d'ex~cution) du d~caissement du cr~dit de confirmation que Ie Fonds a pr~vu sur une base trimestrielle. Un retard du d~blocage par la Banque, fOt-il de deux semaines A peine, bouleversait profolld~ment Ie programme du FMI. Si la Banque veut s~rieusement que ses conditions soient remplies, elle doit r~sister Aces pressions. A tout Ie moins, il devrait @tre possible de modifier l~g~rement Ie calendrier du FMI pour lui donner, ainsi qu'A la Banque, un peu plus de souplesse. 5) Renforcement et d~sengagement du secteur public et engagement du secteur priv~ 142. De tous les param~tres de l'ajustement structurel, c'est Ie plus difficile A r~aliser, et pourtant il repr~sente une condition sine qua non de la croissance et du d~veloppement futurs du S~n~gal. Au cours des 20 ann~es qui ont pr~c~d~ 1982, les activit~s du secteur public ont de plus en plus empi~t~ sur Ie secteur priv~. C'est ce qu'on peut v~rifier dans Ie Tableau 16; on y voit que Ie nombre d'entreprises dont l'Etat est propri~taire ou dans lesquelles il a une participation majoritaire est pass~ de 21 en 1962 A 86 en 1982 et cela dans tous les secteurs. En 1982, on estimait que ces entreprises fournissaient 20 % du PIB du secteur modeme et employaient 35.000 ouvriers (environ 30 % de l'emploi salari~ modeme). La performance des entreprises publiques, qui avait ~t~ relativement bonne vers Ie milieu des ann~es 1970 - sous l'influence de la phase d'expansion des phosphates et des arachides - s'est d~grad~e de fa90n spectaculaire apr~s 1977, comme Ie montre Ie Tableau 17. En 1981/82, les entreprises parapubliques op~raient une ponction critique sur les finances pub1iques (les subventions d'exploitation accord~es par l'Etat Aces organismes repr~sentaient cette ann~e-1A 40 % du d~ficit du secteur public). Ce qui n'arrangeait pas 1es choses ~tait que les entreprises publiques continuaient d'absorber une part grandissante des investissements nationaux, passant de 30 % de la formation brute de capital fixe en 1977 A 40 % en 1981 - les trois-quarts environ de tous les investissements de ce secteur ~tant financ~s par l'aide ext~rieure. Le probl~me se ramenait essentiellement au fait qU'une grande partie de l'aide ext~rieure, de moins en moins abondante, ~tait dilapid~e pour essayer de maintenir A flot des entreprises en faillite, au lieu d'@tre affect~e A des activit~s directement productives. Le Gouvernement se chargeait d'une dette 'trang~re qui augmentait rapidement et qu'il consacrait en grande partie A 52/ Un mot dont on s'est maintes fois servi pour d~crire l'ensemble de conditionnalit~ est celui de wpointillisme w, qui signifie marginalisme. superficialit~ et formalisme cosm~tique. - 70 - des activit~s et , des projets improductifs, incapables de fournir , l'avenir la production nette dont il avait besoin pour assurer Ie service de cette dette. T.ble.u 16 : EVOLUTION DU SECTEUR PARAPUBLlC, 1962-82 (nOMbre d'entrepri.e. l!, p....ect.ur) !!§! !!!! !ill 1982 Agriculture 4 8 9 10 Indu.trie 4 9 17 17 Co.aerce/.ervlce. L! 10 26 48 42 In.titution. fin.nciere. 2 6 6 7 AdIIlni.tr.tlon ...! ..! ..! 12 TOTAL 21 6O 88 86 l! Uniquement entrepri.e. d.n. le.quelle. Ie Gouvernement • I. ujorlte. L! Tr.n.port cOMpri •• ~ R.pport gener.' .ur ,. ge.tion de. entrepri.e. publigue., (CVCCEP : .oOt 1988). T.ble.u 17 : SECTEUR PARAPUBLIC, REVENU NET GLOBAL ET SUBVENTIONS DE L'ETAT, 1977/78-1981/82 (en .illi.rd. de fr.nc. CFA cour.nt.) 1977/78 1978/79 1979/80 1980/81 1981/82 Org.ni .... excedent.ire. +16,91 +18,61 +14,00 +6,49 +11,04 Org.ni .... dificit8lre. -10,78 -10,94 -17,06 -26,28 -28,18 Po.ition nett. du .ect.ur l! +8,16 +7,67 -8,06 -19,74 -17,14 Subvention. de fonctionnement de I 'Et.t 8,99 7,66 8,48 16,89 19,71 Pour '-oire Hombre d'org.ni.me. II deficit. d'exploit8tion 16 81 16 40 87 l! Le CPSP et Ie CSS, qui .ont tou. deux de. org.nl .... de tr.n.fert, .ont exclu. de tout.. Ie. donn.... ~ B.nque mondi.le, Senea.1 Country Economic Wemor.ndu., R.pport Ho 6241-SE, 6 novembre 1984, SA T.ble.u 6.1. I - 71 - 143. Dans Ie contexte actuel. les questions fondamentales sont les suivantes : ·comment a-t-on laiss~ cette situation se produire dans Ie pass~?· et • comment 1 'attitude de la Banque vis-A-vis des organismes parapublics a-t-elle ~volu~ dans Ie temps?-. En particulier. ~tant donn~ qu'un d~sengagement du secteur public parall~le A l'engagement du secteur priv~ est Ie pilier principal de l'actuelle strat~gie des PAS, il est important de voir comment les vues et la doctrine de la Banque A l'~gard des places relatives A accorder au secteur priv~ et au secteur public ont ~volu.6 dans Ie temps pour aboutir A la position quasiment doctrinaire d'aujourd'hui. Est-ce que la Banque mondiale doit accepter Ie bllme pour avoir toUd - sinon soutenu - un grand nombre d'entreprises publiques dans Ie pass6? Ou encore, est-ce que la Banque a fourni en la mati~re des conseils valables sans avoir jusqu'A r6cemment l'influence n6cessaire pour obter.dr un changement? 144. 11 est certain que la Banque n'a pas abord6 la question d'une fa~on uniforme. Jusque vers Ie milieu des ann6es 10, elle a accept6 passlvement Ie rOle dominant du secteur public, quand elle ne l'a pas activement soutenu. La section du Chapitre III consacr6e A l'agriculture examine dans Ie d6tail l'historique des relations Banque/Gouvernement au sujet: du rOle des organismes parapublics dans Ie secteur agricole; point n'est besoin d'y revenir ici. Avant de passer au r6gime de pr@t-programme, la Banque pouvait exercer son influence surtout au niveau sectoriel, et non pas au niveau macro6conomique, grAce A ses projets et A la qualit6 de son analyse 6conomique. 145. Etant donn6 la pr6dominance des projets agricoles dans Ie portefeuille de la Banque avant 1980, c'est Ie secteur dans lequel la Banque aurait pu essayer - tout au moins en th~orie - de recourir 1 son influence pour aider 1 faire ralentir, voire inverser, le contrOle peu efficace que l'Etat exer~ait sur Ie syst~me de commercialisation, de distribution et de transformation des produits et intrants agricoles. Au contraire, la Banque a suivi Ie mouvement, au moins jusqu'en 1911. 146. La m@me observation s'applique 6galement 1 d'autres secteurs. Dans l'industrie. la Banque s'est servie de la Soci6t6 financi~re s6n~galaise pour Ie d6veloppement de l'industrie et du tourisme (SOFISEDIT) pour canaliser Ie cr~dit vers plusieurs projets d'industrie et les projets de tourisme 6taient confi6s A des entreprises d'Etat. En outre, les pr@ts consentis par la Banque aux routes, aux chemins de fer, aux ports et aux t6l6communications sont 6galement al16s, comme on s'y attendait, 1 des entreprises d'Etat. 141. En 1911, la Banque avait commenc6 A s'inqui6ter suffisamment des retomb6es de la croissance du secteur parapublic pour en entreprendre une 6tude d6tail16e. 53 Cette 6tude a fait en particulier les constatations suivantes : i) entre 1911 et 1915, la moiti6 environ des investissements directs par lesquels l'Etat a achet6 des participations dans Ie secteur parapublic ont servi 1 racheter des participations 6trang~res au lieu 53/Banque mondiale, Senegal The Para-Public Sector, Rapport No 1619a-SE t ler juin 1911. - 72 - d'encourager des projets nouveaux (il s'agit de la s~n~galisation); 2) la croissance rap ide du secteur parapublic a parfois conduit 1 engager excessivement, dans des conditions aubopt imale a , de maigres ressources publiques et des facilit~s de cr~dit limit~es; et 3) il fallait apporter des am~liorations profondes au choix des investissements parapublics et 1 l'~valuation de leurs r~sultats, tout en resserrant Ie contrOle de l'Etat pour superviser Ie secteur. En mAme temps, Ie rapport mod~re ses critiques du secteur public, comme l'indique la citation auivante : "La participation de l'Etat 1 la propri~U, 1 la gest'ion et au contrOle des entreprises n'est qu'un moyen parmi d'autres d'encourager Ie d~veloppement; cependant, a'il est bien administr~, Ie secteur public peut servir en particulier 1 contrOler les secteurs cl~s de l'~conomie et des services; 1 encourager les investissements lorsque l'initiative priv~e fait d~faut; 1 acqu~rir une technologie nouvelle et des comp~tences en mati~re de gestion; 1 attirer un financement ~tranger .•• S'il est vrai que Ie transfert de fonds de l'Etat au secteur parapublic est important, il n'est pas anormal, dans les limites des moyens dont disposent les finances publiques, qU'un pays en pleine croissance investisse dans des projets productifs par l'interm~diaire d'entreprises publiques et de soci~t~s d'~conomie mixte".54 Ces remarques r~v~lent une attitude plutOt laxiste' et tol~rante de la Banque 1 l'~gard des entreprises publiques, mAme en 1977. 148. C'est seulement avec Ie premier PAS que la Banque a commenc~ 1 insiater a~rieusement pour un d~sengagement du secteur public (voir conditions 18-20). Apr~s l'interruption du PAS I et la perte d'influence qui en est r~sult~, tr~s peu de progr~s ont ~t~ r~alis~s sur ce front durant les cinq premi~res ann~es du PREF.55 Le M~morandum ~conomique de 1984 pr~sente la question de fa90n convaincante "Durant les cinq ann~es qui se sont ~coul~es depuis 1 'engagement explicite du Gouvernement 1 l'~gard de la r~forme du secteur public, presque rien n'a ~t~ fait. Des r~formes ont ~t~ poursuivies sans aucune m~thode et sans que les ~chelons les plus ~lev~s de l'Etat leur impriment une direction et leur donnent un soutien politique. Pour commencer, Ie S~n~gal n'a jamais pris la mesure fondamentale qui devrait Atre Ie pr~lude 1 tout programme s~rieux de r~forme - un examen syst~matique des dimensions du secteur parapublic, assorti de d~cisions politiques pr~cises concernant Ie rOle de l'Etat dans Ie secteur productif".56 54/ Ibid., page i. 55/ Plan 1 moyen terme de redressement ~conomique et financier. 56/ Senegal : Country Economic Memorandum, page 56. - 73 - En particulier, Ie d~senchantement l l'~gard de l'ONCAD et d'une poign~e d'autres entreprises sans aucun avenir. ainsi que leur ~limination ~ventuelle, ont ~t~ consid~r~s comme des r~ponses ponctuelles l des situations intenables. Le M'morandum 'conomique de 1984 renferme une excellente analyse des probl~mes du secteur parapublic (Chapitre VI). II indique six secteurs d'intervention, ouvrant ainsi la voie aux conditions impos~es dans ce domaine par les PAS II et III. 149. Les progr~s ont ' t ' relativement lents durant Ie PAS II : des contrats-plans ont ~t~ sign's avec six, entreprises publiques et des programmes de r~organisation ont ~t~ .dopt~s par deux autres; les subventions directes aux entreprises publiques inscrites au budget de 1986/87 et au budget 1987/88 ont ~t' fix'es respectivement l 5 et 15 % en dessous de leur niveau de 1985/86; et on a pr'par' des propositions pr~cises visant l vendre les actions des dix entreprises publiques les plus vendables. Le programme du PAS III fait suite aux mesures prises dans Ie cadre du PAS II; il consiste essentiellement : 1) l renforcer la gestion de la r~forme grace l la mise en place d'un m~canisme appropri~ d'administration et de coordination; 2) l mettre en place un programme de d~sinvestissement qui offre en vente les actions de dix soci~t~s d'~conomie mixte et identifie 10 l 17 autres entreprises publiques l vendre enti~rement ou en partie, et l achever les proc'dures de liquidation de sept soci~t's d'~conomies mixtes qui ~taient des ,tablissements publics; 3) l am~liorer la performance des entreprises publiques grace l des contrats- plans; et 4) l continuer l r~duire les subventions directes aux entreprises publiques et l pr~senter l l'Assembl~e nationale un nouveau cadre l~gal du secteur parapublic. 150. Des progr~s sont r~alis's sur tous les fronts pr~cit~s. En particulier, Ie Gouvernement poursuit la vente des entreprises du secteur public et son d~sengagement de ce secteur. Le premier groupe de dix entreprises est actuellement en vente. Le Tableau 18 donne les principaux indicateurs de ces entreprises. On peut voir qu'elles ne repr~sentent qU'une proportion relativement modeste (8 l 9 %) du capital et de la valeur ajout~e de l'ensemble du secteur des entreprises publiques. Un 'l'ment inqui~tant que Ie tableau met en relief est que ces dix entreprises, cens~es @tre les plus rentables du secteur parapublic, travail lent actuellement l perte (leurs b'n'fices nets sont n~gatifs). Dans ces conditions, dans quelle mesure Ie secteur priv6 peut-il @tre attir~ par ces dix entreprises publiques et par d'autres encore moins rentables qui seront en vente ult6rieurement? La mise en vente des entreprises n'est que la moiti~ de l'histoire. S'il n'y a pas d'acheteurs priv6s, ce sera Ie ~ quo. Pour r~ussir, Ie d~sengagement du secteur public doit @tre compl~t~ par 1 'engagement du secteur priv6 sans quoi, la condition reste incompl~te - m@me si elle est n~cessaire. M@me si Ie Gouvernement remplit la condition de d~sengagement, l'intervention reste incompl~te, ce qui ne saurait, en soi, modifier la situation de base. - 74 - Tabl.au 18 : PRINCIPAUX INDICATEURS DU SECTEUR DES ENTREPRISES PUBLIQUES ET DES DIX PREMIERES ENTREPRISES A PRIVATISER Secteu .. _ .ntep .. i ... Indicateu ... publi9u.. 01 •• nt".p .. i ... (donn... de 1983) -----(.iI lia ..d. de f .. anc. CFA)------ Capital, val.u .. noainal. 86,4 7,1 Pa ..t du capital ...v.nant I l'Etat 33,1 4,6 Action. I v.nd ... 8,6 3,2 Eaploye. a. (33.924) n.d. Chiff ... d'affai .... 439,4 23,4 Val.u .. ajoute. L! 127,6 11,0 Inv ••ti .....nt. b.. ut. l5 66,& 3,7 Factu ....ala .. ial. L2 61,3 6,0 Benefic•• b..ut. -6,6 0,7 Subv.ntion. de fonctionn ...nt 13,6 Benef i c.. n.t. -24,6 -0,3 I.plt••u.. I....v.nu dft .ociete. 4,4 ( 1,0 Aut.... I.plt. 6,8 ( D..oit. de douan .. I.!! 2,6 n.d. a. On ••ti .. I '...,101 total du .ecteu .. IIOde ..n. I 210.000 pe ...onn•• , dont .nvi ..on 70.000 fonctionnai ..... L! En 1984, I. PIB atteignalt 1.016 .lllia ..d. de f ..anc. CFA, dont 280 .illia ..d. dan. I. . .cteu ....condal .... l5 On ••ti .. I.. inv••ti .....nt. du ..cteu .. p.. lve I 108 .lllia ..d. de f ..anc. CFA. L2 En 1984, la factu ....a'a .. ial. de l'Etat a atteint au total 103 .illla ..d. de f ..anc. CFA. I.!! En 1984, ,.. ..ecette. douanl~ .... ont atteint au total 73,4 .illia ..d. d. f ..anc. CFA .t I•• ...venu. d'Etat un total de 189,4 .1 I lia ..d. de f .. anc. CFA. ~ Cont .. II. financi... de la p..e.idenc• •t Di ...ction de la p..evi.ion, Mini.ti ... de I'econoai ••t dft financ .. . 151. 11 semble que d'6nocmes obstacles s'opposent. A l'heure actuelle, A la participation du secteur priv6. En sus de la rentabilit6 n6gative des entreprises parapubliques qui sont mises A la vente et dont il a 6t6 question plus haut, les principaux obstacles et contraintes sont 1es suivants : en premier lieu, les pressions d6flationnistes provoqu6es par la stabilisation et l'ajustement conduisent A court tecme A une compression de la demande int6rieure en r6duisant la consommation et l"absorption nationales. A moyen tecme" ces pressions d6flationnistes sont aggrav6es par les perspectives d6favorables a) de la r6action de l"offre de - 75 - l'agriculture et de l'industrie; et b) des exportations agricoles et industrielles. En second lieu, l'effondrement du syst~me bancaire, conjugu~ A la forte dette interne de l'Etat et A 1a faib1esse de tous 1es syst~mes d'interm~diation financi~re, entralne une p~nurie extrAme de cr~dits et de capitaux A risque. Cette situation a ' t ' d~crite par un observateur un peu sarcastique, comme un cas d'asphyxie interne. A moins que 1e syst~me bancaire ne passe par une restructuration et une rationalisation radicales et qu'on ne trouve une solution permanente au probl~me du r~glement des arri'r~s de l'Etat, i1 est quasiment impossible de voir comment Ie secteur priv~ pourrait d~co11er. On a estim' qu'i1 faudrait au moins 80 milliards de francs CFA pour revigorer Ie syst~me bancs.ire. 152. Une troisi~me contrainte fondamentale A 1aquel1e se heurte 1a participation du secteur priv~ est l'absence d'une tradition d'entreprise au S~n~gal. Nous en avons d~jA par1~. De par son histoire et ses traditions, Ie S~n~gal a ~t~ et continue d'Atre une nation de commer~ants plutOt que d'entrepreneurs. Dans Ie pass~, l'esprit d'entreprise a ~t~ apport~ par 1es coloniaux fran~ais et par d'autres ~trangers, te1s que 1es Libanais. Cette absence relative d'inUrAt et de moyens de 1a part des S~n~galais A l'~gard des entreprises a ~t~ accentu~e par 1e rOle de plus en plus dominant que l'Etat a jou~ dans les activit~s ~conomiques apr~s l'ind~pendance. L'empi~tement du secteur public dont il a d~jA ~t~ question, y compris la reprise des entreprises ~trang~res par l'Etat, a proteg~ des gestionnaires qui ~taient loin d'Atre efficaces et qui n'ont pas eu A faire face aux pressions comp~titives du march~; il n'a donc gu~re ~t~ possible aux entrepreneurs ~ventue1s du secteur priv~ d'obtenir une formation et d'acqu~rir de l'exp~rience. En outre, Ie petit nombre d' en<t.repreneurs pos s ibles qu' on trouve auj ourd' hui au S~n~gal sont conf:ront~s A des perspectives commerciales peu encourageantes et ne peuvent pas, en tout r~alisme, voir l'avenir sous un jour favorable vu 1a faib1e rent,abilit~ des entreprises publiques mises en vente, l' absence de cr~dits et les pressions d~flationnistes qui se manifestent actue11ement. 153. Le quatri~me obstacle A la privatisation est 'rig' par 1es fonctionnaires, dont les int~rAts pourraient a11er dans 1e sens oppos~. De hauts fonctionnaires (notamment au Minist~re des finances) nous ont dit A maintes reprises que 1es bureaucrates ne s'int~ressaient que peu ou pas A la privatisation, qu'ils continueraient A prot~ger leurs propres int~rAts et que, A 1a limite, leur demander de r~a1iser 1a vente des entreprises pub1iques correspondait A leur demander de commettre "hara-kiri". On note chez un certain nombre de fonctionnaires une attitude un peu cynique : i1s jouent Ie jeu, mettent des entreprises en vente mais, tant qu'e11es ne sont pas vendues, la situation des fonctionnaires reste inchang'e, tandis que la Banque est satisfaite parce qu'une condition fondamenta1e, c'est-A-dire celle du d'sengagement, a ' t ' remp1ie. Ce manque de bonne volont' de la part des fonctionnaires, peu press's de r'soudre les prob1~mes d'ordre administratif et bureaucratique s'opposant A la vente des entreprises pub1iques pourrait finir par tout saboter. 154. Le p1afond impos' aux effectifs des fonctionnaires et la contraction de leurs sa1aires r'e1s, qui sont deux 'l'ments du processus de compression budg'taire, sont autant de facteurs supp1'mentaires pour "ne rien. faire qui puisse compromettre leur emploi". - 76 - 155. Bien que la Banque reconnaisse l'incertitude inh~rente "de la rapidit~ avec 1aque11e 1es entrepreneurs priv~s vont s'ajuster au nouvel environnement industrie1 et 1es investisseurs ~trangers r~pondront 1 l'appe1 des nouvelles possibi1it~s que leur offre 1e S~n~ga1,"57 et bien qu'e1le indique 1es domaines o~ e1le per~oit des obstacles susceptibles de compromettre l'ajustement et 1e futur d~ve10ppement, par exemp1e, 1a faib1esse des institutions du pays, une r~action plus faib1e que pr~vu du secteur priv~ et les risques de l'environnement socio-politique, du c1imat et des march~s ext~rieurs, 1a Banque reste n~anmoins, tout bien consid~r~, optimiste. 58 C'est ce que montre 1a citation suivante: "Cependant, 1 moyen terme, on pr~voit de nouvelles possibi1it~s d'emp10i et une am~lioration des b~n~fices, au fur et 1 mesure que les industries manufacturi~res et de transformation r~agiront 1 la situation nouvelle et que seront assoup1is les contr01es sur 1e commerce int~rieur. Cet environnement plus favorable 1 l'investissement priv~ et 1 l'esprit d'entreprise va probablement encourager l'acc~l~ration du recrutement des fonctionnaires par 1e secteur priv~, ce qui permettra, 1 son tour, d'am~liorer les possibi1it~s de promotion dans 1a fonction pub1ique, apportant ainsi une compensation partie11e 1 1a perte de r~mun~ration subie depuis 1e d~but de l'ajustement 59 ft • 6) Les coOts sociaux de l'ajustement 156. En l'absence de donn~es de base concernant les revenus, l'emp10i et 1a consommation, i1 reste extr~mement diffici1e d'estimer l'impact des mesures d'ajustement sur 1e sort des producteurs et des consommateurs s~n~ga1ais. Le fait que la derni~re enqu@te sur 1es m~nages remonte 1 1960 montre bien l'amp1eur du prob1~me. Cette 1acune a ~t~ not~e dans 1e Rapport du Pr~sident consacr~ au troisi~me PAS : ·on ne dispose pas d'une base suffisante pour identifier et mettre sur pied des projets et programmes op~rationne1s visant 1 att~nuer l'impact nuisib1e que l'ajustement structure1 exerce temporairement sur 1es groupes vu1n~rab1esft. Or, 1es services de 1a Banque ont ~t~ n~anmoins enc1ins 1 formuler un certain nombre d'hypoth~ses concernant l'impact des r~formes g~n~rales sur 1a distribution. 157. En premier lieu, ils ont suppos~ que 1e fait de re1ever les prix nominaux 1 1a production agrico1e ferait augmenter 1 1a fois 1es niveaux des revenus et 1a r~tention de 1a main-d'oeuvre dans 1e secteur. I1s ont suppos~ ensuite que 1es coOts de l'ajustement avaient un caract~re essentie1lement provisoire et que 1es mesures visant 1 renforcer 1es r~actions de l'offre exerceraient, comme escompt~, des effets positifs sur l'emploi et les revenus. Comme on l'a d~jl dit, ces deux hypoth~ses peuvent @tre mises en doute. 158. On peut renforcer, en se r~f~rant 1 un certain nombre de facteurs, l'argument se10n leque1 1a p~riode d'ajustement ne s'est pas traduite par 57/ Rapport du Pr~sident, PAS III, page 10. 58/ Ibid., pages 48-49. 59/ Rapport du Pr~sident, PAS II, page 31. - 77 - un mieux @tre. En premier lieu, le caract~re pr~dominant de l'~pisode d'ajustement du S~n~gal a ~t~ une r~duction de l'absorption globale. Un ~l~ment de ce ph~nom~ne a ~t~ la forte pression 1 la baisse exerc~e sur les d~penses publiques dans le cadre de l'objectif visant 1 r~duire le d~ficit des finances publiques. Entre 1980/81 et 1985/86, le total des d~penses est tomb~ de pr~s de 32 % du PIB 1 moins de 22 %, dont une r~duction r~elle de 45 % des d~penses d'~quipement et une r~duction r~elle de 13 % des d~penses de fonctionnement. Durant la m@me p~riode, la part correspondant aux traitements et salaires est tomb~e de 12 % 1 moins de 10 % du PIB. 159. Les donn~es dont on dispose concernant l'~volution des salaires r~els montrent que la phase d'ajustement s'est accompagn~e d'une baisse sensible des salaires. En se servant des donn~es concernant le salaire minimum interprofessionnel garanti (SKIG) on peut voir (Tableau 19) que cette baisse a atteint plus de 20 % entre 1979/80 et 1986. En outre, les salaires du secteur traditionnel ont tendance 1 @tre sensiblement inf~rieurs au salaire minimum et 1 @tre moins rigides. Comme l'ajustement du march~ du travail a surtout frapp~ le secteur traditionnel, il semble qu'il faille en cone lure que les effectifs d~jl pl~thoriques de la main- d'oeuvre non qualif~e de ce sous-secteur ont augment~, ce qui a fait baisser les salaires nominaux et fait accroltre le chOmage, tout en intensifiant le sous-emploi. 11 n'est pas possible de confirmer cet argument par des moyens empiriques, du fait de l'absence de donn~es satisfaisantes concernant l'emploi. Or, ~tant donn~ la r~action insignifiante de l'offre aux mesures d'ajustement dans tous les secteurs strat~giques, l'hypoth~se d'un effet de ces pol it ique s sur l'emplo! ne s'est pas concr~tis~e. T.bl •• u 19 : SALAIRE MINIMUM (SMIC) EN FRANCS CFA/HEURE ET TERMES DE L'ECHANCE INTERSECTORIEL, 1979-88 T.rlln ct. ~ ~ ~ Indic. t'ich.ne l!. (cour.nt) (con.t.nt) I.!. (1979=100) 1979 107,06 107,06 100 100 1980 138,81 122,78 116 82 1981 187,16 119,28 111 98 1982 148,26 108,88 101 96 1988 189,26 112,09 106 78 198. 176,00 108,66 97 86 1986 188,76 96,20 90 102 1988 188,76 90,07 •• 111 l!. Prix pondere. .grlcol .. I I. productlon/SMIC. I.!. Prix con.t.nt8 .n fr.nc. CFA ct. 1979. ~ : D'.pre. ct.. donn... du Couv.rn...nt. - 78 - 160. La charge de l'ajustement a donc ~t~ r~partie, sur les march~s l prix variables - qui caract~risent Ie secteur traditionnel - sous forme de r~ductions de salaire et d'une diminution de l'absorption de la main- d'oeuvre. Dans Ie secteur structur~, ou les lois du travail continuent l jouer un rOle important, les salaires ont recul~ puisque Ie SMIG n'a pas suivi Ie rythme de l'inflation. Mais, tout en limitant l'ampleur des licenciements, les rigidit~s du march~ du travail qu'impose la loi ont aussi fortement compromis Ie recrutement, l plus long terme. Dans Ie Gouvernement et dans Ie secteur public, les salaires ont ~galement recul~ en termes r~els, mais les compressions directes ont ~t~ elles aussi plus grandes. En premier lieu, l'~limination de l'ONCAD et de son successeur, la Soci~t~ nationale d'approvisionnement rural (SONAR) - qui ~taient les organismes parapublics du secteur agricole a entraln~ la perte de beaucoup d'emplois. Les organismes de d~veloppement rural ont ~galement subi certaines compressions. Les effectifs de la Soci~t~ de d~veloppement et de vulgarisation agricole (SODEVA) ont ~t~ r~duits de 55 % entre 1982 et 1987, ce qui repr~sente Ie licenciement d'environ 1.000 employ~s. La SAED a vu ses effectifs diminuer de 9 % au cours des deux derni~res ann~es et des pressions ont ~t~ exerc~es sur l'ensemble du secteur parapublic pour r~duire Ie nombre d'employ~s. Dans Ie cas de la fonction publique, Ie nombre d'emplois global reste constant aux alentours de 68.000 depuis 1985. Cependant, entre 1980 et 1985, les effectifs de cette cat~gorie avaient augment~ de plus de 3,5 % par an. II semble donc que les pertes directes d'emploi n'aient pas ~t~ consid~rables, mais que Ie niveau des salaires ait sensiblement baiss~. En bref, si l'on groupe la fonction publique et Ie secteur parapublic, on constate une r~duction des salaires dans les deux cas et, tout au plus, une l~g~re croissance de l'emploi global durant la p~riode 1980-87. Cette ~volution n'a pas suffi pour devenir une strat~gie d'emploi qui contrebalance la diminution de l'absorption de la main- d'oeuvre dans d'autres secteurs. On constate cependant depuis 1985 une certaine baisse de l'emploi. Dans Ie cadre du PAS III, on a constitu~ une caisse sp~ciale de r~insertion des employ~s licenci~s; il est cependant trop tOt pour parler valablement de son importance et de son impact. 161. On peut voir d'apr~s ce qui pr~c~de que, sur les march~s du travail des secteurs moderne et traditionnel urbains, la phase d'ajustement a ~t~ marqu~e par une baisse de l'emploi et par une diminution des salaires r~els. Ces faits ont ~t~ explicitement reconnus par la Banque,60 qui les a consid~r~s n~anmoins plutOt comme un probl~me transitoire auquel il serait possible de porter rem~de en intensifiant l'absorption de la main-d'oeuvre par l'agriculture et en obtenant une croissance g~n~rale de la production grAce l une affectation plus efficace des ressources. Or, cette r~action indispensable de l'offre ne s'est pas encore mat~rialis~e. 11 semble. pour des raisons surtout climatiques et techniques, qu'il n'y ait pas eu d'effets significatifs sur les superficies ni sur l'intensit~ des cultures. En outre, bien que les termes de l'~change intersectoriel aient ~volu~ en faveur de l'agriculture apr~s 1985 (voir Tableau 19), les prix r~els l la production des cultures d'exportation et des cultures c~r~ali~res n'ont pas progress~. Qui plus est, comme une proportion significative des m~nages agricoles sont des acheteurs nets de produits alimentaires - non seulement de c~r~ales traditionnelles produites dans le pays mais aussi de riz 60/ Rapport du Pr~sident, PAS III, page 40. - 79 - import~ - l'ajustement parall~le des prix alimentaires ~ la hausse et notamment du riz aura att~nu~ tout effet possible sur les revenus exerc~ par des rel~vements nominaux des prix ~ la production. Depuis 1982, les prix des produits alimentaires augmentent en moyenne d'environ 12 % par an. 162. En conclusion, toute ~valuation de l'impact du programme d'ajustement sur Ie bien-@tre social au S~n~gal doit @tre ~ la fois indicative et provisoire. Les indicateurs disponibles sont extr@mement limit~s et ne sont pas n~cessairement fiables. Cependant, on peut raisonnablement affirmer que, jusqu'ici, l'ajustement a eu dans l'ensemble un caract~re d~flationniste. L'offre n'a que peu ou pas r~agi. Ce ph~nom~ne a ~t~ associ~ ~ une pression A la baisse sur les salaires r~els et A des pertes directes d'emploi. Une manifestation de cet ~tat de choses a ~te Ie m~contentement politique grandissant dont t~moigne la r~cente ~lection pr~sidentiel1e. Bien que les d~penses du secteur social n'aient pas diminu~ d'une fa~on sensible si on les exprime en proportion de l'ensemble des d~penses de l'Etat, Ie total des d~penses publiques a nearunoins et~ consid~rablement r~duit. Des el~ments d'information de plus en plus nombreux montrent que les services offerts par Ie Gouvernement dans Ie secteur de la sant~ et dans d'autres secteurs sociaux ont diminu~ de qualit~ et de volume. 61 163. L'analyse effectu~e par la Banque des r~percussions du programme d'ajustement sur la r~partition et Ie bien-@tre a eu un caract~re selectif et, l certains ~gards, incorrect. En partie parce que Ie Gouvernement etait pr@t ~ s'engager dans un programme de reformes difficile, la Banque semble n'avoir pas voulu poser un grand nombre de questions complexes ~ propos de l'impact de ces reformes sur les groupes pauvres. Elle a depeint les coQts de l'ajustement comme ayant un caract~re temporaire, bien qu'on ne puisse pas @tre vraiment optimiste en ce qui concerne l'avenir. En outre, la Banque n'a encourage que tardivement la collecte des donn~es qui aura lent pu montrer l'impact social sous son jour v~ritable. Apr~s huit ans d'ajustement, c'est seulement maintenant que la Banque insiste pour qU'on ~tudie l'emploi dans Ie secteur traditionnel, dont l'importance est fondamentale, et pour qu'on effectue une enqu@te plus detaillee sur les menages. p'. Aide exterieure et retomb~es de la dette ext~rieure et du service de la dette sur les investissements et la croissance , Cf 164. John P. Lewis (ancien pr~sident du CAD)62 a analys~ assez en detail Ie profil de l'aide ~trang~re au S~n~gal jusqu'en 1982. Dans Ie contexte de la pr~sente section, ses principales conclusions sont les suivantes : 1) les transferts officiels ont servi A payer en 1981 tous les investissements du pays et 6 % de sa consommation. Cette formule, qui consiste ~ compter sur l'aide pour financer les investissements et combler 61/ Nemat Shafik, "Public Finances in Senegal-, (USAID Dakar), 1986, (roneo). 62/ Lewis, Ope cit. - 80 - les d~ficits, remonte l 1960. 2) La part de la France dans l'aide publique au d~veloppement (APD) du S~n~gal a ~t~ tr~s consid~rable dans Ie pass~, mais elle est tomb~e de 68 % en 1967-71 l 37 % en 1976-82; par contre, la part du groupe de la Banque a ~t~ remarquablement faible et n'a atteint que 6,6 % du total des transferts nets officiels (c'est-l-dire de l'APD et des autres apports officiels) pendant les trois ann~es 1980-82. 3) Durant les ann~es 60 et au d~but des ann~es 70, la France ~tait le bail leur de fonds "suppl~tif· classique. Au lieu de contribuer aux investissements, ce que l'aide fran~aise "a v~ritablement ~tay~ aplani et acc~l~r~ - fut la consommation". 4) Le revers de la ~daille ~tait que le Gouvernement d~tournait ses maigres ressources en devises des "investissements" vers la ·participation" (il rachetait les participations des ~trangers dans les organisations existantes). 5) Les transferts officiels qui repr~sentaient le cinqui~me du PIB en 1981 et 1982 - risquent, en fait, de retarder le d~veloppement si, au lieu de l'acc~l~rer, ils deviennent "une b~quille qui habitue une ~conomie l des niveaux de consommation qu'elle est incapable de soutenir". 165. 11 est clair que, avec le d~but de la p~riode d'ajustement structurel, la Banque a remplac~ la France en tant que principal interlocuteur du Gouvernement dans Ie dialogue de politique g~n~rale et que la part grandissante du programme additionnel qu'elle assumait lui a donn~ plus d'influence qu'elle n'avait jamais eue auparavant. 11 semble que le Gouvernement fran~ais n'ait ~t~ que trop heureux de laisser la Banque prendre le premier rang et insister vigoureusement pour de profondes r~formes structurelles et institutionnelles, ce qui soulageait un peu le Tr~sor fran~ais d'une ponction de plus en plus grande sur ses ressources. 166. Le Tableau 20 a ~t~ ~tabli pour montrer le volume net d'aide ~trang~re qui restait disponible une fois assur~ Ie service de la dette ext~rieure. 11 convient d'expliquer ici les rubriques du tableau, car elles ne correspondent pas l la fa~on classique de pr~senter la balance des paiements. La rang~e 1 donne Ie solde courant l l'exclusion des paiements d'int~rAt sur la dette ext~rieure, tandis que la rang~e 2 indique les apports nets de capitaux l l'exclusion de l'aide ext~rieure (elle englobe donc les capitaux priv~s, les capitaux l court terme et les autres flux l moyen et l long termes); la rang~e 3 est la somme des rang~es 1 et 2 et peut Atre consid~r~e comme repr~sentant la situation nette de la balance des paiements l l'exclusion de l'aide ext~rieure et des flux de service de la dette; les rang~es 4a et 4b indiquent respectivement les transferts officiels et les d~caissements des prAts l moyen et l long terme; leur somme, dans la rang~e 4, indique 1 'ensemble de l'aide ext~rieure; les '~n rang~es 5a et 5b indiqueht respectivement les paiements d'int~ret et de principal sur la dette ext~rieure - ces deux flux sont ajout~s l la rang~e 5 pour obtenir l'ensemble des paiements au titre du service de la dette; l son tour, la rang~e 6 pr~sente l'aide ext~rieure nette, c'est-l-dire Ie total de cette aide, d~duction faite du service de la dette (rang~e 4 moins rang~e 5); et enfin, la rang~e 7 donne Ie solde global (rang~e 3 - rang~e 6), c'est-l-dire la diminution (-) ou l'augmentation (+) nette des r~serves, ou ce qu'on appelle parfois le d~ficit. - 81 - T.ble.u 20 : BALANCE DES PAIEMENTS METTANT EN RELIEF LtAIDE EXTERIEURE METTE, 1981-87 (en .llilard. de franc. CFA cour.nt.) 1 Compte. cour.nt. (•• uf paieMent. dtintirat .ur dette .tr.ngire) -182 -160 -188 -lU -188 -92 -81 2 Autre. .pport. i lIIOyen et long te ..... (net.) et flux de c.pitaux non indiqu'• • llleur. 8 Solde net (•• uf .ide extirieure et .ervlce dedette) -182 .::!!! -127 .:!!! 4. fr.n.fert. officiel. 48 80 80 81 80 57 53 4b D.c.i .....nt. prats lIOyen et long te ...... ..!2 ..!! m ..!2 ..!! .J!! 78 4 Aide extirieure tot.le 108 153 182 160 157 188 181 6a Intirat .ur dette -11 -11 -18 -22 -19 -86 5b AIIIOrti .....nt de dette (princip.l) .:!! ...::! ..::! ::!i ::!.2 .:!! -51 6 Total: .ervice dette -24 -14 -22 -88 -89 -78 -88 8 Flux net .ide extirieure (r.ng" 4 - r.ng" 6) 45 7 Di.inution de. reserv.. (-) (r.nge. 8 - r.ng.. 8) ou deficit -u 7 7 -18 -80 2 -38 l!. E.ti.ation•• ~~ : Rang..s 1 i 4 : Banque IIIOndlale, Seneg.1 : An Economy Under Adjustment, R.pport No 8454-SE, 13 f'vrier 1987, SA Table.ux 18 (pour 1981-86) et 38 (pour 1988/87). Rang... 6. et 6b : T.bleaux de la B.nque IIOndiale concernant I. dette. 167. Ce que cette pr~sentation de 1a balance des paiements montre de fa~on frappante est la forte baisse des apports nets d'aide ext~rieure, d~duction faite du service de la dette (rangee 6) en 1986 et 1987. On peut done voir que l'apport net, qui avait atteint 160 milliards de francs CFA en 1983. a chut~ brutalement l 65 milliards de francs CFA en 1986 et l 45 - 82 - milliards francs CFA en 1987. Pour mettre ce dernier chiffre dans son contexte, il convient de noter qu'il ne repr~sentait en 1987 que Ie quart environ des investissements int~rieurs bruts. En fait, la situation est encore plus grave car en 1987, selon ces estimations, apparalt un d~ficit (diminution des r~serves) de 36 milliards de francs CFA. S'il n'est pas combl~ par Ie Tr~sor fran~ais, il r~duira pratiquement l z~ro Ie montant de l'aide ~trang~re nette disponible pour des investissements. 168. On peut raisonnab1ement se demander si l'~conomie s~n~ga1aise a 1a possibilit~ de financer l moyen terme, l partir de sources int~rieures (c'est-l-dire l'~pargne int~rieure), les trois quarts ou plus de ses besoins d'investissement. Pour r~pondre l cette question, i1 faut connaltre 1es projections des composantes de la balance des paiements. Pour cela, nous nous sommes essentiellement servis, en y apportant certaines modifications, des projections de 1a Banque contenues dans son M~morandum ~conomique de 1987. Nous nous sommes servis des projections de service de la dette existante l la fin de 1987 et avons formu1~ certaines hypoth~ses concernant 1a croissance des exportations (5 % par an entre 1986 et 1992) et des importations (4 % par an).63 Ici encore, nous pr~sentons les projections de 1a balance de paiements de mani~re l s~parer et l mettre en relief l'aide ext~rieure nette. Les r~sultats sont contenus dans Ie Tableau 21. 63/ Senegal : An Economy Under Adjustment. Nous avons suppos~ des taux de croissance des exportations nettement inf~rieurs l ceux des projections de la Banque (voir SA Tableau 36) ainsi que des taux de croissance des importations l~g~rement inf~rieurs. - 83 - T.bl •• u 21 : PROJECTIONS DE BALANCE DES PAIEMENTS IllETTANT EN RELIEF L'AIDE ETRANCERE METTE, 1988-92 (en .11110n. de doll.r.) !!!! !!!! !!!! !!!! 1m !!!! !!!! h Export.tlon. 868 891 726 782 800 840 882 lb Illport.tlon. 881 896 931 989 1.007 1.048 1.089 lc Solde de r••• ourc.. -203 -204 -208 -207 -207 -208 -207 ld R..t. du cOMpt. counnt (•• uf interat .ur dett.) -82 -86 -es -ea -70 -78 -81 1 COMpt. cour.nt (•• uf I nterat .ur dett.) (lc + ld) -286 -289 -272 -276 -277 -286 -288 2 Autr.. .pport. i IIOl.n .t long t.r... • t c.plt.ux non Indiqu'•• 111.ur. 8a -1 -3 8 24 18 16 a Solde n.t (•• uf .ide .xterl.ur••t •• rvlc. d.tt.) (1 + 2) -182 =m .::!.!! .:.!!! .:ill. .::m -27a 4. Tr.n.f.rt. officl.l. 188 178 183 190 198 211 226 4b D'c.i .....nt. prats i IIOl.n .t long t.r... 233 281 291 818 337 364 a76 4 Total : .ide .xterl.ur. (4. + 4b) 399 4a7 474 608 636 686 800 6. Interat .ur dett. -98 -118 -148 -132 -118 -102 -8a 6b AIIOrtl .....nt de dett. =!!! -171 .:!!!. ::!!2 -249 -270 -244 6 Total : •• rvic. d.tt. (6. + 6b) -210 -287 -410 -392 -887 -a72 -327 6 Aide .xteri.ur. n.tt. !!! !!2 .M l!! M!! 19a 278 7 Dilllinution de. r'•• rv•• (-) ou d'flclt (a - 6) 7 -120 -211 -143 -81 -74 0 8 Aide .xterl.ur. n.tt. .pr'. d6flclt combl' 198 ao -147 -17 91 119 273 !!!!!:!:!.! R.ng6. 1. : I. crol ••• nc. de••xport.tlon •••t proJ.te. i 6 I p.r .n i p.rtlr d. 1988. R.ng6. lb : I. croi ••• nc. d.. Importation ••• t proj.te. i 4 I p8r .n i p8rtl r de 1988. R.ng6. ld, 2, 4• .t 4b : B.nqu. IIOndl.I., S.n!A.1 : An Economy Under AdJu.tm.nt, R.pport No 8464-SE, 13 f6vrl.r 1987, SA T.bl •• u 38. R.ng'-. 6. .t 6b : T.bl •• ux de I. B.nqu. IIOndl.l. conc.rn.nt I. d.tt.. - 84 - 169. La rang~e 6 du Tableau 21 fournit une estimation de l'aide ~trang~re nette (une fois assur~ le service de la dette) qui est disponible pour des investissements. Ce chiffre doit @tre compar~ aux estimations des investissements int~rieurs bruts afin de d~te~iner la part de ces derniers que l'aide ~trang~re peut financer. En 1986, les investissements int~rieurs bruts s'~levaient l 179,4 milliards de francs CFA (soit 518 millions de dollars au taux de change de 1 dollar = 346,3 francs CFA); en supposant que les investissements int~rieurs bruts ont augment~ l raison de 12 % aux prix courants, ils atteindraient 201 milliards de francs CFA en 1987 (soit 670 millions de dollars au taux de change de 1 dollar = 300 francs CFA). C'est ainsi que, en 1987, l'assistance ~trang~re nette a financ~ le quart de l'ensemble des investissements; en 1988, elle ne doit en financer que 10 % (en supposant que les investissements int~rieurs bruts augmentent l raison de 5 I); en 1989, moins d'un cinqui~me; en 1990, environ le quart; et, en 1991, environ 18 %. Selon ces projections, m@me en 1992, l'aide ~trang~re nette ne couvrirait qu'environ le tiers de l'ensemble des investissements, ce qui est un chiffre tr~s nettement inf~rieur l la proportion historique. 170. En fait, la situation est encore moins favorable pour deux raisons suppl~mentaires. En premier lieu, il convient de noter que les projections du Tableau 21 laissent un d~ficit l combler (rang~e 7), si bien que, une fois ce d~ficit combl~, l'aide ~trang~re nette semble marginale en 1987 pour devenir n~gative en 1988 (-147 millions de dollars) et rester n~gative en 1989. Le d~ficit ne disparalt, selon les projections, qu'en 1992; en deuxi~me lieu, la projection du service de la dette exclut les paiements d'int~r@t et de principal aff~rents aux nouveaux prats consentis apr~s 1987 - si le service de la dette ~tait inclus, il en r~sulterait une nouvelle contraction de la part de l'aide ext~rieure disponible pour les investissements. 171. Les calculs pr~c~dents aboutissent l des conclusions bien nettes. En l'absence d'annulation de la dette ou d'un moratoire l long te~e, le S~n~gal ne recevra pas les fonds d'investissement dont il a besoin pour un d~collage. Etant donn~ la multitude de contraintes auxquelles Ie pays doit fa ire face, il lui sera difficile de les su~onter, m@me s'il dispose d'un apport continu de ressources ~trang~res pour des investissements. En l'absence de cet apport, la meilleure chose que l'on puisse souhaiter est une persistance de la stagnation, sinon un recul. G. Conclusions 172. L'6valuation pr~c~dente aboutit l un certain nombre de conclusions importantes qui sont li6es les unes aux". autres. En premier lieu, on a montr6 dans le d6tail que, par le biais de l'ajustement structurel, la Banque a impos6 des conditions dont le nombre va en augment ant (de 32 dans Ie PAS I l 77 dans le PAS III). Alors qu'il est certain que l'ajustement exigeait l'ex~cution g~n6rale et simultan6e de mesures portant l la fois sur l'environnement macro~conomique (par exemple, en canalisant des ressources vers Ie secteur d'exportation, en r~duisant les d6penses du Gouvernement et la consommation priv6e, et en encourageant les - 85 - investissements) et sur l'environnement micro~conomique (en augment ant l'efficacit~ du syst~me de prix et de toutes les ressources) et int~ressent tous les secteurs, il ne s'ensuit pas que la solution est une longue liste de conditions qui ne sont pas assorties d'un ordre de priorit~s bien d~fini. Comme l'a dit Stanley Fisher : ·Si la Banque veut etre efficace, il lui faudra ~tablir des priorit's parmi ces micropolitiques car, en insistant sur un trop grand nombre d'entre elles, elle risque de n'en obtenir aucune"64 et "plus Ie plan d'ajustement structurel est ambitieux et d~taill~. plus les moyens d'analyse ~conomique et de prise de d~cisions du pays affect~ subissent de pressions. Les comp~tences ~conomiques et la volont~ politique repr~sentent elles aussi des ressources rares qu'il s'agit d'affecter de fa~on efficace pour ex~cuter la politique ~conomique."65 173. En deuxi~me lieu. notre propre classification de ces conditions en a) ~tudes. b) pr~alables, c) actions, d) objectifs interm~diaires, et e) r~formes institutionnelles a r~v~l~ que la part des conditions concernant les deux premiers types ci-dessus est pass~e d'environ un tiers dans le PAS 1 1 56 % dans Ie PAS 111. 174. Les ~tudes et les "pr~alables" ne suffisent pas en soi pour modifier la situation existante. C'est seulement lorsque ces ~tudes et ces pr~alables se concr~tisent en un programme d'actions qu'ils peuvent avoir un UIlpact sur la performance. La forte proportion de ces deux types de conditions dans les enveloppes de conditionnalit~ des PAS - conjugu~e au caract~re incomplet d'un grand nombre de conditions d~finies comme "actions· (par exemple, Ie d~sengagment du secteur public sans engagement du secteur priv~) - signifie que Ie Gouvernement peut, en fait, respecter (remplir) une grande partie du programme d'ajustement sans pour autant apporter le moindre changement au niveau des politiques et, partant, sans exercer un impact sur la performance. En toute justice, i1 faut reconnaltre qU'un certain nombre de conditions "dures· ont ~t~ mises en oeuvre 1 la suite de l'insistance de la Banque - en particulier celles qui concernaient la rigueur budg~taire (par exemple, les limites sur les effectifs de la fonction publique et sur leurs salaires); la lib~ralisation du commerce. les politiques de prix agricoles et les r~formes institutionnelles. Cependant, comme on comprenait mal ou pas assez l'impact exerc~ par un grand nombre de ces mesures sur la performance, certaines de ces conditions "dures" n'~taient pas appropri~es et leurs effets sur la performance ont ~t~ marginaux, comme le montrent les paragraphes suivants. 175. En troisi~me lieu, nous avons d~cel~ et identifi~ certaines incoh~rences entre les conditions des PAS visant 1 centraliser la gestion et Ie contrOle de la dette ext~rieure (au sein du Minist~re des finances) et certains projets de la Banque qui accordent (ou s'efforcent d'obtenir) des pouvoirs budg~taires d~centralis~s aux entreprises b~n~ficiaires. Un autre exemple de conflit entre les conditions du programme de la Banque et 64/ S. Fisher "Issues in Medium-Term Macroeconomic Adjustment," The World Bank Research Observer. Vol. I, No 2. juillet 1986, pages 179-80. 65/ Ibid., page 181. - 86 - celles 4es projets concerne les consid~rations et Ie traitement sp~ciaux (par exemple, en mati~re de subventions et de prix) que demandent et re~oivent souvent les entreprises publiques aid~es par des projets (voir par. 139). La Banque devrait donc entre prendre un effort particulier pour faire concorder son programme et les ~l~ments de ses projets. 176. En quatri~me lieu, Ie fait d'avoir besoin d'une multitude d'~tudes et d'informations empiriques concernant toutes sortes de domaines (notamment la politique des prix agricoles, la m~thode d'analyse des projets, Ie fonctionnement du march~ du travail) traduit un manque fondamental de connaissances de la part de la Banque et du Gouvernement au sujet de la r~alit~ socio-~conomique et des relations qui existent entre les variables des politiques. Le cadre conceptuel qui relie a) les variables et contraintes exog~nes et b) les instruments et r~formes de politique, conjointement aux objectifs et A la performance socio- ~conomiques - que d~crit la Section C - demeure en grande partie une bolte noire dans Ie contexte du S~n~gal. Ce qui est surprenant et difficile A comprendre est l'attitude d~raisonnablement passive que la Banque a continu~ A prendre durant tout son dialogue de politique avec Ie Gouvernement dans ses efforts pour obtenir des donn~es, des informations et des ~tudes meilleures qui lui permettraient de formuler des recommandations de politique g~n~rale. Notre ~valuation a fourni de nombreux exemples des secteurs o~ la Banque n'a cess~ d'identifier des domaines fondamentaux d'ignorance (par exemple, analyse des projets, impact de la politique des prix, recherche agricole, situation socio-~conomique des groupes vuln~rables, fonctionnement du secteur traditionnel) et a demand~ des enqu&tes et des ~tudes, sans poursuivre les choses ni exiger des r~sultats rapides. 66 La cons~quence principale de cette insuffisance a ~t~ que la Banque a dQ constamment formuler des recommandations de politique en prenant pour base des informations extr&mement insuffisantes et parfois erron~es et sans bien comprendre les m~canismes de cause A effet et les param~tres quantitatifs qui reliaient les variables aux objectifs de politique. En d'autres termes, la Banque a ~t~ constamment forc~e "de mettre la charrue avant les boeufs". Des consid~rations ponctuelles, des questions d'id~ologie et une attitude consistant A "prendre ses d~sirs pour des r~alit~s" ont souvent remplac~ une solide analyse ~conomique. 177. En cinqui~me lieu, un symptOme typique et une manifestation du fait que, pendant toute la p~riode examin~e, la Banque ne connaissait pas suffisamment, sur Ie plan th~orique et quantitatif, la dynamique du syst~me socio-~conomique dans Ie contexte du S~n~gal a ~t~ sa tendance constante et insistante A surestimer la future performance (notamment en mati~re de croissance) et A sous-estimer 1 'impact n~gatif exerc~ par les contraintes sur Ie d~veloppement. En particulier, Ie fait de n'avoir pas suffisamment 66/ Par exemple, nous avons vu qu'en 1970, la Banque se pr~occupait d'ores et d~jA de la faiblesse des m~thodes d'analyse et de pr~paration des projets; elle a continu~ A exp rime r des inqui~tudes sur ces questions sans obtenir Ie moindre r~sultat tangible jusqu'en 1988. De m&me, la Banque a cherch~ de fa~on continue A am~liorer les enveloppes techniques de 1 'agriculture et A mieux comprendre l'impact des politiques de prix agricoles - or, jusqu'ici, tr~s peu de progr~s ont ~t~ dalish. ·1 - 87 - reconnu Ie caract~re structurel et profond d'un grand nombre de ces contraintes, telles que l'aggravation des conditions climatiques, la d~gradation des sols, ainsi que Ie processus de d~sertification, a conduit la Banque l expliquer ou l excuser de mauvais r~sultats, en all~guant qu'ils ~taient provoqu~s par des facteurs exog~nes de caract~re cyclique et temporaire. Une conclusion importante, atteinte l la fin de l'~valuation de l'ajustement structurel de l'agriculture (par, 111), est que l'objectif essentiel devait consister l att~nuer, en mettant en oeuvre tous les moyens possibles, les fortes contraintes d~coulant de la d~gradation de l'environnement naturel. Pour parler de fa~on plus pr~cise, des mesures de r~g~n~ration et de conservation des sols (par exemple, l'application de phospnates naturels l grande ~chelle) et l'introduction de vari~t~s r~sistant mieux l la s~cheresse semblent des pr~alables presque indispensables l l'am~lioration des r~sultats, 178. En sixi~me lieu, comme, de par son caract~re global, l'ajustement structurel exige des interventions concert~es sur de nombreux fronts et appelle de fa~on simultan~e l'interaction complexe d'un grand nombre de variables de politique g~n~rale, il ne peut @tre analys~ que de fa~on tr~s imparfaite en l'absence d'un cadre ou d'un mod~le intersectoriel. C'est ce que mont rent bien deux ~tudes r~centes des modalit~s et de la conditionnalit~ de l'ajustement structurel "les mod~les sont utiles pr~cis~ment parce qu'ils contraignent l'analyste l d~finir la structure de l'~conomie et l s'occuper des rapports qui d~terminent les r~sultats des modifications apport~es l la pol it ique g~n~rale"67 et "il n'est pas possible d'adopter la formule qui consiste l renoncer entUrement l des mod~les pour compter sur des principes g~n~raux, afin de guider les conseils et d'aider l'~valuation de la politique: en effet, une politique ne peut pas @tre ~valu~e en l'absence des faits auxquels on la r~f~re et ces faits exigent l'emploi d'un mod~le explicite ou implicite,"68 De m@me, en prenant pour base une ~tude comparative de tous les prats l l'ajustement structurel consentis par la Banque entre 1980 et 1986, Mosley conclut que, "quand la Banque formule des pr~dictions au sujet des consequences entraln~es par l'observation de ses conditions, elle fait un acte de foi et se base sur des conjectures et non pas sur un raisonnement structur~· et 8 ma premi~re recommandation est donc que, l l'avenir. un 67/ Fisher, op. cit., page 167. 68/ Ibid, page 168. Fisher affirme en outre que "Ie mod~le des programmes d'ajustement structurel macro~conomique ne pose pas de questions particulUrement difficiles sur Ie plan de la th~orie. Dans la pratique, Ie manque de donn~es et la possibilit~ d'avoir l recourir l un grand nombre de mod~les divers rendront Ie travail long et difficile. II peut @tre difficile en effet, en se servant des donn~es existantes, de pr~ciser des param~tres fondamentaux tels que l'~lasticit~ de l'offre et de la demande des importations, les retards des investissements et la nature du comportement des salaires. En derni~re analyse, il se peut que les meilleures donn~es disponibles ne tloient pas trh bonnes. Cependant, on peut estimer des mod~les et ceux-ci seront utiles pour des ~valuations de politique l moyen terme", page 178. - 88 - bail leur de fonds fonde ses pr~dictions des effets de ces conditions sur un mod~le structur~ qui relie les instruments de politique que Ie b~n~ficiaire doit modifier et les objectifs que visent ces instruments. Ces pr~visions, que doit conna1tre Ie b~n~ficiaire... seront n~cessairement fonction d'un certain nombre de facteurs ind~pendants de la volont~ du b~n~ficiaire tels que les conditions climatiques et phytopathologiques, ou la demande mondiale pour les produits d'exportation du pays. Ces estimations doivent donc prendre ordinairement la forme non pas d'une simple estimation ponctuelle ... mais plutOt d'une distribution de fr~quence des r~sultats. Elles doivent consister en affirmations telles que: ·Si ces mesures sont mises en oeuvre, il y a 50 % de chances qu'elles fassent augmenter Ie volume des exportations de 1 1 2 %, 20 % de chances qU'elles Ie fassent augmenter de 0 1 1 %., et ainsi de suite.· 69 179. Une derni~re question qui pr~sente une importance absolument fondamentale pour Ie futur d~veloppement du S~n~gal consiste 1 savoir si les ressources ext~rieures nettes qui sont disponibles suffisent 1 fournir les fonds d'investissement qu'exige un d~collage, c'est-l-dire permettent une ~volution qui s'~carte des tendances historiques 1 la stagnation. Ici, comme l'a d~montr~ l'analye des projections que contient la Section F, il s'agit de savoir si la majorit~ des apports bruts d'aide ext~rieure serviront 1 assurer Ie service de la dette ~trang~re en ne laissant qU'une somme marginale pour les investissements, comme c'est actuellement Ie cas, ou si l'on peut apporter aux ·r~gles du jeu actuelles· certaines modifications fondamentales qui laissent place 1 un apport nettement plus consid~rable de capitaux ~trangers. En th~orie, deux solutions sont possibles : i) une forte augmentation du volume brut d'aide ~trang~re (sous forme de dons) au S~n~gal; et ii) une annulation des dettes (et non pas un r~~chelonnement, qui ne ferait que renvoyer l'in~vitable 1 plus tard). La premi~re option semble tr~s improbable ~tant donn~ l'attitude actuelle des bailleurs de fonds, ce qui laisse donc la deuxi~me option - pour difficile qU'elle soit - comme ~tant l'option plus r~aliste. La Banque et les bail leurs de fonds doivent choisir entre remboursement de la dette et d~veloppement. Etant donn~ la multitude de contraintes auxquelles se heurte Ie S~n~gal, Ie conflit entre ces deux objectifs semble in~vitable. Si l'on continue 1 insister, comme on Ie fait actuellement, sur Ie remboursement de la dette, il y aura stagnation, sinon recul. Si la Banque d~cide que Ie d~veloppement socio-~conomique du S~n~gal est l'objectif, elle doit alors Atre prAte 1 travailler avec les autres bailleurs de fonds pour trouver une solution au probl~me du service de la dette. Bien sUr, il est imp~ratif que les fonds ainsi lib~r~s ne servent pas 1 financer des projets contraires aux principes de l'~conomie; en pareil cas, tout all~gement de la charge de la dette n'aurait plus de sens. D'un autre cOt~, une r~duction des paiements au titre de la dette permettrait non seulement de financer de bons projets du secteur public mais porterait ~galement rem~de, dans une certaine mesure, 1 la p~nurie de cr~dits et de devises, ce qui est une condition importante de la croissance des investissements du secteur priv~. 69/ Mosley. op. cit •• page 29. - 89 - Chapitre III QUESTIONS SECTORIELLES ET COORDINATION DE L'AIDE A. Le secteur agricole 1) Introduction 180. La politique de d6veloppement du secteur agricole du 56n6gal a dQ s'accommoder non seulement de maigres ressources naturelles, mais aussi de conditions climatiques extrAmement variables qui se d6gradaient. L'exp6rience des 25 demUres ann6es semble indiquer que ces contraintes n'ont pas 6t6 surmont6es de 'fa~on appr6ciable. En effet, certaines statistiques de base apportent des preuves convaincantes. Entre 1960 et 1986", l'agriculture a progress6 l raison d'environ 1,3 % par an; si l'on fait les calculs l partir de 1970, Ie chiffre tombe l moins de 0,5 %. Dans Ie secteur rural, les revenus r6els per capita semblent Atre demeur6s constants entre 1970/71 et 1983, malgd les mesures qui avaient 6t6 prises sp6cifiquement pour renforcer les revenus du secteur rural. 181. Bien qu'on attribue souvent ces r6sultats m6diocres 1 la mise en oeuvre de politiques peu appropri6es et impossibles l poursuivre,70 les tendances de la production agricole peuvent s'expliquer par-dessus tout en fonction des pr6cipitations. Au d6but des ann6es 80, moins de 1 % de l'ensemble de la superficie arable 6tait irrigu6e. La majorit6 des prod'Llcteurs agricoles devaient donc faire face 1 la diminution constante du volume des pr6cipitations. A l'heure actuelle, dans la zone nord du Bassin arachidier, les pr6cipitations atteignent la moiti6 de leur niveau de 1930-60. Bien qu'il soit moins prononc6 ailleurs, cette baisse de la pluviom6trie est un ph6nom~ne national. En outre, les producteurs ont dQ s'accommoder de variations extrAmes des conditions climatiques d'une ann~e l l'autre. 5i l'on ~tablit une ~quation de r~gression reliant les rendements en arachide et en mil - qui sont les principales r~coltes - aux pr~cipitations et l la variable temps, on s'aper~oit qu'environ 60 % des variations de rendement des 30 demi~res ann~es peuvent Atre attribu~es aux pdcipitations. 182. Bien que la part du secteur primaire soit tomb~e d'environ 25 % du PIB au d~but des ann~es 60 1 moins de 20 % durant les ann6es 80, et que celle de l'agriculture ait recuU durant la mAme p~riode de 16 % 1 moins de 10 I, Ie secteur reste indispensable pour l'~conomie. On estime, en effet, que 70 % de la population active continue l trouver un emploi principal dane. 1 'agriculture , alora que 10 l 12 % de la production industrielle est celIe des huileries. II est tout aussi important de remarquer que les exportations agricoles, qui ont foumi plus de 85 % de la valeur de toutes les exportations durant la p~riode 1960-69, en foumissaient encore 41 % environ en 1980-86. Cependant, Ie profil du commerce ext~rieur montre clairement la contraction de la part des arachides dans l'ensemble de la production commercialis~e. Durant les ann~es 60, les produits arachidiers fournissaient pr~s de 75 % des recettes d'exportation. Cette proportion est tomb~e aux alentours de 42 % durant les ann~es 70 et l 17 % entre 1980 70/ Voir par exemple, "Senegal Agricultural Sector Strategy Brief", 1987. - 90 - et 1986. En sus de l'importance du secteur sur le plan de l'emploi, des revenus et de la production commercialisable, un autre facteur est venu mettre de plus en plus en ~vidence la n~cessit~ d'une politique sectorielle coh~rente. 11 s'agit du fait que l'agriculture s~n~galaise est de moins en moins en mesure de fournir suffisamment de produits alimentaires pour satisfaire la demande nationale. Vers le milieu des ann~es 80, le S~n~gal ne produisait en effet qu'un peu plus de la moiti~ des produits alimentaires dont il avait besoin, le reste ~tant obtenu grace l des importations (40 %) et l l'aide alimentaire (8 I). Dans le contexte de la contraction ou de la stagnation des exportations, il s'ensuit que la balance commerciale du secteur primaire est devenue n~gative entre 1983 et 1986. Les importations de riz et de bl~ ont absorb~ pr~s de 90 % des recettes d'exportation fournies par les arachides, alors que l'ensemble des importations de produits alimentaires et de boissons d~passait sensiblement les recettes obtenues grace l la p@che et l l'agriculture. 183. Les probl~mes de la faible productivit~ du secteur, des variations excessives de la production et des prix, de l'incertitude des march~s ext~rieurs, et des pressions sur la balance des paiements sont rest~s un ~l~ment presque constant de l'~conomie s~n~galaise durant toute la p~riode examin~e, notamment depuis 1979. Ces questions sont donc rest~es, l des degr~s divers, l l'avant-plan des interventions de l'Etat et des activit~s des bailleurs de fonds au cours des 25 derni~res ann~es. Cependant, on observe durant cette p~riode une variation consid~rable de la place accord~e l tel ou tel objectif de politique, et l plus forte raison l leurs instruments. C'est ce que montre clairement un examen des prats consentis par la Banque l 1 'agriculture s~n~galaise depuis le premier projet, qui remonte l 1969. 184. Le programme de prats de la Banque mondiale au S~n~gal remonte l 1966, mais ce n'est qu'en 1969 que fftt approuv~ le premier pr@t agricole. Depuis cette date, la Banque a financ~ 18 projets agricoles, dont 12 ont ~t~ approuv~s avant 1979. Les prats de la Banque ont continu~ l repr~senter une part relativement modeste de l'ensemble de l'APD, malgr~ l'augmentation significative qui s'est produite apr~s 1980. Pendant la p~riode 1976-85, les d~caissements BIRD/IDA ont repr~sent~ 7,3 % de l'APD brute. L'ensemble des prats du Groupe de la Banque au S~n~gal a atteint, entre 1966 et 1987, un peu plus de 800 millions de dollars, dont 21 % ont ~t~ directement consacr~s l l'agriculture. Cependant, ces chiffres masquent le fait que les prats hors-projets, qui ont pris une importance de plus en plus grande apr~s 1980, comportaient un certain nombre d'interventions portant sp~cifiquement sur 1 'agriculture. Bien que six projets agricoles aient ~t~ approuv~s depuis 1980, il est important d'observer que les prats A l'ajustement ont repr~sent~ 45 % de l'ensemble des prats consentis au pays entre 1980 et 1987. Pendant cette p~riode, les prats agricoles ont atteint 17 % de ce chiffre. 185. Par rapport A celle du principal donateur bilat~ral, la France, ou A l'aide de la CEE, l'assistance de la Banque au S~n~gal n'a repr~sent~ qU'une proportion relativement faible de l'ensemble des prats. 11 s'ensuit que les prats de la Banque A l'agriculture sont rest~s relativement limit~s par rapport A l'ensemble de l'aide externe apport~e au secteur, et cela ~1 - 91 - malgr~ Ie nombre de projets. N~anmoins et notamment apr~s 1980 - la Banque a jou~ un rOle important pour d~finir et concr~tiser les param~tres d'intervention dans Ie secteur. 2) PrAts de la Banque mondiale A 1 'agriculture , 1969-79 186. La teneur des prAts consentis par la Banque durant cette p~riode correspond d'assez pr~s aux lignes de force de la strat~gie sectorielle qui ~tait mise en oeuvre A cette ~poque. En particulier, les projets ~taient con9us pour faire augmenter la production et la productiviU des principales r~gions productrices d'arachides et de mil, essentiellement grAce A des programmes de cr~dit et A l'acc~s l des intrants modernes, notamment les engrais, et l la technologie agricole. C'est ainsi que les projets de cr~dit agricole et le projet de Sine Saloum - qui concernaient surtout Ie Bassin arachidier - correspondent d'assez pr~s l ce sch~ma. En outre, Ie Projet de riziculture de la Casamance et Ie Deuxi~me projet de Sedhiou, qui lui fait suite, visaient non seulement A diversifier la production en faveur du riz, mais aussi A relever ses niveaux grAce l l'utilisation de technologies plus intensives et de la traction animale. Une deuxi~me grande orientation concernait l'agriculture irrigu~e de la r~gi()n du Fleuve (par exemple, Polders fleuve S~n~gal et Debi-Lampsar). Avec les deux Projets des Terres Neuves, la Banque a ~galement voulu inte1~enir dans Ie programme qui r~installait dans Ie S~n~gal oriental des m~nages qui avaient quitt~ Ie Bassin arachidier ou la population ~tait relativement dense. Enfin, Ie Projet d'~levage du S~n~gal oriental a cherch~ A am~liorer l'utilisation des ressources pastorales en mettant en place un syst~me de pAturages communaux et en am~liorant les services de santl~ animale. Le Tableau 22 donne Ie d~tai1 des projets agricoles dalis~s par la Banque en 1969-87. Cependant, on peut voir que, pour les projets approuv~s avant 1980, pr~s de 40 % des d~caissements sont all~s au Bassin arachidier et 35 % ont servi A l'agriculture irrigu~e de la r~gion du Fleuve. Le restant a ~t~ r~parti de fa90n ~gale entre la Casamance et Ie S~n~gal oriental. On peut voir ~galement que les derniers investissements dans la production ont ~t~ approuv~s en 1975 pour Ie Bassin arachidier et en 1978 pour la dgion du Fleuve, exception faite du Quatri~me projet d'irrigation, qui a ~t~ approuv~ en d~cembre 1987 pour la r~gion du Fleuve. En Casamance, et A l'exception du Projet du S~n~gal oriental approuv~ en 1983, qui ne portait que sur une partie de la r~gion, Ie dernier investissement important remonte l 1977. - 92 - I.b Ittv 22 : DECAIsseetT'S DES PROJETS BIRD/IDA (.n .illion. d. doll.r. : au 81 d'c,"r. 1987) ~ 6ffl&li.!!!&i2!! rjaiS!!!ll! Ea~i_~ion. d. tIIu. (Oatil d '.pprob.tlon a__ in ...... IM'g.1 ~! clllli.!!ld IiW par I. Con •• il) flIlwt JJ:J.W.U ~ 'IBlln'l .J:ilWIna! E:!I hll~j 52D Me 1. Cr'dl~ .grlcol. 6.98 26 n.d. (14/1/69) 2. Ria C. _ _ nc. 8,89 18.5 28 (11/5/71) 8. R'in.~.II.~ion I.rr. . Neuv . . 1,88 18 59 (11/5/71) 4. Pold.r. fl.uv. "n'g.1 4.SO 14 -8 (19/12/72) 5. D.u.i~ . . cr'dit .gricol. 8.18 22 15-20 (19/6/78) 6. Secour. -'ch.r.... 1.SO 1.SO (18/11/73) 7. Ina'ni.ri. Debl-La.,.. r 0.18 (29/4/75) 8. ~v.lopp.,,"~ .aricol. Sin. Selou. 7,00 26 n.d. (20/5/75) 9. o.u.i~. . in.tIIll.tion Terr•• N.iuv •• 2,00 14 18 (8/1/75) 10. EI.Vla' "n'pl ori_~.1 4,20 24 13 (8/6/76) 11. Oau.i~_ Sedhiou 4,77 28 6 (22/6/16) 12. Irria.~ion Debi-La.,.. r 19,88 10 -4 (7/8/78) 18. P.ti~ op'r.~lon. rur.i . . 8.59 8.59 8,59 (11/8/80) 14. For. .ter I. 8,48 (10/2/81) 15. R.ch.rch • • gricol. 18,35 (8/9/81) 16. ~v.lopp.aent rur.1 IM'a.1 ori.ntlll 8,78 (2/8/83) 17. Aa.i.tllnc. technique irriGation 1,05 (29/10/85) 18. Irrigation IV 33,8 (1/12/87) ~ : Senqu • .andi.I •• 187. Un examen des Rapports d'ach~vement de projet (RAP) et des Rapports d'.va1uation r.trospective montre que la majorit. des projets se sont heurt.s l de graves probl~mes qui ont compromis l'efficacit. g.n.rale des interventions. Parfois, les taux de rentabilit. ont .t. sensiblement n.gatifs; souvent, ils se sont situ.s nettement en-de~l des estimations de l'.valuation. Les effets pr.vus sur la production et la productivit. ont .t. en g.n.ral extrAmement faibles, dans les cas o~ ils se sont mat.rialis.s, et les contraintes institutionnelles ont lourdement pes. sur les projets, l l'exception des projets de r.installation et du projet d'.levage r'alis's dans le S.n.gal oriental. En bref, les r.aultats globaux des projets du secteur concordent avec lea r.sultats en g.n.ral m.diocres de l'agriculture s.n.galaise durant cette p.riode. S'il est vrai que cette faiblesse peut-Atre imput.e l juste titre l une s.rie de - 93 - campagnes d~sastreuses, marqu~es par six grandes s~cheresses entre 1969 et 1980. il est tout aussi ~vident que de graves carences 1) dans la conception des projets, 2) dans les politiques sectorielles, parfois en conflit direct avec les projets (par exemple, la politique des prix relatifs), mais impossibles l modifier dans le cadre d'un pr@t-projet, 3) dans l'analyse des politiques effectu~e par la Banque et par les autres bailleurs de fonds sont autant d'~l~ments qui ont contribu~ l diminuer consid~rablement l'impact des projets. 188. Afin de pouvoir expliquer les r~sultats peu satisfaisants des projets, il est indispensable de consid~rer ces projets dans le contexte de la position du Gouvernement et de la Banque sur le secteur et ses poss:lbilith. Cela est particulU!rement important en raison des d~sillusions qui suscitent actuellement les pr@ts-projets. dont on se demande s'ils constituent un moyen appropri~ pour fournir des ressources au S~n~gal. La section suivante s'efforce de pr~ciser ce changement d' at'r.:itude. L'agriculture s~n~galaise : questions strat~giques a) Diversification 189. La strat~gie du secteur agricole comporte un ~l~ment constant : il s'agit de savoir dans quelle mesure le S~n~gal doit continuer l faire l'arachide son principal bien agricole ~changeable. La d~pendance excessive l l'~gard d'un produit primaire ~tait en fait l'une des raisons essentielles des premiers investissements qui ont ~t~ consacr~s l l'agriculture irrigu~e vers la fin des ann~es 30. 71 A cette ~poque, tout comme durant les ann~es 60 et 70, les arguments avanc~s en faveur de la diversification reposaient non pas uniquement sur les probl~mes associ~s aux variations de prix, mais aussi sur les projections l plus long terme de la demande du produit. Ces arguments sont devenus particuli~rement urgents apr~s l'~limination graduelle, vers le milieu des ann~es 60, des prix garantis relativement ~lev~s sur le march~ fran~ais et, un peu plus tard, l la suite du remplacement de l'huile d'arachide par d'autres huiles sur les march~s des pays d~velopp~s. Bien que le S~n~gal fnt cens~ poss~der un avantage comparatif certain en ce qui concernait les arachides, les rapports de la Banque ont demand~, l partir du milieu des ann~es 60, qu'on accc,rde plus d'importance l d'autres cultures, notamment l celle du coton, tout en prenant des mesures pour renforcer la productivit~ du secteur des arachides. Ce dernier objectif devait @tre atteint grAce l une utilisation accrue des engrais, de semences am~lior~es et d'un mat~riel plus perfectionn~.72 En m@me temps, les arguments en faveur de la diversification ont ~t~ renforc~s par le fait qu'il n'y avait que des pos$ibilit~s relativement limit~es pour accroltre les superficies plant~es en arachides, tout au moins dans le Bassin arachidier. A ce propos, la diversification des cultures ~tait en partie, pour le Gouvernement comme 71/ J. R. Morris (et coll.), African Irrigation Overview, Main Report, USAID (ron~o), d~cembre 1987, page 86. 72/ Voir, notamment. Banque mondiale, The Economy of Senegal, Rapport No AF-44a, 26 mai 1966. - 94 - pour la Banque, synonyme de la diversification r~gionale,notamment en ce qui concernait l'expansion de l'agriculture en Casamance, dans la R~gion du Fleuve et dans Ie S~n~gal oriental. On en trouve un exemple direct dans les objectifs du Premier projet des Terres Neuves, qui visait ~ "diversifier les investissements agricoles, pour les destiner ~ d'autres r~gions que Ie Bassin arachidier et ~ d'autres cultures que la culture des arachides" (Rapport d'~valuation r~trospective, page 1). 190. La politique de diversification a eu deux ~l~ments principaux. Le premier ~tait li~ ~ la promotion de cultures de rapport autres que les arachides, notamment la production cotonni~re qui a ~t~ d~velopp~e dans Ie S~n~gal oriental durant les ann~es 60. A la fin des ann~es 60, Ie coton fournissait S % environ de la valeur globale des exportations agricoles. Bien que l'apport de la Banque ait ~t~ extr@mement limit~, des projets comme les deux projets de R~installation des Terres Neuves et aussi, mais dans une moindre mesure, Ie Deuxi~me projet de Sedhiou, en Casamance, comportaient une composante coton. En outre, les ann~es 70 ont ~galement vu une augmentation significative des exportations dans Ie secteur de la p@che. A la fin des ann~es 70, le& exportations de poisson remplayaient les phosphates au second rang des exportations. Comme dans Ie cas du coton, la Banque a jou~ un certain rOle dans Ie sous-secteur de la p@che en encourage ant , au moyen de plusieurs projets, la croissance de ce sous- secteur. 191. Le deuxi~me ~l~ment de la strat~gie de diversification consistait ~ promouvoir la production pour Ie march~ int~rieur, et en particulier celIe des c~r~ales, afin de remplacer les importations. Cette attitude ~tait motiv~e par la facture de plus en plus lourde des importations de riz et de bl~, en raison en partie des nombreuses subventions ~ la consommation qui ont exist~ jusqu'en 1974. Pour augmenter l'offre c~r~ali~re nationale, on a cherch~ surtout ~ renforcer la riziculture dans la r~gion du Fleuve et en Casamance; ce renforcement ~tait ~troitement li~ ~ la question de l'ampleur des ressources affect~es ~ l'agriculture irrigu~e. 11 convient d'observer que, ~ ce stade, ni la Banque ni Ie Gouvernement n'insistaient sur la croissance de la production et de la consommation de mil, se bornant ~ supposer que les technologies et les services de vulgarisation mis en place dans Ie Bassin arachidier exerceraient ~galement des effets positifs sur la production et la productivit~ du mil.73 192. A la fin des ann~es 60, la riziculture ~tait devenue un ~l~ment fondamental de la politique du Gouvernement qui, en 1970, avait en cours de pr~paration une douzaine de projets de riziculture. L'attitude de la Banque ~ l'~gard de cette strat~gie reposait sur Ie fait que Ie taux de change n'~tant pas n~gociable et les ouvrages d'irrigation coQtant cher, Ie riz s~n~galais ne pouvait pas @tre obtenu ~ un coQt ~conomique. On estimait en 1970, sur la base des prix de r~f~rence. que Ie riz s~n~galais irrigu~ coQtait environ 30 % plus cher que Ie riz import~. En m@me temps, la Banque encourageait Ie d~veloppement de la riziculture et de l'agriculture irrigu~e en dehors de la r~gion du Fleuve, notamment en 73/ Voir. par exemple, Banque mondiale, The Current Economic Situation and Prospects of Senegal, Volume 1 The Main Report, Rapport No AW-1Sa, 8 juin 1970, page 20. - 95 - Casamance (Programme d'action 1970). Le Projet de riziculture de la Casamance en a ~t~ une cons~quence directe; son objectif principal consistait l augmenter les superficies de riz pluvial, tout en am~liorant, dans une moindre mesure, la riziculture de bas-fonds existante. Pour la Banque, choisir la Casamance avait pour avantage principal de pr~senter des coOts d'investissement plus bas. 193. Alors que la Banque acceptait sans ~quivoque la n~cessit~ de relever les niveaux de la production alimentaire int~rieure, elle n'a pas fait preuve de grande rigueur lorsqu'il s'est agi de d~finir les moyens perml~ttant d' atteindre cet objectif. Aprh avoir vu d 'un oeil auez hostile Ie d~veloppement de la dgion du Fleuve, au d~but des ann~es 70, la Banque a chang~ d'attitude vers Ie milieu de la d~cennie. En 1975, l'Enquate sur Ie secteur agricole 74 notait que, en partie l la suite des conseils de la Banque, les subventions l la consommation du riz avaient ~t~ ~lim.in~es, encourageant ainsi la production locale, et qU'une augmentation de h. consommation de mil n' allait sans doute pas suffire l remplacer les importations. A condition que la production de riz puisse se justifier sur Ie plan ~conomique, la Banque demandait instamment au Gouvemement de proc~der l des investissements dans la riziculture dans la r~gion du Fleuve. A cette ~poque, on pensait que Ie barrage anti-sel de Diama et Ie barr.age hydro~lectrique de Manantali, dont la construction ~tait envisag~e, permettrait d'obtenir du riz dans des conditions ~conomiques. Entre-temps, on p~~conisait la cr~ation de petits p~rim~tres villageois. On estimait que, dans la r~gion du Fleuve, les coOts de production du paddy ~taient inf~rieurs d'environ 19 % au prix ~conomique l la production. 75 Cependant, on ne sait pas de fa90n tr~s pr~cise si ces r~sultats ont ~t~ bas~s sur des ~tudes d~taill~es des coOts de production ou de l'impact des coOts de d~veloppement sur Ie coOt ~conomique de la production suppl~mentaire de riz. On n'avait pas non plus bien analys~ l'impact, au niveau des investissements, du d~veloppement de l'agriculture irrigu~e, sur les r~gions de culture pluviale. 194. Ce changement apparent d'attitude de la part de la Banque ne s'est pas traduit par un soutien significatif l l'OMVS, qui ~tait Ie principal organisme charg~ de d~velopper l'infrastructure d'irrigation. Le Programme d'action de 1976 affirme que la Banque doit r~pondre de fa90n positive l toute demande d'assistance technique que pr~sente l'OMVS et doit se pr~parer l poursuivre sa participation au programme. II justifiait cette attitude par Ie fait que Ie S~n~gal ne pouvait plus assurer dans des conditions ~conomiques la transformation des arachides et qu'il ~tait donc essentiel d'obtenir une production de substitution aux importations alim.entaires extramement on~reuses. Le programme d' action indiquait ~galement que la Banque s'~tait d~clar~e dispos~e l envisager de financer Ie barrage de Diama - "la justification ~conomique du programme de l'OMVS doit et peut se fonder essentiellement sur Ie d~veloppement de ft l'agriculture . Le Programme d'action de 1978 se fait l'~cho de cet argument et estime que la grande irrigation est ftl a m~thode la plus 74/ Banque mondiale, Senegal Agricultural Sector Survey, Rapport No 910-SE, 3 novembre 1975. 75/ Ibid., Volume I : Main Report, pages 33 et 34. - 96 - certaine et la moins coQteuse". Toutefois. le M~morandum ~conomique de 1979, qui est plus d~taill~,76 a soulign~ le probl~me de fond. Les ouvrages d'irrigation continueront l avoir au mieux une rentabilit~ marginale, et un essai d'estimation des coQts en ressources int~rieures a fait apparaitre une rentabilit~ n~gative. Et pourtant. le rapport soulignait en m@me temps les effets induits importants d~coulant des investissements dans l'irrigation, non seulement l la suite d'une diminution des risques et d'une certaine protection contre la s~cheresse, mais aussi pour le reste de l'~conomie. 11 admettait qU'un cadre statique ne permettait pas de capter les avantages obtenus d'une g~n~ration l une autre. Le Plan d'irrigation de la Vall~e du S~n~gal "exigerait des investissements ~tal~s sur 30 l 40 ans et permettrait d'au moins doubler la production agricole, dans un pays OU les choix d'investissement sont tr~s peu nombreux.· 77 195. Ce changement en faveur d'investissements dans 1 'agriculture irrigu~e de la r~gion du Fleuve n'a trouv~ qU'une expression limit~e dans le sch~ma d'affectation des ressources de la Banque. Le Projet des polders a ~t~ suivi par les investissements de Debi-Lampsar. Bien que ce dernier projet ait obtenu des rendements impressionnants et ait fait augmenter la production de riz, son taux de rentabilit~ a ~t~ n~gatif; la chute des cours internationaux du riz, le fait qu'on n'ait pas r~ussi l d~velopper des cultures l valeur plus ~lev~e, ainsi qU'un changement d'attitude l l'~gard du rOle de l'organisme parapublic, la Soci~t~ d'am~nagement et d'exploitation des terres du delta (SAED) , semblaient justifier l'h~sitation dont la Banque avait fait preuve quand il s'est agi de proc~der l des investissements importants dans l'irrigation de la r~gion. Ce jugement se fonda it essentiellement sur la fa~on dont on envisageait l court terme la viabilit~ ~conomique de la riziculture au S~n~gal; il n'~tait pas assorti d'un examen satisfaisant du potentiel l plus long terme du sous-secteur. 196. En d'autres mots, comme le reconnaissait le M~morandum ~conomique de 1979, il semblait qu'on puisse envisager d'investir dans de grands ouvrages d'irrigation dans la r~gion du Fleuve, sans pour autant qU'on puisse facilement justifier cette d~cision par une analyse classique des coQts-avantages. D'un cOt~, certaines contraintes d~mographiques et ~conomiques indiquaient qu'il fallait aborder les choses sous un angle diff~rent. Pour commencer, pr~s des trois quarts de la population travaillait dans le secteur agricole. Dans l'ensemble de l'~conomie, le march~ du travail ~tait marqu~ par de profondes imperfections. En outre, le secteur agricole ~tait frapp~ par la diminution de la pluviosit~ dans tout le pays, par l'augmentation des variations et des risques de la production et par l'absence d'autres options d'investissement viables. On se rendait compte que, dans les principales r~gions de culture pluviale, la productivit~ n'offrait qu'un potentiel limit~ de croissance. D'un autre cOt~, cependant, la diminution des prix fronti~res du principal produit l obtenir dans les p~rim~tres irrigu~s, et les possibilit~s limit~es de 76/ Banque mondiale, The Economic Trends and Prospects of Senegal, Volume II: The Agricultural Sector, Rapport No 1720a-SE, d~cembre 1979. 77/ Ibid., page 19. - 97 - diversification agricole entra1naient des taux de rentabilit~ trop faibles pour qu'on puisse les accepter. En l'occurrence, la Banque s'est abstenue d'intervenir de fa~on importante dans Ie d~veloppement de la r~gion du Fleuve. Or, il est possible que l'application plutOt m~canique des techniques coftts-avantages ait donn~ l la Banque une vue courte des choses. Elle n'accordait pas suffisamment de poids aux contraintes consid~rables de la production sur d'autres ~l~ments de l'~conomie agricole. En outre, il semble que l'on ne se soit pas occup~ d'estimer les effets de divers sc~narios de taux de change sur la viabilit~ l long terme d'un tel investissement. En s'abstenant d'intervenir, la Banque a ~galement perdu de son influence sur Ie type d'investissements dans l'irrigation et sur leur d~veloppement futuro b) Technologie 197. Durant les ann~es 70, Ie manque d'homog~n~it~ des conseils de politique g~n~rale ne s'est pas limit~ l la question particuli~re de la diversification et de la riziculture. Ce qui est peut-etre Ie plus frappant est la s~rie des changements d'attitude de la Banque l l'~gard des moyens l mettre en oeuvre pour faire progresser techniquement l'agriculture, du prix des intrants et des produits, et du rOle des organismes parapublics dans Ie secteur agricole. Au d~but des ann~es 70, la Banque faisait du rel~vement de la productivit~ des arachides et du mil l'un des ~l~ents fondamentaux de sa strat~gie sectorielle. Cette attitude concordait avec Ie programme que l'Etat poursuivait dans Ie Bassin arachidier. Une condquence, dont il a d~jl ~U question, a ~u la pr~dominance, avant la fin des ann~es 70, du Bassin arachidier dans Ie profil r~gional des projets de la Banque. On pensait que la principale fa~ol1 d'obtenir des gains de productiviU consistait l renforcer l'application d'engrais, l utiliser davant age la traction animale et l am~liorer les pratiques culturales. Pour cela, il fallait fournir du cddit, les contraintes de la UquidiU et de l'~pargne constituant Ie prin(:ipal obstacle aux innovations technologiques. A juste titre, l'enquete de 1975 sur Ie secteur agricole met aussi en relief Ie fait que Ie manque de main-d'oeuvre ~tait la contrainte la plus s~rieuse et qu'il ~tait essentiel, dans le Bassin arachidier, d'introduire des technologies perm.~ttant de pallier Ie manque de main-d'oeuvre. Dans la mesure ou l'adoption de la traction animale permettait d'am~liorer la productivit~ de la main-d'oeuvre et d'acc~l~rer la croissance, la Banque estimait que la capacit~ de production allait se trouver renforc~e par une utilisation plus larg.~ du maUriel agricole. En meme temps, elle avait tendance l supposer que l'emploi d'engrais pourrait avoir des effets tr~s positifs sur les rend.~ments. Ces hypoth~ses ont ~t~ de plus en plus controvers~es l la lumi~re de l'exp~rience d'un certain nombre de projets. Le Premier projet de cr~dit agricole, qui visait l lier l'accessibilit~ du cr~dit l une plus grande utilisation de machines agricoles et d'engrais. a ~t~ loin d'att.eindre les chiffres qui avaient ~t~ pr~vus au moment de l·~valuation. Le projet s'articulait de tr~s pr~s sur Ie Programme agricole de l'Etat et se heurtait l un grand nombre de probl~mes associ~s au Programme : faiblesses institutionnelles. insuffisances des donn~es techniques et des tecrulologies propos~es, r~percussions de la s~cheresse. Dans un contexte de ctJnditions climatiques particulUrement mauvaises, on a constat~ qU'une plus grande utilisation des machines agricoles n'avait que des effets tr.s - 98 - limit~s sur les niveaux de production. En outre, pour ce qui est de l'impact des engrais, la question des niveaux souhaitables A appliquer a donn~ lieu A des avis tr~s divergents. Les services de la Banque n'ayant pas dispos~ des informations n~cessaires pour pouvoir bien en juger, Ie projet qui a suivi (Cr~dit 404-SE) a arbitrairement abandonn~ la composante engrais, sous pr~texte que la BROS pourrait financer des besoins suppl~mentaires. On a donc modifi~ l'ordre des priorit~s pour laisser d~sormais la place de choix au mat~riel de traction animale. Sur la base de donn~es limit~es recueillies sur Ie terrain, on a estim~ que, en avan~ant la date des travaux de pr~paration des terres et des semis, une augmentation de 1 % dans l'utilisation des houes pourrait faire accroitre les rendements de 1,5 A 3,5 kilos l'hectare. Rien n'a ~t~ fait pour r~soudre de fa~on satisfaisante les questions agronomiques concernant les r~actions du rendement A une s~rie d'intrants. Or, Ie Projet de Sine Saloum a essentiellement repris Ie sch~ma du premier projet et, ici encore, n'a pas atteint l'objectif fondamental d'augmentation des rendements. Le rapport d'~valuation note que, forts de l'exp~rience ant~rieure, les services de la Banque savaient d~jA que la r~action des rendements et de la production serait extr@mement limit~e, tout au moins A court terme, ~tant donn~ la faiblesse des pr~cipitations, la d~gradation des sols, les faiblesses institutionnelles, Ie caract~re inad~quat de la structure des prix relatifs, et l'introduction de technologies non acceptables par la majorit~ des agriculteurs. 198. Le fait qu'on n'ait pas pu mettre au point de technologies satisfaisantes susceptibles d'@tre vulgaris~es aupr~s des agriculteurs peut @tre attribu~ en partie A l'insuffisance des recherches agricoles et, comme dans Ie cas de l'irrigation, A un d~sir excessif d'obtenir des r~sultats rapides. Dans ce contexte, il convient de noter que la Banque n'a rien apport~ directement aux recherches agricoles du S~n~gal, A l'exception de quelques v~hicules et d'un peu de mat~riel. Ce n'est qU'avec Ie Projet de recherche agricole de 1981 que cette situation a ~t~ rectifi~e.78 En second lieu, en analysant 1es r~actions du rendement aux engrais, on a eu tendance A se fonder sur des informations et sur un ~chantillon de donn~es tr~s insuffisants. 11 convient de faire observer que les applications moyennes d'engrais aux principales cultures arachides et mil - sont rest~es A des niveaux extr@mement faibles, m@me en plein Programme agricole. II aurait donc ~t~ surprenant d'enregistrer un accroissement important de la production agricole totale. 199. II faut ~galement attribuer A l'incoh~rence de la politique des prix les probl~mes de l'introduction des nouvelles technologies. Cette incoh~rence se manifeste non seulement A propos des prix relatifs des intrants et de la production, mais aussi et plus particuli~rement A propos de la politique de subventions. En ce qui concerne cette derni~re, il est parfaitement clair que la Banque n'a pas eu d'attitude coh~rente A l'~gard des subventions aux intrants. Alors que les documents de la Banque affirment constamment qu'il faut accorder plus d'importance aux diff~rences ~cologiques et cibler l'emploi des engrais sur les r~gions ou leur rentabilit~ est la plus grande, on observe durant les ann~es 70 un 78/ Voir Jammeh et Lele, op. cit. - 99 - changement tr~s net d'attitude l l'~gard de la politique du prix des intrants. Les subventions aux intrants attiraient un soutien nuanc~ quand on les justifiait par des arguments wd'industries naissantes.· 79 Mais cette attitude s'est modifi~e au fur et l mesure qU'augmentait le coOt des subventions aux engrais, dont les r~percussions sur les finances publiques ~taient loin d'&tre bonnes, et en l'absence d'une r~action tr~s nette de la production. Le M~morandum ~conomique de 1979 (Volume II: Le secteur agricole) s'est d~clar~ oppos~ l des subventions g~n~ralis~es aux intrants, l cOltdition cependant que soient adopt~es d'autres mesures pour se couvrir contre les risques, par exemple des assurances sur les cultures. En l'absence de ces derni~res, on pouvait alors, dans des limites ~troites d~finies en fonction des r~gions. consid~rer que les subventions ~taient un pis aller permettant de r~duire l'~cart entre la rentabilit~ priv~e et la rentabilit~ sociale. La raison principale de ce revirement semble avoir eu pour origine des consid~rations d'ordre budg~taire. N~anmoins, il convient de noter que les conseils donn~s par la Banque, d'une part sur les moyens d'accroltre la productivit~, d'autre part sur les questions du coOt de ces moyens, ont ~t~ marqu~s par un changement radical entre les ann~es 70 et les ann~es 80. c) Prix l la production et fiscalit~ agricole 200. 11 est important de noter que, avant 1980, la Banque s'est relativement peu occup~e de la politique des prix agricoles, m&me si ses analyses ult~rieures - apr~s 1980 - ont soulign~ les effets d~favorables de d~sincitation qu'exercent des prix l la production contrOl~s et discriminatoires, notamment dans le cas des arachides. Alors que l'analyse de la politique sectorielle avait montr~, vers le milieu des ann~es 70, qu'iL ~tait effectivement souhaitable de relever les prix l la production des arachides et d'autres produits importants,80 on ne s'est gu~re occup~ de savoir ce que devrait &tre le niveau appropri~ des prix des divers produits, et encore moins de leurs prix relatifs. Bien qu'elle ait suppos~ - de fa~on assez peu r~aliste, ~tant donn~ les autres observations qui avaient ~t~ faites sur l'~lasticit~ de l'offre en Afrique subsaharienne - que l'offre d'arachides avait une ~lasticit~ consid~rable - de l'ordre de 0,5 - par rapport aux prix, la Banque n'a entrepris aucune ~tude pour essayer de mesurer syst~matiquement l'~lasticit~ de telle ou telle culture, et encore moins leurs ~lasticit~s crois~es. Elle supposait que les producteurs r~agissaient au prix notamment apr~s leur r~action aux baisees du prix des arachides en 1968/69 mais le degr~ de r~action restait impr~cis. De m&me, la Banque n'a pas donn~ au Gouvernement des conseils satisfaisants pour fixer le niveau optimum du prix des arachides, en tenant compte des contraintes budg~taires et du bien-&tre des producteurs. N~anmoins. il convient de noter que les fonctionnaires de la 79/ The Current Economic Situation and Prospects of Senegal, 8 juin 1970, Volume III : Agriculture, paragraphe 219. 80/ Senegal Agricultural Sector Survey. - 100 - Banque ont reconnu que les consid~rations budg~taires devaient l'emporter sur Ie bien-etre du producteur lorsqu'il s'agissait de fixer Ie prix des arachides, qui revetait une importance fondamentale. 81 201. Pendant toutes les ann~es 70, les agriculteurs s~n~galais ont continu~ A etre frapp~s d'une taxation implicite par Ie biais des prix contrOl~s et notamment des prix A la production des arachides, qui n'atteignaient en moyenne que 43 % du prix unitaire A 1 'exportation. En 1970, on estimait que Ie revenu moyen des producteurs d'arachides repr~sentait A peine 25 % du revenu national moyen per capita et moins de 10 % du revenu moyen de la r~gion de Dakar. 82 En raison des fortes subventions A la consommation - notamment pour Ie riz, Ie pain et Ie sucre - il Y avait un v~ritable transfert des revenus au secteur urbain. Le Gouvernement s~n~galais a aboli en 1974 la plupart des subventions A la consommation, en partie A la suite des pressions exerc~es par la Banque. Cependant, rien ne prouve que la Banque ait suivi une politique coh~rente A l'~gard des niveaux souhaitables de taxation de ce secteur et, encore moins, ait d~fini les moyens permettant d'obtenir de tels niveaux. En outre, Ie fait qu'elle n'ait pas r~gl~ les questions de prix A la production - qui s'explique en partie par les limitations des pr@ts-projets - a conduit A des anomalies dans Ie niveau des prix relatifs. 202. Les projets soutenus par la Banque ont ~t~ constamment compromis par des structures de prix qui n'~taient pas compatibles avec leurs objectifs. Dans Ie cas du Premier projet de cr~dit agricole (Pret 584-SE), l'adoption des intrants s'est situ~e bien au-dessous du niveau pr~vu en raison d'une forte baisse des prix A la production, qui a fait augmenter Ie prix relatif des intrants. Dans Ie cas du Deuxi~me projet de cr~dit agricole (Cr~dit 404-SE), 1e rapport d'~valuation fait observer que "Ie projet ne s'est pas suffisamment occup~ de l'~l~ment essentiel, A savoir Ie prix A la production". Le prix r~el des arachides a recul~ de 20 % durant la r~alisation du projet, ce qui a donn~ lieu A une r~duction des superficies cultiv~es et A une baisse de la demande d'intrants. 83 203. Le Projet de riziculture de la Casamance (Cr~dit 252-SE) montre non seulement l'effet non incitatif qu'un prix peu ~lev~ exerce sur les producteurs de la zone du projet, mais aussi l'incapacit~ dans laquelle la Banque se trouve de fournir des conseils coh~rents. Le rapport d'~valuation r~trospective fait observer que, au moment de l'~valuation du projet, en 1976, la Banque avait donn~ son accord pour fixer un prix A la production qui ~tait m@me inf~rieur aux niveaux ~tablis par Ie Gouvernement : moins d'un an plus tard, la Banque insistait fortement aupr~s du 81/ Par exemple, Programme d'action, 28 mai 1976. 82/ The Current Economic Situation and Prospects of Senegal, Volume 1, page 19. 83/ Banque mondiale, D~partement d'6valuation r6trospective, Rapport d'~valuation r~trospective Senegal Second Agricultural Credit Project, Rapport No 3514, 25 juin 1981, page 11. - 101 - Gouvernement pour qu'il reltve Ie prix du riz l la production. Comme l propos des projets du Bassin arachidier, Ie peu d'attention accord~e l la question du niveau des prix relatifs a conduit l de faibles niveaux d'adoption des intrants et l une production inf~rieure aux chiffres pr~vus.84 De m~me, les tentatives faites pour diversifier les cultures dans Ie cadre des deux projets des Terres Neuves (Cr~dits 254-SE et 578-SE) ont ~t~ contrecarr~es par une structure des prix relatifs qui donna it aux arachides une rentabilit~ sensiblement meilleure que celIe d'autres cultures concurrentes. 85 204. Le fait que la Banque n'ait pas pu s'attaquer aux questions de prix durant cette p~riode a donc eu pour cons~quence d'affaiblir les r~sultats des projets, en limitant l'emploi des intrants et en compromettant tout accroissement possible de productivit~. Bien qu'on connaisse mal l'ampleur exacte de son impact sur la production, Ie contrOle des prix et de la commercialisation a eu pour effet de limiter Ie volume des cultures commercialis~es et, concurremment avec un certain nombre d'autres facteurs, notamment les s~cheresses successives, ont encourag~ l'exode rural. La forte taxation implicite et les transferts l l'Etat ont eu des implications n~gatives importantes sur Ie secteur et sur la distribution des revenus. d) Institutions 205. Les services de la Banque s'accordent d~sormais g~n~ralement pour reconnaitre qu'un ~l~ment fondamental qui a limit~ l'efficacit~ des projets a ~t~ Ie manque d'efficacit~ des institutions s~n~galaises et notamment des organ.ismes parapublics qui j ouaient un rOle fondamental dans la distlibution du cr~dit et des intrants, ainsi que dans la commercialisation et la vulgarisation. Leur manque d'efficacit~ chronique et l'absence de bons contrOles financiers ont ~galement exerc~ des effets d~favorables sur les finances publiques. On cite donc les rigidit~s institutionnelles comme ~tant l'un des principaux freins au d~veloppement de l'agriculture. 86 Mais ce point de vue n'a pas ~t~ g~n~ralement accepU par la Banque durant les ann~es 70. En fait, la Banque est parfois intervenue pour cr~er et soutenir les institutions m~mes qu'elle critique aujourd'hui sans merci. 84/ Les niveaux peu appropri~s des prix relatifs et une rentabilit~ insuffisante des cultures ont exerc~ des effets analogues sur les projets d'autres bail1eurs de fonds. Les Projets de production (:~r~alUre r~alis~s par l'USAID dans Ie Bassin arachidier n 'ont exerc~ qu'un effet trh limit~ sur la production et la productivit~ du mil; la J~aison principale ~tait que, dans Ie cas des arachides, les terres et 1a main-d'oeuvre avaient, en termes financiers, une rentabilit~ double de cel1e du mil (voir Jaeger, 1986, pages 62 et seq.). 85/ Banque mondiale, Rapport d'~valuation dtrospective Senegal Settlement Project in the Terres Neuves Region, Rapport No 5170, 29 juin 1984. 86/ Voir, par exemple, "Senegal Agricultural Sector Strategy Brief." - 102 - 206. C'est l partir des ann~es 60 que l'Etat a commenc~ l intervenir de plus en plus dans la fourniture des services et dans la commercialisation des produits agricoles. 87 Les coop~ratives agricoles constituaient la base du syst&me. Elles ~taient charg~es de la commercialisation et de la distribution du cr~dit au niveau des villages. Le principal organisme de commercialisation et de distribution des intrants ~tait l'ONCAD, constitu~ en 1966, tandis que Ie cr~dit ~tait distribu~ par la BNDS. En outre, vers la fin des ann~es 60, on avait cr~~ un certain nombre d'organismes de d~veloppement rural ainsi que les Soci~t~s d'intervention, dont l'action ~tait davantage li~e l tel ou tel projet. Les organismes de d~veloppement rural - tels que la SAED, constitu~e en 1964, ou la SODEVA, constitu~e en 1968 - ~taient l l'origine des organismes qui s'occupaient d'une seule culture; cependant, cette situation a chang~ de fa~on significative durant les ann~es 70. 11 n'en reste pas moins que, en 1969, l'Etat s~n~galais s'~tait implant~ de fa~on intensive dans tout Ie secteur agricole. Ces interventions se justifiaient pour des raisons politiques (par exemple, institution d'un contrOle s~n~galais sur les secteurs cl~s) tout autant que pour des raisons ~conomiques ou des raisons d'organisation. La Banque n'a pas mis ces justifications en doute l l'~poque, ni en fait jusqu'l la fin des ann~es 70 (voir par. 147, Chapitre II). 207. L'approche de la Banque l l'~gard du secteur parapublic ~tait n~anmoins nuanc~e. En g~n~ral, elle s'est rapidement rendu compte que Ie manque d'efficacit~ de l'ONCAD constituait un grand obstacle l la r~alisation des projets et au bon fonctionnement du secteur. Le Premier projet de cr~dit agricole a ~t~ marqu~ par la faiblesse du cadre institutionnel, qui comptait sur les apports de l'ONCAD. L'~chec du programme de r~organisation de ce dernier a compromis Ie projet et a amen~ les fonctionnaires de la Banque l s'appuyer davantage sur les organismes de d~veloppement rural - en l'occurrence, la SODEVA - et sur les coop~ratives d'agriculteurs. Ce type de probl&mes a continu~ l se r~percuter sur les projets financ~s par la Banque et par d'autres bailleurs de fonds, notamment Ie Projet de riziculture de la Casamance et Ie Projet de l'USAID sur Ie d~veloppement r~gional de la Casamance (voir Jaeger, MADIA, 1986). Meme ainsi, l'Enquete de 1975 sur Ie secteur agricole notait que la performance de l'ONCAD s'~tait am~lior~e au cours des cinq derni~res ann~es; cette opinion n'est pas celIe du Programme d'action de 1976, qui pr~conise de surmonter Ie manque d'efficacit~ de l'ONCAD en transf~rant ses fonctions aux organismes de d~veloppement rural ou au secteur priv~. Cette derni&re option n'a pas ~t~ s~rieusement examin~e. L'attitude de la Banque l l'~gard des organismes de d~veloppement rural a vari~. En Casamance, par exemple, la Banque a vivement pr~conis~ la cr~ation d'un office public du riz. "Le principal handicap au d~veloppement de la Casamance est l'absence d'une institution efficace et m~thodique de d~veloppement analogue l la SODEVA .•. la Banque aidera l cr~er rapidement une institution satisfaisante" (Programme d'action, 1974). La Banque avait une perception en g~n~ral assez positive des organismes de d~veloppement rural, ayant dft reconnaltre que les minist&res, notamment Ie Minist~re du d~veloppement rural, avaient des difficult~s l diriger de fa~on efficace des op~rations de d~veloppement, et se voyaient donc attribuer des rOles secondaires (par 87/ On trouvera un expos~ d~taill~ de la question dans Abt Associates, Senegal: Agricultural Policy Analysis, 1985, Cambridge, Massachusetts (ron~o). - 103 - exemple, Enqu@te sur Ie secteur agricole 1975). Cette attitude s'expliquait en partie par Ie fait que la Banque donna it la priorit~ aux projets, vu Ie caract~re limit~ de son dialogue sur les politiques g~n~rales et compte tenu de l'opinion, pr~valante A l'~poque. selon laquelle il ~tait souhaitable d'avoir des institutions de d~veloppement rural int~gr~. II est clair que les organismes de d~veloppement rural ~taient des institutions qui fonctionnaient pour une large part sous l'impulsion des bailleurs de fonds, r~ussissant A attirer des fonds de l'~tranger, mais n'ayant pas une autonomie financi~re et administrative suffisante, ce qui posait des probl~mes pour Ie financement de contrepartie. 208. Entre 1972/73 et 1975/76, les progr~s soudains et exceptionnels des exportations de phosphate et Ie prix ~lev~ des arachides ont acc~l~r~ encore davantage la croissance du secteur parapublic. En 1976/77, Ie secteur agricole comptait sept entreprises publiques et six soci~t~s d'~cc'nomie mixte. C'est surtout cet accroissement soudain des dimensions du SE'cteur et de I' ampleur de ses cr~ances ult~rieures sur Ie Tr~sor qui a conduit la Banque A changer de politique A l'~gard des organismes parapublics. II convient de remarquer que, tout en faisant observer que Ie secteur avait un d~ficit de 9 milliards de francs CFA, Ie rapport de 1977 sur l.e secteur parapublic affirmait ~galement : "qu'il n'est pas ano rma 1 , compte tenu des moyens dont disposent les finances publiques, qU'un pays en pleine croissance effectue des investissements dans des projets productifs par l'interm~diaire d'entreprises publiques et de soci~t~s d'~conomie mixtf!". Le rapport concluait ensuite que la strat~gie du Gouvernement consistant A cr~er un organe de d~veloppement rural dans chaque dgion ~tait essentiellement judicieuse car ces organes "jouissent d'un degd d'autonomie raisonnable qui leur permet de fonctionner en dehors des lourdes pratiques de financement et d'achat" (Annexe 3, page 104). Cette attitude etait conditionn~e en partie par l'~valuation g~n~ralement positive qui avait ~U faite de la SODEVA durant sa participation au Deuxi~me projet de cr~dit agricole. 209. La fa90n favorable dont la Banque appr~ciait Ie fonctionnement d'un certain nombre d'organismes de d~veloppement rural - en particulier la SODEVA et la Soci~t~ de d~veloppement des fibres textiles (SODEFITEX) - s'est trouvee de plus en plus contredite par l'exp~rience directe des projets. Le Projet des polders (Cr~dit 350-SE) a ~t~ marqu~ par un m~diocre fonctionnement institutionnel de la SAED tandis que, plus tard, Ie pro}et de Sine Saloum (Cddit 549 et Pdt 1113-SE) s'est heurU non seulement aux obstacles que posait Ie manque d'efficacit~ de l'ONCAD, mais aussi A des probl~mes dans ses relations avec la SODEVA, qui ~tait l'organisme d'ex~cution. Les principaux probl~mes mentionn~s ~taient la mauvaise qualit~ de la vulgarisation, la centralisation excessive de la gestion, les fonctions trop nombreuses attribu~es A la SODEVA et son manque d'ind~pendance financi~re (RAP, pages 42-43). A la fin des ann~es 70, et A l'exeeption du Projet de riziculture de la Casamance, du Projet d'~levage du S6n~gal oriental et des initiatives des Terres Neuves, l'exp~rience directe de la Banque dans Ie secteur parapublic s~n6galais ~tait - 104 - unifo~~ment m~diocre. M~me quand 1es organismes fonctionnaient bien - comme c'est 1e cas de 1a STN pour 1es projets des Terres Neuves - on se demandait que1 rOle i1s pourraient jouer une fois 1e projet achev~.88 210. 11 semble que, durant 1es ann~es 70, 1a Banque ait pratiqu~ A l'~gard du secteur parapub1ic une po1itique assez born~e, anim~e par des pr~occupations qui en 1imitait 1a port~e, notamment 1a n~cessit~ de court- circuiter 1es organismes traditionne1s du Gouvernement quand i1 s'agissait d'ex~cuter 1es projets. Son attitude A l'~gard des organismes de d~ve10ppement rural faisait ~ga1ement ~cho A 1a passion que 1a Banque manifestait durant cette p~riode, et sur un plan plus g~n~ra1, A l'~gard des projets de d~ve10ppement int~gr~. La Banque n'a pas s~rieusement essay~. dans son analyse sectorie11e ou dans ses dialogues de politique, d'encourager une plus grande participation du secteur priv~ et n'a pas non plus cherch~ A proposer des strat~gies qui ne soient pas fonction d'une expansion du secteur parapub1ic. Non seulement la Banque n'abordait pas ces questions de fa~on m~thodique, mais e11e n'a appr~ci~ que tardivement ou partie11ement les r~percussions n~gatives que la croissance du secteur parapublic exer~ait sur le budget. Elle n'appr~ciait pas non plus enti~rement A que 1 point les ~l~ments constitutifs et essentiels du Programme agrico1e du Gouvernement s'~taient atrophi~s. Or, cette atrophie ~tait d~jA visible vers 1e milieu de la d~cennie et i1 ne semble pas que 1a Banque ait pu jouer un rOle constructif dans son dialogue avec le Gouvernement pour ~tab1ir les param~tres d'un syst~me modifi~. C'est le Gouvernement qui, de lui-m@me, a d~cid~ de supprimer l'ONCAD en 1980 : la Banque continuait, quant A e11e, A proposer des r~fo~es de l'institution, ou encore A pr~coniser de lui retirer certaines de ses fonctions. De la m~me fa~on, l'effondrement des syst~mes de fourniture d'intrants et de cr~dit n'avait provoqu~ aucune r~ponse s~rieuse de la part de la Banque. Cela signifie que 1e cadre de politique adopt~ par 1a Banque dans les ann~es 80 a ~t~ fortement d~te~in~ par une situation de fait, par de fortes contraintes financi~res et, chose importante, par un changement d'id~ologie. e) Conclusions 211. Entre 1969 et 1979, l'intervention de la Banque dans l'agriculture s~n~galaise semble avoir ~t~ g~n~e par le fait que la Banque n'avait pas d~fini de strat~gie A plus long te~e pour ce secteur et, partant, pour l'affectation de ses ressources. Concernant la question fondamentale de la diversification, 1a Banque a eu tendance A trop centrer son analyse sur des options A court te~e. On affirmait souvent que 1e potentiel d'exportation des arachides ~tait frein~ par 1a sur~va1uation du taux de change et par les contraintes de la demande, mais il ne semble gu~re que la Banque ait s~rieusement ~valu~ les options r~pr~sent~es par diff~rents sc~narios, notamment ce1ui d'un r~ajustement du taux de change. Les consei1s de po1itique sectoriel1e que 1a Banque pouvait offrir n'ont donc eu qu'une uti1it~ limit~e. En outre, A propos du march~ des arachides, l'analyse de 1a Banque n'a pas suffisamment tenu compte des coats ~lev~s de transfo~ation des huileries s~n~galaises qui ~taient subventionn~es par 88/ D~partement de l'~va1uation r~trospective, Rapport d'impact, Senegal Settlement Project in the Terres Neuves R~gion. - 105 - l'Etat. E11e ne s'est pas non plus occup~e de 1a question de 1a structure du march~, et notamment du fait que 1a France dominait 1e march~ de l'hui1e d'arachide avec Ie groupe Lesieur en particulier, tr~s influent dans toutes les op~rations d'achat et de commercialisation de la production s~n~galaise d'arachide. S'agissant de 1 'agriculture irrigu~e, la Banque n'a pas su adopter une strat~gie bien coh~rente, ni, sur un plan plus concret, d~cider si elle devait un soutien important aux institutions, en particulier l'OHVS et la SAED, charg~es d'agrandir les p~rtm~tres irrigu~s de la r~gion du Fleuve. Elle a donn~ la priorit~ tantOt au potentiel d'irrigation de la Casamance, tantOt ~ ce1ui du Fleuve; en derni~re analyse, les conseils de la Banque et ses pr~ts-projets ont ~t~ caract~ris~s par une certaine incoh~rence. 212. L'incapacit~ dans laquelle s'est trouv~e la Banque d'~laborer, pour Ie secteur agricole, une strat~gie soutenable, peut s'expliquer en partie par 1es graves carences des donn~es et par le fait qu'on n'ait pas am~liorl! les sysUmes d'information concernant l'agriculture s~n~galaise. En raison du manque d'informations, au niveau micro-~conomique, sur les facteurs de production et de distribution, on a tent~ d'introduire des meSSi!ges techniques mal con~us et insuffisamment diff~rencih. 11 ne faut donc pas s'~tonner de la r~ticence des producteurs face aux technologies propodes par les services de vulgarisation et par les projets soutenus par la Banque. Dans certains cas, 1es projets ont eu des cons~quences non voulJes au niveau de la distribution, et cela, en raison d'un manque d'informations ad~quates. Dans Ie cas du Projet des polders (Cr~dit 350-SE). Ie rOle confi~ aux unit~s de production constitu~es par la SAED - les groupements de producteurs s'est sold~ par une distribution peu ~quitable des ressources, qui a profit~ A quelques groupes dominants du Delta du S~n~gal. Le rapport d'6valuation r6trospective fait observer que ces organisations d'agriculteurs ne faisaient que renforcer des structures sociales existantes, si bien que 14 % A peine des participants au projet appartenaient aux groupes ~ faibles revenus. 89 Dans le cas du Deuxi~me projet de Sedhiou (Cr~dit 647-SE), et alors que le projet anUrieur, c'est- A-dire Ie Projet de riziculture de la Casamance (Cr~dit 252-SE), avait mis en exergue la possibilit~ de participation des femmes dans le projet, le cr~dit a ~t~ presque exclusivement octroy~ aux chefs de famille hommes, parce que les femmes n'avaient pas le droit de faire partie de cooperatives. Les intrants fournis dans le cadre du projet ont par consequent ~t~ utilis~s avec moins d'efficacit6. 90 213. Contrairement A ce qu'elle a fait apr~s 1980, la Banque n'a accord~ que peu d'attention ~ la politique des prix et au taux de fiscalit~ agrlcole. Or, la Banque admettait que -environ 30 % de la population agri.cole avait besoin d'obtenir des revenus d'autres sources, afin d'~viter 89/ Banque mondiale, Rapport d'6valuation r6trospective Senegal River Polders Project, Rapport No 2777, 26 d6cembre 1979, pages 9-10. 90/ Banque mondiale, Rapport d'~valuation r~trospective : Senegal Second Sedhiou Project, Rapport No 5122, 11 juin 1984, pages 19-20. - 106 - la pauvret~ absolue ft • 91 Mame si l'on a exag~r~ plus tard les effets non incitatifs de la taxation implicite que constituait le contrOle des prix A la production, les coQts ~conomiques se sont av~r~s non n~gligeables. Ainsi par exemple, en raison de la modicit~ des prix A la production, les intrants ont ~t~ fortement subventionn~s, et Ie taux de recouvrement des coQts par les organismes publics a ~t~ faible. Si l'on peut affirmer, A juste titre, que l'incapacit~ de s'occuper de ces probl~mes de politique g~n~rale a compromis la performance des projets, i1 convient ~galement de noter que l'int~rat port~ par la Banque aux politiques de taxation et de prix ne s'est d~velopp~ que vers la fin des ann~es 70. 11 faut ~ga1ement souligner que 1a Banque ne pouvait exercer qU'une influence limit~e sur Ie Gouvernement s~n~ga1ais par l'interm~diaire de ses prats-projets classiques. E1le n'~tait donc pas en mesure de soulever de fa90n satisfaisante aupr~s du Gouvernement les questions plus larges de po1itique des prix et de taxation. 214. Quant au d~veloppement institutionne1, la section qui lui est consacr~e a bien montr~ 1e rOle fondamental que 1a Banque a jou~ pour soutenir 1a cr~ation et 1a consolidation des organismes de d~veloppement rural. La Banque a constamment court-circuit~ certaines institutions - telles que 1e Minist~re du d~ve1oppement rural auxque1les elle a fina1ement accord~ un soutien apr~s 1980. El1e a m~connu les profondes carences institutionne1les de l'ONCAD, dans l'espoir que 1es nouveaux organismes de d~ve1oppement rural suffiraient A 1a tAche. Etant donn~ l'importance continue de l'ONCAD dans Ie secteur agricole, cet espoir manquait de r~alisme. Ensuite, un sentiment de d~ception grandissant A l'~gard des organismes de d~ve1oppement rural a conduit la Banque A leur retirer son soutien. A ce propos, on peut dire que, sur le plan du renforcement des institutions, les interventions de 1a Banque sont rest~es limit~es et sporadiques. Malgr~ ces probl~mes, i1 faut souligner que les ann~es 70 ont ~t~ marqu~es par des conditions climatiques particuli~rement difficiles. Le c1imat est rest~ l'~l~ment d~terminant des r~sultats du secteur. Et pourtant, des progr~s significatifs ont ~t~ accomplis. Le d~ve1oppement de la culture du coton dans le S~n~gal oriental et Ie fonctionnement de la SODEFITEX ont ~t~ extramement positifs. Les r~sultats du Premier projet d'~levage ont montr~ les possibi1it~s qu'offrait ce sous- secteur, alors qu'on pouvait noter, en Casamance une certaine augmentation des superficies cu1tiv~es et une diversification des cultures. La r~gion du Fleuve a obtenu des rendements compris entre 4,5 et 7 tonnes m~triques de riz A l'hectare. Le Programme agrico1e a eu pour cons~quence un profond changement de techno1ogie - 1e seu1 en Afrique occidentale - A la suite de l'adoption g~n~ralis~e de la traction animale et du mat~riel de traction. On peut lui imputer directement la vaste croissance qui a eu lieu aussi bien dans le S~n~gal oriental que dans 1a zone du sud-est du Bassin arachidier. Bien qU'el1e ne se soit pas r~percut~e sur Ie rendement, la diffusion du mat~riel agricole a permis de d~b1oquer le gou1et d'~tranglement critique que constituait 1e manque de main-d'oeuvre et de faire augmenter 1a productivit~ de cel1e-ci. Enfin, l'exp~rience de cette p~riode montre les 1imites des pr@ts-projets - leur incapacit~ A corriger les ftdistorsions ft les plus importantes et A faire preuve d'une plus grande coh~rence au niveau des prats sectorie1s. 91/ Senegal Agricultural Sector Survey. page 11. - 107 - 3) Ajustement structurel et agriculture, 1980-87 215. La diminution progressive de la place accord~e aux prAts-projets et leur remplacement par des prAts-programmes ne saurait Atre attribu~ exclusivement au fait que, dans le cadre d'intervention pr~c~dent, il s'~tait av~r~ impossible de r~soudre les probl~mes du secteur agricole. Tandis que la conditionna1it~ des prAts servait de plus en plus l corriger ou tenter de r~duire les contraintes telles que la politique des prix l la production et de taxation qui compromettaient la r~alisation des projE'ts durant les ann~es 70, le facteur principal l l'origine de la r~orlentation de la strat~gie de prAt est la d~gradation rap ide des comptes ext~t'ieurs du S~n~gal. 216. En fait, d~s 1974, la formule du prAt-programme avait commenc~ l apparaltre comme pouvant ~ventuellement devenir n~cessaire. Le Programme d'action de cette ann~e proposait en effet un prAt-programme de 20 millions de dollars, sur la base d'un accord avec le Gouvernement au sujet des nivenux des subventions alimentaires et des d~penses de fonctionnement. L'auhaine inattendue de l'essor phosphatier a att~nu~ temporairement le besoin d'obtenir un soutien de la balance des paiements; en 1978, on pensli,it, - malgr~ l' effondrement du march~ des phosphates - que la formule du prAt-programme n'~tait pas bonne pour le S~n~gal (Programme d'action de 19781. Cette attitude a chang~ apr~s que le Gouvernement eut pr~par~ le PREF de 1979 et que le premier PAS eut ~t~ approuv~ en 1980. Depuis lors, deux autres PAS ont ~t~ approuv~s, de mAme que six nouveaux projets dans le secteur agricole. Ces projets ont absorb~ 45 % environ de l'ensemble des ress.)urces dAbloqu~es dans le cadre des trois PAS. Bien que ces derniers aient eu un caract~re plurisectoriel, ils ont accord~ une place extrAmement importante aux questions agricoles. N~anmoins, le ·coQt" des r~formes sectJrielles a At~ relativement ~lev~ par rapport au niveau des investissements productifs directs que la Banque a financ~s dans le secteur. 217. Les composantes agricoles des PAS expriment l'importance que l'on continue d'accorder aux questions fondamentales de 1 'agriculture s~n~galaise : diversification, rOle des arachides, nature des technologies visant l am~liorer la productivitA, et conditions des prestations de biens et services au secteur. Bien qu'elle prolonge, en un sens, l'approche adopt~e par la Banque durant les ann~es 70, la p~riode d'ajustement a ~tA marqu~e par un changement qualitatif et par une place beaucoup plus grande accord~e aux prix, aux march~s et au secteur priv~. Etant donn~ la nature de l'agriculture s~n~galaise, cette formule n'a pas toujours donn~ des r~sultats satisfaisants. 218. Bien que les d~caissements effectu~s au titre du premier PAS aient ~t~ arrAt~s - en juin 1983 -, la raison principale ~tant qu'on avait pas mis en oeuvre les r~formes du secteur agricole convenues,92 l'attitude du Gouvernement, qui a respect~ la plupart des conditions, ainsi que l'ampleur et la teneur des mesures prises, font du S~n~gal un cas exceptionnel dans le contexte des autres pays de l'Afrique subsaharienne. 92/ Voir D~partement de l'~valuation r~trospectivet Rapport d'~valuation r~trospective : Senegal Structural Adjustment Loan and Credit. - 108 - 219. Les trois PAS ont ~t~ caract~ris~s par l'importance continue accord~e l la politique des prix, notamment pour r~duire les diff~rences de revenus entre les villes et les campagnes grAce l de forts rel~vements des prix l la production et l la diminution des subventions aux intrants, et par l'importance parall~le qu'ils donnent l la r~forme des organismes de d~veloppement rural. Dans ce dernier contexte, les mesures prises comportent la liquidation de certains organismes, des r~ductions budg~taires, des compressions de personnel et une d~finition pr~cise des rapports financiers entre l'Etat et les organismes parapublics. Dans ce dernier cas, on a surtout fait appel aux contrats-plans, qui est un syst~me mis en place par Ie Gouvernement sur les conseils de la France. 220. Bien que certains ~l~ments fondamentaux soient rest~s les m~mes, il est certain que la politique de la Banque a subi des modifications sensibles, non seulement en ce qui concerne les organismes parapublics, mais aussi au sujet de la question fondamentale de la diversification. Cette derni~re ~volution remonte l la p~riode comprise entre Ie PAS I et Ie PAS II. Alors que Ie premier PAS continuait l faire une place de choix aux arachides, sans s'occuper explicitement du sous-secteur des cultures alimentaires, les PAS II et III ont fortement encourag~ une politique de substitution aux importations par Ie d~veloppement de la production de c~r~ales en imposant des droits de douane sur les importations de riz et en modifiant les prix relatifs nationaux en faveur des cultures alimentaires. La Nouvelle politique agricole (NPA) , annonc~e par Ie Gouvernement en 1984, et Ie Plan c~r~alier, annonc~ en 1986, ont donn~ un cachet officiel l cette ~volution. 221. La NPA comporte quatre ~l~ments principaux. En premier lieu, elle accorde une grande importance l la responsabilisation des paysans, grAce l un transfert de fonctions par exemple, l'entreposage des graines d'arachides des organismes parapublics aux producteurs. On peut ~galement noter Ie d~but d'une r~forme portant sur les coop~ratives plac~es sous Ie contrOle de l'Etat. En deuxi~me lieu, elle a r~vis~ la politique des prix des intrants et a accept~, dans Ie cadre des PAS II et III, l'~limination d~finitive des subventions aux engrais en 1989/90. Elle a accept~ la lib~ralisation des importations d'intrants et, en th~orie, elle a retir~ aux organismes parapublics la fonction de distribution des intrants, pour les confier au secteur priv~. En troisi~me lieu, les organismes parapublics ruraux ont vu leurs fonctions se r~duire et leurs affectations budg~taires s'amenuiser. En quatri~me lieu, la NPA a mis l'accent sur les mesures visant l atteindre une meilleure autosuffisance alimentaire. A ce propos, Ie Plan c~r~alier a fix~ un objectif d'autosuffisance l hauteur de 80 % en l'an 2000. Bien que la Banque n'ait pas enti~rement endoss~ les objectifs de la NPA ou du Plan c~r~alier,93 il est certain que la majorit~ des actions conditionnelles que demandent les PAS II et III concordent avec l'orientation g~n~rale du Gouvernement. 222. Toute ~valuation de l'efficacit~ des pr~ts l l'ajustement consentis au S~n~gal doit tenir compte du fait que la plupart des mesures de politique g~n~rale sont de date tr~s r~cente et que, par cons~quent, 93/ Voir, par exemple, Ie Pr~ambule du Plan c~r~alier qU'a r~dig~ la Banque, Minist~re du d~veloppement rural, Dakar, 1986. - 109 - leurs r~sultats restent ambigus. Toutefois, un certain nombre de mesures fondamentales adopt~es dans le cadre du PAS I ont eu le temps de d~boucher sur des r~sultats. En outre, on peut ~valuer l'efficacit~ de l'orientation strat~gique plus ample des interventions de la Banque dans l'agriculture s~n~galaise durant cette p~riode. a) Prix A la production et r~action de l'offre 223. Durant la p~riode d'ajustement, on s'est davant age int~ress~ A la politique des prix pour lib~rer Ie march~ et faire ~voluer les revenus en faveur des producteurs ruraux. Dans Ie cadre du premier PAS, les prix des arachides ont ~t~ relev~s de 10 % en termes nominaux entre 1979/80 et 1980/'81. Avant le deuxUme PAS (1985/86), les prix A la production ont ~u relevh de 20-30 % pour Ie mil, et de 40-50 % pour Ie mals et Ie paddy. On ne s~lit pas tr~s bien quelle est l'influence des incitations par les prix sur 1.a production. Les fluctuations autour de la tendance ont ~t~ si consid~rables qu'il est difficile de dire dans quelle direction v~rit:ablement se fait Ie changement. Les fluctuations annuelles des supel=ficies cultiv~es et de la production correspondent aux changements de cultures et A l' influence des conditions climatiques, plutOt qu'A un mouvement d'expansion des superficies ou A une am~lioration de la productivit~. Si l'on consid~re l'agriculture dans son ensemble entre 1980 et 1985, cela s'est traduit par des taux de croissance fortement n~gatifs troiu ann~es sur cinq et par une croissance g~n~rale n~gative. 224. A la lumi~re des tendances r~centes, les projections de croissance que c:ontiennent les PAS II et III semblent manquer de r~alisme. En effet, on nvait pr~vu que, en 1986-90, la croissance du secteur primaire s'~tnblirait entre 2,4 et 4,7 % et aura it pour moteur principal la r~action de In production c~r~ali~re. Cette production devait augmenter au total d'un tiers, tandis que les importations de riz et de bl~ devaient diminuer d'au moins 15 %.94 Selon ce sc~nario, la production d'arachides devait se stabHiser A un niveau Ug~rement inUrieur A celui obtenu entre 1980/81 et 1982.'83, quand la superficie occup~e par 1es arachides d~passait d'environ 10 % la moyenne ~tablie entre 1980/81 et 1985/86. Evidemment. la produ.ction d~pendra en grande partie des conditions climatiques. 225. Ces estimations extremement optimistes semb1ent s'~carter de l'exp~rience historique du S~n~gal depuis l'ind~pendance. Dans Ie secteur primaire, la valeur ajout~e a augment~ de 3 % durant les ann~es 60, pour tomber aux alentours de 2,3 % durant les ann~es 70 et A moins de 1.8 % entrt~ 1979 et 1983. En outre, Ie dernier M~morandum ~conomique fait observer que, durant .la p~riode 1979/80-1985/86, 1a production agricole n'a ~t~ Jnarqu~e par aucune tendance particuli~re, A part une certaine stabilit~ au niveau des superficies plant~es, c'est-A-dire aussi une diminution de la superficie moyenne cultiv~e par agricu1teur. 95 En outre, sur Ie plan des rendements. ceux des arachides ont diminu~ au cours des dix derni~res 94/ Rapport du Pr~sident. PAS II. pages 26-27. 95/ lBanque mondiale, Senegal An Economy Under Adjustment. R.apport No 6454-SE. 13 f~vrier 1987, page 10. - 110 - ann~es, avec des variations d'une ann~e sur l'autre plus fortes qu'auparavant. Quand les rendements moyens ont progress~ - c'est Ie cas du mil, du riz et du mals -, ils ont eux aussi ~t~ marqu~s par des variations plus importantes. C'est uniquement dans Ie cas du coton que les rendements moyens ont augment~, avec une variabilit~ r~duite. 226. Depuis 1980, les documents de la Banque postulent une croissance significative du secteur agricole en se fondant simplement sur l'impact de la politique des prix. Alors que l'importance nouvelle accord~e au rOle des prix est une chose hautement souhaitable, les faits semblent indiquer que, dans Ie contexte s~n~galais, la politique des prix ne peut avoir qu'une efficacit~ limit~e tant qu'on ne s'attaque pas A certains autres facteurs affectant s~rieusement la performance agricole tendances climatiques, d~gradation des sols, faiblesses des services de recherche et de vulgarisation. De nombreux ouvrages affirment que, A court et A moyen termes, l'~lasticit~ de l'offre est extrAmement faible dans Ie contexte de 1 'Afrique subsaharienne. 96 Dans Ie cas du S~n~gal, les donn~es ~conom~triques extrAmement peu nombreuses dont on dispose indiquent l'influence pr~dominante de la pluviom~trie et l'impact limit~ des prix sur la production des arachides et sur celIe du mil. Berth~lemy97 montre que, par exemple, jusqu'en 1979, des param~tres climatiques et techniques peuvent expliquer, dans Ie cas des arachides, les variations des rendements et des superficies r~colt~es. Les pr~cipitations sont repr~sent~es par deux variables, Ie volume et la concentration; cette derni~re est assortie d'un coefficient tr~s ~lev~, ce qui prouve la n~cessit~ de tenir compte de la r~partition des pr~cipitations chaque fois qu'on dispose des donn~es n~cessaires. L'application d'engrais permet d'am~liorer les rendements, bien que l'~lasticit6 soit tr~s modeste = en effet, une augmentation de 10 % dans les applications d'engrais n'entralne qu'un accroissement d'un peu moins de 1 % des rendements moyens. Enfin, Ie fait d'utiliser des semoirs a des r6percussions tr~s n6gatives, en raison de l'~puisement plus rapide des sols dQ A la r6duction des jach~res. Par contre, l'utilisation de semoirs a aussi des effets b~n~fiques permettant aux agriculteurs d'accroltre leurs superficies cultiv6es. La variable prix ne semble pas, par contre, avoir des effets tr~s d~terminants sur les superficies cultiv6es. 227. Berth~lemy essaie d'expliquer par deux 6quations diff~rentes les rendements et les superficies cultiv~es en mil. Sur Ie plan du rendement, il cons tate que les deux variables fondamentales sont les engrais et plus encore les pr6cipitations. Bien que non n6gligeable, l'~lasticit6 des rendements suite A l'utilisation d'engrais est extrAmement modeste et n'atteint que 0,05. Quant A la superficie cultiv6e, il semble qu'elle subisse l'influence des rendements de la campagne pr6c6dente et du parc de semoirs disponibles. Le parc de semoirs est consid6r~ comme un indicateur du temps de travail disponible. En effet, plus il dispose de semoirs pour la culture des arachides, plus l'agriculteur a du temps A consacrer aux 96/ Voir. par exemple. Marian Bond. ·Agricultural Response to Prices in Sub-Saharan African Countries· IMP Staff Papers, 1983. 97/ J. C. Berth61emy, ·Construction d'un mod~le macr06conomique pour un pays d·Afrique francophone. Ie S6n~gal·, Paris, 1979. - 111 - cultures vivri~res. Les rendements diff~r~s en mil exercent un effet n~gatif sur 1a production; en effet, une bonne r~co1te permet de constituer des stocks et, partant, de r~duire 1es besoins de l'ann~e suivante. 11 est int~ressant de constater que, l l'encontre de 1a variable prix, toutes ces variables semb1ent etre statistiquement significatives et d~terminantes pour 1a production. Quant l la production de riz, 1es rendements ont surtout d~pendu des pr~cipitations, et seu1ement de fa90n margina1e de l'app1ication d'engrais un accroissement de 10 % du volume des pr~cipitations entralne une augmentation de 6 % des rendements, a10rs qu'un accroissement analogue du volume d'engrais uti1is~ l l'hectare n'a qu'un effet: trh Uger sur 1es rendements, qui n'augmentent que de 1 %. Ici encore, 1a variable prix ne semble pas intervenir dans 1a production. 228. Compte tenu des structures de 1a production s~n~galaise et du caract~re compl~mentaire des arachides et du mil, en particu1ier, dans 1e cyc11~ d' asso1ement, la question fondamenta1e concerne 1es effets probab1es de substitution qU'exercent 1es changements de prix re1atifs. N~anmoins, le manque de donn~es ayant trait aux apports de main-d'oeuvre et de capi1:.aux empeche d'estimer l'~lasticit~ crois6e de l'offre d'arachides et de mU. Des rhultats ambigus ont ~U obtenus, pour toute 1a p~riode 1961-86, s'appuyant sur des estimations de prix de l'ann~e pr~c~dente et sur La pluviom~trie moyenne de l'ann~e en cours. 98 229. Les r~sultats montrent qu'un rel~vement de 1 % du prix du mil entralne une r~duction de 0,8 % de l'offre d'arachides. L'~lasticit~ dire.::te de l'offre par rapport au prix des arachides a ~U estim~e l 0,54 et l 1,19 par rapport aux pr~cipitations. L'~lasticit~ par rapport au prix est en r~alit~ ~lev~e mais, i1 faut Ie noter, e11e n'est pas significative. A une probabiliU de 95 %, l'estimation de 0,54 d '~lasticiU pourrait varier entre moins 0,34 et plus 1,42 (:to,88), ce qui montre bien 1e manque de solidit~ de l'estimation. Seu1e 1a variable pr~cipitation est significative l un niveau de probabi1it~ de 95 %. Aucune des variables de prix n'est significative; en outre, ses coefficients sont sensib1es aux s~ries tempore11es utilis~es. L'~quation ne permet donc pas de donner une explication satisfaisante. D'autres estimations mont rent ~ga1ement l'importance des pr~cipitations pour expliquer les superficies cultiv~es et les rendements atteints. 230. Les prix l 1a production n'ont donc qU'un impact 1imit~ sur 1es superficies et les niveaux de production. En outre, dans 1e cas du mil, 1e volume de la production commercialis~e est rest~ faib1e, ne d~passant pas 15 l 20 % de la production globa1e. En effet, la plus grande partie de 1a production tend l etre consomm~e l l'exp1oitation. Si l'on tient compte d'~l~ments te1s que 1e manque d'efficacit~ du march~, l'aversion du risque et les facteurs d'asso1ement, on peut montrer en outre que, dans 1e cadre d'un syst~me de production diversifi~, les cultures de rapport deviennent en fait des consid~rations secondaires par rapport aux cultures vivri~res. Les stocks alimentaires et les besoins de consommation fami1ia1e deviennent 98/ Production commercia1is~e d'arachides • 5,319 + 0,539 (prix diff~r~ net des arachides) «1,255») - 0,812 (prix net diff~r~ du mil) «-1,64» + 1,19 (pr~cipitations) «3,21» : a2 - 0,55; P = 8,64 (T - statistiques en double parenth~ses. Equation pr~sent~e sous forme log-lin~aire.). - 112 - les contraintes d~tenninantes.99 Comme la production de mil repr~sente approximativement 75 % de l'ensemble de la production c~r~ali~re, on voit nettement que toute strat~gie se fondant, dans une large mesure, sur l'augmentation du niveau de la production commercialis~e se heurte l des probl~mes importants. 231. La politique des prix n'a eu qu'un impact tr~s limit~ sur la production, jetant forc~ment quelques doutes sur une strat~gie qui accorde la place de choix aux prix, au d~triment d'autres variables telles que la technologie, l'irrigation ou encore Ie r~gime foncier. 100 En outre, il n'est pas ~vident que les conseils de la Banque, qui ont pench~ de plus en plus en faveur du sous-secteur des cultures vivri~res, aient ~t~ suffisamment suivis pour ~tablir une structure de prix relatifs qui encourage ces objectifs. Dans Ie cas du mil et des arachides, les prix r~els a la productionne suivent aucune tendance pr~cise et coh~rente depuis 1981. En outre, depuis 1979/80, Ie rapport entre les prix l la production des arachides et du mil a l~g~rement augment~, si on Ie compare aux chiffres de 1975-79. Cependant, sur une plus longue p~riode, et malgr~ des fluctuations annuelles, ce rapport est demeur~ l peu pr~s constant et s'est situ~ entre 1,20 et 1,25 pendant la p~riode 1970-86. Le rapport entre Ie prix des arachides et Ie prix du mals est pass~ de 1,12 entre 1975-79 l 1,31 entre 1980 et 1986. 232. Si l'on va au-dell de cette question de la structure des prix relatifs pour examiner la rentabilit~ financi~re nette des principales cultures, il semble que, dans les principales r~gions de production, les arachides aient eu une rentabilit~ constamment sup~rieure l celIe que pourraient obtenir les diverses cultures de substitution possibles. L'analyse des budgets de fenne mont rent que, dans trois contextes ~cologiques et deux contextes technologiques diff~rents, les arachides avaient, en 1986-87, g~n~r~ un revenu net par homme-jour nettement sup~rieur a celui du mil, mais inf~rieur l celui du mals. Quant l la relation entre mil et arachides, il semble que, durant une ann~e moyenne et aux niveaux de technologie existants, la rentabilit~ financi~re des arachides soit trois a quatre fois plus ~lev~e que celIe du mil. 101 233. La structure des prix relatifs l laquelle se heurtent les producteurs s~n~galais n'a pas toujours bien refl~t~ certains des objectifs de la Banque fonnul~s par ailleurs. En m@me temps, Ie prix des arachides a ~t~ fix~ a un niveau insoutenable, compte tenu de la forte tendance l la 99/ Voir en particulier J. Hammer, "Subsistence First : Fann Allocation Decisions in Senegal", Banque mondiale, document de travail 1984-19, juin 1984 (ron~o). 100/ A ce propos, par exemple, les droits fonciers posent une question importante (que reconnalt Ie document du PAS III) aussi bien sur Ie plan de la distribution que sur celui des investissements, notamment dans la r~gion du Fleuve. 101/ F. Hartin, "Budgets de culture au S~n~gal·, ISRA/BAME, Dakar, 1988. - 113 - baisse des cours intemationaux des arachides. Le rel~vement de 33 % du prix r~el appliqu~ en 1985 a coIncid~ avec une chute des cours mondiaux qui a fait tomber en 1986 Ie prix de l'huile d'arachide vierge l environ 45 % de son niveau de 1984. La production d'arachides de la campagne 1986/87 s'est sold~e par un d~ficit qui repr~sentait environ 1,4 % du PIB, tandis que Ie soutien des prix coQtait plus de 11 milliards de francs CFA au Gouvemement. Le prix l la production des arachides a ~t~ maintenu l ce niveau jusqu'en avril 1988 avec 1 'encouragement de la Banque et du Fonds. qui estimaient pouvoir ainsi maintenir un niveau d'incitation suffisant pour les producteurs. Mais, en 1988, des pressions budg~taires ont conduit l r~duire Ie prix des arachides l la production de 90 l 70 francs CFA/kilo. Les ~v~nements r~cents ne se boment pas l souligner qu'il faut effectuer, dans une perspective l plus long terme, une ~tude syst~matique et concert~e des modalith d'~tablissement des prix et des niveaux des prix relatifs (une br~ve ~tude a ~t~ command~e dans Ie cadre du PAS III), mais ils montrent aussi les fortes contraintes extemes auxquelles se heurtent les responsables du secteur agricole et ensuite l'incapacit~ dans laquelle se trouve la Banque de foumir un cadre satisfaisant permettant de d~terminer un niveau appropri~ pour les prix domestiques et une structure des prix relatifs ad~quate. 234. L'insistance de la Banque pour relever Ie prix des arachides l la produ.ction. de fa90n l Ie rapprocher du niveau des prix fronti~res peut s'expliquer non seulement par l'argument d'une r~action de l'offre, mais aussi. par l'objectif visant l dduire Ie taux de taxation implicite. Et pourtant, depuis Ie premier PAS, i1 convient d'observer que, entre 1980/81 et 1984/85, Ie prix l la production, exprim~ en pourcentage du prix unitaire l 1 'exportation, est rest~ au m!me niveau moyen - 40-45 % - que durant les ann~es 70. Ce n'est qu'en 1985/86 qu'il a ~t~ port~ l plus de 80 %. Malgr~ cette augmentation, la superficie occup~e par les arachides a fortE~ment diminu~. et la production est tomb~e l plus de 20 % au-dessous du niveau moyen des cinq campagnes pr~c~dentes. Cette situation peut s'expliquer en grande partie par les changements soudains apport~s l cette date au syst~me de stockage des graines d'arachides. Cet ~tat de choses montre bien l'importance d~terminante d'un certain nombre de facteurs autres que les prix sur les superficies affect~es aux cultures, mais il convient de noter aussi que, les ann~es suivantes, les superficies plant~es en arachide ont connu l nouveau une augmentation, m!me si les tendances l long terme indiquent une nette augmentation des superficies plant~es en mil. 102 235. Des interventions bas~es essentiellement sur des questions de prix se heurtent l toutes sortes de probl~mes. D'une part, la r~action de la production cOIlDllercialis~e est reste~ tr~s faible, essentiellement en raison de l'importance des facteurs exog~nes cOIlDlle Ie climat ou la technologie util:.s~e. Mais ~galement, ce type d'intervention a des dpercussions complexes sur la balance des paiements, Ie budget de l'Etat, les conditions de vie des producteurs. C'est ce qui ressort de toutes les ~valuations de la s1:rat~gie de la Banque en matUre de prix c~r~aliers. 102/ M. Gaye, Le d~sengagement de l'Etat et la probl~matique des intrants agricoles au S~n~gal. ISRA, Kaolack (ron~o), mai 1987. - 114 - 236. Afin de freiner les importations de riz, les PAS II et III ont exig' du Gouvernement qu'il maintienne un coefficient min~ de 25 % de protection nominale lorsqu'il fixe Ie prix national l la consommation. II s'agit de stimuler la production nationale de c'r'ales - et notamment celIe de mil. En raison des prix relatifs peu 'lev's des produits import's, la consommation des c'r'ales nationales a recul'. En 1982-84, Ie riz et Ie bl' (farine) repr'sentaient pr~s de 83 % de la consommation annuelle de c'r'ales par tete dans les zones urbaines et plus de 30 % dans les zones rurales. Les coefficients de protection nominale l la consommation et la protection nominale relative des principales c'r'ales montrent tr~s clairement comment, en 1970-75 et de nouveau entre 1979 et 1983, les consommateurs de riz ont b'n'fici' d'une subvention importante. Cependant, Ie Tableau 23 montre aussi que, en supposant que Ie mil et Ie sorgho soient des produits exportables, les prix de la production s'n'galaise sont consid'rablement sup'rieurs aux prix paritaires A l' importation. Tebleeu 28 : COEFFICIENTS DE PROTECTION NOWINALE A LA CONSOWMATION ET PROTECTION NOMINALE RELATIVE DES CEREALES, 1970-86 l.!. Ble en Riz/ Blel P'riode ill Riz Arelna Wil ill 1970-76 1,81 0,89 0,81 0,62 0,89 1978-78 2,01 0,97 1,01 0,60 0,62 1979-81 1,87 0,76 0,98 0,40 0,68 1982-88 1,89 0,87 0,98 0,48 0,62 1984-86 2,08 1.04 0,84 0,60 0,41 l.!. Coefficientde protection noeinele , Ie conao... tlon d'fini comme 'tent Ie reletlon entre lea prix du March' int6rleur et lea prix perlteirea' l'l.portetlon, qui ne aont pea aJuat6a Icl pour tenir coepte de Ie aur'veluetion du taux de chenge. La protection noeinele reletive e.t la reletion de. coefficient. de protection noeinele calcul6a .ur une be .. ennuelle pul. exprl . . . .ou. for.. de .oyenne. ~ C. Delgado, -The Role of Pric.. in the Shift to Rice end Wheat Con.u.ptlon in Francophone w ..t Africe-, IFPRI, We.hington, 1987. 237. En accordant une protection A la production nationale de c'r'ales, ce sont en fait les consommateurs qui subventionnent les producteurs. Cet 'tat de choses se justifie pour des raisons g'ographiques et pour des raisons de r'partition des revenus, dans l'hypoth~se o~ la plus grande partie des c'r'ales vivri~res import'es sont consomm'es dans les villes. Or, il n'en est que partiellement ainsi. Les statistiques officielles (voir Plan c'r'alier, 1986) mont rent que la consommation de riz repr'sente environ 28 % de la consommation de c'r'ales per capita dans les zones rurales. Des donn'es d'enquete montrent 'galement que Ie niveau des achats de riz dans les zones rurales est inversement proportionnel A la production globale de ct§rt§ales durant une annt§e donnt§e. En moyenne, les achats de riz reprt§sentent un peu moins de 50 % des achats de c'r'ales et 20 % de - 115 - l'ensemble des c~r~ales disponibles. 103 Ce qu'il faut bien comprendre, c'est que la plupart des exploitations agricoles ne produisent pas suffisamment de cultures vivri~res, ce qui explique en partie Ie niveau traditionnellement faible des quantit's de c~r'ales mises sur Ie march~. Le rel~vement des prix l la consommation des c~r'ales de base a donc un r~sultat ambigu sur Ie plan du bien-Atre des m'nages agricoles. 238. Une seconde consid'ration importante est que, malgr~ des rel~vements sensibles du prix du riz l la consommation, les produits de transformation du mil - tels que la farine - se vendent l des prix compris entre 95 et 110 % du prix du riz au d~tail. II semble donc que, mAme avec 25 % de protection, la technologie actuelle ne puisse permettre une transformation l des taux susceptibles de rendre Ie mil plus comp'titif par rapport au riz. En troisi~me lieu, un ajustement l la hausse des prix du riz A la cons ommat ion , dans Ie contexte de la chute des prix r~els A 1 'importation, s'est sold' par des transferts tr~s importants au Tr~sor. En fait, Ie soutien budg'taire a ~t~ la principale raison qui a conduit Ie Gouvernement A relever Ie prix du riz. En 1987/88, ce soutien se montait A 16 milliards de francs CFA. La r'action de l'offre de la production nationale de c~r~ales devient une consid'ration subordonn'e, bien que la Banque la mette en relief. Cependant, les rel~vements des prix du riz A la production pourraient naturellement exercer des influences sur les recettes d'exportation, car Ie remplacement de la culture des arachides par celIe des c~r~ales doit de toute ~vidence entralner une r~duction de la part des produits exportables dans l'ensemble de la production. II en est ainsi parce que, en premier lieu, la capacit~ d'expansion de la production de riz reste extrAmement limit~e. tout au moins A moyen-terme, et en second lieu, les exc~dents commercialis~s restent faibles. Dans ces conditions, l'effet direct de substitution et, partant, l'impact sur Ie coQt des importations, sont limit~s. L'introduction d'autres cultures de substitution se traduirait par une r~duction des superficies consacr'es aux produits d'exportation, c'est-A-dire Ie coton et les arachides. 104 Dans Ie cas de rel~~'ements des prix du riz A la consommation analogues l ceux qui ont eu lieu r~cemment, la mAme analyse portant sur plusieurs march~s conduit A pensE'r que les effets sur la production exportable ne seraient pas n~gat.ifs, mais que ce1a se r~percuterait surtout sur 1a demande int~rieure et S~lr Ie d~ficit de l'Etat dans Ie secteur agricole. Comme la plupart des m~nages sont de grands consommateurs de riz, il en r~sulterait une baisse g~n~ralis~e des revenus r~els. Gaye 105 a estim~ A 0,2 l'~lasticit~ crois~e de 1& production du mil par rapport au prix de d~tail du riz. Une faible ~last.icit~ crois'e signifierait que ces effets sur les revenus sont 103/ M. Benoit-Cattin, ·Hypoth~ses sur la consommation de riz dans Ie Bassin arachidier du S~n'gal-, Montpellier, ron'o, 1987. 104/ A. Braverman et J. Hammer, -Agricultural Pricing in Senegal: Their Implications for Government Budget, Foreign Exchange and Regional Income Distribution", Banque mondiale, D~partement des politiques nationales, septembre 1983. 105/ Matar Gaye, -The Food Challenge in the Senegalese Rural Economy", Michigan State University, (ron~o), 1983. - 116 - majeurs. Cependant, contrairement aux hypoth~ses dont s'est servie l'analyse pr~cit~e de la Banque, les rel~vements des prix des arachides durant ces derni~res ann~es ont eu tendance, dans Ie cas des producteurs d'arachides, l contrebalancer une partie de ces effets sur les revenus. Les effets les plus d~favorables sur les revenus seraient alors exerc~s sur les consommateurs urbains de riz et sur les m~nages ruraux qui ne produisent pas de cultures d'exportation. Pour tous les m~nages ruraux, l'effet exact sur Ie revenu serait en grande partie fonction de la mesure dans laquelle les m~nages agricoles sont des acheteurs nets de produits alimentaires; c'est-ll un domaine que ne connaissent ni la Banque ni Ie Gouvernement s~n~galais. L'~volution r~cente de la situation montre que, si l'on exclut les r~ductions exceptionnelles des superficies plant~es en arachides en 1985/86, qu'on peut imputer l des changements de la politique des semences, suite l l'augmentation des prix r~els du riz l la consommation et du prix des arachides l la production, Ie d~ficit du Gouvernement s'est r~duit plus lentement que pr~vu. La raison en est que les d~ficits du secteur arachidier ont ~t~ plus consid~rables qu'on ne s'y attendait et ont ~t~ associ~s aux effets de variations exog~nes des prix. Le recul des cours mondiaux des arachides a provoqu~ non seulement une diminution des recettes en devises, mais aussi une augmentation des subventions implicites accord~es aux producteurs d'arachides. Mame si l'on tient compte de la tendance en cours, vers un accroissement progressif des superficies plant~es en mil (qui est fonction des pr~cipitations, de l'aversion du risque, et de contraintes au niveau de la commercialisation), il semble qu'on ait lieu de supposer que l'~lasticit~ crois~e de la production du mil par rapport au prix du riz l la consommation sera faible. Par cons~quent, les diminutions qu'il a ~t~ convenu d'apporter en 1988/89 au prix des arachides l la production auront tendance l fa ire baisser les revenus nets des m~nages. II en sera particuli~rement ainsi si, aux prix relatifs actuels, les c~r~ales produites localement ne peuvent soutenir la concurrence du riz, compte tenu des coQts de transformation. Dans ces conditions, et dans la conjoncture actuelle d'une diminution des prix l l'exportation du principal produit d'exportation et d'un coQt 61ev6 de la production locale de c~r~ales (Ie coefficient de protection nomina Ie l la consommation du mil d~passe deux), l"option qui consiste l relever les prix l la production n"a plus de sens. De nouveaux rel~vements des prix stimuleraient plus l'inflation que l'offre. b) Subventions aux intrants 239. L'importance nouvelle accord~e par la Banque aux questions de prix en tant que moyen d'augmenter la production traduit la d~ception l laquelle ont g~n~ralement conduit les tentatives ant~rieures visant l introduire des technologies nouvelles. En fait, l'attitude actuelle de la Banque repr~sente un total revirement par rapport l sa politique du d~but des ann~es 80. L'Etude de strat~gie du secteur agricole de 1987 accorde la place de choix l la conservation des sols et des eaux, ainsi qu'aux syst~mes de production agricole mixte, au lieu de compter sur des intrants modernes pour faire augmenter la productivit~. On peut ~galement y voir une justification de fait de l'~chec essuy4 au niveau de l'utilisation des intrants modernes notamment des engrais -, apr~s que la Banque et d'autres bail leurs de fonds eurent insist4 pour qu'on 4 limine les - 117 - subventions aux engrais. Bien que l'USAID ait financ~ Ie maintien d'une subvention r~duite aux engrais (devant etre totalement supprim~e en 1989/90), la consommation d'engrais est tomb~e de plus de 102.000 tonnes ~triques en 1980/81 aux alentours de 21.000 tonnes m~triques en 1983/84, et 1 12.000 tonnes ~triques en 1986/87. L'absence de cr~dit depuis l'effondrement du Programme agricole en 1980 et Ie manque de viabilit~ financi~re ont ~trangl~ les ventes d'engrais. Aux prix de 1986/87, par exemple, les niveaux d'application d'engrais que recommande l'ISRA ne donneraient, dans Ie cas du mil, qU'un ratio avantage-coOt sup~rieur 1 deux dans l'hypoth~se d'une augmentation miminum de 60 % du rendement. En outre, ces r~sultats sont obtenus alors que Ie prix des intrants comporte un ~l~ment de 25 % de subvention par l'USAID. En l'absence de cette subvention, les augmentations de rendement devraient d~passer 80 % pour qu'on obtienne un ratio avantage-coOt comparable Dans Ie cas du mals, les augmentations respectives de rendement devraient etre un peu moins ~lev~es, c'est-l-dire 50 % et 75 %.106 Ces ~volutions sont tr~s improbables dans Ie contexte s~n~galais. II faut donc en conclure que la demande de ces intrants restera tr~s restreinte, ce qui soul~ve des doutes consid~rables quant 1 l'intervention possible du secteur priv~ dans les importations et la distribution d'engrais, qui est un autre ~l~ment de la strat~gie globale de la Banque concernant Ie secteur. Ce qui est tout aussi grave, c'est que ces faits semblent indiquer que les documents de strat~gie g~n~rale autour desquels Ie Gouvernement a organis~ ses politiques avec Ie soutien de la Banque - la NPA, et plus particuli~rement Ie Plan c~r~alier contiennent des projections d~pourvues de r~alisme. Selon Ie Plan c~r~alier, la consommation d'engrais devrait atteindre 133.000 tonnes m~triques en 1990 pour passer 1 220.000 tonnes m~triques en l'an 2000. Grace 1 des semences am~lior~es et 1 de meilleures techniques culturales, les rendements devraient augmenter d'environ 25 1 30 % pour Ie mil pluvial, et de 90 % dans Ie cas du mals. Les rendements du mals irrigu~ devraient doubler, tandis que les rendements de riz augmenteraient d'environ 30 % (~lan c~r~alier, 1986). Sans nul doute, de pareilles projections sont d~pourvues de r~alisme si on les place dans Ie cadre des tendances de la productivit~ pendant Ie dernier quart de si~cle. Ce manque de r~alisme est particuli~rement prononc~ dans Ie contexte actuel caract~ris~ par Ie prix ~lev~ des intrants, l'absence d'un syst~me bien structur~ de cr~dit, la faiblesse de l'~pargne, et un service de vulgarisation qui fonctionne de plus en plus mal. A propos de ces ~l~ments critiques de toute initiative soutenue vis ant 1 relever la productivit~ agricole, on peut dire que la Banque est rest~e agnostique ou indiff~rente. Et pourtant, l'exp~rience pass~e, tout comme l'exp~rience r~cente, conduisent 1 penser que, si les mesures en mati~re de prix et la lib~ralisation du march~ peuvent, 1 un degr~ limit~, modifier la composition de la production et Ie volume des produits mis sur Ie march~, tandis que la limitation des interventions de l'Etat sur Ie march~ entraine un abaissement des frais g~n~raux, ces mesures ne suffisent pas 1 cr~er des conditions suffisantes pour am~liorer la productivit~. 106/ Voir S. J. Commander. et colI.. • Senegal The Experience of Adjustment". Londres, 1987. (ron~o), - 118 - 240. Le probl~me des subventions aux intrants pose un certain nombre de questions difficiles. 11 semble que, si les prix ne sont pas subventionn~s, la consommation d'intrants, n~cessaire 1 toute augmentation de rendement, restera insignifiante. En fait, il convient de noter que, en plein Programme agricole, durant les ann~es 70, la consommation moyenne d'engrais 1 des prix subventionn~s est demeur~e 1 des niveaux extr~mement faibles, m~me dans le. Bassin arachidier. Cependant, des subventions peuvent, tout au moins durant un certain temps, encourager l'emploi des intrants. Le Programme agricole a r~ussi 1 faire mieux connaitre les intrants modernes aux agriculteurs, qui les ont employ~s davantage. En outre, il convient ~galement de noter que, grAce 1 de fortes subventions, le Programme agricole a permis d'op~rer une profonde r~volution technique - la seule en Afrique occidentale -, 1 savoir l'utilisation de la traction animale, qui a eu pour cons~quence majeure une augmentation g~n~rale de la production. Bien qu'il soit impossible d'avancer des arguments convaincants en faveur de subventions permanentes aux intrants, les contraintes particuli~rement imp~ratives qui interviennent 1 ce stade dans l'~conomie s~n~galaise d~gradation des sols, d~sertification, risques climatiques ~lev~s et taux de change sur~valu~ - semblent indiquer que des subventions s~lectives aux intrants sont sans douteun pr~alable 1 toute augmentation de la productivit~. La Banque devrait peut-~tre r~examiner sa position actuelle et son opposition cat~gorique 1 l'octroi de subventions aux intrants. c) R~formes institutionnelles Le rOle des organismes de d~veloppement rural 241. La n~cessit~ de r~duire le rOle des organismes parapublics et d'en modifier le fonctionnement est, d'apr~s la Banque, l'~l~ment principal de la r~forme indispensable du secteur. Les PAS II et III lui ont accord~ une importance toute particuli~re. La charge financi~re grandissante qu'imposaient les organismes de d~veloppement rural a ~t~ la principale raison d'@tre de 1a r~forme. En 1979/80, Ie secteur parapublic avait ~volu~ au point OU il se trouvait dans une position nette fortement n~gative et, 1 eux-seuls, les organismes de d~veloppement rural absorbaient plus de 50 % de l'ensemble des subventions de fonctionnement accord~es aux entreprises publiques. GrAce 1 la fermeture de certains services (notamment la Soci~t~ des Terres Neuves), 1 la cession d'entreprises et 1 des r~ductions des d~penses de fonctionnement, le Gouvernement a cherch~, avec l'appui de la Banque, 1 arr~ter cette h~morragie de ressources. Le manque de donn~es rend difficile d'estimer l'efficacit~ de ces interventions. N~anmoins, le Tableau 24 contient certains chiffres s~par~s concernant un certain nombre de grandes institutions du secteur agricole. On peut voir que, en 1984, les subventions aux services de vulgarisation continuaient 1 d~passer de plus de 40 %, en termes r~els, leur chiffre de 1981, mais avaient l~g~rement recul~ par rapport aux niveaux de 1982 et 1983. Depuis 1984, il semble que les subventions aient ~t~ de nouveau r~duites. En outre, exprim~es en termes r~els, les d~penses effectives des services de vulgarisation en 1985/86 ~taient moins de 40 % de leurs niveaux de 1981-83. - 119 - T.ble.u 24 : POSITION FINANCIERE DES ORCANISWES DE YULCARISATION EN FONCTION DU BUDCET ET CHIFFRES SEPARES DE CERTAINES INSTITUTIONS DU SECTEUR RURAL, 1981-86 (en .illi.rd. de fr.nc. CFA) Service. de vulg.rl •• tlon l! Subvention. nette. -2,9 -6,4 -6,7 -6,1 n.d. Subvention. a,1 6,6 6,0 6,6 n.d. IlIIplt. 0,2 o,a o,a 0,4 n.d. (en .11110n. de fr.nc. CFA) ~ Subvention. 1.67a,6 1.439,6 1.698,4 1.926,2 n.d. R'.ult.t. fin.ncier. net. -66,7 -79,6 100,3 123,0 n.d. ~!B! Subvention. 200,8 263,4 n.d. 270,0 366,0 R'.ulitat. fin.ncler. net. 11,1 31,7 1,2 -0,3 9,6 SODEFITEX Subvention. 18,9 361,0 86,2 198,2 170,6 R'.uit.t. fin.ncier. net. 24,2 100,8 119,2 41,9 112,6 SEIS Subvention. 4.089,8 2.888,4 1.888,7 R'.u't.t. fin.ncier. net. -828,4 -1.676,8 62,8 -1.602,6 -2.029,7 SONA_:OS Subvention. 4.023,9 3.489,3 R'.ult.t. fin.ncier. net. 26,9 1.994,1 -447,6 4.489,2 943,8 l! Le. org.ni .... de vulgarl ••tion .ont I.. .uivant. SAED, SOWIVAC, SOD EVA , SODEFITEX, SODACRI. ~ : Contrlleur fin.ncier de I. Pr•• ldence, .00t 1986. 242. Le PAS II s'~tait donn~ comme objectif pr~cis de mettre un terme aux interventions directes des organismes de d~veloppement rural dans la production et de limiter leur rOle l la planification des op~rations de d~veloppement rural et l la vulgarisation. Dans le cas de la SAED, cette ~volution a ~t~ soutenue par un projet d'assistance technique l l' irr-igation (Cr~dit 1632-SE), visant l aider la SAED l mettre fin l ses activ'ith lUes l la production et l mettre en oeuvre son contrat plan. Le Quatli~me projet d'irrigation, qui fut approuv~ en 1987, comptait ~galement parmi, ses principaux objectifs le dhengagement de la SAED de ses activit~s li~es l la production. Selon ce sc~nario, l'organisme devait avoir pour fonction principale de fournir de meilleurs services de vulgarisation et de - 120 - fonnation. Dans Ie cas de la SODEVA, qui est l'organisme de vulgarisation du Bassin arachidier, la Banque lui a retir~ son soutien au niveau projets. Le Projet de Sine Saloum, qui avait fait l'objet d'une nouvelle ~valuation, a ~t~ annul~ en 1982, n'ayant pas r~alis~ les exp~riences pr~vues en mati~re de vulgarisation et n'ayant pas r~ussi non plus A mettre en place Ie cadre institutionnel n~cessaire aux activit~s de foumiture d'intrants, de cr~dit et de commercialisation. La situation financi~re pr~caire de l'organisme qui, A l'instar de la plupart des autres organismes de d~veloppement rural, ~tait en grande partie tributaire de bail leurs de fonds, a conduit par la suite A proc~der A d'importantes compressions budg~taires et r~ductions de personnel. Entre 1969 et 1919, les effectifs de la SODEVA ~taient pass~s de 158 A 1.882 employ~s, surtout A la suite de l'accroissement du nombre de cadres moyens et sup~rieurs. Durant cette p~riode, la proportion d'agents de terrain - les agents de vulgarisation - ~tait tomb~e de 88 A 62 %, tandis que la facture salariale passait de 28 % A plus de 60 % du budget. Depuis 1980, les effectifs de la SODEVA ont ~t~ brutalement r~duits. En 1986, la compression atteignait 55 %. Cependant, il semble qU'elle ait surtout frapp~ les agents de vulgarisation, ce qui diminue encore davantage les moyens fonctionnels dont dispose l'organisation. II se peut toutefois que cette politique ait ~t~ d~lib~r~e. Avec la suspension du Programme agricole et des ventes de mat~riel A cr~dit, suivie des ~checs au niveau de la distribution des engrais, la SODEVA avait perdu ses principaux moyens de vulgarisation. La moindre importance que la Banque accorde actuellement aux intrants modernes dans l'agriculture pluviale du S~n~gal et son opposition A l'~gard de la vente A cr~dit de mat~riel agricole et de l'octroi de subvention pour Ie mat~riel et les engrais, signifient que la SODEVA n'a plus gu~re de rOle A jouer, si tant est qu'elle en ait encore un. La distribution des intrants sera confi~e au secteur priv~, tandis que les sections villageoises joueront un rOle plus important. En l'absence de technologies appropri~es. les options offertes A la SODEVA sont n~cessairement limit~es. 243. Et pourtant, bien qu'elle soit partie int~grante d'une r~duction des subventions de fonctionnement financ~es par Ie Tr~sor, une telle m~thode laisse sans r~ponse un certain nombre de questions critiques. En premier lieu, s'il l'on a effectivement d~cid~ de ne plus faire appel aux intrants modemes pour assurer la croissance de la productivit~, quelle place restera-t-il au secteur priv~ pour la distribution et la commercialisation de ces intrants? En second lieu, on s'accorde en g~n~ral A reconnaltre que les progr~s de la productivit~ exigeront une am~lioration des pratiques culturales. Cela sous-entend un rOle continu de la part des services de vulgarisation. comme l'envisagent actuellement la Banque et Ie Gouvemement. Mais cela sous-entend aussi une certaine coh~rence dans les modifications qu'il serait souhaitable d'introduire dans les pratiques culturales. Dans ces conditions, si les estimations de consommation d'engrais que contient Ie Plan c~r~alier continuent A manquer de r~alisme et si l'utilisation des intrants modemes reste, comme cela semble probable. extrAmement faible, il faudra alors repenser radicalement la strat~gie du Bassin arachidier. C'est ce que fait en partie Ie Projet de recherche agricole que la Banque finance pour l'ISRA (Cr~dit 1116-SE); or, il ne semble pas qu'on ait ~labor~ jusqu'ici une m~thode coh~rente qui utilise un dosage optimum des cultures ou, dans un cadre syst~mique par exemple, pr~voit un retour A un syst~me d'assolement avec jach~re ou encourage un syst~me de production agricole mixte. - 121 - 244. 11 se pose des questions analogues lorsqu'on examine l'agriculture irrigu~e. Ici encore, ce sont des raisons financi~res qui sont principalement l l'origine du d~sengagement de la SAED. 11 faut y ajouter l'~ternelle question de la viabilit~ ~conomique de la riziculture dans la r~gion du Fleuve. La chute actuelle des cours internationaux du riz et la question de l'appr~ciation du taux de change r~e1107 exercent sans aucun doute l cet ~gard une influence d~favorab1e. C'est pourquoi, 1a Banque accorde d~sormais une importance primordiale aux cultures de plus fort rapport (Document cadre de po1itique ~conomique, 1987-1990); cependant, el1e ne dit rien au sujet des moyens l employer, ni des conditions pr~alab1es permettant d'aboutir l ces r~su1tats. En outre, 1e d~sengagement de 1a SAED 1aisse encore plus brouil16e 1a question de savoir comment uti1iser 1e potentie1 d'irrigation - qui pourrait atteindre jusqu'l 200.000 ha dans 1a dgion du F1euve qu'offre 1e barrage de Mananta1i. Pour 1es responsab1es s~n~ga1ais, 1es questions fondamentales concernent 1e niveau des ressources indispensable pour transformer ce potentie1 en r~a1:it~. Or, comme dans 1e pass~, la Banque n'a pas ~t~ en mesure de fournir des indications particu1i~rement coh~rentes. D'un cOt~, on affirme que 'toute strat~gie prenant pour base 1es petits exp10itants et 1es petits p~rim~tres irrigu~s se heurtera l de profondes 1imitations. 108 Et pourtant,on s'accorde aussi g~n~ra1ement l reconnaltre que 1e S6n~ga1 n'a que ies moyens limit~s pour attirer les investissements ~trangers et a encore moins de possibi1it~s pour mobi1iser de gros investissements int~rieurs. En outre, ~tant donn~ 1es perspectives peu encourageantes qu'offre la r~gion principale de culture p1uviale, il est ~vident qu'il y se produira ob1igatoirement un mouvement de migration interne. 11 faudra donc continuer l d6velopper les petits p6rim~tres. S"i1 en est ainsi, les ressources exig~es pour da1iser le potentiel d'irrigation de la r~gion devront etre mobi1is~es, pour l'essentiel, en faisant appe1 aux bail leurs de fonds et au Gouvernement. En meme temps, i1 faudra un vigoureux soutien technique et un effort consid~rable de vu1garisation. A premi~re vue, 1a restructuration de 1a SAED semble con~ue pour aboutir l ces r~su1tats mais, dans le cadre du Quatri~me projet d'irrigation, la croissance de la production dans la r~gion du Fleuve est cens~e se fonder sur l'am~lioration des p~rim~tres existants et, ce qui est peut-etre l'hypoth~se la plus optimiste, sur l'intervention rap ide du secteur priv~ qui reprendrait l son compte les anciennes activith de 1a SAED. 245. Malgr~ certaines faiblesses dans l'approche de 1a Banque en ce qui concerne 1es r~formes institutionnel1es, i1 ne fait aucun doute qU'un cert.ain nombre de mesures prises durant la p~riode d'ajustement, sur les cons,eils de la Banque, permettent de r~soudre des prob1~mes fondamentaux. Dans Ie sous-secteur des arachides, par exemple, le naufrage de l'ONCAD a ouve,rt la voie A des changements de fond. La responsabi1it~ de la cODmlercialisation des arachides incombe d~sormais aux huileries. 1a Soci~t~ natlonale de commercialisation des oUagineux du S~n~ga1 (SONACOS)/la SocUU Hectrique et industrielle de Baol (SEIB), qui ont ~galement ~U 107/ Taux de change effectif r6el du S6n~gal (1980 = 100) : 1981 = 89,1; 1982 • 91,7; 1983. 92,2; 1984 • 94.3; 1985 = 103.0; 1986 • 111.9 (Source I PMI). !Q!/ "Senegal : Agricultural Sector Strategy Brief". - 122 - autoris~s ~ mettre sur pied leurs propres dispositions en mati~re de commercialisation. Depuis la fin de l'ann~e 1985, les entreprises priv~es peuvent acheter directement les arachides aux producteurs pour les revendre aux huileries ~ des prix n~goci~s. L'entreposage des semences a ~t~ confi~ aux producteurs, tandis que la SONACOS ne conserve qU'un stock de s~curit~. Bien que ces mesures aient conduit ~ une r~duction tr~s prononc~e des superficies plant~es en arachides en 1985 et 1986, il ne semble pas que cette diminution se soit poursuivie. En m@me temps, on a commenc~ ~ r~duire les subventions d'exploitation accord~es aux huileries et, par cons~quent. ~ s'attaquer ~ l'un des facteurs principaux qui expliquent la perte de comp~titivit~ du S~n~gal. Dans Ie pass~, l'Etat subventionnait un exc~dent consid~rable de capacit~, tandis que, par ailleurs, les coftts fixes absorbaient en moyenne environ 95 % de 1 'ensemble des coftts de transformation. L'ajustement structurel s'attaque de plus en plus ~ ces ~l~ments; Ie PAS II pr~voyait une s~rie d'interventions pr~cises, y compris une r~duction de 50 % de la subvention aux frais fixes des huileries. 246. Tout aussi importantes sont les mesures prises pour limiter les interventions des organismes parapublics sur les march~s c~r~aliers. Le rOle de la CSA109 a ~t~ d~fini comme se limitant ~ garantir Ie prix plancher. Depuis la fin de l'ann~e 1985, Ie syst~me de collecte locale des c~r~ales a ~t~ enti~rement lib~ralis~, et Ie prix officiel ~ la production a ~t~ remplac~ par un prix plancher dont les marges ne sont plus fix~es par Ie Gouvernement. 11 est difficile d'~valuer ~ ce stade l'impact de ces mesures. Les donn~es de l'ISRA semblent indiquer que l'offre des c~r~ales sur Ie march~ a peut-@tre l~g~rement augment~ par rapport ~ l'ensemble de la production; il convient cependant de noter que les interventions du Gouvernement sur Ie march~ c~r~alier ont toujours ~t~ extr@mement limit~es.110 La structure des march~s c~r~aliers est rest~e coh~rente, aussi bien avant qu'apr~s la lib~ralisation, les ~carts de prix ~tant rest~s stables sur l'ensemble des march~s. Les interventions de la CSA sont rest~es, pour une bonne part, sans effets. Le maintien du prix p1ancher n'est particuli~rement important que dans la p~riode cons~cutive ~ la r~colte; or, c'est durant cette p~riode que la CSA n'a pas r~ussi dans ses interventions. 11 ne semble pas non plus que les interventions de la CSA aient pu mod~rer les fluctuations du prix du mil ~ la consommation. Le d~sengagement de l'Etat par rapport aux activit~s de production et la r~duction des niveaux d'intervention sur les march~s ont d~bouch~ sur des avantages mitig~s. Dans ce dernier cas, les actions du Gouvernement et Ie soutien de la Banque ont conduit ~ des r~~valuations qui sont ~ la fois raisonnables et souhaitables. On a ~limin~ quelques anomalies les plus prononc~es - par exemple, la fourniture de semences d'arachides par l'ONCAD ou la SONAR. On a accord~ plus d'importance aux producteurs et au secteur priv~. Dans Ie premier cas, on a pris des mesures pour r~duire les cr~ances financi~res des organismes parapublics sur Ie budget. En 1980, les organismes de d~veloppement rural employaient environ 5.500 personnes, et la SONAR avait un effectif de 1.500 employ~s. A l'heure actuelle, les 109/ Commission de la S~curit~ Alimentaire. 110/ O. Ndoye et I. Ouedrago, "Les politiques d'ajustement structurel et leur impact sur la performance du syst6me agricole au S~n~galft, ISRA, Dakar, 1987. - 123 - effectifs sont tomb's l moins de 60 % de leur niveau de 1980. Cependant. les progr~s sont moins 'vidents dans d'autres domaines. Comme on l'a d'jl affirm'. l'absence d'une strat'gie coh' rente de la Banque l l"gard du secteur agricole a affaibli son intervention dans les organismes de d'veloppement rural. On n'a pas s'rieusement cherch' l red'finir leurs fonctions. et on s'est born' l r'duire les niveaux de soutien financier. Alors que la Banque. l la fin des ann'es 70. supportait l'expansion des organismes de d'veloppement rural, elle a, depuis lors, pris conscience de leur inefficacit' et pr'conise de les supprimer. sans proposer aucune autre alternative. La Banque ne s'est donc pas occup'e suffisamment de certaines questions fondamentales auxquelles se heurte le secteur. A-t-on besoin d'un syst~me de cr'dit structur' et, dans 1 'affirmative, quelle doit en @tre la base? Quelles r'gions et quelles cultures m'ritent qU'on emploie des intrants modernes et quels sont les ratios de prix qui rendraient cet emploi viable sur le plan financier et 'conomique? Que 1 rOle les organismes de d'veloppement rural devraient-ils avoir dans le d'veloppement de l'agriculture irrigu'e lorsque les coQts d'investissement restent ,lev's? Quelles activit's et quelles pratiques les services de vulgarisation devraient-il encourager dans les r'gions de culture pluviale? Quel est le calendrier des r'formes institutionnelles Ie plus appropri'. compte tenu des limites du secteur priv'. des coop'ratives villageoises ou des coop'ratives de production, au S'n'ga17 Quelles seraient les solutions r'alistes pour consolider et am'liorer une institution n'glig'e pendant 20 ans par la Banque et par les autres bailleurs de fonds. l savoir le Mini9t~re du d'veloppement rural? 247. Jusqu'ici. il est difficile d"chapper l la conclusion que, en ce qui concerne la r'forme institutionnelle, la Banque s'est trop laiss'e guider par des consid'rations financUres l court terme. Ces consid'rations ajoutent du poids l la conviction d'jl ferme que Ie secteur parapublic n'est pas l la hauteur de sa tache et manque d'efficacit'. Mais elles n'apportent n'cessairement pas pour autant d'autres solutions. si ce n'est une pr'dilection de pis-aller et limitatrice pour le secteur priv'. Dans les circonstances actuelles, les activit's qui, en th'orie, doivent @tn confi'es l ce secteur - par exemple, la distribution des intrants ou le d'veloppement des p'rim~tres irrigu's ne ,semblent gu~re devoir pro-,;'oquer une r'action majeure. d) Conclusions 248. Depuis 1980, les trois principaux objectifs de la Banque, dans le secteur agricole du S'n'gal, ont 'U l'augmentation de la croissance du sect:eur, le reUvement de la productivit', et l'am'lioration des niveaux de reVEmus ruraux par rapport l ceux de leurs homologues urbains. Jusqu' ici, ces objectifs n'ont ' t ' atteints qu'l des degr's divers. La croissance du secteur agricole a r'agi de fa~on m'diocre et reste en grande partie fonction des variables climatiques plutOt que de facteurs pol!tiques. Quant l la productivit' du secteur. elle demeure, en mettant les choses au mieux. stationnaire. Comme de par Ie pass'. le principal impact sur la productivit' a concern' Ie riz et Ie mals, cultures qui n'occupent l l'heure actuelle que 7 % de la superficie cultiv'e. L"chec du Programme agri.cole a entrain' un arrat presque complet de la distribution de maUriel agr:i.cole, alors que se r'duisaient en mame temps les activit's des services - 124 - de vulgarisation des divers organismes de d~veloppement rural. 11 semble peu probable que la productivit~ de la main-d'oeuvre se soit am~lior~e durant cette p~riode. Quant au troisi~me objectif, il semble que, en 1982/83, les revenus ruraux per capita avaient recul~ en moyenne de 5 % par rapport l ce qu'ils ~taient au d~but des ann~es 70,111 mais s'~taient am~lior~s depuis 1979 par rapport aux revenus urbains. Les estimations de la tendance des termes de l'~change intersectoriel sugg~rent une ~volution favorable l l'agriculture apr~s 1985. 112 249. Ces r~sultats extr@mement mitig~s peuvent @tre attribu~s en partie aux insuffisances des mesures de politique mises en oeuvre par Ie Gouvernement sur les conseils de la Banque et des autres bailleurs de fonds; ils doivent ~galement @tre attribu~s aux profondes contraintes domestiques et ext~rieures notamment les facteurs climatiques auxquelles se heurte l'agriculture s~n~galaise. A propos des conseils de politique donn~s par la Banque durant la p~riode d'ajustement, il se pose un certain nombre de questions. En premier lieu, la Banque s'est ralli~e l un changement consid~rable d'attitude, d~laissant Ie produit exportable traditionnel - les arachides pour encourager la production c~r~ali~re nationale, et ceci, malgr~ Ie fait que cette ~volution entralne d'importants coUts ~conomiques. 11 n'est pas sans ironie de constater que la Banque s'est servie de 1 'absence de cet avantage comparatif exprim~ en termes statiques, pour justifier Ie fait qu'elle n'~tait pas prAte l investir dans l'agriculture irrigu~e de la r~gion du Fleuve. Alors que Ie march~ des arachides semble n'offrir que des perspectives m~diocres, l'analyse de la Banque n'a pas suffisamment port~ sur les questions de diversification du march~ (en dehors de la France) ni sur l'impact ~ventuel d'une d~pr~ciation du taux de change. En m@me temps, la place de choix donn~e l la r~duction du rOle de l'Etat dans Ie secteur agricole - et, partant, l la r~duction du niveau des subventions pay~es par Ie Tr~sor - a masqu~ la question essentielle de savoir comment faire augmenter la productivit~ l la fois dans Ie sous-secteur des cultures d'exportation et dans celui des cultures vivri~res. 250. A l'instar d'autres pays de l'Afrique subsaharienne, Ie S~n~gal a acquis, durant les ann~es 60 et 70, un goUt pour l'intervention directe de l'Etat dans les prix et les march~s agricoles. Les trois PAS et les projets d'assistance technique qui les ont accompagn~s ont essay~ de contrer cette tendance. A maints ~gards, ils y ont r~ussi. Les principales subventions ont ~t~ r~duites, les march~s ont ~t~ lib~ralis~s et les prix l la production relev~s. On a cr~~ quelques "distorsions" nouvelles, notamment par Ie biais de la protection des c~r~ales de production nationale. Dans Ie cas des institutions, les contrats-plans ont permis d'en am~liorer la gestion financi~re et de mieux en pr~ciser les objectifs. On a done pu r~duire les transferts budg~taires au secteur. Malgr~ ces r~alisations, dans Ie cadre du processus plus g~n~ral de Ill/ G. Durufl~, et al., "D~s~quilibres structurels et programmes d'ajustement au S~n~gal", Evaluations, Minist~re des relations ext~rieures, coop~ration et d~veloppement, Paris, mars 1985. 112/ Commander, op. cit., p. 33. .I - 125 - stabilisation financi~re, le pr~sent chapitre a affirm~ que, dans le domaine de l'agriculture, la Banque n'a pas ~t~ en mesure d'~laborer une 8trat~gie r~alisable. Bien que les instruments des pr@ts A l'ajustement aient permis d'~largir le dialogue de politique g~n~rale et d'all~ger les contraintes pesant sur le secteur, il convient aussi de reconnaltre que ces progr~s exigent de plus en plus d'interventions parall~les au niveau du secteur. Si l'on veut que les mesures prises dans le cadre des programmes d'ajustement structurel portent tous leurs fruits, on peut avancer un puissant argument en faveur d'une intensification des prets l l'ajustement sectoriel, tout en h~sitant moins l financer des investissements productifs par l'interm~diaire de projets. S'il n'y a pas d'aide directe aux projets pour am~liorer de fa~on sp~cifique la productivit~ des facteurs, le secteur dans son ensemble continuera l r~agir de fa~on limit~e aux mesures plus g~n~Iales de politique. Ainsi donc, les pdts l l'ajustement structurel n'ont fait que commencer, et de fa~on tout l fait partielle, l cr~er les condltions pr~alables d'une croissance. 11 reste encore l fixer l'ordre du jour des mesures l prendre par la suite. B. Secteur industriel 251. Soutenu par d'importants investissements ~trangers et priv~s, le sectt!ur industriel du S6n6gal (mines, fabrication et services publics) a conn'll une expansion rap ide durant les ann6es 50 pour alimenter le march6 colonial de l'Afrique Occidentale fran~aise ou vivaient une vingtaine de milli.ons d 'habitants. En 1960, l' ind6pendance lui a fait perdre une bonne partie de ce march6; en effet, d'autres anciennes colonies se sont mises l d~velopper leur propre base industrielle, entralnant ainsi la faible utilisation des capacit~s qui ·caract~rise depuis lors le secteur manufacturier du S6n6gal. En outre, la structure de coQts g6n~ralement 6lev~s de l'industrie s6n6galaise a fortement limit6 son potentiel d'exportation, tandis que la stagnation de la demande, l l'int6rieur du pays. freinait davantage la croissance industrielle. Entre 1960 et aujolJrd'hui, on estime que la valeur ajout6e industrielle a augmenU l raison d'un peu plus de 4 % par an, soit un chiffre bien inf~rieur A celui de pays comme la COte d'Ivoire ou Ie Cameroun. N6anmoins, comme le reste de l'~conomie progressait encore plus lentement, la part de l'industrie dans Ie PIB est pass6e d'environ 12 % en 1960 l pr~s de 20 % en 1986. La plus grande partie de la croissance industrielle semble avoir r6sult~ du remplacement des importations, bien que quelques exportations nouvelles soient apparues, notamment vers la fin des ann6es 60. La croissance a ~t~ la plus rap ide en 1960-75, mais s'est consid~rablement ralentie apr~s 1975. 252. Les agro-industries (fabrication de sucre, huile d'arachide, peche et conserveries) dominent Ie secteur manufacturier et fournissent environ 40 % de la valeur ajout6e industrielle, suivies du sous-secteur chimique (engrais, raffinerie de p~trole) et du sous-secteur des textiles et du cuir, qui fournissent chacun environ 15 % de la valeur ajout6e industrielle. Parmi les autres activit6s. il faut citer les industries m~talliques et m~caniques. les mat6riaux de construction et les industries du papier. La participation de l'Etat au secteur manufacturier se limite. une douzaine d'entreprises qui fournissent. • elles seules. 30 % de la - 126 - valeur ajout~e. La p1upart de ces participations ont ~t~ prises par 1e Gouvernement en 1975-80, y compris des int~rAts majoritaires dans 1es quatre plus grosses entreprises de transformation de l'hui1e d'arachide et 1es deux entreprises phosphati~res. Le secteur manufacturier reste fortement concentr~, et chaque sous-secteur est domin~ par deux ou trois entreprises. Les 140 plus grosses entreprises fournissent environ 95 % de 1a production, et 1es 40 entreprises 1es plus grandes en fournissent 80 %. Les grosses entreprises priv~es restent propri~t~ ~trang~re. 253. D~s l'ind~pendance, 1e Gouvernement a d~c1ar~ que sa strat~gie industrie11e (et aussi ce11e de 1 'ensemble de l'~conomie) serait marqu~e par 1a "diversification". Dans 1a pratique, i1 n'a pas fait grand-chose, 1a raison principa1e ~tant que 1e cadre de po1itique g~n~ra1e ne se prAtait ni l 1a croissance ni l 1a diversification. Apr~s l'ind~pendance, 1e Gouvernement a ~rig~ de fortes barri~res douani~res, assorties de nombreuses restrictions quantitatives. En outre, i1 a accord~ par cas d'esp~ce un grand nombre d'exceptions au r~gime douanier commun. Ce syst~me a conduit l un secteur industrie1 qui est g~n~ra1ement peu comp~titif, coftte cher l l'~conomie et n'offre que des possibi1it~s de croissance 1imit~es. Pour essayer d'aider 1es industries l s'imp1anter sur des march~s d'exportation, 1e Gouvernement a mis sur pied un certain nombre d'organismes de promotion qui se sont r~v~l~s 1a p1upart du temps peu efficaces pour un certain nombre de raisons, dont une bureaucratie excessive. De plus, 1e cadre de r~glementation (code d'investissement, contr01e des prix, r~glementation commercia1e) ~tait tr~s peu efficace et avait tendance l freiner 1e d~ve1oppement du secteur des fabrications. Comme on l'a dit au Chapitre II, on a mis en train r~cemment un processus de r~forme, qui a commenc~ en 1986 avec 1e PAS II, pour rendre l'environnement de po1itique mieux propre l une croissance industrie11e. 254. D~s 1e d~but de ses relations avec 1e S~n~ga1, 1a Banque a donn~ tout son appui l 1a strat~gie de diversification. N~anmoins, 1e programme de prAts - 1es cr~dits industrie1s n'a certainement pas constitu~ une contrainte imp~rative pour 1e d~ve1oppement de l'industrie. A10rs que, dans ses travaux ~conomiques et sectorie1s, 1a Banque a fait ressortir 1es nombreux obstacles qui entravaient 1a croissance industrie11e, y compris, d~s 1e d~but, 1e rOle fondamenta1 du taux de change, ses pr~occupations n'ont jamais d~bouch~ sur des interventions concr~tes. Au contraire, e11e a assum~ de fa~on imp1icite, de concert avec 1e Gouvernement, que l'octroi d'un financement l long terme (et d'une formation technique que soutenaient 1es prAts de 1a Banque l l'~ducation) finirait par conduire l 1a croissance. En fait, l'acc~s l un financement l long terme ~tait non seu1ement loin d'Atre 1e principal gou1et d'~trang1ement qui entravait 1a croissance du secteur manufacturier, mais ce1a n'a p~ut-Atre pas du tout ~t~ un prob1~me. A 1a r~f1exion, l'impact de 1a Banque sur 1e d~ve1oppement industriel du S'n'gal a ' t ' minime. 255. En dehors de deux projets d'ing~nierie - un prAt de 0,6 million de dollars en 1973 pour ~tudier 1es possibi1it~s pratiques d'insta11ation de cales s~ches, et un cr'dit de 7,7 millions en 1983 pour 1e d~ve1oppement de l'industrie phosphati.re - et en dehors du cr'dit tr.s r~cent (d'cembre 1987) de 33,0 millions de dollars pour un projet de restructuration du secteur industrie1, tous 1es prAts consentis par 1a Banque l l'industrie du - 127 - S~n~gal sont all~s l une institution de finaneement du d~veloppement, la SOFISEDIT : un pr@t de 3,0 millions de dollars en 1974. qui a aid~ l constituer la SOFISEDIT. un pr@t de 4.2 millions de dollars en 1976. et un pr@t de 6,5 millions et un cr~dit de 2,5 millions de dollars en 1981. Le D~partement d'~valuation r~trospective a examin~ en 1983 le pr@t de 1974, et la SOFISEDIT a fait l'objet d'une ~tude de cas contenue dans un rapport du D~partement de l'6valuation r~trospective publi6 en 1989 et consacr~ l la durabiliU des interm~diaires financiers. 256. On ne sait pas tr~s bien pourquoi la Banque a d6cid6 de constituer la SOFISEDIT. D'une part, tous eeux qui participaient l l'6poque au d~veloppement du S6n~gal se rendaient compte qu'on avait eertainement besoin de sources additionnelles de financement l long terme de l'industrie et, en m@me temps, d'une am~lioration des possibilit~s d'6valuation. D'un autre cOt6, on ne savait pas du tout quelle ~tait l'ampleur de ce besoin de finaJ1.cement suppUmentaire, ~tant donn6 les perspectives commerciales; il s'agissait done de savoir si le secteur financier pourrait, tel qu'il ~tait eonstitu~ et avec une restructuration peu importante. @tre en mesure de r~pondre l la demande. En d'autres termes, le choix se situait entre la cr~ation d'une nouvelle soci~t6 financi~re, et la modification du syst~me financier en place. Les dossiers montrent que, au moment o~ cette question ~tait examin~e au sein de la Banque, les fonetionnaires de cette derni~re ~taient tr~s sceptiques quant l la n6cessit6 de cr6er une nouvelle soci6t6 et e!.timaient qu'il serait facile d'6largir les fonctions d'une des banques comm4~rciales existantes, l'Union s6n6galaise de banque (USB), qui 6tait fort bien administr~e. de mani~re l lui permettre d'offrir l l'industrie un financement l long terme; cette option reposait sur les perspectives mode~.tes de la demande. 257. Le Gouvernement a adress6 au Pr6sident de la Banque, le 15 septembre 1970, une demande officielle d'aide pour mettre sur pied une nouvelle soci6t6 de financement du d6veloppement qu'on appelait alors la Societ~ financi~re pour le d6veloppement industriel (SOFIDI). Les services de la Banque ont r6pondu : "Nous doutons que la SOFIDI ait un 'march6' suff.isant pour en faire une institution financUrement viable. A l'heure actuelle, il semble donc pr6f6rable de confier l l'USB le rOle que le Gouvernement envisage pour la SOFIDI.-113 Les services de la Banque ont fait savoir que, si le Gouvernement souhaitait de toute fayon constituer la SOFIDI, ils voudraient voir alors des 6tudes de march6 et seraient pr@ts alor:; l revoir la question. Tout en informant le Gouvernement de sa position, la Banque a aj out6 qu' elle 6tai t pr@te l envisager d' offrir l l'USB des lignes de cr6dit lui permettant de fournir l l'industrie un financement l long terme. Vers le milieu de l'ann6e 1971, le Gouvernement semblait avoir abandonn6 l'id6e de la SOFIDI et a pris en fait des mesures pour donner l l'USB la possibilite de s'oceuper du financement industriel. 258. Or, le 16 aoQt 1971, le Gouvernement a renouve16 sa demande au Pr6sident de la Banque pour qu'il l'aide l mettre sur pied une soci6t6 de fina:ncement et a demand6 l la Banque de l'aider l faire les 6tudes d6taillees "permettant de justifier la cr6ation de la SOFIDI". Dans sa r6po:nse. 1e 14 septembre 1971, 1a direction de 1a Banque d6c1arait que "les 113/ Document interne (octobre 1970). - 128 - conditions changent" et qU'e11e a11ait donc examiner 1a question. Comme i1 ne semb1ait gu~re, en r'a1it'. que 1es conditions aient chang', p1usieurs fonctionnaires de 1a Banque sont rest's fort sceptiques, au cours des mois suivants, quant 1 1a n'cessit' de cr'er cette nouvelle institution qu'on appe1ait d'sormais 1a SOFISEDIT : ftNous sommes donc d'accord pour dire que, dans une large mesure, 1e 'besoin' de cr'er 1a SOFISEDIT a un caract~re po1itique ft ;114 ou "on peut fournir un financement 1 long terme 1 l'industrie s'n'ga1aise de fa~on plus efficace que par l'entremise de 1a SOFISEDIT qU'i1 est propos' de constituer ..• nous devrions en informer de fa~on exp1icite 1e Gouvernement... Toutefois. si 1e Gouvernement ..• se d'c1are d'cid' 1 a11er de l·avant •.•. nous et 1e S~n'ga1 avons plus 1 gagner de l'intervention de 1a Banque et de 1a Soci~t' financi~re internationa1e que d'un d'sengagement."115 La SOFISEDIT a donc't' constitu'e en mars 1974 avec l'aide d'un pr~t de 1a Banque et a commenc' 1 fonctionner au mois de novembre. 259. 11 est diffici1e d"chapper 1 1a conclusion qu'un projet, consid~r' en fait comme une mauvaise id'e par 1es services de 1a Banque, a n'anmoins b'n'fici' d'un soutien parce que 1e Gouvernement insistait. La raison de cette insistance est que1que peu troub1ante. On 'tait convaincu que. si on lui donnait 1e guichet supp1'mentaire des pr~ts 1 long terme 1 l'industrie, l'USB aurait une position trop dominante. ce qui sou1~verait des objections de 1a part des autres banques commercia1es et porterait donc tort 1 l'ensemb1e du financement industrie1. On avait donc besoin d'une nouvelle institution ind'pendante. Or. en m~me temps, on a constitu' 1a SOFISEDIT avec l'intention de lui donner des pouvoirs de monopole (droit de premier refus) en mati~re de pr~t 1 long terme 1 l'industrie. essentie11ement pour assurer sa viabi1it' financi~re. Cependant, 1 1a grande surprise de 1a Banque. 1es r'formes mon'taires de 1975 ont presque imm~diatement rendu cet objectif impossible 1 atteindre. 260. 11 faut ajouter que, du cOt' de 1a Banque, ses 'tudes 'conomiques ne l'aidaient pas beaucoup 1 d'cider si l'on avait effectivement besoin d'une nouvelle institution de financement du d~ve1oppement. Comme on l'a indiqu' au Chapitre I, 1es 'tudes 'conomiques effectu'es au d'but des ann'es 70 'taient en g'n~ra1 optimistes au sujet de l'avenir ~conomique du S'n'ga1 et, partant, pour ce qui est de 1a demande future de financement industrie1. bien que cette 'valuation ne se fonde pas sur une analyse d'tai11'e. Pendant 1es ann'es 60 et au d'but des ann'es 70, 1e secteur industrie1 du S'n'ga1 a progress' 1 un rythme raisonnab1ement rapide. Le Rapport 'conomique de 1970 attribue cette croissance aux remp1acements des importations, et non pas aux exportations; 1e rapport de 1973 d'c1are : "a1ors que 1a substitution des importations a ' t ' un gros facteur de stimulation durant 1a premi~re moiti' de 1a d'cennie, c'est 1a croissance des exportations qui a surtout contribu' 1 l'expansion de 1a production industrie11e vers 1a fin des ann'es 60. On trouva en effet de nouveaux march's d·exportation ••. • (par. 200) et "la r'vision de l'Union douani~re d'Afrique occidentale de 1966 ••. a ' t ' certainement un facteur important qui exp1ique l'essor des exportations de 1a fin des ann'es 60" (par. 201). 114/ Document interne (f'vrier 1973). 115/ Document interne (mars 1973). - 129 - Le rapport projetait ensuite la future croissance industrielle • plus de 6 % par an en se fondant sur une "analyse des tendances pass~es et des facteurs qui sont de nature. intervenir dans la production" (par. 204); il nta pas beaucoup analys~ les contraintes probables de la demande. Vers la fin de 1976 t des indications montraient que lt~valuation optimiste effectu~e par la Banque de ltavenir du S~n~gal pouvait Atre mise en doute : "un probl~me • court terme qui se pose constamment depuis dix ans a cess~ d'Atre un probl~me • court terme".116 En 1978, Ie programme d'action d~clare sans ambages : "Le dernier programme dtaction du S~n~gal .•• en 1976 .•• contenait une ~valuation assez positive des perspectives de croissance. long terme du S~n~gal ••• ; les fluctuations extraordinaires de la conjoncture s~n~galaiset les s~cheresses d~sastreuses de 1972/73 t suivies dtune ~volution favorable en ce qui concerne les termes de l'~change vers Ie milieu de la d~cennie, pour retourner • une situation de p~nurie en 1976, ont jet~ des doutes sur notre ~valuation des tendances." Or, m~me ainsi, Ie Rapport ~conomique de 1979 projetait de nouveau une croissance industrielle de 6,8 % au cours des prochaines ann~est "si les recommandations de promotion des exportations sont suivies d'effet". 261. Un dernier facteur qui aide • expliquer la d~cision de soutenir la SOFISEDIT est t bien entendu, la strat~gie globale explicite de la Banque des ann~es 60 et du d~but des ann~es 70 t qui voulait intervenir dans de nombreux secteurs ". titre d'exp~rience permettant de d~terminer l'avantage comparatif du S~n~gal. En outre, la Banque jouit d'une influence en tant que prAteur principal dans certains secteurs t et il est probable que d'autres prAteurs suivront notre exemple. Par la suite, Ie programme sera unifi~ au fur et • mesure que d'autres bailleurs de fonds prennent certains secteurs • leur charge.- 11l 262. S'll est vrai que l'optimisme dont la Banque faisait preuve au sujet de ltavenir ~conomique du S~n~gal, ainsi que son d~sir d'intervenir dans 1a plupart des secteurs, ont certainement jou~ un rOle dans 1a d~cision de cr~er 1a SOFISEDIT, l'~l~ment essentiel a ~t~ 1 t insistance du Gouvernement pour que Ie projet se r~aliset malgr~ les s~rieuses r~serves d'un grand nombre de fonctionnaires de la Banque. II faut done conc1ure que la d~cision a ~t~ prise essentiel1ement pour des raisons de "bonnes relations avec Ie pays" . 263. Presque d~s Ie d~but, la SOFISEDIT s'est heurt~e • diverses difficult~s, notamment financi~res, qui ntont fait qutempirer avec Ie temps. lei encore, on ne voit pas imm~diatement pourquoi, dans ces conditions, la Banque a continu~ • apporter son appui. Stil y a jamais eu, dans le march~ du financement • long terme de l'industrie, une lacune devant Atre combl~e par la SOFISEDIT t celle-ci s'est consid~rablement r~duite dans les douze mois qui ont suivi la constitution de la SOFISEDIT. Les nouveaux r~glements bancaires de 1975 donnaient en effet aux banques locales la possibilit~ de r~escompter des prAts ayant jusqu t • dix ans d'~cb~ance (contre un maximum de sept ans dans Ie pass~), ce qui permettrait ainsi • toutes les banques d'avoir acc~s. des ressources • -_ _---- .. 116/ Document interne (d~cembre 1976). 117/ Document interne (novembre 1972). - 130 - long ter.me. La SOFISEDIT devait donc lutter d~sor.mais c~ntre la concurrence de banques bien implant~es sur un march~ extr@mement limit~. En outre, ce march~ ~tait loin d'@tre dynamique du fait que la croissance industrielle s'~tait consid~rablement ralentie apr~s 1975, bien que les secteurs du tourisme et de la p@che aient acquis peu A peu une certaine importance dans Ie portefeuille de la SOFISEDIT. 264. II semble que la Banque ait constamment ignor~ la r~alit~ de la situation, c'est-A-dire un march~ extr@mement r~duit de financement industriel, auquel aura it suffi Ie syst~me financier existant, et des perspectives m~diocres de croissance industrielle compte tenu du contexte des politiques ~conomiques. Au moment du second pr@t, en 1976, les pr~visions ~conomiques de la Banque restaient optimistes; cependant, apr~s 1978, la Banque a admis que les perspectives ~conomiques du S~n~gal ~taient effectivement peu encourageantes. L'~valuation du projet de 1981 a examin~ les r~sultats m~diocres obtenus dans Ie pass~ par la SOFISEDIT pour conclure n~anmoins qu'une nouvelle administration, une promotion de projets plus dynamique et l'accroissement des pr@ts au tourisme et A la p@che per.mp.ttraient d'inverser la situation. Le premier PAS consenti au S~n~gal date de 1980, mais il ne s'occupait pas des probl~mes structurels du secteur industriel. En d'autres ter.mes, les obstacles fondamentaux A la croissance de l'industrie furent une fois de plus m~connus. 265. La conclusion in~vitable est que la Banque ~prouve de tr~s grandes difficult~s A admettre ses erreurs. Peu de temps apr~s la cr~ation de la SOFISEDIT, il doit @tre devenu ~vident que l'institution n'avait pas de base solide sur laquelle appuyer sa croissance. Et pourtant, une fois engag~e, la Banque n'a pas pu se sortir de la situation et a continu~ A pr@ter tout en m~connaissant les v~ritables probl~mes dans l'espoir, semble-t-il, que les choses finiraient par s'arranger. Or, d~s que les probl~mes de la SOFISEDIT sont apparus, la Banque aurait dO ou bien insister sur les changements structurels indispensables pour provoquer la croissance industrielle, en tant que condition de nouveaux pr@ts, ou bien, si la chose s'av~rait impossible dans Ie contexte politique et ~conomique, aura it dO s'arr@ter de pr@ter ou, A tout Ie moins, r~duire ses interventions pour se consacrer A des projets de grande qualit~. 266. Or, les r~sultats obtenus par la SOFISEDIT se sont r~v~l~s @tre extr@mement m~diocres. Ses op~rations sont rest~es essentiellement stationnaires et bien inf~rieures au niveau pr~vu. Elles ont surtout soutenu des entreprises moyennes et relativement grandes, alors que l'un des objectifs avait toujours ~t~ 1 'encouragement de la petite industrie. La proportion de pr@ts en retard augment a fortement au point que, en janvier 1987, les arri~r~s de principal et d'int~r@t repr~sentaient environ 40 % de l'encours. De plus, compte tenu des provisions pour mauvaises dettes, tous les exercices de la SOFISEDIT s'~taient sold~s par des pertes nettes. En 1981, les pertes accumul~es avaient absorb~ les fonds propres de la SOFISEDIT. Celle-ci a ~t~ renflou~e par Ie Gouvernement, mais s'est retrouv~e plus r~cemment dans une situation de crise financi~re. II n'est pas possible de chiffrer les b~n~fices que l'~conomie s~n~galaise a retir~s des activit~s de la SOFISEDIT, mais il semble, d'apr~s ce qu'il vient d'@tre dit, qu'ils ont ~t~ marginaux, sinon nuls. D'un autre cOt~, la dette ext~rieure a augment~. - 131 - 267. Avec les PAS II et III (1986/87), la Banque a commenc~ l utiliser ses prets pour r~soudre un grand nombre de probl~mes structurels fondamentaux qui entravent la croissance au S~n~gal, y compris celle des industries manufacturi~res. En d~cembre 1987 fut approuv~ un projet de restructuration du secteur industriel visant l faciliter l'ajustement du ce secteur aux nouvelles conditions politiques. 11 s'agit II de mesures importantes qui s'inscrivent dans Ie cadre des efforts d~ploy~s par la Banque pour aider l ranimer la croissance industrielle du S~n~gal. Comme l'ind.ique Ie Chapitre II, il s'agit surtout de rationaliser Ie syst~me d'incitations et d'encourager la privatisation. 11 est regrettable que ne soient pas abord~s un certain nombre de grands probl~mes qui se posent dans ce domaine, c'est-l-dire les probl~mes du taux de change, et des entrepreneurs et des capitaux priv~s. La le~on essentielle l tirer de l'exp~rience acquise par la Banque en mati~re de prets l l'industrie est que, si les questions sont importantes, on ne peut pas les ignorer en esp~rant que les choses vont finir par s'arranger. C. Le secteur des transports 1) Introduction 268. Au moment de son ind~pendance, en 1960, le S~n~gal poss~dait un r~seau de transport bien d~velopp~. Jusqu'l cette date, ce syst~me servait l l'acheminement des exportations/importations entre la France et toutes ses colonies d'Afrique occidentale fran~aise." Apr~s l'ind~pendance, un certain nombre de faits nouveaux ont suscit~ des changements profonds et expliquent pour une bonne part la performance du secteur depuis cette date, ainsi que sa situation actuelle. En premier lieu, apr~s 1960, Ie r~seau a desservi une superficie beaucoup plus r~duite, tandis que Dakar perdait de son importance en tant que centre r~gional; en deuxi~me lieu, les services de transit que Dakar fournissait dans Ie pass~ pour assurer la liaison avec les lignes a~riennes et maritimes sont devenus moins importants l la suite de la croissance d'autres villes de la r~gion et du fait que les modifications apport~es aux itin~raires a~riens et maritimes exigent moins d'escales; en troisi~me lieu, l'~conomie s~n~galaise donne depuis 1960 des r~sultats m~diocres et la demande de services de transport est donc limit~e encor"e davantage; et enfin, la croissance rapide de la population a vigoureusement pouss~ l la cr~ation d'emplois, ce qui a conduit l donner des effectifs pl~thoriques aux institutions publiques, y compris celles du secteur des transports. 269. En 1984 (derni~re ann~e pour laquelle on poss~de des statistiques fiables), Ie r~seau routier avait environ 14.000 km, dont environ 3.500 km de routes bitum~es. Le parc comportait environ 65.000 v~hicules, dont environ 80 % se trouvaient l Dakar, point d'origine ou de destination de pr~s de 75 % de tout Ie trafic. Environ 95 % de tous les transports nationaux (l l'exclusion des phosphates) empruntaient la route, ce qui montre bien combien il est important de pr~server Ie r~seau routier et de maintenir au minimum les coQts d'exploitation des v~hicules. Dans le domaine des chemins de fer, la R~gie des chemins de fer du S~n~gal (RCFS) avait ~t~ constitu~e avant l'ind~pendance pour desservir le port de Dakar; - 132 - elle avait deux lignes principales, l'une en direction du Mali et l'autre en direction de St-Louis, dans Ie nord. Depuis 20 ans, Ie chemin de fer perd du trafic au profit de la route en 1984, il a surtout servi aux importations du Mali et au transport sur de courtes distances des phosphates destin6s l l'exportation; chaque secteur repr6sente environ 140 millions de tonnes-km par an; les marchandises diverses et les arachides n'ont atteint que 10 millions de tonnes/km. Le trafic des voyageurs a diminu6 de 70 % durant la p6riode 1974-84. Dakar a un grand port international en eau profonde que desservent un grand nombre de lignes appartenant l la conf6rence maritime. L'emploi de conteneurs pour les marchandises g6n6rales et Ie trafic en vrac a exig6 qu'on modifie les installations portuaires, dont Ie Groupe de la Banque a financ6 les am6liorations n6cessaires. Le cabotage, qui dessert les ports secondaires de Kaolack, Ziguinchor et St-Louis, est minime. La navigation fluviale n'est possible que durant une certaine partie de l'ann6e et, comme Ie cabotage, elle est en recul au fur et l me sure que s'am6liorent les liaisons routi~res. Le trafic a6rien des voyageurs a connu un essor remarquable l Dakar durant les ann6es 70 et l'aide de la Banque a permis d'am6liorer les installations de l'a6roport. La compagnie nationale, Air S6n6gal, assure des liaisons r6guli~res avec 13 a6roports du pays; les itin6raires les plus fr6quent6s sont Dakar-Cap Skirring, qui est un lieu de vil16giature, et Dakar-Ziguinchor, avec chacun environ 10.000 voyageurs par an. Seuls deux autres itin6raires ont plus de 1.000 voyageurs par an. 270. Durant la p6riode 1960-87, la performance du secteur des transports a beaucoup laiss6 l d6sirer. La plupart des organismes de transport manquent d'efficacit6; Ie financement des frais de fonctionnement et d'entretien est irr6gulier; et la qualit6 des services offerts aussi bien sur les lignes int6rieures qu'l destination des pays voisins semble se d6grader constamment. Par exemple, les chemins de fer ont de graves probl~mes d'exploitation et un nombre consid6rable d'employ6s, dont les salaires ne peuvent pas @tre couverts par les recettes. Le Gouvernement n'est pas en mesure de financer l'entretien routier et fait done appel l l'aide de l'IDA et d'autres bailleurs de fonds. La compagnie a6rienne est d6ficitaire car elle do it assurer des liaisons l faible volume de trafic que lui impose Ie Gouvernement et perd des voyageurs au b6n6fice des transports routiers. 2) Aide du Groupe de la Bangue 271. La Banque a commenc6 l aider les transports d'Afrique occidentale avant que la plupart des pays de la r6gion ne deviennent ind6pendants. En effet, la premi~re op6ration de la Banque dans ce qui est actuellement Ie territoire s6n6galais remonte l 1954, date l laquelle elle a financ6 une partie du programme de modernisation des chemins de fer d'Afrique occidentale fran~aise. Dans Ie S6n6gal ind6pendant, Ie Groupe de la Banque a effectu6 15 autres op6rations qui repr6sentent Ie cinqui~me environ de tous ses prats au pays: six projets dans Ie secteur routier, quatre dans celui des chemins de fer, trois projets portuaires et deux projets d'a6roport. Au d6but de 1988, seulement deux de ces projets 6taient encore en cours d'ex~cution Ie Cinquieme projet routier et Ie Projet de conteneur du port de Dakar. Pendant toute cette p~riode, les services de la Banque ont ~tudi6 l'~volution macro~conomique et suivi les changements I - 133 - de structure et de performance du secteur des transports afin de permettre A l'aide de la Banque de mieux contribuer A des ~conomies et A 1 'efficaciU. 272. D~s Ie d~but, la Banque a suivi une strat~gie judicieuse A l'~gard du secteur des transports du S~n~gal. Comme, au d~but des ann~es 60, les moyens de transports ~taient relativement bien d~velopp~s, la strat~gie de la Banque, qui a ~t~ formul~e pour la premi~re fois vers Ie milieu de la d~cennie. suivait trois grandes directions: donner A l'entretien une place de choix; am~liorer l'efficacit~; et ~viter des investissements trop lourds et des projets pr~matur~s en donnant au Gouvernement de meilleurs moyens pour d~finir et ~valuer diverses options. Ces trois ~l~ments fondamentaux restent tout aussi pertinents et tout aussi valables aujourd'hui. Des efforts consid~rables ont ~t~ faits pour essayer d'am~liorer l'efficacit~ des chemins defer, mettre en place des mesures visant A r~duire leurs d~ficits et offrir au Mali de meilleurs services de transit. On s'est ~galement efforc~ d'aider Ie d~veloppement de l'industrie nationale de la construction et de renforcer les m~thodes employ~es par Ie Gouvernement dans des domaines tels que les achats et les paiements. La Banque a fait r~guli~rement part au Gouvernement de ses vues concernant les am~liorations des transports; Ie Gouvernement les a accept~es et les a reprises A son compte tandis que la Banque les mettait en pratique dans les op~rations de prat dont il est question ci-apr~s. Sur Ie plan g~n~ral, les interventions de 1& Banque ont eu des r~sultats tr~s divers pour les routes, les r~sultats ont ~U g~n~ralement bons; c'est l'inverse qui est vrai pour Ie sous-secteur des chemins de fer. 3) Routes 273. Dans l'ensemble, la Banque a jou~ un rOle extramement constructif dans Ie secteur des routes, dont elle s'est surtout occup~e de l'entretien. Le Premier projet routier, un cr~dit de 2,3 millions de dollars en 1970, devait atre une op~ration pilote pour soutenir l'expansion du r~seau de routes de desserte et ~tudier et ~tablir les besoins d'entretien et d'am~lioration des routes. Bien que la rentabilit~ ~conomique de la composante construction de routes de desserte n'ait ~t~ estim~e qu'A 4 % A l'ach~vement du projet, soit un chiffre bien inf~rieur A celui que pdv()yait l' ~valuation, la raison essentielle ~tant un trafic moins dense que pr~vu, Ie projet a ~t~ une r~ussite dans son ensemble, parce qu'il a effec:tivement jou~ Ie rOle de projet pilote. L'~tude de l'entretien et des ~liorations des routes a fourni une bonne base aux futurs projets routiers et a montr~ qu'il fallait modifier les priorit~s du secteur routier et am~liorer les routes primaires avant de s'occuper des routes de desst!rte. Elle a renforc~ la position du Gouvernement que pdoccupaient les pertes consid~rables qu'un mauvais entretien routier entrainait pour l'~c()nomie nationale. 274. Les Deuxi~me et Troisi~me projets routiers, soit respectivement un cr~dit de 8,0 millions de dollars en 1973 et un prat de 15,0 millions de dollars en 1976, ont ~t~ ex~cut~s rapidement l'un apr~s l'autre et ont ~t~ pratiquement consid~r~s comme un ensemble aux objectifs identiques : aider A ex~cuter un programme de renforcement des routes bitum~es et un programme d'entretien routier qui avaient ~t~ tous deux identifi~s dans Ie cadre du - 134 - premier projet. En effet, les consultants qui avaient ~tudi~ la question de 1'entretien dans Ie cadre du premier projet avaient conclu que l'organisation de l'entretien manquait d'efficacit~ parce qu'elle relevait de l'administration r~gionale et non pas d'une administration centrale, sans avoir de responsabilit~s bien d~finies pour Ie mat~riel. La Banque a donc suivi la recommandation visant l cr~er une Division centrale de l'entretien pour coordonner et contrOler toutes les op~rations d'entretien dans Ie pays et 1 constituer ~galement une Division centrale du mat~riel. Le deuxi~me projet a ~t~ structur~ en fonction de ces recommandations. Cependant, la r~organisation propos~e s'est heurt~e 1 une vive r~sistance au sein du minist~re et de la part des ing~nieurs r~gionaux qui craignaient de perdre leur autorit~. Entre 1973 et 1975, Ie programme n'a gu~re fait de progr~s. Avec Ie Troisi~me projet. la Banque a adopt~ une attitude inverse. Alors que Ie deuxi~me projet cherchait 1 remplacer un syst~me solidement implant~ qui pltissait de nombreuses carences, Ie troisi~me a essay~ d'~liminer ces carences sans pour aut ant modifier l'organisation ~tablie. En d'autres termes, la Banque a aid~ Ie minist~re 1 revenir au syst~me d~centralis~ qui existait auparavant et 1 l'am~liorer. Par la suite, non seulement Ie r~seau entretenu a nettement augment~, mais Ie rythme d'ach~vement des programmes annuels s'est beaucoup am~lior~, tandis que les coQts unitaires de l'entretien restaient constants malgr~ une inflation consid~rable. 275. Dans Ie cas qui nous occupe, la Banque a fait un apprentissage rapide et efficace. La m~thode suivie par Ie troisi~me projet a ~t~ nettement plus r~ussie que celIe du deuxi~me, la raison principale ~tant que, malgr~ de profondes modifications pratiques, l'environnement existant n'a gu~re ~t~ perturb~ et aussi parce qu'on a proc~d~ par ~tape au lieu de tout faire d'un coup, comme ce fut Ie cas du projet pr~c~dent. Quoi qu'il en soit, 1 la fin du troisi~me projet, les S~n~galais assuraient l'entretien avec une aide minime de consultants ~trangers. II semble que, si Ie troisi~me projet a r~ussi 1 am~liorer l'entretien routier, c'est parce qu'i1 s'est attaqu~ 1 un domaine que n~gligent d'ordinaire les projets de ce genre l'am~lioration des modalit~s administratives et la mise en place de techniques de gestion qui renforcent l'efficacit~. La m~thode que suivent d'ordinaire un grand nombre d'autres projets consiste essentiellement 1 formuler des programmes de travail d~taill~s (qui sont rarement suivis d'ex~cution), 1 augmenter Ie nombre d'unit~s de mat~riel (dont on n'a souvent pas besoin) et 1 exercer des pressions sur Ie Gouvernement pour qu'il augmente les apports financiers (qui sont d'ordinaire difficiles 1 obtenir). La Banque a continu~ 1 soutenir l'entretien etla r~fection des routes par un Quatri~me et un Cinqui~me projets routiers, repr~sentant respectivement un pr@t/cr~dit de 38,0 millions de dollars en 1980 et un cr~dit de 21,5 millions de dollars en 1984. 276. Contrairement aux projets d'entretien routier, qui se sont sold~s par des r~ussites, Ie seul projet de routes de desserte de la Banque, un pr@t de 6,6 millions de dollars octroy~ en 1976, est loin d'avoir atteint ses objectifs. II s'agissait d'allonger Ie r~seau de routes rurales et d'am~liorer l'efficacit~ des transports ruraux pour faire augmenter la production agricole et relever Ie niveau de vie de la population rurale. Le projet comportait deux volets, concernant respectivement Ie choix et - 135 - l'adoption d'un programme annuel de construction de routes de desserte et les modalit~s d'ex~cution mat~rielle des d~cisions. Comme il n'existait aucun m~canisme institutionnel s'occupant des routes de desserte, Ie projet envisageait d'en cr~er un qui serait compos~ d'un Comit~ interminist~riel, du secr~tariat technique de ce comit~ et d'une nouvelle subdivision des routes de desserte rattach~e a la Division de l'entretien routier du minist~re. On esp~rait que, grace a la mise en place de ces services, la construction et l'entretien des routes de desserte deviendraient un ~l~ment permanent des activit~s du Gouvernement, financ~ s~par~ment. 277. Or, l'~valuation a essentiellement port~ sur les ~l~ments mat~riels, sans se pr~occuper de savoir si Ie Gouvernement ~tait en mesure d'absorber la structure propos~e de planification institutionnelle ou avait Ie personnel et les comp~tences n~cessaires pour Ie faire. En 1 'occurrence, Ie manque de personnel et l'absence de comp~tences se r~v~lerent etre d'importants obstacles, en raison notamment de la faib1e prior.lt~ accord~e en g~n~ra1 aux routes de desserte. En outre, comme la Banque avait insist~ pour que 1e projet soit ex~cut~ en trois ans, et non pas ell cinq comme l'avaient propos~ les consultants, Ie Gouvernement s'est trouve en butte a des contraintes excessives sur 1e plan de l'ex~cution. Dans La hAte d'obtenir des r~sultats marquants, la qualit~ en pAtit. En 1979, 1a m~diocrit~ des r~a1isations amen a la Banque a menacer d'annuler 1e pret. Le Gouvernement accorda a10rs l'autonomie administrative et finanei~re a la sous-division des routes de desserte du minist~re. Cette d~cision a aid~ a acc~l~rer l'ex~cution du projet, mais Ie traitement pr~f~rentiel accord~ a 1a sous-division a suscit~ du res sentiment au sein du minist~re et 1es dispositions n'ont pu rester en place qU'aussi 10ngtemps qu'on disposait de fonds ~trangers pour les financer. Une fois taries ces sources de financement, les travaux se sont arret~s et la sous- division des routes de desserte s'est retrouv~e sans avoir rien a faire dans l'imm~diat : e11e fut reconstitu~e plus tard dans Ie cadre de 1a Division de l'entretien routier, pour s'occuper de 1a construction de routes de desserte et assurer l'entretien p~riodique des routes principales, se10n 1es priorit~s et en fonction des fonds disponibles. Au moment de l'ach~vement du projet, on estimait que 1e taux de rentabilit~ ~conomique ~tait n~gatif en raison de la faible densit~ du trafic, du manque d'entretien et du coQt ~lev~ de travaux de mauvaise qua1it~. 278. Sans aucun doute, la faible densit~ du trafic, qui s'exp1iquait a son tour par Ie mauvais temps et par 1es r~sultats en g~n~ra1 m~diocres de l'agricu1ture, ~tait une raison importante des probl~mes de ce projet. Cependant, meme si ce facteur n·~tait pas intervenu, Ie projet n'aurait pas eu un retentissement important parce que la Banque avait sous-estim~ 1a difflcult~ de cr~er une institution nouvelle dans un environnement caract~ris~ par de graves p~nuries de personnel et par un manque de comp~tences et parce que, malgr~ ce1a, e1le avait insist~ pour que l'ex~cution du projet soit acc~Ude et que Ie service des routes de desserte re~oive un traitement sp~cial. 4) Chemins de fer 279. L'historique des Chemins de fer s~n~galais, au cours des 25 derni~res ann~es, et de l'aide que la Banque leur a apporde est - 136 - essentiellement une suite de probl~mes et d'~checs. 11 ne faut pas en conclure que les objectifs de la Banque ~taient mauvais, mais plutOt que celle-ci n'a pu empecher, malgr~ tous ses efforts, la d~gradation chronique de ce sous-secteur, pratiquement 1 tous les ~gards. Le mieux qu'on puisse sans doute dire, c'est que, en derni~re analyse, l'aide de la Banque a empech~ Ie syst~me de steffondrer compl~tement. Au total, quatre interventions de la Banque ont aid~ les chemins de fer, dont les trois premi~res pour soutenir l'entreprise dtEtat, la RCFS, et la quatri~me pour aider 1 cr~er une soci~t~ priv~e, la Soci~t~ d'exploitation ferroviaire des industries chimiques du S~n~gal (SEFICS) afin d'assurer les transports des Industries chimiques du S~n~gal (ICS). 280. Le Premier projet ferroviaire de la Banque, qui fut un cr~dit de 10,6 millions de dollars consenti en 1966, fut ~galement Ie tout premier projet r~alis~ par la Banque dans Ie pays. 11 fut suivi en 1972 d'une deuxi~me op~ration pour soutenir la RCFS, un pret/cr~dit de 9,6 millions de dollars, puis en 1978 d'une troisi~me, un pret de 11,0 millions de dollars. Ces trois projets avaient des objectifs l~g~rement differents les uns des autres, mais visaient tous les trois la s~curit~, une meilleure efficacit~ et certaines am~liorations de la capacit~ de transport, notamment pour pouvoir offrir des services comp~titifs au trafic international du Mali. Les trois projets ont tous subi de graves retards dtex~cution, qui allaient de 3 t 5 ann~es pour Ie deuxi~me projet jusqutl six ans pour Ie premier; tous les trois ntont pas r~ussi l atteindre leurs objectifs et, entre-temps. l'ensemble du syst~me ferroviaire stest fortement d~grad~. Le trafic ne cesse de diminuer t en partie parce que les chemins de fer sont chroniquement incapables de r~pondre 1 la demande. Les services de transit avec Ie Mali ont diminu~ de volume apr~s avoir assur~ la plus grande partie du trafic ext~rieur du Mali t les chemins de fer n'en assurent plus que moins de la moiti~. lIs continuent 1 mal fonctionner, l avoir une faible productivit~ et de gros d~ficits qutexpliquent des probl~mes de gestion, un syndicat puissant, l'absence de discipline, l'exploitation persistante de lignes peu ~conomiques, Ie manque d'autonomie et une mauvaise infrastructure. De fa~on indirecte, les chemins de fer jouent Ie rOle d'une agence d'emploi pour Ie Gouvernement : ils ont un personnel plus nombreux qu'ils n'en ont besoin et n'ont aucun pouvoir de Ie licencier. Environ 65 % des frais de fonctionnement des chemins de fer sont absorb~s par des salaires qui. en derni~re analyse, sont imput~s au budget de l'Etat. 281. Un examen du rOle de la Banque et de son impact sur Ie secteur r~v~le en particulier deux choses pr~paration m~diocre des projets et manque d'efficacit~ du dialogue. Le deuxi~me et Ie troisi~me projets ont dQ tous deux etre modifi~s durant leur ex~cution. Dans Ie cas du deuxi~me projet, on a ~limin~, deux ans apr~s sa signature, environ 80 % des travaux de renouvellement de la voie, alors que la plus grande partie des mat~riaux avaient d~jl ~t~ achet~s, pour faire place 1 d'autres ~l~ments plus urgents qui n'y figuraient pas auparavant comme rien n'indiquait un changement soudain de l'~volution des chemins de fer, une bonne ~valuation aurait rendu ces modifications inutiles. Dans Ie cas du troisi~me projet, Ie renouvellement des voies sur la ligne internationale a ~t~ remplac~ par la r~fection des travaux qui avaient ~t~ mal ex~cut~s dans Ie cadre du premier et du deuxi~me projets; ici encore, une bonne supervision du deuxi~me - 137 - projet ou une bonne pr~patation du troisi~me aura it permis d'~viter ce changement. Par ailleurs. les ~valuations de la Banque ont eu tendance 1 @tre trop optimistes dans leurs pr~visions de trafic. 11 y a donc eu un cercle vicieux trafic insuffisant, aggrav~ par un service m~diocre, entralnant A son tour de nouveaux d~routements du trafic conduisant 1 des probl~mes financiers si bien que. en d~finitive, les chemins de fer ne sont pas en mesure d'assurer tout le trafic possible. A propos du d~routement grandissant du trafic avec le Mali par les routes de la COte d'Ivoire, aux d~pens des chemins de fer s~n~galais. il semble que ce soit 11 un fait que la Banque a eu des difficult~s 1 accepter: elle a continu~ d'affirmer que l'amelioration du r~seau s~n~galais se justifiait en partie par les services de transit offerts aux pays voisins enclav~s. Le Rapport d'~valuation du projet de conteneurs du port de Dakar (1984), par exemple, d~clare au paragraphe 2.12 : "Deuxprojets ferroviaires et deux projets routiers sont actuellement en cours d'ex~cution. En outre, les projets de chemins de fer, d'aviation et de port ont ~t~ con~us pour aider A satisfaire les besoins de transport interne du S~n~gal et aussi pour soutenir le rOle de Dakar en tant que centre de transit international". La Banque a fait de vigoureux efforts, mais sans grand succ~s, pour conserver une partie du trafic du Mali pour le S~n~gal. "Des pressions consid~rables ont ~t~ exerc~es par la Banque sur le Gouvernement du Mali afin de limiter le nombre de permis accord~s aux camionneurs pour utiliser la route passant par la COte d'Ivoire. N~anmoins. malgr~ ses assurances que le nombre de pern;is serait limit~. le Gouvernement du Mali continue A octroyer, pour le rencuvellement des camions hors service, des permis qui remplacent des camions de huit tonnes par des camions capables de transporter des charges plus lourdes. Comme les chemins de fer n'ont pu offrir, jusqu'en 1982, qu'~ne capacit~ limit~e. il est sans doute tout aussi bien que le Gouvernement du Mali ait continu~ 1 octroyer des permis de camionnage. ,,118 282. Durant toute son association avec la RCFS, il est remarquable que la Banque ait exerc~ si peu d'influence sur l'institution ou sur sa gestion. Sans aucun doute, le pouvoir politique de la RCFS et l'illtransigeance du syndicat ~taient des facteurs importants dont il fallait tenir compte. Cependant, si l'environnement s'est r~v~l~ @tre parfaitement hostile, on ne voit pas tr~s bien pourquoi la Banque n'a pas retir~ son soutien. 11 devient difficile de comprendre l'insistance de la Banque 1 maintenir une pr~sence dans le sous-secteur ferroviaire du S~n~gal, compte tenu de d~clarations comme la suivante: "La situation a ~t~ encore aggrav~e par la perte de locomotives A la suite de collisions graves qui ont lieu sur la RCFS avec une r~gularit~ ~tonnante. La cause fondamentale en est le manque de discipline, certains cas d'ivrognerie et la n~gligence."119 283. Le quatri~me projet de la Banque, le Projet de transport ferroviaire de la SEFICS, assorti d'un pr@t de 19,3 millions de dollars en 1981, devait r~pondre aux besoins de transport des ICS en cr~ant une 118/ Banque mondiale, Rapport d'~valuation r~trospective : Senegal Third Railway Project, Rapport No 6822, 4 juin 1987. paragraphe 8.07. 119/ Ibid., paragraphe 4.10. - 138 - soci~t~ de chemins de fer priv~e et cherchait l faire de la RCFS une organisation plus efficace. Ce projet a atteint son objectif principal : les ICS ont eu en temps voulus des moyens qui codtaient bien moins cher que la RCFS. Cependant, les r~sultats obtenus par les ICS ont ~t~ tellement m~diocres que la SEFICS a transport~ moins de marchandises que ne Ie permettait sa capacit~ th~orique. Pour essayer d'~taler les codts fixes consid~rables de la SEFICS sur des volumes plus importants de trafic, la Banque a entrepris de persuader Ie Gouvernement d'ouvrir Ie march~ national des phosphates l des offres comp~titives de la SEFICS et de la RCFS. Cette formule aurait tr~s probablement permis l la SEFICS d'obtenir un trafic suppl~mentaire ou l la RCFS d'am~liorer nettement sa gestion et son fonctionnement, sinon les deux. Les fortes pressions du syndicat et la d~f~rence t~moign~e par les milieux politiques aux employ~s des chemins de fer ont empach~ de mettre cette proposition en oeuvre. Avec Ie b~n~fice du temps, il faut bien constater qu'il aurait ~t~ prudent d'avoir certaines sauvegardes contre l'~ventualit~ d'un ~chec de l'entreprise industrielle m~re. Ainsi donc, tandis que Ie projet a ~t~ un ~chec, au sens ~troit du terme, sur Ie plan de son deuxi~me objectif, qui voulait faire de la RCFS une organisation plus efficace, il a probablement contribu~ de fa~on indirecte l cet objectif en renfor~ant Ie dialogue de la Banque l propos de la politique ferroviaire, ce qui a conduit, dans Ie cadre des PAS, l des am~liorations importantes de la planification des investissements. En fait, depuis 1984 environ, la Banque a pu, grAce l des ~changes de vues tr~s intenses avec les nombreux bailleurs de fonds qui interviennent dans Ie secteur ferroviaire du S~n~gal, aider l ~viter un grand nombre d'investissements qui n'~taient pas souhaitables (par. 306). 5) Ports et a~roports 284. Dans ces deux sous-secteurs, l'aide du Groupe de la Banque a permis d'am~lioreret d'agrandir les installations. Dans les deux cas, les probl~mes principaux ~taient l imputer surtout l une autonomie insuffisante. L'administration portuaire ne jouit pas de l'autonomie financi~re et a donc de graves probl~mes de tr~sorerie, et parfois mame manque de fonds de fonctionnement car ses recettes sont per~ues par Ie Tr~sor g~n~ral, qui en d~pense la plus grande partie. De mame, Ie manque d'autonomie pose des probl~mes de gestion et de tr~sorerie l l'a~roport : la concurrence des services routiers a rendu peu rentables certaines liaisons a~riennes internes, qui devraient donc atre suspendues afin de r~duire des pertes financi~res que Ie S~n~gal n'est gu~re en mesure de supporter. La planification des nouvelles d~penses d'~quipement de ces sous-secteurs, sur les conseils de la Banquet n'a pas ~t~ non plus enti~rement satisfaisante et conduit l poser des questions au sujet de la n~cessit~ de certains investissements. 285. Le Projet portuaire de Dakar, qui date de 1967, a b~n~fici~ d'un prat de 4,0 millions de dollars et s'est sold~ en grande partie par une r~ussite. L'infrastructure portuaire a ~t~ am~lior~e et la situation financi~re del'entreprise a ~t~ consid~rablement renforc~e. Bien que l'administration portuaire donne des r~sultats satisfaisants et que les principaux probl~mes aient ~t~ Ie fait d'autres organismes (paiements en retard), Ie Gouvernement a renforc~ ses contrOles l cause des mauvais r~sultats d'autres soci~t~s publiques. Cette d~cision ~tait contraire l ce - 139 - qui avait ~t~ convenu durant 1es n~gociations; e11e devait opposer, sur la voie des am~liorations du fonctionnement et des finances, un obstacle consid~rable que la Banque n'a pas r~ussi l surmonter. Appuy~ par un pr~t de 6,0 millions de dollars, 1e Projet de port de p~che de Dakar (1977) a vou1u d~ve1opper 1es installations et services connexes de ce port. Ici encor.e, 1a composante de construction mat~riel1e a ~t~ ex~cut~e de fa~on extr@mement satisfaisante mais i1 est douteux que 1es b~n~fices ~conomiques pr~v\1s aient ~t~ obtenus. Le RAP conclut que "l'augmentation du volume des marchandises diverses et, partant, Ie futur encombrement du port ont ~t~ exag~r~s parce qU'on a choisi pour l'~va1uation une ann~e de base durant 1aqu.~l1e Ie volume ~tait anormalement £aib1e. On ne s' est gu~re occup~ d'ameliorer l'efficacit~ du port avant de chercher l justifier un nouvel investissement. En outre, on a surestim~ 1es possibi1it~s de croissance de l'industrie de 1a p~che; on a consid~r~ en effet que 1e port de p~che de Dakar ~tait un lieu unique, a10n qu'il aura it dll prendre place parmi 1es nombreux ports de p~che qui se faisaient concurrence pour les m~mes pris":!s". En outre, 1a gestion du port est rest~e m~diocre en raison d'une p~nur.ie aigu~ de cadres sup~rieurs qualifi~s et exp~riment~s. La gestion fina:nciere a ~U particu1ierement faible et, malgd huit missions de super.vision, les clauses financi~res n'ont re~u qu'une ex~cution limit~e : c'est pourquoi, 1e Projet de conteneur du port de Dakar, qui a b~n~fici~ en 1985 d'un cr~dit de 7,5 millions de dollars et dont la r~alisation se pour suit , et qui a pour objectif imm~diat d'agrandir les installations pour leur permettre d'assurer 1e trafic de conteneurs, qui s'intensifie, comporte donc aussi un important ~l~ment d'assistance technique en mati~re de gestion g~n~rale et de gestion financi~re. 286. Deux projets de 1a Banque ont aid~ l soutenir Ie d~ve1oppement des a~roports du S~n~ga1 : ce s~nt, en 1972, un Projet d'a~roport assorti d'un pr~t de 3,0 millions de dollars et, en 1979, un Second projet d'aviation assorti d'un pr~t de 7,0 millions de dollars. Dans 1e domaine des a~roports, 1a Banque a suivi de pr~s les modalit~s des pr~ts portuaires. Les deux projets ont r~ussi l am~liorer 1es installations mat~rie1les, notamment pour conserver l Dakar la place importante qu'il occupe sur 1e plan. du transit. D'un autre cOt~, une fois Ie deuxieme projet achev~, 1a gestion financi~re restepeu satisfaisante; en fait, 1es r~sultats financiers se sont d~grad~s. De plus, on peut dire l 1a r~flexion que 1a Ban~iiue s 'est tromp~e l propos du d~veloppement du trafic a~rien trar,sat1antique car el1e n' a pas envisag~ qu' un nombre beaucoup plus grand de vols sauteraient l'esca1e de Dakar; c'est pourquoi Ie taux de rentabi1it~ ~conomique a ~U beaucoup plus bas que pr~vu. Ce qui est plus important, n~anmoins, c'est que, au moment de 1'~va1uation, on avait jug~ satisfaisante 1a gestion technique et administrative de l'a~roport; 1e projet n'a donc pas pr~vu d'aide pour renforcer l'organisation. Or, cette gestion s'est d~grad~e : l'entretien n'a pas toujours ~t~ satisfaisant et on a gu~re fait d'efforts pour mieux assurer 1e trafic actuel en am~nageant 1es horaires ou en modifiant l~g~rement 1es installations, ce qui aurait fail: diminuer d'autant 1e besoin d'investissements suppl~mentaires. 6) Conclusions 287. 11 ne fait aucun doute que 1a strat~gie de la Banque l l'~gard du sec~eur des transports s~n~galais a ~t~ rationne11e et que ses principaux - 140 - ~l~ments sont aussi valables aujourd'hui qu'ils l'~taient vers Ie milieu des ann~es 60, date l laquelle ils ont ~t~ formul~s pour la premi~re fois : solide planification des investissements, priorit~ accord~e l l'entretien et insistance surl'~conomie et l'efficacit~. Entre 1966 et 1987, Ie Groupe de la Banque a approuv~ pour pr~s de 170,0 millions de dollars repr~sentant 15 prAts et cr~dits au secteur des transports soit 21 % de l'ensemble des prAts consentis au S~n~gal. En outre, la Banque a mobilis~ un cofinancement consid~rable et a consacr~ beaucoup d'ann~es-hommes au secteur des transports et l sa supervision. Malgr~ cela, les r~sultats ne sont pas tous satisfaisants : les chemins de fer fonctionnent mal et voient augmenter leur d~ficit; l'organisation des services d'entretien routier fonctionne bien mais n'est pas suffisamment financ~e; Ie port et l'a~roport de Dakar ont de bonnes installations mais Ie trafic est en recul. Si un seul facteur pouvait expliquer l'impact peu satisfaisant de la Banque sur Ie secteur des transports du S~n~gal. ce serait que ses tactiques ont ~t~ mauvaises. Beaucoup trop souvent et, semble-t-il, afin de ne pas bouleverser Ie programme de prAts, la Banque a eu tendance 1 m~connaltre ou 1 diminuer l'importance de grandes questions de politique g~n~rale ou des r~alit~s politiques et ~conomiques. en esp~rant que les choses finiraient par s'arranger. lnvariablement, les r~sultats ont ~t~ peu satisfaisants. 288. Une premi~re conclusion importante est que les projets ont plus de chances de r~ussir quand on proc~de de fa~on progressive aux changements institutionnels. Dans Ie domaine de l'entretien routier, Ie programme de prAts n'est devenu efficace qu'apr~s que la Banque eut chang~ de tactique et d~cid~ de travailler dans l'environnement existant pour renforcer et am~liorer la Division d'entretien routier au lieu de passer par une r~organisation profonde qui ~tait politiquement inacceptable. Par contre, la Banque a rencontr~ des probl~mes majeurs quand elle a essay~ de cr~er un organisme nouveau charg~ sp~cifiquement des routes de desserte et a insist~ pour acc~l~rer l'ex~cution du projet malgr~ Ie manque de personnel et l'absence de comp~tences. De plus, comme dans Ie cas du Projet ferroviaire de la SEFleS, on fait une panac~e de la privatisation; elle n'a cependant gu~re de chances d'atteindre ses objectifs tant qu'on n'a pas ~limin~ les contraintes politiques qui militent contre tout changement profond. 289. En second lieu, il faut s'attaquer de fa~on plus directe et plus honnAte aux questions difficiles. Quand il existe des doutes profonds et bien fond~s Quant 1 l'engagement ou aux moyens du Gouvernement pour mettre en oeuvre de fa~on comp~tente les divers ~l~ments d'un projet, la Banque ne devrait pas h~siter l renvoyer son prAt 1 plus tard jusqu'l ce qu'il devienne clair que des progr~s soutenables ont ~t~ r~alis~s pour mettre en oeuvre les mesures convenues. Dans la mesure o~ la Banque n'a exerc~ aucune influence sur la politique ferroviaire du Gouvernement et n'a pas pu apporter la moindre am~lioration 1 la gestion ou au fonctionnement des chemins de fer, on ne voit pas pourquoi elle a continu~ 1 prAter. De plus, l'exp~rience acquise avec les premiers projets de port et d'a~roport avait montr~ l'importance qu'il fallait attacher 1 l'autonomie financi~re et op~rationnelle; or, la Banque n'a pas bien r~sist~ lorsque Ie Gouvernement s'est mis 1 empi~ter sur les ~l~ments d'autonomie qui subsistaient, ce qui a contribu~ aux probl~mes de gestion et de tr~sorerie qui se sont pos~s ces derni~res ann~es aux deux institutions. - 141 - 290. Enfin, il convient de souligner ce qui est 6vident : une bonne pr6paration et une bonne 6valuation sont la c16 de la r6ussite de tout projet. Comme on l'a expliqu6, les Deuxi~me et Troisi~me projets ferroviaires, qui ont 6t6 d6sastreux, ont 6t6 mal 6valu6s d~s Ie d6but. II semble @tre parfois difficile de tirer les le~ons du pass6 pour am6liorer les 6valuations de futurs projets. C'est ainsi, par exemple, que l'exp6rience accumu16e apr~s de longues ann6es aussi bien en Afrique orientale qu'en Afrique occidentale a montr6 que la subdivision des anciens territoires coloniaux en nations nouvelles exige qU'on aborde la planification des transports dans une optique nouvelle. En particulier, les jeunes pays enclav6s souhaitent multiplier leurs corridors d'acc~s 1 la mer, de fa~on 1 ne pas voir leurs communications interrompues par des 6v6nements sur lesquels ils ne peuvent exercer aucun contrOle. Dans Ie cas du S6n6gal, cela signifie une r6duction du trafic de transit. Or, de nombreuses 6valuations ont pour 6l6ment commun des pr6visions de trafic trop optimistes, fond6es sur les services de transit avec des pays voisins enclav6s. Les routes fournissent un autre exemple de la fa~on dont la Banque ne tire parfois aucune le~on du pass6. Le Rapport d'6valuation dtrclspective du projet des routes de desserte, qui a conclu que Ie projet n' av,ait pas exerc6 d' effets durables sur les institutions, a 6t6 publU Ie 7 d61::embre 1983. II d6clare en particulier : "Et pourtant, comme l'indique Ie ~~P et comme l'a observ6 l'6valuation r6trospective, la construction et l'entretien des routes de desserte ne sont pas devenus un 6l6ment permanent des ,activit6s du Gouvernement. Bien au contraire, d~s que les fonds du projet se sont 6puis6s, ces activit6s ont purement et simplement cess6."120 A l'ach~vement, on estimait que Ie projet avait un taux de rentabilit6 n6ga tive, qui s' expliquait surtout par la durabiliU tr~s limiUe des routes, en raison de leur qualit6 relativement m6diocre et de l'absence d'entretien ult6rieur. Le Rapport du Pr6sident concernant Ie CinquUme projet routier est dat6 du 21 f6vrier 1984 et d6clare notamment ce qui suit : "Ie Projet des routes de desserte a soutenu l'am6lioration et l'entretien de pLus de 1.000 km de routes rurales et a Mis en place un cadre institutionnel permettant Ie d6veloppement continu de ce r6seau de routes. Le Rapport d'ach~vement a confirm6 la justification 6conomique du projet 1 condition toutefois que les travaux d'entretien soient satisfaisants. Le Gouvernement a l'intention de poursuivre 1es travaux concernant les routes rurales par l'interm6diaire du bureau des pistes de production qui a 6t6 constitu6 dans Ie cadre du projet et s'occupe activement d'int6resser les principaux donateurs 1 lui apporter une aide .••• "121 291. Sur Ie plan positif, il faut r6p6ter que l'aide apport6e par la Banque au secteur des transports du S6n6gal s'est sold6e par quelques contributions importantes. Sans cette aide de la Banque, Ie syst~me, notamment les chemins de fer, se serait effondr6 compl~tement. Le port et l'a6roport poss~dent de bonnes installations mat6rielles qui suffiront 1 assurer la demande dans l'avenir pr6visible. Et l'organisation des services d'entretien routier est 1 la fois efficace et pratique. 120/ Banque mondiale, Rapport d'6valuation r6trospective: Senegal Feeder Roads Project, Rapport No 4810, 7 d6cembre 1983, paragraphe 7. 121/ Banque mondiale, Rapport du Pr6sident, Senegal Fifth Highway Project, Rapport No P-3636-SE, 21 f6vrier 1984, paragraphe 41. - 142 - Cependant, en ce qui concerne l'entretien, 1e fait que ce sont des bai11eurs de fonds qui, dans une large mesure, en assurent 1e financement donne lieu 1 des questions de po1itique g~n~ra1e qui n'ont pas re~u toute l'attention qu'e11es m~ritent. D. Education 292. Bien que des progr~s significatifs aient ~t~ r~a1is~s depuis l'ind~pendance pour d~ve1opper 1e secteur de l'~ducation, 1es r~su1tats obtenus ne sont pas enti~rement satisfaisants. Entre 1965/66 et 1984/85. 1es d~penses pub1iques consacr~es 1 l'~ducation sont pass~es de l'~quiva1ent de 1 % 1 5 % du PIB. Pendant 1a m@me p~riode. 1e nombre d'inscriptions sco1aires a augment~ assez rapidement, 1 raison de 5.1 % par an dans l'enseignement primaire, de 1,6 % par an dans 1e premier cycle du secondaire et de 9.4 % dans 1e second cycle du secondaire et dans l'enseignement sup~rieur. Le taux d'inscriptions re1ativement plus ~lev~ dans 1es niveaux sup~rieurs de l'~ducation traduit l'importance traditionne11ement accord~e 1 l'enseignement secondaire et 1 l'enseignement sup~rieur par rapport 1 l'enseignement primaire. ce qui est caract~ristique d'un grand nombre d'autres pays sub-sahariens. En 1985. l'a1phab~tisation des adu1tes n'atteignait que 28 l e t 1es inscriptions dans l'enseignement prima ire se situaient 1 environ 50 % dans l'ensemb1e du pays, mais 1 des chiffres bien inf~rieurs dans 1es zones rura1es : a10rs que plus de 60 % des enfants sco1arisab1es dans l'enseignement primaire vivent dans 1es zones rura1es, i1s ne repr~sentent que 31 % des inscriptions. En outre, par rapport aux autres pays, 1es coQts par ~l~ve sont ~lev~s au S~n~ga1 et, vu 1es difficu1t~s budg~taires du pays, i1 sera diffici1e d'augmenter davant age 1a part du PIB consacr~e 1 l'~ducation: 1 l'avenir 1es progr~s devront venir d'une utilisation plus efficace des ressources. 293. Jusqu'ici, 1e Groupe de 1a Banque a financ~ cinq projets d'~ducation. Le premier projet (1911) a fourni 2 millions de dollars pour am~liorer 1a qua1it~ de l'enseignement technique et agrico1e. Le deuxi~me projet (1915), de 15 millions de dollars, a ~t~ con~u pour aider 1e S~n~ga1 1 r~pondre aux besoins en main-d'oeuvre du secteur moderne en apportant une aide 1 1a formation secondaire et professionne11e; i1 a ~ga1ement commenc~ 1 cr~er des centres de formation de 1a jeunesse rura1e et a aid~ 1 renforcer 1es services de p1anification de l'~ducation. Le troisi~me projet (1919) a fourni 26,5 millions de dollars pour renforcer 1es programmes de formation technique, professionne11e et administrative et commencer 1 Jeter 1es bases pour une expansion de l'enseignement primaire dans 1es zones rura1es, par des activit~s de p1anification et de recherche. Le quatri~me projet (1985) de 5,5 millions de dollars est con~u pour transformer l'~co1e de gestion financ~e par 1e troisi~me projet en une Ecole r~giona1e de gestion de 1a Communaut~ ~conomique de l'Afrique occidentale. Le cinqui~me projet (1986) fournit 12 millions de dollars pour 1e d~ve1oppement de l'enseignement primaire. Ces deux derniers projets sont encore en cours d'ex~cution. - 143 - 294. Quand la Banque a commenc~ son dialogue avec Ie S~n~gal sur les questions et les politiques d'~ducation, durant la deuxi~me moiti~ des ann~es 60, Ie Gouvemement et la Banque ont identifi~ les deux principales faiblesses du syst~me d'enseignement comme ~tant sa mauvaise adaptation aux besoins de l'~conomie et la modicit~ des taux d'inscription dans l'enseignement primaire, notamment dans les zones rurales. Par la suite, on s'est surtout occup~ de la premi~re de ces faiblesses, parce que Ie systeme n'avait pas ~t~ en mesure de former suffisamment de S~n~galais pour remplacer les ~trangers dans Ie secteur modeme de l'~conomie, ce qui ~tait un objectif important du Gouvemement. 295. A partir de 1970, Ie Gouvemement a envisag~ un certain nombre de propositions de r~forme visant 1 restructurer Ie syst~me d'enseignement; cependant, les changements apport~s ont ~t~ extremement graduels et ont surtout concem~ l'enseignement secondaire. Le Gouvemement n'a jamais bien pr~cis~ ses intentions et cette incertitude 1 conduit la Banque, par exemple, 1 ~liminer la composante enseignement secondaire de son premier pro}at et a contribu~ 1 l'~chec de la composante Centres d'~ducation villageoises (~ducation rurale parascolaire, post-primaire) du deuxi~me projet. En outre, la lourde charge financi~re qu'imposait Ie secteur de l'~dllcation a toujours conduit 1 une attitude quelque peu ambivalente 1 l'~gard de l'enseignement primaire, attitude que la Banque semble avoir partag~e, tout au moins pendant un certain temps. Ce sont essentiellement les :perspectives budg~taires qui ont dicU la politique, adopUe par Ie Gouvemement au d~but des ann~es 70, qui a consist~ 1 limiter 1 3 % par an l'augmentation du nombre d'inscriptions dans l'enseignement primaire. La Banque pensait que cette politique serait daliaable -~tant donn~ .•. les succ~s que Ie Gouvemement a d~jl obtenus pour maltriser Ie taux d'aceroissement des inscriptions dans l'enseignement primaire.- 122 296. Durant les ann~es 70, les trois projets d'~ducation de la Banque ont essentiellement port~ sur la formation technique, agricole, professionnelle et secondaire et ont assez bien r~ussi 1 renforcer dans ces domaines l'infrastructure du pays. Cependant, un nombre moins ~lev~ que pr~vu d'~l~ves par enseignant et la forte proportion d'enseignants ~trangers ant souvent mis en doute la pos8ibilit~ de maintenir plusieurs ~l~ments du projet, en raison des coftts consid~rables par ~l~ve. D'un autre cOt~, les travaux ~conomiques et sectoriels de la Banque ou ses prets-projets se sont tr~s peu occup~s du rOle et de l'importance de l'enseignement primaire, exception faite du troisi~me projet, qui contenait des compos antes visant 1 ~tudier les moyens de r~duire les coftts de l'~ducation, notamment au niveau de l'enseignement primaire. 297. Les questions de coftts, par lesquelles il faut entendre aussi bien les coftts unitaires ~lev~s que toute la facture de l'~ducation, qui a ~t~ particuli~rement pr~judiciable au d~veloppement de l'enseignement primaire, ont acquis une importance de plus en plus primordiale. Une r~forme ~tait ~videmment n~cessaire; elle a ~t~ souvent envisag~e, sans pour autant abol.l"tir 1 des rhultats. Dans ses travaux ~conomiques et sectoriels, la Banque ne s'est pas non plus attaqu~e vigoureusement 1 ces probl~mes. Bien 1221 Banque mondiale, Technical and Agricultural Education Project in Senegal, Rapport No PE-30a, 26 mai 1971, paragraphe 1.12. - 144 - plutOt, elle semblait vouloir croire que, d'une fa~on ou d'une autre, une r~forme fondamentale ~tait en train de se produire. Avec Ie temps, la Banque est devenue de plus en plus sceptique, mais a ~galement continu~ 1 adopter dans ses rapports ~conomiques une attitude ambivalente, qui a donc masqu~ les v~ritables probl~mes. Le Programme d'action de 1976 d~clare que "Ie Gouvernement a accept~ nos principes et s'est lanc~ dans une grande oeuvre de restructuration de son syst~me d'~ducation qui, jusqu'l maintenant, avait un caract~re ~litisteft. D'un autre cOt~, Ie Programme d'action de 1978 fait observer que ftnous nous heurtons au fait que Ie syst~me d'~ducation continue 1 privi1~gier 1es ~tudes universitaires europ~ennes traditionne11es et accorde une faible priorit~ 1 l'~ducation de 1a population ruraleft et en aoQt 1983, apr~s avoir expos~ les vertus de ; l'enseignement primaire, Ie Programme d'action poursuit : "la strat~gie du Gouvernement n'est pas encore orient~e dans ces directions. Ses po1itiques pass~es se sont sold~es par une attitude de n~gligence flagrante 1 l'~gard de l'enseignement primaire ft • Et pourtant, quatre mois auparavant, un m~morandum consacr~ 1 l'enseignement primaire d~c1arait: "la position du Gouvernement, qui consiste 1 donner une priorit~ ~lev~e au d~veloppement de l'enseignement primaire, est rationne11e."123 298. L'~c1atement de la crise financi~re du S~n~gal et les programmes d'ajustement structure1 qu'el1e a d~c1ench~s semb1ent avoir fina1ement donn~ aux questions fondamentales de 1a dimension et des coQts du secteur de l'~ducation et de son orientation excessive en faveur de l'enseignement sup~rieur une importance suffisante pour qu'on prenne enfin 1es mesures qui s'imposent. Le Cinqui~me projet d'~ducation de la Banque soutient actuellement un programme d'ajustement structurel visant 1 rendre 1e syst~me plus efficace et, plus particuli~rement, 1 abaisser 1es coQts unitaires et 1 ~largir l'enseignement primaire, sans pour autant faire appel 1 des ressources pub1iques supp1~mentaires, mais p1utOt en restructurant les affectations budg~taires l l'int~rieur du secteur. 299. peut voir, r~trospectivement, On que la Banque,apr~s avoir identifi~ deux grandes faib1esses dans Ie syst~me d'enseignement du S~n~ga1, 1 savoir Ie besoin de formation de 1a main-d'oeuvre et 1a faib1esse des niveaux dans l'enseignement primaire, a r~agi assez rapidement 1 la premi~re, mais ne l'a fait que tr~s r~cemment pour 1a deuxi~me. A l'heure actuelle, non seulement en termes abso1us mais par rapport aux autres pays, 1e S~n~ga1 occupe un rang extr@mement bas sur 1e plan des indicateurs fondamentaux de l'~ducation. Bien qu'el1e ait reconnu i1 y a longtemps 1 'importance de l'enseignement primaire pour Ie d~veloppement l long terme, 1es perspectives budg~taires tr~s serr~es et l'ordre des priorit~s d~finies ont frein~ la croissance de ce sous-secteur, et 1a Banque n'a ma1heureusement pas fait grand chose, pendant des ann~es, pour encourager Ie Gouvernement l augmenter ou r~orienter ses ressources en faveur de ce sous-secteur. S'i1 est vrai que d'autres bail leurs de fonds ont ~t~ en g~n~ra1encore plus en faveur de l'orientation ~litiste du syst~me, on peut aussi affirmer que 1a Banque aurait dQ redoubler d'efforts dans ses travaux ~conomiques et sectoriels et par l'interm~diaire de ses pr@ts, pour aider 1 renforcer Ie cycle d'enseignement primaire. 123/ Banque mondiale, Senegal Sub-Sector Memorandum, Primary Education, Rapport No 4226-SE, 12 avril 1983, paragraphe 4.05. - 145 - E. Coordination de l'aide 1) Introduction 300. Le S~n~gal est un b~n~ficiaire tr~s privil~gi~ de l'aide ~trang~re en Afrique de l'Ouest. En effet, les apports nets de capitaux provenant de toutes sources ont atteint en moyenne un total d'un demi milliard de dollars par an pendant 1980-86, dont les trois quarts sous forme de dons ou l des conditions fortement concessionnelles. Ces apports nets ont repr~sent~ 80 dollars per capita et par an, soit pr~s du double de la moyenne de 45 dollars par an pour les autres pays du Sahel. Une cinquantaine de pays et d'organisations apportent une aide au S~n~gal, mais ce sont une douzaine de bailleurs de fonds qui en fournissent la plus grande partie; l'aide fran~aise a atteint environ 40,0 % du total pendant les 15 derni~res ann~es et celIe de la BIRD/IDA s'est situ~e l hauteur d'environ 8,5 %. Non seulement ces gros apports de capitaux ont d~bouch~ sur des r~sultats d~cevants sur Ie plan de la croissance ~conomique, mais ils ont ~galement pos~ au Gouvernement un certain nombre de probl~mes administratifs et financiers; plusieurs raisons expliquent cet ~tat de choses, notamment Ie manque de coordination qui a exist~ parfois entre les divers bail leurs de fonds. 301. Alors que la Banque a toujours fourni une part relativement r~duite de l'ensemble de l'aide au S~n~gal, cette part a augment~ ces derni~res ann~es avec Ie d~marrage des prats l l'ajustement structurel. Ce qui est plus important, cependant, c'est que Ie rOle et l'influence de la Banque dans la politique ~conomique du S~n~gal d~passent de loin les dimensions de sa contribution financi~re: depuis la fin des ann~es 70, la Banque a assum~ parmi les donateurs un rOle de chef de file dans de nombreux domaines, notamment la coordination de l'aide. Cette coordination a pris une importance primordiale avec Ie d~but de l'ajustement structurel en 1980; elle a ~t~ en suite mise en relief Quant il s'est agi d'examiner les programmes de d~veloppement et a abouti l la convocation de la premi~re r~union du Groupe consultatif, en 1984. Aussi bien Ie Gouvernement que les bail leurs de fonds ont ~t~ anim~s d'un d~sir v~ritable de coordonner les programmes d'aide ext~rieure; dans ce processus, la Banque a jou~ un rOle catalytique de premier plan. 302. De nombreux m~canismes ont ~t~ Mis en place pour am~liorer la coordination de l'aide. Dans Ie cadre des programmes d'ajustement structurel, Ie Gouvernement a constitu~ un conseil interminist~riel et plusieurs comit~s de coordination. C'est l la demande du Gouvernement que la premi~re r~union du Groupe consultatif a ~t~ organis~e par la Banque en d~cembre 1984. A cette occasion, la Banque a pu faire connaltre aux autres bailleurs de fonds ses analyses ~conomiques et ses recommandations de politique, ce qui a donn~ plus d'efficacit~ l ses conseils, et a pu commencer l fournir au Gouvernement et aux bail leurs de fonds des conseils syst~matiques au sujet des cat~gories d'assistance qui ~taient n~cessaires et de l'ordre de priorit~ des projets. Apr~s cette r~union, la Banque a aid~ A organiser des r~unions sectorielles pour examiner les programmes et politlques, en commen~ant par les t~l~communications, l'~nergie et - 146 - l'agriculture, suivis ensuite d'autres domaines. Une deuxi~me r~union du Groupe consultatif a eu lieu au printemps de 1987. La mission r~sidente de la Banque organise ~galement A des intervalles r~guliers des r~unions officieuses pour faire connaltre aux bailleurs de fonds les progr~s du programme d'ajustement structurel. Un exemple remarquable de la coordination parfois excellente qui existe d~sormais entre les bailleurs de fonds est fourni par Ie Fonds commun de contrepartie d'aide alimentaire. Constitu~ en 1985, ce Fonds, auquel la Banque n'a pas particip~ jusqu'ici, si ce n'est A titre d'observateur, r~unit les repr~sentants du Gouvernement et d'une dizaine de bailleurs de fonds pour discuter des questions politiques agricoles : des d~cisions conjointes sont prises au sujet de la gestion et de la meilleure utilisation des fonds de contrepartie de l'aide alimentaire; aussi bien Ie Gouvernement que les bailleurs de fonds se d~clarent satisfaits de ce syst~me. 2) Probl~mes et contraintes 303. Si des importants ont ~t~ r~alis~s ces derni~res ann~es progr~s pour am~liorerla coordination de l'aide, et notamment les m~canismes d'ex~cution, cela ne veut pas dire qu'il n'y a pas de graves probl~mes. En premier lieu, il est certainement tr~s n~cessaire, au niveau macro~conomique, d'organiser entre tous les int~ress~s des ~changes de vues beaucoup plus intenses que ce n'est actuellement Ie cas. Malgr~ toute sa valeur, la r~union du Groupe consultatif est trop courte (un ou deux jours) pour qu'on puisse discuter en d~tail des principaux probl~mes, et encore moins concilier les divergences. Dans Ie cas notamment des politiques d'ajustement structurel, plusieurs bail leurs de fonds s'insurgent contre Ie fait qu'on les met en pr~sence d'un fait accompli, une fois que Ie Gouvernement et la Banque se sont Mis d'accord sans faire appel A leur participation. En r~gle g~n~rale, la Banque n'associe pas les autres bail leurs de fonds A la conception de 1 'ensemble de mesures, ou ne les informe m@me pas, A moins qu'ils ne soient tr~s impliqu~s dans un secteur particulier. On peut citer en exemple la s~rie d'interventions de politique industrielle qui figure au PAS III : certains bail leurs de fonds ~taient profond~ent convaincus en effet que Ie rythme de changement demand~ par la Banque ~tait beaucoup trop rap ide et qu'ils auraient dQ participer A la conception du programme. Parfois, des communications insuffisantes entre bailleurs de fonds peuvent provoquer de graves malentendus. On peut citer un cas ou la Banque et un autre bailleur de fonds important ont propos~ au Gouvernement des modifications de sa politique et lui ont impos~ des conditions qui l'ont amen~ A signer deux accords apparemment contradictoires. La question a fini par @tre r~solue, mais elle montre bien non seulement qu'il faut intensifier les discussions entre les bailleurs de fonds mais aussi qu'il est souhaitable que les conditions soient claires et simples et qu'il faut ~viter de les multiplier si l'on veut qu'elles soient prises au s~rieux. C'est sans doute entre la Banque et Ie FMI que le dialogue est le plus intense et la coordination la plus ~troite. Mais comme cela est affirm~ ailleurs dans ce rapport, la collaboration ~troite entre ces deux institutions est due dans une large mesure au fait qu'elles attachent toutes deux une importance primordiale au r~tablissement de l'~quilibre financier, parfois au d~triment de la croissance. Dans un certain nombre de cas, par exemple en mati~re de prix, - 147 - 1es services de 1a Banque ont opt'. pour des raisons d'ordre budg'taire, pour des solutions qui 'taient loin d'Atre optima1es du point de vue croissance. 304. Les principes budg'taires des bai11eurs de fonds, qui r'servent. sans avoir beaucoup de possibi1it's de 1a modifier, un certain montant pour un pays donn', peuvent 'ga1ement comp1iquer 1a coordination de l'aide. En effet, 1es bai11eurs de fonds veu1ent poursuivre leurs programmes sans se pr'occuper de ce que justifient 1es circonstances d'un pays l un moment donn'. Dans 1e cas particulier du S'n'ga1 s'ajoute Ie prob1~me des rapports privil'gi's entre ce pays et de nombreux bail leurs de fonds qui lui accordent une aide g'n'reuse. C'est Ie cas en particulier (mais non pas exclusivement) des rapports privil'gi's que 1e S'n'gal entretient avec la France. Dans ces conditions, il est peut-Atre difficile pour la Banque de persuader Ie S'n'gal (et d'autres bailleurs de fonds) de l'int'rAt et de l'importance de certaines po1itiques 'conomiques si d'autres sources de financement peuvent facilement combler les vides. Dans une certaine mesure, il semble qu'i1 en ait ' t ' ainsi du PAS I : Ie pays -a pu recevoir une aide suppl'mentaire de bailleurs de fonds bilat'raux sans avoir l observer les conditions de r'alisation, au moment mAme o~ la Banque reculait Ie d'b10cage de sa deuxi~e tranche.- 124 305. En second lieu, sur Ie plan sectoriel, la coordination entre les donateurs diff~re profond'ment d'un secteur l l'autre. Le Fonds commun de contrepartie de l'aide alimentaire, dont i1 a d'jl 't' question, est un exemple de la coop'ration 'troite qui s'instaure dans Ie secteur agricole, o~ interviennent activement un assez grand nombre de bai1leurs de fonds. N'anm.oins. dans d' autres secteurs, 1a coordination s 'est r'v'l'e extrAmement difficile, parfois ma1gr' les efforts tr~s intenses de la Banque. Dans certains cas, des bail leurs de fonds, et en particulier ceux dont l'aide est moins importante, pr'f~rent faire cavalier seul et ne s'int'ressent gu~re l coordonner leurs activit's avec cel1es d'autres bailleurs de fonds. 11 arrive parfois que les bailleurs de fonds ne sont mAme pas au courant de certains 'l'ments importants des analyses sectorielles de la Banque qui ont un retentissement profond sur les secteurs mAmes dans lesquels ils interviennent. De fa~on plus s'n'rale. les int'rAts commerciaux dans certains pays donateurs sont extrAmement puissants et l'emportent parfois sur ce qui. de l'avis du repr'sentant local du bailleur de fonds ou du Gouvernement, serait la meilleure solution pour Ie pays. Quand il s'agit de dons, il est particuli~rement difficile d'inv"erser ces tendances. 306. Depuis quelques ann'es, et notamment depuis qu'on cherche l am'liorer la programmation des investissements et depuis que Ie Groupe consultatif a d'cid' en 1984 de confier l la Banque Ie rOle d'animateur, celle-ci fait des efforts louables pour organiser au niveau sectoriel des r'unions de donateurs; malgr' certains probl~mes, elle a passablement bien r'ussi dans ce domaine. On peut citer ici l'exemple des chemins de fer. o~ des industries dans plusieurs pays donateurs interviennent de fa~on extrfmement vigoureuse pour vendre leur mat'riel et leurs machines. 124/ Rapport d"valuation r'trospective Senegal Structural Adjustment Loan and Credit, paragraphe 63. - 148 - contribuant ainsi l gonfler le programme d'investissements ferroviaires du S~n~gal bien au-dell des limites raisonnables. La Banque n'a cess~ de s'inqui~ter des investissements excessifs dans les chemins de fer: cette question a pris une importance primordiale durant l'ex~cution du PAS II et durant la pr~paration du PAS III; elle a fait l'objet d'importantes analyses sectorielles et a ~t~ ~voqu~e lors de deux r~unions cons~cutives avec les bail leurs de fonds concern~s qui ont eu lieu vers la fin de l'ann~e 86, l'une l Washington et l'autre l Dakar. En derni~re analyse, et bien que certains projets aient finalement ~t~ r~alis~s, on a pu ~viter un grand nombre d'investissements qui n'~taient pas souhaitables et dont les fonds ont ~t~ utilis~s de fa~on mieux appropri~e. 307. En troisi~me lieu, il reste un domaine o~ la coordination est presque enti~rement absente c'est celui de l'assistance technique. En 1 'occurrence, il n'existe aucun m~canisme permettant d'examiner de fa~on syst~matique 1 'ensemble des besoins et de pouvoir harmoniser ensuite l'assistance et ses m~thodes. En fait, les bail leurs de fonds se font l maints ~gards concurrence les uns aux autres : la r~mun~ration offerte pour le m@me travail par des bailleurs de fonds diff~rents est rarement la m@me, les pratiques d'engagement sont diff~rentes et il ne semble pas qu'on manque jamais de fonds: lorsque, pour une excellente raison, un bail leur de fonds d~cide de ne pas financer telle ou telle activit~, on en trouve d'ordinaire facilement un autre pour prendre sa place. 3) ROle de la Banque 308. Comme nous l'avons d~jl dit, la Banque d~ploie depuis quelques ann~es d'intenses efforts pour surmonter les obstacles qui emp@chent de mieux coordonner l'aide nombreux travaux ~conomiques et sectoriels, organisation de r~unions du Groupe consultatif, r~unions ponctuelles de donateurs l propos de tel ou tel programme ou telle ou telle politique sectorielle. Des progr~s excellents ont ~t~ accomplis; on ne peut donc s'emp@cher de conclure qu'il faut essayer d'en faire davantage. Si 1a Banque doit jouer un rOle plus actif, il est in~vitable qu'elle devra y consacrer un personnel plus nombreux, ce qui a certainement ses limites. 11 semblerait donc qu'il faille proc~der l une sorte de division du travail entre les bailleurs de fonds. 309. Au niveau macro~conomique, l'am~lioration de la coop~ration entre bail leurs de fonds exigera que la Banque fasse non seulement connaltre aux autres donateurs ses vues, ses analyses ~conomiques et ses recommandations de politique g~n~rale, mais les ~ne aussi l les accepter. Pour atteindre ce but, la m~thode la plus efficace consiste l faire participer intimement les bailleurs de fonds, du moins les principaux d'entre eux, l la conception et l l'~laboration de ces politiques, et cela d~s le d~but. Pour encourager une coop~ration ~troite dans le cadre des programmes d'ajustement structurel, par exemple, la Banque aura it int~r@t l faire participer directement les principaux bailleurs de fonds l l'~laboration du programme proprement dit. Plusieurs bailleurs de fonds du S~n~gal estiment qu'on aurait pu ~viter leurs d~saccords actuels avec la Banque sur d'importantes questions de politique g~n~rale si les ~tudes pr~paratoire8 avaient ~t~ financ~es et ex~cut~es conjointement. - 149 - 310. Au niveau des projets, 1a Banque a fait d'importants efforts pour aider le Gouvernement l rationa1iser sa programmation des investissements en 'laborant des strat'gies sectorie1les, en 'tab1issant un ordre de priorit' parmi les projets et en demandant ensuite aux bailleurs de fonds de s'y conformer. Hais cette tache s'est av'r'e diffici1e : en effet, on ne dispose pas, pour commencer, des informations n'cessaires concernant les projets et, d'autre part, les programmes d'aide ont une s'rie d'objectifs qui ne correspondent pas n'cessairement l ceux du programme d'investissement du Gouvernement. N'anmoins, avec l'aide de la Banque, des progr~s 1ents mais constants sont accomplis pour am'liorer la pr'paration des projets et renforcer davant age la programmation des investissements; et, afin d'amener les bailleurs de fonds l mieux tenir compte des priorit's du pays, on peut avancer, ici encore, des arguments vigoureux pour que le programme d'investissements soit examin' par la Banque de concert avec 1es principaux bai1leurs de fonds. 11 convient d'encourager 1a pratique d'jl adopt'e qui consiste l confier l divers bai1leurs de fonds le rOle d'animateur dans les secteurs o~ leur participation est consid'rable (la Banque mondiale pour 1es transports, la France pour l"ducation, etc.); n'anmoins, 1a Banque a un autre rOle l jouer dans ce dispositif : e1le doit veiller • ce que tous 1es bai11eurs de fonds remp1issent bien ce rOle d'animateur. D'un autre cOt'. dans certains domaines o~ e11e a nettement pris du retard, par exemp1e, le Fonds commun de contrepartie de l'aide a1imentaire, 1a Banque devrait intervenir plus activement. 311. Enfin, l'ex'cution quotidienne et 1a mise en oeuvre des programmes de d~veloppement, parmi lesquels i1 faut eng10ber l'assistance technique, posen,t un grand nombre de prob1~mes, notamment pour 1e Gouvernement, qui tienn,ent au fait que les divers bail leurs de fonds n 'envisagent pas les choses de la mame fa~on: il s'agit, par exemple. de la r'mun'ration des nationaux, des d'penses en monnaie locale, des m'thodes de d'caissement. et ainsl de suite. Les repdsentants locaux des bailleurs de fonds sont 1e mieWl;: en mesure de connaltre ces probl~mes et de pr'coniser des solutions permE!ttant de mieux unifier 1e mode d'action. La p1upart d'entre eux semblent aussi souhaiter vivement collaborer plus 'troitement avec leurs homologues, mais i18 n' ont pas 1e pouvoir de 1e faire parce que les "d'cisions d'importance" sont prises dans 1es capitales. 8i lOon veut progresser en direction de l'harmonisation des m'thodes et d'une mei11eure coordination l ce niveau, i1 faudra d'centra1iser davantage le processus de d'cision. Pour ce1a, il faudra non seu1ement que 1es capitales confient un certain pouvoir l leurs repr'sentants locaux mais aussi, dans 1e cas de nombreux bai1leurs de fonds, qu'i1s renforcent consid'rablement leur mission locale. 312. En derni~re analyse. il faut n'anmoins reconnaltre qu'i1 y aura toujc)urs des limites l ce que la Banque peut faire dans Ie domaine de 1a coordination de l'aide; en effet, 1es objectifs des divers bail leurs de fonds ne pourront sans doute jamais colncider parfaitement les uns avec les autres. La seule fa~on d'aboutir l une solution v'ritable de ces probl~mes consiste • attendre que le S'n'gal ait lui-mame tous les moyens n'cessaires de prendre des d'cisions 'conomiques et d"laborer ses programmes d'investissement pour atre en mesure d'accepter ou de rejeter des propositions d'aide en fonction de ses besoins, de sa capac it' d'absorption et de ses propres priorit's. W.trlc•• de politi9U' .t condition. de. PAS I, II et III PAS I Princlp.ux probl .... ..•• ur•• prl ... ....ur•• pr'vu•• C.t6- Suivi 6conOMigu•• Sy.pta- p.r Gouv.rn.....nt I!!r Gouv.rn.....nt Rori. l!. 8.ngu. Oatea hll!l!rtanta. I. Lente crol ••• nc. - e.i ... dee - Annonc. i I' A ..... 1. Aus--ntation de. P - PI.fond. d'jn- - W.r. 1881 - .....n «onOM i qua .t r.v.nu. rMI. bl6a d'un progr .... lnv..ti ••_nt. v..tl ••_nt g'n'r.1 pour d6- f.ibl. produeti- pour certain. 'conOMlqua quln- dlrect.....nt produe- - r,.li ••tlon de bloe.g. deu.l ... vlt6 da. Inv..- groupn de quann.1 comportant tih de 43 " i prIM priM de 66 " tr.nch••u Iv i. ti .....nt. popul.tion un pl.n d'inva.ti.- da 66 " du tota I de. inv..tl ••_ plu. t.rd de con- - .uj'tion • _nt r,.II.te 2. PI.fond .ur inv ..tl.- P _ t . d.n. I. .ult.tion• .eeru. i _iaux oriant6 v.r. ......nta globau ••t .ecteur di rec- .nnu.ll .. I"p.rgn. la production public. d.n•• ixi'" t.....nt produc- - .. i 1881 - p~iar 'tr.ngire (d6c.bra 1878) PI.n tif .....n conjugu' i 3. Cr,.tion d'un .. rvie. RI - .n.ly.. coOt- .upervi.ion p6rlo- d'idantlfic.tion, pr'- .v.nt'8I de dique de proJ.t par.tlon et 'v.lu.tion tou. I.. pro- ••• i.tane. de projet. Jet. de plu • technique 4. .. i •••n pl.ea d'un. P de 600.000 dol- no,... de rantabi I it6 _Ini._ '.r• •t _I .. an oeuvre de cri- tir.. de cho 1x i-' V! II. Ep.rgn. intern. Secteur public: - flnanc ...nt dee 6. 16 " dee Inveeti • ..- 01 - .x...n du degr' - .. i 1881 - ax_ i-' trop hlbla par - gr.v.. pro- fond. de contre- ..nta public. i de r_II ••tion dn r,.1i •• t Ion • r.pport .u bl .... de p.rti. de. proJet. fin.ne.r .ur 'pargn. dn r.tlo. d'.x«ution du nlv •• u dee I iquidit6a du 6tran8lr. par publlqu. nette an d"pargna pu- bu~ 1880/81 et I nv..t i._nt. Tr_or d6bor- ",rgna propr. 1880/81 bllqu. (rubrique budget propoH d.nt .ur I. ou .utree .ourc.. IS. 26 " dee Inv••tl ...- 01 6 et IS) 1881/82 aur pro- r..te de .Orea d.n. bu~ ..nt. public. i gr.. de perfor- 1'«on_l. de 1880/81 fin.ncer .ur 'pargne ..nea 'pargn. pu- - ..nqua de pub II que nette an bliqu••uivl plu. fond. de 1884/86 ta rd de con.u Ite- eontreparti. tiona .nnuall .. pour proJet. fin.nc_ p.r 6tr.n8lr - "'v.tion du - .bai .......nt de. 7. PI.fond••ur .prunt. 01 - r.tio du .. rvica d'c.bre 1881 r.tio de •• r- .prunt. eo_r- c_rci.ux da I. dette con.u I tetion vic. de ,. ei.u ••n 1878 8. Aueun .prunt c_r- A 'tr.ngir. i r'- d.tte - "1,1 n.tion du ci.1 pour de. proj.t. duir. i 16 " de. d6fieit du fond. qui na peuvant fin.n- recattea d'a.por- d'.lIIOrti .......nt c.r laur •• rvle. de I. tation at i .. in- du Couvarn_nt d.tte .ur I.ur propra tenlr .u-d...ou. "d III Ei d.n. budget traoraria de ea niv.. u (lQ P 1880/81 - r60rg.ni •• tion du I'D I'D fond. d'.lIIOrti.- i-'I'D >< ......nt i-' l!. L•• condition ••ont r.naM. an clnq e.t6gori •• diff'rante., c'a.t-i-dlra : 1) E - Etude.; 2) P - Pr«onditlon.; 3) A - Action.; 4) OI - Obj.etif. intermedi.ir•• ; .t 6) RI - R6for... in.titutionnall ... On trouvar. d.n. I. te.te (Chapltr. II, Section. D at E) I•••• plication. d. catte cla •• lflc.tion. ~ (.uite) Principaux probl .... ....ur.. pri ... ....ur.. pr"vu.. C.W- Sulvl okonOllllqu.. Sympta_. per Couvern...nt per Couvern...nt lode l!. 8engue Dete. i IIPOrtantes Secteu r Dr i v" - cr"etion d'une O. EIIi .. ion de bon. A - h.inedi benque du 10,,- d'''pergne , InW- cro6dlt den. _nt uti I i .. nt rat 'lev' pour aec- certain. ,,"- en partie lee teur lo~nt _nt. du .ec- effort. d'''pergne 10. Tout Ie cro6dit .up- A teur priv" dee candideta eux pl"-ntaire depui. prat. (1070) Ie 81 dokeIIbre 1070 - uti I i.etlon - rel.v_nt de Ie .·adr.... exclu.l- exc... ive du .tructure du taux v...nt aux .ecteur. cro6dit dan. d'in~r't de 2.6 okonOlliqu" priorl- d·eutr.. ,,"- pointa de pourcen- tairee _nta du aec- te.. teur priv' III. Di.toraion. de prix prix' la hible pro- - rel.v_nt dee prix 11. Etude de la Ilber~ E - rMultat. - Jutn 1881 - dl.- production duction d'ara- , "exploitetion en du c~rce et dee d'~ude cu•• lon dee ~ul- agrlcole chidee .. I 1880 prix dee produlta all- tate de ,. itude - "I.in.tlon dee _ntair.. natlonaux ..... VI • ubventiona .ur 12. Etude de 'a politlque E - rMultat• - .. r. 1881 - con- N intrante agricol .. optl .. le dee prix d'~ude .ultatlona eauf engrai. pour Ie. cultur.. ennllell .. aur d'exportation I.. prix 11. Etude de Ie Modifi- E - rMultata - .. r. 1881 - con- cetion de la COllPO- d'~ude .ultatlona altion et dee prix dee engral. - taux de - acc""retion - "11.ln.tion dee 14. Mi .. en place de 10 • A - exokutlon - .. ra 1881 - dltblo- chen.. r.pide dee tex.. , I' expor- de aubventlon. aux ca.. deuxl'" • ur"vel u, I.portation. tation aeuf aur exportation• trenche et exporta- arachidee et 16. Rel.v...nt de 10 , A - exokutlon - .. r. 1881 - do6blo- tiona I"thar- .phoaphete. en 16 • dee drolta de ce.. deuxl'" glqu.. 117t douan.. fondellentaux trenche - Nfo,... fiacale aur I.. i.portatione de 1071 18. Etudee dee Modal i~. E - r".ultat. - .. i 1881 - ex_n - rel.v_nt de 6 , f i nel.. du eyet.ilnle d"tude exo6cution dee pre- 10 I d.. droit. de .tillulent. .i.r. . . . .ur.. du de douanea fon- .y.t.ilnIe fonda..n- dUlentaux en tal de droita .ur lIere lt80 importation/aub- vention aux expor- '"tI I\) IN g tation. I'D ~ NI'D - juin 1083 - lIi.e en piece du .ye- ..... time do6finitif PAS I (.ulte) Prineip.ux probl .... .... ur •• pri ••• ....u.... p"'"u•• C.W- Sul,,1 6conOl8igu •• Sf_pta-. p.r Cou".rn...nt p.r Cou".rn...nt "or i. 1.!. B.nqu. o.te. i _P2rt.nte. - prix .. I. - con._.tion - .11_ln.tlon dee 17. A••oupll .....nt d.. P - dier.t - dic_br. 1980 con._.tion urbain. trop prix .ub".ntionn'. contr81 •• de. prix iI.".. de•• Ii ..nt. d.n. I.. "ill •• n.tlon.ux (1176-80) IY. M.u".I .. geetlon - credit ban- - fin de I. poll- 18. Retour de c.rt.lne. A du a.cteur par.- c.1 re et tlqu. de p.rtlcl- .ct jy Itn p. r.- public .if. .".nCM du T,",*or exCM- - feililt.. d'entreprl_ patlon de ,·Et.t en 1177 pub I I que•• u .ecteur prl,,' 11. Pro,r. . . de ".rifl- c.tion dee c~te. et fo,...tlon de gee- A - r.pport. '".Iu.tion r'tro.pect i "e - Super"i .. par I. projet d· ••• I.- tance technique par.publlqu.. tionn.lr.. et - .. u".i. r..ul- c~tabl .. tate d'explot- tation dee .utr.. - reduction .peete- 20. Contr.t-pl.n entre A - nOlibre et - SO juln 1881 - to- cul.i re en 1171 Etat .t entrepri_ taoneur dee t.1 de 10 contr.te ~ dee .vanc.. du par.publlqu.. contr.t.-pl.n. pl.n... conclure \J1 Triaor et dee ou en pr'par.tlon W ,.r.nti .. de (.uper"I.lon pro- l'Etat .u credit jet ••• I .tance banc.lre technique) Y. F.ibl .... de I·or,.nl •• tion - bureaucr.tle .. effectif - crietion de I. SONAR pour fournlr 21. E••• I. de .tructur.. cooper.ti".. fondiea RI - .... 1. dan. I. Nelon de -..r. lt81 - pre- .iire dl.cu •• ion In.titutlon- plithorlque I.. Intrant. .ur I.. ,rou~t. Sine S.loUII .ur I.. progrh nelle du a.cteur ."ec .. u".I. .,ricol .. "ill.,.ol. (c-.r- • ,ricole reno...nte et ci.li ••tion dee pro- coOte "e,," dult•• credit, four- nltur.. d'intr.nt. et ___ c..) de .tock. - Mconten'-nt dee ."rlcul- - ONCAO .i. en liqui- dation et ..joriW 22. Rior,.ni •• tlon dee rech.rche. P - nigocl.tion et .uper"i.ion de -..r. lt81 teu ... du per.onnel a"i .. projet de - ..nque de de I icenci ...nt recherche c.p.cIW - rede".nc.. pour '"d d'.b.orptlon tralt...nt centr.1 l» ?; de I'.ide dee ....nc.. d'.r.- IJQ ::I Ib Ib 'tr.n"ir. chide. redulte. de l< WIb . 26 " .. 12,6 " de I. valeur dee ~ ._nc•• f!L! (nite) Princip.u. probl .... ....ur.. pri ••• ....ur•• pr'vu•• C.W- Suivi iconOlllqu•• S:pptl_ par Couv.rn...nt p!r Couv.rn...nt pori. a. eangu. O.t.. i.~"tant.. - dette .xc..- .Iv. de••grl- culteu" dea ••t o"gani __ - riich.lonn...nt .u" cinq an. dea dette. dea .grl- 23. Rio"g.ni.ation .t v'"ification du .y.- t-. d. COIIptabi 1iW A - .... i. d.n. I. "'oion de Sin. S.lou. - .. r. 1981 - 'ta- bli .....nt du c.- I.nd"i." de. v'"i- culteu". d•• coopi".tiv•• fic.tion. de• • g"icol .. cOlllptea pou" I' .n- ••bl. du p.y. 2•• Elabo"atlon dea ,tat. A - it.t. fln.ncl.". - juin 1981 - diei- fln.ncl.". de Ilqui- .Ion••u" I.. d.tlon de I 'ONeAl> dettea de I 'ONeAl> 26. Etude du .y.t-. de E - "ou,t.t. de - juln 1981 - .....n c"idit .g"lcol. I'itude 28. R.nfo"c.ent dea A - cont".t.-plan. - die. .". 1980 - o"ganl.- riglon.ux .nt". Couv."ne- ten.u" de deux de div.'op~nt .. nt et organi- contrata-pl.n• "u"al •• tlon••g"i- d.n. _teu" col •• p"icl •• nt ag"icol. obJectlh .t - 80 Juin 1981 - ob Ii g.t Ion., deux nouv•• ux IIi. i I) "eor- cont"at.-p'.n. g.ni.ation fin.n- cl.". pay• • u" I-' fond. de cont"e- \.II p."ti. en fr.nc. CFA dea dieai.- "'" ._nt. PAS, 11) p"og"_ d'.ctivlt4a et d'lnv ••tl • ..-ent, ill) pl.n. de "iductlon du pa".onn.' 27. Etudea dea fonction. E - rou Itata de - .. ". 1981 - de la C.I ... de I'itude di.cu •• ion .t.blll •• tion dea p"ix '"d> I» ::J OQ ::J (1) (1) >: ""'(1) I-' ~~LI (.uite) Princip.ux probl .... ....1,11'• • pri ... 11••1,11''' preyu.. <:at41- Suivj econOllliqu.. Symptl... par Couy.rn...nt par Couy.rn...nt gori. a. Banqu. Date. i.portant.. VI. Econo.i. di.ta- - demande glo- - reduction d. la 28. EII.ln.tlon du difi- 01 bill . . . .n r.i.on bal. trop ~nd. globa'. cit budgetal". glob.1 de .ich.r•••• .t h.u... de. ".y" - .nvl"on par .... 1io"atlon dn pol itlqu•• 2t. Reduction de I. part dn .alair•• dan. A prl. du petrol. aoo .i Ilion. fl.cal .. : I'.n...bl. du budget de doll.". .) r.lilv_t 80. Aucun. aUgMentation A nic.... I".. annu.1 dn 1'. . 11. dn dipen_ pou" .ide ilaplt. depu I. pour ..t41rlaux .t .xceptlonn.ll. lt77 fournlwr.. • la balanc. b) ell.lnation dn 11. Rilgl_t dn A dn p.l_to. privi I. . fia- ar"ierea du Tr"or .n 1Il180 caux Indlvj- 82. ~Iloration dn A du.l ••n lt7t politlqu.. ~ne tall''' : a) plafond• .en.u.l. de credit condul- .ant • niv..u de fin d'ann" de 8 ,.. .upe"i.ur • c.lul du ~ 81 oec..br. lt7t Vt b) approbation p"ell- Vt .Inai". de ere- dita dip.... nt 860.000 doll.,.. !!!!s! Banqu. ~ndial •• Rapport du Pre.ident (No p-28et.-SE) du PAS I .n d.te du 28 nov..br. 1Il180. :er ()Q :I til til >< Vttll ~ ~ Princ!p.ux probl .... ....uro pri ••• ....uro prllvu.. C.w- Ac~lon. A .uiv"e econo.iqu•• p.r Couv.rneMen~ p.r Couv.rn... n~ 10,.le e~ c.lendrler J. Encour.Q!!!n~•• u .~ur .,ricot. Pol!~i9u. cir"li'r. Suji~lon .xc••• iv•• ux lapor- Avec I·.ide de I. FAD prllpara- 1. lden~lflc.~ion d'un pro- P Prilpara~lon d'un progr.... ~~Ion. al IMn"! r"j .ub- ~ion d'un progr.... d·.c~ion gr.... d·.c~ion cohiren~ de d·.c~lon de dlIv.loppeMn~ cllri.lle,. v.n~lon du rlz i.por~j .ub.- de dlIv.loppeMn~ cirll.li.r dlIv.IOppeMn~ cllrllalier Jugll •• ~I.f.i •• n~ pour I·A••ocl.- ~i~u~ion i.,.rfal~ 0.. por~.n~ .ur~u~ aur I •• ~ion (condi~lon de dllbloc.,. de cjr.. l.. 10calIM pour I.. R.I'v...n~ 0.. prix A la pro- f.c~ur. de produc~ion. I. I. deux!'" tr.nch.) cjr.. l.. iaporitio duc~ion .n 1t86 ~r.n.foMaa~ion .~ I •• poli- ~Iqu •• de prix Dpir.~ion. de I. CSA dolv.n~ '~re S~ruc~ur. rlgide 0.. prix A Prix du riz A I. con.o..a- II.i~. d.n. I.ur dlMn.ion I. produc~ion·~ con~ral. ~ion doublll depui. 1"2; 1111- 2. Mi.e.n pl.ce d'un .eca- A (.nvlron 26.000 ~n".. en 1988/81) de c~rcl.II •• ~lon 0.. .In.~lon 0.. .ubv.n~ion. A I. nl ... de aou~l.n 0.. prix ~ •• rvir A .ou~nir I.. prix A la cllr"I •• conao..a~ion ~ fourni~ur. 0.. cirll.l .. A la produc- produc~ion d·un. pro~ion no.in.l •• uf- ~ion .deinl.~rll par I. Jn~rven~lon .xc••• iv. de fl •• n~. CSA Con.ul~.~lon .vec I. B.nque ~u. I 'E~~ d.n. iapor~~lon. ~ I. . . ix .01. A par~lr de I. d.~ ..... c~rci.li.a~ion de pro- Adop~ion de l'obJec~if de .~ a. M.in~len d·un. pro~~lon A d'en~r" en vigueur du crlldi~ pour I.n 0\ dui~•• IIMn~ir.. blli ••~lon du volu.. de. iapor- no.lnal. d·.u .oln. 26 I i~.blir I. beaoln d·.ju.~t du prix du riz, I.. ~.Ii~, Ie de bill .u niveau de I. piriode 1"6-89 1,... ~.~ion. de riz .~ de f.rine pour pour I.. cllr"l .. de pro- duc~ion n.~lonal. en .ju.- ~n~ d.n. la MSur. voulue niv.. u e~ I. c.l.ndrler de '·aju.~~ I. prix du riz .u dlI~11 Abo I i~ion de ~u. Ie. oba~cl .. .p~ con.ul~~lon •• vec sep.r.~lo" effective de I'opira- A I. libre c~rciali.a~ion la B.nque ~ion rlz de I. CPSP .~ par~iclpa 0.. cjr.. l.. (paddy excep~) tion de. iapor~~ur./"lIgoci.n~. 4. DlIeeng.~n~ progr... lf A prlv.. A '·Iaport.tion .t A la de I'E~~ 0.. opir.~lon. dl.~ribu~ion du rlz apr. . . . I 1988 d'lapor~~lon du rlz ~ (condition de dibloc.,. de 'a prlva~I •• ~ion de la di.- deux)'" tranche) ~ribu~lon de rlz un. foi • • chevll I. con~ra~ en vigueur av.c la CPS (.. 119M) '"d;:t> III ()Q ::s ::s ('II ~ 0\('11 ..... ~ (.uit.) Princlp.ux probl .... 6conaIQu•• ....ureaprl ••• p.r Gouy.rn...nt ....ur.. pr'yue. per Gouy.rn...nt C.~ aori. Action. A .uiYr. .t c.,.ndri.r I. Encour'rr.nt.a.u Hct.ur .aricol • •ult.) Politigu. d'.nar.l. Int.ryentlon .xc••• iy. du Eli.in.tion de. t.x•• d'.ngr.i. 6. EII_in.tion progr••• iy. A Subvention••ux engr.i •• ppliqu'" Gouy.rn...nt d.n. I. di.tri- .ur I. prix' I. production des des .uby.ntion•• ux confo~nt .ux dir.ctiy •• du bution, , capri. fort.. • r.ch ide.; Y.nt. de. engr.i. engr.i., lib6r.li.etlon lOP •• uby.ntion li.it'- • .ubyention. uniqu...nt contra .. pic.. ; deci- des i.port.atlon••t pri- 24 fr.nc. CFA/kilo pend.nt I. ca.- .ion de ne p•• f.ire fin.neer y.ti.etlon de I. di.tri- p'gne 1&ee/87 I . . .uby.ntion. per I. Tr6.or bution d'.ngr.i •• Y.nt et de capt.r uniqu...nt .ur I. c ••pegn. 1888/90 I . . .ubyention. fin.nc", p.r des don••xt.rn.. dur.nt I. ca.pagne 1885/_ Sect.ur .r.chides Int.rYention .xc... ly. de Liquidation de I. SONAR, orga- S. R6ductlon progre•• ly. du A Stock c.ntr.1 de .6curi~ I i.i~ ...... • 60.000 tonn.. dur.nt I. c ..pegn. \J'I l'Et.at d.n. I. di.trlbution nl ... per.publlc qui Slir. I. .tock c.ntr.1 de a6curi~ -...J des _nc. . .t I. c_r- di.tributlon des lntr.nt.; de _nc.. d'.r.chides 1&ee/87 ci.li •• tion des .r.chides r6duction du .tock c.ntr.1 de condui •• nt A un. lourde _nc.. d'er.chides de 7. Lib6r.li ••tion caplet. A C....tion de I. di.tribution gr.- ch.rge pour I.. fin.nc .. 120.000 • 100.000 tonn•• dur.nt de I. di.tributlon de tuit. de _nc.. ; I. . .grlcul- publiqu... f.ibl .. prix' I. c ....gn. de 11186/_. j I i.i- _nc. . . p.rtir de I. t.ur. yont con•• ry.r I.ur. propr.. I. production ••tructur. n.tion des t.ax.. pr'l.y'" .ur c'.p'gne 1&ee/87 .e.enc.. ou I . . .chet.r .u prix .t ge.tion peu effic.cea I .. prix' I. production pour de r.yi.nt .ux huil.ri .. des huil.ri .. , , capri. I.. _cea et I. . .ngr.i. 8. EII.in.tion de tout. cou- A fort.. .ubyention. de Y.rtur. g.r.nti. des coOt. Pr'per.tion et .x6cution .Y.nt "Et.at pour couYrir I .. R6ductlon de _iti' de Ie cou- fix.. de. hull.rl .. juin 1&ee d'un progr.... d'.ction coOt. direct. Y.rture g.renti. des coOt. ....nci.r , capri . . . .ur•• pour fix .. des hull.ri .. 8. R..tructur.tion des hull.- RI .Ider I . . .grlcult.ur•• con.. r- I.ri •• p.r fu.ion de y.r I.ur. .e.enc.. d.n. de bonne. Au.,.ent.tion du nabr. de SONACOS .t SEIB condition. n"oci.nt. priy6a .,.nt per- .i. d'.chet.r des .r.chide. Mi . . . u point d6finitiy•• Y.nt •• r. 1887 d'un contr.t-pl.n .yec I. nouy.ll ••oci'~ I•• u. de I. fu.ion d. SONACOS .t de I. SEIB "0\> I» ::I (IQ::I ID ID =< -..lID ..... ~ (.uite) Prlnclp.ux probl .... ....ur•• prl ... ....ur.. pNyu•• CaU- Action. I .uiYr. 'con_1 QU•• p.r Couyern...nt per Couy.rn...nt pori. .t c.l.ndrl.r I. EnCOur.:-{:nt•• u .ecteur .Aricol. .uite) R'fon.e. in.titutlonn.ll .. F.lbl .... in.tltutlonn.ll. Liquidation 0. I. STN 10. Pour.ulte 0. la r..truc- P EI.bor.tlon difinitlY. 0. I.ttr. 0. pl.nlfic.tion. proor• .- tur.tion .t du d6unoa- 0. .i •• lon 0. SODAGRI, SOOEVA • ..tion 0.. inyeetl._te. R..tructur.tion 0. I. SOOEVA. g..-nt 0.. oro.ni .... 0. SOOEFITEX. SOWIVAC ay.nt budPt i ••t Ion. .tet I.t i qu.. y cOlipri. I ic.ncl_t 0. diveloppeMent rural .. r.l888 66 • du per.onnel Interyentlon .xc... iy. 0.. 11. R...forc...nt 0.. My.... P oroenl .... 0. diy.lop,...nt R..tructur.tion 0. la SAED. dont di.pou I. Mlnl.tir. rural dan. I. . .cthlta 0. et .ion.teure d'une lettre 0. du diYeloppeMent rur.1 production; effectlfs pl6- .I •• ion pour pl.nifi.r, progr_r thorlqu.. ; obJectlh .. I I .. lny..t l . _ t e et cIMini. conciulAnt I louro. .x6cuter I.. budgete charge pour fin.nc .. publlquee II. RMon.e 0.. .tl.,l.nt. intlu.tri.l. ...... V1 00 ....ur.- a!n!r.i .. Str.tegle centr'- .ur I. r..- EI.bor.tlon d'un y••te pro- 12. Diel.r.tlon publlqu. du P Annonc.o. la nouy.ll. politique pl.c_t 0.. importetion•• o r - 0. rMon.e 0.. .tl.u- COuy.r.......t portent .ur lndu.tri.ll •• Y.nt I. dibut niy.. ux 'I.y'- 0. pro~ion. I.nte indu.tri.l. I.. prlncipaux " .....te 0. f'yri.r 1888 d6cour.o-t 0.. .xporte- I. nouy.ll. pol itique tion•• encour.o-t 0.. Indu.trl.ll. i.,ortetion. fr.udul ...t.. et coOte .ccru. pour 1'6con_i. la. Pr~r.tion d'un pl.n p Ach~y...nt du Progr_ d·.ction d'.ctlon diM I I I' pour la I I. fin juin 1088 "rioo. julll.t 1888 - d6c_br.l"8 Protection Prollf'r.tion d'.y.ntegee 810c.ge 0. I. II.te 0.. produlte 14. R~uctlon 0.. niy.. ux A Pr'par.tlon d'un nouy.. u proj.t .p6cI.ux (.xon'r.tion., contingent'- ou o.Y.nt rec.Yoir .baolu••t rel.tlfs 0.. 0. coo. terlf.ire en Juillet leee exe.ptlon.) qui f.u ••• nt un••utori •• tion pr'.I.ble et r..trlctlon••ur , .. l.,or- et .doption par I. Couyern...nt I••y.t'-e 0. .ti.ul.nt., .uo-ent.tlon 0.. contingente t.tlon.; 'Iimin.tlon pro- d'un proj.t 0. coo. terlf.lr• • ncour.gent I. . . 1location. .n leee Or.-.iy. 0.. .utori ••tion. juo' ••tl.f.l •• "t p.r "A ••oci.- erron'-. d·iny ••tl .....nt•• pNaI.bl .. d·i.,orterj tion .y.nt octobr. 1088 (condition '"d> I» ::s r~ui ••nt I•• r.c.tte. 0. "i.in.tlon or.du.ll. 0.. du dibloc.pe d. la d.uxl ... (JQ::s l'Etet.t clutent ch.r I r..trlctlon. qu.ntitetly.. tr.nch.) 1'1) ~ .dmlnl.trer d' illlportetion 001'1) ...... PAS II (.uite) Princlp.ux probl .... ....ure. pri ... We.ur.. pr'vu•• C.W- Action. 1 .uivr. icon(lflliqu •• p.r Gouv.rnement p.r Gouv.rnement sorl. .t c.l.ndri.r II. RMor_" .tilaul.nt. indu.trl.l. (.uite) P rot;eetl on Eli.in.tion de I'.utori •• tlon 11. R4oductlon .t h.r.oni •• tion A EIi.ln.tion .v.nt Julll.t 1888 prial.bl . . . l~rtation. de g40n'r.l . . . . droit. de . . .utori ••tion. pr'.I.bl •• certain. bien. non prodult. dou.n. pour c.rtain.. c.tigori .. de .u SIm't.1 1 ca.pter de produit. d.n•• u ~ln. un aec- j .nv i.r 1888 18. Utili ••tion e'n'r.li .... A teur (I d40ter.in.r .n con.ult.- du .y.t-.. de droit tion .vec j'A•• oci.tlon), Adoption par I. Couv.rn.-nt co..un d'un .-no...nt .u code . . Ex.~ .v.nt fin 1888 . . con dou._ r4IcIui .. nt I.. bar..... 17. R'vi.ion du Code E v.ntion ••xi.tant.. .vec .ntre- .ur 11 c.tigorl .. de produlta d'inv..t i . _ t prl ... prlv.....n vue de I.ur r.nllgocl.tlon 'v.ntu.1 I. d.n. I. Abandon du .yatl.e . . Con- 18. R-.pl.c.-nt du r",i_ A c.dr. de contr.int.. 1",.1 .. vention••piel.l .. .xlatent de re.bour • ...nt• . . droita de dou.n. par Adopt Ion du nouv •• u .yatl.e de ..... \.n Adoption du principe r.vi •• nt . . re.bour_ta re.bour....nta . . droit. de I. r'tl- de r.bour_t . . droita de dou.n. tranaf'r.bl .. dou.n•• v.nt Juillet 1888 '" 1~. Subvention. . . .xporta- A Adoption du nouv.. u .y.t-.. de Adoption du principe .odl- tation. fond4oea .ur I. .ubv.ntion .ux .xportatlon. fi.nt I. r'tl_ de .ubv.n- v.leur .joutie .ux prix fond40 .ur v.leur .Joutie .ux tion . . .xportation. pour frontiir. prix frontiir •• v.nt Juillet 1888 I. fonder .ur I. v.l.ur ~nd It Ion de d40b Ioc.. de I. .joutie indu.trl.ll . . . xi ... tr.nch.) cour. Internatlonaux (ontr.l. p.r I. Couv.rn..-nt (ontr.l • •xc... if conc.rn.nt : 20. EII.in.tion progr... lv. P Ex~ .v.nt fin 1888 . . ~ niv ..ux .t .tructur. de. prix; . . prix indu.trl.l. con- litie ad.lnl.tr.tiv.. d.n. I • ad.lnl.tr.tion . . lnv..tl ...- tr.l_ in ta~. _ cadI'. de I. 101 du tr.v.11 r'tle- _ nta; et 101 .n .. tll\r. de _urea pour r4odulr. I. _ntant I. recru~t. I. licen- •• I.ir. protection d.n. I . . aec- cI.-nt et I .. contr.ta de tr.- taur. r •• pactlf. v.11 te.por. I r. :~ ClQP /I) /I) \0/1) >< ..... ~ (.uite) Prlnclpaux probl .... ....ur•• pri ... .... ur.. prjvu•• C.te- Action• • •uivr. 4Ic:on_iqu.. p.r Couv.rn...nt p.r Couv.rn...nt pori. .t c.l.ndri.r II. Rjfo~ de. ati.ul.nta ;ndu.tr;.la (auite) Contral. p.r I. Couv.rn...nt 21. Si.,lific.tion de 1·.dMi- E Prjpar.tion de ..aUI''' pour niatr.tion du Code d·lnv..- .ncour.ger I. creation ti ._nt et de. .6thodee d· ..ploia par industri . . . de pe ... l ••xportation/ forte inten.iW de .. in-d'oeuvr. i.,ortation gr'c•• reduction de. ch.rges .0ci.l . . . I. fin 1V88 22. Encour.g..ant de I• .obl- P I iW de I . . . In-d·oeuvr. Autr.. ..aur. . . identlfi.r d.na (recrut...nt direct par I. Progr.... d·.ction .-ploy.ur., interv.ntion plu. r.pide de. bur.. ux du tr.v.il. interprjtatlon plu••oupl. de. r"l ...nt. collectif. de lic.nci ...nt .t renouv.ll_t de. t-' <:;:J\ contr.t. • te~) '=' 23. Encour.g..ant . . . iI I.ur. P productlviW C.u;.enta- tion de a.l.ir. Ii . . .ux progre. de productiviW, .bei.-nt de. ch.rge. aoci.l .. de. Indu.tri . . . fort. lnten.1W de .. in- d'oeuvre) III. A.6110r.tion de I. qu.1l U aui nv..- tiaa...nta publica Rjfo~ in.titutionn.ll. Ral ••xc••• if de I• .obi li- Achev ...nt d·un. jtude ~.ill" 24. A.6lior.tion .uivi A EI.rgi .....nt du .yate.. de .uivj •• tlon de r•••ourc••• xtern•• du .y.te.. de progr.... tion .t fin.nci.r de. progr..... de I. dette .u niv•• u de. proj.ta .ux djpen. de I·.ffect.tion d. budoeti ••tion de. inv •• ti.- d·inv ••ti .....nt et li.i- .n juin 1988 de. r••• ourc•• .... nt••t .doption d. reco.- .on d·info ....tiqu•• u ..nd.tion •• ur rjfor.. .y.te.. d••uivi de I. in.titutionn.ll. dette t-' PAS II (.ulta) Prin~ip.uxprob' .... ..ur•• pri ••• .e."re. p,,'.u •• c.t..t- A~~lon. I aulvre 6con_ique. p.r Couvern...nt p.r Couvern...nt !lorie et calendrier III. A.6lior.tion de I. qualiti die inve.- ti ••ement. public. (.uita) Refor.. In.titutlonnelle 1_ Environn...nt peu ••tl.f.i- Reoroanl.ation du Mlnl.~re du 26. Introduction d'un nouv.. u P •• nt de polltlque et pl.nl- PI.n et de I. cooper.tlon I .,.~ pour ..ti .. r 1_ fic.tion parti r de j.nvier fr.l. de fonctionn...nt Coordin.tion intar.lnl.- terielle In.uffl •• nta PrOlr .... tlon de. inv_ti •• _ t e ObJectif. d·inv_ti .....nt Reduction ~ objectlfa d'!nv_- 2&. Mi .. en pl.ce d'un pro- p Prepar.tlon du proJet de proor.... trop a.bitieux et or.nd t i . _ t public de 1186-89 I or.... d·inv_ti .....nt trlenn.1 1187/88-118t/to .v.nt n_bre de proJete non 6co- niv..u c_p.tlble .vec c.dre et d'un .,..~ con.ollde Juln lt8S et .on e • ..en •• tl.f.i- n_lqu_ Mcroecon_ique de budgiti •• tion I horizon •• nt par I·A••ocl.tlon (condition .obi Ie de trol ••n. I de debloca. de I. deu.l_ ...... 0- Neuv.l. cholx et ev.lu.tion £.ploi ~ Proor..... d·.ction p.rtir de 1187/88 trenche) I-' ~ prolet. priorltalr_ pour priper.tion du PI.n de 1186-89 .fin de 27. PI.ce princlpale .ccor06e P Ex..en. peu frequent. con- choi.ir projete prlorltalr_ I renov.tion et entretlen dul •• nt ••ccUMUI.tlon de di.tortlon. Priper.tion du proor.... 28. Cri~r.. plu. pr6ci. E d·lnv_tl .....nt blenn.1 d·.n.I,... technique, 6co- Crl~r_ de cl ......nt ~ 1185-87 et .on e • ..en p.r n_lque et fln.nci.re ~ projate peu cl.lr. I. B.nque projete IV. Refor-. .ccelere. du sectaur p.r.public O..ena....nt P.rticipation e.ce•• lve de Adoption d'une nouvel Ie decl.- 2t. O'.eno.o---nt ou RI Adoption p.r l'Etat .v.nt l'Etet • 1'6con_le dont 1_ r.tion de politlque aectorlel Ie liquid.tion d·entrepri.e. Mr. lt8S d'une I I.ta d'entre- coOte .ont ex.cerbft p.r Ie et d'un nouv.. u Proor.... pri.e•• priv.tl .. r ou • Ilqulder tr.ite..nt .p6cI.1 .ccord' d·.ctlon en lt8S .u secteur p.r.publlc (.ub- venti on•• e.oner.tlon•• L1quid.tlon de I. SONAR et de o.r.nti .. de detta, etc.) I. STH et r_tructur.tlon d'.utr" entreprl ... per.- publlque. "d> I» ::l ()Q::l ID ID >< I-'ID I-' I-' e!!.1! (au Ite) Prlnclpeux prob ..... Maur.. prl_ Maur.. pr6vu.. C.t6- Action. i .ulvr. 6c:onOllIQU" per Gouv.r_nt per GOUMr_nt pori. at c.l.ndrier IV. RMo .....cc"6r_ du eecteur p.r.public (.ulte) O...n'. . . .nt R6ductlon da aubv.ntiona indi- rect.. (per .x..,.l ••ubv.ntion au cerbur.nt • I. SSELEC) at .u.....tetion da bar.... R6novation M.uv.i . . .ffectetion da Mi .. .n plac. du a,aw.. • 80. All61 ior.tion • gatlon E Info .... tl ••tlon • I. ba.. da lnv..tia_te, felbl. contr.t-pl.n at ca.unlc.tlon da donn'" .ectorl." . . .v.nt fin .tfic.cit6, .. unl .. ,.rlor- donn'-a .ectori.ll .. 1181 ..nc• • 1'6pergn. at du Sign.tur• • contr.t-pl.n .vec budget SQNE£S at SOTRAC at • I att ... al. Pr6c:i.lon da opir.tlon. P AJu.~t dMinltlf .v.nt Julilat • • 1•• lon nec SAED .nt... Etet at aecteur 1181 da .rri6rn r6c:lproqu. . .t CoOte at ,.rt.. .xc..alf. per.publlc progr. . . . . . r6gl ...ft~tjon • fonctionne.ent (••au.6a R..tructuretion du Secteur da ..... per I. Trnor) poat.. at t616c:a.unic.tlona a2. All6llor.tion gatlon da P MI . . .u point dMlnltlv. da a- N (octobr. 1"&) r.l.tlon. contr.ctu.ll .. lattr. . . . Iaalon ou da Arri6r" conaid6r.bl.a • da .ntr.prl_ per.- contr.te-pl.na • SOOAGRlj p.i_t i 1'6gerd da Alu.~t provl.oi ..... publiqu. . .vec l'Etet SOOEVAj SOFEDlTEX, SOt.IIVAC, .ntr.,ri ... at du eecteur .rri6rn r6c:iproqua at pro- SENELEC; SONADIS (.. r. 1181), banc.ir. poaition• • rit'_t aa. All6llor.tlon du contrl'. E OPCE, SONATEL, SICAP, OHUI da .ntr.pri ... (fin 1181), SONACOS/SEIB Contrl'. at .uivi (.. r.l"7) .xc..aifa ou lnauffia.nta du .ecteur at • •on i.pact Etu. da 1IOd.1 i tie • aur 1'6c:onOilI. r..tructur.tion da in.tltution. fln.nci.r.. publiqua .v.nt M.uv.ia. gation da fin 1181 .ntr.pri_ ~5" OQ ::l n> ~ ..... n> N ..... ~ (.uit.) Prlnclpau. probl .... Iie.ur•• pri ... ....1.11'_ prevu.. C.te- Action. i .uivr. ltconOlliQu•• Par Couv.r~~~ par COuv.l'n...~~ Aori. .t c.l.ndrl.r Y. R.liv...nt de. fin.nc •• publigu.. Suivi d.n. I. c.dre de Recett.a I'.ccora a; con'ir••tion du FYI Recul du r.tlo fl.c.1 .. Igrl Aue-nt..tion de. l.,at. et des a4. SI.pllflc.tion du Code E Pr6aent.tion du r.pport du COIIiti t..ux nOllln.ux II.via prix dan. I. cadr. de. pro- flac.1 .fln d'en II.rgir fi.c.1 en Juillet I . . et .1_ .n g r _ de .t..bl I I•• tlon avec 1· ••• I.tt. oeuvre ultirleure des rec_n- Exonir.tlon. et .x.-ptlon. FYI (1880/II-lgel/&e) d.tion. lig.l . . .xc... iv.. al. T.x.tlon des bien. 1.-0- E Rifo ..... de I·.dltlni.tr.tlon bill.r. d.n. zonea Ach~v_t de I'itude de f.I •• bl- Ev•• ion flac.l. (nota..ent et de I. cQllPtablliti du .ec- urbain.. liti du cad••tr. fl.c.1 de I. fr.ude dou.ni~r.) teur public rigion de D.k.r, .v.nt fin H. Riduction et h.NOni ••- P _pte.br.l. . F.lbl .... de I·adltlni.tr.- Renfo~t de I. gestion tion des droit.. de dou.n.. tlon fi.c.l. (n.-br••xc..- fin.nci~r. de I. CPSP pour pour ridul re I. fr.ude Ach~v_t du progr.... de recou- • If d·i.,lt. i f.lbl. ren- ••• urer pal ...nt opportun et II.rllr I· ••• iett. vr_t des .rrllria par I• ~nt, coll.bor.tlon des droit.. de dou._ .ur rlz CPSP et _ur.. pour •• llor.r I. In.uffl •• nt. entre dlv.r. 1.,0", et recouvr_t des a7. Infor..tl ••tlon des It..t.. P ,..tlon technique et fln.ncl~r. _rvlc.. , c.renc.. de for- • rrllrla dou.ni.r••fln de con- de I. CPSP .vant fin Juln 1. . I-' ..tlon et de ,..tlon, trll.r I. fr.ude a- non Iv.lu.tlon de c.rt..ln. Arl'fot de I. pr.tlque .nte- w 1.,lt.., par .x..,l. i.,at.. rleure d'.ccorda .ubaldi.lrea al. R.-bour_t cOllplet des A foncl.r. dan. zone urbalne) tr.nsflr.nt .ux entr.prl ... . _ d_ .ux dou.n.. I. . .v.nt.,.. du r66chelonne- par I. CPSP _ t de I. dett. Fr.i. de fonctlon~t NI v.. u ".vl et en .ue-t..- Bloc... des effectif. de I. ai. An.I,_ sector I. I I. des E Ach"v_t de I'itude des fr.i. de tion r.pide des dipen... en fonction publ ique en 1ge6/N dipen... de fonctlonn_t fonction~t en juillet 1. . per.onn.1 pour ... 110"." I. . .ffec- Li.it..tlon des ,..I_v_t.. de t..tlon. _to,.I.II .. et PI.n de ,.iduction des .ubvention. Hiv.. u II.vl des .ubv.ntion. ..1.1,.••ux aue-ntatlon. fonctionn.ll .. budgitai,.. . .t .lloc.tlon. p.r et des t,..n".,.t. .1.1 _t.u,. pou,. .ncl.nnet6 (4-6 I) .n binifici.lrea i .ou.wtt,.•• v.nt pa,..public 1ge1/N 40. Riduct Ion de 60 I des .ub- A Juln 1. . v.ntion. budgitai,... en Affect..tlon In.uffl •• nt. Pa,.ticip.tion de I. co.au- 1~/80, par ,..ppo,.t i des rea.ou,.c.. budgit..l,... n.uti (redev.nc.. d'u....,.) 1ge6/N .ux inv..tl ••...nt. d'en- .ux .oln•••nti p,.l .. i,.•• , tr.tlen (f,..i. de fonc- .1_ en pl.ce en 1886 tion_nt) '1:1> III l:I (JQ ::s ID ~ I-'ID W I-' e!!..!! (.u I te) Prlnclp.ux probl .... ....ur.. prl ... ....ur•• preyu.. C.t4- Action• • •uhre kono.lQII.. p.r Couy.rn...nt p.r Couyarn...nt lorl. et c.landrl.r v. R.ley... nt des fin.nce. publigu.. (.uite) Fr.i. de fonctionnement ~ui~ R.... rr...nt du contra I. 41. Ell.lnation progr... ly. A Propo.ltlon. de ela•• lfle.tlon fin.nci.r .t dkl.lon de des .ubv.nt Ion. fonctlonnalle des .ubventlon. r~u I r. I. . .ubvent Ion. et Indirect.. direct.. .vant fin Juln lteej tr.n.f.rta aux .ntr.prla.. .xkutlon d.n. I. budget pour par.publ iqu.. 42. Pour.uite de I. r~uc A I'.x.rclce 87/88 tlon de I. f.cture •• 1.- ri.l. et .tablll ••tlon No.br. de fonctionnalr .. ne des effectif. de la fonc- devr. pe. d.\pa... r I.ur nh.. u tion publiqu.; .-'Iior.- du 16 jull let 1186 (70.114) tlon du contrala de la dotation .n fonctionn.lr .. Identlfic.tion et ax..en des .ubventlon. Indirect.. .v.nt fin juln ltee; tabl .. u de bord .Y.nt fin octobre ltee R.pport entre •• I.ir. . .t tr.it.- .... ..nt. et recett.. ii.c.i .. (.utr.. '" .p. que don.) n. dolt p•• d.\pa... r 58 ,. .n 1186/_, 61 ,. .n ltee/87 et 48 ,. en 1187/88 Fln.nc...nt des Iny..ti .....nt. D6pend.nc••xc... iy••ur Iny.ntaire des arrier" due 41. Rile l...nt des dett.. n.tt.. A P.I ...nt de 4 .illl.rd. de franc. fin.nc...nt .xtern. des p.r l'Etat .ux eecteur. priye. de I 'Et.t • I ''s.rd des CFA .ux .ntr.prl ... prlv..- et iny..ti .....nta entr.pri ... priy," et du de 12 .1 II i.r• • u eecteur ben- R~uction des arrier" intern.. .ectellr b.nc.ire c.1 r. en 1186/_ et de 10 et Inc.pacit4 ••••ur.r •• r- .ux .ntr.pri . . . .t .ux banque. 12 _illl.rd. respectiv...nt en vic. dette. Eco_l. prh.. (d.n. la e.dra de progr..... 44. Aue-entation de. r...ourc.. 01 ltee/87 eonfo~nt .ux erit4r.. de fin.nc...nt • c.u.. d·.eeord de eonfinaation) .t bu~irea pour Ie .. ryice Indlqu" d.n. I. LOP .ccUMul.tion d'.rriere••ux org.ni •• tion de leur liquIda- de la dette .fin d· ... llo- .ntr.pri . . . .t .u .ecteur tion progr... ive rer eap.clt4 d·.ndett...nt Au ...ntation de 10 ,. par an de benc.ir. I'.ffectation bu~ir•• u CAA 46. Ral ••ccru de. benqu.. E .ntr. ltee/87-1I8f/80 n.tion.I •• dan. I. fin.n- c...nt des iny••ti .....nta Etude des -yen. dont di.po.. I• • ecteur b.ncai r. pour recyel.r I.. 48. A-'Iior.tion de I. ge.tion A r •••oure.. Inject4e~ per !'Etat at de I. perfor..nce du grlca .u rembour....nt d••• rri'- •• ryice da la dette re•• v.nt jui II.t 1988 I'd> Reglement da tou. I.. arrier'. d. : 5 ~ ~ datte axterna .v.nt jui I lat 1988 .... .p. ~ .... ~ Banqua mondi.'a. R.pport du Pr'.ident (No P-4213-SE) conc.rnant la PAS II an date du 10 janvier 1988. PAS III Evolution et proar" recent. ObJKtif. dan. cadre PAS II ~ Cat:6qorle I. o..tion dee r... ource. publigue. I •• Secteur parapubllc R4dulre la dl ..n.lon du eecteur pera- Adoption per l'Etet de I. I i.te d'entre- 1. Renforc_nt de la geetion et du c.dre ina- P public et a_llorer l'efficaciW. I.. pri ... t priYati.er ou t Ilquider et .i .. titutionnel (CESP et CCP) de I. r'forMe iny ..ti •• _nt. et la perfo ..... nce de .u point d'une _thode de priy.ti.ation du eecteur perapubllc Uuin 1"7) I"pergne dee entrepri ... pera- publlqu.. arlce t : Reetructuratlon et dieengaa-nt dee 2. PrlYatl.ation d'un pr.. ier groupe de RI org.ni .... de 6iyeloppeaent rural 10 entreprl_ publiquea/.lxtee - on.ngaa-nt de l'Etet. (..pt..bre 1"7) et Identification Liquidation de 8 SEM et de e EP d'un autre groupe de 10-17 entrepri_ - reetructuratlon de certein.. publlqu.. t priYati .. r (dieeabre 1"7) entrepri_ Fu.ion SOFIDAK-CSCE pour proaotlon de. expo rtet ion. 8. Liquidation de neuf $EM et EP RI - "'lioration de la geetion et .tructurel'_nt non rentebl .. reepon.ablllW dee entrepri_ Etude dee terife dee entrepri_ publiqu.. (die_bre 1"7) et on.ngaa-nt publlqu.. , de la planiflcation et progrea.if de .Ix entreprl_ publlquea du contrl'e interne, t-" - .i.,llficatlon dee relation. entre 4. Exicution d'un progr.... de y'rlflca- tlon et plan. de r..tructuratlon de A '" IJ'I Etet et entreprl ... et tran.pe- plu.leur. entrepri_ rence a_I loNe dee rapporte financier., et 6. Nouyelle diflnltlon du rIle et dee P reepon.abill~ du Con .. 11 d'ao.lnl.- - rifon.ee du cedre In.titutlonnel tratlon dee entrepri_ publlquee de .uhl dee entrepri_ publiqu.. (..pt.-bre 1"7) e. Mi .. en oeuvre d'un progr.... d'actlon A pour renforcer I. pl.nification interne dee eoci~, I. . .,~ de contrlle de geetion et la cOilptabl IIW flnancitre dee entreprl_ (t pertir de jul I let 1"7) ;:~ ()Q =' I'D ~ t-"I'D IJ'I t-" lli..!!! (.ulte) Eyolution at progr•• r'canta ObJectih dan. cadre PAS II PAS III C.Wgori. I.a Secteur parapublic (.ulte) 6 • de r~uction de•• ubyentlon. dlrectea 7. Subv.ntlon. aux entrepriee. publique. A aux entreprl.e. pUblique. en 1986/87 par r~uitea durant exercica. 87/88 et rapport i 1886/88 88/8e i 86 et 70 • de. nive.ux de 1"6/88. Tr.naforeetion de• • ubyention. indirectea en .ubvention. dlreetea ch.que foi. que po•• ible EI.bor.tion de contr.te-pl.na ou de 8. Renforce.ent de I. pr"'r.tion et. du P Iet.tree de .1 •• lon pour un certein nOlibre .ulvl d'ex~ution dB contr.te-pl.n. : d·entrepri .... !WItln.ire .ur Pex~ c.lendrler de pal...nt dB obllg.tlon. rlence dB contr.te-pl.n. fin.nciir.. de l'Etet Qui I let. 87); obaerv.tlon dB obllg.tlona fin.nclir.. dur.nt I. . . Ix pre.ler• .01. de I'exer- clce 87/88 (nov..bre 1188) A.6lloration de gution et notlflc.tlon t. S1.~ d'lnforeetion pour proJeter et. P dB donn... aectoriell .. p.r Couyern...nt .ulvre I.. flux fln.ncier. entre I-' Q\ 1 co.pri. Inforeetl •• tlon du .,.~ Etet et. entreprl_ publ iqu.. Q\ d'lnforeetion .yee donn... hi.toriqu.. (dllceMra 1"7) Juaqu'en ~..bre 1886 AJu.t...nt dee .rri'r'- r~iproqu.. entre 10. AJu.te.ent dB .rrl'r'- r~lproqu.. P Etet et. entrepri ... publ iquea ju.qu·.u entre Etet .t entreprl_ publlqu.. de ao juin 1"6 f.brlc.tlon et. de co..erce Ju.qu·.u 80 juln 1188 et .ccord de pl.n de rigl_nt (octobre 1"7) Etude pour . . I iorar .,~ de .uivi 11. PI.n .cc~pteble pour 'Ii.iner I.. con- P dB entrepri ... publ iqu.. par l'Etet trll . . . priori .ur ,tebli • .-nt. publ ic•• v.nt IttO Qui I let. 1"7) 12. Etude capl"'nteire pour r'fo,...r Ie E .,.~ de .uivi dee entrepri_ publ iqu.. par I·Et.t (aepte.bre 1"7) ~~ CI ()Q II) II) 1-'11) >< Q\ I-' PAS III (.uite) ~volution .t progr•• r.c.nt. ObJectifs d.n. c.dr. PAS II ~ C.t6gori. l.b Pro'r .... d·inv ••ti .....nt. pub lea Porter i I·opti.u. I·.ffect.tion de. Pr'p.r.tion d'un pl.n d'inv ••ti .....nt. la. Pr'p.r.tlon .t .x...n p.r "A••oci.tion P r•••ourc••••tern•••t intern•• d.n. public. de trois .n. (1987/88-1989/~). d'un PIP de trois .n. pour 1988/89- un c.dr. . . croicon~iqu••t eectori.l; E....n du progr.... p.r l'A••oci.tion 1~/91 (d6c. .br. 1987) f.lr •• uu-enter I. c.paclte d'.beorp- tlon d·inv ••ti .....nt.j ... 1101'.1' I"v.lu.tion, I. chol ••t I. budg6- ti •• tion dee proj.t. et I"v.lu.tion Pr'p.r.tlon d'un pl.n d'.ction i .o,en te .... pour ••6cuter I.. r"o~ In.tltu- tionnell .. de I. pl.nific.tion, de I. pro- 14. Pr".nt.tion .u Con •• il .up6ri.ur du PI.n de I. proposition de 1'''0 .... du de pl.niflc.tion (juln 1987) .,.tiM p dee d6pen_ de fonctlonn_tj et gr....tlon et de I. budgeti •• tion dee renforc.r I••upervi.lon de 1' ••6cu- inveeti .....nt. public. 16. Achev ...nt du guide d"v.lu.tlon de. E dee proJ.t. projet. (juln 1987) A.6lior.tlon de I••upervi.ion fin.ncier. le. du .,ete. du progr.... d·inv..ti.a...nt .t ••ten.ion du projet de .u iv i dee dettee .u nh .. u Tr.n.f.rt dee r.. pon •• bilit6e d'identlfl- c.tion .t de pr'par.tlon dee proJete .u. Mini.ter.. techniqu.. , de d6v.lopp..-nt A rur.I, d'.II ..ntetlon en .. u, d'6quipe- I-' ..nt, d'6duc.tlon .t de •• nte ("I'. 1188) CJ>. -...I 17. Doc_nt d6flnl ... nt I.. crlte,... et P _thodH de choh dee proj.te et I.. _thodH de fonctionn ...nt du C~lte du choh dee proj.t. (juin 1887) 18. Ml . . .n oeuvre du .,.tiM de .uivl I nforMti .. de 1' ••6cution ph,.ique et A fin.ncier. dee Inv..tl ••_ t a publ lea (juln 1887) 19. R'for.. de I. ta •• tlon dee proj.ta fln.n- A c'. de I' ••terl.ur (.....nt de I. 1'''0 .... fi.c.i.) 20. Etude dee per.pectiv.. de d6v.lopp..-nt E i long te .... du 5'n4lg.1 (te ..... de r.nee en juin 1987, .chev...nt en 1'''''' Juin 1988) ;:~ ()CI =' II) ~ 1-'11) -...I I-' PAS III (.uite) Evolut.lon et. progr" r4e.nt.. ObJect.ifa den. c.dr. PAS II ~ C.Wqorl. I.e Fin.nc.. publigu•• ~llor.r I••• t.i.ul.nt.. 4eono.iqu••• P~p.r.t.ion et. p~eent..t.ion .u Couv.rn.-nt. 21. Ex4eut.lon de I. preMl.r. ph ••• de I. A R'tablir I·'pergn. publlqu. grSce 1 de I. r'forea fl~.I. (pre.i.re ph...) r'forea fl.e.l. : .ppllc.t.lon du nouv•• u r6duet.ion de '·'v•• lon fl.c.i ••• u.- vi •• nt. 1 "'Iior.r I •••t.i.ul.nt.. 1 I. Code fl.c.1 "n'r.1 (.vrll 1187). '11.1- _ntat.lon . . rec.t.t.ea fl.c.i .. et. product.ion .t. .ux Inv..t.i .....nt.., 1 n.t.lon . . .xeMpt.lon. d'l.plt.. et. droit.. reat.ruet.ur.t.ion . . fr.i. de f.onc- 'I.rglr I· ••• i.t.te. 1 redulr. I"v•• ion de dou.n. . .ur I .. proJet.e fln.nc" de t.ionn.-nt.; .1 . . .u point. de pr'vi- fi.c.l. et. 1 "'Iior.r I. r'pert.lt.lon . . 1·.xWrl.ur (J uillet. 1187) .Ion. fin.nci.r.. plurl.nnu.ll .. revenue 22. Pr'per.t.lon .t. .x4eut.lon de I. deuxl'" A Et.ude pilote du cad••t.r. fl.c.1 de I. ph... de I. r'forea fl.c.l. : 4t.ude de r'olon de D.k.r I·.ppllc.t.lon t'n'r.'. de I. TVA d.n. I • • ect.lon c_rcl.l. (d4but. de 1188); P~per.t.ion de I. rior •• nl ••t.ion de I'ad.inl.t.r.t.lon . . dou.n.. et. Infor.a- t.l ••t.lon . . ~t.. dou.nl.r. .x4eut.ion po•• lbl. d'un 1~1t. "",r.1 .ur I.. r.venu••vec '11.in.t.lon du ..... d·I ..It. cedul.lr. (fin 118t) .y.- WI .. en _uvr. de I. rMorea . . droit.. 28. Pr"entat.lon du nouv.. u Code dou.nl.r 1 RI de dou.n.. et. ~vi.lon du .y...... de .ub- I·A..... I.. n.t.lon.I ••t. r60r ••nl ••t.lon I-' 0'1 vent.ion . . .xportat.ion. du •• rvlc. . . dou.n.. (juln 1187) ex> Inventair. . . . rri'r" r4eiproqu. . .nt.re 24. W' .. en pl.e. du c.d••t.re fl.c.1 de p l'Et.et. .t. I. . .nt.repri ... ju.qu'en juln 86 D.kar (I pert.1 r de 1181) 26. Infor.at.I ••t.lon . . .6t.hodea de pe..... P .n dou.n.. (.eh.v ...nt. .n d4e..or. 1188) 21. Object.lf•• nnuel. du r"l ...nt. . . A .rrl'r" de I·Etat. (Juln 1187, .. Ion I·.ccord,de conflr.at.lon du FMI) "tI> ~ ::l CJ(l ::l RI ~ I-'RI ex> I-' ~ (.uite) EYoiution et progrie r6cent. ObJ.ctifa d.n. cadr. PAS II ~ Cat!aorle I.c Finance. publigu.. (.uite) 27. Waintien de la fonction publique au niyeau A du 30 juln li87 (88.000 fonctlonnair ••) .n li87-88. Riduire la facture .alariale en proportionde. frai. de fonctionn...nt (obj.ctif. pourlil7/88, lil8/8i et lili/iO). WI .. en place d'un .l.te.. d'lnfo,...tion .n .. ti.r. de per.onnel .t a.1 ioration de la ge.tiondu per.onnel (juin lil8) Riduction dee .ubY.ntion. budgetaire. 28. Propo.ltlon. yi.ant I tran.for.er I. . .ub- A di r.ctea. yention. indlr.cte. en .ubYentlon. budge- talr•• dir.ct.. ou I , .. 6li.iner Lan~nt dee Y6rlfication. dee .ubyen- ( ..pte.bre lil7). Continuer I riduire tlon. lndi r.ctea et cony.ntlon •• p6clal .. I. . .ubyention. dir.ct.. en fonction dee entre I. Couy.rn--.nt et I.. entrepri ... obj.ctlf. conyenu. Meaur.. pri ... dan. Ie cadr. de ".ccord 2i. Entreprendr. 1'6yaluatlon et la progra.- E ...... de confl,...tlon du FYI pour ridulre I.. ..tlon dee fral. de fonctionn-..nt dee .rri6r6e intern.. , 6li.iner I. . . rrI6r6e extern.. , riduire I. . .ubyention. budge- nouyeaux Iny..ti .....nt. entrepri •• pr" 'e ler juillet lil8 '" \0 tair.. et li.iter Ie n~re de fonction- n.lre. et la croi ••• nc. de la f.cture 30. Si.pliflcation dee .cdalit'- d'achat P .alarlale (die. .bre lil7) 31. Ac~y--.nt de I' ex--.n dee f ra i. de E fonctionn ...nt pour a.liorer I.. aff.c- tation ••.ctorlell .. et fonctionnelle. aln.l que 1'.fflc.cit6 (.. ra lil8) 32. Elaboration de proj.ctions financi.r.. P plurlannu.ll .. (d6c..br. lil7 .t juln lil8) :~ ::I (Jq lP lP :>< ...... lP \0 ...... ~ (.uite) Evolut.lon .t. progr" ric.nt.. ObJ.ct.ifa d.n. c.dr. PAS II ~ C<!ttn!"!e I.c Fin.nc.. publlgu.. (.ulte) Ueeur•• pour ... 1101".1" I••ulvl aa. Ex6cut.ion de I'I nfor.at.I •• t.i on du .y.te.e A .t. I. geet. i on de I. det.te .xterne de .u i v I de I. det.te .xtern. i lIOy.n .t. i long ter... g.r.nt.i • •t. r't.ro~ (nov..br. 1187); infor.at.i ••t.lon de I '.a-I nl.t.r.t.1 on dee don••t. .ubvent.lon• • xter_ .t. de I. det.te intern. (J u I n 1188) 34. Pr'p.r.t.ion de co.pte. provi.oir.. de I. P n.t.lon pour 1182-88 .n prix cour.nt.••t. con.tant.. (.vrll 1188) a6. MI •••n oeuvre d'un .y.te.e per.anent. de E .tat.i.t.lqU. . .a-ini.t.r.t.iv. . .t. .xicut.ion de deux pet.ite. .nquat..e d.n. I. e.cteur .. rgin.1 (06c. .br. 1188) 38. MI . . .n oeuvre du progr .... pour ... 1101".1" P I-' ..... I . . .t.at.I.t.iqu.. du c_rc••xt.6ri.ur o (06c. .br. 1188) II. A.ricult.ur. 1. Polit.igu.. de prix .t. de .t.i.ul.nt.. "1".. 1. . R4dulr. I. 66~d.nc. d'i.port..t.ion. Pr6par.t.ion d'un progr.... d'.ct.ion de 37. Mi •••n oeuvre du progr.... d'.ct.ion de A .Ii ..ntai,..; Inten.ifi.r.t. div.r.l- 66v.'oppeMent. c.r6.1 i.r portant. ....nt.I.I- 66v.loppe-.nt. c'r.. ll.r, y co.pri ••n p...- fi.r I. product.ion .t. I. . .xport..- I...nt. .ur I .. f.cteur. de product.ion, I. t.icull.r : t.lon•• gricol .. ; ."llor.r I. produc- t.r.n.for.at.ion et. I . . prix - v... ific.t.ion dee co.pte. de I. CSA vlvit.6; ... 1101".1" l'effic.clt.6 de (n .. i I 1187); I'''plo\ dee r ...ourc•• publiqu.. en R4duct.ion de. oper.t.ion. de I. CSA .t. .i .. - .x...n de I. perfor.anc. dee . .rvic.. .ncour.ge.nt. l'init.I.t.lv. du • .cteur .n pl.ce d'un -'c.ni ... de prix pl.nch.r. de t. ... n.for.at.ion dee c'r"'" priv••t..n r.t.lr.nt. l'Etat. d'un. pou .. I .. c..... ,.. ..cond.lr•••v.nt. I. fin 1187; p.rt.iclpat.ion dlr.cte .ux .ct.ivites - •• int.i.n de I. protect.ion du .. Iz i un de product.lon; .t. r4duir. I.. dl.- Ueeu .... p.. i ••••n di ...ct.ion du 66•• ng.ge- niv•• u .uffl •• nt. pour cont.inu.r i p.rites de r.v.nu .nt.r. zone. _to de l'Et..t. dee o,. ... t.ion. d'i.port..- .ncour.ger I. product.lon d. c'r•• I •• urbain. . .t. rur.i •• t.ion. de riz, p.. iv.t.i •• t.ion de I. c _ .. - loc.i .. cl.li •• t.lon intern. de. c..... I.. (p.ddy .xc.pte) '1:1)- III I)Q =' =' I1l I1l >: NI1l o I-' PAS III (.uite) Evolution .t progr•• rec.nt. Objectifs den. c.dre PAS II ~ Cet4gorie II. Agrlcultur. (.uite) C'r'-I .. (.uite) Etebll .....nt d'un. protection no.ln.l. 18. Yi.e en pl.ce d'un .,.~ d'infonaation A .uffi ..nte 0.. ~r'-I .. 0. production .ur I.. prix i "intention 0.. producteur. n.tlonel. et .ju.te.ent piriodiqu. du prix et n'aoci.nt. Ouillet 1817) du riz .u ~tail .n con.ultetion .vec I. B.nqu. R~uctlon 0.••ubvention•• ux sngr.i. con- Ig. Subvention .ux sngr.i. li.it6e i 18 franc. A fo~nt i c.l.ndri.r conv.nu. Y ..ur.. CFA I. kilo pend.nt la c..,agn. 1817/88. prl . . . .n direction 0. li~r.li •• tion 0.. Accord pour .chev.r la li~rali.ation i.portation. d'.ngr.i. confo~nt i I. d.. i.portetlon. d'engr.l. en 1;eQ/80 I. d.te conv.nu••t priv.ti •• tion 0. I. dl.tribution 0.. .ngr.i. ..... ....... ..... Ar.chio.. R~uction du .tock centr.' 0. .icurl~ 0. 40. C.ia.. 0. gar.ntle 0.•• r.chio.. i a'r.r A ....nc.. d'.r.chio.. .ana recours .u budget Li~r.ll •• tion 0. I. di.trlbution 0. 41. Entr.pr.ndr. I"tuo. 0.. .tl.ulante agrl- E ....nc.. et .1 .. en oeuvre d'un progr .... col . . .t ~ter.lnation du .outi.n 0.. d'.ction ....nci.r prix (avril 1817). Ex...n 0.. r6eultet. 0. I"tuo. .vec l'A••ociation .t accord .ur progr.... d'.ction (octobr. 1817) 42. Etuo. pour r~uir. I•• fr.i. 0. coe.er- E clali •• tlon d.a .r.chio.. (dic. .br. 1817) 43. "riflcation et pl.n d'.ction pour P r ..tructurer Ie. in.tall.tion. indu.- triell .. 0. I'indu.trl. d. tr.it..ent 0.. ar.chio.. (•• r. 1818) "'> I\) OQ = = II) ~ Nil) ..... ..... ~ (.uit.) Evolution et progr•• rec.nt. Oblectifa d.n. c.dr. PAS II PAS III C.tegori. II. Agricultur. (.ulte) 2. Credit .pricol. 44. Le Couv.rn...nt d'finit I•• princip.ux P principe. de •• polltlqu. de credit .grlcol. (.vrll 1"7) 46. Le Couv.r~nt .ffectuer. un. ~ude E c~per.tlv. dee progr ..... de cr6dlt .grl- col ••n cour. durant I. pr.. i.r .....tr. 1"7 pour .x.. lner I. niv•• u dee t.ux d·lntertt .grlcol .. , I.....ur.. vi •• nt ,. r6dulr. I.. non pel ...nt. .t I.. coOt. .a.lnl.tr.tlf ••t .x.. lner I. beeoln de ..ttr••n plac. dee -'c.ni .... de g.r.ntl. contr. I.. rl.qu.. I. Dlver.iflcatlon et pr_tlon dee export.tion. I-' -..J 48. D'finir I.. ter..a de r'f'rence de !:; f' N r'union dee inv..tl ...ur. (.. I 1"7) pour .ti.uler 1·lnv..tl .....nt natlon.1 et 'tr.nger d.n. I. diver.ification dee cultur.. d'export.tion de I. v.II'- du Fleuv. Un'e.1 47. SUlvl (Juln 1"7) P 4. R'for..a in.titutionnell .. Pr~r.tion de I. r~rg.ni •• tion du Ylnl.- 48. Yiee en oeuvre de I. r~rg.ni •• tlon du RI ter. de div.lop,...nt rur.1 (YDR) YDR et r.nforc...nt dee .o1en. dont di.- po•• Ie YDR pour progr.... r et bude'ti •• r R..tructur.tion et/ou di •• ng.g..ent d'un I.. inv..ti .....nt. (voir I.b ci-dee.u.) c.rt.in n~br. d·org.nl .... de div.loppe- (I r'.li .. r d.n. Ie c.dr. du Projet de ..nt rural; r'vl.ion et .ign.tur. dee r.nforc...nt et d'org.ni ••tlon du YDR) lettr.. de .1 •• lon de SOOAGRI, SOOEVA. SAED. SOOEFITEX et $OMIVAC ~?i :l'Cl :I III III >C NIll N I-' PAS III (.uite) Evolution .t progre. rec.nt. Objectih d.n. c.dr. PAS II ~ C.tegori. II. Agricultur. (.uite) 6. C•• tion d•• r ••• ourc•• n.tur.1 I•• 49. Aju.te.ent de. regl ...nt•• xi.t.nt••n P •• tier. d'.ffect.tion de. terr •• d.n. I•• nouv•• ux peri ..tr•• irrigue•• fin de f.ci- liter I•• inv•• ti .....nt. n.tion.ux .t etr.nger ••t div.r.ifi.r I.. cultur"j .ncour.ger I'utili •• tion inten.iv. dee terr.. j recouvr.r un. p.rti. dee fr.i. d'equip.-.ntj .t f.ciliter I. rein .. rtion dee fonctionn.ir .. d.n. I••ecteur .grlcol. 60. Preper.tion d'un proJet de decret defi- P ni ... nt I.. rll .. r.. pectih dee collec- tivite. rur.i . . .t du Couv.rn...nt d.n. I. . .ttribution. de peri ..tr.. irrigue. ~ (juin 1917), 1 c~pri. regl ...nt. con- -..I c.rn.nt I '.cc" .ux terr.. per dee W etr.nger•• ux collectlvite..t I'.gro- .Ii_ntei r. 8. Politiqu. d'el.v.A! 61. Le Couv.rn...nt definit •• politiqu••t P ••• tr.tegi. de dev.lopp.-.nt de I'el.v.ge 1 c~pri •• uppr... ion dee contrll . . . ur I.. prix de I. vi.nde .v.nt juin 1917 .t .xecute un progr .... d'.ction pour I. dev.- lopp.-.nt de I'el.v.ge (dec..br. 1987) 62. Eli.in.tion du .onopol. de I. SERAS .ur A I. co.-rci.li •• tion de. cuir••t pe.ux (dec..br. 1987) 63. R•• tructur.tion de I. SOOESP A (octobr. 1917) '"tl> III :I (JQ:I (1) (1) N(1) >< w ~ PAS III (.uite) Evolution et progr" r~ent. Objectlfa dans cadre PAS II PAS III eat6gorle III. Indu.trle! ..plol et c~rce 1. S,.w.. de protection Renforcer la c0ap6tltlvlt6 dee entre- Publication d'una 101 de tarif r6yisie 54. Etude yi.ant • la .uppr... lon en lea8/lt E prl ... indu.triell .. et leur po•• lbl- (aoOt 1188); la 101 appal Ie de nouyell .. dee terif. de pr~I.lon (conclu.lon•• 11t6 d'atteindre I . . . . rch" d'expor- r6for.ee en leal di.cuter ayec I'IDA en ~..bre lea7) tation par I) ratlonali.atlon dee .,.~ de protection; i1) .i .. ll- EII.inatlon dee reetrlction. quantltatlv.. 66. EII.ination dee derni'r.. reetrlctlon. A ficatlon du cadre de r6gl...ntationj .ur tou. I.. produit. non "abor6e au quantltatly.. (en fonctlon d'un calen- III) "'lloratlon dee 101. du tra- Un6gal et I.. Indu.tri .. Mtallurgiqu.. drier convenu) val I; et Iv) pr_tlon dee exporta- (Jull let 1188). I. conditionn.-ent tion. Indu.trlell .. (octobre 1188), I. . . .t6riaux de con.truc- tlon (avril lea7) .t I.. produlte agro- &e. Ex_ du .,aw.. de prix de r6f6rence afln de I .. 611.1ner • titre d·in.tru- E ali ..ntalr.. (avril lea7) ..nt. de protection. Etude' achever en .. I 1187 et plan d'action • conventr Accord .ur calendrier d·6Ii.inatlon dee en ..pt.-bre lea7 dernl'r.. reetrlctlon. quantltatlv.. (Jui I let 1188) 67. R6fo~ du eode d·iny..tl .....nt pour: P I-' I) 611.lner I.. di.po.ition. actuell .. -..J Eli.lnatlon de la pratique de convention. qui condula.nt • 1·lnten.it6 de capital; J;:- .poIeial .. avec I.. entreprl ... II); .1 .. en place d'un .,.w.. d'avan- tagee qui .. r6dul.ent durant une Etude .ur I.. convention••poIeial .. qui p6rlode d·.a.I •• lblllt6; et Ill) Inclu- exl.tent pour certain.. entrepri ... .Ion de crl~r.. d·ad.l •• lblllt6 clair. (~re 1188) et auto.atlqu... (Nouveau code • publler avant Juillet 1187) 68. Sulvi dee rec~ndatlon. "'nant dee P 6tudee dee convention. (plan d'actlon • convenir ayec I'IDA ayant ..pt.-bre 87) et ren6goclatlon dee conyentlon. ayec Ie ess co... convenu durant I.. n6goclation. '"d> III::s OQ ::s 1II 1II >< NlII J;:- I-' PAS III (euita) ~volu~ion .~ progr'. recent. Objeetih d.ne c.dre PAS II ~ C.t!oorie III. Induetrl., ..plol et co..erce (.ulta) 2. Si.plific.tion du c.dre de r'glement.tion Engag.-ent d"li.iner progr..ely...nt I.. 68. Pouraulta de I. ~or.e de liWr.lia.tlon A contrll .. dee prix en fonctlon de "'11- dee prix .Ination dee r..trlctlone quantitatly.. 80. LIWr.liution dee alatiaea de dletrlbu- RI tlon (.yrll lt87) en i) '11.lnant I. dla- tinction atatutalre entre grouiat.. et d6tai II.nte; II) per.ettant" certeln.. 1nduetr i.. de Yendre d i reet.-ent aux ~tai II.nte; at iii) per.ettant aux induatrl .. de conatituer leur propre r....u de c~rci.llutlon el. SI.pllfic.tlon dee pro~uree d'octrol A dee evantaeea du Code dee iny..tle_nta ..... at conatitution .u Minia~re dee flnanc.. ..... d'une cellule qui ach.. ine I.. o...ndea V1 d'octroi d'ayantaeea (.oOt lt87) a. ~Iior.tlon dee 101e du tr.y.il Etudee dee I) li.laona entre r'-un'ration e2. R6yiaion du code de tray.11 pour per.ettre P et producthlt.6; II) participation dee tr.- .. I'entreprl_ de I) recrutar une In.... y.llieure aux fonda propr.. at .u partae- rence de "Etat et II) de renouyeler I.. dee WMflc.. ; et i I i) i.,.ct de I. part contrata te.por.lr.. (juin lt87) dee chareea eocl.l .. dee ..ploleura eur I. cr..tion d'..,lol ea. Progr.... de r6for... du tr.y.11 .. conce- p yol r .ur la be_ dee 6tudee en coura. (Ree~nd.tlona ...doptar .p .... dla- cuaalon ayee I 'IDA .Y.nt ayrll lt8a) ;:~ 00::1 II> ~ Nil> V1 ..... ~ (.uite) Evolution at progr" r6cent. Objectife d.na c.dre PAS II ~ CaWgorle III. Indu.trie, ..ploi et ComMerce (.uite) 4. Encouragement de. exportation. industrlelle. Si.pliflcation des "thodea d'octrol de e4. Au~aticiW dtacc •• aUK cartee d'i.porta- P carte. dtl.portation/exportatlon tlon/exportation (.. I 1987) Nouvel Ie loi et nouveau d6cret pour rivi- .. r Ie plan de .ubventlon de. exporta- e6. Exaaan de I'expirience du nouv.. u (.epteabre 1987) .,ete.. P tion. et Ie fonder .ur la valeur ajouWa indu.trielle.u lieu de la valeur f.o.b. (aoOt 1818) Nouv.. u d6crat pour .i.plifier Ie.,.tes. de r.abour....nt des drolta de douan.. M. Exaaan de I'expirience du nouv.. u (.epteabre lM7) .y.tes. P (avril 1818) Etude de la alaplification des fonau- e7. Ex6cutlon des rec~ndation. des c~itie A t-' lair.. d'exportatlon (c~itie SENPRO) SENPRO (juillet lM7) --.J ()\ el. Siaplification des sod.litie d'exporta- P tion (plan d'action av.nt nov..bre lM7) e9. Ex6cution d'un progr.... de rationali- A .ation des diver... in.titution. inter- venant dans Ie contrale de la quallW (octobre lM7) 70. Etude de diagnostic de I'ASACE (a•• u- E rance des exportation.) et du CICES (Centre .inigalai. du c~rce exWrleur) (fivrier lM7) et ex6cution des ...ure. de r ..tructuration rec~n~ par ce. itudes de diagno.tic (progr .... i con- venlr avec I 'IDA en .epteabre 1917) '"d> IIIl:I QQ l:I III III X NIIl ()\ t-' ill...!!! (.uite) E.o!u~;on .t proyr •• recen~. ObJee:tifs d.n. c.dre PAS II PAS III C.teaorie IV. Secteur fin.ncier Renov.tion d'un certein nombre de Prep.r.tion de pl.n. de renov.tlon de 8NOS, 71. Execution des pl.n. de renov.tlon de I. RI benqu.. d'Etet en cri.e, .i.plifl- USB et BCS et c~n~nt de I. renov.tionl 8NOS et de I. BCS. (WI.e.u point defi- c.tion du .ee:teur b.nc.ire, develop- r..tructur.tion de I 'USB .vee: un ••• ocie nitive des pl.n. pour I. 8NOS et I. BCS ~t de I. _bi I i ••ti on des r..- prive en juin lQ87; execution lQ87/88) .ources, retebli ••_nt de I'inter- .edi.tion fln.nciire et "'Ilor.tlon Inventelre des oblig.tlon. du Couvern_nt 72. Accord et execution d'un progr._ de A du contrlle .ur I'expen.ion du credit , ,'eg.rd du .ecteur b.nc.ire et reduc- r~l_nt des .rrler" net. de l'Etet .ux et I.. pr.tlqu.. b.nc.ire. tion de c.. obllg.tion. (dette de I'ONCAO) entreprl ... (en clnq .n.) 73. Renforc_nt du contrlle des benqu.. prl- A .. ir.. per I. B.nque centr.le (SCEAD) et Ie Winistire des fln.nc .. et du rile de I. Co..I •• lon du contrlle b.nc.ire (juln lQ87) 7•• Re.ctiv.tion de l'A•• ocl.tlon b.nc.ire A (APB) (j.nvler lQ87) et reconn.I ••• nce p.r Ie Couvern_nt de I'APS c~ inter- ...... locuteur officiel (juin lQ87) ..... -...t 76. Reduction de I. texe (TPS) .ur I'inter.t A du credit (j.nvier 1~87) 78. Reliv_nt du .inl.u. requi. pour creer A et exploiter un. b.nque (dec..bre 1~87) 77. Achiv_nt de I 'etude de. benqu.. vl •• nt E , developper de. in.tru.. nt. de mobill •• tlon de re••ource. interieure. et de fln.ncement (.vril 1~87). Ex...n de. ree:o... nd.tion. de I'etude et .ccord .ur un progr .... d'execution (.vril-dec..bre lQ87) Source B.nque Mondi.le, R.pport du Pre.ident (P~.98-SE) concern.nt Ie PAS III en d.te du ••• 1 1~87. :a "til> t!) ~ Nt!) -...t ...... 08JECTIFS DE DEVELOPPEWENT ET INDICATEURS DE PERFORMANCE CORRESPONDANTS Indlcataur. de f!!rforaence denl "Iqriculture Objectlf. de divelopp!!!nt Globaux "perils Crol ••• nce 6con~lque Taux de crol ..lnce de production Igrl- Tlux de crol ••ance de la production per cole per trlvailleur trlvlil leur ou per per.onne des cultur.. exportatlon./de rlpport per oppo.itlon lUX cultur.. all ..ntalr.s nltlonll .. Rllpertltlon ,Iu. ",.Ie des NV_UI IU I) _ . Nlltlf Production ou revenu Igricole plr Tlux de crolallnce de II production per trevllileur (ou par per.onne) per trlvllileur ou per per.onne de l'lgrl- rlpport 6 vlrllbl .. corr..pondlnt.. culture traditionne'le par rlpport 6 horl Igriculture Igriculture MOderne co...rcille b) _ . lbeolu. c·..t-6-dlre Proportion de population lu-desaou. Incidence rllglonlle de II .ou.- Ittilnultion de II peuvretll du _I I de pauvretll 111_t. ire all_tatlon (Ivec con.OMMation cllorlque infll- rieuN 6 II ration journali6re reeOMMandM) I-' A.IIliorltlon de II .itultion de Contribution nett. de 1'lgrlcultuN ..... 0> II bllince des pli ...nt. aux reeett.. en dey i I .. I DII,.ndance rllduit. plr rlPport Degrll d'lutoauffilance de con.OMMa- Perforaence netta des exportation. plr au r..t. du MOnde c'..t-6-dlre tion ali ..nt.ire groupe de prodult et r"p'lc...nt net • IIcuritil Ili ..ntalre et ..11- dea I.portationl par groupe de prodult• leure luto.uffilance 111 ..ntlire Mel I leure .tabi I I til dee prix Indice co.poalt. des prix agricol .. Tendlnce. des prix par grou,.. de prodult rlle'l Autr.. but••ocio-6con~lqu.. 1 c~prl. objectlf. non ..til- riel. (p.r ex..ple 1d60logiqu.. ) Not. Diverl cherch.url ou diverlel partl .. peuvent Iccorder des pondiratlon••t prlorltlls relltlv.. diffllr.nt.. lUX dlv.rl objectifl de dIIv.lop~t pour lltablir leur contribution 6 II perforaence globll.. Aln.l. cett. dernl6r. peut .tr. conlidllrlle co... lltant C~POllle d'un c.rtain en.-.bl. pondllrll de c.. obJect!fl. L·lltabli .....nt de c. qui con.titue II perfo,..lnce globlle ..t ....ntl.ll ...nt une question nor..tlve. 81_ lOr, un tabl .. u Inllogue 6 If ~ celul de l'lgriculture ..ra IIgII ...nt indispenllbl. pour I.. lutr.1 lect.url. J. L.c.illon et coil., Econo.ic Policies snd Agriculturll P.rfor•• nee of Low-Inco.e Countri ... OCDE, C.ntr. de de dllvelop,...nt, P.ris 1987. I: PRODUCTION AGRICOLE ET PROOUCTIVITE DES PRINCIPALES CULTURES. 1980/81-18e&/87 Arachide. IIi I LSoraho Riz lIa','. ~ PrO<luct.ion SUe!rficl. R.n~nt.. PrO<Iuct.1 on SUe!rflcl. R.n~t.. P rO<luct.1 on SUe!rflci. R.n~nt.a PrO<luct.lon SUe!rflci. R.n~nt.. (t.onn•• ) (ha) (t.onnea/h.) (t.onn.. ) (ha) (t.onnea/ha) (t.onn•• ) (ha) (t.onnea/ha) (t.onne.) (ha) (t.onnn/h.) 1980/81 822.600 877.000 0,844 882,800 888,200 0,574 71.200 87,800 1,050 27,400 80.800 0,885 1881/82 1122.800 1.025.600 0,_ 408.800 88Q.800 0,484 88.600 78.400 1,118 28.400 12.000 0,888 1982/81 8N.800 1.011.800 0,882 428.700 884.700 O,4QO 8Q.800 71.600 1,257 28.800 11.600 0,851 1981/&4 852.400 1.084.200 0,878 <478.400 Q511.600 0,4" 105.200 74.800 1,418 28.700 12.700 0,817 111$4/85 1.0111.100 1.055.000 0,988 618.800 1.010.800 0,608 108.100 88.100 1,255 17.100 47.200 0,788 1885/88 1.122.100 1.112.100 1,008 680.100 1.08Q.400 0,524 121.800 82.100 1,485 40.800 54.200 0,751 1988/87 857.100 1.114.100 0,788 428.600 1HNI.700 0,426 124.700 87.200 1,480 41.800 51.800 0,778 U187/88 1.005.200 1.181.800 0,888 865.000 1.155.600 0,687 188.800 100.800 1,128 68.800 71.700 O,7Q2 1888/8Q 8111.600 1.1118.100 0,887 448.800 1.053.800 0,428 81.100 78.800 0,7115 25.100 18.400 O,8Q6 1888/70 788.800 988,100 0,8111 884.700 1.081.800 0,812 140.100 108.700 1,351 48.800 65.400 0,881 .... ..., 11170/71 682.000 1.0411.700 0,544 882.000 988.600 0,8116 Q8.100 811.800 1,048 11.100 60.800 0,852 \0 1871/72 1185.400 1.080.400 O,II2Q 683.200 Q70.400 0,801 106.700 84.000 1,268 81.800 48.800 0,770 11172/78 670.000 1.071.400 0,682 122.000 1188.100 0,844 87.800 68.800 0,711 20.200 82.400 0,821 11173/74 867.000 1.025.100 0,841 610.200 1.102.800 0,488 85.200 84.800 1,008 88.800 111.200 0,882 lQ74/76 1.011.788 1. 068 .11511 O,Q67 674.804 824.084 0,8Q7 114.8111 81.242 1,177 40.8211 46.778 0,888 lQ76/18 1.288.810 1.288.4211 0,_ 814.418 981.887 0,8811 120.886 87.860 1,384 44.1137 48.868 0,1124 11178/77 1.228.112 1.1411.181 0,9011 602.717 847.286 0,631 108.688 78.688 1,167 41.863 48.647 0,981 U77/78 517.198 1.182.548 0,487 417.428 Q1&.2I4 0,468 80.740 21.711 1,298 46.371 76.608 0,801 lQ78/711 1.081.063 1.177.522 0,901 790.72Q 1.068.982 0,760 148.848 112.487 1,588 64.048 68.&37 1,010 111711/80 7111.684 1.128.026 0,8311 620.448 887.178 0,638 88.687 78.718 1,227 48.298 87.888 0,884 11180/81 487.287 877 .8112 0,682 541.898 1.108.188 0,4811 84.868 87.174 0,988 68.777 78.11611 0,718 1981/82 888.488 1.00II.208 0,868 Q60.424 1.188.4811 0,784 122.408 74.277 1,848 87.168 72.15811 1,202 1982/81 1.080.088 1.182.784 0,1153 654.800 1.012.627 0,637 120.8&6 76.807 l,5Q2 61.188 60.865 1,010 1981/84 576.000 1.10Q.700 0,518 351.800 872.800 0,426 101.600 62.000 l,Q62 81.600 70.600 0,872 IQ84/85 4QO.000 874.000 0,681 471.400 1.002.800 0,470 186.800 158.100 2,054 98.400 82.700 l,lQO 1985/88 11188/87 801.200 841.200 804.800 807.7&0 O,IIt4 1,041 11&0.000 888.780 1.335.700 "8.1&0 0,711 0,818 147.600 148.200 78.200 71.800 1,888 2,042 147.000 107.800 101.400 84.740 1,460 1,1111 I~ ~ /II W ~ Banqu. mondial., ·S.negal: Agrlcult.ural S.ct.or St.rat.egy Brief·, Volume II Ann•••• t.at.lat.iqu., ••pteebr. lQ87, proj.t.. - 180 - Annexe 4 Donnees de production agrlcole et de precipitations, 1960-86 Production d'erechld•• , 1960-86 1.3 - - - - - - - - -.......- - - - - - . . . . . . , 1,2 1.200 1.1 1.100 1.000 0.9 900 0.8 800 0.7 700 0,6 600 0.5 0.4 , 500 400 0,3 r....a................................................................,......................u....&...1............. 60 62 64 66 68 70 72 74 76 78 80 82 84 86 Production mll/eorgho, 1960·86 0.9 900 4 soo 0.8 1\ 0,7 1\ 1 \ 700 "." vi' \ 0.6 600 0.5 500 I 0,4 I 400 '/ 0.3 r....a...................................................,............,...................................a...a:........a....I 60 62 64 66 68 70 72 74 76 78 80 82 84 86 - - Production d. paddy, 1960·86 , 900 . . . - - - -_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _---, 900 /\ 700 ..... /'" \.. J \ 700 600 \ I' /' 600 \ 1 \/\ I \ f\ '" 500 ~ \ 1 \1\ I \ I" 500 400 ., , ." \ I 400 300 \I 300 200 200 100 100 Or....a......................................-'-.....................,......~........u..................a....I 0 60 62 64 66 68 70 72 74 76 78 80 82 84 86 ... - - Precipttalions - ProductiOn I<sr1w45392b f!!24J:§ !ePftm8!~ e~ 1& W;§~ll. Qt~INliI&IU!t PM tLt& 'lUi&; &21§d!Z (-.r\ •• Ili(lft. d. doll.,..) tm ~d~l~d.4il 1m. .wI 1m. .un Ul!1 1ill ma illi au UZli ill. au lUI un UI!l 1BI UI2 ~ 1H:l 1W. 1Hl 1!IZ !WI. I\!lRIQJLJl.!!E (18) CrUit ."ricol. C. lAO .,00 6,00 Ria C. . ._ftc. c. 252 3,70 3,70 T.rr .......... c._ I,M l,as Ri ••r PoI4.r. C. 310 ',50 ',50 CrU,t ••rico •• II C._ 8,:lO .,:lO Secour. Mch.r .... C._ 1,00 3,00 SiMI S.lou. P. 1113/ 1.00 1,00 C. 549 1,00 1,00 T.rr. . N.u••• II c. $711 2.00 2,00 I,.pniui. O'ill-LM.... r C. S-C)18 1,00 1,00 C. _ e' ..... ',20 ',:lO Sa4hiou C. . .1 •• 30 ',30 Irr;ptiotl O'bi-u .... r c. 11& 20,00 20,00 P.t.it.. •• ploi .. tion. rural . . C.991 11.00 11,00 For. .hr'. C. 1103 _,30 ',30 Rac:h.rch. agr i col. C. 1118 i4,SO 14.60 D6Y.IQflP._nt. rural ori.,.t. C.I_ 18,10 11.10 "'--4 •....,C.'Mchni~u. i rri . . t.iotl C. 1812 ',90 ',90 I-' lrr' . . tion IV c.l_ ~ ..AiUQ <Xl To'" ,.rt.ial 0,00 0,00 0,00 ',00 0,00 5,0& ",50 11.20 0.00 17.00 10,60 0,00 00,00 0,00 11.00 28.80 0,00 11.10 0,00 ',90 0,00 13,60 1n,as I-' ItOJSTRIg I;I Iml!IB {') P.5 _ _ R• • ration d. navir . . 0,60 0,60 SOFISEI)tT P. 987 ',00 3.00 SOF1SB'JtT II P. 1332 ',20 '.20 TOQri . . . P. 1412/ .,00 1.00 P. 1"13 5,00 5.60 Pl'OeII:)tiotl in", •• ti_•••nt P. 1913/ .,50 •. 50 C. 1131 2,50 2.50 Indy.t.r i. pha.-ph_" c.1_ L:!!J. .Ll2 Total p.rti.1 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 ',00 0,00 ,,00 13,60 0,00 0,00 0,00 9,00 0,00 7,70 0,00 0,00 0,00 0,00 38,10 ~Ia ~INS ~ Fa! !2!!1 {lS) Ol•• in. d. f.r C, 09. 9,00 9,00 Po.. " d. D.hr p ... 9S ',00 ',00 Rout. •• C. 1~ 2,10 2.10 Ch•• i "a 4. f.,. II P. 835/ .,40 6."0 C. 31.4 ',00 ',00 A'rQflort P. 861 ',00 _,00 Rc:..tka II C. 366 8,00 8,00 Roll .... 4. d.... r " P. 1221 ',60 ',60 ...., .... 111 Pwt 4. pkh•• o.k.r ,.. P. 12Zl 1<405 1&,00 15.00 "1:1> I» P ',00 .,00 Ch. .i na 4. f ... III P. ISle OQ P 11.00 11,00 III m ,lyiat.ion II P. un 7,00 7,00 >< RDuka IV P. 1810/ 10.00 10,00 I-'IIl C. 903 28,00 28,00 In Ch •• in. 4. f.r SEFICS P. 2025 19,30 19,30 Port 4. O.k.r C. 1459/ 2,65 2.65 C. F~Ol" ',85 ",BS Rc:..tt•• V C. 1..8/ 10,7$ 10.15 C. F~01$ m..n JQ..n Tot.. I p ... tiel 9,00 ',00 0,00 0,00 2,10 0,00 12.50 8,00 0,00 0,00 21.60 ',00 11.00 7.00 38,00 1Q,30 0,00 0,00 29,00 ~,OO 0,00 0,00 167,60 No Pr'.lCd"i\ UU 1HZ UH lHi 1m 1W UU .un lil1 .un 1ill l'lZZ 1m 1m .wI9 un US US lH! UiiI UU 1HZ IlII& B.EC1'R1S:1I~ IZlB'Ui II lIiI.I:IiI»M.NI"'IlIII§ (5) r~t~~njcat.iOfl. p, HI 5.25 e,2S EIK,,.'ciW .t. ... i.t.enCfJ t.edtniqu. C. s-02II C. ,_ 3,30 3,30 P~.ct.ion p~t.t"Ol. 9,&0 9,&0 en.,..i. C. 1710 20,00 20,00 T"~cOMlllnic.\ion. Il C. 1710 z:tJlII z:tJlII Tout .. ",.,i.1 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 ',- 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 3,30 0,00 0,00 9,&0 0,00 0,00 42,00 0,00 Il,oe YllI.ES EI EII!I (OJ T,..... 4'.ccu.i I C. 33' 8,00 8,00 In.... ,.,.i •• 1 i .... t.t.ion ...... , ... iabftc. t.chft' que C. 5-023 2,&0 2,&0 c..,ion 'It, II •• C.l_/ 3,05 3,05 C. F-G13 C. ,_ 2,95 2.95 41, ..... t.",0fI ••u I1 2i.9Q 2i.9Q Tot..t p.,.\i.f 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 8,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 2,&0 0,00 0,00 0,00 0,00 6.00 24,00 0,00 0,00 40,&0 I-' CO liIl!&UIl!Il (I) N En.. i ....... t t.ach"i., • • , ".ricot. C. 253 2,00 2,00 Ed"c:at.ion II C.NO C. _ 1$,00 15,00 eAuca.. iion III 22.00 22,00 s."t' 1'\1,..1. C. 1310 15.00 15,00 CESNl C. 1638 5,50 5,&0 en.. iene""'tp,.._i ra C, 1715 U.l!2 U.l!2 Towt perti.' 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 2,00 0,00 0,00 0,00 15,00 0,00 0,00 0,00 22,00 0,00 0,00 15,00 0,00 0,00 5,50 12,00 0,00 71,&0 PAl! EI Al/I!!ES (7) ~i"taftca t.echniqu•• aact.ur p.r.p,," lie C. 71.. '.30 6,30 AM 1."'''ca t.chn' que e:. 1061 5.30 5,30 PAS P. 1981/ 30.00 30,00 C. 10M 30.00 30,00 ~i.t.aftc. kcttn'qu., .. ctaur pa,..pub' i c II C. 1398 11,00 11.00 PAS II C. 1651/ 20,00 20,00 C. A-010 «,00 «,OIl PAS III C, 1802/ 45,00 45,00 C. A-027 40,00 40,00 --'tructM,...iOC'l .-ct.u". C. , _ ...H.2I1 ...H.2I1 ift4u••ri.1 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 ',30 0,00 65,30 0,00 0,00 11,00 0,00 0,00 118,00 21".60 ~> ".00 III ~ TObl ,.,.,i.1 QQ ~ CD CD TaTAi. (II) .2.ll!! ~ lWlQ .L.Q2 L12 ~ ~.lUI2 ~l2Jl!;1~~n.JIl~1lI...§l!IL1S!JU!!H.J!!~J:!...!2~1lUI1 IlL!I2 :< NCD \,II SENECAL - RECETTES NETTES INTERNATIONALES I 1989-88 (.n million. de dollar.) 1989 ill2 !!l.! ill! ill! ill.! !lli 191e 1911 .!!!!! l:!I! ~ !!!! !!!! !!!! !!!.! !!!! !!!! TOTAL 49 15 41,4 ·e2 11 51 14 99 l e 13a 1 5 144 1 a 115,1 189,9 291,e a50 1 2 442 1 9 419 1 0 588,e 4e0 12 491 1e 140 14 e1e,O dent F..anc. 21,5 18,2 11,5 25,a 41,1 50,5 M,e 18,4 e9,4 125,4 108,1 248,1 151,5 2M,4 191,e 151,2 82,4 229,4 AII.aon. 1,1 0,8 0,4 8,a a,o 1e,1 1,3 5,8 8,a 0,1 11,8 5,2 10,0 19,0 19,4 24,a 14,a 19,5 Etat.-Unl. e,o 1,0 4,0 a,o 1,0 e,o 8,0 1,0 10,0 15,0 29,0 34,0 35,0 33,0 48,0 10,0 44,0 39,0 BIRD/IDA 3,9 4,5 1,9 4,2 3,1 l1,a 18,8 1e,e 22,0 13,9 24,6 21,9 ee,8 22,e 2e,3 22,9 2e,9 112,8 OPEP 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 9,1 22,0 12,9 1,4 2,1 68,1 119,9 4e,O 10,a 4e,4 34,1 I-' (Xl ~ En pourc.ntag. du total 1989 1910 1911 1972 1913 1914 1915 191e 1911 1918 ill! ~ !!!! !!!! !!!! 1984 1986 1988 TOTAL 100 10 100,0 100 10 100,0 100 10 100 1 0 100,0 100 1 0 100 10 100 10 100 0 100,0 100,0 100,0 100 10 100 10 100 10 100 10 dont ---- - --- 1 F..anc. 65,e 44,0 28,2 44,1 41,a a1,8 44,8 44,e ae,e 42,1 30,5 68,0 31,e 50,0 41,e aO,8 24,2 3a,9 AII.aon. 3,4 1,9 o,e 14,5 3,0 12,5 0,9 3,3 4,4 0,2 3,4 1,2 2,1 a,2 4,2 4,9 4,2 2,9 Etat.-Unl. 12,1 2,4 e,4 6,2 1,0 4,6 5,6 4,0 6,a 6,0 8,3 1,1 1,a 5,e 10,4 14,2 12,9 6,8 BIRD/IDA 1,9 10,9 3,1 1,3 3,1 8,6 13,0 9,4 11,15 4,1 1,0 e,3 13,9 3,8 6,1 4,1 1,9 115,1 OPEP 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 6,2 11,15 4,3 0,4 0,6 11,8 20,4 10,0 14,3 13,15 5,0 ~ OCDE, Ripa ..tition gioo ..aphiqu. ~ flux financi .... aux pay••n diy.lop~nt. '1:1 III JO 1'0 1'0 >C f I-' 1'0 0'\ !ieB:Al. - RECETTIilii I£IIES I!f!Iil!!!!!!TIDIW.ES, I!!i-II§ (en .i II i one de dollo.e) ~ 1m lID. .1i12 1m llli WI 1m .azz ill! 11l! lHQ 1!§1 .1!Ill llH lW 1!!Ili 1!!11 Rec.t _ _ I . . n.t_ ~ !id !L.! .I2..l H..,j n..J .lllU .lS.JI llLl ll!1JI .2R..l .H2.1 m..2 .HLJ ~ ~ ~ ~ P.lte AI'\) nete 15.1 5,9 2,7 -21.9 4.5 22 •• 28,2 32.1 34.9 54,9 150,0 63.2 201.0 111.3 114.7 128.5 1015.7 283.9 dont Fro.ftc. (5,2) (1.9) (-1.5) (-27,1) (-3.8) (1.8) (3.1) (I.O) (10.9) (13.2) (9.7) (ll.4) (34.8) (27.3) (19.0) (19.7) (14.4) (78,l) Done «>,3 M,8 50,4 70,8 13,8 81,8 108.4 94.7 88,0 171,0 157,4 199,8 199,4 178.5 207,1 241,4 1811,4 283,5 dont Franc. (23.8) (18,2) (14,3) (52,0) (27.9) . (43.0) (58.2) (52.3) (43,8) (88.5) (71,8) (98,8) (89,9) (88.3) (88,3) (87,8) (111.7) (88.1) AASP, n..... { 17,1 31.7 32.8 18.3 107.9 21.0 1811.3 85.4 79.2 37.5 57.5 Secteu. p.ivi ne' h. { -.s.9 -1.3 9.0 9.0 21.8 2'11.1 12.7 81.8 36,2 39,1 24,5 n,2 81.' 123.1 52,5 44,5 8,8 51.1 ..... 00 En pourc-ent.a.e cfu tot. t d.. ,..c.tce. "" ~ 1m lID. .1i12 1m llli WI 1m 1m ill! 11l! lHQ 1!§1 .1!Ill llH lW 1!!Ili 1!!11 Prlte APO nete 30.5 14,8 ",3 -M.2 4.5 18,9 19.5 18,3 18.4 18.4 42.8 14.3 42.0 18.9 24.9 25.7 31.1 42.0 Don. 81.4 88.9 81,2 122.5 74.1 11,3 71,7 63.9 .... 4 57.5 44.9 45.1 41.1 2'11.5 45.1 49.1 111.3 41.9 h. Pour 1959-75. vent.i I."ion "_try AASP e' ..c:t.vr pri." (net.) non cli.,onibl.; ,...te ct .. r.cet.tea total ... ~ : OCDE. R6p.,-t.it.ion e'oo,..phiqu. d.. ft.". fi"a"ci.,.. au_ pay. -en d,.,.f~,...nt.. "'d> 1\1 ::I ()Q ::I II> 11) X 1>,)11) 0'1 SBECAL - R;&lmlil IETTBi iii!! PROVeNANcE J;!f; loa FRANCE, lilli-. 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The World Bank and Senegal : 1960-87 (Vol. 1 ) : La Banque Mondiale et le Sngal : 1960-87
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Организация
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Страна
Сенегал
Источник
Всемирный банк