SOIXANTE-TROISIÈME ASSEMBLÉE MONDIALE DE LA SANTÉ Point 13 de l’ordre du jour provisoire
A63/INF.DOC./6 13 mai 2010
Situation sanitaire dans le territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est, et dans le Golan syrien occupé Le Directeur général a l’honneur de porter à l’attention de l’Assemblée de la Santé le rapport ci-joint du Directeur de la Santé de l’UNRWA, pour l’année 2009.
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ANNEXE RAPPORT DU DIRECTEUR DE LA SANTÉ DE L’UNRWA POUR L’ANNÉE 2009 RÉFUGIÉS PALESTINIENS DANS LE TERRITOIRE PALESTINIEN OCCUPÉ : SITUATION SANITAIRE ET ASSISTANCE
PROFIL DÉMOGRAPHIQUE 1. Sur les 4,8 millions de Palestiniens réfugiés enregistrés auprès de l’Office de Secours et de Travaux des Nations Unies pour les Réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA), 1 885 000 vivent dans le territoire palestinien occupé, où ils représentent près de la moitié de la population, soit 1 106 000 dans la Bande de Gaza (74 % de la population palestinienne résidente) et 779 000 en Cisjordanie (31 % de la population palestinienne résidente).1 2. Le territoire palestinien occupé compte 27 camps de réfugiés (19 en Cisjordanie et 8 dans la Bande de Gaza). La proportion des réfugiés palestiniens vivant encore dans des camps est de près d’un tiers (45,4 % dans la Bande de Gaza et 25,4 % en Cisjordanie) ; les autres réfugiés vivent dans des villes et villages aux côtés de la population d’accueil. 3. En 2009, la proportion des moins de 18 ans parmi les réfugiés palestiniens dans le territoire palestinien occupé s’établissait à 37,6 % en Cisjordanie et à 45,5 % dans la Bande de Gaza. Le nombre d’enfants nés par femme s’est stabilisé au cours des cinq dernières années : en 2008, chez les réfugiées palestiniennes bénéficiant des services de l’UNRWA, il était de 4,5 en Cisjordanie et de 4,4 dans la Bande de Gaza,2 contre 4,2 et 4,7 respectivement en 2003. En 2009, le rapport des réfugiés de moins de 15 ans et de plus de 65 ans au nombre total des réfugiés était de 85,3 % dans la Bande de Gaza et 72,1 % en Cisjordanie, maintenant ainsi une lourde charge économique pour les ménages. 4. Le chômage en Cisjordanie touche davantage les réfugiés que les non-réfugiés bien que l’écart entre les deux groupes ait diminué en 2008. Le taux de chômage général est ainsi passé de 24,5 % en 2007 à 25,3 % en 2008, alors que le taux de chômage chez les réfugiés a été ramené de 26,7 % à 25,9 %.3 Dans la Bande de Gaza, l’intensification du siège qui a commencé au milieu de 2007 a eu des conséquences aussi bien pour les réfugiés que pour les non-réfugiés. L’opération militaire la plus destructive de l’histoire de la Bande de Gaza à la fin de 2008 a entraîné une augmentation spectaculaire du chômage. Le taux de chômage général ajusté est passé d’environ 38 % en 2007 à 49 % en 2008.4
1 Rapport annuel du Département de la Santé de l’UNRWA 2009, sous presse ; et communiqué de presse publié le 20 juin 2009 par le Bureau central palestinien des Statistiques. Accessible en ligne sur http://www.pcbs.pna.org/Portals/ _pcbs/PressRelease/refugees_E.pdf. Consulté le 21 avril 2010. 2 Rapport de l’UNRWA intitulé « UNRWA infant mortality survey: causes and determinants of infant death among Palestine refugees in the Near East », 2009.
UNRWA. The West Bank Labour Market in 2008: a briefing paper. Décembre 2009. Accessible en ligne sur http://www.unrwa.org/userfiles/201001196450.pdf. Consulté le 21 avril 2010. UNRWA. The Gaza Labour Market in 2008: a briefing paper. Décembre 2009. Accessible en ligne sur http://www.unrwa.org/userfiles/2010011974016.pdf. Consulté le 21 avril 2010. 4
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PROFIL ÉPIDÉMIOLOGIQUE 5. Malgré une large offre de services de santé et des taux de couverture vaccinale élevés, on n’a pas constaté d’amélioration sensible des indicateurs sanitaires en 2009. Les maladies évitables par la vaccination sont bien maîtrisées tant dans la Bande de Gaza qu’en Cisjordanie et la couverture vaccinale antirougeoleuse, surveillée dans le cadre des efforts en vue d’atteindre les objectifs du Millénaire pour le développement, reste constamment supérieure à 95 %. L’incidence de la tuberculose, du VIH/sida et des zoonoses endémiques comme la brucellose reste faible. Les maladies associées à des carences en matière de salubrité de l’environnement constituent une menace pour la santé publique reflétant des schémas d’endémicité locaux. Les chiffres relatifs à la prévalence chez les réfugiés palestiniens en 2009 confirment la différence entre la Bande de Gaza et la Cisjordanie en ce qui concerne l’incidence d’infections comme l’hépatite aiguë (75,3 pour 100 000 dans la Bande de Gaza et 15,9 pour 100 000 en Cisjordanie) et la fièvre typhoïde (12,4 et 0,0 pour 100 000 respectivement). Aucun cas de poliomyélite, de paralysie flasque aiguë, de choléra, de tétanos, de diphtérie ni de coqueluche n’a été signalé et il n’y a pas eu de flambée dans la population de réfugiés du territoire palestinien occupé en 2009. 6. La population du territoire palestinien occupé est confrontée aux conséquences socio-économiques de la prévalence croissante de l’invalidité provoquée par les maladies non transmissibles ainsi qu’à la charge économique du nombre croissant de malades chroniques nécessitant des soins médicaux. Le taux de détection du diabète sucré chez les réfugiés palestiniens de plus de 40 ans se présentant dans les centres de santé en 2009 était de 11,7 % en Cisjordanie et de 13,1 % dans la Bande de Gaza, les chiffres correspondants concernant l’hypertension étant de 16 % et de 19,7 % respectivement. 7. Tant les formes aiguës que chroniques de malnutrition continuent de poser des problèmes majeurs, en particulier dans la Bande de Gaza dont le secteur agricole a du mal à supporter le blocus israélien et les dommages causés par le récent conflit, et qui se retrouve avec un approvisionnement en fruits frais et en protéines disponibles à un prix abordable sensiblement réduit à la suite du bouclage du territoire.1 Selon la dernière évaluation de la FAO,2 la sécurité sanitaire des aliments dans la Bande de Gaza en 2008 et au début de 2009 s’est dégradée par rapport à 2007 et une enquête réalisée par le Bureau central palestinien des Statistiques révèle qu’après la guerre, 16,2 % des ménages supplémentaires ont réduit leur consommation de produits alimentaires alors que 33,7 % ont acheté des produits alimentaires de moins bonne santé.3 8. Le stress post-traumatique et les autres troubles psychologiques et comportementaux qui sont une conséquence connue de l’exposition à des événements traumatisants constituent une nouvelle priorité en matière de santé. Deux mille neuf a été une année extrêmement difficile pour les réfugiés palestiniens de la Bande de Gaza alors que ceux de Cisjordanie ont continué de supporter les effets des mesures de bouclage et des couvre-feux. L’UNRWA a mis sur pied des opérations de soutien psychologique pendant le conflit de 2009 dans la Bande de Gaza. Quelque 16 000 personnes ont reçu un appui dans les abris alors que 20 % des adultes ont manifesté des « symptômes psychologiques
1 Integrated Regional Information Networks (IRIN). OPT: signs of worsening malnutrition among children, 21 avril 2009. Accessible en ligne sur http://www.unhcr.org/refworld/docid/49f012bb9.html. Consulté le 21 avril 2010.
Report of the Rapid Qualitative Emergency Food Security Assessment (EFSA) Gaza Strip. FAO/WFP, 2009. Accessible en ligne sur http://unispal.un.org/pdfs/FAO-WFP_EFSAreport.pdf. Consulté le 26 avril 2009. The impact of war and siege on Gaza Strip, 2009. Accessible en ligne sur http://www.pcbs.pna.org/Portals/ _PCBS/Downloads/book1595.pdf (en arabe seulement). Consulté le 21 avril 2010. 3
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inquiétants » et 30 % des enfants des symptômes absents avant l’expérience de la guerre. Douze personnes ont été orientées vers des services psychiatriques pour des réactions post-traumatiques sévères. 9. La différence entre la Cisjordanie et la Bande de Gaza en ce qui concerne l’objectif du Millénaire pour le développement et les autres indicateurs de la santé est encore marquée. Dans l’ensemble, la situation est plus défavorable dans la Bande de Gaza qu’en Cisjordanie bien que les dispensateurs de soins soient les mêmes et que les populations soient comparables. La Bande de Gaza présente un taux de mortalité infantile qui est toujours plus élevé (taux de l’UNRWA concernant la Cisjordanie : 19,5 pour 1000 et concernant la Bande de Gaza, 20,2 pour 1000 ; taux concernant l’objectif du Millénaire pour le développement des Nations Unies dans le territoire palestinien occupé : 24,0 pour 1000) et une espérance de vie inférieure (Cisjordanie : 74,5 ans ; Bande de Gaza : 73,4 ans).1 Les chiffres dans les deux territoires sont nettement moins bons que ceux d’Israël (où le taux de mortalité infantile relatif aux objectifs du Millénaire pour le développement s’établissait à 4,0 pour 1000 et l’espérance de vie à 80,73 ans).2 10. Les facteurs qui ont contribué aux différences observées entre les indicateurs sanitaires des réfugiés palestiniens de la Bande de Gaza et de Cisjordanie sont multiples. On relèvera que la population résidente de Cisjordanie a partiellement accès aux services de santé israéliens de qualité supérieure, ce qui est moins le cas des habitants de Gaza. En outre, la Bande de Gaza doit faire face à une situation de siège et à une crise humanitaire prolongée qui sont à l’origine de décès, de cas d’incapacité et de dégâts aux infrastructures et aggravent les dysfonctionnements au niveau des soins fournis.
L’APPROCHE DE L’UNRWA : DES SOINS DE SANTÉ TOUT AU LONG DE L’EXISTENCE 11. L’UNRWA est le principal dispensateur de soins de santé primaires complets aux réfugiés palestiniens depuis 60 ans et constitue aussi l’opération humanitaire la plus importante dans le territoire palestinien occupé. L’Office s’attache à promouvoir une approche complète des soins de santé qui commence avant la conception et se poursuit jusqu’à la vieillesse, en privilégiant les soins de santé primaires et la prévention. 12. L’UNRWA intervient par le biais de deux bureaux de terrain en Cisjordanie et dans la Bande de Gaza et d’un réseau de 61 centres de soins de santé primaires. L’accès aux soins de niveaux secondaire et tertiaire est assuré par l’hôpital de l’UNRWA en Cisjordanie (à Qalqilya) et par des hôpitaux sous-traitants dans les deux territoires. Près de deux millions de réfugiés résidant dans le territoire palestinien occupé (70 % de l’ensemble des réfugiés enregistrés en Cisjordanie et 82 % dans la Bande de Gaza) ont eu accès aux services préventifs et curatifs de l’UNRWA en 2009. Les services de santé
1 CIA World Factbook. Accessible en ligne sur https://www.cia.gov/library/publications/the-world-factbook/ index.html. Consulté le 21 avril 2010. Il est à noter que les données de l’UNRWA concernant la mortalité infantile ne portent que sur les réfugiés palestiniens ; la dernière enquête a été menée en 2008 et fait suite à la situation qui a régné en 2005-2006. Les données concernant les objectifs du Millénaire pour le développement des Nations Unies et la CIA se réfèrent à l’ensemble de la population vivant dans les territoires palestiniens occupés. Les données relatives aux objectifs du Millénaire pour le développement ont été mises à jour pour la dernière fois en 2007. 2 Voir les objectifs du Millénaire pour le développement des Nations Unies et CIA World Factbook, accessibles en ligne respectivement sur http://www.un.org/millenniumgoals et sur https://www.cia.gov/library/publications/the-worldfactbook. Consultés le 26 avril 2009.
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bucco-dentaire sont fournis par 19 centres de soins et trois unités dentaires mobiles dans la Bande de Gaza et 23 centres en Cisjordanie. 13. Les soins périnatals comprennent les soins avant la conception et après la naissance. En 2009, le programme de soins avant la conception a été entièrement mis en œuvre. Les couples reçoivent des conseils lorsqu’une grossesse est envisagée et on leur recommande d’éviter des grossesses trop rapprochées, trop fréquentes, trop précoces ou trop tardives dans le cadre d’une planification familiale moderne. Dans le territoire palestinien occupé, près de 11 000 nouvelles familles ont été enrôlées en 2009 et le nombre total d’utilisateurs réguliers de méthodes contraceptives modernes a augmenté de 1,9 % comparativement à l’année précédente. 14. Les soins prénatals ont été offerts à près de 60 000 réfugiées, le taux de couverture atteignant 100 % dans la Bande de Gaza et 64,3 % en Cisjordanie. La proportion de femmes enceintes relevant de L’UNRWA qui se sont rendues au moins quatre fois à une consultation prénatale en cours de grossesse en 2009 était de 93,6 % dans la Bande de Gaza et de 83,3 % en Cisjordanie ; en moyenne, 77 % des femmes se sont inscrites pendant les trois premiers mois de la grossesse et plus de 99 % ont donné naissance dans un établissement de soins. Plus de 90 % des femmes concernées ont bénéficié d’un suivi après l’accouchement dans un centre de l’UNRWA ou à domicile. 15. Les soins de santé du nourrisson et de l’enfant mettent l’accent sur les services pédiatriques curatifs et préventifs ainsi que les services de santé à l’école, notamment examens médicaux, vaccination, dépistage des déficiences visuelles et auditives, consultations de santé bucco-dentaire, supplémentation en vitamine A, administration de vermifuges et activités d’éducation pour la santé et de promotion de la santé. En 2009, près de 30 000 enfants supplémentaires ont été scolarisés dans des écoles de l’UNRWA dans le territoire palestinien occupé. 16. La lutte contre les maladies transmissibles est assurée en partie par une forte couverture vaccinale et en partie par la détection rapide et la prise en charge des flambées grâce à un système de surveillance épidémiologique basé dans les centres de santé. Le taux de couverture vaccinale complète des enfants de 12 mois en 2009 était de 94,6 % dans la Bande de Gaza et de 99,7 % en Cisjordanie, alors que le taux de couverture des enfants de 18 mois recevant des doses de rappel dépassait 99 % dans les deux territoires. La surveillance des maladies transmissibles a également été renforcée en 2009 grâce à l’application de lignes directrices révisées, à une formation élargie et à la mise en place – à fin janvier 2009 à l’issue du conflit dans la Bande de Gaza – d’un système d’alerte précoce des maladies transmissibles qui reste la seule source fiable rapide d’informations épidémiologiques dans cette zone. 17. Les adolescents et jeunes adultes réfugiés dans le territoire palestinien occupé bénéficiant des services de santé de l’UNRWA se rendaient en moyenne cinq fois par an à des consultations médicales.1 En 2009, le nombre de consultations médicales données par des médecins de l’UNRWA dans le territoire palestinien occupé est passé à près de 6 millions (1,9 million en Cisjordanie et 4 millions dans la Bande de Gaza). On a compté près de 380 000 consultations bucco-dentaires et près de 130 000 séances de dépistage de problèmes bucco-dentaires, et une réadaptation physique a été assurée à 13 763 réfugiés dont 25 % pour des séquelles de traumatismes physiques. Au cours de la même période, 400 patients ont été admis pour le traitement de traumatismes survenus pendant la guerre de Gaza en janvier 2009, dont 30 % étaient des enfants. Plus de 8000 réfugiés ont bénéficié de
Rapport de l’UNRWA intitulé « Analysis of UNRWA outpatient services. Patient profiles, causes of consultation and antimicrobial prescription in UNRWA primary health care clinics », 2009.
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conseils individuels en santé mentale et plus de 30 000 de conseils en groupe, alors que près de 6000 ont reçu des visites à domicile d’agents de santé mentale de l’UNRWA. 18. Cinq équipes sanitaires mobiles sillonnent la Cisjordanie depuis février 2003. Leur objectif est de faire face à la charge supplémentaire que doit supporter le système de santé et en particulier de faciliter l’accès aux services de santé dans les zones touchées par des mesures de bouclage, l’installation de postes de contrôle et l’érection du mur de Cisjordanie. Elles offrent un ensemble complet de services médicaux essentiels curatifs et préventifs à quelque 11 000 patients réfugiés et non réfugiés par mois vivant dans plus de 126 endroits isolés. Depuis leur entrée en service, les équipes mobiles ont joué un rôle médical crucial et le nombre de réfugiés palestiniens traités est passé de 69 500 en 2003 à 133 582 en 2009. 19. Le nombre de réfugiés de Cisjordanie et de la Bande de Gaza qui ont été hospitalisés a augmenté de 6 %, passant de 23 488 en 2008 à 24 831 en 2009. Outre les services hospitaliers sous-traités, l’UNRWA gère un hôpital de 63 lits à Qalqilya, en Cisjordanie, qui offre des soins médicaux, chirurgicaux, gynécologiques et obstétricaux aux réfugiés ainsi qu’aux non-réfugiés dans le besoin dans le nord de la Cisjordanie. En 2009, le taux quotidien moyen d’occupation des lits était de 57,3 % et le nombre des hospitalisations a dépassé 6000. 20. Le vieillissement actif constitue la dernière phase de l’approche de l’UNRWA pour les soins de santé tout au long de l’existence. Il s’agit surtout de prendre en charge les maladies non transmissibles à forte prévalence comme le diabète et l’hypertension et l’on privilégie la prévention secondaire des complications tardives. À fin 2009, plus de 80 000 diabétiques et/ou hypertendus recevaient des soins dans les centres de santé de l’UNRWA dans le territoire palestinien occupé (52 941 dans la Bande de Gaza et 30 666 en Cisjordanie).
DÉFIS ET OBSTACLES RELATIFS À LA PRESTATION DE SERVICES SANITAIRES 21. Les restrictions d’accès dont sont victimes les Palestiniens et les retombées du conflit dans la Bande de Gaza ont pesé lourdement sur un système de santé public déjà surchargé dans le territoire palestinien occupé. Les difficultés de déplacement du personnel de l’UNRWA et de circulation des marchandises et l’augmentation des prix, notamment des médicaments et des produits alimentaires, sont deux des problèmes auxquels le programme de santé de l’UNRWA a été confronté en 2009, en plus des complications logistiques et de l’augmentation des frais de fonctionnement qu’ils ont occasionnées à la suite des restrictions de la liberté de mouvement et du bouclage imposé au territoire palestinien occupé. 22. En Cisjordanie, les mouvements du personnel et des patients sont extrêmement limités et imprévisibles à cause des divers postes israéliens, notamment ceux qui contrôlent l’accès à JérusalemEst. Ces restrictions limitent la possibilité pour l’Office de répondre aux besoins de communautés toujours plus vulnérables.1 En 2009, pénétrer dans les zones des opérations restait problématique pour les agents de santé de l’UNRWA. Le personnel affecté au programme de santé a signalé 31 incidents concernant l’accès touchant 76 membres du personnel et entraînant la perte de 56 heures de travail.
1 Les communautés concernées sont celles touchées par les restrictions de la liberté de mouvement et le bouclage (notamment celles touchées par le mur de la Cisjordanie, l’extension des colonies, les zones militaires fermées et les communautés comme celles vivant dans la zone C de la Cisjordanie, la Vallée du Jourdain et la périphérie de Jérusalem).
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Mais le problème est largement sous-estimé car les difficultés régulièrement éprouvées aux postes de contrôle ne sont pas toujours signalées et il n’est pas tenu compte des zones où le personnel de l’UNRWA ne se rend plus en raison des difficultés d’accès, comme par exemple l’enclave de Bart’a. Il n’est pas davantage possible de mesurer les effets pour les services dispensés dus aux initiatives prises pour éviter des points de contrôle difficiles, par exemple les détours. Cela dit, il est clair que les difficultés d’accès en 2009 ont accru la durée d’attente des patients et perturbé les activités régulières et répétitives dans les centres de santé en raison de l’arrivée tardive ou de l’absence du personnel. De nombreuses femmes enceintes n’ont pu se rendre à temps à leurs rendez-vous de suivi dans les centres de santé de l’UNRWA en raison du blocage et des restrictions de circulation. Les difficultés d’accès aux services de santé de l’UNRWA ont également aggravé l’état des malades chroniques qui ne pouvaient pas être suivis et traités régulièrement. 23. Les équipes médicales mobiles de l’UNRWA n’ont pu accéder au village de Bart’a – depuis octobre 2007 – ni à d’autres zones situées entre le mur de Cisjordanie et la ligne d’armistice. L’entrée de Bart’a est contrôlée par les forces militaires israéliennes qui exigent de fouiller les véhicules et le personnel de l’UNRWA. Les contrôles de sécurité relèvent depuis peu d’une compagnie de sécurité privée (placée sous l’autorité du Ministère de la Défense). Les mêmes mesures sont imposées à d’autres points de passage du mur et à Jérusalem et elles entravent de plus en plus l’accès à la zone charnière dans d’autres parties de la Cisjordanie. 24. Afin de répondre aux besoins de soins des réfugiés de l’enclave de Bart’a, de Dher Al Malih et d’Um Al Rihan dans la région de Jénine et de surmonter les problèmes d’accès, un mémorandum d’accord avec CARE International/la Société palestinienne de Secours médicaux a été signé et est entré en vigueur le 1er décembre 2009. L’UNRWA fournit des médicaments à CARE International/la Société palestinienne de Secours médicaux en réapprovisionnant les stocks selon les besoins. 25. L’accès aux soins tertiaires des personnes résidant dans la Bande de Gaza est un problème chronique qui a été exacerbé par les restrictions draconiennes imposées au cours du premier semestre 2009 à la suite des récentes hostilités.1 26. Les contraintes financières continuent de préoccuper gravement l’UNRWA. En 2009, le programme de santé n’a pu rembourser les coûts de tous les accouchements effectués dans les hôpitaux ayant décidé de choisir les cas présentant des risques élevés ou moyens. Pour la même raison, les soins tertiaires nécessaires pour sauver des vies – dialyse, par exemple – ne sont toujours pas remboursés par l’UNRWA. 27. Malgré cela, le système de santé de l’UNRWA reste surchargé et chaque médecin du territoire palestinien occupé voit en moyenne 103 patients par jour. En 2009, le système de santé de l’UNRWA a officialisé un changement de politique destiné à privilégier les soins préventifs au lieu des soins curatifs dans le cadre d’une réforme élargie et en cours des soins de santé. Il s’agit de réduire la charge de travail des dispensateurs de soins de l’UNRWA et d’accroître la qualité et l’efficacité des services tout en s’occupant des aspects qui ont moins de probabilités d’être traités par d’autres dispensateurs de soins dans le territoire palestinien occupé.
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WHO Gaza Health Fact Sheet January 2010.
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CONCLUSIONS 28. Les réfugiés palestiniens sont victimes d’inégalités en matière de santé. L’UNRWA cherche à réduire ces disparités socio-économiques et à atténuer leurs effets sur la santé des réfugiés en fournissant les meilleurs services de soins de santé primaires complets possibles. L’objectif de l’UNRWA est en dernier ressort de permettre aux gens de vivre le plus pleinement la vie la plus productive possible avec la meilleure santé possible. 29. Le déséquilibre chronique entre les besoins des réfugiés et la demande de soins d’une part et les ressources humaines et financières dont dispose le programme de l’autre a exigé une renégociation et une modification constantes de l’ordre de priorité des activités pour faire face aux contraintes budgétaires. L’effort visant à satisfaire les besoins des réfugiés palestiniens continuera de nécessiter la mobilisation de ressources financières et humaines supplémentaires et l’appui des particuliers, gouvernements et institutions du monde entier. 30. L’approche transversale pour des soins de santé primaires complets met l’UNRWA dans une position unique qui consiste à apporter des services préventifs et curatifs ciblés et à s’occuper des déterminants sociaux de la santé. Le programme de santé envisage la santé des réfugiés de la naissance jusqu’à la fin de la vie, en menant des activités de prévention et de promotion à différents niveaux. L’éducation pour la santé issue de milieux purement médicaux agit au niveau des écoles et des autres centres communautaires et met en place des initiatives à base communautaire ; l’effet de l’infrastructure sur la santé est directement surveillé et des médicaments essentiels sont souvent fournis gratuitement, avec une surveillance constante pour veiller au respect des normes de l’OMS. 31. Avec l’aide de la communauté internationale, l’UNRWA a depuis des années mis sur pied un ensemble efficace et affiné de mesures visant à atténuer les effets du conflit sur les communautés de réfugiés dans le territoire palestinien occupé. Ces mesures comprennent des programmes d’emploi, une aide en espèces et en nature, une aide alimentaire, la reconstruction et la réparation de moyens d’infrastructure endommagés par les hostilités, des soins médicaux d’urgence, un conseil et un appui psychologiques et la surveillance et la notification des violations du droit international. 32. Vu l’importance vitale de la santé comme droit fondamental de la personne humaine, indissociable des autres droits, l’ensemble des parties prenantes doivent tout mettre en œuvre pour assurer un accès durable aux soins de santé des réfugiés palestiniens dans le territoire palestinien occupé. 33. Toutes les parties doivent veiller à ce que, conformément au statut de l’UNRWA comme organisme neutre et impartial des Nations Unies, les privilèges et immunités de ses agents soient respectés et la sécurité de son personnel constamment garantie. L’accès des agents de santé de l’UNRWA à leur poste de travail ainsi qu’aux communautés isolées doit être assuré conformément au droit international. 34. Il est essentiel pour la communauté internationale de renouveler son appui financier pour permettre à l’UNRWA de maintenir les activités planifiées de son programme de santé, de surmonter les difficultés logistiques actuelles dues aux difficultés d’accès et aux restrictions à la liberté de mouvement, de faire face au prix croissant des fournitures, d’ajuster les services pour répondre aux besoins croissants des réfugiés et de continuer à répondre à la situation d’urgence humanitaire apparemment sans fin qui règne dans le territoire palestinien occupé.
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