Всемирная организация здравоохранения (ВОЗ / WHO) · Governing Bodies documents

Cinquante-troisième Assemblée mondiale de la Santé : Genève, 15-20 mai 2000 : procès-verbaux des commissions et des tables rondes ministérielles ; rapports des commissions

Всемирная организация здравоохранения
Открыть оригинал документа

Полный текст размещён на сайте публикующей организации. lawenc.com индексирует метаданные и ведёт на официальный источник.

Полный текст

C.2 WHA53/2000/REC/3

ORGANISATION MONDIALE DE LA SANTE

' CINQUANTE-TROISIEME , ASSEMBLEE MONDIALE , DE LA SANTE GENEVE, 15-20 MAl 2000

PROCES-VERBAUX DES COMMISSIONS ET DES TABLES RONDES MINISTERIELLES RAPPORTS DES COMMISSIONS

GENEVE 2000

WHA53/2000/REC/3

ORGANISATION MONDIALE DE LA SANTÉ

' CINQUANTE-TROISIEME , ASSEMBLEE MONDIALE DELA SANTÉ GENÈVE, 15-20 MAI 2000

PROCÈS-VERBAUX DES CO:MMISSIONS ET DES TABLES RONDES MINISTÉRIELLES RAPPORTS DES COMMISSIONS

GENÈVE 2000

ABREVIATIONS Les abréviations suivantes sont employées dans la documentation de l'OMS: ACDI AGFUND AID AlEA ANA SE BIRD BIT BSP CAC CCQAB CCRS CIOMS CIRC CNUCED FAO FIDA FMI FNUAP HCR OACI OCDE OIT OMC OMI OMM OMPI OMS ONUDI ONU SIDA OPS OUA PAM PNUCID PNUD PNUE UIT UNESCO UNICEF UNRWA Agence canadienne de Développement international Programme arabe du Golfe pour les Organismes de Développement des Nations Unies Agency for International Development des Etats-Unis d'Amérique Agence internationale de l'Energie atomique Association des Nations de l'Asie du Sud-Est Banque internationale pour la Reconstruction et le Développement (Banque mondiale) Bureau international du Travail Bureau sanitaire panaméricain Comité administratif de Coordination Comité consultatif pour les Questions administratives et budgétaires Comité consultatif de la Recherche en Santé Conseil des Organisations internationales des Sciences médicales Centre international de Recherche sur le Cancer Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le Développement Organisation des Nations Unies pour l'Alimentation et l'Agriculture Fonds international de Développement agricole Fonds monétaire international Fonds des Nations Unies pour la Population Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés Organisation de 1'Aviation civile internationale Organisation de Coopération et de Développement économiques Organisation internationale du Travail Organisation mondiale du Commerce Organisation maritime internationale Organisation météorologique mondiale Organisation mondiale de la Propriété intellectuelle Organisation mondiale de la Santé Organisation des Nations Unies pour le Développement industriel Programme commun des Nations Unies sur le VIH/SIDA Organisation panaméricaine de la Santé Organisation de l'Unité africaine Programme alimentaire mondial Programme des Nations Unies pour le Contrôle international des Drogues Programme des Nations Unies pour le Développement Programme des Nations Unies pour l'Environnement Union internationale des Télécommunications Organisation des Nations Unies pour l'Education, la Science et la Culture Fonds des Nations Unies pour l'Enfance Office de Secours et de Travaux des Nations Unies pour les Réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient

Les appellations employées dans ce volume et la présentation des données qui y figurent n'impliquent de la part du Secrétariat de l'Organisation mondiale de la Santé aucune prise de position quant au statut juridique des pays, territoires, villes ou zones, ou de leurs autorités, ni quant au tracé de leurs frontières ou limites. Lorsque l'appellation« pays ou zone» apparaît dans le titre de tableaux, elle couvre les pays, territoires, villes ou zones.

-ii-

AVANT-PROPOS La Cinquante-Troisième Assemblée mondiale de la Santé s'est tenue au Palais des Nations à Genève du 15 au 20 mai 2000, conformément à la décision adoptée par le Conseil exécutif à sa cent quatrième session. Ses actes paraissent dans trois volumes contenant notamment : les résolutions et décisions et une annexe- document WHA53/2000/R.EC/1, les comptes rendus in extenso des séances plénières et la liste des participants - document WHA53/2000/R.EC/2, les procès-verbaux des commissions et des tables rondes ministérielles et les rapports des commissions- document WHA53/2000/R.EC/3.

-iii-

TABLE DES MATIERES

Pages Avant-propos................................................................................................................................... Présidence et secrétariat de l'Assemblée de la Santé et composition de ses commissions............. Ordre du jour ... ...... ..... ................ ...... .... .............. ......... .. .............. .... ...... ... ... ..... ... .. ....... .. ... .... ...... .. .. Liste des documents......................................................................................................................... iii ix

xi xv

PARTIE 1 PROCES-VERBAUX DU BUREAU DE L'ASSEMBLEE ET DES COMMISSIONS BUREAU DE L'ASSEMBLEE Première séance .. ..................... .................. ....... ....................... ............... ..................... .. ... ...... ....... .. Deuxième séance ....... ........... .. ............... ...... .... .. ........ ...... ...... ................................... ..... ... .. ... .......... 3 7

COMMISSION A Première séance 1.

2. 3.

Election des vice-présidents et du rapporteur ....................................................................... . Organisation des travaux ...................................................................................................... . Questions techniques et sanitaires Initiative Halte à la tuberculose .................................................................................. .

9 9

9

Deuxième séance Questions techniques et sanitaires (suite) Initiative Halte à la tuberculose (suite)....................................................................... Vlli/SIDA................................................................................................................... Troisième séance Questions techniques et sanitaires (suite) Vlli/SIDA (suite)........................................................................................................

24 25

39

-v-

Pages Quatrième séance

1.

2. 3.

Questions techniques et sanitaires (suite) Salubrité des aliments ................................................................................................. . Premier rapport de la Commission A ................................................................................... . Questions techniques et sanitaires (reprise) Salubrité des aliments (reprise) .................................................................................. . Alimentation du nourrisson et du jeune enfant........................................................... .

52

62 62 68

Cinquième séance Questions techniques et sanitaires (suite) Alimentation du nourrisson et du jeune enfant (suite)................................................ Sixième séance Questions techniques et sanitaires (suite) Alimentation du nourrisson et du jeune enfant (suite)................................................ Vlli/SIDA (suite)........................................................................................................ Salubrité des aliments (suite) ..... ........ ........... .................................. .......... .................. Convention-cadre de l'OMS pour la lutte antitabac.................................................... Septième séance Questions techniques et sanitaires (suite) Salubrité des aliments (suite)....................................................................................... Alimentation du nourrisson et du jeune enfant (suite)................................................ Convention-cadre de l'OMS pour la lutte antitabac (suite)......................................... Stratégie mondiale de lutte contre les maladies non transmissibles............................ Huitième séance

75

87 91 96 101

104 104 105 115

1. 2. 3.

4.

Questions techniques et sanitaires (suite) Renforcement des systèmes de santé dans les pays en développement...................... Deuxième rapport de la Commission A................................................................................. Questions techniques et sanitaires (reprise) Clonage et santé humaine............................................................................................ Promotion de la santé ......... ......... ........ ......................................................... ............... Clôture des travaux................................................................................................................

128 132 133 13 7 139

COMMISSION B Première séance

1. 2. 3.

Election des vice-présidents et du rapporteur........................................................................ Organisation des travaux ......... ...... ....... .............. ...... ...... ...... .. ....... ...... .......... .................. ...... Questions administratives et fmancières Questions fmancières • Etat du recouvrement des contributions, et notamment celles des Membres redevables d'arriérés dans une mesure qui justifierait l'application de l'article 7 de la Constitution ..... ..................... .... .. ...... ..... ....... ......................... ............ .......... .. -VI-

141 141

141

Pages • Rapport financier sur les comptes de l'OMS pour 1998-1999, rapport du Commissaire aux Comptes et observations y relatives formqlées au nom du Conseil exécutif; rapport du vérificateur intérieur des comptes ........................... • Recettes occasionnelles; Fonds immobilier.......................................................... • Barème des contributions....................................................................................... Deuxième séance Questions administratives et fmancières (suite) Questions fmancières (suite) • Barème des contributions (suite)........................................................................... • Amendements au Règlement financier.................................................................. Développement des ressources humaines et appui au personnel • Ressources humaines : rapport annuel................................................................... • Amendements au Statut et au Règlement du Personnel......................................... • Nomination de représentants au Comité des Pensions du Personnel de l'OMS.... Amendements au Règlement applicable aux tableaux et comités d'experts............... Troisième séance 1. 2. Premier rapport de la Commission B .... ...... ... ...... ... .. ............. ... .. .. ..... ......... ... ....... ..... ......... .. Questions juridiques • Participation de l'OMS à la Convention de Vienne de 1986 sur le droit des traités entre Etats et organisations internationales ou entre organisations internationales........................................................................................................ Collaboration à l'intérieur du système des Nations Unies et avec d'autres organisations intergouvernementales........................................................................................................... 166

143 148 149

154 159 161 163 164 164

166 167

3.

Quatrième séance 1. 2. 3. Deuxième rapport de la Commission B .................... .. .................. .. ..... .... ... ....... ... ................ Situation sanitaire de la population arabe dans les territoires arabes occupés, y compris la Palestine, et assistance sanitaire à cette population........................................................... Collaboration à l'intérieur du système des Nations Unies et avec d'autres organisations intergouvernementales (suite) • Soutien aux pays d'Amérique centrale frappés par l'ouragan Mitch; Urgences sanitaires ............. ........................... ... ...................................... ............................... Questions techniques et sanitaires (suite) Coopération technique entre pays en développement................................................. 173 174

178 183

4.

Cinquième séance 1. 2. Troisième rapport de la Commission B................................................................................. Questions techniques et sanitaires (suite) Coopération technique entre pays en développement (suite)...................................... Alliance mondiale pour les vaccins et la vaccination ..... ..................... ................. ...... Collaboration à l'intérieur du système des Nations Unies et avec d'autres organisations intergouvernementales (suite)............................................................................................... Questions techniques et sanitaires (reprise) Stratégie pharmaceutique révisée................................................................................ 187 187 188 196 197

3. 4.

-vii-

Pages

5.

6.

Questions administratives et fmancières (suite) Questions financières (suite) • Etat du recouvrement des contributions, et notamment celles des Membres redevables d'arriérés dans une mesure qui justifierait l'application de l'article 7 de la Constitution (suite)........................................................................................ Questions techniques et sanitaires (reprise) Eradication de la poliomyélite.....................................................................................

203 204

Sixième séance 1.

2.

3.

Quatrième rapport de la Commission B ................................................................................ Questions techniques et sanitaires (suite) Eradication de la poliomyélite (suite).......................................................................... Eradication de la variole : maintien temporaire des stocks de virus variolique .......... Clôture des travaux................................................................................................................

208 208 210 210

PARTIE II PROCES-VERBAUX DES TABLES RONDES MINISTERIELLES Les grands enjeux des systèmes de santé Salle VII................................................................................................................................. Salle XII................................................................................................................................. Salle XVII.............................................................................................................................. Salle XVIII ... ..... ..... .. ... .... .... ... ... ... ....... ...... .... ... ... .... ....... .. ........ .. .. ....... ... ... .. ...... .. ... .. .... .. .......

213 223 23 7 24 7

PARTIE III RAPPORTS DES COMMISSIONS Commission de Vérification des Pouvoirs....................................................................................... Commission des Désignations......................................................................................................... Bureau de l'Assemblée.................................................................................................................... Commission A ..... ...... .. ... .. .............. .. .... ... .. .... ... ........ ...... .. .. ... ... ... ....... .. ...... .. .. ..... ........... .. ..... ... ... .. .. Commission B.................................................................................................................................. 257 259 260 261 262

-viii-

PRESIDENCE ET SECRETARIAT DE L'ASSEMBLEE DE LA SANTE ET COMPOSITION DE SES COMMISSIONS

Président: Dr L. AMATIDLA (Namibie) Vice-Présidents : Professeur F. NAZIROV (Ouzbékistan) M. N.T. SHANMUGAM (Inde) Professeur R. SMALLWOOD (Australie) Dr M. A. AL-JARALLAH (Koweït) Dr M. AMÉDÉE-GÉDÉON (Haïti) Secrétaire : Dr Gro Harlem BRUNDTLAND, Directeur général

M. M. Telefoni Retzlaff, Samoa (Vice-Président de la Cinquante-Deuxième Assemblée mondiale de la Santé, membre de droit). Président : M. M. TELEFONI RETZLAFF (Samoa) Secrétaire: Dr Gro Harlem BRUNDTLAND, Directeur général

Bureau de l'Assemblée Le Bureau de l'Assemblée était composé du Président et des Vice-Présidents de l'Assemblée de la Santé, des Présidents des commissions principales et de délégués des Etats Membres suivants : Afrique du Sud, Allemagne, BosnieHerzégovine, Burkina Faso, Canada, Cap-Vert, Chine, Cuba, Etats-Unis d'Amérique, Fédération de Russie, France, Ghana, Lesotho, Oman, Palaos, Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord et Uruguay. Président: Dr L. AMATHILA (Namibie) Secrétaire : Dr Gro Harlem BRUNDTLAND, Directeur général

Commission de Vérification des Pouvoirs La Commission de Vérification des Pouvoirs était composée de délégués des Etats Membres suivants : Barbade, Burundi, Chili, Gabon, Indonésie, Irlande, Pologne, République arabe syrienne, République de Corée, République-Unie de Tanzanie, Saint-Marin et Tunisie. Président : Sénateur P. C. GODDARD (Barbade) Vice-Président : Mme L. H. RUSTAM (Indonésie) Rapporteur : Dr G. L. UPUNDA (RépubliqueUnie de Tanzanie) Secrétaire : M. T. S. R. TOPPING, Conseiller juridique

COMMISSIONS PRINCIPALES Conformément à l'article 35 du Règlement intérieur de l'Assemblée mondiale de la Santé, chaque délégation a le droit de se faire représenter par un de ses membres à chacune des commissions principales.

Commission des Désignations La Commission des Désignations était composée de délégués des Etats Membres suivants : Angola, Argentine, Bahamas, Bahreïn, Bénin, Bhoutan, Botswana, Brunéi Darussalam, Bulgarie, Cameroun, Chine, Chypre, Colombie, Costa Rica, Fédération de Russie, France, Maroc, Maurice, Mexique, Portugal, RoyaumeUni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord, Slovaquie, Sri Lanka et Zambie, et -ix-

Commission A Président : Professeur S. M. ALI (Bangladesh) Vice-Présidents : Mme M. McCOY SÂNCHEZ (Nicaragua) et Dr R. BUSUTTIL (Malte) Rapporteur: Dr J. RASAMIZANAKA (Madagascar) Secrétaire : Dr S. HOLCK, Directeur, Gestion et diffusion de 1' information sanitaire

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

Commission B Président : Dr K. KARAM (Liban) Vice-Présidents: Mlle F.-Z. CHAÏEB (Algérie) et M. L. ROKOV ADA (Fidji) Rapporteur : Dr SUWIT WffiULPOLPRASERT (Thaïlande) Secrétaire : Dr M. KARAM, Elaboration et SUIVI des stratégies d'éradication et d'élimination

-x-

ORDRE DU JOUR1

SEANCES PLENIERES

1.

Ouverture de l'Assemblée 1.1 1.2 Constitution de la Commission de Vérification des Pouvoirs Election de la Commission des Désignations Rapports de la Commission des Désignations • • Election du président Election des cinq vice-présidents, des présidents des commissi<>"ns principales et constitution du Bureau

1.3

1.4 2.

Adoption de 1' ordre du jour et répartition des points entre les commissions principales

Rapports du Conseil exécutif sur ses cent quatrième et cent cinquième sessions Allocution du Dr Gro Harlem Brundtland, Directeur général (y compris un aperçu du Rapport sur la santé dans le monde, 2000) Intervenant invité [supprimé] Conseil exécutif: élection Distinctions Rapports des commissions principales Clôture de l'Assemblée

3.

4. 5. 6. 7. 8.

9.

TABLES RONDES

1O.

Tables rondes : les grands enjeux des systèmes de santé

1

Adopté à la deuxième séance plénière.

-xi-

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

COMMISSION A

Il. 12.

Ouverture des travaux de la Commission, y compris l'élection des vice-présidents et du rapporteur Questions techniques et sanitaires 12.1 Initiative Halte à la tuberculose 12.2 VIH/SIDA 12.3 Salubrité des aliments 12.4 Alimentation du nourrisson et du jeune enfant 12.5 Coopération technique entre pays en développement 12.6 Renforcement des systèmes de santé dans les pays en développement 12.7 Alliance mondiale pour les vaccins et la vaccination 12.8 Stratégie pharmaceutique révisée 12.9 Eradication de la poliomyélite 12.10 Convention-cadre de l'OMS pour la lutte antitabac 12.11 Stratégie mondiale de lutte contre les maladies non transmissibles 12.12 Clonage et santé humaine 12.13 Promotion de la santé 12.14 Eradication de la variole: maintien temporaire des stocks de virus variolique

COMMISSION B 13. 14. Ouverture des travaux de la Commission, y compris l'élection des vice-présidents et du rapporteur Questions administratives et fmancières 14.1 Questions fmancières

-xii-

ORDRE DU JOUR

•

Rapport financier sur les comptes de l'OMS pour 1998-1999, rapport du Commissaire aux Comptes et observations y relatives formulées au nom du Conseil exécutif; rapport du vérificateur intérieur des comptes Etat du recouvrement des contributions, et notamment celles des Membres redevables d'arriérés dans une mesure qui justifierait l'application de l'article 7 de la Constitution Recettes occasionnelles Fonds immobilier Barème des contributions Amendements au Règlement fmancier

•

• • • •

14.2 Développement des ressources humaines et appui au personnel • • • Ressources humaines : rapport annuel Amendements au Statut et au Règlement du Personnel Nomination de représentants au Comité des Pensions du Personnel de l'OMS

14.3 Amendements au Règlement applicable aux tableaux et comités d'experts 15. Questions juridiques • Participation de l'OMS à la Convention de Vienne de 1986 sur le droit des traités entre Etats et organisations internationales ou entre organisations internationales

16.

Situation sanitaire de la population arabe dans les territoires arabes occupés, y compris la Palestine, et assistance sanitaire à cette population Collaboration à l'intérieur du système des Nations Unies et avec d'autres organisations intergouvernementales • • Soutien aux pays d'Amérique centrale frappés par l'ouragan Mitch (résolution WHA52.12) Urgences sanitaires

17.

-xiii-

LISTE DES DOCUMENTS

A5311 Rev.l A53/2 et Corr.l A53/3

Ordre du jour1 Rapports du Conseil exécutif sur ses cent quatrième et cent cinquième sessions Allocution du Directeur général à la Cinquante-Troisième Assemblée mondiale de la Santé

A53/4

Rapport sur la santé dans le monde, 2000 - Pour un système de santé plus performant Initiative Halte à la tuberculose VIH/SIDA Nutrition du nourrisson et du jeune enfant Coopération technique entre pays en développement Renforcement des systèmes de santé dans les pays en développement Stratégie pharmaceutique révisée Eradication de la poliomyélite Convention-cadre de l'OMS pour la lutte antitabac Initiative Pour un monde sans tabac Stratégie mondiale de lutte contre les maladies non transmissibles Clonage et santé humaine Promotion de la santé Rapport fmancier et états fmanciers vérifiés pour 1' exercice 1er janvier 199831 décembre 1999 et Rapport du Commissaire aux Comptes à 1' Assemblée mondiale de la Santé Rapport fmancier et états fmanciers vérifiés pour 1' exercice 1er janvier 199831 décembre 1999 - Annexe : ressources extrabudgétaires pour les activités du programme

A53/5 A53/6 A5317 A53/8 A53/9 A53/10 A53111 et Corr.l A53/12 et Corr.l A53/13 A53/14 A53/15 A53/16 A53/17

A53117 Add.l

1

Voir p. xi.

-xv-

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

A53118 et Corr.l

Rapport financier sur les comptes de l'OMS pour 1998-1999, rapport du Commissaire aux Comptes et observations y relatives au nom du Conseil exécutif; rapport du vérificateur intérieur des comptes - Premier rapport du Comité de l'Administration, du Budget et des Finances du Conseil exécutif à la CinquanteTroisième Assemblée mondiale de la Santé Questions fmancières : rapport du vérificateur intérieur des comptes Recettes occasionnelles Barème des contributions Amendements au Règlement fmancier 1 Ressources humaines : rapport annuel Nomination de représentants au Comité des Pensions du Personnel de l'OMS Situation sanitaire de la population arabe dans les territoires arabes occupés, y compris la Palestine, et assistance sanitaire à cette population Collaboration à l'intérieur du système des Nations Unies et avec d'autres organisations intergouvernementales Collaboration à l'intérieur du système des Nations Unies et avec d'autres organisations intergouvernementales : urgences sanitaires Eradication de la variole : maintien temporaire des stocks de virus variolique Etat du recouvrement des contributions, et notamment celles des Membres redevables d'arriérés de contributions dans une mesure qui justifierait l'application de l'article 7 de la Constitution- Deuxième rapport du Comité de l'Administration, du Budget et des Finances du Conseil exécutif à la Cinquante-Troisième Assemblée mondiale de la Santé Amendements au Règlement fmancier - Troisième rapport du Comité de l'Administration, du Budget et des Finances du Conseil exécutif à la CinquanteTroisième Assemblée mondiale de la Santé Commission des Désignations : premier rapport Commission des Désignations : deuxième rapport Commission des Désignations : troisième rapport Commission de Vérification des Pouvoirs : premier rapport

A53119 A53/20 A53/21 A53/22 A53/23 A53/24 A53/25

A53/26

A53/26 Add.l

A53/27 A53/28

A53/29

A53/30 A53/31 A53/32 A53/33 1

Voir document WHA53/2000/REC/l, annexe.

-xvi-

LISTE DES DOCUMENTS

A53/34

Election de Membres habilités à désigner une personne devant faire partie du Conseil exécutif Premier rapport de la Commission A Premier rapport de la Commission B Deuxième rapport de la Commission B Commission de Vérification des Pouvoirs : deuxième rapport Troisième rapport de la Commission B Quatrième rapport de la Commission B Deuxième rapport de la Commission A

A53/35 A53/36 A53/37 A53/38 A53/39 A53/40 A53/41

Documents d'information A53/INF.DOC./1 A53/INF.DOC./2 Règlement financier : mise à jour Nutrition du nourrisson et du jeune enfant l'alimentation du nourrisson et du jeune enfant consultation technique sur

A53/INF .DOC./3 A53/INF .DOC./4

Ressources humaines : rapport annuel : représentation géographique Situation sanitaire de la population arabe dans les territoires arabes occupés, y compris la Palestine, et assistance sanitaire à cette population (rapport annuel du Directeur de la Santé de 1'UNRWA) Situation sanitaire de la population arabe dans les territoires arabes occupés, y compris la Palestine, et assistance sanitaire à cette population (rapport du Ministère israélien de la Santé) Situation sanitaire de la population arabe dans les territoires arabes occupés, y compris la Palestine, et assistance sanitaire à cette population (rapport soumis par l'Observateur permanent de la Palestine auprès de l'Office des Nations Unies à Genève) Rapport sur l'appui de l'OPS/OMS au processus de reconstruction et de réaménagement en Amérique centrale à la suite de l'ouragan Mitch

A53/INF .DOC./5

A53/INF.DOC./6

A53/INF.DOC./7

Divers A53/DIV/5 Tables rondes : les grands enjeux des systèmes de santé

-xvii-

PARTIEl PROCES-VERBAUX DU BUREAU DE L'ASSEMBLEE ET DES COMMISSIONS

BUREAU DE L'ASSEMBLEE PREMIERE SEANCE Lundi 15 mai 2000, 11 h 40 Président: Dr L. AMATHILA (Namibie) Président de 1'Assemblée de la Santé

ADOPTION DE L'ORDRE DU JOUR, PROGRAMME DE TRAVAIL DE L'ASSEMBLEE DE LA SANTE ET REPARTITION DES POINTS ENTRE LES COMMISSIONS PRINCIPALES (documents A53/1, A53/1 Corr.l, A53/GC/1 et A53/GC/2) Le PRESIDENT rappelle au Bureau qu'aux termes de son mandat, tel qu'il est défini à l'article 33 du Règlement intérieur de 1' Assemblée de la Santé, il doit s'occuper en premier lieu du point 1.4 (Adoption de l'ordre du jour et répartition des points entre les commissions principales) de l'ordre du jour provisoire, qui a été établi par le Conseil exécutif et distribué sous les cotes A53/1 et A53/1 Corr.1. Le Bureau examinera également une proposition visant à inscrire un point supplémentaire à l'ordre du jour et le programme de travail de l'Assemblée.

Suppression de points de l'ordre du jour Le PRESIDENT indique qu'en l'absence d'objection, deux points inscrits à l'ordre du jour provisoire seront supprimés, à savoir le point 5 (Admission de nouveaux Membres et Membres associés) et la partie du point 14 sur les contributions des nouveaux Membres et Membres associés. Il en est ainsi convenu.

Proposition d'inscription d'un point supplémentaire à l'ordre du jour Le PRESIDENT appelle l'attention du Bureau sur une proposition visant à inscrire à l'ordre du jour un point supplémentaire, conformément à l'article 12 du Règlement intérieur de l'Assemblée de la Santé, proposition soumise par les Gouvernements du Burkina Faso, de l'Ex-République yougoslave de Macédoine, du Honduras, des Iles Salomon, de Nauru, du Nicaragua, du Paraguay et du Swaziland pour « inviter la République de Chine (Taïwan) à participer à l'Assemblée mondiale de la Santé en qualité d'observateur ». 1 Il convient de noter que la même proposition a été faite en 1997, 1998 et 1999 et a été rejetée à chaque fois par l'Assemblée. Le délégué de la CHINE dit que sa délégation est fermement opposée à la proposition concernant la participation de Taïwan à l'Assemblée de la Santé en qualité d'observateur. Le fait que la même proposition ait été rejetée à plusieurs reprises par trois précédentes Assemblées de la Santé montre que

1

Voir document A53/GC/2.

-3-

4

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

la majorité des Etats Membres y demeurent opposés. L'OMS est une institution spécialisée des Nations Unies, et l'Assemblée de la Santé en est l'organe suprême; il y a une trentaine d'années, la question de la représentation chinoise, tant à l'Organisation des Nations Unies qu'à l'OMS, a été réglée par la résolution 2758 (XXVI) (1971) de l'Assemblée générale des Nations Unies et la résolution WHA25.1 (1972). En tant que province de Chine, Taïwan n'est nullement habilitée à être Membre de l'OMS ni à participer à l'Assemblée de la Santé. La proposition n'a donc pas de fondement juridique. La question de Taïwan est une affaire intérieure à la Chine dans laquelle aucun pays étranger n'a le droit de s'immiscer ou d'intervenir. En incitant certains Etats Membres à soulever la question une fois de plus, les autorités de Taïwan sont manifestement motivées par des considérations politiques, essayant de créer « deux Chines » ou « une Chine, un Taïwan » sur la scène internationale. Un tel acte constitue une violation de l'intégrité territoriale et de la souveraineté de la Chine et ne sera pas toléré par le Gouvernement et le peuple chinois. Le Gouvernement chinois attache toujours beaucoup d'importance à la protection des droits et des intérêts légitimes des compatriotes chinois à Taïwan et se préoccupe de leur santé. Il est prêt à rechercher un accord négocié sur les questions sanitaires par les voies appropriées et à prendre les dispositions voulues pour faciliter les échanges dans le domaine de la santé. Dès lors que les autorités taïwanaises abandonneront toutes leurs activités séparatistes et oeuvreront à préserver l'unification de la Chine, les questions de santé qui se posent pourront être résolues par la consultation. Pour montrer qu'ils se soucient de la santé du peuple de Taïwan, les pays devraient agir dans l'intérêt de l'unification de la Chine. Le délégué de la Chine en appelle à tous les membres du Bureau pour qu'ils rejettent l'inscription du point supplémentaire proposé à l'ordre du jour. · Citant les précédentes résolutions de l'Assemblée générale des Nations Unies et de l'Assemblée de la Santé, le délégué de CUBA déclare qu'il ne soutient pas la proposition visant à inscrire un point supplémentaire à l'ordre du jour. L'observateur du PAKISTAN 1 réaffirme que son pays ne reconnaît qu'une seule Chine et estime que le Gouvernement de la République populaire de Chine est le seul gouvernement légal représentant l'ensemble de la Chine. Se référant aussi aux résolutions précédentes et préoccupé par l'existence d'une motivation politique, il soutient le délégué de la Chine, fermement opposé à l'inscription d'un point supplémentaire à l'ordre du jour. Le délégué du BURKINA FASO souligne que les motivations des auteurs de la proposition sont plus pratiques que politiques. La République de Chine (Taïwan) possède une expérience utile en matière de santé et pourrait apporter des contributions importantes aux pays africains comme le sien, qu'il s'agisse de former du personnel de santé ou de renforcer les systèmes de santé. L'expérience et les compétences de la République de Chine (Taïwan) en matière de santé devraient contribuer à l'action de l'OMS et renforcer celle-ci, et aider à résoudre certains des problèmes de santé dans le monde. L'observateur du HONDURAS, 1 s'exprimant également au nom de l'Ex-République yougoslave de Macédoine, des Iles Salomon, de Nauru, du Nicaragua, du Paraguay et du Swaziland, soutient fermement la participation de la République de Chine (Taïwan) à l'Assemblée de la Santé en qualité d'observateur. Taïwan et ses plus de 22 millions d'habitants ne devraient plus être privés des services de l'OMS. Le pays a prouvé qu'il possédait une vaste expérience du secteur de la santé et collabore étroitement avec les Etats Membres de l'OMS, y compris les plus défavorisés. Il n'est ni juste ni humain de continuer à priver Taïwan du statut d'observateur. L'observateur du Honduras déplore le détournement des intentions des auteurs de la proposition en motivation politique. Rappelant les dégâts provoqués dans la région d'Amérique centrale par l'ouragan Mitch en 1998, il demande ce qui se serait passé si la région avait été isolée du reste de la communauté sanitaire, surtout 1

Assistant à la réunion en vertu de l'article 31 du Règlement intérieur.

BUREAU DE L'ASSEMBLEE : PREMIERE SEANCE

5

compte tenu de la facilité avec laquelle les micro-organismes se déplacent dans le monde. Les auteurs de la proposition ne pouvaient pas imaginer qu'au début d'un nouveau siècle, la République de Chine (Taïwan) continuerait d'être isolée sur le plan sanitaire. Les délégués de l'URUGUAY, de la FEDERATION DE RUSSIE, du CAP-VERT ainsi que l'observateur du BANGLADESH' soutiennent tous fermement le délégué de la Chine et les autres intervenants qui ont demandé le rejet de la proposition. Ils rappellent en particulier les décisions antérieures de l'Assemblée générale des Nations Unies et de l'Assemblée de la Santé. L'observateur du NICARAGUA' souscrit aux arguments de l'observateur du Honduras, soulignant l'importance que le Nicaragua attache à la participation à l'Assemblée de la Santé de la République de Chine (Taïwan), qui a toujours incarné les principes constitutionnels de l'OMS. Le Nicaragua, comme beaucoup d'autres pays en développement, peut témoigner que la République de Chine (Taïwan) a fourni rapidement une aide médicale et humanitaire et des secours d'urgence à l'occasion de catastrophes naturelles. Il est très conscient, du fait notamment de la situation qu'il a connue récemment, de la nécessité d'une coopération entre les peuples pour aider à limiter la propagation des maladies. Le souci de la santé et du bien-être des 22 millions d'habitants de la République de Chine (Taïwan) devrait l'emporter sur les considérations politiques. Les expériences devraient être mises en commun dans un climat de coopération. Un débat approfondi devrait avoir lieu sur cette question afm que le principe de la santé pour tous puisse être réaffirmé. Le délégué des PALAOS interprète le message du Directeur général dans le Rapport sur la santé dans le monde, 1999- Pour un réel changement comme une ligne directrice en vue de l'instauration de la santé pour tous. Ses propos signifiaient que tous ceux qui ont consacré leur vie à l'amélioration de la santé devaient faire le bon choix, qu'il soit ou non politiquement correct, en permettant l'accès à l'information sanitaire du peuple de la République de Chine (Taïwan) et en lui permettant de participer aux travaux de l'OMS sur un pied d'égalité, soit comme Membre à part entière, soit comme observateur. Le délégué des Palaos estime qu'en lui accordant l'égalité d'accès et de chances en matière de santé grâce à ce statut, l'OMS témoignerait de sa réactivité aux besoins sanitaires des peuples du monde. Le Vice-Président, prenant la parole en sa qualité de délégué de HAIT!, souligne la qualité et le volume de la coopération bilatérale entre son pays et la République de Chine (Taïwan). Elle soutient la proposition. Le PRESIDENT, concluant que le Bureau n'est pas favorable à la proposition tendant à inscrire à l'ordre du jour un point supplémentaire invitant la République de Chine (Taïwan) à participer à l'Assemblée mondiale de la Santé en qualité d'observateur, propose qu'une recommandation à cet effet soit formulée à l'Assemblée de la Santé lors de sa séance plénière de l'après-midi. Il en est ainsi convenu.

Répartition des points de l'ordre du jour entre les commissions principales et programme de travail de l'Assemblée de la Santé (documents A53/1, A53/1 Corr.l et A53/GC/1) Le PRESIDENT indique que les recommandations du Bureau de l'Assemblée concernant le point 1 seront transmises à la séance plénière au cours de l'après-midi. Les points 2 à 4 et 6 à 10 seront également examinés en plénière.

1

Assistant à la réunion en vertu de l'article 31 du Règlement intérieur.

6

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

En ce qui concerne le point 10 (Tables rondes : les grands enjeux des systèmes de santé), il a été convenu que les tables rondes seraient considérées comme des commissions de l'Assemblée de la Santé et de limiter la participation à chacune aux ministres de la santé ou aux délégués désignés pour les représenter à l'Assemblée qui se seraient inscrits. Tous les autres membres de délégations et observateurs, y compris les membres des délégations des ministres de la santé participant aux tables rondes, pourront y assister en qualité d'observateurs. Les tables rondes étant destinées à des échanges de vues, elles n'adopteront pas de résolutions, mais un de leurs Présidents rendra compte oralement à l'Assemblée plénière des discussions qui auront eu lieu. Le Président propose de désigner comme Présidents des quatre tables rondes les Ministres de la Santé suivants présents à l'Assemblée de la Santé : Mme A. Fischer (Allemagne), le Professeur K. Danso-Boafo (Ghana), le Dr Ponmek Dalaloy (République démocratique populaire lao) et M. J. A. Gonzalez Femandez (Mexique). Il en est ainsi convenu. Le PRESIDENT conclut que le Bureau souhaite recommander à l'Assemblée de la Santé d'accepter la répartition des points entre les commissions principales, telle qu'elle figure dans l'ordre du jour provisoire. Elle appelle l'attention sur l'emploi du temps préliminaire préparé par le Conseil exécutif. 1 Le nombre de délégations désirant prendre la parole lors du débat général sur le thème du Rapport sur la santé dans le monde, 2000 (point 3) est tel qu'une séance plénière supplémentaire sera nécessaire. Il est proposé que le débat se poursuive pendant la matinée du mercredi 17 mai après le rapport de la Commission de Vérification des Pouvoirs ; la Commission A tiendra sa seconde séance après ce rapport, et la Commission B sa première séance après la fm de la séance plénière. Le Président conclut que le Bureau approuve l'emploi du temps préliminaire tel qu'il a été modifié, étant entendu que certains points pourront être par la suite transférés d'une commission à l'autre en fonction de leur charge de travail respective. Il en est ainsi convenu. Le PRESIDENT rappelle au Bureau que le Conseil exécutif, dans sa décision EB105(4), a décidé que la Cinquante-Troisième Assemblée mondiale de la Santé devrait prendre fm au plus tard le samedi 20 mai. Se reportant à la liste des orateurs inscrits pour participer au débat général, le Président suggère que, conformément à l'usage établi, l'ordre des orateurs inscrits sur la liste, qui contient déjà 55 noms, soit strictement respecté et que les nouvelles inscriptions soient prises dans l'ordre dans lequel elles parviendront à l'adjoint du Secrétaire de l'Assemblée. La liste des orateurs paraîtra dans le Journal de l'Assemblée. Si le Bureau n'y voit pas d'objection, elle informera l'Assemblée de la Santé de ces dispositions lors de la séance plénière de l'après-midi. Il en est ainsi convenu. Le PRESIDENT rappelle que la prochaine séance du Bureau se tiendra le mercredi 17 mai à 17h30.

La séance est levée à 12 h 20.

1

Voir document A53/GC/l.

BUREAU DE L'ASSEMBLEE : DEUXIEME SEANCE

7

DEUXIEME SEANCE Mercredi 17 mai 2000, 17 h 40 Président: Dr L. AMATHILA (Namibie) Président de l'Assemblée de la Santé

1.

RECOMMANDATIONS EN VUE DE L'ELECTION DE MEMBRES HABILITES A DESIGNER UNE PERSONNE DEVANT FAIRE PARTIE DU CONSEIL EXECUTIF

Le PRESIDENT rappelle aux membres du Bureau que la procédure applicable à l'établissement de la liste des noms proposés que le Bureau doit transmettre à l'Assemblée de la Santé en vue de l'élection annuelle de Membres habilités à désigner une personne devant faire partie du Conseil exécutif est régie par l'article 24 de la Constitution et par l'article 102 du Règlement intérieur de l'Assemblée de la Santé. Pour aider le Bureau dans sa tâche, deux documents lui sont soumis : une liste indiqu~t, par Région, la composition actuelle du Conseil exécutif où sont soulignés les noms des dix Membres dont le mandat expire à la fm de la Cinquante-Troisième Assemblée mondiale de la Santé et qui devront être remplacés, et une liste, par Région, des Membres de l'Organisation qui sont ou ont été habilités à désigner des représentants au Conseil exécutif. Le nombre de sièges vacants, par Région, est le suivant : Afrique, 1 ; Amériques, 2 ; Asie du Sud-Est, 1 ; Europe, 3 ; Méditerranée orientale, 2 ; et Pacifique occidental, 1. Un troisième document contient une liste des dix Membres qui, selon les recommandations, devraient être habilités à désigner un représentant au Conseil exécutif. Aucune suggestion supplémentaire n'ayant été faite par les membres du Bureau, le Président note que le nombre de candidats proposés est le même que celui des sièges à pourvoir au Conseil exécutif. Il semble donc que le Bureau souhaite, comme l'article 80 du Règlement intérieur le lui permet, ne pas procéder à un vote. En l'absence d'objection, le Président conclut que le Bureau décide, conformément à l'article 102 du Règlement intérieur de l'Assemblée, de transmettre à l'Assemblée de la Santé la liste des dix pays ci-après en vue de l'élection annuelle des Membres habilités à désigner une personne devant faire partie du Conseil exécutif: Brésil, Guinée équatoriale, Iran (République islamique d'), Italie, Japon, Jordanie, Lituanie, République populaire démocratique de Corée, Suède, Venezuela. La liste sera transmise à l'Assemblée de la Santé. Il en est ainsi convenu.

2.

PROGRAMME DE TRAVAIL DE L'ASSEMBLEE DE LA SANTE

Le Bureau de l'Assemblée entend les rapports du Professeur ALI (Bangladesh), Président de la Commission A, et du Dr KARAM (Liban), Président de la Commission B, sur l'avancement des travaux dans leur commission respective. Le PRESIDENT propose de passer en revue les progrès des travaux avec les Présidents des Commissions et de réviser le programme en conséquence, si nécessaire. Il en est ainsi convenu.

8

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

Le Bureau établit ensuite le programme des séances du jeudi 18 mai, du vendredi 19 mai et du samedi 20 mai.

3.

CLOTURE DES TRAVAUX

Après les remerciements d'usage, le PRESIDENT prononce la clôture des travaux du Bureau de l'Assemblée.

La séance est levée à 17 b 55.

COMMISSION A PREMIERE SEANCE Mardi 16 mai 2000,14 h 30 Président: Professeur S. M. ALI (Bangladesh)

1.

ELECTION DES VICE-PRESIDENTS ET DU RAPPORTEUR: Point 11 de l'ordre du jour (document A53/32)

Le PRESIDENT exprime sa reconnaissance pour son élection et souhaite la bienvenue aux personnes présentes. Les représentants du Conseil exécutif transmettront à l'Assemblée de la Santé les opinions exprimées par le Conseil au cours de ses réunions précédentes et élucideront les recommandations faites par le Conseil à l'intention de l'Assemblée. Les opinions exprimées sont celles du Conseil, non celles des gouvernements nationaux. Il se réfère au troisième rapport de la Commission des Désignations (document A53/32), 1 où celle-ci propose Mme M. McCoy Sanchez (Nicaragua) et le Dr R. Busuttil (Malte) pour les fonctions de vice-présidents de la Commission A et le Dr J. Rasamizanaka (Madagascar) pour celles de rapporteur. Décision: La Commission A a élu Vice-Présidents Mme M. McCoy Sanchez (Nicaragua) et le Dr R. Busuttil (Malte), et Rapporteur le Dr J. Rasamizanaka (Madagascar). 2

2.·

ORGANISATION DES TRAVAUX

Le PRESIDENT encourage les délégués à participer aux débats, mais leur demande de limiter la durée de leurs interventions à trois minutes. Il propose que la Commission siège normalement de 9 heures à 12h30 et de 14h30 à 17h30 et demande aux délégués d'arriver le plus tôt possible pour faciliter la constitution d'un quorum. Il en est ainsi convenu.

3.

QUESTIONS TECHNIQUES ET SANITAIRES: Point 12 de l'ordre du jour

Initiative Halte à la tuberculose: Point 12.1 de l'ordre du jour (résolution EB105.Rll ; document A53/5) Le Dr SULAIMAN (représentant du Conseil exécutif) fait savoir que le Conseil, à sa cent cinquième session, a examiné le rapport du Directeur général sur l'initiative Halte à la tuberculose 3 et a

1 2 3

Voir p. 260. Décision WHA53(4). Document EBIOS/13.

-9-

10

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

discuté du problème de la tuberculose chronique et de ses liens étroits avec la pauvreté. Le Conseil a souligné combien il est important que les Etats Membres s'engagent financièrement et politiquement à combattre la tuberculose et que l'OMS joue un rôle directeur en encourageant la formation de partenariats efficaces et efficients parmi les Etats Membres et les autres organisations concernées par ce domaine. Le Dr Sulaiman attire l'attention de la Commission sur le projet de résolution figurant dans la résolution EB105.Rll. Le Dr W AN CHAI SA TTA Y A WUTHIPONG (Thaïlande) se déclare très satisfait du rapport et de la stratégie de traitement de brève durée sous surveillance directe (la stratégie DOTS), puisque la tuberculose gagne du terrain, notamment chez les pauvres, qui ont difficilement accès à des soins de santé. Quoi qu'il en soit, la stratégie est probablement vouée à l'échec à moins que l'on dispose d'un système de santé robuste et efficace et que les Etats Membres favorisent des recherches sur les aspects sociaux, économiques et comportementaux du problème, ainsi que sur les stratégies de rechange efficaces contre la tuberculose. Il propose d'ajouter au paragraphe 1.1) du projet de résolution les mots« à approuver la Déclaration d'Amsterdam visant à faire barrage à la tuberculose» devant« et à noter». Il approuve le paragraphe 2.2), mais signale que, dans son pays et dans la plupart des autres pays en développement, la prévalence de la tuberculose est simplement estimée. Le succès évident des programmes relatifs à la tuberculose n'est pas confirmé par des faits ou des chiffres provenant d'une enquête effective. En conséquence, sa délégation demande à l'OMS de contribuer à l'exe.rcice d'une surveillance épidémiologique stricte et de mener des enquêtes de prévalence dans la communauté, en englobant les sous-populations telles que les détenus, les personnes vivant avec le VIH et les pauvres. Il propose qu'un amendement soit rédigé à cet effet. Au paragraphe 4.2), sa délégation souhaite que l'on mette l'accent sur des médicaments antituberculeux de qualité en associations fixes. L'OMS devrait établir des directives uniformes pour les tests en laboratoire et appuyer les essais de médicaments associés. A propos du paragraphe 4.3), il déclare que son pays souhaiterait que l'on formule des recommandations sur la mise au point de moyens diagnostiques et de médicaments et vaccins nouveaux. Enfm, sa délégation demande à l'OMS de veiller à éviter les mêmes difficultés que celles rencontrées avec les médicaments antirétroviraux pour le VIH/SIDA et d'engager avec l'industrie pharmaceutique un dialogue plus constructif pour assurer que les nouveaux instruments soient fmancièrement abordables et accessibles aux pauvres, chez qui l'on observe les taux de tuberculose les plus élevés. Le Dr BORST-EILERS (Pays-Bas) se félicite de ce que l'OMS ait pu donner plus de relief au profil de la tuberculose, grâçe au succès de la Conférence ministérielle sur la tuberculose et le développement durable, tenue à Amsterdam, et à la présentation, à l'occasion de la Journée mondiale de la Tuberculose, du nouveau rapport sur l'augmentation à l'échelle mondiale des souches de tuberculose polypharmacorésistantes. Elle se déclare heureuse que les 20 pays les plus touchés aient adopté la Déclaration d'Amsterdam, qui servira à orienter les activités nationales et internationales de lutte antituberculeuse; elle incite toutefois les pays ayant un faible taux de morbidité à s'engager davantage dans ce domaine et à consacrer des investissements plus importants à la lutte contre la tuberculose. Pour arrêter cette maladie, il faut constituer un large partenariat avec les pays intéressés. La prévention primaire et l'action intersectorielle sont indispensables si l'on veut mener une lutte efficace et durable contre la tuberculose. En outre, il est évident que certains déterminants tels que de meilleures conditions socio-économiques au sein de la population influent considérablement sur le résultat global des programmes de lutte contre cette maladie. Le Dr Borst-Eilers estime donc que l'OMS, dans son dialogue avec les gouvernements des Etats Membres, devrait préconiser des investissements accrus en faveur de la santé de base, de l'éducation, de la nutrition, du logement et du bien-être social. L'accès universel à des soins de santé de qualité, décentralisés et dispensés au niveau des communautés facilitera aussi l'accès aux médicaments essentiels et à des traitements durables tels que le traitement de brève durée sous surveillance directe.

COMMISSION A : PREMIERE SEANCE

11

L'OMS doit prendre l'initiative de stimuler la recherche-développement concernant de nouveaux médicaments et vaccins antituberculeux et d'établir des règles et des codes de conduite précis régissant les relations de partenariat avec les sociétés pharmaceutiques. Enfin, le Dr Borst-Eilers appuie sans réserve l'approche sectorielle adoptée par l'OMS : la tuberculose ne peut être vaincue que par une action collective. Les Pays-Bas approuvent le projet de résolution. M. RUFFINO NETTO (Brésil) fait savoir que l'actuel projet national de lutte contre la tuberculose a entraîné des modifications gestionnaires. Le projet prévoit l'adoption de la stratégie DOTS et, pour chaque guérison, l'octroi d'une prime de US $82 si Je traitement est sous surveillance et US $55 dans le cas contraire. Environ 9% des quelque 7500 unités de santé publique administrant des programmes de lutte contre la tuberculose appliquent déjà la stratégie DOTS et l'on pense que cette proportion s'élèvera à 35% d'ici la fm de l'an 2000. Les diagnostics par examen microscopique de frottis d'expectoration sont de plus en plus fréquents. L'application de cette stratégie a permis de ramener de 14 à 12% la proportion des malades abandonnant leur traitement. Quelque 1500 équipes chargées des programmes de santé familiale et 30 000 agents de santé communautaire suivent actuellement une formation pour pouvoir travailler dans les 216 communes du pays où sont concentrés environ 75% des cas de tuberculose. Les chances de succès sont favorables étant donné l'engagement politique du M4tistère de la Santé, la décentralisation des décisions, qui encourage une plus large participation des communautés, l'engagement politique au niveau national d'inscrire la tuberculose à l'ordre du jour des organes municipaux chargés de la santé, et l'intégration des mesures concernant la tuberculose aux activités de soins de santé primaires. M. Ruffmo Netto espère que son pays recevra un appui technique de l'OMS. M. GUILLÉN (Pérou) rappelle que, parmi les pays ayant les taux de morbidité les plus élevés, seuls le Pérou et Je VietNam ont atteint les cibles mondiales fiXées pour l'an 2000 dans la résolution WHA44.8, grâce à une application efficace de la stratégie DOTS. Plusieurs facteurs ont contribué à ce résultat : premièrement, un engagement politique et financier durable à tous les niveaux d'administration, deuxièmement, la décision de faire de la lutte contre la tuberculose une priorité sanitaire et sociale, troisièmement, la coordination entre les différents niveaux de services de santé et les institutions du secteur de la santé, et, quatrièmement, l'amélioration continuelle de la qualité au moyen d'un système efficace d'information, de formation, de suivi, de surveillance et d'évaluation. M. Guillén appuie entièrement le projet de résolution. Le Dr GONZÂLEZ FERNANDEZ (Cuba) rappelle le lien étroit qui existe entre la tuberculose et la pauvreté; les mesures prises par l'OMS pour lutter contre la pauvreté contribueront certainement à l'initiative Halte à la tuberculose. L'approche intersectorielle mentionnée à la Conférence ministérielle sur la tuberculose et le développement durable, tenue à Amsterdam, contribuera à la lutte contre cette maladie en améliorant les conditions de vie, de travail, de logement et de santé. A la fm de 1999, l'incidence de la tuberculose à Cuba était tombée à 10 pour 100 000 habitants. Ce résultat est dû à l'intégration du programme à tous les niveaux du système de santé national, à la stabilité des ressources en médicaments, ainsi qu'à un meilleur contrôle de la qualité, au suivi de la pharmacorésistance, à la supervision systématique et à la formation dans le domaine diagnostique. La résistance aux médicaments antituberculeux est inférieure à 3 %, conforme donc à la tendance observée au niveau mondial selon laquelle la résistance aux médicaments est faible lorsque les programmes sont efficaces. Le Dr Gonzâlez Fernândez souscrit au contenu du document A53/5 et au projet de résolution. Le Dr VARET (France) réaffmne l'engagement pris par la France de combattre la tuberculose, en se fondant sur la stratégie DOTS et avec l'aide de l'Union internationale contre la Tuberculose et les

12

CINQUANTE-TROIS lEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

Maladies respiratoires. La France continue d'appuyer fmancièrement et techniquement les Régions africaine, européenne et du Pacifique occidental de l'OMS en vue de renforcer leurs systèmes de santé et la formation du personnel de santé, surtout au niveau des districts, grâce à une stratégie préventive et curative intégrée, visant notamment ceux qui sont les plus démunis, en particulier les femmes et les enfants. Son pays aidera les laboratoires à suivre l'évolution de la chimiorésistance et, dans ce contexte, appuie les initiatives de l'OMS à tous les niveaux dans les pays où la France et l'Organisation appliquent des stratégies communes de lutte intégrée contre le VIH et la tuberculose. Au niveau régional, cela suppose la présence de structures pouvant renforcer la capacité des pays d'organiser des soins plus efficaces, et au niveau mondial, des incitations à la recherche sur les antituberculeux. Le Dr V aret appuie donc le projet de résolution et annonce la décision prise par son pays de participer au partenariat mondial pour faire barrage à la tuberculose. Elle souligne l'importance de la prise en compte de l'éducation des malades et des soins de contrôle afm d'assurer une meilleure observance du schéma thérapeutique ; ces aspects du traitement doivent aussi tenir compte du milieu socio-économique du patient. Les médicaments antituberculeux ne sont malheureusement pas accessibles à tous les malades, question qu'il faut aborder au moment de fixer la politique pharmaceutique nationale dans le cadre des accords commerciaux existants. Le Dr BLOUNT (Etats-Unis d'Amérique) fait observer qu'en raison de la crise uni~erselle que connaît la santé publique, des stratégies mondiales coordonnées contre la tuberculose sont indispensables. Il faut constituer des partenariats actifs et participatifs, notamment avec les pays qui ont les taux de tuberculose les plus élevés, de même qu'avec les donateurs et d'autres organisations. Ces partenariats devraient traduire la nouvelle démarche de l'OMS et offrir de nouvelles possibilités à toutes les parties concernées. La réduction du fardeau mondial de la tuberculose, y compris la tuberculose polypharmacorésistante, exige des ressources énormes pour surmonter les obstacles et assurer un large accès aux services essentiels. L'OMS et les Etats Membres doivent collaborer pour assurer une prise en charge énergique de la tuberculose résistant aux médicaments dans les pays où celle-ci est devenue une question urgente de santé publique et un obstacle à la viabilité économique. L'épidémie mondiale de VIH/SIDA alourdit le fardeau de la tuberculose dans de nombreux pays asiatiques et africains et absorbe une part considérable des ressources limitées consacrées à la santé. Il est essentiel de bien se rendre compte de l'ampleur de l'incidence de cette épidémie sur celle de la tuberculose et de mettre au point des stratégies pour secourir les populations contaminées. Il faut poursuivre les recherches sur les vaccins antituberculeux, les instruments de diagnostic et les nouveaux médicaments, mais il faut savoir que les résultats de ces travaux ne seront pas immédiats. Il convient donc d'affronter la tuberculose avec les moyens actuellement disponibles, tels que la stratégie DOTS. Celle-ci est efficace et financièrement abordable. La poursuite des progrès dans ce domaine exige un engagement politique, des tests diagnostiques en laboratoire, des traitements normalisés au moyen de produits pharmaceutiques de qualité et un suivi attentif des résultats. Une mise en oeuvre appropriée permet des taux de guérison avoisinant les 95 %, même dans les milieux les plus pauvres, et peut empêcher de nouvelles contaminations et l'apparition de la tuberculose polypharmacorésistante. Le Dr Blount préconise une coopération pour accélérer la mise au point de nouveaux médicaments destinés à abréger le traitement de la tuberculose. Il appuie le projet de résolution. Le Dr KIM Won Ho (République populaire démocratique de Corée) constate le rôle non négligeable de la tuberculose comme obstacle au développement socio-économique et comme cause de décès prématuré. Il se félicite de l'adoption de l'initiative Halte à la tuberculose et de la stratégie DOTS et il remercie l'Organisation d'avoir aidé à appliquer cette stratégie dans son pays. Comme les cibles mondiales de la lutte antituberculeuse n'ont pas été complètement atteintes, il encourage l'Organisation à renforcer son partenariat avec la communauté internationale et à accélérer la

COMMISSION A : PREMIERE SEANCE

13

mise en place du programme DOTS en tant qu'élément indispensable des soins de santé primaires. Des ressources additionnelles devraient être mobilisées à cette fin. Il appuie le projet de résolution. Le Dr GALON (Philippines) note que, depuis son adoption en 1996, son pays a appliqué la stratégie DOTS à l'ensemble du territoire, avec l'appui de l'OMS, de l'Agence japonaise de Coopération internationale et d'autres organismes multilatéraux et bilatéraux. Le Ministère de la Santé des Philippines collabore étroitement avec les Ministères du Budget, des Finances et du Développement économique afin d'assurer le financement sur plusieurs années de la lutte antituberculeuse et d'autres programmes prioritaires de santé publique. Les Philippines se rallient fermement à la Déclaration d'Amsterdam visant à faire barrage à la tuberculose, notamment en ce qui concerne l'objectif consistant à réaliser d'ici 2005 un taux de dépistage de 70 % pour tous les cas contagieux de tuberculose. Le Dr Galon appuie le projet de résolution. Le Dr MAHJOUR (Maroc) déclare que son pays est satisfait des efforts accomplis jusqu'à présent pour mettre en place la stratégie DOTS. Celle-ci a provoqué une véritable révolution dans la lutte contre la tuberculose et s'accompagne d'améliorations évidentes dans les programmes nationaux de lutte contre cette maladie, l'écart étant très sensible par rapport à ceux qui n'ont pas encore adop~é la stratégie. Les divers indicateurs de progrès permettent d'espérer qu'elle sera rapidement appliquée par les pays où elle ne l'est pas encore, notamment par ceux qui sont les plus touchés par la maladie. Depuis l'adoption de cette stratégie, le Maroc a constaté une nette et rapide amélioration des différents indicateurs de gestion du programme national de lutte contre la tuberculose. La création récente d'équipes régionales de gestion en a renforcé l'assise et a généralement encouragé la participation à la stratégie. Le Maroc est à ce point convaincu de son utilité et de celle de ses différents éléments que, depuis le début de l'année, il a mis en oeuvre une stratégie «DOTS-Plus» visant les cas de tuberculose polypharmacorésistante. Il a accueilli deux réunions successives des cinq pays du Maghreb, organisées sous les auspices du Bureau régional de l'Europe avec la participation du Bureau régional de l'Afrique, et destinées à lancer une initiative commune de lutte contre la tuberculose. A la deuxième réunion tenue à Rabat deux semaines auparavant, les cinq pays du Maghreb ont décidé de conjuguer leurs compétences et leur expérience pour s'attaquer au problème. Ils sont convaincus qu'une telle initiative contribuera plus efficacement à l'initiative Halte à la tuberculose et intensifiera les efforts déployés par chaque pays. Le Maroc invite l'OMS à promouvoir de telles activités. Le Dr W AHEED (Maldives) note qu'après des décennies de négligence qui ont permis à la tuberculose de se propager librement, les programmes de lutte ont trouvé dans la stratégie DOTS une nouvelle arme. Malheureusement, on n'a pas suffisamment étudié les limites de cette nouvelle approche. Bien qu'elle se soit révélée efficace et économique, elle demeure essentiellement une stratégie passive. Le Dr Waheed ne s'y oppose pourtant pas et rappelle que son pays est un des rares où elle a été intégralement appliquée; il n'en demeure pas moins que la question de la tuberculose doit être examinée plus sérieusement. Il met en garde contre le fait que la stratégie DOTS ne vise pas les facteurs sociaux qui sont à l'origine de la maladie, ni ne comprend le dépistage actif des cas. Il préconise une démarche plus dynamique, consistant à prendre contact avec les communautés et à s'attaquer aux racines du problème. Il demande que des médicaments de réserve supplémentaires soient mis au point pour guérir la tuberculose, notant que depuis plusieurs décennies on n'a découvert aucun nouveau médicament efficace contre cette maladie. Le Dr GEBEL (Jamahiriya arabe libyenne) déclare que la méthode de lutte contre la tuberculose grâce à la vaccination et à la stratégie DOTS a donné des résultats remarquables partout dans le monde. Il faudrait toutefois une coopération au niveau mondial pour vaincre et éliminer complètement cette maladie. Sa délégation se félicite du rapport du Directeur général et appuie le projet de résolution.

14

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

Le Dr AGARWAL (Inde), confirmant le ferme attachement de l'Inde à la stratégie DOTS, note que de nombreux éléments de celle-ci sont nés dans son pays. En Inde, la tuberculose est la principale cause de mortalité par maladies infectieuses, avec plus de 1000 décès par jour. L'Inde a adopté ladite stratégie comme programme national révisé de lutte contre la tuberculose en 1993. Le programme est actuellement le deuxième du monde, couvrant près de 200 millions d'individus; on estime qu'il a jusqu'à présent empêché plus de 500 000 infections et sauvé plus de 50 000 vies. L'Inde est parvenue à un taux de dépistage de 50 % des nouveaux cas à frottis positifs, le taux de réussite du traitement avoisinant les 85 % dans les régions où le programme est appliqué (alors que les cibles mondiales sont respectivement de 70 et 85 %). Un objectif prioritaire est d'accroître le taux global de dépistage des cas, qui était inférieur à 10% à l'époque, grâce à une extension effective et efficace du programme. A l'heure actuelle, la couverture n'est que de 25% de l'ensemble du pays. Avec l'aide de la Banque mondiale, du Département britannique pour le Développement international et de l'Agence danoise pour le Développement international, on pourrait porter la couverture à 50% de la population indienne d'ici l'an 2002. L'application de la stratégie DOTS à la population entière de l'Inde serait une opération logistique énorme, exigeant, par exemple, la formation approfondie de plus de 700 000 agents de santé et plus de 2,4 millions de journées de formation. Compte tenu de l'expérience acquise avec le programme en cours, cette application sur une échelle nationale serait peutêtre possible d'ici 2005 si l'on constate qu'elle est techniquement faisable. Le Dr DLAMINI (Swaziland) signale que son pays appuie la Déclaration d'Amsterdam visant à faire barrage à la tuberculose ; on assiste à une résurgence de cette maladie au Swaziland et certains facteurs s'opposent à l'application du programme DOTS. Le Swaziland est un pays au relief accidenté; les conditions dans les hôpitaux sont telles que les malades ne peuvent y être gardés pendant toute la période idéale; ils sont alors soignés à domicile, évitant d'accomplir le long trajet jusqu'aux dispensaires, ce qui les amène à abandonner leur traitement. La polypharmacorésistance commence à menacer le programme et l'extension d'une souche résistante aux médicaments entn(mera probablement une plus forte mortalité. Le Swaziland apprécie l'aide des organisations non gouvernementales, qui renforce les soins à domicile assurés par des agents de santé rendant visite aux malades. Le Swaziland appuie le projet de résolution, notamment en ce qui concerne le renforcement des laboratoires de diagnostic et l'éducation du malade et son suivi afin d'obtenir une meilleure observance du schéma thérapeutique. Il y a toutefois d'autres facteurs non médicaux à considérer qui influent sur l'épidémie, tels que les inondations récentes et la qualité insuffisante des logements. Plus de 60 % des malades de la tuberculose dans les hôpitaux du pays sont séropositifs et il conviendrait d'étudier de manière plus approfondie le traitement réservé à ces malades. Des problèmes se posent aussi avec les très jeunes patients. Le Dr Dlamini demande un appui permettant de renforcer les capacités de diagnostic, notamment pour les infections chez l'enfant, et l'envoi de matériel pour suivre l'évolution de la maladie. Le Dr KHAZAL (Emirats arabes unis) déclare que son pays appuie l'action entreprise par l'OMS pour promouvoir un partenariat international destiné à arrêter la tuberculose; elle se range à l'avis de l'Organisation en ce qui concerne la distribution de médicaments sûrs et la promotion d'études et de recherches dans ce domaine. Son pays s'est engagé à appuyer l'initiative Halte à la tuberculose et à réaliser son programme national de lutte contre cette maladie, par le moyen de la stratégie DOTS, dont l'objectif est de ramener le nombre de cas nouveaux à un pour 100 000 habitants d'ici l'an 2010. La stratégie, qui est appliquée à l'ensemble du pays, est renforcée par des diagnostics fiables et des analyses de confirmation afm d'accroître l'efficacité de la lutte contre la tuberculose et de réduire la résistance aux médicaments. D'autres mesures prises comprennent un décret ministériel prévoyant l'administration de médicaments antituberculeux dans les seules institutions nationales et assurant ainsi l'enregistrement de tous les cas et leur traitement dans le cadre du plan national de lutte contre la tuberculose destiné à éliminer cette maladie de tous les Etats du Golfe d'ici l'an 2010.

COMMISSION A : PREMIERE SEANCE

15

Le Dr AFSAR (Turquie) note que les progrès accomplis dans la lutte contre la tuberculose de 1991 à 1997 sont très encourageants, bien que l'on puisse faire mieux encore en enregistrant le taux d'incidence actuel et le nombre de cas résistant aux médicaments. L'intégration aux soins de santé primaires de la distribution des médicaments et d'autres activités de lutte antituberculeuse, telles que la vaccination et le dépistage actif des cas, est essentielle au succès de la lutte contre ce grave problème de santé. Dans son pays, l'organisation verticale et les programmes risquent de devenir inefficaces avec le passage du temps, affectant ainsi la durabilité du programme et annulant les progrès déjà accomplis. Le Dr Afsar propose un amendement au projet de résolution, à savoir l'insertion d'un nouvel alinéa au paragraphe 2.1), comme suit: « f) l'intégration de la lutte contre la tuberculose dans les établissements et les activités de soins de santé primaires aux niveaux central et périphérique ; ». M. AHMAD (Pakistan) attire l'attention de l'Assemblée de la Santé sur un point qui a été négligé au détriment de la santé de millions de personnes dans les pays en développement. Il rappelle que, pendant la réunion préparatoire sur l'initiative Halte à la tuberculose, tenue à Bangkok avant la Conférence ministérielle d'Amsterdam, une des principales recommandations visait à créer une réserve de médicaments antituberculeux. Avec raison, un engagement aussi précis n'a pas été inclus dans la Déclaration qui a suivi la Conférence. Toutefois, la situation peu satisfaisante de l'offre de médicaments antituberculeux, conjuguée au fait qu'aucun nouveau médicament de ce genre n'a été mis au point au cours des 35 dernières années ou plus, prouve à quel point cette recommandatiop est valable. La délégation pakistanaise demande donc que la proposition visant à créer une « banque » de médicaments antituberculeux soit sérieusement examinée par l'Organisation. Le Dr KOULAKSAZOV (Bulgarie) fait état des préoccupations générales concernant les effets à l'échelle mondiale de la tuberculose au cours des dernières années; on ne saurait négliger les risques qui en découlent pour la santé et le développement durable des nations. L'initiative Halte à la tuberculose doit donc être une des priorités du système des soins de santé pour tous les Etats Membres. La Bulgarie approuve l'effort déployé par l'OMS pour poursuivre la lutte à l'échelle mondiale contre la tuberculose et renforcer les partenariats dans ce domaine; la stratégie DOTS a entrepris utilement d'enregistrer et de notifier les cas de tuberculose, permettant ainsi d'évaluer à la fois les résultats individuels et les résultats par cohorte. L'application progressive de la stratégie DOTS est le principal élément prioritaire du programme de la Bulgarie contre la tuberculose pour la période 2000-2003. Les premières mesures dans plusieurs régions ont été prises avec l'aide financière et technique de la Société suisse-bulgare et du Bureau régional OMS de l'Europe. Une autre priorité pour le programme national est la création d'un registre de surveillance épidémiologique de la tuberculose et de suivi du traitement. Parmi les principales activités du programme figurent une enquête bactériologique sur tous les cas présumés de tuberculose, la distribution centralisée d'isoniazide, l'amélioration des connaissances des professionnels de la santé et des étudiants en médecine et la sensibilisation du public à la prévention et au traitement de la maladie. Mme LE THI THU HA (VietNam) déclare que son pays, l'un des deux qui a atteint les cibles mondiales pour le dépistage des cas et le traitement, souhaite faire part à d'autres Etats Membres de l'expérience qu'il a acquise avec la lutte contre la tuberculose. En 1986, le VietNam a commencé à moderniser ses programmes de lutte conformément aux principes de l'Union internationale contre la Tuberculose et les Maladies respiratoires et aux recommandations de l'OMS. En 1989, le VietNam a été le premier pays d'Asie à appliquer la stratégie DOTS dans les districts ; entre 1992 et 1998, celle-ci a été étendue à tout le territoire. Les activités de lutte contre la tuberculose couvrent actuellement 99 % de la population, dont 95 % ont accès au traitement de brève durée. Mme Le Thi Thu Ha attribue le succès du programme vietnamien aux facteurs suivants : un engagement ferme de la part du Gouvernement, des investissements publics fortement accrus au cours des cinq dernières années, un réseau de soins de santé étendu et efficace, et la pleine intégration aux services de santé généraux des activités de lutte contre la tuberculose.

16

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

Malgré une aide internationale considérable, le VietNam se heurte à de nombreux problèmes tels que l'application de la stratégie DOTS dans les zones éloignées et la polypharmacorésistance. Mme Le Thi Thu Ha remercie toutes les organisations internationales, bilatérales et non gouvernementales du soutien qu'elles ont apporté à son pays et attend avec intérêt de pouvoir reprendre la coopération dans l'avenir pour surmonter ces obstacles. Elle approuve la Déclaration adoptée à la Conférence ministérielle sur la tuberculose et le développement durable et appuie le projet de résolution. Le Dr SADRIZADEH (République islamique d'Iran) déclare que, malgré le fait que l'agent étiologique de la tuberculose a été découvert il y a 100 ans et que des médicaments antituberculeux efficaces existent depuis une cinquantaine d'années, cette maladie tue encore plus de personnes que le paludisme ou le SIDA Bien que plus de 95% du fardeau de la maladie retombent sur les pays en développement, les nations industrialisées ne sont pas à l'abri du problème, que viennent aggraver les rapports de cette maladie avec le VIH/SIDA La vaccination par le BCG a réussi à réduire l'incidence des formes sérieuses de tuberculose enfantine, mais le monde attend encore avec impatience la découverte d'un vaccin antituberculeux efficace qui puisse enrayer la transmission de la maladie au sein des communautés. Bien que la stratégie DOTS soit la plus économique pour prévenir et combattre la tuberculose, les pays connaissant le taux de morbidité le plus élevé sont généralement ceux où l'extension et la qualité de cette stratégie sont les moins satisfaisantes. Parmi les autres problèmes que doivent aborder les systèmes nationaux de santé, on note la durabilité de la stratégie DOTS et la rés~stance aux médicaments. L'Iran, où l'incidence de la tuberculose est faible, a réalisé une couverture de 85 %. La stratégie a aussi été intégrée au réseau des soins de santé primaires, accessible à 87 % de la population rurale et à 100 % des populations urbaines. On peut espérer que son application sera durable. Le Dr WANG Zhao (Chine) se félicite du rôle de plus en plus importantjoué par l'OMS dans la lutte contre la tuberculose. La Conférence ministérielle tenue à Amsterdam a pleinement réussi et se répercutera très largement sur l'effort déployé à l'échelle mondiale pour combattre cette maladie, notamment dans les pays où le taux de morbidité est élevé, tels que la Chine. Son pays compte le deuxième groupe le plus nombreux de tuberculeux dans le monde, dont 80 % vivent dans les zones rurales. En 1992, à l'aide d'un prêt de la Banque mondiale et de fonds intergouvernementaux, un projet a été lancé pour lutter contre la tuberculose, appliquer la stratégie DOTS et mettre en place un réseau d'agents de santé au niveau des masses pour la distribution de médicaments dans les foyers avant la fin de 1999. Dans le cadre de ce projet, 1,2 million de malades ont déjà été soignés gratuitement Toutefois, à cause de la population énorme de la Chine et des retards pris par son économie, la moitié seulement de son territoire et de sa population peut accéder au traitement de brève durée. Il sera très difficile pour la Chine de réaliser les objectifs de la Déclaration faisant suite à la Conférence d'Amsterdam ; le problème de l'obtention de fonds supplémentaires pour la stratégie DOTS devra être abordé puisque le prêt de la Banque mondiale arrive à terme en juin 2001. Néanmoins, le Gouvernement chinois renforcera ses plans d'extension de cette stratégie, en accordant la priorité aux segments les plus pauvres de la population. Comme l'infection à VIH se propage rapidement en Chine, une plus grande attention sera consacrée à la relation entre le VIH et la tuberculose et à l'exécution de plans de prévention et de traitement appropriés. La Chine participera aussi à la surveillance mondiale de la résistance aux médicaments antituberculeux. Le Dr Wang remercie l'OMS d'avoir obtenu pour la Chine une aide internationale, qui lui permettra d'intensifier sa coopération avec les partenaires internationaux à l'initiative Halte à la tuberculose et de lutter de façon plus dynamique contre la maladie en Chine. Elle approuve le projet de résolution. Le Dr TEMU (Papouasie-Nouvelle-Guinée) félicite le Directeur général d'avoir lancé l'initiative Halte à la tuberculose et prend acte de l'engagement pris par les ministres de la santé de la Région du Pacifique occidental lorsqu'ils ont déclaré dans leur Région un état de crise pour la tuberculose. Depuis 1985, la Papouasie-Nouvelle-Guinée a constaté une augmentation de 80% de la prévalence de la tuberculose et une multiplication par 150 de la prévalence du VIH. Elle a appliqué avec succès le programme DOTS dans deux de ses 89 districts et se propose d'étendre cette stratégie à tout le pays. II

COMMISSION A : PREMIERE SEANCE

17

faudra pour cela des ressources considérables, notamment à cause du relief accidenté du pays, des faibles taux d'alphabétisation et des nombreuses langues différentes parlées sur le territoire. La Papouasie-Nouvelle-Guinée appuie le projet de résolution, qui engage la communauté internationale «à apporter [son] soutien et à participer au partenariat mondial pour faire barrage à la tuberculose, par lequel toutes les parties coordonnent les activités», mais estime qu'une aide devrait être accordée aux Etats Membres pour coordonner leurs activités sur le terrain et que c'est aux Etats Membres eux-mêmes de prendre l'initiative de coordonner leurs programmes nationaux. En ce qui concerne l'appel lancé par la résolution aux Etats Membres leur demandant de mettre un montant de ressources intérieures suffisant à la disposition du programme contre la tuberculose, et même de mobiliser un complément de ressources, le Dr Temu note que les pays en développement comme le sien n'ont pas de ressources intérieures supplémentaires. Il remercie le Gouvernement de l'Australie et le Bureau régional OMS du Pacifique occidental de l'appui fourni à son pays. La Papouasie-Nouvelle-Guinée est convaincue que l'on pourra convenir d'une initiative mondiale et que la communauté internationale et les Régions aideront son pays à atteindre l'objectif déjà réalisé par un grand nombre d'Etats Membres. M. BERGEVIN (Canada) rappelle que le Canada appuie sans réserve l'initiative Halte à la tuberculose. Quoi qu'il en soit, malgré des taux de réussite relativement élevés, le programme- si l'on prend comme dénominateur le nombre de cas de tuberculose évolutive dans le monde:- n'a toujours pas une extension suffisante, surtout dans un contexte marqué par la pauvreté et par la relation entre cette maladie et l'épidémie d'infection à VIH. Il conviendrait donc que l'OMS s'efforce de jouer son rôle de chef de file dans le partenariat mondial dirigé contre la tuberculose et qu'elle surveille la création de mécanismes devant assurer un accès plus large aux ressources humaines et aux médicaments, afm d'améliorer sensiblement le dépistage des cas évolutifs et d'accroître ainsi l'extension du programme. Le Dr LEVENTHAL (Israël) fait savoir qu'Israël a récemment adopté la stratégie DOTS dans le cadre du programme national destiné à enrayer la progression de la tuberculose. Il propose qu'un comité d'experts soit créé pour examiner la question de la tuberculose et les effets des mouvements de populations et de groupes, en particulier du fait que cette maladie est guérissable. Israël appuie le projet de résolution. Le Dr WIUM (Norvège) déclare que son pays est préoccupé par la progression à l'échelle mondiale de la tuberculose et l'augmentation de la résistance aux médicaments. Certains pays n'ont pas atteint les cibles fixées dans la résolution WHA44.8 et le plan mondial contre la tuberculose qui y figure n'a pas réussi. Le projet de résolution à l'examen devrait être renforcé. Le rapport du Directeur général définit très clairement les domaines de priorité pour l'initiative Halte à la tuberculose. Ces domaines ont aussi été examinés à la Conférence ministérielle sur la tuberculose et le développement durable, tenue à Amsterdam en mars 2000. La tâche la plus importante consiste à structurer l'initiative de façon à ce qu'elle atteigne son but. La Norvège demande des précisions sur l'élaboration et l'exécution d'un plan commun pour la communauté internationale, comme indiqué dans le projet de résolution. Les tâches opérationnelles sont réparties entre de nombreux Groupes différents au sein de l'Organisation. La Norvège tient à souligner la nécessité de faire de l'initiative Halte à la tuberculose un élément des systèmes de santé nationaux et des soins de santé primaires. Elle propose un nouvel alinéa 1.4) qui serait ajouté au projet de résolution, comme suit: «à accorder un rang de priorité élevé à l'intensification de la lutte contre la tuberculose dans le cadre des soins de santé primaires ; ». Le Dr SIDHOM (Tunisie) remercie le Directeur général de son rapport et souligne la nécessité d'engager des efforts nationaux concertés, ainsi que des actions régionales, pour arrêter la tuberculose partout dans le monde et résoudre le problème de la résistance aux médicaments antituberculeux. Sa

18

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

délégation est fermement attachée aux buts et stratégies adoptés par les précédentes Assemblées de la Santé et insiste sur l'importance d'avoir des traitements efficaces accessibles à tous. La Tunisie appuie le projet de résolution, mais propose l'adjonction d'un alinéa final au paragraphe 4, dans lequel il serait demandé de soutenir les programmes régionaux destinés à coordonner les mesures de lutte nationales contre la tuberculose. Le Dr Sidhom demande des informations sur la vaccination comme élément de la stratégie de lutte contre la tuberculose et des programmes de l'OMS dans le cadre de l'action menée pour distribuer les vaccins antituberculeux et en assurer la qualité. M. CICOGNA (Italie) note que les principaux obstacles qui s'opposent à l'expansion du programme DOTS sont politiques et économiques, bien que l'on rencontre aussi des problèmes techniques entravant l'octroi d'une aide aux pays qui en ont besoin. Par l'intermédiaire de l'OMS, l'Italie fournit une assistance aux programmes érythréen et ougandais de lutte contre la tuberculose et les différentes solutions possibles sont actuellement à l'étude dans le deuxième cas afin de déterminer le meilleur moyen de fournir des soins aux tuberculeux dans les communautés rurales. L'Italie souhaiterait avoir des renseignements sur les mesures prises à la suite de la Conférence ministérielle d'Amsterdam pour assurer que la Déclaration visant à faire barrage à la tuberculose est correctement traduite dans les faits au niveau des pays, notamment dans le domaine de l'appui technique. L'Italie appuie le rôle directeur que joue l'OMS dans le mouvement mondial contre la _tuberculose et a l'intention de se joindre à ce partenariat. Le Dr FETISOV (Fédération de Russie) appuie fermement la Déclaration visant à faire barrage à la tuberculose et le travail accompli par l'OMS pour combattre cette maladie. Les services de santé en Russie ont été mis à rude épreuve ces dernières années par la prévalence croissante de la tuberculose et l'augmentation de la mortalité due à cette maladie. Malheureusement, les délais fixés à la QuaranteQuatrième Assemblée mondiale de la Santé pour atteindre les cibles mondiales étaient le résultat d'un optimisme excessif, et la tuberculose est encore une menace sérieuse pour la santé partout dans le monde. L'OMS doit poursuivre son effort visant à mobiliser politiquement les pays les plus durement touchés par l'épidémie de tuberculose et à obtenir les ressources financières et techniques qui permettraient de les aider davantage. La stratégie DOTS est particulièrement valable lorsqu'on intervient sur des distances considérables et dans des conditions socio-économiques difficiles. Dans la Fédération de Russie, l'application de cette stratégie va de pair avec celle mise au point par l'Ecole clinique russe d'Etude de la Tuberculose, qui est fondée sur le radiodiagnostic et le traitement individuel, en particulier les interventions chirurgicales. La délégation russe est reconnaissante aux organisations internationales, notamment l'OMS, de l'avoir aidée à combattre la tuberculose sur son territoire. Le Dr Fetisov appuie fermement le projet de résolution et approuve les amendements proposés par les délégations de la Norvège et de la Tunisie. Le Dr VIOLAKI-PARASKEVA (Grèce) accueille favorablement le rapport, en particulier les domaines prioritaires définis pour 2000-2001, et estime qu'au niveau des pays les activités relatives au VIH devraient être intégrées à la lutte contre la tuberculose. Il convient aussi de renforcer les systèmes de soins dans le cadre desquels la stratégie DOTS doit être appliquée. La formation des professionnels de la santé doit faire l'objet d'une promotion à tous les niveaux, afin d'assurer que la prévention et le traitement arrivent jusqu'aux groupes les plus vulnérables. Le Dr Violaki-Paraskeva propose que le texte de la Déclaration visant à faire barrage à la tuberculose soit annexé au projet de résolution. Le Professeur RA TSIMBAZAFIMAHEFA (Madagascar) se félicite de ce que l'OMS ait contribué efficacement à la campagne antituberculeuse menée par les Etats Membres. La stratégie DOTS a été adoptée par Madagascar, mais son application se heurte à des obstacles pratiques, notamment le manque de laboratoires et la difficulté d'obtenir des médicaments antituberculeux. La délégation malgache appuie les recommandations contenues dans le projet de résolution.

COMMISSION A : PREMIERE SEANCE

19

Le Dr TAHA ARIF (Malaisie) prend note du rapport du Directeur général et se félicite de l'initiative Halte à la tuberculose. Dans son pays, la prévalence de la tuberculose n'a pas été réduite depuis plusieurs années et le taux de dépistage des nouveaux cas reste stationnaire. Il approuve donc l'application de toute nouvelle stratégie qui pourrait améliorer la situation, reconnaissant l'importance de la collaboration avec les partenaires internationaux pour le développement, les organisations non gouvernementales et les fondations. Il demande l'avis de l'OMS sur l'exécution d'une enquête au niveau des communautés concernant la prévalence de la tuberculose, dont les résultats permettraient de suivre les progrès du programme malaisien de lutte contre cette maladie. Le Dr NDEIKOUNDAM (Tchad) fait savoir que, dans son pays, la prévalence de la tuberculose progresse, notamment depuis l'apparition du VIH/SIDA. La lutte antituberculeuse est une des priorités du Gouvernement en matière de santé et un programme national à cet effet a été adopté avec une aide extérieure, dont celle de l'OMS. Le programme a connu de sérieuses difficultés dues au manque de ressources, mais le Gouvernement est très désireux de le voir réussir et recherche actuellement des fonds auprès de la Banque mondiale et d'autres organismes. Le Tchad a adopté la stratégie DOTS il y a deux ans et cette initiative fait maintenant partie des programmes de santé minimaux et supplémentaires au sein des districts sanitaires. Son application est toutefois entravée par le manque de personnel. Il faut espérer que cette pénurie pourra être surmontée grâce aux programmes actuels de formation, qui devraient permettre d'étendre la stratégie DOTS à tout le pays. La délégation tchadienne appuie la Déclaration visant à faire barrage à la tuberculose et approuve sans réserve le projet de résolution. Le Dr STAMPS (Zimbabwe) informe les délégations que, dans son pays, les décès dus au SIDA ont eu une incidence sur la mortalité imputable à la tuberculose, ce qui est vrai aussi pour la plupart des régions d'Afrique. Il remercie l'OMS et le Gouvernement des Pays-Bas de l'occasion qui a été donnée à 20 des pays les plus sérieusement touchés par la tuberculose d'exprimer leurs préoccupations à la Conférence d'Amsterdam. Le problème de la tuberculose au Zimbabwe a toujours été abordé au moyen du traitement sous surveillance directe. Jusqu'en 1986, on a compté moins de 2500 cas par an; en 1999, toutefois, 46 000 cas nouveaux ont été diagnostiqués. La prise en charge de la tuberculose a été décentralisée, ce qui rend la maladie plus difficile à combattre, à cause du manque de ressources humaines et de la difficulté de repérer les malades qui ne se présentent pas aux centres de traitement. Dans les pays africains, les efforts déployés pour enrayer l'épidémie sont contrecarrés par des problèmes financiers, dus principalement à la nécessité d'assurer le service de la dette. L'allégement de la dette contribuerait donc largement à la lutte contre ce fléau. Le Dr Stamps signale que, dans certains pays, les sanctions imposées pour des raisons politiques entraînent une insuffisance de ressources pour acheter des médicaments destinés à traiter des affections telles que la tuberculose. Il remercie les Etats-Unis d'Amérique de leur initiative LIFE, qui contribuera à l'application de la stratégie DOTS et permettra à un plus grand nombre de malades de bénéficier au bon moment d'un traitement approprié. Le Dr MA TJI (Afrique du Sud) rappelle que, depuis 1998, son pays a joué un rôle actif dans l'initiative Halte à la tuberculose. Une réunion régionale des huit pays africains dans lesquels la prévalence de la tuberculose est la plus élevée a été tenue à Pretoria. Avec 20 autres ministres, le Ministre de la Santé de l'Afrique du Sud a engagé le pays à la Conférence d'Amsterdam dans la lutte contre cette maladie. Le Ministère de la Santé applique depuis 1996 la stratégie de traitement de brève durée. Les progrès ont été très lents au cours des deux premières années, en raison de la réticence à accepter la stratégie DOTS, du faible niveau de sensibilisation du public vis-à-vis de l'épidémie, de diagnostics incorrects et de traitements inappropriés, ainsi que du suivi insuffisant des malades. Quoi qu'il en soit, la tuberculose est devenue depuis une priorité du Ministère de la Santé. Plus de la moitié des districts sanitaires appliquent actuellement la stratégie DOTS et l'on observe une augmentation du taux global de guérison. Les services de diagnostic de la tuberculose ont été améliorés et le traitement est désormais dispensé gratuitement dans tous les centres de santé primaire. L'objectif essentiel est d'assurer que, d'ici la fin de l'an 2000, les

20

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

deux tiers au moins des districts sanitaires appliquent cette stratégie. La collaboration entre les programmes de lutte contre la tuberculose et le VIH/SIDA s'intensifie actuellement grâce à l'éducation du public concernant ces deux maladies, à un accès plus large aux services de conseil et au dépistage volontaire, au traitement des infections opportunistes et à la coopération entre les projets de soins à domicile et la stratégie DOTS au niveau des communautés. Les taux élevés de migration, à la fois extérieure et intérieure, constituent un obstacle de taille, parce qu'ils entraînent un suivi insuffisant des malades et l'interruption fréquente du traitement. Le Dr Matji déclare que son pays appuie la Déclaration visant à faire barrage à la tuberculose et remercie l'OMS et d'autres partenaires du soutien qu'ils lui ont apporté. Le Dr DADI (Indonésie) approuve la Déclaration d'Amsterdam et accueille avec satisfaction le rapport du Directeur général. La tuberculose est la deuxième cause de mortalité chez les adultes indonésiens ; la stratégie DOTS a été mise en application et les dirigeants, tant du côté public que du côté privé, se sont engagés politiquement à la soutenir. Un programme national contre la tuberculose a été mis en route, mais certaines contraintes budgétaires entravent l'achat de médicaments et de matériel ainsi que la formation. L'Indonésie espère que l'OMS pourra coordonner l'action des organismes donateurs afin de financer ce programme et de créer avec les entreprises pharmaceutiques des partenariats ayant pour but de rendre les médicaments antituberculeux plus abordables fmancièrement et d'abréger la durée du traite111ent. Il reste à mettre au point un bon vaccin contre la tuberculose. Le Dr OTTO (Palaos) déclare que son pays, qui est très petit, supporte une part inacceptable du fardeau de la tuberculose. Ses ressources limitées ne lui permettent pas de s'attaquer tout seul à cette maladie. Il se déclare reconnaissant de l'appui technique, programmatique et fmancier que son pays a reçu pour l'application de la stratégie DOTS de la part de l'OMS et des Centres de Lutte contre la Maladie (Etats-Unis d'Amérique). Sa délégation se rallie aux observations faites par celles du Pérou, des Pays-Bas et des Etats-Unis et appuie sans réserve le projet de résolution, avec les amendements proposés par les délégués de la Turquie et de la Norvège. M. ROKOV ADA (Fidji) reconnaît les avantages que peut procurer la stratégie DOTS pour la lutte contre la tuberculose ; c'est la principale stratégie appliquée dans ce domaine par son pays au cours des cinq dernières années. Financée par l'Etat, la formation d'agents de santé au traitement de brève durée sous surveillance directe assure l'achat et la distribution de médicaments antituberculeux efficaces. Bien que la maladie soit à présent maîtrisée, cette situation pourrait changer sous l'effet de l'épidémie de VIH/SIDA. Fidji est reconnaissant du soutien qui lui a été apporté pour moderniser et améliorer ses services de diagnostic en laboratoire. M. Rokovada appuie le projet de résolution, notamment la recommandation visant à inclure les taux de dépistage et de guérison parmi les indicateurs de résultats pour le développement général du secteur de la santé. Le Dr HOMASI (Tuvalu) fait savoir que l'initiative Halte à la tuberculose est appliquée à Tuvalu depuis la fin de 1999. Le taux de prévalence de la tuberculose de 360 cas pour 100 000 habitants est le plus élevé de la Région du Pacifique occidental. Sa délégation estime que les taux d'infection très élevés enregistrés dans les petites nations méritent une plus grande attention. Il propose que l'OMS continue de travailler en étroite collaboration avec les petits pays. Il appuie le projet de résolution, avec les amendements proposés par les délégués de la Norvège et de la Turquie. Mme JAHAN (Bangladesh), affirmant que la prévention de la tuberculose est préférable à la guérison, dit que le Bangladesh accorde une forte priorité à l'éducation et à la sensibilisation, à la mise en place de centres de formation appropriés et à l'amélioration de l'état nutritionnel de sa population. Son pays souligne la nécessité de disposer de moyens diagnostiques efficaces, d'un système de prestation économique par rapport aux résultats et d'un meilleur accès à des médicaments de qualité et d'un prix

COMMISSION A : PREMIERE SEANCE

21

abordable. L'amélioration de l'état de santé de la population dépend des services de santé publics et communautaires, notamment au niveau local. Le manque de ressources a pour conséquence que les pays en développement ont besoin d'être soutenus par un partenariat participatif mondial. Le fait que, selon les estimations, un tiers de la population mondiale est atteint de tuberculose et que, dans les pays en développement, 75% des cas sont des personnes se situant dans leurs années les plus productives économiquement est alarmant. Le document A53/5 note que la lente progression de la lutte contre la maladie dans de nombreux pays est due à des raisons politiques et économiques ; les projets contre la tuberculose sont insuffisamment fmancés, négligés, et ne bénéficient que d'une faible priorité parmi les activités internationales. Il faut féliciter l'OMS d'avoir agi rapidement pour trouver à ce problème une solution efficace et inverser la tendance. Mme Jahan appuie donc le projet de résolution, qui établit les grandes lignes d'une stratégie de partenariat mondial. Le Dr SOFOLA (Nigéria) fait savoir que son pays est l'un de ceux qui sont les plus touchés par la tuberculose ; il a mis en application la stratégie DOTS dans 19 des 36 Etats, avec la collaboration d'organismes donateurs internationaux et de l'OMS. L'extension du programme aux Etats restants dépend principalement de la disponibilité des médicaments antituberculeux. Il convient d'aborder la question des rapports entre la tuberculose et le VIH/SIDA. La prestation de services diagnostiques efficaces, notamment dans les zones rurales, pose un problème, d'autant plus que ces services sont appelés à jouer un rôle important parmi les mesures prises pour suivre le succès de ladite stratégie et l'évolution de la pharmacorésistance. L'efficacité du traitement de brève durée sous surveillance directe n'est plus à démontrer, et le succès amène les gouvernements à s'engager davantage dans ce domaine. Des leçons ont été apprises, par exemple l'utilité de l'intégration de la stratégie DOTS aux soins de santé primaires. L'extension du partenariat est indispensable pour obtenir une couverture efficace, surtout dans un pays de la dimension du Nigéria. La délégation nigériane appuie l'initiative Halte à la tuberculose et souscrit à la Déclaration d'Amsterdam visant à faire barrage à cette maladie. Le Nigéria met actuellement au point un nouveau plan d'opérations, afin d'atteindre les cibles mondiales d'ici à 2005. Le Dr Sofola approuve le projet de résolution et appuie les propositions des précédents intervenants tendant à explorer la question des partenariats et les différentes options susceptibles d'élargir l'accès à des médicaments curatifs sûrs et de qualité, ainsi que la proposition du délégué du Pakistan visant à créer un mécanisme de distribution des médicaments contre la tuberculose. Le Professeur GRANGAUD (Algérie) se félicite du rapport et déclare que, malgré l'adhésion de l'Algérie à la stratégie DOTS, la tuberculose est toujours un problème de santé publique dans son pays. Le taux d'incidence est de 50 cas pour 100 000 habitants et quelque 15 000 cas (toutes formes de la maladie confondues) ont été signalés en 1999. Le diagnostic et le traitement sont gratuits, étant fmancés par l'Etat. Le Professeur Grangaud estime que cette démarche devrait être généralisée et appuie en conséquence le projet d'amendement soumis par le délégué de la Norvège. L'Algérie a modifié le guide national pour la lutte contre la tuberculose, qui peut désormais être consulté sur le site Internet de l'Agence nationale de la documentation en santé. La version définitive sera disponible sous peu. L'Algérie a participé au cours des deux dernières années aux réunions des pays du Maghreb sur une initiative commune de lutte contre la tuberculose. Un effort concerté a été engagé pour dépister les souches résistantes et réduire les coûts par des achats groupés de médicaments. Le Professeur Grangaud propose que l'OMS soutienne encore davantage cette initiative en y consacrant des crédits budgétaires plus abondants. II encourage aussi l'Organisation à faire un plus gros effort pour accroître la disponibilité générale de médicaments associés présentés de façon adéquate. L'Algérie appuie le projet de résolution. Mme PHUMAPHI (Botswana) déclare que son pays applique la stratégie DOTS depuis de nombreuses années; les succès ont été considérables jusqu'à l'apparition du VIH/SIDA, après quoi le Botswana a atteint un des taux de notification les plus élevés dans le monde pour la tuberculose. Pour que

22

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

la stratégie DOTS réussisse, elle doit être appuyée par un système de soins de santé primaires suffisamment développé, avec un large accès aux dispensaires ou centres de soins dotés des ressources nécessaires. L'OMS a proposé que le taux de succès thérapeutique soit un indicateur de résultats pour les programmes contre la tuberculose. Toutefois, bien que cet indicateur se soit révélé utile au Botswana, il est difficile de s'en servir de manière positive dans les pays en développement à cause du problème de l'estimation exacte du nombre de cas de tuberculose. Mme Phumaphi propose d'inclure le taux de succès thérapeutique parmi les indicateurs de résultats mentionnés au paragraphe 2.2) du projet de résolution. Le DrGARCiA MATA (Equateur) se déclare préoccupé par l'apparition de souches pharmacorésistantes de Mycobacterium tuberculosis. Les nouveaux médicaments pouvant vaincre les formes résistantes sont coûteux; il appuie l'application de la stratégie DOTS et la création d'un fonds mondial pour venir en aide aux pays les plus démunis dans leur combat contre cette maladie. Il remercie l'OMS de l'appui qu'elle a fourni à son pays pour les activités de lutte antituberculeuse. Le Dr SHIVUTE (Namibie) fait savoir que la tuberculose est la deuxième cause de mortalité dans son pays, situation que vient aggraver l'épidémie de VIH/SIDA. Une enquête menée il y a deux ans montre que 15 % de tous les malades de la tuberculose sont séropositifs. La stratégie DOTS mise en route en 1996 a eu pour effet d'accroître la participation des communautés à l'action sanitaire. Des problèmes se sont toutefois posés avec la polypharmacorésistance, l'accès aux communautés nomades .et les coûts de fonctionnement. La co-infection avec le VIH exige que les deux maladies soient combattues avec une égale vigueur. Le Dr Shivute est heureux de noter qu'un des éléments principaux du projet de résolution est la coordination plus étroite entre les programmes de lutte contre la tuberculose et le SIDA ; il souhaite que les recherches se poursuivent pour amélbrer la prévention, le traitement et la prise en charge générale de la tuberculose. Le Professeur ONGERI (Kenya) dit que son pays est engagé dans la lutte contre la tuberculose depuis 1956, mais que la situation s'est détériorée avec l'apparition du VIH/SIDA. Il faut des partenariats axés sur les questions pratiques et un financement substantiel pour couvrir le coût des médicaments antituberculeux et d'autres éléments logistiques. Le Kenya devra aborder plusieurs problèmes avant d'adopter la stratégie DOTS, à savoir : appuyer le programme malgré le nombre croissant de malades, maintenir des taux de guérison élevés, faire participer les agents de santé communautaire, enrayer la propagation de la tuberculose polypharmacorésistante et déterminer le rôle du secteur privé. Une étude de cas menée au Kenya entre 1987 et 1999 révèle que l'incidence de la maladie a sextuplé. Le groupe d'âge le plus touché est celui des personnes de 15 à 44 ans et correspond au profil de l'infection à VIH au cours de la même période. Environ 40 % des malades de la tuberculose sont aussi infectés par le VIH ; le risque de co-infection est aggravé par une pauvreté croissante et une urbanisation intense. Le Professeur Ongeri appuie le projet de résolution. Le Dr JAYA THILAKA (Sri Lanka) mentionne l'adhésion de son pays à la stratégie DOTS ; un engagement politique ferme assurant le personnel et l'infrastructure nécessaires est indispensable à son succès. En 1998, 6925 nouveaux cas, 3128 rechutes et 48 échecs thérapeutiques ont été signalés. La stratégie a déjà été appliquée dans certains districts, en vue de son extension et de son adoption comme priorité nationale. Le Dr MANGUELE (Mozambique) informe les délégués que la tuberculose est une des principales causes de morbidité et de mortalité dans son pays. Les catastrophes naturelles récemment survenues ont aggravé la situation ; des médicaments ont été perdus et le personnel de santé affecté. La malnutrition, les maladies infectieuses, les logements insuffisants et les mauvaises conditions sanitaires, ainsi que le VIHISIDA, ont rendu la population plus vulnérable. La stratégie DOTS est considérée comme la solution la plus appropriée au problème de la tuberculose, mais le pays a encore besoin du soutien technique de

COMMISSION A : PREMIERE SEANCE

23

l'OMS pour améliorer la qualité du diagnostic et du traitement. Le Dr Manguele appuie le projet de résolution, avec les amendements proposés par les délégués de la Turquie et du Botswana. Le Dr HEYMANN (Directeur exécutif) reprend certaines questions sur lesquelles plusieurs intervenants ont insisté : l'importance de s'attaquer à la double épidémie d'infection à vrn et de tuberculose; d'entreprendre les tâches nécessaires pour continuer à faire de l'initiative Halte à la tuberculose un système de partenariat ouvert et souple; de renforcer les systèmes de santé; d'étendre la stratégie DOTS grâce à des ressources supplémentaires, tout en maîtrisant le problème urgent de santé publique que posent les formes polypharmacorésistantes de la maladie; et d'exploiter le mieux possible les instruments existants tout en assurant des travaux de recherche-développement pour la création d'instruments nouveaux, notamment des vaccins, des médicaments et des tests diagnostiques. Il confirme aussi que sera créé un groupe consultatif scientifique sur la tuberculose pour contribuer à la formulation de politiques appropriées, et dit que l'OMS est consciente de l'importance du rôle de la vaccination dans la lutte contre la tuberculose, puisque le vaccin BCG est considéré comme pouvant prévenir la tuberculose miliaire chez les enfants, bien que cela ne soit pas le cas avec la tuberculose chez les adultes. Le Dr KOCID (Initiative Halte à la tuberculose) recommande trois mécanismes pour l'application de la Déclaration d'Amsterdam visant à faire barrage à la tuberculose, à savoir: des accords de partenariat mondiaux en vertu desquels les Etats Membres élaboreraient des plans multisectoriels quinquennaux ; un fonds mondial pour l'éradication de la tuberculose, l'extension de la stratégie DOTS et la mise au point de moyens diagnostiques, vaccins et médicaments nouveaux ; et un fonds mondial pour la tuberculose qui comprendrait un mécanisme mondial de distribution des médicaments fournissant gratuitement à certains pays les antituberculeux nécessaires. Une réunion de donateurs est prévue, pendant laquelle on lancera un appel en vue de la mobilisation de ressources additionnelles.

La séance est levée à 17 h 50.

DEUXIEME SEANCE Mercredi 17 mai 2000, 9 h 15 Président : Professeur S. M. ALI (Bangladesh)

QUESTIONS TECHNIQUES ET SANITAIRES: Point 12 de l'ordre du jour (suite) Initiative Halte à la tuberculose: Point 12.1 de l'ordre du jour (résolution EB105.R11 ; document A53/5) (suite) Le Dr HOLCK (Secrétaire) donne lecture des amendements au projet de résolution recommandé par le Conseil exécutif dans sa résolution EB105.R11. Le délégué de la Thaïlande a proposé de remplacer, au paragraphe 1.1 ), les mots « à suivre de près les résultats de» par« à approuver la Déclaration d'Amsterdam visant à faire barrage à la tuberculose, adoptée à la suite de», et de maintenir entre parenthèses les mots« (Amsterdam, mars 2000) ». Le délégué de la Norvège a proposé que le paragraphe 1 se termine par un nouvel alinéa ayant la teneur suivante : « 4) à accorder un rang de priorité élevé à l'intensification de la lutte contre la tuberculose dans le cadre des soins de santé primaires;». Le délégué de la Turquie a proposé que le paragraphe 2.1) se termine par un point f) ayant la teneur suivante:« f) l'intégration de la lutte contre la tuberculose dans les établissements et les activités de soins de santé primaires aux niveaux central et périphérique ; ». Le délégué du Botswana a proposé d'apporter au paragraphe 2.2) la modification suivante: remplacer le mot « guérison » par les mots « succès thérapeutique ». Le délégué de la Thaïlande a proposé de remplacer (ceci ne concernant que l'anglais), à la fm de la phrase d'introduction du paragraphe 4, le mot« through »par le mot« by »; il a en outre proposé un changement de formulation et une adjonction au paragraphe 4.3) de sorte que le texte se lise comme suit : en encourageant les investissements internationaux dans la recherche, le développement et la distribution de nouveaux moyens diagnostiques pour accélérer le dépistage et renforcer la surveillance épidémiologique -y compris en aidant les Etats Membres à mener des enquêtes de prévalence dans la communauté ou dans les sous-populations à haut risque, ainsi que parmi les personnes démunies et celles qui sont vulnérables à l'infection-, de nouvelles formulations de médicaments pour réduire la durée du traitement, et de nouveaux vaccins et autres mesures de santé publique pour prévenir la maladie, réduire les souffrances et sauver des millions de personnes d'un décès prématuré;. Le délégué de la Tunisie a proposé d'inclure à la fm du paragraphe 4 un nouvel alinéa ayant la teneur suivante : « 5) en soutenant les programmes régionaux destinés à coordonner les programmes de lutte contre la tuberculose. ». Le PRESIDENT invite la Commission à examiner le projet de résolution ainsi amendé.

-24-

COMMISSION A : DEUXIEME SEANCE

25

En l'absence d'objection, le projet de résolution, ainsi amendé, est approuvé. 1

VIH/SIDA: Point 12.2 de l'ordre du jour (résolution EB105.R17; document A53/6) Le Dr JIMÉNEZ DE LA JARA (représentant du Conseil exécutif), présentant ce point de l'ordre du jour, déclare que le Conseil exécutif est pleinement conscient des proportions effarantes que revêt l'épidémie de Vlli/SIDA et de la menace qu'elle fait peser sur le développement et la sécurité. C'est pour cela que le Conseil est favorable à un renforcement des activités et du rôle de chef de file de l'OMS. Le débat s'est centré sur l'accès aux soins, en particulier sur l'accès des personnes séropositives aux antirétroviraux et à d'autres médicaments. Il a été reconnu que les pays en développement ne devaient pas axer leur stratégie et leur politique exclusivement sur la prévention, mais que le traitement devait aussi être considéré comme faisant partie intégrante des soins complets auxquels tout individu peut prétendre. La mortalité élevée par Vlli/SIDA dans les pays en développement résulte en partie du manque d'accès aux médicaments. Les besoins concernent non seulement un choix approprié de médicaments contre le Vlli accessibles à des prix abordables, mais aussi l'existence d'une capacité institutionnelle et d'une couverture de sécurité sociale. Le Conseil souhaite que l'OMS joue un rôle actif dans l'amélioration de l'accès aux médicaments contre le VIH à travers l'application d'accords internationaux sur le commerce et qu'elle poursuive les négociations avec l'industrie pharmaceutique. Il souhaite aussi que l'OMS s'engage pleinement dans le Partenariat international contre le SIDA en Afrique. Les systèmes nationaux de santé dans le monde étant confrontés à la pression irrésistible de l'épidémie de SIDA, le Conseil exécutif a proposé le projet de résolution figurant dans la résolution EB 105.Rl7, dans lequel l'OMS est appelée à mettre au point une stratégie globale du secteur de la santé qui s'inscrive dans le plan stratégique du système des Nations Unies pour le VIH/SIDA pour 2001-2005. M. ZEPEDA BERMUDEZ (Brésil) rappelle que le Ministère de la Santé de son pays a rendu universellement accessible depuis 1997 une thérapie antirétrovirale associée. Pas moins de 85 000 patients ont bénéficié à ce jour de ce programme, dont l'incidence est comparable à celle observée dans les pays développés: la mortalité a été à peu près divisée par deux, le nombre de cas d'infections opportunistes a reculé considérablement, les hospitalisations accusent en moyenne une baisse marquée, et les traitements sont désormais plus courts et moins complexes. La mise en oeuvre de cette politique a entraîné un abaissement des coûts tant sur le plan des médicaments nécessaires au traitement des infections opportunistes que sur celui des hospitalisations qui y sont associées, abaissement qui s'est traduit par une économie de quelque US $420 millions pour la période 1997-1999. Cette tendance, qui a eu comme contrepartie une progression sensible de la demande de services ambulatoires, s'est accompagnée d'une baisse de la demande d'assistance à domicile et de services hospitaliers de jour. Il s'agit d'une politique dont le rapport coût/efficacité est indéniable. La stratégie du Brésil associe négociation directe avec les sociétés pharmaceutiques internationales et stimulation de la production locale de médicaments contre le Vlli/SIDA. L'intervenant accueille donc favorablement les efforts déployés récemment par l'ONUSIDA et ses organismes coparrainants pour parvenir à une baisse des prix des médicaments. Il propose plusieurs amendements au projet de résolution, en ayant présent à l'esprit le rapport du Directeur général sur la stratégie pharmaceutique révisée (document A53/10) et en se félicitant de la constance dont l'OMS fait preuve en réaffirmant l'importance d'une politique nationale du médicament et de mesures conçues pour garantir l'accès aux médicaments essentiels. Ainsi, il suggère d'inclure, dans le paragraphe 1, un rappel des engagements exprimés dans la résolution WHA52.19 sur la stratégie pharmaceutique révisée et des mesures à prendre dans le cadre des politiques pharmaceutiques nationales pour préserver les intérêts de santé publique et garantir un accès équitable aux médicaments, en utilisant les indicateurs élaborés par l'OMS pour suivre les progrès réalisés. Ce projet de résolution a été transmis à 1'Assemblée de la Santé dans le premier rapport de la Commission et adopté sous la cote WHA53.1. 1

26

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

Il suggère aussi que, dans ce paragraphe, les Etats Membres soient instamment appelés à collaborer avec l'OMS en vue d'établir une base de données informatisée des prix des médicaments essentiels. Il propose en outre qu'au paragraphe 2, il soit demandé au Directeur général de continuer à appuyer la mise en place de systèmes de surveillance des prix des médicaments dans les Etats Membres et de mener les discussions tendant à l'établissement de prix justes, conduisant à un accès équitable aux médicaments essentiels. Il devrait également être préconisé dans ce paragraphe de renforcer la capacité des Etats Membres à appliquer des systèmes de surveillance des médicaments pour mieux repérer les réactions indésirables et les cas de mauvaise utilisation de médicaments dans les services de santé, ce qui favoriserait un usage rationnel des médicaments. Enfm, ce texte devrait préconiser de continuer à mettre au point des méthodes et prêter un appui substantiel pour suivre les répercussions des accords commerciaux sur le plan pharmaceutique et sur le plan de la santé publique. Le Dr SAARINEN (Finlande), s'exprimant au nom des pays nordiques, félicite le Directeur général de sa contribution au récent accord qui aura pour effet d'améliorer l'accès des pays en développement aux médicaments contre le Vlli/SIDA. Les autres objectifs majeurs que constituent la distribution efficace des médicaments et des services, de même que l'amélioration des systèmes de santé, n'en restent pas moins d'actualité. Les diverses déclarations et résolutions de l'OMS sur le Vlli/SIDA proposent, à l'usage des Etats Membres, un certain nombre de principes déontologiques et de conseils pratiques partiçulièrement précieux, qui ont aidé à repousser la discrimination et la coercition. Aux plans national et international, l'action contre le VIH/SIDA nécessite une collaboration intersectorielle entre les différents secteurs de l'économie (fmances et éducation, notamment). Les organismes coparrainants de l'ONUSIDA doivent coopérer régulièrement, surtout au niveau des pays. Les pays nordiques considèrent néanmoins que le secteur de la santé a un rôle déterminant à jouer auprès des autres secteurs, qui ont besoin de ses compétences et de sa coopération. La première des priorités doit être le renforcement des systèmes nationaux de santé, avec une réflexion novatrice sur les moyens de promouvoir la coopération entre systèmes de santé et services communautaires, pour répondre à la demande croissante de soins et de services d'appui de la part des personnes séropositives et de leur entourage. Les pays nordiques ont le plaisir de constater que l'OMS souligne la nécessité de renforcer les systèmes de santé (voir document A53/6, paragraphe 8); dans ce sens, ils l'incitent à coordonner son action avec celle de l'ONUSIDA. li faudrait faire plus pour faciliter l'analyse et la diffusion des meilleures pratiques, de même que l'échange d'informations, en particulier dans l'optique de la prévention et du traitement. Les pays nordiques regrettent que, pour autant que l'on puisse le constater, il n'existe pas de mécanisme ou de stratégie d'intégration des activités de l'OMS concernant le VIH/SIDA dans les autres aspects de sa mission, non plus que de renforcement de sa coopération avec les autres organismes coparrainants de l'ONUSIDA, notamment au niveau des pays. Ils estiment en outre que l'OMS devrait mettre l'accent sur la notion d'équité en matière de prévention et de soins. La perspective d'un meilleur accès aux médicaments suppose un soutien et un renforcement des services nationaux de santé, en particulier des infrastructures et de la formation du personnel de santé. Il convient néanmoins de ne pas perdre de vue que toute politique, nationale ou internationale, doit reposer sur la prévention et, notamment, sur l'information et l'éducation. L'OMS doit être un organisme coparrainant actif de l'ONUSIDA, surtout au niveau des pays. Les pays nordiques reconnaissent que le renforcement du Bureau régional de l'Afrique et la défmition des priorités des pays africains constituent un apport au Partenariat international contre le SIDA en Afrique; ils soulignent à cet égard que le ferme engagement pris doit être maintenu. En tant que partenaires de nombreux gouvernements africains au titre du développement, ils jugent impératif que le VIHISIDA soit pris en considération dans la planification et la mise en oeuvre de toutes les activités de coopération pour le développement C'est d'ailleurs avec satisfaction qu'ils constatent qu'il en est ainsi dans d'autres points de l'ordre du jour et documents de la présente Assemblée de la Santé.

COMMISSION A : DEUXIEME SEANCE

27

Mme AMAHA (Ethiopie), faisant observer que, dans son pays, plus de trois millions de personnes sont touchées par le VIH/SIDA, déplore que les efforts déployés depuis la mise en place, en 1987, du programme national de prévention du SIDA pâtissent d'un manque de coordination qui en annihile les effets. En 1998, le Gouvernement a adopté un plan stratégique quinquennal de lutte contre l'épidémie. Pour mettre en oeuvre ce plan, un conseil national de prévention du SIDA, placé sous l'autorité du Président de l'Ethiopie, a été créé en avril2000. Cependant, malgré une volonté politique incontestable, la campagne contre le SIDA est entravée par des difficultés touchant plusieurs domaines : le fmancement, le manque de personnel formé et de moyens de laboratoire, l'insuffisance des services de conseil et de dépistage, de même que les lacunes sur le plan des soins et de l'appui. Mme Amaha lance un appel aux gouvernements, à la communauté internationale et aux donateurs en faveur de la mission de l'ONUSIDA et d'un soutien des efforts déployés par son pays. Compte tenu du lien évident entre santé et pauvreté, une annulation de la dette des pays pauvres et lourdement endettés d'Afrique libérerait autant de ressources pour les programmes de lutte contre la pauvreté, y compris pour la lutte contre le VIH/SIDA. La délégation de l'Ethiopie se félicite du consensus qui s'est récemment dégagé à propos de l'usage prophylactique du cotrimoxazole pour la prévention des infections liées au Vlli en Afrique, même si, malgré cette avancée, il reste nécessaire de découvrir le plus rapidement possible un vaccin contre le SIDA. L'accès aux médicaments antirétroviraux reste extrêmement limité dans la plupart des pays africains et il conviendrait de presser l'industrie pharmaceutique d'abaisser le prix de ces médicaments. L'Ethiopie apprécie particulièrement les efforts déployés par le Directeur général pour mobiliser des ressources et sensibiliser l'opinion au problème de l'accès à des médicaments efficaces pour un coût abordable. Le Dr SADRIZADEH (République islamique d'Iran), évoquant la propagation inexorable du Vlli, est reconnaissant à l'ONUSIDA d'avoir instauré des partenariats et facilité la fourniture d'un appui aux pays, tout en déplorant l'ampleur du problème et des besoins qui en découlent. Même si quelques progrès ont pu être constatés dans l'amélioration de l'accès aux soins et au traitement pour les maladies liées au VIH/SIDA et dans la prévention de la transmission du VIH de la mère à l'enfant, l'insuffisance des ressources empêche les pays en développement de résoudre ces problèmes. Tant qu'il n'existera pas de traitement curatif ou de vaccin, la démarche indiquée restera la promotion d'un partenariat mondial et la mobilisation de ressources accrues en faveur des pays en développement les plus gravement touchés. M. MASSÉ (Canada) déclare que, dans son pays, la politique en matière de VIH/SIDA associe depuis plusieurs années des éléments de surveillance, de recherche, de prévention et de soins. La délégation du Canada est favorable au projet de résolution. A ses yeux, il appartient à l'OMS d'élaborer une stratégie globale du secteur de la santé face aux épidémies de VIH/SIDA et d'autres maladies sexuellement transmissibles, de donner la priorité à la lutte contre le VIH/SIDA, notamment pour ce qui est de la transmission du Vlli de la mère à l'enfant, et de participer activement à l'action de l'ONUSIDA, en particulier à travers le Partenariat international contre le SIDA en Afrique. Le Canada appuie les appels tendant à ce que les médicaments contre le SIDA soient d'un accès plus aisé et d'un prix plus abordable. Le Dr GALON (Philippines) dit qu'elle a apprécié les principales interventions en matière de prévention et de traitement énumérées dans le document A53/6. Les Philippines se félicitent de l'attention accordée au SIDA par le Conseil de Sécurité de l'Organisation des Nations Unies. En 1988, le pays s'est doté d'un programme de lutte contre le SIDA et d'un plan d'action à moyen terme, et le Congrès a adopté en 1998 une loi en la m_atière. Il a d'ores et déjà mis en oeuvre un grand nombre des stratégies et autres démarches reconnues comme meilleures pratiques, telles que la continuité des soins grâce à des foyers de réinsertion, l'éducation des groupes cibles en matière de santé et de compétences psychosociales, et la formation des agents de santé dans les domaines du conseil et du soutien. Les principaux défis consistent à réduire l'incidence de l'épidémie sur les groupes vulnérables, en particulier les orphelins, et à assurer la sécurité transfusionnelle. Les activités qu'a suscitées la Journée

28

CINQUANTE-TROIS lEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

mondiale de la Santé (en avril2000) ont été utiles au programme national de dons de sang bénévoles exécuté aux Philippines. La délégation philippine est favorable au projet de résolution. Le Professeur GIRARD (France) déclare que l'organisation de la lutte contre le SIDA a fait des progrès depuis un an, même si, comme l'a rappelé en des tennes assez frappants le Directeur général devant le Conseil exécutif à sa cent cinquième session, «les médicaments sont au Nord, la maladie au Sud». Pour sa part, la France, mobilisant près de Fr.f.700 millions, a soutenu au cours des douze dernières années une soixantaine de programmes d'assistance technique, axés surtout sur la recherche, notamment en Afrique subsaharienne. Après avoir centré initialement son action sur la prévention, la France s'est efforcée d'améliorer, à partir de 1995, la prise en charge des patients, lançant, dès 1997, l'initiative du fonds de solidarité thérapeutique international. Ce fonds pennet aujourd'hui d'étudier dans six pays la faisabilité de la réduction de la transmission du VIH de la mère à 1'enfant et du traitement de patients atteints du SIDA par antirétroviraux. Parallèlement, la France s'efforce d'appuyer le renforcement des systèmes de santé nationaux. Elle se félicite de l'ouverture récente d'un dialogue entre les organisations du système des Nations Unies et l'industrie pharmaceutique, même si l'on n'en est qu'à un premier stade. A l'instigation de la France, une conférence internationale sera chargée d'élaborer des propositions concrètes de partenariat tendant à améliorer l'accès aux médicaments en Afrique. Ces différents projets et initiatives trouvent leur expression dans le projet de résolution, que la délégation française incite vivement la Commission à approuver. Le Dr MAHJOUR (Maroc) fait observer que son pays, resté relativement peu touché par l'épidémie de SIDA, a néanmoins veillé, dès l'apparition des premiers cas, à instaurer un certain nombre de mesures pour enrayer la transmission du VIH et en réduire l'impact sur la société. La sécurité transfusionnelle est chose acquise depuis 1990. Une quarantaine de centres de conseil et de dépistage anonymes gratuits ont été mis en place, certains avec la participation d'organisations non gouvernementales. La prise en charge syndromique des infections sexuellement transmissibles se généralise dans l'ensemble des structures publiques et privées du pays. Depuis 1998, une nouvelle stratégie nationale a introduit le principe de la trithérapie pour la prise en charge des malades du SIDA et des porteurs du VIH, traitement dont une centaine de malades bénéficient à 1'heure actuelle. Convaincu que le traitement contribue efficacement à la réussite des programmes de prévention, le Maroc incite le Directeur général à poursuivre les efforts entrepris à travers l'ONUSIDA en vue de parvenir à une baisse des prix des antirétroviraux, seul moyen d'offrir à tous les pays en développement un meilleur accès à ces médicaments. La délégation marocaine appuie donc le projet de résolution. Le Dr KIELY (Irlande) appuie lui aussi le projet de résolution. Les initiatives prises dans le cadre du programme d'aide à l'étranger témoignent de l'engagement de l'Irlande à combattre l'épidémie. Notant que le Premier Ministre de l'Irlande, dans une lettre adressée à M. Prodi, Président de la Commission européenne, a appelé instamment les Etats Membres de l'Union à réexaminer le niveau des ressources consacrées à la lutte contre le SIDA dans le monde et à étudier les meilleurs moyens de mettre les traitements contre le SIDA à la disposition des pays pauvres pour un coût abordable, le Dr Kiely se félicite des efforts déployés par le Directeur général à cet égard. L'Irlande procède actuellement à une mise à jour de sa stratégie nationale de lutte contre le SIDA et, conformément à ce que préconise le rapport du Directeur général, attribue la priorité à la prévention, à la surveillance, aux soins et à la prise en charge ainsi qu'aux mesures antidiscriminatoires. Le Dr EL-SHAFEI (Egypte) rappelle que l'incidence du VIH/SIDA en Egypte est parmi les plus faibles du monde. Depuis le dépistage du premier cas en 1986, quelque 800 autres cas d'infection par le VIH ont été recensés et 232 cas de SIDA signalés. L'Egypte, qui s'est engagée à combattre le VIH/SIDA, veille à ce que son programme national de lutte reste prioritaire et incite le secteur privé, de même que les secteurs de l'administration qui ne relèvent pas de la santé, à participer à l'action de lutte contre le VIH. Le SIDA est, en Egypte, une maladie dont la législation prévoit la déclaration. La sécurité transfusionnelle

COMMISSION A : DEUXIEME SEANCE

29

est maintenant acquise, un organisme national assurant chaque année le contrôle systématique de quelque 500 000 prélèvements sanguins à la recherche du VIH et d'autres agents pathogènes infectieux. Une banque nationale du sang a été créée, avec pour mission d'assurer, par un réseau de surveillance et de communication, la coordination avec une trentaine d'antennes réparties sur l'ensemble du territoire. Le commerce du sang a été rendu illégal et, pour prévenir les infections par contamination du matériel, l'usage des seringues hypodermiques jetables a été adopté. Chaque hôpital égyptien a sa propre commission de sécurité et de prévention des infections. Tous les gouvernorats disposent d'équipes qualifiées pour la prise en charge et le conseil des personnes atteintes par le VIH/SIDA. Les autorités sanitaires continuent à coopérer étroitement avec les groupes vulnérables. Les malades bénéficient d'un soutien sur les plans social, économique et psychologique. En 1996, l'Egypte est devenue le premier pays du monde arabe et du Moyen-Orient à mettre en place un service d'assistance téléphonique assurant une information sur l'épidémie. Pour sensibiliser 1'opinion, il a été fait appel aux moyens de la presse écrite (brochures, prospectus et affiches), de la radio, de la télévision et des autres médias. Le VIHISIDA est abordé dans les programmes d'enseignement scolaire. Deux conférences internationales sur le SIDA se sont tenues récemment en Egypte. L'Egypte ne ménage pas ses efforts en faveur des Etats africains et autres, mais il reste encore beaucoup à faire pour améliorer l'accès aux médicaments. A cet égard, l'intervenante se félicite, comme d'autres, des discussions engagées récemment par le Directeur général avec l'industrie pharmaceutique. La délégation égyptienne propose qu'une commission soit créée sous les auspices de l'Ç>MS pour étudier les modalités selon lesquelles l'accès aux médicaments indispensables pourrait être assuré aux pays qui en ont le plus besoin. Une telle commission serait chargée d'établir des prix appropriés, en évitant les négociations bilatérales qui aboutissent à une disparité des prix des médicaments entre les différents pays. Le Dr FERREIR.A SONGANE (Mozambique) souligne certains éléments évoqués dans le document A53/6 qui suscitent des préoccupations particulières aux pays tels que le sien. Tout en prenant acte des efforts tendant à faire baisser les prix des médicaments, l'intervenant s'interroge sur leur viabilité, de même que sur la faisabilité d'une couverture universelle, les soins et traitements se révélant difficiles dans les zones rurales éloignées. L'ignorance de telles réalités risque de mettre à mal certains principes éthiques. Par ailleurs, les pays en développement se heurtent à de graves problèmes de santé autres que le VIH/SIDA, notamment la mortalité maternelle et le paludisme, maladie qui est pour le Mozambique la priorité absolue. Pour illustrer les dépenses considérables qu'entraînent la prévention et le traitement du VIHISIDA, l'intervenant dit que les Etats-Unis d'Amérique y consacrent chaque année US $8 milliards. Même si le prix des médicaments baissait, les infrastructures de soins et les moyens d'aide sociale n'en restent pas moins insuffisants. Si, à l'heure actuelle, on privilégie la question des médicaments, c'est encore la prévention, y compris la sécurité transfusionnelle, qui reste le principal volet du combat contre le VIHISIDA. En raison des problèmes que posent les kits de test VIH, le Mozambique ne peut garantir la sécurité de son approvisionnement en produits sanguins (notamment du fait qu'il n'a pas les moyens de rechercher les marqueurs de l'infection par le virus de l'hépatite B, alors que cette pathologie constitue un problème de santé majeur). Il serait souhaitable que le projet de résolution reflète ces différentes préoccupations. Le Dr DLAMINI (Swaziland), appuyant sans réserve les observations formulées par le délégué du Mozambique, ajoute qu'en outre le petit nombre de centres de dépistage du VIH dans les zones reculées compromet les efforts de prévention basés sur le conseil et sur le dépistage volontaire. La mise en place d'une infrastructure comportant les moyens de laboratoire et de diagnostic nécessaires au suivi des patients constitue donc le préalable à tout programme de traitement par antirétroviraux. Pour être d'un rapport coût/efficacité satisfaisant, toute intervention fait nécessairement appel à des médicaments pour la prophylaxie et le traitement des infections opportunistes, notamment de la tuberculose, dont le coût grève déjà lourdement le budget du pays. Il conviendrait donc d'élargir le débat sur les coûts. Des interventions nutritionnelles sont par ailleurs indispensables pour prolonger la survie des personnes vivant avec le

30

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

Vlli/SIDA. Il faut mettre davantage l'accent sur la prévention et envisager de recourir à des thérapies différentes. Une autre préoccupation majeure est l'impact socio-économique du VIH/SIDA, notamment la multitude d'orphelins, souvent infectés par le VIH, confiés parfois aux bons soins de grands-parents âgés et pauvres. Accablé par cet enchaînement de facteurs qui le confment dans la pauvreté, le Swaziland, comme d'autres pays, a besoin d'un soutien pour consolider son« filet de sécurité» sur le plan social. Les programmes ciblés sur les communautés ou sur les foyers, s'ils constituent un élément essentiel de la continuité des soins, nécessitent une dotation de ces communautés en moyens, c'est-à-dire en ressources. Sur ce point aussi, un soutien s'impose. Par ailleurs, les personnes vivant avec le VIH/SIDA doivent être associées à toute démarche, du fait de leur rôle clé dans les stratégies de prévention, si l'on veut déstigmatiser la maladie et promouvoir l'acceptation dans le milieu de travail. La non-discrimination au travail est un élément déterminant et les autorités du Swaziland ont veillé à ce que la législation interdise de soumettre les candidats à l'embauche à un dépistage obligatoire. Un constat inquiétant est l'infection des fillettes; aussi, le Swaziland recherche-t-il une assistance pour renforcer ses stratégies d'éducation et de promotion de la santé. Soulignant l'importance d'une approche holistique, le Dr Dlamini approuve le projet de résolution, mais propose les amendements suivants : insérer au paragraphe 1.11) les mots « des mesures d'incitation à la production locale et des pratiques d'importation» entre les mots «sociétés pharmaceutiques » et les mots « et un financement approprié », et ajouter au paragraphe 2 un nouvel alinéa ayant la teneur suivante : « 18) de plaider en faveur de recherches sur la nutrition dans le '?ontexte du Vlli/SIDA aussi bien dans les pays en développement que dans les pays développés ; ». Le Dr THABANE (Lesotho) souscrit lui aussi au projet de résolution, précisant que le VIH/SIDA constitue d'ores et déjà pour son pays une urgence sanitaire telle que les médicaments antirétroviraux sont indispensables. En 1999, 15 %des individus de la classe d'âge la plus productive étaient infectés par le VIH, en dépit des mesures de prévention en vigueur. Le Gouvernement a mis en place un cadre politique et défmi une stratégie multisectorielle englobant les aspects financiers et les soins à domicile. Il souhaiterait obtenir des informations sur les stratégies réussies fondées sur l'usage du préservatif féminin. Le Lesotho accueille favorablement 1' initiative tendant à faire baisser les prix des médicaments antirétroviraux, mais doute que ces prix, même réduits, deviennent pour lui abordables, tout autant qu'il reste préoccupé par la viabilité de cette politique et par l'insuffisance des moyens de laboratoire et des ressources en personnel qualifié. Faute de médicaments antirétroviraux, le Lesotho court le risque d'avoir une immense population d'orphelins et de perdre les personnes dont dépend précisément l'efficacité de l'éducation et de la prévention. Le Dr ANDRIANARISOA (Madagascar) déclare que, bien que le taux de prévalence du VIHISIDA soit très faible dans son pays, la lutte contre les maladies sexuellement transmissibles, notamment l'infection à VIH, y constitue une activité de santé prioritaire, qui repose sur un traitement approprié et une sensibilisation croissante des groupes cibles pour tenter d'enrayer la propagation du virus. L'intervenant appuie le projet de résolution et demande au Directeur général de veiller à assurer le suivi des résolutions et recommandations adoptées. Il se prononce en faveur d'un système spécial de fixation des prix par l'industrie pharmaceutique pour permettre aux pays en développement d'accéder aux médicaments contre le Vlli/SIDA. Mme PHUMAPHI (Botswana), considérant le VIH/SIDA comme un véritable fléau pour l'humanité, déclare que la riposte consiste en une stratégie mondiale, appuyée par l'ensemble du système des Nations Unies, qui incorporerait la recherche, la mise au point de vaccins, la prévention à travers le conseil, 1' éducation, la sécurité transfusionnelle, les protocoles de traitement, la production des médicaments et l'accès à ces produits, le soutien communautaire et la dotation en personnel. Cette stratégie devrait également permettre de faire face aux conséquences de la pandémie, notamment aux problèmes posés par les orphelins, le tarissement des ressources humaines, le retard pris par les programmes de développement et la mise à mal des économies du monde en développement. Pour ces

COMMISSION A : DEUXIEME SEANCE

31

raisons, Mme Phumaphi suggère que le projet de résolution comporte une disposition par laquelle les Etats Membres seraient appelés instamment à prendre en considération au premier chef l'épidémie de VIHISIDA dans la planification du développement. Ce texte devrait également prôner l'annulation de la dette des pays en développement. Mme Phumaphi suggère en outre de supprimer la disposition selon laquelle le conseil doit être volontaire, du fait que de nombreux programmes reposent sur des stratégies de conseil collectives sans consultation préalable- qui ne vont d'ailleurs pas à l'encontre des droits de l'individu. Si l'on a affirmé que le dépistage doit être volontaire, il n'en va pas de même pour le conseil. Enfin, Mme Phumaphi propose d'inclure dans le paragraphe 2 un nouvel alinéa demandant la mobilisation de fonds pour la recherche sur le sous-type C du Vlli-1, dont la virulence et la prévalence sont les plus fortes en Afrique subsaharienne. Le Dr CHILD (Chili) fait observer que, même si dans son pays les taux de prévalence sont faibles en ce qui concerne tant l'infection à VIH (1 pour 1000 femmes enceintes) que le SIDA (28 pour 100 000 habitants), le Gouvernement a néanmoins mis en place en 1990 un programme de lutte contre l'épidémie qui repose sur les principes du respect des droits de l'homme, d'une décision informée en matière de prévention et de traitement, et du respect de l'intimité et de la confidentialité. Les dispositions prises obéissent à une gestion et une planification stratégiques dans lesquelles soins et prévention sont indissociablement liés. La prévention repose essentiellement sur le souci de rendre chaque individu à même de prendre ses décisions pour protéger sa santé et celle de ses partenaires sexu~ls ; elle doit tenir compte des caractéristiques culturelles, sociales, affectives, psychologiques et cognitives de la population. La prise en charge des personnes infectées nécessite un accès équitable aux médicaments contre le VIHISIDA, compte tenu des ressources disponibles et avec le soutien éventuel du secteur non gouvernemental. Jusqu'à une date récente, le Chili était en mesure d'offrir aux patients, dont le nombre était limité, un ensemble de soins efficaces et complets, mais l'offre risque de ne pas pouvoir suivre 1' expansion de la demande. En raison de ses ressources limitées, le Chili a accepté en 1998 la proposition de l'ONUSIDA de participer à l'initiative en faveur de l'accès aux médicaments anti-VIH, un projet pilote destiné à améliorer l'accès des personnes vivant avec le VIH aux soins de santé et aux médicaments. A cet égard, le Dr Child se félicite des initiatives récentes tendant à faire baisser le prix des médicaments anti-Vlli. Consciente de l'importance déterminante de l'évaluation des programmes menés par son pays, elle espère que les résultats de cette évaluation seront communiqués à la communauté internationale. Elle souhaite, en particulier, que l'expérience ainsi acquise se révèle d'un grand intérêt pour le Groupe de collaboration technique horizontale, qui assure l'harmonisation des programmes de lutte contre le SIDA dans la région et offre une tribune ouverte permanente pour l'échange des données d'expérience et des enseignements qui en sont tirés. Le Dr BUSTAMANTE GARCiA (Colombie) décrit certains aspects de l'épidémie dans son pays. A la fm de 1999,20 604 personnes vivaient avec le VIHISIDA, 1254 nouveaux cas avaient été recensés au cours de cette année, et la transmission du virus se faisait de plus en plus par voie hétérosexuelle. L'introduction de médicaments antirétroviraux dans le cadre du plan national de santé a fait reculer la mortalité chez les personnes infectées par le VIH. En collaboration avec l'ONUSIDA, la Colombie a élaboré un plan stratégique national pour 2000-2003 qui comporte huit stratégies opérationnelles dans le cadre desquelles les activités, les résultats attendus, les indicateurs, les coûts et les responsabilités ont été bien définis. Les priorités sont fixées en fonction des besoins locaux. En 2000, des directives ont été émises portant sur les mesures obligatoires et orientées vers la demande ainsi que sur la prévention et le diagnostic précoce des maladies épidémiques, dont le VIH/SIDA. Le suivi épidémiologique est actuellement centré sur la notification, les études de surveillance, les rapports des banques de sang et les études sur les comportements sexuels à risque. En mars 1999, en application de l'Accord Hip6lito Unanue, s'est tenue la première conférence virtuelle sur les maladies sexuellement transmissibles et le VIHISIDA, qui a constitué pour les pays de la région andine une tribune permettant de défmir leurs plans et d'échanger des informations.

32

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

Dans la nouvelle stratégie du Ministère de la Santé colombien sur le Vlli/SIDA, les médias s'engagent à améliorer les compétences et la formation de 230 agents de communication dans l'ensemble du pays. Un prix a été créé pour distinguer le meilleur communicateur dans ce domaine. En outre, le Ministre de la Santé a proposé, lors du Sommet ibéro-américain des Ministres de la Santé qui s'est tenu en octobre 1999, que le programme VIH/SIDA de chaque pays soit dirigé par une personne qui soit elle-même séropositive. Mme SOSA MARQUEZ (Mexique) souscrit sans réserve au projet de résolution, notamment dans la mesure où ce texte renforce le rôle de l'OMS en tant qu'organisme coparrainant de l'ONUSIDA. La délégation mexicaine se déclare convaincue que la meilleure tribune où débattre du Vlli/SIDA en Afrique est le Conseil économique et social de l'Organisation des Nations Unies et que l'ONUSIDA est l'instance qui se prête le mieux à la coordination avec le système des Nations Unies. Mme Sosa Marquez appuie également l'amendement proposé par la délégation du Brésil. Le Dr WANG Zhao (Chine), soulignant les préoccupations de son pays devant l'épidémie de Vlli/SIDA, demande à l'OMS de l'aider à renforcer sa coopération avec la communauté internationale dans son action de prévention et de lutte. La Chine est favorable à l'adoption du projet de résolution et se réjouit notamment du fait que ce texte envisage une stratégie globale accordant la priorité, au titre du budget ordinaire de l'OMS, à la prévention et à la lutte ainsi qu'à la mobilisation de fonds sup~lémentaires pour soutenir les programmes nationaux de lutte contre le VIH/SIDA. La délégation chinoise préconise la poursuite de l'action de l'OMS visant à coordonner les services de transfusion sanguine, à réduire le coût des médicaments et à faire progresser la recherche sur les médicaments et les vaccins. Les pays en développement ne seraient pas en mesure de supporter la charge de soins médicaux dans le cas où une proportion importante de leur population viendrait à être contaminée. Pour cette raison, l'OMS doit s'efforcer d'enrayer la propagation du VIH en mettant davantage l'accent sur la prévention. Le Dr SATCHER (Etats-Unis d'Amérique) estime que la reconnaissance de la réalité du problème du VIH/SIDA est la première étape vers l'amélioration de l'éducation du public, le développement du marketing social en faveur de la prévention, 1' administration de traitements présentant un bon rapport coût/efficacité et la prestation de soins dans les communautés. Les personnalités marquantes du monde politique doivent jouer un rôle de premier plan et souligner l'importance de la prévention. La situation de bien des pays d'Afrique est critique et les Etats-Unis apportent un ferme soutien au Partenariat international contre le SIDA sur ce continent. Des pays d'autres régions- en Asie, dans les Caraïbes et l'ancienne Union des Républiques socialistes soviétiques- sont eux aussi confrontés à une évolution préoccupante. Intervenir en temps utile peut sauver des millions de vies humaines ultérieurement. Les Etats-Unis maintiendront leur coopération avec l'OMS et l'ONUSIDA et appuient le projet de résolution. Par la voix du Président Clinton, les Etats-Unis se sont fermement engagés à produire un vaccin efficace; ils consacrent des millions de dollars à l'élaboration de vaccins contre le VIH/SIDA, le paludisme et la tuberculose. Les interventions concluantes, comme la démarche axée sur la sécurité transfusionnelle, doivent être appuyées et même renforcées. Pour faciliter l'accès aux médicaments et autres thérapies, les Etats-Unis veillent à ce que l'application de la législation américaine relative aux incidences commerciales de la propriété intellectuelle reste assez souple pour permettre de réagir rapidement au cas où une crise de santé publique serait portée à l'attention du Ministre du Commerce. Ils veillent en outre à ce que l'Accord de l'OMC sur les aspects des droits de propriété intellectuelle qui touchent au commerce soit respecté. L'OMS devrait mettre à contribution ses compétences en matière d'infrastructure sanitaire pour améliorer l'accès à des thérapies efficaces. Elle devrait constituer avec l'OMC, l'OMPI, l'UNICEF et l'ONUSIDA un groupe de travail qui serait chargé spécialement de promouvoir l'accès aux traitements du VIHISIDA. Ce groupe serait également chargé de mettre en place une infrastructure médicale d'appui pour assurer l'innocuité des médicaments contre le VIH/SIDA.

COMMISSION A : DEUXIEME SEANCE

33

Mme NGHA TANGA (Namibie) rappelle à l'Assemblée de la Santé que son pays est si gravement touché par l'épidémie de VIH/SIDA que ce fléau y est devenu la principale cause de mortalité. L'ensemble des progrès accomplis par le pays sur le plan du développement depuis son indépendance, en 1990, se trouvent anéantis. En 1998, le Gouvernement a élaboré un plan multisectoriel à moyen terme axé sur la prévention, la diffusion de l'information et les soins et l'aide aux personnes infectées ou touchées par le VIH. Mme N ghatanga appuie le projet de résolution, sous réserve des amendements proposés par la délégation du Swaziland, et suggère deux autres amendements: il s'agirait d'ajouter, après « VIHISIDA »à la fm du paragraphe 1.1), les mots« ainsi qu'aux soins et à l'aide aux personnes infectées ou touchées» et d'ajouter, après« VIHISIDA »à la fm du paragraphe 2.4), les mots« ainsi que pour les soins et l'appui fournis par l'intermédiaire des programmes à domicile et dans la communauté;». Le Dr GONZÂLEZ-FERNÂNDEZ (Cuba) affirme que le SIDA constitue une tragédie sociale pour l'Afrique subsaharienne. Depuis 1985, Cuba a mis en place un important programme de lutte contre le VIHISIDA dans le cadre de son système national de santé. L'accent a été mis sur l'éducation des enfants d'âge scolaire et des jeunes. On a recensé, à ce jour, 2530 personnes infectées par le VIH, chez 937 desquelles la maladie s'est déclarée, et 658 décès. Le taux d'incidence augmente, certes, mais lentement. Malgré la situation économique, depuis 1989, la zidovudine et, plus récemment, une thérapie associée sont accessibles pour tous les enfants séropositifs et leurs mères. Lorsqu'il s'est exprimé au Sommet du Sud du Groupe des 77 à La Havane, en.avril2000, en sa qualité de Directeur exécutif de l'ONUSIDA, le Dr Peter Piot s'est engagé au nom de cette instance à tirer parti des résultats obtenus. Citant la Déclaration du Sommet, le délégué cubain invite instamment la communauté internationale à « adopter des mesures concrètes pour atténuer les effets désastreux du VIH/SIDA, notamment en encourageant la production locale de médicaments et en veillant à ce que ceuxci soient d'un coût abordable». Il souscrit au projet de résolution, mais estime que ce texte devrait appeler de manière plus explicite les Etats Membres, en particulier les pays développés, à dégager les ressources fmancières nécessaires. Le Dr FETISOV (Fédération de Russie) signale que des cas d'infection à VIH et de SIDA sont actuellement dépistés dans diverses régions de la Russie. L'augmentation de l'incidence est essentiellement le fait des utilisateurs de drogues par injection. Le Ministère de la Santé de la Fédération de Russie coopère activement avec les organisations compétentes dans les domaines de la prévention, du dépistage du VIH, du traitement et de la sécurité transfusionnelle. Bon nombre d'interventions sont entreprises en collaboration étroite avec l'ONUSIDA et son bureau à Moscou. La Fédération de Russie appuie le projet de résolution relatif à cette question, accueillant favorablement les propositions adressées au Directeur général, qui tendent à ce que l'OMS adopte une nouvelle stratégie fondée sur son expérience pour enrayer la propagation du VIH, et se félicitant du renforcement du rôle de l'Organisation dans ce domaine. Le Dr TSHABALALA-MSIMANG (Afrique du Sud) déclare que, dans son pays, la campagne contre le VIHISIDA est menée par le Vice-Président, lequel préside le Conseil national multisectoriel pour la lutte contre le SIDA, récemment mis en place. L'Afrique du Sud a lancé un plan stratégique quinquennal dirigé vers les jeunes, qui englobe la prévention, le conseil et le dépistage volontaire, les soins, l'appui et le traitement, la mobilisation sociale et la mise au point d'un vaccin adapté à une utilisation en Afrique. Les stratégies ont été harmonisées avec celles des autres pays de la Communauté de Développement de l'Afrique australe, qui ont les mêmes préoccupations: le développement des ressources humaines, le renforcement des systèmes de santé et du soutien logistique, l'amélioration de l'accès à des moyens de diagnostic du VIH fiables et abordables, l'égalité entre les sexes (en particulier, la responsabilisation des femmes et des jeunes filles), la recherche sur les bienfaits de la nutrition pour les personnes vivant avec le VIH/SIDA, et l'éradication de la pauvreté. L'Afrique du Sud estime qu'un moratoire en faveur des pays pauvres lourdement endettés faciliterait la réalisation de ces objectifs.

34

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

Soutenant l'action de l'OMS et de l'ONUSIDA, l'Afrique du Sud se réjouit également des discussions engagées avec l'industrie pharmaceutique, auxquelles d'autres délégués ont fait allusion. Les pays en développement demandent à l'OMS de mener ces négociations dans une optique de transparence, de concertation et de représentativité, en y associant notamment les pays les plus touchés par l'épidémie et en veillant à ce qu'elles portent sur des médicaments contre le VIH/SIDA autres que les antirétroviraux, de même que sur le renforcement des systèmes de santé, des infrastructures et du soutien logistique, y compris les services de diagnostic en laboratoire. Une concertation plus étroite des Etats Membres serait également nécessaire. L'Afrique du Sud a jugé encourageante la déclaration du Président Clinton (du 10 mai 2000), selon laquelle chaque pays devrait avoir les moyens de prendre des mesures pour faire face à l'épidémie de VIH/SIDA, pour autant que ces mesures soient compatibles avec ses obligations internationales. Les pays devraient être incités à recourir à des stratégies telles que les importations parallèles et les licences obligatoires et à favoriser la production locale de médicaments. L'Afrique du Sud est favorable au projet de résolution, sous réserve de l'adoption des amendements proposés par les délégations du Brésil et du Swaziland. Elle suggère d'inclure dans le paragraphe 1 une référence aux initiatives de responsables politiques africains, de manière à infirmer l'accusation fréquente selon laquelle des dirigeants de ce continent manqueraient de volonté politique. Le Dr MOGUILEVSKY (Argentine) fait savoir que, dans son pays, le Ministère d~ la Santé a constitué une unité de coordination chargée d'intégrer les divers programmes de lutte contre le SIDA pour en accroître l'efficacité. Les antirétroviraux et autres médicaments contre le VIH sont délivrés gratuitement, de même que sont effectuées gratuitement pour les personnes n'ayant pas d'assurance la numération des lymphocytes T CD4+ et la mesure de la charge virale. Le nombre de sites sentinelles a été accru, de même que celui des centres de dépistage volontaire et anonyme du VIH. Le programme national de prévention du SIDA a bénéficié récemment d'un nouvel élan, avec des campagnes intensives ciblant les groupes à risque. Une formation dans ce domaine est dispensée au personnel des services de santé et aux enseignants dans plus de 70 établissements scolaires situés dans les zones hautement prioritaires. La sécurité transfusionnelle est assurée (95 % du sang destiné aux transfusions a été contrôlé en 1999) et des programmes de formation comportant un volet sur les critères d'exclusion des donneurs ont été mis en place à l'intention du personnel de ce secteur. A l'échelle du pays, le taux de mortalité moyen par SIDA a reculé d'environ 9%, encore que l'on constate des fluctuations importantes entre les régions- de 4 à 23%- ce qui justifierait une étude plus approfondie. L'Argentine se félicite de l'ouverture de négociations avec l'industrie pharmaceutique sur l'abaissement des coûts, préoccupation majeure pour ce pays. Le recours continu à des traitements inefficaces est un autre sujet d'inquiétude. Le Dr STAMPS (Zimbabwe), tout en se déclarant favorable au projet de résolution, propose que les mots « engagement politique » soient supprimés du septième alinéa du préambule, car ils ne reflètent pas la situation de tous les pays. L'engagement politique a été manifeste au Zimbabwe depuis que le premier cas y a été diagnostiqué en 1985, année où un programme sur la sécurité transfusionnelle -aujourd'hui considéré comme un modèle du genre- a été mis en place. En 1990, le Président du Zimbabwe a prononcé non moins de 16 déclarations sur le VIH/SIDA, et le pays a récemment créé un conseil national sur le SIDA, qui se caractérise par une large assise. Le fonctionnement de cet organe statutaire est fmancé par une taxe de 3 % sur le revenu individuel et les revenus des entreprises établies dans le pays. De plus, c'est le secteur public qui est le principal fournisseur de préservatifs du pays. Le Zimbabwe manque certes d'argent, mais sûrement pas d'engagement. Le Dr Stamps évoque le fardeau de l'endettement, considérant que ce sont les institutions financières mondiales qui font preuve, à cet égard, d'un manque d'engagement politique. Un moratoire constituerait l'une des contributions les plus précieuses que la communauté internationale pourrait apporter aux pays de l'Afrique subsaharienne, laquelle ne serait pas hostile à ce que cet avantage profite à l'expansion des services sociaux et de santé, notamment à l'éducation.

COMMISSION A : DEUXIEME SEANCE

35

Pour pouvoir offrir les meilleurs soins de santé à leurs patients, les Etats Membres ont besoin d'être informés et de pouvoir choisir. Pour cette raison, le Dr Stamps, tout en étant favorable à l'amendement proposé par le délégué du Swaziland au paragraphe 2 du projet de résolution, propose lui-même l'adjonction d'un alinéa supplémentaire ayant la teneur suivante : « 19) de déterminer le meilleur prix qu'on puisse obtenir pour un schéma thérapeutique contre le VIH/SIDA de qualité acceptable, et de donner des avis sur les problèmes gestionnaires, juridiques et réglementaires à résoudre pour se procurer des médicaments à ce prix ; ». Le Dr SIDHOM (Tunisie) fait l'éloge du travail accompli par l'OMS dans le cadre de l'ONUSIDA, notamment en ce qui concerne 1' élaboration de stratégies nationales de santé privilégiant les jeunes, la transmission du VIH de la mère à l'enfant, la qualité des soins dans les communautés et la non-discrimination et la non-stigmatisation à l'égard des populations vulnérables. La Tunisie reste relativement peu touchée par le VIH, en partie grâce à l'adoption précoce d'une stratégie nationale résolue de lutte contre le SIDA et les maladies sexuellement transmissibles. Les efforts déployés pour assurer la sécurité transfusionnelle ont été particulièrement couronnés de succès : pas un seul cas d'infection par cette voie n'a été signalé depuis 1987. Les soins, y compris les soins hospitaliers, sont dispensés gratuitement à toutes les personnes atteintes du VIH/SIDA et de maladies apparentées. La législation étend désormais 1' accès aux soins de cette nature et proclame le droit de toute personne atteinte d'une maladie transmissible à l'égalité de traitement sans distinction ni discrimination. La famille elle-même joue un rôle important à cet égard en contribuant à lutter contre la stigmatisation. La Tunisie a adopté une stratégie nationale de prévention de la transmission du VIH de la mère à l'enfant lors de la naissance ainsi qu'un plan national intégré de traitement des maladies sexuellement transmissibles. L'éducation pour la santé est centrée sur les jeunes, les étudiants, les enfants scolarisés et le grand public. Des campagnes d'information sont organisées pour rendre la population plus consciente des problèmes que pose le VIH/SIDA et faire disparaître les obstacles psychologiques empêchant d'aborder ces problèmes ainsi que ceux des maladies sexuellement transmissibles. Les pays où la prévalence du VIH/SIDA est faible ont intérêt à rester vigilants. Les programmes de prévention, de même que l'existence de traitements efficaces - dont la trithérapie - obligent la communauté internationale à garantir le droit de toute personne vivant avec le VIHISIDA de bénéficier des traitements existants. Pour répondre aux espérances de ces personnes et faire preuve de compassion pour leurs souffrances, il incombe à la communauté internationale d'intensifier son action de manière concertée. La Tunisie se réjouit des efforts déployés récemment pour faire baisser les prix des produits pharmaceutiques et se déclare favorable au projet de résolution. Le Professeur AHSAN ULAH (Bangladesh) fait observer que, si la prévalence du VIHISIDA dans son pays est faible, ce dernier n'en reste pas moins menacé par une augmentation des taux d'infection en raison des mouvements de population transfrontières ou internes et de la forte prévalence des maladies sexuellement transmissibles et de la tuberculose. Les négociations sur l'abaissement des prix des médicaments contre le VIH sont opportunes. L'intervenant est favorable à l'extension de ce principe aux médicaments essentiels. Il évoque le grave problème de santé publique que constitue, pour son pays, la contamination par l'arsenic des ressources en eau, situation qui nécessite d'urgence une assistance technique et fmancière. Le Dr TEE AH SIAN (Malaisie) se félicite de ce que l'OMS et d'autres organismes des Nations Unies aient engagé des discussions avec cinq entreprises pharmaceutiques dans le but d'accélérer et d'améliorer la prise en charge et le traitement du VIHISIDA. Il exprime l'espoir que cette démarche sera couronnée de succès. La Malaisie, sans remettre en question 1' Accord sur les aspects des droits de propriété intellectuelle qui touchent au commerce, appelle instamment l'Organisation à envisager la possibilité d'autoriser les importations parallèles et la fabrication locale dans les pays en développement.

36

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

Le Dr SILW AMBA (Zambie) souligne la somme de souffrances que représentent pour les pays d'Afrique subsaharienne le VIH/SIDA et la tuberculose, maladies qui frappent en particulier leurs populations jeunes et économiquement actives. Comme le Zimbabwe et l'Afrique du Sud, la Zambie ne manque pas de volonté politique. Elle aussi a constitué un conseil, placé sous l'autorité de six ministères. Malheureusement, bien peu de progrès ont été constatés. Le recul de la morbidité et de la mortalité enregistré dans les pays développés et au Brésil, essentiellement grâce à l'utilisation répandue de la thérapie antirétrovirale, suscite un vif intérêt et il serait souhaitable que ces traitements soient disponibles également dans les pays en développement. L'initiative prise pour parvenir à une réduction des prix est assurément positive. Elle était attendue depuis longtemps. La possibilité d'accéder à une thérapie d'un prix abordable inciterait certainement beaucoup de personnes qui ne savent pas si elles sont séropositives ou séronégatives à se soumettre au dépistage ainsi qu'au conseil tendant à la prévention. La pandémie appelle une riposte mondiale, dans laquelle les sociétés pharmaceutiques ont un rôle déterminant à jouer. Il n'est pas moralement acceptable de laisser le VIH se propager et faire de tels ravages alors que les moyens de prévention et de lutte existent. Enfm, il serait souhaitable que l'OMS, l'ONUSIDA et les organismes bilatéraux continuent de fournir leur appui pour améliorer la gestion des programmes de lutte contre le VIHISIDA. La Zambie est favorable au projet de résolution, ainsi qu'aux amendements proposés par le Brésil, le Swaziland et le Zimbabwe. Le Dr KANCHANA KANCHANASINITH (Thaïlande), se félicitant des s~atégies et recommandations formulées dans le projet de résolution, souligne la volonté politique puissante et sans faille dont son pays fait preuve dans la lutte contre le VIH/SIDA. La Thaïlande a consacré une somme considérable d'efforts et de ressources à l'approche multisectorielle, qui a abouti à des progrès substantiels : évolution des comportements, utilisation accrue du préservatif, recul appréciable de la prévalence des maladies sexuellement transmissibles, et diminution de la prévalence du VIH chez tous les groupes autres que les usagers de drogues par injection, les femmes enceintes et les donneurs de sang, catégories chez lesquelles la surveillance sentinelle a révélé en juin 1999 une légère augmentation. La délégation thaïlandaise propose plusieurs amendements. En ce qui concerne le paragraphe 1, d'une manière générale, les pays disposant de ressources sanitaires limitées ne sont pas en mesure de mettre en oeuvre les recommandations de l'OMS relatives aux soins. A l'instar du Mozambique, la Thaïlande considère que la priorité doit être accordée à la prévention. Le Ministère de la Santé de la Thai1ande a fait ressortir les mérites, sur le plan du coût et de l'efficacité, du« vaccin social», qui consiste à responsabiliser les femmes, à généraliser l'accès aux préservatifs et à modifier les comportements à risque. L'intervenante propose d'ajouter à la fin du paragraphe 1.3) le membre de phrase suivant:«, étant entendu que l'éducation du public et les campagnes nationales devraient mettre l'accent sur la lutte contre la discrimination et la stigmatisation et sur la promotion d'environnements propices à la santé pour prévenir et atténuer les problèmes liés au SIDA;». Malgré les baisses récentes des coûts des médicaments, la Thaïlande, à l'instar du Mozambique et du Lesotho, reste sceptique quant à la viabilité de l'utilisation de médicaments antirétroviraux et d'une couverture universelle. L'intervenante suggère, pour assurer une utilisation efficace des ressources disponibles, que les pays définissent leurs priorités sur la base de leur situation économique et de leur profil épidémiologique. Ainsi, la Thaïlande devrait privilégier la transmission de la mère à l'enfant, de même que la chimioprophylaxie de la tuberculose et de la cryptococcose, plutôt que s'orienter vers 1'utilisation généralisée de thérapies antirétrovirales très coûteuses et peu rentables. Les termes « fmancement adéquat» employés dans le projet de résolution prêtent à confusion, puisqu'ils peuvent donner à entendre que le fmancement des médicaments contre le VIH/SIDA pourrait être supporté aussi bien par les ménages que par l'Etat, optique qui serait à la fois erronée et irréaliste pour les pays en développement. L'intervenante demande à l'OMS d'adopter une position volontariste et ferme dans ses négociations avec l'industrie pharmaceutique sur le prix des médicaments brevetés. A cet égard, les alinéas 9) et 10) du paragraphe 2 sont rédigés dans des termes trop conciliants. Pour ce qui est du paragraphe 1.11), des éclaircissements seraient nécessaires quant à l'expression« mise en place d'une politique énergique d'utilisation de produits génériques», si l'on veut bien considérer que tous les

COMMISSION A : DEUXIEME SEANCE

37

médicaments contre le VIH seront intégralement couverts par des brevets au cours des cinq prochaines années et que les sociétés pharmaceutiques ont tendance à mettre sur le marché de nouveaux médicaments dès que le brevet sur les anciens vient à expiration. En ce qui concerne le paragraphe 2.13), l'intervenante appuie par principe le rôle des microbicides, mais craint que ces produits, une fois brevetés, ne deviennent financièrement hors de portée pour les professionnelles du sexe, catégorie la plus vulnérable de la population. Le Dr TEMU (Papouasie-Nouvelle-Guinée) affirme que l'augmentation sensible de la prévalence du VIH dans son pays constitue une menace pour la population, jeune et relativement peu nombreuse. Les efforts déployés par le Directeur général pour que la lutte contre le VIH/SIDA bénéficie d'un plus large soutien rassurent les pays ayant des systèmes fragiles et des ressources limitées. La Papouasie-NouvelleGuinée s'est dotée d'un conseil national sur le SIDA ayant son fmancement propre, distinct du budget de la santé, et elle s'efforce d'obtenir une assistance de la part des institutions internationales, multilatérales et bilatérales. Elle se félicite, en particulier, du précieux concours apporté par le Bureau régional OMS du Pacifique occidental, le FNUAP, l'UNICEF et le Gouvernement australien. Les défis que la Papouasie-Nouvelle-Guinée doit affronter sont notamment l'impossibilité, pour les secteurs autres que sanitaires représentés au conseil national sur le SIDA, instance multisectorielle, d'organiser, de fmancer et de mettre en oeuvre des activités sectorielles liées au VIH/SIDA. Le Dr Temu propose que le paragraphe 2 du projet de résolution mentionne, dans son alinéa 14), l'~élioration de la capacité de collaboration intersectorielle et que, parmi les nombreuses tâches qu'il prévoit, il appelle les organisations internationales, les institutions des Nations Unies, les donateurs bilatéraux et multilatéraux et les organisations non gouvernementales à inclure des activités liées au VIH/SIDA dans tous leurs programmes d'appui au niveau des pays. A propos du paragraphe 1.5), il juge les termes« aussi sûrs que possible » trop faibles et suggère de modifier le texte comme suit : « en veillant à ce que tout individu ait accès à du sang et à des produits sanguins sûrs, . . . ; ». Mme WIJNROKS (Pays-Bas), appuyant la déclaration des pays nordiques, se rallie aux précédents intervenants qui ont souligné l'importance de l'engagement politique en tant que facteur déterminant du succès de tout programme de lutte contre le SIDA. En tant qu'organisme coparrainant de l'ONUSIDA, l'OMS est investie d'une responsabilité claire dans le domaine de la santé. On est donc en droit d'attendre que la connaissance des questions de santé publique et des aspects techniques de la santé se manifeste dans toutes les initiatives de cette Organisation. Les Pays-Bas sont en faveur d'une recherche objective et indépendante sur la transmission du VIH de la mère à l'enfant et appellent instamment l'OMS à suivre de près les études pilotes, dans une perspective d'éthique et de santé publique. Aux Pays-Bas, la participation d'organisations communautaires et non gouvernementales aux stratégies de prévention s'est révélée très efficace, et il convient de mettre en avant cette expérience. Mme Wijnroks se félicite de la reconnaissance par l'OMS de l'importance de la nutrition dans l'amélioration de la qualité de vie des personnes atteintes du VIH/SIDA et se déclare en faveur du projet de résolution. Le Professeur AKIN (Turquie) fait observer que la pandémie de VIH/SIDA, tout en constituant un grave problème de santé publique au niveau mondial, illustre bien le succès que permet de remporter dans un délai relativement court la collaboration intersectorielle. L'intervenante se félicite des initiatives de l'OMS et des contributions de l'ONUSIDA ainsi que d'autres organisations internationales. A l'avenir, les progrès dépendront, entre autres, d'un meilleur accès aux traitements du VIH/SIDA dans les pays en développement. En second lieu, il conviendrait d'améliorer la collaboration intersectorielle au niveau des pays, notamment à travers une plus large participation des organisations non gouvernementales à la sensibilisation du public aux mesures de prévention. Aucun effort ne devrait être épargné pour améliorer l'éducation de la population, y compris des adolescents, car cet élément est déterminant pour la réussite des programmes de lutte et favorise la participation communautaire. Pour en améliorer le rapport coût/efficacité, les programmes de lutte contre le VIH/SIDA devraient s'inscrire dans le cadre des autres

38

CINQUANTE-TROIS lEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

activités sanitaires, au niveau mondial comme à celui de chaque pays. L'intervenante se prononce en faveur du projet de résolution. Le Dr SANGALA (Malawi), présentant de manière synthétique la mission que doit assumer le Ministère de la Santé et de la Population de son pays, indique que si, à la fin de 1998, on recensait 265 000 cas de SIDA et 700 500 personnes infectées par VIH, il restait 9 millions de personnes, essentiellement en milieu rural, à protéger contre le VIH. Le plan stratégique quinquennal adopté par le pays pour la période 2000-2004 sous les auspices du Président du Malawi repose sur une large base participative. Se ralliant à l'avis exprimé par le délégué du Zimbabwe, le Dr Sangala fait observer que l'engagement politique est visible et actif. Si le projet de résolution appelle les Etats Membres à allouer des ressources à la lutte contre l'épidémie, un grand nombre d'entre eux le font d'ores et déjà Avec deux tiers des patients hospitalisés souffrant de complications de l'infection par le VIH au Malawi, les conséquences de l'épidémie atteignent des proportions telles que les budgets sont insuffisants pour faire face aux innombrables problèmes qui se posent. Le Malawi se félicite de l'intention déclarée par certaines sociétés pharmaceutiques de faire baisser le coût des médicaments, y compris des antirétroviraux, même si ce prix restera encore trop élevé pour beaucoup de gens. Le Dr Sangala exprime sa reconnaissance à l'égard de tous les pays et de tous les partenaires qui ont mis leurs moyens à contribution pour lutter contre l'épidémie dans le cadre de la récente opération de mobilisation de ressources. Le Malawi est favorable au projet de résolution, moyennant les amendements proposés par la Namibie, l'Afrique. du Sud, le Swaziland et le Zimbabwe. Le Dr KORTE (Allemagne) déclare que son pays prend acte des efforts déployés par l'OMS et l'ONUSIDA, tels qu'ils ressortent du document, et les appuie sans réserve. L'Allemagne maintiendra ses contributions bilatérales au programme d'ensemble. Le Dr Korte partage les préoccupations exprimées en ce qui concerne la transmission du VIH de la mère à l'enfant. Il reconnaît la nécessité d'un engagement au plus haut niveau et juge extrêmement encourageantes les déclarations publiques qui ont été faites récemment, en particulier en Afrique subsaharienne, mais il souhaite qu'on identifie les acteurs qui sont et qui devraient être impliqués. L'OMS devrait aborder plus franchement les obstacles religieux et culturels à la prévention du VIH par l'information, l'éducation et la communication. Le Dr Korte se prononce en faveur du projet de résolution. Le Dr VIOLAKI-PARASKEVA (Grèce) indique que, dans ce pays où l'incidence du VIH reste faible, un centre de lutte contre le SIDA et les maladies sexuellement transmissibles a été créé en 1992 sous les auspices du Ministère de la Santé afm de suivre et d'appuyer l'action menée dans ce domaine, notamment dans celui de l'éducation pour la santé. Le traitement du VIH est gratuit en Grèce. L'intervenante suggère que l'OMS procède à une réévaluation de la mission de l'ONUSIDA. La délégation grecque redoute qu'avec tous les amendements extrêmement détaillés qui ont été proposés, le message véhiculé par le projet de résolution ne finisse par être dilué, sinon déformé. L'intervenante appuie l'amendement proposé par le délégué de la Papouasie-Nouvelle-Guinée à propos de la sécurité du sang et des produits sanguins. Etant donné que les dons de sang sont volontaires dans de nombreux pays, les mots« disponibles pour un coût raisonnable» au paragraphe 1.5) n'ont pas leur place et devraient donc être modifiés.

La séance est levée à 12 h 30.

TROISIEME SEANCE

Mercredi 17 mai 2000, 14h40 Président: Professeur S. M. ALI (Bangladesh)

QUESTIONS TECHNIQUES ET SANITAIRES: Point 12 de l'ordre du jour (suite) VIII/SIDA: Point 12.2 de l'ordre du jour (résolution EB105.R17; document A53/6) (suite) Le Dr POPA (Roumanie), rappelant qu'en Roumanie l'infection à VIH et le SIDA ont touché les enfants dès les premières années de l'épidémie, déclare que, depuis sept ans, le nombre de nouvelles infections chez les enfants a chuté, se situant entre trois et cinq cas par an, tous dus à la transmission mèreenfant. Sa délégation appuie le projet de résolution et les interventions clés qu'il propose. Le Professeur MAMPUNZA (République démocratique du Congo) appuie 'tes amendements proposés par l'Afrique du Sud et le Mozambique. Depuis que les premiers cas de SIDA ont été diagnostiqués en 1983, son pays a été le principal instigateur de la lutte contre cette maladie. Le programme national de lutte contre le SIDA et les maladies sexuellement transmissibles, qui bénéficie du soutien de l'OMS et d'autres organismes, a permis de réduire de moitié la prévalence de l'infection à VIH chez les femmes fréquentant les consultations prénatales, la faisant passer à 4 %. Malheureusement, cet effort est compromis par la guerre qui frappe son pays, car l'armée d'occupation, au sein de laquelle l'infection à VIH se propage rapidement, se sert du viol comme d'une arme. En dépit de ces difficultés, le Gouvernement a doté son pays d'une nouvelle politique nationale en matière de VIH/SIDA et de maladies sexuellement transmissibles, accompagnée d'un plan stratégique pour les dix prochaines années. Le Professeur Mampunza demande à ce que son pays bénéficie d'un appui non seulement dans le domaine de la prévention, mais aussi dans celui de la recherche en médecine traditionnelle, qui constituerait une solution temporaire, en attendant que les médicaments du Nord parviennent enfin jusqu'au Sud. Il demande également à ce que la communauté internationale aide son pays à mettre un terme à la guerre. Le Dr DIMANCHE-GILBERT (République centrafricaine) dit qu'après que le Ministre de la Santé a, en 1999, attiré l'attention des décideurs sur la menace que fait peser le SIDA sur le pays, le Président de la République s'est engagé dans la lutte contre le SIDA et a incité son peuple à en faire de même. Des ressources ont été affectées aux activités extra-institutionnelles visant à toucher les communautés les plus éloignées et, avec le soutien de l'OMS, un document d'information a été traduit dans la langue nationale et diffusé à grande échelle. Le budget alloué à la lutte contre le SIDA a en outre doublé en 2000. Un projet de prévention de la transmission mère-enfant du VIH est sur le point d'être lancé, avec l'appui de l'ONUSIDA, de la France et d'autres pays. Un projet de loi portant création d'un fonds national de solidarité thérapeutique a été soumis au Parlement. Ce fonds sera alimenté par le budget national, par des contributions volontaires (de personnes qui se sont engagées à verser 1 % de leur salaire mensuel) et par des taxes spéciales prélevées sur la vente du tabac et de l'alcool. L'intervenant appelle la communauté internationale à soutenir ce fonds. Il prie l'ONUSIDA de fournir un appui technique plus important au groupe thématique des Nations Unies sur le VIH et le SIDA au niveau national et de nouer des liens plus étroits avec ce groupe. Il ajoute que la surveillance doit être renforcée. Enfm, il demande de l'aide pour l'élaboration du plan stratégique -39-

40

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

national, qui devra tenir compte des résultats de l'évaluation du plan national à moyen terme et des recommandations adoptées par l'Assemblée de la Santé. Le Professeur AKINSETE (Nigéria) annonce que la séroprévalence de l'infection à VIH au Nigéria -qui compte une population de ll 0 millions d'habitants- est passée au-dessus de la barre des 5 %, ce qui, selon les données d'expérience dont on dispose dans le domaine de l'épidémiologie, correspond à une expansion rapide de l'épidémie. Le groupe d'âge marqué par la prévalence la plus élevée est celui des 19-24 ans, ce qui laisse présager de graves répercussions sur le développement national. L'épidémie de Vlll/SIDA est encore aggravée par la coépidémie de tuberculose. Selon le Professeur Akinsete, parmi les facteurs qui expliquent l'épidémie de SIDA dans son pays figurent le déni et l'inaction des gouvernements précédents, la stigmatisation, un fmancement insuffisant, l'absence de volonté politique et une coordination inefficace. Compte tenu de la corrélation entre pauvreté et SIDA, l'actuel Président du Nigéria a lancé un programme de réduction de la pauvreté, qui devrait être suivi de l'annulation de la dette. Il a inauguré en janvier 2000 un comité présidentiel interministériel ainsi qu'un comité de travail multisectoriel à composition largement représentative. Cette approche multisectorielle sera reproduite au niveau des Etats, des autorités locales et des communautés. Conscient que le SIDA n'est pas uniquement une question de santé mais aussi un problème socio-économique et culturel, le Nigéria a adopté une approche en deux étapes : un plan intermédiaire pour les actions prioritaires couvrant entre 18 et 24 mois et un processus participatif pour prépill"er un plan stratégique à long terme. Le Nigéria est reconnaissant pour l'aide et les encouragements qu'il a reçus pour chacune de ces étapes. Il lui reste encore à relever de nombreux défis: maintenir l'engagement politique, coordonner la mise en oeuvre, décentraliser, mobiliser des ressources, établir des systèmes de gestion comptable et fmancière, assurer la surveillance et l'évaluation, renforcer les capacités et organiser l'appui aux personnes vivant avec le VIHISIDA. Le Professeur Akinsete met l'accent sur le partenariat et l'approche multisectorielle, sur le besoin d'élaborer des lignes directrices relatives à la mise en oeuvre de plans stratégiques, sur la coopération internationale, le partage d'informations et la promotion des meilletires pratiques. Elle insiste en outre sur le fait que les programmes devront être élaborés par les pays et non par les donateurs. Si l'initiative visant à rendre les antirétroviraux disponibles est certes opportune, il faut aussi accorder une attention particulière aux achats, à la distribution, à la surveillance, à la définition de normes en matière de soins et à la fabrication locale. Sa délégation appuie le projet de résolution. M. CHOWDHURY (Inde) dit que, malgré les activités entreprises au titre du programme de lutte contre le SIDA introduit en 1992, la prévalence élevée du VIH en Inde est perturbante. D'après les chiffres de la surveillance par réseau sentinelle, 3,5 millions de personnes seraient infectées. Malgré les activités engagées au titre de la phase II du programme de lutte contre le SIDA en 1999, on ne peut espérer voir s'infléchir le taux d'infection avant 2010; au contraire, l'épidémie pourrait même devenir incontrôlable. Les programmes visant à susciter un changement de comportement et les autres mesures de prévention doivent être accompagnés d'actions prises au niveau international pour modifier les lois sur le commerce des médicaments et des vaccins. L'Accord récent sur les aspects des droits de propriété intellectuelle qui touchent au commerce a limité les possibilités des pays en développement de fabriquer de nouveaux médicaments. Puisque les objectifs de la santé publique doivent primer, cet Accord ne doit pas s'appliquer aux médicaments et vaccins essentiels. L'OMS devrait faire en sorte que les gouvernements puissent contourner cet Accord et se voir octroyer le droit de produire et d'importer des médicaments contre le Vlll/SIDA. Si le besoin de médicaments est réel, il est tout aussi nécessaire de faire des recherches et de mettre au point des vaccins contre les différents sous-types du VIH. La communauté internationale devrait appuyer ces activités de recherche-développement et les brevets déposés pour ces vaccins devraient tomber dans le domaine public. Le Dr SAKAI (Japon) explique que, du fait que le VIHISIDA fait peser une lourde menace sur la santé publique et le développement socio-économique, le Japon l'a intégré à son plan à moyen terme d'aide au développement outre-mer (publié en 1999). Son pays a entre autres coopéré à la prévention du

COMMISSION A : TROISIEME SEANCE

41

Vill, à l'éducation et à la formation des ressources humaines sur une base multilatérale et bilatérale et continuera d'appuyer les activités de ce type aux niveaux international et national. Le Professeur GRANGAUD (Algérie) se dit réconforté de constater l'ampleur que prend la mobilisation contre le Vill/SIDA. L'Algérie fait preuve d'un engagement politique de plus en plus marqué et se félicite des tendances similaires observées au niveau international, en particulier sous l'égide de l'Organisation de l'Unité africaine. Dans ce pays, on accorde toujours la priorité à la prévention, en faisant intervenir tous les niveaux de la société. Tous les dons de sang sont contrôlés. On renforce actuellement la surveillance épidémiologique, on encourage le dépistage volontaire du Vill et on améliore la qualité des soins aux personnes atteintes d'autres infections sexuellement transmissibles. En 1999, l'Algérie a opté pour la trithérapie par les antirétroviraux, en dépit de ce qu'elle coûte à l'Etat. Son pays estimant que les consultations sous-régionales sont essentielles, la délégation algérienne propose d'insérer au paragraphe 1.15) du projet de résolution le membre de phrase« en favorisant la concertation interpays sous-régionale ». M. TOU (Burkina Faso) souligne que, malgré l'adoption de mesures appropriées, le SIDA reste un problème majeur dans son pays. Il fait siens les commentaires positifs exprimés par les précédents intervenants sur l'engagement politique des responsables africains, et souligne l'importance qu'ont accordée au SIDA les ministres de la santé rassemblés à l'occasion de la réunion de_ Ouagadougou en mai 2000. Il appuie le projet de résolution et propose d'y apporter quelques amendements. A la page 2 du document, après le paragraphe 1.1 ), il souhaite que soit inséré un membre de phrase proposant l'allégement des procédures d'allocation des ressources par les partenaires. Au paragraphe 2.9), il préconise de poursuivre le dialogue avec l'industrie pharmaceutique «en concertation avec les Etats africains, en tout cas avec les Etats les plus concernés et les associations de personnes vivant avec le Vill ». Il suggère en outre d'ajouter un alinéa au paragraphe 2 afm de souligner qu'il faut stimuler, encourager et soutenir la recherche dans le domaine de la pharmacopée et de la médecine traditionnelles, domaine dans lequel son pays a une grande expérience. Le Burkina Faso approuve les propositions du Botswana sur la réduction de la dette et l'intégration de la lutte contre le VIH/SIDA aux programmes nationaux de développement. Il appuie également les propositions du Brésil. M. AMEGNIGAN (Bénin) donne un aperçu de la situation de l'épidémie dans son pays: 124 725 personnes séropositives pour le vœ (41 cas d'infection par jour), 3536 personnes touchées par le SIDA (dont 80% se situent dans la tranche d'âge allant de 20 à 49 ans) et une séroprévalence du Vlli en augmentation constante {3,6 % en 1997). Tous les efforts du programme national de lutte contre le SIDA semblent vains. Il faut une action concertée. Son pays soutient le projet de résolution. Le Dr GEBEL (Jamahiriya arabe libyenne) rappelle que plusieurs conférences se sont tenues en Afrique sur le SIDA au cours de la décennie précédente, la dernière en date étant la réunion des ministres de la santé africains (Ouagadougou, mai 2000). Tous se sont accordés à dire qu'il est urgent que la communauté internationale apporte son soutien financier à tous les Etats africains touchés par le VIHISIDA. Des données récentes ont révélé que son pays compte au total1482 cas de VIHISIDA, dont seulement 252 concernent des nationaux. En 1998, 398 enfants et 19 mères ont été infectés par le Vlli par le biais d'une transfusion de sang contaminé; les infirmières concernées sont actuellement devant la justice. Il remercie l'OMS et les pays qui ont coopéré avec son pays pour leurs contributions dans le domaine du diagnostic et du traitement. Des programmes nationaux de prévention et d'éducation en matière de SIDA ont été mis en place dans le pays. Le sang et les produits sanguins sont contrôlés avant toute transfusion. Le traitement est gratuit pour tous. Sa délégation appuie le projet de résolution, mais propose d'ajouter le membre de phrase suivant au paragraphe 2: «d'établir au sein de l'OMS un comité chargé d'aborder avec les entreprises pharmaceutiques qui produisent des médicaments contre le VIHISIDA les questions relatives au coût et à l'assurance de la qualité».

42

CINQUANTE-TROIS lEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

Le Dr MZIGE (République-Unie de Tanzanie) dit que, bien que le total cumulé des cas de SIDA notifiés dans la République-Unie de Tanzanie fût de 109 863 en 1998, on peut estimer à 550 000 leur nombre réel en tenant compte de la sous-notification. Quelque 51 000 cas de tuberculose ont été notifiés cette même année. D'après le programme national de lutte contre le SIDA, sur une population principalement rurale de 31 millions d'habitants, 1,6 million de Tanzaniens adultes seraient infectés par le VIH. Le pays a besoin de nécessaires d'épreuves pour le dépistage des anticorps dirigés contre le VIH-1 et le VIH-2, qui soient faciles à stocker, ne nécessitent pas de moyens de réfrigération et servent à la fois au test et à sa confirmation. Son pays appuie le projet de résolution. Le Dr COULIDALY KOUNANDI (Côte d'Ivoire) dit que son pays, qui reçoit le soutien de différents donateurs, déploie de grands efforts pour combattre le SIDA par le biais de son programme national de lutte. Sa délégation fait siens les commentaires du Botswana et de l'Afrique du Sud sur la pauvreté. Elle soutient le projet de résolution, mais suggère que le texte appelle à mettre en place, avec 1' appui des bailleurs de fonds, des programmes de lutte contre la pauvreté et à les exécuter dans la rigueur et la transparence. Ces programmes doivent être axés sur 1' annulation de la dette, l'amélioration des conditions de vie des populations, la réduction du chômage et le relèvement du niveau de la santé publique. S'agissant du paragraphe 1.14), sa délégation appuie la recommandation des Pays-Bas encourageant la poursuite des recherches sur la prévention de la transmission mère-enfant du VIH, indépendantes et dénuées de tout intérêt commercial particulier susceptible de biaiser les résultats, mais suggère que le terme « mère-enfant » soit remplacé par le terme « parent-enfant » pour éviter de jeter le discrédit sur la mère. Elle suggère également qu'un texte appelle les décideurs à faire en sorte que les personnes touchées par le VIH/SIDA ne soient pas exploitées à des fms commerciales ou personnelles. Le Dr BERGER (Suisse) dit que, compte tenu de l'ampleur du problème, en particulier dans les pays africains, on peut parler dans certains cas de génocide. La situation est également grave dans d'autres régions du monde, en particulier en Europe de l'Est, où la consommation de drogue par injection constitue le mode de transmission principal. Il faut mobiliser toutes les énergies pour lancer l'action d'envergure qu'appelle cette situation. La délégation suisse accueille favorablement les efforts déployés conjointement par les institutions des Nations Unies et l'industrie pharmaceutique en vue d'élargir l'accès aux soins et aux traitements. Les traitements doivent toutefois être correctement gérés si l'on veut éviter notamment le phénomène de résistance. La lutte contre le VIHISIDA nécessite de prendre des mesures sur tous les fronts, axées non seulement sur les traitements mais aussi sur le renforcement des systèmes de santé, les activités d'information, le conseil et une plus grande participation de la communauté. En sa qualité de membre du Conseil exécutif, la Suisse considère que le projet de résolution jette les bases nécessaires à la discussion. Sa délégation se dit prête à se pencher sur les nombreux amendements proposés, mais insiste sur le fait qu'il est vital d'approuver le projet de résolution. Mme DJAMALUDIN (Indonésie) souligne que, si la prévalence du VIH dans son pays est faible et croît lentement (elle est actuellement inférieure à 1 %), l'Indonésie n'est pas pour autant à l'abri d'une grande épidémie de SIDA, en particulier dans certaines régions, telles que l'Irian Jaya, et au sein de certaines populations. La crise économique récente a aggravé la situation, accentuée par la consommation de drogues illégales et le trafic de drogue. La plupart des consommateurs de drogue en Indonésie sont des toxicomanes par voie intraveineuse, qui s'exposent ainsi au risque d'une infection à VIH et peuvent être à l'origine d'une propagation rapide du virus. Les ressources allouées à la santé étant limitées, la prévention du VIH doit rivaliser avec les autres problèmes urgents tels que la malnutrition chez les enfants âgés de moins de cinq ans. C'est pourquoi les organismes donateurs tels que l'OMS et l'ONUSIDA sont particulièrement sollicités : on leur demande une aide technique et des ressources destinées à des interventions spécifiques telles que l'information des écoliers, les services de conseil et de dépistage et la fourniture de nécessaires d'épreuves. La délégation indonésienne salue l'ouverture récente des négociations avec l'industrie pharmaceutique. Elle rappelle que 1' Accord sur les aspects des droits de propriété intellectuelle qui touchent au commerce laisse une marge

COMMISSION A : TROISIEME SEANCE

43

de manoeuvre en matière de protection de la santé publique, tout en instaurant une certaine souplesse dans la poursuite des objectifs nationaux et de développement. Ainsi, tout en appréciant la possibilité d'une baisse substantielle des coûts, elle voudrait être sûre que la poursuite des négociations n'enlèvera pas à son pays le droit de recourir aux options prévues par l'Accord. Elle appelle l'OMS à renforcer son appui aux Etats Membres en élaborant des lois types visant à atténuer les effets néfastes de la mondialisation sur le secteur de la santé et à mettre en place des systèmes de surveillance pour 1'exécution de 1' Accord. Le Dr CHINNIA (Trinité-et-Tobago) fait remarquer qu'en termes de prévalence du VIH/SIDA, les pays des Caraïbes se classent au deuxième rang mondial et que, de ce fait, son Gouvernement est prêt à entreprendre toute action pour enrayer la propagation de l'épidémie. A preuve sa volonté d'accroître régulièrement les fonds destinés à la lutte contre la maladie. Un plan stratégique national, en cours d'exécution, met l'accent sur la nécessité de rendre les femmes, les enfants et les adolescents moins vulnérables ; les affectations budgétaires pour 1999-2000 ont davantage pris en compte la prévention de la transmission mère-enfant. Le plan cherche également à créer des partenariats entre les prestataires de soins et la communauté et prévoit le renforcement des systèmes de santé, en particulier pour les soins de santé primaires. Le programme de lutte contre le VIH/SIDA a défmi précisément les systèmes de surveillance et d'évaluation; les activités menées dans son pays pour faire face à l'épidémie sont dans leur ensemble dans la droite ligne de celles préconisées dans le projet de résolution, comme la mise en oeuvre d'une surveillance améliorée, la fourniture de services diagnostiques, l'accès à un traite~ent antirétroviral accompagné d'un suivi complet des soins, la prévention des infections sexuellement transmissibles et la lutte contre celles-ci, la réduction de la transmission mère-enfant du VIH et le maintien d'un stock de sang offiant toutes garanties de sécurité. Mais il reste encore à développer le conseil volontaire, à réduire le prix des antirétroviraux et à assurer l'équité du fmancement. Son pays salue notamment les efforts entrepris par l'OMS pour élargir l'accès aux antirétroviraux et les rendre abordables. Tandis que l'ONUSIDA appuie les efforts de Trinité-et-Tobago, sa délégation considère que, du fait de la menace grave que fait peser l'épidémie, il fallait quelqu'un de la stature du Directeur général pour mener la lutte contre le VIH/SIDA. Le Dr ESSOSOLEM (Togo), remerciant l'OMS et l'ONUSIDA d'appuyer les efforts de lutte de son pays contre le VIH/SIDA, souligne que la recherche avance grâce aux échantillons de sang prélevés sur des malades du Sud. Au nom de la solidarité humaine, le Sud et le Nord devraient se tendre la main pour lutter de manière efficace contre le VIH/SIDA. L'augmentation de la prévalence du VIH au Togo, qui est passée de moins de 1 % en 1987 à un taux se situant entre 6 % et 8,5 % en 1999 au sein de la population générale, ainsi que la hausse du nombre de pathologies liées au VIH et de cas de SIDA sont préoccupantes. On peut manifestement imputer cette situation épidémiologique à la crise sociopolitique des années 1990 à 1993, qui a contraint plus de 300 000 Togolais à quitter le pays pendant plusieurs mois, et à laquelle se sont ajoutés les mouvements de population internes avec tous les risques de brassage démographique que cela comporte. Le retrait soudain de certains donateurs a aggravé un peu plus la crise qui s'enlisait. Outre la pénurie d'antirétroviraux, les tests de dépistage du VIH font cruellement défaut, ce qui compromet l'approvisionnement en produits sanguins. Grâce aux efforts du Directeur régional pour l'Afrique, le Togo a pu acquérir un petit nombre de tests. Le pays a pour seuls atouts de participer à des rencontres internationales et de mettre en place un réseau efficace de surveillance épidémiologique. S'interrogeant sur l'intérêt de mobiliser l'armée si le pays ne dispose d'aucune ressource matérielle ou logistique, le Togo appuie le projet de résolution. Le Dr WAHEED (Maldives) reconnaît qu'en dépit de 20 ans d'efforts et de la création, dans·son pays, d'une organisation spéciale chargée de la question du SIDA, l'épidémie continue de se propager. On peut expliquer cette situation par le manque de moyens appropriés et par le recours continu à la promotion des pratiques sexuelles à moindre risque, qui n'a des effets que sur certaines personnes. Le traitement du SIDA en est à un stade comparable à celui de la tuberculose avant l'ère de la streptomycine. Le Dr Waheed attribue la stagnation à l'importance limitée portée à la recherche, qui est souvent tributaire

44

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

des intérêts commerciaux. Le SIDA étant devenu la maladie du pauvre, les intérêts commerciaux se sont évanouis. Les pays en développement ne peuvent se contenter d'observer passivement: ils doivent développer leur propre potentiel de recherche; ils ont les compétences nécessaires, mais ce sont les fonds qui leur manquent. Ils attendent de l'OMS qu'elle leur prodigue des conseils et qu'elle facilite le transfert des ressources destinées à la recherche. Le Dr DI GENNARO (Italie) dit que sa délégation partage les préoccupations de tous au sujet de la situation actuelle et appuie le projet de résolution. L'Italie attache une importance particulière au renforcement des systèmes de santé, à l'élargissement de l'accès aux traitements et aux soins, et à une plus grande implication de la part de la communauté. Le Parlement italien a récemment accordé un degré élevé de priorité à la lutte contre le SIDA en Afrique, allouant des ressources fmancières considérables qui devraient pour la plupart transiter par l'OMS et l'ONUSIDA. L'Italie s'est également engagée dans la mise au point d'un vaccin en collaboration avec certains pays africains, dans le but entre autres d'appuyer les instituts de recherche africains. M. GUILLÉN (Pérou) salue le rôle de chef de file qu'assument l'OMS et l'ONUSIDA dans la lutte contre le SIDA. Sa délégation appuie le projet de résolution. Bien que les processus de prévention et d'élaboration des politiques soient déterminants, elle est convaincue que l'accès aux médicaments des pays en développement les plus touchés par l'épidémie est la pierre angulaire de la lutte ~ontre cette maladie. C'est pour cela que le Pérou approuve les amendements formulés par la délégation du Brésil. Le Dr LEWIS-FULLER (Jamaïque) exprime l'inquiétude de son pays devant l'accroissement ininterrompu du nombre de personnes touchées par le VIH/SIDA dans son pays, dont la plupart sont en pleine activité. A la fm de 1999, sur une population d'environ 2,5 millions d'habitants, 4196 cas de SIDA avaient été notifiés, avec un rapport homme/femme de 1 pour 4. La hausse de la prévalence chez les enfants et les adolescents est encore plus préoccupante. Le plan à moyen terme pour 1997-2001 comprend diverses stratégies, mises en oeuvre en collaboration avec Trinité-et-Tobago, dont le but est de prévenir et combattre le VIH/SIDA et les autres maladies sexuellement transmissibles par la réduction de leur incidence et l'atténuation de leurs effets. Pour susciter des changements de comportement, le plan met l'accent sur l'éducation du public- en insistant notamment sur les pratiques sexuelles à moindre risque et la prévention de la transmission mèreenfant du Vll:I. II préconise également de dispenser des soins adéquats aux personnes infectées afm d'améliorer leur qualité de vie et de respecter leur dignité, d'inclure la lutte contre le VIH/SIDA et les maladies sexuellement transmissibles dans le contexte de la santé familiale et de la santé génésique et de prendre en compte dans les programmes les personnes déjà infectées. L'intervenante rappelle qu'on ne saurait reléguer dans l'oubli les malades en phase terminale, comme ce fut jadis le cas pour les lépreux. Elle revient sur deux sujets mentionnés par d'autres délégués, à savoir la prévention et le conseil, qui selon elle ne devraient pas être la responsabilité de bénévoles; à cet égard, elle appuie l'amendement du Botswana. Dans le cadre de la coopération intersectorielle et internationale, les pays des Caraïbes, avec le soutien de l'ONUSIDA, ont mis en place un groupe spécial qui a formulé une stratégie axée sur l'intensification des efforts de lutte dans la sous-région. Ils prient les Etats d'accroître leur appui à l'ONUSIDA, qui pourrait ainsi acheminer les ressources vers les pays des Caraïbes aux niveaux régional et national. Aussi la délégation jamaïcaine propose-t-elle des amendements, dont l'insertion au paragraphe 1 d'un nouvel alinéa qui se lirait comme suit:« de faire des recherches sur les changements de comportement et les facteurs culturels qui influencent les comportements sexuels;» et l'ajout au paragraphe 2.3) du membre de phrase suivant:« l'ONUSIDA devrait recevoir un soutien accru grâce aux efforts de l'OMS et être encouragé par la communauté des donateurs à accomplir sa tâche aux niveaux régional et national;».

COMMISSION A : TROISIEME SEANCE

45

Le Dr VIVAS (Uruguay) remarque que, depuis le dépistage du premier cas de SIDA en Uruguay en 1983, la prévalence du Vll-I a augmenté, pour atteindre 0,27% en 1998. Le programme national de lutte contre le SIDA d'Uruguay a pour principaux objectifs de réduire l'incidence de l'infection à VIH, de minimiser l'impact psychosocial du VIH/SIDA, d'améliorer la qualité de vie des malades en réduisant le nombre d'hospitalisations et de réduire la mortalité. Sa délégation approuve le projet de résolution. Toutefois, considérant que la politique de prix des médicaments est vitale pour la réforme du secteur de la santé, elle appuie l'amendement proposé par le Brésil. Elle appuie en outre d'autres amendements proposés, et notamment ceux du Zimbabwe et du Swaziland. Sa délégation soumet également un amendement, qui s'inspire de la section sur la santé du chapitre II de la résolution E/CN.4/RES/2000/85 sur les droits de l'enfant adoptée par la Commission des Droits de l'Homme des Nations Unies. Elle propose d'inclure dans le paragraphe 1 les termes suivants: «de prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger les enfants infectés ou touchés par le VIH/SIDA contre toutes les formes de discrimination, de stigmatisation, de mauvais traitements et de négligence, et de garantir en particulier leur accès aux services de santé, d'éducation et d'aide sociale». Sa délégation souhaite en outre insérer un nouvel alinéa dans lequel le Directeur général lancerait un appel à la communauté internationale, aux organisations compétentes du système des Nations Unies, aux fonds et programmes, aux organisations intergouvernementales et non gouvernementales pour qu'ils accordent une attention suffisante au traitement et à la réadaptation des enfants infectés par le VIH/SIDA, et les inviterait à envisager de faire intervenir davantage le secteur privé. Au paragraphe 2, un nouvel alinéa devrait être ajouté, qui se lirait ainsi :«d'intensifier l'appui aux efforts nationaux de lutte contre le VIH/SIDA, en vue d'apporter une aide aux enfants infectés ou touchés par l'épidémie, en se concentrant particulièrement sur les régions d'Afrique les plus durement frappées et sur celles où l'épidémie compromet sérieusement les acquis nationaux en matière de développement». Sa délégation encourage également le Directeur général à poursuivre le dialogue avec l'industrie pharmaceutique au nom des Etats Membres concernés, tout en les associant aux négociations, et à continuer d'exercer une pression sur l'industrie pharmaceutique pour qu'elle mette au point des médicaments contre le VIH/SIDA efficaces et abordables, sur le modèle de l'industrie pharmaceutique de Cuba et du Brésil. Le Dr TROOP (Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord) dit que sa délégation considère qu'il est nécessaire d'associer des mesures de prévention, de soins et d'appui aux efforts à long terme visant à mettre au point des vaccins abordables. La stratégie du Royaume-Uni en matière de VIH/SIDA a pour buts de faire mieux connaître l'épidémie, de créer un climat qui permette de prévenir et combattre le VIH, de dispenser des soins aux personnes vivant avec le VIH et le SIDA, d'enrichir les connaissances et d'améliorer les technologies. Sa délégation se félicite de l'annonce récente d'une collaboration privé/public dans le but d'élargir l'accès aux services de soins et aux traitements de l'infection à VIHISIDA, ainsi que de la volonté d'améliorer tous les aspects de la prise en charge, notamment la prévention. Le Royaume-Uni travaillera en partenariat à cette fm. Son pays est décidé à mener une action stratégique durable contre le VIHISIDA. Pour cela, il intensifiera son action et élargit déjà son appui à plusieurs programmes. Sa délégation soutient la résolution, mais fait siens les commentaires de la délégation suisse sur la nécessité d'harmoniser les divers amendements proposés. Le Dr ZARAMBA (Ouganda) rappelle que l'épidémie a porté un coup fatal à l'économie des pays d'Afrique subsaharienne et réduit à néant les acquis sanitaires des dernières années. Depuis 1986, le pays demande un appui pour faire face à l'épidémie. L'engagement politique de ses dirigeants est incontestable et il a fait tout ce qui était en son pouvoir pour résoudre le problème. L'Ouganda remercie tous ceux qui lui viennent en aide, dont il a plus que jamais besoin. L'Ouganda garde comme ligne de conduite principale l'approche basée sur la prévention et les changements de comportement ; il demande un appui accru pour la prévention. Si les programmes axés sur la mobilisation sociale et les changements de comportement requièrent du temps et des efforts, ils

46

CINQUANTE-TROIS lEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

portent leurs fiuits ; en matière de changement de comportement, les succès enregistrés en Ouganda et en Thaïlande sont dus aux activités de mobilisation sociale et de sensibilisation. Le Dr Zaramba salue l'instauration du dialogue avec l'industrie pharmaceutique et annonce que l'Ouganda tient à participer à des négociations transparentes pour garantir l'accès universel à des médicaments bon marché et efficaces, distribués par des services logistiques appropriés. Il approuve le projet de résolution, avec les amendements proposés entre autres par le Brésil, le Swaziland et le Zimbabwe. Le Professeur ONGERI (Kenya) rappelle à l'Assemblée de la Santé l'ampleur de l'épidémie dans son pays : environ 14 % d'adultes et quelque 106 000 enfants de moins de cinq ans sont infectés par le Vlli, ce qui fait au total environ 2,2 millions de personnes infectées. Son Gouvernement considère que le VIH/SIDA et les autres maladies sont une question de développement et menacent gravement la sécurité nationale. L'engagement politique du Gouvernement est indubitable et doit être étayé de programmes bien pensés qui s'ajouteront à la campagne de sensibilisation des communautés. Une telle action nécessite des ressources. La pauvreté est le principal responsable de la charge de morbidité, mais les efforts visant à l'atténuer n'ont aucune chance d'aboutir dans un contexte caractérisé par une prévalence élevée du Vlli; ce phénomène a des répercussions économiques majeures. Le Professeur Ongeri insiste sur la nécessité d'annuler la dette et de réduire considérablement le prix des antirétroviraux et des médicaments contre les maladies opportunistes. Il appuie le projet de résolution, avec les amendements proposés ·entre autres par le Mozambique, la Namibie, l'Afrique du Sud et le Swaziland. M. W.-K. MOON (République de Corée), saluant le travail de l'OMS et du Bureau régional du Pacifique occidental, mentionne que son pays a adopté une loi spéciale sur le VIH/SIDA en 1987 et dispense gratuitement des soins et un traitement à base de zidovudine aux personnes infectées par le Vlli. En 1999, le pays a lancé un programme spécial pour améliorer la surveillance du VIH et des infections sexuellement transmissibles et a créé une base de données sur la pharmacorésistance disponible sur un site Web. Son Gouvernement a enquêté sur les causes de la sous-notification des cas d'infections sexuellement transmissibles, dont la prévalence et l'incidence élevées favorisent l'infection à Vlli. M. Moon suggère que l'OMS appuie la recherche sur la façon dont les systèmes de santé réagissent face au problème de la sous-notification et, en ce qui concerne la pharmacorésistance, qu'elle élabore un protocole standard pour la compilation des données pertinentes. M. SHEM (Vanuatu) déclare que la stratégie de lutte contre le VIHISIDA approuvée par l'Assemblée de la Santé en 1992 (résolution WHA45.35) reste la pierre angulaire de la sensibilisation au VIHISIDA dans son pays. Remerciant l'OMS et l'ONUSIDA pour leur appui, il remarque que, jusqu'à ce jour, aucun cas d'infection à Vlli ou de SIDA n'a été notifié à Vanuatu. Il met toutefois ses homologues en garde contre le fait que la prévalence des infections sexuellement transmissibles croît à un rythme alarmant, et prie instamment l'Organisation d'insister davantage sur la prise en charge syndromique de ces infections, en particulier dans la formation des agents de santé. Le Dr SOARES MARQUES DE LIMA (Sao Tomé-et-Principe) encourage l'OMS et l'ONUSIDA à poursuivre leurs efforts visant à élargir progressivement l'accès aux médicaments contre le VIH/SIDA à la population des Etats Membres, en particulier afm de réduire la transmission verticale du Vlli de la mère à 1' enfant. On ne peut parler de justice sociale, d'équité ou de solidarité tant que ces médicaments ne seront pas accessibles aux pays pauvres. Il appuie le projet de résolution et propose d'ajouter au paragraphe 2.15) «promouvoir» après «défendre», car c'est d'une promotion active, et non d'un nouveau plaidoyer, dont on a besoin.

COMMISSION A : TROISIEME SEANCE

47

M. BERMEJO (Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge), prenant la parole à l'invitation du PRESIDENT, met l'accent sur le fait qu'il est possible de prévenir le Vlli; la prévention et les soins peuvent agir en synergie pour permettre de réduire le risque d'infection à VIH et éviter que l'épidémie ne se propage davantage. Si ces activités sont toujours insuffisantes, le mouvement des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge est le mieux à même de les développer, au niveau local autant qu'international. Etant donné qu'une approche partielle n'aurait aucune influence sur l'épidémie, l'action doit être concertée et associer la société civile. Les volontaires de son organisation sont prêts à coopérer avec les ministères de la santé et les organisations du système des Nations Unies pour sensibiliser les gens à la prévention du Vlli/SIDA. Ils sont également disposés à prodiguer des soins à domicile aux personnes vivant avec le Vlli/SIDA. La Fédération internationale entend ainsi mener ses activités de lutte contre la pandémie de Vlli/SIDA sur une plus grande échelle. Le Professeur IDÂNPÂÂN-HEIKKll.. (CIOMS), prenant la parole à l'invitation du PRESIDENT, explique que les questions d'éthique soulevées par les essais sur les médicaments contre le Vlli/SIDA et les vaccins expérimentaux contre le Vlli dans les pays à faibles ressources ont contraint le Conseil à réviser ses principes directeurs en la matière (International ethical guide/ines for biomedical research involving human subjects). Grâce à l'appui de l'ONUSIDA et de l'OMS, la révision a beaucoup avancé. La révision parallèle de la Déclaration d'Helsinki par l'Association médicale mondiale devrait minimiser le risque de conflits entre les deux textes. Le processus de révision a grandement tiré profit du document de l'ONUSIDA sur les conseils en matière d'éthique. 1 Une troisième version des piincipes directeurs révisés sera prochainement distribuée à grande échelle pour susciter les observations de la part de toutes les personnes et organisations intéressées. Le Professeur Idanpaan-Heikkila se réjouit de la poursuite de la coopération avec l'OMS. M. VAN DER HEIDE (Organisation internationale des Consommateurs), prenant la parole à l'invitation du PRESIDENT et au nom d'Action sanitaire internationale, de Médecins sans Frontières et du Consumer Project on Technology,2 souligne que le drame du SIDA est principalement dû à l'impossibilité d'accéder aux médicaments contre le Vlli/SIDA et aux soins de base. Si l'on veut élargir l'accès à ces traitements et permettre la survie des personnes vivant avec le Vlli/SIDA, il faut tirer parti au mieux de la production de génériques. Les entreprises pharmaceutiques pourraient autoriser d'autres entreprises à produire leurs médicaments ou vendre leurs médicaments au prix des génériques. Il se félicite de l'appui du Directeur général à la stratégie globale sur les médicaments génériques du Brésil, qui a entraîné une baisse substantielle du prix des antirétroviraux. Forte de son dynamisme, l'OMS devrait veiller à élargir l'accès aux médicaments et à les rendre bon marché. L'annonce par l'ONUSIDA de l'ouverture d'un dialogue avec cinq entreprises pharmaceutiques multinationales, si elle a été bien accueillie, a toutefois soulevé plusieurs questions. Sur quels critères les pays seront-ils sélectionnés? Les réductions proposées s'appliqueront-elles également aux médicaments utilisés pour les soins de base ? Quelle place tiennent les génériques ? Comment garantir un traitement optimal si la disponibilité des médicaments dépend de la volonté de faire baisser les prix ? Les pays devraient pouvoir utiliser des produits génériques de bonne qualité et obtenir une réduction sensible de la part des entreprises axées sur la recherche. Seule une coopération transparente entre les gouvernements, l'ONUSIDA et les organisations non gouvernementales permettra de jeter les bases nécessaires à la défmition d'un programme viable et durable capable de répondre aux besoins des consommateurs. M. Van Der Heide salue l'action que mène l'OMS en conseillant les pays sur les moyens de protéger la santé publique tout en mettant en oeuvre des accords commerciaux. Remarquant qu'un rapport Ethical considerations in HN preventive vaccine research: UNAIDS guidance document. Genève, ONUSIDA, 2000, UNAIDS/00.07E. 2 1

Organisations non gouvernementales n'entretenant pas de relations officielles avec l'OMS.

48

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

récent produit par Médecins sans Frontières, l'OMS et l'ONUSIDA a révélé que la révision de l'Accord de Bangui sur 1'homologation des produits pharmaceutiques (1999) allait dans le sens d'un renforcement des droits des titulaires de brevets, il conclut que les 15 pays francophones d'Afrique de l'Ouest ne doivent pas ratifier le nouvel Accord. L'OMS doit poursuivre son aide technique dans le domaine commercial conformément à la résolution WHA52.19. M. Van Der Heide appuie la déclaration du Directeur général selon laquelle l'Organisation a un rôle crucial à jouer dans l'élaboration d'une stratégie mondiale sur l'octroi aux pays à faibles revenus de tarifs préférentiels pour les médicaments essentiels. Le Dr BALE (Fédération internationale de l'Industrie du Médicament), prenant la parole à l'invitation du PRESIDENT, met l'accent sur certains efforts entrepris par l'industrie du médicament pour lutter contre la pandémie de SIDA, qui se sont manifestés par des dons et des accords individuels pour élargir l'accès aux médicaments. L'industrie pharmaceutique continue ses activités de recherchedéveloppement sur plus de 100 nouveaux vaccins et traitements contre le SIDA, en supposant que les droits de propriété intellectuelle seront respectés. En réponse aux appels lancés par la communauté internationale et prenant exemple sur les partenariats novateurs conclus avec l'OMS et d'autres organismes des Nations Unies dans le domaine du paludisme et des vaccins, la Fédération cherche également le moyen d'associer l'industrie, le système des Nations Unies et des gouvernements engagés dans la lutte contre le SIDA en Afrique, mais aussi ailleurs. En collaboration avec l'OMS, I'ONUSIDA, la Banque mondiale, l'UNICEF et le FNUAP, cinq entreprises pharmaceutiques majeures ont réfléchi aux moyens d'élargir dans la pratique l'accès aux soins et aux traitements liés au VIH/SIDA dans. les pays en développement. Six facteurs détermineront le succès de cette entreprise complexe : l'engagement politique clair et soutenu des gouvernements, des capacités nationales renforcées, 1' engagement de tous les secteurs de la société et de la communauté mondiale, l'accroissement conséquent du fmancement, des systèmes de distribution efficaces et sûrs, et la poursuite de la recherche-développement par l'industrie pharmaceutique. Les brevets doivent être protégés, car l'innovation est source de diversification et de compétition. Pris ensemble, les brevets et l'innovation permettent un meilleur accès aux soins et aux traitements. La promotion de brevets non justifiés (brevets auxquels on apporte des modifications mineures pour éviter qu'ils tombent dans le domaine public) ou encore le marché parallèle vont à l'encontre des intérêts des bénéficiaires potentiels. Pour les entreprises qui oeuvrent à l'élargissement de l'accès aux thérapies de bonne qualité contre le VIH/SIDA, ce n'est qu'un début. Elles sont sur le point de formuler un plan d'action détaillé. Le Dr Baie espère que d'autres entreprises s'associeront à l'initiative. Il est inquiétant d'entendre certains pays et fabricants dire qu'ils n'ont pas été consultés. Dans une entreprise aussi nouvelle que celle-ci, une large participation, la confiance en l'autre et le respect des besoins de chacun sont essentiels. Son association continuera à fédérer l'industrie et est convaincue que le seul moyen de mettre un terme à la tragédie du SIDA est d'inciter toutes les parties à travailler de concert. Le Dr PlOT (ONUSIDA) se félicite de l'engagement profond des ministres de la santé en faveur de la lutte contre l'épidémie de SIDA, qui a atteint des proportions catastrophiques, et de leur prise de conscience que le SIDA est une question de développement, qui exige à la fois d'organiser des soins et des activités de prévention. Selon lui, l'an 2000 devrait marquer un pas en avant en termes d'engagement politique, de ressources, de nouveaux partenariats et alliances pour combattre l'épidémie. Bien qu'il soit une question de santé, le SIDA est devenu une question politique - et une question de sécurité de l'humanité: au cours de la première décennie du :xxr siècle, le SIDA fera plus de victimes que toutes les guerres du :xxe siècle réunies. La question du SIDA a été débattue par le Conseil de Sécurité de l'ONU -une première pour une question de santé- et lors des réunions de printemps du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale en avril 2000, du Sommet du Sud du Groupe des 77 (La Havane, avril2000) et du Forum mondial pour l'Education (Dakar, avril2000), ainsi que par des responsables du monde entier. Une telle mobilisation a permis de rompre le silence sur le SIDA, d'endiguer la stigmatisation et d'élever cette maladie au rang de priorité dans de nombreux pays.

COMMISSION A : TROISIEME SEANCE

49

On a enregistré certains succès : réunis en mai 2000, les ministres de la santé du Commonwealth ont rapporté une baisse de l'incidence de l'infection à VIH aux Bahamas; en Zambie, l'incidence de l'infection par ce virus est inférieure à celle des années précédentes, en particulier chez les jeunes; au Botswana, l'incidence des maladies sexuellement transmissibles classiques est en baisse, signe que les pratiques sexuelles changent ; on a également observé des changements de ce type à Tamil Nadu, en Inde. Bien que les investissements commencent à porter leurs fruits, le Dr Piot dit ne pas devoir espérer des résultats rapides. On a désormais une idée plus précise des actions qui donnent des résultats en matière de prévention et on peut apprécier la valeur de la planification stratégique nationale. La génération des ressources est un point important; entre autres exemples d'un genre nouveau, on peut citer la taxe pour le SIDA créée au Zimbabwe, la table ronde pour la collecte de fonds au Malawi et le fonds national créé par la République centrafricaine. Les organismes de développement donnent la priorité au SIDA et, selon lui, les ressources internationales allouées à la lutte contre le SIDA devraient être multipliées par 3 ou 4 en 2000. Pour cela, il faut élargir la base de ressources et l'étendre à des secteurs autres que celui de la santé; quant à la santé d'un point de vue général, il est crucial de favoriser une action multisectorielle. Le SIDA est devenu une priorité institutionnelle pour la plupart des organismes coparrainants de l'ONUSIDA. L'OMS a, par exemple, renforcé ses activités liées au VIH, mettant l'accent notamment sur le rôle qui incombe au secteur de la santé d'élaborer une stratégie sanitaire novatrice pour lutter contre l'épidémie de SIDA. On prend de plus en plus conscience de sa nature complexe. Pour y faire face, on ne peut se contenter d'instaurer de meilleures pratiques : il faut de nouvelles pratiques. La prévention reste une priorité - meilleure elle est, moins on a recours aux soins -, mais l'accès aux soiris est une question importante d'ordre éthique. La proposition faite par les entreprises pharmaceutiques au système des Nations Unies n'est qu'un volet d'un ensemble complexe de questions ayant trait au fmancement, au renforcement des systèmes de santé, à l'approvisionnement et à la distribution, aux subventions publiques et à l'équité. Pour élargir l'accès aux soins, il faut gagner du terrain sur tous les fronts, grâce à l'implication des gouvernements des pays intéressés, des organismes de développement et des groupes de personnes vivant avec le VIH. Chaque pays doit défmir des normes précises applicables aux soins afin de garantir équité et accès rationnel. Selon le Dr Piot, le SIDA est une question du siècle traitée avec un état d'esprit encore ancré dans le .xxe siècle. Afm de riposter au mieux à l'épidémie, il faut provoquer un changement d'attitude de la part tant des personnes que des institutions.

xxr

Le Dr SHISANA (Directeur exécutif) remercie les Etats Membres pour leur appui au projet de résolution. Elle annonce que, concernant la prise en charge des infections sexuellement transmissibles, l'OMS expérimente actuellement sur le terrain des lignes directrices et des marches à suivre et élabore un projet de stratégie et des instruments pour assurer des activités de prévention et de soins au niveau des pays. Des cours de formation à la prise en charge des cas ont commencé et seront dispensés dans Il pays. Au niveau des pays, l'OMS mène son action par le biais de ses représentants et en collaborant avec les organismes coparrainants de l'ONUSIDA dans le cadre des groupes thématiques des Nations Unies sur le VIH/SIDA; nombreux sont les représentants de l'OMS à présider ces groupes. L'OMS a l'intention de renforcer son appui en nommant régulièrement des administrateurs recrutés sur le plan national, qui permettront aux bureaux des représentants de l'OMS d'assurer une meilleure coordination. L'appui technique de l'OMS aux pays met déjà l'accent sur la défmition de politiques, stratégies et plans nationaux, y compris sur la réforme du secteur de la santé. Ce type de travaux s'étend aux systèmes de santé des districts pour que soient trouvées des solutions au niveau local et qu'elles soient mises en oeuvre et surveillées. Dans le cadre de son appui aux pays, l'OMS renforce également ses bureaux régionaux, en particulier ceux de l'Afrique et de l'Asie du Sud-Est, dans la limite de ses ressources. Certains bureaux, et notamment celui des Amériques, sont suffisamment équipés pour fournir un appui technique, et leur expérience se révélera utile.

50

CINQUANTE-1ROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

L'OMS fait partie des membres fondateurs du Partenariat international contre le SIDA en Afrique et participe au financement des activités initiales. L'Organisation entend également faire des contributions par le biais de son Bureau régional de l'Afrique. Quant à l'intégration des activités liées au VIH/SIDA, le Directeur général a créé une initiative relative au VIH/SIDA et aux infections sexuellement transmissibles qui met en relation 23 Départements de l'Organisation, à Genève et dans les bureaux régionaux. C'est ainsi que l'OMS a pu échafauder un programme complet sur le VIH/SIDA qui englobe la prévention, la mise au point de vaccins et d' antimicrobiens, la sécurité transfusionnelle, la transmission mère-enfant du VIH, la sécurité des injections, la surveillance, les services de conseil et de dépistage volontaire et les soins. L'OMS et l'ONUSIDA collaborent à la mise au point d'antimicrobiens sûrs et efficaces. Le problème du prix se posera, mais l'OMS travaille à ce que les produits approuvés soient vendus à prix coûtant au secteur public des pays en développement. De la même façon, l'OMS, les autres organismes coparrainants de l'ONUSIDA et les fabricants sont en pourparlers pour réduire le coût du préservatif féminin. Des lignes directrices ont été défmies pour aider les pays à l'intégrer dans les programmes nationaux de prévention et on élabore actuellement une proposition visant à appuyer son introduction dans 10 pays d'Afrique dans le cadre du Partenariat international contre le SIDA en Afrique. L'Organisation collabore également à la recherche sur d'autres types de préservatifs féminins. L'OMS passe systématiquement en revue les résultats de la recherche sur la prévention de la transmission mère-enfant du VIH et appuie la surveillance et l'évaluation des projets pilotes. Des politiques sur l'alimentation des nouveau-nés sont élaborées dans ce cadre avec d'autres partenaires des Nations Unies et il est prévu de les évaluer. Pour ce qui est de la nutrition, le Dr Shisana déclare que l'OMS a mis au point des interventions modèles pour les soins tant à domicile que communautaires, dont le but est de prévenir la perte de poids et le développement du SIDA. Certains domaines méritent d'être approfondis, comme la recherche et la diffusion de l'information. Les soins aux personnes vivant avec le VIH/SIDA restent un problème conséquent. L'OMS a formulé un programme de soins comprenant des services de dépistage du VIH et de conseil à l'initiative du patient, la prise en charge médicale, les soins infirmiers, le soutien psychologique, l'orientation-recours et la prophylaxie du lendemain. Plus précisément, l'OMS a élaboré des lignes directrices, actuellement testées et adaptées, sur les moyens équitables, sûrs et efficaces de dispenser un traitement La capacité des pays à assurer des soins complets fait actuellement l'objet d'une analyse et on expérimente sur le terrain de nouveaux moyens de lutter contre les épidémies jumelées d'infection à VIH et de tuberculose dans certains pays d'Afrique. L'OMS appuie la recherche dans plusieurs domaines, dont la santé génésique, la contraception, l'élimination des virus, le fonctionnement des systèmes de santé et les services de conseil et de dépistage volontaire pour les mères infectées. Les travaux de recherche sont menés en Afrique, en Asie et en Amérique latine. S'agissant des normes minimales relatives à l'utilisation sûre et efficace des antirétroviraux, le Dr Shisana souligne qu'elles ont été arrêtées en 1997lors d'une consultation internationale de l'OMS, en collaboration avec l'ONUSIDA. Lorsqu'on lui demande, l'OMS aide les pays à se conformer à ces normes, en collaboration avec l'ONUSIDA et d'autres partenaires. Le Dr SUZUKI (Directeur exécutif), remarquant que presque tous les délégués ont évoqué l'accès aux médicaments et leur disponibilité, exprime sa satisfaction devant le fait qu'ils ont été nombreux à mentionner des facteurs importants autres que le prix, telle la durabilité du fmancement et des systèmes d'approvisionnement sans laquelle les médicaments n'arriveraient pas jusqu'aux patients. Le but des pourparlers récents avec l'industrie pharmaceutique était de s'accorder sur le moyen de développer le potentiel des pays en développement à élargir l'accès à des produits pharmaceutiques contre le VIHISIDA (y compris les nécessaires d'épreuves) de bonne qualité et à en assurer l'utilisation ainsi qu'à prodiguer des soins et fournir un appui. Cet effort s'inscrira dans le cadre du Partenariat international contre le SIDA en Afrique.

COMMISSION A : TROISIEME SEANCE

51

En réponse aux Etats-Unis d'Amérique et à d'autres délégations, le Dr Suzuki rappelle que l'OMS préside actuellement une équipe spéciale interinstitutions sur l'accès aux médicaments contre le VIH/SIDA qui a abouti à l'adoption, par les huit institutions des Nations Unies qui la composent, d'un cadre stratégique commun garantissant l'accès aux médicaments contre le VIH/SIDA, fondé sur le choix rationnel des médicaments contre les infections opportunistes, des prix abordables, des mécanismes de fmancement durables et des systèmes de santé sûrs. Depuis 1987, 25 vaccins candidats font l'objet d'essais cliniques, dont deux en sont déjà à la phase III: un vaccin anti-VIH-1 sous-type Baux Etats-Unis et un vaccin anti-Vlli-1 sous-types B etE en Thai1ande. Toutefois, environ 56 % des cas de SIDA dans le monde sont dus au sous-type C du Vlli-1, qui est très répandu en Afrique australe, en Ethiopie et en Inde. On ne sait pas si les vaccins pourront prévenir l'infection par d'autres sous-types, bien que les vaccins actuellement expérimentés aux EtatsUnis et en Thai1ande soient aussi testés contre le sous-type C. En Afrique du Sud, on procède aux premières phases d'essai d'un vaccin contre le sous-type Cet l'Inde entreprend également des recherches sur ce vaccin. Une fonction de base de l'initiative conjointe OMS/ONUSIDA pour le vaccin anti-Vlli, créée en janvier 2000, est d'encourager la recherche sur les vaccins dirigés contre les sous-types de VIH les plus répandus dans les pays en développement. La sécurité transfusionnelle était le thème de la Journée mondiale de la Santé 2000. La plus grande partie de la population mondiale n'a pas accès à un sang offrant toutes garanties de sécurité et on estime qu'entre 5% et 10% des infections à Vlli sont contractées lors de transfusions sanguines. Les principales activités de l'OMS consistent à conseiller les pays en matière de sélection des donneurS et de contrôle des dons de sang, mettre en oeuvre un programme national pour la sécurité transfusionnelle d'ici 2005, évaluer et acheter des nécessaires d'épreuves. L'Organisation a également rassemblé un forum mondial sur la sécurité transfusionnelle afm que les experts puissent échanger des informations. Le délégué grec a souligné que le don du sang doit être un acte volontaire et non rémunéré. L'OMS approuve. Le Dr Suzuki souligne néanmoins que le recrutement et la fidélisation des donneurs ainsi que le dépistage et l'assurance de la qualité du sang et des produits sanguins ont un coût et doivent être gérés de la manière la plus économique et la plus appropriée possible. La médecine traditionnelle appliquée au VIH/SIDA permettra de garantir durablement l'accès au traitement, car les principes actifs sont disponibles sur le marché local, sont produits localement et connus des utilisateurs. Toutefois, il faut encore apporter la preuve scientifique de leur innocuité et de leur efficacité. L'OMS prépare actuellement une mise à jour technique sur la médecine traditionnelle et l'infection à Vlli en collaboration avec l'ONUSIDA. (Voir l'approbation du projet de résolution dans le procès-verbal de la sixième séance, page 91.)

La séance est levée à 17 h 20.

QUATRIEME SEANCE

Jeudi 18 mai 2000, 9 heures Président : Professeur S. M. ALI (Bangladesh)

1.

QUESTIONS TECHNIQUES ET SANITAIRES: Point 12 de l'ordre du jour (suite)

Salubrité des aliments : Point 12.3 de 1' ordre du jour (document EB 105/2000/REC/1, résolution EB105.R16 et annexe 7) Le Dr JIMÉNEZ DE LA JARA (représentant du Conseil exécutif), rendant compte du débat sur la question de la salubrité des aliments à la cent cinquième session du Conseil, dit que celui-ci a reconnu la menace croissante que les maladies d'origine alimentaire représentent pour la santé dans le monde entier. La mondialisation du commerce des produits alimentaires soulève un problème d'ordre transnational pour les autorités responsables de la salubrité des aliments. Celle-ci devant être une des fonctions essentielles de santé publique des Etats Membres, il convient de dégager des ressources suffisantes pour établir des programmes dans ce domaine et renforcer ceux qui existent. Le Conseil s'est félicité de ce que l'OMS ait fait de la salubrité des aliments une de ses priorités et qu'elle ait affecté à ce secteur une partie des économies par gain de productivité réalisées pendant l'exercice en cours. De nombreux membres du Conseil et observateurs ont souligné que l'OMS devait travailler de manière plus active au sein de la Commission du Codex Alimentarius et ont recommandé que le Directeur général examine les relations de travail actuelles entre l'Organisation et la FAO, afm que l'OMS accroisse sa participation et sa contribution aux travaux de la Commission. Le Conseil a proposé qu'à une de ses sessions futures, la Commission soit invitée à faire un exposé sur ses objectifs et ses fonctions. Le Conseil a examiné un projet de résolution élaboré par l'OMS. Il s'est rallié aux stratégies futures proposées par l'Organisation dans ce texte, mais a aussi fait allusion à d'autres questions, telles que le besoin urgent d'une assistance technique pour les pays en développement, une utilisation accrue de l'information provenant de ces pays pour l'évaluation des risques aux fms de la normalisation internationale, la nécessité de rendre plus transparent le fonctionnement des organes consultatifs d'experts et de collaborer avec les autres organisations internationales, notamment la F AO. Le Conseil a adopté le projet de résolution, avec quelques amendements, sous la cote EB105.R16. M. OLIVA (Brésil) estime que la demande sociale relative à la salubrité des aliments et à une saine nutrition ne peut être satisfaite que si toutes les parties intéressées collaborent pour garantir la qualité et la salubrité des produits, en suivant de bonnes pratiques de fabrication qui ne nuisent pas à 1' environnement. Son Gouvernement participe à toutes les activités de la Commission du Codex Alimentarius, dont les normes, principes directeurs et recommandations sont les meilleurs instruments dont on dispose pour obtenir le respect de pratiques commerciales sûres et équitables. Les pays en développement ont besoin d'une aide fmancière et technique pour pouvoir parvenir à un niveau de connaissances égal à celui des pays développés, notamment en ce qui concerne la technologie du contrôle de la qualité. Le Brésil estime qu'une des façons les plus durables d'assurer la salubrité des aliments est de donner des moyens d'agir aux consommateurs, grâce à l'information, à l'éducation et à la communication, afm que les populations apprennent à exiger des produits de meilleure qualité.

-52-

COMMISSION A: QUATRIEME SEANCE

53

M. Oliva propose plusieurs amendements au projet de résolution. Au paragraphe 1.1 ), il conviendrait d'ajouter les mots« et de nutrition publique» après« de santé publique» et d'ajouter après « ceux qui existent » le membre de phrase « en collaboration étroite avec leurs programmes appliqués de surveillance nutritionnelle et épidémiologique ». Le paragraphe 1. 7) devrait être modifié comme suit : «d'élaborer des programmes de proximité pour le secteur privé afin d'améliorer la salubrité des aliments au niveau des consommateurs, l'accent étant mis sur la prévention des risques et les conseils en matière de bonnes pratiques de fabrication, notamment sur les marchés des villes, compte tenu des besoins et caractéristiques spécifiques des micro-industries et petites industries alimentaires, et d'étudier les possibilités de coopération avec l'industrie alimentaire afin d'appeler l'attention sur le respect de bonnes pratiques d'agriculture et de fabrication ne nuisant pas à l'environnement;». Au paragraphe 2.7), il conviendrait de supprimer« et» devant« de renforcer» et d'ajouter après « sécurité chimique des aliments » le membre de phrase « et de tenir à jour une base de ces données scientifiques pour aider les Etats Membres à prendre des décisions d'ordre sanitaire sur ces questions». Au paragraphe 2.9), M. Oliva souhaiterait ajouter après« maladies d'origine alimentaire» à la fm du paragraphe le membre de phrase « et sur des méthodes simples de gestion et de réduction des risques liés à l'alimentation». Enfm, il propose l'adoption d'un nouveau paragraphe 2.14) libellé comme suit:« d'en appeler à toutes les parties intéressées- spécialement le secteur privé- pour qu'elles assument la responsabilité de préserver la qualité et la salubrité de la production alimentaire, et notamment d'assurer la protection de · l'environnement tout au long de la chaîne alimentaire». Le Dr SAKAI (Japon) affirme que la salubrité des aliments est un des aspects les plus importants de la santé publique. Son pays en appelle à l'OMS pour qu'elle aide davantage les Etats Membres, selon les principes énoncés dans le document de base (EB 105/2000/REC/1, annexe 7). En tant qu'organisation internationale responsable de la santé mondiale, l'OMS devrait apporter une plus large contribution aux travaux de la Commission du Codex Alimentarius. Elle devrait accroître les moyens dont elle dispose pour émettre des avis scientifiques sur des questions telles que l'évaluation de la salubrité d'aliments génétiquement modifiés et l'évaluation des risques d'ordre microbiologique et chimique dans 1' alimentation. Comme mesure contribuant à renforcer les aspects des travaux de la Commission du Codex Alimentarius relatifs à la santé publique, l'OMS devrait examiner les relations de travail actuelles qui existent entre elle et la FAO dans le cadre du Programme mixte FAO/OMS sur les normes alimentaires. Cette collaboration devra certainement continuer, mais tenir compte aussi des rôles respectifs des deux Organisations et éviter tout chevauchement de leurs activités. Le Gouvernement japonais invite le Directeur général à poursuivre l'étude de la question et à rendre compte des progrès accomplis. M. MILLS (Canada) se déclare satisfait du projet de résolution. Comme indiqué au paragraphe 2.10), il convient d'examiner les relations de travail actuelles entre l'OMS et la FAO afin d'accroître le rôle de l'OMS dans les travaux de la Commission du Codex Alimentarius et de ses comités. A l'heure actuelle, la FAO assure les trois quarts du budget de la Commission, mais les deux Organisations devraient viser en dernier ressort à verser des contributions d'un montant comparable. La délégation canadienne approuve aussi l'invitation contenue dans le paragraphe 2.5) en vue d'une réunion de planification stratégique regroupant des experts de la salubrité des aliments. Quant aux évaluations de risques entreprises par les comités mixtes d'experts OMS/FAO, M. Mills déclare que les preuves scientifiques sur lesquelles les conclusions des comités sont fondées doivent pouvoir résister à un examen approfondi et à une révision critique. Le choix des experts, les méthodes de travail des comités et la description de toute contrainte ou incertitude doivent être transparents et bien documentés. Sa délégation se rallie à l'appel figurant dans le paragraphe 2.8) pour garantir la transparence, l'excellence et l'indépendance des avis donnés par les comités d'experts. Il se félicite des progrès accomplis dans la création d'un organe consultatif chargé de l'évaluation des risques microbiologiques, étant donné le grand nombre de problèmes de santé résultant de la contamination bactérienne.

54

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

Sa délégation reconnaît que la mise en oeuvre du projet de résolution, qui suppose l'évaluation de nouveaux produits alimentaires et de nouvelles technologies de même que les mesures de soutien aux programmes nationaux de salubrité des aliments, exigera une augmentation des ressources. Le rôle de la biotechnologie dans les approvisionnements alimentaires doit être examiné. Au Canada, comme dans d'autres pays, des groupes de pression se servent d'informations non scientifiques dans leur campagne contre les nouvelles technologies, provoquant des craintes dans le grand public et suscitant des préoccupations souvent injustifiées. L'OMS devrait veiller à ce que l'information et la recherche sur la biotechnologie soient fondées sur la transparence, la participation, la consultation et des preuves matérielles. L'évaluation de la salubrité des aliments reposant sur la biotechnologie doit être rigoureuse, couvrant la manière dont le produit a été mis au point, sa composition nutritionnelle comparée à celle de produits analogues non modifiés et la toxicité ou l'allergénicité potentielles des produits nouveaux. L'OMS se doit d'insister sur l'existence de données scientifiques. M. Mills se félicite des efforts déployés par l'OMS pour combiner la surveillance des maladies d'origine alimentaire et celle des autres maladies infectieuses. Il appuie la proposition contenue dans le paragraphe 2.13) visant à renforcer la formation technique dans les pays en développement et à utiliser l'information provenant de ces pays dans l'évaluation des risques aux fins de l'établissement de normes internationales. Le Dr AFSAR (Turquie) estime que les pays devraient recevoir un appui technique d~ l'OMS et d'autres organisations compétentes pour pouvoir améliorer la surveillance des maladies d'origine alimentaire et renforcer la capacité de leurs laboratoires d'effectuer des analyses microbiologiques et chimiques assurant la salubrité des aliments. La normalisation des procédés de fabrication et un étiquetage exact des produits alimentaires donnant des informations sur les ingrédients, et tout avertissement utile concernant les questions de santé, contribueront à répondre aux préoccupations croissantes des consommateurs quant à la salubrité des aliments. La FAO et l'OMS doivent promouvoir la production et la consommation d'aliments produits naturellement sans additifs chimiques. La Région européenne de l'OMS travaille depuis peu à des plans stratégiques nationaux pour la salubrité des aliments et la nutrition. En Turquie, un organe multisectoriel, le Conseil national de l'Alimentation, a récemment été créé afin de suivre l'élaboration et l'exécution d'un plan national d'action pour la salubrité alimentaire. La délégation turque appuie le projet de résolution. Le Dr MARJOUR (Maroc) fait observer que la diversité des produits alimentaires ainsi que le respect insuffisant des règlements sont une menace pour la santé des consommateurs en raison du risque d'intoxications alimentaires et d'épidémies; ces facteurs constituent une charge sociale et financière justifiant le renforcement du contrôle épidémiologique et des activités de prévention destinés à protéger la santé des consommateurs. Sa délégation note avec satisfaction la priorité accordée par l'OMS à la salubrité des aliments, qui devrait inclure une surveillance épidémiologique étroite des intoxications alimentaires, exercée en coordination avec les bureaux régionaux. Le Dr Mahjour propose que l'on aide les Etats Membres à accroître leurs capacités dans les domaines suivants : diagnostics, réactions rapides, contrôle des produits alimentaires, recherche, surveillance des maladies causées par des produits alimentaires contaminés, prévention et éducation, et inclusion de notions relatives à une saine nutrition dans les activités de soins de santé primaires. La mondialisation accrue du commerce exige que l'OMS participe plus activement aux réunions de l'OMC et à l'élaboration de ses résolutions afm que la question de la santé et de la salubrité des aliments soit prise en compte à sa juste valeur. Le Maroc envisage la création d'un organe national chargé de la salubrité alimentaire et de la coordination des activités s'y rapportant. Le Dr Mahjour approuve le projet de résolution, notant le rôle que ce texte pourra jouer dans la coordination des efforts de toutes les parties concernées par la salubrité des aliments : secteur public, responsables des soins de santé et société civile.

COMMISSION A : QUATRJEME SEANCE

55

Le Dr THIERS (Belgique) souligne que la salubrité des aliments est une des priorités de son Gouvernement, comme l'a attesté la participation du Ministre de la Santé publique au débat du Conseil exécutif de janvier. La délégation belge soutient donc avec force le projet de résolution. M. W.-K. MOON (République de Corée) fait savoir que l'évolution du genre de vie a entraîné dans son pays un accroissement de l'incidence des maladies d'origine alimentaire. Sa délégation appuie donc le projet de résolution. L'Administration coréenne pour les Aliments et les Médicaments, créée en 1998, a élaboré sur la base de données scientifiques des normes et des spécifications régissant l'utilisation de substances dangereuses. Les engrais, les additifs alimentaires et les métaux lourds toxiques sont surveillés et évalués. Le système d'analyse des risques - points critiques pour leur maîtrise a été adopté par les usines de fabrication et de transformation des aliments afm de minimiser les risques de contamination liés à l'alimentation. Son Gouvernement attend des organisations non gouvernementales une aide pour rendre plus transparents les mécanismes de formulation des politiques et de prise des décisions. Les consommateurs peuvent aussi participer directement aux activités de contrôle de la salubrité des aliments. La République de Corée participe depuis 1971 aux travaux de la Commission du Codex Alimentarius et de ses comités. Le Dr LEVENTHAL (Israël) fait savoir que sa délégation se rallie au projet çle résolution. Les inquiétudes concernant la salubrité des aliments affectent à la fois ceux qui n'ont pas assez à manger et ceux qui mangent trop. Les consommateurs sont préoccupés par les maladies d'origine alimentaire dues aux germes pathogènes microbiologiques et aux contaminations résultant de biotoxines et d'autres substances chimiques, mais aussi par les nouveaux produits fabriqués au moyen de la biotechnologie. Influencé par les médias, le public se soucie davantage des listérioses ou des intoxications à la dioxine que des conséquences mortelles du tabagisme ; les réactions contradictoires de différents pays ne font qu'aggraver le problème. Le Dr Leventhal suggère que l'organe consultatif d'experts chargé de l'évaluation des risques microbiologiques, qui fait l'objet d'une proposition dans le paragraphe 2.7) du projet de résolution, comprenne une équipe spéciale capable de réagir immédiatement et directement à toute crise internationale liée à la salubrité des aliments. Le Dr JEANFRANÇOIS (France) fait observer qu'un nombre croissant d'institutions internationales s'attaquent au problème de plus en plus sérieux de la salubrité des aliments, par exemple, en plus de l'OMS, la FAO, l'OCDE, l'Union européenne et les pays du G7/G8. Elle convient avec de précédents orateurs que l'OMS doit participer plus activement aux travaux de la Commission du Codex Alimentarius et affrrmer son rôle de chef de file sur la question de la salubrité alimentaire. Les mandats des structures institutionnelles existantes chargées de cette question devraient être révisés afm de mieux coordonner les mesures de protection des consommateurs, de mettre en place un système de surveillance et d'alerte rapide et d'assurer des réactions internationales en cas de problèmes graves. En France, il existe un organisme spécialisé dans la sécurité sanitaire des aliments, placé sous la triple tutelle du Ministère de la Santé, du Ministère de l'Agriculture et du Ministère de la Consommation. Cette approche intersectorielle permet de traiter dans les meilleurs délais et de façon concertée tous les problèmes pouvant survenir. La France est prête à fournir un appui technique à l'OMS et aux pays qui manquent de moyens dans les domaines de la normalisation, du renforcement des capacités et des services de diagnostic et de surveillance. Sa délégation approuve le projet de résolution. Le Dr FETISOV (Fédération de Russie) appuie sans réserve les efforts déployés par l'OMS et la F AO pour promouvoir des mesures internationales en faveur de la salubrité des aliments. La Fédération de Russie a récemment pris certaines mesures destinées à renforcer les normes et la législation dans ce domaine. Les fabricants et les détaillants ont désormais une plus grande responsabilité vis-à-vis de la qualité et de la salubrité des produits alimentaires. Un logiciel a été mis au point pour rassembler et

56

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

analyser les données sur la contamination de produits bruts et transformés due à des agents chimiques ou biologiques, ce qui permet de comparer le niveau de contamination des produits alimentaires dans différents districts ou régions de même que sur l'ensemble du territoire. La Fédération de Russie s'efforce aussi d'améliorer les méthodes de détection et de quantification des principaux contaminants des produits alimentaires bruts et transformés, de moderniser son système de surveillance ainsi que la formation du personnel travaillant dans ce domaine, et de fournir une meilleure éducation et de meilleures informations sur les questions de santé. Son pays estime qu'il conviendrait de mettre en place un système mondial de surveillance épidémiologique dès que possible, couvrant la salubrité des produits alimentaires obtenus par la biotechnologie. Dans ses travaux, la Commission du Codex Alimentarius devrait accorder plus d'attention aux questions scientifiques et aux questions de santé publique. C'est précisément en raison du manque de travaux scientifiques sur les questions de salubrité alimentaire que l'on a vu apparaître des problèmes internationaux tels que la contamination des aliments par les dioxines, la production d'aliments à partir d'animaux atteints d'encéphalopathie spongiforme bovine et la salubrité des aliments obtenus à partir de sources génétiquement modifiées. Le Dr Fetisov invite l'OMS à fournir aux pays autant d'informations scientifiques que possible sur ces questions. Sa délégation appuie le projet de résolution. Elle se félicite en particulier de la proposition selon laquelle un représentant de la Commission du Codex Alimentarius devrait assister à une des _sessions du Conseil pour rendre compte aux membres du travail de la Commission. Le Dr VIOLAKI-PARASK.EVA (Grèce) rappelle que la salubrité des aliments est un facteur important dans de nombreux domaines, par exemple l'économie, y compris l'industrie touristique, outre le secteur de la santé. La coordination avec d'autres organisations internationales est indispensable si l'on veut faire de la salubrité des aliments un élément essentiel de la santé publique et minimiser les risques pour la santé à tous les maillons de la chaîne alimentaire. Un livre blanc sur la salubrité des aliments a récemment été adopté par la Commission de l'Union européenne, qui devient ainsi un autre partenaire potentiel. L'intervenante souligne l'importance de différents points soulevés dans le document de base: la nécessité de disposer d'un processus de planification à long terme, un examen des relations de travail entre l'OMS et la FAO dans le domaine de la salubrité des aliments, et la plus forte priorité qu'il est proposé d'accorder aux travaux de l'OMS accomplis dans le cadre de la Commission du Codex Alimentarius. Le recours à la biotechnologie, aux hormones et aux antibiotiques pour la production agricole doit être évalué attentivement afm d'éviter de nouveaux risques pour la santé humaine. L'OMS devrait définir des principes directeurs pour la fiXation des priorités relatives à l'évaluation du problème des maladies d'origine alimentaire et se donner les moyens de réagir immédiatement aux urgences alimentaires internationales et nationales en fournissant les avis techniques et scientifiques nécessaires. L'intervenante propose donc qu'un alinéa soit ajouté à la fm du paragraphe 2 du projet de résolution, comme suit: «d'intervenir immédiatement en cas de situation d'urgence nationale ou internationale liée à la salubrité des aliments et d'aider les pays à maîtriser la crise». Le Professeur AHSAN ULAH (Bangladesh) déclare que son pays s'attaque aux problèmes de la qualité et de la salubrité des aliments, tout en s'efforçant de produire une nourriture suffisante pour toute la population. Le Bangladesh n'a pas encore mis au point des mécanismes réglementaires et administratifs efficaces pouvant assurer la salubrité alimentaire, partiellement en raison d'un manque de coordination. Un conseil national pour la salubrité des alim·ents sera créé sous peu conformément à l'Ordonnance de 1998 sur une alimentation saine. Le Laboratoire de la Santé publique a analysé les risques liés aux aliments, en se fondant sur les points critiques pour la maîtrise des risques, malgré l'insuffisance de bonnes installations de laboratoire et de personnels qualifiés. Le Bangladesh estime aussi que l'OMS devrait participer plus activement aux travaux de la Commission du Codex Alimentarius dans des domaines tels que les aliments produits à l'aide de la

COMMISSION A : QUATRIEME SEANCE

57

biotechnologie, les aliments pour animaux et les risques microbiologiques menaçant la salubrité de l'alimentation. Une telle participation serait tout à fait conforme au mandat de l'OMS, qui lui permet de fixer des normes dans les domaines ayant des implications sanitaires. On court toutefois le danger que des normes trop strictes pourraient servir à restreindre le libre commerce des aliments et des produits alimentaires. Une plus grande transparence dans le fonctionnement de la Commission du Codex Alimentarius, une plus large participation de l'OMS à ses travaux et des échanges accrus entre pays développés et pays en développement contribueraient à dissiper ces préoccupations. Le Dr SANGALA (Malawi) signale que son pays applique encore la Loi de 1978 sur la santé publique (aujourd'hui périmée). Le Ministère de la Santé et de la Population rédige actuellement une loi qui portera sur la salubrité des aliments et harmonisera les lois et les règlements en vigueur dans ce domaine. On a assisté récemment à une prolifération de restaurants de fortune installés, par exemple, à côté d'arrêts d'autobus, et dont la présence est à l'origine de maladies diarrhéiques. Le Dr Sangala souhaiterait obtenir un soutien de l'OMS pour mettre en place, au niveau national, des mécanismes élémentaires de surveillance et de contrôle. Il accueille avec satisfaction et appuie le projet de résolution, tout en proposant quelques amendements. Au premier alinéa du préambule, il conviendrait de supprimer les mots « tant dans les pays en développement que dans les pays développés». Au deuxième alinéa, il propose d'inclure un passage reconnaissant que les maladies d'origine alimentaire affectent aussi considérablem_ent la santé et le bien-être économique des individus. Enfm, au paragraphe 1.7), on pourrait ajouter les mots «et les associations de consommateurs» après les mots« l'industrie alimentaire». Le Professeur GRANGAUD (Algérie) note avec satisfaction que le projet de résolution met l'accent sur les risques alimentaires liés aux micro-organismes pathogènes, aux biotoxines et aux contaminants chimiques. Son pays est de plus en plus exposé à de tels risques étant donné la maîtrise insuffisante de la technologie chez un certain nombre d'opérateurs économiques nationaux et l'introduction frauduleuse sur le territoire national de produits alimentaires non conformes aux normes. Une telle situation, commune à de nombreux pays en développement, montre que l'on risque de voir apparaître rapidement un monde à deux vitesses dans le domaine de la salubrité des aliments. Sur la question des normes, les pays en développement ne peuvent guère faire autrement que s'aligner sur les positions prises par les experts et les pays industrialisés. Ils sont parfois perplexes lorsque des désaccords surgissent sur des questions telles que les aliments génétiquement modifiés ou les viandes contenant des hormones. Tout en appuyant le projet de résolution, le Professeur Grangaud propose l'adjonction d'un alinéa au paragraphe 2 concernant la nécessité de fournir un soutien aux pays en développement pour une formation de leurs personnels qui prenne en compte le contexte technologique de production dans ces pays. Il propose aussi de compléter le paragraphe 2.13) par le membre de phrase suivant : « en mettant à leur disposition une documentation exhaustive dans leurs langues de travail». Dans le cas de l'Algérie, il s'agit de la documentation en arabe et en français, qui est généralement beaucoup moins abondante que les documents en langue anglaise. Le Dr PATCHARA W AN SRISILAPANAN (Thaïlande) approuve le projet de résolution, la salubrité des aliments étant une question essentielle de santé publique. La Thaïlande a adopté un programme national pour la salubrité des aliments, sous les auspices de la Commission nationale de l'Alimentation, afin de coordonner les travaux de tous les organismes responsables et d'assurer la salubrité de l'ensemble de la chaîne alimentaire. Etant un des principaux exportateurs mondiaux de produits alimentaires, son pays prend très au sérieux la question de la salubrité et ses implications pour la santé humaine aux niveaux national, régional et international. Les mesures prises sont conformes aux normes mondiales. La Thaïlande est un membre actif de la Commission du Codex Alimentarius et a déjà appliqué le Code des bonnes pratiques agricoles, le Code des bonnes pratiques de fabrication et le système d'analyse des risques- points critiques pour leur maîtrise, afm de contrôler et d'assurer la salubrité de la chaîne alimentaire. D'autres progrès sont nécessaires dans des domaines tels que le renforcement de la

58

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

capacité d'évaluer les risques. Un appui technique de l'OMS est requis pour faciliter le travail concernant l'évaluation des risques microbiologiques et les implications sanitaires des organismes génétiquement modifiés. Le délégué prie instamment l'OMS d'accorder dans son programme d'action une place prioritaire à la biotechnologie et aux aliments génétiquement modifiés. Il souhaiterait aussi avoir des observations de l'Organisation sur l'inclusion de considérations sanitaires dans le domaine du commerce mondial des aliments, qui, craint-il, pourrait provoquer des différends commerciaux, avec des effets négatifs considérables sur les économies nationales. La santé devrait l'emporter sur le commerce lorsque sont enjeu les relations avec l'OMC et d'autres partenaires. L'OMS devrait pouvoir fournir des preuves réfutant les prétentions abusives de l'industrie alimentaire internationale et protéger les consommateurs innocents. Le délégué accueille avec satisfaction la demande pertinente et d'utilité pratique formulée au paragraphe 2.13) du projet de résolution concernant l'utilisation la plus large possible d'informations provenant des pays en développement dans l'évaluation des risques aux fms de l'établissement de normes internationales. L'OMS devrait appliquer une méthode transparente au processus d'élaboration de ses politiques et encourager les pays en développement à y participer activement. Il l'engage non seulement à travailler avec les autorités sanitaires nationales, mais aussi à étendre sa collaboration au secteur privé, aux organisations non gouvernementales et à la communauté tout entière. En Thaïlande, les organisations non gouvernementales préconisent la modification des pratiques agricoles et diététiques grâce à la culture de légumes sans pesticides, la production d'aliments hygiéniques et naturels, la salubrité de la chaîne alimentaire et la protection des consommateurs. · Le Dr KUNENE (Swaziland) constate que les inondations survenues au cours des six derniers mois au Swaziland et ailleurs font craindre une contamination des cultures actuellement récoltées. La contamination de différentes cultures vivrières par des champignons a déjà été signalée dans certains districts. Les récoltes ont été réduites dans des proportions allant de 40 à 60 %. Les populations seront probablement obligées de consommer des denrées de qualité inférieure, avec la forte probabilité de contracter des maladies d'origine alimentaire. Un sérieux défi que doit relever le Ministère de la Santé et des Affaires sociales est l'augmentation rapide du nombre de personnes vendant des produits frais dans la rue, dont une grande partie a probablement été contaminée au cours de la préparation ou du stockage. Cette situation est imputable à l'affaiblissement de l'économie et aux pertes d'emplois qui en ont été la conséquence. L'application d'une loi révisée sur la santé publique devrait réduire l'incidence des maladies d'origine alimentaire. En matière de salubrité des aliments, différents problèmes se posent aussi du fait de la grande variété des produits importés d'autres pays. Ces problèmes comprennent les étiquetages donnant des renseignements faux ou trompeurs concernant le contenu et les dates d'expiration, qui sont tantôt placées de manière à être difficilement visibles, tantôt totalement absentes. En outre, certains emballages ne précisent d'aucune façon si le produit convient ou non à l'alimentation des nourrissons ou des jeunes enfants, notamment au cours des six premiers mois de la vie. Une autre cause de préoccupation est le volume des produits qui entrent dans le pays de manière irrégulière, ce qui empêche d'en assurer la salubrité. Le Swaziland ne dispose pas des installations et des compétences nécessaires pour effectuer les tests pouvant garantir la salubrité des aliments vendus au public. Un soutien de l'OMS pour renforcer ses capacités dans ce domaine essentiel serait très apprécié. Aussi, bien que le Swaziland appuie le projet de résolution, le délégué propose d'ajouter un alinéa au paragraphe 2, comme suit: «de contribuer au renforcement des capacités des Etats Membres, spécialement des pays en développement, et de faciliter leur pleine participation aux travaux de la Commission du Codex Alimentarius et de ses différents comités, y compris les activités liées aux processus d'analyse des risques pour la salubrité des aliments». Le Dr HENNEY (Etats-Unis d'Amérique) approuve le projet de résolution. Elle se félicite de ce que l'OMS accepte de jouer un rôle mondial plus étendu dans le domaine de la salubrité des aliments afm de promouvoir la santé publique et de faciliter les décisions fondées sur des données scientifiques. Le processus de planification stratégique, y compris les questions intéressant plusieurs Groupes, telles que

COMMISSION A : QUA TRIEME SEANCE

59

la surveillance des maladies d'origine alimentaire, pourrait, avec la participation des Etats Membres, se révéler un élément indispensable au succès des nouvelles initiatives de l'OMS en matière de salubrité. Ce processus doit être inclusif, c'est-à-dire réunir des experts et d'autres parties, et avoir un caractère ouvert, transparent et indépendant, afm de favoriser la compréhension et la confiance. Une autre démarche que l'on devrait envisager consiste à encourager les échanges d'informations et à approfondir le dialogue grâce à la convocation régulière de réunions des autorités responsables de la salubrité des aliments, sous l'égide de l'OMS, tout comme le font les autorités responsables des médicaments dans le cadre de la Conférence internationale des autorités de réglementation pharmaceutique. L'éventuel parrainage commun d'une telle initiative devrait être étudié avec la FAO. Pour l'Organisation, le projet de résolution a des implications considérables sur le plan des coûts. L'intervenante encourage vivement l'OMS à trouver des fonds extrabudgétaires auprès d'organismes bilatéraux, de gouvernements, de banques de développement et d'organisations non gouvernementales, en particulier pour renforcer à l'échelle mondiale l'éducation en matière de salubrité alimentaire, la formation et les programmes de développement de l'infrastructure. Elle approuve la décision de transférer des fonds depuis d'autres programmes pour couvrir en cours d'exercice des activités relatives à la salubrité des aliments. Elle est d'accord aussi pour que l'OMS joue un rôle plus dynamique dans ce domaine parallèlement à d'autres organisations internationales, et note l'importance de la Commission du Codex Alimentarius dans l'examen des questions scientifiques. Elle encourage l'Organisation à étudier de quelle façon elle pourrait apporter à la Commission et aux comités d'experts associés une contribution correspondant à leur importance pour la protection des consommateurs. M. CHOWDHURY (Inde) rappelle qu'au cours des dernières années, l'Inde a déployé des efforts coordonnés pour relever le niveau de salubrité des aliments. II estime toutefois que les normes du Codex ne devraient pas être rattachées uniquement aux niveaux les plus élevés que l'on puisse atteindre dans un pays développé, puisque les techniques de la production alimentaire dans les pays en développement sont moins avancées. Les niveaux de qualité devraient être relevés progressivement à un rythme qui permettra aux pays en développement de moderniser leur technologie et de se conformer à ces normes. La normalisation aux étapes intermédiaires exigera que chaque pays réalise les normes technologiques les plus avancées dans toutes les activités de fabrication et de services. La santé des consommateurs sera protégée si les normes qualitatives se limitent au dernier stade de la distribution au détail. Des normes trop strictes ou des normes multiples à différents stades de production auraient fatalement pour conséquence d'exclure du commerce international les produits des pays en développement. Ces normes reviendraient en fait à appliquer des barrières commerciales non tarifaires. M. Chowdhury invite donc l'OMS et d'autres organismes internationaux intéressés par le processus de la normalisation de la salubrité alimentaire dans le cadre de la Commission du Codex Alimentarius à assurer que ces normes ne sont pas fiXées à des niveaux qui désavantagent les pays en développement. Le Dr MANSOUR (Egypte) fait savoir que, dans son pays, la réglementation relative aux additifs et produits alimentaires est conforme aux normes et principes directeurs de la Commission du Codex Alimentarius et comprend une décision ministérielle prise en 1995 pour spécifier les additifs et conservateurs autorisés, ainsi que les produits alimentaires auxquels ils pourraient être ajoutés compte tenu des habitudes de la consommation alimentaire en Egypte. Un comité permanent révise et améliore systématiquement les règlements alimentaires. Les produits d'origine locale, de même que les produits importés, font régulièrement l'objet de tests afm d'en assurer la salubrité. L'Egypte appuie le projet de résolution et se joint aux délégations qui ont souligné l'importance de la recherche. L'OMS devrait contribuer davantage à diffuser auprès des gouvernements et des organisations civiles les informations concernant la salubrité des aliments, la protection des consommateurs et les méthodes pouvant empêcher les contaminations. Le Dr KHAZAL (Emirats arabes unis) informe la Commission que son Ministère de la Santé met actuellement au point un plan détaillé pour la nutrition et la salubrité des aliments étant donné leurs

60

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

rapports étroits avec un certain nombre de problèmes de santé, notamment les maladies cardio-vasculaires. Divers organismes publics s'emploient à coordonner la politique de contrôle de l'alimentation et des produits alimentaires. Plusieurs réunions régionales ont été organisées dans son pays. Les Emirats arabes unis appuient le projet de résolution et attirent l'attention sur la nécessité de disposer d'une information exacte sur les dernières techniques de contrôle des aliments. Le Dr TEE AH SIAN (Malaisie) accueille avec satisfaction la proposition de l'OMS tendant à renforcer la salubrité des aliments, dont son pays a fait une fonction essentielle de santé publique. Elle appuie fermement le projet de résolution, mais propose d'y inclure la notion que l'OMS devrait prendre l'initiative de fournir des avis techniques aux Etats Membres sur la gestion des crises, notamment pour la mise en place d'un système d'alerte rapide. Un deuxième élément que l'on pourrait y ajouter concerne la poursuite des travaux de l'OMS avec la FAO et d'autres donateurs dans le but d'apporter un soutien technique aux pays en développement qui veulent renforcer l'infrastructure du contrôle alimentaire. Cet élément comprendrait : la formation de personnel aux niveaux régional, sous-régional et national dans des domaines tels que l'analyse des risques et les points critiques pour leur maîtrise, les bonnes pratiques de fabrication, l'éducation des consommateurs et des entreprises industrielles; le renforcement des capacités analytiques et techniques nécessaires au fonctionnement de systèmes nationaux efficaces de contrôle alimentaire; une aide au développement des systèmes d'information afm d'assurer la surveillance et le contrôle des maladies d'origine alimentaire grâce à la technologie de l'information; et u~e aide à la recherche consacrée à la salubrité des aliments. Enfm, elle propose que le projet de résolution invite aussi l'OMS à collaborer avec la FAO dans le but d'aborder les problèmes naissants d'origine alimentaire, la contamination par les substances chimiques et l'évaluation de la salubrité des techniques nouvelles et produits alimentaires nouveaux, et d'assurer que l'évaluation des risques est fondée sur des données mondiales, y compris celles provenant des pays en développement. Le Dr LANE (Nouvelle-Zélande) fait savoir que son pays s'est engagé à maintenir en application un programme national efficace de salubrité des aliments. La Nouvelle-Zélande réexamine actuellement sa politique en vue de réduire les risques pour la santé tout au long de la chaîne alimentaire, depuis le producteur primaire jusqu'au consommateur, grâce à un système intégré et durable de salubrité des aliments. La Nouvelle-Zélande appuie la recommandation de la Conférence de la F AO sur le commerce international des denrées alimentaires au-delà de l'an 2000, tenue à Melbourne en octobre 1999, selon laquelle il conviendrait que l'OMS renforce sa participation aux travaux de la Commission du Codex Alimentarius. Le Dr Lane appuie fermement le projet de résolution. Le Dr TSHABALALA-MSIMANG (Afrique du Sud) déclare que son pays a pris note de l'importance et des conséquences des accords de l'OMC relatifs à l'alimentation, qui visent à supprimer les obstacles non tarifaires au commerce. Elle se déclare préoccupée, toutefois, du très petit nombre de pays en développement qui sont représentés aux sessions des comités du Codex et qui contribuent à l'élaboration des normes du Codex et des textes s'y rapportant. Son pays appuie donc le projet de résolution, qui demande entre autres une plus grande participation aux travaux de la Commission du Codex Alimentarius et de ses comités. Le renforcement des programmes nationaux sur la salubrité des aliments et l'analyse des risques sont des préalables essentiels, non seulement pour protéger la santé humaine, mais aussi pour assurer le respect des dispositions de l'Accord de l'OMC sur l'application des mesures sanitaires et phytosanitaires. Il n'en demeure pas moins que de nombreux pays en développement ont du mal à respecter les obligations de cet Accord relatives à l'harmonisation et à l'équivalence des mesures sanitaires. L'intervenante prie instamment les pays développés d'adhérer aux dispositions de 1' article 10 de 1'Accord, qui portent sur le traitement spécial et différentiel applicable aux pays en développement. Les normes concernant la salubrité des aliments doivent se fonder sur des analyses et des données scientifiques valables, tout en tenant compte, le cas échéant, d'autres facteurs légitimes relatifs à la

COMMISSION A : QUATRIEME SEANCE

61

protection de la santé des consommateurs et à la promotion de pratiques équitables en matière de commerce alimentaire. Son pays est conscient des répercussions des maladies d'origine alimentaire sur la santé et l'économie, et reconnaît que celles-ci ne font qu'aggraver les effets de la malnutrition. Il est aussi conscient du fait que, dans de nombreux pays, moins de 1 %de tous les cas de maladies d'origine alimentaire sont portés à l'attention des autorités. Son pays appuie donc l'objectif consistant à mettre au point et à appliquer des mesures préventives durables, et à concevoir et entretenir des systèmes nationaux et régionaux de surveillance et de contrôle. Outre les mesures demandées par le projet de résolution, l'intervenante souligne deux des recommandations de la Conférence de Melbourne de 1999 sur le commerce international des denrées alimentaires au-delà de l'an 2000, qui se rapportent à l'OMS et à la F AO. Les deux Organisations sont priées, entre autres, de rassembler et de confronter les informations provenant des Etats Membres afm de déterminer à l'échelle mondiale la situation et l'ampleur véritables des problèmes de qualité et de salubrité des aliments. Elles ont aussi été priées d'étudier, dans la limite des ressources budgétaires, la possibilité de créer des centres régionaux capables d'appuyer les activités suivantes: les programmes de formation en salubrité des aliments, y compris ceux relatifs à l'analyse des risques et aux points critiques pour leur maîtrise, l'évaluation des risques et l'octroi d'une assistance spécialisée aux pays qui en ont besoin pour assurer la surveillance épidémiologique. Les pays individuels et les organisations internationales doivent collaborer pour prévenir les maladies d'origine alimentaire, notamment celles causées par des agents pathogènes nouveaux dont la propagation ne s'arrête pas aux frontières internationales. Il faut féliciter l'OMS de l'attention qui a été accordée à la question de la salubrité des aliments à l'Assemblée de la Santé. L'Organisation a aussi besoin de la pleine coopération de tous les Etats Membres pour accomplir ses activités futures relatives à un aspect aussi important des soins de santé primaires. Le Professeur SMALLWOOD (Australie) rend compte de la mise en route, dans son pays, d'un programme de deux ans devant permettre de mieux évaluer les effets des pratiques de salubrité alimentaire sur la santé de la population. Pour la première fois, des lois nationales cohérentes sur l'hygiène alimentaire ont été rédigées par l'Administration alimentaire de l'Australie et de la Nouvelle-Zélande qui, pense-t-il, seront un moyen efficace de réduire l'incidence des maladies d'origine alimentaire. Les autorités appliquent actuellement un programme de surveillance des micro-organismes et des produits chimiques présents dans les aliments, ainsi que des programmes d'éducation pour les consommateurs, auxquels contribuent l'industrie et le secteur privé. L'évaluation des risques d'origine alimentaire retient toute 1' attention de son Gouvernement et son pays participe activement aux travaux de la Commission du Codex Alimentarius et de ses comités. Le Professeur Smallwood appuie fermement le projet de résolution. Le Dr OTTO (Palaos) rend compte de l'action de son Gouvernement qui, après avoir récemment achevé son plan d'action national pour la nutrition, dont le but était d'aborder la question de la salubrité des aliments, a été entravée par le manque de connaissances techniques et de principes directeurs précis. La question de la salubrité alimentaire a acquis énormément d'importance du fait que son pays importe actuellement de plus grandes quantités d'aliments dont la salubrité ne peut être assurée. En outre, l'agriculture locale utilise davantage de produits chimiques, soit dans la fabrication d'aliments pour animaux et d'engrais, soit pour lutter contre les nuisibles et les mauvaises herbes. Le Dr Otto note en particulier les propositions du projet de résolution visant à renforcer la capacité des laboratoires, surtout dans les pays en développement, et à inclure dans les programmes des écoles primaires et secondaires des questions relatives à la salubrité des aliments. Il appuie le projet de résolution, en s'alignant sur les observations du délégué de la Thaïlande et en approuvant l'amendement proposé par la délégation du Swaziland. Le Dr HETLAND (Norvège) se déclare très satisfait de l'importance attribuée à la question de la salubrité des aliments, telle qu'elle ressort du projet de résolution, qui remet cette question à sa juste place sur l'ordre du jour de l'OMS. En renforçant le programme de la salubrité alimentaire, l'Organisation mettra en route un processus qui inclura la salubrité alimentaire intégrée panni ses fonctions essentielles

62

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

de santé publique. Ce faisant, elle assurera des systèmes de garantie de la salubrité durables et intégrés, avec des risques réduits pour la santé à tous les maillons de la chaîne alimentaire. Le Dr Hetland approuve tout particulièrement la proposition visant à créer un organe consultatif chargé de l'évaluation des risques microbiologiques, qui servira à renforcer l'application de moyens scientifiques pour évaluer les risques aigus et à long terme que les aliments peuvent entraîner pour la santé. Cet organe permettra aussi d'intensifier la coopération entre l'OMS et la FAO et d'aider la Commission du Codex Alimentarius et ses comités dans leur travail de normalisation. Le Dr Hetland appuie le projet de résolution, avec les amendements proposés par les délégués du Brésil et du Swaziland. Le Dr ANTEZANA ARANÎBAR (Bolivie) appuie fermement le projet de résolution et les observations y relatives formulées par le délégué du Brésil. Il est indispensable de créer des mécanismes appropriés pour assurer la salubrité des aliments. Le nombre de participants au débat montre l'intérêt que les Etats Membres portent à cette question. Les échanges de produits alimentaires aux niveaux international et national sont certainement l'élément le plus important du commerce, dont l'ampleur oblige à évaluer les risques et à déterminer les mesures susceptibles de les réduire. La salubrité des aliments nécessite une coopération bilatérale, y compris entre les pays du Sud. Etant donné l'ampleur du commerce international des produits alimentaires, la Commission du Codex Alimentariusjoue un rôle capital. En outre, seules la FAO et l'OMS peuvent fixer des normes à un niveau qui correspond au rythme de croissance actuel du commerce à l'époque de la mondialisation. Le Dr Antezana Aranibar se joint aux délégués qui ont demandé une plus grande participation au niveau national du secteur de la santé, à la fois des ministères de la santé et d'autres organes concernés. Au niveau national, un sujet de préoccupation est le nombre croissant de personnes vendant des aliments dans la rue. Il conviendrait de mettre au point des mécanismes pouvant assurer la salubrité des aliments vendus dans de telles conditions. Pour conclure, le Dr Antezana Aranibar demande la création de mécanismes non seulement pour élaborer des normes sur le papier, mais aussi pour rechercher des modes d'opération grâce auxquels les pays moins riches peuvent assurer un certain degré de salubrité alimentaire. Il rappelle les observations faites par le délégué du Swaziland à ce propos. Il demande aussi une coopération bilatérale accrue pour faciliter une plus large participation des pays en développement au travail de normalisation.

2.

PREMIER RAPPORT DE LA COMMISSION A (document A53/35)

Le Dr RASAMIZANAKA (Madagascar), Rapporteur, donne lecture du projet du premier rapport de la Commission A.

Le rapport est adopté. 1

3.

QUESTIONS TECHNIQUES ET SANITAIRES: Point 12 de l'ordre du jour (reprise)

Salubrité des aliments: Point 12.3 de l'ordre du jour (document EB105/2000/REC/1, résolution EB105.R16 et annexe 7) (reprise) Mme TAPAKOUDI (Chypre) approuve pleinement le projet de résolution, qui comprend tous les paramètres nécessaires pour assurer la salubrité des aliments et prévenir les risques et les maladies d'origine alimentaire.

1

Voir p. 261.

COMMISSION A : QUATRIEME SEANCE

63

Mme LE THI THU HA (VietNam) note que la question des maladies d'origine alimentaire- un sérieux problème de santé publique dans son pays - est actuellement abordée par une administration créée l'année précédente sous l'égide du Ministère de la Santé. Au cours des deux dernières années, une campagne de promotion d'un mois portant sur la salubrité des aliments a permis à de nombreux secteurs de participer à des activités à grande échelle d'éducation et de sensibilisation. Elle attend avec intérêt de pouvoir poursuivre la coopération avec l'OMS, la FAO, la Commission du Codex Alimentarius et d'autres partenaires, et espère que ceux-ci pourront aider son pays à renforcer les règlements et la gestion de la salubrité des aliments pour que celle-ci atteigne le niveau réalisé dans d'autres pays de la Région du Pacifique occidental. Elle approuve le projet de résolution. Le Professeur ONGERI (Kenya) informe la Commission qu'en vertu des dispositions fort strictes de la loi de son pays sur la santé publique, les agents de la santé publique sont autorisés à entrer dans tout lieu de consommation d'aliments et à inspecter les produits. Il se rallie aux efforts déployés par la Commission du Codex Alimentarius pour protéger la santé des consommateurs et assurer des pratiques commerciales équitables, notamment en raison des problèmes rencontrés avec les produits alimentaires commerciaux dont l'étiquetage et l'analyse chimique sont suspects. Avec la libéralisation du commerce international des denrées alimentaires, des mécanismes rigoureux en matière de salubrité sont nécessaires pour empêcher une augmentation rapide des maladies d'origine alimentaire. Bien que les consommateurs soient de plus en plus conscients des dangers de la consommation d'aliments obtenus _auprès de sources bon marché et suspectes, ils n'ont pas de moyens suffisants pour en obtenir ailleurs. Une augmentation des ventes irrégulières ou du colportage d'aliments, notamment d'aliments cuisinés, entraîne un risque élevé de contamination à cause de la manière peu hygiénique dont les produits sont manipulés, préparés, stockés et servis. Face à ces problèmes, le Kenya a institué un cadre juridique et de politique générale visant à assurer la salubrité des aliments pour les consommateurs tant nationaux qu'internationaux. Il dispose aussi de personnel et de laboratoires d'analyses pour la surveillance des maladies d'origine alimentaire. Il a toutefois besoin d'une aide fmancière pour mettre à jour sa législation et moderniser les laboratoires, de manière à pouvoir respecter les normes internationales actuelles. Il lui faudrait aussi des ressources pour familiariser les principaux acteurs du domaine de la salubrité des aliments, depuis la production jusqu'à la consommation, grâce à des systèmes nouveaux tels que l'analyse des risques- points critiques pour leur maîtrise. Malgré le manque de ressources, son Gouvernement s'est engagé sur la question de la salubrité des aliments en garantissant la qualité de tous les produits destinés à la consommation locale et à 1' exportation. Des normes sanitaires et phytosanitaires strictes sont imposées, par exemple les nouvelles normes pour le poisson calquées sur celles que l'Union européenne a adoptées en 1999. Toutes les importations alimentaires sont examinées pour en assurer la conformité avec les lois, les règlements et les normes alimentaires du pays. Le Professeur Ongeri appuie le projet de résolution, en recommandant toutefois qu'il soit amendé pour y inclure, parallèlement à la salubrité des aliments, la nécessité de disposer d'une eau de boisson propre et saine. Le Dr W AHEED (Maldives) mentionne la responsabilité qui incombe au secteur de la santé de jouer un rôle directeur dans le domaine de la salubrité des aliments, de motiver les autres et de réaliser des progrès. Pour le faire efficacement, le secteur de la santé doit rassembler et diffuser des informations. L'OMS devrait jouer un plus grand rôle dans le processus d'élaboration du Codex Alimentarius. Le Dr W aheed appuie le projet de résolution. Le Dr GARCiA TUNON (Espagne) approuve le projet de résolution, mais demande qu'il mette davantage l'accent sur les risques de contamination chimique. Ces risques sont souvent sous-estimés à cause de la difficulté de mettre en évidence, dans les processus subaigus ou chroniques, une association épidémiologique avec les contaminants chimiques.

64

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

La déléguée appuie l'initiative consistant à convoquer une réunion de planification stratégique des experts en salubrité des aliments, mais propose d'en préciser les fonctions afm qu'il n'y ait pas de doubles emplois avec celles déjà remplies par la Commission du Codex Alimentarius. Enfm, elle accueille avec satisfaction l'engagement pris par le Directeur général de fournir aux Etats Membres l'appui technique nécessaire pour évaluer les risques alimentaires et écologiques liés à l'utilisation d'aliments génétiquement modifiés. Le Dr COULIBALY KOUNANDI (Côte d'Ivoire) attire l'attention sur le fait que, dans le monde entier, les laboratoires nationaux détectent parfois des aliments irradiés au césium-13 7 parmi les produits importés, notamment le lait en poudre, la viande et certaines conserves. Grâce à son laboratoire national de santé publique, son pays met au point une politique de salubrité des aliments couvrant les aspects biologiques, microbiologiques, chimiques et physiques. Dans le domaine des aliments irradiés, il entretient des relations étroites avec l'AlEA. Le délégué propose qu'il soit tenu compte des aspects physiques de la question dans le paragraphe 1.3) du projet de résolution. En outre, comme les maladies diarrhéiques frappent encore lourdement les populations des pays en développement, à cause d'une mauvaise utilisation des biberons, il convient d'énoncer clairement les restrictions limitant ce mode d'alimentation. Ayant formulé ces observations, il appuie le projet de résolution. Mme SORDAT (Suisse) appuie le projet de résolution et déclare que l'OMS doit disposer d'un mandat précis pour éviter tout chevauchement avec les travaux de la Commission du Codex Alimentarius. Ce mandat doit couvrir les échanges d'informations entre gouvernements, les programmes de surveillance, l'assistance technique et l'évaluation des risques dont seraient chargés des groupes d'experts tels que le Comité mixte PAO/OMS d'experts des Additifs alimentaires, les réunions conjointes PAO/OMS sur les résidus de pesticides ou l'organe d'experts de l'évaluation des risques microbiologiques dont la création est proposée. A cet égard, Mme Sordat souligne l'importance du paragraphe 2.8) du projet de résolution et, à propos du paragraphe 2.11), répète qu'il ne doit y avoir au sein de la Commission du Codex Alimentarius aucun chevauchement avec les travaux de la nouvelle équipe spéciale sur la biotechnologie. Mme DJAMALUDIN (Indonésie) se déclare très satisfaite du travail de l'OMS dans le domaine de la salubrité des aliments et appuie entièrement le projet de résolution. L'Indonésie a formulé une politique nationale intégrée pour protéger les consommateurs des produits alimentaires à risque, y compris les aliments vendus dans la rue. La législation et le service d'inspection des produits alimentaires jouent un rôle capital. Toutefois, le Ministère de la Santé n'intervient directement qu'à la fin de la chaîne alimentaire pour vérifier la qualité et l'étiquetage des produits fmis; l'assurance de la qualité et de la salubrité tout au long de la chaîne est en dehors de ses attributions. Etant donné, d'une part, l'expansion constante du commerce international des produits alimentaires, la plus grande sensibilisation des consommateurs vis-à-vis de la salubrité des aliments et les conséquences cruciales de la salubrité pour la santé, et, d'autre part, le rôle limité du secteur de la santé, Mme Djamaludin demande instamment à l'OMS de jouer un rôle énergique de chef de file dans le programme intégré de la salubrité des aliments. Le Dr POPA (Roumanie) fait savoir que la nécessité de faire de la salubrité des aliments une fonction intégrante de la santé publique est bien comprise dans son pays. La Roumanie mettra en application des mesures préventives visant la réduction des maladies d'origine alimentaire, la surveillance et le contrôle des micro-organismes et des produits chimiques dans l'alimentation, l'inclusion de la salubrité alimentaire dans les programmes d'éducation et d'information sur la santé et la nutrition destinés aux consommateurs, ainsi que d'autres aspects de la question abordés dans le rapport du Directeur général. Des experts des Ministères de l'Alimentation et de l'Agriculture, du Commerce ainsi que de l'Office de Protection des Consommateurs travaillent ensemble à 1'harmonisation de la législation nationale alimentaire avec les règlements de l'Union européenne. Six groupes de travail sont chargés respectivement de 1' étiquetage des aliments, des matériaux en contact avec les produits alimentaires, des additifs

COMMISSION A: QUATRIEME SEANCE

65

alimentaires, de l'hygiène et du contrôle, des produits génétiquement modifiés, de l'eau potable et des produits alimentaires écologiques. La rédaction de la législation devrait être achevée d'ici la fin de l'an 2000. La Roumanie serait très heureuse d'avoir des conseils de l'OMS sur la création de partenariats avec le secteur privé et toutes les autres parties intéressées, dans le but principal d'assurer que les questions de santé publique seront intégrées à toutes les stratégies mises au point par les partenaires. Le Dr Popa appuie entièrement le projet de résolution. Le Dr THORNE (Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord) accueille avec satisfaction le rapport sur la salubrité des aliments, ajoutant que son pays a récemment créé une agence pour les normes alimentaires chargée d'élaborer des stratégies fondées sur des données concrètes et d'assurer une plus grande transparence dans la détermination de ces données. Le Royaume-Uni appuie énergiquement la Commission du Codex Alimentarius; il encourage l'OMS à faire une place plus grande encore aux travaux de la Commission, en soulignant l'importance de ses attributions relatives à la santé des consommateurs. Le Dr Thome se déclare très satisfaite de la contribution apportée par l'OMS à l'évaluation de la salubrité des produits alimentaires génétiquement modifiés et de la consultation d'experts qui est prévue dans ce domaine. Elle se félicite aussi que l'on reconnaisse les problèmes liés à la résistance aux antimicrobiens, notant qu'un organe intergouvernemental, recouvrant aussi le secteur de l'agriculture, a été créé dans son pays pour s'occuper de ces questions. Elle approuve fermement l'importance accordée à la salubrité des aliments dans les programmes d'éducation et d'information sur la santé et la nutrition destinés aux consommateurs et se félicite de ce que l'OMS ait pris l'initiative dans ce domaine. Elle appuie le projet de résolution. Le Dr GALON (Philippines) appuie sans réserve le projet de résolution et demande à l'OMS de consacrer davantage de ressources aux questions touchant l'utilisation de la biotechnologie dans la production alimentaire, la surveillance et l'évaluation- sur les plans international, régional et nationaldes risques liés aux maladies d'origine alimentaire, ainsi que les normes et règlements destinés à assurer la salubrité et la qualité des aliments. M. SALLAH (Gambie) déclare que son pays dispose d'une législation de santé publique -principalement dérivée du droit colonial- sur la salubrité des aliments, qui couvre l'inspection des produits alimentaires dans les hôtels et les restaurants et des aliments vendus dans la rue. Avec l'apparition de maladies d'origine alimentaire causées par des agents pathogènes microbiens, des biotoxines et les salmonelles, son pays a jugé nécessaire d'obtenir des conseils sur la révision et la mise à jour de sa législation afm d'assurer la protection des consommateurs. M. Sallah aimerait recevoir à cet effet un appui de l'OMS et de la F AO, et il souscrit sans réserve au projet de résolution. Le Dr HAMUKWA Y A (Angola) se félicite des lignes directrices énoncées dans le rapport du Directeur général et le projet de résolution, notant qu'elles s'appliquent tout particulièrement à son pays, où la plus grande partie des produits alimentaires sont importés ou donnés par d'autres pays. Le degré de salubrité de ces produits est inconnu parce que son pays ne dispose pas de laboratoires capables d'en effectuer une analyse fiable. Elle demande donc à l'OMS de renforcer son rôle de coordination dans ce domaine et d'aider les pays en difficulté en mettant au point des textes législatifs appropriés, en créant des laboratoires et en formant du personnel pour assurer une surveillance efficace. Elle propose que le paragraphe 2.12) du projet de résolution soit amendé pour y inclure une référence aux questions de santé soulevées par les dons de produits alimentaires. Le Dr AL-JABER (Qatar), soulignant les effets nocifs de la contamination des aliments, dit qu'il appartient aux pays producteurs, que ce soit pour la consommation locale ou pour l'exportation, de contrôler leurs denrées. Les tests appliqués aux produits alimentaires sont difficiles à exécuter et les installations de laboratoire nécessaires n'existent pas toujours. Il ajoute que les pays exportateurs ne

66

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

devraient pas apposer sur les produits des étiquettes indiquant que les produits sont interdits dans ces pays, et que les pays importateurs ne doivent pas accepter des produits ainsi étiquetés. En outre, les pays importateurs devraient s'abstenir d'ajouter des étiquettes à cet effet aux produits qui sont interdits dans le pays d'origine, puisque leur salubrité pourrait ainsi être mise en doute. Sa délégation appuie le projet de résolution, mais propose l'adjonction d'un alinéa sur la coopération avec la FAO visant à établir des centres régionaux responsables du contrôle de la contamination chimique, microbiologique et radioactive des aliments. M. AHMAD (Pakistan) appuie le projet de résolution dans son principe, tout en faisant observer que les dernières normes actuellement élaborées dans le monde industrialisé pour faire respecter les conditions imposées par l'OMC sont essentiellement fondées sur le recours à des instruments très perfectionnés et concernent des contaminants biologiques et chimiques tels que les pesticides, les résidus de métaux toxiques, les aflatoxines et les résidus de médicaments vétérinaires. Toutes ces substances ont une influence sur la santé et son pays en tient dûment compte dans 1' élaboration de ses propres normes. Les variations entre les méthodes nationales de contrôle des aliments peuvent entraîner des restrictions au commerce. Celles-ci peuvent également se produire lorsque les normes internationales ne sont pas élaborées avec la pleine participation des pays en développement. M. Ahmad propose les mesures suivantes pour empêcher tout effet protectionniste de ce genre : une plus grande transparence des systèmes de contrôle des aliments; l'harmonisation des normes nationales par les instances internation":les, compte tenu des besoins et des capacités des pays en développement ; la reconnaissance de la validité et de l'équivalence des normes propres aux pays en développement; et la formulation de normes internationales avec la pleine participation de ces pays, après un examen détaillé des méthodes de travail et des mécanismes de décision des organes internationaux de normalisation. Bien que tous les pays soient très désireux d'utiliser les normes, directives et recommandations de la Commission du Codex Alimentarius comme repères permettant au commerce international des aliments de résoudre les questions relatives au contrôle des produits, certains pays importateurs imposent des mesures particulières, notamment le système d'analyse des risques- points critiques pour leur maîtrise, qu'il est difficile aux pays en développement de respecter. En conséquence, les pays en développement qui dépendent de 1' exportation de produits alimentaires pour obtenir des devises ont tout intérêt à renforcer leurs systèmes nationaux de contrôle des produits, en alignant leurs règlements nationaux sur les normes internationales et en créant des régimes d'inspection des produits afm de se conformer à l'Accord sur l'application des mesures sanitaires et phytosanitaires et à l'Accord sur les obstacles techniques au commerce. Il faut aussi assurer la salubrité des ingrédients utilisés dans la fabrication et la transformation des aliments. L'évaluation de la salubrité suppose la présence d'experts hautement qualifiés en toxicologie, nutrition, chimie, composition des aliments et techniques d'évaluation des risques, experts que l'on ne trouve souvent que dans les pays dotés de capacités technologiques avancées. Les pays en développement ont besoin d'une assistance technique considérable dans ce domaine et M. Ahmad espère que l'OMS sera en mesure de leur fournir cet appui. Le Dr STAMPS (Zimbabwe) constate des omissions dans le rapport et le projet de résolution. Il critique l'absence de toute référence aux réactions allergiques à certaines substances alimentaires, telles que les noisettes, qui peuvent entramer des allergies violentes et même mortelles. La nécessité d'avertir les consommateurs de ce risque n'est pas mentionnée. En outre, le rapport ne mentionne pas le danger des allégations fallacieuses à propos de certains produits mis sur le marché, par exemple sur Internet. Enfin, il n'est pas question non plus de la salubrité du lait maternel en tant qu'aliment. Le Dr Stamps n'a aucune critique à faire au sujet de l'emballage du lait maternel, mais rappelle que celui-ci risque d'être contaminé, par exemple par le VIH ; il serait bon de faire état de certaines préoccupations concernant la protection de ce produit, qui est une des substances nutritives les plus importantes au cours des premiers stades de la vie.

COMMISSION A : QUA TRIEME SEANCE

67

Le Dr Stamps soulève la question de la façon dont la manutention des produits alimentaires peut leur être préjudiciable. L'emballage, le stockage, la manutention et les dates d'expiration sont aussi d'importants aspects de la protection de la santé humaine. Il propose donc les amendements suivants au projet de résolution : au paragraphe 1.8), après« risques d'origine alimentaire», ajouter les mots« et à la protection, au conditionnement, à l'entreposage et à la manutention»; ajouter un nouveau paragraphe 1.10) comme suit:« de veiller à ce que l'étiquetage des produits alimentaires fournisse des informations appropriées, complètes et exactes, y compris des mises en garde et la date de péremption, s'il y a lieu»; et ajouter un nouveau paragraphe 1.11) comme suit: «d'imposer par voie législative le contrôle de la réutilisation des récipients alimentaires et l'interdiction des allégations fallacieuses». Il propose de modifier le paragraphe 2.1) comme suit« d'accorder plus d'importance à la salubrité des aliments, compte tenu du rôle de chef de file mondial de l'OMS ... ». Il souhaiterait aussi ajouter au paragraphe 2.2) après le mot « aliments » le membre de phrase « , ainsi que pour les problèmes de protection, de conditionnement, de stockage et de manipulation ». Le Dr SHIVUTE (Namibie) signale que la politique et le programme alimentaires et nutritionnels de son pays sont fondés sur une stratégie multisectorielle. L'application du programme est coordonnée par un conseil de hauts fonctionnaires appartenant à différents secteurs. Il appuie sans réserve le projet de résolution, avec les amendements proposés par le délégué du Zimbabwe. En ce qui concerne le paragraphe 2.13), il soutient les propositions des dé_légués du Malawi et du Swaziland. Il invite le Directeur général à mettre au point, avec toute la diligence possible, des normes relatives à la vente de produits alimentaires dans la rue, afm de conseiller les vendeurs et de rassurer les consommateurs. La Namibie serait heureuse de bénéficier d'un appui technique concernant tous les aspects de la salubrité des aliments. Mme STANTON (OMC), prenant la parole à l'invitation du PRESIDENT, déclare que son Organisation se félicite de toute nouvelle mesure que prendra l'OMS dans le domaine de la salubrité des aliments. Les règlements de l'OMC reconnaissent clairement que la protection de la santé l'emporte sur les questions commerciales. Elle note toutefois les effets bénéfiques de l'expansion du commerce sur la santé, qui sont particulièrement importants pour les pays en développement. Les mesures de salubrité alimentaire doivent être fondées sur une évaluation objective et attentive des meilleures données scientifiques disponibles, afm que l'on puisse profiter de l'accroissement des échanges de produits ne présentant aucun risque. A cet égard, l'OMC compte beaucoup sur les travaux de la Commission du Codex Alimentarius et apprécie l'excellent travail accompli par l'OMS et la FAO. Mais, comme de nombreux intervenants l'ont souligné, il y a encore beaucoup à faire, notamment pour répondre aux besoins des pays en développement. Le travail de l'OMS accompli dans le cadre de la Commission du Codex Alimentarius, et sous la forme d'un appui direct à ses Etats Membres, est d'une importance capitale. L'OMC approuve le projet de résolution, qui renforcera les capacités de l'OMS à cet égard. Le Dr HENNEY (Etats-Unis d'Amérique) constate que de nombreux amendements de fond et de forme ont été apportés au projet de résolution, dont chacun mérite un examen attentif. Serait-il possible d'approuver le texte sans amendements et d'aborder les questions soulevées dans le cadre du processus de planification stratégique ? Le Dr MENAKAYA (Nigéria) décrit la perspective qui s'offre aux pays en développement, déclarant qu'il y a encore beaucoup à ajouter au projet de résolution, puisqu'on n'a pas abordé comme il le fallait la question du dumping des produits alimentaires et que l'aide alimentaire cause plus de problèmes qu'elle n'en résout. Les amendements proposés par le délégué du Zimbabwe sont extrêmement importants et contribueront largement à assurer la rédaction d'un texte acceptable pour tous. Un comité devrait être créé pour examiner ces amendements.

68

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

Le Dr THIERS (Belgique) et le Dr COULIBALY KOUNANDI (Côte d'Ivoire) appuient la proposition faite par le délégué des Etats-Unis d'Amérique. Le Dr BIAMBY JACQUES (Haïti) approuve le projet de résolution ainsi que la proposition du délégué du Nigéria. M. CHOWDHURY (Inde) hésite à approuver le texte tel quel et à confier l'examen des amendements proposés à quelque autre comité. Il conviendrait soit d'ajourner le projet de résolution dans son ensemble, soit de demander à la Commission de tenter de concilier les différents amendements et d'approuver le texte par consensus. Le PRESIDENT suggère que la Commission demande qu'un texte soit rédigé tenant compte des différents amendements proposés, afm qu'elle puisse reprendre l'examen du projet de résolution. Il en est ainsi convenu.

(Voir la suite du débat dans le procès-verbal de la sixième séance, page 96.)

Alimentation du nourrisson et du jeune enfant: Point 12.4 de l'ordre du jour (documents A53/7 et A531INF.DOC./2) Le PRESIDENT attire l'attention de la Commission sur un projet de résolution proposé par la délégation du Brésil, dont le texte est le suivant : La Cinquante-Troisième Assemblée mondiale de la Santé, Rappelant les résolutions WHA33.32, WHA34.22, WHA35.26, WHA37.30, WHA39.28, WHA41.11, WHA43.3, WHA45.34, WHA46.7, WHA47.5 et WHA49.15 concernant la nutrition chez le nourrisson et le jeune enfant, les modes d'alimentation appropriés et des questions connexes; Profondément soucieuse d'améliorer la nutrition chez le nourrisson et le jeune enfant et de réduire toutes les formes de malnutrition dans le monde dans la mesure où plus d'un tiers des enfants de moins de cinq ans souffrent encore de malnutrition - retard de croissance, émaciation ou carence en iode, en vitamine A ou en fer - et où la malnutrition intervient encore dans près de la moitié des 10,7 millions de décès dénombrés chaque année chez les enfants d'âge préscolaire dans les pays en développement ; Notant avec une profonde inquiétude que la malnutrition est largement considérée comme l'un des problèmes de santé publique les plus graves dans le monde et qu'elle affecte non seulement la croissance et le développement, mais aussi les fonctions cognitives et sociales ; Reconnaissant que l'accès à l'alimentation et à une nutrition adéquate est un droit fondamental de la personne humaine et que tout doit être mis en oeuvre pour faire admettre, respecter et garantir ce droit fondamental et protéger les populations contre la faim et la malnutrition ; Affirmant que tous les secteurs de la société à travers le monde - gouvernements, société civile, secteur privé et organisations internationales - devraient assumer les responsabilités et remplir les obligations qui leur incombent pour faire respecter, préserver et garantir ce droit fondamental de la personne humaine ; Considérant le cadre directeur de la Convention relative aux droits de l'enfant et, en particulier, l'article 24 dans lequel il est notamment précisé que tous les groupes de la société, en particulier les parents et les enfants, devraient recevoir une information sur la santé et la nutrition de 1' enfant et sur les avantages de 1' allaitement au sein ;

COMMISSION A : QUATRIEME SEANCE

69

Estimant que l'on dispose de bases scientifiques suffisantes pour que soient prises des décisions politiques, renforcées les activités des Etats Membres et de l'OMS et proposées des approches novatrices de la surveillance de la croissance, de la récupération nutritionnelle, de la promotion de l'allaitement au sein, de l'amélioration de l'alimentation complémentaire par des conseils judicieux tenant compte des spécificités culturelles, de la réduction de la malnutrition par carence en micronutriments et de la gestion de l'alimentation des enfants nés de mères positives pour le VIH; Notant que des systèmes efficaces de surveillance de l'alimentation et de la nutrition s'imposent pour évaluer l'ampleur et la distribution géographique de toutes les formes de malnutrition et de maladies d'origine alimentaire et surveiller les disponibilités alimentaires ; Estimant qu'il faudrait de toute urgence instituer un processus de discussion pour obtenir un consensus, au sein des Etats Membres et des organisations internationales, sur l'élaboration d'une stratégie mondiale destinée à réduire toutes les formes de malnutrition chez le nourrisson et le jeune enfant avant la fm de la décennie, compte tenu de l'impact des catastrophes écologiques, des guerres, des troubles civils, des déplacements massifs de population et de la pauvreté ; Reconnaissant l'importance et le rôle fondamental du Sous-Comité de la nutrition du Comité administratif de Coordination de l'Organisation des Nations Unies pour l'obtention de ce consensus; 1. INVITE INSTAMMENT les Etats Membres: 1) à reconnaître que l'accès à l'alimentation et à une nutrition adéquate est un droit fondamental de la personne humaine et à demander à tous les secteurs de la société de remplir les obligations qui leur incombent pour faire respecter, préserver et garantir ce droit ; 2) à prendre les mesures qui s'imposent pour l'application de la Convention relative aux droits de l'enfant afm que soit garanti le droit de l'enfant de jouir du meilleur état de santé possible et de bénéficier des services médicaux les plus appropriés ; 3) à mettre en place ou à développer des forums de discussion interinstitutions et intersectoriels au sein desquels toutes les parties intéressées pourront parvenir à un consensus national sur les stratégies et les politiques susceptibles de réduire toutes les formes de malnutrition, et à mettre au point des mécanismes de programmation participatifs visant à l'élaboration et à la mise en oeuvre de programmes et de projets de nutrition axés sur des initiatives nouvelles et des approches novatrices ; 4) à donner la priorité à la mise en oeuvre de programmes et de projets de nutrition en faveur du nourrisson et du jeune enfant qui soient issus de ces forums de discussion et des politiques ou stratégies ainsi élaborées, en fournissant des ressources techniques et fmancières et un soutien politique adéquats ; 5) à intensifier toutes les activités en cours et à élaborer des approches nouvelles pour promouvoir l'allaitement exclusif au sein jusqu'à environ six mois, puis une alimentation mixte jusqu'à deux ans, et à favoriser par tous les. moyens la diffusion de ces principes pour qu'ils soient mieux respectés dans la société; 6) à appuyer l'initiative des hôpitaux «amis des bébés» et à prévoir des systèmes de contrôle périodique des hôpitaux pour veiller au respect des normes adoptées et garantir la pérennité et la crédibilité de l'initiative; 7) à améliorer les pratiques relatives à l'alimentation complémentaire en veillant à ce que les mères de jeunes enfants reçoivent des conseils judicieux qui tiennent compte des spécificités culturelles et reposent sur l'utilisation la plus large possible de denrées alimentaires locales riches en micronutriments, et_ à donner la priorité à l'élaboration et à la diffusion de principes directeurs sur l'alimentation des enfants de moins de deux ans, à la formation des agents de santé et des responsables locaux sur ces questions, et à l'intégration de ces messages dans les stratégies d'information, éducation et communication sur la santé et la nutrition ;

70

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

2.

8) à renforcer la surveillance de la croissance et la récupération nutritionnelle, en privilégiant les stratégies communautaires, et à veiller à ce que tous les enfants hospitalisés pour une forme ou une autre de malnutrition bénéficient d'un diagnostic correct et d'un traitement adéquat ; 9) à élaborer, mettre en oeuvre ou renforcer les mesures visant à réduire durablement la malnutrition due à une carence en micronutriments chez le jeune enfant, particulièrement la carence en fer, en vitamine A et en iode, en associant des stratégies comprenant la distribution de suppléments, l'enrichissement des aliments et la diversification du régime alimentaire grâce à des recommandations sur les pratiques alimentaires fondées sur des denrées locales et adaptées aux spécificités culturelles et grâce aussi à d'autres approches communautaires ; 10) à renforcer les mécanismes de surveillance et de notification des progrès réalisés dans la mise en oeuvre du Code international de commercialisation des substituts du lait maternel, en assurant la participation de toutes les parties prenantes pour faire appel à la responsabilité de tous les secteurs de la société - en particulier le secteur privé - dans sa mise en oeuvre ; 11) à prendre en compte les faits scientifiques actuellement disponibles sur le risque de transmission du Vlli par le lait maternel et à assurer une nutrition adéquate des nourrissons dont la mère est positive pour le Vlli, en fournissant aux enfants de moins de six mois du lait maternel pasteurisé provenant de banques de lait humain ou des substituts du lait par l'intermédiaire des services de santé, tout en formulant des recommandations pour une alimentation complémentaire précoce, jusqu'à ce que l'on dispose de nouveaux faits scientifiques ; 12) à renforcer leur système de surveillance alimentaire et nutritionnelle, en étroite collaboration avec leur système de surveillance épidémiologique, de manière à englober l'évaluation de l'ampleur et de la distribution géographique de la malnutrition protéinoénergétique, de la malnutrition par carence en micronutriments, des maladies d'origine alimentaire et à prévoir également la surveillance systématique des disponibilités alimentaires aux niveaux national, régional, local et familial, des prix des denrées de base sur le marché ainsi que du pouvoir d'achat des ménages; 13) à utiliser le plus largement possible les renseignements livrés par leur système de surveillance alimentaire et nutritionnelle pour évaluer les activités et stratégies en cours de mise en oeuvre et planifier de nouvelles mesures ainsi que mieux sensibiliser le grand public et les responsables politiques, aux niveaux national et international, à la nécessité de faire respecter, protéger et garantir le droit à l'alimentation et à une nutrition adéquate; 14) à collaborer activement avec l'OMS et les organisations compétentes du système des Nations Unies, notamment par l'intermédiaire du forum du Sous-Comité de la nutrition du CAC, afm de défmir une stratégie mondiale pour l'amélioration de l'alimentation du nourrisson et du jeune enfant dans le but de réduire chez eux toutes les formes de malnutrition d'ici la fm de la décennie; PRIE le Directeur général : 1) étant donné le rôle directeur que joue l'OMS en santé publique, et en collaboration avec toutes les autres organisations internationales, notamment celles du système des Nations Unies, d'accorder une plus grande attention à la nutrition du nourrisson et du jeune enfant, dans le cadre de la Convention relative aux droits de l'enfant et d'autres instruments pertinents de protection des droits de la personne humaine ; 2) d'intensifier son appui aux Etats Membres, en étroite collaboration avec la FAO, pour les aider à mettre en place et utiliser leur système de surveillance alimentaire et nutritionnelle, avant tout pour évaluer l'ampleur et la distribution géographique des problèmes nutritionnels et fournir des indicateurs de performance afin de faire respecter, protéger et garantir le droit à l'alimentation et à une nutrition adéquate;

COMMISSION A : QUATRIEME SEANCE

71

3) d'aider les Etats Membres à évaluer les stratégies et activités en cours de mise en oeuvre, dans l'esprit de la Convention relative aux droits de l'enfant, de manière à fournir une rétroinformation pour le débat sur une stratégie mondiale arrêtée par consensus en vue de réduire toutes les formes de malnutrition du nourrisson et du jeune enfant d'ici la fm de la décennie ; 4) de mettre au point des lignes directrices et des outils pour l'élaboration d'une ligne d'action garantissant la participation active de ceux qui ont des droits et des responsabilités dans le domaine de la nutrition du nourrisson et du jeune enfant ; 5) d'instaurer un dialogue constructif entre toutes les parties prenantes- en particulier le secteur privé - pour suivre les progrès réalisés dans la mise en oeuvre du Code international de commercialisation des substituts du lait maternel ainsi que d'autres activités relatives à la nutrition du nourrisson et du jeune enfant, et d'aider les Etats Membres à assurer ce suivi ; 6) d'encourager et d'aider la poursuite des recherches sur la transmission du VIH par le lait maternel ainsi que sur des mesures destinées à améliorer l'état nutritionnel des personnes déjà touchées par le VIH/SIDA ; 7) de prêter un appui aux Etats Membres afm qu'ils puissent défmir, appliquer et évaluer des approches novatrices pour l'amélioration de l'alimentation du nourrisson et du jeune enfant, en privilégiant les activités communautaires et transectorielles ; 8) de renforcer, en collaboration avec d'autres organisations compétentes du système des Nations Unies, notamment par l'intermédiaire du forum du Sous-Comité de la nutrition du CAC et d'autres organismes pertinents, le suivi de la Conférence internationale sur la nutrition afm de réduire toutes les formes de malnutrition chez le nourrisson et le jeune enfant d'ici la fm de la décennie; 9) de convoquer, le plus tôt possible, des réunions régionales ou sous-régionales comprenant des représentants des gouvernements, d'organisations internationales et d'organisations non gouvernementales afm d'entamer les discussions sur la stratégie mondiale d'amélioration de l'alimentation du nourrisson et du jeune enfant; 10) de prêter un appui aux Etats Membres pour qu'ils puissent participer à tous les travaux relatifs à l'élaboration de la stratégie mondiale, y compris aux réunions et aux activités apparentées ; 11) de présenter au Conseil exécutif de l'OMS, en 2002, un rapport sur la stratégie mondiale dans lequel sera proposé un projet de résolution à soumettre à la CinquanteCinquième Assemblée mondiale de la Santé. Le Dr JIMÉNEZ DE LA JARA (représentant du Conseil exécutif) fait savoir que le Conseil, à sa cent cinquième session tenue en janvier 2000, a examiné deux rapports sur la nutrition du nourrisson et du jeune enfant. 1 Plusieurs intervenants ont mentionné 1' étude multicentrique sur la référence de croissance, qu'ils ont jugée opportune pour 1' élaboration de normes internationales, mais le fait qu'un quart du montant total nécessaire à 1' étude n'ait pas encore été mobilisé reste une cause de préoccupation. Le processus de mobilisation continue. En ce qui concerne le Code international de commercialisation des substituts du lait maternel, des intervenants ont souligné la nécessité d'assurer l'homogénéité de la terminologie utilisée dans ce Code et dans d'autres textes, par exemple dans la législation de l'Union européenne. Par ailleurs, les membres du Conseil ont jugé important de mieux connaître les façons particulières dont les Etats Membres ont appliqué ou appliquent le Code.

1

Documents EBIOS/36, section VI, etEBIOSIINF.DOC./1.

72

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

Mme KHETRAPAL SINGH (Directeur exécutif) estime que la résolution du problème de la malnutrition chez les nourrissons et les jeunes enfants est toujours une question prioritaire de santé publique. Malgré l'amélioration lente mais régulière de la situation au niveau mondial, plus d'un tiers des enfants de moins de cinq ans sont encore mal nourris. L'OMS devra continuer à travailler en vue d'améliorer cette situation inadmissible. Elle mentionne d'abord certaines réalisations du processus, mis en route il y a deux ans par le Directeur général, pour l'élaboration d'une stratégie mondiale et d'un plan d'action nouveaux relatifs à l'alimentation du nourrisson et du jeune enfant. Une consultation technique sur la question, tenue en mars 2000 avec la collaboration de l'UNICEF, a largement contribué à l'effort que déploie actuellement l'OMS pour mettre au point une stratégie mondiale détaillée visant la nutrition du nourrisson et du jeune enfant. Ce travail continuera et bénéficiera d'une participation des Etats Membres et des consultations régionales avant que la stratégie ne soit soumise à la Cinquante-Cinquième Assemblée mondiale de la Santé. Deuxièmement, l'étude multicentrique sur la référence de croissance fera du nourrisson nourri au sein le modèle normatif servant à évaluer toutes les autres méthodes d'alimentation du point de vue de la croissance, de la santé et du développement. Troisièmement, le Directeur général a entrepris un examen systématique de toute la documentation scientifique sur la durée optimale de l'allaitement maternel exclusif afin, le cas échéant, de mettre à jour les recommandations de l'OMS sur cette question. Quatrièmement, l'OMS continue à soutenir l'initiative des hôpitaux« amis des bébés» qui est en cours dans plus de 16 000 hôpitaux dans 171 pays. Elle a aussi mis au point une méthode de réévaluation pour contribuer à la durabilité et à la crédibilité de l'initiative. Cinquièmement, l'Organisation renforce la surveillance de la nutrition au niveau mondial grâce à un ensemble de banques de données sur la nutrition couvrant, entre autres, la croissance et la malnutrition chez les enfants, les micronutriments, l'allaitement maternel, les politiques et programmes nationaux en matière de nutrition, et l'obésité. Comme suite au Sommet mondial de l'alimentation tenu à Rome en 1996, l'OMS participe activement à une initiative interinstitutions destinée à mettre au point un système de cartographie sur la sécurité et la vulnérabilité alimentaires. L'Organisation continue à fournir un appui technique au BIT pour la protection de la maternité sur les lieux de travail, y compris la promotion de l'allaitement maternel. Mme FERVALL (Suède) estime qu'il conviendrait d'accélérer les mesures relatives à l'alimentation du nourrisson et du jeune enfant puisqu'on a désormais retenu comme orientation stratégique la lutte contre la mauvaise santé liée à la pauvreté. La Suède appuie les neuf thèmes de programme pour un plan mondial d'action qui ont été proposés à la consultation technique OMS/UNICEF tenue en mars 2000 sur l'alimentation du nourrisson et du jeune enfant. Il est essentiel que l'allaitement maternel soit encouragé dans tous les pays du monde. Parmi les questions intersectorielles abordées lors de la consultation, il faut considérer comme prioritaire le domaine difficile de l'infection par le VIH et de l'alimentation du nourrisson. Une mère séropositive doit être en mesure de décider en connaissance de cause si l'allaitement maternel convient à son enfant ainsi qu'à elle-même. L'alimentation du nourrisson et du jeune enfant est un enjeu auquel doivent faire face les systèmes de santé, le personnel, les gouvernements et la société civile. Le succès dépendra des systèmes d'appui, de la constitution de réseaux et de l'éducation. Il faut poursuivre les recherches sur tous les aspects des méthodes permettant de protéger le mieux possible du VIH les nouveau-nés. L'allaitement maternel est le meilleur mode d'alimentation qui existe; il faudrait des données beaucoup plus nombreuses pour justifier que l'on décourage les mères de s'engager dans cette voie. Mme Fervall appuie fermement le rôle que l'OMS continue de jouer comme premier défenseur mondial de l'allaitement maternel. Elle est convaincue que l'Organisation sera à la hauteur de la tâche. Le Dr DLAMINI (Swaziland) informe la Commission qu'une étude menée dans son pays il y a six ans a révélé que 30 % environ des enfants swazis souffrent de retards de croissance. La situation depuis lors n'a subi qu'une légère amélioration. La déléguée se félicite du programme d'alimentation appliqué dans les écoles. Grâce à une promotion intensive en faveur de la santé et d'une bonne nutrition, l'incidence de la malnutrition protéino-énergétique est en diminution.

COMMISSION A : QUATRIEME SEANCE

73

Le principal problème actuellement rencontré dans son pays est celui des vendeurs de substituts du lait maternel qui invoquent la transmission verticale du VIH comme prétexte pour condamner aveuglément l'allaitement maternel. Le Swaziland appuie sans réserve le Code international de commercialisation des substituts du lait maternel. La transmission du VIH de la mère à l'enfant n'est pas contestée, mais, étant donné le stade actuel de développement du pays, qui manque de moyens pour soumettre toutes les femmes enceintes à des tests, et l'absence de médicaments antirétroviraux, de moyens économiques permettant d'encourager l'alimentation artificielle sur une grande échelle et d'eau salubre dans de nombreuses régions rurales, il est bon de se montrer très prudent avant de décourager l'allaitement maternel. La politique du Gouvernement consiste à informer une mère séropositive, lorsque son état est connu, des options qui s'offrent pour nourrir son enfant, et à l'aider autant que possible une fois sa décision prise. L'allaitement maternel exclusif est encore encouragé pendant les quatre premiers mois de l'existence au moins. L'initiative des hôpitaux« amis des bébés» a rencontré un accueil favorable, mais le pays accuse un retard en ce qui concerne l'allaitement maternel au travail à cause de la résistance de certains employeurs. Une action est en cours pour améliorer la législation dans ce domaine. La malnutrition est en hausse chez les enfants nés séropositifs. La déléguée demande des mesures d'aide spéciales pour la nutrition du nourrisson, en particulier pendant les périodes de conflit et les catastrophes naturelles. Les recherches doivent continuer sur l'effet antioxydant de certains produits alimentaires. Les pays doivent être soutenus dans l'effort qu'ils déploient pour assurer la salubrité des aliments, notamment ceux destinés aux jeunes enfants. Pour aborder le problème de la carence en vitamine A, en fer et en iode, le SwaZiland a décidé du recours universel au sel iodé pour compléter le régime des femmes au cours des quatre semaines précédant l'accouchement. La possibilité d'enrichir le sucre avec la vitamine A est aussi à l'étude. Tous les enfants vaccinés reçoivent un complément de vitamine A. La déléguée demande une aide sous la forme de nécessaires d'épreuves et d'une amélioration des installations de laboratoire pour la surveillance des concentrations d'iode et de sel. Elle appuie le projet de résolution proposé par le Brésil, mais y ajoute deux amendements. Au paragraphe 1.1 0), il conviendrait d'insérer les mots « dans 1' indépendance et la transparence » après « substituts du lait maternel ». Au paragraphe 1.11 ), il conviendrait de remplacer l'intégralité du texte après « positive pour le VIH » par le passage « et, ce faisant, élargir l'accès aux conseils et aux tests volontaires et confidentiels pour mieux diffuser l'information permettant de prendre des décisions en connaissance de cause, mais aussi, dans toute la mesure possible, pour conseiller les mères sur l'allaitement maternel exclusif dans les pays en développement, tandis que celles pouvant choisir d'autres options seront encouragées à les suivre prudemment, en contrôlant l'influence exercée par les industries». Certains pays ne disposent pas de banques de lait maternel et l'OMS ne doit pas promouvoir les substituts là où il n'y a pas d'eau salubre ni d'argent pour les acheter. · Le Dr COULIBALY KOUNANDI (Côte d'Ivoire) fait savoir que la politique de son pays concernant la nutrition du nourrisson et du jeune enfant est fondée sur la conviction qu'une bonne alimentation, notamment l'allaitement maternel exclusif de 1' enfant jusqu'à 1' âge de six mois avec des aliments de complément jusqu'à l'âge de deux ans, est bénéfique pour la santé physique et mentale. Il appuie donc le projet de résolution proposé par le Brésil. Le paragraphe 1.5) devrait être plus précis et il en propose le libellé suivant : « à renforcer les activités et développer de nouvelles approches pour promouvoir l'allaitement maternel exclusif pendant les six premiers mois de la vie et l'apport d'aliments de complément adaptés jusqu'à l'âge de deux ans, en mettant l'accent sur les canaux de diffusion sociaux et ces concepts de sorte à amener la communauté à adhérer à ces pratiques». Les documents de l'OMS devraient s'aligner sur les dernières recherches et les recommandations de l'UNICEF, qui préconisent l'allaitement maternel jusqu'à six mois. Il propose le libellé suivant pour le paragraphe 1.11) : « à cesser tous les prétendus avantages pour la santé faisant la publicité et la promotion des produits couverts par le Code de commercialisation des substituts du lait maternel à travers les médias, y compris l'Internet et lese-mails».

74

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

Il demande que 1' étude sur le VIH et 1'alimentation du nourrisson ainsi que sa traduction soient distribuées aux délégués. Pour conclure, il félicite le Ghana de l'adoption par son Parlement d'une loi sur la commercialisation des substituts du lait maternel, qui, probablement la première dans la sous-région, devrait servir d'exemple aux autres pays.

La séance est levée à 12 b 35.

CINQUIEME SEANCE

Jeudi 18 mai 2000, 14 h 30 Président : Professeur S. M. ALI (Bangladesh)

QUESTIONS TECHNIQUES ET SANITAIRES: Point 12 de l'ordre du jour (suite)

Alimentation du nourrisson et du jeune enfant: Point 12.4 de l'ordre du jour (documents A53/7 et A531INF.DOC./2) (suite) Le Dr PATCHARA WAN SRISIT.,APANAN (Thaïlande) informe la Commission que la Thaïlande a pleinement adopté l'initiative des hôpitaux «amis des bébés» et observe strictement le Code international de commercialisation des substituts du lait maternel. Toutefois, elle cherche à renforcer le système de surveillance par l'intermédiaire d'organisations intergouvernementales et non gouvernementales, car les industries tentent de violer le Code autant de fois que possible en faisant de la publicité indirecte. La Thai1ande cherche à remédier aux carences en iode en adoptant une approche intersectorielle visant une iodation généralisée du sel, en application de lois sur l'alimentation et sur les médicaments. Il est obligatoire d'enrichir le lait condensé en vitamine A, et les industries alimentaires enrichissent volontairement en vitamine A les nouilles instantanées, très appréciées des Thai1andais, ainsi que d'autres produits. Une récente loi sur le travail a porté à 90 jours le congé maternité totalement pris en charge, initiative importante compte tenu de la forte participation des femmes sur le marché du travail thai1andais, mais il est nécessaire d'adopter une approche globale pour créer un environnement propice à l'allaitement. La déléguée souhaite apporter les amendements suivants au projet de résolution : au troisième alinéa du préambule, insérer le membre de phrase « , problème qui renvoie à la pauvreté, au dénuement, à la sécurité des produits alimentaires et aux inégalités sociales, » après le terme « monde » ; au paragraphe 1.3), insérer le membre de phrase«, y compris sur les lois et réglementations en matière de protection du travail susceptibles de favoriser le congé maternité et l'allaitement,» après le mot « politiques » ; au paragraphe 1.9), insérer les mots « , le cas échéant, législatives, » après le terme « mesures » ; au paragraphe 1.1 0), insérer le membre de phrase « et à donner au public en général les moyens d'agir,» après le mot« maternel,»; au paragraphe 1.12), insérer les mots« de l'obésité,» après « carence en micronutriments, » ; et remplacer le terme « disponibilités alimentaires » par « sécurité des produits alimentaires » lorsqu'il apparaît. Le Dr SOARES MARQUES DE LIMA (Sao Tomé-et-Principe) fait observer que sa délégation est préoccupée par la question de la transmission du Vlli et de l'allaitement au sein exclusif. Le personnel de santé est confronté à des problèmes de conscience et d'éthique lorsqu'il doit donner des conseils à des mères séropositives qui allaitent leur enfant alors que celui-ci n'est peut-être pas infecté par le virus. L'intervenant demande par conséquent à l'OMS d'entreprendre d'urgence des recherches approfondies en la matière en vue de communiquer des principes directeurs plus pertinents. Sa délégation souhaite également avoir des éclaircissements concernant une question déjà soulevée par la délégation de la Côte d'Ivoire, à savoir la durée recommandée de l'allaitement au sein exclusif, certains faisant référence à quatre mois et d'autres à six mois. Sa délégation soutient le projet de résolution, mais elle souhaiterait voir les amendements par écrit.

-75-

76

CINQUANTE-TROIS lEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

Le Dr WANG Zhao (Chine) approuve l'analyse qui a été faite, les conclusions qui ont été tirées et les mesures proposées dans le rapport du Directeur général. La Chine accorde une grande attention à la nutrition du nourrisson et du jeune enfant afin de protéger la santé de 1'enfant, et a encouragé activement l'allaitement et la mise en place d'hôpitaux« amis des bébés». La délégation chinoise suggère que l'OMS procède à une étude spéciale en vue d'obtenir plus d'informations concernant les bases scientifiques à l'appui des nouvelles mesures techniques proposées dans les nombreux amendements et d'évaluer les éventuels coûts et volume de travail pour la fourniture d'informations et l'offre d'une formation ainsi que pour la mise en oeuvre. Le Dr SEPÛLVEDA AMOR (Mexique) se félicite de 1'étude multicentrique destinée à déterminer une nouvelle référence de croissance internationale et dit que le Mexique souhaiterait prendre part à l'étude en utilisant un de ses centres, qui serait financé grâce à ses propres ressources. La deuxième étude nationale sur la nutrition a récemment été achevée, ce qui a permis d'évaluer les changements rapides qui se sont produits en termes de chiffres et de tendances. Les cas de malnutrition ont nettement diminué, mais il subsiste une forte prévalence d'anémie et de carences en éléments traces tels que le zinc. Paradoxalement, l'obésité infantile augmente, ce qui est très préoccupant. Pour la délégation du Mexique, le projet de résolution proposé par le Brésil présente des problèmes, et c'est pourquoi elle souhaiterait qu'il soit soumis à un examen préliminaire du Conseil exécutif. M. DE AGUIAR PATRIOTA (Brésil) explique que sa délégation a proposé le projet de résolution à la Commission, car il lui semble indispensable d'améliorer la nutrition du nourrisson et du jeune enfant. La délégation du Brésil pense qu'il est important que des mesures soient prises à la Cinquante-Troisième Assemblée mondiale de la Santé compte tenu·du fait que l'on dispose d'un grand nombre de preuves scientifiques et épidémiologiques solides. Le Quatrième rapport sur la situation nutritionnelle dans le monde, les exposés présentés lors d'un symposium organisé pendant la vingt-septième session du Sous-Comité de la nutrition du Comité administratif de Coordination (CAC/SCN) de l'Organisation des Nations Unies, de même que les déclarations relatives à la durée idéale de l'allaitement faites par des consultants de l'OMS à la consultation technique en mars 2000, ont montré qu'il est possible d'apporter des réponses plus énergiques que celles qui figurent dans le rapport. Bénéficier d'une meilleure alimentation, qui soit mieux adaptée, est un droit fondamental de l'homme, droit sur lequel on peut légitimement insister, en application de la Convention relative aux droits de l'enfant. Il est d'ailleurs temps que chacun prenne ses responsabilités en vue de satisfaire à ces obligations. A la vingt-sixième session du CAC/SCN, le Directeur général en personne a souligné le lien qui existe entre droits de l'homme et nutrition. Le délégué présente les grandes lignes du projet de résolution et exprime sa gratitude à tous ceux qui y ont apporté leur soutien. Il demande si les amendements pourraient être proposés par écrit. Il souhaiterait qu'un accord intervienne en la matière, pour qu'il soit ensuite présenté pour décision devant l'Assemblée de la Santé. Le Dr OTTO (Palaos) indique que, dans son pays, l'allaitement demeure un problème. Après l'accouchement, dès la sortie de l'hôpital, le taux d'allaitement au sein exclusif baisse. Jusqu'à l'âge de six mois, seuls un tiers des nourrissons sont encore exclusivement allaités au sein. Sa délégation remercie les diverses organisations intergouvernementales, non gouvernementales et nationales pour leur soutien aux programmes en la matière. Les Palaos estiment qu'oublier le rôle du père dans l'alimentation du nourrisson et dans la nutrition du jeune enfant constitue une grave erreur. Des chiffres montrent que, lorsque le père est favorable à l'allaitement, le taux de prévalence et la durée de l'allaitement sont supérieurs. L'intervenant réitère la demande exprimée par la délégation de Sao Tomé-et-Principe concernant la durée recommandée de l'allaitement au sein exclusif. Si l'on recommande une durée de six mois d'allaitement au sein exclusif pour les nourrissons américains, comme l'indiquent des recherches menées par l'Académie américaine de Pédiatrie ainsi que d'autres recherches financées par l' AID, mais également des rapports rédigés par

COMMISSION A : CINQUIEME SEANCE

77

d'autres pays, alors la durée de quatre mois préconisée pour les nourrissons des pays en développement ne devrait pas être considérée comme optimale. Par ailleurs, une étude parue en 1999 dans le British medical journal a montré que les nourrissons ayant reçu une alimentation de complément avant l'âge de six mois ont 13 fois plus de risques de contracter des infections respiratoires que ceux ayant exclusivement été allaités pendant les six premiers mois de leur vie. Comme l'indique le rapport, il est également prouvé que 1'allaitement au sein exclusif permet une meilleure protection contre la transmission du Vlli que 1'alimentation mixte. La délégation des Palaos soutient le projet de résolution, avec l'amendement suivant: insérer, après le sixième alinéa du préambule, un nouvel alinéa dont le libellé est : « Consciente du fait que le Code international de commercialisation des substituts du lait maternel indique qu'aucune publicité ne devrait être faite, qu'aucune revendication sanitaire ne devrait être invoquée ou que toute autre forme de promotion concernant les produits entrant dans son champ d'activité ne devrait être entreprise, même si des méthodes de communication électronique telles que l'Internet sont actuellement largement employées pour promouvoir ces produits;». La délégation des Palaos soutient l'amendement proposé par la délégation de la Côte d'Ivoire au paragraphe 1.10) et se félicite de l'étude multicentrique sur la référence de croissance. Le Professeur KÔLBEL (République tchèque) souligne la complexité du problème de la nutrition appropriée du nourrisson et du jeune enfant et insiste sur son importance pour le bon qéveloppement des futures générations. Des règles et des recommandations générales et optimales devraient s'appliquer universellement, par-delà les facteurs régionaux, religieux ou autres. Sa délégation est contente que la question de l'allaitement et de la nutrition ait été analysée comme une question scientifique. Elle conclut qu'il n'est pas nécessaire d'adopter immédiatement une résolution et qu'il vaudrait mieux attendre qu'une analyse approfondie des études en cours ait été effectuée, de sorte que les résultats puissent comme prévu être soumis à l'Assemblée de la Santé en 2002. Le Dr FETISOV (Fédération de Russie) dit que le Ministère de la Santé de son pays attache de l'importance au problème de l'allaitement, ce qui s'est traduit par l'élaboration de politiques nationales en matière de nutrition et de rationalisation de la nutrition, notamment chez le jeune enfant. Le Ministère estime que les programmes visant à encourager l'allaitement sont des moyens économiques et très efficaces de préserver la santé et de réduire la mortalité infantile. La Fédération de Russie préconise l'allaitement au sein exclusif jusqu'à six mois, puis l'allaitement combiné à une alimentation de complément jusqu'à l'âge de deux ans. En 1997, elle a mis en place un centre destiné à faire conna.J."tre la pratique de l'allaitement et à l'encourager et, depuis, elle a assuré la formation de personnel médical au titre de l'initiative des hôpitaux« amis des bébés». Les« 10 conditions pour le succès de l'allaitement» sont actuellement présentées dans les maternités et 90 à 95% des nourrissons continuent d'être allaités exclusivement au sein à la sortie de l'établissement. D'une manière générale, le pourcentage des nourrissons nourris exclusivement au sein n'a pas atteint les niveaux souhaités. Des statistiques montrent que de 1993 à 1998, quelque 45 %des mères allaitaient leurs nourrissons jusqu'à l'âge de trois mois, mais seulement 32% s'y étaient tenues jusqu'à l'âge de six mois. La délégation russe appuie sans réserve les études scientifiques actuellement menées par l'OMS en vue d'élaborer un ensemble de références de croissance pour évaluer le développement des enfants. Le Dr Fetisov demande des précisions concernant 1'issue de la Consultation technique mondiale sur l'alimentation du nourrisson et du jeune enfant qui s'est tenue en mars 2000. Sa délégation soutient le projet de résolution, mais propose, au paragraphe 1.5), de remplacer « puis une alimentation mixte jusqu'à deux ans» par« puis l'introduction d'une alimentation de complément et la poursuite de l'allaitement jusqu'à deux ans». Le Dr JAYATHILAKA (Sri Lanka) dit que l'OMS devrait accorder un fort degré de priorité à la nutrition du nourrisson et du jeune enfant. Dans son pays, depuis 1993, le taux d'allaitement au sein exclusif a doublé grâce à des programmes efficaces menés en collaboration avec l'OMS et l'UNICEF. Le

78

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

code de 1983 pour les substituts du lait maternel est en révision. En vue d'améliorer encore les taux d'allaitement, un projet visant à accorder un congé de maternité de 84 jours ouvrables est en application. La portée du projet de résolution est très large; il conviendrait de recueillir l'opinion des organisations concernées. L'intervenant suggère que le texte soit examiné par le Conseil puis de nouveau soumis à la Commission. Le Dr VIOLAKI-PARASKEVA (Grèce) se félicite des progrès réalisés dans la mise en oeuvre du Code international de commercialisation des substituts du lait maternel. Il convient d'intensifier encore ces efforts aux niveaux national et international. Prenant note du nouveau texte de stratégie et de plan d'action mondiaux pour la nutrition du nourrisson et du jeune enfant tel que décrit dans le document A53/INF.DOC./2, l'intervenante se félicite que l'intention d'organiser des consultations régionales sur la stratégie en 2000 et 2001 ait été manifestée. Les travaux relatifs à d'autres questions importantes, comme le VIH et l'alimentation du nourrisson ainsi que l'allaitement en situations d'urgence, sont un investissement pour le futur. Le Dr THIERS (Belgique) émet des réserves concernant le projet de résolution et doute de la nécessité d'un tel texte, étant donné que des résolutions sur le sujet ont été adoptées précédemment par l'Assemblée de la Santé. Par conséquent, il soutient la proposition du délégué de Sri Lanka. Le Dr W AHEED (Maldives) approuve en général le projet de résolution, mais indique qu'il est peu probable que chaque Etat Membre puisse atteindre 1' objectif du paragraphe 1.1) dans un futur prévisible, à savoir reconnaître que l'accès à l'alimentation et à une nutrition adéquate est un droit fondamental de la personne humaine. Il propose par conséquent que les mots « droit fondamental de la personne humaine » figurant dans ce paragraphe soient remplacés par « objectif de développement humain » à chaque fois qu'ils apparaissent. Mme NGHATANGA (Namibie) demande instamment au Directeur général de continuer à soutenir les Etats Membres dans leurs efforts actuels et futurs pour améliorer la nutrition du nourrisson et du jeune enfant. La Namibie a conçu et mis en oeuvre des programmes sur l'alimentation et la nutrition, en mettant principalement l'accent sur l'amélioration de l'état nutritionnel des groupes vulnérables de la société, notamment les enfants de moins de cinq ans. Le Ministère de la Santé et des Services sociaux de la Namibie, en collaboration avec des partenaires pour la santé, a récemment élaboré des projets de principes directeurs sur la nutrition, qui concernent également l'état nutritionnel des personnes infectées par le VIH. Mme Nghatanga soutient le projet de résolution proposé par le Brésil, avec l'amendement proposé par le délégué du Swaziland. Le Dr HAMUKWAY A (Angola) informe la Commission que son pays est victime d'une importante malnutrition et que l'état de guerre aggrave la situation; de nombreuses personnes déplacées vivent dans une extrême pauvreté : elles sont donc malnutries et vulnérables aux infections. Retards de croissance intra-utérine et insuffisance pondérale à la naissance posent de sérieux problèmes. L'Angola a mis en place une bonne douzaine d'hôpitaux et de maternités« amis des bébés». L'allaitement au sein exclusif jusqu'à l'âge de six mois est actuellement encouragé: pour ce faire, l'éducation des mères est assurée dans les maternités et dans les hôpitaux pédiatriques. L'intervenante demande au Directeur général de poursuivre les recherches en matière d'allaitement au sein par des femmes séropositives. Elle soutient le projet de résolution proposé par le Brésil, avec les amendements proposés par les délégués de la Namibie, du Swaziland et de la Côte d'Ivoire. Le Dr CICOGNA (Italie) relève la nécessité de réduire toutes les formes de malnutrition, notamment chez les enfants de moins de cinq ans. Son Gouvernement accorde un degré élevé de priorité à l'amélioration de la nutrition du nourrisson et du jeune enfant. En témoignent l'importance accordée à

COMMISSION A : CINQUIEME SEANCE

79

cette question dans le plan de santé national mais également la participation aux efforts déployés au niveau international en vue d'améliorer la santé maternelle et infantile. Mme VALDEZ (Etats-Unis d'Amérique) suggère que, dans le cadre de la nutrition du nourrisson et du jeune enfant, l'OMS, l'UNICEF, les Etats Membres et d'autres parties prenantes encouragent l'élaboration d'une stratégie mondiale propre à garantir un dialogue transparent et dynamique et à dégager un consensus sur des principes directeurs sanitaires et nutritionnels. Pour ce faire, les partenaires devront se baser sur les meilleures pratiques scientifiques et sur les meilleures données disponibles. Il conviendrait notamment d'étudier l'impact du marketing social, l'influence des différences qui existent entre les villes et la campagne et l'incidence des principes directeurs actuels sur la croissance et sur le poids des enfants. A l'heure où l'OMS est engagée dans un processus consultatif technique à l'issue duquel des recommandations seront examinées par la Cinquante-Cinquième Assemblée mondiale de la Santé, examiner le projet de résolution dont est saisie la Commission serait prématuré et prêterait à confusion. Le projet de résolution soulève également des questions juridiques et fmancières. Mme Valdez s'associe donc aux délégués de la Belgique, de l'Italie, du Mexique, de la République tchèque et de Sri Lanka, entre autres. Même si le projet de résolution reconnaît l'importance cruciale de ces questions, il convient de le renvoyer devant le Conseil pour être soumis de nouveau à la Commission, car le texte est complexe et il est nécessaire de fournir des renseignements soigneusement mis à jour et basés sur des faits scientifiques. Le Dr SANGALA (Malawi) se félicite du rapport présenté par le Directeur général et désigne la pauvreté comme principale cause de malnutrition. Le manque d'éducation étant un facteur de malnutrition, son Gouvernement mène des programmes éducatifs via les médias. Des suppléments de vitamine A sont administrés aux mères après la naissance de leur enfant et aux bébés à partir de six semaines, jusqu'à 1' âge de six mois, même si des aliments riches en vitamine A sont disponibles dans le pays. L'éducation en matière de nutrition devrait également tenir compte des changements qui s'opèrent dans le régime alimentaire traditionnel. Pour régler le problème de la malnutrition chez les enfants de moins de cinq ans, le Malawi a formé plus de 6000 volontaires chargés de surveiller leur croissance. Ils ont établi des programmes communautaires d'alimentation des enfants et développé des activités rémunératrices destinées à garantir la viabilité des programmes. L'objectif est de fournir au moins un repas nutritif par jour aux individus appartenant aux groupes les plus vulnérables; les enfants sévèrement atteints de malnutrition (dont le poids est inférieur de 60 % au rapport poids/âge) sont traités dans des hôpitaux. Le Malawi a également réalisé des progrès dans la mise en place d'hôpitaux« amis des bébés». Le Dr Sangala appuie le projet de résolution, avec les amendements proposés par le délégué du Swaziland, et propose également que le membre de phrase « en accordant une attention particulière aux orphelins qui se retrouvent seuls à la suite de l'épidémie de VIH/SIDA » soit ajouté à la fm du paragraphe 2.6). Le Dr LARSEN (Norvège) se déclare satisfaite de l'examen consacré à l'alimentation complémentaire des jeunes enfants dans les pays en développement, examen qui présente un intérêt pour l'ensemble des pays. En Norvège, environ 100 % des mères commencent à allaiter et 80 % d'entre elles allaitent encore lorsque l'enfant a six mois. Toutefois, seulement 44% des mères allaitent exclusivement au sein jusqu'à l'âge de quatre mois et seulement 8% jusqu'à l'âge de six mois. Des recherches approfondies pourraient être nécessaires pour évaluer l'importance de l'allaitement au sein exclusif. La poursuite, depuis de nombreuses années, de l'initiative des hôpitaux« amis des bébés» dénote clairement la valeur de cette initiative. Les outils de surveillance mis au point par l'OMS en 1998 sont indispensables pour assurer sa pérennité. Ce concept devrait être étendu aux maternités et aux mères. Le Dr Larsen se déclare honorée de participer à l'étude multicentrique sur la référence de croissance. Elle espère que l'étude apportera des preuves solides permettant de dispenser de meilleurs conseils dans ce domaine.

80

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

Le Dr LEVENTHAL (Israël) dit que, comme de nombreux autres pays, Israël encourage l'allaitement plutôt que l'alimentation de supplément. En ce qui concerne le projet de résolution, il partage l'avis de nombreux intervenants, mais le sujet est si crucial qu'il est nécessaire d'attendre que toutes les meilleures preuves scientifiques disponibles soient livrées avant d'examiner le texte dans son intégralité. Il propose par conséquent de repousser 1' examen jusqu'à la prochaine session de 1' Assemblée de la Santé, mais, pour l'heure, il espère qu'un consensus se dégagera en la matière. Le Professeur AHSAN ULAH (Bangladesh) dit que, dans son pays, la nutrition du nourrisson et du jeune enfant s'est améliorée, mais qu'elle présente encore des risques. Le taux de mortalité des nourrissons et celui des enfants de moins de cinq ans s'élèvent à 71 et 137 pour 1000 naissances vivantes, respectivement. Si l'on se base sur les rapports taille/âge et poids/taille, quelque 69% de tous les enfants entre six mois et cinq ans sont victimes de malnutrition. La malnutrition est plus importante parmi ceux des zones rurales que parmi ceux des zones urbaines, les carences en micronutriments continuant de poser un problème général. Le Bangladesh a entrepris les mesures suivantes : lutte contre les maladies infectieuses, amélioration de l'assainissement, utilisation accrue de la thérapie par réhydratation orale pour combattre la diarrhée, poursuite du programme élargi de vaccination, promotion et soutien de 1' allaitement au sein, réduction des carences en micronutriments et mise en place d'hôpitaux« amis des bébés». Pour mettre en oeuvre ces activités, le Bangladesh demande le soutien de l'OMS. Le pays a organisé qes journées nationales de sensibilisation à la vaccination, aux carences en vitamine A, à l'allaitement, à la nutrition et à la santé maternelle et infantile. La malnutrition est un des problèmes de santé publique les plus sérieux et tous les secteurs de la société devraient s'impliquer en vue d'y remédier. Il est néces~aire que l'OMS préconise l'utilisation du Code international de commercialisation des substituts du lait maternel, Code dont l'application est obligatoire au Bangladesh. Des mécanismes devraient être mis en place pour maintenir les normes dans les hôpitaux« amis des bébés» et pour garantir leur viabilité. L'intervenant convient que l'allaitement devrait être une pratique universelle et il se déclare favorable à son allongement jusqu'à six mois. Mme WIJNROKS (Pays-Bas) encourage vivement l'élaboration conjointe d'une nouvelle stratégie et d'un nouveau plan d'action mondiaux, qui tiennent compte des opinions divergentes exprimées par les différentes parties engagées et qui se fondent sur des informations scientifiques solides, objectives et indépendantes. Il est crucial que l'OMS et l'UNICEF collaborent avec d'autres partenaires afm que leur stratégie soit un succès. Selon le rapport de la consultation technique, l'étude multicentrique de l'OMS sur la référence de croissance qui est en cours est censée permettre de mieux comprendre à quel âge l'allaitement au sein exclusif peut être complété par d'autres sources d'alimentation. Compte tenu du fait que l'étude n'était pas destinée à cette fm, les Pays-Bas hésitent à tirer des conclusions. Les conclusions concernant la fourchette d'âge optimale pour l'allaitement au sein exclusif devraient se fonder non seulement sur des données de croissance, mais également sur des aspects liés au développement et à la santé. Le Directeur général devrait assurer la coordination d'un examen scientifique indépendant et objectif propre à fournir des principes directeurs en la matière, et ce dès que possible. Les Pays-Bas encouragent tous les partenaires à s'unir en vue d'adopter une stratégie mondiale sur la nutrition du nourrisson et du jeune enfant à la Cinquante-Quatrième Assemblée mondiale de la Santé en 2001, faisant ainsi coïncider cette adoption avec le vingtième anniversaire du Code international de commercialisation des substituts du lait maternel. Pour l'instant, les Pays-Bas ne soutiennent donc pas l'approbation du projet de résolution. Le Dr MOGUILEVSKY (Argentine) exprime son soutien à l'essentiel du projet de résolution, notamment en ce qui concerne la durée de la période d'allaitement au sein exclusif. En Argentine, les autorités sanitaires et la communauté scientifique considèrent que la durée optimale est de six mois, et elles maintiendront ce point de vue jusqu'à ce que de nouveaux éléments scientifiques prouvent le

COMMISSION A : CINQUIEME SEANCE

81

contraire. En Argentine, l'administration de suppléments alimentaires est recommandée uniquement à partir de l'âge de six mois. Le Dr MANSOUR (Egypte) dit que, dans son pays, un programme a été mis en oeuvre pour soutenir la nutrition du nourrisson et du jeune enfant. Un centre national pour l'allaitement a été mis en place et le personnel travaillant dans des hôpitaux « amis des bébés » et « amis des mamans » a suivi des cours de formation en matière d'administration et d'utilisation d'outils de surveillance. La commercialisation de lait et d'aliments de complément pour les nourrissons est réglementée, et la croissance des enfants est surveillée grâce à l'application d'un système de fiches de santé. Pour améliorer l'équilibre en micronutriments, des suppléments de vitamine A et de fer sont administrés aux mères pendant la grossesse et après la naissance ainsi qu'aux nourrissons, et 94% du sel commercialisé est enrichi en iode. Un programme intégré de soins de santé pour les enfants, en cours d'exécution, porte sur la prévention, le traitement et la prise en charge de la malnutrition. Le Dr Mansour remercie l'OMS et l'UNICEF pour leur soutien dans la mise en oeuvre de ces programmes. Elle remercie également le délégué du Brésil pour son projet de résolution et recommande que des études supplémentaires soient menées sur l'allaitement au sein exclusif et l'alimentation de complément. Le Dr REVELLO (Venezuela) souligne qu'il est important de favoriser une nutrition adaptée pour les nourrissons et les jeunes enfants, car elle a des répercussions positives sur lew santé physique, psychologique et sociale et permet de réduire la morbidité et la mortalité des nourrissons, notamment au regard des maladies infectieuses. Le principal objectif de santé du Venezuela pour 2000-2001 est de faire baisser les taux de mortalité maternelle et infantile, surtout grâce à l'allaitement au sein. En 2000, une loi nationale sur la protection des enfants et des adolescents a pris effet, accordant ainsi aux enfants et aux adolescents la priorité dans tous les programmes, notamment les programmes consacrés à l'éducation, à la santé et à la nutrition. Le Venezuela est reconnu officiellement comme ayant pratiquement réglé les troubles dus à une carence en iode, et ce grâce à son programme assidu d'iodation du sel. Le Venezuela est sérieusement engagé dans la lutte contre la malnutrition des enfants et reconnaît l'importance des efforts déployés par l'OMS en la matière. Le Dr Revello félicite l'OMS pour son rapport et exprime son appui au projet de résolution. Il propose un amendement au paragraphe 1.5) tendant à accorder un soutien sans équivoque à l'allaitement au sein exclusifjusqu'à l'âge de six mois, comme l'ont recommandé d'autres organisations internationales spécialisées et diverses délégations. Enfin, le Venezuela préconise de mener des recherches approfondies sur les risques de transmission du VIH par des mères séropositives qui allaitent. M. FAESSLER (Suisse) suggère d'orienter le débat sur les mesures concrètes qui doivent être prises en vue de promouvoir l'allaitement et de favoriser le développement d'un consensus parmi les partenaires internationaux, gouvernementaux et civils qui sont engagés. La consultation technique organisée par l'OMS en mars 2000 est la première mesure s'inscrivant dans cette optique. La Suisse espère qu'une stratégie unanimement acceptée pourra être présentée au Conseil exécutif à sa cent neuvième session, en janvier 2002. Pour ce faire, les initiatives nationales basées sur le Code international de commercialisation des substituts du lait maternel devraient être soutenues et encouragées. Au début des années 90, la Suisse a adopté des principes directeurs à l'intention des fabricants de préparations pour nourrissons et elle met actuellement en place une fondation suisse visant à promouvoir l'allaitement maternel. La Suisse pense que les travaux devraient s'orienter dans la direction préconisée par l'OMS. Le projet de résolution est l'expression d'efforts louables, mais il ne semble pas faire avancer les choses. Le Dr AISTON (Canada) indique que son pays a encouragé et favorisé l'allaitement sans relâche, car il s'agit de la meilleure méthode d'alimentation du nourrisson. Le Canada travaille avec plusieurs partenaires aux niveaux national, provincial et territorial afm de garantir que, grâce à l'allaitement, le

82

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

nourrisson prendra le meilleur départ possible dans la vie. Son pays reconnaît et applaudit les efforts déployés par l'OMS, l'UNICEF et le Comité d'Allaitement pour le Canada, et soutient les travaux liés à l'initiative des hôpitaux «amis des bébés». Il appuie également le Code international de commercialisation des substituts du lait maternel et estime que chaque pays doit adapter ce Code en fonction de ses propres réalités politiques, économiques et sociales. L'OMS a engagé un processus utile en formant un groupe d'étude; cette entreprise permettra de réunir les connaissances scientifiques nécessaires pour que des décisions pertinentes soient prises. Le Professeur AKIN (Turquie) note que, en dépit du soutien apporté par l'OMS à son pays et à d'autres, les pratiques en matière d'alimentation du nourrisson et du jeune enfant doivent encore être améliorées pour réduire les résultats indésirables découlant de pratiques inappropriées. Dans beaucoup de pays, ces résultats indésirables ne sont pas tous signalés ou sont sous-estimés ; et malgré cela, les chiffres sont énormes. Le Professeur Akin mentionne les nombreuses initiatives en cours, qui devraient servir de base à la formulation d'une nouvelle stratégie et d'un nouveau plan d'action mondiaux en vue de mettre en oeuvre des pratiques d'alimentation du nourrisson appropriées. Cette stratégie donnera une indication précise sur l'avenir. Elle devrait être distribuée aux Etats Membres et autres parties intéressées pour information. Leurs réactions seraient ainsi recueillies et présentées par le Directeur général au Conseil exécutif à sa cent neuvième session et à la Cinquante-Cinquième Assemblée mondiale de la Santé. La Turquie pense que le projet de résolution devrait être examiné et, si nécessaire, révisé, à la .lumière des résultats de l'initiative du Directeur général et sur la base de solides données scientifiques. Le Dr YODA (Japon), reconnaissant l'importance de la nutrition du nourrisson et du jeune enfant, demande instamment que les politiques et stratégies en la matière se fondent sur des preuves scientifiques et sur d'autres stratégies de santé publique. Le Japon soutient pleinement les politiques et stratégies de l'OMS relatives à cette question. Le Dr TEE AH SIAN (Malaisie) soutient le projet de résolution, mais demande que plusieurs amendements y soient apportés. Au paragraphe 1.5), il propose de remplacer le terme « mixte » par le terme « de complément ». Au paragraphe 1.1 0), il propose de remplacer les mots « et de notification des progrès réalisés dans la mise en oeuvre » par « de façon transparente et indépendante » (ce qui donne en français : « à renforcer, de façon transparente et indépendante, les mécanismes de surveillance du Code international de commercialisation des substituts du lait maternel ... »). Il propose également d'ajouter un nouveau paragraphe après le paragraphe 1.14), dont le libellé serait le suivant : « à mettre un terme aux revendications sanitaires, à la publicité et à toute autre forme de promotion des produits entrant dans le champ d'application du Code international de commercialisation des substituts du lait maternel, via des médias, notamment électroniques, tels que l'e-mail et les sites Web». Au paragraphe 2.5), il propose de remplacer « pour » par le membre de phrase « afm de proposer des mécanismes mondiaux efficaces qui soient transparents, indépendants et qui ne subissent pas d'influence commerciale». Au paragraphe 2.6), il propose d'ajouter le mot« indépendantes» après« recherches». Le Professeur ONGERI (Kenya) explique que son Gouvernement a manifesté un profond engagement pour garantir les droits des enfants en inculquant les connaissances de base en matière de santé infantile, de nutrition, d'allaitement, d'hygiène et d'assainissement et en offrant un soutien pour l'utilisation de ces connaissances. Le lait maternel fournit aux bébés tous les éléments nutritifs dont ils ont besoin pour les six premiers mois de leur vie. Le Kenya a été l'un des premiers pays à mettre en oeuvre l'initiative des hôpitaux «amis des bébés», ce qui a permis d'améliorer considérablement l'alimentation des nourrissons et des jeunes enfants. Le pays possède 60 hôpitaux de ce genre. La délégation kényenne soutient le projet de résolution sous réserve de la suppression du terme « environ » au paragraphe 1.5).

COMMISSION A : CINQUIEME SEANCE

83

M. PARK (République de Corée) se félicite du rapport du Directeur général sur la nutrition du nourrisson et du jeune enfant et des mesures prises pour élaborer des stratégies mondiales en la matière. Sa délégation pense qu'un délai supplémentaire est nécessaire pour examiner le projet de résolution et pour étudier toutes les preuves scientifiques à ce sujet. Le Dr MOETI (Botswana) se félicite du projet de résolution mais, compte tenu du fait que son pays est sévèrement touché par le Vlli/SIDA, il pense qu'une résolution concernant un sujet aussi complexe que l'alimentation du nourrisson et du jeune enfant devrait d'abord être soumise au Conseil, comme l'ont proposé différentes délégations, puis présentée pour un examen attentif à la prochaine Assemblée de la Santé. Le Dr THORNE (Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord) indique que les preuves dégagées à l'issue de l'étude menée au Royaume-Uni en 1999 sur la nutrition des nourrissons n'ont pas modifié la recommandation selon laquelle les mères devraient allaiter pendant quatre mois au moins. Par ailleurs, les principales carences nutritionnelles chez le nourrisson et le jeune enfant sont un manque de micronutriments et chez le jeune enfant une consommation de fruits et de légumes insuffisante. Compte tenu des questions complexes qui ont été soulevées et du grand nombre d'amendements à examiner, la délégation du Royaume-Uni suggère également que la question soit renvoyée devant le Conseil. M. EINARSSON (Islande), prenant la parole au nom des pays nordiques, dit partager l'avis de la délégation des Pays-Bas concernant la nécessité d'examiner la question plus en détail. Mlle BALOCH (Pakistan) indique que sa délégation convient parfaitement que la nutrition du nourrisson et du jeune enfant est essentielle pour le développement humain. Dans les pays en développement, l'allaitement est la première mesure visant à lutter contre la maladie, la pauvreté et le sous-développement. Son pays soutient par conséquent le Code international de commercialisation des substituts du lait maternel et loue les efforts déployés par l'UNICEF et l'OMS pour garantir sa mise en oeuvre. Après un démarrage lent, le Pakistan a adopté une législation relative à l'allaitement et à la nutrition des jeunes enfants. Même si son pays comprend l'objectif principal du projet de résolution dont est saisie la Commission, il pense que des consultations informelles devraient avoir lieu afm de parvenir à un consensus autour de la question de savoir s'il convient d'approuver le projet de résolution tel quel, ou sous une forme modifiée, ou s'il convient de le renvoyer devant le Conseil. Mme MAKHMUDOVA (Ouzbékistan) dit que, dans son pays, la mauvaise nutrition est liée à des carences martiales et protéino-énergétiques, qui affectent un nourrisson sur trois. Ce n'est pas tant la pauvreté qui est à l'origine d'une mauvaise nutrition, mais plutôt la mauvaise répartition des ressources dans les familles, qui n'accordent pas un rang élevé de priorité à la nutrition du nourrisson et à l'allaitement au sein. Au début de l'année 2000, le Gouvernement de l'Ouzbékistan a adopté un programme intitulé «Programme pour une génération en bonne santé», dont l'un des chapitres est consacré aux mesures propres à modifier les attitudes communautaires en la matière. Le Gouvernement encourage vivement l'allaitement au sein. Par exemple, dans le cadre de l'élaboration de normes régionales pour le développement de l'enfant, il fmance la mise au point de matériels d'information nationaux. La délégation ouzbèke espère que l'OMS apportera son soutien à l'action du Gouvernement. En Ouzbékistan, le développement des enfants nés de mères atteintes d'anémie (70% d'entre elles) constitue un sérieux problème. Des recherches menées dans la région de l'Aral ont montré que des femmes atteintes d'anémie pouvaient allaiter leurs nourrissons et assurer leurs besoins nutritionnels complets uniquement pendant le premier mois de vie, question qui appelle des études complémentaires. La délégation ouzbèke approuve les déclarations des intervenants précédents en ce qui concerne la nécessité pour le Conseil de procéder à un examen préliminaire du projet de résolution et de reporter la question à la prochaine Assemblée de la Santé.

84

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

Le Dr UPUNDA (République-Unie de Tanzanie) soutient le rapport du Directeur général, car, dans son pays, l'allaitement est toujours au coeur de la nutrition du nourrisson. En 1994, le Gouvernement a promulgué une loi nationale relative au Code international de commercialisation des substituts du lait maternel, et un mécanisme de contrôle a été mis en place. Le pays compte plus de 50 hôpitaux« amis des bébés » mais aucune banque de lait. Sa délégation approuve donc les amendements proposés aux paragraphes 1.11) et 2.6). La position du pays concernant l'infection à VIH et l'alimentation des nourrissons est analogue à celle des autres pays africains et consiste à promouvoir l'allaitement au sein exclusif. Pour cette raison, il soutient le projet de résolution avec les amendements proposés par les délégués du Swaziland et de la Côte d'Ivoire. Le Dr AL-JABER (Qatar) dit que sa délégation approuve à la fois le contenu du projet de résolution et les amendements proposés par certaines délégations. Toutefois, le projet dont est saisie la Commission contient de nombreux sujets qu'il pourrait être bon de regrouper et de résumer sans pour autant modifier l'objectif de la résolution ; ces révisions pourraient être effectuées par un comité ou par l'OMS. Le Dr GONZÀLEZ FERNÀNDEZ (Cuba), citant le héros national cubain José Marti, dit que les enfants sont l'avenir de l'humanité. Entre 1990 et 1995, la proportion de personnes présentant une malnutrition protéino-énergétique a diminué de seulement 1 % dans le monde. A cette allure, il faudra 24 ans pour atteindre l'objectif fixé par l'OMS en vue de réduire cette forme de mal.t.mtrition. Il conviendrait d'accélérer les choses si l'on veut améliorer la santé des individus et leurs facultés intellectuelles, car une mauvaise nutrition agit non seulement sur le poids, mais également sur l'acuité mentale. Ce sujet revêt donc une grande importance. Cuba recommande l'allaitement au sein exclusifjusqu'à l'âge de six mois et possède de nombreux hôpitaux« amis des bébés» et« amis des mamans». On a accordé beaucoup d'attention à la nutrition du nourrisson, mais une mère ne peut allaiter son enfant correctement que si sa nutrition a été bonne au cours de la grossesse et de la lactation. L'une des principales causes de mortalité infantile est le faible poids de naissance des nourrissons; c'est la raison pour laquelle il conviendrait de faire davantage d'efforts pour s'assurer que les femmes enceintes et les mères allaitantes ont un régime alimentaire riche. L'intervenant juge inutile de reporter l'approbation du projet de résolution proposé par le Brésil, car cela reviendrait à différer une mesure pressante. M. VOIGTLÂNDER (Allemagne) approuve les initiatives et les objectifs mentionnés au paragraphe 10 du document A53/INF.DOC./2, mais estime que les pays sont libres de trouver leurs propres solutions concernant l'allaitement au sein exclusif, l'alimentation complémentaire et l'alimentation dans des situations difficiles, car les législations, les sociétés et les cultures diffèrent d'un pays à l'autre et d'une région à l'autre. Il se félicite des consultations régionales dont il est fait mention au paragraphe 13. Il considère que tous les Etats Membres de l'OMS pourront prendre part à ces consultations. Concernant le projet de résolution proposé par le Brésil, il préconise de réduire le volume des résolutions adoptées par l'Assemblée de la Santé, mais d'accroître leur valeur en faisant en sorte qu'elles soient plus concises, pertinentes et équilibrées; de telles résolutions auraient plus d'effet. C'est la raison pour laquelle il soutient l'appel lancé par d'autres délégations en vue de renvoyer le projet de résolution au Conseil pour un examen approfondi. Le Dr JEANFRANÇOIS (France) partage l'opinion d'intervenants précédents selon laquelle le projet de résolution devrait être renvoyé au Conseil, lequel fera ensuite connaître son avis sur le texte à la Cinquante-Quatrième Assemblée mondiale de la Santé. Le Dr SADRIZADEH (République islamique d'Iran) fait savoir que sa délégation estime que le projet de résolution et les amendements proposés sont très compliqués. Il se joint aux autres intervenants qui suggèrent de renvoyer le texte au Conseil pour un examen approfondi.

COMMISSION A : CINQUIEME SEANCE

85

Le Dr LOPEZ BALDIZON (Nicaragua) dit que le Nicaragua, deuxième pays le plus pauvre d'Amérique latine, connaît parfaitement 1' étroite relation qui existe entre pauvreté et malnutrition, ce qui entraîne des retards de croissance, une diminution des capacités intellectuelles et une vulnérabilité aux infections. Sa délégation considère que le projet de résolution proposé par le Brésil est extrêmement important et elle suggère d'inclure parmi les amendements d'autres sujets: conseils en matière de santé génésique pour allonger l'espacement des naissances et soins prénatals adéquats pour réduire l'incidence de l'insuffisance pondérale à la naissance ; promotion de l'allaitement au sein, avec une participation de la société civile et l'adoption d'une législation prévoyant notamment le contrôle des substituts du lait maternel ; enquêtes nationales sur les carences en micronutriments ; et journées nationales de la santé consacrées à la vaccination et à la fourniture de suppléments en vitamine A. L'intervenant préconise en outre la création de commissions nationales, avec le soutien d'organisations internationales. Etant donné qu'anémie, problèmes dentaires et parasites intestinaux sont étroitement liés à une mauvaise alimentation, une approche holistique des soins de santé devrait être adoptée. La délégation du Nicaragua appuie le projet de résolution, mais demande que le paragraphe 1.6) soit amendé pour indiquer clairement que l'initiative des hôpitaux« amis des bébés» concerne aussi les unités de soins de santé primaires. Elle n'est pas favorable au report des délibérations sur le projet de résolution jusqu'à la prochaine Assemblée de la Santé. Le Professeur SMALLWOOD (Australie) félicite l'OMS pour ses travaux con~us en matière de malnutrition et de nutrition de l'enfant. Sa délégation remercie celle du Brésil pour son projet de résolution, notant toutefois que l'OMS entreprend actuellement des activités dans ce domaine. Il mentionne en particulier l'étude consacrée à l'allaitement au sein exclusif et l'étude multicentrique sur la référence de croissance. Il se joint aux autres Etats Membres qui ont demandé de renvoyer au Conseil le projet de résolution pour qu'il soit examiné à la lumière des nouvelles informations scientifiques qu'on peut escompter. Le Dr CHATAUT (Népal) dit que la prise en charge de la malnutrition du nourrisson et du jeune enfant est un sujet de préoccupation au Népal. Sa délégation soutient le projet de résolution de vaste portée qui a été proposé, mais suggère, en vue de tirer profit des discussions et de l'examen scientifique qui auront lieu, qu'il soit renvoyé au Conseil et débattu par la prochaine Assemblée de la Santé. Le Professeur GRANGAUD (Algérie) félicite l'OMS pour l'énorme travail accompli dans les domaines de la malnutrition de l'enfant, de la sécurité alimentaire et nutritionnelle, des micronutriments et de l'allaitement maternel. Toutefois, l'exploitation des données recueillies n'étant pas achevée, il n'est pas opportun d'approuver un projet de résolution à ce stade. La délégation algérienne suggère que l'OMS poursuive ses travaux en coopération avec les Etats Membres pour faire en sorte de terminer l'étude complète des nombreuses questions figurant dans la documentation, afin que l'Assemblée de la Santé soit saisie d'un dossier préalablement examiné par le Conseil. Le Dr GALON (Philippines) informe la Commission que le plan d'action pour la nutrition de son pays prévoit notamment l'éducation nutritionnelle, la supplémentation en micronutriments et la salubrité des aliments. Il existe des lois sur l'iodation du sel, l'allaitement au sein et le maintien du nourrisson auprès de sa mère, ainsi qu'un code sur le lait. L'initiative des hôpitaux« amis des bébés et des mamans» est appliquée de manière vigoureuse dans les hôpitaux publics et privés dotés de maternités et de services pédiatriques. L'initiative concerne 95 à 97% des hôpitaux visés, avec le soutien de l'OMS, de l'UNICEF et d'organisations gouvernementales et non gouvernementales. Les Philippines attendent avec intérêt la communication des résultats de l'étude multicentrique sur la référence de croissance menée par l'OMS, afm qu'ils soient appliqués et viennent élargir les stratégies d'intervention nationales en matière de nutrition du nourrisson et du jeune enfant.

86

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

Le Dr FIKRI (Emirats arabes unis) dit que son Gouvernement s'est engagé à améliorer la nutrition de l'enfant. L'initiative des hôpitaux« amis des bébés» a été introduite en 1992. Une politique en matière d'allaitement au sein exclusif et d'alimentation complémentaire est appliquée de manière générale et a contribué à réduire le taux de mortalité infantile jusqu'à son niveau actuel de 9 pour 1000 naissances vivantes. La délégation des Emirats arabes unis soutient le projet de résolution proposé par le Brésil. Toutefois, certains paragraphes nécessitent un examen complémentaire et une reformulation. A ces fins, le texte devrait être soumis au Conseil. Le Dr RODRÎGUEZ ALVAREZ (Espagne) informe la Commission que le Parlement espagnol a expressément exprimé son soutien aux initiatives de l'OMS et de l'UNICEF concernant la promotion de l'allaitement. La mise en oeuvre de l'initiative des hôpitaux« amis des bébés» est en bonne voie. L'intervenant remercie la délégation brésilienne pour avoir présenté un projet de résolution complet, mais il convient que le texte devrait être renvoyé au Conseil pour un examen plus approfondi et pour qu'il soit ultérieurement débattu à la prochaine Assemblée de la Santé. Le Dr BIAMBY JACQUES (Haïti) dit que la nutrition du nourrisson et du jeune enfant est un sujet de préoccupation dans son pays, où seulement 0,6 % des bébés sont allaités exclusivement au sein pendant les six premiers mois de leur vie. En Haïti, on donne généralement une alimentation mixte pendant une durée moyenne de 18 mois. La contamination de l'eau entrant dans la préparation des subst~tuts du lait et dans l'alimentation au biberon expose les bébés aux risques de diarrhée et de malnutrition. La délégation d'Haïti se déclare favorable à l'intensification de l'initiative des hôpitaux« amis des bébés». Le pays compte sept de ces hôpitaux. La délégation haïtienne estime qu'il serait utile de porter une plus grande attention à l'alimentation des bébés dont les mères sont séropositives et aux questions relatives à la nutrition des orphelins et des mères adolescentes. Puisque la malnutrition affecte grandement le développement physique et intellectuel des enfants des pays en développement, la délégation d'Haïti espère que le projet de résolution sera adopté avec les amendements nécessaires. Le PRESIDENT suggère que, compte tenu des opinions divergentes sur le projet de résolution et de la complexité des questions soulevées, un groupe de travail soit formé, auquel peuvent participer tous les délégués. M. DE AGUIAR PATRIOTA (Brésil) remercie le Président pour sa suggestion ainsi que tous les intervenants et précise que la résolution proposée n'est pas censée entraver de quelque manière que ce soit les efforts déployés par l'OMS pour obtenir les meilleurs résultats possibles en matière de nutrition du nourrisson et du jeune enfant. Le groupe de travail pourrait examiner la procédure de révision et de présentation et faire la synthèse des amendements proposés, qui semblent, dans une large mesure, converger. Le PRESIDENT suggère en outre que le délégué de Sri Lanka assure la présidence du groupe de travail.

Il en est ainsi convenu.

La séance est levée à 17 h 50.

SIXIEME SEANCE Vendredi 19 mai 2000,10 h 20 Président: Professeur S. M. ALI (Bangladesh)

QUESTIONS TECHNIQUES ET SANITAIRES: Point 12 de l'ordre du jour (suite) Alimentation du nourrisson et du jeune enfant: Point 12.4 de l'ordre du JOur (documents A53/7 et A531INF.DOC./2) (suite) M. MASUKU (FAO) estime que l'on doit aborder la question de la nutrition du nourrisson et du jeune enfant de manière globale; l'allaitement maternel est essentiel, mais il est également important de prendre en considération la sécurité alimentaire du ménage, les soins élémentaires et les habitudes alimentaires ainsi que l'hygiène. Les gouvernements, les institutions internationales, les. organisations non gouvernementales, le secteur privé et les communautés elles-mêmes doivent tenir compte des diverses dimensions du problème de la malnutrition s'ils veulent s'attaquer efficacement à ses causes. La Conférence internationale FAO/OMS sur la nutrition de 1992 a clairement établi la nécessité d'une approche interdisciplinaire, et la coopération entre la FAO et l'OMS dans ce domaine doit se développer. Mme ALLAIN (Organisation internationale des Consommateurs), prenant la parole à l'invitation du PRESIDENT, déclare que son organisation collabore avec le Réseau international des groupes d'action pour l'alimentation infantile, lequel regroupe plus de 150 associations et a reçu en 1998 le Right Livelihood A ward pour son action en faveur de la protection de la santé du nourrisson. Dans plusieurs pays, les ingérences de l'industrie des aliments pour nourrissons et les fausses déclarations concernant son respect des principes établis ont retardé l'adoption d'une législation. Le Ghana a récemment réglementé la promotion de l'allaitement maternel après une campagne de neuf ans. Le projet de résolution et les autres recommandations de l'OMS à l'intention des Etats Membres accéléreront la mise en oeuvre du projet de stratégie et de plan d'action mondiaux sur la nutrition. Aussi bien la consultation technique sur l'alimentation du nourrisson et du jeune enfant (Genève, mars 2000) que l'étude sur l'alimentation complémentaire du jeune enfant dans les pays en développement 1 ont clairement défini la durée recommandée de l'allaitement maternel exclusif, qui doit être d'environ six mois. Deux résolutions de l'OMS prônent également l'allaitement maternel exclusif pendant les six premiers mois de la vie. D'autres organisations nationales ou internationales majeures, telles que l'UNICEF, l'Association internationale de Conseil en Allaitement et la Ligue internationale La Leche, ont déjà adopté la même recommandation. L'Organisation internationale des Consommateurs constate avec plaisir que le projet de résolution va dans le même sens. Le projet de résolution appelle également à une application plus stricte du Code international de commercialisation des substituts du lait maternel. Son Organisation souhaite que l'OMS prenne des mesures pour veiller au respect du Code international dans les moyens de communication électronique, en particulier sur Internet: en effet, certains sites Web présentent l'alimentation artificielle du nourrisson

WHO, UNICEF, University ofCalifomia (Davis), ORSTOM. Complementary feeding ofyoung children in developing countries: a review of current scientific knowledge. Genève, Organisation mondiale de la Santé, 1998 (WHO/NUT/98.1).

1

-87-

88

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

comme équivalant à l'allaitement au sein et offrent des échantillons gratuits de préparations pour nourrisson. L'OMS devrait également faire en sorte que la revendication d'avantages sanitaires par les fabricants de préparations pour nourrissons soit interdite en vertu des normes fixées par la Commission du Codex Alimentarius et par la législation nationale. Son Organisation constate avec satisfaction que l'OMS envisage d'adopter des principes directeurs sur les relations avec des entreprises commerciales. L'OMS doit protéger son statut de défenseur indépendant des droits de l'homme et de la santé pour tous, et veiller à ce que ses politiques et ses priorités de recherche ne soient pas perverties par la nécessité d'attirer des fonds extrabudgétaires; elle ne doit pas prendre comme partenaires des sociétés qui ont des intérêts dans le traitement du VIH et l'alimentation du nourrisson. Son Organisation en appelle à l'ensemble des Etats Membres pour qu'ils s'acquittent de leurs obligations fmancières à l'égard de l'OMS afin de réduire au minimum le recours aux fonds du secteur privé. Elle continuera à proposer son concours à l'OMS et aux Etats Membres sur le plan technique et celui de l'élaboration de politiques en matière d'alimentation du nourrisson et du jeune enfant. Mme BRAUEN (Confédération internationale des Sages-Femmes), prenant la parole à l'invitation du PRESIDENT, constate avec satisfaction que l'OMS continue de privilégier un bon départ dans la vie. L'alimentation des familles a des répercussions sur leur bien-être, et en particulier celui des enfants : la nutrition ne doit pas être considérée isolément. Son organisation soutient l'appel à l'allaitem~nt maternel exclusif pendant les six premiers mois de la vie. Les sages-femmes peuvent apporter une contribution importante au projet de stratégie et de plan d'action mondiaux sur la nutrition du nourrisson et du jeune enfant. Les trois principaux objectifs de la stratégie (voir document A53/INF.DOC./2, paragraphe 9) relèvent tout à fait du travail des sages-femmes, ce qui les place dans une position privilégiée pour aider les familles à faire des choix éclairés et à prendre des décisions favorables à la santé. Les sages-femmes, connaissant bien les familles avec qui elles travaillent et l'état nutritionnel de la communauté, peuvent donc apporter une contribution précieuse à tous les programmes de nutrition. L'OMS devrait encourager les gouvernements à soutenir les sages-femmes et autres dispensateurs de soins de santé au niveau des soins de santé primaires, compte tenu notamment de l'importance d'un soutien aux femmes en tant que mères, et la Confédération offre son aide à cet égard. Les dispensateurs de soins de santé doivent être associés à l'élaboration et à la mise en oeuvre des programmes de nutrition afm d'en être véritablement parties prenantes et de pouvoir contribuer plus efficacement à leur réussite. Mme LAVIOLLE (Ligue internationale La Leche), s'exprimant à l'invitation du PRESIDENT, déclare que les mères apprécient le travail du réseau de volontaires agréés de la Ligue dans plus de 65 pays, y trouvant un soutien mutuel, tout en reconnaissant l'importance d'une attitude positive du père pour la réussite de l'allaitement. Son organisation demande aux Etats Membres de protéger et de promouvoir l'allaitement au sein, de reconnaître l'importance des groupes d'entraide de mères et de promouvoir l'initiative des hôpitaux« amis des bébés». Les Etats Membres devraient également renforcer la réglementation et les textes législatifs qui permettent aux femmes de continuer à allaiter leur enfant tout en travaillant, et faire appliquer le Code international de commercialisation des substituts du lait maternel. Mme Laviolle se félicite du projet de stratégie et de plan d'action mondiaux. M. DE SKOWRONSKI (Fédération internationale des Industries des Aliments diététiques), prenant la parole à l'invitation du PRESIDENT, déclare que l'industrie des aliments diététiques consacre des ressources considérables à la recherche et au développement d'aliments destinés à améliorer la santé et 1'état nutritionnel des nourrissons et des jeunes enfants. En tant que partenaire dans la mise en oeuvre du Code international de commercialisation des substituts du lait maternel, son organisation se félicite des initiatives prises par l'OMS pour surmonter les obstacles à la mise en oeuvre du Code au niveau national. Elle soutient également l'élaboration de la stratégie mondiale pour l'alimentation du nourrisson et du jeune enfant et espère que la consultation technique débouchera sur une stratégie et un plan d'action complets.

COMMISSION A : SIXIEME SEANCE

89

L'approche adoptée par l'OMS apportera une solution techniquement valable et politiquement réalisable, l'étude multicentrique sur la référence de croissance contribuant à consolider la base des connaissances. Pleinement consciente du fait que la malnutrition contribue pour beaucoup à la charge mondiale de morbidité, l'industrie est active dans la recherche, le développement, la production et la distribution d'aliments susceptibles d'aider à réduire cette morbidité. Son organisation soutient la recommandation de l'OMS en faveur de l'allaitement au sein exclusif pendant les quatre à six premiers mois de la vie, et est engagée dans un dialogue avec l'OMS sur la meilleure façon d'indiquer sur les étiquettes des produits l'âge recommandé pour l'introduction des aliments de complément. L'industrie est également en train de mettre au point des produits pour lutter contre la malnutrition chez les femmes enceintes et les mères allaitantes afm de les aider à porter, allaiter et nourrir des enfants en meilleure santé. Les femmes devraient avoir accès à toutes les informations disponibles pour pouvoir effectuer des choix en pleine connaissance de cause. Mme LEHMANN-BURI (Association internationale de Conseil en Allaitement), prenant la parole à l'invitation du PRESIDENT, indique que son Association est une association professionnelle regroupant près de 5000 consultants et autres professionnels de la santé dans une cinquantaine de pays qui travaillent avec des mères allaitantes et avec les responsables de l'alimentation du nourrisson. Elle demande aux autorités responsables des Etats Membres de l'OMS de préconiser: l'optimisation de la santé et du développement du nourrisson par des pratiques alimentaires appropriées, y compris Je droit de chaque enfant à être nourri au sein, pour des raisons nutritionnelles, immunologiques et affectives ; la promotion de l'allaitement au sein exclusif; la mise en place d'une alimentation complémentaire appropriée et sûre en temps opportun tout en maintenant l'allaitement maternel; le renforcement des politiques visant à permettre aux femmes de continuer à allaiter leur enfant tout en travaillant ; des mesures visant à prévenir l'interruption prématurée de l'allaitement au sein exclusif et, le cas échéant, à éviter que l'alimentation artificielle ne devienne la norme ; et le renforcement de la mise en oeuvre du Code international de commercialisation des substituts du lait maternel. L'Association met à disposition un réseau spécialisé de consultants agréés partout dans le monde pour aider les gouvernements à appliquer les recommandations de la consultation technique sur l'alimentation du nourrisson et du jeune enfant (Genève, mars 2000). Elle soutient la décision de l'OMS d'élaborer une nouvelle stratégie et un nouveau plan d'action mondiaux. Le Dr BRAAK (Association internationale des Femmes Médecins), prenant la parole à l'invitation du PRESIDENT, déclare que son organisation estime que la malnutrition et les carences en micronutriments sont des problèmes de santé très répandus et invalidants, qui compromettent le développement physique et mental et accroissent la morbidité et la mortalité pendant toute la durée de la vie. Elle reconnaît que la femme a, au premier chef, la responsabilité.de nourrir son enfant en fonction de ses propres conditions de vie. Elle soutient et affirme les droits de la femme tels qu'ils ont été définis dans la déclaration de consensus du Comité Santé de la Commission de la Condition de la Femme en mars 2000, à savoir : « ... le droit à une information médicale complète et fiable, au consentement, au choix et à la prise de décision éclairés en matière de soins de santé, de procréation et d'alimentation du nourrisson, à des conditions sûres et équitables de travail et à un environnement sain, ainsi qu'aux retombées des progrès scientifiques». Les gouvernements, la société civile et le secteur privé devraient collaborer de manière souple et de bonne foi à rechercher les moyens d'améliorer l'état nutritionnel du nourrisson et du jeune enfant partout dans le monde. L'Association se félicite de la tenue de la consultation technique sur l'alimentation du nourrisson et du jeune enfant et invite l'OMS à prendre d'autres initiatives de ce type. Elle soutient en outre l'étude multicentrique sur la référence de croissance et demande que les données soient ventilées selon le sexe afm de pouvoir mettre en relief toute discrimination nutritionnelle contre les fillettes. En conclusion, le Dr Braak demande à l'OMS de continuer à jouer le rôle directeur courageux qu'elle assume dans le domaine de la santé, en veillant à ce que chaque femme soit pleinement habilitée à faire le meilleur choix pour alimenter son nourrisson ou son jeune enfant.

90

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

Mme KHETRAPAL SINGH (Directeur exécutif) apprécie les manifestations de soutien aux documents produits ainsi qu'à l'élaboration de la stratégie mondiale pour l'alimentation du nourrisson et du jeune enfant. La démarche méthodique qui a été suivie reposait sur des éléments scientifiques, programmatiques, stratégiques et d'évaluation. Une fois achevée, la nouvelle stratégie mondiale sera soumise à la Cinquante-Cinquième Assemblée mondiale de la Santé. La durée optimale de 1' allaitement exclusif au sein - et donc le moment optimal du démarrage d'une alimentation de complément- est une question de santé publique importante que l'OMS réexamine continuellement. En accord avec les données scientifiques et épidémiologiques disponibles, l'OMS recommande actuellement d'allaiter le nourrisson exclusivement au sein pendant les quatre à six premiers mois de la vie, puis de lui donner des aliments de complément adéquats et sûrs pour répondre à l'évolution de ses besoins nutritionnels, tout en continuant à l'allaiter jusqu'à l'âge de deux ans ou au-delà. Cette recommandation a été soigneusement étudiée, puis a été entérinée et publiée en 1995 dans le rapport d'un comité OMS d'experts. 1 Tant le comité d'experts que son groupe de travail sur la croissance du nourrisson 2 ont confirmé à nouveau le bien-fondé de cette recommandation et demandé qu'une nouvelle référence de croissance soit établie sur la base des données concernant les nourrissons nourris au sein vivant dans des conditions favorisant la réalisation de leur potentiel génétique de croissance. Compte tenu des variations mondiales des taux de croissance et d'autres effets sur la santé et le développement, une gamme d'âge a été retenue comme élément essentiel de la recommandation de l'OMS pour l'alimentation du nourrisson, fondée sur la population. Les études et réexamens ultérieurs n'ont pas. justifié de modification de la recommandation de l'OMS à cet égard. Deux études en cours de l'OMS aideront sans doute à vérifier que la recommandation reste justifiée. D'une part, un examen systématique de la littérature scientifique pertinente, conformément aux critères et au cadre établis par la Cochrane Collaboration, portera principalement sur la croissance, la morbidité et la mortalité du nourrisson et 1' apport nutritif du lait maternel par rapport à ses besoins, les résultats sur le plan du développement de l'enfant et l'influence de la contamination de l'environnement. Des études basées sur l'observation seront par ailleurs analysées, c'est-à-dire que l'étude principale ne sera pas limitée à des essais cliniques randomisés. A la suite de cet examen, un groupe de travail scientifique de l'OMS sera chargé d'examiner les résultats et, sur cette base, de formuler ses recommandations sur la durée de l'allaitement au sein exclusif. Les conclusions sont attendues pour le premier trimestre 2001. La seconde étude est l'étude multicentrique sur la référence de croissance (voir document A53/7). Il n'a pas été facile de réunir les fonds nécessaires pour la réalisation de cette étude. A l'heure actuelle, sur le montant de US $9,3 millions requis, US $8,25 millions ont été mobilisés, ce qui laisse un déficit de US $1,05 million. Passant à la question du VIH/SIDA et de la nutrition, Mme Khetrapal Singh rappelle qu'en 1997, l'OMS, l'UNICEF et l'ONUSIDA ont publié une déclaration conjointe sur le VIH et l'alimentation du nourrisson. En 1998, une consultation technique conjointe OMSIUNICEF/ONUSIDA sur le VIH et l'alimentation du nourrisson a défmi une politique et des principes directeurs pratiques dans un ensemble de trois manuels. 3 L'OMS prévoit également d'effectuer une étude multisites pour évaluer le risque de transmission du Vlli associé à l'allaitement au sein, exclusif ou partiel, ainsi qu'une étude destinée à évaluer comment une amélioration des techniques d'allaitement pourrait réduire le risque de mastite et la teneur en Vlli du lait maternel. Un cours sur le conseil relatif au VIH et à l'alimentation du nourrisson a été expérimenté sur le terrain et est maintenant prêt à être utilisé. Des travaux complémentaires sont encore nécessaires en ce qui concerne la prévention et la prise en charge de la malnutrition chez les enfants et les adultes déjà infectés par le VIH ou malades du SIDA.

Utilisation et interprétation de l'anthropométrie. Rapport d'un comité OMS d'experts. Genève, Organisation mondiale de la Santé, 1995 (OMS, Série de Rapports techniques, N° 854). 2

1

An evaluation ofinfant growth Genève, Organisation mondiale de la Santé, 1994 (WHO/NUT/94.8).

3 OMS, UNICEF, ONUSIDA. Le VIH et l'alimentation du nourrisson. Genève, Organisation mondiale de la Santé, 1998 (WHO/FRH/NUT/CHD/98,1-3).

COMMISSION A : SIXIEME SEANCE

91

Le PRESIDENT suggère que la Commission poursuive ses discussions sur le VIH/SIDA pour permettre au groupe de travail sur la nutrition du nourrisson et du jeune enfant d'achever ses délibérations. Il en est ainsi convenu.

(Voir l'approbation d'un projet de décision dans le procès-verbal de la septième séance, page 104.)

VIH/SIDA: Point 12.2 de l'ordre du jour (résolution EB105.R17; document A53/6) (suite de la troisième séance) M. ZEPEDA BERMUDEZ (Brésil), soulevant une question de procédure, fait observer que plusieurs propositions d'amendements au projet de résolution sur le VIH/SIDA intéressent également le débat sur la stratégie pharmaceutique révisée, qui a été renvoyé à la Commission B. Il demande au Président, et Mme DJAMALUDIN (Indonésie) et le Dr DLAMINI (Swaziland) appuient cette demande, de veiller à ce que la stratégie pharmaceutique révisée ne soit pas examinée tant que le projet de résolution sur le VIH/SIDA n'aura pas été approuvé, et que cet examen soit confié à la Commission A et non à la Commission B. Le PRESIDENT informe la Commission que la stratégie pharmaceutique révisée ne sera pas examinée avant que le projet de résolution sur le VIH/SIDA n'ait été approuvé. Le Dr JIMÉNEZ DE LA JARA (représentant du Conseil exécutif), s'exprimant en qualité de Président du groupe de rédaction de la résolution sur le VIHISIDA, présente le projet de résolution révisé, qui se lit comme suit : La Cinquante-Troisième Assemblée mondiale de la Santé, Ayant examiné le rapport du Directeur général sur le VIH/SIDA ; Notant avec une profonde inquiétude que près de 34 millions de personnes vivent avec le VIH/SIDA, dont 95% dans des pays en développement, et que l'épidémie de VIHISIDA est en train de réduire à néant les acquis de cinquante années de développement, notamment l'amélioration de la survie de l'enfant et l'augmentation de l'espérance de vie; Notant en outre qu'en Afrique subsaharienne, où plus de 23 millions de personnes sont infectées et où plus de femmes que d'hommes sont aujourd'hui infectées, le VIH/SIDA est la première cause de mortalité et que l'incidence de l'infection à Vlli augmente rapidement en Asie, en particulier en Asie du Sud et du Sud-Est, où 6 millions de personnes sont infectées ; Rappelant la résolution WHA52.19, qui prie entre autres le Directeur général de coopérer avec les Etats Membres qui le demandent et avec les organisations internationales pour surveiller et analyser les conséquences sur le secteur pharmaceutique et sur la santé publique des accords internationaux pertinents, notamment des accords commerciaux, afin que les Etats Membres puissent bien évaluer, puis mettre au point des politiques pharmaceutiques et sanitaires et des mesures réglementaires qui répondent à leurs préoccupations et à leurs priorités, et tirer le meilleur parti possible de ces accords tout en atténuant leurs effets négatifs ; Reconnaissant que la pauvreté et les inégalités entre hommes et femmes alimentent l'épidémie et que le déni, la discrimination et la stigmatisation restent des obstacles majeurs à une riposte efficace ; Soulignant qu'il est nécessaire de défendre le respect des droits de la personne humaine dans toutes les mesures prises contre l'épidémie; Considérant qu'un engagement politique est essentiel pour faire face à un problème d'une telle importance ;

92

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

Reconnaissant que les ressources mobilisées face à l'épidémie aux niveaux national et international sont sans commune mesure avec l'ampleur du problème; Rappelant la résolution 1999/36 du Conseil économique et social de l'Organisation des Nations Unies sur le virus de l'immunodéficience humaine et le syndrome d'immunodéficience acquise (VIH/SIDA), qui souligne entre autres qu'il incombe aux gouvernements d'intensifier tous les efforts destinés à combattre le SIDA par une action multisectorielle ; Rappelant la session récente du Conseil de Sécurité de l'Organisation des Nations Unies sur la crise du VIH/SIDA en Afrique, au cours de laquelle le Conseil de Sécurité a reconnu que le VIH/SIDA est un fléau moderne sans équivalent qui menace la stabilité politique, économique et sociale de l'Afrique subsaharienne et de l'Asie; 1. DEMANDE INSTAMMENT aux Etats Membres: 1) de faire preuve d'un engagement politique, tel qu'en témoignent plusieurs initiatives récentes de responsables politiques d'Etats Membres, en rapport avec l'ampleur du problème en allouant des ressources appropriées - du budget national et de donateurs - à la prévention du VIHISIDA ainsi qu'aux soins et à l'aide aux personnes infectées ou touchées; 2) de mettre en place avec l'appui des bailleurs de fonds des programmes de lutte contre la pauvreté, de les exécuter dans la rigueur et la transparence et de militer pour : l'annulation de la dette de manière à libérer des ressources pour, entre autres, la prévention et le traitement du VIH/SIDA comme l'ont proposé les p~icipants au Sommet du G8 à Cologne, l'amélioration des conditions de vie des populations, la réduction du chômage, le relèvement du niveau de la santé publique ; 3) d'apporter un soutien accru à l'ONUSIDA et à l'OMS, en sa qualité d'organisme coparrainant, dans leurs efforts contre le SIDA, notamment dans le cadre du Partenariat international contre le SIDA en Afrique ; 4) de renforcer l'éducation du public sur le VIH/SIDA et d'apporter une attention particulière aux plans stratégiques nationaux visant à réduire la vulnérabilité des femmes, des enfants et des adolescents, étant entendu que l'éducation du public et les campagnes nationales devraient mettre l'accent sur la prévention, sur la lutte contre la discrimination et la stigmatisation et sur la promotion d'environnements propices à la santé pour prévenir et atténuer les problèmes liés au SIDA ; 5) de prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger les enfants infectés ou touchés par le VIH/SIDA contre toutes les formes de discrimination, de stigmatisation, de mauvais traitements et de négligence, et de protéger en particulier leur accès aux services de santé, d'éducation et d'aide sociale; 6) de tirer parti de l'expérience acquise et de la somme toujours plus riche de connaissances scientifiques sur les actions de prévention et de traitement dont l'efficacité est avérée afm de freiner la propagation du VIHISIDA et d'accroître la qualité et la durée de la vie des personnes infectées ; 7) de faire en sorte que les transfusions sanguines n'exposent pas au risque de contracter l'infection à Vlli en veillant à ce que tout individu ait accès à du sang et à des produits sanguins sûrs, qui soient disponibles et adaptés à ses besoins, proviennent de dons volontaires non rémunérés, soient transfusés uniquement en cas de nécessité et soient fournis dans le cadre de programmes de transfusion sanguine permanents intégrés aux systèmes de santé; 8) de constituer et de renforcer des partenariats entre les services de santé et les communautés, y compris les organisations non gouvernementales, afin que les ressources des communautés servent à financer des interventions ayant fait la preuve de leur efficacité ; 9) de mettre en oeuvre des stratégies clés de prévention du VIHISIDA, en particulier la prise en charge des infections sexuellement transmissibles et la promotion de pratiques

COMMISSION A : SIXIEME SEANCE

93

sexuelles à moindre risque, y compris en assurant la disponibilité du préservatif masculin et féminin; 10) de renforcer les systèmes de santé qui fournissent des ressources humaines adéquates et qualifiées, des systèmes de prestations et des plans de financement pour répondre aux besoins de la lutte contre le VIH/SIDA ; 11) de prendre des mesures pour réduire l'utilisation de substances illicites et protéger les consommateurs de drogue par injection et leurs partenaires sexuels contre l'infection à Vlli; 12) d'améliorer l'accès aux soins et la qualité de ces derniers pour accroître la qualité de la vie, respecter la dignité de l'individu et satisfaire les besoins médicaux et psychosociaux des personnes qui vivent avec le Vlli/SIDA, notamment par le traitement et la prévention des maladies liées au VIH et la garantie d'une continuité des soins au moyen de mécanismes efficaces d'orientation-recours entre le domicile, le dispensaire, l'hôpital et les établissements de soins; 13) de réaffirmer leur adhésion aux précédentes résolutions sur la stratégie pharmaceutique révisée et de veiller à ce que soient prises les décisions nécessaires, dans le cadre de leurs politiques pharmaceutiques nationales, pour préserver les intérêts de la santé publique et garantir un accès équitable aux traitements, y compris aux médicaments ; 14) d'utiliser les indicateurs mis au point par l'OMS pour suivre les progrès réalisés; 15) de collaborer avec l'OMS et d'autres organismes internationaux pour mettre régulièrement à jour les bases de données existantes afm de fournir aux Etats Membres des informations sur le prix des médicaments essentiels, y compris les médicaments contre le VIH; 16) d'améliorer l'accès au traitement et à la prophylaxie des maladies liées au VIH par différentes mesures garantissant par exemple l'accès à des médicaments abordables ainsi qu'un système de distribution et de prestations fiable, la mise en place d'une politique énergique d'utilisation de produits génériques, des achats en vrac, des négociations avec les compagnies pharmaceutiques, des systèmes de financement appropriés, des mesures d'incitation à la production locale et des pratiques d'importation compatibles avec les législations nationales et les accords internationaux adoptés ; 17) de défmir et d'affirmer leur rôle et, si nécessaire, de constituer des partenariats et de lancer des initiatives de solidarité pour que les médicaments employés à des fms prophylactiques et thérapeutiques deviennent accessibles et abordables et soient utilisés de façon sûre et efficace, qu'il s'agisse de la prévention de la transmission mère-enfant, de la prévention et du traitement des maladies opportunistes ou des traitements antirétroviraux pour les malades ; 18) de mettre en place ou développer les services de conseil et le dépistage confidentiel volontaire du Vlli susceptibles d'encourager les gens à se faire soigner et de servir de point d'accès à la prévention et au traitement; 19) de poursuivre les recherches sur la prévention de la transmission mère-enfant du Vlli et d'intégrer les actions de prévention dans les services de soins de santé primaires, y compris les services de santé génésique, dans le cadre de programmes de prise en charge globale des femmes enceintes infectées par le VIH et du suivi postnatal de ces femmes et de leur famille, en veillant à ce que ces recherches soient dénuées de tout intérêt particulier susceptible de biaiser les résultats et que toute participation commerciale soit clairement annoncée; 20) de promouvoir des recherches sur les changements de comportement et les facteurs culturels qui influencent les comportements sexuels ; 21) de mettre en place ou renforcer des systèmes de surveillance et d'évaluation comportant des activités de surveillance épidémiologique et comportementale et l'évaluation de la riposte des systèmes de santé aux épidémies de VIHISIDA et d'infections sexuellement transmissibles, en favorisant la concertation sous-régionale interpays ;

94

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

2.

PRIE le Directeur général : 1) de continuer à renforcer l'engagement de l'OMS, en tant qu'organisme coparrainant de l'ONUSIDA, dans la lutte contre le VIH/SIDA menée par tout le système des Nations Unies, y compris au niveau des pays ; 2) de mettre au point une stratégie globale du secteur de la santé face aux épidémies de VIHISIDA et d'infections sexuellement transmissibles, dans le cadre du plan stratégique du système des Nations Unies pour le VIHISIDA pour 2001-2005, et de faire rapport sur les progrès accomplis dans l'élaboration de la stratégie au Conseil exécutif à sa cent septième session; 3) de donner, dans le budget ordinaire de l'Organisation, un rang de priorité élevé à la lutte contre le VIH/SIDA et d'engager activement l'OMS dans la mise en oeuvre d'une stratégie transparente et commune de mobilisation des ressources, à 1'appui du budget et du plan de travail unifiés de l'ONUSIDA et de ses organismes coparrainants, et d'encourager activement la communauté des donateurs à accroître son appui aux interventions régionales et dans les pays ; 4) de continuer à mobiliser des fonds pour les programmes nationaux de lutte contre le VIHISIDA ainsi que pour les soins et l'appui fournis par l'intermédiaire des programmes à domicile et dans la communauté ; 5) de continuer à appuyer la mise en place de systèmes de surveillance des prix des médicaments dans les Etats Membres, sur leur demande, de manière à promouvoir un accès équitable aux soins, y compris aux médicaments essentiels ; 6) de renforcer la capacité des Etats Membres à appliquer des systèmes de surveillance des médicaments pour mieux repérer les réactions indésirables et les cas de mauvaise utilisation de médicaments dans les services de santé et favoriser ainsi l'usage rationnel des médicaments ; 7) de continuer à mettre au point des méthodes et prêter un appui pour suivre les répercussions des accords commerciaux sur le plan pharmaceutique et sur le plan de la santé publique; 8) d'engager pleinement l'Organisation dans le Partenariat international contre le SIDA en Afrique, ainsi que dans les autres programmes contre le VIHISIDA dans les Etats Membres des autres continents, en particulier au niveau des pays, dans le cadre de plans stratégiques nationaux ; 9) de coopérer avec les Etats Membres pour la mise en place de services nationaux coordonnés de transfusion sanguine ; 10) de collaborer avec les Etats Membres pour renforcer la capacité des systèmes de santé à faire face aux épidémies par la prévention et la prise en charge intégrées des cas de VIHISIDA et d'infections sexuellement transmissibles, et de promouvoir des recherches sur les systèmes de santé conduisant à l'élaboration de politiques sur la riposte des systèmes de santé au VIHISIDA et aux infections sexuellement transmissibles ; 11) de demander que soient respectés les droits de la personne humaine dans toutes les mesures prises contre l'épidémie; 12) d'intensifier l'appui aux efforts nationaux de lutte contre le VIH/SIDA, en vue d'apporter une aide aux enfants infectés ou touchés par l'épidémie, en se concentrant particulièrement sur les régions du monde les plus durement frappées et sur celles où l'épidémie compromet sérieusement les acquis nationaux en matière de développement; 13) de lancer un appel à la communauté internationale, aux organisations compétentes du système des Nations Unies, aux organismes et programmes donateurs ainsi qu'aux organisations intergouvernementales et non gouvernementales pour qu'ils accordent une attention suffisante au traitement et à la réadaptation des enfants infectés par le VIHISIDA, et de les inviter à envisager de faire intervenir davantage le secteur privé ;

COMMISSION A : SIXIEME SEANCE

95

14) de veiller à ce que l'OMS, avec l'ONUSIDA et d'autres organismes coparrainants de l'ONUSIDA intéressés, poursuive de façon dynamique et efficace son dialogue avec l'industrie pharmaceutique, en concertation avec les Etats Membres et les associations de personnes vivant avec le Vlli/SIDA, afm de rendre les médicaments contre le VIH/SIDA plus accessibles pour les pays en développement grâce au développement des médicaments, à la réduction des coûts et au renforcement de systèmes de distribution fiables ; 15) de renforcer et promouvoir les partenariats existants et explorer la possibilité d'en constituer en vue de rendre les nouveaux médicaments contre le Vlli/SIDA plus accessibles grâce à des prix abordables, des systèmes de fmancement appropriés et de bons systèmes de soins de santé, afm que ces médicaments soient utilisés de façon sûre et efficace ; 16) de coopérer, sur leur demande, avec les gouvernements et d'autres institutions internationales au sujet des options qui s'offrent, au titre des accords internationaux pertinents, y compris les accords commerciaux, pour améliorer l'accès aux médicaments contre le VIH/SIDA ; 17) de promouvoir, d'encourager et d'appuyer la recherche-développement sur des vaccins dirigés contre les souches de VIH observées tant dans les pays développés que dans les pays en développement, sur les outils diagnostiques et les médicaments antimicrobiens efficaces contre d'autres infections sexuellement transmissibles et sur le traitement du VIH/SIDA, y compris par la médecine traditionnelle ; . 18) d'intensifier les efforts pour prévenir le VIH et les infections sexuellement transmissibles chez les femmes, et notamment de promouvoir la recherche-développement de microbicides et de préservatifs féminins abordables de manière à fournir aux femmes et aux jeunes filles des moyens de protection dont elles puissent avoir l'initiative; 19) dans le contexte de l'action engagée avec l'UNICEF, le FNUAP et l'ONUSIDA, de continuer à fournir un appui technique aux Etats Membres pour la mise en oeuvre de stratégies et de programmes de prévention de la transmission mère-enfant du VIH et à améliorer la capacité de collaboration intersectorielle; 20) d'apporter un soutien aux Etats Membres pour la collecte et l'analyse d'informations sur les épidémies de Vlli/SIDA et d'infections sexuellement transmissibles, l'élaboration de méthodes de surveillance comportementale et la production de mises à jour périodiques ; 21) de fournir un soutien accru aux Etats Membres pour la prévention de la transmission du VIH chez les consommateurs de drogue par injection afm d'éviter une explosion de l'épidémie de VIHISIDA dans cette population vulnérable; 22) de plaider en faveur de recherches sur la nutrition dans le contexte du Vlli/SIDA ; 23) de donner des avis aux Etats Membres sur le schéma thérapeutique approprié contre le VIH/SIDA et de donner des avis, en collaboration avec d'autres organisations internationales compétentes, sur les problèmes gestionnaires, juridiques et réglementaires à résoudre pour rendre le traitement plus abordable et plus accessible ; 24) de lancer un appel aux partenaires bilatéraux et multilatéraux pour qu'ils simplifient les procédures d'allocations des ressources.

Le projet de résolution révisé est approuvé. 1

Ce projet de résolution a été transmis à l'Assemblée de la Santé dans le deuxième rapport de la Commission et adopté sous la cote WHA53.14.

1

96

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

Salubrité des aliments: Point 12.3 de l'ordre du jour (document EB105/2000/REC/1, résolution EB105.R16 et annexe 7) (suite de la quatrième séance, page 68) Le PRESIDENT déclare que les amendements proposés par les délégations de l'Algérie, de l'Angola, du Brésil, de la Grèce, du Malawi, du Swaziland et du Zimbabwe ont été incorporés dans la résolution EB105.R16, qui se lit désormais comme suit: La Cinquante-Troisième Assemblée mondiale de la Santé, Profondément préoccupée par le fait que les maladies d'origine alimentaire associées à des germes pathogènes, des biotoxines et des contaminants chimiques présents dans les aliments font peser une grave menace sur la santé de millions de gens tant dans les pa~rs en développement que dans les pays développés le monde ; Reconnaissant que les maladies d'origine alimentaire affectent beaucoup la santé des gens et leur bien-être et qu'elles ont des conséquences sanitaii:es et économiques non négligeables pour les individus, les familles, les communautés, les entreprises et les pays ; Consciente de l'importance de tous les services- y compris les services de santé publiqueresponsables de la salubrité des aliments pour garantir la salubrité des denrées alimentaires et harmoniser les efforts de tous les partenaires tout au long de la chaîne alimentaire ; Sachant que les consommateurs sont de plus en plus préoccupés par la salubrité des aliments, surtout depuis les récentes flambées de maladies d'origine alimentaire de portée internationale et mondiale et l'apparition de nouveaux produits alimentaires dérivés des biotechnologies; Reconnaissant l'importance des normes, principes directeurs et autres recommandations de la Commission du Codex Alimentarius pour la protection de la santé du consommateur et la garantie de pratiques commerciales équitables ; Notant qu'il est nécessaire d'établir des systèmes de surveillance pour évaluer l'impact des maladies d'origine alimentaire et élaborer des stratégies de lutte nationales et internationales reposant sur des bases factuelles ; Considérant que les systèmes visant à garantir la salubrité des aliments doivent tenir compte de la tendance à l'intégration de l'agriculture et de l'industrie alimentaire et des changements qui en découlent, dans les pays développés comme dans les pays en développement, dans les pratiques agricoles, la production, la commercialisation et les habitudes des consommateurs ; Considérant l'importance croissante des agents microbiologiques dans les flambées de maladies d'origine alimentaire observées au plan international, ainsi que la résistance croissante de certaines bactéries transmises par les aliments aux traitements courants, particulièrement du fait de l'utilisation généralisée des antibiotiques en agriculture et dans la pratique clinique; Consciente des améliorations qu'un renforcement des activités de l'OMS en matière de salubrité des aliments pourrait apporter à la protection de la santé publique et au développement durable des secteurs de l'alimentation et de l'agriculture ; Reconnaissant que les pays en développement dépendent essentiellement, pour leur approvisionnement en produits alimentaires, de l'agriculture traditionnelle et de petites et moyennes entreprises alimentaires et que, dans la plupart d'entre eux, les systèmes visant à garantir la salubrité des aliments restent précaires ; 1. PRIE INSTAMMENT les Etats Membres : 1) de faire de la salubrité des aliments l'une des fonctions essentielles de santé publique et de nutrition publique et de dégager des ressources suffisantes pour établir des programmes de salubrité des aliments et renforcer ceux qui existent en collaboration étroite avec leurs programmes appliqués de surveillance nutritionnelle et épidémiologique ; 2) d'élaborer et d'appliquer des mesures de prévention systématiques et durables pour réduire sensiblement l'incidence des maladies d'origine alimentaire;

COMMISSION A : SIXIEME SEANCE

97

2.

3) de créer et d'entretenir des mécanismes nationaux et, le cas échéant, régionaux pour surveiller les maladies d'origine alimentaire et pour détecter et éliminer les micro-organismes et produits chimiques présents dans les aliments; de mettre l'accent sur la responsabilité principale des producteurs, des fabricants et des commerçants en la matière ; et de renforcer la capacité des laboratoires, surtout dans les pays en développement ; 4) d'intégrer, dans leurs politiques de garantie de la salubrité des aliments, des mesures visant à prévenir l'apparition d'agents microbiens antibiorésistants; 5) d'aider à développer des moyens scientifiques pour l'évaluation des risques liés aux aliments, y compris l'analyse des facteurs de risque concernant les maladies d'origine alimentaire ; 6) d'intégrer la salubrité des aliments dans les programmes d'éducation et d'information des consommateurs sur la santé et la nutrition, notamment dans les programmes scolaires aux niveaux primaire et secondaire, et de mettre en place des programmes d'éducation sanitaire et nutritionnelle tenant compte des spécificités culturelles à l'intention des personnels qui manipulent les aliments, des consommateurs, des agriculteurs, des producteurs et du personnel des industries agro-alimentaires ; 7) d'élaborer des programmes de proximité pour le secteur privé afin d'améliorer la salubrité des aliments au niveau des consommateurs, l'accent étant mis sur la prévention des risques et les conseils en matière de bonnes pratiques de fabrication, ~otamment sur les marchés des villes, compte tenu des besoins et caractéristiques spécifiques des micro-industries et petites industries alimentaires, et d'étudier les possibilités de coopération avec l'industrie alimentaire et les associations de consommateurs afm d'appeler l'attention sur le respect de bonnes pratiques d'agriculture, d'hygiène et de fabrication ne nuisant pas à l'environnement; 8) de coordonner les activités en matière de salubrité des aliments de tous les secteurs nationaux concernés, en particulier les activités qui ont trait à 1'évaluation des risques d'origine alimentaire, y compris l'influence du conditionnement, de l'entreposage et de la manutention ; 9) de participer activement aux travaux de la Commission du Codex Alimentarius et de ses comités, y compris aux activités dans le domaine nouveau de l'analyse des risques pour la salubrité des aliments ; ..!.Q2 de veiller à ce gue l'étiquetage des produits alimentaires fournisse des informations appropriées, complètes et exactes, y compris des mises en garde et la date de péremption, s'il y a lieu; .!..!2 d'imposer par voie législative le contrôle de la réutilisation des récipients alimentaires et l'interdiction des allégations fallacieuses; PRIE le Directeur général : 1) d'accorder plus d'importance à la salubrité des aliments, compte tenu du rôle de chef de file mondial de l'OMS dans le domaine de la santé publique, et en collaboration et en coordination avec d'autres organisations internationales, notamment l'Organisation des Nations Unies pour l'Alimentation et l'Agriculture (FAO), et dans le cadre de la Commission du Codex Alimentarius, plus d'importance à la salubrité des alimeW:s et de s'attacher à en faire une des fonctions essentielles de santé publique de l'OMS, le but étant de mettre au point des systèmes intégrés et durables de salubrité des aliments afm de réduire les risques pour la santé dans toute la chaîne alimentaire, depuis le producteur primaire jusqu'au consommateur ; 2) de fournir un appui aux Etats Membres pour qu'ils puissent répertorier les maladies d'origine alimentaire et évaluer les risques liés aux aliments, et pour les problèmes de stockage, de conditionnement et de manipulation ; 2 bis) de fournir un soutien aux pays en développement pour une formation de leurs personnels gui prenne en compte le contexte technologique de production dans ces pays ;

98

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

3) de mettre l'accent sur les problèmes nouveaux liés à l'apparition de micro-organismes résistant aux antimicrobiens du fait de l'utilisation de ces médicaments dans la production alimentaire et la pratique clinique ; 4) de mettre en place une stratégie mondiale pour la surveillance des maladies d'origine alimentaire ainsi que pour la collecte et l'échange d'informations dans et entre les pays et les Régions, tenant compte de la révision en cours du Règlement sanitaire international ; 5) de convoquer, aussitôt qu'il le sera possible, une réunion initiale de planification stratégique regroupant des experts de la salubrité des aliments des Etats Membres, des organisations internationales et des organisations non gouvernementales concernées ; 6) de fournir, en collaboration étroite avec les autres organisations internationales travaillant dans ce domaine, en particulier la FAO et l'Office international des Epizooties (OIE), un appui technique aux pays en développement pour évaluer les répercussions sur la santé, établir des priorités dans les stratégies de lutte contre la maladie par la mise en place de systèmes de surveillance en laboratoire des principaux germes pathogènes transmis par les aliments, y compris les bactéries antibiorésistantes, et surveiller les contarninants présents dans l'alimentation; 7) en collaboration avec la FAO et, le cas échéant, d'autres organisations, de renforcer l'application de moyens scientifiques pour évaluer les risques aigus et à long terme que les aliments peuvent entraîner pour la santé et, plus précisément, d'appuyer la création d'un organe consultatif d'experts chargé de l'évaluation des risques microbiologlques, et de renforcer également les organes consultatifs d'experts qui fournissent des avis scientifiques sur les questions touchant à la sécurité chimique des aliments, et de tenir à jour une banque de ces données scientifiques pour aider les Etats Membres à prendre des décisions d'ordre sanitaire sur ces questions ; 8) de veiller à ce que les procédures de désignation d'experts et de préparation d'avis scientifiques soient de nature à garantir la transparence, l'excellence et l'indépendance des avis donnés ; 9) d'encourager la recherche à l'appui de stratégies fondées sur des bases factuelles pour lutter contre les maladies d'origine alimentaire, et en particulier la recherche sur les risques liés à l'émergence et au développement des maladies d'origine alimentaire et sur des méthodes simples de gestion et de réduction des risques liés à l'alimentation; 10) d'examiner les relations de travail actuelles entre l'OMS et la FAO, afm d'accroître la participation et l'appui de l'OMS aux travaux de la Commission du Codex Alimentarius et de ses comités ; 11) de soutenir les Etats Membres en leur fournissant des bases scientifiques pour la prise de décisions liées à la santé en ce qui concerne les aliments génétiquement modifiés ; 12) d'oeuvrer pour que les considérations sanitaires soient prises en compte dans le commerce international des denrées alimentaires et dans les dons de denrées alimentaires ; 13) d'utiliser le plus largement possible l'information provenant des pays en développement dans l'évaluation des risques aux fins de l'établissement de normes internationales, et de renforcer la formation technique dans ces pays en mettant à leur disposition un document exhaustif gui corresponde à la langue de leur travail ; ~ d'intervenir immédiatement en cas de situation d'urgence nationale ou internationale liée à la salubrité des aliments et d'aider les pays à maîtriser la crise; ~ d'en appeler à toutes les parties intéressées- spécialement le secteur privé- pour qu'elles assument la responsabilité gui leur incombe de préserver la qualité et la salubrité de la production alimentaire, et notamment d'assurer la protection de l'environnement tout au long de la chaîne alimentaire ;

COMMISSION A : SIXIEME SEANCE

99

lli

de contribuer au renforcement des capacités des Etats Membres, spécialement des pays en développement, et de faciliter leur pleine participation aux travaux de la Commission du Codex Alimentarius et de ses différents comités, y compris les activités liées aux processus d'analyse des risques pour la salubrité des aliments.

Mme KHETRAPAL SINGH (Directeur exécutif) remercie les délégués de leurs observations constructives. Un élément important de la mission de l'OMS consiste à apporter un soutien accru à ses Etats Membres. L'OMS dispense une formation aux éléments fondamentaux de l'hygiène alimentaire à travers des programmes communautaires et l'initiative marchés-santé, et propose de compléter la formation et le transfert de technologie par des informations sur les risques transmis par les aliments et leur prévention à un plus large public, comme l'ont suggéré certains délégués. Répondant à d'autres commentaires, Mme Khetrapal Singh rappelle que l'OMS conseille depuis longtemps les Etats Membres en ce qui concerne l'innocuité des substances chimiques présentes dans l'alimentation. L'Organisation étend son action à l'élaboration de mécanismes cohérents pour l'évaluation des risques microbiologiques dans les aliments et dans l'eau. Deux réunions d'experts, en juin et juillet 2000, étudieront trois agents microbiologiques pathogènes. La relation de travail actuelle avec la F AO a été revue, et notamment la contribution de 1'OMS à la Commission du Codex Alimentarius, en vue d'élargir son rôle scientifique et de santé publique au titre de ce programme et de mieux définir les rôles respectifs des deux Organisations. ~a FAO et l'OMS travaillent ensemble à assurer la synergie de leurs activités et à éliminer les doubles emplois en ce qui concerne tant les aspects de production que les aspects sanitaires de la salubrité des aliments. L'expérience de l'OMS en matière de surveillance des autres maladies transmissibles et d'action dans ce domaine sera appliquée aux maladies d'origine alimentaire. L'OMS a pris acte de la demande des Etats Membres de voir renforcer et développer les mécanismes internationaux pour faire face aux flambées de ces maladies. La complexité de la lutte contre les risques d'origine alimentaire exige des stratégies nationales de lutte globales fondées sur les données factuelles et comportant à la fois une surveillance au laboratoire, des études épidémiologiques et une évaluation de la charge représentée par les maladies d'origine alimentaire. Répondant aux observations selon lesquelles l'OMS devrait renforcer son rôle en matière de biotechnologies et de fourniture d'avis scientifiques sur la sécurité des aliments génétiquement modifiés, Mme Khetrapal Singh précise que l'OMS a pris la tête, avec la FAO, d'une action visant à établir les bases scientifiques d'un accord international sur les questions de santé humaine importantes et les méthodes d'évaluation de la sécurité dans ce domaine. Une consultation d'experts sur les biotechnologies se réunira fin mai 2000. D'aucuns se sont également inquiétés de ce que les normes du Codex Alimentarius soient d'un niveau trop élevé pour les pays en développement. Comme l'on considère généralement que les normes internationales en matière de salubrité des aliments devraient reposer sur une évaluation des risques, il a été recommandé dans le projet de résolution d'utiliser au maximum les informations en provenance de pays en développement à cette fin. L'OMS continuera à fournir un soutien technique pour permettre à ces pays de recueillir des données de façon à ce que leurs intérêts puissent être pris en compte dans le processus d'élaboration des normes. L'OMS s'efforce d'assurer une participation accrue des pays en développement aux travaux relatifs au Codex et aux consultations d'experts. L'OMS soutient la participation de tous les partenaires au processus d'analyse des risques. Le concept a été mis au point lors de consultations OMS/FAO sur l'évaluation des risques, la gestion des risques et la communication, et sera encore affmé grâce à une meilleure définition de l'interaction efficace entre le personnel chargé de l'évaluation des risques et le personnel chargé de leur gestion. En ce qui concerne la question de la mondialisation du commerce, Mme Khetrapal Singh répète qu'à l'avenir, des considérations de salubrité alimentaire seront prévues aux stades pertinents de la chaîne de production pour toute production durable destinée à l'exportation ou à la consommation intérieure. Les mesures de contrôle instituées dans de nombreux pays développés n'ont pas été efficaces. Des données d'expérience actualisées visant à améliorer la salubrité des aliments seront diffusées au niveau mondial

100

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

dans le cadre du processus d'analyse des risques. Les pays en développetp.ent ont désormais la possibilité d'éviter les erreurs commises dans les pays développés, pour autant que l'expérience de ces derniers soit analysée scientifiquement et diffusée à l'échelle internationale. Le Dr SAKAI (Japon) est convaincu que le projet de résolution contribuera à améliorer encore la salubrité des aliments, mais n'approuve pas 1' amendement au paragraphe 2.13 ). La traduction dans les langues de travail des pays en développement a des répercussions financières importantes. Il propose de reformuler le paragraphe 2.13) comme suit: «d'utiliser le plus largement possible l'information provenant des pays en développement dans l'évaluation des risques aux fins de l'établissement de normes internationales, et de renforcer la formation technique dans ces pays en mettant à leur disposition un document exhaustif dans les langues de travail de l'OMS, dans toute la mesure possible». M. CHOWDHURY (Inde) rappelle que sa délégation a estimé que, si les normes alimentaires doivent être fixées dans le cadre du Codex Alimentarius en tenant compte des besoins sanitaires des consommateurs, elles doivent également tenir compte de l'état de la technologie de transformation des aliments dans les pays en développement. Les normes qui ne tiendraient pas compte de ces critères deviendraient des obstacles non tarifaires au commerce. Les observations de sa délégation n'ayant pas été prises en compte dans le projet de résolution révisé, M. Chowdhury propose d'ajouter un nouvel alinéa à la suite du paragraphe 2.1 0) existant, qui se lirait comme suit : d'intervenir activement dans le processus d'établissement des normes alimentaires dans le cadre du Codex Alimentarius de façon à veiller à ce que les normes fixées, tout en protégeant la santé des consommateurs, tiennent aussi dûment compte de l'état de la technologie de fabrication des aliments dans les pays en développement dans le processus d'évaluation des risques ;. Mme SOSA MARQUEZ (Mexique) convient avec le délégué du Japon que le projet de résolution aidera à accroître la salubrité des aliments. En ce qui concerne le paragraphe 2.12), elle voudrait avoir des éclaircissements au sujet des considérations sanitaires qu'il est demandé au Directeur général de prendre en compte, puisqu'il existe déjà des instruments et mécanismes qui tiennent compte des questions de santé dans le commerce international. Le Dr KORTE (Allemagne) appuie la proposition du délégué du Japon. Soutenu par le Dr THIERS (Belgique), il demande à avoir plus de temps pour examiner la proposition du délégué de l'Inde. Le Dr LARIVIÈRE (Canada) déclare que, si le Directeur général peut être priée de s'exprimer pour le compte des pays absents des délibérations du Codex, elle ne peut intervenir dans un organe intergouvernemental. En outre, il doute que le Directeur général puisse s'engager à faire en sorte que les normes adoptées dans le cadre d'un processus intergouvernemental suivent une orientation particulière. M. CHOWDHURY (Inde) déclare qu'il acceptera toute formulation de sa proposition pour autant que le sens en soit sauvegardé. Le Dr WACHSMUTH (Etats-Unis d'Amérique) suggère que le texte du paragraphe 2.13) faisant référence à l'utilisation la plus large possible de l'information provenant des pays en développement dans l'évaluation des risques aux fms de l'établissement de normes internationales couvre les technologies alimentaires, qui font partie de l'évaluation des risques microbiens. Cette proposition devrait répondre aux préoccupations du délégué de l'Inde. La délégation des Etats-Unis approuve le projet de résolution. M. CHOWDHURY (Inde) réaffrrme qu'il est tout à fait prêt à accepter toute nouvelle formulation raisonnable de sa proposition, mais rejette la suggestion du délégué des Etats-Unis d'Amérique ; ce texte dilue trop les préoccupations des pays en développement.

COMMISSION A : SIXIEME SEANCE

101

Répondant au délégué du Mexique, le Dr SCHLUNDT (Salubrité des aliments) explique que la phrase fait référence à d'autres considérations sanitaires qui pourraient apparaître dans le commerce international à l'avenir; elle va au-delà de la question de la fixation de normes dans le domaine de la salubrité des aliments. La collecte et l'analyse de données concernant les maladies d'origine alimentaire, activité qu'entreprendra l'OMS, pour mettre en évidence des liens possibles entre le commerce international et ces maladies, en seraient un exemple. Cela permettrait de donner aux Etats Membres une idée plus claire de l'origine des maladies transmises par les aliments sur leur territoire: production intérieure ou commerce. Le PRESIDENT suggère que les délégués de l'Allemagne, du Canada, de l'Inde et du Mexique se consultent et proposent un amendement écrit, qui pourrait ensuite être examiné par la Commission.

Il en est ainsi décidé. (Voir l'approbation du projet de résolution dans le procès-verbal de la septième séance, page104.)

Convention-cadre de l'OMS pour la lutte antitabac: Point 12.10 de l'ordre du jour (documents A53/12, A53/12 Corr.1 et A53/13) Le Dr JIMÉNEZ DE LA JARA (représentant du Conseil exécutif) explique que le Conseil exécutif a examiné le rapport de situation du groupe de travail sur la convention-cadre de l'OMS pour la lutte antitabac, dont le Président a rappelé les discussions qui ont eu lieu lors de sa première réunion (octobre 1999). Le rapport final du groupe, rédigé à la fm de son mandat concernant la phase préparatoire des négociations, est soumis à la Commission (documents A53/12 et A53/12 Corr.l). Plusieurs membres ont attribué la réussite des travaux du groupe à la qualité de la documentation préparée par l'OMS. Divers problèmes et questions ont été soulevés, l'accent étant mis sur l'action multisectorielle au niveau national pour réduire la consommation de tabac et améliorer les résultats en matière de santé publique. Le Conseil exécutif a également examiné un rapport biennal, établi à la demande de 1'Assemblée de la Santé (résolution WHA43.16), sur les progrès et l'efficacité de la lutte antitabac dans les Etats Membres. Une version actualisée de ce rapport, défroissant les activités de lutte antitabac au titre de l'initiative Pour un monde sans tabac aux niveaux national, régional et mondial, a été présentée (document A53/13). Le Conseil s'est félicité des progrès réalisés par l'initiative Pour un monde sans tabac et en a souligné l'impact pour encourager les efforts d'élaboration de politiques et de programmes efficaces de lutte antitabac au niveau national. L'attention a une fois encore été appelée sur la complexité des problèmes et le très large éventail de questions à prendre en considération. Le Professeur Zeltner a également fourni des informations préliminaires au Conseil sur les plans de travail du comité d'experts indépendants nommés par le Directeur général, sous la présidence du Professeur Zeltner, pour examiner si l'industrie du tabac a exercé des pressions injustifiées sur les efforts de lutte antitabac déployés à l'échelle du système des Nations Unies. Le PRESIDENT rappelle qu'un groupe de travail informel à composition non limitée s'est réuni pour examiner le projet de résolution sur la convention-cadre de l'OMS pour la lutte antitabac. Il invite le Président de ce groupe a rendre compte de ses travaux. M. TELLIER (Canada), prenant la parole en tant que Président du groupe de travail informel, indique qu'à sa deuxième réunion, en mars 2000, le groupe de travail sur la convention-cadre de l'OMS pour la lutte antitabac a proposé qu'une résolution soit élaborée avant l'Assemblée de la Santé et a exposé les éléments à inclure dans le texte de celle-ci. Le groupe de travail informel s'est réuni deux fois pour examiner un projet de résolution et en a approuvé le texte.

102

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

Le PRESIDENT appelle l'attention de la Commission sur le texte révisé du projet de résolution suivant, proposé par l'Australie, le Botswana, le Canada, le Chili, la Jamaïque, le Maroc, le Mexique, le Népal, la Norvège et la Nouvelle-Zélande, tel qu'amendé par le groupe de travail informel: La Cinquante-Troisième Assemblée mondiale de la Santé, Rappelant et réaffirmant la résolution WHA52.18 en vertu de laquelle étaient établis, d'une part, un organe intergouvernemental de négociation chargé de rédiger et de négocier le projet de convention-cadre de l'OMS pour la lutte antitabac et d'éventuels protocoles y relatifs et, d'autre part, un groupe de travail chargé de préparer des projets de dispositions à faire figurer dans la convention-cadre et de faire rapport sur l'état d'avancement de ces travaux; Ayant examiné le rapport sur la convention-cadre pour la lutte antitabac présenté à l'Assemblée de la Santé; 1. PREND NOTE des progrès importants qui ont été faits, comme en témoignent les documents A53/12 et A53/12 Corr.l, et se félicite des efforts fournis par le groupe de travail, son bureau et le Secrétariat ; 2. CONSTATE que le rapport contenu dans les documents A53/12 et A53112 Corr.1 ainsi que les projets de dispositions à faire figurer dans la convention-cadre constituent une base solide qui devrait permettre à 1' organe intergouvernemental de négociation d'entamer les négociations ; 3. ESTIME que le succès de la convention-cadre dépend d'une large participation des Etats Membres de l'OMS et des organisations mentionnées au paragraphe i .3) de la résolution WHA52.18 ; 4. DEMANDE à l'organe intergouvernemental de négociation: 1) d'élire, à sa première session, un président, trois vice-présidents et deux rapporteurs, et d'examiner l'applicabilité d'un bureau élargi; 2) d'entamer les négociations portant dans un premier temps sur le projet de conventioncadre, sans préjuger des discussions auxquelles donneront lieu d'éventuels protocoles y relatifs; 3) de rendre compte des progrès de ses travaux à la Cinquante-Quatrième Assemblée mondiale de la Santé ; 4) d'examiner la question d'une participation élargie, en qualité d'observateurs, d'organisations non gouvernementales, selon des critères qu'établira l'organe de négociation ; 5. PRIE le Directeur général : 1) de convoquer la première session de l'organe intergouvernemental de négociation en octobre 2000 ; 2) d'élaborer et de soumettre à l'organe de négociation, à sa première session, un projet de calendrier du processus, assorti d'informations sur les coûts liés à la tenue des sessions de l'organe de négociation et la disponibilité de fonds pour couvrir ces coûts, en accordant une attention particulière à la participation de délégués de pays en développement. M. TELLIER (Canada) explique que l'objet du nouveau paragraphe du dispositif consiste simplement à faire référence à l'Union européenne. Le Dr LEPPO (Président du groupe de travail sur la convention-cadre de l'OMS pour la lutte antitabac) résume le rapport du groupe de travail. En préparant les projets de dispositions à intégrer dans la convention-cadre (tels qu'ils sont énoncés dans l'annexe au document A53/12), les membres du groupe ont adopté une approche globale, prenant en considération les diverses propositions faites. La seconde réunion du groupe de travail, outre la préparation des projets de dispositions, a permis de juger du niveau d'appui dont bénéficient les différents éléments et permis une discussion approfondie sur la relation entre

COMMISSION A : SIXIEME SEANCE

103

la convention et les protocoles éventuels. 1 Le groupe de travail estime avoir mené entièrement à bien sa tâche. Les résultats des travaux représentent un apport technique général qui pourra constituer la base de l'action de l'organe intergouvernemental de négociation. Les projets de dispositions qui seront examinés par cet organe consistent en une série d'options reposant sur les suggestions faites aux cours des réunions du groupe de travail. A sa deuxième réunion, le groupe de travail a également discuté brièvement les questions de procédure. Il a été proposé que le rapport du groupe de travail soit soumis à 1'organe de négociation, avec les commentaires de la Cinquante-Troisième Assemblée mondiale de la Santé et éventuellement les mesures prises par celle-ci. Il a également été indiqué que l'Assemblée de la Santé pourrait souhaiter assurer la continuité du processus entre la fm de sa session et le début des négociations. Le Dr Leppo remercie les représentants de tous les Etats Membres et les autres participants aux travaux préparatoires de leur engagement et de leur collaboration, et félicite l'OMS de la qualité de la documentation technique présentée. Le Dr HETLAND (Norvège) se dit satisfait des progrès et de la coopération fructueuse établie entre le groupe de travail et l'initiative Pour un monde sans tabac. L'organe intergouvernemental de négociation devra, dès le départ, tirer parti de la dynamique considérable créée par le groupe de travail et parmi ses membres. C'est pourquoi certains pays ont pris l'initiative de proposer une résolution qui orientera les aspects de procédure des travaux de cet organe. La procédure comprendra le calendri~r des négociations et les mesures d'organisation à prendre pour assurer la participation et l'engagement de tous les Etats Membres. Le Dr Hetland approuve donc le projet de résolution amendé, qui jette clairement les bases d'un texte de convention solide. L'expérience a montré qu'il n'était pas possible de négocier en même temps une convention et les protocoles y relatifs. A cet égard, il est convaincu que le projet de résolution assurera un processus progressif et efficace. Son pays se réjouit de prendre part aux négociations futures. (Voir la suite du débat et l'approbation du projet de résolution dans le procès-verbal de la septième séance, page 105.)

La séance est levée à 12 h 35.

1

Le rapport de la deuxième réunion figure dans le document NFCTC/WG2/5.

SEPTIEME SEANCE Vendredi 19 mai 2000,14 h 30 Président: Professeur S. M. ALI (Bangladesh) puis: M. J. A. CHOWDHURY (Inde)

QUESTIONS TECHNIQUES ET SANITAIRES: Point 12 de l'ordre du jour (suite) Salubrité des aliments: Point 12.3 de l'ordre du jour (document EB105/2000/REC/1, résolution EB105.R16 et annexe 7) (suite de la sixième séance, page 101) M. CHOWDHURY (Inde) indique qu'après un échange entre sa délégation et les délégués de l'Allemagne et du Canada, et avec l'accord du délégué des Etats-Unis d'Amérique, il souhaite proposer d'ajouter un nouvel alinéa 14) après le paragraphe 2.13) du projet de résolution révisé présent~ à la séance précédente, qui se lirait : « de continuer à agir de façon dynamique au nom des pays en développement afin que le niveau des progrès technologiques de ces pays soit pris en compte lors de l'adoption et de la mise en oeuvre des normes internationales sur la salubrité des aliments ».

Le projet de résolution, ainsi amendé, est approuvé. 1

Alimentation du nourrisson et du jeune enfant: Point 12.4 de l'ordre du jour (documents A53/7 et A53/INF.DOC./2) (suite de la sixième séance, page 91) Le PRESIDENT explique que le groupe de travail à composition non limitée s'est réuni pour examiner le projet de résolution présenté par la délégation du Brésil à la quatrième séance de la Commission, ainsi que les amendements proposés par diverses délégations. Le groupe de travail a recommandé que l'Assemblée de la Santé adopte le projet de décision suivant : La Cinquante-Troisième Assemblée mondiale de la Santé, ayant réaffirmé l'importance accordée par les Etats Membres aux activités de l'OMS concernant la nutrition chez le nourrisson et le jeune enfant et ayant accueilli favorablement le projet de résolution proposé par la délégation du Brésil, ainsi que les amendements présentés par différentes délégations au cours d'un large débat, a décidé 1) de prier le Directeur général d'inscrire à l'ordre du jour de la cent septième session du Conseil exécutif un point sur la nutrition chez le nourrisson et le jeune enfant et d'inclure le projet de résolution et les amendements dans les documents de base mis à la disposition du Conseil, et 2) de prier le Conseil exécutif de créer au cours de sa session un groupe de rédaction sur la nutrition chez le nourrisson et le jeune enfant, ouvert à la participation de tous les Etats Membres et chargé de rédiger une résolution qui sera examinée par le Conseil exécutif sur la base du projet et des amendements susmentionnés en vue de son adoption par la Cinquante-Quatrième Assemblée mondiale de la Santé en 2001. L'Assemblée de la Santé a encouragé un débat sur le projet et les

Ce projet de résolution a été transmis à 1'Assemblée de la Santé dans le deuxième rapport de la Commission et adopté sous la cote WHA53.15.

1

-104-

COMMISSION A : SEPTIEME SEANCE

105

amendements au niveau régional, notamment lors des prochaines sessions des comités régionaux, afm de réunir un maximum d'informations et de faciliter l'examen de ce point important par la Cinquante-Quatrième Assemblée mondiale de la Santé.

Le projet de décision est approuvé. 1

Convention-cadre de l'OMS pour la lutte antitabac: Point 12.10 de l'ordre du jour (documents A53112, A53/12 Corr.1 et A53/13) (suite de la sixième séance, page 103) M. BÂRCIA (Portugal), parlant au nom de l'Union européenne, approuve et appuie pleinement le projet de résolution tel qu'il a été amendé. L'Union et ses 15 Etats Membres seront heureux de le coparrainer. L'Union européenne adhère pleinement, sans réserve et de manière indéfectible aux objectifs du projet de convention. Elle espère que la convention marquera un tournant dans la lutte antitabac et compte que les négociations prochaines aboutissent rapidement afm que les dispositions de la convention puissent être adoptées et appliquées le plus tôt possible. La tâche échue à l'organe intergouvernemental de négociation sera difficile, mais déterminante; il mérite l'entière coopération de l'Union européenne, qu'elle ne manquera pas de lui apporter. Il part sur de bonnes bases grâce aux efforts du groupe de travail, et M. Bârcia espère qu'il sera à la hauteur des attentes. M. W.-K. MOON (République de Corée) décrit dans les grandes lignes l'initiative prise par son pays pour réduire le taux de tabagisme, qui, chez les hommes de plus de 15 ans par exemple, devrait passer de 68,2% en 1997 (taux le plus élevé du monde dans cette tranche d'âge) à 55% d'ici 2003. La lutte antitabac a pour cadre juridique la loi de 1995 sur la promotion de la santé, qui délimite des zones fumeur et non-fumeur, restreint la publicité en faveur du tabac, rend obligatoire l'apposition de mises en garde des autorités sanitaires sur les paquets de cigarettes et interdit de fumer dans les bâtiments publics et les établissements médicaux. La mise en oeuvre du plan d'action national et la prévention du tabagisme chez les adolescents progressent. Le Gouvernement de la République de Corée soutient activement l'élaboration de la conventioncadre, notamment en versant des contributions volontaires à l'initiative de l'OMS Pour un monde sans tabac. M. SHEM (Vanuatu) dit que les différents ministères concernés de son pays sont encore en train de se concerter pour déterminer quels aspects de la convention s'appliquent à Vanuatu. Le but est de plaider en faveur de la convention et d'aider à créer un cadre qui tienne compte des ressources de Vanuatu. Lors de la Journée mondiale sans tabac (31 mai 2000), une exposition sera organisée sur le thème de la convention-cadre. Mme TillBELI (Lesotho) dit que le problème déjà aigu des maladies respiratoires dans son pays, caractérisé notamment par des taux élevés de tuberculose, d'asthme et de cancer du poumon, est encore aggravé par la consommation de tabac. Afm de promouvoir un mode de vie plus sain dans le cadre des programmes de lutte antitabac, le Lesotho a créé un groupe spécial plurisectoriel où sont représentés différents ministères, organismes gouvernementaux et non gouvernementaux, et coordonné par la Division Education pour la Santé du Ministère de la Santé. En 1999, le groupe a organisé avec succès une campagne contre le tabagisme à l'école, qui alliait des initiatives d'éducation pour la santé à des études sur l'étendue du problème de l'abus des drogues dans les 40 écoles visées par le programme pilote. Avec le concours du Ministère et de l'OMS, on est en train de mettre au point des méthodes d'éducation pour

1

Décision WHA53(10).

106

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

la santé et des matériels antitabac, notamment pour la Journée mondiale sans tabac. Le Gouvernement rédige actuellement une loi antitabac, mais aurait besoin de l'appui technique de l'OMS. Le Lesotho estime que la convention-cadre a été mise en chantier à point nommé. Le recours à un processus politique de la sorte pour défendre une cause de santé publique est conforme aux dispositions de la Constitution du Lesotho concernant la santé publique. La convention-cadre devrait être un instrument juridique international qui permettra de circonscrire le tabagisme dans le monde par le partage des responsabilités au niveau international. On pourra utiliser les médias internationaux tels que les sociétés de radiodiffusion et Internet pour faire passer le message antitabac, tandis que la collaboration internationale pourra aider à juguler la contrebande et, comme c'est le cas entre son pays et la République d'Afrique du Sud, à réglementer les prix et les taxes. Le Lesotho recommande d'interdire la vente hors taxes des produits du tabac. Sa délégation recommande par ailleurs une diminution progressive de la production de tabac, à laquelle on cherche à substituer d'autres cultures de rapport et qui s'accompagne de mesures compensatoires avantageuses. Mme DJAMALUDIN (Indonésie) déclare que son pays souscrit aux différentes dispositions du projet de convention-cadre et aux éventuels protocoles, et qu'il a adopté en 1999 une réglementation visant à protéger la santé des méfaits du tabac. Elle a remarqué pendant les réunions du groupe de travail que, dans plusieurs domaines importants, les projets de dispositions reflétaient le caractère général de la notion de cadre. La con~ention doit toutefois être souple afin que le plus grand nombre de pays possible y adhèrent, même s'il faut pour cela supprimer des obligations spécifiques. Elle doit surtout énoncer des principes de portée générale qui reflètent la volonté politique des différents gouvernements. Elle doit contribuer à prémunir les pays en développement, notamment contre le commerce international du tabac, tout en responsabilisant les pays développés qui exportent des produits du tabac. En ce qui concerne le projet de résolution, Mme Djamaludin n'est pas favorable à la proposition de remplacer l'expression« une base générale» par« une base solide» au paragraphe 2, même si ce changement est le fruit d'une discussion approfondie, parce que le mot« solide» est vague et ne ferait qu'affaiblir le message de fond de la convention-cadre. Elle souhaiterait qu'on lui explique le bien-fondé de cette modification, car elle pourrait avoir de sérieuses conséquences. Le Dr KHAZAL (Emirats arabes unis) expose certaines mesures qui ont été prises par son pays pour réduire la consommation de tabac et de produits du tabac, au nombre desquelles une loi réglementant la culture du tabac, une augmentation des taxes, la mise en place de services de consei~ des campagnes et des mesures d'incitation. En 2000, le Gouvernement a pris un décret interdisant de fumer dans les bureaux des services publics. Deux laboratoires d'analyse des produits du tabac ont été créés et, chaque année, aura lieu une semaine antitabac. Son pays soutient pleinement la convention-cadre et le projet de résolution. M. BWANALI (Malawi), faisant observer que son pays a toujours fait siennes les résolutions de l'OMS sur la lutte antitabac, dit qu'il souscrit aussi aux mesures envisagées dans le projet de convention, même si le Malawi dépend dans une large mesure de la culture du tabac pour fmancer ses services de santé. La plupart des Malawiens ne fument pas, mais la culture du tabac fait partie intégrante de la société malawienne, parce qu'elle exige une main-d'oeuvre abondante et fournit de nombreux emplois. Le prix du tabac est actuellement très bas. La plupart des fruits de la production de tabac vont à ceux qui en encouragent la culture, et la population du Malawi se trouve marginalisée. En outre, les importations de produits du tabac bon marché ont gravement nui à l'industrie locale du tabac. Le Gouvernement est disposé, à condition qu'on lui offre une aide fmancière et technique appropriée, à envisager des cultures et des industries de remplacement. La délégation malawienne se félicite du rapport du groupe de travail.

COMMISSION A : SEPTIEME SEANCE

107

Le Dr FETISOV (Fédération de Russie) soutient les efforts faits par l'OMS en vue d'élaborer une convention-cadre pour la lutte antitabac et fait l'éloge du rapport du Directeur général. Il remercie le Dr Leppo de son travail en tant que Président. Sa délégation pense que la convention-cadre devrait être formulée en des termes généraux afin que le plus grand nombre possible de pays puissent y adhérer. Pour cela, elle doit tenir compte à la fois des intérêts des systèmes de santé nationaux, dont la fmalité est de protéger la santé des individus, et des intérêts économiques des différents pays, notamment ceux où existent des sociétés productrices de tabac et des producteurs de matières premières destinées à l'industrie du tabac. La convention doit avoir pour but principal l'élaboration de politiques nationales de lutte antitabac. L'un des points importants est la mise à disposition de données scientifiques complémentaires permettant de concevoir des mécanismes de lutte antitabac et de réglementation de la production du tabac. Les mesures concrètes, comme les restrictions et les interdictions, doivent faire l'objet de protocoles spéciaux, qui ne doivent pas forcément être rédigés et adoptés en même temps que la convention elle-même. La délégation russe ne fait aucune réserve sur le projet de résolution. Mme LICONA AZCONA (Honduras), se faisant l'écho des compliments faits sur les rapports, déclare que son Gouvernement veillera à ce que tous les services gouvernementaux susceptibles de prendre part à la mise en oeuvre de la convention-cadre prennent part aux négociations. Son pays se félicite également de ce que l'OMS se soit engagée à fournir un appui fman~ier aux pays en développement afm qu'ils puissent y participer, appui qui, espère-t-elle, s'étendra à la phase de négociation. S'agissant du projet de résolution, elle demande des éclaircissements sur les changements proposés au paragraphe 4. A propos de l'organe de négociation, au paragraphe 4.1), elle ne voit pas l'utilité d't•n bureau élargi et dont les membres supplémentaires seraient nommés à la première session. Par ailleurs, ce paragraphe devrait préciser que l'élection des responsables doit se faire de manière à assurer une répartition géographique équitable. Enfin, au paragraphe 4.4), il est inutile d'ajouter le mot« élargie» avant la mention de la participation d'organisations non gouvernementales en qualité d'observateurs. M. VARELA (Argentine) loue les efforts faits par le groupe de travail pour rédiger les projets de dispositions de la convention-cadre et grâce auxquels l'organe de négociation pourra se fonder sur une base solide lors de sa réunion d'octobre 2000. L'Argentine pense que cette réunion sera fructueuse et promet d'y apporter son soutien. Une résolution concernant la procédure à suivre pour les prochaines négociations de la convention-cadre n'est nécessaire que si elle apporte quelque chose de nouveau et d'utile. Or la résolution WHA52.18 énonce déjà la plupart des éléments nécessaires. Le projet de résolution dont est saisie la Commission, ainsi que les amendements proposés par le Canada, semblent remplir cette condition. M. Varela reconnaît que la composition du bureau doit être souple. De plus, le premier souci de l'organe de négociation devrait être de rédiger un projet de convention-cadre, avec la possibilité, à l'avenir, de négocier des protocoles additionnels. Il est important et indispensable que la société civile participe pleinement et donne son avis. Le changement proposé au paragraphe 4.4) prévoit de façon judicieuse la possibilité d'une participation élargie d'organisations non gouvernementales. M. V arela souscrit au projet de résolution avec les modifications proposées par le Canada M. YANG Xiaokun (Chine) note que l'OMS a bien avancé les travaux préparatoires à la convention-cadre depuis la Cinquante-Deuxième Assemblée mondiale de la Santé. Le groupe de travail s'est réuni deux fois et les Etats Membres ont pu participer pleinement aux discussions préliminaires sur la convention-cadre. La Chine a envoyé des délégations plurisectorielles aux deux réunions. La Chine épouse l'opinion exprimée par le groupe de travail dans son rapport selon laquelle la convention doit être ferme, mais de portée générale, afin que le plus grand nombre possible d'Etats Membres puissent y adhérer. Elle doit en outre énoncer des principes d'ordre généra~ qui laissent aux pays

108

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

la latitude nécessaire, tiennent particulièrement compte des intérêts des pays en développement et insistent sur l'appui fmancier et technique aux pays auxquels l'application de la convention imposera des pertes. M. Yang demande quel sera le projet que l'organe intergouvernemental de négociation examinera en octobre 2000. La discussion portera-t-elle sur le rapport du groupe de travail (documents A53112 et A53112 Corr.l) ou présentera-t-on un autre projet de convention fondé sur les observations du groupe de travail afm de faciliter les négociations ? Le Dr OTTO (Palaos) remercie les Etats-Unis d'Amérique de leur don à la Coalition pour libérer les Palaos du tabac. Il remercie également le Bureau régional du Pacifique occidental du dossier d'information fourni à l'occasion de la Journée mondiale sans tabac organisée dans son pays et dans le cadre des initiatives prises en faveur de la convention-cadre. Il félicite le groupe de travail de son excellent rapport. Il fait observer que la convention doit aussi traiter des questions sanitaires intéressant les nombreuses personnes qui consomment du tabac sous d'autres formes que le tabac à fumer. Les Palaos s'associent aux observations faites par le Canada et la Norvège. Le Dr STAMPS (Zimbabwe) déclare que son pays souscrit sans réserve au projet de résolution tel qu'amendé. Le Dr NOVOTNY (Etats-Unis d'Amérique) soutient pleinement le processus d'élab~ration de la convention-cadre. Son pays a l'intention de travailler en étroite collaboration avec les autres Etats Membres en vue d'élaborer une convention que puissent signer tous les Etats. Les négociations doivent porter dans un premier temps sur la convention elle-même, puis sur les protocoles spécifiques, enchaînement bien défini dans le projet de résolution. Les Etats Membres de toutes les Régions devraient être maintenant plus étroitement associés à l'organisation des négociations prochaines grâce à l'élargissement du bureau, rendu ainsi plus représentatif, comme il est prévu dans le projet de résolution. Le Dr Novotny pense que les négociations sur la convention-cadre, tout en demeurent axées sur la santé, seraient facilitées si l'on adoptait une approche moins fondée sur la sensibilisation mais tenant compte davantage d'un souci d'équilibre, de bonnes procédures parlementaires et de l'avis d'experts en droit commercial international et en traités. Il encourage 1'OMS à faire en sorte que tous les secteurs donnent leur point de vue avant et pendant les négociations, car leur contribution sera déterminante. Cependant, les critères de participation des organisations non gouvernementales doivent être examinés attentivement à la lumière des règles de l'OMS qui s'appliquent. Il félicite l'OMS d'avoir établi un rapport équilibré et représentatif. Le Dr KUNENE (Swaziland) explique que, si son pays n'est pas un grand producteur de tabac, il s'inquiète néanmoins de l'augmentation de la consommation de tabac constatée récemment dans sa population, en particulier chez les jeunes, ainsi que de l'accroissement alarmant des importations illégales de produits du tabac, qui gêne considérablement le contrôle de la distribution et de la vente des produits du tabac. Le Swaziland n'ayant toujours pas de loi antitabac, il est difficile de réduire la consommation. Le Dr Kunene remercie l'OMS d'aider le pays à élaborer une législation à cet effet, qui devrait entrer en vigueur à la fm de l'année. Bien qu'ayant réussi à réduire de manière sensible le tabagisme, le Swaziland manque encore d'infrastructures pour appuyer les campagnes antitabac et souhaiterait que l'OMS lui apporte un soutien supplémentaire pour créer des centres de sevrage. Le concours de l'OMS et de la FAO serait également nécessaire pour aider le pays à diversifier ses cultures. Le Dr Kunene souscrit aux dispositions du projet de convention-cadre et au projet de résolution tel qu'amendé. Le Dr MENAKAY A (Nigéria) soutient fermement la convention-cadre, mais estime que certains éléments du rapport du groupe de travail devraient être modifiés afm que les pays en développement puissent participer pleinement. Il propose donc quelques amendements au texte provisoire.

COMMISSION A : SEPTIEME SEANCE

109

Lors de la réunion de mars 2000 du groupe de travail, la plupart des délégués des pays en développement avaient estimé que le préambule devrait tenir compte de leur situation sanitaire, en signalant qu'au problème persistant des maladies infectieuses venait désormais s'ajouter celui des maladies non transmissibles. Il faudrait aussi indiquer que l'économie de certains pays en développement dépend encore de la culture du tabac, constater avec préoccupation que les sociétés productrices de tabac ciblent leurs campagnes de promotion sur les pays en développement d'Afrique, et reconnaître que les pays en développement ont besoin d'un appui fmancier et technique pour lutter contre le tabac. A la section II, sous le point« A. Obligations générales», l'article 2.b) ii) devrait interdire la vente de tabac non seulement aux enfants et aux adolescents mais aussi par les enfants et les adolescents. Sous le point« B. Publicité, promotion et parrainage», l'option! de l'article 1 est préférable, mais devrait être rédigée de la manière suivante : « interdire la publicité en faveur des produits du tabac, leur commercialisation, leur promotion et leur parrainage». Il n'est pas nécessaire de faire une distinction pour les enfants et les adolescents; l'interdiction devrait s'appliquer à tous. Sous le point « G. Recherche», aucune disposition ne prévoit un appui fmancier aux pays en développement pour qu'ils entreprennent les travaux de recherche et les évaluations techniques dont il est question à l'article 2. Le Dr Menakaya suggère d'ajouter un nouveau paragraphe à cet effet. Il propose que sous le point « L. Ressources fmancières », on ajoute les mots « mettre en place et » dans la dernière phrase du deuxième paragraphe en italiques, qui se lirait alors:« ont besoin d'un soutien financier pour mettre en place et renforcer leurs programmes nationaux de lutte antitabac ». Il est favorable à la proposition faite au paragraphe suivant en italiques d'ajouter un nouvei article 4. Le Nigéria est partisan d'une convention-cadre ferme qui tienne compte des problèmes propres aux pays en développement, et félicite l'OMS de son initiative. Notant que le délégué du Nigéria a fait mention du rapport du groupe de travail, le PRESIDENT rappelle que l'objet du débat est le projet de résolution dont est saisie la Commission. Le Dr ClllNNIA (Trinité-et-Tobago) appuie sans réserve l'élaboration d'une convention-cadre ferme et efficace et pense que les projets de dispositions et les observations figurant dans le rapport du groupe de travail serviront de base utile aux discussions de l'organe intergouvernemental de négociation. La convention doit couvrir les questions tant nationales que transfrontières, y compris la publicité directe et indirecte et le parrainage. L'appui technique aux pays en développement pour son application doit faire partie intégrante de la convention-cadre. Le Ministre de la Santé de la Trinité-et-Tobago a récemment proposé de rédiger un projet de loi visant à interdire complètement la publicité en faveur du tabac, mettre fin au parrainage des sports et des manifestations culturelles par les cigarettiers, interdire la vente de produits du tabac aux moins de 18 ans, interdire de fumer dans les lieux publics et faire figurer obligatoirement sur les paquets de cigarettes des mises en garde approuvées par le Ministère de la Santé et couvrant 65 % de la surface du paquet. On est en train de préparer un livre blanc et des consultations sont prévues au niveau national. La Société de Lutte contre le Cancer de la Trinité-et-Tobago recueille actuellement des fonds pour attaquer en justice la West Indian Tobacco Company au nom des victimes du tabagisme. La Trinité-et-Tobago appuie sans réserve le projet de résolution amendé. Mme BENNETT (Australie) déclare que son pays soutient fermement l'élaboration de la convention-cadre et est heureux de pouvoir coparrainer le projet de résolution amendé. L'Australie a hâte de participer aux négociations officielles de la convention, sur la base des délibérations et du rapport du groupe de travail. Mme COSTA E SILVA (Brésil) approuve le rapport du groupe de travail en tant que base générale sur laquelle fonder la convention-cadre et souligne que son pays entend participer activement aux discussions sur la convention et les protocoles y relatifs. Le Président du Brésil a récemment créé une commission nationale chargée d'étudier et de défmir la position du pays sur la question du tabac.

110

CINQUANTE-TROIS lEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

Le Brésil soutient le projet de résolution amendé et accueille favorablement le rapport sur l'initiative Pour un monde sans tabac (document A53/13). Il demande instamment à l'OMS d'encourager des études sur l'impact de la baisse de la demande sur les pays en développement producteurs de tabac, qui tiennent compte des différentes situations et des solutions économiques de rechange. Le Brésil est disposé à prendre part à une étude de ce type. Il recommande aussi d'étudier les effets de la production de tabac sur l'environnement afm de susciter une prise de conscience et d'essayer des stratégies d'intervention visant à réduire les dégâts que la culture du tabac cause à l'environnement dans les pays en développement. En bien des endroits, la contrebande sape les efforts de lutte antitabac. Mme Costa e Silva insiste pour que l'initiative Pour un monde sans tabac privilégie les études sur les stratégies susceptibles d'y remédier, en particulier dans les pays en développement. M. JAKSONS (Lettonie), parlant au nom de l'Estonie, de la Lettonie et de la Lituanie, estime que certaines des suggestions faites par le groupe de travail dans son rapport devront être améliorées, notamment la question du trafic et de la publicité transfrontières, qui appelle le même engagement de la part de tous les Etats. Il espère que les points laissés en suspens seront défmitivement arrêtés par l'organe intergouvernemental de négociation. Les trois Etats baltes sont fermement attachés à la poursuite du processus d'élaboration selon les modalités prévues dans la résolution WHA52.18 et souscrivent au projet de résolution et aux amendements. Pour trouver un juste équilibre entre les détails concrets et un texte susceptible de recueillir la plus large adhésion possible, les propositions faites par le groupe de travail dans son rapport devraient d'abord être examinées par tous les pays, puis mises en forme par l'organe intergouvernemental de négociation. La convention doit servir de référence en matière de lutte antitabac. Elle sera efficace, par exemple, si les contrebandiers et les publicitaires se sentent menacés, si les vendeurs sont poursuivis pour la vente de cigarettes aux mineurs et si personne ne fume dans les bureaux. L'adoption d'un nouvel instrument international ne suffira pas à faire baisser la consommation de cigarettes : il est indispensable de changer les mentalités, en commençant par sensibiliser les décideurs, les médias et l'opinion publique. Les trois Etats baltes ont signé des programmes de collaboration à moyen terme avec l'OMS pour que celle-ci les aide à mener toute une série d'activités en rapport avec la convention-cadre. Pour l'Estonie, la Lettonie et la Lituanie, la convention implique non seulement l'adoption de nouvelles normes et réglementations, mais surtout une protection plus efficace de la santé publique et la lutte contre les problèmes dus à l'épidémie de tabagisme. Le Dr SAKAI (Japon) déclare que son pays a déjà fait de la lutte antitabac une priorité de son nouveau plan de promotion de la santé, Santé Japon 21. Il demande quel usage l'OMS compte faire du texte provisoire annexé au rapport du groupe de travail. Pour le Japon, ce rapport est un document de référence important pour les négociations intergouvernementales, mais il ne peut servir directement aux discussions sur le texte de la convention lors de la phase de négociation. Au cours de sa première session, l'organe intergouvernemental de négociation ne devrait se servir du rapport que comme document de référence à partir duquel esquisser une convention-cadre acceptable pour tous les Etats Membres et qui servira de base pour la suite des négociations. Pour faciliter ce processus, le Dr Sakai demande à l'OMS de dresser la liste des mesures les plus largement acceptées, tout en tenant compte des opinions exprimées lors de la deuxième réunion du groupe de travail. M. DÜRLER (Suisse) rappelle que les maladies liées au tabac tuent des centaines de milliers d'hommes et de femmes chaque année et que, dans la plupart des pays, le nombre de fumeurs est en forte augmentation, en particulier chez les femmes et les jeunes. Il félicite le Directeur général du courage dont elle fait preuve en s'attaquant à cette question. La convention-cadre, qui sera la première convention mondiale à but sanitaire, marque une étape importante dans la lutte contre le fléau du tabagisme. La Suisse s'engage à contribuer activement à l'élaboration d'une convention digne de ce nom.

COMMISSION A : SEPTIEME SEANCE

Ill

Le projet de texte rédigé par le groupe de travail est une bonne base pour les négociations. La convention doit être clairement structurée et s'en tenir à l'essentiel. Toutes les parties prenantes doivent avoir voix au chapitre; même si l'industrie du tabac tente de freiner et de modérer les efforts entrepris, ses manoeuvres ne doivent pas empêcher les progrès. M. Dürler ne doute pas que tous les Etats Membres prendront les mesures qui s'imposent pour inverser la croissance du tabagisme et unir leurs efforts en vue d'élaborer un traité qui servira de base à une action énergique et efficace. La Suisse appuie donc sans réserve et souhaite coparrainer le projet de résolution. Le Dr HA TAI CIDTANONDH (Thaïlande) fait observer que la Thaïlande a été dès le départ un fervent partisan de la convention-cadre et que des représentants gouvernementaux et non gouvernementaux ont participé à des consultations et à des conférences internationales. Elle a déjà adopté deux lois antitabac sévères, mais a encore des difficultés concernant les activités transfrontières. Elle accueillerait avec satisfaction des protocoles pour l'élimination effective de la contrebande de produits du tabac, l'interdiction, partout dans le monde, du parrainage et de la publicité en faveur des produits du tabac, l'interdiction des ventes hors taxes de produits du tabac, l'harmonisation de la fiscalité au niveau international, l'exemption des produits du tabac des réductions de taxe prévues au titre d'accords régionaux de libre-échange, l'analyse et la déclaration obligatoires des ingrédients toxiques et la création d'un mécanisme de mise en commun de l'information. La Thaïlande a créé un comité interministériel de coordination pour la conv~ntion-cadre. Elle appuie sans réserve le projet de résolution. M. CHOWDHURY (Inde) estime nécessaire de créer un fonds mondial fmancé par une taxe sur l'exportation de produits du tabac manufacturés. Une telle taxe découragerait les exportations de tabac qui, d'une certaine façon, exportent la maladie. Les fonds pourraient servir à aider les pays en développement à remplacer la culture du tabac et la fabrication de produits du tabac par d'autres activités génératrices de revenus. Ces pays ont pour tâche écrasante de recycler la main-d'oeuvre dans d'autres aètivités lucratives et seront incapables de prendre la moindre mesure pour lutter efficacement contre le tabac s'ils n'ont pas de filet de sécurité de cette nature. Le Dr MANSOUR (Egypte) félicite le Directeur général de l'initiative Pour un monde sans tabac et exprime le soutien de son pays au projet de résolution et à la convention-cadre. Le Ministère de la Santé égyptien met actuellement en oeuvre une stratégie et des plans contre le tabagisme en collaboration avec des institutions privées et publiques. L'accent est mis sur l'éducation et la sensibilisation. Il est interdit de fumer dans les lieux publics et l'on vérifie la composition des produits du tabac. Le Dr Mansour demande à l'OMS de soutenir les activités des Etats Membres, en particulier la recherche, les études, la formation et l'action de sensibilisation. Le Dr GALON (Philippines) se déclare satisfaite des progrès accomplis dans la mise en oeuvre de la résolution WHA52.18 et juge encourageante la constitution d'un groupe international de juristes chargé d'aider les Etats Membres sur le plan technique. Les Philippines sont l'un des nombreux pays en développement où la consommation de tabac augmente sans cesse. La convention-cadre pourrait accélérer l'adoption de lois antitabac sévères. Le groupe spécial national pour la lutte antitabac a collaboré avec la commission sénatoriale santé et technologie à la publication d'un livre blanc sur le tabac et le tabagisme. Le pays a en outre conçu un programme de lutte antitabac destiné à convaincre les fumeurs de fumer moins ou de renoncer à fumer. Les Philippines sont entièrement acquises au mouvement en faveur de la convention-cadre et souscrivent au projet de résolution tel qu'il a été présenté. Le Dr Galon recommande la vigilance afm que l'élan donné ne s'arrête pas lors de la phase de négociation. Le Dr POPA (Roumanie) indique que la consommation de tabac est forte dans son pays. On estime que 60 à 70 % des hommes et 40 à 50 % des femmes, dont beaucoup de jeunes, fument. Dans le cadre de

112

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

la procédure prévue pour demander l'adhésion à l'Union européenne, la Roumanie a commencé à harmoniser sa législation sanitaire, de sorte que la publicité pour les produits du tabac dans les lieux publics et la vente de ces produits aux mineurs sont interdites. Des campagnes antitabac sont organisées. Le Dr Popa appuie sans réserve l'initiative Pour un monde sans tabac et la convention-cadre. Le Dr LANE (Nouvelle-Zélande) dit que son Gouvernement adopte une attitude plus ferme en matière de lutte antitabac car, malgré la politique de grande envergure appliquée depuis une dizaine d'années, le tabagisme reste stable dans son pays. Le Gouvernement a donc pris des mesures plus énergiques pour réduire la consommation de tabac et étudie diverses possibilités pour réglementer la composition et les additifs des produits du tabac ou la fumée dégagée par la combustion. La NouvelleZélande s'est donc particulièrement intéressée à l'issue de la réunion de l'OMS sur la réglementation des produits du tabac tenue à Oslo en février 2000. Son pays soutient énergiquement l'élaboration d'une convention-cadre internationale pour la lutte antitabac. L'expérience a montré que, pour être efficace, une convention doit être ferme et exigeante mais libellée en des termes que puissent accepter tous les Etats Membres. La Nouvelle-Zélande est d'avis d'interdire la publicité pour le tabac en général, de prendre des mesures transfrontières pour empêcher la contrebande et contrôler les prix, et d'offrir une aide à ceux qui veulent arrêter de fumer. La convention-cadre et tout protocole adopté par la suite doivent insister sur les besoins des populations autochtones, des femmes et des jeunes. Son pays est heureux de coparrainer le projet de la résolution, dans l'espoir que des mesures collectives seront prises le plus tôt possible pour endiguer l'épidémie de maladies liées au tabac. Le Dr MAHJOUR (Maroc) fait savoir que la lutte contre le tabagisme fait partie des priorités du Ministère de la Santé de son pays. En 1996 a été promulguée une loi interdisant de fumer et de faire de la publicité en faveur du tabac dans les lieux publics. Des campagnes de sensibilisation ont été organisées et on est en train de créer une commission nationale composée de représentants de tous les secteurs privés et publics concernés afm de discuter de la stratégie nationale de lutte antitabac et de la convention-cadre. Le pays pourra ainsi adopter une position unifiée sur cette dernière. Sa délégation souscrit au projet de résolution tel qu'amendé. Mme TAPAKOUDI (Chypre) soutient vigoureusement la convention-cadre parce que les maladies cardio-vasculaires, dues principalement au tabagisme, sont la première cause de décès à Chypre. Elle insiste sur l'importance de l'éducation pour la santé dès l'école primaire et secondaire pour dissuader les jeunes de fumer. Les centres communautaires peuvent jouer un rôle fondamental à cet égard. Le Dr SHIVUTE (Namibie) félicite l'OMS d'avoir organisé les deux réunions du groupe de travail en vue d'examiner les projets de dispositions de la convention-cadre. Son pays est satisfait des progrès accomplis. Les pays producteurs de tabac doivent recevoir une compensation pour les pertes que leur fera inévitablement subir la mise en oeuvre de la convention. Le Dr Shivute note qu'un soutien leur sera apporté dans le domaine de la diversification des cultures. La Namibie est sur le point de voter une loi antitabac et aura besoin d'être épaulée pour aider les anciens fumeurs à surmonter les symptômes du sevrage. Elle approuve le projet de résolution et prendra part à la négociation de la convention. Le Professeur KOLBEL (République tchèque) félicite le Directeur général de s'attaquer au problème du tabagisme et complimente le groupe de travail pour la préparation à la convention-cadre. Les autorités de son pays, sous la conduite du Ministère de la Santé, accordent également une grande attention au tabagisme. La brochure intitulée Global aggression donne des exemples de pratiques publicitaires déplorables en République tchèque, qui montrent la puissance du lobby du tabac et combien il est difficile de se débarrasser de vieilles habitudes. Son pays et le Bureau régional de l'Europe ont collaboré pour organiser des séminaires sur la lutte antitabac et la suppression de la promotion du tabac, qui ont eu pour effet une baisse du nombre de fumeurs, surtout au sein de la jeune génération. Son pays soutient les

COMMISSION A : SEPTIEME SEANCE

113

activités de l'OMS dans ce domaine et serait heureux d'y prendre part. En ce qui concerne le projet de résolution dont est saisie la Commission, le Professeur Kôlbel estime que le paragraphe 4.1) ne devrait pas être modifié. Le Dr BIAMBY JACQUES (Haïti) dit que son pays est en train de concevoir une campagne antitabac et de constituer un groupe plurisectoriel pour la lutte antitabac. Haïti souscrit au processus d'élaboration de la convention-cadre, qui aidera les Etats Membres à prendre les mesures qui s'imposent du point de vue juridique et administratif et dans le domaine de la santé publique pour réduire la consommation de tabac. Sa délégation appuie le projet de résolution avec les amendements proposés par le Canada. M. TELLIER (Canada), s'exprimant en tant que Président du groupe de travail informel qui a rédigé le projet de résolution, pense que les éclaircissements demandés par l'Indonésie et le Honduras ont été donnés à l'occasion d'autres débats. A propos des remarques faites concernant le paragraphe 4.1), le groupe est difficilement parvenu à s'entendre sur le nombre de membres du bureau, et comptait laisser le soin d'en décider à l'organe de négociation. Mme LICONA AZCONA (Honduras) répète que le mot« élargie» au paragraphe 4.4) est inutile. Sans ce mot, le reste du texte est acceptable. M. TELLIER (Canada) explique que, si le paragraphe 4.4) a été ainsi libellé, c'est pour permettre à l'organe de négociation d'envisager la possibilité d'une participation élargie d'organisations non gouvernementales. Aucune décision n'a encore été prise à ce sujet; l'intention des auteurs du texte est simplement de permettre une discussion plus approfondie au sein de 1'organe de négociation. M. MASUKU (FAO) dit que son Organisation soutient fermement les efforts déployés par l'OMS pour dissuader les gens de fumer et a pris des mesures pour promouvoir l'initiative Pour un monde sans tabac. Depuis 1976, la FAO n'a encouragé aucun projet de culture du tabac et n'a participé à aucun. Depuis 1989, elle fait savoir aux pays qu'elle est disposée à les aider à diversifier leurs cultures, mais n'a reçu aucune demande d'aide, ce qui n'est pas surprenant puisque les bénéfices dégagés par la production de tabac sont bien supérieurs à ceux réalisés sur n'importe quelle autre culture. La FAO est en train de faire une étude, en collaboration avec l'OMS, la Banque mondiale, l'OIT, l'Agence suédoise pour le Développement international et le Centre canadien de Recherches pour le Développement international, pour déterminer l'impact du renforcement des mesures antitabac sur l'emploi, la salubrité des aliments et le développement économique national et régional et pour analyser les différentes solutions de diversification des cultures. La FAO était représentée aux deux réunions du groupe de travail sur la convention-cadre. Le choix des cultures de remplacement doit tenir compte des possibilités de réalisation du point de vue technique. Néanmoins, une culture techniquement adaptée n'est pas forcément intéressante du point de vue économique. Pour trouver des cultures remplissant ces deux conditions, il faut tenir compte des coûts d'ajustement et de l'aide technique et financière nécessaire pour inciter les agriculteurs à choisir cette option. La FAO est disposée à fournir tous les services d'experts qu'elle peut pour garantir la réussite de la convention-cadre. Le Dr RAM (Vision mondiale internationale), prenant la parole sur l'invitation du PRESIDENT au nom de Vision mondiale internationale, de l'organisation non gouvernementale Forum pour la Santé, de INFACT et du Network for Accountability ofTobacco Transnationals, se félicite des progrès accomplis lors des deux réunions du groupe de travail et appuie sans réserve les efforts de l'OMS. Faisant remarquer que le rapport publié par la Banque mondiale en 2000 et intitulé Maîtriser 1'épidémie : 1'Etat et les aspects économiques de la lutte contre le tabagisme a démontré que la lutte antitabac était bénéfique à l'économie comme à la santé, il craint qu'une convention faible ne serve les multinationales du Nord au prix de la santé et de la vie des populations du Sud. Il insiste donc pour que soit adoptée une convention-cadre

114

CINQUANTE-TROISIE:ME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

prévoyant des obligations précises et contraignantes. Il estime qu'elle doit porter sur sept points clés: interdiction de la publicité en faveur des produits du tabac et de leur promotion ; exclusion des sociétés productrices de tabac de l'élaboration des politiques publiques; priorité à la protection de la santé plutôt qu'aux intérêts commerciaux; protection des consommateurs contre les pratiques déloyales des multinationales ; participation des organisations non gouvernementales à tous les stades de la négociation ; mécanismes d'application liant les compagnies de tabac; délais fixes pour l'application du traité. La convention devrait empêcher les multinationales du tabac de promouvoir des produits qui entrament une dépendance mortelle et de se soustraire aux lois nationales. Etant donné que leur chiffre d'affaires annuel est supérieur au produit intérieur brut de nombreux pays, ce sont elles qui devraient prendre en charge le coût financier global du traitement des maladies liées au tabac. Les organisations non gouvernementales qui défendent la santé publique, les droits de l'homme et la justice sociale souhaitent collaborer à la rédaction et à l'application de la convention. Mme GUNBY (Fédération mondiale des Associations de la Santé publique), prenant la parole sur l'invitation du PRESIDENT, fait savoir qu'à sa trente-quatrième réunion annuelle tenue à Genève le 15 mai 2000, la Fédération a adopté une résolution sur la lutte antitabac dans le prolongement des politiques en vigueur. Dans cette résolution, dont le texte intégral a été communiqué à l'OMS, la Fédération renouvelle d'abord son soutien aux efforts déployés par l'OMS pour élaborer et faire appliquer une convention-cadre pour la lutte antitabac. Elle recommande ensuite d'interdire la publicité directe et indirecte en faveur du tabac et de réglementer l'usage du tabac dans les lieux publics. Elle préconise également des politiques de prix et des politiques commerciales s'appliquant à la vente et à l'exportation de tabac, le fmancement de programmes d'éducation pour la santé, à l'intention notamment des enfants et des jeunes, et l'appui à la prévention du tabagisme et au traitement de la dépendance à la nicotine. Elle prie instamment les membres de ses adhérents d'aider à faire mieux prendre conscience de l'importance et de l'utilité de la convention-cadre et de soutenir les initiatives gouvernementales qui servent les buts de la convention. Mme Gunby espère que les dispositions de cette résolution seront prises en compte lors des futures délibérations sur la convention. La lutte antitabac fera l'objet d'une session spéciale lors du Neuvième Congrès international de la Fédération, qui aura lieu à Beijing en septembre 2000. M. DOUGLAS (Union internationale contre la Tuberculose et les Maladies respiratoires), prenant la parole sur l'invitation du PRESIDENT, prévient qu'il ne faut pas répéter les erreurs du passé si l'on veut libérer des millions de personnes de la dépendance au tabac. Il faut considérer comme spécieux les arguments concernant le choix, la souveraineté et le libre-échange avancés par le lobby du tabac et mettre en échec les tentatives visant à neutraliser le traité. Etant donné que les décès liés au tabac augmentent rapidement, il faut agir immédiatement. On devrait s'attacher à élaborer un traité utile qui protège les jeunes, combatte la publicité, la promotion et la contrebande, garantisse un soutien fmancier et autre aux victimes du tabac, protège les droits des populations locales relatifs à l'environnement, notamment dans les pays producteurs de tabac, et tienne compte des relations commerciales entre pays forts et pays faibles. Le Dr YACH (Directeur exécutif), parlant d'abord de la lutte antitabac en général, constate, d'après les interventions des délégués, que le processus de la convention-cadre atteint son but, à savoir stimuler une action nationale, et que nombre de pays sont en train de mettre en place une politique nationale exhaustive. Il sera donné suite aux demandes exprimées par les pays. Le Dr Y ach est reconnaissant de l'appui technique et fmancier considérable reçu et remercie la République de Corée de l'aide qu'elle propose. Des pourparlers sont en cours avec la FAO et l'OUA en vue d'organiser une réunion conjointe sur les aspects de la lutte antitabac liés à 1'agriculture. A sa session de juillet 2000, le Conseil économique et social-de l'Organisation des Nations Unies étudiera la possibilité de mener une action multisectorielle avec

COMMISSION A : SEPTIEME SEANCE

115

d'autres institutions des Nations Unies et examinera pour la première fois les conclusions du nouveau groupe spécial interinstitutions sur la lutte antitabac. A la suite de la réunion tenue à Oslo en février 2000, l'OMS a créé un comité consultatif scientifique sur la réglementation des produits. Le mandat, la composition et le plan d'action du comité seront communiqués sous peu. S'agissant de la convention-cadre elle-même, et en réponse aux questions posées par la Chine et le Japon, il note que, conformément à la résolution WHA52.18, le groupe de travail a établi des projets de dispositions de la convention destinés à servir de base aux travaux de 1' organe intergouvernemental de négociation. Ces dispositions figurent dans les documents A53112 et A53112 Corr.l, qui, joints aux observations de l'Assemblée de la Santé, formeront la documentation initiale. Lors de la réunion technique tenue pendant l'Assemblée de la Santé, le Brésil et les Philippines ont cité des exemples de mesures qu'ils ont prises en vue des négociations ; les études de cas pertinentes seront également distribuées à tous les Etats Membres. Quant au futur calendrier, les auditions publiques avec les organisations non gouvernementales et le secteur privé se tiendront les 12 et 13 octobre 2000 et l'organe intergouvernemental de négociation entamera ses travaux la semaine du 16 octobre 2000. Le Dr Yach conclut en remerciant le Président et les membres du groupe de travail sur la convention-cadre du travail remarquable qu'ils ont effectué en faisant avancer le processus jusqu'au stade actuel. Le PRESIDENT annonce que l'Indonésie et le Honduras ont retiré leurs réserves sur le projet de résolution tel qu'il a été modifié par le Canada et invite la Commission à approuver le projet de résolution tel qu'il a été amendé.

Le projet de résolution, tel qu'il a été amendé, est approuvé. 1 Stratégie mondiale de lutte contre les maladies non transmissibles: Point 12.11 de l'ordre du jour (résolution EB105.R12; document A53114) Le Dr JIMÉNEZ DE LA JARA (représentant du Conseil exécutif) fait savoir qu'au cours de leur débat prolongé sur la stratégie mondiale de lutte contre les maladies non transmissibles, les membres du Conseil se sont montrés très favorables à ce que l'OMS joue un rôle plus utile, et que les représentants des pays en développement ont souligné la nécessité de réagir d'urgence à la montée de ces maladies chez eux. Les membres du Conseil se sont félicités de la place accordée à la prévention et à la maîtrise des facteurs de risque communs moyennant une action à assise communautaire et ont souligné combien la collaboration avec l'OMS était importante pour mettre en place et évaluer les interventions de ce type. L'OMS devrait aussi fournir des orientations concernant l'élaboration des politiques, la législation, l'aménagement de l'environnement et la prévention intersectorielle des maladies non transmissibles. Les membres ont insisté sur l'influence de la mondialisation du commerce et du marketing sur les facteurs de risque: l'OMS devrait soulever le problème dans d'autres forums internationaux. Il a été question du lien entre la pauvreté, les maladies non transmissibles et l'incidence croissante de celles-ci dans les pays à faible et moyen revenu. A cet égard, le Conseil a demandé à l'OMS de redoubler d'efforts pour combattre la pauvreté, étant donné notamment que de nombreux pays en développement doivent faire face au problème double des maladies transmissibles et non transmissibles. Les orateurs étaient partisans de renforcer les réseaux et partenariats et ont insisté sur le rôle des organisations non gouvernementales internationales. La coopération entre l'OMS et l'industrie pharmaceutique en vue de rendre les médicaments plus facilement accessibles aux populations touchées et de contrôler leur qualité a été jugée Ce projet de résolution a été transmis à l'Assemblée de la Santé dans le deuxième rapport de la Commission et adopté sous la cote WHA53.16. 1

116

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

importante pour l'action à venir. Il faudrait convertir la stratégie en un plan d'action solide et élaborer des mécanismes efficaces de mise en oeuvre ainsi que des indicateurs de performance mesurables. Certains délégués ont estimé qu'il fallait accorder une plus grande importance à la sexospécificité et ont recommandé de veiller à ce que les réseaux internationaux ne se transforment pas en programmes verticaux. Les programmes de prévention des maladies non transmissibles doivent refléter la structure du système de santé, en particulier dans les pays où il est décentralisé. Le Conseil a adopté la résolution EB105.Rl2, qui contient un projet de résolution pour examen par l'Assemblée de la Santé. M. PUSKA (Finlande) félicite le Directeur général d'avoir engagé une action contre les principales maladies non transmissibles, qui sont actuellement la première cause de mortalité dans le monde, les coronaropathies venant en tête. La plupart des décès surviennent dans les pays en développement, où les maladies non transmissibles progressent rapidement. Ces maladies et leurs déterminants sont plus fréquents dans les couches socio-économiques les plus basses et freinent le développement économique. En Finlande et dans plusieurs autres pays, on a démontré que certaines interventions permettent de réduire sensiblement les taux de décès prématurés imputables aux maladies non transmissibles. De telles interventions améliorent aussi beaucoup l'état de santé général de la population et sont propices à un vieillissement en bonne santé. M. Puska est opposé à l'idée que l'OMS concentre toute son attention sur les maladies transmissibles; elle doit promouvoir la santé et combattre la maladie quelles qu'en soient les éauses. Tout comme les maladies transmissibles, les déterminants des maladies non transmissibles (les facteurs de risque liés au mode de vie) ne respectent pas les frontières. C'est pourquoi une action concertée s'impose au niveau international pour aider les pays, surtout ceux qui manquent de ressources, à faire face au problème croissant des maladies non transmissibles. La Finlande approuve dans son principe la stratégie mondiale proposée, qui associe action mondiale et mesures nationales. Si l'on veut progresser, il faut non seulement mener une action intersectorielle au niveau mondial, dans laquelle l'OMS doit jouer un rôle directeur, mais aussi exécuter des projets de démonstration et des programmes nationaux, auxquels l'OMS contribue par ses compétences techniques et par la mise en réseau. La Finlande souscrit à la stratégie et au projet de résolution et est disposée à les mettre en oeuvre. M. Puska espère que les ressources nécessaires seront débloquées et que les Etats Membres fourniront un appui à la mesure des progrès que peut représenter une telle action pour la santé dans le monde. Mme COSTA E SILVA (Brésil) approuve le programme prévu par l'OMS pour combattre les maladies non transmissibles. Celles-ci, surtout les maladies cardio-vasculaires et le cancer, sont la première cause de décès dans tous les Etats brésiliens. Même si, dans la plupart des pays en développement, les maladies transmissibles restent un grave problème de santé qui a des répercussions sur les politiques de santé et le fmancement, d'autres priorités apparaissent suite aux bouleversements démographiques, socio-économiques et épidémiologiques. La gageure, en ce nouveau siècle, consiste à mieux prévenir les maladies dégénératives chroniques et, partant, à réduire les coûts de santé. L'OMS doit, en plus d'adopter une approche multisectorielle et interdisciplinaire, s'engager à faire de la lutte contre les maladies non transmissibles une priorité, en particulier la prévention primaire et le dépistage précoce du cancer, de l'hypertension, du diabète et des maladies respiratoires chroniques, en tenant compte des normes et principes directeurs garantissant la rentabilité des interventions. Le Dr GONZALEZ FERNANDEZ (Cuba) constate, lui aussi, que les pays en développement doivent supporter le double fardeau des maladies transmissibles et non transmissibles. A Cuba, les principales causes de décès (responsables de 60% de la mortalité au total) sont les cardiopathies, les tumeurs malignes et les maladies cérébrovasculaires. Il est nécessaire de renforcer la formation dans le secteur de la santé et de mettre l'accent sur la communication sociale. Il faut, en outre, associer davantage le secteur de l'éducation et former les enseignants à la lutte contre les maladies non transmissibles. Il faut

COMMISSION A : SEPTIEME SEANCE

117

aussi mieux conseiller les pays en vue d'améliorer la communication de la stratégie sociale visant à réduire les facteurs de risque de ces maladies. Mme KRISTENSEN (Danemark) marque le soutien de son pays à la stratégie mondiale. Si l'espérance de vie est moins longue au Danemark que dans d'autres pays d'Europe occidentale, c'est en partie à cause de la consommation d'alcool et de tabac. Son pays estime que, pour combattre les maladies non transmissibles, il faut promouvoir des initiatives à base communautaire faisant intervenir tous les acteurs locaux et soutenir la recherche sur les problèmes de santé liés au mode de vie. Mme Kristensen accueille favorablement le projet de résolution et propose un amendement au paragraphe 2. 7) : il conviendrait d'ajouter« y compris des recherches sur les déterminants comportementaux,» après« de promouvoir et d'entreprendre des recherches collectives sur les maladies non transmissibles,». Le Dr POPA (Roumanie) indique que son pays surveille depuis longtemps les maladies transmissibles, au détriment des maladies non transmissibles, mais qu'étant donné la rapidité avec laquelle progressent ces dernières, elles retiennent désormais l'attention. La surveillance des niveaux et de la répartition des facteurs de risque, les enseignements tirés de la prévention de ces maladies et la stratégie mondiale présentée par le Directeur général comptent beaucoup. Son pays a commencé à incorporer la stratégie dans son propre programme. Le Dr Popa est convaincu que l'OMS a un rôle capital à jouer en tant que chef de file des partenariats mondiaux et des pourvoyeurs d'appui techniqu_e. Il souscrit sans réserve au projet de résolution. M. SHEM (Vanuatu), faisant le bilan des progrès accomplis dans son pays, dit qu'en avril2000 le Ministère de la Santé, en collaboration avec le secrétariat de la Commission du Pacifique Sud, a établi le rapport d'une étude sur les maladies non transmissibles faite en 1998. En 1999, en collaboration avec l'OMS, son pays a établi un plan de lutte dont l'un des aspects les plus importants est le dépistage des maladies non transmissibles chez les employés des services gouvernementaux, dans le secteur privé, chez les parlementaires et les coureurs qui porteront la flamme olympique en mai 2000. Vanuatu apprécierait l'appui technique de l'OMS en matière de surveillance. Le Professeur AK.INSETE (Nigéria) appuie sans réserve la stratégie mondiale. Le programme de lutte de son pays date d'un peu plus de dix ans. Une enquête nationale sur les maladies non transmissibles et les risques associés a été réalisée en 1990 et le pays exécute un plan d'action à moyen terme basé sur les résultats de cette enquête. L'enquête de suivi n'a pu être effectuée faute de fonds. La lutte contre les maladies non transmissibles a été intégrée aux services de soins de santé primaires. Le programme comprend également des mesures antitabac, y compris des mesures législatives. Approuvant la stratégie mondiale, le Professeur Akinsete préconise un plan d'action complet et une collaboration étroite entre les Etats Membres, notamment au niveau régional. M. THOLL (Canada) appuie sans réserve le projet de résolution, car la lutte contre les maladies non transmissibles à l'échelle mondiale constitue d'ores et déjà une mission sanitaire extrêmement importante siècle. La Fédération mondiale du Coeur, par exemple, a récemment mis la dernière main pour le à un livre blanc sur la pandémie imminente de maladies cardio-vasculaires. Le Canada soutient fermement l'OMS dans son engagement à combattre les problèmes complexes qui se dessinent, notamment la montée rapide des maladies non transmissibles dans le monde, à laquelle il faut réagir d'urgence à l'échelle mondiale. Il faut éviter la confusion et les doubles emplois, et M. Tholl attend avec impatience que soit établi un plan d'action complet sur la base du travail important accompli par le secteur non gouvernemental. Les partenariats seront indispensables à son succès. Le plan d'action doit inclure la convention-cadre pour la lutte antitabac puisque le tabagisme est la première cause évitable d'attaques cardiaques, d'accidents vasculaires cérébraux et de cancer. Le Gouvernement canadien a une expérience très positive des partenariats avec le secteur non gouvernemental, et a récemment créé une commission ministérielle extraordinaire regroupant huit ministres, dont le Ministre de la Santé, pour collaborer avec

:xxr

118

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

le secteur du bénévolat. Sur le plan international, le Canada continue à jouer un rôle directeur au sein des organismes de coordination et continuera à mettre ses compétences au service de l'OMS. M. ThoU souscrit pleinement au projet de résolution. Mme SUCHADA SAKORNSATIAN (Thai1ande) accueille favorablement le projet de résolution et se félicite de l'attention prêtée aux déterminants comportementaux des maladies non transmissibles comme le tabagisme et une mauvaise hygiène de vie, mais elle demande qu'on accorde une attention plus soutenue aux risques grandissants associés aux substances cancérigènes et aux produits chimiques. Elle déplore l'insuffisance de l'approche préventive, qui devrait prévoir des politiques de santé publique visant à promouvoir l'exercice et une bonne condition physiques, à favoriser un environnement sûr, à créer des aires de loisirs et à garantir la sécurité au travail. La politique fiscale fait partie intégrante du cadre législatif. En Thaïlande, 1 % des taxes sur le tabac sont versées à un fonds national de promotion de la santé destiné à subventionner les organisations non gouvernementales qui promeuvent la santé et le sport. La publicité qui a trait au mode de vie est réglementée dans le cadre d'une politique d'information du public ; la publicité en faveur du tabac, par exemple, est totalement interdite, et les allégations concernant les avantages sanitaires que présentent les compléments d'alimentation et les régimes doivent être accompagnées d'avis contraires. Le projet de résolution porte uniquement sur la prévention primaire. Il faut s'intéresser de plus près à la prévention secondaire, par exemple en rédigeant des principes directeurs concernant les services cliniques de prévention pour un dépistage économiquement efficace par sexe, tranche d'âge et degré d'exposition aux risques. La prévention tertiaire exige un système de soins de santé efficace. Compte tenu de ce qui précède, la déléguée propose les amendements suivants au projet de résolution : au troisième alinéa du préambule, insérer après les mots « à savoir » « les produits chimiques et substances cancérigènes»; ajouter au début du dispositifun nouveau paragraphe 1.1) libellé comme suit : « à élaborer un cadre national incluant plusieurs instruments tels que des politiques publiques génératrices d'un environnement propice à un mode de vie sain, des politiques fiscales favorisant ou sanctionnant, selon le cas, les biens et les services sains ou malsains, et des politiques d'information du public qui donnent à la communauté les moyens d'agir» ; au paragraphe 1.1) a), après «les actions de sensibilisation», insérer« la surveillance des programmes»; ajouter à l'actuel paragraphe 1.1) un nouvel alinéa f) qui se lirait comme suit: «sur la base des données factuelles disponibles, à soutenir l'élaboration de principes directeurs cliniques pour des services de prévention économiquement efficaces, tels que le dépistage, en tenant compte de la tranche d'âge, du sexe et de l'exposition aux risques»; et au paragraphe 1.2), ajouter à la fm du texte « et à rendre plus efficace la prévention tertiaire des incapacités et des lésions aux organes touchés;».

M. Chowdhury assume la présidence. Le Professeur GRABAUSKAS (Lituanie), parlant au nom des Etats baltes, fait l'éloge du rapport. En Estonie, en Lettonie et en Lituanie, les maladies non transmissibles sont un problème de santé majeur : les maladies cardio-vasculaires, les cancers, les causes externes ou les maladies respiratoires sont à l'origine de 90% des décès. En raison probablement des changements politiques et socio-économiques, l'indépendance a été suivie d'une grave crise sanitaire qui s'est traduite par une baisse de l'espérance de vie, surtout chez les hommes. Le délégué soutient donc fermement les efforts déployés par l'OMS pour aider les Etats Membres à formuler et à appliquer des stratégies de lutte contre ces maladies. Par la mobilisation systématique de tous les éléments de la société, on a mené une lutte intégrée contre les maladies non transmissibles et réussi à inverser les tendances négatives en 1994-1995. Par la suite, les taux de mortalité imputable aux coronaropathies, au cancer du poumon et à d'autres causes ont baissé de manière sensible. La leçon à retenir est que les pays doivent intervenir tout de suite, même si le problème est complexe et qu'ils manquent de moyens. L'expérience des pays baltes montre qu'une politique de santé bien formulée et fondée sur des observations scientifiques sérieuses, une bonne infrastructure pour coordonner les mesures de promotion de la santé, la prévention et des soins de

COMMISSION A : SEPTIEME SEANCE

119

meilleure qualité fmissent par porter leurs fruits. Le délégué soutient donc fermement le projet de résolution. Mlle O'HALLORAN (Irlande) adhère elle aussi pleinement à la stratégie mondiale de l'OMS. Conformément à ses objectifs, son pays a mis au point des stratégies nationales contre les maladies cardia-vasculaires et le cancer, principales causes de morbidité et de mortalité. Elle demande instamment à l'OMS d'inscrire la santé bucco-dentaire au nombre des priorités, car les affections hocco-dentaires demeurent un grave problème de santé publique dans le monde. Les soins dentaires absorbent une part non négligeable du budget des services de santé dans la plupart des pays. Le Dr SADRIZADEH (République islamique d'Iran) approuve la stratégie mondiale et signale que, dans son pays, les maladies cardio-vasculaires, les accidents et le cancer sont les trois premières causes de mortalité, et que les troubles génétiques, le diabète et les maladies pulmonaires obstructives entraînent une morbidité et une mortalité élevées. Le système national de soins de santé primaires est tout indiqué pour l'intégration des programmes de lutte contre les maladies transmissibles et non transmissibles; l'hypertension, le diabète et les troubles génétiques ont été les premiers inclus, suivis des programmes de prévention des accidents et de santé mentale. Le plan national de lutte contre les maladies non transmissibles privilégie la promotion de modes de vie sains. Le Dr Sadrizadeh se félicite de l'appui technique de l'OMS, car il reste encore beaucoup à faire. Il reprend à son compte les ob~ervations d'autres délégués sur le double fardeau des maladies transmissibles et non transmissibles dans les pays en développement et invite instamment l'OMS à s'attaquer avec le même succès aux maladies non transmissibles qu'aux maladies transmissibles. Le Dr CICOGNA (Italie), félicitant le Directeur général de son rapport, souligne que la prévention intégrée des facteurs de risque évitables n'est pas la seule approche pour prévenir les maladies non transmissibles les plus répandues; il faut aussi s'attaquer aux déterminants de la santé (l'environnement social, physique et économique). Il demande qu'on fasse de la réadaptation, surtout la réadaptation à base communautaire, un élément important de la stratégie mondiale, au même titre que la surveillance, la prévention et les soins. Le Dr LEVENTHAL (Israël) reconnaît la nécessité des soins au long cours et de la réadaptation. La responsabilité en échoit souvent aux membres de la famille, public attentif des programmes de prévention de la maladie et de promotion de la santé auquel il serait bon d'apporter un soutien. Il propose d'ajouter les mots« y compris les soins au long cours» à la fm du paragraphe 1.2) du projet de résolution. Le Dr WANG Zhao (Chine), approuvant le rapport, exprime son soutien à l'élaboration d'une stratégie mondiale. L'OMS devrait s'employer à aider les gouvernements des pays en développement à élaborer des politiques et à mobiliser la société, et faire partager l'expérience des pays développés habitués à mesurer l'ampleur des maladies non transmissibles et à appliquer des mesures de lutte. Le Gouvernement chinois juge précieuse la coopération technique avec l'OMS par l'intermédiaire de son centre collaborateur en Chine. Le Gouvernement a trouvé utiles les indicateurs simples et peu coûteux qu'il lui a été suggéré d'adopter pour surveiller et évaluer la charge et l'issue de la maladie, les comportements, l'environnement social et les systèmes d'information. Mme WIGZELL (Suède) approuve elle aussi le rapport. Toutefois, étant donné que l'alcoolisme est un facteur de risque considérable, elle propose d'ajouter au troisième alinéa du préambule du projet de résolution le mot «alcoolisme» après «tabagisme», et d'insérer, à l'alinéa d) du paragraphe 1.1) «,de la prévention de l'alcoolisme» après« de la lutte contre les produits du tabac». Le Dr JA W AD (Oman) dit qu'après avoir endigué ou éradiqué des maladies transmissibles comme la rougeole et la poliomyélite, l'Oman enregistre maintenant une augmentation de l'incidence des maladies

120

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

non transmissibles et une consommation élevée de tabac. Les cardiopathies sont la principale cause de décès à l'hôpital, suivies du cancer, des accidents de la route, des troubles psychologiques et des maladies transmissibles. L'Oman et d'autres Etats arabes du Golfe sont la cible des multinationales du tabac, qui profitent de l'absence de réglementation stricte et de l'accès libre à Internet pour vanter leurs produits aux jeunes. L'Oman a créé un service spécial maladies non transmissibles au sein du Ministère de la Santé. Des manuels ont été conçus à l'intention du personnel des services de soins de santé primaires. Le pays collabore avec l'OMS et la Finlande à un projet pilote à assise communautaire. Le Dr Jawad demande au Directeur général de mieux soutenir les programmes de lutte contre les maladies non transmissibles dans les pays en développement en leur fournissant un appui technique et fmancier. L'Oman souscrit au projet de résolution et aux amendements proposés par le Danemark et la Thaïlande. Le Dr SAMMOD (Jamahiriya arabe libyenne) se félicite de l'importance accordée à la lutte contre les maladies non transmissibles, qui pèsent de plus en plus lourdement sur les pays en développement. Son pays souscrit au projet de résolution. Le Dr THIERS (Belgique) appelle l'attention sur une question qui préoccupe de nombreux pays, à savoir les possibles effets sur la santé d'une technologie qui se développe rapidement: la téléphonie mobile. Une approche concertée s'impose pour évaluer les risques, fixer des normes et prendre des mesures acceptables au niveau mondial en vue de minimiser les effets des champs électrom~gnétiques. Il propose que l'OMS, par l'intermédiaire de son projet international CEM, fasse le point des conséquences sanitaires que peut avoir l'exposition aux téléphones portables et aux relais ou mâts, et formule des recommandations concernant les mesures à prendre. Seule l'OMS a l'autorité et l'indépendance nécessaires pour procéder à une telle évaluation et, qui plus est, elle peut se prévaloir de son mandat normatif, ce qui évite de modifier le projet de résolution ou d'adopter exprès une résolution sur les téléphones portables. Le Dr KHAZAL (Emirats arabes unis), constatant que les maladies non transmissibles représentent une charge de plus en plus lourde pour la santé publique, soutient fermement le projet de résolution. Le Ministère de la Santé de son pays a lancé un programme d'enregistrement des cancers et a entrepris le dépistage du cancer du sein et du col. Il existe aussi un programme de dépistage précoce des maladies congénitales chez les nouveau-nés. On a fait une étude de terrain pour déterminer le taux de prévalence du diabète et de l'hypertension, premier pas vers la formulation d'une stratégie nationale de lutte contre les maladies non transmissibles. Mme VOGEL (Etats-Unis d'Amérique) exprime son soutien au projet de résolution, sans amendement Elle se félicite de la fusion de deux Groupes opérée récemment à l'OMS ; la nouvelle équipe ainsi formée sera bien placée pour mener à bien les initiatives actuelles. Elle apprécie le fait qu'on accorde de plus en plus d'attention au mode de vie dans l'optique d'améliorer la santé et de prolonger l'espérance de vie. Elle insiste sur l'importance d'une meilleure surveillance des maladies non transmissibles et de l'utilisation des informations ainsi recueillies pour mener une politique et une action publiques au niveau des pays. Il est primordial d'améliorer la prise en charge des cas, et elle espère que l'OMS forgera des partenariats avec les professionnels de santé et autres afin de les gagner à cette cause. A l'instar du délégué d'Israël, elle souligne l'importance des soins au long cours, pas seulement pour les personnes âgées. Bien qu'extrêmement important, l'alcoolisme est souvent négligé par rapport à l'abus de substances plus fortes. Elle est d'accord avec le délégué de l'Irlande à propos de la santé bucco-dentaire. La Région des Amériques dispose d'un excellent programme de santé bucco-dentaire, appréciable à de nombreux égards. D'habitude, les organismes d'aide ne s'intéressent pas au domaine vaste et complexe des maladies non transmissibles, mais Mme Vogel espère qu'il,s l'intégreront dans leurs programmes. En attendant, comme l'a indiqué le délégué du Canada, il faudra de nombreux partenaires.

COMMISSION A : SEPTIEME SEANCE

121

Le Dr CONOMBO SffiDOU (Burkina Faso), approuvant le principe d'une stratégie mondiale, indique que son pays a tenu compte de l'émergence des maladies non transmissibles dans sa politique nationale de santé et dans le plan de développement national qu'il est en train d'élaborer. Le Burkina Faso sollicite l'appui de l'OMS pour fixer les priorités, accroître les ressources humaines, suivre une approche multisectorielle en matière de communication sociale et améliorer l'information sanitaire. Il faut aussi encourager la recherche sur les déterminants comportementaux et les facteurs de risque et développer le potentiel diagnostique des laboratoires opérant au niveau des districts sanitaires. La déléguée approuve le rapport, mais propose un amendement au projet de résolution, qui consisterait à ajouter à la fm du paragraphe 1.1) b) «en renforçant le système d'information sanitaire». Le Dr LEWIS-FULLER (Jamaïque) souscrit pleinement à l'initiative de l'OMS. La Jamaïque a longtemps fait porter ses efforts sur les maladies transmissibles et a éradiqué bon nombre d'entre elles, mais avec la transition épidémiologique, les maladies non transmissibles absorbent une bonne part des maigres ressources du pays, de sorte qu'on ne sait plus quelle cible viser. On a choisi comme principale stratégie la promotion de la santé, mais la nécessité de collaborer avec de multiples institutions locales, nationales et internationales a rendu les choses difficiles. La Jamaïque n'arrive toujours pas à obtenir de bons indicateurs intermédiaires de sa performance en matière de promotion de la santé et le Dr Lewis-Fuller suggère que l'OMS se penche sur la question. S'agissant du projet de résolution, elle propose d'ajouter un nouvel alinéa f) au paragraphe 1.1) de façon à inviter instamment les Etats Membres « à inclure des activités appropriées de promotion de la santé dans les programmes de santé scolaires et dans les programmes s'adressant aux jeunes;», ainsi qu'un autre paragraphe sous le point 2, de façon à prier le Directeur général « de donner des orientations et fournir un appui technique aux pays pour la formulation de programmes de promotion de la santé efficaces destinés à prévenir les maladies non transmissibles et les maladies chroniques, et pour la mise au point d'indicateurs de performance en matière de promotion de la santé;». Le Dr TEMU (Papouasie-Nouvelle-Guinée) dit que, malgré la volonté de son pays d'étendre ses activités de prévention, le fardeau des maladies non transmissibles persistera encore un certain temps. Compte tenu des difficultés que rencontrent les pays en développement comme le sien pour se procurer les médicaments utilisés couramment dans le traitement des maladies non transmissibles, il propose d'ajouter deux nouveaux alinéas au paragraphe 2: 8) de promouvoir la recherche et l'appui à l'élaboration de principes directeurs pour un dépistage, un diagnostic et un traitement économiquement efficaces des maladies non transmissibles courantes ; de poursuivre le dialogue avec l'industrie pharmaceutique en vue d'améliorer l'accès 9) aux médicaments pour traiter le diabète, l'hypertension et les cancers courants;. Le Dr FETISOV (Fédération de Russie) dit que son pays soutient le projet de stratégie mondiale, mais il espère que, vu l'importance accordée aux quatre plus grands groupes de maladies (maladies cardio-vasculaires, cancer, maladies pulmonaires et diabète), d'autres maladies non transmissibles comme les affections congénitales et les affections bucco-dentaires ne seront pas négligées. Le rapport insiste avec raison sur le rôle important que l'OMS doit jouer dans le soutien aux efforts nationaux de lutte contre les maladies non transmissibles, mais n'évoque pas les vingt années d'expérience des programmes de prévention de l'OMS tels que le Programme intégré de santé communautaire concernant les maladies non transmissibles (INTERSANTE), le Programme d'intervention intégré à l'échelle d'un pays contre les maladies non transmissibles (CINDI) dans la Région européenne et l'action concertée en vue d'une réduction multifactorielle des maladies non transmissibles (CARMEN) dans la Région des Amériques. Son pays considère ces programmes comme des modèles dont devrait s'inspirer la nouvelle stratégie mondiale.

122

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

Le rapport décrit clairement le rôle et les obligations des participants à la stratégie mondiale à différents niveaux, ainsi que les modalités de leur collaboration. Il faudrait cependant définir plus précisément le mécanisme qui permettra de superviser et d'évaluer la façon dont les participants s'acquittent de leurs responsabilités. Il importe également d'envisager les moyens de rendre la stratégie mondiale rentable, objectif qui est dans l'intérêt de tous les Etats Membres. En outre, le rapport ne parle pas d'Internet, alors qu'on imagine difficilement comment la stratégie mondiale pourrait être mise en oeuvre sans lui. Il faudrait à l'avenir tenir compte de cet aspect lors de l'élaboration et de l'application de la stratégie. Tous les Etats Membres devraient participer à l'élaboration et à la mise en oeuvre de la stratégie mondiale afm que celle-ci soit adaptée à la situation qui leur est propre et serve leurs intérêts. La Fédération de Russie a rodé ses programmes de lutte contre les maladies non transmissibles et aimerait les développer dans le cadre de la stratégie mondiale. Sa délégation approuve le rapport dans ses grandes lignes et souscrit au projet de résolution. Le Dr MAHJOUR (Maroc) fait savoir qu'une enquête nationale sur les facteurs de risque des maladies non transmissibles est en cours au Maroc. Les résultats de cette enquête serviront à mettre au point un programme de lutte intégrée venant compléter les programmes spécifiques déjà opérationnels. Son pays entreprend des campagnes de prévention et de sensibilisation. Les médicaments destinés au traitement des maladies cardia-vasculaires, du diabète et du cancer sont exonérés de droits de douane. Sa délégation souscrit au projet de résolution. · Le Dr TEE AH SIAN (Malaisie), appuyant le projet de stratégie mondiale, constate que, dans son pays, la surveillance des maladies non transmissibles n'est pas encore aussi développée que celle des maladies transmissibles. Son pays souhaiterait que l'OMS l'aide à mettre en place un système de surveillance des maladies non transmissibles. Il faudrait mettre sur pied davantage de centres collaborateurs et de projets pilotes de prévention primaire dans les pays en développement, ainsi que des technologies de l'information appropriées, des systèmes de télémédecine et des réseaux électroniques. L'OMS devrait forger des «partenariats intelligents » avec le secteur privé et les entreprises commerciales en vue de promouvoir la santé et de susciter des changements de comportement. Le Dr KORTE (Allemagne), se référant au point 12.13 de l'ordre du jour, Promotion de la santé (document A53/16), dit que la plupart des pays opèrent des changements structurels dans la mise en oeuvre de la politique gouvernementale parce qu'ils manquent de ressources. Les responsables politiques et les décideurs doivent trouver des solutions novatrices pour faire évoluer l'économie et la société. La santé a rapport à la fois avec les changements sociaux, la qualité de la vie, le progrès économique et social et la stabilité politique. Les responsables politiques doivent permettre aux organismes chargés de la santé publique d'appliquer des stratégies et des programmes efficaces de promotion de la santé. Tous les membres de la société, pas seulement le secteur de la santé, doivent participer à la mise en oeuvre de stratégies fondées sur des données factuelles pour promouvoir la santé et prévenir la maladie. Le titre de la cinquième conférence mondiale sur la promotion de la santé qui se tiendra prochainement à Mexico est «Faire place à l'équité», et il est à espérer que cette conférence permettra de réunir un supplément de données scientifiques prouvant l'intérêt de la promotion de la santé, car les décisions politiques sont souvent prises sur des bases scientifiques insuffisantes. Son pays est très désireux de développer sa collaboration avec l'OMS dans le cadre de ses activités bilatérales d'aide technique, en particulier la promotion de modes de vie sains auprès des jeunes. L'OMS a pris part à la préparation de la prochaine exposition universelle, EXPO 2000, qui ouvrira ses portes en juin 2000 à Hanovre, en Allemagne, et dont 1'un des temps forts sera un forum mondial sur la santé. Mme DUNLOP (Australie) dit que son pays a inscrit les maladies visées par la nouvelle stratégie mondiale (maladies cardio-vasculaires, cancer, maladies pulmonaires et diabète) au nombre de ses priorités sanitaires. L'Australie est en train de mettre au point une stratégie nationale de lutte contre les

COMMISSION A : SEPTIEME SEANCE

123

maladies chroniques, qui intégrera à l'ensemble des services de soins des activités de prévention des facteurs de risque communs. La stratégie est semblable à celle proposée par l'OMS, à la différence qu'elle accorde une plus grande place aux maladies rénales, très répandues dans la population autochtone d'Australie. Dans son pays, la lutte contre les maladies chroniques est jugée importante pour réduire les inégalités de santé. Sa délégation soutient la stratégie mondiale et le projet de résolution, mais estime que l'obésité devrait être reconnue de manière plus explicite comme un facteur de risque, compte tenu du rôle qu'elle joue dans le diabète non insulinodépendant. Le Dr BUSTAMANTE GARCiA (Colombie) note que, parmi les objectifs de la stratégie mondiale, figurent l'intensification des soins de santé dispensés aux personnes atteintes de maladies non transmissibles et l'innovation en matière de soins. Il faudra donc renforcer les soins de santé primaires et adopter de nouvelles méthodes pour mettre les soins spécialisés à la portée des régions éloignées et pauvres, au titre de l'action menée pour un accès équitable aux services de santé. Il pense lui aussi que la stratégie doit prévoir le développement de la télémédecine grâce aux technologies de l'information et à Internet. La télémédecine doit couvrir toutes les disciplines, par exemple la cardiologie, l'anatomie pathologique et la radiologie, afm d'amener les soins spécialisés jusque dans les régions éloignées et de réduire considérablement les coûts. La télémédecine n'est pas une technologie pour demain; elle peut dès à présent contribuer à l'équité et à mettre les soins spécialisés à la portée des patients, en particulier dans les pays en développement. Le Dr BURGOS CALDERON (Porto Rico) rappelle que, d'après la Déclaration d' Alma-Ata, le développement économique et social est une condition indispensable à la mise en place de stratégies efficaces, à la réalisation de la santé pour tous et à l'élaboration de programmes de promotion et de protection de la santé. Avec leurs faibles revenus, les habitants des pays en développement ne peuvent acheter et consommer que des aliments qui n'ont pas de valeur nutritive. La« malbouffe », riche en calories et en graisses, est en grande partie à l'origine de l'obésité et d'autres maladies. Deux types de mesures s'imposent: accroître le pouvoir d'achat des habitants afm que, correctement éduqués, ils puissent consommer des aliments plus nutritifs ; entreprendre des campagnes visant à convaincre l'industrie de produire des aliments plus nutritifs et meilleur marché et à inciter les consommateurs à ne pas rechercher la gratification instantanée dans tous les domaines. Le Professeur GRANGAUD (Algérie) dit que sa délégation adhère sans réserve aux objectifs de la stratégie mondiale. Son pays, où se produit une transition épidémiologique entre les maladies transmissibles et les maladies non transmissibles, a déjà entrepris un certain nombre d'activités en rapport avec la stratégie. On est en train de mettre au point une charte du malade, qui servira de base réglementaire à la réforme des services de soins de santé, ainsi que des indicateurs pour mieux mesurer l'importance des maladies non transmissibles. Son pays serait heureux à cet égard de bénéficier de l'appui de l'OMS sur le plan méthodologique. Sa délégation soutient le projet de résolution.

Le Dr JURADO BALLARES (Equateur) accueille favorablement le projet de résolution et soutient l'initiative de l'OMS. En 1995, l'Equateur a entrepris une vaste étude des principaux problèmes de santé du pays, qui a fait ressortir une transition épidémiologique entre les maladies dites de la pauvreté et les maladies non transmissibles. Le rapport de 1'étude distinguait des déterminants objectifs (économiques, environnementaux et culturels) et des facteurs subjectifs (pour l'alcoolisme en particulier). Au cours des cinq dernières années, on s'est efforcé de mobiliser la société civile et les praticiens traditionnels dans le cadre de programmes d'autoprise en charge et d'incitation à adopter un mode de vie sain, par la création notamment de nombreuses associations pour la prévention, le traitement et la guérison de l'hypertension, du diabète, du cancer, de l'ostéoporose et de l'alcoolisme. La publicité en faveur du tabac et de l'alcool a été sévèrement réglementée. En mars 2000, a été lancé le plan« L'Equateur au troisième millénaire» en vue de promouvoir des modes de vie sains. Dans le courant du même mois, on a lancé le plan national de santé mentale, dont l'un des principaux aspects est la lutte contre l'alcoolisme. Dans l'optique de la

124

CINQUANTE-TROIS lEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

mise en oeuvre de la stratégie de l'OMS, le délégué suggère de tenir compte des nouvelles technologies utilisées, de la mobilisation de la société civile et de la responsabilisation des individus afm qu'ils prennent soin d'eux-mêmes et de leurs familles. Le Dr JA'AFARI (Arabie saoudite) attire l'attention sur la multiplication des risques et la progression des maladies non transmissibles. Le Ministère de la Santé a entrepris des études et des travaux de recherche afin d'estimer l'ampleur du problème et de mettre en place un programme intégré de surveillance et de lutte. Un programme de sensibilisation devrait bientôt être appliqué dans les écoles. Sa délégation souscrit à la stratégie mondiale proposée. Le Dr OTIO (Palaos) se joint à de précédents orateurs pour dire que la stratégie mondiale devrait porter aussi sur la santé bucco-dentaire. Les affections bucco-dentaires sont en soi un problème chronique important, mais méritent qu'on s'intéresse à elles dans le cadre du débat sur les maladies non transmissibles pour plusieurs raisons : les données établissent un lien entre ces affections et certaines maladies cardio-vasculaires; elles ont un effet nocif sur l'état nutritionnel; la santé bucco-dentaire influe sur l'estime de soi et la santé mentale. Le Dr Otto est également d'accord avec de précédents orateurs sur le rôle de la promotion de la santé dans la stratégie mondiale. Il se félicite donc du rapport et est favorable à 1' approbation du projet de résolution, tel qu'il a été amendé. Mme PAULINO (Philippines) souligne que les maladies non transmissibles progressent rapidement aussi aux Philippines. Elle se félicite donc des orientations données dans le document A53/14 et insiste sur deux points en particulier. Premièrement, étant donné que les facteurs de risque communs sont liés au mode de vie, il faut privilégier l'action de sensibilisation et la promotion de la santé auprès des jeunes afm qu'ils adoptent de bonne heure un mode de vie sain et une attitude positive vis-à-vis de la santé et des soins de santé. Il faut sans retard susciter une prise de conscience au sein de la nouvelle génération. Deuxièmement, les politiques et mesures appliquées en dehors du secteur de la santé ont une incidence sur la santé, surtout sur les facteurs de risque des maladies non transmissibles. La tâche consiste à faire en sorte que les politiques de développement aient des effets positifs sur la santé. Sa délégation souscrit au projet de résolution et compte sur l'OMS pour prendre l'initiative de trouver des partenaires et d'obtenir les ressources qui font si cruellement défaut. Le Dr MOETI (Botswana) apprécie lui aussi l'importance accordée à la lutte contre les maladies non transmissibles et soutient le projet de résolution. Néanmoins, malgré l'importance que revêtent les stratégies d'ensemble appliquées dans ce but, il craint que les pays sévèrement touchés par le Vlli/SIDA ne manquent de ressources humaines pour faire face aux problèmes qui se posent dans ce domaine si complexe. Il demande donc instamment à l'OMS de faire un effort spécial pour apporter à ces pays l'appui technique et humain dont ils ont besoin. Le PRESIDENT appelle l'attention de la Commission sur le projet de résolution, tel qu'amendé, qui se lit comme suit : La Cinquante-Troisième Assemblée mondiale de la Santé, Rappelant la résolution WHA51.18 sur la lutte contre les maladies non transmissibles, dans laquelle le Directeur général était prié d'élaborer une stratégie mondiale de lutte contre les maladies non transmissibles et de soumettre au Conseil exécutif et à l'Assemblée de la Santé la stratégie mondiale proposée ainsi qu'un plan de mise en oeuvre; Consciente des souffrances humaines considérables que causent des maladies non transmissibles comme les maladies cardio-vasculaires, le cancer, le diabète et les maladies respiratoires chroniques, et de la menace qu'elles font peser sur les économies de nombreux Etats Membres, avec des inégalités croissantes en matière de santé entre les pays et les populations ;

COMMISSION A : SEPTIEME SEANCE

125

Constatant que les conditions dans lesquelles vivent les populations et leurs modes de vie influent sur leur santé et leur qualité de vie, et que les principales maladies non transmissibles sont liées à des facteurs de risque communs, à savoir le tabagisme, l'alcoolisme, une mauvaise alimentation, la sédentarité et les cancérogènes présents dans l'environnement, et sachant également que ces risques sont déterminés par des facteurs économiques, sociaux, sexospécifiques, politiques, comportementaux et environnementaux ; Réaffirmant que la stratégie mondiale de lutte contre les maladies non transmissibles et le plan d'exécution qui l'accompagne visent à réduire la mortalité prématurée et à améliorer la qualité de la vie; Reconnaissant le rôle directeur que devrait jouer l'OMS en favorisant une action mondiale contre les maladies non transmissibles et sa contribution à la santé dans le monde sur la base des avantages qu'elle offre par rapport à d'autres organisations; 1. INVITE INSTAMMENT les Etats Membres : 1) à élaborer un cadre national incluant plusieurs instruments tels que des politiques publiques génératrices d'un environnement propice à un mode de vie sain, des politiques fiscales favorisant ou sanctionnant, selon le cas, les biens et les services sains ou malsains, et des politiques d'information du public qui donnent à la communauté les moyens d'agir; 2) à mettre sur pied des programmes, au niveau national ou à tout autre niveau approprié, dans le cadre de la stratégie mondiale de lutte contre les principales maladies non transmissibles, et en particulier : · a) à élaborer un mécanisme qui fournisse des informations factuelles pour la défmition des politiques, les actions de sensibilisation, la surveillance des programmes et l'évaluation; b) à évaluer et surveiller la mortalité et la morbidité attribuables aux maladies non transmissibles, le niveau d'exposition aux facteurs de risque et leurs déterminants dans la population en renforçant le système d'information sanitaire; c) à continuer à poursuivre les objectifs sanitaires transversaux et intersectoriels nécessaires à la lutte contre les maladies non transmissibles en inscrivant ces maladies au nombre des priorités de l'action de santé publique; d) à mettre en avant le rôle déterminant des pouvoirs publics, y compris des activités réglementaires, dans la lutte contre les maladies non transmissibles, qu'il s'agisse de l'élaboration de politiques nutritionnelles, de la lutte contre les produits du tabac, de la prévention de l'alcoolisme ou de politiques visant à encourager l'activité physique; e) à promouvoir des initiatives à base communautaire pour prévenir les maladies non transmissibles en se fondant sur une approche intégrée des facteurs de risque; f) sur la base des données factuelles disponibles, à soutenir l'élaboration de principes directeurs cliniques pour un dépistage, un diagnostic et un traitement économiquement efficaces des maladies non transmissibles courantes ; g) à inclure des stratégies appropriées de promotion de la santé dans les programmes de santé scolaires et dans les programmes s'adressant aux jeunes ; 3) à promouvoir la prévention secondaire et tertiaire, y compris la réadaptation et les soins au long cours, et à faire en sorte que les systèmes de santé soient en mesure de prendre en charge les maladies non transmissibles chroniques sur la base d'interventions sanitaires d'un bon rapport coût/efficacité et d'un accès équitable aux soins; 4) à faire partager leur expérience et à développer les capacités nécessaires, aux niveaux régional, national et communautaire, pour élaborer, mettre en oeuvre et évaluer des programmes de lutte contre les maladies non transmissibles ;

126

CINQUANTE-TROISlEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

2.

PRIE le Directeur général : 1) de continuer à donner la priorité à la lutte contre les maladies non transmissibles en accordant une attention toute particulière aux pays en développement et aux autres populations défavorisées ; 2) de veiller à ce que l'action conduite par l'OMS pour combattre les maladies non transmissibles et les facteurs de risque qui leur sont liés repose sur les meilleures informations disponibles, et de favoriser ainsi, avec des partenaires internationaux, le développement des capacités et la mise en place d'un réseau mondial de systèmes d'information ; 3) de fournir un appui technique et des orientations appropriées aux Etats Membres pour l'évaluation de leurs besoins, l'élaboration de programmes de promotion de la santé efficaces, l'adaptation de leurs systèmes de santé et la prise en compte des problèmes particuliers aux hommes et aux femmes liés à l'épidémie croissante de maladies non transmissibles ; 4) de renforcer les partenariats existants et d'en forger de nouveaux, notamment avec des organisations non gouvernementales nationales et internationales spécialisées, en vue de partager les responsabilités de la mise en oeuvre de la stratégie mondiale en fonction de l'expérience de chacun ; 5) de coordonner, en collaboration avec la communauté internationale, des .alliances et partenariats mondiaux pour la mobilisation des ressources, des actions de sensibilisation, le développement des capacités et la recherche concertée ; 6) de promouvoir l'adoption de politiques intersectorielles internationales, de règlements et d'autres mesures appropriées susceptibles de réduire au minimum les effets des principaux facteurs de risque des maladies non transmissibles ; 7) de promouvoir et d'entreprendre des recherches collectives sur les maladies non transmissibles, y compris des recherches sur les déterminants comportementaux, et de renforcer le rôle des centres collaborateurs de l'OMS qui appuient la stratégie mondiale de lutte; 8) de poursuivre le dialogue avec l'industrie pharmaceutique en vue d'améliorer l'accès aux médicaments pour traiter simultanément les principales maladies non transmissibles et leurs déterminants.

Le projet de résolution, tel qu'il a été amendé, est approuvé. 1 Le Dr SUNDBERG (Fédération internationale des Associations d'Etudiants en Médecine), prenant la parole sur l'invitation du PRESIDENT, salue les efforts faits par l'OMS pour promouvoir des modes de vie sains et prévenir les maladies non transmissibles, cause importante de mortalité dans le monde, et en particulier l'initiative Pour un monde sans tabac. En tant que représentant d'une fédération mondiale d'étudiants en médecine active aux niveaux international, national et local, il est fermement opposé à l'usage du tabac et ne saurait le tolérer. Le tabagisme étant une gigantesque menace pour la santé publique, il figure en bonne place dans le programme de travail de son association. La publicité et les pressions exercées par leur entourage incitent les enfants et les adolescents à fumer. Le tabagisme passif présente en outre d'énormes risques. Son association a créé un réseau pour permettre aux jeunes et aux professionnels de santé de riposter aux manoeuvres des publicitaires. Les étudiants en médecine ont un rôle important à jouer en montrant l'exemple aux autres jeunes et en les incitant à adopter un mode de vie sain, sans tabac. L'association représente les futurs médecins, qui seront la prochaine génération de

Ce projet de résolution a été transmis à 1'Assemblée de la Santé dans le deuxième rapport de la Commission et adopté sous la cote WHA53 .17.

1

COMMISSION A : SEPTIEME SEANCE

127

dirigeants et de victimes potentielles de l'industrie du tabac. Le Dr Sundberg soutient donc les efforts de l'OMS et compte sur les dirigeants d'aujourd'hui pour bâtir un avenir sain. Le Dr MONNOT (Fédération dentaire internationale), prenant la parole sur l'invitation du PRESIDENT, exprime les préoccupations de la Fédération concernant le programme de santé bucco-dentaire de l'OMS et l'absence d'un tel programme dans la stratégie de lutte contre les maladies non transmissibles. Son organisation, qui compte cinq organes régionaux, représente 140 associations dentaires nationales dans 125 pays, soit deux millions de dentistes. Elle est entrée en relations officielles avec l'OMS en 1988 dans le but de renforcer l'élaboration et l'application de normes dans les domaines de la surveillance, de la prévention, de l'éducation et de la planification. Cette collaboration a permis d'améliorer sensiblement la santé bucco-dentaire des populations, mais il s'agit de préserver les acquis, surtout que les affections bucco-dentaires gagnent du terrain dans les pays pauvres. Les inégalités de santé sont de plus en plus marquées dans les couches défavorisées des pays industrialisés. Il faut mettre en place et maintenir un réseau de surveillance standardisé et indépendant, par l'intermédiaire de la banque mondiale de données OMS sur la santé bucco-dentaire, qui permet d'évaluer les résultats sanitaires, de fixer des objectifs, d'aider les associations dentaires nationales à formuler des plans de santé nationaux et de mettre au point des stratégies pour renforcer le système de santé bucco-dentaire. Il est nécessaire également d'intégrer la santé bucco-dentaire dans les soins de santé afm de valider une approche intersectorielle et mondiale de la santé. Le Dr Monnot reconnaît que l'OMS doit concentrer son attention sur les maladies prioritaires, mais s'élève contre la quasi-suppression des activités dans des domaines comme celui de la santé buccodentaire, car ce type de pathologies représente un poids considérable pour les populations défavorisées. Il faut trouver un compromis entre les maladies hautement prioritaires et les activités qui ne le sont pas. Le fait que les pays en développement doivent s'occuper en priorité de maladies importantes est un bon argument en faveur du maintien des activités du programme de santé bucco-dentaire, qui repose essentiellement sur la surveillance et la prévention. Le Dr YACH (Directeur exécutif), répondant au délégué de la Belgique, dit que plusieurs études longitudinales sur les effets sanitaires des champs électromagnétiques sont en cours, et que l'OMS présentera sur demande des rapports sur l'état d'avancement des travaux. Etant donné que l'OMS développe ses activités de lutte contre les maladies non transmissibles avec le soutien massif des Etats Membres, il faudra fixer des priorités concernant les facteurs de risque et la prévention secondaire et tertiaire. Les observations formulées par les Etats Membres pendant le débat seront utiles à cet égard. L'OMS cherchera certainement à forger des «partenariats intelligents», pour reprendre l'expression du délégué de la Malaisie, non seulement avec le secteur privé, mais aussi avec les organisations non gouvernementales et au sein du système des Nations Unies, afm de réunir davantage de ressources pour la lutte contre les maladies non transmissibles.

La séance est levée à 19 heures.

HUITIEME SEANCE Samedi 20 mai 2000, 9 heures Président: Professeur S. M. ALI (Bangladesh) puis: Dr J. RASAMIZANAKA (Madagascar) puis: Professeur S. M. ALI (Bangladesh)

1.

QUESTIONS TECHNIQUES ET SANITAIRES: Point 12 de l'ordre du jour (suite)

Renforcement des systèmes de santé dans les pays en développement: Point 12.6 de l'ordre du jour (docmnent A53/9) Mme WIGZELL (Suède), s'exprimant au nom des pays nordiques, note avec une vive satisfaction l'importance accrue accordée aux systèmes de santé, dont témoignent aussi bien la structurç: organique de l'OMS que le choix du thème du Rapport sur la santé dans le monde, 2000. Elle félicite l'OMS de l'élaboration d'un nouveau cadre pour analyser, comprendre et rationaliser les systèmes de santé. II faut désormais aider les décideurs à analyser les données et évaluer les résultats de leur système de santé et trouver les moyens de fmancer un système approprié et plus performant. L'OMS doit centrer son action sur le niveau des pays, où sa présence est nécessaire et souhaitée. Le système de santé fait toujours partie de la structure politique et financière de chaque pays et ne peut donc être pris isolément, mais doit être jugé sur l'impact qu'il a du point de vue de buts communs comme la réduction des inégalités sanitaires entre groupes socio-économiques et entre sexes et la satisfaction des besoins des individus sans tenir compte de leur capacité de payer. II faut pour cela aussi bien de la ténacité que de la patience, et deux risques surgissent: d'abord, celui d'apporter des progrès avant tout du point de vue de la réforme des ministères de la santé et des structures centrales sans améliorer la prestation des services au niveau communautaire, et ensuite celui d'être tenté par les raccourcis et la recherche de solutions de facilité. II est encourageant de constater que les récentes initiatives mondiales comme le projet Faire reculer le paludisme et l'Alliance mondiale pour les vaccins et la vaccination s'appuient sur le renforcement des systèmes de santé existants. Voilà plus de 10 ans que l'initiative pour une maternité sans risque a été lancée à Nairobi mais, malheureusement, les résultats ne sont pas à la hauteur des espoirs suscités. La mortalité maternelle reste à un niveau inacceptable dans de nombreux pays et régions de la planète. La solution est extrêmement complexe et il faut apporter des améliorations dans pratiquement toutes les parties du système de santé - soins prénatals, accès aux hôpitaux, sécurité transfusionnelle, approvisionnement adéquat en médicaments et politique active de santé génésique-, et tout cela est impossible s'il n'y a pas en place un système de santé qui fonctionne. II faut donc que tout investissement en faveur de la réduction de la mortalité maternelle soit aussi un investissement pour le développement des systèmes de santé. M. LIU Peilong (Chine) félicite le Secrétariat de son rapport et du fait que la question du développement des systèmes de santé se retrouve placée de plus en plus au centre de ses travaux. Dans les pays qui consacrent des budgets similaires à la santé, les résultats peuvent être différents et le système de santé constitue souvent le facteur décisif. Dans les pays en développement, les systèmes de santé se heurtent à des problèmes multiples et les conseils et l'appui de l'OMS sont indispensables. La Chine, le plus peuplé des pays en développement, qui s'est engagée dans une réforme de son système de santé, est disposée à travailler avec l'OMS à cette

- 128-

COMMISSION A : HUITIEME SEANCE

129

fm. M. Liu Peilong demande des détails sur la collaboration de l'Organisation avec le FMI et la Banque mondiale, évoquée au paragraphe 7 du rapport. Le Gouvernement chinois a lancé une politique de réduction de la pauvreté visant à développer les zones les plus pauvres du pays et souhaiterait échanger ses données d'expérience avec l'OMS. La Chine sera en mesure de mettre au point des stratégies sanitaires raisonnables si elle peut être assurée d'un fmancement adéquat pour leur mise en oeuvre. M. AHMAD (Pakistan) félicite l'OMS des efforts consentis pour le renforcement des systèmes de santé dans les pays en développement. Toutefois, il faut tenir compte des conditions locales pour évaluer les progrès accomplis. Certains pays, comme le Pakistan, sont obligés presque en permanence de fournir des soins de santé à des millions de réfugiés, et ces groupes se déplacent constamment et se mélangent facilement avec la population locale. Se référant aux paragraphes 6 et 7 du rapport, M. Ahmad précise que la charge du remboursement de la dette est l'un des principaux problèmes qui entravent les efforts de son pays en vue de l'amélioration du système de santé. Le Gouvernement pakistanais, conformément à la stratégie de l'OMS, a l'intention de lancer un programme d'atténuation de la pauvreté, qui sera indépendant du programme des besoins minimaux de base de l'OMS. M. Ahmad espère que l'OMS tiendra compte de ces éléments en évaluant la performance du secteur de la santé. Se référant au paragraphe 10 du rapport, il propose que, conformément à la Déclaration d'Amsterdam visant à faire barrage à la tuberculose, l'OMS mette sur pied un fonds international pour les médicaments antituberculeux. Mme BERGER (Suisse) constate elle aussi avec satisfaction que l'OMS a fait de la question du développement des systèmes de santé l'une de ses priorités. Un aspect important est la multiplication du nombre des partenaires concernés par la mise sur pied d'un système de santé visant à répondre à l'ensemble des besoins nationaux, ce qui pose la question des rôles et des responsabilités respectifs des différents partenaires, en particulier des gouvernements, qui doivent jouer un rôle régulateur et de supervision, fixer des normes et garantir que le système est viable et équitable. Pour cela, il faut que la capacité nécessaire existe au niveau national et dans les districts, et peut-être même au niveau local. C'est une entreprise majeure à laquelle l'OMS peut contribuer en fournissant aux pays un appui technique. On touche là à la question particulièrement importante du stewardship et Mme Berger relève que, dans certains cas, ce terme a été traduit par administration générale, ce qui n'en reflète pas vraiment le sens. Le terme de tutelle est largement utilisé à cet égard et, de l'avis de la délégation suisse, rend bien l'idée. Mme Berger demande que la notion de stewardship soit précisée de façon à ce qu'elle soit bien comprise de la même manière dans toutes les langues utilisées par l'Assemblée de la Santé. Le Dr MONTOYA (Chili) dit que les systèmes de santé constituent un aspect clé de la politique sanitaire. Comme indiqué au paragraphe 3 du rapport, le partage équitable de la contribution financière est indispensable. Un mécanisme de prépaiement ne suffit pas, car il se traduit généralement par des inégalités. Ensuite, le Dr Montoya considère la santé comme un droit fondamental qui doit être garanti par les gouvernements, et les ministères de la santé doivent donc disposer à cet égard de pouvoirs suffisants. Les règles régissant les activités du secteur privé doivent être claires et les services privés et publics doivent se compléter. Le secteur public doit avoir accès à une technologie d'un bon rapport coût/efficacité et c'est là que l'appui technique de l'OMS a été le plus utile. Enfm, le Dr Montoya prie l'OMS de proposer des cadres et des méthodes appropriés pour évaluer les systèmes de santé qui puissent être adaptés à la situation régnant dans chaque pays. Le Dr GONZÂLEZ CARRIZO (Argentine), se référant au paragraphe 8 du rapport, dit qu'il serait utile que la liste des médicaments essentiels soit étendue aux antirétroviraux. A la lumière de l'expérience concluante faite par le Bureau régional des Amériques et par l'OPS, il propose que les fonds soient regroupés à tour de rôle en imitant le système utilisé dans sa Région pour l'achat de vaccins. Ce système permet aux pays de planifier leurs besoins et d'obtenir de meilleurs prix. Le Dr Gonzâlez Carrizo demande qu'il soit tenu compte de ses vues dans l'élaboration de programmes de coopération futurs.

130

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

Le Dr MATH (Afrique du Sud), se félicitant du rapport, indique que l'Afrique du Sud a depuis longtemps compris que la santé dépasse de loin les limites du secteur de la santé et s'étend, par exemple, à l'éducation et à la fourniture de services de base de bonne qualité. Des systèmes de santé efficaces et efficients sont indispensables pour obtenir des résultats positifs. Le Dr Matji se félicite donc de l'engagement de l'OMS à s'efforcer, sur une base inter-Groupes, de renforcer les systèmes de santé, notamment ceux des pays en développement. Mme VOGEL (Etats-Unis d'Amérique) constate que le rapport donne un aperçu des activités de l'OMS dans les différents domaines défmis dans la résolution WHA52.23. Sans vouloir minimiser l'importance de ces activités, elle a l'impression que l'OMS s'est engagée à entreprendre un large éventail d'efforts visant à renforcer les systèmes de santé et qui n'ont pas été mentionnés dans le document A53/9. Elle suggère que, dans sa réponse, l'OMS décrive certains de ces efforts, par exemple son rôle dans l'harmonisation et l'intégration de certaines approches systémiques, comme la prise en charge intégrée des maladies de l'enfant et le programme intégré de santé communautaire concernant les maladies non transmissibles (INTERSANTE). Le Dr WANCHAI SATTAYAWUTHIPONG (Thaïlande) dit que, dans la plupart des pays en développement, le secteur privé coexiste avec le secteur public, ce qui favorise l'inefficacité et la fragmentation. Une orientation politique inadéquate se traduit souvent par des inégalités d'acc~s aux soins par différentes couches de la population, qui ont généralement pour effet d'exclure les pauvres et les groupes marginalisés. Une table ronde a démontré que, même lorsqu'un filet de sécurité existe, les pauvres connaissent encore des problèmes d'accès aux soins de santé. Face aux inégalités, l'OMS et ses Etats Membres doivent adopter une approche holistique qui mette 1' accent sur la réduction de la pauvreté, une meilleure répartition des revenus et l'élimination des inégalités sociales. Après la crise fmancière de 1997 en Thaïlande, les pouvoirs publics ont réduit de plus en plus le prix des soins de santé, car les revenus des ménages avaient sensiblement baissé. Outre les soins gratuits fournis aux personnes à faible revenu, le plan de soins de santé bénévoles en Thaïlande a joué un rôle important comme filet de sécurité pour les non-assurés. Le défi pour l'OMS consiste à déterminer comment aider les pays à mettre sur pied un plan collectif efficace de prépaiement et des moyens de contribution efficaces pour assurer la couverture universelle. Le Dr Wanchai Sattayawuthipong demande instamment au Directeur général d'étudier l'impact de la mondialisation sur la santé publique et le développement des systèmes de santé, et de faire ensuite rapport au Conseil exécutif et à l'Assemblée de la Santé sur les incidences des accords commerciaux comme l'Accord sur les aspects des droits de propriété intellectuelle qui touchent au commerce. Le Dr SADRIZADEH (République islamique d'Iran) dit que, malgré des progrès remarquables, les systèmes de santé de nombreux pays n'ont pas été développés comme ille fallait ou ne permettaient pas de répondre aux besoins des usagers. Pour améliorer la situation, il faudra un haut niveau d'engagement politique, une sensibilisation accrue des décideurs et des responsables et un meilleur développement des partenariats. Les services de santé doivent être accessibles, acceptables, abordables et durables. Parmi les autres problèmes à surmonter, il faut mentionner la gestion inappropriée des ressources humaines, le manque de matériel de base et de médicaments essentiels, un système d'information qui laisse à désirer et un secteur privé non contrôlé. Dans ses récentes initiatives, comme celles sur les maladies de l'enfant et le paludisme, l'OMS a mis l'accent sur le renforcement des systèmes de santé, et la même approche doit s'appliquer à d'autres programmes, comme l'initiative Halte à la tuberculose et l'éradication de la poliomyélite. Le Dr Sadrizadeh demande instamment à l'OMS de lancer une nouvelle initiative visant à revitaliser les systèmes de santé dans le monde entier. En 1973, la République islamique d'Iran a lancé un projet pilote de soins de santé primaires dans la province de l'Azerbaïdjan occidental, qui a été évalué puis étendu à l'ensemble du pays au début des années 80. Le système a encore été révisé au début des années 90 pour tenir compte de l'évolution socio-économique, démographique et épidémiologique du pays. Actuellement, le système de soins de

COMMISSION A : HUITIEME SEANCE

131

santé primaires est accessible à 90% de la population rurale et à l'ensemble de la population urbaine et il fournit des soins à tous sur une base équitable. Les programmes de lutte contre les maladies transmissibles ont été intégrés au système national de soins de santé primaires et les programmes de lutte contre les maladies non transmissibles, qui initialement ne couvraient que l'hypertension, le diabète, la santé mentale et les accidents, sont en cours d'élargissement. Plus de 60 000 femmes volontaires de la santé s'occupent de l'éducation sanitaire et de la planification familiale. Les principaux défis pour les années à venir seront le renforcement du système d'orientation-recours, le développement des partenariats et la participation du secteur privé aux programmes de santé publique. Le Dr KORTE (Allemagne) dit que la Société allemande pour la Coopération technique attache une grande importance au renforcement des systèmes de santé des pays partenaires en développement. Elle tient à consolider sa coopération avec l'OMS et les pays partenaires par des accords bilatéraux de façon à tirer un maximum d'avantages immédiats pour les pays les plus démunis. La Société est préoccupée par le fossé grandissant entre les secteurs public et privé et elle considère l'accès équitable aux services de santé comme l'un des principaux obstacles aux progrès de l'harmonie sociale. Le Dr STAMPS (Zimbabwe) dit que plusieurs questions soulevées par des pays en développement ne semblent pas avoir reçu de réponse de la part de l'OMS. Certaines parties du rapport sont bonnes, car elles contiennent des observations sur les systèmes de santé qui ont fait leurs preuves, mais l'omission la plus flagrante concerne la salubrité de 1'environnement. Celle-ci a été négligée dans de nombreux pays, parce qu'on était obnubilé par les nouveaux médicaments coûteux contre des maladies qu'il était possible de prévenir, d'endiguer ou de traiter par des activités de salubrité de l'environnement. La contribution des praticiens dans cette branche des soins de santé a été sous-estimée depuis trop longtemps, mais le Dr Stamps espère qu'avec l'appui des Etats-Unis d'Amérique, on tiendra davantage compte des aspects environnementaux des systèmes de santé. Le Dr PANDURANGI (Association du Commonwealth pour les Handicaps mentaux et les Incapacités liées au Développement), s'exprimant à l'invitation du PRESIDENT, appelle l'attention sur le fait que chaque année près de 600 000 femmes succombent à des complications liées à la grossesse et 3,4 millions de nouveau-nés meurent dans la semaine suivant leur naissance. Ces décès sont dus à une hygiène médiocre, à la malnutrition, à des soins inadéquats pendant la grossesse et lors de l'accouchement, à des maladies chroniques et à des avortements non médicalisés. Or 1'Association du Commonwealth a démontré que 30% des incapacités peuvent être évitées par un programme de lutte contre l'hypoxie à la naissance, qui est la principale cause de décès pendant les trois premiers jours de la vie. Il faut que la responsabilité sanitaire et la responsabilité sociale coïncident si l'on veut éviter de telles tragédies. Cette idée est compatible avec la politique de l'OMS pour le nouveau millénaire. Elle vise à favoriser la fourniture de services fondés sur les besoins par l'intégration de la médecine, de la santé publique et de l'apport coordonné des responsables politiques, des responsables de la santé, des professionnels de la santé, des institutions universitaires et des communautés. Des séries d'indicateurs de responsabilité sociale doivent être proposées pour défmir les meilleurs moyens d'améliorer la santé, l'équité, l'utilité et le rapport coût/efficacité. Chaque pays doit envisager comment réduire la fragmentation en matière de fourniture des services de santé. Le Dr Pandurangi demande donc instamment qu'une résolution soit adoptée sur l'unité d'action entre les partenaires de la santé pour parvenir à la responsabilité sociale pour les plus pauvres d'entre les pauvres, qui n'ont aucun accès aux soins de santé. Le Dr GHEBREHIWET (Conseil international des Infirmières), s'exprimant à l'invitation du PRESIDENT et au nom de cette organisation, de l'Association médicale mondiale et de la Fédération internationale pharmaceutique, explique que les trois organisations ont formé une alliance visant à encourager et faciliter la collaboration entre les professionnels de la santé et à accroître l'efficacité des soins donnés dans les pays en développement. L'alliance veut que les ministres de la santé et l'OMS mettent l'accent sur le rôle des professionnels de la santé dans la planification des systèmes de santé. Les

132

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

gouvernements doivent participer pleinement à l'éradication de la pauvreté et, si possible, annuler la dette pour aider les pays qui ont moins de ressources financières. L'alliance s'est engagée à aider les pays en développement à mettre sur pied des systèmes durables de soins de santé et à tirer le maximum de l'allègement de la dette. Le Dr Ghebrehiwet invite instamment les gouvernements à prévoir le traitement des maladies chroniques, qui sont en train de devenir une charge croissante pour les pays en développement, et à contrer les efforts de commercialisation de plus en plus agressifs de l'industrie du tabac en approuvant et en appliquant la convention-cadre pour la lutte antitabac. Le Dr FRENK (Directeur exécutif) remercie les délégués de leurs interventions et estime lui aussi que le travail sur les systèmes de santé doit tenir compte de la situation locale dans les pays. En réponse à l'observation du délégué de la Suisse concernant l'expression « stewardship », il explique que cette notion constitue l'une des fonctions les plus cruciales des ministères de la santé et qu'elle comprend trois principaux éléments. Tout d'abord, les ministères doivent déterminer une stratégie pour le système de santé ; ensuite, ils doivent établir les règles du jeu ; enfin, ils doivent évaluer la performance des différentes parties du système de santé et fournir des données de base permettant à tous les acteurs de prendre des décisions en connaissance de cause. Le Dr Frenk reconnaît qu'une coordination plus étroite s'impose entre l'action de l'Organisation sur les systèmes de santé et les différents programmes concernant des maladies, des facteurs de risque ou des groupes de population déterminés. Des dispositifs ont été élaborés à cette fin aussi bien au Siège que dans les bureaux régionaux, et le Rapport sur la santé dans le monde, 2000 offre un cadre conceptuel dans lequel de nombreux programmes spécifiques peuvent être structurés et reliés de façon plus cohérente. En réponse aux observations du délégué de la Thai1ande concernant la nécessité d'évaluer l'impact de la mondialisation sur les systèmes de santé, le Dr Frenk indique que l'OMS a entrepris une analyse des répercussions de la mondialisation sur certains aspects de l'industrie pharmaceutique, sur les professionnels de la santé et sur l'assurance-maladie, et qu'il sera heureux de faire connaître ses conclusions. Enfm, le Dr Frenk partage entièrement les vues exprimées dans son intervention par le délégué du Zimbabwe concernant l'importance de la salubrité de l'environnement; il fait observer toutefois que la défmition du système de santé qui a été adoptée dans le rapport en cause est extrêmement large et on peut supposer qu'elle englobe des aspects de salubrité de l'environnement. Lorsqu'on défmit l'action sanitaire comme un ensemble d'activités visant principalement à améliorer la santé, il faut reconnaître que la salubrité de l'environnement a un rôle crucial à jouer. En fait, les systèmes de santé performants sont ceux qui ont trouvé un juste équilibre entre salubrité de l'environnement et santé personnelle. La Commission prend acte du rapport. (Voir la reprise du débat à la section 3.)

2.

DEUXIEME RAPPORT DE LA COMMISSION A (document A53/41)

Le Dr RASAMIZANAKA (Madagascar), Rapporteur, donne lecture du deuxième projet de rapport de la Commission A. M. YANG Xiaokun (Chine) appelle l'attention de la Commission sur le fait que, lors de l'examen du projet de résolution sur la convention-cadre pour la lutte antitabac, la version chinoise du texte n'était pas encore disponible. En ce qui concerne le paragraphe 4.4) de ce projet de résolution, la délégation chinoise estime, à propos des critères régissant la participation élargie des organisations non

COMMISSION A : HUITIEME SEANCE

133

gouvernementales aux négociations en qualité d'observateurs, que les dispositions pertinentes de l'OCDE et de l'OMS doivent être respectées.

Le rapport est adopté. 1

3.

QUESTIONS TECHNIQUES ET SANITAIRES: Point 12 de l'ordre du jour (reprise du débat)

Clonage et santé humaine: Point 12.4 de l'ordre du jour (document A53115) Le Dr llMÉNEZ DE LA JARA (représentant du Conseil exécutif) dit que le Conseil a noté qu'en décembre 1999, une réunion consultative informelle a eu lieu à Genève pour proposer de nouvelles stratégies pour l'OMS concernant le clonage et d'autres domaines étroitement apparentés. Le Conseil a reconnu l'importance de la génétique, du clonage, de la biotechnologie et du domaine plus large de la bioéthique et suggéré que l'OMS soit plus active dans ces domaines. Il a estimé que les activités dans un domaine qui évolue aussi rapidement devaient être organisées minutieusement et de façon pleinement transparente. Le Professeur GIRARD (France) observe que la question de la bioéthique n'est abordée que le dernier jour de 1'Assemblée de la Santé, au moment où certaines délégations ont déjà quitté Genève, et qu'une demi-heure seulement est prévue pour la discussion. L'OMS n'ajamais été à l'avant-scène de ce sujet et certains le lui reprochent. Le rapport constitue indiscutablement un progrès, mais un petit progrès. On peut définir la bioéthique comme l'ensemble des positionnements culturels d'une société donnée à un moment donné sur les problèmes posés à la civilisation humaine à la suite des progrès dans le domaine de la biologie. Elle ne concerne pas seulement les problèmes posés par les technologies de pointe ; elle concerne par exemple aussi la protection des droits des malades et les soins palliatifs. Elle concerne la société dans son ensemble et pas seulement les scientifiques et les experts. La réflexion sur la bioéthique intéresse les pays du Sud tout autant que les pays du Nord, et l'OMS doit être un vrai forum de discussion sur ces problèmes; le Professeur Girard propose qu'une unité permanente et indépendante soit créée dans le cadre de l'OMS pour offrir un tel forum. L'OMS doit également réexaminer ses relations avec les autres organisations intergouvernementales à cet égard, afm que son rôle soit bien reconnu. Le Professeur KÔLBEL (République tchèque) fait observer que, si l'analyse du génome, le clonage et la bio-ingénierie présentent des aspects positifs, il existe aussi un risque considérable d'abus. Il propose que soit soumis à la Cinquante-Quatrième Assemblée mondiale de la Santé un document sur les abus potentiels du clonage et de la biologie moléculaire, et sur les mesures juridiques nécessaires pour les prévenir. Le Professeur AKIN (Turquie), se félicitant du rapport du Directeur général, croit comprendre que l'OMS a l'intention d'entreprendre une série d'activités stratégiques sur le clonage et des questions connexes dans le cadre de la bioéthique, et souscrit à cette initiative. L'OMS doit continuer à suivre, évaluer et clarifier, en consultation avec les autres organisations internationales, les gouvernements et les organismes professionnels et scientifiques, les implications éthiques, scientifiques et sociales du clonage pour la santé. Le Professeur Akin demande que d'autres informations sur la question soient soumises à la prochaine Assemblée de la Santé.

1

Voir p. 261.

134

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

Le Dr VAN ETTEN (Pays-Bas) dit que, si l'OMS s'intéresse depuis plusieurs années aux aspects éthiques des innovations de la biotechnologie, de la génétique et du clonage, elle n'a pratiquement pas pris part aux activités internationales sur les questions bioéthiques d'une manière générale. Selon lui, l'Organisation devrait élargir son approche au lieu de se concentrer uniquement sur le clonage. Le Dr van Etten salue la proposition du Directeur général concernant une série d'activités stratégiques dans le domaine de la bioéthique. Les importants domaines à couvrir comprendront non seulement la génétique, la biotechnologie, le clonage humain et l'utilisation de sujets humains dans la recherche médicale, mais aussi 1'allocation de ressources aux domaines où subsistent des inégalités, comme l'accès aux soins de santé et aux médicaments. L'OMS doit renforcer son expertise et sa capacité dans ces domaines. Le Dr VIOLAKI-PARASKEVA (Grèce) déplore elle aussi que l'OMS ne prenne pas une part plus active à la bioéthique au niveau international. Les innovations en matière de biotechnologie créent des problèmes de bioéthique plus rapidement qu'il n'est possible de les résoudre, et le monde voudrait voir l'OMS jouer un rôle de chef de file et de conseiller à cet égard. Elle devrait collaborer avec d'autres organisations internationales qui ont travaillé dans ce domaine, par exemple 1'UNESCO et le Conseil de l'Europe, afm d'apporter une réponse plus rapide. Le Dr WAN CHAI SATTAYA WUTHIPONG (Thaïlande) se réfère à la concl4sion de la Cinquantième Assemblée mondiale de la Santé selon laquelle le clonage aux fms de la reproduction humaine est inacceptable d'un point de vue éthique 1 et se félicite de la présentation du rapport. Il souscrit à la politique sur cette question exposée à la Cinquante-Deuxième Assemblée mondiale de la Santé et selon laquelle l'OMS mettrait en place un centre d'information pour la génétique dans le cadre de l'Organisation, aiderait les Etats Membres à prendre les mesures juridiques nécessaires pour interdire le clonage humain à des fms de reproduction et jouerait un rôle de chef de file dans la normalisation internationale des principes directeurs sur la recherche et les applications génétiques. En Thai1ande, le clonage humain a été déclaré inacceptable d'un point de vue éthique. Le Dr Wanchai Sattayawuthipong se félicite de la décision de l'OMS tendant à élargir le champ de sa réflexion au-delà du clonage et à entreprendre une série d'activités stratégiques dans le domaine de la bioéthique. Il sera très intéressé par le rapport qui sera soumis à la prochaine Assemblée de la Santé et demande instamment à l'OMS d'accélérer ses activités dans le domaine de la bioéthique, notamment en allouant des fonds à la recherche. Mme ELOVAINIO (Finlande) souligne l'importance d'un dialogue international permanent sur les questions bioéthiques et souscrit aux observations faites par la France. Le Dr LARIVIÈRE (Canada) partage l'avis du Directeur général selon lequel l'OMS doit élargir sa participation dans le domaine de l'éthique sanitaire au-delà de la seule question du clonage qui retient aujourd'hui son attention. L'OMS doit clarifier sa position, et le Dr Larivière propose la création d'un groupe de réflexion informel. Il sera heureux d'entendre les propositions concrètes qui seront soumises à la prochaine Assemblée de la Santé. En attendant, l'OMS peut aider les Etats Membres à mettre sur pied des comités nationaux d'éthique en fournissant des modèles et en repérant des experts nationaux pouvant servir de conseillers. Le Dr TlllERS (Belgique) fait siennes les observations du délégué de la France sur le rôle de l'OMS dans le domaine de la bioéthique et souscrit à la proposition tendant à constituer un groupe de

1

Résolution WHA50.37.

COMMISSION A : HUITIEME SEANCE

135

réflexion et une unité spéciale à l'OMS. Le groupe de réflexion s'impose, parce qu'il sera difficile d'arriver à un consensus international sur la question. Le Dr NOVOTNY (Etats-Unis d'Amérique) se félicite de l'idée d'entreprendre une série d'activités stratégiques. Si le rapport est assez vague sur la nature de ces activités, l'OMS est bien placée pour jouer un rôle de chef de file et fournir un appui technique aux Etats Membres. Les considérations budgétaires seront importantes, et il espère qu'il sera possible d'examiner les détails de la stratégie à la prochaine session du Conseil exécutif. Le Dr Novotny est certain que l'OMS aura un rôle important à jouer dans les questions d'éthique médicale et de bioéthique liées à la recherche génétique et à la thérapie génique. Le Dr KHAZAL (Emirats arabes unis) souligne l'importance des dimensions sociales que présentent les innovations dans les domaines de la biotechnologie et de la génétique, et souscrit aux observations formulées par les délégués de la France et de la République tchèque. M. DEBRUS (Allemagne) dit qu'à la lumière de l'importance que revêtent toutes les questions liées au clonage, l'OMS devrait collaborer étroitement avec les Etats Membres et suivre une approche progressive. Il regrette que l'expert proposé par son pays n'ait pu participer à la réunion consultative de décembre 1999 en raison de la réception tardive de l'invitation de l'OMS. Le mandat doit être examiné attentivement dans le contexte d'un projet de lignes directrices sur les aspects éthiqu~s du clonage, et il faut envisager s'il ne faut pas aussi traiter d'autres aspects. En procédant pas à pas, on aura le temps d'examiner en profondeur toutes les questions qui se posent. M. W.-K. MOON (République de Corée) exprime son soutien en faveur d'un rôle consultatif permanent de l'OMS pour la mise au point de principes et de lignes directrices sur les aspects éthiques, scientifiques, sociaux et juridiques du clonage humain, et la fourniture de conseils sur la technologie dans ce domaine. En Corée, la biotechnologie et la génétique avancent rapidement, ce qui suscite des préoccupations dans les domaines de la sécurité et de l'éthique. Conformément à la résolution WHA51.1 0, le Gouvernement coréen a interdit le clonage humain et établi un groupe de recherche chargé d'élaborer des mesures de protection de la sécurité et de l'éthique dans les domaines de l'alimentation, des médicaments, du traitement génique et de la gestion des organismes modifiés. Une loi régissant l'utilisation du clonage dans la santé sera bientôt adoptée en Corée. Le Dr W AHEED (Maldives) estime lui aussi qu'il faut concilier le potentiel très important de la biotechnologie et de la génétique pour la santé et les considérations bioéthiques. L'OMS doit activement favoriser un dialogue international sur la question et en communiquer les résultats aux prochaines Assemblées de la Santé. Le Dr LEVENTHAL (Israël), félicitant le Directeur général du rapport, relève qu'en 1999, le Parlement israélien a promulgué une loi interdisant le clonage des êtres humains et la modification génétique des cellules reproductives. La loi a imposé un moratoire de cinq ans pendant lequel certains types d'intervention génétique sur des sujets humains seront exclus. Le comité consultatif nommé par le Ministère israélien de la Santé s'est félicité du projet de lignes directrices internationales élaboré par l'OMS et a proposé qu'elles contiennent les principes fondamentaux d'éthique médicale, à savoir la confidentialité, l'autonomie, l'équité en matière d'accès aux soins et une meilleure information. Le Dr Leventhal souscrit à la proposition de la France de constituer une unité spéciale et demande instamment qu'elle soit mise sur pied le plus tôt possible. Le Dr STAMPS (Zimbabwe) dit que les pays en développement sont eux aussi très préoccupés par la bioéthique et que, s'il n'y a pas encore un problème de clonage, la possibilité de voir l'Afrique utilisée comme laboratoire pour des expériences sur des sujets humains suscite des inquiétudes. La délégation du Zimbabwe souscrit elle aussi à la proposition de la France.

136

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

Mme BERGER (Suisse) appuie elle aussi la proposition. Les questions abordées étant complexes et délicates et touchant des valeurs fondamentales, il importe qu'une organisation comme l'OMS les examine en profondeur. Il faut également assurer la collaboration avec les autres organisations internationales sur des points d'intérêt communs. Le Dr CEBALLOS (République dominicaine) dit que son pays envisage la bioéthique non d'un point de vue scientifique et technique, mais plutôt du point de vue des moyens d'assurer le respect des droits fondamentaux des malades par les médecins. Un comité national de bioéthique a été constitué pour garantir des soins de haute qualité à tous. Le Dr Ceballos se félicite de l'engagement de l'OMS et souscrit à l'idée d'un groupe d'étude, qui permettrait aux pays en développement comme aux pays développés d'échanger des données d'expérience. M. LIU Peilong (Chine) dit que sa délégation est également favorable à un groupe permanent ou à un groupe d'étude sur la bioéthique. Si un tel groupe est constitué, il espère que la participation des pays en développement sera la plus large possible et que ses activités ne se limiteront pas à des questions très techniques. Le Dr JURADO BALLARES (Equateur) souscrit aux vues exprimées par le délégué de la République dominicaine. Le Professeur BRYANT (CIOMS), s'exprimant à l'invitation du PRESIDENT, dit que le CIOMS est prêt à collaborer avec l'OMS pour mettre au point et mener à bien des activités stratégiques dans le domaine de la bioéthique. Le CIOMS lance et appuie depuis longtemps des programmes dans ce domaine : par exemple, il est en train de mettre à jour les Lignes directrices internationales relatives aux aspects éthiques de la recherche biomédicale sur des sujets humains de 1993 et collabore avec l'OMS pour aider à renforcer la capacité des pays en développement à mettre sur pied des comités d'examen éthique pour l'application de ces lignes directrices, ainsi qu'avec les autorités sanitaires et l'industrie pour promouvoir une commercialisation des produits médicaux sur Internet qui soit respectueuse de l'innocuité et des principes éthiques. Le Dr KRAY AT (Bureau régional de la Méditerranée orientale) indique que le Bureau régional a organisé depuis le début des années 80 une série de réunions sur les questions bioéthiques en collaboration avec l'Organisation islamique des Sciences médicales et avec la participation du CIOMS. Il est important d'examiner les questions bioéthiques sur le plan mondial afm de garantir l'interaction entre les différentes cultures, et le Dr Khayat souscrit par conséquent à la proposition du délégué de la France. Le Dr FRENK (Directeur exécutif) remercie les délégués de leurs observations, surtout concernant la nécessité de renouveler l'accent sur la question de la bioéthique. Certaines activités sont déjà en cours. Ainsi, des études sont effectuées au Siège sur les aspects éthiques aussi bien de l'allocation des ressources par les systèmes de santé que de la recherche sur les sujets humains. Les Groupes Bases factuelles et information à l'appui des politiques et Maladies non transmissibles et santé mentale examinent ensemble les implications médico-sociales et éthiques des questions scientifiques et technologiques en matière génétique et défmissent des priorités pour les activités futures dans ce domaine. L'Organisation coopère étroitement avec les Etats Membres dans le cadre du Forum mondial pour la bioéthique dans la recherche. En réponse au point soulevé par le Canada, le Dr Frenk annonce qu'un sommet mondial des comités nationaux de bioéthique aura lieu à Londres en septembre 2000, une réunion dont l'OMS assurera le secrétariat Il estime lui aussi qu'il faut envisager si l'OMS aurait avantage à mettre au point une approche qui compléterait le travail utile effectué sur le sujet par d'autres organisations intergouvernementales, notamment l'UNESCO.

COMMISSION A : HUITIEME SEANCE

137

Promotion de la santé: Point 12.13 de l'ordre du jour (document A53/16) Le Dr JIMÉNEZ DE LA JARA (représentant du Conseil exécutif) dit que les membres du Conseil ont reconnu l'importance de la promotion de la santé, notamment dans les pays en développement, et salué son adjonction aux programmes de l'OMS. Le Conseil a souligné la nécessité de renforcer les bases factuelles et de mettre au point des méthodes pour obtenir des résultats mesurables. Il a noté que les progrès de la promotion de la santé supposent un développement de l'infrastructure et des ressources humaines compétentes capables de gérer des programmes et de favoriser l'engagement communautaire, et il a souligné l'importance de la formation. Le Conseil a noté de la part du secteur de la santé une réticence à appliquer des stratégies qui ont fait leurs preuves dans d'autres domaines. On a fait observer que des approches et des interventions complémentaires tout au long de la vie peuvent se renforcer mutuellement et répondre à des préoccupations d'équité et d'accès à des soins de qualité à chaque étape. Les préoccupations concernant l'âge auquel l'investissement en faveur de la promotion de la santé est le plus rentable ont été évoquées, et la Cinquième Conférence mondiale sur la promotion de la santé est apparue comme offrant une occasion de réaliser des progrès, particulièrement dans la mise au point d'indicateurs et d'outils permettant d'évaluer la promotion de la santé. Mme PAULINO (Philippines) dit que, pour sa délégation, la promotion de la santé consiste avant tout à fournir des données et des informations fiables au grand public pour que les gens. puissent effectuer des choix en connaissance de cause. Bien que les systèmes de soins de santé fassent tout leur possible pour que les services soient disponibles, abordables et efficaces, leur contribution à la santé est d'autant plus importante que l'accès est équitable et l'utilisation rationnelle. Aux Philippines, la promotion de la santé met l'accent sur des modes de vie sains, un environnement favorable à la santé et l'éducation des malades. Mme Paulino demande instamment à l'OMS de continuer à jouer le rôle de chef de file technique dans ce domaine. M. SHEM (Vanuatu) dit que, malheureusement, le rôle de la promotion de la santé n'est pas encore bien compris par les ministères de la santé de la région du Pacifique, ce qui fait que les déclarations et accords dans ce domaine sont encore rares dans la région. Le Vanuatu souhaiterait recevoir l'appui de l'OMS pour examiner la situation de la promotion de la santé dans les pays du Pacifique.

Le Dr Rasamizanaka assume la présidence. Le Dr OTTO (Palaos) rappelle que les nations insulaires du Pacifique ont récemment adopté l'initiative «îles-santé» comme cadre de leurs politiques de santé. La délégation des Palaos tient à remercier le Bureau régional du Pacifique occidental de son appui à l'initiative, qui constitue une importante stratégie sanitaire. Dans sa résolution WHA51.12, l'Assemblée de la Santé a prié le Directeur général d'accorder la priorité absolue à la promotion de la santé à l'OMS. Pourtant, dans la nouvelle structure organique, la promotion de la santé a été associée à la prévention et à la surveillance des maladies non transmissibles dans le Groupe Maladies non transmissibles et santé mentale, ce qui, de l'avis du Dr Otto, va à l'encontre de cette demande. La brièveté du rapport sur la promotion de la santé tranche également avec l'importance attachée à la question par la résolution et, étant placé à la fin de l'ordre du jour de l'Assemblée, ce point risque fort de ne retenir qu'une attention modeste faute de temps. Ce traitement semble refléter l'attitude largement répandue selon laquelle les efforts de promotion de la santé, pour méritoires qu'ils soient, ne constituent pas des priorités en matière de fmancement : dans la quasi-totalité des pays de la planète, on ne consacre qu'une dizaine de dollars à la prévention pour 90 au traitement. Alors que l'action sanitaire est défmie comme un effort visant avant tout à améliorer la santé de la population, l'Assemblée n'ajamais dans ses discussions considéré le fait de donner aux individus ou aux communautés les moyens de maîtriser leur santé et d'assurer un environnement favorable comme des éléments faisant partie d'une équation globale. La délégation des Palaos souscrit entièrement à la

138

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

conclusion du Directeur général contenue au paragraphe 10 du rapport (document A53/16), selon laquelle il faudra peut-être réorienter la promotion de la santé. Le Dr Otto demande instamment à l'OMS de réexaminer les mesures prises à la suite de la résolution WHA51.12, notamment en ce qui concerne le paragraphe 4.3).

Le Professeur Ali reprend la présidence. Le Professeur AHSAN ULAH (Bangladesh) dit que le Bangladesh, qui arrive au neuvième rang des pays les plus peuplés, a récemment réalisé des progrès sensibles dans l'amélioration de la santé de la population grâce à son action de prévention et de lutte face aux maladies transmissibles, au développement du personnel de santé et à une meilleure formation gestionnaire. Le Gouvernement a lancé plusieurs programmes de santé fondés sur une approche intersectorielle, en mettant de plus en plus l'accent sur un changement de comportement. Dans le domaine de la promotion de la santé, la priorité a été donnée à la mise en place d'environnements favorables, au renforcement de l'action communautaire, au développement des compétences personnelles et à la réorientation des services de santé. L'OMS apporte au Bangladesh un appui technique à la promotion de la santé, et une aide fmancière est fournie par les organismes donateurs internationaux. Le Professeur Ahsan Ulah espère que cette coopération sera intensifiée. Le Dr TEMU (Papouasie-Nouvelle-Guinée) se félicite du soutien apporté par l'OMS aux autorités nationales et locales pour la mise en oeuvre des programmes de promotion de la santé. Avec l'appui du Bureau régional du Pacifique occidental, la Papouasie-Nouvelle-Guinée a élaboré un plan national dans le contexte de l'initiative «îles-santé», qui a contribué à combler les lacunes en matière d'équité en associant les partenaires clefs, aussi bien les particuliers que les communautés, aux efforts visant à obtenir des résultats sanitaires positifs, qui étaient auparavant considérés comme relevant du seul secteur de la santé. Le programme de promotion de la santé dans les écoles, qui relève du Ministère de l'Education, a offert de nombreuses occasions de collaboration que le secteur de la santé n'avait jamais imaginées auparavant. L'identification de ces occasions et la participation enthousiaste des autorités locales ont été parmi les nouveautés les plus passionnantes dans la planification du secteur de la santé. Le projet de créer une alliance mondiale pour la promotion de la santé constitue un pas dans la bonne direction et facilitera sans aucun doute l'action au niveau des pays. Parallèlement, l'initiative« îlessanté » du Pacifique est une approche qui, si elle est bien gérée, peut constituer le support de partenariats nationaux et locaux et du partage des responsabilités dans les efforts de promotion de la santé. Mme SUCHADA SAKORNSATIAN (Thai1ande) souligne que les décisions politiques peuvent avoir des conséquences positives ou négatives pour la santé de la population. Ainsi, l'approbation d'un projet industriel devrait intervenir après une évaluation extérieure indépendante de l'impact sur la santé et l'environnement. Le Gouvernement thai1andais a récemment décidé d'accroître les crédits alloués à la promotion de la santé en créant un fonds fmancé par une taxe sur le tabac et l'alcool. Une campagne de mobilisation a été lancée, qui consiste notamment à appuyer la recherche, à parrainer des manifestations sportives et culturelles et à interdire la publicité directe en faveur du tabac. D'autres mesures comprennent des subventions pour les biens et services s'attachant à promouvoir la santé. L'interdiction de la publicité en faveur du tabac a conduit à une réduction régulière du tabagisme au cours des dix années écoulées, et les personnalités du cinéma et de la télévision, souvent des modèles pour les adolescents, ont répondu de manière positive à la demande du Ministère de la Santé publique de ne pas fumer à l'écran. Le Gouvernement doit accroître ses pouvoirs réglementaires et informer l'opinion pour contrer les prétentions exagérées concernant les vertus des aliments diététiques et des régimes alimentaires. Mme A YLWARD (Irlande) note, à la lecture du rapport, que l'OMS établit des cadres pour orienter la collecte d'informations de base et met au point des outils pour guider l'évaluation des procédés et des résultats. Une base factuelle est indispensable pour que les ministères de la santé, les responsables

COMMISSION A : HUITIEME SEANCE

139

politiques et la communauté sociale soient convaincus de l'utilité d'un investissement en faveur de la promotion de la santé. L'Irlande attend donc avec intérêt les résultats des travaux de l'OMS à cet égard et a le plaisir d'appuyer la prochaine conférence de Mexico. Elle se félicite aussi de l'accent mis sur l'élargissement des stratégies de promotion de la santé pendant toute la vie et estime que le renforcement de l'action communautaire est important pour donner aux gens les moyens d'être maîtres de leur vie. La promotion de la santé doit consister à travailler avec les communautés plutôt que pour elles. Le Dr LEVENTHAL (Israël), prenant la parole pour présenter une motion d'ordre, propose que, faute de temps, l'examen de ce point important soit poursuivi à une session ultérieure de l'Assemblée de la Santé. Le Dr MBAIONG (Tchad) appuie cette proposition. Le PRESIDENT considère que la Commission accepte d'ajourner la discussion et d'examiner la question à la Cinquante-Quatrième Assemblée mondiale de la Santé en mai 2001.

Il en est ainsi convenu. (Voir le débat sur la coopération technique entre pays en développement dans le procès-verbal de la quatrième séance de la Commission B, section 4, page 183.)

4.

CLOTURE DES TRAVAUX Après les remerciements d'usage, le PRESIDENT déclare terminés les travaux de la Commission.

La séance est levée à 11 h 35.

COMMISSION B PREMIERE SEANCE Mercredi 17 mai 2000,14 h 30 Président : Dr K. KARAM (Liban)

1.

ELECTION DES VICE-PRESIDENTS ET DU RAPPORTEUR: Point 13 de l'ordre du jour (document A53/32)

Le PRESIDENT exprime sa reconnaissance pour son élection et souhaite la bienvenue aux personnes présentes. Il appelle l'attention de la Commission sur le troisième rapport de la Commission des Désignations (A53/32), 1 où celle-ci propose Mlle F.-Z. Chaïeb (Algérie) et M. L. Rokovada (Fidji) pour les postes de vice-présidents de la Commission B, et le Dr Suwit Wibulpolprasert (Thaïlande) pour celui de rapporteur. Décision :La Commission Ba élu Vice-Présidents Mlle F.-Z. Chaïeb (Algérie) et M. L. Rokovada (Fidji), et Rapporteur le Dr Suwit Wibulpolprasert (Thai1ande). 2

2.

ORGANISATION DES TRAVAUX Le PRESIDENT suggère que la Commission siège normalement de 9 heures à 12 h 30 et de 14h30

à 17h30, y compris le samedi 20 mai 2000, s'il y a lieu. Il en est ainsi convenu.

3.

QUESTIONS ADMINISTRATIVES ET FINANCIERES: Point 14 de l'ordre du jour

Questions financières: Point 14.1 de l'ordre du jour • Etat du recouvrement des contributions, et notamment celles des Membres redevables d'arriérés dans une mesure qui justifierait l'application de l'article 7 de la Constitution (document A53/28)

Le Professeur GIRARD (représentant du Conseil exécutif) résume la discussion qui a eu lieu lors de l'examen au Conseil d'un rapport du Directeur général. 3 Si le Conseil a noté avec satisfaction que le taux de recouvrement pour 1999 avait été le plus élevé depuis 1985, il n'en a pas moins exprimé sa préoccupation face à l'augmentation des montants dus pour les années précédentes, lesquels sont passés

1 2 3

Voir p. 260. Décision WHA53(4). Document EB 105/22.

- 141 -

142

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

de US $61 millions en 1995 à US $92 millions en 1999. Le montant des arriérés de contributions qui justifierait l'application de l'article 7 de la Constitution avait également augmenté de US $7 millions pour atteindre au total près de US $87 millions ; 23 Membres avaient déjà perdu leur droit de vote et deux autres risquaient de le perdre à la présente Assemblée de la Santé. Le Conseil a toutefois jugé encourageant d'apprendre que 25 pays avaient déjà payé leurs contributions pour l'an 2000. En réponse à un point soulevé par plusieurs Etats Membres concernant le paiement des contributions en monnaie locale, qui pourrait aider à réduire le montant des arriérés, le Secrétariat a déclaré que la question serait examinée dans le cadre du projet de révision du Règlement fmancier. En réponse à une demande visant à comparer l'expérience de l'OMS en matière de recouvrement des contributions avec celle des autres organisations du système des Nations Unies, on a fait observer qu'au cours des trois années précédentes, le taux de recouvrement à l'OMS avait correspondu à la moyenne du reste du système des Nations Unies. Le Conseil s'est déclaré préoccupé par l'augmentation du montant des arriérés et a souhaité que tout soit mis en oeuvre pour améliorer la situation dans la mesure du possible. Le Professeur ZELTNER (Président du Comité de l'Administration, du Budget et des Finances) appelle l'attention de la Commission sur le rapport du Comité de l'Administration, du Budget et des Finances (document A53/28). A fin avril2000, 53,3% des contributions dues avaient été recouvrées, ce qui correspondait au taux de recouvrement le plus élevé jamais obtenu pour cette période de l'année et, depuis, les contributions recouvrées pour l'année en cours ont encore augmenté de 0,2 %. Les ~érés non réglés concernant les années précédentes ont atteint US $157 millions, mais, à la suite de versements effectués depuis le 30 avril, ce montant a pu être réduit de US $8 millions. Le nombre des Etats Membres redevables d'arriérés dans une mesure qui justifierait l'application de l'article 7 de la Constitution est passé, d'avril1999 à avril2000, de 30 à 31. Le Professeur Zeltner appelle l'attention de la Commission sur un projet de résolution contenu dans l'annexe 2 du rapport tendant à rétablir le droit de vote de la Guinée équatoriale sous réserve de la réception d'un montant de US $151 254 avant le début de la présente Assemblée de la Santé et du rééchelonnement du solde des arriérés sur une période de deux ans. Le Comité a noté qu'à la suite du versement effectué par la Guinée et reçu le 15 mai 2000, la suspension envisagée des privilèges attachés au droit de vote de la Guinée en vertu de la résolution WHA52.4 n'interviendrait pas. Il a également relevé qu'au 30 avri12000, le Bélarus, Djibouti, la Grenade, Nauru, le Nigéria et le Venezuela étaient redevables d'arriérés pour un montant dépassant le montant dû pour les deux années précédentes, mais qu'à la suite d'un versement de US $3 millions en mai 2000, le Venezuela n'est plus concerné par la suspension du droit de vote en vertu de l'article 7 de la Constitution à la présente Assemblée. Le Comité recommande qu'en l'absence de circonstances exceptionnelles, l'Assemblée décide de suspendre les privilèges attachés au droit de vote des autres pays mentionnés à partir de l'ouverture de la Cinquante-Quatrième Assemblée de la Santé en 2001. Mme WILD (Services financiers) dit que le Secrétariat a été informé qu'un membre de la délégation de la Guinée équatoriale devait arriver le matin même à Genève avec le montant visé, mais que celui-ci n'a pas encore été reçu. Le Dr SHANGULA (Namibie) se félicite de constater l'amélioration sensible du taux de recouvrement des contributions, mais est préoccupé par le fait qu'aucune diminution des arriérés n'est intervenue et qu'en fait le nombre des Etats Membres tombant sous le coup des dispositions de l'article 7 de la Constitution augmente régulièrement. Cette situation affecte manifestement la capacité de l'Organisation d'aborder les grands problèmes de santé. Le Dr Shangula constate avec satisfaction que certains Etats Membres ont pu se prévaloir des dispositions spéciales prises lors de précédentes Assemblées de la Santé concernant le règlement de leurs arriérés; c'est là une option qui mérite d'être envisagée à l'avenir. Il demande au Directeur général de s'occuper activement du recouvrement des contributions de façon à ce que l'efficacité de l'Organisation ne soit pas entravée.

COMMISSION B : PREMIERE SEANCE

143

M. BARTEE (Libéria) se félicite d'annoncer qu'un versement de US $50 000 au titre des arriérés de contributions de son pays a maintenant été effectué et que le solde d'une trentaine de milliers de dollars sera réglé dans les 90 jours. Il demande instamment à la Commission de renoncer à la suspension du droit de vote du Libéria. Mme KERN (Directeur exécutif) dit que le Directeur général s'est activement occupée du recouvrement des contributions ces 12 à 18 derniers mois, avec de très bons résultats. Elle se félicite de la déclaration du délégué du Libéria. Le PRESIDENT invite la Commission à examiner le projet de résolution recommandé par le Comité de l'Administration, du Budget et des Finances et contenu au paragraphe 8 du document A53/28. Le Dr DRAME (Guinée) propose que le troisième alinéa du préambule du projet de résolution soit amendé à la suite du versement effectué par la Guinée au titre du règlement de ses arriérés. M. SATOULOU-MALEYO (République centrafricaine) demande à quel niveau exact l'article 7 devient applicable. Son pays a déjà effectué un versement de US $16 500 à l'OMS et il est disposé à négocier le rééchelonnement du solde de ses arriérés au cours de la présente Assemblée de la Santé. M. TOPPING (Conseiller juridique) dit que le droit de vote de la Guinée a automatiquement été rétabli à la réception des fonds versés. Dans le cas du Libéria, il indique que la décision de l'Assemblée de la Santé concernant la suspension du droit de vote n'entrave en rien le droit de tout Etat Membre de demander le rétablissement de ce droit conformément à l'article 7 de la Constitution. La Cinquante-Deuxième Assemblée mondiale de la Santé a adopté une résolution prévoyant le rétablissement des privilèges du Libéria en échange d'un rééchelonnement des arriérés avec un versement initial, le solde devant être versé en plusieurs tranches jusqu'en 2003, mais précisant aussi que le droit de vote serait automatiquement suspendu à nouveau si les dispositions énoncées dans la résolution n'étaient pas respectées. Si l'Assemblée de la Santé souhaite rouvrir le dossier, il lui faudra adopter une autre résolution qui déciderait de rééchelonner une nouvelle fois les arriérés du Libéria et de rétablir son droit de vote. S'il souhaite s'orienter vers cette solution, le Libéria doit présenter une proposition écrite. Le PRESIDENT croit comprendre que la Commission souhaite différer l'examen du projet de résolution. Il en est ainsi convenu. (Voir la suite du débat dans le procès-verbal de la cinquième séance, section 5, page 203.) • Rapport financier sur les comptes de l'OMS pour 1998-1999, rapport du Commissaire aux Comptes et observations y relatives formulées au nom du Conseil exécutif; rapport du vérificateur intérieur des comptes (documents A53/17, A53/17 Add.1, A53/18 et A53/19) Mme KERN (Directeur exécutif), présentant le rapport fmancier (documents A53/17 et A53117 Add.l), déclare qu'il représente une première réponse à la demande de l'Assemblée de la Santé concernant une amélioration de la transparence et du respect de l'obligation redditionnelle. Le rapport est plus court que le précédent et englobe des modifications de présentation dont elle espère qu'elles faciliteront la lecture et la compréhension. Le rapport fmancier constitue un aspect important d'un processus de réforme gestionnaire en cours, que le Directeur général a engagé dès son entrée en fonctions en juillet 1998 et qui vise à améliorer la gestion, la transparence et l'efficacité du système budgétaire et fmancier conformément aux meilleures

144

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

pratiques gestionnaires. Les réactions des Membres sur le contenu et la présentation du rapport sont les bienvenues. La structure du rapport financier pour 1998-1999 devait refléter l'exécution du budget programme adopté en 1997 et ne reflète pas pleinement, dès lors, les modifications apportées après 1' entrée en fonctions du Directeur général. Certaines modifications apparaissent toutefois déjà, par exemple la nouvelle présentation des recettes occasionnelles et la réaffectation de US $6 millions du budget ordinaire de l'administration aux domaines de santé prioritaires. Une autre modification concerne la mise sur pied du compte spécial du fonds de l'OMS pour le renouvellement, au titre duquel des contributions volontaires ont servi à fmancer des changements et des réformes spécifiques, une autre encore le dispositif utilisé pour rationaliser le travail et mieux fixer les priorités, à savoir le programme de résiliation d'engagement par accord mutuel fmancé par le compte pour les paiements de fin de contrats. Ce compte ne touche pas les secteurs programmatiques et il a donc été possible d'obtenir cette rationalisation sans avoir à utiliser des fonds affectés à des programmes. D'autres modifications concerneront la modernisation de la structure du fonds bénévole pour la promotion de la santé et des liens beaucoup plus clairs entre le budget et le rapport financier, plus particulièrement en ce qui concerne les activités programmatiques. Mme WILD (Services financiers), soulignant certains points clés du rapport, dit que, comparativement à l'exercice précédent, les recettes totales ont augmenté de 13% alors ql;le le budget ordinaire de 1998-1999 est resté au même niveau ; les ressources extrabudgétaires ont augmenté de manière sensible, de 42 %. US $25 millions du budget effectif approuvé de US $842 millions n'ont pu être exécutés, car, pour le faire, il aurait fallu augmenter les emprunts de US $25 millions et la direction a estimé qu'une telle solution n'aurait pas été judicieuse compte tenu des perspectives de règlement de certaines contributions. Lors de leur règlement, les montants reçus seront portés au crédit des recettes occasionnelles ou des recettes diverses. Les recettes totales reçues au fonds bénévole pour la promotion de la santé ont atteint US $650 millions, c'est-à-dire US $200 millions de plus que lors de l'exercice précédent. Les dépenses du fonds- US $562 millions- n'ont pas augmenté dans la même proportion que les recettes, car une grande partie des versements ont été reçus assez tard en 1999, ce qui se traduit par un solde de US $275 millions au 31 décembre 1999. Les engagements non réglés au budget ordinaire ont été ramenés de US $96 millions à fin 1995 à US $83 millions à fm 1997 et à US $78 millions au 31 décembre 1999, ce qui représente une réduction globale des engagements non réglés de 19 % sur les deux derniers exercices, alors que sur la même période le budget ordinaire est resté au même niveau. En revanche, les engagements non réglés concernant le fonds bénévole pour la promotion de la santé ont augmenté, passant de US $52 millions à US $74 millions. Les économies sur les engagements non réglés n'ont entraîné aucun avantage du point de vue des ressources globales disponibles : les économies sur le budget ordinaire ont été restituées aux recettes occasionnelles et les économies sur les fonds extrabudgétaires sont retournées à ces fonds. Le niveau indiqué pour le fonds de roulement est le niveau autorisé de US $31 millions. Au début comme à la fm de chacun des deux derniers exercices, le montant total autorisé a été utilisé afin de contribuer à l'exécution du budget ordinaire en attendant le règlement des contributions des Etats Membres. Si certains montants ont été restitués au fonds au cours de ces deux exercices, il a fallu par la suite de nouveau se prévaloir du solde disponible pour l'exécution du budget ordinaire. Au ler janvier 1996, les emprunts internes s'élevaient à US $178,1 millions, mais à la fm de 1999 ils n'étaient plus que de US $63,1 millions. Du point de vue des perspectives financières globales, l'Organisation va dans la bonne direction. Les niveaux des emprunts internes et des arriérés de contributions diminuent, le taux de recouvrement des contributions fixées s'améliore, le montant des engagements non réglés au budget ordinaire baisse, et la proportion du budget ordinaire exécuté augmente.

COMMISSION B : PREMIERE SEANCE

145

M. FAKIE (Commissaire aux Comptes) présente son rapport sur les comptes de l'OMS pour l'exercice 1998-1999 (document A53/17). Tout en ayant émis une opinion sans réserve, il estime que certains domaines doivent retenir l'attention en vue d'améliorer la gestion et l'efficacité de l'Organisation. Le recouvrement des contributions fixées a certes augmenté, mais la tendance au règlement en retard subsiste et il convient de rendre les Membres attentifs aux effets que cette pratique peut avoir. Si de nombreux bureaux de pays prennent des mesures pour élaborer et appliquer de meilleurs systèmes et procédures, la coordination entre eux laisse à désirer sur des aspects qui se prêtent pourtant à des solutions transversales. En ce qui concerne la gestion de la trésorerie, le rapport met en évidence trois domaines -la gestion des risques, les contrôles de haut niveau et les contrôles opérationnels de niveau inférieuroù des économies de coût sont possibles. Une vérification de suivi des contrôles généraux dans l'environnement informatisé a révélé que, si certaines mesures avaient été prises, la plupart des carences relevées n'avaient pas encore été supprimées. Certaines des constatations de la vérification des comptes devront probablement retenir l'attention pendant plus d'un exercice. M. LANGFORD (Vérificateur intérieur des comptes), présentant son rapport (document A53/19) soumis à l'Assemblée de la Santé par le Directeur général sans avoir été modifié, déclare qu'il récapitule les principaux problèmes de vérification des comptes signalés par le Bureau de la vérification intérieure des comptes et de la surveillance en 1999. Le format et le contenu du rapport suivent ceux de l'année précédente avec une exception importante, à savoir les résumés des observations de vérification des '. comptes des bureaux régionaux et de pays, qui ont été annexés pour simplifier le document et offrir un champ élargi en vue de la discussion. Le mandat du Bureau est désormais inscrit dans les Règles de Gestion fmancière de l'Organisation et il est suffisamment large pour lui permettre d'accéder à tous les systèmes, procédés, fonctions, membres du personnel et activités de l'OMS. Mettant en évidence les points saillants, M. Langford fait observer que les objectifs et l'approche de ses activités en 1999 n'ont subi aucune modification par rapport à 1'année précédente, au cours de laquelle il avait mis 1' accent de manière prioritaire sur le travail de vérification des comptes et d'évaluation concernant les questions opérationnelles, gestionnaires et de rentabilité, et il est convaincu que le système de contrôle interne de l'OMS dans son ensemble est adéquat. Toutefois, ce travail a mis en lumière certains domaines où des mesures s'imposent pour renforcer l'efficience, l'efficacité et la transparence. En vertu de son mandat de surveillance, plusieurs enquêtes ont été menées concernant des irrégularités éventuelles et, si aucune fraude majeure n'a été décelée, l'ensemble des différents cas démontre que la vigilance continue d'être de rigueur pour les éviter. Le Professeur ZELTNER (Président du Comité de l'Administration, du Budget et des Finances) appelle l'attention de la Commission sur le rapport du Comité (document A53/18), et en particulier sur les paragraphes 10 à 13. Mme KOPPERS (Pays-Bas) félicite l'OMS de son rapport financier, effectivement plus transparent, et envisage avec plaisir les autres modifications promises. Malheureusement, le document est arrivé assez tard et elle n'a guère eu le temps de l'étudier. Elle constate avec satisfaction que les arriérés ont diminué, mais reste néanmoins préoccupée tant par ce problème des arriérés que par celui des versements souvent tardifs, car l'Organisation se trouve contrainte de recourir aux emprunts internes. Elle se félicite de l'examen proposé de la politique de gestion des ressources humaines, qui doit être soumis au Conseil exécutif à sa cent septième session en janvier 2001. Mme Koppers demande qu'on précise pourquoi les objectifs et cibles stratégiques formulés dans le programme et le budget du dernier exercice ne semblent pas apparaître dans les comptes financiers. Se référant au document A53/17 Add.l, elle se demande si le nouveau système de budgétisation stratégique permettra une présentation plus transparente des fonds extrabudgétaires par donateur.

146

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

Mme MONDORF (Allemagne) souligne que les Membres doivent avoir assez de temps pour examiner le rapport financier et les états financiers vérifiés. Elle se félicite donc d'apprendre qu'il a été convenu que dorénavant ces documents seront fournis au moins trois semaines à 1' avance. M. CREGAN (Irlande) exprime sa satisfaction pour les différents rapports complets, aussi bien quant à leur champ que quant à leur profondeur. Il comprend que le rapport du Comité a été produit dans des conditions qui ne sont pas optimales et souligne combien il est important de recevoir l'information à temps pour que le Conseil exécutif et ses comités de surveillance puissent mettre l'accent sur les questions stratégiques et financières auxquelles l'Organisation doit faire face. Il prend acte de l'opinion du Comité selon laquelle les affaires fmancières de l'Organisation semblent aller dans la bonne direction. M. Cregan salue la transparence accrue du rapport financier et il est également encouragé par l'augmentation des ressources extrabudgétaires et par le maintien prévisible de cette tendance. L'approbation par le Conseil exécutif des principes directeurs de l'OMS relatifs à la mobilisation des ressources, à sa cent cinquième session, aura un impact positif du point de vue non seulement de la gestion budgétaire, mais aussi d'une amélioration des rapports financiers et de la transparence financière. Mme PERLIN (Canada) se félicite de la nouvelle présentation du rapport financier, qui est maintenant plus facile à lire, plus clair et plus transparent. Elle envisage avec plaisir le prochain rapport, où il y aura des renvois directs entre le budget programme et les comptes financiers e:t des liens correspondants entre la structure gestionnaire et les programmes. Ces modifications contribueront à une meilleure compréhension des objectifs et des réalisations de l'Organisation ainsi que de l'étendue et des coûts des travaux de l'OMS. Mme Perlin se félicite aussi du rapport du Commissaire aux Comptes, qui a été au fond des choses et a défini avec à-propos les domaines dans lesquels des améliorations sont possibles ; elle approuve la demande de la Commission de Vérification des Comptes du Conseil exécutif tendant à ce qu'un inventaire des recommandations sous forme de tableau soit établi pour permettre de suivre plus facilement 1' évolution de la situation. Les tendances positives concernant le taux de recouvrement des contributions, la réduction des emprunts internes et celle des engagements non réglés sont des faits encourageants, mais le niveau des arriérés reste à un niveau préoccupant et le nombre des pays dont le droit de vote a été suspendu est à déplorer. Pour ce qui est de l'exécution, de la surveillance et de l'évaluation du programme, le Directeur général et son personnel sont à féliciter pour les progrès accomplis en matière de programmation-budgétisation stratégique grâce à l'accent qui a été mis sur des objectifs, des indicateurs et des résultats clairs. Cette approche est indispensable pour prouver l'optimisation de l'utilisation des ressources en améliorant la fixation des priorités, en choisissant les activités qui conviennent et en veillant à l'exécution efficace des programmes. Elle implique que des modifications importantes soient apportées à la planification des programmes, à l'établissement du budget et au système fmancier, et le Canada souscrit entièrement aux efforts faits pour que ces modifications prennent effet au cours du prochain exercice. Le nouveau système doit permettre de traiter de manière plus efficace la question des engagements non réglés, qui préoccupe également la délégation canadienne. M. PRO SEN (Etats-Unis d'Amérique) se déclare particulièrement impressionné par la nouvelle présentation du rapport financier, qui est maintenant beaucoup plus facile à comprendre et permet au lecteur de se faire une idée plus précise de la situation fmancière de l'Organisation. Il se félicite des constatations du Commissaire aux Comptes et espère que tout sera mis en oeuvre pour y donner suite. La délégation des Etats-Unis note avec satisfaction que le Directeur général commence à appliquer le nouveau système de budgétisation fondé sur la performance et demande instamment à l'OMS de continuer à renforcer la confiance dans le nouveau système par des résultats démontrables dans les secteurs programmatiques les plus importants. Il faut aussi que l'OMS mette en place la politique relative aux activités en déclin qui consiste à examiner tous les programmes pour s'assurer qu'ils ont encore leur place dans l'Organisation.

COMMISSION B : PREMIERE SEANCE

147

La délégation des Etats-Unis a noté la recommandation du Commissaire aux Comptes de revoir le mandat et la composition du Comité consultatif sur les Placements et les conditions qui lui sont applicables, de façon à ce que ses tâches et ses responsabilités soient mieux définies. Elle a également relevé les faiblesses constatées par le Commissaire aux Comptes concernant le contrôle informatique en général et invite instamment l'OMS à accorder une attention spéciale à la mise en place de systèmes de contrôle et de services de technologie de l'information. La rationalisation du système de contrôle fmancier et administratif, l'intégration des systèmes informatiques, la mise en place de mécanismes de contrôle efficaces et précis et la rentabilité sont autant d'activités auxquelles l'OMS doit accorder une priorité absolue. M. WARRINGTON (Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord), félicitant le Directeur général de la nouvelle opinion sans réserve émise par le Commissaire aux Comptes, dit que sa délégation considère le rapport et son armexe comme un document de transition. M. Warrington apprécie le format plus court et plus clair, mais le document lui-même ne constitue qu'une première étape. Le Royaume-Uni a toujours appuyé la notion de budgétisation stratégique, qui implique une nouvelle approche des questions financières. Dans le passé, on a presque entièrement mis l'accent sur la fixation des niveaux budgétaires et l'affectation de fonds aux différents programmes, mais, à l'avenir, il faudra se préoccuper davantage de savoir si l'OMS a bien obtenu les résultats fixés au début d'un exercice. Si pour cela les documents nécessaires sont très différents de ceux dont la Commission est sai~ie, M. Warrington ne doute pas qu'ils seront néanmoins soumis le moment venu. Relevant que des activités programmatiques essentielles représentant un montant de US $25 millions n'ont pu être exécutées en raison du versement tardif des contributions, M. Warrington souscrit aux observations du Directeur général sur la nécessité pour les Etats Membres de régler leur contribution intégralement et dans les délais fixés. A son avis, l'Assemblée de la Santé de l'armée précédente a consacré un temps disproportionné à 1'examen du niveau du budget concernant une somme bien moins importante. Toutefois, il est clair à la lecture du rapport que, d'une manière générale, la santé fmancière de l'Organisation est bien meilleure. Il félicite le Directeur général et son personnel d'un plan d'efficacité ambitieux et ciblé, qui a permis de réorienter des fonds considérables vers les domaines prioritaires. Il faut également les féliciter d'avoir mis en oeuvre les résiliations d'engagement par consentement mutuel sans grever le budget ordinaire. M. Warrington se félicite de ce que, malgré le niveau inchangé du budget ordinaire, les recettes globales de l'Organisation aient augmenté de 13 % grâce à un accroissement de 42% des contributions extrabudgétaires. L'augmentation témoigne de la confiance dont font preuve les Etats Membres à l'égard de l'OMS et de ses capacités d'obtenir des résultats sanitaires, et le Royaume-Uni est heureux d'avoir appuyé lui aussi cette tendance. Mme KERN (Directeur exécutif) remercie les Membres de leurs observations et de celles qui ont été formulées au cours des discussions au Comité de l'Administration, du Budget et des Finances. De nombreux Membres ont travaillé sans relâche avec le Secrétariat pour mettre au point un type de présentation que les gouvernements pourraient facilement comprendre et utiliser. Elle s'excuse de l'arrivée tardive de la documentation, dont les raisons ont été expliquées au Comité de l'Administration, du Budget et des Finances. A l'avenir, les documents seront fournis à ce Comité trois semaines à l'avance. Elle est reconnaissante des conseils et de l'appui du Commissaire aux Comptes et de ses collaborateurs et donnera suite à la demande de la Commission de Vérification des Comptes concernant un inventaire des questions soulevées et des réponses apportées. En ce qui concerne la vérification informatique, Mme Kern fait observer que, lors de l'entrée en fonctions du Directeur général, les crédits prévus pour la technologie de l'information à l'OMS étaient insuffisants. Les changements de matériel exigent une enveloppe budgétaire spécifique et aussi un fmancement durable, et elle partage les conclusions figurant dans le rapport du Commissaire aux Comptes sur ces questions. Les systèmes d'information devront être réformés et modernisés, mais il faudra aussi les doter d'une sécurité adéquate. Ces dernières semaines, les ressources de l'OMS ont été suffisantes pour

148

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

assurer une protection contre le virus informatique « 1 love you », mais des systèmes renforcés permettront d'assurer une protection accrue. Mme Kern prend acte des observations sur le lien entre le budget et le rapport fmancier, notamment en ce qui concerne le respect de l'approche de budgétisation stratégique; ce lien sera plus directement visible dans le prochain rapport. Quant à l'amélioration de la transparence dans les rapports sur les donateurs et les fonds extrabudgétaires, la présentation du fonds bénévole pour la promotion de la santé sera restructurée dans le prochain rapport financier, ce qui permettra d'améliorer les choses. Le PRESIDENT invite la Commission à approuver le projet de résolution recommandé par le Comité de l'Administration, du Budget et des Finances et contenu au paragraphe 13 du document A53/18. Le projet de résolution est approuvé. 1 Le PRESIDENT invite la Commission à examiner ensemble le rapport sur les recettes occasionnelles et le rapport sur le fonds immobilier. • Recettes occasionnelles (document A53/20) • Fonds immobilier (document EBlOS/2000/REC/1, annexe 4) Le Professeur GIRARD (représentant du Conseil exécutif) présente le rapport sur le fonds immobilier. Le Conseil exécutif a examiné un rapport du Directeur général en quatre parties faisant le point des projets financés par le fonds immobilier. La partie 1 renseignait sur l'état des projets entrepris avant le 31 mai 2000, la partie 2 présentait les besoins estimatifs pour la période allant du 1er juin 2000 au 31 mai 2001, la partie 3 exposait les incidences financières, et la partie 4 indiquait les mesures recommandées au Conseil exécutif Celui-ci a pris note de l'état d'avancement des projets approuvés pour la période prenant fin le 31 mai 2000 et a examiné les nouveaux projets présentés pour la période allant du 1er juin 2000 au 31 mai 2001, et notamment le remplacement des centraux téléphoniques au Siège et dans cinq bureaux régionaux et le recâblage du réseau local au Bureau régional de l'Europe. Le Conseil a recommandé que le financement de ces projets par le fonds immobilier soit approuvé. Il a également recommandé l'adoption par l'Assemblée de la Santé du projet de résolution contenu dans la résolution EB105.RIO, y compris l'affectation au fonds immobilier d'un montant de US $2 141 721 provenant du compte pour les recettes occasionnelles. Le Conseil a pris connaissance du rapport du Comité de l'Administration, du Budget et des Finances, qui avait examiné le document EBIOS/23 sur les recettes occasionnelles. Le Comité a soutenu les propositions d'affectation des recettes occasionnelles contenues dans ce document, en notant que leur solde estimatif au 31 décembre 1999 s'élevait à US $21 689 006 et que le rapport défmitif sur les recettes occasionnelles à l'Assemblée de la Santé serait établi à la clôture des comptes de l'exercice 1998-1999, en mars 2000. Les options considérées par le Comité de l'Administration, du Budget et des Finances, concernant l'utilisation du solde des recettes occasionnelles, comprenaient la proposition, figurant dans le projet de résolution contenu dans la résolution EB105.R9, de réapprovisionner le fonds de roulement du montant des arriérés de contributions reçus en 1998-1999. Le Comité, ayant noté que le fonds de roulement est utilisé pour aider à fmancer le budget ordinaire lorsque les Etats Membres sont en retard dans le versement de leurs contributions, a fait observer que, depuis plusieurs années, le fonds, dont le montant est fixé à US $31 millions, est entièrement épuisé, ce que la Cinquante-Deuxième Assemblée mondiale de la Santé avait critiqué. En raison d'une interprétation très restrictive du Règlement fmancier, les arriérés de contributions ont été portés au crédit des recettes occasionnelles, ce qui fait que le fonds de roulement n'a pas été réapprovisionné. L'objet des propositions actuelles est de régulariser la situation Ce projet de résolution a été transmis à l'Assemblée de la Santé dans le premier rapport de la Commission et adopté sous la cote WHA53.3. 1

COMMISSION B : PREMIERE SEANCE

149

en créditant le fonds des arriérés de contributions reçus en 1998-1999, à concurrence d'un montant de US $1 0,2 millions, ce qui permettrait de créer un solde d'au moins US $10 millions pour compenser les retards dans les versements des contributions 2000-2001. Le Conseil exécutif recommande maintenant l'approbation du projet de résolution contenu dans la résolution EB105.R9, qui a été modifié pour refléter les chiffres avant le 31 décembre 1999 plutôt que les estimations d'octobre 1999, qui ont été soumises au Conseil. Le PRESIDENT invite la Commission à examiner le projet de résolution sur le fonds immobilier contenu dans la résolution EB105.R10. Le projet de résolution est approuvé. 1 Le PRESIDENT invite la Commission à examiner le projet de résolution sur les recettes occasionnelles contenu dans la résolution EB105.R9. Le projet de résolution est approuvé. 2 • Barème des contributions (document A53/21)

Le PRESIDENT explique que la question du barème des contributions a été ajoutée à l'ordre du jour de 1'Assemblée à la demande des Etats Membres et n'a donc pas été examinée par le Conseil exécutif. Le document A53/21 ne propose aucune mesure spécifique, mais le paragraphe 7 contient le texte d'une résolution qui pourrait être adopté si la Commission souhaite modifier le barème des contributions. Mme WILD (Services financiers) explique que les critères actuellement appliqués pour établir le barème des contributions de l'OMS sont énoncés dans la résolution WHA24.12, adoptée en 1971, qui dispose que c'est le dernier barème des contributions disponible de l'Organisation des Nations Unies qui doit être utilisé comme base pour déterminer le barème des contributions de l'OMS, compte tenu de a) la différence de composition des deux Organisations et b) l'établissement de minima et de maxima. La résolution WHA26.21, adoptée en 1973, stipule que le barème des contributions de l'OMS doit s'harmoniser aussi étroitement que possible avec celui de l'Organisation des Nations Unies, que la contribution maximale d'un Etat Membre quelconque ne doit pas dépasser 25% du total et que la contribution minimale de 0,001 % devra être conforme à celle fixée dans les barèmes futurs de l'Organisation des Nations Unies. Par sa résolution WHA30.5, adoptée en 1977, l'Assemblée de la Santé a décidé de ne plus appliquer le principe du maximum par habitant aux fms de la formulation et du calcul des quotes-parts. Ainsi, au paragraphe 1 du projet de résolution contenu au paragraphe 7 du document A53/21 convient-il de supprimer les mots « y compris la disposition selon laquelle aucun pays ne sera tenu de verser une contribution par habitant plus élevée que la contribution par habitant du plus fort contributeur ». Concernant la période 1998-2000, l'Assemblée générale des Nations Unies a adopté différents barèmes de contributions pour chacune des trois années visées : ainsi, le barème le plus récent, celui de l'an 2000, a été utilisé comme base pour déterminer le barème des contributions de l'OMS pour 2001. Toutefois, en raison du cycle biennal du budget établi pour l'OMS et du moment où se déroule l'Assemblée de la Santé, la possibilité de modifier le barème de l'OMS pour la deuxième année de

1 Ce projet de résolution a été transmis à l'Assemblée de la Santé dans Je premier rapport de la Commission et adopté sous la cote WHA53.4. 2 Ce projet de résolution a été transmis à l'Assemblée de la Santé dans le premier rapport de la Commission et adopté sous la cote WHA53.5.

150

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

l'exercice pour refléter le dernier barème de l'ONU n'existe que tous les six ans. En 1997, une résolution a été proposée tendant à ce que le barème de l'ONU pour 1998-2000 soit appliqué en 1998, mais cette proposition n'a pas été acceptée et le barème de l'OMS pour 1998 a en fait été fondé sur le barème de l'ONU pour 1997. A l'Assemblée de la Santé de cette année-là, les Etats Membres ont été priés d'approuver pour 1998-1999 un barème des contributions fondé sur le barème de l'ONU pour 1997. Certains Etats Membres ont alors proposé de réviser le barème des contributions envisagé pour 1998-1999 pour l'OMS, afin que le barème adopté par l'Assemblée générale des Nations Unies pour le prochain exercice soit la base du barème de l'OMS pour l'exercice qui serait approuvé par la Cinquantième Assemblée mondiale de la Santé. L'argument de ces Etats était qu'en éliminant le retard d'un an dans l'application du barème le plus récent de l'ONU, le calcul serait fondé sur des données économiques plus récentes et donc refléterait mieux la capacité des Etats Membres de respecter leurs obligations. D'autres ont toutefois fait valoir que cette modification engagerait les Etats Membres à accepter des contributions qui ne seraient finalement établies qu'à la fm de l'année. On a fait observer que la question était compliquée par le lien étroit entre les discussions à la Commission A sur le budget ordinaire de l'OMS et les discussions à la Commission B sur le barème des contributions, et que les modifications sensibles intervenues dans l'économie mondiale depuis l'introduction du précédent barème de l'ONU auraient un impact majeur, peut-être de plus de 50%, sur les contributions de certains Membres. Il a donc été jugé souhaitable d'appliquer le nouveau barème de l'ONU aussi rapidement que possible pour refléter la capacité des Etats Membres de payer et pour réduire en conséquence les arriérés de contributions. Il a également été relevé qu'on ne saurait appliquer un barème qui ne serait pas connu au moment de son adoption par l'Assemblée de la Santé et que, en outre, en vertu du Règlement fmancier, le barème des contributions ne peut être modifié qu'au cours de la première année d'un exercice pour être appliqué au cours de la seconde. Le compromis finalement retenu a consisté à fonder le barème des contributions de l'OMS sur le barème le plus récent adopté par l'Assemblée générale des Nations Unies, à savoir le barème pour 1997. Le Directeur général a été prié de faire rapport à la Cinquante et Unième Assemblée mondiale de la Santé en 1998 sur les modifications apportées au barème de l'ONU et les incidences sur l'OMS. En 1998, l'Assemblée de la Santé a décidé d'appliquer le barème des contributions révisé de l'ONU pour la période 1998-2000 au barème des contributions de l'OMS pour 1999. Une proposition tendant à accorder une remise aux Etats qui avaient versé davantage en 1998 qu'ils n'auraient dû le faire si le barème de l'ONU pour 1998 avait été la base du barème de l'OMS pour cette année-là a été rejetée. M. COMENDEIRO HERNANDEZ (Cuba) dit qu'il est absolument inapproprié que l'Assemblée de la Santé examine le projet de résolution proposé dans le document A53/21. Rien ne justifie à ce jour que l'on préjuge de la décision que prendra l'Assemblée générale des Nations Unies sur le prochain barème des contributions de l'ONU, une décision qui n'interviendra pas avant décembre 2000. On ne peut admettre que le barème des contributions de l'OMS pour 2001, qui a été fixé sur la base du barème de l'ONU pour l'an 2000, soit ajusté en fonction des pressions ou des intérêts de certains Etats Membres. Les institutions spécialisées, dont l'OMS, ont traditionnellement fixé leur barème de contributions en fonction du barème de l'ONU, mais uniquement après que ce barème eut été fixé par l'ONU, et pas avant. De l'avis de la délégation cubaine, rien ne justifie que l'OMS prenne une décision qui pourrait entraîner une modification de son barème des contributions avant que l'Assemblée générale des Nations Unies ne prenne sa propre décision. Les Etats Membres de l'OMS ne sauraient être censés ajuster leur budget à la situation nouvelle ; en fait, cela pourrait avoir un effet désastreux pour la plupart des Etats Membres, surtout pour les pays en développement. Il serait beaucoup plus réaliste de maintenir le barème des contributions existant adopté par la Cinquante-Deuxième Assemblée mondiale de la Santé dans la résolution WHA52.17 pour 1' exercice 2000-2001. Ceux qui s'attachent à promouvoir des initiatives du type de celle qui est proposée dans le projet de résolution ne sont pas nécessairement bien intentionnés. La crise financière que connaissent les Nations Unies tient principalement au refus des Etats-Unis d'Amérique de respecter ponctuellement et sans condition ses obligations financières. Ce pays essaie d'imposer des réductions budgétaires arbitraires à plusieurs organisations. Rien ne saurait justifier une réduction du plafond des contributions et une telle

COMMISSION B : PREMIERE SEANCE

151

réduction ne rendrait en rien le processus de décision plus démocratique. La part des Etats-Unis dans la production mondiale étant de l'ordre de 27 %, le plafond actuel de sa contribution ne représente pas de façon adéquate sa capacité de payer. En outre, son économie a connu une période de croissance soutenue ces dernières années, ce qui fait qu'une réduction du plafond ne serait pas justifiée. Une réduction aurait pour conséquence de faire porter aux pays en développement une part accrue du fardeau à l'avenir, leurs contributions devant être majorées simplement pour satisfaire les exigences de politique intérieure des Etats-Unis. Une telle solution serait entièrement injuste et antidémocratique et ne refléterait en rien la situation économique et la capacité de payer des pays qui n'ont pas enregistré d'amélioration sensible de leur situation. La seule façon de résoudre la crise fmancière du système des Nations Unies consiste en ce que tous les Etats Membres en général, et les Etats-Unis en particulier, respectent leurs obligations fmancières en vertu de la Charte des Nations Unies et des résolutions de l'Assemblée générale. L'adoption du projet de résolution préjugerait de toute manière du résultat de négociations qui se déroulent ailleurs. M. SOUTHWICK (Etats-Unis d'Amérique), appuyant le projet de résolution présenté dans le document, dit que la seule question qui se pose est de savoir si l'OMS doit appliquer le nouveau barème des contributions de 1'ONU en janvier 2001. Les quotes-parts effectives seront décidées à New York à la fin de l'année, à la suite d'une révision dont le but est de tenir compte des réalités économiques et politiques. Une fois que l'ONU a pris sa propre décision sur son barème des contributions, il n'y a aucune bonne raison pour que d'autres parties du système des Nations Unies restent en retrait _et il n'y a pas lieu de discuter à une date ultérieure d'une question qui aura déjà été tranchée à New York. Conscientes de ces facteurs, la FAO et l'OMM ont déjà décidé d'adopter le nouveau barème en janvier 2001. Les Etats-Unis ne nient pas qu'ils ont un intérêt particulier à voir la résolution adoptée, car, en vertu de leur nouvelle législation, ils seraient en mesure de régler leurs arriérés aux institutions du système des Nations Unies si cette réforme et d'autres sont introduites. Les Etats-Unis doivent déjà à l'OMS quelque US $35 millions, de même que plus de US $100 millions à la FAO et quelque US $37 millions à l'OIT. Ils souhaitent régler ces arriérés le plus tôt possible, mais, si la résolution n'est pas adoptée, ils ne pourront le faire avant janvier 2002. Si l'OMS reçoit les arriérés plus tôt, sa situation financière sera meilleure et elle pourra appliquer ses programmes de manière plus rationnelle. Sur le fond, la résolution va donc dans le bon sens et serait dans l'intérêt de l'OMS, et M. Southwick demande instamment aux autres délégations de l'approuver par consensus. Mme POSADA (Colombie) estime qu'il serait inapproprié de modifier le barème des contributions de l'OMS à l'heure actuelle, car l'OMS a déjà adopté son barème pour l'exercice 2000-2001 et l'ONU ne modifiera pas son propre barème avant décembre 2000. Le Dr MOSOTHO (Lesotho) dit que le barème des contributions est un problème complexe qui n'a pu être réglé par de précédentes Assemblées de la Santé, et il faut féliciter le Directeur général de l'analyse approfondie des problèmes qui se posent. Toutefois, l'adoption du projet de résolution figurant dans le document A53/21 aurait pour résultat de mettre la charrue avant les boeufs. L'OMS doit attendre la décision de l'ONU sur la question et adopter un barème révisé en conséquence. M. ISOBE (Japon) souscrit à l'option figurant au paragraphe 8 du document tendant à ce que l'Assemblée de la Santé n'apporte aucune modification au barème des contributions. La modification d'un barème qui a déjà été approuvé par la précédente Assemblée de la Santé n'est pas vraiment justifiée et une organisation indépendante et autonome comme l'OMS ne doit pas laisser une question aussi vitale être décidée par une autre organisation. M. CHERNIKOV (Fédération de Russie) ne voit, lui non plus, pas de raison de modifier le barème des contributions pour 2001. Tout d'abord, le processus d'établissement du budget dans la Fédération de Russie oblige les ministères et organismes à soumettre leur demande de fmancement six mois avant le début de l'exercice budgétaire, et l'approbation du budget par le Parlement intervient avant le début de

152

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

l'année visée. Si le calcul des contributions à l'OMS est renvoyé à la dernière semaine de décembre, il sera pratiquement impossible de prévoir les crédits nécessaires au budget fédéral. Il serait regrettable que des problèmes qui ne surviennent qu'une fois sur plusieurs années à l'Organisation des Nations Unies affectent les contributions de la Fédération de Russie à l'OMS. Ensuite, en vertu du paragraphe 1 du projet de résolution contenu au paragraphe 7 du document A53/21, il apparaît que le niveau des contributions fixées à l'OMS a déjà été effectivement adopté par l'Organisation. Ce n'est pas là l'approche qu'il convient de suivre, car une décision qui a des incidences financières doit être prise par les Etats Membres. Enfin, on ne voit pas pourquoi l'Assemblée de la Santé devrait revenir sur cette question, puisque la différence entre le barème des contributions de l'OMS et celui de l'ONU est connue depuis longtemps et que la décision concernant 2001 a déjà été prise. Elle n'a pas à être modifiée maintenant. M. XU Nanshan (Chine) rappelle qu'une proposition semblable concernant l'amendement du barème des contributions de l'OMS a été formulée en 1997 à la Cinquantième Assemblée mondiale de la Santé, mais qu'elle a été rejetée. La Cinquante-Deuxième Assemblée mondiale de la Santé, en 1999, a décidé par la résolution WHA52.17 que le barème pour 2001 devrait se conformer au barème de l'ONU pour l'an 2000. Compte tenu du fait que cette résolution a été adoptée par consensus et que ses dispositions sont obligatoires, la délégation chinoise estime que le projet de résolution contenu dans le document A53/21 doit être rejeté et que la résolution WHA52.17 doit être appliquée. Mme CASATI (Paraguay) se dit favorable elle aussi à l'option énoncée au paragraphe 8 du document. La décision sur le barème des contributions pour l'exercice 2000-2001 a été adoptée par consensus et les crédits nécessaires ont déjà été approuvés par le Parlement paraguayen pour figurer au budget. Mme Casati tient à indiquer que son Gouvernement ne s'engagerait pas à respecter un barème qui n'a pas été fixé à l'avance. M. PENROD (Costa Rica), le Dr SEVER (Israël) et M. CHAKALISA (Botswana) se rallient à l'opinion exprimée par le délégué du Paraguay et plusieurs orateurs précédents. M. AL-FAKHR.I (Arabie saoudite) dit que la façon dont le fmancement du budget est réparti entre les Etats Membres doit être approuvée par 1'Assemblée de la Santé. On ne saurait déterminer le barème des contributions de l'OMS sans connaître celui de l'ONU, ce qui constituerait un précédent peu souhaitable de nature à susciter des controverses. M. SOUTHWICK (Etats-Unis d'Amérique) demande que le projet de résolution soit mis aux voix. M. BARCIA (Portugal) dit que les Etats Membres de l'Union européenne avaient cru comprendre que la question serait examinée le lendemain. Il demande donc que le vote soit différé jusqu'au lendemain, renvoi auquel souscrit le Dr VIVAS (Uruguay) étant donné que plusieurs délégations ne sont pas présentes. M. WARRINGTON (Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord) exprime l'espoir que la question pourra être décidée de la manière habituelle, c'est-à-dire par consensus. En cas de vote, il souhaiterait que le Conseiller juridique indique exactement sur quoi le vote doit porter. M. TOPPING (Conseiller juridique) explique qu'il s'agit de voter sur la proposition des Etats-Unis d'Amérique tendant à approuver le projet de résolution contenu dans le document A53/21, tel qu'il a été corrigé par le Secrétariat. Il n'est pas certain qu'il y ait ou non consensus sur le moment où le vote doit intervenir. La proposition de remettre le vote au lendemain revient en fait à une proposition d'ajourner le débat et, s'il n'y a pas de consensus, il faudra alors voter sur cette proposition.

COMMISSION B : PREMIERE SEANCE

153

M. SOUTHWICK (Etats-Unis d'Amérique) souscrit à la demande du Portugal tendant à ce que le vote soit renvoyé au lendemain. M. MOSTEPHA (Algérie) fait observer que la question fondamentale n'est pas de savoir si le vote doit intervenir ce jour ou le lendemain, mais plutôt la position que la Commission doit adopter face à un projet de résolution qui n'a même pas été examiné par le Conseil exécutif. Il suggère qu'un nouveau projet de résolution soit soumis afin d'aboutir à une solution de compromis. Le Dr SOMBIE (Burkina Faso) dit que, normalement, quand un projet de résolution n'est pas proposé par le Conseil exécutif, le nom des pays auteurs du projet est clairement indiqué. Le projet visé fait partie d'un document de l'OMS mais ne semble pas constituer une proposition de l'OMS. Le Dr Sombie demande des éclaircissements à cet égard. Mme RODRÎGUEZ CAMEJO (Cuba) regrette que la discussion ait abouti à une impasse sur une question si sensible ayant des incidences économiques et financières si importantes pour tous les Etats Membres. Elle déplore en outre qu'un vote ait été demandé, car la résolution sur le barème des contributions est généralement adoptée par consensus. Le débat a démontré qu'il existe une majorité opposée à l'adoption du projet de résolution et elle demande instamment que tout soit mis en oeuvre pour aboutir à un consensus. Si l'on décide de mettre la question aux voix, elle proposera qu'aucune mesure ne soit prise sur la question. M. KENGOUYA (Congo) dit qu'il est important que les procédures établies soient suivies en ce qui concerne la présentation des projets de résolutions. S'il est urgent d'examiner la question du barème des contributions, la mesure nécessaire aurait dû être prise par le Comité de l'Administration, du Budget et des Finances plus tôt. M. TOPPING (Conseiller juridique) explique que la question a été portée devant l'Assemblée de la Santé sans avoir auparavant été examinée par le Conseil exécutif parce que la délégation des Etats-Unis d'Amérique a prié le Conseil exécutif, au moment où il examinait l'ordre du jour provisoire de l'Assemblée de la Santé, d'inscrire la question à l'ordre du jour de l'Assemblée. Par conséquent, le Secrétariat, conformément à la pratique habituelle, a établi un rapport dans lequel deux options sont offertes à l'Assemblée de la Santé : soit d'adopter le projet de résolution, soit de ne prendre aucune mesure. Un vote sur le projet de résolution a été demandé et il a ensuite été proposé que le vote soit renvoyé. Le PRESIDENT note que la Commission souhaite que l'examen de la question soit renvoyé au lendemain.

La séance est levée à 17 h 30.

DEUXIEME SEANCE Jeudi 18 mai 2000, 9 heures Président : Dr K. KARAM (Liban)

QUESTIONS AD:MINISTRATIVES ET FINANCIERES: Point 14 de l'ordre du jour (suite) Questions f'mancières: Point 14.1 de l'ordre du jour (suite) • Barème des contributions (document A53/21) (suite) M. COMENDEIRO HERNÂNDEZ (Cuba) souhaite déposer une motion d'ordre. L'article 98 du Règlement intérieur de l'Assemblée de la Santé prévoit qu'aucune proposition tendant à réexaminer la répartition des contributions présentement en vigueur entre les Membres et Membres associés n'est inscrite à l'ordre du jour si elle n'a été communiquée aux Membres et Membres associés 90 jours au moins avant la date fixée pour l'ouverture de la session, à moins que le Conseil n'ait déjà recommandé cet examen. 1 Or le projet de résolution contenu dans le document A53/21 ne satisfait à aucune de ces conditions : il n'a été envoyé aux Etats Membres que le 18 avril 2000, il ne se fonde pas sur une recommandation du Conseil exécutif, et il constitue une proposition de modification du barème des contributions adopté par la Cinquante-Deuxième Assemblée mondiale de la Santé plus d'un an avant l'expiration prévue de ce barème. En conséquence, on ne saurait examiner le projet de résolution vu que son dépôt contrevient aux dispositions de l'article 98 du Règlement intérieur. M. SOUTHWICK (Etats-Unis d'Amérique) estime que le projet de résolution est conforme au Règlement intérieur, dans la mesure où sa présentation à l'Assemblée de la Santé a été examinée par le Conseil exécutif à sa cent cinquième session. M. TOPPING (Conseiller juridique) fait observer que, conformément à l'article 98 du Règlement intérieur, un réexamen de la répartition des contributions a été recommandé par le Conseil exécutif à sa cent cinquième session. Il s'ensuit que les conditions de l'article 98 ont été satisfaites lorsque le Conseil exécutif a adopté l'ordre du jour provisoire pour communication à l'Assemblée de la Santé. Mme RODRÎGUEZ CAMEJO (Cuba) demande au Secrétariat d'indiquer avec précision le document envoyé aux Etats Membres contenant le projet de résolution en cours de discussion. M. TOPPING (Conseiller juridique) répond que, conformément à la procédure normale, le Secrétariat a établi le document A53/21 pour donner suite à la décision du Conseil exécutif d'inscrire un point concernant le barème des contributions à 1' ordre du jour de 1'Assemblée de la Santé. Ce document

1

L'orateur cite l'article 98 en espagnol, qui est ainsi libellé :

No se induira en el orden del dia ninguna propuesta de revision de la escala de contribuciones en vigor que no haya sido comunicada a los Miembros y a los Miembros Asociados cuando menos noventa dias antes de la apertura de la reunion o que no haya sido previamente recomendada por el Consejo Ejecutivo.

- 154-

COMMISSION B : DEUXIEME SEANCE

155

contient deux options, dont l'une a pris la forme d'un projet de résolution et figure au paragraphe 7. A ce stade du débat, il serait bon de voter sur la proposition de Cuba tendant à ne pas examiner le projet de résolution. Le Dr VIVAS (Uruguay) souligne que ce dont il s'agit, c'est de savoir très précisément à quelle date et de quelle manière les Etats Membres ont été saisis du projet de résolution contenu dans le document A53/21. M. TOPPING (Conseiller juridique) réaffirme que les conditions prévues à l'article 98 ont été réunies en ce sens qu'en inscrivant la question du barème des contributions à l'ordre du jour provisoire de l'Assemblée de la Santé, le Conseil exécutif a entendu recommander le réexamen dudit barème. Mme RODRiGUEZ CAMEJO (Cuba) fait observer que l'article 98 dit clairement que les Etats Membres doivent être informés 90 jours avant toute proposition tendant à réexaminer la répartition des contributions, à moins que le Conseil ait déjà recommandé un tel examen. Jusqu'ici, le Secrétariat n'est pas parvenu à montrer qu'un quelconque document ait été diffusé conformément à ce délai de 90 jours. Il serait donc bon de voter sur la motion d'ordre déposée par Cuba. La délégation cubaine a l'intention de retirer la motion tendant à ne prendre aucune décision sur le projet de résolution. Pour M. TOPPING (Conseiller juridique), l'article 98 prévoit deux options et, puisque l'une d'elles a été satisfaite, les conditions de l'article 98 ont été réunies. Le PRESIDENT observe que, si le délai de 90 jours n'a pas été respecté, le Conseil exécutif n'en a pas moins inscrit la question du barème des contributions à l'ordre du jour provisoire de l'Assemblée de la Santé, satisfaisant ainsi aux conditions de l'article 98. Mme RODRiGUEZ CAMEJO (Cuba) relève que, si la question du barème des contributions a été effectivement inscrite à l'ordre du jour par le Conseil exécutif, il n'y est fait nulle mention d'une résolution tendant à modifier le barème des contributions en vigueur. Elle persiste à penser qu'on a bel et bien contrevenu à l'article 98 et elle demande qu'une décision soit prise en ce qui concerne la motion d'ordre déposée par Cuba. Pour le Dr KARA MOSTEPHA (Algérie), l'existence même d'une alternative, aux paragraphes 7 et 8 du document A53/21, fait qu'il est impossible d'approuver le projet de résolution. En conséquence, ne pourrait-on confier à un groupe de rédaction le soin de produire un texte révisé, qui tienne compte de tous les aspects de la question et qui soit ensuite examiné par la Commission ? Le Dr SHANGULA (Namibie) estime que l'on n'a pas respecté l'article 98. Outre le fait que le délai de 90 jours n'ait visiblement pas été respecté, les actes de la cent cinquième session du Conseil exécutif ne contiennent aucune recommandation faite à l'Assemblée de la Santé d'envisager une modification du barème des contributions. Pour le Dr SOJ\.1BIE (Burkina Faso), le texte du projet de résolution figurant dans le document A53/21 doit être remanié, car il ne fait aucune allusion à la résolution WHA52.17 adoptée par la Cinquante-Deuxième Assemblée mondiale de la Santé. Pour M. AMIRK.lllZI (République islamique d'Iran), le document A53/21 ne renvoie à aucun des débats du Conseil exécutif et rien ne prouve qu'à sa cent cinquième session, le Conseil ait envisagé la révision du barème des contributions. Il semble donc que les conditions de l'article 98 n'aient pas été respectées, ce qui le conduit à soutenir la motion d'ordre déposée par Cuba.

156

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

M. SOUTHWICK (Etats-Unis d'Amérique) estime que la démarche du Conseil exécutif a été claire et constitue effectivement une recommandation d'examen. Il rappelle que le Conseiller juridique a jugé que les dispositions de l'article 98 ont été respectées et que le Président a confirmé cette opinion. M. TOPPING (Conseiller juridique) souligne que l'Assemblée de la Santé a adopté l'ordre du jour contenant le point relatif au barème des contributions. Le Président s'est d'ailleurs déclaré de cet avis et l'on peut penser que cette décision n'a pas été contestée. Mme RODRÎGUEZ CAMEJO (Cuba) rétorque qu'à son avis, la motion d'ordre déposée par Cuba n'a pas non plus été contestée et que deux autres délégués l'ont appuyée. Le Professeur GIRARD (représentant du Conseil exécutif) tient à préciser que la question du barème des contributions a été abordée par le Conseil exécutif à sa cent cinquième session et inscrite à l'ordre du jour de la Cinquante-Troisième Assemblée mondiale de la Santé. Le Conseil a recommandé à 1'Assemblée de procéder à un examen et c'est pour cela que ce point figure à son ordre du jour. Le Dr NTAHOBARI (Burundi) relève qu'un Burundais siégeait également au Conseil exécutif mais, bien que la question ait été examinée par le Conseil, il semble qu'il n'y ait aucune référence écrite au projet de résolution. M. SABHARWAL (Inde) veut savoir quel document contient la décision du Conseil exécutif d'inscrire le point relatif au barème des contributions à l'ordre du jour provisoire de l'Assemblée de la Santé. M. SOUTHWICK (Etats-Unis d'Amérique) demande au Président de prendre immédiatement une décision, en application de l'article 58 du Règlement intérieur. Le PRESIDENT décide, compte tenu de l'avis du Conseiller juridique, que les dispositions de l'article 98 du Règlement intérieur ont été respectées. M. TOPPING (Conseiller juridique) dit qu'il croit comprendre que la délégation de Cuba a retiré sa motion à l'effet de ne pas examiner le projet de résolution figurant au paragraphe 7 du document A53/21, examen auquel la délégation des Etats-Unis d'Amérique a donné son appui. Mme RODRiGUEZ CAMEJO (Cuba) demande une nouvelle fois au Président de prendre une décision sur la motion d'ordre soulevée par Cuba. Le PRESIDENT indique qu'il a déjà pris sa décision. Les conditions de l'article 98 ont été respectées. Il invite la Commission à se prononcer sur le projet de résolution. M. SOUTHWICK (Etats-Unis d'Amérique) demande qu'on procède à un vote par appel nominal, en vertu de l'article 74 du Règlement intérieur. Mme RODRÎGUEZ CAMEJO (Cuba) demande également un vote par appel nominal. M. TOPPING (Conseiller juridique) explique la procédure de vote par appel nominal, prévue à l'article 74.

COMMISSION B : DEUXIEME SEANCE

157

Mme RODRÎGUEZ CAMEJO (Cuba) réaffirme que l'article 98 n'a de toute évidence pas été respecté. Sa délégation regrette que la décision du Président soit allée à l'encontre de sa motion d'ordre et elle votera contre cette décision. Le Dr VIVAS (Uruguay) demande que le Président précise si le vote qui va avoir lieu concerne la contestation par Cuba de la décision du Président. Mme RODRÎGUEZ CAMEJO (Cuba) précise que sa délégation conteste la décision du Président. A son avis, la Commission va voter sur la motion d'ordre déposée par sa délégation, et non pas sur le projet de résolution figurant dans le document A53/21. Le Dr SUWIT WIBULPOLPRASERT (Thaïlande) demande qu'on lui précise bien qu'un point de l'ordre du jour d'ores et déjà adopté par le Bureau de l'Assemblée et par l'Assemblée de la Santé siégeant en séance plénière peut être rayé par une commission principale. M. TOPPING (Conseiller juridique) réaffirme qu'à son avis, c'est à bon droit que le point a été inscrit à l'ordre du jour soumis, pour adoption, à l'Assemblée de la Santé. Le Président a pris une décision dans ce sens. Si la Commission infirme la décision du Président, cela équivaudra à choisir de ne pas examiner ce point de l'ordre du jour parce qu'il n'a pas été correctement inscrit .à l'ordre du jour provisoire. Dans le vote qui va avoir lieu, un «oui» indiquera que, de l'avis de la délégation, les conditions de l'article 98 n'ont pas été respectées, alors qu'un vote« non» signifiera que, de l'avis de la délégation, les conditions de l'article 98 ont été respectées. Il est procédé à un vote par appel nominal, les noms des Etats Membres étant appelés dans l'ordre alphabétique français, en commençant par le Danemark, le tirage au sort ayant désigné la lettre D. Le résultat du vote est le suivant : Pour : Afrique du Sud, Algérie, Angola, Arabie saoudite, Argentine, Bénin, Botswana, Burkina Faso, Burundi, Cameroun, Cap-Vert, Chine, Colombie, Costa Rica, Cuba, Egypte, El Salvador, Equateur, Fédération de Russie, Fidji, Guatemala, Haili, Honduras, Iles Salomon, Inde, Indonésie, République islamique d'Iran, Jamahiriya arabe libyenne, Jamaïque, Japon, Jordanie, Lesotho, Madagascar, Malawi, Maldives, Mali, Maroc, Maurice, Mauritanie, Mexique, Myanrnar, Namibie, Nicaragua, Ouzbékistan, Pakistan, Paraguay, Pérou, République arabe syrienne, République populaire démocratique de Corée, Samoa, Swaziland, Togo, Uruguay, Venezuela, Zambie, Zimbabwe. Contre : Allemagne, Andorre, Autriche, Belgique, Chypre, Croatie, Danemark, Espagne, Estonie, Etats-Unis d'Amérique, Finlande, France, Grèce, Hongrie, Irlande, Israël, Italie, Lettonie, Lituanie, Luxembourg, Etats fédérés de Micronésie, Norvège, Palaos, Pays-Bas, Pologne, Portugal, République de Corée, République tchèque, Roumanie, Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord, Slovaquie, Suède, Suisse, Vanuatu. Abstentions: Australie, Brésil, Brunéi Darussalam, Canada, Chili, Congo, Côte d'Ivoire, Gabon, Ghana, Guinée, Iles Cook, Kenya, Malaisie, Nigéria, Nouvelle-Zélande, Papouasie-NouvelleGuinée, Philippines, République démocratique populaire lao, République-Unie de Tanzanie, Seychelles, Singapour, Thaïlande, Tonga, Tuvalu.

158

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

Absents : Albanie, Bahamas, Bahreïn, Bangladesh, Barbade, Bélarus, Belize, Bhoutan, Bolivie, Bulgarie, Cambodge, Djibouti, Dominique, Emirats arabes unis, Erythrée, Ethiopie, Ex-République yougoslave de Macédoine, Islande, Kiribati, Koweït, Liban, Malte, Monaco, Mongolie, Mozambique, Nauru, Népal, Nioué, Oman, Ouganda, Panama, Qatar, République démocratique du Congo, Rwanda, Saint-Kitts-et-Nevis, Saint-Marin, Saint-Vincent-et-Grenadines, Sao Tomé-et-Principe, Sénégal, Sierra Leone, Slovénie, Sri Lanka, Soudan, Suriname, Trinité-et-Tobago, Tunisie, Turquie, Viet Nam, Yémen. La proposition est donc approuvée par 56 voix contre 34, avec 24 abstentions. M. TOPPING (Conseiller juridique) explique qu'aux termes de l'article 71 du Règlement intérieur, les Membres présents et votants s'entendent des Membres votant valablement pour ou contre. Comme il y a eu 90 Membres présents et votants, la majorité simple est de 46. Comme il y a eu 56 voix pour, la décision du Président est contestée. La Commission estime donc que les conditions de l'article 98 du Règlement intérieur n'ont pas été respectées. Plusieurs délégations prennent la parole afm d'expliquer leur vote, en vertu de l'article 77 du Règlement intérieur. Le Dr VIVAS (Uruguay) précise que sa délégation s'est prononcée sur une question de procédure, réservation faite de la question de fond du point 14.1 de l'ordre du jour. Les arguments tendant à démontrer la juste application de l'article 98 du Règlement intérieur n'ont pas été convaincants. Le seul écrit contenant une proposition de réexamen du barème des contributions est le document A53/21, en date du 18 avril2000. Malgré les demandes réitérées de délégués, aucun document n'a été produit démontrant le respect des dispositions de l'article 98. M. ABIDIN (Malaisie) dit que, si sa délégation s'est abstenue, c'est qu'on ne lui a pas présenté suffisamment d'éléments d'appréciation pour pouvoir prendre une décision. Si le projet de résolution contenu dans le document A53/21 avait été mis aux voix, la délégation de Malaisie aurait voté contre. Le Dr BOMBA-NKOLO (Cameroun) explique que sa délégation a voté pour la proposition parce qu'on ne lui a pas présenté suffisamment d'informations étayant la thèse opposée. Le budget du Cameroun a déjà été voté. Toutefois, sa délégation est disposée à débattre de la question de fond posée par le projet de résolution. Pour M. PENROD (Costa Rica), les 90 jours prévus à l'article 98 constituent un délai propice à la diffusion, la transparence et la discussion. Le Conseil exécutif n'a pas examiné la question quant au fond. C'est la raison pour laquelle la délégation du Costa Rica a voté pour la motion d'ordre. Le Dr KENGOUY A (Congo) déclare que sa délégation s'est abstenue parce que le document n'a pas été régulièrement soumis à l'Assemblée de la Santé. Le Dr SHANGULA (Namibie) explique que, si sa délégation a voté pour la motion d'ordre, c'est parce qu'elle croit que les conditions de l'article 98 n'ont pas été remplies. La décision du Président crée un précédent fâcheux, en ce sens que les décisions du Conseil exécutif pourraient être communiquées à l'Assemblée de la Santé verbalement et non par écrit. Mme PERLIN (Canada) explique l'abstention de sa délégation et précise qu'elle se serait également abstenue en cas de vote sur le projet de résolution. Que le barème des contributions soit mis aux voix constitue un précédent fâcheux pour 1' avenir de 1' examen des questions budgétaires, que ce soit dans une

COMMISSION B : DEUXIEME SEANCE

159

institution spécialisée ou à l'Assemblée générale des Nations Unies. Il n'aurait pas fallu abandonner aussi vite la tradition du consensus. M. SOUTHWICK (Etats-Unis d'Amérique) fait observer que le débat qui a eu lieu sur la question à la cent cinquième session du Conseil exécutif est contenu dans le procès-verbal provisoire de la huitième séance (document EB 105/SR/8). Sa délégation a jugé très claires les explications données par le Président. • Amendements au Règlement financier (documents A53/22, 1 A53/29 et A53/INF .DOC./1) Le Professeur GIRARD (représentant du Conseil exécutif) rappelle qu'à sa cent cinquième session, le Conseil exécutif a examiné les amendements au Règlement financier et a pris connaissance du rapport de son Comité de 1'Administration, du Budget et des Finances. Etant donné la portée des enjeux, le Comité a passé beaucoup de temps à étudier les documents EB105/25, EB105/25 Corr.l et EB105/25 Add.l, à la recherche d'un consensus. Le Comité a noté que l'OMS a examiné toutes les questions dont on lui avait confié l'étude dans la résolution WHA52.20, à savoir les recettes occasionnelles, le mécanisme de compensation des pertes au change, le versement tardif ou les arriérés de contributions des Etats Membres, le système d'incitation fmancière, le fonds de roulement (y compris les modalités de reconstitution), les emprunts internes et les dépenses engagées non réglées. L'OMS a également fait des propositions concernant le report, les fonds autorenouvelables, les dépenses d'appui aux programmes et les virements entre sections de la résolution portant ouverture de crédits. Les changements proposés s'inscrivent dans le cadre d'une réforme fmancière de grande envergure, qui portera également sur la modernisation des systèmes, des procédés et des pratiques. Le Comité s'est déclaré favorable à un certain nombre des changements proposés, et notamment à la proposition tendant à inclure les recettes diverses (autrefois appelées recettes occasionnelles) dans les ressources servant à financer le budget ordinaire, dans le cadre d'un budget intégré. Après un débat approfondi, le Président du Conseil exécutif a proposé de créer un groupe de travail à composition non limitée qui serait chargé de poursuivre l'examen des propositions de révision du Règlement fmancier. Ce groupe, ouvert à tous les Etats Membres intéressés, serait présidé par le Président du Comité de 1'Administration, du Budget et des Finances qui, au nom du Conseil exécutif, rendrait compte à la Cinquante-Troisième Assemblée mondiale de la Santé. Le Professeur ZELTNER (Président du Comité de l'Administration, du Budget et des Finances) explique que le groupe de travail s'est réuni à Genève les 9 et 10 mars 2000, sous sa présidence, afm d'étudier le Règlement fmancier révisé, préparé par le Secrétariat sur la base des discussions du Conseil exécutif Les discussions du groupe de travail ont été consignées dans le document EB/FinRegs/1/3. Les principales conclusions en sont les suivantes. Le principe des reports à l'exercice suivant ne doit pas figurer dans le train de mesures à proposer à l'Assemblée de la Santé. Néanmoins, certains Etats Membres ont estimé que c'est un dispositif utile, qu'il faut donc examiner dans le cadre de l'évolution du processus budgétaire. Il se peut que l'on puisse, par d'autres moyens, disposer de la souplesse voulue pour gérer certaines circonstances imprévues comme des catastrophes naturelles- si besoin est au cas par cas. Il n'y a pas d'éléments justifiant clairement le maintien du système actuel d'incitation fmancière, qui coûte cher. Toutefois, il convient de conserver, dans le texte, les principes des nouvelles dispositions proposées pour les réductions, à condition de suivre la situation en permanence et de demander à l'Assemblée de la Santé d'examiner le fonctionnement du système, le moment venu. Il semble qu'il n'y ait aucun avantage à modifier les règles existantes sur les virements entre sections de la résolution portant ouverture de crédits, qui donnent au Directeur général suffisamment de souplesse pour mettre en oeuvre le budget ordinaire, et cela même si la possibilité de lier les ouvertures de crédits aux résultats mérite qu'on s'y arrête.

1

Voir document WHA53/2000/REC/l, annexe.

160

CINQUANTE-TROISlEME ASSEl\.1BLEE MONDIALE DE LA SANTE

Après de longues délibérations, le groupe de travail est parvenu à un consensus sur les autres propositions: principe de l'acceptation du paiement des contributions en monnaie locale, et dispositions proposées pour le fonds de roulement et les emprunts internes, fonds autorenouvelables et dépenses d'appui aux programmes. Il a également été convenu que les Règles de Gestion fmancière devraient inclure les directives et limites souhaitables pour l'application du Règlement fmancier. Le Directeur général est responsable et comptable vis-à-vis de l'Assemblée de la Santé de la bonne gestion des fmances de l'OMS aux termes du Règlement financier, et l'article 15.2 du Règlement actuel a été jugé préférable à la révision proposée. Il a été demandé au Secrétariat de préparer un projet révisé du Règlement fmancier proposé afm de tenir compte des conclusions du groupe de travail. A cet égard, les conclusions auxquelles le groupe est parvenu sur chaque question sont formulées dans le document A53/22, que le Comité de l'Administration, du Budget et des Finances a examiné le 12 mai dernier. Il reste une seule question supplémentaire: celle de l'opportunité, afm de renforcer le mandat du Comité, d'insérer dans les Règles de Gestion fmancière une référence à son rôle dans l'examen des documents budgétaires. Le Comité de l'Administration, du Budget et des Finances a recommandé l'adoption du Règlement fmancier révisé. M. CHERNIKOV (Fédération de Russie), remerciant l'OMS de son rapport et le groupe de travail à composition non limitée de sa contribution qualifiée, précise que sa délégation a participé au groupe de travail et qu'elle appuie le projet de Règlement financier révisé figurant dans le document A53/22. Dans l'hypothèse où de nouveaux amendements seraient proposés, sa délégation se réserve le droit d'émettre ses propres propositions, mais elle invite instamment l'Assemblée de la Santé à approuver lé rapport du Secrétariat dans son intégralité. Enfm, M. Chernikov attire l'attention sur la présence d'erreurs dans la version russe du texte nouveau, spécialement aux articles 1.2 et 6.12 du Règlement. M. VOIGTLÂNDER (Allemagne) félicite le Professeur Zeltner et son groupe de travail des résultats obtenus. Il attire l'attention sur le paragraphe 8 du document A53/29. Le Conseil exécutif et l'Assemblée de la Santé ont maintes fois répété qu'ils voulaient un Comité de l'Administration, du Budget et des Finances qui soit fort, et il serait bon que, dans les Règles de Gestion financière, il soit fait allusion au rôle du Comité dans l'examen des documents budgétaires. Mme JENNY (Suisse) exprime le soutien de sa délégation au projet de Règlement fmancier révisé. Par ses nouveautés, ce texte pourra servir de modèle à d'autres organisations du système des Nations Unies, et il cadre parfaitement avec les réformes en cours à l'OMS. Il a été élaboré dans un esprit de coopération et sa délégation est heureuse d'y avoir pris une part active. Le Dr SOl\.1BIE (Burkina Faso) félicite le groupe de travail et demande s'il y a une différence entre recettes occasionnelles et recettes diverses. Mme PERLIN (Canada) remercie le Directeur général et le Secrétariat d'avoir donné une aussi excellente suite à la résolution WHA52.20 et se félicite des consultations menées par le Secrétariat ainsi que de l'action du groupe de travail à composition non limitée. Comme l'a dit la déléguée de la Suisse, ces propositions serviront peut-être de modèle à d'autres institutions du système onusien. Elle soutient sans réserve les amendements et espère qu'ils seront adoptés par consensus. Mme KERN (Directeur exécutif) remercie les délégués de leurs observations. On s'occupera de la question de la traduction russe; la langue technique a d'ailleurs présenté certaines difficultés et il est important que cela soit rectifié. Le délégué de l'Allemagne a eu raison de dire qu'il serait opportun de faire référence, dans les Règles de Gestion fmancière, au rôle du Comité de l'Administration, du Budget et des Finances.

COMMISSION B : DEUXIEME SEANCE

161

Mme WILD (Services fmanciers) dit qu'on a estimé que« recettes diverses» est une expression qui convient mieux que « recettes occasionnelles » pour désigner des recettes de toutes origines. La différence entre les dispositions régissant actuellement les recettes occasionnelles et celles qui, propose-t-on, régiront les recettes diverses tient à ce que les recettes diverses feront partie de l'ensemble du processus budgétaire intégré. Les décisions relatives aux modalités d'utilisation des recettes diverses seront prises par l'Assemblée de la Santé. Les sources de fonds alimentant le compte pour les recettes diverses seront, dans une large mesure, les mêmes que celles qui alimentent actuellement le compte pour les recettes occasionnelles. Le Dr SUWIT WIBULPOLPRASERT (Thaïlande), Rapporteur, donne lecture du projet de résolution suivant : La Cinquante-Troisième Assemblée mondiale de la Santé, Ayant examiné le rapport sur les amendements au Règlement fmancier ; ADOPTE le Règlement fmancier révisé, qui entrera en vigueur dès que le Conseil exécutif aura confirmé les nouvelles Règles de Gestion fmancière. Le PRESIDENT invite la Commission à examiner le projet de résolution. Le projet de résolution est approuvé. 1

Développement des ressources humaines et appui au personnel : Point 14.2 de 1' ordre du jour • Ressources humaines: rapport annuel (documents A53/23 et A53/INF.DOC./3)

Le Professeur GIRARD (représentant du Conseil exécutif) dit que le Conseil, à sa cent cinquième session, a accueilli avec satisfaction le rapport annuel de synthèse sur les ressources humaines qui, pour la première fois, donne une vue d'ensemble transparente et détaillée de la dotation en personnel de l'OMS. Le Conseil a noté que ce document servira de base à l'analyse des tendances et à la prévision des besoins futurs. La proportion hommes/femmes laisse encore à désirer, malgré les progrès réalisés depuis le début des années 90, et plus particulièrement depuis deux ans. Il faudra redoubler d'efforts pour atteindre l'objectif de parité entre les sexes. La répartition géographique pose aussi un problème. Dans ce domaine, l'excellence doit primer et il faut accorder la priorité au recrutement de personnels originaires de pays non représentés ou sous-représentés, et cela tout en maintenant les pratiques d'embauche fondées sur une concurrence ouverte, équitable et transparente. L'OMS pourrait mettre en place un mécanisme consultatif avec les pays non représentés ou sous-représentés afin d'étudier les moyens d'améliorer la situation. Enfm, le Conseil a demandé que les rapports futurs comportent davantage d'informations analytiques comparant le nombre de recrutements à l'extérieur au nombre de nominations par promotion interne, ainsi que des précisions sur les mesures de réforme en matière de ressources humaines. M. CHERNIKOV (Fédération de Russie) réaffirme la haute estime dans laquelle sa délégation tient l'action du personnel de l'Organisation et la part que celui-ci prend à l'exécution des décisions des Etats Membres. Il se félicite du premier rapport de synthèse sur les ressources humaines de l'OMS et, en particulier, de sa plus grande ouverture aux questions de personnel. Au cours de la prochaine année, on s'attend que des propositions précises soient faites en vue de réformer la politique de l'Organisation quant

Ce projet de résolution a été transmis à 1'Assemblée de la Santé dans le premier rapport de la Commission et adopté sous la cote WHA53.6.

1

162

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

à la dotation en personnel. La délégation russe estime que de nouvelles mesures devront être prises pour garantir le caractère non défmitif des engagements à 1'OMS et pour pourvoir les postes vacants sur la base du concours équitable et des qualités pratiques des candidats. Il y a tout lieu de penser que, lorsqu'elle élaborera ses propositions, l'OMS tiendra compte des observations formulées pendant la cent cinquième session du Conseil exécutif. Mme OLLILA (Finlande), tout en se félicitant des mesures prises pour garantir une plus grande transparence dans l'activité de l'Organisation, dit qu'étant donné les changements structurels et autres opérés au cours des deux dernières années, il est regrettable que la proportion de femmes parmi le personnel de la catégorie professionnelle n'ait augmenté que de 1,7% et soit encore inférieure à 30 %. La Finlande propose que le prochain rapport annuel sur les ressources humaines de l'OMS contienne une répartition du personnel de la catégorie professionnelle par groupes professionnels. Pour M. ZETIERBERG (Suède), les précieuses statistiques présentées dans le document A53/23 montrent que l'OMS s'est résolument efforcée de redresser l'équilibre hommes/femmes dans la catégorie professionnelle: les femmes représentent maintenant quelque 30% de l'ensemble du personnel de la catégorie professionnelle et 50 % des nouvelles nominations. L'Organisation a également géré de façon efficace les départs volontaires qui se sont avérés nécessaires. Elle s'est lancée dans une opération d'évaluation de la performance du personnel, et il sera intéressant d'en savoir davantage sur les critères retenus et les premiers effets sur le moral du personnel. Vu que l'OMS va perdre 20% de son personnel de la catégorie professionnelle au cours des trois prochaines années, on peut se demander de quelles méthodes elle usera pour combler cette perte et si, par exemple, les Membres sous-représentés bénéficieront d'un traitement préférentiel. M. WARRINGTON (Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord) se félicite tout particulièrement du redressement de 1' équilibre hommes/femmes. Sa délégation prendra connaissance avec grand intérêt de la stratégie complète des ressources humaines lorsqu'elle sera présentée. M. Warrington attire l'attention de la Commission sur un bulletin récemment publié par le Secrétaire général de l'Organisation des Nations Unies faisant part de l'intention des Nations Unies de procéder à des retenues sur les traitements des fonctionnaires qui ne s'acquittent pas des obligations financières que des décisions de justice leur imposent à l'égard de leurs enfants. Il s'agit là d'une heureuse initiative; l'OMS entend-elle prendre des mesures analogues? M. LIU Peilong (Chine) dit que sa délégation partage les préoccupations exprimées par le représentant du Conseil exécutif quant à la proportion hommes/femmes et à la répartition géographique. Actuellement, il y a 13 pays fortement sous-représentés à l'OMS et 43 qui ne sont pas représentés. Pour s'acquitter de son mandat international, l'Organisation se doit d'être plus multiculturelle. A égalité de qualifications, la priorité doit être accordée aux candidats originaires de pays fortement sous-représentés ou non représentés. Le Directeur général pourrait envisager avec ces pays la mise en place d'un mécanisme consultatif chargé d'étudier les moyens d'améliorer la situation. Pour Mme PERLIN (Canada), les documents en cours d'examen forment une excellente base pour l'analyse de la stratégie des ressources humaines à laquelle le Conseil exécutif va se livrer. Prenant la parole à l'invitation du PRESIDENT, le Dr KINGMA (Conseil international des Infirmières) relève que le premier rapport annuel de synthèse sur les ressources humaines de l'OMS ne contient aucune analyse des qualifications professionnelles du personnel. Or, à l'OMS, depuis l'adoption, en 1992, de la résolution WHA45.5 sur le renforcement des soins infirmiers et obstétricaux, la proportion des infirmières parmi le personnel de la catégorie professionnelle a diminué de moitié, tombant à 1,6 % en 1996. Quelles sont les mesures prises pour inverser cette tendance et renforcer la représentation des infirmières au sein du personnel permanent ? N'y aurait-il pas un lien entre le manque de femmes parmi

COMMISSION B : DEUXIEME SEANCE

163

le personnel OMS de la catégorie professionnelle, la diminution des postes de soins infirmiers et le petit nombre d'infirmières occupant des postes de gestion? Les soins infirmiers sont un service indispensable et devraient être associés à la prise des décisions à tous les niveaux de la structure de l'Organisation. La représentation constamment faible de la profession infirmière au sein du personnel limitera l'intégration de principes sociaux à l'action de l'Organisation. Les faits montrent qu'à l'OMS, on réduit le nombre des postes de soins infirmiers ou qu'on les dévalorise et, compte tenu des postes de responsabilité tenus par des infirmières dans les structures nationales, le nombre d'infmnières occupant des poste de décision au sein de l'OMS est insuffisant. Il est temps que les politiques de recrutement et les avis de vacance de poste disent clairement que les compétences infirmières sont reconnues comme des qualifications souhaitables pour les postes de gestion du secteur sanitaire et les postes de décision. En outre, il faut que les compétences infmnières soient représentées dans la composition des organes techniques consultatifs et des comités d'experts de l'OMS. Les infmnières n'ont malheureusement guère d'occasions d'accéder aux programmes de bourses d'études de l'OMS. Le Conseil international des Infmnières demande que l'acquisition de compétences techniques et de qualités de chef fasse l'objet d'une attention particulière aux niveaux national et international, et que des statistiques portant sur la représentation des soins infmniers au sein des programmes et du personnel permanent de l'OMS figurent dans le rapport de situation sur le renforcement des soins infmniers et obstétricaux qui sera présenté à la Cinquante-Quatrième Assemblée mondiale de la Santé. Mme KERN (Directeur exécutif), répondant aux questions posées pendant le débat, assure le délégué de la Suède que le Directeur général prévoit de rendre compte au Conseil exécutif, à sa cent septième session, des propositions relatives à la réforme et à la politique future en matière de ressources humaines. Le rapport hommes/femmes s'est amélioré, mais l'amélioration doit se poursuivre; un comité d'orientation sur l'emploi des femmes à l'OMS s'est réuni à intervalles réguliers et les membres des délégations ainsi que du Conseil exécutif sont invités à participer à ses travaux. On se préoccupe du système de notation du personnel dans le cadre du processus de réforme et il en sera rendu compte le moment venu. Actuellement, l'Organisation ne recueille pas de données sur les qualifications professionnelles du personnel sous une forme dont on puisse rendre compte ; les projets informatiques permettront ultérieurement de le faire, mais pas forcément à temps pour la cent septième session du Conseil exécutif. La représentante du Conseil international des Infirmières peut être assurée qu'il sera possible de fournir des données sur le nombre de postes de soins infirmiers. Toutefois, il y a des infirmières qualifiées dans des postes administratifs et autres emplois plus généraux, et il n'est pas toujours nécessaire que des infirmières occupent des postes de soins infirmiers. Quant à la question posée par le délégué du Royaume-Uni, le Secrétariat étudie des moyens d'adopter des mesures permettant, s'ille faut, de faire exécuter des décisions de justice; toutefois, on ne s'est pas encore entendu sur un mécanisme précis. Enfm, on se préoccupe de la question de la sous-représentation dans le cadre de la réforme d'ensemble, et une consultation aura lieu avec les pays les plus directement impliqués lorsque la politique s'élaborera. La Commission prend note du rapport du Secrétariat figurant dans les documents A53/23 et A53/INF.DOC.I3. • Amendements au Statut et au Règlement du Personnel (document EB105/2000/REC/1, résolution EB105.R14 et annexe 5) Le Professeur GIRARD (représentant du Conseil exécutif) rappelle qu'à sa cinquante-quatrième session, l'Assemblée générale des Nations Unies a approuvé, avec effet au 1er mars 2000, un barème révisé des traitements de base minima des administrateurs et des fonctionnaires de rang supérieur prévoyant une

164

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

augmentation de 3,42 %, sans perte pour l'Organisation et sans gain pour le membre du personnel concerné. En application de cette décision de l'Assemblée générale, le Directeur général a proposé, conformément à l'article 3.1 du Statut du Personnel, que le Conseil exécutif recommande à la CinquanteTroisième Assemblée mondiale de la Santé de modifier les traitements du personnel hors classes. Ces modifications imposent des réajustements analogues du traitement du Directeur général. L'Assemblée de la Santé est donc invitée à examiner le projet de résolution contenu dans la résolution EB 105.R14, adoptée par le Conseil exécutif à sa cent cinquième session. Le projet de résolution est approuvé. 1 • Nomination de représentants au Comité des Pensions du Personnel de l'OMS (document A53/24)

Le PRESIDENT invite la Commission à nommer un membre et un membre suppléant du Comité des Pensions du Personnel de l'OMS, selon le système de rotation exposé dans le document A53/24. En l'absence d'objections, il conclut que la Commission souhaite transmettre à la plénière le projet de décision suivant : Décision : La Cinquante-Troisième Assemblée mondiale de la Santé a nommé le Dr A. J. M. Sulaiman, délégué d'Oman, membre du Comité des Pensions du Personnel de l'OMS, et le Dr E. Krag, délégué du Danemark, membre suppléant du Comité, l'un et l'autre pour une période de trois ans. 2 La Commission tient à remercier de ses senrices le membre sortant, le Professeur Leowski (Pologne). Amendements au Règlement applicable aux tableaux et comités d'experts: Point 14.3 de l'ordre du jour (document EBIOS/2000/REC/1, résolution EB105.R8 et annexe 3) Le Professeur GIRARD (représentant du Conseil exécutif) rappelle qu'à sa cent cinquième session, le Conseil a examiné un rapport de situation sur la stratégie de recherche et les mécanismes de coopération. Il a adopté la résolution EB105.R8 recommandant à la Cinquante-Troisième Assemblée mondiale de la Santé d'adopter un projet de résolution visant à amender deux articles du Règlement applicable aux tableaux et comités d'experts, en attendant une analyse plus approfondie de l'ensemble du texte. Le premier amendement concerne l'équilibre souhaitable entre les sexes dans la sélection des experts et le second, la garantie de l'indépendance des avis scientifiques fournis à l'Organisation par l'obligation faite aux experts de dévoiler les circonstances pouvant donner lieu à des conflits d'intérêts. Ces amendements figurent dans le document EB 105/2000/REC/1, annexe 3. Comme cela est indiqué dans le projet de résolution, le Conseil propose que l'adoption d'amendements par l'Assemblée de la Santé soit l'occasion d'adopter la proposition du Conseil relative à une question connexe concernant certains amendements au Règlement applicable aux groupes d'étude et aux groupes scientifiques, aux institutions collaboratrices et autres mécanismes de collaboration (résolution EB1 05.R7). Les critères à appliquer au

Ce projet de résolution a été transmis à 1'Assemblée de la Santé dans le premier rapport de la Commission et adopté sous la cote WHA53.7. 2

1

Décision WHA53(9).

COMMISSION B : DEUXIEME SEANCE

165

choix des établissements susceptibles d'être désignés comme centres collaborateurs de l'OMS ont été rendus plus stricts et la gestion de la collaboration avec ces centres confiée aux administrateurs de programme ayant entamé le processus de désignation.

Le projet de résolution est approuvé. 1

La séance est levée à 12h10.

Ce projet de résolution a été transmis à l'Assemblée de la Santé dans le premier rapport de la Commission et adopté sous la cote WHA53.8.

1

TROISIEME SEANCE Jeudi 18 mai 2000, 14h30 Président: Mlle F.-Z. CHAÏEB (Algérie) puis : M. L. ROKOVADA (Fidji)

1.

PREMIER RAPPORT DE LA COMMISSION B (document A53/36)

Le Dr SUWIT WIBULPOLPRASERT (Thai1ande), Rapporteur, donne lecture du projet de premier rapport de la Commission B.

Le rapport est adopté. 1

2.

QUESTIONS JURIDIQUES: Point 15 de l'ordre du jour • Participation de l'OMS à la Convention de Vienne de 1986 sur le droit des traités entre Etats et organisations internationales ou entre organisations internationales (document EB105/2000/REC/1, résolution EB105.Rl5 et annexe 6)

M. DE SILVA (représentant du Conseil exécutif) présente le rapport que le Secrétariat a adressé au Conseil exécutif (document EB 105/2000/REC/1, annexe 6) en réponse à la demande de la cinquante-troisième session de l'Assemblée générale des Nations Unies, selon laquelle les organisations internationales devraient envisager d'adhérer à la Convention. La Convention de Vienne de 1986, à laquelle peuvent adhérer aussi bien des Etats que des organisations internationales, n'entrera en vigueur que lorsqu'elle aura été ratifiée par 35 Etats. Lorsque le Conseil exécutif a tenu sa cent cinquième session, il y avait 27 parties, parmi lesquelles figuraient 26 Etats et l'Organisation des Nations Unies. La Convention de 1986 réaffirme et complète les dispositions de la Convention de Vienne de 1969 sur le droit des traités entre Etats. Ces deux instruments reposent d'une manière générale sur le droit coutumier international. La Convention de 1986 a été considérée comme un compromis acceptable entre les intérêts des Etats et ceux des organisations internationales. Son entrée en vigueur devrait améliorer la prévisibilité et la stabilité des relations juridiques, et le fait qu'elle instaure 1' égalité de statut entre les organisations internationales et les Etats aux fins du traité devrait garantir l'uniformité de traitement juridique dans tous les accords internationaux. Le Conseil a soutenu à l'unanimité la proposition du Directeur général de faire adhérer l'OMS à la Convention, et décidé par consensus de recommander le projet de résolution contenu dans la résolution EB105.R15__pour adoption par l'Assemblée de la Santé. M. BURCI (Bureau du Conseiller juridique) fait observer que, depuis la cent cinquième session du Conseil exécutif, l'Organisation maritime internationale a adhéré à la Convention, ce qui porte à 28 le

1

Voir p. 262.

- 166-

COMMISSION B :TROISIEME SEANCE

167

nombre des parties à la Convention. A sa prochaine conférence en juin, l'Organisation internationale du Travail envisagera aussi d'adhérer à la Convention. Le PRESIDENT invite la Commission à examiner le projet de résolution contenu dans la résolution EB105.R15. Le projet de résolution est approuvé. 1 M. Rokovada assume la présidence.

3.

COLLABORATION A L'INTERIEUR DU SYSTEME DES NATIONS UNIES ET AVEC D'AUTRES ORGANISATIONS INTERGOUVERNEMENTALES: Point 17 de l'ordre du jour (documents A53/26 et A53/26 Add.l)

M. DE SILVA (représentant du Conseil exécutif) dit que, lors du débat qu'il a consacré à la coopération interinstitutions à sa cent cinquième séance, le Conseil exécutif a notamment abordé des thèmes comme celui d'un nouveau cadre de collaboration plus étendu entre l'OMS et la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, le Groupe des Nations Unies pour le Développement et le plan-cadre des Nations Unies pour l'aide au développement. Il a aussi examiné le rôle de l'OMS dans le suivi des conférences internationales, et notamment de la Quatrième Conférence mondiale sur les femmes et du Sommet mondial pour le développement social. Le Rapporteur du Comité de Coordination OMSIUNICEFIFNUAP sur la Santé a présenté au Conseilles grandes lignes du rapport de la deuxième session de ce Comité, qui aborde la question du suivi de la Conférence internationale sur la population et le développement, notamment en ce qui concerne la réduction de la mortalité et de la morbidité maternelles, la santé et le développement de l'adolescent, le VIH/SIDA, en particulier le problème de la transmission du Vlli de la mère à l'enfant, et la vaccination. Ce rapport traite aussi de l'élaboration d'indicateurs de référence dans le domaine de la santé génésique et d'une série d'indicateurs communs qui permettraient de suivre les progrès intervenus dans les domaines de l'égalité entre les sexes et de l'amélioration de la santé. La prochaine session du Comité, qui devrait se tenir en 2001, mettra l'accent sur des approches intersectorielles de problèmes d'intérêt commun, et des personnes originaires de pays en développement seront invitées à parler de la coopération sur le terrain entre les trois organisations. Le Conseil s'est félicité de ce que l'OMS ait été la première institution spécialisée des Nations Unies à rejoindre le Groupe des Nations Unies pour le Développement. Le rapport présenté à l'Assemblée de la Santé (document A53/26) contient des précisions complémentaires sur les retombées positives de cette participation. Le Conseil a aussi noté avec intérêt que l'OMS avait pris des mesures importantes pour nouer des liens plus étroits avec des organisations telles que la Banque mondiale, le FMI, l'OMC et l'OCDE. Il a approuvé l'idée que l'OMS élabore un ordre du jour et un calendrier précis pour son plan d'action sur la santé des populations autochtones, en s'inspirant de la Consultation internationale sur la santé des populations autochtones qui a été organisée par l'OMS en novembre 1999. Le PRESIDENT appelle l'attention sur le projet de résolution suivant proposé par les délégations de l'Australie, de la Bolivie, du Canada, du Chili, du Danemark, de l'Equateur, de la Fédération de Russie, de la Norvège, de la Nouvelle-Zélande, des Pays-Bas et du Pérou:

Ce projet de résolution a été transmis à 1'Assemblée de la Santé dans le deuxième rapport de la Commission et adopté sous la cote WHA53.9.

1

168

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

La Cinquante-Troisième Assemblée mondiale de la Santé, Rappelant les résolutions WHA4 7.27, WHA48.24, WHA49.26, WHA50.31 et WHA51.24 sur la contribution de l'OMS à la réalisation des objectifs de la Décennie internationale des populations autochtones (1994-2003) ; Rappelant en outre la résolution 50/157, par laquelle l'Assemblée générale des Nations Unies a adopté le programme d'activités de la Décennie, dans lequel il est recommandé que les institutions spécialisées des Nations Unies, les autres organismes internationaux et nationaux, les communautés et les entreprises privées accordent une attention spéciale aux activités de développement profitables aux communautés autochtones, que des services de coordination pour les questions intéressant les populations autochtones soient institués dans tous les organismes compétents des Nations Unies, et que les organes directeurs des institutions spécialisées des Nations Unies adoptent des programmes d'action pour la Décennie dans leurs domaines de compétence respectifs, en étroite coopération avec les populations autochtones ; Se félicitant des progrès réalisés dans la Région des Amériques dans le cadre de l'initiative pour la santé des populations autochtones des Amériques ; Prenant note des conclusions et des recommandations de la Consultation internationale sur la santé des populations autochtones (Genève, 23-26 novembre 1999) ; 1. INVITE INSTAMMENT les Etats Membres: 1) à prévoir des moyens adéquats pour répondre aux besoins de santé des populations autochtones dans le cadre des systèmes nationaux de santé ; · 2) à reconnaître et protéger, dans le cadre des politiques générales en faveur du développement national, le droit des populations autochtones de bénéficier du meilleur état de santé possible ; 3) à respecter, préserver et maintenir les pratiques et remèdes traditionnels et à veiller à ce que les populations autochtones restent propriétaires de ce savoir et de ses bienfaits ; 2. PRIE les comités régionaux de l'OMS d'envisager l'adoption de plans d'action régionaux sur la santé des populations autochtones qui tiennent compte des conclusions et des recommandations de la Consultation internationale sur la santé des populations autochtones ; 3. PRIE le Directeur général : 1) de veiller à ce que toutes les activités de l'OMS concernant les populations autochtones soient menées en partenariat étroit avec elles ; 2) de collaborer avec les partenaires de l'action en faveur de la santé et du développement pour protéger et promouvoir le droit des populations autochtones de bénéficier du meilleur état de santé possible ; 3) d'établir, en consultation étroite avec les gouvernements nationaux et les organisations de populations autochtones, un plan d'action mondial pour l'amélioration de la santé des populations autochtones axé en particulier sur les besoins des communautés des pays en développement, au titre de la contribution de l'OMS à la réalisation des objectifs fiXés pour la Décennie et au cours des années qui suivront. Le Dr LARIVIÈRE (Canada), présentant le projet de résolution au nom de ses auteurs, dit que le Canada est fermement convaincu de la nécessité d'une action individuelle et collective de la part des Etats Membres pour améliorer la santé des peuples autochtones du monde entier. Le but du projet de résolution est d'appeler l'attention sur le rapport de la Consultation internationale de l'OMS sur la santé des populations autochtones, dont l'une des recommandations concernait l'organisation d'une nouvelle consultation dans le courant de l'année 2001. Bien qu'aucune allocation n'ait été prévue à cet effet dans le budget 2000-2001, l'OMS pourrait envisager d'organiser une réunion parallèlement à la quatrième conférence mondiale sur le thème« Guérir nos esprits», qui se tiendra à Phoenix, Arizona, en 2001. Cela permettrait de faire davantage de publicité pour chacune de ces deux réunions et d'y attirer un plus grand nombre de participants.

COMMISSION B :TROISIEME SEANCE

169

M. PENA GHISLENI (Brésil) demande des précisions à propos du titre exact de la Consultation internationale. Le quatrième alinéa du préambule du texte anglais mentionne les populations autochtones au pluriel, alors que cette expression est au singulier dans le paragraphe 2 du dispositif. La question de la différence entre les mots « peoples » et «people~~ a déjà été longuement débattue en d'autres circonstances, et le pluriel ne lui semble pas approprié ici. Si le Secrétariat confirme que le titre exact comporte ce mot au pluriel, il souhaiterait apporter un amendement en faisant inscrire ce titre entre guillemets. Mme BU FIGUEROA (Honduras) fait observer que le document A53/26 Add.1 contient une section intitulée «Suite donnée à la résolution WHA52.12 » qui se rapporte au soutien aux pays d'Amérique centrale frappés par l'ouragan Mitch. Etant donné que sa délégation vient tout juste de recevoir ce document, elle demande que l'examen de cette question soit reporté au lendemain. Elle demande aussi à l'OMS de rendre compte de l'application de cette résolution de manière plus détaillée. Mlle SANCHEZ REYES (Nicaragua) rappelle que, dans la résolution WHA52.12, le Directeur général était priée non seulement d'intensifier son appui aux programmes de santé, mais aussi de faire rapport à la Cinquante-Troisième Assemblée mondiale de la Santé. Elle déplore que le document A53/26 Add.1, qui vient d'être distribué, ne contienne que deux paragraphes consacrés au suivi de la résolution WHA52.12. Elle appuie la demande de la délégation hondurienne de repo~er au lendemain l'examen de cette question. Mme EARP (Nouvelle-Zélande) exprime le plein appui de sa délégation au projet de résolution sur la Décennie internationale des populations autochtones. Elle félicite l'OMS pour l'organisation de la Consultation internationale sur la santé des peuples autochtones en novembre 1999. La Nouvelle-Zélande a fourni une importante contribution fmancière et détaché un fonctionnaire maori appartenant à 1'une des quatre unités de recherche en santé du pays. Mme Earp demande instamment aux Etats Membres d'examiner les recommandations contenues dans le rapport de la Consultation et exprime l'espoir que les bureaux régionaux de l'OMS joueront un rôle plus actif dans l'élaboration de stratégies sanitaires axées sur les populations autochtones et prévoyant leur participation. Mme BENNETT (Australie) dit que sa délégation se réjouit de l'occasion qui lui est donnée de coparrainer le projet de résolution sur les populations autochtones. Son pays est favorable à l'élaboration de plans d'action régionaux sur la santé des populations autochtones, qui lui paraissent être un bon moyen de tenir compte de la diversité des cultures, contextes et conditions des populations autochtones. Elle met en particulier l'accent sur le paragraphe 3.1) du projet de résolution, qui demande au Directeur général de veiller à ce que toutes les activités de l'OMS concernant les communautés autochtones soient menées en partenariat étroit avec elles. M. CHELIA (Argentine) exprime son plein appui au projet de résolution. Il approuve les observations formulées par le délégué du Brésil et demande des précisions concernant le titre exact de la Consultation tenue à Genève en novembre 1999. Il appelle l'attention sur plusieurs erreurs et inexactitudes qui se sont glissées dans le texte espagnol du projet de résolution, et demande instamment à l'OMS d'utiliser l'expression « indigenous people» au singulier dans le texte anglais de ses documents, conformément à la pratique en vigueur dans les organisations internationales. Mme KOPPERS (Pays-Bas), se référant au processus de réforme au sein du système des Nations Unies, dit que les Pays-Bas attachent une grande importance au plan-cadre des Nations Unies pour l'aide au développement (UNDAF), qui est en quelque sorte le projet commercial interne du système des Nations Unies. L'ensemble des organisations du système des Nations Unies doit défendre une position commune au sein de l'UNDAF, au niveau des pays, et elle est heureuse d'apprendre que l'OMS a pris une part active à l'élaboration de ce cadre et au processus commun d'évaluation par pays. Elle se félicite de ce que l'OMS

170

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

se soit associée au Groupe des Nations Unies pour le Développement et semble participer activement à ses travaux. Elle espère que la participation de l'OMS sera profitable aux autres institutions spécialisées des Nations Unies. Mlle SOLIS CASTANEDA (Guatemala) exprime le désir de sa délégation de s'associer aux auteurs du projet de résolution sur la Décennie internationale des populations autochtones. M. CASTRO GRANDE (El Salvador) approuve les observations formulées par les délégués du Honduras et du Nicaragua Sa délégation souhaitait un rapport détaillé et concret sur l'assistance aux pays d'Amérique centrale frappés par l'ouragan Mitch. L'unique paragraphe du document A53/26 Add.1 consacré à ce sujet est largement insuffisant et dénote un manque de sérieux, de solidarité et de diplomatie. M. CHAKALISA (Botswana), se référant au paragraphe 1.1) du projet de résolution, fait observer qu'il n'est pas d'usage de prévoir des systèmes de santé différenciés pour les populations autochtones et le reste de la population. Tous les citoyens du Botswana bénéficient du même traitement, qu'ils soient autochtones ou non. Le Dr PAVLOV (Fédération de Russie) demande si la Commission examine le document A 53/26 dans son ensemble ou seulement le projet de résolution sur la santé des populations autochtones. Il s'intéresse personnellement de près à la collaboration au sein du système des Nations Unies et avec d'autres organisations intergouvernementales dans les situations d'urgence, qui est traitée dans le document A53/26 Add.l. Ce type de collaboration est de plus en plus nécessaire compte tenu du nombre croissant de situations d'urgence dans le monde dues à des catastrophes naturelles ou causées par l'homme. Dans de telles situations, c'est le secteur social qui est le plus sollicité et plus particulièrement les services de santé. C'est à l'OMS qu'incombe au premier chef de fournir des conseils et de faire bénéficier les pays touchés de ses connaissances et de son expérience de la protection sanitaire et des soins d'urgence, ainsi que de coordonner les efforts déployés par des organisations internationales afm de maîtriser les répercussions sanitaires des situations d'urgence. Les efforts de l'OMS, de ses Etats Membres et des organisations internationales devraient viser tout spécialement à accroître la capacité des pays à faire face à des situations d'urgence et à coordonner l'aide humanitaire dans des situations d'urgence ainsi que les mesures d'aide à la reconstruction et au développement à long terme du secteur de la santé. Il faut en particulier améliorer l'état de préparation sur le terrain étant donné que seuls les pays bien préparés peuvent faire face à des situations d'urgence. A côté du travail de coordination avec d'autres organisations internationales, les activités de l'OMS dans le domaine des situations d'urgence et de l'aide humanitaire impliquent une bonne coordination au sein de l'Organisation elle-même et la mobilisation du potentiel de ses différents programmes au niveau tant mondial que régional. Cette activité interdisciplinaire et interrégionale nécessite des décisions politiques, stratégiques, budgétaires et administratives bien conçues de la part de l'Organisation. Pour que l'OMS puisse mener à bien des activités essentielles de cette nature, il importe que des crédits suffisants aient été consacrés à cette fm dans son budget ordinaire. Le document A53/26 évoque aussi les activités entreprises par l'OMS pour préparer les réunions de suivi sur le Sommet mondial pour le développement social (Copenhague +5) et la Conférence mondiale sur les femmes (Beijing +5). Quelle contribution l'Organisation prévoit-elle d'apporter au sommet du millénaire et à l'assemblée du millénaire des Nations Unies qui se tiendront dans le courant de l'automne 2000? M. CHELIA (Argentine) approuve les observations formulées par les délégations d'El Salvador, du Honduras et du Nicaragua concernant l'application de la résolution WHA52.12.

COMMISSION B :TROISIEME SEANCE

171

Le PRESIDENT propose que, conformément à la demande de plusieurs délégations, la Commission reporte au lendemain l'examen du document A53/26 Add.1 et se contente, pour la présente séance, d'examiner le document A53/26 et le projet de résolution.

Il en est ainsi décidé. Le Dr KEAN (Coopération extérieure et partenariats), revenant sur les observations formulées au sujet du document A53/26, remercie le délégué des Pays-Bas pour ses propos encourageants sur les activités entreprises en commun par l'OMS et d'autres institutions des Nations Unies au sein du plan-cadre des Nations Unies pour l'aide au développement. La situation actuelle est beaucoup plus favorable qu'à l'époque de la Cinquante-Deuxième Assemblée mondiale de la Santé et l'OMS compte continuer à participer à l'élaboration du plan-cadre. En réponse au délégué de la Fédération de Russie, il déclare que le Directeur général, accompagnée d'une importante délégation de l'OMS, assistera à la session extraordinaire de l'Assemblée générale des Nations Unies consacrée à Beijing +5, qui se tiendra à New York en juin 2000. L'OMS envisage actuellement de participer au sommet du millénaire, une réunion de deux ou trois jours qui sera organisée dans le cadre de 1' assemblée du millénaire dans quelques mois. Depuis la session de janvier 2000 du Conseil exécutif, l'OMS a participé aux deux conférences préparatoires finales de Beijing +5 et de Copenhague +5. Le délégué du Brésil a fait ressortir à juste titre que l'expression« indigenous people» était utilisée au singulier par l'Organisation des Nations Unies, alors qu'elle avait été employée. au pluriel par la Consultation internationale qui s'était tenue à Genève en novembre 1999. Le Dr Kean reconnaît que, dans le projet de résolution, le titre de la Consultation devrait figurer entre guillemets. A l'avenir, l'OMS se conformera à l'usage au sein de l'ONU. Il assure le délégué de l'Argentine que le Secrétariat examinera les différentes versions du projet de résolution dans toutes les langues officielles afin de garantir l'emploi d'une terminologie homogène. Il remercie les Gouvernements de la Nouvelle-Zélande et des Pays-Bas pour leur contribution fmancière à la Consultation internationale. Aucune allocation budgétaire n'a été prévue pour 2001, mais l'OMS examinera la suggestion du délégué du Canada d'organiser la consultation parallèlement à la réunion qui devrait se tenir en 2001 à Phoenix, Arizona, sur le thème« Guérir nos esprits». En réponse à la remarque faite par le délégué du Botswana, le Dr Kean explique que l'intention du projet de résolution sur la Décennie internationale des populations autochtones est de demander instamment aux Etats Membres de veiller à ce que leurs systèmes nationaux de santé tiennent dûment compte des besoins de cette catégorie de personnes. Le PRESIDENT invite la Commission à prendre note du rapport contenu dans le document A53/26 sur la collaboration à l'intérieur du système des Nations Unies et avec d'autres organisations intergouvernementales.

Il en est ainsi convenu. Le PRESIDENT invite la Commission à examiner le projet de résolution sur la Décennie internationale des populations autochtones, en faisant observer que le Guatemala a demandé à figurer sur la liste des coauteurs. M. TALLARD-FLEURY (France) propose que, dans le texte de l'alinéa 3) du paragraphe 1, les mots « restent propriétaires de ce savoir et de ses bienfaits » soient remplacés par les mots « conservent ce savoir et ses bienfaits». Le Dr LARIVIÈRE (Canada), se référant à l'amendement proposé par le délégué de la France, dit que l'intention des rédacteurs de ce projet en choisissant l'expression «restent propriétaires» était de protéger les intérêts économiques des populations autochtones. Les connaissances traditionnelles qui ont

172

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

été révélées par les populations autochtones sur des produits tels que la quinine et le curare ont été utilisées à l'échelle mondiale et ont profité à l'humanité tout entière sans que ces dernières en tirent aucun avantage fmancier. Il est toutefois disposé à accepter l'amendement proposé.

Le projet de résolution, ainsi amendé, est approuvé. 1 (Voir la suite du débat dans le procès-verbal de la quatrième séance, section 3, page 178.)

La séance est levée à 16h45.

Ce projet de résolution a été transmis à 1'Assemblée de la Santé dans le deuxième rapport de la Commission et adopté sous la cote WHA53.10.

1

QUATRIEME SEANCE Vendredi 19 mai 2000, 10h30 Président : Dr K. KARAM (Liban)

1.

DEUXIEME RAPPORT DE LA COMMISSION B (document A53/37)

Le Dr SUWIT WIBULPOLPRASERT (Thai1ande), Rapporteur, donne lecture du projet de deuxième rapport de la Commission B. M. PENA GHISLENI (Brésil) demande si la Commission examine actuellement les deux projets de résolutions présentés dans le rapport. M. TOPPING (Conseiller juridique) explique que le contenu des résolutions ne fait pas l'objet de l'examen. La Commission examine le rapport uniquement pour vérifier que les résolutions qui y figurent sont bien celles qu'elle a décidé de recommander à l'Assemblée de la Santé pour adoption. Mme EARP (Nouvelle-Zélande), se référant à la résolution sur la Décennie internationale des populations autochtones, dit qu'elle soutient la proposition qui a été faite la veille, à savoir de mettre entre guillemets, dans le quatrième alinéa du préambule de la version anglaise, la Consultation internationale sur la santé des populations autochtones. Par souci de cohérence, il conviendrait d'apporter les mêmes modifications au paragraphe 2. M. OYARCE (Chili) dit vouloir saisir cette opportunité pour faire une remarque sur la résolution dont son pays est coauteur. Le système international a de plus en plus tendance à adopter une approche intégrée axée sur les populations: c'est pourquoi, dans son rapport du millénaire, le Directeur général place la santé au coeur du développement social. Cette approche intégrée a été incorporée dans de nombreuses déclarations de politique générale et dans les plans d'action de conférences internationales successives, permettant ainsi la reconnaissance juridique des droits des populations autochtones. Une étude sociale menée au Chili a montré que les communautés autochtones sont vulnérables et qu'il était nécessaire que des politiques tiennent compte de leur spécificité culturelle et de leur éventuelle contribution à une société multiethnique. Le Gouvernement chilien applique une forme de discrimination positive afm de promouvoir l'égalité des chances de développement, un accès équitable au système de santé et la coexistence fondée sur l'égalité sociale et culturelle. Par ailleurs, des études épidémiologiques ont montré que les zones de concentration des populations autochtones enregistraient de plus mauvais indicateurs de santé que dans le reste de la population. M. Oyarce constate avec satisfaction que l'OMS s'intéresse à ce sujet et il encourage le Département chilien de la Santé et du Développement durable à continuer de prêter attention à la santé des populations autochtones. Il a noté les recommandations figurant dans le rapport de la Consultation internationale sur la santé des populations autochtones, notamment en ce qui concerne la reconnaissance et le soutien des systèmes de médecine traditionnelle. L'OMS devrait s'efforcer de promouvoir des politiques de santé équitables pour les populations autochtones, politiques qui tiendraient compte des différences régionales et locales, et des partenariats devraient être institués sur la base des principes d'égalité, de confiance et de respect mutuel. Le modèle des consultations pourrait être utile pour élaborer des programmes et des projets de santé spécifiques pour les populations autochtones, et l'OMS et l'OPS pourraient apporter leur concours en privilégiant des mécanismes de coopération fondés sur une interaction culturelle et scientifique.

- 173-

174

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

M. Oyarce lance un appel pour que la Consultation entamée en novembre 1999 en vue d'élaborer un plan d'action mondial pour améliorer l'état de santé des populations autochtones se poursuive, pour que des méthodes de participation communautaire soient mises au point afin de permettre aux gouvernements et à l'OMS de s'accorder sur des programmes spécifiques à ces populations, et pour que l'OMS aide les gouvernements à recueillir et à analyser des statistiques sanitaires de manière à tenir compte des différences ethniques et à faciliter la détection d'inégalités sanitaires entre peuples autochtones et autres couches de la société. Au niveau mondial, l'OMS devrait renforcer sa présence au sein d'organes tels que le forum permanent sur les questions des populations autochtones qui doit être mis en place dans le cadre du système des Nations Unies, pour s'assurer que les indicateurs de santé, ainsi que d'autres indicateurs, sont pris en compte.

Le rapport, tel qu'il a été modifié, est adopté. 1

2.

SITUATION SANITAIRE DE LA POPULATION ARABE DANS LES TERRITOIRES ARABES OCCUPES, Y COMPRIS LA PALESTINE, ET ASSISTANCE SANITAIRE A CETTE POPULATION: Point 16 de l'ordre du jour (documents A53/25, A53/INF.DOC./4, A53/INF.DOC./5 et A53/INF.DOC./6)

Le PRESIDENT invite la Commission à examiner un projet de résolution proposé par les délégations des pays suivants : Allemagne, Autriche, Bahreïn, Belgique, Danemark, Egypte, Espagne, Finlande, France, Grèce, Irlande, Italie, Jamahiriya arabe libyenne, Jordanie, Luxembourg, Malaisie, Maroc, Mauritanie, Pays-Bas, Portugal, Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord, Suède, Tunisie et Yémen. Le texte est ainsi libellé : La Cinquante-Troisième Assemblée mondiale de la Santé, Attentive au principe primordial énoncé dans la Constitution de l'OMS, selon lequel la santé de tous les peuples est une condition fondamentale de la paix et de la sécurité ; Rappelant la convocation de la Conférence internationale de la paix sur le Moyen-Orient (Madrid, 30 octobre 1991), sur la base des résolutions du Conseil de Sécurité 242 (1967), 338 (1973) et 425 (1978), et du principe« terres contre paix», ainsi que les accords qui ont suivi entre Palestiniens et Israéliens, dont le dernier est l'accord de Sharm-El-Sheikh; Exprimant l'espoir que les pourparlers de paix entre les parties concernées au Moyen-Orient déboucheront sur une paix juste et globale dans la région, tenant compte en particulier du droit du peuple palestinien à l'autodétermination, qui comprend la possibilité de disposer d'un Etat; Notant la signature à Washington, le 13 septembre 1993, de la Déclaration de principes sur des arrangements intérimaires d'autonomie par le Gouvernement israélien et l'Organisation de Libération de la Palestine (OLP), le début d'application de la Déclaration de principes après la signature de l'Accord du Caire le 4 mai 1994, 1' accord intérimaire signé à Washington le 28 septembre 1995, le transfert des services de santé à l'Autorité palestinienne et le lancement de l'étape finale des négociations entre Israël et l'OLP le 5 mai 1996; Soulignant l'urgente nécessité de mettre en oeuvre la Déclaration de principes et les accords qui ont suivi ; Exprimant la profonde préoccupation que lui inspirent les politiques d'implantation de colonies israéliennes dans le territoire palestinien occupé, y compris dans Jérusalem-Est occupée, en violation du droit international, de la Quatrième Convention de Genève et des résolutions pertinentes de l'Organisation des Nations Unies;

1

Voir p. 263.

COMMISSION B : QUA TRIEME SEANCE

175

Soulignant la nécessité de préserver l'intégrité territoriale de tout le territoire palestinien occupé et de garantir la liberté de circulation des personnes et des biens à l'intérieur du territoire palestinien, en levant notamment les restrictions à la circulation en direction ou en provenance de Jérusalem-Est, ainsi que la libre circulation entre le territoire et le monde extérieur, étant donné les conséquences néfastes du bouclage répété du territoire palestinien sur son développement socio-économique, notamment sur le secteur de la santé ; Reconnaissant la nécessité d'accroître l'appui et l'assistance sanitaire apportés à la population palestinienne des zones placées sous la responsabilité de l'Autorité palestinienne et aux populations arabes des territoires arabes occupés, notamment les Palestiniens et la population arabe syrienne; Reconnaissant que le peuple palestinien va devoir déployer des efforts considérables pour améliorer son infrastructure sanitaire, et prenant note de l'établissement d'une coopération entre le Ministère israélien de la Santé et le Ministère palestinien de la Santé, puisque le meilleur moyen d'assurer le développement sanitaire est de préserver la paix et la stabilité; Réaffirmant le droit des patients et du personnel médical palestiniens de pouvoir bénéficier des services de santé disponibles dans les établissements sanitaires palestiniens de Jérusalem-Est occupée; Reconnaissant la nécessité d'apporter un appui et une assistance sanitaire aux populations arabes vivant dans les régions placées sous la responsabilité de 1'Autorité palestinienne et dans les territoires occupés, y compris le Golan syrien occupé ; Ayant examiné le rapport du Directeur général ; 1. EXPRIME l'espoir que les pourparlers de paix déboucheront sur une paix juste, durable et globale au Moyen-Orient ; DEMANDE à Israël de ne pas entraver les efforts du Ministère palestinien de la Santé 2. soucieux de s'acquitter pleinement de ses responsabilités envers le peuple palestinien, y compris dans Jérusalem-Est occupée, et de lever le bouclage partiel ou complet imposé au territoire palestinien ; 3. AFFIRME la nécessité d'appuyer les efforts de l'Autorité palestinienne dans le domaine de la santé pour lui permettre de mettre en place son propre système de santé afin de répondre aux besoins du peuple palestinien en gérant ses propres affaires et en supervisant ses propres services de santé; 4. INVITE INSTAMMENT les Etats Membres ainsi que les organisations intergouvernementales, non gouvernementales et régionales à apporter promptement une aide généreuse pour assurer le développement sanitaire du peuple palestinien ; 5. REMERCIE le Directeur général de son rapport et de ses efforts, et la prie : 1) de prendre des mesures d'urgence, en collaboration avec les Etats Membres, pour aider le Ministère palestinien de la Santé dans ses efforts pour surmonter les difficultés actuelles, en particulier de manière à garantir la libre circulation des responsables de la santé, des patients, des agents de santé et des services d'urgence ainsi que la fourniture normale de matériel médical aux établissements médicaux palestiniens, y compris ceux de Jérusalem; 2) de continuer à fournir l'assistance technique nécessaire pour appuyer des programmes et des projets sanitaires en faveur du peuple palestinien ; 3) de prendre les mesures et d'établir les contacts nécessaires pour obtenir les fonds requis auprès de diverses sources de financement, extrabudgétaires notamment, afin de répondre aux besoins sanitaires urgents du peuple palestinien ; 4) de poursuivre ses efforts en vue de mettre en oeuvre le programme spécial d'assistance sanitaire et de l'adapter aux besoins du peuple palestinien compte tenu du plan de santé pour le peuple palestinien ; 5) de faire rapport à la Cinquante-Quatrième Assemblée mondiale de la Santé sur l'application de la présente résolution;

176

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

6. EXPRIME sa gratitude à tous les Etats Membres, aux organisations intergouvernementales et aux organisations non gouvernementales et les invite à fournir l'assistance nécessaire pour satisfaire les besoins du peuple palestinien en matière de santé. Mme SIDHOM (Egypte), présentant le projet de résolution, appelle l'attention sur le rapport figurant dans le document A53/INF.DOC./4. Ce rapport confirme que la situation sanitaire de la population arabe dans les territoires arabes occupés continue de se détériorer parce qu'Israël persiste à appliquer une politique de bouclage des zones palestiniennes, empêchant ainsi les Palestiniens d'avoir accès aux services de santé. Les autorités israéliennes continuent de retarder les ambulances palestiniennes transportant des blessés victimes de la répression des forces d'occupation. La situation sanitaire de la population palestinienne ne pourra s'améliorer qu'une fois que l'occupation israélienne aura pris fin, lorsque l'Autorité nationale palestinienne se verra garantir le droit d'administrer les affaires de ses propres citoyens, et lorsque le Ministère de la Santé palestinien sera pleinement capable de s'acquitter de ses responsabilités. Le projet de résolution, dont le contenu est analogue à celui des résolutions antérieures de l'Assemblée de la Santé sur le sujet, manifeste l'espoir que les pourparlers de paix entre les parties concernées aboutiront à une paix juste, durable et globale dans la région. Il réclame une assistance pour améliorer l'état de santé du peuple palestinien, et demande à l'OMS d'apporter son soutien et notamment de s'efforcer d'obtenir un financement d'origine extrabudgétaire. M. BÂRCIA (Portugal), prenant la parole au nom de l'Union européenne, précise que sa délégation est coauteur du projet de résolution pour deux raisons: parce qu'il est conforme à l'analyse de la situation présentée dans le rapport du Directeur général (document A53/25), et parce que l'OMS a un important rôle à jouer dans la mise en place d'un système de santé efficace et durable pour le peuple palestinien. Par ailleurs, le texte est constructif et contribuera à l'actuel processus de paix au Moyen-Orient. M. KHAN (Pakistan), M. COMENDEIRO HERNÂNDEZ (Cuba), le Dr SHANGULA (Namibie), M. HENDRASMORO (Indonésie), le Dr SHEIKH (République arabe syrienne), M. BENFREHA (Algérie), Mme JENNY (Suisse) et M. DAMAYE (Tchad) font savoir qu'ils souhaitent que le nom de leur délégation soit ajouté à la liste des auteurs du projet de résolution. Mme BLACKWOOD (Etats-Unis d'Amérique) dit que son pays estime que le projet de résolution doit avoir pour seule préoccupation la santé du peuple palestinien. Or le texte introduit des considérations politiques dans le débat et ne sert pas les intérêts de la paix; c'est pourquoi sa délégation y est opposée. Les Etats-Unis ont déjà versé plus de US $60 millions, dont US $11 millions pendant l'année en cours, pour aider le peuple palestinien à lutter contre la mortalité infantile et pour favoriser des activités de santé maternelle. Ils continueront de fournir cette assistance, mais ils estiment que l'Assemblée de la Santé n'est pas le cadre approprié pour débattre de questions politiques. Le Dr SEVER (Israël) relève que l'an 2000 est une année de progrès continus dans le processus de paix au Moyen-Orient et de négociations intensifiées entre Israël et l'Autorité palestinienne. Logiquement, par conséquent, un projet de résolution à teneur politique sur la question palestinienne n'a aucune raison d'être, et c'est la raison pour laquelle Israël rejette ce texte et encourage les autres Etats Membres à voter contre son approbation. Les Etats Membres ne sont pas sans savoir qu'une coopération existe entre Israël et l'Autorité palestinienne dans le domaine de la santé depuis de nombreuses années ; par exemple, un spécialiste israélien de l'oncologie a récemment obtenu le Prix Sasakawa pour la Santé pour sa contribution au développement des services palestiniens d'oncologie entre 1978 et 1994. Un dialogue fructueux se poursuit dans de nombreux domaines de la santé publique, dont l'épidémiologie, l'hygiène de 1'environnement, la salubrité des aliments et les soins médicaux dispensés aux Palestiniens dans les hôpitaux israéliens.

COMMISSION B : QUATRIEME SEANCE

177

Israël soutient des programmes d'assistance en faveur des Palestiniens et coopère volontiers avec des organisations et des pays à cette fm. Le Dr Sever est convaincu que les efforts déployés par les deux parties aboutiront à la paix et que de meilleures conditions de vie et de santé suivront pour tous. Dans l'intervalle, il prie instamment les Etats Membres de mettre un terme à la politisation de l'OMS. Le Dr AL-ZAANOUN (Palestine) constate avec regret que, cinq ans après la signature de l'Accord d'Oslo prévoyant un retrait israélien du territoire palestinien occupé en 1967, Israël ne s'est toujours pas retiré de 60% de ce territoire. La fragmentation d'une zone habitée par trois millions de Palestiniens est à l'origine de nombreux problèmes de santé, dus surtout à l'absence de liberté de circulation entre la bande de Gaza, la Cisjordanie et Jérusalem-Est. Les malades ne peuvent avoir accès à l'équipement médical, aux médicaments et aux vaccins à cause des nombreux obstacles qui entravent l'importation de telles fournitures en provenance d'Etats voisins et d'Europe. Les Palestiniens reçoivent moins d'un dixième de la quantité d'eau fournie aux citoyens israéliens, et les colonies israéliennes illégales déversent leurs eaux usées et leurs déchets solides aux abords des communautés palestiniennes, créant toute une série de problèmes environnementaux et sanitaires. Par ailleurs, quelque 1650 prisonniers et détenus continuent de dépérir dans des prisons israéliennes ; on compte parmi eux des femmes, des mineurs et environ 430 personnes souffrant de maladies de longue durée emprisonnées depuis plus de 15 ans. Des réfugiés palestiniens continuent de vivre dans des camps situés dans la bande de Gaza et en Cisjordanie, et d'autres vivent dans des camps analogues en Jordanie, en République arabe syrienne et au Liban. Le Dr Al-Zaanoun exprime sa gratitude à l'UNRWA pour son engagement indéfectible à fournir des services à ces réfugiés, qui vivent dans des conditions très difficiles et dans une grande promiscuité. Des situations d'urgence continuent de se produire : il y a quelques jours seulement, par exemple, 450 Palestiniens ont été blessés lors de manifestations pacifiques organisées pour appeler Israël à respecter ses engagements au titre de l'Accord d'Oslo. L'armée israélienne a ouvert le feu sur les manifestants, tuant cinq personnes, dont deux enfants. Le Dr Al-Zaanoun remercie des Etats Membres pour leur appui à la résolution adoptée sur le même sujet à la Cinquante-Deuxième Assemblée mondiale de la Santé (résolution WHA52.5). Il espère que d'ici la Cinquante-Quatrième Assemblée mondiale de la Santé, l'Accord d'Oslo aura été appliqué et que la paix aura été obtenue, rendant ainsi toute autre résolution inutile. M. AL-FAKHR.l (Arabie saoudite) se dit favorable au projet de résolution. Le PRESIDENT invite la Commission à voter à main levée sur le projet de résolution.

Le projet de résolution est approuvé par 83 voix contre 2, avec 12 abstentions. 1 M. AMIRKHIZI (République islamique d'Iran) précise que, même si sa délégation a voté pour la résolution, cela ne doit en aucun cas être interprété comme une reconnaissance d'Israël par son pays. Mme GERY AIS-VIDRICAIRE (Canada) explique que sa délégation adhère à l'objectif fondamental de la résolution, mais qu'elle s'est abstenue de voter à cause des éléments politiques figurant dans le troisième alinéa du préambule. Si le Canada reconnaît au peuple palestinien le droit à l'autodétermination et n'exclut pas la possibilité de créer un Etat palestinien, il estime que cette question doit continuer de faire l'objet de négociations entre les parties concernées par le processus de paix au Moyen-Orient.

Ce projet de résolution a été transmis à 1'Assemblée de la Santé dans le troisième rapport de la Commission et adopté sous la cote WHA53.ll.

1

178

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

Mme LIANG (Singapour), expliquant le vote de sa délégation, dit que celle-ci s'est également abstenue car l'Assemblée de la Santé est un organe technique qui n'est pas approprié pour traiter de questions comme celles qui figurent dans le projet de résolution. A son avis, c'est plutôt l'Assemblée générale des Nations Unies qui devrait examiner de telles questions.

3.

COLLABORATION A L'INTERIEUR DU SYSTEME DES NATIONS UNIES ET AVEC D'AUTRES ORGANISATIONS INTERGOUVERNEMENTALES: Point 17 de l'ordre du jour (documents A53/26 et A53/26 Add.l) (suite de la troisième séance, section 3) • Soutien aux pays d'Amérique centrale frappés par l'ouragan Mitch • Urgences sanitaires

Mme BU FIGUEROA (Honduras) regrette profondér.,ènt que la mise en oeuvre de la résolution WHA52.12 n'ait aucunement répondu aux attentes du Honduras. Le Honduras, pays le plus sévèrement touché de la région, attend toujours un rapport détaillé sur la mobilisation des ressources techniques et fmancières de l'OMS sur le terrain, dans le cadre d'un programme de réhabilitation et de reconstruction du secteur de santé dans le pays, y compris une évaluation des résultats du programme. Elle aurait souhaité que le rapport précise selon quelles modalités la résolution est appliquée. Mme SANCHEZ REYES (Nicaragua) reconnaît les travaux louables réalisés par le Bureau régional dans les pays frappés par la catastrophe au moment où ils étaient le plus durement éprouvés. Toutefois, compte tenu du fait que l'OMS est une organisation intergouvernementale tenue d'agir conformément aux décisions de ses Etats Membres, dans son rapport, le paragraphe et demi consacré aux activités de l'Organisation concernant la catastrophe survenue en Amérique centrale est insuffisant. La déléguée a accueilli avec satisfaction le rapport rédigé par l'OPS, qui contenait nombre des renseignements qui auraient dû figurer dans le document de l'OMS, notamment en ce qui concerne le suivi de la résolution WHA52.12. Elle se déclare soucieuse de la façon dont une résolution fermement soutenue par les Membres l'année précédente a été traitée, et demande qu'à l'avenir l'Organisation se montre plus attentive aux mandats que l'Assemblée de la Santé lui confie. M. COMENDEIRO HERNANDEZ (Cuba) souscrit aux remarques du Honduras et du Nicaragua. Le rapport présenté par l'OPS était beaucoup plus détaillé que le rapport soumis à l'Assemblée de la Santé. Cuba fournit une assistance médicale aux pays frappés par l'ouragan Mitch, à savoir le Belize, le Guatemala, Haïti, le Honduras et le Nicaragua, et continuera de leur prêter aide aussi longtemps que cela sera nécessaire. Le Dr BELLO DE KEMPER (République dominicaine) indique que sa délégation partage les préoccupations exprimées par les intervenants précédents. La résolution WHA52.12, ainsi que le temps consacré à 1' examen des catastrophes survenues en 1998 dans les Caraïbes et en Amérique centrale, à l'occasion de la session du Conseil économique et social de l'Organisation des Nations Unies qui s'est tenue à Genève, sont l'expression des préoccupations de la communauté internationale. Celle-ci a donc intérêt à connaître les activités de l'OMS dans les pays touchés. La déléguée aurait souhaité que le rapport soit plus détaillé et qu'il soit rédigé dans de meilleurs délais. Le Dr VIVAS (Uruguay) dit que, même si elle sait gré à l'OMS et à l'OPS des activités qu'elles ont menées suite à la catastrophe causée par l'ouragan Mitch, elle aussi regrette profondément que le rapport ne relate pas ces activités. Elle consulterait avec intérêt le rapport de l'OPS dont il a été fait mention.

COMMISSION B : QUATRIEME SEANCE

179

M. CASTRO GRANDE (El Salvador) remercie le Dr Alleyne pour le rapport qu'il a distribué auparavant à quelques délégations et qui est consacré au soutien apporté par l'OMS et l'OPS au processus de reconstruction en Amérique centrale après l'ouragan Mitch. Son Gouvernement leur exprime sa gratitude et manifeste également sa reconnaissance à la communauté internationale des donateurs pour son geste de solidarité et pour son effort de coopération en vue d'améliorer la situation dans le secteur de la santé par le biais de mécanismes de prévention. Il faudra encore des années avant que les dégâts soient réparés, et il faut espérer que l'appellancé par les pays sinistrés ne sera pas oublié. L'intervenant ne met pas en doute le sérieux de l'engagement de l'OMS et de l'OPS, mais il n'en demeure pas moins que le compte rendu présenté dans le rapport de l'OMS est inadéquat pour un sujet d'une telle importance. Mlle SOLÎS CASTANEDA (Guatemala) et M. SALAS (Venezuela) partagent cette opinion. M. MARTINEZ AGUILAR (Mexique) pense que, compte tenu de la terrible tragédie dont les pays d'Amérique centrale ont été victimes, ces pays sont en droit de demander un examen plus complet des activités menées dans la région par l'OMS. Il demande que le rapport du Dr Alleyne soit distribué en guise de document officiel de l'Assemblée de la Santé. M. KUTCH (Australie) indique que l'Australie constate avec satisfaction les efforts considérables consentis par l'OMS pour renforcer la collaboration avec d'autres organisations des ~ations Unies dans des situations d'urgence, et notamment avec le Bureau de la Coordination des Affaires humanitaires des Nations Unies. Elle reconnaît le rôle important joué par l'OMS en qualité d'organisme responsable des questions sanitaires en situations d'urgence, spécialement dans les domaines suivants : surveillance, détermination de normes et évaluation et coordination générales des interventions dans le secteur de la santé. L'OMS devrait continuer à renforcer son autorité dans le secteur de la santé en défmissant plus clairement son rôle de chef de file dans ce domaine. L'Australie est également satisfaite des progrès réalisés récemment par l'OMS dans le développement de ses capacités en vue de faire face aux urgences sanitaires. L'Organisation devrait tirer des enseignements de l'expérience pratique et persister à améliorer ses interventions d'urgence dans le secteur sanitaire en continuant de renforcer ses capacités techniques et administratives en vue de réagir rapidement et efficacement en cas d'urgence sanitaire. M. LLANSO (OMM) rappelle la résolution WHA51.29, dans laquelle l'Assemblée de la Santé approuvait la participation de l'OMS au «programme d'action pour le climat» et appelait l'OMS à collaborer plus étroitement avec l'OMM et d'autres institutions en vue de mettre au point des applications climatiques présentant un intérêt pour la santé publique. Cette collaboration s'est réalisée par l'intermédiaire du Comité interorganisations sur le programme d'action pour le climat, qui a pour objectif de traduire les connaissances climatiques en mesures d'atténuation. En 1999, l'OMS a collaboré avec l'OMM et le PNUE à un projet qui pourra servir d'exemple, consacré au climat et à la santé, projet qui a marqué le lancement de systèmes de détection des pics de chaleur à Rome et Shanghai dans le but de réduire les incidences sanitaires des vagues de chaleur présentant un danger. La semaine prochaine, le projet sera l'objet d'un exposé scientifique devant le Conseil exécutif. L'OMS a également coparrainé, avec l'OMM et le PNUE, le Congrès international de biométéorologie, qui a eu lieu conjointement avec la Conférence internationale de climatologie urbaine à Sydney. En juillet, un atelier consacré au climat et à la santé dans les petits Etats insulaires se tiendra à Fidji. L'OMM et l'OMS sont également engagées dans la phase préliminaire de rédaction d'un plan d'action pour le climat et la santé, et M. Llans6 recommande que le texte de ce plan figure dans la documentation. Le Dr ALLEYNE (Directeur régional pour les Amériques) s'excuse de ne pas avoir préparé de rapport écrit. Selon des estimations, l'ouragan Mitch a laissé derrière lui 20 000 morts ou disparus et un nombre encore plus grand de personnes blessées ou traumatisées ; en outre, 30 % des services de santé ont été détruits. L'OPS a immédiatement envoyé de l'aide aux pays les plus sévèrement frappés, le Honduras et le Nicaragua, ainsi qu'aux deux pays moins durement touchés, El Salvador et le Guatemala;

180

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

elle a dépêché 60 membres du personnel de la catégorie professionnelle supplémentaires et distribué US $300 000 du programme du Directeur régional pour le développement. A la suite de la déclaration des ministres de la santé à l'occasion de la réunion qui a eu lieu en El Salvador en décembre 1998, une rallonge de US $1,5 million a été accordée pour les activités de lutte contre le choléra. Cuba, le Mexique et d'autres pays d'Amérique latine ont fourni massivement des ressources humaines et fmancières. Les appels lancés à la communauté internationale ont permis de recueillir encore US $4,3 millions, qui se sont mués en aide humanitaire, laquelle a été assurée par l'intermédiaire de l'OPS. Cette aide a permis de fournir de l'eau potable, de rétablir des services de base, de fournir des abris temporaires, de mener des travaux en matière de santé mentale, de mettre en place un système de surveillance épidémiologique, de maîtriser les épidémies, de distribuer de la nourriture et des médicaments et vaccins essentiels et de rétablir les communications. Les fonds alloués ont été gérés grâce au système SUMA (gestion des approvisionnements médicaux à la suite des désastres survenus en Amérique latine et dans les Caraïbes), avec l'aide d'une centaine de volontaires nationaux et internationaux, ce qui a permis de garantir une utilisation des fonds efficace et transparente et une distribution rationnelle. Les communautés locales ont été mobilisées et les organisations non gouvernementales présentes dans la région ont fourni un soutien technique. C'est via son site Web que l'OPS a tenu la communauté internationale et les médias informés de la situation et de ses besoins. Au début de 1999, les pays touchés ont entamé le processus de reconstruction et de transformation, reconnaissant que, sans un investissement massif en faveur de la santé, les retombées négatives de l'ouragan Mitch sur le secteur sanitaire risquaient de compromettre la stabilité sociale et la reprise économique. L 'OPS a mobilisé US $10 millions offerts par la communauté internationale, et notamment par l' AID, la Suède et le Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord. En outre, l'UNICEF a fait un don de US $1 million et le Congrès des Etats-Unis d'Amérique a alloué US $15 millions aux Centres de Lutte contre la Maladie afm qu'ils interviennent en Amérique centrale. Un groupe consultatif pour la transformation et la reconstruction de l'Amérique centrale, connu sous le nom de Groupe de Stockholm, qui réunit l'Allemagne, le Canada, l'Espagne et les Etats-Unis, a mis en place un mécanisme de suivi des projets de reconstruction dans les quatre pays sinistrés. Des groupes consultatifs nationaux ont été établis au Honduras et au Nicaragua, et des consultations auront lieu à Madrid en février 2001, au cours desquelles des projets régionaux élaborés par le Système d'intégration de l'Amérique centrale (SICA) seront examinés. L'OPS continue de fournir un appui technique par l'intermédiaire du bureau de son représentant en El Salvador. Elle achève actuellement un macroprojet qui prévoit le renforcement des services de santé, un réseau régional de laboratoires, une surveillance épidémiologique, la lutte contre la maladie, l'amélioration de l'hygiène de l'environnement et une réduction des risques sanitaires. Le Dr Alleyne espère que la communauté internationale continuera de fournir un soutien afm de satisfaire ces besoins urgents. M. PALSTRA (FNUAP) se prononce nettement en faveur d'une coopération et d'un partenariat interorganisations pour traiter de questions clés en matière de population et de santé. La population mondiale a doublé depuis 1960 et, en chiffres absolus, un plus grand nombre de personnes vit dans la pauvreté qu'il y a 40 ans. Les travaux de l'OMS revêtent donc une très grande importance, et il espère que leur évolution sera suivie de près pour faire en sorte que les besoins sanitaires fondamentaux, notamment dans le domaine de la santé génésique, soient satisfaits. Il souhaite que des programmes comme l'ONUSIDA, ainsi que les programmes de l'OMS, comme l'initiative pour la maternité sans risque et le programme de formation et de recherche en santé génésique, obtiennent finalement des résultats probants dans les domaines suivants : grossesses à moindre risque, réduction de la mortalité infantile, diminution des grossesses non désirées et des avortements, et diminution des infections sexuellement transmissibles. Le FNUAP concentre spécialement son action sur les adolescents. Ils représentent actuellement plus de deux milliards de la population mondiale et leur avenir doit être préservé.

COMMISSION B : QUATRIEME SEANCE

181

Mme SANCHEZ REYES (Nicaragua) remercie le Dr Alleyne pour sa déclaration et soutient la demande du Mexique. Le PRESIDENT considère que la Commission souhaite prendre note du rapport figurant dans le document A53/26 Add.l. II en est ainsi décidé. Le PRESIDENT appelle l'attention sur un projet de résolution proposé par les délégations de Bahreïn, d'Egypte, de Jordanie, du Maroc, d'Oman, du Pakistan et du Qatar, qui est ainsi libellé: La Cinquante-Troisième Assemblée mondiale de la Santé, Ayant à l'esprit la résolution 52/250 adoptée par l'Assemblée générale des Nations Unies le 7 juillet 1998 et intitulée« Participation de la Palestine aux travaux de l'Organisation des Nations Unies»; DECIDE de conférer à la Palestine, en sa qualité d'observateur, les droits et privilèges décrits dans l'annexe à la résolution susmentionnée de l'Assemblée générale des Nations Unies figurant ci-après, pour ce qui est de sa participation à l'Assemblée mondiale de la Santé et aux autres réunions de l'Organisation mondiale de la Santé. RÉSOLUTION ADOPTÉE PAR L'ASSEMBLÉE GÉNÉRALE 52/250. Participation de la Palestine aux travaux de l'Organisation des Nations Unies

L'Assemblée générale, Rappelant sa résolution 181 (II) du 29 novembre 1947, dans laquelle elle a, entre autres dispositions, recommandé le partage de la Palestine en un État juif et un État arabe, Jérusalem étant constituée en corpus separatum, Rappelant également sa résolution 3237 (XXIX) du 22 novembre 1974, par laquelle elle a accordé le statut d'observateur à l'Organisation de libération de la Palestine, Rappelant en outre sa résolution 43/160 A du 9 décembre 1988, qu'elle a adoptée au titre du point de l'ordre du jour intitulé «Statut d'observateur des mouvements de libération nationale reconnus par l'Organisation de l'unité africaine ou la Ligue des États arabes» et dans laquelle elle a décidé que l'Organisation de libération de la Palestine avait le droit de faire publier et distribuer ses communications comme documents officiels de l'Organisation des Nations Unies, Rappelant sa résolution 431177 du 15 décembre 1988, dans laquelle elle a pris acte de la proclamation de 1'État palestinien par le Conseil national palestinien le 15 novembre 1988 et a décidé que la désignation de «Palestine» devrait être employée au sein du système des Nations Unies au lieu de la désignation «Organisation de libération de la Palestine», Rappelant également ses résolutions 49112 A du 9 novembre 1994 et 49/12 B du 24 mai 1995 en vertu desquelles, entre autres, les dispositions prises pour la réunion commémorative extraordinaire de l'Assemblée générale à l'occasion du cinquantième anniversaire de l'Organisation des Nations Unies, outre qu'elles s'appliquaient à tous les États Membres et les États observateurs, s'appliquaient à la Palestine en sa qualité d'observateur, y compris pour l'organisation de la liste des orateurs pour la réunion commémorative,

182

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

Rappelant en outre que la Palestine est membre de plein exercice du Groupe des États d'Asie et de la Commission économique et sociale pour l'Asie occidentale, Considérant que la Palestine est membre de plein exercice de la Ligue des États arabes, du Mouvement des pays non alignés, de l'Organisation de la Conférence islamique et du Groupe des 77 et la Chine, Considérant également que des élections générales démocratiques palestiniennes se sont déroulées le 20 janvier 1996 et que l'Autorité palestinienne a été établie dans une partie du territoire palestinien occupé, Désireuse de contribuer à la réalisation des droits inaliénables du peuple palestinien, permettant ainsi l'instauration d'une paix juste et globale au Moyen-Orient,

1. Décide de conférer à la Palestine, en sa qualité d'observateur et comme indiqué dans l'annexe de la présente résolution, des droits et privilèges supplémentaires pour ce qui est de participer aux sessions et aux travaux de l'Assemblée générale et des conférences internationales convoquées sous les auspices de l'Assemblée ou d'autres organes de l'Organisation des Nations Unies, ainsi qu'aux conférences des Nations Unies; 2. Prie le Secrétaire général de l'informer, pendant la session en cours, de l'application des modalités figurant en annexe à la présente résolution. 89e séance plénière 7 juillet 1998

ANNEXE Les droits et privilèges supplémentaires de la Palestine pour ce qui est de participer aux sessions de l'Assemblée générale seront exercés selon les modalités ci-après, sans préjudice des droits et privilèges existants: 1. Le droit de participer au débat général de 1' Assemblée générale;

2. Sans préjudice de la priorité accordée aux États Membres, la Palestine a le droit d'être inscrite sur la liste des orateurs au titre de points de l'ordre du jour autres que les questions concernant la Palestine et le Moyen-Orient à toute séance plénière de l'Assemblée générale, après le dernier État Membre inscrit sur la liste de cette séance; 3. Le droit de réponse;

4. Le droit de présenter des motions d'ordre concernant les travaux sur les questions touchant la Palestine et le Moyen-Orient, étant entendu que ce droit ne comprend pas le droit de contester la décision du président de séance; 5. Le droit de se porter coauteur de projets de résolution et de décision sur les questions concernant la Palestine et le Moyen-Orient. De tels projets de résolution et de décision ne sont mis aux voix qu'à la demande d'un État Membre;

COMMISSION B : QUATRIEME SEANCE

183

6. Le droit de faire des interventions, une explication liminaire ou le rappel des résolutions pertinentes de l'Assemblée générale n'étant faits qu'une seule fois par le Président de l'Assemblée générale au début de chaque session de l'Assemblée; 7. Une place est réservée à la Palestine immédiatement après les États non membres et avant les autres observateurs, et six sièges lui sont alloués dans la salle de 1'Assemblée générale; 8. La Palestine n'a pas le droit de voter ni de présenter des candidats.

Le Dr TARA WNEH (Jordanie), présentant le projet de résolution, précise que le Bangladesh a demandé à être ajouté à la liste des coauteurs. Le texte cherche à conférer à la Palestine, en sa qualité d'observateur, les mêmes droits et privilèges qui lui ont été accordés au titre de la résolution 52/250 de l'Assemblée générale des Nations Unies. Dans ce texte, rien ne prête à controverse et le Dr Tarawneh espère donc qu'il sera adopté par consensus. M. PELEG (Israël) note que le projet de résolution est directement lié aux négociations en cours entre Israël et les Palestiniens, négociations dont l'issue pourrait avoir une incidence sur le statut des Palestiniens dans toutes les organisations du système des Nations Unies. La résolution essaie de préjuger des résultats de ces négociations. Il convient d'insister sur le fait que la résolution 52/2~0 de l'Assemblée générale n'a aucun rapport avec les travaux de l'OMS, mais garantit uniquement aux Palestiniens des droits spécifiques dans un contexte limité. Ces droits s'appliquent seulement aux conférences internationales convoquées sous les auspices de l'Assemblée générale ou d'autres organes de l'Organisation des Nations Unies, ainsi qu'aux conférences des Nations Unies. Il demande au Conseiller juridique d'apporter des éclaircissements. Mme BLACKWOOD (Etats-Unis d'Amérique) suggère que l'examen du projet de résolution soit reporté. M. TOPPING (Conseiller juridique) confirme que la résolution 52/250 de l'Assemblée générale ne s'applique pas à l'OMS, laquelle est une entité séparée. Une résolution distincte devra être adoptée par l'Assemblée de la Santé si les droits et privilèges prévus dans la résolution devaient s'appliquer à l'OMS. Le PRESIDENT suggère de reporter l'examen approfondi de la question à une séance ultérieure.

Il en est ainsi convenu. (Voir la suite du débat dans le procès-verbal de la cinquième séance, section 3, page 196.)

4.

QUESTIONS TECHNIQUES ET SANITAIRES: Point 12 de l'ordre du jour (suite de la huitième séance de la Commission A) Coopération technique entre pays en développement: Point 12.5 de l'ordre du jour (document A53/8)

Le Dr SULAIMAN (représentant du Conseil exécutif) fait savoir que le Conseil, lorsqu'il a examiné la question à sa cent cinquième session, a noté que le concept et les méthodes de coopération technique entre pays en développement sont réexaminés à la lumière des changements rapides qui interviennent dans le monde, et que l'OMS s'emploie à défmir une approche plus stratégique de cette coopération dans des domaines tels que la lutte contre la pauvreté et la réforme du secteur de la santé. Le

184

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

rôle des organisations non gouvernementales, de la société civile et du secteur privé a été considéré comme vital pour la coopération technique dans le contexte de la mondialisation. Le Conseil a noté que, malgré des ressources modestes, le continent sud-américain a réalisé des progrès considérables en la matière, et il a été suggéré d'en faire profiter les pays africains. Des appels ont été lancés pour accroître la coopération Sud-Sud; en Afrique, il convient d'instaurer d'urgence une coopération technique dans des domaines tels que la formation, la recherche et les produits pharmaceutiques. Le Dr EL-SHAFEI (Egypte) félicite l'OMS et le Directeur général d'avoir appelé l'attention sur un sujet d'importance et d'avoir ouvert la voie à une coopération entre pays en développement, non seulement en matière de santé mais aussi dans d'autres domaines. L'Egypte a elle-même grandement bénéficié de la coopération avec d'autres pays africains, de la participation à des initiatives Sud-Sud et de la collaboration suivie avec d'autres Etats arabes. La coopération entre pays en développement est indispensable si ces pays souhaitent avoir accès aux technologies de pointe et au savoir-faire qui leur permettront de régler efficacement les problèmes de santé qu'ils ont en commun. Partager son expérience sur la façon de trouver des solutions à ces problèmes peut avoir une grande utilité pratique. La coopération peut améliorer les normes en matière de planification stratégique, de développement des ressources humaines et de formation. Dans le même temps, 1' échange d'informations relatives aux médicaments et aux décisions prises à 1' échelle mondiale en ce qui concerne la santé et les services de santé est vital. Comme les problèmes et la structure organisationnelle des pays en développement ont tendance à être très similaires, le pariage de ces informations est souvent plus appréciable en termes pratiques qu'une aide des pays développés. Mme VALDEZ (Etats-Unis d'Amérique) estime que la proposition de l'OMS visant à définir de nouveaux critères et une approche plus stratégique de la coopération technique entre pays en développement est judicieuse, notamment lorsqu'il s'agit d'utiliser cette coopération pour placer la santé au coeur des programmes de développement et d'action politique. Avec le temps, une telle approche pourrait avoir d'importantes répercussions. La proposition de mettre l'accent sur les services de santé, la lutte contre la maladie et les défis de la mondialisation implique que l'on se fixe des objectifs tels que le renforcement de 1' autonomie des pays en développement, 1' augmentation de la quantité et de la qualité de la coopération par la mise en commun des capacités et des moyens, et le transfert des technologies appropriées et des connaissances de manière à renforcer l'autonomie individuelle et collective des pays, ce qui demande beaucoup de temps ainsi que des ressources humaines et financières non négligeables. La compétence et l'autorité régionales de l'OMS contribueront à obtenir d'excellents résultats. L'Organisation pourrait souhaiter examiner le concept de coopération technique entre pays en développement promu par le Bureau régional des Amériques. Ce concept, qui ne fait pas de distinction entre pays développés et pays en développement, a permis de créer entre eux de forts liens de solidarité, car ils partagent la même conception de la santé publique et excluent la relation donateurs-assistés. M. LIU Peilong (Chine) soutient sans réserve l'Organisation dans ses efforts pour fixer de nouveaux critères et pour travailler avec les pays en vue de défmir une approche plus stratégique de la coopération technique entre pays en développement dans des domaines cruciaux tels que la lutte contre la pauvreté et la réforme du secteur public. La Chine, en sa qualité de pays en développement, envisage d'instaurer cette forme de coopération et organisera plus tard dans l'année, à Beijing, un forum Chine-Afrique dont l'un des éléments sera la coopération avec le secteur de la santé. Le Ministère de la Santé de la Chine envisage la possibilité d'établir une coopération technique avec des pays africains. M. Liu espère qu'en promouvant ce concept, l'OMS aidera à déterminer comment placer la santé au coeur des programmes de développement et d'action politique et comment garantir la mise en oeuvre d'une planification sanitaire propre à réduire la pauvreté. Mme SIRINAD TIANTONG (Thaïlande) estime que le rapport ne reflète pas exactement la réalité. Dans différentes Régions, la mise en oeuvre de la coopération technique se heurte à des difficultés. Sa

COMMISSION B : QUA TRIEME SEANCE

185

délégation considère que l'actuelle structure régionale de l'OMS est dépassée et constitue désormais un obstacle à la mise en oeuvre d'une coopération technique efficace. Il faut soit réformer la structure régionale de l'OMS, soit créer un nouveau mécanisme propre à faciliter une telle coopération. La Thaïlande demande au Directeur général de procéder à un examen externe de grande envergure en vue d'évaluer les succès et les échecs, ainsi que les forces et les faiblesses, de la coopération technique en matière de développement sanitaire à l'ère de la mondialisation et de la libéralisation du marché, et de communiquer les résultats de cet examen à la cent neuvième session du Conseil exécutif et à la Cinquante-Cinquième Assemblée mondiale de la Santé en 2002. Le Dr MOGUILEVSKY (Argentine) fait observer qu'au cours des dernières décennies, des organisations financières internationales ont participé de plus en plus à la conception et au financement de programmes de santé. Il s'ensuit que les politiques ne sont pas toujours appliquées conformément aux principes directeurs de l'OMS. Cela a donné lieu à un nouveau scénario international. L'Argentine a pris l'initiative d'impliquer l'OPS dans la conception et le suivi de programmes financés par des sources extérieures. Elle se réjouit donc que l'OMS invite instamment les Etats Membres à engager les bureaux régionaux dans la conception et la mise en oeuvre de programmes bénéficiant d'un fmancement extérieur, afm de veiller à ce qu'ils soient conformes aux politiques de l'Organisation. L'Argentine souhaiterait que cet élément soit pris en compte dans tous les programmes de coopération technique de l'OMS. Le Dr GONZÂLEZ FERNÂNDEZ (Cuba) dit que la libéralisation des échanges et la mondialisation ont accru l'importance de la coopération entre pays en développement. Au Sommet du Sud du Groupe des 77, qui s'est tenu à La Havane en avril2000, les pays en développement ont réaffirmé la nécessité d'une coopération mutuelle dans un monde unipolaire qui les opprime et les exploite. Plus de 2100 agents de santé cubains travaillent actuellement dans 14 pays du monde, et Cuba a également créé une école de médecine latino-américaine, dans laquelle 3300 médecins et étudiants, originaires de 20 pays, reçoivent une formation gratuite. Le Dr LABISSIÈRE (Haïti), se félicitant de l'inscription de ce point à l'ordre du jour, précise que, depuis plus d'un an, une coopération s'est établie entre son pays et Cuba; en fournissant à Haïti du personnel médical et paramédical et du personnel infirmier, Cuba contribue à améliorer la couverture sanitaire dans tout le pays. Plusieurs jeunes Haïtiens étudient la médecine à Cuba. Il s'agit d'un bon exemple de coopération entre deux pays du continent américain qui se heurtent à des difficultés économiques relativement sérieuses et qui ont uni leurs forces pour atteindre différents objectifs. Mme MAKW AKWA (Afrique du Sud) accueille le rapport avec satisfaction, félicite l'OMS pour ses travaux et se réjouit de continuer à participer au débat politique. M. KEN GOUYA (Congo), appuyant les observations d'intervenants précédents, notamment celles du délégué de la Thaïlande, souligne que deux aspects doivent être pris en compte en ce qui concerne les pays africains. Le premier est que la majorité d'entre eux se trouvent au lendemain d'un conflit et, par conséquent, dans une situation spéciale. Le deuxième aspect est que presque tous les pays africains ont des difficultés à former des spécialistes. Il faut donc envisager la possibilité de mettre en place des écoles de médecine interrégionales pour faire en sorte que les efforts de chaque pays se complètent et permettent de former des spécialistes dans toutes les disciplines nécessaires dans une sous-région. Mme ALI (Pakistan) indique que certaines mesures doivent être prises pour rendre plus efficace la coopération technique entre pays en développement. L'OMS pourrait jouer un rôle primordial en encourageant les efforts de coopération entre pays en développement voisins en vue de produire et de distribuer toute une gamme de vaccins, aidant ainsi à résoudre les problèmes de l'offre et de la demande. Deuxièmement, des économies substantielles pourraient être réalisées si des pays en développement achetaient les médicaments à d'autres pays en développement; les acheter à des pays développés

186

CINQUANTE-TROIS lEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

représente un fardeau pour les économies des pays qui disposent de ressources limitées. L'OMS pourrait également inciter les pays en développement à former eux-mêmes des médecins et du personnel infirmier et paramédical, car cela coûterait beaucoup moins cher qu'assurer leur formation dans des pays développés. Enfin, pour que les rapports sur la santé dans le monde soient plus utiles, il est nécessaire de mettre au point des indicateurs de santé comparables pour des pays de niveau comparable, de sorte que les rapports donnent une image plus exacte de la situation dans les pays en développement. (Voir la suite du débat dans le procès-verbal de la cinquième séance, section 2.)

La séance est levée à 12 h 40.

CINQUIEME SEANCE Vendredi 19 mai 2000, 14h30 Président : Dr K. KARAM (Liban)

1.

TROISIEME RAPPORT DE LA COMMISSION B (document A53/39)

Le Dr SUWIT WIBULPOLPRASERT (Thaïlande), Rapporteur, donne lecture du projet de troisième rapport de la Commission B.

Le rapport est adopté. 1

2.

QUESTIONS TECHNIQUES ET SANITAIRES: Point 12 de l'ordr~ du jour (suite)

Coopération technique entre pays en développement: Point 12.5 de l'ordre du jour (document A53/8) (suite de la quatrième séance, section 4) Mme BU FIGUEROA (Honduras) se félicite des efforts déployés par l'OMS pour soulager la pauvreté et réformer le secteur public. Le Honduras reçoit un soutien technique et fmancier considérable de. la part de l'Union européenne, des pays nordiques, des Etats-Unis d'Amérique et des institutions fmancières. Mme Bu Figueroa prie instamment l'OMS d'intensifier ses programmes visant à réduire la pauvreté dans son pays et à renforcer sa présence sur le terrain. L'OMS pourrait également prêter son appui aux pays fortement endettés afm de soulager leur fardeau et de leur permettre d'accéder au développement durable tant souhaité. M. HENDRASMORO (Indonésie) dit que sa délégation estime que l'OMS devrait aider à identifier les domaines de coopération technique entre pays en développement dans le contexte d'une évolution rapide de l'économie mondiale. L'Indonésie pense que la promotion de ce type de coopération contribuerait grandement à inscrire les questions sanitaires à l'ordre du jour mondial pour le développement. L'allégement de la pauvreté est la clé qui permettrait d'améliorer les conditions sanitaires dans de nombreux pays en développement. Mme SUJATA RAO (Inde) se félicite de l'approche plus stratégique de l'OMS vis-à-vis de la coopération technique entre pays en développement compte tenu du fait que le secteur social fait partie intégrante du processus de développement. L'Inde participe à trois grands programmes de promotion de la coopération technique, à savoir le programme international de coopération technique et économique, le plan de Colombo et le plan spécial du Commonwealth d'assistance à l'Afrique. Il existe également certains programmes de coopération bilatérale avec d'autres pays en développement, et le Conseil de la Recherche scientifique et industrielle coordonne ces activités au niveau national, avec le soutien actif de la Confédération de l'Industrie indienne, de la Fédération des Chambres de Commerce et d'Industrie de

1

Voir p. 263.

-187-

188

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

l'Inde et d'organisations non gouvernementales. Par ailleurs, plusieurs activités de coopération technique ont été exécutées dans le cadre d'organismes de développement internationaux, tels que les Nations Unies et le Fonds du Commonwealth pour la Coopération technique. L'Inde a récemment effectué une enquête détaillée sur les capacités de formation des centres collaborateurs de l'OMS et d'autres centres d'excellence situés dans le pays. Plusieurs cours de formation dans des disciplines diverses, qui pourraient intéresser les formateurs de la Région de l'Asie du Sud-Est et d'ailleurs, ont été identifiés. L'Inde est prête à envoyer des formateurs aux centres d'excellence de la Région. Le Dr CHILD (Chili) dit qu'au cours de la dernière décennie, le Chili a mis au point et appliqué un programme destiné à partager son expérience scientifique, technique et culturelle avec tous les pays d'Amérique latine. Face à la mondialisation et à ses conséquences sur la santé de l'homme et l'environnement, il est devenu nécessaire de revitaliser la coopération technique entre pays en développement dans les domaines des relations internationales et de la santé publique. Le Chili a conclu plusieurs accords et traités bilatéraux et multilatéraux sur la coopération technique en Amérique latine et dans les Caraïbes. Grâce au partage des coûts et à l'échange de données d'expérience, des progrès considérables ont été accomplis en ce qui concerne les réformes du secteur de la santé et la lutte contre le VUI/SIDA. Le groupe de coopération technique horizontale, créé par les programmes nationaux de lutte contre le SIDA afm de servir de lieu d'échanges permanents, a élaboré une base de données sur le coût des antirétroviraux. Un réseau de communication électronique sur le Vlli/SIDA a été mis en place par les pays de la Région des Amériques. L'OMS et l'OPS ont un rôle crucial à jouer dans les réformes des systèmes de santé et le développement d'initiatives de coopération et constituent des instances sanitaires importantes conformes à la tr~.dition de la coopération panaméricaine. Il faut instaurer une collaboration interinstitutions plus grande, avec une approche globaliste de la santé essentielle au développement. Le Gouvernement chilien espère que le sujet important de la coopération entre pays en développement continuera d'être examiné de près par les futures Assemblées de la Santé. Le Dr DIAKITE (Guinée) se déclare convaincu que la coopération technique Sud-Sud permettra d'améliorer la santé des gens dans les pays en développement, en raison notamment de la similitude de leurs problèmes. Il demande instamment à l'Assemblée de la Santé de soutenir les domaines d'activités communes recensés par la vingt-troisième réunion des ministres de la santé du Mouvement des pays non alignés, tenue en juin 1998, et le Sommet des chefs d'Etat ou de gouvernement des pays non alignés, en septembre 1998. Le Dr FRENK (Directeur exécutif) remercie les délégations d'avoir fait des observations positives sur le rapport et partagé les données d'expérience de leurs pays. Il s'intéresse à la proposition visant à étendre le concept de coopération technique à tous les pays et se félicite de la reconnaissance par les délégations de la nécessité d'étudier les conséquences de la mondialisation sur la coopération technique. L'Organisation travaille déjà dans cet esprit Le Dr Frenk admet également qu'il est important d'intensifier la coopération en ce qui concerne la réforme des systèmes de santé, domaine d'activité auquel l'OMS attache une grande importance. La Commission prend note du rapport.

Alliance mondiale pour les vaccins et la vaccination: Point 12.7 de l'ordre du jour (document EB105/2000/REC/1, résolution EB105.R4 et annexe 1) Le Dr SULAIMAN (représentant du Conseil exécutif), présentant le projet de résolution figurant dans la résolution EB105.R4, dit que le Conseil exécutifs' est félicité du rapport du Directeur général sur la mise en place de 1'Alliance mondiale pour les vaccins et la vaccination et a bien accueilli la nouvelle initiative en tant qu'étape nécessaire permettant d'exploiter les progrès déjà accomplis. Le Conseil a

COMMISSION B : CINQUIEME SEANCE

189

approuvé avec enthousiasme le principe d'une alliance, dans laquelle tous les partenaires contribuent à la réalisation d'objectifs communs et qui élargit le partenariat mondial pour les vaccins et la vaccination. Il a exprimé sa satisfaction devant la mise en place du Fonds mondial pour les vaccins de l'enfance et a été informé que certains gouvernements avaient l'intention de contribuer aux objectifs de l'Alliance, soit grâce à un fmancement bilatéral ou multilatéral soit par l'intermédiaire du Fonds mondial. Toutefois, certains membres se sont inquiétés de ce que les critères employés pour décider si les Etats susceptibles de bénéficier d'un appui du Fonds pouvaient être retenus semblaient exclure certains pays. On leur a donné des assurances selon lesquelles aucun pays ne serait exclu de l'Alliance et la charge de morbidité constituerait bien un critère d'allocation des fonds pour l'introduction de nouveaux vaccins. On étudie actuellement les moyens qui permettraient à davantage de pays de bénéficier de l'Alliance mondiale, en collaboration avec les pays eux-mêmes. Enfm, le Conseil a souligné que l'appui aux objectifs de l'Alliance mondiale pouvait être canalisé par l'intermédiaire de l'OMS et n'avait pas besoin de passer par l'intermédiaire du Fonds mondial. Le Dr CHA TREE CHAROENSIRI (Thaïlande) dit que sa délégation se félicite vivement de l'initiative prise par le Directeur général de promouvoir l'Alliance mondiale, qui constitue un partenariat public/privé tangible et constructif destiné à accélérer l'établissement de la couverture vaccinale universelle pour les enfants. L'introduction de nouveaux vaccins devrait s'appuyer sur des profils épidémiologiques fiables et sur la charge de morbidité en fonction du conte~te des pays. Le Dr Chatree Charoensiri demande instamment que la dengue hémorragique soit incluse dans la liste des priorités. L'objectif à long terme devrait être la durabilité de 1' administration des vaccins. A fm de renforcer la production de vaccin des petites sociétés pharmaceutiques situées dans les pays en développement, le Dr Chatree Charoensiri prie instamment l'Alliance mondiale d'acheter les vaccins essentiels auprès de sociétés détentrices de certificats de bonnes pratiques de fabrication. Il souligne l'importance qu'il y a à s'assurer que les pauvres des pays en développement ont les moyens d'obtenir de nouveaux vaccins. Les nouveaux vaccins issus de la recherche-développement fmancée par l'Alliance mondiale devraient être étiquetés «vaccins de l'OMS» et mis à la disposition des enfants du monde entier à un prix très raisonnable. II demande des renseignements sur l'ordre de priorité des trois principales activités de l'Alliance mondiale et la proportion de fonds qui leur sont alloués. II aimerait avoir des éclaircissements sur les objectifs de l'Alliance, ainsi qu'il est mentionné au paragraphe 2.5) du projet de résolution. La délégation thaïlandaise souhaite que le Directeur général fasse rapport sur les progrès et activités de l'Alliance au Conseil exécutif, à sa cent neuvième session en janvier 2002, et à la Cinquante-Cinquième Assemblée mondiale de la Santé, en mai 2002. Le Dr DLAMINI (Swaziland) appelle l'attention sur le succès du programme élargi de vaccination de son pays, qui a atteint des taux supérieurs à 90 % pour toutes les maladies évitables par la vaccination. Toutefois, ces deux ou trois dernières années, les taux de couverture vaccinale ont stagné et, parfois, baissé. On risque de voir diminuer la couverture vaccinale à la suite des épidémies de VIH/SIDA et de tuberculose, et ce pas seulement au Swaziland. La délégation du Swaziland s'inquiète des critères de sélection relatifs au fmancement de la part de l'Alliance, notamment en ce qui concerne le produit national brut et le taux de couverture vaccinale. Il semble que le succès remporté par le Swaziland, à savoir une couverture vaccinale élevée, l'écarterait du financement, alors que le pays demeure confronté à des problèmes majeurs, et notamment à la destruction des infrastructures par les inondations, à la difficulté de maintenir la motivation des mères qui amènent leurs enfants se faire vacciner et au coût de la vaccination pour le budget de santé extrêmement limité du pays. Le Dr Dlamini demande donc instamment que l'on reconsidère les critères de fmancement de l'Alliance.

190

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

Mme SUJATA RAO (Inde) dit que le programme de vaccination de son pays a atteint un taux de couverture très élevé en 1990, lequel s'est maintenu au fil des ans. Le pays doit toutefois accomplir la tâche gigantesque consistant à vacciner 25 millions de nourrissons et 27 millions de femmes enceintes afm de prévenir le tétanos néonatal, et une enquête destinée à évaluer la couverture des programmes de vaccination a montré de grandes disparités entre les Etats. De ce fait, 1'Inde mérite une attention particulière pour ce qui est de renforcer les programmes de vaccination systématique et de remplacer le matériel obsolescent de la chaîne du froid. Le facteur coût a empêché l'introduction de nouveaux vaccins. L'Inde est autosuffisante en ce qui concerne la production de tous les vaccins actuellement utilisés, exception faite du vaccin antipoliomyélitique oral, qui est importé en gros en vue d'y être préparé et conditionné. Le pays a fait beaucoup de progrès dans la mise au point des technologies les plus récentes pour les vaccins an ti-hépatite B obtenus par génie génétique. La capacité de fabrication du pays couvre largement ses besoins et permet d'exporter des vaccins. Le Gouvernement indien remercie vivement le Conseil d'administration de l'Alliance mondiale de comprendre la nécessité qu'il y a à inclure l'Inde dans le programme de soutien et attend avec impatience la visite de la délégation afm d'élaborer des propositions de soutien. Mme Sujata Rao compte que le Conseil d'administration prendra une décision fmale afm que l'Inde puisse bénéficier d'un fmancement pour l'achat de vaccins dans le cadre du programme de vaccination contre la poliomyélite. Mme MABUZANE (Zimbabwe) se félicite de la mise en place de l'Alliance mondiale~ qui semble avoir les moyens de renforcer considérablement les programmes de vaccination. Le programme élargi de vaccination du Zimbabwe s'est nettement amélioré, mais certaines insuffisances demeurent. Depuis 1996, le Gouvernement couvre complètement le coût de tous les vaccins, y compris celui contre l'hépatite B. Il a fait part au Conseil d'administration de l'Alliance de son intention de soumettre une proposition, destinée à l'origine à appuyer la consolidation de la chaîne du froid et l'obtention de seringues autobloquantes. Le Zimbabwe est désireux de soutenir le principe selon lequel les interventions sanitaires doivent être durables et il a, par conséquent, besoin de connaître la durée de vie prévue de l'Alliance. Mme Mabuzane propose également que Rotary International, qui s'est engagé à éradiquer la poliomyélite et à éliminer la rougeole, soit invité à collaborer à 1'Alliance. Mme PHUMAPHI (Botswana) dit que son pays soutient l'initiative de l'Alliance mondiale et qu'il a un programme de vaccination bien développé. Elle se joint à l'appel du délégué du Swaziland concernant la révision des critères de sélection en vue d'un soutien, afin que les ressources internes ainsi dégagées servent à combattre des épidémies comme celles de VIH/SIDA et de paludisme. Par exemple, le Botswana a des difficultés à acheter les médicaments nécessaires non seulement aux thérapies antirétrovirales, mais aussi à la prophylaxie et au traitement des infections opportunistes. Le Dr CONNOLLY (Irlande) fait état de l'appui de son pays aux objectifs de l'Alliance mondiale et au projet de résolution figurant dans la résolution EB105.R4. Les pays développés ont pu constater les avantages des campagnes soutenues de vaccination des enfants et il faut par conséquent se féliciter des plans visant à étendre la vaccination au monde en développement. En ce qui concerne la question du déclin des taux de vaccination, le Dr Connolly fait remarquer que, du fait de la baisse de l'incidence des maladies évitables par la vaccination, la gravité de ces dernières est parfois sous-estimée. S'ajoutant à la préoccupation du public concernant l'innocuité de certains vaccins, ce facteur a nui à l'acceptation de la vaccination en Irlande. Afm de maintenir les niveaux de vaccination voulus, il serait peut-être bon d'envisager de continuer à éduquer et à informer les parents, les professionnels de la santé et le grand public au sujet des risques présentés par les vaccins et les maladies évitables par la vaccination. Le Dr CHRISTIANSEN (Norvège) rappelle que son Gouvernement a, pendant longtemps, soutenu les efforts déployés au niveau international pour lutter contre les maladies infectieuses, notamment par l'intermédiaire du programme élargi de vaccination. Les services de vaccination ont un bon rapport coût/efficacité et contribuent en partie à réduire la pauvreté. On pourrait éviter des millions de décès en

COMMISSION B : CINQUIEME SEANCE

191

améliorant l'accès à la vaccination, en élargissant l'utilisation de vaccins sûrs et en accélérant la mise au point et l'introduction de nouveaux vaccins. Il faut, pour assurer un haut niveau de couverture vaccinale, développer les infrastructures et les systèmes de santé. La couverture vaccinale doit être au coeur des efforts de développement internationaux. Le Gouvernement norvégien approuve pleinement les objectifs de l'Alliance mondiale et appuie le projet de résolution figurant dans la résolution EB 105.R4. Il est sûr que l'OMS continuera àjouer un rôle directeur dans l'Alliance mondiale et soutiendra, de ce fait, le renforcement du potentiel des pays partenaires. Le Dr :MBAIONG (Tchad) félicite le Directeur général de l'appui qu'elle offre à l'initiative en vue de mettre en place l'Alliance mondiale. La couverture vaccinale est faible au Tchad et la mortalité infantile élevée, à cause de la prévalence de maladies transmissibles et infectieuses (par exemple le VIH/SIDA et la tuberculose) et de la fréquence des épidémies de méningite et de rougeole. A cause de ressources fmancières limitées, l'accès aux vaccins est problématique et le Gouvernement tchadien voit dans l'initiative de l'Alliance mondiale une contribution précieuse à la lutte contre la pauvreté. M. EHMER (Etats-Unis d'Amérique) se félicite de la mise en place de l'Alliance mondiale, qui permettra d'améliorer considérablement les programmes de vaccination nationaux et de faciliter l'introduction de nouveaux vaccins dans les pays en développement. Les objectifs stratégiques de l'Alliance annoncent l'obtention d'acquis importants en ce qui concerne l'élargisseme1_1t de la couverture vaccinale au monde entier. Les Etats-Unis jouent un rôle important dans l'Alliance pour ce qui est du fmancement et de la sensibilisation. Ils soutiennent l'éradication de la poliomyélite et ont institué un nouveau programme destiné à relancer les programmes de vaccination dans une quinzaine de pays où les taux de couverture sont faibles. La délégation des Etats-Unis encourage d'autres Etats Membres à contribuer à l'Alliance. Elle appuie le projet de résolution, qui reflète la tentative visant à faire de la couverture vaccinale un moyen de coordonner la conception et l'évaluation des efforts de développement internationaux. Le Dr FURGAL (Fédération de Russie) soutient l'initiative générale de l'Alliance mondiale. Cette initiative formule des buts et des mécanismes pour mieux utiliser 1' infrastructure et les vaccins existants et accélérer la mise au point de nouveaux vaccins. Deux ans plus tôt, la Fédération de Russie a adopté une loi fédérale sur la vaccination, qui a mis en place un cadre juridique pour la politique gouvernementale dans ce domaine. Il existe un programme de vaccination fédéral spécial qui, outre le fait qu'il maximalise l'utilisation des ressources afm d'accroître la couverture, est axé sur le soutien à la recherche appliquée relative à l'immunologie et à la vaccination, produit des vaccins satisfaisant aux nonnes internationales et améliore la surveillance épidémiologique et l'information du public. La délégation de la Fédération de Russie attache une grande importance au rôle directeur de l'OMS dans les programmes de vaccination et soutient le projet de résolution. Le Gouvernement russe est prêt à mettre à la disposition de l'Alliance mondiale des vaccins de fabrication russe contre la tuberculose, la rougeole et tout un éventail de maladies infectieuses. Le Dr TSHERING (Bhoutan) se félicite du lancement de l'Alliance mondiale, qui met la vaccination au centre des systèmes de santé. Il est sûr que l'Alliance jouera un rôle majeur en débarrassant le monde de nombreuses maladies à prévention vaccinale. Beaucoup de choses ont déjà été accomplies en matière de vaccination grâce aux travaux de l'OMS, de l'UNICEF et d'autres partenaires. L'Alliance devrait par conséquent s'attacher à renforcer et à compléter les programmes et initiatives déjà en place. Le Bhoutan a traité le problème de la durabilité de la couverture en créant un fonds fiduciaire pour la santé; l'Alliance devrait soutenir des méthodes novatrices de ce genre. La délégation du Bhoutan appuie le projet de résolution.

192

CINQUANTE-TROISIE:ME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

Le Dr RODR.ÎGUEZ ALVAREZ (Espagne) souligne que les programmes de vaccination des enfants figurent parmi les moyens qui présentent le meilleur rapport coût/efficacité pour ce qui est d'améliorer la santé publique. Toutefois, du fait des insuffisances en matière de santé publique ou de l'absence de fonds pour les programmes de santé, il existe une grande disparité entre les niveaux de couverture vaccinale dans les pays développés et les pays en développement. L'Alliance mondiale devrait faciliter l'accès à des services de vaccination durables dans les pays qui n'en ont pas et encourager la recherche sur de nouveaux vaccins contre des maladies très répandues dans les pays en développement. Un avantage de l'Alliance est qu'elle comprend des organisations telles que la Banque mondiale, dont les projets de coopération incluent parfois des programmes de vaccination très vastes dans le contexte d'un développement économique soutenu. L'Alliance donne également un certain élan aux activités du programme OMS Vaccins et produits biologiques. Ce type d'interaction permettrait de s'acheminer vers l'éradication de la poliomyélite ou de promouvoir la recherche sur des vaccins contre le SIDA ou le paludisme. La délégation espagnole appuie par conséquent le projet de résolution, qui améliorera les perspectives d'obtention de fonds pour la recherche sur de nouveaux vaccins ou pour l'organisation de campagnes nationales de vaccination dans les pays où les autorités sanitaires manquent des ressources nécessaires. Le Dr VIOLAKI-PARASKEVA (Grèce) se félicite du rôle joué par l'OMS dans la mise en place de l'Alliance mondiale. Elle souligne la nécessité d'élargir l'accès à des services de vaccination viables. Malheureusement, dans certains pays, les taux de vaccination sont stationnaires ou diminuent. La Grèce appuie par conséquent la stratégie et les mécanismes de l'Alliance. Le Dr Violaki-Paraskeva demande que de nouvelles recherches internationales soient entreprises sur la qualité des vaccins. M. ZEPEDA BERMUDEZ (Brésil) estime que l'initiative de l'Alliance mondiale accélérera les travaux de recherche et développement sur les vaccins axés plus précisément sur les besoins des pays en développement, et notamment les vaccins contre le SIDA, le paludisme et la tuberculose. Il soutient le projet de résolution, en soulignant le poids des maladies à prévention vaccinale sur la morbidité et la mortalité infantiles, surtout dans les pays les plus pauvres. Le Brésil a obtenu des résultats positifs concernant la maîtrise ou l'éradication de maladies évitables par la vaccination. Le Ministère de la Santé a élargi le programme national de vaccination, en introduisant de nouveaux vaccins tels que ceux contre l'hépatite B et la grippe. Au cours de l'année écoulée, la couverture vaccinale s'est améliorée, notamment celle relative aux quatre vaccins essentiels utilisés au Brésil : le DTC, le vaccin antirougeoleux, le vaccin antipoliomyélitique et le BCG. Le Dr WANG Zhao (Chine) applaudit à la création de l'Alliance mondiale, qui profitera aux enfants des pays en développement. Au cours des dernières années, le Gouvernement chinois a donné la priorité au programme élargi de vaccination, et le taux général de couverture pour les vaccins tels que le BCG, le vaccin antipoliomyélitique, le DTC et le vaccin antirougeoleux est élevé, même si, dans les zones rurales, le taux est inférieur au taux national. De nouveaux vaccins, tels que celui contre l'hépatite B, ne sont pas encore disponibles à cause de leur coût élevé. La vaccination est parfois inefficace, notamment dans les zones rurales où les installations et l'équipement ne sont guère entretenus. La Chine élabore actuellement des politiques et des stratégies visant à surmonter ces problèmes. Le Dr Wang fait observer que, même si 1' Alliance ne peut réduire 1' écart entre riches et pauvres, elle permettra d'élargir l'accès aux services de vaccination pour les enfants des zones défavorisées. Elle propose de formuler des stratégies qui permettraient de renforcer l'utilisation des vaccins et de donner la priorité, en ce qui concerne la mise au point de vaccins, aux besoins des pays en développement. La Chine est le pays le plus peuplé du monde et, de ce fait, le statut vaccinal des petits Chinois influe directement sur les taux mondiaux de couverture. Le Gouvernement est prêt à collaborer avec l'Alliance pour promouvoir et améliorer la santé des enfants du monde entier.

COMMISSION B : CINQUIEME SEANCE

193

Le Dr TEMU (Papouasie-Nouvelle-Guinée) se félicite de la mise en place de l'Alliance mondiale et soutient sans réserve le projet de résolution. Son pays a fait de la vaccination des enfants une priorité absolue afm d'améliorer les programmes de vaccination systématique et le taux de vaccination, qui est actuellement inférieur à 50 %. Le Dr Temu remercie les Gouvernements d'Australie et du Japon, l'OMS et l'UNICEF de leur appui. Son pays a fait des progrès dans la mise au point de vaccins locaux, mais les contraintes en matière de fmancement ont entravé ses efforts. Il met actuellement la dernière main aux conditions techniques de l'introduction du vaccin contre la grippe. M. PARK (République de Corée) dit qu'il partage la préoccupation de l'OMS au sujet des deux millions d'enfants qui meurent chaque année de maladies à prévention vaccinale, et qu'il serait possible d'épargner plusieurs millions de vies si l'on disposait de vaccins efficaces contre le SIDA, la tuberculose et le paludisme. Comme d'autres intervenants, il se félicite de la mise en place de l'Alliance mondiale et soutient le projet de résolution. La délégation coréenne approuve les objectifs de 1'Alliance, à savoir élargir l'accès à des vaccins sans danger et d'un bon rapport coût/efficacité et accélérer la mise au point et l'application de nouveaux vaccins. En 1996, son pays a créé un institut international des vaccins afm de soutenir l'initiative pour les vaccins de l'enfance. Le Gouvernement espère établir une collaboration étroite avec l'Alliance. Le Dr MEAN Chhi Vun (Cambodge) appuie lui aussi le projet de résolution. ~e Gouvernement cambodgien reconnaît l'importance de la vaccination pour ce qui est de réduire la morbidité et la mortalité infantiles. Le Dr Mean Chhi V un remercie l'OMS, l'UNICEF et d'autres organisations internationales de soutenir le programme de vaccination du Cambodge. Il espère que le Conseil d'administration de l'Alliance mondiale répondra favorablement à la demande de fmancement de son GouYernement afm d'introduire le vaccin contre l'hépatite B. M. KUTCH (Australie) dit que sa délégation estime que l'Alliance mondiale est un partenariat public/privé qui mérite le plein appui de l'OMS et de tous les Etats Membres. Le droit de chaque enfant d'être protégé des maladies à prévention vaccinale est un principe fondamental de la santé publique. L'Alliance incite vivement les gouvernements à renouveler leur engagement d'élargir la couverture vaccinale. La priorité doit être accordée aux pays en développement disposant de ressources insuffisantes pour assurer une couverture adéquate, mais il ne faut pas oublier que les taux de vaccination sont loin d'être convenables même dans certains pays développés, où le principal obstacle est la faible priorité politique accordée à la vaccination. L'initiative de l'Alliance mondiale fournit l'inspiration morale et un mécanisme concret qui permettent de protéger tous les enfants des maladies à prévention vaccinale. La délégation australienne appuie pleinement le projet de résolution recommandé par le Conseil exécutif. Le Dr BUSTAMANTE GARCiA (Colombie) exprime l'appui de sa délégation à l'Alliance mondiale et l'engagement de son pays au renforcement et au développement de l'Alliance au niveau national. Il fait observer que, dans la Région des Amériques, certaines des réformes des systèmes de santé ont introduit un régime d'assurance fondé sur un marché réglementé. En Colombie, toutefois, le passage d'un système de santé national à un nouveau système de sécurité sociale a retenti sensiblement sur certains objectifs de santé publique, et notamment la vaccination. En conséquence, le Gouvernement colombien a été forcé de prendre des mesures correctrices et le Dr Bustamante Garcia prévient les autres pays de ne pas faire la même erreur. Il informe la Commission que son Gouvernement a alloué des sommes importantes à la recherche sur un vaccin antipaludéen. L'équipe de recherche dirigée par le Dr Patarroyo ayant réalisé des progrès notables, il prie instamment l'OMS de soutenir cette importante initiative. Le Dr MANGUELE (Mozambique) dit que les efforts accomplis par son pays pour accroître la couverture vaccinale ont permis de réduire sensiblement l'incidence de la poliomyélite et du tétanos néonatal. Au cours des trois dernières années, des journées nationales de vaccination ont été menées avec succès. Il demande à l'OMS de fournir à son pays un soutien technique afin d'améliorer la surveillance

194

CINQUANTE-TROISlEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

nationale et le traitement de la paralysie flasque aiguë. De récentes inondations ont dévasté le Mozambique, détruit les établissements de santé et endommagé gravement la chaîne du froid. Il prie l'OMS de fournir un appui pour renouveler la chaîne du froid et remplacer les vaccins détruits. Son pays souhaite introduire le vaccin contre l'hépatite B et espère obtenir de l'Alliance mondiale un soutien fmancier et technique. Sa délégation appuie le projet de résolution. Le Dr SULAIMAN (Oman) exprime le soutien de sa délégation à l'Alliance mondiale. Il estime que 1'Alliance pourrait débarrasser le monde de plusieurs maladies infantiles, dont la poliomyélite. Elle a un rôle majeur à jouer pour soutenir les programmes de vaccination et élever la couverture vaccinale. Mme BU FIGUEROA (Honduras) est reconnaissante à l'Alliance mondiale de soutenir les pays dans le domaine de la vaccination. Bien que le Honduras rencontre de nombreux problèmes liés à la pauvreté et à la dette extérieure, la couverture vaccinale des enfants atteint 95 %. Par ailleurs, une campagne de vaccination intensive est en cours. La délégation du Honduras soutient pleinement les objectifs de l'Alliance mondiale ainsi que le projet de résolution. Le Dr ABU-RUMMAN (Jordanie) dit que son Gouvernement suit les recommandations de l'OMS concernant la réduction et l'éradication des maladies grâce aux programmes de vaccination et qu'il a fait de grands progrès à cet égard en établissant des partenariats régionaux et internationaux. en vue de l'éradication de plusieurs maladies de l'enfance, et notamment de la poliomyélite. La délégation jordanienne accueille favorablement le projet de résolution. Toutefois, le Dr Abu-Rumman souhaite proposer un paragraphe 2.7) supplémentaire priant instamment les Etats Membres« d'améliorer et de surveiller rigoureusement la qualité des vaccins». C'est une préoccupation pour la Jordanie et plusieurs autres Etats de la Région de la Méditerranée orientale, qui ont rencontré des problèmes liés à la qualité des vaccins. Le Dr JA' AFARI (Arabie saoudite) considère l'initiative de l'Alliance mondiale comme une noble cause qui garantira le succès d'autres programmes. Elle mérite un soutien sans faille. Sa délégation exprime sa reconnaissance au Directeur général et à tous les partenaires pour la mise en place de l'Alliance. Le Dr LEPANI (Fidji) dit que sa délégation approuve les objectifs de l'Alliance mondiale et le principe de partenariat qui a conduit à sa mise en place. Il remercie le Japon de l'assistance que celui-ci a fournie à son pays et qui a permis d'obtenir une couverture vaccinale élevée pour tous les vaccins utilisés à Fidji. Il appelle l'attention sur l'importance qu'il y a à éliminer sans risque les seringues, aiguilles et flacons de vaccin vides. Il faut mettre au point et utiliser des incinérateurs bon marché et efficaces. Mme LE THI THU HA (VietNam) informe la Commission qu'au cours des cinq dernières années, le VietNam a atteint des taux de couverture ·vaccinale supérieurs à 90 %. Sa délégation soutient le projet de résolution. Mme Le Thi Thu Ha demande un appui pour l'introduction du vaccin contre l'hépatite B dans le programme de vaccination systématique et prie instamment l'Alliance mondiale d'envisager d'aider les pays en développement à produire localement des vaccins comme ceux contre la rougeole et l'hépatite B. M. KENGOUY A (Congo) dit que son pays a mené avec succès une campagne de vaccination massive, malgré les difficultés créées par la guerre récente qui a eu lieu au Congo. Il remercie les partenaires qui ont rendu la campagne possible. Il souligne que la vaccination est un droit fondamental des enfants. Il est important de veiller à ce que la qualité des vaccins soit étroitement contrôlée. Dans de nombreux pays, il existe des problèmes logistiques pour atteindre des régions éloignées et il faudrait s'efforcer davantage de veiller à ce que tous les enfants, des zones rurales comme des zones urbaines, soient vaccinés.

COMMISSION B : CINQUIEME SEANCE

195

Le Dr SUZUK.I (Directeur exécutif) remercie les délégués du soutien qu'ils ont exprimé pour les travaux de l'OMS et pour l'Alliance mondiale. Plusieurs délégations, et notamment celle du Swaziland, ont soulevé la question des critères de sélection. Il est nécessaire d'établir une distinction entre les critères de sélection pour le Fonds mondial pour les vaccins de l'enfance et ceux pour 1'Alliance mondiale. En vertu des dispositions du paragraphe 2.5) du projet de résolution recommandé par le Conseil exécutif, l'argent fourni par l'intermédiaire du Fonds mondial et celui provenant de mécanismes existants, tels que l'assistance de la Banque mondiale et des partenaires bilatéraux, peuvent être considérés comme une contribution de l'Alliance si le fmancement aide à la réalisation des objectifs de cette dernière. Le seul critère de sélection pour le Fonds mondial est un PNB par habitant inférieur à US $1000 par an. Le but de ce critère est de donner la priorité aux pays les plus pauvres du monde. Par ailleurs, différents critères sont appliqués pour les comptes subsidiaires du Fonds; en ce qui concerne le compte subsidiaire des services de vaccination, le critère est une couverture inférieure à 80 % pour le DTC, tandis que pour le compte subsidiaire relatif à l'introduction de vaccins nouveaux ou peu utilisés, il faut une couverture par le DTC supérieure à 50 %. Une deuxième question qui a été soulevée concerne la viabilité de l'Alliance mondiale au-delà de cinq ans. Les partenaires de l'Alliance sont surtout soucieux de veiller à ce que les résultats améliorés de la vaccination soient soutenus. Les pays à revenu faible auront besoin d'un soutien extérieur continu pour leurs programmes de vaccination, mais 1' appui du Fonds mondial ne se poursuivra pas de façon indéfinie. Le but de l'Alliance est de fournir une base qui permettra aux gouvernements d;élargir le soutien provenant d'autres sources et de parvenir à l'autosuffisance. Elle collaborera avec les pays concernés afin de trouver des ressources supplémentaires pour améliorer les programmes de vaccination. Les partenaires prennent également des mesures pour élargir l'appui du Fonds mondial au-delà de cinq ans. La troisième question tient à la relation entre l'éradication de la poliomyélite et l'Alliance mondiale. Les deux initiatives ont de nombreux points en commun, car la consolidation des programmes d'éradication de la poliomyélite suppose le renforcement des systèmes de vaccination systématique. L'Alliance couvre une vaste gamme de questions en vue d'améliorer l'administration systématique de vaccins, y compris le vaccin antipoliomyélitique oral. La collaboration est étroite entre l'Alliance et les campagnes d'éradication de la poliomyélite. Par ailleurs, certains plans nationaux de vaccination soumis au Fonds mondial en vue d'un financement comprennent l'éradication de la poliomyélite dans le cadre du plan multinational. Les deux programmes se soutiennent et se confortent mutuellement. Le délégué de la Thaïlande a demandé des renseignements sur l'ordre de priorité d'allocation des fonds. La proportion des sommes à allouer à chaque compte subsidiaire n'a pas encore été décidée. Des trois comptes subsidiaires - services de vaccination, vaccins nouveaux ou peu utilisés et recherchedéveloppement- les deux premiers sont déjà ouverts. Le compte subsidiaire recherche-développement doit être étudié lors de la réunion du Conseil d'administration de l'Alliance en juin 2000. L'accent sera mis sur le transfert de technologie, afin d'encourager la production locale de vaccins, et sur la stimulation des investissements dans la recherche sur les vaccins contre les maladies qui sont actuellement délaissées et les grandes maladies telles que le VIH/SIDA, la tuberculose et le paludisme. Plusieurs délégations ont soulevé la question de l'accessibilité économique. Le Dr Suzuki admet qu'il est essentiel d'assurer l'accès à la vaccination, qui est au coeur des services de santé publique. Le pouvoir d'achat fourni par 1'Alliance permettra aux pays d'acheter des vaccins à des prix favorables et en facilitera également l'accessibilité. La dernière question soulevée concerne l'innocuité des services de vaccination. L'innocuité fait partie des critères d'évaluation à la fois pour le compte subsidiaire des services de vaccination et pour le compte subsidiaire relatif à l'introduction de vaccins nouveaux ou peu utilisés. En réponse à la préoccupation exprimée par le délégué de la Jordanie concernant la qualité des vaccins, le Dr Suzuki souligne les efforts déployés par l'OMS dans ce domaine, qui comprend la mise en place du réseau mondial pour la sécurité des injections (SIGN). On s'attend à ce que l'Alliance mondiale devienne une composante intégrale de la réforme des systèmes de santé.

196

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

Le PRESIDENT invite la Commission à examiner le projet de résolution contenu dans la résolution EB 105 .R4. Le Dr TEMU (Papouasie-Nouvelle-Guinée), se référant à la proposition du délégué de la Jordanie visant à insérer un nouvel alinéa priant instamment les Etats Membres d'améliorer et de surveiller rigoureusement la qualité des vaccins, propose que le nouvel alinéa soit inclus dans le paragraphe 3, car la question relève plutôt de la compétence de l'OMS que de celle des Etats Membres. Le Dr SUZUKI (Directeur exécutif) fait observer qu'il sera difficile au Directeur général d'améliorer la qualité des vaccins. Il propose que l'on ajoute un nouveau paragraphe 3.3) ainsi libellé «de promouvoir et de surveiller rigoureusement l'assurance de la qualité des vaccins».

L'amendement est adopté. Le Dr CHATREE CHAROENSIRI (Thaïlande) propose l'ajout d'un nouveau paragraphe 3.4): «de soumettre un rapport sur les progrès et les activités de l'Alliance au Conseil exécutif à sa cent neuvième session en janvier 2002 et à la Cinquante-Cinquième Assemblée mondiale de la Santé en mai 2002 ».

L'amendement est adopté. Le projet de résolution, ainsi amendé, est approuvé. 1 (Le débat reprend à la section 4.)

3.

COLLABORATION A L'INTERIEUR DU SYSTEME DES NATIONS UNIES ET AVEC D'AUTRES ORGANISATIONS INTERGOUVERNEMENTALES: Point 17 de l'ordre du jour (document A53/B/Conf.Paper N° 2) (suite de la quatrième séance, section 3, page 183)

Mme BLACKWOOD (Etats-Unis d'Amérique) fait part du point de vue de sa délégation selon lequel l'adoption du projet de résolution compliquera les efforts de paix dans la région. En l'absence d'autres commentaires, le PRESIDENT invite la Commission à examiner le projet de résolution.

Le projet de résolution est approuvé. 2 M. PELEG (Israël) rappelle que sa délégation craint que l'adoption de la résolution ne préjuge de l'issue des négociations entreprises actuellement par son pays avec les Palestiniens.

1 Ce projet de résolution a été transmis à l'Assemblée de la Santé dans le quatrième rapport de la Commission et adopté sous la cote WHA53.l2.

2 Ce projet de résolution a été transmis à l'Assemblée de la Santé dans le quatrième rapport de la Commission et adopté sous la cote WHA53 .13.

COMMISSION B : CINQUIEME SEANCE

197

4.

QUESTIONS TECHNIQUES ET SANITAIRES: Point 12 de l'ordre du jour (reprise du débat)

Stratégie pharmaceutique révisée: Point 12.8 de l'ordre du jour (résolution WHA52.19; document A53/1 0) Le Dr SULAIMAN (représentant du Conseil exécutif), présentant le point de l'ordre du jour, dit que le Conseil exécutif s'est déclaré satisfait des progrès réalisés en ce qui concerne l'application de la stratégie pharmaceutique révisée. Le Conseil estime que l'élaboration et le suivi des politiques pharmaceutiques nationales constituent un élément important de la stratégie, car ces politiques regroupent toutes les parties concernées en une action commune. Une centaine de pays ont déjà formulé des politiques pharmaceutiques nationales. Le Conseil a été informé que l'OMS publierait sous peu une version révisée des Directives pour l'élaboration des politiques pharmaceutiques nationales. Des membres du Conseil ont exprimé leur vive inquiétude face à la vente incontrôlée de médicaments, et notamment de produits ne devant être délivrés que sur ordonnance, sur l'Internet. Ils ont prié instamment l'OMS de promouvoir la coopération entre les organismes internationaux et les associations professionnelles et industrielles afin de résoudre le problème. Ils ont pris note de la publication par l'OMS d'un guide modèle que les Etats Membres pourraient adopter ou adapter afm de conseiller les utilisateurs de l'Internet. Ce guide a été créé en consultation .avec les experts pharmaceutiques, les organisations de consommateurs et l'industrie. Le Conseil a également appris qu'un groupe de contact Produits pharmaceutiques et commerce avait été créé en mai 1999, avec la participation de l'OMS, de l'OMPI, de la CNUCED, de l'ONUSIDA et de l'OMC. Ce groupe se réunit régulièrement pour examiner des documents importants sur le commerce et les produits pharmaceutiques, et il étudie actuellement des questions comme la clarification de certaines dispositions des accords commerciaux internationaux, les moyens de réduire ou d'éliminer les droits de douane sur les produits pharmaceutiques, l'utilisation des accords commerciaux dans la lutte contre les médicaments contrefaits et l'inclusion, dans les accords commerciaux, de mesures d'incitation relatives à la mise au point des médicaments. L'OMS a reconnu l'existence de problèmes constants concernant la qualité, l'innocuité et l'efficacité des médicaments et a constitué un groupe de travail composé de membres de dix pays en développement et développés et chargé d'examiner les moyens concrets de renforcer la réglementation pharmaceutique. M. VOIGTLÂNDER (Allemagne) est d'accord avec l'accent mis dans le rapport sur l'élargissement de l'accès à des médicaments de bonne qualité pour tous les Etats Membres. Il souligne l'importance des travaux de l'OMS relatifs à la normalisation et aux bonnes pratiques de fabrication et espère que les nouvelles initiatives ne seront pas incompatibles avec les travaux actuels de l'Organisation. Le Dr ANTEZANA ARANÎBAR (Bolivie) convient avec le délégué de l'Allemagne que les fonctions normatives de l'Organisation sont essentielles pour assurer la qualité, l'innocuité et l'utilisation appropriée des médicaments, à condition, naturellement, que l'on puisse avoir accès à ces derniers. Le rapport mentionne également l'élargissement de l'accès à des médicaments permettant de traiter des problèmes de santé prioritaires tels que le SIDA, et la révision des principes directeurs applicables aux dons de médicaments en vue de promouvoir de bonnes pratiques en matière de dons. Toutefois, le point le plus important du rapport concerne les travaux de l'Organisation relatifs aux instruments de l'OMC et au commerce international de médicaments, y compris l'Accord sur les aspects des droits de propriété intellectuelle qui touchent au commerce (Accord ADPIC). Ainsi que le Directeur général l'a déclaré, l'OMS s'engage à empêcher les intérêts économiques d'interférer avec l'objectif de la santé pour tous. La déclaration faite à cet effet devant la Commission A par le représentant de l'OMC a été rassurante. Le Dr Antezana Aranibar remercie l'Organisation des efforts qu'elle déploie pour favoriser la coopération avec les pays, et notamment les pays les moins avancés, en vue d'élargir l'accès aux médicaments, initiative que les Etats Membres concernés suivent de près.

198

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

M. ZEPEDA BERMUDEZ (Brésil) dit que le Brésil aborde pratiquement tous les domaines prioritaires identifiés dans le document A53/l 0 en prenant des mesures sectorielles précises telles que la formulation d'une politique pharmaceutique nationale, la révision de la liste nationale des médicaments essentiels, la création d'un organisme national de surveillance sanitaire et l'introduction d'une législation réglementant les médicaments génériques sur le marché brésilien. Le Directeur général a soutenu la politique brésilienne concernant les médicaments génériques lorsqu'elle s'est rendue au Parlement brésilien en avril2000. Le Gouvernement brésilien a entrepris une étude de l'Accord ADPIC, et notamment de ses répercussions sur les brevets, qui tiendra également compte des pratiques d'autres pays de la Région des Amériques. L'adoption de la résolution WHA52.19 par la Cinquante-Deuxième Assemblée mondiale de la Santé représente l'aboutissement d'un long processus, qui se poursuivra afm d'assurer la mise en oeuvre de politiques pharmaceutiques nationales garantissant l'accès aux médicaments essentiels. M. Zepeda Bermudez souligne l'importance qu'il y a à introduire un système de surveillance du prix des médicaments. La délégation brésilienne avait l'intention, au départ, de proposer un projet de résolution sur la stratégie pharmaceutique révisée. Toutefois, cela n'est plus nécessaire car la résolution sur le Vlli/SIDA déjà approuvée par la Commission A répond aux préoccupations du Brésil. Mme DJONEVA (Bulgarie) dit que les questions les plus importantes sont l'accessibilité des médicaments essentiels, la qualité et l'utilisation rationnelle des médicaments. L'OMS a_ soutenu la Bulgarie pour ce qui est de l'élaboration d'indicateurs permettant de suivre sa politique pharmaceutique nationale afm de veiller à l'offre de médicaments sur le marché, à leur accessibilité et à leur usage rationnel. Les dons inadéquats de médicaments continuent de poser problème dans de nombreux pays, y compris la Bulgarie, de même que le déséquilibre entre l'information pharmaceutique commerciale et des données indépendantes. Ces problèmes soulignent la nécessité d'introduire des critères éthiques dans la promotion des médicaments. La réglementation publicitaire concernant les médicaments en Bulgarie est basée sur les Critères éthiques applicables à la promotion des médicaments, publiés par l'OMS, et incorpore également la directive de l'Union européenne sur la publicité. Mme Djoneva souligne l'importance de la collaboration avec les organisations internationales, notamment en vue de l'accession de la Bulgarie à l'Union européenne. Le Dr SHANGULA (Namibie) se déclare satisfait de l'application par l'OMS de la résolution WHA52.19 et de la stratégie pharmaceutique révisée. Il insiste sur le fait que la question des médicaments est essentielle dans le cadre des fonctions des ministères de la santé et de l'OMS et doit le rester. Les nouvelles initiatives ne doivent pas priver l'OMS de l'une de ses fonctions majeures. En ce qui concerne la viabilité de l'approvisionnement en médicaments, d'autres options telles que les licences obligatoires et les importations parallèles doivent être envisagées. Le Dr Shangula prie instamment l'OMS, lorsqu'elle préparera son plan stratégique relatif aux médicaments essentiels et à la politique pharmaceutique pour 2000-2003, de faire participer les bénéficiaires prévus au processus. Le Dr SIRIWAN PITAY ARANGSARIT (Thai1ande), faisant 1' éloge du rapport, prie instamment l'OMS de travailler en étroite collaboration avec l'OMC, tout en plaçant la santé devant les intérêts commerciaux, afm d'accélérer la mise au point de méthodes permettant de suivre les implications pharmaceutiques et de santé publique des accords commerciaux. Le prix élevé des antirétroviraux et autres médicaments contre le SIDA provoque le décès de millions de malades du SIDA chaque année parce que ces derniers n'ont pas eu les moyens fmanciers voulus pour suivre ce traitement. La déléguée demande que des mesures soient prises pour contrer la publicité pharmaceutique contraire à l'éthique, qui comprend souvent le paiement d'une commission et le parrainage de conférences médicales pour lesquelles les frais de voyage international sont payés. Cette publicité entraîne une consommation inutile et irrationnelle de médicaments et fait peser un fardeau fmancier injuste sur les malades. Elle prie instamment 1'OMS d'étudier attentivement la relation entre les mécanismes de paiement et les comportements des médecins en matière de prescription. Les plans de prépaiement « tiers payant » encouragent l'utilisation de

COMMISSION B : CINQUIEME SEANCE

199

médicaments de marque onéreux, tandis que les plans d'assurance sociale favorisent la prescription de produits génériques bien moins chers. Une réforme générale du secteur de la santé devrait couvrir le fmancement des médicaments. Elle devrait séparer les fonctions prescription et délivrance et mettre la délivrance sous la responsabilité des pharmaciens communautaires. Etant donné que la consommation de médicaments dans les hôpitaux représente une part majeure de la consommation pharmaceutique totale, l'OMS est priée de soutenir les Etats Membres soucieux d'améliorer la sélection des médicaments par les hôpitaux sur la base d'informations fiables concernant le rapport coût/efficacité. Le Dr RODRiGUEZ ALVAREZ (Espagne) constate que, depuis que le concept de médicaments essentiels a été élaboré, il est devenu la pierre angulaire de la planification des politiques pharmaceutiques dans de nombreux pays. Au cours des vingt dernières années, grâce à cette stratégie, le nombre de personnes ayant un accès régulier aux médicaments essentiels est passé de 2, 1 milliards à 4 milliards. Ce succès justifie l'appui des Etats Membres à la stratégie de l'OMS relative aux médicaments essentiels. Néanmoins, un tiers de la population mondiale n'a toujours pas d'accès régulier aux médicaments de première nécessité et les programmes de développement régional et local devraient être axés sur des politiques qui garantissent l'accès à des médicaments sans danger, efficaces et de grande qualité. Des questions se posent quant aux implications possibles de la mondialisation concernant l'accès aux médicaments, notamment dans les économies émergentes. L'OMS a un rôle crucial àjC!uer lorsqu'il s'agit de conseiller les Etats Membres sur les possibilités de protection de la santé publique offertes par les nouveaux accords commerciaux. Les contacts de l'OMS avec les organismes internationaux réglementant le commerce international présentent un intérêt certain pour ce qui est d'intégrer des éléments sanitaires dans les négociations commerciales. Le Dr NIGHTINGALE (Etats-Unis d'Amérique) demande plus de précisions sur les activités entreprises par l'OMS pour appliquer la résolution WHA52.19 depuis la cent cinquième session du Conseil exécutif, notamment en ce qui concerne la formulation d'avis à l'intention des pays sur la stratégie pharmaceutique révisée et le point de la collaboration de l'OMS avec l'OMC et l'OMPI. Comment l'OMS travaille-t-elle avec ces organisations et d'autres organisations internationales sur ces questions? Les centres collaborateurs de l'OMS au Brésil, au Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord et en Thaïlande travaillent-ils avec les organisations internationales compétentes? Quelle est la nature du groupe de contact qui vient d'être créé et quelles questions traite-t-il? Qui le préside, et le groupe s'occupe-t-il de toutes les questions soulevées dans le troisième paragraphe du document A53/10? Les questions de la qualité des médicaments, de l'information et de la publicité sont importantes ; comment l'OMS s'y prend-elle pour renforcer les organismes de réglementation pharmaceutique dans le cadre de son programme normatif et d'autres activités? En ce qui concerne la promotion, la vente et la qualité des médicaments et la question des médicaments contrefaits, la forte augmentation des ventes de médicaments sur l'Internet a posé d'importants problèmes dans le monde. L'Internet est étroitement lié à de nombreuses activités relatives à la stratégie pharmaceutique révisée, et le Dr Nightingale demande des renseignements sur l'application de la résolution WHA51.9 concernant la promotion et la vente de produits médicaux par Internet, surtout depuis la cent cinquième session du Conseil exécutif. Il prie également d'autres Etats Membres de coopérer dans ce domaine, car les problèmes ont pris beaucoup d'ampleur depuis l'adoption de la résolution en 1998. Certains sites pharmaceutiques« offshore» font de la publicité pour des médicaments vendus sur ordonnance auprès des consommateurs des Etats-Unis ainsi que pour des médicaments qui ne sont actuellement pas approuvés à la vente dans le pays. La Food and Drug Administration a demandé au Service des Douanes des Etats-Unis de retenir certains produits afm de les inspecter. Il serait utile d'établir une coopération internationale supplémentaire pour prévenir les envois illégaux de médicaments délivrés sur ordonnance, et de solliciter la participation active d'autres organisations internationales telles qu'Interpol. La délégation des Etats-Unis encourage l'OMS à favoriser la collaboration entre les organisations internationales et à faciliter la coopération entre les gouvernements pour ce qui est de faire appliquer la réglementation.

200

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

Mme SffiiYA (Swaziland) remercie l'OMS de l'appui qu'elle a fourni à son pays pour renforcer le programme des médicaments essentiels. Toutefois, le Swaziland n'a pas le personnel qualifié voulu et doit encore veiller à la qualité et à l'innocuité des médicaments tout en essayant de garantir un approvisionnement constant en médicaments auxquels la population a accès. Une législation est en cours d'élaboration afm de fournir un cadre juridique à une politique pharmaceutique nationale et de permettre de réglementer les médicaments. Le Swaziland doit améliorer son laboratoire de contrôle de la qualité. Afm de satisfaire aux dispositions de l'Accord ADPIC, il sollicite une aide pour renforcer son potentiel de façon à ce que la mise en oeuvre dudit Accord n'affaiblisse pas les programmes mis en place avec l'appui de l'OMS. Le Swaziland partage les opinions exprimées par d'autres pays d'Afrique australe concernant l'importation parallèle des médicaments, le transfert de technologie et la fabrication locale. Mme Sibiya remercie les délégations qui ont contribué à renforcer la résolution sur le VIH/SIDA afm d'améliorer l'accès aux médicaments et d'en faciliter l'achat dans les pays en développement. La délégation du Swaziland estime qu'il n'est plus nécessaire de formaliser l'accord existant entre l'OMS, l'OMC et l'OMPI, sauf si l'application des programmes se trouve entravée. Le Dr CARLSSON (Suède) dit que l'OMS a mis sur pied un cadre qui permet de prendre des mesures collectives pour améliorer l'accès aux médicaments. Cependant, à cause de leur coût, de nombreuses personnes n'ont toujours pas accès aux médicaments essentiels, et les pays ont besoin de politiques pharmaceutiques nationales soutenues par des instruments de contrôle de la réglem_entation. La Suède attend donc avec intérêt la publication par l'OMS des nouvelles Directives pour l'élaboration des politiques pharmaceutiques nationales et estime qu'il faudrait tout mettre en oeuvre pour faciliter leur application. Elle souligne l'importance des efforts déployés par l'OMS pour promouvoir une recherche fondamentale et clinique sur l'amélioration de médicaments et vaccins contre les maladies tropicales, que l'on puisse se procurer à des prix abordables. Le succès de la stratégie pharmaceutique de l'OMS dépend fortement de l'existence de systèmes de santé durables et contribuera à l'amélioration des résultats sanitaires. Le Dr GALON (Philippines) signale que son pays est l'un de ceux dont l'accès aux médicaments est très limité en raison de leur prix élevé. Le pays ne ménage pas ses efforts pour faire baisser les prix, notamment en ce qui concerne les médicaments essentiels. Les Philippines se félicitent de l'élaboration de nouvelles directives par l'OMS sur la libéralisation du commerce des produits pharmaceutiques. Le programme pharmaceutique national est responsable de nombreuses initiatives, et les Philippines demandent à l'OMS de leur prêter un appui sur le plan technique et celui de la formation afm de leur permettre de fournir des médicaments sûrs, efficaces et de grande qualité à tous les habitants à un prix abordable. Le Dr FURGAL (Fédération de Russie) se félicite lui aussi de l'élaboration de nouvelles directives. Son pays soutient la stratégie pharmaceutique révisée et applaudit à la participation active de l'OMS aux tentatives visant à fournir les médicaments gratuitement. Il soutient également le système OMS de certification de la qualité des produits pharmaceutiques entrant dans le commerce international, mais estime qu'il est nécessaire de mettre en place une certification obligatoire des médicaments sur son propre territoire, conformément à la législation nationale et fédérale. La Fédération de Russie aligne progressivement ses conditions normatives et juridiques sur les normes de l'OMS. L'une des tâches principales de l'OMS consiste à élaborer des normes de qualité des médicaments et à aider les pays à les appliquer, et le Dr Furgal aimerait avoir l'opinion de l'Organisation sur les possibilités d'évolution dans cette direction. La délégation russe recommande à l'OMS de consolider l'appui donné aux Etats pour la mise en oeuvre de politiques pharmaceutiques nationales, l'adoption de mesures législatives et la fourniture de médicaments moins chers et plus accessibles.

COMMISSION B : CINQUIEME SEANCE

201

Ces dernières années, des centaines de milliers de personnes sont décédées et des millions d'autres ont souffert de complications à la suite de la prise de médicaments. L'OMS devrait s'attacher davantage à étudier et à surveiller l'innocuité des médicaments, y compris les erreurs faites dans l'utilisation de ces derniers, et à mettre en place des mesures efficaces propres à réduire les effets néfastes des médicaments. Mme MAKWAKWA (Afrique du Sud) s'inquiète de ce que l'on consacre peu de ressources à évaluer l'impact des accords commerciaux mondiaux sur l'accès aux médicaments et à la technologie médicale. Elle prie instamment l'OMS, par conséquent, de consacrer des ressources importantes au soutien technique des Etats Membres, et en particulier des pays en développement, afm d'analyser et de comprendre la relation complexe qui existe entre ces accords et leur impact sur les systèmes de santé et sur l'objectif consistant à assurer un accès universel aux médicaments à des prix abordables. L'Afrique du Sud ne soutient pas une alliance formelle entre l'OMS, I'OMC et I'OMPI, car elle estime que les dispositions actuelles sont adéquates. Chacune de ces organisations ayant sa propre mission, le Directeur général n'est pas obligée de demander l'autorisation ou l'approbation des deux autres instances concernant les décisions prises par l'OMS. Le discours interne à l'OMS ne doit pas être entravé ni même influencé par des organismes extérieurs. Mme DJAMALUDIN (Indonésie), se félicitant des progrès réalisés en ce qui concerne la stratégie pharmaceutique révisée, dit que l'expérience de l'Indonésie a montré que la mise en o~uvre des concepts de médicaments essentiels et de médicaments génériques a été indispensable pour maintenir les services de santé publique destinés aux pauvres durant la crise économique du pays. L'Indonésie prie donc l'OMS de poursuivre son appui à l'élaboration des politiques pharmaceutiques nationales, qui peuvent être sans cesse améliorées compte tenu des progrès de la technologie, du commerce mondial et de la dynamique de la demande. La délégation indonésienne s'inquiète de l'utilisation de médicaments ne répondant pas aux normes, dangereux et inefficaces et prie par conséquent l'OMS de prendre des mesures plus concrètes pour contrôler la promotion des médicaments, notamment sur l'Internet. L'Indonésie a organisé un atelier de l' ANASE sur l'Accord ADPIC et son impact sur le commerce des produits pharmaceutiques ; il faut poursuivre le travail dans ce domaine et une réunion d'experts de l' ANASE se tiendra bientôt sur le sujet. Les participants à l'atelier ont reconnu que l'Accord ADPIC ne comprenait pas de dispositions précises relatives à la protection des médicaments traditionnels ou à base- de plantes ni sur les connaissances des populations autochtones, et, compte tenu de l'importance de la phytothérapie dans de nombreux pays de l' ANASE, l'Indonésie souhaiterait que l'on étudie la question lors d'une prochaine session du Conseil exécutif. Le Dr STAMPS (Zimbabwe) dit que son pays a introduit une politique pharmaceutique nationale en 1996 et est sur le point de publier la quatrième édition de sa liste de médicaments essentiels, le nombre de médicaments ayant été porté à 200. Il explique le fonctionnement de l'autorité de contrôle des médicaments du Zimbabwe. Grâce à l'appui de l'OMS, le Zimbabwe est doté d'un laboratoire régional de contrôle des médicaments, dont les services sont à la disposition des Etats voisins. La délégation du Zimbabwe s'inquiète de la façon dont l'Internet est utilisé par des personnes sans scrupules afin de promouvoir des composés contrefaits, inutiles et même dangereux. L'OMS a un rôle primordial à jouer en combattant ces activités avec force et détermination, et des résolutions adoptées par de précédentes Assemblées de la Santé lui donnent le mandat nécessaire pour le faire. Le Zimbabwe soupçonne également que l'importation de chloroquine contrefaite dans certains pays fait partie d'une stratégie visant à promouvoir le traitement du paludisme avec des médicaments brevetés plus chers. Le Zimbabwe se demande en outre s'il est judicieux de permettre à l'industrie pharmaceutique de déterminer quels types de médicaments doivent faire l'objet d'une recherche-développement. L'OMS devrait avoir autorité pour indiquer les domaines dans lesquels il faut mettre au point de nouveaux médicaments. L'autorité de l'OMS en ce qui concerne la stratégie pharmaceutique doit être réaffrrmée.

202

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

Le Dr LABISSIÈRE (Haïti) dit que son pays s'est engagé à faciliter l'accès des malades et des établissements de santé aux médicaments. La politique haïtienne concernant les médicaments essentiels est l'un des axes stratégiques de sa politique nationale de santé. Des médicaments de grande qualité existent, à un coût modique, grâce à un réseau de distribution décentralisé coordonné avec 1' aide du bureau local de l'OMS. Une mise en oeuvre rigoureuse de la politique relative aux médicaments essentiels est entravée par des fluctuations fréquentes des prix et des ruptures d'approvisionnement. Le Professeur CANBOLAT (Turquie), donnant des détails sur la politique pharmaceutique nationale et la liste des médicaments essentiels de son pays, dit que la Turquie se conforme au système OMS de certification. Une législation a été introduite concernant le prix des médicaments et un décret sur la protection des brevets est entré en vigueur en 1999. La préparation d'une nouvelle pharmacopée en est au stade fmal. Les politiques pharmaceutiques de la Turquie sont conformes aux recommandations de l'OMS. La Turquie estime que l'OMS doit continuer à jouer un rôle central pour ce qui est des questions de protection des brevets, d'approvisionnement en médicaments essentiels, de surveillance de la qualité des médicaments et de prévention de la promotion de médicaments inadéquats. Le Dr MIAKA MIA BILENGE (République démocratique du Congo) se félicite du rapport. La stratégie pharmaceutique révisée est une nécessité dans la lutte contre la maladie. Il souhaite vivement que l'OMS appuie la fabrication locale des médicaments à base de plantes médicinales qui ont d~jà fait leurs preuves. Le Dr SOMBIE (Burkina Faso) félicite l'OMS pour les efforts qu'elle déploie pour rendre les médicaments essentiels accessibles aux populations les plus démunies. A cause de la transition épidémiologique des pays en développement, toutefois, il faut de plus en plus s'assurer de l'accessibilité de médicaments destinés à traiter des affections telles que l'hypertension artérielle, le diabète et le glaucome. Il fait observer que le rapport ne mentionne nulle part les remèdes traditionnels et il demande instamment à l'OMS de mettre davantage l'accent sur l'utilité des pharmacopées traditionnelles. Le Dr BALE (Fédération internationale de l'Industrie du Médicament), parlant à l'invitation du PRESIDENT, se félicite de la réunion d'information technique organisée durant l'Assemblée de la Santé sur la question des médicaments contrefaits. Le commerce de ces médicaments est devenu un grave problème et on estime qu'il représente entre 3 et 5% du commerce pharmaceutique mondial. Les pays en développement et les médicaments essentiels sont les plus à risque. Le Dr Baie espère que l'OMS et l'OMC étudieront ensemble la manière d'appliquer l'Accord ADPIC, et notamment ses dispositions énergiques contre la contrefaçon. La Fédération estime que la section du rapport sur les dons de médicaments est quelque peu négative. Le rapport annonce l'intention de l'OMS de rendre publics les manquements aux bonnes pratiques concernant les dons, mais ne fait nullement 1' éloge des activités respectant ces pratiques. Les bonnes pratiques en matière de dons, lorsqu'il s'agit de traiter des maladies telles que l'onchocercose, la poliomyélite, la lèpre et la filariose lymphatique, l'emportent de loin sur les mauvaises. Le Dr Baie estime qu'il est possible d'élargir la portée des travaux décrits dans le paragraphe 9, consacré aux perspectives d'avenir. La gamme des sociétés internationales engagées dans la recherche biomédicale s'étend, et les sociétés basées dans certains pays en développement prennent des brevets sur de nouveaux médicaments dans les pays développés, augmentant de ce fait le choix et la concurrence. L'OMS pourrait envisager de prier les pays en développement dotés de bonnes installations et capacités de recherche biomédicale d'offrir des incitations pour la recherche en accélérant la protection de la propriété intellectuelle dans le cadre des accords internationaux existants. Si les scientifiques des pays en développement n'étaient pas obligés de quitter leur pays pour l'Europe ou les Etats-Unis d'Amérique afm de faire protéger leurs idées, cela profiterait à la santé dans le monde.

COMMISSION B : CINQUIEME SEANCE

203

Le Dr SUZUKI (Directeur exécutif), répondant aux observations faites par les délégués sur la qualité et l'innocuité des médicaments, dit qu'outre sa fonction essentielle qui consiste à fixer des nonnes, l'OMS fournit un appui aux pays, surtout pour renforcer le réseau de réglementation interne et promouvoir les bonnes pratiques de fabrication. Elle participe aux campagnes contre les médicaments contrefaits. En ce qui concerne l'Accord ADPIC, le Dr Suzuki dit que l'Organisation coopère avec les Etats Membres et les organisations internationales pour analyser et surveiller les répercussions de l'Accord sur le secteur pharmaceutique et la santé publique. Par l'intennédiaire de ses centres collaborateurs, elle étudie comment la législation sur les brevets pourrait tenir compte des préoccupations de santé publique et comment la réglementation et la législation pharmaceutiques pourraient incorporer la protection des brevets. En réponse à une question soulevée par le délégué des Etats-Unis d'Amérique, le Dr Suzuki dit que le groupe de contact infonnel avec l'OMPI, l'OMC, la CNUCED et I'ONUSIDA s'attaque actuellement à deux domaines d'intérêt commun, à savoir des prix équitables et la réduction des droits de douane et des taxes. Comme des consultations ont révélé que les Critères éthiques applicables à la promotion des médicaments, publiés par l'OMS, n'ont eu qu'un impact limité sur les comportements réels, l'OMS et d'autres parties intéressées mettent actuellement au point un plan d'action pour veiller à l'application des critères fixés. Le processus des tables rondes avec les organisations non gouvernementales et l'industrie contribue à atteindre ce but. L'OMS partage la préoccupation des Etats-Unis d'Amérique selon laquelle les ventes sauvages de produits pharmaceutiques par l'intennédiaire de l'Internet risquent de nuire à la santé des consommateurs. Dans le cadre du suivi de la résolution WHA52.19, l'OMS a publié une brochure sur ·ce sujet, 1 laquelle doit servir de modèle aux Etats Membres qui souhaitent conseiller les utilisateurs de l'Internet. Un questionnaire a été envoyé aux autorités sanitaires nationales concernant la mise à jour de leur réglementation relative à l'Internet et aux ventes. Le PRESIDENT considère qu'en l'absence d'observations, la Commission souhaite prendre note du rapport sur la stratégie pharmaceutique révisée contenu dans le document A53/l O. Il en est ainsi décidé.

5.

QUESTIONS ADMINISTRATIVES ET FINANCIERES: Point 14 de l'ordre du jour (suite)

Questions financières: Point 14.1 de l'ordre du jour (suite) • Etat du recouvrement des contributions, et notamment celles des Membres redevables d'arriérés dans une mesure qui justifierait l'application de l'article 7 de la Constitution (document A53/28) (suite de la première séance, section 3, page 143)

Le PRESIDENT rappelle que le Comité de l'Administration, du Budget et des Finances du Conseil exécutif a examiné la demande émanant de la Guinée équatoriale concernant le rétablissement de son droit de vote. Ce Comité a recommandé que cette demande soit étudiée par l'Assemblée de la Santé, à condition que le montant de US $151 254 qui devait être versé avant le 12 mai 2000 le soit avant que l'on examine le point de 1' ordre du jour pertinent. Or le Président a été infonné que le versement n'avait pas encore été effectué. Par conséquent, il propose que la requête ne soit pas examinée. Il en est ainsi décidé. Medical products and the Internet- a guide to finding reliable information. OMS, Genève, 1999 (Regulatory Support Series No. 8). 1

204

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

Le PRESIDENT, faisant remarquer que ce point avait été laissé en suspens pendant plusieurs jours, suggère que le Conseil exécutif soit prié d'aborder la question de la soumission de demandes relatives à l'adoption de dispositions spéciales concernant le règlement des arriérés, et de proposer que l'Assemblée de la Santé discute une procédure standard pour la prise en compte de ces demandes.

6.

QUESTIONS TECHNIQUES ET SANITAIRES: Point 12 de l'ordre du jour (reprise du débat)

Eradication de la poliomyélite: Point 12.9 de l'ordre du jour (documents A53/11 et A53/11 Corr.l) Le Dr SULAIMAN (représentant du Conseil exécutif) dit que le Conseil s'est félicité des progrès réalisés depuis l'adoption de la résolution WHA52.22 demandant l'accélération de l'initiative d'éradication de la poliomyélite. En janvier 2000, la transmission du poliovirus indigène a été interrompue dans la Région des Amériques, la Région européenne et celle du Pacifique occidental, et au total 30 pays seulement dans le monde demeuraient des pays d'endémie. La plupart des Etats Membres d'Asie du Sud et d'Afrique subsaharienne où l'endémicité persistait ont sensiblement accéléré les activités d'éradication ou se sont engagés à les entreprendre. En 1999, les premières journées nationales de vaccination ont été organisées au Congo et en Sierra Leone, les deux derniers pays du monde à introduire de telles journées. L'accélération des activités a été grandement facilitée par l'appui provenant de diverses sources, telles que l'Allemagne, le Canada, l'Italie, le Japon, le Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord, Rotary International et les Centres de Lutte contre la Maladie des Etats-Unis d'Amérique, et également de nouveaux partenaires pour l'éradication de la poliomyélite, dont le Portugal, la Fondation des Nations Unies, la Fondation Bill et Melinda Gates, l'Institut Pasteur, l'Union européenne et la Banque mondiale. L'accélération a été compromise par le fait que l'on n'a pas pu atteindre tous les enfants au cours des journées nationales de vaccination, par une surveillance inadéquate et des annulations inattendues de commandes de vaccin de la part des fabricants. Certains pays africains ont déjà mis un terme aux journées nationales de vaccination contre la poliomyélite, malgré l'absence d'une surveillance de grande qualité qui montrerait si une telle mesure est sans danger. Le Conseil exécutif a examiné un cas qui s'est produit en Chine en 1999 à la suite de la propagation d'un poliovirus sauvage importé, qui a montré le risque que les pays d'endémie continuent de faire courir à ceux qui ont réussi à arrêter la transmission. Les membres ont demandé la consolidation des efforts internationaux pour assurer le succès de l'initiative contre la poliomyélite et prié le Directeur général de mobiliser des fonds supplémentaires. Le Conseil a noté que le conflit en Afrique équatoriale continuait d'exiger des approches novatrices vis-à-vis de l'initiative. L'OMS a confirmé que la faisabilité de l'éradication n'était pas remise en question, mais que l'amélioration de la qualité des journées nationales de vaccination, du ratissage et de la surveillance était essentielle dans les 30 pays d'endémie restants ainsi que dans les pays d'endémie récente qui n'ont pas encore été certifiés comme étant exempts de poliomyélite. L'OMS a reconnu que l'importation du poliovirus sauvage en Chine montrait l'importance qu'il y avait à établir et à maintenir une surveillance au niveau de la certification dans le monde entier. Mme KOPPERS (Pays-Bas) constate, d'après les documents, que, malgré des progrès considérables, de nombreux problèmes perdurent. Il a été relativement facile de réduire la prévalence, qui est passée de plus de 300 000 cas en 1998 à moins de 7000 cas en 1999, alors le fait de réduire ce chiffie à zéro cas signalé dans le monde d'ici 2005 représente une tâche difficile. Il semble que les activités de surveillance dans certains pays soient loin d'être optimales et qu'elles soient même en baisse, menaçant de ce fait gravement le succès des efforts d'éradication. Sans surveillance correcte, il sera impossible de s'assurer que la transmission a été stoppée. Le Directeur général a prévenu que, si l'on n'était pas prêt à poursuivre les efforts jusqu'à ce que la tâche soit accomplie, le succès risquait de se dérober. Le Ministre du Développement et de la Coopération des Pays-Bas vient d'annoncer une contribution considérable à

COMMISSION B : CINQUIEME SEANCE

205

l'initiative d'éradication de la poliomyélite. Mme Koppers propose que cette contribution serve surtout à renforcer les activités de surveillance. M. ISOBE (Japon) dit que le monde est sur le point de voir si l'initiative mondiale pour éradiquer la poliomyélite va réussir, tout comme la campagne contre la variole a abouti. De grands pas ont été faits au cours de la précédente décennie. Toutefois, les initiatives dans les 30 Etats Membres d'endémie restants sont loin de la cible ftxée et la qualité des activités dans les 10 pays prioritaires peut être améliorée. Le problème ne se limite pas à la nation ou à la Région, mais représente un enjeu très important pour l'OMS elle-même et tous les Etats Membres. Afm d'accroître la qualité des activités dans les pays d'endémie, la délégation japonaise propose que des experts des régions qui sont parvenues à l'éradication soient envoyés dans les régions prioritaires pour y travailler. Le Japon est prêt a contribuer davantage à l'initiative mondiale en mobilisant ses propres experts de terrain pour éradiquer la poliomyélite en Asie du Sud-Est. Le Dr STAMPS (Zimbabwe) remercie Rotary International et le Gouvernement du Royaume-Uni de l'appui qu'ils ont fourni aux journées nationales de vaccination au Zimbabwe, qui ont été organisées avec succès en 1997 et 1999. Malheureusement, les dégâts occasionnés par le cyclone Eline en février 2000 ont reculé la date pour l'année en cours. Néanmoins, le Zimbabwe a maintenu des taux de couverture vaccinale supérieurs à 75% pour toutes les maladies évitables par la yaccination. Il est essentiel d'assurer une surveillance aftn de prévenir la réintroduction du virus, car la poliomyélite demeure endémique dans certains pays voisins. Le Zimbabwe ne reçoit pas de fonds de la part des donateurs pour les programmes de surveillance, mais accepte le fait que les besoins de ses voisins sont plus grands. Le Dr Stamps s'inquiète du faible niveau de vaccination contre la poliomyélite et d'autres maladies dans certains pays développés, car l'on craint qu'une épidémie ne débute dans ces pays-là et n'empêche l'éradication complète d'ici 2005. Il lance un appel à tous les pays pour qu'ils poursuivent des programmes de vaccination des enfants, durables et vigilants. Mme PHUMAPHI (Botswana) fait observer que son pays est sur le point d'éradiquer la poliomyélite à la suite d'un programme de vaccination efficace, portant sur 25 années et organisé sous l'égide de l'OMS. Cependant, d'importantes flambées en Afrique australe ont réintroduit le risque de réinfection, notamment à cause des mouvements de réfugiés. Elle se joint aux autres délégués qui ont appelé à plus de vigilance, notamment compte tenu des ruptures d'approvisionnement du vaccin antipoliomyélitique de la part de certains fabricants. La délégation du Botswana demande que l'OMS et les autres partenaires renforcent leur appui et renouvellent leur engagement d'éradiquer la poliomyélite d'ici 2005. Mme ALI (Pakistan) remercie l'OMS, les Etats Membres et les institutions partenaires d'avoir appuyé les efforts visant à éradiquer la poliomyélite du Pakistan. Entre 10 et 20 % de tous les cas de poliomyélite du monde et 60 à 80 % des cas du sous-continent indien sont signalés au Pakistan. Les difficultés rencontrées par ce pays dans sa campagne d'éradication de la poliomyélite comprennent notamment des ruptures de la chaîne du froid, une transmission transfrontières, l'absence d'un système de surveillance efficace, l'inaccessibilité de certaines régions, des obstacles culturels tels que le refus de permettre aux vaccinateurs masculins d'avoir accès aux foyers où des femmes sont présentes, la faible couverture de la vaccination systématique et des ruptures de l'approvisionnement en vaccin antipoliomyélitique. Néanmoins, l'engagement politique d'éradiquer la poliomyélite avant la fm de l'an 2000 a été pris au plus haut niveau. Pour y parvenir, le Pakistan s'efforce d'améliorer la vaccination systématique et d'organiser des journées nationales de vaccination plus efficaces et des campagnes de vaccination supplémentaires dans les régions où la transmission de la poliomyélite est élevée. Des journées infranationales de vaccination, avec des programmes de vaccination de porte à porte, ont été lancées. Le Pakistan veille aussi à la régularité de l'approvisionnement en vaccin et seringues et élabore des plans

206

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

provinciaux destinés à améliorer la couverture vaccinale systématique et à accroître la livraison de vaccin dans tous les centres de soins de santé primaires. Avec l'appui des organismes donateurs, il s'efforce de restaurer et de rénover la chaîne du froid. Il fait appel à des unités mobiles pour atteindre les régions les moins accessibles du pays. Il réforme le système de soins de santé afm de permettre aux agents de santé polyvalents, à tous les niveaux du système, de participer au programme d'éradication de la poliomyélite. Enfin, pour interrompre dans une certaine mesure la transmission transfrontières, le Pakistan fournit une assistance technique au programme national de vaccination mis en place par les autorités iraniennes. La délégation pakistanaise souhaite bénéficier d'un soutien continu et systématique de la part de l'OMS et de la communauté internationale. M. EHMER (Etats-Unis d'Amérique), constatant les énormes progrès réalisés dans l'éradication de la poliomyélite, dit qu'il faut féliciter l'OMS pour les efforts qu'elle déploie afm de mobiliser des ressources, d'assurer une surveillance internationale des normes et de promouvoir des stratégies de vaccination viables et de qualité. Toutefois, au début des étapes fmales de la campagne d'éradication, il n'y a pas lieu de pavoiser et l'Organisation ne doit pas sous-estimer les tâches difficiles qui l'attendent, et notamment veiller à un approvisionnement suffisant en vaccin et améliorer les stratégies avancées, singulièrement en ce qui concerne les populations difficiles à atteindre. M. Ehmer prie les nations donatrices de donner la priorité à la réduction du déficit, qui est estimé à US $300 millions. L'éradication permettra d'économiser annuellement, au niveau mondial, environ US $1,5 milliard sur le coût_ des vaccins et des soins aux malades. Les Etats Membres économiseront ainsi de l'argent, qui pourra ensuite être alloué à d'autres besoins de santé prioritaires, et notamment au maintien de l'infrastructure de santé publique requise pour prévenir la réémergence de maladies telles que la poliomyélite. Le Dr RODRÎGUEZ ALVAREZ (Espagne) appelle l'attention sur le danger de la réémergence de la poliomyélite dans les pays qui l'avaient éliminée. Il faudra poursuivre le soutien financier et les programmes de vaccination jusqu'à ce qu'il n'y ait plus aucun cas de poliomyélite où que ce soit dans le monde. La délégation espagnole appuie toutes les initiatives actuelles visant à éradiquer la poliomyélite. Le Dr WANG Zhao (Chine) fait observer qu'il n'y a pas eu de nouveaux cas de poliomyélite indigène en Chine depuis octobre 1994. Toutefois, plus la transmission intense du poliovirus se poursuit dans certains pays, plus grand est le risque de réémergence de la maladie dans d'autres. Ce danger a été illustré par la transmission du poliovirus sauvage importé en Chine : il y a eu quatre cas en 1995 et 1996 et un nouveau cas en 1999. Afm de prévenir la propagation du virus, depuis décembre 1999, le Ministère de la Santé a organisé quatre campagnes visant à éradiquer la maladie grâce à la vaccination et à des examens médicaux de porte à porte pour détecter la paralysie flasque aiguë. Le Gouvernement chinois remercie les organisations et les pays donateurs dont l'assistance a permis à la Chine de mettre en place des mesures efficaces pour enrayer la propagation du poliovirus sauvage importé. Afin de prévenir de nouvelles importations, les programmes de vaccination seront intensifiés dans les zones frontières particulièrement exposées. Même lorsque la Chine aura été déclarée exempte de poliomyélite, elle continuera d'appliquer les mesures voulues afm de maintenir cette situation. La délégation chinoise se félicite que l'OMS reconnaisse la nécessité d'élaborer une stratégie propre à briser la chaîne finale de la transmission, et la Chine souhaite contribuer à cet effort. Il est important que l'OMS s'assure que la vaccination et la surveillance sont maintenues à un haut niveau, même lorsqu'un pays particulier ne signale aucun cas de poliomyélite. Le Dr MBAIONG (Tchad) rappelle que le Tchad est l'un des 30 pays d'endémie restants. Les types 1 et 3 du poliovirus sauvage y sont toujours présents. Le Gouvernement a donc mis en place des stratégies de mobilisation sociale, et notamment des journées nationales de vaccination accompagnées par une supplémentation en vitamine A et des vaccinations de porte à porte. Toutefois, il est souvent difficile de poursuivre sur la lancée à cause d'un manque de vaccinateurs, de faiblesses de la chaîne du froid et d'insuffisances logistiques. Le Tchad remercie Rotary International, l'OMS, l'UNICEF et d'autres

COMMISSION B : CINQUIEME SEANCE

207

partenaires, qui ont fourni une assistance pour 1' organisation des journées nationales de vaccination ; le Dr Mbaiong les invite à redoubler d'efforts pour organiser de nouvelles journées de grande qualité. L'éradication de la poliomyélite au Tchad représente un intérêt majeur pour la population mondiale. Le Dr WANCHAI SATTA Y A WUTIITPONG (Thaïlande) souligne 1' effort mondial nécessaire pour éradiquer la poliomyélite. Une éradication réussie reflète l'efficacité des systèmes de santé nationaux. La Thaïlande s'est engagée à éradiquer la poliomyélite depuis 1990 et a organisé des journées nationales de vaccination en 1998, 1999 et 2000. Ses stratégies comprennent aussi la surveillance de la paralysie flasque aiguë, la vaccination en cas de flambées et la vaccination systématique. Aucun cas de la maladie n'a été signalé depuis 1997, mais la surveillance ne s'est pas relâchée. Afm de prévenir les cas importés, le pays a besoin de l'appui de l'OMS pour la surveillance de la paralysie flasque aiguë et un meilleur partage des informations concernant la surveillance. Le Dr Wanchai Sattayawuthipong espère que l'OMS, l'UNICEF et les organismes donateurs pourront réduire le déficit de US $300 millions mentionné au paragraphe 6 du document A53/ll afm d'accélérer l'éradication de la poliomyélite. Il s'inquiète particulièrement de l'interruption de la vaccination par les conflits politiques et armés dans certains pays, et prie le Directeur général d'envoyer un message au Secrétaire général de l'Organisation des Nations Unies pour lui demander de faciliter la déclaration de «journées de tranquillité » dans les zones de conflit armé. Le Dr ISSAKA-TINORGAH (Ghana) remercie l'OMS et les autres partenaires ~e l'appui précieux qu'ils ont apporté à la campagne d'éradication de la poliomyélite au Ghana. Confirmant que l'étape fmale de la lutte contre la poliomyélite exigera des ressources et mesures importantes, il signale qu'au Ghana, les zones où la couverture est faible ne peuvent être atteintes que par bateau ; cette seule composante du programme est coûteuse et nécessite de nouvelles méthodes de travail. Le Dr Issaka-Tinorgah prie par conséquent l'OMS de renforcer son rôle à la fois de responsable de la collecte de fonds et de coordonnateur des ressources techniques et fmancières au profit des pays d'endémie. Le Dr VIOLAKI-PARASKEVA (Grèce) souligne que la surveillance est une partie essentielle de tout programme antipoliomyélitique. La Grèce attache beaucoup d'importance à la surveillance de la paralysie flasque aiguë ; elle a également un programme de vaccination antipoliomyélitique élargi et 90 % des enfants ont été vaccinés. (Voir la suite du débat dans le procès-verbal de la sixième séance, section 2.)

La séance est levée à 18 h 30.

SIXIEME SEANCE Samedi 20 mai 2000, 9 heures Président : Dr K. KARAM (Liban)

1.

QUATRIEME RAPPORT DE LA COMMISSION B (document A53/40)

Le Dr SUWIT WIBULPOLPRASERT (Thaïlande), Rapporteur, donne lecture du projet de quatrième rapport de la Commission B.

Le rapport est adopté. 1

2.

QUESTIONS TECHNIQUES ET SANITAIRES: Point 12 de l'ordre duj~ur (suite)

Eradication de la poliomyélite: Point 12.9 de l'ordre du jour (documents A53/11 et A53/11 Corr.1) (suite de la cinquième séance, section 6) Le Dr FURGAL (Fédération de Russie) constate que, malgré les succès remportés en matière d'éradication de la poliomyélite dans trois des six Régions de l'OMS, la situation reste insatisfaisante dans certains pays. En Fédération de Russie, la vaccination se poursuit, ainsi que la surveillance épidémiologique des cas de paralysie flasque aiguë. Au cours des trois dernières années, aucun cas de poliomyélite due au virus sauvage n'a été signalé. Avec l'OMS, la Fédération de Russie continue la certification des zones libérées de la poliomyélite, et elle est reconnaissante à l'Organisation de son appui pour l'équipement des laboratoires diagnostiques et la formation de spécialistes. L'orateur partage les préoccupations exprimées dans le rapport, à savoir que des retards dans la vaccination dans certains pays pourraient compromettre la totalité de l'initiative, comme en témoigne la récurrence des cas de poliomyélite dans certains pays. L'expérience de son pays montre que la maladie peut resurgir au moindre écart par rapport aux pratiques établies, lorsque la couverture vaccinale est insuffisante ou lorsque la surveillance épidémiologique ou la qualité du vaccin laisse à désirer. Il semble désormais nécessaire de reporter la date cible pour l'éradication de la poliomyélite dans le monde et d'investir à cette fin des fonds substantiels. L'OMS devrait se concentrer sur la création de systèmes de vaccination et de surveillance fiables dans les Etats Membres, et sur la mobilisation des fonds supplémentaires nécessaires pour parvenir à l'éradication. Le rapport ne contient d'information ni sur la mise en place de mécanismes de surveillance pour vérifier la sécurité des conditions de stockage du poliovirus sauvage dans les laboratoires, ni sur l'élaboration de la stratégie à suivre pour mettre un terme à la vaccination antipoliomyélitique. Avant d'arrêter la vaccination, il faudra pouvoir disposer de données irréfutables montrant que le virus n'est plus en circulation.

1

Voir p. 264.

-208-

COMMISSION B : SIXIEME SEANCE

209

M. MAJOR! (Italie) se félicite du rapport. Si l'on veut respecter la date fixée pour l'éradication, les activités doivent être accélérées. Le Gouvernement italien s'est engagé à soutenir le programme et ses aspects fmanciers, et notamment sa mise en oeuvre en Inde, et a l'intention de renforcer les activités techniques du centre collaborateur de l'OMS à Rome. Il encourage l'OMS à s'efforcer de respecter le calendrier établi pour l'initiative, malgré les difficultés actuelles. Le Professeur MAMPUNZA (République démocratique du Congo) regrette que la poliomyélite reste endémique dans son pays. La volonté politique de son Gouvernement, qui adhère à l'objectifmondial de l'éradication de la poliomyélite, ne fait aucun doute, mais celui-ci a malheureusement pris du retard en raison des hostilités dans le pays. Au cours des journées nationales de vaccination de 1999, des stocks de vaccin ont été détruits par des armées étrangères. L'orateur remercie de leur soutien l'OMS et d'autres institutions des Nations Unies ainsi que plusieurs organisations gouvernementales et non gouvernementales, dont les Centres de Lutte contre la Maladie aux Etats-Unis d'Amérique et Rotary International en Belgique, qui prêtent notamment leur concours à l'organisation des «journées de tranquillité ». Son pays sait pouvoir compter sur le soutien de la communauté internationale pour l'organisation des prochaines journées nationales de vaccination. Les vaccinations systématiques ont été accélérées et une surveillance des cas de paralysie flasque aiguë est exercée. Bien que le budget des journées nationales de vaccination pour l'an 2000 ne soit pas encore établi de façon défmitive, l'orateur est convaincu que le programme pourra être mené à bien. La République démocratique du Congo ayant frontière commune avec neuf pays, la victoire sur la poliomyélite passe en grande partie par la réussite des efforts de lutte contre la maladie dans ce pays. Le Dr SUZUKI (Directeur exécutif) dit que la stratégie pour l'éradication de la poliomyélite est en train de réussir, mais que sa mise en oeuvre doit être accélérée. Etant donné que d'ici la fm de l'an 2000, 190 pays seront libérés de la poliomyélite, il est inutile de modifier la cible pour la certification fmale, même si 20 pays sont encore exposés au risque de transmission du poliovirus sauvage. Pour ce qui est des journées nationales de vaccination, une couverture plus large est encore nécessaire malgré les vaccinations porte à porte. On pourrait accroître l'efficacité en synchronisant les dates d'organisation de ces journées dans des pays voisins. En ce qui concerne la surveillance des cas de paralysie flasque aiguë, l'exemple chinois d'un cas importé montre l'utilité de pouvoir disposer d'un système précis et efficace de surveillance, et le Dr Suzuki remercie les Pays-Bas de leur offre de fonds supplémentaires destinés à renforcer le système. On pourrait rationaliser les achats en éliminant les obstacles administratifs. Les «journées de tranquillité » sont manifestement indispensables dans les zones de conflit, mais les partenaires doivent se demander s'ils sont suffisamment éloquents pour en promouvoir 1' organisation. Des recherches sont en cours en ce qui concerne le confmement des stocks de laboratoire et la prévention de la transmission. L'approvisionnement en vaccins ne devrait plus poser de problème à l'avenir. Ces derniers temps, la demande a dépassé l'offre parce que les activités d'éradication avaient été intensifiées et que les plans de vaccination avaient dû être ajustés en conséquence. Toutefois, la communication avec les fabricants s'améliore, de même que la prévision de la demande de vaccins. Cette année, il y aura plus de vaccins disponibles que jamais auparavant ; le volume total des achats est passé de 660 millions de doses en 1998 à 850 millions en 1999 et devrait atteindre 1,275 milliard de doses en 2000. On dispose de suffisamment de vaccins pour l'ensemble des activités actuellement prévues pour le reste de l'année 2000. Le Dr Suzuki constate que le partenariat pour l'éradication de la poliomyélite se développe rapidement. On attend maintenant une aide de la Fondation Bill et Melinda Gates et de la Fondation Turner, de l'industrie et de sources bilatérales comme les Pays-Bas et le Japon. Il espère que cette aide supplémentaire suffira à résorber le déficit de US $300 millions sur la période de cinq ans. M. HERSH (Observateur, Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge) déclare que les 30 pays où la poliomyélite est encore endémique sont des pays pauvres

210

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE·

et victimes de conflits armés, d'instabilité politique ou de sanctions économiques. L'éradication nécessite une approche novatrice, outre l'organisation de journées nationales de vaccination efficaces. Afm d'intensifier les efforts en vue de l'éradication mondiale, la Fédération, par l'intermédiaire de ses 176 sociétés nationales, propose de collaborer plus étroitement avec l'OMS, l'UNICEF, Rotary International, les Centres de Lutte contre la Maladie et d'autres partenaires. Les sociétés nationales et les bénévoles sont actifs dans tous les pays où la poliomyélite est endémique, et pourraient aider à promouvoir la vaccination des enfants vivant dans les régions auxquelles l'ONU, ou même les gouvernements nationaux, n'ont que difficilement accès. La Fédération pourrait également aider à organiser des «journées de tranquillité » dans les pays en guerre, afin de veiller à ce que tous les enfants soient vaccinés contre la poliomyélite et d'autres maladies évitables par la vaccination.

La Commission prend note du rapport.

Eradication de la variole: maintien temporaire des stocks de virus variolique: Point 12.14 de l'ordre du jour (document A53/27) Mme PHUMAPID (Botswana) se félicite des progrès accomplis dans la mise en oeuvre de la résolution WHA52.1 O. Appelant l'attention sur les paragraphes 4.1) et 4.2) de la résolution, elle aimerait avoir de plus amples renseignements sur la mise au point d'un mécanisme de notification des .résultats de la recherche, la préparation d'un calendrier d'inspection pour garantir le confmement des stocks de virus variolique, et la pleine participation de chercheurs et spécialistes de la santé publique des Etats Membres de chacune des Régions de l'OMS, en vue d'assurer une protection contre d'éventuels accidents, tout en préservant les intérêts de la recherche. Le Dr HEYMANN (Directeur exécutif) indique que le rapport d'inspection établi pour les laboratoires a montré que les centres collaborateurs de l'OMS où est stocké le virus sont sûrs aussi bien sur le plan matériel que biologique. Quant aux besoins et aux progrès de la recherche, toutes les Régions de l'OMS sont représentées au sein du comité chargé de passer en revue les travaux de recherche. Un sous-comité chargé d'examiner les propositions de recherche a été créé, et il a déjà approuvé trois propositions émanant d'un pays et est en train d'examiner d'autres propositions d'un autre pays.

La Commission prend note du rapport.

3.

CLOTURE DES TRAVAUX

Après les remerciements d'usage, le PRESIDENT déclare que la Commission a terminé ses travaux.

La séance est levée à 9 h 50.

PARTIE II PROCES-VERBAUX DES TABLES RONDES MINISTERIELLES

LES GRANDS ENJEUX DES SYSTEMES DE SANTE : Point 10 de l'ordre du jour (document A53/DIV/5) Salle VII, mardi 16 mai 2000, 10 heures Président: Mme A. FISCHER (Allemagne)

M. ADAMS (Bases factuelles et information à l'appui des politiques de santé) ouvre la table ronde en donnant un aperçu du nouveau cadre pour l'analyse et la compréhension des systèmes de santé nationaux, tel qu'il figure dans le document A53/DIV/5, et en récapitulant les questions à débattre. Le Professeur SALLAM (Egypte) fait observer que les programmes de santé nationaux ont tendance à porter essentiellement sur des domaines sanitaires spécifiques, alors que les ministres de la santé devraient avoir pour principal objectif d'établir un système de santé fondé sur un réseau de soins de santé primaires à 1' échelle nationale. Les pays en développement doivent corriger les disparités liées au sexe, au revenu et au lieu de résidence, en mettant surtout l'accent sur les groupes vulnérables. Disposer d'un système pleinement intégré permet aux pays d'utiliser plus efficacement l'aide internationale. Dans les pays en développement, un grand nombre de personnes accorde la priorité aux moyens de subsistance. C'est la raison pour laquelle l'assurance-maladie ne pourra être mise en place que si les groupes les plus riches subventionnent les contributions des pauvres. L'intervenant a énoncé le principe selon lequel la santé permettra de vaincre la pauvreté, principe qu'il a placé au centre de la politique sanitaire de son Gouvernement. Enfm, il note qu'il est indispensable d'assurer une surveillance et un suivi dans les pays en développement. M. DE SILVA (Sri Lanka) fait observer que les systèmes de santé n'existent pas hors de tout contexte: ils doivent être soutenus par d'autres domaines d'activité, comme une éducation sanitaire efficace et des systèmes de soins de santé primaires performants, et ils doivent s'inscrire dans un environnement sain (dans des pays en développement, de nouvelles industries ont posé de sérieux problèmes de salubrité de l'environnement), où les individus ont accès à l'eau salubre. Chaque situation doit être évaluée séparément afin d'allouer rationnellement des ressources limitées. Dans de nombreux pays en développement, certains pensent être en droit de bénéficier de soins de santé gratuits. Rapport coût/efficacité et participation fmancière des usagers doivent être envisagés en relation avec les valeurs démocratiques et sociales qui ont cours dans les différents pays. Tenter de modifier les systèmes de santé est donc une tâche ardue pour les ministres de la santé. M. JUNOR (Jamaïque) relève la nécessité d'identifier des éléments de base communs aux différents systèmes de santé. Le processus de développement du système de santé requiert l'engagement d'autres ministères que celui de la santé et d'autres organisations ayant un lien avec la santé. Un nombre croissant de questions commerciales influe sur les systèmes de santé ; par exemple, la Jamaïque est actuellement confrontée à des problèmes de nutrition, car les médias font de la publicité pour la restauration rapide. Les ministères de la santé ont pour rôle d'analyser les problèmes sanitaires de leur propre pays sur la base de leurs propres données factuelles, de leur assigner un degré de priorité, puis de recueillir un consensus autour des priorités définies et, enfm, de mobiliser les volontés et les ressources en vue de résoudre les problèmes. La performance des systèmes de santé doit être évaluée en fonction de l'accès physique et financier, de l'élimination des disparités sanitaires, de l'assurance de la qualité et de l'efficacité, de la durabilité financière et, enfin, de la formation et de la reconversion des professionnels de santé.

-213-

214

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

Le Dr ZHANG Wekang (Chine), faisant référence aux résultats différents obtenus dans des pays ayant des ressources analogues, note que le développement économique, les progrès scientifiques, l'intégration culturelle et les changements politiques ont une incidence toujours plus grande sur les systèmes de santé et sur la santé des individus. Il est nécessaire que les études sur les systèmes de santé tiennent compte des changements sociaux et économiques; sans cela, la situation sanitaire ne s'améliorera que lentement. La Chine soutient les trois objectifs clés que propose l'OMS pour les systèmes de santé. L'intervenant indique qu'ils permettront de mieux comprendre les systèmes de santé nationaux. Ils sont par ailleurs conformes aux objectifs de son propre Gouvernement, lequel estime que préserver la santé de la population permet également de promouvoir le développement économique et social. Toutefois, l'assurance-maladie doit dépendre du développement économique du pays, et la Chine demeure un pays en développement. Elle déploie cependant tous ses efforts pour améliorer la sécurité sociale. Concernant les quatre principales fonctions des systèmes de santé qui influent sur la performance, la Chine passe actuellement d'une économie planifiée à une économie de marché socialiste, transition qui présente un intérêt pour l'administration générale. Le rôle de l'administration sanitaire n'est plus d'assurer le fonctionnement d'institutions médicales et de fournir des soins de santé, mais d'assurer des fonctions de réglementation. Un ensemble de ministères a récemment rédigé un document sur la réforme du système de santé, qui définit les responsabilités incombant aux différents ministères en ce qui concerne la santé et qui est destiné à encourager le développement général du système de santé. Mais, pour commencer, la notion traditionnelle de système de santé doit changer, et il est nécessaire que la qualité des administrateurs s'améliore car ce sont eux qui élaborent et exécutent les politiques de sante. En ce qui concerne le financement, la Chine met actuellement au point un projet d'assurance qui comprend les retraites, l'allocation chômage et la santé; ce projet devrait se traduire par une plus grande égalité dans les services de santé. Le Gouvernement chinois continuera de fournir des services médicaux, mais il sera également possible de bénéficier de services privés complémentaires. Il est important que l'aspect social continue de primer sur l'aspect économique. La Chine a récemment lancé des projets pilotes visant à encourager la concurrence entre hôpitaux, médecins et pharmaciens, afm d'améliorer la qualité et de faire baisser les prix. Toutefois, l'administration sanitaire verra son rôle de réglementation renforcé et dispensera des recommandations propres à garantir que la concurrence s'exerce de manière raisonnable. Le Professeur FISER (République tchèque) indique que le système de soins de santé de son pays a radicalement changé depuis la fm de l'ère communiste. Le pays est confronté à des problèmes sanitaires auxquels sont également exposés des pays d'Europe occidentale, à savoir les maladies cardio-vasculaires, le cancer et les accidents de la route. Des améliorations sanitaires ont été enregistrées ; par exemple, en 1999, le taux de mortalité infantile a chuté à 4,6 pour 1000 naissances vivantes. Les médecins, le personnel infirmier et les lits d'hôpitaux sont en nombre suffisant, mais le système de soins de santé est inefficace à cause du manque de ressources financières et du fait que de nombreuses décisions sont d'ordre politique alors qu'elles devraient être prises en fonction d'informations dûment évaluées. La concurrence fondée sur les critères d'économie de marché ne doit pas être considérée comme la solution appropriée. Le Dr BUSTAMANTE GARCÎA (Colombie) précise que la gamme des fonctions clés du système de santé publique dans sa Région est plus large que celle qui figure dans le document A53/DIV/5 et permet une évaluation plus globale. L'administration générale devrait consister à appliquer des mesures à la fois réglementaires et de tutelle. Le Bureau régional de l'OPS à Washington a récemment proposé un outil susceptible de mesurer ces fonctions clés. Il convient également de vaincre des obstacles politiques et techniques et de trouver un savant équilibre entre décentralisation et centralisation. L'intervenant cite les résultats d'une étude menée par le Massachusetts Institute ofTechnology et consacrée à l'avenir des soins de santé, étude dont les points principaux sont les suivants : 1) les décisions prévisionnelles en ce qui concerne la qualité des soins de santé et la gestion devraient se fonder sur des preuves scientifiques ; 2) les médecins et autres prestataires de soins de santé devraient être plus attentifs à leurs patients ; et 3) l'équité devrait être accrue. L'intervenant se demande s'il est recommandable et rentable d'inciter à la concurrence entre. prestataires de soins de santé. En 1993, la Colombie a promulgué une loi de réforme

TABLES RONDES MINISTERIELLES : SALLE VII

215

visant à établir un système d'assurance universelle. Depuis lors, des mesures correctives ont été prises pour élargir ce cadre de réforme et parvenir à une plus grande équité. M. MPAMBA (Zambie) fait observer que l'utilisation du terme« mesures» est équivoque, car ce qui est un problème mineur dans un pays développé peut constituer un problème majeur dans un pays en développement. Dans le domaine des soins de santé, la mise en oeuvre des systèmes de gestion de l'information et le recueil de données posent des problèmes sérieux à la Zambie, compte tenu des prix élevés et de l'inaccessibilité. Le pays est confronté à d'autres difficultés, comme l'absence de systèmes d'évaluation et de surveillance, de fonds et de moyens de mobilisation des ressources. L'aide de donateurs est vitale, mais l'intervenant prône un allégement de la dette pour permettre aux pays en développement d'affecter davantage de crédits au développement des soins de santé. La pénurie de médecins qualifiés dans les centres de santé, dans les postes de santé et dans les zones isolées entrave la prestation de services de santé. L'achat de médicaments est problématique, car les donateurs posent souvent des conditions inhérentes à l'aide générale qu'ils fournissent. Les médicaments arrivent avec du retard, car les problèmes de transport et d'inaccessibilité rendent leur distribution difficile. Il conviendrait de trouver un juste équilibre entre continuité et changement, en même temps que certains passent du monde des « invisibles » à celui des « visibles » ; le filet de sécurité devrait également retenir les plus pauvres. Il faut réduire la charge du paludisme, du VIH/SIDA, de la tuberculose, des infections sexuellement transmissibles et d'autres maladies pour faire en sorte que la population active soit en bonne santé. Le Dr MA THEU (Honduras) souligne certains des nombreux points forts du système de soins de santé de son pays, comme la couverture vaccinale supérieure à 95 %, et ce malgré le niveau de pauvreté. Le fardeau de la dette extérieure du pays est tel qu'il est indispensable de mettre au point des stratégies innovantes, spécialement depuis que la promotion de la santé a été confiée aux dirigeants communautaires, ce qui incite la population à penser que l'Etat est seul responsable de la fourniture de soins de santé. Le Gouvernement du Honduras tente de restituer cette responsabilité à la société civile, ce qui réduirait les coûts. De même que la Zambie, le Honduras est confronté à une pénurie de médicaments et de personnel, les bas salaires étant à l'origine d'un taux de rotation élevé. Le personnel de santé doit recevoir un salaire correct, une formation en matière de fmance, de gestion et de formulation des politiques, et une formation technique dans le cadre de laquelle il apprendra, notamment, à respecter les droits de l'homme dans le traitement, par exemple, du VIH/SIDA. En 1999, une loi a été promulguée pour que tous les patients atteints du SIDA reçoivent des thérapeutiques antirétrovirales, mais cela signifie que d'autres domaines de soins de santé se sont vu attribuer des crédits moins importants. D'autres stratégies, telles que l'achat conjoint, sont actuellement envisagées pour réduire les coûts, et la concurrence réglementée sera également introduite. M. ZELENKEVICH (Bélarus) confirme la nécessité commune d'améliorer les systèmes de santé. Cette responsabilité relève des pouvoirs publics dans leur ensemble. L'Etat devrait adopter une approche intersectorielle, incorporer des programmes dirigés vers les simples citoyens et coopérer avec les autorités locales afm d'améliorer les indicateurs sanitaires. Les structures financières devront être modifiées afin de recentrer les crédits sur les soins de santé primaires, et il est nécessaire de rationaliser encore davantage les flux de fmancement et l'utilisation des ressources limitées. L'intervenant indique qu'au cours des dix dernières années, son pays a réduit de 13 % le montant des crédits alloués aux soins des malades hospitalisés. Un institut de formation pour les médecins généralistes a été mis en place avec l'aide des pouvoirs publics pour répondre aux besoins exprimés au niveau local, une mesure comparable à celle que les Ministres de la Chine et de l'Egypte ont mentionnée. L'intervenant se félicite de la tenue de tables rondes et des travaux réalisés par l'Assemblée de la Santé et il recommande à l'OMS de convoquer une conférence mondiale consacrée aux progrès réalisés depuis la Déclaration d'Alma-Ata en 1978.

216

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

M. OSTOJié (Croatie) indique que les élections qui se sont tenues en janvier 2000 dans son pays ont suscité de profondes mutations politiques. La population croate, qui compte environ 5 millions de personnes, entre actuellement dans sa troisième période de transition épidémiologique. La population est vieillissante, le taux de mortalité de la population adulte est élevé, les maladies les plus courantes étant celles qui sont liées au mode de vie, comme les maladies cardio-vasculaires (52%), le cancer et les maladies gastro-intestinales. Le taux de mortalité infantile est actuellement en baisse. Néanmoins, le fossé qui s'est creusé entre ressources financières et besoins de prestataires de soins de santé a atteint des proportions alarmantes. La récente guerre et la crise économique qui a suivi ont accentué les besoins. Il est essentiel de fixer des priorités pour aider les plus démunis ou les personnes qu'une intervention médicale sauverait ou mettrait à l'abri d'autres dangers. Les services d'urgence devraient être améliorés et des programmes devraient privilégier la promotion de la santé et la prévention de la maladie. En matière d'investissements, les objectifs portent surtout sur la reconstruction des installations de soins de santé détruites pendant la guerre et, en termes de ressources humaines, sur la formation des prestataires de soins de santé primaires. Le Dr SADRIZADEH (République islamique d'Iran) constate que, dans de nombreux pays, les systèmes de santé sont de mauvaise qualité et incapables de répondre aux besoins des usagers ; une volonté politique exprimée en haut lieu, une prise de conscience accrue de la part des décideurs, une meilleure gestion et le développement de partenariats pourraient améliorer la situation. Pour répondre aux attentes du public, les systèmes de santé doivent être accessibles, abordables et durables. Les ·autres défis à relever sont les suivants : déterminer comment utiliser les ressources humaines plus efficacement, gérer des situations de pénurie d'équipement et de fournitures, améliorer les systèmes d'information et assurer la surveillance du secteur privé. L'intervenant se félicite des récentes initiatives lancées pour renforcer les systèmes de santé, par exemple Faire reculer le paludisme, et suggère qu'une approche analogue soit adoptée dans d'autres domaines. Il encourage l'OMS à lancer un nouveau projet pour amorcer un mouvement mondial de revitalisation des systèmes de santé. Fournissant des informations sur les soins de santé primaires en Iran, l'intervenant fait observer que le système de santé établi de longue date a dû être révisé compte tenu des changements épidémiologiques et démographiques qui sont survenus, comme 1' augmentation de la population dans les années 80, l'urbanisation accrue et le déséquilibre qui a suivi entre zones urbaine et rurale pour ce qui est du niveau des soins de santé primaires. Il convient de relever une entreprise digne d'attention, à savoir l'introduction de volontaires de sexe féminin pour assurer la liaison entre les familles et le système de santé (actuellement, on compte environ 40 000 de ces volontaires). Cette innovation a contribué à résoudre le problème de sous-utilisation des centres de santé situés en périphérie urbaine. En Iran, la couverture des soins de santé primaires est bonne, 87 % de la population rurale pouvant y accéder et presque 100 % de la population urbaine. Un excellent système d'information sanitaire a également été mis en place. Tous les programmes de lutte contre les maladies transmissibles ont été intégrés avec succès dans le système de soins de santé primaires et des mesures ont récemment été prises de façon analogue pour intégrer les maladies non transmissibles, les accidents et la santé mentale. Toutefois, des améliorations sont nécessaires, notamment en ce qui concerne la collaboration intersectorielle, l'engagement communautaire et le système d'orientation-recours. Le Professeur PHAM MANH HUNG (VietNam) est content d'avoir l'opportunité d'échanger des données d'expérience en ce qui concerne les principaux problèmes relatifs aux systèmes de santé. Son pays a des raisons d'être fier de son système de santé s'il se réfère aux indicateurs suivants: son taux de mortalité infanto-juvénile et maternelle, couverture quasi-complète de la vaccination des enfants, disponibilité accrue des médicaments essentiels, vaste réseau d'installations de soins de santé primaires et série de programmes de santé dont les priorités sont le paludisme et la tuberculose, programmes qui ont sensiblement amélioré la santé de la population.

TABLES RONDES MINISTERIELLES : SALLE VII

217

Toutefois, de nombreux problèmes demeurent, notamment l'incidence croissante des maladies non transmissibles, à laquelle s'ajoute un taux de prévalence toujours élevé des maladies infectieuses. L'espérance de vie augmente, ce qui pose la question de savoir comment régler le problème de la morbidité et de la qualité des soins. Autres difficultés, l'accès équitable aux systèmes de santé pour tous et le moyen d'alléger la charge des cotisations et des régimes d'assurance pour les couches de la population les plus démunies. Au cours des cinq dernières années, des mesures ont été adoptées pour régler les problèmes cités, mesures telles que l'augmentation des dépenses publiques consacrées à la prévention et aux soins de santé primaires et le recours à des emprunts contractés auprès d'organes de financement internationaux pour mettre en oeuvre des programmes de lutte contre la maladie, tels que ceux de la tuberculose et du paludisme. Des efforts considérables ont également été déployés pour réviser les régimes d'assurance-maladie existants, par exemple l'amendement de la législation pertinente en 1998, pour permettre aux plus pauvres et aux couches de la population se trouvant dans le besoin de bénéficier d'une réduction ou d'une exonération de leurs contributions. Pour garantir une répartition plus équitable des installations de soins de santé, le Gouvernement a lancé un projet visant à transférer temporairement les médecins et spécialistes médicaux des hôpitaux centraux aux zones périphériques, et ce afin de renforcer les installations locales et de former le personnel local. Le Dr RAFEEQ (Trinité-et-Tobago) dit que la plupart des ministres de la santé ont régulièrement rendez-vous avec leur électorat; c'est pourquoi leurs décisions en matière de système de santé doivent être politiquement mais également techniquement correctes, ce qui n'est pas une mince affaire. La réforme générale du secteur de la santé entreprise dans son pays a pour principaux objectifs les soins de santé primaires et la promotion de la santé, mais il a été difficile de recentrer les ressources des secteurs secondaire et tertiaire sur les soins de santé primaires. Il est très délicat de refuser de traiter un patient en urgence (dialyse ou opération cardiaque) au motif que son cas aurait dû être traité en amont, via les soins de santé primaires, ou que le coût de son traitement permettrait d'assurer les soins de santé primaires d'une cinquantaine de personnes. En fait, le dilemme auquel les politiciens sont confrontés est le suivant: s'ils disaient aux patients qu'ils vont mourir, cela mettrait un terme à leur carrière politique. Le Dr RAIDL (Jamahiriya arabe libyenne) rappelle que l'objectif des tables rondes ministérielles est d'examiner les problèmes des systèmes de santé. Il ne fournira pas de détails sur le système de santé libyen, mais s'en tiendra aux questions susceptibles de présenter aussi un intérêt pour les autres pays en développement. La semaine précédente, une réunion pour les pays africains s'est tenue au Burkina Faso, réunion au cours de laquelle les pathologies nouvelles et le SIDA ont été examinés. Certains ministres de la santé ont brillé par leur absence, alors qu'ils avaient été invités. Des sujets d'une telle importance ne semblent susciter qu'une énorme indifférence. Au cours des dernières années, l'incidence du Vlll/SIDA a atteint des proportions sans précédent en Afrique. De tels problèmes méritent une plus grande attention. L'ignorance, l'indifférence et la pauvreté sont des facteurs corollaires qui contribuent à alourdir le fardeau de la maladie et qui n'ont pas encore été mentionnés. Pour les régler, il convient de sensibiliser davantage le public. A la réunion organisée au Burkina Faso, la question de l'ignorance des facteurs de risque pour l'infection à VIH a été examinée. Le public serait plus sensible aux risques qu'il encourt si le VIH/SIDA était envisagé du point de vue du comportement sexuel, mais changer les attitudes grâce à l'éducation et à la formation n'est pas simple. Les ravages causés par les conflits continus sont également problématiques pour les systèmes de santé des pays africains. M. BENYOUNES (Algérie) dit qu'un problème fondamental mérite d'être examiné, à savoir la façon de concilier le rôle du secteur privé avec les responsabilités des pouvoirs publics en matière de santé publique. Il ne s'agit pas simplement de trouver un bon équilibre. Il n'est pas sûr non plus que la concurrence s'exerce de façon loyale et serve les intérêts sanitaires du public. Ce problème renvoie à plusieurs sujets importants, comme le rôle de producteur de médicaments du secteur privé et la façon de réglementer le marché de l'équipement médical et des produits pharmaceutiques. Il s'agit là du véritable

218

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

dilemme auquel sont confrontés les décideurs lorsqu'ils doivent formuler une politique de santé qui implique des acteurs aussi pertinents que possible, issus aussi bien de l'administration publique que des services de santé. A la suite des tentatives faites pour mettre en place un projet commun de cette nature, certains milieux ont eu l'impression que le secteur public renonçait à endosser ses responsabilités, notamment en matière administrative et réglementaire. Même si 1'Etat peut négocier et discuter ses responsabilités, il ne pourra jamais déléguer ses prérogatives à d'autres organes qu'à des organes publics. L'intervenant partage l'avis du Ministre du Honduras selon lequel certains droits fondamentaux, comme le droit à la vie et le droit à la santé, s'inscrivent dans le cadre des systèmes de santé et doivent être défendus. En effet, certaines couches de la population mondiale paient actuellement le prix des programmes d'ajustement structurel, un prix qui équivaut à un génocide dans certaines parties du globe. La communauté internationale compte-t-elle simplement abandonner les personnes qui sont victimes de l'exclusion ou de la pauvreté? L'Algérie accueillera une conférence internationale sur l'exclusion et la pauvreté en septembre 2000. L'intervenant souhaite que la communauté internationale relève ses responsabilités collectives et y participe. Le Dr YADAV (Népal) approuve les remarques du Ministre de Trinité-et-Tobago en ce qui concerne la difficulté de prendre des décisions sanitaires qui soient techniquement et politiquement correctes. Soulignant les problèmes auxquels le système de santé népalais est confronté, il explique que le terrain montagneux (qui couvre environ 70% du pays) empêche une répartition adéquate des services de soins de santé. En dépit des progrès réalisés en matière d'éradication de la poliomyélité et de lutte contre la lèpre et la tuberculose, d'autres maladies transmissibles demeurent, sans parler des problèmes croissants posés par les maladies non transmissibles et le SIDA. Un bon système de santé doit s'appuyer sur une démocratie stable, situation dont le Népal peut se prévaloir depuis 18 mois. Il doit également reposer sur les bases suivantes : cohésion politique des ministres, pouvoir politique fort, et engagement de tous les acteurs présents sur la scène sanitaire. La coopération interpays et régionale est importante pour lutter contre les maladies comme le SIDA, le paludisme et la tuberculose. Il est vital que l'OMS coordonne les efforts des partenaires dans le domaine de la santé afm de répondre aux besoins des pays en développement, notamment en ce qui concerne la répartition des ressources. Comme pourraient en témoigner d'autres ministres de la santé des pays en développement, les problèmes de santé diffèrent considérablement selon qu'on se trouve en zone rurale ou en zone urbaine. Les ressources fmancières, matérielles et humaines doivent être harmonisées en fonction des différents besoins. Quatre-vingt-cinq pour cent de la population népalaise vit dans des zones rurales ; c'est la raison pour laquelle l'intervenant préconise d'adopter une approche respectueuse des besoins exprimés au niveau du district et au-delà. Un cadre conforme à ces caractéristiques a déjà été mis en place et pourrait encore être élargi, de même, notamment, que le soutien technique correspondant, moyennant une coopération régionale et l'appui d'organisations« partenaires» telles que l'OMS. Même si la transition graduelle vers un système de recouvrement des coûts pour les soins de santé est prévue, la principale responsabilité des pouvoirs publics est d'assurer des services de soins de santé primaires adéquats au niveau du district. Il a donc été décidé de rassembler les ressources de différents établissements médicaux pour desservir deux ou trois districts en même temps, afm d'optimiser l'utilisation de toutes les ressources disponibles. Les pays appauvris comme le Népal sont handicapés par les longues procédures de répartition des ressources menées par des partenaires comme l'OMS et la Banque mondiale. Les organismes donateurs aux niveaux international et du pays bénéficiaire devraient simplifier ces procédures. Le Dr AUMANU (Iles Salomon) confirme que son Gouvernement éprouve également des difficultés à faire face aux problèmes cités précédemment par des ministres, difficultés à entretenir des services de soins de santé primaires au niveau communautaire et à offrir des services du standard requis. Aux Iles Salomon, la demande de soins de santé a traditionnellement correspondu aux besoins médicaux, mais utiliser cette unique référence à l'appui d'une politique de santé publique, de la planification et de l'allocation des ressources entraînerait probablement une mauvaise allocation des ressources. Parce que

TABLES RONDES MINISTERIELLES : SALLE VII

219

les besoins ne dépendent pas du prix, il est essentiel de planifier en fonction de la demande, ce qui permet au moins d'éviter le gaspillage de ressources limitées. Disposer de systèmes complets d'information sanitaire est essentiel pour une répartition équitable des ressources de santé, mais, comme l'ont souligné d'autres intervenants, de tels systèmes sont bien moins faciles à faire fonctionner dans les pays en développement. L'intervenant indique que son pays est engagé dans un processus de réforme structurelle visant à réaffecter une partie du budget de santé régulier aux programmes de santé publique pour les communautés rurales, aux services de santé provinciaux, aux services relatifs à l'environnement et aux programmes d'éducation et de promotion sanitaires. Dans le cadre de ce processus, le Gouvernement révise actuellement sa structure organisationnelle et ses effectifs. L'intervenant convient qu'il est nécessaire de mettre en place des plans de développement sanitaire ; sans cela, le manque de cohésion pourrait empêcher d'atteindre les objectifs fixés. Il est important de renouveler la structure organisationnelle et les fonctions du secteur de la santé publique avant d'améliorer le processus d'élaboration des politiques, la gestion, le contrôle, la planification, la surveillance et l'évaluation. Des efforts vigoureux doivent être déployés pour accroître l'efficacité dans les principaux centres de coûts de santé publique. La réforme du secteur de la santé doit être l'expression d'une volonté politique de réforme économique. Or les instances dirigeantes manifestent cette volonté de réforme, mais elle décroît à mesure que l'on s'adresse aux cadres moyens et fmalement aux exécutants. De toute évidence, la gageure consiste à persuader la plupart des exécutants d'accepter les changements sans en être effrayés. Les responsables acceptent notamment les changements dans la perspective de voir une amélioration de la gestion, de la planification, de la surveillance et de l'évaluation des services. Toutefois, des problèmes et des faiblesses demeurent, notamment la difficulté mentionnée par le Dr Rafeeq concernant le recentrage des ressources sur les soins de santé primaires. Parfois, des décisions difficiles d'un point de vue politique doivent être prises. Le manque de coordination et de liens entre la réforme dans le secteur de la santé et dans d'autres organismes centraux constitue une faiblesse. Toutefois, il est possible de restructurer efficacement le secteur de la santé. Premièrement, l'engagement des partenaires de développement externes a développé la confiance des responsables des bureaux locaux qui sont leurs homologues, mais les donateurs, y compris l'OMS, doivent coordonner leurs activités. Deuxièmement, un réseau de soins de santé primaires efficace est déjà en place. Troisièmement, d'autres secteurs que celui de la santé préconisent actuellement des changements comportementaux et l'adoption d'un mode de vie sain. Jusqu'ici, le danger pour le programme de réforme est venu des organismes centraux détenteurs du pouvoir, notamment du pouvoir fmancier, qui pouvaient, à tort, mal percevoir la restructuration et la considérer comme une menace. Il est essentiel que le secteur de la santé, une fois mises en place une structure et des procédures organisationnelles efficaces et performantes, prenne ses responsabilités et rende compte en matière de gestion et de développement des ressources humaines, de gestion fmancière et d'allocation des ressources budgétaires. Des moyens modernes sont utilisés dans le cadre du programme de restructuration des systèmes de santé, mais les planificateurs, administrateurs et travailleurs de la santé doivent garder à l'esprit deux principes importants: la réforme doit s'inscrire dans le contexte local et être conforme aux valeurs sociales, et toutes les stratégies et les programmes doivent être axés sur l'usager. En effet, l'usager final est plus à même de juger de la qualité et c'est la raison pour laquelle il convient de connaître et de comprendre les problèmes des individus au niveau communautaire. Tous les partenaires doivent s'engager. Dans ce processus, il convient de travailler en équipe et de venir à bout des obstacles internes et externes. On perd souvent de vue ces paramètres essentiels mais, en fm de compte, il est surtout important de fournir un service de haute qualité. Mme MIKKELSEN (Danemark) indique qu'en général, en matière de systèmes de soins de santé, assurer une coopération est plus utile que d'adopter une orientation commerciale traditionnelle, notamment en raison de la nécessité d'un contrôle budgétaire. Le Danemark explore divers moyens d'améliorer la performance grâce à des mesures d'incitation financières, à des contrats orientés vers les résultats passés entre la direction et les différents services d'hôpitaux individuels, à des analyses

220

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

comparatives des prestataires et à la promotion des meilleures pratiques. Par ailleurs, le Danemark met actuellement au point des indicateurs de performance qui soient comparables entre institutions et zones géographiques, et qui soient compréhensibles pour tous, y compris les patients. Plus tard dans l'année, il est envisagé de procéder à des enquêtes nationales en vue de recueillir l'opinion des patients. Certaines de ces activités peuvent engendrer une certaine concurrence. L'objectif est d'améliorer la qualité et la rentabilité tout en répondant aux exigences et aux attentes des patients. Une fois que la performance du système de soins de santé dans son ensemble aura été améliorée, la prochaine étape consistera à améliorer la performance du secteur primaire. Le système de médecin de famille sera renforcé et des efforts seront déployés pour changer le mode de vie de certains individus, notamment des personnes à haut risque. Chaque année, environ 90 % de la population danoise fait appel à un médecin de famille et il est envisagé d'encourager ces contacts, car ils permettront de prolonger la vie et d'améliorer la qualité de vie. Les initiatives fonctionneront au niveau local, avec des objectifs communs au niveau national. La mission principale d'un ministre de la santé est de mettre en place un système visant à améliorer l'égalité sanitaire compte tenu des conditions économiques et sociales en vigueur dans le pays. L'intervenante est convaincue qu'un secteur de soins de santé primaires en bon état de fonctionnement et auquel chaque individu peut avoir accès est essentiel pour accroître l'égalité sanitaire, aussi bien dans les pays en développement que dans les pays développés, pour enrayer les épidémies et régler les problèmes liés au mode de vie. Elle exprime sa sympathie aux différents intervenants des pays en développement qui ont lancé un appel en vue d'une intégration accrue des programmes des organismes donateurs internationaux travaillant dans le domaine de la santé. · Mme DREIFUSS (Suisse) fait observer que l'expérience de la Suisse a montré que même les pays les plus riches éprouvent encore des difficultés, qui sont parfois analogues à celles des pays en développement. Elle cite trois exemples qui peuvent présenter un intérêt pour les autres participants. En ce qui concerne l'équilibre entre services de santé privés et services de santé publics, elle constate que c'est grâce à des politiques de santé multisectorielles, au développement des services de santé publics, à l'amélioration de la qualité de l'eau, à l'amélioration du logement et aux programmes de vaccination que la population est en bonne santé et que l'espérance de vie est d'un bon niveau. De nombreuses maladies transmissibles ont été maîtrisées, mais pas la totalité d'entre elles (comme l'attestent l'émergence du SIDA et la tendance à résister au traitement médicamenteux) et pas dans toutes les parties du pays, car certaines couches de la population sont moins facilement accessibles. Au vu de ces succès et de la nouvelle demande de soins personnels, des réductions disproportionnées ont été effectuées dans les services de santé publics, affectant par exemple les services de santé dans les écoles et les programmes de vaccination. Ces réductions sont d'autant plus sérieuses qu'il est nécessaire de continuer à lutter contre les maladies transmissibles et les maladies de civilisation, à combattre les toxicomanies, à améliorer la nutrition et à reprendre la bataille de la vaccination. Cette réduction des services de santé publics va de pair avec les difficultés de fmancement public, mais il convient de ne pas sacrifier à ce genre de mesures. Il appartient aux ministres de la santé de garantir un accès équitable aux soins personnels en dépit de la demande croissante de services de soins personnels coûteux, aspect que de nombreux intervenants ont mentionné. En ce qui concerne la coexistence de systèmes de soins publics, privés, planifiés et axés sur le marché, une certaine dose de concurrence pourrait éventuellement améliorer la qualité et le choix dans le cadre d'un système planifié offrant des services optimums, mais le marché en lui-même n'assurera jamais une répartition optimale et un accès pour toute la population. Les limites du marché doivent être déterminées en fonction de choix politiques. La Suisse met progressivement en place un système de planification dans le domaine hospitalier, et la concurrence est simplement l'instrument qui permet d'allouer les ressources, alors que les pouvoirs publics fixent le niveau de l'offre, permettant aux meilleures institutions de rester sur la liste des prestataires de services. Dans le système ambulatoire, les prestataires de services ontjusqu'ici conservé un accès illimité et incontrôlé aux sources de financement par l'assurance, ce qui s'est traduit par une augmentation des coûts et des soins. La principale difficulté est de trouver des mécanismes propres à limiter l'offre globale tout en permettant aux patients de choisir

TABLES RONDES MINISTERIELLES : SALLE VII

221

librement et en laissant aux jeunes gens le choix d'exercer des professions de santé pour le bien de tous. Toutefois, l'intervenante a l'intime conviction qu'aucun système de santé ne pourra fonctionner de façon totalement libérale en reposant uniquement sur des mécanismes concurrentiels. La difficulté est de garantir l'accès aux soins de santé grâce à un système de fmancement social tout en fixant, de la façon la plus adroite possible, des limites au niveau de l'offre des soins, permettant ainsi de fmancer l'ensemble du système. Pour en revenir à la difficulté d'obtenir des données factuelles fiables, l'intervenante dit que la Suisse souhaite élaborer une politique de santé « fondée sur des données probantes » et mettre en place un « observatoire » de santé national pour recueillir des informations sanitaires, qui seront mises à la disposition non seulement des 26 différents systèmes de santé du pays (structure fédérale), mais aussi de l'OMS et de l'ensemble de la communauté internationale. Le PRESIDENT, résumant le débat, note que tous les intervenants partagent le même engagement envers la santé. Toutefois, comme l'a précisé le Ministre de la Santé de la Zambie, aux yeux des pays les plus pauvres, les pays développés semblent avoir des problèmes de luxe. Par conséquent, la discussion a dûment porté sur la situation des pays qui sont confrontés à des problèmes de soins de santé de base, même si, d'une certaine façon, pays développés et en développement peuvent tirer des enseignements de leurs expériences mutuelles. De nombreux intervenants sont convenus que la mission la plus importante .des pays les plus pauvres est d'améliorer les soins de santé primaires. Ils rencontrent communément certaines des difficultés suivantes : obtenir le fmancement nécessaire, coordonner les activités des bailleurs de fonds et les persuader de se concentrer sur les soins primaires, et même établir un consensus national sur la nécessité de soins primaires. De nombreux intervenants ont insisté sur le lien étroit qui existe entre la lutte contre la pauvreté, l'amélioration de l'éducation et la fourniture d'informations pour favoriser des changements comportementaux, autant d'éléments qui sont particulièrement importants pour combattre les maladies transmissibles. De toute évidence, il s'agit là d'une mission qui relève des pays en développement eux-mêmes. Toutefois, de nombreux intervenants ont indiqué que ces pays auront besoin d'aide. Un examen approfondi de la question devrait déterminer selon quelles modalités il convient de leur fournir cette aide. Le fmancement, même s'il est fondamental, ne fait pas tout. L'expérience des pays les plus riches a montré qu'en certaines circonstances, l'argent pouvait effectivement accroître l'inégalité d'accès aux soins. Le Ministre de la Santé du Bélarus a déclaré avec justesse que les fonds alloués aux soins de santé ne sont jamais suffisants. Les soins de santé ne dépendent pas simplement des décisions politiques ni des valeurs ou des priorités des individus. Les pays les plus riches ont montré que la demande formulée par les patients, en ce qui concerne les systèmes de soins de santé, est sans limite et que, même si des systèmes de soins de santé primaires existent, la demande continue à augmenter. Les pays en transition ont également témoigné de telles expériences. Trouver un équilibre entre ressources limitées et besoins illimités est de toute évidence un problème auquel tous les pays sont confrontés. Comme l'a indiqué le Ministre de la Santé de Trinité-et-Tobago, des avis politiquement et techniquement corrects ne sont pas toujours compatibles; les politiciens doivent trouver un terrain d'entente entre ressources et possibilités, un rôle qui est difficile. Etablir des priorités posera toujours des problèmes. Au sein des gouvernements, l'influence relative exercée par les ministres de la santé, par exemple vis-à-vis des ministres des fmances, dépend de l'importance attachée aux systèmes de soins de santé. Les ministres de la santé ont la tâche difficile de persuader d'autres ministres qu'améliorer la situation sanitaire et lutter contre la maladie nécessitent des investissements et la coopération des responsables des politiques d'éducation et d'information. Cet aspect pourrait éventuellement faire l'objet d'un examen approfondi. Le Président a écouté avec intérêt les commentaires relatifs aux moyens d'accroître l'efficacité en fonction des ressources limitées et aux situations dans lesquelles les mécanismes concurrentiels peuvent avoir une utilité. Les soins de santé ne se prêtent pas facilement à une libéralisation. L'expérience des pays les plus riches à cet égard peut être utile aux pays qui commencent à construire des systèmes de santé.

222

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

Le délégué libyen a fait référence au fardeau des maladies en Afrique. L'Asie, 1' Amérique latine et l'Afrique sont confrontées à des difficultés beaucoup plus sérieuses que l'Amérique du Nord ou l'Europe, même si les maladies non transmissibles constituent un problème majeur dans les pays développés. L'OMS est heureusement présente pour aider tous les pays à lutter contre les principales maladies qui les touchent. En conclusion, le Président se félicite des discussions de cette table ronde. Cette innovation a porté ses fruits et elle espère qu'elle aura une suite.

La séance est levée à 12 h 50.

LES GRANDS ENJEUX DES SYSTEMES DE SANTE : Point 10 de l'ordre du jour (document A53/DIV/5)

Salle XII, mardi 16 mai 2000, 10h10 Président : Dr Ponmek DALALOY (République démocratique populaire lao)

Le PRESIDENT, en ouvrant la table ronde, présente le thème du débat, qui recouvre un double objectif: repérer les obstacles qui empêchent les systèmes de santé de fonctionner correctement et de s'améliorer, et trouver des orientations, stratégies, méthodes, politiques et mesures propres à les surmonter et à rendre ces systèmes plus efficaces. Mme KAWABATA (Bases factuelles et information à l'appui des politiques) estime qu'il y a de bonnes raisons d'être fier du bilan impressionnant des systèmes de santé obtenu au cours des cinquante dernières années. Néanmoins, ces systèmes sont confrontés à des problèmes énormes : évolution démographique et épidémiologique, mondialisation, augmentation des segments .de la population marginalisés par rapport au système de santé. Cette situation a donc incité de nombreux gouvernements à réformer leur système. La table ronde est une· bonne occasion pour les organes de décision centraux responsables de la santé de faire connaître les uns aux autres leur expérience particulière. Mme Kawabata évoque les points énumérés dans le document A53/DIV/5, dans lequel l'OMS propose une défmition des limites applicables à un système de santé et à des mesures en faveur de la santé. Mme KING (Nouvelle-Zélande) aborde la question de l'opportunité et de la possibilité de la concurrence entre prestataires de soins de santé, dont son pays a fait l'expérience. Rappelant que le principal prestataire est le système de santé publique, elle fait savoir que les dix années d'expérimentation avec la concurrence ont donné de mauvais résultats. En bref, cette expérience a abouti à la fragmentation des services plutôt qu'à l'élaboration d'une politique nationale. Elle a rendu l'information secrète, puisque les prestataires se faisant concurrence n'estimaient ni nécessaire ni souhaitable de partager les renseignements et qu'il n'y avait pas d'incitation à coopérer. Une autre conséquence a été le chevauchement des services et le gaspillage des ressources, prestataires publics et privés se disputant les rares fonds disponibles. Il en est aussi résulté une planification insuffisante et des décisions prises pour le seul court terme, puisque le fmancement à long terme ne pouvait être garanti. Autre effet de cette politique, de sérieux problèmes sont apparus au sein du personnel de santé, puisque personne n'était responsable de la planification des ressources, d'où une pénurie de personnel infirmier et de spécialistes, notamment dans le domaine de la santé mentale. Enfm, il en est résulté un accès inégal aux services, l'ile du Nord, par exemple, assurant un meilleur traitement des maladies cardiaques et l'île du Sud un meilleur accès aux soins pour les personnes âgées. Le seul résultat positif est que la concurrence a mobilisé les populations autochtones maories en les incitant à assumer la responsabilité de leur propre santé, d'où un accroissement du nombre de prestataires de soins de santé au sein de cette ethnie. Mme King en conclut que tout système de santé doit être fondé sur la coopération et la collaboration entre un système de santé publique, des organisations non gouvernementales et le secteur privé. Elle est fermement convaincue que le système de santé doit être public, bien que le secteur privé ait un rôle important à jouer dans un contexte de coopération. Elle note qu'on a perdu de vue certains des objectifs essentiels de la santé et invite les ministres à réfléchir attentivement à la question de savoir si la concurrence peut améliorer la prestation des soins de santé, parce que, d'après son expérience personnelle, c'est en fait le contraire.

-223-

224

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

Le Dr BORST-EILERS (Pays-Bas) fait savoir que son pays a envisagé la notion de concurrence, mais sous sa forme la plus réduite, consistant par exemple à fournir des incitations aux hôpitaux qui ont obtenu de meilleurs résultats que d'autres, c'est-à-dire en leur accordant l'année suivante un budget légèrement supérieur. Quoi qu'il en soit, étant donné l'expérience de la Nouvelle-Zélande, elle réfléchira deux fois avant d'appliquer une telle politique sur une grande échelle. Un des principaux obstacles à surmonter est d'assurer l'équité des contributions financières. L'on y parvient le plus facilement soit en fixant des cotisations en fonction des revenus, soit par l'impôt. Les Pays-Bas ont adopté la première méthode, qui permet l'octroi d'une assurance quel que soit le montant payé par chaque individu. Les familles à faible revenu, ou même sans revenu, ont accès aux soins de santé fournis par l'Etat. Pour le fmancement des soins, le Dr Borst-Eilers est donc en faveur de la solidarité entre riches et pauvres. L'on peut aussi prévoir, ce qui est le cas dans son pays, une assurance privée pour les personnes qui peuvent en payer le prix ; celles-ci versent une cotisation dont le montant ne dépend pas de leurs revenus mais qui peut être fixé en fonction d'un risque pour la santé. Le ticket modérateur ne doit être institué que si la majorité des personnes ont les moyens de le payer. Aux Pays-Bas, il existe deux formes de contribution modératrice: le paiement des médicaments bon marché et une cotisation aux soins à domicile en fonction du revenu. Le Dr Borst-Eilers souligne que, pour réduire le fossé entre les riches et les pauvres, les cotisations devraient dépendre du revenu afm que les pauvres ne s'acquittent que de faibles montants. Mme GILLOT (France) partage la conviction qu'il faut avoir la double préoccupation d'améliorer l'état de santé de la population et de réduire les inégalités afm de donner les mêmes chances aux plus démunis. Cela suppose avant tout un système équitable de fmancement des soins de santé, permettant de prendre en compte les ressources de chacun et de faire jouer la solidarité nationale. L'équité d'accès aux soins rejoint le problème de l'éthique en matière de santé: respecter la dignité des malades et assurer la confidentialité et 1'autonomie. Il ne faut pas négliger de soutenir les malades et de les encourager à assumer la responsabilité de leur propre santé, à décider de leur propre comportement et à faire un choix parmi les différents soins qui leur sont proposés. La France a obtenu de bons résultats en matière de santé, ce dont témoignent par exemple les chiffres concernant la mortalité infantile et l'espérance de vie qui sont en augmentation constante. Certains éléments sont toutefois négatifs, tels que la répartition régionale inégale de cette progression générale. Par ailleurs, le coût de la santé en France est le plus élevé d'Europe puisqu'il représente 9,5% du PIB, traduisant un niveau élevé de dépenses par personne. Les autorités ont adopté différentes mesures de contrôle des coûts, tout en continuant à chercher à réduire les inégalités. L'administration du système de santé en France permet la coexistence d'un secteur public et d'un secteur privé de la santé, mais l'Etat conserve le rôle de garant des prestations sanitaires et de la santé publique, intervenant tantôt directement tantôt au travers d'organismes décentralisés. Par l'intermédiaire de ses conférences nationales et régionales sur la santé, elle analyse les besoins sur l'ensemble du territoire et défmit les priorités de la politique médico-sanitaire. En se fondant sur les rapports de la conférence nationale, le Parlement fixe les objectifs nationaux des dépenses d'assurance-maladie, qui sont un des éléments de la régulation, région par région, des budgets de la santé. L'Etat a aussi créé un certain nombre d'organes dans des domaines tels que l'évaluation des bonnes pratiques, l'assurance de la sécurité et le contrôle des produits de santé, et la salubrité des aliments. L'assurance médicale obligatoire, fonctionnant sous différents régimes, permet à tous les citoyens d'avoir un accès égal aux soins. La sécurité sociale fmance 75% des dépenses de santé courantes, le reste étant couvert par des mutuelles. L'année passée, toutefois, la France a institué une couverture médicale universelle afm de remédier à l'inégalité d'accès affectant les personnes les plus désavantagées. Il a aussi été prévu un régime complémentaire pour les personnes démunies, financé en grande partie par 1'Etat. Mme Gillot espère pouvoir rendre compte du résultat de ces mesures à une réunion ultérieure. Un autre aspect de la politique d'accès aux médicaments pour tous est l'épidémie de VIH/SIDA, qui a des effets si dramatiques dans les pays en développement. L'initiative française du Fonds de

TABLES RONDES MINISTERIELLES : SALLE XII

225

solidarité thérapeutique internationale montre que l'on peut améliorer l'accès aux traitements antirétroviraux pour les personnes atteintes du SIDA dans ces pays. Tout en se félicitant de la réduction des prix des médicaments récemment annoncée par les grandes entreprises internationales, Mme Gillot ne la considère que comme une première mesure et estime que la question de l'accès aux médicaments pour les pays en développement devrait être abordée dans sa globalité. La lutte contre la pauvreté constitue la pierre angulaire de tout système de santé. Elle rend hommage au Directeur général d'avoir constamment mis l'accent sur les liens entre la pauvreté et la mauvaise santé et sur l'importance du développement durable. La mauvaise santé est à la fois une cause et une conséquence de la pauvreté, pouvant entamer sérieusement les économies d'une famille et réduire la productivité. Les pauvres sont aussi exposés à différents risques et n'ont pas accès aux services de santé et aux soins préventifs. L'allégement de la dette des pays les plus pauvres est donc un élément fondamental devant aider ces pays à renforcer leurs systèmes de santé et à utiliser les ressources ainsi dégagées pour combattre les maladies dont ils subissent les ravages. Le Dr BURGOS CALDERON (Porto Rico) dit qu'en 1993 on s'est rendu compte dans son pays que le taux de mortalité dans le secteur public était le double de celui du secteur privé. On a donc été amené à contester le rôle de l'Etat comme prestataire de soins de santé au sein de la société contemporaine. Le Gouvernement en a conclu qu'il ne pouvait assurer et promouvoir des services publics et privés modernes dotés des dernières techniques disponibles. Il a donc décidé de se retirer de la prestation directe de services et de constituer un partenariat avec le secteur privé. Autre élément important, cela suppose préalablement que l'on crée une société publique pouvant assurer une régulation et un contrôle stricts de ce secteur. Le modèle de soins de santé mis au point par le Gouvernement comprend l'achat de services par le moyen d'assurances privées. Jusqu'à présent les résultats de cette expérience ont été assez positifs, avec une vaccination réalisée à 98 %, une baisse du taux de mortalité infantile et une amélioration des services dentaires. Certains problèmes ont été rencontrés du côté de la profession médicale, qui n'est peut-être pas encore prête à relever le défi que représente un modèle coordonné de cette façon. Le modèle adopté par Porto Rico peut ne pas convenir à tous ; chaque pays doit concevoir le sien. Le Gouvernement a mobilisé toutes ses ressources à cette fm. Un autre aspect de cette politique est la transformation du ministère de la santé de pourvoyeur de services en promoteur et en régulateur, une plus grande importance étant accordée aux facteurs sociaux déterminant la santé et à la création de partenariats intersectoriels. Le fond de la question est de savoir si les ministères ont les ressources économiques nécessaires pour éliminer l'injustice et l'inégalité. Le Dr Burgos Calderon estime que non. Il faut donc faire appel au sens de la responsabilité morale du secteur privé et des assureurs pour tenter de résoudre les problèmes de santé nationaux. Le Dr LOMBARDO (Argentine) note que les progrès techniques énormes de ces dernières décennies ont permis d'étendre les interventions à un nombre de maladies et d'états pathologiques plus élevé que jamais. Les progrès sont particulièrement remarquables dans trois domaines : la technologie spatiale, la technologie de l'information et la connaissance du corps humain. Cependant, les techniques de pointe ne servent à rien si les avantages qu'elles apportent ne peuvent profiter à tous ; le développement scientifique ne doit pas être le domaine privilégié d'un petit nombre. Il est donc essentiel de rappeler que la santé n'est pas simplement une condition du bien-être, mais un droit humain inaliénable, dont tous doivent pouvoir jouir. Il faut pour cela inclure la notion de solidarité dans les programmes de santé des différents pays. Le fmancement du recours à ces techniques de pointe au moyen de cotisations prises sur les salaires est problématique, puisque nulle part au monde les rémunérations n'ont suffisamment augmenté pour couvrir le coût de ces techniques nouvelles. Une planification appropriée est un préalable indispensable. Les administrateurs ont pour responsabilité de protéger la santé et d'assurer l'application de mesures préventives efficaces contre les risques. La prévention est plus importante que le recours aux techniques nouvelles. L'an 2000 est arrivé et l'engagement pris par l'OMS à Alma-Ata d'instaurer la santé pour tous d'ici cette date n'a pas été tenu.

226

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

On peut toutefois faire de grands progrès grâce à la médecine préventive et à l'éducation sanitaire, et à une stratégie de renforcement des soins de santé primaires privilégiant la formation et la préparation du personnel nécessaire. Quatre-vingt-cinq pour cent de tous les problèmes de santé peuvent être résolus au niveau des soins primaires. En se concentrant trop fortement sur la technologie, on risque d'oublier que les humains sont des êtres physiques, sociaux, spirituels et psychologiques complexes. Il faut revenir à l'aspect humain de la relation patient/médecin. La formation doit être adaptée à cette fm et, bien que les soins de santé soient une vocation, entreprise dans un esprit de service à la collectivité, ils doivent être suffisamment rémunérés. Il doit aussi exister un système d'orientation-recours permettant aux malades de dépasser le stade des soins primaires quand c'est nécessaire et d'accéder en dernier ressort aux techniques nouvelles. Les problèmes de santé ne peuvent être résolus grâce au marché privé, puisque la santé n'est pas une marchandise. Elle doit être protégée par la communauté et garantie par l'Etat. La concurrence entre prestataires publics et prestataires privés doit cesser et c'est à l'Etat d'être le protagoniste dans la protection de la santé pour tous. M. TOU (Burkina Faso) décrit le système décentralisé de soins de santé au Burkina Faso, qui est basé sur le district et qui a en son coeur un système hospitalier. Une politique pharmaceutique nationale assure la promotion des médicaments essentiels génériques. Le pays dispose de deux établissements de formation : un pour les médecins et un pour le personnel hospitalier. . Bien qu'il soit généralement convenu que c'est à l'Etat qu'il appartient de gérer le système de soins de santé, ce principe, dans la pratique, est souvent contesté. Cette attitude provient d'une méfiance générale vis-à-vis de l'Etat et de la tendance à s'adresser à des organisations non gouvernementales pour les soins de santé. Le Burkina Faso élabore actuellement une politique nationale de santé ainsi qu'un plan de développement sanitaire. L'une et l'autre ont été critiqués pour le motif qu'ils sont imposés par l'Etat plutôt que soumis à un débat général. Le Gouvernement est toutefois largement composé d'élus et la Chambre des Représentants comprend des députés représentant les commerçants, les agriculteurs et un segment fort varié de la société burkinabé. Les partenaires multilatéraux ou bilatéraux du Burkina Faso ne devraient pas intervenir dans ce domaine et devraient respecter la souveraineté de l'Etat. L'adoption d'une politique ne devrait pas être contestée pour le motif que le pays est pauvre ou manque de ressources. En ce qui concerne le fmancement des services de santé, un gros effort a été fait pour porter le budget de 6% du Pffi dans les années 90 à 10-12% à l'heure actuelle. Le but est d'arriver au chiffre de 15 %. Le Burkina Faso a besoin de l'aide de ses partenaires pour établir un mode de fmancement acceptable et fiable de son système de santé afm de restaurer la confiance. Il importe à cet égard de définir une série d'indicateurs communs à tous les partenaires multilatéraux et bilatéraux et à toutes les organisations non gouvernementales. D'autres difficultés existent sur le plan de l'approvisionnement en médicaments. Le Burkina Faso encourage l'utilisation des médicaments essentiels génériques. Cette tâche, ainsi que l'importation de produits de marque, est assurée par une centrale d'achat nationale et deux unités privées. Toutefois, bien qu'agissant de bonne foi, certaines organisations non gouvernementales ont contrecarré cet effort en important des médicaments sans discernement. Le Burkina Faso prend actuellement des mesures pour réglementer ces importations. D'autres mesures devraient aussi être appliquées en amont, dans les pays producteurs et, en particulier, dans l'Union européenne, afin de contrôler et de réglementer cette situation. Le pays souffre certes de pénuries, mais ne veut pas qu'on lui envoie n'importe quoi. Il est conscient de ses propres besoins médicaux et serait heureux d'en débattre avec les fournisseurs afm que ces besoins soient mieux satisfaits. M. PAVIé (Bosnie-Herzégovine) fait allusion à la question, mentionnée dans le document débattu, concernant les principales méthodes permettant de définir des priorités pour l'allocation de ressources à des interventions sanitaires différentes. Le problème de savoir comment assurer l'équité et la santé pour tous est complexe, notamment dans les pays les plus pauvres. Les dispositions juridiques garantissant de larges prestations de santé sont faciles à adopter, mais non à mettre en oeuvre. Une situation se crée

TABLES RONDES MINISTERIELLES : SALLE XII

227

actuellement où, malgré l'égalité théorique des soins de santé pour tous, on constate dans la pratique des divergences dans les soins effectivement fournis à différents groupes socio-économiques et dans différentes régions géographiques. Des problèmes se posent avec la mise en oeuvre de la politique des soins de santé égaux pour tous, mais on s'efforce activement à l'heure actuelle de résoudre cette question complexe. Le Gouvernement de Bosnie-Herzégovine est en train d'adopter le module de mesures de santé essentielles en suivant les directives énoncées par l'OMS dans sa Déclaration d' Alma-Ata, qui met l'accent sur les soins de santé primaires. II faudrait établir un module uniforme de soins de santé pour tous les pays malgré leurs priorités et leurs capacités fmancières différentes, qui serait fondé sur les critères de nécessité, d'efficacité, d'économie et de faible niveau d'autoprise en charge, dans les limites, bien entendu, de l'enveloppe budgétaire. Le Ministère de la Santé et des Affaires sociales a proposé un ensemble de prestations de santé comprenant des mesures sanitaires prioritaires et la prévention des maladies, le dépistage et la réduction des facteurs de risque de maladies non transmissibles, et le traitement de maladies qui, en l'absence de soins, entraîneraient des décès prématurés ou des incapacités. Les soins viseront en particulier les femmes enceintes (avant, pendant et après la naissance), les enfants et les personnes âgées, qui sont les groupes les plus vulnérables de la population. Des fonds existent pour ce domaine considéré prioritaire, mais leur utilisation suppose au préalable une répartition géographique équitable du fmancement et une répartition égale du personnel chargé des soins primaires. La mise en oeuvre de cette politique très importante doit commencer en 2001 et s'achever en 2005. Le processus d'exécution repose sur cinq éléments: financement de la santé, mécanismes de paiement des prestataires, organisation et structure du système de santé, mise sur le marché libre des moyens de communication sociaux, et faisabilité politique. II se déroulera en trois phases : premièrement, renforcement des capacités en ressources humaines, deuxièmement, création d'un nouveau système d'information, avec un nouveau système de gestion de la santé, enfm, transformations institutionnelles devant contribuer à la réforme. La première phase a déjà commencé. Le Dr TSHABALALA-MSIMANG (Afrique du Sud) estime que tout gouvernement a une responsabilité permanente vis-à-vis de la santé de la population. Le secteur public ne peut tout faire, mais l'Etat se doit d'être présent dans tous les domaines des services de santé puisque c'est lui qui en est responsable en dernier ressort. Le terme d'« administration générale» utilisé est celui qui convient. La pauvreté est inextricablement liée aux problèmes de santé et les mesures correctives doivent en tenir compte à tous les niveaux. En Afrique du Sud, la santé des populations rurales pauvres est bien plus mauvaise que celle des groupes privilégiés. Par exemple, dans la province du Cap-Ouest, le taux de mortalité infantile est de 8,4 pour 1000 naissances vivantes, contre 61 ;2. dans la province du Cap-Est. Bien que les systèmes de santé dépendent des ressources disponibles, il existe certaines normes ou repères minimums en fonction desquels il conviendrait de juger tous les pays, y compris les pays en développement. Un des principaux domaines d'action relevés pour l'Afrique du Sud est la formation de cadres directeurs, c'est-à-dire la recherche et la formation de chefs de file dans les professions de la santé. Une grande importance est accordée aux ressources humaines, qui sont à la fois l'élément le plus coûteux mais aussi le plus utile d'un système de santé. Les transformations doivent se faire avec prudence afm de ne pas déstabiliser le système. La présence de ressources humaines formées et motivées est nécessaire pour que les réformes puissent être introduites avec succès. Les pays en développement souffrent de l'exode des cerveaux, les cadres qualifiés quittant leur patrie pour des pays développés. Ce problème attend encore une solution. II y a des liens évidents entre la santé et le développement, et aucune tentative faite pour accroître l'efficacité des services de santé ne peut l'ignorer. II faut trouver des moyens originaux pour rattacher les systèmes de santé aux autres systèmes qui influent sur la santé : éducation, agriculture, distribution d'eau, assainissement et logement. II convient aussi d'étudier l'effet de la mondialisation sur les systèmes de santé nationaux. Quant au point du débat portant sur l'importance relative des trois objectifs - amélioration de la santé, accroissement de la capacité de réaction et équité de la

228

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

contribution financière-, le Ministre souligne que ces trois facteurs sont intimement liés. Dans l'idéal, il reste à établir un système de qualité capable d'atteindre le niveau de santé le plus élevé possible pour le plus grand nombre de personnes, toujours dans la limite des ressources disponibles. La nécessité de trouver un juste équilibre entre le niveau général de santé et sa répartition est un problème commun à tous les services médico-sanitaires, mais qui s'aggrave avec la rareté des ressources. Le rationnement qui s'impose dans ce cas doit être un acte conscient de bonne gestion publique, destiné à procurer le plus grand bien au plus grand nombre. En abordant la question des principaux obstacles techniques, gestionnaires et politiques auxquels les ministères de la santé sont confrontés, le Ministre note que l'administration générale va au-delà de la réglementation. Elle comprend la création ou le développement d'un contexte favorable. Pour y parvenir, les différents ministères et départements d'un gouvernement doivent travailler de façon coordonnée. Autrement, il y a le risque -lorsque différents ministres s'occupent de domaines d'intérêt commun- que les tensions qui peuvent naturellement survenir soient exploitées à leur détriment En remplissant leur rôle en matière d'administration générale, les organes centraux doivent avoir suffisamment de poids et de capacités pour entreprendre des activités telles que l'analyse et la surveillance. Cela est particulièrement important en présence d'un secteur privé dynamique. Sur la question des obstacles qui s'opposent à l'extension de la formule du paiement anticipé, le Ministre déclare que celle-ci suppose d'abord une certaine capacité de paiement. En Afrique du Sud, le niveau élevé de la pauvreté et du chômage signifie que ce n'est pas toujours le cas. Le pays est doté d'un système d'assurance médicale privée volontaire. Il a récemment institué un ensemble de· prestations minimales assurant une couverture médicale égale au moins à celle du secteur public. Il est aussi prévu de créer un fonds obligatoire d'assurance-maladie dans le secteur structuré; on espère que ce régime pourra s'étendre par la suite au secteur non structuré. Le Ministre aborde ensuite les principales méthodes permettant de défmir des priorités pour l'allocation de ressources à des interventions sanitaires différentes. L'Afrique du Sud a toute une gamme de pratiques de santé, y compris la médecine africaine traditionnelle, qui ne sont pas fmancées par des fonds publics. Des contacts ont été pris en vue d'inclure ces services dans le système de santé national. Le secteur public garde toutefois la responsabilité de mettre les gens en mesure de faire eux-mêmes des choix judicieux en matière de santé, quelle que soit la source assurant les services. Quant à l'opportunité et la possibilité de favoriser la concurrence entre les prestataires de soins de santé, le Ministre est d'avis que, par suite des différences considérables entre les connaissances des experts médicaux et celles du public, le marché de la santé est loin d'être un marché idéal convenant à la concurrence. Les intérêts des consommateurs doivent être protégés par la loi. Bien qu'un niveau modéré de concurrence entre institutions similaires puisse être utile, il faut procéder avec prudence dans cette voie afm d'éviter tout abus préjudiciable au public. Le Professeur SPIRAKI (Grèce) explique que le système national de santé en Grèce est fondé sur un système d'assurance obligatoire pour tous les membres de la population active. L'Etat se doit de garantir à tous une prestation équitable des soins de santé, y compris aux personnes non assurées et aux personnes démunies. Toutefois, bien que le système dispose d'un très grand nombre de médecins correctement formés et qualifiés, ceux-ci se trouvent principalement dans les grandes villes, ce qui est une cause d'inégalité. Le système national de santé a été peu modifié jusqu'à présent, bien qu'une réforme soit imminente. Il assure 1' accès, quel que soit le niveau des revenus, à des traitements médicaux appropriés et les malades sont généralement satisfaits de la qualité et de l'efficacité des traitements. Des plaintes ont été formulées concernant le manque de personnel infirmier, le niveau médiocre des services de restauration et la structure confuse et désorganisée de l'administration hospitalière. En outre, dans plusieurs cas, les forces du marché ont réussi à contourner les égalités imposées par la législation. Il existe donc une concurrence entre les secteurs public et privé. La compétence des médecins est bien plus grande dans les hôpitaux publics que dans les cliniques privées. En revanche, le secteur privé offre de meilleurs services de restauration, facteur contribuant à assurer la dignité et l'autonomie des malades.

TABLES RONDES MINISTERIELLES : SALLE XII

229

Du point de vue de l'Etat, le principal problème est la montée vertigineuse des coûts, à laquelle s'ajoutent le faible niveau d'efficacité des services et une perte considérable de temps et de ressources. Ces problèmes sont dus principalement aux facteurs suivants: la tentative infructueuse faite pour assurer des soins de santé primaires satisfaisants en dehors des hôpitaux, les longs séjours en hôpital, la prescription de nouveaux médicaments coûteux dès que ceux-ci arrivent sur le marché, et le libre accès pour tous, même pour les visiteurs venus de pays voisins, aux médicaments antirétroviraux onéreux. Ce principe du libre accès est un des éléments de la contribution que le pays apporte à l'effort mondial déployé pour surmonter les problèmes de santé dus à la pauvreté. Un des résultats constatés toutefois est qu'il est difficile de contenir et surtout de prévoir les dépenses de santé. La création de systèmes d'administration générale pourrait aider. On a fondé un institut d'évaluation des services de santé et plusieurs indices sont à l'étude qui pourraient faciliter l'évaluation des services fournis par l'Etat, tout en faisant ressortir les domaines où il serait bon d'intervenir. Conformément aux termes du Traité de Maastricht, le Gouvernement grec s'est engagé à assurer une« convergence sociale» avec les autres pays de l'Union européenne. Trois grands secteurs de réforme ont été retenus : la santé, le secteur étroitement connexe des régimes de prestations et des retraites, et l'éducation. Dans ce contexte, la Grèce se heurte au problème considérable de devoir corriger les insuffisances du système de santé et de le rendre plus efficace, tout en donnant suite aux réclamations de l'utilisateur fmal et sans toucher à un caractère important du système national : sa gratuité. Le Professeur Spiraki se félicite du thème retenu pour le Rapport sur la santé dans le monde, 2000, qu'elle trouve particulièrement opportun. · Le Dr SUJUDI (Indonésie) réaffirme l'obligation commune d'améliorer les systèmes de santé, malgré les problèmes multiples que connaissent dans ce domaine un grand nombre de pays, y compris le sien. Une question fondamentale concernant cette amélioration est celle de la réforme des méthodes de fmancement. Une modification s'impose: il s'agit de passer du paiement direct des soins de santé à une extension de la formule du paiement anticipé. Ces transformations se heurteront probablement à une certaine opposition. De nombreux gouvernements n'ont pas une expérience suffisante de la nouvelle formule et ne savent pas très bien comment jouer leur rôle en matière d'administration générale. Il conviendrait pour cela d'obtenir un appui politique, mais les objectifs des politiciens sont souvent très différents de ceux des praticiens du secteur de la santé. Les règlements fondamentaux dans des domaines tels que l'homologation des établissements, l'octroi de licences aux prestataires et l'évaluation de la technologie doivent être rendus plus efficaces. Dans ce contexte, il est essentiel de favoriser la participation active des associations professionnelles à la planification, à la mise en oeuvre et à l'évaluation de toutes les réformes. Afin de réaliser les objectifs du système de santé, les programmes doivent être clairement orientés et les indicateurs aisément mesurables. Ces objectifs seront alors mieux compris et mieux appuyés par tous les autres secteurs concernés. Cette contribution est essentielle pour permettre au secteur de la santé de parvenir aux buts qu'il s'est fixés. On pourrait accroître l'équité des systèmes de fmancement en partageant les responsabilités financières, ce qui, à son tour, exigerait la création d'un système d'assurance national. A cet égard, il faut entreprendre un gros effort pour obtenir un accord politique afm que les lois et règlements nécessaires puissent être adoptés. Ce n'est qu'avec l'adoption d'un système d'assurance sociale national qu'il sera possible d'atteindre le niveau d'équité offert par la formule du paiement anticipé. Enfm, le Dr Sujudi souligne que, dans la réforme du secteur de la santé, les principales considérations sont le rapport qualité/prix et l'effet multiplicateur des mesures prises. Le Dr OSORIO (Venezuela) se range du côté des orateurs précédents qui ont formulé une mise en garde concernant les dangers de la concurrence dans la prestation des services de santé et souligné l'importance de l'éthique de solidarité. Elle estime que dans une large mesure le rôle des ministres de la santé est de combattre la pauvreté au moyen d'une répartition plus équitable de la richesse entre pays et à l'intérieur des pays. La tâche qui leur incombe ne se limite pas à l'organisation de systèmes de santé; elle comprend aussi la lutte contre la pauvreté.

230

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

Dans son pays, un processus de contre-réforme a commencé au cours de l'année passée. Une nouvelle Constitution a été adoptée au début de l'an 2000, dans laquelle il est déclaré que la santé est un droit social, garanti par l'Etat. Le fmancement des soins de santé, en vertu d'un mandat constitutionnel, est une responsabilité fondamentale de l'Etat. On estime que le système de santé doit être essentiellement public et fmancé principalement par l'impôt. Toutefois, le Dr Osorio est d'avis, comme sa collègue d'Afrique du Sud, que de nombreux pays n'ont pas les capacités nécessaires pour créer un régime de paiement anticipé. Dans son pays, plus de 60 % de la population vivent au-dessous du seuil de la pauvreté, ce qui signifie que la forme la plus équitable de fmancement est le mécanisme budgétaire de l'impôt. Le système de santé dans son pays se dégrade progressivement depuis une vingtaine d'années. Le processus de privatisation subit actuellement une inversion et une des tâches que pourrait entreprendre la prochaine assemblée nationale consisterait à élaborer une législation concernant un système de santé unique, avec un régime de sécurité sociale. Le Venezuela dispose d'un système obligatoire de sécurité sociale fondé sur le paiement anticipé par tous les travailleurs qui y cotisent, ce qui ne représente toutefois que 30 % de la population. Une telle situation laisse supposer que le Ministère de la Santé et du Développement social devrait aussi être responsable de la sécurité sociale, qui, aux termes de la Constitution, serait désormais un régime universel, que les cotisations aient été versées ou non. En ce qui concerne les services de santé, l'objectif consiste à mettre au point un système combinant les soins préventifs et les soins curatifs. Jusqu'à présent, sous sa forme traditionnelle, le système comporte un réseau de services ambulatoires, avec séparation de la prévention et des soins, ce qui laisse échapper de nombreuses possibilités et dresse de sérieux obstacles aux soins ambulatoires. Le nouvéau modèle, fondé sur les principes d'intégralité, d'équité et d'accessibilité, améliore sensiblement la prestation des soins préventifs, notamment les consultations prénatales et le diagnostic précoce de maladies telles que le cancer de l'utérus et le diabète et de troubles comme l'hypertension. Avec le nouveau système, on cherche à obtenir la participation des communautés pour en faire une des composantes essentielles du contrôle social permettant d'améliorer la qualité des soins. Un aspect fondamental de la question de la qualité est l'évaluation des systèmes de santé. Des indicateurs tels que le taux de mortalité infantile, la couverture du système de santé, l'augmentation des taux d'allaitement maternel, la baisse de l'incidence de l'insuffisance pondérale à la naissance et la diminution de la mortalité due au cancer de l'utérus sont autant d'objectifs vers lesquels des progrès doivent être accomplis. Des difficultés se présentent concernant, par exemple, la définition du rôle des universités, des écoles et des collèges dans la formation du personnel de santé. Il semble y avoir une tendance selon laquelle les médecins acquièrent des compétences qui sont mal adaptées aux besoins du pays : ils étudient souvent des maladies exotiques, sans pouvoir s'occuper de problèmes plus courants tels que la diarrhée. On s'efforce de remédier à la situation en négociant avec les facultés de médecine, de façon à orienter la formation vers les besoins des services ambulatoires, en plus de ceux des hôpitaux, et à enseigner le modèle des soins intégrés dès les premiers stades. La médecine de la famille est encore à un stade élémentaire, bien que le modèle des soins intégrés s'inspire pour une large part de cette stratégie. Le Venezuela s'est engagé à mettre en route un processus de transformation; le Dr Osorio espère pouvoir compter sur les pays voisins d'Amérique latine pour aider à la reconstruction de ce qui a été détruit par la politique néolibérale. Les réformes antérieures ont fait de la santé un système commercial qui a aggravé les inégalités dont souffrent ces pays. M. SELIM (Bangladesh) met en garde contre le fossé croissant entre les riches et les pauvres, qui aboutit à l'exclusion de ces derniers dans les pays tant développés qu'en développement. Les systèmes de santé sont souvent injustes du point de vue de leur financement, même dans certains des pays les plus développés. L'expérience montre qu'en l'absence d'un système d'assurance-maladie, les dépenses directement à la charge du malade pèsent plus sur les pauvres que sur les riches. La maladie n'empêche pas seulement les pauvres de travailler et de gagner leur vie, elle les oblige aussi à utiliser les ressources fmancières rares et précieuses qu'ils possèdent. Elle aggrave donc la pauvreté et le sous-développement.

TABLES RONDES MINISTERIELLES : SALLE XII

231

La question aujourd'hui est de savoir comment améliorer la santé des populations pauvres, leur assurer la protection des systèmes de soins et respecter le principe de l'équité. La mauvaise santé est une des causes de la pauvreté et la meilleure façon d'assurer la sécurité sur le plan médico-sanitaire est d'atténuer la pauvreté. On peut améliorer la situation en instituant le partage des coûts et le paiement anticipé. Les plus pauvres doivent bénéficier de soins gratuits ou du moins de soins dispensés à un prix symbolique. Les populations relativement pauvres devraient assumer une petite fraction du coût du traitement, l'Etat se chargeant du reste. Le groupe à revenu intermédiaire devrait en payer une fraction plus importante, tandis que les riches contribueraient généreusement au coût total de la santé de la nation. En ce qui concerne le paiement anticipé et 1' assurance-maladie, les plus pauvres ne peuvent verser de cotisations parce qu'ils ont rarement la possibilité de faire des économies. C'est donc l'Etat qui devra assumer les frais de leur assurance. En revanche, une fois que les populations défavorisées commenceront manifestement à sortir d'une situation de pauvreté, elles devront payer elles-mêmes leurs cotisations. Un système de santé fondé sur les lois du marché ne peut de lui-même résoudre les questions d'équité. L'Etat a donc la responsabilité évidente de mettre en place des mécanismes de financement. Sans cette intervention de sa part, aucune assurance-maladie n'aura de résultats positifs. M. BOUKOUI (Gabon) aborde un certain nombre de questions importantes concernant l'avenir. Une des causes principales de la situation dont souffre son pays est la persistance du sous-développement. L'éradication du paludisme exige d'abord une amélioration des conditions de vie. Si toutes les populations avaient accès à une eau salubre, il y aurait moins de cas de diarrhée, de schistoso.miase et d'autres maladies. L'enjeu devant lequel se trouve l'Afrique au XXIe siècle est celui de devoir désenclaver les communautés, assurer une alimentation équilibrée à tous et fournir une bonne couverture sociale, soit à défaut, soit en complément, d'un revenu décent. La maladie est souvent le résultat de dysfonctionnements dans des secteurs indirectement liés à la santé. De ce fait, en plus de leurs fonctions traditionnelles, les ministères de la santé, appuyés par des partenaires pour le développement, doivent s'assurer que leurs gouvernements respectifs appliquent des plans d'action pour la mise en valeur de leurs pays, l'amélioration des conditions de vie et l'atténuation de la pauvreté. La deuxième question essentielle qui se pose dans ce contexte est celle du fmancement, tâche qui n'est pas aisée pour les ministres de la santé. Ceux-ci se heurtent à des obstacles tant internes qu'externes. Les gouvernements et les ministères des finances ont des priorités plus pressantes que la santé et, en répartissant les ressources, ne donnent aux ministères de la santé que ce qui leur reste. Les politiciens hésitent à prendre des décisions courageuses concernant la participation de la population au financement des soins de santé, de peur de perdre leur popularité dans un contexte où ils doivent s'attendre à de fréquentes élections. Le résultat: pas de régime d'assurance-maladie et pas de système de paiement anticipé. La population elle-même constitue un obstacle. Dans son pays, déclare M. Boukoui, 70 % des malades dans les centres de santé urbains et près de 90 % dans les centres ruraux sont très pauvres et ne peuvent donc rien payer. En outre, le nombre de salariés diminue constamment à mesure que le chômage augmente. Parmi les obstacles externes, on notera la grande complexité et les nombreuses conditions d'affiliation des accords de partenariat, ainsi que la priorité accordée au remboursement de la dette extérieure qui absorbe la plus grande partie des ressources nationales, le fmancement du secteur social n'étant assuré qu'avec les fonds restants. Des programmes de partenariat incohérents imposent aussi des mesures verticales, qui n'accordent qu'une faible priorité aux ministères de la santé. Il faut des crédits de longue durée, adaptés aux exigences formulées par ces ministères, ce qui permettrait d'améliorer les soins dispensés. La qualité et le volume du fmancement sont la principale contrainte à laquelle se heurtent les prestataires de soins de santé, qui doivent recentrer leur rôle régulateur. Comme le système de paiement anticipé est le plus approprié, M. Boukoui demande à l'OMS d'encourager les initiatives que commencent à prendre les institutions de Bretton Woods pour réduire la pauvreté dans le monde. Au niveau international, l'Organisation devrait jouer un rôle de coordination pour tous les partenaires de l'action sanitaire. Au niveau national. le ministère de la santé est un centre de liaison indispensable, où chacun des

232

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

partenaires jouit de toutes les garanties nécessaires concernant le contrôle des ressources. Tous les partenaires doivent travailler dans la confiance et collaborer avec le ministère de la santé pour assurer que les priorités nationales sont prises en compte. M. CHARBONNEAU (Canada) se félicite de pouvoir examiner les systèmes de santé de manière globale et intégrée. Ce travail suppose que l'on étudie les besoins, dont la liste est longue, et les priorités, qui sont difficiles à établir. Cela consiste aussi à examiner les services et les ressources sous l'angle des conditions nécessaires pour assurer qu'ils soient durables, efficaces, tout à fait fiables et équitables. Cet échange de points de vue donne aussi l'occasion de réaffirmer, comme l'a fait le Directeur général, que la santé, tout comme l'éducation ou l'environnement, constitue pour chaque pays un investissement et non une dépense. Bien sûr, il s'agit d'un investissement considérable, mais c'est aussi un moyen de garantir un droit humain fondamental qui a été proclamé depuis longtemps par la communauté internationale. Les solutions concernant les systèmes de santé sont un terrain d'intervention privilégié pour ceux qui sont chargés des ministères de la santé et pour les gouvernements. On ne peut modifier le patrimoine génétique d'une population, ni changer radicalement ses conditions de travail. Quoi qu'il en soit, les responsables dans les ministères de la santé peuvent certainement intervenir dans la mise en oeuvre et la gestion des systèmes de santé. Tous les systèmes de santé ont des obstacles à surmonter, notamment celui de devoir protéger le mieux possible la santé de la population. Les besoins de celle-ci augmentent constamment et deviennent de plus en plus précis: par exemple, le dépistage précoce de certaines maladies et l'accès perÏnanent aux soins de santé primaires à toute heure de la journée, sept jours par semaine. Il n'est pas toujours possible de satisfaire une telle demande. La population vieillissante requiert des services qui n'ont pas été fournis jusqu'à présent, et le renouvellement incessant des techniques exige des investissements, alors que les médicaments coûtent de plus en plus cher et sont de plus en plus spécialisés. Il faut constamment améliorer la prestation des services. D'autres aspects de la question doivent pourtant aussi être pris en compte. Par exemple, les séjours des malades à l'hôpital sont plus courts. La question se pose donc de savoir comment organiser les soins posthospitaliers pour les interventions médicales qui ne durent qu'une journée. Les stratégies de réadaptation doivent aussi être réexaminées en fonction des nouvelles techniques médicales. En outre, il faut constamment revenir sur la nécessité des activités de prévention, d'éducation sanitaire et de promotion de la santé, qui, si elles étaient entreprises avec des moyens accrus, allégeraient le coût des soins. Les recherches sur la santé et les innovations doivent aussi être intégrées aux systèmes de santé. Par ailleurs, une meilleure information sur les besoins en matière de santé et sur l'efficacité des soins dispensés permettrait de mieux comprendre la situation. En disposant d'indicateurs et de méthodes d'évaluation plus perfectionnés, on serait mieux en mesure de rendre compte des activités à la population, qui, si elle était mieux informée et les services plus transparents, serait disposée à fournir davantage de ressources au secteur de la santé. M. Charbonneau souligne également l'importance pour les ministres de la santé de ne pas limiter leur horizon à la simple prestation de services. Ils doivent aussi tenir compte du fait que les systèmes de santé sont des systèmes ouverts et que la santé est un aspect essentiel du développement, qui doit être associé à d'autres aspects fondamentaux du développement durable. Il y a quelques années, le Directeur général a publié un rapport international sur la gestion de l'environnement mettant l'accent sur le modèle du développement durable, modèle qui est entièrement applicable au domaine de la santé. Les responsabilités des ministres de la santé vont au-delà des questions techniques, englobant aussi l'atténuation de la pauvreté. Ceux-ci doivent travailler avec les ministres de l'environnement, puisque l'accès à une eau salubre, à un air pur et à des services efficaces d'élimination des déchets a une incidence positive immédiate sur la santé. Ils doivent aussi travailler avec les ministres de 1'éducation, avec ceux qui sont responsables des personnes âgées et des jeunes et, naturellement, avec les ministres des affaires étrangères et des fmances. Ce n'est pas toujours le ministre des fmances qui doit avoir le dernier mot; il doit savoir intégrer à sa politique la perspective d'un développement durable, y compris la santé. A cet égard, le dialogue engagé par l'OMS avec des institutions telles que la FAO, l'UNESCO, l'OMC, l'OCDE et la Banque mondiale montre bien la nécessité de créer un esprit de collaboration ouvert, permettant de

TABLES RONDES MINISTERIELLES : SALLE XII

233

rechercher un effet d'entraînement dans d'autres domaines et de parvenir ainsi à une amélioration durable au sein de la population. M. MUBARAK (Iraq) décrit le double enjeu auquel fait face le Ministère de la Santé dans son pays, et cela dans tous les domaines. En plus des problèmes rencontrés par les autres secteurs de la santé à travers le monde, il lui faut s'attaquer aux conséquences de dix années d'hostilités, qui ont détruit l'infrastructure, contrecarré l'exécution de projets de développement et entravé la prestation des services. D'autres problèmes découlent des répercussions sur l'environnement et la population: l'incapacité des services de santé de se développer au même rythme que la population et la question de savoir comment améliorer la santé et les services dispensés. En outre, le changement climatique a provoqué des pénuries d'eau. Cette situation générale a incité le Ministère à réexaminer ses relations avec le secteur privé. Le Ministère de la Santé a adopté une série de mesures pour tenter de résoudre ces problèmes, faciliter la prestation des services et combattre les maladies. Malgré les contraintes fmancières dues aux sanctions qui ont empêché le pays d'acheter des produits pharmaceutiques, le Gouvernement a institué de nouveaux règlements pour lutter contre les effets conjugués sur la santé publique des dommages causés à l'environnement, de la pollution des sources d'eau et de la destruction du système d'assainissement. Ces règlements ont permis de réaliser certains objectifs, à savoir continuer à assurer des services de santé avec le peu de moyens disponibles, exploiter au mieux les ressources, améliorer la qualité des services et fournir des soins de substitution avec la coopération du secteur privé. Au cours de ce processus, on a aussi envisagé d'améliorer les conditions de vie des personnels de santé au moyen d'augmentations de salaires selon leurs qualifications et l'esprit de dévouement dont ils ont fait preuve. Une tentative a aussi été faite pour accroître l'efficacité des systèmes en place sur la base de recommandations et d'études de l'OMS, qui insistent sur la participation de la société à la planification et à la gestion des services de santé. On s'est en outre efforcé de réduire le gaspillage et de trouver des fonds supplémentaires pour l'entretien des hôpitaux et des centres de santé. La médecine préventive, y compris les soins de santé primaires, est gratuite pour les segments les plus pauvres de la société. Des cliniques et dispensaires populaires fournissent des soins aux familles et des soins de santé primaires à tous. On a aussi créé des conseils chargés de la gestion des soins primaires. Les évolutions épidémiologiques, qui sont le deuxième grand problème à résoudre, sont dues en partie aux sanctions appliquées au pays et à la destruction de l'infrastructure, et en partie au changement climatique mondial. La coqueluche et la rougeole, qui avaient pratiquement disparu d'Iraq, sévissent de nouveau à l'état épidémique. Ces maladies ont même été constatées chez des adolescents et des adultes. On a aussi observé une épidémie de paludisme en 1999. Les autorités ont pu relever le niveau de prestation des centres spécialisés et des centres d'orientation-recours en y concentrant le matériel technique le plus perfectionné afm d'éviter la dispersion de ressources humaines et techniques limitées. Les responsabilités et le mandat du secteur privé sont défmis par la loi sur la santé publique de 1981 et par une loi portant réglementation de la profession médicale. Le Gouvernement a appuyé le développement de ce secteur et surveillé attentivement l'application des dispositions législatives pour que les citoyens puissent bénéficier des meilleurs services possibles. Enfin, l'Iraq a adopté un programme de formation de spécialistes, y compris le personnel infirmier, afm d'exploiter au mieux les ressources disponibles. Le principe de base est que le progrès et le développement social ne sont pas mesurés par les ressources, mais par l'investissement et l'utilisation faite de ces ressources pour poursuivre la planification nationale. Le Dr JORBENADZE (Géorgie) fait savoir que, dans la Géorgie postsoviétique, certains des indicateurs sont au niveau de ceux d'un pays développé, par exemple l'espérance de vie moyenne, le taux de mortalité infantile, la fourniture de matériel de base et de ressources humaines, tandis que les indicateurs macroéconomiques sont au niveau de ceux d'un pays en développement. Pour cette raison, la réforme du domaine de la santé engagée en 1995 se révèle difficile, puisque les dépenses de santé publique entre 1992 et 1994 ont été minimes. L'essentiel de la réforme a consisté à instituer une médecine privée,

234

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

une assurance-maladie, le fmancement de programmes particuliers et le « module de mesures de base ». En d'autres termes, le Gouvernement a entrepris de ne financer que les dépenses pour lesquelles il dispose de ressources économiques. Le PIB par habitant s'établit à US $65. Les dépenses de santé courantes s'élèvent à US $40 par personne, dont la part de l'Etat n'est que de US $10. Pour sortir le pays de cette situation difficile, les autorités se sont efforcées, avec l'appui d'organisations internationales, dont l'OMS, d'élaborer une politique nationale de santé et un plan d'application de dix ans. L'une et l'autre ont été examinés au niveau international et adoptés ultérieurement par le Gouvernement. On a calculé les ressources intérieures et ftxé des priorités pour la décennie à venir. Le pays a aussi lancé un appel à l'aide auprès de pays donateurs et d'organisations fmancières internationales. Pour conclure, le Dr Jorbenadze invite les pays et les gouvernements à aider la Géorgie et d'autres pays en transition à mettre en place un programme de santé solidement structuré. Le Dr CUENTAS YANEZ (Bolivie) mentionne trois objectifs communs du processus de réforme en cours dans différents pays: réduire les coûts, améliorer la qualité des soins et parvenir à l'égalité. La Bolivie a négocié un accord avec des organisations internationales pour que l'argent qui aurait été affecté au service de la dette extérieure serve à des investissements dans le domaine de la santé et de 1'éducation. Des indicateurs de santé précis ont été établis et, si le pays ne réalise pas ses objectifs, il sera tenu de rembourser sa dette. Si, toutefois, il atteint son but, le programme de réduction de l'endettement sera appliqué. Tous les segments de la société bolivienne participent au programme de santé. Les discussions visant à fiXer les cibles ont d'abord eu lieu au niveau ministériel, puis, au fur et à mesure de l'application du programme, avec les organes fmanciers. La Bolivie est donc en mesure d'améliorer la qualité de vie de ses citoyens aussi rapidement que possible. D'autres questions restent à examiner: il conviendrait de réduire les coûts, mais la technologie est de plus en plus coûteuse ; les ressources humaines sont rares ; et l'accès aux services médicaux est difficile. La gestion de la santé revêt différentes formes : parfois, on applique la formule du paiement anticipé, alors qu'ailleurs on se sert de modules de base qui varient selon la situation épidémiologique. Au cours des années 80 et 90, l'OMS a mené avec succès sa politique mondiale des médicaments essentiels, qui a permis aux pays d'améliorer leur situation sanitaire. Le nouveau déft que doivent relever presque tous les pays du monde est l'accès à la technologie de base, telle que les appareils de laboratoire et le matériel de radiographie. Si une initiative permettait d'accéder à un module de cette technologie de base, comme c'est le cas pour les médicaments essentiels, les résultats seraient probablement meilleurs. L'orateur se félicite de la décision prise par l'OMS de se concentrer sur trois ou quatre maladies fréquentes -par exemple, la maladie de Chagas ou le paludisme dans les pays en développement-, ce qui permettra d'améliorer la santé et la qualité de vie chez tous les citoyens des pays concernés. Il prie donc instamment les représentants des pays développés, les« mondialisateurs »,d'être plus souples et d'aider les pays du Sud, les pays « mondialisés », à se montrer plus compétitifs. Si ces pays peuvent acquérir des connaissances et des techniques dans des conditions équitables, il leur sera plus facile d'améliorer la santé de leur population. Ce ne sont pas des dons qu'ils demandent, mais plutôt un apprentissage et le partage des bienfaits entre tous. M. SALLAH (Gambie) déclare, à propos du financement du secteur de la santé, qu'investir dans les services de santé revient à investir dans la lutte contre la pauvreté et celle menée parallèlement pour vaincre des maladies telles que le paludisme, le SIDA et la tuberculose. La Gambie a obtenu une aide pour le service de sa dette et pour l'éducation, ainsi qu'une assistance de pays donateurs pour l'exécution de projets dans le secteur de la santé, par exemple des projets participatifs pour la santé et la nutrition financés par la Banque mondiale. Ceux-ci englobent la formation dans le domaine de la santé -un élément essentiel -, la préservation de la santé, la nutrition, la santé génésique et les systèmes d'information sanitaire. Pour assurer que le fmancement du secteur de la santé continue au moment où prend fin l'assistance des donateurs, le pays a choisi la voie de l'autosuffisance et a décidé de faire participer le secteur privé à la création de salles d'hôpital et à l'application d'un programme de recouvrement des

TABLES RONDES MINISTERIELLES : SALLE XII

235

coûts, conformément à l'initiative de Bamako de 1978 et au projet d'établissement d'un fonds global renouvelable. Des fondations locales ont été créées pour sauver la vie des bébés nés avant terme, promouvoir non seulement la santé mais aussi l'agriculture et l'éducation, et combattre la méningite -la Fondation pour la Lutte contre la Méningite a été créée en 1996. Pour conclure, M. Sallah remercie le Directeur général de l'OMS d'avoir lancé l'initiative Faire reculer le paludisme, car son pays est situé dans une zone d'endémie. Il remercie aussi l'OMS de l'appui fmancier, administratif et technique qu'elle apporte aux services de santé de la Gambie. Mme OMAROVA (Kazakhstan) estime que l'amélioration de la santé publique est manifestement nécessaire dans tous les pays. Son pays dispose d'un conseil du Gouvernement, présidé par le Vice-Premier Ministre principal, qui coordonne le domaine de la santé publique. Ses membres comprennent tous les ministres, qui sont donc collectivement responsables de la santé de la population. Le fmancement de la politique des soins de santé, lorsqu'il était aux mains de l'Etat, relevait à la fois du Ministère des Finances et du Ministère de la Santé. Le pays a adopté une stratégie de développement sanitaire jusqu'en 2005, garanti la prestation d'un certain volume de soins de santé et accordé la priorité aux soins de santé primaires, à la lutte contre la tuberculose, à la protection de la santé des mères et des enfants, à la vaccination, à l'épidémiologie et aux nouvelles techniques médicales. Son Ministère a justifié les dépenses inscrites au budget pour l'année à venir. Mme Omarova convient qu'il faut accorder plus d'attention à la santé de la population rurale. Au Kazakhstan, 44 % de la population vivent dans les campagnes et, pour la première fois, le budget de l'an 2000 comprend un poste séparé pour les soins de santé primaires dans les zones rurales, qui augmentera progressivement. Les recommandations de l'OMS sont donc acceptables pour le Gouvernement du Kazakhstan. Le problème de la présence de médicaments de qualité inférieure sur le marché a déjà été mentionné; le Kazakhstan approuve l'achat de médicaments par l'Etat au moyen d'appels d'offres. Des experts et des organisations internationales prennent part à ce processus et les malades ont parfois l'occasion de faire connaître les médicaments qu'ils préfèrent. La question de la concurrence entre les établissements publics et le secteur privé a été soulevée. Mme Omarova déclare que dans son pays, lorsque le Gouvernement ordonne la prestation de services médicaux, son Ministère est chargé d'en vérifier la qualité. M. CHUA Jui Meng (Malaisie), abordant la question de la privatisation des soins de santé, déclare que de nombreux pays, y compris le sien, ont une décision à prendre à ce sujet. Le Gouvernement malaisien estime que son long exercice du pouvoir, de 43 ans, est dû au fait qu'il s'est engagé à aider les pauvres. L'éducation et la santé sont des bienfaits sociaux indispensables au processus du développement national. La santé est une ressource nationale, probablement plus importante encore pour le pays que 1' infrastructure. En 1993, l'OMS a cité en exemple le système malaisien de soins de santé, qui est dominé par le secteur public, comme étant « un des systèmes les plus équitables et les plus abordables fmancièrement du monde ». Le pays a alors examiné la possibilité de privatiser les services de santé. Cette politique a toutefois été abandonnée lorsqu'on s'est rendu compte qu'elle ne jouissait guère de la faveur des électeurs. Le secteur de la santé est un parfait exemple de marché imparfait. En termes économiques généraux, le marché est gouverné par l'offre dont l'impulsion dépend des consommateurs. Ceux-ci créent une demande que les fournisseurs s'efforcent de satisfaire. Avec la santé, c'est exactement le contraire, en ce sens que c'est le seul secteur où les prestataires de soins créent la demande, du fait que les malades en situation vulnérable s'adressent aux médecins pour obtenir des conseils et que ce sont donc ceux-ci -les prestataires de services- qui créent la demande. Les Etats-Unis d'Amérique sont un exemple tout à fait pertinent de désintégration due aux forces du marché, avec une montée en flèche constante du coût des soins de santé.

236

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

En tant que pays à revenu intermédiaire, la Malaisie doit trancher entre un faible niveau d'imposition et le modèle des pays occidentaux, caractérisé par une fiscalité plus lourde pour fmancer la santé publique. La solution consiste à trouver un équilibre entre les deux. Est-il juste qu'à mesure qu'elle devient plus prospère, la population continue d'être fortement subventionnée et qu'elle vide en partie les caisses de l'Etat? La solution se trouve-t-elle du côté d'une assurance sociale nationale, d'une économie mue par le marché ou d'un système d'assurance fmancé par un tiers? Tous les systèmes ont à la fois leurs avantages et leurs inconvénients. Faut-il créer des comptes d'épargne santé auxquels la population cotiserait? Ces comptes auraient peut-être l'avantage d'inciter les individus à la prudence financière. Il serait bon d'avoir à ce sujet des conseils et des lignes directrices de l'OMS. M. BOQUINHAS (Portugal) explique qu'au cours des 25 années précédentes, les indicateurs de la santé se sont nettement améliorés au Portugal et sont voisins des moyennes observées dans l'Union européenne. Ce progrès est attribuable au développement économique, à la priorité accordée à l'éducation et à la mise en place d'un service national de santé. Le système de santé actuel repose sur trois principes essentiels: la solidarité, l'équité et le droit de tous les citoyens à un ensemble minimal de soins de santé, y compris la couverture de risques majeurs et les médicaments essentiels. Les soins de santé ne constituent pas un sujet isolé, mais dépendent de l'économie, du système d'éducation et de la collaboration entre différents groupes d'intérêt. Le système de santé doit être financé à la fois par l'impôt et par un système d'assurance sociale public. Le Gouvernement du Portugal estime que les pauvres, les personnes âgées et les enfants doivent bénéficier d'un accès aux soins pratiquement gratuit. Résumant brièvement les débats, le PRESIDENT note que les participants ont exprimé la conviction que les systèmes de santé sont très étroitement liés au contexte politique et socio-économique de chaque pays. Chacun se trouve dans une situation différente, mais ils ont tous des éléments communs et partagent des objectifs communs: l'amélioration de la santé et une plus grande capacité de répondre aux besoins et aux aspirations légitimes de la population en trouvant des formules de fmancement équitables. Les débats ont révélé l'importance d'une autorité de tutelle, dont le rôle dépasse les fonctions d'une administration ou d'un service de gestion traditionnel, puisque ce concept couvre tous les maillons de la chame, depuis les apports initiaux jusqu'au résultat fmal. Il englobe la responsabilité politique des décisions à prendre pour faire plus et mieux, décisions concernant par exemple le niveau de l'aide de l'Etat, l'équilibre entre le secteur public et le secteur privé, et les critères de fiXation des cotisations et de la couverture des risques, afm que l'on dispose en fm de compte d'un système de financement équitable protégeant les pauvres. Avant tout, la notion de tutelle recouvre les investissements stratégiques qui vont déterminer la qualité de la formation, l'adoption et l'application de la technologie et, de ce fait, l'amélioration des services. Le Président remercie tous les participants d'avoir apporté à la réunion leurs contributions réfléchies et très précieuses.

La séance est levée à 13 heures.

LES GRANDS ENJEUX DES SYSTEMES DE SANTE : Point 10 de l'ordre du jour (document A53/DIV/5)

Salle XVII, mardi 16 mai 2000,10 heures Président: Dr J. A. GONZALEZ FERNANDEZ (Mexique)

Le Dr MURRAY (Bases factuelles et information à l'appui des politiques), ouvrant le débat à l'invitation du PRESIDENT, dit que les termes« système de santé» sont très vastes et couvrent non seulement le secteur de la santé, mais tout un ensemble d'institutions et d'activités conçues pour améliorer la santé. Ils recouvrent par exemple la sécurité routière aussi bien que des sujets plus évidents, comme la médecine clinique et la santé publique, et leurs objectifs comprennent notamment la participation au développement, la réduction de la pauvreté et la consolidation de l'éducation. Le Dr Murray propose que la discussion soit axée sur trois objectifs principaux : améliorer la santé des gens, améliorer la réactivité du système de santé face aux attentes légitimes de la population, et s'assurer que la contribution de l'individu au système de santé est équitable. Il appelle l'attention sur les questions à d~battre énumérées dans le document A53/DIV/5. M. NGEDUP (Bhoutan) souligne la nécessité de tenir compte des enjeux propres à chaque pays. Au Bhoutan, par exemple, le terrain montagneux et l'éparpillement de la population entravent sérieusement la prestation des services de santé. Le Gouvernement a dû décider de quelle manière il construirait une infrastructure sanitaire propre à couvrir toute la population, quel serait le coût par habitant des services de santé et de quelle manière il répartirait au mieux ses maigres ressources entre des secteurs concurrents de l'économie. Au sujet de la contribution du personnel de santé, M. Ngedup indique que la décentralisation et la démocratisation des services de santé revêtent une importance cruciale. Le Bhoutan organise une conférence annuelle au cours de laquelle les représentants de toutes les professions de santé peuvent voter sur le calendrier sanitaire pour l'année à venir. C'est un excellent moyen de consolider la participation et le sentiment d'adhésion. Le Dr SHALALA (Etats-Unis d'Amérique) dit que son pays n'a pas encore atteint 1'objectif qu'il s'est fixé pour veiller à ce que tout un chacun contribue fmancièrement aux soins de santé de manière équitable. Des progrès ont été réalisés, toutefois, notamment dans le cadre du State Children's Health lnsurance Program (programme d'assurance-maladie des Etats pour les enfants), qui vise à fournir une assurance-maladie à tous les enfants du pays. En outre, on espère couvrir complètement le coût des médicaments destinés aux personnes âgées d'ici la fm de 2000. Le Gouvernement des Etats-Unis a essayé d'améliorer la réactivité du système de santé à la fois pour ceux qui disposent d'une assurance-maladie classique et ceux qui sont couverts par les programmes de protection sociale, par exemple en créant des centres de santé communautaires et des programmes spéciaux destinés aux personnes atteintes du SIDA. Un rapport publié récemment sur la protection des consommateurs et la sécurité des malades a préconisé une plus grande participation du personnel de santé, un investissement dans les systèmes d'information, des efforts de la part des acheteurs en gros, l'octroi d'un pouvoir plus important aux consommateurs, la priorité aux populations vulnérables et l'accroissement de la responsabilité. Ces recommandations sont en cours d'application. Les Etats-Unis ont beaucoup travaillé sur les mesures factuelles des résultats, et notamment sur la toute dernière étude relative à l'évaluation des plans de santé par les consommateurs. Ils sont toujours prêts à partager leurs données d'expérience avec d'autres: ainsi, les indicateurs de résultats mis au point

-237-

238

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

en faveur d'un programme destiné à améliorer la qualité du traitement dispensé aux diabétiques ont été partagés avec la Fédération de Russie et le Royaume-Uni. Lors d'une réunion prévue au Siège de l'OMS ultérieurement le même jour, le Dr Shalala donnera des détails sur une nouvelle initiative relative à la sécurité des malades, qui devrait réduire le nombre d'erreurs faites par les médecins et les établissements médicaux. Enfm, la mesure la plus importante de la réactivité du système de santé est certainement l'état de santé de la population. L'initiative prise par son pays, Healthy People 2010, cherche à réduire les disparités en matière de santé entre les Blancs et les groupes minoritaires dans les domaines primordiaux que sont la mortalité infantile, le dépistage et la prise en charge du cancer, les maladies cardia-vasculaires, le diabète, le VIH et la vaccination. Une autre série d'indicateurs, connue sous le nom de Leading Health Indicators (principaux indicateurs de santé), mesure la performance du système de santé par rapport à dix problèmes, dont l'obésité, le tabagisme et la toxicomanie, les comportements sexuels responsables et l'accès aux soins de santé. Dans le cadre d'une autre initiative, le Gouvernement met au point la première réglementation nationale régissant la confidentialité en matière de santé personnelle, et notamment en ce qui concerne les dossiers enregistrés sous forme électronique. Les Etats-Unis essaient donc de réformer le système de santé dans son ensemble, tout en cherchant à accomplir dans certains domaines des progrès mesurables que le public peut immédiatement apprécier. La coopération internationale est essentielle. Les pays doivent partager les connaissances et les données d'expérience pour améliorer la réactivité de leurs systèmes de santé, trouver des mesures communes pour ce qui est des résultats et le moyen de recourir aux forces du marché et d'utiliser le pouvoir du choix des consommateurs en matière de soins. M. UMAR (Brunéi Darussalam) dit que son pays est confronté au même problème que celui décrit par le Ministre du Bhoutan, à savoir dispenser des soins dans les zones éloignées. Il a introduit un système de dispensaires mobiles, utilisant parfois des hélicoptères militaires, système qui s'est avéré très efficace et permet une couverture sanitaire relativement importante. Le Brunéi Darussalam a une vue globaliste des systèmes de santé, car il considère qu'ils ne couvrent pas seulement la santé stricto sensu, mais également l'approvisionnement en eau saine, l'assainissement, le logement, l'approvisionnement en électricité, l'éducation et la protection sociale. Un problème majeur est dû au fait que le profil pathologique a changé récemment et qu'il est passé des maladies infectieuses aux maladies d'une société industrialisée moderne, par exemple les cardiopathies. Un autre grand problème est le fmancement des soins. A l'heure actuelle, le Gouvernement fmance, réglemente et dispense les soins de santé. Tous les soins sont gratuits au point d'utilisation, et les malades sont parfois envoyés à l'étranger pour recevoir des traitements dont le pays ne dispose pas, si bien que les dépenses de santé sont très élevées. Le Gouvernement encourage la mise en place de plans d'assurancemaladie et de dispensaires privés pour tenter de réduire la dépendance fmancière des malades par rapport à l'Etat. M. Umar souhaite connaître l'avis d'autres participants sur ce sujet. Le Dr DLAMINI (Swaziland) convient que les facteurs géographiques défavorables rendent bien plus difficile la prestation de soins de grande qualité sur une base équitable. Les catastrophes naturelles compliquent encore la tâche. Lors de la dernière campagne de vaccination qui a eu lieu dans son pays, il a été impossible aux véhicules de rejoindre certaines communautés. Parmi les problèmes rencontrés par de nombreux pays figure le niveau généralement bas du fmancement de la santé : au Swaziland, la santé compte pour moins de 7 % du budget total, malgré la lourde charge de morbidité du pays. La tuberculose est très répandue et 55 % des lits hospitaliers sont occupés par des gens ayant une maladie liée au VIH. Le Gouvernement du Swaziland tente d'inciter le secteur privé à assumer une partie du coût des soins, par exemple en encourageant les employeurs à fournir une assurance-maladie aux employés, mais les soins que les gens reçoivent demeurent souvent fonction du montant qu'ils peuvent se permettre de verser et l'équité d'accès aux soins n'existe donc pas. Des informations exactes sont indispensables pour la planification et la prise de décision politique, mais, si les agents de santé excellent à fournir des soins, ils n'ont pas toujours les compétences voulues

TABLES RONDES MINISTERIELLES : SALLE XVII

239

en ce qui concerne la collecte et l'analyse d'informations et les «animateurs de santé ruraux» ont des niveaux d'éducation hétérogènes. Le Gouvernement s'efforce d'améliorer les compétences des dispensateurs de soins à tous les niveaux. Il est clair que les enjeux des systèmes de santé dépassent le secteur de la santé proprement dit et comprennent l'approvisionnement en eau, l'éducation et le logement. Au Swaziland, le Ministère de la Santé a entamé une campagne d'approvisionnement en eau propre en collaboration avec les Ministères des Ressources naturelles et de l'Agriculture, l'OMS et des partenaires bilatéraux. Il cherche à réviser la politique nationale de santé du pays, qui est dépassée, ainsi que ses politiques sur l'approvisionnement en médicaments, le tabac et la santé de l'enfant, mais, dans certains domaines, d'autres ministères, qui ne comprennent pas toujours les raisons pour lesquelles le Ministère de la Santé s'intéresse à des questions qui dépassent la stricte limite du secteur de la santé, passent outre à son avis. D'autres préoccupations portent sur la marginalisation de groupes tels que les personnes âgées et la fourniture de soins commodes pour l'usager. Le système de santé publique n'est pas encore convivial: les gens doivent couvrir de grandes distances et attendre pendant de nombreuses heures pour se faire soigner à cause de la pénurie de personnel. Les technologies modernes permettraient au système de santé d'améliorer l'enregistrement et le suivi des patients. Les principaux problèmes sont le fmancement du développement des services de santé, la perte de personnel compétent en partie à cause du taux élevé des décès dus au SIDA et le fait que les plans de santé ne peuvent pas toujours être exécutés, les ressources devant être détournées pour résoudre une crise inattendue. Le Swaziland partage ses données d'expérience avec d'autres pays de la Région africaine et fait de son mieux pour favoriser un 'meilleur mélange public/privé en ce qui concerne la fourniture de soins. M. KORN DABBARANSI (Thaïlande) dit que la question de la réactivité, de 1' égalité et de l'accessibilité au sein du système de santé de son pays a été résolue grâce à la décentralisation et à la participation, tandis que la prise de décision, 1'élaboration du budget et la dotation en personnel de santé ont été décentralisées au niveau du district. Chacun des 7200 districts du pays compte désormais au moins un poste de santé, lequel traite les patients qui auraient été obligés normalement d'attendre de nombreuses heures avant d'être soignés dans les hôpitaux des villes. Les 13% de la population qui vivent en dessous du seuil de pauvreté ainsi que l'ensemble des enfants âgés de moins de 12 ans ont droit à des soins gratuits, ce qui représente environ 40% de la population totale, laquelle compte 60 millions d'habitants. Le but ultime du Gouvernement est une réforme totale du système de santé, qui exigera les efforts concertés de tous les ministères. Par exemple, la principale cause de décès, à l'heure actuelle, est les accidents de la route, qui ne relèvent pas seulement du secteur de la santé. Le Ministère de la Santé souhaite évoluer et passer d'un rôle purement réactif à un rôle proactif; il a déjà adopté à cet effet une nouvelle politique qui sera appliquée dans un proche avenir. Mme AELVOET (Belgique) se félicite de l'occasion qui lui est donnée d'étudier les enjeux des systèmes de santé, notamment à la lumière d'une étude publiée récemment sur la politique de santé en Belgique, laquelle a montré que, s'il est important de disposer d'un système de soins de santé performant, les facteurs socio-économiques ont des répercussions déterminantes sur la santé individuelle et que l'inégalité de la répartition des ressources explique la différence de cinq à six ans que l'on trouve en ce qui concerne l'espérance de vie. La Belgique a un système de santé assez efficace ; par exemple, les longues listes de malades en attente d'une opération n'existent pas. La qualité des services est bonne et le système de sécurité sociale garantit à tous les citoyens l'accès à des soins de base. Toutefois, dans le cadre des récents ajustements structurels, il a fallu introduire un système de ticket modérateur qui a eu des conséquences particulièrement négatives pour les malades chroniques. Le Gouvernement a donc alloué 4 milliards de francs belges (environ US $93 millions) pour aider cette catégorie de malades et il prévoit de fixer un seuil maximal de participation des malades afin d'éviter de pénaliser ceux qui ont régulièrement besoin de soins médicaux.

240

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

A l'avenir, la Belgique souhaite tout d'abord développer davantage la structuration et l'organisation des soins de santé primaires en vue d'élargir l'accès et d'améliorer la couverture. Afin de contrer la tendance croissante des produits pharmaceutiques à absorber une proportion de plus en plus importante du budget national de la santé aux dépens d'autres domaines du secteur de la santé, le Gouvernement promeut l'utilisation des médicaments génériques, qui ne représentent actuellement que 1 % des médicaments consommés en Belgique. Il est également prévu d'aborder le problème du recours croissant aux instances juridiques dans les cas d'erreurs médicales, problème qui fera l'objet d'un symposium qui doit se tenir en juin 2000. Ce symposium cherchera à trouver des moyens- peut-être sous la forme d'un système d'indemnisation hors faute - de régler les différends entre les malades et les institutions hospitalières ou les médecins, conflits qui ont entraîné l'augmentation des primes d'assurance et eu des effets négatifs sur la profession médicale. Mme Aelvoet se félicite tout particulièrement du travail accompli par l'OMS concernant la convention-cadre pour la lutte antitabac. Les progrès dépendront de l'établissement d'une référence mondiale, compte tenu des pressions exercées sur les législateurs nationaux par l'industrie du tabac. Une initiative mondiale de ce genre est indispensable si l'on veut élaborer des politiques nationales qui seront soutenues non seulement par l'OMS, mais aussi par l'opinion publique. M. T0NNE (Norvège) expose le dilemme auquel est confrontée la Norvège: les techniques médicales ont progressé jusqu'au point où ce qu'elles peuvent réaliser dépasse de loin ce qu.e la société en général peut se permettre de payer. Tous les pays se trouveront tôt ou tard dans une situation analogue. La prévention et la promotion de la santé doivent être intégrées dans des stratégies visant à améliorer les systèmes de santé et doivent être placées au premier rang des priorités. La vaccination est un exemple d'activité préventive utile qui peut avoir un impact considérable sur les communautés locales, et l'élargissement de la couverture et de la distribution des vaccins dans le cadre des soins de santé primaires contribuera à la mise en place de systèmes de santé plus efficaces. Les activités analogues, telles que l'initiative Pour un monde sans tabac, auront plus de chances de réussir si l'on instaure et si l'on maintient une coopération nationale intersectorielle. Sur le plan de l'équité, l'enjeu consiste à combiner les ressources publiques et privées en un seul système de soins intégrés sans créer un système à deux niveaux pour ce qui est de la qualité de la prestation. Un tel système doit couvrir tous les citoyens, et les institutions publiques et privées doivent oeuvrer ensemble à la réalisation de buts communs. Cela sera difficile, mais les modèles mis au point par l'OMS ainsi que le rapport sur la santé dans le monde peuvent être des outils utiles. M. T011De ne voit pas pour quelle raison les services de santé ne devraient pas attirer des investisseurs privés, car de nombreux secteurs clés comme les produits pharmaceutiques, la technologie et l'équipement sont extrêmement rentables. La question de savoir s'il faut fournir les soins de santé gratuitement est controversée, mais M. Tanne est convaincu qu'il faut fixer un prix pour les groupes qui ont les moyens de participer, non seulement pour des raisons fmancières, mais également pour susciter un sentiment d'appropriation. Les services doivent être répartis équitablement et leur qualité uniformément élevée. L'OMS doit concevoir des modèles qui peuvent être essayés par les Etats Membres, renforçant ainsi leur capacité de résoudre la crise qui affecte les systèmes de santé du monde entier. M. BOLANOS (Guatemala) dit que le Guatemala rencontre les mêmes problèmes que de nombreux autres pays en développement lorsqu'il cherche à garantir un accès universel aux soins de santé, à cause de la nature essentiellement rurale du pays et de la multiplicité des langages qui y sont parlés. Les trois principaux dispensateurs de services, à savoir le secteur public, le système de sécurité sociale et le secteur privé, ne couvrent que 60 % de la population. Le niveau relativement bas des ressources budgétaires allouées à la santé, qui ne représentent qu'environ 1,5% du Pm, et une situation épidémiologique en évolution qui a obligé le pays à investir davantage de ressources dans certains domaines constituent d'autres facteurs limitatifs. Afin d'aborder le problème de l'inégalité de la fourniture des services, souvent

TABLES RONDES MINISTERIELLES : SALLE XVII

241

due au faible niveau de formation des agents de santé, le Guatemala a adopté un processus de décentralisation qui lui a permis d'étendre la couverture aux communautés les plus éloignées. Le Gouvernement actuel accorde une attention particulière à l'amélioration des conditions des mères et des enfants, des Mayas et des groupes les plus défavorisés. Il cherche à réduire les taux de mortalité infantile et maternelle et à instituer un système d'orientation des malades qui répondrait aux critères d'équité, d'efficience, de qualité et de viabilité fmancière. La décentralisation a débouché sur une participation plus importante de la société et a permis de se rendre compte que les gens étaient en partie à même de résoudre leurs problèmes de santé. M. HAKETA (Japon) affirme que les citoyens de tous les pays doivent avoir un accès égal aux services de santé, quelles que soient leur situation géographique ou les conditions économiques. En 1961, le Japon a instauré un système de soins universels fondé sur un plan d'assurance-maladie obligatoire. Malgré les nombreux obstacles à l'introduction de ce système, y compris les difficultés financières et les craintes exprimées par le public que le prépaiement serait bien effectué mais que les services ne suivraient pas, ce plan a fmi par être mis en place. Le succès de ce système a permis d'éliminer les risques économiques associés à la maladie, et le boom économique ultérieur de dégager suffisamment de ressources propices à une expansion régulière de la prestation des soins. Cependant, le Japon est actuellement confronté à plusieurs problèmes, notamment au vieillissement de la population et à l'évolution du profil pathologique, qui ont entramé une hausse rapide des dépenses de santé. Dans un proche avenir, une personne sur trois aura 65 ans ou plus; or, aujourd'hui déjà, le niveau des dépenses de santé relatives aux personnes âgées est cinq fois supérieur au chiffre moyen pour la population en général. On s'efforce actuellement de revoir le système d'assurance-maladie afm de tenir compte de l'évolution du profil pathologique, de fournir des soins à long terme aux personnes alitées, aux personnes âgées et à celles qui souffrent de démence, et de faire face à l'émergence récente des maladies liées au mode de vie. Il faut également instaurer une plus grande efficience et une plus grande équité en matière de contributions fmancières. Il faut mettre davantage l'accent sur la prévention de la maladie, la promotion de la santé et la mobilisation des ressources, y compris la biotechnologie. Par ailleurs, il est important de tenir compte de questions plus générales, telles que l'impact des facteurs économiques, environnementaux et sociaux sur la santé. M. GUNNARSSON (Islande) dit qu'aujourd'hui l'Islande est un Etat providence industrialisé qui bénéficie d'un niveau de vie élevé, de l'un des plus hauts niveaux en ce qui concerne l'espérance de vie et de l'un des taux les plus faibles du monde pour la mortalité infantile et néonatale. Il y a quelques générations seulement, c'était l'un des pays d'Europe les plus pauvres, où sévissaient plusieurs maladies graves. L'un des premiers enseignements qu'il a tirés a été l'importance d'un soutien extérieur vigoureux: c'est ainsi que deux siècles auparavant, l'Islande faisait appel à des professionnels de santé éduqués et formés au Danemark et qui avaient adopté une approche globaliste des soins de santé basée sur des méthodes que l'on décrirait aujourd'hui comme factuelles. Les générations suivantes se sont efforcées d'améliorer les techniques d'accouchement et les soins aux enfants, de mettre en place un réseau d'hôpitaux et de lancer des programmes de vaccination contre les maladies transmissibles. L'importance qu'il y a à promouvoir la coopération entre les soins de santé publics et les soins de santé personnels et d'empêcher la concurrence entre les deux est une autre leçon qui a été retenue. Toutefois, depuis lors, de grands changements ont eu lieu et l'Islande est actuellement confrontée à une situation dans laquelle hôpitaux et dispensaires rivalisent pour obtenir des ressources qui ne cessent de diminuer, alors que l'on a besoin d'urgence de nouveaux médicaments et de nouveaux matériels. Une bonne organisation est extrêmement importante si l'on veut être sûr de prendre des décisions correctes et justes. Les gouvernements doivent néanmoins garder l'esprit ouvert et être prêts à tirer parti de l'expérience passée. Le Professeur RATSIMBAZAFIMAHEFA (Madagascar) dit qu'un système de santé national doit accroître sa capacité de réaction afin de satisfaire les besoins sanitaires, de manière à garantir le respect

242

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

de la dignité de la personne et l'offre de soins de grande qualité à tous les niveaux. Dans les pays moins avancés où l'accès géographique pose des problèmes, l'enjeu consiste à créer des infrastructures, mais la tâche la plus ardue est de trouver les ressources humaines qui seront chargées de les faire fonctionner. Il faut souvent redéployer le personnel afm de réduire les inégalités entre les milieux urbains et ruraux. Même si l'on met en place des écoles de formation, le problème de la motivation demeure. L'offre de médicaments préoccupe les pays qui subissent une récession économique et entreprennent également des programmes d'ajustement structurel, d'où la nécessité de recourir à des fmancements multiples, y compris le fmancement communautaire. Cela soulève la question de l'équité quand une grande majorité de la population a des moyens financiers limités. Même si, au niveau de santé primaire, les gens sont en mesure de payer leur traitement, le problème devient plus complexe au niveau de l'orientation-recours et, jusqu'ici, on n'a trouvé aucun moyen de satisfaire les besoins des personnes les plus démunies. Le Professeur Ratsimbazafimahefa est d'avis que la performance des systèmes de santé dépend de facteurs multisectoriels, en particulier d'une meilleure prévention et d'une meilleure promotion mais, surtout, de conditions macroéconomiques favorables au développement du secteur de la santé. M. DANILOV (Estonie) insiste sur la réactivité du système, notamment lorsqu'il s'agit du respect du droit fondamental de l'individu à la dignité et à l'autonomie de décision en ce qui concerne ses propres besoins sanitaires. C'est ainsi que l'Estonie a récemment lancé un projet de banque génétique, qui consiste à recueillir des informations génétiques sur les 1 300 000 habitants du pays, afm que la population bénéficie d'un meilleur traitement à l'avenir. Toutefois, plusieurs questions éthiques ont été soulevées. Les gens doivent-ils être informés qu'ils risquent d'avoir une prédisposition héréditaire à une maladie donnée? Comment l'information doit-elle être recueillie? Certaines personnes risquent-elles de se servir de cette information? Est-il éthique de faire de la publicité pour le projet? La manière d'utiliser l'information et la question de savoir si celle-ci appartient à des institutions publiques ou privées ou bien à des milieux d'affaires ou scientifiques posent des problèmes particuliers. Comment protéger l'information afin de s'assurer qu'elle ne sert qu'à des fins médicales? M. Danilov estime que l'OMS doit étudier ces problèmes à fond afm d'aider les Etats Membres à s'en saisir au niveau des pays. M. ADAMOV (Niger) dit que son pays est l'un de ceux qui a l'indice de développement le plus faible et, en ce qui le concerne, la question des systèmes de santé est cruciale. Il est difficile à un pays pauvre qui, depuis les années 80, a pâti des conséquences des ajustements structurels successifs, de la détérioration des termes de l'échange et d'un certain nombre de maladies ayant un impact économique négatif, telles que le paludisme, le SIDA et la dracunculose, de satisfaire les besoins sanitaires de sa population. Après l'échec des politiques de santé suivies après l'indépendance, le scénario de développement sanitaire en trois phases axé sur la mise en place des districts sanitaires a été adopté, 1' accent étant mis sur la réduction du déséquilibre entre le milieu urbain et le milieu rural, notamment en ce qui touche la santé maternelle et infantile. Entre 1994 et 1999, la couverture sanitaire est passée de 32 à 42 %. La décentralisation s'est traduite par une plus grande participation des collectivités territoriales au financement et au fonctionnement des services de santé, ainsi qu'au recrutement du personnel. Les taux de contribution sont fixés par des assemblées sous-régionales, mais les soins aux indigents sont pris en charge par des comités de gestion au niveau communautaire. Le système du prépaiement n'est pas très bien développé, même s'il existe différents plans de cotisation, et un système d'assurance de la qualité a été mis en oeuvre avec le soutien de l'OMS, de l'UNICEF et du Gouvernement belge. L'Etat ne pouvant pas couvrir tous les besoins de santé, des dispositions ont été prises pour autoriser l'installation de services de santé privés, qui compléteront ceux de l'Etat. Il reste toutefois des tâches à accomplir : relever le niveau moyen de la santé, réduire les inégalités, surmonter les problèmes tels que l'insuffisance de personnel qualifié, le sous-équipement et la médiocrité de la gestion. Il existe également des obstacles politiques, comme l'insuffisance des ressources fmancières allouées par l'Etat, et des obstacles culturels, comme l'analphabétisme. En outre vient s'y ajouter le fardeau imposé, par exemple, par la résurgence de la tuberculose.

TABLES RONDES MINISTERIELLES : SALLE XVII

243

M. DAMAYE (Tchad) dit que son pays, qui a également l'un des taux les plus élevés de mortalité maternelle et infantile du continent, concentre la plupart des maladies endémiques et épidémiques qui ravagent l'Afrique, à savoir le paludisme, le VIH/SIDA, la méningite et la tuberculose. Le principal problème qu'il rencontre est celui de l'absence de ressources humaines: actuellement, seuls 33 des 53 districts sanitaires sont opérationnels, et la gestion de certains domaines de responsabilité doit être confiée à des volontaires qui ne sont pas suffisamment outillés. Un autre problème est le coût des médicaments et d'articles tels que les moustiquaires imprégnées d'insecticide, qui ne sont pas à la portée de la plupart des familles. Le Tchad a besoin de l'appui de la communauté internationale pour surmonter les difficultés dues à trente ans de guerre et pour fournir des soins de santé à tous ses citoyens sur une base équitable. Le Dr NTAHOBARI (Burundi) dit que la dernière décennie de conflit dans la région des Grands Lacs a provoqué une destruction massive des infrastructures, la perte de personnel, la réémergence du paludisme, de la tuberculose et des maladies diarrhéiques et la propagation du VIH/SIDA. L'embargo économique imposé par les pays voisins depuis 1996 a aggravé la crise et le Dr Ntahobari remercie l'OMS, qui a contribué à ce que cet embargo soit levé. Le Gouvernement a déjà pris des mesures pour améliorer la situation en détaxant les médicaments, en adoptant une politique d'utilisation des médicaments génériques et en créant des pharmacies communautaires dans les zones rurales. Le Dr Ntahobari prie l'OMS et d'autres organisations internationales de soutenir le Burundi, demandant à ce qu'il soit mis un terme au gel de la coopération bilatérale et multilatérale, gel qui sanctionne toute une population dont les conditions sanitaires se détériorent de jour en jour. Le Dr NASHER (Yémen) dit que son pays ne ménage pas ses efforts pour renforcer son système de santé et faire reculer le paludisme. En 1999, le Yémen a été rayé de la liste des pays dans lesquels la poliomyélite est endémique. Son but, désormais, est d'accroître la couverture par les soins de santé primaires dont bénéficient actuellement 55% de la population. Le Yémen est un pays en développement pauvre qui manque de ressources humaines et techniques et souffre de la plupart des maladies déjà mentionnées. Une partie du budget de la santé, qui s'élève à US $4 par habitant et par an, est gaspillée à cause de la médiocrité de la gestion et de la nécessité de traiter les victimes d'accidents de la route et de blessures dues aux armes à feu. Le Yémen estime que ces deux problèmes évitables devraient être plus sérieusement pris en compte par la communauté internationale, sous l'égide de l'OMS. Les ressources ainsi économisées pourraient servir à appliquer le projet Faire reculer le paludisme, à accroître la couverture vaccinale et à réduire les taux de mortalité infantile et maternelle. M. KANSI (Pakistan) dit que son Gouvernement estime que la santé est une question qui touche aux droits de l'homme et que tout un chacun devrait pouvoir en bénéficier. Le système de santé du Pakistan ressemble à une pyramide inversée: les grandes villes, au sommet, ont d'excellents hôpitaux avec des installations modernes, mais les deux tiers de la population qui vivent dans les villages et dans les taudis urbains n'ont accès qu'à des soins de santé primaires médiocres. Le Gouvernement prévoit de former 55 000 agents de santé féminins dans les villages, puis de porter ce nombre à 100 000, en vue de fournir des services de soins de santé primaires, de santé à l'école, de maternité sans risque et de vaccination. Il a également lancé un programme pilote destiné à améliorer la santé des femmes et des enfants en désignant 20 districts « amis des femmes » dans tout le Pakistan. Le Ministère des Affaires juridiques est saisi d'un projet de loi visant à promouvoir l'allaitement au sein, soutenu par toutes les provinces, avant que ce projet ne soit envoyé au Cabinet pour approbation. Le Cabinet est saisi d'un autre projet destiné à assurer la sécurité transfusionnelle, et on espère que la vaccination systématique contre l'hépatite B sera intégrée dans le programme de vaccination des enfants. La tuberculose et la lutte antipaludique sont des priorités pour le Gouvernement et le programme de traitement de brève durée sous surveillance directe (DOTS) a été adopté dans le cadre du système de soins de santé primaires. Le SIDA n'est pas un problème immédiat au Pakistan: seuls 1500 cas de

244

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

séropositivité pour le VIH et 250 cas confirmés de SIDA ont été enregistrés pour une population de 135 millions d'habitants. Toutefois, le Gouvernement a lancé un programme de prévention et a adressé des directives spéciales aux autorités du niveau provincial afm d'équiper correctement les laboratoires et de fournir le personnel indispensable. Par ailleurs, une réforme de la formation médicale est actuellement introduite. Quatre collèges, un dans chaque province, adopteront un système axé sur la communauté en l'an 2000 pour apprendre aux étudiants à résoudre les problèmes de santé communautaire. M. MOND (Papouasie-Nouvelle-Guinée) dit que son pays aussi est essentiellement rural. Le taux d'alphabétisation de la population est faible et la plupart des habitants vivent dans des zones très isolées. Les taux de mortalité maternelle et infantile sont très élevés. Les gouvernements provinciaux ont la responsabilité des hôpitaux, des centres de santé, des postes de secours et des dispensaires de villages, mais ils n'ont pas les planificateurs, gestionnaires et personnels techniques qualifiés ni l'infrastructure et les moyens financiers voulus pour soutenir ces services. Dans les petites économies éparpillées comme celles qu'on rencontre en Papouasie-NouvelleGuinée, il faut réfléchir soigneusement au transfert du fmancement de la santé entre le gouvernement et les groupes de dispensateurs et procéder à des essais, par exemple en instaurant des systèmes de prépaiement à petite échelle au niveau communautaire. La base de financement n'est pas suffisamment large pour encourager les dispensateurs privés à prendre en charge une partie du risque financier et, à cet égard, il serait utile d'avoir un aperçu des réformes en cours au sein du service de santé national du Royaume-Uni afm d'en tirer parti. Le Pakistan a élaboré un plan de santé aux niveaux du district, de la province et de la nation, avec des indicateurs de résultats critiques permettant de suivre et d'évaluer la performance à tous les niveaux, et il met actuellement la dernière main à un plan pour les années 2001-2010. Le Dr RYS (Pologne) dit que son pays est en transition depuis dix ans et que l'on y a constaté de grands changements dans les modes de vie, notamment une réduction de la consommation de tabac et une augmentation de l'incidence des accidents de la circulation. La Pologne est devenue Membre de l'OCDE et adhérera à l'Union européenne dans quelques années. Les réformes entamées au début de 1999 ont retiré un certain nombre de responsabilités au Ministère de la Santé ; ce dernier demeure toutefois chargé des opérations relevant de la haute technologie telles que les transplantations, mais le fmancement est désormais assuré par des compagnies d'assurances ou par les malades eux-mêmes et les établissements de santé sont aux mains des dispensateurs privés ou des collectivités locales. Le rôle régulateur du Ministère doit être repris par les autorités régionales et districales. Le Ministère a pour tâche d'adapter le système au nouveau modèle fmancier et il s'efforce d'élaborer un réseau d'hôpitaux et d'établissements de soins à long terme, de mettre au point de nouveaux programmes de formation médicale et de persuader les médecins de passer de la spécialisation aux soins généraux sur le modèle du praticien généraliste. Il collabore étroitement avec les médias pour améliorer l'information du public. En règle générale, il s'agit pour le Ministère de passer de la fourniture de soins à l'organisation et à la médiation :tel est le principal message que le Dr Rys souhaite transmettre. M. PARDO (Costa Rica) dit que, dans son pays, les réformes du secteur de la santé entamées en 1997 sont aujourd'hui pratiquement achevées. Le rôle de direction du Ministère a été renforcé tandis que la responsabilité de la prestation des services a été transférée au système de sécurité sociale, qui couvre désormais 98 % de la population. Actuellement, le système couvre également un grand nombre d'immigrants, la plupart d'entre eux illégaux, d'après le principe que les services doivent être offerts à tous équitablement. Si les réformes ont sans nul doute été bénéfiques en ce qu'elles ont rationalisé la prestation des soins, réduit le chevauchement des tâches et fait appel à la participation du secteur privé, elles ont également suscité des problèmes, et notamment affaibli la fonction préventive. M. Pardo partage l'opinion de la Norvège selon laquelle l'OMS devrait jouer un rôle plus actif dans la conception, la supervision et le suivi des réformes du secteur de la santé.

TABLES RONDES MINISTERIELLES : SALLE XVII

245

M. NGEDUP (Bhoutan) fait observer que le principal problème commun à tous les systèmes de santé est l'absence de ressources. Son pays met actuellement au point un système de fonds fiduciaires pour la santé, basé sur le principe que, pour chaque dollar investi, le Gouvernement investit également un dollar. L'idée est de dégager suffisamment de fonds pour fmancer les médicaments essentiels et les vaccinations. Ces fonds seraient investis auprès de gestionnaires de fonds internationaux et feraient l'objet d'une vérification extérieure. Le Gouvernement espère que le système des fonds fiduciaires aidera le service de santé à devenir viable. Actuellement, le Bhoutan consacre Il ,6 % de son produit intérieur brut aux soins de santé, qui sont dispensés gratuitement au niveau tertiaire. Le Gouvernement devra faire face à des problèmes pratiques s'il doit demander à la population de payer davantage les soins de santé. M. MABOTE (Lesotho) dit que, dans son pays, la réforme sanitaire est un processus dynamique, basé sur les principes d'accessibilité fmancière et de réactivité aux besoins du consommateur. Le principal obstacle, toutefois, est de mettre ces principes en pratique, car il est difficile de modifier le rôle de l'Etat et de le faire passer de celui de dispensateur de services à celui d'organisateur. Une série limitée d'indicateurs a été mise au point pour évaluer le succès du programme de réforme. Le Lesotho s'évertue à mettre en place une gamme d'incitations optimales et acceptables pour retenir les agents de santé et veiller à l'amélioration des résultats, mais le principal obstacle tient au fait que les agents de santé sont fonctionnaires, et le Ministère de la Santé ne peut mettre en place des incitations réalistes sans que les employés d'autres secteurs demandent des mesures incitatives analogues. Mme ESCHEIKH (Tunisie) dit que si, pour les pays en développement, l'absence de fonds est préoccupante, le véritable défi consiste à veiller à l'équité de l'accès aux soins. L'accroissement de la demande, l'augmentation des dépenses de santé et le développement du secteur privé risquent d'affecter le comportement des bailleurs de fonds et des utilisateurs, au détriment de l'équité. C'est la raison pour laquelle la Tunisie entreprend de réformer les systèmes d'assurance-maladie et de gestion des structures hospitalières, de renforcer les soins de santé primaires, d'adopter des mesures législatives pour encadrer le secteur privé, et d'assurer la gratuité de la prévention des maladies transmissibles. Des efforts sont déployés pour élaborer des critères de qualité grâce à la mise en place de nouvelles procédures de gestion. Depuis qu'on a constaté, en 1992, que certaines populations rurales éloignées n'avaient pas de couverture sanitaire, il a été créé un fonds de solidarité national pour créer des centres de soins de santé primaires, construire des routes, amener l'eau potable et dispenser l'éducation. L'élaboration d'un indicateur permettant de mesurer la qualité est importante. Il doit y avoir concertation entre les pays sur ce qu'il doit inclure, la pondération à donner à chaque élément et, surtout, les procédures à suivre concernant la collecte des données. La Tunisie est prête à participer activement à cette concertation. Le Dr MENAKAYA (Nigéria) dit que les défis que doit relever le système de santé nigérian comprennent des problèmes de santé qui ne cessent de croître et des ressources fmancières qui s'amenuisent. Il en va de même dans de nombreux autres pays en développement, et notamment en Afrique, où les ravages du paludisme représentent une somme astronomique pour une seule maladie. Le Vlll/SIDA prélève un tribut encore plus grand, et plusieurs autres maladies transmissibles sont endémiques. Les systèmes de santé nationaux ne peuvent à eux seuls les traiter : la pauvreté est au coeur de la question, car, sans logement et nutrition adéquats, il est vain de parler de santé. L'OMS peut continuer à débattre les problèmes de santé indéfmiment, mais, si l'on ne résout pas le problème du fardeau de la dette, on n'avancera guère. L'Organisation doit aider les Etats Membres à consolider leurs bases factuelles et à renforcer leurs moyens. Ainsi, le Nigéria a un personnel suffisant, mais les agents qualifiés émigrent souvent à cause de l'absence de ressources qui permettraient de les retenir. Le Nigériane peut continuer à promouvoir la santé dans les pays développés alors que les besoins des pays en développement sont si importants.

246

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

M. MOSK.ALENKO (Ukraine) expose les buts des réformes de santé entreprises dans son pays: optimiser les ressources humaines et matérielles allouées à la santé, tout en veillant à maintenir l'accessibilité et la qualité des soins médicaux, et décentraliser le système de santé pour donner une autonomie plus grande aux régions. Une attention soutenue est accordée à l'élaboration de la base législative du système afm de l'aligner sur celui des systèmes européens, dans le cadre des efforts déployés par l'Ukraine pour adhérer à l'Union européenne. L'accent est également mis sur l'amélioration des techniques médicales et la conception de systèmes d'assurance-maladie. Actuellement, les soins médicaux privés représentent entre 5 et 6 % du système de santé. Malgré les difficultés de la période de transition, les indicateurs sanitaires de base pour 1'Ukraine s'améliorent. M. Moskalenko mentionne spécialement le développement de l'industrie pharmaceutique, à laquelle son pays est tout particulièrement attaché. M. AL-MIDFAA (Emirats arabes unis) dit qu'au cours des deux dernières décennies, son pays a créé un système de santé intégré et de grande qualité, d'un niveau comparable à celui des pays développés. Le système couvre l'ensemble du pays, y compris les zones éloignées. Il est basé sur les soins de santé primaires, avec des hôpitaux et des centres d'orientation-recours, des services de soins préventifs et d'appui. Des experts médicaux ont été recrutés à l'étranger. Il compte toute une gamme de services préventifs, et notamment des programmes de santé maternelle et infantile, des services de santé à l'école et des services de médecine du travail. Le programme de lutte contre les maladies transmissibles couvre 36 maladies et comprend des études épidémiologiques appropriées. Les services de santé coopèrent avec l'OMS et des instituts de recherche à la collecte d'informations sanitaires. L'amélioration des indicateurs sanitaires du pays reflète les réalisations du système de santé: ainsi, le taux de mortalité chez les enfants de moins de cinq ans est tombé à 11 pour 1000, tandis que le taux de mortalité maternelle est descendu à 100 pour 100 000 naissances vivantes. L'espérance de vie est montée à 87 ans pour les femmes et à 74 pour les hommes. Ces indicateurs sont comparables à ceux des pays développés parmi les plus avancés. Toutefois, le profil pathologique a changé ; le pays se trouve maintenant confronté à de nouveaux défis: l'augmentation de maladies non transmissibles telles que le cancer, les cardiopathies, le diabète et l'hypertension, ainsi que les soins aux personnes âgées dont le nombre ne cesse de croître. Les services de santé ont suivi les progrès technologiques, ce qui nécessite de nouveaux équipements et la formation de personnel. Les accidents de la route sont à l'origine de nombreux décès, notamment chez les jeunes, et les accidents entraînant des incapacités sont fréquents. Les Emirats arabes unis ont besoin de trouver de nouveaux moyens de fmancer les services de santé. Le coût des médicaments, en particulier, fait peser une lourde charge sur le système de santé : les médicaments destinés à traiter les maladies comme le diabète, les cardiopathies et le cancer sont extrêmement onéreux et absorbent facilement le quart du budget de la santé. Les Emirats font de leur mieux pour fixer des priorités judicieuses et concevoir des programmes destinés à les appliquer, conformément aux recommandations de l'OMS. Le Dr DLAMINI (Swaziland) pense qu'il serait utile, pour les Etats Membres, que le Secrétariat de l'OMS mette à leur disposition sur le Web certains modèles, et notamment le modèle sur le prépaiement et d'autres systèmes de fmancement, ainsi que des informations sur le partage des ressources.

La séance est levée à 13 b 15.

LES GRANDS ENJEUX DES SYSTEMES DE SANTE : Point 10 de l'ordre du jour (document A53/DIV/5) Salle XVIII, mardi 16 mai 2000, 10 heures Président: Professeur K. DANSO-BOAFO (Ghana)

Le Dr FRENK (Directeur exécutif) ouvre la table ronde en décrivant le cadre mis au point récemment par l'OMS pour examiner les déterminants et les composantes de la performance des systèmes de santé et pour établir, à partir de cette analyse, les indicateurs de cette performance, tels qu'énoncés dans le document A53/DIV/5. M. AHMED ABDULLAH (Maldives), se félicitant du cadre d'évaluation de la performance des systèmes de santé, reconnaît qu'il est actuellement nécessaire de concevoir des systèmes de santé durables et de les renforcer. Le cadre proposé sera précieux pour tous les pays désireux de trouver des solutions aux grands défis que pose 1' amélioration de la santé. Les systèmes varient selon les pays, mais M. Ahmed Abdullah est certain qu'avec l'appui de l'OMS, tous les Etats Membres parviendront à améliorer leurs systèmes de santé respectifs. Son pays a toujours cherché à renforcer la pérennité de son système de santé par une participation communautaire et intersectorielle et un soutien non gouvernemental, tout en privilégiant la prévention et l'éducation sanitaire. Il faut envisager des moyens de grouper les ressources et de les répartir au mieux. Aucun pays ne peut fournir gratuitement tous les services de santé, et le moment est venu de concevoir des mécanismes réalistes de partage des coûts, soit par la mise en place de systèmes de sécurité sociale pratiques, soit avec la participation du secteur privé. Mme PHUMAPlll (Botswana) accueille aussi favorablement le cadre, reconnaissant qu'il aidera tous les pays, et elle recommande qu'il soit mis en oeuvre dès que possible. Tout système de santé est plus favorable à certains groupes de revenu, les nantis bénéficiant de meilleurs soins de santé que les démunis. Pour répondre aux besoins des populations locales, un système doit assurer l'accès de tous les membres d'une communauté donnée. Les pays en développement se heurtent à de graves difficultés liées à la pérennité, à l'accès universel et à la formation des professionnels de santé pour faire face à leurs besoins particuliers, qui sont différents de ceux des pays industrialisés. Les professionnels de santé formés à l'étranger sont souvent incapables de répondre aux besoins du pays hôte. C'est ainsi que des médecins étrangers n'ontjamais vu des cas de poliomyélite, sans parler des épidémies de paludisme, de tuberculose et de Vlli/SIDA, et ils n'ont jamais été formés à la lutte contre les épidémies. La formation doit donc être adaptée aux besoins locaux. Pour ce qui est du financement des services de santé, les subventions croisées et divers mécanismes de financement sont essentiels. L'accès à vie aux soins de santé est un droit fondamental de tout être humain. Si des systèmes de fmancement peuvent être mis au point pour les retraites, des mécanismes comparables doivent être adoptés pour la fourniture de soins de santé à vie, faute de quoi ces soins ne peuvent être assurés durablement. La question de la pérennité de la fourniture des soins de santé est indissociable de celle de la pauvreté, le plus grand défi pour les pays en développement, qui fait des besoins en soins de santé un problème plurisectoriel qui doit également concerner, par exemple, les ministres du commerce et des fmances. Pour ce qui est de l'accès universel aux soins, Mme Phumaphi estime que les pays en développement, dans les négociations avec les partenaires pour le développement, se heurtent souvent à des problèmes de communication et ont parfois du mal à savoir par où commencer.

-247-

248

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

Pour la pérennité, le cadre doit tenir compte des exigences locales, par exemple pour le financement et la fourniture des produits pharmaceutiques. En attendant que les pays en développement soient en mesure de produire leurs propres produits pharmaceutiques, la pérennité sera difficile à réaliser, d'où les pressions en faveur des importations parallèles ou de la production locale pour assurer le développement. Une autre question essentielle est la mesure dans laquelle le système de santé peut s'adapter à l'évolution des besoins de santé des populations. L'épidémie de VIH/SIDA a montré qu'il est important de renforcer les systèmes de soins de santé primaires des pays en développement pour leur permettre de faire face rapidement et efficacement aux épidémies. Le cadre d'évaluation doit aussi vérifier que la prévention, moins coûteuse que les soins, est assurée universellement. Mme Phumaphi reconnaît que l'administration générale et l'équité sont essentielles. Elle souligne l'importance des technologies de santé appropriées pour éviter le gaspillage souvent associé au fmancement de produits pharmaceutiques inappropriés. Le cadre doit donc inclure une méthode efficace d'évaluation de ces technologies, indispensables pour la gestion fmancière des pays en développement. Le Professeur DONALDSON (Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord) salue le cadre comme une initiative importante et il a des observations à formuler sur la question de la responsabilité. Le concept d'administration générale ne confère pas une responsabilité suffisante aux gouvernements ; cette responsabilité doit couvrir la qualité des services. Rares sont ceux qui contesteront les buts des systèmes de santé ; la difficulté, par rapport à ces buts, consiste à maintenir une performance de haut niveau. Peu de pays ont relevé ce défi, malgré les sommes importantes consacrées aux soins de santé ; c'est ainsi que les résultats et les modalités des soins varient, et que la pratique clinique ne bénéficie pas, ou avec beaucoup de retard, des progrès de la recherche. L'attention, concernant la responsabilité, doit porter sur quatre domaines. Le premier est la conception du système de soins de santé, qui ne recueille qu'un faible consensus. Il convient de vérifier que le système est conçu de telle façon que la population cible y ait aisément accès et que les différents éléments de l'organisation s'articulent bien. L'expérience du Royaume-Uni est que, trop souvent, les différentes organisations travaillent isolément. Le deuxième domaine est le bon fonctionnement de chaque organisation. Au Royaume-Uni, une loi récente fait de la qualité une obligation pour chaque organisation des services de santé nationaux. Cette « gouvernance clinique » a notamment pour objet de faire savoir aux malades et aux professions de santé que le mobile de cette quête de qualité est clinique. Le Gouvernement compte sur chaque organisation pour créer la culture interne voulue et sur les systèmes de gestion et le soutien technique pour améliorer la prise des décisions cliniques. Les organisations sont aussi jugées sur la participation des usagers à la prestation des services. Le but de cette responsabilisation devant la loi n'est pas seulement d'assurer la qualité, mais également de l'améliorer. Le troisième domaine requérant l'attention est l'assurance de la qualité au niveau de chaque praticien. Tâche difficile, qui suppose l'instauration d'un environnement professionnel favorable pour la prestation des services, la pratique individuelle et la participation d'organes d'enseignement, professionnels et d'autoréglementation, dans un partenariat garant d'une qualité assurée. Le quatrième domaine est la façon dont les ministères de la santé rendent compte au public des services fournis. Il est inacceptable, par exemple, qu'aucune information ne soit divulguée en cas de performance suboptimale ; les usagers doivent en avoir connaissance pour faire des choix éclairés. Le Dr STAMPS (Zimbabwe) annonce que son pays vient d'achever un examen du secteur de la santé, dont la réalisation a été entravée par de trop fréquents changements politiques, phénomène commun à de nombreux pays en développement Il attribue ces changements incessants principalement au manque de ressources. Bien que la santé, en Afrique subsaharienne, soit considérée comme une importante priorité, elle tend à passer après toutes les autres. L'examen a fait ressortir plusieurs mesures prioritaires. Pour donner aux agents de santé locaux le sentiment d'appartenir plus à la communauté qu'à l'Etat, le Gouvernement a invité les communautés locales à élire leurs agents de santé, qui sont ensuite formés aux soins de santé primaires. La planification et la performance de la formation des médecins doivent être

TABLES RONDES MINISTERIELLES : SALLE XVIII

249

améliorées ; en 1997, les médecins formés étaient deux fois plus nombreux que les postes disponibles et de nombreux médecins diplômés ont été recrutés par des pays industrialisés, au détriment du Zimbabwe. Des mesures ont été prises pour renforcer les normes professionnelles. C'est ainsi qu'une loi récente remplace l'ancien système de réglementation et d'enregistrement des professions de santé par un ensemble de neuf conseils et qu'une administration des professions de santé doit tenir une réunion publique annuelle. La liste des médicaments essentiels a été révisée et elle compte maintenant moins de médicaments que précédemment. Pour encourager la société civile à s'intéresser au Vlli/SIDA, un conseil national de lutte contre le SIDA, composé de 12 membres provenant de nombreux secteurs de la société civile, dont un seul fonctionnaire, a été créé. Le conseil applique la politique nationale de lutte contre le SIDA, de la prévention et des mesures de lutte contre la discrimination aux soins aux orphelins et aux malades en phase terminale. Pour ce qui est du fmancement, il est d'autant plus difficile d'accroître les fonds disponibles qu'un tiers du budget national est consacré au service de la dette et un autre tiers aux salaires de la fonction publique. Enfin, une charte des malades qui donne ouverture à des poursuites a été adoptée. Le Dr BACHELET (Chili) souligne qu'il est important d'évaluer les services de santé pour améliorer la performance et accroître l'équité, dans le but d'améliorer la santé. Les interventions de santé, cependant, ne suffisent pas; les efforts doivent également porter sur d'autres aspects du développement comme l'amélioration de l'éducation et du logement. Les services de santé ont un rôle décisif à jouer dans l'amélioration du niveau de vie. L'OMS, pour sa part, aidera les pays à faire des ·choix, à tirer des enseignements de leurs expériences respectives et à éviter les erreurs commises par les pays dans des situations comparables. Il y a quatre ans, le Chili a lancé un processus reposant sur des comités de gestion en vue de recenser les facteurs fondamentaux et les priorités, et de surveiller la mise en oeuvre. Plusieurs leçons s'imposent. Tout le processus doit être justifié dès le départ, depuis la construction des indicateurs jusqu'à la garantie qu'ils ont été mesurés. La pérennité du processus suppose le plein engagement de tous les acteurs. La prolifération de même que la simplification à l'excès des indicateurs sont à éviter. L'utilisation d'indicateurs provisoires permettra de reconnaître les problèmes naissants et d'élaborer des stratégies pour y remédier. Des cadres législatifs et réglementaires sont nécessaires pour vérifier que les personnels disponibles ont les qualifications requises. Pour le fmancement des services de santé, les systèmes de prépaiement peuvent éviter l'exclusion des pauvres et ils sont plus équitables que les systèmes de paiement direct. Des sources de fmancement doivent être trouvées pour accroître l'accès au fmancement fondé sur la solidarité et pour permettre une utilisation plus efficace des ressources nationales aux fms de la sécurité sociale. Si l'analyse technique doit défmir les priorités en matière d'affectation des ressources, une évaluation politique est également nécessaire pour répondre aux besoins des gens et mettre fm aux inégalités existantes. Si importante soit la rentabilité, peut-être est-il nécessaire de promouvoir des mesures moins efficaces économiquement pour protéger la dignité humaine dans le domaine des soins de santé. L'assurance de la qualité des services de santé repose sur quatre piliers centraux de la politique : la culture institutionnelle pour assurer la qualité, et l'expérience du Royaume-Uni à cet égard est intéressante ; le leadership et la responsabilité confiée aux administrateurs ; les droits des citoyens ; et une certaine institutionnalisation, par le biais d'un organe chargé d'assurer la qualité ou par la nomination d'un médiateur. Le Professeur SHEVTCHENKO (Fédération de Russie), soulignant l'importance des questions traitées dans le document, observe que les importants changements politiques survenus dans son pays ces 15 dernières années ont nécessité un réexamen des fonctions des services de santé. Auparavant, outre un rôle social, les services de santé travaillaient en liaison avec les secteurs de l'éducation, de la culture, voire des sports. Pour ce qui est du financement, ils occupaient le rang de priorité le plus bas. Depuis, l'individu est devenu le point focal.

250

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

Chaque entité de la Fédération a son propre budget, ses lois et sa politique en matière de personnel de santé. Pour assurer les services de santé, il est indispensable d'harmoniser les budgets et le fmancement ainsi que les normes applicables à la prévention et aux soins. De graves difficultés ont surgi ces 10 dernières années. Un certain niveau de financement est nécessaire pour les services de santé et des programmes d'enseignement sont indispensables pour inculquer aux citoyens la responsabilité de leur propre santé. La Russie est parvenue à la stabilité politique et à la croissance économique et, avec l'appui de l'OMS, elle pourra surmonter ses problèmes dans le secteur de la santé. Le Professeur SMALLWOOD (Australie), accueillant le cadre comme une initiative importante, formule des observations sur deux aspects : les buts, et la qualité et la sécurité des services de santé. Le premier objectif est d'améliorer la santé, tandis que le renforcement de la réactivité et l'assurance de l'équité y contribuent. Les buts consistant à relever le niveau de santé moyen de la population et à réduire les inégalités au plan de sa distribution ne sont pas concurrents mais complémentaires. Le niveau de santé général dans son pays est élevé et il est en progression, mais la performance n'est pas la même dans les groupes défavorisés, qui requièrent une attention particulière. Des initiatives spéciales ont été prises pour ces groupes, en particulier les populations rurales ou vivant dans des zones reculées et les populations aborigènes et des îles du Détroit de Torres. Des liens de collaboration ont été instaurés pour la réalisation de recherches sur les inégalités en matière de santé en vue de rompre le cercle des conditions socio-économiques défavorables et de la mauvaise santé. La qualité des soins de santé dépend de la sécurité, de l'accès, de la participation des usagers et de la communauté, de la réactivité, de l'efficacité et de l'efficience. Le plus important est probablement la sécurité. Des données récentes provenant d'Australie, des Etats-Unis d'Amérique et du Royaume-Uni montrent que de nombreux décès et de nombreuses lésions sont dus à des erreurs associées aux interventions sanitaires (jusqu'à 100 000 par an aux Etats-Unis). Ce chiffre est probablement deux fois plus élevé si on inclut les conséquences iatrogènes. Les obstacles aux améliorations comprennent le manque de sensibilisation (une enquête effectuée pour recenser les erreurs de médication dans les hôpitaux aux Etats-Unis a révélé qu'elles étaient 50 fois plus nombreuses), l'acceptation du statu quo, et la difficulté des professionnels de santé à corriger leurs propres erreurs (en partie à cause de l'enseignement médical et du système hiérarchique). La responsabilisation, comme le suggère le délégué du Royaume-Uni, pourra aider à surmonter ces obstacles, mais la question reste de savoir si la responsabilité incombe au système ou à l'individu. En Australie, où l'accent a été mis sur l'individu et non sur le système, un conseil national pour la sécurité et la qualité a été créé et les professionnels de santé sont encouragés, pendant leur formation, à remettre en question leurs actes et l'autorité. M. SHANMUGAM (Inde) fait observer qu'un même modèle ne conviendra pas à tous les pays. En Inde, les dépenses de santé moyennes par habitant représentent environ 3 % du produit national brut par habitant et, sur ce montant, le Gouvernement ne paie que 20 à 25 %. La privatisation des services de santé et la promotion de l'assurance-maladie ne résoudront peut-être pas les problèmes de santé de 80% des personnes qui n'ont pas les moyens nécessaires. En dépit de ses maigres ressources, l'Inde s'est dotée d'une infrastructure sanitaire relativement efficace, dosant judicieusement les initiatives de 1' Etat et du secteur privé. Les systèmes de médecine indiens (médecine ayurvédique, yoga et homéopathie) sont en outre bien documentés, d'un coût abordable et efficaces. Différents programmes ont été mis en place -assurance de la qualité, éducation, recherche et développement, et normalisation de ces systèmes ; des pharmacopées ont aussi été publiées et de bonnes pratiques de fabrication des médicaments sont en cours de négociation. La reconnaissance et la diffusion de ces systèmes ainsi que des recherches appropriées permettraient de répondre aux besoins de santé des pays en développement. Le Professeur SILANO (Italie), approuvant l'accent mis sur l'équité des systèmes de santé, estime que tous les citoyens de son pays ont droit à des services de santé essentiels et que leur contribution dépend de leur revenu. Si la gamme des services dépend des ressources fmancières disponibles et qu'elle n'est pas immuable, ils couvrent en principe la santé communautaire, l'hygiène, les soins de santé primaires, les traitements spécialisés, les soins hospitaliers, la réadaptation et la pharmacodépendance. La

TABLES RONDES MINISTERIELLES : SALLE XVIll

251

totalité du fmancement des ressources sanitaires en Italie provient des recettes fiscales générales, mais un examen des ressources est en voie d'adoption pour des services qui, sinon, seraient gratuits. Le système de santé privilégie nettement l'efficacité et la qualité. Le Professeur Silano souhaite que l'OMS élabore des méthodes permettant d'assurer l'efficacité économique des dépenses de santé et d'améliorer l'activité gestionnaire des gouvernements. Les services de santé nationaux de la plupart des pays sont très complexes, décentralisés et composés de nombreux protagonistes, dont 1'organisation générale nécessite des systèmes structurés et une bonne gestion. Il est particulièrement important que chaque partenaire intéressé vise une cible particulière. Le plan de santé national italien, qui est réactualisé tous les trois ans, précise les cibles sanitaires des divers partenaires. A l'intérieur de ces cibles, cependant, les conseils pour l'élaboration de plans spécifiques et les directives relatives à la fourniture efficace des services de santé font cruellement défaut. Tous les partenaires doivent comprendre clairement ce que sont des dépenses de santé responsables et les meilleures interventions aux plans de l'efficacité et de l'efficience médicales et des dépenses connexes. Un autre élément important est la façon dont les malades et les usagers perçoivent les services et y participent. Pour ce qui est de l'évaluation des systèmes de santé, l'Italie souhaite bénéficier d'une assistance technique supplémentaire sur la façon de surveiller 1'état de santé de la population en général et sur la façon d'évaluer la performance des structures et des protagonistes individuels. Le Dr LEPPO (Finlande) se félicite de l'opportunité d'un débat depuis longtemps nécessaire sur la question, qu'il considère comme centrale pour la politique sanitaire internationale, à savoir si un système de santé est en mesure d'assurer les services requis. En proposant ce cadre conceptuel, l'OMS a fait un grand pas en avant, qui devrait être suivi de l'application des concepts et des principes proposés par les différents pays. Les valeurs recensées sont au coeur du débat sur les systèmes de santé. La Finlande, en particulier, attache une grande importance à l'équité du fmancement et à la nécessité d'adopter progressivement des systèmes de prépaiement pour protéger les ménages et les individus contre des risques excessifs. Le Dr Leppo met en garde contre les actions à court terme. Les buts sanitaires doivent s'inscrire dans une perspective à long terme - une période de 10 ans, pour le développement d'un système de santé, est courte- et il est indispensable d'assurer la continuité et un bon équilibre entre la continuité et les changements nécessaires. La durée est aussi extrêmement importante pour les ressources humaines - clef de tout système de santé. Des personnels qualifiés doivent être recrutés, retenus et formés de façon continue, ce qui demande du temps, et ils doivent être raisonnablement rémunérés. Plus généralement, le Dr Leppo estime que la question des priorités ne peut être abordée qu'en termes généraux, sur la base de valeurs explicites comme celles qui sont décrites dans le document. On peut aussi réduire les dépenses en recensant les cas de gaspillage, les doubles emplois et les pratiques qui ne reposent pas sur des données factuelles, faiblesses qui existent dans tout système de santé. Chaque mesure de prévention doit retenir l'attention, de même que les inégalités dont sont victimes les groupes défavorisés et vulnérables, notamment en période de restrictions fmancières. On estimait dans les années 90 qu'il est souhaitable et possible de promouvoir la concurrence entre les dispensateurs de soins de santé, mais de quelles données dispose-t-on à l'appui de cette idée? La plupart des manuels d'économie sanitaire affirment que les mécanismes du marché ne fonctionnent pas dans le domaine des soins de santé. Le Dr Leppo propose que l'OMS fasse oeuvre utile en recueillant et en évaluant des données empiriques pour et contre la concurrence. A ce jour, le recours à la concurrence ne semble pas permettre de faire des gains d'efficacité sensibles, sauf dans de rares domaines tels que l'achat de services de santé lorsque plusieurs prestataires et des acheteurs en position de force sont en présence. Toutes les réformes envisagées doivent être mises en balance avec les buts fixés dans le cadre conceptuel, car il y a lieu de se demander si, parmi les réformes instaurées en Europe dans les années 90, beaucoup ont amélioré la réactivité des systèmes et l'équité du financement.

252

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

M. COMENDEIRO HERNÂNDEZ (Cuba) déclare que le manque de ressources est sans conteste un problème universel pour les systèmes de santé, en particulier dans les pays en développement, et que, quelle que soit la source de fmancement, le but principal doit être l'accès de tous aux services de santé. Son pays consacre 8 % de son budget à la santé publique et les services de santé sont gratuits et ouverts à tous. Le système de santé publique est largement décentralisé et tous les secteurs de la communauté sont étroitement associés à son élaboration et à son amélioration. Pour ce qui est de la formation du personnel, la situation qu'il décrit est la réplique du problème évoqué par le délégué du Botswana. Les personnels des services de santé sont souvent envoyés dans des pays industrialisés où ils acquièrent des connaissances qui ne sont pas nécessairement applicables chez eux. Cuba a néanmoins signé plusieurs accords avec des pays d'Afrique subsaharienne concernant l'envoi de personnels qui formeront des professionnels de santé. Pour faire en sorte que les pays obtiennent les médicaments les plus efficaces au prix le plus bas possible, il estime que les pays les moins avancés doivent produire eux-mêmes leurs médicaments de façon à réduire les dépenses liées à l'importation des derniers médicaments des pays industrialisés. Il convient avec le délégué du Zimbabwe de la nécessité d'une réglementation pharmaceutique. Pour ce qui est de la qualité, il partage l'avis du délégué du Royaume-Uni concernant les indicateurs de performance. Il remarque enfm que le Conseil national cubain de Lutte contre le SIDA, qui a plus de 10 ans, a obtenu d'excellents résultats. Mme d'ALMEIDA MASSOUGBODJI (Bénin) estime qu'il incombe à l'OMS de penser globalement et aux communautés des pays en développement d'agir localement- d'où la nécessité de renforcer les systèmes de santé. Les pays en développement sont pauvres et ils se heurtent à des obstacles tels que la guerre et la famine, la difficulté d'accès des femmes aux soins de santé, à l'éducation (80% des Béninoises ne savent ni lire ni écrire) et à la maternité sans risque, et les maladies transmissibles. Le renforcement des systèmes de santé a beaucoup progressé, mais il reste encore à de nombreux pays d'Afrique et d'Asie à intégrer la vaccination des enfants dans les soins de santé primaires et à accroître la participation de la communauté, bien que ce concept ait vu le jour en Afrique occidentale sous le nom de l'initiative de Bamako. Mme d'Almeida Massougbodji constate les médiocres résultats de cette initiative au Bénin : moins de 30 % de la population fréquente les centres de santé, malgré le faible coût des visites (le Gouvernement assurant la construction des centres et leur dotation en personnel ainsi que la fourniture des médicaments génériques). Le SIDA et les autres grands défis mobilisent les maigres ressources des systèmes de santé et les communautés, face à cela, refusent d'être de simples réceptacles de l'assistance. Elles veulent participer à chaque étape, de la planification et de la prise des décisions à l'évaluation, ce qu'elle approuve. Les communautés doivent disposer pour cela des ressources humaines, matérielles et fmancières nécessaires. Le Dr KIYONGA (Ouganda), se félicitant de cette opportunité d'échanger des informations concernant la prestation des soins de santé, souligne que 1'évaluation des systèmes de santé doit tenir compte des différents stades de développement et des niveaux de ressources des pays. Son pays met actuellement en place un système complet de soins de santé couvrant la prévention, la promotion de la santé et les soins, mais avec peu de ressources. Le problème critique en Ouganda est l'accès aux soins de santé là où une grande partie de la population vit hors de portée des services de santé. En l'absence d'un accès réel aux soins de santé, les campagnes contre le paludisme, le VIH/SIDA et la tuberculose et celles qui visent à améliorer la santé génésique ou à étendre la vaccination sont vouées à l'échec. Le système de santé de l'Ouganda met l'accent non pas sur la concurrence, mais sur la collaboration entre les différents prestataires : les secteurs public, traditionnel et privé et les organisations non gouvernementales, principalement confessionnelles. A propos de la corrélation négative supposée entre efficacité et collaboration, le Dr Kiyonga remarque qu'une collaboration réussie peut améliorer l'accès. Le cadre d'évaluation des systèmes de santé doit mettre l'accent sur toute la question de l'accès. Pour ce qui est de la qualité, il reconnaît que ses différents éléments doivent être clairement définis. L'un d'eux est la quantité d'argent disponible chaque année pour la fourniture des soins de santé; il faut un minimum de crédits, en fonction du nombre d'habitants, pour maintenir la qualité des services de santé.

TABLES RONDES MINISTERIELLES : SALLE XVIII

253

Il évoque aussi la difficulté de fixer des priorités en période de transition démographique. Les maladies transmissibles restent prioritaires, mais les maladies non transmissibles sont de plus en plus répandues dans les pays en développement, qui sont mal préparés à les combattre. L'OMS met à juste titre l'accent sur les soins de santé primaires, mais il demande que l'Organisation insiste sur le fait que les soins de santé primaires couvrent un ensemble de maladies, pas seulement les plus répandues. Pour assurer l'utilisation efficace des ressources, l'Ouganda préfère une approche sectorielle, mais le Dr Kiyonga regrette que la communauté des bailleurs de fonds ne soutienne pas, ou ne puisse pas toujours soutenir, cette approche. Il invite instamment les partenaires pour le développement à suspendre les réglementations qui font obstacle à cette approche. Le Dr KNOWLES (Bahamas) explique que son pays est dans une situation inhabituelle ; son système de santé est fortement influencé par les valeurs et les pratiques nord-américaines, tandis que nombre de ses problèmes de santé ressemblent à ceux des pays en développement. Il s'est fixé comme principales priorités l'éducation et la santé. La principale difficulté est la répartition des ressources entre les services de santé individuels et publics. Les mesures prises pour améliorer les résultats sanitaires consistent notamment à renforcer le cadre de réglementation des services de soins de santé, à recenser les meilleures pratiques, à optimiser le déploiement des professionnels de santé et à améliorer et à surveiller la qualité. Une dernière main est mise à un plan stratégique, aux buts et aux résultats clairement défmis, pour une utilisation optimale des ressources. L'augmentation des dépenses de santé se faisant aux dépens d'autres secteurs, il se félicite des mesures qui visent à évaluer la performance des systèmes de santé. Mme CODFRIED-KRANENBURG (Suriname), accueillant le cadre avec satisfaction, veut parler de l'évolution des besoins et des attentes. Il existe deux systèmes de soins de santé au Suriname: l'un dans la partie à forte densité de population du pays, l'autre dans les zones rurales peu peuplées desservies par des agents de santé locaux ayant une formation de base. Vu le développement des communications et les attentes croissantes, ce système laisse de plus en plus à désirer. Une solution intermédiaire serait souhaitable entre les soins actuellement dispensés et ce dont le système de santé a besoin. Elle cite l'exemple de la scanographie: les trois grands prestataires du secteur privé ont acheté des scanners, mais l'Etat doit fmancer la fourniture des services. La fonction d'administration générale lui paraît importante et elle estime que les ministères de la santé doivent être renforcés pour pouvoir mener à bien les réformes du secteur de la santé, spécialement dans le contexte de la libéralisation du commerce. Le Dr AL-TARA WNEH (Jordanie) met l'accent sur la répartition équitable des ressources. Il décrit les principales difficultés pour le Ministère de la Santé de Jordanie : accroissement de la population; évolution des schémas démographique et épidémiologique ; inefficacité du stockage et de l'utilisation des médicaments; centralisation excessive; double emploi des services; et manque d'efficacité des infrastructures et des personnels. La part du produit intérieur brut consacrée aux soins de santé a augmenté, mais tous les citoyens ne sont pas entièrement couverts par l'assurance-maladie. Certaines solutions à ces problèmes sont actuellement mises au point : formation continue des professionnels de santé, qui sont encouragés à prendre des initiatives pour assurer l'équité et la qualité ; recherche et maintien d'autres sources de fmancement pour le système de santé, comme des fonds de solidarité ; accroissement de la couverture par l'assurance-maladie pour les personnes aux revenus les plus faibles; décentralisation et endiguement des coûts; amélioration des systèmes d'information; responsabilisation accrue ; et responsabilité confiée aux autorités sanitaires centrales de définir des politiques de santé claires, de partager les responsabilités, d'éviter les doubles emplois et d'améliorer la coordination avec les bailleurs de fonds. Sa Majesté le Roi Abdullah Bin Al Hussain participera bientôt en personne à un séminaire sur les problèmes du secteur de la santé. Le Dr RWABUHilfl (Rwanda) se félicite de l'occasion de débattre de ces problèmes, même si des réponses ne sont pas trouvées dans l'immédiat. Le Rwanda est l'un des pays les plus pauvres du monde, avec 60 % de la population en dessous du seuil de pauvreté. Le SIDA et le paludisme sont répandus. Mais, surtout, le pays souffre des séquelles du génocide qui a fait un million de morts en seulement 100 jours

254

CINQUANTE-TROIS lEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

en 1994. La perte de nombreux personnels médicaux et la destruction des infrastructures ajoutent à la vulnérabilité de la population. Aussi le Dr Rwabuhihi est-il reconnaissant au Ministère de la Santé de Cuba de son offre d'envoyer des agents de santé. Etant donné ces difficultés exceptionnelles, le Rwanda n'a guère eu l'opportunité de réfléchir à la réforme du système de santé, mais l'occasion se présente maintenant de créer un système de santé viable, cohérent et fondé sur la participation, pratiquement à partir de rien. En dépit des innombrables personnes vulnérables, comme les veuves et les orphelins, la gratuité du système n'est pas nécessairement la réponse. Après un grand déploiement d'action humanitaire, 40 % des services de santé sont actuellement assurés par des institutions religieuses. La seule stratégie valable pour la santé consiste cependant à mobiliser la communauté et à décentraliser, comme pour le système judiciaire. Au cours de l'année écoulée, le Gouvernement s'est engagé dans une campagne contre le SIDA. Il s'emploie aussi à améliorer la qualité du système de santé pour enrayer les pertes fmancières dues à l'envoi des malades à l'étranger. Depuis le génocide, les femmes sont plus nombreuses (54 %) que les hommes ; elles continuent de jouer un rôle majeur dans le secteur de la santé. En conclusion, le Dr Rwabuhihi demande qu'une aide soit accordée à son pays pour la reconstruction du système de santé. Le Dr GALON (Philippines) se félicite à son tour de l'occasion de débattre de systèmes de santé qui répondent aux besoins du public. L'évaluation de la performance aidera à recenser les facteurs de réussite. Les Philippines doivent encore supporter une lourde charge de morbidité, spécialement dans les populations pauvres. Pour réaliser l'équité et la continuité de la fourniture des soins de santé, des réformes sont en cours dans le secteur de la santé, l'accent portant sur les normes et le renforcement des réglementations, le fmancement, la prestation des services de santé, y compris les systèmes de santé de district, les hôpitaux et la restructuration du Département de la Santé. Le but est d'améliorer la qualité et la sécurité des services de santé et la gestion des risques, de renforcer le Bureau de l'Alimentation et des Médicaments, et d'accroître la sécurité et la qualité des produits pharmaceutiques. La réforme du fmancement aidera à assurer la couverture universelle par l'assurance-maladie et à étendre le traitement dans le cadre de programmes tels que celui de la lutte contre la tuberculose. Les Philippines ont opté pour un système de budgétisation pluriannuel afin d'assurer la continuité du financement de leur système de santé et des hôpitaux gérés par les pouvoirs publics locaux. Pour garantir la continuité et la pérennité des services, le système de soins de santé de district doit être amélioré et le système d'aiguillage réorganisé. Une réforme du système hospitalier public est en cours pour permettre aux hôpitaux d'adapter les honoraires aux moyens des malades afm de dégager des fonds pour les services de santé publique. Le classement des programmes de santé publique par ordre de priorité est en cours et le Département de la Santé est en voie de décentralisation, la gestion étant transférée au niveau régional. M. KET SEIN (Myanmar) déclare que tous les citoyens de son pays ont accès aux soins de santé primaires et que toutes les villes disposent d'installations hospitalières, des hôpitaux de district servant de premier niveau de recours pour les centres de santé ruraux. Jusqu'à une date récente, les soins médicaux étaient gratuits, mais la hausse des coûts a conduit à introduire les lits payants, le paiement des services de laboratoire par les usagers et des systèmes de partage des coûts pour les médicaments. Les systèmes de partage des coûts compléteront les soins médicaux gratuits, mais les paiements seront fonction des moyens des individus. Des fonds fiduciaires ont été créés et des mécanismes d'exemption sont en place pour les indigents afm de veiller à ce que les pauvres soient protégés.

La séance est levée à 12 h 50.

PARTIE III RAPPORTS DES COMMISSIONS

Les textes des résolutions et décisions recommandés dans les rapports des commissions et ultérieurement adoptés sans changement par l'Assemblée de la Santé ont été remplacés par les numéros d'ordre (entre crochets) sous lesquels ils sont publiés dans le document WHA53/2000/REC/1. Les comptes rendus in extenso des séances plénières au cours desquelles ces rapports ont été approuvés sont reproduits dans le document WHA53/2000/REC/2.

COMMISSION DE VERIFICATION DES POUVOIRS Premier rapport1 [A53/33- 16 mai 2000] La Commission de Vérification des Pouvoirs s'est réunie le 16 mai 2000. Etaient présents les délégués des Etats Membres suivants : Barbade, Burundi, Chili, Gabon, Indonésie, Irlande, Pologne, République arabe syrienne, République de Corée, République-Unie de Tanzanie, Saint-Marin et Tunisie. La Commission a élu son bureau comme suit: Sénateur P. C. Goddard (Barbade), Président; Mme L. H. Rustam (Indonésie), Vice-Président; Dr G. L. Upunda (République-Unie de Tanzanie), Rapporteur. La Commission a examiné les pouvoirs remis au Directeur général conformément aux dispositions de l'article 22 du Règlement intérieur de l'Assemblée mondiale de la Santé. La Commission propose à l'Assemblée de la Santé de reconnaître la validité des pouvoirs des délégués des Etats Membres et du Membre associé dont la liste figure à la fm du présent rapport, ces pouvoirs ayant été trouvés conformes aux dispositions du Règlement intérieur. La Commission a examiné les notifications de l'Afghanistan, d' Antigua-et-Barbuda, de l'Arménie, de la Belgique, du Bénin, de la Bosnie-Herzégovine, de la Côte d'Ivoire, de la Croatie, de Djibouti, de l'Egypte, de la Gambie, de la Guinée équatoriale, du Liban, de la Lituanie, du Malawi, du Mali, de la Micronésie (Etats fédérés de), de Nauru, de Nioué, du Pakistan, du Panama, du Portugal, de la République de Moldova, du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord, de Saint-Vincent-et-Grenadines et de la Thai1ande qui, bien que donnant la composition de la délégation de ces Etats Membres, ne peuvent être considérées comme constituant des pouvoirs officiels au sens des dispositions du Règlement intérieur. Elle recommande à l'Assemblée de la Santé de reconnaître provisoirement aux délégations de ces Etats Membres le plein droit de participer à ses travaux en attendant l'arrivée des pouvoirs officiels.

1

Approuvé par l'Assemblée de la Santé à sa cinquième séance plénière.

-257-

258

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

Etats dont il est recommandé de reconnaître la validité des pouvoirs (voir quatrième paragraphe ci-dessus) Afrique du Sud, Albanie, Algérie, Allemagne, Andorre, Angola, Arabie saoudite, Argentine, Australie, Autriche, Azerbaïdjan, Bahamas, Bahreïn, Bangladesh, Barbade, Bélarus, Belize, Bhoutan, Bolivie, Botswana, Brésil, Brunéi Darussalam, Bulgarie, Burkina Faso, Burundi, Cambodge, Cameroun, Canada, Cap-Vert, Chili, Chine, Chypre, Colombie, Congo, Costa Rica, Cuba, Danemark, El Salvador, Emirats arabes unis, Equateur, Erythrée, Espagne, Estonie, Etats-Unis d'Amérique, Ethiopie, Ex-République yougoslave de Macédoine, Fédération de Russie, Fidji, Finlande, France, Gabon, Géorgie, Ghana, Grèce, Guatemala, Guinée, Haïti, Honduras, Hongrie, Iles Cook, Iles Salomon, Inde, Indonésie, Iran (République islamique d'), Iraq, Irlande, Islande, Israël, Italie, Jamahiriya arabe libyenne, Jamaïque, Japon, Jordanie, Kazakhstan, Kenya, Kirghizistan, Kiribati, Koweit, Lesotho, Lettonie, Libéria, Luxembourg, Madagascar, Malaisie, Maldives, Malte, Maroc, Maurice, Mauritanie, Mexique, Monaco, Mongolie, Mozambique, Myanmar, Namibie, Népal, Nicaragua, Niger, Nigéria, Norvège, Nouvelle-Zélande, Oman, Ouganda, Ouzbékistan, Palaos, Papouasie-Nouvelle-Guinée, Paraguay, Pays-Bas, Pérou, Philippines, Pologne, Porto Rico, 1 Qatar, République arabe syrienne, République centrafricaine, République de Corée, République démocratique du Congo, République démocratique populaire lao, République dominicaine, République populaire démocratique de Corée, République tchèque, République-Unie de Tanzanie, Roumanie, Rwanda, Saint-Kitts-et-Nevis, Saint-Marin, Samoa, Sao Tomé-et-Principe, Sénégal, Seychelles, Sierra Leone, Singapour, Slovaquie, Slovénie, Soudan, Sri Lanka, Suède, Suisse; Suriname, Swaziland, Tadjikistan, Tchad, Togo, Tonga, Trinité-et-Tobago, Tunisie, Turkménistan, Turquie, Tuvalu, Ukraine, Uruguay, Vanuatu, Venezuela, VietNam, Yémen, Zambie, Zimbabwe.

Deuxième rapporf [A53/38- 18 mai 2000] Le 18 mai 2000, le bureau de la Commission de Vérification des Pouvoirs a examiné les pouvoirs officiels des délégations des Etats Membres dont les noms suivent, qui avaient été provisoirement autorisées à siéger à l'Assemblée de la Santé en attendant l'arrivée de ces documents: Belgique, Bénin, Côte d'Ivoire, Croatie, Egypte, Gambie, Guinée équatoriale, Liban, Lituanie, Malawi, Mali, Micronésie (Etats fédérés de), Pakistan, Panama, Portugal, République de Moldova, Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord, Thaïlande. Ces pouvoirs ayant été trouvés conformes aux dispositions du Règlement intérieur, le bureau de la Commission propose à l'Assemblée de la Santé d'en reconnaître la validité.

1

Membre associé. Approuvé par l'Assemblée de la Santé à sa septième séance plénière.

2

RAPPORTS DES COMMISSIONS

259

COMMISSION DES DESIGNATIONS Premier rapport 1 [A53/30- 15 mai 2000] La Commission des Désignations, composée des délégués des Etats Membres suivants : Angola, Argentine, Bahamas, Bahreih, Bénin, Bhoutan, Botswana, Brunéi Darussalam, Bulgarie, Cameroun, Chine, Chypre, Colombie, Costa Rica, Fédération de Russie, France, Maroc, Maurice, Mexique, Portugal, Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord, Slovaquie, Sri Lanka, Zambie, et de M. M. Telefoni Retzla:ff, Samoa (membre de droit), s'est réunie le 15 mai 2000. Conformément aux dispositions de l'article 25 du Règlement intérieur de l'Assemblée de la Santé et à la pratique de rotation régionale suivie de longue date par l'Assemblée de la Santé à cet égard, la Commission a décidé de proposer à l'Assemblée de la Santé la désignation du Dr L. Amathila (Namibie) pour le poste de Président de la Cinquante-Troisième Assemblée mondiale de la Santé.

Deuxième rapport 1 [A53/31-15 mai 2000] A sa première séance, tenue le 15 mai 2000, la Commission des Désignations a décidé de proposer à l'Assemblée de la Santé, conformément à l'article 25 du Règlement intérieur de l'Assemblée, les désignations suivantes : Vice-Présidents de l'Assemblée: Professeur F. Nazirov (Ouzbékistan), M. N. T. Shanmugam (Inde), Professeur R. Smallwood (Australie), Dr M. A. Al-Jarallah (Koweït), Dr M. AmédéeGédéon (Haïti). Commission A : Président- Professeur S. M. Ali (Bangladesh). Commission B : Président- Dr K. Karam (Liban). En ce qui concerne les postes de membres du Bureau à pourvoir par voie d'élection, conformément à l'article 31 du Règlement intérieur de l'Assemblée de la Santé, la Commission a décidé de proposer les délégués des dix-sept pays suivants : Afrique du Sud, Allemagne, Bosnie-Herzégovine, Burkina Faso, Canada, Cap-Vert, Chine, Cuba, Etats-Unis d'Amérique, Fédération de Russie, France, Ghana, Lesotho, Oman, Palaos, Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord et Uruguay.

1

Approuvé par l'Assemblée de la Santé à sa première séance plénière.

260

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

Troisième rapport 1 [A53/32- 15 mai 2000] A sa première séance, tenue le 15 mai 2000, la Commission des Désignations a décidé de proposer à chacune des commissions principales, conformément à l'article 25 du Règlement intérieur de l'Assemblée de la Santé, les désignations suivantes pour les postes de vice-présidents et de rapporteur:

Commission A: Vice-Présidents- Mme M. McCoy Sanchez (Nicaragua) et Dr R. Busuttil (Malte); Rapporteur- Dr J. Rasamizanaka (Madagascar). Commission B: Vice-Présidents - Mlle F.-Z. Chaïeb (Algérie) et M. L. Rokovada (Fidji); Rapporteur- Dr Suwit Wibulpolprasert (Thai1ande).

BUREAU DE L'ASSEMBLEE Rapporf [A53/34 -18 mai 2000]

Election de Membres habilités à désigner une personne devant faire partie du Conseil exécutif A sa séance du 17 mai 2000, le Bureau de l'Assemblée, conformément à l'article 102 du Règlement intérieur de l'Assemblée de la Santé, a établi la liste ci-après de dix Membres, dans l'ordre alphabétique anglais, liste qui doit être transmise à l'Assemblée de la Santé en vue de l'élection de dix Membres habilités à désigner une personne devant faire partie du Conseil exécutif: Brésil, République populaire démocratique de Corée, Guinée équatoriale, Iran (République islamique d'), Italie, Japon, Jordanie, Lituanie, Suède et Venezuela. De l'avis du Bureau de l'Assemblée, l'élection de ces dix Membres assurerait une répartition équilibrée des sièges au Conseil exécutif.

1

Voir les procès-verbaux de la première séance des Commissions A et B (pp. 9 et 141 respectivement). Voir le compte rendu de la septième séance plénière, section 3, dans le document WHA53/2000/REC/2.

2

RAPPORTS DES COMMISSIONS

261

COMMISSION A Premier rapport 1 [A53/35 -17 mai 2000] Sur proposition de la Commission des Désignations/ Mme M. McCoy Sanchez (Nicaragua) et le Dr R. Busuttil (Malte) ont été élus Vice-Présidents et le Dr J. Rasamizanaka (Madagascar) a été élu Rapporteur. La Commission A a tenu ses trois premières séances les 16 et 17 mai 2000 sous la présidence du Professeur S. M. Ali (Bangladesh). Il a été décidé de recommander à la Cinquante-Troisième Assemblée mondiale de la Santé d'adopter une résolution relative aux points suivants de 1' ordre du jour : 12. Questions techniques et sanitaires 12.1 Initiative Halte à la tuberculose [WHA53.1 ].

Deuxième rapport3 [A53/41 -19 mai 2000] La Commission A a tenu ses quatrième, cinquième et sixième séances les 18 et 19 mai 2000 sous la présidence du Professeur S. M. Ali (Bangladesh). La septième séance a eu lieu le 19 mai 2000 sous la présidence du Professeur S. M. Ali (Bangladesh) et de M. J. A. Chowdhury (Inde), qui a été désigné Vice-Président par intérim conformément à l'article 37 du Règlement intérieur de l'Assemblée de la Santé. Il a été décidé de recommander à la Cinquante-Troisième Assemblée mondiale de la Santé d'adopter quatre résolutions et une décision relatives aux points suivants de l'ordre du jour: 12. Questions techniques et sanitaires 12.2 VIH/SIDA VIH/SIDA: faire face à l'épidémie [WHA53.14] 12.3 Salubrité des aliments [WHA53.15] 12.4 Alimentation du nourrisson et du jeune enfant La nutrition chez le nourrisson et le jeune enfant [WHA53(1 0)]

1 2

Approuvé par 1'Assemblée de la Santé à sa septième séance plénière. Voir plus haut le troisième rapport de cette Commission. Approuvé par 1'Assemblée de la Santé à sa huitième séance plénière.

3

262

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

12.10 Convention-cadre de l'OMS pour la lutte antitabac [WHA53.16] 12.11 Stratégie mondiale de lutte contre les maladies non transmissibles Lutte contre les maladies non transmissibles [WHA53.17].

COMMISSION B Premier rapport 1 [A53/36- 18 mai 2000] La Commission B a tenu ses première et deuxième séances les 17 et 18 mai 2000 sous la présidence du Dr K. Karam (Liban). Après examen de la proposition de la Commission des Désignations, 2 Mlle F.-Z. Chaïeb (Algérie) et M. L. Rokovada (Fidji) ont été élus Vice-Présidents et le Dr Suwit Wibulpolprasert (Thaïlande) a été élu Rapporteur. Il a été décidé de recommander à la Cinquante-Troisième Assemblée mondiale de la Santé d'adopter sept résolutions et une décision relatives aux points suivants de l'ordre du jour: 14. Questions administratives et financières 14.1 Questions fmancières • Etat du recouvrement des contributions, et notamment celles des Membres redevables d'arriérés dans une mesure qui justifierait l'application de l'article 7 de la Constitution Membres redevables d'arriérés de contributions dans une mesure qui justifierait l'application de l'article 7 de la Constitution [WHA53.2] • Rapport fmancier sur les comptes de l'OMS pour 1998-1999, rapport du Commissaire aux Comptes et observations y relatives formulées au nom du Conseil exécutif; rapport du vérificateur intérieur des comptes [WHA53.3] • Fonds immobilier [WHA53.4] • Recettes occasionnelles [WHA53.5] • Amendements au Règlement financier [WHA53.6] 14.2 Développement des ressources humaines et appui au personnel • Amendements au Statut et au Règlement du Personnel Traitements du personnel hors classes et du Directeur général [WHA53.7] • Nomination de représentants au Comité des Pensions du Personnel de l'OMS [WHA53(9)] 14.3 Amendements au Règlement applicable aux tableaux et comités d'experts Règlement applicable aux tableaux et comités d'experts [WHA53.8].

La Commission a examiné le point de l'ordre du jour concernant le barème des contributions, mais, considérant que l'article 98 du Règlement intérieur de l'Assemblée de la Santé n'avait pas été respecté, elle n'a pris aucune décision sur la proposition.

1

Approuvé par 1'Assemblée de la Santé à sa septième séance plénière. Voir plus haut le troisième rapport de cette Commission.

2

RAPPORTS DES COMMISSIONS

263

Deuxième rapport 1 [A53/37 -19 mai 2000] La Commission B a tenu sa troisième séance le 18 mai 2000 sous la présidence de Mlle F.-Z. Chaïeb (Algérie) et de M. L. Rokovada (Fidji). Il a été décidé de recommander à la Cinquante-Troisième Assemblée mondiale de la Santé d'adopter deux résolutions relatives aux points suivants de l'ordre du jour: 15. Questions juridiques • Participation de l'OMS à la Convention de Vienne de 1986 sur le droit des traités entre Etats et organisations internationales ou entre organisations internationales [WHA53.9] Collaboration à l'intérieur du système des Nations Unies et avec d'autres organisations intergouvernementales Décennie internationale des populations autochtones [WHA53.10].

17.

Troisième rapport 1 [A53/39- 20 mai 2000] La Commission B a tenu sa quatrième séance le 19 mai 2000 sous la présidence du Dr K. Karam (Liban). Il a été décidé de recommander à la Cinquante-Troisième Assemblée mondiale de la Santé d'adopter une résolution relative au point suivant de l'ordre du jour: 16. Situation sanitaire de la population arabe dans les territoires arabes occupés, y compris la Palestine, et assistance sanitaire à cette population [WHA53 .Il].

1

Approuvé par l'Assemblée de la Santé à sa huitième séance plénière.

264

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

Quatrième rapport 1 [A53/40 -19 mai 2000] La Commission B a tenu sa cinquième séance le 19 mai 2000 sous la présidence du Dr K. Karam (Liban). Il a été décidé de recommander à la Cinquante-Troisième Assemblée mondiale de la Santé d'adopter deux résolutions relatives aux points suivants de l'ordre du jour: 12. 17. Questions techniques et sanitaires 12.7 Alliance mondiale pour les vaccins et la vaccination [WHA53.12] Collaboration à l'intérieur du système des Nations Unies et avec d'autres organisations intergouvernementales Aligner la participation de la Palestine à l'Organisation mondiale de la Santé sur sa participation à l'Organisation des Nations Unies [WHA53.13].

1

Approuvé par l'Assemblée de la Santé à sa huitième séance plénière.

C.2 WHA53/2000/REC/3

ORGANISATION MONDIALE DE LA SANTE

' CINQUANTE-TROISIEME , ASSEMBLEE MONDIALE , DE LA SANTE GENEVE, 15-20 MAl 2000

PROCES-VERBAUX DES COMMISSIONS ET DES TABLES RONDES MINISTERIELLES RAPPORTS DES COMMISSIONS

GENEVE 2000

WHA53/2000/REC/3

ORGANISATION MONDIALE DE LA SANTÉ

' CINQUANTE-TROISIEME , ASSEMBLEE MONDIALE DELA SANTÉ GENÈVE, 15-20 MAI 2000

PROCÈS-VERBAUX DES CO:MMISSIONS ET DES TABLES RONDES MINISTÉRIELLES RAPPORTS DES COMMISSIONS

GENÈVE 2000

ABREVIATIONS Les abréviations suivantes sont employées dans la documentation de l'OMS: ACDI AGFUND AID AlEA ANA SE BIRD BIT BSP CAC CCQAB CCRS CIOMS CIRC CNUCED FAO FIDA FMI FNUAP HCR OACI OCDE OIT OMC OMI OMM OMPI OMS ONUDI ONU SIDA OPS OUA PAM PNUCID PNUD PNUE UIT UNESCO UNICEF UNRWA Agence canadienne de Développement international Programme arabe du Golfe pour les Organismes de Développement des Nations Unies Agency for International Development des Etats-Unis d'Amérique Agence internationale de l'Energie atomique Association des Nations de l'Asie du Sud-Est Banque internationale pour la Reconstruction et le Développement (Banque mondiale) Bureau international du Travail Bureau sanitaire panaméricain Comité administratif de Coordination Comité consultatif pour les Questions administratives et budgétaires Comité consultatif de la Recherche en Santé Conseil des Organisations internationales des Sciences médicales Centre international de Recherche sur le Cancer Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le Développement Organisation des Nations Unies pour l'Alimentation et l'Agriculture Fonds international de Développement agricole Fonds monétaire international Fonds des Nations Unies pour la Population Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés Organisation de 1'Aviation civile internationale Organisation de Coopération et de Développement économiques Organisation internationale du Travail Organisation mondiale du Commerce Organisation maritime internationale Organisation météorologique mondiale Organisation mondiale de la Propriété intellectuelle Organisation mondiale de la Santé Organisation des Nations Unies pour le Développement industriel Programme commun des Nations Unies sur le VIH/SIDA Organisation panaméricaine de la Santé Organisation de l'Unité africaine Programme alimentaire mondial Programme des Nations Unies pour le Contrôle international des Drogues Programme des Nations Unies pour le Développement Programme des Nations Unies pour l'Environnement Union internationale des Télécommunications Organisation des Nations Unies pour l'Education, la Science et la Culture Fonds des Nations Unies pour l'Enfance Office de Secours et de Travaux des Nations Unies pour les Réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient

Les appellations employées dans ce volume et la présentation des données qui y figurent n'impliquent de la part du Secrétariat de l'Organisation mondiale de la Santé aucune prise de position quant au statut juridique des pays, territoires, villes ou zones, ou de leurs autorités, ni quant au tracé de leurs frontières ou limites. Lorsque l'appellation« pays ou zone» apparaît dans le titre de tableaux, elle couvre les pays, territoires, villes ou zones.

-ii-

AVANT-PROPOS La Cinquante-Troisième Assemblée mondiale de la Santé s'est tenue au Palais des Nations à Genève du 15 au 20 mai 2000, conformément à la décision adoptée par le Conseil exécutif à sa cent quatrième session. Ses actes paraissent dans trois volumes contenant notamment : les résolutions et décisions et une annexe- document WHA53/2000/R.EC/1, les comptes rendus in extenso des séances plénières et la liste des participants - document WHA53/2000/R.EC/2, les procès-verbaux des commissions et des tables rondes ministérielles et les rapports des commissions- document WHA53/2000/R.EC/3.

-iii-

TABLE DES MATIERES

Pages Avant-propos................................................................................................................................... Présidence et secrétariat de l'Assemblée de la Santé et composition de ses commissions............. Ordre du jour ... ...... ..... ................ ...... .... .............. ......... .. .............. .... ...... ... ... ..... ... .. ....... .. ... .... ...... .. .. Liste des documents......................................................................................................................... iii ix

xi xv

PARTIE 1 PROCES-VERBAUX DU BUREAU DE L'ASSEMBLEE ET DES COMMISSIONS BUREAU DE L'ASSEMBLEE Première séance .. ..................... .................. ....... ....................... ............... ..................... .. ... ...... ....... .. Deuxième séance ....... ........... .. ............... ...... .... .. ........ ...... ...... ................................... ..... ... .. ... .......... 3 7

COMMISSION A Première séance 1.

2. 3.

Election des vice-présidents et du rapporteur ....................................................................... . Organisation des travaux ...................................................................................................... . Questions techniques et sanitaires Initiative Halte à la tuberculose .................................................................................. .

9 9

9

Deuxième séance Questions techniques et sanitaires (suite) Initiative Halte à la tuberculose (suite)....................................................................... Vlli/SIDA................................................................................................................... Troisième séance Questions techniques et sanitaires (suite) Vlli/SIDA (suite)........................................................................................................

24 25

39

-v-

Pages Quatrième séance

1.

2. 3.

Questions techniques et sanitaires (suite) Salubrité des aliments ................................................................................................. . Premier rapport de la Commission A ................................................................................... . Questions techniques et sanitaires (reprise) Salubrité des aliments (reprise) .................................................................................. . Alimentation du nourrisson et du jeune enfant........................................................... .

52

62 62 68

Cinquième séance Questions techniques et sanitaires (suite) Alimentation du nourrisson et du jeune enfant (suite)................................................ Sixième séance Questions techniques et sanitaires (suite) Alimentation du nourrisson et du jeune enfant (suite)................................................ Vlli/SIDA (suite)........................................................................................................ Salubrité des aliments (suite) ..... ........ ........... .................................. .......... .................. Convention-cadre de l'OMS pour la lutte antitabac.................................................... Septième séance Questions techniques et sanitaires (suite) Salubrité des aliments (suite)....................................................................................... Alimentation du nourrisson et du jeune enfant (suite)................................................ Convention-cadre de l'OMS pour la lutte antitabac (suite)......................................... Stratégie mondiale de lutte contre les maladies non transmissibles............................ Huitième séance

75

87 91 96 101

104 104 105 115

1. 2. 3.

4.

Questions techniques et sanitaires (suite) Renforcement des systèmes de santé dans les pays en développement...................... Deuxième rapport de la Commission A................................................................................. Questions techniques et sanitaires (reprise) Clonage et santé humaine............................................................................................ Promotion de la santé ......... ......... ........ ......................................................... ............... Clôture des travaux................................................................................................................

128 132 133 13 7 139

COMMISSION B Première séance

1. 2. 3.

Election des vice-présidents et du rapporteur........................................................................ Organisation des travaux ......... ...... ....... .............. ...... ...... ...... .. ....... ...... .......... .................. ...... Questions administratives et fmancières Questions fmancières • Etat du recouvrement des contributions, et notamment celles des Membres redevables d'arriérés dans une mesure qui justifierait l'application de l'article 7 de la Constitution ..... ..................... .... .. ...... ..... ....... ......................... ............ .......... .. -VI-

141 141

141

Pages • Rapport financier sur les comptes de l'OMS pour 1998-1999, rapport du Commissaire aux Comptes et observations y relatives formqlées au nom du Conseil exécutif; rapport du vérificateur intérieur des comptes ........................... • Recettes occasionnelles; Fonds immobilier.......................................................... • Barème des contributions....................................................................................... Deuxième séance Questions administratives et fmancières (suite) Questions fmancières (suite) • Barème des contributions (suite)........................................................................... • Amendements au Règlement financier.................................................................. Développement des ressources humaines et appui au personnel • Ressources humaines : rapport annuel................................................................... • Amendements au Statut et au Règlement du Personnel......................................... • Nomination de représentants au Comité des Pensions du Personnel de l'OMS.... Amendements au Règlement applicable aux tableaux et comités d'experts............... Troisième séance 1. 2. Premier rapport de la Commission B .... ...... ... ...... ... .. ............. ... .. .. ..... ......... ... ....... ..... ......... .. Questions juridiques • Participation de l'OMS à la Convention de Vienne de 1986 sur le droit des traités entre Etats et organisations internationales ou entre organisations internationales........................................................................................................ Collaboration à l'intérieur du système des Nations Unies et avec d'autres organisations intergouvernementales........................................................................................................... 166

143 148 149

154 159 161 163 164 164

166 167

3.

Quatrième séance 1. 2. 3. Deuxième rapport de la Commission B .................... .. .................. .. ..... .... ... ....... ... ................ Situation sanitaire de la population arabe dans les territoires arabes occupés, y compris la Palestine, et assistance sanitaire à cette population........................................................... Collaboration à l'intérieur du système des Nations Unies et avec d'autres organisations intergouvernementales (suite) • Soutien aux pays d'Amérique centrale frappés par l'ouragan Mitch; Urgences sanitaires ............. ........................... ... ...................................... ............................... Questions techniques et sanitaires (suite) Coopération technique entre pays en développement................................................. 173 174

178 183

4.

Cinquième séance 1. 2. Troisième rapport de la Commission B................................................................................. Questions techniques et sanitaires (suite) Coopération technique entre pays en développement (suite)...................................... Alliance mondiale pour les vaccins et la vaccination ..... ..................... ................. ...... Collaboration à l'intérieur du système des Nations Unies et avec d'autres organisations intergouvernementales (suite)............................................................................................... Questions techniques et sanitaires (reprise) Stratégie pharmaceutique révisée................................................................................ 187 187 188 196 197

3. 4.

-vii-

Pages

5.

6.

Questions administratives et fmancières (suite) Questions financières (suite) • Etat du recouvrement des contributions, et notamment celles des Membres redevables d'arriérés dans une mesure qui justifierait l'application de l'article 7 de la Constitution (suite)........................................................................................ Questions techniques et sanitaires (reprise) Eradication de la poliomyélite.....................................................................................

203 204

Sixième séance 1.

2.

3.

Quatrième rapport de la Commission B ................................................................................ Questions techniques et sanitaires (suite) Eradication de la poliomyélite (suite).......................................................................... Eradication de la variole : maintien temporaire des stocks de virus variolique .......... Clôture des travaux................................................................................................................

208 208 210 210

PARTIE II PROCES-VERBAUX DES TABLES RONDES MINISTERIELLES Les grands enjeux des systèmes de santé Salle VII................................................................................................................................. Salle XII................................................................................................................................. Salle XVII.............................................................................................................................. Salle XVIII ... ..... ..... .. ... .... .... ... ... ... ....... ...... .... ... ... .... ....... .. ........ .. .. ....... ... ... .. ...... .. ... .. .... .. .......

213 223 23 7 24 7

PARTIE III RAPPORTS DES COMMISSIONS Commission de Vérification des Pouvoirs....................................................................................... Commission des Désignations......................................................................................................... Bureau de l'Assemblée.................................................................................................................... Commission A ..... ...... .. ... .. .............. .. .... ... .. .... ... ........ ...... .. .. ... ... ... ....... .. ...... .. .. ..... ........... .. ..... ... ... .. .. Commission B.................................................................................................................................. 257 259 260 261 262

-viii-

PRESIDENCE ET SECRETARIAT DE L'ASSEMBLEE DE LA SANTE ET COMPOSITION DE SES COMMISSIONS

Président: Dr L. AMATIDLA (Namibie) Vice-Présidents : Professeur F. NAZIROV (Ouzbékistan) M. N.T. SHANMUGAM (Inde) Professeur R. SMALLWOOD (Australie) Dr M. A. AL-JARALLAH (Koweït) Dr M. AMÉDÉE-GÉDÉON (Haïti) Secrétaire : Dr Gro Harlem BRUNDTLAND, Directeur général

M. M. Telefoni Retzlaff, Samoa (Vice-Président de la Cinquante-Deuxième Assemblée mondiale de la Santé, membre de droit). Président : M. M. TELEFONI RETZLAFF (Samoa) Secrétaire: Dr Gro Harlem BRUNDTLAND, Directeur général

Bureau de l'Assemblée Le Bureau de l'Assemblée était composé du Président et des Vice-Présidents de l'Assemblée de la Santé, des Présidents des commissions principales et de délégués des Etats Membres suivants : Afrique du Sud, Allemagne, BosnieHerzégovine, Burkina Faso, Canada, Cap-Vert, Chine, Cuba, Etats-Unis d'Amérique, Fédération de Russie, France, Ghana, Lesotho, Oman, Palaos, Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord et Uruguay. Président: Dr L. AMATHILA (Namibie) Secrétaire : Dr Gro Harlem BRUNDTLAND, Directeur général

Commission de Vérification des Pouvoirs La Commission de Vérification des Pouvoirs était composée de délégués des Etats Membres suivants : Barbade, Burundi, Chili, Gabon, Indonésie, Irlande, Pologne, République arabe syrienne, République de Corée, République-Unie de Tanzanie, Saint-Marin et Tunisie. Président : Sénateur P. C. GODDARD (Barbade) Vice-Président : Mme L. H. RUSTAM (Indonésie) Rapporteur : Dr G. L. UPUNDA (RépubliqueUnie de Tanzanie) Secrétaire : M. T. S. R. TOPPING, Conseiller juridique

COMMISSIONS PRINCIPALES Conformément à l'article 35 du Règlement intérieur de l'Assemblée mondiale de la Santé, chaque délégation a le droit de se faire représenter par un de ses membres à chacune des commissions principales.

Commission des Désignations La Commission des Désignations était composée de délégués des Etats Membres suivants : Angola, Argentine, Bahamas, Bahreïn, Bénin, Bhoutan, Botswana, Brunéi Darussalam, Bulgarie, Cameroun, Chine, Chypre, Colombie, Costa Rica, Fédération de Russie, France, Maroc, Maurice, Mexique, Portugal, RoyaumeUni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord, Slovaquie, Sri Lanka et Zambie, et -ix-

Commission A Président : Professeur S. M. ALI (Bangladesh) Vice-Présidents : Mme M. McCOY SÂNCHEZ (Nicaragua) et Dr R. BUSUTTIL (Malte) Rapporteur: Dr J. RASAMIZANAKA (Madagascar) Secrétaire : Dr S. HOLCK, Directeur, Gestion et diffusion de 1' information sanitaire

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

Commission B Président : Dr K. KARAM (Liban) Vice-Présidents: Mlle F.-Z. CHAÏEB (Algérie) et M. L. ROKOV ADA (Fidji) Rapporteur : Dr SUWIT WffiULPOLPRASERT (Thaïlande) Secrétaire : Dr M. KARAM, Elaboration et SUIVI des stratégies d'éradication et d'élimination

-x-

ORDRE DU JOUR1

SEANCES PLENIERES

1.

Ouverture de l'Assemblée 1.1 1.2 Constitution de la Commission de Vérification des Pouvoirs Election de la Commission des Désignations Rapports de la Commission des Désignations • • Election du président Election des cinq vice-présidents, des présidents des commissi<>"ns principales et constitution du Bureau

1.3

1.4 2.

Adoption de 1' ordre du jour et répartition des points entre les commissions principales

Rapports du Conseil exécutif sur ses cent quatrième et cent cinquième sessions Allocution du Dr Gro Harlem Brundtland, Directeur général (y compris un aperçu du Rapport sur la santé dans le monde, 2000) Intervenant invité [supprimé] Conseil exécutif: élection Distinctions Rapports des commissions principales Clôture de l'Assemblée

3.

4. 5. 6. 7. 8.

9.

TABLES RONDES

1O.

Tables rondes : les grands enjeux des systèmes de santé

1

Adopté à la deuxième séance plénière.

-xi-

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

COMMISSION A

Il. 12.

Ouverture des travaux de la Commission, y compris l'élection des vice-présidents et du rapporteur Questions techniques et sanitaires 12.1 Initiative Halte à la tuberculose 12.2 VIH/SIDA 12.3 Salubrité des aliments 12.4 Alimentation du nourrisson et du jeune enfant 12.5 Coopération technique entre pays en développement 12.6 Renforcement des systèmes de santé dans les pays en développement 12.7 Alliance mondiale pour les vaccins et la vaccination 12.8 Stratégie pharmaceutique révisée 12.9 Eradication de la poliomyélite 12.10 Convention-cadre de l'OMS pour la lutte antitabac 12.11 Stratégie mondiale de lutte contre les maladies non transmissibles 12.12 Clonage et santé humaine 12.13 Promotion de la santé 12.14 Eradication de la variole: maintien temporaire des stocks de virus variolique

COMMISSION B 13. 14. Ouverture des travaux de la Commission, y compris l'élection des vice-présidents et du rapporteur Questions administratives et fmancières 14.1 Questions fmancières

-xii-

ORDRE DU JOUR

•

Rapport financier sur les comptes de l'OMS pour 1998-1999, rapport du Commissaire aux Comptes et observations y relatives formulées au nom du Conseil exécutif; rapport du vérificateur intérieur des comptes Etat du recouvrement des contributions, et notamment celles des Membres redevables d'arriérés dans une mesure qui justifierait l'application de l'article 7 de la Constitution Recettes occasionnelles Fonds immobilier Barème des contributions Amendements au Règlement fmancier

•

• • • •

14.2 Développement des ressources humaines et appui au personnel • • • Ressources humaines : rapport annuel Amendements au Statut et au Règlement du Personnel Nomination de représentants au Comité des Pensions du Personnel de l'OMS

14.3 Amendements au Règlement applicable aux tableaux et comités d'experts 15. Questions juridiques • Participation de l'OMS à la Convention de Vienne de 1986 sur le droit des traités entre Etats et organisations internationales ou entre organisations internationales

16.

Situation sanitaire de la population arabe dans les territoires arabes occupés, y compris la Palestine, et assistance sanitaire à cette population Collaboration à l'intérieur du système des Nations Unies et avec d'autres organisations intergouvernementales • • Soutien aux pays d'Amérique centrale frappés par l'ouragan Mitch (résolution WHA52.12) Urgences sanitaires

17.

-xiii-

LISTE DES DOCUMENTS

A5311 Rev.l A53/2 et Corr.l A53/3

Ordre du jour1 Rapports du Conseil exécutif sur ses cent quatrième et cent cinquième sessions Allocution du Directeur général à la Cinquante-Troisième Assemblée mondiale de la Santé

A53/4

Rapport sur la santé dans le monde, 2000 - Pour un système de santé plus performant Initiative Halte à la tuberculose VIH/SIDA Nutrition du nourrisson et du jeune enfant Coopération technique entre pays en développement Renforcement des systèmes de santé dans les pays en développement Stratégie pharmaceutique révisée Eradication de la poliomyélite Convention-cadre de l'OMS pour la lutte antitabac Initiative Pour un monde sans tabac Stratégie mondiale de lutte contre les maladies non transmissibles Clonage et santé humaine Promotion de la santé Rapport fmancier et états fmanciers vérifiés pour 1' exercice 1er janvier 199831 décembre 1999 et Rapport du Commissaire aux Comptes à 1' Assemblée mondiale de la Santé Rapport fmancier et états fmanciers vérifiés pour 1' exercice 1er janvier 199831 décembre 1999 - Annexe : ressources extrabudgétaires pour les activités du programme

A53/5 A53/6 A5317 A53/8 A53/9 A53/10 A53111 et Corr.l A53/12 et Corr.l A53/13 A53/14 A53/15 A53/16 A53/17

A53117 Add.l

1

Voir p. xi.

-xv-

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

A53118 et Corr.l

Rapport financier sur les comptes de l'OMS pour 1998-1999, rapport du Commissaire aux Comptes et observations y relatives au nom du Conseil exécutif; rapport du vérificateur intérieur des comptes - Premier rapport du Comité de l'Administration, du Budget et des Finances du Conseil exécutif à la CinquanteTroisième Assemblée mondiale de la Santé Questions fmancières : rapport du vérificateur intérieur des comptes Recettes occasionnelles Barème des contributions Amendements au Règlement fmancier 1 Ressources humaines : rapport annuel Nomination de représentants au Comité des Pensions du Personnel de l'OMS Situation sanitaire de la population arabe dans les territoires arabes occupés, y compris la Palestine, et assistance sanitaire à cette population Collaboration à l'intérieur du système des Nations Unies et avec d'autres organisations intergouvernementales Collaboration à l'intérieur du système des Nations Unies et avec d'autres organisations intergouvernementales : urgences sanitaires Eradication de la variole : maintien temporaire des stocks de virus variolique Etat du recouvrement des contributions, et notamment celles des Membres redevables d'arriérés de contributions dans une mesure qui justifierait l'application de l'article 7 de la Constitution- Deuxième rapport du Comité de l'Administration, du Budget et des Finances du Conseil exécutif à la Cinquante-Troisième Assemblée mondiale de la Santé Amendements au Règlement fmancier - Troisième rapport du Comité de l'Administration, du Budget et des Finances du Conseil exécutif à la CinquanteTroisième Assemblée mondiale de la Santé Commission des Désignations : premier rapport Commission des Désignations : deuxième rapport Commission des Désignations : troisième rapport Commission de Vérification des Pouvoirs : premier rapport

A53119 A53/20 A53/21 A53/22 A53/23 A53/24 A53/25

A53/26

A53/26 Add.l

A53/27 A53/28

A53/29

A53/30 A53/31 A53/32 A53/33 1

Voir document WHA53/2000/REC/l, annexe.

-xvi-

LISTE DES DOCUMENTS

A53/34

Election de Membres habilités à désigner une personne devant faire partie du Conseil exécutif Premier rapport de la Commission A Premier rapport de la Commission B Deuxième rapport de la Commission B Commission de Vérification des Pouvoirs : deuxième rapport Troisième rapport de la Commission B Quatrième rapport de la Commission B Deuxième rapport de la Commission A

A53/35 A53/36 A53/37 A53/38 A53/39 A53/40 A53/41

Documents d'information A53/INF.DOC./1 A53/INF.DOC./2 Règlement financier : mise à jour Nutrition du nourrisson et du jeune enfant l'alimentation du nourrisson et du jeune enfant consultation technique sur

A53/INF .DOC./3 A53/INF .DOC./4

Ressources humaines : rapport annuel : représentation géographique Situation sanitaire de la population arabe dans les territoires arabes occupés, y compris la Palestine, et assistance sanitaire à cette population (rapport annuel du Directeur de la Santé de 1'UNRWA) Situation sanitaire de la population arabe dans les territoires arabes occupés, y compris la Palestine, et assistance sanitaire à cette population (rapport du Ministère israélien de la Santé) Situation sanitaire de la population arabe dans les territoires arabes occupés, y compris la Palestine, et assistance sanitaire à cette population (rapport soumis par l'Observateur permanent de la Palestine auprès de l'Office des Nations Unies à Genève) Rapport sur l'appui de l'OPS/OMS au processus de reconstruction et de réaménagement en Amérique centrale à la suite de l'ouragan Mitch

A53/INF .DOC./5

A53/INF.DOC./6

A53/INF.DOC./7

Divers A53/DIV/5 Tables rondes : les grands enjeux des systèmes de santé

-xvii-

PARTIEl PROCES-VERBAUX DU BUREAU DE L'ASSEMBLEE ET DES COMMISSIONS

BUREAU DE L'ASSEMBLEE PREMIERE SEANCE Lundi 15 mai 2000, 11 h 40 Président: Dr L. AMATHILA (Namibie) Président de 1'Assemblée de la Santé

ADOPTION DE L'ORDRE DU JOUR, PROGRAMME DE TRAVAIL DE L'ASSEMBLEE DE LA SANTE ET REPARTITION DES POINTS ENTRE LES COMMISSIONS PRINCIPALES (documents A53/1, A53/1 Corr.l, A53/GC/1 et A53/GC/2) Le PRESIDENT rappelle au Bureau qu'aux termes de son mandat, tel qu'il est défini à l'article 33 du Règlement intérieur de 1' Assemblée de la Santé, il doit s'occuper en premier lieu du point 1.4 (Adoption de l'ordre du jour et répartition des points entre les commissions principales) de l'ordre du jour provisoire, qui a été établi par le Conseil exécutif et distribué sous les cotes A53/1 et A53/1 Corr.1. Le Bureau examinera également une proposition visant à inscrire un point supplémentaire à l'ordre du jour et le programme de travail de l'Assemblée.

Suppression de points de l'ordre du jour Le PRESIDENT indique qu'en l'absence d'objection, deux points inscrits à l'ordre du jour provisoire seront supprimés, à savoir le point 5 (Admission de nouveaux Membres et Membres associés) et la partie du point 14 sur les contributions des nouveaux Membres et Membres associés. Il en est ainsi convenu.

Proposition d'inscription d'un point supplémentaire à l'ordre du jour Le PRESIDENT appelle l'attention du Bureau sur une proposition visant à inscrire à l'ordre du jour un point supplémentaire, conformément à l'article 12 du Règlement intérieur de l'Assemblée de la Santé, proposition soumise par les Gouvernements du Burkina Faso, de l'Ex-République yougoslave de Macédoine, du Honduras, des Iles Salomon, de Nauru, du Nicaragua, du Paraguay et du Swaziland pour « inviter la République de Chine (Taïwan) à participer à l'Assemblée mondiale de la Santé en qualité d'observateur ». 1 Il convient de noter que la même proposition a été faite en 1997, 1998 et 1999 et a été rejetée à chaque fois par l'Assemblée. Le délégué de la CHINE dit que sa délégation est fermement opposée à la proposition concernant la participation de Taïwan à l'Assemblée de la Santé en qualité d'observateur. Le fait que la même proposition ait été rejetée à plusieurs reprises par trois précédentes Assemblées de la Santé montre que

1

Voir document A53/GC/2.

-3-

4

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

la majorité des Etats Membres y demeurent opposés. L'OMS est une institution spécialisée des Nations Unies, et l'Assemblée de la Santé en est l'organe suprême; il y a une trentaine d'années, la question de la représentation chinoise, tant à l'Organisation des Nations Unies qu'à l'OMS, a été réglée par la résolution 2758 (XXVI) (1971) de l'Assemblée générale des Nations Unies et la résolution WHA25.1 (1972). En tant que province de Chine, Taïwan n'est nullement habilitée à être Membre de l'OMS ni à participer à l'Assemblée de la Santé. La proposition n'a donc pas de fondement juridique. La question de Taïwan est une affaire intérieure à la Chine dans laquelle aucun pays étranger n'a le droit de s'immiscer ou d'intervenir. En incitant certains Etats Membres à soulever la question une fois de plus, les autorités de Taïwan sont manifestement motivées par des considérations politiques, essayant de créer « deux Chines » ou « une Chine, un Taïwan » sur la scène internationale. Un tel acte constitue une violation de l'intégrité territoriale et de la souveraineté de la Chine et ne sera pas toléré par le Gouvernement et le peuple chinois. Le Gouvernement chinois attache toujours beaucoup d'importance à la protection des droits et des intérêts légitimes des compatriotes chinois à Taïwan et se préoccupe de leur santé. Il est prêt à rechercher un accord négocié sur les questions sanitaires par les voies appropriées et à prendre les dispositions voulues pour faciliter les échanges dans le domaine de la santé. Dès lors que les autorités taïwanaises abandonneront toutes leurs activités séparatistes et oeuvreront à préserver l'unification de la Chine, les questions de santé qui se posent pourront être résolues par la consultation. Pour montrer qu'ils se soucient de la santé du peuple de Taïwan, les pays devraient agir dans l'intérêt de l'unification de la Chine. Le délégué de la Chine en appelle à tous les membres du Bureau pour qu'ils rejettent l'inscription du point supplémentaire proposé à l'ordre du jour. · Citant les précédentes résolutions de l'Assemblée générale des Nations Unies et de l'Assemblée de la Santé, le délégué de CUBA déclare qu'il ne soutient pas la proposition visant à inscrire un point supplémentaire à l'ordre du jour. L'observateur du PAKISTAN 1 réaffirme que son pays ne reconnaît qu'une seule Chine et estime que le Gouvernement de la République populaire de Chine est le seul gouvernement légal représentant l'ensemble de la Chine. Se référant aussi aux résolutions précédentes et préoccupé par l'existence d'une motivation politique, il soutient le délégué de la Chine, fermement opposé à l'inscription d'un point supplémentaire à l'ordre du jour. Le délégué du BURKINA FASO souligne que les motivations des auteurs de la proposition sont plus pratiques que politiques. La République de Chine (Taïwan) possède une expérience utile en matière de santé et pourrait apporter des contributions importantes aux pays africains comme le sien, qu'il s'agisse de former du personnel de santé ou de renforcer les systèmes de santé. L'expérience et les compétences de la République de Chine (Taïwan) en matière de santé devraient contribuer à l'action de l'OMS et renforcer celle-ci, et aider à résoudre certains des problèmes de santé dans le monde. L'observateur du HONDURAS, 1 s'exprimant également au nom de l'Ex-République yougoslave de Macédoine, des Iles Salomon, de Nauru, du Nicaragua, du Paraguay et du Swaziland, soutient fermement la participation de la République de Chine (Taïwan) à l'Assemblée de la Santé en qualité d'observateur. Taïwan et ses plus de 22 millions d'habitants ne devraient plus être privés des services de l'OMS. Le pays a prouvé qu'il possédait une vaste expérience du secteur de la santé et collabore étroitement avec les Etats Membres de l'OMS, y compris les plus défavorisés. Il n'est ni juste ni humain de continuer à priver Taïwan du statut d'observateur. L'observateur du Honduras déplore le détournement des intentions des auteurs de la proposition en motivation politique. Rappelant les dégâts provoqués dans la région d'Amérique centrale par l'ouragan Mitch en 1998, il demande ce qui se serait passé si la région avait été isolée du reste de la communauté sanitaire, surtout 1

Assistant à la réunion en vertu de l'article 31 du Règlement intérieur.

BUREAU DE L'ASSEMBLEE : PREMIERE SEANCE

5

compte tenu de la facilité avec laquelle les micro-organismes se déplacent dans le monde. Les auteurs de la proposition ne pouvaient pas imaginer qu'au début d'un nouveau siècle, la République de Chine (Taïwan) continuerait d'être isolée sur le plan sanitaire. Les délégués de l'URUGUAY, de la FEDERATION DE RUSSIE, du CAP-VERT ainsi que l'observateur du BANGLADESH' soutiennent tous fermement le délégué de la Chine et les autres intervenants qui ont demandé le rejet de la proposition. Ils rappellent en particulier les décisions antérieures de l'Assemblée générale des Nations Unies et de l'Assemblée de la Santé. L'observateur du NICARAGUA' souscrit aux arguments de l'observateur du Honduras, soulignant l'importance que le Nicaragua attache à la participation à l'Assemblée de la Santé de la République de Chine (Taïwan), qui a toujours incarné les principes constitutionnels de l'OMS. Le Nicaragua, comme beaucoup d'autres pays en développement, peut témoigner que la République de Chine (Taïwan) a fourni rapidement une aide médicale et humanitaire et des secours d'urgence à l'occasion de catastrophes naturelles. Il est très conscient, du fait notamment de la situation qu'il a connue récemment, de la nécessité d'une coopération entre les peuples pour aider à limiter la propagation des maladies. Le souci de la santé et du bien-être des 22 millions d'habitants de la République de Chine (Taïwan) devrait l'emporter sur les considérations politiques. Les expériences devraient être mises en commun dans un climat de coopération. Un débat approfondi devrait avoir lieu sur cette question afm que le principe de la santé pour tous puisse être réaffirmé. Le délégué des PALAOS interprète le message du Directeur général dans le Rapport sur la santé dans le monde, 1999- Pour un réel changement comme une ligne directrice en vue de l'instauration de la santé pour tous. Ses propos signifiaient que tous ceux qui ont consacré leur vie à l'amélioration de la santé devaient faire le bon choix, qu'il soit ou non politiquement correct, en permettant l'accès à l'information sanitaire du peuple de la République de Chine (Taïwan) et en lui permettant de participer aux travaux de l'OMS sur un pied d'égalité, soit comme Membre à part entière, soit comme observateur. Le délégué des Palaos estime qu'en lui accordant l'égalité d'accès et de chances en matière de santé grâce à ce statut, l'OMS témoignerait de sa réactivité aux besoins sanitaires des peuples du monde. Le Vice-Président, prenant la parole en sa qualité de délégué de HAIT!, souligne la qualité et le volume de la coopération bilatérale entre son pays et la République de Chine (Taïwan). Elle soutient la proposition. Le PRESIDENT, concluant que le Bureau n'est pas favorable à la proposition tendant à inscrire à l'ordre du jour un point supplémentaire invitant la République de Chine (Taïwan) à participer à l'Assemblée mondiale de la Santé en qualité d'observateur, propose qu'une recommandation à cet effet soit formulée à l'Assemblée de la Santé lors de sa séance plénière de l'après-midi. Il en est ainsi convenu.

Répartition des points de l'ordre du jour entre les commissions principales et programme de travail de l'Assemblée de la Santé (documents A53/1, A53/1 Corr.l et A53/GC/1) Le PRESIDENT indique que les recommandations du Bureau de l'Assemblée concernant le point 1 seront transmises à la séance plénière au cours de l'après-midi. Les points 2 à 4 et 6 à 10 seront également examinés en plénière.

1

Assistant à la réunion en vertu de l'article 31 du Règlement intérieur.

6

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

En ce qui concerne le point 10 (Tables rondes : les grands enjeux des systèmes de santé), il a été convenu que les tables rondes seraient considérées comme des commissions de l'Assemblée de la Santé et de limiter la participation à chacune aux ministres de la santé ou aux délégués désignés pour les représenter à l'Assemblée qui se seraient inscrits. Tous les autres membres de délégations et observateurs, y compris les membres des délégations des ministres de la santé participant aux tables rondes, pourront y assister en qualité d'observateurs. Les tables rondes étant destinées à des échanges de vues, elles n'adopteront pas de résolutions, mais un de leurs Présidents rendra compte oralement à l'Assemblée plénière des discussions qui auront eu lieu. Le Président propose de désigner comme Présidents des quatre tables rondes les Ministres de la Santé suivants présents à l'Assemblée de la Santé : Mme A. Fischer (Allemagne), le Professeur K. Danso-Boafo (Ghana), le Dr Ponmek Dalaloy (République démocratique populaire lao) et M. J. A. Gonzalez Femandez (Mexique). Il en est ainsi convenu. Le PRESIDENT conclut que le Bureau souhaite recommander à l'Assemblée de la Santé d'accepter la répartition des points entre les commissions principales, telle qu'elle figure dans l'ordre du jour provisoire. Elle appelle l'attention sur l'emploi du temps préliminaire préparé par le Conseil exécutif. 1 Le nombre de délégations désirant prendre la parole lors du débat général sur le thème du Rapport sur la santé dans le monde, 2000 (point 3) est tel qu'une séance plénière supplémentaire sera nécessaire. Il est proposé que le débat se poursuive pendant la matinée du mercredi 17 mai après le rapport de la Commission de Vérification des Pouvoirs ; la Commission A tiendra sa seconde séance après ce rapport, et la Commission B sa première séance après la fm de la séance plénière. Le Président conclut que le Bureau approuve l'emploi du temps préliminaire tel qu'il a été modifié, étant entendu que certains points pourront être par la suite transférés d'une commission à l'autre en fonction de leur charge de travail respective. Il en est ainsi convenu. Le PRESIDENT rappelle au Bureau que le Conseil exécutif, dans sa décision EB105(4), a décidé que la Cinquante-Troisième Assemblée mondiale de la Santé devrait prendre fm au plus tard le samedi 20 mai. Se reportant à la liste des orateurs inscrits pour participer au débat général, le Président suggère que, conformément à l'usage établi, l'ordre des orateurs inscrits sur la liste, qui contient déjà 55 noms, soit strictement respecté et que les nouvelles inscriptions soient prises dans l'ordre dans lequel elles parviendront à l'adjoint du Secrétaire de l'Assemblée. La liste des orateurs paraîtra dans le Journal de l'Assemblée. Si le Bureau n'y voit pas d'objection, elle informera l'Assemblée de la Santé de ces dispositions lors de la séance plénière de l'après-midi. Il en est ainsi convenu. Le PRESIDENT rappelle que la prochaine séance du Bureau se tiendra le mercredi 17 mai à 17h30.

La séance est levée à 12 h 20.

1

Voir document A53/GC/l.

BUREAU DE L'ASSEMBLEE : DEUXIEME SEANCE

7

DEUXIEME SEANCE Mercredi 17 mai 2000, 17 h 40 Président: Dr L. AMATHILA (Namibie) Président de l'Assemblée de la Santé

1.

RECOMMANDATIONS EN VUE DE L'ELECTION DE MEMBRES HABILITES A DESIGNER UNE PERSONNE DEVANT FAIRE PARTIE DU CONSEIL EXECUTIF

Le PRESIDENT rappelle aux membres du Bureau que la procédure applicable à l'établissement de la liste des noms proposés que le Bureau doit transmettre à l'Assemblée de la Santé en vue de l'élection annuelle de Membres habilités à désigner une personne devant faire partie du Conseil exécutif est régie par l'article 24 de la Constitution et par l'article 102 du Règlement intérieur de l'Assemblée de la Santé. Pour aider le Bureau dans sa tâche, deux documents lui sont soumis : une liste indiqu~t, par Région, la composition actuelle du Conseil exécutif où sont soulignés les noms des dix Membres dont le mandat expire à la fm de la Cinquante-Troisième Assemblée mondiale de la Santé et qui devront être remplacés, et une liste, par Région, des Membres de l'Organisation qui sont ou ont été habilités à désigner des représentants au Conseil exécutif. Le nombre de sièges vacants, par Région, est le suivant : Afrique, 1 ; Amériques, 2 ; Asie du Sud-Est, 1 ; Europe, 3 ; Méditerranée orientale, 2 ; et Pacifique occidental, 1. Un troisième document contient une liste des dix Membres qui, selon les recommandations, devraient être habilités à désigner un représentant au Conseil exécutif. Aucune suggestion supplémentaire n'ayant été faite par les membres du Bureau, le Président note que le nombre de candidats proposés est le même que celui des sièges à pourvoir au Conseil exécutif. Il semble donc que le Bureau souhaite, comme l'article 80 du Règlement intérieur le lui permet, ne pas procéder à un vote. En l'absence d'objection, le Président conclut que le Bureau décide, conformément à l'article 102 du Règlement intérieur de l'Assemblée, de transmettre à l'Assemblée de la Santé la liste des dix pays ci-après en vue de l'élection annuelle des Membres habilités à désigner une personne devant faire partie du Conseil exécutif: Brésil, Guinée équatoriale, Iran (République islamique d'), Italie, Japon, Jordanie, Lituanie, République populaire démocratique de Corée, Suède, Venezuela. La liste sera transmise à l'Assemblée de la Santé. Il en est ainsi convenu.

2.

PROGRAMME DE TRAVAIL DE L'ASSEMBLEE DE LA SANTE

Le Bureau de l'Assemblée entend les rapports du Professeur ALI (Bangladesh), Président de la Commission A, et du Dr KARAM (Liban), Président de la Commission B, sur l'avancement des travaux dans leur commission respective. Le PRESIDENT propose de passer en revue les progrès des travaux avec les Présidents des Commissions et de réviser le programme en conséquence, si nécessaire. Il en est ainsi convenu.

8

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

Le Bureau établit ensuite le programme des séances du jeudi 18 mai, du vendredi 19 mai et du samedi 20 mai.

3.

CLOTURE DES TRAVAUX

Après les remerciements d'usage, le PRESIDENT prononce la clôture des travaux du Bureau de l'Assemblée.

La séance est levée à 17 b 55.

COMMISSION A PREMIERE SEANCE Mardi 16 mai 2000,14 h 30 Président: Professeur S. M. ALI (Bangladesh)

1.

ELECTION DES VICE-PRESIDENTS ET DU RAPPORTEUR: Point 11 de l'ordre du jour (document A53/32)

Le PRESIDENT exprime sa reconnaissance pour son élection et souhaite la bienvenue aux personnes présentes. Les représentants du Conseil exécutif transmettront à l'Assemblée de la Santé les opinions exprimées par le Conseil au cours de ses réunions précédentes et élucideront les recommandations faites par le Conseil à l'intention de l'Assemblée. Les opinions exprimées sont celles du Conseil, non celles des gouvernements nationaux. Il se réfère au troisième rapport de la Commission des Désignations (document A53/32), 1 où celle-ci propose Mme M. McCoy Sanchez (Nicaragua) et le Dr R. Busuttil (Malte) pour les fonctions de vice-présidents de la Commission A et le Dr J. Rasamizanaka (Madagascar) pour celles de rapporteur. Décision: La Commission A a élu Vice-Présidents Mme M. McCoy Sanchez (Nicaragua) et le Dr R. Busuttil (Malte), et Rapporteur le Dr J. Rasamizanaka (Madagascar). 2

2.·

ORGANISATION DES TRAVAUX

Le PRESIDENT encourage les délégués à participer aux débats, mais leur demande de limiter la durée de leurs interventions à trois minutes. Il propose que la Commission siège normalement de 9 heures à 12h30 et de 14h30 à 17h30 et demande aux délégués d'arriver le plus tôt possible pour faciliter la constitution d'un quorum. Il en est ainsi convenu.

3.

QUESTIONS TECHNIQUES ET SANITAIRES: Point 12 de l'ordre du jour

Initiative Halte à la tuberculose: Point 12.1 de l'ordre du jour (résolution EB105.Rll ; document A53/5) Le Dr SULAIMAN (représentant du Conseil exécutif) fait savoir que le Conseil, à sa cent cinquième session, a examiné le rapport du Directeur général sur l'initiative Halte à la tuberculose 3 et a

1 2 3

Voir p. 260. Décision WHA53(4). Document EBIOS/13.

-9-

10

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

discuté du problème de la tuberculose chronique et de ses liens étroits avec la pauvreté. Le Conseil a souligné combien il est important que les Etats Membres s'engagent financièrement et politiquement à combattre la tuberculose et que l'OMS joue un rôle directeur en encourageant la formation de partenariats efficaces et efficients parmi les Etats Membres et les autres organisations concernées par ce domaine. Le Dr Sulaiman attire l'attention de la Commission sur le projet de résolution figurant dans la résolution EB105.Rll. Le Dr W AN CHAI SA TTA Y A WUTHIPONG (Thaïlande) se déclare très satisfait du rapport et de la stratégie de traitement de brève durée sous surveillance directe (la stratégie DOTS), puisque la tuberculose gagne du terrain, notamment chez les pauvres, qui ont difficilement accès à des soins de santé. Quoi qu'il en soit, la stratégie est probablement vouée à l'échec à moins que l'on dispose d'un système de santé robuste et efficace et que les Etats Membres favorisent des recherches sur les aspects sociaux, économiques et comportementaux du problème, ainsi que sur les stratégies de rechange efficaces contre la tuberculose. Il propose d'ajouter au paragraphe 1.1) du projet de résolution les mots« à approuver la Déclaration d'Amsterdam visant à faire barrage à la tuberculose» devant« et à noter». Il approuve le paragraphe 2.2), mais signale que, dans son pays et dans la plupart des autres pays en développement, la prévalence de la tuberculose est simplement estimée. Le succès évident des programmes relatifs à la tuberculose n'est pas confirmé par des faits ou des chiffres provenant d'une enquête effective. En conséquence, sa délégation demande à l'OMS de contribuer à l'exe.rcice d'une surveillance épidémiologique stricte et de mener des enquêtes de prévalence dans la communauté, en englobant les sous-populations telles que les détenus, les personnes vivant avec le VIH et les pauvres. Il propose qu'un amendement soit rédigé à cet effet. Au paragraphe 4.2), sa délégation souhaite que l'on mette l'accent sur des médicaments antituberculeux de qualité en associations fixes. L'OMS devrait établir des directives uniformes pour les tests en laboratoire et appuyer les essais de médicaments associés. A propos du paragraphe 4.3), il déclare que son pays souhaiterait que l'on formule des recommandations sur la mise au point de moyens diagnostiques et de médicaments et vaccins nouveaux. Enfm, sa délégation demande à l'OMS de veiller à éviter les mêmes difficultés que celles rencontrées avec les médicaments antirétroviraux pour le VIH/SIDA et d'engager avec l'industrie pharmaceutique un dialogue plus constructif pour assurer que les nouveaux instruments soient fmancièrement abordables et accessibles aux pauvres, chez qui l'on observe les taux de tuberculose les plus élevés. Le Dr BORST-EILERS (Pays-Bas) se félicite de ce que l'OMS ait pu donner plus de relief au profil de la tuberculose, grâçe au succès de la Conférence ministérielle sur la tuberculose et le développement durable, tenue à Amsterdam, et à la présentation, à l'occasion de la Journée mondiale de la Tuberculose, du nouveau rapport sur l'augmentation à l'échelle mondiale des souches de tuberculose polypharmacorésistantes. Elle se déclare heureuse que les 20 pays les plus touchés aient adopté la Déclaration d'Amsterdam, qui servira à orienter les activités nationales et internationales de lutte antituberculeuse; elle incite toutefois les pays ayant un faible taux de morbidité à s'engager davantage dans ce domaine et à consacrer des investissements plus importants à la lutte contre la tuberculose. Pour arrêter cette maladie, il faut constituer un large partenariat avec les pays intéressés. La prévention primaire et l'action intersectorielle sont indispensables si l'on veut mener une lutte efficace et durable contre la tuberculose. En outre, il est évident que certains déterminants tels que de meilleures conditions socio-économiques au sein de la population influent considérablement sur le résultat global des programmes de lutte contre cette maladie. Le Dr Borst-Eilers estime donc que l'OMS, dans son dialogue avec les gouvernements des Etats Membres, devrait préconiser des investissements accrus en faveur de la santé de base, de l'éducation, de la nutrition, du logement et du bien-être social. L'accès universel à des soins de santé de qualité, décentralisés et dispensés au niveau des communautés facilitera aussi l'accès aux médicaments essentiels et à des traitements durables tels que le traitement de brève durée sous surveillance directe.

COMMISSION A : PREMIERE SEANCE

11

L'OMS doit prendre l'initiative de stimuler la recherche-développement concernant de nouveaux médicaments et vaccins antituberculeux et d'établir des règles et des codes de conduite précis régissant les relations de partenariat avec les sociétés pharmaceutiques. Enfin, le Dr Borst-Eilers appuie sans réserve l'approche sectorielle adoptée par l'OMS : la tuberculose ne peut être vaincue que par une action collective. Les Pays-Bas approuvent le projet de résolution. M. RUFFINO NETTO (Brésil) fait savoir que l'actuel projet national de lutte contre la tuberculose a entraîné des modifications gestionnaires. Le projet prévoit l'adoption de la stratégie DOTS et, pour chaque guérison, l'octroi d'une prime de US $82 si Je traitement est sous surveillance et US $55 dans le cas contraire. Environ 9% des quelque 7500 unités de santé publique administrant des programmes de lutte contre la tuberculose appliquent déjà la stratégie DOTS et l'on pense que cette proportion s'élèvera à 35% d'ici la fm de l'an 2000. Les diagnostics par examen microscopique de frottis d'expectoration sont de plus en plus fréquents. L'application de cette stratégie a permis de ramener de 14 à 12% la proportion des malades abandonnant leur traitement. Quelque 1500 équipes chargées des programmes de santé familiale et 30 000 agents de santé communautaire suivent actuellement une formation pour pouvoir travailler dans les 216 communes du pays où sont concentrés environ 75% des cas de tuberculose. Les chances de succès sont favorables étant donné l'engagement politique du M4tistère de la Santé, la décentralisation des décisions, qui encourage une plus large participation des communautés, l'engagement politique au niveau national d'inscrire la tuberculose à l'ordre du jour des organes municipaux chargés de la santé, et l'intégration des mesures concernant la tuberculose aux activités de soins de santé primaires. M. Ruffmo Netto espère que son pays recevra un appui technique de l'OMS. M. GUILLÉN (Pérou) rappelle que, parmi les pays ayant les taux de morbidité les plus élevés, seuls le Pérou et Je VietNam ont atteint les cibles mondiales fiXées pour l'an 2000 dans la résolution WHA44.8, grâce à une application efficace de la stratégie DOTS. Plusieurs facteurs ont contribué à ce résultat : premièrement, un engagement politique et financier durable à tous les niveaux d'administration, deuxièmement, la décision de faire de la lutte contre la tuberculose une priorité sanitaire et sociale, troisièmement, la coordination entre les différents niveaux de services de santé et les institutions du secteur de la santé, et, quatrièmement, l'amélioration continuelle de la qualité au moyen d'un système efficace d'information, de formation, de suivi, de surveillance et d'évaluation. M. Guillén appuie entièrement le projet de résolution. Le Dr GONZÂLEZ FERNANDEZ (Cuba) rappelle le lien étroit qui existe entre la tuberculose et la pauvreté; les mesures prises par l'OMS pour lutter contre la pauvreté contribueront certainement à l'initiative Halte à la tuberculose. L'approche intersectorielle mentionnée à la Conférence ministérielle sur la tuberculose et le développement durable, tenue à Amsterdam, contribuera à la lutte contre cette maladie en améliorant les conditions de vie, de travail, de logement et de santé. A la fm de 1999, l'incidence de la tuberculose à Cuba était tombée à 10 pour 100 000 habitants. Ce résultat est dû à l'intégration du programme à tous les niveaux du système de santé national, à la stabilité des ressources en médicaments, ainsi qu'à un meilleur contrôle de la qualité, au suivi de la pharmacorésistance, à la supervision systématique et à la formation dans le domaine diagnostique. La résistance aux médicaments antituberculeux est inférieure à 3 %, conforme donc à la tendance observée au niveau mondial selon laquelle la résistance aux médicaments est faible lorsque les programmes sont efficaces. Le Dr Gonzâlez Fernândez souscrit au contenu du document A53/5 et au projet de résolution. Le Dr VARET (France) réaffmne l'engagement pris par la France de combattre la tuberculose, en se fondant sur la stratégie DOTS et avec l'aide de l'Union internationale contre la Tuberculose et les

12

CINQUANTE-TROIS lEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

Maladies respiratoires. La France continue d'appuyer fmancièrement et techniquement les Régions africaine, européenne et du Pacifique occidental de l'OMS en vue de renforcer leurs systèmes de santé et la formation du personnel de santé, surtout au niveau des districts, grâce à une stratégie préventive et curative intégrée, visant notamment ceux qui sont les plus démunis, en particulier les femmes et les enfants. Son pays aidera les laboratoires à suivre l'évolution de la chimiorésistance et, dans ce contexte, appuie les initiatives de l'OMS à tous les niveaux dans les pays où la France et l'Organisation appliquent des stratégies communes de lutte intégrée contre le VIH et la tuberculose. Au niveau régional, cela suppose la présence de structures pouvant renforcer la capacité des pays d'organiser des soins plus efficaces, et au niveau mondial, des incitations à la recherche sur les antituberculeux. Le Dr V aret appuie donc le projet de résolution et annonce la décision prise par son pays de participer au partenariat mondial pour faire barrage à la tuberculose. Elle souligne l'importance de la prise en compte de l'éducation des malades et des soins de contrôle afm d'assurer une meilleure observance du schéma thérapeutique ; ces aspects du traitement doivent aussi tenir compte du milieu socio-économique du patient. Les médicaments antituberculeux ne sont malheureusement pas accessibles à tous les malades, question qu'il faut aborder au moment de fixer la politique pharmaceutique nationale dans le cadre des accords commerciaux existants. Le Dr BLOUNT (Etats-Unis d'Amérique) fait observer qu'en raison de la crise uni~erselle que connaît la santé publique, des stratégies mondiales coordonnées contre la tuberculose sont indispensables. Il faut constituer des partenariats actifs et participatifs, notamment avec les pays qui ont les taux de tuberculose les plus élevés, de même qu'avec les donateurs et d'autres organisations. Ces partenariats devraient traduire la nouvelle démarche de l'OMS et offrir de nouvelles possibilités à toutes les parties concernées. La réduction du fardeau mondial de la tuberculose, y compris la tuberculose polypharmacorésistante, exige des ressources énormes pour surmonter les obstacles et assurer un large accès aux services essentiels. L'OMS et les Etats Membres doivent collaborer pour assurer une prise en charge énergique de la tuberculose résistant aux médicaments dans les pays où celle-ci est devenue une question urgente de santé publique et un obstacle à la viabilité économique. L'épidémie mondiale de VIH/SIDA alourdit le fardeau de la tuberculose dans de nombreux pays asiatiques et africains et absorbe une part considérable des ressources limitées consacrées à la santé. Il est essentiel de bien se rendre compte de l'ampleur de l'incidence de cette épidémie sur celle de la tuberculose et de mettre au point des stratégies pour secourir les populations contaminées. Il faut poursuivre les recherches sur les vaccins antituberculeux, les instruments de diagnostic et les nouveaux médicaments, mais il faut savoir que les résultats de ces travaux ne seront pas immédiats. Il convient donc d'affronter la tuberculose avec les moyens actuellement disponibles, tels que la stratégie DOTS. Celle-ci est efficace et financièrement abordable. La poursuite des progrès dans ce domaine exige un engagement politique, des tests diagnostiques en laboratoire, des traitements normalisés au moyen de produits pharmaceutiques de qualité et un suivi attentif des résultats. Une mise en oeuvre appropriée permet des taux de guérison avoisinant les 95 %, même dans les milieux les plus pauvres, et peut empêcher de nouvelles contaminations et l'apparition de la tuberculose polypharmacorésistante. Le Dr Blount préconise une coopération pour accélérer la mise au point de nouveaux médicaments destinés à abréger le traitement de la tuberculose. Il appuie le projet de résolution. Le Dr KIM Won Ho (République populaire démocratique de Corée) constate le rôle non négligeable de la tuberculose comme obstacle au développement socio-économique et comme cause de décès prématuré. Il se félicite de l'adoption de l'initiative Halte à la tuberculose et de la stratégie DOTS et il remercie l'Organisation d'avoir aidé à appliquer cette stratégie dans son pays. Comme les cibles mondiales de la lutte antituberculeuse n'ont pas été complètement atteintes, il encourage l'Organisation à renforcer son partenariat avec la communauté internationale et à accélérer la

COMMISSION A : PREMIERE SEANCE

13

mise en place du programme DOTS en tant qu'élément indispensable des soins de santé primaires. Des ressources additionnelles devraient être mobilisées à cette fin. Il appuie le projet de résolution. Le Dr GALON (Philippines) note que, depuis son adoption en 1996, son pays a appliqué la stratégie DOTS à l'ensemble du territoire, avec l'appui de l'OMS, de l'Agence japonaise de Coopération internationale et d'autres organismes multilatéraux et bilatéraux. Le Ministère de la Santé des Philippines collabore étroitement avec les Ministères du Budget, des Finances et du Développement économique afin d'assurer le financement sur plusieurs années de la lutte antituberculeuse et d'autres programmes prioritaires de santé publique. Les Philippines se rallient fermement à la Déclaration d'Amsterdam visant à faire barrage à la tuberculose, notamment en ce qui concerne l'objectif consistant à réaliser d'ici 2005 un taux de dépistage de 70 % pour tous les cas contagieux de tuberculose. Le Dr Galon appuie le projet de résolution. Le Dr MAHJOUR (Maroc) déclare que son pays est satisfait des efforts accomplis jusqu'à présent pour mettre en place la stratégie DOTS. Celle-ci a provoqué une véritable révolution dans la lutte contre la tuberculose et s'accompagne d'améliorations évidentes dans les programmes nationaux de lutte contre cette maladie, l'écart étant très sensible par rapport à ceux qui n'ont pas encore adop~é la stratégie. Les divers indicateurs de progrès permettent d'espérer qu'elle sera rapidement appliquée par les pays où elle ne l'est pas encore, notamment par ceux qui sont les plus touchés par la maladie. Depuis l'adoption de cette stratégie, le Maroc a constaté une nette et rapide amélioration des différents indicateurs de gestion du programme national de lutte contre la tuberculose. La création récente d'équipes régionales de gestion en a renforcé l'assise et a généralement encouragé la participation à la stratégie. Le Maroc est à ce point convaincu de son utilité et de celle de ses différents éléments que, depuis le début de l'année, il a mis en oeuvre une stratégie «DOTS-Plus» visant les cas de tuberculose polypharmacorésistante. Il a accueilli deux réunions successives des cinq pays du Maghreb, organisées sous les auspices du Bureau régional de l'Europe avec la participation du Bureau régional de l'Afrique, et destinées à lancer une initiative commune de lutte contre la tuberculose. A la deuxième réunion tenue à Rabat deux semaines auparavant, les cinq pays du Maghreb ont décidé de conjuguer leurs compétences et leur expérience pour s'attaquer au problème. Ils sont convaincus qu'une telle initiative contribuera plus efficacement à l'initiative Halte à la tuberculose et intensifiera les efforts déployés par chaque pays. Le Maroc invite l'OMS à promouvoir de telles activités. Le Dr W AHEED (Maldives) note qu'après des décennies de négligence qui ont permis à la tuberculose de se propager librement, les programmes de lutte ont trouvé dans la stratégie DOTS une nouvelle arme. Malheureusement, on n'a pas suffisamment étudié les limites de cette nouvelle approche. Bien qu'elle se soit révélée efficace et économique, elle demeure essentiellement une stratégie passive. Le Dr Waheed ne s'y oppose pourtant pas et rappelle que son pays est un des rares où elle a été intégralement appliquée; il n'en demeure pas moins que la question de la tuberculose doit être examinée plus sérieusement. Il met en garde contre le fait que la stratégie DOTS ne vise pas les facteurs sociaux qui sont à l'origine de la maladie, ni ne comprend le dépistage actif des cas. Il préconise une démarche plus dynamique, consistant à prendre contact avec les communautés et à s'attaquer aux racines du problème. Il demande que des médicaments de réserve supplémentaires soient mis au point pour guérir la tuberculose, notant que depuis plusieurs décennies on n'a découvert aucun nouveau médicament efficace contre cette maladie. Le Dr GEBEL (Jamahiriya arabe libyenne) déclare que la méthode de lutte contre la tuberculose grâce à la vaccination et à la stratégie DOTS a donné des résultats remarquables partout dans le monde. Il faudrait toutefois une coopération au niveau mondial pour vaincre et éliminer complètement cette maladie. Sa délégation se félicite du rapport du Directeur général et appuie le projet de résolution.

14

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

Le Dr AGARWAL (Inde), confirmant le ferme attachement de l'Inde à la stratégie DOTS, note que de nombreux éléments de celle-ci sont nés dans son pays. En Inde, la tuberculose est la principale cause de mortalité par maladies infectieuses, avec plus de 1000 décès par jour. L'Inde a adopté ladite stratégie comme programme national révisé de lutte contre la tuberculose en 1993. Le programme est actuellement le deuxième du monde, couvrant près de 200 millions d'individus; on estime qu'il a jusqu'à présent empêché plus de 500 000 infections et sauvé plus de 50 000 vies. L'Inde est parvenue à un taux de dépistage de 50 % des nouveaux cas à frottis positifs, le taux de réussite du traitement avoisinant les 85 % dans les régions où le programme est appliqué (alors que les cibles mondiales sont respectivement de 70 et 85 %). Un objectif prioritaire est d'accroître le taux global de dépistage des cas, qui était inférieur à 10% à l'époque, grâce à une extension effective et efficace du programme. A l'heure actuelle, la couverture n'est que de 25% de l'ensemble du pays. Avec l'aide de la Banque mondiale, du Département britannique pour le Développement international et de l'Agence danoise pour le Développement international, on pourrait porter la couverture à 50% de la population indienne d'ici l'an 2002. L'application de la stratégie DOTS à la population entière de l'Inde serait une opération logistique énorme, exigeant, par exemple, la formation approfondie de plus de 700 000 agents de santé et plus de 2,4 millions de journées de formation. Compte tenu de l'expérience acquise avec le programme en cours, cette application sur une échelle nationale serait peutêtre possible d'ici 2005 si l'on constate qu'elle est techniquement faisable. Le Dr DLAMINI (Swaziland) signale que son pays appuie la Déclaration d'Amsterdam visant à faire barrage à la tuberculose ; on assiste à une résurgence de cette maladie au Swaziland et certains facteurs s'opposent à l'application du programme DOTS. Le Swaziland est un pays au relief accidenté; les conditions dans les hôpitaux sont telles que les malades ne peuvent y être gardés pendant toute la période idéale; ils sont alors soignés à domicile, évitant d'accomplir le long trajet jusqu'aux dispensaires, ce qui les amène à abandonner leur traitement. La polypharmacorésistance commence à menacer le programme et l'extension d'une souche résistante aux médicaments entn(mera probablement une plus forte mortalité. Le Swaziland apprécie l'aide des organisations non gouvernementales, qui renforce les soins à domicile assurés par des agents de santé rendant visite aux malades. Le Swaziland appuie le projet de résolution, notamment en ce qui concerne le renforcement des laboratoires de diagnostic et l'éducation du malade et son suivi afin d'obtenir une meilleure observance du schéma thérapeutique. Il y a toutefois d'autres facteurs non médicaux à considérer qui influent sur l'épidémie, tels que les inondations récentes et la qualité insuffisante des logements. Plus de 60 % des malades de la tuberculose dans les hôpitaux du pays sont séropositifs et il conviendrait d'étudier de manière plus approfondie le traitement réservé à ces malades. Des problèmes se posent aussi avec les très jeunes patients. Le Dr Dlamini demande un appui permettant de renforcer les capacités de diagnostic, notamment pour les infections chez l'enfant, et l'envoi de matériel pour suivre l'évolution de la maladie. Le Dr KHAZAL (Emirats arabes unis) déclare que son pays appuie l'action entreprise par l'OMS pour promouvoir un partenariat international destiné à arrêter la tuberculose; elle se range à l'avis de l'Organisation en ce qui concerne la distribution de médicaments sûrs et la promotion d'études et de recherches dans ce domaine. Son pays s'est engagé à appuyer l'initiative Halte à la tuberculose et à réaliser son programme national de lutte contre cette maladie, par le moyen de la stratégie DOTS, dont l'objectif est de ramener le nombre de cas nouveaux à un pour 100 000 habitants d'ici l'an 2010. La stratégie, qui est appliquée à l'ensemble du pays, est renforcée par des diagnostics fiables et des analyses de confirmation afm d'accroître l'efficacité de la lutte contre la tuberculose et de réduire la résistance aux médicaments. D'autres mesures prises comprennent un décret ministériel prévoyant l'administration de médicaments antituberculeux dans les seules institutions nationales et assurant ainsi l'enregistrement de tous les cas et leur traitement dans le cadre du plan national de lutte contre la tuberculose destiné à éliminer cette maladie de tous les Etats du Golfe d'ici l'an 2010.

COMMISSION A : PREMIERE SEANCE

15

Le Dr AFSAR (Turquie) note que les progrès accomplis dans la lutte contre la tuberculose de 1991 à 1997 sont très encourageants, bien que l'on puisse faire mieux encore en enregistrant le taux d'incidence actuel et le nombre de cas résistant aux médicaments. L'intégration aux soins de santé primaires de la distribution des médicaments et d'autres activités de lutte antituberculeuse, telles que la vaccination et le dépistage actif des cas, est essentielle au succès de la lutte contre ce grave problème de santé. Dans son pays, l'organisation verticale et les programmes risquent de devenir inefficaces avec le passage du temps, affectant ainsi la durabilité du programme et annulant les progrès déjà accomplis. Le Dr Afsar propose un amendement au projet de résolution, à savoir l'insertion d'un nouvel alinéa au paragraphe 2.1), comme suit: « f) l'intégration de la lutte contre la tuberculose dans les établissements et les activités de soins de santé primaires aux niveaux central et périphérique ; ». M. AHMAD (Pakistan) attire l'attention de l'Assemblée de la Santé sur un point qui a été négligé au détriment de la santé de millions de personnes dans les pays en développement. Il rappelle que, pendant la réunion préparatoire sur l'initiative Halte à la tuberculose, tenue à Bangkok avant la Conférence ministérielle d'Amsterdam, une des principales recommandations visait à créer une réserve de médicaments antituberculeux. Avec raison, un engagement aussi précis n'a pas été inclus dans la Déclaration qui a suivi la Conférence. Toutefois, la situation peu satisfaisante de l'offre de médicaments antituberculeux, conjuguée au fait qu'aucun nouveau médicament de ce genre n'a été mis au point au cours des 35 dernières années ou plus, prouve à quel point cette recommandatiop est valable. La délégation pakistanaise demande donc que la proposition visant à créer une « banque » de médicaments antituberculeux soit sérieusement examinée par l'Organisation. Le Dr KOULAKSAZOV (Bulgarie) fait état des préoccupations générales concernant les effets à l'échelle mondiale de la tuberculose au cours des dernières années; on ne saurait négliger les risques qui en découlent pour la santé et le développement durable des nations. L'initiative Halte à la tuberculose doit donc être une des priorités du système des soins de santé pour tous les Etats Membres. La Bulgarie approuve l'effort déployé par l'OMS pour poursuivre la lutte à l'échelle mondiale contre la tuberculose et renforcer les partenariats dans ce domaine; la stratégie DOTS a entrepris utilement d'enregistrer et de notifier les cas de tuberculose, permettant ainsi d'évaluer à la fois les résultats individuels et les résultats par cohorte. L'application progressive de la stratégie DOTS est le principal élément prioritaire du programme de la Bulgarie contre la tuberculose pour la période 2000-2003. Les premières mesures dans plusieurs régions ont été prises avec l'aide financière et technique de la Société suisse-bulgare et du Bureau régional OMS de l'Europe. Une autre priorité pour le programme national est la création d'un registre de surveillance épidémiologique de la tuberculose et de suivi du traitement. Parmi les principales activités du programme figurent une enquête bactériologique sur tous les cas présumés de tuberculose, la distribution centralisée d'isoniazide, l'amélioration des connaissances des professionnels de la santé et des étudiants en médecine et la sensibilisation du public à la prévention et au traitement de la maladie. Mme LE THI THU HA (VietNam) déclare que son pays, l'un des deux qui a atteint les cibles mondiales pour le dépistage des cas et le traitement, souhaite faire part à d'autres Etats Membres de l'expérience qu'il a acquise avec la lutte contre la tuberculose. En 1986, le VietNam a commencé à moderniser ses programmes de lutte conformément aux principes de l'Union internationale contre la Tuberculose et les Maladies respiratoires et aux recommandations de l'OMS. En 1989, le VietNam a été le premier pays d'Asie à appliquer la stratégie DOTS dans les districts ; entre 1992 et 1998, celle-ci a été étendue à tout le territoire. Les activités de lutte contre la tuberculose couvrent actuellement 99 % de la population, dont 95 % ont accès au traitement de brève durée. Mme Le Thi Thu Ha attribue le succès du programme vietnamien aux facteurs suivants : un engagement ferme de la part du Gouvernement, des investissements publics fortement accrus au cours des cinq dernières années, un réseau de soins de santé étendu et efficace, et la pleine intégration aux services de santé généraux des activités de lutte contre la tuberculose.

16

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

Malgré une aide internationale considérable, le VietNam se heurte à de nombreux problèmes tels que l'application de la stratégie DOTS dans les zones éloignées et la polypharmacorésistance. Mme Le Thi Thu Ha remercie toutes les organisations internationales, bilatérales et non gouvernementales du soutien qu'elles ont apporté à son pays et attend avec intérêt de pouvoir reprendre la coopération dans l'avenir pour surmonter ces obstacles. Elle approuve la Déclaration adoptée à la Conférence ministérielle sur la tuberculose et le développement durable et appuie le projet de résolution. Le Dr SADRIZADEH (République islamique d'Iran) déclare que, malgré le fait que l'agent étiologique de la tuberculose a été découvert il y a 100 ans et que des médicaments antituberculeux efficaces existent depuis une cinquantaine d'années, cette maladie tue encore plus de personnes que le paludisme ou le SIDA Bien que plus de 95% du fardeau de la maladie retombent sur les pays en développement, les nations industrialisées ne sont pas à l'abri du problème, que viennent aggraver les rapports de cette maladie avec le VIH/SIDA La vaccination par le BCG a réussi à réduire l'incidence des formes sérieuses de tuberculose enfantine, mais le monde attend encore avec impatience la découverte d'un vaccin antituberculeux efficace qui puisse enrayer la transmission de la maladie au sein des communautés. Bien que la stratégie DOTS soit la plus économique pour prévenir et combattre la tuberculose, les pays connaissant le taux de morbidité le plus élevé sont généralement ceux où l'extension et la qualité de cette stratégie sont les moins satisfaisantes. Parmi les autres problèmes que doivent aborder les systèmes nationaux de santé, on note la durabilité de la stratégie DOTS et la rés~stance aux médicaments. L'Iran, où l'incidence de la tuberculose est faible, a réalisé une couverture de 85 %. La stratégie a aussi été intégrée au réseau des soins de santé primaires, accessible à 87 % de la population rurale et à 100 % des populations urbaines. On peut espérer que son application sera durable. Le Dr WANG Zhao (Chine) se félicite du rôle de plus en plus importantjoué par l'OMS dans la lutte contre la tuberculose. La Conférence ministérielle tenue à Amsterdam a pleinement réussi et se répercutera très largement sur l'effort déployé à l'échelle mondiale pour combattre cette maladie, notamment dans les pays où le taux de morbidité est élevé, tels que la Chine. Son pays compte le deuxième groupe le plus nombreux de tuberculeux dans le monde, dont 80 % vivent dans les zones rurales. En 1992, à l'aide d'un prêt de la Banque mondiale et de fonds intergouvernementaux, un projet a été lancé pour lutter contre la tuberculose, appliquer la stratégie DOTS et mettre en place un réseau d'agents de santé au niveau des masses pour la distribution de médicaments dans les foyers avant la fin de 1999. Dans le cadre de ce projet, 1,2 million de malades ont déjà été soignés gratuitement Toutefois, à cause de la population énorme de la Chine et des retards pris par son économie, la moitié seulement de son territoire et de sa population peut accéder au traitement de brève durée. Il sera très difficile pour la Chine de réaliser les objectifs de la Déclaration faisant suite à la Conférence d'Amsterdam ; le problème de l'obtention de fonds supplémentaires pour la stratégie DOTS devra être abordé puisque le prêt de la Banque mondiale arrive à terme en juin 2001. Néanmoins, le Gouvernement chinois renforcera ses plans d'extension de cette stratégie, en accordant la priorité aux segments les plus pauvres de la population. Comme l'infection à VIH se propage rapidement en Chine, une plus grande attention sera consacrée à la relation entre le VIH et la tuberculose et à l'exécution de plans de prévention et de traitement appropriés. La Chine participera aussi à la surveillance mondiale de la résistance aux médicaments antituberculeux. Le Dr Wang remercie l'OMS d'avoir obtenu pour la Chine une aide internationale, qui lui permettra d'intensifier sa coopération avec les partenaires internationaux à l'initiative Halte à la tuberculose et de lutter de façon plus dynamique contre la maladie en Chine. Elle approuve le projet de résolution. Le Dr TEMU (Papouasie-Nouvelle-Guinée) félicite le Directeur général d'avoir lancé l'initiative Halte à la tuberculose et prend acte de l'engagement pris par les ministres de la santé de la Région du Pacifique occidental lorsqu'ils ont déclaré dans leur Région un état de crise pour la tuberculose. Depuis 1985, la Papouasie-Nouvelle-Guinée a constaté une augmentation de 80% de la prévalence de la tuberculose et une multiplication par 150 de la prévalence du VIH. Elle a appliqué avec succès le programme DOTS dans deux de ses 89 districts et se propose d'étendre cette stratégie à tout le pays. II

COMMISSION A : PREMIERE SEANCE

17

faudra pour cela des ressources considérables, notamment à cause du relief accidenté du pays, des faibles taux d'alphabétisation et des nombreuses langues différentes parlées sur le territoire. La Papouasie-Nouvelle-Guinée appuie le projet de résolution, qui engage la communauté internationale «à apporter [son] soutien et à participer au partenariat mondial pour faire barrage à la tuberculose, par lequel toutes les parties coordonnent les activités», mais estime qu'une aide devrait être accordée aux Etats Membres pour coordonner leurs activités sur le terrain et que c'est aux Etats Membres eux-mêmes de prendre l'initiative de coordonner leurs programmes nationaux. En ce qui concerne l'appel lancé par la résolution aux Etats Membres leur demandant de mettre un montant de ressources intérieures suffisant à la disposition du programme contre la tuberculose, et même de mobiliser un complément de ressources, le Dr Temu note que les pays en développement comme le sien n'ont pas de ressources intérieures supplémentaires. Il remercie le Gouvernement de l'Australie et le Bureau régional OMS du Pacifique occidental de l'appui fourni à son pays. La Papouasie-Nouvelle-Guinée est convaincue que l'on pourra convenir d'une initiative mondiale et que la communauté internationale et les Régions aideront son pays à atteindre l'objectif déjà réalisé par un grand nombre d'Etats Membres. M. BERGEVIN (Canada) rappelle que le Canada appuie sans réserve l'initiative Halte à la tuberculose. Quoi qu'il en soit, malgré des taux de réussite relativement élevés, le programme- si l'on prend comme dénominateur le nombre de cas de tuberculose évolutive dans le monde:- n'a toujours pas une extension suffisante, surtout dans un contexte marqué par la pauvreté et par la relation entre cette maladie et l'épidémie d'infection à VIH. Il conviendrait donc que l'OMS s'efforce de jouer son rôle de chef de file dans le partenariat mondial dirigé contre la tuberculose et qu'elle surveille la création de mécanismes devant assurer un accès plus large aux ressources humaines et aux médicaments, afm d'améliorer sensiblement le dépistage des cas évolutifs et d'accroître ainsi l'extension du programme. Le Dr LEVENTHAL (Israël) fait savoir qu'Israël a récemment adopté la stratégie DOTS dans le cadre du programme national destiné à enrayer la progression de la tuberculose. Il propose qu'un comité d'experts soit créé pour examiner la question de la tuberculose et les effets des mouvements de populations et de groupes, en particulier du fait que cette maladie est guérissable. Israël appuie le projet de résolution. Le Dr WIUM (Norvège) déclare que son pays est préoccupé par la progression à l'échelle mondiale de la tuberculose et l'augmentation de la résistance aux médicaments. Certains pays n'ont pas atteint les cibles fixées dans la résolution WHA44.8 et le plan mondial contre la tuberculose qui y figure n'a pas réussi. Le projet de résolution à l'examen devrait être renforcé. Le rapport du Directeur général définit très clairement les domaines de priorité pour l'initiative Halte à la tuberculose. Ces domaines ont aussi été examinés à la Conférence ministérielle sur la tuberculose et le développement durable, tenue à Amsterdam en mars 2000. La tâche la plus importante consiste à structurer l'initiative de façon à ce qu'elle atteigne son but. La Norvège demande des précisions sur l'élaboration et l'exécution d'un plan commun pour la communauté internationale, comme indiqué dans le projet de résolution. Les tâches opérationnelles sont réparties entre de nombreux Groupes différents au sein de l'Organisation. La Norvège tient à souligner la nécessité de faire de l'initiative Halte à la tuberculose un élément des systèmes de santé nationaux et des soins de santé primaires. Elle propose un nouvel alinéa 1.4) qui serait ajouté au projet de résolution, comme suit: «à accorder un rang de priorité élevé à l'intensification de la lutte contre la tuberculose dans le cadre des soins de santé primaires ; ». Le Dr SIDHOM (Tunisie) remercie le Directeur général de son rapport et souligne la nécessité d'engager des efforts nationaux concertés, ainsi que des actions régionales, pour arrêter la tuberculose partout dans le monde et résoudre le problème de la résistance aux médicaments antituberculeux. Sa

18

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

délégation est fermement attachée aux buts et stratégies adoptés par les précédentes Assemblées de la Santé et insiste sur l'importance d'avoir des traitements efficaces accessibles à tous. La Tunisie appuie le projet de résolution, mais propose l'adjonction d'un alinéa final au paragraphe 4, dans lequel il serait demandé de soutenir les programmes régionaux destinés à coordonner les mesures de lutte nationales contre la tuberculose. Le Dr Sidhom demande des informations sur la vaccination comme élément de la stratégie de lutte contre la tuberculose et des programmes de l'OMS dans le cadre de l'action menée pour distribuer les vaccins antituberculeux et en assurer la qualité. M. CICOGNA (Italie) note que les principaux obstacles qui s'opposent à l'expansion du programme DOTS sont politiques et économiques, bien que l'on rencontre aussi des problèmes techniques entravant l'octroi d'une aide aux pays qui en ont besoin. Par l'intermédiaire de l'OMS, l'Italie fournit une assistance aux programmes érythréen et ougandais de lutte contre la tuberculose et les différentes solutions possibles sont actuellement à l'étude dans le deuxième cas afin de déterminer le meilleur moyen de fournir des soins aux tuberculeux dans les communautés rurales. L'Italie souhaiterait avoir des renseignements sur les mesures prises à la suite de la Conférence ministérielle d'Amsterdam pour assurer que la Déclaration visant à faire barrage à la tuberculose est correctement traduite dans les faits au niveau des pays, notamment dans le domaine de l'appui technique. L'Italie appuie le rôle directeur que joue l'OMS dans le mouvement mondial contre la _tuberculose et a l'intention de se joindre à ce partenariat. Le Dr FETISOV (Fédération de Russie) appuie fermement la Déclaration visant à faire barrage à la tuberculose et le travail accompli par l'OMS pour combattre cette maladie. Les services de santé en Russie ont été mis à rude épreuve ces dernières années par la prévalence croissante de la tuberculose et l'augmentation de la mortalité due à cette maladie. Malheureusement, les délais fixés à la QuaranteQuatrième Assemblée mondiale de la Santé pour atteindre les cibles mondiales étaient le résultat d'un optimisme excessif, et la tuberculose est encore une menace sérieuse pour la santé partout dans le monde. L'OMS doit poursuivre son effort visant à mobiliser politiquement les pays les plus durement touchés par l'épidémie de tuberculose et à obtenir les ressources financières et techniques qui permettraient de les aider davantage. La stratégie DOTS est particulièrement valable lorsqu'on intervient sur des distances considérables et dans des conditions socio-économiques difficiles. Dans la Fédération de Russie, l'application de cette stratégie va de pair avec celle mise au point par l'Ecole clinique russe d'Etude de la Tuberculose, qui est fondée sur le radiodiagnostic et le traitement individuel, en particulier les interventions chirurgicales. La délégation russe est reconnaissante aux organisations internationales, notamment l'OMS, de l'avoir aidée à combattre la tuberculose sur son territoire. Le Dr Fetisov appuie fermement le projet de résolution et approuve les amendements proposés par les délégations de la Norvège et de la Tunisie. Le Dr VIOLAKI-PARASKEVA (Grèce) accueille favorablement le rapport, en particulier les domaines prioritaires définis pour 2000-2001, et estime qu'au niveau des pays les activités relatives au VIH devraient être intégrées à la lutte contre la tuberculose. Il convient aussi de renforcer les systèmes de soins dans le cadre desquels la stratégie DOTS doit être appliquée. La formation des professionnels de la santé doit faire l'objet d'une promotion à tous les niveaux, afin d'assurer que la prévention et le traitement arrivent jusqu'aux groupes les plus vulnérables. Le Dr Violaki-Paraskeva propose que le texte de la Déclaration visant à faire barrage à la tuberculose soit annexé au projet de résolution. Le Professeur RA TSIMBAZAFIMAHEFA (Madagascar) se félicite de ce que l'OMS ait contribué efficacement à la campagne antituberculeuse menée par les Etats Membres. La stratégie DOTS a été adoptée par Madagascar, mais son application se heurte à des obstacles pratiques, notamment le manque de laboratoires et la difficulté d'obtenir des médicaments antituberculeux. La délégation malgache appuie les recommandations contenues dans le projet de résolution.

COMMISSION A : PREMIERE SEANCE

19

Le Dr TAHA ARIF (Malaisie) prend note du rapport du Directeur général et se félicite de l'initiative Halte à la tuberculose. Dans son pays, la prévalence de la tuberculose n'a pas été réduite depuis plusieurs années et le taux de dépistage des nouveaux cas reste stationnaire. Il approuve donc l'application de toute nouvelle stratégie qui pourrait améliorer la situation, reconnaissant l'importance de la collaboration avec les partenaires internationaux pour le développement, les organisations non gouvernementales et les fondations. Il demande l'avis de l'OMS sur l'exécution d'une enquête au niveau des communautés concernant la prévalence de la tuberculose, dont les résultats permettraient de suivre les progrès du programme malaisien de lutte contre cette maladie. Le Dr NDEIKOUNDAM (Tchad) fait savoir que, dans son pays, la prévalence de la tuberculose progresse, notamment depuis l'apparition du VIH/SIDA. La lutte antituberculeuse est une des priorités du Gouvernement en matière de santé et un programme national à cet effet a été adopté avec une aide extérieure, dont celle de l'OMS. Le programme a connu de sérieuses difficultés dues au manque de ressources, mais le Gouvernement est très désireux de le voir réussir et recherche actuellement des fonds auprès de la Banque mondiale et d'autres organismes. Le Tchad a adopté la stratégie DOTS il y a deux ans et cette initiative fait maintenant partie des programmes de santé minimaux et supplémentaires au sein des districts sanitaires. Son application est toutefois entravée par le manque de personnel. Il faut espérer que cette pénurie pourra être surmontée grâce aux programmes actuels de formation, qui devraient permettre d'étendre la stratégie DOTS à tout le pays. La délégation tchadienne appuie la Déclaration visant à faire barrage à la tuberculose et approuve sans réserve le projet de résolution. Le Dr STAMPS (Zimbabwe) informe les délégations que, dans son pays, les décès dus au SIDA ont eu une incidence sur la mortalité imputable à la tuberculose, ce qui est vrai aussi pour la plupart des régions d'Afrique. Il remercie l'OMS et le Gouvernement des Pays-Bas de l'occasion qui a été donnée à 20 des pays les plus sérieusement touchés par la tuberculose d'exprimer leurs préoccupations à la Conférence d'Amsterdam. Le problème de la tuberculose au Zimbabwe a toujours été abordé au moyen du traitement sous surveillance directe. Jusqu'en 1986, on a compté moins de 2500 cas par an; en 1999, toutefois, 46 000 cas nouveaux ont été diagnostiqués. La prise en charge de la tuberculose a été décentralisée, ce qui rend la maladie plus difficile à combattre, à cause du manque de ressources humaines et de la difficulté de repérer les malades qui ne se présentent pas aux centres de traitement. Dans les pays africains, les efforts déployés pour enrayer l'épidémie sont contrecarrés par des problèmes financiers, dus principalement à la nécessité d'assurer le service de la dette. L'allégement de la dette contribuerait donc largement à la lutte contre ce fléau. Le Dr Stamps signale que, dans certains pays, les sanctions imposées pour des raisons politiques entraînent une insuffisance de ressources pour acheter des médicaments destinés à traiter des affections telles que la tuberculose. Il remercie les Etats-Unis d'Amérique de leur initiative LIFE, qui contribuera à l'application de la stratégie DOTS et permettra à un plus grand nombre de malades de bénéficier au bon moment d'un traitement approprié. Le Dr MA TJI (Afrique du Sud) rappelle que, depuis 1998, son pays a joué un rôle actif dans l'initiative Halte à la tuberculose. Une réunion régionale des huit pays africains dans lesquels la prévalence de la tuberculose est la plus élevée a été tenue à Pretoria. Avec 20 autres ministres, le Ministre de la Santé de l'Afrique du Sud a engagé le pays à la Conférence d'Amsterdam dans la lutte contre cette maladie. Le Ministère de la Santé applique depuis 1996 la stratégie de traitement de brève durée. Les progrès ont été très lents au cours des deux premières années, en raison de la réticence à accepter la stratégie DOTS, du faible niveau de sensibilisation du public vis-à-vis de l'épidémie, de diagnostics incorrects et de traitements inappropriés, ainsi que du suivi insuffisant des malades. Quoi qu'il en soit, la tuberculose est devenue depuis une priorité du Ministère de la Santé. Plus de la moitié des districts sanitaires appliquent actuellement la stratégie DOTS et l'on observe une augmentation du taux global de guérison. Les services de diagnostic de la tuberculose ont été améliorés et le traitement est désormais dispensé gratuitement dans tous les centres de santé primaire. L'objectif essentiel est d'assurer que, d'ici la fin de l'an 2000, les

20

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

deux tiers au moins des districts sanitaires appliquent cette stratégie. La collaboration entre les programmes de lutte contre la tuberculose et le VIH/SIDA s'intensifie actuellement grâce à l'éducation du public concernant ces deux maladies, à un accès plus large aux services de conseil et au dépistage volontaire, au traitement des infections opportunistes et à la coopération entre les projets de soins à domicile et la stratégie DOTS au niveau des communautés. Les taux élevés de migration, à la fois extérieure et intérieure, constituent un obstacle de taille, parce qu'ils entraînent un suivi insuffisant des malades et l'interruption fréquente du traitement. Le Dr Matji déclare que son pays appuie la Déclaration visant à faire barrage à la tuberculose et remercie l'OMS et d'autres partenaires du soutien qu'ils lui ont apporté. Le Dr DADI (Indonésie) approuve la Déclaration d'Amsterdam et accueille avec satisfaction le rapport du Directeur général. La tuberculose est la deuxième cause de mortalité chez les adultes indonésiens ; la stratégie DOTS a été mise en application et les dirigeants, tant du côté public que du côté privé, se sont engagés politiquement à la soutenir. Un programme national contre la tuberculose a été mis en route, mais certaines contraintes budgétaires entravent l'achat de médicaments et de matériel ainsi que la formation. L'Indonésie espère que l'OMS pourra coordonner l'action des organismes donateurs afin de financer ce programme et de créer avec les entreprises pharmaceutiques des partenariats ayant pour but de rendre les médicaments antituberculeux plus abordables fmancièrement et d'abréger la durée du traite111ent. Il reste à mettre au point un bon vaccin contre la tuberculose. Le Dr OTTO (Palaos) déclare que son pays, qui est très petit, supporte une part inacceptable du fardeau de la tuberculose. Ses ressources limitées ne lui permettent pas de s'attaquer tout seul à cette maladie. Il se déclare reconnaissant de l'appui technique, programmatique et fmancier que son pays a reçu pour l'application de la stratégie DOTS de la part de l'OMS et des Centres de Lutte contre la Maladie (Etats-Unis d'Amérique). Sa délégation se rallie aux observations faites par celles du Pérou, des Pays-Bas et des Etats-Unis et appuie sans réserve le projet de résolution, avec les amendements proposés par les délégués de la Turquie et de la Norvège. M. ROKOV ADA (Fidji) reconnaît les avantages que peut procurer la stratégie DOTS pour la lutte contre la tuberculose ; c'est la principale stratégie appliquée dans ce domaine par son pays au cours des cinq dernières années. Financée par l'Etat, la formation d'agents de santé au traitement de brève durée sous surveillance directe assure l'achat et la distribution de médicaments antituberculeux efficaces. Bien que la maladie soit à présent maîtrisée, cette situation pourrait changer sous l'effet de l'épidémie de VIH/SIDA. Fidji est reconnaissant du soutien qui lui a été apporté pour moderniser et améliorer ses services de diagnostic en laboratoire. M. Rokovada appuie le projet de résolution, notamment la recommandation visant à inclure les taux de dépistage et de guérison parmi les indicateurs de résultats pour le développement général du secteur de la santé. Le Dr HOMASI (Tuvalu) fait savoir que l'initiative Halte à la tuberculose est appliquée à Tuvalu depuis la fin de 1999. Le taux de prévalence de la tuberculose de 360 cas pour 100 000 habitants est le plus élevé de la Région du Pacifique occidental. Sa délégation estime que les taux d'infection très élevés enregistrés dans les petites nations méritent une plus grande attention. Il propose que l'OMS continue de travailler en étroite collaboration avec les petits pays. Il appuie le projet de résolution, avec les amendements proposés par les délégués de la Norvège et de la Turquie. Mme JAHAN (Bangladesh), affirmant que la prévention de la tuberculose est préférable à la guérison, dit que le Bangladesh accorde une forte priorité à l'éducation et à la sensibilisation, à la mise en place de centres de formation appropriés et à l'amélioration de l'état nutritionnel de sa population. Son pays souligne la nécessité de disposer de moyens diagnostiques efficaces, d'un système de prestation économique par rapport aux résultats et d'un meilleur accès à des médicaments de qualité et d'un prix

COMMISSION A : PREMIERE SEANCE

21

abordable. L'amélioration de l'état de santé de la population dépend des services de santé publics et communautaires, notamment au niveau local. Le manque de ressources a pour conséquence que les pays en développement ont besoin d'être soutenus par un partenariat participatif mondial. Le fait que, selon les estimations, un tiers de la population mondiale est atteint de tuberculose et que, dans les pays en développement, 75% des cas sont des personnes se situant dans leurs années les plus productives économiquement est alarmant. Le document A53/5 note que la lente progression de la lutte contre la maladie dans de nombreux pays est due à des raisons politiques et économiques ; les projets contre la tuberculose sont insuffisamment fmancés, négligés, et ne bénéficient que d'une faible priorité parmi les activités internationales. Il faut féliciter l'OMS d'avoir agi rapidement pour trouver à ce problème une solution efficace et inverser la tendance. Mme Jahan appuie donc le projet de résolution, qui établit les grandes lignes d'une stratégie de partenariat mondial. Le Dr SOFOLA (Nigéria) fait savoir que son pays est l'un de ceux qui sont les plus touchés par la tuberculose ; il a mis en application la stratégie DOTS dans 19 des 36 Etats, avec la collaboration d'organismes donateurs internationaux et de l'OMS. L'extension du programme aux Etats restants dépend principalement de la disponibilité des médicaments antituberculeux. Il convient d'aborder la question des rapports entre la tuberculose et le VIH/SIDA. La prestation de services diagnostiques efficaces, notamment dans les zones rurales, pose un problème, d'autant plus que ces services sont appelés à jouer un rôle important parmi les mesures prises pour suivre le succès de ladite stratégie et l'évolution de la pharmacorésistance. L'efficacité du traitement de brève durée sous surveillance directe n'est plus à démontrer, et le succès amène les gouvernements à s'engager davantage dans ce domaine. Des leçons ont été apprises, par exemple l'utilité de l'intégration de la stratégie DOTS aux soins de santé primaires. L'extension du partenariat est indispensable pour obtenir une couverture efficace, surtout dans un pays de la dimension du Nigéria. La délégation nigériane appuie l'initiative Halte à la tuberculose et souscrit à la Déclaration d'Amsterdam visant à faire barrage à cette maladie. Le Nigéria met actuellement au point un nouveau plan d'opérations, afin d'atteindre les cibles mondiales d'ici à 2005. Le Dr Sofola approuve le projet de résolution et appuie les propositions des précédents intervenants tendant à explorer la question des partenariats et les différentes options susceptibles d'élargir l'accès à des médicaments curatifs sûrs et de qualité, ainsi que la proposition du délégué du Pakistan visant à créer un mécanisme de distribution des médicaments contre la tuberculose. Le Professeur GRANGAUD (Algérie) se félicite du rapport et déclare que, malgré l'adhésion de l'Algérie à la stratégie DOTS, la tuberculose est toujours un problème de santé publique dans son pays. Le taux d'incidence est de 50 cas pour 100 000 habitants et quelque 15 000 cas (toutes formes de la maladie confondues) ont été signalés en 1999. Le diagnostic et le traitement sont gratuits, étant fmancés par l'Etat. Le Professeur Grangaud estime que cette démarche devrait être généralisée et appuie en conséquence le projet d'amendement soumis par le délégué de la Norvège. L'Algérie a modifié le guide national pour la lutte contre la tuberculose, qui peut désormais être consulté sur le site Internet de l'Agence nationale de la documentation en santé. La version définitive sera disponible sous peu. L'Algérie a participé au cours des deux dernières années aux réunions des pays du Maghreb sur une initiative commune de lutte contre la tuberculose. Un effort concerté a été engagé pour dépister les souches résistantes et réduire les coûts par des achats groupés de médicaments. Le Professeur Grangaud propose que l'OMS soutienne encore davantage cette initiative en y consacrant des crédits budgétaires plus abondants. II encourage aussi l'Organisation à faire un plus gros effort pour accroître la disponibilité générale de médicaments associés présentés de façon adéquate. L'Algérie appuie le projet de résolution. Mme PHUMAPHI (Botswana) déclare que son pays applique la stratégie DOTS depuis de nombreuses années; les succès ont été considérables jusqu'à l'apparition du VIH/SIDA, après quoi le Botswana a atteint un des taux de notification les plus élevés dans le monde pour la tuberculose. Pour que

22

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

la stratégie DOTS réussisse, elle doit être appuyée par un système de soins de santé primaires suffisamment développé, avec un large accès aux dispensaires ou centres de soins dotés des ressources nécessaires. L'OMS a proposé que le taux de succès thérapeutique soit un indicateur de résultats pour les programmes contre la tuberculose. Toutefois, bien que cet indicateur se soit révélé utile au Botswana, il est difficile de s'en servir de manière positive dans les pays en développement à cause du problème de l'estimation exacte du nombre de cas de tuberculose. Mme Phumaphi propose d'inclure le taux de succès thérapeutique parmi les indicateurs de résultats mentionnés au paragraphe 2.2) du projet de résolution. Le DrGARCiA MATA (Equateur) se déclare préoccupé par l'apparition de souches pharmacorésistantes de Mycobacterium tuberculosis. Les nouveaux médicaments pouvant vaincre les formes résistantes sont coûteux; il appuie l'application de la stratégie DOTS et la création d'un fonds mondial pour venir en aide aux pays les plus démunis dans leur combat contre cette maladie. Il remercie l'OMS de l'appui qu'elle a fourni à son pays pour les activités de lutte antituberculeuse. Le Dr SHIVUTE (Namibie) fait savoir que la tuberculose est la deuxième cause de mortalité dans son pays, situation que vient aggraver l'épidémie de VIH/SIDA. Une enquête menée il y a deux ans montre que 15 % de tous les malades de la tuberculose sont séropositifs. La stratégie DOTS mise en route en 1996 a eu pour effet d'accroître la participation des communautés à l'action sanitaire. Des problèmes se sont toutefois posés avec la polypharmacorésistance, l'accès aux communautés nomades .et les coûts de fonctionnement. La co-infection avec le VIH exige que les deux maladies soient combattues avec une égale vigueur. Le Dr Shivute est heureux de noter qu'un des éléments principaux du projet de résolution est la coordination plus étroite entre les programmes de lutte contre la tuberculose et le SIDA ; il souhaite que les recherches se poursuivent pour amélbrer la prévention, le traitement et la prise en charge générale de la tuberculose. Le Professeur ONGERI (Kenya) dit que son pays est engagé dans la lutte contre la tuberculose depuis 1956, mais que la situation s'est détériorée avec l'apparition du VIH/SIDA. Il faut des partenariats axés sur les questions pratiques et un financement substantiel pour couvrir le coût des médicaments antituberculeux et d'autres éléments logistiques. Le Kenya devra aborder plusieurs problèmes avant d'adopter la stratégie DOTS, à savoir : appuyer le programme malgré le nombre croissant de malades, maintenir des taux de guérison élevés, faire participer les agents de santé communautaire, enrayer la propagation de la tuberculose polypharmacorésistante et déterminer le rôle du secteur privé. Une étude de cas menée au Kenya entre 1987 et 1999 révèle que l'incidence de la maladie a sextuplé. Le groupe d'âge le plus touché est celui des personnes de 15 à 44 ans et correspond au profil de l'infection à VIH au cours de la même période. Environ 40 % des malades de la tuberculose sont aussi infectés par le VIH ; le risque de co-infection est aggravé par une pauvreté croissante et une urbanisation intense. Le Professeur Ongeri appuie le projet de résolution. Le Dr JAYA THILAKA (Sri Lanka) mentionne l'adhésion de son pays à la stratégie DOTS ; un engagement politique ferme assurant le personnel et l'infrastructure nécessaires est indispensable à son succès. En 1998, 6925 nouveaux cas, 3128 rechutes et 48 échecs thérapeutiques ont été signalés. La stratégie a déjà été appliquée dans certains districts, en vue de son extension et de son adoption comme priorité nationale. Le Dr MANGUELE (Mozambique) informe les délégués que la tuberculose est une des principales causes de morbidité et de mortalité dans son pays. Les catastrophes naturelles récemment survenues ont aggravé la situation ; des médicaments ont été perdus et le personnel de santé affecté. La malnutrition, les maladies infectieuses, les logements insuffisants et les mauvaises conditions sanitaires, ainsi que le VIHISIDA, ont rendu la population plus vulnérable. La stratégie DOTS est considérée comme la solution la plus appropriée au problème de la tuberculose, mais le pays a encore besoin du soutien technique de

COMMISSION A : PREMIERE SEANCE

23

l'OMS pour améliorer la qualité du diagnostic et du traitement. Le Dr Manguele appuie le projet de résolution, avec les amendements proposés par les délégués de la Turquie et du Botswana. Le Dr HEYMANN (Directeur exécutif) reprend certaines questions sur lesquelles plusieurs intervenants ont insisté : l'importance de s'attaquer à la double épidémie d'infection à vrn et de tuberculose; d'entreprendre les tâches nécessaires pour continuer à faire de l'initiative Halte à la tuberculose un système de partenariat ouvert et souple; de renforcer les systèmes de santé; d'étendre la stratégie DOTS grâce à des ressources supplémentaires, tout en maîtrisant le problème urgent de santé publique que posent les formes polypharmacorésistantes de la maladie; et d'exploiter le mieux possible les instruments existants tout en assurant des travaux de recherche-développement pour la création d'instruments nouveaux, notamment des vaccins, des médicaments et des tests diagnostiques. Il confirme aussi que sera créé un groupe consultatif scientifique sur la tuberculose pour contribuer à la formulation de politiques appropriées, et dit que l'OMS est consciente de l'importance du rôle de la vaccination dans la lutte contre la tuberculose, puisque le vaccin BCG est considéré comme pouvant prévenir la tuberculose miliaire chez les enfants, bien que cela ne soit pas le cas avec la tuberculose chez les adultes. Le Dr KOCID (Initiative Halte à la tuberculose) recommande trois mécanismes pour l'application de la Déclaration d'Amsterdam visant à faire barrage à la tuberculose, à savoir: des accords de partenariat mondiaux en vertu desquels les Etats Membres élaboreraient des plans multisectoriels quinquennaux ; un fonds mondial pour l'éradication de la tuberculose, l'extension de la stratégie DOTS et la mise au point de moyens diagnostiques, vaccins et médicaments nouveaux ; et un fonds mondial pour la tuberculose qui comprendrait un mécanisme mondial de distribution des médicaments fournissant gratuitement à certains pays les antituberculeux nécessaires. Une réunion de donateurs est prévue, pendant laquelle on lancera un appel en vue de la mobilisation de ressources additionnelles.

La séance est levée à 17 h 50.

DEUXIEME SEANCE Mercredi 17 mai 2000, 9 h 15 Président : Professeur S. M. ALI (Bangladesh)

QUESTIONS TECHNIQUES ET SANITAIRES: Point 12 de l'ordre du jour (suite) Initiative Halte à la tuberculose: Point 12.1 de l'ordre du jour (résolution EB105.R11 ; document A53/5) (suite) Le Dr HOLCK (Secrétaire) donne lecture des amendements au projet de résolution recommandé par le Conseil exécutif dans sa résolution EB105.R11. Le délégué de la Thaïlande a proposé de remplacer, au paragraphe 1.1 ), les mots « à suivre de près les résultats de» par« à approuver la Déclaration d'Amsterdam visant à faire barrage à la tuberculose, adoptée à la suite de», et de maintenir entre parenthèses les mots« (Amsterdam, mars 2000) ». Le délégué de la Norvège a proposé que le paragraphe 1 se termine par un nouvel alinéa ayant la teneur suivante : « 4) à accorder un rang de priorité élevé à l'intensification de la lutte contre la tuberculose dans le cadre des soins de santé primaires;». Le délégué de la Turquie a proposé que le paragraphe 2.1) se termine par un point f) ayant la teneur suivante:« f) l'intégration de la lutte contre la tuberculose dans les établissements et les activités de soins de santé primaires aux niveaux central et périphérique ; ». Le délégué du Botswana a proposé d'apporter au paragraphe 2.2) la modification suivante: remplacer le mot « guérison » par les mots « succès thérapeutique ». Le délégué de la Thaïlande a proposé de remplacer (ceci ne concernant que l'anglais), à la fm de la phrase d'introduction du paragraphe 4, le mot« through »par le mot« by »; il a en outre proposé un changement de formulation et une adjonction au paragraphe 4.3) de sorte que le texte se lise comme suit : en encourageant les investissements internationaux dans la recherche, le développement et la distribution de nouveaux moyens diagnostiques pour accélérer le dépistage et renforcer la surveillance épidémiologique -y compris en aidant les Etats Membres à mener des enquêtes de prévalence dans la communauté ou dans les sous-populations à haut risque, ainsi que parmi les personnes démunies et celles qui sont vulnérables à l'infection-, de nouvelles formulations de médicaments pour réduire la durée du traitement, et de nouveaux vaccins et autres mesures de santé publique pour prévenir la maladie, réduire les souffrances et sauver des millions de personnes d'un décès prématuré;. Le délégué de la Tunisie a proposé d'inclure à la fm du paragraphe 4 un nouvel alinéa ayant la teneur suivante : « 5) en soutenant les programmes régionaux destinés à coordonner les programmes de lutte contre la tuberculose. ». Le PRESIDENT invite la Commission à examiner le projet de résolution ainsi amendé.

-24-

COMMISSION A : DEUXIEME SEANCE

25

En l'absence d'objection, le projet de résolution, ainsi amendé, est approuvé. 1

VIH/SIDA: Point 12.2 de l'ordre du jour (résolution EB105.R17; document A53/6) Le Dr JIMÉNEZ DE LA JARA (représentant du Conseil exécutif), présentant ce point de l'ordre du jour, déclare que le Conseil exécutif est pleinement conscient des proportions effarantes que revêt l'épidémie de Vlli/SIDA et de la menace qu'elle fait peser sur le développement et la sécurité. C'est pour cela que le Conseil est favorable à un renforcement des activités et du rôle de chef de file de l'OMS. Le débat s'est centré sur l'accès aux soins, en particulier sur l'accès des personnes séropositives aux antirétroviraux et à d'autres médicaments. Il a été reconnu que les pays en développement ne devaient pas axer leur stratégie et leur politique exclusivement sur la prévention, mais que le traitement devait aussi être considéré comme faisant partie intégrante des soins complets auxquels tout individu peut prétendre. La mortalité élevée par Vlli/SIDA dans les pays en développement résulte en partie du manque d'accès aux médicaments. Les besoins concernent non seulement un choix approprié de médicaments contre le Vlli accessibles à des prix abordables, mais aussi l'existence d'une capacité institutionnelle et d'une couverture de sécurité sociale. Le Conseil souhaite que l'OMS joue un rôle actif dans l'amélioration de l'accès aux médicaments contre le VIH à travers l'application d'accords internationaux sur le commerce et qu'elle poursuive les négociations avec l'industrie pharmaceutique. Il souhaite aussi que l'OMS s'engage pleinement dans le Partenariat international contre le SIDA en Afrique. Les systèmes nationaux de santé dans le monde étant confrontés à la pression irrésistible de l'épidémie de SIDA, le Conseil exécutif a proposé le projet de résolution figurant dans la résolution EB 105.Rl7, dans lequel l'OMS est appelée à mettre au point une stratégie globale du secteur de la santé qui s'inscrive dans le plan stratégique du système des Nations Unies pour le VIH/SIDA pour 2001-2005. M. ZEPEDA BERMUDEZ (Brésil) rappelle que le Ministère de la Santé de son pays a rendu universellement accessible depuis 1997 une thérapie antirétrovirale associée. Pas moins de 85 000 patients ont bénéficié à ce jour de ce programme, dont l'incidence est comparable à celle observée dans les pays développés: la mortalité a été à peu près divisée par deux, le nombre de cas d'infections opportunistes a reculé considérablement, les hospitalisations accusent en moyenne une baisse marquée, et les traitements sont désormais plus courts et moins complexes. La mise en oeuvre de cette politique a entraîné un abaissement des coûts tant sur le plan des médicaments nécessaires au traitement des infections opportunistes que sur celui des hospitalisations qui y sont associées, abaissement qui s'est traduit par une économie de quelque US $420 millions pour la période 1997-1999. Cette tendance, qui a eu comme contrepartie une progression sensible de la demande de services ambulatoires, s'est accompagnée d'une baisse de la demande d'assistance à domicile et de services hospitaliers de jour. Il s'agit d'une politique dont le rapport coût/efficacité est indéniable. La stratégie du Brésil associe négociation directe avec les sociétés pharmaceutiques internationales et stimulation de la production locale de médicaments contre le Vlli/SIDA. L'intervenant accueille donc favorablement les efforts déployés récemment par l'ONUSIDA et ses organismes coparrainants pour parvenir à une baisse des prix des médicaments. Il propose plusieurs amendements au projet de résolution, en ayant présent à l'esprit le rapport du Directeur général sur la stratégie pharmaceutique révisée (document A53/10) et en se félicitant de la constance dont l'OMS fait preuve en réaffirmant l'importance d'une politique nationale du médicament et de mesures conçues pour garantir l'accès aux médicaments essentiels. Ainsi, il suggère d'inclure, dans le paragraphe 1, un rappel des engagements exprimés dans la résolution WHA52.19 sur la stratégie pharmaceutique révisée et des mesures à prendre dans le cadre des politiques pharmaceutiques nationales pour préserver les intérêts de santé publique et garantir un accès équitable aux médicaments, en utilisant les indicateurs élaborés par l'OMS pour suivre les progrès réalisés. Ce projet de résolution a été transmis à 1'Assemblée de la Santé dans le premier rapport de la Commission et adopté sous la cote WHA53.1. 1

26

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

Il suggère aussi que, dans ce paragraphe, les Etats Membres soient instamment appelés à collaborer avec l'OMS en vue d'établir une base de données informatisée des prix des médicaments essentiels. Il propose en outre qu'au paragraphe 2, il soit demandé au Directeur général de continuer à appuyer la mise en place de systèmes de surveillance des prix des médicaments dans les Etats Membres et de mener les discussions tendant à l'établissement de prix justes, conduisant à un accès équitable aux médicaments essentiels. Il devrait également être préconisé dans ce paragraphe de renforcer la capacité des Etats Membres à appliquer des systèmes de surveillance des médicaments pour mieux repérer les réactions indésirables et les cas de mauvaise utilisation de médicaments dans les services de santé, ce qui favoriserait un usage rationnel des médicaments. Enfm, ce texte devrait préconiser de continuer à mettre au point des méthodes et prêter un appui substantiel pour suivre les répercussions des accords commerciaux sur le plan pharmaceutique et sur le plan de la santé publique. Le Dr SAARINEN (Finlande), s'exprimant au nom des pays nordiques, félicite le Directeur général de sa contribution au récent accord qui aura pour effet d'améliorer l'accès des pays en développement aux médicaments contre le Vlli/SIDA. Les autres objectifs majeurs que constituent la distribution efficace des médicaments et des services, de même que l'amélioration des systèmes de santé, n'en restent pas moins d'actualité. Les diverses déclarations et résolutions de l'OMS sur le Vlli/SIDA proposent, à l'usage des Etats Membres, un certain nombre de principes déontologiques et de conseils pratiques partiçulièrement précieux, qui ont aidé à repousser la discrimination et la coercition. Aux plans national et international, l'action contre le VIH/SIDA nécessite une collaboration intersectorielle entre les différents secteurs de l'économie (fmances et éducation, notamment). Les organismes coparrainants de l'ONUSIDA doivent coopérer régulièrement, surtout au niveau des pays. Les pays nordiques considèrent néanmoins que le secteur de la santé a un rôle déterminant à jouer auprès des autres secteurs, qui ont besoin de ses compétences et de sa coopération. La première des priorités doit être le renforcement des systèmes nationaux de santé, avec une réflexion novatrice sur les moyens de promouvoir la coopération entre systèmes de santé et services communautaires, pour répondre à la demande croissante de soins et de services d'appui de la part des personnes séropositives et de leur entourage. Les pays nordiques ont le plaisir de constater que l'OMS souligne la nécessité de renforcer les systèmes de santé (voir document A53/6, paragraphe 8); dans ce sens, ils l'incitent à coordonner son action avec celle de l'ONUSIDA. li faudrait faire plus pour faciliter l'analyse et la diffusion des meilleures pratiques, de même que l'échange d'informations, en particulier dans l'optique de la prévention et du traitement. Les pays nordiques regrettent que, pour autant que l'on puisse le constater, il n'existe pas de mécanisme ou de stratégie d'intégration des activités de l'OMS concernant le VIH/SIDA dans les autres aspects de sa mission, non plus que de renforcement de sa coopération avec les autres organismes coparrainants de l'ONUSIDA, notamment au niveau des pays. Ils estiment en outre que l'OMS devrait mettre l'accent sur la notion d'équité en matière de prévention et de soins. La perspective d'un meilleur accès aux médicaments suppose un soutien et un renforcement des services nationaux de santé, en particulier des infrastructures et de la formation du personnel de santé. Il convient néanmoins de ne pas perdre de vue que toute politique, nationale ou internationale, doit reposer sur la prévention et, notamment, sur l'information et l'éducation. L'OMS doit être un organisme coparrainant actif de l'ONUSIDA, surtout au niveau des pays. Les pays nordiques reconnaissent que le renforcement du Bureau régional de l'Afrique et la défmition des priorités des pays africains constituent un apport au Partenariat international contre le SIDA en Afrique; ils soulignent à cet égard que le ferme engagement pris doit être maintenu. En tant que partenaires de nombreux gouvernements africains au titre du développement, ils jugent impératif que le VIHISIDA soit pris en considération dans la planification et la mise en oeuvre de toutes les activités de coopération pour le développement C'est d'ailleurs avec satisfaction qu'ils constatent qu'il en est ainsi dans d'autres points de l'ordre du jour et documents de la présente Assemblée de la Santé.

COMMISSION A : DEUXIEME SEANCE

27

Mme AMAHA (Ethiopie), faisant observer que, dans son pays, plus de trois millions de personnes sont touchées par le VIH/SIDA, déplore que les efforts déployés depuis la mise en place, en 1987, du programme national de prévention du SIDA pâtissent d'un manque de coordination qui en annihile les effets. En 1998, le Gouvernement a adopté un plan stratégique quinquennal de lutte contre l'épidémie. Pour mettre en oeuvre ce plan, un conseil national de prévention du SIDA, placé sous l'autorité du Président de l'Ethiopie, a été créé en avril2000. Cependant, malgré une volonté politique incontestable, la campagne contre le SIDA est entravée par des difficultés touchant plusieurs domaines : le fmancement, le manque de personnel formé et de moyens de laboratoire, l'insuffisance des services de conseil et de dépistage, de même que les lacunes sur le plan des soins et de l'appui. Mme Amaha lance un appel aux gouvernements, à la communauté internationale et aux donateurs en faveur de la mission de l'ONUSIDA et d'un soutien des efforts déployés par son pays. Compte tenu du lien évident entre santé et pauvreté, une annulation de la dette des pays pauvres et lourdement endettés d'Afrique libérerait autant de ressources pour les programmes de lutte contre la pauvreté, y compris pour la lutte contre le VIH/SIDA. La délégation de l'Ethiopie se félicite du consensus qui s'est récemment dégagé à propos de l'usage prophylactique du cotrimoxazole pour la prévention des infections liées au Vlli en Afrique, même si, malgré cette avancée, il reste nécessaire de découvrir le plus rapidement possible un vaccin contre le SIDA. L'accès aux médicaments antirétroviraux reste extrêmement limité dans la plupart des pays africains et il conviendrait de presser l'industrie pharmaceutique d'abaisser le prix de ces médicaments. L'Ethiopie apprécie particulièrement les efforts déployés par le Directeur général pour mobiliser des ressources et sensibiliser l'opinion au problème de l'accès à des médicaments efficaces pour un coût abordable. Le Dr SADRIZADEH (République islamique d'Iran), évoquant la propagation inexorable du Vlli, est reconnaissant à l'ONUSIDA d'avoir instauré des partenariats et facilité la fourniture d'un appui aux pays, tout en déplorant l'ampleur du problème et des besoins qui en découlent. Même si quelques progrès ont pu être constatés dans l'amélioration de l'accès aux soins et au traitement pour les maladies liées au VIH/SIDA et dans la prévention de la transmission du VIH de la mère à l'enfant, l'insuffisance des ressources empêche les pays en développement de résoudre ces problèmes. Tant qu'il n'existera pas de traitement curatif ou de vaccin, la démarche indiquée restera la promotion d'un partenariat mondial et la mobilisation de ressources accrues en faveur des pays en développement les plus gravement touchés. M. MASSÉ (Canada) déclare que, dans son pays, la politique en matière de VIH/SIDA associe depuis plusieurs années des éléments de surveillance, de recherche, de prévention et de soins. La délégation du Canada est favorable au projet de résolution. A ses yeux, il appartient à l'OMS d'élaborer une stratégie globale du secteur de la santé face aux épidémies de VIH/SIDA et d'autres maladies sexuellement transmissibles, de donner la priorité à la lutte contre le VIH/SIDA, notamment pour ce qui est de la transmission du Vlli de la mère à l'enfant, et de participer activement à l'action de l'ONUSIDA, en particulier à travers le Partenariat international contre le SIDA en Afrique. Le Canada appuie les appels tendant à ce que les médicaments contre le SIDA soient d'un accès plus aisé et d'un prix plus abordable. Le Dr GALON (Philippines) dit qu'elle a apprécié les principales interventions en matière de prévention et de traitement énumérées dans le document A53/6. Les Philippines se félicitent de l'attention accordée au SIDA par le Conseil de Sécurité de l'Organisation des Nations Unies. En 1988, le pays s'est doté d'un programme de lutte contre le SIDA et d'un plan d'action à moyen terme, et le Congrès a adopté en 1998 une loi en la m_atière. Il a d'ores et déjà mis en oeuvre un grand nombre des stratégies et autres démarches reconnues comme meilleures pratiques, telles que la continuité des soins grâce à des foyers de réinsertion, l'éducation des groupes cibles en matière de santé et de compétences psychosociales, et la formation des agents de santé dans les domaines du conseil et du soutien. Les principaux défis consistent à réduire l'incidence de l'épidémie sur les groupes vulnérables, en particulier les orphelins, et à assurer la sécurité transfusionnelle. Les activités qu'a suscitées la Journée

28

CINQUANTE-TROIS lEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

mondiale de la Santé (en avril2000) ont été utiles au programme national de dons de sang bénévoles exécuté aux Philippines. La délégation philippine est favorable au projet de résolution. Le Professeur GIRARD (France) déclare que l'organisation de la lutte contre le SIDA a fait des progrès depuis un an, même si, comme l'a rappelé en des tennes assez frappants le Directeur général devant le Conseil exécutif à sa cent cinquième session, «les médicaments sont au Nord, la maladie au Sud». Pour sa part, la France, mobilisant près de Fr.f.700 millions, a soutenu au cours des douze dernières années une soixantaine de programmes d'assistance technique, axés surtout sur la recherche, notamment en Afrique subsaharienne. Après avoir centré initialement son action sur la prévention, la France s'est efforcée d'améliorer, à partir de 1995, la prise en charge des patients, lançant, dès 1997, l'initiative du fonds de solidarité thérapeutique international. Ce fonds pennet aujourd'hui d'étudier dans six pays la faisabilité de la réduction de la transmission du VIH de la mère à 1'enfant et du traitement de patients atteints du SIDA par antirétroviraux. Parallèlement, la France s'efforce d'appuyer le renforcement des systèmes de santé nationaux. Elle se félicite de l'ouverture récente d'un dialogue entre les organisations du système des Nations Unies et l'industrie pharmaceutique, même si l'on n'en est qu'à un premier stade. A l'instigation de la France, une conférence internationale sera chargée d'élaborer des propositions concrètes de partenariat tendant à améliorer l'accès aux médicaments en Afrique. Ces différents projets et initiatives trouvent leur expression dans le projet de résolution, que la délégation française incite vivement la Commission à approuver. Le Dr MAHJOUR (Maroc) fait observer que son pays, resté relativement peu touché par l'épidémie de SIDA, a néanmoins veillé, dès l'apparition des premiers cas, à instaurer un certain nombre de mesures pour enrayer la transmission du VIH et en réduire l'impact sur la société. La sécurité transfusionnelle est chose acquise depuis 1990. Une quarantaine de centres de conseil et de dépistage anonymes gratuits ont été mis en place, certains avec la participation d'organisations non gouvernementales. La prise en charge syndromique des infections sexuellement transmissibles se généralise dans l'ensemble des structures publiques et privées du pays. Depuis 1998, une nouvelle stratégie nationale a introduit le principe de la trithérapie pour la prise en charge des malades du SIDA et des porteurs du VIH, traitement dont une centaine de malades bénéficient à 1'heure actuelle. Convaincu que le traitement contribue efficacement à la réussite des programmes de prévention, le Maroc incite le Directeur général à poursuivre les efforts entrepris à travers l'ONUSIDA en vue de parvenir à une baisse des prix des antirétroviraux, seul moyen d'offrir à tous les pays en développement un meilleur accès à ces médicaments. La délégation marocaine appuie donc le projet de résolution. Le Dr KIELY (Irlande) appuie lui aussi le projet de résolution. Les initiatives prises dans le cadre du programme d'aide à l'étranger témoignent de l'engagement de l'Irlande à combattre l'épidémie. Notant que le Premier Ministre de l'Irlande, dans une lettre adressée à M. Prodi, Président de la Commission européenne, a appelé instamment les Etats Membres de l'Union à réexaminer le niveau des ressources consacrées à la lutte contre le SIDA dans le monde et à étudier les meilleurs moyens de mettre les traitements contre le SIDA à la disposition des pays pauvres pour un coût abordable, le Dr Kiely se félicite des efforts déployés par le Directeur général à cet égard. L'Irlande procède actuellement à une mise à jour de sa stratégie nationale de lutte contre le SIDA et, conformément à ce que préconise le rapport du Directeur général, attribue la priorité à la prévention, à la surveillance, aux soins et à la prise en charge ainsi qu'aux mesures antidiscriminatoires. Le Dr EL-SHAFEI (Egypte) rappelle que l'incidence du VIH/SIDA en Egypte est parmi les plus faibles du monde. Depuis le dépistage du premier cas en 1986, quelque 800 autres cas d'infection par le VIH ont été recensés et 232 cas de SIDA signalés. L'Egypte, qui s'est engagée à combattre le VIH/SIDA, veille à ce que son programme national de lutte reste prioritaire et incite le secteur privé, de même que les secteurs de l'administration qui ne relèvent pas de la santé, à participer à l'action de lutte contre le VIH. Le SIDA est, en Egypte, une maladie dont la législation prévoit la déclaration. La sécurité transfusionnelle

COMMISSION A : DEUXIEME SEANCE

29

est maintenant acquise, un organisme national assurant chaque année le contrôle systématique de quelque 500 000 prélèvements sanguins à la recherche du VIH et d'autres agents pathogènes infectieux. Une banque nationale du sang a été créée, avec pour mission d'assurer, par un réseau de surveillance et de communication, la coordination avec une trentaine d'antennes réparties sur l'ensemble du territoire. Le commerce du sang a été rendu illégal et, pour prévenir les infections par contamination du matériel, l'usage des seringues hypodermiques jetables a été adopté. Chaque hôpital égyptien a sa propre commission de sécurité et de prévention des infections. Tous les gouvernorats disposent d'équipes qualifiées pour la prise en charge et le conseil des personnes atteintes par le VIH/SIDA. Les autorités sanitaires continuent à coopérer étroitement avec les groupes vulnérables. Les malades bénéficient d'un soutien sur les plans social, économique et psychologique. En 1996, l'Egypte est devenue le premier pays du monde arabe et du Moyen-Orient à mettre en place un service d'assistance téléphonique assurant une information sur l'épidémie. Pour sensibiliser 1'opinion, il a été fait appel aux moyens de la presse écrite (brochures, prospectus et affiches), de la radio, de la télévision et des autres médias. Le VIHISIDA est abordé dans les programmes d'enseignement scolaire. Deux conférences internationales sur le SIDA se sont tenues récemment en Egypte. L'Egypte ne ménage pas ses efforts en faveur des Etats africains et autres, mais il reste encore beaucoup à faire pour améliorer l'accès aux médicaments. A cet égard, l'intervenante se félicite, comme d'autres, des discussions engagées récemment par le Directeur général avec l'industrie pharmaceutique. La délégation égyptienne propose qu'une commission soit créée sous les auspices de l'Ç>MS pour étudier les modalités selon lesquelles l'accès aux médicaments indispensables pourrait être assuré aux pays qui en ont le plus besoin. Une telle commission serait chargée d'établir des prix appropriés, en évitant les négociations bilatérales qui aboutissent à une disparité des prix des médicaments entre les différents pays. Le Dr FERREIR.A SONGANE (Mozambique) souligne certains éléments évoqués dans le document A53/6 qui suscitent des préoccupations particulières aux pays tels que le sien. Tout en prenant acte des efforts tendant à faire baisser les prix des médicaments, l'intervenant s'interroge sur leur viabilité, de même que sur la faisabilité d'une couverture universelle, les soins et traitements se révélant difficiles dans les zones rurales éloignées. L'ignorance de telles réalités risque de mettre à mal certains principes éthiques. Par ailleurs, les pays en développement se heurtent à de graves problèmes de santé autres que le VIH/SIDA, notamment la mortalité maternelle et le paludisme, maladie qui est pour le Mozambique la priorité absolue. Pour illustrer les dépenses considérables qu'entraînent la prévention et le traitement du VIHISIDA, l'intervenant dit que les Etats-Unis d'Amérique y consacrent chaque année US $8 milliards. Même si le prix des médicaments baissait, les infrastructures de soins et les moyens d'aide sociale n'en restent pas moins insuffisants. Si, à l'heure actuelle, on privilégie la question des médicaments, c'est encore la prévention, y compris la sécurité transfusionnelle, qui reste le principal volet du combat contre le VIHISIDA. En raison des problèmes que posent les kits de test VIH, le Mozambique ne peut garantir la sécurité de son approvisionnement en produits sanguins (notamment du fait qu'il n'a pas les moyens de rechercher les marqueurs de l'infection par le virus de l'hépatite B, alors que cette pathologie constitue un problème de santé majeur). Il serait souhaitable que le projet de résolution reflète ces différentes préoccupations. Le Dr DLAMINI (Swaziland), appuyant sans réserve les observations formulées par le délégué du Mozambique, ajoute qu'en outre le petit nombre de centres de dépistage du VIH dans les zones reculées compromet les efforts de prévention basés sur le conseil et sur le dépistage volontaire. La mise en place d'une infrastructure comportant les moyens de laboratoire et de diagnostic nécessaires au suivi des patients constitue donc le préalable à tout programme de traitement par antirétroviraux. Pour être d'un rapport coût/efficacité satisfaisant, toute intervention fait nécessairement appel à des médicaments pour la prophylaxie et le traitement des infections opportunistes, notamment de la tuberculose, dont le coût grève déjà lourdement le budget du pays. Il conviendrait donc d'élargir le débat sur les coûts. Des interventions nutritionnelles sont par ailleurs indispensables pour prolonger la survie des personnes vivant avec le

30

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

Vlli/SIDA. Il faut mettre davantage l'accent sur la prévention et envisager de recourir à des thérapies différentes. Une autre préoccupation majeure est l'impact socio-économique du VIH/SIDA, notamment la multitude d'orphelins, souvent infectés par le VIH, confiés parfois aux bons soins de grands-parents âgés et pauvres. Accablé par cet enchaînement de facteurs qui le confment dans la pauvreté, le Swaziland, comme d'autres pays, a besoin d'un soutien pour consolider son« filet de sécurité» sur le plan social. Les programmes ciblés sur les communautés ou sur les foyers, s'ils constituent un élément essentiel de la continuité des soins, nécessitent une dotation de ces communautés en moyens, c'est-à-dire en ressources. Sur ce point aussi, un soutien s'impose. Par ailleurs, les personnes vivant avec le VIH/SIDA doivent être associées à toute démarche, du fait de leur rôle clé dans les stratégies de prévention, si l'on veut déstigmatiser la maladie et promouvoir l'acceptation dans le milieu de travail. La non-discrimination au travail est un élément déterminant et les autorités du Swaziland ont veillé à ce que la législation interdise de soumettre les candidats à l'embauche à un dépistage obligatoire. Un constat inquiétant est l'infection des fillettes; aussi, le Swaziland recherche-t-il une assistance pour renforcer ses stratégies d'éducation et de promotion de la santé. Soulignant l'importance d'une approche holistique, le Dr Dlamini approuve le projet de résolution, mais propose les amendements suivants : insérer au paragraphe 1.11) les mots « des mesures d'incitation à la production locale et des pratiques d'importation» entre les mots «sociétés pharmaceutiques » et les mots « et un financement approprié », et ajouter au paragraphe 2 un nouvel alinéa ayant la teneur suivante : « 18) de plaider en faveur de recherches sur la nutrition dans le '?ontexte du Vlli/SIDA aussi bien dans les pays en développement que dans les pays développés ; ». Le Dr THABANE (Lesotho) souscrit lui aussi au projet de résolution, précisant que le VIH/SIDA constitue d'ores et déjà pour son pays une urgence sanitaire telle que les médicaments antirétroviraux sont indispensables. En 1999, 15 %des individus de la classe d'âge la plus productive étaient infectés par le VIH, en dépit des mesures de prévention en vigueur. Le Gouvernement a mis en place un cadre politique et défmi une stratégie multisectorielle englobant les aspects financiers et les soins à domicile. Il souhaiterait obtenir des informations sur les stratégies réussies fondées sur l'usage du préservatif féminin. Le Lesotho accueille favorablement 1' initiative tendant à faire baisser les prix des médicaments antirétroviraux, mais doute que ces prix, même réduits, deviennent pour lui abordables, tout autant qu'il reste préoccupé par la viabilité de cette politique et par l'insuffisance des moyens de laboratoire et des ressources en personnel qualifié. Faute de médicaments antirétroviraux, le Lesotho court le risque d'avoir une immense population d'orphelins et de perdre les personnes dont dépend précisément l'efficacité de l'éducation et de la prévention. Le Dr ANDRIANARISOA (Madagascar) déclare que, bien que le taux de prévalence du VIHISIDA soit très faible dans son pays, la lutte contre les maladies sexuellement transmissibles, notamment l'infection à VIH, y constitue une activité de santé prioritaire, qui repose sur un traitement approprié et une sensibilisation croissante des groupes cibles pour tenter d'enrayer la propagation du virus. L'intervenant appuie le projet de résolution et demande au Directeur général de veiller à assurer le suivi des résolutions et recommandations adoptées. Il se prononce en faveur d'un système spécial de fixation des prix par l'industrie pharmaceutique pour permettre aux pays en développement d'accéder aux médicaments contre le Vlli/SIDA. Mme PHUMAPHI (Botswana), considérant le VIH/SIDA comme un véritable fléau pour l'humanité, déclare que la riposte consiste en une stratégie mondiale, appuyée par l'ensemble du système des Nations Unies, qui incorporerait la recherche, la mise au point de vaccins, la prévention à travers le conseil, 1' éducation, la sécurité transfusionnelle, les protocoles de traitement, la production des médicaments et l'accès à ces produits, le soutien communautaire et la dotation en personnel. Cette stratégie devrait également permettre de faire face aux conséquences de la pandémie, notamment aux problèmes posés par les orphelins, le tarissement des ressources humaines, le retard pris par les programmes de développement et la mise à mal des économies du monde en développement. Pour ces

COMMISSION A : DEUXIEME SEANCE

31

raisons, Mme Phumaphi suggère que le projet de résolution comporte une disposition par laquelle les Etats Membres seraient appelés instamment à prendre en considération au premier chef l'épidémie de VIHISIDA dans la planification du développement. Ce texte devrait également prôner l'annulation de la dette des pays en développement. Mme Phumaphi suggère en outre de supprimer la disposition selon laquelle le conseil doit être volontaire, du fait que de nombreux programmes reposent sur des stratégies de conseil collectives sans consultation préalable- qui ne vont d'ailleurs pas à l'encontre des droits de l'individu. Si l'on a affirmé que le dépistage doit être volontaire, il n'en va pas de même pour le conseil. Enfin, Mme Phumaphi propose d'inclure dans le paragraphe 2 un nouvel alinéa demandant la mobilisation de fonds pour la recherche sur le sous-type C du Vlli-1, dont la virulence et la prévalence sont les plus fortes en Afrique subsaharienne. Le Dr CHILD (Chili) fait observer que, même si dans son pays les taux de prévalence sont faibles en ce qui concerne tant l'infection à VIH (1 pour 1000 femmes enceintes) que le SIDA (28 pour 100 000 habitants), le Gouvernement a néanmoins mis en place en 1990 un programme de lutte contre l'épidémie qui repose sur les principes du respect des droits de l'homme, d'une décision informée en matière de prévention et de traitement, et du respect de l'intimité et de la confidentialité. Les dispositions prises obéissent à une gestion et une planification stratégiques dans lesquelles soins et prévention sont indissociablement liés. La prévention repose essentiellement sur le souci de rendre chaque individu à même de prendre ses décisions pour protéger sa santé et celle de ses partenaires sexu~ls ; elle doit tenir compte des caractéristiques culturelles, sociales, affectives, psychologiques et cognitives de la population. La prise en charge des personnes infectées nécessite un accès équitable aux médicaments contre le VIHISIDA, compte tenu des ressources disponibles et avec le soutien éventuel du secteur non gouvernemental. Jusqu'à une date récente, le Chili était en mesure d'offrir aux patients, dont le nombre était limité, un ensemble de soins efficaces et complets, mais l'offre risque de ne pas pouvoir suivre 1' expansion de la demande. En raison de ses ressources limitées, le Chili a accepté en 1998 la proposition de l'ONUSIDA de participer à l'initiative en faveur de l'accès aux médicaments anti-VIH, un projet pilote destiné à améliorer l'accès des personnes vivant avec le VIH aux soins de santé et aux médicaments. A cet égard, le Dr Child se félicite des initiatives récentes tendant à faire baisser le prix des médicaments anti-Vlli. Consciente de l'importance déterminante de l'évaluation des programmes menés par son pays, elle espère que les résultats de cette évaluation seront communiqués à la communauté internationale. Elle souhaite, en particulier, que l'expérience ainsi acquise se révèle d'un grand intérêt pour le Groupe de collaboration technique horizontale, qui assure l'harmonisation des programmes de lutte contre le SIDA dans la région et offre une tribune ouverte permanente pour l'échange des données d'expérience et des enseignements qui en sont tirés. Le Dr BUSTAMANTE GARCiA (Colombie) décrit certains aspects de l'épidémie dans son pays. A la fm de 1999,20 604 personnes vivaient avec le VIHISIDA, 1254 nouveaux cas avaient été recensés au cours de cette année, et la transmission du virus se faisait de plus en plus par voie hétérosexuelle. L'introduction de médicaments antirétroviraux dans le cadre du plan national de santé a fait reculer la mortalité chez les personnes infectées par le VIH. En collaboration avec l'ONUSIDA, la Colombie a élaboré un plan stratégique national pour 2000-2003 qui comporte huit stratégies opérationnelles dans le cadre desquelles les activités, les résultats attendus, les indicateurs, les coûts et les responsabilités ont été bien définis. Les priorités sont fixées en fonction des besoins locaux. En 2000, des directives ont été émises portant sur les mesures obligatoires et orientées vers la demande ainsi que sur la prévention et le diagnostic précoce des maladies épidémiques, dont le VIH/SIDA. Le suivi épidémiologique est actuellement centré sur la notification, les études de surveillance, les rapports des banques de sang et les études sur les comportements sexuels à risque. En mars 1999, en application de l'Accord Hip6lito Unanue, s'est tenue la première conférence virtuelle sur les maladies sexuellement transmissibles et le VIHISIDA, qui a constitué pour les pays de la région andine une tribune permettant de défmir leurs plans et d'échanger des informations.

32

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

Dans la nouvelle stratégie du Ministère de la Santé colombien sur le Vlli/SIDA, les médias s'engagent à améliorer les compétences et la formation de 230 agents de communication dans l'ensemble du pays. Un prix a été créé pour distinguer le meilleur communicateur dans ce domaine. En outre, le Ministre de la Santé a proposé, lors du Sommet ibéro-américain des Ministres de la Santé qui s'est tenu en octobre 1999, que le programme VIH/SIDA de chaque pays soit dirigé par une personne qui soit elle-même séropositive. Mme SOSA MARQUEZ (Mexique) souscrit sans réserve au projet de résolution, notamment dans la mesure où ce texte renforce le rôle de l'OMS en tant qu'organisme coparrainant de l'ONUSIDA. La délégation mexicaine se déclare convaincue que la meilleure tribune où débattre du Vlli/SIDA en Afrique est le Conseil économique et social de l'Organisation des Nations Unies et que l'ONUSIDA est l'instance qui se prête le mieux à la coordination avec le système des Nations Unies. Mme Sosa Marquez appuie également l'amendement proposé par la délégation du Brésil. Le Dr WANG Zhao (Chine), soulignant les préoccupations de son pays devant l'épidémie de Vlli/SIDA, demande à l'OMS de l'aider à renforcer sa coopération avec la communauté internationale dans son action de prévention et de lutte. La Chine est favorable à l'adoption du projet de résolution et se réjouit notamment du fait que ce texte envisage une stratégie globale accordant la priorité, au titre du budget ordinaire de l'OMS, à la prévention et à la lutte ainsi qu'à la mobilisation de fonds sup~lémentaires pour soutenir les programmes nationaux de lutte contre le VIH/SIDA. La délégation chinoise préconise la poursuite de l'action de l'OMS visant à coordonner les services de transfusion sanguine, à réduire le coût des médicaments et à faire progresser la recherche sur les médicaments et les vaccins. Les pays en développement ne seraient pas en mesure de supporter la charge de soins médicaux dans le cas où une proportion importante de leur population viendrait à être contaminée. Pour cette raison, l'OMS doit s'efforcer d'enrayer la propagation du VIH en mettant davantage l'accent sur la prévention. Le Dr SATCHER (Etats-Unis d'Amérique) estime que la reconnaissance de la réalité du problème du VIH/SIDA est la première étape vers l'amélioration de l'éducation du public, le développement du marketing social en faveur de la prévention, 1' administration de traitements présentant un bon rapport coût/efficacité et la prestation de soins dans les communautés. Les personnalités marquantes du monde politique doivent jouer un rôle de premier plan et souligner l'importance de la prévention. La situation de bien des pays d'Afrique est critique et les Etats-Unis apportent un ferme soutien au Partenariat international contre le SIDA sur ce continent. Des pays d'autres régions- en Asie, dans les Caraïbes et l'ancienne Union des Républiques socialistes soviétiques- sont eux aussi confrontés à une évolution préoccupante. Intervenir en temps utile peut sauver des millions de vies humaines ultérieurement. Les Etats-Unis maintiendront leur coopération avec l'OMS et l'ONUSIDA et appuient le projet de résolution. Par la voix du Président Clinton, les Etats-Unis se sont fermement engagés à produire un vaccin efficace; ils consacrent des millions de dollars à l'élaboration de vaccins contre le VIH/SIDA, le paludisme et la tuberculose. Les interventions concluantes, comme la démarche axée sur la sécurité transfusionnelle, doivent être appuyées et même renforcées. Pour faciliter l'accès aux médicaments et autres thérapies, les Etats-Unis veillent à ce que l'application de la législation américaine relative aux incidences commerciales de la propriété intellectuelle reste assez souple pour permettre de réagir rapidement au cas où une crise de santé publique serait portée à l'attention du Ministre du Commerce. Ils veillent en outre à ce que l'Accord de l'OMC sur les aspects des droits de propriété intellectuelle qui touchent au commerce soit respecté. L'OMS devrait mettre à contribution ses compétences en matière d'infrastructure sanitaire pour améliorer l'accès à des thérapies efficaces. Elle devrait constituer avec l'OMC, l'OMPI, l'UNICEF et l'ONUSIDA un groupe de travail qui serait chargé spécialement de promouvoir l'accès aux traitements du VIHISIDA. Ce groupe serait également chargé de mettre en place une infrastructure médicale d'appui pour assurer l'innocuité des médicaments contre le VIH/SIDA.

COMMISSION A : DEUXIEME SEANCE

33

Mme NGHA TANGA (Namibie) rappelle à l'Assemblée de la Santé que son pays est si gravement touché par l'épidémie de VIH/SIDA que ce fléau y est devenu la principale cause de mortalité. L'ensemble des progrès accomplis par le pays sur le plan du développement depuis son indépendance, en 1990, se trouvent anéantis. En 1998, le Gouvernement a élaboré un plan multisectoriel à moyen terme axé sur la prévention, la diffusion de l'information et les soins et l'aide aux personnes infectées ou touchées par le VIH. Mme N ghatanga appuie le projet de résolution, sous réserve des amendements proposés par la délégation du Swaziland, et suggère deux autres amendements: il s'agirait d'ajouter, après « VIHISIDA »à la fm du paragraphe 1.1), les mots« ainsi qu'aux soins et à l'aide aux personnes infectées ou touchées» et d'ajouter, après« VIHISIDA »à la fm du paragraphe 2.4), les mots« ainsi que pour les soins et l'appui fournis par l'intermédiaire des programmes à domicile et dans la communauté;». Le Dr GONZÂLEZ-FERNÂNDEZ (Cuba) affirme que le SIDA constitue une tragédie sociale pour l'Afrique subsaharienne. Depuis 1985, Cuba a mis en place un important programme de lutte contre le VIHISIDA dans le cadre de son système national de santé. L'accent a été mis sur l'éducation des enfants d'âge scolaire et des jeunes. On a recensé, à ce jour, 2530 personnes infectées par le VIH, chez 937 desquelles la maladie s'est déclarée, et 658 décès. Le taux d'incidence augmente, certes, mais lentement. Malgré la situation économique, depuis 1989, la zidovudine et, plus récemment, une thérapie associée sont accessibles pour tous les enfants séropositifs et leurs mères. Lorsqu'il s'est exprimé au Sommet du Sud du Groupe des 77 à La Havane, en.avril2000, en sa qualité de Directeur exécutif de l'ONUSIDA, le Dr Peter Piot s'est engagé au nom de cette instance à tirer parti des résultats obtenus. Citant la Déclaration du Sommet, le délégué cubain invite instamment la communauté internationale à « adopter des mesures concrètes pour atténuer les effets désastreux du VIH/SIDA, notamment en encourageant la production locale de médicaments et en veillant à ce que ceuxci soient d'un coût abordable». Il souscrit au projet de résolution, mais estime que ce texte devrait appeler de manière plus explicite les Etats Membres, en particulier les pays développés, à dégager les ressources fmancières nécessaires. Le Dr FETISOV (Fédération de Russie) signale que des cas d'infection à VIH et de SIDA sont actuellement dépistés dans diverses régions de la Russie. L'augmentation de l'incidence est essentiellement le fait des utilisateurs de drogues par injection. Le Ministère de la Santé de la Fédération de Russie coopère activement avec les organisations compétentes dans les domaines de la prévention, du dépistage du VIH, du traitement et de la sécurité transfusionnelle. Bon nombre d'interventions sont entreprises en collaboration étroite avec l'ONUSIDA et son bureau à Moscou. La Fédération de Russie appuie le projet de résolution relatif à cette question, accueillant favorablement les propositions adressées au Directeur général, qui tendent à ce que l'OMS adopte une nouvelle stratégie fondée sur son expérience pour enrayer la propagation du VIH, et se félicitant du renforcement du rôle de l'Organisation dans ce domaine. Le Dr TSHABALALA-MSIMANG (Afrique du Sud) déclare que, dans son pays, la campagne contre le VIHISIDA est menée par le Vice-Président, lequel préside le Conseil national multisectoriel pour la lutte contre le SIDA, récemment mis en place. L'Afrique du Sud a lancé un plan stratégique quinquennal dirigé vers les jeunes, qui englobe la prévention, le conseil et le dépistage volontaire, les soins, l'appui et le traitement, la mobilisation sociale et la mise au point d'un vaccin adapté à une utilisation en Afrique. Les stratégies ont été harmonisées avec celles des autres pays de la Communauté de Développement de l'Afrique australe, qui ont les mêmes préoccupations: le développement des ressources humaines, le renforcement des systèmes de santé et du soutien logistique, l'amélioration de l'accès à des moyens de diagnostic du VIH fiables et abordables, l'égalité entre les sexes (en particulier, la responsabilisation des femmes et des jeunes filles), la recherche sur les bienfaits de la nutrition pour les personnes vivant avec le VIH/SIDA, et l'éradication de la pauvreté. L'Afrique du Sud estime qu'un moratoire en faveur des pays pauvres lourdement endettés faciliterait la réalisation de ces objectifs.

34

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

Soutenant l'action de l'OMS et de l'ONUSIDA, l'Afrique du Sud se réjouit également des discussions engagées avec l'industrie pharmaceutique, auxquelles d'autres délégués ont fait allusion. Les pays en développement demandent à l'OMS de mener ces négociations dans une optique de transparence, de concertation et de représentativité, en y associant notamment les pays les plus touchés par l'épidémie et en veillant à ce qu'elles portent sur des médicaments contre le VIH/SIDA autres que les antirétroviraux, de même que sur le renforcement des systèmes de santé, des infrastructures et du soutien logistique, y compris les services de diagnostic en laboratoire. Une concertation plus étroite des Etats Membres serait également nécessaire. L'Afrique du Sud a jugé encourageante la déclaration du Président Clinton (du 10 mai 2000), selon laquelle chaque pays devrait avoir les moyens de prendre des mesures pour faire face à l'épidémie de VIH/SIDA, pour autant que ces mesures soient compatibles avec ses obligations internationales. Les pays devraient être incités à recourir à des stratégies telles que les importations parallèles et les licences obligatoires et à favoriser la production locale de médicaments. L'Afrique du Sud est favorable au projet de résolution, sous réserve de l'adoption des amendements proposés par les délégations du Brésil et du Swaziland. Elle suggère d'inclure dans le paragraphe 1 une référence aux initiatives de responsables politiques africains, de manière à infirmer l'accusation fréquente selon laquelle des dirigeants de ce continent manqueraient de volonté politique. Le Dr MOGUILEVSKY (Argentine) fait savoir que, dans son pays, le Ministère d~ la Santé a constitué une unité de coordination chargée d'intégrer les divers programmes de lutte contre le SIDA pour en accroître l'efficacité. Les antirétroviraux et autres médicaments contre le VIH sont délivrés gratuitement, de même que sont effectuées gratuitement pour les personnes n'ayant pas d'assurance la numération des lymphocytes T CD4+ et la mesure de la charge virale. Le nombre de sites sentinelles a été accru, de même que celui des centres de dépistage volontaire et anonyme du VIH. Le programme national de prévention du SIDA a bénéficié récemment d'un nouvel élan, avec des campagnes intensives ciblant les groupes à risque. Une formation dans ce domaine est dispensée au personnel des services de santé et aux enseignants dans plus de 70 établissements scolaires situés dans les zones hautement prioritaires. La sécurité transfusionnelle est assurée (95 % du sang destiné aux transfusions a été contrôlé en 1999) et des programmes de formation comportant un volet sur les critères d'exclusion des donneurs ont été mis en place à l'intention du personnel de ce secteur. A l'échelle du pays, le taux de mortalité moyen par SIDA a reculé d'environ 9%, encore que l'on constate des fluctuations importantes entre les régions- de 4 à 23%- ce qui justifierait une étude plus approfondie. L'Argentine se félicite de l'ouverture de négociations avec l'industrie pharmaceutique sur l'abaissement des coûts, préoccupation majeure pour ce pays. Le recours continu à des traitements inefficaces est un autre sujet d'inquiétude. Le Dr STAMPS (Zimbabwe), tout en se déclarant favorable au projet de résolution, propose que les mots « engagement politique » soient supprimés du septième alinéa du préambule, car ils ne reflètent pas la situation de tous les pays. L'engagement politique a été manifeste au Zimbabwe depuis que le premier cas y a été diagnostiqué en 1985, année où un programme sur la sécurité transfusionnelle -aujourd'hui considéré comme un modèle du genre- a été mis en place. En 1990, le Président du Zimbabwe a prononcé non moins de 16 déclarations sur le VIH/SIDA, et le pays a récemment créé un conseil national sur le SIDA, qui se caractérise par une large assise. Le fonctionnement de cet organe statutaire est fmancé par une taxe de 3 % sur le revenu individuel et les revenus des entreprises établies dans le pays. De plus, c'est le secteur public qui est le principal fournisseur de préservatifs du pays. Le Zimbabwe manque certes d'argent, mais sûrement pas d'engagement. Le Dr Stamps évoque le fardeau de l'endettement, considérant que ce sont les institutions financières mondiales qui font preuve, à cet égard, d'un manque d'engagement politique. Un moratoire constituerait l'une des contributions les plus précieuses que la communauté internationale pourrait apporter aux pays de l'Afrique subsaharienne, laquelle ne serait pas hostile à ce que cet avantage profite à l'expansion des services sociaux et de santé, notamment à l'éducation.

COMMISSION A : DEUXIEME SEANCE

35

Pour pouvoir offrir les meilleurs soins de santé à leurs patients, les Etats Membres ont besoin d'être informés et de pouvoir choisir. Pour cette raison, le Dr Stamps, tout en étant favorable à l'amendement proposé par le délégué du Swaziland au paragraphe 2 du projet de résolution, propose lui-même l'adjonction d'un alinéa supplémentaire ayant la teneur suivante : « 19) de déterminer le meilleur prix qu'on puisse obtenir pour un schéma thérapeutique contre le VIH/SIDA de qualité acceptable, et de donner des avis sur les problèmes gestionnaires, juridiques et réglementaires à résoudre pour se procurer des médicaments à ce prix ; ». Le Dr SIDHOM (Tunisie) fait l'éloge du travail accompli par l'OMS dans le cadre de l'ONUSIDA, notamment en ce qui concerne 1' élaboration de stratégies nationales de santé privilégiant les jeunes, la transmission du VIH de la mère à l'enfant, la qualité des soins dans les communautés et la non-discrimination et la non-stigmatisation à l'égard des populations vulnérables. La Tunisie reste relativement peu touchée par le VIH, en partie grâce à l'adoption précoce d'une stratégie nationale résolue de lutte contre le SIDA et les maladies sexuellement transmissibles. Les efforts déployés pour assurer la sécurité transfusionnelle ont été particulièrement couronnés de succès : pas un seul cas d'infection par cette voie n'a été signalé depuis 1987. Les soins, y compris les soins hospitaliers, sont dispensés gratuitement à toutes les personnes atteintes du VIH/SIDA et de maladies apparentées. La législation étend désormais 1' accès aux soins de cette nature et proclame le droit de toute personne atteinte d'une maladie transmissible à l'égalité de traitement sans distinction ni discrimination. La famille elle-même joue un rôle important à cet égard en contribuant à lutter contre la stigmatisation. La Tunisie a adopté une stratégie nationale de prévention de la transmission du VIH de la mère à l'enfant lors de la naissance ainsi qu'un plan national intégré de traitement des maladies sexuellement transmissibles. L'éducation pour la santé est centrée sur les jeunes, les étudiants, les enfants scolarisés et le grand public. Des campagnes d'information sont organisées pour rendre la population plus consciente des problèmes que pose le VIH/SIDA et faire disparaître les obstacles psychologiques empêchant d'aborder ces problèmes ainsi que ceux des maladies sexuellement transmissibles. Les pays où la prévalence du VIH/SIDA est faible ont intérêt à rester vigilants. Les programmes de prévention, de même que l'existence de traitements efficaces - dont la trithérapie - obligent la communauté internationale à garantir le droit de toute personne vivant avec le VIHISIDA de bénéficier des traitements existants. Pour répondre aux espérances de ces personnes et faire preuve de compassion pour leurs souffrances, il incombe à la communauté internationale d'intensifier son action de manière concertée. La Tunisie se réjouit des efforts déployés récemment pour faire baisser les prix des produits pharmaceutiques et se déclare favorable au projet de résolution. Le Professeur AHSAN ULAH (Bangladesh) fait observer que, si la prévalence du VIHISIDA dans son pays est faible, ce dernier n'en reste pas moins menacé par une augmentation des taux d'infection en raison des mouvements de population transfrontières ou internes et de la forte prévalence des maladies sexuellement transmissibles et de la tuberculose. Les négociations sur l'abaissement des prix des médicaments contre le VIH sont opportunes. L'intervenant est favorable à l'extension de ce principe aux médicaments essentiels. Il évoque le grave problème de santé publique que constitue, pour son pays, la contamination par l'arsenic des ressources en eau, situation qui nécessite d'urgence une assistance technique et fmancière. Le Dr TEE AH SIAN (Malaisie) se félicite de ce que l'OMS et d'autres organismes des Nations Unies aient engagé des discussions avec cinq entreprises pharmaceutiques dans le but d'accélérer et d'améliorer la prise en charge et le traitement du VIHISIDA. Il exprime l'espoir que cette démarche sera couronnée de succès. La Malaisie, sans remettre en question 1' Accord sur les aspects des droits de propriété intellectuelle qui touchent au commerce, appelle instamment l'Organisation à envisager la possibilité d'autoriser les importations parallèles et la fabrication locale dans les pays en développement.

36

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

Le Dr SILW AMBA (Zambie) souligne la somme de souffrances que représentent pour les pays d'Afrique subsaharienne le VIH/SIDA et la tuberculose, maladies qui frappent en particulier leurs populations jeunes et économiquement actives. Comme le Zimbabwe et l'Afrique du Sud, la Zambie ne manque pas de volonté politique. Elle aussi a constitué un conseil, placé sous l'autorité de six ministères. Malheureusement, bien peu de progrès ont été constatés. Le recul de la morbidité et de la mortalité enregistré dans les pays développés et au Brésil, essentiellement grâce à l'utilisation répandue de la thérapie antirétrovirale, suscite un vif intérêt et il serait souhaitable que ces traitements soient disponibles également dans les pays en développement. L'initiative prise pour parvenir à une réduction des prix est assurément positive. Elle était attendue depuis longtemps. La possibilité d'accéder à une thérapie d'un prix abordable inciterait certainement beaucoup de personnes qui ne savent pas si elles sont séropositives ou séronégatives à se soumettre au dépistage ainsi qu'au conseil tendant à la prévention. La pandémie appelle une riposte mondiale, dans laquelle les sociétés pharmaceutiques ont un rôle déterminant à jouer. Il n'est pas moralement acceptable de laisser le VIH se propager et faire de tels ravages alors que les moyens de prévention et de lutte existent. Enfm, il serait souhaitable que l'OMS, l'ONUSIDA et les organismes bilatéraux continuent de fournir leur appui pour améliorer la gestion des programmes de lutte contre le VIHISIDA. La Zambie est favorable au projet de résolution, ainsi qu'aux amendements proposés par le Brésil, le Swaziland et le Zimbabwe. Le Dr KANCHANA KANCHANASINITH (Thaïlande), se félicitant des s~atégies et recommandations formulées dans le projet de résolution, souligne la volonté politique puissante et sans faille dont son pays fait preuve dans la lutte contre le VIH/SIDA. La Thaïlande a consacré une somme considérable d'efforts et de ressources à l'approche multisectorielle, qui a abouti à des progrès substantiels : évolution des comportements, utilisation accrue du préservatif, recul appréciable de la prévalence des maladies sexuellement transmissibles, et diminution de la prévalence du VIH chez tous les groupes autres que les usagers de drogues par injection, les femmes enceintes et les donneurs de sang, catégories chez lesquelles la surveillance sentinelle a révélé en juin 1999 une légère augmentation. La délégation thaïlandaise propose plusieurs amendements. En ce qui concerne le paragraphe 1, d'une manière générale, les pays disposant de ressources sanitaires limitées ne sont pas en mesure de mettre en oeuvre les recommandations de l'OMS relatives aux soins. A l'instar du Mozambique, la Thaïlande considère que la priorité doit être accordée à la prévention. Le Ministère de la Santé de la Thai1ande a fait ressortir les mérites, sur le plan du coût et de l'efficacité, du« vaccin social», qui consiste à responsabiliser les femmes, à généraliser l'accès aux préservatifs et à modifier les comportements à risque. L'intervenante propose d'ajouter à la fin du paragraphe 1.3) le membre de phrase suivant:«, étant entendu que l'éducation du public et les campagnes nationales devraient mettre l'accent sur la lutte contre la discrimination et la stigmatisation et sur la promotion d'environnements propices à la santé pour prévenir et atténuer les problèmes liés au SIDA;». Malgré les baisses récentes des coûts des médicaments, la Thaïlande, à l'instar du Mozambique et du Lesotho, reste sceptique quant à la viabilité de l'utilisation de médicaments antirétroviraux et d'une couverture universelle. L'intervenante suggère, pour assurer une utilisation efficace des ressources disponibles, que les pays définissent leurs priorités sur la base de leur situation économique et de leur profil épidémiologique. Ainsi, la Thaïlande devrait privilégier la transmission de la mère à l'enfant, de même que la chimioprophylaxie de la tuberculose et de la cryptococcose, plutôt que s'orienter vers 1'utilisation généralisée de thérapies antirétrovirales très coûteuses et peu rentables. Les termes « fmancement adéquat» employés dans le projet de résolution prêtent à confusion, puisqu'ils peuvent donner à entendre que le fmancement des médicaments contre le VIH/SIDA pourrait être supporté aussi bien par les ménages que par l'Etat, optique qui serait à la fois erronée et irréaliste pour les pays en développement. L'intervenante demande à l'OMS d'adopter une position volontariste et ferme dans ses négociations avec l'industrie pharmaceutique sur le prix des médicaments brevetés. A cet égard, les alinéas 9) et 10) du paragraphe 2 sont rédigés dans des termes trop conciliants. Pour ce qui est du paragraphe 1.11), des éclaircissements seraient nécessaires quant à l'expression« mise en place d'une politique énergique d'utilisation de produits génériques», si l'on veut bien considérer que tous les

COMMISSION A : DEUXIEME SEANCE

37

médicaments contre le VIH seront intégralement couverts par des brevets au cours des cinq prochaines années et que les sociétés pharmaceutiques ont tendance à mettre sur le marché de nouveaux médicaments dès que le brevet sur les anciens vient à expiration. En ce qui concerne le paragraphe 2.13), l'intervenante appuie par principe le rôle des microbicides, mais craint que ces produits, une fois brevetés, ne deviennent financièrement hors de portée pour les professionnelles du sexe, catégorie la plus vulnérable de la population. Le Dr TEMU (Papouasie-Nouvelle-Guinée) affirme que l'augmentation sensible de la prévalence du VIH dans son pays constitue une menace pour la population, jeune et relativement peu nombreuse. Les efforts déployés par le Directeur général pour que la lutte contre le VIH/SIDA bénéficie d'un plus large soutien rassurent les pays ayant des systèmes fragiles et des ressources limitées. La Papouasie-NouvelleGuinée s'est dotée d'un conseil national sur le SIDA ayant son fmancement propre, distinct du budget de la santé, et elle s'efforce d'obtenir une assistance de la part des institutions internationales, multilatérales et bilatérales. Elle se félicite, en particulier, du précieux concours apporté par le Bureau régional OMS du Pacifique occidental, le FNUAP, l'UNICEF et le Gouvernement australien. Les défis que la Papouasie-Nouvelle-Guinée doit affronter sont notamment l'impossibilité, pour les secteurs autres que sanitaires représentés au conseil national sur le SIDA, instance multisectorielle, d'organiser, de fmancer et de mettre en oeuvre des activités sectorielles liées au VIH/SIDA. Le Dr Temu propose que le paragraphe 2 du projet de résolution mentionne, dans son alinéa 14), l'~élioration de la capacité de collaboration intersectorielle et que, parmi les nombreuses tâches qu'il prévoit, il appelle les organisations internationales, les institutions des Nations Unies, les donateurs bilatéraux et multilatéraux et les organisations non gouvernementales à inclure des activités liées au VIH/SIDA dans tous leurs programmes d'appui au niveau des pays. A propos du paragraphe 1.5), il juge les termes« aussi sûrs que possible » trop faibles et suggère de modifier le texte comme suit : « en veillant à ce que tout individu ait accès à du sang et à des produits sanguins sûrs, . . . ; ». Mme WIJNROKS (Pays-Bas), appuyant la déclaration des pays nordiques, se rallie aux précédents intervenants qui ont souligné l'importance de l'engagement politique en tant que facteur déterminant du succès de tout programme de lutte contre le SIDA. En tant qu'organisme coparrainant de l'ONUSIDA, l'OMS est investie d'une responsabilité claire dans le domaine de la santé. On est donc en droit d'attendre que la connaissance des questions de santé publique et des aspects techniques de la santé se manifeste dans toutes les initiatives de cette Organisation. Les Pays-Bas sont en faveur d'une recherche objective et indépendante sur la transmission du VIH de la mère à l'enfant et appellent instamment l'OMS à suivre de près les études pilotes, dans une perspective d'éthique et de santé publique. Aux Pays-Bas, la participation d'organisations communautaires et non gouvernementales aux stratégies de prévention s'est révélée très efficace, et il convient de mettre en avant cette expérience. Mme Wijnroks se félicite de la reconnaissance par l'OMS de l'importance de la nutrition dans l'amélioration de la qualité de vie des personnes atteintes du VIH/SIDA et se déclare en faveur du projet de résolution. Le Professeur AKIN (Turquie) fait observer que la pandémie de VIH/SIDA, tout en constituant un grave problème de santé publique au niveau mondial, illustre bien le succès que permet de remporter dans un délai relativement court la collaboration intersectorielle. L'intervenante se félicite des initiatives de l'OMS et des contributions de l'ONUSIDA ainsi que d'autres organisations internationales. A l'avenir, les progrès dépendront, entre autres, d'un meilleur accès aux traitements du VIH/SIDA dans les pays en développement. En second lieu, il conviendrait d'améliorer la collaboration intersectorielle au niveau des pays, notamment à travers une plus large participation des organisations non gouvernementales à la sensibilisation du public aux mesures de prévention. Aucun effort ne devrait être épargné pour améliorer l'éducation de la population, y compris des adolescents, car cet élément est déterminant pour la réussite des programmes de lutte et favorise la participation communautaire. Pour en améliorer le rapport coût/efficacité, les programmes de lutte contre le VIH/SIDA devraient s'inscrire dans le cadre des autres

38

CINQUANTE-TROIS lEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

activités sanitaires, au niveau mondial comme à celui de chaque pays. L'intervenante se prononce en faveur du projet de résolution. Le Dr SANGALA (Malawi), présentant de manière synthétique la mission que doit assumer le Ministère de la Santé et de la Population de son pays, indique que si, à la fin de 1998, on recensait 265 000 cas de SIDA et 700 500 personnes infectées par VIH, il restait 9 millions de personnes, essentiellement en milieu rural, à protéger contre le VIH. Le plan stratégique quinquennal adopté par le pays pour la période 2000-2004 sous les auspices du Président du Malawi repose sur une large base participative. Se ralliant à l'avis exprimé par le délégué du Zimbabwe, le Dr Sangala fait observer que l'engagement politique est visible et actif. Si le projet de résolution appelle les Etats Membres à allouer des ressources à la lutte contre l'épidémie, un grand nombre d'entre eux le font d'ores et déjà Avec deux tiers des patients hospitalisés souffrant de complications de l'infection par le VIH au Malawi, les conséquences de l'épidémie atteignent des proportions telles que les budgets sont insuffisants pour faire face aux innombrables problèmes qui se posent. Le Malawi se félicite de l'intention déclarée par certaines sociétés pharmaceutiques de faire baisser le coût des médicaments, y compris des antirétroviraux, même si ce prix restera encore trop élevé pour beaucoup de gens. Le Dr Sangala exprime sa reconnaissance à l'égard de tous les pays et de tous les partenaires qui ont mis leurs moyens à contribution pour lutter contre l'épidémie dans le cadre de la récente opération de mobilisation de ressources. Le Malawi est favorable au projet de résolution, moyennant les amendements proposés par la Namibie, l'Afrique. du Sud, le Swaziland et le Zimbabwe. Le Dr KORTE (Allemagne) déclare que son pays prend acte des efforts déployés par l'OMS et l'ONUSIDA, tels qu'ils ressortent du document, et les appuie sans réserve. L'Allemagne maintiendra ses contributions bilatérales au programme d'ensemble. Le Dr Korte partage les préoccupations exprimées en ce qui concerne la transmission du VIH de la mère à l'enfant. Il reconnaît la nécessité d'un engagement au plus haut niveau et juge extrêmement encourageantes les déclarations publiques qui ont été faites récemment, en particulier en Afrique subsaharienne, mais il souhaite qu'on identifie les acteurs qui sont et qui devraient être impliqués. L'OMS devrait aborder plus franchement les obstacles religieux et culturels à la prévention du VIH par l'information, l'éducation et la communication. Le Dr Korte se prononce en faveur du projet de résolution. Le Dr VIOLAKI-PARASKEVA (Grèce) indique que, dans ce pays où l'incidence du VIH reste faible, un centre de lutte contre le SIDA et les maladies sexuellement transmissibles a été créé en 1992 sous les auspices du Ministère de la Santé afm de suivre et d'appuyer l'action menée dans ce domaine, notamment dans celui de l'éducation pour la santé. Le traitement du VIH est gratuit en Grèce. L'intervenante suggère que l'OMS procède à une réévaluation de la mission de l'ONUSIDA. La délégation grecque redoute qu'avec tous les amendements extrêmement détaillés qui ont été proposés, le message véhiculé par le projet de résolution ne finisse par être dilué, sinon déformé. L'intervenante appuie l'amendement proposé par le délégué de la Papouasie-Nouvelle-Guinée à propos de la sécurité du sang et des produits sanguins. Etant donné que les dons de sang sont volontaires dans de nombreux pays, les mots« disponibles pour un coût raisonnable» au paragraphe 1.5) n'ont pas leur place et devraient donc être modifiés.

La séance est levée à 12 h 30.

TROISIEME SEANCE

Mercredi 17 mai 2000, 14h40 Président: Professeur S. M. ALI (Bangladesh)

QUESTIONS TECHNIQUES ET SANITAIRES: Point 12 de l'ordre du jour (suite) VIII/SIDA: Point 12.2 de l'ordre du jour (résolution EB105.R17; document A53/6) (suite) Le Dr POPA (Roumanie), rappelant qu'en Roumanie l'infection à VIH et le SIDA ont touché les enfants dès les premières années de l'épidémie, déclare que, depuis sept ans, le nombre de nouvelles infections chez les enfants a chuté, se situant entre trois et cinq cas par an, tous dus à la transmission mèreenfant. Sa délégation appuie le projet de résolution et les interventions clés qu'il propose. Le Professeur MAMPUNZA (République démocratique du Congo) appuie 'tes amendements proposés par l'Afrique du Sud et le Mozambique. Depuis que les premiers cas de SIDA ont été diagnostiqués en 1983, son pays a été le principal instigateur de la lutte contre cette maladie. Le programme national de lutte contre le SIDA et les maladies sexuellement transmissibles, qui bénéficie du soutien de l'OMS et d'autres organismes, a permis de réduire de moitié la prévalence de l'infection à VIH chez les femmes fréquentant les consultations prénatales, la faisant passer à 4 %. Malheureusement, cet effort est compromis par la guerre qui frappe son pays, car l'armée d'occupation, au sein de laquelle l'infection à VIH se propage rapidement, se sert du viol comme d'une arme. En dépit de ces difficultés, le Gouvernement a doté son pays d'une nouvelle politique nationale en matière de VIH/SIDA et de maladies sexuellement transmissibles, accompagnée d'un plan stratégique pour les dix prochaines années. Le Professeur Mampunza demande à ce que son pays bénéficie d'un appui non seulement dans le domaine de la prévention, mais aussi dans celui de la recherche en médecine traditionnelle, qui constituerait une solution temporaire, en attendant que les médicaments du Nord parviennent enfin jusqu'au Sud. Il demande également à ce que la communauté internationale aide son pays à mettre un terme à la guerre. Le Dr DIMANCHE-GILBERT (République centrafricaine) dit qu'après que le Ministre de la Santé a, en 1999, attiré l'attention des décideurs sur la menace que fait peser le SIDA sur le pays, le Président de la République s'est engagé dans la lutte contre le SIDA et a incité son peuple à en faire de même. Des ressources ont été affectées aux activités extra-institutionnelles visant à toucher les communautés les plus éloignées et, avec le soutien de l'OMS, un document d'information a été traduit dans la langue nationale et diffusé à grande échelle. Le budget alloué à la lutte contre le SIDA a en outre doublé en 2000. Un projet de prévention de la transmission mère-enfant du VIH est sur le point d'être lancé, avec l'appui de l'ONUSIDA, de la France et d'autres pays. Un projet de loi portant création d'un fonds national de solidarité thérapeutique a été soumis au Parlement. Ce fonds sera alimenté par le budget national, par des contributions volontaires (de personnes qui se sont engagées à verser 1 % de leur salaire mensuel) et par des taxes spéciales prélevées sur la vente du tabac et de l'alcool. L'intervenant appelle la communauté internationale à soutenir ce fonds. Il prie l'ONUSIDA de fournir un appui technique plus important au groupe thématique des Nations Unies sur le VIH et le SIDA au niveau national et de nouer des liens plus étroits avec ce groupe. Il ajoute que la surveillance doit être renforcée. Enfm, il demande de l'aide pour l'élaboration du plan stratégique -39-

40

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

national, qui devra tenir compte des résultats de l'évaluation du plan national à moyen terme et des recommandations adoptées par l'Assemblée de la Santé. Le Professeur AKINSETE (Nigéria) annonce que la séroprévalence de l'infection à VIH au Nigéria -qui compte une population de ll 0 millions d'habitants- est passée au-dessus de la barre des 5 %, ce qui, selon les données d'expérience dont on dispose dans le domaine de l'épidémiologie, correspond à une expansion rapide de l'épidémie. Le groupe d'âge marqué par la prévalence la plus élevée est celui des 19-24 ans, ce qui laisse présager de graves répercussions sur le développement national. L'épidémie de Vlll/SIDA est encore aggravée par la coépidémie de tuberculose. Selon le Professeur Akinsete, parmi les facteurs qui expliquent l'épidémie de SIDA dans son pays figurent le déni et l'inaction des gouvernements précédents, la stigmatisation, un fmancement insuffisant, l'absence de volonté politique et une coordination inefficace. Compte tenu de la corrélation entre pauvreté et SIDA, l'actuel Président du Nigéria a lancé un programme de réduction de la pauvreté, qui devrait être suivi de l'annulation de la dette. Il a inauguré en janvier 2000 un comité présidentiel interministériel ainsi qu'un comité de travail multisectoriel à composition largement représentative. Cette approche multisectorielle sera reproduite au niveau des Etats, des autorités locales et des communautés. Conscient que le SIDA n'est pas uniquement une question de santé mais aussi un problème socio-économique et culturel, le Nigéria a adopté une approche en deux étapes : un plan intermédiaire pour les actions prioritaires couvrant entre 18 et 24 mois et un processus participatif pour prépill"er un plan stratégique à long terme. Le Nigéria est reconnaissant pour l'aide et les encouragements qu'il a reçus pour chacune de ces étapes. Il lui reste encore à relever de nombreux défis: maintenir l'engagement politique, coordonner la mise en oeuvre, décentraliser, mobiliser des ressources, établir des systèmes de gestion comptable et fmancière, assurer la surveillance et l'évaluation, renforcer les capacités et organiser l'appui aux personnes vivant avec le VIHISIDA. Le Professeur Akinsete met l'accent sur le partenariat et l'approche multisectorielle, sur le besoin d'élaborer des lignes directrices relatives à la mise en oeuvre de plans stratégiques, sur la coopération internationale, le partage d'informations et la promotion des meilletires pratiques. Elle insiste en outre sur le fait que les programmes devront être élaborés par les pays et non par les donateurs. Si l'initiative visant à rendre les antirétroviraux disponibles est certes opportune, il faut aussi accorder une attention particulière aux achats, à la distribution, à la surveillance, à la définition de normes en matière de soins et à la fabrication locale. Sa délégation appuie le projet de résolution. M. CHOWDHURY (Inde) dit que, malgré les activités entreprises au titre du programme de lutte contre le SIDA introduit en 1992, la prévalence élevée du VIH en Inde est perturbante. D'après les chiffres de la surveillance par réseau sentinelle, 3,5 millions de personnes seraient infectées. Malgré les activités engagées au titre de la phase II du programme de lutte contre le SIDA en 1999, on ne peut espérer voir s'infléchir le taux d'infection avant 2010; au contraire, l'épidémie pourrait même devenir incontrôlable. Les programmes visant à susciter un changement de comportement et les autres mesures de prévention doivent être accompagnés d'actions prises au niveau international pour modifier les lois sur le commerce des médicaments et des vaccins. L'Accord récent sur les aspects des droits de propriété intellectuelle qui touchent au commerce a limité les possibilités des pays en développement de fabriquer de nouveaux médicaments. Puisque les objectifs de la santé publique doivent primer, cet Accord ne doit pas s'appliquer aux médicaments et vaccins essentiels. L'OMS devrait faire en sorte que les gouvernements puissent contourner cet Accord et se voir octroyer le droit de produire et d'importer des médicaments contre le Vlll/SIDA. Si le besoin de médicaments est réel, il est tout aussi nécessaire de faire des recherches et de mettre au point des vaccins contre les différents sous-types du VIH. La communauté internationale devrait appuyer ces activités de recherche-développement et les brevets déposés pour ces vaccins devraient tomber dans le domaine public. Le Dr SAKAI (Japon) explique que, du fait que le VIHISIDA fait peser une lourde menace sur la santé publique et le développement socio-économique, le Japon l'a intégré à son plan à moyen terme d'aide au développement outre-mer (publié en 1999). Son pays a entre autres coopéré à la prévention du

COMMISSION A : TROISIEME SEANCE

41

Vill, à l'éducation et à la formation des ressources humaines sur une base multilatérale et bilatérale et continuera d'appuyer les activités de ce type aux niveaux international et national. Le Professeur GRANGAUD (Algérie) se dit réconforté de constater l'ampleur que prend la mobilisation contre le Vill/SIDA. L'Algérie fait preuve d'un engagement politique de plus en plus marqué et se félicite des tendances similaires observées au niveau international, en particulier sous l'égide de l'Organisation de l'Unité africaine. Dans ce pays, on accorde toujours la priorité à la prévention, en faisant intervenir tous les niveaux de la société. Tous les dons de sang sont contrôlés. On renforce actuellement la surveillance épidémiologique, on encourage le dépistage volontaire du Vill et on améliore la qualité des soins aux personnes atteintes d'autres infections sexuellement transmissibles. En 1999, l'Algérie a opté pour la trithérapie par les antirétroviraux, en dépit de ce qu'elle coûte à l'Etat. Son pays estimant que les consultations sous-régionales sont essentielles, la délégation algérienne propose d'insérer au paragraphe 1.15) du projet de résolution le membre de phrase« en favorisant la concertation interpays sous-régionale ». M. TOU (Burkina Faso) souligne que, malgré l'adoption de mesures appropriées, le SIDA reste un problème majeur dans son pays. Il fait siens les commentaires positifs exprimés par les précédents intervenants sur l'engagement politique des responsables africains, et souligne l'importance qu'ont accordée au SIDA les ministres de la santé rassemblés à l'occasion de la réunion de_ Ouagadougou en mai 2000. Il appuie le projet de résolution et propose d'y apporter quelques amendements. A la page 2 du document, après le paragraphe 1.1 ), il souhaite que soit inséré un membre de phrase proposant l'allégement des procédures d'allocation des ressources par les partenaires. Au paragraphe 2.9), il préconise de poursuivre le dialogue avec l'industrie pharmaceutique «en concertation avec les Etats africains, en tout cas avec les Etats les plus concernés et les associations de personnes vivant avec le Vill ». Il suggère en outre d'ajouter un alinéa au paragraphe 2 afm de souligner qu'il faut stimuler, encourager et soutenir la recherche dans le domaine de la pharmacopée et de la médecine traditionnelles, domaine dans lequel son pays a une grande expérience. Le Burkina Faso approuve les propositions du Botswana sur la réduction de la dette et l'intégration de la lutte contre le VIH/SIDA aux programmes nationaux de développement. Il appuie également les propositions du Brésil. M. AMEGNIGAN (Bénin) donne un aperçu de la situation de l'épidémie dans son pays: 124 725 personnes séropositives pour le vœ (41 cas d'infection par jour), 3536 personnes touchées par le SIDA (dont 80% se situent dans la tranche d'âge allant de 20 à 49 ans) et une séroprévalence du Vlli en augmentation constante {3,6 % en 1997). Tous les efforts du programme national de lutte contre le SIDA semblent vains. Il faut une action concertée. Son pays soutient le projet de résolution. Le Dr GEBEL (Jamahiriya arabe libyenne) rappelle que plusieurs conférences se sont tenues en Afrique sur le SIDA au cours de la décennie précédente, la dernière en date étant la réunion des ministres de la santé africains (Ouagadougou, mai 2000). Tous se sont accordés à dire qu'il est urgent que la communauté internationale apporte son soutien financier à tous les Etats africains touchés par le VIHISIDA. Des données récentes ont révélé que son pays compte au total1482 cas de VIHISIDA, dont seulement 252 concernent des nationaux. En 1998, 398 enfants et 19 mères ont été infectés par le Vlli par le biais d'une transfusion de sang contaminé; les infirmières concernées sont actuellement devant la justice. Il remercie l'OMS et les pays qui ont coopéré avec son pays pour leurs contributions dans le domaine du diagnostic et du traitement. Des programmes nationaux de prévention et d'éducation en matière de SIDA ont été mis en place dans le pays. Le sang et les produits sanguins sont contrôlés avant toute transfusion. Le traitement est gratuit pour tous. Sa délégation appuie le projet de résolution, mais propose d'ajouter le membre de phrase suivant au paragraphe 2: «d'établir au sein de l'OMS un comité chargé d'aborder avec les entreprises pharmaceutiques qui produisent des médicaments contre le VIHISIDA les questions relatives au coût et à l'assurance de la qualité».

42

CINQUANTE-TROIS lEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

Le Dr MZIGE (République-Unie de Tanzanie) dit que, bien que le total cumulé des cas de SIDA notifiés dans la République-Unie de Tanzanie fût de 109 863 en 1998, on peut estimer à 550 000 leur nombre réel en tenant compte de la sous-notification. Quelque 51 000 cas de tuberculose ont été notifiés cette même année. D'après le programme national de lutte contre le SIDA, sur une population principalement rurale de 31 millions d'habitants, 1,6 million de Tanzaniens adultes seraient infectés par le VIH. Le pays a besoin de nécessaires d'épreuves pour le dépistage des anticorps dirigés contre le VIH-1 et le VIH-2, qui soient faciles à stocker, ne nécessitent pas de moyens de réfrigération et servent à la fois au test et à sa confirmation. Son pays appuie le projet de résolution. Le Dr COULIDALY KOUNANDI (Côte d'Ivoire) dit que son pays, qui reçoit le soutien de différents donateurs, déploie de grands efforts pour combattre le SIDA par le biais de son programme national de lutte. Sa délégation fait siens les commentaires du Botswana et de l'Afrique du Sud sur la pauvreté. Elle soutient le projet de résolution, mais suggère que le texte appelle à mettre en place, avec 1' appui des bailleurs de fonds, des programmes de lutte contre la pauvreté et à les exécuter dans la rigueur et la transparence. Ces programmes doivent être axés sur 1' annulation de la dette, l'amélioration des conditions de vie des populations, la réduction du chômage et le relèvement du niveau de la santé publique. S'agissant du paragraphe 1.14), sa délégation appuie la recommandation des Pays-Bas encourageant la poursuite des recherches sur la prévention de la transmission mère-enfant du VIH, indépendantes et dénuées de tout intérêt commercial particulier susceptible de biaiser les résultats, mais suggère que le terme « mère-enfant » soit remplacé par le terme « parent-enfant » pour éviter de jeter le discrédit sur la mère. Elle suggère également qu'un texte appelle les décideurs à faire en sorte que les personnes touchées par le VIH/SIDA ne soient pas exploitées à des fms commerciales ou personnelles. Le Dr BERGER (Suisse) dit que, compte tenu de l'ampleur du problème, en particulier dans les pays africains, on peut parler dans certains cas de génocide. La situation est également grave dans d'autres régions du monde, en particulier en Europe de l'Est, où la consommation de drogue par injection constitue le mode de transmission principal. Il faut mobiliser toutes les énergies pour lancer l'action d'envergure qu'appelle cette situation. La délégation suisse accueille favorablement les efforts déployés conjointement par les institutions des Nations Unies et l'industrie pharmaceutique en vue d'élargir l'accès aux soins et aux traitements. Les traitements doivent toutefois être correctement gérés si l'on veut éviter notamment le phénomène de résistance. La lutte contre le VIHISIDA nécessite de prendre des mesures sur tous les fronts, axées non seulement sur les traitements mais aussi sur le renforcement des systèmes de santé, les activités d'information, le conseil et une plus grande participation de la communauté. En sa qualité de membre du Conseil exécutif, la Suisse considère que le projet de résolution jette les bases nécessaires à la discussion. Sa délégation se dit prête à se pencher sur les nombreux amendements proposés, mais insiste sur le fait qu'il est vital d'approuver le projet de résolution. Mme DJAMALUDIN (Indonésie) souligne que, si la prévalence du VIH dans son pays est faible et croît lentement (elle est actuellement inférieure à 1 %), l'Indonésie n'est pas pour autant à l'abri d'une grande épidémie de SIDA, en particulier dans certaines régions, telles que l'Irian Jaya, et au sein de certaines populations. La crise économique récente a aggravé la situation, accentuée par la consommation de drogues illégales et le trafic de drogue. La plupart des consommateurs de drogue en Indonésie sont des toxicomanes par voie intraveineuse, qui s'exposent ainsi au risque d'une infection à VIH et peuvent être à l'origine d'une propagation rapide du virus. Les ressources allouées à la santé étant limitées, la prévention du VIH doit rivaliser avec les autres problèmes urgents tels que la malnutrition chez les enfants âgés de moins de cinq ans. C'est pourquoi les organismes donateurs tels que l'OMS et l'ONUSIDA sont particulièrement sollicités : on leur demande une aide technique et des ressources destinées à des interventions spécifiques telles que l'information des écoliers, les services de conseil et de dépistage et la fourniture de nécessaires d'épreuves. La délégation indonésienne salue l'ouverture récente des négociations avec l'industrie pharmaceutique. Elle rappelle que 1' Accord sur les aspects des droits de propriété intellectuelle qui touchent au commerce laisse une marge

COMMISSION A : TROISIEME SEANCE

43

de manoeuvre en matière de protection de la santé publique, tout en instaurant une certaine souplesse dans la poursuite des objectifs nationaux et de développement. Ainsi, tout en appréciant la possibilité d'une baisse substantielle des coûts, elle voudrait être sûre que la poursuite des négociations n'enlèvera pas à son pays le droit de recourir aux options prévues par l'Accord. Elle appelle l'OMS à renforcer son appui aux Etats Membres en élaborant des lois types visant à atténuer les effets néfastes de la mondialisation sur le secteur de la santé et à mettre en place des systèmes de surveillance pour 1'exécution de 1' Accord. Le Dr CHINNIA (Trinité-et-Tobago) fait remarquer qu'en termes de prévalence du VIH/SIDA, les pays des Caraïbes se classent au deuxième rang mondial et que, de ce fait, son Gouvernement est prêt à entreprendre toute action pour enrayer la propagation de l'épidémie. A preuve sa volonté d'accroître régulièrement les fonds destinés à la lutte contre la maladie. Un plan stratégique national, en cours d'exécution, met l'accent sur la nécessité de rendre les femmes, les enfants et les adolescents moins vulnérables ; les affectations budgétaires pour 1999-2000 ont davantage pris en compte la prévention de la transmission mère-enfant. Le plan cherche également à créer des partenariats entre les prestataires de soins et la communauté et prévoit le renforcement des systèmes de santé, en particulier pour les soins de santé primaires. Le programme de lutte contre le VIH/SIDA a défmi précisément les systèmes de surveillance et d'évaluation; les activités menées dans son pays pour faire face à l'épidémie sont dans leur ensemble dans la droite ligne de celles préconisées dans le projet de résolution, comme la mise en oeuvre d'une surveillance améliorée, la fourniture de services diagnostiques, l'accès à un traite~ent antirétroviral accompagné d'un suivi complet des soins, la prévention des infections sexuellement transmissibles et la lutte contre celles-ci, la réduction de la transmission mère-enfant du VIH et le maintien d'un stock de sang offiant toutes garanties de sécurité. Mais il reste encore à développer le conseil volontaire, à réduire le prix des antirétroviraux et à assurer l'équité du fmancement. Son pays salue notamment les efforts entrepris par l'OMS pour élargir l'accès aux antirétroviraux et les rendre abordables. Tandis que l'ONUSIDA appuie les efforts de Trinité-et-Tobago, sa délégation considère que, du fait de la menace grave que fait peser l'épidémie, il fallait quelqu'un de la stature du Directeur général pour mener la lutte contre le VIH/SIDA. Le Dr ESSOSOLEM (Togo), remerciant l'OMS et l'ONUSIDA d'appuyer les efforts de lutte de son pays contre le VIH/SIDA, souligne que la recherche avance grâce aux échantillons de sang prélevés sur des malades du Sud. Au nom de la solidarité humaine, le Sud et le Nord devraient se tendre la main pour lutter de manière efficace contre le VIH/SIDA. L'augmentation de la prévalence du VIH au Togo, qui est passée de moins de 1 % en 1987 à un taux se situant entre 6 % et 8,5 % en 1999 au sein de la population générale, ainsi que la hausse du nombre de pathologies liées au VIH et de cas de SIDA sont préoccupantes. On peut manifestement imputer cette situation épidémiologique à la crise sociopolitique des années 1990 à 1993, qui a contraint plus de 300 000 Togolais à quitter le pays pendant plusieurs mois, et à laquelle se sont ajoutés les mouvements de population internes avec tous les risques de brassage démographique que cela comporte. Le retrait soudain de certains donateurs a aggravé un peu plus la crise qui s'enlisait. Outre la pénurie d'antirétroviraux, les tests de dépistage du VIH font cruellement défaut, ce qui compromet l'approvisionnement en produits sanguins. Grâce aux efforts du Directeur régional pour l'Afrique, le Togo a pu acquérir un petit nombre de tests. Le pays a pour seuls atouts de participer à des rencontres internationales et de mettre en place un réseau efficace de surveillance épidémiologique. S'interrogeant sur l'intérêt de mobiliser l'armée si le pays ne dispose d'aucune ressource matérielle ou logistique, le Togo appuie le projet de résolution. Le Dr WAHEED (Maldives) reconnaît qu'en dépit de 20 ans d'efforts et de la création, dans·son pays, d'une organisation spéciale chargée de la question du SIDA, l'épidémie continue de se propager. On peut expliquer cette situation par le manque de moyens appropriés et par le recours continu à la promotion des pratiques sexuelles à moindre risque, qui n'a des effets que sur certaines personnes. Le traitement du SIDA en est à un stade comparable à celui de la tuberculose avant l'ère de la streptomycine. Le Dr Waheed attribue la stagnation à l'importance limitée portée à la recherche, qui est souvent tributaire

44

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

des intérêts commerciaux. Le SIDA étant devenu la maladie du pauvre, les intérêts commerciaux se sont évanouis. Les pays en développement ne peuvent se contenter d'observer passivement: ils doivent développer leur propre potentiel de recherche; ils ont les compétences nécessaires, mais ce sont les fonds qui leur manquent. Ils attendent de l'OMS qu'elle leur prodigue des conseils et qu'elle facilite le transfert des ressources destinées à la recherche. Le Dr DI GENNARO (Italie) dit que sa délégation partage les préoccupations de tous au sujet de la situation actuelle et appuie le projet de résolution. L'Italie attache une importance particulière au renforcement des systèmes de santé, à l'élargissement de l'accès aux traitements et aux soins, et à une plus grande implication de la part de la communauté. Le Parlement italien a récemment accordé un degré élevé de priorité à la lutte contre le SIDA en Afrique, allouant des ressources fmancières considérables qui devraient pour la plupart transiter par l'OMS et l'ONUSIDA. L'Italie s'est également engagée dans la mise au point d'un vaccin en collaboration avec certains pays africains, dans le but entre autres d'appuyer les instituts de recherche africains. M. GUILLÉN (Pérou) salue le rôle de chef de file qu'assument l'OMS et l'ONUSIDA dans la lutte contre le SIDA. Sa délégation appuie le projet de résolution. Bien que les processus de prévention et d'élaboration des politiques soient déterminants, elle est convaincue que l'accès aux médicaments des pays en développement les plus touchés par l'épidémie est la pierre angulaire de la lutte ~ontre cette maladie. C'est pour cela que le Pérou approuve les amendements formulés par la délégation du Brésil. Le Dr LEWIS-FULLER (Jamaïque) exprime l'inquiétude de son pays devant l'accroissement ininterrompu du nombre de personnes touchées par le VIH/SIDA dans son pays, dont la plupart sont en pleine activité. A la fm de 1999, sur une population d'environ 2,5 millions d'habitants, 4196 cas de SIDA avaient été notifiés, avec un rapport homme/femme de 1 pour 4. La hausse de la prévalence chez les enfants et les adolescents est encore plus préoccupante. Le plan à moyen terme pour 1997-2001 comprend diverses stratégies, mises en oeuvre en collaboration avec Trinité-et-Tobago, dont le but est de prévenir et combattre le VIH/SIDA et les autres maladies sexuellement transmissibles par la réduction de leur incidence et l'atténuation de leurs effets. Pour susciter des changements de comportement, le plan met l'accent sur l'éducation du public- en insistant notamment sur les pratiques sexuelles à moindre risque et la prévention de la transmission mèreenfant du Vll:I. II préconise également de dispenser des soins adéquats aux personnes infectées afm d'améliorer leur qualité de vie et de respecter leur dignité, d'inclure la lutte contre le VIH/SIDA et les maladies sexuellement transmissibles dans le contexte de la santé familiale et de la santé génésique et de prendre en compte dans les programmes les personnes déjà infectées. L'intervenante rappelle qu'on ne saurait reléguer dans l'oubli les malades en phase terminale, comme ce fut jadis le cas pour les lépreux. Elle revient sur deux sujets mentionnés par d'autres délégués, à savoir la prévention et le conseil, qui selon elle ne devraient pas être la responsabilité de bénévoles; à cet égard, elle appuie l'amendement du Botswana. Dans le cadre de la coopération intersectorielle et internationale, les pays des Caraïbes, avec le soutien de l'ONUSIDA, ont mis en place un groupe spécial qui a formulé une stratégie axée sur l'intensification des efforts de lutte dans la sous-région. Ils prient les Etats d'accroître leur appui à l'ONUSIDA, qui pourrait ainsi acheminer les ressources vers les pays des Caraïbes aux niveaux régional et national. Aussi la délégation jamaïcaine propose-t-elle des amendements, dont l'insertion au paragraphe 1 d'un nouvel alinéa qui se lirait comme suit:« de faire des recherches sur les changements de comportement et les facteurs culturels qui influencent les comportements sexuels;» et l'ajout au paragraphe 2.3) du membre de phrase suivant:« l'ONUSIDA devrait recevoir un soutien accru grâce aux efforts de l'OMS et être encouragé par la communauté des donateurs à accomplir sa tâche aux niveaux régional et national;».

COMMISSION A : TROISIEME SEANCE

45

Le Dr VIVAS (Uruguay) remarque que, depuis le dépistage du premier cas de SIDA en Uruguay en 1983, la prévalence du Vll-I a augmenté, pour atteindre 0,27% en 1998. Le programme national de lutte contre le SIDA d'Uruguay a pour principaux objectifs de réduire l'incidence de l'infection à VIH, de minimiser l'impact psychosocial du VIH/SIDA, d'améliorer la qualité de vie des malades en réduisant le nombre d'hospitalisations et de réduire la mortalité. Sa délégation approuve le projet de résolution. Toutefois, considérant que la politique de prix des médicaments est vitale pour la réforme du secteur de la santé, elle appuie l'amendement proposé par le Brésil. Elle appuie en outre d'autres amendements proposés, et notamment ceux du Zimbabwe et du Swaziland. Sa délégation soumet également un amendement, qui s'inspire de la section sur la santé du chapitre II de la résolution E/CN.4/RES/2000/85 sur les droits de l'enfant adoptée par la Commission des Droits de l'Homme des Nations Unies. Elle propose d'inclure dans le paragraphe 1 les termes suivants: «de prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger les enfants infectés ou touchés par le VIH/SIDA contre toutes les formes de discrimination, de stigmatisation, de mauvais traitements et de négligence, et de garantir en particulier leur accès aux services de santé, d'éducation et d'aide sociale». Sa délégation souhaite en outre insérer un nouvel alinéa dans lequel le Directeur général lancerait un appel à la communauté internationale, aux organisations compétentes du système des Nations Unies, aux fonds et programmes, aux organisations intergouvernementales et non gouvernementales pour qu'ils accordent une attention suffisante au traitement et à la réadaptation des enfants infectés par le VIH/SIDA, et les inviterait à envisager de faire intervenir davantage le secteur privé. Au paragraphe 2, un nouvel alinéa devrait être ajouté, qui se lirait ainsi :«d'intensifier l'appui aux efforts nationaux de lutte contre le VIH/SIDA, en vue d'apporter une aide aux enfants infectés ou touchés par l'épidémie, en se concentrant particulièrement sur les régions d'Afrique les plus durement frappées et sur celles où l'épidémie compromet sérieusement les acquis nationaux en matière de développement». Sa délégation encourage également le Directeur général à poursuivre le dialogue avec l'industrie pharmaceutique au nom des Etats Membres concernés, tout en les associant aux négociations, et à continuer d'exercer une pression sur l'industrie pharmaceutique pour qu'elle mette au point des médicaments contre le VIH/SIDA efficaces et abordables, sur le modèle de l'industrie pharmaceutique de Cuba et du Brésil. Le Dr TROOP (Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord) dit que sa délégation considère qu'il est nécessaire d'associer des mesures de prévention, de soins et d'appui aux efforts à long terme visant à mettre au point des vaccins abordables. La stratégie du Royaume-Uni en matière de VIH/SIDA a pour buts de faire mieux connaître l'épidémie, de créer un climat qui permette de prévenir et combattre le VIH, de dispenser des soins aux personnes vivant avec le VIH et le SIDA, d'enrichir les connaissances et d'améliorer les technologies. Sa délégation se félicite de l'annonce récente d'une collaboration privé/public dans le but d'élargir l'accès aux services de soins et aux traitements de l'infection à VIHISIDA, ainsi que de la volonté d'améliorer tous les aspects de la prise en charge, notamment la prévention. Le Royaume-Uni travaillera en partenariat à cette fm. Son pays est décidé à mener une action stratégique durable contre le VIHISIDA. Pour cela, il intensifiera son action et élargit déjà son appui à plusieurs programmes. Sa délégation soutient la résolution, mais fait siens les commentaires de la délégation suisse sur la nécessité d'harmoniser les divers amendements proposés. Le Dr ZARAMBA (Ouganda) rappelle que l'épidémie a porté un coup fatal à l'économie des pays d'Afrique subsaharienne et réduit à néant les acquis sanitaires des dernières années. Depuis 1986, le pays demande un appui pour faire face à l'épidémie. L'engagement politique de ses dirigeants est incontestable et il a fait tout ce qui était en son pouvoir pour résoudre le problème. L'Ouganda remercie tous ceux qui lui viennent en aide, dont il a plus que jamais besoin. L'Ouganda garde comme ligne de conduite principale l'approche basée sur la prévention et les changements de comportement ; il demande un appui accru pour la prévention. Si les programmes axés sur la mobilisation sociale et les changements de comportement requièrent du temps et des efforts, ils

46

CINQUANTE-TROIS lEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

portent leurs fiuits ; en matière de changement de comportement, les succès enregistrés en Ouganda et en Thaïlande sont dus aux activités de mobilisation sociale et de sensibilisation. Le Dr Zaramba salue l'instauration du dialogue avec l'industrie pharmaceutique et annonce que l'Ouganda tient à participer à des négociations transparentes pour garantir l'accès universel à des médicaments bon marché et efficaces, distribués par des services logistiques appropriés. Il approuve le projet de résolution, avec les amendements proposés entre autres par le Brésil, le Swaziland et le Zimbabwe. Le Professeur ONGERI (Kenya) rappelle à l'Assemblée de la Santé l'ampleur de l'épidémie dans son pays : environ 14 % d'adultes et quelque 106 000 enfants de moins de cinq ans sont infectés par le Vlli, ce qui fait au total environ 2,2 millions de personnes infectées. Son Gouvernement considère que le VIH/SIDA et les autres maladies sont une question de développement et menacent gravement la sécurité nationale. L'engagement politique du Gouvernement est indubitable et doit être étayé de programmes bien pensés qui s'ajouteront à la campagne de sensibilisation des communautés. Une telle action nécessite des ressources. La pauvreté est le principal responsable de la charge de morbidité, mais les efforts visant à l'atténuer n'ont aucune chance d'aboutir dans un contexte caractérisé par une prévalence élevée du Vlli; ce phénomène a des répercussions économiques majeures. Le Professeur Ongeri insiste sur la nécessité d'annuler la dette et de réduire considérablement le prix des antirétroviraux et des médicaments contre les maladies opportunistes. Il appuie le projet de résolution, avec les amendements proposés ·entre autres par le Mozambique, la Namibie, l'Afrique du Sud et le Swaziland. M. W.-K. MOON (République de Corée), saluant le travail de l'OMS et du Bureau régional du Pacifique occidental, mentionne que son pays a adopté une loi spéciale sur le VIH/SIDA en 1987 et dispense gratuitement des soins et un traitement à base de zidovudine aux personnes infectées par le Vlli. En 1999, le pays a lancé un programme spécial pour améliorer la surveillance du VIH et des infections sexuellement transmissibles et a créé une base de données sur la pharmacorésistance disponible sur un site Web. Son Gouvernement a enquêté sur les causes de la sous-notification des cas d'infections sexuellement transmissibles, dont la prévalence et l'incidence élevées favorisent l'infection à Vlli. M. Moon suggère que l'OMS appuie la recherche sur la façon dont les systèmes de santé réagissent face au problème de la sous-notification et, en ce qui concerne la pharmacorésistance, qu'elle élabore un protocole standard pour la compilation des données pertinentes. M. SHEM (Vanuatu) déclare que la stratégie de lutte contre le VIHISIDA approuvée par l'Assemblée de la Santé en 1992 (résolution WHA45.35) reste la pierre angulaire de la sensibilisation au VIHISIDA dans son pays. Remerciant l'OMS et l'ONUSIDA pour leur appui, il remarque que, jusqu'à ce jour, aucun cas d'infection à Vlli ou de SIDA n'a été notifié à Vanuatu. Il met toutefois ses homologues en garde contre le fait que la prévalence des infections sexuellement transmissibles croît à un rythme alarmant, et prie instamment l'Organisation d'insister davantage sur la prise en charge syndromique de ces infections, en particulier dans la formation des agents de santé. Le Dr SOARES MARQUES DE LIMA (Sao Tomé-et-Principe) encourage l'OMS et l'ONUSIDA à poursuivre leurs efforts visant à élargir progressivement l'accès aux médicaments contre le VIH/SIDA à la population des Etats Membres, en particulier afm de réduire la transmission verticale du Vlli de la mère à 1' enfant. On ne peut parler de justice sociale, d'équité ou de solidarité tant que ces médicaments ne seront pas accessibles aux pays pauvres. Il appuie le projet de résolution et propose d'ajouter au paragraphe 2.15) «promouvoir» après «défendre», car c'est d'une promotion active, et non d'un nouveau plaidoyer, dont on a besoin.

COMMISSION A : TROISIEME SEANCE

47

M. BERMEJO (Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge), prenant la parole à l'invitation du PRESIDENT, met l'accent sur le fait qu'il est possible de prévenir le Vlli; la prévention et les soins peuvent agir en synergie pour permettre de réduire le risque d'infection à VIH et éviter que l'épidémie ne se propage davantage. Si ces activités sont toujours insuffisantes, le mouvement des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge est le mieux à même de les développer, au niveau local autant qu'international. Etant donné qu'une approche partielle n'aurait aucune influence sur l'épidémie, l'action doit être concertée et associer la société civile. Les volontaires de son organisation sont prêts à coopérer avec les ministères de la santé et les organisations du système des Nations Unies pour sensibiliser les gens à la prévention du Vlli/SIDA. Ils sont également disposés à prodiguer des soins à domicile aux personnes vivant avec le Vlli/SIDA. La Fédération internationale entend ainsi mener ses activités de lutte contre la pandémie de Vlli/SIDA sur une plus grande échelle. Le Professeur IDÂNPÂÂN-HEIKKll.. (CIOMS), prenant la parole à l'invitation du PRESIDENT, explique que les questions d'éthique soulevées par les essais sur les médicaments contre le Vlli/SIDA et les vaccins expérimentaux contre le Vlli dans les pays à faibles ressources ont contraint le Conseil à réviser ses principes directeurs en la matière (International ethical guide/ines for biomedical research involving human subjects). Grâce à l'appui de l'ONUSIDA et de l'OMS, la révision a beaucoup avancé. La révision parallèle de la Déclaration d'Helsinki par l'Association médicale mondiale devrait minimiser le risque de conflits entre les deux textes. Le processus de révision a grandement tiré profit du document de l'ONUSIDA sur les conseils en matière d'éthique. 1 Une troisième version des piincipes directeurs révisés sera prochainement distribuée à grande échelle pour susciter les observations de la part de toutes les personnes et organisations intéressées. Le Professeur Idanpaan-Heikkila se réjouit de la poursuite de la coopération avec l'OMS. M. VAN DER HEIDE (Organisation internationale des Consommateurs), prenant la parole à l'invitation du PRESIDENT et au nom d'Action sanitaire internationale, de Médecins sans Frontières et du Consumer Project on Technology,2 souligne que le drame du SIDA est principalement dû à l'impossibilité d'accéder aux médicaments contre le Vlli/SIDA et aux soins de base. Si l'on veut élargir l'accès à ces traitements et permettre la survie des personnes vivant avec le Vlli/SIDA, il faut tirer parti au mieux de la production de génériques. Les entreprises pharmaceutiques pourraient autoriser d'autres entreprises à produire leurs médicaments ou vendre leurs médicaments au prix des génériques. Il se félicite de l'appui du Directeur général à la stratégie globale sur les médicaments génériques du Brésil, qui a entraîné une baisse substantielle du prix des antirétroviraux. Forte de son dynamisme, l'OMS devrait veiller à élargir l'accès aux médicaments et à les rendre bon marché. L'annonce par l'ONUSIDA de l'ouverture d'un dialogue avec cinq entreprises pharmaceutiques multinationales, si elle a été bien accueillie, a toutefois soulevé plusieurs questions. Sur quels critères les pays seront-ils sélectionnés? Les réductions proposées s'appliqueront-elles également aux médicaments utilisés pour les soins de base ? Quelle place tiennent les génériques ? Comment garantir un traitement optimal si la disponibilité des médicaments dépend de la volonté de faire baisser les prix ? Les pays devraient pouvoir utiliser des produits génériques de bonne qualité et obtenir une réduction sensible de la part des entreprises axées sur la recherche. Seule une coopération transparente entre les gouvernements, l'ONUSIDA et les organisations non gouvernementales permettra de jeter les bases nécessaires à la défmition d'un programme viable et durable capable de répondre aux besoins des consommateurs. M. Van Der Heide salue l'action que mène l'OMS en conseillant les pays sur les moyens de protéger la santé publique tout en mettant en oeuvre des accords commerciaux. Remarquant qu'un rapport Ethical considerations in HN preventive vaccine research: UNAIDS guidance document. Genève, ONUSIDA, 2000, UNAIDS/00.07E. 2 1

Organisations non gouvernementales n'entretenant pas de relations officielles avec l'OMS.

48

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

récent produit par Médecins sans Frontières, l'OMS et l'ONUSIDA a révélé que la révision de l'Accord de Bangui sur 1'homologation des produits pharmaceutiques (1999) allait dans le sens d'un renforcement des droits des titulaires de brevets, il conclut que les 15 pays francophones d'Afrique de l'Ouest ne doivent pas ratifier le nouvel Accord. L'OMS doit poursuivre son aide technique dans le domaine commercial conformément à la résolution WHA52.19. M. Van Der Heide appuie la déclaration du Directeur général selon laquelle l'Organisation a un rôle crucial à jouer dans l'élaboration d'une stratégie mondiale sur l'octroi aux pays à faibles revenus de tarifs préférentiels pour les médicaments essentiels. Le Dr BALE (Fédération internationale de l'Industrie du Médicament), prenant la parole à l'invitation du PRESIDENT, met l'accent sur certains efforts entrepris par l'industrie du médicament pour lutter contre la pandémie de SIDA, qui se sont manifestés par des dons et des accords individuels pour élargir l'accès aux médicaments. L'industrie pharmaceutique continue ses activités de recherchedéveloppement sur plus de 100 nouveaux vaccins et traitements contre le SIDA, en supposant que les droits de propriété intellectuelle seront respectés. En réponse aux appels lancés par la communauté internationale et prenant exemple sur les partenariats novateurs conclus avec l'OMS et d'autres organismes des Nations Unies dans le domaine du paludisme et des vaccins, la Fédération cherche également le moyen d'associer l'industrie, le système des Nations Unies et des gouvernements engagés dans la lutte contre le SIDA en Afrique, mais aussi ailleurs. En collaboration avec l'OMS, I'ONUSIDA, la Banque mondiale, l'UNICEF et le FNUAP, cinq entreprises pharmaceutiques majeures ont réfléchi aux moyens d'élargir dans la pratique l'accès aux soins et aux traitements liés au VIH/SIDA dans. les pays en développement. Six facteurs détermineront le succès de cette entreprise complexe : l'engagement politique clair et soutenu des gouvernements, des capacités nationales renforcées, 1' engagement de tous les secteurs de la société et de la communauté mondiale, l'accroissement conséquent du fmancement, des systèmes de distribution efficaces et sûrs, et la poursuite de la recherche-développement par l'industrie pharmaceutique. Les brevets doivent être protégés, car l'innovation est source de diversification et de compétition. Pris ensemble, les brevets et l'innovation permettent un meilleur accès aux soins et aux traitements. La promotion de brevets non justifiés (brevets auxquels on apporte des modifications mineures pour éviter qu'ils tombent dans le domaine public) ou encore le marché parallèle vont à l'encontre des intérêts des bénéficiaires potentiels. Pour les entreprises qui oeuvrent à l'élargissement de l'accès aux thérapies de bonne qualité contre le VIH/SIDA, ce n'est qu'un début. Elles sont sur le point de formuler un plan d'action détaillé. Le Dr Baie espère que d'autres entreprises s'associeront à l'initiative. Il est inquiétant d'entendre certains pays et fabricants dire qu'ils n'ont pas été consultés. Dans une entreprise aussi nouvelle que celle-ci, une large participation, la confiance en l'autre et le respect des besoins de chacun sont essentiels. Son association continuera à fédérer l'industrie et est convaincue que le seul moyen de mettre un terme à la tragédie du SIDA est d'inciter toutes les parties à travailler de concert. Le Dr PlOT (ONUSIDA) se félicite de l'engagement profond des ministres de la santé en faveur de la lutte contre l'épidémie de SIDA, qui a atteint des proportions catastrophiques, et de leur prise de conscience que le SIDA est une question de développement, qui exige à la fois d'organiser des soins et des activités de prévention. Selon lui, l'an 2000 devrait marquer un pas en avant en termes d'engagement politique, de ressources, de nouveaux partenariats et alliances pour combattre l'épidémie. Bien qu'il soit une question de santé, le SIDA est devenu une question politique - et une question de sécurité de l'humanité: au cours de la première décennie du :xxr siècle, le SIDA fera plus de victimes que toutes les guerres du :xxe siècle réunies. La question du SIDA a été débattue par le Conseil de Sécurité de l'ONU -une première pour une question de santé- et lors des réunions de printemps du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale en avril 2000, du Sommet du Sud du Groupe des 77 (La Havane, avril2000) et du Forum mondial pour l'Education (Dakar, avril2000), ainsi que par des responsables du monde entier. Une telle mobilisation a permis de rompre le silence sur le SIDA, d'endiguer la stigmatisation et d'élever cette maladie au rang de priorité dans de nombreux pays.

COMMISSION A : TROISIEME SEANCE

49

On a enregistré certains succès : réunis en mai 2000, les ministres de la santé du Commonwealth ont rapporté une baisse de l'incidence de l'infection à VIH aux Bahamas; en Zambie, l'incidence de l'infection par ce virus est inférieure à celle des années précédentes, en particulier chez les jeunes; au Botswana, l'incidence des maladies sexuellement transmissibles classiques est en baisse, signe que les pratiques sexuelles changent ; on a également observé des changements de ce type à Tamil Nadu, en Inde. Bien que les investissements commencent à porter leurs fruits, le Dr Piot dit ne pas devoir espérer des résultats rapides. On a désormais une idée plus précise des actions qui donnent des résultats en matière de prévention et on peut apprécier la valeur de la planification stratégique nationale. La génération des ressources est un point important; entre autres exemples d'un genre nouveau, on peut citer la taxe pour le SIDA créée au Zimbabwe, la table ronde pour la collecte de fonds au Malawi et le fonds national créé par la République centrafricaine. Les organismes de développement donnent la priorité au SIDA et, selon lui, les ressources internationales allouées à la lutte contre le SIDA devraient être multipliées par 3 ou 4 en 2000. Pour cela, il faut élargir la base de ressources et l'étendre à des secteurs autres que celui de la santé; quant à la santé d'un point de vue général, il est crucial de favoriser une action multisectorielle. Le SIDA est devenu une priorité institutionnelle pour la plupart des organismes coparrainants de l'ONUSIDA. L'OMS a, par exemple, renforcé ses activités liées au VIH, mettant l'accent notamment sur le rôle qui incombe au secteur de la santé d'élaborer une stratégie sanitaire novatrice pour lutter contre l'épidémie de SIDA. On prend de plus en plus conscience de sa nature complexe. Pour y faire face, on ne peut se contenter d'instaurer de meilleures pratiques : il faut de nouvelles pratiques. La prévention reste une priorité - meilleure elle est, moins on a recours aux soins -, mais l'accès aux soiris est une question importante d'ordre éthique. La proposition faite par les entreprises pharmaceutiques au système des Nations Unies n'est qu'un volet d'un ensemble complexe de questions ayant trait au fmancement, au renforcement des systèmes de santé, à l'approvisionnement et à la distribution, aux subventions publiques et à l'équité. Pour élargir l'accès aux soins, il faut gagner du terrain sur tous les fronts, grâce à l'implication des gouvernements des pays intéressés, des organismes de développement et des groupes de personnes vivant avec le VIH. Chaque pays doit défmir des normes précises applicables aux soins afin de garantir équité et accès rationnel. Selon le Dr Piot, le SIDA est une question du siècle traitée avec un état d'esprit encore ancré dans le .xxe siècle. Afm de riposter au mieux à l'épidémie, il faut provoquer un changement d'attitude de la part tant des personnes que des institutions.

xxr

Le Dr SHISANA (Directeur exécutif) remercie les Etats Membres pour leur appui au projet de résolution. Elle annonce que, concernant la prise en charge des infections sexuellement transmissibles, l'OMS expérimente actuellement sur le terrain des lignes directrices et des marches à suivre et élabore un projet de stratégie et des instruments pour assurer des activités de prévention et de soins au niveau des pays. Des cours de formation à la prise en charge des cas ont commencé et seront dispensés dans Il pays. Au niveau des pays, l'OMS mène son action par le biais de ses représentants et en collaborant avec les organismes coparrainants de l'ONUSIDA dans le cadre des groupes thématiques des Nations Unies sur le VIH/SIDA; nombreux sont les représentants de l'OMS à présider ces groupes. L'OMS a l'intention de renforcer son appui en nommant régulièrement des administrateurs recrutés sur le plan national, qui permettront aux bureaux des représentants de l'OMS d'assurer une meilleure coordination. L'appui technique de l'OMS aux pays met déjà l'accent sur la défmition de politiques, stratégies et plans nationaux, y compris sur la réforme du secteur de la santé. Ce type de travaux s'étend aux systèmes de santé des districts pour que soient trouvées des solutions au niveau local et qu'elles soient mises en oeuvre et surveillées. Dans le cadre de son appui aux pays, l'OMS renforce également ses bureaux régionaux, en particulier ceux de l'Afrique et de l'Asie du Sud-Est, dans la limite de ses ressources. Certains bureaux, et notamment celui des Amériques, sont suffisamment équipés pour fournir un appui technique, et leur expérience se révélera utile.

50

CINQUANTE-1ROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

L'OMS fait partie des membres fondateurs du Partenariat international contre le SIDA en Afrique et participe au financement des activités initiales. L'Organisation entend également faire des contributions par le biais de son Bureau régional de l'Afrique. Quant à l'intégration des activités liées au VIH/SIDA, le Directeur général a créé une initiative relative au VIH/SIDA et aux infections sexuellement transmissibles qui met en relation 23 Départements de l'Organisation, à Genève et dans les bureaux régionaux. C'est ainsi que l'OMS a pu échafauder un programme complet sur le VIH/SIDA qui englobe la prévention, la mise au point de vaccins et d' antimicrobiens, la sécurité transfusionnelle, la transmission mère-enfant du VIH, la sécurité des injections, la surveillance, les services de conseil et de dépistage volontaire et les soins. L'OMS et l'ONUSIDA collaborent à la mise au point d'antimicrobiens sûrs et efficaces. Le problème du prix se posera, mais l'OMS travaille à ce que les produits approuvés soient vendus à prix coûtant au secteur public des pays en développement. De la même façon, l'OMS, les autres organismes coparrainants de l'ONUSIDA et les fabricants sont en pourparlers pour réduire le coût du préservatif féminin. Des lignes directrices ont été défmies pour aider les pays à l'intégrer dans les programmes nationaux de prévention et on élabore actuellement une proposition visant à appuyer son introduction dans 10 pays d'Afrique dans le cadre du Partenariat international contre le SIDA en Afrique. L'Organisation collabore également à la recherche sur d'autres types de préservatifs féminins. L'OMS passe systématiquement en revue les résultats de la recherche sur la prévention de la transmission mère-enfant du VIH et appuie la surveillance et l'évaluation des projets pilotes. Des politiques sur l'alimentation des nouveau-nés sont élaborées dans ce cadre avec d'autres partenaires des Nations Unies et il est prévu de les évaluer. Pour ce qui est de la nutrition, le Dr Shisana déclare que l'OMS a mis au point des interventions modèles pour les soins tant à domicile que communautaires, dont le but est de prévenir la perte de poids et le développement du SIDA. Certains domaines méritent d'être approfondis, comme la recherche et la diffusion de l'information. Les soins aux personnes vivant avec le VIH/SIDA restent un problème conséquent. L'OMS a formulé un programme de soins comprenant des services de dépistage du VIH et de conseil à l'initiative du patient, la prise en charge médicale, les soins infirmiers, le soutien psychologique, l'orientation-recours et la prophylaxie du lendemain. Plus précisément, l'OMS a élaboré des lignes directrices, actuellement testées et adaptées, sur les moyens équitables, sûrs et efficaces de dispenser un traitement La capacité des pays à assurer des soins complets fait actuellement l'objet d'une analyse et on expérimente sur le terrain de nouveaux moyens de lutter contre les épidémies jumelées d'infection à VIH et de tuberculose dans certains pays d'Afrique. L'OMS appuie la recherche dans plusieurs domaines, dont la santé génésique, la contraception, l'élimination des virus, le fonctionnement des systèmes de santé et les services de conseil et de dépistage volontaire pour les mères infectées. Les travaux de recherche sont menés en Afrique, en Asie et en Amérique latine. S'agissant des normes minimales relatives à l'utilisation sûre et efficace des antirétroviraux, le Dr Shisana souligne qu'elles ont été arrêtées en 1997lors d'une consultation internationale de l'OMS, en collaboration avec l'ONUSIDA. Lorsqu'on lui demande, l'OMS aide les pays à se conformer à ces normes, en collaboration avec l'ONUSIDA et d'autres partenaires. Le Dr SUZUKI (Directeur exécutif), remarquant que presque tous les délégués ont évoqué l'accès aux médicaments et leur disponibilité, exprime sa satisfaction devant le fait qu'ils ont été nombreux à mentionner des facteurs importants autres que le prix, telle la durabilité du fmancement et des systèmes d'approvisionnement sans laquelle les médicaments n'arriveraient pas jusqu'aux patients. Le but des pourparlers récents avec l'industrie pharmaceutique était de s'accorder sur le moyen de développer le potentiel des pays en développement à élargir l'accès à des produits pharmaceutiques contre le VIHISIDA (y compris les nécessaires d'épreuves) de bonne qualité et à en assurer l'utilisation ainsi qu'à prodiguer des soins et fournir un appui. Cet effort s'inscrira dans le cadre du Partenariat international contre le SIDA en Afrique.

COMMISSION A : TROISIEME SEANCE

51

En réponse aux Etats-Unis d'Amérique et à d'autres délégations, le Dr Suzuki rappelle que l'OMS préside actuellement une équipe spéciale interinstitutions sur l'accès aux médicaments contre le VIH/SIDA qui a abouti à l'adoption, par les huit institutions des Nations Unies qui la composent, d'un cadre stratégique commun garantissant l'accès aux médicaments contre le VIH/SIDA, fondé sur le choix rationnel des médicaments contre les infections opportunistes, des prix abordables, des mécanismes de fmancement durables et des systèmes de santé sûrs. Depuis 1987, 25 vaccins candidats font l'objet d'essais cliniques, dont deux en sont déjà à la phase III: un vaccin anti-VIH-1 sous-type Baux Etats-Unis et un vaccin anti-Vlli-1 sous-types B etE en Thai1ande. Toutefois, environ 56 % des cas de SIDA dans le monde sont dus au sous-type C du Vlli-1, qui est très répandu en Afrique australe, en Ethiopie et en Inde. On ne sait pas si les vaccins pourront prévenir l'infection par d'autres sous-types, bien que les vaccins actuellement expérimentés aux EtatsUnis et en Thai1ande soient aussi testés contre le sous-type C. En Afrique du Sud, on procède aux premières phases d'essai d'un vaccin contre le sous-type Cet l'Inde entreprend également des recherches sur ce vaccin. Une fonction de base de l'initiative conjointe OMS/ONUSIDA pour le vaccin anti-Vlli, créée en janvier 2000, est d'encourager la recherche sur les vaccins dirigés contre les sous-types de VIH les plus répandus dans les pays en développement. La sécurité transfusionnelle était le thème de la Journée mondiale de la Santé 2000. La plus grande partie de la population mondiale n'a pas accès à un sang offrant toutes garanties de sécurité et on estime qu'entre 5% et 10% des infections à Vlli sont contractées lors de transfusions sanguines. Les principales activités de l'OMS consistent à conseiller les pays en matière de sélection des donneurS et de contrôle des dons de sang, mettre en oeuvre un programme national pour la sécurité transfusionnelle d'ici 2005, évaluer et acheter des nécessaires d'épreuves. L'Organisation a également rassemblé un forum mondial sur la sécurité transfusionnelle afm que les experts puissent échanger des informations. Le délégué grec a souligné que le don du sang doit être un acte volontaire et non rémunéré. L'OMS approuve. Le Dr Suzuki souligne néanmoins que le recrutement et la fidélisation des donneurs ainsi que le dépistage et l'assurance de la qualité du sang et des produits sanguins ont un coût et doivent être gérés de la manière la plus économique et la plus appropriée possible. La médecine traditionnelle appliquée au VIH/SIDA permettra de garantir durablement l'accès au traitement, car les principes actifs sont disponibles sur le marché local, sont produits localement et connus des utilisateurs. Toutefois, il faut encore apporter la preuve scientifique de leur innocuité et de leur efficacité. L'OMS prépare actuellement une mise à jour technique sur la médecine traditionnelle et l'infection à Vlli en collaboration avec l'ONUSIDA. (Voir l'approbation du projet de résolution dans le procès-verbal de la sixième séance, page 91.)

La séance est levée à 17 h 20.

QUATRIEME SEANCE

Jeudi 18 mai 2000, 9 heures Président : Professeur S. M. ALI (Bangladesh)

1.

QUESTIONS TECHNIQUES ET SANITAIRES: Point 12 de l'ordre du jour (suite)

Salubrité des aliments : Point 12.3 de 1' ordre du jour (document EB 105/2000/REC/1, résolution EB105.R16 et annexe 7) Le Dr JIMÉNEZ DE LA JARA (représentant du Conseil exécutif), rendant compte du débat sur la question de la salubrité des aliments à la cent cinquième session du Conseil, dit que celui-ci a reconnu la menace croissante que les maladies d'origine alimentaire représentent pour la santé dans le monde entier. La mondialisation du commerce des produits alimentaires soulève un problème d'ordre transnational pour les autorités responsables de la salubrité des aliments. Celle-ci devant être une des fonctions essentielles de santé publique des Etats Membres, il convient de dégager des ressources suffisantes pour établir des programmes dans ce domaine et renforcer ceux qui existent. Le Conseil s'est félicité de ce que l'OMS ait fait de la salubrité des aliments une de ses priorités et qu'elle ait affecté à ce secteur une partie des économies par gain de productivité réalisées pendant l'exercice en cours. De nombreux membres du Conseil et observateurs ont souligné que l'OMS devait travailler de manière plus active au sein de la Commission du Codex Alimentarius et ont recommandé que le Directeur général examine les relations de travail actuelles entre l'Organisation et la FAO, afm que l'OMS accroisse sa participation et sa contribution aux travaux de la Commission. Le Conseil a proposé qu'à une de ses sessions futures, la Commission soit invitée à faire un exposé sur ses objectifs et ses fonctions. Le Conseil a examiné un projet de résolution élaboré par l'OMS. Il s'est rallié aux stratégies futures proposées par l'Organisation dans ce texte, mais a aussi fait allusion à d'autres questions, telles que le besoin urgent d'une assistance technique pour les pays en développement, une utilisation accrue de l'information provenant de ces pays pour l'évaluation des risques aux fms de la normalisation internationale, la nécessité de rendre plus transparent le fonctionnement des organes consultatifs d'experts et de collaborer avec les autres organisations internationales, notamment la F AO. Le Conseil a adopté le projet de résolution, avec quelques amendements, sous la cote EB105.R16. M. OLIVA (Brésil) estime que la demande sociale relative à la salubrité des aliments et à une saine nutrition ne peut être satisfaite que si toutes les parties intéressées collaborent pour garantir la qualité et la salubrité des produits, en suivant de bonnes pratiques de fabrication qui ne nuisent pas à 1' environnement. Son Gouvernement participe à toutes les activités de la Commission du Codex Alimentarius, dont les normes, principes directeurs et recommandations sont les meilleurs instruments dont on dispose pour obtenir le respect de pratiques commerciales sûres et équitables. Les pays en développement ont besoin d'une aide fmancière et technique pour pouvoir parvenir à un niveau de connaissances égal à celui des pays développés, notamment en ce qui concerne la technologie du contrôle de la qualité. Le Brésil estime qu'une des façons les plus durables d'assurer la salubrité des aliments est de donner des moyens d'agir aux consommateurs, grâce à l'information, à l'éducation et à la communication, afm que les populations apprennent à exiger des produits de meilleure qualité.

-52-

COMMISSION A: QUATRIEME SEANCE

53

M. Oliva propose plusieurs amendements au projet de résolution. Au paragraphe 1.1 ), il conviendrait d'ajouter les mots« et de nutrition publique» après« de santé publique» et d'ajouter après « ceux qui existent » le membre de phrase « en collaboration étroite avec leurs programmes appliqués de surveillance nutritionnelle et épidémiologique ». Le paragraphe 1. 7) devrait être modifié comme suit : «d'élaborer des programmes de proximité pour le secteur privé afin d'améliorer la salubrité des aliments au niveau des consommateurs, l'accent étant mis sur la prévention des risques et les conseils en matière de bonnes pratiques de fabrication, notamment sur les marchés des villes, compte tenu des besoins et caractéristiques spécifiques des micro-industries et petites industries alimentaires, et d'étudier les possibilités de coopération avec l'industrie alimentaire afin d'appeler l'attention sur le respect de bonnes pratiques d'agriculture et de fabrication ne nuisant pas à l'environnement;». Au paragraphe 2.7), il conviendrait de supprimer« et» devant« de renforcer» et d'ajouter après « sécurité chimique des aliments » le membre de phrase « et de tenir à jour une base de ces données scientifiques pour aider les Etats Membres à prendre des décisions d'ordre sanitaire sur ces questions». Au paragraphe 2.9), M. Oliva souhaiterait ajouter après« maladies d'origine alimentaire» à la fm du paragraphe le membre de phrase « et sur des méthodes simples de gestion et de réduction des risques liés à l'alimentation». Enfm, il propose l'adoption d'un nouveau paragraphe 2.14) libellé comme suit:« d'en appeler à toutes les parties intéressées- spécialement le secteur privé- pour qu'elles assument la responsabilité de préserver la qualité et la salubrité de la production alimentaire, et notamment d'assurer la protection de · l'environnement tout au long de la chaîne alimentaire». Le Dr SAKAI (Japon) affirme que la salubrité des aliments est un des aspects les plus importants de la santé publique. Son pays en appelle à l'OMS pour qu'elle aide davantage les Etats Membres, selon les principes énoncés dans le document de base (EB 105/2000/REC/1, annexe 7). En tant qu'organisation internationale responsable de la santé mondiale, l'OMS devrait apporter une plus large contribution aux travaux de la Commission du Codex Alimentarius. Elle devrait accroître les moyens dont elle dispose pour émettre des avis scientifiques sur des questions telles que l'évaluation de la salubrité d'aliments génétiquement modifiés et l'évaluation des risques d'ordre microbiologique et chimique dans 1' alimentation. Comme mesure contribuant à renforcer les aspects des travaux de la Commission du Codex Alimentarius relatifs à la santé publique, l'OMS devrait examiner les relations de travail actuelles qui existent entre elle et la FAO dans le cadre du Programme mixte FAO/OMS sur les normes alimentaires. Cette collaboration devra certainement continuer, mais tenir compte aussi des rôles respectifs des deux Organisations et éviter tout chevauchement de leurs activités. Le Gouvernement japonais invite le Directeur général à poursuivre l'étude de la question et à rendre compte des progrès accomplis. M. MILLS (Canada) se déclare satisfait du projet de résolution. Comme indiqué au paragraphe 2.10), il convient d'examiner les relations de travail actuelles entre l'OMS et la FAO afin d'accroître le rôle de l'OMS dans les travaux de la Commission du Codex Alimentarius et de ses comités. A l'heure actuelle, la FAO assure les trois quarts du budget de la Commission, mais les deux Organisations devraient viser en dernier ressort à verser des contributions d'un montant comparable. La délégation canadienne approuve aussi l'invitation contenue dans le paragraphe 2.5) en vue d'une réunion de planification stratégique regroupant des experts de la salubrité des aliments. Quant aux évaluations de risques entreprises par les comités mixtes d'experts OMS/FAO, M. Mills déclare que les preuves scientifiques sur lesquelles les conclusions des comités sont fondées doivent pouvoir résister à un examen approfondi et à une révision critique. Le choix des experts, les méthodes de travail des comités et la description de toute contrainte ou incertitude doivent être transparents et bien documentés. Sa délégation se rallie à l'appel figurant dans le paragraphe 2.8) pour garantir la transparence, l'excellence et l'indépendance des avis donnés par les comités d'experts. Il se félicite des progrès accomplis dans la création d'un organe consultatif chargé de l'évaluation des risques microbiologiques, étant donné le grand nombre de problèmes de santé résultant de la contamination bactérienne.

54

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

Sa délégation reconnaît que la mise en oeuvre du projet de résolution, qui suppose l'évaluation de nouveaux produits alimentaires et de nouvelles technologies de même que les mesures de soutien aux programmes nationaux de salubrité des aliments, exigera une augmentation des ressources. Le rôle de la biotechnologie dans les approvisionnements alimentaires doit être examiné. Au Canada, comme dans d'autres pays, des groupes de pression se servent d'informations non scientifiques dans leur campagne contre les nouvelles technologies, provoquant des craintes dans le grand public et suscitant des préoccupations souvent injustifiées. L'OMS devrait veiller à ce que l'information et la recherche sur la biotechnologie soient fondées sur la transparence, la participation, la consultation et des preuves matérielles. L'évaluation de la salubrité des aliments reposant sur la biotechnologie doit être rigoureuse, couvrant la manière dont le produit a été mis au point, sa composition nutritionnelle comparée à celle de produits analogues non modifiés et la toxicité ou l'allergénicité potentielles des produits nouveaux. L'OMS se doit d'insister sur l'existence de données scientifiques. M. Mills se félicite des efforts déployés par l'OMS pour combiner la surveillance des maladies d'origine alimentaire et celle des autres maladies infectieuses. Il appuie la proposition contenue dans le paragraphe 2.13) visant à renforcer la formation technique dans les pays en développement et à utiliser l'information provenant de ces pays dans l'évaluation des risques aux fins de l'établissement de normes internationales. Le Dr AFSAR (Turquie) estime que les pays devraient recevoir un appui technique d~ l'OMS et d'autres organisations compétentes pour pouvoir améliorer la surveillance des maladies d'origine alimentaire et renforcer la capacité de leurs laboratoires d'effectuer des analyses microbiologiques et chimiques assurant la salubrité des aliments. La normalisation des procédés de fabrication et un étiquetage exact des produits alimentaires donnant des informations sur les ingrédients, et tout avertissement utile concernant les questions de santé, contribueront à répondre aux préoccupations croissantes des consommateurs quant à la salubrité des aliments. La FAO et l'OMS doivent promouvoir la production et la consommation d'aliments produits naturellement sans additifs chimiques. La Région européenne de l'OMS travaille depuis peu à des plans stratégiques nationaux pour la salubrité des aliments et la nutrition. En Turquie, un organe multisectoriel, le Conseil national de l'Alimentation, a récemment été créé afin de suivre l'élaboration et l'exécution d'un plan national d'action pour la salubrité alimentaire. La délégation turque appuie le projet de résolution. Le Dr MARJOUR (Maroc) fait observer que la diversité des produits alimentaires ainsi que le respect insuffisant des règlements sont une menace pour la santé des consommateurs en raison du risque d'intoxications alimentaires et d'épidémies; ces facteurs constituent une charge sociale et financière justifiant le renforcement du contrôle épidémiologique et des activités de prévention destinés à protéger la santé des consommateurs. Sa délégation note avec satisfaction la priorité accordée par l'OMS à la salubrité des aliments, qui devrait inclure une surveillance épidémiologique étroite des intoxications alimentaires, exercée en coordination avec les bureaux régionaux. Le Dr Mahjour propose que l'on aide les Etats Membres à accroître leurs capacités dans les domaines suivants : diagnostics, réactions rapides, contrôle des produits alimentaires, recherche, surveillance des maladies causées par des produits alimentaires contaminés, prévention et éducation, et inclusion de notions relatives à une saine nutrition dans les activités de soins de santé primaires. La mondialisation accrue du commerce exige que l'OMS participe plus activement aux réunions de l'OMC et à l'élaboration de ses résolutions afm que la question de la santé et de la salubrité des aliments soit prise en compte à sa juste valeur. Le Maroc envisage la création d'un organe national chargé de la salubrité alimentaire et de la coordination des activités s'y rapportant. Le Dr Mahjour approuve le projet de résolution, notant le rôle que ce texte pourra jouer dans la coordination des efforts de toutes les parties concernées par la salubrité des aliments : secteur public, responsables des soins de santé et société civile.

COMMISSION A : QUATRJEME SEANCE

55

Le Dr THIERS (Belgique) souligne que la salubrité des aliments est une des priorités de son Gouvernement, comme l'a attesté la participation du Ministre de la Santé publique au débat du Conseil exécutif de janvier. La délégation belge soutient donc avec force le projet de résolution. M. W.-K. MOON (République de Corée) fait savoir que l'évolution du genre de vie a entraîné dans son pays un accroissement de l'incidence des maladies d'origine alimentaire. Sa délégation appuie donc le projet de résolution. L'Administration coréenne pour les Aliments et les Médicaments, créée en 1998, a élaboré sur la base de données scientifiques des normes et des spécifications régissant l'utilisation de substances dangereuses. Les engrais, les additifs alimentaires et les métaux lourds toxiques sont surveillés et évalués. Le système d'analyse des risques - points critiques pour leur maîtrise a été adopté par les usines de fabrication et de transformation des aliments afm de minimiser les risques de contamination liés à l'alimentation. Son Gouvernement attend des organisations non gouvernementales une aide pour rendre plus transparents les mécanismes de formulation des politiques et de prise des décisions. Les consommateurs peuvent aussi participer directement aux activités de contrôle de la salubrité des aliments. La République de Corée participe depuis 1971 aux travaux de la Commission du Codex Alimentarius et de ses comités. Le Dr LEVENTHAL (Israël) fait savoir que sa délégation se rallie au projet çle résolution. Les inquiétudes concernant la salubrité des aliments affectent à la fois ceux qui n'ont pas assez à manger et ceux qui mangent trop. Les consommateurs sont préoccupés par les maladies d'origine alimentaire dues aux germes pathogènes microbiologiques et aux contaminations résultant de biotoxines et d'autres substances chimiques, mais aussi par les nouveaux produits fabriqués au moyen de la biotechnologie. Influencé par les médias, le public se soucie davantage des listérioses ou des intoxications à la dioxine que des conséquences mortelles du tabagisme ; les réactions contradictoires de différents pays ne font qu'aggraver le problème. Le Dr Leventhal suggère que l'organe consultatif d'experts chargé de l'évaluation des risques microbiologiques, qui fait l'objet d'une proposition dans le paragraphe 2.7) du projet de résolution, comprenne une équipe spéciale capable de réagir immédiatement et directement à toute crise internationale liée à la salubrité des aliments. Le Dr JEANFRANÇOIS (France) fait observer qu'un nombre croissant d'institutions internationales s'attaquent au problème de plus en plus sérieux de la salubrité des aliments, par exemple, en plus de l'OMS, la FAO, l'OCDE, l'Union européenne et les pays du G7/G8. Elle convient avec de précédents orateurs que l'OMS doit participer plus activement aux travaux de la Commission du Codex Alimentarius et affrrmer son rôle de chef de file sur la question de la salubrité alimentaire. Les mandats des structures institutionnelles existantes chargées de cette question devraient être révisés afm de mieux coordonner les mesures de protection des consommateurs, de mettre en place un système de surveillance et d'alerte rapide et d'assurer des réactions internationales en cas de problèmes graves. En France, il existe un organisme spécialisé dans la sécurité sanitaire des aliments, placé sous la triple tutelle du Ministère de la Santé, du Ministère de l'Agriculture et du Ministère de la Consommation. Cette approche intersectorielle permet de traiter dans les meilleurs délais et de façon concertée tous les problèmes pouvant survenir. La France est prête à fournir un appui technique à l'OMS et aux pays qui manquent de moyens dans les domaines de la normalisation, du renforcement des capacités et des services de diagnostic et de surveillance. Sa délégation approuve le projet de résolution. Le Dr FETISOV (Fédération de Russie) appuie sans réserve les efforts déployés par l'OMS et la F AO pour promouvoir des mesures internationales en faveur de la salubrité des aliments. La Fédération de Russie a récemment pris certaines mesures destinées à renforcer les normes et la législation dans ce domaine. Les fabricants et les détaillants ont désormais une plus grande responsabilité vis-à-vis de la qualité et de la salubrité des produits alimentaires. Un logiciel a été mis au point pour rassembler et

56

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

analyser les données sur la contamination de produits bruts et transformés due à des agents chimiques ou biologiques, ce qui permet de comparer le niveau de contamination des produits alimentaires dans différents districts ou régions de même que sur l'ensemble du territoire. La Fédération de Russie s'efforce aussi d'améliorer les méthodes de détection et de quantification des principaux contaminants des produits alimentaires bruts et transformés, de moderniser son système de surveillance ainsi que la formation du personnel travaillant dans ce domaine, et de fournir une meilleure éducation et de meilleures informations sur les questions de santé. Son pays estime qu'il conviendrait de mettre en place un système mondial de surveillance épidémiologique dès que possible, couvrant la salubrité des produits alimentaires obtenus par la biotechnologie. Dans ses travaux, la Commission du Codex Alimentarius devrait accorder plus d'attention aux questions scientifiques et aux questions de santé publique. C'est précisément en raison du manque de travaux scientifiques sur les questions de salubrité alimentaire que l'on a vu apparaître des problèmes internationaux tels que la contamination des aliments par les dioxines, la production d'aliments à partir d'animaux atteints d'encéphalopathie spongiforme bovine et la salubrité des aliments obtenus à partir de sources génétiquement modifiées. Le Dr Fetisov invite l'OMS à fournir aux pays autant d'informations scientifiques que possible sur ces questions. Sa délégation appuie le projet de résolution. Elle se félicite en particulier de la proposition selon laquelle un représentant de la Commission du Codex Alimentarius devrait assister à une des _sessions du Conseil pour rendre compte aux membres du travail de la Commission. Le Dr VIOLAKI-PARASK.EVA (Grèce) rappelle que la salubrité des aliments est un facteur important dans de nombreux domaines, par exemple l'économie, y compris l'industrie touristique, outre le secteur de la santé. La coordination avec d'autres organisations internationales est indispensable si l'on veut faire de la salubrité des aliments un élément essentiel de la santé publique et minimiser les risques pour la santé à tous les maillons de la chaîne alimentaire. Un livre blanc sur la salubrité des aliments a récemment été adopté par la Commission de l'Union européenne, qui devient ainsi un autre partenaire potentiel. L'intervenante souligne l'importance de différents points soulevés dans le document de base: la nécessité de disposer d'un processus de planification à long terme, un examen des relations de travail entre l'OMS et la FAO dans le domaine de la salubrité des aliments, et la plus forte priorité qu'il est proposé d'accorder aux travaux de l'OMS accomplis dans le cadre de la Commission du Codex Alimentarius. Le recours à la biotechnologie, aux hormones et aux antibiotiques pour la production agricole doit être évalué attentivement afm d'éviter de nouveaux risques pour la santé humaine. L'OMS devrait définir des principes directeurs pour la fiXation des priorités relatives à l'évaluation du problème des maladies d'origine alimentaire et se donner les moyens de réagir immédiatement aux urgences alimentaires internationales et nationales en fournissant les avis techniques et scientifiques nécessaires. L'intervenante propose donc qu'un alinéa soit ajouté à la fm du paragraphe 2 du projet de résolution, comme suit: «d'intervenir immédiatement en cas de situation d'urgence nationale ou internationale liée à la salubrité des aliments et d'aider les pays à maîtriser la crise». Le Professeur AHSAN ULAH (Bangladesh) déclare que son pays s'attaque aux problèmes de la qualité et de la salubrité des aliments, tout en s'efforçant de produire une nourriture suffisante pour toute la population. Le Bangladesh n'a pas encore mis au point des mécanismes réglementaires et administratifs efficaces pouvant assurer la salubrité alimentaire, partiellement en raison d'un manque de coordination. Un conseil national pour la salubrité des alim·ents sera créé sous peu conformément à l'Ordonnance de 1998 sur une alimentation saine. Le Laboratoire de la Santé publique a analysé les risques liés aux aliments, en se fondant sur les points critiques pour la maîtrise des risques, malgré l'insuffisance de bonnes installations de laboratoire et de personnels qualifiés. Le Bangladesh estime aussi que l'OMS devrait participer plus activement aux travaux de la Commission du Codex Alimentarius dans des domaines tels que les aliments produits à l'aide de la

COMMISSION A : QUATRIEME SEANCE

57

biotechnologie, les aliments pour animaux et les risques microbiologiques menaçant la salubrité de l'alimentation. Une telle participation serait tout à fait conforme au mandat de l'OMS, qui lui permet de fixer des normes dans les domaines ayant des implications sanitaires. On court toutefois le danger que des normes trop strictes pourraient servir à restreindre le libre commerce des aliments et des produits alimentaires. Une plus grande transparence dans le fonctionnement de la Commission du Codex Alimentarius, une plus large participation de l'OMS à ses travaux et des échanges accrus entre pays développés et pays en développement contribueraient à dissiper ces préoccupations. Le Dr SANGALA (Malawi) signale que son pays applique encore la Loi de 1978 sur la santé publique (aujourd'hui périmée). Le Ministère de la Santé et de la Population rédige actuellement une loi qui portera sur la salubrité des aliments et harmonisera les lois et les règlements en vigueur dans ce domaine. On a assisté récemment à une prolifération de restaurants de fortune installés, par exemple, à côté d'arrêts d'autobus, et dont la présence est à l'origine de maladies diarrhéiques. Le Dr Sangala souhaiterait obtenir un soutien de l'OMS pour mettre en place, au niveau national, des mécanismes élémentaires de surveillance et de contrôle. Il accueille avec satisfaction et appuie le projet de résolution, tout en proposant quelques amendements. Au premier alinéa du préambule, il conviendrait de supprimer les mots « tant dans les pays en développement que dans les pays développés». Au deuxième alinéa, il propose d'inclure un passage reconnaissant que les maladies d'origine alimentaire affectent aussi considérablem_ent la santé et le bien-être économique des individus. Enfm, au paragraphe 1.7), on pourrait ajouter les mots «et les associations de consommateurs» après les mots« l'industrie alimentaire». Le Professeur GRANGAUD (Algérie) note avec satisfaction que le projet de résolution met l'accent sur les risques alimentaires liés aux micro-organismes pathogènes, aux biotoxines et aux contaminants chimiques. Son pays est de plus en plus exposé à de tels risques étant donné la maîtrise insuffisante de la technologie chez un certain nombre d'opérateurs économiques nationaux et l'introduction frauduleuse sur le territoire national de produits alimentaires non conformes aux normes. Une telle situation, commune à de nombreux pays en développement, montre que l'on risque de voir apparaître rapidement un monde à deux vitesses dans le domaine de la salubrité des aliments. Sur la question des normes, les pays en développement ne peuvent guère faire autrement que s'aligner sur les positions prises par les experts et les pays industrialisés. Ils sont parfois perplexes lorsque des désaccords surgissent sur des questions telles que les aliments génétiquement modifiés ou les viandes contenant des hormones. Tout en appuyant le projet de résolution, le Professeur Grangaud propose l'adjonction d'un alinéa au paragraphe 2 concernant la nécessité de fournir un soutien aux pays en développement pour une formation de leurs personnels qui prenne en compte le contexte technologique de production dans ces pays. Il propose aussi de compléter le paragraphe 2.13) par le membre de phrase suivant : « en mettant à leur disposition une documentation exhaustive dans leurs langues de travail». Dans le cas de l'Algérie, il s'agit de la documentation en arabe et en français, qui est généralement beaucoup moins abondante que les documents en langue anglaise. Le Dr PATCHARA W AN SRISILAPANAN (Thaïlande) approuve le projet de résolution, la salubrité des aliments étant une question essentielle de santé publique. La Thaïlande a adopté un programme national pour la salubrité des aliments, sous les auspices de la Commission nationale de l'Alimentation, afin de coordonner les travaux de tous les organismes responsables et d'assurer la salubrité de l'ensemble de la chaîne alimentaire. Etant un des principaux exportateurs mondiaux de produits alimentaires, son pays prend très au sérieux la question de la salubrité et ses implications pour la santé humaine aux niveaux national, régional et international. Les mesures prises sont conformes aux normes mondiales. La Thaïlande est un membre actif de la Commission du Codex Alimentarius et a déjà appliqué le Code des bonnes pratiques agricoles, le Code des bonnes pratiques de fabrication et le système d'analyse des risques- points critiques pour leur maîtrise, afm de contrôler et d'assurer la salubrité de la chaîne alimentaire. D'autres progrès sont nécessaires dans des domaines tels que le renforcement de la

58

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

capacité d'évaluer les risques. Un appui technique de l'OMS est requis pour faciliter le travail concernant l'évaluation des risques microbiologiques et les implications sanitaires des organismes génétiquement modifiés. Le délégué prie instamment l'OMS d'accorder dans son programme d'action une place prioritaire à la biotechnologie et aux aliments génétiquement modifiés. Il souhaiterait aussi avoir des observations de l'Organisation sur l'inclusion de considérations sanitaires dans le domaine du commerce mondial des aliments, qui, craint-il, pourrait provoquer des différends commerciaux, avec des effets négatifs considérables sur les économies nationales. La santé devrait l'emporter sur le commerce lorsque sont enjeu les relations avec l'OMC et d'autres partenaires. L'OMS devrait pouvoir fournir des preuves réfutant les prétentions abusives de l'industrie alimentaire internationale et protéger les consommateurs innocents. Le délégué accueille avec satisfaction la demande pertinente et d'utilité pratique formulée au paragraphe 2.13) du projet de résolution concernant l'utilisation la plus large possible d'informations provenant des pays en développement dans l'évaluation des risques aux fms de l'établissement de normes internationales. L'OMS devrait appliquer une méthode transparente au processus d'élaboration de ses politiques et encourager les pays en développement à y participer activement. Il l'engage non seulement à travailler avec les autorités sanitaires nationales, mais aussi à étendre sa collaboration au secteur privé, aux organisations non gouvernementales et à la communauté tout entière. En Thaïlande, les organisations non gouvernementales préconisent la modification des pratiques agricoles et diététiques grâce à la culture de légumes sans pesticides, la production d'aliments hygiéniques et naturels, la salubrité de la chaîne alimentaire et la protection des consommateurs. · Le Dr KUNENE (Swaziland) constate que les inondations survenues au cours des six derniers mois au Swaziland et ailleurs font craindre une contamination des cultures actuellement récoltées. La contamination de différentes cultures vivrières par des champignons a déjà été signalée dans certains districts. Les récoltes ont été réduites dans des proportions allant de 40 à 60 %. Les populations seront probablement obligées de consommer des denrées de qualité inférieure, avec la forte probabilité de contracter des maladies d'origine alimentaire. Un sérieux défi que doit relever le Ministère de la Santé et des Affaires sociales est l'augmentation rapide du nombre de personnes vendant des produits frais dans la rue, dont une grande partie a probablement été contaminée au cours de la préparation ou du stockage. Cette situation est imputable à l'affaiblissement de l'économie et aux pertes d'emplois qui en ont été la conséquence. L'application d'une loi révisée sur la santé publique devrait réduire l'incidence des maladies d'origine alimentaire. En matière de salubrité des aliments, différents problèmes se posent aussi du fait de la grande variété des produits importés d'autres pays. Ces problèmes comprennent les étiquetages donnant des renseignements faux ou trompeurs concernant le contenu et les dates d'expiration, qui sont tantôt placées de manière à être difficilement visibles, tantôt totalement absentes. En outre, certains emballages ne précisent d'aucune façon si le produit convient ou non à l'alimentation des nourrissons ou des jeunes enfants, notamment au cours des six premiers mois de la vie. Une autre cause de préoccupation est le volume des produits qui entrent dans le pays de manière irrégulière, ce qui empêche d'en assurer la salubrité. Le Swaziland ne dispose pas des installations et des compétences nécessaires pour effectuer les tests pouvant garantir la salubrité des aliments vendus au public. Un soutien de l'OMS pour renforcer ses capacités dans ce domaine essentiel serait très apprécié. Aussi, bien que le Swaziland appuie le projet de résolution, le délégué propose d'ajouter un alinéa au paragraphe 2, comme suit: «de contribuer au renforcement des capacités des Etats Membres, spécialement des pays en développement, et de faciliter leur pleine participation aux travaux de la Commission du Codex Alimentarius et de ses différents comités, y compris les activités liées aux processus d'analyse des risques pour la salubrité des aliments». Le Dr HENNEY (Etats-Unis d'Amérique) approuve le projet de résolution. Elle se félicite de ce que l'OMS accepte de jouer un rôle mondial plus étendu dans le domaine de la salubrité des aliments afm de promouvoir la santé publique et de faciliter les décisions fondées sur des données scientifiques. Le processus de planification stratégique, y compris les questions intéressant plusieurs Groupes, telles que

COMMISSION A : QUA TRIEME SEANCE

59

la surveillance des maladies d'origine alimentaire, pourrait, avec la participation des Etats Membres, se révéler un élément indispensable au succès des nouvelles initiatives de l'OMS en matière de salubrité. Ce processus doit être inclusif, c'est-à-dire réunir des experts et d'autres parties, et avoir un caractère ouvert, transparent et indépendant, afm de favoriser la compréhension et la confiance. Une autre démarche que l'on devrait envisager consiste à encourager les échanges d'informations et à approfondir le dialogue grâce à la convocation régulière de réunions des autorités responsables de la salubrité des aliments, sous l'égide de l'OMS, tout comme le font les autorités responsables des médicaments dans le cadre de la Conférence internationale des autorités de réglementation pharmaceutique. L'éventuel parrainage commun d'une telle initiative devrait être étudié avec la FAO. Pour l'Organisation, le projet de résolution a des implications considérables sur le plan des coûts. L'intervenante encourage vivement l'OMS à trouver des fonds extrabudgétaires auprès d'organismes bilatéraux, de gouvernements, de banques de développement et d'organisations non gouvernementales, en particulier pour renforcer à l'échelle mondiale l'éducation en matière de salubrité alimentaire, la formation et les programmes de développement de l'infrastructure. Elle approuve la décision de transférer des fonds depuis d'autres programmes pour couvrir en cours d'exercice des activités relatives à la salubrité des aliments. Elle est d'accord aussi pour que l'OMS joue un rôle plus dynamique dans ce domaine parallèlement à d'autres organisations internationales, et note l'importance de la Commission du Codex Alimentarius dans l'examen des questions scientifiques. Elle encourage l'Organisation à étudier de quelle façon elle pourrait apporter à la Commission et aux comités d'experts associés une contribution correspondant à leur importance pour la protection des consommateurs. M. CHOWDHURY (Inde) rappelle qu'au cours des dernières années, l'Inde a déployé des efforts coordonnés pour relever le niveau de salubrité des aliments. II estime toutefois que les normes du Codex ne devraient pas être rattachées uniquement aux niveaux les plus élevés que l'on puisse atteindre dans un pays développé, puisque les techniques de la production alimentaire dans les pays en développement sont moins avancées. Les niveaux de qualité devraient être relevés progressivement à un rythme qui permettra aux pays en développement de moderniser leur technologie et de se conformer à ces normes. La normalisation aux étapes intermédiaires exigera que chaque pays réalise les normes technologiques les plus avancées dans toutes les activités de fabrication et de services. La santé des consommateurs sera protégée si les normes qualitatives se limitent au dernier stade de la distribution au détail. Des normes trop strictes ou des normes multiples à différents stades de production auraient fatalement pour conséquence d'exclure du commerce international les produits des pays en développement. Ces normes reviendraient en fait à appliquer des barrières commerciales non tarifaires. M. Chowdhury invite donc l'OMS et d'autres organismes internationaux intéressés par le processus de la normalisation de la salubrité alimentaire dans le cadre de la Commission du Codex Alimentarius à assurer que ces normes ne sont pas fiXées à des niveaux qui désavantagent les pays en développement. Le Dr MANSOUR (Egypte) fait savoir que, dans son pays, la réglementation relative aux additifs et produits alimentaires est conforme aux normes et principes directeurs de la Commission du Codex Alimentarius et comprend une décision ministérielle prise en 1995 pour spécifier les additifs et conservateurs autorisés, ainsi que les produits alimentaires auxquels ils pourraient être ajoutés compte tenu des habitudes de la consommation alimentaire en Egypte. Un comité permanent révise et améliore systématiquement les règlements alimentaires. Les produits d'origine locale, de même que les produits importés, font régulièrement l'objet de tests afm d'en assurer la salubrité. L'Egypte appuie le projet de résolution et se joint aux délégations qui ont souligné l'importance de la recherche. L'OMS devrait contribuer davantage à diffuser auprès des gouvernements et des organisations civiles les informations concernant la salubrité des aliments, la protection des consommateurs et les méthodes pouvant empêcher les contaminations. Le Dr KHAZAL (Emirats arabes unis) informe la Commission que son Ministère de la Santé met actuellement au point un plan détaillé pour la nutrition et la salubrité des aliments étant donné leurs

60

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

rapports étroits avec un certain nombre de problèmes de santé, notamment les maladies cardio-vasculaires. Divers organismes publics s'emploient à coordonner la politique de contrôle de l'alimentation et des produits alimentaires. Plusieurs réunions régionales ont été organisées dans son pays. Les Emirats arabes unis appuient le projet de résolution et attirent l'attention sur la nécessité de disposer d'une information exacte sur les dernières techniques de contrôle des aliments. Le Dr TEE AH SIAN (Malaisie) accueille avec satisfaction la proposition de l'OMS tendant à renforcer la salubrité des aliments, dont son pays a fait une fonction essentielle de santé publique. Elle appuie fermement le projet de résolution, mais propose d'y inclure la notion que l'OMS devrait prendre l'initiative de fournir des avis techniques aux Etats Membres sur la gestion des crises, notamment pour la mise en place d'un système d'alerte rapide. Un deuxième élément que l'on pourrait y ajouter concerne la poursuite des travaux de l'OMS avec la FAO et d'autres donateurs dans le but d'apporter un soutien technique aux pays en développement qui veulent renforcer l'infrastructure du contrôle alimentaire. Cet élément comprendrait : la formation de personnel aux niveaux régional, sous-régional et national dans des domaines tels que l'analyse des risques et les points critiques pour leur maîtrise, les bonnes pratiques de fabrication, l'éducation des consommateurs et des entreprises industrielles; le renforcement des capacités analytiques et techniques nécessaires au fonctionnement de systèmes nationaux efficaces de contrôle alimentaire; une aide au développement des systèmes d'information afm d'assurer la surveillance et le contrôle des maladies d'origine alimentaire grâce à la technologie de l'information; et u~e aide à la recherche consacrée à la salubrité des aliments. Enfm, elle propose que le projet de résolution invite aussi l'OMS à collaborer avec la FAO dans le but d'aborder les problèmes naissants d'origine alimentaire, la contamination par les substances chimiques et l'évaluation de la salubrité des techniques nouvelles et produits alimentaires nouveaux, et d'assurer que l'évaluation des risques est fondée sur des données mondiales, y compris celles provenant des pays en développement. Le Dr LANE (Nouvelle-Zélande) fait savoir que son pays s'est engagé à maintenir en application un programme national efficace de salubrité des aliments. La Nouvelle-Zélande réexamine actuellement sa politique en vue de réduire les risques pour la santé tout au long de la chaîne alimentaire, depuis le producteur primaire jusqu'au consommateur, grâce à un système intégré et durable de salubrité des aliments. La Nouvelle-Zélande appuie la recommandation de la Conférence de la F AO sur le commerce international des denrées alimentaires au-delà de l'an 2000, tenue à Melbourne en octobre 1999, selon laquelle il conviendrait que l'OMS renforce sa participation aux travaux de la Commission du Codex Alimentarius. Le Dr Lane appuie fermement le projet de résolution. Le Dr TSHABALALA-MSIMANG (Afrique du Sud) déclare que son pays a pris note de l'importance et des conséquences des accords de l'OMC relatifs à l'alimentation, qui visent à supprimer les obstacles non tarifaires au commerce. Elle se déclare préoccupée, toutefois, du très petit nombre de pays en développement qui sont représentés aux sessions des comités du Codex et qui contribuent à l'élaboration des normes du Codex et des textes s'y rapportant. Son pays appuie donc le projet de résolution, qui demande entre autres une plus grande participation aux travaux de la Commission du Codex Alimentarius et de ses comités. Le renforcement des programmes nationaux sur la salubrité des aliments et l'analyse des risques sont des préalables essentiels, non seulement pour protéger la santé humaine, mais aussi pour assurer le respect des dispositions de l'Accord de l'OMC sur l'application des mesures sanitaires et phytosanitaires. Il n'en demeure pas moins que de nombreux pays en développement ont du mal à respecter les obligations de cet Accord relatives à l'harmonisation et à l'équivalence des mesures sanitaires. L'intervenante prie instamment les pays développés d'adhérer aux dispositions de 1' article 10 de 1'Accord, qui portent sur le traitement spécial et différentiel applicable aux pays en développement. Les normes concernant la salubrité des aliments doivent se fonder sur des analyses et des données scientifiques valables, tout en tenant compte, le cas échéant, d'autres facteurs légitimes relatifs à la

COMMISSION A : QUATRIEME SEANCE

61

protection de la santé des consommateurs et à la promotion de pratiques équitables en matière de commerce alimentaire. Son pays est conscient des répercussions des maladies d'origine alimentaire sur la santé et l'économie, et reconnaît que celles-ci ne font qu'aggraver les effets de la malnutrition. Il est aussi conscient du fait que, dans de nombreux pays, moins de 1 %de tous les cas de maladies d'origine alimentaire sont portés à l'attention des autorités. Son pays appuie donc l'objectif consistant à mettre au point et à appliquer des mesures préventives durables, et à concevoir et entretenir des systèmes nationaux et régionaux de surveillance et de contrôle. Outre les mesures demandées par le projet de résolution, l'intervenante souligne deux des recommandations de la Conférence de Melbourne de 1999 sur le commerce international des denrées alimentaires au-delà de l'an 2000, qui se rapportent à l'OMS et à la F AO. Les deux Organisations sont priées, entre autres, de rassembler et de confronter les informations provenant des Etats Membres afm de déterminer à l'échelle mondiale la situation et l'ampleur véritables des problèmes de qualité et de salubrité des aliments. Elles ont aussi été priées d'étudier, dans la limite des ressources budgétaires, la possibilité de créer des centres régionaux capables d'appuyer les activités suivantes: les programmes de formation en salubrité des aliments, y compris ceux relatifs à l'analyse des risques et aux points critiques pour leur maîtrise, l'évaluation des risques et l'octroi d'une assistance spécialisée aux pays qui en ont besoin pour assurer la surveillance épidémiologique. Les pays individuels et les organisations internationales doivent collaborer pour prévenir les maladies d'origine alimentaire, notamment celles causées par des agents pathogènes nouveaux dont la propagation ne s'arrête pas aux frontières internationales. Il faut féliciter l'OMS de l'attention qui a été accordée à la question de la salubrité des aliments à l'Assemblée de la Santé. L'Organisation a aussi besoin de la pleine coopération de tous les Etats Membres pour accomplir ses activités futures relatives à un aspect aussi important des soins de santé primaires. Le Professeur SMALLWOOD (Australie) rend compte de la mise en route, dans son pays, d'un programme de deux ans devant permettre de mieux évaluer les effets des pratiques de salubrité alimentaire sur la santé de la population. Pour la première fois, des lois nationales cohérentes sur l'hygiène alimentaire ont été rédigées par l'Administration alimentaire de l'Australie et de la Nouvelle-Zélande qui, pense-t-il, seront un moyen efficace de réduire l'incidence des maladies d'origine alimentaire. Les autorités appliquent actuellement un programme de surveillance des micro-organismes et des produits chimiques présents dans les aliments, ainsi que des programmes d'éducation pour les consommateurs, auxquels contribuent l'industrie et le secteur privé. L'évaluation des risques d'origine alimentaire retient toute 1' attention de son Gouvernement et son pays participe activement aux travaux de la Commission du Codex Alimentarius et de ses comités. Le Professeur Smallwood appuie fermement le projet de résolution. Le Dr OTTO (Palaos) rend compte de l'action de son Gouvernement qui, après avoir récemment achevé son plan d'action national pour la nutrition, dont le but était d'aborder la question de la salubrité des aliments, a été entravée par le manque de connaissances techniques et de principes directeurs précis. La question de la salubrité alimentaire a acquis énormément d'importance du fait que son pays importe actuellement de plus grandes quantités d'aliments dont la salubrité ne peut être assurée. En outre, l'agriculture locale utilise davantage de produits chimiques, soit dans la fabrication d'aliments pour animaux et d'engrais, soit pour lutter contre les nuisibles et les mauvaises herbes. Le Dr Otto note en particulier les propositions du projet de résolution visant à renforcer la capacité des laboratoires, surtout dans les pays en développement, et à inclure dans les programmes des écoles primaires et secondaires des questions relatives à la salubrité des aliments. Il appuie le projet de résolution, en s'alignant sur les observations du délégué de la Thaïlande et en approuvant l'amendement proposé par la délégation du Swaziland. Le Dr HETLAND (Norvège) se déclare très satisfait de l'importance attribuée à la question de la salubrité des aliments, telle qu'elle ressort du projet de résolution, qui remet cette question à sa juste place sur l'ordre du jour de l'OMS. En renforçant le programme de la salubrité alimentaire, l'Organisation mettra en route un processus qui inclura la salubrité alimentaire intégrée panni ses fonctions essentielles

62

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

de santé publique. Ce faisant, elle assurera des systèmes de garantie de la salubrité durables et intégrés, avec des risques réduits pour la santé à tous les maillons de la chaîne alimentaire. Le Dr Hetland approuve tout particulièrement la proposition visant à créer un organe consultatif chargé de l'évaluation des risques microbiologiques, qui servira à renforcer l'application de moyens scientifiques pour évaluer les risques aigus et à long terme que les aliments peuvent entraîner pour la santé. Cet organe permettra aussi d'intensifier la coopération entre l'OMS et la FAO et d'aider la Commission du Codex Alimentarius et ses comités dans leur travail de normalisation. Le Dr Hetland appuie le projet de résolution, avec les amendements proposés par les délégués du Brésil et du Swaziland. Le Dr ANTEZANA ARANÎBAR (Bolivie) appuie fermement le projet de résolution et les observations y relatives formulées par le délégué du Brésil. Il est indispensable de créer des mécanismes appropriés pour assurer la salubrité des aliments. Le nombre de participants au débat montre l'intérêt que les Etats Membres portent à cette question. Les échanges de produits alimentaires aux niveaux international et national sont certainement l'élément le plus important du commerce, dont l'ampleur oblige à évaluer les risques et à déterminer les mesures susceptibles de les réduire. La salubrité des aliments nécessite une coopération bilatérale, y compris entre les pays du Sud. Etant donné l'ampleur du commerce international des produits alimentaires, la Commission du Codex Alimentariusjoue un rôle capital. En outre, seules la FAO et l'OMS peuvent fixer des normes à un niveau qui correspond au rythme de croissance actuel du commerce à l'époque de la mondialisation. Le Dr Antezana Aranibar se joint aux délégués qui ont demandé une plus grande participation au niveau national du secteur de la santé, à la fois des ministères de la santé et d'autres organes concernés. Au niveau national, un sujet de préoccupation est le nombre croissant de personnes vendant des aliments dans la rue. Il conviendrait de mettre au point des mécanismes pouvant assurer la salubrité des aliments vendus dans de telles conditions. Pour conclure, le Dr Antezana Aranibar demande la création de mécanismes non seulement pour élaborer des normes sur le papier, mais aussi pour rechercher des modes d'opération grâce auxquels les pays moins riches peuvent assurer un certain degré de salubrité alimentaire. Il rappelle les observations faites par le délégué du Swaziland à ce propos. Il demande aussi une coopération bilatérale accrue pour faciliter une plus large participation des pays en développement au travail de normalisation.

2.

PREMIER RAPPORT DE LA COMMISSION A (document A53/35)

Le Dr RASAMIZANAKA (Madagascar), Rapporteur, donne lecture du projet du premier rapport de la Commission A.

Le rapport est adopté. 1

3.

QUESTIONS TECHNIQUES ET SANITAIRES: Point 12 de l'ordre du jour (reprise)

Salubrité des aliments: Point 12.3 de l'ordre du jour (document EB105/2000/REC/1, résolution EB105.R16 et annexe 7) (reprise) Mme TAPAKOUDI (Chypre) approuve pleinement le projet de résolution, qui comprend tous les paramètres nécessaires pour assurer la salubrité des aliments et prévenir les risques et les maladies d'origine alimentaire.

1

Voir p. 261.

COMMISSION A : QUATRIEME SEANCE

63

Mme LE THI THU HA (VietNam) note que la question des maladies d'origine alimentaire- un sérieux problème de santé publique dans son pays - est actuellement abordée par une administration créée l'année précédente sous l'égide du Ministère de la Santé. Au cours des deux dernières années, une campagne de promotion d'un mois portant sur la salubrité des aliments a permis à de nombreux secteurs de participer à des activités à grande échelle d'éducation et de sensibilisation. Elle attend avec intérêt de pouvoir poursuivre la coopération avec l'OMS, la FAO, la Commission du Codex Alimentarius et d'autres partenaires, et espère que ceux-ci pourront aider son pays à renforcer les règlements et la gestion de la salubrité des aliments pour que celle-ci atteigne le niveau réalisé dans d'autres pays de la Région du Pacifique occidental. Elle approuve le projet de résolution. Le Professeur ONGERI (Kenya) informe la Commission qu'en vertu des dispositions fort strictes de la loi de son pays sur la santé publique, les agents de la santé publique sont autorisés à entrer dans tout lieu de consommation d'aliments et à inspecter les produits. Il se rallie aux efforts déployés par la Commission du Codex Alimentarius pour protéger la santé des consommateurs et assurer des pratiques commerciales équitables, notamment en raison des problèmes rencontrés avec les produits alimentaires commerciaux dont l'étiquetage et l'analyse chimique sont suspects. Avec la libéralisation du commerce international des denrées alimentaires, des mécanismes rigoureux en matière de salubrité sont nécessaires pour empêcher une augmentation rapide des maladies d'origine alimentaire. Bien que les consommateurs soient de plus en plus conscients des dangers de la consommation d'aliments obtenus _auprès de sources bon marché et suspectes, ils n'ont pas de moyens suffisants pour en obtenir ailleurs. Une augmentation des ventes irrégulières ou du colportage d'aliments, notamment d'aliments cuisinés, entraîne un risque élevé de contamination à cause de la manière peu hygiénique dont les produits sont manipulés, préparés, stockés et servis. Face à ces problèmes, le Kenya a institué un cadre juridique et de politique générale visant à assurer la salubrité des aliments pour les consommateurs tant nationaux qu'internationaux. Il dispose aussi de personnel et de laboratoires d'analyses pour la surveillance des maladies d'origine alimentaire. Il a toutefois besoin d'une aide fmancière pour mettre à jour sa législation et moderniser les laboratoires, de manière à pouvoir respecter les normes internationales actuelles. Il lui faudrait aussi des ressources pour familiariser les principaux acteurs du domaine de la salubrité des aliments, depuis la production jusqu'à la consommation, grâce à des systèmes nouveaux tels que l'analyse des risques- points critiques pour leur maîtrise. Malgré le manque de ressources, son Gouvernement s'est engagé sur la question de la salubrité des aliments en garantissant la qualité de tous les produits destinés à la consommation locale et à 1' exportation. Des normes sanitaires et phytosanitaires strictes sont imposées, par exemple les nouvelles normes pour le poisson calquées sur celles que l'Union européenne a adoptées en 1999. Toutes les importations alimentaires sont examinées pour en assurer la conformité avec les lois, les règlements et les normes alimentaires du pays. Le Professeur Ongeri appuie le projet de résolution, en recommandant toutefois qu'il soit amendé pour y inclure, parallèlement à la salubrité des aliments, la nécessité de disposer d'une eau de boisson propre et saine. Le Dr W AHEED (Maldives) mentionne la responsabilité qui incombe au secteur de la santé de jouer un rôle directeur dans le domaine de la salubrité des aliments, de motiver les autres et de réaliser des progrès. Pour le faire efficacement, le secteur de la santé doit rassembler et diffuser des informations. L'OMS devrait jouer un plus grand rôle dans le processus d'élaboration du Codex Alimentarius. Le Dr W aheed appuie le projet de résolution. Le Dr GARCiA TUNON (Espagne) approuve le projet de résolution, mais demande qu'il mette davantage l'accent sur les risques de contamination chimique. Ces risques sont souvent sous-estimés à cause de la difficulté de mettre en évidence, dans les processus subaigus ou chroniques, une association épidémiologique avec les contaminants chimiques.

64

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

La déléguée appuie l'initiative consistant à convoquer une réunion de planification stratégique des experts en salubrité des aliments, mais propose d'en préciser les fonctions afm qu'il n'y ait pas de doubles emplois avec celles déjà remplies par la Commission du Codex Alimentarius. Enfm, elle accueille avec satisfaction l'engagement pris par le Directeur général de fournir aux Etats Membres l'appui technique nécessaire pour évaluer les risques alimentaires et écologiques liés à l'utilisation d'aliments génétiquement modifiés. Le Dr COULIBALY KOUNANDI (Côte d'Ivoire) attire l'attention sur le fait que, dans le monde entier, les laboratoires nationaux détectent parfois des aliments irradiés au césium-13 7 parmi les produits importés, notamment le lait en poudre, la viande et certaines conserves. Grâce à son laboratoire national de santé publique, son pays met au point une politique de salubrité des aliments couvrant les aspects biologiques, microbiologiques, chimiques et physiques. Dans le domaine des aliments irradiés, il entretient des relations étroites avec l'AlEA. Le délégué propose qu'il soit tenu compte des aspects physiques de la question dans le paragraphe 1.3) du projet de résolution. En outre, comme les maladies diarrhéiques frappent encore lourdement les populations des pays en développement, à cause d'une mauvaise utilisation des biberons, il convient d'énoncer clairement les restrictions limitant ce mode d'alimentation. Ayant formulé ces observations, il appuie le projet de résolution. Mme SORDAT (Suisse) appuie le projet de résolution et déclare que l'OMS doit disposer d'un mandat précis pour éviter tout chevauchement avec les travaux de la Commission du Codex Alimentarius. Ce mandat doit couvrir les échanges d'informations entre gouvernements, les programmes de surveillance, l'assistance technique et l'évaluation des risques dont seraient chargés des groupes d'experts tels que le Comité mixte PAO/OMS d'experts des Additifs alimentaires, les réunions conjointes PAO/OMS sur les résidus de pesticides ou l'organe d'experts de l'évaluation des risques microbiologiques dont la création est proposée. A cet égard, Mme Sordat souligne l'importance du paragraphe 2.8) du projet de résolution et, à propos du paragraphe 2.11), répète qu'il ne doit y avoir au sein de la Commission du Codex Alimentarius aucun chevauchement avec les travaux de la nouvelle équipe spéciale sur la biotechnologie. Mme DJAMALUDIN (Indonésie) se déclare très satisfaite du travail de l'OMS dans le domaine de la salubrité des aliments et appuie entièrement le projet de résolution. L'Indonésie a formulé une politique nationale intégrée pour protéger les consommateurs des produits alimentaires à risque, y compris les aliments vendus dans la rue. La législation et le service d'inspection des produits alimentaires jouent un rôle capital. Toutefois, le Ministère de la Santé n'intervient directement qu'à la fin de la chaîne alimentaire pour vérifier la qualité et l'étiquetage des produits fmis; l'assurance de la qualité et de la salubrité tout au long de la chaîne est en dehors de ses attributions. Etant donné, d'une part, l'expansion constante du commerce international des produits alimentaires, la plus grande sensibilisation des consommateurs vis-à-vis de la salubrité des aliments et les conséquences cruciales de la salubrité pour la santé, et, d'autre part, le rôle limité du secteur de la santé, Mme Djamaludin demande instamment à l'OMS de jouer un rôle énergique de chef de file dans le programme intégré de la salubrité des aliments. Le Dr POPA (Roumanie) fait savoir que la nécessité de faire de la salubrité des aliments une fonction intégrante de la santé publique est bien comprise dans son pays. La Roumanie mettra en application des mesures préventives visant la réduction des maladies d'origine alimentaire, la surveillance et le contrôle des micro-organismes et des produits chimiques dans l'alimentation, l'inclusion de la salubrité alimentaire dans les programmes d'éducation et d'information sur la santé et la nutrition destinés aux consommateurs, ainsi que d'autres aspects de la question abordés dans le rapport du Directeur général. Des experts des Ministères de l'Alimentation et de l'Agriculture, du Commerce ainsi que de l'Office de Protection des Consommateurs travaillent ensemble à 1'harmonisation de la législation nationale alimentaire avec les règlements de l'Union européenne. Six groupes de travail sont chargés respectivement de 1' étiquetage des aliments, des matériaux en contact avec les produits alimentaires, des additifs

COMMISSION A: QUATRIEME SEANCE

65

alimentaires, de l'hygiène et du contrôle, des produits génétiquement modifiés, de l'eau potable et des produits alimentaires écologiques. La rédaction de la législation devrait être achevée d'ici la fin de l'an 2000. La Roumanie serait très heureuse d'avoir des conseils de l'OMS sur la création de partenariats avec le secteur privé et toutes les autres parties intéressées, dans le but principal d'assurer que les questions de santé publique seront intégrées à toutes les stratégies mises au point par les partenaires. Le Dr Popa appuie entièrement le projet de résolution. Le Dr THORNE (Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord) accueille avec satisfaction le rapport sur la salubrité des aliments, ajoutant que son pays a récemment créé une agence pour les normes alimentaires chargée d'élaborer des stratégies fondées sur des données concrètes et d'assurer une plus grande transparence dans la détermination de ces données. Le Royaume-Uni appuie énergiquement la Commission du Codex Alimentarius; il encourage l'OMS à faire une place plus grande encore aux travaux de la Commission, en soulignant l'importance de ses attributions relatives à la santé des consommateurs. Le Dr Thome se déclare très satisfaite de la contribution apportée par l'OMS à l'évaluation de la salubrité des produits alimentaires génétiquement modifiés et de la consultation d'experts qui est prévue dans ce domaine. Elle se félicite aussi que l'on reconnaisse les problèmes liés à la résistance aux antimicrobiens, notant qu'un organe intergouvernemental, recouvrant aussi le secteur de l'agriculture, a été créé dans son pays pour s'occuper de ces questions. Elle approuve fermement l'importance accordée à la salubrité des aliments dans les programmes d'éducation et d'information sur la santé et la nutrition destinés aux consommateurs et se félicite de ce que l'OMS ait pris l'initiative dans ce domaine. Elle appuie le projet de résolution. Le Dr GALON (Philippines) appuie sans réserve le projet de résolution et demande à l'OMS de consacrer davantage de ressources aux questions touchant l'utilisation de la biotechnologie dans la production alimentaire, la surveillance et l'évaluation- sur les plans international, régional et nationaldes risques liés aux maladies d'origine alimentaire, ainsi que les normes et règlements destinés à assurer la salubrité et la qualité des aliments. M. SALLAH (Gambie) déclare que son pays dispose d'une législation de santé publique -principalement dérivée du droit colonial- sur la salubrité des aliments, qui couvre l'inspection des produits alimentaires dans les hôtels et les restaurants et des aliments vendus dans la rue. Avec l'apparition de maladies d'origine alimentaire causées par des agents pathogènes microbiens, des biotoxines et les salmonelles, son pays a jugé nécessaire d'obtenir des conseils sur la révision et la mise à jour de sa législation afm d'assurer la protection des consommateurs. M. Sallah aimerait recevoir à cet effet un appui de l'OMS et de la F AO, et il souscrit sans réserve au projet de résolution. Le Dr HAMUKWA Y A (Angola) se félicite des lignes directrices énoncées dans le rapport du Directeur général et le projet de résolution, notant qu'elles s'appliquent tout particulièrement à son pays, où la plus grande partie des produits alimentaires sont importés ou donnés par d'autres pays. Le degré de salubrité de ces produits est inconnu parce que son pays ne dispose pas de laboratoires capables d'en effectuer une analyse fiable. Elle demande donc à l'OMS de renforcer son rôle de coordination dans ce domaine et d'aider les pays en difficulté en mettant au point des textes législatifs appropriés, en créant des laboratoires et en formant du personnel pour assurer une surveillance efficace. Elle propose que le paragraphe 2.12) du projet de résolution soit amendé pour y inclure une référence aux questions de santé soulevées par les dons de produits alimentaires. Le Dr AL-JABER (Qatar), soulignant les effets nocifs de la contamination des aliments, dit qu'il appartient aux pays producteurs, que ce soit pour la consommation locale ou pour l'exportation, de contrôler leurs denrées. Les tests appliqués aux produits alimentaires sont difficiles à exécuter et les installations de laboratoire nécessaires n'existent pas toujours. Il ajoute que les pays exportateurs ne

66

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

devraient pas apposer sur les produits des étiquettes indiquant que les produits sont interdits dans ces pays, et que les pays importateurs ne doivent pas accepter des produits ainsi étiquetés. En outre, les pays importateurs devraient s'abstenir d'ajouter des étiquettes à cet effet aux produits qui sont interdits dans le pays d'origine, puisque leur salubrité pourrait ainsi être mise en doute. Sa délégation appuie le projet de résolution, mais propose l'adjonction d'un alinéa sur la coopération avec la FAO visant à établir des centres régionaux responsables du contrôle de la contamination chimique, microbiologique et radioactive des aliments. M. AHMAD (Pakistan) appuie le projet de résolution dans son principe, tout en faisant observer que les dernières normes actuellement élaborées dans le monde industrialisé pour faire respecter les conditions imposées par l'OMC sont essentiellement fondées sur le recours à des instruments très perfectionnés et concernent des contaminants biologiques et chimiques tels que les pesticides, les résidus de métaux toxiques, les aflatoxines et les résidus de médicaments vétérinaires. Toutes ces substances ont une influence sur la santé et son pays en tient dûment compte dans 1' élaboration de ses propres normes. Les variations entre les méthodes nationales de contrôle des aliments peuvent entraîner des restrictions au commerce. Celles-ci peuvent également se produire lorsque les normes internationales ne sont pas élaborées avec la pleine participation des pays en développement. M. Ahmad propose les mesures suivantes pour empêcher tout effet protectionniste de ce genre : une plus grande transparence des systèmes de contrôle des aliments; l'harmonisation des normes nationales par les instances internation":les, compte tenu des besoins et des capacités des pays en développement ; la reconnaissance de la validité et de l'équivalence des normes propres aux pays en développement; et la formulation de normes internationales avec la pleine participation de ces pays, après un examen détaillé des méthodes de travail et des mécanismes de décision des organes internationaux de normalisation. Bien que tous les pays soient très désireux d'utiliser les normes, directives et recommandations de la Commission du Codex Alimentarius comme repères permettant au commerce international des aliments de résoudre les questions relatives au contrôle des produits, certains pays importateurs imposent des mesures particulières, notamment le système d'analyse des risques- points critiques pour leur maîtrise, qu'il est difficile aux pays en développement de respecter. En conséquence, les pays en développement qui dépendent de 1' exportation de produits alimentaires pour obtenir des devises ont tout intérêt à renforcer leurs systèmes nationaux de contrôle des produits, en alignant leurs règlements nationaux sur les normes internationales et en créant des régimes d'inspection des produits afm de se conformer à l'Accord sur l'application des mesures sanitaires et phytosanitaires et à l'Accord sur les obstacles techniques au commerce. Il faut aussi assurer la salubrité des ingrédients utilisés dans la fabrication et la transformation des aliments. L'évaluation de la salubrité suppose la présence d'experts hautement qualifiés en toxicologie, nutrition, chimie, composition des aliments et techniques d'évaluation des risques, experts que l'on ne trouve souvent que dans les pays dotés de capacités technologiques avancées. Les pays en développement ont besoin d'une assistance technique considérable dans ce domaine et M. Ahmad espère que l'OMS sera en mesure de leur fournir cet appui. Le Dr STAMPS (Zimbabwe) constate des omissions dans le rapport et le projet de résolution. Il critique l'absence de toute référence aux réactions allergiques à certaines substances alimentaires, telles que les noisettes, qui peuvent entramer des allergies violentes et même mortelles. La nécessité d'avertir les consommateurs de ce risque n'est pas mentionnée. En outre, le rapport ne mentionne pas le danger des allégations fallacieuses à propos de certains produits mis sur le marché, par exemple sur Internet. Enfin, il n'est pas question non plus de la salubrité du lait maternel en tant qu'aliment. Le Dr Stamps n'a aucune critique à faire au sujet de l'emballage du lait maternel, mais rappelle que celui-ci risque d'être contaminé, par exemple par le VIH ; il serait bon de faire état de certaines préoccupations concernant la protection de ce produit, qui est une des substances nutritives les plus importantes au cours des premiers stades de la vie.

COMMISSION A : QUA TRIEME SEANCE

67

Le Dr Stamps soulève la question de la façon dont la manutention des produits alimentaires peut leur être préjudiciable. L'emballage, le stockage, la manutention et les dates d'expiration sont aussi d'importants aspects de la protection de la santé humaine. Il propose donc les amendements suivants au projet de résolution : au paragraphe 1.8), après« risques d'origine alimentaire», ajouter les mots« et à la protection, au conditionnement, à l'entreposage et à la manutention»; ajouter un nouveau paragraphe 1.10) comme suit:« de veiller à ce que l'étiquetage des produits alimentaires fournisse des informations appropriées, complètes et exactes, y compris des mises en garde et la date de péremption, s'il y a lieu»; et ajouter un nouveau paragraphe 1.11) comme suit: «d'imposer par voie législative le contrôle de la réutilisation des récipients alimentaires et l'interdiction des allégations fallacieuses». Il propose de modifier le paragraphe 2.1) comme suit« d'accorder plus d'importance à la salubrité des aliments, compte tenu du rôle de chef de file mondial de l'OMS ... ». Il souhaiterait aussi ajouter au paragraphe 2.2) après le mot « aliments » le membre de phrase « , ainsi que pour les problèmes de protection, de conditionnement, de stockage et de manipulation ». Le Dr SHIVUTE (Namibie) signale que la politique et le programme alimentaires et nutritionnels de son pays sont fondés sur une stratégie multisectorielle. L'application du programme est coordonnée par un conseil de hauts fonctionnaires appartenant à différents secteurs. Il appuie sans réserve le projet de résolution, avec les amendements proposés par le délégué du Zimbabwe. En ce qui concerne le paragraphe 2.13), il soutient les propositions des dé_légués du Malawi et du Swaziland. Il invite le Directeur général à mettre au point, avec toute la diligence possible, des normes relatives à la vente de produits alimentaires dans la rue, afm de conseiller les vendeurs et de rassurer les consommateurs. La Namibie serait heureuse de bénéficier d'un appui technique concernant tous les aspects de la salubrité des aliments. Mme STANTON (OMC), prenant la parole à l'invitation du PRESIDENT, déclare que son Organisation se félicite de toute nouvelle mesure que prendra l'OMS dans le domaine de la salubrité des aliments. Les règlements de l'OMC reconnaissent clairement que la protection de la santé l'emporte sur les questions commerciales. Elle note toutefois les effets bénéfiques de l'expansion du commerce sur la santé, qui sont particulièrement importants pour les pays en développement. Les mesures de salubrité alimentaire doivent être fondées sur une évaluation objective et attentive des meilleures données scientifiques disponibles, afm que l'on puisse profiter de l'accroissement des échanges de produits ne présentant aucun risque. A cet égard, l'OMC compte beaucoup sur les travaux de la Commission du Codex Alimentarius et apprécie l'excellent travail accompli par l'OMS et la FAO. Mais, comme de nombreux intervenants l'ont souligné, il y a encore beaucoup à faire, notamment pour répondre aux besoins des pays en développement. Le travail de l'OMS accompli dans le cadre de la Commission du Codex Alimentarius, et sous la forme d'un appui direct à ses Etats Membres, est d'une importance capitale. L'OMC approuve le projet de résolution, qui renforcera les capacités de l'OMS à cet égard. Le Dr HENNEY (Etats-Unis d'Amérique) constate que de nombreux amendements de fond et de forme ont été apportés au projet de résolution, dont chacun mérite un examen attentif. Serait-il possible d'approuver le texte sans amendements et d'aborder les questions soulevées dans le cadre du processus de planification stratégique ? Le Dr MENAKAYA (Nigéria) décrit la perspective qui s'offre aux pays en développement, déclarant qu'il y a encore beaucoup à ajouter au projet de résolution, puisqu'on n'a pas abordé comme il le fallait la question du dumping des produits alimentaires et que l'aide alimentaire cause plus de problèmes qu'elle n'en résout. Les amendements proposés par le délégué du Zimbabwe sont extrêmement importants et contribueront largement à assurer la rédaction d'un texte acceptable pour tous. Un comité devrait être créé pour examiner ces amendements.

68

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

Le Dr THIERS (Belgique) et le Dr COULIBALY KOUNANDI (Côte d'Ivoire) appuient la proposition faite par le délégué des Etats-Unis d'Amérique. Le Dr BIAMBY JACQUES (Haïti) approuve le projet de résolution ainsi que la proposition du délégué du Nigéria. M. CHOWDHURY (Inde) hésite à approuver le texte tel quel et à confier l'examen des amendements proposés à quelque autre comité. Il conviendrait soit d'ajourner le projet de résolution dans son ensemble, soit de demander à la Commission de tenter de concilier les différents amendements et d'approuver le texte par consensus. Le PRESIDENT suggère que la Commission demande qu'un texte soit rédigé tenant compte des différents amendements proposés, afm qu'elle puisse reprendre l'examen du projet de résolution. Il en est ainsi convenu.

(Voir la suite du débat dans le procès-verbal de la sixième séance, page 96.)

Alimentation du nourrisson et du jeune enfant: Point 12.4 de l'ordre du jour (documents A53/7 et A531INF.DOC./2) Le PRESIDENT attire l'attention de la Commission sur un projet de résolution proposé par la délégation du Brésil, dont le texte est le suivant : La Cinquante-Troisième Assemblée mondiale de la Santé, Rappelant les résolutions WHA33.32, WHA34.22, WHA35.26, WHA37.30, WHA39.28, WHA41.11, WHA43.3, WHA45.34, WHA46.7, WHA47.5 et WHA49.15 concernant la nutrition chez le nourrisson et le jeune enfant, les modes d'alimentation appropriés et des questions connexes; Profondément soucieuse d'améliorer la nutrition chez le nourrisson et le jeune enfant et de réduire toutes les formes de malnutrition dans le monde dans la mesure où plus d'un tiers des enfants de moins de cinq ans souffrent encore de malnutrition - retard de croissance, émaciation ou carence en iode, en vitamine A ou en fer - et où la malnutrition intervient encore dans près de la moitié des 10,7 millions de décès dénombrés chaque année chez les enfants d'âge préscolaire dans les pays en développement ; Notant avec une profonde inquiétude que la malnutrition est largement considérée comme l'un des problèmes de santé publique les plus graves dans le monde et qu'elle affecte non seulement la croissance et le développement, mais aussi les fonctions cognitives et sociales ; Reconnaissant que l'accès à l'alimentation et à une nutrition adéquate est un droit fondamental de la personne humaine et que tout doit être mis en oeuvre pour faire admettre, respecter et garantir ce droit fondamental et protéger les populations contre la faim et la malnutrition ; Affirmant que tous les secteurs de la société à travers le monde - gouvernements, société civile, secteur privé et organisations internationales - devraient assumer les responsabilités et remplir les obligations qui leur incombent pour faire respecter, préserver et garantir ce droit fondamental de la personne humaine ; Considérant le cadre directeur de la Convention relative aux droits de l'enfant et, en particulier, l'article 24 dans lequel il est notamment précisé que tous les groupes de la société, en particulier les parents et les enfants, devraient recevoir une information sur la santé et la nutrition de 1' enfant et sur les avantages de 1' allaitement au sein ;

COMMISSION A : QUATRIEME SEANCE

69

Estimant que l'on dispose de bases scientifiques suffisantes pour que soient prises des décisions politiques, renforcées les activités des Etats Membres et de l'OMS et proposées des approches novatrices de la surveillance de la croissance, de la récupération nutritionnelle, de la promotion de l'allaitement au sein, de l'amélioration de l'alimentation complémentaire par des conseils judicieux tenant compte des spécificités culturelles, de la réduction de la malnutrition par carence en micronutriments et de la gestion de l'alimentation des enfants nés de mères positives pour le VIH; Notant que des systèmes efficaces de surveillance de l'alimentation et de la nutrition s'imposent pour évaluer l'ampleur et la distribution géographique de toutes les formes de malnutrition et de maladies d'origine alimentaire et surveiller les disponibilités alimentaires ; Estimant qu'il faudrait de toute urgence instituer un processus de discussion pour obtenir un consensus, au sein des Etats Membres et des organisations internationales, sur l'élaboration d'une stratégie mondiale destinée à réduire toutes les formes de malnutrition chez le nourrisson et le jeune enfant avant la fm de la décennie, compte tenu de l'impact des catastrophes écologiques, des guerres, des troubles civils, des déplacements massifs de population et de la pauvreté ; Reconnaissant l'importance et le rôle fondamental du Sous-Comité de la nutrition du Comité administratif de Coordination de l'Organisation des Nations Unies pour l'obtention de ce consensus; 1. INVITE INSTAMMENT les Etats Membres: 1) à reconnaître que l'accès à l'alimentation et à une nutrition adéquate est un droit fondamental de la personne humaine et à demander à tous les secteurs de la société de remplir les obligations qui leur incombent pour faire respecter, préserver et garantir ce droit ; 2) à prendre les mesures qui s'imposent pour l'application de la Convention relative aux droits de l'enfant afm que soit garanti le droit de l'enfant de jouir du meilleur état de santé possible et de bénéficier des services médicaux les plus appropriés ; 3) à mettre en place ou à développer des forums de discussion interinstitutions et intersectoriels au sein desquels toutes les parties intéressées pourront parvenir à un consensus national sur les stratégies et les politiques susceptibles de réduire toutes les formes de malnutrition, et à mettre au point des mécanismes de programmation participatifs visant à l'élaboration et à la mise en oeuvre de programmes et de projets de nutrition axés sur des initiatives nouvelles et des approches novatrices ; 4) à donner la priorité à la mise en oeuvre de programmes et de projets de nutrition en faveur du nourrisson et du jeune enfant qui soient issus de ces forums de discussion et des politiques ou stratégies ainsi élaborées, en fournissant des ressources techniques et fmancières et un soutien politique adéquats ; 5) à intensifier toutes les activités en cours et à élaborer des approches nouvelles pour promouvoir l'allaitement exclusif au sein jusqu'à environ six mois, puis une alimentation mixte jusqu'à deux ans, et à favoriser par tous les. moyens la diffusion de ces principes pour qu'ils soient mieux respectés dans la société; 6) à appuyer l'initiative des hôpitaux «amis des bébés» et à prévoir des systèmes de contrôle périodique des hôpitaux pour veiller au respect des normes adoptées et garantir la pérennité et la crédibilité de l'initiative; 7) à améliorer les pratiques relatives à l'alimentation complémentaire en veillant à ce que les mères de jeunes enfants reçoivent des conseils judicieux qui tiennent compte des spécificités culturelles et reposent sur l'utilisation la plus large possible de denrées alimentaires locales riches en micronutriments, et_ à donner la priorité à l'élaboration et à la diffusion de principes directeurs sur l'alimentation des enfants de moins de deux ans, à la formation des agents de santé et des responsables locaux sur ces questions, et à l'intégration de ces messages dans les stratégies d'information, éducation et communication sur la santé et la nutrition ;

70

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

2.

8) à renforcer la surveillance de la croissance et la récupération nutritionnelle, en privilégiant les stratégies communautaires, et à veiller à ce que tous les enfants hospitalisés pour une forme ou une autre de malnutrition bénéficient d'un diagnostic correct et d'un traitement adéquat ; 9) à élaborer, mettre en oeuvre ou renforcer les mesures visant à réduire durablement la malnutrition due à une carence en micronutriments chez le jeune enfant, particulièrement la carence en fer, en vitamine A et en iode, en associant des stratégies comprenant la distribution de suppléments, l'enrichissement des aliments et la diversification du régime alimentaire grâce à des recommandations sur les pratiques alimentaires fondées sur des denrées locales et adaptées aux spécificités culturelles et grâce aussi à d'autres approches communautaires ; 10) à renforcer les mécanismes de surveillance et de notification des progrès réalisés dans la mise en oeuvre du Code international de commercialisation des substituts du lait maternel, en assurant la participation de toutes les parties prenantes pour faire appel à la responsabilité de tous les secteurs de la société - en particulier le secteur privé - dans sa mise en oeuvre ; 11) à prendre en compte les faits scientifiques actuellement disponibles sur le risque de transmission du Vlli par le lait maternel et à assurer une nutrition adéquate des nourrissons dont la mère est positive pour le Vlli, en fournissant aux enfants de moins de six mois du lait maternel pasteurisé provenant de banques de lait humain ou des substituts du lait par l'intermédiaire des services de santé, tout en formulant des recommandations pour une alimentation complémentaire précoce, jusqu'à ce que l'on dispose de nouveaux faits scientifiques ; 12) à renforcer leur système de surveillance alimentaire et nutritionnelle, en étroite collaboration avec leur système de surveillance épidémiologique, de manière à englober l'évaluation de l'ampleur et de la distribution géographique de la malnutrition protéinoénergétique, de la malnutrition par carence en micronutriments, des maladies d'origine alimentaire et à prévoir également la surveillance systématique des disponibilités alimentaires aux niveaux national, régional, local et familial, des prix des denrées de base sur le marché ainsi que du pouvoir d'achat des ménages; 13) à utiliser le plus largement possible les renseignements livrés par leur système de surveillance alimentaire et nutritionnelle pour évaluer les activités et stratégies en cours de mise en oeuvre et planifier de nouvelles mesures ainsi que mieux sensibiliser le grand public et les responsables politiques, aux niveaux national et international, à la nécessité de faire respecter, protéger et garantir le droit à l'alimentation et à une nutrition adéquate; 14) à collaborer activement avec l'OMS et les organisations compétentes du système des Nations Unies, notamment par l'intermédiaire du forum du Sous-Comité de la nutrition du CAC, afm de défmir une stratégie mondiale pour l'amélioration de l'alimentation du nourrisson et du jeune enfant dans le but de réduire chez eux toutes les formes de malnutrition d'ici la fm de la décennie; PRIE le Directeur général : 1) étant donné le rôle directeur que joue l'OMS en santé publique, et en collaboration avec toutes les autres organisations internationales, notamment celles du système des Nations Unies, d'accorder une plus grande attention à la nutrition du nourrisson et du jeune enfant, dans le cadre de la Convention relative aux droits de l'enfant et d'autres instruments pertinents de protection des droits de la personne humaine ; 2) d'intensifier son appui aux Etats Membres, en étroite collaboration avec la FAO, pour les aider à mettre en place et utiliser leur système de surveillance alimentaire et nutritionnelle, avant tout pour évaluer l'ampleur et la distribution géographique des problèmes nutritionnels et fournir des indicateurs de performance afin de faire respecter, protéger et garantir le droit à l'alimentation et à une nutrition adéquate;

COMMISSION A : QUATRIEME SEANCE

71

3) d'aider les Etats Membres à évaluer les stratégies et activités en cours de mise en oeuvre, dans l'esprit de la Convention relative aux droits de l'enfant, de manière à fournir une rétroinformation pour le débat sur une stratégie mondiale arrêtée par consensus en vue de réduire toutes les formes de malnutrition du nourrisson et du jeune enfant d'ici la fm de la décennie ; 4) de mettre au point des lignes directrices et des outils pour l'élaboration d'une ligne d'action garantissant la participation active de ceux qui ont des droits et des responsabilités dans le domaine de la nutrition du nourrisson et du jeune enfant ; 5) d'instaurer un dialogue constructif entre toutes les parties prenantes- en particulier le secteur privé - pour suivre les progrès réalisés dans la mise en oeuvre du Code international de commercialisation des substituts du lait maternel ainsi que d'autres activités relatives à la nutrition du nourrisson et du jeune enfant, et d'aider les Etats Membres à assurer ce suivi ; 6) d'encourager et d'aider la poursuite des recherches sur la transmission du VIH par le lait maternel ainsi que sur des mesures destinées à améliorer l'état nutritionnel des personnes déjà touchées par le VIH/SIDA ; 7) de prêter un appui aux Etats Membres afm qu'ils puissent défmir, appliquer et évaluer des approches novatrices pour l'amélioration de l'alimentation du nourrisson et du jeune enfant, en privilégiant les activités communautaires et transectorielles ; 8) de renforcer, en collaboration avec d'autres organisations compétentes du système des Nations Unies, notamment par l'intermédiaire du forum du Sous-Comité de la nutrition du CAC et d'autres organismes pertinents, le suivi de la Conférence internationale sur la nutrition afm de réduire toutes les formes de malnutrition chez le nourrisson et le jeune enfant d'ici la fm de la décennie; 9) de convoquer, le plus tôt possible, des réunions régionales ou sous-régionales comprenant des représentants des gouvernements, d'organisations internationales et d'organisations non gouvernementales afm d'entamer les discussions sur la stratégie mondiale d'amélioration de l'alimentation du nourrisson et du jeune enfant; 10) de prêter un appui aux Etats Membres pour qu'ils puissent participer à tous les travaux relatifs à l'élaboration de la stratégie mondiale, y compris aux réunions et aux activités apparentées ; 11) de présenter au Conseil exécutif de l'OMS, en 2002, un rapport sur la stratégie mondiale dans lequel sera proposé un projet de résolution à soumettre à la CinquanteCinquième Assemblée mondiale de la Santé. Le Dr JIMÉNEZ DE LA JARA (représentant du Conseil exécutif) fait savoir que le Conseil, à sa cent cinquième session tenue en janvier 2000, a examiné deux rapports sur la nutrition du nourrisson et du jeune enfant. 1 Plusieurs intervenants ont mentionné 1' étude multicentrique sur la référence de croissance, qu'ils ont jugée opportune pour 1' élaboration de normes internationales, mais le fait qu'un quart du montant total nécessaire à 1' étude n'ait pas encore été mobilisé reste une cause de préoccupation. Le processus de mobilisation continue. En ce qui concerne le Code international de commercialisation des substituts du lait maternel, des intervenants ont souligné la nécessité d'assurer l'homogénéité de la terminologie utilisée dans ce Code et dans d'autres textes, par exemple dans la législation de l'Union européenne. Par ailleurs, les membres du Conseil ont jugé important de mieux connaître les façons particulières dont les Etats Membres ont appliqué ou appliquent le Code.

1

Documents EBIOS/36, section VI, etEBIOSIINF.DOC./1.

72

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

Mme KHETRAPAL SINGH (Directeur exécutif) estime que la résolution du problème de la malnutrition chez les nourrissons et les jeunes enfants est toujours une question prioritaire de santé publique. Malgré l'amélioration lente mais régulière de la situation au niveau mondial, plus d'un tiers des enfants de moins de cinq ans sont encore mal nourris. L'OMS devra continuer à travailler en vue d'améliorer cette situation inadmissible. Elle mentionne d'abord certaines réalisations du processus, mis en route il y a deux ans par le Directeur général, pour l'élaboration d'une stratégie mondiale et d'un plan d'action nouveaux relatifs à l'alimentation du nourrisson et du jeune enfant. Une consultation technique sur la question, tenue en mars 2000 avec la collaboration de l'UNICEF, a largement contribué à l'effort que déploie actuellement l'OMS pour mettre au point une stratégie mondiale détaillée visant la nutrition du nourrisson et du jeune enfant. Ce travail continuera et bénéficiera d'une participation des Etats Membres et des consultations régionales avant que la stratégie ne soit soumise à la Cinquante-Cinquième Assemblée mondiale de la Santé. Deuxièmement, l'étude multicentrique sur la référence de croissance fera du nourrisson nourri au sein le modèle normatif servant à évaluer toutes les autres méthodes d'alimentation du point de vue de la croissance, de la santé et du développement. Troisièmement, le Directeur général a entrepris un examen systématique de toute la documentation scientifique sur la durée optimale de l'allaitement maternel exclusif afin, le cas échéant, de mettre à jour les recommandations de l'OMS sur cette question. Quatrièmement, l'OMS continue à soutenir l'initiative des hôpitaux« amis des bébés» qui est en cours dans plus de 16 000 hôpitaux dans 171 pays. Elle a aussi mis au point une méthode de réévaluation pour contribuer à la durabilité et à la crédibilité de l'initiative. Cinquièmement, l'Organisation renforce la surveillance de la nutrition au niveau mondial grâce à un ensemble de banques de données sur la nutrition couvrant, entre autres, la croissance et la malnutrition chez les enfants, les micronutriments, l'allaitement maternel, les politiques et programmes nationaux en matière de nutrition, et l'obésité. Comme suite au Sommet mondial de l'alimentation tenu à Rome en 1996, l'OMS participe activement à une initiative interinstitutions destinée à mettre au point un système de cartographie sur la sécurité et la vulnérabilité alimentaires. L'Organisation continue à fournir un appui technique au BIT pour la protection de la maternité sur les lieux de travail, y compris la promotion de l'allaitement maternel. Mme FERVALL (Suède) estime qu'il conviendrait d'accélérer les mesures relatives à l'alimentation du nourrisson et du jeune enfant puisqu'on a désormais retenu comme orientation stratégique la lutte contre la mauvaise santé liée à la pauvreté. La Suède appuie les neuf thèmes de programme pour un plan mondial d'action qui ont été proposés à la consultation technique OMS/UNICEF tenue en mars 2000 sur l'alimentation du nourrisson et du jeune enfant. Il est essentiel que l'allaitement maternel soit encouragé dans tous les pays du monde. Parmi les questions intersectorielles abordées lors de la consultation, il faut considérer comme prioritaire le domaine difficile de l'infection par le VIH et de l'alimentation du nourrisson. Une mère séropositive doit être en mesure de décider en connaissance de cause si l'allaitement maternel convient à son enfant ainsi qu'à elle-même. L'alimentation du nourrisson et du jeune enfant est un enjeu auquel doivent faire face les systèmes de santé, le personnel, les gouvernements et la société civile. Le succès dépendra des systèmes d'appui, de la constitution de réseaux et de l'éducation. Il faut poursuivre les recherches sur tous les aspects des méthodes permettant de protéger le mieux possible du VIH les nouveau-nés. L'allaitement maternel est le meilleur mode d'alimentation qui existe; il faudrait des données beaucoup plus nombreuses pour justifier que l'on décourage les mères de s'engager dans cette voie. Mme Fervall appuie fermement le rôle que l'OMS continue de jouer comme premier défenseur mondial de l'allaitement maternel. Elle est convaincue que l'Organisation sera à la hauteur de la tâche. Le Dr DLAMINI (Swaziland) informe la Commission qu'une étude menée dans son pays il y a six ans a révélé que 30 % environ des enfants swazis souffrent de retards de croissance. La situation depuis lors n'a subi qu'une légère amélioration. La déléguée se félicite du programme d'alimentation appliqué dans les écoles. Grâce à une promotion intensive en faveur de la santé et d'une bonne nutrition, l'incidence de la malnutrition protéino-énergétique est en diminution.

COMMISSION A : QUATRIEME SEANCE

73

Le principal problème actuellement rencontré dans son pays est celui des vendeurs de substituts du lait maternel qui invoquent la transmission verticale du VIH comme prétexte pour condamner aveuglément l'allaitement maternel. Le Swaziland appuie sans réserve le Code international de commercialisation des substituts du lait maternel. La transmission du VIH de la mère à l'enfant n'est pas contestée, mais, étant donné le stade actuel de développement du pays, qui manque de moyens pour soumettre toutes les femmes enceintes à des tests, et l'absence de médicaments antirétroviraux, de moyens économiques permettant d'encourager l'alimentation artificielle sur une grande échelle et d'eau salubre dans de nombreuses régions rurales, il est bon de se montrer très prudent avant de décourager l'allaitement maternel. La politique du Gouvernement consiste à informer une mère séropositive, lorsque son état est connu, des options qui s'offrent pour nourrir son enfant, et à l'aider autant que possible une fois sa décision prise. L'allaitement maternel exclusif est encore encouragé pendant les quatre premiers mois de l'existence au moins. L'initiative des hôpitaux« amis des bébés» a rencontré un accueil favorable, mais le pays accuse un retard en ce qui concerne l'allaitement maternel au travail à cause de la résistance de certains employeurs. Une action est en cours pour améliorer la législation dans ce domaine. La malnutrition est en hausse chez les enfants nés séropositifs. La déléguée demande des mesures d'aide spéciales pour la nutrition du nourrisson, en particulier pendant les périodes de conflit et les catastrophes naturelles. Les recherches doivent continuer sur l'effet antioxydant de certains produits alimentaires. Les pays doivent être soutenus dans l'effort qu'ils déploient pour assurer la salubrité des aliments, notamment ceux destinés aux jeunes enfants. Pour aborder le problème de la carence en vitamine A, en fer et en iode, le SwaZiland a décidé du recours universel au sel iodé pour compléter le régime des femmes au cours des quatre semaines précédant l'accouchement. La possibilité d'enrichir le sucre avec la vitamine A est aussi à l'étude. Tous les enfants vaccinés reçoivent un complément de vitamine A. La déléguée demande une aide sous la forme de nécessaires d'épreuves et d'une amélioration des installations de laboratoire pour la surveillance des concentrations d'iode et de sel. Elle appuie le projet de résolution proposé par le Brésil, mais y ajoute deux amendements. Au paragraphe 1.1 0), il conviendrait d'insérer les mots « dans 1' indépendance et la transparence » après « substituts du lait maternel ». Au paragraphe 1.11 ), il conviendrait de remplacer l'intégralité du texte après « positive pour le VIH » par le passage « et, ce faisant, élargir l'accès aux conseils et aux tests volontaires et confidentiels pour mieux diffuser l'information permettant de prendre des décisions en connaissance de cause, mais aussi, dans toute la mesure possible, pour conseiller les mères sur l'allaitement maternel exclusif dans les pays en développement, tandis que celles pouvant choisir d'autres options seront encouragées à les suivre prudemment, en contrôlant l'influence exercée par les industries». Certains pays ne disposent pas de banques de lait maternel et l'OMS ne doit pas promouvoir les substituts là où il n'y a pas d'eau salubre ni d'argent pour les acheter. · Le Dr COULIBALY KOUNANDI (Côte d'Ivoire) fait savoir que la politique de son pays concernant la nutrition du nourrisson et du jeune enfant est fondée sur la conviction qu'une bonne alimentation, notamment l'allaitement maternel exclusif de 1' enfant jusqu'à 1' âge de six mois avec des aliments de complément jusqu'à l'âge de deux ans, est bénéfique pour la santé physique et mentale. Il appuie donc le projet de résolution proposé par le Brésil. Le paragraphe 1.5) devrait être plus précis et il en propose le libellé suivant : « à renforcer les activités et développer de nouvelles approches pour promouvoir l'allaitement maternel exclusif pendant les six premiers mois de la vie et l'apport d'aliments de complément adaptés jusqu'à l'âge de deux ans, en mettant l'accent sur les canaux de diffusion sociaux et ces concepts de sorte à amener la communauté à adhérer à ces pratiques». Les documents de l'OMS devraient s'aligner sur les dernières recherches et les recommandations de l'UNICEF, qui préconisent l'allaitement maternel jusqu'à six mois. Il propose le libellé suivant pour le paragraphe 1.11) : « à cesser tous les prétendus avantages pour la santé faisant la publicité et la promotion des produits couverts par le Code de commercialisation des substituts du lait maternel à travers les médias, y compris l'Internet et lese-mails».

74

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

Il demande que 1' étude sur le VIH et 1'alimentation du nourrisson ainsi que sa traduction soient distribuées aux délégués. Pour conclure, il félicite le Ghana de l'adoption par son Parlement d'une loi sur la commercialisation des substituts du lait maternel, qui, probablement la première dans la sous-région, devrait servir d'exemple aux autres pays.

La séance est levée à 12 b 35.

CINQUIEME SEANCE

Jeudi 18 mai 2000, 14 h 30 Président : Professeur S. M. ALI (Bangladesh)

QUESTIONS TECHNIQUES ET SANITAIRES: Point 12 de l'ordre du jour (suite)

Alimentation du nourrisson et du jeune enfant: Point 12.4 de l'ordre du jour (documents A53/7 et A531INF.DOC./2) (suite) Le Dr PATCHARA WAN SRISIT.,APANAN (Thaïlande) informe la Commission que la Thaïlande a pleinement adopté l'initiative des hôpitaux «amis des bébés» et observe strictement le Code international de commercialisation des substituts du lait maternel. Toutefois, elle cherche à renforcer le système de surveillance par l'intermédiaire d'organisations intergouvernementales et non gouvernementales, car les industries tentent de violer le Code autant de fois que possible en faisant de la publicité indirecte. La Thai1ande cherche à remédier aux carences en iode en adoptant une approche intersectorielle visant une iodation généralisée du sel, en application de lois sur l'alimentation et sur les médicaments. Il est obligatoire d'enrichir le lait condensé en vitamine A, et les industries alimentaires enrichissent volontairement en vitamine A les nouilles instantanées, très appréciées des Thai1andais, ainsi que d'autres produits. Une récente loi sur le travail a porté à 90 jours le congé maternité totalement pris en charge, initiative importante compte tenu de la forte participation des femmes sur le marché du travail thai1andais, mais il est nécessaire d'adopter une approche globale pour créer un environnement propice à l'allaitement. La déléguée souhaite apporter les amendements suivants au projet de résolution : au troisième alinéa du préambule, insérer le membre de phrase « , problème qui renvoie à la pauvreté, au dénuement, à la sécurité des produits alimentaires et aux inégalités sociales, » après le terme « monde » ; au paragraphe 1.3), insérer le membre de phrase«, y compris sur les lois et réglementations en matière de protection du travail susceptibles de favoriser le congé maternité et l'allaitement,» après le mot « politiques » ; au paragraphe 1.9), insérer les mots « , le cas échéant, législatives, » après le terme « mesures » ; au paragraphe 1.1 0), insérer le membre de phrase « et à donner au public en général les moyens d'agir,» après le mot« maternel,»; au paragraphe 1.12), insérer les mots« de l'obésité,» après « carence en micronutriments, » ; et remplacer le terme « disponibilités alimentaires » par « sécurité des produits alimentaires » lorsqu'il apparaît. Le Dr SOARES MARQUES DE LIMA (Sao Tomé-et-Principe) fait observer que sa délégation est préoccupée par la question de la transmission du Vlli et de l'allaitement au sein exclusif. Le personnel de santé est confronté à des problèmes de conscience et d'éthique lorsqu'il doit donner des conseils à des mères séropositives qui allaitent leur enfant alors que celui-ci n'est peut-être pas infecté par le virus. L'intervenant demande par conséquent à l'OMS d'entreprendre d'urgence des recherches approfondies en la matière en vue de communiquer des principes directeurs plus pertinents. Sa délégation souhaite également avoir des éclaircissements concernant une question déjà soulevée par la délégation de la Côte d'Ivoire, à savoir la durée recommandée de l'allaitement au sein exclusif, certains faisant référence à quatre mois et d'autres à six mois. Sa délégation soutient le projet de résolution, mais elle souhaiterait voir les amendements par écrit.

-75-

76

CINQUANTE-TROIS lEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

Le Dr WANG Zhao (Chine) approuve l'analyse qui a été faite, les conclusions qui ont été tirées et les mesures proposées dans le rapport du Directeur général. La Chine accorde une grande attention à la nutrition du nourrisson et du jeune enfant afin de protéger la santé de 1'enfant, et a encouragé activement l'allaitement et la mise en place d'hôpitaux« amis des bébés». La délégation chinoise suggère que l'OMS procède à une étude spéciale en vue d'obtenir plus d'informations concernant les bases scientifiques à l'appui des nouvelles mesures techniques proposées dans les nombreux amendements et d'évaluer les éventuels coûts et volume de travail pour la fourniture d'informations et l'offre d'une formation ainsi que pour la mise en oeuvre. Le Dr SEPÛLVEDA AMOR (Mexique) se félicite de 1'étude multicentrique destinée à déterminer une nouvelle référence de croissance internationale et dit que le Mexique souhaiterait prendre part à l'étude en utilisant un de ses centres, qui serait financé grâce à ses propres ressources. La deuxième étude nationale sur la nutrition a récemment été achevée, ce qui a permis d'évaluer les changements rapides qui se sont produits en termes de chiffres et de tendances. Les cas de malnutrition ont nettement diminué, mais il subsiste une forte prévalence d'anémie et de carences en éléments traces tels que le zinc. Paradoxalement, l'obésité infantile augmente, ce qui est très préoccupant. Pour la délégation du Mexique, le projet de résolution proposé par le Brésil présente des problèmes, et c'est pourquoi elle souhaiterait qu'il soit soumis à un examen préliminaire du Conseil exécutif. M. DE AGUIAR PATRIOTA (Brésil) explique que sa délégation a proposé le projet de résolution à la Commission, car il lui semble indispensable d'améliorer la nutrition du nourrisson et du jeune enfant. La délégation du Brésil pense qu'il est important que des mesures soient prises à la Cinquante-Troisième Assemblée mondiale de la Santé compte tenu·du fait que l'on dispose d'un grand nombre de preuves scientifiques et épidémiologiques solides. Le Quatrième rapport sur la situation nutritionnelle dans le monde, les exposés présentés lors d'un symposium organisé pendant la vingt-septième session du Sous-Comité de la nutrition du Comité administratif de Coordination (CAC/SCN) de l'Organisation des Nations Unies, de même que les déclarations relatives à la durée idéale de l'allaitement faites par des consultants de l'OMS à la consultation technique en mars 2000, ont montré qu'il est possible d'apporter des réponses plus énergiques que celles qui figurent dans le rapport. Bénéficier d'une meilleure alimentation, qui soit mieux adaptée, est un droit fondamental de l'homme, droit sur lequel on peut légitimement insister, en application de la Convention relative aux droits de l'enfant. Il est d'ailleurs temps que chacun prenne ses responsabilités en vue de satisfaire à ces obligations. A la vingt-sixième session du CAC/SCN, le Directeur général en personne a souligné le lien qui existe entre droits de l'homme et nutrition. Le délégué présente les grandes lignes du projet de résolution et exprime sa gratitude à tous ceux qui y ont apporté leur soutien. Il demande si les amendements pourraient être proposés par écrit. Il souhaiterait qu'un accord intervienne en la matière, pour qu'il soit ensuite présenté pour décision devant l'Assemblée de la Santé. Le Dr OTTO (Palaos) indique que, dans son pays, l'allaitement demeure un problème. Après l'accouchement, dès la sortie de l'hôpital, le taux d'allaitement au sein exclusif baisse. Jusqu'à l'âge de six mois, seuls un tiers des nourrissons sont encore exclusivement allaités au sein. Sa délégation remercie les diverses organisations intergouvernementales, non gouvernementales et nationales pour leur soutien aux programmes en la matière. Les Palaos estiment qu'oublier le rôle du père dans l'alimentation du nourrisson et dans la nutrition du jeune enfant constitue une grave erreur. Des chiffres montrent que, lorsque le père est favorable à l'allaitement, le taux de prévalence et la durée de l'allaitement sont supérieurs. L'intervenant réitère la demande exprimée par la délégation de Sao Tomé-et-Principe concernant la durée recommandée de l'allaitement au sein exclusif. Si l'on recommande une durée de six mois d'allaitement au sein exclusif pour les nourrissons américains, comme l'indiquent des recherches menées par l'Académie américaine de Pédiatrie ainsi que d'autres recherches financées par l' AID, mais également des rapports rédigés par

COMMISSION A : CINQUIEME SEANCE

77

d'autres pays, alors la durée de quatre mois préconisée pour les nourrissons des pays en développement ne devrait pas être considérée comme optimale. Par ailleurs, une étude parue en 1999 dans le British medical journal a montré que les nourrissons ayant reçu une alimentation de complément avant l'âge de six mois ont 13 fois plus de risques de contracter des infections respiratoires que ceux ayant exclusivement été allaités pendant les six premiers mois de leur vie. Comme l'indique le rapport, il est également prouvé que 1'allaitement au sein exclusif permet une meilleure protection contre la transmission du Vlli que 1'alimentation mixte. La délégation des Palaos soutient le projet de résolution, avec l'amendement suivant: insérer, après le sixième alinéa du préambule, un nouvel alinéa dont le libellé est : « Consciente du fait que le Code international de commercialisation des substituts du lait maternel indique qu'aucune publicité ne devrait être faite, qu'aucune revendication sanitaire ne devrait être invoquée ou que toute autre forme de promotion concernant les produits entrant dans son champ d'activité ne devrait être entreprise, même si des méthodes de communication électronique telles que l'Internet sont actuellement largement employées pour promouvoir ces produits;». La délégation des Palaos soutient l'amendement proposé par la délégation de la Côte d'Ivoire au paragraphe 1.10) et se félicite de l'étude multicentrique sur la référence de croissance. Le Professeur KÔLBEL (République tchèque) souligne la complexité du problème de la nutrition appropriée du nourrisson et du jeune enfant et insiste sur son importance pour le bon qéveloppement des futures générations. Des règles et des recommandations générales et optimales devraient s'appliquer universellement, par-delà les facteurs régionaux, religieux ou autres. Sa délégation est contente que la question de l'allaitement et de la nutrition ait été analysée comme une question scientifique. Elle conclut qu'il n'est pas nécessaire d'adopter immédiatement une résolution et qu'il vaudrait mieux attendre qu'une analyse approfondie des études en cours ait été effectuée, de sorte que les résultats puissent comme prévu être soumis à l'Assemblée de la Santé en 2002. Le Dr FETISOV (Fédération de Russie) dit que le Ministère de la Santé de son pays attache de l'importance au problème de l'allaitement, ce qui s'est traduit par l'élaboration de politiques nationales en matière de nutrition et de rationalisation de la nutrition, notamment chez le jeune enfant. Le Ministère estime que les programmes visant à encourager l'allaitement sont des moyens économiques et très efficaces de préserver la santé et de réduire la mortalité infantile. La Fédération de Russie préconise l'allaitement au sein exclusif jusqu'à six mois, puis l'allaitement combiné à une alimentation de complément jusqu'à l'âge de deux ans. En 1997, elle a mis en place un centre destiné à faire conna.J."tre la pratique de l'allaitement et à l'encourager et, depuis, elle a assuré la formation de personnel médical au titre de l'initiative des hôpitaux« amis des bébés». Les« 10 conditions pour le succès de l'allaitement» sont actuellement présentées dans les maternités et 90 à 95% des nourrissons continuent d'être allaités exclusivement au sein à la sortie de l'établissement. D'une manière générale, le pourcentage des nourrissons nourris exclusivement au sein n'a pas atteint les niveaux souhaités. Des statistiques montrent que de 1993 à 1998, quelque 45 %des mères allaitaient leurs nourrissons jusqu'à l'âge de trois mois, mais seulement 32% s'y étaient tenues jusqu'à l'âge de six mois. La délégation russe appuie sans réserve les études scientifiques actuellement menées par l'OMS en vue d'élaborer un ensemble de références de croissance pour évaluer le développement des enfants. Le Dr Fetisov demande des précisions concernant 1'issue de la Consultation technique mondiale sur l'alimentation du nourrisson et du jeune enfant qui s'est tenue en mars 2000. Sa délégation soutient le projet de résolution, mais propose, au paragraphe 1.5), de remplacer « puis une alimentation mixte jusqu'à deux ans» par« puis l'introduction d'une alimentation de complément et la poursuite de l'allaitement jusqu'à deux ans». Le Dr JAYATHILAKA (Sri Lanka) dit que l'OMS devrait accorder un fort degré de priorité à la nutrition du nourrisson et du jeune enfant. Dans son pays, depuis 1993, le taux d'allaitement au sein exclusif a doublé grâce à des programmes efficaces menés en collaboration avec l'OMS et l'UNICEF. Le

78

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

code de 1983 pour les substituts du lait maternel est en révision. En vue d'améliorer encore les taux d'allaitement, un projet visant à accorder un congé de maternité de 84 jours ouvrables est en application. La portée du projet de résolution est très large; il conviendrait de recueillir l'opinion des organisations concernées. L'intervenant suggère que le texte soit examiné par le Conseil puis de nouveau soumis à la Commission. Le Dr VIOLAKI-PARASKEVA (Grèce) se félicite des progrès réalisés dans la mise en oeuvre du Code international de commercialisation des substituts du lait maternel. Il convient d'intensifier encore ces efforts aux niveaux national et international. Prenant note du nouveau texte de stratégie et de plan d'action mondiaux pour la nutrition du nourrisson et du jeune enfant tel que décrit dans le document A53/INF.DOC./2, l'intervenante se félicite que l'intention d'organiser des consultations régionales sur la stratégie en 2000 et 2001 ait été manifestée. Les travaux relatifs à d'autres questions importantes, comme le VIH et l'alimentation du nourrisson ainsi que l'allaitement en situations d'urgence, sont un investissement pour le futur. Le Dr THIERS (Belgique) émet des réserves concernant le projet de résolution et doute de la nécessité d'un tel texte, étant donné que des résolutions sur le sujet ont été adoptées précédemment par l'Assemblée de la Santé. Par conséquent, il soutient la proposition du délégué de Sri Lanka. Le Dr W AHEED (Maldives) approuve en général le projet de résolution, mais indique qu'il est peu probable que chaque Etat Membre puisse atteindre 1' objectif du paragraphe 1.1) dans un futur prévisible, à savoir reconnaître que l'accès à l'alimentation et à une nutrition adéquate est un droit fondamental de la personne humaine. Il propose par conséquent que les mots « droit fondamental de la personne humaine » figurant dans ce paragraphe soient remplacés par « objectif de développement humain » à chaque fois qu'ils apparaissent. Mme NGHATANGA (Namibie) demande instamment au Directeur général de continuer à soutenir les Etats Membres dans leurs efforts actuels et futurs pour améliorer la nutrition du nourrisson et du jeune enfant. La Namibie a conçu et mis en oeuvre des programmes sur l'alimentation et la nutrition, en mettant principalement l'accent sur l'amélioration de l'état nutritionnel des groupes vulnérables de la société, notamment les enfants de moins de cinq ans. Le Ministère de la Santé et des Services sociaux de la Namibie, en collaboration avec des partenaires pour la santé, a récemment élaboré des projets de principes directeurs sur la nutrition, qui concernent également l'état nutritionnel des personnes infectées par le VIH. Mme Nghatanga soutient le projet de résolution proposé par le Brésil, avec l'amendement proposé par le délégué du Swaziland. Le Dr HAMUKWAY A (Angola) informe la Commission que son pays est victime d'une importante malnutrition et que l'état de guerre aggrave la situation; de nombreuses personnes déplacées vivent dans une extrême pauvreté : elles sont donc malnutries et vulnérables aux infections. Retards de croissance intra-utérine et insuffisance pondérale à la naissance posent de sérieux problèmes. L'Angola a mis en place une bonne douzaine d'hôpitaux et de maternités« amis des bébés». L'allaitement au sein exclusif jusqu'à l'âge de six mois est actuellement encouragé: pour ce faire, l'éducation des mères est assurée dans les maternités et dans les hôpitaux pédiatriques. L'intervenante demande au Directeur général de poursuivre les recherches en matière d'allaitement au sein par des femmes séropositives. Elle soutient le projet de résolution proposé par le Brésil, avec les amendements proposés par les délégués de la Namibie, du Swaziland et de la Côte d'Ivoire. Le Dr CICOGNA (Italie) relève la nécessité de réduire toutes les formes de malnutrition, notamment chez les enfants de moins de cinq ans. Son Gouvernement accorde un degré élevé de priorité à l'amélioration de la nutrition du nourrisson et du jeune enfant. En témoignent l'importance accordée à

COMMISSION A : CINQUIEME SEANCE

79

cette question dans le plan de santé national mais également la participation aux efforts déployés au niveau international en vue d'améliorer la santé maternelle et infantile. Mme VALDEZ (Etats-Unis d'Amérique) suggère que, dans le cadre de la nutrition du nourrisson et du jeune enfant, l'OMS, l'UNICEF, les Etats Membres et d'autres parties prenantes encouragent l'élaboration d'une stratégie mondiale propre à garantir un dialogue transparent et dynamique et à dégager un consensus sur des principes directeurs sanitaires et nutritionnels. Pour ce faire, les partenaires devront se baser sur les meilleures pratiques scientifiques et sur les meilleures données disponibles. Il conviendrait notamment d'étudier l'impact du marketing social, l'influence des différences qui existent entre les villes et la campagne et l'incidence des principes directeurs actuels sur la croissance et sur le poids des enfants. A l'heure où l'OMS est engagée dans un processus consultatif technique à l'issue duquel des recommandations seront examinées par la Cinquante-Cinquième Assemblée mondiale de la Santé, examiner le projet de résolution dont est saisie la Commission serait prématuré et prêterait à confusion. Le projet de résolution soulève également des questions juridiques et fmancières. Mme Valdez s'associe donc aux délégués de la Belgique, de l'Italie, du Mexique, de la République tchèque et de Sri Lanka, entre autres. Même si le projet de résolution reconnaît l'importance cruciale de ces questions, il convient de le renvoyer devant le Conseil pour être soumis de nouveau à la Commission, car le texte est complexe et il est nécessaire de fournir des renseignements soigneusement mis à jour et basés sur des faits scientifiques. Le Dr SANGALA (Malawi) se félicite du rapport présenté par le Directeur général et désigne la pauvreté comme principale cause de malnutrition. Le manque d'éducation étant un facteur de malnutrition, son Gouvernement mène des programmes éducatifs via les médias. Des suppléments de vitamine A sont administrés aux mères après la naissance de leur enfant et aux bébés à partir de six semaines, jusqu'à 1' âge de six mois, même si des aliments riches en vitamine A sont disponibles dans le pays. L'éducation en matière de nutrition devrait également tenir compte des changements qui s'opèrent dans le régime alimentaire traditionnel. Pour régler le problème de la malnutrition chez les enfants de moins de cinq ans, le Malawi a formé plus de 6000 volontaires chargés de surveiller leur croissance. Ils ont établi des programmes communautaires d'alimentation des enfants et développé des activités rémunératrices destinées à garantir la viabilité des programmes. L'objectif est de fournir au moins un repas nutritif par jour aux individus appartenant aux groupes les plus vulnérables; les enfants sévèrement atteints de malnutrition (dont le poids est inférieur de 60 % au rapport poids/âge) sont traités dans des hôpitaux. Le Malawi a également réalisé des progrès dans la mise en place d'hôpitaux« amis des bébés». Le Dr Sangala appuie le projet de résolution, avec les amendements proposés par le délégué du Swaziland, et propose également que le membre de phrase « en accordant une attention particulière aux orphelins qui se retrouvent seuls à la suite de l'épidémie de VIH/SIDA » soit ajouté à la fm du paragraphe 2.6). Le Dr LARSEN (Norvège) se déclare satisfaite de l'examen consacré à l'alimentation complémentaire des jeunes enfants dans les pays en développement, examen qui présente un intérêt pour l'ensemble des pays. En Norvège, environ 100 % des mères commencent à allaiter et 80 % d'entre elles allaitent encore lorsque l'enfant a six mois. Toutefois, seulement 44% des mères allaitent exclusivement au sein jusqu'à l'âge de quatre mois et seulement 8% jusqu'à l'âge de six mois. Des recherches approfondies pourraient être nécessaires pour évaluer l'importance de l'allaitement au sein exclusif. La poursuite, depuis de nombreuses années, de l'initiative des hôpitaux« amis des bébés» dénote clairement la valeur de cette initiative. Les outils de surveillance mis au point par l'OMS en 1998 sont indispensables pour assurer sa pérennité. Ce concept devrait être étendu aux maternités et aux mères. Le Dr Larsen se déclare honorée de participer à l'étude multicentrique sur la référence de croissance. Elle espère que l'étude apportera des preuves solides permettant de dispenser de meilleurs conseils dans ce domaine.

80

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

Le Dr LEVENTHAL (Israël) dit que, comme de nombreux autres pays, Israël encourage l'allaitement plutôt que l'alimentation de supplément. En ce qui concerne le projet de résolution, il partage l'avis de nombreux intervenants, mais le sujet est si crucial qu'il est nécessaire d'attendre que toutes les meilleures preuves scientifiques disponibles soient livrées avant d'examiner le texte dans son intégralité. Il propose par conséquent de repousser 1' examen jusqu'à la prochaine session de 1' Assemblée de la Santé, mais, pour l'heure, il espère qu'un consensus se dégagera en la matière. Le Professeur AHSAN ULAH (Bangladesh) dit que, dans son pays, la nutrition du nourrisson et du jeune enfant s'est améliorée, mais qu'elle présente encore des risques. Le taux de mortalité des nourrissons et celui des enfants de moins de cinq ans s'élèvent à 71 et 137 pour 1000 naissances vivantes, respectivement. Si l'on se base sur les rapports taille/âge et poids/taille, quelque 69% de tous les enfants entre six mois et cinq ans sont victimes de malnutrition. La malnutrition est plus importante parmi ceux des zones rurales que parmi ceux des zones urbaines, les carences en micronutriments continuant de poser un problème général. Le Bangladesh a entrepris les mesures suivantes : lutte contre les maladies infectieuses, amélioration de l'assainissement, utilisation accrue de la thérapie par réhydratation orale pour combattre la diarrhée, poursuite du programme élargi de vaccination, promotion et soutien de 1' allaitement au sein, réduction des carences en micronutriments et mise en place d'hôpitaux« amis des bébés». Pour mettre en oeuvre ces activités, le Bangladesh demande le soutien de l'OMS. Le pays a organisé qes journées nationales de sensibilisation à la vaccination, aux carences en vitamine A, à l'allaitement, à la nutrition et à la santé maternelle et infantile. La malnutrition est un des problèmes de santé publique les plus sérieux et tous les secteurs de la société devraient s'impliquer en vue d'y remédier. Il est néces~aire que l'OMS préconise l'utilisation du Code international de commercialisation des substituts du lait maternel, Code dont l'application est obligatoire au Bangladesh. Des mécanismes devraient être mis en place pour maintenir les normes dans les hôpitaux« amis des bébés» et pour garantir leur viabilité. L'intervenant convient que l'allaitement devrait être une pratique universelle et il se déclare favorable à son allongement jusqu'à six mois. Mme WIJNROKS (Pays-Bas) encourage vivement l'élaboration conjointe d'une nouvelle stratégie et d'un nouveau plan d'action mondiaux, qui tiennent compte des opinions divergentes exprimées par les différentes parties engagées et qui se fondent sur des informations scientifiques solides, objectives et indépendantes. Il est crucial que l'OMS et l'UNICEF collaborent avec d'autres partenaires afm que leur stratégie soit un succès. Selon le rapport de la consultation technique, l'étude multicentrique de l'OMS sur la référence de croissance qui est en cours est censée permettre de mieux comprendre à quel âge l'allaitement au sein exclusif peut être complété par d'autres sources d'alimentation. Compte tenu du fait que l'étude n'était pas destinée à cette fm, les Pays-Bas hésitent à tirer des conclusions. Les conclusions concernant la fourchette d'âge optimale pour l'allaitement au sein exclusif devraient se fonder non seulement sur des données de croissance, mais également sur des aspects liés au développement et à la santé. Le Directeur général devrait assurer la coordination d'un examen scientifique indépendant et objectif propre à fournir des principes directeurs en la matière, et ce dès que possible. Les Pays-Bas encouragent tous les partenaires à s'unir en vue d'adopter une stratégie mondiale sur la nutrition du nourrisson et du jeune enfant à la Cinquante-Quatrième Assemblée mondiale de la Santé en 2001, faisant ainsi coïncider cette adoption avec le vingtième anniversaire du Code international de commercialisation des substituts du lait maternel. Pour l'instant, les Pays-Bas ne soutiennent donc pas l'approbation du projet de résolution. Le Dr MOGUILEVSKY (Argentine) exprime son soutien à l'essentiel du projet de résolution, notamment en ce qui concerne la durée de la période d'allaitement au sein exclusif. En Argentine, les autorités sanitaires et la communauté scientifique considèrent que la durée optimale est de six mois, et elles maintiendront ce point de vue jusqu'à ce que de nouveaux éléments scientifiques prouvent le

COMMISSION A : CINQUIEME SEANCE

81

contraire. En Argentine, l'administration de suppléments alimentaires est recommandée uniquement à partir de l'âge de six mois. Le Dr MANSOUR (Egypte) dit que, dans son pays, un programme a été mis en oeuvre pour soutenir la nutrition du nourrisson et du jeune enfant. Un centre national pour l'allaitement a été mis en place et le personnel travaillant dans des hôpitaux « amis des bébés » et « amis des mamans » a suivi des cours de formation en matière d'administration et d'utilisation d'outils de surveillance. La commercialisation de lait et d'aliments de complément pour les nourrissons est réglementée, et la croissance des enfants est surveillée grâce à l'application d'un système de fiches de santé. Pour améliorer l'équilibre en micronutriments, des suppléments de vitamine A et de fer sont administrés aux mères pendant la grossesse et après la naissance ainsi qu'aux nourrissons, et 94% du sel commercialisé est enrichi en iode. Un programme intégré de soins de santé pour les enfants, en cours d'exécution, porte sur la prévention, le traitement et la prise en charge de la malnutrition. Le Dr Mansour remercie l'OMS et l'UNICEF pour leur soutien dans la mise en oeuvre de ces programmes. Elle remercie également le délégué du Brésil pour son projet de résolution et recommande que des études supplémentaires soient menées sur l'allaitement au sein exclusif et l'alimentation de complément. Le Dr REVELLO (Venezuela) souligne qu'il est important de favoriser une nutrition adaptée pour les nourrissons et les jeunes enfants, car elle a des répercussions positives sur lew santé physique, psychologique et sociale et permet de réduire la morbidité et la mortalité des nourrissons, notamment au regard des maladies infectieuses. Le principal objectif de santé du Venezuela pour 2000-2001 est de faire baisser les taux de mortalité maternelle et infantile, surtout grâce à l'allaitement au sein. En 2000, une loi nationale sur la protection des enfants et des adolescents a pris effet, accordant ainsi aux enfants et aux adolescents la priorité dans tous les programmes, notamment les programmes consacrés à l'éducation, à la santé et à la nutrition. Le Venezuela est reconnu officiellement comme ayant pratiquement réglé les troubles dus à une carence en iode, et ce grâce à son programme assidu d'iodation du sel. Le Venezuela est sérieusement engagé dans la lutte contre la malnutrition des enfants et reconnaît l'importance des efforts déployés par l'OMS en la matière. Le Dr Revello félicite l'OMS pour son rapport et exprime son appui au projet de résolution. Il propose un amendement au paragraphe 1.5) tendant à accorder un soutien sans équivoque à l'allaitement au sein exclusifjusqu'à l'âge de six mois, comme l'ont recommandé d'autres organisations internationales spécialisées et diverses délégations. Enfin, le Venezuela préconise de mener des recherches approfondies sur les risques de transmission du VIH par des mères séropositives qui allaitent. M. FAESSLER (Suisse) suggère d'orienter le débat sur les mesures concrètes qui doivent être prises en vue de promouvoir l'allaitement et de favoriser le développement d'un consensus parmi les partenaires internationaux, gouvernementaux et civils qui sont engagés. La consultation technique organisée par l'OMS en mars 2000 est la première mesure s'inscrivant dans cette optique. La Suisse espère qu'une stratégie unanimement acceptée pourra être présentée au Conseil exécutif à sa cent neuvième session, en janvier 2002. Pour ce faire, les initiatives nationales basées sur le Code international de commercialisation des substituts du lait maternel devraient être soutenues et encouragées. Au début des années 90, la Suisse a adopté des principes directeurs à l'intention des fabricants de préparations pour nourrissons et elle met actuellement en place une fondation suisse visant à promouvoir l'allaitement maternel. La Suisse pense que les travaux devraient s'orienter dans la direction préconisée par l'OMS. Le projet de résolution est l'expression d'efforts louables, mais il ne semble pas faire avancer les choses. Le Dr AISTON (Canada) indique que son pays a encouragé et favorisé l'allaitement sans relâche, car il s'agit de la meilleure méthode d'alimentation du nourrisson. Le Canada travaille avec plusieurs partenaires aux niveaux national, provincial et territorial afm de garantir que, grâce à l'allaitement, le

82

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

nourrisson prendra le meilleur départ possible dans la vie. Son pays reconnaît et applaudit les efforts déployés par l'OMS, l'UNICEF et le Comité d'Allaitement pour le Canada, et soutient les travaux liés à l'initiative des hôpitaux «amis des bébés». Il appuie également le Code international de commercialisation des substituts du lait maternel et estime que chaque pays doit adapter ce Code en fonction de ses propres réalités politiques, économiques et sociales. L'OMS a engagé un processus utile en formant un groupe d'étude; cette entreprise permettra de réunir les connaissances scientifiques nécessaires pour que des décisions pertinentes soient prises. Le Professeur AKIN (Turquie) note que, en dépit du soutien apporté par l'OMS à son pays et à d'autres, les pratiques en matière d'alimentation du nourrisson et du jeune enfant doivent encore être améliorées pour réduire les résultats indésirables découlant de pratiques inappropriées. Dans beaucoup de pays, ces résultats indésirables ne sont pas tous signalés ou sont sous-estimés ; et malgré cela, les chiffres sont énormes. Le Professeur Akin mentionne les nombreuses initiatives en cours, qui devraient servir de base à la formulation d'une nouvelle stratégie et d'un nouveau plan d'action mondiaux en vue de mettre en oeuvre des pratiques d'alimentation du nourrisson appropriées. Cette stratégie donnera une indication précise sur l'avenir. Elle devrait être distribuée aux Etats Membres et autres parties intéressées pour information. Leurs réactions seraient ainsi recueillies et présentées par le Directeur général au Conseil exécutif à sa cent neuvième session et à la Cinquante-Cinquième Assemblée mondiale de la Santé. La Turquie pense que le projet de résolution devrait être examiné et, si nécessaire, révisé, à la .lumière des résultats de l'initiative du Directeur général et sur la base de solides données scientifiques. Le Dr YODA (Japon), reconnaissant l'importance de la nutrition du nourrisson et du jeune enfant, demande instamment que les politiques et stratégies en la matière se fondent sur des preuves scientifiques et sur d'autres stratégies de santé publique. Le Japon soutient pleinement les politiques et stratégies de l'OMS relatives à cette question. Le Dr TEE AH SIAN (Malaisie) soutient le projet de résolution, mais demande que plusieurs amendements y soient apportés. Au paragraphe 1.5), il propose de remplacer le terme « mixte » par le terme « de complément ». Au paragraphe 1.1 0), il propose de remplacer les mots « et de notification des progrès réalisés dans la mise en oeuvre » par « de façon transparente et indépendante » (ce qui donne en français : « à renforcer, de façon transparente et indépendante, les mécanismes de surveillance du Code international de commercialisation des substituts du lait maternel ... »). Il propose également d'ajouter un nouveau paragraphe après le paragraphe 1.14), dont le libellé serait le suivant : « à mettre un terme aux revendications sanitaires, à la publicité et à toute autre forme de promotion des produits entrant dans le champ d'application du Code international de commercialisation des substituts du lait maternel, via des médias, notamment électroniques, tels que l'e-mail et les sites Web». Au paragraphe 2.5), il propose de remplacer « pour » par le membre de phrase « afm de proposer des mécanismes mondiaux efficaces qui soient transparents, indépendants et qui ne subissent pas d'influence commerciale». Au paragraphe 2.6), il propose d'ajouter le mot« indépendantes» après« recherches». Le Professeur ONGERI (Kenya) explique que son Gouvernement a manifesté un profond engagement pour garantir les droits des enfants en inculquant les connaissances de base en matière de santé infantile, de nutrition, d'allaitement, d'hygiène et d'assainissement et en offrant un soutien pour l'utilisation de ces connaissances. Le lait maternel fournit aux bébés tous les éléments nutritifs dont ils ont besoin pour les six premiers mois de leur vie. Le Kenya a été l'un des premiers pays à mettre en oeuvre l'initiative des hôpitaux «amis des bébés», ce qui a permis d'améliorer considérablement l'alimentation des nourrissons et des jeunes enfants. Le pays possède 60 hôpitaux de ce genre. La délégation kényenne soutient le projet de résolution sous réserve de la suppression du terme « environ » au paragraphe 1.5).

COMMISSION A : CINQUIEME SEANCE

83

M. PARK (République de Corée) se félicite du rapport du Directeur général sur la nutrition du nourrisson et du jeune enfant et des mesures prises pour élaborer des stratégies mondiales en la matière. Sa délégation pense qu'un délai supplémentaire est nécessaire pour examiner le projet de résolution et pour étudier toutes les preuves scientifiques à ce sujet. Le Dr MOETI (Botswana) se félicite du projet de résolution mais, compte tenu du fait que son pays est sévèrement touché par le Vlli/SIDA, il pense qu'une résolution concernant un sujet aussi complexe que l'alimentation du nourrisson et du jeune enfant devrait d'abord être soumise au Conseil, comme l'ont proposé différentes délégations, puis présentée pour un examen attentif à la prochaine Assemblée de la Santé. Le Dr THORNE (Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord) indique que les preuves dégagées à l'issue de l'étude menée au Royaume-Uni en 1999 sur la nutrition des nourrissons n'ont pas modifié la recommandation selon laquelle les mères devraient allaiter pendant quatre mois au moins. Par ailleurs, les principales carences nutritionnelles chez le nourrisson et le jeune enfant sont un manque de micronutriments et chez le jeune enfant une consommation de fruits et de légumes insuffisante. Compte tenu des questions complexes qui ont été soulevées et du grand nombre d'amendements à examiner, la délégation du Royaume-Uni suggère également que la question soit renvoyée devant le Conseil. M. EINARSSON (Islande), prenant la parole au nom des pays nordiques, dit partager l'avis de la délégation des Pays-Bas concernant la nécessité d'examiner la question plus en détail. Mlle BALOCH (Pakistan) indique que sa délégation convient parfaitement que la nutrition du nourrisson et du jeune enfant est essentielle pour le développement humain. Dans les pays en développement, l'allaitement est la première mesure visant à lutter contre la maladie, la pauvreté et le sous-développement. Son pays soutient par conséquent le Code international de commercialisation des substituts du lait maternel et loue les efforts déployés par l'UNICEF et l'OMS pour garantir sa mise en oeuvre. Après un démarrage lent, le Pakistan a adopté une législation relative à l'allaitement et à la nutrition des jeunes enfants. Même si son pays comprend l'objectif principal du projet de résolution dont est saisie la Commission, il pense que des consultations informelles devraient avoir lieu afm de parvenir à un consensus autour de la question de savoir s'il convient d'approuver le projet de résolution tel quel, ou sous une forme modifiée, ou s'il convient de le renvoyer devant le Conseil. Mme MAKHMUDOVA (Ouzbékistan) dit que, dans son pays, la mauvaise nutrition est liée à des carences martiales et protéino-énergétiques, qui affectent un nourrisson sur trois. Ce n'est pas tant la pauvreté qui est à l'origine d'une mauvaise nutrition, mais plutôt la mauvaise répartition des ressources dans les familles, qui n'accordent pas un rang élevé de priorité à la nutrition du nourrisson et à l'allaitement au sein. Au début de l'année 2000, le Gouvernement de l'Ouzbékistan a adopté un programme intitulé «Programme pour une génération en bonne santé», dont l'un des chapitres est consacré aux mesures propres à modifier les attitudes communautaires en la matière. Le Gouvernement encourage vivement l'allaitement au sein. Par exemple, dans le cadre de l'élaboration de normes régionales pour le développement de l'enfant, il fmance la mise au point de matériels d'information nationaux. La délégation ouzbèke espère que l'OMS apportera son soutien à l'action du Gouvernement. En Ouzbékistan, le développement des enfants nés de mères atteintes d'anémie (70% d'entre elles) constitue un sérieux problème. Des recherches menées dans la région de l'Aral ont montré que des femmes atteintes d'anémie pouvaient allaiter leurs nourrissons et assurer leurs besoins nutritionnels complets uniquement pendant le premier mois de vie, question qui appelle des études complémentaires. La délégation ouzbèke approuve les déclarations des intervenants précédents en ce qui concerne la nécessité pour le Conseil de procéder à un examen préliminaire du projet de résolution et de reporter la question à la prochaine Assemblée de la Santé.

84

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

Le Dr UPUNDA (République-Unie de Tanzanie) soutient le rapport du Directeur général, car, dans son pays, l'allaitement est toujours au coeur de la nutrition du nourrisson. En 1994, le Gouvernement a promulgué une loi nationale relative au Code international de commercialisation des substituts du lait maternel, et un mécanisme de contrôle a été mis en place. Le pays compte plus de 50 hôpitaux« amis des bébés » mais aucune banque de lait. Sa délégation approuve donc les amendements proposés aux paragraphes 1.11) et 2.6). La position du pays concernant l'infection à VIH et l'alimentation des nourrissons est analogue à celle des autres pays africains et consiste à promouvoir l'allaitement au sein exclusif. Pour cette raison, il soutient le projet de résolution avec les amendements proposés par les délégués du Swaziland et de la Côte d'Ivoire. Le Dr AL-JABER (Qatar) dit que sa délégation approuve à la fois le contenu du projet de résolution et les amendements proposés par certaines délégations. Toutefois, le projet dont est saisie la Commission contient de nombreux sujets qu'il pourrait être bon de regrouper et de résumer sans pour autant modifier l'objectif de la résolution ; ces révisions pourraient être effectuées par un comité ou par l'OMS. Le Dr GONZÀLEZ FERNÀNDEZ (Cuba), citant le héros national cubain José Marti, dit que les enfants sont l'avenir de l'humanité. Entre 1990 et 1995, la proportion de personnes présentant une malnutrition protéino-énergétique a diminué de seulement 1 % dans le monde. A cette allure, il faudra 24 ans pour atteindre l'objectif fixé par l'OMS en vue de réduire cette forme de mal.t.mtrition. Il conviendrait d'accélérer les choses si l'on veut améliorer la santé des individus et leurs facultés intellectuelles, car une mauvaise nutrition agit non seulement sur le poids, mais également sur l'acuité mentale. Ce sujet revêt donc une grande importance. Cuba recommande l'allaitement au sein exclusifjusqu'à l'âge de six mois et possède de nombreux hôpitaux« amis des bébés» et« amis des mamans». On a accordé beaucoup d'attention à la nutrition du nourrisson, mais une mère ne peut allaiter son enfant correctement que si sa nutrition a été bonne au cours de la grossesse et de la lactation. L'une des principales causes de mortalité infantile est le faible poids de naissance des nourrissons; c'est la raison pour laquelle il conviendrait de faire davantage d'efforts pour s'assurer que les femmes enceintes et les mères allaitantes ont un régime alimentaire riche. L'intervenant juge inutile de reporter l'approbation du projet de résolution proposé par le Brésil, car cela reviendrait à différer une mesure pressante. M. VOIGTLÂNDER (Allemagne) approuve les initiatives et les objectifs mentionnés au paragraphe 10 du document A53/INF.DOC./2, mais estime que les pays sont libres de trouver leurs propres solutions concernant l'allaitement au sein exclusif, l'alimentation complémentaire et l'alimentation dans des situations difficiles, car les législations, les sociétés et les cultures diffèrent d'un pays à l'autre et d'une région à l'autre. Il se félicite des consultations régionales dont il est fait mention au paragraphe 13. Il considère que tous les Etats Membres de l'OMS pourront prendre part à ces consultations. Concernant le projet de résolution proposé par le Brésil, il préconise de réduire le volume des résolutions adoptées par l'Assemblée de la Santé, mais d'accroître leur valeur en faisant en sorte qu'elles soient plus concises, pertinentes et équilibrées; de telles résolutions auraient plus d'effet. C'est la raison pour laquelle il soutient l'appel lancé par d'autres délégations en vue de renvoyer le projet de résolution au Conseil pour un examen approfondi. Le Dr JEANFRANÇOIS (France) partage l'opinion d'intervenants précédents selon laquelle le projet de résolution devrait être renvoyé au Conseil, lequel fera ensuite connaître son avis sur le texte à la Cinquante-Quatrième Assemblée mondiale de la Santé. Le Dr SADRIZADEH (République islamique d'Iran) fait savoir que sa délégation estime que le projet de résolution et les amendements proposés sont très compliqués. Il se joint aux autres intervenants qui suggèrent de renvoyer le texte au Conseil pour un examen approfondi.

COMMISSION A : CINQUIEME SEANCE

85

Le Dr LOPEZ BALDIZON (Nicaragua) dit que le Nicaragua, deuxième pays le plus pauvre d'Amérique latine, connaît parfaitement 1' étroite relation qui existe entre pauvreté et malnutrition, ce qui entraîne des retards de croissance, une diminution des capacités intellectuelles et une vulnérabilité aux infections. Sa délégation considère que le projet de résolution proposé par le Brésil est extrêmement important et elle suggère d'inclure parmi les amendements d'autres sujets: conseils en matière de santé génésique pour allonger l'espacement des naissances et soins prénatals adéquats pour réduire l'incidence de l'insuffisance pondérale à la naissance ; promotion de l'allaitement au sein, avec une participation de la société civile et l'adoption d'une législation prévoyant notamment le contrôle des substituts du lait maternel ; enquêtes nationales sur les carences en micronutriments ; et journées nationales de la santé consacrées à la vaccination et à la fourniture de suppléments en vitamine A. L'intervenant préconise en outre la création de commissions nationales, avec le soutien d'organisations internationales. Etant donné qu'anémie, problèmes dentaires et parasites intestinaux sont étroitement liés à une mauvaise alimentation, une approche holistique des soins de santé devrait être adoptée. La délégation du Nicaragua appuie le projet de résolution, mais demande que le paragraphe 1.6) soit amendé pour indiquer clairement que l'initiative des hôpitaux« amis des bébés» concerne aussi les unités de soins de santé primaires. Elle n'est pas favorable au report des délibérations sur le projet de résolution jusqu'à la prochaine Assemblée de la Santé. Le Professeur SMALLWOOD (Australie) félicite l'OMS pour ses travaux con~us en matière de malnutrition et de nutrition de l'enfant. Sa délégation remercie celle du Brésil pour son projet de résolution, notant toutefois que l'OMS entreprend actuellement des activités dans ce domaine. Il mentionne en particulier l'étude consacrée à l'allaitement au sein exclusif et l'étude multicentrique sur la référence de croissance. Il se joint aux autres Etats Membres qui ont demandé de renvoyer au Conseil le projet de résolution pour qu'il soit examiné à la lumière des nouvelles informations scientifiques qu'on peut escompter. Le Dr CHATAUT (Népal) dit que la prise en charge de la malnutrition du nourrisson et du jeune enfant est un sujet de préoccupation au Népal. Sa délégation soutient le projet de résolution de vaste portée qui a été proposé, mais suggère, en vue de tirer profit des discussions et de l'examen scientifique qui auront lieu, qu'il soit renvoyé au Conseil et débattu par la prochaine Assemblée de la Santé. Le Professeur GRANGAUD (Algérie) félicite l'OMS pour l'énorme travail accompli dans les domaines de la malnutrition de l'enfant, de la sécurité alimentaire et nutritionnelle, des micronutriments et de l'allaitement maternel. Toutefois, l'exploitation des données recueillies n'étant pas achevée, il n'est pas opportun d'approuver un projet de résolution à ce stade. La délégation algérienne suggère que l'OMS poursuive ses travaux en coopération avec les Etats Membres pour faire en sorte de terminer l'étude complète des nombreuses questions figurant dans la documentation, afin que l'Assemblée de la Santé soit saisie d'un dossier préalablement examiné par le Conseil. Le Dr GALON (Philippines) informe la Commission que le plan d'action pour la nutrition de son pays prévoit notamment l'éducation nutritionnelle, la supplémentation en micronutriments et la salubrité des aliments. Il existe des lois sur l'iodation du sel, l'allaitement au sein et le maintien du nourrisson auprès de sa mère, ainsi qu'un code sur le lait. L'initiative des hôpitaux« amis des bébés et des mamans» est appliquée de manière vigoureuse dans les hôpitaux publics et privés dotés de maternités et de services pédiatriques. L'initiative concerne 95 à 97% des hôpitaux visés, avec le soutien de l'OMS, de l'UNICEF et d'organisations gouvernementales et non gouvernementales. Les Philippines attendent avec intérêt la communication des résultats de l'étude multicentrique sur la référence de croissance menée par l'OMS, afm qu'ils soient appliqués et viennent élargir les stratégies d'intervention nationales en matière de nutrition du nourrisson et du jeune enfant.

86

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

Le Dr FIKRI (Emirats arabes unis) dit que son Gouvernement s'est engagé à améliorer la nutrition de l'enfant. L'initiative des hôpitaux« amis des bébés» a été introduite en 1992. Une politique en matière d'allaitement au sein exclusif et d'alimentation complémentaire est appliquée de manière générale et a contribué à réduire le taux de mortalité infantile jusqu'à son niveau actuel de 9 pour 1000 naissances vivantes. La délégation des Emirats arabes unis soutient le projet de résolution proposé par le Brésil. Toutefois, certains paragraphes nécessitent un examen complémentaire et une reformulation. A ces fins, le texte devrait être soumis au Conseil. Le Dr RODRÎGUEZ ALVAREZ (Espagne) informe la Commission que le Parlement espagnol a expressément exprimé son soutien aux initiatives de l'OMS et de l'UNICEF concernant la promotion de l'allaitement. La mise en oeuvre de l'initiative des hôpitaux« amis des bébés» est en bonne voie. L'intervenant remercie la délégation brésilienne pour avoir présenté un projet de résolution complet, mais il convient que le texte devrait être renvoyé au Conseil pour un examen plus approfondi et pour qu'il soit ultérieurement débattu à la prochaine Assemblée de la Santé. Le Dr BIAMBY JACQUES (Haïti) dit que la nutrition du nourrisson et du jeune enfant est un sujet de préoccupation dans son pays, où seulement 0,6 % des bébés sont allaités exclusivement au sein pendant les six premiers mois de leur vie. En Haïti, on donne généralement une alimentation mixte pendant une durée moyenne de 18 mois. La contamination de l'eau entrant dans la préparation des subst~tuts du lait et dans l'alimentation au biberon expose les bébés aux risques de diarrhée et de malnutrition. La délégation d'Haïti se déclare favorable à l'intensification de l'initiative des hôpitaux« amis des bébés». Le pays compte sept de ces hôpitaux. La délégation haïtienne estime qu'il serait utile de porter une plus grande attention à l'alimentation des bébés dont les mères sont séropositives et aux questions relatives à la nutrition des orphelins et des mères adolescentes. Puisque la malnutrition affecte grandement le développement physique et intellectuel des enfants des pays en développement, la délégation d'Haïti espère que le projet de résolution sera adopté avec les amendements nécessaires. Le PRESIDENT suggère que, compte tenu des opinions divergentes sur le projet de résolution et de la complexité des questions soulevées, un groupe de travail soit formé, auquel peuvent participer tous les délégués. M. DE AGUIAR PATRIOTA (Brésil) remercie le Président pour sa suggestion ainsi que tous les intervenants et précise que la résolution proposée n'est pas censée entraver de quelque manière que ce soit les efforts déployés par l'OMS pour obtenir les meilleurs résultats possibles en matière de nutrition du nourrisson et du jeune enfant. Le groupe de travail pourrait examiner la procédure de révision et de présentation et faire la synthèse des amendements proposés, qui semblent, dans une large mesure, converger. Le PRESIDENT suggère en outre que le délégué de Sri Lanka assure la présidence du groupe de travail.

Il en est ainsi convenu.

La séance est levée à 17 h 50.

SIXIEME SEANCE Vendredi 19 mai 2000,10 h 20 Président: Professeur S. M. ALI (Bangladesh)

QUESTIONS TECHNIQUES ET SANITAIRES: Point 12 de l'ordre du jour (suite) Alimentation du nourrisson et du jeune enfant: Point 12.4 de l'ordre du JOur (documents A53/7 et A531INF.DOC./2) (suite) M. MASUKU (FAO) estime que l'on doit aborder la question de la nutrition du nourrisson et du jeune enfant de manière globale; l'allaitement maternel est essentiel, mais il est également important de prendre en considération la sécurité alimentaire du ménage, les soins élémentaires et les habitudes alimentaires ainsi que l'hygiène. Les gouvernements, les institutions internationales, les. organisations non gouvernementales, le secteur privé et les communautés elles-mêmes doivent tenir compte des diverses dimensions du problème de la malnutrition s'ils veulent s'attaquer efficacement à ses causes. La Conférence internationale FAO/OMS sur la nutrition de 1992 a clairement établi la nécessité d'une approche interdisciplinaire, et la coopération entre la FAO et l'OMS dans ce domaine doit se développer. Mme ALLAIN (Organisation internationale des Consommateurs), prenant la parole à l'invitation du PRESIDENT, déclare que son organisation collabore avec le Réseau international des groupes d'action pour l'alimentation infantile, lequel regroupe plus de 150 associations et a reçu en 1998 le Right Livelihood A ward pour son action en faveur de la protection de la santé du nourrisson. Dans plusieurs pays, les ingérences de l'industrie des aliments pour nourrissons et les fausses déclarations concernant son respect des principes établis ont retardé l'adoption d'une législation. Le Ghana a récemment réglementé la promotion de l'allaitement maternel après une campagne de neuf ans. Le projet de résolution et les autres recommandations de l'OMS à l'intention des Etats Membres accéléreront la mise en oeuvre du projet de stratégie et de plan d'action mondiaux sur la nutrition. Aussi bien la consultation technique sur l'alimentation du nourrisson et du jeune enfant (Genève, mars 2000) que l'étude sur l'alimentation complémentaire du jeune enfant dans les pays en développement 1 ont clairement défini la durée recommandée de l'allaitement maternel exclusif, qui doit être d'environ six mois. Deux résolutions de l'OMS prônent également l'allaitement maternel exclusif pendant les six premiers mois de la vie. D'autres organisations nationales ou internationales majeures, telles que l'UNICEF, l'Association internationale de Conseil en Allaitement et la Ligue internationale La Leche, ont déjà adopté la même recommandation. L'Organisation internationale des Consommateurs constate avec plaisir que le projet de résolution va dans le même sens. Le projet de résolution appelle également à une application plus stricte du Code international de commercialisation des substituts du lait maternel. Son Organisation souhaite que l'OMS prenne des mesures pour veiller au respect du Code international dans les moyens de communication électronique, en particulier sur Internet: en effet, certains sites Web présentent l'alimentation artificielle du nourrisson

WHO, UNICEF, University ofCalifomia (Davis), ORSTOM. Complementary feeding ofyoung children in developing countries: a review of current scientific knowledge. Genève, Organisation mondiale de la Santé, 1998 (WHO/NUT/98.1).

1

-87-

88

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

comme équivalant à l'allaitement au sein et offrent des échantillons gratuits de préparations pour nourrisson. L'OMS devrait également faire en sorte que la revendication d'avantages sanitaires par les fabricants de préparations pour nourrissons soit interdite en vertu des normes fixées par la Commission du Codex Alimentarius et par la législation nationale. Son Organisation constate avec satisfaction que l'OMS envisage d'adopter des principes directeurs sur les relations avec des entreprises commerciales. L'OMS doit protéger son statut de défenseur indépendant des droits de l'homme et de la santé pour tous, et veiller à ce que ses politiques et ses priorités de recherche ne soient pas perverties par la nécessité d'attirer des fonds extrabudgétaires; elle ne doit pas prendre comme partenaires des sociétés qui ont des intérêts dans le traitement du VIH et l'alimentation du nourrisson. Son Organisation en appelle à l'ensemble des Etats Membres pour qu'ils s'acquittent de leurs obligations fmancières à l'égard de l'OMS afin de réduire au minimum le recours aux fonds du secteur privé. Elle continuera à proposer son concours à l'OMS et aux Etats Membres sur le plan technique et celui de l'élaboration de politiques en matière d'alimentation du nourrisson et du jeune enfant. Mme BRAUEN (Confédération internationale des Sages-Femmes), prenant la parole à l'invitation du PRESIDENT, constate avec satisfaction que l'OMS continue de privilégier un bon départ dans la vie. L'alimentation des familles a des répercussions sur leur bien-être, et en particulier celui des enfants : la nutrition ne doit pas être considérée isolément. Son organisation soutient l'appel à l'allaitem~nt maternel exclusif pendant les six premiers mois de la vie. Les sages-femmes peuvent apporter une contribution importante au projet de stratégie et de plan d'action mondiaux sur la nutrition du nourrisson et du jeune enfant. Les trois principaux objectifs de la stratégie (voir document A53/INF.DOC./2, paragraphe 9) relèvent tout à fait du travail des sages-femmes, ce qui les place dans une position privilégiée pour aider les familles à faire des choix éclairés et à prendre des décisions favorables à la santé. Les sages-femmes, connaissant bien les familles avec qui elles travaillent et l'état nutritionnel de la communauté, peuvent donc apporter une contribution précieuse à tous les programmes de nutrition. L'OMS devrait encourager les gouvernements à soutenir les sages-femmes et autres dispensateurs de soins de santé au niveau des soins de santé primaires, compte tenu notamment de l'importance d'un soutien aux femmes en tant que mères, et la Confédération offre son aide à cet égard. Les dispensateurs de soins de santé doivent être associés à l'élaboration et à la mise en oeuvre des programmes de nutrition afm d'en être véritablement parties prenantes et de pouvoir contribuer plus efficacement à leur réussite. Mme LAVIOLLE (Ligue internationale La Leche), s'exprimant à l'invitation du PRESIDENT, déclare que les mères apprécient le travail du réseau de volontaires agréés de la Ligue dans plus de 65 pays, y trouvant un soutien mutuel, tout en reconnaissant l'importance d'une attitude positive du père pour la réussite de l'allaitement. Son organisation demande aux Etats Membres de protéger et de promouvoir l'allaitement au sein, de reconnaître l'importance des groupes d'entraide de mères et de promouvoir l'initiative des hôpitaux« amis des bébés». Les Etats Membres devraient également renforcer la réglementation et les textes législatifs qui permettent aux femmes de continuer à allaiter leur enfant tout en travaillant, et faire appliquer le Code international de commercialisation des substituts du lait maternel. Mme Laviolle se félicite du projet de stratégie et de plan d'action mondiaux. M. DE SKOWRONSKI (Fédération internationale des Industries des Aliments diététiques), prenant la parole à l'invitation du PRESIDENT, déclare que l'industrie des aliments diététiques consacre des ressources considérables à la recherche et au développement d'aliments destinés à améliorer la santé et 1'état nutritionnel des nourrissons et des jeunes enfants. En tant que partenaire dans la mise en oeuvre du Code international de commercialisation des substituts du lait maternel, son organisation se félicite des initiatives prises par l'OMS pour surmonter les obstacles à la mise en oeuvre du Code au niveau national. Elle soutient également l'élaboration de la stratégie mondiale pour l'alimentation du nourrisson et du jeune enfant et espère que la consultation technique débouchera sur une stratégie et un plan d'action complets.

COMMISSION A : SIXIEME SEANCE

89

L'approche adoptée par l'OMS apportera une solution techniquement valable et politiquement réalisable, l'étude multicentrique sur la référence de croissance contribuant à consolider la base des connaissances. Pleinement consciente du fait que la malnutrition contribue pour beaucoup à la charge mondiale de morbidité, l'industrie est active dans la recherche, le développement, la production et la distribution d'aliments susceptibles d'aider à réduire cette morbidité. Son organisation soutient la recommandation de l'OMS en faveur de l'allaitement au sein exclusif pendant les quatre à six premiers mois de la vie, et est engagée dans un dialogue avec l'OMS sur la meilleure façon d'indiquer sur les étiquettes des produits l'âge recommandé pour l'introduction des aliments de complément. L'industrie est également en train de mettre au point des produits pour lutter contre la malnutrition chez les femmes enceintes et les mères allaitantes afm de les aider à porter, allaiter et nourrir des enfants en meilleure santé. Les femmes devraient avoir accès à toutes les informations disponibles pour pouvoir effectuer des choix en pleine connaissance de cause. Mme LEHMANN-BURI (Association internationale de Conseil en Allaitement), prenant la parole à l'invitation du PRESIDENT, indique que son Association est une association professionnelle regroupant près de 5000 consultants et autres professionnels de la santé dans une cinquantaine de pays qui travaillent avec des mères allaitantes et avec les responsables de l'alimentation du nourrisson. Elle demande aux autorités responsables des Etats Membres de l'OMS de préconiser: l'optimisation de la santé et du développement du nourrisson par des pratiques alimentaires appropriées, y compris Je droit de chaque enfant à être nourri au sein, pour des raisons nutritionnelles, immunologiques et affectives ; la promotion de l'allaitement au sein exclusif; la mise en place d'une alimentation complémentaire appropriée et sûre en temps opportun tout en maintenant l'allaitement maternel; le renforcement des politiques visant à permettre aux femmes de continuer à allaiter leur enfant tout en travaillant ; des mesures visant à prévenir l'interruption prématurée de l'allaitement au sein exclusif et, le cas échéant, à éviter que l'alimentation artificielle ne devienne la norme ; et le renforcement de la mise en oeuvre du Code international de commercialisation des substituts du lait maternel. L'Association met à disposition un réseau spécialisé de consultants agréés partout dans le monde pour aider les gouvernements à appliquer les recommandations de la consultation technique sur l'alimentation du nourrisson et du jeune enfant (Genève, mars 2000). Elle soutient la décision de l'OMS d'élaborer une nouvelle stratégie et un nouveau plan d'action mondiaux. Le Dr BRAAK (Association internationale des Femmes Médecins), prenant la parole à l'invitation du PRESIDENT, déclare que son organisation estime que la malnutrition et les carences en micronutriments sont des problèmes de santé très répandus et invalidants, qui compromettent le développement physique et mental et accroissent la morbidité et la mortalité pendant toute la durée de la vie. Elle reconnaît que la femme a, au premier chef, la responsabilité.de nourrir son enfant en fonction de ses propres conditions de vie. Elle soutient et affirme les droits de la femme tels qu'ils ont été définis dans la déclaration de consensus du Comité Santé de la Commission de la Condition de la Femme en mars 2000, à savoir : « ... le droit à une information médicale complète et fiable, au consentement, au choix et à la prise de décision éclairés en matière de soins de santé, de procréation et d'alimentation du nourrisson, à des conditions sûres et équitables de travail et à un environnement sain, ainsi qu'aux retombées des progrès scientifiques». Les gouvernements, la société civile et le secteur privé devraient collaborer de manière souple et de bonne foi à rechercher les moyens d'améliorer l'état nutritionnel du nourrisson et du jeune enfant partout dans le monde. L'Association se félicite de la tenue de la consultation technique sur l'alimentation du nourrisson et du jeune enfant et invite l'OMS à prendre d'autres initiatives de ce type. Elle soutient en outre l'étude multicentrique sur la référence de croissance et demande que les données soient ventilées selon le sexe afm de pouvoir mettre en relief toute discrimination nutritionnelle contre les fillettes. En conclusion, le Dr Braak demande à l'OMS de continuer à jouer le rôle directeur courageux qu'elle assume dans le domaine de la santé, en veillant à ce que chaque femme soit pleinement habilitée à faire le meilleur choix pour alimenter son nourrisson ou son jeune enfant.

90

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

Mme KHETRAPAL SINGH (Directeur exécutif) apprécie les manifestations de soutien aux documents produits ainsi qu'à l'élaboration de la stratégie mondiale pour l'alimentation du nourrisson et du jeune enfant. La démarche méthodique qui a été suivie reposait sur des éléments scientifiques, programmatiques, stratégiques et d'évaluation. Une fois achevée, la nouvelle stratégie mondiale sera soumise à la Cinquante-Cinquième Assemblée mondiale de la Santé. La durée optimale de 1' allaitement exclusif au sein - et donc le moment optimal du démarrage d'une alimentation de complément- est une question de santé publique importante que l'OMS réexamine continuellement. En accord avec les données scientifiques et épidémiologiques disponibles, l'OMS recommande actuellement d'allaiter le nourrisson exclusivement au sein pendant les quatre à six premiers mois de la vie, puis de lui donner des aliments de complément adéquats et sûrs pour répondre à l'évolution de ses besoins nutritionnels, tout en continuant à l'allaiter jusqu'à l'âge de deux ans ou au-delà. Cette recommandation a été soigneusement étudiée, puis a été entérinée et publiée en 1995 dans le rapport d'un comité OMS d'experts. 1 Tant le comité d'experts que son groupe de travail sur la croissance du nourrisson 2 ont confirmé à nouveau le bien-fondé de cette recommandation et demandé qu'une nouvelle référence de croissance soit établie sur la base des données concernant les nourrissons nourris au sein vivant dans des conditions favorisant la réalisation de leur potentiel génétique de croissance. Compte tenu des variations mondiales des taux de croissance et d'autres effets sur la santé et le développement, une gamme d'âge a été retenue comme élément essentiel de la recommandation de l'OMS pour l'alimentation du nourrisson, fondée sur la population. Les études et réexamens ultérieurs n'ont pas. justifié de modification de la recommandation de l'OMS à cet égard. Deux études en cours de l'OMS aideront sans doute à vérifier que la recommandation reste justifiée. D'une part, un examen systématique de la littérature scientifique pertinente, conformément aux critères et au cadre établis par la Cochrane Collaboration, portera principalement sur la croissance, la morbidité et la mortalité du nourrisson et 1' apport nutritif du lait maternel par rapport à ses besoins, les résultats sur le plan du développement de l'enfant et l'influence de la contamination de l'environnement. Des études basées sur l'observation seront par ailleurs analysées, c'est-à-dire que l'étude principale ne sera pas limitée à des essais cliniques randomisés. A la suite de cet examen, un groupe de travail scientifique de l'OMS sera chargé d'examiner les résultats et, sur cette base, de formuler ses recommandations sur la durée de l'allaitement au sein exclusif. Les conclusions sont attendues pour le premier trimestre 2001. La seconde étude est l'étude multicentrique sur la référence de croissance (voir document A53/7). Il n'a pas été facile de réunir les fonds nécessaires pour la réalisation de cette étude. A l'heure actuelle, sur le montant de US $9,3 millions requis, US $8,25 millions ont été mobilisés, ce qui laisse un déficit de US $1,05 million. Passant à la question du VIH/SIDA et de la nutrition, Mme Khetrapal Singh rappelle qu'en 1997, l'OMS, l'UNICEF et l'ONUSIDA ont publié une déclaration conjointe sur le VIH et l'alimentation du nourrisson. En 1998, une consultation technique conjointe OMSIUNICEF/ONUSIDA sur le VIH et l'alimentation du nourrisson a défmi une politique et des principes directeurs pratiques dans un ensemble de trois manuels. 3 L'OMS prévoit également d'effectuer une étude multisites pour évaluer le risque de transmission du Vlli associé à l'allaitement au sein, exclusif ou partiel, ainsi qu'une étude destinée à évaluer comment une amélioration des techniques d'allaitement pourrait réduire le risque de mastite et la teneur en Vlli du lait maternel. Un cours sur le conseil relatif au VIH et à l'alimentation du nourrisson a été expérimenté sur le terrain et est maintenant prêt à être utilisé. Des travaux complémentaires sont encore nécessaires en ce qui concerne la prévention et la prise en charge de la malnutrition chez les enfants et les adultes déjà infectés par le VIH ou malades du SIDA.

Utilisation et interprétation de l'anthropométrie. Rapport d'un comité OMS d'experts. Genève, Organisation mondiale de la Santé, 1995 (OMS, Série de Rapports techniques, N° 854). 2

1

An evaluation ofinfant growth Genève, Organisation mondiale de la Santé, 1994 (WHO/NUT/94.8).

3 OMS, UNICEF, ONUSIDA. Le VIH et l'alimentation du nourrisson. Genève, Organisation mondiale de la Santé, 1998 (WHO/FRH/NUT/CHD/98,1-3).

COMMISSION A : SIXIEME SEANCE

91

Le PRESIDENT suggère que la Commission poursuive ses discussions sur le VIH/SIDA pour permettre au groupe de travail sur la nutrition du nourrisson et du jeune enfant d'achever ses délibérations. Il en est ainsi convenu.

(Voir l'approbation d'un projet de décision dans le procès-verbal de la septième séance, page 104.)

VIH/SIDA: Point 12.2 de l'ordre du jour (résolution EB105.R17; document A53/6) (suite de la troisième séance) M. ZEPEDA BERMUDEZ (Brésil), soulevant une question de procédure, fait observer que plusieurs propositions d'amendements au projet de résolution sur le VIH/SIDA intéressent également le débat sur la stratégie pharmaceutique révisée, qui a été renvoyé à la Commission B. Il demande au Président, et Mme DJAMALUDIN (Indonésie) et le Dr DLAMINI (Swaziland) appuient cette demande, de veiller à ce que la stratégie pharmaceutique révisée ne soit pas examinée tant que le projet de résolution sur le VIH/SIDA n'aura pas été approuvé, et que cet examen soit confié à la Commission A et non à la Commission B. Le PRESIDENT informe la Commission que la stratégie pharmaceutique révisée ne sera pas examinée avant que le projet de résolution sur le VIH/SIDA n'ait été approuvé. Le Dr JIMÉNEZ DE LA JARA (représentant du Conseil exécutif), s'exprimant en qualité de Président du groupe de rédaction de la résolution sur le VIHISIDA, présente le projet de résolution révisé, qui se lit comme suit : La Cinquante-Troisième Assemblée mondiale de la Santé, Ayant examiné le rapport du Directeur général sur le VIH/SIDA ; Notant avec une profonde inquiétude que près de 34 millions de personnes vivent avec le VIH/SIDA, dont 95% dans des pays en développement, et que l'épidémie de VIHISIDA est en train de réduire à néant les acquis de cinquante années de développement, notamment l'amélioration de la survie de l'enfant et l'augmentation de l'espérance de vie; Notant en outre qu'en Afrique subsaharienne, où plus de 23 millions de personnes sont infectées et où plus de femmes que d'hommes sont aujourd'hui infectées, le VIH/SIDA est la première cause de mortalité et que l'incidence de l'infection à Vlli augmente rapidement en Asie, en particulier en Asie du Sud et du Sud-Est, où 6 millions de personnes sont infectées ; Rappelant la résolution WHA52.19, qui prie entre autres le Directeur général de coopérer avec les Etats Membres qui le demandent et avec les organisations internationales pour surveiller et analyser les conséquences sur le secteur pharmaceutique et sur la santé publique des accords internationaux pertinents, notamment des accords commerciaux, afin que les Etats Membres puissent bien évaluer, puis mettre au point des politiques pharmaceutiques et sanitaires et des mesures réglementaires qui répondent à leurs préoccupations et à leurs priorités, et tirer le meilleur parti possible de ces accords tout en atténuant leurs effets négatifs ; Reconnaissant que la pauvreté et les inégalités entre hommes et femmes alimentent l'épidémie et que le déni, la discrimination et la stigmatisation restent des obstacles majeurs à une riposte efficace ; Soulignant qu'il est nécessaire de défendre le respect des droits de la personne humaine dans toutes les mesures prises contre l'épidémie; Considérant qu'un engagement politique est essentiel pour faire face à un problème d'une telle importance ;

92

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

Reconnaissant que les ressources mobilisées face à l'épidémie aux niveaux national et international sont sans commune mesure avec l'ampleur du problème; Rappelant la résolution 1999/36 du Conseil économique et social de l'Organisation des Nations Unies sur le virus de l'immunodéficience humaine et le syndrome d'immunodéficience acquise (VIH/SIDA), qui souligne entre autres qu'il incombe aux gouvernements d'intensifier tous les efforts destinés à combattre le SIDA par une action multisectorielle ; Rappelant la session récente du Conseil de Sécurité de l'Organisation des Nations Unies sur la crise du VIH/SIDA en Afrique, au cours de laquelle le Conseil de Sécurité a reconnu que le VIH/SIDA est un fléau moderne sans équivalent qui menace la stabilité politique, économique et sociale de l'Afrique subsaharienne et de l'Asie; 1. DEMANDE INSTAMMENT aux Etats Membres: 1) de faire preuve d'un engagement politique, tel qu'en témoignent plusieurs initiatives récentes de responsables politiques d'Etats Membres, en rapport avec l'ampleur du problème en allouant des ressources appropriées - du budget national et de donateurs - à la prévention du VIHISIDA ainsi qu'aux soins et à l'aide aux personnes infectées ou touchées; 2) de mettre en place avec l'appui des bailleurs de fonds des programmes de lutte contre la pauvreté, de les exécuter dans la rigueur et la transparence et de militer pour : l'annulation de la dette de manière à libérer des ressources pour, entre autres, la prévention et le traitement du VIH/SIDA comme l'ont proposé les p~icipants au Sommet du G8 à Cologne, l'amélioration des conditions de vie des populations, la réduction du chômage, le relèvement du niveau de la santé publique ; 3) d'apporter un soutien accru à l'ONUSIDA et à l'OMS, en sa qualité d'organisme coparrainant, dans leurs efforts contre le SIDA, notamment dans le cadre du Partenariat international contre le SIDA en Afrique ; 4) de renforcer l'éducation du public sur le VIH/SIDA et d'apporter une attention particulière aux plans stratégiques nationaux visant à réduire la vulnérabilité des femmes, des enfants et des adolescents, étant entendu que l'éducation du public et les campagnes nationales devraient mettre l'accent sur la prévention, sur la lutte contre la discrimination et la stigmatisation et sur la promotion d'environnements propices à la santé pour prévenir et atténuer les problèmes liés au SIDA ; 5) de prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger les enfants infectés ou touchés par le VIH/SIDA contre toutes les formes de discrimination, de stigmatisation, de mauvais traitements et de négligence, et de protéger en particulier leur accès aux services de santé, d'éducation et d'aide sociale; 6) de tirer parti de l'expérience acquise et de la somme toujours plus riche de connaissances scientifiques sur les actions de prévention et de traitement dont l'efficacité est avérée afm de freiner la propagation du VIHISIDA et d'accroître la qualité et la durée de la vie des personnes infectées ; 7) de faire en sorte que les transfusions sanguines n'exposent pas au risque de contracter l'infection à Vlli en veillant à ce que tout individu ait accès à du sang et à des produits sanguins sûrs, qui soient disponibles et adaptés à ses besoins, proviennent de dons volontaires non rémunérés, soient transfusés uniquement en cas de nécessité et soient fournis dans le cadre de programmes de transfusion sanguine permanents intégrés aux systèmes de santé; 8) de constituer et de renforcer des partenariats entre les services de santé et les communautés, y compris les organisations non gouvernementales, afin que les ressources des communautés servent à financer des interventions ayant fait la preuve de leur efficacité ; 9) de mettre en oeuvre des stratégies clés de prévention du VIHISIDA, en particulier la prise en charge des infections sexuellement transmissibles et la promotion de pratiques

COMMISSION A : SIXIEME SEANCE

93

sexuelles à moindre risque, y compris en assurant la disponibilité du préservatif masculin et féminin; 10) de renforcer les systèmes de santé qui fournissent des ressources humaines adéquates et qualifiées, des systèmes de prestations et des plans de financement pour répondre aux besoins de la lutte contre le VIH/SIDA ; 11) de prendre des mesures pour réduire l'utilisation de substances illicites et protéger les consommateurs de drogue par injection et leurs partenaires sexuels contre l'infection à Vlli; 12) d'améliorer l'accès aux soins et la qualité de ces derniers pour accroître la qualité de la vie, respecter la dignité de l'individu et satisfaire les besoins médicaux et psychosociaux des personnes qui vivent avec le Vlli/SIDA, notamment par le traitement et la prévention des maladies liées au VIH et la garantie d'une continuité des soins au moyen de mécanismes efficaces d'orientation-recours entre le domicile, le dispensaire, l'hôpital et les établissements de soins; 13) de réaffirmer leur adhésion aux précédentes résolutions sur la stratégie pharmaceutique révisée et de veiller à ce que soient prises les décisions nécessaires, dans le cadre de leurs politiques pharmaceutiques nationales, pour préserver les intérêts de la santé publique et garantir un accès équitable aux traitements, y compris aux médicaments ; 14) d'utiliser les indicateurs mis au point par l'OMS pour suivre les progrès réalisés; 15) de collaborer avec l'OMS et d'autres organismes internationaux pour mettre régulièrement à jour les bases de données existantes afm de fournir aux Etats Membres des informations sur le prix des médicaments essentiels, y compris les médicaments contre le VIH; 16) d'améliorer l'accès au traitement et à la prophylaxie des maladies liées au VIH par différentes mesures garantissant par exemple l'accès à des médicaments abordables ainsi qu'un système de distribution et de prestations fiable, la mise en place d'une politique énergique d'utilisation de produits génériques, des achats en vrac, des négociations avec les compagnies pharmaceutiques, des systèmes de financement appropriés, des mesures d'incitation à la production locale et des pratiques d'importation compatibles avec les législations nationales et les accords internationaux adoptés ; 17) de défmir et d'affirmer leur rôle et, si nécessaire, de constituer des partenariats et de lancer des initiatives de solidarité pour que les médicaments employés à des fms prophylactiques et thérapeutiques deviennent accessibles et abordables et soient utilisés de façon sûre et efficace, qu'il s'agisse de la prévention de la transmission mère-enfant, de la prévention et du traitement des maladies opportunistes ou des traitements antirétroviraux pour les malades ; 18) de mettre en place ou développer les services de conseil et le dépistage confidentiel volontaire du Vlli susceptibles d'encourager les gens à se faire soigner et de servir de point d'accès à la prévention et au traitement; 19) de poursuivre les recherches sur la prévention de la transmission mère-enfant du Vlli et d'intégrer les actions de prévention dans les services de soins de santé primaires, y compris les services de santé génésique, dans le cadre de programmes de prise en charge globale des femmes enceintes infectées par le VIH et du suivi postnatal de ces femmes et de leur famille, en veillant à ce que ces recherches soient dénuées de tout intérêt particulier susceptible de biaiser les résultats et que toute participation commerciale soit clairement annoncée; 20) de promouvoir des recherches sur les changements de comportement et les facteurs culturels qui influencent les comportements sexuels ; 21) de mettre en place ou renforcer des systèmes de surveillance et d'évaluation comportant des activités de surveillance épidémiologique et comportementale et l'évaluation de la riposte des systèmes de santé aux épidémies de VIHISIDA et d'infections sexuellement transmissibles, en favorisant la concertation sous-régionale interpays ;

94

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

2.

PRIE le Directeur général : 1) de continuer à renforcer l'engagement de l'OMS, en tant qu'organisme coparrainant de l'ONUSIDA, dans la lutte contre le VIH/SIDA menée par tout le système des Nations Unies, y compris au niveau des pays ; 2) de mettre au point une stratégie globale du secteur de la santé face aux épidémies de VIHISIDA et d'infections sexuellement transmissibles, dans le cadre du plan stratégique du système des Nations Unies pour le VIHISIDA pour 2001-2005, et de faire rapport sur les progrès accomplis dans l'élaboration de la stratégie au Conseil exécutif à sa cent septième session; 3) de donner, dans le budget ordinaire de l'Organisation, un rang de priorité élevé à la lutte contre le VIH/SIDA et d'engager activement l'OMS dans la mise en oeuvre d'une stratégie transparente et commune de mobilisation des ressources, à 1'appui du budget et du plan de travail unifiés de l'ONUSIDA et de ses organismes coparrainants, et d'encourager activement la communauté des donateurs à accroître son appui aux interventions régionales et dans les pays ; 4) de continuer à mobiliser des fonds pour les programmes nationaux de lutte contre le VIHISIDA ainsi que pour les soins et l'appui fournis par l'intermédiaire des programmes à domicile et dans la communauté ; 5) de continuer à appuyer la mise en place de systèmes de surveillance des prix des médicaments dans les Etats Membres, sur leur demande, de manière à promouvoir un accès équitable aux soins, y compris aux médicaments essentiels ; 6) de renforcer la capacité des Etats Membres à appliquer des systèmes de surveillance des médicaments pour mieux repérer les réactions indésirables et les cas de mauvaise utilisation de médicaments dans les services de santé et favoriser ainsi l'usage rationnel des médicaments ; 7) de continuer à mettre au point des méthodes et prêter un appui pour suivre les répercussions des accords commerciaux sur le plan pharmaceutique et sur le plan de la santé publique; 8) d'engager pleinement l'Organisation dans le Partenariat international contre le SIDA en Afrique, ainsi que dans les autres programmes contre le VIHISIDA dans les Etats Membres des autres continents, en particulier au niveau des pays, dans le cadre de plans stratégiques nationaux ; 9) de coopérer avec les Etats Membres pour la mise en place de services nationaux coordonnés de transfusion sanguine ; 10) de collaborer avec les Etats Membres pour renforcer la capacité des systèmes de santé à faire face aux épidémies par la prévention et la prise en charge intégrées des cas de VIHISIDA et d'infections sexuellement transmissibles, et de promouvoir des recherches sur les systèmes de santé conduisant à l'élaboration de politiques sur la riposte des systèmes de santé au VIHISIDA et aux infections sexuellement transmissibles ; 11) de demander que soient respectés les droits de la personne humaine dans toutes les mesures prises contre l'épidémie; 12) d'intensifier l'appui aux efforts nationaux de lutte contre le VIH/SIDA, en vue d'apporter une aide aux enfants infectés ou touchés par l'épidémie, en se concentrant particulièrement sur les régions du monde les plus durement frappées et sur celles où l'épidémie compromet sérieusement les acquis nationaux en matière de développement; 13) de lancer un appel à la communauté internationale, aux organisations compétentes du système des Nations Unies, aux organismes et programmes donateurs ainsi qu'aux organisations intergouvernementales et non gouvernementales pour qu'ils accordent une attention suffisante au traitement et à la réadaptation des enfants infectés par le VIHISIDA, et de les inviter à envisager de faire intervenir davantage le secteur privé ;

COMMISSION A : SIXIEME SEANCE

95

14) de veiller à ce que l'OMS, avec l'ONUSIDA et d'autres organismes coparrainants de l'ONUSIDA intéressés, poursuive de façon dynamique et efficace son dialogue avec l'industrie pharmaceutique, en concertation avec les Etats Membres et les associations de personnes vivant avec le Vlli/SIDA, afm de rendre les médicaments contre le VIH/SIDA plus accessibles pour les pays en développement grâce au développement des médicaments, à la réduction des coûts et au renforcement de systèmes de distribution fiables ; 15) de renforcer et promouvoir les partenariats existants et explorer la possibilité d'en constituer en vue de rendre les nouveaux médicaments contre le Vlli/SIDA plus accessibles grâce à des prix abordables, des systèmes de fmancement appropriés et de bons systèmes de soins de santé, afm que ces médicaments soient utilisés de façon sûre et efficace ; 16) de coopérer, sur leur demande, avec les gouvernements et d'autres institutions internationales au sujet des options qui s'offrent, au titre des accords internationaux pertinents, y compris les accords commerciaux, pour améliorer l'accès aux médicaments contre le VIH/SIDA ; 17) de promouvoir, d'encourager et d'appuyer la recherche-développement sur des vaccins dirigés contre les souches de VIH observées tant dans les pays développés que dans les pays en développement, sur les outils diagnostiques et les médicaments antimicrobiens efficaces contre d'autres infections sexuellement transmissibles et sur le traitement du VIH/SIDA, y compris par la médecine traditionnelle ; . 18) d'intensifier les efforts pour prévenir le VIH et les infections sexuellement transmissibles chez les femmes, et notamment de promouvoir la recherche-développement de microbicides et de préservatifs féminins abordables de manière à fournir aux femmes et aux jeunes filles des moyens de protection dont elles puissent avoir l'initiative; 19) dans le contexte de l'action engagée avec l'UNICEF, le FNUAP et l'ONUSIDA, de continuer à fournir un appui technique aux Etats Membres pour la mise en oeuvre de stratégies et de programmes de prévention de la transmission mère-enfant du VIH et à améliorer la capacité de collaboration intersectorielle; 20) d'apporter un soutien aux Etats Membres pour la collecte et l'analyse d'informations sur les épidémies de Vlli/SIDA et d'infections sexuellement transmissibles, l'élaboration de méthodes de surveillance comportementale et la production de mises à jour périodiques ; 21) de fournir un soutien accru aux Etats Membres pour la prévention de la transmission du VIH chez les consommateurs de drogue par injection afm d'éviter une explosion de l'épidémie de VIHISIDA dans cette population vulnérable; 22) de plaider en faveur de recherches sur la nutrition dans le contexte du Vlli/SIDA ; 23) de donner des avis aux Etats Membres sur le schéma thérapeutique approprié contre le VIH/SIDA et de donner des avis, en collaboration avec d'autres organisations internationales compétentes, sur les problèmes gestionnaires, juridiques et réglementaires à résoudre pour rendre le traitement plus abordable et plus accessible ; 24) de lancer un appel aux partenaires bilatéraux et multilatéraux pour qu'ils simplifient les procédures d'allocations des ressources.

Le projet de résolution révisé est approuvé. 1

Ce projet de résolution a été transmis à l'Assemblée de la Santé dans le deuxième rapport de la Commission et adopté sous la cote WHA53.14.

1

96

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

Salubrité des aliments: Point 12.3 de l'ordre du jour (document EB105/2000/REC/1, résolution EB105.R16 et annexe 7) (suite de la quatrième séance, page 68) Le PRESIDENT déclare que les amendements proposés par les délégations de l'Algérie, de l'Angola, du Brésil, de la Grèce, du Malawi, du Swaziland et du Zimbabwe ont été incorporés dans la résolution EB105.R16, qui se lit désormais comme suit: La Cinquante-Troisième Assemblée mondiale de la Santé, Profondément préoccupée par le fait que les maladies d'origine alimentaire associées à des germes pathogènes, des biotoxines et des contaminants chimiques présents dans les aliments font peser une grave menace sur la santé de millions de gens tant dans les pa~rs en développement que dans les pays développés le monde ; Reconnaissant que les maladies d'origine alimentaire affectent beaucoup la santé des gens et leur bien-être et qu'elles ont des conséquences sanitaii:es et économiques non négligeables pour les individus, les familles, les communautés, les entreprises et les pays ; Consciente de l'importance de tous les services- y compris les services de santé publiqueresponsables de la salubrité des aliments pour garantir la salubrité des denrées alimentaires et harmoniser les efforts de tous les partenaires tout au long de la chaîne alimentaire ; Sachant que les consommateurs sont de plus en plus préoccupés par la salubrité des aliments, surtout depuis les récentes flambées de maladies d'origine alimentaire de portée internationale et mondiale et l'apparition de nouveaux produits alimentaires dérivés des biotechnologies; Reconnaissant l'importance des normes, principes directeurs et autres recommandations de la Commission du Codex Alimentarius pour la protection de la santé du consommateur et la garantie de pratiques commerciales équitables ; Notant qu'il est nécessaire d'établir des systèmes de surveillance pour évaluer l'impact des maladies d'origine alimentaire et élaborer des stratégies de lutte nationales et internationales reposant sur des bases factuelles ; Considérant que les systèmes visant à garantir la salubrité des aliments doivent tenir compte de la tendance à l'intégration de l'agriculture et de l'industrie alimentaire et des changements qui en découlent, dans les pays développés comme dans les pays en développement, dans les pratiques agricoles, la production, la commercialisation et les habitudes des consommateurs ; Considérant l'importance croissante des agents microbiologiques dans les flambées de maladies d'origine alimentaire observées au plan international, ainsi que la résistance croissante de certaines bactéries transmises par les aliments aux traitements courants, particulièrement du fait de l'utilisation généralisée des antibiotiques en agriculture et dans la pratique clinique; Consciente des améliorations qu'un renforcement des activités de l'OMS en matière de salubrité des aliments pourrait apporter à la protection de la santé publique et au développement durable des secteurs de l'alimentation et de l'agriculture ; Reconnaissant que les pays en développement dépendent essentiellement, pour leur approvisionnement en produits alimentaires, de l'agriculture traditionnelle et de petites et moyennes entreprises alimentaires et que, dans la plupart d'entre eux, les systèmes visant à garantir la salubrité des aliments restent précaires ; 1. PRIE INSTAMMENT les Etats Membres : 1) de faire de la salubrité des aliments l'une des fonctions essentielles de santé publique et de nutrition publique et de dégager des ressources suffisantes pour établir des programmes de salubrité des aliments et renforcer ceux qui existent en collaboration étroite avec leurs programmes appliqués de surveillance nutritionnelle et épidémiologique ; 2) d'élaborer et d'appliquer des mesures de prévention systématiques et durables pour réduire sensiblement l'incidence des maladies d'origine alimentaire;

COMMISSION A : SIXIEME SEANCE

97

2.

3) de créer et d'entretenir des mécanismes nationaux et, le cas échéant, régionaux pour surveiller les maladies d'origine alimentaire et pour détecter et éliminer les micro-organismes et produits chimiques présents dans les aliments; de mettre l'accent sur la responsabilité principale des producteurs, des fabricants et des commerçants en la matière ; et de renforcer la capacité des laboratoires, surtout dans les pays en développement ; 4) d'intégrer, dans leurs politiques de garantie de la salubrité des aliments, des mesures visant à prévenir l'apparition d'agents microbiens antibiorésistants; 5) d'aider à développer des moyens scientifiques pour l'évaluation des risques liés aux aliments, y compris l'analyse des facteurs de risque concernant les maladies d'origine alimentaire ; 6) d'intégrer la salubrité des aliments dans les programmes d'éducation et d'information des consommateurs sur la santé et la nutrition, notamment dans les programmes scolaires aux niveaux primaire et secondaire, et de mettre en place des programmes d'éducation sanitaire et nutritionnelle tenant compte des spécificités culturelles à l'intention des personnels qui manipulent les aliments, des consommateurs, des agriculteurs, des producteurs et du personnel des industries agro-alimentaires ; 7) d'élaborer des programmes de proximité pour le secteur privé afin d'améliorer la salubrité des aliments au niveau des consommateurs, l'accent étant mis sur la prévention des risques et les conseils en matière de bonnes pratiques de fabrication, ~otamment sur les marchés des villes, compte tenu des besoins et caractéristiques spécifiques des micro-industries et petites industries alimentaires, et d'étudier les possibilités de coopération avec l'industrie alimentaire et les associations de consommateurs afm d'appeler l'attention sur le respect de bonnes pratiques d'agriculture, d'hygiène et de fabrication ne nuisant pas à l'environnement; 8) de coordonner les activités en matière de salubrité des aliments de tous les secteurs nationaux concernés, en particulier les activités qui ont trait à 1'évaluation des risques d'origine alimentaire, y compris l'influence du conditionnement, de l'entreposage et de la manutention ; 9) de participer activement aux travaux de la Commission du Codex Alimentarius et de ses comités, y compris aux activités dans le domaine nouveau de l'analyse des risques pour la salubrité des aliments ; ..!.Q2 de veiller à ce gue l'étiquetage des produits alimentaires fournisse des informations appropriées, complètes et exactes, y compris des mises en garde et la date de péremption, s'il y a lieu; .!..!2 d'imposer par voie législative le contrôle de la réutilisation des récipients alimentaires et l'interdiction des allégations fallacieuses; PRIE le Directeur général : 1) d'accorder plus d'importance à la salubrité des aliments, compte tenu du rôle de chef de file mondial de l'OMS dans le domaine de la santé publique, et en collaboration et en coordination avec d'autres organisations internationales, notamment l'Organisation des Nations Unies pour l'Alimentation et l'Agriculture (FAO), et dans le cadre de la Commission du Codex Alimentarius, plus d'importance à la salubrité des alimeW:s et de s'attacher à en faire une des fonctions essentielles de santé publique de l'OMS, le but étant de mettre au point des systèmes intégrés et durables de salubrité des aliments afm de réduire les risques pour la santé dans toute la chaîne alimentaire, depuis le producteur primaire jusqu'au consommateur ; 2) de fournir un appui aux Etats Membres pour qu'ils puissent répertorier les maladies d'origine alimentaire et évaluer les risques liés aux aliments, et pour les problèmes de stockage, de conditionnement et de manipulation ; 2 bis) de fournir un soutien aux pays en développement pour une formation de leurs personnels gui prenne en compte le contexte technologique de production dans ces pays ;

98

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

3) de mettre l'accent sur les problèmes nouveaux liés à l'apparition de micro-organismes résistant aux antimicrobiens du fait de l'utilisation de ces médicaments dans la production alimentaire et la pratique clinique ; 4) de mettre en place une stratégie mondiale pour la surveillance des maladies d'origine alimentaire ainsi que pour la collecte et l'échange d'informations dans et entre les pays et les Régions, tenant compte de la révision en cours du Règlement sanitaire international ; 5) de convoquer, aussitôt qu'il le sera possible, une réunion initiale de planification stratégique regroupant des experts de la salubrité des aliments des Etats Membres, des organisations internationales et des organisations non gouvernementales concernées ; 6) de fournir, en collaboration étroite avec les autres organisations internationales travaillant dans ce domaine, en particulier la FAO et l'Office international des Epizooties (OIE), un appui technique aux pays en développement pour évaluer les répercussions sur la santé, établir des priorités dans les stratégies de lutte contre la maladie par la mise en place de systèmes de surveillance en laboratoire des principaux germes pathogènes transmis par les aliments, y compris les bactéries antibiorésistantes, et surveiller les contarninants présents dans l'alimentation; 7) en collaboration avec la FAO et, le cas échéant, d'autres organisations, de renforcer l'application de moyens scientifiques pour évaluer les risques aigus et à long terme que les aliments peuvent entraîner pour la santé et, plus précisément, d'appuyer la création d'un organe consultatif d'experts chargé de l'évaluation des risques microbiologlques, et de renforcer également les organes consultatifs d'experts qui fournissent des avis scientifiques sur les questions touchant à la sécurité chimique des aliments, et de tenir à jour une banque de ces données scientifiques pour aider les Etats Membres à prendre des décisions d'ordre sanitaire sur ces questions ; 8) de veiller à ce que les procédures de désignation d'experts et de préparation d'avis scientifiques soient de nature à garantir la transparence, l'excellence et l'indépendance des avis donnés ; 9) d'encourager la recherche à l'appui de stratégies fondées sur des bases factuelles pour lutter contre les maladies d'origine alimentaire, et en particulier la recherche sur les risques liés à l'émergence et au développement des maladies d'origine alimentaire et sur des méthodes simples de gestion et de réduction des risques liés à l'alimentation; 10) d'examiner les relations de travail actuelles entre l'OMS et la FAO, afm d'accroître la participation et l'appui de l'OMS aux travaux de la Commission du Codex Alimentarius et de ses comités ; 11) de soutenir les Etats Membres en leur fournissant des bases scientifiques pour la prise de décisions liées à la santé en ce qui concerne les aliments génétiquement modifiés ; 12) d'oeuvrer pour que les considérations sanitaires soient prises en compte dans le commerce international des denrées alimentaires et dans les dons de denrées alimentaires ; 13) d'utiliser le plus largement possible l'information provenant des pays en développement dans l'évaluation des risques aux fins de l'établissement de normes internationales, et de renforcer la formation technique dans ces pays en mettant à leur disposition un document exhaustif gui corresponde à la langue de leur travail ; ~ d'intervenir immédiatement en cas de situation d'urgence nationale ou internationale liée à la salubrité des aliments et d'aider les pays à maîtriser la crise; ~ d'en appeler à toutes les parties intéressées- spécialement le secteur privé- pour qu'elles assument la responsabilité gui leur incombe de préserver la qualité et la salubrité de la production alimentaire, et notamment d'assurer la protection de l'environnement tout au long de la chaîne alimentaire ;

COMMISSION A : SIXIEME SEANCE

99

lli

de contribuer au renforcement des capacités des Etats Membres, spécialement des pays en développement, et de faciliter leur pleine participation aux travaux de la Commission du Codex Alimentarius et de ses différents comités, y compris les activités liées aux processus d'analyse des risques pour la salubrité des aliments.

Mme KHETRAPAL SINGH (Directeur exécutif) remercie les délégués de leurs observations constructives. Un élément important de la mission de l'OMS consiste à apporter un soutien accru à ses Etats Membres. L'OMS dispense une formation aux éléments fondamentaux de l'hygiène alimentaire à travers des programmes communautaires et l'initiative marchés-santé, et propose de compléter la formation et le transfert de technologie par des informations sur les risques transmis par les aliments et leur prévention à un plus large public, comme l'ont suggéré certains délégués. Répondant à d'autres commentaires, Mme Khetrapal Singh rappelle que l'OMS conseille depuis longtemps les Etats Membres en ce qui concerne l'innocuité des substances chimiques présentes dans l'alimentation. L'Organisation étend son action à l'élaboration de mécanismes cohérents pour l'évaluation des risques microbiologiques dans les aliments et dans l'eau. Deux réunions d'experts, en juin et juillet 2000, étudieront trois agents microbiologiques pathogènes. La relation de travail actuelle avec la F AO a été revue, et notamment la contribution de 1'OMS à la Commission du Codex Alimentarius, en vue d'élargir son rôle scientifique et de santé publique au titre de ce programme et de mieux définir les rôles respectifs des deux Organisations. ~a FAO et l'OMS travaillent ensemble à assurer la synergie de leurs activités et à éliminer les doubles emplois en ce qui concerne tant les aspects de production que les aspects sanitaires de la salubrité des aliments. L'expérience de l'OMS en matière de surveillance des autres maladies transmissibles et d'action dans ce domaine sera appliquée aux maladies d'origine alimentaire. L'OMS a pris acte de la demande des Etats Membres de voir renforcer et développer les mécanismes internationaux pour faire face aux flambées de ces maladies. La complexité de la lutte contre les risques d'origine alimentaire exige des stratégies nationales de lutte globales fondées sur les données factuelles et comportant à la fois une surveillance au laboratoire, des études épidémiologiques et une évaluation de la charge représentée par les maladies d'origine alimentaire. Répondant aux observations selon lesquelles l'OMS devrait renforcer son rôle en matière de biotechnologies et de fourniture d'avis scientifiques sur la sécurité des aliments génétiquement modifiés, Mme Khetrapal Singh précise que l'OMS a pris la tête, avec la FAO, d'une action visant à établir les bases scientifiques d'un accord international sur les questions de santé humaine importantes et les méthodes d'évaluation de la sécurité dans ce domaine. Une consultation d'experts sur les biotechnologies se réunira fin mai 2000. D'aucuns se sont également inquiétés de ce que les normes du Codex Alimentarius soient d'un niveau trop élevé pour les pays en développement. Comme l'on considère généralement que les normes internationales en matière de salubrité des aliments devraient reposer sur une évaluation des risques, il a été recommandé dans le projet de résolution d'utiliser au maximum les informations en provenance de pays en développement à cette fin. L'OMS continuera à fournir un soutien technique pour permettre à ces pays de recueillir des données de façon à ce que leurs intérêts puissent être pris en compte dans le processus d'élaboration des normes. L'OMS s'efforce d'assurer une participation accrue des pays en développement aux travaux relatifs au Codex et aux consultations d'experts. L'OMS soutient la participation de tous les partenaires au processus d'analyse des risques. Le concept a été mis au point lors de consultations OMS/FAO sur l'évaluation des risques, la gestion des risques et la communication, et sera encore affmé grâce à une meilleure définition de l'interaction efficace entre le personnel chargé de l'évaluation des risques et le personnel chargé de leur gestion. En ce qui concerne la question de la mondialisation du commerce, Mme Khetrapal Singh répète qu'à l'avenir, des considérations de salubrité alimentaire seront prévues aux stades pertinents de la chaîne de production pour toute production durable destinée à l'exportation ou à la consommation intérieure. Les mesures de contrôle instituées dans de nombreux pays développés n'ont pas été efficaces. Des données d'expérience actualisées visant à améliorer la salubrité des aliments seront diffusées au niveau mondial

100

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

dans le cadre du processus d'analyse des risques. Les pays en développetp.ent ont désormais la possibilité d'éviter les erreurs commises dans les pays développés, pour autant que l'expérience de ces derniers soit analysée scientifiquement et diffusée à l'échelle internationale. Le Dr SAKAI (Japon) est convaincu que le projet de résolution contribuera à améliorer encore la salubrité des aliments, mais n'approuve pas 1' amendement au paragraphe 2.13 ). La traduction dans les langues de travail des pays en développement a des répercussions financières importantes. Il propose de reformuler le paragraphe 2.13) comme suit: «d'utiliser le plus largement possible l'information provenant des pays en développement dans l'évaluation des risques aux fins de l'établissement de normes internationales, et de renforcer la formation technique dans ces pays en mettant à leur disposition un document exhaustif dans les langues de travail de l'OMS, dans toute la mesure possible». M. CHOWDHURY (Inde) rappelle que sa délégation a estimé que, si les normes alimentaires doivent être fixées dans le cadre du Codex Alimentarius en tenant compte des besoins sanitaires des consommateurs, elles doivent également tenir compte de l'état de la technologie de transformation des aliments dans les pays en développement. Les normes qui ne tiendraient pas compte de ces critères deviendraient des obstacles non tarifaires au commerce. Les observations de sa délégation n'ayant pas été prises en compte dans le projet de résolution révisé, M. Chowdhury propose d'ajouter un nouvel alinéa à la suite du paragraphe 2.1 0) existant, qui se lirait comme suit : d'intervenir activement dans le processus d'établissement des normes alimentaires dans le cadre du Codex Alimentarius de façon à veiller à ce que les normes fixées, tout en protégeant la santé des consommateurs, tiennent aussi dûment compte de l'état de la technologie de fabrication des aliments dans les pays en développement dans le processus d'évaluation des risques ;. Mme SOSA MARQUEZ (Mexique) convient avec le délégué du Japon que le projet de résolution aidera à accroître la salubrité des aliments. En ce qui concerne le paragraphe 2.12), elle voudrait avoir des éclaircissements au sujet des considérations sanitaires qu'il est demandé au Directeur général de prendre en compte, puisqu'il existe déjà des instruments et mécanismes qui tiennent compte des questions de santé dans le commerce international. Le Dr KORTE (Allemagne) appuie la proposition du délégué du Japon. Soutenu par le Dr THIERS (Belgique), il demande à avoir plus de temps pour examiner la proposition du délégué de l'Inde. Le Dr LARIVIÈRE (Canada) déclare que, si le Directeur général peut être priée de s'exprimer pour le compte des pays absents des délibérations du Codex, elle ne peut intervenir dans un organe intergouvernemental. En outre, il doute que le Directeur général puisse s'engager à faire en sorte que les normes adoptées dans le cadre d'un processus intergouvernemental suivent une orientation particulière. M. CHOWDHURY (Inde) déclare qu'il acceptera toute formulation de sa proposition pour autant que le sens en soit sauvegardé. Le Dr WACHSMUTH (Etats-Unis d'Amérique) suggère que le texte du paragraphe 2.13) faisant référence à l'utilisation la plus large possible de l'information provenant des pays en développement dans l'évaluation des risques aux fms de l'établissement de normes internationales couvre les technologies alimentaires, qui font partie de l'évaluation des risques microbiens. Cette proposition devrait répondre aux préoccupations du délégué de l'Inde. La délégation des Etats-Unis approuve le projet de résolution. M. CHOWDHURY (Inde) réaffrrme qu'il est tout à fait prêt à accepter toute nouvelle formulation raisonnable de sa proposition, mais rejette la suggestion du délégué des Etats-Unis d'Amérique ; ce texte dilue trop les préoccupations des pays en développement.

COMMISSION A : SIXIEME SEANCE

101

Répondant au délégué du Mexique, le Dr SCHLUNDT (Salubrité des aliments) explique que la phrase fait référence à d'autres considérations sanitaires qui pourraient apparaître dans le commerce international à l'avenir; elle va au-delà de la question de la fixation de normes dans le domaine de la salubrité des aliments. La collecte et l'analyse de données concernant les maladies d'origine alimentaire, activité qu'entreprendra l'OMS, pour mettre en évidence des liens possibles entre le commerce international et ces maladies, en seraient un exemple. Cela permettrait de donner aux Etats Membres une idée plus claire de l'origine des maladies transmises par les aliments sur leur territoire: production intérieure ou commerce. Le PRESIDENT suggère que les délégués de l'Allemagne, du Canada, de l'Inde et du Mexique se consultent et proposent un amendement écrit, qui pourrait ensuite être examiné par la Commission.

Il en est ainsi décidé. (Voir l'approbation du projet de résolution dans le procès-verbal de la septième séance, page104.)

Convention-cadre de l'OMS pour la lutte antitabac: Point 12.10 de l'ordre du jour (documents A53/12, A53/12 Corr.1 et A53/13) Le Dr JIMÉNEZ DE LA JARA (représentant du Conseil exécutif) explique que le Conseil exécutif a examiné le rapport de situation du groupe de travail sur la convention-cadre de l'OMS pour la lutte antitabac, dont le Président a rappelé les discussions qui ont eu lieu lors de sa première réunion (octobre 1999). Le rapport final du groupe, rédigé à la fm de son mandat concernant la phase préparatoire des négociations, est soumis à la Commission (documents A53/12 et A53/12 Corr.l). Plusieurs membres ont attribué la réussite des travaux du groupe à la qualité de la documentation préparée par l'OMS. Divers problèmes et questions ont été soulevés, l'accent étant mis sur l'action multisectorielle au niveau national pour réduire la consommation de tabac et améliorer les résultats en matière de santé publique. Le Conseil exécutif a également examiné un rapport biennal, établi à la demande de 1'Assemblée de la Santé (résolution WHA43.16), sur les progrès et l'efficacité de la lutte antitabac dans les Etats Membres. Une version actualisée de ce rapport, défroissant les activités de lutte antitabac au titre de l'initiative Pour un monde sans tabac aux niveaux national, régional et mondial, a été présentée (document A53/13). Le Conseil s'est félicité des progrès réalisés par l'initiative Pour un monde sans tabac et en a souligné l'impact pour encourager les efforts d'élaboration de politiques et de programmes efficaces de lutte antitabac au niveau national. L'attention a une fois encore été appelée sur la complexité des problèmes et le très large éventail de questions à prendre en considération. Le Professeur Zeltner a également fourni des informations préliminaires au Conseil sur les plans de travail du comité d'experts indépendants nommés par le Directeur général, sous la présidence du Professeur Zeltner, pour examiner si l'industrie du tabac a exercé des pressions injustifiées sur les efforts de lutte antitabac déployés à l'échelle du système des Nations Unies. Le PRESIDENT rappelle qu'un groupe de travail informel à composition non limitée s'est réuni pour examiner le projet de résolution sur la convention-cadre de l'OMS pour la lutte antitabac. Il invite le Président de ce groupe a rendre compte de ses travaux. M. TELLIER (Canada), prenant la parole en tant que Président du groupe de travail informel, indique qu'à sa deuxième réunion, en mars 2000, le groupe de travail sur la convention-cadre de l'OMS pour la lutte antitabac a proposé qu'une résolution soit élaborée avant l'Assemblée de la Santé et a exposé les éléments à inclure dans le texte de celle-ci. Le groupe de travail informel s'est réuni deux fois pour examiner un projet de résolution et en a approuvé le texte.

102

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

Le PRESIDENT appelle l'attention de la Commission sur le texte révisé du projet de résolution suivant, proposé par l'Australie, le Botswana, le Canada, le Chili, la Jamaïque, le Maroc, le Mexique, le Népal, la Norvège et la Nouvelle-Zélande, tel qu'amendé par le groupe de travail informel: La Cinquante-Troisième Assemblée mondiale de la Santé, Rappelant et réaffirmant la résolution WHA52.18 en vertu de laquelle étaient établis, d'une part, un organe intergouvernemental de négociation chargé de rédiger et de négocier le projet de convention-cadre de l'OMS pour la lutte antitabac et d'éventuels protocoles y relatifs et, d'autre part, un groupe de travail chargé de préparer des projets de dispositions à faire figurer dans la convention-cadre et de faire rapport sur l'état d'avancement de ces travaux; Ayant examiné le rapport sur la convention-cadre pour la lutte antitabac présenté à l'Assemblée de la Santé; 1. PREND NOTE des progrès importants qui ont été faits, comme en témoignent les documents A53/12 et A53/12 Corr.l, et se félicite des efforts fournis par le groupe de travail, son bureau et le Secrétariat ; 2. CONSTATE que le rapport contenu dans les documents A53/12 et A53112 Corr.1 ainsi que les projets de dispositions à faire figurer dans la convention-cadre constituent une base solide qui devrait permettre à 1' organe intergouvernemental de négociation d'entamer les négociations ; 3. ESTIME que le succès de la convention-cadre dépend d'une large participation des Etats Membres de l'OMS et des organisations mentionnées au paragraphe i .3) de la résolution WHA52.18 ; 4. DEMANDE à l'organe intergouvernemental de négociation: 1) d'élire, à sa première session, un président, trois vice-présidents et deux rapporteurs, et d'examiner l'applicabilité d'un bureau élargi; 2) d'entamer les négociations portant dans un premier temps sur le projet de conventioncadre, sans préjuger des discussions auxquelles donneront lieu d'éventuels protocoles y relatifs; 3) de rendre compte des progrès de ses travaux à la Cinquante-Quatrième Assemblée mondiale de la Santé ; 4) d'examiner la question d'une participation élargie, en qualité d'observateurs, d'organisations non gouvernementales, selon des critères qu'établira l'organe de négociation ; 5. PRIE le Directeur général : 1) de convoquer la première session de l'organe intergouvernemental de négociation en octobre 2000 ; 2) d'élaborer et de soumettre à l'organe de négociation, à sa première session, un projet de calendrier du processus, assorti d'informations sur les coûts liés à la tenue des sessions de l'organe de négociation et la disponibilité de fonds pour couvrir ces coûts, en accordant une attention particulière à la participation de délégués de pays en développement. M. TELLIER (Canada) explique que l'objet du nouveau paragraphe du dispositif consiste simplement à faire référence à l'Union européenne. Le Dr LEPPO (Président du groupe de travail sur la convention-cadre de l'OMS pour la lutte antitabac) résume le rapport du groupe de travail. En préparant les projets de dispositions à intégrer dans la convention-cadre (tels qu'ils sont énoncés dans l'annexe au document A53/12), les membres du groupe ont adopté une approche globale, prenant en considération les diverses propositions faites. La seconde réunion du groupe de travail, outre la préparation des projets de dispositions, a permis de juger du niveau d'appui dont bénéficient les différents éléments et permis une discussion approfondie sur la relation entre

COMMISSION A : SIXIEME SEANCE

103

la convention et les protocoles éventuels. 1 Le groupe de travail estime avoir mené entièrement à bien sa tâche. Les résultats des travaux représentent un apport technique général qui pourra constituer la base de l'action de l'organe intergouvernemental de négociation. Les projets de dispositions qui seront examinés par cet organe consistent en une série d'options reposant sur les suggestions faites aux cours des réunions du groupe de travail. A sa deuxième réunion, le groupe de travail a également discuté brièvement les questions de procédure. Il a été proposé que le rapport du groupe de travail soit soumis à 1'organe de négociation, avec les commentaires de la Cinquante-Troisième Assemblée mondiale de la Santé et éventuellement les mesures prises par celle-ci. Il a également été indiqué que l'Assemblée de la Santé pourrait souhaiter assurer la continuité du processus entre la fm de sa session et le début des négociations. Le Dr Leppo remercie les représentants de tous les Etats Membres et les autres participants aux travaux préparatoires de leur engagement et de leur collaboration, et félicite l'OMS de la qualité de la documentation technique présentée. Le Dr HETLAND (Norvège) se dit satisfait des progrès et de la coopération fructueuse établie entre le groupe de travail et l'initiative Pour un monde sans tabac. L'organe intergouvernemental de négociation devra, dès le départ, tirer parti de la dynamique considérable créée par le groupe de travail et parmi ses membres. C'est pourquoi certains pays ont pris l'initiative de proposer une résolution qui orientera les aspects de procédure des travaux de cet organe. La procédure comprendra le calendri~r des négociations et les mesures d'organisation à prendre pour assurer la participation et l'engagement de tous les Etats Membres. Le Dr Hetland approuve donc le projet de résolution amendé, qui jette clairement les bases d'un texte de convention solide. L'expérience a montré qu'il n'était pas possible de négocier en même temps une convention et les protocoles y relatifs. A cet égard, il est convaincu que le projet de résolution assurera un processus progressif et efficace. Son pays se réjouit de prendre part aux négociations futures. (Voir la suite du débat et l'approbation du projet de résolution dans le procès-verbal de la septième séance, page 105.)

La séance est levée à 12 h 35.

1

Le rapport de la deuxième réunion figure dans le document NFCTC/WG2/5.

SEPTIEME SEANCE Vendredi 19 mai 2000,14 h 30 Président: Professeur S. M. ALI (Bangladesh) puis: M. J. A. CHOWDHURY (Inde)

QUESTIONS TECHNIQUES ET SANITAIRES: Point 12 de l'ordre du jour (suite) Salubrité des aliments: Point 12.3 de l'ordre du jour (document EB105/2000/REC/1, résolution EB105.R16 et annexe 7) (suite de la sixième séance, page 101) M. CHOWDHURY (Inde) indique qu'après un échange entre sa délégation et les délégués de l'Allemagne et du Canada, et avec l'accord du délégué des Etats-Unis d'Amérique, il souhaite proposer d'ajouter un nouvel alinéa 14) après le paragraphe 2.13) du projet de résolution révisé présent~ à la séance précédente, qui se lirait : « de continuer à agir de façon dynamique au nom des pays en développement afin que le niveau des progrès technologiques de ces pays soit pris en compte lors de l'adoption et de la mise en oeuvre des normes internationales sur la salubrité des aliments ».

Le projet de résolution, ainsi amendé, est approuvé. 1

Alimentation du nourrisson et du jeune enfant: Point 12.4 de l'ordre du jour (documents A53/7 et A53/INF.DOC./2) (suite de la sixième séance, page 91) Le PRESIDENT explique que le groupe de travail à composition non limitée s'est réuni pour examiner le projet de résolution présenté par la délégation du Brésil à la quatrième séance de la Commission, ainsi que les amendements proposés par diverses délégations. Le groupe de travail a recommandé que l'Assemblée de la Santé adopte le projet de décision suivant : La Cinquante-Troisième Assemblée mondiale de la Santé, ayant réaffirmé l'importance accordée par les Etats Membres aux activités de l'OMS concernant la nutrition chez le nourrisson et le jeune enfant et ayant accueilli favorablement le projet de résolution proposé par la délégation du Brésil, ainsi que les amendements présentés par différentes délégations au cours d'un large débat, a décidé 1) de prier le Directeur général d'inscrire à l'ordre du jour de la cent septième session du Conseil exécutif un point sur la nutrition chez le nourrisson et le jeune enfant et d'inclure le projet de résolution et les amendements dans les documents de base mis à la disposition du Conseil, et 2) de prier le Conseil exécutif de créer au cours de sa session un groupe de rédaction sur la nutrition chez le nourrisson et le jeune enfant, ouvert à la participation de tous les Etats Membres et chargé de rédiger une résolution qui sera examinée par le Conseil exécutif sur la base du projet et des amendements susmentionnés en vue de son adoption par la Cinquante-Quatrième Assemblée mondiale de la Santé en 2001. L'Assemblée de la Santé a encouragé un débat sur le projet et les

Ce projet de résolution a été transmis à 1'Assemblée de la Santé dans le deuxième rapport de la Commission et adopté sous la cote WHA53.15.

1

-104-

COMMISSION A : SEPTIEME SEANCE

105

amendements au niveau régional, notamment lors des prochaines sessions des comités régionaux, afm de réunir un maximum d'informations et de faciliter l'examen de ce point important par la Cinquante-Quatrième Assemblée mondiale de la Santé.

Le projet de décision est approuvé. 1

Convention-cadre de l'OMS pour la lutte antitabac: Point 12.10 de l'ordre du jour (documents A53112, A53/12 Corr.1 et A53/13) (suite de la sixième séance, page 103) M. BÂRCIA (Portugal), parlant au nom de l'Union européenne, approuve et appuie pleinement le projet de résolution tel qu'il a été amendé. L'Union et ses 15 Etats Membres seront heureux de le coparrainer. L'Union européenne adhère pleinement, sans réserve et de manière indéfectible aux objectifs du projet de convention. Elle espère que la convention marquera un tournant dans la lutte antitabac et compte que les négociations prochaines aboutissent rapidement afm que les dispositions de la convention puissent être adoptées et appliquées le plus tôt possible. La tâche échue à l'organe intergouvernemental de négociation sera difficile, mais déterminante; il mérite l'entière coopération de l'Union européenne, qu'elle ne manquera pas de lui apporter. Il part sur de bonnes bases grâce aux efforts du groupe de travail, et M. Bârcia espère qu'il sera à la hauteur des attentes. M. W.-K. MOON (République de Corée) décrit dans les grandes lignes l'initiative prise par son pays pour réduire le taux de tabagisme, qui, chez les hommes de plus de 15 ans par exemple, devrait passer de 68,2% en 1997 (taux le plus élevé du monde dans cette tranche d'âge) à 55% d'ici 2003. La lutte antitabac a pour cadre juridique la loi de 1995 sur la promotion de la santé, qui délimite des zones fumeur et non-fumeur, restreint la publicité en faveur du tabac, rend obligatoire l'apposition de mises en garde des autorités sanitaires sur les paquets de cigarettes et interdit de fumer dans les bâtiments publics et les établissements médicaux. La mise en oeuvre du plan d'action national et la prévention du tabagisme chez les adolescents progressent. Le Gouvernement de la République de Corée soutient activement l'élaboration de la conventioncadre, notamment en versant des contributions volontaires à l'initiative de l'OMS Pour un monde sans tabac. M. SHEM (Vanuatu) dit que les différents ministères concernés de son pays sont encore en train de se concerter pour déterminer quels aspects de la convention s'appliquent à Vanuatu. Le but est de plaider en faveur de la convention et d'aider à créer un cadre qui tienne compte des ressources de Vanuatu. Lors de la Journée mondiale sans tabac (31 mai 2000), une exposition sera organisée sur le thème de la convention-cadre. Mme TillBELI (Lesotho) dit que le problème déjà aigu des maladies respiratoires dans son pays, caractérisé notamment par des taux élevés de tuberculose, d'asthme et de cancer du poumon, est encore aggravé par la consommation de tabac. Afm de promouvoir un mode de vie plus sain dans le cadre des programmes de lutte antitabac, le Lesotho a créé un groupe spécial plurisectoriel où sont représentés différents ministères, organismes gouvernementaux et non gouvernementaux, et coordonné par la Division Education pour la Santé du Ministère de la Santé. En 1999, le groupe a organisé avec succès une campagne contre le tabagisme à l'école, qui alliait des initiatives d'éducation pour la santé à des études sur l'étendue du problème de l'abus des drogues dans les 40 écoles visées par le programme pilote. Avec le concours du Ministère et de l'OMS, on est en train de mettre au point des méthodes d'éducation pour

1

Décision WHA53(10).

106

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

la santé et des matériels antitabac, notamment pour la Journée mondiale sans tabac. Le Gouvernement rédige actuellement une loi antitabac, mais aurait besoin de l'appui technique de l'OMS. Le Lesotho estime que la convention-cadre a été mise en chantier à point nommé. Le recours à un processus politique de la sorte pour défendre une cause de santé publique est conforme aux dispositions de la Constitution du Lesotho concernant la santé publique. La convention-cadre devrait être un instrument juridique international qui permettra de circonscrire le tabagisme dans le monde par le partage des responsabilités au niveau international. On pourra utiliser les médias internationaux tels que les sociétés de radiodiffusion et Internet pour faire passer le message antitabac, tandis que la collaboration internationale pourra aider à juguler la contrebande et, comme c'est le cas entre son pays et la République d'Afrique du Sud, à réglementer les prix et les taxes. Le Lesotho recommande d'interdire la vente hors taxes des produits du tabac. Sa délégation recommande par ailleurs une diminution progressive de la production de tabac, à laquelle on cherche à substituer d'autres cultures de rapport et qui s'accompagne de mesures compensatoires avantageuses. Mme DJAMALUDIN (Indonésie) déclare que son pays souscrit aux différentes dispositions du projet de convention-cadre et aux éventuels protocoles, et qu'il a adopté en 1999 une réglementation visant à protéger la santé des méfaits du tabac. Elle a remarqué pendant les réunions du groupe de travail que, dans plusieurs domaines importants, les projets de dispositions reflétaient le caractère général de la notion de cadre. La con~ention doit toutefois être souple afin que le plus grand nombre de pays possible y adhèrent, même s'il faut pour cela supprimer des obligations spécifiques. Elle doit surtout énoncer des principes de portée générale qui reflètent la volonté politique des différents gouvernements. Elle doit contribuer à prémunir les pays en développement, notamment contre le commerce international du tabac, tout en responsabilisant les pays développés qui exportent des produits du tabac. En ce qui concerne le projet de résolution, Mme Djamaludin n'est pas favorable à la proposition de remplacer l'expression« une base générale» par« une base solide» au paragraphe 2, même si ce changement est le fruit d'une discussion approfondie, parce que le mot« solide» est vague et ne ferait qu'affaiblir le message de fond de la convention-cadre. Elle souhaiterait qu'on lui explique le bien-fondé de cette modification, car elle pourrait avoir de sérieuses conséquences. Le Dr KHAZAL (Emirats arabes unis) expose certaines mesures qui ont été prises par son pays pour réduire la consommation de tabac et de produits du tabac, au nombre desquelles une loi réglementant la culture du tabac, une augmentation des taxes, la mise en place de services de consei~ des campagnes et des mesures d'incitation. En 2000, le Gouvernement a pris un décret interdisant de fumer dans les bureaux des services publics. Deux laboratoires d'analyse des produits du tabac ont été créés et, chaque année, aura lieu une semaine antitabac. Son pays soutient pleinement la convention-cadre et le projet de résolution. M. BWANALI (Malawi), faisant observer que son pays a toujours fait siennes les résolutions de l'OMS sur la lutte antitabac, dit qu'il souscrit aussi aux mesures envisagées dans le projet de convention, même si le Malawi dépend dans une large mesure de la culture du tabac pour fmancer ses services de santé. La plupart des Malawiens ne fument pas, mais la culture du tabac fait partie intégrante de la société malawienne, parce qu'elle exige une main-d'oeuvre abondante et fournit de nombreux emplois. Le prix du tabac est actuellement très bas. La plupart des fruits de la production de tabac vont à ceux qui en encouragent la culture, et la population du Malawi se trouve marginalisée. En outre, les importations de produits du tabac bon marché ont gravement nui à l'industrie locale du tabac. Le Gouvernement est disposé, à condition qu'on lui offre une aide fmancière et technique appropriée, à envisager des cultures et des industries de remplacement. La délégation malawienne se félicite du rapport du groupe de travail.

COMMISSION A : SEPTIEME SEANCE

107

Le Dr FETISOV (Fédération de Russie) soutient les efforts faits par l'OMS en vue d'élaborer une convention-cadre pour la lutte antitabac et fait l'éloge du rapport du Directeur général. Il remercie le Dr Leppo de son travail en tant que Président. Sa délégation pense que la convention-cadre devrait être formulée en des termes généraux afin que le plus grand nombre possible de pays puissent y adhérer. Pour cela, elle doit tenir compte à la fois des intérêts des systèmes de santé nationaux, dont la fmalité est de protéger la santé des individus, et des intérêts économiques des différents pays, notamment ceux où existent des sociétés productrices de tabac et des producteurs de matières premières destinées à l'industrie du tabac. La convention doit avoir pour but principal l'élaboration de politiques nationales de lutte antitabac. L'un des points importants est la mise à disposition de données scientifiques complémentaires permettant de concevoir des mécanismes de lutte antitabac et de réglementation de la production du tabac. Les mesures concrètes, comme les restrictions et les interdictions, doivent faire l'objet de protocoles spéciaux, qui ne doivent pas forcément être rédigés et adoptés en même temps que la convention elle-même. La délégation russe ne fait aucune réserve sur le projet de résolution. Mme LICONA AZCONA (Honduras), se faisant l'écho des compliments faits sur les rapports, déclare que son Gouvernement veillera à ce que tous les services gouvernementaux susceptibles de prendre part à la mise en oeuvre de la convention-cadre prennent part aux négociations. Son pays se félicite également de ce que l'OMS se soit engagée à fournir un appui fman~ier aux pays en développement afm qu'ils puissent y participer, appui qui, espère-t-elle, s'étendra à la phase de négociation. S'agissant du projet de résolution, elle demande des éclaircissements sur les changements proposés au paragraphe 4. A propos de l'organe de négociation, au paragraphe 4.1), elle ne voit pas l'utilité d't•n bureau élargi et dont les membres supplémentaires seraient nommés à la première session. Par ailleurs, ce paragraphe devrait préciser que l'élection des responsables doit se faire de manière à assurer une répartition géographique équitable. Enfin, au paragraphe 4.4), il est inutile d'ajouter le mot« élargie» avant la mention de la participation d'organisations non gouvernementales en qualité d'observateurs. M. VARELA (Argentine) loue les efforts faits par le groupe de travail pour rédiger les projets de dispositions de la convention-cadre et grâce auxquels l'organe de négociation pourra se fonder sur une base solide lors de sa réunion d'octobre 2000. L'Argentine pense que cette réunion sera fructueuse et promet d'y apporter son soutien. Une résolution concernant la procédure à suivre pour les prochaines négociations de la convention-cadre n'est nécessaire que si elle apporte quelque chose de nouveau et d'utile. Or la résolution WHA52.18 énonce déjà la plupart des éléments nécessaires. Le projet de résolution dont est saisie la Commission, ainsi que les amendements proposés par le Canada, semblent remplir cette condition. M. Varela reconnaît que la composition du bureau doit être souple. De plus, le premier souci de l'organe de négociation devrait être de rédiger un projet de convention-cadre, avec la possibilité, à l'avenir, de négocier des protocoles additionnels. Il est important et indispensable que la société civile participe pleinement et donne son avis. Le changement proposé au paragraphe 4.4) prévoit de façon judicieuse la possibilité d'une participation élargie d'organisations non gouvernementales. M. V arela souscrit au projet de résolution avec les modifications proposées par le Canada M. YANG Xiaokun (Chine) note que l'OMS a bien avancé les travaux préparatoires à la convention-cadre depuis la Cinquante-Deuxième Assemblée mondiale de la Santé. Le groupe de travail s'est réuni deux fois et les Etats Membres ont pu participer pleinement aux discussions préliminaires sur la convention-cadre. La Chine a envoyé des délégations plurisectorielles aux deux réunions. La Chine épouse l'opinion exprimée par le groupe de travail dans son rapport selon laquelle la convention doit être ferme, mais de portée générale, afin que le plus grand nombre possible d'Etats Membres puissent y adhérer. Elle doit en outre énoncer des principes d'ordre généra~ qui laissent aux pays

108

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

la latitude nécessaire, tiennent particulièrement compte des intérêts des pays en développement et insistent sur l'appui fmancier et technique aux pays auxquels l'application de la convention imposera des pertes. M. Yang demande quel sera le projet que l'organe intergouvernemental de négociation examinera en octobre 2000. La discussion portera-t-elle sur le rapport du groupe de travail (documents A53112 et A53112 Corr.l) ou présentera-t-on un autre projet de convention fondé sur les observations du groupe de travail afm de faciliter les négociations ? Le Dr OTTO (Palaos) remercie les Etats-Unis d'Amérique de leur don à la Coalition pour libérer les Palaos du tabac. Il remercie également le Bureau régional du Pacifique occidental du dossier d'information fourni à l'occasion de la Journée mondiale sans tabac organisée dans son pays et dans le cadre des initiatives prises en faveur de la convention-cadre. Il félicite le groupe de travail de son excellent rapport. Il fait observer que la convention doit aussi traiter des questions sanitaires intéressant les nombreuses personnes qui consomment du tabac sous d'autres formes que le tabac à fumer. Les Palaos s'associent aux observations faites par le Canada et la Norvège. Le Dr STAMPS (Zimbabwe) déclare que son pays souscrit sans réserve au projet de résolution tel qu'amendé. Le Dr NOVOTNY (Etats-Unis d'Amérique) soutient pleinement le processus d'élab~ration de la convention-cadre. Son pays a l'intention de travailler en étroite collaboration avec les autres Etats Membres en vue d'élaborer une convention que puissent signer tous les Etats. Les négociations doivent porter dans un premier temps sur la convention elle-même, puis sur les protocoles spécifiques, enchaînement bien défini dans le projet de résolution. Les Etats Membres de toutes les Régions devraient être maintenant plus étroitement associés à l'organisation des négociations prochaines grâce à l'élargissement du bureau, rendu ainsi plus représentatif, comme il est prévu dans le projet de résolution. Le Dr Novotny pense que les négociations sur la convention-cadre, tout en demeurent axées sur la santé, seraient facilitées si l'on adoptait une approche moins fondée sur la sensibilisation mais tenant compte davantage d'un souci d'équilibre, de bonnes procédures parlementaires et de l'avis d'experts en droit commercial international et en traités. Il encourage 1'OMS à faire en sorte que tous les secteurs donnent leur point de vue avant et pendant les négociations, car leur contribution sera déterminante. Cependant, les critères de participation des organisations non gouvernementales doivent être examinés attentivement à la lumière des règles de l'OMS qui s'appliquent. Il félicite l'OMS d'avoir établi un rapport équilibré et représentatif. Le Dr KUNENE (Swaziland) explique que, si son pays n'est pas un grand producteur de tabac, il s'inquiète néanmoins de l'augmentation de la consommation de tabac constatée récemment dans sa population, en particulier chez les jeunes, ainsi que de l'accroissement alarmant des importations illégales de produits du tabac, qui gêne considérablement le contrôle de la distribution et de la vente des produits du tabac. Le Swaziland n'ayant toujours pas de loi antitabac, il est difficile de réduire la consommation. Le Dr Kunene remercie l'OMS d'aider le pays à élaborer une législation à cet effet, qui devrait entrer en vigueur à la fm de l'année. Bien qu'ayant réussi à réduire de manière sensible le tabagisme, le Swaziland manque encore d'infrastructures pour appuyer les campagnes antitabac et souhaiterait que l'OMS lui apporte un soutien supplémentaire pour créer des centres de sevrage. Le concours de l'OMS et de la FAO serait également nécessaire pour aider le pays à diversifier ses cultures. Le Dr Kunene souscrit aux dispositions du projet de convention-cadre et au projet de résolution tel qu'amendé. Le Dr MENAKAY A (Nigéria) soutient fermement la convention-cadre, mais estime que certains éléments du rapport du groupe de travail devraient être modifiés afm que les pays en développement puissent participer pleinement. Il propose donc quelques amendements au texte provisoire.

COMMISSION A : SEPTIEME SEANCE

109

Lors de la réunion de mars 2000 du groupe de travail, la plupart des délégués des pays en développement avaient estimé que le préambule devrait tenir compte de leur situation sanitaire, en signalant qu'au problème persistant des maladies infectieuses venait désormais s'ajouter celui des maladies non transmissibles. Il faudrait aussi indiquer que l'économie de certains pays en développement dépend encore de la culture du tabac, constater avec préoccupation que les sociétés productrices de tabac ciblent leurs campagnes de promotion sur les pays en développement d'Afrique, et reconnaître que les pays en développement ont besoin d'un appui fmancier et technique pour lutter contre le tabac. A la section II, sous le point« A. Obligations générales», l'article 2.b) ii) devrait interdire la vente de tabac non seulement aux enfants et aux adolescents mais aussi par les enfants et les adolescents. Sous le point« B. Publicité, promotion et parrainage», l'option! de l'article 1 est préférable, mais devrait être rédigée de la manière suivante : « interdire la publicité en faveur des produits du tabac, leur commercialisation, leur promotion et leur parrainage». Il n'est pas nécessaire de faire une distinction pour les enfants et les adolescents; l'interdiction devrait s'appliquer à tous. Sous le point « G. Recherche», aucune disposition ne prévoit un appui fmancier aux pays en développement pour qu'ils entreprennent les travaux de recherche et les évaluations techniques dont il est question à l'article 2. Le Dr Menakaya suggère d'ajouter un nouveau paragraphe à cet effet. Il propose que sous le point « L. Ressources fmancières », on ajoute les mots « mettre en place et » dans la dernière phrase du deuxième paragraphe en italiques, qui se lirait alors:« ont besoin d'un soutien financier pour mettre en place et renforcer leurs programmes nationaux de lutte antitabac ». Il est favorable à la proposition faite au paragraphe suivant en italiques d'ajouter un nouvei article 4. Le Nigéria est partisan d'une convention-cadre ferme qui tienne compte des problèmes propres aux pays en développement, et félicite l'OMS de son initiative. Notant que le délégué du Nigéria a fait mention du rapport du groupe de travail, le PRESIDENT rappelle que l'objet du débat est le projet de résolution dont est saisie la Commission. Le Dr ClllNNIA (Trinité-et-Tobago) appuie sans réserve l'élaboration d'une convention-cadre ferme et efficace et pense que les projets de dispositions et les observations figurant dans le rapport du groupe de travail serviront de base utile aux discussions de l'organe intergouvernemental de négociation. La convention doit couvrir les questions tant nationales que transfrontières, y compris la publicité directe et indirecte et le parrainage. L'appui technique aux pays en développement pour son application doit faire partie intégrante de la convention-cadre. Le Ministre de la Santé de la Trinité-et-Tobago a récemment proposé de rédiger un projet de loi visant à interdire complètement la publicité en faveur du tabac, mettre fin au parrainage des sports et des manifestations culturelles par les cigarettiers, interdire la vente de produits du tabac aux moins de 18 ans, interdire de fumer dans les lieux publics et faire figurer obligatoirement sur les paquets de cigarettes des mises en garde approuvées par le Ministère de la Santé et couvrant 65 % de la surface du paquet. On est en train de préparer un livre blanc et des consultations sont prévues au niveau national. La Société de Lutte contre le Cancer de la Trinité-et-Tobago recueille actuellement des fonds pour attaquer en justice la West Indian Tobacco Company au nom des victimes du tabagisme. La Trinité-et-Tobago appuie sans réserve le projet de résolution amendé. Mme BENNETT (Australie) déclare que son pays soutient fermement l'élaboration de la convention-cadre et est heureux de pouvoir coparrainer le projet de résolution amendé. L'Australie a hâte de participer aux négociations officielles de la convention, sur la base des délibérations et du rapport du groupe de travail. Mme COSTA E SILVA (Brésil) approuve le rapport du groupe de travail en tant que base générale sur laquelle fonder la convention-cadre et souligne que son pays entend participer activement aux discussions sur la convention et les protocoles y relatifs. Le Président du Brésil a récemment créé une commission nationale chargée d'étudier et de défmir la position du pays sur la question du tabac.

110

CINQUANTE-TROIS lEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

Le Brésil soutient le projet de résolution amendé et accueille favorablement le rapport sur l'initiative Pour un monde sans tabac (document A53/13). Il demande instamment à l'OMS d'encourager des études sur l'impact de la baisse de la demande sur les pays en développement producteurs de tabac, qui tiennent compte des différentes situations et des solutions économiques de rechange. Le Brésil est disposé à prendre part à une étude de ce type. Il recommande aussi d'étudier les effets de la production de tabac sur l'environnement afm de susciter une prise de conscience et d'essayer des stratégies d'intervention visant à réduire les dégâts que la culture du tabac cause à l'environnement dans les pays en développement. En bien des endroits, la contrebande sape les efforts de lutte antitabac. Mme Costa e Silva insiste pour que l'initiative Pour un monde sans tabac privilégie les études sur les stratégies susceptibles d'y remédier, en particulier dans les pays en développement. M. JAKSONS (Lettonie), parlant au nom de l'Estonie, de la Lettonie et de la Lituanie, estime que certaines des suggestions faites par le groupe de travail dans son rapport devront être améliorées, notamment la question du trafic et de la publicité transfrontières, qui appelle le même engagement de la part de tous les Etats. Il espère que les points laissés en suspens seront défmitivement arrêtés par l'organe intergouvernemental de négociation. Les trois Etats baltes sont fermement attachés à la poursuite du processus d'élaboration selon les modalités prévues dans la résolution WHA52.18 et souscrivent au projet de résolution et aux amendements. Pour trouver un juste équilibre entre les détails concrets et un texte susceptible de recueillir la plus large adhésion possible, les propositions faites par le groupe de travail dans son rapport devraient d'abord être examinées par tous les pays, puis mises en forme par l'organe intergouvernemental de négociation. La convention doit servir de référence en matière de lutte antitabac. Elle sera efficace, par exemple, si les contrebandiers et les publicitaires se sentent menacés, si les vendeurs sont poursuivis pour la vente de cigarettes aux mineurs et si personne ne fume dans les bureaux. L'adoption d'un nouvel instrument international ne suffira pas à faire baisser la consommation de cigarettes : il est indispensable de changer les mentalités, en commençant par sensibiliser les décideurs, les médias et l'opinion publique. Les trois Etats baltes ont signé des programmes de collaboration à moyen terme avec l'OMS pour que celle-ci les aide à mener toute une série d'activités en rapport avec la convention-cadre. Pour l'Estonie, la Lettonie et la Lituanie, la convention implique non seulement l'adoption de nouvelles normes et réglementations, mais surtout une protection plus efficace de la santé publique et la lutte contre les problèmes dus à l'épidémie de tabagisme. Le Dr SAKAI (Japon) déclare que son pays a déjà fait de la lutte antitabac une priorité de son nouveau plan de promotion de la santé, Santé Japon 21. Il demande quel usage l'OMS compte faire du texte provisoire annexé au rapport du groupe de travail. Pour le Japon, ce rapport est un document de référence important pour les négociations intergouvernementales, mais il ne peut servir directement aux discussions sur le texte de la convention lors de la phase de négociation. Au cours de sa première session, l'organe intergouvernemental de négociation ne devrait se servir du rapport que comme document de référence à partir duquel esquisser une convention-cadre acceptable pour tous les Etats Membres et qui servira de base pour la suite des négociations. Pour faciliter ce processus, le Dr Sakai demande à l'OMS de dresser la liste des mesures les plus largement acceptées, tout en tenant compte des opinions exprimées lors de la deuxième réunion du groupe de travail. M. DÜRLER (Suisse) rappelle que les maladies liées au tabac tuent des centaines de milliers d'hommes et de femmes chaque année et que, dans la plupart des pays, le nombre de fumeurs est en forte augmentation, en particulier chez les femmes et les jeunes. Il félicite le Directeur général du courage dont elle fait preuve en s'attaquant à cette question. La convention-cadre, qui sera la première convention mondiale à but sanitaire, marque une étape importante dans la lutte contre le fléau du tabagisme. La Suisse s'engage à contribuer activement à l'élaboration d'une convention digne de ce nom.

COMMISSION A : SEPTIEME SEANCE

Ill

Le projet de texte rédigé par le groupe de travail est une bonne base pour les négociations. La convention doit être clairement structurée et s'en tenir à l'essentiel. Toutes les parties prenantes doivent avoir voix au chapitre; même si l'industrie du tabac tente de freiner et de modérer les efforts entrepris, ses manoeuvres ne doivent pas empêcher les progrès. M. Dürler ne doute pas que tous les Etats Membres prendront les mesures qui s'imposent pour inverser la croissance du tabagisme et unir leurs efforts en vue d'élaborer un traité qui servira de base à une action énergique et efficace. La Suisse appuie donc sans réserve et souhaite coparrainer le projet de résolution. Le Dr HA TAI CIDTANONDH (Thaïlande) fait observer que la Thaïlande a été dès le départ un fervent partisan de la convention-cadre et que des représentants gouvernementaux et non gouvernementaux ont participé à des consultations et à des conférences internationales. Elle a déjà adopté deux lois antitabac sévères, mais a encore des difficultés concernant les activités transfrontières. Elle accueillerait avec satisfaction des protocoles pour l'élimination effective de la contrebande de produits du tabac, l'interdiction, partout dans le monde, du parrainage et de la publicité en faveur des produits du tabac, l'interdiction des ventes hors taxes de produits du tabac, l'harmonisation de la fiscalité au niveau international, l'exemption des produits du tabac des réductions de taxe prévues au titre d'accords régionaux de libre-échange, l'analyse et la déclaration obligatoires des ingrédients toxiques et la création d'un mécanisme de mise en commun de l'information. La Thaïlande a créé un comité interministériel de coordination pour la conv~ntion-cadre. Elle appuie sans réserve le projet de résolution. M. CHOWDHURY (Inde) estime nécessaire de créer un fonds mondial fmancé par une taxe sur l'exportation de produits du tabac manufacturés. Une telle taxe découragerait les exportations de tabac qui, d'une certaine façon, exportent la maladie. Les fonds pourraient servir à aider les pays en développement à remplacer la culture du tabac et la fabrication de produits du tabac par d'autres activités génératrices de revenus. Ces pays ont pour tâche écrasante de recycler la main-d'oeuvre dans d'autres aètivités lucratives et seront incapables de prendre la moindre mesure pour lutter efficacement contre le tabac s'ils n'ont pas de filet de sécurité de cette nature. Le Dr MANSOUR (Egypte) félicite le Directeur général de l'initiative Pour un monde sans tabac et exprime le soutien de son pays au projet de résolution et à la convention-cadre. Le Ministère de la Santé égyptien met actuellement en oeuvre une stratégie et des plans contre le tabagisme en collaboration avec des institutions privées et publiques. L'accent est mis sur l'éducation et la sensibilisation. Il est interdit de fumer dans les lieux publics et l'on vérifie la composition des produits du tabac. Le Dr Mansour demande à l'OMS de soutenir les activités des Etats Membres, en particulier la recherche, les études, la formation et l'action de sensibilisation. Le Dr GALON (Philippines) se déclare satisfaite des progrès accomplis dans la mise en oeuvre de la résolution WHA52.18 et juge encourageante la constitution d'un groupe international de juristes chargé d'aider les Etats Membres sur le plan technique. Les Philippines sont l'un des nombreux pays en développement où la consommation de tabac augmente sans cesse. La convention-cadre pourrait accélérer l'adoption de lois antitabac sévères. Le groupe spécial national pour la lutte antitabac a collaboré avec la commission sénatoriale santé et technologie à la publication d'un livre blanc sur le tabac et le tabagisme. Le pays a en outre conçu un programme de lutte antitabac destiné à convaincre les fumeurs de fumer moins ou de renoncer à fumer. Les Philippines sont entièrement acquises au mouvement en faveur de la convention-cadre et souscrivent au projet de résolution tel qu'il a été présenté. Le Dr Galon recommande la vigilance afm que l'élan donné ne s'arrête pas lors de la phase de négociation. Le Dr POPA (Roumanie) indique que la consommation de tabac est forte dans son pays. On estime que 60 à 70 % des hommes et 40 à 50 % des femmes, dont beaucoup de jeunes, fument. Dans le cadre de

112

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

la procédure prévue pour demander l'adhésion à l'Union européenne, la Roumanie a commencé à harmoniser sa législation sanitaire, de sorte que la publicité pour les produits du tabac dans les lieux publics et la vente de ces produits aux mineurs sont interdites. Des campagnes antitabac sont organisées. Le Dr Popa appuie sans réserve l'initiative Pour un monde sans tabac et la convention-cadre. Le Dr LANE (Nouvelle-Zélande) dit que son Gouvernement adopte une attitude plus ferme en matière de lutte antitabac car, malgré la politique de grande envergure appliquée depuis une dizaine d'années, le tabagisme reste stable dans son pays. Le Gouvernement a donc pris des mesures plus énergiques pour réduire la consommation de tabac et étudie diverses possibilités pour réglementer la composition et les additifs des produits du tabac ou la fumée dégagée par la combustion. La NouvelleZélande s'est donc particulièrement intéressée à l'issue de la réunion de l'OMS sur la réglementation des produits du tabac tenue à Oslo en février 2000. Son pays soutient énergiquement l'élaboration d'une convention-cadre internationale pour la lutte antitabac. L'expérience a montré que, pour être efficace, une convention doit être ferme et exigeante mais libellée en des termes que puissent accepter tous les Etats Membres. La Nouvelle-Zélande est d'avis d'interdire la publicité pour le tabac en général, de prendre des mesures transfrontières pour empêcher la contrebande et contrôler les prix, et d'offrir une aide à ceux qui veulent arrêter de fumer. La convention-cadre et tout protocole adopté par la suite doivent insister sur les besoins des populations autochtones, des femmes et des jeunes. Son pays est heureux de coparrainer le projet de la résolution, dans l'espoir que des mesures collectives seront prises le plus tôt possible pour endiguer l'épidémie de maladies liées au tabac. Le Dr MAHJOUR (Maroc) fait savoir que la lutte contre le tabagisme fait partie des priorités du Ministère de la Santé de son pays. En 1996 a été promulguée une loi interdisant de fumer et de faire de la publicité en faveur du tabac dans les lieux publics. Des campagnes de sensibilisation ont été organisées et on est en train de créer une commission nationale composée de représentants de tous les secteurs privés et publics concernés afm de discuter de la stratégie nationale de lutte antitabac et de la convention-cadre. Le pays pourra ainsi adopter une position unifiée sur cette dernière. Sa délégation souscrit au projet de résolution tel qu'amendé. Mme TAPAKOUDI (Chypre) soutient vigoureusement la convention-cadre parce que les maladies cardio-vasculaires, dues principalement au tabagisme, sont la première cause de décès à Chypre. Elle insiste sur l'importance de l'éducation pour la santé dès l'école primaire et secondaire pour dissuader les jeunes de fumer. Les centres communautaires peuvent jouer un rôle fondamental à cet égard. Le Dr SHIVUTE (Namibie) félicite l'OMS d'avoir organisé les deux réunions du groupe de travail en vue d'examiner les projets de dispositions de la convention-cadre. Son pays est satisfait des progrès accomplis. Les pays producteurs de tabac doivent recevoir une compensation pour les pertes que leur fera inévitablement subir la mise en oeuvre de la convention. Le Dr Shivute note qu'un soutien leur sera apporté dans le domaine de la diversification des cultures. La Namibie est sur le point de voter une loi antitabac et aura besoin d'être épaulée pour aider les anciens fumeurs à surmonter les symptômes du sevrage. Elle approuve le projet de résolution et prendra part à la négociation de la convention. Le Professeur KOLBEL (République tchèque) félicite le Directeur général de s'attaquer au problème du tabagisme et complimente le groupe de travail pour la préparation à la convention-cadre. Les autorités de son pays, sous la conduite du Ministère de la Santé, accordent également une grande attention au tabagisme. La brochure intitulée Global aggression donne des exemples de pratiques publicitaires déplorables en République tchèque, qui montrent la puissance du lobby du tabac et combien il est difficile de se débarrasser de vieilles habitudes. Son pays et le Bureau régional de l'Europe ont collaboré pour organiser des séminaires sur la lutte antitabac et la suppression de la promotion du tabac, qui ont eu pour effet une baisse du nombre de fumeurs, surtout au sein de la jeune génération. Son pays soutient les

COMMISSION A : SEPTIEME SEANCE

113

activités de l'OMS dans ce domaine et serait heureux d'y prendre part. En ce qui concerne le projet de résolution dont est saisie la Commission, le Professeur Kôlbel estime que le paragraphe 4.1) ne devrait pas être modifié. Le Dr BIAMBY JACQUES (Haïti) dit que son pays est en train de concevoir une campagne antitabac et de constituer un groupe plurisectoriel pour la lutte antitabac. Haïti souscrit au processus d'élaboration de la convention-cadre, qui aidera les Etats Membres à prendre les mesures qui s'imposent du point de vue juridique et administratif et dans le domaine de la santé publique pour réduire la consommation de tabac. Sa délégation appuie le projet de résolution avec les amendements proposés par le Canada. M. TELLIER (Canada), s'exprimant en tant que Président du groupe de travail informel qui a rédigé le projet de résolution, pense que les éclaircissements demandés par l'Indonésie et le Honduras ont été donnés à l'occasion d'autres débats. A propos des remarques faites concernant le paragraphe 4.1), le groupe est difficilement parvenu à s'entendre sur le nombre de membres du bureau, et comptait laisser le soin d'en décider à l'organe de négociation. Mme LICONA AZCONA (Honduras) répète que le mot« élargie» au paragraphe 4.4) est inutile. Sans ce mot, le reste du texte est acceptable. M. TELLIER (Canada) explique que, si le paragraphe 4.4) a été ainsi libellé, c'est pour permettre à l'organe de négociation d'envisager la possibilité d'une participation élargie d'organisations non gouvernementales. Aucune décision n'a encore été prise à ce sujet; l'intention des auteurs du texte est simplement de permettre une discussion plus approfondie au sein de 1'organe de négociation. M. MASUKU (FAO) dit que son Organisation soutient fermement les efforts déployés par l'OMS pour dissuader les gens de fumer et a pris des mesures pour promouvoir l'initiative Pour un monde sans tabac. Depuis 1976, la FAO n'a encouragé aucun projet de culture du tabac et n'a participé à aucun. Depuis 1989, elle fait savoir aux pays qu'elle est disposée à les aider à diversifier leurs cultures, mais n'a reçu aucune demande d'aide, ce qui n'est pas surprenant puisque les bénéfices dégagés par la production de tabac sont bien supérieurs à ceux réalisés sur n'importe quelle autre culture. La FAO est en train de faire une étude, en collaboration avec l'OMS, la Banque mondiale, l'OIT, l'Agence suédoise pour le Développement international et le Centre canadien de Recherches pour le Développement international, pour déterminer l'impact du renforcement des mesures antitabac sur l'emploi, la salubrité des aliments et le développement économique national et régional et pour analyser les différentes solutions de diversification des cultures. La FAO était représentée aux deux réunions du groupe de travail sur la convention-cadre. Le choix des cultures de remplacement doit tenir compte des possibilités de réalisation du point de vue technique. Néanmoins, une culture techniquement adaptée n'est pas forcément intéressante du point de vue économique. Pour trouver des cultures remplissant ces deux conditions, il faut tenir compte des coûts d'ajustement et de l'aide technique et financière nécessaire pour inciter les agriculteurs à choisir cette option. La FAO est disposée à fournir tous les services d'experts qu'elle peut pour garantir la réussite de la convention-cadre. Le Dr RAM (Vision mondiale internationale), prenant la parole sur l'invitation du PRESIDENT au nom de Vision mondiale internationale, de l'organisation non gouvernementale Forum pour la Santé, de INFACT et du Network for Accountability ofTobacco Transnationals, se félicite des progrès accomplis lors des deux réunions du groupe de travail et appuie sans réserve les efforts de l'OMS. Faisant remarquer que le rapport publié par la Banque mondiale en 2000 et intitulé Maîtriser 1'épidémie : 1'Etat et les aspects économiques de la lutte contre le tabagisme a démontré que la lutte antitabac était bénéfique à l'économie comme à la santé, il craint qu'une convention faible ne serve les multinationales du Nord au prix de la santé et de la vie des populations du Sud. Il insiste donc pour que soit adoptée une convention-cadre

114

CINQUANTE-TROISIE:ME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

prévoyant des obligations précises et contraignantes. Il estime qu'elle doit porter sur sept points clés: interdiction de la publicité en faveur des produits du tabac et de leur promotion ; exclusion des sociétés productrices de tabac de l'élaboration des politiques publiques; priorité à la protection de la santé plutôt qu'aux intérêts commerciaux; protection des consommateurs contre les pratiques déloyales des multinationales ; participation des organisations non gouvernementales à tous les stades de la négociation ; mécanismes d'application liant les compagnies de tabac; délais fixes pour l'application du traité. La convention devrait empêcher les multinationales du tabac de promouvoir des produits qui entrament une dépendance mortelle et de se soustraire aux lois nationales. Etant donné que leur chiffre d'affaires annuel est supérieur au produit intérieur brut de nombreux pays, ce sont elles qui devraient prendre en charge le coût financier global du traitement des maladies liées au tabac. Les organisations non gouvernementales qui défendent la santé publique, les droits de l'homme et la justice sociale souhaitent collaborer à la rédaction et à l'application de la convention. Mme GUNBY (Fédération mondiale des Associations de la Santé publique), prenant la parole sur l'invitation du PRESIDENT, fait savoir qu'à sa trente-quatrième réunion annuelle tenue à Genève le 15 mai 2000, la Fédération a adopté une résolution sur la lutte antitabac dans le prolongement des politiques en vigueur. Dans cette résolution, dont le texte intégral a été communiqué à l'OMS, la Fédération renouvelle d'abord son soutien aux efforts déployés par l'OMS pour élaborer et faire appliquer une convention-cadre pour la lutte antitabac. Elle recommande ensuite d'interdire la publicité directe et indirecte en faveur du tabac et de réglementer l'usage du tabac dans les lieux publics. Elle préconise également des politiques de prix et des politiques commerciales s'appliquant à la vente et à l'exportation de tabac, le fmancement de programmes d'éducation pour la santé, à l'intention notamment des enfants et des jeunes, et l'appui à la prévention du tabagisme et au traitement de la dépendance à la nicotine. Elle prie instamment les membres de ses adhérents d'aider à faire mieux prendre conscience de l'importance et de l'utilité de la convention-cadre et de soutenir les initiatives gouvernementales qui servent les buts de la convention. Mme Gunby espère que les dispositions de cette résolution seront prises en compte lors des futures délibérations sur la convention. La lutte antitabac fera l'objet d'une session spéciale lors du Neuvième Congrès international de la Fédération, qui aura lieu à Beijing en septembre 2000. M. DOUGLAS (Union internationale contre la Tuberculose et les Maladies respiratoires), prenant la parole sur l'invitation du PRESIDENT, prévient qu'il ne faut pas répéter les erreurs du passé si l'on veut libérer des millions de personnes de la dépendance au tabac. Il faut considérer comme spécieux les arguments concernant le choix, la souveraineté et le libre-échange avancés par le lobby du tabac et mettre en échec les tentatives visant à neutraliser le traité. Etant donné que les décès liés au tabac augmentent rapidement, il faut agir immédiatement. On devrait s'attacher à élaborer un traité utile qui protège les jeunes, combatte la publicité, la promotion et la contrebande, garantisse un soutien fmancier et autre aux victimes du tabac, protège les droits des populations locales relatifs à l'environnement, notamment dans les pays producteurs de tabac, et tienne compte des relations commerciales entre pays forts et pays faibles. Le Dr YACH (Directeur exécutif), parlant d'abord de la lutte antitabac en général, constate, d'après les interventions des délégués, que le processus de la convention-cadre atteint son but, à savoir stimuler une action nationale, et que nombre de pays sont en train de mettre en place une politique nationale exhaustive. Il sera donné suite aux demandes exprimées par les pays. Le Dr Y ach est reconnaissant de l'appui technique et fmancier considérable reçu et remercie la République de Corée de l'aide qu'elle propose. Des pourparlers sont en cours avec la FAO et l'OUA en vue d'organiser une réunion conjointe sur les aspects de la lutte antitabac liés à 1'agriculture. A sa session de juillet 2000, le Conseil économique et social-de l'Organisation des Nations Unies étudiera la possibilité de mener une action multisectorielle avec

COMMISSION A : SEPTIEME SEANCE

115

d'autres institutions des Nations Unies et examinera pour la première fois les conclusions du nouveau groupe spécial interinstitutions sur la lutte antitabac. A la suite de la réunion tenue à Oslo en février 2000, l'OMS a créé un comité consultatif scientifique sur la réglementation des produits. Le mandat, la composition et le plan d'action du comité seront communiqués sous peu. S'agissant de la convention-cadre elle-même, et en réponse aux questions posées par la Chine et le Japon, il note que, conformément à la résolution WHA52.18, le groupe de travail a établi des projets de dispositions de la convention destinés à servir de base aux travaux de 1' organe intergouvernemental de négociation. Ces dispositions figurent dans les documents A53112 et A53112 Corr.l, qui, joints aux observations de l'Assemblée de la Santé, formeront la documentation initiale. Lors de la réunion technique tenue pendant l'Assemblée de la Santé, le Brésil et les Philippines ont cité des exemples de mesures qu'ils ont prises en vue des négociations ; les études de cas pertinentes seront également distribuées à tous les Etats Membres. Quant au futur calendrier, les auditions publiques avec les organisations non gouvernementales et le secteur privé se tiendront les 12 et 13 octobre 2000 et l'organe intergouvernemental de négociation entamera ses travaux la semaine du 16 octobre 2000. Le Dr Yach conclut en remerciant le Président et les membres du groupe de travail sur la convention-cadre du travail remarquable qu'ils ont effectué en faisant avancer le processus jusqu'au stade actuel. Le PRESIDENT annonce que l'Indonésie et le Honduras ont retiré leurs réserves sur le projet de résolution tel qu'il a été modifié par le Canada et invite la Commission à approuver le projet de résolution tel qu'il a été amendé.

Le projet de résolution, tel qu'il a été amendé, est approuvé. 1 Stratégie mondiale de lutte contre les maladies non transmissibles: Point 12.11 de l'ordre du jour (résolution EB105.R12; document A53114) Le Dr JIMÉNEZ DE LA JARA (représentant du Conseil exécutif) fait savoir qu'au cours de leur débat prolongé sur la stratégie mondiale de lutte contre les maladies non transmissibles, les membres du Conseil se sont montrés très favorables à ce que l'OMS joue un rôle plus utile, et que les représentants des pays en développement ont souligné la nécessité de réagir d'urgence à la montée de ces maladies chez eux. Les membres du Conseil se sont félicités de la place accordée à la prévention et à la maîtrise des facteurs de risque communs moyennant une action à assise communautaire et ont souligné combien la collaboration avec l'OMS était importante pour mettre en place et évaluer les interventions de ce type. L'OMS devrait aussi fournir des orientations concernant l'élaboration des politiques, la législation, l'aménagement de l'environnement et la prévention intersectorielle des maladies non transmissibles. Les membres ont insisté sur l'influence de la mondialisation du commerce et du marketing sur les facteurs de risque: l'OMS devrait soulever le problème dans d'autres forums internationaux. Il a été question du lien entre la pauvreté, les maladies non transmissibles et l'incidence croissante de celles-ci dans les pays à faible et moyen revenu. A cet égard, le Conseil a demandé à l'OMS de redoubler d'efforts pour combattre la pauvreté, étant donné notamment que de nombreux pays en développement doivent faire face au problème double des maladies transmissibles et non transmissibles. Les orateurs étaient partisans de renforcer les réseaux et partenariats et ont insisté sur le rôle des organisations non gouvernementales internationales. La coopération entre l'OMS et l'industrie pharmaceutique en vue de rendre les médicaments plus facilement accessibles aux populations touchées et de contrôler leur qualité a été jugée Ce projet de résolution a été transmis à l'Assemblée de la Santé dans le deuxième rapport de la Commission et adopté sous la cote WHA53.16. 1

116

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

importante pour l'action à venir. Il faudrait convertir la stratégie en un plan d'action solide et élaborer des mécanismes efficaces de mise en oeuvre ainsi que des indicateurs de performance mesurables. Certains délégués ont estimé qu'il fallait accorder une plus grande importance à la sexospécificité et ont recommandé de veiller à ce que les réseaux internationaux ne se transforment pas en programmes verticaux. Les programmes de prévention des maladies non transmissibles doivent refléter la structure du système de santé, en particulier dans les pays où il est décentralisé. Le Conseil a adopté la résolution EB105.Rl2, qui contient un projet de résolution pour examen par l'Assemblée de la Santé. M. PUSKA (Finlande) félicite le Directeur général d'avoir engagé une action contre les principales maladies non transmissibles, qui sont actuellement la première cause de mortalité dans le monde, les coronaropathies venant en tête. La plupart des décès surviennent dans les pays en développement, où les maladies non transmissibles progressent rapidement. Ces maladies et leurs déterminants sont plus fréquents dans les couches socio-économiques les plus basses et freinent le développement économique. En Finlande et dans plusieurs autres pays, on a démontré que certaines interventions permettent de réduire sensiblement les taux de décès prématurés imputables aux maladies non transmissibles. De telles interventions améliorent aussi beaucoup l'état de santé général de la population et sont propices à un vieillissement en bonne santé. M. Puska est opposé à l'idée que l'OMS concentre toute son attention sur les maladies transmissibles; elle doit promouvoir la santé et combattre la maladie quelles qu'en soient les éauses. Tout comme les maladies transmissibles, les déterminants des maladies non transmissibles (les facteurs de risque liés au mode de vie) ne respectent pas les frontières. C'est pourquoi une action concertée s'impose au niveau international pour aider les pays, surtout ceux qui manquent de ressources, à faire face au problème croissant des maladies non transmissibles. La Finlande approuve dans son principe la stratégie mondiale proposée, qui associe action mondiale et mesures nationales. Si l'on veut progresser, il faut non seulement mener une action intersectorielle au niveau mondial, dans laquelle l'OMS doit jouer un rôle directeur, mais aussi exécuter des projets de démonstration et des programmes nationaux, auxquels l'OMS contribue par ses compétences techniques et par la mise en réseau. La Finlande souscrit à la stratégie et au projet de résolution et est disposée à les mettre en oeuvre. M. Puska espère que les ressources nécessaires seront débloquées et que les Etats Membres fourniront un appui à la mesure des progrès que peut représenter une telle action pour la santé dans le monde. Mme COSTA E SILVA (Brésil) approuve le programme prévu par l'OMS pour combattre les maladies non transmissibles. Celles-ci, surtout les maladies cardio-vasculaires et le cancer, sont la première cause de décès dans tous les Etats brésiliens. Même si, dans la plupart des pays en développement, les maladies transmissibles restent un grave problème de santé qui a des répercussions sur les politiques de santé et le fmancement, d'autres priorités apparaissent suite aux bouleversements démographiques, socio-économiques et épidémiologiques. La gageure, en ce nouveau siècle, consiste à mieux prévenir les maladies dégénératives chroniques et, partant, à réduire les coûts de santé. L'OMS doit, en plus d'adopter une approche multisectorielle et interdisciplinaire, s'engager à faire de la lutte contre les maladies non transmissibles une priorité, en particulier la prévention primaire et le dépistage précoce du cancer, de l'hypertension, du diabète et des maladies respiratoires chroniques, en tenant compte des normes et principes directeurs garantissant la rentabilité des interventions. Le Dr GONZALEZ FERNANDEZ (Cuba) constate, lui aussi, que les pays en développement doivent supporter le double fardeau des maladies transmissibles et non transmissibles. A Cuba, les principales causes de décès (responsables de 60% de la mortalité au total) sont les cardiopathies, les tumeurs malignes et les maladies cérébrovasculaires. Il est nécessaire de renforcer la formation dans le secteur de la santé et de mettre l'accent sur la communication sociale. Il faut, en outre, associer davantage le secteur de l'éducation et former les enseignants à la lutte contre les maladies non transmissibles. Il faut

COMMISSION A : SEPTIEME SEANCE

117

aussi mieux conseiller les pays en vue d'améliorer la communication de la stratégie sociale visant à réduire les facteurs de risque de ces maladies. Mme KRISTENSEN (Danemark) marque le soutien de son pays à la stratégie mondiale. Si l'espérance de vie est moins longue au Danemark que dans d'autres pays d'Europe occidentale, c'est en partie à cause de la consommation d'alcool et de tabac. Son pays estime que, pour combattre les maladies non transmissibles, il faut promouvoir des initiatives à base communautaire faisant intervenir tous les acteurs locaux et soutenir la recherche sur les problèmes de santé liés au mode de vie. Mme Kristensen accueille favorablement le projet de résolution et propose un amendement au paragraphe 2. 7) : il conviendrait d'ajouter« y compris des recherches sur les déterminants comportementaux,» après« de promouvoir et d'entreprendre des recherches collectives sur les maladies non transmissibles,». Le Dr POPA (Roumanie) indique que son pays surveille depuis longtemps les maladies transmissibles, au détriment des maladies non transmissibles, mais qu'étant donné la rapidité avec laquelle progressent ces dernières, elles retiennent désormais l'attention. La surveillance des niveaux et de la répartition des facteurs de risque, les enseignements tirés de la prévention de ces maladies et la stratégie mondiale présentée par le Directeur général comptent beaucoup. Son pays a commencé à incorporer la stratégie dans son propre programme. Le Dr Popa est convaincu que l'OMS a un rôle capital à jouer en tant que chef de file des partenariats mondiaux et des pourvoyeurs d'appui techniqu_e. Il souscrit sans réserve au projet de résolution. M. SHEM (Vanuatu), faisant le bilan des progrès accomplis dans son pays, dit qu'en avril2000 le Ministère de la Santé, en collaboration avec le secrétariat de la Commission du Pacifique Sud, a établi le rapport d'une étude sur les maladies non transmissibles faite en 1998. En 1999, en collaboration avec l'OMS, son pays a établi un plan de lutte dont l'un des aspects les plus importants est le dépistage des maladies non transmissibles chez les employés des services gouvernementaux, dans le secteur privé, chez les parlementaires et les coureurs qui porteront la flamme olympique en mai 2000. Vanuatu apprécierait l'appui technique de l'OMS en matière de surveillance. Le Professeur AK.INSETE (Nigéria) appuie sans réserve la stratégie mondiale. Le programme de lutte de son pays date d'un peu plus de dix ans. Une enquête nationale sur les maladies non transmissibles et les risques associés a été réalisée en 1990 et le pays exécute un plan d'action à moyen terme basé sur les résultats de cette enquête. L'enquête de suivi n'a pu être effectuée faute de fonds. La lutte contre les maladies non transmissibles a été intégrée aux services de soins de santé primaires. Le programme comprend également des mesures antitabac, y compris des mesures législatives. Approuvant la stratégie mondiale, le Professeur Akinsete préconise un plan d'action complet et une collaboration étroite entre les Etats Membres, notamment au niveau régional. M. THOLL (Canada) appuie sans réserve le projet de résolution, car la lutte contre les maladies non transmissibles à l'échelle mondiale constitue d'ores et déjà une mission sanitaire extrêmement importante siècle. La Fédération mondiale du Coeur, par exemple, a récemment mis la dernière main pour le à un livre blanc sur la pandémie imminente de maladies cardio-vasculaires. Le Canada soutient fermement l'OMS dans son engagement à combattre les problèmes complexes qui se dessinent, notamment la montée rapide des maladies non transmissibles dans le monde, à laquelle il faut réagir d'urgence à l'échelle mondiale. Il faut éviter la confusion et les doubles emplois, et M. Tholl attend avec impatience que soit établi un plan d'action complet sur la base du travail important accompli par le secteur non gouvernemental. Les partenariats seront indispensables à son succès. Le plan d'action doit inclure la convention-cadre pour la lutte antitabac puisque le tabagisme est la première cause évitable d'attaques cardiaques, d'accidents vasculaires cérébraux et de cancer. Le Gouvernement canadien a une expérience très positive des partenariats avec le secteur non gouvernemental, et a récemment créé une commission ministérielle extraordinaire regroupant huit ministres, dont le Ministre de la Santé, pour collaborer avec

:xxr

118

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

le secteur du bénévolat. Sur le plan international, le Canada continue à jouer un rôle directeur au sein des organismes de coordination et continuera à mettre ses compétences au service de l'OMS. M. ThoU souscrit pleinement au projet de résolution. Mme SUCHADA SAKORNSATIAN (Thai1ande) accueille favorablement le projet de résolution et se félicite de l'attention prêtée aux déterminants comportementaux des maladies non transmissibles comme le tabagisme et une mauvaise hygiène de vie, mais elle demande qu'on accorde une attention plus soutenue aux risques grandissants associés aux substances cancérigènes et aux produits chimiques. Elle déplore l'insuffisance de l'approche préventive, qui devrait prévoir des politiques de santé publique visant à promouvoir l'exercice et une bonne condition physiques, à favoriser un environnement sûr, à créer des aires de loisirs et à garantir la sécurité au travail. La politique fiscale fait partie intégrante du cadre législatif. En Thaïlande, 1 % des taxes sur le tabac sont versées à un fonds national de promotion de la santé destiné à subventionner les organisations non gouvernementales qui promeuvent la santé et le sport. La publicité qui a trait au mode de vie est réglementée dans le cadre d'une politique d'information du public ; la publicité en faveur du tabac, par exemple, est totalement interdite, et les allégations concernant les avantages sanitaires que présentent les compléments d'alimentation et les régimes doivent être accompagnées d'avis contraires. Le projet de résolution porte uniquement sur la prévention primaire. Il faut s'intéresser de plus près à la prévention secondaire, par exemple en rédigeant des principes directeurs concernant les services cliniques de prévention pour un dépistage économiquement efficace par sexe, tranche d'âge et degré d'exposition aux risques. La prévention tertiaire exige un système de soins de santé efficace. Compte tenu de ce qui précède, la déléguée propose les amendements suivants au projet de résolution : au troisième alinéa du préambule, insérer après les mots « à savoir » « les produits chimiques et substances cancérigènes»; ajouter au début du dispositifun nouveau paragraphe 1.1) libellé comme suit : « à élaborer un cadre national incluant plusieurs instruments tels que des politiques publiques génératrices d'un environnement propice à un mode de vie sain, des politiques fiscales favorisant ou sanctionnant, selon le cas, les biens et les services sains ou malsains, et des politiques d'information du public qui donnent à la communauté les moyens d'agir» ; au paragraphe 1.1) a), après «les actions de sensibilisation», insérer« la surveillance des programmes»; ajouter à l'actuel paragraphe 1.1) un nouvel alinéa f) qui se lirait comme suit: «sur la base des données factuelles disponibles, à soutenir l'élaboration de principes directeurs cliniques pour des services de prévention économiquement efficaces, tels que le dépistage, en tenant compte de la tranche d'âge, du sexe et de l'exposition aux risques»; et au paragraphe 1.2), ajouter à la fm du texte « et à rendre plus efficace la prévention tertiaire des incapacités et des lésions aux organes touchés;».

M. Chowdhury assume la présidence. Le Professeur GRABAUSKAS (Lituanie), parlant au nom des Etats baltes, fait l'éloge du rapport. En Estonie, en Lettonie et en Lituanie, les maladies non transmissibles sont un problème de santé majeur : les maladies cardio-vasculaires, les cancers, les causes externes ou les maladies respiratoires sont à l'origine de 90% des décès. En raison probablement des changements politiques et socio-économiques, l'indépendance a été suivie d'une grave crise sanitaire qui s'est traduite par une baisse de l'espérance de vie, surtout chez les hommes. Le délégué soutient donc fermement les efforts déployés par l'OMS pour aider les Etats Membres à formuler et à appliquer des stratégies de lutte contre ces maladies. Par la mobilisation systématique de tous les éléments de la société, on a mené une lutte intégrée contre les maladies non transmissibles et réussi à inverser les tendances négatives en 1994-1995. Par la suite, les taux de mortalité imputable aux coronaropathies, au cancer du poumon et à d'autres causes ont baissé de manière sensible. La leçon à retenir est que les pays doivent intervenir tout de suite, même si le problème est complexe et qu'ils manquent de moyens. L'expérience des pays baltes montre qu'une politique de santé bien formulée et fondée sur des observations scientifiques sérieuses, une bonne infrastructure pour coordonner les mesures de promotion de la santé, la prévention et des soins de

COMMISSION A : SEPTIEME SEANCE

119

meilleure qualité fmissent par porter leurs fruits. Le délégué soutient donc fermement le projet de résolution. Mlle O'HALLORAN (Irlande) adhère elle aussi pleinement à la stratégie mondiale de l'OMS. Conformément à ses objectifs, son pays a mis au point des stratégies nationales contre les maladies cardia-vasculaires et le cancer, principales causes de morbidité et de mortalité. Elle demande instamment à l'OMS d'inscrire la santé bucco-dentaire au nombre des priorités, car les affections hocco-dentaires demeurent un grave problème de santé publique dans le monde. Les soins dentaires absorbent une part non négligeable du budget des services de santé dans la plupart des pays. Le Dr SADRIZADEH (République islamique d'Iran) approuve la stratégie mondiale et signale que, dans son pays, les maladies cardio-vasculaires, les accidents et le cancer sont les trois premières causes de mortalité, et que les troubles génétiques, le diabète et les maladies pulmonaires obstructives entraînent une morbidité et une mortalité élevées. Le système national de soins de santé primaires est tout indiqué pour l'intégration des programmes de lutte contre les maladies transmissibles et non transmissibles; l'hypertension, le diabète et les troubles génétiques ont été les premiers inclus, suivis des programmes de prévention des accidents et de santé mentale. Le plan national de lutte contre les maladies non transmissibles privilégie la promotion de modes de vie sains. Le Dr Sadrizadeh se félicite de l'appui technique de l'OMS, car il reste encore beaucoup à faire. Il reprend à son compte les ob~ervations d'autres délégués sur le double fardeau des maladies transmissibles et non transmissibles dans les pays en développement et invite instamment l'OMS à s'attaquer avec le même succès aux maladies non transmissibles qu'aux maladies transmissibles. Le Dr CICOGNA (Italie), félicitant le Directeur général de son rapport, souligne que la prévention intégrée des facteurs de risque évitables n'est pas la seule approche pour prévenir les maladies non transmissibles les plus répandues; il faut aussi s'attaquer aux déterminants de la santé (l'environnement social, physique et économique). Il demande qu'on fasse de la réadaptation, surtout la réadaptation à base communautaire, un élément important de la stratégie mondiale, au même titre que la surveillance, la prévention et les soins. Le Dr LEVENTHAL (Israël) reconnaît la nécessité des soins au long cours et de la réadaptation. La responsabilité en échoit souvent aux membres de la famille, public attentif des programmes de prévention de la maladie et de promotion de la santé auquel il serait bon d'apporter un soutien. Il propose d'ajouter les mots« y compris les soins au long cours» à la fm du paragraphe 1.2) du projet de résolution. Le Dr WANG Zhao (Chine), approuvant le rapport, exprime son soutien à l'élaboration d'une stratégie mondiale. L'OMS devrait s'employer à aider les gouvernements des pays en développement à élaborer des politiques et à mobiliser la société, et faire partager l'expérience des pays développés habitués à mesurer l'ampleur des maladies non transmissibles et à appliquer des mesures de lutte. Le Gouvernement chinois juge précieuse la coopération technique avec l'OMS par l'intermédiaire de son centre collaborateur en Chine. Le Gouvernement a trouvé utiles les indicateurs simples et peu coûteux qu'il lui a été suggéré d'adopter pour surveiller et évaluer la charge et l'issue de la maladie, les comportements, l'environnement social et les systèmes d'information. Mme WIGZELL (Suède) approuve elle aussi le rapport. Toutefois, étant donné que l'alcoolisme est un facteur de risque considérable, elle propose d'ajouter au troisième alinéa du préambule du projet de résolution le mot «alcoolisme» après «tabagisme», et d'insérer, à l'alinéa d) du paragraphe 1.1) «,de la prévention de l'alcoolisme» après« de la lutte contre les produits du tabac». Le Dr JA W AD (Oman) dit qu'après avoir endigué ou éradiqué des maladies transmissibles comme la rougeole et la poliomyélite, l'Oman enregistre maintenant une augmentation de l'incidence des maladies

120

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

non transmissibles et une consommation élevée de tabac. Les cardiopathies sont la principale cause de décès à l'hôpital, suivies du cancer, des accidents de la route, des troubles psychologiques et des maladies transmissibles. L'Oman et d'autres Etats arabes du Golfe sont la cible des multinationales du tabac, qui profitent de l'absence de réglementation stricte et de l'accès libre à Internet pour vanter leurs produits aux jeunes. L'Oman a créé un service spécial maladies non transmissibles au sein du Ministère de la Santé. Des manuels ont été conçus à l'intention du personnel des services de soins de santé primaires. Le pays collabore avec l'OMS et la Finlande à un projet pilote à assise communautaire. Le Dr Jawad demande au Directeur général de mieux soutenir les programmes de lutte contre les maladies non transmissibles dans les pays en développement en leur fournissant un appui technique et fmancier. L'Oman souscrit au projet de résolution et aux amendements proposés par le Danemark et la Thaïlande. Le Dr SAMMOD (Jamahiriya arabe libyenne) se félicite de l'importance accordée à la lutte contre les maladies non transmissibles, qui pèsent de plus en plus lourdement sur les pays en développement. Son pays souscrit au projet de résolution. Le Dr THIERS (Belgique) appelle l'attention sur une question qui préoccupe de nombreux pays, à savoir les possibles effets sur la santé d'une technologie qui se développe rapidement: la téléphonie mobile. Une approche concertée s'impose pour évaluer les risques, fixer des normes et prendre des mesures acceptables au niveau mondial en vue de minimiser les effets des champs électrom~gnétiques. Il propose que l'OMS, par l'intermédiaire de son projet international CEM, fasse le point des conséquences sanitaires que peut avoir l'exposition aux téléphones portables et aux relais ou mâts, et formule des recommandations concernant les mesures à prendre. Seule l'OMS a l'autorité et l'indépendance nécessaires pour procéder à une telle évaluation et, qui plus est, elle peut se prévaloir de son mandat normatif, ce qui évite de modifier le projet de résolution ou d'adopter exprès une résolution sur les téléphones portables. Le Dr KHAZAL (Emirats arabes unis), constatant que les maladies non transmissibles représentent une charge de plus en plus lourde pour la santé publique, soutient fermement le projet de résolution. Le Ministère de la Santé de son pays a lancé un programme d'enregistrement des cancers et a entrepris le dépistage du cancer du sein et du col. Il existe aussi un programme de dépistage précoce des maladies congénitales chez les nouveau-nés. On a fait une étude de terrain pour déterminer le taux de prévalence du diabète et de l'hypertension, premier pas vers la formulation d'une stratégie nationale de lutte contre les maladies non transmissibles. Mme VOGEL (Etats-Unis d'Amérique) exprime son soutien au projet de résolution, sans amendement Elle se félicite de la fusion de deux Groupes opérée récemment à l'OMS ; la nouvelle équipe ainsi formée sera bien placée pour mener à bien les initiatives actuelles. Elle apprécie le fait qu'on accorde de plus en plus d'attention au mode de vie dans l'optique d'améliorer la santé et de prolonger l'espérance de vie. Elle insiste sur l'importance d'une meilleure surveillance des maladies non transmissibles et de l'utilisation des informations ainsi recueillies pour mener une politique et une action publiques au niveau des pays. Il est primordial d'améliorer la prise en charge des cas, et elle espère que l'OMS forgera des partenariats avec les professionnels de santé et autres afin de les gagner à cette cause. A l'instar du délégué d'Israël, elle souligne l'importance des soins au long cours, pas seulement pour les personnes âgées. Bien qu'extrêmement important, l'alcoolisme est souvent négligé par rapport à l'abus de substances plus fortes. Elle est d'accord avec le délégué de l'Irlande à propos de la santé bucco-dentaire. La Région des Amériques dispose d'un excellent programme de santé bucco-dentaire, appréciable à de nombreux égards. D'habitude, les organismes d'aide ne s'intéressent pas au domaine vaste et complexe des maladies non transmissibles, mais Mme Vogel espère qu'il,s l'intégreront dans leurs programmes. En attendant, comme l'a indiqué le délégué du Canada, il faudra de nombreux partenaires.

COMMISSION A : SEPTIEME SEANCE

121

Le Dr CONOMBO SffiDOU (Burkina Faso), approuvant le principe d'une stratégie mondiale, indique que son pays a tenu compte de l'émergence des maladies non transmissibles dans sa politique nationale de santé et dans le plan de développement national qu'il est en train d'élaborer. Le Burkina Faso sollicite l'appui de l'OMS pour fixer les priorités, accroître les ressources humaines, suivre une approche multisectorielle en matière de communication sociale et améliorer l'information sanitaire. Il faut aussi encourager la recherche sur les déterminants comportementaux et les facteurs de risque et développer le potentiel diagnostique des laboratoires opérant au niveau des districts sanitaires. La déléguée approuve le rapport, mais propose un amendement au projet de résolution, qui consisterait à ajouter à la fm du paragraphe 1.1) b) «en renforçant le système d'information sanitaire». Le Dr LEWIS-FULLER (Jamaïque) souscrit pleinement à l'initiative de l'OMS. La Jamaïque a longtemps fait porter ses efforts sur les maladies transmissibles et a éradiqué bon nombre d'entre elles, mais avec la transition épidémiologique, les maladies non transmissibles absorbent une bonne part des maigres ressources du pays, de sorte qu'on ne sait plus quelle cible viser. On a choisi comme principale stratégie la promotion de la santé, mais la nécessité de collaborer avec de multiples institutions locales, nationales et internationales a rendu les choses difficiles. La Jamaïque n'arrive toujours pas à obtenir de bons indicateurs intermédiaires de sa performance en matière de promotion de la santé et le Dr Lewis-Fuller suggère que l'OMS se penche sur la question. S'agissant du projet de résolution, elle propose d'ajouter un nouvel alinéa f) au paragraphe 1.1) de façon à inviter instamment les Etats Membres « à inclure des activités appropriées de promotion de la santé dans les programmes de santé scolaires et dans les programmes s'adressant aux jeunes;», ainsi qu'un autre paragraphe sous le point 2, de façon à prier le Directeur général « de donner des orientations et fournir un appui technique aux pays pour la formulation de programmes de promotion de la santé efficaces destinés à prévenir les maladies non transmissibles et les maladies chroniques, et pour la mise au point d'indicateurs de performance en matière de promotion de la santé;». Le Dr TEMU (Papouasie-Nouvelle-Guinée) dit que, malgré la volonté de son pays d'étendre ses activités de prévention, le fardeau des maladies non transmissibles persistera encore un certain temps. Compte tenu des difficultés que rencontrent les pays en développement comme le sien pour se procurer les médicaments utilisés couramment dans le traitement des maladies non transmissibles, il propose d'ajouter deux nouveaux alinéas au paragraphe 2: 8) de promouvoir la recherche et l'appui à l'élaboration de principes directeurs pour un dépistage, un diagnostic et un traitement économiquement efficaces des maladies non transmissibles courantes ; de poursuivre le dialogue avec l'industrie pharmaceutique en vue d'améliorer l'accès 9) aux médicaments pour traiter le diabète, l'hypertension et les cancers courants;. Le Dr FETISOV (Fédération de Russie) dit que son pays soutient le projet de stratégie mondiale, mais il espère que, vu l'importance accordée aux quatre plus grands groupes de maladies (maladies cardio-vasculaires, cancer, maladies pulmonaires et diabète), d'autres maladies non transmissibles comme les affections congénitales et les affections bucco-dentaires ne seront pas négligées. Le rapport insiste avec raison sur le rôle important que l'OMS doit jouer dans le soutien aux efforts nationaux de lutte contre les maladies non transmissibles, mais n'évoque pas les vingt années d'expérience des programmes de prévention de l'OMS tels que le Programme intégré de santé communautaire concernant les maladies non transmissibles (INTERSANTE), le Programme d'intervention intégré à l'échelle d'un pays contre les maladies non transmissibles (CINDI) dans la Région européenne et l'action concertée en vue d'une réduction multifactorielle des maladies non transmissibles (CARMEN) dans la Région des Amériques. Son pays considère ces programmes comme des modèles dont devrait s'inspirer la nouvelle stratégie mondiale.

122

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

Le rapport décrit clairement le rôle et les obligations des participants à la stratégie mondiale à différents niveaux, ainsi que les modalités de leur collaboration. Il faudrait cependant définir plus précisément le mécanisme qui permettra de superviser et d'évaluer la façon dont les participants s'acquittent de leurs responsabilités. Il importe également d'envisager les moyens de rendre la stratégie mondiale rentable, objectif qui est dans l'intérêt de tous les Etats Membres. En outre, le rapport ne parle pas d'Internet, alors qu'on imagine difficilement comment la stratégie mondiale pourrait être mise en oeuvre sans lui. Il faudrait à l'avenir tenir compte de cet aspect lors de l'élaboration et de l'application de la stratégie. Tous les Etats Membres devraient participer à l'élaboration et à la mise en oeuvre de la stratégie mondiale afm que celle-ci soit adaptée à la situation qui leur est propre et serve leurs intérêts. La Fédération de Russie a rodé ses programmes de lutte contre les maladies non transmissibles et aimerait les développer dans le cadre de la stratégie mondiale. Sa délégation approuve le rapport dans ses grandes lignes et souscrit au projet de résolution. Le Dr MAHJOUR (Maroc) fait savoir qu'une enquête nationale sur les facteurs de risque des maladies non transmissibles est en cours au Maroc. Les résultats de cette enquête serviront à mettre au point un programme de lutte intégrée venant compléter les programmes spécifiques déjà opérationnels. Son pays entreprend des campagnes de prévention et de sensibilisation. Les médicaments destinés au traitement des maladies cardia-vasculaires, du diabète et du cancer sont exonérés de droits de douane. Sa délégation souscrit au projet de résolution. · Le Dr TEE AH SIAN (Malaisie), appuyant le projet de stratégie mondiale, constate que, dans son pays, la surveillance des maladies non transmissibles n'est pas encore aussi développée que celle des maladies transmissibles. Son pays souhaiterait que l'OMS l'aide à mettre en place un système de surveillance des maladies non transmissibles. Il faudrait mettre sur pied davantage de centres collaborateurs et de projets pilotes de prévention primaire dans les pays en développement, ainsi que des technologies de l'information appropriées, des systèmes de télémédecine et des réseaux électroniques. L'OMS devrait forger des «partenariats intelligents » avec le secteur privé et les entreprises commerciales en vue de promouvoir la santé et de susciter des changements de comportement. Le Dr KORTE (Allemagne), se référant au point 12.13 de l'ordre du jour, Promotion de la santé (document A53/16), dit que la plupart des pays opèrent des changements structurels dans la mise en oeuvre de la politique gouvernementale parce qu'ils manquent de ressources. Les responsables politiques et les décideurs doivent trouver des solutions novatrices pour faire évoluer l'économie et la société. La santé a rapport à la fois avec les changements sociaux, la qualité de la vie, le progrès économique et social et la stabilité politique. Les responsables politiques doivent permettre aux organismes chargés de la santé publique d'appliquer des stratégies et des programmes efficaces de promotion de la santé. Tous les membres de la société, pas seulement le secteur de la santé, doivent participer à la mise en oeuvre de stratégies fondées sur des données factuelles pour promouvoir la santé et prévenir la maladie. Le titre de la cinquième conférence mondiale sur la promotion de la santé qui se tiendra prochainement à Mexico est «Faire place à l'équité», et il est à espérer que cette conférence permettra de réunir un supplément de données scientifiques prouvant l'intérêt de la promotion de la santé, car les décisions politiques sont souvent prises sur des bases scientifiques insuffisantes. Son pays est très désireux de développer sa collaboration avec l'OMS dans le cadre de ses activités bilatérales d'aide technique, en particulier la promotion de modes de vie sains auprès des jeunes. L'OMS a pris part à la préparation de la prochaine exposition universelle, EXPO 2000, qui ouvrira ses portes en juin 2000 à Hanovre, en Allemagne, et dont 1'un des temps forts sera un forum mondial sur la santé. Mme DUNLOP (Australie) dit que son pays a inscrit les maladies visées par la nouvelle stratégie mondiale (maladies cardio-vasculaires, cancer, maladies pulmonaires et diabète) au nombre de ses priorités sanitaires. L'Australie est en train de mettre au point une stratégie nationale de lutte contre les

COMMISSION A : SEPTIEME SEANCE

123

maladies chroniques, qui intégrera à l'ensemble des services de soins des activités de prévention des facteurs de risque communs. La stratégie est semblable à celle proposée par l'OMS, à la différence qu'elle accorde une plus grande place aux maladies rénales, très répandues dans la population autochtone d'Australie. Dans son pays, la lutte contre les maladies chroniques est jugée importante pour réduire les inégalités de santé. Sa délégation soutient la stratégie mondiale et le projet de résolution, mais estime que l'obésité devrait être reconnue de manière plus explicite comme un facteur de risque, compte tenu du rôle qu'elle joue dans le diabète non insulinodépendant. Le Dr BUSTAMANTE GARCiA (Colombie) note que, parmi les objectifs de la stratégie mondiale, figurent l'intensification des soins de santé dispensés aux personnes atteintes de maladies non transmissibles et l'innovation en matière de soins. Il faudra donc renforcer les soins de santé primaires et adopter de nouvelles méthodes pour mettre les soins spécialisés à la portée des régions éloignées et pauvres, au titre de l'action menée pour un accès équitable aux services de santé. Il pense lui aussi que la stratégie doit prévoir le développement de la télémédecine grâce aux technologies de l'information et à Internet. La télémédecine doit couvrir toutes les disciplines, par exemple la cardiologie, l'anatomie pathologique et la radiologie, afm d'amener les soins spécialisés jusque dans les régions éloignées et de réduire considérablement les coûts. La télémédecine n'est pas une technologie pour demain; elle peut dès à présent contribuer à l'équité et à mettre les soins spécialisés à la portée des patients, en particulier dans les pays en développement. Le Dr BURGOS CALDERON (Porto Rico) rappelle que, d'après la Déclaration d' Alma-Ata, le développement économique et social est une condition indispensable à la mise en place de stratégies efficaces, à la réalisation de la santé pour tous et à l'élaboration de programmes de promotion et de protection de la santé. Avec leurs faibles revenus, les habitants des pays en développement ne peuvent acheter et consommer que des aliments qui n'ont pas de valeur nutritive. La« malbouffe », riche en calories et en graisses, est en grande partie à l'origine de l'obésité et d'autres maladies. Deux types de mesures s'imposent: accroître le pouvoir d'achat des habitants afm que, correctement éduqués, ils puissent consommer des aliments plus nutritifs ; entreprendre des campagnes visant à convaincre l'industrie de produire des aliments plus nutritifs et meilleur marché et à inciter les consommateurs à ne pas rechercher la gratification instantanée dans tous les domaines. Le Professeur GRANGAUD (Algérie) dit que sa délégation adhère sans réserve aux objectifs de la stratégie mondiale. Son pays, où se produit une transition épidémiologique entre les maladies transmissibles et les maladies non transmissibles, a déjà entrepris un certain nombre d'activités en rapport avec la stratégie. On est en train de mettre au point une charte du malade, qui servira de base réglementaire à la réforme des services de soins de santé, ainsi que des indicateurs pour mieux mesurer l'importance des maladies non transmissibles. Son pays serait heureux à cet égard de bénéficier de l'appui de l'OMS sur le plan méthodologique. Sa délégation soutient le projet de résolution.

Le Dr JURADO BALLARES (Equateur) accueille favorablement le projet de résolution et soutient l'initiative de l'OMS. En 1995, l'Equateur a entrepris une vaste étude des principaux problèmes de santé du pays, qui a fait ressortir une transition épidémiologique entre les maladies dites de la pauvreté et les maladies non transmissibles. Le rapport de 1'étude distinguait des déterminants objectifs (économiques, environnementaux et culturels) et des facteurs subjectifs (pour l'alcoolisme en particulier). Au cours des cinq dernières années, on s'est efforcé de mobiliser la société civile et les praticiens traditionnels dans le cadre de programmes d'autoprise en charge et d'incitation à adopter un mode de vie sain, par la création notamment de nombreuses associations pour la prévention, le traitement et la guérison de l'hypertension, du diabète, du cancer, de l'ostéoporose et de l'alcoolisme. La publicité en faveur du tabac et de l'alcool a été sévèrement réglementée. En mars 2000, a été lancé le plan« L'Equateur au troisième millénaire» en vue de promouvoir des modes de vie sains. Dans le courant du même mois, on a lancé le plan national de santé mentale, dont l'un des principaux aspects est la lutte contre l'alcoolisme. Dans l'optique de la

124

CINQUANTE-TROIS lEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

mise en oeuvre de la stratégie de l'OMS, le délégué suggère de tenir compte des nouvelles technologies utilisées, de la mobilisation de la société civile et de la responsabilisation des individus afm qu'ils prennent soin d'eux-mêmes et de leurs familles. Le Dr JA'AFARI (Arabie saoudite) attire l'attention sur la multiplication des risques et la progression des maladies non transmissibles. Le Ministère de la Santé a entrepris des études et des travaux de recherche afin d'estimer l'ampleur du problème et de mettre en place un programme intégré de surveillance et de lutte. Un programme de sensibilisation devrait bientôt être appliqué dans les écoles. Sa délégation souscrit à la stratégie mondiale proposée. Le Dr OTIO (Palaos) se joint à de précédents orateurs pour dire que la stratégie mondiale devrait porter aussi sur la santé bucco-dentaire. Les affections bucco-dentaires sont en soi un problème chronique important, mais méritent qu'on s'intéresse à elles dans le cadre du débat sur les maladies non transmissibles pour plusieurs raisons : les données établissent un lien entre ces affections et certaines maladies cardio-vasculaires; elles ont un effet nocif sur l'état nutritionnel; la santé bucco-dentaire influe sur l'estime de soi et la santé mentale. Le Dr Otto est également d'accord avec de précédents orateurs sur le rôle de la promotion de la santé dans la stratégie mondiale. Il se félicite donc du rapport et est favorable à 1' approbation du projet de résolution, tel qu'il a été amendé. Mme PAULINO (Philippines) souligne que les maladies non transmissibles progressent rapidement aussi aux Philippines. Elle se félicite donc des orientations données dans le document A53/14 et insiste sur deux points en particulier. Premièrement, étant donné que les facteurs de risque communs sont liés au mode de vie, il faut privilégier l'action de sensibilisation et la promotion de la santé auprès des jeunes afm qu'ils adoptent de bonne heure un mode de vie sain et une attitude positive vis-à-vis de la santé et des soins de santé. Il faut sans retard susciter une prise de conscience au sein de la nouvelle génération. Deuxièmement, les politiques et mesures appliquées en dehors du secteur de la santé ont une incidence sur la santé, surtout sur les facteurs de risque des maladies non transmissibles. La tâche consiste à faire en sorte que les politiques de développement aient des effets positifs sur la santé. Sa délégation souscrit au projet de résolution et compte sur l'OMS pour prendre l'initiative de trouver des partenaires et d'obtenir les ressources qui font si cruellement défaut. Le Dr MOETI (Botswana) apprécie lui aussi l'importance accordée à la lutte contre les maladies non transmissibles et soutient le projet de résolution. Néanmoins, malgré l'importance que revêtent les stratégies d'ensemble appliquées dans ce but, il craint que les pays sévèrement touchés par le Vlli/SIDA ne manquent de ressources humaines pour faire face aux problèmes qui se posent dans ce domaine si complexe. Il demande donc instamment à l'OMS de faire un effort spécial pour apporter à ces pays l'appui technique et humain dont ils ont besoin. Le PRESIDENT appelle l'attention de la Commission sur le projet de résolution, tel qu'amendé, qui se lit comme suit : La Cinquante-Troisième Assemblée mondiale de la Santé, Rappelant la résolution WHA51.18 sur la lutte contre les maladies non transmissibles, dans laquelle le Directeur général était prié d'élaborer une stratégie mondiale de lutte contre les maladies non transmissibles et de soumettre au Conseil exécutif et à l'Assemblée de la Santé la stratégie mondiale proposée ainsi qu'un plan de mise en oeuvre; Consciente des souffrances humaines considérables que causent des maladies non transmissibles comme les maladies cardio-vasculaires, le cancer, le diabète et les maladies respiratoires chroniques, et de la menace qu'elles font peser sur les économies de nombreux Etats Membres, avec des inégalités croissantes en matière de santé entre les pays et les populations ;

COMMISSION A : SEPTIEME SEANCE

125

Constatant que les conditions dans lesquelles vivent les populations et leurs modes de vie influent sur leur santé et leur qualité de vie, et que les principales maladies non transmissibles sont liées à des facteurs de risque communs, à savoir le tabagisme, l'alcoolisme, une mauvaise alimentation, la sédentarité et les cancérogènes présents dans l'environnement, et sachant également que ces risques sont déterminés par des facteurs économiques, sociaux, sexospécifiques, politiques, comportementaux et environnementaux ; Réaffirmant que la stratégie mondiale de lutte contre les maladies non transmissibles et le plan d'exécution qui l'accompagne visent à réduire la mortalité prématurée et à améliorer la qualité de la vie; Reconnaissant le rôle directeur que devrait jouer l'OMS en favorisant une action mondiale contre les maladies non transmissibles et sa contribution à la santé dans le monde sur la base des avantages qu'elle offre par rapport à d'autres organisations; 1. INVITE INSTAMMENT les Etats Membres : 1) à élaborer un cadre national incluant plusieurs instruments tels que des politiques publiques génératrices d'un environnement propice à un mode de vie sain, des politiques fiscales favorisant ou sanctionnant, selon le cas, les biens et les services sains ou malsains, et des politiques d'information du public qui donnent à la communauté les moyens d'agir; 2) à mettre sur pied des programmes, au niveau national ou à tout autre niveau approprié, dans le cadre de la stratégie mondiale de lutte contre les principales maladies non transmissibles, et en particulier : · a) à élaborer un mécanisme qui fournisse des informations factuelles pour la défmition des politiques, les actions de sensibilisation, la surveillance des programmes et l'évaluation; b) à évaluer et surveiller la mortalité et la morbidité attribuables aux maladies non transmissibles, le niveau d'exposition aux facteurs de risque et leurs déterminants dans la population en renforçant le système d'information sanitaire; c) à continuer à poursuivre les objectifs sanitaires transversaux et intersectoriels nécessaires à la lutte contre les maladies non transmissibles en inscrivant ces maladies au nombre des priorités de l'action de santé publique; d) à mettre en avant le rôle déterminant des pouvoirs publics, y compris des activités réglementaires, dans la lutte contre les maladies non transmissibles, qu'il s'agisse de l'élaboration de politiques nutritionnelles, de la lutte contre les produits du tabac, de la prévention de l'alcoolisme ou de politiques visant à encourager l'activité physique; e) à promouvoir des initiatives à base communautaire pour prévenir les maladies non transmissibles en se fondant sur une approche intégrée des facteurs de risque; f) sur la base des données factuelles disponibles, à soutenir l'élaboration de principes directeurs cliniques pour un dépistage, un diagnostic et un traitement économiquement efficaces des maladies non transmissibles courantes ; g) à inclure des stratégies appropriées de promotion de la santé dans les programmes de santé scolaires et dans les programmes s'adressant aux jeunes ; 3) à promouvoir la prévention secondaire et tertiaire, y compris la réadaptation et les soins au long cours, et à faire en sorte que les systèmes de santé soient en mesure de prendre en charge les maladies non transmissibles chroniques sur la base d'interventions sanitaires d'un bon rapport coût/efficacité et d'un accès équitable aux soins; 4) à faire partager leur expérience et à développer les capacités nécessaires, aux niveaux régional, national et communautaire, pour élaborer, mettre en oeuvre et évaluer des programmes de lutte contre les maladies non transmissibles ;

126

CINQUANTE-TROISlEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

2.

PRIE le Directeur général : 1) de continuer à donner la priorité à la lutte contre les maladies non transmissibles en accordant une attention toute particulière aux pays en développement et aux autres populations défavorisées ; 2) de veiller à ce que l'action conduite par l'OMS pour combattre les maladies non transmissibles et les facteurs de risque qui leur sont liés repose sur les meilleures informations disponibles, et de favoriser ainsi, avec des partenaires internationaux, le développement des capacités et la mise en place d'un réseau mondial de systèmes d'information ; 3) de fournir un appui technique et des orientations appropriées aux Etats Membres pour l'évaluation de leurs besoins, l'élaboration de programmes de promotion de la santé efficaces, l'adaptation de leurs systèmes de santé et la prise en compte des problèmes particuliers aux hommes et aux femmes liés à l'épidémie croissante de maladies non transmissibles ; 4) de renforcer les partenariats existants et d'en forger de nouveaux, notamment avec des organisations non gouvernementales nationales et internationales spécialisées, en vue de partager les responsabilités de la mise en oeuvre de la stratégie mondiale en fonction de l'expérience de chacun ; 5) de coordonner, en collaboration avec la communauté internationale, des .alliances et partenariats mondiaux pour la mobilisation des ressources, des actions de sensibilisation, le développement des capacités et la recherche concertée ; 6) de promouvoir l'adoption de politiques intersectorielles internationales, de règlements et d'autres mesures appropriées susceptibles de réduire au minimum les effets des principaux facteurs de risque des maladies non transmissibles ; 7) de promouvoir et d'entreprendre des recherches collectives sur les maladies non transmissibles, y compris des recherches sur les déterminants comportementaux, et de renforcer le rôle des centres collaborateurs de l'OMS qui appuient la stratégie mondiale de lutte; 8) de poursuivre le dialogue avec l'industrie pharmaceutique en vue d'améliorer l'accès aux médicaments pour traiter simultanément les principales maladies non transmissibles et leurs déterminants.

Le projet de résolution, tel qu'il a été amendé, est approuvé. 1 Le Dr SUNDBERG (Fédération internationale des Associations d'Etudiants en Médecine), prenant la parole sur l'invitation du PRESIDENT, salue les efforts faits par l'OMS pour promouvoir des modes de vie sains et prévenir les maladies non transmissibles, cause importante de mortalité dans le monde, et en particulier l'initiative Pour un monde sans tabac. En tant que représentant d'une fédération mondiale d'étudiants en médecine active aux niveaux international, national et local, il est fermement opposé à l'usage du tabac et ne saurait le tolérer. Le tabagisme étant une gigantesque menace pour la santé publique, il figure en bonne place dans le programme de travail de son association. La publicité et les pressions exercées par leur entourage incitent les enfants et les adolescents à fumer. Le tabagisme passif présente en outre d'énormes risques. Son association a créé un réseau pour permettre aux jeunes et aux professionnels de santé de riposter aux manoeuvres des publicitaires. Les étudiants en médecine ont un rôle important à jouer en montrant l'exemple aux autres jeunes et en les incitant à adopter un mode de vie sain, sans tabac. L'association représente les futurs médecins, qui seront la prochaine génération de

Ce projet de résolution a été transmis à 1'Assemblée de la Santé dans le deuxième rapport de la Commission et adopté sous la cote WHA53 .17.

1

COMMISSION A : SEPTIEME SEANCE

127

dirigeants et de victimes potentielles de l'industrie du tabac. Le Dr Sundberg soutient donc les efforts de l'OMS et compte sur les dirigeants d'aujourd'hui pour bâtir un avenir sain. Le Dr MONNOT (Fédération dentaire internationale), prenant la parole sur l'invitation du PRESIDENT, exprime les préoccupations de la Fédération concernant le programme de santé bucco-dentaire de l'OMS et l'absence d'un tel programme dans la stratégie de lutte contre les maladies non transmissibles. Son organisation, qui compte cinq organes régionaux, représente 140 associations dentaires nationales dans 125 pays, soit deux millions de dentistes. Elle est entrée en relations officielles avec l'OMS en 1988 dans le but de renforcer l'élaboration et l'application de normes dans les domaines de la surveillance, de la prévention, de l'éducation et de la planification. Cette collaboration a permis d'améliorer sensiblement la santé bucco-dentaire des populations, mais il s'agit de préserver les acquis, surtout que les affections bucco-dentaires gagnent du terrain dans les pays pauvres. Les inégalités de santé sont de plus en plus marquées dans les couches défavorisées des pays industrialisés. Il faut mettre en place et maintenir un réseau de surveillance standardisé et indépendant, par l'intermédiaire de la banque mondiale de données OMS sur la santé bucco-dentaire, qui permet d'évaluer les résultats sanitaires, de fixer des objectifs, d'aider les associations dentaires nationales à formuler des plans de santé nationaux et de mettre au point des stratégies pour renforcer le système de santé bucco-dentaire. Il est nécessaire également d'intégrer la santé bucco-dentaire dans les soins de santé afm de valider une approche intersectorielle et mondiale de la santé. Le Dr Monnot reconnaît que l'OMS doit concentrer son attention sur les maladies prioritaires, mais s'élève contre la quasi-suppression des activités dans des domaines comme celui de la santé buccodentaire, car ce type de pathologies représente un poids considérable pour les populations défavorisées. Il faut trouver un compromis entre les maladies hautement prioritaires et les activités qui ne le sont pas. Le fait que les pays en développement doivent s'occuper en priorité de maladies importantes est un bon argument en faveur du maintien des activités du programme de santé bucco-dentaire, qui repose essentiellement sur la surveillance et la prévention. Le Dr YACH (Directeur exécutif), répondant au délégué de la Belgique, dit que plusieurs études longitudinales sur les effets sanitaires des champs électromagnétiques sont en cours, et que l'OMS présentera sur demande des rapports sur l'état d'avancement des travaux. Etant donné que l'OMS développe ses activités de lutte contre les maladies non transmissibles avec le soutien massif des Etats Membres, il faudra fixer des priorités concernant les facteurs de risque et la prévention secondaire et tertiaire. Les observations formulées par les Etats Membres pendant le débat seront utiles à cet égard. L'OMS cherchera certainement à forger des «partenariats intelligents», pour reprendre l'expression du délégué de la Malaisie, non seulement avec le secteur privé, mais aussi avec les organisations non gouvernementales et au sein du système des Nations Unies, afm de réunir davantage de ressources pour la lutte contre les maladies non transmissibles.

La séance est levée à 19 heures.

HUITIEME SEANCE Samedi 20 mai 2000, 9 heures Président: Professeur S. M. ALI (Bangladesh) puis: Dr J. RASAMIZANAKA (Madagascar) puis: Professeur S. M. ALI (Bangladesh)

1.

QUESTIONS TECHNIQUES ET SANITAIRES: Point 12 de l'ordre du jour (suite)

Renforcement des systèmes de santé dans les pays en développement: Point 12.6 de l'ordre du jour (docmnent A53/9) Mme WIGZELL (Suède), s'exprimant au nom des pays nordiques, note avec une vive satisfaction l'importance accrue accordée aux systèmes de santé, dont témoignent aussi bien la structurç: organique de l'OMS que le choix du thème du Rapport sur la santé dans le monde, 2000. Elle félicite l'OMS de l'élaboration d'un nouveau cadre pour analyser, comprendre et rationaliser les systèmes de santé. II faut désormais aider les décideurs à analyser les données et évaluer les résultats de leur système de santé et trouver les moyens de fmancer un système approprié et plus performant. L'OMS doit centrer son action sur le niveau des pays, où sa présence est nécessaire et souhaitée. Le système de santé fait toujours partie de la structure politique et financière de chaque pays et ne peut donc être pris isolément, mais doit être jugé sur l'impact qu'il a du point de vue de buts communs comme la réduction des inégalités sanitaires entre groupes socio-économiques et entre sexes et la satisfaction des besoins des individus sans tenir compte de leur capacité de payer. II faut pour cela aussi bien de la ténacité que de la patience, et deux risques surgissent: d'abord, celui d'apporter des progrès avant tout du point de vue de la réforme des ministères de la santé et des structures centrales sans améliorer la prestation des services au niveau communautaire, et ensuite celui d'être tenté par les raccourcis et la recherche de solutions de facilité. II est encourageant de constater que les récentes initiatives mondiales comme le projet Faire reculer le paludisme et l'Alliance mondiale pour les vaccins et la vaccination s'appuient sur le renforcement des systèmes de santé existants. Voilà plus de 10 ans que l'initiative pour une maternité sans risque a été lancée à Nairobi mais, malheureusement, les résultats ne sont pas à la hauteur des espoirs suscités. La mortalité maternelle reste à un niveau inacceptable dans de nombreux pays et régions de la planète. La solution est extrêmement complexe et il faut apporter des améliorations dans pratiquement toutes les parties du système de santé - soins prénatals, accès aux hôpitaux, sécurité transfusionnelle, approvisionnement adéquat en médicaments et politique active de santé génésique-, et tout cela est impossible s'il n'y a pas en place un système de santé qui fonctionne. II faut donc que tout investissement en faveur de la réduction de la mortalité maternelle soit aussi un investissement pour le développement des systèmes de santé. M. LIU Peilong (Chine) félicite le Secrétariat de son rapport et du fait que la question du développement des systèmes de santé se retrouve placée de plus en plus au centre de ses travaux. Dans les pays qui consacrent des budgets similaires à la santé, les résultats peuvent être différents et le système de santé constitue souvent le facteur décisif. Dans les pays en développement, les systèmes de santé se heurtent à des problèmes multiples et les conseils et l'appui de l'OMS sont indispensables. La Chine, le plus peuplé des pays en développement, qui s'est engagée dans une réforme de son système de santé, est disposée à travailler avec l'OMS à cette

- 128-

COMMISSION A : HUITIEME SEANCE

129

fm. M. Liu Peilong demande des détails sur la collaboration de l'Organisation avec le FMI et la Banque mondiale, évoquée au paragraphe 7 du rapport. Le Gouvernement chinois a lancé une politique de réduction de la pauvreté visant à développer les zones les plus pauvres du pays et souhaiterait échanger ses données d'expérience avec l'OMS. La Chine sera en mesure de mettre au point des stratégies sanitaires raisonnables si elle peut être assurée d'un fmancement adéquat pour leur mise en oeuvre. M. AHMAD (Pakistan) félicite l'OMS des efforts consentis pour le renforcement des systèmes de santé dans les pays en développement. Toutefois, il faut tenir compte des conditions locales pour évaluer les progrès accomplis. Certains pays, comme le Pakistan, sont obligés presque en permanence de fournir des soins de santé à des millions de réfugiés, et ces groupes se déplacent constamment et se mélangent facilement avec la population locale. Se référant aux paragraphes 6 et 7 du rapport, M. Ahmad précise que la charge du remboursement de la dette est l'un des principaux problèmes qui entravent les efforts de son pays en vue de l'amélioration du système de santé. Le Gouvernement pakistanais, conformément à la stratégie de l'OMS, a l'intention de lancer un programme d'atténuation de la pauvreté, qui sera indépendant du programme des besoins minimaux de base de l'OMS. M. Ahmad espère que l'OMS tiendra compte de ces éléments en évaluant la performance du secteur de la santé. Se référant au paragraphe 10 du rapport, il propose que, conformément à la Déclaration d'Amsterdam visant à faire barrage à la tuberculose, l'OMS mette sur pied un fonds international pour les médicaments antituberculeux. Mme BERGER (Suisse) constate elle aussi avec satisfaction que l'OMS a fait de la question du développement des systèmes de santé l'une de ses priorités. Un aspect important est la multiplication du nombre des partenaires concernés par la mise sur pied d'un système de santé visant à répondre à l'ensemble des besoins nationaux, ce qui pose la question des rôles et des responsabilités respectifs des différents partenaires, en particulier des gouvernements, qui doivent jouer un rôle régulateur et de supervision, fixer des normes et garantir que le système est viable et équitable. Pour cela, il faut que la capacité nécessaire existe au niveau national et dans les districts, et peut-être même au niveau local. C'est une entreprise majeure à laquelle l'OMS peut contribuer en fournissant aux pays un appui technique. On touche là à la question particulièrement importante du stewardship et Mme Berger relève que, dans certains cas, ce terme a été traduit par administration générale, ce qui n'en reflète pas vraiment le sens. Le terme de tutelle est largement utilisé à cet égard et, de l'avis de la délégation suisse, rend bien l'idée. Mme Berger demande que la notion de stewardship soit précisée de façon à ce qu'elle soit bien comprise de la même manière dans toutes les langues utilisées par l'Assemblée de la Santé. Le Dr MONTOYA (Chili) dit que les systèmes de santé constituent un aspect clé de la politique sanitaire. Comme indiqué au paragraphe 3 du rapport, le partage équitable de la contribution financière est indispensable. Un mécanisme de prépaiement ne suffit pas, car il se traduit généralement par des inégalités. Ensuite, le Dr Montoya considère la santé comme un droit fondamental qui doit être garanti par les gouvernements, et les ministères de la santé doivent donc disposer à cet égard de pouvoirs suffisants. Les règles régissant les activités du secteur privé doivent être claires et les services privés et publics doivent se compléter. Le secteur public doit avoir accès à une technologie d'un bon rapport coût/efficacité et c'est là que l'appui technique de l'OMS a été le plus utile. Enfm, le Dr Montoya prie l'OMS de proposer des cadres et des méthodes appropriés pour évaluer les systèmes de santé qui puissent être adaptés à la situation régnant dans chaque pays. Le Dr GONZÂLEZ CARRIZO (Argentine), se référant au paragraphe 8 du rapport, dit qu'il serait utile que la liste des médicaments essentiels soit étendue aux antirétroviraux. A la lumière de l'expérience concluante faite par le Bureau régional des Amériques et par l'OPS, il propose que les fonds soient regroupés à tour de rôle en imitant le système utilisé dans sa Région pour l'achat de vaccins. Ce système permet aux pays de planifier leurs besoins et d'obtenir de meilleurs prix. Le Dr Gonzâlez Carrizo demande qu'il soit tenu compte de ses vues dans l'élaboration de programmes de coopération futurs.

130

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

Le Dr MATH (Afrique du Sud), se félicitant du rapport, indique que l'Afrique du Sud a depuis longtemps compris que la santé dépasse de loin les limites du secteur de la santé et s'étend, par exemple, à l'éducation et à la fourniture de services de base de bonne qualité. Des systèmes de santé efficaces et efficients sont indispensables pour obtenir des résultats positifs. Le Dr Matji se félicite donc de l'engagement de l'OMS à s'efforcer, sur une base inter-Groupes, de renforcer les systèmes de santé, notamment ceux des pays en développement. Mme VOGEL (Etats-Unis d'Amérique) constate que le rapport donne un aperçu des activités de l'OMS dans les différents domaines défmis dans la résolution WHA52.23. Sans vouloir minimiser l'importance de ces activités, elle a l'impression que l'OMS s'est engagée à entreprendre un large éventail d'efforts visant à renforcer les systèmes de santé et qui n'ont pas été mentionnés dans le document A53/9. Elle suggère que, dans sa réponse, l'OMS décrive certains de ces efforts, par exemple son rôle dans l'harmonisation et l'intégration de certaines approches systémiques, comme la prise en charge intégrée des maladies de l'enfant et le programme intégré de santé communautaire concernant les maladies non transmissibles (INTERSANTE). Le Dr WANCHAI SATTAYAWUTHIPONG (Thaïlande) dit que, dans la plupart des pays en développement, le secteur privé coexiste avec le secteur public, ce qui favorise l'inefficacité et la fragmentation. Une orientation politique inadéquate se traduit souvent par des inégalités d'acc~s aux soins par différentes couches de la population, qui ont généralement pour effet d'exclure les pauvres et les groupes marginalisés. Une table ronde a démontré que, même lorsqu'un filet de sécurité existe, les pauvres connaissent encore des problèmes d'accès aux soins de santé. Face aux inégalités, l'OMS et ses Etats Membres doivent adopter une approche holistique qui mette 1' accent sur la réduction de la pauvreté, une meilleure répartition des revenus et l'élimination des inégalités sociales. Après la crise fmancière de 1997 en Thaïlande, les pouvoirs publics ont réduit de plus en plus le prix des soins de santé, car les revenus des ménages avaient sensiblement baissé. Outre les soins gratuits fournis aux personnes à faible revenu, le plan de soins de santé bénévoles en Thaïlande a joué un rôle important comme filet de sécurité pour les non-assurés. Le défi pour l'OMS consiste à déterminer comment aider les pays à mettre sur pied un plan collectif efficace de prépaiement et des moyens de contribution efficaces pour assurer la couverture universelle. Le Dr Wanchai Sattayawuthipong demande instamment au Directeur général d'étudier l'impact de la mondialisation sur la santé publique et le développement des systèmes de santé, et de faire ensuite rapport au Conseil exécutif et à l'Assemblée de la Santé sur les incidences des accords commerciaux comme l'Accord sur les aspects des droits de propriété intellectuelle qui touchent au commerce. Le Dr SADRIZADEH (République islamique d'Iran) dit que, malgré des progrès remarquables, les systèmes de santé de nombreux pays n'ont pas été développés comme ille fallait ou ne permettaient pas de répondre aux besoins des usagers. Pour améliorer la situation, il faudra un haut niveau d'engagement politique, une sensibilisation accrue des décideurs et des responsables et un meilleur développement des partenariats. Les services de santé doivent être accessibles, acceptables, abordables et durables. Parmi les autres problèmes à surmonter, il faut mentionner la gestion inappropriée des ressources humaines, le manque de matériel de base et de médicaments essentiels, un système d'information qui laisse à désirer et un secteur privé non contrôlé. Dans ses récentes initiatives, comme celles sur les maladies de l'enfant et le paludisme, l'OMS a mis l'accent sur le renforcement des systèmes de santé, et la même approche doit s'appliquer à d'autres programmes, comme l'initiative Halte à la tuberculose et l'éradication de la poliomyélite. Le Dr Sadrizadeh demande instamment à l'OMS de lancer une nouvelle initiative visant à revitaliser les systèmes de santé dans le monde entier. En 1973, la République islamique d'Iran a lancé un projet pilote de soins de santé primaires dans la province de l'Azerbaïdjan occidental, qui a été évalué puis étendu à l'ensemble du pays au début des années 80. Le système a encore été révisé au début des années 90 pour tenir compte de l'évolution socio-économique, démographique et épidémiologique du pays. Actuellement, le système de soins de

COMMISSION A : HUITIEME SEANCE

131

santé primaires est accessible à 90% de la population rurale et à l'ensemble de la population urbaine et il fournit des soins à tous sur une base équitable. Les programmes de lutte contre les maladies transmissibles ont été intégrés au système national de soins de santé primaires et les programmes de lutte contre les maladies non transmissibles, qui initialement ne couvraient que l'hypertension, le diabète, la santé mentale et les accidents, sont en cours d'élargissement. Plus de 60 000 femmes volontaires de la santé s'occupent de l'éducation sanitaire et de la planification familiale. Les principaux défis pour les années à venir seront le renforcement du système d'orientation-recours, le développement des partenariats et la participation du secteur privé aux programmes de santé publique. Le Dr KORTE (Allemagne) dit que la Société allemande pour la Coopération technique attache une grande importance au renforcement des systèmes de santé des pays partenaires en développement. Elle tient à consolider sa coopération avec l'OMS et les pays partenaires par des accords bilatéraux de façon à tirer un maximum d'avantages immédiats pour les pays les plus démunis. La Société est préoccupée par le fossé grandissant entre les secteurs public et privé et elle considère l'accès équitable aux services de santé comme l'un des principaux obstacles aux progrès de l'harmonie sociale. Le Dr STAMPS (Zimbabwe) dit que plusieurs questions soulevées par des pays en développement ne semblent pas avoir reçu de réponse de la part de l'OMS. Certaines parties du rapport sont bonnes, car elles contiennent des observations sur les systèmes de santé qui ont fait leurs preuves, mais l'omission la plus flagrante concerne la salubrité de 1'environnement. Celle-ci a été négligée dans de nombreux pays, parce qu'on était obnubilé par les nouveaux médicaments coûteux contre des maladies qu'il était possible de prévenir, d'endiguer ou de traiter par des activités de salubrité de l'environnement. La contribution des praticiens dans cette branche des soins de santé a été sous-estimée depuis trop longtemps, mais le Dr Stamps espère qu'avec l'appui des Etats-Unis d'Amérique, on tiendra davantage compte des aspects environnementaux des systèmes de santé. Le Dr PANDURANGI (Association du Commonwealth pour les Handicaps mentaux et les Incapacités liées au Développement), s'exprimant à l'invitation du PRESIDENT, appelle l'attention sur le fait que chaque année près de 600 000 femmes succombent à des complications liées à la grossesse et 3,4 millions de nouveau-nés meurent dans la semaine suivant leur naissance. Ces décès sont dus à une hygiène médiocre, à la malnutrition, à des soins inadéquats pendant la grossesse et lors de l'accouchement, à des maladies chroniques et à des avortements non médicalisés. Or 1'Association du Commonwealth a démontré que 30% des incapacités peuvent être évitées par un programme de lutte contre l'hypoxie à la naissance, qui est la principale cause de décès pendant les trois premiers jours de la vie. Il faut que la responsabilité sanitaire et la responsabilité sociale coïncident si l'on veut éviter de telles tragédies. Cette idée est compatible avec la politique de l'OMS pour le nouveau millénaire. Elle vise à favoriser la fourniture de services fondés sur les besoins par l'intégration de la médecine, de la santé publique et de l'apport coordonné des responsables politiques, des responsables de la santé, des professionnels de la santé, des institutions universitaires et des communautés. Des séries d'indicateurs de responsabilité sociale doivent être proposées pour défmir les meilleurs moyens d'améliorer la santé, l'équité, l'utilité et le rapport coût/efficacité. Chaque pays doit envisager comment réduire la fragmentation en matière de fourniture des services de santé. Le Dr Pandurangi demande donc instamment qu'une résolution soit adoptée sur l'unité d'action entre les partenaires de la santé pour parvenir à la responsabilité sociale pour les plus pauvres d'entre les pauvres, qui n'ont aucun accès aux soins de santé. Le Dr GHEBREHIWET (Conseil international des Infirmières), s'exprimant à l'invitation du PRESIDENT et au nom de cette organisation, de l'Association médicale mondiale et de la Fédération internationale pharmaceutique, explique que les trois organisations ont formé une alliance visant à encourager et faciliter la collaboration entre les professionnels de la santé et à accroître l'efficacité des soins donnés dans les pays en développement. L'alliance veut que les ministres de la santé et l'OMS mettent l'accent sur le rôle des professionnels de la santé dans la planification des systèmes de santé. Les

132

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

gouvernements doivent participer pleinement à l'éradication de la pauvreté et, si possible, annuler la dette pour aider les pays qui ont moins de ressources financières. L'alliance s'est engagée à aider les pays en développement à mettre sur pied des systèmes durables de soins de santé et à tirer le maximum de l'allègement de la dette. Le Dr Ghebrehiwet invite instamment les gouvernements à prévoir le traitement des maladies chroniques, qui sont en train de devenir une charge croissante pour les pays en développement, et à contrer les efforts de commercialisation de plus en plus agressifs de l'industrie du tabac en approuvant et en appliquant la convention-cadre pour la lutte antitabac. Le Dr FRENK (Directeur exécutif) remercie les délégués de leurs interventions et estime lui aussi que le travail sur les systèmes de santé doit tenir compte de la situation locale dans les pays. En réponse à l'observation du délégué de la Suisse concernant l'expression « stewardship », il explique que cette notion constitue l'une des fonctions les plus cruciales des ministères de la santé et qu'elle comprend trois principaux éléments. Tout d'abord, les ministères doivent déterminer une stratégie pour le système de santé ; ensuite, ils doivent établir les règles du jeu ; enfin, ils doivent évaluer la performance des différentes parties du système de santé et fournir des données de base permettant à tous les acteurs de prendre des décisions en connaissance de cause. Le Dr Frenk reconnaît qu'une coordination plus étroite s'impose entre l'action de l'Organisation sur les systèmes de santé et les différents programmes concernant des maladies, des facteurs de risque ou des groupes de population déterminés. Des dispositifs ont été élaborés à cette fin aussi bien au Siège que dans les bureaux régionaux, et le Rapport sur la santé dans le monde, 2000 offre un cadre conceptuel dans lequel de nombreux programmes spécifiques peuvent être structurés et reliés de façon plus cohérente. En réponse aux observations du délégué de la Thai1ande concernant la nécessité d'évaluer l'impact de la mondialisation sur les systèmes de santé, le Dr Frenk indique que l'OMS a entrepris une analyse des répercussions de la mondialisation sur certains aspects de l'industrie pharmaceutique, sur les professionnels de la santé et sur l'assurance-maladie, et qu'il sera heureux de faire connaître ses conclusions. Enfm, le Dr Frenk partage entièrement les vues exprimées dans son intervention par le délégué du Zimbabwe concernant l'importance de la salubrité de l'environnement; il fait observer toutefois que la défmition du système de santé qui a été adoptée dans le rapport en cause est extrêmement large et on peut supposer qu'elle englobe des aspects de salubrité de l'environnement. Lorsqu'on défmit l'action sanitaire comme un ensemble d'activités visant principalement à améliorer la santé, il faut reconnaître que la salubrité de l'environnement a un rôle crucial à jouer. En fait, les systèmes de santé performants sont ceux qui ont trouvé un juste équilibre entre salubrité de l'environnement et santé personnelle. La Commission prend acte du rapport. (Voir la reprise du débat à la section 3.)

2.

DEUXIEME RAPPORT DE LA COMMISSION A (document A53/41)

Le Dr RASAMIZANAKA (Madagascar), Rapporteur, donne lecture du deuxième projet de rapport de la Commission A. M. YANG Xiaokun (Chine) appelle l'attention de la Commission sur le fait que, lors de l'examen du projet de résolution sur la convention-cadre pour la lutte antitabac, la version chinoise du texte n'était pas encore disponible. En ce qui concerne le paragraphe 4.4) de ce projet de résolution, la délégation chinoise estime, à propos des critères régissant la participation élargie des organisations non

COMMISSION A : HUITIEME SEANCE

133

gouvernementales aux négociations en qualité d'observateurs, que les dispositions pertinentes de l'OCDE et de l'OMS doivent être respectées.

Le rapport est adopté. 1

3.

QUESTIONS TECHNIQUES ET SANITAIRES: Point 12 de l'ordre du jour (reprise du débat)

Clonage et santé humaine: Point 12.4 de l'ordre du jour (document A53115) Le Dr llMÉNEZ DE LA JARA (représentant du Conseil exécutif) dit que le Conseil a noté qu'en décembre 1999, une réunion consultative informelle a eu lieu à Genève pour proposer de nouvelles stratégies pour l'OMS concernant le clonage et d'autres domaines étroitement apparentés. Le Conseil a reconnu l'importance de la génétique, du clonage, de la biotechnologie et du domaine plus large de la bioéthique et suggéré que l'OMS soit plus active dans ces domaines. Il a estimé que les activités dans un domaine qui évolue aussi rapidement devaient être organisées minutieusement et de façon pleinement transparente. Le Professeur GIRARD (France) observe que la question de la bioéthique n'est abordée que le dernier jour de 1'Assemblée de la Santé, au moment où certaines délégations ont déjà quitté Genève, et qu'une demi-heure seulement est prévue pour la discussion. L'OMS n'ajamais été à l'avant-scène de ce sujet et certains le lui reprochent. Le rapport constitue indiscutablement un progrès, mais un petit progrès. On peut définir la bioéthique comme l'ensemble des positionnements culturels d'une société donnée à un moment donné sur les problèmes posés à la civilisation humaine à la suite des progrès dans le domaine de la biologie. Elle ne concerne pas seulement les problèmes posés par les technologies de pointe ; elle concerne par exemple aussi la protection des droits des malades et les soins palliatifs. Elle concerne la société dans son ensemble et pas seulement les scientifiques et les experts. La réflexion sur la bioéthique intéresse les pays du Sud tout autant que les pays du Nord, et l'OMS doit être un vrai forum de discussion sur ces problèmes; le Professeur Girard propose qu'une unité permanente et indépendante soit créée dans le cadre de l'OMS pour offrir un tel forum. L'OMS doit également réexaminer ses relations avec les autres organisations intergouvernementales à cet égard, afm que son rôle soit bien reconnu. Le Professeur KÔLBEL (République tchèque) fait observer que, si l'analyse du génome, le clonage et la bio-ingénierie présentent des aspects positifs, il existe aussi un risque considérable d'abus. Il propose que soit soumis à la Cinquante-Quatrième Assemblée mondiale de la Santé un document sur les abus potentiels du clonage et de la biologie moléculaire, et sur les mesures juridiques nécessaires pour les prévenir. Le Professeur AKIN (Turquie), se félicitant du rapport du Directeur général, croit comprendre que l'OMS a l'intention d'entreprendre une série d'activités stratégiques sur le clonage et des questions connexes dans le cadre de la bioéthique, et souscrit à cette initiative. L'OMS doit continuer à suivre, évaluer et clarifier, en consultation avec les autres organisations internationales, les gouvernements et les organismes professionnels et scientifiques, les implications éthiques, scientifiques et sociales du clonage pour la santé. Le Professeur Akin demande que d'autres informations sur la question soient soumises à la prochaine Assemblée de la Santé.

1

Voir p. 261.

134

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

Le Dr VAN ETTEN (Pays-Bas) dit que, si l'OMS s'intéresse depuis plusieurs années aux aspects éthiques des innovations de la biotechnologie, de la génétique et du clonage, elle n'a pratiquement pas pris part aux activités internationales sur les questions bioéthiques d'une manière générale. Selon lui, l'Organisation devrait élargir son approche au lieu de se concentrer uniquement sur le clonage. Le Dr van Etten salue la proposition du Directeur général concernant une série d'activités stratégiques dans le domaine de la bioéthique. Les importants domaines à couvrir comprendront non seulement la génétique, la biotechnologie, le clonage humain et l'utilisation de sujets humains dans la recherche médicale, mais aussi 1'allocation de ressources aux domaines où subsistent des inégalités, comme l'accès aux soins de santé et aux médicaments. L'OMS doit renforcer son expertise et sa capacité dans ces domaines. Le Dr VIOLAKI-PARASKEVA (Grèce) déplore elle aussi que l'OMS ne prenne pas une part plus active à la bioéthique au niveau international. Les innovations en matière de biotechnologie créent des problèmes de bioéthique plus rapidement qu'il n'est possible de les résoudre, et le monde voudrait voir l'OMS jouer un rôle de chef de file et de conseiller à cet égard. Elle devrait collaborer avec d'autres organisations internationales qui ont travaillé dans ce domaine, par exemple 1'UNESCO et le Conseil de l'Europe, afm d'apporter une réponse plus rapide. Le Dr WAN CHAI SATTAYA WUTHIPONG (Thaïlande) se réfère à la concl4sion de la Cinquantième Assemblée mondiale de la Santé selon laquelle le clonage aux fms de la reproduction humaine est inacceptable d'un point de vue éthique 1 et se félicite de la présentation du rapport. Il souscrit à la politique sur cette question exposée à la Cinquante-Deuxième Assemblée mondiale de la Santé et selon laquelle l'OMS mettrait en place un centre d'information pour la génétique dans le cadre de l'Organisation, aiderait les Etats Membres à prendre les mesures juridiques nécessaires pour interdire le clonage humain à des fms de reproduction et jouerait un rôle de chef de file dans la normalisation internationale des principes directeurs sur la recherche et les applications génétiques. En Thai1ande, le clonage humain a été déclaré inacceptable d'un point de vue éthique. Le Dr Wanchai Sattayawuthipong se félicite de la décision de l'OMS tendant à élargir le champ de sa réflexion au-delà du clonage et à entreprendre une série d'activités stratégiques dans le domaine de la bioéthique. Il sera très intéressé par le rapport qui sera soumis à la prochaine Assemblée de la Santé et demande instamment à l'OMS d'accélérer ses activités dans le domaine de la bioéthique, notamment en allouant des fonds à la recherche. Mme ELOVAINIO (Finlande) souligne l'importance d'un dialogue international permanent sur les questions bioéthiques et souscrit aux observations faites par la France. Le Dr LARIVIÈRE (Canada) partage l'avis du Directeur général selon lequel l'OMS doit élargir sa participation dans le domaine de l'éthique sanitaire au-delà de la seule question du clonage qui retient aujourd'hui son attention. L'OMS doit clarifier sa position, et le Dr Larivière propose la création d'un groupe de réflexion informel. Il sera heureux d'entendre les propositions concrètes qui seront soumises à la prochaine Assemblée de la Santé. En attendant, l'OMS peut aider les Etats Membres à mettre sur pied des comités nationaux d'éthique en fournissant des modèles et en repérant des experts nationaux pouvant servir de conseillers. Le Dr TlllERS (Belgique) fait siennes les observations du délégué de la France sur le rôle de l'OMS dans le domaine de la bioéthique et souscrit à la proposition tendant à constituer un groupe de

1

Résolution WHA50.37.

COMMISSION A : HUITIEME SEANCE

135

réflexion et une unité spéciale à l'OMS. Le groupe de réflexion s'impose, parce qu'il sera difficile d'arriver à un consensus international sur la question. Le Dr NOVOTNY (Etats-Unis d'Amérique) se félicite de l'idée d'entreprendre une série d'activités stratégiques. Si le rapport est assez vague sur la nature de ces activités, l'OMS est bien placée pour jouer un rôle de chef de file et fournir un appui technique aux Etats Membres. Les considérations budgétaires seront importantes, et il espère qu'il sera possible d'examiner les détails de la stratégie à la prochaine session du Conseil exécutif. Le Dr Novotny est certain que l'OMS aura un rôle important à jouer dans les questions d'éthique médicale et de bioéthique liées à la recherche génétique et à la thérapie génique. Le Dr KHAZAL (Emirats arabes unis) souligne l'importance des dimensions sociales que présentent les innovations dans les domaines de la biotechnologie et de la génétique, et souscrit aux observations formulées par les délégués de la France et de la République tchèque. M. DEBRUS (Allemagne) dit qu'à la lumière de l'importance que revêtent toutes les questions liées au clonage, l'OMS devrait collaborer étroitement avec les Etats Membres et suivre une approche progressive. Il regrette que l'expert proposé par son pays n'ait pu participer à la réunion consultative de décembre 1999 en raison de la réception tardive de l'invitation de l'OMS. Le mandat doit être examiné attentivement dans le contexte d'un projet de lignes directrices sur les aspects éthiqu~s du clonage, et il faut envisager s'il ne faut pas aussi traiter d'autres aspects. En procédant pas à pas, on aura le temps d'examiner en profondeur toutes les questions qui se posent. M. W.-K. MOON (République de Corée) exprime son soutien en faveur d'un rôle consultatif permanent de l'OMS pour la mise au point de principes et de lignes directrices sur les aspects éthiques, scientifiques, sociaux et juridiques du clonage humain, et la fourniture de conseils sur la technologie dans ce domaine. En Corée, la biotechnologie et la génétique avancent rapidement, ce qui suscite des préoccupations dans les domaines de la sécurité et de l'éthique. Conformément à la résolution WHA51.1 0, le Gouvernement coréen a interdit le clonage humain et établi un groupe de recherche chargé d'élaborer des mesures de protection de la sécurité et de l'éthique dans les domaines de l'alimentation, des médicaments, du traitement génique et de la gestion des organismes modifiés. Une loi régissant l'utilisation du clonage dans la santé sera bientôt adoptée en Corée. Le Dr W AHEED (Maldives) estime lui aussi qu'il faut concilier le potentiel très important de la biotechnologie et de la génétique pour la santé et les considérations bioéthiques. L'OMS doit activement favoriser un dialogue international sur la question et en communiquer les résultats aux prochaines Assemblées de la Santé. Le Dr LEVENTHAL (Israël), félicitant le Directeur général du rapport, relève qu'en 1999, le Parlement israélien a promulgué une loi interdisant le clonage des êtres humains et la modification génétique des cellules reproductives. La loi a imposé un moratoire de cinq ans pendant lequel certains types d'intervention génétique sur des sujets humains seront exclus. Le comité consultatif nommé par le Ministère israélien de la Santé s'est félicité du projet de lignes directrices internationales élaboré par l'OMS et a proposé qu'elles contiennent les principes fondamentaux d'éthique médicale, à savoir la confidentialité, l'autonomie, l'équité en matière d'accès aux soins et une meilleure information. Le Dr Leventhal souscrit à la proposition de la France de constituer une unité spéciale et demande instamment qu'elle soit mise sur pied le plus tôt possible. Le Dr STAMPS (Zimbabwe) dit que les pays en développement sont eux aussi très préoccupés par la bioéthique et que, s'il n'y a pas encore un problème de clonage, la possibilité de voir l'Afrique utilisée comme laboratoire pour des expériences sur des sujets humains suscite des inquiétudes. La délégation du Zimbabwe souscrit elle aussi à la proposition de la France.

136

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

Mme BERGER (Suisse) appuie elle aussi la proposition. Les questions abordées étant complexes et délicates et touchant des valeurs fondamentales, il importe qu'une organisation comme l'OMS les examine en profondeur. Il faut également assurer la collaboration avec les autres organisations internationales sur des points d'intérêt communs. Le Dr CEBALLOS (République dominicaine) dit que son pays envisage la bioéthique non d'un point de vue scientifique et technique, mais plutôt du point de vue des moyens d'assurer le respect des droits fondamentaux des malades par les médecins. Un comité national de bioéthique a été constitué pour garantir des soins de haute qualité à tous. Le Dr Ceballos se félicite de l'engagement de l'OMS et souscrit à l'idée d'un groupe d'étude, qui permettrait aux pays en développement comme aux pays développés d'échanger des données d'expérience. M. LIU Peilong (Chine) dit que sa délégation est également favorable à un groupe permanent ou à un groupe d'étude sur la bioéthique. Si un tel groupe est constitué, il espère que la participation des pays en développement sera la plus large possible et que ses activités ne se limiteront pas à des questions très techniques. Le Dr JURADO BALLARES (Equateur) souscrit aux vues exprimées par le délégué de la République dominicaine. Le Professeur BRYANT (CIOMS), s'exprimant à l'invitation du PRESIDENT, dit que le CIOMS est prêt à collaborer avec l'OMS pour mettre au point et mener à bien des activités stratégiques dans le domaine de la bioéthique. Le CIOMS lance et appuie depuis longtemps des programmes dans ce domaine : par exemple, il est en train de mettre à jour les Lignes directrices internationales relatives aux aspects éthiques de la recherche biomédicale sur des sujets humains de 1993 et collabore avec l'OMS pour aider à renforcer la capacité des pays en développement à mettre sur pied des comités d'examen éthique pour l'application de ces lignes directrices, ainsi qu'avec les autorités sanitaires et l'industrie pour promouvoir une commercialisation des produits médicaux sur Internet qui soit respectueuse de l'innocuité et des principes éthiques. Le Dr KRAY AT (Bureau régional de la Méditerranée orientale) indique que le Bureau régional a organisé depuis le début des années 80 une série de réunions sur les questions bioéthiques en collaboration avec l'Organisation islamique des Sciences médicales et avec la participation du CIOMS. Il est important d'examiner les questions bioéthiques sur le plan mondial afm de garantir l'interaction entre les différentes cultures, et le Dr Khayat souscrit par conséquent à la proposition du délégué de la France. Le Dr FRENK (Directeur exécutif) remercie les délégués de leurs observations, surtout concernant la nécessité de renouveler l'accent sur la question de la bioéthique. Certaines activités sont déjà en cours. Ainsi, des études sont effectuées au Siège sur les aspects éthiques aussi bien de l'allocation des ressources par les systèmes de santé que de la recherche sur les sujets humains. Les Groupes Bases factuelles et information à l'appui des politiques et Maladies non transmissibles et santé mentale examinent ensemble les implications médico-sociales et éthiques des questions scientifiques et technologiques en matière génétique et défmissent des priorités pour les activités futures dans ce domaine. L'Organisation coopère étroitement avec les Etats Membres dans le cadre du Forum mondial pour la bioéthique dans la recherche. En réponse au point soulevé par le Canada, le Dr Frenk annonce qu'un sommet mondial des comités nationaux de bioéthique aura lieu à Londres en septembre 2000, une réunion dont l'OMS assurera le secrétariat Il estime lui aussi qu'il faut envisager si l'OMS aurait avantage à mettre au point une approche qui compléterait le travail utile effectué sur le sujet par d'autres organisations intergouvernementales, notamment l'UNESCO.

COMMISSION A : HUITIEME SEANCE

137

Promotion de la santé: Point 12.13 de l'ordre du jour (document A53/16) Le Dr JIMÉNEZ DE LA JARA (représentant du Conseil exécutif) dit que les membres du Conseil ont reconnu l'importance de la promotion de la santé, notamment dans les pays en développement, et salué son adjonction aux programmes de l'OMS. Le Conseil a souligné la nécessité de renforcer les bases factuelles et de mettre au point des méthodes pour obtenir des résultats mesurables. Il a noté que les progrès de la promotion de la santé supposent un développement de l'infrastructure et des ressources humaines compétentes capables de gérer des programmes et de favoriser l'engagement communautaire, et il a souligné l'importance de la formation. Le Conseil a noté de la part du secteur de la santé une réticence à appliquer des stratégies qui ont fait leurs preuves dans d'autres domaines. On a fait observer que des approches et des interventions complémentaires tout au long de la vie peuvent se renforcer mutuellement et répondre à des préoccupations d'équité et d'accès à des soins de qualité à chaque étape. Les préoccupations concernant l'âge auquel l'investissement en faveur de la promotion de la santé est le plus rentable ont été évoquées, et la Cinquième Conférence mondiale sur la promotion de la santé est apparue comme offrant une occasion de réaliser des progrès, particulièrement dans la mise au point d'indicateurs et d'outils permettant d'évaluer la promotion de la santé. Mme PAULINO (Philippines) dit que, pour sa délégation, la promotion de la santé consiste avant tout à fournir des données et des informations fiables au grand public pour que les gens. puissent effectuer des choix en connaissance de cause. Bien que les systèmes de soins de santé fassent tout leur possible pour que les services soient disponibles, abordables et efficaces, leur contribution à la santé est d'autant plus importante que l'accès est équitable et l'utilisation rationnelle. Aux Philippines, la promotion de la santé met l'accent sur des modes de vie sains, un environnement favorable à la santé et l'éducation des malades. Mme Paulino demande instamment à l'OMS de continuer à jouer le rôle de chef de file technique dans ce domaine. M. SHEM (Vanuatu) dit que, malheureusement, le rôle de la promotion de la santé n'est pas encore bien compris par les ministères de la santé de la région du Pacifique, ce qui fait que les déclarations et accords dans ce domaine sont encore rares dans la région. Le Vanuatu souhaiterait recevoir l'appui de l'OMS pour examiner la situation de la promotion de la santé dans les pays du Pacifique.

Le Dr Rasamizanaka assume la présidence. Le Dr OTTO (Palaos) rappelle que les nations insulaires du Pacifique ont récemment adopté l'initiative «îles-santé» comme cadre de leurs politiques de santé. La délégation des Palaos tient à remercier le Bureau régional du Pacifique occidental de son appui à l'initiative, qui constitue une importante stratégie sanitaire. Dans sa résolution WHA51.12, l'Assemblée de la Santé a prié le Directeur général d'accorder la priorité absolue à la promotion de la santé à l'OMS. Pourtant, dans la nouvelle structure organique, la promotion de la santé a été associée à la prévention et à la surveillance des maladies non transmissibles dans le Groupe Maladies non transmissibles et santé mentale, ce qui, de l'avis du Dr Otto, va à l'encontre de cette demande. La brièveté du rapport sur la promotion de la santé tranche également avec l'importance attachée à la question par la résolution et, étant placé à la fin de l'ordre du jour de l'Assemblée, ce point risque fort de ne retenir qu'une attention modeste faute de temps. Ce traitement semble refléter l'attitude largement répandue selon laquelle les efforts de promotion de la santé, pour méritoires qu'ils soient, ne constituent pas des priorités en matière de fmancement : dans la quasi-totalité des pays de la planète, on ne consacre qu'une dizaine de dollars à la prévention pour 90 au traitement. Alors que l'action sanitaire est défmie comme un effort visant avant tout à améliorer la santé de la population, l'Assemblée n'ajamais dans ses discussions considéré le fait de donner aux individus ou aux communautés les moyens de maîtriser leur santé et d'assurer un environnement favorable comme des éléments faisant partie d'une équation globale. La délégation des Palaos souscrit entièrement à la

138

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

conclusion du Directeur général contenue au paragraphe 10 du rapport (document A53/16), selon laquelle il faudra peut-être réorienter la promotion de la santé. Le Dr Otto demande instamment à l'OMS de réexaminer les mesures prises à la suite de la résolution WHA51.12, notamment en ce qui concerne le paragraphe 4.3).

Le Professeur Ali reprend la présidence. Le Professeur AHSAN ULAH (Bangladesh) dit que le Bangladesh, qui arrive au neuvième rang des pays les plus peuplés, a récemment réalisé des progrès sensibles dans l'amélioration de la santé de la population grâce à son action de prévention et de lutte face aux maladies transmissibles, au développement du personnel de santé et à une meilleure formation gestionnaire. Le Gouvernement a lancé plusieurs programmes de santé fondés sur une approche intersectorielle, en mettant de plus en plus l'accent sur un changement de comportement. Dans le domaine de la promotion de la santé, la priorité a été donnée à la mise en place d'environnements favorables, au renforcement de l'action communautaire, au développement des compétences personnelles et à la réorientation des services de santé. L'OMS apporte au Bangladesh un appui technique à la promotion de la santé, et une aide fmancière est fournie par les organismes donateurs internationaux. Le Professeur Ahsan Ulah espère que cette coopération sera intensifiée. Le Dr TEMU (Papouasie-Nouvelle-Guinée) se félicite du soutien apporté par l'OMS aux autorités nationales et locales pour la mise en oeuvre des programmes de promotion de la santé. Avec l'appui du Bureau régional du Pacifique occidental, la Papouasie-Nouvelle-Guinée a élaboré un plan national dans le contexte de l'initiative «îles-santé», qui a contribué à combler les lacunes en matière d'équité en associant les partenaires clefs, aussi bien les particuliers que les communautés, aux efforts visant à obtenir des résultats sanitaires positifs, qui étaient auparavant considérés comme relevant du seul secteur de la santé. Le programme de promotion de la santé dans les écoles, qui relève du Ministère de l'Education, a offert de nombreuses occasions de collaboration que le secteur de la santé n'avait jamais imaginées auparavant. L'identification de ces occasions et la participation enthousiaste des autorités locales ont été parmi les nouveautés les plus passionnantes dans la planification du secteur de la santé. Le projet de créer une alliance mondiale pour la promotion de la santé constitue un pas dans la bonne direction et facilitera sans aucun doute l'action au niveau des pays. Parallèlement, l'initiative« îlessanté » du Pacifique est une approche qui, si elle est bien gérée, peut constituer le support de partenariats nationaux et locaux et du partage des responsabilités dans les efforts de promotion de la santé. Mme SUCHADA SAKORNSATIAN (Thai1ande) souligne que les décisions politiques peuvent avoir des conséquences positives ou négatives pour la santé de la population. Ainsi, l'approbation d'un projet industriel devrait intervenir après une évaluation extérieure indépendante de l'impact sur la santé et l'environnement. Le Gouvernement thai1andais a récemment décidé d'accroître les crédits alloués à la promotion de la santé en créant un fonds fmancé par une taxe sur le tabac et l'alcool. Une campagne de mobilisation a été lancée, qui consiste notamment à appuyer la recherche, à parrainer des manifestations sportives et culturelles et à interdire la publicité directe en faveur du tabac. D'autres mesures comprennent des subventions pour les biens et services s'attachant à promouvoir la santé. L'interdiction de la publicité en faveur du tabac a conduit à une réduction régulière du tabagisme au cours des dix années écoulées, et les personnalités du cinéma et de la télévision, souvent des modèles pour les adolescents, ont répondu de manière positive à la demande du Ministère de la Santé publique de ne pas fumer à l'écran. Le Gouvernement doit accroître ses pouvoirs réglementaires et informer l'opinion pour contrer les prétentions exagérées concernant les vertus des aliments diététiques et des régimes alimentaires. Mme A YLWARD (Irlande) note, à la lecture du rapport, que l'OMS établit des cadres pour orienter la collecte d'informations de base et met au point des outils pour guider l'évaluation des procédés et des résultats. Une base factuelle est indispensable pour que les ministères de la santé, les responsables

COMMISSION A : HUITIEME SEANCE

139

politiques et la communauté sociale soient convaincus de l'utilité d'un investissement en faveur de la promotion de la santé. L'Irlande attend donc avec intérêt les résultats des travaux de l'OMS à cet égard et a le plaisir d'appuyer la prochaine conférence de Mexico. Elle se félicite aussi de l'accent mis sur l'élargissement des stratégies de promotion de la santé pendant toute la vie et estime que le renforcement de l'action communautaire est important pour donner aux gens les moyens d'être maîtres de leur vie. La promotion de la santé doit consister à travailler avec les communautés plutôt que pour elles. Le Dr LEVENTHAL (Israël), prenant la parole pour présenter une motion d'ordre, propose que, faute de temps, l'examen de ce point important soit poursuivi à une session ultérieure de l'Assemblée de la Santé. Le Dr MBAIONG (Tchad) appuie cette proposition. Le PRESIDENT considère que la Commission accepte d'ajourner la discussion et d'examiner la question à la Cinquante-Quatrième Assemblée mondiale de la Santé en mai 2001.

Il en est ainsi convenu. (Voir le débat sur la coopération technique entre pays en développement dans le procès-verbal de la quatrième séance de la Commission B, section 4, page 183.)

4.

CLOTURE DES TRAVAUX Après les remerciements d'usage, le PRESIDENT déclare terminés les travaux de la Commission.

La séance est levée à 11 h 35.

COMMISSION B PREMIERE SEANCE Mercredi 17 mai 2000,14 h 30 Président : Dr K. KARAM (Liban)

1.

ELECTION DES VICE-PRESIDENTS ET DU RAPPORTEUR: Point 13 de l'ordre du jour (document A53/32)

Le PRESIDENT exprime sa reconnaissance pour son élection et souhaite la bienvenue aux personnes présentes. Il appelle l'attention de la Commission sur le troisième rapport de la Commission des Désignations (A53/32), 1 où celle-ci propose Mlle F.-Z. Chaïeb (Algérie) et M. L. Rokovada (Fidji) pour les postes de vice-présidents de la Commission B, et le Dr Suwit Wibulpolprasert (Thaïlande) pour celui de rapporteur. Décision :La Commission Ba élu Vice-Présidents Mlle F.-Z. Chaïeb (Algérie) et M. L. Rokovada (Fidji), et Rapporteur le Dr Suwit Wibulpolprasert (Thai1ande). 2

2.

ORGANISATION DES TRAVAUX Le PRESIDENT suggère que la Commission siège normalement de 9 heures à 12 h 30 et de 14h30

à 17h30, y compris le samedi 20 mai 2000, s'il y a lieu. Il en est ainsi convenu.

3.

QUESTIONS ADMINISTRATIVES ET FINANCIERES: Point 14 de l'ordre du jour

Questions financières: Point 14.1 de l'ordre du jour • Etat du recouvrement des contributions, et notamment celles des Membres redevables d'arriérés dans une mesure qui justifierait l'application de l'article 7 de la Constitution (document A53/28)

Le Professeur GIRARD (représentant du Conseil exécutif) résume la discussion qui a eu lieu lors de l'examen au Conseil d'un rapport du Directeur général. 3 Si le Conseil a noté avec satisfaction que le taux de recouvrement pour 1999 avait été le plus élevé depuis 1985, il n'en a pas moins exprimé sa préoccupation face à l'augmentation des montants dus pour les années précédentes, lesquels sont passés

1 2 3

Voir p. 260. Décision WHA53(4). Document EB 105/22.

- 141 -

142

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

de US $61 millions en 1995 à US $92 millions en 1999. Le montant des arriérés de contributions qui justifierait l'application de l'article 7 de la Constitution avait également augmenté de US $7 millions pour atteindre au total près de US $87 millions ; 23 Membres avaient déjà perdu leur droit de vote et deux autres risquaient de le perdre à la présente Assemblée de la Santé. Le Conseil a toutefois jugé encourageant d'apprendre que 25 pays avaient déjà payé leurs contributions pour l'an 2000. En réponse à un point soulevé par plusieurs Etats Membres concernant le paiement des contributions en monnaie locale, qui pourrait aider à réduire le montant des arriérés, le Secrétariat a déclaré que la question serait examinée dans le cadre du projet de révision du Règlement fmancier. En réponse à une demande visant à comparer l'expérience de l'OMS en matière de recouvrement des contributions avec celle des autres organisations du système des Nations Unies, on a fait observer qu'au cours des trois années précédentes, le taux de recouvrement à l'OMS avait correspondu à la moyenne du reste du système des Nations Unies. Le Conseil s'est déclaré préoccupé par l'augmentation du montant des arriérés et a souhaité que tout soit mis en oeuvre pour améliorer la situation dans la mesure du possible. Le Professeur ZELTNER (Président du Comité de l'Administration, du Budget et des Finances) appelle l'attention de la Commission sur le rapport du Comité de l'Administration, du Budget et des Finances (document A53/28). A fin avril2000, 53,3% des contributions dues avaient été recouvrées, ce qui correspondait au taux de recouvrement le plus élevé jamais obtenu pour cette période de l'année et, depuis, les contributions recouvrées pour l'année en cours ont encore augmenté de 0,2 %. Les ~érés non réglés concernant les années précédentes ont atteint US $157 millions, mais, à la suite de versements effectués depuis le 30 avril, ce montant a pu être réduit de US $8 millions. Le nombre des Etats Membres redevables d'arriérés dans une mesure qui justifierait l'application de l'article 7 de la Constitution est passé, d'avril1999 à avril2000, de 30 à 31. Le Professeur Zeltner appelle l'attention de la Commission sur un projet de résolution contenu dans l'annexe 2 du rapport tendant à rétablir le droit de vote de la Guinée équatoriale sous réserve de la réception d'un montant de US $151 254 avant le début de la présente Assemblée de la Santé et du rééchelonnement du solde des arriérés sur une période de deux ans. Le Comité a noté qu'à la suite du versement effectué par la Guinée et reçu le 15 mai 2000, la suspension envisagée des privilèges attachés au droit de vote de la Guinée en vertu de la résolution WHA52.4 n'interviendrait pas. Il a également relevé qu'au 30 avri12000, le Bélarus, Djibouti, la Grenade, Nauru, le Nigéria et le Venezuela étaient redevables d'arriérés pour un montant dépassant le montant dû pour les deux années précédentes, mais qu'à la suite d'un versement de US $3 millions en mai 2000, le Venezuela n'est plus concerné par la suspension du droit de vote en vertu de l'article 7 de la Constitution à la présente Assemblée. Le Comité recommande qu'en l'absence de circonstances exceptionnelles, l'Assemblée décide de suspendre les privilèges attachés au droit de vote des autres pays mentionnés à partir de l'ouverture de la Cinquante-Quatrième Assemblée de la Santé en 2001. Mme WILD (Services financiers) dit que le Secrétariat a été informé qu'un membre de la délégation de la Guinée équatoriale devait arriver le matin même à Genève avec le montant visé, mais que celui-ci n'a pas encore été reçu. Le Dr SHANGULA (Namibie) se félicite de constater l'amélioration sensible du taux de recouvrement des contributions, mais est préoccupé par le fait qu'aucune diminution des arriérés n'est intervenue et qu'en fait le nombre des Etats Membres tombant sous le coup des dispositions de l'article 7 de la Constitution augmente régulièrement. Cette situation affecte manifestement la capacité de l'Organisation d'aborder les grands problèmes de santé. Le Dr Shangula constate avec satisfaction que certains Etats Membres ont pu se prévaloir des dispositions spéciales prises lors de précédentes Assemblées de la Santé concernant le règlement de leurs arriérés; c'est là une option qui mérite d'être envisagée à l'avenir. Il demande au Directeur général de s'occuper activement du recouvrement des contributions de façon à ce que l'efficacité de l'Organisation ne soit pas entravée.

COMMISSION B : PREMIERE SEANCE

143

M. BARTEE (Libéria) se félicite d'annoncer qu'un versement de US $50 000 au titre des arriérés de contributions de son pays a maintenant été effectué et que le solde d'une trentaine de milliers de dollars sera réglé dans les 90 jours. Il demande instamment à la Commission de renoncer à la suspension du droit de vote du Libéria. Mme KERN (Directeur exécutif) dit que le Directeur général s'est activement occupée du recouvrement des contributions ces 12 à 18 derniers mois, avec de très bons résultats. Elle se félicite de la déclaration du délégué du Libéria. Le PRESIDENT invite la Commission à examiner le projet de résolution recommandé par le Comité de l'Administration, du Budget et des Finances et contenu au paragraphe 8 du document A53/28. Le Dr DRAME (Guinée) propose que le troisième alinéa du préambule du projet de résolution soit amendé à la suite du versement effectué par la Guinée au titre du règlement de ses arriérés. M. SATOULOU-MALEYO (République centrafricaine) demande à quel niveau exact l'article 7 devient applicable. Son pays a déjà effectué un versement de US $16 500 à l'OMS et il est disposé à négocier le rééchelonnement du solde de ses arriérés au cours de la présente Assemblée de la Santé. M. TOPPING (Conseiller juridique) dit que le droit de vote de la Guinée a automatiquement été rétabli à la réception des fonds versés. Dans le cas du Libéria, il indique que la décision de l'Assemblée de la Santé concernant la suspension du droit de vote n'entrave en rien le droit de tout Etat Membre de demander le rétablissement de ce droit conformément à l'article 7 de la Constitution. La Cinquante-Deuxième Assemblée mondiale de la Santé a adopté une résolution prévoyant le rétablissement des privilèges du Libéria en échange d'un rééchelonnement des arriérés avec un versement initial, le solde devant être versé en plusieurs tranches jusqu'en 2003, mais précisant aussi que le droit de vote serait automatiquement suspendu à nouveau si les dispositions énoncées dans la résolution n'étaient pas respectées. Si l'Assemblée de la Santé souhaite rouvrir le dossier, il lui faudra adopter une autre résolution qui déciderait de rééchelonner une nouvelle fois les arriérés du Libéria et de rétablir son droit de vote. S'il souhaite s'orienter vers cette solution, le Libéria doit présenter une proposition écrite. Le PRESIDENT croit comprendre que la Commission souhaite différer l'examen du projet de résolution. Il en est ainsi convenu. (Voir la suite du débat dans le procès-verbal de la cinquième séance, section 5, page 203.) • Rapport financier sur les comptes de l'OMS pour 1998-1999, rapport du Commissaire aux Comptes et observations y relatives formulées au nom du Conseil exécutif; rapport du vérificateur intérieur des comptes (documents A53/17, A53/17 Add.1, A53/18 et A53/19) Mme KERN (Directeur exécutif), présentant le rapport fmancier (documents A53/17 et A53117 Add.l), déclare qu'il représente une première réponse à la demande de l'Assemblée de la Santé concernant une amélioration de la transparence et du respect de l'obligation redditionnelle. Le rapport est plus court que le précédent et englobe des modifications de présentation dont elle espère qu'elles faciliteront la lecture et la compréhension. Le rapport fmancier constitue un aspect important d'un processus de réforme gestionnaire en cours, que le Directeur général a engagé dès son entrée en fonctions en juillet 1998 et qui vise à améliorer la gestion, la transparence et l'efficacité du système budgétaire et fmancier conformément aux meilleures

144

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

pratiques gestionnaires. Les réactions des Membres sur le contenu et la présentation du rapport sont les bienvenues. La structure du rapport financier pour 1998-1999 devait refléter l'exécution du budget programme adopté en 1997 et ne reflète pas pleinement, dès lors, les modifications apportées après 1' entrée en fonctions du Directeur général. Certaines modifications apparaissent toutefois déjà, par exemple la nouvelle présentation des recettes occasionnelles et la réaffectation de US $6 millions du budget ordinaire de l'administration aux domaines de santé prioritaires. Une autre modification concerne la mise sur pied du compte spécial du fonds de l'OMS pour le renouvellement, au titre duquel des contributions volontaires ont servi à fmancer des changements et des réformes spécifiques, une autre encore le dispositif utilisé pour rationaliser le travail et mieux fixer les priorités, à savoir le programme de résiliation d'engagement par accord mutuel fmancé par le compte pour les paiements de fin de contrats. Ce compte ne touche pas les secteurs programmatiques et il a donc été possible d'obtenir cette rationalisation sans avoir à utiliser des fonds affectés à des programmes. D'autres modifications concerneront la modernisation de la structure du fonds bénévole pour la promotion de la santé et des liens beaucoup plus clairs entre le budget et le rapport financier, plus particulièrement en ce qui concerne les activités programmatiques. Mme WILD (Services financiers), soulignant certains points clés du rapport, dit que, comparativement à l'exercice précédent, les recettes totales ont augmenté de 13% alors ql;le le budget ordinaire de 1998-1999 est resté au même niveau ; les ressources extrabudgétaires ont augmenté de manière sensible, de 42 %. US $25 millions du budget effectif approuvé de US $842 millions n'ont pu être exécutés, car, pour le faire, il aurait fallu augmenter les emprunts de US $25 millions et la direction a estimé qu'une telle solution n'aurait pas été judicieuse compte tenu des perspectives de règlement de certaines contributions. Lors de leur règlement, les montants reçus seront portés au crédit des recettes occasionnelles ou des recettes diverses. Les recettes totales reçues au fonds bénévole pour la promotion de la santé ont atteint US $650 millions, c'est-à-dire US $200 millions de plus que lors de l'exercice précédent. Les dépenses du fonds- US $562 millions- n'ont pas augmenté dans la même proportion que les recettes, car une grande partie des versements ont été reçus assez tard en 1999, ce qui se traduit par un solde de US $275 millions au 31 décembre 1999. Les engagements non réglés au budget ordinaire ont été ramenés de US $96 millions à fin 1995 à US $83 millions à fm 1997 et à US $78 millions au 31 décembre 1999, ce qui représente une réduction globale des engagements non réglés de 19 % sur les deux derniers exercices, alors que sur la même période le budget ordinaire est resté au même niveau. En revanche, les engagements non réglés concernant le fonds bénévole pour la promotion de la santé ont augmenté, passant de US $52 millions à US $74 millions. Les économies sur les engagements non réglés n'ont entraîné aucun avantage du point de vue des ressources globales disponibles : les économies sur le budget ordinaire ont été restituées aux recettes occasionnelles et les économies sur les fonds extrabudgétaires sont retournées à ces fonds. Le niveau indiqué pour le fonds de roulement est le niveau autorisé de US $31 millions. Au début comme à la fm de chacun des deux derniers exercices, le montant total autorisé a été utilisé afin de contribuer à l'exécution du budget ordinaire en attendant le règlement des contributions des Etats Membres. Si certains montants ont été restitués au fonds au cours de ces deux exercices, il a fallu par la suite de nouveau se prévaloir du solde disponible pour l'exécution du budget ordinaire. Au ler janvier 1996, les emprunts internes s'élevaient à US $178,1 millions, mais à la fm de 1999 ils n'étaient plus que de US $63,1 millions. Du point de vue des perspectives financières globales, l'Organisation va dans la bonne direction. Les niveaux des emprunts internes et des arriérés de contributions diminuent, le taux de recouvrement des contributions fixées s'améliore, le montant des engagements non réglés au budget ordinaire baisse, et la proportion du budget ordinaire exécuté augmente.

COMMISSION B : PREMIERE SEANCE

145

M. FAKIE (Commissaire aux Comptes) présente son rapport sur les comptes de l'OMS pour l'exercice 1998-1999 (document A53/17). Tout en ayant émis une opinion sans réserve, il estime que certains domaines doivent retenir l'attention en vue d'améliorer la gestion et l'efficacité de l'Organisation. Le recouvrement des contributions fixées a certes augmenté, mais la tendance au règlement en retard subsiste et il convient de rendre les Membres attentifs aux effets que cette pratique peut avoir. Si de nombreux bureaux de pays prennent des mesures pour élaborer et appliquer de meilleurs systèmes et procédures, la coordination entre eux laisse à désirer sur des aspects qui se prêtent pourtant à des solutions transversales. En ce qui concerne la gestion de la trésorerie, le rapport met en évidence trois domaines -la gestion des risques, les contrôles de haut niveau et les contrôles opérationnels de niveau inférieuroù des économies de coût sont possibles. Une vérification de suivi des contrôles généraux dans l'environnement informatisé a révélé que, si certaines mesures avaient été prises, la plupart des carences relevées n'avaient pas encore été supprimées. Certaines des constatations de la vérification des comptes devront probablement retenir l'attention pendant plus d'un exercice. M. LANGFORD (Vérificateur intérieur des comptes), présentant son rapport (document A53/19) soumis à l'Assemblée de la Santé par le Directeur général sans avoir été modifié, déclare qu'il récapitule les principaux problèmes de vérification des comptes signalés par le Bureau de la vérification intérieure des comptes et de la surveillance en 1999. Le format et le contenu du rapport suivent ceux de l'année précédente avec une exception importante, à savoir les résumés des observations de vérification des '. comptes des bureaux régionaux et de pays, qui ont été annexés pour simplifier le document et offrir un champ élargi en vue de la discussion. Le mandat du Bureau est désormais inscrit dans les Règles de Gestion fmancière de l'Organisation et il est suffisamment large pour lui permettre d'accéder à tous les systèmes, procédés, fonctions, membres du personnel et activités de l'OMS. Mettant en évidence les points saillants, M. Langford fait observer que les objectifs et l'approche de ses activités en 1999 n'ont subi aucune modification par rapport à 1'année précédente, au cours de laquelle il avait mis 1' accent de manière prioritaire sur le travail de vérification des comptes et d'évaluation concernant les questions opérationnelles, gestionnaires et de rentabilité, et il est convaincu que le système de contrôle interne de l'OMS dans son ensemble est adéquat. Toutefois, ce travail a mis en lumière certains domaines où des mesures s'imposent pour renforcer l'efficience, l'efficacité et la transparence. En vertu de son mandat de surveillance, plusieurs enquêtes ont été menées concernant des irrégularités éventuelles et, si aucune fraude majeure n'a été décelée, l'ensemble des différents cas démontre que la vigilance continue d'être de rigueur pour les éviter. Le Professeur ZELTNER (Président du Comité de l'Administration, du Budget et des Finances) appelle l'attention de la Commission sur le rapport du Comité (document A53/18), et en particulier sur les paragraphes 10 à 13. Mme KOPPERS (Pays-Bas) félicite l'OMS de son rapport financier, effectivement plus transparent, et envisage avec plaisir les autres modifications promises. Malheureusement, le document est arrivé assez tard et elle n'a guère eu le temps de l'étudier. Elle constate avec satisfaction que les arriérés ont diminué, mais reste néanmoins préoccupée tant par ce problème des arriérés que par celui des versements souvent tardifs, car l'Organisation se trouve contrainte de recourir aux emprunts internes. Elle se félicite de l'examen proposé de la politique de gestion des ressources humaines, qui doit être soumis au Conseil exécutif à sa cent septième session en janvier 2001. Mme Koppers demande qu'on précise pourquoi les objectifs et cibles stratégiques formulés dans le programme et le budget du dernier exercice ne semblent pas apparaître dans les comptes financiers. Se référant au document A53/17 Add.l, elle se demande si le nouveau système de budgétisation stratégique permettra une présentation plus transparente des fonds extrabudgétaires par donateur.

146

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

Mme MONDORF (Allemagne) souligne que les Membres doivent avoir assez de temps pour examiner le rapport financier et les états financiers vérifiés. Elle se félicite donc d'apprendre qu'il a été convenu que dorénavant ces documents seront fournis au moins trois semaines à 1' avance. M. CREGAN (Irlande) exprime sa satisfaction pour les différents rapports complets, aussi bien quant à leur champ que quant à leur profondeur. Il comprend que le rapport du Comité a été produit dans des conditions qui ne sont pas optimales et souligne combien il est important de recevoir l'information à temps pour que le Conseil exécutif et ses comités de surveillance puissent mettre l'accent sur les questions stratégiques et financières auxquelles l'Organisation doit faire face. Il prend acte de l'opinion du Comité selon laquelle les affaires fmancières de l'Organisation semblent aller dans la bonne direction. M. Cregan salue la transparence accrue du rapport financier et il est également encouragé par l'augmentation des ressources extrabudgétaires et par le maintien prévisible de cette tendance. L'approbation par le Conseil exécutif des principes directeurs de l'OMS relatifs à la mobilisation des ressources, à sa cent cinquième session, aura un impact positif du point de vue non seulement de la gestion budgétaire, mais aussi d'une amélioration des rapports financiers et de la transparence financière. Mme PERLIN (Canada) se félicite de la nouvelle présentation du rapport financier, qui est maintenant plus facile à lire, plus clair et plus transparent. Elle envisage avec plaisir le prochain rapport, où il y aura des renvois directs entre le budget programme et les comptes financiers e:t des liens correspondants entre la structure gestionnaire et les programmes. Ces modifications contribueront à une meilleure compréhension des objectifs et des réalisations de l'Organisation ainsi que de l'étendue et des coûts des travaux de l'OMS. Mme Perlin se félicite aussi du rapport du Commissaire aux Comptes, qui a été au fond des choses et a défini avec à-propos les domaines dans lesquels des améliorations sont possibles ; elle approuve la demande de la Commission de Vérification des Comptes du Conseil exécutif tendant à ce qu'un inventaire des recommandations sous forme de tableau soit établi pour permettre de suivre plus facilement 1' évolution de la situation. Les tendances positives concernant le taux de recouvrement des contributions, la réduction des emprunts internes et celle des engagements non réglés sont des faits encourageants, mais le niveau des arriérés reste à un niveau préoccupant et le nombre des pays dont le droit de vote a été suspendu est à déplorer. Pour ce qui est de l'exécution, de la surveillance et de l'évaluation du programme, le Directeur général et son personnel sont à féliciter pour les progrès accomplis en matière de programmation-budgétisation stratégique grâce à l'accent qui a été mis sur des objectifs, des indicateurs et des résultats clairs. Cette approche est indispensable pour prouver l'optimisation de l'utilisation des ressources en améliorant la fixation des priorités, en choisissant les activités qui conviennent et en veillant à l'exécution efficace des programmes. Elle implique que des modifications importantes soient apportées à la planification des programmes, à l'établissement du budget et au système fmancier, et le Canada souscrit entièrement aux efforts faits pour que ces modifications prennent effet au cours du prochain exercice. Le nouveau système doit permettre de traiter de manière plus efficace la question des engagements non réglés, qui préoccupe également la délégation canadienne. M. PRO SEN (Etats-Unis d'Amérique) se déclare particulièrement impressionné par la nouvelle présentation du rapport financier, qui est maintenant beaucoup plus facile à comprendre et permet au lecteur de se faire une idée plus précise de la situation fmancière de l'Organisation. Il se félicite des constatations du Commissaire aux Comptes et espère que tout sera mis en oeuvre pour y donner suite. La délégation des Etats-Unis note avec satisfaction que le Directeur général commence à appliquer le nouveau système de budgétisation fondé sur la performance et demande instamment à l'OMS de continuer à renforcer la confiance dans le nouveau système par des résultats démontrables dans les secteurs programmatiques les plus importants. Il faut aussi que l'OMS mette en place la politique relative aux activités en déclin qui consiste à examiner tous les programmes pour s'assurer qu'ils ont encore leur place dans l'Organisation.

COMMISSION B : PREMIERE SEANCE

147

La délégation des Etats-Unis a noté la recommandation du Commissaire aux Comptes de revoir le mandat et la composition du Comité consultatif sur les Placements et les conditions qui lui sont applicables, de façon à ce que ses tâches et ses responsabilités soient mieux définies. Elle a également relevé les faiblesses constatées par le Commissaire aux Comptes concernant le contrôle informatique en général et invite instamment l'OMS à accorder une attention spéciale à la mise en place de systèmes de contrôle et de services de technologie de l'information. La rationalisation du système de contrôle fmancier et administratif, l'intégration des systèmes informatiques, la mise en place de mécanismes de contrôle efficaces et précis et la rentabilité sont autant d'activités auxquelles l'OMS doit accorder une priorité absolue. M. WARRINGTON (Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord), félicitant le Directeur général de la nouvelle opinion sans réserve émise par le Commissaire aux Comptes, dit que sa délégation considère le rapport et son armexe comme un document de transition. M. Warrington apprécie le format plus court et plus clair, mais le document lui-même ne constitue qu'une première étape. Le Royaume-Uni a toujours appuyé la notion de budgétisation stratégique, qui implique une nouvelle approche des questions financières. Dans le passé, on a presque entièrement mis l'accent sur la fixation des niveaux budgétaires et l'affectation de fonds aux différents programmes, mais, à l'avenir, il faudra se préoccuper davantage de savoir si l'OMS a bien obtenu les résultats fixés au début d'un exercice. Si pour cela les documents nécessaires sont très différents de ceux dont la Commission est sai~ie, M. Warrington ne doute pas qu'ils seront néanmoins soumis le moment venu. Relevant que des activités programmatiques essentielles représentant un montant de US $25 millions n'ont pu être exécutées en raison du versement tardif des contributions, M. Warrington souscrit aux observations du Directeur général sur la nécessité pour les Etats Membres de régler leur contribution intégralement et dans les délais fixés. A son avis, l'Assemblée de la Santé de l'armée précédente a consacré un temps disproportionné à 1'examen du niveau du budget concernant une somme bien moins importante. Toutefois, il est clair à la lecture du rapport que, d'une manière générale, la santé fmancière de l'Organisation est bien meilleure. Il félicite le Directeur général et son personnel d'un plan d'efficacité ambitieux et ciblé, qui a permis de réorienter des fonds considérables vers les domaines prioritaires. Il faut également les féliciter d'avoir mis en oeuvre les résiliations d'engagement par consentement mutuel sans grever le budget ordinaire. M. Warrington se félicite de ce que, malgré le niveau inchangé du budget ordinaire, les recettes globales de l'Organisation aient augmenté de 13 % grâce à un accroissement de 42% des contributions extrabudgétaires. L'augmentation témoigne de la confiance dont font preuve les Etats Membres à l'égard de l'OMS et de ses capacités d'obtenir des résultats sanitaires, et le Royaume-Uni est heureux d'avoir appuyé lui aussi cette tendance. Mme KERN (Directeur exécutif) remercie les Membres de leurs observations et de celles qui ont été formulées au cours des discussions au Comité de l'Administration, du Budget et des Finances. De nombreux Membres ont travaillé sans relâche avec le Secrétariat pour mettre au point un type de présentation que les gouvernements pourraient facilement comprendre et utiliser. Elle s'excuse de l'arrivée tardive de la documentation, dont les raisons ont été expliquées au Comité de l'Administration, du Budget et des Finances. A l'avenir, les documents seront fournis à ce Comité trois semaines à l'avance. Elle est reconnaissante des conseils et de l'appui du Commissaire aux Comptes et de ses collaborateurs et donnera suite à la demande de la Commission de Vérification des Comptes concernant un inventaire des questions soulevées et des réponses apportées. En ce qui concerne la vérification informatique, Mme Kern fait observer que, lors de l'entrée en fonctions du Directeur général, les crédits prévus pour la technologie de l'information à l'OMS étaient insuffisants. Les changements de matériel exigent une enveloppe budgétaire spécifique et aussi un fmancement durable, et elle partage les conclusions figurant dans le rapport du Commissaire aux Comptes sur ces questions. Les systèmes d'information devront être réformés et modernisés, mais il faudra aussi les doter d'une sécurité adéquate. Ces dernières semaines, les ressources de l'OMS ont été suffisantes pour

148

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

assurer une protection contre le virus informatique « 1 love you », mais des systèmes renforcés permettront d'assurer une protection accrue. Mme Kern prend acte des observations sur le lien entre le budget et le rapport fmancier, notamment en ce qui concerne le respect de l'approche de budgétisation stratégique; ce lien sera plus directement visible dans le prochain rapport. Quant à l'amélioration de la transparence dans les rapports sur les donateurs et les fonds extrabudgétaires, la présentation du fonds bénévole pour la promotion de la santé sera restructurée dans le prochain rapport financier, ce qui permettra d'améliorer les choses. Le PRESIDENT invite la Commission à approuver le projet de résolution recommandé par le Comité de l'Administration, du Budget et des Finances et contenu au paragraphe 13 du document A53/18. Le projet de résolution est approuvé. 1 Le PRESIDENT invite la Commission à examiner ensemble le rapport sur les recettes occasionnelles et le rapport sur le fonds immobilier. • Recettes occasionnelles (document A53/20) • Fonds immobilier (document EBlOS/2000/REC/1, annexe 4) Le Professeur GIRARD (représentant du Conseil exécutif) présente le rapport sur le fonds immobilier. Le Conseil exécutif a examiné un rapport du Directeur général en quatre parties faisant le point des projets financés par le fonds immobilier. La partie 1 renseignait sur l'état des projets entrepris avant le 31 mai 2000, la partie 2 présentait les besoins estimatifs pour la période allant du 1er juin 2000 au 31 mai 2001, la partie 3 exposait les incidences financières, et la partie 4 indiquait les mesures recommandées au Conseil exécutif Celui-ci a pris note de l'état d'avancement des projets approuvés pour la période prenant fin le 31 mai 2000 et a examiné les nouveaux projets présentés pour la période allant du 1er juin 2000 au 31 mai 2001, et notamment le remplacement des centraux téléphoniques au Siège et dans cinq bureaux régionaux et le recâblage du réseau local au Bureau régional de l'Europe. Le Conseil a recommandé que le financement de ces projets par le fonds immobilier soit approuvé. Il a également recommandé l'adoption par l'Assemblée de la Santé du projet de résolution contenu dans la résolution EB105.RIO, y compris l'affectation au fonds immobilier d'un montant de US $2 141 721 provenant du compte pour les recettes occasionnelles. Le Conseil a pris connaissance du rapport du Comité de l'Administration, du Budget et des Finances, qui avait examiné le document EBIOS/23 sur les recettes occasionnelles. Le Comité a soutenu les propositions d'affectation des recettes occasionnelles contenues dans ce document, en notant que leur solde estimatif au 31 décembre 1999 s'élevait à US $21 689 006 et que le rapport défmitif sur les recettes occasionnelles à l'Assemblée de la Santé serait établi à la clôture des comptes de l'exercice 1998-1999, en mars 2000. Les options considérées par le Comité de l'Administration, du Budget et des Finances, concernant l'utilisation du solde des recettes occasionnelles, comprenaient la proposition, figurant dans le projet de résolution contenu dans la résolution EB105.R9, de réapprovisionner le fonds de roulement du montant des arriérés de contributions reçus en 1998-1999. Le Comité, ayant noté que le fonds de roulement est utilisé pour aider à fmancer le budget ordinaire lorsque les Etats Membres sont en retard dans le versement de leurs contributions, a fait observer que, depuis plusieurs années, le fonds, dont le montant est fixé à US $31 millions, est entièrement épuisé, ce que la Cinquante-Deuxième Assemblée mondiale de la Santé avait critiqué. En raison d'une interprétation très restrictive du Règlement fmancier, les arriérés de contributions ont été portés au crédit des recettes occasionnelles, ce qui fait que le fonds de roulement n'a pas été réapprovisionné. L'objet des propositions actuelles est de régulariser la situation Ce projet de résolution a été transmis à l'Assemblée de la Santé dans le premier rapport de la Commission et adopté sous la cote WHA53.3. 1

COMMISSION B : PREMIERE SEANCE

149

en créditant le fonds des arriérés de contributions reçus en 1998-1999, à concurrence d'un montant de US $1 0,2 millions, ce qui permettrait de créer un solde d'au moins US $10 millions pour compenser les retards dans les versements des contributions 2000-2001. Le Conseil exécutif recommande maintenant l'approbation du projet de résolution contenu dans la résolution EB105.R9, qui a été modifié pour refléter les chiffres avant le 31 décembre 1999 plutôt que les estimations d'octobre 1999, qui ont été soumises au Conseil. Le PRESIDENT invite la Commission à examiner le projet de résolution sur le fonds immobilier contenu dans la résolution EB105.R10. Le projet de résolution est approuvé. 1 Le PRESIDENT invite la Commission à examiner le projet de résolution sur les recettes occasionnelles contenu dans la résolution EB105.R9. Le projet de résolution est approuvé. 2 • Barème des contributions (document A53/21)

Le PRESIDENT explique que la question du barème des contributions a été ajoutée à l'ordre du jour de 1'Assemblée à la demande des Etats Membres et n'a donc pas été examinée par le Conseil exécutif. Le document A53/21 ne propose aucune mesure spécifique, mais le paragraphe 7 contient le texte d'une résolution qui pourrait être adopté si la Commission souhaite modifier le barème des contributions. Mme WILD (Services financiers) explique que les critères actuellement appliqués pour établir le barème des contributions de l'OMS sont énoncés dans la résolution WHA24.12, adoptée en 1971, qui dispose que c'est le dernier barème des contributions disponible de l'Organisation des Nations Unies qui doit être utilisé comme base pour déterminer le barème des contributions de l'OMS, compte tenu de a) la différence de composition des deux Organisations et b) l'établissement de minima et de maxima. La résolution WHA26.21, adoptée en 1973, stipule que le barème des contributions de l'OMS doit s'harmoniser aussi étroitement que possible avec celui de l'Organisation des Nations Unies, que la contribution maximale d'un Etat Membre quelconque ne doit pas dépasser 25% du total et que la contribution minimale de 0,001 % devra être conforme à celle fixée dans les barèmes futurs de l'Organisation des Nations Unies. Par sa résolution WHA30.5, adoptée en 1977, l'Assemblée de la Santé a décidé de ne plus appliquer le principe du maximum par habitant aux fms de la formulation et du calcul des quotes-parts. Ainsi, au paragraphe 1 du projet de résolution contenu au paragraphe 7 du document A53/21 convient-il de supprimer les mots « y compris la disposition selon laquelle aucun pays ne sera tenu de verser une contribution par habitant plus élevée que la contribution par habitant du plus fort contributeur ». Concernant la période 1998-2000, l'Assemblée générale des Nations Unies a adopté différents barèmes de contributions pour chacune des trois années visées : ainsi, le barème le plus récent, celui de l'an 2000, a été utilisé comme base pour déterminer le barème des contributions de l'OMS pour 2001. Toutefois, en raison du cycle biennal du budget établi pour l'OMS et du moment où se déroule l'Assemblée de la Santé, la possibilité de modifier le barème de l'OMS pour la deuxième année de

1 Ce projet de résolution a été transmis à l'Assemblée de la Santé dans Je premier rapport de la Commission et adopté sous la cote WHA53.4. 2 Ce projet de résolution a été transmis à l'Assemblée de la Santé dans le premier rapport de la Commission et adopté sous la cote WHA53.5.

150

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

l'exercice pour refléter le dernier barème de l'ONU n'existe que tous les six ans. En 1997, une résolution a été proposée tendant à ce que le barème de l'ONU pour 1998-2000 soit appliqué en 1998, mais cette proposition n'a pas été acceptée et le barème de l'OMS pour 1998 a en fait été fondé sur le barème de l'ONU pour 1997. A l'Assemblée de la Santé de cette année-là, les Etats Membres ont été priés d'approuver pour 1998-1999 un barème des contributions fondé sur le barème de l'ONU pour 1997. Certains Etats Membres ont alors proposé de réviser le barème des contributions envisagé pour 1998-1999 pour l'OMS, afin que le barème adopté par l'Assemblée générale des Nations Unies pour le prochain exercice soit la base du barème de l'OMS pour l'exercice qui serait approuvé par la Cinquantième Assemblée mondiale de la Santé. L'argument de ces Etats était qu'en éliminant le retard d'un an dans l'application du barème le plus récent de l'ONU, le calcul serait fondé sur des données économiques plus récentes et donc refléterait mieux la capacité des Etats Membres de respecter leurs obligations. D'autres ont toutefois fait valoir que cette modification engagerait les Etats Membres à accepter des contributions qui ne seraient finalement établies qu'à la fm de l'année. On a fait observer que la question était compliquée par le lien étroit entre les discussions à la Commission A sur le budget ordinaire de l'OMS et les discussions à la Commission B sur le barème des contributions, et que les modifications sensibles intervenues dans l'économie mondiale depuis l'introduction du précédent barème de l'ONU auraient un impact majeur, peut-être de plus de 50%, sur les contributions de certains Membres. Il a donc été jugé souhaitable d'appliquer le nouveau barème de l'ONU aussi rapidement que possible pour refléter la capacité des Etats Membres de payer et pour réduire en conséquence les arriérés de contributions. Il a également été relevé qu'on ne saurait appliquer un barème qui ne serait pas connu au moment de son adoption par l'Assemblée de la Santé et que, en outre, en vertu du Règlement fmancier, le barème des contributions ne peut être modifié qu'au cours de la première année d'un exercice pour être appliqué au cours de la seconde. Le compromis finalement retenu a consisté à fonder le barème des contributions de l'OMS sur le barème le plus récent adopté par l'Assemblée générale des Nations Unies, à savoir le barème pour 1997. Le Directeur général a été prié de faire rapport à la Cinquante et Unième Assemblée mondiale de la Santé en 1998 sur les modifications apportées au barème de l'ONU et les incidences sur l'OMS. En 1998, l'Assemblée de la Santé a décidé d'appliquer le barème des contributions révisé de l'ONU pour la période 1998-2000 au barème des contributions de l'OMS pour 1999. Une proposition tendant à accorder une remise aux Etats qui avaient versé davantage en 1998 qu'ils n'auraient dû le faire si le barème de l'ONU pour 1998 avait été la base du barème de l'OMS pour cette année-là a été rejetée. M. COMENDEIRO HERNANDEZ (Cuba) dit qu'il est absolument inapproprié que l'Assemblée de la Santé examine le projet de résolution proposé dans le document A53/21. Rien ne justifie à ce jour que l'on préjuge de la décision que prendra l'Assemblée générale des Nations Unies sur le prochain barème des contributions de l'ONU, une décision qui n'interviendra pas avant décembre 2000. On ne peut admettre que le barème des contributions de l'OMS pour 2001, qui a été fixé sur la base du barème de l'ONU pour l'an 2000, soit ajusté en fonction des pressions ou des intérêts de certains Etats Membres. Les institutions spécialisées, dont l'OMS, ont traditionnellement fixé leur barème de contributions en fonction du barème de l'ONU, mais uniquement après que ce barème eut été fixé par l'ONU, et pas avant. De l'avis de la délégation cubaine, rien ne justifie que l'OMS prenne une décision qui pourrait entraîner une modification de son barème des contributions avant que l'Assemblée générale des Nations Unies ne prenne sa propre décision. Les Etats Membres de l'OMS ne sauraient être censés ajuster leur budget à la situation nouvelle ; en fait, cela pourrait avoir un effet désastreux pour la plupart des Etats Membres, surtout pour les pays en développement. Il serait beaucoup plus réaliste de maintenir le barème des contributions existant adopté par la Cinquante-Deuxième Assemblée mondiale de la Santé dans la résolution WHA52.17 pour 1' exercice 2000-2001. Ceux qui s'attachent à promouvoir des initiatives du type de celle qui est proposée dans le projet de résolution ne sont pas nécessairement bien intentionnés. La crise financière que connaissent les Nations Unies tient principalement au refus des Etats-Unis d'Amérique de respecter ponctuellement et sans condition ses obligations financières. Ce pays essaie d'imposer des réductions budgétaires arbitraires à plusieurs organisations. Rien ne saurait justifier une réduction du plafond des contributions et une telle

COMMISSION B : PREMIERE SEANCE

151

réduction ne rendrait en rien le processus de décision plus démocratique. La part des Etats-Unis dans la production mondiale étant de l'ordre de 27 %, le plafond actuel de sa contribution ne représente pas de façon adéquate sa capacité de payer. En outre, son économie a connu une période de croissance soutenue ces dernières années, ce qui fait qu'une réduction du plafond ne serait pas justifiée. Une réduction aurait pour conséquence de faire porter aux pays en développement une part accrue du fardeau à l'avenir, leurs contributions devant être majorées simplement pour satisfaire les exigences de politique intérieure des Etats-Unis. Une telle solution serait entièrement injuste et antidémocratique et ne refléterait en rien la situation économique et la capacité de payer des pays qui n'ont pas enregistré d'amélioration sensible de leur situation. La seule façon de résoudre la crise fmancière du système des Nations Unies consiste en ce que tous les Etats Membres en général, et les Etats-Unis en particulier, respectent leurs obligations fmancières en vertu de la Charte des Nations Unies et des résolutions de l'Assemblée générale. L'adoption du projet de résolution préjugerait de toute manière du résultat de négociations qui se déroulent ailleurs. M. SOUTHWICK (Etats-Unis d'Amérique), appuyant le projet de résolution présenté dans le document, dit que la seule question qui se pose est de savoir si l'OMS doit appliquer le nouveau barème des contributions de 1'ONU en janvier 2001. Les quotes-parts effectives seront décidées à New York à la fin de l'année, à la suite d'une révision dont le but est de tenir compte des réalités économiques et politiques. Une fois que l'ONU a pris sa propre décision sur son barème des contributions, il n'y a aucune bonne raison pour que d'autres parties du système des Nations Unies restent en retrait _et il n'y a pas lieu de discuter à une date ultérieure d'une question qui aura déjà été tranchée à New York. Conscientes de ces facteurs, la FAO et l'OMM ont déjà décidé d'adopter le nouveau barème en janvier 2001. Les Etats-Unis ne nient pas qu'ils ont un intérêt particulier à voir la résolution adoptée, car, en vertu de leur nouvelle législation, ils seraient en mesure de régler leurs arriérés aux institutions du système des Nations Unies si cette réforme et d'autres sont introduites. Les Etats-Unis doivent déjà à l'OMS quelque US $35 millions, de même que plus de US $100 millions à la FAO et quelque US $37 millions à l'OIT. Ils souhaitent régler ces arriérés le plus tôt possible, mais, si la résolution n'est pas adoptée, ils ne pourront le faire avant janvier 2002. Si l'OMS reçoit les arriérés plus tôt, sa situation financière sera meilleure et elle pourra appliquer ses programmes de manière plus rationnelle. Sur le fond, la résolution va donc dans le bon sens et serait dans l'intérêt de l'OMS, et M. Southwick demande instamment aux autres délégations de l'approuver par consensus. Mme POSADA (Colombie) estime qu'il serait inapproprié de modifier le barème des contributions de l'OMS à l'heure actuelle, car l'OMS a déjà adopté son barème pour l'exercice 2000-2001 et l'ONU ne modifiera pas son propre barème avant décembre 2000. Le Dr MOSOTHO (Lesotho) dit que le barème des contributions est un problème complexe qui n'a pu être réglé par de précédentes Assemblées de la Santé, et il faut féliciter le Directeur général de l'analyse approfondie des problèmes qui se posent. Toutefois, l'adoption du projet de résolution figurant dans le document A53/21 aurait pour résultat de mettre la charrue avant les boeufs. L'OMS doit attendre la décision de l'ONU sur la question et adopter un barème révisé en conséquence. M. ISOBE (Japon) souscrit à l'option figurant au paragraphe 8 du document tendant à ce que l'Assemblée de la Santé n'apporte aucune modification au barème des contributions. La modification d'un barème qui a déjà été approuvé par la précédente Assemblée de la Santé n'est pas vraiment justifiée et une organisation indépendante et autonome comme l'OMS ne doit pas laisser une question aussi vitale être décidée par une autre organisation. M. CHERNIKOV (Fédération de Russie) ne voit, lui non plus, pas de raison de modifier le barème des contributions pour 2001. Tout d'abord, le processus d'établissement du budget dans la Fédération de Russie oblige les ministères et organismes à soumettre leur demande de fmancement six mois avant le début de l'exercice budgétaire, et l'approbation du budget par le Parlement intervient avant le début de

152

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

l'année visée. Si le calcul des contributions à l'OMS est renvoyé à la dernière semaine de décembre, il sera pratiquement impossible de prévoir les crédits nécessaires au budget fédéral. Il serait regrettable que des problèmes qui ne surviennent qu'une fois sur plusieurs années à l'Organisation des Nations Unies affectent les contributions de la Fédération de Russie à l'OMS. Ensuite, en vertu du paragraphe 1 du projet de résolution contenu au paragraphe 7 du document A53/21, il apparaît que le niveau des contributions fixées à l'OMS a déjà été effectivement adopté par l'Organisation. Ce n'est pas là l'approche qu'il convient de suivre, car une décision qui a des incidences financières doit être prise par les Etats Membres. Enfin, on ne voit pas pourquoi l'Assemblée de la Santé devrait revenir sur cette question, puisque la différence entre le barème des contributions de l'OMS et celui de l'ONU est connue depuis longtemps et que la décision concernant 2001 a déjà été prise. Elle n'a pas à être modifiée maintenant. M. XU Nanshan (Chine) rappelle qu'une proposition semblable concernant l'amendement du barème des contributions de l'OMS a été formulée en 1997 à la Cinquantième Assemblée mondiale de la Santé, mais qu'elle a été rejetée. La Cinquante-Deuxième Assemblée mondiale de la Santé, en 1999, a décidé par la résolution WHA52.17 que le barème pour 2001 devrait se conformer au barème de l'ONU pour l'an 2000. Compte tenu du fait que cette résolution a été adoptée par consensus et que ses dispositions sont obligatoires, la délégation chinoise estime que le projet de résolution contenu dans le document A53/21 doit être rejeté et que la résolution WHA52.17 doit être appliquée. Mme CASATI (Paraguay) se dit favorable elle aussi à l'option énoncée au paragraphe 8 du document. La décision sur le barème des contributions pour l'exercice 2000-2001 a été adoptée par consensus et les crédits nécessaires ont déjà été approuvés par le Parlement paraguayen pour figurer au budget. Mme Casati tient à indiquer que son Gouvernement ne s'engagerait pas à respecter un barème qui n'a pas été fixé à l'avance. M. PENROD (Costa Rica), le Dr SEVER (Israël) et M. CHAKALISA (Botswana) se rallient à l'opinion exprimée par le délégué du Paraguay et plusieurs orateurs précédents. M. AL-FAKHR.I (Arabie saoudite) dit que la façon dont le fmancement du budget est réparti entre les Etats Membres doit être approuvée par 1'Assemblée de la Santé. On ne saurait déterminer le barème des contributions de l'OMS sans connaître celui de l'ONU, ce qui constituerait un précédent peu souhaitable de nature à susciter des controverses. M. SOUTHWICK (Etats-Unis d'Amérique) demande que le projet de résolution soit mis aux voix. M. BARCIA (Portugal) dit que les Etats Membres de l'Union européenne avaient cru comprendre que la question serait examinée le lendemain. Il demande donc que le vote soit différé jusqu'au lendemain, renvoi auquel souscrit le Dr VIVAS (Uruguay) étant donné que plusieurs délégations ne sont pas présentes. M. WARRINGTON (Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord) exprime l'espoir que la question pourra être décidée de la manière habituelle, c'est-à-dire par consensus. En cas de vote, il souhaiterait que le Conseiller juridique indique exactement sur quoi le vote doit porter. M. TOPPING (Conseiller juridique) explique qu'il s'agit de voter sur la proposition des Etats-Unis d'Amérique tendant à approuver le projet de résolution contenu dans le document A53/21, tel qu'il a été corrigé par le Secrétariat. Il n'est pas certain qu'il y ait ou non consensus sur le moment où le vote doit intervenir. La proposition de remettre le vote au lendemain revient en fait à une proposition d'ajourner le débat et, s'il n'y a pas de consensus, il faudra alors voter sur cette proposition.

COMMISSION B : PREMIERE SEANCE

153

M. SOUTHWICK (Etats-Unis d'Amérique) souscrit à la demande du Portugal tendant à ce que le vote soit renvoyé au lendemain. M. MOSTEPHA (Algérie) fait observer que la question fondamentale n'est pas de savoir si le vote doit intervenir ce jour ou le lendemain, mais plutôt la position que la Commission doit adopter face à un projet de résolution qui n'a même pas été examiné par le Conseil exécutif. Il suggère qu'un nouveau projet de résolution soit soumis afin d'aboutir à une solution de compromis. Le Dr SOMBIE (Burkina Faso) dit que, normalement, quand un projet de résolution n'est pas proposé par le Conseil exécutif, le nom des pays auteurs du projet est clairement indiqué. Le projet visé fait partie d'un document de l'OMS mais ne semble pas constituer une proposition de l'OMS. Le Dr Sombie demande des éclaircissements à cet égard. Mme RODRÎGUEZ CAMEJO (Cuba) regrette que la discussion ait abouti à une impasse sur une question si sensible ayant des incidences économiques et financières si importantes pour tous les Etats Membres. Elle déplore en outre qu'un vote ait été demandé, car la résolution sur le barème des contributions est généralement adoptée par consensus. Le débat a démontré qu'il existe une majorité opposée à l'adoption du projet de résolution et elle demande instamment que tout soit mis en oeuvre pour aboutir à un consensus. Si l'on décide de mettre la question aux voix, elle proposera qu'aucune mesure ne soit prise sur la question. M. KENGOUYA (Congo) dit qu'il est important que les procédures établies soient suivies en ce qui concerne la présentation des projets de résolutions. S'il est urgent d'examiner la question du barème des contributions, la mesure nécessaire aurait dû être prise par le Comité de l'Administration, du Budget et des Finances plus tôt. M. TOPPING (Conseiller juridique) explique que la question a été portée devant l'Assemblée de la Santé sans avoir auparavant été examinée par le Conseil exécutif parce que la délégation des Etats-Unis d'Amérique a prié le Conseil exécutif, au moment où il examinait l'ordre du jour provisoire de l'Assemblée de la Santé, d'inscrire la question à l'ordre du jour de l'Assemblée. Par conséquent, le Secrétariat, conformément à la pratique habituelle, a établi un rapport dans lequel deux options sont offertes à l'Assemblée de la Santé : soit d'adopter le projet de résolution, soit de ne prendre aucune mesure. Un vote sur le projet de résolution a été demandé et il a ensuite été proposé que le vote soit renvoyé. Le PRESIDENT note que la Commission souhaite que l'examen de la question soit renvoyé au lendemain.

La séance est levée à 17 h 30.

DEUXIEME SEANCE Jeudi 18 mai 2000, 9 heures Président : Dr K. KARAM (Liban)

QUESTIONS AD:MINISTRATIVES ET FINANCIERES: Point 14 de l'ordre du jour (suite) Questions f'mancières: Point 14.1 de l'ordre du jour (suite) • Barème des contributions (document A53/21) (suite) M. COMENDEIRO HERNÂNDEZ (Cuba) souhaite déposer une motion d'ordre. L'article 98 du Règlement intérieur de l'Assemblée de la Santé prévoit qu'aucune proposition tendant à réexaminer la répartition des contributions présentement en vigueur entre les Membres et Membres associés n'est inscrite à l'ordre du jour si elle n'a été communiquée aux Membres et Membres associés 90 jours au moins avant la date fixée pour l'ouverture de la session, à moins que le Conseil n'ait déjà recommandé cet examen. 1 Or le projet de résolution contenu dans le document A53/21 ne satisfait à aucune de ces conditions : il n'a été envoyé aux Etats Membres que le 18 avril 2000, il ne se fonde pas sur une recommandation du Conseil exécutif, et il constitue une proposition de modification du barème des contributions adopté par la Cinquante-Deuxième Assemblée mondiale de la Santé plus d'un an avant l'expiration prévue de ce barème. En conséquence, on ne saurait examiner le projet de résolution vu que son dépôt contrevient aux dispositions de l'article 98 du Règlement intérieur. M. SOUTHWICK (Etats-Unis d'Amérique) estime que le projet de résolution est conforme au Règlement intérieur, dans la mesure où sa présentation à l'Assemblée de la Santé a été examinée par le Conseil exécutif à sa cent cinquième session. M. TOPPING (Conseiller juridique) fait observer que, conformément à l'article 98 du Règlement intérieur, un réexamen de la répartition des contributions a été recommandé par le Conseil exécutif à sa cent cinquième session. Il s'ensuit que les conditions de l'article 98 ont été satisfaites lorsque le Conseil exécutif a adopté l'ordre du jour provisoire pour communication à l'Assemblée de la Santé. Mme RODRÎGUEZ CAMEJO (Cuba) demande au Secrétariat d'indiquer avec précision le document envoyé aux Etats Membres contenant le projet de résolution en cours de discussion. M. TOPPING (Conseiller juridique) répond que, conformément à la procédure normale, le Secrétariat a établi le document A53/21 pour donner suite à la décision du Conseil exécutif d'inscrire un point concernant le barème des contributions à 1' ordre du jour de 1'Assemblée de la Santé. Ce document

1

L'orateur cite l'article 98 en espagnol, qui est ainsi libellé :

No se induira en el orden del dia ninguna propuesta de revision de la escala de contribuciones en vigor que no haya sido comunicada a los Miembros y a los Miembros Asociados cuando menos noventa dias antes de la apertura de la reunion o que no haya sido previamente recomendada por el Consejo Ejecutivo.

- 154-

COMMISSION B : DEUXIEME SEANCE

155

contient deux options, dont l'une a pris la forme d'un projet de résolution et figure au paragraphe 7. A ce stade du débat, il serait bon de voter sur la proposition de Cuba tendant à ne pas examiner le projet de résolution. Le Dr VIVAS (Uruguay) souligne que ce dont il s'agit, c'est de savoir très précisément à quelle date et de quelle manière les Etats Membres ont été saisis du projet de résolution contenu dans le document A53/21. M. TOPPING (Conseiller juridique) réaffirme que les conditions prévues à l'article 98 ont été réunies en ce sens qu'en inscrivant la question du barème des contributions à l'ordre du jour provisoire de l'Assemblée de la Santé, le Conseil exécutif a entendu recommander le réexamen dudit barème. Mme RODRiGUEZ CAMEJO (Cuba) fait observer que l'article 98 dit clairement que les Etats Membres doivent être informés 90 jours avant toute proposition tendant à réexaminer la répartition des contributions, à moins que le Conseil ait déjà recommandé un tel examen. Jusqu'ici, le Secrétariat n'est pas parvenu à montrer qu'un quelconque document ait été diffusé conformément à ce délai de 90 jours. Il serait donc bon de voter sur la motion d'ordre déposée par Cuba. La délégation cubaine a l'intention de retirer la motion tendant à ne prendre aucune décision sur le projet de résolution. Pour M. TOPPING (Conseiller juridique), l'article 98 prévoit deux options et, puisque l'une d'elles a été satisfaite, les conditions de l'article 98 ont été réunies. Le PRESIDENT observe que, si le délai de 90 jours n'a pas été respecté, le Conseil exécutif n'en a pas moins inscrit la question du barème des contributions à l'ordre du jour provisoire de l'Assemblée de la Santé, satisfaisant ainsi aux conditions de l'article 98. Mme RODRiGUEZ CAMEJO (Cuba) relève que, si la question du barème des contributions a été effectivement inscrite à l'ordre du jour par le Conseil exécutif, il n'y est fait nulle mention d'une résolution tendant à modifier le barème des contributions en vigueur. Elle persiste à penser qu'on a bel et bien contrevenu à l'article 98 et elle demande qu'une décision soit prise en ce qui concerne la motion d'ordre déposée par Cuba. Pour le Dr KARA MOSTEPHA (Algérie), l'existence même d'une alternative, aux paragraphes 7 et 8 du document A53/21, fait qu'il est impossible d'approuver le projet de résolution. En conséquence, ne pourrait-on confier à un groupe de rédaction le soin de produire un texte révisé, qui tienne compte de tous les aspects de la question et qui soit ensuite examiné par la Commission ? Le Dr SHANGULA (Namibie) estime que l'on n'a pas respecté l'article 98. Outre le fait que le délai de 90 jours n'ait visiblement pas été respecté, les actes de la cent cinquième session du Conseil exécutif ne contiennent aucune recommandation faite à l'Assemblée de la Santé d'envisager une modification du barème des contributions. Pour le Dr SOJ\.1BIE (Burkina Faso), le texte du projet de résolution figurant dans le document A53/21 doit être remanié, car il ne fait aucune allusion à la résolution WHA52.17 adoptée par la Cinquante-Deuxième Assemblée mondiale de la Santé. Pour M. AMIRK.lllZI (République islamique d'Iran), le document A53/21 ne renvoie à aucun des débats du Conseil exécutif et rien ne prouve qu'à sa cent cinquième session, le Conseil ait envisagé la révision du barème des contributions. Il semble donc que les conditions de l'article 98 n'aient pas été respectées, ce qui le conduit à soutenir la motion d'ordre déposée par Cuba.

156

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

M. SOUTHWICK (Etats-Unis d'Amérique) estime que la démarche du Conseil exécutif a été claire et constitue effectivement une recommandation d'examen. Il rappelle que le Conseiller juridique a jugé que les dispositions de l'article 98 ont été respectées et que le Président a confirmé cette opinion. M. TOPPING (Conseiller juridique) souligne que l'Assemblée de la Santé a adopté l'ordre du jour contenant le point relatif au barème des contributions. Le Président s'est d'ailleurs déclaré de cet avis et l'on peut penser que cette décision n'a pas été contestée. Mme RODRÎGUEZ CAMEJO (Cuba) rétorque qu'à son avis, la motion d'ordre déposée par Cuba n'a pas non plus été contestée et que deux autres délégués l'ont appuyée. Le Professeur GIRARD (représentant du Conseil exécutif) tient à préciser que la question du barème des contributions a été abordée par le Conseil exécutif à sa cent cinquième session et inscrite à l'ordre du jour de la Cinquante-Troisième Assemblée mondiale de la Santé. Le Conseil a recommandé à 1'Assemblée de procéder à un examen et c'est pour cela que ce point figure à son ordre du jour. Le Dr NTAHOBARI (Burundi) relève qu'un Burundais siégeait également au Conseil exécutif mais, bien que la question ait été examinée par le Conseil, il semble qu'il n'y ait aucune référence écrite au projet de résolution. M. SABHARWAL (Inde) veut savoir quel document contient la décision du Conseil exécutif d'inscrire le point relatif au barème des contributions à l'ordre du jour provisoire de l'Assemblée de la Santé. M. SOUTHWICK (Etats-Unis d'Amérique) demande au Président de prendre immédiatement une décision, en application de l'article 58 du Règlement intérieur. Le PRESIDENT décide, compte tenu de l'avis du Conseiller juridique, que les dispositions de l'article 98 du Règlement intérieur ont été respectées. M. TOPPING (Conseiller juridique) dit qu'il croit comprendre que la délégation de Cuba a retiré sa motion à l'effet de ne pas examiner le projet de résolution figurant au paragraphe 7 du document A53/21, examen auquel la délégation des Etats-Unis d'Amérique a donné son appui. Mme RODRiGUEZ CAMEJO (Cuba) demande une nouvelle fois au Président de prendre une décision sur la motion d'ordre soulevée par Cuba. Le PRESIDENT indique qu'il a déjà pris sa décision. Les conditions de l'article 98 ont été respectées. Il invite la Commission à se prononcer sur le projet de résolution. M. SOUTHWICK (Etats-Unis d'Amérique) demande qu'on procède à un vote par appel nominal, en vertu de l'article 74 du Règlement intérieur. Mme RODRÎGUEZ CAMEJO (Cuba) demande également un vote par appel nominal. M. TOPPING (Conseiller juridique) explique la procédure de vote par appel nominal, prévue à l'article 74.

COMMISSION B : DEUXIEME SEANCE

157

Mme RODRÎGUEZ CAMEJO (Cuba) réaffirme que l'article 98 n'a de toute évidence pas été respecté. Sa délégation regrette que la décision du Président soit allée à l'encontre de sa motion d'ordre et elle votera contre cette décision. Le Dr VIVAS (Uruguay) demande que le Président précise si le vote qui va avoir lieu concerne la contestation par Cuba de la décision du Président. Mme RODRÎGUEZ CAMEJO (Cuba) précise que sa délégation conteste la décision du Président. A son avis, la Commission va voter sur la motion d'ordre déposée par sa délégation, et non pas sur le projet de résolution figurant dans le document A53/21. Le Dr SUWIT WIBULPOLPRASERT (Thaïlande) demande qu'on lui précise bien qu'un point de l'ordre du jour d'ores et déjà adopté par le Bureau de l'Assemblée et par l'Assemblée de la Santé siégeant en séance plénière peut être rayé par une commission principale. M. TOPPING (Conseiller juridique) réaffirme qu'à son avis, c'est à bon droit que le point a été inscrit à l'ordre du jour soumis, pour adoption, à l'Assemblée de la Santé. Le Président a pris une décision dans ce sens. Si la Commission infirme la décision du Président, cela équivaudra à choisir de ne pas examiner ce point de l'ordre du jour parce qu'il n'a pas été correctement inscrit .à l'ordre du jour provisoire. Dans le vote qui va avoir lieu, un «oui» indiquera que, de l'avis de la délégation, les conditions de l'article 98 n'ont pas été respectées, alors qu'un vote« non» signifiera que, de l'avis de la délégation, les conditions de l'article 98 ont été respectées. Il est procédé à un vote par appel nominal, les noms des Etats Membres étant appelés dans l'ordre alphabétique français, en commençant par le Danemark, le tirage au sort ayant désigné la lettre D. Le résultat du vote est le suivant : Pour : Afrique du Sud, Algérie, Angola, Arabie saoudite, Argentine, Bénin, Botswana, Burkina Faso, Burundi, Cameroun, Cap-Vert, Chine, Colombie, Costa Rica, Cuba, Egypte, El Salvador, Equateur, Fédération de Russie, Fidji, Guatemala, Haili, Honduras, Iles Salomon, Inde, Indonésie, République islamique d'Iran, Jamahiriya arabe libyenne, Jamaïque, Japon, Jordanie, Lesotho, Madagascar, Malawi, Maldives, Mali, Maroc, Maurice, Mauritanie, Mexique, Myanrnar, Namibie, Nicaragua, Ouzbékistan, Pakistan, Paraguay, Pérou, République arabe syrienne, République populaire démocratique de Corée, Samoa, Swaziland, Togo, Uruguay, Venezuela, Zambie, Zimbabwe. Contre : Allemagne, Andorre, Autriche, Belgique, Chypre, Croatie, Danemark, Espagne, Estonie, Etats-Unis d'Amérique, Finlande, France, Grèce, Hongrie, Irlande, Israël, Italie, Lettonie, Lituanie, Luxembourg, Etats fédérés de Micronésie, Norvège, Palaos, Pays-Bas, Pologne, Portugal, République de Corée, République tchèque, Roumanie, Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord, Slovaquie, Suède, Suisse, Vanuatu. Abstentions: Australie, Brésil, Brunéi Darussalam, Canada, Chili, Congo, Côte d'Ivoire, Gabon, Ghana, Guinée, Iles Cook, Kenya, Malaisie, Nigéria, Nouvelle-Zélande, Papouasie-NouvelleGuinée, Philippines, République démocratique populaire lao, République-Unie de Tanzanie, Seychelles, Singapour, Thaïlande, Tonga, Tuvalu.

158

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

Absents : Albanie, Bahamas, Bahreïn, Bangladesh, Barbade, Bélarus, Belize, Bhoutan, Bolivie, Bulgarie, Cambodge, Djibouti, Dominique, Emirats arabes unis, Erythrée, Ethiopie, Ex-République yougoslave de Macédoine, Islande, Kiribati, Koweït, Liban, Malte, Monaco, Mongolie, Mozambique, Nauru, Népal, Nioué, Oman, Ouganda, Panama, Qatar, République démocratique du Congo, Rwanda, Saint-Kitts-et-Nevis, Saint-Marin, Saint-Vincent-et-Grenadines, Sao Tomé-et-Principe, Sénégal, Sierra Leone, Slovénie, Sri Lanka, Soudan, Suriname, Trinité-et-Tobago, Tunisie, Turquie, Viet Nam, Yémen. La proposition est donc approuvée par 56 voix contre 34, avec 24 abstentions. M. TOPPING (Conseiller juridique) explique qu'aux termes de l'article 71 du Règlement intérieur, les Membres présents et votants s'entendent des Membres votant valablement pour ou contre. Comme il y a eu 90 Membres présents et votants, la majorité simple est de 46. Comme il y a eu 56 voix pour, la décision du Président est contestée. La Commission estime donc que les conditions de l'article 98 du Règlement intérieur n'ont pas été respectées. Plusieurs délégations prennent la parole afm d'expliquer leur vote, en vertu de l'article 77 du Règlement intérieur. Le Dr VIVAS (Uruguay) précise que sa délégation s'est prononcée sur une question de procédure, réservation faite de la question de fond du point 14.1 de l'ordre du jour. Les arguments tendant à démontrer la juste application de l'article 98 du Règlement intérieur n'ont pas été convaincants. Le seul écrit contenant une proposition de réexamen du barème des contributions est le document A53/21, en date du 18 avril2000. Malgré les demandes réitérées de délégués, aucun document n'a été produit démontrant le respect des dispositions de l'article 98. M. ABIDIN (Malaisie) dit que, si sa délégation s'est abstenue, c'est qu'on ne lui a pas présenté suffisamment d'éléments d'appréciation pour pouvoir prendre une décision. Si le projet de résolution contenu dans le document A53/21 avait été mis aux voix, la délégation de Malaisie aurait voté contre. Le Dr BOMBA-NKOLO (Cameroun) explique que sa délégation a voté pour la proposition parce qu'on ne lui a pas présenté suffisamment d'informations étayant la thèse opposée. Le budget du Cameroun a déjà été voté. Toutefois, sa délégation est disposée à débattre de la question de fond posée par le projet de résolution. Pour M. PENROD (Costa Rica), les 90 jours prévus à l'article 98 constituent un délai propice à la diffusion, la transparence et la discussion. Le Conseil exécutif n'a pas examiné la question quant au fond. C'est la raison pour laquelle la délégation du Costa Rica a voté pour la motion d'ordre. Le Dr KENGOUY A (Congo) déclare que sa délégation s'est abstenue parce que le document n'a pas été régulièrement soumis à l'Assemblée de la Santé. Le Dr SHANGULA (Namibie) explique que, si sa délégation a voté pour la motion d'ordre, c'est parce qu'elle croit que les conditions de l'article 98 n'ont pas été remplies. La décision du Président crée un précédent fâcheux, en ce sens que les décisions du Conseil exécutif pourraient être communiquées à l'Assemblée de la Santé verbalement et non par écrit. Mme PERLIN (Canada) explique l'abstention de sa délégation et précise qu'elle se serait également abstenue en cas de vote sur le projet de résolution. Que le barème des contributions soit mis aux voix constitue un précédent fâcheux pour 1' avenir de 1' examen des questions budgétaires, que ce soit dans une

COMMISSION B : DEUXIEME SEANCE

159

institution spécialisée ou à l'Assemblée générale des Nations Unies. Il n'aurait pas fallu abandonner aussi vite la tradition du consensus. M. SOUTHWICK (Etats-Unis d'Amérique) fait observer que le débat qui a eu lieu sur la question à la cent cinquième session du Conseil exécutif est contenu dans le procès-verbal provisoire de la huitième séance (document EB 105/SR/8). Sa délégation a jugé très claires les explications données par le Président. • Amendements au Règlement financier (documents A53/22, 1 A53/29 et A53/INF .DOC./1) Le Professeur GIRARD (représentant du Conseil exécutif) rappelle qu'à sa cent cinquième session, le Conseil exécutif a examiné les amendements au Règlement financier et a pris connaissance du rapport de son Comité de 1'Administration, du Budget et des Finances. Etant donné la portée des enjeux, le Comité a passé beaucoup de temps à étudier les documents EB105/25, EB105/25 Corr.l et EB105/25 Add.l, à la recherche d'un consensus. Le Comité a noté que l'OMS a examiné toutes les questions dont on lui avait confié l'étude dans la résolution WHA52.20, à savoir les recettes occasionnelles, le mécanisme de compensation des pertes au change, le versement tardif ou les arriérés de contributions des Etats Membres, le système d'incitation fmancière, le fonds de roulement (y compris les modalités de reconstitution), les emprunts internes et les dépenses engagées non réglées. L'OMS a également fait des propositions concernant le report, les fonds autorenouvelables, les dépenses d'appui aux programmes et les virements entre sections de la résolution portant ouverture de crédits. Les changements proposés s'inscrivent dans le cadre d'une réforme fmancière de grande envergure, qui portera également sur la modernisation des systèmes, des procédés et des pratiques. Le Comité s'est déclaré favorable à un certain nombre des changements proposés, et notamment à la proposition tendant à inclure les recettes diverses (autrefois appelées recettes occasionnelles) dans les ressources servant à financer le budget ordinaire, dans le cadre d'un budget intégré. Après un débat approfondi, le Président du Conseil exécutif a proposé de créer un groupe de travail à composition non limitée qui serait chargé de poursuivre l'examen des propositions de révision du Règlement fmancier. Ce groupe, ouvert à tous les Etats Membres intéressés, serait présidé par le Président du Comité de 1'Administration, du Budget et des Finances qui, au nom du Conseil exécutif, rendrait compte à la Cinquante-Troisième Assemblée mondiale de la Santé. Le Professeur ZELTNER (Président du Comité de l'Administration, du Budget et des Finances) explique que le groupe de travail s'est réuni à Genève les 9 et 10 mars 2000, sous sa présidence, afm d'étudier le Règlement fmancier révisé, préparé par le Secrétariat sur la base des discussions du Conseil exécutif Les discussions du groupe de travail ont été consignées dans le document EB/FinRegs/1/3. Les principales conclusions en sont les suivantes. Le principe des reports à l'exercice suivant ne doit pas figurer dans le train de mesures à proposer à l'Assemblée de la Santé. Néanmoins, certains Etats Membres ont estimé que c'est un dispositif utile, qu'il faut donc examiner dans le cadre de l'évolution du processus budgétaire. Il se peut que l'on puisse, par d'autres moyens, disposer de la souplesse voulue pour gérer certaines circonstances imprévues comme des catastrophes naturelles- si besoin est au cas par cas. Il n'y a pas d'éléments justifiant clairement le maintien du système actuel d'incitation fmancière, qui coûte cher. Toutefois, il convient de conserver, dans le texte, les principes des nouvelles dispositions proposées pour les réductions, à condition de suivre la situation en permanence et de demander à l'Assemblée de la Santé d'examiner le fonctionnement du système, le moment venu. Il semble qu'il n'y ait aucun avantage à modifier les règles existantes sur les virements entre sections de la résolution portant ouverture de crédits, qui donnent au Directeur général suffisamment de souplesse pour mettre en oeuvre le budget ordinaire, et cela même si la possibilité de lier les ouvertures de crédits aux résultats mérite qu'on s'y arrête.

1

Voir document WHA53/2000/REC/l, annexe.

160

CINQUANTE-TROISlEME ASSEl\.1BLEE MONDIALE DE LA SANTE

Après de longues délibérations, le groupe de travail est parvenu à un consensus sur les autres propositions: principe de l'acceptation du paiement des contributions en monnaie locale, et dispositions proposées pour le fonds de roulement et les emprunts internes, fonds autorenouvelables et dépenses d'appui aux programmes. Il a également été convenu que les Règles de Gestion fmancière devraient inclure les directives et limites souhaitables pour l'application du Règlement fmancier. Le Directeur général est responsable et comptable vis-à-vis de l'Assemblée de la Santé de la bonne gestion des fmances de l'OMS aux termes du Règlement financier, et l'article 15.2 du Règlement actuel a été jugé préférable à la révision proposée. Il a été demandé au Secrétariat de préparer un projet révisé du Règlement fmancier proposé afm de tenir compte des conclusions du groupe de travail. A cet égard, les conclusions auxquelles le groupe est parvenu sur chaque question sont formulées dans le document A53/22, que le Comité de l'Administration, du Budget et des Finances a examiné le 12 mai dernier. Il reste une seule question supplémentaire: celle de l'opportunité, afm de renforcer le mandat du Comité, d'insérer dans les Règles de Gestion fmancière une référence à son rôle dans l'examen des documents budgétaires. Le Comité de l'Administration, du Budget et des Finances a recommandé l'adoption du Règlement fmancier révisé. M. CHERNIKOV (Fédération de Russie), remerciant l'OMS de son rapport et le groupe de travail à composition non limitée de sa contribution qualifiée, précise que sa délégation a participé au groupe de travail et qu'elle appuie le projet de Règlement financier révisé figurant dans le document A53/22. Dans l'hypothèse où de nouveaux amendements seraient proposés, sa délégation se réserve le droit d'émettre ses propres propositions, mais elle invite instamment l'Assemblée de la Santé à approuver lé rapport du Secrétariat dans son intégralité. Enfm, M. Chernikov attire l'attention sur la présence d'erreurs dans la version russe du texte nouveau, spécialement aux articles 1.2 et 6.12 du Règlement. M. VOIGTLÂNDER (Allemagne) félicite le Professeur Zeltner et son groupe de travail des résultats obtenus. Il attire l'attention sur le paragraphe 8 du document A53/29. Le Conseil exécutif et l'Assemblée de la Santé ont maintes fois répété qu'ils voulaient un Comité de l'Administration, du Budget et des Finances qui soit fort, et il serait bon que, dans les Règles de Gestion financière, il soit fait allusion au rôle du Comité dans l'examen des documents budgétaires. Mme JENNY (Suisse) exprime le soutien de sa délégation au projet de Règlement fmancier révisé. Par ses nouveautés, ce texte pourra servir de modèle à d'autres organisations du système des Nations Unies, et il cadre parfaitement avec les réformes en cours à l'OMS. Il a été élaboré dans un esprit de coopération et sa délégation est heureuse d'y avoir pris une part active. Le Dr SOl\.1BIE (Burkina Faso) félicite le groupe de travail et demande s'il y a une différence entre recettes occasionnelles et recettes diverses. Mme PERLIN (Canada) remercie le Directeur général et le Secrétariat d'avoir donné une aussi excellente suite à la résolution WHA52.20 et se félicite des consultations menées par le Secrétariat ainsi que de l'action du groupe de travail à composition non limitée. Comme l'a dit la déléguée de la Suisse, ces propositions serviront peut-être de modèle à d'autres institutions du système onusien. Elle soutient sans réserve les amendements et espère qu'ils seront adoptés par consensus. Mme KERN (Directeur exécutif) remercie les délégués de leurs observations. On s'occupera de la question de la traduction russe; la langue technique a d'ailleurs présenté certaines difficultés et il est important que cela soit rectifié. Le délégué de l'Allemagne a eu raison de dire qu'il serait opportun de faire référence, dans les Règles de Gestion fmancière, au rôle du Comité de l'Administration, du Budget et des Finances.

COMMISSION B : DEUXIEME SEANCE

161

Mme WILD (Services fmanciers) dit qu'on a estimé que« recettes diverses» est une expression qui convient mieux que « recettes occasionnelles » pour désigner des recettes de toutes origines. La différence entre les dispositions régissant actuellement les recettes occasionnelles et celles qui, propose-t-on, régiront les recettes diverses tient à ce que les recettes diverses feront partie de l'ensemble du processus budgétaire intégré. Les décisions relatives aux modalités d'utilisation des recettes diverses seront prises par l'Assemblée de la Santé. Les sources de fonds alimentant le compte pour les recettes diverses seront, dans une large mesure, les mêmes que celles qui alimentent actuellement le compte pour les recettes occasionnelles. Le Dr SUWIT WIBULPOLPRASERT (Thaïlande), Rapporteur, donne lecture du projet de résolution suivant : La Cinquante-Troisième Assemblée mondiale de la Santé, Ayant examiné le rapport sur les amendements au Règlement fmancier ; ADOPTE le Règlement fmancier révisé, qui entrera en vigueur dès que le Conseil exécutif aura confirmé les nouvelles Règles de Gestion fmancière. Le PRESIDENT invite la Commission à examiner le projet de résolution. Le projet de résolution est approuvé. 1

Développement des ressources humaines et appui au personnel : Point 14.2 de 1' ordre du jour • Ressources humaines: rapport annuel (documents A53/23 et A53/INF.DOC./3)

Le Professeur GIRARD (représentant du Conseil exécutif) dit que le Conseil, à sa cent cinquième session, a accueilli avec satisfaction le rapport annuel de synthèse sur les ressources humaines qui, pour la première fois, donne une vue d'ensemble transparente et détaillée de la dotation en personnel de l'OMS. Le Conseil a noté que ce document servira de base à l'analyse des tendances et à la prévision des besoins futurs. La proportion hommes/femmes laisse encore à désirer, malgré les progrès réalisés depuis le début des années 90, et plus particulièrement depuis deux ans. Il faudra redoubler d'efforts pour atteindre l'objectif de parité entre les sexes. La répartition géographique pose aussi un problème. Dans ce domaine, l'excellence doit primer et il faut accorder la priorité au recrutement de personnels originaires de pays non représentés ou sous-représentés, et cela tout en maintenant les pratiques d'embauche fondées sur une concurrence ouverte, équitable et transparente. L'OMS pourrait mettre en place un mécanisme consultatif avec les pays non représentés ou sous-représentés afin d'étudier les moyens d'améliorer la situation. Enfm, le Conseil a demandé que les rapports futurs comportent davantage d'informations analytiques comparant le nombre de recrutements à l'extérieur au nombre de nominations par promotion interne, ainsi que des précisions sur les mesures de réforme en matière de ressources humaines. M. CHERNIKOV (Fédération de Russie) réaffirme la haute estime dans laquelle sa délégation tient l'action du personnel de l'Organisation et la part que celui-ci prend à l'exécution des décisions des Etats Membres. Il se félicite du premier rapport de synthèse sur les ressources humaines de l'OMS et, en particulier, de sa plus grande ouverture aux questions de personnel. Au cours de la prochaine année, on s'attend que des propositions précises soient faites en vue de réformer la politique de l'Organisation quant

Ce projet de résolution a été transmis à 1'Assemblée de la Santé dans le premier rapport de la Commission et adopté sous la cote WHA53.6.

1

162

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

à la dotation en personnel. La délégation russe estime que de nouvelles mesures devront être prises pour garantir le caractère non défmitif des engagements à 1'OMS et pour pourvoir les postes vacants sur la base du concours équitable et des qualités pratiques des candidats. Il y a tout lieu de penser que, lorsqu'elle élaborera ses propositions, l'OMS tiendra compte des observations formulées pendant la cent cinquième session du Conseil exécutif. Mme OLLILA (Finlande), tout en se félicitant des mesures prises pour garantir une plus grande transparence dans l'activité de l'Organisation, dit qu'étant donné les changements structurels et autres opérés au cours des deux dernières années, il est regrettable que la proportion de femmes parmi le personnel de la catégorie professionnelle n'ait augmenté que de 1,7% et soit encore inférieure à 30 %. La Finlande propose que le prochain rapport annuel sur les ressources humaines de l'OMS contienne une répartition du personnel de la catégorie professionnelle par groupes professionnels. Pour M. ZETIERBERG (Suède), les précieuses statistiques présentées dans le document A53/23 montrent que l'OMS s'est résolument efforcée de redresser l'équilibre hommes/femmes dans la catégorie professionnelle: les femmes représentent maintenant quelque 30% de l'ensemble du personnel de la catégorie professionnelle et 50 % des nouvelles nominations. L'Organisation a également géré de façon efficace les départs volontaires qui se sont avérés nécessaires. Elle s'est lancée dans une opération d'évaluation de la performance du personnel, et il sera intéressant d'en savoir davantage sur les critères retenus et les premiers effets sur le moral du personnel. Vu que l'OMS va perdre 20% de son personnel de la catégorie professionnelle au cours des trois prochaines années, on peut se demander de quelles méthodes elle usera pour combler cette perte et si, par exemple, les Membres sous-représentés bénéficieront d'un traitement préférentiel. M. WARRINGTON (Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord) se félicite tout particulièrement du redressement de 1' équilibre hommes/femmes. Sa délégation prendra connaissance avec grand intérêt de la stratégie complète des ressources humaines lorsqu'elle sera présentée. M. Warrington attire l'attention de la Commission sur un bulletin récemment publié par le Secrétaire général de l'Organisation des Nations Unies faisant part de l'intention des Nations Unies de procéder à des retenues sur les traitements des fonctionnaires qui ne s'acquittent pas des obligations financières que des décisions de justice leur imposent à l'égard de leurs enfants. Il s'agit là d'une heureuse initiative; l'OMS entend-elle prendre des mesures analogues? M. LIU Peilong (Chine) dit que sa délégation partage les préoccupations exprimées par le représentant du Conseil exécutif quant à la proportion hommes/femmes et à la répartition géographique. Actuellement, il y a 13 pays fortement sous-représentés à l'OMS et 43 qui ne sont pas représentés. Pour s'acquitter de son mandat international, l'Organisation se doit d'être plus multiculturelle. A égalité de qualifications, la priorité doit être accordée aux candidats originaires de pays fortement sous-représentés ou non représentés. Le Directeur général pourrait envisager avec ces pays la mise en place d'un mécanisme consultatif chargé d'étudier les moyens d'améliorer la situation. Pour Mme PERLIN (Canada), les documents en cours d'examen forment une excellente base pour l'analyse de la stratégie des ressources humaines à laquelle le Conseil exécutif va se livrer. Prenant la parole à l'invitation du PRESIDENT, le Dr KINGMA (Conseil international des Infirmières) relève que le premier rapport annuel de synthèse sur les ressources humaines de l'OMS ne contient aucune analyse des qualifications professionnelles du personnel. Or, à l'OMS, depuis l'adoption, en 1992, de la résolution WHA45.5 sur le renforcement des soins infirmiers et obstétricaux, la proportion des infirmières parmi le personnel de la catégorie professionnelle a diminué de moitié, tombant à 1,6 % en 1996. Quelles sont les mesures prises pour inverser cette tendance et renforcer la représentation des infirmières au sein du personnel permanent ? N'y aurait-il pas un lien entre le manque de femmes parmi

COMMISSION B : DEUXIEME SEANCE

163

le personnel OMS de la catégorie professionnelle, la diminution des postes de soins infirmiers et le petit nombre d'infirmières occupant des postes de gestion? Les soins infirmiers sont un service indispensable et devraient être associés à la prise des décisions à tous les niveaux de la structure de l'Organisation. La représentation constamment faible de la profession infirmière au sein du personnel limitera l'intégration de principes sociaux à l'action de l'Organisation. Les faits montrent qu'à l'OMS, on réduit le nombre des postes de soins infirmiers ou qu'on les dévalorise et, compte tenu des postes de responsabilité tenus par des infirmières dans les structures nationales, le nombre d'infmnières occupant des poste de décision au sein de l'OMS est insuffisant. Il est temps que les politiques de recrutement et les avis de vacance de poste disent clairement que les compétences infirmières sont reconnues comme des qualifications souhaitables pour les postes de gestion du secteur sanitaire et les postes de décision. En outre, il faut que les compétences infmnières soient représentées dans la composition des organes techniques consultatifs et des comités d'experts de l'OMS. Les infmnières n'ont malheureusement guère d'occasions d'accéder aux programmes de bourses d'études de l'OMS. Le Conseil international des Infmnières demande que l'acquisition de compétences techniques et de qualités de chef fasse l'objet d'une attention particulière aux niveaux national et international, et que des statistiques portant sur la représentation des soins infmniers au sein des programmes et du personnel permanent de l'OMS figurent dans le rapport de situation sur le renforcement des soins infmniers et obstétricaux qui sera présenté à la Cinquante-Quatrième Assemblée mondiale de la Santé. Mme KERN (Directeur exécutif), répondant aux questions posées pendant le débat, assure le délégué de la Suède que le Directeur général prévoit de rendre compte au Conseil exécutif, à sa cent septième session, des propositions relatives à la réforme et à la politique future en matière de ressources humaines. Le rapport hommes/femmes s'est amélioré, mais l'amélioration doit se poursuivre; un comité d'orientation sur l'emploi des femmes à l'OMS s'est réuni à intervalles réguliers et les membres des délégations ainsi que du Conseil exécutif sont invités à participer à ses travaux. On se préoccupe du système de notation du personnel dans le cadre du processus de réforme et il en sera rendu compte le moment venu. Actuellement, l'Organisation ne recueille pas de données sur les qualifications professionnelles du personnel sous une forme dont on puisse rendre compte ; les projets informatiques permettront ultérieurement de le faire, mais pas forcément à temps pour la cent septième session du Conseil exécutif. La représentante du Conseil international des Infirmières peut être assurée qu'il sera possible de fournir des données sur le nombre de postes de soins infirmiers. Toutefois, il y a des infirmières qualifiées dans des postes administratifs et autres emplois plus généraux, et il n'est pas toujours nécessaire que des infirmières occupent des postes de soins infirmiers. Quant à la question posée par le délégué du Royaume-Uni, le Secrétariat étudie des moyens d'adopter des mesures permettant, s'ille faut, de faire exécuter des décisions de justice; toutefois, on ne s'est pas encore entendu sur un mécanisme précis. Enfm, on se préoccupe de la question de la sous-représentation dans le cadre de la réforme d'ensemble, et une consultation aura lieu avec les pays les plus directement impliqués lorsque la politique s'élaborera. La Commission prend note du rapport du Secrétariat figurant dans les documents A53/23 et A53/INF.DOC.I3. • Amendements au Statut et au Règlement du Personnel (document EB105/2000/REC/1, résolution EB105.R14 et annexe 5) Le Professeur GIRARD (représentant du Conseil exécutif) rappelle qu'à sa cinquante-quatrième session, l'Assemblée générale des Nations Unies a approuvé, avec effet au 1er mars 2000, un barème révisé des traitements de base minima des administrateurs et des fonctionnaires de rang supérieur prévoyant une

164

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

augmentation de 3,42 %, sans perte pour l'Organisation et sans gain pour le membre du personnel concerné. En application de cette décision de l'Assemblée générale, le Directeur général a proposé, conformément à l'article 3.1 du Statut du Personnel, que le Conseil exécutif recommande à la CinquanteTroisième Assemblée mondiale de la Santé de modifier les traitements du personnel hors classes. Ces modifications imposent des réajustements analogues du traitement du Directeur général. L'Assemblée de la Santé est donc invitée à examiner le projet de résolution contenu dans la résolution EB 105.R14, adoptée par le Conseil exécutif à sa cent cinquième session. Le projet de résolution est approuvé. 1 • Nomination de représentants au Comité des Pensions du Personnel de l'OMS (document A53/24)

Le PRESIDENT invite la Commission à nommer un membre et un membre suppléant du Comité des Pensions du Personnel de l'OMS, selon le système de rotation exposé dans le document A53/24. En l'absence d'objections, il conclut que la Commission souhaite transmettre à la plénière le projet de décision suivant : Décision : La Cinquante-Troisième Assemblée mondiale de la Santé a nommé le Dr A. J. M. Sulaiman, délégué d'Oman, membre du Comité des Pensions du Personnel de l'OMS, et le Dr E. Krag, délégué du Danemark, membre suppléant du Comité, l'un et l'autre pour une période de trois ans. 2 La Commission tient à remercier de ses senrices le membre sortant, le Professeur Leowski (Pologne). Amendements au Règlement applicable aux tableaux et comités d'experts: Point 14.3 de l'ordre du jour (document EBIOS/2000/REC/1, résolution EB105.R8 et annexe 3) Le Professeur GIRARD (représentant du Conseil exécutif) rappelle qu'à sa cent cinquième session, le Conseil a examiné un rapport de situation sur la stratégie de recherche et les mécanismes de coopération. Il a adopté la résolution EB105.R8 recommandant à la Cinquante-Troisième Assemblée mondiale de la Santé d'adopter un projet de résolution visant à amender deux articles du Règlement applicable aux tableaux et comités d'experts, en attendant une analyse plus approfondie de l'ensemble du texte. Le premier amendement concerne l'équilibre souhaitable entre les sexes dans la sélection des experts et le second, la garantie de l'indépendance des avis scientifiques fournis à l'Organisation par l'obligation faite aux experts de dévoiler les circonstances pouvant donner lieu à des conflits d'intérêts. Ces amendements figurent dans le document EB 105/2000/REC/1, annexe 3. Comme cela est indiqué dans le projet de résolution, le Conseil propose que l'adoption d'amendements par l'Assemblée de la Santé soit l'occasion d'adopter la proposition du Conseil relative à une question connexe concernant certains amendements au Règlement applicable aux groupes d'étude et aux groupes scientifiques, aux institutions collaboratrices et autres mécanismes de collaboration (résolution EB1 05.R7). Les critères à appliquer au

Ce projet de résolution a été transmis à 1'Assemblée de la Santé dans le premier rapport de la Commission et adopté sous la cote WHA53.7. 2

1

Décision WHA53(9).

COMMISSION B : DEUXIEME SEANCE

165

choix des établissements susceptibles d'être désignés comme centres collaborateurs de l'OMS ont été rendus plus stricts et la gestion de la collaboration avec ces centres confiée aux administrateurs de programme ayant entamé le processus de désignation.

Le projet de résolution est approuvé. 1

La séance est levée à 12h10.

Ce projet de résolution a été transmis à l'Assemblée de la Santé dans le premier rapport de la Commission et adopté sous la cote WHA53.8.

1

TROISIEME SEANCE Jeudi 18 mai 2000, 14h30 Président: Mlle F.-Z. CHAÏEB (Algérie) puis : M. L. ROKOVADA (Fidji)

1.

PREMIER RAPPORT DE LA COMMISSION B (document A53/36)

Le Dr SUWIT WIBULPOLPRASERT (Thai1ande), Rapporteur, donne lecture du projet de premier rapport de la Commission B.

Le rapport est adopté. 1

2.

QUESTIONS JURIDIQUES: Point 15 de l'ordre du jour • Participation de l'OMS à la Convention de Vienne de 1986 sur le droit des traités entre Etats et organisations internationales ou entre organisations internationales (document EB105/2000/REC/1, résolution EB105.Rl5 et annexe 6)

M. DE SILVA (représentant du Conseil exécutif) présente le rapport que le Secrétariat a adressé au Conseil exécutif (document EB 105/2000/REC/1, annexe 6) en réponse à la demande de la cinquante-troisième session de l'Assemblée générale des Nations Unies, selon laquelle les organisations internationales devraient envisager d'adhérer à la Convention. La Convention de Vienne de 1986, à laquelle peuvent adhérer aussi bien des Etats que des organisations internationales, n'entrera en vigueur que lorsqu'elle aura été ratifiée par 35 Etats. Lorsque le Conseil exécutif a tenu sa cent cinquième session, il y avait 27 parties, parmi lesquelles figuraient 26 Etats et l'Organisation des Nations Unies. La Convention de 1986 réaffirme et complète les dispositions de la Convention de Vienne de 1969 sur le droit des traités entre Etats. Ces deux instruments reposent d'une manière générale sur le droit coutumier international. La Convention de 1986 a été considérée comme un compromis acceptable entre les intérêts des Etats et ceux des organisations internationales. Son entrée en vigueur devrait améliorer la prévisibilité et la stabilité des relations juridiques, et le fait qu'elle instaure 1' égalité de statut entre les organisations internationales et les Etats aux fins du traité devrait garantir l'uniformité de traitement juridique dans tous les accords internationaux. Le Conseil a soutenu à l'unanimité la proposition du Directeur général de faire adhérer l'OMS à la Convention, et décidé par consensus de recommander le projet de résolution contenu dans la résolution EB105.R15__pour adoption par l'Assemblée de la Santé. M. BURCI (Bureau du Conseiller juridique) fait observer que, depuis la cent cinquième session du Conseil exécutif, l'Organisation maritime internationale a adhéré à la Convention, ce qui porte à 28 le

1

Voir p. 262.

- 166-

COMMISSION B :TROISIEME SEANCE

167

nombre des parties à la Convention. A sa prochaine conférence en juin, l'Organisation internationale du Travail envisagera aussi d'adhérer à la Convention. Le PRESIDENT invite la Commission à examiner le projet de résolution contenu dans la résolution EB105.R15. Le projet de résolution est approuvé. 1 M. Rokovada assume la présidence.

3.

COLLABORATION A L'INTERIEUR DU SYSTEME DES NATIONS UNIES ET AVEC D'AUTRES ORGANISATIONS INTERGOUVERNEMENTALES: Point 17 de l'ordre du jour (documents A53/26 et A53/26 Add.l)

M. DE SILVA (représentant du Conseil exécutif) dit que, lors du débat qu'il a consacré à la coopération interinstitutions à sa cent cinquième séance, le Conseil exécutif a notamment abordé des thèmes comme celui d'un nouveau cadre de collaboration plus étendu entre l'OMS et la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, le Groupe des Nations Unies pour le Développement et le plan-cadre des Nations Unies pour l'aide au développement. Il a aussi examiné le rôle de l'OMS dans le suivi des conférences internationales, et notamment de la Quatrième Conférence mondiale sur les femmes et du Sommet mondial pour le développement social. Le Rapporteur du Comité de Coordination OMSIUNICEFIFNUAP sur la Santé a présenté au Conseilles grandes lignes du rapport de la deuxième session de ce Comité, qui aborde la question du suivi de la Conférence internationale sur la population et le développement, notamment en ce qui concerne la réduction de la mortalité et de la morbidité maternelles, la santé et le développement de l'adolescent, le VIH/SIDA, en particulier le problème de la transmission du Vlli de la mère à l'enfant, et la vaccination. Ce rapport traite aussi de l'élaboration d'indicateurs de référence dans le domaine de la santé génésique et d'une série d'indicateurs communs qui permettraient de suivre les progrès intervenus dans les domaines de l'égalité entre les sexes et de l'amélioration de la santé. La prochaine session du Comité, qui devrait se tenir en 2001, mettra l'accent sur des approches intersectorielles de problèmes d'intérêt commun, et des personnes originaires de pays en développement seront invitées à parler de la coopération sur le terrain entre les trois organisations. Le Conseil s'est félicité de ce que l'OMS ait été la première institution spécialisée des Nations Unies à rejoindre le Groupe des Nations Unies pour le Développement. Le rapport présenté à l'Assemblée de la Santé (document A53/26) contient des précisions complémentaires sur les retombées positives de cette participation. Le Conseil a aussi noté avec intérêt que l'OMS avait pris des mesures importantes pour nouer des liens plus étroits avec des organisations telles que la Banque mondiale, le FMI, l'OMC et l'OCDE. Il a approuvé l'idée que l'OMS élabore un ordre du jour et un calendrier précis pour son plan d'action sur la santé des populations autochtones, en s'inspirant de la Consultation internationale sur la santé des populations autochtones qui a été organisée par l'OMS en novembre 1999. Le PRESIDENT appelle l'attention sur le projet de résolution suivant proposé par les délégations de l'Australie, de la Bolivie, du Canada, du Chili, du Danemark, de l'Equateur, de la Fédération de Russie, de la Norvège, de la Nouvelle-Zélande, des Pays-Bas et du Pérou:

Ce projet de résolution a été transmis à 1'Assemblée de la Santé dans le deuxième rapport de la Commission et adopté sous la cote WHA53.9.

1

168

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

La Cinquante-Troisième Assemblée mondiale de la Santé, Rappelant les résolutions WHA4 7.27, WHA48.24, WHA49.26, WHA50.31 et WHA51.24 sur la contribution de l'OMS à la réalisation des objectifs de la Décennie internationale des populations autochtones (1994-2003) ; Rappelant en outre la résolution 50/157, par laquelle l'Assemblée générale des Nations Unies a adopté le programme d'activités de la Décennie, dans lequel il est recommandé que les institutions spécialisées des Nations Unies, les autres organismes internationaux et nationaux, les communautés et les entreprises privées accordent une attention spéciale aux activités de développement profitables aux communautés autochtones, que des services de coordination pour les questions intéressant les populations autochtones soient institués dans tous les organismes compétents des Nations Unies, et que les organes directeurs des institutions spécialisées des Nations Unies adoptent des programmes d'action pour la Décennie dans leurs domaines de compétence respectifs, en étroite coopération avec les populations autochtones ; Se félicitant des progrès réalisés dans la Région des Amériques dans le cadre de l'initiative pour la santé des populations autochtones des Amériques ; Prenant note des conclusions et des recommandations de la Consultation internationale sur la santé des populations autochtones (Genève, 23-26 novembre 1999) ; 1. INVITE INSTAMMENT les Etats Membres: 1) à prévoir des moyens adéquats pour répondre aux besoins de santé des populations autochtones dans le cadre des systèmes nationaux de santé ; · 2) à reconnaître et protéger, dans le cadre des politiques générales en faveur du développement national, le droit des populations autochtones de bénéficier du meilleur état de santé possible ; 3) à respecter, préserver et maintenir les pratiques et remèdes traditionnels et à veiller à ce que les populations autochtones restent propriétaires de ce savoir et de ses bienfaits ; 2. PRIE les comités régionaux de l'OMS d'envisager l'adoption de plans d'action régionaux sur la santé des populations autochtones qui tiennent compte des conclusions et des recommandations de la Consultation internationale sur la santé des populations autochtones ; 3. PRIE le Directeur général : 1) de veiller à ce que toutes les activités de l'OMS concernant les populations autochtones soient menées en partenariat étroit avec elles ; 2) de collaborer avec les partenaires de l'action en faveur de la santé et du développement pour protéger et promouvoir le droit des populations autochtones de bénéficier du meilleur état de santé possible ; 3) d'établir, en consultation étroite avec les gouvernements nationaux et les organisations de populations autochtones, un plan d'action mondial pour l'amélioration de la santé des populations autochtones axé en particulier sur les besoins des communautés des pays en développement, au titre de la contribution de l'OMS à la réalisation des objectifs fiXés pour la Décennie et au cours des années qui suivront. Le Dr LARIVIÈRE (Canada), présentant le projet de résolution au nom de ses auteurs, dit que le Canada est fermement convaincu de la nécessité d'une action individuelle et collective de la part des Etats Membres pour améliorer la santé des peuples autochtones du monde entier. Le but du projet de résolution est d'appeler l'attention sur le rapport de la Consultation internationale de l'OMS sur la santé des populations autochtones, dont l'une des recommandations concernait l'organisation d'une nouvelle consultation dans le courant de l'année 2001. Bien qu'aucune allocation n'ait été prévue à cet effet dans le budget 2000-2001, l'OMS pourrait envisager d'organiser une réunion parallèlement à la quatrième conférence mondiale sur le thème« Guérir nos esprits», qui se tiendra à Phoenix, Arizona, en 2001. Cela permettrait de faire davantage de publicité pour chacune de ces deux réunions et d'y attirer un plus grand nombre de participants.

COMMISSION B :TROISIEME SEANCE

169

M. PENA GHISLENI (Brésil) demande des précisions à propos du titre exact de la Consultation internationale. Le quatrième alinéa du préambule du texte anglais mentionne les populations autochtones au pluriel, alors que cette expression est au singulier dans le paragraphe 2 du dispositif. La question de la différence entre les mots « peoples » et «people~~ a déjà été longuement débattue en d'autres circonstances, et le pluriel ne lui semble pas approprié ici. Si le Secrétariat confirme que le titre exact comporte ce mot au pluriel, il souhaiterait apporter un amendement en faisant inscrire ce titre entre guillemets. Mme BU FIGUEROA (Honduras) fait observer que le document A53/26 Add.1 contient une section intitulée «Suite donnée à la résolution WHA52.12 » qui se rapporte au soutien aux pays d'Amérique centrale frappés par l'ouragan Mitch. Etant donné que sa délégation vient tout juste de recevoir ce document, elle demande que l'examen de cette question soit reporté au lendemain. Elle demande aussi à l'OMS de rendre compte de l'application de cette résolution de manière plus détaillée. Mlle SANCHEZ REYES (Nicaragua) rappelle que, dans la résolution WHA52.12, le Directeur général était priée non seulement d'intensifier son appui aux programmes de santé, mais aussi de faire rapport à la Cinquante-Troisième Assemblée mondiale de la Santé. Elle déplore que le document A53/26 Add.1, qui vient d'être distribué, ne contienne que deux paragraphes consacrés au suivi de la résolution WHA52.12. Elle appuie la demande de la délégation hondurienne de repo~er au lendemain l'examen de cette question. Mme EARP (Nouvelle-Zélande) exprime le plein appui de sa délégation au projet de résolution sur la Décennie internationale des populations autochtones. Elle félicite l'OMS pour l'organisation de la Consultation internationale sur la santé des peuples autochtones en novembre 1999. La Nouvelle-Zélande a fourni une importante contribution fmancière et détaché un fonctionnaire maori appartenant à 1'une des quatre unités de recherche en santé du pays. Mme Earp demande instamment aux Etats Membres d'examiner les recommandations contenues dans le rapport de la Consultation et exprime l'espoir que les bureaux régionaux de l'OMS joueront un rôle plus actif dans l'élaboration de stratégies sanitaires axées sur les populations autochtones et prévoyant leur participation. Mme BENNETT (Australie) dit que sa délégation se réjouit de l'occasion qui lui est donnée de coparrainer le projet de résolution sur les populations autochtones. Son pays est favorable à l'élaboration de plans d'action régionaux sur la santé des populations autochtones, qui lui paraissent être un bon moyen de tenir compte de la diversité des cultures, contextes et conditions des populations autochtones. Elle met en particulier l'accent sur le paragraphe 3.1) du projet de résolution, qui demande au Directeur général de veiller à ce que toutes les activités de l'OMS concernant les communautés autochtones soient menées en partenariat étroit avec elles. M. CHELIA (Argentine) exprime son plein appui au projet de résolution. Il approuve les observations formulées par le délégué du Brésil et demande des précisions concernant le titre exact de la Consultation tenue à Genève en novembre 1999. Il appelle l'attention sur plusieurs erreurs et inexactitudes qui se sont glissées dans le texte espagnol du projet de résolution, et demande instamment à l'OMS d'utiliser l'expression « indigenous people» au singulier dans le texte anglais de ses documents, conformément à la pratique en vigueur dans les organisations internationales. Mme KOPPERS (Pays-Bas), se référant au processus de réforme au sein du système des Nations Unies, dit que les Pays-Bas attachent une grande importance au plan-cadre des Nations Unies pour l'aide au développement (UNDAF), qui est en quelque sorte le projet commercial interne du système des Nations Unies. L'ensemble des organisations du système des Nations Unies doit défendre une position commune au sein de l'UNDAF, au niveau des pays, et elle est heureuse d'apprendre que l'OMS a pris une part active à l'élaboration de ce cadre et au processus commun d'évaluation par pays. Elle se félicite de ce que l'OMS

170

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

se soit associée au Groupe des Nations Unies pour le Développement et semble participer activement à ses travaux. Elle espère que la participation de l'OMS sera profitable aux autres institutions spécialisées des Nations Unies. Mlle SOLIS CASTANEDA (Guatemala) exprime le désir de sa délégation de s'associer aux auteurs du projet de résolution sur la Décennie internationale des populations autochtones. M. CASTRO GRANDE (El Salvador) approuve les observations formulées par les délégués du Honduras et du Nicaragua Sa délégation souhaitait un rapport détaillé et concret sur l'assistance aux pays d'Amérique centrale frappés par l'ouragan Mitch. L'unique paragraphe du document A53/26 Add.1 consacré à ce sujet est largement insuffisant et dénote un manque de sérieux, de solidarité et de diplomatie. M. CHAKALISA (Botswana), se référant au paragraphe 1.1) du projet de résolution, fait observer qu'il n'est pas d'usage de prévoir des systèmes de santé différenciés pour les populations autochtones et le reste de la population. Tous les citoyens du Botswana bénéficient du même traitement, qu'ils soient autochtones ou non. Le Dr PAVLOV (Fédération de Russie) demande si la Commission examine le document A 53/26 dans son ensemble ou seulement le projet de résolution sur la santé des populations autochtones. Il s'intéresse personnellement de près à la collaboration au sein du système des Nations Unies et avec d'autres organisations intergouvernementales dans les situations d'urgence, qui est traitée dans le document A53/26 Add.l. Ce type de collaboration est de plus en plus nécessaire compte tenu du nombre croissant de situations d'urgence dans le monde dues à des catastrophes naturelles ou causées par l'homme. Dans de telles situations, c'est le secteur social qui est le plus sollicité et plus particulièrement les services de santé. C'est à l'OMS qu'incombe au premier chef de fournir des conseils et de faire bénéficier les pays touchés de ses connaissances et de son expérience de la protection sanitaire et des soins d'urgence, ainsi que de coordonner les efforts déployés par des organisations internationales afm de maîtriser les répercussions sanitaires des situations d'urgence. Les efforts de l'OMS, de ses Etats Membres et des organisations internationales devraient viser tout spécialement à accroître la capacité des pays à faire face à des situations d'urgence et à coordonner l'aide humanitaire dans des situations d'urgence ainsi que les mesures d'aide à la reconstruction et au développement à long terme du secteur de la santé. Il faut en particulier améliorer l'état de préparation sur le terrain étant donné que seuls les pays bien préparés peuvent faire face à des situations d'urgence. A côté du travail de coordination avec d'autres organisations internationales, les activités de l'OMS dans le domaine des situations d'urgence et de l'aide humanitaire impliquent une bonne coordination au sein de l'Organisation elle-même et la mobilisation du potentiel de ses différents programmes au niveau tant mondial que régional. Cette activité interdisciplinaire et interrégionale nécessite des décisions politiques, stratégiques, budgétaires et administratives bien conçues de la part de l'Organisation. Pour que l'OMS puisse mener à bien des activités essentielles de cette nature, il importe que des crédits suffisants aient été consacrés à cette fm dans son budget ordinaire. Le document A53/26 évoque aussi les activités entreprises par l'OMS pour préparer les réunions de suivi sur le Sommet mondial pour le développement social (Copenhague +5) et la Conférence mondiale sur les femmes (Beijing +5). Quelle contribution l'Organisation prévoit-elle d'apporter au sommet du millénaire et à l'assemblée du millénaire des Nations Unies qui se tiendront dans le courant de l'automne 2000? M. CHELIA (Argentine) approuve les observations formulées par les délégations d'El Salvador, du Honduras et du Nicaragua concernant l'application de la résolution WHA52.12.

COMMISSION B :TROISIEME SEANCE

171

Le PRESIDENT propose que, conformément à la demande de plusieurs délégations, la Commission reporte au lendemain l'examen du document A53/26 Add.1 et se contente, pour la présente séance, d'examiner le document A53/26 et le projet de résolution.

Il en est ainsi décidé. Le Dr KEAN (Coopération extérieure et partenariats), revenant sur les observations formulées au sujet du document A53/26, remercie le délégué des Pays-Bas pour ses propos encourageants sur les activités entreprises en commun par l'OMS et d'autres institutions des Nations Unies au sein du plan-cadre des Nations Unies pour l'aide au développement. La situation actuelle est beaucoup plus favorable qu'à l'époque de la Cinquante-Deuxième Assemblée mondiale de la Santé et l'OMS compte continuer à participer à l'élaboration du plan-cadre. En réponse au délégué de la Fédération de Russie, il déclare que le Directeur général, accompagnée d'une importante délégation de l'OMS, assistera à la session extraordinaire de l'Assemblée générale des Nations Unies consacrée à Beijing +5, qui se tiendra à New York en juin 2000. L'OMS envisage actuellement de participer au sommet du millénaire, une réunion de deux ou trois jours qui sera organisée dans le cadre de 1' assemblée du millénaire dans quelques mois. Depuis la session de janvier 2000 du Conseil exécutif, l'OMS a participé aux deux conférences préparatoires finales de Beijing +5 et de Copenhague +5. Le délégué du Brésil a fait ressortir à juste titre que l'expression« indigenous people» était utilisée au singulier par l'Organisation des Nations Unies, alors qu'elle avait été employée. au pluriel par la Consultation internationale qui s'était tenue à Genève en novembre 1999. Le Dr Kean reconnaît que, dans le projet de résolution, le titre de la Consultation devrait figurer entre guillemets. A l'avenir, l'OMS se conformera à l'usage au sein de l'ONU. Il assure le délégué de l'Argentine que le Secrétariat examinera les différentes versions du projet de résolution dans toutes les langues officielles afin de garantir l'emploi d'une terminologie homogène. Il remercie les Gouvernements de la Nouvelle-Zélande et des Pays-Bas pour leur contribution fmancière à la Consultation internationale. Aucune allocation budgétaire n'a été prévue pour 2001, mais l'OMS examinera la suggestion du délégué du Canada d'organiser la consultation parallèlement à la réunion qui devrait se tenir en 2001 à Phoenix, Arizona, sur le thème« Guérir nos esprits». En réponse à la remarque faite par le délégué du Botswana, le Dr Kean explique que l'intention du projet de résolution sur la Décennie internationale des populations autochtones est de demander instamment aux Etats Membres de veiller à ce que leurs systèmes nationaux de santé tiennent dûment compte des besoins de cette catégorie de personnes. Le PRESIDENT invite la Commission à prendre note du rapport contenu dans le document A53/26 sur la collaboration à l'intérieur du système des Nations Unies et avec d'autres organisations intergouvernementales.

Il en est ainsi convenu. Le PRESIDENT invite la Commission à examiner le projet de résolution sur la Décennie internationale des populations autochtones, en faisant observer que le Guatemala a demandé à figurer sur la liste des coauteurs. M. TALLARD-FLEURY (France) propose que, dans le texte de l'alinéa 3) du paragraphe 1, les mots « restent propriétaires de ce savoir et de ses bienfaits » soient remplacés par les mots « conservent ce savoir et ses bienfaits». Le Dr LARIVIÈRE (Canada), se référant à l'amendement proposé par le délégué de la France, dit que l'intention des rédacteurs de ce projet en choisissant l'expression «restent propriétaires» était de protéger les intérêts économiques des populations autochtones. Les connaissances traditionnelles qui ont

172

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

été révélées par les populations autochtones sur des produits tels que la quinine et le curare ont été utilisées à l'échelle mondiale et ont profité à l'humanité tout entière sans que ces dernières en tirent aucun avantage fmancier. Il est toutefois disposé à accepter l'amendement proposé.

Le projet de résolution, ainsi amendé, est approuvé. 1 (Voir la suite du débat dans le procès-verbal de la quatrième séance, section 3, page 178.)

La séance est levée à 16h45.

Ce projet de résolution a été transmis à 1'Assemblée de la Santé dans le deuxième rapport de la Commission et adopté sous la cote WHA53.10.

1

QUATRIEME SEANCE Vendredi 19 mai 2000, 10h30 Président : Dr K. KARAM (Liban)

1.

DEUXIEME RAPPORT DE LA COMMISSION B (document A53/37)

Le Dr SUWIT WIBULPOLPRASERT (Thai1ande), Rapporteur, donne lecture du projet de deuxième rapport de la Commission B. M. PENA GHISLENI (Brésil) demande si la Commission examine actuellement les deux projets de résolutions présentés dans le rapport. M. TOPPING (Conseiller juridique) explique que le contenu des résolutions ne fait pas l'objet de l'examen. La Commission examine le rapport uniquement pour vérifier que les résolutions qui y figurent sont bien celles qu'elle a décidé de recommander à l'Assemblée de la Santé pour adoption. Mme EARP (Nouvelle-Zélande), se référant à la résolution sur la Décennie internationale des populations autochtones, dit qu'elle soutient la proposition qui a été faite la veille, à savoir de mettre entre guillemets, dans le quatrième alinéa du préambule de la version anglaise, la Consultation internationale sur la santé des populations autochtones. Par souci de cohérence, il conviendrait d'apporter les mêmes modifications au paragraphe 2. M. OYARCE (Chili) dit vouloir saisir cette opportunité pour faire une remarque sur la résolution dont son pays est coauteur. Le système international a de plus en plus tendance à adopter une approche intégrée axée sur les populations: c'est pourquoi, dans son rapport du millénaire, le Directeur général place la santé au coeur du développement social. Cette approche intégrée a été incorporée dans de nombreuses déclarations de politique générale et dans les plans d'action de conférences internationales successives, permettant ainsi la reconnaissance juridique des droits des populations autochtones. Une étude sociale menée au Chili a montré que les communautés autochtones sont vulnérables et qu'il était nécessaire que des politiques tiennent compte de leur spécificité culturelle et de leur éventuelle contribution à une société multiethnique. Le Gouvernement chilien applique une forme de discrimination positive afm de promouvoir l'égalité des chances de développement, un accès équitable au système de santé et la coexistence fondée sur l'égalité sociale et culturelle. Par ailleurs, des études épidémiologiques ont montré que les zones de concentration des populations autochtones enregistraient de plus mauvais indicateurs de santé que dans le reste de la population. M. Oyarce constate avec satisfaction que l'OMS s'intéresse à ce sujet et il encourage le Département chilien de la Santé et du Développement durable à continuer de prêter attention à la santé des populations autochtones. Il a noté les recommandations figurant dans le rapport de la Consultation internationale sur la santé des populations autochtones, notamment en ce qui concerne la reconnaissance et le soutien des systèmes de médecine traditionnelle. L'OMS devrait s'efforcer de promouvoir des politiques de santé équitables pour les populations autochtones, politiques qui tiendraient compte des différences régionales et locales, et des partenariats devraient être institués sur la base des principes d'égalité, de confiance et de respect mutuel. Le modèle des consultations pourrait être utile pour élaborer des programmes et des projets de santé spécifiques pour les populations autochtones, et l'OMS et l'OPS pourraient apporter leur concours en privilégiant des mécanismes de coopération fondés sur une interaction culturelle et scientifique.

- 173-

174

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

M. Oyarce lance un appel pour que la Consultation entamée en novembre 1999 en vue d'élaborer un plan d'action mondial pour améliorer l'état de santé des populations autochtones se poursuive, pour que des méthodes de participation communautaire soient mises au point afin de permettre aux gouvernements et à l'OMS de s'accorder sur des programmes spécifiques à ces populations, et pour que l'OMS aide les gouvernements à recueillir et à analyser des statistiques sanitaires de manière à tenir compte des différences ethniques et à faciliter la détection d'inégalités sanitaires entre peuples autochtones et autres couches de la société. Au niveau mondial, l'OMS devrait renforcer sa présence au sein d'organes tels que le forum permanent sur les questions des populations autochtones qui doit être mis en place dans le cadre du système des Nations Unies, pour s'assurer que les indicateurs de santé, ainsi que d'autres indicateurs, sont pris en compte.

Le rapport, tel qu'il a été modifié, est adopté. 1

2.

SITUATION SANITAIRE DE LA POPULATION ARABE DANS LES TERRITOIRES ARABES OCCUPES, Y COMPRIS LA PALESTINE, ET ASSISTANCE SANITAIRE A CETTE POPULATION: Point 16 de l'ordre du jour (documents A53/25, A53/INF.DOC./4, A53/INF.DOC./5 et A53/INF.DOC./6)

Le PRESIDENT invite la Commission à examiner un projet de résolution proposé par les délégations des pays suivants : Allemagne, Autriche, Bahreïn, Belgique, Danemark, Egypte, Espagne, Finlande, France, Grèce, Irlande, Italie, Jamahiriya arabe libyenne, Jordanie, Luxembourg, Malaisie, Maroc, Mauritanie, Pays-Bas, Portugal, Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord, Suède, Tunisie et Yémen. Le texte est ainsi libellé : La Cinquante-Troisième Assemblée mondiale de la Santé, Attentive au principe primordial énoncé dans la Constitution de l'OMS, selon lequel la santé de tous les peuples est une condition fondamentale de la paix et de la sécurité ; Rappelant la convocation de la Conférence internationale de la paix sur le Moyen-Orient (Madrid, 30 octobre 1991), sur la base des résolutions du Conseil de Sécurité 242 (1967), 338 (1973) et 425 (1978), et du principe« terres contre paix», ainsi que les accords qui ont suivi entre Palestiniens et Israéliens, dont le dernier est l'accord de Sharm-El-Sheikh; Exprimant l'espoir que les pourparlers de paix entre les parties concernées au Moyen-Orient déboucheront sur une paix juste et globale dans la région, tenant compte en particulier du droit du peuple palestinien à l'autodétermination, qui comprend la possibilité de disposer d'un Etat; Notant la signature à Washington, le 13 septembre 1993, de la Déclaration de principes sur des arrangements intérimaires d'autonomie par le Gouvernement israélien et l'Organisation de Libération de la Palestine (OLP), le début d'application de la Déclaration de principes après la signature de l'Accord du Caire le 4 mai 1994, 1' accord intérimaire signé à Washington le 28 septembre 1995, le transfert des services de santé à l'Autorité palestinienne et le lancement de l'étape finale des négociations entre Israël et l'OLP le 5 mai 1996; Soulignant l'urgente nécessité de mettre en oeuvre la Déclaration de principes et les accords qui ont suivi ; Exprimant la profonde préoccupation que lui inspirent les politiques d'implantation de colonies israéliennes dans le territoire palestinien occupé, y compris dans Jérusalem-Est occupée, en violation du droit international, de la Quatrième Convention de Genève et des résolutions pertinentes de l'Organisation des Nations Unies;

1

Voir p. 263.

COMMISSION B : QUA TRIEME SEANCE

175

Soulignant la nécessité de préserver l'intégrité territoriale de tout le territoire palestinien occupé et de garantir la liberté de circulation des personnes et des biens à l'intérieur du territoire palestinien, en levant notamment les restrictions à la circulation en direction ou en provenance de Jérusalem-Est, ainsi que la libre circulation entre le territoire et le monde extérieur, étant donné les conséquences néfastes du bouclage répété du territoire palestinien sur son développement socio-économique, notamment sur le secteur de la santé ; Reconnaissant la nécessité d'accroître l'appui et l'assistance sanitaire apportés à la population palestinienne des zones placées sous la responsabilité de l'Autorité palestinienne et aux populations arabes des territoires arabes occupés, notamment les Palestiniens et la population arabe syrienne; Reconnaissant que le peuple palestinien va devoir déployer des efforts considérables pour améliorer son infrastructure sanitaire, et prenant note de l'établissement d'une coopération entre le Ministère israélien de la Santé et le Ministère palestinien de la Santé, puisque le meilleur moyen d'assurer le développement sanitaire est de préserver la paix et la stabilité; Réaffirmant le droit des patients et du personnel médical palestiniens de pouvoir bénéficier des services de santé disponibles dans les établissements sanitaires palestiniens de Jérusalem-Est occupée; Reconnaissant la nécessité d'apporter un appui et une assistance sanitaire aux populations arabes vivant dans les régions placées sous la responsabilité de 1'Autorité palestinienne et dans les territoires occupés, y compris le Golan syrien occupé ; Ayant examiné le rapport du Directeur général ; 1. EXPRIME l'espoir que les pourparlers de paix déboucheront sur une paix juste, durable et globale au Moyen-Orient ; DEMANDE à Israël de ne pas entraver les efforts du Ministère palestinien de la Santé 2. soucieux de s'acquitter pleinement de ses responsabilités envers le peuple palestinien, y compris dans Jérusalem-Est occupée, et de lever le bouclage partiel ou complet imposé au territoire palestinien ; 3. AFFIRME la nécessité d'appuyer les efforts de l'Autorité palestinienne dans le domaine de la santé pour lui permettre de mettre en place son propre système de santé afin de répondre aux besoins du peuple palestinien en gérant ses propres affaires et en supervisant ses propres services de santé; 4. INVITE INSTAMMENT les Etats Membres ainsi que les organisations intergouvernementales, non gouvernementales et régionales à apporter promptement une aide généreuse pour assurer le développement sanitaire du peuple palestinien ; 5. REMERCIE le Directeur général de son rapport et de ses efforts, et la prie : 1) de prendre des mesures d'urgence, en collaboration avec les Etats Membres, pour aider le Ministère palestinien de la Santé dans ses efforts pour surmonter les difficultés actuelles, en particulier de manière à garantir la libre circulation des responsables de la santé, des patients, des agents de santé et des services d'urgence ainsi que la fourniture normale de matériel médical aux établissements médicaux palestiniens, y compris ceux de Jérusalem; 2) de continuer à fournir l'assistance technique nécessaire pour appuyer des programmes et des projets sanitaires en faveur du peuple palestinien ; 3) de prendre les mesures et d'établir les contacts nécessaires pour obtenir les fonds requis auprès de diverses sources de financement, extrabudgétaires notamment, afin de répondre aux besoins sanitaires urgents du peuple palestinien ; 4) de poursuivre ses efforts en vue de mettre en oeuvre le programme spécial d'assistance sanitaire et de l'adapter aux besoins du peuple palestinien compte tenu du plan de santé pour le peuple palestinien ; 5) de faire rapport à la Cinquante-Quatrième Assemblée mondiale de la Santé sur l'application de la présente résolution;

176

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

6. EXPRIME sa gratitude à tous les Etats Membres, aux organisations intergouvernementales et aux organisations non gouvernementales et les invite à fournir l'assistance nécessaire pour satisfaire les besoins du peuple palestinien en matière de santé. Mme SIDHOM (Egypte), présentant le projet de résolution, appelle l'attention sur le rapport figurant dans le document A53/INF.DOC./4. Ce rapport confirme que la situation sanitaire de la population arabe dans les territoires arabes occupés continue de se détériorer parce qu'Israël persiste à appliquer une politique de bouclage des zones palestiniennes, empêchant ainsi les Palestiniens d'avoir accès aux services de santé. Les autorités israéliennes continuent de retarder les ambulances palestiniennes transportant des blessés victimes de la répression des forces d'occupation. La situation sanitaire de la population palestinienne ne pourra s'améliorer qu'une fois que l'occupation israélienne aura pris fin, lorsque l'Autorité nationale palestinienne se verra garantir le droit d'administrer les affaires de ses propres citoyens, et lorsque le Ministère de la Santé palestinien sera pleinement capable de s'acquitter de ses responsabilités. Le projet de résolution, dont le contenu est analogue à celui des résolutions antérieures de l'Assemblée de la Santé sur le sujet, manifeste l'espoir que les pourparlers de paix entre les parties concernées aboutiront à une paix juste, durable et globale dans la région. Il réclame une assistance pour améliorer l'état de santé du peuple palestinien, et demande à l'OMS d'apporter son soutien et notamment de s'efforcer d'obtenir un financement d'origine extrabudgétaire. M. BÂRCIA (Portugal), prenant la parole au nom de l'Union européenne, précise que sa délégation est coauteur du projet de résolution pour deux raisons: parce qu'il est conforme à l'analyse de la situation présentée dans le rapport du Directeur général (document A53/25), et parce que l'OMS a un important rôle à jouer dans la mise en place d'un système de santé efficace et durable pour le peuple palestinien. Par ailleurs, le texte est constructif et contribuera à l'actuel processus de paix au Moyen-Orient. M. KHAN (Pakistan), M. COMENDEIRO HERNÂNDEZ (Cuba), le Dr SHANGULA (Namibie), M. HENDRASMORO (Indonésie), le Dr SHEIKH (République arabe syrienne), M. BENFREHA (Algérie), Mme JENNY (Suisse) et M. DAMAYE (Tchad) font savoir qu'ils souhaitent que le nom de leur délégation soit ajouté à la liste des auteurs du projet de résolution. Mme BLACKWOOD (Etats-Unis d'Amérique) dit que son pays estime que le projet de résolution doit avoir pour seule préoccupation la santé du peuple palestinien. Or le texte introduit des considérations politiques dans le débat et ne sert pas les intérêts de la paix; c'est pourquoi sa délégation y est opposée. Les Etats-Unis ont déjà versé plus de US $60 millions, dont US $11 millions pendant l'année en cours, pour aider le peuple palestinien à lutter contre la mortalité infantile et pour favoriser des activités de santé maternelle. Ils continueront de fournir cette assistance, mais ils estiment que l'Assemblée de la Santé n'est pas le cadre approprié pour débattre de questions politiques. Le Dr SEVER (Israël) relève que l'an 2000 est une année de progrès continus dans le processus de paix au Moyen-Orient et de négociations intensifiées entre Israël et l'Autorité palestinienne. Logiquement, par conséquent, un projet de résolution à teneur politique sur la question palestinienne n'a aucune raison d'être, et c'est la raison pour laquelle Israël rejette ce texte et encourage les autres Etats Membres à voter contre son approbation. Les Etats Membres ne sont pas sans savoir qu'une coopération existe entre Israël et l'Autorité palestinienne dans le domaine de la santé depuis de nombreuses années ; par exemple, un spécialiste israélien de l'oncologie a récemment obtenu le Prix Sasakawa pour la Santé pour sa contribution au développement des services palestiniens d'oncologie entre 1978 et 1994. Un dialogue fructueux se poursuit dans de nombreux domaines de la santé publique, dont l'épidémiologie, l'hygiène de 1'environnement, la salubrité des aliments et les soins médicaux dispensés aux Palestiniens dans les hôpitaux israéliens.

COMMISSION B : QUATRIEME SEANCE

177

Israël soutient des programmes d'assistance en faveur des Palestiniens et coopère volontiers avec des organisations et des pays à cette fm. Le Dr Sever est convaincu que les efforts déployés par les deux parties aboutiront à la paix et que de meilleures conditions de vie et de santé suivront pour tous. Dans l'intervalle, il prie instamment les Etats Membres de mettre un terme à la politisation de l'OMS. Le Dr AL-ZAANOUN (Palestine) constate avec regret que, cinq ans après la signature de l'Accord d'Oslo prévoyant un retrait israélien du territoire palestinien occupé en 1967, Israël ne s'est toujours pas retiré de 60% de ce territoire. La fragmentation d'une zone habitée par trois millions de Palestiniens est à l'origine de nombreux problèmes de santé, dus surtout à l'absence de liberté de circulation entre la bande de Gaza, la Cisjordanie et Jérusalem-Est. Les malades ne peuvent avoir accès à l'équipement médical, aux médicaments et aux vaccins à cause des nombreux obstacles qui entravent l'importation de telles fournitures en provenance d'Etats voisins et d'Europe. Les Palestiniens reçoivent moins d'un dixième de la quantité d'eau fournie aux citoyens israéliens, et les colonies israéliennes illégales déversent leurs eaux usées et leurs déchets solides aux abords des communautés palestiniennes, créant toute une série de problèmes environnementaux et sanitaires. Par ailleurs, quelque 1650 prisonniers et détenus continuent de dépérir dans des prisons israéliennes ; on compte parmi eux des femmes, des mineurs et environ 430 personnes souffrant de maladies de longue durée emprisonnées depuis plus de 15 ans. Des réfugiés palestiniens continuent de vivre dans des camps situés dans la bande de Gaza et en Cisjordanie, et d'autres vivent dans des camps analogues en Jordanie, en République arabe syrienne et au Liban. Le Dr Al-Zaanoun exprime sa gratitude à l'UNRWA pour son engagement indéfectible à fournir des services à ces réfugiés, qui vivent dans des conditions très difficiles et dans une grande promiscuité. Des situations d'urgence continuent de se produire : il y a quelques jours seulement, par exemple, 450 Palestiniens ont été blessés lors de manifestations pacifiques organisées pour appeler Israël à respecter ses engagements au titre de l'Accord d'Oslo. L'armée israélienne a ouvert le feu sur les manifestants, tuant cinq personnes, dont deux enfants. Le Dr Al-Zaanoun remercie des Etats Membres pour leur appui à la résolution adoptée sur le même sujet à la Cinquante-Deuxième Assemblée mondiale de la Santé (résolution WHA52.5). Il espère que d'ici la Cinquante-Quatrième Assemblée mondiale de la Santé, l'Accord d'Oslo aura été appliqué et que la paix aura été obtenue, rendant ainsi toute autre résolution inutile. M. AL-FAKHR.l (Arabie saoudite) se dit favorable au projet de résolution. Le PRESIDENT invite la Commission à voter à main levée sur le projet de résolution.

Le projet de résolution est approuvé par 83 voix contre 2, avec 12 abstentions. 1 M. AMIRKHIZI (République islamique d'Iran) précise que, même si sa délégation a voté pour la résolution, cela ne doit en aucun cas être interprété comme une reconnaissance d'Israël par son pays. Mme GERY AIS-VIDRICAIRE (Canada) explique que sa délégation adhère à l'objectif fondamental de la résolution, mais qu'elle s'est abstenue de voter à cause des éléments politiques figurant dans le troisième alinéa du préambule. Si le Canada reconnaît au peuple palestinien le droit à l'autodétermination et n'exclut pas la possibilité de créer un Etat palestinien, il estime que cette question doit continuer de faire l'objet de négociations entre les parties concernées par le processus de paix au Moyen-Orient.

Ce projet de résolution a été transmis à 1'Assemblée de la Santé dans le troisième rapport de la Commission et adopté sous la cote WHA53.ll.

1

178

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

Mme LIANG (Singapour), expliquant le vote de sa délégation, dit que celle-ci s'est également abstenue car l'Assemblée de la Santé est un organe technique qui n'est pas approprié pour traiter de questions comme celles qui figurent dans le projet de résolution. A son avis, c'est plutôt l'Assemblée générale des Nations Unies qui devrait examiner de telles questions.

3.

COLLABORATION A L'INTERIEUR DU SYSTEME DES NATIONS UNIES ET AVEC D'AUTRES ORGANISATIONS INTERGOUVERNEMENTALES: Point 17 de l'ordre du jour (documents A53/26 et A53/26 Add.l) (suite de la troisième séance, section 3) • Soutien aux pays d'Amérique centrale frappés par l'ouragan Mitch • Urgences sanitaires

Mme BU FIGUEROA (Honduras) regrette profondér.,ènt que la mise en oeuvre de la résolution WHA52.12 n'ait aucunement répondu aux attentes du Honduras. Le Honduras, pays le plus sévèrement touché de la région, attend toujours un rapport détaillé sur la mobilisation des ressources techniques et fmancières de l'OMS sur le terrain, dans le cadre d'un programme de réhabilitation et de reconstruction du secteur de santé dans le pays, y compris une évaluation des résultats du programme. Elle aurait souhaité que le rapport précise selon quelles modalités la résolution est appliquée. Mme SANCHEZ REYES (Nicaragua) reconnaît les travaux louables réalisés par le Bureau régional dans les pays frappés par la catastrophe au moment où ils étaient le plus durement éprouvés. Toutefois, compte tenu du fait que l'OMS est une organisation intergouvernementale tenue d'agir conformément aux décisions de ses Etats Membres, dans son rapport, le paragraphe et demi consacré aux activités de l'Organisation concernant la catastrophe survenue en Amérique centrale est insuffisant. La déléguée a accueilli avec satisfaction le rapport rédigé par l'OPS, qui contenait nombre des renseignements qui auraient dû figurer dans le document de l'OMS, notamment en ce qui concerne le suivi de la résolution WHA52.12. Elle se déclare soucieuse de la façon dont une résolution fermement soutenue par les Membres l'année précédente a été traitée, et demande qu'à l'avenir l'Organisation se montre plus attentive aux mandats que l'Assemblée de la Santé lui confie. M. COMENDEIRO HERNANDEZ (Cuba) souscrit aux remarques du Honduras et du Nicaragua. Le rapport présenté par l'OPS était beaucoup plus détaillé que le rapport soumis à l'Assemblée de la Santé. Cuba fournit une assistance médicale aux pays frappés par l'ouragan Mitch, à savoir le Belize, le Guatemala, Haïti, le Honduras et le Nicaragua, et continuera de leur prêter aide aussi longtemps que cela sera nécessaire. Le Dr BELLO DE KEMPER (République dominicaine) indique que sa délégation partage les préoccupations exprimées par les intervenants précédents. La résolution WHA52.12, ainsi que le temps consacré à 1' examen des catastrophes survenues en 1998 dans les Caraïbes et en Amérique centrale, à l'occasion de la session du Conseil économique et social de l'Organisation des Nations Unies qui s'est tenue à Genève, sont l'expression des préoccupations de la communauté internationale. Celle-ci a donc intérêt à connaître les activités de l'OMS dans les pays touchés. La déléguée aurait souhaité que le rapport soit plus détaillé et qu'il soit rédigé dans de meilleurs délais. Le Dr VIVAS (Uruguay) dit que, même si elle sait gré à l'OMS et à l'OPS des activités qu'elles ont menées suite à la catastrophe causée par l'ouragan Mitch, elle aussi regrette profondément que le rapport ne relate pas ces activités. Elle consulterait avec intérêt le rapport de l'OPS dont il a été fait mention.

COMMISSION B : QUATRIEME SEANCE

179

M. CASTRO GRANDE (El Salvador) remercie le Dr Alleyne pour le rapport qu'il a distribué auparavant à quelques délégations et qui est consacré au soutien apporté par l'OMS et l'OPS au processus de reconstruction en Amérique centrale après l'ouragan Mitch. Son Gouvernement leur exprime sa gratitude et manifeste également sa reconnaissance à la communauté internationale des donateurs pour son geste de solidarité et pour son effort de coopération en vue d'améliorer la situation dans le secteur de la santé par le biais de mécanismes de prévention. Il faudra encore des années avant que les dégâts soient réparés, et il faut espérer que l'appellancé par les pays sinistrés ne sera pas oublié. L'intervenant ne met pas en doute le sérieux de l'engagement de l'OMS et de l'OPS, mais il n'en demeure pas moins que le compte rendu présenté dans le rapport de l'OMS est inadéquat pour un sujet d'une telle importance. Mlle SOLÎS CASTANEDA (Guatemala) et M. SALAS (Venezuela) partagent cette opinion. M. MARTINEZ AGUILAR (Mexique) pense que, compte tenu de la terrible tragédie dont les pays d'Amérique centrale ont été victimes, ces pays sont en droit de demander un examen plus complet des activités menées dans la région par l'OMS. Il demande que le rapport du Dr Alleyne soit distribué en guise de document officiel de l'Assemblée de la Santé. M. KUTCH (Australie) indique que l'Australie constate avec satisfaction les efforts considérables consentis par l'OMS pour renforcer la collaboration avec d'autres organisations des ~ations Unies dans des situations d'urgence, et notamment avec le Bureau de la Coordination des Affaires humanitaires des Nations Unies. Elle reconnaît le rôle important joué par l'OMS en qualité d'organisme responsable des questions sanitaires en situations d'urgence, spécialement dans les domaines suivants : surveillance, détermination de normes et évaluation et coordination générales des interventions dans le secteur de la santé. L'OMS devrait continuer à renforcer son autorité dans le secteur de la santé en défmissant plus clairement son rôle de chef de file dans ce domaine. L'Australie est également satisfaite des progrès réalisés récemment par l'OMS dans le développement de ses capacités en vue de faire face aux urgences sanitaires. L'Organisation devrait tirer des enseignements de l'expérience pratique et persister à améliorer ses interventions d'urgence dans le secteur sanitaire en continuant de renforcer ses capacités techniques et administratives en vue de réagir rapidement et efficacement en cas d'urgence sanitaire. M. LLANSO (OMM) rappelle la résolution WHA51.29, dans laquelle l'Assemblée de la Santé approuvait la participation de l'OMS au «programme d'action pour le climat» et appelait l'OMS à collaborer plus étroitement avec l'OMM et d'autres institutions en vue de mettre au point des applications climatiques présentant un intérêt pour la santé publique. Cette collaboration s'est réalisée par l'intermédiaire du Comité interorganisations sur le programme d'action pour le climat, qui a pour objectif de traduire les connaissances climatiques en mesures d'atténuation. En 1999, l'OMS a collaboré avec l'OMM et le PNUE à un projet qui pourra servir d'exemple, consacré au climat et à la santé, projet qui a marqué le lancement de systèmes de détection des pics de chaleur à Rome et Shanghai dans le but de réduire les incidences sanitaires des vagues de chaleur présentant un danger. La semaine prochaine, le projet sera l'objet d'un exposé scientifique devant le Conseil exécutif. L'OMS a également coparrainé, avec l'OMM et le PNUE, le Congrès international de biométéorologie, qui a eu lieu conjointement avec la Conférence internationale de climatologie urbaine à Sydney. En juillet, un atelier consacré au climat et à la santé dans les petits Etats insulaires se tiendra à Fidji. L'OMM et l'OMS sont également engagées dans la phase préliminaire de rédaction d'un plan d'action pour le climat et la santé, et M. Llans6 recommande que le texte de ce plan figure dans la documentation. Le Dr ALLEYNE (Directeur régional pour les Amériques) s'excuse de ne pas avoir préparé de rapport écrit. Selon des estimations, l'ouragan Mitch a laissé derrière lui 20 000 morts ou disparus et un nombre encore plus grand de personnes blessées ou traumatisées ; en outre, 30 % des services de santé ont été détruits. L'OPS a immédiatement envoyé de l'aide aux pays les plus sévèrement frappés, le Honduras et le Nicaragua, ainsi qu'aux deux pays moins durement touchés, El Salvador et le Guatemala;

180

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

elle a dépêché 60 membres du personnel de la catégorie professionnelle supplémentaires et distribué US $300 000 du programme du Directeur régional pour le développement. A la suite de la déclaration des ministres de la santé à l'occasion de la réunion qui a eu lieu en El Salvador en décembre 1998, une rallonge de US $1,5 million a été accordée pour les activités de lutte contre le choléra. Cuba, le Mexique et d'autres pays d'Amérique latine ont fourni massivement des ressources humaines et fmancières. Les appels lancés à la communauté internationale ont permis de recueillir encore US $4,3 millions, qui se sont mués en aide humanitaire, laquelle a été assurée par l'intermédiaire de l'OPS. Cette aide a permis de fournir de l'eau potable, de rétablir des services de base, de fournir des abris temporaires, de mener des travaux en matière de santé mentale, de mettre en place un système de surveillance épidémiologique, de maîtriser les épidémies, de distribuer de la nourriture et des médicaments et vaccins essentiels et de rétablir les communications. Les fonds alloués ont été gérés grâce au système SUMA (gestion des approvisionnements médicaux à la suite des désastres survenus en Amérique latine et dans les Caraïbes), avec l'aide d'une centaine de volontaires nationaux et internationaux, ce qui a permis de garantir une utilisation des fonds efficace et transparente et une distribution rationnelle. Les communautés locales ont été mobilisées et les organisations non gouvernementales présentes dans la région ont fourni un soutien technique. C'est via son site Web que l'OPS a tenu la communauté internationale et les médias informés de la situation et de ses besoins. Au début de 1999, les pays touchés ont entamé le processus de reconstruction et de transformation, reconnaissant que, sans un investissement massif en faveur de la santé, les retombées négatives de l'ouragan Mitch sur le secteur sanitaire risquaient de compromettre la stabilité sociale et la reprise économique. L 'OPS a mobilisé US $10 millions offerts par la communauté internationale, et notamment par l' AID, la Suède et le Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord. En outre, l'UNICEF a fait un don de US $1 million et le Congrès des Etats-Unis d'Amérique a alloué US $15 millions aux Centres de Lutte contre la Maladie afm qu'ils interviennent en Amérique centrale. Un groupe consultatif pour la transformation et la reconstruction de l'Amérique centrale, connu sous le nom de Groupe de Stockholm, qui réunit l'Allemagne, le Canada, l'Espagne et les Etats-Unis, a mis en place un mécanisme de suivi des projets de reconstruction dans les quatre pays sinistrés. Des groupes consultatifs nationaux ont été établis au Honduras et au Nicaragua, et des consultations auront lieu à Madrid en février 2001, au cours desquelles des projets régionaux élaborés par le Système d'intégration de l'Amérique centrale (SICA) seront examinés. L'OPS continue de fournir un appui technique par l'intermédiaire du bureau de son représentant en El Salvador. Elle achève actuellement un macroprojet qui prévoit le renforcement des services de santé, un réseau régional de laboratoires, une surveillance épidémiologique, la lutte contre la maladie, l'amélioration de l'hygiène de l'environnement et une réduction des risques sanitaires. Le Dr Alleyne espère que la communauté internationale continuera de fournir un soutien afm de satisfaire ces besoins urgents. M. PALSTRA (FNUAP) se prononce nettement en faveur d'une coopération et d'un partenariat interorganisations pour traiter de questions clés en matière de population et de santé. La population mondiale a doublé depuis 1960 et, en chiffres absolus, un plus grand nombre de personnes vit dans la pauvreté qu'il y a 40 ans. Les travaux de l'OMS revêtent donc une très grande importance, et il espère que leur évolution sera suivie de près pour faire en sorte que les besoins sanitaires fondamentaux, notamment dans le domaine de la santé génésique, soient satisfaits. Il souhaite que des programmes comme l'ONUSIDA, ainsi que les programmes de l'OMS, comme l'initiative pour la maternité sans risque et le programme de formation et de recherche en santé génésique, obtiennent finalement des résultats probants dans les domaines suivants : grossesses à moindre risque, réduction de la mortalité infantile, diminution des grossesses non désirées et des avortements, et diminution des infections sexuellement transmissibles. Le FNUAP concentre spécialement son action sur les adolescents. Ils représentent actuellement plus de deux milliards de la population mondiale et leur avenir doit être préservé.

COMMISSION B : QUATRIEME SEANCE

181

Mme SANCHEZ REYES (Nicaragua) remercie le Dr Alleyne pour sa déclaration et soutient la demande du Mexique. Le PRESIDENT considère que la Commission souhaite prendre note du rapport figurant dans le document A53/26 Add.l. II en est ainsi décidé. Le PRESIDENT appelle l'attention sur un projet de résolution proposé par les délégations de Bahreïn, d'Egypte, de Jordanie, du Maroc, d'Oman, du Pakistan et du Qatar, qui est ainsi libellé: La Cinquante-Troisième Assemblée mondiale de la Santé, Ayant à l'esprit la résolution 52/250 adoptée par l'Assemblée générale des Nations Unies le 7 juillet 1998 et intitulée« Participation de la Palestine aux travaux de l'Organisation des Nations Unies»; DECIDE de conférer à la Palestine, en sa qualité d'observateur, les droits et privilèges décrits dans l'annexe à la résolution susmentionnée de l'Assemblée générale des Nations Unies figurant ci-après, pour ce qui est de sa participation à l'Assemblée mondiale de la Santé et aux autres réunions de l'Organisation mondiale de la Santé. RÉSOLUTION ADOPTÉE PAR L'ASSEMBLÉE GÉNÉRALE 52/250. Participation de la Palestine aux travaux de l'Organisation des Nations Unies

L'Assemblée générale, Rappelant sa résolution 181 (II) du 29 novembre 1947, dans laquelle elle a, entre autres dispositions, recommandé le partage de la Palestine en un État juif et un État arabe, Jérusalem étant constituée en corpus separatum, Rappelant également sa résolution 3237 (XXIX) du 22 novembre 1974, par laquelle elle a accordé le statut d'observateur à l'Organisation de libération de la Palestine, Rappelant en outre sa résolution 43/160 A du 9 décembre 1988, qu'elle a adoptée au titre du point de l'ordre du jour intitulé «Statut d'observateur des mouvements de libération nationale reconnus par l'Organisation de l'unité africaine ou la Ligue des États arabes» et dans laquelle elle a décidé que l'Organisation de libération de la Palestine avait le droit de faire publier et distribuer ses communications comme documents officiels de l'Organisation des Nations Unies, Rappelant sa résolution 431177 du 15 décembre 1988, dans laquelle elle a pris acte de la proclamation de 1'État palestinien par le Conseil national palestinien le 15 novembre 1988 et a décidé que la désignation de «Palestine» devrait être employée au sein du système des Nations Unies au lieu de la désignation «Organisation de libération de la Palestine», Rappelant également ses résolutions 49112 A du 9 novembre 1994 et 49/12 B du 24 mai 1995 en vertu desquelles, entre autres, les dispositions prises pour la réunion commémorative extraordinaire de l'Assemblée générale à l'occasion du cinquantième anniversaire de l'Organisation des Nations Unies, outre qu'elles s'appliquaient à tous les États Membres et les États observateurs, s'appliquaient à la Palestine en sa qualité d'observateur, y compris pour l'organisation de la liste des orateurs pour la réunion commémorative,

182

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

Rappelant en outre que la Palestine est membre de plein exercice du Groupe des États d'Asie et de la Commission économique et sociale pour l'Asie occidentale, Considérant que la Palestine est membre de plein exercice de la Ligue des États arabes, du Mouvement des pays non alignés, de l'Organisation de la Conférence islamique et du Groupe des 77 et la Chine, Considérant également que des élections générales démocratiques palestiniennes se sont déroulées le 20 janvier 1996 et que l'Autorité palestinienne a été établie dans une partie du territoire palestinien occupé, Désireuse de contribuer à la réalisation des droits inaliénables du peuple palestinien, permettant ainsi l'instauration d'une paix juste et globale au Moyen-Orient,

1. Décide de conférer à la Palestine, en sa qualité d'observateur et comme indiqué dans l'annexe de la présente résolution, des droits et privilèges supplémentaires pour ce qui est de participer aux sessions et aux travaux de l'Assemblée générale et des conférences internationales convoquées sous les auspices de l'Assemblée ou d'autres organes de l'Organisation des Nations Unies, ainsi qu'aux conférences des Nations Unies; 2. Prie le Secrétaire général de l'informer, pendant la session en cours, de l'application des modalités figurant en annexe à la présente résolution. 89e séance plénière 7 juillet 1998

ANNEXE Les droits et privilèges supplémentaires de la Palestine pour ce qui est de participer aux sessions de l'Assemblée générale seront exercés selon les modalités ci-après, sans préjudice des droits et privilèges existants: 1. Le droit de participer au débat général de 1' Assemblée générale;

2. Sans préjudice de la priorité accordée aux États Membres, la Palestine a le droit d'être inscrite sur la liste des orateurs au titre de points de l'ordre du jour autres que les questions concernant la Palestine et le Moyen-Orient à toute séance plénière de l'Assemblée générale, après le dernier État Membre inscrit sur la liste de cette séance; 3. Le droit de réponse;

4. Le droit de présenter des motions d'ordre concernant les travaux sur les questions touchant la Palestine et le Moyen-Orient, étant entendu que ce droit ne comprend pas le droit de contester la décision du président de séance; 5. Le droit de se porter coauteur de projets de résolution et de décision sur les questions concernant la Palestine et le Moyen-Orient. De tels projets de résolution et de décision ne sont mis aux voix qu'à la demande d'un État Membre;

COMMISSION B : QUATRIEME SEANCE

183

6. Le droit de faire des interventions, une explication liminaire ou le rappel des résolutions pertinentes de l'Assemblée générale n'étant faits qu'une seule fois par le Président de l'Assemblée générale au début de chaque session de l'Assemblée; 7. Une place est réservée à la Palestine immédiatement après les États non membres et avant les autres observateurs, et six sièges lui sont alloués dans la salle de 1'Assemblée générale; 8. La Palestine n'a pas le droit de voter ni de présenter des candidats.

Le Dr TARA WNEH (Jordanie), présentant le projet de résolution, précise que le Bangladesh a demandé à être ajouté à la liste des coauteurs. Le texte cherche à conférer à la Palestine, en sa qualité d'observateur, les mêmes droits et privilèges qui lui ont été accordés au titre de la résolution 52/250 de l'Assemblée générale des Nations Unies. Dans ce texte, rien ne prête à controverse et le Dr Tarawneh espère donc qu'il sera adopté par consensus. M. PELEG (Israël) note que le projet de résolution est directement lié aux négociations en cours entre Israël et les Palestiniens, négociations dont l'issue pourrait avoir une incidence sur le statut des Palestiniens dans toutes les organisations du système des Nations Unies. La résolution essaie de préjuger des résultats de ces négociations. Il convient d'insister sur le fait que la résolution 52/2~0 de l'Assemblée générale n'a aucun rapport avec les travaux de l'OMS, mais garantit uniquement aux Palestiniens des droits spécifiques dans un contexte limité. Ces droits s'appliquent seulement aux conférences internationales convoquées sous les auspices de l'Assemblée générale ou d'autres organes de l'Organisation des Nations Unies, ainsi qu'aux conférences des Nations Unies. Il demande au Conseiller juridique d'apporter des éclaircissements. Mme BLACKWOOD (Etats-Unis d'Amérique) suggère que l'examen du projet de résolution soit reporté. M. TOPPING (Conseiller juridique) confirme que la résolution 52/250 de l'Assemblée générale ne s'applique pas à l'OMS, laquelle est une entité séparée. Une résolution distincte devra être adoptée par l'Assemblée de la Santé si les droits et privilèges prévus dans la résolution devaient s'appliquer à l'OMS. Le PRESIDENT suggère de reporter l'examen approfondi de la question à une séance ultérieure.

Il en est ainsi convenu. (Voir la suite du débat dans le procès-verbal de la cinquième séance, section 3, page 196.)

4.

QUESTIONS TECHNIQUES ET SANITAIRES: Point 12 de l'ordre du jour (suite de la huitième séance de la Commission A) Coopération technique entre pays en développement: Point 12.5 de l'ordre du jour (document A53/8)

Le Dr SULAIMAN (représentant du Conseil exécutif) fait savoir que le Conseil, lorsqu'il a examiné la question à sa cent cinquième session, a noté que le concept et les méthodes de coopération technique entre pays en développement sont réexaminés à la lumière des changements rapides qui interviennent dans le monde, et que l'OMS s'emploie à défmir une approche plus stratégique de cette coopération dans des domaines tels que la lutte contre la pauvreté et la réforme du secteur de la santé. Le

184

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

rôle des organisations non gouvernementales, de la société civile et du secteur privé a été considéré comme vital pour la coopération technique dans le contexte de la mondialisation. Le Conseil a noté que, malgré des ressources modestes, le continent sud-américain a réalisé des progrès considérables en la matière, et il a été suggéré d'en faire profiter les pays africains. Des appels ont été lancés pour accroître la coopération Sud-Sud; en Afrique, il convient d'instaurer d'urgence une coopération technique dans des domaines tels que la formation, la recherche et les produits pharmaceutiques. Le Dr EL-SHAFEI (Egypte) félicite l'OMS et le Directeur général d'avoir appelé l'attention sur un sujet d'importance et d'avoir ouvert la voie à une coopération entre pays en développement, non seulement en matière de santé mais aussi dans d'autres domaines. L'Egypte a elle-même grandement bénéficié de la coopération avec d'autres pays africains, de la participation à des initiatives Sud-Sud et de la collaboration suivie avec d'autres Etats arabes. La coopération entre pays en développement est indispensable si ces pays souhaitent avoir accès aux technologies de pointe et au savoir-faire qui leur permettront de régler efficacement les problèmes de santé qu'ils ont en commun. Partager son expérience sur la façon de trouver des solutions à ces problèmes peut avoir une grande utilité pratique. La coopération peut améliorer les normes en matière de planification stratégique, de développement des ressources humaines et de formation. Dans le même temps, 1' échange d'informations relatives aux médicaments et aux décisions prises à 1' échelle mondiale en ce qui concerne la santé et les services de santé est vital. Comme les problèmes et la structure organisationnelle des pays en développement ont tendance à être très similaires, le pariage de ces informations est souvent plus appréciable en termes pratiques qu'une aide des pays développés. Mme VALDEZ (Etats-Unis d'Amérique) estime que la proposition de l'OMS visant à définir de nouveaux critères et une approche plus stratégique de la coopération technique entre pays en développement est judicieuse, notamment lorsqu'il s'agit d'utiliser cette coopération pour placer la santé au coeur des programmes de développement et d'action politique. Avec le temps, une telle approche pourrait avoir d'importantes répercussions. La proposition de mettre l'accent sur les services de santé, la lutte contre la maladie et les défis de la mondialisation implique que l'on se fixe des objectifs tels que le renforcement de 1' autonomie des pays en développement, 1' augmentation de la quantité et de la qualité de la coopération par la mise en commun des capacités et des moyens, et le transfert des technologies appropriées et des connaissances de manière à renforcer l'autonomie individuelle et collective des pays, ce qui demande beaucoup de temps ainsi que des ressources humaines et financières non négligeables. La compétence et l'autorité régionales de l'OMS contribueront à obtenir d'excellents résultats. L'Organisation pourrait souhaiter examiner le concept de coopération technique entre pays en développement promu par le Bureau régional des Amériques. Ce concept, qui ne fait pas de distinction entre pays développés et pays en développement, a permis de créer entre eux de forts liens de solidarité, car ils partagent la même conception de la santé publique et excluent la relation donateurs-assistés. M. LIU Peilong (Chine) soutient sans réserve l'Organisation dans ses efforts pour fixer de nouveaux critères et pour travailler avec les pays en vue de défmir une approche plus stratégique de la coopération technique entre pays en développement dans des domaines cruciaux tels que la lutte contre la pauvreté et la réforme du secteur public. La Chine, en sa qualité de pays en développement, envisage d'instaurer cette forme de coopération et organisera plus tard dans l'année, à Beijing, un forum Chine-Afrique dont l'un des éléments sera la coopération avec le secteur de la santé. Le Ministère de la Santé de la Chine envisage la possibilité d'établir une coopération technique avec des pays africains. M. Liu espère qu'en promouvant ce concept, l'OMS aidera à déterminer comment placer la santé au coeur des programmes de développement et d'action politique et comment garantir la mise en oeuvre d'une planification sanitaire propre à réduire la pauvreté. Mme SIRINAD TIANTONG (Thaïlande) estime que le rapport ne reflète pas exactement la réalité. Dans différentes Régions, la mise en oeuvre de la coopération technique se heurte à des difficultés. Sa

COMMISSION B : QUA TRIEME SEANCE

185

délégation considère que l'actuelle structure régionale de l'OMS est dépassée et constitue désormais un obstacle à la mise en oeuvre d'une coopération technique efficace. Il faut soit réformer la structure régionale de l'OMS, soit créer un nouveau mécanisme propre à faciliter une telle coopération. La Thaïlande demande au Directeur général de procéder à un examen externe de grande envergure en vue d'évaluer les succès et les échecs, ainsi que les forces et les faiblesses, de la coopération technique en matière de développement sanitaire à l'ère de la mondialisation et de la libéralisation du marché, et de communiquer les résultats de cet examen à la cent neuvième session du Conseil exécutif et à la Cinquante-Cinquième Assemblée mondiale de la Santé en 2002. Le Dr MOGUILEVSKY (Argentine) fait observer qu'au cours des dernières décennies, des organisations financières internationales ont participé de plus en plus à la conception et au financement de programmes de santé. Il s'ensuit que les politiques ne sont pas toujours appliquées conformément aux principes directeurs de l'OMS. Cela a donné lieu à un nouveau scénario international. L'Argentine a pris l'initiative d'impliquer l'OPS dans la conception et le suivi de programmes financés par des sources extérieures. Elle se réjouit donc que l'OMS invite instamment les Etats Membres à engager les bureaux régionaux dans la conception et la mise en oeuvre de programmes bénéficiant d'un fmancement extérieur, afm de veiller à ce qu'ils soient conformes aux politiques de l'Organisation. L'Argentine souhaiterait que cet élément soit pris en compte dans tous les programmes de coopération technique de l'OMS. Le Dr GONZÂLEZ FERNÂNDEZ (Cuba) dit que la libéralisation des échanges et la mondialisation ont accru l'importance de la coopération entre pays en développement. Au Sommet du Sud du Groupe des 77, qui s'est tenu à La Havane en avril2000, les pays en développement ont réaffirmé la nécessité d'une coopération mutuelle dans un monde unipolaire qui les opprime et les exploite. Plus de 2100 agents de santé cubains travaillent actuellement dans 14 pays du monde, et Cuba a également créé une école de médecine latino-américaine, dans laquelle 3300 médecins et étudiants, originaires de 20 pays, reçoivent une formation gratuite. Le Dr LABISSIÈRE (Haïti), se félicitant de l'inscription de ce point à l'ordre du jour, précise que, depuis plus d'un an, une coopération s'est établie entre son pays et Cuba; en fournissant à Haïti du personnel médical et paramédical et du personnel infirmier, Cuba contribue à améliorer la couverture sanitaire dans tout le pays. Plusieurs jeunes Haïtiens étudient la médecine à Cuba. Il s'agit d'un bon exemple de coopération entre deux pays du continent américain qui se heurtent à des difficultés économiques relativement sérieuses et qui ont uni leurs forces pour atteindre différents objectifs. Mme MAKW AKWA (Afrique du Sud) accueille le rapport avec satisfaction, félicite l'OMS pour ses travaux et se réjouit de continuer à participer au débat politique. M. KEN GOUYA (Congo), appuyant les observations d'intervenants précédents, notamment celles du délégué de la Thaïlande, souligne que deux aspects doivent être pris en compte en ce qui concerne les pays africains. Le premier est que la majorité d'entre eux se trouvent au lendemain d'un conflit et, par conséquent, dans une situation spéciale. Le deuxième aspect est que presque tous les pays africains ont des difficultés à former des spécialistes. Il faut donc envisager la possibilité de mettre en place des écoles de médecine interrégionales pour faire en sorte que les efforts de chaque pays se complètent et permettent de former des spécialistes dans toutes les disciplines nécessaires dans une sous-région. Mme ALI (Pakistan) indique que certaines mesures doivent être prises pour rendre plus efficace la coopération technique entre pays en développement. L'OMS pourrait jouer un rôle primordial en encourageant les efforts de coopération entre pays en développement voisins en vue de produire et de distribuer toute une gamme de vaccins, aidant ainsi à résoudre les problèmes de l'offre et de la demande. Deuxièmement, des économies substantielles pourraient être réalisées si des pays en développement achetaient les médicaments à d'autres pays en développement; les acheter à des pays développés

186

CINQUANTE-TROIS lEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

représente un fardeau pour les économies des pays qui disposent de ressources limitées. L'OMS pourrait également inciter les pays en développement à former eux-mêmes des médecins et du personnel infirmier et paramédical, car cela coûterait beaucoup moins cher qu'assurer leur formation dans des pays développés. Enfin, pour que les rapports sur la santé dans le monde soient plus utiles, il est nécessaire de mettre au point des indicateurs de santé comparables pour des pays de niveau comparable, de sorte que les rapports donnent une image plus exacte de la situation dans les pays en développement. (Voir la suite du débat dans le procès-verbal de la cinquième séance, section 2.)

La séance est levée à 12 h 40.

CINQUIEME SEANCE Vendredi 19 mai 2000, 14h30 Président : Dr K. KARAM (Liban)

1.

TROISIEME RAPPORT DE LA COMMISSION B (document A53/39)

Le Dr SUWIT WIBULPOLPRASERT (Thaïlande), Rapporteur, donne lecture du projet de troisième rapport de la Commission B.

Le rapport est adopté. 1

2.

QUESTIONS TECHNIQUES ET SANITAIRES: Point 12 de l'ordr~ du jour (suite)

Coopération technique entre pays en développement: Point 12.5 de l'ordre du jour (document A53/8) (suite de la quatrième séance, section 4) Mme BU FIGUEROA (Honduras) se félicite des efforts déployés par l'OMS pour soulager la pauvreté et réformer le secteur public. Le Honduras reçoit un soutien technique et fmancier considérable de. la part de l'Union européenne, des pays nordiques, des Etats-Unis d'Amérique et des institutions fmancières. Mme Bu Figueroa prie instamment l'OMS d'intensifier ses programmes visant à réduire la pauvreté dans son pays et à renforcer sa présence sur le terrain. L'OMS pourrait également prêter son appui aux pays fortement endettés afm de soulager leur fardeau et de leur permettre d'accéder au développement durable tant souhaité. M. HENDRASMORO (Indonésie) dit que sa délégation estime que l'OMS devrait aider à identifier les domaines de coopération technique entre pays en développement dans le contexte d'une évolution rapide de l'économie mondiale. L'Indonésie pense que la promotion de ce type de coopération contribuerait grandement à inscrire les questions sanitaires à l'ordre du jour mondial pour le développement. L'allégement de la pauvreté est la clé qui permettrait d'améliorer les conditions sanitaires dans de nombreux pays en développement. Mme SUJATA RAO (Inde) se félicite de l'approche plus stratégique de l'OMS vis-à-vis de la coopération technique entre pays en développement compte tenu du fait que le secteur social fait partie intégrante du processus de développement. L'Inde participe à trois grands programmes de promotion de la coopération technique, à savoir le programme international de coopération technique et économique, le plan de Colombo et le plan spécial du Commonwealth d'assistance à l'Afrique. Il existe également certains programmes de coopération bilatérale avec d'autres pays en développement, et le Conseil de la Recherche scientifique et industrielle coordonne ces activités au niveau national, avec le soutien actif de la Confédération de l'Industrie indienne, de la Fédération des Chambres de Commerce et d'Industrie de

1

Voir p. 263.

-187-

188

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

l'Inde et d'organisations non gouvernementales. Par ailleurs, plusieurs activités de coopération technique ont été exécutées dans le cadre d'organismes de développement internationaux, tels que les Nations Unies et le Fonds du Commonwealth pour la Coopération technique. L'Inde a récemment effectué une enquête détaillée sur les capacités de formation des centres collaborateurs de l'OMS et d'autres centres d'excellence situés dans le pays. Plusieurs cours de formation dans des disciplines diverses, qui pourraient intéresser les formateurs de la Région de l'Asie du Sud-Est et d'ailleurs, ont été identifiés. L'Inde est prête à envoyer des formateurs aux centres d'excellence de la Région. Le Dr CHILD (Chili) dit qu'au cours de la dernière décennie, le Chili a mis au point et appliqué un programme destiné à partager son expérience scientifique, technique et culturelle avec tous les pays d'Amérique latine. Face à la mondialisation et à ses conséquences sur la santé de l'homme et l'environnement, il est devenu nécessaire de revitaliser la coopération technique entre pays en développement dans les domaines des relations internationales et de la santé publique. Le Chili a conclu plusieurs accords et traités bilatéraux et multilatéraux sur la coopération technique en Amérique latine et dans les Caraïbes. Grâce au partage des coûts et à l'échange de données d'expérience, des progrès considérables ont été accomplis en ce qui concerne les réformes du secteur de la santé et la lutte contre le VUI/SIDA. Le groupe de coopération technique horizontale, créé par les programmes nationaux de lutte contre le SIDA afm de servir de lieu d'échanges permanents, a élaboré une base de données sur le coût des antirétroviraux. Un réseau de communication électronique sur le Vlli/SIDA a été mis en place par les pays de la Région des Amériques. L'OMS et l'OPS ont un rôle crucial à jouer dans les réformes des systèmes de santé et le développement d'initiatives de coopération et constituent des instances sanitaires importantes conformes à la tr~.dition de la coopération panaméricaine. Il faut instaurer une collaboration interinstitutions plus grande, avec une approche globaliste de la santé essentielle au développement. Le Gouvernement chilien espère que le sujet important de la coopération entre pays en développement continuera d'être examiné de près par les futures Assemblées de la Santé. Le Dr DIAKITE (Guinée) se déclare convaincu que la coopération technique Sud-Sud permettra d'améliorer la santé des gens dans les pays en développement, en raison notamment de la similitude de leurs problèmes. Il demande instamment à l'Assemblée de la Santé de soutenir les domaines d'activités communes recensés par la vingt-troisième réunion des ministres de la santé du Mouvement des pays non alignés, tenue en juin 1998, et le Sommet des chefs d'Etat ou de gouvernement des pays non alignés, en septembre 1998. Le Dr FRENK (Directeur exécutif) remercie les délégations d'avoir fait des observations positives sur le rapport et partagé les données d'expérience de leurs pays. Il s'intéresse à la proposition visant à étendre le concept de coopération technique à tous les pays et se félicite de la reconnaissance par les délégations de la nécessité d'étudier les conséquences de la mondialisation sur la coopération technique. L'Organisation travaille déjà dans cet esprit Le Dr Frenk admet également qu'il est important d'intensifier la coopération en ce qui concerne la réforme des systèmes de santé, domaine d'activité auquel l'OMS attache une grande importance. La Commission prend note du rapport.

Alliance mondiale pour les vaccins et la vaccination: Point 12.7 de l'ordre du jour (document EB105/2000/REC/1, résolution EB105.R4 et annexe 1) Le Dr SULAIMAN (représentant du Conseil exécutif), présentant le projet de résolution figurant dans la résolution EB105.R4, dit que le Conseil exécutifs' est félicité du rapport du Directeur général sur la mise en place de 1'Alliance mondiale pour les vaccins et la vaccination et a bien accueilli la nouvelle initiative en tant qu'étape nécessaire permettant d'exploiter les progrès déjà accomplis. Le Conseil a

COMMISSION B : CINQUIEME SEANCE

189

approuvé avec enthousiasme le principe d'une alliance, dans laquelle tous les partenaires contribuent à la réalisation d'objectifs communs et qui élargit le partenariat mondial pour les vaccins et la vaccination. Il a exprimé sa satisfaction devant la mise en place du Fonds mondial pour les vaccins de l'enfance et a été informé que certains gouvernements avaient l'intention de contribuer aux objectifs de l'Alliance, soit grâce à un fmancement bilatéral ou multilatéral soit par l'intermédiaire du Fonds mondial. Toutefois, certains membres se sont inquiétés de ce que les critères employés pour décider si les Etats susceptibles de bénéficier d'un appui du Fonds pouvaient être retenus semblaient exclure certains pays. On leur a donné des assurances selon lesquelles aucun pays ne serait exclu de l'Alliance et la charge de morbidité constituerait bien un critère d'allocation des fonds pour l'introduction de nouveaux vaccins. On étudie actuellement les moyens qui permettraient à davantage de pays de bénéficier de l'Alliance mondiale, en collaboration avec les pays eux-mêmes. Enfm, le Conseil a souligné que l'appui aux objectifs de l'Alliance mondiale pouvait être canalisé par l'intermédiaire de l'OMS et n'avait pas besoin de passer par l'intermédiaire du Fonds mondial. Le Dr CHA TREE CHAROENSIRI (Thaïlande) dit que sa délégation se félicite vivement de l'initiative prise par le Directeur général de promouvoir l'Alliance mondiale, qui constitue un partenariat public/privé tangible et constructif destiné à accélérer l'établissement de la couverture vaccinale universelle pour les enfants. L'introduction de nouveaux vaccins devrait s'appuyer sur des profils épidémiologiques fiables et sur la charge de morbidité en fonction du conte~te des pays. Le Dr Chatree Charoensiri demande instamment que la dengue hémorragique soit incluse dans la liste des priorités. L'objectif à long terme devrait être la durabilité de 1' administration des vaccins. A fm de renforcer la production de vaccin des petites sociétés pharmaceutiques situées dans les pays en développement, le Dr Chatree Charoensiri prie instamment l'Alliance mondiale d'acheter les vaccins essentiels auprès de sociétés détentrices de certificats de bonnes pratiques de fabrication. Il souligne l'importance qu'il y a à s'assurer que les pauvres des pays en développement ont les moyens d'obtenir de nouveaux vaccins. Les nouveaux vaccins issus de la recherche-développement fmancée par l'Alliance mondiale devraient être étiquetés «vaccins de l'OMS» et mis à la disposition des enfants du monde entier à un prix très raisonnable. II demande des renseignements sur l'ordre de priorité des trois principales activités de l'Alliance mondiale et la proportion de fonds qui leur sont alloués. II aimerait avoir des éclaircissements sur les objectifs de l'Alliance, ainsi qu'il est mentionné au paragraphe 2.5) du projet de résolution. La délégation thaïlandaise souhaite que le Directeur général fasse rapport sur les progrès et activités de l'Alliance au Conseil exécutif, à sa cent neuvième session en janvier 2002, et à la Cinquante-Cinquième Assemblée mondiale de la Santé, en mai 2002. Le Dr DLAMINI (Swaziland) appelle l'attention sur le succès du programme élargi de vaccination de son pays, qui a atteint des taux supérieurs à 90 % pour toutes les maladies évitables par la vaccination. Toutefois, ces deux ou trois dernières années, les taux de couverture vaccinale ont stagné et, parfois, baissé. On risque de voir diminuer la couverture vaccinale à la suite des épidémies de VIH/SIDA et de tuberculose, et ce pas seulement au Swaziland. La délégation du Swaziland s'inquiète des critères de sélection relatifs au fmancement de la part de l'Alliance, notamment en ce qui concerne le produit national brut et le taux de couverture vaccinale. Il semble que le succès remporté par le Swaziland, à savoir une couverture vaccinale élevée, l'écarterait du financement, alors que le pays demeure confronté à des problèmes majeurs, et notamment à la destruction des infrastructures par les inondations, à la difficulté de maintenir la motivation des mères qui amènent leurs enfants se faire vacciner et au coût de la vaccination pour le budget de santé extrêmement limité du pays. Le Dr Dlamini demande donc instamment que l'on reconsidère les critères de fmancement de l'Alliance.

190

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

Mme SUJATA RAO (Inde) dit que le programme de vaccination de son pays a atteint un taux de couverture très élevé en 1990, lequel s'est maintenu au fil des ans. Le pays doit toutefois accomplir la tâche gigantesque consistant à vacciner 25 millions de nourrissons et 27 millions de femmes enceintes afm de prévenir le tétanos néonatal, et une enquête destinée à évaluer la couverture des programmes de vaccination a montré de grandes disparités entre les Etats. De ce fait, 1'Inde mérite une attention particulière pour ce qui est de renforcer les programmes de vaccination systématique et de remplacer le matériel obsolescent de la chaîne du froid. Le facteur coût a empêché l'introduction de nouveaux vaccins. L'Inde est autosuffisante en ce qui concerne la production de tous les vaccins actuellement utilisés, exception faite du vaccin antipoliomyélitique oral, qui est importé en gros en vue d'y être préparé et conditionné. Le pays a fait beaucoup de progrès dans la mise au point des technologies les plus récentes pour les vaccins an ti-hépatite B obtenus par génie génétique. La capacité de fabrication du pays couvre largement ses besoins et permet d'exporter des vaccins. Le Gouvernement indien remercie vivement le Conseil d'administration de l'Alliance mondiale de comprendre la nécessité qu'il y a à inclure l'Inde dans le programme de soutien et attend avec impatience la visite de la délégation afm d'élaborer des propositions de soutien. Mme Sujata Rao compte que le Conseil d'administration prendra une décision fmale afm que l'Inde puisse bénéficier d'un fmancement pour l'achat de vaccins dans le cadre du programme de vaccination contre la poliomyélite. Mme MABUZANE (Zimbabwe) se félicite de la mise en place de l'Alliance mondiale~ qui semble avoir les moyens de renforcer considérablement les programmes de vaccination. Le programme élargi de vaccination du Zimbabwe s'est nettement amélioré, mais certaines insuffisances demeurent. Depuis 1996, le Gouvernement couvre complètement le coût de tous les vaccins, y compris celui contre l'hépatite B. Il a fait part au Conseil d'administration de l'Alliance de son intention de soumettre une proposition, destinée à l'origine à appuyer la consolidation de la chaîne du froid et l'obtention de seringues autobloquantes. Le Zimbabwe est désireux de soutenir le principe selon lequel les interventions sanitaires doivent être durables et il a, par conséquent, besoin de connaître la durée de vie prévue de l'Alliance. Mme Mabuzane propose également que Rotary International, qui s'est engagé à éradiquer la poliomyélite et à éliminer la rougeole, soit invité à collaborer à 1'Alliance. Mme PHUMAPHI (Botswana) dit que son pays soutient l'initiative de l'Alliance mondiale et qu'il a un programme de vaccination bien développé. Elle se joint à l'appel du délégué du Swaziland concernant la révision des critères de sélection en vue d'un soutien, afin que les ressources internes ainsi dégagées servent à combattre des épidémies comme celles de VIH/SIDA et de paludisme. Par exemple, le Botswana a des difficultés à acheter les médicaments nécessaires non seulement aux thérapies antirétrovirales, mais aussi à la prophylaxie et au traitement des infections opportunistes. Le Dr CONNOLLY (Irlande) fait état de l'appui de son pays aux objectifs de l'Alliance mondiale et au projet de résolution figurant dans la résolution EB105.R4. Les pays développés ont pu constater les avantages des campagnes soutenues de vaccination des enfants et il faut par conséquent se féliciter des plans visant à étendre la vaccination au monde en développement. En ce qui concerne la question du déclin des taux de vaccination, le Dr Connolly fait remarquer que, du fait de la baisse de l'incidence des maladies évitables par la vaccination, la gravité de ces dernières est parfois sous-estimée. S'ajoutant à la préoccupation du public concernant l'innocuité de certains vaccins, ce facteur a nui à l'acceptation de la vaccination en Irlande. Afm de maintenir les niveaux de vaccination voulus, il serait peut-être bon d'envisager de continuer à éduquer et à informer les parents, les professionnels de la santé et le grand public au sujet des risques présentés par les vaccins et les maladies évitables par la vaccination. Le Dr CHRISTIANSEN (Norvège) rappelle que son Gouvernement a, pendant longtemps, soutenu les efforts déployés au niveau international pour lutter contre les maladies infectieuses, notamment par l'intermédiaire du programme élargi de vaccination. Les services de vaccination ont un bon rapport coût/efficacité et contribuent en partie à réduire la pauvreté. On pourrait éviter des millions de décès en

COMMISSION B : CINQUIEME SEANCE

191

améliorant l'accès à la vaccination, en élargissant l'utilisation de vaccins sûrs et en accélérant la mise au point et l'introduction de nouveaux vaccins. Il faut, pour assurer un haut niveau de couverture vaccinale, développer les infrastructures et les systèmes de santé. La couverture vaccinale doit être au coeur des efforts de développement internationaux. Le Gouvernement norvégien approuve pleinement les objectifs de l'Alliance mondiale et appuie le projet de résolution figurant dans la résolution EB 105.R4. Il est sûr que l'OMS continuera àjouer un rôle directeur dans l'Alliance mondiale et soutiendra, de ce fait, le renforcement du potentiel des pays partenaires. Le Dr :MBAIONG (Tchad) félicite le Directeur général de l'appui qu'elle offre à l'initiative en vue de mettre en place l'Alliance mondiale. La couverture vaccinale est faible au Tchad et la mortalité infantile élevée, à cause de la prévalence de maladies transmissibles et infectieuses (par exemple le VIH/SIDA et la tuberculose) et de la fréquence des épidémies de méningite et de rougeole. A cause de ressources fmancières limitées, l'accès aux vaccins est problématique et le Gouvernement tchadien voit dans l'initiative de l'Alliance mondiale une contribution précieuse à la lutte contre la pauvreté. M. EHMER (Etats-Unis d'Amérique) se félicite de la mise en place de l'Alliance mondiale, qui permettra d'améliorer considérablement les programmes de vaccination nationaux et de faciliter l'introduction de nouveaux vaccins dans les pays en développement. Les objectifs stratégiques de l'Alliance annoncent l'obtention d'acquis importants en ce qui concerne l'élargisseme1_1t de la couverture vaccinale au monde entier. Les Etats-Unis jouent un rôle important dans l'Alliance pour ce qui est du fmancement et de la sensibilisation. Ils soutiennent l'éradication de la poliomyélite et ont institué un nouveau programme destiné à relancer les programmes de vaccination dans une quinzaine de pays où les taux de couverture sont faibles. La délégation des Etats-Unis encourage d'autres Etats Membres à contribuer à l'Alliance. Elle appuie le projet de résolution, qui reflète la tentative visant à faire de la couverture vaccinale un moyen de coordonner la conception et l'évaluation des efforts de développement internationaux. Le Dr FURGAL (Fédération de Russie) soutient l'initiative générale de l'Alliance mondiale. Cette initiative formule des buts et des mécanismes pour mieux utiliser 1' infrastructure et les vaccins existants et accélérer la mise au point de nouveaux vaccins. Deux ans plus tôt, la Fédération de Russie a adopté une loi fédérale sur la vaccination, qui a mis en place un cadre juridique pour la politique gouvernementale dans ce domaine. Il existe un programme de vaccination fédéral spécial qui, outre le fait qu'il maximalise l'utilisation des ressources afm d'accroître la couverture, est axé sur le soutien à la recherche appliquée relative à l'immunologie et à la vaccination, produit des vaccins satisfaisant aux nonnes internationales et améliore la surveillance épidémiologique et l'information du public. La délégation de la Fédération de Russie attache une grande importance au rôle directeur de l'OMS dans les programmes de vaccination et soutient le projet de résolution. Le Gouvernement russe est prêt à mettre à la disposition de l'Alliance mondiale des vaccins de fabrication russe contre la tuberculose, la rougeole et tout un éventail de maladies infectieuses. Le Dr TSHERING (Bhoutan) se félicite du lancement de l'Alliance mondiale, qui met la vaccination au centre des systèmes de santé. Il est sûr que l'Alliance jouera un rôle majeur en débarrassant le monde de nombreuses maladies à prévention vaccinale. Beaucoup de choses ont déjà été accomplies en matière de vaccination grâce aux travaux de l'OMS, de l'UNICEF et d'autres partenaires. L'Alliance devrait par conséquent s'attacher à renforcer et à compléter les programmes et initiatives déjà en place. Le Bhoutan a traité le problème de la durabilité de la couverture en créant un fonds fiduciaire pour la santé; l'Alliance devrait soutenir des méthodes novatrices de ce genre. La délégation du Bhoutan appuie le projet de résolution.

192

CINQUANTE-TROISIE:ME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

Le Dr RODR.ÎGUEZ ALVAREZ (Espagne) souligne que les programmes de vaccination des enfants figurent parmi les moyens qui présentent le meilleur rapport coût/efficacité pour ce qui est d'améliorer la santé publique. Toutefois, du fait des insuffisances en matière de santé publique ou de l'absence de fonds pour les programmes de santé, il existe une grande disparité entre les niveaux de couverture vaccinale dans les pays développés et les pays en développement. L'Alliance mondiale devrait faciliter l'accès à des services de vaccination durables dans les pays qui n'en ont pas et encourager la recherche sur de nouveaux vaccins contre des maladies très répandues dans les pays en développement. Un avantage de l'Alliance est qu'elle comprend des organisations telles que la Banque mondiale, dont les projets de coopération incluent parfois des programmes de vaccination très vastes dans le contexte d'un développement économique soutenu. L'Alliance donne également un certain élan aux activités du programme OMS Vaccins et produits biologiques. Ce type d'interaction permettrait de s'acheminer vers l'éradication de la poliomyélite ou de promouvoir la recherche sur des vaccins contre le SIDA ou le paludisme. La délégation espagnole appuie par conséquent le projet de résolution, qui améliorera les perspectives d'obtention de fonds pour la recherche sur de nouveaux vaccins ou pour l'organisation de campagnes nationales de vaccination dans les pays où les autorités sanitaires manquent des ressources nécessaires. Le Dr VIOLAKI-PARASKEVA (Grèce) se félicite du rôle joué par l'OMS dans la mise en place de l'Alliance mondiale. Elle souligne la nécessité d'élargir l'accès à des services de vaccination viables. Malheureusement, dans certains pays, les taux de vaccination sont stationnaires ou diminuent. La Grèce appuie par conséquent la stratégie et les mécanismes de l'Alliance. Le Dr Violaki-Paraskeva demande que de nouvelles recherches internationales soient entreprises sur la qualité des vaccins. M. ZEPEDA BERMUDEZ (Brésil) estime que l'initiative de l'Alliance mondiale accélérera les travaux de recherche et développement sur les vaccins axés plus précisément sur les besoins des pays en développement, et notamment les vaccins contre le SIDA, le paludisme et la tuberculose. Il soutient le projet de résolution, en soulignant le poids des maladies à prévention vaccinale sur la morbidité et la mortalité infantiles, surtout dans les pays les plus pauvres. Le Brésil a obtenu des résultats positifs concernant la maîtrise ou l'éradication de maladies évitables par la vaccination. Le Ministère de la Santé a élargi le programme national de vaccination, en introduisant de nouveaux vaccins tels que ceux contre l'hépatite B et la grippe. Au cours de l'année écoulée, la couverture vaccinale s'est améliorée, notamment celle relative aux quatre vaccins essentiels utilisés au Brésil : le DTC, le vaccin antirougeoleux, le vaccin antipoliomyélitique et le BCG. Le Dr WANG Zhao (Chine) applaudit à la création de l'Alliance mondiale, qui profitera aux enfants des pays en développement. Au cours des dernières années, le Gouvernement chinois a donné la priorité au programme élargi de vaccination, et le taux général de couverture pour les vaccins tels que le BCG, le vaccin antipoliomyélitique, le DTC et le vaccin antirougeoleux est élevé, même si, dans les zones rurales, le taux est inférieur au taux national. De nouveaux vaccins, tels que celui contre l'hépatite B, ne sont pas encore disponibles à cause de leur coût élevé. La vaccination est parfois inefficace, notamment dans les zones rurales où les installations et l'équipement ne sont guère entretenus. La Chine élabore actuellement des politiques et des stratégies visant à surmonter ces problèmes. Le Dr Wang fait observer que, même si 1' Alliance ne peut réduire 1' écart entre riches et pauvres, elle permettra d'élargir l'accès aux services de vaccination pour les enfants des zones défavorisées. Elle propose de formuler des stratégies qui permettraient de renforcer l'utilisation des vaccins et de donner la priorité, en ce qui concerne la mise au point de vaccins, aux besoins des pays en développement. La Chine est le pays le plus peuplé du monde et, de ce fait, le statut vaccinal des petits Chinois influe directement sur les taux mondiaux de couverture. Le Gouvernement est prêt à collaborer avec l'Alliance pour promouvoir et améliorer la santé des enfants du monde entier.

COMMISSION B : CINQUIEME SEANCE

193

Le Dr TEMU (Papouasie-Nouvelle-Guinée) se félicite de la mise en place de l'Alliance mondiale et soutient sans réserve le projet de résolution. Son pays a fait de la vaccination des enfants une priorité absolue afm d'améliorer les programmes de vaccination systématique et le taux de vaccination, qui est actuellement inférieur à 50 %. Le Dr Temu remercie les Gouvernements d'Australie et du Japon, l'OMS et l'UNICEF de leur appui. Son pays a fait des progrès dans la mise au point de vaccins locaux, mais les contraintes en matière de fmancement ont entravé ses efforts. Il met actuellement la dernière main aux conditions techniques de l'introduction du vaccin contre la grippe. M. PARK (République de Corée) dit qu'il partage la préoccupation de l'OMS au sujet des deux millions d'enfants qui meurent chaque année de maladies à prévention vaccinale, et qu'il serait possible d'épargner plusieurs millions de vies si l'on disposait de vaccins efficaces contre le SIDA, la tuberculose et le paludisme. Comme d'autres intervenants, il se félicite de la mise en place de l'Alliance mondiale et soutient le projet de résolution. La délégation coréenne approuve les objectifs de 1'Alliance, à savoir élargir l'accès à des vaccins sans danger et d'un bon rapport coût/efficacité et accélérer la mise au point et l'application de nouveaux vaccins. En 1996, son pays a créé un institut international des vaccins afm de soutenir l'initiative pour les vaccins de l'enfance. Le Gouvernement espère établir une collaboration étroite avec l'Alliance. Le Dr MEAN Chhi Vun (Cambodge) appuie lui aussi le projet de résolution. ~e Gouvernement cambodgien reconnaît l'importance de la vaccination pour ce qui est de réduire la morbidité et la mortalité infantiles. Le Dr Mean Chhi V un remercie l'OMS, l'UNICEF et d'autres organisations internationales de soutenir le programme de vaccination du Cambodge. Il espère que le Conseil d'administration de l'Alliance mondiale répondra favorablement à la demande de fmancement de son GouYernement afm d'introduire le vaccin contre l'hépatite B. M. KUTCH (Australie) dit que sa délégation estime que l'Alliance mondiale est un partenariat public/privé qui mérite le plein appui de l'OMS et de tous les Etats Membres. Le droit de chaque enfant d'être protégé des maladies à prévention vaccinale est un principe fondamental de la santé publique. L'Alliance incite vivement les gouvernements à renouveler leur engagement d'élargir la couverture vaccinale. La priorité doit être accordée aux pays en développement disposant de ressources insuffisantes pour assurer une couverture adéquate, mais il ne faut pas oublier que les taux de vaccination sont loin d'être convenables même dans certains pays développés, où le principal obstacle est la faible priorité politique accordée à la vaccination. L'initiative de l'Alliance mondiale fournit l'inspiration morale et un mécanisme concret qui permettent de protéger tous les enfants des maladies à prévention vaccinale. La délégation australienne appuie pleinement le projet de résolution recommandé par le Conseil exécutif. Le Dr BUSTAMANTE GARCiA (Colombie) exprime l'appui de sa délégation à l'Alliance mondiale et l'engagement de son pays au renforcement et au développement de l'Alliance au niveau national. Il fait observer que, dans la Région des Amériques, certaines des réformes des systèmes de santé ont introduit un régime d'assurance fondé sur un marché réglementé. En Colombie, toutefois, le passage d'un système de santé national à un nouveau système de sécurité sociale a retenti sensiblement sur certains objectifs de santé publique, et notamment la vaccination. En conséquence, le Gouvernement colombien a été forcé de prendre des mesures correctrices et le Dr Bustamante Garcia prévient les autres pays de ne pas faire la même erreur. Il informe la Commission que son Gouvernement a alloué des sommes importantes à la recherche sur un vaccin antipaludéen. L'équipe de recherche dirigée par le Dr Patarroyo ayant réalisé des progrès notables, il prie instamment l'OMS de soutenir cette importante initiative. Le Dr MANGUELE (Mozambique) dit que les efforts accomplis par son pays pour accroître la couverture vaccinale ont permis de réduire sensiblement l'incidence de la poliomyélite et du tétanos néonatal. Au cours des trois dernières années, des journées nationales de vaccination ont été menées avec succès. Il demande à l'OMS de fournir à son pays un soutien technique afin d'améliorer la surveillance

194

CINQUANTE-TROISlEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

nationale et le traitement de la paralysie flasque aiguë. De récentes inondations ont dévasté le Mozambique, détruit les établissements de santé et endommagé gravement la chaîne du froid. Il prie l'OMS de fournir un appui pour renouveler la chaîne du froid et remplacer les vaccins détruits. Son pays souhaite introduire le vaccin contre l'hépatite B et espère obtenir de l'Alliance mondiale un soutien fmancier et technique. Sa délégation appuie le projet de résolution. Le Dr SULAIMAN (Oman) exprime le soutien de sa délégation à l'Alliance mondiale. Il estime que 1'Alliance pourrait débarrasser le monde de plusieurs maladies infantiles, dont la poliomyélite. Elle a un rôle majeur à jouer pour soutenir les programmes de vaccination et élever la couverture vaccinale. Mme BU FIGUEROA (Honduras) est reconnaissante à l'Alliance mondiale de soutenir les pays dans le domaine de la vaccination. Bien que le Honduras rencontre de nombreux problèmes liés à la pauvreté et à la dette extérieure, la couverture vaccinale des enfants atteint 95 %. Par ailleurs, une campagne de vaccination intensive est en cours. La délégation du Honduras soutient pleinement les objectifs de l'Alliance mondiale ainsi que le projet de résolution. Le Dr ABU-RUMMAN (Jordanie) dit que son Gouvernement suit les recommandations de l'OMS concernant la réduction et l'éradication des maladies grâce aux programmes de vaccination et qu'il a fait de grands progrès à cet égard en établissant des partenariats régionaux et internationaux. en vue de l'éradication de plusieurs maladies de l'enfance, et notamment de la poliomyélite. La délégation jordanienne accueille favorablement le projet de résolution. Toutefois, le Dr Abu-Rumman souhaite proposer un paragraphe 2.7) supplémentaire priant instamment les Etats Membres« d'améliorer et de surveiller rigoureusement la qualité des vaccins». C'est une préoccupation pour la Jordanie et plusieurs autres Etats de la Région de la Méditerranée orientale, qui ont rencontré des problèmes liés à la qualité des vaccins. Le Dr JA' AFARI (Arabie saoudite) considère l'initiative de l'Alliance mondiale comme une noble cause qui garantira le succès d'autres programmes. Elle mérite un soutien sans faille. Sa délégation exprime sa reconnaissance au Directeur général et à tous les partenaires pour la mise en place de l'Alliance. Le Dr LEPANI (Fidji) dit que sa délégation approuve les objectifs de l'Alliance mondiale et le principe de partenariat qui a conduit à sa mise en place. Il remercie le Japon de l'assistance que celui-ci a fournie à son pays et qui a permis d'obtenir une couverture vaccinale élevée pour tous les vaccins utilisés à Fidji. Il appelle l'attention sur l'importance qu'il y a à éliminer sans risque les seringues, aiguilles et flacons de vaccin vides. Il faut mettre au point et utiliser des incinérateurs bon marché et efficaces. Mme LE THI THU HA (VietNam) informe la Commission qu'au cours des cinq dernières années, le VietNam a atteint des taux de couverture ·vaccinale supérieurs à 90 %. Sa délégation soutient le projet de résolution. Mme Le Thi Thu Ha demande un appui pour l'introduction du vaccin contre l'hépatite B dans le programme de vaccination systématique et prie instamment l'Alliance mondiale d'envisager d'aider les pays en développement à produire localement des vaccins comme ceux contre la rougeole et l'hépatite B. M. KENGOUY A (Congo) dit que son pays a mené avec succès une campagne de vaccination massive, malgré les difficultés créées par la guerre récente qui a eu lieu au Congo. Il remercie les partenaires qui ont rendu la campagne possible. Il souligne que la vaccination est un droit fondamental des enfants. Il est important de veiller à ce que la qualité des vaccins soit étroitement contrôlée. Dans de nombreux pays, il existe des problèmes logistiques pour atteindre des régions éloignées et il faudrait s'efforcer davantage de veiller à ce que tous les enfants, des zones rurales comme des zones urbaines, soient vaccinés.

COMMISSION B : CINQUIEME SEANCE

195

Le Dr SUZUK.I (Directeur exécutif) remercie les délégués du soutien qu'ils ont exprimé pour les travaux de l'OMS et pour l'Alliance mondiale. Plusieurs délégations, et notamment celle du Swaziland, ont soulevé la question des critères de sélection. Il est nécessaire d'établir une distinction entre les critères de sélection pour le Fonds mondial pour les vaccins de l'enfance et ceux pour 1'Alliance mondiale. En vertu des dispositions du paragraphe 2.5) du projet de résolution recommandé par le Conseil exécutif, l'argent fourni par l'intermédiaire du Fonds mondial et celui provenant de mécanismes existants, tels que l'assistance de la Banque mondiale et des partenaires bilatéraux, peuvent être considérés comme une contribution de l'Alliance si le fmancement aide à la réalisation des objectifs de cette dernière. Le seul critère de sélection pour le Fonds mondial est un PNB par habitant inférieur à US $1000 par an. Le but de ce critère est de donner la priorité aux pays les plus pauvres du monde. Par ailleurs, différents critères sont appliqués pour les comptes subsidiaires du Fonds; en ce qui concerne le compte subsidiaire des services de vaccination, le critère est une couverture inférieure à 80 % pour le DTC, tandis que pour le compte subsidiaire relatif à l'introduction de vaccins nouveaux ou peu utilisés, il faut une couverture par le DTC supérieure à 50 %. Une deuxième question qui a été soulevée concerne la viabilité de l'Alliance mondiale au-delà de cinq ans. Les partenaires de l'Alliance sont surtout soucieux de veiller à ce que les résultats améliorés de la vaccination soient soutenus. Les pays à revenu faible auront besoin d'un soutien extérieur continu pour leurs programmes de vaccination, mais 1' appui du Fonds mondial ne se poursuivra pas de façon indéfinie. Le but de l'Alliance est de fournir une base qui permettra aux gouvernements d;élargir le soutien provenant d'autres sources et de parvenir à l'autosuffisance. Elle collaborera avec les pays concernés afin de trouver des ressources supplémentaires pour améliorer les programmes de vaccination. Les partenaires prennent également des mesures pour élargir l'appui du Fonds mondial au-delà de cinq ans. La troisième question tient à la relation entre l'éradication de la poliomyélite et l'Alliance mondiale. Les deux initiatives ont de nombreux points en commun, car la consolidation des programmes d'éradication de la poliomyélite suppose le renforcement des systèmes de vaccination systématique. L'Alliance couvre une vaste gamme de questions en vue d'améliorer l'administration systématique de vaccins, y compris le vaccin antipoliomyélitique oral. La collaboration est étroite entre l'Alliance et les campagnes d'éradication de la poliomyélite. Par ailleurs, certains plans nationaux de vaccination soumis au Fonds mondial en vue d'un financement comprennent l'éradication de la poliomyélite dans le cadre du plan multinational. Les deux programmes se soutiennent et se confortent mutuellement. Le délégué de la Thaïlande a demandé des renseignements sur l'ordre de priorité d'allocation des fonds. La proportion des sommes à allouer à chaque compte subsidiaire n'a pas encore été décidée. Des trois comptes subsidiaires - services de vaccination, vaccins nouveaux ou peu utilisés et recherchedéveloppement- les deux premiers sont déjà ouverts. Le compte subsidiaire recherche-développement doit être étudié lors de la réunion du Conseil d'administration de l'Alliance en juin 2000. L'accent sera mis sur le transfert de technologie, afin d'encourager la production locale de vaccins, et sur la stimulation des investissements dans la recherche sur les vaccins contre les maladies qui sont actuellement délaissées et les grandes maladies telles que le VIH/SIDA, la tuberculose et le paludisme. Plusieurs délégations ont soulevé la question de l'accessibilité économique. Le Dr Suzuki admet qu'il est essentiel d'assurer l'accès à la vaccination, qui est au coeur des services de santé publique. Le pouvoir d'achat fourni par 1'Alliance permettra aux pays d'acheter des vaccins à des prix favorables et en facilitera également l'accessibilité. La dernière question soulevée concerne l'innocuité des services de vaccination. L'innocuité fait partie des critères d'évaluation à la fois pour le compte subsidiaire des services de vaccination et pour le compte subsidiaire relatif à l'introduction de vaccins nouveaux ou peu utilisés. En réponse à la préoccupation exprimée par le délégué de la Jordanie concernant la qualité des vaccins, le Dr Suzuki souligne les efforts déployés par l'OMS dans ce domaine, qui comprend la mise en place du réseau mondial pour la sécurité des injections (SIGN). On s'attend à ce que l'Alliance mondiale devienne une composante intégrale de la réforme des systèmes de santé.

196

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

Le PRESIDENT invite la Commission à examiner le projet de résolution contenu dans la résolution EB 105 .R4. Le Dr TEMU (Papouasie-Nouvelle-Guinée), se référant à la proposition du délégué de la Jordanie visant à insérer un nouvel alinéa priant instamment les Etats Membres d'améliorer et de surveiller rigoureusement la qualité des vaccins, propose que le nouvel alinéa soit inclus dans le paragraphe 3, car la question relève plutôt de la compétence de l'OMS que de celle des Etats Membres. Le Dr SUZUKI (Directeur exécutif) fait observer qu'il sera difficile au Directeur général d'améliorer la qualité des vaccins. Il propose que l'on ajoute un nouveau paragraphe 3.3) ainsi libellé «de promouvoir et de surveiller rigoureusement l'assurance de la qualité des vaccins».

L'amendement est adopté. Le Dr CHATREE CHAROENSIRI (Thaïlande) propose l'ajout d'un nouveau paragraphe 3.4): «de soumettre un rapport sur les progrès et les activités de l'Alliance au Conseil exécutif à sa cent neuvième session en janvier 2002 et à la Cinquante-Cinquième Assemblée mondiale de la Santé en mai 2002 ».

L'amendement est adopté. Le projet de résolution, ainsi amendé, est approuvé. 1 (Le débat reprend à la section 4.)

3.

COLLABORATION A L'INTERIEUR DU SYSTEME DES NATIONS UNIES ET AVEC D'AUTRES ORGANISATIONS INTERGOUVERNEMENTALES: Point 17 de l'ordre du jour (document A53/B/Conf.Paper N° 2) (suite de la quatrième séance, section 3, page 183)

Mme BLACKWOOD (Etats-Unis d'Amérique) fait part du point de vue de sa délégation selon lequel l'adoption du projet de résolution compliquera les efforts de paix dans la région. En l'absence d'autres commentaires, le PRESIDENT invite la Commission à examiner le projet de résolution.

Le projet de résolution est approuvé. 2 M. PELEG (Israël) rappelle que sa délégation craint que l'adoption de la résolution ne préjuge de l'issue des négociations entreprises actuellement par son pays avec les Palestiniens.

1 Ce projet de résolution a été transmis à l'Assemblée de la Santé dans le quatrième rapport de la Commission et adopté sous la cote WHA53.l2.

2 Ce projet de résolution a été transmis à l'Assemblée de la Santé dans le quatrième rapport de la Commission et adopté sous la cote WHA53 .13.

COMMISSION B : CINQUIEME SEANCE

197

4.

QUESTIONS TECHNIQUES ET SANITAIRES: Point 12 de l'ordre du jour (reprise du débat)

Stratégie pharmaceutique révisée: Point 12.8 de l'ordre du jour (résolution WHA52.19; document A53/1 0) Le Dr SULAIMAN (représentant du Conseil exécutif), présentant le point de l'ordre du jour, dit que le Conseil exécutif s'est déclaré satisfait des progrès réalisés en ce qui concerne l'application de la stratégie pharmaceutique révisée. Le Conseil estime que l'élaboration et le suivi des politiques pharmaceutiques nationales constituent un élément important de la stratégie, car ces politiques regroupent toutes les parties concernées en une action commune. Une centaine de pays ont déjà formulé des politiques pharmaceutiques nationales. Le Conseil a été informé que l'OMS publierait sous peu une version révisée des Directives pour l'élaboration des politiques pharmaceutiques nationales. Des membres du Conseil ont exprimé leur vive inquiétude face à la vente incontrôlée de médicaments, et notamment de produits ne devant être délivrés que sur ordonnance, sur l'Internet. Ils ont prié instamment l'OMS de promouvoir la coopération entre les organismes internationaux et les associations professionnelles et industrielles afin de résoudre le problème. Ils ont pris note de la publication par l'OMS d'un guide modèle que les Etats Membres pourraient adopter ou adapter afm de conseiller les utilisateurs de l'Internet. Ce guide a été créé en consultation .avec les experts pharmaceutiques, les organisations de consommateurs et l'industrie. Le Conseil a également appris qu'un groupe de contact Produits pharmaceutiques et commerce avait été créé en mai 1999, avec la participation de l'OMS, de l'OMPI, de la CNUCED, de l'ONUSIDA et de l'OMC. Ce groupe se réunit régulièrement pour examiner des documents importants sur le commerce et les produits pharmaceutiques, et il étudie actuellement des questions comme la clarification de certaines dispositions des accords commerciaux internationaux, les moyens de réduire ou d'éliminer les droits de douane sur les produits pharmaceutiques, l'utilisation des accords commerciaux dans la lutte contre les médicaments contrefaits et l'inclusion, dans les accords commerciaux, de mesures d'incitation relatives à la mise au point des médicaments. L'OMS a reconnu l'existence de problèmes constants concernant la qualité, l'innocuité et l'efficacité des médicaments et a constitué un groupe de travail composé de membres de dix pays en développement et développés et chargé d'examiner les moyens concrets de renforcer la réglementation pharmaceutique. M. VOIGTLÂNDER (Allemagne) est d'accord avec l'accent mis dans le rapport sur l'élargissement de l'accès à des médicaments de bonne qualité pour tous les Etats Membres. Il souligne l'importance des travaux de l'OMS relatifs à la normalisation et aux bonnes pratiques de fabrication et espère que les nouvelles initiatives ne seront pas incompatibles avec les travaux actuels de l'Organisation. Le Dr ANTEZANA ARANÎBAR (Bolivie) convient avec le délégué de l'Allemagne que les fonctions normatives de l'Organisation sont essentielles pour assurer la qualité, l'innocuité et l'utilisation appropriée des médicaments, à condition, naturellement, que l'on puisse avoir accès à ces derniers. Le rapport mentionne également l'élargissement de l'accès à des médicaments permettant de traiter des problèmes de santé prioritaires tels que le SIDA, et la révision des principes directeurs applicables aux dons de médicaments en vue de promouvoir de bonnes pratiques en matière de dons. Toutefois, le point le plus important du rapport concerne les travaux de l'Organisation relatifs aux instruments de l'OMC et au commerce international de médicaments, y compris l'Accord sur les aspects des droits de propriété intellectuelle qui touchent au commerce (Accord ADPIC). Ainsi que le Directeur général l'a déclaré, l'OMS s'engage à empêcher les intérêts économiques d'interférer avec l'objectif de la santé pour tous. La déclaration faite à cet effet devant la Commission A par le représentant de l'OMC a été rassurante. Le Dr Antezana Aranibar remercie l'Organisation des efforts qu'elle déploie pour favoriser la coopération avec les pays, et notamment les pays les moins avancés, en vue d'élargir l'accès aux médicaments, initiative que les Etats Membres concernés suivent de près.

198

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

M. ZEPEDA BERMUDEZ (Brésil) dit que le Brésil aborde pratiquement tous les domaines prioritaires identifiés dans le document A53/l 0 en prenant des mesures sectorielles précises telles que la formulation d'une politique pharmaceutique nationale, la révision de la liste nationale des médicaments essentiels, la création d'un organisme national de surveillance sanitaire et l'introduction d'une législation réglementant les médicaments génériques sur le marché brésilien. Le Directeur général a soutenu la politique brésilienne concernant les médicaments génériques lorsqu'elle s'est rendue au Parlement brésilien en avril2000. Le Gouvernement brésilien a entrepris une étude de l'Accord ADPIC, et notamment de ses répercussions sur les brevets, qui tiendra également compte des pratiques d'autres pays de la Région des Amériques. L'adoption de la résolution WHA52.19 par la Cinquante-Deuxième Assemblée mondiale de la Santé représente l'aboutissement d'un long processus, qui se poursuivra afm d'assurer la mise en oeuvre de politiques pharmaceutiques nationales garantissant l'accès aux médicaments essentiels. M. Zepeda Bermudez souligne l'importance qu'il y a à introduire un système de surveillance du prix des médicaments. La délégation brésilienne avait l'intention, au départ, de proposer un projet de résolution sur la stratégie pharmaceutique révisée. Toutefois, cela n'est plus nécessaire car la résolution sur le Vlli/SIDA déjà approuvée par la Commission A répond aux préoccupations du Brésil. Mme DJONEVA (Bulgarie) dit que les questions les plus importantes sont l'accessibilité des médicaments essentiels, la qualité et l'utilisation rationnelle des médicaments. L'OMS a_ soutenu la Bulgarie pour ce qui est de l'élaboration d'indicateurs permettant de suivre sa politique pharmaceutique nationale afm de veiller à l'offre de médicaments sur le marché, à leur accessibilité et à leur usage rationnel. Les dons inadéquats de médicaments continuent de poser problème dans de nombreux pays, y compris la Bulgarie, de même que le déséquilibre entre l'information pharmaceutique commerciale et des données indépendantes. Ces problèmes soulignent la nécessité d'introduire des critères éthiques dans la promotion des médicaments. La réglementation publicitaire concernant les médicaments en Bulgarie est basée sur les Critères éthiques applicables à la promotion des médicaments, publiés par l'OMS, et incorpore également la directive de l'Union européenne sur la publicité. Mme Djoneva souligne l'importance de la collaboration avec les organisations internationales, notamment en vue de l'accession de la Bulgarie à l'Union européenne. Le Dr SHANGULA (Namibie) se déclare satisfait de l'application par l'OMS de la résolution WHA52.19 et de la stratégie pharmaceutique révisée. Il insiste sur le fait que la question des médicaments est essentielle dans le cadre des fonctions des ministères de la santé et de l'OMS et doit le rester. Les nouvelles initiatives ne doivent pas priver l'OMS de l'une de ses fonctions majeures. En ce qui concerne la viabilité de l'approvisionnement en médicaments, d'autres options telles que les licences obligatoires et les importations parallèles doivent être envisagées. Le Dr Shangula prie instamment l'OMS, lorsqu'elle préparera son plan stratégique relatif aux médicaments essentiels et à la politique pharmaceutique pour 2000-2003, de faire participer les bénéficiaires prévus au processus. Le Dr SIRIWAN PITAY ARANGSARIT (Thai1ande), faisant 1' éloge du rapport, prie instamment l'OMS de travailler en étroite collaboration avec l'OMC, tout en plaçant la santé devant les intérêts commerciaux, afm d'accélérer la mise au point de méthodes permettant de suivre les implications pharmaceutiques et de santé publique des accords commerciaux. Le prix élevé des antirétroviraux et autres médicaments contre le SIDA provoque le décès de millions de malades du SIDA chaque année parce que ces derniers n'ont pas eu les moyens fmanciers voulus pour suivre ce traitement. La déléguée demande que des mesures soient prises pour contrer la publicité pharmaceutique contraire à l'éthique, qui comprend souvent le paiement d'une commission et le parrainage de conférences médicales pour lesquelles les frais de voyage international sont payés. Cette publicité entraîne une consommation inutile et irrationnelle de médicaments et fait peser un fardeau fmancier injuste sur les malades. Elle prie instamment 1'OMS d'étudier attentivement la relation entre les mécanismes de paiement et les comportements des médecins en matière de prescription. Les plans de prépaiement « tiers payant » encouragent l'utilisation de

COMMISSION B : CINQUIEME SEANCE

199

médicaments de marque onéreux, tandis que les plans d'assurance sociale favorisent la prescription de produits génériques bien moins chers. Une réforme générale du secteur de la santé devrait couvrir le fmancement des médicaments. Elle devrait séparer les fonctions prescription et délivrance et mettre la délivrance sous la responsabilité des pharmaciens communautaires. Etant donné que la consommation de médicaments dans les hôpitaux représente une part majeure de la consommation pharmaceutique totale, l'OMS est priée de soutenir les Etats Membres soucieux d'améliorer la sélection des médicaments par les hôpitaux sur la base d'informations fiables concernant le rapport coût/efficacité. Le Dr RODRiGUEZ ALVAREZ (Espagne) constate que, depuis que le concept de médicaments essentiels a été élaboré, il est devenu la pierre angulaire de la planification des politiques pharmaceutiques dans de nombreux pays. Au cours des vingt dernières années, grâce à cette stratégie, le nombre de personnes ayant un accès régulier aux médicaments essentiels est passé de 2, 1 milliards à 4 milliards. Ce succès justifie l'appui des Etats Membres à la stratégie de l'OMS relative aux médicaments essentiels. Néanmoins, un tiers de la population mondiale n'a toujours pas d'accès régulier aux médicaments de première nécessité et les programmes de développement régional et local devraient être axés sur des politiques qui garantissent l'accès à des médicaments sans danger, efficaces et de grande qualité. Des questions se posent quant aux implications possibles de la mondialisation concernant l'accès aux médicaments, notamment dans les économies émergentes. L'OMS a un rôle crucial àjC!uer lorsqu'il s'agit de conseiller les Etats Membres sur les possibilités de protection de la santé publique offertes par les nouveaux accords commerciaux. Les contacts de l'OMS avec les organismes internationaux réglementant le commerce international présentent un intérêt certain pour ce qui est d'intégrer des éléments sanitaires dans les négociations commerciales. Le Dr NIGHTINGALE (Etats-Unis d'Amérique) demande plus de précisions sur les activités entreprises par l'OMS pour appliquer la résolution WHA52.19 depuis la cent cinquième session du Conseil exécutif, notamment en ce qui concerne la formulation d'avis à l'intention des pays sur la stratégie pharmaceutique révisée et le point de la collaboration de l'OMS avec l'OMC et l'OMPI. Comment l'OMS travaille-t-elle avec ces organisations et d'autres organisations internationales sur ces questions? Les centres collaborateurs de l'OMS au Brésil, au Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord et en Thaïlande travaillent-ils avec les organisations internationales compétentes? Quelle est la nature du groupe de contact qui vient d'être créé et quelles questions traite-t-il? Qui le préside, et le groupe s'occupe-t-il de toutes les questions soulevées dans le troisième paragraphe du document A53/10? Les questions de la qualité des médicaments, de l'information et de la publicité sont importantes ; comment l'OMS s'y prend-elle pour renforcer les organismes de réglementation pharmaceutique dans le cadre de son programme normatif et d'autres activités? En ce qui concerne la promotion, la vente et la qualité des médicaments et la question des médicaments contrefaits, la forte augmentation des ventes de médicaments sur l'Internet a posé d'importants problèmes dans le monde. L'Internet est étroitement lié à de nombreuses activités relatives à la stratégie pharmaceutique révisée, et le Dr Nightingale demande des renseignements sur l'application de la résolution WHA51.9 concernant la promotion et la vente de produits médicaux par Internet, surtout depuis la cent cinquième session du Conseil exécutif. Il prie également d'autres Etats Membres de coopérer dans ce domaine, car les problèmes ont pris beaucoup d'ampleur depuis l'adoption de la résolution en 1998. Certains sites pharmaceutiques« offshore» font de la publicité pour des médicaments vendus sur ordonnance auprès des consommateurs des Etats-Unis ainsi que pour des médicaments qui ne sont actuellement pas approuvés à la vente dans le pays. La Food and Drug Administration a demandé au Service des Douanes des Etats-Unis de retenir certains produits afm de les inspecter. Il serait utile d'établir une coopération internationale supplémentaire pour prévenir les envois illégaux de médicaments délivrés sur ordonnance, et de solliciter la participation active d'autres organisations internationales telles qu'Interpol. La délégation des Etats-Unis encourage l'OMS à favoriser la collaboration entre les organisations internationales et à faciliter la coopération entre les gouvernements pour ce qui est de faire appliquer la réglementation.

200

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

Mme SffiiYA (Swaziland) remercie l'OMS de l'appui qu'elle a fourni à son pays pour renforcer le programme des médicaments essentiels. Toutefois, le Swaziland n'a pas le personnel qualifié voulu et doit encore veiller à la qualité et à l'innocuité des médicaments tout en essayant de garantir un approvisionnement constant en médicaments auxquels la population a accès. Une législation est en cours d'élaboration afm de fournir un cadre juridique à une politique pharmaceutique nationale et de permettre de réglementer les médicaments. Le Swaziland doit améliorer son laboratoire de contrôle de la qualité. Afm de satisfaire aux dispositions de l'Accord ADPIC, il sollicite une aide pour renforcer son potentiel de façon à ce que la mise en oeuvre dudit Accord n'affaiblisse pas les programmes mis en place avec l'appui de l'OMS. Le Swaziland partage les opinions exprimées par d'autres pays d'Afrique australe concernant l'importation parallèle des médicaments, le transfert de technologie et la fabrication locale. Mme Sibiya remercie les délégations qui ont contribué à renforcer la résolution sur le VIH/SIDA afm d'améliorer l'accès aux médicaments et d'en faciliter l'achat dans les pays en développement. La délégation du Swaziland estime qu'il n'est plus nécessaire de formaliser l'accord existant entre l'OMS, l'OMC et l'OMPI, sauf si l'application des programmes se trouve entravée. Le Dr CARLSSON (Suède) dit que l'OMS a mis sur pied un cadre qui permet de prendre des mesures collectives pour améliorer l'accès aux médicaments. Cependant, à cause de leur coût, de nombreuses personnes n'ont toujours pas accès aux médicaments essentiels, et les pays ont besoin de politiques pharmaceutiques nationales soutenues par des instruments de contrôle de la réglem_entation. La Suède attend donc avec intérêt la publication par l'OMS des nouvelles Directives pour l'élaboration des politiques pharmaceutiques nationales et estime qu'il faudrait tout mettre en oeuvre pour faciliter leur application. Elle souligne l'importance des efforts déployés par l'OMS pour promouvoir une recherche fondamentale et clinique sur l'amélioration de médicaments et vaccins contre les maladies tropicales, que l'on puisse se procurer à des prix abordables. Le succès de la stratégie pharmaceutique de l'OMS dépend fortement de l'existence de systèmes de santé durables et contribuera à l'amélioration des résultats sanitaires. Le Dr GALON (Philippines) signale que son pays est l'un de ceux dont l'accès aux médicaments est très limité en raison de leur prix élevé. Le pays ne ménage pas ses efforts pour faire baisser les prix, notamment en ce qui concerne les médicaments essentiels. Les Philippines se félicitent de l'élaboration de nouvelles directives par l'OMS sur la libéralisation du commerce des produits pharmaceutiques. Le programme pharmaceutique national est responsable de nombreuses initiatives, et les Philippines demandent à l'OMS de leur prêter un appui sur le plan technique et celui de la formation afm de leur permettre de fournir des médicaments sûrs, efficaces et de grande qualité à tous les habitants à un prix abordable. Le Dr FURGAL (Fédération de Russie) se félicite lui aussi de l'élaboration de nouvelles directives. Son pays soutient la stratégie pharmaceutique révisée et applaudit à la participation active de l'OMS aux tentatives visant à fournir les médicaments gratuitement. Il soutient également le système OMS de certification de la qualité des produits pharmaceutiques entrant dans le commerce international, mais estime qu'il est nécessaire de mettre en place une certification obligatoire des médicaments sur son propre territoire, conformément à la législation nationale et fédérale. La Fédération de Russie aligne progressivement ses conditions normatives et juridiques sur les normes de l'OMS. L'une des tâches principales de l'OMS consiste à élaborer des normes de qualité des médicaments et à aider les pays à les appliquer, et le Dr Furgal aimerait avoir l'opinion de l'Organisation sur les possibilités d'évolution dans cette direction. La délégation russe recommande à l'OMS de consolider l'appui donné aux Etats pour la mise en oeuvre de politiques pharmaceutiques nationales, l'adoption de mesures législatives et la fourniture de médicaments moins chers et plus accessibles.

COMMISSION B : CINQUIEME SEANCE

201

Ces dernières années, des centaines de milliers de personnes sont décédées et des millions d'autres ont souffert de complications à la suite de la prise de médicaments. L'OMS devrait s'attacher davantage à étudier et à surveiller l'innocuité des médicaments, y compris les erreurs faites dans l'utilisation de ces derniers, et à mettre en place des mesures efficaces propres à réduire les effets néfastes des médicaments. Mme MAKWAKWA (Afrique du Sud) s'inquiète de ce que l'on consacre peu de ressources à évaluer l'impact des accords commerciaux mondiaux sur l'accès aux médicaments et à la technologie médicale. Elle prie instamment l'OMS, par conséquent, de consacrer des ressources importantes au soutien technique des Etats Membres, et en particulier des pays en développement, afm d'analyser et de comprendre la relation complexe qui existe entre ces accords et leur impact sur les systèmes de santé et sur l'objectif consistant à assurer un accès universel aux médicaments à des prix abordables. L'Afrique du Sud ne soutient pas une alliance formelle entre l'OMS, I'OMC et I'OMPI, car elle estime que les dispositions actuelles sont adéquates. Chacune de ces organisations ayant sa propre mission, le Directeur général n'est pas obligée de demander l'autorisation ou l'approbation des deux autres instances concernant les décisions prises par l'OMS. Le discours interne à l'OMS ne doit pas être entravé ni même influencé par des organismes extérieurs. Mme DJAMALUDIN (Indonésie), se félicitant des progrès réalisés en ce qui concerne la stratégie pharmaceutique révisée, dit que l'expérience de l'Indonésie a montré que la mise en o~uvre des concepts de médicaments essentiels et de médicaments génériques a été indispensable pour maintenir les services de santé publique destinés aux pauvres durant la crise économique du pays. L'Indonésie prie donc l'OMS de poursuivre son appui à l'élaboration des politiques pharmaceutiques nationales, qui peuvent être sans cesse améliorées compte tenu des progrès de la technologie, du commerce mondial et de la dynamique de la demande. La délégation indonésienne s'inquiète de l'utilisation de médicaments ne répondant pas aux normes, dangereux et inefficaces et prie par conséquent l'OMS de prendre des mesures plus concrètes pour contrôler la promotion des médicaments, notamment sur l'Internet. L'Indonésie a organisé un atelier de l' ANASE sur l'Accord ADPIC et son impact sur le commerce des produits pharmaceutiques ; il faut poursuivre le travail dans ce domaine et une réunion d'experts de l' ANASE se tiendra bientôt sur le sujet. Les participants à l'atelier ont reconnu que l'Accord ADPIC ne comprenait pas de dispositions précises relatives à la protection des médicaments traditionnels ou à base- de plantes ni sur les connaissances des populations autochtones, et, compte tenu de l'importance de la phytothérapie dans de nombreux pays de l' ANASE, l'Indonésie souhaiterait que l'on étudie la question lors d'une prochaine session du Conseil exécutif. Le Dr STAMPS (Zimbabwe) dit que son pays a introduit une politique pharmaceutique nationale en 1996 et est sur le point de publier la quatrième édition de sa liste de médicaments essentiels, le nombre de médicaments ayant été porté à 200. Il explique le fonctionnement de l'autorité de contrôle des médicaments du Zimbabwe. Grâce à l'appui de l'OMS, le Zimbabwe est doté d'un laboratoire régional de contrôle des médicaments, dont les services sont à la disposition des Etats voisins. La délégation du Zimbabwe s'inquiète de la façon dont l'Internet est utilisé par des personnes sans scrupules afin de promouvoir des composés contrefaits, inutiles et même dangereux. L'OMS a un rôle primordial à jouer en combattant ces activités avec force et détermination, et des résolutions adoptées par de précédentes Assemblées de la Santé lui donnent le mandat nécessaire pour le faire. Le Zimbabwe soupçonne également que l'importation de chloroquine contrefaite dans certains pays fait partie d'une stratégie visant à promouvoir le traitement du paludisme avec des médicaments brevetés plus chers. Le Zimbabwe se demande en outre s'il est judicieux de permettre à l'industrie pharmaceutique de déterminer quels types de médicaments doivent faire l'objet d'une recherche-développement. L'OMS devrait avoir autorité pour indiquer les domaines dans lesquels il faut mettre au point de nouveaux médicaments. L'autorité de l'OMS en ce qui concerne la stratégie pharmaceutique doit être réaffrrmée.

202

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

Le Dr LABISSIÈRE (Haïti) dit que son pays s'est engagé à faciliter l'accès des malades et des établissements de santé aux médicaments. La politique haïtienne concernant les médicaments essentiels est l'un des axes stratégiques de sa politique nationale de santé. Des médicaments de grande qualité existent, à un coût modique, grâce à un réseau de distribution décentralisé coordonné avec 1' aide du bureau local de l'OMS. Une mise en oeuvre rigoureuse de la politique relative aux médicaments essentiels est entravée par des fluctuations fréquentes des prix et des ruptures d'approvisionnement. Le Professeur CANBOLAT (Turquie), donnant des détails sur la politique pharmaceutique nationale et la liste des médicaments essentiels de son pays, dit que la Turquie se conforme au système OMS de certification. Une législation a été introduite concernant le prix des médicaments et un décret sur la protection des brevets est entré en vigueur en 1999. La préparation d'une nouvelle pharmacopée en est au stade fmal. Les politiques pharmaceutiques de la Turquie sont conformes aux recommandations de l'OMS. La Turquie estime que l'OMS doit continuer à jouer un rôle central pour ce qui est des questions de protection des brevets, d'approvisionnement en médicaments essentiels, de surveillance de la qualité des médicaments et de prévention de la promotion de médicaments inadéquats. Le Dr MIAKA MIA BILENGE (République démocratique du Congo) se félicite du rapport. La stratégie pharmaceutique révisée est une nécessité dans la lutte contre la maladie. Il souhaite vivement que l'OMS appuie la fabrication locale des médicaments à base de plantes médicinales qui ont d~jà fait leurs preuves. Le Dr SOMBIE (Burkina Faso) félicite l'OMS pour les efforts qu'elle déploie pour rendre les médicaments essentiels accessibles aux populations les plus démunies. A cause de la transition épidémiologique des pays en développement, toutefois, il faut de plus en plus s'assurer de l'accessibilité de médicaments destinés à traiter des affections telles que l'hypertension artérielle, le diabète et le glaucome. Il fait observer que le rapport ne mentionne nulle part les remèdes traditionnels et il demande instamment à l'OMS de mettre davantage l'accent sur l'utilité des pharmacopées traditionnelles. Le Dr BALE (Fédération internationale de l'Industrie du Médicament), parlant à l'invitation du PRESIDENT, se félicite de la réunion d'information technique organisée durant l'Assemblée de la Santé sur la question des médicaments contrefaits. Le commerce de ces médicaments est devenu un grave problème et on estime qu'il représente entre 3 et 5% du commerce pharmaceutique mondial. Les pays en développement et les médicaments essentiels sont les plus à risque. Le Dr Baie espère que l'OMS et l'OMC étudieront ensemble la manière d'appliquer l'Accord ADPIC, et notamment ses dispositions énergiques contre la contrefaçon. La Fédération estime que la section du rapport sur les dons de médicaments est quelque peu négative. Le rapport annonce l'intention de l'OMS de rendre publics les manquements aux bonnes pratiques concernant les dons, mais ne fait nullement 1' éloge des activités respectant ces pratiques. Les bonnes pratiques en matière de dons, lorsqu'il s'agit de traiter des maladies telles que l'onchocercose, la poliomyélite, la lèpre et la filariose lymphatique, l'emportent de loin sur les mauvaises. Le Dr Baie estime qu'il est possible d'élargir la portée des travaux décrits dans le paragraphe 9, consacré aux perspectives d'avenir. La gamme des sociétés internationales engagées dans la recherche biomédicale s'étend, et les sociétés basées dans certains pays en développement prennent des brevets sur de nouveaux médicaments dans les pays développés, augmentant de ce fait le choix et la concurrence. L'OMS pourrait envisager de prier les pays en développement dotés de bonnes installations et capacités de recherche biomédicale d'offrir des incitations pour la recherche en accélérant la protection de la propriété intellectuelle dans le cadre des accords internationaux existants. Si les scientifiques des pays en développement n'étaient pas obligés de quitter leur pays pour l'Europe ou les Etats-Unis d'Amérique afm de faire protéger leurs idées, cela profiterait à la santé dans le monde.

COMMISSION B : CINQUIEME SEANCE

203

Le Dr SUZUKI (Directeur exécutif), répondant aux observations faites par les délégués sur la qualité et l'innocuité des médicaments, dit qu'outre sa fonction essentielle qui consiste à fixer des nonnes, l'OMS fournit un appui aux pays, surtout pour renforcer le réseau de réglementation interne et promouvoir les bonnes pratiques de fabrication. Elle participe aux campagnes contre les médicaments contrefaits. En ce qui concerne l'Accord ADPIC, le Dr Suzuki dit que l'Organisation coopère avec les Etats Membres et les organisations internationales pour analyser et surveiller les répercussions de l'Accord sur le secteur pharmaceutique et la santé publique. Par l'intennédiaire de ses centres collaborateurs, elle étudie comment la législation sur les brevets pourrait tenir compte des préoccupations de santé publique et comment la réglementation et la législation pharmaceutiques pourraient incorporer la protection des brevets. En réponse à une question soulevée par le délégué des Etats-Unis d'Amérique, le Dr Suzuki dit que le groupe de contact infonnel avec l'OMPI, l'OMC, la CNUCED et I'ONUSIDA s'attaque actuellement à deux domaines d'intérêt commun, à savoir des prix équitables et la réduction des droits de douane et des taxes. Comme des consultations ont révélé que les Critères éthiques applicables à la promotion des médicaments, publiés par l'OMS, n'ont eu qu'un impact limité sur les comportements réels, l'OMS et d'autres parties intéressées mettent actuellement au point un plan d'action pour veiller à l'application des critères fixés. Le processus des tables rondes avec les organisations non gouvernementales et l'industrie contribue à atteindre ce but. L'OMS partage la préoccupation des Etats-Unis d'Amérique selon laquelle les ventes sauvages de produits pharmaceutiques par l'intennédiaire de l'Internet risquent de nuire à la santé des consommateurs. Dans le cadre du suivi de la résolution WHA52.19, l'OMS a publié une brochure sur ·ce sujet, 1 laquelle doit servir de modèle aux Etats Membres qui souhaitent conseiller les utilisateurs de l'Internet. Un questionnaire a été envoyé aux autorités sanitaires nationales concernant la mise à jour de leur réglementation relative à l'Internet et aux ventes. Le PRESIDENT considère qu'en l'absence d'observations, la Commission souhaite prendre note du rapport sur la stratégie pharmaceutique révisée contenu dans le document A53/l O. Il en est ainsi décidé.

5.

QUESTIONS ADMINISTRATIVES ET FINANCIERES: Point 14 de l'ordre du jour (suite)

Questions financières: Point 14.1 de l'ordre du jour (suite) • Etat du recouvrement des contributions, et notamment celles des Membres redevables d'arriérés dans une mesure qui justifierait l'application de l'article 7 de la Constitution (document A53/28) (suite de la première séance, section 3, page 143)

Le PRESIDENT rappelle que le Comité de l'Administration, du Budget et des Finances du Conseil exécutif a examiné la demande émanant de la Guinée équatoriale concernant le rétablissement de son droit de vote. Ce Comité a recommandé que cette demande soit étudiée par l'Assemblée de la Santé, à condition que le montant de US $151 254 qui devait être versé avant le 12 mai 2000 le soit avant que l'on examine le point de 1' ordre du jour pertinent. Or le Président a été infonné que le versement n'avait pas encore été effectué. Par conséquent, il propose que la requête ne soit pas examinée. Il en est ainsi décidé. Medical products and the Internet- a guide to finding reliable information. OMS, Genève, 1999 (Regulatory Support Series No. 8). 1

204

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

Le PRESIDENT, faisant remarquer que ce point avait été laissé en suspens pendant plusieurs jours, suggère que le Conseil exécutif soit prié d'aborder la question de la soumission de demandes relatives à l'adoption de dispositions spéciales concernant le règlement des arriérés, et de proposer que l'Assemblée de la Santé discute une procédure standard pour la prise en compte de ces demandes.

6.

QUESTIONS TECHNIQUES ET SANITAIRES: Point 12 de l'ordre du jour (reprise du débat)

Eradication de la poliomyélite: Point 12.9 de l'ordre du jour (documents A53/11 et A53/11 Corr.l) Le Dr SULAIMAN (représentant du Conseil exécutif) dit que le Conseil s'est félicité des progrès réalisés depuis l'adoption de la résolution WHA52.22 demandant l'accélération de l'initiative d'éradication de la poliomyélite. En janvier 2000, la transmission du poliovirus indigène a été interrompue dans la Région des Amériques, la Région européenne et celle du Pacifique occidental, et au total 30 pays seulement dans le monde demeuraient des pays d'endémie. La plupart des Etats Membres d'Asie du Sud et d'Afrique subsaharienne où l'endémicité persistait ont sensiblement accéléré les activités d'éradication ou se sont engagés à les entreprendre. En 1999, les premières journées nationales de vaccination ont été organisées au Congo et en Sierra Leone, les deux derniers pays du monde à introduire de telles journées. L'accélération des activités a été grandement facilitée par l'appui provenant de diverses sources, telles que l'Allemagne, le Canada, l'Italie, le Japon, le Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord, Rotary International et les Centres de Lutte contre la Maladie des Etats-Unis d'Amérique, et également de nouveaux partenaires pour l'éradication de la poliomyélite, dont le Portugal, la Fondation des Nations Unies, la Fondation Bill et Melinda Gates, l'Institut Pasteur, l'Union européenne et la Banque mondiale. L'accélération a été compromise par le fait que l'on n'a pas pu atteindre tous les enfants au cours des journées nationales de vaccination, par une surveillance inadéquate et des annulations inattendues de commandes de vaccin de la part des fabricants. Certains pays africains ont déjà mis un terme aux journées nationales de vaccination contre la poliomyélite, malgré l'absence d'une surveillance de grande qualité qui montrerait si une telle mesure est sans danger. Le Conseil exécutif a examiné un cas qui s'est produit en Chine en 1999 à la suite de la propagation d'un poliovirus sauvage importé, qui a montré le risque que les pays d'endémie continuent de faire courir à ceux qui ont réussi à arrêter la transmission. Les membres ont demandé la consolidation des efforts internationaux pour assurer le succès de l'initiative contre la poliomyélite et prié le Directeur général de mobiliser des fonds supplémentaires. Le Conseil a noté que le conflit en Afrique équatoriale continuait d'exiger des approches novatrices vis-à-vis de l'initiative. L'OMS a confirmé que la faisabilité de l'éradication n'était pas remise en question, mais que l'amélioration de la qualité des journées nationales de vaccination, du ratissage et de la surveillance était essentielle dans les 30 pays d'endémie restants ainsi que dans les pays d'endémie récente qui n'ont pas encore été certifiés comme étant exempts de poliomyélite. L'OMS a reconnu que l'importation du poliovirus sauvage en Chine montrait l'importance qu'il y avait à établir et à maintenir une surveillance au niveau de la certification dans le monde entier. Mme KOPPERS (Pays-Bas) constate, d'après les documents, que, malgré des progrès considérables, de nombreux problèmes perdurent. Il a été relativement facile de réduire la prévalence, qui est passée de plus de 300 000 cas en 1998 à moins de 7000 cas en 1999, alors le fait de réduire ce chiffie à zéro cas signalé dans le monde d'ici 2005 représente une tâche difficile. Il semble que les activités de surveillance dans certains pays soient loin d'être optimales et qu'elles soient même en baisse, menaçant de ce fait gravement le succès des efforts d'éradication. Sans surveillance correcte, il sera impossible de s'assurer que la transmission a été stoppée. Le Directeur général a prévenu que, si l'on n'était pas prêt à poursuivre les efforts jusqu'à ce que la tâche soit accomplie, le succès risquait de se dérober. Le Ministre du Développement et de la Coopération des Pays-Bas vient d'annoncer une contribution considérable à

COMMISSION B : CINQUIEME SEANCE

205

l'initiative d'éradication de la poliomyélite. Mme Koppers propose que cette contribution serve surtout à renforcer les activités de surveillance. M. ISOBE (Japon) dit que le monde est sur le point de voir si l'initiative mondiale pour éradiquer la poliomyélite va réussir, tout comme la campagne contre la variole a abouti. De grands pas ont été faits au cours de la précédente décennie. Toutefois, les initiatives dans les 30 Etats Membres d'endémie restants sont loin de la cible ftxée et la qualité des activités dans les 10 pays prioritaires peut être améliorée. Le problème ne se limite pas à la nation ou à la Région, mais représente un enjeu très important pour l'OMS elle-même et tous les Etats Membres. Afm d'accroître la qualité des activités dans les pays d'endémie, la délégation japonaise propose que des experts des régions qui sont parvenues à l'éradication soient envoyés dans les régions prioritaires pour y travailler. Le Japon est prêt a contribuer davantage à l'initiative mondiale en mobilisant ses propres experts de terrain pour éradiquer la poliomyélite en Asie du Sud-Est. Le Dr STAMPS (Zimbabwe) remercie Rotary International et le Gouvernement du Royaume-Uni de l'appui qu'ils ont fourni aux journées nationales de vaccination au Zimbabwe, qui ont été organisées avec succès en 1997 et 1999. Malheureusement, les dégâts occasionnés par le cyclone Eline en février 2000 ont reculé la date pour l'année en cours. Néanmoins, le Zimbabwe a maintenu des taux de couverture vaccinale supérieurs à 75% pour toutes les maladies évitables par la yaccination. Il est essentiel d'assurer une surveillance aftn de prévenir la réintroduction du virus, car la poliomyélite demeure endémique dans certains pays voisins. Le Zimbabwe ne reçoit pas de fonds de la part des donateurs pour les programmes de surveillance, mais accepte le fait que les besoins de ses voisins sont plus grands. Le Dr Stamps s'inquiète du faible niveau de vaccination contre la poliomyélite et d'autres maladies dans certains pays développés, car l'on craint qu'une épidémie ne débute dans ces pays-là et n'empêche l'éradication complète d'ici 2005. Il lance un appel à tous les pays pour qu'ils poursuivent des programmes de vaccination des enfants, durables et vigilants. Mme PHUMAPHI (Botswana) fait observer que son pays est sur le point d'éradiquer la poliomyélite à la suite d'un programme de vaccination efficace, portant sur 25 années et organisé sous l'égide de l'OMS. Cependant, d'importantes flambées en Afrique australe ont réintroduit le risque de réinfection, notamment à cause des mouvements de réfugiés. Elle se joint aux autres délégués qui ont appelé à plus de vigilance, notamment compte tenu des ruptures d'approvisionnement du vaccin antipoliomyélitique de la part de certains fabricants. La délégation du Botswana demande que l'OMS et les autres partenaires renforcent leur appui et renouvellent leur engagement d'éradiquer la poliomyélite d'ici 2005. Mme ALI (Pakistan) remercie l'OMS, les Etats Membres et les institutions partenaires d'avoir appuyé les efforts visant à éradiquer la poliomyélite du Pakistan. Entre 10 et 20 % de tous les cas de poliomyélite du monde et 60 à 80 % des cas du sous-continent indien sont signalés au Pakistan. Les difficultés rencontrées par ce pays dans sa campagne d'éradication de la poliomyélite comprennent notamment des ruptures de la chaîne du froid, une transmission transfrontières, l'absence d'un système de surveillance efficace, l'inaccessibilité de certaines régions, des obstacles culturels tels que le refus de permettre aux vaccinateurs masculins d'avoir accès aux foyers où des femmes sont présentes, la faible couverture de la vaccination systématique et des ruptures de l'approvisionnement en vaccin antipoliomyélitique. Néanmoins, l'engagement politique d'éradiquer la poliomyélite avant la fm de l'an 2000 a été pris au plus haut niveau. Pour y parvenir, le Pakistan s'efforce d'améliorer la vaccination systématique et d'organiser des journées nationales de vaccination plus efficaces et des campagnes de vaccination supplémentaires dans les régions où la transmission de la poliomyélite est élevée. Des journées infranationales de vaccination, avec des programmes de vaccination de porte à porte, ont été lancées. Le Pakistan veille aussi à la régularité de l'approvisionnement en vaccin et seringues et élabore des plans

206

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

provinciaux destinés à améliorer la couverture vaccinale systématique et à accroître la livraison de vaccin dans tous les centres de soins de santé primaires. Avec l'appui des organismes donateurs, il s'efforce de restaurer et de rénover la chaîne du froid. Il fait appel à des unités mobiles pour atteindre les régions les moins accessibles du pays. Il réforme le système de soins de santé afm de permettre aux agents de santé polyvalents, à tous les niveaux du système, de participer au programme d'éradication de la poliomyélite. Enfin, pour interrompre dans une certaine mesure la transmission transfrontières, le Pakistan fournit une assistance technique au programme national de vaccination mis en place par les autorités iraniennes. La délégation pakistanaise souhaite bénéficier d'un soutien continu et systématique de la part de l'OMS et de la communauté internationale. M. EHMER (Etats-Unis d'Amérique), constatant les énormes progrès réalisés dans l'éradication de la poliomyélite, dit qu'il faut féliciter l'OMS pour les efforts qu'elle déploie afm de mobiliser des ressources, d'assurer une surveillance internationale des normes et de promouvoir des stratégies de vaccination viables et de qualité. Toutefois, au début des étapes fmales de la campagne d'éradication, il n'y a pas lieu de pavoiser et l'Organisation ne doit pas sous-estimer les tâches difficiles qui l'attendent, et notamment veiller à un approvisionnement suffisant en vaccin et améliorer les stratégies avancées, singulièrement en ce qui concerne les populations difficiles à atteindre. M. Ehmer prie les nations donatrices de donner la priorité à la réduction du déficit, qui est estimé à US $300 millions. L'éradication permettra d'économiser annuellement, au niveau mondial, environ US $1,5 milliard sur le coût_ des vaccins et des soins aux malades. Les Etats Membres économiseront ainsi de l'argent, qui pourra ensuite être alloué à d'autres besoins de santé prioritaires, et notamment au maintien de l'infrastructure de santé publique requise pour prévenir la réémergence de maladies telles que la poliomyélite. Le Dr RODRÎGUEZ ALVAREZ (Espagne) appelle l'attention sur le danger de la réémergence de la poliomyélite dans les pays qui l'avaient éliminée. Il faudra poursuivre le soutien financier et les programmes de vaccination jusqu'à ce qu'il n'y ait plus aucun cas de poliomyélite où que ce soit dans le monde. La délégation espagnole appuie toutes les initiatives actuelles visant à éradiquer la poliomyélite. Le Dr WANG Zhao (Chine) fait observer qu'il n'y a pas eu de nouveaux cas de poliomyélite indigène en Chine depuis octobre 1994. Toutefois, plus la transmission intense du poliovirus se poursuit dans certains pays, plus grand est le risque de réémergence de la maladie dans d'autres. Ce danger a été illustré par la transmission du poliovirus sauvage importé en Chine : il y a eu quatre cas en 1995 et 1996 et un nouveau cas en 1999. Afm de prévenir la propagation du virus, depuis décembre 1999, le Ministère de la Santé a organisé quatre campagnes visant à éradiquer la maladie grâce à la vaccination et à des examens médicaux de porte à porte pour détecter la paralysie flasque aiguë. Le Gouvernement chinois remercie les organisations et les pays donateurs dont l'assistance a permis à la Chine de mettre en place des mesures efficaces pour enrayer la propagation du poliovirus sauvage importé. Afin de prévenir de nouvelles importations, les programmes de vaccination seront intensifiés dans les zones frontières particulièrement exposées. Même lorsque la Chine aura été déclarée exempte de poliomyélite, elle continuera d'appliquer les mesures voulues afm de maintenir cette situation. La délégation chinoise se félicite que l'OMS reconnaisse la nécessité d'élaborer une stratégie propre à briser la chaîne finale de la transmission, et la Chine souhaite contribuer à cet effort. Il est important que l'OMS s'assure que la vaccination et la surveillance sont maintenues à un haut niveau, même lorsqu'un pays particulier ne signale aucun cas de poliomyélite. Le Dr MBAIONG (Tchad) rappelle que le Tchad est l'un des 30 pays d'endémie restants. Les types 1 et 3 du poliovirus sauvage y sont toujours présents. Le Gouvernement a donc mis en place des stratégies de mobilisation sociale, et notamment des journées nationales de vaccination accompagnées par une supplémentation en vitamine A et des vaccinations de porte à porte. Toutefois, il est souvent difficile de poursuivre sur la lancée à cause d'un manque de vaccinateurs, de faiblesses de la chaîne du froid et d'insuffisances logistiques. Le Tchad remercie Rotary International, l'OMS, l'UNICEF et d'autres

COMMISSION B : CINQUIEME SEANCE

207

partenaires, qui ont fourni une assistance pour 1' organisation des journées nationales de vaccination ; le Dr Mbaiong les invite à redoubler d'efforts pour organiser de nouvelles journées de grande qualité. L'éradication de la poliomyélite au Tchad représente un intérêt majeur pour la population mondiale. Le Dr WANCHAI SATTA Y A WUTIITPONG (Thaïlande) souligne 1' effort mondial nécessaire pour éradiquer la poliomyélite. Une éradication réussie reflète l'efficacité des systèmes de santé nationaux. La Thaïlande s'est engagée à éradiquer la poliomyélite depuis 1990 et a organisé des journées nationales de vaccination en 1998, 1999 et 2000. Ses stratégies comprennent aussi la surveillance de la paralysie flasque aiguë, la vaccination en cas de flambées et la vaccination systématique. Aucun cas de la maladie n'a été signalé depuis 1997, mais la surveillance ne s'est pas relâchée. Afm de prévenir les cas importés, le pays a besoin de l'appui de l'OMS pour la surveillance de la paralysie flasque aiguë et un meilleur partage des informations concernant la surveillance. Le Dr Wanchai Sattayawuthipong espère que l'OMS, l'UNICEF et les organismes donateurs pourront réduire le déficit de US $300 millions mentionné au paragraphe 6 du document A53/ll afm d'accélérer l'éradication de la poliomyélite. Il s'inquiète particulièrement de l'interruption de la vaccination par les conflits politiques et armés dans certains pays, et prie le Directeur général d'envoyer un message au Secrétaire général de l'Organisation des Nations Unies pour lui demander de faciliter la déclaration de «journées de tranquillité » dans les zones de conflit armé. Le Dr ISSAKA-TINORGAH (Ghana) remercie l'OMS et les autres partenaires ~e l'appui précieux qu'ils ont apporté à la campagne d'éradication de la poliomyélite au Ghana. Confirmant que l'étape fmale de la lutte contre la poliomyélite exigera des ressources et mesures importantes, il signale qu'au Ghana, les zones où la couverture est faible ne peuvent être atteintes que par bateau ; cette seule composante du programme est coûteuse et nécessite de nouvelles méthodes de travail. Le Dr Issaka-Tinorgah prie par conséquent l'OMS de renforcer son rôle à la fois de responsable de la collecte de fonds et de coordonnateur des ressources techniques et fmancières au profit des pays d'endémie. Le Dr VIOLAKI-PARASKEVA (Grèce) souligne que la surveillance est une partie essentielle de tout programme antipoliomyélitique. La Grèce attache beaucoup d'importance à la surveillance de la paralysie flasque aiguë ; elle a également un programme de vaccination antipoliomyélitique élargi et 90 % des enfants ont été vaccinés. (Voir la suite du débat dans le procès-verbal de la sixième séance, section 2.)

La séance est levée à 18 h 30.

SIXIEME SEANCE Samedi 20 mai 2000, 9 heures Président : Dr K. KARAM (Liban)

1.

QUATRIEME RAPPORT DE LA COMMISSION B (document A53/40)

Le Dr SUWIT WIBULPOLPRASERT (Thaïlande), Rapporteur, donne lecture du projet de quatrième rapport de la Commission B.

Le rapport est adopté. 1

2.

QUESTIONS TECHNIQUES ET SANITAIRES: Point 12 de l'ordre duj~ur (suite)

Eradication de la poliomyélite: Point 12.9 de l'ordre du jour (documents A53/11 et A53/11 Corr.1) (suite de la cinquième séance, section 6) Le Dr FURGAL (Fédération de Russie) constate que, malgré les succès remportés en matière d'éradication de la poliomyélite dans trois des six Régions de l'OMS, la situation reste insatisfaisante dans certains pays. En Fédération de Russie, la vaccination se poursuit, ainsi que la surveillance épidémiologique des cas de paralysie flasque aiguë. Au cours des trois dernières années, aucun cas de poliomyélite due au virus sauvage n'a été signalé. Avec l'OMS, la Fédération de Russie continue la certification des zones libérées de la poliomyélite, et elle est reconnaissante à l'Organisation de son appui pour l'équipement des laboratoires diagnostiques et la formation de spécialistes. L'orateur partage les préoccupations exprimées dans le rapport, à savoir que des retards dans la vaccination dans certains pays pourraient compromettre la totalité de l'initiative, comme en témoigne la récurrence des cas de poliomyélite dans certains pays. L'expérience de son pays montre que la maladie peut resurgir au moindre écart par rapport aux pratiques établies, lorsque la couverture vaccinale est insuffisante ou lorsque la surveillance épidémiologique ou la qualité du vaccin laisse à désirer. Il semble désormais nécessaire de reporter la date cible pour l'éradication de la poliomyélite dans le monde et d'investir à cette fin des fonds substantiels. L'OMS devrait se concentrer sur la création de systèmes de vaccination et de surveillance fiables dans les Etats Membres, et sur la mobilisation des fonds supplémentaires nécessaires pour parvenir à l'éradication. Le rapport ne contient d'information ni sur la mise en place de mécanismes de surveillance pour vérifier la sécurité des conditions de stockage du poliovirus sauvage dans les laboratoires, ni sur l'élaboration de la stratégie à suivre pour mettre un terme à la vaccination antipoliomyélitique. Avant d'arrêter la vaccination, il faudra pouvoir disposer de données irréfutables montrant que le virus n'est plus en circulation.

1

Voir p. 264.

-208-

COMMISSION B : SIXIEME SEANCE

209

M. MAJOR! (Italie) se félicite du rapport. Si l'on veut respecter la date fixée pour l'éradication, les activités doivent être accélérées. Le Gouvernement italien s'est engagé à soutenir le programme et ses aspects fmanciers, et notamment sa mise en oeuvre en Inde, et a l'intention de renforcer les activités techniques du centre collaborateur de l'OMS à Rome. Il encourage l'OMS à s'efforcer de respecter le calendrier établi pour l'initiative, malgré les difficultés actuelles. Le Professeur MAMPUNZA (République démocratique du Congo) regrette que la poliomyélite reste endémique dans son pays. La volonté politique de son Gouvernement, qui adhère à l'objectifmondial de l'éradication de la poliomyélite, ne fait aucun doute, mais celui-ci a malheureusement pris du retard en raison des hostilités dans le pays. Au cours des journées nationales de vaccination de 1999, des stocks de vaccin ont été détruits par des armées étrangères. L'orateur remercie de leur soutien l'OMS et d'autres institutions des Nations Unies ainsi que plusieurs organisations gouvernementales et non gouvernementales, dont les Centres de Lutte contre la Maladie aux Etats-Unis d'Amérique et Rotary International en Belgique, qui prêtent notamment leur concours à l'organisation des «journées de tranquillité ». Son pays sait pouvoir compter sur le soutien de la communauté internationale pour l'organisation des prochaines journées nationales de vaccination. Les vaccinations systématiques ont été accélérées et une surveillance des cas de paralysie flasque aiguë est exercée. Bien que le budget des journées nationales de vaccination pour l'an 2000 ne soit pas encore établi de façon défmitive, l'orateur est convaincu que le programme pourra être mené à bien. La République démocratique du Congo ayant frontière commune avec neuf pays, la victoire sur la poliomyélite passe en grande partie par la réussite des efforts de lutte contre la maladie dans ce pays. Le Dr SUZUKI (Directeur exécutif) dit que la stratégie pour l'éradication de la poliomyélite est en train de réussir, mais que sa mise en oeuvre doit être accélérée. Etant donné que d'ici la fm de l'an 2000, 190 pays seront libérés de la poliomyélite, il est inutile de modifier la cible pour la certification fmale, même si 20 pays sont encore exposés au risque de transmission du poliovirus sauvage. Pour ce qui est des journées nationales de vaccination, une couverture plus large est encore nécessaire malgré les vaccinations porte à porte. On pourrait accroître l'efficacité en synchronisant les dates d'organisation de ces journées dans des pays voisins. En ce qui concerne la surveillance des cas de paralysie flasque aiguë, l'exemple chinois d'un cas importé montre l'utilité de pouvoir disposer d'un système précis et efficace de surveillance, et le Dr Suzuki remercie les Pays-Bas de leur offre de fonds supplémentaires destinés à renforcer le système. On pourrait rationaliser les achats en éliminant les obstacles administratifs. Les «journées de tranquillité » sont manifestement indispensables dans les zones de conflit, mais les partenaires doivent se demander s'ils sont suffisamment éloquents pour en promouvoir 1' organisation. Des recherches sont en cours en ce qui concerne le confmement des stocks de laboratoire et la prévention de la transmission. L'approvisionnement en vaccins ne devrait plus poser de problème à l'avenir. Ces derniers temps, la demande a dépassé l'offre parce que les activités d'éradication avaient été intensifiées et que les plans de vaccination avaient dû être ajustés en conséquence. Toutefois, la communication avec les fabricants s'améliore, de même que la prévision de la demande de vaccins. Cette année, il y aura plus de vaccins disponibles que jamais auparavant ; le volume total des achats est passé de 660 millions de doses en 1998 à 850 millions en 1999 et devrait atteindre 1,275 milliard de doses en 2000. On dispose de suffisamment de vaccins pour l'ensemble des activités actuellement prévues pour le reste de l'année 2000. Le Dr Suzuki constate que le partenariat pour l'éradication de la poliomyélite se développe rapidement. On attend maintenant une aide de la Fondation Bill et Melinda Gates et de la Fondation Turner, de l'industrie et de sources bilatérales comme les Pays-Bas et le Japon. Il espère que cette aide supplémentaire suffira à résorber le déficit de US $300 millions sur la période de cinq ans. M. HERSH (Observateur, Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge) déclare que les 30 pays où la poliomyélite est encore endémique sont des pays pauvres

210

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE·

et victimes de conflits armés, d'instabilité politique ou de sanctions économiques. L'éradication nécessite une approche novatrice, outre l'organisation de journées nationales de vaccination efficaces. Afm d'intensifier les efforts en vue de l'éradication mondiale, la Fédération, par l'intermédiaire de ses 176 sociétés nationales, propose de collaborer plus étroitement avec l'OMS, l'UNICEF, Rotary International, les Centres de Lutte contre la Maladie et d'autres partenaires. Les sociétés nationales et les bénévoles sont actifs dans tous les pays où la poliomyélite est endémique, et pourraient aider à promouvoir la vaccination des enfants vivant dans les régions auxquelles l'ONU, ou même les gouvernements nationaux, n'ont que difficilement accès. La Fédération pourrait également aider à organiser des «journées de tranquillité » dans les pays en guerre, afin de veiller à ce que tous les enfants soient vaccinés contre la poliomyélite et d'autres maladies évitables par la vaccination.

La Commission prend note du rapport.

Eradication de la variole: maintien temporaire des stocks de virus variolique: Point 12.14 de l'ordre du jour (document A53/27) Mme PHUMAPID (Botswana) se félicite des progrès accomplis dans la mise en oeuvre de la résolution WHA52.1 O. Appelant l'attention sur les paragraphes 4.1) et 4.2) de la résolution, elle aimerait avoir de plus amples renseignements sur la mise au point d'un mécanisme de notification des .résultats de la recherche, la préparation d'un calendrier d'inspection pour garantir le confmement des stocks de virus variolique, et la pleine participation de chercheurs et spécialistes de la santé publique des Etats Membres de chacune des Régions de l'OMS, en vue d'assurer une protection contre d'éventuels accidents, tout en préservant les intérêts de la recherche. Le Dr HEYMANN (Directeur exécutif) indique que le rapport d'inspection établi pour les laboratoires a montré que les centres collaborateurs de l'OMS où est stocké le virus sont sûrs aussi bien sur le plan matériel que biologique. Quant aux besoins et aux progrès de la recherche, toutes les Régions de l'OMS sont représentées au sein du comité chargé de passer en revue les travaux de recherche. Un sous-comité chargé d'examiner les propositions de recherche a été créé, et il a déjà approuvé trois propositions émanant d'un pays et est en train d'examiner d'autres propositions d'un autre pays.

La Commission prend note du rapport.

3.

CLOTURE DES TRAVAUX

Après les remerciements d'usage, le PRESIDENT déclare que la Commission a terminé ses travaux.

La séance est levée à 9 h 50.

PARTIE II PROCES-VERBAUX DES TABLES RONDES MINISTERIELLES

LES GRANDS ENJEUX DES SYSTEMES DE SANTE : Point 10 de l'ordre du jour (document A53/DIV/5) Salle VII, mardi 16 mai 2000, 10 heures Président: Mme A. FISCHER (Allemagne)

M. ADAMS (Bases factuelles et information à l'appui des politiques de santé) ouvre la table ronde en donnant un aperçu du nouveau cadre pour l'analyse et la compréhension des systèmes de santé nationaux, tel qu'il figure dans le document A53/DIV/5, et en récapitulant les questions à débattre. Le Professeur SALLAM (Egypte) fait observer que les programmes de santé nationaux ont tendance à porter essentiellement sur des domaines sanitaires spécifiques, alors que les ministres de la santé devraient avoir pour principal objectif d'établir un système de santé fondé sur un réseau de soins de santé primaires à 1' échelle nationale. Les pays en développement doivent corriger les disparités liées au sexe, au revenu et au lieu de résidence, en mettant surtout l'accent sur les groupes vulnérables. Disposer d'un système pleinement intégré permet aux pays d'utiliser plus efficacement l'aide internationale. Dans les pays en développement, un grand nombre de personnes accorde la priorité aux moyens de subsistance. C'est la raison pour laquelle l'assurance-maladie ne pourra être mise en place que si les groupes les plus riches subventionnent les contributions des pauvres. L'intervenant a énoncé le principe selon lequel la santé permettra de vaincre la pauvreté, principe qu'il a placé au centre de la politique sanitaire de son Gouvernement. Enfm, il note qu'il est indispensable d'assurer une surveillance et un suivi dans les pays en développement. M. DE SILVA (Sri Lanka) fait observer que les systèmes de santé n'existent pas hors de tout contexte: ils doivent être soutenus par d'autres domaines d'activité, comme une éducation sanitaire efficace et des systèmes de soins de santé primaires performants, et ils doivent s'inscrire dans un environnement sain (dans des pays en développement, de nouvelles industries ont posé de sérieux problèmes de salubrité de l'environnement), où les individus ont accès à l'eau salubre. Chaque situation doit être évaluée séparément afin d'allouer rationnellement des ressources limitées. Dans de nombreux pays en développement, certains pensent être en droit de bénéficier de soins de santé gratuits. Rapport coût/efficacité et participation fmancière des usagers doivent être envisagés en relation avec les valeurs démocratiques et sociales qui ont cours dans les différents pays. Tenter de modifier les systèmes de santé est donc une tâche ardue pour les ministres de la santé. M. JUNOR (Jamaïque) relève la nécessité d'identifier des éléments de base communs aux différents systèmes de santé. Le processus de développement du système de santé requiert l'engagement d'autres ministères que celui de la santé et d'autres organisations ayant un lien avec la santé. Un nombre croissant de questions commerciales influe sur les systèmes de santé ; par exemple, la Jamaïque est actuellement confrontée à des problèmes de nutrition, car les médias font de la publicité pour la restauration rapide. Les ministères de la santé ont pour rôle d'analyser les problèmes sanitaires de leur propre pays sur la base de leurs propres données factuelles, de leur assigner un degré de priorité, puis de recueillir un consensus autour des priorités définies et, enfm, de mobiliser les volontés et les ressources en vue de résoudre les problèmes. La performance des systèmes de santé doit être évaluée en fonction de l'accès physique et financier, de l'élimination des disparités sanitaires, de l'assurance de la qualité et de l'efficacité, de la durabilité financière et, enfin, de la formation et de la reconversion des professionnels de santé.

-213-

214

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

Le Dr ZHANG Wekang (Chine), faisant référence aux résultats différents obtenus dans des pays ayant des ressources analogues, note que le développement économique, les progrès scientifiques, l'intégration culturelle et les changements politiques ont une incidence toujours plus grande sur les systèmes de santé et sur la santé des individus. Il est nécessaire que les études sur les systèmes de santé tiennent compte des changements sociaux et économiques; sans cela, la situation sanitaire ne s'améliorera que lentement. La Chine soutient les trois objectifs clés que propose l'OMS pour les systèmes de santé. L'intervenant indique qu'ils permettront de mieux comprendre les systèmes de santé nationaux. Ils sont par ailleurs conformes aux objectifs de son propre Gouvernement, lequel estime que préserver la santé de la population permet également de promouvoir le développement économique et social. Toutefois, l'assurance-maladie doit dépendre du développement économique du pays, et la Chine demeure un pays en développement. Elle déploie cependant tous ses efforts pour améliorer la sécurité sociale. Concernant les quatre principales fonctions des systèmes de santé qui influent sur la performance, la Chine passe actuellement d'une économie planifiée à une économie de marché socialiste, transition qui présente un intérêt pour l'administration générale. Le rôle de l'administration sanitaire n'est plus d'assurer le fonctionnement d'institutions médicales et de fournir des soins de santé, mais d'assurer des fonctions de réglementation. Un ensemble de ministères a récemment rédigé un document sur la réforme du système de santé, qui définit les responsabilités incombant aux différents ministères en ce qui concerne la santé et qui est destiné à encourager le développement général du système de santé. Mais, pour commencer, la notion traditionnelle de système de santé doit changer, et il est nécessaire que la qualité des administrateurs s'améliore car ce sont eux qui élaborent et exécutent les politiques de sante. En ce qui concerne le financement, la Chine met actuellement au point un projet d'assurance qui comprend les retraites, l'allocation chômage et la santé; ce projet devrait se traduire par une plus grande égalité dans les services de santé. Le Gouvernement chinois continuera de fournir des services médicaux, mais il sera également possible de bénéficier de services privés complémentaires. Il est important que l'aspect social continue de primer sur l'aspect économique. La Chine a récemment lancé des projets pilotes visant à encourager la concurrence entre hôpitaux, médecins et pharmaciens, afm d'améliorer la qualité et de faire baisser les prix. Toutefois, l'administration sanitaire verra son rôle de réglementation renforcé et dispensera des recommandations propres à garantir que la concurrence s'exerce de manière raisonnable. Le Professeur FISER (République tchèque) indique que le système de soins de santé de son pays a radicalement changé depuis la fm de l'ère communiste. Le pays est confronté à des problèmes sanitaires auxquels sont également exposés des pays d'Europe occidentale, à savoir les maladies cardio-vasculaires, le cancer et les accidents de la route. Des améliorations sanitaires ont été enregistrées ; par exemple, en 1999, le taux de mortalité infantile a chuté à 4,6 pour 1000 naissances vivantes. Les médecins, le personnel infirmier et les lits d'hôpitaux sont en nombre suffisant, mais le système de soins de santé est inefficace à cause du manque de ressources financières et du fait que de nombreuses décisions sont d'ordre politique alors qu'elles devraient être prises en fonction d'informations dûment évaluées. La concurrence fondée sur les critères d'économie de marché ne doit pas être considérée comme la solution appropriée. Le Dr BUSTAMANTE GARCÎA (Colombie) précise que la gamme des fonctions clés du système de santé publique dans sa Région est plus large que celle qui figure dans le document A53/DIV/5 et permet une évaluation plus globale. L'administration générale devrait consister à appliquer des mesures à la fois réglementaires et de tutelle. Le Bureau régional de l'OPS à Washington a récemment proposé un outil susceptible de mesurer ces fonctions clés. Il convient également de vaincre des obstacles politiques et techniques et de trouver un savant équilibre entre décentralisation et centralisation. L'intervenant cite les résultats d'une étude menée par le Massachusetts Institute ofTechnology et consacrée à l'avenir des soins de santé, étude dont les points principaux sont les suivants : 1) les décisions prévisionnelles en ce qui concerne la qualité des soins de santé et la gestion devraient se fonder sur des preuves scientifiques ; 2) les médecins et autres prestataires de soins de santé devraient être plus attentifs à leurs patients ; et 3) l'équité devrait être accrue. L'intervenant se demande s'il est recommandable et rentable d'inciter à la concurrence entre. prestataires de soins de santé. En 1993, la Colombie a promulgué une loi de réforme

TABLES RONDES MINISTERIELLES : SALLE VII

215

visant à établir un système d'assurance universelle. Depuis lors, des mesures correctives ont été prises pour élargir ce cadre de réforme et parvenir à une plus grande équité. M. MPAMBA (Zambie) fait observer que l'utilisation du terme« mesures» est équivoque, car ce qui est un problème mineur dans un pays développé peut constituer un problème majeur dans un pays en développement. Dans le domaine des soins de santé, la mise en oeuvre des systèmes de gestion de l'information et le recueil de données posent des problèmes sérieux à la Zambie, compte tenu des prix élevés et de l'inaccessibilité. Le pays est confronté à d'autres difficultés, comme l'absence de systèmes d'évaluation et de surveillance, de fonds et de moyens de mobilisation des ressources. L'aide de donateurs est vitale, mais l'intervenant prône un allégement de la dette pour permettre aux pays en développement d'affecter davantage de crédits au développement des soins de santé. La pénurie de médecins qualifiés dans les centres de santé, dans les postes de santé et dans les zones isolées entrave la prestation de services de santé. L'achat de médicaments est problématique, car les donateurs posent souvent des conditions inhérentes à l'aide générale qu'ils fournissent. Les médicaments arrivent avec du retard, car les problèmes de transport et d'inaccessibilité rendent leur distribution difficile. Il conviendrait de trouver un juste équilibre entre continuité et changement, en même temps que certains passent du monde des « invisibles » à celui des « visibles » ; le filet de sécurité devrait également retenir les plus pauvres. Il faut réduire la charge du paludisme, du VIH/SIDA, de la tuberculose, des infections sexuellement transmissibles et d'autres maladies pour faire en sorte que la population active soit en bonne santé. Le Dr MA THEU (Honduras) souligne certains des nombreux points forts du système de soins de santé de son pays, comme la couverture vaccinale supérieure à 95 %, et ce malgré le niveau de pauvreté. Le fardeau de la dette extérieure du pays est tel qu'il est indispensable de mettre au point des stratégies innovantes, spécialement depuis que la promotion de la santé a été confiée aux dirigeants communautaires, ce qui incite la population à penser que l'Etat est seul responsable de la fourniture de soins de santé. Le Gouvernement du Honduras tente de restituer cette responsabilité à la société civile, ce qui réduirait les coûts. De même que la Zambie, le Honduras est confronté à une pénurie de médicaments et de personnel, les bas salaires étant à l'origine d'un taux de rotation élevé. Le personnel de santé doit recevoir un salaire correct, une formation en matière de fmance, de gestion et de formulation des politiques, et une formation technique dans le cadre de laquelle il apprendra, notamment, à respecter les droits de l'homme dans le traitement, par exemple, du VIH/SIDA. En 1999, une loi a été promulguée pour que tous les patients atteints du SIDA reçoivent des thérapeutiques antirétrovirales, mais cela signifie que d'autres domaines de soins de santé se sont vu attribuer des crédits moins importants. D'autres stratégies, telles que l'achat conjoint, sont actuellement envisagées pour réduire les coûts, et la concurrence réglementée sera également introduite. M. ZELENKEVICH (Bélarus) confirme la nécessité commune d'améliorer les systèmes de santé. Cette responsabilité relève des pouvoirs publics dans leur ensemble. L'Etat devrait adopter une approche intersectorielle, incorporer des programmes dirigés vers les simples citoyens et coopérer avec les autorités locales afm d'améliorer les indicateurs sanitaires. Les structures financières devront être modifiées afin de recentrer les crédits sur les soins de santé primaires, et il est nécessaire de rationaliser encore davantage les flux de fmancement et l'utilisation des ressources limitées. L'intervenant indique qu'au cours des dix dernières années, son pays a réduit de 13 % le montant des crédits alloués aux soins des malades hospitalisés. Un institut de formation pour les médecins généralistes a été mis en place avec l'aide des pouvoirs publics pour répondre aux besoins exprimés au niveau local, une mesure comparable à celle que les Ministres de la Chine et de l'Egypte ont mentionnée. L'intervenant se félicite de la tenue de tables rondes et des travaux réalisés par l'Assemblée de la Santé et il recommande à l'OMS de convoquer une conférence mondiale consacrée aux progrès réalisés depuis la Déclaration d'Alma-Ata en 1978.

216

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

M. OSTOJié (Croatie) indique que les élections qui se sont tenues en janvier 2000 dans son pays ont suscité de profondes mutations politiques. La population croate, qui compte environ 5 millions de personnes, entre actuellement dans sa troisième période de transition épidémiologique. La population est vieillissante, le taux de mortalité de la population adulte est élevé, les maladies les plus courantes étant celles qui sont liées au mode de vie, comme les maladies cardio-vasculaires (52%), le cancer et les maladies gastro-intestinales. Le taux de mortalité infantile est actuellement en baisse. Néanmoins, le fossé qui s'est creusé entre ressources financières et besoins de prestataires de soins de santé a atteint des proportions alarmantes. La récente guerre et la crise économique qui a suivi ont accentué les besoins. Il est essentiel de fixer des priorités pour aider les plus démunis ou les personnes qu'une intervention médicale sauverait ou mettrait à l'abri d'autres dangers. Les services d'urgence devraient être améliorés et des programmes devraient privilégier la promotion de la santé et la prévention de la maladie. En matière d'investissements, les objectifs portent surtout sur la reconstruction des installations de soins de santé détruites pendant la guerre et, en termes de ressources humaines, sur la formation des prestataires de soins de santé primaires. Le Dr SADRIZADEH (République islamique d'Iran) constate que, dans de nombreux pays, les systèmes de santé sont de mauvaise qualité et incapables de répondre aux besoins des usagers ; une volonté politique exprimée en haut lieu, une prise de conscience accrue de la part des décideurs, une meilleure gestion et le développement de partenariats pourraient améliorer la situation. Pour répondre aux attentes du public, les systèmes de santé doivent être accessibles, abordables et durables. Les ·autres défis à relever sont les suivants : déterminer comment utiliser les ressources humaines plus efficacement, gérer des situations de pénurie d'équipement et de fournitures, améliorer les systèmes d'information et assurer la surveillance du secteur privé. L'intervenant se félicite des récentes initiatives lancées pour renforcer les systèmes de santé, par exemple Faire reculer le paludisme, et suggère qu'une approche analogue soit adoptée dans d'autres domaines. Il encourage l'OMS à lancer un nouveau projet pour amorcer un mouvement mondial de revitalisation des systèmes de santé. Fournissant des informations sur les soins de santé primaires en Iran, l'intervenant fait observer que le système de santé établi de longue date a dû être révisé compte tenu des changements épidémiologiques et démographiques qui sont survenus, comme 1' augmentation de la population dans les années 80, l'urbanisation accrue et le déséquilibre qui a suivi entre zones urbaine et rurale pour ce qui est du niveau des soins de santé primaires. Il convient de relever une entreprise digne d'attention, à savoir l'introduction de volontaires de sexe féminin pour assurer la liaison entre les familles et le système de santé (actuellement, on compte environ 40 000 de ces volontaires). Cette innovation a contribué à résoudre le problème de sous-utilisation des centres de santé situés en périphérie urbaine. En Iran, la couverture des soins de santé primaires est bonne, 87 % de la population rurale pouvant y accéder et presque 100 % de la population urbaine. Un excellent système d'information sanitaire a également été mis en place. Tous les programmes de lutte contre les maladies transmissibles ont été intégrés avec succès dans le système de soins de santé primaires et des mesures ont récemment été prises de façon analogue pour intégrer les maladies non transmissibles, les accidents et la santé mentale. Toutefois, des améliorations sont nécessaires, notamment en ce qui concerne la collaboration intersectorielle, l'engagement communautaire et le système d'orientation-recours. Le Professeur PHAM MANH HUNG (VietNam) est content d'avoir l'opportunité d'échanger des données d'expérience en ce qui concerne les principaux problèmes relatifs aux systèmes de santé. Son pays a des raisons d'être fier de son système de santé s'il se réfère aux indicateurs suivants: son taux de mortalité infanto-juvénile et maternelle, couverture quasi-complète de la vaccination des enfants, disponibilité accrue des médicaments essentiels, vaste réseau d'installations de soins de santé primaires et série de programmes de santé dont les priorités sont le paludisme et la tuberculose, programmes qui ont sensiblement amélioré la santé de la population.

TABLES RONDES MINISTERIELLES : SALLE VII

217

Toutefois, de nombreux problèmes demeurent, notamment l'incidence croissante des maladies non transmissibles, à laquelle s'ajoute un taux de prévalence toujours élevé des maladies infectieuses. L'espérance de vie augmente, ce qui pose la question de savoir comment régler le problème de la morbidité et de la qualité des soins. Autres difficultés, l'accès équitable aux systèmes de santé pour tous et le moyen d'alléger la charge des cotisations et des régimes d'assurance pour les couches de la population les plus démunies. Au cours des cinq dernières années, des mesures ont été adoptées pour régler les problèmes cités, mesures telles que l'augmentation des dépenses publiques consacrées à la prévention et aux soins de santé primaires et le recours à des emprunts contractés auprès d'organes de financement internationaux pour mettre en oeuvre des programmes de lutte contre la maladie, tels que ceux de la tuberculose et du paludisme. Des efforts considérables ont également été déployés pour réviser les régimes d'assurance-maladie existants, par exemple l'amendement de la législation pertinente en 1998, pour permettre aux plus pauvres et aux couches de la population se trouvant dans le besoin de bénéficier d'une réduction ou d'une exonération de leurs contributions. Pour garantir une répartition plus équitable des installations de soins de santé, le Gouvernement a lancé un projet visant à transférer temporairement les médecins et spécialistes médicaux des hôpitaux centraux aux zones périphériques, et ce afin de renforcer les installations locales et de former le personnel local. Le Dr RAFEEQ (Trinité-et-Tobago) dit que la plupart des ministres de la santé ont régulièrement rendez-vous avec leur électorat; c'est pourquoi leurs décisions en matière de système de santé doivent être politiquement mais également techniquement correctes, ce qui n'est pas une mince affaire. La réforme générale du secteur de la santé entreprise dans son pays a pour principaux objectifs les soins de santé primaires et la promotion de la santé, mais il a été difficile de recentrer les ressources des secteurs secondaire et tertiaire sur les soins de santé primaires. Il est très délicat de refuser de traiter un patient en urgence (dialyse ou opération cardiaque) au motif que son cas aurait dû être traité en amont, via les soins de santé primaires, ou que le coût de son traitement permettrait d'assurer les soins de santé primaires d'une cinquantaine de personnes. En fait, le dilemme auquel les politiciens sont confrontés est le suivant: s'ils disaient aux patients qu'ils vont mourir, cela mettrait un terme à leur carrière politique. Le Dr RAIDL (Jamahiriya arabe libyenne) rappelle que l'objectif des tables rondes ministérielles est d'examiner les problèmes des systèmes de santé. Il ne fournira pas de détails sur le système de santé libyen, mais s'en tiendra aux questions susceptibles de présenter aussi un intérêt pour les autres pays en développement. La semaine précédente, une réunion pour les pays africains s'est tenue au Burkina Faso, réunion au cours de laquelle les pathologies nouvelles et le SIDA ont été examinés. Certains ministres de la santé ont brillé par leur absence, alors qu'ils avaient été invités. Des sujets d'une telle importance ne semblent susciter qu'une énorme indifférence. Au cours des dernières années, l'incidence du Vlll/SIDA a atteint des proportions sans précédent en Afrique. De tels problèmes méritent une plus grande attention. L'ignorance, l'indifférence et la pauvreté sont des facteurs corollaires qui contribuent à alourdir le fardeau de la maladie et qui n'ont pas encore été mentionnés. Pour les régler, il convient de sensibiliser davantage le public. A la réunion organisée au Burkina Faso, la question de l'ignorance des facteurs de risque pour l'infection à VIH a été examinée. Le public serait plus sensible aux risques qu'il encourt si le VIH/SIDA était envisagé du point de vue du comportement sexuel, mais changer les attitudes grâce à l'éducation et à la formation n'est pas simple. Les ravages causés par les conflits continus sont également problématiques pour les systèmes de santé des pays africains. M. BENYOUNES (Algérie) dit qu'un problème fondamental mérite d'être examiné, à savoir la façon de concilier le rôle du secteur privé avec les responsabilités des pouvoirs publics en matière de santé publique. Il ne s'agit pas simplement de trouver un bon équilibre. Il n'est pas sûr non plus que la concurrence s'exerce de façon loyale et serve les intérêts sanitaires du public. Ce problème renvoie à plusieurs sujets importants, comme le rôle de producteur de médicaments du secteur privé et la façon de réglementer le marché de l'équipement médical et des produits pharmaceutiques. Il s'agit là du véritable

218

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

dilemme auquel sont confrontés les décideurs lorsqu'ils doivent formuler une politique de santé qui implique des acteurs aussi pertinents que possible, issus aussi bien de l'administration publique que des services de santé. A la suite des tentatives faites pour mettre en place un projet commun de cette nature, certains milieux ont eu l'impression que le secteur public renonçait à endosser ses responsabilités, notamment en matière administrative et réglementaire. Même si 1'Etat peut négocier et discuter ses responsabilités, il ne pourra jamais déléguer ses prérogatives à d'autres organes qu'à des organes publics. L'intervenant partage l'avis du Ministre du Honduras selon lequel certains droits fondamentaux, comme le droit à la vie et le droit à la santé, s'inscrivent dans le cadre des systèmes de santé et doivent être défendus. En effet, certaines couches de la population mondiale paient actuellement le prix des programmes d'ajustement structurel, un prix qui équivaut à un génocide dans certaines parties du globe. La communauté internationale compte-t-elle simplement abandonner les personnes qui sont victimes de l'exclusion ou de la pauvreté? L'Algérie accueillera une conférence internationale sur l'exclusion et la pauvreté en septembre 2000. L'intervenant souhaite que la communauté internationale relève ses responsabilités collectives et y participe. Le Dr YADAV (Népal) approuve les remarques du Ministre de Trinité-et-Tobago en ce qui concerne la difficulté de prendre des décisions sanitaires qui soient techniquement et politiquement correctes. Soulignant les problèmes auxquels le système de santé népalais est confronté, il explique que le terrain montagneux (qui couvre environ 70% du pays) empêche une répartition adéquate des services de soins de santé. En dépit des progrès réalisés en matière d'éradication de la poliomyélité et de lutte contre la lèpre et la tuberculose, d'autres maladies transmissibles demeurent, sans parler des problèmes croissants posés par les maladies non transmissibles et le SIDA. Un bon système de santé doit s'appuyer sur une démocratie stable, situation dont le Népal peut se prévaloir depuis 18 mois. Il doit également reposer sur les bases suivantes : cohésion politique des ministres, pouvoir politique fort, et engagement de tous les acteurs présents sur la scène sanitaire. La coopération interpays et régionale est importante pour lutter contre les maladies comme le SIDA, le paludisme et la tuberculose. Il est vital que l'OMS coordonne les efforts des partenaires dans le domaine de la santé afm de répondre aux besoins des pays en développement, notamment en ce qui concerne la répartition des ressources. Comme pourraient en témoigner d'autres ministres de la santé des pays en développement, les problèmes de santé diffèrent considérablement selon qu'on se trouve en zone rurale ou en zone urbaine. Les ressources fmancières, matérielles et humaines doivent être harmonisées en fonction des différents besoins. Quatre-vingt-cinq pour cent de la population népalaise vit dans des zones rurales ; c'est la raison pour laquelle l'intervenant préconise d'adopter une approche respectueuse des besoins exprimés au niveau du district et au-delà. Un cadre conforme à ces caractéristiques a déjà été mis en place et pourrait encore être élargi, de même, notamment, que le soutien technique correspondant, moyennant une coopération régionale et l'appui d'organisations« partenaires» telles que l'OMS. Même si la transition graduelle vers un système de recouvrement des coûts pour les soins de santé est prévue, la principale responsabilité des pouvoirs publics est d'assurer des services de soins de santé primaires adéquats au niveau du district. Il a donc été décidé de rassembler les ressources de différents établissements médicaux pour desservir deux ou trois districts en même temps, afm d'optimiser l'utilisation de toutes les ressources disponibles. Les pays appauvris comme le Népal sont handicapés par les longues procédures de répartition des ressources menées par des partenaires comme l'OMS et la Banque mondiale. Les organismes donateurs aux niveaux international et du pays bénéficiaire devraient simplifier ces procédures. Le Dr AUMANU (Iles Salomon) confirme que son Gouvernement éprouve également des difficultés à faire face aux problèmes cités précédemment par des ministres, difficultés à entretenir des services de soins de santé primaires au niveau communautaire et à offrir des services du standard requis. Aux Iles Salomon, la demande de soins de santé a traditionnellement correspondu aux besoins médicaux, mais utiliser cette unique référence à l'appui d'une politique de santé publique, de la planification et de l'allocation des ressources entraînerait probablement une mauvaise allocation des ressources. Parce que

TABLES RONDES MINISTERIELLES : SALLE VII

219

les besoins ne dépendent pas du prix, il est essentiel de planifier en fonction de la demande, ce qui permet au moins d'éviter le gaspillage de ressources limitées. Disposer de systèmes complets d'information sanitaire est essentiel pour une répartition équitable des ressources de santé, mais, comme l'ont souligné d'autres intervenants, de tels systèmes sont bien moins faciles à faire fonctionner dans les pays en développement. L'intervenant indique que son pays est engagé dans un processus de réforme structurelle visant à réaffecter une partie du budget de santé régulier aux programmes de santé publique pour les communautés rurales, aux services de santé provinciaux, aux services relatifs à l'environnement et aux programmes d'éducation et de promotion sanitaires. Dans le cadre de ce processus, le Gouvernement révise actuellement sa structure organisationnelle et ses effectifs. L'intervenant convient qu'il est nécessaire de mettre en place des plans de développement sanitaire ; sans cela, le manque de cohésion pourrait empêcher d'atteindre les objectifs fixés. Il est important de renouveler la structure organisationnelle et les fonctions du secteur de la santé publique avant d'améliorer le processus d'élaboration des politiques, la gestion, le contrôle, la planification, la surveillance et l'évaluation. Des efforts vigoureux doivent être déployés pour accroître l'efficacité dans les principaux centres de coûts de santé publique. La réforme du secteur de la santé doit être l'expression d'une volonté politique de réforme économique. Or les instances dirigeantes manifestent cette volonté de réforme, mais elle décroît à mesure que l'on s'adresse aux cadres moyens et fmalement aux exécutants. De toute évidence, la gageure consiste à persuader la plupart des exécutants d'accepter les changements sans en être effrayés. Les responsables acceptent notamment les changements dans la perspective de voir une amélioration de la gestion, de la planification, de la surveillance et de l'évaluation des services. Toutefois, des problèmes et des faiblesses demeurent, notamment la difficulté mentionnée par le Dr Rafeeq concernant le recentrage des ressources sur les soins de santé primaires. Parfois, des décisions difficiles d'un point de vue politique doivent être prises. Le manque de coordination et de liens entre la réforme dans le secteur de la santé et dans d'autres organismes centraux constitue une faiblesse. Toutefois, il est possible de restructurer efficacement le secteur de la santé. Premièrement, l'engagement des partenaires de développement externes a développé la confiance des responsables des bureaux locaux qui sont leurs homologues, mais les donateurs, y compris l'OMS, doivent coordonner leurs activités. Deuxièmement, un réseau de soins de santé primaires efficace est déjà en place. Troisièmement, d'autres secteurs que celui de la santé préconisent actuellement des changements comportementaux et l'adoption d'un mode de vie sain. Jusqu'ici, le danger pour le programme de réforme est venu des organismes centraux détenteurs du pouvoir, notamment du pouvoir fmancier, qui pouvaient, à tort, mal percevoir la restructuration et la considérer comme une menace. Il est essentiel que le secteur de la santé, une fois mises en place une structure et des procédures organisationnelles efficaces et performantes, prenne ses responsabilités et rende compte en matière de gestion et de développement des ressources humaines, de gestion fmancière et d'allocation des ressources budgétaires. Des moyens modernes sont utilisés dans le cadre du programme de restructuration des systèmes de santé, mais les planificateurs, administrateurs et travailleurs de la santé doivent garder à l'esprit deux principes importants: la réforme doit s'inscrire dans le contexte local et être conforme aux valeurs sociales, et toutes les stratégies et les programmes doivent être axés sur l'usager. En effet, l'usager final est plus à même de juger de la qualité et c'est la raison pour laquelle il convient de connaître et de comprendre les problèmes des individus au niveau communautaire. Tous les partenaires doivent s'engager. Dans ce processus, il convient de travailler en équipe et de venir à bout des obstacles internes et externes. On perd souvent de vue ces paramètres essentiels mais, en fm de compte, il est surtout important de fournir un service de haute qualité. Mme MIKKELSEN (Danemark) indique qu'en général, en matière de systèmes de soins de santé, assurer une coopération est plus utile que d'adopter une orientation commerciale traditionnelle, notamment en raison de la nécessité d'un contrôle budgétaire. Le Danemark explore divers moyens d'améliorer la performance grâce à des mesures d'incitation financières, à des contrats orientés vers les résultats passés entre la direction et les différents services d'hôpitaux individuels, à des analyses

220

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

comparatives des prestataires et à la promotion des meilleures pratiques. Par ailleurs, le Danemark met actuellement au point des indicateurs de performance qui soient comparables entre institutions et zones géographiques, et qui soient compréhensibles pour tous, y compris les patients. Plus tard dans l'année, il est envisagé de procéder à des enquêtes nationales en vue de recueillir l'opinion des patients. Certaines de ces activités peuvent engendrer une certaine concurrence. L'objectif est d'améliorer la qualité et la rentabilité tout en répondant aux exigences et aux attentes des patients. Une fois que la performance du système de soins de santé dans son ensemble aura été améliorée, la prochaine étape consistera à améliorer la performance du secteur primaire. Le système de médecin de famille sera renforcé et des efforts seront déployés pour changer le mode de vie de certains individus, notamment des personnes à haut risque. Chaque année, environ 90 % de la population danoise fait appel à un médecin de famille et il est envisagé d'encourager ces contacts, car ils permettront de prolonger la vie et d'améliorer la qualité de vie. Les initiatives fonctionneront au niveau local, avec des objectifs communs au niveau national. La mission principale d'un ministre de la santé est de mettre en place un système visant à améliorer l'égalité sanitaire compte tenu des conditions économiques et sociales en vigueur dans le pays. L'intervenante est convaincue qu'un secteur de soins de santé primaires en bon état de fonctionnement et auquel chaque individu peut avoir accès est essentiel pour accroître l'égalité sanitaire, aussi bien dans les pays en développement que dans les pays développés, pour enrayer les épidémies et régler les problèmes liés au mode de vie. Elle exprime sa sympathie aux différents intervenants des pays en développement qui ont lancé un appel en vue d'une intégration accrue des programmes des organismes donateurs internationaux travaillant dans le domaine de la santé. · Mme DREIFUSS (Suisse) fait observer que l'expérience de la Suisse a montré que même les pays les plus riches éprouvent encore des difficultés, qui sont parfois analogues à celles des pays en développement. Elle cite trois exemples qui peuvent présenter un intérêt pour les autres participants. En ce qui concerne l'équilibre entre services de santé privés et services de santé publics, elle constate que c'est grâce à des politiques de santé multisectorielles, au développement des services de santé publics, à l'amélioration de la qualité de l'eau, à l'amélioration du logement et aux programmes de vaccination que la population est en bonne santé et que l'espérance de vie est d'un bon niveau. De nombreuses maladies transmissibles ont été maîtrisées, mais pas la totalité d'entre elles (comme l'attestent l'émergence du SIDA et la tendance à résister au traitement médicamenteux) et pas dans toutes les parties du pays, car certaines couches de la population sont moins facilement accessibles. Au vu de ces succès et de la nouvelle demande de soins personnels, des réductions disproportionnées ont été effectuées dans les services de santé publics, affectant par exemple les services de santé dans les écoles et les programmes de vaccination. Ces réductions sont d'autant plus sérieuses qu'il est nécessaire de continuer à lutter contre les maladies transmissibles et les maladies de civilisation, à combattre les toxicomanies, à améliorer la nutrition et à reprendre la bataille de la vaccination. Cette réduction des services de santé publics va de pair avec les difficultés de fmancement public, mais il convient de ne pas sacrifier à ce genre de mesures. Il appartient aux ministres de la santé de garantir un accès équitable aux soins personnels en dépit de la demande croissante de services de soins personnels coûteux, aspect que de nombreux intervenants ont mentionné. En ce qui concerne la coexistence de systèmes de soins publics, privés, planifiés et axés sur le marché, une certaine dose de concurrence pourrait éventuellement améliorer la qualité et le choix dans le cadre d'un système planifié offrant des services optimums, mais le marché en lui-même n'assurera jamais une répartition optimale et un accès pour toute la population. Les limites du marché doivent être déterminées en fonction de choix politiques. La Suisse met progressivement en place un système de planification dans le domaine hospitalier, et la concurrence est simplement l'instrument qui permet d'allouer les ressources, alors que les pouvoirs publics fixent le niveau de l'offre, permettant aux meilleures institutions de rester sur la liste des prestataires de services. Dans le système ambulatoire, les prestataires de services ontjusqu'ici conservé un accès illimité et incontrôlé aux sources de financement par l'assurance, ce qui s'est traduit par une augmentation des coûts et des soins. La principale difficulté est de trouver des mécanismes propres à limiter l'offre globale tout en permettant aux patients de choisir

TABLES RONDES MINISTERIELLES : SALLE VII

221

librement et en laissant aux jeunes gens le choix d'exercer des professions de santé pour le bien de tous. Toutefois, l'intervenante a l'intime conviction qu'aucun système de santé ne pourra fonctionner de façon totalement libérale en reposant uniquement sur des mécanismes concurrentiels. La difficulté est de garantir l'accès aux soins de santé grâce à un système de fmancement social tout en fixant, de la façon la plus adroite possible, des limites au niveau de l'offre des soins, permettant ainsi de fmancer l'ensemble du système. Pour en revenir à la difficulté d'obtenir des données factuelles fiables, l'intervenante dit que la Suisse souhaite élaborer une politique de santé « fondée sur des données probantes » et mettre en place un « observatoire » de santé national pour recueillir des informations sanitaires, qui seront mises à la disposition non seulement des 26 différents systèmes de santé du pays (structure fédérale), mais aussi de l'OMS et de l'ensemble de la communauté internationale. Le PRESIDENT, résumant le débat, note que tous les intervenants partagent le même engagement envers la santé. Toutefois, comme l'a précisé le Ministre de la Santé de la Zambie, aux yeux des pays les plus pauvres, les pays développés semblent avoir des problèmes de luxe. Par conséquent, la discussion a dûment porté sur la situation des pays qui sont confrontés à des problèmes de soins de santé de base, même si, d'une certaine façon, pays développés et en développement peuvent tirer des enseignements de leurs expériences mutuelles. De nombreux intervenants sont convenus que la mission la plus importante .des pays les plus pauvres est d'améliorer les soins de santé primaires. Ils rencontrent communément certaines des difficultés suivantes : obtenir le fmancement nécessaire, coordonner les activités des bailleurs de fonds et les persuader de se concentrer sur les soins primaires, et même établir un consensus national sur la nécessité de soins primaires. De nombreux intervenants ont insisté sur le lien étroit qui existe entre la lutte contre la pauvreté, l'amélioration de l'éducation et la fourniture d'informations pour favoriser des changements comportementaux, autant d'éléments qui sont particulièrement importants pour combattre les maladies transmissibles. De toute évidence, il s'agit là d'une mission qui relève des pays en développement eux-mêmes. Toutefois, de nombreux intervenants ont indiqué que ces pays auront besoin d'aide. Un examen approfondi de la question devrait déterminer selon quelles modalités il convient de leur fournir cette aide. Le fmancement, même s'il est fondamental, ne fait pas tout. L'expérience des pays les plus riches a montré qu'en certaines circonstances, l'argent pouvait effectivement accroître l'inégalité d'accès aux soins. Le Ministre de la Santé du Bélarus a déclaré avec justesse que les fonds alloués aux soins de santé ne sont jamais suffisants. Les soins de santé ne dépendent pas simplement des décisions politiques ni des valeurs ou des priorités des individus. Les pays les plus riches ont montré que la demande formulée par les patients, en ce qui concerne les systèmes de soins de santé, est sans limite et que, même si des systèmes de soins de santé primaires existent, la demande continue à augmenter. Les pays en transition ont également témoigné de telles expériences. Trouver un équilibre entre ressources limitées et besoins illimités est de toute évidence un problème auquel tous les pays sont confrontés. Comme l'a indiqué le Ministre de la Santé de Trinité-et-Tobago, des avis politiquement et techniquement corrects ne sont pas toujours compatibles; les politiciens doivent trouver un terrain d'entente entre ressources et possibilités, un rôle qui est difficile. Etablir des priorités posera toujours des problèmes. Au sein des gouvernements, l'influence relative exercée par les ministres de la santé, par exemple vis-à-vis des ministres des fmances, dépend de l'importance attachée aux systèmes de soins de santé. Les ministres de la santé ont la tâche difficile de persuader d'autres ministres qu'améliorer la situation sanitaire et lutter contre la maladie nécessitent des investissements et la coopération des responsables des politiques d'éducation et d'information. Cet aspect pourrait éventuellement faire l'objet d'un examen approfondi. Le Président a écouté avec intérêt les commentaires relatifs aux moyens d'accroître l'efficacité en fonction des ressources limitées et aux situations dans lesquelles les mécanismes concurrentiels peuvent avoir une utilité. Les soins de santé ne se prêtent pas facilement à une libéralisation. L'expérience des pays les plus riches à cet égard peut être utile aux pays qui commencent à construire des systèmes de santé.

222

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

Le délégué libyen a fait référence au fardeau des maladies en Afrique. L'Asie, 1' Amérique latine et l'Afrique sont confrontées à des difficultés beaucoup plus sérieuses que l'Amérique du Nord ou l'Europe, même si les maladies non transmissibles constituent un problème majeur dans les pays développés. L'OMS est heureusement présente pour aider tous les pays à lutter contre les principales maladies qui les touchent. En conclusion, le Président se félicite des discussions de cette table ronde. Cette innovation a porté ses fruits et elle espère qu'elle aura une suite.

La séance est levée à 12 h 50.

LES GRANDS ENJEUX DES SYSTEMES DE SANTE : Point 10 de l'ordre du jour (document A53/DIV/5)

Salle XII, mardi 16 mai 2000, 10h10 Président : Dr Ponmek DALALOY (République démocratique populaire lao)

Le PRESIDENT, en ouvrant la table ronde, présente le thème du débat, qui recouvre un double objectif: repérer les obstacles qui empêchent les systèmes de santé de fonctionner correctement et de s'améliorer, et trouver des orientations, stratégies, méthodes, politiques et mesures propres à les surmonter et à rendre ces systèmes plus efficaces. Mme KAWABATA (Bases factuelles et information à l'appui des politiques) estime qu'il y a de bonnes raisons d'être fier du bilan impressionnant des systèmes de santé obtenu au cours des cinquante dernières années. Néanmoins, ces systèmes sont confrontés à des problèmes énormes : évolution démographique et épidémiologique, mondialisation, augmentation des segments .de la population marginalisés par rapport au système de santé. Cette situation a donc incité de nombreux gouvernements à réformer leur système. La table ronde est une· bonne occasion pour les organes de décision centraux responsables de la santé de faire connaître les uns aux autres leur expérience particulière. Mme Kawabata évoque les points énumérés dans le document A53/DIV/5, dans lequel l'OMS propose une défmition des limites applicables à un système de santé et à des mesures en faveur de la santé. Mme KING (Nouvelle-Zélande) aborde la question de l'opportunité et de la possibilité de la concurrence entre prestataires de soins de santé, dont son pays a fait l'expérience. Rappelant que le principal prestataire est le système de santé publique, elle fait savoir que les dix années d'expérimentation avec la concurrence ont donné de mauvais résultats. En bref, cette expérience a abouti à la fragmentation des services plutôt qu'à l'élaboration d'une politique nationale. Elle a rendu l'information secrète, puisque les prestataires se faisant concurrence n'estimaient ni nécessaire ni souhaitable de partager les renseignements et qu'il n'y avait pas d'incitation à coopérer. Une autre conséquence a été le chevauchement des services et le gaspillage des ressources, prestataires publics et privés se disputant les rares fonds disponibles. Il en est aussi résulté une planification insuffisante et des décisions prises pour le seul court terme, puisque le fmancement à long terme ne pouvait être garanti. Autre effet de cette politique, de sérieux problèmes sont apparus au sein du personnel de santé, puisque personne n'était responsable de la planification des ressources, d'où une pénurie de personnel infirmier et de spécialistes, notamment dans le domaine de la santé mentale. Enfm, il en est résulté un accès inégal aux services, l'ile du Nord, par exemple, assurant un meilleur traitement des maladies cardiaques et l'île du Sud un meilleur accès aux soins pour les personnes âgées. Le seul résultat positif est que la concurrence a mobilisé les populations autochtones maories en les incitant à assumer la responsabilité de leur propre santé, d'où un accroissement du nombre de prestataires de soins de santé au sein de cette ethnie. Mme King en conclut que tout système de santé doit être fondé sur la coopération et la collaboration entre un système de santé publique, des organisations non gouvernementales et le secteur privé. Elle est fermement convaincue que le système de santé doit être public, bien que le secteur privé ait un rôle important à jouer dans un contexte de coopération. Elle note qu'on a perdu de vue certains des objectifs essentiels de la santé et invite les ministres à réfléchir attentivement à la question de savoir si la concurrence peut améliorer la prestation des soins de santé, parce que, d'après son expérience personnelle, c'est en fait le contraire.

-223-

224

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

Le Dr BORST-EILERS (Pays-Bas) fait savoir que son pays a envisagé la notion de concurrence, mais sous sa forme la plus réduite, consistant par exemple à fournir des incitations aux hôpitaux qui ont obtenu de meilleurs résultats que d'autres, c'est-à-dire en leur accordant l'année suivante un budget légèrement supérieur. Quoi qu'il en soit, étant donné l'expérience de la Nouvelle-Zélande, elle réfléchira deux fois avant d'appliquer une telle politique sur une grande échelle. Un des principaux obstacles à surmonter est d'assurer l'équité des contributions financières. L'on y parvient le plus facilement soit en fixant des cotisations en fonction des revenus, soit par l'impôt. Les Pays-Bas ont adopté la première méthode, qui permet l'octroi d'une assurance quel que soit le montant payé par chaque individu. Les familles à faible revenu, ou même sans revenu, ont accès aux soins de santé fournis par l'Etat. Pour le fmancement des soins, le Dr Borst-Eilers est donc en faveur de la solidarité entre riches et pauvres. L'on peut aussi prévoir, ce qui est le cas dans son pays, une assurance privée pour les personnes qui peuvent en payer le prix ; celles-ci versent une cotisation dont le montant ne dépend pas de leurs revenus mais qui peut être fixé en fonction d'un risque pour la santé. Le ticket modérateur ne doit être institué que si la majorité des personnes ont les moyens de le payer. Aux Pays-Bas, il existe deux formes de contribution modératrice: le paiement des médicaments bon marché et une cotisation aux soins à domicile en fonction du revenu. Le Dr Borst-Eilers souligne que, pour réduire le fossé entre les riches et les pauvres, les cotisations devraient dépendre du revenu afm que les pauvres ne s'acquittent que de faibles montants. Mme GILLOT (France) partage la conviction qu'il faut avoir la double préoccupation d'améliorer l'état de santé de la population et de réduire les inégalités afm de donner les mêmes chances aux plus démunis. Cela suppose avant tout un système équitable de fmancement des soins de santé, permettant de prendre en compte les ressources de chacun et de faire jouer la solidarité nationale. L'équité d'accès aux soins rejoint le problème de l'éthique en matière de santé: respecter la dignité des malades et assurer la confidentialité et 1'autonomie. Il ne faut pas négliger de soutenir les malades et de les encourager à assumer la responsabilité de leur propre santé, à décider de leur propre comportement et à faire un choix parmi les différents soins qui leur sont proposés. La France a obtenu de bons résultats en matière de santé, ce dont témoignent par exemple les chiffres concernant la mortalité infantile et l'espérance de vie qui sont en augmentation constante. Certains éléments sont toutefois négatifs, tels que la répartition régionale inégale de cette progression générale. Par ailleurs, le coût de la santé en France est le plus élevé d'Europe puisqu'il représente 9,5% du PIB, traduisant un niveau élevé de dépenses par personne. Les autorités ont adopté différentes mesures de contrôle des coûts, tout en continuant à chercher à réduire les inégalités. L'administration du système de santé en France permet la coexistence d'un secteur public et d'un secteur privé de la santé, mais l'Etat conserve le rôle de garant des prestations sanitaires et de la santé publique, intervenant tantôt directement tantôt au travers d'organismes décentralisés. Par l'intermédiaire de ses conférences nationales et régionales sur la santé, elle analyse les besoins sur l'ensemble du territoire et défmit les priorités de la politique médico-sanitaire. En se fondant sur les rapports de la conférence nationale, le Parlement fixe les objectifs nationaux des dépenses d'assurance-maladie, qui sont un des éléments de la régulation, région par région, des budgets de la santé. L'Etat a aussi créé un certain nombre d'organes dans des domaines tels que l'évaluation des bonnes pratiques, l'assurance de la sécurité et le contrôle des produits de santé, et la salubrité des aliments. L'assurance médicale obligatoire, fonctionnant sous différents régimes, permet à tous les citoyens d'avoir un accès égal aux soins. La sécurité sociale fmance 75% des dépenses de santé courantes, le reste étant couvert par des mutuelles. L'année passée, toutefois, la France a institué une couverture médicale universelle afm de remédier à l'inégalité d'accès affectant les personnes les plus désavantagées. Il a aussi été prévu un régime complémentaire pour les personnes démunies, financé en grande partie par 1'Etat. Mme Gillot espère pouvoir rendre compte du résultat de ces mesures à une réunion ultérieure. Un autre aspect de la politique d'accès aux médicaments pour tous est l'épidémie de VIH/SIDA, qui a des effets si dramatiques dans les pays en développement. L'initiative française du Fonds de

TABLES RONDES MINISTERIELLES : SALLE XII

225

solidarité thérapeutique internationale montre que l'on peut améliorer l'accès aux traitements antirétroviraux pour les personnes atteintes du SIDA dans ces pays. Tout en se félicitant de la réduction des prix des médicaments récemment annoncée par les grandes entreprises internationales, Mme Gillot ne la considère que comme une première mesure et estime que la question de l'accès aux médicaments pour les pays en développement devrait être abordée dans sa globalité. La lutte contre la pauvreté constitue la pierre angulaire de tout système de santé. Elle rend hommage au Directeur général d'avoir constamment mis l'accent sur les liens entre la pauvreté et la mauvaise santé et sur l'importance du développement durable. La mauvaise santé est à la fois une cause et une conséquence de la pauvreté, pouvant entamer sérieusement les économies d'une famille et réduire la productivité. Les pauvres sont aussi exposés à différents risques et n'ont pas accès aux services de santé et aux soins préventifs. L'allégement de la dette des pays les plus pauvres est donc un élément fondamental devant aider ces pays à renforcer leurs systèmes de santé et à utiliser les ressources ainsi dégagées pour combattre les maladies dont ils subissent les ravages. Le Dr BURGOS CALDERON (Porto Rico) dit qu'en 1993 on s'est rendu compte dans son pays que le taux de mortalité dans le secteur public était le double de celui du secteur privé. On a donc été amené à contester le rôle de l'Etat comme prestataire de soins de santé au sein de la société contemporaine. Le Gouvernement en a conclu qu'il ne pouvait assurer et promouvoir des services publics et privés modernes dotés des dernières techniques disponibles. Il a donc décidé de se retirer de la prestation directe de services et de constituer un partenariat avec le secteur privé. Autre élément important, cela suppose préalablement que l'on crée une société publique pouvant assurer une régulation et un contrôle stricts de ce secteur. Le modèle de soins de santé mis au point par le Gouvernement comprend l'achat de services par le moyen d'assurances privées. Jusqu'à présent les résultats de cette expérience ont été assez positifs, avec une vaccination réalisée à 98 %, une baisse du taux de mortalité infantile et une amélioration des services dentaires. Certains problèmes ont été rencontrés du côté de la profession médicale, qui n'est peut-être pas encore prête à relever le défi que représente un modèle coordonné de cette façon. Le modèle adopté par Porto Rico peut ne pas convenir à tous ; chaque pays doit concevoir le sien. Le Gouvernement a mobilisé toutes ses ressources à cette fm. Un autre aspect de cette politique est la transformation du ministère de la santé de pourvoyeur de services en promoteur et en régulateur, une plus grande importance étant accordée aux facteurs sociaux déterminant la santé et à la création de partenariats intersectoriels. Le fond de la question est de savoir si les ministères ont les ressources économiques nécessaires pour éliminer l'injustice et l'inégalité. Le Dr Burgos Calderon estime que non. Il faut donc faire appel au sens de la responsabilité morale du secteur privé et des assureurs pour tenter de résoudre les problèmes de santé nationaux. Le Dr LOMBARDO (Argentine) note que les progrès techniques énormes de ces dernières décennies ont permis d'étendre les interventions à un nombre de maladies et d'états pathologiques plus élevé que jamais. Les progrès sont particulièrement remarquables dans trois domaines : la technologie spatiale, la technologie de l'information et la connaissance du corps humain. Cependant, les techniques de pointe ne servent à rien si les avantages qu'elles apportent ne peuvent profiter à tous ; le développement scientifique ne doit pas être le domaine privilégié d'un petit nombre. Il est donc essentiel de rappeler que la santé n'est pas simplement une condition du bien-être, mais un droit humain inaliénable, dont tous doivent pouvoir jouir. Il faut pour cela inclure la notion de solidarité dans les programmes de santé des différents pays. Le fmancement du recours à ces techniques de pointe au moyen de cotisations prises sur les salaires est problématique, puisque nulle part au monde les rémunérations n'ont suffisamment augmenté pour couvrir le coût de ces techniques nouvelles. Une planification appropriée est un préalable indispensable. Les administrateurs ont pour responsabilité de protéger la santé et d'assurer l'application de mesures préventives efficaces contre les risques. La prévention est plus importante que le recours aux techniques nouvelles. L'an 2000 est arrivé et l'engagement pris par l'OMS à Alma-Ata d'instaurer la santé pour tous d'ici cette date n'a pas été tenu.

226

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

On peut toutefois faire de grands progrès grâce à la médecine préventive et à l'éducation sanitaire, et à une stratégie de renforcement des soins de santé primaires privilégiant la formation et la préparation du personnel nécessaire. Quatre-vingt-cinq pour cent de tous les problèmes de santé peuvent être résolus au niveau des soins primaires. En se concentrant trop fortement sur la technologie, on risque d'oublier que les humains sont des êtres physiques, sociaux, spirituels et psychologiques complexes. Il faut revenir à l'aspect humain de la relation patient/médecin. La formation doit être adaptée à cette fm et, bien que les soins de santé soient une vocation, entreprise dans un esprit de service à la collectivité, ils doivent être suffisamment rémunérés. Il doit aussi exister un système d'orientation-recours permettant aux malades de dépasser le stade des soins primaires quand c'est nécessaire et d'accéder en dernier ressort aux techniques nouvelles. Les problèmes de santé ne peuvent être résolus grâce au marché privé, puisque la santé n'est pas une marchandise. Elle doit être protégée par la communauté et garantie par l'Etat. La concurrence entre prestataires publics et prestataires privés doit cesser et c'est à l'Etat d'être le protagoniste dans la protection de la santé pour tous. M. TOU (Burkina Faso) décrit le système décentralisé de soins de santé au Burkina Faso, qui est basé sur le district et qui a en son coeur un système hospitalier. Une politique pharmaceutique nationale assure la promotion des médicaments essentiels génériques. Le pays dispose de deux établissements de formation : un pour les médecins et un pour le personnel hospitalier. . Bien qu'il soit généralement convenu que c'est à l'Etat qu'il appartient de gérer le système de soins de santé, ce principe, dans la pratique, est souvent contesté. Cette attitude provient d'une méfiance générale vis-à-vis de l'Etat et de la tendance à s'adresser à des organisations non gouvernementales pour les soins de santé. Le Burkina Faso élabore actuellement une politique nationale de santé ainsi qu'un plan de développement sanitaire. L'une et l'autre ont été critiqués pour le motif qu'ils sont imposés par l'Etat plutôt que soumis à un débat général. Le Gouvernement est toutefois largement composé d'élus et la Chambre des Représentants comprend des députés représentant les commerçants, les agriculteurs et un segment fort varié de la société burkinabé. Les partenaires multilatéraux ou bilatéraux du Burkina Faso ne devraient pas intervenir dans ce domaine et devraient respecter la souveraineté de l'Etat. L'adoption d'une politique ne devrait pas être contestée pour le motif que le pays est pauvre ou manque de ressources. En ce qui concerne le fmancement des services de santé, un gros effort a été fait pour porter le budget de 6% du Pffi dans les années 90 à 10-12% à l'heure actuelle. Le but est d'arriver au chiffre de 15 %. Le Burkina Faso a besoin de l'aide de ses partenaires pour établir un mode de fmancement acceptable et fiable de son système de santé afm de restaurer la confiance. Il importe à cet égard de définir une série d'indicateurs communs à tous les partenaires multilatéraux et bilatéraux et à toutes les organisations non gouvernementales. D'autres difficultés existent sur le plan de l'approvisionnement en médicaments. Le Burkina Faso encourage l'utilisation des médicaments essentiels génériques. Cette tâche, ainsi que l'importation de produits de marque, est assurée par une centrale d'achat nationale et deux unités privées. Toutefois, bien qu'agissant de bonne foi, certaines organisations non gouvernementales ont contrecarré cet effort en important des médicaments sans discernement. Le Burkina Faso prend actuellement des mesures pour réglementer ces importations. D'autres mesures devraient aussi être appliquées en amont, dans les pays producteurs et, en particulier, dans l'Union européenne, afin de contrôler et de réglementer cette situation. Le pays souffre certes de pénuries, mais ne veut pas qu'on lui envoie n'importe quoi. Il est conscient de ses propres besoins médicaux et serait heureux d'en débattre avec les fournisseurs afm que ces besoins soient mieux satisfaits. M. PAVIé (Bosnie-Herzégovine) fait allusion à la question, mentionnée dans le document débattu, concernant les principales méthodes permettant de définir des priorités pour l'allocation de ressources à des interventions sanitaires différentes. Le problème de savoir comment assurer l'équité et la santé pour tous est complexe, notamment dans les pays les plus pauvres. Les dispositions juridiques garantissant de larges prestations de santé sont faciles à adopter, mais non à mettre en oeuvre. Une situation se crée

TABLES RONDES MINISTERIELLES : SALLE XII

227

actuellement où, malgré l'égalité théorique des soins de santé pour tous, on constate dans la pratique des divergences dans les soins effectivement fournis à différents groupes socio-économiques et dans différentes régions géographiques. Des problèmes se posent avec la mise en oeuvre de la politique des soins de santé égaux pour tous, mais on s'efforce activement à l'heure actuelle de résoudre cette question complexe. Le Gouvernement de Bosnie-Herzégovine est en train d'adopter le module de mesures de santé essentielles en suivant les directives énoncées par l'OMS dans sa Déclaration d' Alma-Ata, qui met l'accent sur les soins de santé primaires. II faudrait établir un module uniforme de soins de santé pour tous les pays malgré leurs priorités et leurs capacités fmancières différentes, qui serait fondé sur les critères de nécessité, d'efficacité, d'économie et de faible niveau d'autoprise en charge, dans les limites, bien entendu, de l'enveloppe budgétaire. Le Ministère de la Santé et des Affaires sociales a proposé un ensemble de prestations de santé comprenant des mesures sanitaires prioritaires et la prévention des maladies, le dépistage et la réduction des facteurs de risque de maladies non transmissibles, et le traitement de maladies qui, en l'absence de soins, entraîneraient des décès prématurés ou des incapacités. Les soins viseront en particulier les femmes enceintes (avant, pendant et après la naissance), les enfants et les personnes âgées, qui sont les groupes les plus vulnérables de la population. Des fonds existent pour ce domaine considéré prioritaire, mais leur utilisation suppose au préalable une répartition géographique équitable du fmancement et une répartition égale du personnel chargé des soins primaires. La mise en oeuvre de cette politique très importante doit commencer en 2001 et s'achever en 2005. Le processus d'exécution repose sur cinq éléments: financement de la santé, mécanismes de paiement des prestataires, organisation et structure du système de santé, mise sur le marché libre des moyens de communication sociaux, et faisabilité politique. II se déroulera en trois phases : premièrement, renforcement des capacités en ressources humaines, deuxièmement, création d'un nouveau système d'information, avec un nouveau système de gestion de la santé, enfm, transformations institutionnelles devant contribuer à la réforme. La première phase a déjà commencé. Le Dr TSHABALALA-MSIMANG (Afrique du Sud) estime que tout gouvernement a une responsabilité permanente vis-à-vis de la santé de la population. Le secteur public ne peut tout faire, mais l'Etat se doit d'être présent dans tous les domaines des services de santé puisque c'est lui qui en est responsable en dernier ressort. Le terme d'« administration générale» utilisé est celui qui convient. La pauvreté est inextricablement liée aux problèmes de santé et les mesures correctives doivent en tenir compte à tous les niveaux. En Afrique du Sud, la santé des populations rurales pauvres est bien plus mauvaise que celle des groupes privilégiés. Par exemple, dans la province du Cap-Ouest, le taux de mortalité infantile est de 8,4 pour 1000 naissances vivantes, contre 61 ;2. dans la province du Cap-Est. Bien que les systèmes de santé dépendent des ressources disponibles, il existe certaines normes ou repères minimums en fonction desquels il conviendrait de juger tous les pays, y compris les pays en développement. Un des principaux domaines d'action relevés pour l'Afrique du Sud est la formation de cadres directeurs, c'est-à-dire la recherche et la formation de chefs de file dans les professions de la santé. Une grande importance est accordée aux ressources humaines, qui sont à la fois l'élément le plus coûteux mais aussi le plus utile d'un système de santé. Les transformations doivent se faire avec prudence afm de ne pas déstabiliser le système. La présence de ressources humaines formées et motivées est nécessaire pour que les réformes puissent être introduites avec succès. Les pays en développement souffrent de l'exode des cerveaux, les cadres qualifiés quittant leur patrie pour des pays développés. Ce problème attend encore une solution. II y a des liens évidents entre la santé et le développement, et aucune tentative faite pour accroître l'efficacité des services de santé ne peut l'ignorer. II faut trouver des moyens originaux pour rattacher les systèmes de santé aux autres systèmes qui influent sur la santé : éducation, agriculture, distribution d'eau, assainissement et logement. II convient aussi d'étudier l'effet de la mondialisation sur les systèmes de santé nationaux. Quant au point du débat portant sur l'importance relative des trois objectifs - amélioration de la santé, accroissement de la capacité de réaction et équité de la

228

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

contribution financière-, le Ministre souligne que ces trois facteurs sont intimement liés. Dans l'idéal, il reste à établir un système de qualité capable d'atteindre le niveau de santé le plus élevé possible pour le plus grand nombre de personnes, toujours dans la limite des ressources disponibles. La nécessité de trouver un juste équilibre entre le niveau général de santé et sa répartition est un problème commun à tous les services médico-sanitaires, mais qui s'aggrave avec la rareté des ressources. Le rationnement qui s'impose dans ce cas doit être un acte conscient de bonne gestion publique, destiné à procurer le plus grand bien au plus grand nombre. En abordant la question des principaux obstacles techniques, gestionnaires et politiques auxquels les ministères de la santé sont confrontés, le Ministre note que l'administration générale va au-delà de la réglementation. Elle comprend la création ou le développement d'un contexte favorable. Pour y parvenir, les différents ministères et départements d'un gouvernement doivent travailler de façon coordonnée. Autrement, il y a le risque -lorsque différents ministres s'occupent de domaines d'intérêt commun- que les tensions qui peuvent naturellement survenir soient exploitées à leur détriment En remplissant leur rôle en matière d'administration générale, les organes centraux doivent avoir suffisamment de poids et de capacités pour entreprendre des activités telles que l'analyse et la surveillance. Cela est particulièrement important en présence d'un secteur privé dynamique. Sur la question des obstacles qui s'opposent à l'extension de la formule du paiement anticipé, le Ministre déclare que celle-ci suppose d'abord une certaine capacité de paiement. En Afrique du Sud, le niveau élevé de la pauvreté et du chômage signifie que ce n'est pas toujours le cas. Le pays est doté d'un système d'assurance médicale privée volontaire. Il a récemment institué un ensemble de· prestations minimales assurant une couverture médicale égale au moins à celle du secteur public. Il est aussi prévu de créer un fonds obligatoire d'assurance-maladie dans le secteur structuré; on espère que ce régime pourra s'étendre par la suite au secteur non structuré. Le Ministre aborde ensuite les principales méthodes permettant de défmir des priorités pour l'allocation de ressources à des interventions sanitaires différentes. L'Afrique du Sud a toute une gamme de pratiques de santé, y compris la médecine africaine traditionnelle, qui ne sont pas fmancées par des fonds publics. Des contacts ont été pris en vue d'inclure ces services dans le système de santé national. Le secteur public garde toutefois la responsabilité de mettre les gens en mesure de faire eux-mêmes des choix judicieux en matière de santé, quelle que soit la source assurant les services. Quant à l'opportunité et la possibilité de favoriser la concurrence entre les prestataires de soins de santé, le Ministre est d'avis que, par suite des différences considérables entre les connaissances des experts médicaux et celles du public, le marché de la santé est loin d'être un marché idéal convenant à la concurrence. Les intérêts des consommateurs doivent être protégés par la loi. Bien qu'un niveau modéré de concurrence entre institutions similaires puisse être utile, il faut procéder avec prudence dans cette voie afm d'éviter tout abus préjudiciable au public. Le Professeur SPIRAKI (Grèce) explique que le système national de santé en Grèce est fondé sur un système d'assurance obligatoire pour tous les membres de la population active. L'Etat se doit de garantir à tous une prestation équitable des soins de santé, y compris aux personnes non assurées et aux personnes démunies. Toutefois, bien que le système dispose d'un très grand nombre de médecins correctement formés et qualifiés, ceux-ci se trouvent principalement dans les grandes villes, ce qui est une cause d'inégalité. Le système national de santé a été peu modifié jusqu'à présent, bien qu'une réforme soit imminente. Il assure 1' accès, quel que soit le niveau des revenus, à des traitements médicaux appropriés et les malades sont généralement satisfaits de la qualité et de l'efficacité des traitements. Des plaintes ont été formulées concernant le manque de personnel infirmier, le niveau médiocre des services de restauration et la structure confuse et désorganisée de l'administration hospitalière. En outre, dans plusieurs cas, les forces du marché ont réussi à contourner les égalités imposées par la législation. Il existe donc une concurrence entre les secteurs public et privé. La compétence des médecins est bien plus grande dans les hôpitaux publics que dans les cliniques privées. En revanche, le secteur privé offre de meilleurs services de restauration, facteur contribuant à assurer la dignité et l'autonomie des malades.

TABLES RONDES MINISTERIELLES : SALLE XII

229

Du point de vue de l'Etat, le principal problème est la montée vertigineuse des coûts, à laquelle s'ajoutent le faible niveau d'efficacité des services et une perte considérable de temps et de ressources. Ces problèmes sont dus principalement aux facteurs suivants: la tentative infructueuse faite pour assurer des soins de santé primaires satisfaisants en dehors des hôpitaux, les longs séjours en hôpital, la prescription de nouveaux médicaments coûteux dès que ceux-ci arrivent sur le marché, et le libre accès pour tous, même pour les visiteurs venus de pays voisins, aux médicaments antirétroviraux onéreux. Ce principe du libre accès est un des éléments de la contribution que le pays apporte à l'effort mondial déployé pour surmonter les problèmes de santé dus à la pauvreté. Un des résultats constatés toutefois est qu'il est difficile de contenir et surtout de prévoir les dépenses de santé. La création de systèmes d'administration générale pourrait aider. On a fondé un institut d'évaluation des services de santé et plusieurs indices sont à l'étude qui pourraient faciliter l'évaluation des services fournis par l'Etat, tout en faisant ressortir les domaines où il serait bon d'intervenir. Conformément aux termes du Traité de Maastricht, le Gouvernement grec s'est engagé à assurer une« convergence sociale» avec les autres pays de l'Union européenne. Trois grands secteurs de réforme ont été retenus : la santé, le secteur étroitement connexe des régimes de prestations et des retraites, et l'éducation. Dans ce contexte, la Grèce se heurte au problème considérable de devoir corriger les insuffisances du système de santé et de le rendre plus efficace, tout en donnant suite aux réclamations de l'utilisateur fmal et sans toucher à un caractère important du système national : sa gratuité. Le Professeur Spiraki se félicite du thème retenu pour le Rapport sur la santé dans le monde, 2000, qu'elle trouve particulièrement opportun. · Le Dr SUJUDI (Indonésie) réaffirme l'obligation commune d'améliorer les systèmes de santé, malgré les problèmes multiples que connaissent dans ce domaine un grand nombre de pays, y compris le sien. Une question fondamentale concernant cette amélioration est celle de la réforme des méthodes de fmancement. Une modification s'impose: il s'agit de passer du paiement direct des soins de santé à une extension de la formule du paiement anticipé. Ces transformations se heurteront probablement à une certaine opposition. De nombreux gouvernements n'ont pas une expérience suffisante de la nouvelle formule et ne savent pas très bien comment jouer leur rôle en matière d'administration générale. Il conviendrait pour cela d'obtenir un appui politique, mais les objectifs des politiciens sont souvent très différents de ceux des praticiens du secteur de la santé. Les règlements fondamentaux dans des domaines tels que l'homologation des établissements, l'octroi de licences aux prestataires et l'évaluation de la technologie doivent être rendus plus efficaces. Dans ce contexte, il est essentiel de favoriser la participation active des associations professionnelles à la planification, à la mise en oeuvre et à l'évaluation de toutes les réformes. Afin de réaliser les objectifs du système de santé, les programmes doivent être clairement orientés et les indicateurs aisément mesurables. Ces objectifs seront alors mieux compris et mieux appuyés par tous les autres secteurs concernés. Cette contribution est essentielle pour permettre au secteur de la santé de parvenir aux buts qu'il s'est fixés. On pourrait accroître l'équité des systèmes de fmancement en partageant les responsabilités financières, ce qui, à son tour, exigerait la création d'un système d'assurance national. A cet égard, il faut entreprendre un gros effort pour obtenir un accord politique afm que les lois et règlements nécessaires puissent être adoptés. Ce n'est qu'avec l'adoption d'un système d'assurance sociale national qu'il sera possible d'atteindre le niveau d'équité offert par la formule du paiement anticipé. Enfm, le Dr Sujudi souligne que, dans la réforme du secteur de la santé, les principales considérations sont le rapport qualité/prix et l'effet multiplicateur des mesures prises. Le Dr OSORIO (Venezuela) se range du côté des orateurs précédents qui ont formulé une mise en garde concernant les dangers de la concurrence dans la prestation des services de santé et souligné l'importance de l'éthique de solidarité. Elle estime que dans une large mesure le rôle des ministres de la santé est de combattre la pauvreté au moyen d'une répartition plus équitable de la richesse entre pays et à l'intérieur des pays. La tâche qui leur incombe ne se limite pas à l'organisation de systèmes de santé; elle comprend aussi la lutte contre la pauvreté.

230

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

Dans son pays, un processus de contre-réforme a commencé au cours de l'année passée. Une nouvelle Constitution a été adoptée au début de l'an 2000, dans laquelle il est déclaré que la santé est un droit social, garanti par l'Etat. Le fmancement des soins de santé, en vertu d'un mandat constitutionnel, est une responsabilité fondamentale de l'Etat. On estime que le système de santé doit être essentiellement public et fmancé principalement par l'impôt. Toutefois, le Dr Osorio est d'avis, comme sa collègue d'Afrique du Sud, que de nombreux pays n'ont pas les capacités nécessaires pour créer un régime de paiement anticipé. Dans son pays, plus de 60 % de la population vivent au-dessous du seuil de la pauvreté, ce qui signifie que la forme la plus équitable de fmancement est le mécanisme budgétaire de l'impôt. Le système de santé dans son pays se dégrade progressivement depuis une vingtaine d'années. Le processus de privatisation subit actuellement une inversion et une des tâches que pourrait entreprendre la prochaine assemblée nationale consisterait à élaborer une législation concernant un système de santé unique, avec un régime de sécurité sociale. Le Venezuela dispose d'un système obligatoire de sécurité sociale fondé sur le paiement anticipé par tous les travailleurs qui y cotisent, ce qui ne représente toutefois que 30 % de la population. Une telle situation laisse supposer que le Ministère de la Santé et du Développement social devrait aussi être responsable de la sécurité sociale, qui, aux termes de la Constitution, serait désormais un régime universel, que les cotisations aient été versées ou non. En ce qui concerne les services de santé, l'objectif consiste à mettre au point un système combinant les soins préventifs et les soins curatifs. Jusqu'à présent, sous sa forme traditionnelle, le système comporte un réseau de services ambulatoires, avec séparation de la prévention et des soins, ce qui laisse échapper de nombreuses possibilités et dresse de sérieux obstacles aux soins ambulatoires. Le nouvéau modèle, fondé sur les principes d'intégralité, d'équité et d'accessibilité, améliore sensiblement la prestation des soins préventifs, notamment les consultations prénatales et le diagnostic précoce de maladies telles que le cancer de l'utérus et le diabète et de troubles comme l'hypertension. Avec le nouveau système, on cherche à obtenir la participation des communautés pour en faire une des composantes essentielles du contrôle social permettant d'améliorer la qualité des soins. Un aspect fondamental de la question de la qualité est l'évaluation des systèmes de santé. Des indicateurs tels que le taux de mortalité infantile, la couverture du système de santé, l'augmentation des taux d'allaitement maternel, la baisse de l'incidence de l'insuffisance pondérale à la naissance et la diminution de la mortalité due au cancer de l'utérus sont autant d'objectifs vers lesquels des progrès doivent être accomplis. Des difficultés se présentent concernant, par exemple, la définition du rôle des universités, des écoles et des collèges dans la formation du personnel de santé. Il semble y avoir une tendance selon laquelle les médecins acquièrent des compétences qui sont mal adaptées aux besoins du pays : ils étudient souvent des maladies exotiques, sans pouvoir s'occuper de problèmes plus courants tels que la diarrhée. On s'efforce de remédier à la situation en négociant avec les facultés de médecine, de façon à orienter la formation vers les besoins des services ambulatoires, en plus de ceux des hôpitaux, et à enseigner le modèle des soins intégrés dès les premiers stades. La médecine de la famille est encore à un stade élémentaire, bien que le modèle des soins intégrés s'inspire pour une large part de cette stratégie. Le Venezuela s'est engagé à mettre en route un processus de transformation; le Dr Osorio espère pouvoir compter sur les pays voisins d'Amérique latine pour aider à la reconstruction de ce qui a été détruit par la politique néolibérale. Les réformes antérieures ont fait de la santé un système commercial qui a aggravé les inégalités dont souffrent ces pays. M. SELIM (Bangladesh) met en garde contre le fossé croissant entre les riches et les pauvres, qui aboutit à l'exclusion de ces derniers dans les pays tant développés qu'en développement. Les systèmes de santé sont souvent injustes du point de vue de leur financement, même dans certains des pays les plus développés. L'expérience montre qu'en l'absence d'un système d'assurance-maladie, les dépenses directement à la charge du malade pèsent plus sur les pauvres que sur les riches. La maladie n'empêche pas seulement les pauvres de travailler et de gagner leur vie, elle les oblige aussi à utiliser les ressources fmancières rares et précieuses qu'ils possèdent. Elle aggrave donc la pauvreté et le sous-développement.

TABLES RONDES MINISTERIELLES : SALLE XII

231

La question aujourd'hui est de savoir comment améliorer la santé des populations pauvres, leur assurer la protection des systèmes de soins et respecter le principe de l'équité. La mauvaise santé est une des causes de la pauvreté et la meilleure façon d'assurer la sécurité sur le plan médico-sanitaire est d'atténuer la pauvreté. On peut améliorer la situation en instituant le partage des coûts et le paiement anticipé. Les plus pauvres doivent bénéficier de soins gratuits ou du moins de soins dispensés à un prix symbolique. Les populations relativement pauvres devraient assumer une petite fraction du coût du traitement, l'Etat se chargeant du reste. Le groupe à revenu intermédiaire devrait en payer une fraction plus importante, tandis que les riches contribueraient généreusement au coût total de la santé de la nation. En ce qui concerne le paiement anticipé et 1' assurance-maladie, les plus pauvres ne peuvent verser de cotisations parce qu'ils ont rarement la possibilité de faire des économies. C'est donc l'Etat qui devra assumer les frais de leur assurance. En revanche, une fois que les populations défavorisées commenceront manifestement à sortir d'une situation de pauvreté, elles devront payer elles-mêmes leurs cotisations. Un système de santé fondé sur les lois du marché ne peut de lui-même résoudre les questions d'équité. L'Etat a donc la responsabilité évidente de mettre en place des mécanismes de financement. Sans cette intervention de sa part, aucune assurance-maladie n'aura de résultats positifs. M. BOUKOUI (Gabon) aborde un certain nombre de questions importantes concernant l'avenir. Une des causes principales de la situation dont souffre son pays est la persistance du sous-développement. L'éradication du paludisme exige d'abord une amélioration des conditions de vie. Si toutes les populations avaient accès à une eau salubre, il y aurait moins de cas de diarrhée, de schistoso.miase et d'autres maladies. L'enjeu devant lequel se trouve l'Afrique au XXIe siècle est celui de devoir désenclaver les communautés, assurer une alimentation équilibrée à tous et fournir une bonne couverture sociale, soit à défaut, soit en complément, d'un revenu décent. La maladie est souvent le résultat de dysfonctionnements dans des secteurs indirectement liés à la santé. De ce fait, en plus de leurs fonctions traditionnelles, les ministères de la santé, appuyés par des partenaires pour le développement, doivent s'assurer que leurs gouvernements respectifs appliquent des plans d'action pour la mise en valeur de leurs pays, l'amélioration des conditions de vie et l'atténuation de la pauvreté. La deuxième question essentielle qui se pose dans ce contexte est celle du fmancement, tâche qui n'est pas aisée pour les ministres de la santé. Ceux-ci se heurtent à des obstacles tant internes qu'externes. Les gouvernements et les ministères des finances ont des priorités plus pressantes que la santé et, en répartissant les ressources, ne donnent aux ministères de la santé que ce qui leur reste. Les politiciens hésitent à prendre des décisions courageuses concernant la participation de la population au financement des soins de santé, de peur de perdre leur popularité dans un contexte où ils doivent s'attendre à de fréquentes élections. Le résultat: pas de régime d'assurance-maladie et pas de système de paiement anticipé. La population elle-même constitue un obstacle. Dans son pays, déclare M. Boukoui, 70 % des malades dans les centres de santé urbains et près de 90 % dans les centres ruraux sont très pauvres et ne peuvent donc rien payer. En outre, le nombre de salariés diminue constamment à mesure que le chômage augmente. Parmi les obstacles externes, on notera la grande complexité et les nombreuses conditions d'affiliation des accords de partenariat, ainsi que la priorité accordée au remboursement de la dette extérieure qui absorbe la plus grande partie des ressources nationales, le fmancement du secteur social n'étant assuré qu'avec les fonds restants. Des programmes de partenariat incohérents imposent aussi des mesures verticales, qui n'accordent qu'une faible priorité aux ministères de la santé. Il faut des crédits de longue durée, adaptés aux exigences formulées par ces ministères, ce qui permettrait d'améliorer les soins dispensés. La qualité et le volume du fmancement sont la principale contrainte à laquelle se heurtent les prestataires de soins de santé, qui doivent recentrer leur rôle régulateur. Comme le système de paiement anticipé est le plus approprié, M. Boukoui demande à l'OMS d'encourager les initiatives que commencent à prendre les institutions de Bretton Woods pour réduire la pauvreté dans le monde. Au niveau international, l'Organisation devrait jouer un rôle de coordination pour tous les partenaires de l'action sanitaire. Au niveau national. le ministère de la santé est un centre de liaison indispensable, où chacun des

232

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

partenaires jouit de toutes les garanties nécessaires concernant le contrôle des ressources. Tous les partenaires doivent travailler dans la confiance et collaborer avec le ministère de la santé pour assurer que les priorités nationales sont prises en compte. M. CHARBONNEAU (Canada) se félicite de pouvoir examiner les systèmes de santé de manière globale et intégrée. Ce travail suppose que l'on étudie les besoins, dont la liste est longue, et les priorités, qui sont difficiles à établir. Cela consiste aussi à examiner les services et les ressources sous l'angle des conditions nécessaires pour assurer qu'ils soient durables, efficaces, tout à fait fiables et équitables. Cet échange de points de vue donne aussi l'occasion de réaffirmer, comme l'a fait le Directeur général, que la santé, tout comme l'éducation ou l'environnement, constitue pour chaque pays un investissement et non une dépense. Bien sûr, il s'agit d'un investissement considérable, mais c'est aussi un moyen de garantir un droit humain fondamental qui a été proclamé depuis longtemps par la communauté internationale. Les solutions concernant les systèmes de santé sont un terrain d'intervention privilégié pour ceux qui sont chargés des ministères de la santé et pour les gouvernements. On ne peut modifier le patrimoine génétique d'une population, ni changer radicalement ses conditions de travail. Quoi qu'il en soit, les responsables dans les ministères de la santé peuvent certainement intervenir dans la mise en oeuvre et la gestion des systèmes de santé. Tous les systèmes de santé ont des obstacles à surmonter, notamment celui de devoir protéger le mieux possible la santé de la population. Les besoins de celle-ci augmentent constamment et deviennent de plus en plus précis: par exemple, le dépistage précoce de certaines maladies et l'accès perÏnanent aux soins de santé primaires à toute heure de la journée, sept jours par semaine. Il n'est pas toujours possible de satisfaire une telle demande. La population vieillissante requiert des services qui n'ont pas été fournis jusqu'à présent, et le renouvellement incessant des techniques exige des investissements, alors que les médicaments coûtent de plus en plus cher et sont de plus en plus spécialisés. Il faut constamment améliorer la prestation des services. D'autres aspects de la question doivent pourtant aussi être pris en compte. Par exemple, les séjours des malades à l'hôpital sont plus courts. La question se pose donc de savoir comment organiser les soins posthospitaliers pour les interventions médicales qui ne durent qu'une journée. Les stratégies de réadaptation doivent aussi être réexaminées en fonction des nouvelles techniques médicales. En outre, il faut constamment revenir sur la nécessité des activités de prévention, d'éducation sanitaire et de promotion de la santé, qui, si elles étaient entreprises avec des moyens accrus, allégeraient le coût des soins. Les recherches sur la santé et les innovations doivent aussi être intégrées aux systèmes de santé. Par ailleurs, une meilleure information sur les besoins en matière de santé et sur l'efficacité des soins dispensés permettrait de mieux comprendre la situation. En disposant d'indicateurs et de méthodes d'évaluation plus perfectionnés, on serait mieux en mesure de rendre compte des activités à la population, qui, si elle était mieux informée et les services plus transparents, serait disposée à fournir davantage de ressources au secteur de la santé. M. Charbonneau souligne également l'importance pour les ministres de la santé de ne pas limiter leur horizon à la simple prestation de services. Ils doivent aussi tenir compte du fait que les systèmes de santé sont des systèmes ouverts et que la santé est un aspect essentiel du développement, qui doit être associé à d'autres aspects fondamentaux du développement durable. Il y a quelques années, le Directeur général a publié un rapport international sur la gestion de l'environnement mettant l'accent sur le modèle du développement durable, modèle qui est entièrement applicable au domaine de la santé. Les responsabilités des ministres de la santé vont au-delà des questions techniques, englobant aussi l'atténuation de la pauvreté. Ceux-ci doivent travailler avec les ministres de l'environnement, puisque l'accès à une eau salubre, à un air pur et à des services efficaces d'élimination des déchets a une incidence positive immédiate sur la santé. Ils doivent aussi travailler avec les ministres de 1'éducation, avec ceux qui sont responsables des personnes âgées et des jeunes et, naturellement, avec les ministres des affaires étrangères et des fmances. Ce n'est pas toujours le ministre des fmances qui doit avoir le dernier mot; il doit savoir intégrer à sa politique la perspective d'un développement durable, y compris la santé. A cet égard, le dialogue engagé par l'OMS avec des institutions telles que la FAO, l'UNESCO, l'OMC, l'OCDE et la Banque mondiale montre bien la nécessité de créer un esprit de collaboration ouvert, permettant de

TABLES RONDES MINISTERIELLES : SALLE XII

233

rechercher un effet d'entraînement dans d'autres domaines et de parvenir ainsi à une amélioration durable au sein de la population. M. MUBARAK (Iraq) décrit le double enjeu auquel fait face le Ministère de la Santé dans son pays, et cela dans tous les domaines. En plus des problèmes rencontrés par les autres secteurs de la santé à travers le monde, il lui faut s'attaquer aux conséquences de dix années d'hostilités, qui ont détruit l'infrastructure, contrecarré l'exécution de projets de développement et entravé la prestation des services. D'autres problèmes découlent des répercussions sur l'environnement et la population: l'incapacité des services de santé de se développer au même rythme que la population et la question de savoir comment améliorer la santé et les services dispensés. En outre, le changement climatique a provoqué des pénuries d'eau. Cette situation générale a incité le Ministère à réexaminer ses relations avec le secteur privé. Le Ministère de la Santé a adopté une série de mesures pour tenter de résoudre ces problèmes, faciliter la prestation des services et combattre les maladies. Malgré les contraintes fmancières dues aux sanctions qui ont empêché le pays d'acheter des produits pharmaceutiques, le Gouvernement a institué de nouveaux règlements pour lutter contre les effets conjugués sur la santé publique des dommages causés à l'environnement, de la pollution des sources d'eau et de la destruction du système d'assainissement. Ces règlements ont permis de réaliser certains objectifs, à savoir continuer à assurer des services de santé avec le peu de moyens disponibles, exploiter au mieux les ressources, améliorer la qualité des services et fournir des soins de substitution avec la coopération du secteur privé. Au cours de ce processus, on a aussi envisagé d'améliorer les conditions de vie des personnels de santé au moyen d'augmentations de salaires selon leurs qualifications et l'esprit de dévouement dont ils ont fait preuve. Une tentative a aussi été faite pour accroître l'efficacité des systèmes en place sur la base de recommandations et d'études de l'OMS, qui insistent sur la participation de la société à la planification et à la gestion des services de santé. On s'est en outre efforcé de réduire le gaspillage et de trouver des fonds supplémentaires pour l'entretien des hôpitaux et des centres de santé. La médecine préventive, y compris les soins de santé primaires, est gratuite pour les segments les plus pauvres de la société. Des cliniques et dispensaires populaires fournissent des soins aux familles et des soins de santé primaires à tous. On a aussi créé des conseils chargés de la gestion des soins primaires. Les évolutions épidémiologiques, qui sont le deuxième grand problème à résoudre, sont dues en partie aux sanctions appliquées au pays et à la destruction de l'infrastructure, et en partie au changement climatique mondial. La coqueluche et la rougeole, qui avaient pratiquement disparu d'Iraq, sévissent de nouveau à l'état épidémique. Ces maladies ont même été constatées chez des adolescents et des adultes. On a aussi observé une épidémie de paludisme en 1999. Les autorités ont pu relever le niveau de prestation des centres spécialisés et des centres d'orientation-recours en y concentrant le matériel technique le plus perfectionné afm d'éviter la dispersion de ressources humaines et techniques limitées. Les responsabilités et le mandat du secteur privé sont défmis par la loi sur la santé publique de 1981 et par une loi portant réglementation de la profession médicale. Le Gouvernement a appuyé le développement de ce secteur et surveillé attentivement l'application des dispositions législatives pour que les citoyens puissent bénéficier des meilleurs services possibles. Enfin, l'Iraq a adopté un programme de formation de spécialistes, y compris le personnel infirmier, afm d'exploiter au mieux les ressources disponibles. Le principe de base est que le progrès et le développement social ne sont pas mesurés par les ressources, mais par l'investissement et l'utilisation faite de ces ressources pour poursuivre la planification nationale. Le Dr JORBENADZE (Géorgie) fait savoir que, dans la Géorgie postsoviétique, certains des indicateurs sont au niveau de ceux d'un pays développé, par exemple l'espérance de vie moyenne, le taux de mortalité infantile, la fourniture de matériel de base et de ressources humaines, tandis que les indicateurs macroéconomiques sont au niveau de ceux d'un pays en développement. Pour cette raison, la réforme du domaine de la santé engagée en 1995 se révèle difficile, puisque les dépenses de santé publique entre 1992 et 1994 ont été minimes. L'essentiel de la réforme a consisté à instituer une médecine privée,

234

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

une assurance-maladie, le fmancement de programmes particuliers et le « module de mesures de base ». En d'autres termes, le Gouvernement a entrepris de ne financer que les dépenses pour lesquelles il dispose de ressources économiques. Le PIB par habitant s'établit à US $65. Les dépenses de santé courantes s'élèvent à US $40 par personne, dont la part de l'Etat n'est que de US $10. Pour sortir le pays de cette situation difficile, les autorités se sont efforcées, avec l'appui d'organisations internationales, dont l'OMS, d'élaborer une politique nationale de santé et un plan d'application de dix ans. L'une et l'autre ont été examinés au niveau international et adoptés ultérieurement par le Gouvernement. On a calculé les ressources intérieures et ftxé des priorités pour la décennie à venir. Le pays a aussi lancé un appel à l'aide auprès de pays donateurs et d'organisations fmancières internationales. Pour conclure, le Dr Jorbenadze invite les pays et les gouvernements à aider la Géorgie et d'autres pays en transition à mettre en place un programme de santé solidement structuré. Le Dr CUENTAS YANEZ (Bolivie) mentionne trois objectifs communs du processus de réforme en cours dans différents pays: réduire les coûts, améliorer la qualité des soins et parvenir à l'égalité. La Bolivie a négocié un accord avec des organisations internationales pour que l'argent qui aurait été affecté au service de la dette extérieure serve à des investissements dans le domaine de la santé et de 1'éducation. Des indicateurs de santé précis ont été établis et, si le pays ne réalise pas ses objectifs, il sera tenu de rembourser sa dette. Si, toutefois, il atteint son but, le programme de réduction de l'endettement sera appliqué. Tous les segments de la société bolivienne participent au programme de santé. Les discussions visant à fiXer les cibles ont d'abord eu lieu au niveau ministériel, puis, au fur et à mesure de l'application du programme, avec les organes fmanciers. La Bolivie est donc en mesure d'améliorer la qualité de vie de ses citoyens aussi rapidement que possible. D'autres questions restent à examiner: il conviendrait de réduire les coûts, mais la technologie est de plus en plus coûteuse ; les ressources humaines sont rares ; et l'accès aux services médicaux est difficile. La gestion de la santé revêt différentes formes : parfois, on applique la formule du paiement anticipé, alors qu'ailleurs on se sert de modules de base qui varient selon la situation épidémiologique. Au cours des années 80 et 90, l'OMS a mené avec succès sa politique mondiale des médicaments essentiels, qui a permis aux pays d'améliorer leur situation sanitaire. Le nouveau déft que doivent relever presque tous les pays du monde est l'accès à la technologie de base, telle que les appareils de laboratoire et le matériel de radiographie. Si une initiative permettait d'accéder à un module de cette technologie de base, comme c'est le cas pour les médicaments essentiels, les résultats seraient probablement meilleurs. L'orateur se félicite de la décision prise par l'OMS de se concentrer sur trois ou quatre maladies fréquentes -par exemple, la maladie de Chagas ou le paludisme dans les pays en développement-, ce qui permettra d'améliorer la santé et la qualité de vie chez tous les citoyens des pays concernés. Il prie donc instamment les représentants des pays développés, les« mondialisateurs »,d'être plus souples et d'aider les pays du Sud, les pays « mondialisés », à se montrer plus compétitifs. Si ces pays peuvent acquérir des connaissances et des techniques dans des conditions équitables, il leur sera plus facile d'améliorer la santé de leur population. Ce ne sont pas des dons qu'ils demandent, mais plutôt un apprentissage et le partage des bienfaits entre tous. M. SALLAH (Gambie) déclare, à propos du financement du secteur de la santé, qu'investir dans les services de santé revient à investir dans la lutte contre la pauvreté et celle menée parallèlement pour vaincre des maladies telles que le paludisme, le SIDA et la tuberculose. La Gambie a obtenu une aide pour le service de sa dette et pour l'éducation, ainsi qu'une assistance de pays donateurs pour l'exécution de projets dans le secteur de la santé, par exemple des projets participatifs pour la santé et la nutrition financés par la Banque mondiale. Ceux-ci englobent la formation dans le domaine de la santé -un élément essentiel -, la préservation de la santé, la nutrition, la santé génésique et les systèmes d'information sanitaire. Pour assurer que le fmancement du secteur de la santé continue au moment où prend fin l'assistance des donateurs, le pays a choisi la voie de l'autosuffisance et a décidé de faire participer le secteur privé à la création de salles d'hôpital et à l'application d'un programme de recouvrement des

TABLES RONDES MINISTERIELLES : SALLE XII

235

coûts, conformément à l'initiative de Bamako de 1978 et au projet d'établissement d'un fonds global renouvelable. Des fondations locales ont été créées pour sauver la vie des bébés nés avant terme, promouvoir non seulement la santé mais aussi l'agriculture et l'éducation, et combattre la méningite -la Fondation pour la Lutte contre la Méningite a été créée en 1996. Pour conclure, M. Sallah remercie le Directeur général de l'OMS d'avoir lancé l'initiative Faire reculer le paludisme, car son pays est situé dans une zone d'endémie. Il remercie aussi l'OMS de l'appui fmancier, administratif et technique qu'elle apporte aux services de santé de la Gambie. Mme OMAROVA (Kazakhstan) estime que l'amélioration de la santé publique est manifestement nécessaire dans tous les pays. Son pays dispose d'un conseil du Gouvernement, présidé par le Vice-Premier Ministre principal, qui coordonne le domaine de la santé publique. Ses membres comprennent tous les ministres, qui sont donc collectivement responsables de la santé de la population. Le fmancement de la politique des soins de santé, lorsqu'il était aux mains de l'Etat, relevait à la fois du Ministère des Finances et du Ministère de la Santé. Le pays a adopté une stratégie de développement sanitaire jusqu'en 2005, garanti la prestation d'un certain volume de soins de santé et accordé la priorité aux soins de santé primaires, à la lutte contre la tuberculose, à la protection de la santé des mères et des enfants, à la vaccination, à l'épidémiologie et aux nouvelles techniques médicales. Son Ministère a justifié les dépenses inscrites au budget pour l'année à venir. Mme Omarova convient qu'il faut accorder plus d'attention à la santé de la population rurale. Au Kazakhstan, 44 % de la population vivent dans les campagnes et, pour la première fois, le budget de l'an 2000 comprend un poste séparé pour les soins de santé primaires dans les zones rurales, qui augmentera progressivement. Les recommandations de l'OMS sont donc acceptables pour le Gouvernement du Kazakhstan. Le problème de la présence de médicaments de qualité inférieure sur le marché a déjà été mentionné; le Kazakhstan approuve l'achat de médicaments par l'Etat au moyen d'appels d'offres. Des experts et des organisations internationales prennent part à ce processus et les malades ont parfois l'occasion de faire connaître les médicaments qu'ils préfèrent. La question de la concurrence entre les établissements publics et le secteur privé a été soulevée. Mme Omarova déclare que dans son pays, lorsque le Gouvernement ordonne la prestation de services médicaux, son Ministère est chargé d'en vérifier la qualité. M. CHUA Jui Meng (Malaisie), abordant la question de la privatisation des soins de santé, déclare que de nombreux pays, y compris le sien, ont une décision à prendre à ce sujet. Le Gouvernement malaisien estime que son long exercice du pouvoir, de 43 ans, est dû au fait qu'il s'est engagé à aider les pauvres. L'éducation et la santé sont des bienfaits sociaux indispensables au processus du développement national. La santé est une ressource nationale, probablement plus importante encore pour le pays que 1' infrastructure. En 1993, l'OMS a cité en exemple le système malaisien de soins de santé, qui est dominé par le secteur public, comme étant « un des systèmes les plus équitables et les plus abordables fmancièrement du monde ». Le pays a alors examiné la possibilité de privatiser les services de santé. Cette politique a toutefois été abandonnée lorsqu'on s'est rendu compte qu'elle ne jouissait guère de la faveur des électeurs. Le secteur de la santé est un parfait exemple de marché imparfait. En termes économiques généraux, le marché est gouverné par l'offre dont l'impulsion dépend des consommateurs. Ceux-ci créent une demande que les fournisseurs s'efforcent de satisfaire. Avec la santé, c'est exactement le contraire, en ce sens que c'est le seul secteur où les prestataires de soins créent la demande, du fait que les malades en situation vulnérable s'adressent aux médecins pour obtenir des conseils et que ce sont donc ceux-ci -les prestataires de services- qui créent la demande. Les Etats-Unis d'Amérique sont un exemple tout à fait pertinent de désintégration due aux forces du marché, avec une montée en flèche constante du coût des soins de santé.

236

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

En tant que pays à revenu intermédiaire, la Malaisie doit trancher entre un faible niveau d'imposition et le modèle des pays occidentaux, caractérisé par une fiscalité plus lourde pour fmancer la santé publique. La solution consiste à trouver un équilibre entre les deux. Est-il juste qu'à mesure qu'elle devient plus prospère, la population continue d'être fortement subventionnée et qu'elle vide en partie les caisses de l'Etat? La solution se trouve-t-elle du côté d'une assurance sociale nationale, d'une économie mue par le marché ou d'un système d'assurance fmancé par un tiers? Tous les systèmes ont à la fois leurs avantages et leurs inconvénients. Faut-il créer des comptes d'épargne santé auxquels la population cotiserait? Ces comptes auraient peut-être l'avantage d'inciter les individus à la prudence financière. Il serait bon d'avoir à ce sujet des conseils et des lignes directrices de l'OMS. M. BOQUINHAS (Portugal) explique qu'au cours des 25 années précédentes, les indicateurs de la santé se sont nettement améliorés au Portugal et sont voisins des moyennes observées dans l'Union européenne. Ce progrès est attribuable au développement économique, à la priorité accordée à l'éducation et à la mise en place d'un service national de santé. Le système de santé actuel repose sur trois principes essentiels: la solidarité, l'équité et le droit de tous les citoyens à un ensemble minimal de soins de santé, y compris la couverture de risques majeurs et les médicaments essentiels. Les soins de santé ne constituent pas un sujet isolé, mais dépendent de l'économie, du système d'éducation et de la collaboration entre différents groupes d'intérêt. Le système de santé doit être financé à la fois par l'impôt et par un système d'assurance sociale public. Le Gouvernement du Portugal estime que les pauvres, les personnes âgées et les enfants doivent bénéficier d'un accès aux soins pratiquement gratuit. Résumant brièvement les débats, le PRESIDENT note que les participants ont exprimé la conviction que les systèmes de santé sont très étroitement liés au contexte politique et socio-économique de chaque pays. Chacun se trouve dans une situation différente, mais ils ont tous des éléments communs et partagent des objectifs communs: l'amélioration de la santé et une plus grande capacité de répondre aux besoins et aux aspirations légitimes de la population en trouvant des formules de fmancement équitables. Les débats ont révélé l'importance d'une autorité de tutelle, dont le rôle dépasse les fonctions d'une administration ou d'un service de gestion traditionnel, puisque ce concept couvre tous les maillons de la chame, depuis les apports initiaux jusqu'au résultat fmal. Il englobe la responsabilité politique des décisions à prendre pour faire plus et mieux, décisions concernant par exemple le niveau de l'aide de l'Etat, l'équilibre entre le secteur public et le secteur privé, et les critères de fiXation des cotisations et de la couverture des risques, afm que l'on dispose en fm de compte d'un système de financement équitable protégeant les pauvres. Avant tout, la notion de tutelle recouvre les investissements stratégiques qui vont déterminer la qualité de la formation, l'adoption et l'application de la technologie et, de ce fait, l'amélioration des services. Le Président remercie tous les participants d'avoir apporté à la réunion leurs contributions réfléchies et très précieuses.

La séance est levée à 13 heures.

LES GRANDS ENJEUX DES SYSTEMES DE SANTE : Point 10 de l'ordre du jour (document A53/DIV/5)

Salle XVII, mardi 16 mai 2000,10 heures Président: Dr J. A. GONZALEZ FERNANDEZ (Mexique)

Le Dr MURRAY (Bases factuelles et information à l'appui des politiques), ouvrant le débat à l'invitation du PRESIDENT, dit que les termes« système de santé» sont très vastes et couvrent non seulement le secteur de la santé, mais tout un ensemble d'institutions et d'activités conçues pour améliorer la santé. Ils recouvrent par exemple la sécurité routière aussi bien que des sujets plus évidents, comme la médecine clinique et la santé publique, et leurs objectifs comprennent notamment la participation au développement, la réduction de la pauvreté et la consolidation de l'éducation. Le Dr Murray propose que la discussion soit axée sur trois objectifs principaux : améliorer la santé des gens, améliorer la réactivité du système de santé face aux attentes légitimes de la population, et s'assurer que la contribution de l'individu au système de santé est équitable. Il appelle l'attention sur les questions à d~battre énumérées dans le document A53/DIV/5. M. NGEDUP (Bhoutan) souligne la nécessité de tenir compte des enjeux propres à chaque pays. Au Bhoutan, par exemple, le terrain montagneux et l'éparpillement de la population entravent sérieusement la prestation des services de santé. Le Gouvernement a dû décider de quelle manière il construirait une infrastructure sanitaire propre à couvrir toute la population, quel serait le coût par habitant des services de santé et de quelle manière il répartirait au mieux ses maigres ressources entre des secteurs concurrents de l'économie. Au sujet de la contribution du personnel de santé, M. Ngedup indique que la décentralisation et la démocratisation des services de santé revêtent une importance cruciale. Le Bhoutan organise une conférence annuelle au cours de laquelle les représentants de toutes les professions de santé peuvent voter sur le calendrier sanitaire pour l'année à venir. C'est un excellent moyen de consolider la participation et le sentiment d'adhésion. Le Dr SHALALA (Etats-Unis d'Amérique) dit que son pays n'a pas encore atteint 1'objectif qu'il s'est fixé pour veiller à ce que tout un chacun contribue fmancièrement aux soins de santé de manière équitable. Des progrès ont été réalisés, toutefois, notamment dans le cadre du State Children's Health lnsurance Program (programme d'assurance-maladie des Etats pour les enfants), qui vise à fournir une assurance-maladie à tous les enfants du pays. En outre, on espère couvrir complètement le coût des médicaments destinés aux personnes âgées d'ici la fm de 2000. Le Gouvernement des Etats-Unis a essayé d'améliorer la réactivité du système de santé à la fois pour ceux qui disposent d'une assurance-maladie classique et ceux qui sont couverts par les programmes de protection sociale, par exemple en créant des centres de santé communautaires et des programmes spéciaux destinés aux personnes atteintes du SIDA. Un rapport publié récemment sur la protection des consommateurs et la sécurité des malades a préconisé une plus grande participation du personnel de santé, un investissement dans les systèmes d'information, des efforts de la part des acheteurs en gros, l'octroi d'un pouvoir plus important aux consommateurs, la priorité aux populations vulnérables et l'accroissement de la responsabilité. Ces recommandations sont en cours d'application. Les Etats-Unis ont beaucoup travaillé sur les mesures factuelles des résultats, et notamment sur la toute dernière étude relative à l'évaluation des plans de santé par les consommateurs. Ils sont toujours prêts à partager leurs données d'expérience avec d'autres: ainsi, les indicateurs de résultats mis au point

-237-

238

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

en faveur d'un programme destiné à améliorer la qualité du traitement dispensé aux diabétiques ont été partagés avec la Fédération de Russie et le Royaume-Uni. Lors d'une réunion prévue au Siège de l'OMS ultérieurement le même jour, le Dr Shalala donnera des détails sur une nouvelle initiative relative à la sécurité des malades, qui devrait réduire le nombre d'erreurs faites par les médecins et les établissements médicaux. Enfm, la mesure la plus importante de la réactivité du système de santé est certainement l'état de santé de la population. L'initiative prise par son pays, Healthy People 2010, cherche à réduire les disparités en matière de santé entre les Blancs et les groupes minoritaires dans les domaines primordiaux que sont la mortalité infantile, le dépistage et la prise en charge du cancer, les maladies cardia-vasculaires, le diabète, le VIH et la vaccination. Une autre série d'indicateurs, connue sous le nom de Leading Health Indicators (principaux indicateurs de santé), mesure la performance du système de santé par rapport à dix problèmes, dont l'obésité, le tabagisme et la toxicomanie, les comportements sexuels responsables et l'accès aux soins de santé. Dans le cadre d'une autre initiative, le Gouvernement met au point la première réglementation nationale régissant la confidentialité en matière de santé personnelle, et notamment en ce qui concerne les dossiers enregistrés sous forme électronique. Les Etats-Unis essaient donc de réformer le système de santé dans son ensemble, tout en cherchant à accomplir dans certains domaines des progrès mesurables que le public peut immédiatement apprécier. La coopération internationale est essentielle. Les pays doivent partager les connaissances et les données d'expérience pour améliorer la réactivité de leurs systèmes de santé, trouver des mesures communes pour ce qui est des résultats et le moyen de recourir aux forces du marché et d'utiliser le pouvoir du choix des consommateurs en matière de soins. M. UMAR (Brunéi Darussalam) dit que son pays est confronté au même problème que celui décrit par le Ministre du Bhoutan, à savoir dispenser des soins dans les zones éloignées. Il a introduit un système de dispensaires mobiles, utilisant parfois des hélicoptères militaires, système qui s'est avéré très efficace et permet une couverture sanitaire relativement importante. Le Brunéi Darussalam a une vue globaliste des systèmes de santé, car il considère qu'ils ne couvrent pas seulement la santé stricto sensu, mais également l'approvisionnement en eau saine, l'assainissement, le logement, l'approvisionnement en électricité, l'éducation et la protection sociale. Un problème majeur est dû au fait que le profil pathologique a changé récemment et qu'il est passé des maladies infectieuses aux maladies d'une société industrialisée moderne, par exemple les cardiopathies. Un autre grand problème est le fmancement des soins. A l'heure actuelle, le Gouvernement fmance, réglemente et dispense les soins de santé. Tous les soins sont gratuits au point d'utilisation, et les malades sont parfois envoyés à l'étranger pour recevoir des traitements dont le pays ne dispose pas, si bien que les dépenses de santé sont très élevées. Le Gouvernement encourage la mise en place de plans d'assurancemaladie et de dispensaires privés pour tenter de réduire la dépendance fmancière des malades par rapport à l'Etat. M. Umar souhaite connaître l'avis d'autres participants sur ce sujet. Le Dr DLAMINI (Swaziland) convient que les facteurs géographiques défavorables rendent bien plus difficile la prestation de soins de grande qualité sur une base équitable. Les catastrophes naturelles compliquent encore la tâche. Lors de la dernière campagne de vaccination qui a eu lieu dans son pays, il a été impossible aux véhicules de rejoindre certaines communautés. Parmi les problèmes rencontrés par de nombreux pays figure le niveau généralement bas du fmancement de la santé : au Swaziland, la santé compte pour moins de 7 % du budget total, malgré la lourde charge de morbidité du pays. La tuberculose est très répandue et 55 % des lits hospitaliers sont occupés par des gens ayant une maladie liée au VIH. Le Gouvernement du Swaziland tente d'inciter le secteur privé à assumer une partie du coût des soins, par exemple en encourageant les employeurs à fournir une assurance-maladie aux employés, mais les soins que les gens reçoivent demeurent souvent fonction du montant qu'ils peuvent se permettre de verser et l'équité d'accès aux soins n'existe donc pas. Des informations exactes sont indispensables pour la planification et la prise de décision politique, mais, si les agents de santé excellent à fournir des soins, ils n'ont pas toujours les compétences voulues

TABLES RONDES MINISTERIELLES : SALLE XVII

239

en ce qui concerne la collecte et l'analyse d'informations et les «animateurs de santé ruraux» ont des niveaux d'éducation hétérogènes. Le Gouvernement s'efforce d'améliorer les compétences des dispensateurs de soins à tous les niveaux. Il est clair que les enjeux des systèmes de santé dépassent le secteur de la santé proprement dit et comprennent l'approvisionnement en eau, l'éducation et le logement. Au Swaziland, le Ministère de la Santé a entamé une campagne d'approvisionnement en eau propre en collaboration avec les Ministères des Ressources naturelles et de l'Agriculture, l'OMS et des partenaires bilatéraux. Il cherche à réviser la politique nationale de santé du pays, qui est dépassée, ainsi que ses politiques sur l'approvisionnement en médicaments, le tabac et la santé de l'enfant, mais, dans certains domaines, d'autres ministères, qui ne comprennent pas toujours les raisons pour lesquelles le Ministère de la Santé s'intéresse à des questions qui dépassent la stricte limite du secteur de la santé, passent outre à son avis. D'autres préoccupations portent sur la marginalisation de groupes tels que les personnes âgées et la fourniture de soins commodes pour l'usager. Le système de santé publique n'est pas encore convivial: les gens doivent couvrir de grandes distances et attendre pendant de nombreuses heures pour se faire soigner à cause de la pénurie de personnel. Les technologies modernes permettraient au système de santé d'améliorer l'enregistrement et le suivi des patients. Les principaux problèmes sont le fmancement du développement des services de santé, la perte de personnel compétent en partie à cause du taux élevé des décès dus au SIDA et le fait que les plans de santé ne peuvent pas toujours être exécutés, les ressources devant être détournées pour résoudre une crise inattendue. Le Swaziland partage ses données d'expérience avec d'autres pays de la Région africaine et fait de son mieux pour favoriser un 'meilleur mélange public/privé en ce qui concerne la fourniture de soins. M. KORN DABBARANSI (Thaïlande) dit que la question de la réactivité, de 1' égalité et de l'accessibilité au sein du système de santé de son pays a été résolue grâce à la décentralisation et à la participation, tandis que la prise de décision, 1'élaboration du budget et la dotation en personnel de santé ont été décentralisées au niveau du district. Chacun des 7200 districts du pays compte désormais au moins un poste de santé, lequel traite les patients qui auraient été obligés normalement d'attendre de nombreuses heures avant d'être soignés dans les hôpitaux des villes. Les 13% de la population qui vivent en dessous du seuil de pauvreté ainsi que l'ensemble des enfants âgés de moins de 12 ans ont droit à des soins gratuits, ce qui représente environ 40% de la population totale, laquelle compte 60 millions d'habitants. Le but ultime du Gouvernement est une réforme totale du système de santé, qui exigera les efforts concertés de tous les ministères. Par exemple, la principale cause de décès, à l'heure actuelle, est les accidents de la route, qui ne relèvent pas seulement du secteur de la santé. Le Ministère de la Santé souhaite évoluer et passer d'un rôle purement réactif à un rôle proactif; il a déjà adopté à cet effet une nouvelle politique qui sera appliquée dans un proche avenir. Mme AELVOET (Belgique) se félicite de l'occasion qui lui est donnée d'étudier les enjeux des systèmes de santé, notamment à la lumière d'une étude publiée récemment sur la politique de santé en Belgique, laquelle a montré que, s'il est important de disposer d'un système de soins de santé performant, les facteurs socio-économiques ont des répercussions déterminantes sur la santé individuelle et que l'inégalité de la répartition des ressources explique la différence de cinq à six ans que l'on trouve en ce qui concerne l'espérance de vie. La Belgique a un système de santé assez efficace ; par exemple, les longues listes de malades en attente d'une opération n'existent pas. La qualité des services est bonne et le système de sécurité sociale garantit à tous les citoyens l'accès à des soins de base. Toutefois, dans le cadre des récents ajustements structurels, il a fallu introduire un système de ticket modérateur qui a eu des conséquences particulièrement négatives pour les malades chroniques. Le Gouvernement a donc alloué 4 milliards de francs belges (environ US $93 millions) pour aider cette catégorie de malades et il prévoit de fixer un seuil maximal de participation des malades afin d'éviter de pénaliser ceux qui ont régulièrement besoin de soins médicaux.

240

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

A l'avenir, la Belgique souhaite tout d'abord développer davantage la structuration et l'organisation des soins de santé primaires en vue d'élargir l'accès et d'améliorer la couverture. Afin de contrer la tendance croissante des produits pharmaceutiques à absorber une proportion de plus en plus importante du budget national de la santé aux dépens d'autres domaines du secteur de la santé, le Gouvernement promeut l'utilisation des médicaments génériques, qui ne représentent actuellement que 1 % des médicaments consommés en Belgique. Il est également prévu d'aborder le problème du recours croissant aux instances juridiques dans les cas d'erreurs médicales, problème qui fera l'objet d'un symposium qui doit se tenir en juin 2000. Ce symposium cherchera à trouver des moyens- peut-être sous la forme d'un système d'indemnisation hors faute - de régler les différends entre les malades et les institutions hospitalières ou les médecins, conflits qui ont entraîné l'augmentation des primes d'assurance et eu des effets négatifs sur la profession médicale. Mme Aelvoet se félicite tout particulièrement du travail accompli par l'OMS concernant la convention-cadre pour la lutte antitabac. Les progrès dépendront de l'établissement d'une référence mondiale, compte tenu des pressions exercées sur les législateurs nationaux par l'industrie du tabac. Une initiative mondiale de ce genre est indispensable si l'on veut élaborer des politiques nationales qui seront soutenues non seulement par l'OMS, mais aussi par l'opinion publique. M. T0NNE (Norvège) expose le dilemme auquel est confrontée la Norvège: les techniques médicales ont progressé jusqu'au point où ce qu'elles peuvent réaliser dépasse de loin ce qu.e la société en général peut se permettre de payer. Tous les pays se trouveront tôt ou tard dans une situation analogue. La prévention et la promotion de la santé doivent être intégrées dans des stratégies visant à améliorer les systèmes de santé et doivent être placées au premier rang des priorités. La vaccination est un exemple d'activité préventive utile qui peut avoir un impact considérable sur les communautés locales, et l'élargissement de la couverture et de la distribution des vaccins dans le cadre des soins de santé primaires contribuera à la mise en place de systèmes de santé plus efficaces. Les activités analogues, telles que l'initiative Pour un monde sans tabac, auront plus de chances de réussir si l'on instaure et si l'on maintient une coopération nationale intersectorielle. Sur le plan de l'équité, l'enjeu consiste à combiner les ressources publiques et privées en un seul système de soins intégrés sans créer un système à deux niveaux pour ce qui est de la qualité de la prestation. Un tel système doit couvrir tous les citoyens, et les institutions publiques et privées doivent oeuvrer ensemble à la réalisation de buts communs. Cela sera difficile, mais les modèles mis au point par l'OMS ainsi que le rapport sur la santé dans le monde peuvent être des outils utiles. M. T011De ne voit pas pour quelle raison les services de santé ne devraient pas attirer des investisseurs privés, car de nombreux secteurs clés comme les produits pharmaceutiques, la technologie et l'équipement sont extrêmement rentables. La question de savoir s'il faut fournir les soins de santé gratuitement est controversée, mais M. Tanne est convaincu qu'il faut fixer un prix pour les groupes qui ont les moyens de participer, non seulement pour des raisons fmancières, mais également pour susciter un sentiment d'appropriation. Les services doivent être répartis équitablement et leur qualité uniformément élevée. L'OMS doit concevoir des modèles qui peuvent être essayés par les Etats Membres, renforçant ainsi leur capacité de résoudre la crise qui affecte les systèmes de santé du monde entier. M. BOLANOS (Guatemala) dit que le Guatemala rencontre les mêmes problèmes que de nombreux autres pays en développement lorsqu'il cherche à garantir un accès universel aux soins de santé, à cause de la nature essentiellement rurale du pays et de la multiplicité des langages qui y sont parlés. Les trois principaux dispensateurs de services, à savoir le secteur public, le système de sécurité sociale et le secteur privé, ne couvrent que 60 % de la population. Le niveau relativement bas des ressources budgétaires allouées à la santé, qui ne représentent qu'environ 1,5% du Pm, et une situation épidémiologique en évolution qui a obligé le pays à investir davantage de ressources dans certains domaines constituent d'autres facteurs limitatifs. Afin d'aborder le problème de l'inégalité de la fourniture des services, souvent

TABLES RONDES MINISTERIELLES : SALLE XVII

241

due au faible niveau de formation des agents de santé, le Guatemala a adopté un processus de décentralisation qui lui a permis d'étendre la couverture aux communautés les plus éloignées. Le Gouvernement actuel accorde une attention particulière à l'amélioration des conditions des mères et des enfants, des Mayas et des groupes les plus défavorisés. Il cherche à réduire les taux de mortalité infantile et maternelle et à instituer un système d'orientation des malades qui répondrait aux critères d'équité, d'efficience, de qualité et de viabilité fmancière. La décentralisation a débouché sur une participation plus importante de la société et a permis de se rendre compte que les gens étaient en partie à même de résoudre leurs problèmes de santé. M. HAKETA (Japon) affirme que les citoyens de tous les pays doivent avoir un accès égal aux services de santé, quelles que soient leur situation géographique ou les conditions économiques. En 1961, le Japon a instauré un système de soins universels fondé sur un plan d'assurance-maladie obligatoire. Malgré les nombreux obstacles à l'introduction de ce système, y compris les difficultés financières et les craintes exprimées par le public que le prépaiement serait bien effectué mais que les services ne suivraient pas, ce plan a fmi par être mis en place. Le succès de ce système a permis d'éliminer les risques économiques associés à la maladie, et le boom économique ultérieur de dégager suffisamment de ressources propices à une expansion régulière de la prestation des soins. Cependant, le Japon est actuellement confronté à plusieurs problèmes, notamment au vieillissement de la population et à l'évolution du profil pathologique, qui ont entramé une hausse rapide des dépenses de santé. Dans un proche avenir, une personne sur trois aura 65 ans ou plus; or, aujourd'hui déjà, le niveau des dépenses de santé relatives aux personnes âgées est cinq fois supérieur au chiffre moyen pour la population en général. On s'efforce actuellement de revoir le système d'assurance-maladie afm de tenir compte de l'évolution du profil pathologique, de fournir des soins à long terme aux personnes alitées, aux personnes âgées et à celles qui souffrent de démence, et de faire face à l'émergence récente des maladies liées au mode de vie. Il faut également instaurer une plus grande efficience et une plus grande équité en matière de contributions fmancières. Il faut mettre davantage l'accent sur la prévention de la maladie, la promotion de la santé et la mobilisation des ressources, y compris la biotechnologie. Par ailleurs, il est important de tenir compte de questions plus générales, telles que l'impact des facteurs économiques, environnementaux et sociaux sur la santé. M. GUNNARSSON (Islande) dit qu'aujourd'hui l'Islande est un Etat providence industrialisé qui bénéficie d'un niveau de vie élevé, de l'un des plus hauts niveaux en ce qui concerne l'espérance de vie et de l'un des taux les plus faibles du monde pour la mortalité infantile et néonatale. Il y a quelques générations seulement, c'était l'un des pays d'Europe les plus pauvres, où sévissaient plusieurs maladies graves. L'un des premiers enseignements qu'il a tirés a été l'importance d'un soutien extérieur vigoureux: c'est ainsi que deux siècles auparavant, l'Islande faisait appel à des professionnels de santé éduqués et formés au Danemark et qui avaient adopté une approche globaliste des soins de santé basée sur des méthodes que l'on décrirait aujourd'hui comme factuelles. Les générations suivantes se sont efforcées d'améliorer les techniques d'accouchement et les soins aux enfants, de mettre en place un réseau d'hôpitaux et de lancer des programmes de vaccination contre les maladies transmissibles. L'importance qu'il y a à promouvoir la coopération entre les soins de santé publics et les soins de santé personnels et d'empêcher la concurrence entre les deux est une autre leçon qui a été retenue. Toutefois, depuis lors, de grands changements ont eu lieu et l'Islande est actuellement confrontée à une situation dans laquelle hôpitaux et dispensaires rivalisent pour obtenir des ressources qui ne cessent de diminuer, alors que l'on a besoin d'urgence de nouveaux médicaments et de nouveaux matériels. Une bonne organisation est extrêmement importante si l'on veut être sûr de prendre des décisions correctes et justes. Les gouvernements doivent néanmoins garder l'esprit ouvert et être prêts à tirer parti de l'expérience passée. Le Professeur RATSIMBAZAFIMAHEFA (Madagascar) dit qu'un système de santé national doit accroître sa capacité de réaction afin de satisfaire les besoins sanitaires, de manière à garantir le respect

242

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

de la dignité de la personne et l'offre de soins de grande qualité à tous les niveaux. Dans les pays moins avancés où l'accès géographique pose des problèmes, l'enjeu consiste à créer des infrastructures, mais la tâche la plus ardue est de trouver les ressources humaines qui seront chargées de les faire fonctionner. Il faut souvent redéployer le personnel afm de réduire les inégalités entre les milieux urbains et ruraux. Même si l'on met en place des écoles de formation, le problème de la motivation demeure. L'offre de médicaments préoccupe les pays qui subissent une récession économique et entreprennent également des programmes d'ajustement structurel, d'où la nécessité de recourir à des fmancements multiples, y compris le fmancement communautaire. Cela soulève la question de l'équité quand une grande majorité de la population a des moyens financiers limités. Même si, au niveau de santé primaire, les gens sont en mesure de payer leur traitement, le problème devient plus complexe au niveau de l'orientation-recours et, jusqu'ici, on n'a trouvé aucun moyen de satisfaire les besoins des personnes les plus démunies. Le Professeur Ratsimbazafimahefa est d'avis que la performance des systèmes de santé dépend de facteurs multisectoriels, en particulier d'une meilleure prévention et d'une meilleure promotion mais, surtout, de conditions macroéconomiques favorables au développement du secteur de la santé. M. DANILOV (Estonie) insiste sur la réactivité du système, notamment lorsqu'il s'agit du respect du droit fondamental de l'individu à la dignité et à l'autonomie de décision en ce qui concerne ses propres besoins sanitaires. C'est ainsi que l'Estonie a récemment lancé un projet de banque génétique, qui consiste à recueillir des informations génétiques sur les 1 300 000 habitants du pays, afm que la population bénéficie d'un meilleur traitement à l'avenir. Toutefois, plusieurs questions éthiques ont été soulevées. Les gens doivent-ils être informés qu'ils risquent d'avoir une prédisposition héréditaire à une maladie donnée? Comment l'information doit-elle être recueillie? Certaines personnes risquent-elles de se servir de cette information? Est-il éthique de faire de la publicité pour le projet? La manière d'utiliser l'information et la question de savoir si celle-ci appartient à des institutions publiques ou privées ou bien à des milieux d'affaires ou scientifiques posent des problèmes particuliers. Comment protéger l'information afin de s'assurer qu'elle ne sert qu'à des fins médicales? M. Danilov estime que l'OMS doit étudier ces problèmes à fond afm d'aider les Etats Membres à s'en saisir au niveau des pays. M. ADAMOV (Niger) dit que son pays est l'un de ceux qui a l'indice de développement le plus faible et, en ce qui le concerne, la question des systèmes de santé est cruciale. Il est difficile à un pays pauvre qui, depuis les années 80, a pâti des conséquences des ajustements structurels successifs, de la détérioration des termes de l'échange et d'un certain nombre de maladies ayant un impact économique négatif, telles que le paludisme, le SIDA et la dracunculose, de satisfaire les besoins sanitaires de sa population. Après l'échec des politiques de santé suivies après l'indépendance, le scénario de développement sanitaire en trois phases axé sur la mise en place des districts sanitaires a été adopté, 1' accent étant mis sur la réduction du déséquilibre entre le milieu urbain et le milieu rural, notamment en ce qui touche la santé maternelle et infantile. Entre 1994 et 1999, la couverture sanitaire est passée de 32 à 42 %. La décentralisation s'est traduite par une plus grande participation des collectivités territoriales au financement et au fonctionnement des services de santé, ainsi qu'au recrutement du personnel. Les taux de contribution sont fixés par des assemblées sous-régionales, mais les soins aux indigents sont pris en charge par des comités de gestion au niveau communautaire. Le système du prépaiement n'est pas très bien développé, même s'il existe différents plans de cotisation, et un système d'assurance de la qualité a été mis en oeuvre avec le soutien de l'OMS, de l'UNICEF et du Gouvernement belge. L'Etat ne pouvant pas couvrir tous les besoins de santé, des dispositions ont été prises pour autoriser l'installation de services de santé privés, qui compléteront ceux de l'Etat. Il reste toutefois des tâches à accomplir : relever le niveau moyen de la santé, réduire les inégalités, surmonter les problèmes tels que l'insuffisance de personnel qualifié, le sous-équipement et la médiocrité de la gestion. Il existe également des obstacles politiques, comme l'insuffisance des ressources fmancières allouées par l'Etat, et des obstacles culturels, comme l'analphabétisme. En outre vient s'y ajouter le fardeau imposé, par exemple, par la résurgence de la tuberculose.

TABLES RONDES MINISTERIELLES : SALLE XVII

243

M. DAMAYE (Tchad) dit que son pays, qui a également l'un des taux les plus élevés de mortalité maternelle et infantile du continent, concentre la plupart des maladies endémiques et épidémiques qui ravagent l'Afrique, à savoir le paludisme, le VIH/SIDA, la méningite et la tuberculose. Le principal problème qu'il rencontre est celui de l'absence de ressources humaines: actuellement, seuls 33 des 53 districts sanitaires sont opérationnels, et la gestion de certains domaines de responsabilité doit être confiée à des volontaires qui ne sont pas suffisamment outillés. Un autre problème est le coût des médicaments et d'articles tels que les moustiquaires imprégnées d'insecticide, qui ne sont pas à la portée de la plupart des familles. Le Tchad a besoin de l'appui de la communauté internationale pour surmonter les difficultés dues à trente ans de guerre et pour fournir des soins de santé à tous ses citoyens sur une base équitable. Le Dr NTAHOBARI (Burundi) dit que la dernière décennie de conflit dans la région des Grands Lacs a provoqué une destruction massive des infrastructures, la perte de personnel, la réémergence du paludisme, de la tuberculose et des maladies diarrhéiques et la propagation du VIH/SIDA. L'embargo économique imposé par les pays voisins depuis 1996 a aggravé la crise et le Dr Ntahobari remercie l'OMS, qui a contribué à ce que cet embargo soit levé. Le Gouvernement a déjà pris des mesures pour améliorer la situation en détaxant les médicaments, en adoptant une politique d'utilisation des médicaments génériques et en créant des pharmacies communautaires dans les zones rurales. Le Dr Ntahobari prie l'OMS et d'autres organisations internationales de soutenir le Burundi, demandant à ce qu'il soit mis un terme au gel de la coopération bilatérale et multilatérale, gel qui sanctionne toute une population dont les conditions sanitaires se détériorent de jour en jour. Le Dr NASHER (Yémen) dit que son pays ne ménage pas ses efforts pour renforcer son système de santé et faire reculer le paludisme. En 1999, le Yémen a été rayé de la liste des pays dans lesquels la poliomyélite est endémique. Son but, désormais, est d'accroître la couverture par les soins de santé primaires dont bénéficient actuellement 55% de la population. Le Yémen est un pays en développement pauvre qui manque de ressources humaines et techniques et souffre de la plupart des maladies déjà mentionnées. Une partie du budget de la santé, qui s'élève à US $4 par habitant et par an, est gaspillée à cause de la médiocrité de la gestion et de la nécessité de traiter les victimes d'accidents de la route et de blessures dues aux armes à feu. Le Yémen estime que ces deux problèmes évitables devraient être plus sérieusement pris en compte par la communauté internationale, sous l'égide de l'OMS. Les ressources ainsi économisées pourraient servir à appliquer le projet Faire reculer le paludisme, à accroître la couverture vaccinale et à réduire les taux de mortalité infantile et maternelle. M. KANSI (Pakistan) dit que son Gouvernement estime que la santé est une question qui touche aux droits de l'homme et que tout un chacun devrait pouvoir en bénéficier. Le système de santé du Pakistan ressemble à une pyramide inversée: les grandes villes, au sommet, ont d'excellents hôpitaux avec des installations modernes, mais les deux tiers de la population qui vivent dans les villages et dans les taudis urbains n'ont accès qu'à des soins de santé primaires médiocres. Le Gouvernement prévoit de former 55 000 agents de santé féminins dans les villages, puis de porter ce nombre à 100 000, en vue de fournir des services de soins de santé primaires, de santé à l'école, de maternité sans risque et de vaccination. Il a également lancé un programme pilote destiné à améliorer la santé des femmes et des enfants en désignant 20 districts « amis des femmes » dans tout le Pakistan. Le Ministère des Affaires juridiques est saisi d'un projet de loi visant à promouvoir l'allaitement au sein, soutenu par toutes les provinces, avant que ce projet ne soit envoyé au Cabinet pour approbation. Le Cabinet est saisi d'un autre projet destiné à assurer la sécurité transfusionnelle, et on espère que la vaccination systématique contre l'hépatite B sera intégrée dans le programme de vaccination des enfants. La tuberculose et la lutte antipaludique sont des priorités pour le Gouvernement et le programme de traitement de brève durée sous surveillance directe (DOTS) a été adopté dans le cadre du système de soins de santé primaires. Le SIDA n'est pas un problème immédiat au Pakistan: seuls 1500 cas de

244

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

séropositivité pour le VIH et 250 cas confirmés de SIDA ont été enregistrés pour une population de 135 millions d'habitants. Toutefois, le Gouvernement a lancé un programme de prévention et a adressé des directives spéciales aux autorités du niveau provincial afm d'équiper correctement les laboratoires et de fournir le personnel indispensable. Par ailleurs, une réforme de la formation médicale est actuellement introduite. Quatre collèges, un dans chaque province, adopteront un système axé sur la communauté en l'an 2000 pour apprendre aux étudiants à résoudre les problèmes de santé communautaire. M. MOND (Papouasie-Nouvelle-Guinée) dit que son pays aussi est essentiellement rural. Le taux d'alphabétisation de la population est faible et la plupart des habitants vivent dans des zones très isolées. Les taux de mortalité maternelle et infantile sont très élevés. Les gouvernements provinciaux ont la responsabilité des hôpitaux, des centres de santé, des postes de secours et des dispensaires de villages, mais ils n'ont pas les planificateurs, gestionnaires et personnels techniques qualifiés ni l'infrastructure et les moyens financiers voulus pour soutenir ces services. Dans les petites économies éparpillées comme celles qu'on rencontre en Papouasie-NouvelleGuinée, il faut réfléchir soigneusement au transfert du fmancement de la santé entre le gouvernement et les groupes de dispensateurs et procéder à des essais, par exemple en instaurant des systèmes de prépaiement à petite échelle au niveau communautaire. La base de financement n'est pas suffisamment large pour encourager les dispensateurs privés à prendre en charge une partie du risque financier et, à cet égard, il serait utile d'avoir un aperçu des réformes en cours au sein du service de santé national du Royaume-Uni afm d'en tirer parti. Le Pakistan a élaboré un plan de santé aux niveaux du district, de la province et de la nation, avec des indicateurs de résultats critiques permettant de suivre et d'évaluer la performance à tous les niveaux, et il met actuellement la dernière main à un plan pour les années 2001-2010. Le Dr RYS (Pologne) dit que son pays est en transition depuis dix ans et que l'on y a constaté de grands changements dans les modes de vie, notamment une réduction de la consommation de tabac et une augmentation de l'incidence des accidents de la circulation. La Pologne est devenue Membre de l'OCDE et adhérera à l'Union européenne dans quelques années. Les réformes entamées au début de 1999 ont retiré un certain nombre de responsabilités au Ministère de la Santé ; ce dernier demeure toutefois chargé des opérations relevant de la haute technologie telles que les transplantations, mais le fmancement est désormais assuré par des compagnies d'assurances ou par les malades eux-mêmes et les établissements de santé sont aux mains des dispensateurs privés ou des collectivités locales. Le rôle régulateur du Ministère doit être repris par les autorités régionales et districales. Le Ministère a pour tâche d'adapter le système au nouveau modèle fmancier et il s'efforce d'élaborer un réseau d'hôpitaux et d'établissements de soins à long terme, de mettre au point de nouveaux programmes de formation médicale et de persuader les médecins de passer de la spécialisation aux soins généraux sur le modèle du praticien généraliste. Il collabore étroitement avec les médias pour améliorer l'information du public. En règle générale, il s'agit pour le Ministère de passer de la fourniture de soins à l'organisation et à la médiation :tel est le principal message que le Dr Rys souhaite transmettre. M. PARDO (Costa Rica) dit que, dans son pays, les réformes du secteur de la santé entamées en 1997 sont aujourd'hui pratiquement achevées. Le rôle de direction du Ministère a été renforcé tandis que la responsabilité de la prestation des services a été transférée au système de sécurité sociale, qui couvre désormais 98 % de la population. Actuellement, le système couvre également un grand nombre d'immigrants, la plupart d'entre eux illégaux, d'après le principe que les services doivent être offerts à tous équitablement. Si les réformes ont sans nul doute été bénéfiques en ce qu'elles ont rationalisé la prestation des soins, réduit le chevauchement des tâches et fait appel à la participation du secteur privé, elles ont également suscité des problèmes, et notamment affaibli la fonction préventive. M. Pardo partage l'opinion de la Norvège selon laquelle l'OMS devrait jouer un rôle plus actif dans la conception, la supervision et le suivi des réformes du secteur de la santé.

TABLES RONDES MINISTERIELLES : SALLE XVII

245

M. NGEDUP (Bhoutan) fait observer que le principal problème commun à tous les systèmes de santé est l'absence de ressources. Son pays met actuellement au point un système de fonds fiduciaires pour la santé, basé sur le principe que, pour chaque dollar investi, le Gouvernement investit également un dollar. L'idée est de dégager suffisamment de fonds pour fmancer les médicaments essentiels et les vaccinations. Ces fonds seraient investis auprès de gestionnaires de fonds internationaux et feraient l'objet d'une vérification extérieure. Le Gouvernement espère que le système des fonds fiduciaires aidera le service de santé à devenir viable. Actuellement, le Bhoutan consacre Il ,6 % de son produit intérieur brut aux soins de santé, qui sont dispensés gratuitement au niveau tertiaire. Le Gouvernement devra faire face à des problèmes pratiques s'il doit demander à la population de payer davantage les soins de santé. M. MABOTE (Lesotho) dit que, dans son pays, la réforme sanitaire est un processus dynamique, basé sur les principes d'accessibilité fmancière et de réactivité aux besoins du consommateur. Le principal obstacle, toutefois, est de mettre ces principes en pratique, car il est difficile de modifier le rôle de l'Etat et de le faire passer de celui de dispensateur de services à celui d'organisateur. Une série limitée d'indicateurs a été mise au point pour évaluer le succès du programme de réforme. Le Lesotho s'évertue à mettre en place une gamme d'incitations optimales et acceptables pour retenir les agents de santé et veiller à l'amélioration des résultats, mais le principal obstacle tient au fait que les agents de santé sont fonctionnaires, et le Ministère de la Santé ne peut mettre en place des incitations réalistes sans que les employés d'autres secteurs demandent des mesures incitatives analogues. Mme ESCHEIKH (Tunisie) dit que si, pour les pays en développement, l'absence de fonds est préoccupante, le véritable défi consiste à veiller à l'équité de l'accès aux soins. L'accroissement de la demande, l'augmentation des dépenses de santé et le développement du secteur privé risquent d'affecter le comportement des bailleurs de fonds et des utilisateurs, au détriment de l'équité. C'est la raison pour laquelle la Tunisie entreprend de réformer les systèmes d'assurance-maladie et de gestion des structures hospitalières, de renforcer les soins de santé primaires, d'adopter des mesures législatives pour encadrer le secteur privé, et d'assurer la gratuité de la prévention des maladies transmissibles. Des efforts sont déployés pour élaborer des critères de qualité grâce à la mise en place de nouvelles procédures de gestion. Depuis qu'on a constaté, en 1992, que certaines populations rurales éloignées n'avaient pas de couverture sanitaire, il a été créé un fonds de solidarité national pour créer des centres de soins de santé primaires, construire des routes, amener l'eau potable et dispenser l'éducation. L'élaboration d'un indicateur permettant de mesurer la qualité est importante. Il doit y avoir concertation entre les pays sur ce qu'il doit inclure, la pondération à donner à chaque élément et, surtout, les procédures à suivre concernant la collecte des données. La Tunisie est prête à participer activement à cette concertation. Le Dr MENAKAYA (Nigéria) dit que les défis que doit relever le système de santé nigérian comprennent des problèmes de santé qui ne cessent de croître et des ressources fmancières qui s'amenuisent. Il en va de même dans de nombreux autres pays en développement, et notamment en Afrique, où les ravages du paludisme représentent une somme astronomique pour une seule maladie. Le Vlll/SIDA prélève un tribut encore plus grand, et plusieurs autres maladies transmissibles sont endémiques. Les systèmes de santé nationaux ne peuvent à eux seuls les traiter : la pauvreté est au coeur de la question, car, sans logement et nutrition adéquats, il est vain de parler de santé. L'OMS peut continuer à débattre les problèmes de santé indéfmiment, mais, si l'on ne résout pas le problème du fardeau de la dette, on n'avancera guère. L'Organisation doit aider les Etats Membres à consolider leurs bases factuelles et à renforcer leurs moyens. Ainsi, le Nigéria a un personnel suffisant, mais les agents qualifiés émigrent souvent à cause de l'absence de ressources qui permettraient de les retenir. Le Nigériane peut continuer à promouvoir la santé dans les pays développés alors que les besoins des pays en développement sont si importants.

246

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

M. MOSK.ALENKO (Ukraine) expose les buts des réformes de santé entreprises dans son pays: optimiser les ressources humaines et matérielles allouées à la santé, tout en veillant à maintenir l'accessibilité et la qualité des soins médicaux, et décentraliser le système de santé pour donner une autonomie plus grande aux régions. Une attention soutenue est accordée à l'élaboration de la base législative du système afm de l'aligner sur celui des systèmes européens, dans le cadre des efforts déployés par l'Ukraine pour adhérer à l'Union européenne. L'accent est également mis sur l'amélioration des techniques médicales et la conception de systèmes d'assurance-maladie. Actuellement, les soins médicaux privés représentent entre 5 et 6 % du système de santé. Malgré les difficultés de la période de transition, les indicateurs sanitaires de base pour 1'Ukraine s'améliorent. M. Moskalenko mentionne spécialement le développement de l'industrie pharmaceutique, à laquelle son pays est tout particulièrement attaché. M. AL-MIDFAA (Emirats arabes unis) dit qu'au cours des deux dernières décennies, son pays a créé un système de santé intégré et de grande qualité, d'un niveau comparable à celui des pays développés. Le système couvre l'ensemble du pays, y compris les zones éloignées. Il est basé sur les soins de santé primaires, avec des hôpitaux et des centres d'orientation-recours, des services de soins préventifs et d'appui. Des experts médicaux ont été recrutés à l'étranger. Il compte toute une gamme de services préventifs, et notamment des programmes de santé maternelle et infantile, des services de santé à l'école et des services de médecine du travail. Le programme de lutte contre les maladies transmissibles couvre 36 maladies et comprend des études épidémiologiques appropriées. Les services de santé coopèrent avec l'OMS et des instituts de recherche à la collecte d'informations sanitaires. L'amélioration des indicateurs sanitaires du pays reflète les réalisations du système de santé: ainsi, le taux de mortalité chez les enfants de moins de cinq ans est tombé à 11 pour 1000, tandis que le taux de mortalité maternelle est descendu à 100 pour 100 000 naissances vivantes. L'espérance de vie est montée à 87 ans pour les femmes et à 74 pour les hommes. Ces indicateurs sont comparables à ceux des pays développés parmi les plus avancés. Toutefois, le profil pathologique a changé ; le pays se trouve maintenant confronté à de nouveaux défis: l'augmentation de maladies non transmissibles telles que le cancer, les cardiopathies, le diabète et l'hypertension, ainsi que les soins aux personnes âgées dont le nombre ne cesse de croître. Les services de santé ont suivi les progrès technologiques, ce qui nécessite de nouveaux équipements et la formation de personnel. Les accidents de la route sont à l'origine de nombreux décès, notamment chez les jeunes, et les accidents entraînant des incapacités sont fréquents. Les Emirats arabes unis ont besoin de trouver de nouveaux moyens de fmancer les services de santé. Le coût des médicaments, en particulier, fait peser une lourde charge sur le système de santé : les médicaments destinés à traiter les maladies comme le diabète, les cardiopathies et le cancer sont extrêmement onéreux et absorbent facilement le quart du budget de la santé. Les Emirats font de leur mieux pour fixer des priorités judicieuses et concevoir des programmes destinés à les appliquer, conformément aux recommandations de l'OMS. Le Dr DLAMINI (Swaziland) pense qu'il serait utile, pour les Etats Membres, que le Secrétariat de l'OMS mette à leur disposition sur le Web certains modèles, et notamment le modèle sur le prépaiement et d'autres systèmes de fmancement, ainsi que des informations sur le partage des ressources.

La séance est levée à 13 b 15.

LES GRANDS ENJEUX DES SYSTEMES DE SANTE : Point 10 de l'ordre du jour (document A53/DIV/5) Salle XVIII, mardi 16 mai 2000, 10 heures Président: Professeur K. DANSO-BOAFO (Ghana)

Le Dr FRENK (Directeur exécutif) ouvre la table ronde en décrivant le cadre mis au point récemment par l'OMS pour examiner les déterminants et les composantes de la performance des systèmes de santé et pour établir, à partir de cette analyse, les indicateurs de cette performance, tels qu'énoncés dans le document A53/DIV/5. M. AHMED ABDULLAH (Maldives), se félicitant du cadre d'évaluation de la performance des systèmes de santé, reconnaît qu'il est actuellement nécessaire de concevoir des systèmes de santé durables et de les renforcer. Le cadre proposé sera précieux pour tous les pays désireux de trouver des solutions aux grands défis que pose 1' amélioration de la santé. Les systèmes varient selon les pays, mais M. Ahmed Abdullah est certain qu'avec l'appui de l'OMS, tous les Etats Membres parviendront à améliorer leurs systèmes de santé respectifs. Son pays a toujours cherché à renforcer la pérennité de son système de santé par une participation communautaire et intersectorielle et un soutien non gouvernemental, tout en privilégiant la prévention et l'éducation sanitaire. Il faut envisager des moyens de grouper les ressources et de les répartir au mieux. Aucun pays ne peut fournir gratuitement tous les services de santé, et le moment est venu de concevoir des mécanismes réalistes de partage des coûts, soit par la mise en place de systèmes de sécurité sociale pratiques, soit avec la participation du secteur privé. Mme PHUMAPlll (Botswana) accueille aussi favorablement le cadre, reconnaissant qu'il aidera tous les pays, et elle recommande qu'il soit mis en oeuvre dès que possible. Tout système de santé est plus favorable à certains groupes de revenu, les nantis bénéficiant de meilleurs soins de santé que les démunis. Pour répondre aux besoins des populations locales, un système doit assurer l'accès de tous les membres d'une communauté donnée. Les pays en développement se heurtent à de graves difficultés liées à la pérennité, à l'accès universel et à la formation des professionnels de santé pour faire face à leurs besoins particuliers, qui sont différents de ceux des pays industrialisés. Les professionnels de santé formés à l'étranger sont souvent incapables de répondre aux besoins du pays hôte. C'est ainsi que des médecins étrangers n'ontjamais vu des cas de poliomyélite, sans parler des épidémies de paludisme, de tuberculose et de Vlli/SIDA, et ils n'ont jamais été formés à la lutte contre les épidémies. La formation doit donc être adaptée aux besoins locaux. Pour ce qui est du financement des services de santé, les subventions croisées et divers mécanismes de financement sont essentiels. L'accès à vie aux soins de santé est un droit fondamental de tout être humain. Si des systèmes de fmancement peuvent être mis au point pour les retraites, des mécanismes comparables doivent être adoptés pour la fourniture de soins de santé à vie, faute de quoi ces soins ne peuvent être assurés durablement. La question de la pérennité de la fourniture des soins de santé est indissociable de celle de la pauvreté, le plus grand défi pour les pays en développement, qui fait des besoins en soins de santé un problème plurisectoriel qui doit également concerner, par exemple, les ministres du commerce et des fmances. Pour ce qui est de l'accès universel aux soins, Mme Phumaphi estime que les pays en développement, dans les négociations avec les partenaires pour le développement, se heurtent souvent à des problèmes de communication et ont parfois du mal à savoir par où commencer.

-247-

248

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

Pour la pérennité, le cadre doit tenir compte des exigences locales, par exemple pour le financement et la fourniture des produits pharmaceutiques. En attendant que les pays en développement soient en mesure de produire leurs propres produits pharmaceutiques, la pérennité sera difficile à réaliser, d'où les pressions en faveur des importations parallèles ou de la production locale pour assurer le développement. Une autre question essentielle est la mesure dans laquelle le système de santé peut s'adapter à l'évolution des besoins de santé des populations. L'épidémie de VIH/SIDA a montré qu'il est important de renforcer les systèmes de soins de santé primaires des pays en développement pour leur permettre de faire face rapidement et efficacement aux épidémies. Le cadre d'évaluation doit aussi vérifier que la prévention, moins coûteuse que les soins, est assurée universellement. Mme Phumaphi reconnaît que l'administration générale et l'équité sont essentielles. Elle souligne l'importance des technologies de santé appropriées pour éviter le gaspillage souvent associé au fmancement de produits pharmaceutiques inappropriés. Le cadre doit donc inclure une méthode efficace d'évaluation de ces technologies, indispensables pour la gestion fmancière des pays en développement. Le Professeur DONALDSON (Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord) salue le cadre comme une initiative importante et il a des observations à formuler sur la question de la responsabilité. Le concept d'administration générale ne confère pas une responsabilité suffisante aux gouvernements ; cette responsabilité doit couvrir la qualité des services. Rares sont ceux qui contesteront les buts des systèmes de santé ; la difficulté, par rapport à ces buts, consiste à maintenir une performance de haut niveau. Peu de pays ont relevé ce défi, malgré les sommes importantes consacrées aux soins de santé ; c'est ainsi que les résultats et les modalités des soins varient, et que la pratique clinique ne bénéficie pas, ou avec beaucoup de retard, des progrès de la recherche. L'attention, concernant la responsabilité, doit porter sur quatre domaines. Le premier est la conception du système de soins de santé, qui ne recueille qu'un faible consensus. Il convient de vérifier que le système est conçu de telle façon que la population cible y ait aisément accès et que les différents éléments de l'organisation s'articulent bien. L'expérience du Royaume-Uni est que, trop souvent, les différentes organisations travaillent isolément. Le deuxième domaine est le bon fonctionnement de chaque organisation. Au Royaume-Uni, une loi récente fait de la qualité une obligation pour chaque organisation des services de santé nationaux. Cette « gouvernance clinique » a notamment pour objet de faire savoir aux malades et aux professions de santé que le mobile de cette quête de qualité est clinique. Le Gouvernement compte sur chaque organisation pour créer la culture interne voulue et sur les systèmes de gestion et le soutien technique pour améliorer la prise des décisions cliniques. Les organisations sont aussi jugées sur la participation des usagers à la prestation des services. Le but de cette responsabilisation devant la loi n'est pas seulement d'assurer la qualité, mais également de l'améliorer. Le troisième domaine requérant l'attention est l'assurance de la qualité au niveau de chaque praticien. Tâche difficile, qui suppose l'instauration d'un environnement professionnel favorable pour la prestation des services, la pratique individuelle et la participation d'organes d'enseignement, professionnels et d'autoréglementation, dans un partenariat garant d'une qualité assurée. Le quatrième domaine est la façon dont les ministères de la santé rendent compte au public des services fournis. Il est inacceptable, par exemple, qu'aucune information ne soit divulguée en cas de performance suboptimale ; les usagers doivent en avoir connaissance pour faire des choix éclairés. Le Dr STAMPS (Zimbabwe) annonce que son pays vient d'achever un examen du secteur de la santé, dont la réalisation a été entravée par de trop fréquents changements politiques, phénomène commun à de nombreux pays en développement Il attribue ces changements incessants principalement au manque de ressources. Bien que la santé, en Afrique subsaharienne, soit considérée comme une importante priorité, elle tend à passer après toutes les autres. L'examen a fait ressortir plusieurs mesures prioritaires. Pour donner aux agents de santé locaux le sentiment d'appartenir plus à la communauté qu'à l'Etat, le Gouvernement a invité les communautés locales à élire leurs agents de santé, qui sont ensuite formés aux soins de santé primaires. La planification et la performance de la formation des médecins doivent être

TABLES RONDES MINISTERIELLES : SALLE XVIII

249

améliorées ; en 1997, les médecins formés étaient deux fois plus nombreux que les postes disponibles et de nombreux médecins diplômés ont été recrutés par des pays industrialisés, au détriment du Zimbabwe. Des mesures ont été prises pour renforcer les normes professionnelles. C'est ainsi qu'une loi récente remplace l'ancien système de réglementation et d'enregistrement des professions de santé par un ensemble de neuf conseils et qu'une administration des professions de santé doit tenir une réunion publique annuelle. La liste des médicaments essentiels a été révisée et elle compte maintenant moins de médicaments que précédemment. Pour encourager la société civile à s'intéresser au Vlli/SIDA, un conseil national de lutte contre le SIDA, composé de 12 membres provenant de nombreux secteurs de la société civile, dont un seul fonctionnaire, a été créé. Le conseil applique la politique nationale de lutte contre le SIDA, de la prévention et des mesures de lutte contre la discrimination aux soins aux orphelins et aux malades en phase terminale. Pour ce qui est du fmancement, il est d'autant plus difficile d'accroître les fonds disponibles qu'un tiers du budget national est consacré au service de la dette et un autre tiers aux salaires de la fonction publique. Enfin, une charte des malades qui donne ouverture à des poursuites a été adoptée. Le Dr BACHELET (Chili) souligne qu'il est important d'évaluer les services de santé pour améliorer la performance et accroître l'équité, dans le but d'améliorer la santé. Les interventions de santé, cependant, ne suffisent pas; les efforts doivent également porter sur d'autres aspects du développement comme l'amélioration de l'éducation et du logement. Les services de santé ont un rôle décisif à jouer dans l'amélioration du niveau de vie. L'OMS, pour sa part, aidera les pays à faire des ·choix, à tirer des enseignements de leurs expériences respectives et à éviter les erreurs commises par les pays dans des situations comparables. Il y a quatre ans, le Chili a lancé un processus reposant sur des comités de gestion en vue de recenser les facteurs fondamentaux et les priorités, et de surveiller la mise en oeuvre. Plusieurs leçons s'imposent. Tout le processus doit être justifié dès le départ, depuis la construction des indicateurs jusqu'à la garantie qu'ils ont été mesurés. La pérennité du processus suppose le plein engagement de tous les acteurs. La prolifération de même que la simplification à l'excès des indicateurs sont à éviter. L'utilisation d'indicateurs provisoires permettra de reconnaître les problèmes naissants et d'élaborer des stratégies pour y remédier. Des cadres législatifs et réglementaires sont nécessaires pour vérifier que les personnels disponibles ont les qualifications requises. Pour le fmancement des services de santé, les systèmes de prépaiement peuvent éviter l'exclusion des pauvres et ils sont plus équitables que les systèmes de paiement direct. Des sources de fmancement doivent être trouvées pour accroître l'accès au fmancement fondé sur la solidarité et pour permettre une utilisation plus efficace des ressources nationales aux fms de la sécurité sociale. Si l'analyse technique doit défmir les priorités en matière d'affectation des ressources, une évaluation politique est également nécessaire pour répondre aux besoins des gens et mettre fm aux inégalités existantes. Si importante soit la rentabilité, peut-être est-il nécessaire de promouvoir des mesures moins efficaces économiquement pour protéger la dignité humaine dans le domaine des soins de santé. L'assurance de la qualité des services de santé repose sur quatre piliers centraux de la politique : la culture institutionnelle pour assurer la qualité, et l'expérience du Royaume-Uni à cet égard est intéressante ; le leadership et la responsabilité confiée aux administrateurs ; les droits des citoyens ; et une certaine institutionnalisation, par le biais d'un organe chargé d'assurer la qualité ou par la nomination d'un médiateur. Le Professeur SHEVTCHENKO (Fédération de Russie), soulignant l'importance des questions traitées dans le document, observe que les importants changements politiques survenus dans son pays ces 15 dernières années ont nécessité un réexamen des fonctions des services de santé. Auparavant, outre un rôle social, les services de santé travaillaient en liaison avec les secteurs de l'éducation, de la culture, voire des sports. Pour ce qui est du financement, ils occupaient le rang de priorité le plus bas. Depuis, l'individu est devenu le point focal.

250

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

Chaque entité de la Fédération a son propre budget, ses lois et sa politique en matière de personnel de santé. Pour assurer les services de santé, il est indispensable d'harmoniser les budgets et le fmancement ainsi que les normes applicables à la prévention et aux soins. De graves difficultés ont surgi ces 10 dernières années. Un certain niveau de financement est nécessaire pour les services de santé et des programmes d'enseignement sont indispensables pour inculquer aux citoyens la responsabilité de leur propre santé. La Russie est parvenue à la stabilité politique et à la croissance économique et, avec l'appui de l'OMS, elle pourra surmonter ses problèmes dans le secteur de la santé. Le Professeur SMALLWOOD (Australie), accueillant le cadre comme une initiative importante, formule des observations sur deux aspects : les buts, et la qualité et la sécurité des services de santé. Le premier objectif est d'améliorer la santé, tandis que le renforcement de la réactivité et l'assurance de l'équité y contribuent. Les buts consistant à relever le niveau de santé moyen de la population et à réduire les inégalités au plan de sa distribution ne sont pas concurrents mais complémentaires. Le niveau de santé général dans son pays est élevé et il est en progression, mais la performance n'est pas la même dans les groupes défavorisés, qui requièrent une attention particulière. Des initiatives spéciales ont été prises pour ces groupes, en particulier les populations rurales ou vivant dans des zones reculées et les populations aborigènes et des îles du Détroit de Torres. Des liens de collaboration ont été instaurés pour la réalisation de recherches sur les inégalités en matière de santé en vue de rompre le cercle des conditions socio-économiques défavorables et de la mauvaise santé. La qualité des soins de santé dépend de la sécurité, de l'accès, de la participation des usagers et de la communauté, de la réactivité, de l'efficacité et de l'efficience. Le plus important est probablement la sécurité. Des données récentes provenant d'Australie, des Etats-Unis d'Amérique et du Royaume-Uni montrent que de nombreux décès et de nombreuses lésions sont dus à des erreurs associées aux interventions sanitaires (jusqu'à 100 000 par an aux Etats-Unis). Ce chiffre est probablement deux fois plus élevé si on inclut les conséquences iatrogènes. Les obstacles aux améliorations comprennent le manque de sensibilisation (une enquête effectuée pour recenser les erreurs de médication dans les hôpitaux aux Etats-Unis a révélé qu'elles étaient 50 fois plus nombreuses), l'acceptation du statu quo, et la difficulté des professionnels de santé à corriger leurs propres erreurs (en partie à cause de l'enseignement médical et du système hiérarchique). La responsabilisation, comme le suggère le délégué du Royaume-Uni, pourra aider à surmonter ces obstacles, mais la question reste de savoir si la responsabilité incombe au système ou à l'individu. En Australie, où l'accent a été mis sur l'individu et non sur le système, un conseil national pour la sécurité et la qualité a été créé et les professionnels de santé sont encouragés, pendant leur formation, à remettre en question leurs actes et l'autorité. M. SHANMUGAM (Inde) fait observer qu'un même modèle ne conviendra pas à tous les pays. En Inde, les dépenses de santé moyennes par habitant représentent environ 3 % du produit national brut par habitant et, sur ce montant, le Gouvernement ne paie que 20 à 25 %. La privatisation des services de santé et la promotion de l'assurance-maladie ne résoudront peut-être pas les problèmes de santé de 80% des personnes qui n'ont pas les moyens nécessaires. En dépit de ses maigres ressources, l'Inde s'est dotée d'une infrastructure sanitaire relativement efficace, dosant judicieusement les initiatives de 1' Etat et du secteur privé. Les systèmes de médecine indiens (médecine ayurvédique, yoga et homéopathie) sont en outre bien documentés, d'un coût abordable et efficaces. Différents programmes ont été mis en place -assurance de la qualité, éducation, recherche et développement, et normalisation de ces systèmes ; des pharmacopées ont aussi été publiées et de bonnes pratiques de fabrication des médicaments sont en cours de négociation. La reconnaissance et la diffusion de ces systèmes ainsi que des recherches appropriées permettraient de répondre aux besoins de santé des pays en développement. Le Professeur SILANO (Italie), approuvant l'accent mis sur l'équité des systèmes de santé, estime que tous les citoyens de son pays ont droit à des services de santé essentiels et que leur contribution dépend de leur revenu. Si la gamme des services dépend des ressources fmancières disponibles et qu'elle n'est pas immuable, ils couvrent en principe la santé communautaire, l'hygiène, les soins de santé primaires, les traitements spécialisés, les soins hospitaliers, la réadaptation et la pharmacodépendance. La

TABLES RONDES MINISTERIELLES : SALLE XVIll

251

totalité du fmancement des ressources sanitaires en Italie provient des recettes fiscales générales, mais un examen des ressources est en voie d'adoption pour des services qui, sinon, seraient gratuits. Le système de santé privilégie nettement l'efficacité et la qualité. Le Professeur Silano souhaite que l'OMS élabore des méthodes permettant d'assurer l'efficacité économique des dépenses de santé et d'améliorer l'activité gestionnaire des gouvernements. Les services de santé nationaux de la plupart des pays sont très complexes, décentralisés et composés de nombreux protagonistes, dont 1'organisation générale nécessite des systèmes structurés et une bonne gestion. Il est particulièrement important que chaque partenaire intéressé vise une cible particulière. Le plan de santé national italien, qui est réactualisé tous les trois ans, précise les cibles sanitaires des divers partenaires. A l'intérieur de ces cibles, cependant, les conseils pour l'élaboration de plans spécifiques et les directives relatives à la fourniture efficace des services de santé font cruellement défaut. Tous les partenaires doivent comprendre clairement ce que sont des dépenses de santé responsables et les meilleures interventions aux plans de l'efficacité et de l'efficience médicales et des dépenses connexes. Un autre élément important est la façon dont les malades et les usagers perçoivent les services et y participent. Pour ce qui est de l'évaluation des systèmes de santé, l'Italie souhaite bénéficier d'une assistance technique supplémentaire sur la façon de surveiller 1'état de santé de la population en général et sur la façon d'évaluer la performance des structures et des protagonistes individuels. Le Dr LEPPO (Finlande) se félicite de l'opportunité d'un débat depuis longtemps nécessaire sur la question, qu'il considère comme centrale pour la politique sanitaire internationale, à savoir si un système de santé est en mesure d'assurer les services requis. En proposant ce cadre conceptuel, l'OMS a fait un grand pas en avant, qui devrait être suivi de l'application des concepts et des principes proposés par les différents pays. Les valeurs recensées sont au coeur du débat sur les systèmes de santé. La Finlande, en particulier, attache une grande importance à l'équité du fmancement et à la nécessité d'adopter progressivement des systèmes de prépaiement pour protéger les ménages et les individus contre des risques excessifs. Le Dr Leppo met en garde contre les actions à court terme. Les buts sanitaires doivent s'inscrire dans une perspective à long terme - une période de 10 ans, pour le développement d'un système de santé, est courte- et il est indispensable d'assurer la continuité et un bon équilibre entre la continuité et les changements nécessaires. La durée est aussi extrêmement importante pour les ressources humaines - clef de tout système de santé. Des personnels qualifiés doivent être recrutés, retenus et formés de façon continue, ce qui demande du temps, et ils doivent être raisonnablement rémunérés. Plus généralement, le Dr Leppo estime que la question des priorités ne peut être abordée qu'en termes généraux, sur la base de valeurs explicites comme celles qui sont décrites dans le document. On peut aussi réduire les dépenses en recensant les cas de gaspillage, les doubles emplois et les pratiques qui ne reposent pas sur des données factuelles, faiblesses qui existent dans tout système de santé. Chaque mesure de prévention doit retenir l'attention, de même que les inégalités dont sont victimes les groupes défavorisés et vulnérables, notamment en période de restrictions fmancières. On estimait dans les années 90 qu'il est souhaitable et possible de promouvoir la concurrence entre les dispensateurs de soins de santé, mais de quelles données dispose-t-on à l'appui de cette idée? La plupart des manuels d'économie sanitaire affirment que les mécanismes du marché ne fonctionnent pas dans le domaine des soins de santé. Le Dr Leppo propose que l'OMS fasse oeuvre utile en recueillant et en évaluant des données empiriques pour et contre la concurrence. A ce jour, le recours à la concurrence ne semble pas permettre de faire des gains d'efficacité sensibles, sauf dans de rares domaines tels que l'achat de services de santé lorsque plusieurs prestataires et des acheteurs en position de force sont en présence. Toutes les réformes envisagées doivent être mises en balance avec les buts fixés dans le cadre conceptuel, car il y a lieu de se demander si, parmi les réformes instaurées en Europe dans les années 90, beaucoup ont amélioré la réactivité des systèmes et l'équité du financement.

252

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

M. COMENDEIRO HERNÂNDEZ (Cuba) déclare que le manque de ressources est sans conteste un problème universel pour les systèmes de santé, en particulier dans les pays en développement, et que, quelle que soit la source de fmancement, le but principal doit être l'accès de tous aux services de santé. Son pays consacre 8 % de son budget à la santé publique et les services de santé sont gratuits et ouverts à tous. Le système de santé publique est largement décentralisé et tous les secteurs de la communauté sont étroitement associés à son élaboration et à son amélioration. Pour ce qui est de la formation du personnel, la situation qu'il décrit est la réplique du problème évoqué par le délégué du Botswana. Les personnels des services de santé sont souvent envoyés dans des pays industrialisés où ils acquièrent des connaissances qui ne sont pas nécessairement applicables chez eux. Cuba a néanmoins signé plusieurs accords avec des pays d'Afrique subsaharienne concernant l'envoi de personnels qui formeront des professionnels de santé. Pour faire en sorte que les pays obtiennent les médicaments les plus efficaces au prix le plus bas possible, il estime que les pays les moins avancés doivent produire eux-mêmes leurs médicaments de façon à réduire les dépenses liées à l'importation des derniers médicaments des pays industrialisés. Il convient avec le délégué du Zimbabwe de la nécessité d'une réglementation pharmaceutique. Pour ce qui est de la qualité, il partage l'avis du délégué du Royaume-Uni concernant les indicateurs de performance. Il remarque enfm que le Conseil national cubain de Lutte contre le SIDA, qui a plus de 10 ans, a obtenu d'excellents résultats. Mme d'ALMEIDA MASSOUGBODJI (Bénin) estime qu'il incombe à l'OMS de penser globalement et aux communautés des pays en développement d'agir localement- d'où la nécessité de renforcer les systèmes de santé. Les pays en développement sont pauvres et ils se heurtent à des obstacles tels que la guerre et la famine, la difficulté d'accès des femmes aux soins de santé, à l'éducation (80% des Béninoises ne savent ni lire ni écrire) et à la maternité sans risque, et les maladies transmissibles. Le renforcement des systèmes de santé a beaucoup progressé, mais il reste encore à de nombreux pays d'Afrique et d'Asie à intégrer la vaccination des enfants dans les soins de santé primaires et à accroître la participation de la communauté, bien que ce concept ait vu le jour en Afrique occidentale sous le nom de l'initiative de Bamako. Mme d'Almeida Massougbodji constate les médiocres résultats de cette initiative au Bénin : moins de 30 % de la population fréquente les centres de santé, malgré le faible coût des visites (le Gouvernement assurant la construction des centres et leur dotation en personnel ainsi que la fourniture des médicaments génériques). Le SIDA et les autres grands défis mobilisent les maigres ressources des systèmes de santé et les communautés, face à cela, refusent d'être de simples réceptacles de l'assistance. Elles veulent participer à chaque étape, de la planification et de la prise des décisions à l'évaluation, ce qu'elle approuve. Les communautés doivent disposer pour cela des ressources humaines, matérielles et fmancières nécessaires. Le Dr KIYONGA (Ouganda), se félicitant de cette opportunité d'échanger des informations concernant la prestation des soins de santé, souligne que 1'évaluation des systèmes de santé doit tenir compte des différents stades de développement et des niveaux de ressources des pays. Son pays met actuellement en place un système complet de soins de santé couvrant la prévention, la promotion de la santé et les soins, mais avec peu de ressources. Le problème critique en Ouganda est l'accès aux soins de santé là où une grande partie de la population vit hors de portée des services de santé. En l'absence d'un accès réel aux soins de santé, les campagnes contre le paludisme, le VIH/SIDA et la tuberculose et celles qui visent à améliorer la santé génésique ou à étendre la vaccination sont vouées à l'échec. Le système de santé de l'Ouganda met l'accent non pas sur la concurrence, mais sur la collaboration entre les différents prestataires : les secteurs public, traditionnel et privé et les organisations non gouvernementales, principalement confessionnelles. A propos de la corrélation négative supposée entre efficacité et collaboration, le Dr Kiyonga remarque qu'une collaboration réussie peut améliorer l'accès. Le cadre d'évaluation des systèmes de santé doit mettre l'accent sur toute la question de l'accès. Pour ce qui est de la qualité, il reconnaît que ses différents éléments doivent être clairement définis. L'un d'eux est la quantité d'argent disponible chaque année pour la fourniture des soins de santé; il faut un minimum de crédits, en fonction du nombre d'habitants, pour maintenir la qualité des services de santé.

TABLES RONDES MINISTERIELLES : SALLE XVIII

253

Il évoque aussi la difficulté de fixer des priorités en période de transition démographique. Les maladies transmissibles restent prioritaires, mais les maladies non transmissibles sont de plus en plus répandues dans les pays en développement, qui sont mal préparés à les combattre. L'OMS met à juste titre l'accent sur les soins de santé primaires, mais il demande que l'Organisation insiste sur le fait que les soins de santé primaires couvrent un ensemble de maladies, pas seulement les plus répandues. Pour assurer l'utilisation efficace des ressources, l'Ouganda préfère une approche sectorielle, mais le Dr Kiyonga regrette que la communauté des bailleurs de fonds ne soutienne pas, ou ne puisse pas toujours soutenir, cette approche. Il invite instamment les partenaires pour le développement à suspendre les réglementations qui font obstacle à cette approche. Le Dr KNOWLES (Bahamas) explique que son pays est dans une situation inhabituelle ; son système de santé est fortement influencé par les valeurs et les pratiques nord-américaines, tandis que nombre de ses problèmes de santé ressemblent à ceux des pays en développement. Il s'est fixé comme principales priorités l'éducation et la santé. La principale difficulté est la répartition des ressources entre les services de santé individuels et publics. Les mesures prises pour améliorer les résultats sanitaires consistent notamment à renforcer le cadre de réglementation des services de soins de santé, à recenser les meilleures pratiques, à optimiser le déploiement des professionnels de santé et à améliorer et à surveiller la qualité. Une dernière main est mise à un plan stratégique, aux buts et aux résultats clairement défmis, pour une utilisation optimale des ressources. L'augmentation des dépenses de santé se faisant aux dépens d'autres secteurs, il se félicite des mesures qui visent à évaluer la performance des systèmes de santé. Mme CODFRIED-KRANENBURG (Suriname), accueillant le cadre avec satisfaction, veut parler de l'évolution des besoins et des attentes. Il existe deux systèmes de soins de santé au Suriname: l'un dans la partie à forte densité de population du pays, l'autre dans les zones rurales peu peuplées desservies par des agents de santé locaux ayant une formation de base. Vu le développement des communications et les attentes croissantes, ce système laisse de plus en plus à désirer. Une solution intermédiaire serait souhaitable entre les soins actuellement dispensés et ce dont le système de santé a besoin. Elle cite l'exemple de la scanographie: les trois grands prestataires du secteur privé ont acheté des scanners, mais l'Etat doit fmancer la fourniture des services. La fonction d'administration générale lui paraît importante et elle estime que les ministères de la santé doivent être renforcés pour pouvoir mener à bien les réformes du secteur de la santé, spécialement dans le contexte de la libéralisation du commerce. Le Dr AL-TARA WNEH (Jordanie) met l'accent sur la répartition équitable des ressources. Il décrit les principales difficultés pour le Ministère de la Santé de Jordanie : accroissement de la population; évolution des schémas démographique et épidémiologique ; inefficacité du stockage et de l'utilisation des médicaments; centralisation excessive; double emploi des services; et manque d'efficacité des infrastructures et des personnels. La part du produit intérieur brut consacrée aux soins de santé a augmenté, mais tous les citoyens ne sont pas entièrement couverts par l'assurance-maladie. Certaines solutions à ces problèmes sont actuellement mises au point : formation continue des professionnels de santé, qui sont encouragés à prendre des initiatives pour assurer l'équité et la qualité ; recherche et maintien d'autres sources de fmancement pour le système de santé, comme des fonds de solidarité ; accroissement de la couverture par l'assurance-maladie pour les personnes aux revenus les plus faibles; décentralisation et endiguement des coûts; amélioration des systèmes d'information; responsabilisation accrue ; et responsabilité confiée aux autorités sanitaires centrales de définir des politiques de santé claires, de partager les responsabilités, d'éviter les doubles emplois et d'améliorer la coordination avec les bailleurs de fonds. Sa Majesté le Roi Abdullah Bin Al Hussain participera bientôt en personne à un séminaire sur les problèmes du secteur de la santé. Le Dr RWABUHilfl (Rwanda) se félicite de l'occasion de débattre de ces problèmes, même si des réponses ne sont pas trouvées dans l'immédiat. Le Rwanda est l'un des pays les plus pauvres du monde, avec 60 % de la population en dessous du seuil de pauvreté. Le SIDA et le paludisme sont répandus. Mais, surtout, le pays souffre des séquelles du génocide qui a fait un million de morts en seulement 100 jours

254

CINQUANTE-TROIS lEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

en 1994. La perte de nombreux personnels médicaux et la destruction des infrastructures ajoutent à la vulnérabilité de la population. Aussi le Dr Rwabuhihi est-il reconnaissant au Ministère de la Santé de Cuba de son offre d'envoyer des agents de santé. Etant donné ces difficultés exceptionnelles, le Rwanda n'a guère eu l'opportunité de réfléchir à la réforme du système de santé, mais l'occasion se présente maintenant de créer un système de santé viable, cohérent et fondé sur la participation, pratiquement à partir de rien. En dépit des innombrables personnes vulnérables, comme les veuves et les orphelins, la gratuité du système n'est pas nécessairement la réponse. Après un grand déploiement d'action humanitaire, 40 % des services de santé sont actuellement assurés par des institutions religieuses. La seule stratégie valable pour la santé consiste cependant à mobiliser la communauté et à décentraliser, comme pour le système judiciaire. Au cours de l'année écoulée, le Gouvernement s'est engagé dans une campagne contre le SIDA. Il s'emploie aussi à améliorer la qualité du système de santé pour enrayer les pertes fmancières dues à l'envoi des malades à l'étranger. Depuis le génocide, les femmes sont plus nombreuses (54 %) que les hommes ; elles continuent de jouer un rôle majeur dans le secteur de la santé. En conclusion, le Dr Rwabuhihi demande qu'une aide soit accordée à son pays pour la reconstruction du système de santé. Le Dr GALON (Philippines) se félicite à son tour de l'occasion de débattre de systèmes de santé qui répondent aux besoins du public. L'évaluation de la performance aidera à recenser les facteurs de réussite. Les Philippines doivent encore supporter une lourde charge de morbidité, spécialement dans les populations pauvres. Pour réaliser l'équité et la continuité de la fourniture des soins de santé, des réformes sont en cours dans le secteur de la santé, l'accent portant sur les normes et le renforcement des réglementations, le fmancement, la prestation des services de santé, y compris les systèmes de santé de district, les hôpitaux et la restructuration du Département de la Santé. Le but est d'améliorer la qualité et la sécurité des services de santé et la gestion des risques, de renforcer le Bureau de l'Alimentation et des Médicaments, et d'accroître la sécurité et la qualité des produits pharmaceutiques. La réforme du fmancement aidera à assurer la couverture universelle par l'assurance-maladie et à étendre le traitement dans le cadre de programmes tels que celui de la lutte contre la tuberculose. Les Philippines ont opté pour un système de budgétisation pluriannuel afin d'assurer la continuité du financement de leur système de santé et des hôpitaux gérés par les pouvoirs publics locaux. Pour garantir la continuité et la pérennité des services, le système de soins de santé de district doit être amélioré et le système d'aiguillage réorganisé. Une réforme du système hospitalier public est en cours pour permettre aux hôpitaux d'adapter les honoraires aux moyens des malades afm de dégager des fonds pour les services de santé publique. Le classement des programmes de santé publique par ordre de priorité est en cours et le Département de la Santé est en voie de décentralisation, la gestion étant transférée au niveau régional. M. KET SEIN (Myanmar) déclare que tous les citoyens de son pays ont accès aux soins de santé primaires et que toutes les villes disposent d'installations hospitalières, des hôpitaux de district servant de premier niveau de recours pour les centres de santé ruraux. Jusqu'à une date récente, les soins médicaux étaient gratuits, mais la hausse des coûts a conduit à introduire les lits payants, le paiement des services de laboratoire par les usagers et des systèmes de partage des coûts pour les médicaments. Les systèmes de partage des coûts compléteront les soins médicaux gratuits, mais les paiements seront fonction des moyens des individus. Des fonds fiduciaires ont été créés et des mécanismes d'exemption sont en place pour les indigents afm de veiller à ce que les pauvres soient protégés.

La séance est levée à 12 h 50.

PARTIE III RAPPORTS DES COMMISSIONS

Les textes des résolutions et décisions recommandés dans les rapports des commissions et ultérieurement adoptés sans changement par l'Assemblée de la Santé ont été remplacés par les numéros d'ordre (entre crochets) sous lesquels ils sont publiés dans le document WHA53/2000/REC/1. Les comptes rendus in extenso des séances plénières au cours desquelles ces rapports ont été approuvés sont reproduits dans le document WHA53/2000/REC/2.

COMMISSION DE VERIFICATION DES POUVOIRS Premier rapport1 [A53/33- 16 mai 2000] La Commission de Vérification des Pouvoirs s'est réunie le 16 mai 2000. Etaient présents les délégués des Etats Membres suivants : Barbade, Burundi, Chili, Gabon, Indonésie, Irlande, Pologne, République arabe syrienne, République de Corée, République-Unie de Tanzanie, Saint-Marin et Tunisie. La Commission a élu son bureau comme suit: Sénateur P. C. Goddard (Barbade), Président; Mme L. H. Rustam (Indonésie), Vice-Président; Dr G. L. Upunda (République-Unie de Tanzanie), Rapporteur. La Commission a examiné les pouvoirs remis au Directeur général conformément aux dispositions de l'article 22 du Règlement intérieur de l'Assemblée mondiale de la Santé. La Commission propose à l'Assemblée de la Santé de reconnaître la validité des pouvoirs des délégués des Etats Membres et du Membre associé dont la liste figure à la fm du présent rapport, ces pouvoirs ayant été trouvés conformes aux dispositions du Règlement intérieur. La Commission a examiné les notifications de l'Afghanistan, d' Antigua-et-Barbuda, de l'Arménie, de la Belgique, du Bénin, de la Bosnie-Herzégovine, de la Côte d'Ivoire, de la Croatie, de Djibouti, de l'Egypte, de la Gambie, de la Guinée équatoriale, du Liban, de la Lituanie, du Malawi, du Mali, de la Micronésie (Etats fédérés de), de Nauru, de Nioué, du Pakistan, du Panama, du Portugal, de la République de Moldova, du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord, de Saint-Vincent-et-Grenadines et de la Thai1ande qui, bien que donnant la composition de la délégation de ces Etats Membres, ne peuvent être considérées comme constituant des pouvoirs officiels au sens des dispositions du Règlement intérieur. Elle recommande à l'Assemblée de la Santé de reconnaître provisoirement aux délégations de ces Etats Membres le plein droit de participer à ses travaux en attendant l'arrivée des pouvoirs officiels.

1

Approuvé par l'Assemblée de la Santé à sa cinquième séance plénière.

-257-

258

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

Etats dont il est recommandé de reconnaître la validité des pouvoirs (voir quatrième paragraphe ci-dessus) Afrique du Sud, Albanie, Algérie, Allemagne, Andorre, Angola, Arabie saoudite, Argentine, Australie, Autriche, Azerbaïdjan, Bahamas, Bahreïn, Bangladesh, Barbade, Bélarus, Belize, Bhoutan, Bolivie, Botswana, Brésil, Brunéi Darussalam, Bulgarie, Burkina Faso, Burundi, Cambodge, Cameroun, Canada, Cap-Vert, Chili, Chine, Chypre, Colombie, Congo, Costa Rica, Cuba, Danemark, El Salvador, Emirats arabes unis, Equateur, Erythrée, Espagne, Estonie, Etats-Unis d'Amérique, Ethiopie, Ex-République yougoslave de Macédoine, Fédération de Russie, Fidji, Finlande, France, Gabon, Géorgie, Ghana, Grèce, Guatemala, Guinée, Haïti, Honduras, Hongrie, Iles Cook, Iles Salomon, Inde, Indonésie, Iran (République islamique d'), Iraq, Irlande, Islande, Israël, Italie, Jamahiriya arabe libyenne, Jamaïque, Japon, Jordanie, Kazakhstan, Kenya, Kirghizistan, Kiribati, Koweit, Lesotho, Lettonie, Libéria, Luxembourg, Madagascar, Malaisie, Maldives, Malte, Maroc, Maurice, Mauritanie, Mexique, Monaco, Mongolie, Mozambique, Myanmar, Namibie, Népal, Nicaragua, Niger, Nigéria, Norvège, Nouvelle-Zélande, Oman, Ouganda, Ouzbékistan, Palaos, Papouasie-Nouvelle-Guinée, Paraguay, Pays-Bas, Pérou, Philippines, Pologne, Porto Rico, 1 Qatar, République arabe syrienne, République centrafricaine, République de Corée, République démocratique du Congo, République démocratique populaire lao, République dominicaine, République populaire démocratique de Corée, République tchèque, République-Unie de Tanzanie, Roumanie, Rwanda, Saint-Kitts-et-Nevis, Saint-Marin, Samoa, Sao Tomé-et-Principe, Sénégal, Seychelles, Sierra Leone, Singapour, Slovaquie, Slovénie, Soudan, Sri Lanka, Suède, Suisse; Suriname, Swaziland, Tadjikistan, Tchad, Togo, Tonga, Trinité-et-Tobago, Tunisie, Turkménistan, Turquie, Tuvalu, Ukraine, Uruguay, Vanuatu, Venezuela, VietNam, Yémen, Zambie, Zimbabwe.

Deuxième rapporf [A53/38- 18 mai 2000] Le 18 mai 2000, le bureau de la Commission de Vérification des Pouvoirs a examiné les pouvoirs officiels des délégations des Etats Membres dont les noms suivent, qui avaient été provisoirement autorisées à siéger à l'Assemblée de la Santé en attendant l'arrivée de ces documents: Belgique, Bénin, Côte d'Ivoire, Croatie, Egypte, Gambie, Guinée équatoriale, Liban, Lituanie, Malawi, Mali, Micronésie (Etats fédérés de), Pakistan, Panama, Portugal, République de Moldova, Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord, Thaïlande. Ces pouvoirs ayant été trouvés conformes aux dispositions du Règlement intérieur, le bureau de la Commission propose à l'Assemblée de la Santé d'en reconnaître la validité.

1

Membre associé. Approuvé par l'Assemblée de la Santé à sa septième séance plénière.

2

RAPPORTS DES COMMISSIONS

259

COMMISSION DES DESIGNATIONS Premier rapport 1 [A53/30- 15 mai 2000] La Commission des Désignations, composée des délégués des Etats Membres suivants : Angola, Argentine, Bahamas, Bahreih, Bénin, Bhoutan, Botswana, Brunéi Darussalam, Bulgarie, Cameroun, Chine, Chypre, Colombie, Costa Rica, Fédération de Russie, France, Maroc, Maurice, Mexique, Portugal, Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord, Slovaquie, Sri Lanka, Zambie, et de M. M. Telefoni Retzla:ff, Samoa (membre de droit), s'est réunie le 15 mai 2000. Conformément aux dispositions de l'article 25 du Règlement intérieur de l'Assemblée de la Santé et à la pratique de rotation régionale suivie de longue date par l'Assemblée de la Santé à cet égard, la Commission a décidé de proposer à l'Assemblée de la Santé la désignation du Dr L. Amathila (Namibie) pour le poste de Président de la Cinquante-Troisième Assemblée mondiale de la Santé.

Deuxième rapport 1 [A53/31-15 mai 2000] A sa première séance, tenue le 15 mai 2000, la Commission des Désignations a décidé de proposer à l'Assemblée de la Santé, conformément à l'article 25 du Règlement intérieur de l'Assemblée, les désignations suivantes : Vice-Présidents de l'Assemblée: Professeur F. Nazirov (Ouzbékistan), M. N. T. Shanmugam (Inde), Professeur R. Smallwood (Australie), Dr M. A. Al-Jarallah (Koweït), Dr M. AmédéeGédéon (Haïti). Commission A : Président- Professeur S. M. Ali (Bangladesh). Commission B : Président- Dr K. Karam (Liban). En ce qui concerne les postes de membres du Bureau à pourvoir par voie d'élection, conformément à l'article 31 du Règlement intérieur de l'Assemblée de la Santé, la Commission a décidé de proposer les délégués des dix-sept pays suivants : Afrique du Sud, Allemagne, Bosnie-Herzégovine, Burkina Faso, Canada, Cap-Vert, Chine, Cuba, Etats-Unis d'Amérique, Fédération de Russie, France, Ghana, Lesotho, Oman, Palaos, Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord et Uruguay.

1

Approuvé par l'Assemblée de la Santé à sa première séance plénière.

260

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

Troisième rapport 1 [A53/32- 15 mai 2000] A sa première séance, tenue le 15 mai 2000, la Commission des Désignations a décidé de proposer à chacune des commissions principales, conformément à l'article 25 du Règlement intérieur de l'Assemblée de la Santé, les désignations suivantes pour les postes de vice-présidents et de rapporteur:

Commission A: Vice-Présidents- Mme M. McCoy Sanchez (Nicaragua) et Dr R. Busuttil (Malte); Rapporteur- Dr J. Rasamizanaka (Madagascar). Commission B: Vice-Présidents - Mlle F.-Z. Chaïeb (Algérie) et M. L. Rokovada (Fidji); Rapporteur- Dr Suwit Wibulpolprasert (Thai1ande).

BUREAU DE L'ASSEMBLEE Rapporf [A53/34 -18 mai 2000]

Election de Membres habilités à désigner une personne devant faire partie du Conseil exécutif A sa séance du 17 mai 2000, le Bureau de l'Assemblée, conformément à l'article 102 du Règlement intérieur de l'Assemblée de la Santé, a établi la liste ci-après de dix Membres, dans l'ordre alphabétique anglais, liste qui doit être transmise à l'Assemblée de la Santé en vue de l'élection de dix Membres habilités à désigner une personne devant faire partie du Conseil exécutif: Brésil, République populaire démocratique de Corée, Guinée équatoriale, Iran (République islamique d'), Italie, Japon, Jordanie, Lituanie, Suède et Venezuela. De l'avis du Bureau de l'Assemblée, l'élection de ces dix Membres assurerait une répartition équilibrée des sièges au Conseil exécutif.

1

Voir les procès-verbaux de la première séance des Commissions A et B (pp. 9 et 141 respectivement). Voir le compte rendu de la septième séance plénière, section 3, dans le document WHA53/2000/REC/2.

2

RAPPORTS DES COMMISSIONS

261

COMMISSION A Premier rapport 1 [A53/35 -17 mai 2000] Sur proposition de la Commission des Désignations/ Mme M. McCoy Sanchez (Nicaragua) et le Dr R. Busuttil (Malte) ont été élus Vice-Présidents et le Dr J. Rasamizanaka (Madagascar) a été élu Rapporteur. La Commission A a tenu ses trois premières séances les 16 et 17 mai 2000 sous la présidence du Professeur S. M. Ali (Bangladesh). Il a été décidé de recommander à la Cinquante-Troisième Assemblée mondiale de la Santé d'adopter une résolution relative aux points suivants de 1' ordre du jour : 12. Questions techniques et sanitaires 12.1 Initiative Halte à la tuberculose [WHA53.1 ].

Deuxième rapport3 [A53/41 -19 mai 2000] La Commission A a tenu ses quatrième, cinquième et sixième séances les 18 et 19 mai 2000 sous la présidence du Professeur S. M. Ali (Bangladesh). La septième séance a eu lieu le 19 mai 2000 sous la présidence du Professeur S. M. Ali (Bangladesh) et de M. J. A. Chowdhury (Inde), qui a été désigné Vice-Président par intérim conformément à l'article 37 du Règlement intérieur de l'Assemblée de la Santé. Il a été décidé de recommander à la Cinquante-Troisième Assemblée mondiale de la Santé d'adopter quatre résolutions et une décision relatives aux points suivants de l'ordre du jour: 12. Questions techniques et sanitaires 12.2 VIH/SIDA VIH/SIDA: faire face à l'épidémie [WHA53.14] 12.3 Salubrité des aliments [WHA53.15] 12.4 Alimentation du nourrisson et du jeune enfant La nutrition chez le nourrisson et le jeune enfant [WHA53(1 0)]

1 2

Approuvé par 1'Assemblée de la Santé à sa septième séance plénière. Voir plus haut le troisième rapport de cette Commission. Approuvé par 1'Assemblée de la Santé à sa huitième séance plénière.

3

262

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

12.10 Convention-cadre de l'OMS pour la lutte antitabac [WHA53.16] 12.11 Stratégie mondiale de lutte contre les maladies non transmissibles Lutte contre les maladies non transmissibles [WHA53.17].

COMMISSION B Premier rapport 1 [A53/36- 18 mai 2000] La Commission B a tenu ses première et deuxième séances les 17 et 18 mai 2000 sous la présidence du Dr K. Karam (Liban). Après examen de la proposition de la Commission des Désignations, 2 Mlle F.-Z. Chaïeb (Algérie) et M. L. Rokovada (Fidji) ont été élus Vice-Présidents et le Dr Suwit Wibulpolprasert (Thaïlande) a été élu Rapporteur. Il a été décidé de recommander à la Cinquante-Troisième Assemblée mondiale de la Santé d'adopter sept résolutions et une décision relatives aux points suivants de l'ordre du jour: 14. Questions administratives et financières 14.1 Questions fmancières • Etat du recouvrement des contributions, et notamment celles des Membres redevables d'arriérés dans une mesure qui justifierait l'application de l'article 7 de la Constitution Membres redevables d'arriérés de contributions dans une mesure qui justifierait l'application de l'article 7 de la Constitution [WHA53.2] • Rapport fmancier sur les comptes de l'OMS pour 1998-1999, rapport du Commissaire aux Comptes et observations y relatives formulées au nom du Conseil exécutif; rapport du vérificateur intérieur des comptes [WHA53.3] • Fonds immobilier [WHA53.4] • Recettes occasionnelles [WHA53.5] • Amendements au Règlement financier [WHA53.6] 14.2 Développement des ressources humaines et appui au personnel • Amendements au Statut et au Règlement du Personnel Traitements du personnel hors classes et du Directeur général [WHA53.7] • Nomination de représentants au Comité des Pensions du Personnel de l'OMS [WHA53(9)] 14.3 Amendements au Règlement applicable aux tableaux et comités d'experts Règlement applicable aux tableaux et comités d'experts [WHA53.8].

La Commission a examiné le point de l'ordre du jour concernant le barème des contributions, mais, considérant que l'article 98 du Règlement intérieur de l'Assemblée de la Santé n'avait pas été respecté, elle n'a pris aucune décision sur la proposition.

1

Approuvé par 1'Assemblée de la Santé à sa septième séance plénière. Voir plus haut le troisième rapport de cette Commission.

2

RAPPORTS DES COMMISSIONS

263

Deuxième rapport 1 [A53/37 -19 mai 2000] La Commission B a tenu sa troisième séance le 18 mai 2000 sous la présidence de Mlle F.-Z. Chaïeb (Algérie) et de M. L. Rokovada (Fidji). Il a été décidé de recommander à la Cinquante-Troisième Assemblée mondiale de la Santé d'adopter deux résolutions relatives aux points suivants de l'ordre du jour: 15. Questions juridiques • Participation de l'OMS à la Convention de Vienne de 1986 sur le droit des traités entre Etats et organisations internationales ou entre organisations internationales [WHA53.9] Collaboration à l'intérieur du système des Nations Unies et avec d'autres organisations intergouvernementales Décennie internationale des populations autochtones [WHA53.10].

17.

Troisième rapport 1 [A53/39- 20 mai 2000] La Commission B a tenu sa quatrième séance le 19 mai 2000 sous la présidence du Dr K. Karam (Liban). Il a été décidé de recommander à la Cinquante-Troisième Assemblée mondiale de la Santé d'adopter une résolution relative au point suivant de l'ordre du jour: 16. Situation sanitaire de la population arabe dans les territoires arabes occupés, y compris la Palestine, et assistance sanitaire à cette population [WHA53 .Il].

1

Approuvé par l'Assemblée de la Santé à sa huitième séance plénière.

264

CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

Quatrième rapport 1 [A53/40 -19 mai 2000] La Commission B a tenu sa cinquième séance le 19 mai 2000 sous la présidence du Dr K. Karam (Liban). Il a été décidé de recommander à la Cinquante-Troisième Assemblée mondiale de la Santé d'adopter deux résolutions relatives aux points suivants de l'ordre du jour: 12. 17. Questions techniques et sanitaires 12.7 Alliance mondiale pour les vaccins et la vaccination [WHA53.12] Collaboration à l'intérieur du système des Nations Unies et avec d'autres organisations intergouvernementales Aligner la participation de la Palestine à l'Organisation mondiale de la Santé sur sa participation à l'Organisation des Nations Unies [WHA53.13].

1

Approuvé par l'Assemblée de la Santé à sa huitième séance plénière.

Основные сведения
Тип документа Governing Bodies documents
Дата принятия
Источник Всемирная организация здравоохранения