Document de La Banque Mondiale A N'UTILISER Q U ' A DES F I N S OFFlClELLES Rappurt N o . 5370-F TCHAD: DEUXIEME PROJET DIELEVAGE (Credit 783-CD) Dgpartement de 116valuation rgtrospective des op6rations TRADUCTION NON-OFFICIELLE A TITRE D'INFORMATION Le present document fait I'objet d'une diffusion restreinte. et ne peut itre utilise par ses destinataires que dans I'exercice de leurs fonctions officielles. S a teneur ne peut Gtre autrement divulguee sans I'auiorisation de la Banque Mondiale. ABREVIATIONS APMU* - World Bank Agricultural Projects Management Unit (Unite de gestion de projets agricoles) CCCE - Caisse centrale de cooperation economique (France) FAC - Fonds d'aide et de cooperation (France) FED - Fonds europeen de developpernent IDA - Association internationale de developpernent USAID - Agency for International Development des Etats-Unis * Depuis le ler juillet 1984 : PAOCT : Projets Afrique de ltOuest Unite de cooperation technique .4 N ' U T I L I S E R Q U ' A D E S F I N S O F F I C I E L L E S RAPPORT D'EVALUATION RESTROSPECTIVE TCHAD : DEUXIEME PROJET D'ELEVAGE (CREDIT 783-CD) TABLE DES MATIERES Pages Preface ...................................................... i Donnees de base .............................................. ii Faits marquants .............................................. iii MEMORANDLM D'EVALUATION RETROSPECTIVE I. RESUME ............................................. L 11. OBSERVATIONS ....................................... 2 RAPPORT D'ACHEVEMENT DE PROJET ............................... 5 I. Rappel des faits ................................... 6 11. Formulation du projet .............................. 6 111. Execution du projet ................................ 8 IV. Impact ............................................. 9 V. Performance de La Banque ........................... LO VI. Conclusions ........................................ LO Le present document fait I'objet d'une diffu4ion re>treinte. et ne peut etre u t i l i s e par \e\ dcstinataires que d a n s I'exercice de leurs fonctions officielles. S a teneur ne peut etre autrement divulguee \ a n % I ' a u t o r i ~ a t i o nde la Banque .Mondiale. I RAPPORT D1EVAL3ATION RESTROSPECTIVE TCHAD : DEUXIEME PROJET D'ELEVAGE (CREDIT 783-CD) PREFACE Le present document constitue le Rapport d'evaluation retrospec- tive du Dewieme projet d'elevage au Tchad pour lequel le Credit 783-CD, d'un montant de 11,5 millions de dollars, a ete approuve en mars 1978. Ce credit n'est jamais entre en vigueur et, d'apres le Bureau regional, sera annule une fois que les 67.000 dollars avances par 1'Unite de gestion de projets agricoles auront ete rembourses. Le Rapport d'evaluation retrospective comprend un memorandum du Departement de l'evaluation retrospective des operations et un rapport d'achevement publie le 23 avril 1984. Le Rapport d'achevement a ete eta- bli par le Bureau regional Afrique de lfOuest sur la base des documents disponibles au siege. I1 se fonde sur un examen du Rapport d'evaluation (No 1773-CD) du 8 mars 1978, du Rapport du President (No P-2187-CD) du 15 mars 1978, de llAccord de credit du 14 avril 1978 et du Rapport d'ache- vement. Ses auteurs ont pris connaissance de la correspondance avec 1'Em- prunteur et des memorandums internes de la Banque concernant le projet et figurant a son dossier; ils ont egalement consulte le personnel de la Banque qui a participe a l'elaboration de ce projet. D1apres l'evaluation retrospective, le rapport d'achevement couvre de faqon satisfaisante les principales caracteristiques du projet et les auteurs du rapport d'evaluation retrospective arrivent aux m6mes conclusions. Les questions de resiliation et d'annulation examinees ici ont ete choisies en raison de l'importance qu'elle presentent pour ce projet ainsi que pour d'autres projets finances par la Banque et awquels il a 6th mis fin prematurement. Un exemplaire du projet de rapport a ete envoye au Gouvernernent pour commentaires le 3 septembre 1984 mais le Gouvernement n'y a pas donne suite. TCHAD : DEUXIEXT PROJET DIELEVAGE (CREDIT 783-CD) DONNEES DE BASE RCsultats PrCvision ou der- Resultats i niere en % des DONNEES PRINCIPALES llCvaluation estimation prCvisions CoCits du projet (millions de dollars) 16,l n.c. /a - Montant du credit (millions de dollars) ll,5 0 /a - Date d'approbation par les Administrateurs 03/78 30/03/78 /a - Date dlentrCe en vigueur 07/78 n.c. /a - Date d'achevement des elements materiels 09/82 n.c. /a - Proportion achevCe 3 la date ci-dessus ( % ) 100 0 /. Date de cldture 31/03/83 15/10/80 /a - (date d'annulation) Taux de rentabilite economique ( I ) - Services d'elevage n.c. - /a - - Association d'eleveurs n.c. - /a - - Efficacite des institutions n.c. - /a Resultats agricoles n.c. /a - - Nombre de beneficiaires directs n.c. - /a DECAISSEMENTS CUMULATIFS Ex. 79 - - Ex. 81 - Ex. 80 - Ex. 82 - Ex. 83 Decaissements estimes (millions de dollars) A l'evaluation 2,O 5,2 8,2 10,8 11,s Decaissements effectifs (millions de dollars) - - - - - Decaissements effectifsl estimes ( % ) - - - - Dace du dernier dicaissemen? - - - - Nombre d'homes- semaines Spdcialites Types Nbr. de sur le repre- Effica- Ten- de diffi - Date personnes terrain sentees /b cit6 /c dance /d cultds / c Ident if i- cation I 02/72 2 4,O - - Ident if i- cation I1 05/72 2 6,O - - - Preparation - - Evaluation 03/77 4 12,O - - - Post-evaluation 06/77 2 490 - - - - Total - - 26,O - - - - Supervision I 10178 1 0,5 E 2 - G Constat I 06/79 1 1,o E - - Constat I1 02/80 2 4,o E, SE 2 2 P,G Total - - 5,s - - Tot a 1 - 31,5 - - - AUTRES RENSEIGhTKENTS Emprunteur : Republique du Tchad Organisme d'execution : Direction de l'elevage, Ministere du developpement agricole et pastoral. Exercice : Projet : ler octobre - 30 septembre fl Nom de la monnaie (abreviation) : Franc CFA (FCFA) - Moyenne annee de l16valuation $ 1.00 = 245 - Moyenne annee dlexCcution $ 1-00 = - - Moyenne annee de l'achhvement (Octobre 1980) $ 1.00 = 211 Projet-re lais : aucun - /a CrCdlt annul6 - /b Specialites : E : 4conomiste; SE : specialiste de leelevage - ic 1 = Sans probieme; 2 = problhmes de noyenne importance; 3 = problhmes majeurs - id ! = amelioration; 2 = stationnaire; 3 = aggravation - /e G = gestionnel; ? = politiaue - if Sxercice de 1'Emprunceur = ler janvler - 31 dCcembre RAPPORT D'EVALUATION RETROSPECTIVE TCHAD : DEUXIEME PROJET D'ELEVAGE (CREDIT 783-CD) Le projet visait essentiellernent a accroitre la participation des eleveurs a la gestion et a l'amelioration des parcours comrnuns et des points d'eau pour le betail; a elargir le domaine de competences de la Direction de l'elevage en ameliorant les services veterinaires et ceux de la productivite animale; a accroitre la production animale au sud du Tchad en cherchant a elirniner la mouche tse-tse. En raison des troubles civils au Tchad, le Credit n'est jamais entre en vigueur. I1 est interessant de noter que : - si le Departement juridique dispose de directives claires sur la terminaison et l'annulation d'un pr6t ou d'un credit, d'autres departe- ments de la Banque ne semblent pas s6rs des implications de la terminaison d'un pr6t ou d'un credit (MERP, par. 7-12); - certains elements du projet devraient Stre finances par d'autres bailleurs de fonds (RAP, par. 18). MEMORANDUM D'EVALUATION RETROSPECTIVE TCHAD : DEUXIEME PROJET D'ELEVAGE (CREDIT 783-CD) I. RESUME L/ 1. Le Dewieme projet d'klevage devait Stre la douzieme interven- tion de 1'IDA et le septieme projet agricole au Tchad. I1 devait apporter un soutien a l'elevage, qui est un sous-secteur important, en poursuivant - mais de maniere plus etendue - la construction des puits pastoraw com- mencee dans le cadre du Premier projet d'elevage dont ils constituaient le seul objectif materiel. 2. Le projet devait prendre en consideration le fait que les auto- rites avaient de plus en plus conscience qu'une participation accrue des eleveurs etait essentielle pour resoudre le probleme du surpsturage et que la contribution des producteurs pour les services rendus etait elle aussi indispensable pour entretenir les puits et assurer le bon fonctionnement des services veterinaires. La creation de 75 associations d'eleveurs qui devaient constituer le cadre institutionnel pour l'entretien des puits, la distribution des medicaments, l'introduction des techniques de gestion des parcours et la fourniture des credits aurait ete la pierre angulaire du projet. Le projet comprenait d'autres activites, notamment l'eradication de la mouche tse-tse dans le sud, qui devait stre cofinancee par le Fonds. europeen de dkveloppernent, le renforcement des Services d'elevage et de l'hydraulique rurale du Ministere du developpement agricole et pastoral et l'equipement de l'abattoir de Farcha pres de N'Djamena. 3. I1 a fallu plus de quatre ans pour pouvoir proceder a l'identi- fication et a la preparation du projet dont le financement etait deja prkvu dans le cadre du Premier projet d'elevage, ce retard ayant ete dii a la secheresse qui a sevi dans le Sahel, aux problemes de securite et au fait que les autorites tchadiennes n'etaient pas familiarisees avec les procedures de la Banque. 4. Une importante question qui a ete soulevee au cours de l'evalua- tion du deuxieme projet a porte sur les COGS eleves de fonctionnement que 1'Etat tchadien devrait prendre a sa charge apres l'achevement du projet. La Banque a juge suffisantes les assurances donnees a cet egard par le Gouvernement au cours des negociations concernant les mecanismes qui seraient mis en oeuvre pour le recouvrement des coiits. La question de la securite a elle aussi ete frequemment evoquee mais on a considere que cer- taines activites pourraient toujours Gtre executees mSme si d'autres ne l'etaient pas et qu'il ne fallait donc pas accorder a ce probleme une importance determinante. 1/ - D'apres le rapport d'acnevement. 5. Les problemes de securite ont eu neanmoins d'importantes reper- cussions sur l'execution du projet. De 1978 a 1980, le caractere extr6me- ment mouvant de la situation a d'abord conduit la Banque a retarder le recrutement de l'equipe d'assistance technique puis, apres avoir permis le recrutement et l'envoi sur place des deux experts, a demander qu'il soit mis fin a leur contrat avant que les autres conditions d'entree en vigueur puissent Ztre remplies. Finalement, la Banque a decide que la date limite d'entree en vigueur ne serait plus repoussee au-dela du 15 octobre 1980. Une avance d'environ 67.000 dollars accordee par la Banque au titre de l'assistance technique n'a pas pu Ztre remboursee et est toujours due. 6. Le projet a ete bien conqu et bien evalue et ses principaux ele- ments sont encore juges indispensables a la reussite du developpement pas- toral au Tchad : a preuve l'interet avec lequel d'autres bailleurs de fonds envisagent de financer un projet qui repose presque entierement sur l'evaluation du Deuxieme projet d'elevage. 11. OBSERVATIONS 7. En raison des problemes de securite au Tchad, l'ouverture d'un Compte special stipulee dans 1'Accord de credit comme condition d'entree en vigueur n'a jamais eu lieu. Dans l'espoir que les troubles se termine- raient rapidement, la Banque a essaye de maintenir le credit en vie en repoussant plusieurs fois la date d'entree en vigueur mais apres des entretiens et avec l'accord de la delegation tchadienne a la reunion annuelle de 1980, elle a finalement decide de ne pas repousser la date d'entree en vigueur au-dela du 15 octobre 1980 (voir Rapport d'achevement, par. 12). 8. La decision de la Banque de mettre fin a llAccord de credit s'est fondee sur les modalites des Conditions generales applicables aux Accords de credit de developpement en date du 15 mars 1974 qui stipulent a la Section 12.04 : "Terminaison de l'Accord de credit de developpement pour defaut d'entree en vigueur. Si 1'Accord de credit de developpement n'est pas entre en vigueur a la date specifiee dans ledit Accord a w fins de la presente Section, l'Accord de credit de develop- pement se termine de plein droit et toutes les obligations incombant aux parties aux termes dudit accord prennent fin, a moins que l'bssociation, apres avoir examine les motifs du retard, ne fixe une date ulterieure aux fins de la presente Sec- tion. L'Association notifie sans delai cette derniere date a 1 ' Emprun teur . " 9. I1 n'existe cependant pas de consensus a l'interieur de la Banque sur la signification du mot "terminaison". D'apres le Department juridique, la terminaison d'un pr&t ou d'un credit ne necessite pas l'an- nulation parce qu"'une chose qui n'existe pas, c'est-a-dire n'est jamais entree en vigueur, ne peut pas Ztre annulee". Le Bursau regional, par contre, envisage toujours d'annuler le credit un fois remboursee l'avance de l'unite de gestion de projets agricoles de 67.000 dollars. Au Departe- ment du contr6le financier, le credit figure sur la liste des credits annules. Pour eviter des critiques liees aux differentes interpretations de la terminologie au sein de la Banque, il serait judicieux d'accepter la definition du Departement juridique pour le mot "Terminaison". 10. Les agents du Departement de ll&valuation retrospective estiment que la Banque accorde l'attention voulue a w problemes de securite qui sont de nature a compromettre l'execution du projet. MGme s'il n'existe pas dans le Manuel operationnel de criteres precis pour evaluer la situa- tion, les Statuts de la Banque, selon l'interpretation qu'en donne le Departement juridique 2/, prevoient les dispositions necessaires. Tout d'abord, l'brticle Ier dispose que dans ses decisions, ... la Banque s'inspirera en toutes circonstances des "objectifs de la Banque" qui sont, entre autres, definis comme suit : "Aider a la reconstruction et au developpement des territoires des Etats membres, en facilitant l'investissement de capita- consacres a des fins productives ..." I1 devrait Stre assez facile a la Banque de determiner si 1'Emprunteur est toujours en mesure de proceder a l'investissement envisage. Dewiemement, 1'Article 111, Section 4 (v), exige que la Banque : "...examine avec soin la probabilite que l'emprunteur et, dans le cas ou l'emprunteur n'est pas un Etat membre, que le garant soient en mesure de faire face a w obligations afferentes au prGt/credit; de plus, la Banque doit agir avec prudence dans l'interGt tant de 1'Etat membre particulier sur le territoire duquel le projet doit stre realise que de la collectivite des Etats membres." La supervision du projet sert notamment a s'assurer que les emprunteurs satisfont aux obligations qui sont les leurs. Si elle est rendue impos- sible en raison de troubles dans le pays ou dans la zone du projet, la Banque ne peut plus agir "avec prudence dans 1'interSt ... de la collecti- vite des Etats membres". En troisieme lieu, l'brticle 111, Section 5, portant sur "1'Emploi des prsts garantis ou accordes par la Banque ou awquels elle participe" precise dans l'alinea (b) que : "La Banque prendra des dispositions'en vue d'obtenir que le pro- duit d'un prGt soit consacre exclusivement aux objets pour les- quels il a ete accorde, compte dihent tenu des considerations d'economie et de rendement et sans laisser intervenir des influences ou considerations politiques ou extra-economiques." 2/ - Les agents de l'evaluation retrospective ont examine un memorandum interne qui fait encore l'objet de discussions au Departement juridique. C o m e le Departement juridique Le souligne a juste titre, la mesure dans laquelle i) l'emprunteur peut effectivement executer le projet, ii) les avantages escomptes seront realises et iii) les agents de la Banque pour- ront regulierement se rendre dans les zones du projet en toute securite pour effectuer la supervision sont des facteurs cles dont la Banque tient compte lorsqu'elle decide de poursuivre l'execution d'un projet dans une zone soumise ou non a des troubles. 11. Les agents de l'evaluation retrospective reconnaissent qu'il faut agir avec souplesse lorsqu'il s'agit de determiner si l'on doit mettre fin, annuler ou suspendre les prGts et les credits. On observera que la Banque, contrairement a la mesure adequate qui a ete prise pour ce projet, a decide de ne pas annuler un credit en Ethiopie alors qu'il a ete impossible la plupart du temps d'effectuer un travail de supervision 2/. Pour que la Banque ne puisse Gtre taxee d'arbitraire lorsqu'elle autorise l'ajournement des dates d'entree en vigueur, il serait peut-Gtre indique d'inclure dans le Manuel operationnel des directives concernant la termi- naison et l'annulation des prGts et des credits. 12. Les auteurs de l'evaluation retrospective ont egalement observe que, conformement a L'Accord d'assistance pour le recrutement conclu avec le Tchad, la Banque avait pris les precautions voulues pour assurer le remboursement des avances consenties aux d e w experts engages par 1'Unite de gestion de projets agricoles. I1 avait ete envisage.que le rembourse- ment se ferait sur le Compte du credit (par. 6 de la Lettre d'agrement du 10 mai 1978). Dans la mGme lettre, il etait stipule que si le montant du credit n'etait pas disponible pour un tel reglement, le Gouvernement, a la demande de la Banque, rembourserait cette avance sur ses fonds propres dans les meilleurs delais. 31 - Voir Rapport d'evaluation retrospective sur "Lower Adiabo" (Credit 516-ET), Rapport du Departement de l'evaluation retrospective des operations N o 3971 en date du 25 juin 1982. TCHAD DEUXIEME P R O J E T D'ELEVAGE - C r e d i t 783-CD RAPPORT D'ACHEVEMENT A v r i l 1984 D e p a r t e r n e n t d e s p r o jets B u r e a u r e g i o n a l X f r i q u e de l t O u e s t D i v i s i o n agriculture D I. Rappel des faits 1. L'elevage est une activite economique essentielle au Tchad ou il constitue la principale source de revenu de la population rurale et assure au pays entre 25 et 30 % de ses recettes d'exportation. La Banque s'inte- resse activement a ce sous-secteur depuis 1972, annee d'entree en vigueur du Premier projet de developpement de l'elevage. Ce projet avait pour but i) d'ameliorer l'hydraulique pastorale afin d'etendre les surfaces de pacage et ii) d'aider le MAE a effectuer un certain nombre d'etudes dans le sous-secteur de l'elevage. Le rapport d'achevement de projet (12 mars 1981) concluait que le projet avait atteint son objectif, c'est-a-dire l'amelioration des puits pastoraux, bien qu'avec un retard considerable et que son impact etait beaucoup plus reduit que prevu. Le Deuxieme projet d'elevage devait couvrir un domaine plus etendu. 2. Le Deuxieme projet d'elevage constituait la douzieme interven- tion de 1'IDA et le septieme projet agricole au Tchad. Le concours de 1'IDA avait ete demande par le Gouvernement tchadien avant la secheresse au Sahel mais, dans la preparation et l'evaluation du projet, il a ete tenu compte des consequences de cette secheresse. 1 1 Formulation du projet 3. Le personnel de la mission regionale de la Banque mondiale en Afrique de l'0uest a identifie le Dewieme projet d'elevage en 1972 avant qu'aucune activite prevue dans le premier projet n'ait eu lieu. Le rapport d'identification proposait essentiellement de renforcer les services veterinaires et de construire davantage de puits. I1 indiquait aussi qu'avant de preparer et d'evaluer le projet, il fallait effectuer des etudes sur l'hydrologie de la region et sur les mesures qui pourraient Gtre prises pour augmenter les recettes fiscales tirees de ce sous-secteur afin de financer les services veterinaires. La secheresse qui a sevi de 1972 a 1974, le fait que les autorites tchadiennes n'etaient pas familia- risees avec les procedures de la Banque et le probleme interieur de la securite ont eu pour effet de retarder l'achevement de ces etudes jusqu'a la fin de 1976; neanmoins ce retard a permis aux agents de la Banque de mieux connaitre le sous-secteur de l'elevage au Tchad et d'avoir ainsi une meilleure vue d'ensemble de la situation au moment de l'evaluation. 4. Le Deuxieme projet d'elevage devait prendre en consideration le fait que les autorites avaient de plus en plus conscience qu'une parti- cipation accrue des eleveurs etait essentielle pour resoudre le probleme du surpiturage e t que leur contribution Einanciere ktait elle aussi indis- pensable pour entretenir les puits pastoraux et assurer le fonctionnement des services veterinaires. I1 devait egalement tenir compte du fait que les autorites n'ignoraient pas que les possibilites d'augmenter La produc- tion animale au Sahel etaient tres limitees et qu'il faudrait deployer une partie des efforts de developpement de l'elevage dans la region sud mieux pourvue en eau et en Eourrage mais ou il fallait commencer par y eradiquer la mouche tse-tse . 5. Une mission d'evaluation s'est rendue au Tchad en fevrier/ mars 1977. Au cours de cette mission, la portee du projet as ete elargie et un important travail preparatoire a ete realise. La Banque a toutefois considere que, sous reserve d'une breve visite de suivi au Tchad pour discuter de l'eventuelle participation de l'USAID, de la CCCE, du PNUD, du FAC et du FED au projet, la mission pourrait passer directement a la redaction du rapport d'evaluation. Au cours de cette mission de suivi, seul le FED s'est declare interesse par le projet. 6. Le Dewieme projet d'elevage visait essentiellement a creer, par l'intermediaire de la Direction de l'elevage du MAE, 75 associations d'eleveurs et a preciser leurs droits de pacage. Une fois reconnues, ces associations beneficieraient d'un ensemble de prestations, parmi lesquelles la fourniture de mineraux et de concentres, de medicaments antiparasi- taires intestinaw, et de vaccins contre les principales epizooties des bovins et les affections respiratoires des caprins et des ovins. La vaccination des petits ruminants contre les affectations respiratoires etait subordonnee a la reussite d'essais effectues in situ. Le rapport d'evaluation precisait qu'a l'exception des vaccins contre les principales epizooties, les eleveurs paieraient tous les produits concernant la sante animale apres une periode de demonstration gratuite de d e w ans L / . Les associations d'eleveurs devaient egalement Gtre le vehicule de vulgari- sation des techniques de gestion des piturages et des methodes d'elevage, d'institutionnalisation de la participation des eleveurs a l'entretien des puits et servir de cadre a l'octroi de credits pour reconstituer le cheptel des eleveurs frappes par la secheresse et a financer les opera- tions d'embouche. Le FED, de son c6te, financerait l'expansion envisagee du d6veloppement de l'elevage dans le sud, cofinancerait aussi une etude sur la mouche tse-tse et eventuellement une campagne d'eradication ainsi que l'etablissement du plan d'utilisation des terres dans la region. Enfin, le projet devait permettre de renforcer la structure de la Direction de l'elevage, du Service d'hydraulique rurale et de l'abattoir de N'Djamena grice a une campagne de formation et a la fourniture de vehicules et de materiel. Les activites du projet devaient s'etendre a tout le pays. 7. Le coGt total du projet pendant la periode de decaissement de quatre ans a ete evalue a 16,l millions de dollars, dont 11,5 millions devaient &tre finances par l'IDA, 3,4 millions par le FED et 1,2 million par les eleveurs. Sur le credit fourni par l'IDA, 4,2 millions de dollars devraient financer le renforcement de la Direction de l'elevage, 2,9 millions de dollars l'achat d'intrants pour les associations d'ele- veurs (medicaments, concentres, points d'eau) et 1 million de dollars la retrocession de fonds aux associations pour la reconstitution du cheptel. Un montant de 130.000 dollars devraient servir a completer l'equipement de l'abattoir de Farcha, 1,3 million de dollars devaient Stre consacrks a l'organisation et a la gestion, avec notamment 16 hornmes-annees d'assis- tance technique et une action de formation de haut niveau. Le solde devait constituer un fonds de roulement ou n'etait pas affecte. 1/ - Au cours de la supervision effectuee en octobre 1978, il a ete decide, etant donne les difficultes financieres croissantes du pays, que les eleveurs paieraient les medicaments des le debut du projet. Au moment de l'evaluation, d e w questions ont et6 soulevees : a) Le financement des depenses de fonctionnement : Le problerne majeur portait sur l'importance de ces dkpenses et sur leur financement apres llach&vement du projet, date a laquelle il 6tait estime que le cash flow annuel de 1'Etat serait negatif d'un millin de dollars. L'application des mesures de recou- vrement des cocts et le rnontant de la contribution budgetaire nationale dependant de la securite dans le pays, il etait impos- sible de prevoir l'ampleur de ce probleme. Les propositions emises dans le rapport d'evaluation (l'augmentation envisagee des recettes fiscales grzce a l'arnelioration des methodes de collecte et celle de la contribution des eleveurs apres l'ache- vernent du projet), ainsi que l'assurance donnee par le Gouver- nernent qu'il prendrait les mesures administratives et legisla- tives necessaires pour assurer le recouvrement des coiits, ont ete acceptees en taux que solutions permettant de resoudre ce probleme. b) La question de la securite : La question de la securite au Tchad a ete souvent evoquee au sein de La Banque rnai,s davantage c o m e un probleme qui entravait les travaw de supervision que comme facteur de nature a ggner, voire a empgcher, l'execution du projet. On estimait en effet que la divisibilite des elbents du projet qui permettait d'interrompre l'execution de certaines activites dans telle ou telle zone sans nuire a l'ensemble du projet, et les dispositions inscrites dans l'Accord de credit qui autorisaient la Banque suspendre son financement si ses agents ne pouvaient superviser efficacernent les activites du projet, offraient a cet egard des garanties suffisantes. 9. Au cours des negociations, les discussions ont porte sur le volume d'assistance technique, les methodes de recouvrernent des coiits pour la construction des puits et les conditions de remboursement des credits pour la reconstitution du cheptel reproducteur. Aucune divergence d'opi- nion majeure n'est apparue et les modifications apportees au projet ont ete rninimes. Le projet a ete approuve par le Conseil dans le cadre des procedures speciales, sans question ni commentaire. 111. Execution du projet 10. L'entree en vigueur du credit n'etait subordonnee qu'a d e u conditions tres precises : le recrutement de l'equipe d'assistance techni- que et l'ouverture d'un compte special. On s'attendait en g e n e r a l a ce que le credit de 1'IDA entre en vigueur dans les trois mois qui suivraient la signature du credit en avril 1978. Xais la situation s'est aggravee sur le plan de la securite et la Banque a conseille au Gouvernement de retarder le recrutement des experts. Apres la premiere mission de super- vision en octobre 1978, il semblait que la situation s16tait amelioroe < t , vers la fin de 1978, le charge des operations et le chef comptable ont ete recrutes par l'intermediaire de 1'Unite de gestion de projets agricoles. Malheureusement, la situation s'est a nouveau aggravee et, en juin 1979, l'organisme d'execution a ete oblige de resilier les contrats de ces d e w experts. 11. Au cours de leur breve periode d'emploi, ces d e w experts s'ktaient principalement occupes a preparer les procedures administratives prealables a l'execution du projet. Les statuts des associations d'ele- veurs, dont un premier texte avait deja ete examine au cours des negocia- tions, ont etk discutes a plusieurs n i v e a w et ont ete plusieurs fois remnies, puis ont ete envoyes a tous les delkgues provinciaw. La super- vision de la Banque a porte essentiellement sur les conditions specifiques et gknerales d'entree en vigueur et sur les questions d'organisation et de ges tion. 12. La situation sur le plan politique et sur celui de la securite est restee instable pendant le reste de 1979 et pendant l'annee 1980 mais, esperant qu'elle finirait par s'ameliorer, la Banque a decide de repousser la date limite a laquelle le Gouvernement devrait satisfaire a w condi- tions d'entree en vigueur. (Cette date avait ete fixee a l'origine au 15 avril 1980 puis repoussee au 15 octobre 1980 afin de permettre d'autres entretiens avec la delegation tchadienne lors de la reunion annuelle de la Banque en septembre 1980.) En octobre 1980, la situation ne s'etant pas amelioree entre-temps, la Banque a decid6 de ne pas repousser encore une fois la date limite d'entree en vigueur, llAccord de credit a pris fin le 15 octobre 1980. 13. Le credit n'etant jamais entre en vigueur, la somme de 67.756,07 dollars avancee par 1'Unite de gestion de projets agricoles pour couvrir le coGt des services des d e w experts de decembre 1978 a juin 1979 n'a pas pu gtre remboursee et reste due. Ce point devra gtre examine avec les autorites tchadiennes et le montant en question devra Gtre recouvre par prelevement sur l'un des autres credits de 1'IDA au Tchad des que les decaissements au titre de ces projets pourront reprendre. IV. Impact 14. Le fait qu'il a ete mis fin a L'Accord de credit avant qu'il ait pris effet a empgche le projet d'avoir un impact. Or, la composante de prestations a w eleveurs devait toucher environ 100.000 familles et son t a w de rentabilite economique depasser LOO Z. Cet objectif, qui pouvait sembler trop ambitiew, s'est revele amplement justifie si l'on en juge par la recente epidemie de peste bovine qui, faute de services de vacci- nation appropries, s'est propagee tres rapidement dans le pays et a fait du Tchad un foyer d'infection pour les pays voisins. S'il etait entre en vigueur, le credit aurait beneficie a environ 650 familles durement eprou- vees par la secheresse et les etudes sur la mouche tse-tse auraient abouti a des programmes d'eradication qui auraient eu un impact important sur La production animale. 15. Les principaw elements du Dewieme projet d'elevage restent valables. En fait, il semble que le Fonds europeen de developpement ait l'intention d'accorder 6 millions de dollars environ pour un programme de developpement de l'elevage reposant pour une large part sur les etudes et l'evaluation du projet, qui justifient a elles seules les investissements engages dans la preparation et l'evaluation. V. Performance de la Banque 16. Mis a part le fait que la Banque a sous-estime les repercussions - au demeurant tres difficiles a prevoir - de l'insecurite de la situation sur le projet, la performance de la Banque a ete satisfaisante. Le projet a ete bien conqu et bien evalue et ses principales orientations restent valables. La Banque a essaye, dans la mesure du possible, de faire face a w problemes crees par une situation politique des plus instables, ce qui explique qu'elle ait decide a d e w reprises de repousser la date d'entree en vigueur jusqu'a ce qu'il devienne evident qu'aucune amelioration n'etait a esperer dans l'irnmediat. 17. Bien que les principales orientations du projet restent valables, il faudrait les actualiser en y apportant les modifications ci-apres, qui touchent surtout aux questions d'organisation : i) adjudiquer le droit foncier aux associations d'eleveurs et proceder a la rationalisatian des droits de pacage, elements essentiels a l'utilisation continue des sols du Sahel, vers la fin du cycle d'evolution des associations plutst qu'a son debut comme le preconise le rapport d'evaluation; ii) assurer une rneilleure participation des eleveurs a l'entretien des puits en leur faisant percevoir ces installations ~comme etant la propriete de leur association et non celle de 1'Etat; et iii) accorder la responsabilite des soins veterinaires primaires (traitement individuel, distribution des medicaments, castra- tion, etc.) a w associations d'eleveurs plut6t qu'a la Direction de l'elevage. VI. Conclusions 18. En resume, le Dewieme projet d'6levage avanqait un certain nombre de propositions interessantes pour le develop~ement pastoral. l'instabilite de la situation n'a pas permis l'entree en vigueur du credit, qui a dG Stre annule. D'autres bailleurs de fonds semblent s'interesser a ce projet. Seules, quelques leg&res modifications seraient a y apporter pour actualiser ses orientations a l'experience generale acquise .
Группа Всемирного банка · Project Performance Assessment Report
Chad - Second Livestock Project : Tchad - Deuxième Projet d'Elevage
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Основные сведения
Организация
Группа Всемирного банка
Тип документа
Project Performance Assessment Report
Страна
Чад
Источник
Всемирный банк