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Cameroon - Rural Development Fund Project : Cameroun - Projet de Fonds de Développement Rural

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Do cumen t de la Banque mondiale POUR USAGE OFFICIEL RAPPORT D'EVALUATION RETROSPECTIVE CAMEROUN PROJET DE FONDS DE DEVELOPPEMENT RURAL (CREDIT 723-CM) - . 11 juin 1986 Dkpartement de l'evaluation retrospective des operations TRADUCTION NON OFFICIELLE A TITRE D'INFORMATION Le present document fait l'objet d'une diffusion restreinte. I1 ne peut Gtre utilise par ses destinataires que dans l'exercice de leurs fonctions officielles et sa teneur ne peut Stre divulguee sans l'autorisation de la Banque mondiale. POIDS ET MESURES Systeme metrique S IGLES FDR Fonds de developpement rural FONADER Fonds national de developpement rural FSAR Fonds special d'actions rurales IRAE Institut de recherche agronomique et Forestisre MERP M€morandum d'evaluation retrospective du projet OED Departernent de l'evaluation retrospective des operations P IB Produit interieur brut RAP Rapport d'achevement du projet RERP Rapport d'evaluation retrospective du projet SEMRY Socikte d'expansion et de modernisation de la riziculture de Yagoua ZAP I Zones d'actions prioritaires integrkes TAUX DE CHANGE Monnaie (abrkviation) FCFA T a w de change : - Moyenne, annee de l'hvaluation 1977 1 dollar = 245 FCFA - Moyenne, annees d'execution 1978-83 1 dollar = 305 FCFA - Moyenne, annee de l'achevement 1984 1 dollar = 460 F C F A RAPPORT D'EVALUATION RETROSPECTIVE PROJET DE FONDS DE DEVELOPPEMENT RURAL (CREDIT 723-CM) .... TABLE DES MATIERES Pages PREFACE ....................................................... i DONNEES DE BASE .............................................. iii RESUME DE L'EVALUATION ........................................ iv RAPPORT D'EVALUATION RETROSPECTIVJ I. GENERALITES ......................................... 1 A . Le pays et le secteur ............................... 1 Le pays ......................................... I Le secteur agricole ............................. 2 B. Contexte ............................................ 5 C. Objectifs du projet ................................, 7 I1 . EXECUTION DU PROJET ................................. 7 A. Sous-projets d'alimentation en eau .................. 7 B. Sous-projets axes sur la production ................. 9 C. Developpement institutionnel ........................ 10 D. Impact du projet .................................... 13 Sous-projets d'alimentation en eau ............. 13 Sous-projets orientes vers la production ....... 14 E . Suivi et permanence du projet ....................... 17 Suite donnee a l'amenagement des bas-fonds ..... 19 Suite donnee au developpement institutionnel.... 20 F . Valorisation des ressources humaines ................ 20 I11. CONCLUSIONS ET QUESTIONS ............................ 21 Sous-projets d'approvisionnement en eau ............. 21 Sous-projets orientes vers la production ............ 22 Gestion du projet ................................... 23 Table des matieres (suite) - Pages RAPPORT D'ACHEVEMENT DU PROJET I. INTRODUCTION ........................................... 26 11. FORMULATION ET INSTRUCTION DU PROJET ................... 27 111. EXECUTION DLJ PROJET ...................................... 40 IV . EFFICACITE DES INSTITUTIONS ............................. 48 V. EXPLOITATION ET IMPACT DU PROJET ....................... 54 VI. RESULTATS FINANCIERS ET ECONOMIQUES .................... 66 VII. ACTION DE LA BANQUE .................................... 70 ANNEXE Tableaux 1. CoCt et financement du projet 2. Budget d'exploitations partiel 3. Principaw indicateurs a la date dlach$vement Appendice I : Observations de llEmprunteur RAPPORT D'EVALUATION RETROSPECTIVE CAMEROUN PROJET DE FONDS DE DEVELOPPEMENT RURAL (CREDIT 723-CM) PREFACE Ce rapport presente l'evaluation retrospective de l'un des trois premiers projets de developpement rural finances par la Banque au Cameroun. Les d e w autres, identifies en m6me temps que celui-ci, etaient le Projet de ddveloppement rural des Hauts Plateaux de l'Ouest (Credit 784-CM) et le Projet de zones d'actions prioritaires integrees (Credit 776-LM). Ces deux projets sont egalement acheves et leur evaluation retrospective devrait avoir lieu pendant l'exercice 87. Le Credit 723-CM, d'un montant de 7 millions de dollars, a ete approuve en juin 1977 et i l est entre en vigueur en janvier 1978. La date de clbture., fixee au 31 decembre 1981, a ete reportee de d e w ans mais les derniers decaissements n'ont ete faits qu'en aoit 1984. Un solde non decaisse d'environ 450.OCO dollars a ete annule. Le rapport d'evaluation retrospective comprend un memorandum d'evaluation retrospective du projet (MERP) prepare par le D6partement de l'hvaluation retrospective des operations (OED) et un Rapport d'achhvement (RAP) en date du 28 juin 1985, prepar6 par le Bureau regional Afrique de l'0uest a partir d'une 6tude d'achevement effectuke par un bureau dt&tudes local pour le compte du Gouvernement camerounais. Le Rapport d'evaluation retrospective se fonde sur les resultats d'une mission envoyee dans la zone du projet en avril 1985, avant la publication du RAP, sur le Rapport d'evaluation (1479-CM) du 26 mai 1977, sur le Rapport du President (P-2052-CM) du 10 mai 1977 et sur l'accord de credit correspondant. De plus, la correspondance avec l'Emprunteur, les rapports de supervision et les m6morandums internes relatifs au projet contenus dans les dossiers de la Banque ont etb consultes et le personnel de la Banque associe au projet a ete interroge. Le RAP fait bien le bilan de l'execution du projet, mais il ne precise pas comment ses resultats ont ete pris en consideration pour prbparer le projet relais, et il n'analyse pas la perennite du projet. Les points abordes dans le MERP sont comparables a w enseignements degages de bien d'autres projets de developpement rural realises en Afrique et ail leurs . Le projet de rapport a ete envoye a 1'Emprunteur pour observations le 2 mai 1986. Les observations resues ont ete prises en consideration dans 1 'elaboration du rapport final et sont reprises a 1 'Appendice I. La precieuse collaboration des fonctionnaires I? Yaounde et du personnel camerounais et expatrie du Fonds special d'actions rurales (FSAR) a Maroua a ete grandement apprecike. Dk.L.rmno eat* A 1'Mmtial =.a - ------ M.78 m.79 m.80 EX.81 PX.82 m.83 M.85 (en m l l i u u & L l k d 1.2 2 .8 6.6 6.2 7.0 - Dk.L.wt. effectib (en i l l i a u dc & l k k s ) DkrLmmua effectif* estids ( X ) mtc su dernia h ~ . w t -. Idmtifiutim R@platial PrChra1mticn Rnlwtim srpervilial I 4Jpavisial I1 srpavirial 1 11 %pn-&h Iv bgviah V M &- np % VI srpervili'n VII 94pvish an srpervinim D . SlFervhial x tmhlralt -/a n e p ~ e da c r ur -alutim initialc da d m . A un tm d'huTatM inccri- el& - /b et I la p m l w t i c n dc L a - w e - . &ic& d ' b t i m du p j e t . s a w l e ; b a& ' - ta; c s u l p t e finncier, d - -- e-irrghriaLr&ghicnral:f-n~. -- -- - - 1 p~ de e l k OJ elh WE; 21 mye~; 3 e l k umjarra. - /C Id 1 positive; 2 s u c ~ 3 . dptivc. 7; - /f - F f i n n c i b ; C gesticmlles: T t t d m i v 8 ; P ~olit-; MppK d'brdrutim Camam t u x i h s Frojet de Fad. dC 1 r t 4780.QI. m date & 10 m i 1985. ~ a p ~ oHo - t - A mn-es. nnal, RAPPORT D * EVALUATION RETROSPECTIVE CAMEROUN PROJET DE FONDS DE DEVELOPPEMENT R m CREDIT 723-CM RESUME DE L'EVALUATION - Introduction Le Projet de Fonds de developpement rural realise dans le nord du Cameroun est l'un des trois premiers projets de dgveloppement rural identifies (en 1976) et approuves par la Banque pour ce pays. De ce fait, il etait conqu essentiellement comme un projet de ddveloppement institutionnel et comme une operation pilote axee sur l'alimentation en eau en milieu rural. Les d e w autres projets etaient le Projet de - developpement rural des Hauts Plateaw de l'0uest et le Projet de zones d'actions prioritaires intbgrees (ZAPI), pour lesquels un rapport d'achevement sera bient6t etabli. Objectifs Le Projet de Fonds de d&veloppement rural visait a developper, renforcer et aider les institutions camerounaises responsables du dhveloppement rural pour qu'elles soient m i e w a msme de realiser de petits projets prioritaires de developpement dans l'ensemble du pays. A cette fin, il a fallu crker une institution capable de concevoir, de financer et d'administrer ce type de projets, axes soit sur 1 ' inf.rastructure, soit sur la production. Le pro jet prevoyait essentiellement la refection ou l'amenagement de puits et de forages, qui devaient Stre equipes de pompes, la construction de petits barrages en montagne et La realisation de quelques petits sous-projets orientes vers la production. A l'evaluation, le coct du projet avait ete estime a la contre-valeur de 8,5 millions de dollars. I1 a finalement coilte pres de 50 % de plus. Bilan de 1 'execution Au debut de 1978, six mois apres l'evaluation, une nouvelle direction, le Fonds special d'actions rurales (FSAR), a ete etablie au FONADER (Fonds national de developpement rural ) , pour remplir les fonctions susmentionnees. Dote d'un personnel technique generalement de haut niveau, assiste par des specialistes expatries, le FSAR a donne satisfaction tout au long du projet. Toutefois, comme il n'a pas requ l'appui necessaire des autres services gouvernementaw de la region, il a abandonne la coordination et la planif icat ion generales pour s 'occuper de L'execution au jour le jour du projet. Par l'intermediaire du FSAR, le projet finan~ait des sous-projets dont 1 'execution devait itre confiee a des organismes de developpement regionam ou des services gouvernementaw existant deja. Les resultats obtenus ont ete inegaux : les sous-projets ex6cutes par des organismes experimentes et bien geres ont atteint leurs objectifs, mais il n'en a pas ete de m&ne des operations confiees a des .services gouvernementaw. C'est ainsi que, malgre l'apport d'une assistance technique et d'un soutien logistique considerable, le Ministere des mines (Division des e a w souterraines) n'a realise que 232 forages (equipes de pompes A motricite humaine) au lieu des 430 prevus, alors que le projet avait ete prolonge. Cela tient a la bureaucratisation excessive des equipes d'execution qui auraient dG mettre davantage l'accent sur l'action concrete. De mihe, la lourdeur des rouages administratiis du Service du genie rural du Ministkre de l'agriculture n'a pas permis de realiser convenablement les dix petits barrages de retenue prevus dans les monts Mandara. De ce fait, et a cause du manque de preparation, les fonds affectes B l'ensemble du programme barrages n'ont servi a financer que quatre barrages. D'un bout 21 l'autre du projet, le FSAR a gkri les comptes de fason satisfaisante et les coGts ont ete rigoureusement contr6les. Toutefois, l'inflation interieure plus forte que prevu et les coilts de construction du barrage, e w aussi sous-estimes au depart, se sont traduits par un depassement de coGt de 51 9, A l'achevement du projet. Pour l'Etat, les charges renouvelables imputables au projet representent environ 500.000 dollars par an; elles peuvent Ptre imputees en grande partie a l'entretien des pompes manuelles dont les forages ont ete equipes. Contrairement a ce que prevoyait 1'Accord de Credit, le Gouvernement n'a pas propose le plan de participation des beneficiaires, qui devait gtre remis avant la fin de 1978, pour recouvrer une partie de ces frais, la question etant tres delicate d'un point de vue politique. Or, comme le Gouvernement compte installer 4.000 pompes dans l'ensemble de la zone sahelienne d'ici l'an 2000, une politique nationale dans ce domaine etait devenue indispensable lors de la preparation du projet relais. Les discussions qui ont eu lieu entre le Gouvernement et la Banque sur la E a ~ o n dont il convenait d'aborder cette question ont considerablernent retarde l'instruction du projet relais (Deuxieme projet de Fonds de developpement rural), qui a ete evalue en juin 1983, mais signe seulement en juin 1985. Entretemps, le Gouvernement a a) mis en place en 1984 un decret concernant le paiement de l'eau par les utilisateurs et b) etabli en mai 1985 le Comitk national des e a w afin de developper et coordonner les politiques et activites des divers ministeres concernes par la distribution d'eau Le projet a donne des resultats appreciables puisqu'il a permis de rehabiliter quelque 900 puits existants (50 % de plus que prevu), de realiser 232 forages (au lieu des 430 prevus) et d'equiper ces points d'eau de pompes. GrBce a cela, les villages disposent maintenant de davantage de points d'eau et le ravitaillement en eau, tsche incombant gdneralement a w femmes, est moins ~enible. Par contre, la construction de petits barrages en montagne, dans des regions ot les e a w souterraines sont diEficiles a capter, a etd moins reussie (quatre ont ete construits au lieu de dix). L'impact du programme d'alirnentation en eau sur les conditioas sanitaires r6gionales n'est pas encore connu. - viii - Les sous-projets orientes vers la production, qui e taient tous des operations pilotes et representaient moins de 15 % du coGt total du projet, y compris leur part des frais generaux, ont eu des resultats inegau-u. L'amenagement des bas-fonds a ete un echec, dans l'immediat a cause de la secheresse qui a sevi dans la region au cours des dernieres annees, mais aussi probablement a plus long terme a cause de la conception msme de cette composante. Ce programme a meme perturbe 1 'economic des fermiers locaw (cf MERP, par. 24). Le volet cultures maratcheres a certes favoris6 l'expansion de la production d'oignons, mais il n'a permis aucune diversification des cultures, en raison de 1 ' insuff isance de la recherche et de la vulgarisation. La commercialisation des oignons s'est revelee un probleme difficile qui d'ailleurs n'est encore resolu, l'ernbouche bovine, dont les resultats financiers ont ete modestes au debut, pourrait Gtre developpee davantage et produire plus de revenus. En l'absence de suivi adequat, il est impossible de determiner la rentabilite econornique et m6me financiere de ces sous-projets. Sur le plan institutionnel, l'incidence du projet a ete limitee, la formation professionnelle ayant ete negligee. Les facteurs qui affectent le plus la perennite du projet sont les suivants : a) l'absence d'un systeme adequat de recouvrement des coGts pour financer l'entretien du reseau d'alimentation en eau; b) l'absence de programmes techniques et la faiblesse des organismes gouvernementaw dont les services sont necessaires pour assurer une augmentation sensible de la production et c) l'absence de formation systematique des fonctionnaires, - ix - en dehors de la formation en cours d'emploi, d'ailleurs limitee, du personnel charge de l'entretien du reseau d'alimentation en eau. A court terme, la perennite du projet depend de la mise en oeuvre du Dewieme projet de Fonds de developpement rural, signe en juin 1985 apres de longues negotiations centrees sur le probleme du recouvrement des coiits. Les autres facteurs qui rendraient durable ce projet a plus long terme sont aussi plus ou moins abordes dans le projet relais. Conclusions et enseignements L'entretien du reseau d'alimentation en eau. impose de lourdes contraintes f inancieres et institutionnelles aux organismes qui en sont responsables. Outre les mesures de recouvrement des couts envisagees dans le projet relais, mais pour lesquelles un engagement politique a ete di.fficile a obtenir, il faudrait encourager les villageois a entretenir le materiel par leurs propres moyens et en faisant appel au secteur prive (MERP, par. 27 et 31 et RAP, par. 5.27). En ce qui concerne la construction de petits barrages en montagne, les aspects techniques et financiers du projet n'avaient pas ete suffisamment etudies (MERP, par. 32, RAP, par. 7.01). L'absence de programmes techniques adequats a reduit l'efficaciti des programmes de cultures maraicheres et d'embouche bovine (RERP, par. 33). Le fait que les pompes appartenaient chacune a d e w maraichers a nui au remboursement des pr6ts (RAP, par. 5.07). Le taux de recouvrement des prsts depend en grande partie de la competence des organismes de credit (RAP, par. 5.16). - X - Comme la reussite des sous-projets depend essentiellement de l'organisme d'execution, et non de celui qui est charge de la coordination, il est indispensable de faire appel a un organisme d'execution competent (RAP, par. 4.06). La disparite des remunerations du personnel de l'organisme de coordination et de celui des organismes d'execution gste le climat de travail (RAP, par. 4.10). La Banque a supervise le projet de f a ~ o n intensive, mais s'est trop concentree sur l'infrastructure et pas assez sur le developpement institutionnel (RAP, par. 7.03). MEMORANDUM D'EVALUATION RETROSPECTIVE CAMEROUN PROJET DE FONDS DE DEVELOPPEMENT RURAL (CREDIT 723-CM) I. GENERALITES A. Le pays et le s e c g Le pays 1. La Republique du Cameroun est l'un des rares pays africains jouissant d'une certaine stabilite politique et sociale, d'un potentiel economique considerable et d'une autosuff isance alimentaire quasi totale. En mEme temps, sa population augmente de plus en plus vite (actueLlement de l'ordre de 9 millions d'habitants, elle devrait atteindre 15 millions d'ici l'an 2000, epoque ou la population serait urbanisee a 57 %, contre 3 3 % en 1980). Toutefois, le pays dispose d'une gamme d'exportations limitees (le cafe et le cacao constituaient eux seuls pres de 50 % des exportations jusqu'au developpement de la production petroliere), il est expose a la secheresse, son infrastructure est limitee et il souffre de i faiblesses institutionnelles et d'un manque d'entrepreneurs locaux, di en partie a la nature des relations sociales existant dans la plupart des pays africains. 2. Le Gouvernement a reussi a eviter les perturbations economiques et l'effondrement de l'agriculture qui auraient pu resulter du boom pPtrolier. I1 a poursuivi une politique budgetaire et monhtaire prudente. Les dhpenses publiques ont ete financees principalement a partir des recettes de 1'Etat. Une partie des recettes petrolieres enregistrees depuis 1978 ont ete placees a l'etranger, compte tenu des limikes de la capacite d'absorption de l'investissement dans le pays. De plus, le recours au financement exterieur a diminue. Par ailleurs, les taux d' interit sont devenus negatifs, en valeur reelle, ces dernieres annees, ce qui a provoque des subventions implicites et Le rationnement du credit . 3. Au cours des d e w dernieres decennies, la croissance economique a kt6 soutenue (6,3 % par an dans les annees 70 et jusqu'a 8 9, au debut des annees 80). Le revenu par habitant a augrnente d'environ 3,l % par an en moyenne entre 1966 et 1980 et etait estime de l'ordre de 850 dollars en 1982. Le - secteur agricole - 4. L'economie repose essentiellement sur l'agriculture, d'autant que la production petroliere devrait avoir une duree limitee. Bien que son importance relative diminue, la production agricole a augment6 plus vite que la population et le secteur rural assure encore le quart environ des exportations totales et le quart du PIB. I1 ernploie environ 70 % de la population active. Le tiers du territoire a une vocation agricole, mais moins de 20 % des terres arables (2 millions d'hectares) sont effectivement cultivees. Les rendements sont bas, mais la production agricole est diversifiee, la production vivriere augmente et des circuits de distribution efficaces ont 6t6 mis en place pour l'approvisionnement des grandes villes. 5. Les petites exploitations traditionnelles (environ un million de familles rurales) Eournissent 93 % de la production agricole. Les 7 % restant viennent de plantations industrielles. La productivite des petites exploitations a progressi lentement, principalement a cause de l'absence de services de vulgarisation, de la midiocrite de 1'infrastructure routiere et de 1' insuffisance des mecanismes de fourniture d'intrants et de commercialisation. De plus, l'exode rural des homes jeunes est de plus en plus preoccupant, car il desequilibre la population rurale et augmente le ch6mage urbain. t la Pour faire face i demande croissante des villes, la productivite agricole devra augrnenter sensiblement. Le Cinquieme plan de developpement en cours met l'accent sur l'investissement dans les entreprises agricoles parapubliques, nonobstant leurs rnediocres resultats passes. 6. Pour resoudre les principaw problemes de 1 'agriculture, il faudra : a) produire eff icacement des cultures d'exportation; b ) ameliorer la qualite des cultures de rente; c) accroitre la productivite des petites exploitations; d) adopter une saine politique agricole notamment en matiere de prix; e) decider comment ameliorer les entreprises agricoles parapubliques et s'il convient de les elargir; f ) dkterminer jusqu'ob poursuivre 1 'autosuff isance alirnentaire; g ) trouver 1 'equilibre & ins taurer entre le souci d 'efficacite economique et les impiratifs sociopolitiques et h) creer des emplois agricoles assez rapidement pour absorber plus du quart de la main-d'oeuvre supplementaire future. 7. Les operations de diveloppement agricole sont generalement execut&es par des entreprises parapubliques et des organismes gouvernementaw, tandis que les decisions, la planification, 1 'etablissement du budget, le suivi e t 1 ' Cvaluation relevent des services centraw du Minist6re de 1 'agriculture. Certains organismes de dkveloppement sont specialises dans une culture ou un domaine particulier, tel que la SODECAO (Societe de developpement du cacao), la SEMRY 11 (Societe d'expansion et de modernisation de la riziculture de Yagua) ou les diverses societes parapubliques spkcialisees dans l'arboriculture 21. D'autres organismes ont des fonctions sp6cialisees7 par exemple la multiplication des semences ou les services de mecanisation agricole. I1 est tres rare que 1'exCcution d'un projet de developpement soit confie a une association de coopkratives agricoles c o m e ce fut le cas dans les Hauts plateaux de 1 'Ouest (Crhdit 784-CM). Les operations de developpement rural sont financees par l'intermediaire du Fonds national de developpement rural (FONADER), decrit dans le paragraphe suivant. 8. Le FONADER, cree en 1973, avait pour mission d'organiser et superviser les programmes de developpement rural et les operations de credit agricole. D'un point de vue juridique, c'est un organisme financier distinct sous la tutelle du Ministere de l'agriculture mais ayant une autonomie administrative. Son siege se trouve a Yaounde mais depuis 1978 il decentralise ses activites. Toutefois, il a encore recours a d'autres services officiels de terrain pour la supervision et l'execution des accivites qu'il finance. 9. Contrairement aux organismes de developpement qui jouissent d'une autonomie financiere et operationnelle, les services provinciaw et departementaux du Ministere de l'agriculture souffrent du manque de - 11 Voir RERP - Cameroun - Dewieme projet rizicole de la SEMRY (PrGt 1512-CM/Credit 763-CM), Rapport OED No 5156 du 25 juin 1984. 2/ - Voir RERP - Cameroun - Plantations arboricoles cbtieres, Rapport OED 6019 du 31 dkcembre 1985. personnel qualifie, de l'insuffisance des remunerations et de l'absence de programmes de travail coherents et de moyens pour les executer. Pour completer les activites des organismes de developpement rural, il est juge essentiel de mettre au point un programme de financement de petits projets urgents et divers dans le secteur rural qui ne sont pas couverts par les programmes existants. B. Contexte Lo. Le Projet de Fonds de developpement rural, concentre dans le Nord du Cameroun, dans la region et aU-.Y abords immediats des monts Mandara, a et6 identifie par la Mission regionale de la Banque en Afrique de l'0uest en 1975/76 en mdme temps que le projet de developpement rural des Hauts Plateaw de llOuest et le Projet de zones d'actions prioritaires integrees dans 1'Est du pays (ZAPI). Ce dernier a e t prepare et. supervise initialement par la Division du Developpement rural 21. Les trois projets, lances peu apres que la Banque ait decide d'axer ses prsts agricoles sur l e probleme de la pauvrete, reprksentaient la premiere generation des projets de developpernent rural de la Banque axes sur la pauvrete au Cameroun. Les projets agricoles que la Banque avait finances auparavant dans ce pays portaient sur le developpement des plantations industrielles, de l'elevage et des grands perimetres d'irrigation (SEMRY) ou sur la culture mkcanisee du riz et du soja (Plaine des M'bo) 41. 31 - Le projet des ZAPI vient d'Gtre acheve. Son rapport d'achevement sera publie vers la mi-86 et l'on est en train de remanier celui du Projet de developpement des Hauts Plateaux de 1 'Ouest. L'evaluation retrospective de ces deu-u projets devrait avoir lieu pendant l'exercice 1987. 4/ - RERP - Cameroun - Projet de developpement rural de la Plaine des M'Bo (Credit 672-CM), Rapport No 4362 du 28 mars 1983. 11. Le projet examine ici a ete realise dans une region densement peuplee ob predorninent les exploitations agricoles de tres petite taille. Ce choix etait conforme a w priorites du Quatrieme plan de developpement (1977-81) qui visait a encourager le secteur des petites exploitations traditionnelles. Pour des raisons sociales et politiques, le projet visait a ameliorer les conditions d'exploitation et de vie dans cette region au lieu d'envisager la reinstallation de la population dans les regions sous-developpees du pays, rnalgre la forte densite dernographique de la zone du projet. Le Projet de Fonds de developpement rural associait une importante composante d'alimentation en eau et plusieurs petits sous-projets pilotes, qui devaient Gtre executks par des organismes d'Etat differents, dont les activites seraient coordonnees par un service de planification central. 12. Le Projet de Fonds de developpernent rural etait destine a creer la capacite institutionnelle necessaire pour planifier et executer de petits projets ruraw hautement prioritaires, rnettant d'abord l'accent sur le nord du pays. La planification et la coordination du projet etaient confiees au FONADER. Une nouvelle direction du FONADER, le Fonds special d'actions rurales (FSAR), cree peu aprhs la signature dx erst, assumait la responsabilitb de ce projet et des projets ulterieurs susceptibles d'en dkcouler a l'echelon national. Le FONADER et le FSAR jouissent l'un et l'autre d'une autonomie operationnelle, mais ils sont sous la tutelle du Ministgre de l'agriculture. Cette autonomie leur a permis de fonctionner beaucoup plus efficacement que les autres organismes publics responsables de l'execution des differents sous-projets (voir MERP par. 17). C. Objectifs du projet 13. Le projet visait essentiellement a mettre en place une in£rastructure d'alimentation en eau. Deux des cinq sous-projets, representant a environ 60 X du coGt total (a l'evaluation c o m e en fin de comptes) , portaient sur la construction, la refection et 1 'equipement de puits et de forages ainsi que sur la construction de petits barrages en altitude oh les eaux souterraines sont difficiles a capter. Les trois sous-projets axes sur des activites productives ainsi que les fonds destines aux activites identifiees en cours d'execution devaient representer 20 % du coht total du projet. A l'achevement, 10 % seulement du cridit total leur avait ete consacre alors que l'administration du projet, y compris l'assistance technique, en avait absorbe 30 %, au Lieu des 20 % environ prevus initialement. Par consequent, le projet n'a guere essaye d'accroitre la production agricole et n'y est donc pas parvenu. 11. EXECUTION DU PROJET A. SOUS-PROJETS D'ALIMENTATION EN EAU 14. Le projet prevoyait la renovation d'environ 600 puits ouverts dont 60 devaient stre couverts, La realisation d'environ 430 forages et l'hquipement d'environ 490 points d'eau avec des pompes A main ou a pkdale. Dix petits barrages devaient aussi Etre construits dans les monts Mandara pour l'alirnentation en eau des homes et des animaw. D'un point de vue matkriel, 900 puits ont 6te renoves, cornparks h 600 prevus au dkpart, un resultat substentiel msme si en 1983, annee de secheresse, on a constat6 que le tiers etait assiche ou n'avait plus assez d'eau. Seulement 50 des forages pr6vus a lfivaluation (232 sur 430) ont kt& realises avec un taux de reussite de plus de 75 %. Un peu plus de 60 % du nombre prevu de points d'eau ont ete equipes de pompes. La realisation de ces trois composantes a ete entravee par les infiltrations de sable qui ont obstrue les points d'eau, annulant en un an ou d e w l'effet des travaux de renovation des puits et qui nuisent au bon fonctionnement des pompes. Les problemes poses par l'entretien des points d'eau sont examines dans la section relative au developpement institutionnel (voir MERP par. 21). 15. Sur les dix barrages prevus, quatre seulement ont ete construits. Toutefois, les credits affectks aux dix barrages ont 6te integralement depenses en raison d'un enorme depassernent des coiits, qui avaient eti largement sous-estimes a l'evaluation faite sur la base des resultats d'une identification tres preliminaire (voir RAP par. 3.10 et 3.11 et 5.20 a 5.23). Les quatre barrages ont 6te construits dans des regions montagneuses densement peuplees a l'interieur du triangle Mom-Meri-Mokolo, dans des lieux tres diff iciles d 'acces. Les emplacements avaient ete choisis en principe sur la base d 'un inventaire preliminaire de 151 sites possibles, classes en fonction de leur distance par rapport aux agglomerations, de leurs avantages techniques et dans un souci de repartition geographique rationnelle. Apres une premi&re identification par un bureau d'etudes, le nombre de sites possibles a &t& ramen6 a 57, dont six ont ete juges "tres avantagew" du point de vue du coGt, trois ont kt6 jug& "avantageux" et six autres rnoyens. Un seul des quatre barrages finalement construits Eaisait partie de la premi&re catkgorie, un seul de la dewieme et les deux autres de la troisieme. Aucun des quatre ou cinq sites qui auraient permis de toucher le plus grand nombre d'habitants n'a ete retenu, ce qui prouve que les considerations politiques l'ont peut-stre parfois emporte sur les considerations techniques et sociales. Les quatre barrages construits sont des structures assez petites ayant un volume de reservoir compris entre 22.000 m3 pour le plus petit et 14G.000 m3 pour le plus grand. Le deuxigme barrage en termes de capacite (89.000 m 3) n'est pas aliment6 par un cours d'eau permanent et n'etait pas encore complhtement rempli a l'achiivement du projet. Le troisieme (47.000 m3) n'etait pas etanche et il a Eallu effectuer des travaw supplementaires. Toutes ces difficultes semblent resulter de l'insuffisance des etudes techniques qui auraient normalement dc stre realisees apres l'inventaire preliminaire et dont l'execution etait prevue pendant la premiere annee du projet; en fait, aucun credit ne leur avait ete affecte car on craignait que ces etudes n'augmentent le prix des travaux qui etaient censes Stre peu cocteux. Ainsi ce sont les expatries successivement charges de la construction des barrages qui ont dc etablir les plans en cours de route. I1 n'est guere etonnant dans ces conditions que trois expatries se soient succedes a ce poste pendant la duree de vie du projet. B. Sous-projets axes sur la production 16. Les trois sous-projets orientes vers la production comprenaient l'amenagement de 300 ha de bas-fonds pour la riziculture irriguee, le developpement des cultures maraTchhres a petite echelle grdce B la fourniture de credit pour 1 'achat de 60 pompes electriques appartenant chacune a d e w agriculteurs et l'ouverture d'une ligne de credit pour l'octroi de prets a quelque 2000 eleveurs pratiquant l'embouche en case. Selon des critkres purement numeriques, les trois sous-projets semblent avoir atteint en grande partie les objectifs fixes a l'evaluation puisque 300 ha ont ete amenages pour la riziculture, 60 prGts ont ete accordes pour l'achat de pompes et plus de 1300 pr6ts ont ete distribues pour l'embouche en case. Toutefois, seul le dernier sous-projet a donne des resultats pouvant Stre reproduits immediatement. La digue construite pour l'irrigation des bas-fonds n'a pas permis de retenir suffisamment d'eau, en particulier au cours des dernieres annees de secheresse. Faute d'une vulgarisation adequate, les cultures rnaraicheres ont ete limitees a la production d'oignons qui a rapidement depasse la capacite de commercialisation, sinon la demande de la region. En ce qui concerne l'ernbouche en case, le gain de poids des anirnaw a ete moins important que prevu, ce qui peut Btre attribue indirectement et en partie au manque de vulgarisateurs et peut-stre aussi au montant insuff isant des pr6ts personnels (pourtant superieur au montant prevu a l'evaluation). Toutefois, cette composante a permis d'une part d'augmenter le revenu des agriculteurs dans les regions montagneuses ou les possibilites de diversification sont rares et d'autre part d'orienter progressivement ce type d 'elevage, exclusivement destine jusque-la a w ceremonies, vers des applications plus commerciales. C. Developpement institutionnel 17. Comme la plupart des activitks orientees vers la production etaient consues comme des operations pilotes 2 caractere experimental, le developpement institutionnel etait l'un des principaux objectifs du pro jet. L'idee de fonder le d6veloppement institutionnel sur des operations pilotes et des activites socialement indispensables telles que l'alimentation en eau etait louable. Toutefois, il semble que, globalement, la mise en oeuvre de ce principe a manque de rigueur. Aucune activite de formation n'etait prevue initialement, mais un petit programme de formation a ete ajoute par la suite a l'instigation d'une mission de supervision. L'organisme charge dtexecuter le projet, c'est-a-dire le bureau du FSAR a Maroua (DOFSAR) n'avait pas de mecanismes de contr6le financier adequats jusqu'a ce que son chef, un expatrie, ait et6 remplace par un Camerounais plus capable en 1980. 18. La DOFSAR n'avait pas de moyens adequats pour communiquer avec le bureau central du FSAR a Yaounde. Elle ne disposait que d'un telephone qui fonctionnait rarement et qui, en l'absence de telex, aurait pu Gtre complete utilement par des communications radio. Le personnel du FSAR et de la DOFSAR etait exceptionnellement stable, peut-stre parce qu'il etait bien paye. Mais les ecarts de remun6ration ont provoque des frictions entre le FSAR et les organismes responsables de l'execution des diff4rentes composantes, a savoir le service du genie rural du Ministere de l'agriculture, le Service d'hydrogeologie du Ministere des mines et de l'energie, 1'Institut de recherches agronomiques et forestieres (IRAF) et la Societe d'expansion et de modernisation de la riziculture de Yagoua (SEMRY), dont le fonctionnement a laisse a desirer. 19. Le Service du genie rural et le Service hydrogeologique avaient l'un et l'autre peu d'experience en matiere d'execution de projets. De plus ils etaient ma1 organises et etaient handicapCs par des salaires peu eleves. La SEMRY, qui a par ailleurs developpe avec beaucoup de succ.5~la riziculture au Cameroun, ne s'est pas suffisamment intiressee au sous-projet d'irrigation des bas-fonds qui lui avait ete confie, en raison de ses autres priorites et de l'eloignement du site par rapport au siege de la SEMRY. Les resultats de la recherche sur les cultures maraicheres, entreprises par I'IRAF, n'ont ete publies que quatre ans apres la . distribution de pompes a w usagers eventuels. 20. Les services de vulgarisation ont ete pratiquement inexistants, tant pour les cultures maraichE?res que pour l'embouche en &table. Bien que la faiblesse des services de vulgarisation et des autres services agricoles ait ete largement documentee, aucun effort n'a ete fait pour y remedier. De ce fait, si .llexecution materielle du projet a donne quelques resultats valables, cela es t dG essent iellement au personnel du FSAR, qui a dc intervenir trop largemeat dans le fonctionnernent au jour le jour au detriment de leur objectif plus vaste, qui etait de faire du FSAR une institution capable d'identifier et de preparer des projets d'investissement rural, puis de coordonner leur execution (voir RAP par. 4.06). 21. 1.es composantes les plus reussies du projet, notamment l'entretien des vehicules et des pompes fournis au moyen du credit ou 1 'administration et le recouvrement des prsts pour 1 'embouche bovine doivent 6tre at tribues a la competence et au devouement de quelques individus ou groupes d'individus, et non a l'etablissement d'un systhme de gestion globale efficace. En ce qui concerne l'entretien des puits, il semble qu'il y a eu un rnalentendu au sujet des attributions respectives du Ghnie rural et du FSAR, qui a finalernent dt faire tout le travail. En outre, le projet n'etait pas suivi de fagon systematique, ce qui explique que l'on ne dispose pas encore de donnees Eiables pour juger de l'impact du projet. D. Impact du projet Sous-projets d'alimentation en eau 22. Les sou-s-projets d'alimentation en eau, qui reprksentent plus de 75 9, des coGts du projet, en particulier les puits et les forages, ont manifestement eu un effet positif sur la region. I1 semble que, mGme si les objectifs fixes a l'evaluation (un point d'eau pour 560 personnes) n'ont pas ete entierement atteints, plus d'un million de personnes ont vu s'meliorer leur approvisionnement en eau : en effet, des puits et des forages 6quipes de pompes ont ete amenages, la distance a parcourir jusqu'au point d'eau le plus proche a ite reduite (1 km apres le projet centre 5 km avant), la consommation d'eau par habitant a augmente (25 litres par jour apres le projet contre 15 avant), le puisage de l'eau est moins penible et il existe desormais des points d'eau pour le betail. Les faiblesses des composantes puits et forages sont l'infiltration de sable, l'organisation coGteuse et precaire de l'entretien, l'absence de recouvrement des coGts et la participation limitbe de beneficiaires, autant de facteurs qui laissaient a penser que le sous-projet ne serait pas durable (voir RAP, par. 5.24). 23. Les resultats de la construction de barrages en montagne sont plus mitiges. Le nombre de personnes utilisant l'eau, surtout a la fin de la saison seche, lorsque l'approvisionnement est particulierement prGcaire, n'a pas 6tk etudie de f a ~ o ndetaillee. L'etude d'identification de 1976 estimait que les quatre barrages qui ont ete construits depuis lors, pourraient ensemble atteindre environ 1400 familles de cinq personnes (possedant chacune quelques moutons et quelques chevres) dans un rayon de 2,s km ou 2500 familles dans un rayon de 5 km - ce qui supposait un trajet de 10 km sur un terrain tres accident6 pour aller chercher de l'eau. Dans la mesure ou cela s'est realise, cela represente un progres par rapport i la situation avant le projet. Les barrages sont aussi utilises par les bergers nomades qui s'etablissent temporairement a proximite; il en resulte un grave risque de surpsturage, d'acceleration de l'erosion et de conflit avec la population locale. Toutefois, le risque le plus grave est d'ordre sanitaire. Comme l'a constate la mission d'evaluation, les animaux s'abreuvent directement dans les reservoirs et y laissent des excrements. Cet abreuvement est officiellement interdit mais personne ne fait respecter le reglement. Pour s'approvisionner en eau les femmes creusent souvent des trous a une certaine distance de reservoir dans l'espoir que l'eau parvenant a ces trous sera partiellement filtree par la terre. Des systemes de filtrage sont installes a certains barrages, mais on ne sait pas tres bien corrnnent ils seront gerds, ni comment les villageois pourront apprendre a s'en servir. Les barrages offrent un avantage secondaire, a savoir la pGche. Les poissons se trouvant dans les reservoirs etaient encore trop jeunes a la fin du projet pour pouvoir 2tre exploites et la pgche etait encore interdite. Les avantages de la presence de poissons, a savoir une meilleure oxygenation de l'eau et surtout une meilleure alimentation de la population locale, seront toutefois limites par la taille des reservoirs et en particulier la quantitk d'eau retenue par les barrages a la fin de la saison seche. La taille des barrages limitera aussi un hventuel impact sur les pluies de la region. Sous-projets - orient6s vers la production 24. Les sous-projets orientes vers la production etaient tous constitues de petites opkrations pilotes a caractere quelque peu speculatif. Compte tenu du manque d'eau pour la riziculture irriguee, le projet d'amenagement de bas-fonds a abouti a une suspe~isiondes activites et impose de lourdes pertes a w paysans concernes. Lorsque la majeure partie de l'infrastructure a t e mise en place en 1983, la moitie seulement du bas-fonds a p6 etre irriguee. Les rendements ont ete bien inferieurs a c e w que la SEMRY a enregistres dans d'autres perimktres. L'irrigation n'a pas ete possible en L984, et en 1985, la mission d'evaluation retrospective n'a vu aucune activite. La recherche sur la riziculture irriguee, elkment de ce sous-projet, a ete suspendue au bout de deux ans lorsque les lits de semis ont ete dbtruits par une inondation. La mission de supervision de novembre 1984 a m&me conclu que l'investissement dans l'amenagement de 300 hectares de bas-fonds dans la region de Moulvouday devait tres probablement 2tre passe par pertes et profits dans la mesure ou il etait pratiquement certain que le barrage en terre ne pourrait jamais retenir l'eau par suite d'une erreur dans la disposition topographique. Apres cela, la Banque a ecrit au FONADER que la terre devrait 6tre rendue a m paysans pour leur permettre d'y pratiquer les cultures vivrieres traditionnelles ?/. 25. Le sous-projet de cultures maraicheres a lui aussi eu des rksultats mitiges. Faute de vulgarisation et de recherche, le projet n'a permis de produire que des oignons, qui etaient dejh cultives depuis longtemps dans la region, sans m6me reussir h en assurer le stockage. C o m e les cultivateurs qui ont beneficie des 60 prGts pratiquaient des 5/ Cameroun - Rapport de supervision du Projet de Fonds de dkveloppement rural du 14 novembre 1984. A la suite de pluies abondantes en 1985, les experts de la Banque indiquent que le reservoir contient actuellement un certain volume d'eau. Toutefois, on manque d'information sur le mode d'utilisation de cette eau et des resultats ob t enus. cultures de moindre valeur avant le projet, leur revenu a sensiblement augmente. Mais leur rendement apres deduction des pertes n'etait guere superieur a celui des producteurs d'oignons ut il isant des pui ts traditionnels. Toutefois, ceux qui possedaient des pompes electriques ont economise de la main-d'oeuvre, ce qui leur a permis de planter une plus grande superf icie en oignons . En raison des difficultes de connnercialisation et des mauvaises methodes de stockage, plus de 40 % de la rkcolte ont peut-etre ete perdus (contre 11 $ en dehors de la zone du projet). Le RAP estime a environ 20 % le t a w de rentabilite economique du sous-projet de cultures maraicheres (voir RAP par. 6.02)- mais fournit peu de preuves a l'appui de cette conclusion 5 / . On ne sait pas tres bien non plus si le calcul tient compte du fait que le tiers des pompes installees ne fonctionnaient plus a l'achevement du projet a cause du manque d'entretien resultant de l'utilisation d'une mgme pompe par d e w cultivateurs. En l'absence de suivi, il reste impossible de determiner l'impact sur la nappe phreatique locale de l'exploitation massive des ressources en eau provoquee par ce sous-projet. ies producteurs d'oignons ont ete confrontes a de fortes fluctuations de prix dues a l'absence de moyens de stockage adequats, de moyens de transport mieux organises et d'intermediaires capables d'acheter de plus grandes quantites. Par consequent, le sous-projet risque d'avoir nui aux cultivateurs traditionnels d'oignons, mais on ne dispose encore d'aucun renseignement a 6/ - L'estimation contenue dans le RAP est presque identique a celle qui avait 6 faite a l'&valuation, alors que les rendements nets effectifs ne representaient pas plus du quart environ des rendements escompt6s. Le RAP indique aussi (par. 6.07) que les resultats economiques des beneficiaires du credit n'ont pas 6te Qvalu6s. ce s u j e t . A ltach&vernent du p r o j e t , l e recouvrement d e s m o n t a n t s dus a u t i t r e d e s p r g t s c o n s e n t i s pour l e s c u l t u r e s m a r a i c h e r e s s ' e t a b l i s s a i t a un peu moins d e 70 %. 26. Sur les 2000 p r G t s envisages pour l'embouche bovine en c a s e , 1330 o n t e t e a t t r i b u e s , s o i t e n v i r o n 65 % du nombre prevu a l ' e v a l u a t i o n . La e n c o r e , l ' a b s e n c e d e s u i v i ne permet p a s d ' e v a l u e r a v e c p r k c i s i o n les r e s u l t a t s ou l ' i m p a c t d e c e s o u s - p r o j e t . I 1 semble que les g a i n s d e p o i d s o n t e t e moins e l e v e s que prevu e t e t a l e s s u r une p e r i o d e d'embouche p l u s longue que prevu. Cet ecart est attribue au manque d'aliments compl6mentaires ainsi qu'aw difficultCs dtapprovisionnernent e n e a u , a l'utilisation d'animaux de moins bonne qualite que prevu et 2 1' i n s u f f i s a n c e de la vulgarisation et des credits. Toutefois, le recouvrernent d e s p r i t s , q u i a v a i t e t 6 mediocre a u debut s'est ameliore vers la fin du projet. A l'achevernent, 78 % des prGts avaient ete rembourses. On pense que l e s b e n e f i c i a i r e s d e c e s p r 6 t s o n t r e a l i s e d e s p r o f i t s modestes, neanmoins l'ernbouche b o v i n e p a r a i t s u s c i t e r un i n t e r 6 t considerable e t l e s legons t i r 6 e s de c e p r o j e t p o u r r a i e n t a i d e r a o b t e n i r de rneilleurs r e s u l t a t s par la s u i t e . Le t a w d e r e n t a b i l i t e economique de ce s o u s - p r o j e t n ' a pas 6 t h c a l c u l e . E. S u i v i e t permanence du p r o i e t 27. Le P r o j e t d e Fonds d e diveloppernent r u r a l e s t rnaintenant suivi p a r un Dewi&me p r o j e t d e Fonds d e developpernent r u r a l q u i a e t e e v a l u e e n rnai 1983 e t approuve par le Conseil en juin 1955 a p r e s de longues n6gociations. Sans ce projet relais, la perennit6 du premier projet a u r a i t 4 t h pour l e rnoins d o c t e u s e . La d u r e e d e s n b g o c i a t i o n s e t a i t due a un d e s a c c o r d e n t r e l a Banque e t l e Gouvernement camerounais a u s u j e t d e s mesures d e recouvrement d e s c o u t s e t d e l a c o n t r i b u t i o n d e b e n e f i c i a i r e s s l ' e n t r e t i e n des puits, d e s Eorages e t d e s pompes. IAe deuxieme p r o j e t a e t e &value e t approuve a v a n t l'achevement du premier e t avant l a r e d a c t i o n du rapport d'achevement. I1 prevoit pour 1' e s s e n t i e l l a poursuite des activites dans le cadre du premier projet ainsi que leur expansion geographique. I 1 semble qrle l e deuxieme p r o j e t t i e n t compte d e c e r t a i n s des enseignements degages du premier. Ainsi, la Banque a insiste sur l'adoption de methodes de recouvrement des coiits adequates, qu'elle a p o s e e s comme c o n d i t i o n du d e c a i s s e m e n t d e f o n d s pour l e f o r a g e d e nouveacuc puits. Le Gouvernement a p u b l i e a l a f i n d e 1984 un d e c r e t a u x termes duquel l e s b e n e f i c i a i r e s d o i v e n t prendre en charge l e s depenses d ' e a u . I1 a a u s s i c r e e l a Commission n a t i o n a l e d e l ' e a u c h a r g e e d e m e t t r e a u p o i n t e t de coordonner l e s mesures e t l e s a c t i v i t e s des ministeres associes a l'approvisionnement en eau. L a c r e a t i o n d e l a Commission e s t i n t e r v e n u e a la v e i l l e d e l a v i s i t e e f f e c t u e e a u Carneroun e n j u i n 1985 p a r l e P r e s i d e n t Clausen, a u cours de l a q u e l l e a e t e s i g n e l e d e u i e m e p r o j e t . I1 reste h s a v o i r s i les rnesures d u Gouvernement a u r o n t un impact n o t a b l e . Les p r 6 t s pour les cultures maraicheres orlt ete suspendus jusqu'a la rlalisation d ' u n e e t u d e d e marche, financee par le nouveau projet. Ce dernier ne finance pas de nouveaux barrages de montagne, qui sont juges trop cobtew. Le Gouve rnemen t a cependant indique clairement q u ' il avait L'intention de construire davantage de barrages, seule source d'approvisionnement en eau pour la population des moats Mandara q u ' i1 serait impossible de deplacer pour des raisons a la fois sociales, politiques et sans doute economiques. Bien que les barrages soient onerew, i l n ' e x i s t e p a s e n c o r e d e s o l u t i o n s v r a i m e n t moins c o & t e u s e s . Ls deuxieme proj e t prevoit des forages en morltagne. Si ::ette tentative n'aboutit pas, la Banque devrait envisager ci'aider a nouveau le Gouvernement a construire des barrages, mais cela n'est pas ~revu s p e c i f i q u e m e n t dans l e d e ~ u t i e m ep r o j e t . D ' a u t r e s e n s e i g n e m e n t s a t i r e r du premier projet ont etti soit ma1 evalues soit m6me ignores. 11s s o n t examines d a n s l e s p a r a g r a p h e s s u i v a n t s . S u i t e donnee a l'amenagernent d e s bas-fonds 28. Par c o n t r e , l a Banque a u r a i t d; s e m o n t r e r p l u s p r u d e n t e en c e qui concerne le financement d'un nouveau programme d'arnenagement de bas-fonds a travers le second projet. Nonobstant les resultats tres mauvais du p r e m i e r s o u s - p r o j e t q u i e t a i e n t d e j a e v i d e n t s a l ' e p o q u e ou l e second projet etait prksente au Conseil, ( v o i r par. 24), le rapport d'evaluation du d e w i e m e p r o j e t , publie e n rnai 1985 mais b a s e sur les conclusions d'une mission eEfectuee en 1983, fait une evaluation euagerement o p t i m i s t e de ces resultats, indiquant que 300 h e c t a r e s de bas-fonds on t e t e amenages ( c l e s t - a - d i r e q u ' u n e i n f r a s t r u c t u r e a e t i . mise e n p l a c e ) , rnais p a s s a n t compl&tement s o u s s i l e n c e l a c o n c l u s i o n a l a q u e l l e l a Banque elle-m6me e t a i t parvenue, a savoir qu'il y a v a i t peu d ' e s p o i r que du r i z s o i t jamais c u l t i v e s u r c e s 300 ha 7/. Le r a p p o r t d ' e v a l u a t i o n du dewieme projet prevoyait des travaux d'amenagement sur 1.000 h a supplementaires dans la meme region sans indiquer pourquoi ce nouveau sous-projet d e v r a i t d o n n e r d e m e i l l e u r s r e s u l t a t s que s o n p r e d e c e s s e u r . 7/ - Rapport d ' e v a l u a t i o n - Cameroun - D e w i e m e p r o j e t d e Fonds de developpement r u r a l , Rapport No 4780-CM du 10 rnai 1985; p a r . 1.14. 3e plus, les rares donnees firlancieres contenues dans le rapport d'evaluation indiquaient que le rendement net par jour de travail slrait moins sleve si le sous-projet etait realise - consideration a laquelle les agriculteurs africains sont tres sensibles . Le rendement global augmenterait de moins du double alors que la superf icie plantee par chaque agriculteur rt sa main-d'oeuvre doubleraient l'une et l'autre, ce qui signifiait qu'on pourrait envisager des utilisations plus rentables de la terre et de la main-d'oeuvre. Tous ces facteurs auraient dh Gtre pris en consideration m6me si le nouveau sous-projet d'amknagement de bas-fonds n'occupe qu'une petite place dans le de~xieme projet. A present, toutefois, la Banque a deja considerablement modifie ses propositions techniques en Eaveur d'un developpement plus simple et moins cokteux des bas-fonds. Suite donnee au dkveloppement institutionnel 29. Les diff icul tes institutionnelles rencontrees dans le premier projet resultaient principalement de la faiblesse des divers services du Yinistere de l'agriculture et du Ministere des mines et de l'energie. Le deuxieme projet fait beaucoup moins appel a ces services que le premier, confiant de nombreuses cornposantes a des institutions plus sGres, quoique assez peripheriques, dont les capacites de gestion sont bien eprouvees. Toutefois, l'approvisionnement en eau, principale composants du projet, restera du domaine du Ministere de l'agriculture, et les activites seront Y/ Rapport d'evaluation - Cameroun - De~xieme projet de Fonds de dPveloppement rural, Rapport No h780-CP1 du 10 mai 1985, Annexe 6 - 2 , page 57. coordonnees avec les autres ministkres par un nouvel organisme, le Comits national de l'eau, dont on connait peu de chose a ce stade. Par ailleurs, la vulgarisation pour l'ernbouche bovine et les aspects sanitaires de 1 ' hydraulique villageoise auraient necessi t6 un developpement institutionnel que le nouveau projet ne prevoit pas. F. Valorisation des ressources hunaine? 30. Le projet n'a pas assure la formation de personnel camerounais. Grsce Q L 'accroissement et a 1'amelioration de 1 'approvisionnernent en eau d'un nombre important de personnes, il semble avoir eu un effet positif sur la sante de cette population. Toutefois, il n'existe pas de donnees de suivi ni d'etudes a ce sujet. Les femmes qui sont traditionnellement chargees d'aller chercher L'eau, ont particulierement benefit-ie du rapprochement des points d 'eau et tirent peut-6tre un mi il leur part i du temps qu'elles gagnent grgce au projet. La encore l'impact du projet sur l'emploi du temps quotidien des Eemmes n'a pas ete etudie. 111. CoNCLUSIONS ET QUESTIONS Sous-projets d'approvisionnement en eau 31. Le programme de refection des puits et de forage a donne d'assez bons resultats bien que l'entretien des puits, des forages et des pornpes rnette a rude epreuve la capacite institutionnelle limitee existant dans la region. De plus, les problemes poses par l'infiltration de sable ne sont pas encore regles. I1 semble qu'en certains endroits, les villageois ont pris l'initiative de Faire reparer a leurs Frais les pompes defectueuses dans des ateliers prives. De telles initiatives devraient Gtrs encouragees regulierement au 1ieu d'G tre simplement considCrkes c o m e une preuve de l'impuissance des organismes publics a assurer l'entretien du materiel. L'adoption de methodes adequates pour le recouvrement des frais d 'entret ien encouragerait davan tage les vi 1lageois a prendre de tel les initiatives. 32. Le sous-projet de construction de barrages en montagne n'a atteint qu'une petite partie de ces objectifs. I1 est vrai qu'il s'est deroule dans des conditions quasiment impossibles. Compte tenu de l'importance sociale et sanitaire de l'approvisionnement en eau salubre dans les monts Mandara, la Banque n'aurait peut-Gtre pas dG ignorer totalement cette activite dans son projet relais. Des ameliorations devront Gtre apportees aux barrages a construits, pour qu'ils fournissent davantage d'eau de meilleure qualite. I1 Faudra aussi Cduquer la population locale pour eviter la pollution dangereuse des eaux stagnantes qui s'accumulent derriere les barrages. Et si le Gouvernement continue a construire des barrages (MERP, par. 2 7 1 , la Banque devrait continuer a lui offrir son assistance, si les auLres solutions qu'elle propose n'achevent pas de resultats satisfaisants. Dans le cas de ce sous-projet, la principale erreur de la Banque a ete de decider d'aller de l'avant dans une operation technique complexe sans autres donnees de base qu'une etude d' identification preliminaire, (MERP, par. 15 1. Entreprendre les travaw sans autres etudes et plans adequats sous pretexte que ceci aurait cofitk trop cher prouve combien le raisonnement economique peut Gtre deforme par des contraintes bureaucratiques et politiques (RAP, par. 3.11). Sous-projets orientes vers la product* 33. Le sous-projet d'amenagement des bas-fonds semble avoir souffert d'un optimisme bureaucratique semblable qui a peut-stre aussi marque le Deuxieme projet de Fonds de developpement rural mGme lorsque l'echec du premier sous-projet -ne faisait pratiquemenc plus aucun doute. La principale faiblesse des sous-projets de culture maraichere et d'embouche bovine etait l'absence d'assistance technique adequate due au manque 3 e personnel qualifie et dans le cas des cultures maraicheres, a l'absence de messages techniques. Pour ce dernier sous-projet, il aurait aussi fallu accorder davantage d'attention aux conditions en aval (commercialisation, stockage et transport) de la culture extensive de l'oignon et a l'effet negatif qu'elle risquait d'avoir sur les producteurs traditionnels d'oignons de la region. Gestion du ~ r o j e t 34. I1 avait ete souligne a juste titre que l'absence de mecanismes de planification et de financement des investissemencs constituait le principal obstacle au developpement de la region des monts Mandara et des plaines avoisinantes. Aprgs avoir etabli un service de planification et de coordination du projet, le FSAR, au sein d'une institution financiere, le FONADER, les responsables du projet devaient collaborer avec des organismes gouvernernentaux qui etaient a la fois ma1 outilles pour fournir les services indispensables a la bonne execution du projet et rkticents a cooperer avec le personnel mieux remunere d'une institution nouvel le. Dans ces conditions, les responsables du projet, conscients du fait qu'ils seraient juges sur les resultats immediats, ont concentre leurs efforts sur la mise en place au jour le jour d'une infrastructure et non sur la coordination et le d6veloppement institutionnel. En consequence, les composantes du projet qui n'ont pas echoue ne seront durables que si elles beneficient d'un Einancement complementaire. Le bureau de Maroua peut compter sur quelquss techniciens camerounais jeunes et competents, mais, raute de moyens de communication avec le siege de Yaounde, son administration generale es t sans doute restee trop prudente et bureaucrat isee. 35. Les efforts de developpement insti tut ionnel poursuivis dans le cadre du Deu-uieme projet de Fonds de developpement rural visent a renforcer ia capacite de gestion des projets du FSAR, notamment pour la supervision de quelques etudes speciales et pour les activites toujours delicates de suivi et d'evaluation. Cependant, la planification agricole sera effectuee dans les structures regionales du Ministere de l'agriculture. L'execution des sous-projets identifies sera confiee a des entreprises parapubiiques competentes. Toutefois, les activites de vulgarisation agricole, de sante et d'assainissement reposent toujours sur des organi-smes publics peu dynarniques. Certains progres semblent avoir kt4 accomplis en ce qui concerne le recouvrement des coiits pour les activi tes d 'approvisionnement en eau en milieu rural. Le decaissernent de fonds pour le forage de puits est subordonne a l'adoption d'une politique satisfaisante pour le recouvrement des frais d'exploitation et d'entretien courant . 36. Le pro jet de Fonds de developpement rural etait une operation de modeste envergure, et a caractere pilote. En tant que tel, il a evite bon nombre des erreurs comrnises dans des projets de developpement rural plus integres comportant un trop grand nombre d'activites. Les enseignements qui s'en degagent devraient permettre d'obtenir de meilleurs resultats dans les operations relais. 11 reste savoir si ses realisations immediates en matiere d'equipement seront maintenues g r k e a un entretien adequat et si elles pourront gtre elargies par la suite. C AMEROUN PROJET DE FONDS DE DEVELOPPEMENT RURAL RAPPORT D'ACHEVEMENT 28 j u i n 1985 Departement des pro jets Bureau regional Afrique de llOuest CAMEROUN PROJET DE FONDS DE DEVELOPPEMENT RURAL (CREDIT 723-CM) RAPPORT D'ACHEVEMENT I. INTRODUCTION 1.01 Le Projet de Fonds de developpement rural, prepare par la Banque en avril et ao6t 1976 a la demande du Gouvernement camerounais, etait destine a renforcer et aider les institutions camerounaises responsables du developpement rural, afin qu'elles soient m i e w a m&me de realiser de petits projets prioritaires de developpement dans l'ensemble du pays. L'effort devait aller pour plus de la moitie a un programme d'investissement dans le secteur de Italimentation en eau. I1 etait egalement prevu d'aider les agriculteurs par le biais de petits sous-projets axes sur la production; ces operations devaient servir de tests, c'est-a-dire que, si leurs resultats etaient concluants, elles seraient repetees dans d'autres rbgions du Cameroun. Enfin, le projet comportait une ligne de credit d'un montant equivalant a 500.000 dollars pour l'identification, la preparation et l'evaluation d'autres sous-projets pendant l'execution du projet. Au niveau national, il s'agissait avant tout de mettre en place le mecanisme de financement des infrastuctures rurales qui faisait alors gravement defaut, et le projet s'inscrivait tout a fait dans la ligne de la strategie gouvernementale enoncee dans le Quatrieme plan de developpement (1977-1981). 1.02 Le projet a ete identifie par la Banque en octobre/novembre 1975, prepare d'avril a aoiit 1976, et evalue en octobre/novembre 1976; le credit de 1'IDA, approuve en juin 1977, est entre en vigueur en janvier 1978. La date de clGture, initialement fixee au 31 decembre 1981, a ete reportee a d e w reprises : d'abord parce que l'execution du projet avait pris plus longtemps que prevu, et ensuite pour eviter tout hiatus entre la premiere et la seconde phase. C'est finalement en decembre 1983 que le credit a 2 clos. Le co6t total du projet s'est chiffre a l'equivalent de 12,8 millions de dollars; le credit de 1'IDA a couvert 6,6 millions de dollars, et le reste a et6 pris en charge par le budget d'investissement du Gouvernement. A la cl6ture du credit, le 31 decembre 1983, il restait a decaisser environ 448.000 dollars et ce montant a ete annule. 1.03 Le present rapport est fonde sur les elements d'information suivants : a) l'etude d'achevement preparee en janvier 1984 par la SEDA (bureau de consultants de Yaounde), pour le compte du Gouvernement et du Bureau du projet; b) la mission d'achevement effectuke en fevrier 1985; c) un examen detaille du dossier du projet, au siege de la Banque; d) des entretiens avec diverses personnes, au Cameroun et a la Banque,associees a la realisation du projet. Les principales conclusions de la mission d'achevement ont ete passees en revue avec les representants du Gouvernement et elles n'ont donne lieu a aucune difference d'opinion fondamentale entre ce dernier et la Banque. 11. FOWIULATION ET INSTRUCTION DU PROJET A. Point de depart et cadre de reference 2.01 Au depart, le projet devait repondre a d e w objectifs. Le premier etait de faciliter le developpement rural, et notamment la realisation de petits projets par la mise en place d'une institution capable de planifier des actions de developpement rural, et d'acheminer les fonds destines a certaines activitks importantes, et d'en accelerer l'execution par la fourniture d'un appui gestionnel, ce qui voulait dire creer un fonds de developpement rural. Cette strategie etant conforme aux priorites definies par le Gouvernement dans son Quatrieme plan de developpement (1977-1981), lequel visait notamment a Eournir une aide accrue aux petits exploitants traditionnels pour ameliorer les revenus et les conditions de vie dans les zones rurales. Le second objectif - stimuler le developpement regional - n'est pas mentionne expressement dans les documents officiels du projet, si ce n'est indirectement lorsqu'il est question de l'importance des sous-projets et de la faiblesse des revenus dans la province du Nord. En 1974175, le Gouvernement mettait enormement l'accent sur le developpement du nord et de l'extreme-nord du pays, comme en atteste le grand nombre d'organismes donateurs qui preparaient alors des projets pour cette region. On trouve peu d'explications sur le point de savoir pourquoi et comment les cinq sous-projets finances par le Projet FSAR I ont tous porte sur la region Nord, mais un compte rendu de mission de la MRAO, date de 1975, note l'importance qu'on attachait alors a trouver des projets a realiser dans cette rkgion. Si l'on avait disperse une serie de petits sous-projets entre les diverses regions du pays, le projet aurait ete impossible a administrer et le contr6le de sa mise en oeuvre serait ~ a s s ede la (des) rCgion(s) a la capitale, ce qui n'aurait Eait qu'accroitre encore la tendance a une centralisation excessive. B. Identification et preparation 2.02 La mission d'identification effectuee en 1975 par la MRAO (il s'agissait pour ltessentiel d'une mission de reconnaissance) a identifie trois options : a ) un projet de developpement rural dans les hauts plateaux de llOuest; b ) une extension du projet Z A P 1 (zones d'amenagement prioritaire integre) dans 1'Est; c) la creation d'un Fonds de developpement rural. Cette troisieme idee, dans laquelle on voyait un moyen de regrouper plusieurs microprojets juges prioritaires par le Plan quinquennal, a ete favorablement accueillie par le Gouvernement. Les principaw problemes identifies etaient d'ordre administratif, a savoir comment renforcer les services gouvernementaux charges des microprojets en question, et comment determiner si le FONADER 6tait a meme de gerer un fonds de developpement rural. 2.03 Le projet decrit dans le rapport de preparation etabli a la suite d'une visite effectuee sur place en avril 1976 par une equipe de la MRAO est en fait celui qui a ete mis en oeuvre. Le mode d'organisation du projet, avec le FONADER en tant que chef de file, est reste celui que prevoyait ce rapport publie en juin 1976; de meme, la conception et la portee des cinq sous-projets n'ont pratiquement pas ete modifiees par la suite. Certains des elements de ce rapport de preparation revetent retrospectivement une importance particuliere : - Le sous-projet petits barrages etait limite a 1 0 ouvrages du fait des "difficultes materielles que poserait probablement leur realisation" et en particulier des difficultes d'acces a w sites de construction et des problemes d'organisation qu'impliquerait l'ernploi d'une main-d'oeuvre nornbreuse. Malgre cette mise en garde, les besoins envisages (notamment en ce qui concerne La main-dfoeuvre necessaire a la construction de 10 barrages) se sont reveles avoir ete grandement sous-estimes. Pour l'amenagement des bas-fonds. l'idee de depart etait de realiser un projet assez simple qui aurait consiste a amenager des banquettes selon les courbes de niveau et des drains pour ameliorer le contr6le de l'eau, en vue de la culture de varietes de riz traditionnelles. Nais elle a ulterieurement ete abandonnee au profit d'un plan plus complexe, cornportant la construction d'un reservoir pour disposer de L'eau necessaire a la culture de riz irrigue. - Pour le sous-projet cultures maraicheres comrnerciales, le rapport proposait lfoctroi de credits pour l'achat de 40 petites pompes a moteur et de 20 pompes a motricitk humaine, mais precisait que les pompes a moteur (5 CV) coiitaient trois fois plus cher que les pornpes a motricite humaine (330.000 contre 100.000 francs cFA). I1 soulignait aussi "qu'aucune pompe a motricite humaine n'etant utilisee dans la region, les estimations de cofit etaient essentiellement basees sur le prix des pompes a moteur". Finalement, les pompes fournies dans le cadre du projet (pompes a moteur de 3 CV) ont cocte autant que les pornpes a motricite humaine. - La ligne de credit prevue pour l'embouche bovine devait initialement aller a 900 exploitants. Finalement, 834 prgts ont 6te attribues au cours des quatre premiGres annees du projet, alors que la ligne de credit avait entre-temps ete accrue (lors de la phase d'evaluation) de faqon a financer 2.000 prsts. - Sous la rubrique "organisation et gestion", le rapport precisait quU'en depit de la faiblesse de leurs services sur le terrain, l'execution des cinq sous-projets serait confiee aux ministeres, plutbt qu'a un organisme specialement cree a cet effet". I1 s'agissait li d'une decision importante qui a donne lieu a des problemes en cours d'execution, mais qui se serait sans doute revele valable si l'on avait fait appel a des organismes d'execution dotes de meilleurs moyens d'intervention. - I1 y avait enfin la question de savoir si le Gouvernement et la population concernee accepteraient de participer, financierement ou par l'apport de main-d'oeuvre non remuneree, a w sous-projets d'alimentation en eau et d'amenagement des bas-fonds. On n'a pratiquement pas avance sur cette question pendant l'execution du projet. 2.04 En aout 1976, un economiste de la MRAO s'est rendu sur place en mission de preevaluation et a suggere dans son rapport (Addendum au Rapport de preparation) un certain nombre de modifications. I1 proposait tout d'abord de transferer la responsabilite des sous-projets cultures maraicheres commerciales et amenagement des bas-fonds de la Direction de la vulgarisation a celle du Genie rural (toutes les d e w Eont partie du MINAGRI). I1 indiquait en outre que les bas-Eonds "ne se prsteraient peut-Gtre pas bien a w ameliorations limitees proposees dans le rapport de preparation" et qu'il conviendrait peut-Gtre de prevoir des ameliorations telles que l'on puisse cultiver du riz irrigue. I1 signalait par ailleurs que l'on connaissait ma1 la demande et l'ampleur du marche pour les oignons et d'autres cultures maraicheres et proposait que l'on etudie, dans le cadre de ce sous-projet, comment ameliorer les methodes de stockage. Enfin, il recommandait de financer le renouvellement des ateliers d'entretien du materiel et des vehicules et du genie rural (seule une assistance technique etait prevue jusqu'alors); cette recommandation s'est averee bien fondee, mais son estimation des c0Gt.s ( 3 millions de francs CFA) s'est revelee bien inferieure a w depenses effectives (16 millions de francs CFA pour le materiel, plus 21 millions de francs CFA de travaw). C. Evaluation 2.95 La fiche de projet etablie avant la mission ne mentionnait aucune question fondamentale qui n'ait dejh ete signalee dans le rapport de preparation ou dans son addendum. La mission d'evaluation est partie pour le Cameroun, cornme prevu, le 22 octobre 1976. Le dialogue permanent qui avait ete entretenu avec le Gouvernement durant la preparation du projet et le grand inter6t porte par les autorites a ce type de programme ont certainement beaucoup facilite le processus d'evaluation qui n'a pratiquement pas pose de problemes. 2.06 Sur la base des informations recueillies pour la mission de preparation, certains sous-projets ont fait l'objet d'ajustements mineurs. En juillet 1976, le Genie rural avait procede, c o m e demande, a un recensement des puits de la province du Nord. Sur les 1.366 puits recenses, plus de 40 % avaient besoin d'gtre approfondis ou repares de faqon substantielle; beaucoup d'autres necessitaient des reparations rnineures ou des trava~xd'entretien. De ce fait, la mission d'evaluation a augmente le nombre des puits inclus dans le projet : au lieu des 360 initialement prevus, 600 allaient &tre renoves et 800 entretenus (dont 60 devaient 6tre couverts et equipes de pompes a motricite humaine). Le nombre des nouveaw forages a en outre ete porte de 210 a 430 pour aider le Gouvernement a atteindre son objectif d'un point d'eau pour 500 habitants. Ces changements devaient permettre d'effectuer tous les travaux de rehabilitation necessaires dans la region et d'atteindre les objectifs ambitieux du Gouvernement en rnatiere de points d'eau, mais ils ne tenaient pas suffisamment compte de la capacite d'execution limitee du Genie rural dont les moyens administratifs et gestionnels n'etaient pas suffisants rapportes a l'ampleur du programme (celui-ci impliquait la rehabilitation de 165 puits par an, alors que la moyenne avait ete jusque- la de 68). De meme, le programme de 130 forages devait Stre confie au Programme des eaux souterraines (PES) du Ministere des mines et de l'energie, service qui n'avait qu'une experience limitee dans ce domaine. 2.07 Le projet d'amenagement des bas-fonds a fait l'objet de discussions approfondies au cours de l'evaluation. Les etudes topographiques et hydrologiques complementaires qui devaient Stre achevees avant la fin de fevrier 1977 par ltInstitut de recherche agronomique et forestiere ( I R A F ) avaient pris du retard et n'etaient pas encore disponibles au moment de l'evaluation. I1 a neanmoins ete decide de donner suite au sous-projet, a la condition qu'aucune donnee nouvelle ne ressorte de ces etudes qui contre-indique l'approche retenue. Comme precise dans le rapport d'evaluation, on a reduit la zone d'intervention (300 ha contre 500 ha initialement prevus) et adopte une approche plus intensive, conformement aux recommandations de l'tlddendum au rapport de prkparation, comportant l'amenagement d'un barrage et de canam pour reguler L'ecoulement des eaux et permettre la culture de riz irrigue. 2.08 Le seul autre changement a concerne le sous-projet d'embouche bovine. Le nombre des exploitants qui pourraient beneficier d'un pr6t a ete porte de 900 (rapport de preparation) a 1.000 (document de synthese) enfin a 2.000 (rapport d'evaluation final). Encore une fois, on aurait pu se demander si le FONADER et le FSAR seraient en mesure d'administrer et de decaisser un aussi grand nombre de pr6ts. 2.09 Entre le moment ou le projet a ete prepare (avril 1976) et celui ou il a et6 evalue (octobre 1976), les cocts d'investissement ont augmente de 50 %, le devis passant de 1.318 millions de francs CFA (5,6 millions de dollars) a 2.043 millions de francs CFA (8,3 millions de dollars). L'analyse de ces coiits fait ressortir les diverses raisons de cette augmentation. Tout d'abord, tous les elements du projet ont vu leurs coiits augmenter, a l'exception - et cela est surprenant - de la composante petits barrages, dont Le coct a ete reduit de 13 % et de la composante sous-projets non identifies, pour laquelle la reduction a ete de 50 %. Le coiit de la composante hydraulique villageoise a ete majore de 44 %, ce qui a porte sa part du total des coiits du projet a 60 %. Pour l'element services d'appui, l'augmentation a ete de 50 %, essentiellement parce que l'on a double le nombre des vehicules et les charges d'exploitation correspondantes, et aussi parce qu'on a ajoute certains travaw de genie civil; l'enveloppe affectee au personnel expatrie a elle aussi ete modifiee, mais les cofits sont restes quasiment les memes. Chose plus interessante encore, le coiit de l'element embouche bovine n'a ete majore que de 27 %, alors que le nombre de prgts etait porte de 900 a 2.000 et leur montant de 30.000 a 38.700 francs CFA. Un examen plus detaille a revele que si le rapport de preparation et les documents y relatifs faisaient etat de 900 prgts, le budget prevu a cet effet correspondait en fait - en raison peut-etre d'une erreur de calcul - a 1.900 prgts, chiffre proche de celui de 2.000 inclus dans le rapport d'evaluation. 2.10 Le rapport d'kvaluation a couverture jaune a ete publie le 22 fevier 1977, et Le Comite des pr6ts a accepte le projet le 23 avril 1977. D. Negociations et soumission du projet a w Administrateurs 2.11 Les negociations ont eu lieu du 3 au 6 mai 1977. Elles n'ont entraine aucun changement fondamental de la conception du pro je t par rapport a ce que prevoyait la version preliminaire de 1' Accord de credit. Trois modifications y ont toutefois ete apportees, dont L'une a concerne l'application d'un systeme de recouvrement des cofits, question delicate sur laquelle le Gouvernement et la Banque n'etaient pas d'accord, qui devait par la suite creer des problemes et qui 2 ete l'une des principales causes du retard pris par le Projet FSAR 11. La delegation camerounaise a reconnu sans difficulte la necessite de recouvrer les coGts engages aupres des beneficiaires du projet, mais elle a eu-plus de ma1 a accepter la solution proposee dans le projet dlAccord de credit (Section 3.15 (a) - Recouvrement des cofits). Elle s'est montree particulierement rksolue dans son opposition au prelevement d'imp6ts locaw, cette option lui paraissant politiquement inacceptable. Elle a declare que les beneficiaires du sous-projet d'hydraulique villageoise comptaient parmi les populations les plus pauvres du Cameroun, et que les rnsmes services etaient fournis gratuitement dans d'autres regions moins demunies. Au terme d'un long debat, l'accord s'est fait sur une nouvelle formulation : a) la Societe d'expansion et de modernisation de la riziculture de Yagoua (SEMRY) appliquerait les conditions du cahier des charges (ce qui equivalait de fait a un systeme de recouvrement des coiits) aux beneficiaires de la composante amenagement des bas-fonds; b) les beneficiaires de l'element barrages apportaient une contribution en nature (ou L'equivalent en especes ) a 1 'effort d'entretien, e t Le Gouvernement fournirait au collectivites locales les fonds budgetaires voulus pour couvrir les depenses monetaires; c) enfin, le Gouvernement poursuivrait son programme d'amenagement de points d'eau en mettant en place un mecanisme de recouvrement des coGts lui permettant de recuperer "au moins une portion des cofits d'investissement" tandis que les beneficiaires du programme prendraient en charge les coiits d'entretien de ces equipements. Ces modifications avaient essentiellement pour effet d'eliminer toute mention "d'impiits, de prelevements ou de redevances" et d'attenuer de faqon generale les termes utilises tout en maintenant le principe d'un recouvrement des coGts. 2.12 Les deux autres modifications etaient d'importance moindre du point de vue des politiques generales, mais elles allaient contribuer de faqon essentielle a faciliter la mise en oeuvre du projet. Le Gouvernement a demande que la responsabilite de la composante amenagement des bas-fonds soit confiee a la SEMRY, et non au Genie rural et, ensui te, que le montant prevu pour l'assistance technique et l'emploi d'experts financiers soit accru, pour renforcer les moyens limites des organismes dfexecution. Ces deux changements ont ete acceptes et incorpores a l'Accord de credit. 2.13 Le rapport d'evaluation a couverture grise a ete publie le 26 mai 1977. Le projet a ete soumis aux Administrateurs Le 30 juin 1977 et ceux-ci l'ont approuve rapidement sans soulever de questions majeures. E. Description et objectifs du projet 2.14 Selon le rapport d'evaluation, l'un des grands objectifs etait de renforcer les institutions camerounaises et de former le personnel responsable du developpement rural, afin que le Cameroun dispose d'equipes capables de concevoir et d'executer de petits projets prioritaires de developpement agricole. Les principaux beneficiaires de cet effort de renforcement institutionnel devaient Gtre : a) le FSAR (FONADER); b) le Service du Genie rural du Ministere de l'agriculture; et c) le Programme des eaux souterraines ( P E S ) (Direction de l'hydrogkologie du Ministere des mines et de l'energie). Dans un premier temps, ces institutions devaient participer a l'execution d'une serie de sous-projets bien definis que financerait le projet. Celui-ci devait Qgalement financer d'autres sous-projets, qui restaient a identifier a l'epoque de l'evaluation, et des activites de suivi et d'evaluation afin de mobiliser et de stimuler l'initiative et les moyens locaux au profit du developpement rural. Enfin, le projet prevoyait la mise a l'essai de procedures de recouvrement des coiits, afin de determiner dans quelle mesure, compte tenu de leurs repercussions budgetaires, les types de sous-projets financks par le FSAR pourraient Etre repetes ailleurs. 2.15 11 etait prevu d'etendre ulterieurement les activites du FSAR a l'ensemble du pays, mais le projet, au cours de sa premiere phase, devait Stre centre sur les quatre departements de la province du Nord (Diamare, Margui-Wandala, Mayo-Danay, Logone et Chari), soit une superficie d'environ 30.000 k m t \ une population d'environ L ,1 million d'habitants. I1 devait financer cinq petits sous-projets de developpement rural et etre execute en quatre ans par le FONADER, avec le FSAR comme organisme principal d'acheminement des fonds, et par plusieurs services et organismes techniques de 1'Etat respectivement charghs d e la realisation des divers investissements. Les cinq sous-projets se preserltaient de la fagon suivante : Part des couts 2 Part l'evaluation (en%) effective a) amenagement d'environ 300 ha de bas-fonds pres de Noulvoudaye, en vue de la culture du riz; b) developpement des cultures maraicheres commerciales irriguees (oignons et autres legumes) sur 250 ha pr&s de Maroua, grice a l'octroi de prsts et a la fourniture d'une assistance technique a quelque 60 rnaraTchers; c) developpement de l'embouche bovine, grhce a la fourniture de facilites de credit et d'une assistance technique a quelque 2.000 exploitants de la region des monts Mandara; d) construction de LO petits barrages dans les rnonts Mandara, en vue de l'alimentation en eau de la population et du betail; 30 e) developpement et amelioration de l'alimentation en eau des villages, principalement dans la plaine de Diamare, par : i) la remise en etat de quelque 600 puits a ciel ouvert, et le recouvrement de 60 d'entre eux; 30 ii) la rbalisation d'environ 430 forages; 14 iii) l'equipement d'environ 490 points d'eau de pompes motrici te humaine. 7 Le projet prevoyait egale&ent des fonds pour d'autres sous-projets non identifies; et, par Le biais du FSAR, pour la fourniture de services de soutien tels qu'assistance technique, formation en cours d'emploi du personnel local, suivi du projet, preparation d'autres sous-projets et aide a l'elaboration d'un pro je t relais. F. Justification 2.16 Le projet. Le projet devait "aider a la mise en place et au fonctionnement d'un mecanisme permettant d'acheminer les fonds necessaires a la realisation de petits programmes de developpement rural hautement prioritaires et de suivre l'utilisation de ces ressources" 11. Cette phrase decrit de faqon tres succincte l'objectif essentiel du prajet. I1 serait sans doute injuste de conclure que l'on a perdu de vue l'importance que revGtait la mise en place de ce mecanisme, mais il est neanmoins evident que les divers sous-projets et les problemes awcquels ils ont donne lieu sont passes au premier plan et que les agents du FSAR leur ont consacre l'essentiel de leur temps et de leur attention - chose tout a fait naturelle d'ailleurs puisqu'ils etaient juges sur les resultats de ces operations. En outre, les missions de supervision ont elles aussi mis l'accent sur l'avancement des sous-projets, ce qui ne pouvait qu'accentuer cette tendance. Le renforcement des institutions et des mecanisrnes de planification, de suivi et d'evaluation est une tsche bien plus difficile mais, a long terme, c'est la seule chose qui justifie la creation d'un fonds de developpement rural. Le FSAR aurait d ii consacrer l'essentiel de ses efforts a la rnise en place de moyens d'identification de sous-projets, a la definition des criteres applicables au choix des operations A realiser et a l'organisation de systemes de suivi, et non a la realisation de sous-projets. En fait, la creation du FSAR visait la realisation de cinq sous-projets, mais celui-ci a joue un r6le croissant dans leur execution au jour le jour - principalement du fait de la faiblesse des organismes d'execution. Les idees de base et la raison d'stre de chacun des sous-projets sont presentees ci-dessous. 2.17 Amenagement des bas-fonds. L'idee d'une action pilote pouvant eventuellement aboutir a l'exploitation de quelque 4.000 ha de bas-fonds sous-utilises (les yaeres) dans le Nord semblait tout a fait justifiee. Cependant, il n'etait pas certain que la methode choisie - utiliser un yaere pour fournir de l'eau a un autre yaere attenant - pourrait ou devrait 6tre adoptee pour d'autres yaeres. Malheureusernent, au terme du projet, on ne dispose encore d'aucune preuve tangible permettant de 1/ - Note de couverture presentant le projet au Comite des prets, 21 avril 1977, par. 2 (en anglais seulement). confirmer la valeur de la mkthode ou sa reproductibilite. La digue financee par le projet n'a jamais permis d'accumuler assez d'eau pour irriguer comme il le fallait le secteur environnant et la situation reste la meme aujourd'hui. Bien que l'on ne sache pas clairement a quoi cela est d2, il semble qu'un certain nombre de facteurs soient intervenus, dont deux tendraient a faire douter du bien-fonde du choix du yaere de Moulvoudaye en tant que region pilote. D'une part, des doutes ont ete emis sur l'exactitude des statistiques concernant la hauteur des precipitations dans cette depression. Si les pluies se revelent moins abondantes que prevu, il se pourrait que le reservoir ne soit jamais suffisamment rempli pour permettre l'irrigation complete des '775 ha envisages. D'autre part, bien que cette hypothese n'ait pas ete totalement etudiee, il semble que l'eau retenue par la digue pendant la saison des pluies s 'echappe erisuite, soit par infiltration, soit par contournement. Ces d e w questions resteront sans reporise jusqu'a ce qu'ait cesse La secheresse qui frappe la region depuis l'achevement de la digue en 1982, et que l'on puisse verifier le bien-fonde de l'approche retenue. 2.18 Cultures maraicheres commerciales. Ce sous-projet, tel que presente dans le rapport d'evaluation, paraissait interessant : il s'agissait, par l'introduction de techniques intermediaires, d'aider les exploitants les plus pauvres a accroitre leur production de legumes et surtout d'oignons; l'augmentation devait Gtre progressive de facon a donner au marche le temps de s'adapter & ce surcroit de production et a eviter toute surproduction. On s'ktait inspire de l'experience acquise au Tchad dans le cadre d'un projet finance par le P-WD, mais on avait decide d'utiliser des pompes a motricite humaine plutbt que des pompes a moteur. De plus, on avait juge que le meilleur moyen d'exploiter la nappe phreatique serait de realiser des forages plut6t que des puits de faible profondeur. Le rapport d'evaluation prevoyait 40 forages et 20 puits de faible profondeur. 2.19 Des le debut de l'execution du projet, cette approche a ete modifiee. Tout d'abord, l'equipe du FSAR a demande le remplacement des pompes a motricite humaine initialement prevues par des pompes a moteur, celles-ci se revelant legerement moins cheres et devant permettre d'irriguer une bien plus grande superficie (de 0,5 a 1 ha, contre 0 , 3 a 0,5 ha pour les pompes a motricite humaine). D'autre part, les Forages ont ete juges trop coiiteux et superflus, les puits de faible profondeur fournissant une quantite d'eau suffisante. Le programme revise etait plus interessant pour les agriculteurs qui l'ont adopte sans problemes, mais la crainte dont le rapport d'evaluation s'etait fait l'echo (concernant le risque d'une surproduction par rapport a la capacite d'absorption du marche et h la demande) s'est averee justifiee (par. 5.13). 2.20 On peut encore s'interroger sur le bien-fonde de cette approche revisee, quelle qu'ait put etre sa popularite. La production commerciale d'oignons est une speculation tres risquee rnais aussi tres remuneratrice qui ne convient bien qu'aux exploitants les plus entreprenants et l'on est donc en droit de se demander a) si les exploitants avaient veritablement besoin de credits et b) si l'organisation d'un programme de credit structuri pour encourager la production d'oignons ne va pas a l'encontre de la rationalite commerciale. Cette strategie a en effet pour resultat de susciter rapidement un grand nombre de nouveaux producteurs avant que l'on ait pu evaluer si le marche est capable d'absorber ce surcroit de product ion. 2.21 Embouche bovine. L'idee de base etait tout 5 Eait justifiee. En renforqant et en modifiant une pratique etablie, l'engraissement a l'etable d'animaux destines a l'abattage traditionnel, on a reussi a accroitre le revenu disponible des familles de la region des monts Mandara - zone a forte densite de population mais dotee de surfaces cultivables extr6mement limitees et d'un potentiel agricole reduit. Cependant, certains defauts du programme sont apparus en cours d'euecution. D'une part, 1 'element credit n'a pas progresse au rythme prevu, le personnel de vulgarisation etant en nombre limite et dote de moyens de locomotion insuffisants pour couvrir une region aussi vaste et accidentee. D'autre part, les gains de poids des animaux ont 6te inferieurs aux projections (230 g/ jour au lieu de 300 g/ jour), les raisons principales etant que les exploitants n'e taient pas en mesure (du fait du montant insuf fisant des prPts) de se procurer des animaw de qualite suffisamment elevee et qu'ils avaient du ma1 a obtenir les aliments d'appoint preconises (tourteaw de coton et de farine de riz). NGme si ces divers facteurs ont quelque peu reduit la validite de L'experience, celle-ci doit neanmoins Gtre consideree c o m e une reussite en tant qu'activite pilote . Non seulement les beneficiaires des prPts ont accru leurs revenus, mais ils ont modifie leur attitude traditionnelle vis-a-vis de l'elevage du betail (destine seulement jusqu'alors a l'abattage coutumier), ce qui s'est traduit par une meilleure utilisation de ressources limitees. 2.22 Petits barrages. Du fait du coGt eleve des barrages par rapport a w estimations initiales (chacun a coiite en moyenne 2 , 7 fois plus que prevu), la justification du recours a cette technique pour alimenter les agriculteurs et leur betail en eau est tres discutee. La principale objection est que cette methode revient beaucoup plus cher, par metre cube d'eau consomme, que les forages ou les puits. L ~ sprincipaux arguments en faveur de la construction de barrages sont a) qu'il serait irrationnel d'amenager des forages ou des puits puisque la region est depourvue de ressources en eau souterraine fiables, et b) que les barrages generent certains avantages complementaires dont il n'est generalement pas tenu compte dans l'analyse de leurs coGts. 2.23 I1 importe d'examiner ces arguments plus en detail. MSme si l'on tient compte des avantages supplementaires, il est manifestement moins cher de realiser des forages ou des puits (environ 1,8 million de francs CFA, pour servir 350 personnes) que de construire des barrages (155 millions de francs CFA pour 2.000 a 3.000 personnes et Leurs animaw). Cette estimation suppose un t a u eleve de forages (ou de puits) productifs. Mais si ce t a w n'est que de 10 %, par exemple, les coGts unitaires (par personne1animal) sont a peu pres les m &es dans l'un et l'autre cas. L'argument decisif est donc l'impossibilite materielle de realiser des forages ou des puits dans plusieurs secteurs des monts Mandara 21, notamment dans les zones les plus elevees ou ont kte construits les quatre barrages du Projet FSAR I et ou sont prevus la plupart des autres. Partant de ce raisonnement selon lequel il est impossible de recourir a des forages ou a des puits et trop cher de construire des barrages, on a etudik la faisabilite - physique et economique - d'autres solutions pour alimenter en eau la population et les troupeaux de ces regions montagneuses. Cette etude I/ a conclu qu'il n'etait pas faisable d'exploiter les ea- souterraines et presentait une serie d'arguments pour et contre le choix de barrages plutdt que de forages : - Ecologie : l'amenagement d'une nappe d'eau (par la construction d'un barrage) peut creer un microclimat et se traduire par un niveau de precipitations accru dans la region. - Population et agriculture : les forages permettent de creer un point d'eau a proximite des foyers de population existants, tandis que des reservoirs tendent a attirer vers e w des populations nouvelles. IJn barrage permet d'abreuver facilement le betail et peut egalement permettre :'irrigation, mGme si celle-ci est limitee a quelques cultures de legumes. - Aquaculture : les rdservoirs peuvent facilement Otre utilises pour la pisciculture. - Hygiene et sante : un- forage produit presque invariablement une eau de meilleure qualite; l'eau des reservoirs peut 6tre polluee par les troupeaux et poser des risques de schistosomiase, de paludisme et de maladies gastro-intestinales. Dans l'un et l'autre cas, il importe d'eduquer la population au bon usage de l'eau mais, dans le cas d'un barrage, c'est absolument indispensable. - Entretien : a la difference d'un barrage, qui n'a pratiquement pas besoin d'stre entretenu, un forage doit stre entretenu en permanence, ce qui necessite la formation et le paiement de techniciens pour assurer les reparations voulues et la disponibilite de pieces de rechange. 21 - Cela avait ete la conclusion confirmee en 1976 par la SOGREAH d'une etude des ressources en e a w souterraines de la region effectuee en 1969 par la firme italienne La Recci. 31 - Contruction des barrages, Projet de ressources hydrologiques des monts Mandara, FSAR, Section Barrages, juin 1983. - Investissement : l'etude ne tire pas de conclusions dans ce domaine, si ce n'est pour observer que le coct des reservoirs peut varier de L37 francs CFA 9 francs CFA le m' d'eau selon que L'investissement est amorti sur 20 ans ou 300 ans. Elie indique en outre que, dans le cas des forages, 1'investissement (aucun chiEfre n'est cite) peut donner des resultats spectaculaires au cours des cinq premieres annees, mais ce qui arrive ensuite est une autre histoire. 2.14 Toutes ces observations semblent valides, mais il convient de souligner, en ce qui concerne Les forages tubulaires, que la colitrainte la plus importante n'est pas la necessite de former et de remunerer des techniciens et de disposer des pieces de rechange necessaires, mais l'or,ganisation necessaire pour faire en sorte que l'entretien soit assure regulierement et que Les pieces de rechange soient disponibles au moment voulu. NEme si les communaut~s concernees etaient a meme, 3u prix d'une certaine formation, d'assurer elles-memes La majeure partie de l'entretien, certaines reparations continueraient de necessiter les services de techniciens specialises. 2.25 Au terme de cette evaluation, l'ktude examine six options possibles pour expioiter les eaux de surface sur une base individuelle ou collective, Ces options et leur degre de faisabilite sont resumes ci-dessous : a) Reservoirs familiaux maqonnes : le principe est le meme que pour Les barrages, mais a plus petite echelle. Les contraintes sont la necessite de faire appel a un mason experimente, Les risques de maladies et le niveau eleve des couts (240.000 francs CFA par personne benef iciaire 1. b) Citernes Eamiliales : conteneurs prefabriques de plastique ou de mktal, d'une capacite de 10 m 3 . Les contraintes sont qu'il ?st difficile de se procurer et de transporter ce type de materiel dont le coGt est en outre eleve (200.000 francs CFA par personne 1. c) Citerne alimentee par l'eau des toits : L'habitat predominant daris cette region consiste en cases circuiaires toit de chaume. Pour pouvoir recueillir l'eau de pluie, les nouvelles habitations devraient par consequent Gtre equipges d'un toit de tsie plat (coct estime h 300.000 francs CFA par personne). d) Creusement de citernes collectives : dans les rares zones ou la couche de terre est suffisamment profondes (zones qui generalement sont euploitees intensivement pour la production de mil et d'autres cultures vivrieres), on pourrait creuser au bulldozer des reservoirs de 25.000 n 3 , par exemple, qui approvisionneraient 1.200 habitants et leur betail. Les problkmes sont qu'il existe peu de sites adequats, qu'il est difficile d'assurer l'etancheite de' ce genre d'ouvrage, et que ces rkservoirs posent des risques sanitaires. La ou aucun revGtement n'est necessaire (sols argileux), cette option est la moins coGteuse (43.000 francs CFA par personne); avec un revstement de plastique, le coht de ce type d'equipement passe a 94.000 francs CFA. e) Barrage et reservoir : soit en ma~onnerie brute faite de moellons coules dans du ciment (technique utilisee dans le cadre du sous-~rojet), soit en terre renforcee par des fondations de ciment. Dans un cas comme dans l'autre, les contraintes sont liees a la complexite de l'organisation de tels travaux, aux problemes sanitaires, et au risque que le site retenu ne permette pas d'accumuler une quantite d'eau suffisante pour assurer l'approvisionnement des populations concernees jusqu'au terme de la saison seche. Les coGts sont relativement reduits - 64.000 francs CFA par personne dans le premier cas et 79.000 francs CFA dans le second - surtout compares a c e w des options de type individuel. f) Barrage en beton arme et reservoir : il s'agit d'un type d'ouvrage leger qui doit 6tre execute avec precision; il requiert peu de materiaux mais ceux-ci doivent Stre de haute qualite (tels que des ciments de categorie superieure qu'on ne trouve pas toujours au Cameroun). Le plus gros probleme a trait a la t.res grande precision qu'exige ce type de construction. Cependant, cette option serait (avec les reservoirs collectifs sans revstement) la moins chere de toutes (43.000 francs CFA par personne beneficiaire). 2.26 Cette analyse n'etait pas exhaustive, mais ses conclusions n'en sont pas moins convaincantes et nettement en faveur de la solution retenue pour le sous-projet. La seule question fondamentale qu'on peut encore se poser est de savoir s'il convient de realiser de tels investissements dans des regions aussi montagneuses, l'autre solution etant d'encourager Les populations locales a stinstaller dans des regions ou il serait plus simple et moins coGteux de les servir. I1 n'est pas facile de repondre a cette question mais, dans la mesure ou le probleme est avant tout d'ordre politique et social, et non economique, c'est au Gouvernement qu'il appartient de decider de la politique appropriee. 2.27 Hydraulique villageoise : puits, forages et pompes. L'idee de base de ce sous-projet s'est averee bien fondee. I1 s'agissait d'approfondir ou de rehabiliter les puits existants, d'effectuer de nouveaux forages et de les equiper (ainsi qu'une partie des puits) de pompes h motricite humaine. Les resultats de ces travaw sont examines dans la cinquieme partie du present rapport. EXECUTION DU PROJET A. Entree en vigueur et demarrage 3.01 L'execution du projet a commence assez vite apres son approbation par les Administrateurs, en grande partie du fait que le Gouvernement et le FONADER o.nt activement veille a ce que les conditions prealables soient remplies. Le FSAR a 6te officieLlement r e le 12 aoGt 1977, le compte bancaire requis a 6 ouvert et dote des ressources convenues peu de temps apres et le responsable des operations a ete nomme, avant meme la premiere mission de supervision qui eut lieu en octobre 1977. Au debut de 1978, toutes les conditions necessaires a l'entree en vigueur avaient t remplies et le credit est donc officiellement entre en vigueur le 30 janvier 1978. B. Evolution et modifications 3.02 Dans l'ensemble, la mise en oeuvre du projet a suivi d'assez pres le schkma decrit dans le rapport d'evaluation, et les principaux sous-projets ou composantes n'ont donne lieu a aucune modification ou revision majeure. Cependant, si le projet lui-&me a commence 2 13 date prevue, il a fallu un certain temps pour passer au stade veritablement operationnel et pour mettre en route les divers sous-projets et on n'a procede a aucun decaissement au cours des 18 premiers mois du projet. 3.03 Le projet, qui devait initialement durer quatre ans, a ete prolonge jusqu'h la fin de 1983 et s'est donc etale sur six ans. Cette prolongation a ete rendue necessaire en grande partie par le retard pris dans le lancement de certains sous-projets et par la lenteur de l'avancement d'autres elements. Cependant, il etait plus important de parvenir a un t a u d'execution suffisamment eleve et d'aller aussi loin que possible dans la realisation des objectifs fixes que d'interrompre le projet au bout des quatre ans convenus sans avoir acquis toute l'experience esperee de cette operation. De plus, le but etait non seulement de realiser les elements techniques des cinq sous-projets, mais aussi et surtout de mettre en place une nouvelle structure institutionnelle et gestionnelle et il etait donc essentiel de donner cette structure le temps de se concretiser et d'evoluer. Retrospectivement, on peut en fait se demander si quatre ans n'etaient pas trop courts pour etablir une nouvelle institution, d'autant que l'on prevoyait de lui confier de plus larges responsabilites une fois le projet acheve. L'execution des cinq sous-projets et les leqons tirees de cette experience sur le plan technique, Logistique et financier ont contribue au renforcement de sa capacite de gestion. Les resultats de chacun des sous-projets sont examines ci-dessous. 3.04 Amenagement des bas-fonds. Les grands travaux prevus dans le cadre de ce sous-projet n'ont commence qu'en 1982, soit avec quatre ans de retard sur le programme initial et un an apres la date prevue pour l'achevement du projet. Ce retard peut Gtre attribue a trois problgmes principaux. D'une part, on n'est parvenu qu'avec difficulte a trouver la solution technique a adopter pour ce qui n'etait cense Gtre a l'origine qu'un simple programme de regulation des eaux. L'equipe d'evaluation c o m e la direction du FSAR avaient sous-estirne le probleme, puisqu'il etait initialernent prevu qu'il suffirait de six mois pour Btablir les projets d'execution en faisant appel a u services d'un seul ingenieur expatrie et, "en tant que de besoin", du personnel du Genie rural de Maroua. Pendant les negociations, on avait decide de transferer cette responsabilite B La S E m Y , mais rien n'avait ete prevu pour lui permettre de prendre en charge ce travail supplementaire. Toutes les questions a resoudre etaient difficiles : fallait-il reguler totalement ou partiellernent l'ecoulement des e a w ? Comment collecter l'eau des fortes precipitations de La courte saison des pluies et la distribuer de .faqon contr6lee et progressive pendant la saison seche? Comment faire en sorte qu'une depression plane et ma1 drainee retienne la quantite d'eau voulue? La repartition des responsabilites organisationnelles et les besoins en personnel pour la conception et l'execution des travau n'avaient pas ete definis assez precisement. Ce problerne, qui etait lie au precedent, explique qu'il ait fallu plusieurs tentatives pour trouver la bonne solution technique et, ensuite, que la SEMRY ait hesite a s'engager a la mettre en oeuvre. La SEMRY avait precedemment execute des operations d'ampleur bien superieure dans le m$me domai.ne (dans le cadre de SEMRY I et, a cette epoque, de SEMRY 11) et c'est peut-etre ce qui a amene les responsables de l'execution du projet a sous-estimer les difficultes que poserait la realisation de travaw qui semblaient, par comparaison, relativement limites et simples. De plus, on n'a pas suffisamment tenu compte du fait que les services de la SEMRY allaient Gtre tres pris par l'execution de SEMRY XI. - Enf in, La ges tion du sous-projet a laisse a desirer. Personne n'a assume l'entiere responsabilite de la conception et de l'execution des travaw. L'ingenieur expatrie (prevu pour six mois) n'a pas ete engage et c'est le directeur de projet expatrie qui a d ii le remplacer mais, c o m e il avait bien d'autres responsabilites, il n'a pas ete en mesure de consacrer suffisamment de temps a ce sous-projet. 3.05 Pour toutes ces raisons, le processus a ete le suivant : a) la premiere etude preparee en 1979 par le responsable du projet sur la base de donnees topographiques fournies par le PES a ete rejetee c o m e etant trop complexe, trop coiiteuse et trop risquee du fait de la secheresse, et donc non conforme a ce que prevoyait le rapport d'evaluation; b ) le bureau de consultants Beture a 6te charge en 1980 d'entreprendre une etude, qu'il n'a jamais achevee; c) enfin, il a ete demande a la SEDA de preparer l'etude et le project d'execution, travail qui Eut mene a bien en avril 1981. 3.06 La SEMRY a commence a executer le sous-projet en avril 1983 et l'a termine en juin 1983. Les agriculteurs, impatients de pouvoir cultiver les terres amenagees, ont contribue a la construction des banquettes. Quelque 250 ha ont ete repaltis entre 500 agriculteurs. 3.07 Cultures maraicheres commerciales. Ce sous-pro jet a demarre comme prevu au debut de 1978. Des le depart, toutefois, l'kquipe chargee de son execution a demande a la Banque mondiale de remplacer les pompes a motricite humaine prevues dans le rapport d'evaluation (par. 5.08) par des pompes a moteur. En juillet 1979, la Banque a autorise l'achat de rnotopompes au titre des 20 premiers credits. Apres ststre assuree de la progression satisfaisante des credits accordes pour ces 20 premieres pompes, elle a egalement autorise l'achat de pompes a moteur, au lieu de pompes a motricite humaine, dans le cadre des 40 credits restants, a la condition toutefois que ces credits aillent en priorite aW exploitants les moins bien equipes de la region, et non a des exploitants deja bien etablis, comme cela avait ete le cas pour les 20 premiers credits. On peut Eaire d e w remarques a cet egard. D'une part, si on avait etudie plus en dktail, lors de la phase d'evaluation, la solution technique la m i e ~ ~ adaptee au conteste local, cela aurait permis de mettre en place une ligne de credit plus adequate et des services de soutien appropries. D'autre part, ces microprojets ayant valeur de projets pilotes, un certain degre d'euperimentation pouvait donc se justifier au stade de l'execution, dans la mesure ou l'experience ainsi acquise pourrait faciliter la rnise en oeuvre des lignes de credit ulterieures. 3.08 Embouche bovine. L'approche retenue pour cette ligne de credit a ete appliquee dans les conditions prevues, avec seulement quelques legeres modifications. Le prix des veaux destines a l'engraissement etant en 1978 (annee de demarrage du projet) d'environ 37.000 francs CFA, c'est-a-dire superieur de 25 % aux previsions de l'&valuation, le rnontant des credits a ete porte de 38.700 a 45.000 Erancs CFA et releve h nouveau en 1982 pour atteindre 52.000 francs CFA. Autre modification, le versement de tous les cr2dits a ete suspendu en 1981132, du fait de tau-u de remboursement insuffisants (par. 5.21) et a repris en 1982/83, apres amelioration du taux de recouvrement. Sur les 2.000 credits prevus, 1.330 ont ete accordes, mais sur une periode de six ans au lieu des quatre annees initialement prevues. 3.09 Un programme de recherche, element non envisage lors de l'hvaluation, a en outre ete ajoute au sous-projet. Comme on connaissait ma1 les rations alirnentaires les plus appropriees et les mieux equilibrees, les soins a donner aux animaux pour preserver leur sante et les moyens propres a optimiser les taux de rentabilite economique, le FONADER a signe en mai 1981, pour le compte du FSAR, un protocole d'accord avec le Centre national zootechnique vetkrinaire (CNZV) pour que celui-ci etudie toutes ces questions. En application de cet accord, le CNZV a achete 18 betes et etudie pendant d e w ans comment obtenir les meilleurs resultats dans des conditions similaires a celles existant dans les villages. 3.10 Petits barrages. Bien que 1 'execution de ce sous-projet ait officiellement commence dans le mois suivant l'entree en vigueur du projet, avec l'arrivee de l'ingenieur expatrie, la premiere campagne de travaw (novembre 1978 a juin 1979) a ete ralentie par la livraison tardive du materiel et par l'inadequation des etudes et des recherches preparatoires. Dans l'ensemble, ce sont ces insuffisances qui ont provoque le plus de retards. L'etablissement de plans de travail et de budgets complets exigeait des Ctudes dktaillees sur la localisation exacte des barrages, le type et la profondeur des fondations, les caracteristiques topographiques des divers sites et l'amenagement de voies d'acces a w chantiers. L'etude de la SOGREAH, qui a servi de document de base pour ce sous-projet, contenait des donnees generales, mais il s'agissait surtout d'un inventaire de 151 emplacements possibles, dont 57 etaient juges acceptables, et il a donc fallu reunir beaucoup d'informations supplementaires pour faciliter la construction des barrages prevus. 3.11 Les principaw changements introduits pendant l'execution du sous-projet ont concerne les methodes et le rythme des travaw. Au cours de la premiere annee, il a kt6 decide qu'il n'etait pas pratique de faire acheminer les materiaw necessaires par des porteurs, et on a donc construit des pistes pour que les camions puissent acceder jusqu'au chantiers. La qkntite de travail necessaire a la preparation des sites et a la construction des barrages avait ete grandement sous-estimee, ce qui peut se comprendre dans la mesure ou l'on n'avait guere l'experience de la construction de petits barrages dans de telles conditions et ou l'etude de la SOGREAH etait le seul point de reference sur lequel l'ingenieur avait pu baser ses estimations lors de l'evaluation. Si on avait procede avant l'evaluation a des etudes plus detaillees des 10 emplacements proposes, les estimations auraient etC plus realistes; cependant, ces etudes auraient encore accru le prix de revient de ces ouvrages dont le coCt etait cense etre limit&. Si ces etudes detaillees avaient ete menees a bien au cours de la premihre annee du projet (cormne le proposait le rapport d'evaluation, mais aucun financement n'etait prevu a cet effet), on aurait pu se rendre compte plus t 6t des problemes qui risquaient de se poser et de l'ampleur accrue des travaw nkcessaires. I1 reste que la proposition initiale (construire trois barrages par an, et quatre au cours de la quatrieme annee du projet, durant les six mois de la saison seche et cela en terrain accident6) etait extribement optimiste, surtout pour un programme pilote et compte tenu des ressources limitees qui lui etaient affectkes ( d e w kquipes de travail comprenant chacune 47 ouvriers et un contremaFtre). Durant les six annees qu'a finalement dure le projet, quatre seulement des dix barrages prevus ont 6th acheves. 3.12 Hydraul'ique villageoise : puits, forages et pompes. Ce sous-projet a ete execute dans des conditions tres proches de celles que prevoyait le rapport d'evaluation, sans aucune revision majeure, mais il a toutefois pris beaucoup de retard. C o m e ses trois composantes ont ete realisees de fason relativement autonome, leurs resultats seront examines separement. 3.13 La composante puits etait elle-m6me scindee en d e w elements : reconstruction (il s'agissait en general d'approfondir les puits) et entretien (portant souvent sur les superstructures). Les t a w de realisation a la fin de la quatrieme annee etaient de 95 % pour la reconstruction et de 57 % pour l'entretien; a la fin de la sixieme annee (decembre 19831, ils atteignaient, respectivement, 150 % (904 puits au lieu des 576 prevus a l'evaluation) et 72 % (568 au Lieu de 790). En outre, 60 puits ont ete couverts, c o m e prevu a l'evaluation, et on a creuse 45 nouveaux puits non compris dans le programme initial. Le Tableau 1 de l'Annexe I du rapport d'achevement de la SEDA detaille annee par annee les travaw entrepris dans chaque categorie. Le seul changement majeur a consiste a porter le nombre de puits a entretenir de 104, comme le proposait le rapport d'evaluation, a 790 apres reevaluation de la capacite d'entretien du Genie rural au debut du projet, reevaluation qui s lest revelee par trop optimiste. 3.14 Pour les forages, le t a w de realisation a ete bien infkrieur a celui des puits. En quatre ans (de 1977178 a 1980/81), le nombre des forages positifs n'a ete que de 137, au lieu des 430 prevus a l'evaluation. Au terme du projet, le chiffre n'etait que de 250. Ces pietres resultats sont a attribuer principalement au manque de materiel de Eorage. Le rapport d'evaluation prevoyait l'utilisation de trois foreuses. Le Programme des e a w souterraines (PEs) en possedait d e w , une pour les zones cristallines (stenwick 66D), l'autre pour les zones sedimentaires (Failing 250); la troisihe foreuse (Percussion) devait Stre achetke dans le cadre du projet. La Stenwick devait continuer de servir aux forages exploratoires du PES, mais les deux autres devaient 6tre affectees au projet. Le premier probl6me a kt6 que la Failing 250 etait deja vieille de six ans au debut du projet et en mauvais etat et qu'elle n'a pu 6tre utilisee que pendant trois mois au cours des d e w premieres annees du projet. Le dewieme probleme a ete le long retard (plus de d e w ans) pris par l'achat de la nouvelle foreuse, retard d& notamment h une divergence d'opinion entre la Banque et le Gouvernement quant au materiel a acheter. Le troisieme probleme, enfin, a ete que le PES, contrairement a ce qui avait ete convenu au milieu de 1979, n'a laisse les equipes du projet utiliser provisoirement La Stenwick, en remplacement de la Failing, qu'a partir de la saison s&che 1980181. De ce fait, la composante forages n'est devenue pleinement operationnelle qu'au cours de la quatrieme annee de projet. Seule la nouvelle Eoreuse (une Ingersoll Rand) a fonctionne pendant toute la campagne de travaw de la troisieme annee du projet. 3.15 Ce probleme peut Stre impute a l'etat de la foreuse Failing 250 du PES. Si on avait ete en mesure, lors de l'evaluation du projet, d'estimer correctement combien de temps on allait encore pouvoir utiliser cette foreuse, on aurait pu decider de la reformer ou peut-btre prevoir les fonds necessaires a une remise a neuf. Une evaluation correcte aurait peut-Gtre aussi permis d'eviter les difficultes posees par le choix de la nouvelle foreuse. Celle-ci etait censee pouvoir fonctionner en zone cristalline c o m e en zone sedimentaire (en remplacement de la Failing), et c'est cette exigence qui a et4 en grande partie a la base des malentendus et des retards auxquels cet achat a donne lieu. De plus, pour atteindre les objectifs fixes dans le rapport d'evaluation, il aurait fallu que les d e w machines aient un rendement eleve (de trois forages par semaine environ) d'un bout a l'autre de la saison seche. 3.16 C'est la composante relative a l'installation de pompes qui a subi le plus de retards. Au terme de la premiere moitie du projet (1979), 3 % seulement du nombre de pompes prevu a l'evaluation (490) avaient ete effectivement mises en place; a la fin de la quatrikme annee, le pourcentage n'etait que de 18 %. Au cours des d e w dernieres annees, le rythme d'installation s'est toutefois accelere et, a la fin de 1983, le pourcentage atteignait 64 %. La lenteur du programme de forages et de recouvrement des puits et la livraison tardive des pompes sont les principales responsables des retards subis par cette composante. 3.17 Sous-projets non identifies. La ligne de credit, d'un montant equivalant a 500.000 dollars, n'a ete utilisee que pour financer la preparation du projet relais. Cela est dG principalement au manque de personnel quaiifie et a l'absence d'une structure permettant d'identifier, de preparer et d'evaluer des actions de developpement rural de petite envergure. Le personnel du FSAR qui devait s'en charger a ete totalement pris par la gestion du projet. On a sans doute eu tort de supposer que les cadres du FSAR seraient en mesure de mener de front la gestion quotidienne du projet et la preparation d'autres actions, travail qui aurait exige enormement de temps, et on aurait d6, lors de l'evaluation, prendre d'autres dispositions et, peut-Stre, creer un service distinct au sein du FSAR. C. Passation des marches 3.18 L'Accord de credit du 4 aoGt 1977 stipulait que tous les marches d'un montant superieur a l'equivalent de 100.000 dollars devaient donner lieu a des appels d'of fres internationaw. Cette categorie devait comprendre les travaw de genie civil relatifs a w barrages, la construction de bureaux pour le FSAR, l'amenagement des bas-fonds, ainsi que certains achats de materiel et representer l'equivalent d'environ 3,6 millions de dollars. En fait, aucun des travaux n'a pu Stre confie A des entreprises : le FSAR a utilise des bureaux louks et les travaux d'amenagement des bas-fonds et de construction des barrages etaient trop specialises pour interesser une entreprise locale ou internationale. Par consequent, on n'a Eait appel a la concurrence internationale que pour l'achat de vehicules (y compris la foreuse), de materiel et de pompes pour un montant total equivalant a environ 1,9 million de dollars. 3.19 L'achat de ces biens n'a pas ete sans problemes. L'attribution des marches de vehicules n'a pose aucune difficulte majeure mais, pour les pompes et la foreuse, le processus de selection a ete moins facile. Dans la mesure ob le Cameroun n'avait qu'une experience limitee des pompes a motricite humaine, on a achete quatre types de pompes differents (Vergnet 54, Biau 117, Abi 55 et Robbins 11). Au terme du projet, le chef de la section pompes estimait encore qu'aucun modele n'etait parfaitement adapte a m conditions de la province du Nord. Quant a la selection d'une foreuse, le processus a ete long et complique. Au lieu de mettre l'accent sur l'entretien, les criteres appliques par le Gouvernement ont nettement privilegik les materiels les plus puissants et les plus performants. Le choix du modele Ingersoll Rand, au prix de pres de 500.000 dollars, a ete une erreur cofteuse, parce que le fabricant n'etant pas represent6 au Cameroun, les pieces de rechange ont dG Gtre commandees a l'etranger. 20 Le recrutement de consultants a egalement pose des difficultes, , fait du manque d'experience du FONADER dans ce domaine. La necessite remplacer des experts qui avaient ete ma1 choisis et l'absence periodique de certains cadres clhs ont contribue a ralentir l'execution du projet. 3.21 A llach&vement du projet, les coiits effectifs se chiffraient a 3.905 millions de francs CFA ( y compris certains investissements destines a la preparation du projet relais) au t a w de change moyen de la periode d'execution (de janvier 1978 a decembre 1983), soit 304,9 francs CFA pour un dollar. Cela equivaut a 12,8 millions de dollars, alors que l'on avait prevu 10,5 millions de dollars (2.595 millions de francs CFA) a l'evaluation, soit un depassement de 21 % par rapport au devis en dollars. Cependant, si l'on suppose un t a w technique de realisation de 70 % pour l'ensemble de la periode dtex6cution, il y a eu un depassement de pres de 75 %. Les raisons de ce depassement sont, par ordre d'importance : la sous-estimation, lors de l'evaluation, du coct des barrages, des forages et de la rehabilitation des puits; la sous-estimation du taux d'inflation interieur (14 % contre 8 %); et, enfin, la prolongation de la periode d'execution. E. Financement 3.22 Lors de l'evaluation, on avait prevu que le Gouvernement financerait 28 % du coct du projet et 1'IDA 72 %. A l'achevement du projet, en decembre 1983, ces pourcentages etaient en fait de 49 % et de 51 %, respectivement. La contribution du Gouvernement est allee a la rkmuneration du personnel local et au paiement des depenses de fonctionnement en monnaie nationale. La modification des parts respectives du Gouvernement et de 1'IDA est due entierement au fait que l'inflation interieure a ete plus forte que prevu, et notamment a la hausse, estimee a 15 % par an, du traitement des fonctionnaires. Du fait de l'augmentation substantielle de la valeur du dollar au cours du projet (le dollar est passe de 218 francs CFA en fevrier 1978 a 488 francs CFA en decembre 1983), les economies realisees sur le credit de 1'IDA ( 7 millions de dollars) ont suffit a couvrir l'ensemble des depenses prevues lors de l'evaluation, malgre la prolongation de d e w ans de la duree du projet. 3.23 L'effort financier du Gouvernement a ete exemplaire. Le compte du FSAR a ete regulierement reapprovisionne avec tres peu de retard, voire pas du tout. De plus, alors que sa contribution avait ete estimee a 640 millions de francs CFA lors de l'evaluation, il a en fait fourni 1.900 millions de francs CFA. Compte tenu du fait que le FSAR a constamment surestime le poste depenses de ses budgets annuels (le taux d'execution des budgets a ete en moyenne de 65 %), le projet n'a jamais connu de problemes de tresorerie, et ce bien que les decaissements de 1'IDA soient souvent intervenus jusqu'a un an apres L'engagement des depenses (par 3.24). Bien que le FSAR n'ait jamais vraiment maitrise les techniques d'etablissement des budgets et qu'il soit tres vite devenu apparent que le projet donnerait lieu a des retards, il convient de noter que le FSAR est toujours reste dans les limites des previsions annuelles du rapport d'evaluation. F. Decaissements 3.24 Sur les 7 millions de dollars du credit de l'IDA, 6,6 millions de dollars ont ete decaisses et le reste, soit 0,4 million de dollars, a ete annule. Le pro jet a donne lieu a 217 decaissernerlts d'un montant moyen de 9.2 millions de francs CFA (30.200 dollars). Du fait qu'une grande partie des depenses ont ete engagees dans la region Nord et que les communications entre Maroua et Yaounde (siege du FSAR) sont tres irregulieres, les demandes de decaissement n'ont ete etablies, pendant toute la duree de l'execution du projet, que six mois en moyenne apres l'engagement effectif des depenses. Ces retards ont ete dus aussi au fait que le Bureau de la dette exterieure exigeait la presentation de justifications detaillees pour chaque franc depense dans le cadre du projet et devant Gtre rembourse au moyen des fonds de 1'IDA. Ce probleme n'a encore pas trouve de reponse satisfaisante et ajoute beaucoup aux coilts administratifs des projets finances par la Banque au Cameroun. G. Rapports 3.25 Jusqu'a la fin de 1980, les seuls documents presentes ont ete des rapports annuels, accompagnes de releves des depenses, alors que 1'Accord de credit prevoyait l'ktablissernent de rapports semestriels rendant compte de l'avancement des travaux et de l'execution du budget. Ce n'est qu'8 partir de l'exercice 80/81 que le FSAR a commence a rediger et a sounettre regulierement a la Banque les rapports voulus. Par contre, les budgets ont ete regulierernent ktablis et soumis a l'approbation du Gouvernement et de la Banque. 3.26 L'Accord de credit, dans sa Section 4.01 (b), stipulait que les comptes du FSAR seraient verifies chaque annee et que le rapport d'audit, Ctabli par un reviseur-comptable independant agree par la Banque, serait remis dans les quatre mois suivant la fin de l'exercice concerne. Si les comptes ont toujours ete arrstes assez tat pour qu'il puisse en stre ainsi, ils n'ont jamais ete verifies moins d'un an apres la cl6ture de l'exercice concerne. Comme le FSAR n'est pas une personne morale independante mais seulement une direction du FONADER, ses comptes sont contr6les en mime temps que c e w du FONADER. Cependant, etant donne La faiblesse de ses services comptables, la complexite de ses operations bancaires et de credit, les comptes du FONADER n'ont jamais ete (et ne sont toujours pas) prets dans les 12 mois suivant la fin de l'exercice. Par consequent, la Section 4.01 (b) de 1'Accord de credit n'a jamais ete respectee. I1 convient de noter ici que tous les accords de credit et de & conclus avec le Cameroun pour des projets agricoles stipulent que Le FONADER soumettra un rapport d'audit dans les quatre a six mois suivant la cl5ture de chaque exercice. Depuis que le Groupe de la Banque finance des operations par l'intermediaire du FONADER, cette clause n'a jamais kte respectee. 3.27 Le projet s'est acheve officiellement le 31 decembre 1983. Le FSAR et sa division operationnelle de Maroua (La DOFSAR) poursuivent les sous-projets entrepris dans le cadre du projet. De nouveaux credits sont decaisses pour l'embouche bovine et les emprunteurs continuent de rembourser les credits consentis anterieurement; un cinquieme barrage, finance directement par l'Etat, est en cours de construction; les forages et l'installation de pompes se. poursuivent egalement. EFFICACITE DES INSTITUTIONS A. Cadre institutionnel 4.01 Au niveau .institutionnel, le projet etait centre sur le FONADER. C'etait la un choix logique, dans la mesure ou le FONADER a pour mandat general de financer et de superviser des projets de developpement rural et des activites de credit agricole et ou il est en particulier charge : a) de fournir des aides Einancieres aux agriculteurs, a titre individuel ou collectif ; b) d'executer des projets de developpement rural (ou de contribuer a leur realisation); et c) de garantir les credits accordes par d'autres organismes a des individus ou groupes d'individus dans le secteur de l'agriculture ou de l'elevage. Le FONADER releve du MINAGRI, mais il forme juridiquement une entite distincte jouissant de l'autonomie administrative. La vaste capacite d'intervention du FONADER dans le sec teur rural, son autonomie operationnelle e t , surtout, 1 'autonomie operationnelle accordee au FSAR au sein du FONADER ont joue un r6le important dans la conception du projet. Cette structure, apres quelques probliimes de depart, a donne de bons resultats et le FONADER a fourni l'appui administratif et financier necessaire au projet. L'efficacitC de cette Formule ne fait que confirmer la conclusion selon laquelle il vaut mieux, dans toute la mesure du possible, faire appel, en les renfor~ant,a w institutions en place. 4.02 Le rapport d'evaluation definissait clairement les responsabilites du FSAR ("Le FSAR sera charge de la supervision generale du projet, notamment de l'etablissement des programmes annuels, des budgets et des rapports sur l'etat d'avancement des travaw, ainsi que de la passation des marches. I1 aura egalement pour tsche d'identifier et de preparer les sous-projets non encore identifies"). I1 ne meritionnait pas l'execution ou la mise en oeuvre du projet. Bien que le FSAR ait dG respecter son mandat, il a consacre trop de temps a la gestion quotidienne des sous-projets et pas assez a la planification, a la coordination et au suivi. 4.03 Les activites du FSAR devaient Stre partagees entre son siege de Yaounde (la DFSAR) pour la gestion d'ensemble et la comptabilite et son bureau regional de Maroua (la DOFSAR) pour l'administration des sous-projets. Du fait de problemes de communications (pas de telephone et liaison telex inadequate), cette formule, qui semblait logique sur le papier, s'avera en fait problematique; le processus de transmission des informations et de prise des decisions s'est revele lent et contraignant. B. Efficacite de l'organisation et de la gestion 4.04 Le FSAR eut a faire un apprentissage considerable dans le cadre du projet. Bien que des lacunes en matiere de contr6le de gestion aient ete relevees des le depart, les sous-projets n'ont guere fait l'objet d'un suivi systematique. En outre, le contrGle budgetaire et financier laissait a desirer a la DOFSAR, ce qui demoralisait son personnel. La responsabilite de cet etat de fait a ete rejetee en grande partie sur le directeur de la DOFSAR, un expatrie peu fait pour ce poste qui, sur recommandation de la Banque, a ete remplace par un Camerounais au debut de 1980. Par la suite, la gestion et le moral du personnel se sont sensiblement ameliores et le rythme d'execution du projet s'est accelere. Cependant, la distance separant les bureaux de la DFSAR et c e w de la DOFSAR a continue d'6tre un obstacle majeur a la bonne gestion du projet, notarmnent pour le traitement des bons de commande, l'acquisition des fournitures et du materiel et pour la delegation de signature a la DOFSAR. Une des recommandations faites par la SEDA dans son etude d'achevement etait de regrouper tous les services du FSAR a Maroua. Cela aurait ete une erreur, puisque l'objectif du projet etait La mise en place a l'echelon national d'une institution capable d'appuyer l'execution de petits projets prioritaires dans le secteur rural. Une attention trop grande etait deja portee h la solution des problemes d'une seule region et des cinq sous-projets entrepris dans cette region. 4.05 L'exploitation et la gestion du garage et des services de soutien correspondants meritent une mention speciale. Ce garage etait alors et continue d16tre l'une des sections du FSAR/Genie rural les mieux gerees et cet exemple montre bien le rBle joue par la mise en place d'un bon syst&me de contrble materiel et financier dans l'efficacite de l'entretien et de l'exploitation du materiel d'un projet. 4.06 L'un des problemes majeurs du projet a ete les relations etablies avec les organismes charges de l'execution des sous-projets : le Genie rural, le PES et la SEMRY. On s'est a p e r p rapidement que le Genie rural et le PES disposaient d'une experience et de moyens limites pour la realisation d'investissements de ce type. Ni l'un ni l'autre n1&taient dotes d'une structure administrative ou comptable leur perrnettant de suivre les activites et les depenses liees au FSAR. Les registres relatifs a la renovation et a l'entretien des puits etaient quasi inexistants au debut du projet et resterent souvent incomplets par la suite. En grande partie du fait de l'insuffisance des moyens ae ces deux organismes, la DOFSAR a fini par jouer un r6le croissant dans l'adrninistration au jour le jour de leurs sous-projets, tsche qui excedait sa capacite d'intervention et les competences techniques de la majeure partie de son personnel. Le taux de realisation du sous-projet hydraulique villageoise a toutefois ete acceptable, mais au prix de l'effort plus general de renforcement des institutions qui aurait ete necessaire pour doter le FSAR des rnoyens voulus en matiere de planification et de coordination du developpement. S'agissant de la SEMRY, le probleme a ete different. Cette societe, bien geree, efficace et dotee de procedures de contr6le des coiits bien etablies, convenait bien au sous-projet d'amenagement des bas-fonds. Mais, engagee dans la realisation du projet SEMRY 11, elle ne s'est guere occupee du projet FSAR avant la quatritime annee. Deuu conclusions peuvent Gtre tirees de cette experience : d'une part, la rapidite de l'execution d'un sous-projet depend avant tout de l'organisme qui en a la charge, et non pas du FSAR; d'autre part, le seul moyen pour le FSAR de respecter son mandat (c'est-a-dire de ne prendre aucune part directe a l'execution) est de con£ier la realisation des actions prevues A des organismes existants et capables, avec un minimum de moyens supplementaires, de les executer et de les suivre de faqon satisfaisante sur le plan administratif, financier et technique. 4.07 Pour que le FSAR soit a mGme d'atteindre les objectifs enumeres au paragraphe 4.02, il aurait fallu mettre en place un mecanisme permettant : a) d'identifier de nouveaw projets; b) d'evaluer leur validite et leur importance d'un point de vue technique, economique et social; c) d'estimer les moyens des organismes d'execution envisages; d ) de decider de La meilleure forme d'association possible entre le FSAR et chacun de ces organismes, aux fins rlotamment de l'etablissement des budgets (materiels et financiers), du suivi en cours d'execution et de l'evaluation retrospective du projet une fois celui-ci acheve; e ) enfin, d'etablir des protocoles de travail avec ces organismes. Ce processus aurait force le FSAR a instaurer des relations etroites et h tenir des sessions de travail reguli6res avec les individus et institutions concernes au niveau national, regional et mGme local; sans cela, il n'aurait pu s'acquitter pleinement de son mandat. Le fait que cet aspect ait ete neglige constitue peut-&tre la principale deficience de la premiere phase du FSAR. 4.08 Les operations du FSAR etaient scindees entre deux bureaux : la DFSAR (Direction du FSAR) a Yaounde et la DOFSAR a Maroua. Leur personnel se repartissait de la fason suivante a la fin de 1983 : DFSAR (Yaounde) - Directeur Effec tif total - Conseiller - Responsable administratif - Service comptable - 8 personnes dirigees par un comptable - Secretaires (3), assistant administratif, chauffeurs ( 2 ) et garqon de bureau. DOFSAR (Maroua) - Chef des services esterieurs Effectif total 16 - Chef adjoint - Service comptable (3) - Personnel administratif (6) - Chef de la section credit - Agents de vulgarisation (4) Le rapport d'evaluation ne prevoyait pas l'emploi d'un coriseiller (poste occupe par un expatrie) ni d'un responsable administratif; le service comptable de la DFSAR est passe d'une a huit personnes et le personnel de service a double. Pour l'essentiel, ce personnel a ete detache du FONADER et continue d'etre employe aux conditions du FONADER. L'accroissement des services comptables est peut-Stre le signe d'un effort exagere dans ce domaine, mais c'est aussi la preuve que cette activite avait ete sous-estimee lors de l'evaluation. 4.09 Pour fournir les effectifs souhaites au FSAR, le FONADER a puise dans son propre personnel et dans celui de son ministere de tutelle, le MINAGRI. Sur les 33 employes permanents des d e w bureau (17 pour la DFSAR et 16 pour la DOFSAR), d e w seulement ont ete recrutes a l'exterieur (le comptable de la DOFSAR et le chef de la section credit). Au cours des six annees du pro jet, on n'a enregistre que six changements, c'est dire que la stabilite du personnel a ete satisfaisante. Le projet a permis a plusieurs camerounais de perfectionner leur formation, en tout premier lieu le responsable des operations de la DOFSAR, le chef de la section credit et les d e w comptables (celui de Maroua et celui de Yaounde), qui ont tous beneficie de stages a l'etranger finances par le projet (cela n'avait pas ete prevu a 1'evaluation.mais fut approuve au cours de la phase de supervision). 4.10 Une source constante de frictions, qu'on aurait pu eviter avec une meilleure planification de l'organisation, a ete l'ecart de salaire et de statut professionnel entre les divers techniciens associes au m$me sous-projet. Ceux du FONADER etaient bien remuneres et beneficiaient d'un bon regime de securite sociale et d'indemnites liberales. Le personnel equivalent du Genie rural, du PES et d'autres services techniques de 1'Etat recevait souvent une remunkration inferieure a celle des chauffeurs du FONADER, et les prestations de securite sociale et indenmites de logement qui lui etaient accordees etaient bien moins interessantes. Ces differences ont non seulement ete a l'origine d'un piktre climat de travail, mais elles ont egalement rendu difficile l'engagement de bons techniciens par les services de 1'Etat. 4.11 Bien que le projet ait ete prolonge de d e ~ vans, le budget de l'assistance technique, en termes de mois de travail, n'a augmente que de 10 % par rapport a m previsions de l'evaluation. Les changements ont ete les suivants : Previsions a Reali- l'evaluation sations Chef des services exterieurs 48 Specialiste du credit 24 Ingdnieur en entretien 48 Ingenieur des travaw publics (barrages) 48 Chef de la section forages 48 Ingenieur consultant 6 Dans une large mesure, ces changements ont ete lies a la competence et a l'efficacite des specialistes retenus. On a constate en 1978 que le chef des services exterieurs ne donnait pas satisfaction et une mission de supervision a recommande au FONADER, en juin 1979, le remplacement de la personne en question. Bien que le Directeur general du FONADER ait reconnu le probleme et declare qu'il en discuterait avec la SATEC, le bureau qui avait fourni l'equipe d'assistance technique, il fallut attendre encore un an pour que le chef des services exterieurs soit remplace par un administrateur carnerounais competent. Les autres specialistes se sont bien acquittes de leurs tkhes, notamment l'ingenieur en entretien responsable du garage qui a aussi coordonne l'installation des pompes a motricite humaine. Les trois ingenieurs employes pour la construction des barrages pendant les six annees du projet avaient l'experience du travail sur le terrain; ils ont fait preuve de pragmatisme et d'efficacite dans des conditions difficiles, ayant d ii travailler sans plans de situation detailles ni projet d'execution. 4.12 Bien que des fonds aient ulterieurement ete affectes a la formation (par. 4.09), ce domaine a manifestement ete neglige par le projet; le rapport d'evaluation ne faisait aucune mention de fonds destines a la formation. Le cas du chef de la section credit montre bien les avantages potentiels d'un effort de formation bien cible : celui-ci, delegue departemental du MINAGRI lorsqu'il a ete recrute dans le cadre du projet, a suivi un cours de formation de quatre rnois a l'etranger et s'acquitte a present de ses fonctions aussi bien que tous les cooperants techniques qui l'ont precedb. C. Respect de L'Accord de credit et evolutions sectorielles 4.13 Le FSAR a ete raisonnablement efficace dans l'accornplissement des conditions qui le concernaient directement, mais d e w autres conditions importantes, 1 'une et 1 'autre d 'ordre f inaiicier, qui n'etaient pas de son ressort, n'ont jamais ete respectees : la clause relative a l'audit annuel des comptes du FSAR et une autre touchant la politique gouvernementale d'alimentation en eau des zones rurales. 4.14 Bien que le FSAR soit une direction autonome au sein du FONADER et que son personnel travaille exclusivement pour lui, il ne forme pas, sur le plan juridique, une entite distincte et ses avoir appartiennent donc au FONADER. Ainsi, ses comptes annuels sont incorpores a c e w du FONADER et verifies en mOme temps qu'eux sur la base du bilan et des comptes de resultats. Dans La mesure ou les comptes du FONADER sont clos chaque annee avec un retard considerable (en grande partie parce que ses operations financieres font l'objet d'enqustes constantes de la part des commissions d'audit de l'Etat), les comptes du FSAR subissent automatiquement le mime retard. De ce fait, le FSAR n'a jamais respecte la clause lui irnposant de soumettre ses comptes verifies dans les quatre mois suivant la cl6ture de chaque exercice. On a tenu compte de ce probleme dans l'elaboration de la deuxieme phase du projet et il a ete prevu d e - faire verifier separement les comptes du FSAR. Dans cette perspective, le statut du FONADER doit Gtre amende afin de permettre un audit separe et une consolidation ulterieure. 4.15 La politique officielle de recouvrement des coilts, ou plut6t l'absence d'une telle politique, a ete une source de preoccupation croissante pour les services de la Banque depuis le moment ou le projet a ete identifie. Selon les estimations, dans les d e w provinces les plus septentrionales du Cameroun, la proportion des points d'eau inut ilisables faute d'entretien serait constamment d'environ 50 %. Le probleme immediat est donc de sensibiliser les beneficiaires. Tant que la population locale ne se considerera pas proprietaire de ces ouvrages, elle n'en assurera jamais l'entretien. Face a ce probleme, il avait ete demande au Gouvernement, au titre du pro jet FSAR, de preparer dans un delai donne et d'examiner avec 1'IDA une politique de recouvrement des couts aupres des populations beneficiaires. 4.16 Cependant, etant donne les implications politiques qu'aurait eues la rnise en oeuvre d'une telle politique dans une seule region du pays, le Gouvernement a elud6 la question en pretendant ne pas pouvoir s'attaquer a un probleme national dans le cadre d'un projet limite a une seule region et a laisse passer la date limite sans soumettre de proposition. Pour montrer a quel point ce probleme est epinew, il suffit de mentionner que les negotiations du projt de dewieme phase qui prevoit L'amenagement d'un grand nombre de points d'eau ont dure de juillet 1984 a avril 1985 pour definir un mecanisme de participation des populations beneficiaires. Par ailleurs, le FSAR est le premier a reconnaitre que son principal problBme est d'assurer l'entretien des pompes installees dans le c a d r e du p r e m i e r p r o j e t . * ~ enf f e t , c e s i n s t a l l a t i o n s e t a n t d i s s e m i n e e s s u r q u e l q u e 80.000 km2, i l f a u t une e q u i p e d e r e p a r a t i o n a temps p l e i n (un m e c a n i c i e n , un i n g e n i e u r h y d r a u l i c i e n e t un c h a u f f e u r ) pour a s s u r e r l e s i m p l e e n t r e t i e n d e s q u e l q u e 300 pompes i n s t a l l e e s d a n s l e c a d r e du premier p r o j e t . Le c o u t de c e t e n t r e t i e n e s t e s t i m e ( a s s i s t a n c e t e c h n i q u e c o m p r i s e ) a e n v i r o n 300.000 d o l l a r s p a r a n . V. EXPLOITATION ET IMPACT DU PROJET 5.01 C ' e s t e n examinant l ' e f f i c a c i t e e t i ' i m p a c t d e s sous-pro j e t s q u ' o n p e u t l e miew j u g e r d e s r e s u l t a t s o b t e n u s par l e FSAR. A. Amenagement d e s bas-fonds 5.02 R e s u l t a t s m a t e r i e l s e t production. Au terme de nombreuses t e n t a t i v e s v i s a n t a d e g a g e r une s o l u t i o n a c c e p t a b l e q u i p u i s s e s e r v i r d e b a s e a l a mise e n o e u v r e d u s o u s - p r o j e t ( p a r . 3 - 0 5 ] , l a d i g u e E i n i t p a r e t r e c o n s t r u i t e , l e s c a n a u x o n t e t 6 c r e u s e s e t 230 h a , s u r l e s 275 ha i n i t i a l e m e n t p r e v u s , o n t e t e p r e p a r e s pour l e u r mise e n c u l t u r e . Ces travau-x, commences p a r l a SEMRY e n 1982, o n t e t e menes a b i e n a temps pour l a s a i s o n d e s p l u i e s d e 1983 e t l e s 230 ha o n t e t k sernes e n r i z . 5.03 Avant l ' a c h e v e m e n t d e l a d i g u e e t d e s c a n a u x , . on a r e d i s t r i b u e l e s 230 h a , d i v i s e s e n l o t s d ' u n e s u p e r f i c i e moyenne d ' u n d e m i - h e c t a r e , a e n v i r o n 500 e x p l o i t a n t s , conformement a m d r o i t s f o n c i e r s t r a d i t i o n n e l s . 5.04 La p r e m i e r e campagne a e t e d e s a s t r e u s e e t ne permet p a s de se f a i r e une i d e e j u s t e d e s r e s u l t a t s du programme. Les p l u i e s o n t e t e tres f a i b l e s ( e n t r e 300 e t 500 mrn s e l o n l e s e s t i m a t i o n s ) , e t l e n i v e a u d e l ' e a u r e t e n u e p a r l a d i g u e n ' a pas d e p a s s e 0,68 m , a l o r s que l ' o n a v a i t p r e v u 1,20 m. Cornpte t e n u d e L ' e v a p o r a t i o n , d e s i n f i l t r a t i o n s e t d ' a u t r e s formes d e d e p e r d i t i o n , 163 ha o n t e t e i n s u f f i s a m m e n t i r r i g u e s pour G t r e p r o d u c t i f s e t l e s 67 ha r e s t a n t s a u r a i e n t p r o d u i t , d ' a p r e s l a SEMRY, 104 t o n n e s , s o i t 1 , 6 tonne a l ' h e c t a r e ou 0 , 4 5 tonne a l ' h e c t a r e s i on cornpt? l ' e n s e m b l e d e s 230 h a , c e q u i e s t s a n s d o u t e p l u s r a i s o n n a b l e c a r i l e s t d i f f i c i l e d e d i s t i n g u e r l e s zones s u f f i s a m m e n t i r r i g u e e s d e s autres. A t i t r e de comparaison, l e rendement moyen d e s a u t r e s programmes d e l a SEMRY e s t d e 1 ' o r d r e d e 4 t o n n e s a 1 ' h e c t a r e . Les retombees de c e t t e mauvaise r e c o l t e vont au-dela d e s a p p a r e n c e s . En e f f e t , l e s a n n e s o h il ne p l e u t p a s beaucoup, l e s a g r i c u l t e u r s ne c h e r c h e n t meme pas a planter du r i z ; ils se reportent plut6t s u r l e m i l e t l e sorgho, p r i n c i p a l e s c u l t u r e s v i v r i e r e s t r a d i t i o n n e l l e s , q u i demandent moins d ' e a u e t r e s i s t e n t rniewc a l a s e c h e r e s s e . Les p l u i e s n ' o n t pas e t e m e i l l e u r e s e n 1954, e t l ' e a u r e t e n u e n ' a pas e t e s u f f i s a n t e pour i r r i g u e r pendant l a saison seche. 5.05 Le sous-projet comprenait un volet secondaire - recherche, vulgarisation et multiplication des semences - qui devait Gtre mis en oeuvre sur trois ans par 1'Institut de recherche agronomique (IRA) et qui a ete abandonne en 1980/81 apres moins de deux ans. Des essais varietau ont ete entrepris en 1980/81 sur 10 ha faisant partie du yaere non amenage, rnais une crue inattendue a detruit les semis. Dans la nlesure ou les activites de vulgarisa,tion (destinees principalernent a faciliter la distribution des semences et a encourager l'emploi d'engrais) et de multiplication des semences dependaient de la bonne rnarche du progranune de retenue et de distribution de 1 'eau, ni les unes ni les autres n'ont pu 6tre rnenees a bien pendant la periode du projet. 5.06 Impact. La raison d'stre du sous-projet, selon le rapport d'evaluation, etait de porter le revenu monetaire des familles d'agriculteurs de 17.000 francs C F A (sans le projet) a 61.000 francs C F A (avec le projet), et ce uniquement grsce a la production de riz. Dans la mesure ou les yaeres servent traditionnellement aux cultures vivrieres, un programme fonde uniquement sur la culture du riz est quelque peu irrealiste. Cependant, c o m e le sous-projet a kte contrarie par la secheresse et par le retard pris dans son execution, on ne dispose d'aucune donnee permettant d'elaborer un nouveau programme. La seule conclusion qu'on peut tirer a l'heure actuelle est que ce sous-projet a eu jusqu'a present un effet negatif dans la mesure ou il a perturbe les activites de la population et s'est traduit par des pertes au niveau de la main-d'oeuvre. Seule une annee de precipitations "normales" permet tra de dire si les avantages envisages peuvent Gtre obtenus. B. Cultures maraicheres comerciales 5.07 Resultats materiels. Les 60 pr6ts envisages ont ete accordes c o m e prevu en deux tranches : les 20 premiers en 1978/79 et les 40 autres en 1979/80. Dans chaque cas, une pompe a moteur (3,5 CV) et ses accessoire.~ont ete fournis au groupe de deux exploitants assumant la responsabilite du pret. Chacun d ' e w a creuse un nouveau puits ou rernis en etat un puits existant et la pompe a servi a alimenter les champs de l'un et de l'autre. C o m e on pouvait s p y attendre, ce partage de la responsabilite a pose quelques problemes d 'appropriation et de remboursement. Le tableau qui suit resume l'evolution des decaissements et des t a w de recouvrement pendant la periode 1978 a 1983. DECAISSEMENTS DES PRETS ET TAUX DE RECOUVREMENT Nontants Nombre Montants annue 1s Montants T a w de de prsts Nombre de decaisses dus /a recouvres recou- prevus prsts (en milliers (en milliers (en milliers vrement Exercice (REP) ccordes de FCFA) de FCFA) de FCFA) annuel (%) Total 25.933 54.535 24.493 45 la - Principal, interst et impayes. /b - Pour la premiere moitie de l'exercice seulement (jusqu'au 31 decembre). Source : Rapport d'achevement du Projet FSAR I-, SEDA, janvier 1984. 5.08 Bien que la distribution de pompes a moteur ait ete couronnee de succes, d e w etudes distinctes ?/ ont montre que les agriculteurs ont eu des probLemes de pannes dus en grande partie au manque de pieces de rechange. Les d e w itudes ont estime a 19 et a 22, respectivement, le nornbre des,pornpes hors d'etat de fonctionner (sur les 60 distribuees). 5.09 Le service de vulgarisation, en fait un seul agent, n'a pas beaucoup aide les agricul teurs a ameliorer leurs me thodes de cultures, dans La mesure ou il s'est principalement occupe du credit. Le programme de recherche appliquee entrepris par 1'IRAF a Maroua a donne des resultats un peu plus satisfaisants. Ce programme avait d e w objectifs : i) dbcouvrir de meilleures varietes d'oignons et tester de meilleures methodes de culture; et ii) rechercher de meilleures methodes de sechage et de stockage des oignons . 4 -1 Minist$re de l'agriculture, "Rapport d'enquste socioeconomique du Projet FSAR I", fkvrier 1983. SEDA, "Rapport d'achevement du Projet FSAR I", janvier 1984. Ce programme ayant ete mis en route avec d e w ans de retard, ses resultats n'ont pas ete connus avant 1984, soit quatre ans apres la livraison des derniGres pompes financees par La ligne de credit. Jusqu'a cette date, le programme n'a donc procure aucun avantage aux agriculteurs qui ont requ des pr6ts mais, aujourd'hui, il permet de proposer aux producieurs de meilleures varietes d'oignons et des rnethodes eprouvees de sechage et de stockage des oignons . 5.10 Rendements et production. Les oignons sont 1s principals culture pratiquee dans Le cadre de ce sous-projet et dans la rkgion en general (les autres legumes n'occupent que des superficies minimes). Le modele presente dans Le rapport d'evaluation supposait un rendement "avec projet" 5/ de 30 tonnes a l'hectare pour les oignons et autres legumes; cette hypothese etait excessivement optimiste puisque l'enquete socioeconomique effectuee en 1983 par le MINAGRI evalue les rendements moyens a 7 , 9 tonnes a l'hectare pour les exploitants n'ayant pas requ de pr6t et 13,6 tonnes a L'hectare pour ceux beneficiant d'un prit FSAR. Les agriculteurs disaient avoir du ma1 a se procurer des varietes d'oignons ameliorees (le programme de recherche n'ayant pas abouti a la diffusion de meilleures varietes dans les delais escomptes). Du fait des carences de La vulgarisation, l'appui technique etait minime, voire inexistant, et les methodes de culture et d'irrigation etaient donc loin d'gtre ideales. 5.11 I1 est difficile de chiffrer precisement le supplement de production car les es tirnat ions de la superficie moyenne des exploitat ions varient considerablement. L'enquete socioeconomique du MINAGRI fait etat de 0,432 ha; et l'etude d'achevement de la SEDA de 1 ha. Le rapport du MINAGRI contient probablement une erreur quant au nombre d'exploitants par pompe a moteur ( d e w , et non pas un). Dans ce cas, la superficie pour deux exploitants (0,864 ha) est proche du chiffre de La SEDA (1 ha). Si l'on suppose 1 ha par pompe (c'est-a-dire par pr6t) et un rendement de 13,6 tonnes a L'hectare, la production brute decoulant du projet se situerait au-dela de 800 tonnes par an. Et si l'on retient l'hypothese du rapport d'evaluation, selon laquelle les agriculteurs ne cultivaient pas d'oignons ni d'autres legumes avant le projet, ce tonnage represente egaLement le supplement de production. Les quantites commercialisees ont ete bien inferieures, 450 tonnes environ, du fait principalement des pertes en cours de stockage (40 % ) . Ce pourcentage est eleve, compare au-u pertes estimatives (11 % ) des exploitants hors projet qui cultivent une superficie moindre (0,2 ha) avec un rendement moyen de 7,9 tonnes a l'hectare. 51 - Le rapport ne contenait aucune estimation des rendements "sans le projet" pour les oignons et Les legumes, l'hypothese etant que Les beneficiaires des pr6ts ne cultivaient que du mil, du sorgho et des arachides avant de recevoir un prgt. 5.12 Impact. L'impact de ce sous-projet peut stre etudie de plusieurs points de vue : revenu agricole, repartition des revenus, offre et demande d'oignons a l'echelon national, et environnement. Le budget d'exploitation presente en annexe (Tableau 2 montre q u ' a u niveaw actuels de production et de commercialisation, 1 'emprlmteur moyen a un revenu approximativement egal a celui des producteurs d'oignons utilisant la me thode traditionnelle (chadouf) . Mais son revenu disponible a beaucoup augmente si l'on suppose, c o m e le fait le rapport d'Pvaluation, qu'avant le projet, les exploitants de La region ne cultivaient que du sorgho, du mil et des arachides; dans ce cas, Le revenu par famille serait de 90.000 francs CFA contre 52.000 francs CFA. Si l'on parvient a reduire les pertes subies au stade du stockage et de la commercialisation (comme on devrait pouvoir le faire grgce aux resultats des recherches), a creer une demande suffisante et accessible, et accroitre les rendements (ce qui n'est pas a exclure, avec l'emploi de meilleures varietes et methodes de culture), les profits des agriculteurs pourraient augmenter de faqon considerable. De plus, l'utilisation de pompes a moteur porte la rentabilite par journee de travail a un niveau bien superieur a ce qu'elle est avec le chadouf qui evige beaucoup de main-d'oeuvre. 5.13 Alors mGme que la production actuelle est relativement faible (par rapport au potentiel de la region), les exploitants ont du ma1 a vendre leurs recoltes. En outre, les prix fluctuent considerablement : de 40.000 francs CFA la tonne au plus fort de la production en mars a plus de 200.000 francs CFA la tonne en septembre. S'il est difficile a w agriculteurs d'ecouler leur production supplementaire, c'est en grande partie parce qu'ils n'ont pas l'habitude de commercialiser des quantites aussi elevees (necessite de moyens de stockage, d'une meilleure organisation des transports et de trouver de plus gros acheteurs), et non parce que la demande est insuffisante. Dans une etude faite en 1984 pour le compte du FONADER 6 / , la SCETAGRI a estime la consommation totale interieure a 27.000 tonnes, dont 15.700 tonnes etaient commercialisees, le reste representant l'autoconsommation des producteurs et les pertes au stade de la commercialisation. Les importations etaient chiffries a quelque 6.000 tonnes : 3.000 tonnes acheties en Hollande et livrkes a Douala et 3.000 tonnes importees officieusement du Nigeria par le Nord- Cameroun. L'etude estimait a 3.000 tonnes La production commercialisee de la region Nord (surtout dans les environs de Maroua). Les 800 tonnes produites par les beneficiaires des prGts du projet representent par consequent un supplement important a la production de La zone de Maroua (27 z) - si tant est qu'elles constituent toutes un supplement de production - mais une faible part seulement du marche national (5 90). On peut donc dire en conclusion que si le secteur prive parvient a resoudre les probl&mes de commercialisation et de stockage, la production d'oignons offre d'excellentes perspectives. 6/ - "Production et commercialisation des cultures maraicheres dans le Nord-Cameroun", SCET-AGRI, mars 1984, p. 115. 5.14 On avait craint que le choix de po'mpes a moteur plut6t qu'a motricite humaine limite l'acces a w credits a w agriculteurs les plus aises de la region. Mais l'enqu6te du MINAGRI a montre que la taille moyenne des exploitations des beneficiaires des prGts etait de 0 , 2 ha, contre 0,3 ha pour les exploitants ne participant pas au sous-projet. Ces pr6ts leur ont permis de porter la taille de leurs parcelles a plus de 0,4 ha (soit pres de 1 ha pour les d e w proprietaires d'une pompe). 5.15 S'agissant de l'environnement, la principale question est de savoir quelles seront les repercussions de l'utilisation intensive d'eau de la nappe phreatique de la region. On ne dispose pas de donnees completes a cet egard et on n'a signale aucun abaissement du niveau de l'eau dans les puits du projet au cours de la recente annee de secheresse. Mais, dans la rnesure ou une irrigation excessive semble 6tre pratique courante, il conviendrait de suivre le niveau de la nappe et d'encourager une meilleure gestion des ressources en eau. C. Embouche bovine 5.16 Resultats materiels. Le tableau ci-dessous indique les resultats obtenus dans le cadre de la ligne de credit. Sur les 2.000 pr6ts prevus, 1.330 ont ete accordes, soit 67 % des estimations initiales. Mais le montant de ces prsts ayant ete augmente (par. 3.081, le total des decaissements a atteint 52 % du montant prevu. Le t a w de recouvrement a d'abord ete mediocre : 47 9, la premiere annee, 35 la dewieme; mais apres que le programme de pret eut ete mis en veilleuse pendant un an, le taux de recouvrement s'est notablement ameliore. A l'achevement du projet (fin 19831, 78 % des pr6ts en cours avaient ete rembourses (soit 49 % de l'encours total). A la fin de 1984 (alors que certaines echeances representant de 5 a 10 millions de francs CFA n'etaient pas encore exigibles), le t a w de recouvrement global etait passe de 47 a 78 %. Ce pourcentage relativement eleve est attribuable en grande partie a la competence du chef de la Section credit, un Camerounais, et, de faqon generale, au succes du programme d'embouche bovine. Montants Montants Nombr e Montant s dus dans percus Taux de de prGts Nombre Taux de decaisses 1 ' annee dans i ' annee recouvrement pr6~us -/b de prCts decaissement (en milliers (en milliers (en milliers annue 1 Exert ice (REP) decaissds (en % ) de FCFA) de FCFA) deFCFA) - (en %) Total 2.000 1.334 67 63.530 46.728 36.503 78 - /a Pour la premiBre moitie de l'exercice seulement (jusqu'au 31 decembre). - /b Ventilation annuelle pr6vue par le FSAR. Source : Etude d'acti&vement de la SEDA, ouvrage cite, et revisions par la mission (1984). 5.17 Les gains de poids des animaw auraient ete quelque peu inferieurs a w 300 kg escomptes; de plus, a l'evaluation, leur engraissement a generalement pris d e w ans et demi au Lieu des d e w ans prevus. Cependant, on n'a pas pu confirmer cette estimation car les animaux n'ont pas 6te suivis de faqon reguliere et les poids a l'achat et a la vente n'ont pas ete notes de faqon systematique. Trois facteurs expliqueraient ces resultats apparernment inferieurs a w previsions. Premierement, les aliments d'appoint - tourteaw de coton et farine de riz - preconises lors de l'evaluation n'etaient pas toujours disponibles; cependant, dans certains secteurs, c'est parce qu'il a ete difficile de fournir suffisamment d'eau aux bstes que celles-ci n'ont pu consommer les rations souhaitees. Dewiemement, les bGtes achetees avaient tendance a 6tre de qualite legerement inferieure a ce qui etait prevu au depart, ce qui explique peut-6tre l'insuffisance de leurs gains de poids. Troisiemement, de fason generale, les quatre vulgarisateurs (servant aussi d'agents de credit) n'etaient pas assez nombrew pour pouvoir fournir l'appui technique voulu a une population aussi dispersee. Dans ce contexte, il faut mentionner que Le t a w d'interGt perqu (10 % ) etait manifestement insuffisant pour permettre l'emploi d'un plus grand nombre d'agents. . 5.18 Impact. Bien que beaucoup ait ete accompli, il n'est pas possible d'evaluer totalement l'impact de ce sous-projet, et ce pour d e w raisons : 1 'insuffisance du suivi assure par le FSAR et le fait que l'etude socioeconomique du MINAGRI I / n'ait pas permis de reunir des donnees silres quant a w gains de poids des animaw et a l'evolution des revenus des menages. Cependant, les informations limitees dont on dispose permettent de conclure que les resultats ont depasse les estimations de l'evaluation (par. 6.08). D. Petits barrages 5.19 ,Resultats materiels. Sur les dix barrages envisages dans le rapport d 'evaluation, quatre avaient ete cons truits a 1 'achevement du projet (decembre 1983). Le premier (No 16, 8,15 m sur 81 m, capacite de 22.000 m3) a ete acheve en mai 1980, au terme de d e w campagnes de travaw. Le deuxi&me (No 7, 9-15 m sur 54 m, capacite de 47.000 m3) a egalement ete acheve en mai 1980, mais des fuites ont necessite des travaw supplementaires qui n'ont ete termines qu'en aoiit 1982. Le troisihe (No 9, 9 m sur 49,5 m, capacite de 144.000 m3) a ete commence en janvier 1980 et termine en septembre 1982; c'est le plus grand des ouvrages construits au titre du projet (1.431 m 3 de ma~onnerie) et son volume est le double de celui des autres. Le quatrieme et dernier barrage (No 32, 7 m sur 53 m, capacitk de 89.000 m3) a ete commence fin 1980 et termine en aoiit 1982, mais il n'a encore jamais pu Stre rempli totalement 7/ - "Rapport de l'enquste socioeconomique du Projet FSAR I", MINAGRI, Eevier 1983. c a r il n ' e s t p a s a l i m e n t e p a r un r u i s s e a u permanent; e n o u t r e , i l a e t e c o n s t r u i t dans. une zone o h les precipitations sont plus faibles q u ' a i l l e u r s , probli?me que n ' a f a i t q u ' a g g r a v e r l a s e c h e r e s s e de c e s d e u x d e r n i e r e s annees. 5.20 Les r a i s o n s p r i n c i p a l e s d e s r e t a r d s e t i n s u f f i s a n c e s c o n s t a t e s dans la construction des barrages o n t e t e passees en revue a u p a r a g r a p h e s 3.10 e t 3.11. L'Annexe 3 p r e s e n t e e n d e t a i l l e s travau.. a c c o m p l i s e t montre c l a i r e m e n t q u ' o n a v a i t s o u s - e s t i m e a u d e p a r t Les t r a v a w de t e r r a s s e m e n t (qui ont ete quatre fois superieurs aux e s t i m a t i o n s i n i t i a l e s ) e t d e rnayonnerie (60 % de p l u s que p r e v u ) . On n e d i s p o s e d ' a u c u n c h i f f r e d e t a i l 1 6 q u a n t a u nombre de j o u r n e e s d e t r a v a i l q u ' i l a f a l l u pour c o n s t r u i r e l e s q u a t r e b a r r a g e s , mais l e t o t a l d e s c o i i t s de main-d'oeuvre pendant l a d u r e e d u p r o j e t a u r a i t cite 81 de 240 m i l l i o n s de f r a n c s CFA, a u l i e u d e s 88 m i l l i o n s d e f r a n c s CFA p r e v u s l o r s d e l ' e v a l u a t i o n (pour d i x b a r r a g e s ) . C e t t e augmentation c o n s i d e r a b l e des coiits d e main-d'oeuvre e s t a mettre a u compte d e p l u s i e u r s f a c t e u r s : l e volume s u p p l e m e n t a i r e d e r o c h e s e t d e t e r r e a d e p l a c e r ( t e r r a s s e r n e n t s ) , l e volume a c c r u d e s b a r r a g e s ( m a c o n n e r i e ) , l e manque d ' e x p e r i e n c e d e s e q u i p e s de c o n s t r u c t i o n e t d e s u p e r v i s i o n e t , e n f i n , l a n e c e s s i t e d e c o n s t r u i r e 7 k m de p i s t e s d ' a c c e s e n a y a n t r e c o u r s a d e s t e c h n i q u e s m a n u e l l e s e t non a l ' a i d e d ' u n b u l l d o z e r 'comme Le p r o p o s a i t Le r a p p o r t d ' e v a l u a t i o n ( a u c u n b u l l d o z e r n ' a v a i t e t e i n c l u s d a n s l e s c o c t s d ' i n v e s t i s s e m e n t du p r o j e t ) . 5.21 Impact. Les b a r r a g e s o n t e u d ' i m p o r t a n t s e f f e t s pour l e s h a b i t a n t s de la region. J u s q u ' a l o r s , c e u - c i n e d i s p o s a i e n t que d ' u n nombre l i m i t e d e s o u r c e s d ' e a u f i a b l e s e t d e v a i e n t c o u v r i r a p i e d de l o n g u e s d i s t a n c e s , e n t e r r a i n e s c a r p e , pour se p r o c u r e r d e l ' e a u . La r a r e t e d e l ' e a u l i m i t a i t e n o u t r e l e nombre d ' a n i m a u x (moutons e t c h e v r e s , s u r t o u t ) que p o u v a i t e l e v e r une f a m i l l e moyenne. Les q u a t r e b a r r a g e s d e v r a i e n t s e r v i r 2.510 s a r e s 9 / , s o i t 12.550 p e r s o n n e s . Aucun r e l e v e complet du nombre de s a r e s u t i l i s a n t l ' e a u d e s b a r r a g e s n ' a e t e e f f e c t u e j u s q u ' a p r e s e n t , e t aucun s u i v i r e g u l i e r n ' e s t a s s u r e . Toutefois, les s e r v i c e s d u p r o j e t o n t e n r e g i s t r e e n t r e mars e t j u i n 1983 l e nombre d e personnes e t d ' a n i m a w a y a n t u t i l i s e l ' e a u des q u a t r e b a r r a g e s . On ne p e u t p a s d e d u i r e d i r e c t e m e n t d e s r e s u l t a t s d e c e t t e e n q u i t e Le nombre de menages s e r v i s , mais i l e n r e s s o r t que l e nombre d ' i r l d i v i d u s ( e t d 'animaux) u t i l i s a n t 1' e a u d e s b a r r a g e s augmente de f a q o n c o n t i n u e e n t r e mars e t j u i n , a u f u r e t a mesure que la s a i s o n s e c h e a v a n c e , a u p o i n t qu'en juin, L a consommation d ' e a u p a s s e a u d o u b l e d e c e q u ' e l l e e t a i t a u depart. Le nombre d e s i n d i v i d u s v e n a n t c h e r c h e r d e l ' e a u e t a i t p a s s e de 50.000 e n mars ( s u r 30 j o u r s ) h p l u s de 100.000 e n j u i n . Dew observations ont par a i l l e u r s e t f a i t e s : tout d'abord, apres avoir h e s i t e a u t i l i s e r l ' e a u des r e s e r v o i r s , l e s f a m i l l e s d e la r e g i o n o n t e t e chaque annke de p l u s e n p l u s nombreuses a l e f a i r e ; e n s u i t e , o n a c o n s t a t e 8/ FSAR, "Compte r e n d u d ' a c t i v i t e s , e x e r c i c e 52-83", Tableau 5 , p. 17. une utilisation accrue de cette eau par les populations nomades, qui s'installent provisoirement a proximite des reservoirs afin d'abreuver leurs troupeaw. Si cela se traduit par une utilisation accrue des reservoirs, cette situation pourrait aussi, si on ne prend pas soin de la contriiler, provoquer un phenomene de surpiiturage dans les environs des reservoirs, une acceleration de l'erosion, et meme des conflits entre les divers groupes. Une etude d'ensemble s'impose pour examiner tous ces facteurs et proposer des mesures qui permettent de m i e u gerer les ressources et d'amener les communaute concernees a assurer elles-mGmes cette responsabilite. 5.22 L'une des principales preoccupations soulevees par le projet de construction de barrages avait trait aux risques sanitaires eventuels. La question avait donne lieu a bien des debats et l'on s'etait generalement accorde a reconnaitre que les reservoirs poseraient effectivement des risques sanitaires, mais on n'a guere cherche au cours du projet a definir la nature et l'ampleur de ces risques, ni a avancer des solutions pratiques. Dans la mesure ou les animau s'abreuvent directement dans les reservoirs et defequent dans l'eau, il fait peu de ,doutes que cela entraine des risques serieux pour la sante des populations qui utilisent cette mGme eau. La solution proposee lors de l'evaluation etait d'installer, en contrebas du barrage, un systeme de f iltrage de sorte que les gens qui s'en servent aient acces a de l'eau propre. Ce systeme est pratiquement operationnel a l'heure actuelle, mais il reste a savoir si les populations pourront s'habituer a l'utiliser. Le nettoyage et le remplacement periodique du charbon de bois (filtre) et, de fason generale, l'exploitation du systeme sont une autre question. La conclusion a tirer de tout cela est que l'on manque l'heure actuelle de donnees exploitables sur la sante, qu'il n'existe pas de systeme de suivi et, chose encore plus importante, que l'on n'a encore rien fait pour eduquer et organiser les communautes voisines des reservoirs, pour tout ce qui concerne l'utilisation, la gestion et le traitement de l'eau. 5.23 Les barrages presentent aussi l'avantage de permettre la production de poissons (carpes et tilapias en particulier). Ce sont les services du projet qui ont ete a l'origine de cette initiative et le FONADER a signe un accord avec le Ministere de l'elevage, des pgches et des industries animales pour l'empoissonnement des quatre reservoirs en 1981. A l'heure actuelle, ces poissons sont encore trop jeunes pour Stre exploites et la psche est donc interdite. Nais la pisciculture presentera d e w avantages importants : d'une part, les produits de la peche pourront stre vendus et perrnettront de diversifier l'alimentation de la population locale; d'autre part, la prksence de poissons contribuera a une meilleure oxygenation de 1 'eau. 9/ - Un sare regroupe 5 personnes, 7 moutons ou chevres et 0,25 bovin et consomme 180 litres par jour; SOGREA, ouvrage cite. E. Hydraulique villageoise : puits, forages et pompes 5.24 Resultats materiels. La presente sous-section a pour objet d'examiner briPvement le degre de reussite, au plan qualitatif, des travaux executes dans le cadre du projet, ainsi que les problemes rencontres. Pour ce qui est de la composante puits (approfondissernent et remise en etat de plus de 900 puits durant le projet), d e w etudes B/ signalent qu'un tiers environ de ces puits sont a sec, ou fournissent trop peu d'eau. Ces etudes chiffrent, respectivement, a 37 et a 33 % la proportion des puits a sec au moment de l'enquete. Mais 1983 a ete une annee de secheresse et l'on ne sait donc pas combien de puits seraient a sec en temps normal. La premiere etude a note que les puits avaient en moyenne la profondeur voulue; mais l'absence de dossiers complets et exploitables rendait impossible une analyse plus detaillee. Le probleme pose par la tenue des dossiers a ete mentionne par toutes les missions de supervision et peut Gtre impute a plusieurs facteurs : malentendus quant aux responsabilites respectives du Genie rural et de la DOFSAR, absence d'un systeme d'enregistrement adequat, et absence de formation ou formation insuffisante des equipes de travail quant a la facon dont il aurait fallu remplir les formulaires voulus. Sur le plan technique, le plus gros probleme a ete et reste l'infiltration de sable; dans certaines zones, il parait qu'un an ou d e w apres leur approfondissement les puits etaient revenus a leur etat d'origine. Bien qu'on ait mis a l'essai plusieurs sortes de crepines et de filtres, on n'a pas encore trouve de solution vraiment satisfaisante. 5.25 En ce qui concerne les forages, les resultats n'ont correspondu qu'a 50 % environ de l'objectif prevu a l'evaluation, mais le taux des forages positifs (c'est-a-dire constituant une source d'eau fiable) a ete eleve : plus de 75 %. Pour les forages en zone sedimentaire, comme dans le cas des puits, le probleme majeur est l'infiltration de sable qui finit par user et detraquer les pompes. La principale solution avancee consiste a utiliser des filtres doubles et a installer, dans les zones sujettes a ce probleme, des types de pompes moins sensibles a w effets du sable. 5.26 Pour la composante pompes, on a utilise quatre marques differentes. Cela a certes permis de tester les divers modeles dans des conditions et a des profondeurs variables pour determiner les plus efficaces (aucune etude n'a resume les resultats de ces tests 1, mais cet avantage a 4te annule par les difficultes qu'a posees le maintien de stocks adequats de pieces de rechange pour chaque modele. C'est pourquoi il est recommande de s'en tenir a deux ou a la rigueur trois marques. Cette prbcaution deviendra de plus en plus importante au fur et a mesure que le parc de pompes augmentera (il est prevu d'en installer entre 3.000 et 4.000 au cours des cinq prochaines annees). 10/ - La premiere etude, effectuee en fevrier 1983 par le FSAR et le Genie rural, portait sur 77 puits reconstruits et 50 puits entretenus. La deuxieme a ete effectuee en mai et juin 1983 dans 172 villages par le Laboratoire central d'hydraulique de France. 5.27 Un autre probleme, lie au precedent et tout aussi, voire plus, important, es t celui de 1 'entretien. Le rapport d 'evaluation mentionnait sans donner de details que le Genie rural devait creer un service d'entretien des pompes a Maroua et que les villageois ew-m6mes seraier~t formes a l'entretien courant des pompes. Le Genie rural a effectivement r e un service d'entretien qui continue de fonctionner de faqon relativement satisfaisante. Cependant, ce, service etait et reste encore par trop centralise, ce qui entraine des coiits de fonctionnement excessifs. Chaque fois qu'une pompe a besoin de reparations, un mecanicien doit se deplacer de Maroua jusqu'au village en question, qui peut Gtre distant de 500 km. Cependant, on n'a guere progresse vers la prise en charge d'une partie de l'entretien par Les collectivites locales. I1 reste qu'un service public d'entretien revient cher (environ 950 dollars par pompe et par an) et qu'il est difficile d'en preserver l'efficacite; tout cela ne fait que renforcer l'importance a attacher a une participation des communautes locales a m travaw simples d'entretien et de reparation. Les problemes rencontres par le projet a cet egard ont ete les suivants : personnel trop peu nombrew pour pouvoir former et sensibiliser les communautes; mobilite insuffisante; absence d'une structure institutionnelle capable de prendre en charge cet effort (la Direction du developpement communautaire du MINAGRI etait quasiment depourvue de tout personnel et credit budgetaire); et, enfin, manque de volonte politique. 5.28 Impact. Dans une -region qui connait regulierement la secheresse, ce qui a en fait ete le cas ces trois dernieres annees, la disponibilite reguliere d'eau salubre rev6t la plus grande importance. Une enquGte socioeconomique menee en fevrier 1983 par le NINAGRI/DEP a examine l'impact du programme d'hydraulique villageoise, et ses resultats montrent que : - 816.000 personnes environ beneficient de l'amelioration des puits (non equipes de pompes) et 226.000 des puits et des forages equipes de pompes. De 85 a 90 % d'entre elles possedent des animaw qui beneficient egalement de ces points d'eau - Eacteur essentiel, c o m e en temoigne le fait que certains villages aient ete abandonnes parce que le debit de leur point d'eau etait devenu insuffisant pour abreuver le cheptel; - le nombre des points d'eau utilisables est passe de un pour 1.200 habitants avant le projet a un pour 792 habitants a la fin de 1983 - amelioration non nggligeable mais qui reste en d e ~ a de l'objectif fixe dans le rapport d'evaluation (un point d'eau pour 560 habitants); - la distance a parcourir pour se rendre au point d'eau le plus proche (en saison seche) a beaucoup diminue, passant de 5 km en moyenne avant l'installation d'un forage ou l'amelioration du puits existant a moins de 1 km (525 m ); la consommation d'eau par habitant est passee de 15 a environ 25 litres par jour; grsce aux pompes, le temps passe b puiser l'eau a diminue de deax a trois fois; et a ce stade, il n'est pas encore possible de mesurer l'effet de l'utilisation d'une eau plus salubre sur la sante de la population. VI. RESULTATS FINANCIERS ET ECONOMIQUES A. Resultats financiers 6.01 a) Bas-fonds. Le yaere de Moulvoudaye n'a pas retenu suffisamment d'eau et on ignore a l'heure actuelle si cela est a attribuer au manque de pluie ou a une erreur de conception (par. 5.04), de sorte qu'a ce stade, on ne peut pas dresser de bilan veritable. I1 est toutefois doutew que la rentabilite financiere atteigne le niveau indique dans le rapport d'evaluation ( 2 2 f pour les agriculteurs). b) PrGts a u cultures maraicheres commerciales et b l'embouche bovine. La rentabilite financiere nette par famille et par an (valeur brute de la production, diminuee des cocts de production, du service de la dette et des pertes) a augmente dans les d e w cas, mais a un rythme different : au t a m modeste de 12 % pour l'embouche, mais a un t a m bien superieur a LOO % pour le maralchage. Les resultats du programme d'embouche sont legerement plus faibles que c e w prevus dans le rapport dlCvaluation, mais c e w du programme de cultures maraich&res sont conformes aux estimations de ce &me rapport. On pourrait soutenir que les activites d'embouche financees par Les prsts n'ont qu'une rentabilite marginale pour les agriculteurs et ce serait encore plus vrai si le FSAR devait leur appliquer des " t a w dtinter6t reels", c'est-b-dire plus proches de 15 X que les 10 % actuellement demandes. Cependant, compte tenu des options limitees qu'offre la region des monts Mandara et du fait que ce type de prst fait partie d'une tradition bien etablie, i l convient de continuer a appuyer cette activite. c)m. Le fait de n'avoir pas defini et applique de mecanisme de recouvrement des touts pour les forages et les puits entraine pour 1'Etat des depenses annuelles de l'ordre de 145 millions de francs CFA (300.000 dollars), soit le budget 1984/85 du FSAR pour ces deux composantes. Ce chiffre est base sur un co6t d'entretien annuel d'environ 950 dollars par pompe pour les 315 pompes installees dans le cadre du projet. On estime que les deux tiers environ de cette somme representent les co6ts fixes de l'infrastructure necessaire a l'entretien des pompes. Par consequent, on peut chiffrer les cohts de fonctionnement annuels pour chaque pompe installee dans le cadre du projet a 315 dollars, soit a peu pres 33 % du prix d'achat. Bien entendu, ces coGts diminueront a mesure que d'autres pompes seront mises en place dans le Nord; si 4.000 pompes sont installees d'ici a l'an 2000, c o m e le prevoit le Gouvernement, ils ne seront plus en moyenne que de 50.000 francs CFA (110 dollars). Par consequent, les depenses recurrentes seraient de l'ordre de 300 millions de francs CFA par an, plus 1,l milliard de francs CFA par an ( 2 , 5 millions de dollars) de coiits de remplacement; les depenses publiques (nettes de l'amortissement des investissements relatifs aux forages) a engager pour fournir de l'eau potable a L'ensemble de la population du nord du Cameroun seraient donc de 3 millions de dollars par an. B . Resul ta ts economiques 6.02 a) Cultures maraicheres commerciales. Si l'on impute au sous-projet un tiers des coGts de fonctionnement du service des prsts dii FSAR et si l'on suppose un prix depart exploitation de 65 francs CFA le kilo, une vie utile moyenne de 5 ans pour les pompes et de 15 ans pour les puits, le taux de rentabilite a l'achevement du projet est de 2 0 , 9 %. A premiere vue, ce pourcentage semble satisfaisant, mais il convient de noter que, dans certains cas, les agriculteurs ont subi des pertes apres recolte superieures a celles que supposent (40 % au maximum) les calculs ci-dessus, situation due en majeure partie a l'inadequation des methodes de stockage. 0 ) Embouche bovine. A l'evaluation, on avait prevu avec optimisme que la rentabilite economique atteirldrait 35 %; en fait, le taux obtenu (21 %) est assez marginal. On a utilise les msmes hypotheses que pour l'evaluation, a cette difference que l'on a egalement tenu compte des avantages resultants d'une legere augmentation de la production d'arachides et de sorgho (due a l'utilisation du fumier produit par les bouvillbns) .L'equipe chargee de 1 'evaluation avait sous-estirnee la main-d'oeuvre necessaire l'approvisionnement en eau des bouvillons. Son estimation (20 jours par operation) s'est revelee bien trop basse et le double serait plus pres de la realite. Dans certains cas, on sait que les femmes des agriculteurs passent souvent jusqu'a une demi-journee, chaque jour de l'annee, a l'approvisionnement en eau des 'bgtes. De plus, l'analyse revele un fort degre de sensibilite aux fluctuations des coGts; par exemple, il suffit d'une augmentation de 10 % pour faire tomber la rentabilite economique a 0 %. Cependant, comme il n'y a guere d'autres activites economiques possibles dans la region du Nord, on doit considerer l'embouche comme une activite valable. 6.03 Recouvrement des coilts. Le recouvrement des coiits et la participation des agriculteurs avaient ete l'un des principaw probl&mes souleves au cours des negotiations et la question n'a jamais ete resolue de f a ~ o nsatisfaisante pendant l'execution du projet. Elle a ete examinee avec le Gouvernement par toutes les missions de supervision auxquelles diverses promesses ont ete faites. La seule fois ou l'on ait &t& proche d'une solution a ete en 1380, lorsque le MINAGRI a propose un impdt communautaire. Mais les autorites locales ont rejete cette idee. Le probleme a ete discute a nouveau et finalement, en 1983, il a ete decide d'attendre le Projet FSAR I1 auquel on incorporerait une "composante pilote de recouvrement des coGts". 6.04 Creation d'emplois. Le projet a eu des retombees importantes sur la region du Nord. Le montant total des traitements verses en monnaie nationale dans le courant du projet a ete d'environ 775 millions de francs CFA, et c'est le Nord qui en a le plus beneficie ( 8 2 %). La remuneration de la main-d'oeuvre a ete tout aussi importante, comme en temoignent les chiff res ci-dessous : Composante Hillions de F x Puits Pe tits barrages Services de soutien (DFSAR et DOFSAR) Au t a w de 500 francs CFA par home-jour, cela equivaut a 1,2 million d'homes-jours d'emplois temporaires. C. Retombees au niveau des exploitations 6.05 Trois des sous-projets peuvent itre qualifies de projets productifs d'un point de vue agricole. Mais seuls les programmes de cultures maraicheres et d'embouche bovine ont pu etre analyses, d a m la mesure 0 , pour le programme d'amenagement des bas-fonds, on n'a de resultats que pour une seule annee ou la recolte a ete tres faible et tres incomplete. Ces resultats ne sont donc ni representatifs, ni concluants d'un point de vue statistique. 6.06 Cultures maraicheres commerciales. Au cours du projet, on n'a pas rassemble de statistiques detaillees sur Le volume des recoltes et les coGts de production des beneficiaires des 60 prGts accordes pour l'achat de motopompes. Yais ce sous-projet a fait l'objet en 1983 de deux etudes independantes : l'etude d'achevement entreprise par la SEDA, et une enquete socioeconomique effectuee par le MINAGRI. Les resultats detailles de ces d e w etudes sont presentes a 1'Annexe 1 du rapport de la SEDA (Tableaux 4 a 10); on peut en resumer les grandes lignes de la faqon suivante : - les etudes ont compare les agriculteurs equipes d'une pompe a moteur et ceux qui en etaient depourvus. Le MINAGRI utilise les termes "avant" et "apres" pour distinguer les d e w categories. Ni l'une ni L'autre des etudes ne definit de faqon precise la situation "sans le projet", mais on peut supposer qu'il s'agit de la production d'oignons avec utilisation du chadouf; - d a n s 1' h y p o t h e s e "sans", l e s agriculteurs sont censes c u l t i v e r d e s o i g n o n s s u r 0 , 5 ha ( c h i f f r e d e l a SEDA) e t 0 , 2 h a ( c h i f f r e d u MINAGRI); c e d e r n i e r c h i f f r e e s t l e p l u s r e a l i s t e . Pour c e w d i s p o s a n t d e pompes a m o t e u r , l e s s u p e r f i c i e s s o n t d e 1 ha (SEDA) e t d e 0 , 4 ha (MINAGRI). Dans l a mesure o u l ' o n s a i t q u ' u n e motopompe p e r m e t d ' i r r i g u e r d e 1 a 1,5 ha, il est p r o b a b l e que l e c h i f f r e d u MINAGRI p o r t e s u r un s e u l d e s . d e u x a g r i c u l t e u r s q u i s e p a r t a g e n t l a pompe; - l e s hypotheses d e s d e w e t u d e s en c e q u i concerne l e c o u t d e s f a c t e u r s de p r o d u c t i o n s o n t s i m i l a i r e s ; dans l e s deux c a s , c e c o u t e s t e s t i m e a 180.000 f r a n c s CFA p a r h e c t a r e a v e c motopompe e t a 125.000 f r a n c s CFA p a r h e c t a r e s a n s motopornpe. Le MINAGRI s u p p o s e un c o & t d e p r e p a r a t i o n d e s t e r r e s nu1 d a n s l ' h y p o t h e s e " a v a n t " e t e g a l a 60.000 f r a n c s CFA p a r h e c t a r e d a n s l ' h y p o t h e s e " a p r e s " , c h i f f r e i d e n t i q u e a c e l u i d e l a SEDA; - d e d u c t i o n f a i t e d u s e r v i c e d e l a d e t t e e t d e l a consommation d e s menages, l ' e t u d e d e l a SEDA f a i t e t a t d ' u n r e v e n u a g r i c o l e d e 264.705 f r a n c s CFA "avec motopornpe" e t d e 59.225 f r a n c s CFA " s a n s rno topompe" ; - p o u r p l u s d e commodite, on t r o u v e r a c i - d e s s o u s une c o m p a r a i s o n des r e s u l t a t s a 1 'hectare : Avant/sans Apres / a v e c --------- (FCFA/ha) ------- SEDA MINAGRI Aucune d e s deux a n a l y s e s n ' e s t s a t i s f a i s a n t e e t l e u r s r e s u l t a t s n e s o n t pas des i n d i c a t e u r s f i a b l e s . En o u t r e , n i l ' u n e n i l ' a u t r e n e compare l e s r e s u l t a t s economiques d e s b e n e f i c i a i r e s d e s p r s t s a c e w que p r e v o y a i t l e rapport d'evaluation. 6.08 Embouche. L ' e t u d e d e la SEDA n ' e x a m i n e pas l a rentabilite economique d e s a c t i v i t e s d'embouche f i n a n c e e s p a r les p r e t s . Cependant, a p a r t i r d e s c h i f f r e s o b t e n u s d a n s l e c a d r e d e l a composante recherche du p r o j e t , un b u d g e t a g r i c o l e (Annexe I , T a b l e a u 11 d e l ' e t u d e d e l a SEDA) compare l e s r e s u l t a t s e f f e c t i v e m e n t o b t e n u s a v e c c e u x que projetait le rapport d'evaluation. Les a v a n t a g e s n e t s g l o b a w pour l e s d e w annees s ' e t a b l i s s a i e n t de la faqon s u i v a n t e : Premi&re annee Dewieme annee Total -- ( m i l l i e r s d e f r a n c s CFA) -- Evaluation Resultats e f f e c t i f s Autrement dit, les resultats effectifs se sont averes rneilleurs dans l'ensernble qu'on ne L'avait projete. Toutefois, si on examine les chiffres de plus pres, on constate une grande difference dans l'estirnation des autres productions agricoles, difference compensee par la surestimation du gain de poids (chiffre projete : 315 gramrnes/jour: chiffre effectif : 195 grammes/jour). Par consequent, pour ce qui est des gains de poids, les resultats se sont reveles bien inferieurs a ce qu'on attendait, du fait que les gains de poids ont 6te mediocres pendant la saison des pluies et que les agriculteurs ont eu du ma1 a se procurer des tourteaw de coton. I1 a ete suggere qu'une periode d'engraissement de 18 mois avec une seule saison des pluies donnerait de meilleurs resultats que l'embouche de 24 mois pratiquee pendant le projet. VII. ACTION DE LA BANQUE 7.01 La Banque avait correctement juge qu'il manquait au Carneroun un fonds de developpement rural. A l'epoque, il n'existait en efEet aucun mecanisme permettant d'identifier, de preparer, d'evaluer et de financer des projets ruraw de petite envergure mais de caractere prioritaire. L'objectif du projet etait donc valable et, au cours de sa preparation et de son evaluation, la Banque a su limiter l'arnpleur de la premiere phase (qui devait avoir valeur de phase "pilo.teW bien que le terme n'ait jarnais ete utilise) a un petit nombre d'actions reparties sur une zone geographique de dimensions raisonnables. Nais si l'on considere le projet definitif, notamment au vu des resultats de son execution, on constate d e w faiblesses dans sa conception. Tout d'abord, du fait de leur degre de preparation et, dans une certaine mesure, des connaissances qu'ils auraient supposees, certains sous-projets n'etaient pas prEts a Stre mis en oeuvre. Cela est particulikrernent vrai de l'amenagement des bas-fonds et des petits barrages. Certes, l'intention etant de realiser des actions de faible arnpleur susceptibles d'stre facilement repetees ailleurs, on devait accepter un niveau de risque plus eleve dans la mesure ou, bien souvent, ces actions ont un caractere experimental. Yais lorsqu'on accepte d'entreprendre des projets sans qu'ils soient prepares a cent pour cent, il faut se donner Les moyens, tant au niveau des calendriers d'execution que des ressources disponibles, d'en achever ia preparation des le debut de leur mise en oeuvre. Enfin, si l'on a eu raison de faire appel a des organismes existants pour realiser les sous-projets, on n'a pas suffisamment mis l'accent sur le choix d'organismes dotes de moyens gestionnels et comptables assez solides pour pouvoir s'acquitter de cette tiiche (y compris le suivi et l'etablissement des rapports) sans un appui constant du personnel du FSAR. 7.02 Retrospectivernent, on peut dire que 1 'on aurait dG accorder une place plus importante aux aspects institutionnels lors de La formulation du projet. Le choix du FONADER a ete une decision judicieuse; mais, en le rattachant au FONADER, on aurait dG structurer le FSAR de telle sorte qu'il dispose des moyens necessaires non seulement pour faciliter l'execution des cinq sous-projets deja identifies, mais aussi et surtout pour identifier, preparer, evaluer et suivre des projets nouveaux, notamment par l'instauration d'un dialogue avec les organismes d'execution eventuels. La composante "projets non identifies" n'etait rien de plus qu'une enveloppe financiere pour La mise en route de ce processus, nlais l'on n'a affecte a cette tiche aucun personnel ni aucun service specialise. 11 aurait peut-&tre fallu prevoir la creation, au sein de La DFSAR a Yaounde, d'un bureau special exclusivement charge de cette tAche, sans avoir a s'occuper des problemes d'execution au jour le jour qui ont tant accapare le personnel de La DOFSAR. 7.03 La supervision du projet par la Banque a ete intensive, mais trop centree sur l'avancement des sous-projets consideres individuellement et pas assez sur la mise en place d'une institution capable de continuer, une fois le projet acheve, a identifier des microprojets et a en faciliter l'execution, notamment par la mise au point d'arrangements institutionnels appropries avec les organes d'execution et par l'organisation du suivi des microprojets. Les organismes retenus pour la realisation des diverses composantes n'etaient pas assez solides. Les responsables du F S A R ont fini par prendre une part croissante a L 'execution des sous-projets et les missions de supervision de la Banque, qui se sont generalement concentrees sur la realisation des objectifs quantitatifs (nombre de Eorages, nombre de przts decaisses, quantite d'oignons produite et commercialisee, etc.), bien que conscientes du r5le accru joue par le F S A R dans l'execution du projet, n'etaient pas en mesure de rectifier cette situation. Si le F S A R s'etait abstenu d'intervenir directement dans l'execution des sous-projets, il est fort probable que ceux-ci se seraient soldes par des resultats mediocres, voire par un echec. Et il est probable que le FSAR lui-m6me aurait ete considere c o m e un echec. De ce fait, les efforts de renforcernent des institutions n'auraient servi a rien. Mais, en depit de ce dilemme, Les missions de supervision auraient pu s'attacher plus qu'elles ne l'ont fait a aider le F S A R a devenir un veritable fonds de developopement rural et non un simple organe d'execution, m&me si cela avait implique des missions ponc tuelles d'assistance technique pour la mise au point d'un systeme d'identification, d'evaluation et de financement de petits projets prioritaires dans le secteur rural. WAPAD Juin 1985 Annexe Tableau 1 + I 1 I I / NII + I1 ~. *a m q.5 2 U h 3 0 0 O I I 0 4 . O I I F X O a l l aJ -Q CO? * II 3 0 II 3 11 Annexe CAMEROUN Tableau 2 PROJET DE FONDS DE DEVELOPPEMENT RURAL CREDIT 723-CM Budget d'exploitations partiel Sans projet Avec projet Pompe 3 Sans motricitG* Pompe pompe* Chadouf humaine 3 moteur Superficie (en ha) : Sorgho/mil Arachides oignons (et autres legumes) Rendements (kglha) : ~orghc/mil Arachides Oignons, etc. Production (kg) : Sorgholmil Arachides Oignons , etc . Pertes - Oignons (en %) Valeur de la production : (en milliers de francs CFA) ~orgho/mil/ b Arachides b /r Oignons, etc. /b CoQts d'exploitation /c (en milliers de frazs CFA) Semences - 5 ,4 5 ,4 13,5 Engrais - 498 4 ,8 12 ,O Pesticides - 4,7 4,7 12,O Main-d'oeuvre salariee - 12 ,O 12 ,O 20 ,O Carburants pour pompes - - - 20,O Entretien - - - -7,5 -7,5 26,9 34,4 95,O Valeur nette de la production (en milliers de francs CFA) 52 113,l 392,6 212,O Autoconsommation - 13,2 24,O 15 ,O Revenu net 52 99,9 368,6 197,O Amortissement /d - - -- 17,O -17,O Revenu net apres amortissement 52 99,9 351,6 1 8 0 ~ 0/e * Estimations 3 l'6valuation. - /a Dans l'hypothgse d'une pompe 3 moteur pour deux exploitants, servant une superficie totale de 1 ha. - /b Prix moyens de 1983 : sorgho/mil, 50 francs C F A / ~ ~ ; arachides, 60 francs CFA/kg; oignons, 62,5 francs CFA/kg. /c Pour les oignons seulement, les autres cultures faisant appel B des quantitCs negligeables d'intrants achetCs. - /d Sur cinq ans. a-- - /e - I1 convient de diviser ce total par deux pour obtenir le revenu par .* 3 - -: - ... 1 -6 d l - +--; "W - -..+-,-.- CI+..I..V Annexe Tableau 3 CAMEROUN PROJET DE FONDS DE DEVELOPPEMENT RURAL CREDIT 723-CM Princi~auxindicateurs 2 la date dlachSvement Composante Prdvisions 2 114valuation Rgalisations - Puits Nombre de puits reb2tis 11 Nombre de puits entretenus Nombre de puits couverts Forages Nombre de forages effec tu6s Nombre de forages positifs -/2 Pompes installees Nombre de pompes installees Nombre de pompes reparges Petits barrages Ouvrages en chantier Ouvrages achevgs Bas-fonds Superficie cultivge (en ha) Ernbouche bovine PrG ts approuv6s PrGts dkcaissks Cultures mararcheres PrSts approuv6s Nombre de pompes install6es - /1 Les chiffres relatifs aux realisations peuvent comprendre des puits cornptgs deux fois, certains puits ayant kt6 reclassgs de puits entretenus en puits rebstis. /2 Testes et pr@ts 2 recevoir une pompe. - Financement assurk par 1'Etat. - /4 Y compris 400 prGts d6j2 approuvks et devant Etre d6caiss6s dans le cadre du Projet FSAR 11. Attachment I (Page 1 of 5 ) FONDS NATIONAL DL D&ELOPPEMENT RURAL - a P. 1na - TU.: 6.10.25 t . ~2.39.82 YAOUNDE - LE Directcur Giniral DIRECTION OES PROGRAMMES - 9 H O l S I E U R LE REPRESENTANT RGSIDERT DE U BANQUE MONDLlLE A Y A O U N D E ObAetFSAR 1 d ridi it 723 a) Rapport dlQvalnation rBtros- pective. J g a i lthonneur de vous prier de bien vouloir transmet- tre au dipartemant den Bvaluations rdtrospectives de la Banqae Mondiale, la note d'observations ci-joint6 relative au rapport dtivaluotion rdtrospective du Projet de Fonds de DBveloppement R u r a l ( ~ r d d i t723 CM), Vous remerciant do votre diligence, Je voas prie dtagr6er, Monsieur le Reprdsentant, ltexpression de ma haute consid6rationS/- ___- - I Note d tobservations ( 1 ex*) -. - ___ _- - - < - -- 4 21- & u o GsAR z b u t & to: - -7=sE!rf. - + & - d I, - - a - - FONDS NATIONAL DE DEVELOPPEMENT RURAL B. P. 1548-YAOUNDE-Tel. :23.10.25 2 ; j ! ! ~ ;986 Yaounde le . .- L.- OBSERVATIONS SUR LE RAPPORT DIEVALUATION RETROSPECTIVE DU PROJET F0NDS.DE DEVE- LOPPEMENT RURAL (FSAR CrBdit n0723 CM) I- INTRODUCTION. La prksente note contient les avis et observations du FONADER relatifs au projet de rapport d'evaluation retrospective de la premihre phase du projet FSAR (FSAR I) dont ltAccord de Credit est arrive B terme le'31 Decembre 1983. Le projet de rapport a et6 etabli en Mai 1986 par le Ddpartement de l'evaluation r&tros- pective des op4rations de la Banque Mondiale. 2/- OBSERVATIONS ET AVIS DU FONADER 2.1. G6n6ralites Dans l'ensemble l'avis du FONADER rejoint les conclusions d6gagBes dans le rapport susmentionn6, particulikrernent en ce qui concerne les points suivants : - La participation des beneficiaires A l'entretien des points d'eau et des moyens d'exhaure n14tait pas effective. Cette faibles- se pourrait entraver la perennit4 du programme d'hydraulique villa- - geoise du FSAR. - Le Sous Projet Barrage n'a pas 6te suffisamment dtudie au point de vue technique et financier (sous estimation du volume des travaux et des coQts1. -La formation des cadres nationaux n'a pas et6 suffisamment encourag4e. -La r4ussite des sous projets dependaient essentiellernent de la capacite et de l'interst de llorganisme d'execution, ce qui ex- plique 11hBt6rogeneit6des r4sultats obtenus au cours de FSAR I. - La Direction du FSAR n'a pas suffisamment developpd ses fonctions de planification, de supervision, d'identification et dlBvaluation de nouveaux sous projets. - La Banque a supervise le Projet de facon intensive, mais stesttrop ccncentr4e sur les r4alisations physiques des sous pro- jets et pas assez sur le ddveloppement institutionnel. - Les bas fonds du Nord devraient dtre am4nagbs de facon plu simple et w i n s coiiteuse que celui de Moulvoudaye. Toutefois le rapport en question suscite, de la part du FONZ! DER un certain nombre d'observations. b t 2.2. Observations sur le m6morend& d! bvaluation retrospective du Proiet (MERP) 2.2.1. Des erreurs de frappe sont h signaler h la page iii : - La date de signature de llRccord de cr4di.t no 723.CM est 1 04/08/77 et non le 08/04/77.. e - Le num6ro de Pret du second projet FSAR est 2567 CM et non 723 CM qui correspond celui de FSAR I . 2.2.2. P.V. Le coat global, avec imprevus techniques et fin< ciers, dw FSAR a 4t4 4valu6 h 10,6 millions de dollars et non a,! millions qui.refl&tent les coQts de base (cf. rapport dlbvaluatic . FSAR no 1479 CH du 26/05/77 page 18) Ainsi le coat effectif, avet imprevus physiques et financiers, de 12,8 millions de dollars re: sente un d4passement de 21% par rapport h lt6valuationet non de 50% comme indiqu4 dans le m4morendum. 2.2.3. P.VI C'est le service du GQnie Rural du MINAGRI (et le service des T.P) qui a assure la r4alisation du sous projet B rage. 2.2.4. P.VII Dtapr&s le d6compte du FSAR au moins 250 (et 232) forages ont 6t6 r4alis4s dans le cadre de FSAR I. Dtautre part plus de 1400 (et non 900) puits ont 4t4 entrete nus (568) et recreuses (908) sans compter 45 puits neufs (cf.RAP p.19, 3.13). 2.2.5. PX. Concernant la disparit6 de r6num4ration du persc n-eldu FONADER et de celui des organismes d1ex4cution il faut SE rappeler que le FSAR a pour objectif de renforcer les services existants et non de les remplacer, ni dtabsorber leur personnel. Dans cette optique il a &quip4 les organismes dtex4cution en B ~ L pement, mat4riel etc... et accord4 au personnel qui travaille dz les Sous Projets dtimportantsavantages : primes de rendement, j demnit4 de ddplacement forfaitaire. Si tout ce personnel devait avoir les m h e s statuts que celui du FONADER et dtre support4 pr le FSAR le coat de celui-ci serait exhorbitant. Ceci est une ra: suppl4mentaire pour choisir comme organismes d1ex4cution les s oc t4s de diveloppement dont le personnelb6ndficie plus ou moins c mdmes condition de travail de celui du FONADER. 2.2.6. P 9 55 15. Trois expatries et non quatre, se sont st cedes h la t&te du Sous Projet Barrage ( c f . p.27 du R A P) 2.2.7 ~9 55 18 : I1 existait jusqu'au debut 1984 une liaison radio entre le FONADER et le Nord du Cameroun (NgaoundBrB, Garoua,Maroua) La cormnunication entre la SDFSAR et le DOFSAR h Maroua s'est am&- lioree depuis l'installation d'un telex entre le siege et 1'~gence du BONADER h Garoua dont la liaison telephoni+e avec Maroua fonc- tionne assez nomalement. I1 @ a t prdvu 1-installationd'un telex h 1'~gence de Maroua. I1 est institud un systhme de courrier heb- domadaire entre le sihge du FONADER et toutes ses Agences. 2.2.8 P I 5 5524 : Independarmnent de la ~Ccheresseil est normal que les rendements obtenus dans le bas fond de Moulvoudaye soient in- ferieurs h ceux enregistres dans d'autres pdrimbtres de la SEMRY compte tenu des meilleures conditions culturales qui prevalent dans ces derniers : contrale parfait de l'irrigation, planage,re- piquage, utilisation intensive des engrais. En 1985 avec une pluviom6trie de 720mm (moyenne de la zone 750mm) le reservoir de Moulvoudaye fut rempli A ras bord (1,2 a 1,s m de hauteur d'eau). La decision de cultiver le bas fond ayant etC prise tardivement (Juillet) on ne r4alisa que 30 ha de riz. Le rendement estimd est de 2,8 T/ha. La quantitk de paddy commercialisee est de 48,s tonnes soit un rendement commercialis6 de 1,6 T/ha. L'experience de 1985 montre que le perimhtre de Moul- voudaye pourrait fonctionner avec une pluviometrie assez moyenne. 2.2.9 P17 5525 : A l'achevement le taux de recouvrernent serait de 75% et non de 42% (voir les remarques figur4es au point 2.3.6 plus bas) . 2.3. Observations sur le rapport dlach&vement de Projet du bureau regional Afrique de l'Ouest ( R A P ) 2.3.1 PI8 55 309 : Le rapport final sur les recherches sur l'embouche bovine a 6te publie en Novembre 1983 par le Centre National de.For- mation Zootechnique et Vetdrinaire (CNFZV). I1 a 4t4 comrnuniqu4 la Banque Mondiale par lettre no 1918/DG/DPR du 15 Mars 1984. Par ailleurs il a 4t4 longuement analysh dans le rapport dlach&vement de FSAR I prCpar4 par la SEDA. 2.3.2 P I 9 5§313 : Si le sous projet Puits a r4alis4 beaucoup plus de recreusements et moins d'entretiens que pr4vus, la raison en est que de nombreux pits,-qui, dans ltinventaire 1976 du G4nie Rural qui a servi A l'evaluation, ne nbcessitaient qu'un simple entretien, devenaient hors d'usage 2 ou 3 ans aprhs par suite de l'ensablement, d'oh la n4cessitC de les recreuser. Ce fait milite pour la poursuite dans FSAR I1 des op4rations de maintenance des puits si on veut les maintenir en Gtat de fonctionnement. 2 . 3 . 4 P18 5 5 3 1 4 : Selon le d6compte du FSAR au moins 250 ( et non 232) forages ont 4t4 rCalis4s. 2.3.5 P21 55321 : Concernant l a cornparaison e n t r e l e coQt e f f e c t i f du p r o j e t e t les prBvisions du r a p p o r t d t 6 v a l u a t i o n il s e r a i t p x fBrable de prendre l e c o d t g l o b a l BvaluB (avec,;LmprBvus t e c h n i q e t f i n a n c i e r s e t non l e c o Q t d e b a s e ) . DBS l o r s l e coQt g l o b a l BvaluB du FSAR B t a n t de 10,6 m i l l i o n s de d o l l a r s e t l e coQt effc t i f de 12,.8 m i l l i o n s , l e t a u x d e dBpassement sera d e 21% e t non 51% c o m e indiquB dans l e r a p p o r t . 2.3.6 P31 55507 : A n o t r e a v i s l e t a u x de remboursement d u c r e d i t "Maraiehagen se determine p a r l e r a p p o r t t o t a l d e s recouvrement: s u r t o t a l d e s BchBances ( p r i n c i p a l e t i n t B r 8 t ) e t non s u r ' a e , t o t d e s montants annuels dds ( p r i n c i p a l + i n t d r e t s + impayBs) c a r 1 c impayes a n n u e l s ne s o n t pas c u m u l a t i f s . Sur un t o t a l d e s BchBanc '-de 32,4 m i l l i o n s d e f r a n c s CFA ( c f . Rapport d1ach8vement FSAR I SEDA p.83 Tableau 16) on a rBcup4rB 2 4 , s m i l l i o n s , s o i t donc un taux de remboursement g l o b a l d e 75,6% au 30 DBcenbre 1983 ( e t n c - 45% s e l o n l e s c a l c u l s de l a Banque).

Основные сведения
Тип документа Project Performance Assessment Report
Дата принятия
Страна Камерун
Источник Всемирный банк