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Tunisia - Agricultural Credit Project : Projet de Crédit Agricole en Tunisie

Тунис Всемирный банк
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.,. .- Cf'--" J -<'" t ; . I ~'-) ) Document de La Banque Mondiale A N'UTILISER QU' A DES FINS OFFICIELLES Rapport No. 2497-F FILE COpy RAPPORT D'EVALUATION RETROSPECTIVE PREMIER PROJET DE CREDIT AGRICOLE EN TUNISIE (PRET 779/CREDIT 263-TUN) 11 mai 1979 Departement de l'evaluation retrospective des opera~ions TRADUCTION :'-iON-OFFIClELLE A TlTRE D'lNFORMATlON Le present ducument fait l'objet d'une diffusion restreinte, et ne peut etre utilise par ses destina[aires que dans l'exercice de leurs fonctions officielles_ Sa teneur ne peut etre autremen[ divulgu~ sans l'autorisation de 1a Banqut' Mondiale. • TAUX DE CONVERSION Unite monetaire = Dinar (Din) 1 dollar EU = 0,425 dinar 1 dinar = 2,35 dollars EU Raoport d'evaluation retrospective PREMIER PROJET DE CREDIT AGRICOLE EN TUNISIE (Pret 779/Credit 263-TUN) PREFACE ~'objet de ce rapport est de presenter une evaluation retrospective du Premier projet de credit agricole realise en Tunisie, projet au titre du­ que 1 Ie Groupe de la 8anque a accorde un pret de 5 millions de dollars (Pr@t 779-TUN) et un credit de 3 millions de dollars (Credit 263-TUN). Les accords correspondants ont ete signes en juillet 1971, et les fonds oc­ troyes ont ete completement decaisses Ie 22 juillet 1978, soit 34 mois apres la date de cloture initialement prevue. La presente evaluation est basee sur un certain nombre d'entretiens avec des agents de la Banque ainsi que sur l'examen de divers documents: le rapport d'evaluation, les rapports de supervision, les dossiers relatifs au projet et le Rapport d'achevement du projet (RAP) prepare par Ie Bureau regional Europe, Moyen-Orient et Afrique du Nord en fevrier 1978. Une mission -du Departement de l' evaluation retrospective des ope­ rations s'est rendue en Tunisie en mai 1978. Elle y a effectue une tournee pour visiter une partie des exploitations concernees ainsi que la nouvelle laiterie. Elle s'est egalement entretenue avec des responsables des Minis­ teres des finances et de l'agriculture, de la Banque Nationale de Tunisie (aNT) et d'autres organisations interessees. Les donnees recueillies par cette mission ont servi a verifier Ie bien fonde des conclusions du Rapport d'achevement. Elles sont egalement reprises dans Ie present rapport. ~'analyse des faits permet de conclure que Ie rapport d'achevement presente un expose exhaustif et fidele des principales realisations et fai­ blesses du projet. Les questions abordees dans le present rapport ont ete selectionnees en fonction de l'interet qu'elles presentent egalement pour d'autres projets. Le probleme du remplacement du materiel par opposition aux investissements nouveaux est egalement traits de fa90n detaillee. Nous exprimons toute notre reconnaissance au Gouvernement tunisien, a la BNT et a leur personnel pour l'aide precieuse qu'ils ont bien voulu nous apporter lors de la preparation de ce rapport. Les pouvoirs publics n'ont Fait aucun commentaire sur le projet de rapport qui leur a ete adresse. - !..1. ­ ~!K !''!to;!'!' 02: ~u AGlU n.! ~ 1:mItsr:: (l''!!r.' 779/CUIH! :6J-I."'.'1'I) 1':i'l'l..ll1ou .............c ~OQt ..ot. ~i.l. ou <te l'ivallUc1oa ••C12&C10CS &ctuclles c.... ~ couJ. <I.. :>~j e~ (.u.llJ.oas <Ie ;) l.S ,0 o.I!la._~ (:) a2, 1!J. ItoIlUA~ <hi p'C'ir./C'C'NU (ll1ll.l.au <Ie $) S,O/J,el s,on,o£! MoaUA~ <la¢&1sa. ) a,2 MomC._C. _u ) !WIlC_C t'eIIbo..rH ) 30 "ovallln 191ii 0,9 bc:c.."u ) 1,1 Oata <I'&Cbiv...oc du ~'C'Oj.C ... r 1« pLaA ..eiriel JO/O'I1~ 30/06118 !~a••uz .tteccuas 1 La iaca ~t"yue lors 4. l"valuac.l.oo (:) 70 \l.ecari au la ~1.l2dr1.r ~ri...... (':) 6~ !aux d. ~eQcaoll!:i E1n&a41ir. (:) 22 JO Pr.a1ir. aellCioll <I:aa. l.. <Io ••1.'C's oq 1. ~CDdr1e'C' 1410'169 ll.aqu<ic. <iu , .......n t _ C 0"/70 :tiPCiaC!O<l.il lS/03111 1.5/03171 Ap,~ob&e1oo ~u CoClaeLl 21/0'111 01/01/11 Oau <i. . Ice.,,:<I. <Ie P'C'ie ec <I. =.,uc U/01/11 12101/11 0,,,. <I' cer._ ... Tipeu 05/10/11 l.S/11111 13/12111, 2"01/12 13/01112, 11101/12 Oaca <Ie clOcur. 2Z/01/72 z'l:'WII.uur li~l1que de TUD1a1a O'C',". ~'az'¢uc1oa laoqu. 1>& c10l>.&.L. <Ie !"1l1:d. (!!n') AAo&e bwl.'ca1::_ ;iu jIo&,.. _l:'WII.uur 1_ jaortar - 11 dlcarl:n:. ~ d:o p"jar. nleL. ~e.. ~roj.t "a C::i41e &I~=ol. :(.......0 d.. pde lJ,t.O-!'al'I MaUDe (a dJ.l1ooa d_ $m) tl Cac. <I. l'&c:o'C'<I <Ie pret 11112/76 1"ri1tC'.~1oo 03-42/70 % 3 6 halyc!OQ 01-tJ6/70 II. .. 16 !oCal ll, S..",t:"ti:sloll 1 09-tJ8111 2 2 JO-tJ9-71 S""a'C"O'1..:\,.o1l II 03-02/12 2 2 ..'" 10-tJ4-71 S..,.rY1.101l ttl 09-tJ8/12 2 2 03-<0-11 SullU'91..140 rt!:) U-10/12 2 2 .. SIZp.rr:l.a:l.oo. V IJ 03-tJ21n 2 2 II. 16-0"'73 S",et:"t1a;l.OQ VIIT 10/1) 2 Z .. 03-01-74 S..,<lTVta1.OIl 7J 'tIl 06/14 2 Z II. 2Z-tJ1-74 S"!'.rr:l.a101l S..,...rr:I..dOll SuMrr:l.doll. Su"err:l..t1oo .uperr:l..1oll vnt 7J tx­ X I·~ ~ Xlll * Xl: 7'T' Q 1111­ 06-'35/75 U-U/7S 0617& nll1 l,J 1 3 Z 1 2 Z ) Z 2,J 2 6 6 29-01-15 07-tJ7-75 U-'J1-i6 28-03-11 S..,...rr:l.s1oa 'J6111 Z 1 oa-07-11 S..,erY1s1oll Toc:.al XIV Ll urn • • :...s-Q2-13 Uo1tl actoicaire (ao~iv1at!oft) (0) !a.... 4. :~I. "",yell : OuraA'C l! .uu:s'. ~. II iv• .lu.aC.1oQ Sl!l1 - , O,~1~0 "''I'm~ 1! azoi=C1"" ~u ;>roj et $m 1 - i) 0, un A l'acni...eac ~ .. ~~oJ.c 1m -, Q,~290 11 ~ ~roj.c • ita ri4u1c. rr Plt.l. Wl &!u.ac".l'lC c.t. 'j,S110r;'~ ;&t.l.X ,:.aWt: d. ~h ..ns •• II •• ~ :\,.oQ CQQC.~C '3a~"'IlC d'~.. c=•• ~roj.~. Li ~ •• 100. co.po'C'~IlC iJ~aaaAC ~'lv.l.. at!oQ ~.. ,rojac r.~1a. iii ······t· ,. I i ! i. ~.l-" '( i 1-,' , ., 1 ~_-=:~:'. . . .~I.:·_·:·c: I.:: ... · T , .•. ··r . . ...•.. ··---1 i­ ---­ I t.. .1-':::':: ­ --~~----~~~~----~~~~~-~,~~~~~.~.~--~~~ •• I -+ •. •• 0 ::f ; ~. f '. :: -: r-:-: :--:' . t=~:: Bli-!-,-:"""-:--,;,,,""":~-'-'--'=::-:-:r-:-::='~"";';:-~:=";';-!:':-":-'-;"';''':-:.''.:..::7-:~'-'''';''';'__--'-==;';';''';''''·;''--..;,-;.;'~-jo l__·-_·-'--- -,:::-~.''';''-~:_-:,':-''-:-::------- § I"!- - - - - - ­ ___ ~-_:::_:_',,__,.='__----__----"'"~ :--==-==-::-:-::-:==-t:~::--';';'::-"::~:-f ~~~~_~~~~i~':~ ~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~==~'­ --._-. p::.::_~~~..J.==~:.;~ ~ ----- i-- ­ .---~- -·--:~"?~=::lc---=.;r=.....:::~~ ..--::-.-: ·-:-=:~-l~ ~ ::.--7--:-:=..:..t - .__ .• - ;r" .-::: t--­ . .. = -~ :;=-':::! ~ _. ":.1 M--­ ,..... - . __.t --.--:~~:­ ~ ...-t '. i. _" ____-. I­ ;:::;-::::­ ~~:: ~ ...-t .------_._----_._.---'--­ . - iv - Rapoort d'evaluation retrospective PREMIER PROJET DE CREDIT AGRICOLE EN TUNISIE (Pret 779/Credit 263-TUN) POINTS IMPORTANTS Le premier projet de credit agricole en Tunisie a ete signe en juillet 1971 pour un montant de 8 millions de dollars. Les fonds ainsi accordes par la Banque renfor~aient le programme de credit a moyen-terme administre par la Banque Nationale de Tunisie (8NT) qui etait chargee de procurer des fonds d'investissement a des exploitants egricoles pour la mecanisation, la production laitiere, la creation de plantations de palmiers­ dattiers et a une societe semi-privee pour la construction d'une laiterie. Lors de l'evaluation du projet, i l etait prevu de financer 830 tracteurs et moissonneuses batteuses, 1.800 tetes de betail pour la production laitiere et 900 ha de plameraies. Le projet a rencontre des difficultes surtout a cause de la concur­ rence d'un autre programme de credit qui offrait des prets a des taux d'interet inferieurs et aux retards entraines par les procedures d'appel a la concurrence internationale (ACI) pour la passation des marches, dont la direction du projet n'avait pas l'habitude. En raison du depassement de cout du projet imputable a l'inflation, 55% seulement des machines agricoles et la moitie du betail seulement, prevus lors de l' evaluation, ont pu etre finances dans le cadre du projet. La superficie des palmeraies est conforme aux previsions et le projet a permis en outre de financer la construction d'une nouvelle laiterie. Grace au prix des dattes plus eleve que prevu et a la bonne rentagilite de la laiterie, le taux de rentabilite a ete recalcule a 30%, soit un taux superieur de 8% a celui de l'evaluation. 11 est interessant de noter les points suivants: le materiel agricole finance par le projet etait principalement du materiel de remplacement et non un nouvel investissement (memorandum, par. 8 a 13); le manque de vulgarisation nla pas permis de tirer le profit maximum du projet (memorandum, par. 14 a 16; RAP, par. 3.31 et 6.02) j le nombre d'heures utilise dans les budgets de ferme n'est pas realiste et pourrait fausser les benefices du projet (memorandum, par. 17 a 19); - la faiblesse de la Banque a l'egard des elements agro-industriels du projet (memorandum, par. 27 a 32; RAP, par. 3.16 a 3.18). Memorandum d'evaluation retrospective PREMIER PROJET DE CREDIT AGRICOLE EN TUNISIE (Pr~t 779/Credit 263-TUN) I. RESUME1I La Pro jet 1. Le projet a ete evalue en 1970, et l'Accord de pr~t signe en 1971. II prenait Ie relais du projet des cooperatives agricoles (Pret 444/ Credit 99-TUN), lequel visait a renforcer et a creer des cooperatives de pro­ duction. Le projet de credit agricole concernait Ie secteur prive : par Ie canal de la Banque Nationale de Tunisie (BNT), il procurait des fonds d'in­ vestissement a des exploitations agricoles pour la mecanisation de la cereali­ culture, la production laitiere et la creation de plantations de palmiers­ dattiers ainsi qu'une assistance technique a la Direction du credit de la BNT. Les fonds octroyes au titre de la creation de palmeraies ant ete retrocedes a la STIL, societe semi-privee. En juillet 1974, la BNT a demande a la 8anque Mondiale de modifier les accords de pret et de credit, ce qui fut fait en vue d'elargir la portee du projet et d'inclure un element agro­ industriel dans les secteurs cerealier et laitier. Le cout total du pro- jet s'est eleve a la contre-valeur de 15 millions de dollars; la 8anque Mondiale prenant en charge les 8 millions de dollars que representait l'element en devises. Le taux de rentabilite economique depasse 30 %, alors qu'il avait ete estime a 22 ~ lors de l'evaluation; cette difference est es­ sentiellement due a l' augmentation du taux de rentabilite des palmeraies et a l'adjonction d'une laiterie. Principaux resultats du pro jet 2. Exoloitatians cerealieres. ~'objectif consistait a accrottre la production cerealiere en octroyant des prets secondaires a quelque 830 agri­ culteurs dont les exploitations etaient suffisamment importantes pour justi­ fier un investissement en machines agricoles. Le dernier retrait de fonds a ete effectue a la fin de 1976; Ie total decaisse se chiffrait a 4.401.571 dollars, soit 73 % du montant prevu lors de l'evaluation du projet. Les demandes de pret ont diminue, notamment a cause de la concurrence d'autres sources de financement et du fait que la 8NT etait tenue de s'assu­ rer de la solvabilite des demandeurs et de la viabilite economique et finan­ ciere des operations en cause. En 1977, les dispositions d'ordre juridique prises par les pouvoirs publics a la suite des negociations relatives au 1/ Extrait du Rapport d'achevement du projet. - z - Deuxieme projet de credit agricole ont permis d'uniformiser les conditions d'octroi des prets secondaires. ~'est a la mecanisation que sont dues en partie ~'augmentation de la production cerealiere, la diversification des systemes de cultures et le recul des superficies laissees en jachere. Les budgets de deux exploitations representatives font ressortir des taux res­ pectifs de rentabilite financiere de 49 % et 35 %. 3. Exoloitations laitieres.- Le nombre des vaches laitieres achetees grace aux 99 prets secondaires octroyes a 83 eleveurs s'eleve a 908, ce qui ne represente que 50 % du total envisage lors de l'evaluation. Des difficultes ont surgi des le depart. Les eleveurs ne tenaient nullement a consacrer 8 ha de terre irriguee aux cultures fourrageres afin de pouvoir pretendre a l'octroi d'un pret leur permettant d'acheter 12 genisses pleines. En 1973, la 8anque a donne son accord pour que le fourrage ensile soit accepte comme condition de pret, pourvu que l'eleveur dispose d'en­ viron 45 ha pour la production de fourrage. Les demandes de pret n'en con­ tinuerent pas moins a diminuer pour un certain nombre d'autres raisons. Les credits octroyes au titre de la production laitiere furent toutefois decais­ ses en totalite car il fut ulterieurement decide de construire une laiterie qui devait commencer a fonctionner en 1978, et avoir un taux de rentabilite financiere de l'ordre de 23 %. 4. Creation de palmeraies. Cet element du projet a eu des repercus­ sions notables sur le developpement agricole. Les etendues desertiques du Nefzaoua et du Djerid, qui occupent une superficie respective de 300 et 600 ha, ont ete plantees de palmiers-dattiers irrigues au moyen de puits artesiens. 11 a fallu deux ans de plus que prevu pour atteindre l'objec­ tif fixe en matiere de plantations, delai qui s'est traduit par une augmen­ tation des couts d'investissement et un retard dans la production. Cet element servira de modele pour le Second projet de credit agricole. La SrIL poursuit son action dans les plantations. Le taux de rentabilite" finan­ ciere, estime a 14 % lors de l'evaluation, atteint en fait 22 %, ce resul­ tat est attribuable a l'augmentation du prix a l'exportation des dattes de . qualite superieure. 5. Services auxiliaires. Les services de vulgarisation, que devait fournir Ie Ministare de l'agriculture, ont laisse a desirer. Les fonds des­ tines aux vehicules de ces services et au personnel de la BNT sont restes inutilises. Soixante douze mille dollars seulement ont ete decaisses pour remunerer des services d'expatries a la aNT. 6. Objectifs d'ordre institutionnel. II etait necessai:e que la 8NT developpe ses activitss de pret dans 1e secteur agricole. En 1972, elle a cree un service technique en vue de proceder a l'evaluation systematique des demandes de pret. Ce service devait evaluer tous les sous-projets, sou­ mettre des recommandations et assurer une supervision r~guli~re. Depuis 1976, 11 est evident qu'il faut a la rois renforcer ce service et l'etendre aux agences de la BNT. Celle-ci procede a cet effet au recrutement de nou­ veaux agents. La BNT est geree de fa~on satisfaisante, mais sa decentrali­ sation devrait se poursuivre durant 1'execution du Second projet de credit agricole. Elle a respecte les clauses financieres figurant a l'Annexe 6 de l' accord de pret. Elle a maintenu 1e total de son capital et de ses - 3 ­ rdserves ~ un niveau non inf~rieur ~ 10 % de ses ddpots ~ vue et ~ terme. Deux problemes ant finalement ~td rdgl~s : a) celui des taux d'interet que la BNT n'appliquait pas strictement. En 1977, Ie gouvernement a pris ~ cet ~gard des dispositions d'ordre juridique pour assurer l'uniformisation des conditions de pret; et b) celui de la verification des comptes, qui s'est rdvdlde peu satisfaisante entre 1972 et 1975. L'une des conditions posees ~ l'entrde en vigueur du Second pr0jet de crddit agricole a conduit a une amdlioration des modalites de crddit. Role de la 8angue 7. La supervision du projet a dtd satisfaisante. ~'expdrience montre toutefois qu'on aurait pu veiller de plus pres ~ certains ddtails tels que l'application des taux d'intdret, Ie controle des pr€ts secondaires, et l'examen des rapports trimestriels de la BNT. Ce sont la des points dont il conviendrait de se souvenir durant l'execution du Deuxieme projet de credit agricole. ~'uniformisation des conditions de pret, qui sont ddsormais de­ terminees en fonction de la nature de l'investissement et des may ens de l'exploitant est un avantage important du projet. II. POINTS PRINCIPAUX A. Remplacement par opposition a Investissement 8. Quand Ie projet a dtd prdpard et soumis au Conseil pour approba­ tion, l'dldment aide a la mecanisation des exploitations cdrdalieres a dtd prdsentd en ces termes : "On estime qu' env iron .850 producteurs de cerdales du nord de la Tunisie consacreront des fonds a l'acquisition d'un assortiment de machines, dont environ 135 tracteurs a chenilles et 465 tracteurs a roues, et environ 240 moissonneuses-batteuses". (Rapport d'evaluation, par. 3.04). On Hait donc portd a croire qu' il s' agissait la de nouveaux investissement's qui permettraient d'obtenir une production supplementaire de 85.000 tonnes de bId lorsque Ie projet aurait atteint son plein rendement. (Rapport d'eva1uation, par. 5.01). 9. Definissant les objectifs du projet, Ie rapport du Prdsident sou­ lignait que les fonds du Pret et du Crddit "contribueraient ~ financer Ie ddveloppement de la production cerdaliere et laitiere .. " II eut dte en fait plus juste de prdciser que Ie projet comportait egalement des credits subs­ tantiels pour remplacer des tracteurs et du materiel agricole. Apres avoir soutenu les exploitations collectives pendant plusieurs annees, Ie Gauverne­ ment tunisien a procede ~ une reorientation de sa politique, ce qui a permis d'accroitre l'assistance financiere aux grandes et moyennes exploitations qui avaient ~te exclues des programmes publics dans les annees precedentes. Ces exploitations avaient reussi ~ prolonger la duree de vie utile de leur equipement, mais celui-ci avait atteint au presque Ie point au i1 devenait irrdparable. On pouvait certes estimer que Ie remplacement d'un materiel vetuste n'amenerait aucune augmentation de la production, mais il etait egalement important d'indiquer qu'on pourrait ainsi enrayer Ie recul de la - 4 ­ production.lI C'sst un fait dont on ne trouve mention nulle part, qu'il s'agisse du rap~ort d'~valuation, du rapport du Pr.sident~ des rapports de supervision ou meme du rapport d'achevement du projet. 10. Au cours d'une tournee, la mission d'evaluation retrospective a visite plwsieurs exploitations cerealieres qui avaient obtenu des pr~ts pour acheter des machines agricoles. Dans to utes ces exploitations, elle a remarque des tracteurs vetustesqui manifestement etaient utilises avant Ie projet. Poursuivant son enquete, la mission a constate que, sur un total de 344 tracteurs finances au titre du projet, 88 seulement represen­ taient de "nouveaux investissements" qui avaient permis de mecaniser les exploitations participantes. D'apres la 8NT, le nombre des moissonneuses­ batteuses financees au titre du projet que l'on peut qualifier de nouveaux investissements est encore plus modeste. Sans pouvoir avancer de chiffres precis, la BNT estime que la plupart de ces engins n'ont fait que remplacer un materiel vetuste deja utilise dans les exploitations concernees. 11. Comme il est base sur une evaluation des rendements attendus a l'hectare et des superficies cultivees grace aux tracteurs et moisson­ neuses-batteuses finances au titre du projet, le rapport d'evaluation don­ nait a penser, ainsi que nous l'avons deja souligne, que taus les investis­ sements se traduiraient par un accroissement de production. Nulle mention n'est faite des remplacements de materiel qui, dans le cas de ce projet) eviteraient une perte de production sans toutefois augmenter les rendements et/ou la production des exploitations concernees. Tout en soulignant le degre relativement eleve de mecanisation de l'agriculture en Tunisie avant le projet (Rapport d'.valuation, Annexe 4, par. 13), les responsables de l'evaluation n'ont etabli aucune distinction entre les investissements "nouveaux" et le remplacement du materiel vetuste. ~'est un point qui est reste ignore au pass. sous silence dans tous les rapports de supervision. Le rapport d'achevement lui-meme donne l'impression qu'il s'agit de nou­ veaux investissements, etant donne que les chiffres cites en matiere dtaug­ mentation de la production sont bases sur les superficies cultivees gr~ce a la totalite des tracteurs finances au titre du projet. 12. La fcurniture de materiel agricole de remplacement dans le cadre du projet se justifiait sur Ie plan economique. Mais, etant donne que 50 ~ de l'ensemble des fonds octroyes ant servi a cette fin, il eut ete plus cor­ rect de pr.senter l'action entreprise comme un programme de remise en etat et de developpement. II ressart des entretiens tenus avec les responsables de la Sanque que, faute d'une politique precise de la Sanque en la matiere, ces derniers ont pr.fere eluder le probleme du Financement de materiel de remplacement. Dans son memorandum de politique operationnelle (2.61 en date du 31 mars 1971), le Manuel des operations de la 8anque expose les 11 Le Bureau Central des Projets est en desaccord avec Itutilisation du terme It augmentation de production tl • tlSi Ie resultat du projet etait d'empecher un declin probable de la production, cela signifie qu'une production additionnelle peut en etre attendue". Son point de vue est, en erfet, que la production additionnelle est la difference entre les productions sans et avec Ie proj t et non pas la difference entre la production avant et apres le pro et (voir egalement par. 13). - 5 ­ principes directeurs qui regissent l'octroi de prets en faveur de l'agri­ culture. Le paragraphe 1 de ce mdmorandum souligne que "la 8anque est dis­ posde a financer des projets agricoles ... qui contribuent de fa~on signifi­ cative au develoopement economique ... " A propos des "conditions prealables au financement", il indique en outre que seuls les facteurs de production ­ et les machines agricoles sont un facteur de production - servant a la mise en valeur de nouvelles terres peuvent 'etre consideres comme "depenses d'in­ vestissement" susceptihles de beneficier de l'aide de la Banque, par opposi­ tion aux "depenses de fonctionnement" qui en sont exclues. La 8anque a pour­ tant finance des projets de modernisation agricole (Chili, Pret 1119) qui prevoyaient explicitement la fourniture de matdriel de remplacement. 13. L'augmentation de la production cerealiere imputable au projet est de 34.500 tonnes alors qu'elle avait ete chiffree a 85.000 tonnes lars de l'evaluation. Cette diffdrence 17t due a la reduction du nombre des trac­ teurs et moissonneuses-batteuse~ finances au titre du projet et a une evaluation plus prudente des augmentations de rendement attribuables a la mecanisation des opdrations de preparation du terrain (Rapport d'achevement, par. 5.05). Etant donne que 75 % des tracteurs finances au titre du projet constituaient en fait du materiel de remplacement, l'accroissement de la production a inscrire a l'actif du projet s'eleve tout au plus a 8.600 tonnes. La difference entre ce chiffre et les 34.500 tonnes citees ci-dessus, so it 25.900 tonnes, represente la perte de production d~i ~ur~it sans doute ete enregistree si Ie projet n'avait pas ete realisd.ll 11 ~I On peut affirmer 11 5i Ie nombre des demandes de prets secondaires a ete mains important que prevu, c'est essentiellement parce que les exploitations concernees ont pu obtenir des tracteurs dans Ie cadre dlune aide bilaterale ou g'adresser a dlautres sources de credit qui offraient des conditions plus avantageuses (Rapport d'achevement, par. 3.01, 3.07 et 3.09). 11 Comme cela ne modifie en rien Ie volume, les conts ou les rendements de la production cerealiere decoulant de la realisation du projet, Ie taux de rentabilite cite dans Ie rapport d'achevement demeure inchange. 1/ Le Bureau regional nlest pas d'accord avec cette hypothese puisque la production additionnelle due au projet (34.500 tonnes) a ete calculee a posteriori et tient compte du remplacement des tracteurs. Les conclusions du RAP sont basees sur l l etude dlun echantillon d'exploitations qui pos­ sedaient des tracteurs auparavant et dont les rendements moyens etaient de 38% superieurs a la moyenne nationale au moment de llevaluation. L'evaluation retrospective estime que cat accroissement de production n'est pas lie aux investissements finances par la Banque. ~'augmentation de rendements est due a l'introduction d'amdliorations qui ne sont pas couvertes par projet at non au remplacement de vieux tracteurs par des nouveaux. ~I Le Bureau central des projets fait remarquer au sujet des avantages estimes du projet que: "la situation sans Ie projet ne peut pas etre definie comme une situation sans renouvellement de materiel qui se produirait dans une certaine ~esure meme sans Ie projet. C'est pourquoi la conclusion que "25.900 tonnes est la quantite de grains qui aurait ete perdue sans Ie projet" est probablement surestimee". - 6 ­ qu'en assurant le remplacement de tracteurs au de moissonneuses-batteuses, le projet a permis d'eviter la chute de production qu'aurait vraisemblablement entrainse la mise hors service des anciennes machines. En tout etat de cause, ce fait aurait dO etre souligne dans les rapports de la 8anque. B. Faiblesses de conception du orojet 1. Insuffisance des services de vulcarisation 14. En ce qui concerne le developpement des exploitations csrealieres, le projet tablait sur une modification radicale des methodes d'exploitatian. Le systeme de culture devait ~tre change. Les superficies consacrees a la culture du ble tendre, des pais chiches, et du fourrage devaient augmenter de 40 a 50 % environ, et les terres en jachere reculer g'autant. On misait egalement sur de nouvelles varietes de ble mexicain, et une utilisation ac­ crue des engrais et des herbicides. 15. Lars de l'evaluation, il avait ete reconnu a juste titre que la creation d'un elevage de grandes laitieres, le developpement de cultures fourrageres irriguees et l'ensilage exigeraient un 1~portant effort de vul­ garisation; a cet egard, on suggerait de prevoir un vulgarisateur pour 10 exploitations laitieres. Nul ne s'est par contre preoccupe de fournir des services de vulgarisation adequats aux exploitations cerealieres. Le rapport d'evaluation ne fait nulle mention des services existants ni de la necessite d'ameliorer ou d'etendre les actions de vulgarisation en vue de promouvoir l'utilisation des facteursde production mentionnes. Cet aspect de la question semble egalement n'avoir que peu ou pas du tout retenu l'at­ tention des responsables de la supervision. Seul Ie rapport d'achevement du projet souleve Ie probleme en indiquant a propos de l'insucces des varietes ameliorees de bla mexicain, que: tiLe manque d'agents de vulgaris<;l.tion a aussi joul! un role a cet egard" (Rapport d'achevement, par. 5.02). 16. Le Departement de l'evaluation retrospective des operations a recemment eu l'occasion d'etudier un certain nombre de Projets de credit agricole!! dans lesquels on ne s'etait guere preoecupe - voire pas du tout ­ de fournir ou d'ameliorer les services de vulgarisation necessaires pour aider les agriculteurs a adopter d'importantes innovations ou a changer radicalement les systemes de culture traditionnels. Et pourtant, dans ce cas precis, les avantages decoulant de l'utilisation de meilleures semenees, d'engrais et d'herbicides ont ete portes a l'actif du projet alors que la 8anque ne finan­ cait oi prets a court terme pour ces facteurs de production saisonniers, ni services de vulgarisation peur en prcmouvoir l'emplci, at que leur coOt n'entrait pas dans Ie calcul du taux de rentabilite. 11 Premier projet de credit agricole en Jamaique (Pret 719- JM), rapport No 1989; Premier Projet de credit agricole au Kenya (Credit 105-KE), rapport ~o 834; Deuxieme projet de credit agricole au Kenya (Credit 344-KE); et Deuxieme projet de credit agricole au Maroc CPret oal-MOR) dent les rapports d'evaluation retrospective sent en preparation. - 7 ­ Z. Heures d'utilisation des tracteurs 17. On peut se demander sur quelle hypothese la mission d'evaluation s'est basee pour estimer le nombre d'heures d'utilisation des tracteurs pour une exploitation moyenne du projet. Dans les exploitations bien gerees aux Etats-Unis ou en Europe, un tracteur ne fonctionne pas plus de 800 heures par an en moyenne. Lors de l'evaluation, on a estime que chaque engin tra­ vaillerait 1.500 heures, soit presq~e ZOO jours par an (a raison de 8 heures par jour). Etant donne que, dans les exploitations concernees la culture predominante est celle du ble tendre, les tracteurs y sont pratiquement inu­ tiles pendant les six mois que dure la periode de vegetatian.ll 18. En fixant a un niveau manifestement trop eleve le nombre d'heures d'utilisation des tracteurs, on risque d'aboutir a une distorsion des taux de rentabilite economique et financiere des projets qui comportent un ele­ ment de mecanisation agricole. Dans le cas present, la marche a suivre pour une exploitation cerealiere de ZOO ha eut ete de prevoir l'utilisation d'un deuxieme tracteur ou le recours a des services de labour a fa~on pour que la preparation du terrain puisse ~tre effectuee dans le laps de temps qu'impose le climat tunisien. Au cours de sa tournee, la mission d'evaluation retrospective a constate que la majorite des exploitations d'une taille correspondant au modele type de l'evaluation utilisaient deux tracteurs. 19. Le nombre d'heures d'utilisation des tracteurs est en fonction d'un schema saisonnier. Le labour et le hersage sont des activites qui ne sauraient etre effectues tout au long de l'annee. En Tunisie, Ie sol doit etre tra­ vaille quand il est friable, et le labour effectue en temps voulu pour mainte­ nir un taux d'humidite optimum. Ces facteurs limitent considerablement la periode d'utilisation des tracteurs. On a releve dans d'autres projets ega­ lement des surestimations du m~me ordre. II importe donc que cette ques­ tion soit etudiee de plus pres a l'avenir afin d'eviter une distorsion des taux de rentabilite economique et financiere des pro jets concern~s~1 3. Insuffisance du developpement des exploitations laitieres ZOo La realisation de l'element exploitations laitieres a souffert du manque d'interet des eleveurs tunisiens. Les achats de vaches laitieres finances au titre du projet ne representent que 50 % du nombre prevu, et les retraits de fonds afferents au developpement de l'irrigation sont infe­ rieurs de 97 % aux estimations avancees lors de l'evaluation (Rapport d'achevement, par 3.13). Sur les 980.000 dollars alloues au developpement de l'elevage laitier un montant de 430.000 dollars seulement (44 %) a ete utilise. 11 Sur la base de 2 labours et 4 hersages par an, et compte tenu de la puis­ sance des tracteurs indiquee dans l'annexe 4 du rapport d'evaluation, une exploitation cerealiere de 200 ha ne requiert que 750 heures de tra­ vail du sol, mais cette operation doit atre effectuee dans un laps de temps inferieur a deux mois. 11 Projet de modernisation agricole au Kenya (Pret 1093-KE) et Projet­ cotonnier en Tanzanie (Credit 454-TA); les fonds afferents a ces deux projets ne sont pas encore entierement decaisses. - 8 ­ 21. Les facteurs susceptibles d'entraver le developpement des exploi­ tations laitieres auraient pu ~tre identifies lors de l'evaluaticn. Ces facteurs qui sont etudies ci-apres, sont les suivants : la mentalite des agriculteurs a l'egard du betail, les autres possibilites de production agricole et la politique du gouvernement en matiere d'exploitation laitiere. 2Z. Pour l'agriculteur tunisien, le betail sert tout d'abord a fournir l'engrais necessaire a ses cultures intensives de fruits et legumes.ll ~'il fournit egalement du lait at de la viande, tant mieux, mais cela ne revet qu'une importance secondaire. Pour les fruits et legumes, les debouches ont toujours ete assures, qu'il s'agisse d'approvisionner la population urbaine ou les marches exterieurs. Par contre, la commercialisation du lait n'etait pas organisee et, une fois approvisionnes les voisins, les excedents etaient difficiles a ecouler de fa~on rentable. 23. Les responsables de l'evaluation avaient juge que les exploitations concernees devaient produire une certaine quantite de fourrage, ce qui se jus­ tifiait du point de vue technique. 115 estimaient qu'il fallait un minimum de 8 ha irrigues pour approvisionner en fourrage un troupeau de 20 grandes laitieres. C'etait en fait aller a l'encontre de l'interet des eleveurs qui, nous le·verrons, tiraient davantage de profit a utiliser les terres irriguees a d'autres fins. A la demande de l'emprunteur, l'obligation de reserver 8 ha de terres irriguees aux cultures fourrageres fut ensuite sup­ primee, les eleveurs etant toutefqis tenus de consacrer une superficie non irriguee plus importante (45 hall l a la production de fourrage ensile. 24. En demandant que les eleveurs affectent des terres irriguees a des cultures fourrag~res, la mission d'evaluation a grandement sous-estime les autres possibilites offertes par l'irrigation. Dans la quasi-totalite au pays, les precipitations sont insuffisantes pour Is plupart des cultures. II faut donc recourir a l'irrigation. Comme la Tunisie ne poss~de qu'un seul cours d'eau perenne, il faut dans une large mesure puiser dans les nappes souterraines pour llirrigation. Or, ces nappes sont non seulement rares, mais egalement salines dans bien des cas. ~'est pourquoi les agriculteurs re­ servent les maigres ressources en eau pour les cultures les plus remunera­ trices, c'est-a-dire les fruits et les legumes. D'apres les estimations faites lors de l'evaluation, la production de tomates (en culture intercalaire avec les palmiers dattiers) donne un revenu net de 1.300 dinars/ha~l 11 est evident qui avec un revenu net de 300 dinars/ha les cultures fourrageres 11 Source: 8NT at eleveurs avec lesquels la mission d'evalwation ret:os­ pective s'ast entretenue. 11 Sur les terrains nen irrigues, les rendements sant plus faibles et la culture est saisonniere. La conservation du fourrage grace a l'ensilage permet d'assurer la soudwre en approvisionnement durant la saison seehe. Mais la production des terres non irriguees est moindre, ee qui implique des superficies cultivees plus importantes. 11 Les periodes de vegetation sent differentes dans Ie nord et Ie sud au pays, la rentabilite de la production des le~umes est vraisemblablement legerement plus basse dans 1e Nord. - 9 ­ des exploitations laitieres n'etaient pas competitives. ~'evolution de la si­ tuation durant l'execution du projet a montre que la mission d'evaluation avait mesestime l'aptitude des agriculteurs a evaluer leurs profits eventuels et a adopter leurs systemes d'exploitation aux debouches existants. 25. II aurait egalement fallu etudier de fa~on plus approfondie la politique du gouvernement en matiere de production laitiere. Le lait pro­ duit sur place a toujours subi la'concurrence du lait reconstitue fabrique a partir de lait en poudre importee Malgre les demandes repetees de la 8anque, l'ajustement des prix payes aux exploitants locaux n'a pas eta suf­ fisant pour stimuler la production. Du fait de la stagnation des marches mondiaux de produits laitiers, Ie lait en poudre peut etre importe a des prix extr@mement bas, ce qui permet d'approvisionner une grande partie de la population a faibles revenus. De plus, les recettes a l'exportation pro­ venant des cultures irriguees de fruits et de legumes (non de fourrage) excedent les depenses d'importation que representent les achats de leit. 26. On estime en consequence que', lors de l'evaluation des projets de ce genre, il importe d'etudier plus att~ntivement les diverses possibi­ lites offertes en matiere de production agricole, ainsi que la politique adoptee par les autorites dans certains domaines. C. Llelement agro-industriel du Drojet 27. Au debut de llannee 1974, il devint evident que Ie nombre des de­ mandes de pret des exploitations laitieres resterait inferieur aux previ­ sions de l'evaluation; Ie nombre des emprunts effectues pour les exploitations cerealieres declinait egalement du fait que d'autres sources de credit of­ fraient des conditions plus avantageuses (Rapport d'achevement, par. 3.07). La Banque commenca done a etudier d'autres possibilites de financement afin d'utiliser les fonds du pret et du credit. Entre avril et juin 1974, la BNT proposa de les affecter a la creation d'une exploitation avicole, dlune laiterie et d'une minoterie. 28. La premiere suggestion fut ecartee, 1a Sanque estimant en effet que Ie projet avicole entrait plut~t dans Ie cadre des operations de pret de la SfI. On jugea par contre que la laiterie et la minot erie remplissaient les conditions requises pour justifier une assistance au titre du projet. Mai! la aNT renon~a ulterieurement au projet de minoterie. 29. A peu pres a la meme epoque, une mission de supervlslon de Ie Banque (22 juillet 1974) soulignait que les donnees disponibles etaient insuf­ fisantes pour evaluer Ie bien-fonde de la construction de la laiterie. La Banque fit toutefois savoir a la 8NT qu'elle etait disposee a financer la laiterie et la minoterie "dans la mesure au les investissements envisages etaient raisonnables et financierement rentables fl Clettre du 6 aout 1974). - 10 ­ 30. La Banque re~ut l'etude de factibilite de la laiterie en aoOt 1974. Rien ne permet de juger si cette etude etai~ suffisamment detaillee pour per­ mettre d'evaluer les aspects techniques, economiques et financiers des inves­ tissements envisages; et il n'existe aucune trace d'evaluation de cette laite­ rie, ce qui a ete confirme au cours des entretiens tenus avec les agents con­ cernes de la Banque. 31. A l'epoque ou la laiterie a ete identifiee comme sous-projet suscep­ tible de beneficier du financement de la Banque, son coOt etait evalue a 1 million de dollars environ (Mission de supervision de 1974). En mars 1975, dans une lettre adressee a la Banque, la 8NT chiffrait Ie coat total de cet element a 1,5 million de dinars (3,8 millions de dollars). Dans les mais sui­ vants Ie devis du projet ne cessa d'augmenter. La mission de supervision de 1975 evaluait l'investissement a 3 millions de dinars (7,5 millions de dollars); celIe de 1976, a 4 millions de dinars (9,3 millions de dollars). Le rapport d'achevement du projet cite Ie chiffre de 5,2 millions de dinars (12,1 millions de dollars). Enfin, la Direction de la laiterie a informe la mission d'evalua­ tion retrospective que Ie cout definitif atteindrait 6 millions de dinars (15 millions de dollars). 32. Selon Ie Rapport d'achevement (par. 3.18), Ie gonflement des couts est du a l'augmentation de la capacite de l'usine et a la modification du systeme d'adduction d'eau. Ce depassement spectaculaire des devis prouve que les elements des projets de la Banque se rapportant a des activitesagro­ industrielles ne sont pas suffisamment etudies, ce qui confirme certa~nes constatations recentes du Departement de l'evaluation retrospective.l1 II est evident que cet element du projet a ete insuffisamment prepare et evalue. L'Emprunteur aurait gagne a demander l'aide de la Banque pour l'etude des aspects techniques, economiques et financiers des investissements envisages avant, que les travaux ne soient entrepris. II Benin, projet agricole Hinvi (Rapport No 2053, mai 1978); Benin, projet Zou-Borgou Caton (Rapport No 2034, avril 1978); et Indonesie, projet de regeneration des plantations Nord Sumatra (Credit 194-IND) - Rapport d'evaluation retrospective en preparation. - 11 ­ RAPPORT D' AC1TEVE:fEN'r TUN ISIE PROJET DE CREDIT AGR!COLE ! (P~et 779/Credit 263-Tw~) I. INTRODUCTION 1.01 Le p~esent rappo~t est fonda sur 1es conclusions des missions de supervision realise as ent~e 1972 at 1977, sur 1es rapports t~imast~iels, sur 1e projet de rapport d'achevement de la BNT qui date de novembre/ decembre 1977, enfin su~ les conclusions d'une mission d'achevament dont out fait partie MH. B. Merghoub et J. Duester, du Departement des projets du Bureau ~egional Europe, ~foyen-Orient at Afrique du Nord. II. SITUATION G~~R)~E 2.01 La P~ojet de c~edit agrico1e I devait servir de prolongement au P~ojet sur 1es exploitations cooperatives (Pret 484/Credit 99-TU~) qui visait a ren£orce~ les coope~atives de production existantes et a en creer - de nouvelles. En septembre 1969, et pou~ une large pa~t a La suite de l'op­ position des agriculteu~s prives cont~e 1es cooperatives de production, le gouvernement a decide de rendre ses ~~ciens droits au secteur p~ive de l'agri­ culture et de 1aisser entierement libre l'affi1iation aux co~peratives. ta Banque a accepte d'aborde~ la preparation d'un projet oriente vers le secteur p~ive. La BNT a commence la preparation detai11ee en fav~ie~/Q3rs 1970 avec l' aide de la FAO!PC. L I evaluation s I est faite du 17 juin au 10 juillet 1970 mais 1es negociations ne se sonl: deroulees que du 20 au 25 mars 1971, a 'Jashington, paree que diverses difficu1te~ telles que le remboursement des prets de 1a ENT aux cooperatives,avaient du etrereglaes prealablement avec Ie gouvernement. La pret a finalement eta signe 1e 12 jui11et 1971. Il est entre en vigueur le 25 janvier 1972 apres trois remises de date. Ces renvois ont eta dus surtout aux 1enteurs de la ratification des documents de pret par Ie Parlement tunisien et de la preparation d'avis sur des questions de droit. 1 2.02 Les elements du projee que 1a ENT a proposes a 1a Eanque a 1a suite de 1a visite d'une ::::tission de preparation realisee en fev~ier 1970 sont resumes dans 1e tableau de l'Annexe 1. Ce tableau montre quIa part 1a creation d,un verger, 1a mission d'evaluation a retenu tous les elements proposes pa~ 1a B~~. - 12 ­ 2.03 Le cout total du p~ojet propose p~~ la BN! avait ete estime a 9,4 millions de dinars (18,1 millions de dollars),dont un element assis­ tance technique de 150.000 dinars (286.000 dollars). La BNT prevoyait que la participation de la Banque/IDA a ce financement se~ait d'environ 10 millions de dollars. A cause de changements apportes par ls mission d'evaluation. le coGt du projet est revenu a 7,8 millions de dinars (1.5 millions de dollars) et se repar'tit comme suit: : Cout Monnaie Monnaie % en nationale Devises Total nationale Devises Total devises (milliers de dinars) (milliers de dollars) Programme de oret . Exploitations cerealHres 1.680 3.150 4.830 3.200 6.000 9.200 65 Exploi­ tations 1aitieres .580 510 1.090 1.110 980 2.090 47 Creation de pa1meraies 1. 280 430 1. 710 2.450 810 3.260 2.5 Total 3.540 4.090 7.630 6.760 7.790 14 • .550 54 Services au:dliaires 120 110 230 240 210 450 47 TOTAL 3.660 4.200 7.860 7.000 8.000 15.000 53 La Banque a fina1ement fourni comme contribution au cout en devises du projet 4,2 millions de dinars (8 millions de dollars). Le cout final du projet 'est 1:c.dique a l' Annexa 2. " Etendue du p~ojet 2.04 Les benefieiaires du projee devaient etre. pour l'element exploi­ tations eerea1ieres, de moyens ou grands exploitants disposant: de 100 a 200 ha et, pour l'element production laitiere, des eleveurs disposant d'environ 90 ha. Pour l'element developpement des palmeraies, c'est la STIL, societe semi-privee riche d!~ne longue experience en matiere de production at d'e:~or­ tation de dattes, qui est 1e sous-emp~~ntaur. L'application du proje~ aux moyens at grands exploi:ants sa justifiait a l'epoque par l'objactif ~8neral qui e~ait de realiser una augmentation rapide , de la production de cereales, .. ~ - 13 ­ de viande et de produits laitiers. De plus, les credits aux peti~s ex~loi­ tants etaient jugas trop risques et il fallait que la ENT developpe encore ses services de pret dans 1e secteur agricole en general. C'etait li l'un des objectifs institutionnels du projet. On avait esti~e que la creation a 1a BNT d'un service technique aiderait a atteindre cet objectif merne sit en premiere etape, 11 ne s'agissait que de traiter un nombre reduit de demandes d'exploitants. 2.05 Des negociations ont eu lieu en mars 1971 et les Accords de pret et de credit ont ete signes en juillet 1971. La BNT etait l'ernprunteur pour un pret de 5 millions de dollars au taux d'interet de 7,25 r. at le gouverne­ ment etait l'emprunteur pour un credit de 3 millions de dollars au taux d!interet de 0,75 %. Le gouvernement a transmis les montants du credit a 1a ENT moyennant un taux d'interet de 1 7. pendant 15 ana. La ENT a ainsi dispose d'un ecart d'interet suffisant pour faire face aux depenses d'un personnel additionne1 et de verification des comptes et pour constituer des provisions suffisantes pour creances douteuses. Ce fut la premiere fois que 1a BNT prenait le risque de preter au sec:eur agricole. Le cout des montants remis a la ENT pour le pret et pour le credit s'est etabli en moyenne a 4,9 %. On comptait que la ENT reserverait au projet 1,3 million de dinars de fonds propres (2,5 millions de dollars), Toutefois, tous les fonds de la Banque ayant le caractere de fonds de roulement, la BNT n'a eu a fournir, au plus, sur ses ressources propres que 913.000 dinars (1.7 million de dollars) a la fin de la troisieme annee du projet. 2.06 Dans 1~s debuts de la periode d'execution du projett i l est devenu evident que les decaissements de la Categorie I(B) pour les exploitations laitieres seraient difficiles a maintenir au rythme envisage lors de l'evalua­ tion. les difficultes rencontrees pour la categorie ele~age et les mesures prises par la Banque pour aaeliorer les dikaissements son: examinees en detail au Chapitre III. En juillet 1974, 30 mois environ spras l'entree en applica­ tion, la BNT a demande a la Banque de modifier officiellement les Accords, de pret et de credit. La modification visait a elargir l'aire geogra~hique du projet et a inclure un element agro-industriel ~our la production des cereales at des produits laitiers. Elle devait amener a financer une minoterie et une 1aiterie. La minoterie o'a pas pu acre financee parce que ses promoteurs nlont pas pu reunir les fonds propres necessaires a sa mise en activite, mais la 1aiterie a ete fioancee par la suite (par. 3.12 a 3.22). La modifica­ tion de 1a description du projet a exige l'amendement de l'Annaxe 2 des Accords de pret et de credit sur la repar'tition des fonds (Annexe 3) at la revision de l'Annexe 5 sur 1e mode de passation des ~~rches prevoyant que la procedure d'a~pel a la concurrence serai: utilisee pour Ie fou~iture de mayens de traitecent dont le cout excederait la contre-~aleur de 150.000 dollars et pour tous les marches de forage et de construction de puits ?rofonds con­ cernant les creations.de palrneraies. - 14 ­ III. EXECUTION DU PROJET A.Exploitations cerealiCres 3.01 L'element exploitations cerealieres avait pour principal objecti! d' augmenter la production de cer.eales par des prets secondaires consentis a pres de 830 exploitants dont l'es superficies etaient; suffisantes pour justifier un investissement en machines agricoles. La mecanisation des exploitations agricoles devait contr1buer a mieux preparer Ie sol, a utiliser davantage les facteurs de produc:ion, a ameliorer les fa~ons culturales. En merna temps, on esperait que les exploitants remplaceraient progressivement le ble tendre local par des variates ameliorees locales ou mexicaines. A cette categorie, on avait initialement attribue 6 millions de dollars en pre­ voyant de financer en trois ans 460 tracteurs a roues, 130 tracteurs a che­ nilles, et 240 moissonneuses-batteuses. Ce montant a ate ramene en 1974 a 5 millions de dollars a cause d'un pret bilateral qui a finance l'achat en Tunisie de tracteurs Steyr. 3.02 Les decaissements pour cette categorie se son: echelonnes sur quaere ana et dem au lieu des trois ans envisages en 1971 et le dernier a ete realise a la fin de 1976. Les montants ainsi decaisses pour la meca­ nisation des exploitations ont ete de 4.401.571 dollars, soit 88 % des montants prevus eo 1974 lars de la revision du projet. La nombre des prets secondaires a ete de 639 pour 636 exploitations. Les decaissements pour la categorie _ . se sont decomposes comme suit Nombre de NOtl1bre de NOtl1bre de Montant des Montant des Decais­ demandes prats se- prats se- prats prats sement de prats condaires condaires secondaires seconda.ires de la Annee re~u a'O'Orauve deca.isses approuve decaisse Banque (mUll-en (alilliers de (mUliers de dinars) d.inars) de dollars) 1972 243 206 167 700 629 945 1973 118 101 113 389 433 782 1974 169 123 59 495 239 295 1975 246 210 212 862 793 1.481 1976 108 21 88 236 381 898 ~ Total -884 693 =- 639 .......... 2.752 2.475 4.401 - 15 ­ 3.03 Les machines agricoles financees en 1972~1976 ont ete les suivantes Nombre d'unites Effec­ Estimees tivement lars de .!!E.! 1972 1973 1974 1975 1976 financees l'evaluat:ion Moissonne us es-batteuses 54 30 8 19 4 115 240 'I'racteurs a roues 66 44 35 94 60 299 460 Tracteurs a chenilles 22 142 -1d 6 49 2 45 2 66 - 45 459 1.30 Total 87 830 Madriel divers 194 126 110 346 196 972 -- - 3.04 Les deux tableaux montrent que le nombre de machines effectivement financees n'a correspondu a l'evalu4tion ~u'a concurrence de 55 Z seu1ement mais que 1e montant decaisse slest situe a 88 Z du montant prevu. CIest la preuve de la hausse du prix de 1'equipement depuis 1972 et de 1'importance relative des accessoires vendus avec les tracteurs, ces accessoires ecane en moyenne de quatre par tracteur. La projet a virtue1lement finance 65 % seule­ ment des tracteurs a roues prevus. 48 % des moissonneuses-batteuses prevues et 35 % seulement des tracteurs a chenilles prevus. La hausse annue1le du prix des tracteurs a roues a ete en moyenne de 12 I, celle des moissonneusas­ batteuses de 13 7. et celle des tracteurs a chenilles de 15 7.. Ces hausses ont mis de plus en plus les agricu1teurs dans l'embarras pour reunir la part de 30 % de fonds propres exigee en vue d'obtenir le financement que la EN! pouvait procurer en vertu du projet. Les prix des prociuits agrico1es n'one pas toujou~s suivi ce mouvement de hausse et les exploitant:s n' ant plus e,te aussi tentes de iaire des investissa~ents a moyen t:e~e ou a long terme. 3.05 Geographiquement, on constate que 125 machines oat ete fL,ancees dans 1a region de Tunis et de Fahs, 113 dans celle de Le Kef, et 40 a 60 dans chacune des regions de Beja, Mateur, Medjez. Teboursouk, Jendouba et Siliana. Pour 1a taille des exploitations, 54 % des destinataires -des prats detenaient plus de 300 ha, 33 % de 150 a 300 hatmais 13 ~ seuleoent d'eatre eux avaient mains de 150 ha. ~ 3.06 La tableau du paragraphe 3.02 qui concerne les dcoandes de pr2C indique que 15 ! de ces demandes ont ete rejetaes. Ce taux n'est pas ano~~le­ t:lent eleve si on compare a'lec d autres organismes de pret etant donne les f conditions a respecter (viabilite financi~re, solvabi1itc et garanties). , ; - 16 ­ Lea refus n'ont depasse ce pourcentage qu'en 1976, annee ou 1es ressources etaient pres d'etre epuisees et ou certaines dernandes ont ete redirigces vers d'autres sources de financement. Dans 1a proportion de 92 % environ, tous 1es prets approuves ont ete effect:i'lement: fournis. La difference peut: a'exp1iquer par 1a difficultc que l'exp1oitant: a au a reunir 1es fonds propres exiges ou par le fait que le materiel desire n'ctait: pas accessible au moment de l'approbat:ion du pret:. Dans certains cas, 1es lenteurs administ:ratives sont partielle~ent responsables paree qu'elles ont ete telles que Ie montant du pret n'a ete disponible qu'apres les semailles ou la moisson. 3.07 La diminution marquee des demandes de pret durant: l' annes 1973 est due essentiellement a la concurrence d'autres sources de financement, dont les conditions et:aiant generalement plus avantageuses que celles offertes dans le cadre du projet:. Ce ralentissement a une autre raison, a savoir le fait que la BNT,qui dans le cadre du projet prend les risques de re~boursement, a dG verifier de plus pres la solvabilite des demandeurs de fonds BIRD/IDA. Le Gouvernement: tunisien a garanti tot:aleme.nt les prets secondaire.s consentis par l'intermediaire du FOSDA ou les autres montants mis a la disposition de 18 BNl'. 3.08 Pendant la periode 1972-1976, les prets decaisses par les divers fonds ont eta les suivants : 1972 1973 1914 1975 1916 Total Hil- Mil- Mil- Mil- Hil- Mil- Origine liers liers liers liers liers liers - des res- de de de de de de sources dinars % dinars % dinars % dinars :: dinars % dinars ... ... FOSDA 340 26 865 57 451 29 675 36 548 38 2.879 31 FSA 341 26 210 14 863 56 262 14 314 22 1.990 26 BIRD/IDA 629 !/48 434 2.9 239 lS 792 42 381 26 2.476 32 :aNT 154 14 3'56 - - 8 202 5 Total, toutes origines 1.310 100 1. 509 100 1. 553 100 1.884 100 1. 445 100 1.701 100 -- -- -- -- -- -- ., al Y compris le finance~ent retroactif au titre. de 1a Categorie ICC). • - 17 ­ 3.09 En 1974, il a ete trouve une solution temporaire a la concurrence entre les di'lars fonds. Le Hinistere de l' agriculture II prescrit a la BNT de cesser, a compter du ler janvier 1975, de financer par le FOSDA les agri­ culteurs exploitant plus de 100 ha. La solution definitive qui devait etre adoptee en 1977 a consiste dans l'uniformisation des conditions des prets de retrocession, que cas prets soient d'origine gouvernementale ou qulils proviennent de fonds fournis par la Banque (par. 4.05). 3.10 Depuis 1975, les ~oyens et grands exploitants ont eu de plus en plus interet a se mecaniser a cause de la penurie grandissante de main­ d'oeuvre. Avec les prog~es du niveau de vie et de la scolarisation, les jeunes s'expatrient ou partent pour des centres urbains a la recherche d'emplois reguliers et de mailleures conditions d'existence. 3.11 En resume, on peut dire qua les realisations de la Categorie tCA), outillage agricole, ont ete relativement satisfaisantes du mains pour ce qui est du nombre d'investissements compare au nombre de ceux qui avaient ete envisages lors de l'evaluation. On trouvera au Chapitre V des developpements succincts concernant l'incidenca de la mecanisation sur la production. B. Exploitations laitieres 3.12 Intarvenu a un moment ou les droits des exploitants prives venaient d'etre retablis (par. 2.01), cet element du projet visait a augmenter la production de lait at de viande pour aider a su~onter des penuries graves dans Ie pays. Cet objectif clevait etra recherche par l'augmentation au nombre et de 1a ~ualite des vaches et une mail1eure utilisation des ressources en eau pour la production des denrees d'arfouragement. 3.13 Dans catte categorie du projet. 908 vachas lait1eres ont ete financees par 99 prats de retrocession a 83 eleveurs, ce qui represente la moi­ tie des 1.800 tates de beta!l et des 150 elaveurs avec lesquels l'evalua­ tion avait compte. Pour Ie betail, les montants decaisses representant 87 % de ce qui avait ete attribue ~is pour d'aut~es articles du name element. les decaissements ontete sensiblement inrerieurs aux previsions, a savoir 3 % pour Ie materiel d'irrigation et de forage de puits, 57 7. pour l'equipe­ ment servant a la recolte des denrees d'arrouragement et 27 : pour les etables. Pa~i les benef1ciaires des prets concedes dans cetce categorie, il y en avait 24 % qui n'avaient aucune experience ?realable de l'elevage des vaches laitieres, 3i % qui posseciaient deja du ~etail local ou selec­ tionne et 38 : qui avaient des vaches laitieres impor~ees. Les decaissements par type d'investissement sont resumes ci-spres - 18 - Obj et du Hontants envisages lars Hontants cffective­ decaisse!!lent de l'eva1uation ment decaisses (mi11iers (mi11iers (millicrs (milliers de dinars) de dollars) de dinars) de dollars) Laiterie de Sidi Bou Ali 281 660 2;./ Achat de vaches laitUres 180 350 156 360 Materiel d'irrigation et de forage de puits 270 520 7 16 Equipement pour 1a recolte de denrees d'affouragement '30 50 17 35 Etab1es 30 60 8 ---12. Total 510 980 469 1.090 = -- = ~/ Les differences proviennent de l'arrondissement des chiffres. 3.14 Le traitement de cetta sous-categorie s'est heurte des le debut a des difficultes que le tableau ci-apres fait ressortir Prets secondaires Demandes de Anprouves Decaisses Decaissements Annee Erets res;ues Nombre l1ontanc: Nombre Hontant de la Banaue a/ (milliers (milliers (milliers de dinars) de dinars) de dollars) 1972 133 65 139 38 71 64 1973 37 24 59 21 48 124 1974 18 13 27 6 16 33 1975 48 Jl 1. 641 'E./ 27 243 E:..i 65 1976 20 5 58 7 221 d/ 759 1977 ~""i../ 45 Total -- 256 138 1. 924 99 = 625 1.090 a/ Les monc:ants en dollars ne corres,!)ondent: pas aux decaissements en dinars a cause d, dccalases dans Ie te~ps entre les decaisse~ents de la BNT et les rembour­ sements a 1a Banque. b/ Dont 1.520.110 dinars pour 1a 1aiterie de Sidi Bou Ali. ~/ Dont 158.849 dinars pour 1a laiterie de Sidi Bou Ali. d/ Dont 190.272 dinars pour 1a 1aiterie de Sidi Bou Ali. e/ Total paye a 1.J. laic:erie de Sidi Bou ~Ui. • 19 Des 1972, le demarrage avait deja ete inferieur aux previsions (150 elevages devaient etre atteints en trois ans); les choses ont encore eT.pire en 1973/1974. Le premier rapport interi~~ire de la ENT, pour la periode allant jusqu'au 30 juin 1972,mentionnait les difficultes qu'il y avait eu a convaincre les ~leveurs de respecterl'ob1igation de reserve~ 8 ha de leurs terres a la culture de fourrage irrigue avant de recevoir les versements correspondant a l'achllt d'une douzaine de genisses pleines. La BN! indiquait a cette occasion qu'une etude serait elaboree en vue de rechercher la possibilite d'inclure des exploitations d'elevage en terrain non irrigue dans le pro­ gramme pour le betail si l'alimentation de ce betail etait realisee en denrees ensilees. La mission de supe~'ision suivante, qui a sejourne en Tunisie en automne 1972, a remarque cette absence d'interet et L~dique que quelques eleveurs seulement seraient prets a remplir les conditions les qualifiant pour un pret secondaire. Une mission de la Banque a conclu en mars 1973 que dans les conditions de l'agriculture qui prevalaient dans la zone du projet, 11 faudra'it environ 45 ha non irrigues pour recevoir un troupeau dont les besoins auraient eta satisfaits par 8 ha de terres irriguees. Toutefois, des la fin de 1972, la Banque avait adrnis le droit de demander des finance­ ments par prets de la BIRD dans le cas de troupeaux recevant une alimentation ensilee a condition que le nombre total des prets secondaires consentis par la BN! ne depasse pas 10 a 15. Cette decision etait fondee sur l'etude de la BNT relative a l'ensilage. 3.15 En depit de cet elargissement de la base du projet pour la Categorie I(B), le nombre des demandes de pret a continue a. baisser et de nouveaux motifs de cette baisse ont ete fournis. En octobre 1973, la BNT s'est plainte de la concurrence des fonds du FOSDA avec ceux de la Banque et a fait etat d'un autre element defavorable, a savoir la haussedu prix des genisses pleines,lequel avait passe de 300 a 420 dinars. La mission dela Banque realisee en janvier 1974 a justifia autrement le malaise, a. savoir par l'inondation que la zone du projet avait eprouvee en mars 1973. Pour attenuer les problemes dans le domaine de l'elevage, la Banque a approuve aussi l'introduction dans le projet de 'laches laitieres ameliorees de race locale. La BN! a exprime l'espoir que 200 'laches laitieres environ pour­ raient etre financees dans les secteurs geographiques de Bou Salem et Nebhana ou des projets d'assistance technique bilateraux sont en cours d'execution. Toutefois, ce financement ne s'est pas realise. Les prats secondaires decaisses ont encore dicinue entre 1973 et 1974 puisqu'ils sont revenus de 21 a 6 dans cet intervalle. Si tous 1es facteurs ~entionnes plus haut ont eu leur par~ dans ce~te faiblesse des engagements de fonds pour le projec d~~s cette categorie, il est toutefois deux facteurs qui ont prevalu a cet egard, a savoir les differences dans les conditions des prets entre les diverses sources de financemenc at 1a deterioration continue des termes de l'echange pour la production laitiere, en particulier dans les conditions rigides d'investissement exigees par les prets de la Banque • . ' • - 2(1 ­ 3.16 Crest ~n 1974, au moment ou 1a demande d'investissement pour 1es exploitations 1aitieres etait au plus bas et au un deuxieme projet de credit agrico1e comprenant des elements ngro-industrie1s etait derini et prepare, que 1a BNT a demande par une 1et:re du mois de juin un amende­ ment aux Accords de pret et de credit (par. 2.05) et 1e financement dans 1e cadre de 1n Categorie 1(3) d!une 1aiterie a Sidi Bou Ali, pres de Sousse. 3.17 Le financement de cette 1aiterie et ce1ui d!une minoterie au titre de la Categorie I(A) devaient ap.porter a 1a BNT une experience de finance­ ment dans 1e sous-secteur agro-industrie1. La laiterie devait etr~ construite par Tunisie Lait et etre 1a propriete de 1a STIL et de 1a ENT principalement. Comme 1a STIL l'avait experimente pre.ce.deu:mec.t dans d!autres regions du pays, ·la production de 1a 1aiterie devait etre fondee sur un melange de 1ait frais et de 1ait reconstitue a partir de poudre de 1ait importee. Le finance­ ment de 1a 1aiterie e.tait approuve par 1a Baaque a 1a condition que l'affaire soit economiquement et financierement viable; on peut admettre que cas con­ ditions seront remp1ies des que 1a 1aiterie comcencera a produire. Fir~le­ ment. un total de 570.640 dollars ete af:ecte au financement partie1 de 1a laiterie, ce qui represente 53 % du montant total des fonds utilises au titre de 1a Categorie I(B). 3.18 Pendant sa construction, 1a laiterie a rencontre divers ordres de difficu1tes financieres. Ces difficu1tes ont eu pour raison d'etre 1e fait que 1es coGts ont ete larg~ent depasses (la pre~~ere mission avait estime l'in'.l'estissement a. 3 millions de dinars mais une estimation plus recente est pas see a 5.2 millions de dinars), ce qui est dG en partie a des changements dans 1a conception a. cause de 1a decision d'aug;::enter 1a capacite de traitement de la laiterie de 100.000 1itres par jour comee il etait prevu a 200.000 1itres. La coGt de 1a 1aiterie s'ese aussi ressenti fortemeat de l'insuffisanee, decouverte seulement a. un stade tres avancede 1a construction. de l'approvisionnement en eau de la ville ""our 1es besoins de l'usine. Les plans ont done ete modifies en vue d'utiliser l'eau d'un barrage d'irrigation voisin. Pour ce faire, i1 a fa11u edifier une installation de traitemen~ entierement nouvelle. Les essais de la 1a1:erie etaient prevus pour 1e mois de janvier 1978. La 1aiterie doit commencer a fonctionner avec une capacite de production journaliere de 100.000 litre! qui sera portee peu a. peu a 200.000 litres. La majeure partie de l'equ!pement disponib1e est deja instal1ee en vue de cette capacite. 3.19 Les calcu1s de rentabilite fournis par 13 direction de Tunisie Lait reposent sur l'hypothese que dans un avenir pravisib1e, on~n'utilisera pas de lait frais pour 1a production. Toutefois, ceci n'encourage aucunement les e1eveurs de 1a region a augmenter leur croupeau et leur production 1aitiere. 11 y a 1a un facteur que 13 Banque a pris en consideration en approuvant 1e financement de cette laiterie. La B~ a ete priee d'user de son influence sur Tunisia Lait pour qu !'e11e commence 1es achats de 1ait frais aussi toe que possible. ;,. - 21 ­ 3.20 Le 30 janvier 1975, apris plus d'un an ~e discussion sur le proble~e du taux d'interet et les differences des conditions de pret pour des investiss~ments et des categories d'eleveurs analogues, Ie gou­ vernement a fait savoir a la Banque qu'il avait decide de cesser de financer aux conditions du FOSDA les eleveurs ayant droit au financement par la BIRD/IDA, c'est-a-dire proprietaires de plus de 8 ha irrigucs ou exploitant plus de 45 ha non irrigues. Cette decision qui ne regle pas le probleme de la subvention de 2 % d'interet (les eleveurs, en effet, beneficiaient d'office d'un rabais de 2 % du taux officiel d'interet de 8 %) a neanmoins pour effet d'uniformiser les conditions de pret coeme il est prevo au paragraphe 6 de l'Annexe 7 des Accords de pret et de credit. 3.21 En vue d'augmenter les incidences du projet, la Banque, en attendant, a permis d'appliquer le projet a la totalite du territoire national pour autant que les investiss~ents proposes soient viables et justifies. Toute­ fois, une demande d'etendre au troupeau bovin local le financement de l'ele­ ment exploitation lai:iere a ete rejetee car ce serait alle a l'encontre d'un objectif essentiel du projet, a savoir l'amelioration des races animales en Tunisie. 3.22 L'element elevage du projet a ete le moins reussi de tous, bien que tous les montants prevus pour la production laitiere aient ate integralement decaisses. Cela esc du principalement a l'inclusion ulterieure dans la categorie d'une laiterie qui ne devait entrer en service qu'en 1978. Avec le recul, on pourrait discuter la decision d'ajouter cet investissement a 1'element exploitation laitiere. d'autant plus que le fL~ancement realise par 1a Banque a depasse d'un peu plus de 5 7. le coGt de la laiterie. Sur ce dernier point, on avait·p~~se a l'epoque que la Banque pourrait apporter .un concours plus substantiel par un financement relais qui serai: organise dans le cadre du De~~ieme projet de credit agricole. Cetta solution n'a pas ete necessaire car Tunisie Lait a pu se procurer un financement approprie a partir d'autres sources. L'intervention de la Banque a fait participer 18 BN! au financement agro-industriel et lui a rendu familieres de nouvelles methodes d'evaluation qui deviendront courantes dans le Deuxieme projet de credit agricole. c. Palmeraies 3.23 Pour cet element du projet, i1 s'agissait pri~cipalement de donner une utilisation a des etendues deser~iques recuperables des regions de Djerid ct Nefzaoua, en profitant des nappes artesiennes presentes ?sr 600 m de fond dans la zone de Ojerid ou 200 ~ de fond dans celIe de ~iefzaoua et d'augmen~er la production et l'exportation des dattes de qualite. Comme - 22 ­ 1es nappes d f eau de la region de Ncfzaoua sont plus faciles d faeces, il avait ete decide dty creer una palmeraie de 600 ha, celle de Ojerid ne ~evant recevoir qu'une palmeraic de 300 ha seulement. On se propasaie par l'accroissement de la production de palmiers-dattiers de la variete Deg1at d'augmenter substantiellement l'exportation de dattes qui, en 1969, se situait a 3.300 tonnes environ. Il etait prevu de planter en trois ans 900 ha en pal~iers-dattiers. 3.24 L'objectif general a ate atteint avec un retard de deux ans. On e inverse las dimensions des plantations de Nefzaoua et de Djerid si bien que la premiere a occupe 300 ha et la deuxieze 600 ha perce que le gouver­ nement eprouvait des difficultes a dete~iner les droits de propriete. L'appartenance d'une grande partie du territoire concerne a l'Eeat etait en effet contestee par des proprietaires prives de Nefzaoua, ce qui a decide La STIL a se porter acquereur de plus de terres dans la zone de Djerid. 3.25 Las Montants dacaisses pour cette categorie sont les suivants Demandes Montants re<;ues et Montants Montants decaisses A:anee et>Erouvees at>'Orouves decaisses par la Ba'O<lue (mUliers de dinars) (mUliers de dollars) 1972 3 328 97 157 1973 3 444 3.99 248 1974 2 528 406 616 1975 1 175 298 748 1976 216 357 1977 .1J.l -.ll.! Total ~9 1.475 1.386 2.438 ., - 23 ­ 3.26 L'investissemeot total dans les neuf grands sites ou des plan­ tations ont cte creees s I etablissait comme suit le 30 juin 1977 : Contri- Contri- Contri- Investis- Situation de bution bution bution sement la palmeraie Superficie de 1a STIL de 1a BNT de 1a BIRD total (ha) 30 % 17,5 % 52,5 % 100 ~ ·---------------(oilliers de dinars) ------------ Nefzaoua Hessaid 25 22 13 38 73 Tarfaya 125 68 40 118 226 H. Salhia 60 49 28 85 162 H. Bahri 70 47 28 83 158 Djerid Mekmen A13 100 58 34 101 193 Mekmen CD 200 104 61 183 348 Mrah Lahouar ! 100 86 50 151 287 Mrah Lahouar II 100 38 22 67 127 Sedade 125 122 71 214 407 , Total - 905 594 347 -~ 1.387 1.040 1. 981 .. .' 3.27 L'execution du programme a commence assez mollement par la plan­ tation de 222 ha a10rs que 1a superficie a planter prevue etait de 250 ha. En 1973 et 1974, la plantation a progresse, mais en se maintenant en de~a des objectifs, a raison de 300 ha la deuxieme annee et 350 ha la troisieme. Les decaissements sont restes inferieurs aux previsions a cause de diffi­ cultes dans la direction de la STIL et de retards pour certains travaux tels que les forages reussis. Les forr31ites adoinistratives lourdes (appels a la concurrence internationale) auxque11es ni la STIL ni 1a BN! n'etaient encore habituees ont aussi contribue a ce ralentissement. Les operations de drainage n' ont ete rea1isees que dans 1a proportion de 25 7­ et 1es locaux destines aser/ir d'entre?ots ou de salles d'emba1Iage ne sont pas encore acheves entierement. Sur ce dernier point, Ie retard est dG aux difficultes financieres de la societe chargee de construire les hangars. :: - 24 ­ 3.28 La STIL a poursuivi les travaux indispensables sur les sites des plantations ainsi que le ~ontrent des rcnseigncrnents du 30 novernbre 1977, selon lesquels un investissement complementaire de 47.669 dinars a ete realise du 30 juin au 30 novembre de l'annee 1977 (.\nnexe 4). La merne tableau donne aussi la decomposition de huit categories de depenses d'investissemenc. L'investissement total a la date precitee, qui etait de 2.028.708 dinars, depassait: d'environ 19 % l'investissement envisage dans l'evaluation. A mesure que le projet avancera, il faudra des investissernents complementaires pour renforcer ou remplacer les b·rise-vent, les canaux d'irrigation et de drainage et les batiments. La STIL, la B~IT et d'autres banques de Tunisie devront, le cas echeant J assurer le financec.ent de cas ilwestissements. 3.29 Lors de l' evaluation du proj et, 11 a'1ait ete envisage d f ine.roduire des cultures intercalaires sur 20 r. environ de la superficie des plantations en vue d'ameliorer le revenu annuel en attendant que les arbres deviennent productifs. Cet objectif de 20 r. n'a pas ite atteint mais a cause de la hausse substantialle des prix a l'exportation des dattes de qualite. le tau:c de rentabilite financiere des plantations de palmiers depasse encore les previsions (Chapitre V). 3.30 Cet element du projet a ete execute avec succes et ses grands objectifs ont ete realises malgre les lenteurs dans la creation des plan­ tations qui ont entral:ne una ;najor~tion des coGts d'investissement et retarde la production. !l en est resulte la creation de plus de 1.000 emploi3 accessibles aux ouvriers agricoles et aux nomades; l'exemple a ete retenu pour un element analogue dans le Deuxieme projet de credit agricola. D. Services auxiliaires 3.31 D'apres Ie rapport d'evaluation, la ENT avait affecte 180.000 dollars aux services d'experts,dont 72.000 dollars seulement ont eteutilises parce que l'expert agricole charge de 1a palmeraie de la STIL que l'on comptait recruter hors de la Tunisia a ete engage sur place. Les 30.000 dollars' destines aux vehicules de demonstration et au personnel de La BNT n'cnt pas ete depenses. Il se peut que la BN! n'ait pas voulu donner 1a preference a quelques agents de succursales et de demonstration sur les autres; elle accorde des prets a des e~loyes pour l'acnat de voitures puis verse une indemnite kilometrique lorsque ces voitures sont utilisees pour le service. On ne sait pas si les 100.000 dinars de fonds locaux pour les services de vulgarisation de la production laitiere ont et~ pleinement utilises. On peut neanmoins admettre qu'etant donne Ie mouvement reduit des prets pour ach~ts d'animaux. la vulg~risation prevue pour le projet a ete p@u developpee et parfois presque inexistance. La personnel technique et veterinaire de la ENT a assure la majeure partie des services a cet cgard. - 2S ­ IV. LES OBJEC1'IF'S INSTITU1'Io:mELS 'oU PROJET 4.01 Les dispositions des Accords de pret et de credit relatives aux objectifs institutionnels du projet ont etc respectees en majeure partie. Ces dispositions concernaient le personnel de la BNT, les policiques et les procedures des prets, la. structure financiere de la BNT et la verification des comptes. 4.02 Rc~les concernant Ie oersonnel et les ~retsde la BNT. Les questions de personnel at de prats de la ENT sont trai::ees dans les Sections 3.02 et 3.03 et dans les Annexes 6 et 7 de l'Accord de pd~t. II s'agit essentiellE~ent de la creation et du fonctionne~ent d'un Service technique destine a. renforcer les moyens de la BNT en matiere d'ivaluation technique et financiere du projet et d'appreciation de l'efficacite des investissements. Ce Service techniq~e devait evaluer tous les sous-projets, soumettre des reco~~ndations et assurer la supervision reguliere des sous­ projets approuves. Le personnel technique devait visiter periodiquement les exploitants et le.s investisseurs en v'ue de verifier que les fonds recevaient l'affectation ap?ropr1ee. Un Service technique a ete effective­ ment cree au sei::1. de la B~,T en 1972. Dans les trois premle:'es annees, 11 a ete dirige par un expatrie specialiste de la direction des exportations agricoles. En 1975, cet expert a ete remplace par un economiste agricole tunisien. De plus, Ie Service etait conposa de deux ingenieurs agronomes, specialises It un dans l'ou~illage des exploitations, l'a~cre dans 1 lelevage , et d'un ingenieur de l'irrigation qui a conseille la ENT sur 1a creation des palmeraies. Ce personnel etait assist! par un agronome specialise employe par la ST1L pour les operations de 1a Catego~ie I(C) at d'~~ personnel administratif au siess. Pour 1a premiere fois, Ie projet a introduit une evaluation syste~atique des demandes de pret. Precedemment, les evaluations consistaient uniquament en un examen sur pieces de la solvabi1ite des emp~unteurs. Par la suite. des methodes d'evaluation d'un niveau acceptable ont ete introduites en vue de calculer la rentabilite at la viabilite financiere de chaque sous-projet. Des techniciens agricoles (adjoints techniques) ontete em~loyes dans les principales succursales de la BNT pour conseiller les exploitants dans l'emploi du materiel agricole, etablir les plans de cultu~es et realiser les in',estisseo.ents agricoles. Ils devaient aussi veiller a la bonne execution du projet. Neanmoins, jusqu I a une date ~ecente, ces adjoints n r ant pas panicipe aux travau:<: sur la terrain, ils se sont uniq~er-ent occupes de procedu=~s' ad~nistratives. La Ser~ice technique du siege a superJise seul les e~?loitants. Cet eta~ de chose a ete possible aussi longt~mps que ce Service n'etait c~arge que des prets secondaires finances dans Ie cadre des projecs 3I?~/IDA (980 clients). 4.03 Depuis qu len 1976., Ie Service a ete integre dans le Dcpartemant des credits de la BNT pour passer en revue toutes les damandas de prats agricole! a moyen ter:ne et 3. long ter:ne rac;ues par la BNT, la necassite :,. - 26 ­ de Ie renforcer au siege et dans les succursales est deve~ue evidente. La direction de la BNT a decide. que les adj oi:lC:s ::.echniques de ~ej a, Le Kef, Kairouan, Mateur et Kaserine devaient intervenir activement dans l'evalua­ tion et la supervision des projets at 11 a commence A ~ecruter un personnel de complement. Un agronome a ete recrute en 1977 pour le siege et deux adjoints techniques de' plus ont etc. engages pour des succursales. 4.04 Direction. La direction de la BNT a toujours etc de qualite. Toutefois, alle a soufiert d'une centralisation excessive au siege des activites de prets a moyen terme et a long terme. 11 en est rcsulte un exces de correspondance administrative pour l'approbation des prets et les decaissements s1 bien que Ie nombre des prats traites chaque annee s'est trouve sensiblement reduit. Bien que la direction de la BNT ait indique an 1974 qu'une decentralisation das for~alites de pret' etai: a l'etude, ses succursales n'ont eu jusqu'ici qua des responsabilites limitees et cela pour las prets a court tarma. seulement. L'evaluation des prets secondaires dans le cas des fonds d'Etat (FOSOA, rOSE?, FSA, etc.) se fait au Ministere de l'agriculture. Le dialogue avec le direction de la BNT sur la question de la decentralisation s'est poursuivi au cours de l'execution au projet et devra etre continue pendant la mise en oeuvre du De~~ieme projet de credit agricole. 4.05 Les ac~ivites co~~erciales de la BNT semble~t progresser plus vite que son ac~ivite agricole (~~nexe 5). Les prets dans l'agriculture sont exposes a des risques bien superieurs qui ont amene 1a :S~~T a. ne !inancer par ses fonds propres et par les fonds BIRD/IDA que les investisseurs qu1elle juge pleineQent solvables. Les autre! investisseurs sont finances par des fonds geres par le gouvernement pour lesquels la B~T n'assume aueun risque. Oepuis 1971, la B~~ a auss1 augne~te baaucoup sa participa­ tion dans des entreprises actives dans differents secteurs de l' economil! (industrie, mines, hotellerie, agro-industrie, etc.). Dans ces circonstances, et pour preserver l'aspect credit agricole de la EN!, 11 vaudrait la peine d'env1sager ulCerieurement la tr~~sformation de cetCe banque en un holding dont dependraient une banque specialisee dans les affaires agricoles et, peut-etre, une autre banque pour les activi~es commerciales. L'avantage serait que Ie personnel gloccupant de l'agricu1ture pourraic se consacrer ent1erement aux prets a 1'agriculture at a l ' 1ndustrie agricole. 4.06 Structure financiere. La BNT a en general respec~a lss sti?ulations financieres de l'Annexe 6 de l'Accord de pret. Cas stipulations conce~ent l'importance cies engagements de la ENT envers c.haque entrcprise et la structure financiere. Le ratio d'endett:e~enc cue 1a 3NT doit respecter est passe de 7 sur 1 en 1971 a 6,3 sur 1 en 1974 p~is ~ i,2 sur 1 en i9i5. Ce ratio qui exc~de d'environ 3 points le ratio de 4 sur 1 suggere dans l'Annaxe 6 de l'Accord de pret reste cependanc adequat en partic.ulier du fait que 70 ! au raoins des det:es sont des fonds d'Etat. L'ac:if irnmobilise de la ENT, cotilprenant des participaeions qui ne devaicnt pas axccdar 75 % ." - 27 ­ de l'avoir net de la BNT, c'est-I-dire de son capit~l effectivement vers' plus ses reserves liquides, est ~asse de 46 % en 1971 a so % en 1974 puis 67 % en 1976. En general, la 3NT a respecci Ie ratio financimr impose aux etablissements baneaires par la Banque centrale de Tunisie; elle a en particulier conserve un montane capital plus reserves equivalant a 10 % au moins de ses depots a vue et a terme fixe. 4.07 Le probleme du taux d'lnteret a toutefois ete un sujec de preoccupation et de discussion pendant la quasi-totalite de la periode d'execution du projat. Sien que la ENT ait adopte et respecte la declara­ tion de politique generale proposee dans l'Accord de prat avant la mise en oeuvre du pret, l'engagement concernant Ie taux d'interet qui figure dans l'Annexe 7 de l'Accord de pret n'a pas ete tenu. Cat engagement stipule que les taux d'intiret appliques par l'Emp~Jnteur aux prets secondaires et aux autres prets analogues accordes aux agriculteurs qui reunissent 1es conditions requises par Ie projec doivent atre de 8 7. par an au moins et ne doivent pas atre abaisses sans l'approbation prealable de la Banque et de l'Association. Parce que Ie proces-ver~al des negociations reconnait que Ie gouvernement entend verser aux agriculteurs participants une subventicn de 2 % d'interat en vue d'attenuer l'incidence de lfau~e~tation de 4 a 8 % du taux d'interet et bien que cette mesure soit considerae coeoe ~ransicoire. la BNT a en realite continue i subventionner Ie taux d'interet ?end~~t toute 1a durae de l'execution du projet. Toutefois, la situation slest ~odifiee lorsque, en 1975, Ie gouvernement a decide de cesser de Einancer par Ie roSE? at Ie FOSDA les agriculteurs qualifies ?our beneficier du financereent de la Banque. La question du taux d'interet n'a ete reglee qulapres les negociations du Deuxieme projet de cridit agricole (6.07). 4.08 Revision comutable. La deuxieme difficulte juridique qui a surSi au cours de l'execution au projet tient a 1a qualit~ dele revision eomptable. La 8NT a ete priee, comme condition de sa presentation au Couseil, de remettre a la Banque un rapport suffisant sur ses comptes pour l'exercice clos le 31 decembre 1970. La fi~e tunisienne appelee Societe internationale de consei1 et d'audit (SICA), en cooperation avec la succursale de Paris de la Societe Peat, ~a~~~ck, Mitchell & Co., a revise les comptes de la BNT et soumis un rapport que la Banque a juge acceptable en juin 1971. Par 1a suite. 1a 8NT a nomme la Societe internationale maghrebine du management at d'audit (SI~~) 1aquelle, en collaboration avec Price Waterhouse, a verifie 1es cornutes de 1971. A partir des comptes de 1972, la SI;~~\ a effectue 1a verification seule. Las rapports de la SI~ pour les annees 1972. 1973 et 1974 ont et& remis a la Banque apres de longues attentes et beaucoup de rappels. Cas rappor,:s se sont t'eveles limites dans leur pot'tce et peu satisfaisants. ?J.r sllita et co=e ccndit:ion d'cntria en vigueur du pric pour Ie Deuxi6ce p~ojet da credit a~ricole. 1a 3NT a ete priee en 1975 de prendre de nouveaux arr~,gements satisfaisants pour la revision de sas comptes et de fournir a la Banque un ra?por~ de verific~tion des compt:as pour 1975 dont la t:eneur et les details ont ate juces satisf3.isants - 28 ­ La rapport de rfivision comptab1e de 1975 a ite fin~lcment remis a la fin de 1976 et des dispositions satisfaisantes ont etc prises 1e 30 septembre 1977 a';ec la SIH.MA at Coopers & Lybrand pour les revisions des ex~rcices 1976 et 1977. Le rapport sur 1976 doit ctre presente en fevrier 1978 at Ie rapport sur 1977 en mai 1978. , i - 29 ­ V. AVANTAGES IT JUSTIFICATION 5.01 L'Accord de pret n'avait pas prevu de systeme de surveillance permettant a la Banque d'apprecier les resultats du projet pour l'agriculture. Le paragraphe 8 de l'ft~nexe 7 a l'Accord de pret se contentait de stipuler que la BNT devra superviser tousles prets second aires par des visites periodiques mais ces visites n'ont pas ete faites faute de personnel experimente. Les investisseurs n'ont ete visites que s'ils sollicitaient un renouvellernent de leur pret. 11 est donc difficile d'i~diquer avec precision les consequences du projet pour 1 'agriculture. Les elements d'information qui suivent se fondent sur les conclusions d'ensemble de la BNT telles qu'elles sont refletees dans son projet de Rapport d'avancement de novembre 1977; ils ont ete rassembles A la favcur des visites completes de la mission d'achevement de la Banque qui a sejourne en Tunisie en novembre 1977 et qui a interviewe au total 14 agriculteurs, huit cereali­ culteurs des regions de Le Kef, Beja et Teboursouk, cinq eleveurs de vaches laitieres dans la region au Grand Tunis, et les dirigeants de la palmeraie de Tozeur, Nefta, Kebili et Daouz, plus le personnel de direction et les promoteurs de La laiterie de Sidi Bou Ali. Les exploitations visitees avaient ete choisies de fa~on aleatoire et des budgets d'exploitation detailles avaient eta etablis pour deux exploitations cerealieres et deux elevages. Les calcu1s du taux de rentabilite financiere ont ete faits pour les exploitations cerealieres et laitieres, pour l'une des regions de plantation et pour la laiterie de Sidi Bou Ali. Dans chaque cas, on avait pris comme point de depart des hypotheses differentes. A. Exploitations cerealieres 5.02 La production totale de cerea1es de la Tunisie etait passee de 678.000 tonnes en 1967/68 a 1.210.000 tonnes en 1971/72 (annee exception­ ne11ement favorable sous le rapport du climat); en 1975/7~ e1le aurait atteint 1.382.000 tonnes. Le pourcentage de ble dur dans ce total a ete d'environ 63 i. en 1967/68, il est tombe a 52 : en 1969/70 puis i1 est remonte regu1ierement pour atteindre 66 % en 1975/76. Dans la merna periode, 1e pourcentage de b1e tendre est passe de 11 r. environ en 1967/68 1 un maximum de 31 : environ en 1973/74 puis est revenu a 17 7. en 1975/76. Au moment de l'evaluation on esperait que 1a productivite de la cerealiculture augmenterait par remplacement progressif des varietes locales de ble tendre par des semences ~exicai~es. D'apres les info~ations fournies par divers int~resses eux-oemes, i15 auraient delaisse ces varietes qui sont beaucoup plus tributaires de conditions clioatiques favorab1es et dont la culture' presente plus de risques. Le manque d'agents de vulgarisation a joue aussi un role a cet egard. - 30 ­ 5.03 L'augmentation de La production cerealiere est due surtout a l'amelioration des rendeoents a l'hectare at a une culture plus intensive. Les progres sur ces deux plans oat ete rendus possibles par la oacanisa­ tion qui perrnet de mieux choisir le ~oment des fa~ons culturales et d'accroItre l'intensite d'exploitation des jachares (un tiers de la 8uperficie arable totale). Les autres facteurs de l'augmentation de la production sont l'emploi de plus grandes quantites d'engrais et l'amelio­ ration des semences rendues possibles par des credits a court terme de la BNT. 5.04 Le sous-projet a finance l'achat du materiel agricola, c'est-i-dire principalement de tracteurs et de moissonneuses-battauses, pour 636 familles d'agricul:eurs proprictaires d'environ 275.000 ha. La mecanisation encouragee par le projet a perrnis une meilleure execution des fa~ons en diversifiant les modes de cultures et en reduisant l'etendus des jacheres. La superficia agricole totale qui se prete i la culture est estimee comme suit par la BNT : Sans le Avec le projet ~rojet Difference ----------------(ha)----------------- Cereales 140.000 145.000 5.000 Denrees d'affouragement sur les terres non irriguees (400 om) 37.000 40.000 3.000 Legum1neuses 23.000 29.000 6.000 Autres cultures 12.000 15.000 3.000 Jacheres 26.000 9.000 -17.000 . Total 238.000 238.000 a La superficie cultivable moyenne par exploitation beneficiaire est de 374 ha. La diminution des jacneres correspond a une augmentation de l'intens1tE d'exploitation laquelle est passee de 89 % a 96 Z. 5.0S Les rendements cerealiers moyens ant augcente de 1,1 a 1.3 tonne/hn, les rendements fourragers de 2,5 a J tonnes/ha et les rendements en 1egumineuses de 0,7 a 0,9 tonne/ha. Certains exploitants ont indique pendant les entretiens que leurs rendements en cereales avaient double depuis le debut du projet pour atteindre jusqu'a 2,2 tonnes/ha. Une partie de cetta amelioration des rendements paut atre at:ribuee a la ~ecanisation et precisement au fait que sans la p!'oj et, les agriculteurs ne hersaient qu'une seule rois et n'utilisaient que SO a 100 ~g de nitrate d'a~oniaque (34 % n) au printemps.au moment du tallage. Avec leurs tracteurs. ils ant pu faire trois au quatre hersa;es et utiliser 100 kg de nitrate d'a~oniaque aux semailles, 100 kg de nitrate d'arnmoniaque au tallage et 100 kg de superphosphates aux semailles. En supposant que le rendement des exploitations .. : , . -' a - 31 ­ carealiares b~neficiaires du projet soit de 1,3 tOhne/ha. 1a quantit6 totale de c~reales produite grace au projet aurait ete de 188.500 tonnes. Cette quantitc represente 13,6 7. de la production cereali~re tota1e de 1a Tunisie en 1976. On estime que l'accroissement annuel serait d'environ 34.500 tonnes. 5.06 On a etabli ,les budgets d'expl01tation de deux agriculteurs t'epresentatifs qui. grace aux fonds du projet; ont acquis l'un un tracteur at une moissonneuse-batteuse, l'autre un tract~ur seulement. Dans le premier cas, 1e taux de rentabilite financiere a dte de 49 70. L'accroisse­ ment de revenu attendu de cetta exploitation de 350 ha (200 ha dont l'exploitant est proprietaire at 150 ha pris a bail) est d'environ 5.600 dinars (13.000 dollars). S1 on se tient aux renseignements donnes par Ie deuxieme agriculteur selon qui le rendement en ble a double de 1,1 a 2,2 tonnes/ha, le taux de rentabilite financiere dapasserait 100 k. En supposant un rendement plus prudent de 1,4 tonne/ha, 1e taux de rentabilite serait de 35 % environ. 5.07 S'il est diffici1e d'estimer les repercussions de 1a mecanisation des exploitations sur l'emploi, on peut neanmoins admettre que cette mecanisation a eta declenchee par une penurie de main-d'oeuvre en milieu rural a cause de l'urbanisation de 69 % de 1a main-d'oeuvre tota1e en 1969 (la main-d'oeuvre rurale etait tombee a 37,4 : en 1976). par Ia developpeoent du tourisme et par l'expatriat1on. La ~ecanisation a surtout eu pour effet d'augmenter directecent l'intensite de l'exp10itation. de 8 a 10 k environ, et indirectement le rendement du fait qua les facteurs de production sont utilises plus et mieux (engrais et semences ameliorees). " B. Exploitations 1aitieres 5.08 I1 est moins difficile de deteoiner l'incidence pour 1e secteur agricole des prets au sous-seceeur de l'elevage parce que LIon connatt le nombre exact de vaches laitieres financees. Neanmoins. a cause du manque' d'informations sur 1e suivi du projett il reste malaise de connattre La proportion des exploitants beneficiaires qui ont conserve La structure de production qui leur etait propcsee au ~oment ou leur pret a ete approuve. Beaucoup d'eleveurs n'ont pas augrnente leur troupeau par rapport a l'effectif initial de vaches laitieres obtenu grace au pret. Un petit: nombre d'autres ont abandonne completement l'e1evage. d'autres eniin qui initialement avaient rese~le 8 ha de terres irriguees aux cultures fourrageres en vue d'obtenir le pret sont revenus a la repartition initiale des cultures apres avoir eu satisfaction. A cause de l'ele~ent de subvention 1ia aces achats, beaucoup ont prefere acheter leurs concentres ou simplement laisser les animaux paitre sur 1es jachcres. Dans les conditions de production de lait les mains favorables, les eleveurs ont eu tendance a reserver leur production a l'autoconsommatton., La mission a constate que les conditions d'hygiene avaient besoi~ d'etra ame1iorces dans beaucoup de cas; 1a brucellose et 1a mortalite par piroplasmose restent encore communes. - 32 ­ 5.09 Neanmoins, les precs a~~ exploications laitieres ant eu une certaine incidence : a) sur la creation d'exploita:ions laitieres modernes avec, dans beaucoup de cas, praduction de fourrage integree ;' b) sur la presence d'tiu' certain no~bre d'agents de vulgarisation de. 11 elevage et d 1agents techniques du Minis tere de 11 agri­ culture qui aident les eleveurs a adopcer des techniques rationnelles de production at d'utilisation des denrees d1affourageaent; c) sur la cr~ation de relations permanentes entre l'organe de financement (la BNT) , les elevaurs et les services de vulgari­ sation; et d) sur 1 'encouragement du developpement des industries semi­ agricolas : traitement des produits laitiers, centres de collecte, conservation sous le regime du froid, par exemple. 5.10 Vingt quatre pour cant des eleveurs beneficiaires d'une aide financiere pour la production laitiere n1avaient pas eu d 1 experience prealable, 37 % possedaient deja des aniillaux de races locales ou ameliorees at 38 7. avaient deja des sujets de races pures importes ou nes en T~isie. La financement a interesse un total de 910 vaches laitieres dont 500 importees et 410 nees en Tunisie. Ce nombre aurai: du etre porte a environ 1.500 ou 1.800. Toutefois, une extrapolation a partir des exploitations visitees lors de l'achevement du projet montre que 1.200 vaches lai~ieres environ seulement ont ete ajoutees au troupeau qui existait avant le projet, autrement dit que les 910 vaches laitieres financees n'ont augmente en nombre que de 31 7. dans la periode d'execution au projet terminee a 1a fin de 1977, ce qui correspond a une augmentation annuelle du troupeau dfenviron 6 % au lieu des 10 a 13 Z normalement attendus. Cet etat de chose a eu principale­ ment pour cause l'attitude des eleveurs a l'egard des progres des cultures fourrageres dans le cadre du projet (par. 5.05). S.ll Deux budgets d'elevage representatifs ont ete prepares pour les eleveurs de vaches lai:ieres financees dans Ie cadre du projet. Ces budgets montrent des taux de produc:ivite de 17 i! at 32 % environ; 'le deuxie:ne d'entre eux d'ailleurs cient comote aussi au revenu additionncl obtanu oar l' iHevage des volailles. 1.' expl~itation laitiere, elle-merne, s' est rev'alee moins profitable que prcyu (26 Z) a c~use des relations de prix. De fait, 1es exploitants S~ sont rarement specialise~ dans la production de lait. - 33 ­ 5.12 Le taux de productivite finartciere attendu ;:Jour les exploitations laitieres slechelonne entre 13 7., pour une exploitation dont la production est: de 100.000 litres et 27 % pour une ex~loitation d'une canacite de 200.0no litres, dans un cas comme dans I'autre sans achat de lait frais. Pour Ie calcul du taux de rentabilite economique generale du projet, on a admis que l'exploitation disposerait d'une capacite de 200.000 lieres at que les achats de lai t frais ne correspondraient .qu' a la production de fromage. Dans cette hypothese le taux de rentabilite financiere serait d'environ 23 :. C. Palmeraies 5.13 Ceete sous-categorie est celle dent l'incidence sur le developpe­ ment agricola du pays a ete la plus forte. Nauf cent hectares d'une region desertique ont ete plantes en palmiers dattiers. Du fait de ce succes, plus de vinge societes civiles de mise e."1. valeur (SON), composees de cult:ivateurs independants, ont: ete creees et ont depose des demandes de pret a la aNT a l'effet de creer des palmeraies pour lesquelles le gouvernement fournirait les terres. Bien que trois seulement de cas societes civiles soient entrees en vigueur, les membres des autres suivent les progres des palmeraies creees par la STIL. Les reserves d'eau souterrai~e existante du type nappes artesiennes ont ete e.~ploitees et des ernplois ont ete crees pour plus de 1.000 travailleurs permanents. ce qui contribue a la sedentarisation ce la population ncmade d~~s la region. Bien que la produc~ion des pal~eraies o'ait pas encore attaint la normale, les hypotheses faites par les missions d'evaluation sa revelent correctes. Ce qui nla pas ete atteint. c'est seulement le pourcentage envisage de la production· des cultures intercalaires. Eo 1977, il n'y a eu de cultures intercalaires que sur 20 ha alors que l'evalua~ion avait esti:e que la superficie de ces cultures serait de ~180 ha. D'apres les explications donnees par la STILt le retard serait cause par le manque de main-d'oeuvre. Dans les six prenieres annees, tous les travailleurs permanents ont da s'employer a la creation des planta~ions. Toutefois. a partir de 1978 ils pourront ete."I.dre la superricie des cultures intercalaires. Le revenu financier que l'evaluation estiaait devoir provenir au supplemen~ resultant des cultures intercalaires a ete compense et au-dela par la hausse des prix a l'a~portation des dattes dans les exploitations de la STIL e.~istantes. L'exoerience acquise par la STIL eoseigne que les nouvelles plantations co~~encent a porter des fruits des 1a troisieme annee et non 1a cinquieme parce qu'elles re~oivent une irri­ gation et des engrais appropries. A S~dada, par exemple, la STIL a recolte la troisieme annee sur 7S ha 2,4 tonnes de dattes, ce qui correspond a 0,5 kg par ar~re. Le rendement croit annuellement jusqu'a la quinzie~e annee pour atteindre environ 40 kg par arbre. La STIL fait des economies sur les derenses de fonctionnement en vendant ou en utilisant les rejets des palmiers plantas a concurrence de 5 rejets 9ar arbre at cela parfois jusqu'a la dixieme annee de dcveloppemenr.: approximati'lement. Ces rejets servent a remplaccr les -plants morts (10 % environ) ou pour creer des plantations nouvelles. La STIL a l'intenr.:ion d'approvisionner les cooperatives en voie de creation dans lea zones de Djerid et de ~efzaoua. - 34 ­ 5.14 La taux de rentabi1ite financiera des ?aL~iers est de 22 7. contre 14 Z au moment de l'~valuation. La difference est due a la haussa du prix des dattes a l'exportation qui est proportionnelle~ent plus forte que l'augmentation des frais d'investissement et de fonctionnement. 5.15 La taux de rentabilite cconomiaue d'ensemble du projet en prix constants de 1971 depasse 30 7. contre 22 % au moment de l'eva1uation. Cette augmentation est due principale~ent a l'amelioration du taux de rentabiiite des plantations de dattiers et a l'addition d'une laiterie dans le projet. - - 35 ­ VI. ROLE DE LA RANQUE 6.01 Etant donne la situation de l'agriculture au moment de l'evaluation (1970), les elements du projetont ete identifies correcte~ent. L'exclusion du financement des agrumes du Cap Bon se justifie. Les fonds pour les exploitations laitieres ont ate surestimes si on considere les conditions auxquelles les prets secondaires etaient lies et les terees de l'echange dans ce sous-secteur. 6.02 Il aurait ete logique d'inclure aussi les services auxiliaires de la BNT dans Ie tableau du coGt du projet comme on l'a fait pour les services de vulgarisation de la production laitiers. II aurait merne valu la peine que la Banque participe au financement du personnel local de la BNT et des services de vulgarisation puisque la ENT et le Ministere de l'agriculture n'ont pas prevu tous les concours techniques necessaires au projet (par. 3.12 a 3.22). Une intervention directe de la Banque aurait aide a renforcer les services. 6.03 Des tableaux de l'effectif de la mission de preparation et des missions de supervision sont donnes a l'Annexe 7eta. l'Annexe 8. Quatorze missions ont supervise le projet entre Ie mois d'aout 1971 et le mois de novembre 1977. Leur frequence moyenne, soit 5,4 mois, peut etre consicieree comme suffisante. Au cours des 14 ~ssions, 12 membres du personnel sont intervenus mais l'un d'eux a participe six fois aux operations de super­ ... ; vision, un autre quatre fois, sL~ autres deux ou trois fois. On estice que le temps moyen passe sur place a. la supervision du projet est de 16 hommes-jours avec une diminution ver la fin du projet. Toutes les missions ont compris un analyste financier ou un specialiste des credits ou un economiste a cause de la nature du projet et de la structure insti­ tutionnelle impliquee. 6.04 Le classement donne par 1a mission a semble en general justifia (Annexe 8) • bien que dans quelques cas il ait ete un peu t=op opti~iste, vu les difficultes rencontrees pour 1a Categorie I (B) du projet et les retards permanents de 1a verification des comptes. Le manque de supervision des prets secondairas aurait peut-etre dG atre mis davantage en evidence non seulement par les missions de supervision mais aussi dans,1a corres­ pondance qui a fait suite et lors des deplace~ents de membres de la direction. 6.05 Les rapports trimestriels de la EN! ont ete satisfaisants; lIs ont ate re~us reguliere~ent par 1a Banque quoique tard1vement dans cercains cas. !res rarement, pourtant, 1a Banque donne des commentaires sur les rapports trimescriels ou annuels en dehors d'u~ simple accuse de receotion. Iei aussi, 11 y a place pour une amelioration dans le Deuxieme projet' de credic agricole • . , . ~ '. I ;" - 36 ­ 6.06 Dans les negociations et les discussions, avec la EN! et le gouvernement, La Banque ne paratt pas, avec le recul. avoir toujours ete tres constante et tres ferne. La question du taux d' interet soule'lee lars des negociations et a maintes reprises par La suite a etc traitce d'une fa90n tres vague au debut. L'Accord de pret specifiait au taux d'interet de 8 i. mais le proces-'lerbal des negociations admettait une subvention de 2 % pour une periode transitoire dont la limite de duree n'etait pas specifiee. On aurait du prevoir lors des negociations que cet etat de chose menerait inevitablement a ·des difficultes par la suite. 6.01 D'autre part, l'une des grandes reussites du projet a ete d'aboutir apras un long dialogue. a l'unifoLmisation des conditions de pret .'\ pour l'agriculture en Tunisia. C'est grace a ce dialogue continu qu~ le gouvernement a adopte en 1977 des dispositions legislatives aux terrnes desquelles les conditions de pret ne sont decidees non plus par les Sources des fonds mais d'apres la nature de l'invest1ssement et la qualite de l' agrlculteur. '. • 15 :evrier 1978 .J III PROJECT COHPL£TION RIWOIlT 'nllHSIA " AUr lculturul Crcd it I I.oan 119/Cred Ix 261-'j'lJl! ProJect COlllpollcntll Prollosed by liNT. Retained at Aeeralaal. and Actudly Financed UecofiUocndnt1on of . ItclIID Actually }'lllanced Under RecommendAtion of UNr AppratoAI Mt6uion the Project EnvtlHl!;cd Env iullsed Inv I-;ja&ed- CoIIteKory ItCII4 Inveotment Item Inveatment ItclII lovcutmcnt (DJn. Million) ---------------------------------­ farm Hachinery 1100 tuctOI:ll !i. !i 460 wheel tr.ctora 4.8 299 wheol tractou 1.5 110 crnwler II 1.5 craIJler .. 2/00 combine III1rveoter. 11 5 cOIWbJno hllrvellterll 972 loana for aCCCl.I­ W lIorie. -.J Dllir), faUlt.! 1000 imported !leitera l.!. 0.1 iJ! 1000 huifeu 1.1 900 baifeu 0./0 Dllte 1'111114 Pluntationa 1300 hll 2.1 is:. 900 ha (600 118 in 1.1 900 hll (laO ha in 2.0 tfehlloua. lOO lIa ill Hef~noull. JOO h. 1A OJ erid area) DJerJd ana) Oechllnt Dcve}ol)mcnt 1550 ha 1.1 Deleted 0 Deleted o flu 1 ry PltHI r Not included 0 Not included . 0 Dairy PlllAt 5.6 SUIIIH.rr Servicell El'llertll &. vehicles Jh!. 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Основные сведения
Тип документа Project Performance Assessment Report
Дата принятия
Страна Тунис
Источник Всемирный банк