UNITED NATIONS WORLD HEALTH OROANIZATION NATIONS UNIES ORGANISATION MONDIALE DE LA SANTÉ WHO/Accid.Prev./1 Rev.l 8 septembre 1955 ORIGINAL : ANGLAIS RESTRICTED MANUEL A Llt..JSAGE DES MEDECINS CHARGES DlEXAMINER LES CANDIDATS AUX PERMIS DE CONDUIRE DES VEHICULES AurOMOBILES La question de l'aptitude mentale et physique des conducteurs fut étudiée par le Comité d 1experts en matière de permis de conduire que les Nations Unies avaient convoqué en 1952 en vue d 1étudier l'élaboration d'un règlement uniforme minimum pour la délivrance des permis de conduire des diverses catégories de véhicules automobiles~ Ce Comité recommanda notamment que 1 10MS prépar€t un manuel énonçant les règles à suivre par les praticiens lors des examens portant sur l'état de santé, la vue et 1 1ou!e. Ce manuel à l'usage des médecins a été rédigé par le Groupe de consultants sur les normes médicales à imposer pott":" la. délivrance des permis de conduire des véhicules automobiles réuni par 1 10MS à Genève du 29 aoat au 2 septembre 19551 avec la participation des Nations Unies, de 1 10IT et de la Fédération internationale des Sociétés d'Ophtalmologie. INTROD'OCTION 1. Etant donné le nombre considérable et toujours croissant de véhicules en cir~ulation sur les routes, il est indispensable de veiller, dans 1 1intér@t de la sécurité, à ce que les conducteurs possèdent autant que possible un degré satis- faisant d 1aptitude physique et mentale. Dans 1 1intér€t de la sécurité des voyageurs, il faut exiger en outre un degré élevé d 1aptitude chez ceux qui ont à conduire des véhicules de transport en commun. On ne possède guère de données montrant la rela- tion entre la fréquence des accidents et les déficiences physiques ou mentales des conducteurs mais, puisque la plupart des accidents sont dus à des défaillances individuelles, on peut raisonnablement admettre qu 1il y a intér@t à ce que ceux qui WHO/Accid.Prev./1 Rev.l Page 2 sont au volant d'un véhicule automobile soient suffisamment en possession de leurs moyens physiques et mentaux. La santé et le bon état physique contribuent dans une mesure considérable à maintenir 1 1aptitude à conduire des véhicules de transport en commun et tendent par là m€me à engendrer la confiance chez les usagers. Le conduc- teur d 1un de ces véhicules est responsable de la sécurité de quelque 6o ou 70 passa- gers et cette considération doit ~tre primordiale lorsqu'il s'agit d'établir l•apti- tude à conduire. Des considérations analogues valent également pour les conducteurs de camions. Dans les pays où les autorités chargées de délivrer les permis exigent que l'intéressé subisse au préalable un examen médical, il est donc indispensable, dans 1 1 intér~ de la sécurité routière, d'apporter le plus grand soin tant à l'exa- men l~i-m&me qu'à l'établissement du rapport sur l'aptitude du candidat. Bien que ~es dispositions administratives et les normes médicales auxquelles doivent satis- faire les conducteurs de véhicules automobiles varient considérablement suivant les pays, nous espérons que les informations générales que 1 1on trouvera ci-après pour- ront &tre utiles à tous. Le présent manuel donne des indications sur les principes intéressant les médecins examinateurs; ceux-ci doivent évidemment appliquer les prescriptions fixées dans chaque pays par les autorités habilitées à délivrer les pernis; toutefois, dans les limites des règlements en vigueur, les recommandations formulées ici pourront, croyons-nous, les aider à se prononcer sur l'aptitude mé- dica1e du candidat. Ce faisant, les médecins examinateurs devront forcément faire nppel Cans chaque cas à leur propre jugement; les notes qui suivent sont unique- ment destinées à leur servir de guide et 1 1exacen lui-m€me ne doit ~re pratiqué que par des médecins qualifiés. Bien que l'examen médical des conducteurs de voi- tures particulières, de motocyclettes et autres petits véhicules ne soit pas tou- jours obligatoire, ces conducteurs sont forcément amenés, un jour ou 1 1autre, à se confier aux soins d 1un onnipraticien. Le présent manuel vise donc à offrir queJques directives aux médecins praticiens qui peuvent ~re appelés à donner des conseils à ceux de leurs malades qui conduisent sur la route des véhicules de quel- que type que ce soit. Les ouvrages de Dunlop (1945), Selling (1941) 1 Herschensohn (1940) et Kerr (1953) contiennent par ailleurs des indications générales concernant les normes médicales d'aptitude à la conduite des véhicules. WHO/Accid.Prev./1 Rev.l Page 3 2. Dans certains pays 1 les candidats doivent passer une épreuve pratique de con- duite pour obtenir le permis de conduire un véhicule autocrobile; l'examinateur est alors en'mesure de s'assurer que la capacité visuelle du candidat·est suffisante pour les be- soins pratiques et que ses membres fonctionnent apparenment assez bien pour la conduite du véhicule. 3. Les entreprises de transports demandent parfois à des médecins d 1exaciner les conducteu~s du point de vue de leur capacité de travail, par execple pour savoir si les intéressés ne risquent pas d 1avoir de trop fréquentes absences par suite de ca- ladie. Le présent manuel n 1a pas pour objet de fixer des critères pe~ttant de dé- terminer l'aptitude des conducteurs à un ecploi lors des examens médicaux préalables ou périodiques : il vise uniquement à formuler des critères en vue des cas où l 1état de santé d 1un individu ne permet pas à celui-ci de conduire sans danger, obligeant par conséquent l'autorité responsable à refuser, dans 1 1 intér~ de la sécurité routière, de délivrer ou de renouveler le pernis. 4. Il est recommandé de faire inscrire sur chaque pernis de conduire le groupe sanguin du titulaire. 5· Nous exacinons essentiellement, dans ce manuel~ deux catégories de conduc- teurs de véhicules automobiles : a) les conducteurs de véhicules automobiles légers; b) les conducteurs de véhicules automobiles lourds. Les véhicules automobiles légers comprennent les véhicules à moteur figu- rnnt dans les catégories A et B de 1 1annexe 9 à la Convention sur la circulation routière conclue à Genève le 19 septembre 1949; ce sont : A. · Motocycles avec ou sans sidecar, voitures d'infirme et automobiles à trois roues dont le poids à vide n'excède pas 400 kg (900 livres),1 B. Automobiles affectées au transport des personnes et comportant, outre le siège du conducteur, huit places assises au maximum ou affecté~s au tranSport des marchandises et ~t un poids maximum autorisé qui n'excède pas 3.500 kg (7.700 livras). Aux automobiles de cette catégorie peut ~tre attelée une remorque légère. . ..... 1 Les conducteurs de scooters à moteur devraient @tre considérés, du point de vue phy- siologique, comme des conducteurs de véhicules automobiles légers et ~tre soumis, en conséquence, aux m~mes règles pour l'obtention d'un permis. WHO/Accid.Prev./1 Rev.l Page 4 Les véhicules autocobiles lourds comprennent les véhicules ~ moteur fi- gurant dans les catégories C1 D etE de l'annexe 9 à la Convention précitée; ce sont : C. Automobiles affectées au transport des marchandises et dont le poids maxinum autorisé excède 3,500 kg (7.700 livres). Aux automobiles de cette catégorie peut €tre attelée une recorque légère. D. Auto~obiles affectées au transport des personnes et comportant, outre le siège du conducteur, plus de huit places assises. Aux automobiles de cette catégorie peut être attelée une remorque légère. E. Automobiles de celle des catégories B1 c, ou D pour laquelle le conducteur est habilité, avec remorques autres qu 1une remorque légère. En général, les conditions médicales à recplir doivent être plus rigou- reuses pour les conducteurs de véhicules automobiles lourds, en particulier pour ceux qui assurent des transports de voyageurs, que pour les conducteurs de véhicules automobiles légers, étant donné la responsabilité assumée envers les passagers et le fait que les conducteurs de véhicules lourds passent habituellement sur la route de nombreuses heures par jour : ils sont donc exposés aux risques d1accidents pen- dant une plus longue durée que les conducteurs de véhicules automobiles légers; 11 est vrai d'ailleurs qu'ils possèdent d'ordinaire une expérience et une habileté plus grandes et ont par conséquent ~oins d'accidents. TECHNIQUE D'EXAMEN 6. Il est indispensable que la personne à examiner soit.entièrement dévêtue, faute de quoi d 1importantes déficiences physiques pourraient passer inaperçues. L'examen doit €tre pratiqué sous un bon éclairage et l'équipement de ln salle d'exa- men doit permettre, à tout le moins, le contr8le de l'acuité visuelle, l'examen ophtalmoacopique s 1il y a lieu, la recherche du sucre et de l'albumine dans 1 1urine 1 1 1otoscopie et la mesure de la pression artérielle. Parmi les examens spéciaux qui sont parfois nécessaires, citons l'électrocardiographie, la radiographie de la cage thoracique ou d'autres parties du corps, la détermination de la glycémie et 1 1élec- troencéphalographie. WHO/Accid.Prev./1 Rev.l Page 5 · 1· Les médecins qui sont appelés à pratiquer un grand nombre d'examens trou- vent souvent avantage à procéder de façon systématique. Par exemple l'exanen peut se dérouler dans l'ordre suivant : vue et audition, puis cage thoracique, membres supé- rieurs, membres i~férieurs, abdomen, pression artérielle et analyse d'urine. On trou- vera au paragraphe 6o une suggestion détaillée d'examen systématique. 8. En règle générale, l'examen médical des candidats au permis de conduire des véhicules automobiles doit se fonder sur les critères suivants : i) Le candidat est-il physiquement et mentalement apte à manoeuvrer les com- mandes et à maintenir l'effort nécessaire pendant une longue période ? 11) La capacité visuelle et auditive du candidat est-elle suffisante ? iii) Le candidat risque-t-il de perdre subitement connaissance au volant ? iv) Le candidat est-il exposé à ressentir une grande fatigue à la fin de la journée, avec accroissement correspondant des risques d'accident ? Si la réponse à ces quatre questions est satisfaisante, le candidat peut sans danger être autorisé à conduire. Si 1 par contre, on décèle chez lui une mala- die ou une infirmité susceptible de devenir chronique ou évolutive, on doit le met- tre en observation ou bien on peut lui délivrer un permis de validité spécialement limitée- DETERMINATION DE LA CAPACITE VISUELLE ET NORMES APPLICABLES 9. Il est superflu d'insister sur l'importance d 1une bonne vision. Bien qu 1on ne possède pas d'informations ou de statistiques sares concernant le rapport entre l'acuité visuelle et la fréquence des accidents, certains renseignements ont du moins été recueillis à ce sujet par le 11Centre d 1Informtion sur la Sécurité routière" de l'Organisation mondiale du Tourisme et de l'Automobile (OTA) dont le siège est à Londres. Il ressort d'indications re.ssel'!lblées en Californie en 1936 et 1938 que chez les conducteurs de véhicules automobiles arrêtés pour avoir intercepté un autre véhicule, l'acuité visuelle de 1 1un des yeux était inférieure à la normale dans plus de la moitié des cas. L'enquête californienne a permis également de constater que 1 1acuité visuelle était meilleure chez les conducteurs de véhicules vffiO/Accid.Prev./1 Rev.l Page 6 automobiles n 1ayant jamais eu d 1accident que chez ceux qui en avaient eu: dans un assez grand nombre de cas où le conducteur en cause avait une vision-défectueuse d 1un oeil, son véhicule avait heurté un autre véhicule ou un piéton venant du c8té de 1 1oeil faible •. Ces conducteurs ignoraient leur déficience visuelle. Une enqu@te sur 103 accidents mortels survenus à des croisements de routes a montré que 71 d 1entre eux mettaient en cause des conducteurs de véhicules automobiles ayant une vision dé- fectueuse d 1un oeil; dans 61 de ces cas, le conducteur était entré en collision avec une voiture venant à sa rencontre du c8té de l'oeil atteint. On trouvera dans Fletcher (1948) un bon résumé critique de ces constatations. Une autre enquête, faite dans le Michigan, a révélé de m@me que les conducteurs de véhicules automobiles n'ayant pas eu dlaccident avaient une acuité visuelle significativemeut supérieure à celle des conducteurs aux multiples accidents (Fondation Eno1 1948). Dans tous les cas où 1 1acuité visuelle est inférieure à la normale, il est nécessaire de rechercher si une maladie oculaire n'est pas à l'origine de cet affaiblissement. La vue peut baisser de façon insidieuse par suite de la formation d 1une cataracte ou autre maladie oculaire et le conducteur intéressé peut ne pas avoir conscience de l'affaiblissement de sa vision ou bien il persiste à t~~duire m@me s 1il s•en rend compte. Pour ces diverses raisons, un examen de la vue et des normes de vision doit être exigé des deux catégories de conducteurs : i) les conducteurs de véhicules automobiles lourds; ii) les conducteurs de véhicules auto- mobiles légers. FREQUENCE DES EXAMENS DE IJ, VUE 10. Pour des raisons de sécurité, il est souhaitable que les conducteurs de véhicules automobiles lourds soient soumis à un examen de la vue au moins tous les cinq ans jusqu'à 65 ans, et chaque année s'ils continuent à exercer ~~r~te. En ~~il ost impossible d'examiner périodiquement la vue des conducteurs de véhicules automobiles légers, ces conducteurs étant trop nombreux. Lorsque l'admi- nistration qui délivre les permis de conduire exige au préalable un examen de la vue, le médecin examinateur devrait avoir le droit d'exiger que le candidat subisse des épreuves plus fréquentes lorsque ce contr8le supplémentaire lui parart nécessaire. WHO/Accid.Prev./1 Rev.l Page 7 NORMES DE VISION ( i) DES CONDUCTEURS DE VEHICULES AUTOMOBILES LOURDS 11. Acuité visuelle. L'acuité visuelle des conducteurs de véhicules auto- mobiles lourds doit toujours @tre contr8lée par un médecin et, s'il y a un doute sur l'opportunité d'accorder le permis de conduire, le candidat doit @tre envoyé à un ophtalmologiste. L'acuité visuelle totale doit @tre d'au moins seize à dix-sept dixièmes (16-17/10) en vision binoculaire (avec verres correcteurs s'il y a lieu),par exemple 1 Oeil droit Oeil droit 1,0 o,6 Oeil gauche Oeil gauche 0,7 1 1, 0 etc. Pour faciliter la comparaison, voici les équivalences de normes suivant la notation : Notation décimale Notation américaine Notation anglaise Notation allemande 0,1 20/200 6/6o 5/50 6/36 (0,17) 5/40 (0,125) 5/30 (0,17) 0,2 20/100 6/30 5/25 20/80 (0,25) 6/24 (0,25) 5/20 (0,25) 20/70 (0,28) 0,3 20/6o (0,33) 6/18 (0,33) 5/15 (0,33) o,4 20/50 - 0,5 20/40 6/12 5/10 o,6 20/30 (o,66) 6/9 ( 0' 66) 5/7,5 (0,66) 0,7 o,B 20/25 0,9 1,0 20/20 6/6 5/5 - WHO/Accid.Prev./1 Rev.l Page 8 Si l'acuité visuelle sans verres correcteurs est inférieure à ces normes, il est indispensable que le conducteur porte constamment des verres quand il conduit et cette obligation doit être inscrite sur le percris de conduire. Lorsque les noroes visuelles ne sont atteintes qu'avec des verres correcteurs; l'intéressé doit en porter sur lui une paire de réserve. Pour qu'on puisse déceler la formation d'une cataracte o.u d 1une autre affection oculaire troublant l'acuité visuelle, toutes les personnes qui sollicitent pour la première fois un permis de conduire des véhicules automobiles lourds devraient subir un examen ophtalmologique; par la suite, l'examen ophtalmolo- gique devrait être répété au cas où 1 1acuité visuelle, corrigée par des verres, se- rait inférieure ou égale à OJ5 pour chaque oeil. Les personnes borgnes ne doivent pas être autorisées à conduire un véhicule automobile lourd. 12. Cham~ visuel Pour conduire sans risque, il est évidemment indispensable d'avoir une bonne vision latérale des deux eStés. Il arrive, dans certains cas, que le champ visuel soit fortement réduit (vision tubulaire) et ce trouble grave doit entrafner 1 1interdiction de conduire n'importe quel véhicule à moteur. Le champ visuel peut être exactement mesuré à l'aide de 1 1un des périmètres ou arcs périmétriques qu'on trouve sur le marché, mais ce test prend de 20 à 30 minutes. Il ne peut donc pas être pratiqué de façon courante par les omnipraticiens ni pour l'examen d'un grand nombre de candidats. Le "test de confrontation" offre en revanche un moyen de con- tr6le pratique et commode : le médecin se place en face du sujet, recouvre les yeux de celui-ci l'un après l'autre et demande au sujet de diriger le regard de son oeil ouvert vers le nez de l'examinateur. Un mouvement des doigts à l'extrémité périphé- rique du champ visuel doit être également perçu alors par l'examinateur et par le sujet, à condition que le champ visuel du premier soit normal. Toute personne chez laquelle le"test de confrontation" fait découvrir un net rétrécissement du champ visuel doit être envoyée à un ophtalmologiste pour avis complémentaire. 13. Visio~ chromati~e L'expérience montre qu'il n•est pas nécessaire pour les conducteurs de véhicules automobiles de distinguer exactement les couleurs. Aucune épreuve de vision chromatique n'est donc recommandée. 14. . Strabisme et diplopie WHO/Accid.Prev./1 Rev.l Po.ge 9 Le permis de conduire ne doit pas 8tre délivré à un candidat atteint de diplopie avérée. Les candidats atteints de strabisme doivent être envoyés à un ophtalmologiste pour examen. 15. Vision stéréoscEPique e~rofondeur1 .équilibre oculo-moteur et vision nocturne Il n'est pas indispensable, dans les examens ordinaires de la vue des conducteurs de v?hicules automobiles lourds, de pratiquer des épreuves de vision binoculaire, de vision stéréoscopique en profondeur, d'équilibre oculo-moteur ni de vision nocturne, mois on peut demander à un ophtalmologiste de faire subir ces épreuves aux sujets dont on a lieu de suspecter la capacité visuelle. NORMES DE VISION (ii) DES CONDUCTEURS DE. VEHICULES AUTOMOBILES· LEGERS 16. L'acuité visuelle de tous les candidats devrait être contr8lée par l'exa- minateur technique nu moyen de l'échelle de Snellen ou d'une échelle analogue. On doit exiger une acuité visuelle totale d 1au moins 0 1 8 en vision binoculaire, avec verres correcteurs s 1il y a lieu. Les candidats échouant à ce test doivent ~tre envoyés à un ophtalmologiste pour examen. Tous les candidats borgnes et ceux dont la vision de 1 1un des yeux est inférieure à 0,1 avec verres correcteurs doivent $tre envoyés à un ophtalmologiste pour examen et une vision de 01 8 doit @tre exigée pour l 1oeil en bon état. AFFECTIONS DE L t OREILLE 17. Diminution de l'audition Pour examiner l'audition des candidats au permis de conduire des véhicu- les automobiles, on peut procéder pratiquement de ln manière suivante : l'examinateur se tient derrière l'intéressé et lui bouche une oreille après 1 1autre; il le prie de répéter une série de nombres, choisis au hasard, que lui-~@me prononce d 1abord à haute voix, puis en chuchotant. On peut ainsi noter, pour chaque oreille, la dis- tance à laquelle le cnndidat perçoit la voix parlüe et la voix chuchotée. On prétend vffiO/Accid.Prev./1 Rev.l Page 10 parfois que ce test n'a qu'une valeur très relative parce que l'intensité de l'émis- sion de voix varie beaucoup suivant l'examinateur, mais ce n 1est pas tout à fait exact; en effet chaque examinateur arrive, avec une expérience suffisante, à appré- cier avec une grande sensibilité toute variation qui se produit dans l'audition chez un sujet. Une autre épreuve pratique consiste à faire entendre nu candidat le tic-tac d'une montre mais, comme dans l'épreuve du chuchotement, ce sont surtout les fréquences élevées qui sont examinées. L'épreuve au moyen d 1un audiomètre n'est que rarement pratiquée pour les examens courants et il n'y a pas de raison de le faire, sauf si la fonction auditive est plus que moyennement atteinte. D'autre part, le degré de surdité d'un individu peut varier beaucoup d'un jour à l'autre; aussi une épreuve pratique est-elle préfürable au test eudiométrique qui est plus sensible. En ce qui concerne les conducteurs de véhicules automobiles, il n'existe pas de normes d'audition généralement admises, et l'on est surpris de constater à quel point les renseignements font défaut sur les risques éventuels de la surdité. Une enqu@te auprès des compagnies d'assurance de Grande-Bretagne ( 11Rex" 1953) a révélé que certaines d'entre elles refusent d 1assurer les conducteurs sourds, mais que la plupart préfèrent ne pas prendre une position catégorique et considèrent cha- que cas comme un cas d'espèce. Le m~me document fait état d 1une étude scientifique dont la conclusion était qu'un sourd ne risque pas plus de provoquer des accidents qu'une personne entendant normalement et que la proportion des accidents était m€me légèrement plus faible chez les conducteurs sourds. D'après les auteurs, la raison en serait que les sourds sont particulièrement conscients de leur infirmité et se montrent d1autant plus prudents. Une intéressante étude sur 1 1 inportance de l'audition pour les conducteurs d 1autonobiles a été faite par Macfarlan (1937) qui considère que les sourds sont généralement de bons conducteurs; ils sont prudents et attentifs parce qu'ils connaissent les risques qu 1ils prennent. Si une audition normale est un avantage incontestable pour un conducteur, elle n'est nullement in- dispensable. En certains cas, l'audition peut u~me ~re plus aiguë au milieu du bruit de la circulation que duns une pièce tranquille; on peut se demander si la sécurité de la conduite est sensiblement accrue lorsque l'intéressé possède une ouïe très sensible, comme celle qu 1il faut avoir pour entendre un chuchotement éloigné dans une pièce silencieuse. On estime parfois que pour entendre les HHO/Accid.Prev./1 Rev.l Page 11 véhicules qui cherchent à doubler, une bonne audition de l'oreille gauche est plus importante dans les pays où les véhicules roulent sur la droite de la route, mais il ne faut pas exagérer cette inportance car, quel que soit le c6to affecté, une sur- dité unilatérale rend toujours plus difficile la localisation d'un bruit. Il est peu probable qu'un léger affaiblisse~ent de l~ure constitue un danger chez un conducteur compétent et expéri~enté ou diminue sérieusement son aptitude à conduire. Burger (1937) estime qu'une bonne audition est indispensable au conducteur de transport en commun. Il est incontestable que 1 1on ne doit pas accorder à des dé- butants un permis de conduire des véhicules automobiles lourds s 1ils présentent un degré de surdité tant soit peu accentué. En revanche, si un conducteur expérimenté devient sourd, on peut le laisser continuer de conà .. uire, à moins que le degré de surdité ne soit assez grnve pour l'e~pêcher d'accomplir son travail ou ne risque d'accroftre la fr{quence des accidents. Une réduction notable de l'acuité auditive doit être considérée co~me une contre-indication pour la conduite de tout véhicule auto~obile. L'emploi d'appareils acoustiques ne saurait présenter le moindre avantage à cause des bruits étrangers, de la variabilité et des défauts mécaniques que peu- vent présenter ces instruments et de la difficulté qu'éprouve le porteur à localiser l'origine d 1 un son. Il ne faut donc pas autoriser le port d'un de ces appareils. Chez les conducteurs ~P1'el0s à conduire à des altitudes élevées, il est utile de s'assurer que les trompes d 1Eustache ne sont pas obstruées. 18. Vertiges. e~ troubles vestibulaires Les personnes sujettes à êtes .vertiges soudains, par exemple cel'!.es qui présentent un synà.rot':le de Ménière avec bourdonnements., surdité et vertige, ne doivent pas @tre a.ut~ris6es à conduire des véhicules au.tomobiles. En cas d'otite moyenne chro- nique suppurée provoquant des vertiges auriculaires, on ne doit pas délivrer de per- mis de conduire des véhicules de n'importe quelle catégorie. Lorsqu'un conducteur expérimenté présente une otite suppurée, il faut le mettre en observation et lui faire suspendre ses fonctions dès que le vertige auriculaire apparatt. Dans certains cas de labyrinthite idiopathique, il est indispensable que le chauffeur interrompe son travail, mai~ en g6néral, il peut le reprendre quelques semaines après sa guérison. WHO/Accid.Prev./1 Rev.l Page 12 Dans les cas douteux, lorsqu 1on suspecte des vertiges auriculaires ou une labyrin- thite, il est prudent d 1envoyer le malade à un auriste pour avis. ETAT GENERAL 19. Pour exercer un emploi ce conducte~r de véhicules automobiles lourds, il est indispensable d 1@tre en bon état généralq Les conditions physiques requises dé- pendent dans une large mesure de la nature du véhicule; dans la plupart des modèles modernes il n 1est pas nécessaire, pour manoeuvrer les commandes, de posséder une grande force physique. 20. Membres supérieurs Il faut examiner les mouvements des articulations des épaules, des coudes, des poignets et des doigts et rechercher toute atrophie musculaire. Le blocage dJune articulation de 1 1épaule; s'il est indolore, ne gêne pas forcément pour conduire. En revanche, l'ankylose d 1une articulation du coude peut constituer un lourd handicap et les individus atteints de cette incapacité ne devraient pas, en principe, Gtre autorisés à conduire des véhicules automobiles lourds. S 1il s 1agit d 1un conducteur expérimenté, on peut en certains cas l'autoriser à continuer son métier, à condition que l'angle de bloc?.ge le permette, c'est-à--dire qu 1il corresponde environ à 135° et se trouve à mi-chemin entre les positions de pronation et de supination. Les can- didats qui solliciteiJt pour la première fois un permis de conduire doivent pouvoir effectuer parfaiteme~t les mouvements de pronation et de supination et convenablement les mouvements de flexion et d'extension de l'articulation du poignet. En général, 1 1ankylose des articulations des doigts n 1empêche pas de conduire, mais si un ou plusieurs doigts sont amputés il faut mesurer le degré de préhension pour s 1assurer qu'il permet le maniement convenable des c0nmandes d'un véhicule. L'atrophie muscu- laire, si elle n 1 est pas progressive, ne s 1 oppose pas à la délivrance d'un premier permis de conduire, à condition que le candidat possède une force suffisante pour manipuler les co~ndes. Lorsqu 1il s 1agit de conducteurs de véhicules automobiles légers qui seront en général examinés par leur médecin à titre de clients plutat qu'à la requête de l'administration qui délivre les permis de conduire, toute inca- pacité physique atteignant les bras doit Stre nppr·éciée en fonction de la conduite WHO/Accid.Prev./1 Rev.l Page 13 d 1un petit véhicule automobile. S 1il y a une incapacité grave, il faut envisager l'utilisation d 1un véhicule ~pécialement adapté et le conducteur aurait intér@t à informer l'administration de son incapacité. Dans certains pays, des examens de conduite spéciaux ont été organisés pour les conducteurs physiquement diminués. 21. Membres inférieurs Les candidats au permis de conduire des véhicules automobiles lourds doi- vent pouvoir effectuer sans aucune gêne ni douleur les mouvements des hanches, des genoux et des chevilles; ils doivent €tre exempts d'atrophie musculaire et posséder une force musculaire suffisante dans chaque membre. Les personnes présentant une ankylose de 1 1articulation du genou ne doivent pas @tre autorisées à conduire des véhicules automobiles louras·. Lorsqu 1un conducteur de véhicule automobile léger est atteint d'une incapacité quelconque desmambree inférieurs, le médecin examina- teur doit lui conseiller de la déclarer à 1 1administration chargée de délivrer les permis. En cas d'ankylose d 1une articulation, le degré d'incapacité varie avec la position dans laquelle est bloquée l'articulation et il se peut que le sujet soit à meme de continuer à conduire son véhicule en toute sécurité. Toutefois, il faut étudier la possibilité d'utiliser une voiture munie de commandes spéciales. Par exemple1 on peut se procurer des voitures.dont le frein principal est actionné non par une pédale, mais par une commande à main placée sur la colonne de _direction. 22. Colonne vertébrale Un candidat atteint d'une affection évolutive de la colonne vertébrale (tuberculose ou spondylarthrite ankylosante, par exemple) ne doit pas @tre autorisé à conduire· des véhicules automobiles lourds tant que la maladie n'est pas stabilisée. Ensuite, s'il n'y a pas d'incapacité ou de déformation grave, on peut sans risque lui permettre de conduire aussi bien des véhicules automobiles lourds que des véhicu- les légers. Il ne faut d'ailleurs pas oublier que la conduite d 1un véhicule est une occupation qui exige· moins d'efforts physiques que beaucoup de travaux manuels. Les personnes atteintes de protrusion d'un disque intervertébral peuventgé- nén.l.fœrt ccn:i.rlro oos "JÛrlct.::b3 a1tanoblles lourds en Jégers n€rœ si. oDes p<rtent un corset ~ oa. ~ artn.."lti'.a-3 ~ En général., lorsque ces personnes sc mot.t,ont à porter le corseji., WHO/Accid.Prev./1 Rev.l Page 14 elles se sentent plus à 1 1aise pour conduire qu'auparavant. A cet égard, le dessin du siège est important : l'appui dorsal doit mre assez bas pour que la courbe nor- / male des reins s 1y adapte confortablement. 23. Les incapacités physiques générales les plus fréquentes que nous avons indiquées dans les paragraphes ci-dessus ne risquent pas d,ordinaire de provoquer une syncope ou une perte brutale de connaissance de l'individu au volant. L'évalua- tion des incapacités physiques doit porter plut6t sur des considérations mécaniques, c'est-à-dire qu 1il faut examiner si l'incapacité ou la difformité constatée risque d 1emp€cher une manoeuvre efficace et rapide et de g€ner le maniement des commandes en toute circonstance et notamment en cas d'urgence, pendant un temps prolongé. 24. Conducteurs infirmes Les personnes atteintes d 1incapacité physique grave, par exemple à la ~u1te de l'amputation dlun pied ou de plus de tro~s doigts, ne doivent pas en principe @tre autorisées à conduire des véhicules automobiles lourds. Quant aux conducteurs professionnels expérimentés, lorsqu'ils présentent une incapacité de ce genre, on peut les obliger à interrompre leur activité, mnis seulement après avoir procédé à un examen approfondi de leur état. En France, par exemple, les dispositions suivantes sont en vigueur : Membres supérieurs - Pour les permis de conduire les véhicules du groupe 1 ·1Durd" (permis C. D. E.).sont éliminatoires : Toutes amputations m€~e unilatérales sauf celles des doigts, à condition que l'opposition avec force complète du pouce au deuxième, troisième ou qua- trième doigt reste possible d•un c6té et que 1 1autre main soit anatomiquement et fonctionnellement intacte, étant entendu que celle-ci doit @tre celle qui ·tient le volant lorsque 1 1autre manoeuvre le changement de vitesse. L'opposition avec force complète du pouce au deuxième, troisième ou qua• trième doigt peut €tre compatible avec des mutilations ~t du pouce et des ~ix doigts aux trois conditions simultanées suivantes : WHO/Accid.Prev./1 Rev.l Page 15 1) gue le pouce ne soit amputé au maximum que de sn phalange terminale avec moignon non douloureux; 2) que 1 1un des doigts ; médius, index, annulaire, ait conservé pha- lange et phalangine intactes avec moignon non douloureux, les a~tres doigts pouvant @tre amputés par désarticulation métacarpe-phalangienne; 3) que la pince fournie par le pouce et celui des trois doigts qui .a conservé phalange et phalangine se fasse avec une force comparable à celle de la main opposée dont la force est normale. Sont éliminatoires toutes lésions fixées des nerfs, des os, des articu- lations, des tendons ou des muscles entrarnant une diminution de force ou d 1excursion d 1un membre comparable aux lésions ci-dessus. Membres supérieurs - Pour les permis de conduire les véhicules du groupe "léger 11 (permis A. B. F.) sont éliminatoires ; Toute infirmité ou mutilation ne laissant pas au conducteur la possi- bilité de conserver à tout moment une action efficace sur le volant, soit de la main valide, soit de la mnin appareillée sJil y a lieu. L'action sur le volant par la seule main appareillée ne peut être admise que si l'articulation du coude est intacte. Un de's .nemb'res supérieurs doit $tre · entièrement intact à 1' exception dJamputations partielles des doigts à la condition qulune pince efficace reste possible entre la main et le moignon du pouce et les doigts ou moi- gno'Q.s de doigts (mentionner "prothèse" si utile). Un des membres supérieurs devra ~tre entièrement intact. Toutefois, des amputations ou infirmités de doigts peuvent €tre admises à la con- dition qu'une pince efficace reste possible à 1 1aide du pouce fonctionnel- lement intact. Le membre mutilé doit avoir le jeu de l'articulation du coude entiè- rement conservé (mentionner 11E.othèse 11 si utile). WHO/Accid.Prev./1 Rev.l Page 16 Sont éliminatoires toutes lésions des membres rendant 1~ conduite incertaine. Membres inférieurs - Pour les permis de conduire les véhicules du groupe "lourd 11 ( C. D. E.) sont élimna.toires : Toutes amputations m~e unilatérales, sauf celles des orteils ou de 1 1avant-pied. Les fonctions des orteils peuvent $tre abolies des deux c8tés à condition que lJarticulation tibia-tarsienne ait sa complète excursion et toute sa. force. Du c8té de l'embrayage, la. perte de 1 1usage de l•avant-pied n•est pas éliminatoire (T}. Toutes lésions fixées des nerfs, des os, des articulations, des ten• dons ou des muscles entrafnant une diminution de force ou d'excursion d 1un membre ou segment de membre sont éliminatoires et aucun appareil de suppléance ne peut @tre autorisé. Sont éliminatoires : Les pieds bots simples ou doubles. Toutes les raideurs et ankyloses du genou. Toutes les raideurs ou ankyloses de la hanche. Les raccourcissements du membre inférieur, supérieurs à 4 cm. Membres inférieurs - Pour les permis de conduire les véhicules du groupe "léger" (permis A. B. C.) sont éliminatoires Infirmité des deux membres inférieurs L'amputation des deux cuisses, la désarticulation m$me d'une hanche sont compatibles à condition·que le véhicule soit approprié ou conçu pour permettre nu conducteur noronlement assis d'effectuer les manoeuvres se faisant d'ordinaire avec les p~eds sans qu'à aucun moment il ne soit dans l'obligation de l~cher le volant. WHO/Accid.Prev./1 Rev.l Page 17 Dans les amputations de jambes, des appareils de prothèse pourront suppléer aux fonctions déficientes dans les mêmes conditions. Sont éliminatoires les doubles désarticulations de hanche1 les amputations de cuisse et les désarticulations de genou. La double amputation de jambe, si l'articulation des deux genoux est entièrement conservée pour l'usage de ~rothèse,peut permettre de conduire un motocycle aménagé. Mentionner en ce cas : Véhicule améno.g§ et prothèse. Infirmité d'un seul ~embre inférieur La désarticulation d'une hanche, 1 1amputation d 1une cuisse, la désar~ ticulation d'un genou, sont compatibles pour les candidats pouvant norma- lement s'asseoir. Mentionner ~ V0hicull' roné,nag_é. L'amputation d'une jambe (et au-dessous) est compatible. Mentionner : ~~picule ~nagé et prothèse. Est éliminatoire la désarticulation d'une hanche. L'amputation d'une cuisse, d'un genou, d'une jambe et au-dessous sont compatibles, gr~ce au port d'une prothèse assurant deux points d 1appui efficaces. Mentionner ProthèF~. Sont éliminatoires toutes les lésions g&nant le fonctionnement d 1un ou des deux membres inférieurs et rendant la conduite incertaine. Les pieds bots doubles ou simples du c8té de l'accélérateur à pédale entratnent l'incompatibilité si les articulations tfuto-tarsiennes n'ont pas conservé leur jeu intégral. Si ce jeu est conservé : compatibles, et mentionner : Véhicule amén~é. Le pied bot simple du c8té opposé à l'accélérateur est compatible. WHO/Accid.Prev./1 Rev.l Page 18 La raideur ou 1 1ankylose d 1un genou est compatible si le siège du eondue- teur est reporté en arrière ou suré:'.evé. Véhicule aménagé La raideur de la hanche n'est compatible que si elle permet de s'asseoir. Dans ce cas, nécessité d'adapter le siège et de prolonger les leviers. Mentionner : Véhicule aménagé. Le raccourcissement du membre inférieur sera compensé par surélévation des pédales ou chaussure prothétique. Mentionner : Véhicule a~énagé ou prothèse. La perte totale d 1usage d 1un membre supérieur ét d 1un membre inférieur du c6té synonyme ou hétéronyme est incompatible. Dans certains pays, il existe des véhicules automobiles légers qui peuvent ~tre adaptés spécialement aux besoins d'un conducteur physiquement diminué, par exem• ple un modèle de voiture actionné entièrement par des commandes à main pour conduc- teurs paraplégiques. Dans les cas douteux, 1 1administration chargée de délivrer les permis peut parfois soumettre le candidat à un examen pratique afin de s 1assurer de ses aptitudes avant de 1 1autoriser à conduire sur la route. Il est à noter que ces mesures spéciales ne s 1appliquent qu'à des conducteurs de véhicules automobiles lé- gers et que les personnes atteintes de telles infirmités ne doivent pas ~tre auto- risées à conduire des véhicules automobiles lourds. Quant aux véhicules légers, les conducteurs atteints d'incapacités physiques devraient €tre tenus de faire renouve- ler chaque année leur permis, afin que les services compétents puissent suivre leur cas. Toute personne sollicitant pour la première fois un permis de conduire doit €tre tenue d'indiquer en détail toutes les déficiences physiques dont elle est atteinte. C'est surtout à l'administration chargée de délivrer les permis de con• duire qu 1il appartient de prendre ces mesures, mais le médecin est parfois invité à donner son avis dans des cas particulièrement délicats, lorsqu!on n'est pas sOr que le candidat soit physiquement apte à conduire. AFFECTIONS C.ARDIO-VASC1JLAIRES 25. Technique d'examen vffiO/Accid.Prev./1 Rev.l Page 19 Il faut procéder normalement à un examen clinique approprié et attentif pour déterminer l'aptitude des individus à conduire différents types de véhicules automobiles. Lors de 1 1examen du système cardio-vasculaire, il ~st utile de procéder dans l'ordre suivant : étiologie et pronostic, congestion veineuse, hypertrophie cardiaque, état des valvules cardiaques, rythme, présence d'une infection évolutive et état des vaisseaux sanguins. Dans certains cas, le dossier médical peut €tre le seul indice gui ré~èle la présence de certaines affections telles gue la coronarite. S'il est nécessaire de procéder à un examen spécial et gu 1il persiste un doute quant à la présence ou à l'absence d'une affection cardiaque organique, on peut faire un électro- cardiogramme ou un orthodiagramme et adresser le malade à un cardiologue. Il convient de mesurer la pression artérielle avec un sphygmomanomètre à mercure qui doit €tre . revisé périodiquement. 26. Etiologie et pronostic Le pronostic de nombreuses lésions organiques du coeur varie selon leur étiologie et toute appréciation de l'aptitude à conduire doit tenir compte de ce facteur. L'~ge du malade et l'~ge de la lésion doivent également jouer un grand r8le dans cette appréciation et dans la décision de soumettre le malade, le cas échéant, à un examen médical de périodicité déterminée. 27. Congesti~n veineuse En présence de signes dénotant une défaillance cardiaque congestive pre- coce telle gue dyspnée, congestion des bases pulmonaires, oedomes ou au~entntion de la pression veineuse au-dessus de l'angle manubrio-sternal en clinostatisme, on ne devrait pas autoriser la conduite de véhicules automobiles lourds, étant donné le risque de collapsus brutal. Slil s'agit d 1une défaill~nce cardiaque congestive précoce de faible gravité, les nnlades pourront être autorisés à conduire des.véhi- cules automobiles légers mais, pour gulils puissent continuer à conduire, il con- viendrait de leur imposer un exaoen médical périodique destiné tant à surveiller leur état du point de vue de la sécurité qulà assurer le traitement des sujets eux-m€mes. WHO/Accid.Prev./1 Rev.l Page 20 28. ~rtrophie du coeur On ne devrait pas autoriser à conduire des véhicules automobiles lourds les :;?crsonncs présentant une hypertrophie cardiaque prononcée- Selon la. cause et le degré de l'hypertrophie observée, ceux qui sont déjà employés pourraient continuer à conduire sous réserve qu'ils subissent périodiquement un examen médical et que leur état général soit par ailleurs satisfaisant. Les conducteurs de véhicules automobiles légers qui présentent une hypertrophie du coeur prononcée devraient être soumis à un examen périodique tant pour des raisons de sécurité que pour assurer le traitement de la maladie. Sous ce rapport, la "sécurité" ioplique llimprobabilité de voir le conducteur présenter une perte subite de connaissance, un malaise ou une faiblesse qui le rendrait incapable de rester mattre de son véhicule. 29. Cardiopathies valvulaires Bien que, chez de nombreux sujets, la présence d'une cardiopathie valvu- laire soit compatible avec une longévité normale ou presque normale, les candidats atteints d'une cardiopathie valvulaire prononcée ne devraient pas être autorisés à conduire un véhicule automobile quelconque à moins qu'ils ne produisent un eerti- ficat d'aptitude physique émanant d 1 u~ nédecin. Cette précaution vaut surtout quand aucune disposition n'assure des examens médicaux périodiques et que des affections telles que la fibrillation auriculaire, entra~nant le risque d'embolie subite, peu- vent na~tre sans qu'on s'en aperçoive. En cas d1atteinte des valvules sigmordes de l'aorte, le risque de voir le sujet perdre connaissance augmente et les personnes présentant de telles lésions ne doivent pas être autorisées à conduire des véhicules automobiles lourds. Les conducteurs de véhicules légers doivent ~tre informés du fait qu'ils peuvent continuer à conduire à condition que leur affection valvulaire reste bien compensée et qu 1 ils ne présentent pas d'autres troubles. Ces malades doi• vent être examinés de temps en temps, à des intervalles variant selon la gravité de la lésion. 30. Rythme Les personnes présentant des troubles organiques du rythme tels que fi• brillation et flutter auriculaires ne doivent pas ~re autorisées à conduire des WHO/Accid.Prev./1 Rev.l Page 21 véhicules automobiles lourds; il en est de m@me des malades qui présentent des accès caractérisés de tachycardie paroxystique~ Il n 1y a pas lieu de considérer que les troubles fonctionnels du rythme, tels qutune arythmie sinusale et les extrasystoles non accompagnées d'autres manifestations morbides, soient une contre-indication absolue pour la conduit9 d 1un véhicule automobile quelconque. Les conducteurs de véhicules auto- mobiles légers qui présentent de la fibrillation auriculaire ou d'autres arythmies graves doivent €tre soumis à un examen périodique afin d 1assurer à la fois la sécurité de la conduite et leur traitement médical; on doit leur conseiller de ne pas conduire en cas d'apparition d'une défaillance cardiaque congestive ou d'embolie. La présence d 1un bloc caif' ~,que po.rtj.el ou total ou de bradycardie avec moins de 40 contractions par minute rend un individu inapte à conduire n 1 importe quel véhicule automobile. 31. Infection Un malade ~tteint d'infection bactérienne évolutive localisée aux valvules cardiaques doit être soumis à un traitement et ne doit pas conduire de véhicules automobiles, du moins temporairement. Quand 1 1infection a reculé, on peut l'autori- ser à conduire s 1il n 1a. aucune affection susceptible de provoquer une brusque perte de connaissance ou de l'empêcher de rester martre de son véhicule; habituellement, la maladie valvulaire persiste après que l'infection a disparu et l'on doit recher~ cher s'il y a lieu d'autoriser le malade à conduire, conformément aux recommandations faites ci-dessus au paragraphe 29. 32. HYpertension Les personnes présentant une hypertension maligne certaine ne doivent pas €tre autorisées à conduire des véhicules automobiles. En cas d 1hypertension.essentielle grave, si la tension systolique est constacrment supérieure à 200 mm de mercure et la tension diastolique à 100 mm, la conduite de véhicules automobiles lourds ne doit pas €tre autorisée. En présence c1'une hypert.ension moins accusée, on doit obliger les malades à se soumettre à un examen médical tous les six à douze mois selon la gravité du cas, Lors de ces examens, on doit veiller à éviter de déclencher une né- vrose; ces examens ont souvent 1 1 avantage de èl.onner aux conducteurs professionnels un délai suffisant pour chercher un autre emploi. La conduite de véhicules automobiles WHO/Accid.Prev./1 Rev.l Page 22 lourds n 1est pas non plus, en principe, recommandée pour les sujets dont la pression systolique serait nettement supérieure à 100 plus le nombre d 1années d•~e du candi- dat ou dont la pression diastolique serait supérieure à lOO mm de mercure, ces chif- fres s'étant révélés constants lors d'examens répétés. Au cours d 1une enquGte portant sur 22.000 officiers de 1 1armée des Etats-Unis, on a constaté que l'hypertension tran- sitoire ou la tachycardie passagère ou l'obésité augmentaient le risque de voir appa- raftre ultérieurement une hypertension durable et la mise à la retraite ou la mort en raison d'une maladie cardio-rénale vasculaire. L'existence simultanée de deux de ces atteintes était plus grave à cet égard que la présence d 1une seule des trois. La coexistence des trois revêtait la plus haute importance quant au pronostic (Hillman et eo11., 1944-1947). Il convient d'apprécier soigneusement l'influence des médicaments hypoten- seurs; certains malades présentent des vertiges ou des malaises passagers quand on réduit leur hypertension en employant des médicaments de ce groupe. On ne doit pas autoriser à conduire des véhicules automobiles lourds les sujets soumis à un trai- tement de ce genre et 1 1on doit conseiller aux conducteurs de véhicules automobiles légers de cesser de conduire quand on estime que l'administration de médicaments hypotenseurs risque de provoquer un effondrement de leur tension. Les candidats dont on sait qu'ils prennent régulièrement des médicaments de ce groupe ne doivent ~re autorisés à conduire aucun véhicule automobile. 33· Hypotension Les personnes atteintes d'hypotension peuvent présenter brusquement des vertiges, des malaises ou des pertes de connaissance. Celles qui ont présenté ces sympt6mes ne doivent pas €tre autorisées à conduire un véhicule automobile. On doit interdire d'emblée la conduite des véhicules automobiles lourds aux sujets de plus de 30 ans qui ont une pression systolique régulièrement inférieure à 110 mm de mer~ cure. On ne doit pas autoriser à continue~ de conduire des véhicules de ce type les personnes chez qui sont apparus des sympt8mes d'hypotension ou chez lesquelles la pression systolique est constamment inférieure à 100 mm de mercure. On doit WHO/Accid.Prev./1 Rev.l Page 23 conseiller aux conducteurs de véhicules automobile~ légers de cesser de conduire si leur pression systolique est constamment inférieure à 100 mm de mercure ou s 1ils présentent des sympt6mes dlbypotension et qu 1il y ait un risque certain de malaises. Il convient d'interpréter avec soin la norme arbitraire de 100 mm de mercure, car il existe des individus de petite taille, pesant moins de 50 kg (110 lbs), dont la pression artérielle est inférieure à ce chiffre lors d'épreuves répétées, sans que cela entratne apparemment pour eux de conséquences nocives. ;4. Affections des artères coronairesJ y com~ris 1 1angine de Eoitrine On ne doit pas autoriser à conduire des véhicules automobiles lourds les sujets dont les antécédents révèlent une thrombose des coronaires, une insuffisance coronarienne ou de 1 1angine de poitrine. Pour les conducteurs de cette catégorie de véhicules qui ont présenté une atteinte de thrombose des coronaires, il est probable- ment plus sage de changer d'emploi en raison de la possibilité de nouvelles manifes- tations qui peuvent apparaftre inopinément. Quant aux conducteurs de véhicules auto~ mobiles légers qui sont apparemment guéris et ne présentent pas de signes permanents tels que 11bypotension1 on doit leur conseiller de ne continuer à conduire que s'ils se soumettent périodiquement à un examen médical. Si un conducteur de véhicules auto- mobiles légers est atteint .d 1angine de poitrine, on doit lui conseiller de ne pas conduire quand ses crises sont graves ou fréquentes surtout si elles se produisent à la suite d 1une émotion. Si les crises angineuses apparaissent seulement après un effort, il n'y a habituellenent pas d'inconvénient pour ce conducteur à continuer de conduire, à moins que les crises ne deviennent fréquentes ou invalidantes; ces malades doivent ~tre régulièrem=nt suivis. 35· Autres affections cardia-vasculaires Il convient de juger du danger que présente chacune des autres affections cardiaques organiques en fonction de la possibilité d 1un brusque collapsus survenant sans qu 1une phase prémonitoire suffisante laisse au sujet le temps de serrer les freins et de garer son véhicule en lieu sOr. En ce qui concerne surtout les conduc- teurs professionnels, on ne doit pas perdre de vue l'éventualité d 1une fatigue plus grande - par exemple dans les cas d 1 insuffisance mitrale - aboutissant à WHO/Accid.Prev./1 Rev.l Page 24 llaccroissement du risque d'accidents. On ne doit pas, en principe, autoriser à con- duire des véhicules automobiles lourds les ~ersonnes présentant une maladie de coeur organique, congénitale ou acquise. Toutefois, on peut accorder le permis de conduire à celles qui souffrent d 1une sténose congénitale de lJaorte et qui ont été opérées avec succès, à condition qu'elles se soumettent A un examen médical périodique. Si lJon découvre chez un conducteur en activité une malformation congénitale asymptoma- tique parfaitement compensée, on peut le laisser continuer à conduire, à condition qu'il se soumette à un examen périodique, En cas d'anévrisme de 11aorte1 on ne doit pas permettre de conduire des véhicules automobiles lourds. On peut autoriser les conducteurs de véhicules automobiles légers à continuer de conduire, à moins que 1 1anévrisme ne soit volumineux ou que 1 1on n'observe des complications accroissant le risque de collapsus. La claudication intermittente n'est pas assez grave, dans la plupart des ens, pour se manifester quand le sujet conduit, n@me s'il doit freiner pendant un certain temps, et aux premiers stades de cette ~ladie il n'est pas habituellement nécessaire de faire quitter leur emploi aux conducteurs; cependant, on devrait les soumettre à un examen médical périodique et, dans les cas graves ou en présence de manifestations gangréneuses, il ne serait plus possible sans inconvénient d'autori- ser plus longtemps le sujet à conduire un véhicule automobile. Les malades atteints de défaillance vaso-vagales doivent ~tre reconnus aptès ou inaptes selon leur état; il est improbable que le sujet fasse une crise en position assise et les prodromes alarment suffisamment t6t le conducteur pour lui permettre d 1agir en conséquence. Néanmoins, si de telles manifestations sur- viennent fréquemment, ou si elles apparaissent brutalement, ou encore si elles sont graves, on ne doit pas autoriser le sujet à continuer à conduire des véhicules au- tomobiles lourds. Dans tous les cas, le ~édecin examinateur doit donner à son malade des conseils de prudence et peut être amené à recommander aux conducteurs de véhicu- les automobiles légers de cesser de conduire si les crises persistent. ;6. Varices WHO/Accid.Prev./1 Rev.l Page 25 Même dans les cas graves, les varices ne risquent guère de constituer un danger pour la. conduite, mais elles peuvent influer sur le rendement du conducteur professionnel et sur son assiduité au travail. On estime parfois que les hémorro!des apparaissent fréquemment chez les conducteurs et cette affection provient peut-~re de la nature sédentaire de leur profession et d 1une tendance à la constipation qui peut ~re due à leurs heures de travail irrégulières. En gunéral1 il n'est pas nécessaire d'interdire aux hémorro!- daires de conduire un type quelconque de véhicule automobile, à moins que leur état ne provoque de la douleur ou qulils n'aient eu des hémorragies suffisantes pour dé- terminer une anémie grave. TROUBLES DU SYSTEME ENDOCRTIUEN 37. Glande thyro!de Un sujet présentant des signes de thyréo-toxicose ou d'adénome toxique de la thyrotde.ne doit pas €tre autorisé à conduire des véhicules automopiles lourds. En ce qui concerne les conducteurs en activité, on doit assurer l'examen médical régulier des cas bénins et l'on ne doit pas leur permettre de continuer à conduire ~e type de véhicules si les signes de tremblement, de tachycardie ou dJexophtalmie s'amplifient. Au cours de cette nnladie, on voit souvent appara.ttre des troubles émotifs etJ étant donné que les sujets ainsi atteints présentent simultanément de l'anxiété, voire des symptBmes de psychose, 11 est habituellement préférable de leur interdire de conduire des véhicules automobile~ lourds quand les signes d 1hyper- thyroiàie sont tant soit peu marqués. Avec un traitement moderne, on peut fréquem- ment faire disparattre les sympt8mes et, à condition que le sujet ne présente pas de tachycardie ou d 1 arythmi~ excessive, de tremblements, d'exophtalmie ou de trou- bles visuels1 de modifications du comportement affectif ou psychique, on peut l'au- toriser à garder sa profession, sous réserve qu'il se soumette à de fréquents examens médicaux, tous les mois ou tous les deux mois par exemple. On doit donner le m€me conseil aux conducteurs de véhicules automobiles légers car il vaut mieux €tre trop prudent que pas assez mais, sauf dans les cas graves, on constatera habituellement vJHO/Accid.Prev./1 Rev.l Page 26 que 1 1on peut venir suffisamment à bout de cet état par un traitement médical ou chirurgical pour permettre à ces sujets de conduire sans risque. Les malades atteints de ~oedème grave avec ralentissement caractérisé du temps de réaction ne doivent pas gtre autorisés à conduire un véhicule automobile quelconque. Si le traitement médical permet de bien martriser la maladie, le sujet peut continuer à conduire des véhicules automobiles légers, sous réserve qu 111 se soumette à des examens médicaux périodiques et que 1 '.on n'observe pas de ralentis- sement important de ses réactions ni d'autres ~mpt8mes susceptibles de troubler la conduite d'un véhicule. 38. Diabète On doit rechercher le sucre dans l'urine de tous les candidats à un emploi de conducteur de véhicules automobiles lourds et répéter cette épreuve à lJoccasion de tous les examens médicaux en cours d 1emploi. Afin d 1éviter toute supercher1e1 l'échantillon doit @tre prélevé en présence de l'examinateur. S'il s'agit d'un dia- bétique, on pourra observer sur la peau la trace des injections d'insuline, ce qui montre une fois encore l'importance qu'il y a à examiner le sujet complètement nu. Les diabétiques, qu'ils reçoivent de l'insuline ou qu'ils soient uniquement traités par ln diététique, ne doivent pas @tre autorisés en principe à conduire des véhi- cules automobiles lourds. Si, lors de l'examen, on trouve du sucre dans llurine et que ln glycosurie soit décelée pour la première fois, on doit procéder à une déter- mination du taux de glycémie. Si la courbe de glycémie est normale et que la glyco- surte semble @tre d'origine rénale, on peut permettre àu sujet de conduire tous les types de véhicules automobiles. Si le malade reçoit de l'insuline, il risque de présenter des poussées hypoglycémiques qui peuvent survenir brutalement; ~ dans le cas où il reçoit de petites quantités d'insuline-retard, on doit conseiller, pour cette raison, de ne plus lui faire conduire de véhicules automobiles lourds. Cette profession oblige à prendre des repas irréguliers, à avoir des heures de travail variables; elle peut oblig.er à faire des efforts soudains, s'il faut par exemple changer une roue ou décharger le véhicule. Les étiabétiques qui ne reçoivent pas d 1insuline, par exemple les diabétiques agés que 1 1on traite seulement au moyen d 1un régime spécial, peuvent continuer à conduire tous les types de véhicules WHO/Accid.Prev./1 Rev.l Page 27 automobiles, mais on doit "les soumettre à un contr6le médical tous les six à douze mois. Quelques individus présentent des poussées d'hypoglycémie spontanée qui peu- vent ~re associées à d'autres troubles du système enc1ocrinien. On ne doit pas auto- riser à conduire ceux dont les crises aboutissent à des malaises ou à de véritables syncopes. 39. Maladie a 1 Addison Dans les cas typiques avec diminution de la pression artérielle systolique (voir paragraphe 33), on ne doit pas permettre aux sujets de conduire des véhicules automob:i,les. 40. Autres affections endocriniennes Les cas d1atteintes hypophysaires ou parathyroidiennes sont des cas dJes- pèce et 1 1on doit rechercher s'il y a un trouble des fonctions de coordination cen- trale et de locomotion pouvant rendre dangereuse la conduite d'un véhicule automo- bile. On doit aussi se rappeler que chez certains 'malades l'hypertrophie Qe l'hypophyse peut provoquer soit de 1 1hémianopsie par compression du chiasma optique soit une autre limitation du champ visuel. Les sujets atteints de diabète insipid~ ne doivent pas @tre autorisés à conduire des véhicules automobiles. SYSTEME NERVEUX CENTRAL 41. Epilepsie Une personne dont l'anamnèse révèle une forme quelconque d'épilepsie ne doit pas @tre autorisée à conduire des véhicules automobiles. 42. Affections cérébrales En cas de démence sénile, quand l'affection est suffisamment nette pour permettre un diagnostic certain, on ne doit pas autoriser le candidat à conduire un véhicule automobile. Quand on a diagnostiqué une paralysie gÉ'nérale progressive, on ne doit pas permettre au sujet de conduire des véhicules automobiles lourds et 1 1on ne doit WHO/Accid.Prev./1 Rev.l Page 28 l'autoriser à conduire des véhicules légers que s'il réagit apparemment bien au traitement et ne présente pus de signes psychiques ou locomoteurs; en pareil cas, le malade doit @tre régulièrement suivi. La présence d1 une thrombose cérébrale peut soulever des difficultés mais 1 si le malade s 1est complètement rétabli, et quJil ne subsiste aucun signe d'inva- lidité ou à peu près, ni d'autres sympt8mes de nnladie organique, on peut l'autoriser sans risque à continuer de conduire des véhicules automobiles légers, sous réserve qu 1il se soumette à un examen médical périodique. On ne doit pus lui permettre de conduire des véhicules automobiles lourds s'il a présenté une thrombose cérébrale ou une hémorragie cérébrale (y compris 1 1hémorragie sous-arachnotdienne). Si l'on constate des séquelles d 1encéphalite suffisamment importantes pour que 1 1on puisse poser à coup sGr le diagnostic (pur·exemple rigidité des bras ou des jambes, ou perte de contr8le émotionnel), on ne doit pas autoriser le candidat à conduire des véhicules automobiies. Lu leucotomie (ou la lobectomie) préfrontale ou transorbitaire par elle- m&me ne rend pas habituellement 1 1opéré impropre à conduire un véhicule à moteur, mais on doit se souvenir que 10 % au moins de ces malades font des crises d'épilep- sie après l'intervention. On doit tenir compte de l'affection primitive ayant motivé ln leucotomie et des effets qu'a eus sur elle l'intervention, en fonction de l'apti- tude à conduire. En général, on ne doit pas autoriser à conduire des véhicules auto- mobiles lourds les ~ujets ayant subi cette opération et l'on constatera habituelle- ment qu 1il est préférable de faire changer d'emploi les conducteurs de ce type de véhicule automobile qui ont subi une leucotomie (ou une lobectomie). 43. Affections de la moelle épinière Les personnes atteintes d'une lésion d'origine traumntiq~e ayant touché la moelle épinière et déterminé une paraplégie peuvent parfois conduire un véhicule automobile léger muni de commandes spéciales fonctionnant uniquement à main. On ne doit pas leur permettre de conduire des véhicules automobiles lourds. Les personnes présentant à un degré quelconque certaines affections organiques de ln moelle épi- Lière, telles que la sclérose en plaques, la syringo~élite, la sclérose a~otrophique WHO/Accid.Prev./1 Rev.l Page 29 latérale et le tabes dorsalis 1 ne devraient ni recevoir le permis de conduire des véhicules automobiles lourds, ni continuer à en conduire. Dans certains cas, des conducteurs expéri~entés peuvent continuer à conduire aux tout premiers stades de ces maladies, mais d'ordinaire, si leur état est suffisa~ent grave pour permettre de poser un diagnostic certain, la sécurité exige que les conducteurs de véhicules automobiles lourds soient affectés à un autre emploi. Certains des symptômes appa- raissant au cours de ces maladies peuvent constituer un danger particulier pour la conduite de véhicules, par exemple llanesthésie des pieds et la perte· du sens pro- prioceptif de position dans le tabes dorsalisï dans la sclérose en plaques, l'ataxie ou la spasticité des muscles des jambes peuvent être extr@mement dangereuses pour un conducteur. Lorsqu'il existe des signes nets de ces maladies, surtout s'il y a ·p~de la coordination musculaire, la conduite d'un véhicule automobile quelconque ne doit pas être autorisée. 44. Autres maladies nerveuses organiques On ne doit pas autoriser à conduire ni à continuer de conduire des véhicules automobiles lourds les sujets présentant une affection telle que llatrophie muscu- laire progressive ou des troubles nzy-otoniques congénitaux suffisamment graves pour permettre de poser à coup sftr un diagnostic. On doit déconseiller la conduite d 1un véhicule automobile léger aux personnes dont l'état est suffisamment grave pour g@ner la coordination musculaire nécessaire à une conduite sOre. La migraine n!est pas un obstacle à la conduite dtun type quelconque de véhicule automobile. La névralgie du trijumeau et diverses formes de tics ne s 1oppo- sent pas, normalement, à la conduire d'un type quelconque de véhicule automobile. Les sujets atteints de myasthé~ie grave ne doivent pas conduire de véhicu- les automobiles lourdsï sauf dans les cas bénins, on doit recommander aux personnes présentant cette affection de ne pas conduire de véhicules légers mais certains malades qui répondent bien au traitement médical peuvent conduire s'ils évitent de parcourir de longues distances et se soumettent régulièrement et souvent à un examen médical. Les affections du système nerveux périphérique comme les névrites ou la paralysie de certains nerfs doivent ~tre appréc:l!~..s; en ce qui concerne la conduite WH~/Accid,Prev./1 Rev.l Page 30 des véhicules automobiles, d'après le de~ d'invalidité fonctionnelle que déter- mine la lésion. S'il y a une possibilité d 1améliorer l'état du malade, celui-ci doit ~tre maintenu en observation .à de brefs intervalles. Les formes mineures de ces affections ne doivent pas empêcher un conducteur expérimenté de continuer à conduire des véhicules automobiles lourds. On ne doit donner le permis de conduire des véhi- cules automobiles lourds aux candidats présentant des lésions prononcées des nerfs périphériques. En présence de sections traumatiques de certains nerfs, on doit dé- terminer le degré d'invalidité par rapport à 1 1aptitude que conserve le conducteur à manoeuvrer les commandes d'un véhicule automobile pendant de longues périodes. 45. Psychoses On ne devrait pas autoriser un malade atteint de psychose nettement diag- nostiquée par un psychiatre - qu 1il s'agisse de schizophrénie, de psychose maniaco- dépressive, de paranoia, de mélancolie involutive ou de types mixtes - à conduire un véhicule automobile quelconque. Si le dossier médical révèle qulil a été atteint de l'une de ces affections ou si le candidat a été hospitalisé dans un établisse- ment psychiatrique, on ne doit pasl~riser à conduire des véhicules automobiles lourds. En pareil cas, il faut se rappeler qu'on a tendance aujourd'hui à admettre dans un h6pital psychiatrique, sur leur demande, les sujets qui présentent des troubles neure-psychiques dont les sympt$mes ne sont pas assez graves ou assez durables pour empêcher définitivement l'intéressé de conduire un véhicule automo- bile, même s 1il s'agit d'un chauffeur professionnel. Lorsqu!un candidat a fait l'objet d'un diagnostic certain de psychose, on ne doit lui délivrer de permis de conduire que sur présentation dJun certificat d'aptitude établi par un psychiatre. Les déficients mentaux sont d 1ordinaire incapables de concentrer leur attention pendant longtemps et ne sont donc pas aptes à conduire des véhicules automobiles. Il peut gtre difficile de reconnartre le simple débile mental mais les antécédents professionnels peuvent donner une indication utile sur les apti- tudes du candidat. On affirme parfois que des personnes qui présentent une légère déficience mentale sont aptes à faire de bons conducteurs, mais on ne tient pas compte du fait que ces sujets ne peuvent d 1ordinaire se concentrer pendant de longue·s périodes et n 1 ont pas le sens des responsabilités. Par conséquent, dans WHO/Accid.Prev./1 Rev.l Page 31 le cas où ln déficience mentale est reconnue, même si elle est légère, il n 1est pas recommandé d'autoriser le sujet à conduire des véhicules automobiles lourds. Les sujets atteints de déficience mentale grave ne doivent pus être autorisés à conduire un véhicule automobile quelconque. Il n'y a pas lieu dlempêcher de conduire les illettrés qui ne sont pas mentalement déficients. 46. Psychonévroses CJest 1 1unedes questions les plus délicates sur lesquelles le médecin examinateur puisse être appelé à donner un avis. Il est probable que les troubles mineurs de 1 1émotivité sont fréquemment à incriminer dans les accidents; ceux-ci surviennent souvent aussi chez les gens "normaux". Lorsque le dossier médical ré- vèle un état anxieux ou toute autre manifestation nette de désarroi survenue, par exemple, pendant le service militaire, il est probablement plus sage de ne pas autoriser le candidat à conduire des véhicules automobiles lourds, même s 1il pa- ratt tout à fait rétabli. Il n'est pas exceptionnel d'observer une perte de con- fiance sur la route de la part de gens qui conduisent depuis de nombreuses années et 11 est important, pour la prévention des accidents, de ne pas hésiter à emp€- cher temporairement ou définitivement ces sujets de conduire. Les conducteurs pré- sentant un état de ce genre se plaignent parfois de sympt6mes tout à fait sans rapport avec lui, par exemple de douleurs du genou ou du pied; quand llexamen ne révèle aucun signe, il est manifeste que le sujet souffre en réalité d'un manque de confiance en lui, Les sympt6mes habituels d'insomnie, dlinaptitude à se con- centrer, de dépression et de craintes irraisonnées se rencontrent aussi, en général, à des degrés divers dans les cas de ce genre et 11on a le plus souvent avantage à affecter le sujet, pendant six à douze mois, à ~n emploi où il n 1aura pas à con- duire. Les personnes qui ont présenté, à un moment quelconque, des atteintes pithia- tiques ne doivent pas être autorisées à conduire dœvéhicules automobiles lourds. WHO/Accid.Prev./1 Rev.l Page 32 PSYCHOLOGIE DE LA CONDUITE DES VEHICULES ET EMPLOI DES TESTS D'APTITUDE PSYCHOPHYSIQUE DANS LA SELECTION DES CONDUCTEURS 47. On estime que la plupart des accidents sont dus à des défaillances hu- maines, c 1est-à-dire à la négligence, à l'inattention et à un défaut de concen- tration. Les aspects psychiques de la conduite d 1un véhicule (de nombreuses vies humaines dépendent de l'habileté du conducteur) intéressent : a) la concentration des fonctions visuelles (et, dans une moindre mesure, des fonctions auditives), parfois pendant de nombreuses heures sans discontinuer; b) la concentration des fonctions psychiques, destinée à maintenir un lien étroit avec les mécanismes de perception visuelle et auditive; et c) la résistance à la distraction. On n 1a pas encore inventé ni mis largement en application des tests réellement satisfai- sants permettant d'apprécier ces fonctions. Il peut également exister des diffé- rences d'habileté dans la conduite suivant les types de personnalités, mais on n'a pas encore fait de recherches sur les rapports éventuels entre le type de personnalité et le pourcentage d•accidents. La valeur des tests d'aptitude psycho- physique pour la sélection des conducteurs n 1est pas définitivement établie; c'est pourquoi aucun test de ce genre n'est recommandé pour la pratique courante. MALADIES DU SANG 48. On n 1estime pas, en générai, que les maladies du sang soient susceptibles de gêner les conducteurs, à moins que ceux-ci ne présentent une anémie grave ris- quant de provoquer un malaise. En cas d'anémie grave, on ne doit pas délivrer de permis de conduire à l'intéressé. Toutefois, une anémie même légère se traduit par un accroissement de fatigue et 1 1on sait que la fatigue joue un rôle important dans ln conduite et qu 1elle peut ralentir les réactions du conducteur vers la fin de sa journée de travail. Par conséquent, si les symptômes et les signes observés laissent supposer qu'un candidat à un permis de conduire est atteint d'anémie, on doit faire faire une détermination de son hémoglobinémie et le refuser en atten- dant les résultats des analyses et du traitement. S'il s'agit de sujets conduisant déjà des véhicules automobiles lourdR 1 il n'est généralement pas nécessaire de conseiller de leur faire cesser le travail, à moins que 11hémoglobinémie ne tombe WHO/Accid.Prev./1 Rev.l Page 33 au-dessous de 60- 70 %; le traitement aboutit souvent à une.amélioration rapide de 1 1état du malade et lui permet de reprendre ses fonctions. Dans les cas où 1 1on peut s'attendre à une rechute, on doit conseiller un examen médical fréquent. La. leucémie et les autres dyscrasies sanguines doivent être appréciées en l'espèce d 1après l'aptitude de 1 1 in~éressé à conduire, sans oublier que la ten- dance à la fatigabilité et l'anémie associée ainsi que la fatigue qui s'installe à la fin de ln journée de travail peuvent constituer un grave risque pour les con- ducteurs professionnels. Les personnes présentant des troubles sanguins de ce genre ne doivent pas être embauchées pour conduire des véhicules automobiles lourds. On peut autoriser les conducteurs professionnels déjà employés à continuer de tra- vailler si leur état n'est pas trop grave et si la fatigue et autres sympt6mes et signes dangereux font défaut. Si le dossier ou l'observation révèlent que le can- didat est hémophile, on ne doit pas autoriser celui-ci à conduire des véhicules automobiles lourds. MALADIES DE LA PEAU 49. La plupart des maladies de lu peau ne sont pas susceptibles de gêner la conduite, mais dans certains cas on peut observer une limitation des mouvements des membres lorsque la peau a perdu son élasticité, s'est épaissie ou présente des cicatrices. Il existe un étroit rapport embryologique entre la peau et le système nerveux central et certaines affections cutanées ont tendance à être asso- ciées à des névroses et à divers troubles de la persbnnalité. L'existence d'une maladie de peau, pur exemple certains cas de dermatite séborrhéique grave, peut suggérer la présence d'un état névrotique qui Tend le candidat inapte à tout emploi de conducteur de véhicules automobiles lourds. En général, il n'est pas. nécessaire de conseiller à un conducteur déjà en fonctions de changer d'emploi s 1il est atteint d'une de ces affections. Lorsque les téguments d'une personne sont sensibilisés à 1 1huile et à la graisse ou que le dossier révèle une dermatose industrielle due à ces substances, on ne doit pas employer l'intéressé comme conducteur de véhicules automobiles lourds si la nature de ses fonctions 1 1oblige à se trouver en contact avec les substances précitées; ainsi, dans certaines entreprises, le conducteur peut avoir à s'occuper de mécanique, tandis que dans d'autres il n 1aura pour ainsi dire jamais à toucher des huiles ou des graisses. WHO/Accid.Pre~./1 Rev.l Page 34 MALADIES DE L'APPAREIL RESPIRt~TOIRE 50. La tuberculose pulmonaire non évolutive ne rend pas un sujet inapte à conduire, mv.is il est nécessaire d'apprécier avec soin l'état de celui-ci en fonc- tion des servitudes du conducteur professionnel. La conduite est une occupation sédentaire dans laquelle le conducteur n 1a que de rares contacts avec d'autres per- sonnes pendant une grande partie de la journée et ce travail peut donc, théorique- ment, convenir à de nombreux tuberculeux, le risque de propager l'infection étant plus réduit que dans beaucoup d'autres professions. Néanmoins, d'une manière gé- nérale, il n'est pas recommandé de délivrer un permis de conduire des véhicules automobiles lourds aux personnes qui ont une tuberculose pulmonaire évolutive ou qui ont récemment souffert de tuberculose pulmonaire. Le traitement par un petit pneumothorax n'est pas en lui-même un obstacle à ln conduite d 1un véhicule automobile léger et il en est de même d'une thoracoplas- tie. Le risque de voir le conducteur s'évanouir au volant est insignifiant dans la plupart des cas, mais la fatigue s'installe habituellement vers la fin de la jour- née et elle neut accrottre le risque d'accidents. Si un conducteur professionnel désire rl~~~ril~·e son travail après une absence due à la tuberculose pulmonaire, on doit étudier soigneusement son cas en tenant compte de toutes les considérations qui précèdent. On doit le soumettre alors à un examen médical à intervalles fixes de trois à six mois au début. L'examen radiologique de la cage thoracique doit être fait chaque fois que possible. Les sujets qui présentent des signes de bronchite chronique grave ne doivent pas être admis comme candidats au permis de conduire des véhicules auto- mobiles lourds. MALADIES DU TRACTUS GASTRO-INTESTINAL 51. On admet couramment que les conducteurs de véhicules automobiles et autres agents des transports présentent plus fréquemment des ulcères peptiques que les travailleurs de la plupart des autres professions et que leurs ulcères sont plus graves. On a fait cette hypothèse par exemple lors d 1une enquête de 1937 sur WHO/Accid.Prev./1 Rev.l Page 35 l'état de santé des conducteurs d 1autobus londoniens (Ministère du Travail, 1939). Des recherches sur les maladies a~teignant les travailleurs de la compagnie London Transport et en particulier sur les troubles digestifs ont été faites par Bradford Hill (1937); mais cette enquête n 1 o. pas permis de déterminer avec certitude si le tableau des affections gastriques présentait des caractères particuliers chez les agents des transports. Bien que, par conséquent, aucune conclusion n'ait pu être tirée des don- nées, on a continué à penser que le pourcentage des affections gastriques était plus élevé chez les agents des transports. Toutefois, une récente enquête du Medical Research Council (Doll & Avery Jones, 1951) ri montré qu'en fait les conducteurs et les autres employés des compagnies de transport ne présentent pas un poQ~~entage plus élevé d'ulcères peptiques; on a pris soin de faire porter cette enquête sur un nombre suffisant d'employés du transport et l'on a observé que la fréquence de 1 1ulcère peptique était égale chez eux à la fréquence moyenne pour toutes les ca- tégories de travailleurs - autrement dit, que 1 1 ulcère gastrique n 1 était ni plus ni moins fréquent dans le personnel des transports. On ne doit cependant pas accorder un permis de conduire des véhicules automobiles lourds aux sujets aya·nt eu un ulcère peptique, une douleur de type ulcéreux ou une dyspepsie grave quelconque à cause des servitudes parfois inévitables de la profession de conducteur : travail en équipes, longues jou1nées de travail et irrégularité des repas. Une personne qui a subi une gastrectomie partielle pour ulcère du duodénum peut cependant être embauchée dans la profession si elle ne présente plus de sympt6mes depuis au moins un an. Les conducteurs professionnels peuvent parfois rester dans la profession s :ils surveillent lem· régime et suivent un traitement médical, mnis c 1est plut6t 1 1état personnel du sujet que des considé- rations relatives à la sécurité routière qui obligent souvent à le transférer à un autre emploi comportant des heures de travail régulières. L'ulcère duodénal ou certains types de dyspepsie fonctionne1.le sont par- fois associés à une personnalité anxieuse; cette association peut rendre un candi- dat inapte à conduire des véhicu:es autoTiobiles lourds. Alors que des affections gastro-intestinales aiguës peuvent rendre le malade temporairement inapte à conduire, WIIO/Accid..Prev./1 Rev.l P.::tge 36 les affections chroniques doivent être appréciées dans leur rapport avec ln con- duite des véhicules d 1nprès les critères suivants : aptitude à manier les commandes, l'isque c1 1 évanouissement 1 risque à 1 c.ccroissement de la fatigue sous 1 1 effet de ln ~illladie (voir paragraphe 8). En conduisant les véhicules automobiles lourds, particulièrement ceux de modèle ancien, dont les commandes exigent un effort physique important, la tension intrn-abdominale augmente sous l'effort. Cet accroissement de tension est léger et ne risque guère de provoquer une hernie abdominale mais, si une hernie préexiste, il est théoriquement possible qu'elle augmente quelque peu de volume. Pour cette raison, on devrait encourager dans ce cas les candidats au permis de conduire à se faire opérer; si l,opération est contre-indiquée, ou si le sujet la refuse, c2lui-ci doit porter un bandage de bonne qualité. On doit examiner l'appareil pour s!assurer que ln hernie est convenablement contenue. Une hernie étendue ou irré- d11ctible constitue une contre-indication pour la délivrance d 1un permis de con- cluire des véhicules automobiles lourds. ~1lUAlJ IES ~iNFECTIEUSES !:..IGUES 53. Les personnes atteintes de maladies infectieuses aiguës ont généralement une incapacité de travail temporaire et leur état les empêche de conduire; on ne doit pas leur délivrer de permis de conduire avant qu'elles ne soient rétablies. MAI.L'.DIES VENERIENNES 54- Quand on constate chez un candidat au permis de conduire une atteinte aiguë de maladie vénérienne, il est préférable. de recommander un ajournement tcm- po~aire, jusqu'à ce que l'intéressé ait été convenablement traité. Il n'y a géné- ralement aucune raison pour que, du point de vue de la sécurité, les conducteurs èe véhicules automobiles lourds ne continuent pas à conduire quand ils souffrent ~e l'une de ces rr~ladies, mais il faut les mettre en observation pour s'assurer qu'ils suivent un traitement approprié. Ces affections seront généralement WHO/Accid.Prev./1 Rev.l Pnge 37 appréciées en fonction du traitement des malades et du risque de contamination d'nu- tres sujets, mais les séquelles tardives telles que la paralysie tabétique peuvent @tre dangereuses pour un conducteur et l'on doit soumettre à un examen médical pé- riodique tous les sujets susceptibles d'avoir une de ces séquelles. Un diagnostic certain de tab~s dorsalis ou de paralysie générale progressive doit entratner l'in- terdiction absolue de conduire un véhicule automobile {voir paragraphes 42 et 43). MALADIES DE L 1 APPJ'.REIL GENITO-URINAIRE 55· Les maladies de 1 1appareil urinaire ne nuisent généralement pas à la sécu- rité dans la conduite d1un véhicule automobile, mais on doit envisager le risque de chronicité entratnant une fatigue excessive ou d'urémie. La présence de calculs vésicaux, l'hypertrophie de la prostate ou les ·infections urinaires peuvent aboutir à une augmentation de la fréquence d~s mictions, troublant ainsi le rendement et la sécurité de la conduite des véhicules automobiles lourds; on ne doit donc pas autoriser les sujets ainsi atteints à commencer à conduire ces types de véhicules automobiles. Les conducteurs atteints en cours d'emploi doivent être régulièrement suivis. A l'occasion de l'examen médical auquel sont soumis les candidats conduc- teurs de véhicules automobiles 1ourds1 et lors de tous les examens ultérieurs en cours d 1emploi1 on doit procéder à la recherche du sucre (voir paragraphe 38) et de 1 1albumine urinaires. Si l'on trouve de l'albumine à l'occasion d'examens ré- pétés, le candidat doit être envoyé à 1 1h6pital pour recherche de la cause; ce- pendant; on doit prendre soin de ne pas tenir compte de l'albuminurie orthostati- que, qui ne signifie rien et que l'on observe très fréquemment chez les hommes jeunes : à cet effet, l'examen doit @tre pratiqué sur un échantillon préievé au lever ou après que le sujet est resté couché pendant deux ou trois heures. Ces échantillons sont exempts d'albumine en cas d'albuminurie orthostatique. HHO/ Ac cid. Prev. /1 Rev.l Page 38 /ILCOOL, MEDICf..MENTS ET DROGUES 56. On demande parfois au praticien de médecine générale d'établir des certi- ficats attestant qu 1un candidat au permis de conduire présente ou non des signes de toxicomanie (alcool ou drogues). Il peut suffire de certaines indications (facies, tremblements importants, yeux larmoyants, langue chargée, crampes, ~algie, rêves de chutes) et de savoir que le sujet présente des vomissements matinaux ou un man- que d'appétit matinal qui caractérisent l'alcoolique chronique pour affirmer que 1 1on ne doit pas autoriser le candidat à conduire des véhicules automobiles. Dans le présent manuel, on n'envisage pas les effets de l'alcool sur la conduite, mais il est évident que, de toute façon, l'alcool a pour effet de diminuer l'efficacité de la conduite et d'augmenter le risque d'accidents. On doit interdire aux con- ducteurs professionnels toute consommation d 1alcool pendant leurs heures de travail, et cette interdiction est généralement assortie d 1une clause de licenciement en cas d 1infraction. Les toxicomanes ne doivent évidemment pas ~tre autorisés à conduire des véhicules automobiles lourds mais leur état peut ~tre difficile à déceler précoce- ment; en demandant au candidat au permis de conduire quels médicaments il consomme, on peut apprendre qu 1il absorbe régulièrement du phénobarbital ou d'autres drogues et être ainsi amené à rechercher si le sujet n 1a pas d'antécédents épileptiques. On ne doit pas autoriser à conduire un véhicule automobile les personnes qui pren- nent de trop grandes quantités de café et qui absorbent régulièrement certains médicaments stimulants. Si une personne absorbe régulièrement ou fréquemment des doses plus que minimes de médicaments sédatifs, pour quelque cause que ce soit, on doit lui conseiller de ne pas conduire et cette personne ne doit pas ~tre auto- risée à conduire des véhicules automobiles lourds. Chez certains individus, les antihistaminiques peuvent provoquer de la somnolence et parfois une impression d 1euphorie qui rend la conduite dangereuse. Le praticien de médecine générale doit bien s'en rendre compte et, en particulier, il doit en informer ses malades qui sont conèucteurs professionnels et à qui peuvent être délivrées des quantités im- portantes de ces médicaments pour le traitement d'affections telles que le rhume (es foins et les rhinites allergiques. vlliO/Accid.Prev./1 Rev.l Page 39 57. Les praticiens ont intérêt à être toujours prudents lorsqu'ils prescrivent, à ceux de leurs malades qui conduisent, des sédatifs ou des hypnotiques, des anti- histaminiques ou d 1autres médicaments susceptibles d'avoir une influence sur la mnt- trise d 1un véhicule. 58. Réglemen~~tion des heures de conduite Si un médecin est appelé à donner son avis sur le nombre maximum d'heures de conduite, il pourra se reporter aux suggestions adoptées par la Commission des Transports internes de l'Organisation Internationale du Travail. D'après ces sugges- tions, il devrait y avoir, entre ln quatrième et ln sixième heure de conduite d 1un véhicule automobile lourd, une interruption d 1au moins 30 minutes. Le total des heures de conduite ne devrait pas dépasser 10 heures par période de 24 heures. Tout conducteur devrait en principe bénéficier d'un repos dont ln durée moyenne ne de- vrait pas être inférieure à 11 h et qui pourrait, dans certains cas, être ramenée à 8 h. 1 EXAMENS MEDICAUX PERIODIQUES 59. Dans certains pays, le renouvellement du perMis de conduire des véhicules de transport en commun est obligatoire, la périodicité étant fixée par les auto- rités responsables de la circulation. Les conducteurs de véhicules automobiles lourds devraient subir un examen médical tous les 3 ans à partir de 40 ans et tous les nns à partir de 60 ans. Ces examens peuvent aussi être nécessaires, par exemple, lors de la reprise du travail après une maladie de plus de trois ou quatre semaines, ou après un accident ayant emp@ché le conducteur de travailler pendant trois jours ou davantage ou à n'importe quel moment si le supérieur de l'intéressé l'estime nécessaire dans l'intérêt de la sécurité. La vue des conducteurs professionnels doit être examinée tous les cinq ans. Il est également nécessaire d'examiner les conducteurs qui sont atteints ou qui ont été déclarés atteints de vertiges, d'évanouissements, d'épilepsie ou d 1une maladie de coeur, et en général de toute affection susceptible de troubler l'appré- ciation du danger chez le conducteur, d'obscurcir son jugement ou de lui faire 1 Mémorandum N° 51 concernant les conditions d'emploi dans les transports routiers, Bureau International du Travail, Bulletin officj~l, Volume XXXVII, N° 2, 15 sep~ tembre 1954, p. JJ WHO/AcciQ.Prev./1 Rev.l Po.ge 40 perdre subitement connaissance; en pareil ens, l'examen doit ~tre pratiqué m&me si l'intéressé n'a po.s quitté son travail. A la suite d 1une maladie importante ou d 1un accident grave, le conducteur devrait @tre tenu de subir un examen médical avant d'@tre autorisé à reprendre son tra.v:::.il. SCiillMl\. D 1EX!IMEN COURI\NT DE L'ETAT GENERAL ET DE LA VUE DES CONDUCTEURS 6o. La plupart des praticiens de médecine générale qui examinent un grand nombre de candidats au permis de conduire ou qui pratiquent d'autres examens de conducteurs trouvent commode de suivre un ordre constant pour le déroulement de cet examen. On évite ainsi d'omettre, par inadvertance, un élément important de 1 1exnmen. Le temps qu1exige 11examen complet varie beaucoup selon les cas, mais en moyenne on peut compter environ quinze à vingt minutes. Pour &tre certain d'opérer correctement, il convient d'examiner le sujet complètement nu. Nous proposons le schém suivant ~ a) Il est i~orta.nt de ~rendre soigneusement l'anamnèse. Le sujet doit remplir un questionnaire coMprenant au moins les questions suivantes : !.•vez-vo~- souffert à un m.oment q,uelconque de : 1) Pertes à.e connaissance; crises épileptiques, "absences 11 ou "crises de nerfs 11 2) Maladie Qe coeur ou trouble car~iaque 3) Tuberculose 4) Asthme ou bronchite chronique 5) Troubles nerveux ou mentaux 6) Maladie de peau 7) Hernie. Dans l'affirmative, portez-vous un bandage ? 8) Troubles de la digestion 9) Diabète 10) Rhumatisme ou troubles articulaires 11) Autres ~ladies 12) Accidents ou blessures WHO/Accid.Prev./1 Rev.l Page 41 Avez-vous été hospitalisé ou avez-vous subi une opération ? Dans l'affir- mative,. donnez des détails et indi~uez la date. Avez-vous été ajourné ou réformé par les forces armées ou par une admi- nistration publi~ue ? Les réponses à ces questions aideront l'examinateur à établir les antécé- dents médicaux détaillés du sujet au cas où certains points lui parartraient exiger des éclaircissements. L'anamnèse pourra révéler l'absorption régulière d 1un médicament ou d'autres accoutumances et l'examen médical doit comprendre la recherche clinique d'un tel état. L'observation médicale est toujours con- fidentielle et les réponses écrites aux questions ci-dessus ainsi que les notes prises lors de l'examen médical lui-m$me doivent €tre conservées par le praticie~. Pour la m€me raison, on doit examiner les can(lidats individuelle- ment et non en groupe. Pour l'examen médical proprement dit, on suggère 1 1ordre suivant : b) Examen de la vue, comprenant les réactions pupillaires à la lumière (paragraphes 9··16). c) Noter toute anomalie de la bouche, de la gorge, du nez et du cou. d) En se plaçant derrière le candidat, étudier l'audition de chaque oreille séparément, à voix haute normale et à voix chuchotée; examiner le conduit auditif externe et le tympan au speculum auriculaire (paragraphes 17 et 18) .. e) Examiner les articulations et 1 1état des muscles des membres supérieurs (paragraphe 20). f) Examiner le thorax de face et de dos; inspection et auscultation du coeur et des poumons, avec examen radiologique et autres examens spéciaux suivant indications (paragraphes 25 et suivants). g) Mesurer et noter ln pression artérielle systolique et diastolique (para- graphes 32 et 33). h) Examiner l'abdomen; rechercher l'existence éventuelle d'une hernie. WHO/Accid.Prev./1 Rev.l Page 42 i) Etudier les réflexes du genou et de la cheville (paragraphes 41 et suivants). j) Examiner les articulations et l'état des muscles de la colonne vertébrale et des membres inférieurs, en recherchant spécialement l'existence de varices (paragraphes 21 et 22). k) Signes de Romberg. 1) Rechercher le sucre et l'albumine urinaires (paragraphes 38 et 55), Les résultats de ces examens et de ces tests pourront orienter le médecin vers d 1autres examens plus poussés, s'il y a lieu. CONCLUSION Dans les paragraphes qui précèdent, on ·a indiqué les différentes tech- niques qu'il convient d'employer pour l'examen des candidats au permis de conduire des véhi~ules automobiles. On a analysé en détail et pour certains états et affections particuliers les conditions qui7 du point de vue médical, sont indis- pensables pour la sécurité de la conduite. Tout candidat au permis de conduire qui remplit ces conditions peut, sans risque médical, €tre autorisé à conduire. Un très grand nombre d'accidents surviennent actuellement sur les routes de tous les p~s et une vigilance constante de la part des médecins aidera à diminuer ce nombre en empêchant les sujets médicalement inaptes et ceux dont la vue est gravement défi- ciente de conduire à titre professionnel et en leur déconseillant de conduire des véhicules automobiles légers. Les conducteurs de véhicules de transport en cocrmun doivent conserver l'excellent état d 1aptitude physique et mentale dont ils sont justement fiers et la connaissance de ce fait accrort à son tour la confiance des voyageurs. Il est souhaitable que les conducteurs de tous les typés de véhicules automobiles se maintiennent dans un état analogue, et les médecins, dans l'exercice ordinaire de leur profession, doivent inciter ceux de leurs consultants qui sont aussi con- ducteurs à y veiller. BIBLIOGRAPHIE Burger1 H. (1937) Ned. T. Geneesk. ~ 4295 WHO/Accid.Prev./1 Rev.l Page 43 Doll1 R. & Avery Jones, F. 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Всемирная организация здравоохранения (ВОЗ / WHO) · Technical Documents
Manuel à l'usage des médecins chargés d'examiner les candidats aux permis de conduire des véhicules automobiles : révision 1
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