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Conférence internationale sur la grippe de Hong Kong (textes français)

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CONFERENCE INTERNATIONALE SUR LA GRIPPE DE HONG KONG (Textes frangais) 26 Introduction La variabilite antigenique des virus grippaux A est bien connue. Le variant le plus recent: la souche Hong Kong du virus A2 identifiee pour la premiere fois en 1968, a maintenant remplace les souches plus anciennes du meme sous-type. La Conference internationale sur la Grippe de Hong Kong qui a ete convoquee sous les auspices communs de l'Universite Emory, du National Communicable Disease Center du Departement de la Sante, de l'Education et de la Prevoyance sociale des Etats-Unis d'Amerique et de l'Organisation mondiale de la Sante avait notamment pour objet de faire le point des connaissances acquises en ce qui concerne le comportement epide- miologique de ce variant et ses proprietes. Ces questions ont ete traitees au cours des deux premieres seances. Des echanges de vues qui ont eu lieu 'a cette occasion, un premier point ressort nettement, 'a savoir que meme si nous avons beaucoup appris au sujet de la grippe depuis 40 ans, le virus est tout aussi capable aujourd'hui de nous reserver des surprises qu'il l'etait lorsqu'on l'a isole pour la premiere fois. La souche de Hong Kong ne fait pas exception 'a cet egard: elle ne s'est pas propagee d'une facon aussi explosive que l'absence d'anticorps dans la plupart des populations le laissait presager. Lorsqu'elle a provoque des epidemies, les formes infectieuses ont ete cliniquement benignes dans tous les pays des hemispheres nord et sud, sauf aux Etats-Unis d'Amerique; dans ce dernier pays, la <( surmortalite' > imputable a la grippe a ete presque aussi elevee que pendant la pandemie de grippe asiatique de 1957-1958. Aucune raison pouvant expliquer cette difference dans la severite des attaques n'a ete avancee lors de la Conference. Les seances suivantes ont ete consacrees 'a la vaccination, a la chimiotherapie et a la chimioprophylaxie. D'apres les premiers resultats obtenus avec les vaccins inactive's, il apparait qu'en depit des perfectionnements importants apportes aux techniques de production, la protection conferee est de l'ordre de 60%, c'est-'a-dire du meme niveau que celle enregistree avec les vaccins prepares contre les souches plus anciennes de virus A. Les participants se sont vivement interesses aux resultats obtenus avec les vaccins a base de virus vivants dont il a ete fait un tres large emploi en URSS, ainsi qu'aux recherches de laboratoire et aux petites etudes faites sur le terrain en vue de preciser les caracteres des souches qui se preteraient a la production de vaccin dans d'autres pays. On s'est beaucoup interesse egalement aux recherches concernant ce qui pourrait devenir les vaccins de l'avenir: vaccins a adjuvant huileux, vaccins prepares a partir de virus degrades ou a partir de souches virales soumises a une recombinaison gene- tique. Les agents chimioprophylactiques et chimiotherapeutiques dont on dispose actuellement, ainsi que le role de l'interferon et des inducteurs d'interferon ont ete brievement examines au cours de la seance finale. Etant donne l'utilite que ces mises au point peuvent presenter pour tous ceux qui s'occupent de la grippe, on s'est efforce de publier la documentation et les discus- sions de la Conference dans un delai aussi bref que possible. On esperait de la sorte - 707-2429 708 CONFE'RENCE INTERNATIONALE SUR LA GRIPPE DE HONG KONG diffuser ces renseignements avant que la vague de grippe n'atteigne toute I'ampleur prevue dans l'hemisphere nord pendant la saison 1969-1970. Grace a la cooperation des auteurs, le present numero (triple) du Bulletin de l'Organisation mondiale de la Sante a pu paraitre 13 semaines seulement apres la clOture de la Conference. Ire SEANCE -EPIDEMIOLOGIE DE LA GRIPPE DE HONG KONG Resumes des rapports W. C. COCKBURN, P. J. DELON & W. FERREIRA: Origine et progression de l'epidemie de grippe de Hong Kong de 1968-69 Les informations reques par l'OMS sur la grippe sont obtenues grace a son programme d'action contre la grippe qui fut etabli en 1947. Les objectifs de ce pro- gramme sont l'identification, la caracterisation et la distribution rapides des souches nouvellement apparues, ainsi que le rassemblement et la diffusion, par le Releve epidemiologique hebdomadaire de l'OMS, d'informations virologiques et epidemiologiques. Quatre-vingt-cinq labo- ratoires nationaux de la grippe situ6s dans cinquante-cinq pays et deux centres intemationaux de la grippe colla- borent a ce programme. La souche Hong Kong du virus A2 a peut-etre pris naissance en Chine continentale, mais cela n'est pas certain. Elle ne fut universellement mise en evidence que lorsqu'une epidemie de 500 000 cas survint A Hong Kong vers la mi-juillet 1968. Les centres internationaux carac- teriserent alors certaines des souches isolees A Hong Kong et les distribuerent aux laboratoires interesses vers la mi-aout. L'infection s'etendit rapidement a Singapour, aux Philippines, A Taiwan, au Viet-Nam, a la Malaisie, A la Thailande, A l'Inde (Madras et Bombay) et au Territoire du Nord de I'Australie - comme cela avait et le cas lors de la pandemie de 1957. Plus tard, cepen- dant, le developpement de l'epidemie se ralentit et, A part les Etats-Unis d'Amerique, l'infection ne s'etendit guere a de nouvelles regions jusqu'au debut de 1969. Aux Etats-Unis, une vaste epidemie commenga en novembre 1968. Elle fut associee a un grand nombre de deces excedant les previsions saisonnieres normales. Aucun autre pays ne rapporta une constatation analogue. En Europe, plusieurs vastes epidemies furent notifiees, mais, en general, l'absenteisme scolaire et industriel resta relativement faible, et l'on ne signala pas d'aug- mentation de la mortalite generale. Dans l'hemisphere sud, on a recemment rapporte des poussees en Australie, en Nouvelle-Zelande, en Afrique du Sud, ainsi que dans plusieurs pays d'Amerique du Sud. L'affection fut cliniquement benigne et l'on ne notifia pas d'incidence particuli&rement elevee. Jusqu'ici, les observations epidemiologiques les plus importantes sont, tout d'abord, le contraste entre l'ex- tension rapide dans le sud et le sud-est asiatique et l'extension lente dans la plupart des autres regions, et ensuite, le contraste entre la mortalite elev6e aux Etats- Unis d'Amerique et la faible mortalite dans les autres pays. Une explication satisfaisante de ces differences permettrait une meilleure comprehension de l'histoire naturelle de la grippe et pourrait aussi conduire A la mise en ceuvre de meilleures mesures de pr6vention, de controle ou de traitement. Le programme OMS de la grippe a atteint son prin- cipal objectif - l'isolement, la caracterisation et la distribution precoces de la souche - mais il subsiste des perspectives d'amelioration en ce qui concerne la partie 6pidemiologique du programme. W. K. CHANG: La grippe de Hong Kong: donnees recueillies sur place en 1968 Au cours des douze dernieres annees, Hong Kong a et6 le theatre de deux importantes epidemies de grippe. Dans les deux cas, l'agent causal 6tait un nouveau variant du virus A et la maladie a evolue en pandemie. La grippe asiatique de 1957 venait apparemment du centre de la Republique populaire de Chine et l'epid6mie de 1968 pourrait avoir eu la meme origine, bien qu'on n'en soit pas certain. Hong Kong est un centre touristique et un port franc, ce qui en fait aussi un lieu particulierement propice A des #e6changes de virus)> avec d'autres parties du monde. Parmi les facteurs qui favorisent la dissemination locale des virus, le principal est la surpopulation et c'est preci- sement l'une des caracteristiques des zones urbaines de Hong Kong. Dans de telles conditions, une epidemie due a un nouveau variant du virus grippal prend un caractere explosif et facilement reconnaissable. C'est le 13 juillet 1968, devant la soudaine augmenta- tion du nombre de malades qui se pr6sentaient dans les dispensaires publics avec des sympt6mes de type grippal, que l'on s'est rendu compte qu'il s'agissait d'une epi- demie. Celle-ci a atteint son intensite maximale au bout de deux semaines, puis a regresse progressivement durant les trois semaines suivantes. La poussee epidemique a dure environ six semaines; on estime que 150% de la population a et touchee et le taux de mortalite est reste tres faible. Aucun groupe d'age n'a 6te epargne, mais les manifestations cliniques ont ete benignes. On a isol6 la premiere souche de virus le 17 juillet sur une culture primaire de cellules renales de singe et elle a e't tout d'abord identifi6e comme une souche grippale A2. Son activite hemagglutinante n'etait inhibee qu'A la dilution de 1: 80 par I'antiserum polyvalent A2 dont le titre en anticorps IH pour les souches A2/67 etait de 1: 640. En raison de sa deviation antigenique, le virus a ete imm6diatement envoye sous la forme d'une culture tissulaire infectee au Centre mondial de la grippe, a Londres. Cinq autres souches lyophilisees ont ete en- voyees au Centre mondial de la grippe et au Centre inter- national de la grippe pour les Am6riques, d'Atlanta, au cours de la semaine suivante. La souche s'est r6velee par la suite etre un variant bien caracterise du virus - 709 CONFERENCE INTERNATIONALE SUR LA GRIPPE DE HONG KONG A2- aussi l'Organisation mondiale de la Sante a-t-elle publie le 16 aout 1968 un avertissement signalant aux autorites competentes les possibilites de propagation de la grippe de Hong Kong. HIDEo FUKUMI: Rapport succinct sur la grippe de Hong Kong au Japon Durant les deux mois qui ont suivi le debut de l'epide- mie de grippe A Hong Kong, en juillet 1968, le virus a dui etre introduit au Japon A de multiples occasions A partir de Hong Kong et des autres territoires atteints par la suite. Une douzaine de cas de grippe ont ete signales au Japon et confirmes par l'examen serologique et par l'isolement du virus. En dehors de ces cas importes, il n'y a pas eu de veritable epidemie due au virus de Hong Kong avant les premiers jours d'octobre 1968. La propa- gation du virus s'est effectuee assez lentement, l'infection atteignant d'abord les grandes agglomerations popu- leuses de Tokyo-Yokohama, d'Osaka-Kyoto-Kobe et de Nagoya pour ne frapper ensuite les cites de moindre importance et les regions rurales que de faeon sporadique et limitee. Des nombreuses enquetes serologiques menees parmi des groupes de population tres divers, il ressort que la grippe de Hong Kong n'a entraine au Japon qu'une morbidite relativement peu elevee. Par des prelevements de serums couples effectues immediatement avant l'epi- demie (en octobre 1968) et au moment de son declin (en avril 1969), on a decele un taux global d'infection grippale de 30 A 40%. Les donnees relatives A la diffusion et A l'importance de l'epidemie de grippe de Hong Kong au Japon con- trastent fortement avec les observations faites durant l'epidemie de grippe B qui a atteint l'ensemble du pays pendant la meme periode (septembre-octobre 1968 A mars 1969) et pendant l'epidemie de grippe asiatique de 1957-58. R. G. SHARRAR: La grippe aux Etats-Unis d'Am& rique (1968-69) Les premiers indices certains d'une activite du virus grippal A2/Hong Kong/68 ont consiste en l'apparition, au debut de septembre 1968, de foyers epid6miques isoles dans les etablissements militaires de la c6te Paci- fique et de cas sporadiques parmi la population civile, surtout dans les grandes agglomerations de l'est du pays. La propagation du virus s'est poursuivie durant les six semaines suivantes et, vers la mi-octobre, 15 Etats signalaient des cas de grippe. II s'agissait surtout de personnes rentrant d'Extreme-Orient ou ayant ete en contact avec des personnes revenant de cette region du globe. Les autres Etats ont e successivement atteints et, A la fin de decembre, aucun Etat des Etats-Unis n'avait ete epargne par l'epidemie. Entre le ler octobre et le 31 decembre 1968, 53,5 mil- lions de personnes (27 % de la population) ont present6 une affection de type grippal. On ne dispose d'aucune information pour 1969. D'apres des donnees prelimi- naires, tous les groupes d'age ont e atteints dans une mesure identique. Les statistiques de mortalit6 relatives A la grippe et A ses complications (pneumonie) de 122 villes des Etats-Unis permettent de suivre l'evolution de l'epi- demie. Une surmortalite due A ces causes a e constat6e pour la premiere fois au debut de decembre 1968; le phenomene s'est amplifie tres rapidement au cours des six semaines suivantes et a atteint son maximum dans la semaine se terminant le 11 janvier 1969 pendant laquelle on a enregistre un excedent de 1166 deces. La mortalit6 est revenue A son niveau saisonnier normal A la fin de mars. On evalue A 19 500 deces l'excedent de mortalite pour ces 122 villes au cours de la saison epidemique. Quelques cas de grippe B ont ete signales en novembre et en decembre 1968. Des foyers epidemiques se sont developpes en janvier et en fevrier 1969 sur le territoire de 37 Etats. D. FEDOVA, M. DRASNAR, P. STRNAD, J. VOBECKY, J. JELINEK, E. SVANDOVA, M. SAMPALIK & L. SYRU'iEK: La grippe de Hong Kong en Tcheco- slovaquie (1969): rapport preliminaire de surveil- lance epid6miologique Aucun cas de grippe n'a e enregistre en Tcheeo- slovaquie avant la mi-janvier 1969, bien que l'affection ait fait son apparition dans les pays voisins, et notamment en Pologne, en decembre 1968. Entre la 5e et la 22e semaine de 1969, on a identifie au total 426 souches de virus grippal A2 dont les proprietes biologiques et antigeniques ont e etudiees. Les souches se montraient tr&s sensibles aux inhibiteurs non speci- fiques des serums de cheval et de cobaye et des serums humains. Les inhibiteurs ont pu etre elimines de ces der- niers serums a l'aide de l'enzyme destructrice du recep- teur, mais le traitement par le periodate de potassium n'a donne aucun resultat. L'hemagglutinine du nouveau variant etait beaucoup moins sensible aux temperatures de 56°C-65°C que celle des souches A2 plus anciennes. Les resultats de ces investigations, de meme que ceux des epreuves de fixation du complement et d'inhibition de l'hemagglutination, ont permis d'attribuer l'epidemie A un virus grippal A2 antigeniquement et biologiquement identique au virus A2/Hong Kong/68. Les enquetes de surveillance epidemiologique ont fait ressortir que l'epidemie avait atteint en premier lieu le nord-ouest de la Boheme et de la Moravie puis s'etait propagee vers le sud-est du pays. Les regions rurales ont ete moins touchees que les zones industrielles et les secteurs A forte densite de population. Le taux de mor- talite par grippe et par pneumonie n'a e que legerement superieur A la moyenne saisonniere, en raison probable- ment du caractere benin de l'affection. 710 I re SEANCE A. T. RODEN: La grippe de Hong Kong: obser- vations sur 1'epidemie au Royaume-Uni (1968-69) Le variant Hong Kong du virus grippal A2 a et isole pour la premiere fois au Royaume-Uni chez un enfant londonien au debut d'aofit 1968. La premiere pouss6e epidemique a ete signalee en septembre dans un college du sud de l'Angleterre, mais ce n'est qu'apres Noel que l'epidemie sest generalisee. Pendant la derniere semaine de decembre 1968, les caisses d'assurance-maladie ont enregistre une forte augmentation des nouvelles demandes de prestations, suivie d'une regression vers la mi-janvier puis d'une nouvelle augmentation pendant les derniers jours de janvier et les deux premieres semaines de fevrier. Le chiffre maximal pour 1'ensemble du pays a e atteint au debut de mars et le nombre de nouvelles demandes de prestations est reste tres superieur a la normale jusque vers le 15 avril 1969. L'incidence de la grippe dans les clienteles des medecins qui adressent des notifications au Royal College of General Practitioners a commence d'augmenter durant la premi&e semaine de janvier 1969 pour atteindre pro- gressivement un maximum legerement superieur a 150 cas par 100 000 habitants durant la deuxieme semaine de mars. Le nombre des cas d'infection grippale a virus A, confirmes par isolement du virus ou examen serologique, qui ont ete signales par le Public Health Laboratory Service a commence de croitre au cours de la derniere semaine de decembre 1968 et a rapidement atteint le chiffre maximal de 161 cas pour la semaine prenant fin le 31 janvier 1969. Apres un declin au cours de la premiere quinzaine de fevrier, le nombre des cas declares a recommence a augmenter et s'est maintenu pendant six semaines suc- cessives, de la fin de fevrier au debut d'avril, entre 125 et 161 par semaine. Ensuite la regression a ete rapide bien que l'on ait continu& a isoler des virus A jusqu'au mois de mai. Toutes les souches examinees etaient semblables a la souche A2/Hong Kong/1968. Durant tout l'hiver, il semble n'y avoir eu que peu d'infections grippales dues au virus B. Par comparaison avec les epidemies hivernales ante- rieures, la prevalence de la grippe pendant l'hiver 1968-69 s'est constamment maintenue 'a un niveau moyen, mais l'epidemie a dure plus longtemps - de la fin de decembre au debut d'avril. La morbidite totale, estimee d'apres l'augmentation des nouvelles demandes de prestations reques par les caisses d'assurance-maladie, a e la meme que l'hiver preeedent qui avait e marque par une forte epidemie de grippe a virus A2. L'expansion relativement lente de l'6pidemie de 1968/69 ne s'est accompagnee d'aucun surcroit de travail soudain ou massif pour les omnipraticiens ou les services hospitaliers. La mortalite a e notablement plus faible que lors des precedentes epidemies hivernales de grippe. V. M. ;DANOV & I. V. ANTONOVA: L'epidemie de grippe de Hong Kong en URSS Une epidemie de grippe due au virus A2/Hong Kong/68 a atteint l'URSS durant la deuxieme decade du mois de decembre 1968; c'est d'abord dans des villes d'Asie centrale que l'on a signale une augmentation de la morbidite grippale et que l'on a isole la souche A2/Hong Kong/68, puis l'infection a gagn6 Moscou. Durant le premier trimestre de 1969, l'epidemie s'est etendue 'a la presque totalite des grandes villes de l'Union sovietique. En 1969, le flux et le reflux de la vague epidemique ont revetu une intensite moins forte qu'en 1965, mais ils ont ete plus prolonges. Dans la plupart des villes, l'epidemie a dure de 50 a 80 jours contre 25 'a 30 jours en 1965. La caracteristique de la grippe due au virus A2/Hong Kong/68 a e une repartition par groupes d'age inhabi- tuelle. Dans la plupart des collectivites, au moment oui l'epidemie atteignait son intensite maximale, les enfants de moins de sept ans representaient le quart du nombre total des cas. En ce qui concerne son evolution clinique, la maladie a presente une gravite moyenne et les symp- tomes n'accusaient pas de differences importantes par rapport a ceux de la grippe causee par le virus A2. Si l'on etudie de pres les epidemies de grippe A2 qui se sont produites depuis quelques annees, on constate que celles qui ont eu le virus A2/Hong Kong/68 comme agent pathogene presentaient certains caracteres parti- culiers. Ceux-ci paraissent resulter d'une part de modifi- cations des caracteristiques antigeniques du virus et, d'autre part, des dispositions prises en temps opportun par les services de sante publique en prevision de l'6pide- mie, a savoir la mise en application de mesures prophy- lactiques et antiepidemiques. E. L. BUESCHER, T. J. SMITH & I. H. ZACHARY: La grippe de Hong Kong: observations recueillies dans des regions tropicales Les rapports relatifs a la prevalence des formes cli- niques de la maladie au cours de l'epidemie de grippe asiatique de 1957 semblaient indiquer que la morbidite etait plus elevee, les complications plus frequentes et la dissemination du virus plus rapide dans les pays tropicaux que dans les pays des zones temperees septentrionales et meridionales. A la fin de l'ete et au debut de l'automne 1968, l'introduction dans les regions tropicales d'Asie et d'Amerique centrale du variant Hong Kong a fourni l'occasion d'effectuer deux etudes sur l'infection grippale et ses manifestations cliniques. La premiere etude decrit l'apparition et la progression de l'infection dans un groupe d'environ 6200 militaires des Etats-Unis d'Amerique en Thailande. Le virus de Hong Kong avait ete introduit dans cette collectivit6 au debut d'aofut par des equipages qui revenaient d'autres pays d'Asie oui la grippe etait epid6mique. Au cours des trois mois suivants, 8% des militaires ont souffert d'une 711 CONFERENCE INTERNATIONALE SUR LA GRIPPE DE HONG KONG atteinte grippale suffisamment grave pour exiger leur mise au repos et, au ber novembre, 13% au moins de la population totale de la base avaient ete infectee (chiffre etabli d'apres les resultats d'une enquete s6rologique). La maladie a revetu une forme relativement b6nigne et l'on n'a enregistr6 aucune sequelle ou complica- tion facheuse. L'immunisation systematique effectuee anterieurement au moyen de vaccins qui ne contenaient pas la souche epidemique semble n'avoir eu aucune influence sur l'apparition de la maladie ou sa gravite. L'epidemie a atteint son point culminant a la fin d'aouit et au d6but de septembre, mais on a continue 'a enregis- trer un nombre important de cas nouveaux chaque jour pendant tout le mois d'octobre; l'infection s'est donc propag6e lentement, differant en cela des 6pidemies plus brutales qui ont sevi durant l'hiver 1968 dans les zones temperees. Par contre, une autre etude effectuee par le Middle America Research Unit a montre que le virus de Hong Kong, apparemment introduit par les equipages de navires qui revenaient d'Asie, s'etait rapidement pro- pag6 dans la zone du Canal de Panama, aussi bien dans la population locale que parmi les ressortissants des Etats-Unis d'Am6rique, pendant la periode de septembre a novembre 1968. Le taux de morbidite a ete plus elev6 d'environ 50% que le taux enregistre en Thailande et ces observations ont e confirmees par les resultats de l'en- quete serologique menee apres l'6pid6mie. II y a eu moins d'enfants que d'adultes infectes (environ 30%), mais la proportion des sujets presentant une maladie clinique a ete plus grande chez les enfants que chez les adultes. L'incidence des complications, dans tous les groupes d'age, a ete inferieure a celle que l'on avait observ6e a Panama pendant l'epid6mie de 1957. Le meme virus s'est donc propage a des vitesses variables parmi des populations vivant dans des zones tropicales differentes et, a cet egard, l'infection asympto- matique et la maladie clinique ont pr6sente les memes caract6ristiques que celles qui ont ete observees parmi les populations des zones temper6es. A. D. LANGMUIR & J. HOUSWORTH: Evaluation critique de la surveillance epidemiologique de la grippe La rapidit6 avec laquelle le variant Hong Kong du virus grippal a ete identifie et caracterise et l'ensemble des informations recueillies transmis par l'OMS aux autorites sanitaires du monde entier prouve l'efficacite du programme mondial de surveillance epidemiologique de la grippe. N6anmoins les methodes actuellement utilisees pr6sentent certaines lacunes, meme dans les pays ou des programmes particulierement bien congus sont en cours depuis de nombreuses annees. On aurait besoin d'un plus grand nombre de donnees quantitatives sur lesquelles fonder l'application pratique des mesures de lutte contre la grippe et orienter les recherches futures, alors que celles dont on dispose actuellement sont d'ordre essentiellement qualitatif. Les epidemies sur- viennent et on isole les virus, mais les donnees nume- riques relatives a l'incidence manquent le plus souvent. On ne connait pas les taux de morbidite par age et par sexe. La nature, la fr6quence et la gravite des complica- tions sont mal d6crites. On n'a qu'une ide vague des facteurs socio-economiques susceptibles d'accroitre la mortalite et c'est pourtant sur les taux de mortalite que se fondent les recommandations relatives a l'utilisation des vaccins. On connait mal la fagon dont sont repartis et utilis6s les stocks de vaccin antigrippal actuellement disponibles. Le principal ecueil auquel se heurte la surveillance epid6miologique de la grippe La l'echelon mondial est l'absence de comparabilite des donn6es provenant des differents pays. Le critere susceptible d'etre le plus large- ment appliqu6 pour mesurer l'etendue et la gravite des epidemies est l'augmentation de la mortalite due aux affections des voies respiratoires. Si l'on disposait de ces donnees pour de tres nombreux pays, il serait possible d'accroitre de fagon tangible l'efficacit6 du programme mondial de surveillance 6pid6miologique de la grippe. Titres des communications A. A. Ferris: La grippe a Melbourne, Australie, 1969 N. Veeraraghavan: La grippe de Hong Kong dans I'Etat de Madras, Inde, 1968 Chaninthorn Suvongse: L'epidemie de grippe de 1968 en Thailande R. Sohier & M. Henry: Donnees epid6miologiques sur la grippe de Hong Kong en France R. 0. Peckinpaugh, M. J. Rosenbaum & E. A. Edwards: Observations relatives aux infections dues au virus grippal A2/Hong Kong parmi le personnel militaire des Etats-Unis Discussion gene'rale Dr J. F. P. HERS. D'apres les renseignements communi- ques par le Medecin Chef des Services d'Epidemiologie et de Sante publique, le taux d'atteinte de la grippe de Hong Kong aux Pays-Bas a et estime a 3000 environ, mais il faut noter que la grippe de type B sevissait en meme temps. D'une faron gen6rale, les cas ont ete bnins, mais plusieurs medecins generalistes et cliniciens ont dtd frappes par le fait que l'etat general de certains malades etait serieusement affecte, avec des sympt6mes respira- toires qui, cependant, restaient assez attenues. Au cours de l'hiver 1968-69, la surmortalite due a la grippe de Hong Kong a ete pratiquement la meme qu'en 1967-68, pendant la periode ofu le virus grippal A2 sevis- sait aux Pays-Bas, mais la repartition des d6ces par groupes d'age a ete quelque peu differente. Lors de 1'epidemie de grippe de Hong Kong, les groupes d'age les plus jeunes ont ete davantage touches qu'en 1957 712 I re SEANCE mais la repartition des deces dans les differents groupes d'age a ete plus ou moins identique. Notre Service a etudie 50 cas mortels survenus dans les diverses regions du pays et dont on soupronnait qu'ils etaient associes a la grippe de Hong Kong; sur ces 50 cas, 28 (56%) ont ete confirmes a l'examen viro- logique. Dans 13 cas (26%), l'immunofluorescence a permis d'etablir rapidement un diagnostic. Dans 48 cas (96%), on a trouve les caracteristiques histologiques de la tracheo-bronchite grippale. Le diagnostic de pneumonie a virus grippal a et etabli histologiquement dans 1 cas et une pneumonie a staphylocoques a ete decelee dans 36% environ de tous les cas etudies. La plupart des deces ont et dus a des infections pneumococciques. Une invasion secondaire par Haemophilus influenzae n'a e que rarement constatee et l'on n'a pas trouve de streptocoques. La plupart des personnes qui sont decedees aux Pays-Bas presentaient deja un etat morbide et tres peu d'entre elles etaient auparavant en bonne sante. Dr A. PUMAROLA. Le Centre national de la Grippe, a Barcelone, a mene deux etudes serologiques afin de determiner les taux de presence et la repartition par groupes d'age des anticorps IH it l'egard du variant Hong Kong, chez des individus en bonne sante avant et apres l'epidemie de grippe de Hong Kong. En septembre 1968, avant l'epidemie, on a observe chez 24,7% des individus des titres egaux ou supderieurs 'a 10, chez 13,9% des titres egaux ou superieurs a 20, et chez 7,5% des titres egaux ou superieurs a 40. Dans tous les serums positifs, les titres se situaient entre 10 et 80. Sauf dans un seul cas, on n'a pas trouve d'anticorps chez les sujets de moins de 60 ans, et les taux de presence et les titres les plus eleves ont et enregistres chez les personnes agees de plus de 80 ans, 55 % de ces vieillards presentant des titres de 40 ou plus. En mars et avril 1969, une poussee epidemique de grippe associee au variant Hong Kong s'est produite it Barcelone. Entre juillet et septembre, on a fait une autre etude serologique pour determiner les changements imputables it la propagation du virus parmi la popula- tion. Dans le groupe etudie, on a observe des titres de 10 et plus chez 63,6% des individus, de 20 et plus chez 53,4% des individus et de 40 et plus chez 37,3 % des individus. Dans tous les serums positifs, les titres se situaient entre 10 et 360. On a trouve des anticorps chez des individus apparte- nant 'a tous les groupes d'age. On en a decele chez les enfants de moins de 4 ans, mais beaucoup moins fr& quemment que chez les enfants de 5 'a 14 ans. Chez les personnes de 15-60 ans, le taux de presence d'anticorps est reste plus bas que dans le groupe precedent et assez egal tout au long de cette echelle d'ages. Chez les per- sonnes de 60 ans et plus, ce taux a augmente progressive- ment, atteignant son maximum chez les personnes de 80 ans et plus. C'est egalement chez ces demieres que les titres en anticorps etaient les plus eleves. Le taux de presence eleve d'anticorps observe chez les enfants de 5-14 ans etait tres certainement dt i des infectiorfs recentes, mais il est plus difficile d'interpreter l'augmentation observee chez les personnes de 80 ans ou plus. Il se peut qu'elle ait ete due a la persistance d'anticorps residuels de faible titre, comme la premiere enquete l'a montre, ou - chez les personnes presentant des anticorps residuels- at des infections recentes ayant declenche une reaction beaucoup plus rapide. Etant donne le fort taux de presence d'anticorps observe chez les individus de moins de 60 ans et le taux de morbidite au cours de l'epidemie - qui a e't evalue a 10-15% -, il est evident que les infections 'a caractere subclinique ont di etre tres nombreuses. La grippe de Hong Kong est apparue a Barcelone au cours de la derniere semaine du mois de fdvrier 1969. L'epidemie a atteint son point culminant un mois plus tard, puis elle a diminue progressivement d'intensite pour prendre fin au debut du mois de mai. Toute la province de Barcelone a etd touchde puisque l'epidemie, partie de Barcelone, s'est ensuite propagee dans d'autres villes, dans les villages et dans les cam- pagnes. II y a eu des cas sporadiques, des poussees d'allure familiale et de petites flambees collectives, dans des groupes d'etudiants ou de conscrits par exemple. L'incidence reelle de la maladie est difficile a evaluer. Il n'y a eu que 25 228 cas signales pendant les mois de mars et avril, mais les renseignements communiques par plusieurs services medicaux permettent de penser que I'epidemie a touche entre 10 et 15% de la population. Du point de vue clinique, la maladie etait benigne, mais elle s'accompagnait souvent de tracheo-bronchite avec toux persistante. Le taux de mortalite a ete tres faible et il n'y a eu de deces que chez des personnes de plus de 60 ans. La mor- talite a et inferieure a celle de l'epidemie precedente de 1968 qui avait et provoquee par un virus semblable au variant Tokyo. C'est ainsi qu'en mars 1969 le taux de mortalite specifiquement attribuable a la grippe a et de 10,9 par 1000 deces alors qu'il avait ete de 16,4 au cours du meme mois de 1968. Dans 48 cas de grippe clinique, on a isole 8 souches de virus A2 qui se sont revelees semblables au variant Hong Kong; ces resultats ont ete confirmes par le Centre mondial de la Grippe. Dans un camp militaire, on a pu demontrer la propagation simultanee d'infections dues aux adenovirus et au virus de la grippe de Hong Kong. Mile M. VICENTE. Au cours des trois dernieres annees, le Chili a connu plusieurs poussees epidemiques de grippe d'importance et d'origine diverses. Le rapport qui suit est fonde principalement sur des resultats de laboratoire et sur certains renseignements communiques par le Departement d'Epidemiologie du Service national de Sante. Pendant I'hiver 1966 (juillet et aout), il s'est produit une vaste epidemie de grippe B, dont la nature a ete confirmee par de nombreux isolements de virus et par 713 CONFE'RENCE INTERNATIONALE SUR LA GRIPPE DE HONG KONG les analyses serologiques. Pendant la meme periode, on a pu observer quelques cas sporadiques de grippe du type A2. Ensuite, une forte secheresse a regnd, les regions cen- trales et septentrionales du pays n'ont pas recu de pluie pendant plus de deux ans et la temperature a et particu- li&rement douce pendant les hivers de 1967 et 1968. 11 y a eu quelques cas confirmes de grippe A2 au cours des mois davril et mai 1967. En janvier 1968, une poussee epidemique de grippe A2 est apparue dans une petite ville de la region desertique situee au nord du pays. Cet episode isole a et suivi d'une epidemie plus importante entre avril et juin. Elle a presente un caract&e benin et n'a donne lieu a aucune augmentation sensible du nombre des deces. Elle etait aussi due a un virus grippal A2, lequel etait plus dtroite- ment apparente aux variants A2 existants qu'au variant A2/Hong Kong/68. Les conditions climatiques etant redevenues normales en 1969, le pays a connu une grave epidemie au cours de I'hiver. Les premiers cas sont apparus a la fin du mois de mai, et c'est alors que l'on a isole les premiers virus. A Santiago et dans les provinces centrales, l'epidemie a atteint son point culminant au cours de la semaine du 20 au 27 juillet; en aout et en septembre, on a observe les sympt6mes cliniques de la grippe dans les provinces du sud. Le nombre des deces a pratiquement double de juin a juillet. La poussee epidemique a diminue d'intensite en aoitd et les demiers cas ont ete observes a la fin de ce mois. L'absenteisme a et tres repandu au cours de lFdpid6mie, sans cependant atteindre les memes propor- tions que lors de la pandemie de 1957. De meme, la mortalite a ete beaucoup moins forte qu'en 1957. On a pu isoler les virus- par culture sur ceufembryonne - soit a partir de cas benins, soit aussi a partir de tissu pulmonaire de malades decedes. Les souches, typees au moyen d'antiserums standards, ont et reconnues iden- tiques au variant A2/Hong Kong/68. Les epreuves d'IH ont fait apparaitre une augmentation significative des titres d'anticorps diriges contre ce variant. Dr M. F. WARBURTON. A la suite de l'introduction du virus A2/Hong Kong en Australie, dans le Territoire du Nord, en ao0t 1968, le virus a et isole chez un malade a Melbourne des le mois de septembre. Il a egalement ete isold chez plusieurs personnes a Melbourne en decembre, et dans les Etats de Victoria et de Nouvelle- Galles-du-Sud au cours des quatre premiers mois de 1969. Les resultats des epreuves d'IH pratiquees au debut de mai sur les serums de plus de 1000 jeunes conscrits non vaccines et originaires des quatre Etats du Sud ont et compares avec les resultats des epreuves pratiquees sur des serums semblables preleves au debut de 1968. II s'est avere que 30% des jeunes soldats avaient ete en contact avec le virus entre janvier et mai, et cela dans chacun des Etats. Au milieu de juin, cette proportion etait passee a 45% et, a la fin de septembre, a plus de 50%. Etant donne l'incidence tres faible de la grippe clinique observee dans ces Etats, les infections subcli- niques ont du etre tres nombreuses en Australie. Une seconde vague de grippe A2/Hong Kong, plus etendue et plus severe que la poussee de 1968, vient de se produire dans le Territoire du Nord. Dr J. C. McDONALD. Contrairement 'a ce que l'on croit generalement, le Canada a aussi ete touche par l'epidemie de grippe de Hong Kong survenue en 1968-69, bien que beaucoup moins severement que ses voisins du sud. L'analyse des statistiques de mortalite et de la situation concemant la main-d'oeuvre canadienne a montre que l'augmentation des cas de maladie parmi les travailleurs et la surmortalite ont et les memes que pendant l'hiver de 1967-68, epoque oui le pays avait connu une epidemie de grippe A2 d'importance moyenne. Dans le cadre d'une etude serologique portant sur des echantillons aleatoires de familles vivant dans quatre grandes villes du Quebec, des prises de sang ont et faites une premiere fois en automne 1968 et une deuxieme fois apres l'epidemie, au printemps 1969. D'apres les resultats, le taux d'infection, identique pour tous les groupes d'age, se situait autour de 15 %, et 18% environ des personnes etudiees possedaient avant I'epidemie des anticorps IH - a des titres superieurs aI 1: 15 - a 1'egard du virus de Hong Kong. Nous sommes enclins a penser que si la situation n'a pas ete aussi grave au Canada qu'aux Etats-Unis d'Ame- rique, c'est peut-etre, en partie, a cause de l'epidemie survenue l'hiver precedent. D'autres circonstances for- tuites, par exemple le moment auquel 1'epidemie est survenue, ont pu entrer en jeu, puisque les cas semblent avoir cesse de se multiplier au moment des vacances de Noel. Dr T. D. Y. CHIN. I1 est interessant de comparer certaines caracteristiques epidemiologiques de la grippe de Hong Kong avec celles de la grippe qui a sevi en 1957. Au cours de l'hiver 1968, une enquete par questionnaire a ete menee dans une ecole secondaire de Kansas City, ville oii la grippe s'etait repandue parmi la population. Une 6tude semblable avait ete menee dans la meme ecole en 1957. Les premiers cas de maladie de type grippal sont apparus pendant la premi&re moitie de novembre et la plus grande frequence a ete atteinte au milieu de decembre. Le taux d'atteinte de cette maladie de type grippal a ete de 39% au total. Alors qu'en 1957 les taux d'atteinte avaient et nette- ment plus eleves parmi les ecoliers que parmi les per- sonnes plus agees, au cours de l'epidemie de 1968 ces taux ont ete de valeur egale pour les deux groupes. En Arizona, le Dr James Maynard a observe la meme repar- tition par groupes d'age au cours de l'epidemie de 1968. Si l'on compare l'age des sujets qui ont dt6 les premiers a contracter la grippe dans une famille lors des epidemies de 1957 et 1968, on constate que les ecoliers represen- taient 85% des cas initiaux en 1957 et 50% en 1968. 714 I re SEANCE Il est donc permis de conclure que l'epidemie de 1968 ne s'est pas particulierement concentr6e sur les ecoles et que les adultes risquaient autant d'introduire le virus dans la famille que les enfants d'age scolaire. Dr J. W. MILLAR. Dans 156 familles vivant dans une collectivite residentielle de Montgomery County, Mary- land, la grippe a sans doute ete apportee par les adultes et non par les enfants d'age scolaire. De decembre 1968 a la fin de fevrier 1969, 18% seulement des cas initiaux sont apparus chez des ecoliers, qu'ils aient presente les sympt6mes de grippe avant le reste de la famille ou qu'ils aient et les seuls membres de la famille a contracter la maladie. Dans 40% des familles, le premier cas de grippe est apparu chez un adulte, generalement un frere ou une sieur allant a l'universite, ou le pere. Dans 42% des familles, il n'a pas ete signale d'affection respiratoire. Enfin, on a observe que la maladie s'dtait tres peu pro- pagee a l'interieur d'une meme famille. Dr V. F. GUINEE. Des epidemies de grippe A2 se sont produites a New York au cours des hivers de 1967-68 et 1968-69. En 1967, la maladie est d'abord apparue dans les ecoles, puis elle s'est transmise progressivement aux adultes; en 1968, par contre, elle a fait une apparition explosive parmi des groupes de travailleurs adultes. Il etait caract6ristique a ce moment de voir le personnel d'un bureau etre fortement atteint et celui du bureau voisin etre totalement epargne. Les deux epidemies ont dure a peu pres huit it dix semaines. On estime qu'envi- ron 20% de la population a ete atteinte en 1967-68 et 250% en 1968-69. Pendant les deux epidemies, le nombre des deces dus a toutes les causes a augment6 de 13 % en 1967-68 et 14% en 1968-69. Toutefois, l'epidemie de grippe de Hong Kong a frappe plus severement les personnes agees de moins de 65 ans. Dans ce groupe d'age, on a enregistre une surmortalite de 596 deces au cours de la premiere epidemie et de 1327 deces au cours de la seconde. Parmi les personnes agees de plus de 65 ans, la surmortalite a et de 2358 deces en 1967-68, mais de 1946 seulement en 1968-69. Dr J. H. S. GEAR. Les etudes menees par Miie Harwin et le Dr Joosting, qui travaillent au service des virus des voies respiratoires de notre Institut, ont montre qu'il ne s'est pas produit de cas de grippe A en Afrique du Sud au cours de 1966. Des epidemies provoquees par une souche etroitement apparentee au virus A2/Tokyo/67 se sont produites enjuillet-aout 1967 et en avril-juin 1968. La premiere poussee 6pid6mique provoquee par la souche Hong Kong a touche le personnel de l'US Air Force venu en Afrique du Sud pour surveiller le vol effectue autour de la lune en decembre 1968. Le virus a ete isol6 chez 4 des 5 aviateurs examines, mais l'infection ne s'est pas transmise aux personnes qui etaient directement en contact avec eux et ils avaient probablement contracte la maladie avant de quitter les Etats-Unis d'Amerique. La grippe de Hong Kong est apparue sous forme dpi- demique a la fin de mars 1969 chez des mineurs recrutes dans la region subtropicale limitrophe de l'Afrique du Sud. La maladie s'est propagee rapidement parmi les mineurs et ensuite dans l'ensemble de la population, tou- chant par la suite plus particulierement les nouveau-nes et les enfants. II est interessant de rappeler que les epi- demies de 1918 et 1957 avaient fait leur apparition parmi les mineurs du centre du pays. En 1969, les cas ont ete moins nombreux parmi les mineurs que pendant l'epi- demie de grippe asiatique de 1957 et le travail dans les mines n'a pas et sensiblement gene. Avant que l'epidemie ne commence, on disposait de plusieurs millions de doses de vaccins et l'on a pu faire quelques etudes de port6e limitee pour en verifier l'effi- cacite. Il est egalement interessant de noter qu'une poussee d'infections dues au virus grippal B s'est pro- duite en meme temps que l'epidemie de grippe de Hong Kong. Dr E. FARKAS. En 1968, la Hongrie a connu une impor- tante epidemie de grippe A2 provoquee par une souche etroitement apparentee au virus A2/Tokyo/67 et dont l'intensite a varie considerablement selon les regions du pays. Le sud-ouest a e le plus touche, tandis que les regions orientales n'ont guere e affect6es. En 1969, c'est le virus A2/Hong Kong/68 qui a ete i l'origine de l'epidemie et l'on a observe une situation inverse avec des cas plus nombreux et une infection plus severe dans certaines regions de l'est du pays. SIR CHRISTOPHER ANDREWES. Je suis de plus en plus intrigue par les rapports qui font etat d'une incidence si differente de la grippe de Hong Kong d'un pays ia l'autre. Je me risque a avancer ici une hypothese qui vient de me venir a l'esprit: n'y aurait-il pas, circulant a travers le monde, deux variants du virus, presentant une virulence et une capacite de propagation differentes? Les conditions dans lesquelles ils pourraient causer une epidemie dans un pays donne dependraient alors de facteurs quantitatifs et/ou temporels. Ainsi, il se pourrait que l'epidemie survenue aux Etats-Unis d'Amerique ait ete provoquee par un variant virulent qui se serait pro- page rapidement i partir de l'Asie orientale, tandis qu'au Royaume-Uni un variant provoquant une maladie assez benigne se serait implante avant l'arrivee de l'agent virulent. Cependant, une hypothese n'a d'interet que si elle peut etre verifiee, et il serait peut-etre interessant de rechercher des marqueurs permettant de differencier le virus Hong Kong de virus moins virulents. Puisque tous les virus sont semblables du point de vue antigenique, il se peut qu'on ne se soit pas soucie de rechercher d'autres differences. Dr S. FAZEKAS DE ST. GROTH. Je pense que les faits qui viennent d'etre relates peuvent s'expliquer aussi bien par une difference entre les populations exposees que par une difference entre les virus. Je donnerai plus tard les argu- 715 CONFERENCE INTERNATIONALE SUR LA GRIPPE DE HONG KONG ments en faveur de cette hypothese, mais la constatation essentielle est ici celle qu'il existait, 'a l'epoque ou sevis- sait le virus A2, un courant principal de virus presentant les caracteristiques typiques du virus A2 et, en outre, un second lignage apparu vers 1960 et qui ne s'etendait pas au-dela de la region de l'Australie et de la Nouvelle- Zelande. Ce dernier groupe presentait les caracteristiques des principaux virus A2, mais, en meme temps, il amor- gait dejia la mutation qui a donne le virus du type Hong Kong. Je l'ai designe par l'expression: ((antig&nes de transition (bridging antigens). Comme ces antigenes etaient presents en Australie depuis des annees, j'avais predit qu'en Australie nous n'aurions sans doute pas une epidemie de grippe de Hong Kong d'incidence compa- rable 'a celle observee dans l'hemisphere nord. C'est la un des quelques cas oii une prediction que j'avais faite s'est realisee. Dr D. A. J. TYRRELL. Dans le meme sens que Sir Chris- topher, je pense qu'il faut examiner de plus pres la ques- tion de la capacite de propagation. Nous savons qu'il y a eu des souches du virus grippal B qui, bien que nouvelles du point de vue antigenique, n'ont provoque que des epi- demies locales pour disparaitre ensuite. II se peut que deux souches de virus grippal soient antigeniquement identiques, mais que l'une donne un taux d'atteinte secondaire plus eleve que l'autre parmi les contacts familiaux non immuns; il serait sans doute difficile de mettre au point un modele de laboratoire, mais je propo- serais que l'on etudie la transmission de furets donneurs a furets recepteurs, comme dans les experiences du Dr Schulman et du Dr Kilbourne sur la souris. D" C. H. STUART-HARRIS. Si l'on cherche ia prevoir les risques de reapparition de la grippe de Hong Kong en Grande-Bretagne, il est interessant de considerer les resultats de deux etudes serologiques faites it Sheffield au moyen de 1'epreuve d'IH. La premiere etude a porte sur 129 serums recueillis i Hong Kong en 1964 par l'inter- mediaire du Professeur McFadyean. Le Dr Schild a eprouve ces serums vis-a-vis du virus grippal du porc, et des virus PR/8, FM/1, A2/57 et Equi-2, et il a compare les resultats avec ceux d'une etude faite sur des serums recueillis a Sheffield en 1961-62. Pour differents groupes d'age, les spectres d'anticorps des deux groupes de serums etaient remarquablement semblables. R&emment, les serums de Hong Kong dont on disposait encore ont et testes vis-a-vis du virus Hong Kong, mais on n'a decele d'anticorps que dans un seul specimen de serum, qui provenait d'une personne aige de plus de 70 ans. Pour la seconde etude, on a compare 270 serums pre- epidemiques recueillis entre septembre et decembre 1968 et 453 serums post-epidemiques recueillis apres mai 1969. On savait que la presence de faibles titres d'anticorps IH pouvait etre demontree dans des serums d'enfants pre- leves avant l'epidemie si l'on mettait a incuber le virus et le serum pendant une heure; malgre cela, on a utilise, pour evaluer l'augmentation du titre d'anticorps cons&e cutive a l'epidemie, la technique usuelle de breve mise en contact du virus et du serum. Tous les serums ont e traites au filtrat cholerique. Pour les differents groupes d'age (par groupe de dix ans), la proportion de serums pre-pidemiques contenant des anticorps i une dilution de 1: 6 ou plus variait de 4 it 18 %. Les 59 serums recueillis parmi des enfants de moins de 12 ans etaient tous negatifs et ce sont les serums des personnes de 70-79 ans qui ont foumi la plus grande proportion de resultats positifs; 3 s6rums provenant de personnes igees de plus de 80 ans contenaient des anticorps. Chez les adultes, les titres d'anticorps s'elevaient avec l'age. Apres l'epidemie, 20 a 85% des serums contenaient des anticorps, cette propor- tion etant d'environ 30% chez les enfants de moins de 12 ans et de 40% chez les individus ages de 20 a 29 ans; chez les personnes de plus de 80 ans, des anticorps etaient presents dans 12 serums sur 14. On a observ6 des titres eleves d'anticorps chez les personnes agees de 15 i 30 ans. Les resultats ont montre qu'au cours de la periode post-epidemique, it l'exception des individus ages de 80 ans ou plus, plus de 50% des personnes appartenant aux divers groupes d'age ne presentaient pas d'anticorps lorsque le serum etait dilue a 1: 6. Par consequent, une reapparition de la grippe de Hong Kong est probable, surtout si l'on considere que plus de 60% des enfants de moins de 12 ans ne possedent pas encore d'anticorps. Toutefois, il n'est pas possible de prevoir la date de la prochaine poussee epidemique. Dr W. HOEPKEN. En Republique federale d'Allemagne, les premieres poussees epidemiques ont ete signalees a la fin de decembre 1968 et en janvier 1969. La maladie avait et introduite des Etats-Unis d'Amerique, des Pays- Bas et d'autres sources inconnues. Les seules souches isol6es ont ete du virus A2/Hong Kong. La propagation a et relativement lente. Au cours de la premiere semaine de fevrier, les demandes de conge-maladie n'ont depasse que de 30% le niveau habituel. Dans la plupart des regions du pays, l'epidemie a atteint son point culminant entre le 10 et le 20 mars, periode pendant laquelle les demandes de conge-maladie ont ia peu pres double par rapport i 1967. En 1968, une forte epidemie de grippe A2 etait apparue le IO janvier, atteignant son point culminant entre le 7 et le 12 fWvrier. La comparaison des epidemies de 1968 et 1969 a donne des resultats semblables a ceux du Royaume-Uni. Des anticorps sont apparus chez environ 20% des habitants et le nombre de cas de maladie s'est accru d'environ 10%. Les taux de mortalite ont ete tres dissemblables au cours des deux epidemies. En fevrier 1968, la surmortalite a depasse de 43% sa valeur moyenne (pour le mois de fWvrier) des trois annees precedentes, atteignant le meme niveau qu'en octobre 1957. Au cours de l'epidemie de grippe de Hong Kong, la surmortalite est restee a un niveau assez bas, inferieur d'environ un tiers a celui de l'epidemie de 1968. On a egalement constate des differences dans la repartition par groupe d'age des deces dus a la grippe. En 1957, de nombreux deces etaient survenus parmi les jeunes, alors qu'en 1968 716 ire SEANCE il y a eu surmortalite parmi les personnes de plus de 60 ans; lors de l'epidemie de grippe de Hong Kong, on n'a note de surmortalite que chez les personnes de plus de 70 ans. De nombreux cas d'infection grippale du type B sont apparus dans le nord de la Republique fed6rale d'Alle- magne. Environ 12% des ecoliers et des jeunes adultes ont e vaccines. L'affection a pris une forme tres benigne. 2e SEANCE - PROPRIETES DU VIRUS DE LA GRIPPE DE HONG KONG Re'sumes des rapports M. T. COLEMAN & W. R. DOWDLE: Proprietes du virus de la grippe de Hong Kong: 1. Caracteris- tiques g6n6rales du virus de Hong Kong A la difference des souches A2 precedemment etudiees, les souches de virus de Hong Kong ont ete facilement isolees a la fois sur embryon de poulet et sur culture primaire de cellules renales de singe rhesus. L'hemagglu- tinine a et decelee, avec des titres approximativement egaux, en presence d'erythrocytes de poulet ou de cobaye. Le phenomene de la phase initiale 0, caracterisee par des titres d'hemagglutination plus eleves en presence d'ery- throcytes de cobaye, n'a pas e observe. L'inhibition de l'hemagglutination a permis d'identifier 90% des isolats sur ceuf apres un seul passage. En depit de cer- taines differences d'avidite pour les anticorps suivant les isolats, la majorite des souches ont et6 inhibees en pre- sence d'antis6rums de titre eleve. Les premiers passages sur oeuf des variants Hong Kong ont permis d'observer des aspects tres pleomorphes, avec des particules virales spheriques typiques et des virions filamenteux. Les souches de Hong Kong contiennent l'antigene soluble du groupe A, une neuraminidase semblable a celle des souches asiatiques A2 et une hemagglutinine plus ou moins apparentee at l'hemagglu- tinine des virus A2 humains et animaux pr&cedemment etudies. La sensibilite des hemagglutinines Hong Kong aux inhibiteurs non specifiques a et recherchee en presence de serums normaux de diverses especes. Les serums de singe ont fait preuve de l'activit6 inhibitrice la plus faible, suivis des serums de chevre et de poulet. La plupart des serums humains et des serums de lapin, de meme que tous les serums de cobaye etudies, ont ete inhibiteurs dans une certaine mesure. L'activite inhibitrice des serums de furet a ete tres variable et celle des serums de cheval tres forte. Divers procedes d'elimination des inhi- biteurs non specifiques ont ete utilises et compares: traitement des serums par chauffage a 56°C, emploi de la trypsine, du kaolin, du periodate de potassium et de l'enzyme reductrice du recepteur (RDE). On a evalue l'efficacite relative des reactions d'inhibi- tion de I'hemagglutination (IH) et de fixation du comple- ment (FC-antigene soluble), en tant qu'epreuves de diag- nostic de l'infection grippale, sur des serums couples de 163 adultes. La reaction d'IH a permis de deceler 92% du total des seroconversions et la r6action FC 78 %; 22% des seroconversions depistees par la reaction d'IH n'ont pas ete reconnues par l'epreuve FC, qui en revanche s'est montree positive dans 8 % des cas negatifs en IH. II est indispensable de recourir aux deux methodes si l'on veut assurer au serodiagnostic un maximum d'efficacite. W. R. DOWDLE, M. T. COLEMAN, E. C. HALL & V. KNEZ: Proprietes du virus de la grippe de Hong Kong: 2. Relations antigeniques entre l'hemagglutinine du virus de Hong Kong et celles d'autres souches humaines de virus grippaux A On s'est attache a evaluer avec plus de pr6cision les variations antigeniques intervenues parmi les souches humaines de virus grippaux de type A. Vingt-sept souches representatives de ce type isolees chez l'homme entre 1933 et 1969 ont fait l'objet d'une serie d'epreuves d'inhibition de l'hemagglutination reciproques a l'aide d'immunserums de poulet. En utilisant des methodes taxonomiques chiffrees, on a etabli des phenogrammes ou a arbres genealogiques)) et proced6 a un rapproche- ment par grappes des souches virales en fonction de coefficients de correlation. En tracant sur le phenogramme une ligne correspon- dant au coefficient de correlation < zero #, on obtient une repartition des souches en deux groupes principaux, dont le premier contient toutes les souches isolees avant l'epidemie de grippe de 1957, et le second, toutes les souches isolees ulterieurement. En adoptant arbitraire- ment un autre niveau de correlation, on peut classer les souches en trois groupes correspondant plus ou moins aux sous-types AO, Al et A2. Si l'on prend comme base le niveau de correlation separant les souches de Hong Kong des souches A2 plus anciennes, on aboutit a une repartition des 27 souches dans un minimum de six groupes et dans un maximum de dix groupes. Un phenogramme etabli d'apres les resultats des epreuves de neutralisation reciproques pratiqu6es sur un plus petit nombre de souches grippales A a permis de mettre en evidence de semblables groupes principaux et secondaires. Quant I l'epreuve d'inhibition de la neura- minidase, elle a fourni un phenogramme oiu les deux groupes principaux etaient representes. L'emploi des methodes taxonomiques chiffrees met en relief les lacunes du systeme actuel de nomenclature. 717 CONFERENCE INTERNATIONALE SUR LA GRIPPE DE HONG KONG Les dissemblances antigeniques entre les souches AO et Al, telles qu'elles ressortent de I'analyse des pheno- grammes, sont moins accentuees que les dissemblances entre les souches Al et A2. La disparite antigenique est encore moins forte entre les souches de type Hong Kong et les souches A2 plus anciennes qu'entre les souches AO et les souches Al. L'appellation #A3 i> proposee par certains auteurs ne peut trouver de justification sur la base des caracteristiques antigeniques des souches en cause. Il reste neanmoins necessaire de differencier les souches AO des souches Al et les souches de type Hong Kong des souches A2 precedentes. A cet effet, de nouveaux criteres d'identification devront etre definis. J. L. SCHULMAN & E. D. KILBOURNE: Relations antigeniques entre la neuraminidase du virus de Hong Kong et celles d'autres souches humaines de virus grippaux A Par recombinaison genetique des virus grippaux, on arrive 'a produire des virus antigeniquement hybrides dont 1'enveloppe renferme l'hemagglutinine de l'un des virus parents et la neuraminidase de I'autre. Ces recherches ont beaucoup facilite l'etude des relations antigeniques entre les virus grippaux par la separation des proteines de surface dont le r6le immunologique est determinant. Par hybridation de six souches de virus A2 (A2/Japan/ 305/57, A2/Taiwan/1/64, A2/Itsukaichi/l/65, A2/Monte- video/2208/67, A2/England/10/67, A2/Texas/2/68) et du virus A2/Hong Kong/16/68 avec la souche AO/NWS, on a isole 7 recombinants (AO El, AO E2, etc.) porteurs de l'hemagglutinine (AO) du virus NWS et de la neuramini- dase (E) de chacun des virus A2 ou du virus de Hong Kong (HK), et 7 recombinants reciproques (A2 el, A2 e2, etc.) contenant l'hemagglutinine (A2) des virus A2 ou Hong Kong et la neuraminidase (e) du virus NWS. On a pre- pare des antiserums contre les virus parents et les divers recombinants et recherche leurs relations antigeniques par les epreuves d'inhibition de l'hemagglutination (IH), d'inhibition de 1'enzyme (IE), d'inhibition des plages et de reduction de la dimension des plages. Les s6rums anti-virus A2 ont inhibe l'activite neura- minidasique de tous les recombinants AO E, y compris AO E (HK). On a cependant releve des differences consi- derables de reactivit6 enzymatique entre les souches anciennes (1957-1964) et les souches plus recentes (1965- 1968), comprenant le virus de Hong Kong: On a pu demontrer par les epreuves IH et IE l'identite de la neuraminidase du virus de Hong Kong et de celles des virus A2 de 1967-68, ainsi que le faible degre de reactivit; croisee de leurs hemagglutinines. En epreuve d'inhibition des plages, aucune inhibition du recombinant HKe et du virus parent Hong Kong n'a et observee aux plus faibles dilutions de l'antiserum. De plus, le serum anti-virus de Hong Kong de titre eleve n'a presente aucune activite inhibitrice sur les recombinants A2 e. La reactivite croisee du virus de Hong Kong et des virus A2 est entierement dependante de l'intervention de la neuraminidase virale et non de celle de l'hemagglu- tinine. La neuraminidase du virus de Hong Kong donne des reactions croisees faibles avec la neuraminidase des souches A2 plus anciennes et est identique a l'enzyme des variants A2 de 1967-68. B. TUMOVA & B. C. EASTERDAY: Relations entre les antigenes de l'enveloppe virale de virus grippaux d'origine animale et de souches grippales A2 d'origine humaine isolees de 1957 'a 1968 L'origine et les modalites des variations antigeniques parmi les virus grippaux de type A sont encore peu connues et les nombreuses theories avancees n'expliquent pas de facon satisfaisante l'apparition d'un variant ou d'un nouveau sous-type. L'hypothese d'une origine commune des virus grippaux humains et animaux de type A a ete envisagee avec interet depuis que lon a isole chez differentes especes animales des souches appa- rentees aux virus humains du sous-type A2 par un seul ou l'un et l'autre de leurs antigenes d'enveloppe (hemag- glutinine et neuraminidase). Les presentes recherches ont mis en evidence une parent6 d'antigenes d'enveloppe entre six souches humaines A2 (dont une souche A2/Hong Kong/1/68) isolees de 1957 a 1968, deux souches equines isolees en 1963 et sept souches aviaires isolees en Europe, en Amerique du Nord et en Ukraine entre 1960 et 1967. Diverses epreuves ont ete utilisees: inhibition de l'he- magglutination, neutralisation du virus, fixation du complement specifique de souche et neutralisation de la neuraminidase. Les souches aviaires d'Amerique du Nord Turkey/ Massachusetts/65, Turkey/Wisconsin/66, Turkey/Cali- fornia/64 et la souche italienne Duck/Italy/574/66 sont antigeniquement apparentees aux souches humaines A2 par leur h6magglutinine et/ou leur neuraminidase. On ne releve en revanche aucune relation antigenique entre ces virus et les souches A/equine-2/63, Duck/Ukraine/2/60 et 1/63, et A2/Hong Kong/l/68. Cependant la souche A2/Hong Kong/1/68 possede une neuraminidase sem- blable a celle d'autres souches A2 isolees auparavant. On a pu demontrer une parent6 entre les hemaggluti- nines des souches A/equine-2/63, A2/Hong Kong/l/68, Duck/Ukraine/2/60 et 1/63. Une communaute de neura- minidase n'est apparue que pour les souches A/equine- 2/63 et les souches aviaires d'Ukraine. L'interpretation et la signification de ces resultats au regard de l'ecologie des virus grippaux sont discutees. G. C. SCHILD & R. W. NEWMAN: Relations immuno- logiques entre les neuraminidases de virus grippaux humains et animaux On a compare, sous l'angle des caracteristiques immu- nologiques, les neuraminidases de trois souches de virus 718 2e SE'ANCE grippaux A2 humains avec celles de diverses souches animales de type A (14 souches aviaires, 2 souches equines et 1 souche porcine). On a eu recours a cet effet Li des epreuves d'inhibition de la neuraminidase et a la technique d'immunodiffusion. On n'a decele en inhibition de la neuraminidase qu'un faible degre de reactivite croisee entre l'enzyme de la souche A2/Singapore/1/57 et celle du variant A2/Hong Kong/1/68. L'enzyme de la souche A2/England/76/66, aux caracteristiques intermediaires, a donne des reactions croisees plus ou moins nettes avec les enzymes des souches A2/57 et A2/Hong Kong. Par contre, l'immuno- diffusion pratiquee l'aide d'un serum anti-neuramini- dase A2/57 a revele une ligne de precipitation commune toutes les souches A2 humaines etudiees, indice d'une parente antigenique entre leurs enzymes plus etroite que ne le donnaient a croire les rdsultats des epreuves d'inhibition. On a constate en inhibition de la neuraminidase ['existence de reactions croisees entre les enzymes des souches humaines A2/57 et A2/66 et celles des souches animales Turkey/Wisconsin/66, Turkey/Massachusetts/65 et Duck/Italy/574/66. Le spectre de reactivite croisee de la neuraminidase de la souche A2/Hong Kong a ete beaucoup plus etendu, englobant non seulement les souches aviaires ci-dessus (a l'exception de la souche Turkey/Massachusetts/65) mais, en outre, les souches Duck/Germany/1998/68 et un degre moindre les virus FPV, <(N #, Duck/England/56 et Swine/Cambridge/39. L'immunodiffusion a confirme la parente antigenique des neuraminidases des souches A2/Hong Kong et Turkey/Wisconsin/66, mais non les affinites antigeniques mineures decelees entre les enzymes des virus A2/Hong Kong, FPV, <'N #, Duck/England/56 et Swine/Cam- bridge/39. La constatation d'une similitude antigenique entre les enzymes des souches A2 humaines et celles de certaines souches aviaires de type A presente de l'interat pour l'dtude de l'origine des nouveaux variants antigeniques deceles chez l'homme et plaide en faveur de l'hypothese des recombinaisons genetiques entre virus grippaux. J. A. KASEL & R. B. COUCH: Infection experimentale par des virus grippaux de type A chez l'homme et chez le cheval On a demontre l'existence de relations antigeniques entre les hemagglutinines des virus A/equine-2 isoles chez le cheval en 1963 et les hemagglutinines des virus A2/Hong Kong/68 responsables d'epidemies de grippe humaine en 1968 et 1969. Afin de determiner l'importance biologique de ces observations, on a procedd une etude experimen- tale de l'infection par ces deux types de virus chez l'homme et chez le cheval. Quinze volontaires dont le serum ne contenait aucun anticorps neutralisant ont e inocules par le virus A/equine-2/Miami/63. Chez tous, la presence du virus a e decelee dans les secretions; 13 ont presente une affection clinique, generalement febrile, ne differant pas des manifestations de la grippe humaine naturelle. Dans 14 cas, on a assiste a l'apparition d'anticorps diriges contre la souche infectante et, dans 9 cas, a une reponse immunitaire heterologue envers le virus A2/Hong Kong/ 68. Apres administration du virus A2/Hong Kong/68 a 10 poneys 'a serologie negative, on a releve chez 9 animaux la presence du virus et chez 6 une reaction febrile. Il y a eu dans 4 cas apparition d'anticorps contre la souche humaine, mais aucune reponse immunitaire envers les virus A/dquine-2. Les 15 volontaires ont ensuite subi une infection d'epreuve par le virus A2/Hong Kong/68. Les cas de grippe et les isolements de virus ont ete dans ce groupe moins nombreux que dans un groupe temoin non prec& demment immunise. Il existait une corrdlation entre le degre d'immunite et les titres d'anticorps A2/Hong Kong/68 ddceles apres inoculation de la souche equine. Chez les poneys soumis a une infection d'epreuve par le virus A/equine-2/Miami/63, la presence du virus a etd constatee moins frequemment que dans un groupe d'ani- maux temoins. Deux des animaux precedemment exposes au virus A2/Hong Kong/68 et 1 animal temoin ont presente une reaction febrile. Etant donne que des virus A/equine-2 ont ete isoles dans des populations equines plus de cinq ans avant la survenue des epidemies de grippe a virus A2/Hong Kong/68, les chevaux ne constituent probablement pas des reservoirs actifs de virus susceptibles d'infecter l'homme. La possibilite d'un echange occasionnel de virus entre ces deux categories d'h6tes, dans les conditions naturelles, ne doit cependant pas etre exclue. F. M. DAVENPORT, E. MINUSE, A. V. HENNESSY & T. FRANCIS,jr: Interpretation des spectres d'anticorps antigrippaux observes chez l'homme La distribution par age des anticorps IH diriges contre le variant Hong Kong du virus grippal a e recherch6e dans de tres nombreux serums, preleves en 1958 et 1966, en utilisant comme antigene la souche A2/Aichi/2/68. On a constat6 la presence de titres eleves d'anticorps chez les sujets nes en 1893-94 ou plus t6t. A la lumiere des informations relatives aux precedentes epidemies de grippe, ces donnees indiquent la forte prevalence probable chez l'homme de virus semblables au variant Hong Kong aux environs de 1900. Le fait que l'epoque d'apparition de ces anticorps soit la meme chez les sujets examines en 1958 et en 1966 montre que leur presence resulte de l'exposition pendant l'enfance aux antigenes d'un virus semblable au variant Hong Kong et non d'un elargisse- ment de la rdponse immunitaire ii la suite d'infections repetees par d'autres souches de virus A. La specificite des anticorps a ete etablie par une epreuve photometrique permettant de differencier les reactions homologues et heterologues. D'autre part, on a pu demontrer l'exposi- tion anterieure aux antigenes en vaccinant des sujets appartenant aux cohortes de 1889-1902, 1879-1888 et 719 CONFJRENCE INTERNATIONALE SUR LA GRIPPE DE HONG KONG 1923-1937. La vaccination par un vaccin A2/Aichi/2/68 monovalent a declenche la plus forte reponse immunitaire homologue chez les sujets nes en 1879-1888 et la vaccina- tion par un vaccin A/equine-2/Milford/2/63 a suscite chez eux une nette r6ponse heterologue a l'egard de la souche Aichi. Ces donnees sont interpretees comme indiquant que le phenomene de variation antigenique qui s'est manifeste au sein des souches asiatiques A partir du variant de type A2/Japon/305/57 responsable de la pandemie de 1889-90 s'est reproduit tout recemment. Cet exemple de recombination d'antigenes suivant un modele non observ6 depuis longtemps appuie l'hypothese selon laquelle les virus du groupe A contiennent un nombre fini de consti- tuants antig6niques. N. MASUREL: Caracteristiques serologiques d'un serotype ((nouveau)> de virus grippal A: la souche Hong Kong La pr6sence d'anticorps diriges contre un virus grippal d'origine humaine ou animale dans le serum de personnes appartenant A un certain groupe d'Age donne a penser que ce virus, ou un virus voisin, a eu une certaine activite ;pidemique chez l'homme dans le passe. Les resultats des etudes virologiques et serologiques menees par differents chercheurs semblent autoriser un certain nombre de conclusions. Beaucoup d'auteurs considerent que la pandemie de grippe de 1918 a ete causee par un virus porteur d'un antigene identique ou apparente A celui de la souche porcine A/Swine/30. Toutes les souches humaines A isolees de 1933 a 1957 presentaient une parent6 antigenique avec ce dernier virus. Il est tres probable que le virus responsable de la pandemie de 1889-90 est identique ou etroitement apparente au virus qui a provoque la pandemie de 1957. La presence d'anticorps diriges contre les virus A/equine-2 dans le serum de personnes ag6es de 60 ans et plus semble indiquer que ces virus, ou des virus apparentes, ont ete a l'origine des epidemies de grippe observees vers 1900, soit 10 ans apres la pandemie de grippe A2 de 1889-90. En raison des caracteristiques antigeniques du variant Hong Kong, qui est la seule souche humaine antige'niquement apparentee aux souches A/equine-2, on peut admettre que des virus semblables a ce variant sont apparus chez l'hom- me pour la premiere fois vers 1900, succedant aux souches A2 de 1889-90. HIDEo FUKUMI: Interpretation des spectres d'anti- corps antigrippaux chez 1'homme: signification des anticorps anti-Hong Kong deceles chez des personnes agees avant 1'epidemie de grippe de Hong Kong On a preleve des echantillons de serums chez des pensionnaires d'une maison de retraite au Japon et recherche la presence d'anticorps IH pour une serie de virus du type A, et notamment pour le variant Hong Kong. Les examens ont eu lieu en novembre 1967, avant le debut de l'epidemie de grippe de Hong Kong. La decouverte la plus frappante faite A cette occasion a et6 celle de l'existence chez une notable proportion des sujets ages de 72 ans ou davantage d'anticorps diriges contre le variant Hong Kong A des titres relativement eleves atteignant dans certains cas 1: 256 et 1: 512. On n'a releve chez ces personnes aucune correlation entre les titres d'anticorps anti-Hong Kong et les titres d'anticorps actifs contre le virus A2 classique. En raison de la disparite antig6nique du virus A2 classique et du virus de Hong Kong, on est amene A penser que, il y a environ 70 ans, l'antigene de type A predominant etait le principal antigene du virus Hong Kong, distinct du principal antigene du virus A2. I1 est possible qu'A l'ere de prevalence du virus A2, qui a d6bute vers 1889 et a dure une dizaine d'annees, ait succede une periode de prevalence d'un virus de type Hong Kong. W. M. MARINE, W. M. WORKMAN & R. G. WEBSTER: Relations immunologiques entre le virus de Hong Kong, les virus de la grippe asiatique et les virus A/6quine-2 chez l'homme L'etude de la repartition selon l'Age des personnes presentant des anticorps actifs contre le variant Hong Kong avant l'apparition en 1968 de l'epidemie de grippe due A ce virus a conduit A envisager qu'un virus semblable au virus de Hong Kong circulait dans les populations humaines avant 1900. Pour completer ces observations, on a constitue deux groupes de population, l'un compose en 1964 de personnes agees (nees avant 1892) et caracterise par une forte prevalence des anticorps anti-Hong Kong, le second, forme en 1967 de jeunes adultes. Ces deux groupes ont et compares sous le rapport de la reponse immunitaire a l'injection de 400 unites CCA d'un vaccin Hong Kong monovalent, de 1'avidite des anticorps anti- Hong Kong et de l'absorption des anticorps par les virus A2/Hong Kong/8/68, A/equine-2/Milford/2/63 et A2/ Japan/170/62. Dans la population agee, l'administration du vaccin Hong Kong a provoque une hausse de cinq fois des titres d'anticorps anti-Hong Kong et, dans 40% des cas, une reponse immunitaire A l'egard du virus A/equine-2, mais n'a suscite aucune reponse en anticorps anti-A2/Japan. Chez les sujets jeunes, on a note une augmentation moderee des titres d'anticorps anti-Hong Kong et une hausse de six fois des titres d'anticorps anti-A2/Japan, mais il n'y a eu aucune reponse immunitaire dirigee contre le virus A/equine-2. Les serums contenant des anticorps anti-Hong Kong et anti-A/equine-2 ont presente un phenomene de double absorption. Des reactions identiques, mais peu accentuees, ont ete' constatees entre anticorps anti-Hong Kong et anticorps anti-A2/Japan dans les serums des personnes agees. Chez les sujets jeunes, l'aptitude a la double 720 2e SEANCE absorption des anticorps anti-Hong Kong et des anticorps anti-A2/Japan a et fortement accrue. D'apres ces resultats, il semble que les hemagglutinines des virus Hong Kong et A/equine-2 possedent un certain nombre d'antigenes communs. D'autre part, les observa- tions faites sur les sujets jeunes confirment la parente anti- genique entre le variant Hong Kong et les souches asiati- ques. La discordance des reponses a t'administration du vaccin Hong Kong dans les deux groupes peut s'expliquer par une succession differente des contacts avec le virus Hong Kong et les souches asiatiques. La reponse immuni- taire caracteristique des personnes agees pourrait resulter d'une exposition initiale (# pech6 antigenique originel *) it un virus du type Hong Kong, t'exposition aux souches asiatiques n'intervenant qu'en 1957. Le haut degre d'avi- dite des anticorps anti-Hong Kong presents dans les serums pre- et postvaccinaux des personnes agees plaide en faveur de l'hypothese d'une parente etroite entre l'hemagglutinine d'un virus de type Hong Kong actif avant 1900 et celle du variant de 1968. Titres des communications R. G. Webster: La variation antigenique des virus grippaux au regard, notamment, de la grippe de Hong Kong M. M. Kaplan: Relations entre la grippe animale et Ia grippe humaine B. C. Easterday: Examen des relations antigeniques entre les virus de la grippe animale et de la grippe humaine H. A. Blough: Recherches sur la structure de t'enveloppe du virus grippal Discussion generale Dr J. T. SETO. Au cours de recherches pr6liminaires sur la sialidase (neuraminidase) du virus grippal de Hong Kong, 1'enzyme de la souche A2/Aichi a ete etudiee. Son pH optimal d'activite s'est revele compris entre 5,0 et 5,5. I1 differe donc nettement du pH optimal de la souche A2/Japan/305 qui est de 6,5 et de celui du recombinant X-7, qui est de 6,0. L'enzyme de la souche A2/Aichi est relativement r6sistante i l'inactivation thermique: c'est aussi la caracteristique de nombreuses souches A2 isolees anterieurement. It a ete observe que la sialidase de la souche A2/Aichi etait inhibee par l'immunserum hautement specifique anti-enzyme du virus X-7, au meme degre que la sialidase X-7. Dr R. SOHIER. En ce qui conceme l'utilisation de la reaction de fixation du complement specifique de souche pour l'identification du virus grippal humain, les immun- serums prepares strictement selon la methode preconisee par Lief & Henle contiennent souvent non seulement les anticorps homologues, mais egalement des anticorps heterologues. Si l'on fait absorber ces immunserums par des membranes chorio-allantoidiennes infectees par une souche de virus grippal de parente lointaine (par exemple AO/PR/8), une grande partie, voire la totalite, des anticorps heterologues se trouve eliminee. I1 est possible d'obtenir, par exemple, un immunserum reagissant seulement avec A2 ou seulement avec A2/Hong Kong/68. Dr R. DEIBEL. Deux serums antigrippaux de furet, diriges respectivement contre la souche A2/Hong Kong/68 et A2/Taiwan/64, ont et6 utilis6s pour pratiquer des epreuves d'inhibition de l'hemagglutination sur 22 souches grippales isolees au cours de 1'epidemie de grippe survenue dans l'Etat de New York entre decembre 1968 et janvier 1969. La dose d'epreuve etait de 4 unites HA. Les titres IH des serums de furet etaient respectivement de 640 et de 320 'a 1'egard de la souche virale homologue. Quant aux titres IH ai l'egard des souches recemment isolees, ils allaient de 160 a 5120 pour le serum anti- A2/Hong Kong/68 et de moins de 10 a 320 pour le serum anti-A2/Taiwan/64. A 1'egard de toutes les souches, les titres IH du serum anti-A2/Hong Kong/68 etaient au moins 4 fois et parfois jusqu'a 64 fois superieurs 'a ceux du serum anti-A2/Taiwan/64. Ces resultats montrent que les 22 souches virales isolees ressemblent au variant Hong Kong/68, mais les differences de reactivite des serums de reference evoquent cependant certaines variations parmi ces souches. Dr N. VEERARAGHAVAN. Les proprietes hemaggluti- nantes de 50 souches du virus A2/Hong Kong/68 'a 1'egard des erythrocytes de differentes especes animales ont et6 etudiees. Les titres etaient similaires Ai l'gard des erythrocytes de cobaye et des erythrocytes aviaires. It ne semble pas y avoir de phase 0 marquee. Les titres obtenus avec les erythrocytes de rat blanc, de lapin, de souris et de singe etaient decroissants, dans cet ordre. Sept souches ont donne' des titres d'hemagglutination tres faibles avec les erythrocytes de mouton, et aucune des souches n'hemagglutinait les erythrocytes de veau. Dr D. J. DAVIs. Les donnees presentees dans les communi- cations precedentes viennent L l'appui de F'hypothese selon laquelle un virus grippal, antigeniquement sem- blable aux souches Hong Kong de 1968-69, a largement circule dans le monde il y a 70 L 80 ans. Les preuves serologiques qui ont et foumies tendent a montrer qu'une telle infection a certainement sevi en Asie, en Amerique du Nord et en Europe. On a egalement montre que les souches isolees des chevaux au cours de la derniere decennie sont apparen- tees aux souches A2 et pourraient etre semblables L celles qui ont cause des epidemies humaines vers 1890- 1900. Les donnees figurant dans la communication de Davenport et al. (voir page 453) semblent suggerer que les virus Hong Kong sont apparentes au virus hypoth& tique qui a provoque une epidemie en 1900, et les donnees du Dr Masurel et du Dr Fukumi (voir pages 461 et 469) etayent l'idee que des virus semblables L celui de Hong 27 721 722 CONFiRENCE INTERNATIONALE SUR LA GRIPPE DE HONG KONG Kong ont circul6 en 1900 ou autour de cette date. Marine et al. (voir page 475) ont egalement trouve des anticorps ressemblant a ceux de Hong Kong et de Equi-2 chez des sujets n6s avant 1892; se fondant sur des etudes de fre- quence et d'absorption des anticorps, ils ont conclu que le virus de Hong Kong et son proche parent le virus Equi-2 appartiennent au meme prototype qu'un virus qui a circule avant 1900 et qui a probablement Wt responsable des epidemies de 1889-1892. Compte tenu de ces hypotheses, il semblerait interessant de rechercher dans les archives la description exacte des 6pidemies survenues vers la fin du si&le dernier. II existe deux manieres de verifier la survenue de ces anciennes 6pid6mies: a) relever les comptes rendus pertinents dans les publications medicales, b) examiner les taux de mortalit6 par pneumonie et grippe. Or, d'apres les archives, des epidemies de grippe ont et6 enregistr&es a intervalles irrdguliers depuis 1173a et, a la difference de beaucoup d'autres maladies infec- tieuses, la grippe continue a sevir parmi les populations humaines. Entre la grave dpidemie de 1847 et l'ann6e 1889, il s'est ecoule une longue periode sans epidemie. I1 semble evident que pendant ces quarante annees aucune dpidemie n'a ete assez serieuse pour se traduire par une augmentation de la mortalite. Aux Etats-Unis d'Amd- rique, une incidence accrue de la grippe, et partant de la mortalitd, a ete notde dans les Etats de l'Est en d6cembre 1889, et a culmin6 au debut de janvier 1890. En Europe, une augmentation marquee du nombre de d6ces par grippe et pneumonie et du nombre de cas de grippe signales revele qu'un clocher de la maladie a eu lieu en janvier 1890. Une autre dpidemie est survenue au debut de 1892. C'est ensuite en 1900 qu'apparaissent les signes dvoca- teurs d'une epidemie, c'est-a-dire une augmentation de la mortalitd par grippe et pneumonie, sensible mais moins nette qu'en 1890 et 1892. Les relevds de mortalite par grippe et pneumonie dans le Massachusetts entre 1887 et 1916 b montrent que le taux de mortalite relatif 'a ces deux maladies a ete plus eleve en 1900 qu'au cours de toute autre annee entre 1893 et 1916. Il representait environ le double de la moyenne pour cette periode. Les taux de mortalite mensuels les plus elevds ont W observds en mars et avril 1900. On retrouve une situation identique en Grande-Bretagne. Par exemple, en 1900, le taux de mortalite par grippe en Angleterre et au Pays de Galles a ete de 509 pour un million et c'est le chiffre maximal releve entre 1892 (574 pour un million en 1892) et 1918. On peut postuler qu'au cours des dix annees 1890-1900, il est survenu une modification antigenique semblable a celle que nous avons observee recemment. L'dvdnement suivant a noter est la grande pandemie de 1918. a Vaughan, W. T. (1921) Influenza, an epidemiologic study, Baltimore (Amer. J. Hyg., Monograph Ser., No 1), page 4. b Frost, W. H. (1919) J. Amer. med. Ass., 73, 313. Les donnees communiquees a la presente Conference ont montre l'existence d'une relation etroite entre les virus de la grippe equine A/Equi-2, isol6s en 1963, et le virus Hong Kong qui ne l'a ete qu'en 1968. On peut se demander: si ces souches ou leurs composants anti- geniques ne seraient pas restees latentes dans les popula- tions animales pendant plusieurs annees avant d'envahir les populations humaines; si elles se seraient modifiees dans un reservoir animal; si le virus serait soumis a un cycle d'environ 70 ans; s'il y aurait lieu de craindre par- ticulierement la r6apparition de souches plus virulentes. Cette discussion touche 6galement la question du choix des criteres a appliquer pour classer les sous-types du virus grippal A afin de les rattacher it des souches similaires apparues il y a des ann6es. Une telle classifica- tion n'a pas seulement un interet academique car, dans la pratique de la sant6 publique, il est primordial de discerner rapidement et d'etiqueter tout nouveau sous- type susceptible d'avoir un potentiel 6pidemique. La capacite de provoquer une nette poussee epidemique, particulierement chez les adultes, comme cela s'est produit a Hong Kong en juillet 1968, constitue une forte presomption en faveur d'un nouveau variant. Nous devons nous montrer vigilants quant aux consequences d'une telle apparition, surtout apres un intervalle de dix ans. Nous devons perfectionner les techniques 6pidemio- logiques afin de mieux pr6voir les epid6mies et d'amelio- rer les methodes qui nous permettront d'y faire face. Dr D. HOBSON. Les resultats d'un essai de vaccins tues, effectue recemment en Angleterre par le Medical Research Council, illustrent la difficult6e qu'il y a a determiner la relation antigenique entre le virus Hong Kong et les souches A2 antdrieures. On a reparti 183 adultes en trois groupes et administre aux groupes 1 et 2 un vaccin asiatique (A2/64) par voie sous-cutanee et au groupe 3 du vaccin Hong Kong seulement. Selon nous, les principales questions etaient de savoir: 1) si les anticorps Hong Kong et A2/64 etaient distincts et leurs titres des variables independantes et 2) si les deux types de virus suscitaient et permettaient de deceler un seul et meme anticorps, les differences d'efficacite n'etant dues qu'au hasard. Chacun des vaccins a donne une reponse homologue plus forte que la reponse heterologue a en juger au nombre de sujets presentant un titre quadrupl. En ventilant les chiffres on constate que, de toute evidence, les deux reponses en anticorps sont independantes: le titre des anticorps Hong Kong a quadrupld chez 7% seulement des sujets qui avaient requ le vaccin A2/64, et chez 39% de ceux qui avaient recu le vacciu Hong Kong. D'autre part, I'elevation du titre des seuls anticorps A2/64 a ete observee chez 32 % des sujets qui avaient recu le vaccin homologue, mais chez aucun de ceux qui avaient reru le vaccin Hong Kong. Meme chez les sujets qui ont reagi au vaccin par une double reponse en anticorps, c'est la composante A2/64 qui predominait s'ils avaient requ le vaccin A2/64, et la 2e SfANCE composante Hong Kong, s'ils avaient recu le vaccin Hong Kong. Les virus Hong Kong et A2/64 peuvent ne pas avoir la meme hemagglutine, mais ils ont bien en commun I'antigene neuraminidasique et suscitent le meme anti- corps inhibiteur de l'enzyme. Est-il possible que ce soit cet anticorps anti-neuraminidase commun qui soit res- ponsable de I'apparente reaction d'IH croisee par le jeu de quelque empechement sterique? I1 semble que non: en effet, des epreuves IH pratiquees avec un recombinant possedant l'h6magglutinine du virus de la peste aviaire et la neuraminidase Hong Kong ont montre qu'aucun des serums ci-dessus n'etait inhibiteur dans ce cas. Dr S. C. SCHOENBAUM. En accord avec les resultats presentes dans les communications anterieures sur la distribution par age des anticorps Hong Kong pre- epidemiques, on a observe que la frequence des anticorps Hong Kong etait elevee dans les serums recueillis en 1968 dans une collectivite de retraites. Au cours d'une epidemie de grippe de Hong Kong, le taux d'atteintes cliniques a et de 16% parmi 1564 per- sonnes nees apres 1895, mais avant 1910; il a et6 de 9% parmi 875 personnes nees entre 1890 et 1894 et seulement de 6% parmi 540 personnes nees avant 1890. En outre, il semble que la maladie ait ete plus benigne parmi les membres les plus ages de la population. Certes, on avait observ6, au cours d'une epidemie de grippe A2 survenue dans la meme population trois ans auparavant, une difference relativement faible (<50%/) dans les taux d'atteintes entre les membres les plus vieux et les plus jeunes de cette collectivite de retrait6s, mais elle n'avait rien de commun avec la difference de 250% observ6e au cours de l'epidemie de grippe de Hong Kong. Dr M. F. WARBURTON. En 1957, a la suite d'une recom- mandation de l'Organisation mondiale de la Sante, nous avons recueilli des echantillons de serum dans la popula- tion la plus agee d'Australie. On a recemment recherche dans ces serums les anticorps IH a l'egard des virus A2/ Hong Kong, A2/Japan/305/57 et A2/North Carolina/63; le resultat a et6 surprenant: bien que le tableau des anti- corps a l'egard de A2/Hong Kong, chez les personnes nees avant 1900, soit en Australie semblable aL celui qui a et signale par d'autres auteurs au cours de cette seance, on notait une absence a peu pres complete d'anticorps A l'egard du virus A2/Japan/305/57. En outre les 3 s6rums qui possedaient des anticorps a l'egard de cette derniere souche de virus avaient des titres plus eleves it 1'egard de la souche A2/North Carolina/63, assez etroitement appa- rentee. I1 n'a pas et trouv6 d'anticorps asiatique dans 25 s6rums recueillis en 1954 chez des personnes nees avant 1900. En comparant les donnees sur la mortalite par grippe en Angleterre et en Australie apres 1890, on constate que l'Australie n'a pas ete serieusement touchee par cette affection au cours des trente premieres ann6es poste- rieures a 1860 mais qu'elle a gravement souffert de la pandemie de 1890 et des dpidemies de 1895 et de 1899- 1900. Cette constatation tendrait a etayer l'interpretation de Marine et al. (voir page 475), pour qui la pandemie de 1890 a et6 en fait associee a un virus possedant une hemagglutinine tres proche de celle de A2/Hong Kong et non de celle de A2/Japan/305/57 comme on le croyait auparavant. Dr F. S. LIEF. Des epreuves d'hemadsorption-neutralisa- tion reciproques ont revele qu'une modification anti- genique majeure 6tait survenue dans l'hemagglutinine du variant A2/Hong Kong. Une communaute antigenique a pu etre mise en evidence avec la souche Equi-2, mais aucune reaction croisee n'a pu etre decelee avec les souches A2, si ce n'est une faible reaction croisee, unilaterale, avec une souche A2/1967. Si l'on compare, au moyen de la reaction de fixation de complement specifique de souche, le virus Hong Kong avec une liste plus longue de virus, notamment A2, on observe encore que le virus Hong Kong n'a de parente antig6nique qu'avec le virus Equi-2. Les serums anti-V utilises pour l'preuve ont et6 produits par injection d'hemagglutinines trait6es par l'ether a des cobayes. Pereira a montre que ces s6rums sont souvent exempts d'anticorps diriges contre la neuraminidase virale, mais possedent un titre eIev6 d'anticorps h I'egard de l'hemagglutinine du virion. Ainsi, grace au choix de serums contenant seulement des anticorps anti-h6magglutinine, il a Wt6 possible de reveler par la reaction de fixation du complement le caractere unique de la composante hemagglutininique du virus Hong Kong. L'examen de 64 serums d'adultes jeunes et de 66 serums de personnes agees de 65 a 90 ans, pr6leves avant l'appa- rition du virus Hong Kong, a revele l'absence complete d'anticorps neutralisant ce virus chez les premiers et sa presence chez 83 % des derniers. Dans les deux groupes d'age, les serums etaient tres riches en anticorps a I'egard des souches A2 (prototype 1957, 1967 et 1968), mais Ta moyenne geometrique des titres a l'egard des souches 1968 etait faible (1: 10 et 1: 15 respectivement) dans les deux groupes d'age. Parmi les personnes agees, 66% possedaient des anticorps contre Equi-2. La frequence et les titres des anticorps Equi-2 etant plus faibles que ceux des anticorps 'a l'egard du virus Hong Kong, il y a lieu de penser que les titres Equi-2 traduisent l'existence d'anticorps dus a une infection par un virus du type Hong Kong, survenue dans le passe, anticorps donnant une reaction croisee avec Equi-2. Cependant, lorsqu'on a eprouve les serums de la cohorte jeune par la rdaction de fixation du complement, on a egalement decele des anticorps contre le virus Hong Kong chez 72% des sujets. Une question se pose: ces anticorps sont-ils diriges contre la neuraminidase virale, et si oui, sont-ils protecteurs? On a donc eprouv6 une serie de paires de serums provenant d'adultes jeunes qui avaient eu la grippe de Hong Kong, au moyen de la reaction de fixation du complement en presence d'antigenes V prepares 'a partir du virus Hong Kong et du recombinant X-15 723 CONFtRENCE INTERNATIONALE SUR LA GRIPPE DE HONG KONG (virus contenant une hemagglutinine Equi-l et une neuraminidase A2/RI/5+), decrit dans la communica- tion de Schulman & Kilbourne (voir page 425). Dans les serums de la phase aigue, l'anticorps neutralisant le virus Hong Kong faisait defaut chez tous les malades, mais des anticorps FC a l'egard de ce meme virus ont dte facilement deceles chez tous. A la phase de convalescence, les titres d'anticorps anti-A2/Hong Kong et X-15 croissaient significativement. De ces resultats, on peut deduire que les anticorps FC a l'egard du virus Hong Kong, decouverts dans les serums de la cohorte jeune, representaient sans aucun doute des anticorps diriges contre la neuraminidase, commune au variant Hong Kong et aux souches A2 plus anciennes. Ces anticorps anti- neuraminidase ne previennent apparemment ni l'infec- tion ni la maladie. Il reste a determiner s'ils peuvent contribuer a rdduire la gravite de la maladie et la morta- lite. Dans des experiences portant sur des poneys, 8 animaux ont requ du virus A2/Hong Kong; l'infection s'est deve- loppee chez tous les animaux, comme en ont temoigne l'isolement du virus, l'apparition d'anticorps FC et neutralisants anti-virus grippaux A2/Hong Kong et A/Equi-2. Au cours de cette etude, un des chercheurs a contracte une maladie aigue d'allure grippale. Dr C. H. STUART-HARRIS. I1 existe un contraste frappant entre les communications faites d'une part a la lre seance et d'autre part a la 2e. La premiere seance a ete consacree a la description des observations sur les epidemies appa- rues dans divers pays; la seconde l'est aux caractdristiques du virus Hong Kong et aux indices qui permettraient de retrouver son origine. Les problemes souleves au cours de la premiere seance par les diverses observations faites a l'echelon national sur les epidemies n'ont pas, L mon avis, ete resolus par une etude approfondie des virus. Les relations mises en evidence entre l'hemagglutinine et la neuraminidase du virus Hong Kong et celles des autres virus de type A d'origine humaine donnent a penser que les virus A2 rdcents et la souche Hong Kong derivent d'un precurseur commun. L'interpretation de la relation entre les divers virus animaux de type A et le virus A2/Hong Kong se revele extremement difficile. L'existence d'une relation entre certains virus aviaires et Equi-2 et le virus Hong Kong est admissible, mais cela ne suffit pas pour me convaincre que les virus animaux expliquent l'origine des variants humains. Je ne peux admettre l'hypothese selon laquelle les virus A, animaux et humains, se livrent a un <(ballet eperdu> de recombi- naisons. Quant aux observations concernant le tableau des anticorps dans les serums anterieurs L 1957, decrites par le Dr Masurel (voir page 461), elles prouvent que le virus A2/Hong Kong est une a vieille connaissance# de l'humanite. Et la notion du retour cyclique des souches tous les 60 ans, dont ont parle Davenport et al. (voir page 453), souleve la question d'un reservoir fant6me qui n'a pas encore ete decouvert. Peut-on rdellement admettre la conception d'especes fantomatiques d'ARN qui attendent le moment propice pour se draper de proteines superficielles et apparaitre une fois de plus sous la forme de virus pleinement efficaces? Peut-etre y-a-t-il une explication plus simple. Ne se pourrait-il pas que nous ayons omis des virus qui constitueraient des cha;- nons intermediaires entre les groupes de virus humains differant largement au point de vue antigenique, et qu'il existe ainsi, en realite, une variation plus graduelle? Quoi qu'il en soit, il est probable que dans notre igno- rance actuelle de l'origine des virus grippaux, les jeunes virologistes qui se trouvent parmi nous verront un defi a relever et trouveront un stimulant pour leurs travaux. Les taches ne manquent certainement pas si l'on veut elucider les problemes actuels. 3e SEANCE - VACCINS ANTIGRIPPAUX INACTIVES Resumes des rapports R. MURRAY: Production et evaluation, aux Etats- Unis d'Amerique, d'un vaccin antigrippal prepare a partir du variant Hong Kong en 1968-69 La Division des Etalons biologiques des Instituts nationaux de la Sante a mis, en aout 1968, des cultures du variant Hong Kong du virus grippal a la disposition des fabricants des Etats-Unis aux fins d'dtude de ses proprietes. En septembre de la meme annee, elle leur a fourni la souche Aichi, en provenance du Japon, en vue de a fabrication de vaccin. Le premier lot de 110 000 doses de vaccin a ete mis en vente le 15 novembre 1968; 15 millions de doses avaient ete produites au moment oiu l'epidemie atteignait son point culminant, dans la premiere semaine de janvier 1969, et 20 millions a la fin du meme mois. En depit de cet effort tres considerable, il est permis de se demander si les vaccinations ont influence de fa9on appreciable l'evolution de l'epidemie de 1968-69. II semble egalement douteux que l'epidemie de grippe asiatique qui a sevi aux Etats-Unis en 1957 ait vu son cours notablement modifie bien qu'on ait dispose de plus grandes quantites de vaccin avant l'acme de la vague epidemique. La priorite doit etre accordee La la production de vaccin en quantite suffisante pour faire face a temps a toute menace d'epidemie. 724 3e SJEANCE N. M. TAURASO, T. C. O'BRIEN & E. B. SELIGMAN, jr: Problemes relatifs 'a la standardisation des vaccins antigrippaux On ne dispose d'aucune methode de laboratoire apte 'a mesurer avec certitude l'antigenicite des vaccins anti- grippaux inactives. Aussi a-t-on ete conduit, dans un premier temps, a reexaminer le taux de reproductibilite des epreuves d'agglutination des hematies de poulet et d'activite chez la souris, qui servent actuellement a evaluer le potentiel antigenique des vaccins antigrippaux. L'analyse statistique des donnees recueillies lors de l'execution du test de neutralisation sur la souris, sur l'ceuf ou sur culture tissulaire (deuxieme stade du test d'activite chez la souris) decele des differences d'activite protectrice entre deux vaccins dont le contenu en antigenes ne varie que du simple au double. Neanmoins, on ne peut se baser sur une seule epreuve de neutralisation pour l'evaluation correcte d'un vaccin en raison de l'interfe- rence de facteurs biologiques. En outre, cette epreuve exige beaucoup de temps et de manipulations, et on ne peut envisager de la repeter dans la mesure necessaire a l'obtention de resultats statistiquement valables. L'epreuve d'agglutination des hematies de poulet, plus simple, et qui fait preuve d'un taux de reproductibilite satisfaisant, permet d'evaluer correctement l'activite d'un vaccin 'a condition de disposer d'une preparation de reference stable. Deux problemes doivent encore etre resolus: celui de la mesure des proportions relatives des diff6rents constituants dans les preparations vaccinales polyvalentes, et celui de la mise au point d'une epreuve dont les resultats puissent etre mis en correlation avec les donnees relatives a l'activite des vaccins recueillies chez l'homme. N. M. TAURASO, R. GLECKMAN, F. A. PEDREIRA, J. SABBAJ, R. YAHWAK & M. A. MADOFF: Influence de la dose et de la voie d'administration sur l'antigenicite du vaccin 'a base de virus grippaux inactives (souche Hong Kong) chez l'homme Des recherches anterieures concernant les avantages respectifs de la voie intradermique et de la voie sous- cutanee pour l'administration des vaccins antigrippaux inactives ont donne des resultats contradictoires. A la suite de l'epidemie de grippe de Hong Kong de 1968-69 et de la mise au point de preparations vaccinales mieux definies, il est devenu necessaire de reexaminer le probleme. Une experimentation a eu lieu sur des volontaires. On a utilise trois dosages de vaccin inactive: 0,1 ml, soit 65 unites d'agglutination d'hdmaties de poulet (CCA), 0,25 ml (160 unites CCA) et 0,5 ml (320 unites CCA), la dose de 0,1 ml etant administree par voie sous-cutanee ou intradermique, les deux autres doses par voie sous- cutanee uniquement. On a suivi l'evolution des titres d'anticorps par l'epreuve d'inhibition de l'hemagglutina- tion et recherche 1'effet d'une injection de rappel donn6e apres 2 ou 4 semaines. La reponse immunitaire a la ire inoculation a ete la plus forte apres injection intradermique de 0,1 ml de vaccin et la plus faible apres injection sous-cutanee d'une dose equivalente. Une hausse des titres d'anticorps est inter- venue dans tous les groupes vaccines apres l'injection de rappel de la 2e semaine. Lorsque l'injection de rappel a eu lieu apres 4 semaines, la reponse immunitaire a ete varia- ble. Les resultats d'ensemble montrent que l'inoculation intradermique represente la voie de choix pour l'adminis- tration de vaccin inactiv6 et que l'injection sous-cutan6e d'une dose de 0,1 ml induit la reponse immunitaire la plus faible. La production d'anticorps a ete inverse- ment proportionnelle aux titres d'anticorps prevac- cinaux. Pour une teneur identique du vaccin en unites CCA, il semble que l'inoculation intradermique d'une dose de 0,1 ml donne des resultats equivalents, et peut-etre superieurs, a ceux obtenus par l'injection sous-cutan6e d'une dose de 0,5 ml. L'administration d'une dose de rappel apres 2 semaines est certainement de nature a renforcer la reponse immunitaire. T. SONOGUCHI: Vaccination antigrippale 'a l'aide d'un vaccin Hong Kong inactive: reponse en anticorps inhibiteurs de l'hemagglutination et efficacite On a administre 'a environ 3000 soldats japonais des doses variables (0,2 a 1 ml) d'un vaccin Hong Kong monovalent (souche A2/Aichi/2/68) contenant 300 unit6s CCA par millilitre. Des serums couples ont ete preleves chez la moitid d'entre eux et examines par l'dpreuve d'inhibition de l'hemagglutination. Avant la vaccination, 92% des serums presentaient des titres d'anticorps IH de < 1: 16. Apres la vaccination, des titres de < 1: 16 n'etaient plus deceles que dans la proportion de 1% ia 57% suivant les camps et l'impor- tance de la dose vaccinale. Dans un camp ofi la reponse immunitaire a ete particulierement forte, on a obtenu la preuve serologique de cas sporadiques de grippe de Hong Kong survenus dans le mois suivant la vaccination. Une epidemie de grippe de Hong Kong a sevi dans un groupe d'environ 2000 soldats de janvier 'a mars 1969. Dans une unite comprenant 80% de vaccines, le taux d'infection a ete de 16% chez les soldats immunises, de 26% chez leurs compagnons de quartier non vaccines et de 63% chez les soldats non vaccines vivant dans d'autres quartiers. Au cours de cette periode, le camp a connu egalement une epidemie de grippe B. Le taux d'infection (14%) a ete identique dans le groupe vaccine et dans le groupe non vaccine. Ceci demontre 1'efficacit6 du vaccin, les risques d'exposition a la grippe de Hong Kong etant les memes dans les deux cas. Il semble qu'un titre d'anticorps IH de 1: 64 represente le seuil critique de protection contre l'infection grippale. 725 CONFE'RENCE INTERNATIONALE SUR LA GRIPPE DE HONG KONG S. R. MOSTOW, S. C. SCHOENBAUM, W. R. DOWDLE, M. T. COLEMAN & H. S. KAYE: Etude de vaccins antigrippaux inactiv6s purifies par ultracentrifuga- tion de zone: 1. Reactions postvaccinales et r6ponses immunitaires On a recherche par la methode du double anonymat les effets de vaccins antigrippaux inactives et purifies par ultracentrifugation de zone injectes a dose 6lev6e (3000 unites CCA) ou normale (300 unites CCA). Deux vaccins monovalents de ce type (A2/Japan/170/62 et A2/Aichi/ 2/68) ont ete administres a des volontaires: retraites, etudiants et detenus. On a egalement administre a titre de controle des doses elevees ou faibles d'un vaccin B/Massa- chusetts/3/66 tres purifie aux deux derniers groupes et deux vaccins commerciaux, l'un polyvalent, I'autre bivalent, aux deux groupes formes d'adultes. Des prelevements de serum ont et effectues avant et 3 semaines apres la vaccination. Les faibles doses de vaccins purifies ont donne le moins de reactions locales et generales. L'incidence de ces dernieres a ete 2 a 3 fois plus elev&e apres injection des vaccins A2/Japan et A2/Aichi 'a forte dose, mais generale- ment inferieure, neanmoins, a celle des reactions produites par les vaccins commerciaux. Le vaccin B/Massachusetts, it la dose de 3000 unites CCA, a provoque chez les dMtenus des reactions gene-rales plus frequentes et plus marquees que le vaccin commercial polyvalent et a e aL l'origine de phenomenes gen6raux tres intenses et d'absenteisme chez les etudiants. Dans l'ensemble, les reactions ont ete plus nombreuses chez ces demiers. Le vaccin A2/Japan et les vaccins commerciaux ont suscite une production moderee a forte d'anticorps IH pour la souche homologue A2/Japan, mais une reponse immunitaire faible envers la souche A2/Aichi et les autres variants Hong Kong. La production d'anticorps homo- logues a dte forte dans les trois groupes vaccines par le vaccin A2/Aichi, la hausse des titres etant de 4 fois ou plus chez 80% (dose normale) et 90% (dose forte) des vaccines. La production d'anticorps anti-A2/Japan a ete du meme ordre ou plus elev&e apres emploi du vaccin A2/Aichi qu'apres injection de vaccin A2/Japan. La reponse immunitaire a ete, pour les trois vaccins purifies, 2 a 3 fois plus forte avec les doses elevees qu'avec les doses normales. Il apparait que de fortes doses de vaccins antigrippaux- purifies peuvent etre administrees sans inconvenient, que la purification n'a aucune influence sur le pouvoir antigenique et que la production d'anticorps est augmentee dans la proportion de 2 a 3 fois apres administration de doses dix fois superieures aux doses normales. S. C. SCHOENBAUM, S. R. MosTow, W. R. DOWDLE, M. T. COLEMAN & H. S. KAYE: Etude de vaccins antigrippaux inactiv6s purifies par ultracentrifuga- tion de zone: 2. Efficacite Deux epidemies de grippe de Hong Kong ont sevi dans les deux groupes compos6s d'adultes auxquels on avait administre des vaccins antigrippaux purifies suivant les modalit6s d6crites dans le rapport precedent. Fin decem- bre 1968, une forte flambee de grippe, d'une duree de 3 semaines, a atteint 40% environ de la population de la Prison d'Etat. De leur c6te, les pensionnaires de l'institu- tion de retraite ont dCi faire face, 'a la meme epoque, a une epidemie moins grave, d'une duree de 5 a 6 semaines, avec un taux de morbidite d'environ 10%. Dans les deux cas, la maladie s'est declaree 4 'a 6 semaines apres l'admi- nistration d'une dose unique de vaccin. Le 3e groupe (etudiants) est reste indemne de toute atteinte grippale. La morbidite a ete virtuellement identique parmi les detenus vaccines, it faible ou a forte dose, par le vaccin A2/Japan ou par le vaccin B/Massachusetts. La propor- tion des cas, chez les detenus vaccines par 3000 unites CCA de vaccin A2/Aichi, a e inferieure de pres de 70% a celle observee chez les detenus vaccines par les vaccins A2/ Japan ou B/Massachusetts. De m8me, on a not6 chez les retraites une reduction de la morbidit6 de l'ordre de 50-70% chez les sujets vaccines par 3000 unites CCA de vaccin A2/Aichi par rapport aux sujets vaccines par le vaccin A2/Japan. Apres vaccination par le vaccin A2/ Aichi i forte dose, les sympt6mes de la grippe ont e moins marques, la fievre moins frequente et moins elev&e et l'alitement moins prolonge. La morbidite a ete legerement moins forte dans les groupes vaccines par de faibles doses de vaccin A2/Aichi que dans les groupes vaccines par les vaccins A2/Japan et B/Massachusetts. Les vaccins commerciaux n'ont eu aucun effet protecteur; en fait, les sujets qui avaient requ le vaccin commercial polyvalent ont pr6sente le taux de morbidite le plus eleve. Cette etude montre que les vaccins antigrippaux de composition optimale administr6s a des doses normales ont une action pr6ventive tout au plus marginale. Meme s'ils sont employes 'a de tres fortes doses, ils font preuve d'une efficacite bien inferieure it celle des preparations vac- cinales servant a la prophylaxie d'autres viroses. A. S. MONTO, F. M. DAVENPORT, J. A. NAPIER & T. FRANCIS, jr: Effets de l'immunisation d'un groupe d'ecoliers sur 1'evolution d'une epid6mie de grippe due au virus A2/Hong Kong Dans les epidemies de grippe, c'est parmi les enfants d'age scolaire que l'on enregistre les taux de morbidite les plus eleves. Ce sont eux egalement qui contribuent pour une large part a la dissemination du virus dans la collec- tivite. En vaccinant les ecoliers, on devrait donc reduire la morbidite dans la fraction la plus vulnerable de la popula- tion ainsi que la transmission de la maladie aux adultes et aux enfants plus jeunes. Au cours de 1'hiver 1968-69, avant que n'eclate l'epide- mie de grippe prevue, on a administre aux ecoliers de Tecumseh, Michigan (Etats-Unis d'Amerique), un vaccin 726 3e SEANCE contenant le variant Hong Kong du virus grippal. Plus de 85 % des enfants ont recu par voie sous-cutan&e une dose de 0,5 ml d'un vaccin inactiVe A2/Aichi/2/68 (800 unites CCA/ml) purifie par ultracentrifugation de zone. Les reactions generales ont et6 rares. On a procede a des prises de sang pre- et postvaccinales chez environ 5% des enfants vaccines et l'on a constate chez 94,5% d'entre eux une hausse des titres d'anticorps IH de 4 fois ou plus. L'incidence des affections des voies respiratoires fait l'objet d'un programme de surveillance a Tecumseh depuis 1965. On prend contact chaque semaine avec un groupe de familles et on prend note des maladies survenues au cours de la semaine precedente. Lorsqu'une affection est signalee, on procede egalement a des prelevements d'echantillons en vue d'isoler l'agent infectieux. La ville d'Adrian, Michigan, proche de Tecumseh ben6ficie egalement d'un programme de surveillance des affections respiratoires, sous une forme quelque peu differente. On a donc estime qu'Adrian remplissait les conditions voulues pour servir de collectivite temoin en vue d'evaluer I'efficacite du programme de vaccination mis en aeuvre a Tecumseh. Le virus grippal de Hong Kong a 6te isol6 pour la premiere fois a Tecumseh deux semaines apres la vaccina- tion et on a continue 'a l'isoler tant 'a Tecumseh qu'a Adrian pendant encore 9 semaines. Au cours de cette periode, les taux moyens de morbidite, compte tenu des modalites differentes d'enregistrement des affections des voies respiratoires avant l'epidemie, ont ete trois fois plus eleves a Adrian qu'a Tecumseh. L'absenteisme scolaire a Tecumseh n'a pas depass6 les niveaux pre-6pidemiques, alors qu'il a ete nettement plus eleve a Adrian. Les ecoliers n'ont pas ete les seuls a etre proteges contre la maladie puisque les taux de morbi- dite a Tecumseh ont egalement ete plus faibles parmi les adultes et les enfants d'age pr6scolaire. Le nombre des sujets d'age scolaire qui ont beneficie de la vaccination a ete si grand que la protection s'est etendue aux quelques ecoliers qui n'avaient pas ete immunis6s. On a egalement constate que les taux de morbidite grippale a Tecumseh etaient nettement inferieurs it ceux de deux autres villes du Michigan oui des programmes de surveillance du meme type etaient en cours d'execution. R. H. WALDMAN, J. 0. BOND, L. P. LEVITT, E. C. HARTWIG, E. C. PRATHER, R. L. BARATTA, J. S. NEILL & P. A. SMALL, jr: Immunisation contre la grippe: influence de la voie d'administration et de la souche vaccinale utilisee Environ 2100 professeurs du reseau d'etablissements scolaires de Tampa, Floride, se sont portes volontaires pour une etude destin6e a preciser l'importance, dans la vaccination antigrippale, de certains parametres: a) voie d'administration: a6rosols ou injection; b) type de vaccin: bivalent (A2 et B) ou monovalent (A2/Hong KongJ68); c) nombre de doses: une ou deux. Par la methode du double anonymat, chaque volontaire a reru a deux reprises, it trois semaines d'intervalle, une injection ou une application d'aerosols contenant soit un vaccin, soit un placebo. Peu apres la premiere vaccina- tion, une epidemie de grippe s'est declar6e que les isolements de virus et les examens serologiques ont permis d'attribuer au virus A2/Hong Kong/68. Les taux de protection observes dans les divers groupes de vaccines ont ete les suivants: Vaccin A2/Hong Kong en injection 1 dose 2 doses Vaccin A2/Hong Kong en aerosols 1 dose 2 doses Vaccin bivalent en injection 1 dose 2 doses Vaccin bivalent en aerosols 1 dose 2 doses Taux de protection(%) 83 97 29 65 40 52 19 53 L'administration de vaccin par aerosols a confere un faible taux de protection global, bien que la dose de rappel ait eu une action tres nette. Le pouvoir immunisant du vaccin A2/Hong Kong/68 a 06 de loin superieur a celui du vaccin bivalent, surtout lorsque la vaccination a ete pratiquee par voie sous-cutan6e. L'incidence des reactions secondaires a ete plus forte apres les injections qu'apres les applications d'aerosols. On a releve une frequence accrue des infections respiratoires aigues d'allure grippale chez les grands fumeurs de cigarettes. A. S. BEARE, D. HOBSON, S. E. REED & D. A. J. TYRRELL: Administration de vaccin inactive par pulv6risations intranasales: efficacite et r6ponse immunitaire Au cours d'un premier essai, 19 volontaires se sont vaccin6s eux-memes, 'a une ou deux reprises, par pulv6risa- tion intranasale de 1 ml de vaccin antigrippal B inactiv6 contenant 5500 unites hemagglutinantes. Un groupe temoin s'est administre par la meme voie du solute salin tamponne au phosphate. Tous les volontaires ont ensuite ete admis au Centre de recherche sur le rhume banal, de Salisbury (Angleterre): ils y ont subi, apres un prelevement de serum, une infection d'epreuve par 100 000 doses infectieuses pour l'aeuf de la souche vaccinale. La presence d'une infection grippale a et6 verifiee par l'apparition de sympt6mes cliniques, l'isolement du virus des s6cr6tions nasales les 2e, 3e et 4e jours apres l'infection d'epreuve et la hausse des anticorps IH 2-3 semaines plus tard. On n'a enregistre aucune reduction de l'incidence de la maladie chez les sujets vaccines par rapport aux sujets temoins. 727 728 CONFERENCE INTERNATIONALE SUR LA GRIPPE DE HONG KONG Au cours du deuxieme essai, des groupes d'environ 20 volontaires ont requ l'une ou I'autre des 3 preparations suivantes de vaccin antigrippal B: a) un vaccin en suspen- sion aqueuse, par voie intramusculaire; b) un vaccin obtenu par desagregation du virus dans l'ether, par voie intramusculaire; c) un vaccin inactive, par pulverisation intranasale repetee a 14 jours d'intervalle; ou d) un vaccin heterologue, par voie intramusculaire (groupe temoin). L'infection d'edpreuve a consiste en l'administration de 10 000 doses infectieuses pour l'aeuf du virus vivant ayant servi 'a preparer les trois premiers vaccins. Le diagnostic d'infection grippale a ete pose par la constatation d'une hausse des anticorps apres 2 semaines. Les resultats ont montre clairement que les deux vaccins antigrippaux B administres par voie parenterale ont fait preuve d'un pouvoir immunogene et protecteur appre- ciable. Par contre, aux doses utilisees pour ces essais, les pulverisations intranasales de vaccin inactive n'ont suscite qu'une tres faible production d'anticorps et se sont revelees relativement inefficaces. Titres des communications A. V. Hennessy: Problemes relatifs a la mesure du contenu en antigenes des vaccins antigrippaux F. T. Perkins: Le controle du vaccin antigrippal, tel qu'il est pratique notamment au Royaume-Uni H. Fukumi: Vaccination contre la grippe de Hong Kong au Japon P. von Magnus: Les activites du Statens Seruminstitut de Copenhague en matiere de production de vaccin contre la grippe de Hong Kong W. J. Mogabgab: Pouvoir immunogene des vaccins antigrippaux inactives purifies et classiques T. C. Eickhoff & G. Meiklejohn: Prevention de la grippe de Hong Kong par un vaccin a adjuvant contenant le virus A2/Ann Arbor/67 H. M. Foy, M. Cooney, R. McMahan & J. T. Grayston: Essai pratique d'un vaccin antigrippal Hong Kong chez des ecoliers de Seattle W. P. Glezen, F. A. Loda & F. W. Denny: Essai pratique de vaccins antigrippaux inactives et purifies par ultra- centrifugation de zone chez des enfants de Chapel Hill, Caroline du Nord, en 1968-69 H. C. Goodman: Les immunoglobulines dans les secre- tions externes Discussion generale Dr C. B. REIMER. Quatre des 6 fabricants americains producteurs de vaccin antigrippal declarent cette annee, dans les notices jointes au produit conditionn6, que leur vaccin a ete purifie, mais aucun n'affirme qu'il est pur. Le mot . purete'd 6voque l'absence de toute substance heterogene ou exogene et a quelque chose d'absolu. Au contraire, le mot # purification)) indique que le materiel a et6 soumis i un traitement destine at le raffiner et 'a l'amener a un etat de purete relative superieure. Or ce qu'il faut rdellement etablir c'est une definition pratique, destin6e aussi bien au fabricant qu'a l'autorite officielle competente, et qui exprime quantitativement la purete relative du produit meme, quelle que soit la methode de purification adoptee. Dans le cas du vaccin antigrippal, notamment, on peut definir la purete relative par le rap- port entre la quantite d'antigene specifique desirable (par exemple le nombre d'unites CCA/dose) et la quan- tit6 de materiel 'a injecter (nombre de milligrammes de proteine de Lowry/dose). Ainsi, la < purete')) des vaccins antigrippaux des annees 1940, purifies par la methode nouvelle a l'epoque - de centrifugation Sharples, etait approximativement de 2000 unites CCA/mg de proteine, alors que certains vaccins experimentaux recents con- tiennent jusqu'a 25 000 unites CCA/mg de proteine. Maintenant que nous disposons de vaccins ameliores, nous savons que le degre de purete des anciens vaccins n'atteignait pas 10% et que leur teneur en impuretes etait donc superieure a 90%. Les precedentes communications ont expose les pro- blemes de la normalisation du vaccin antigrippal au laboratoire. Au cours des interventions a venir, la dis- cussion portera sur les difficultes encore plus grandes auxquelles se heurte l'evaluation de l'innocuite et de l'efficacite du vaccin chez l'homme. Si l'on considere combien il est difficile de faire des mesures biologiques precises, il n'est guere surprenant qu'il n'existe pas de norme acceptable de purete pour le vaccin antigrippal. Peut-etre, cependant, y aurait-il une solution. Je pense que nous devrions rechercher directement dans les vac- cins la presence d'agents indesirables tels que les impu- retes nocives. Celles-ci peuvent etre divisees, pour des raisons de commodite, en trois categories: les tissus de l'hote, les contaminants bacteriens et les contaminants viraux (y compris les rickettsies et les mycoplasmes). Pour eviter les risques d'une sensibilisation allergique a l'ovoproteine ou de reactions d'hypersensibilite imm& diate ou retardee chez un h6te dej'a sensibilise, les vaccins modernes devraient etre exempts d'ovoproteine residuelle. Selon Untracht: a ((On peut estimer approximativement a 1 ou 2 pour 1000 la proportion d'individus dont la sensi- bilite a l'aeuf est suffisante pour que l'injection d'un vac- cin produit sur ceuf de poule presente chez eux un risque serieux. )) L'ovoproteine contient egalement des antigenes du groupe sanguin A et une sensibilisation 'a leur egard est ia eviter en particulier chez les femmes en age de procreer. En vue de cette conference, j'ai homogeneise 4 ceufs de poule embryonnes ages de 11 jours (en operant sur la totalite des ceufs, y compris les coquilles) et j'ai immunise deux lapins avec le materiel clarifie. Par immuno-electro- phorese, j'ai mis en evidence dans l'immunserum de ces lapins des anticorps 'a l'egard de 11 proteines distinctes de mon antigene d'ceuf. II y a deux semaines, je me suis procur6 'a Atlanta une ampoule de chacun des vaccins a Untracht, S. (1958) N. Y. St. J. Med., 58, 1724. 3e SIEANCE antigrippaux de 1969-1970 mis en circulation par les 6 fabricants americains. J'ai obtenu en outre des echan- tillons des vaccins antigrippaux commerciaux des der- nieres annees. A l'aide de mon immunserum de lapin, il m'a ete facile d'etablir, par la methode de double diffu- sion en gelose, que plusieurs de ces vaccins contenaient un certain nombre d'antigenes d'aeuf. Parmi les arcs de precipitation obtenus, le plus marque est tres proche de celui de l'ovalbumine recristallisee. La figure (voir page 571) represente une lame de 5 cm x 7,5 cm illustrant le comportement de ces vaccins commerciaux dans la reaction de diffusion radiale en presence d'une dilution a 1/160 de l'immunserum de lapin; on constate que la surface du disque de precipitation est proportionnelle a la quantite d'antigene d'aeuf contenue dans chaque vac- cin. Les 6 vaccins actuels se trouvent dans les cupules au-dessus des lettres qui designent leur fabricant respectif. Trois de ces firmes ont employe de nouvelles et recentes techniques de purification; les vaccins provenant d'un meme fabricant sont dans le meme compartiment. Un echantillon dont la teneur en ovalbumine etait de 8,0 jig/ml a ete place dans la cupule inferieure de droite. Parmi les vaccins actuels (1969-1970), ce sont ceux des fabricants B et F qui contiennent le plus d'ovoproteine soluble (l'un et l'autre 6,5 ug/dose), ce qui est cependant bien inferieur aux 50,ug/dose qu'on retrouve dans le vaccin de 1966 du fabricant A, represente dans le coin inferieur de gauche. Le vaccin actuel F a ete prepare par la methode Sharples, mais le vaccin B, qui s'est revele inopinement moins pur que les vaccins precedents du meme fabricant, avait ete prepare par une methode suffisamment differente pour justifier l'insertion d'une indication dans la notice jointe au produit conditionne. Dans les autres vaccins actuels, la teneur en ovoproteine soluble etait indecelable ou tout au moins inferieure a 2 ,ug/dose. Il faut souligner que par cette methode on ne mesure pas le materiel agrege ou particulaire trop volumineux pour diffuser dans la gelose. Cette determination sera faite par immu- nisation de souris avec les vaccins et evaluation de la production d'anticorps anti-aeuf par diffusion radiale en gelose avec antigene. Nous avons trouve ce systeme fort utile pour des etudes similaires. Ces epreuves sont tres economiques: 1 ml d'immun- serum de lapin permet de faire 500 aI 1000 analyses et chacune d'elles n'exige que 10 pul de vaccin. Lorsqu'on traite plusieurs centaines de milliers d'aeufs par semaine, il est extraordinairement difficile d'eviter qu'il ne se trouve parfois un oeuf fortement contamine parmi ceux qui servent a la production du vaccin. Si sur 1000 ceufs il s'en glisse 1 qui presente une numeration bacterienne de 109, il suscite une numeration bacterienne de 106 dans le melange. Ces micro-organismes sont ensuite rapidement tues par l'agent conservateur et le formol mais, L moins qu'elles ne soient eliminees par un traitement ulterieur, les substances bacteriennes restent dans le vaccin. Au National Communicable Disease Center, le service de chimie bacterienne a prepare un reactif anti-Salmonella des groupes A a H. Je m'en suis servi pour eprouver par diffusion radiale les vaccins anti- grippaux prdcites. Par bonheur, aucun antigene de Salmonella n'a ete mis en evidence, mais il en existait des traces dans quelques vaccins antigrippaux experimentaux que j'avais prepares quelques annees auparavant. Puisque les vaccins antigrippaux actuels sont plus purs que les anciens et donnent moins de reactions cliniques locales et generales, le meilleur moyen d'evaluer et d'eviter les toxines bacteriennes serait peut-etre de determiner le pouvoir pyrogene. Les oeufs qui servent a la production du vaccin anti- grippal proviennent d'dlevages qui ne sont pas exempts de virus de la leucose aviaire, ainsi que l'a expose le Dr Perkins. Cela ne parait pas poser de probleme dans le cas de la presente preparation qui est tuee mais, naturellement, la situation serait tout autre s'il s'agissait d'un vaccin antigrippal vivant. Il est possible que dans l'avenir les vaccins antigrip- paux doivent renfermer plus d'antigene viral ou soient incorpores a un adjuvant sur ou administres en aerosols par les voies respiratoires. Chacun de ces changements exigera que soit portee une attention accrue a la question de la puretd relative de I'agent immunisant. Dr T. O'BRIEN. Des chercheurs ont precddemment signale que les vaccins antigrippaux inactives par le formol etaient relativement stables pendant de longues periodes lorsqu'ils dtaient conservds a 4°C, mais ils ont observe que la congelation et la conservation dans cet dtat entrai- naient une baisse de l'activitd hemagglutinante des vac- cins, et que la lyophilisation provoquait une diminution simultanee des proprietes hemagglutinantes et immuni- santes. Ayant constatd rdcemment qu'un lot de vaccin antigrippal formold, purifid par ultracentrifugation de zone, avait ete accidentellement congele sans que son activitd agglutinante a l'gard des cellules de poulet (CCA) en soit affectee, nous avons dtd amends a reetudier les effets de la congdlation et de la lyophilisation sur la stabilite des vaccins antigrippaux prdpares soit par la methode classique Sharples, soit par les nouvelles methodes d'ultracentrifugation de zone ou de ddgrada- tion a l'ether. Des fractions de chacune des preparations etudides ont ete soit conservdes L 4°C pendant 24 heures, soit con- gelees L -20°C, soit surgelees rapidement a -70-C dans un bain d'dthanol-neige carbonique. Les echantil- lons congelds ont etd rapidement fondus sous 1'eau du robinet a la tempdrature du laboratoire, et leur activite CCA mesurde immediatement. Nos experiences initiales ont donnd L penser que la congdlation abaissait l'activitd CCA, particulierement dans le cas des vaccins inactives prepares par la mdthode Sharples ou par degradation L 1'dther et congeles L -20 C. Des experiences sont en cours en vue de determiner les effets, sur I'activite CCA, de la congelation et d'une conservation prolongee a 4°C, -20°C, et -70'C. Les resultats preliminaires indiquent que l'activitd CCA de ces preparations n'est pas affectde par la congelation 729 CONFE'RENCE INTERNATIONALE SUR LA GRIPPE DE HONG KONG immediatement suivie d'une decongdlation. Cependant, I'activitd CCA des vaccins Sharples et HA diminuait considerablement apres conservation 'a -20°C pendant 1 semaine. Quant aux vaccins prepards par ultracentrifu- gation de zone, leur activite CCA ne semblait pas dimi- nuee par une conservation d'une semaine a -20°C, mais apres 4 semaines elle avait un peu decru. L'activite CCA des vaccins Sharples et HA conserves a -70°C etait tomb6e d'environ 40% au bout d'une semaine et de 50% apres 4 semaines. Quant aux vaccins prepares par ultracentrifugation de zone, leur activite CCA s'est toujours revelee nettement accrue par rapport au temoin maintenu a 4°C 'a partir du temps 0. Nous avons egalement etudie l'effet de la lyophilisation sur l'activite CCA des vaccins antigrippaux inactives au formol et nous avons observe que cette operation entrai- nait une chute significative de l'activite CCA, particu- lierement dans le cas des vaccins Sharples et HA. Dr J. W. MILLAR. Ainsi que le Dr O'Brien l'a mentionne, certains vaccins Hong Kong souche A2/Aichi/2/68, purifies par ultracentrifugation de zone, ont etd acciden- tellement congeles a - 70°C en cours de transport. On ignore combien de temps ils sont restes dans cet etat, mais il est probable que cette periode a ete de 48 'a 72 heures. Le contr6le de l'activite CCA n'a pas revele de chute appreciable. Ce vaccin a ete utilise, comme seconde dose sous le volume de 0,5 ml, dans une etude portant sur des ecoliers et pour l'immunisation primaire dans trois cliniques du Comte de Montgomery, Maryland; il a permis d'obtenir des elevations du titre IH tres satis- faisantes dans ces deux groupes. Douze etudiants en medecine ont aussi requ 0,5 ml de ce vaccin congele et tous, sauf deux, ont presente une elevation des anticorps IH au bout de 3 semaines. Dr E. B. SELIGMANN, JR. L'epreuve du pouvoir pyrogene definie par les US Public Health Regulations for Biologi- cal Products est pratiquee sur des lapins, qui recoivent le produit par voie intraveineuse. On injecte la plupart des produits a la dose de 3 ml/kg de poids corporel. Le produit ne satisfait pas a l'epreuve si l'dlevation de la temperature atteint ou depasse 0,6°C chez la moitie des lapins ou plus, ou bien si l'elevation thermique moyenne chez la totalite des lapins est de 0,5°C ou plus. Les vac- cins viraux sont au nombre des produits specifiquement exemptes de cette norme. Il y a quelques annees, nous avons experimente une modification de l'epreuve du pouvoir pyrogene en utilisant du vaccin antigrippal. Ayant arbitrairement administre une dose de 0,1 ml/kg de poids corporel, nous avons observe que certains vaccins provoquaient une reaction nette, alors que d'autres etaient pratiquement sans effet. Tous les vaccins eprouves a cette epoque etaient concentres par centrifugation Sharples, et il nous a ete impossible d'dtablir une corre- lation entre faible pouvoir pyrogene et methode de fabri- cation. La presence de bactdries tuees dans le vaccin compliquait le probieme. Grace a la mise au point des mdthodes d'ultracentrifu- ation de zone et autres pour la purification des vaccins anti-virus grippal, il est devenu possible de recourir a une dpreuve du pouvoir pyrogene pour evaluer la reacti- vite potentielle d'un vaccin. Pour pratiquer cette epreuve, on utilise 3 lapins pesant de 1,7 a 3 kg, dont on determine la temperature une heure avant I'administration du pro- duit. Apres injection du vaccin dans la veine marginale de l'oreille, la temperature est relevee d'heure en heure pendant 3 heures. L'elevation thermique est notee a chaque intervalle de temps pour chaque lapin. Sauf en ce qui conceme le volume de la dose injectee, cette epreuve du pouvoir pyrogene satisfait aux normes spe- cifiees dans les US Public Health Service Regulations. Voici le rdsumd des rdsultats d'une epreuve caracteristique du pouvoir pyrogene appliquee au vaccin antigrippal: Poids Tempdrature avant l'injection Elevation de la temperature: 1 heure apres l'injection 2 heures apres l'injection 3 heures apres l'injection Elevation maximale Lapin No I 1 800 g 39,60C 0,60C 0,60C 0,36C 0,60G Lapin No 2 2 000 g 39,20C 0,80C 0,80C 0,5°C 0,8-C Lapin No 3 2 000 g 39,50C 0,50C 0,30C 0,20C 0,5°C Des epreuves du pouvoir pyrogene ont egalement dte effectuees avec differentes doses des vaccins prepares pour l'execution d'etudes cliniques patronnees par la Division of Biologics Standards. I1 s'agissait de vaccins mono- valents obtenus a partir de la souche A2/Aichi/2/68 'a diverses concentrations de CCA; c'etait la souche B/ Massachusetts/3/66 qui servait de temoin. Ils furent tous purifies par ultracentrifugation de zone; il semble que ce soit a la dose de 0,1 ml/kg de poids corporel, que l'epreuve soit le plus sensible pour ce groupe de vaccins. La reacti- vite ainsi mesuree augmente avec le nombre d'unites CCA de la souche A2/Aichi. II faut souligner que ces vaccins etaient prepares a partir d'un concentre unique par dilution de 2 en 2. Compte tenu des resultats communiques par d'autres auteurs, le fait que le vaccin de la souche B/Massachusetts se soit revele, dans cette epreuve, moins reactif que toutes les concentrations de A2/Aichi, etait surprenant. Il faut remarquer cependant que le lot utilisd par Mostow et al. (voir page 525) avait ete produit par une methode plus ancienne. En vue d'une comparaison, 4 vaccins commerciaux ont ete choisis au hasard et soumis au meme type d'epreuve du pouvoir pyrogene, 'a raison de 0,1 ml/kg de poids corporel. Le vaccin N° 1, purifie par ultracentrifugation de zone, etait dilue i 1: 2 avant l'epreuve, afin que sa concentra- tion, exprimee en dose pour l'homme, soit la meme que celle des trois autres vaccins. Les vaccins NoB. 2, 3 et 4 avaient ete concentres par centrifugation Sharples. Tous dtaient des vaccins monovalents Hong Kong mis en cir- culation au cours de la saison precedente. 730 3e SEANCE On constate une difference frappante de r6activit6 entre le vaccin purifie par centrifugation de zone et ceux qui l'etaient par centrifugation Sharples, ainsi que le montre le bas du tableau ci-dessous oiu figurent les resultats combines des deux series d'epreuves: M Vaccin A2/Aichi * 200 (104) CCA/ml 400 (262) CCA/ml 800 (636) CCA/ml 1 600 (1 026) CCA/ml 2 400 (1 616) CCA/ml Vaccin B/Massachusetts * 800 (614) CCA/ml Vaccins commerciaux 1 2 3 4 ryenne de l'dldvation hermique maximale 0,50C ** 0,50C ** 0,60C ** 0,80C ** 0,80C ** 0,40C ** 0,20C 1,20C 0,6°C 1,0°C * La valeur pr6sum&e de la teneur en unit6s CCA est indiqu6e en t6te, suivie de la valeur mesur6e, entre parenth6ses. ** Moyenne g6om6trique des r6sultats obtenus par les Ipreuves aux doses de 1,6 ml/kg, 0,4 ml/kg, 0,1 ml/kg et 0,025 ml/kg. 11 sera necessaire de poursuivre 1'etude de ce type d'epreuve sur un grand nombre de lots provenant de chaque fabricant, afin d'evaluer son utilite pour la detection des variations de reactivite entre lots. En outre, il reste ia ddterminer le degre de correlation entre les resultats de cette dpreuve et les reactions obser- vdes chez l'homme. Dr D. A. J. TYRRELL. I1 peut etre intdressant de resumer certains points qui ressortent d'une dtude effectude en Grande-Bretagne sur le vaccin Hong Kong par le Com- mittee on Vaccination against Influenza and Other Res- piratory Viruses du Medical Research Council. I1 s'agis- sait de determiner si le vaccin administre par voie intra- musculaire ou intranasale conferait la protection contre l'infection naturelle. Les vaccins utilises avaient dte prd- pards selon les normes britanniques et le vaccin Hong Kong contenait 7000 unites hdmagglutinantes. Les dtudes ont ete menees dans des internats oii surve- naient des epidemies confirmdes par des examens de laboratoire. Dans l'un d'eux l'incidence a dtd faible, alors qu'elle a ete elevee dans d'autres et il a paru que l'incidence etait moindre parmi les vaccines quelle que soit la voie d'administration, mais les essais n'etaient pas a double insu. Au cours d'un essai 'a double insu, avec administration de solution saline ou de vaccin poly- valent comme placebo, il y a eu dans une dcole une inci- dence elevee (environ 60%) de grippe et on n'a observe aucun signe de protection. Deux etudes ont dte faites dans des usines par une mdthode aL double insu, mais l'incidence de la maladie a ete faible et aucune conclusion nette n'a pu en etre tiree. Nous avons requ des donnees relatives a plus de 20 internats dans lesquels s'etaient produites des 6pi- demies confirmees de grippe de Hong Kong. La plupart des eleves avaient 6te vaccines, pour autant que les parents y avaient consenti. L'incidence de la grippe a ete la meme parmi les non-vaccines et les eleves qui avaient reru du vaccin polyvalent. Dans une seule des rares ecoles dont les eleves avaient requ du vaccin Hong Kong, on a note une diminution statistiquement significative de l'inci- dence et, fait qui peut avoir son importance, il s'agissait de la seule ecole oiu l'epidemie s'etait produite dans un delai allant de quelques jours a un mois apres la vaccina- tion. Dans tous les autres groupes, oiu l'on n'a observd aucun effet, l'intervalle etait soit de quelques jours soit de 2 a 3 mois. Dr M. C. WILLIAMS. D'un certain nombre de communica- tions prdsentees a cette conference, il semble ressortir que des vaccins prepares a partir de souches A2 ant6rieures au variant Hong Kong se sont montres protecteurs au cours de la recente dpidemie. Cette constatation a une importance pratique lorsque la production de vaccin contre la nouvelle souche est insuffisante. I1 a egalement ete signale que la valeur protectrice du vaccin A2/Hong Kong/68 purifie par ultracentrifugation de zone variait de 0 a 80 %. Des essais de vaccin, pratiques a double insu et par echantillonnage aleatoire, ont ete effectues entre novembre 1968 et mars 1969 parmi le personnel militaire du Canada et ont porte sur ces deux points. Le premier a ete fait sur 4000 militaires des provinces maritimes, a l'aide de deux vaccins Eli Lilly prepards par centrifugation de zone: B/Massachusetts/66 et A2/Hong Kong/68. Par comparaison des nombres de sujets portes malades pour affection respiratoire dans les deux groupes on a estime que le vaccin A2 avait confere au moins 60% de protection. Le second essai a et fait dans l'Ontario, sur pres de 6000 volontaires, 'a l'aide de trois vaccins inactives au formol, regulierement produits a l'Institut de Microbio- logie de Montrdal: 1) A2/Hong Kong/68; 2) B/Massa- chusetts/66; 3) A2/Montreal/68 et B/Massachusetts/66. En se fondant sur les memes criteres de maladie, on a trouve que les deux vaccins contenant les souches A2 donnaient une protection similaire, estimee 'a 60%, par comparaison avec le vaccin B/Massachusetts/66. La souche A2/Montreal/68 a ete isolee en janvier 1968 et servait couramment a la production d'un vaccin avant que la souche Hong Kong ne ffit isolee. II convient de comparer soigneusement les deux souches A2. En outre, il ne faut pas tenir pour acquis qu'a defaut du vaccin spdcifique de la nouvelle souche panddmique, un vaccin fait it partir des souches recentes ne fournira pas une utile protection. Dr J. H. S. GEAR. Seules des quantitds limitees de vaccins inactivds ont pu etre pr6par6es rapidement en Afrique du Sud apres que furent devenues disponibles les souches A2 en 1957 et Hong Kong en 1968, mais les deux vaccins 731 CONFERENCE INTERNATIONALE SUR LA GRIPPE DE HONG KONG ont fait preuve d'une certaine efficacite. Le vaccin pre- cipite par le phosphate d'aluminium a donne une reponse en anticorps legerement meilleure que les vaccins sans adjuvant. L'epidemie due a la souche Hong Kong n'ayant pas debute en Afrique du Sud avant mars 1969, plusieurs millions de doses de vaccins, provenant d'Europe et des Etats-Unis d'Amerique, etaient disponibles. Dr P. A. SMALL, JR. Je voudrais souligner le caractere local de la reponse en anticorps de secretion. Nos tra- vaux sur l'appareil respiratoire ont montre que la stimu- lation de la cavite nasale par le vaccin antigrippal fait apparaitre un anticorps dans le mucus nasal mais non dans les expectorations ou la salive, ni dans le serum sinon, peut-etre, en faible quantite. La stimulation des voies respiratoires inferieures suscite l'apparition d'anti- corps IgA dans les expectorations, et d'anticorps IgG dans le serum, mais ne fait apparaltre aucun anticorps salivaire ou nasal. La reponse est donc tout a fait locale et si l'on cherche a conferer la protection par immunisa- tion locale, toutes les surfaces qui constituent des portes d'entree possibles doivent etre stimulees. La seconde observation fondamentale est que la reponse immunitaire en IgA de secretion dans l'appareil respiratoire est moins specifique que la reponse humorale en IgG. Des volontaires immunises avec le virus A2 classique ont present6 une elevation d'environ 8 fois des anticorps neutralisants a l'egard du virus homologue dans le serum, le mucus nasal et les expectorations. Eprouves en presence de virus AO, A2/Hong Kong et paragrippal, les serums preleves avant et apres immunisa- tion se sont reveles avoir des titres comparables, ce qui montre qu'il n'y avait pas eu d'augmentation notable des anticorps it l'egard de ces virus. L'analyse, avant et apres immunisation, de l'anticorps neutralisant du mucus nasal et des expectorations, en presence du virus para- grippal, n'a revele aucune difference, mais on notait une elevation de 3 a 4 fois en presence des virus A2/Hong Kong et A0. L'anticorps de secretion avait donc une efficacite environ deux fois moindre a l'egard de ces virus heterologues qu'a l'egard du virus classique A2 homologue. Enfin, je voudrais emettre certaines hypotheses sur le mode d'action des vaccins antigrippaux. En supposant que la protection vienne de la presence d'anticorps dans les secretions des voies respiratoires, l'evdnement critique serait la stimulation des plasmocytes sous-jacents a l'epi- thelium respiratoire. Cette stimulation pourrait etre obtenue par administration locale ou parenterale (si une partie du materiel injecte parvenait it l'appareil respira- toire). Mais, la voie d'administration aurait alors une importance enorme. En particulier, l'administration de vaccin par voie intradermique pourrait faire apparaitre une bonne quantite d'anticorps seriques mais moins d'anticorps de secretion. Il serait donc essentiel de verifier et la protection obtenue et le titre d'anticorps serique chez les personnes immunisees par voie intradermique. D'autres phenomenes, tels que la presence d'un titre eleve d'anticorps serique preexistant, pourraient res- treindre la fraction d'antigene parvenant it l'appareil respiratoire et diminuer ainsi l'efficacite de la vaccination par voie parenterale. Cela pourrait expliquer la diff& rence entre les resultats de nos deux etudes qui ont montre qu'en 1967-68 l'immunisation par pulverisation de vaccin A2 classique (c'est-a'-dire d'un type qui circulait dej"a depuis un certain temps) etait beaucoup plus efficace que l'immunisation par voie parenterale, alors qu'en 1968-69 cette demiere s'est montree superieure a la premiere. Dr R. B. COUCH. Nous avons administre diverses doses de vaccin A2/Aichi inactive, concentre par ultracentrifu- gation de zone, a de jeunes adultes volontaires, detenus. Chacun d'eux recevait une unique injection sous-cutanee et son serum etait preleve 4 semaines plus tard pour titrage des anticorps. Les reactions d'inhibition de l'hemagglutination et de neutralisation ont montre que pour des doses croissantes, de 100 unites CCA a 1800 uni- tes CCA, on observait une augmentation de la frequence et de l'amplitude des reponses en anticorps. Cette aug- mentation etait statistiquement significative. Les rdac- tions ont ete faibles dans tous les groupes. Quinze volontaires ont recu 1800 unites CCA en une seule instillation intranasale et 13 ont recu la meme dose en une seule injection sous-cutanee. Quatre semaines plus tard, ces sujets, de meme que 19 temoins depourvus d'anticorps, ont et e'prouves avec 3000 DICT50 de souche Hong Kong par instillation intranasale. On a observe une reduction de l'infection dans les deux groupes vaccines, mais elle n'etait pas statistiquement significative. La difference d'excretion du virus entre les vaccines et les temoins n'etait pas non plus significative. Neanmoins, si l'on fait abstraction des trois sujets vac- cines par voie intranasale et du sujet vaccine par voie sous-cutanee qui n'ont pas produit d'anticorps serique, on peut dire que l'on a observe moins d'infections dans les deux groupes vaccines que chez les temoins. Ces deux groupes vaccines etaient semblables. Le niveau d'anti- corps dans les secretions nasales etait sensiblement parallele a celui de l'anticorps serique. Dr B. R. FORSYTH. Des resultats similaires a ceux du Dr Couch ont et obtenus dans des etudes auxquelles j'ai participe; les differences de reponse signalees au cours de cette seance pourraient bien tenir aux methodes d'inoculation locale. Il y a lieu d'etudier les methodes d'administration. Dr W. P. EDMONDSON. Nous avons recemment evalue l'effet du vaccin antigrippal inactive prepare par la Com- pagnie Eli Lilly, apres administration par la voie sous- cutanee a l'aide d'un injecteur sans aiguille et par la voie nasopharyngee a l'aide d'un pulverisateur DeVilbis 286. Des etudiants en medecine (100) et des malades ages hospitalises (2100), repartis en quatre groupes, ont recu 400 unites CCA de vaccin A2/Aichi/2/68 ou B/Massa- chusetts/66 soit en jet sous pression, soit par pulverisa- tion intranasale, soit encore par ces deux methodes. Le 732 3e SfEANCE vaccin pour pulverisation a dte divise de maniere a four- nir environ 100 CCA a chaque narine et 200 CCA au pharynx pendant une inspiration. Des sdrums ont ete prdleves chez tous les dtudiants et chez 200 des personnes agees avant l'immunisation et trois semaines apres; on y a titre les anticorps IH et neutralisants. Le vaccin en pulverisation a provoque chez 19% des personnes agees et 17% des etudiants a titre d'anticorps IH faible ou nul avant l'immunisation une elevation de 4 fois, la moyenne des titres par groupe s'elevant d'au moins 1 dilution. L'injection sous-cutanee a suscite chez 82% et 86% res- pectivement des sujets des augmentations de 4 fois, la moyenne finale des titres s'elevant d'au moins 4 dilutions. Les reponses en anticorps neutralisants etaient tres voi- sines des reponses en anticorps IH. La double vaccina- tion par voie sous-cutanee et par pulverisation ne sem- blait pas notablement plus benefique que la vaccination sous-cutanee seule. Les 400 employes d'une compagnie d'assurances dont les maladies etaient enregistrees quotidiennement sur cartes IBM depuis plus, de 6 ans et qui etaient habitues aux prelevements nasaux et pharynges et prises de sang pratiques lors de chaque maladie, se sont egalement portes volontaires pour un programme de vaccination sans placebo. La moitie des sujets ont recu du vaccin par une des trois methodes etudides ci-dessus, et tous les sujets, vaccines ou non, ont ete suivis par le systeme de surveillance courante institud dans cette compagnie. Une grippe de Hong Kong confirmee par l'identification du virus est survenue entre le 23 novembre 1968 et le 17 jan- vier 1969. La proportion des employes qui ont signale des sympt6mes de maladie a ete comprise entre 45 et 49 %; parmi ceux-ci, on trouvait 62% des vaccines par voie sous-cutanee, 66% des vaccines par pulverisation et 49% des non-vaccines. Des echantillons de serum posi- tifs a l'dgard du virus A2/Hong Kong ont ete obtenus chez 5%, 16% et 20% respectivement des trois groupes. Ce qui montre que le vaccin administre par injecteur sans aiguille confere un taux de protection de 69 a 75 %. Quant aux journmes de travail perdues dans ces groupes, elles ont ete respectivement de 1,1 %, 2,1 % et 2,1 %, ce qui montre que la vaccination sous-cutanee a rdduit de 50% le nombre des joume'es de travail perdues. Lorsque seuls les cas d'etat febrile faisaient l'objet d'examens de laboratoire (83%, 69% et 62% respectivement pour les trois groupes), les taux d'atteinte par le virus A2/Hong Kong etaient de 3 % parmi les sujets vaccines par voie sous-cutanee, de 13% parmi les vaccines par instillation et de 11% parmi les non-vaccines, ce qui indique que l'immunisation par voie parenterale confere une protec- tion de 73 ii 75 %. Chez les etudiants en medecine, apres vaccination par voie parenterale, on a observe une reduction de 71 % des sympt6mes et de 60% des cas de maladie; en outre aucune maladie febrile n'a pu etre imputee au virus A2/Hong Kong. Chez les malades ages, l'effet protecteur global de la vaccination par voie parenterale a ete com- pris entre 55 et 60%. On en a conclu qu'une dose de vaccin tue A2/Hong Kong, administree par voie nasopharyngee, ne suscite pas un titre d'anticorps notable et ne protege pas les sujets contre une infection grippale naturelle, mais qu'en revanche le vaccin est efficace lorsqu'il est administre par la voie sous-cutande. Dr J. L. SCHULMAN. Le Dr Reed Dunnick a effectue, dans notre laboratoire, une etude comparative sur les effets de l'administration intranasale et parenterale du vaccin Aichi inactive chez des souris eprouvees ensuite avec le virus Aichi. Une dose intranasale de vaccin n'a pas amene de reduction des titres du virus dans les pou- mons apres l'epreuve virulente, mais elle a potentialise les effets protecteurs chez des souris anterieurement immu- nisees par voie parenterale ou intranasale. Deux doses de vaccin administrees par voie parenterale ont confere la protection la plus solide; en outre, le groupe ainsi vaccine etait le seul dans lequel l'anticorps etait decelable dans les secretions bronchiques. Ainsi, il se peut que I'adminis- tration intranasale de vaccin inactive soit une methode moins efficace que l'administration parenterale pour sus- citer une reponse locale en anticorps. En outre, quant a la question soulevee par le Dr Small touchant la possibilite d'une difference d'efficacite immu- nisante du vaccin intranasal chez les sujets prepares immunologiquement et chez les sujets neufs, nos etudes sur la souris ont montre que chez les animaux anterieu- rement immunises par voie parenterale avec le virus A2/ Japan/305/57, le vaccin Aichi, administre par voie intra- nasale n'a que peu d'effet, alors que par voie parenterale il produit un rappel tres net, conferant une protection superieure a celle qui etait observee chez des animaux immunises avec le seul vaccin Aichi par voie parent6rale. Autrement dit, avec un virus nouveau au point de vue antigenique, l'immunisation intranasale peut etre parti- culierement inefficace. Dr P. VON MAGNUS. Au cours des etudes que nous avons effectuees il y a 10 ans sur le vaccin de souche A2, nous avons obtenu une assez bonne rdponse en anticorps a l'inoculation intradermique des plus faibles doses uti- lisees. La premiere inoculation intradermique ne semblait pas produire une reponse en anticorps superieure, mais les resultats de la deuxieme montrent que 10 a 40 unites CCA administrees par voie intradermique peuvent sus- citer une reponse en anticorps semblable h celle que produisent 100 a 200 unites CCA administrees par voie sous-cutanee. Dr S. R. MosTow. Le Dr Tauraso a communique des donnees comparatives sur I'administration du vaccin antigrippal par les voies intradermique et sous-cutanee. La meilleure reponse en anticorps IH homologues a ete une augmentation de 7 fois de la moyenne geometrique des titres dans un groupe. Au cours d'un travail effectue au National Communicable Disease Center sur des detenus qui s'etaient declares volontaires, on a administre jusqu'a 4800 unites CCA par voie sous-cutanee; on a 733 734 CONFERENCE INTERNATIONALE SUR LA GRIPPE DE HONG KONG ainsi obtenu des augmentations, allant jusqu'a 35 fois, de la moyenne geometrique des titres a I'egard des virus homologues. En outre, les doses elevees ont suscit6 un anticorps de r6activit6 plus large et l'apparition d'un anticorps neutralisant specifique de type dans les secr& tions nasales. L'efficacite du vaccin (c'est-a-dire la pre- vention de la maladie) doit etre notre but, or, ainsi qu'il ressort des communications precedentes, la protection peut d6pendre de la presence d'anticorps specifiques dans les secretions des voies respiratoires. Nos resultats donnent a penser que c'est en fonction de la quantit6 de materiel antigenique administree que les anticorps appa- raissent ou n'apparaissent pas dans l'appareil respiratoire. Par consequent, nous ne devons pas nous laisser trop facilement convaincre en faveur de la voie d'administra- tion intradermique du vaccin antigrippal tant que des etudes appropriees de son efficacite n'ont pas ete faites. Dr W. R. DOWDLE. Au cours de la presente s6ance, plu- sieurs chercheurs ont communique des donnees tirees d'etudes dans lesquelles 1'efficacite des vaccins etait d6termin6e sur la base des resultats serologiques. Or il y a douze ans, Rapmund et ses collaborateursb ont montr6 que, par exposition a l'infection naturelle, nombre de sujets immunis6s et dont le titre d'anticorps etait eleve ont contract6 la maladie et qu'il a ete facile d'isoler chez eux le virus. Beaucoup de ces sujets n'ont pas pr6sente ulterieurement une augmentation de quatre fois du titre des anticorps d6celables par les epreuves FC ou IH. Bien que certains chercheurs les mettent en doute, ces observations de Rapmund et de ses collaborateurs ne peuvent pas etre ignor6es. Tant qu'elles n'ont pas et6 r6fut6es de maniere probante, la reponse en anticorps, A elle seule, ne permet pas de juger de l'efficacite des vaccins (voir la communication de Schoenbaum et al., page 531). b Rapmund, G., Johnson, R. T., Bankhead, A. S., Herman, Y. F. & Dandridge, 0. W. (1959) U.S. armed Forces med. J., 10, 637-649. 4e SEANCE - VACCINS ANTIGRIPPAUX VIVANTS Resumes des rapports D. A. J. TYRRELL & A. S. BEARE: Etudes relatives i la selection et a l'efficacit6 des virus grippaux uti- lises comme vaccins vivants Les vaccins antigrippaux vivants presentent certains avantages et inconvenients par rapport aux vaccins tues inject6s par voie intramusculaire. II faut une quantite moindre de virus vivant pour vacciner un sujet, mais la dose doit etre augmentee si le virus est fortement attenue et la lyophilisation peut entrainer une certaine perte d'activite. Une autre difficulte reside dans l'absence d'une methode reconnue d'attenuation et dans le manque de marqueurs indiquant qu'elle a ete effectivement obtenue. II est probable que les passages en serie sur ceuf attenuent dans une certaine mesure les virus, insuffisamment toutefois pour que ces demiers puissent etre utilises comme souches vaccinales. Des essais preliminaires en vue d'obtenir une attenua- tion complete de souches grippales A2 et B par passages en serie (jusque 30) sur ceuf, a 33°C, ont echoue. Des passages en s6rie d'une souche asiatique et d'une souche Hong Kong en presence de concentrations croissantes de serum de cheval ont permis de seIectionner des variants progressivement resistants aux inhibiteurs non specifiques et notablement attenues. Une souche Hong Kong partiellement resistante aux inhibiteurs a subi des passages supplementaires sur ceuf, 'a 25°C, sans qu'il en resulte une augmentation nette de l'attenuation. On etudie actuellement une souche qui fait preuve d'une aptitude beaucoup plus marquee 'a la croissance aux basses temperatures et qui est susceptible d'etre suratte- nu6e. On a utilise des souches partiellement ou completement attenuees pour eprouver la resistance A l'infection chez des volontaires vaccines a l'aide de vaccins tues ou vivants. Un vaccin antigrippal B vivant a confdr6 une protection partielle apres une dose et une protection quasi absolue, persistant pendant 7 mois, apres deux doses. A. A. Smorodincev: Efficacite des vaccins antigrip- paux vivants L'administration d'un vaccin antigrippal vivant provoque une infection asymptomatique, immunisante, des voies respiratoires avec etablissement d'une immunite locale et apparition d'anticorps dans les secrdtions. nasales. En raison des variations spontanees des caract6ris- tiques antigeniques et biologiques des virus grippaux, iI est necessaire de rdviser la composition des vaccins vivants tous les 4 a 6 ans. Lorsque de nouveaux vari4nts sont isoles dans d'autres pays, les virus en cause doivent etre immediatement convertis en souches vaccinales. Les virus sont habituellement attenues par passages repetes sur embryon de poulet, i 32°C-34°C. En URSS, le pouvoir immunogene et l'avirulence des souches attenuees sont v6rifies lors d'essais sur des volontaires: la proportion des vaccines presentant une reaction febrile ne doit pas depasser 2 %. Lorsque les souches vaccinales sont destinees. 4e StANCE a etre utilis6es chez des enfants, on leur fait subir 20 a 30 passages supplementaires, ou davantage, a 26°C- 28°C, afin d'obtenir des souches surattenu6es. En URSS, les vaccins antigrippaux vivants ont fait l'objet de nombreux essais sur le terrain depuis 15 ans. Bien que difficiles ai evaluer, les r6sultats paraissent favorables. H. F. MAASSAB, T. FRANCIS, jr, F. M. DAVENPORT, A. V. HENNESSY, E. MINUSE & G. ANDERSON: Caracteristiques, au laboratoire et lors d'essais cliniques, de souches attenu6es de virus grippaux I1 est possible d'obtenir des souches attenu6es de virus grippaux en abaissant progressivement la temperature d'incubation et en adaptant le virus a la croissance ia 25°C. Ce processus, qui prend plusieurs mois, est accelere si l'on abaisse brutalement la temperature de 35°C a 25°C, ce qui amene la selection de variants * froids #. On a determine une serie de marqueurs genetiques d'un tel variant du virus de Hong Kong qui peuvent etre mis en correlation avec la perte de la virulence pour l'animal: la capacitd de reproduction du variant est alt6ree it 41°C (crtl41-); il est sensible aux acides et produit des plages de petites dimensions en cultures primaires de rein de poulet incub&es aL 35°C-36°C. La stabilit6 du variant aet demontree par la methode de selection des plages apres passages repetes sur ceuf embryonn6, a 25°C, sur culture primaire de rein de poulet et sur souris. Le variant adapte aux faibles temperatures est relative- ment avirulent et dote d'un fort pouvoir antigenique chez la souris et le furet. Chez ce dernier, le virus a et isole du rhino-pharinx pendant les trois premiers jours suivant l'inoculation. Apres 10 passages consecutifs sur la souris ou en culture cellulaire, 'a 35°C, la stabilit6 des marqueurs g6netiques n'a pas ete affectee. La croissance des variants ( froids * du virus grippal de type B n'est possible que dans des limites de temperature plus etroites que celles supportees par le variant du type A. La formation des plages et la capacite de reproduction sont diminuees a 35°C (crt/35-). Au cours d'essais cliniques effectues sur des volontaires avec la souche attenuee du virus de Hong Kong (A2/ Aichi/2/68), on n'a pas observe de reactions postvaccinales et la souche a fait la preuve de son pouvoir immunogene. A. S. BEARE: Caracteristiques, au laboratoire, des virus grippaux attenues On a procede a la s6lection de variants attenues du virus A2/England/501/68 (genetiquement apparente au virus A2/Tokyo/3/67) et du sous-type A2/Hong Kong/I/ 68. Par passage du premier de ces virus sur l'aeuf en presence de serum de cheval chauffe, on a obtenu une souche completement resistante aux inhibiteurs non sp6cifiques du serum. Au cours de l'infection experimen- tale de volontaires, cette souche s'est revelee beaucoup moins pathogene que la souche mere, mais dotee nean- moins de proprietes infectieuses et antigeniques. Le contact prolong6 de la souche A2/Hong Kong/1/68 avec le serum de cheval a eu pour resultat une forte reduction de la sensibilit6 du virus aux inhibiteurs et un degre notable d'attenuation, la sensibilite r6siduelle aux inhibiteurs etant manifestement associ6e a une certaine pathogenicite pour l'homme. Ce virus attenue avait, lui aussi, conserve son pouvoir infectieux et antigenique. La souche de virus A2/Hong Kong/1/68 sensible aux inhibiteurs a pu etre attenuee, quoique insuffisamment, par passages en serie 'a 25°C. Les tentatives en vue d'eliminer la pathogenicite residuelle de la souche A2/Hong Kong/ 1/68 resistante aux inhibiteurs par adaptation it 25°C ont rencontr6 des difficultes. Un virus de ce genre, apres deux passages a 25°C, a fait preuve d'une faible pathogenicitd et d'un pouvoir antigenique limite. Les souches resistantes aux inhibiteurs presentent des caracteristiques d'elution diff6rentes de celles des souches sensibles et se multiplient mieux it 40°C. La plupart des autres marqueurs classiques sont identiques pour les deux varietes. J. MILLS, J. VAN KIRK, D. A. HILL & R. M. CHANOCK: Etude de mutants de virus grippaux susceptibles d'etre utilises pour la preparation de vaccins vivants On a experimente deux methodes d'attenuation du virus grippal A: adaptation du virus 'a une temperature de croissance suboptimale (25°C) et production de mutants sensibles 'a la temperature. Apres avoir ete adaptee a la croissance it 250C sur culture de cellules de rein de veau, une souche A2/Hong Kong/68 a servi it preparer une suspension virale qui a ete administree a des volontaires. A la dose de 103 DICT50, le virus n'a provoque aucune infection chez 7 volontaires seronegatifs. Deux volontaires sur 8 ont ete infectes (sans presenter de signes cliniques de maladie) lorsqu'on a porte la dose a 101 DICT50. En revanche, apres administra- tion d'une dose de 106 DICd50Ia 8 volontaires, tous ont et infectes et 5 d'entre eux ont presente une affection febrile benigne d'allure grippale. Le virus A2/Hong Kong/ 68 adapte aux basses temperatures a donc fait preuve d'un pouvoir infectieux limite pour l'homme, sans toutefois etre suffisamment attenue pour ne pas provoquer la maladie apres inoculation de doses elevees. On a obtenu des resultats plus encourageants 'a l'aide de deux mutants A2/65 sensibles I la temperature obtenus a partir de virus cultive en presence de fluorouracil. Le premier de ces mutants etait incapable de former des plages sur culture de tissu aux temperatures superieures it 37°C; pour le second, la formation des plages n'etait inhibee qu'aux temperatures egales ou superieures it 38°C. Tous deux etaient stables. Inocul6s a des hamsters, ces mutants ont provoque une infection, mais leur multi- plication dans les tissus pulmonaires a ete tres inferieure a 735 CONFERENCE INTERNATIONALE SUR LA GRIPPE DE HONG KONG celle observee avec le virus sauvage. On a note une correlation entre la reduction de la multiplication in vivo et le degre de sensibilite a la temperature in vitro. L'infec- tion prealable de hamsters ou de souris par l'un ou l'autre de ces mutants a eu pour resultat de susciter une resistance notable a l'infection d'epreuve par la souche de virus grippal sauvage. Titres des communications G. Meiklejohn: Problemes relatifs aux vaccins antigrip- paux vivants D. Iki6: Observations faites en Yougoslavie au sujet d'un vaccin antigrippal vivant obtenu a partir d'une souche attenuee A2/Hong Kong/68 Discussion generale Dr E. D. KILBOURNE. La grande importance des mar- queurs de la virulence doit nous rendre tres exigeants quant aux preuves de leur existence effective. L'hypothese selon laquelle la resistance aux inhibiteurs serait liee a la virulence a l'egard de l'homme conduit a se demander si, en fait, la sensibilite residuelle (quoique amoindrie) mani- festee par la souche Hong Kong partiellement attenuee que le Dr Beare a utilisee dans ses travaux (voir page 595), ne s'explique pas par la persistance dans ce virus d'un melange de particules dites # + et <- *. Les elegants travaux de Choppin & Tamm sur les souches A2 primi- tives ont montre sans conteste que les virus reagissant moderement aux inhibiteurs sont des melanges de telles particules. La virulence residuelle du virus peut s'expli- quer de la sorte, si l'on est bien certain de la correlation entre virulence et sensibilite aux inhibiteurs. Un autre point, indique par le Dr Beare dans sa com- munication, est qu'il importe de comparer la virulence de lignees entretenues par passages sur les liquides de l'ceuf et soumises aL des operations de selection avec des lignees temoins ayant subi un nombre identique de pas- sages. Meme dans ces conditions, il se peut que le nombre de generations virales ne soit pas le meme dans les deux cas, ia cause de l'emploi de techniques de selection. Dr A. S. BEARE. La sensibilite r6siduelle aux inhibiteurs presentee par la souche A2/Hong Kong/1/68 traduit en effet la persistance de particules sensibles chez le virus; la semence virale utilisee est en realite un melange des deux types de particules. C'est parce que la fraction sensible aux inhibiteurs n'a pas pu etre eliminee que 1'entretien du virus par passages en presence de serum equin ne permet pas de supprimer totalement sa viru- lence pour l'homme. Dr F. S. LIEF. Mon experience s'accorde avec celle du Dr Tyrrell; je me suis rendu compte, il y a quelques annees, que les virus vivants presentent de tres nets avantages sur les virus tues pour la preparation de vac- cins antigrippaux. Mais j'ai egalement parfaitement conscience des problemes souleves par cette vaccination. Pour aborder cette etude, j'ai decid6 de rechercher un marqueur, qui pourrait servir pour la selection des souches utilisables comme vaccin; j'ai decide d'etudier comme premiers marqueurs la sensibilite (S+) et la resistance (S -) aux inhibiteurs presents dans les serums et les secretions naso-pharyngiennes. J'ai donc choisi parmi une serie de virus A2 des clones de sous-groupes S+ et S-. Deux de ces sous-groupes a caractere oppose, obtenus 'a partir d'un isolat remontant I 1957, ont servi I preparer des vaccins sur des aeufs fecondes indemnes de leucose. Dans les deux cas, il y avait eu 14 passages sur les liquides de l'auf. Les essais ont ete effectues sur de jeunes detenues adultes volontaires, qu'on a isolees et soumises a une surveillance medicale rigoureuse. Pulvdrise dans le naso- pharynx a raison de 107 DIE50, aucun des sous-groupes n'a provoque d'infection; par contre, apres administra- tion d'environ 109 DIE50, on a pu isoler le virus en 5 a 6 jours au plus chez toutes (12) les volontaires qui avaient requ le vaccin S+, mais seulement chez une partie de celles qui avaient requ le vaccin S-. Dans tous les cas ou le virus a ete detecte, on a observe une augmentation marqu6e des titres d'anticorps circulants neutralisants; ces anticorps etaient actifs a la fois contre la souche essayee comme vaccin et contre toute une serie de souches A2 evoluees, notamment les souches A2/Japan/170/62, A2/Rochdale/1/65 et A2/New Jersey/68. Malheureuse- ment, l'examen recent de ces serums n'a pas fait appa- raltre d'augmentation notable de la seroreactivite Is l'gard du variant Hong Kong. Il est interessant de noter qu'on est arrive I contaminer certains sujets chez qui les titres s6riques d'anticorps neutralisants homologues attei- gnaient avant cette infection une valeur aussi elevee que 1: 256. En outre, en plagant des sujets traites par pulve- risation de placebo en compagnie de sujets reellement vaccines, on a observe que la souche S+ se transmet aux contacts, 'a la difference, semble-t-il, de la souche S -. Des resultats analogues ont ete releves lors de deux series d'experiences, les unes pratiquees en hiver, les autres en ete. Aucune affection d'allure grippale n'a ete observee. On a note, tout au plus, un coryza passager apyretique chez trois sujets vaccines (deux avec la souche S+ et un avec la souche S-) chez qui on avait detecte le virus. II a malheureusement ete impossible de faire des lavages du nez lors de ces etudes, pour y rechercher la presence d'anticorps locaux. Sous la menace de l'6pidedmie de 1967-68, on a encore essay6 la souche S+ sur plusieurs groupes successifs de nouveaux volontaires, qui etaient isoles. Chez la trentaine de sujets ainsi vaccines, on a preleve des echantillons de salive pour y rechercher la presence d'anticorps locaux. Toutefois, au moment de ces essais, le vaccin etait stockd a -70°C depuis 31/2 ans et avait perdu son infec- tiosite, si bien qu'aucun virus n'a ete detecte chez les sujets vaccines. Pourtant, l'examen des echantillons de salive par les epreuves d'inhibition de l'hemagglutination 736 4e SEANCE et de neutralisation de l'hemadsorption a fait apparaitre chez 60% d'entre eux un titre accru d'anticorps locaux, actifs contre le vaccin essaye et contre les. souches A2 evoluees. Chez 30% de ces demiers sujets, on a observ6 une augmentation simultanee des titres d'anticorps cir- culants neutralisants. Je ne vois pas d'explication 'a cette discordance entre les rdsultats de mes travaux sur la souche S + et ceux obtenus en Angleterre, notamment en ce qui concerne la pathogenicite. Peut-etre tient-elle a l'heureux choix de la souche A2/2946/57, isolee lors d'une poussee 6pide- mique sans gravite au Bryn Mawr College, en Pennsyl- vanie, ou encore, au nombre relativement faible de sujets d'exp6rience. Quoi qu'il en soit, nous avons maintenant choisi sur des clones provenant d'un virus de Hong Kong des sous-groupes presentant le meme type d'opposition (S+/S-), qui servent actuellement a preparer des vac- cins. Nous esperons etre a meme d'ici peu de les eprouver sur de nouveaux volontaires, et de pouvoir confirmer ou infirmer la these selon laquelle la sensibilite aux inhibi- teurs serait un marqueur utilisable pour choisir les souches permettant de preparer un vaccin vivant efficace. Dr D. HOBSON. II se peut que la methode d'attenuation employee par le Dr Mills et celle utilisee par le Dr Beare ou le Dr Maassab reposent sur des processus fondamen- taux totalement differents, ce qui aurait des consequences pratiques extremement importantes pour la preparation de vaccins efficaces. La methode du Dr Mills produit sans aucun doute des mutations portant sur un seul gene et permet le choix de mutants correspondants. Toutefois, les formes attenuees selectionnees par pas- sages successifs prolongds peuvent etre de deux types: mutants apparaissant au cours de ce processus, ou mutants preexistants et isoles grace a un enrichissement sdlectif au sein d'une population virale initialement composite; tel a ete le cas dans les experiences du Dr Choppin sur les souches R-15 (experiences que vient de rappeler le Dr Kilbourne). Ainsi que l'a indique le Dr Ikic (voir page 608), il est essentiel d'aller vite pour obtenir un vaccin attenue depourvu de toxicite A partir de souches antigeniques d'apparition recente. Une methode qui pourrait etre rapide pour selectionner les variants convenables serait d'adapter la technique classique dans le cas des bacte- riophages: ensemencement sur plaque par decalque dans toute une serie de conditions et a partir d'une souche initiale trait6e par des mutagenes. Toutefois, on peut se demander quelle serait la position de l'administration chargee du contr6le a propos d'un vaccin a base d'un virus vivant soumis a l'action d'un mutagene chimique. Dr H. A. BLOUGH. Le Dr Mills a-t-il examine ses mutants du virus grippal thermosensibles pour voir s'ils dtaient revenus au type sauvage, notamment apres passage sur 1'animal? Dr J. MiLLs. La frequence des rdversions de ces mutants n'a pas encore etd etudiee en detail, mais la technique d'isolement utilisee permettait l'elimination des mutants instables. Des epreuves sont en cours pour determiner la frequence des reversions. Dr D. A. J. TYRRELL. Mackenzie a remarque qu'a l'egard de la souris, la virulence de toutes les souches thermosensibles diminue. Les virus dont l'hemagglutinine presente differents degres de thermosensibilite seraient peut-etre inutilisables pour conferer l'attenuation si l'on voulait obtenir une souche att6nuee par recombinaison d'un nouveau virus et d'une souche attenu6e connue. Dr J. MILLS. Les deux mutants que nous avons eprouves n'elaborent pas d'hemagglutinine au-dela de la tempera- ture de 39°C, et pourtant l'infection par l'un ou l'autre de ces mutants confere une protection a l'egard des injections d'epreuve ulterieures. II semble donc qu'il y ait production d'anticorps neutralisants anti-hemagglu- tinine. II se pourrait, toutefois, qu'un mutant capable d'elaborer une hemagglutinine prot6inique confere une protection encore meilleure. Dr J. C. McDONALD. Lors d'essais anterieurs de vaccin antigrippal vivant, on avait pris des precautions conside- rables pour n'experimenter que sur des volontaires depourvus d'anticorps neutralisants A l'egard de la souche vaccinale, sinon, il eut et6 extremement difficile d'interpreter les observations cliniques et serologiques. Je crains que les resultats obtenus en pareil cas sur des volontaires n'aient pas grand lien avec ceux auxquels il faut s'attendre chez des personnes sensibles exposees a l'infection naturelle. Le Dr Tyrrell et le Dr Beare pour- raient-ils donner leur avis sur ce point? Dr D. A. J. TYRRELL. Lorsque le Dr Beare a administrd le virus de Hong Kong aux premiers volontaires, ce virus n'avait pas encore provoque d'6piddmie en Grande- Bretagne; il n'y avait donc pas d'anticorps decelables chez la plupart des sujets. Dr F. M. DAVENPORT. Lorsqu'on selectionne un mutant en vue de son utilisation comme souche vaccinale, il faut egalement veiller a ce qu'il soit capable de s'adapter rapi- dement 'a la culture sur l'aeuf, puisque, en fin de compte, c'est ainsi qu'on fabriquera le vaccin. Les tentatives de recombinaison du Dr Kilboume visant a obtenir des souches pour la prdparation d'un vaccin tue seraient peut-etre interessantes a reprendre avec des mutants vivants. SM CHRISTOPHER ANDREWES. En 1948-49, il est apparu que la prevention de la poliomyelite par immunisation n'etait pas une simple chimere; moins de 10 ans plus tard, la publication du rapport du Dr Francis montrait qu'elle etait possible. Des rdsultats analogues sont en vue pour la rougeole et la rubeole. Toutefois, malgr6 les tentatives 28 737 CONFERENCE INTERNATIONALE SUR LA GRIPPE DE HONG KONG d'immunisation contre la grippe qui durent depuis 35 ans, s'il est possible de proteger certains groupes avec quelque succes, on n'arrive pas a enrayer les epidemies a l'echelle d'un pays. I1 est notoire que l'instabilite antigenique du virus grippal A constitue un serieux obstacle. Qui plus est, les gens repugnent a se faire vacciner periodiquement (et non definitivement, grace a une ou deux injections) contre une maladie qui ne les effraye pas (ils oublient les evene- ments de 1918-19). Si l'on pouvait decouvrir un vaccin vivant attenu6 ideal contre la grippe, bien des problemes se trouveraient resolus. Comme I'a fait remarquer le Dr Tyrrell, on pourrait en fabriquer plus rapidement des quantites convenables; on serait su^r que I'anticorps efficace se trouve dans le nez, la oii il est utile; enfin, I'administration d'un tel vaccin serait rapide, sans necessite d'injection, d'ofu une acceptabilite accrue. Il faudrait, toutefois, etre certain que l'attenuation est suffisante, meme pour les enfants, faute de quoi le vaccin ne serait pas assez largement admis. Je pense qu'il y a un facteur important dans l'epide- miologie de la grippe et des autres infections des voies respiratoires: c'est le nombre relativement restreint de sujets excretant et propageant du virus en abondance. I1 est probable que beaucoup d'enfants appartiennent a cette categorie; il pourrait donc etre tres fructueux de les immuniser, comme l'ont vivement preconise le Dr Daven- port et le Dr Monto. M8me si nos vaccins ne conferent pas une protection parfaite, ils pourraient supprimer cette source importante de propagation. Toutefois, il ne faut pas compter sur la persuasion pour obtenir des populations qu'elles se fassent vacciner par pur altruisme. Plusieurs exposes entendus au cours de cette seance portaient sur les essais d'obtention de virus grippaux attenues, notamment en modifiant leur sensibilite aux inhibiteurs contenus dans le serum equin ou leur aptitude a cultiver a diverses temperatures. Nous ignorons quelle est la methode qui se revelera la meilleure, ou si l'on trouvera des marqueurs convenables. II se peut que la solution soit la decouverte d'un recombinant convenable. Toutefois, si l'on desire conclure un mariage entre un nouveau type antigenique et un virus attenue mais immunisant, il faut s'assurer que le futur epoux est reellement stable et digne de confiance. Autrement dit, notre agence matrimoniale dispose-t-elle d'un virus suffisamment attenue pour etre acceptable et neanmoins dote d'activite antigenique? S'apercevra-t-on, au contraire, que pour constituer un agent immunisant efficace, un virus doit conserver une certaine aptitude a provoquer des sympt6mes cliniques chez quelques sujets particulierement receptifs? Nous ne sommes pas entierement responsables de la dur6e - 35 ans d6ja - de nos recherches. Le virus grippal est un micro-organisme ruse et deconcertant, qui a certainement encore plus d'un tour dans son sac. Je pense pourtant que nous avons enfin le droit d'etre optimistes. 5e SEANCE - VACCINS ANTIGRIPPAUX DE L'AVENIR Resume's des rapports C. H. STUART-HARRIS: Les vaccins antigrippaux avec adjuvant On dispose d'un nombre considerable de donnees concernant l'effet adjuvant sur la production des anti- corps de l'injection des antigenes vaccinaux en emulsion huileuse. Les vaccins antigrippaux inactives en emulsion dans l'huile minerale sont utilises depuis de nombreuses annees et permettent d'obtenir un renforcement de la reponse immunitaire persistant pendant 2 ans ou plus. L'innocuite de la methode sous le rapport des reactions febriles imm6diates a ete demontree et aucun effet cancerogene n'a ete signale chez l'homme, mais le probleme des reactions locales retardees n'est pas encore resolu. Il serait necessaire de mettre au point de nouvelles methodes afin d'ameliorer le pouvoir protecteur des vaccins inactives sans risque concomitant de formation locale d'abces steriles. L'experience acquise en Grande- Bretagne en matiere de vaccins en emulsion dans l'huile d'arachide (adjuvant 65) est limitee. On a propose d'utiliser au lieu d'un vaccin aqueux en emulsion dans l'huile un vaccin a adjuvant en emulsion aqueuse. Une telle preparation a l'avantage d'etre moins visqueuse et la diffusion du produit dans l'organisme s'en trouve facilitee. D'apres une etude serologique menee en 1966, les deux types de preparation ont un effet adjuvant equivalent sur la reponse en anticorps antigrippaux. Trop peu de sujets ont cependant ete vaccines 'a ce jour pour que l'on puisse porter un jugement valable sur le risque de reactions locales retardees. Meme en employant les preparations commerciales de vaccins en emulsion dans l'huile minerale, on enregistre une incidence de 1 pour 5000 a 1 pour 10 000 de ce genre de reactions. L'impossibilite de reproduire ces effets chez l'animal contrecarre les recherches. M. R. HILLEMAN: Lutte contre la grippe de Hong Kong par la vaccination: necessite d'une diffusion rapide des informations relatives a la grippe et role des adjuvants On peut generalement pallier les variations antigeniques mineures auxquelles sont soumis les virus grippaux 738 5e SEANCE pendant les intervalles interpand6miques en revisant periodiquement la composition des vaccins par incorpo- ration ou substitution de nouvelles souches vaccinales. II n'en va plus de meme a l'occasion des modifications antigeniques majeures qui se produisent tous les dix ans environ et qui rendent illusoire l'efficacite de vaccins bases sur une formule perimee. Le premier remede a cette situation est de deceler precocement l'apparition de nouveaux variants avant que leur propagation n'ait atteint des proportions trop considerables. Le r6le de 1'OMS et de son reseau de laboratoires de la grippe est i cet egard primordial. Il faut en second lieu pouvoir disposer de preparations vaccinales qui suscitent une reponse immunitaire maximale et assurent une protection durable avec un minimum d'antigenes. L'emploi d'un vaccin inactiv6 en emulsion dans l'huile d'arachide (adjuvant 65) permet d'obtenir une production 4 16 fois plus elevee d'anticorps reagissant avec une gamme etendue de sous-types viraux et persistant pendant au moins 6 ans. Ce vaccin adjuvant huileux a deja ete administre La plus de 16 000 personnes sans effet secon- daire facheux. F. B. BRANDON, F. Cox, E. QUINN, E. A. TIMM & 1. W. MCLEAN, jr: Immunisation contre la grippe: etudes cliniques de vaccins La sous-unites de virus fractionnes par l'ether L'evaluation clinique de vaccins antigrippaux sous- unites virales, chimiquement purifies, a commence peu apres I'apparition en 1957 du virus de type A2. Des ( vaccins a antigene i, monovalents, bivalents et poly- valents, ont ete experimentes chez des enfants, des adultes et des personnes agees. Toutes les souches du virus A2 ont et employees pour preparer ces vaccins, y compris le virus actuel de Hong Kong. Les vaccins a antigene ont generalement et mis l'epreuve au regard des vaccins classiques contenant des quantites egales de materiel viral. Le present rapport resume l'experience acquise sur le plan de la serologie avec les virus grippaux des types A2 et B, avant 1968, et comprend une etude recente faite en 1968-69 avec la souche de Hong Kong. On a fait etat dans des publications anterieures des resultats obtenus avec des vaccins sous-unites virales du type A2, qui demontraient l'efficacite immunogene et le manque de proprietes pyrogenes de ces vaccins chez des jeunes enfants. En meme temps, on a entame 1'6va- luation serologique de ces vaccins chez des personnes adultes. Les etudes pre-Hong Kong ont comporte des essais comparatifs de vaccins classiques ou La antigene chez environ 1700 volontaires adultes. Les vaccins Hong Kong monovalents, classiques ou antigene, ont fait l'objet d'une etude comparative chez 437 personnes ige'es. On a administre chaque sujet une dose de vaccin classique ou de vaccin antigene et determine les titres d'anticorps inhibiteurs de l'hemagglutination (IH) dans le serum preleve au moment de l'administration du vaccin et dans le serum recueilli 2 a 4 semaines plus tard. La serie des six etudes effectuees avant 1968 portait sur 911 sujets #anciens * (vaccines l'annee precedente) et 789 sujets ((nouveaux (non vaccines I'annee precedente). On a ainsi constitue quatre groupes de sujets traites: ((anciens)) ou <(nouveaux )>, recevant le vaccin classique ou le vaccin a antigene. Dans l'ensemble, la preparation vaccinale A2 a suscite une hausse des titres d'anticorps IH de 2,2 fois dans le groupe (ancien-classique ), de 3,7 fois dans le groupe #ancien-antigne ), de 6,2 fois dans le groupe anouveau- classique)> et de 19,6 fois dans le groupe ((nouveau- antigene ). Les valeurs correspondantes pour le materiel viral de type B ont et de 1,5, 1,7, 3,4, et 3,4. Les vaccins Hong Kong monovalents - classiques et a antigene - ont et etudies immediatement avant l'epid6mie de grippe de Hong Kong chez des pension- naires d'une maison de retraite de l'est des Etats-Unis d'Amerique. Le degre d'activite immunogene des deux types de vaccin a et sensiblement le meme, la reponse immunitaire se traduisant par une hausse d'environ 20 fois des titres d'anticorps. Les reactions subjectives ont et environ deux fois moins nombreuses dans le groupe vaccine a 1'aide du vaccin a antigene que dans le groupe vaccine par le vaccin classique. Aucun cas de maladie ressemblant a la grippe n'a et signale parmi les pensionnaires de la maison de retraite pendant l'epiddmie de grippe de Hong Kong. M. F. WARBURTON: Vaccins antigrippaux 'a base de virus fractionnes par le desoxycholate de sodium Les virus grippaux desagreges par traitement par le desoxycholate de sodium continuent a faire preuve de pouvoir antigenique et d'activite neuraminidasique. Ils ont servi a preparer un vaccin qui, lors d'essais prelimi- naires, a donne des resultats encourageants aussi bien chez les adultes que chez les enfants. Des doses de 2200 unites CCA n'ont provoque aucune reaction secondaire notable. La reponse immunitaire a une dose unique a ete faible, mais perceptible, et la production d'anticorps a et6 tres elevee apres une injection de rappel. On a recemment produit et utilise en Australie l'equi- valent de 6 millions de doses pour l'adulte de vaccin A2/Hong Kong fractionne par le desoxycholate de sodium. On n'a note qu'un tres petit nombre de reactions secondaires, consistant en autres en un endolorissement a l'endroit de l'injection. L'absence de toxicite du vaccin chez les enfants a ete de nouveau d6montr6e. Des cas de grippe La virus A2/Hong Kong ont 6t6 signal6s de fa9on sporadique en Australie depuis que ces virus y sont apparus en ao0t 1968, mais il n'y a pas eu d'epidemie importante et on n'a pu proceder La des essais valables d'evaluation du vaccin sur le terrain. Cependant, la valeur protectrice de cette preparation vaccinale s'est affirmee au cours d'une epidemie de grippe qui a frappe la population aborigene du centre de l'Australie. 739 CONFERENCE INTERNATIONALE SUR LA GRIPPE DE HONG KONG E. D. KILBOURNE: Vaccins antigrippaux de l'avenir et emploi des recombinants genetiques Les vaccins antigrippaux anciens et actuels sont en fait des variants dotds de certaines propri6tes interessantes - potentiel de croissance optimal, virulence attenuee, thermostabilite, antigenicite appropri6e - dont la selec- tion a ete generalement operee a l'aide de methodes empiriques. - II est sans conteste plus raisonnable de tenter d'etablir une correlation entre certaines caracteristiques gene- tiques (marqueurs) du virus et les qualites que l'on exige d'une bonne souche vaccinale. On peut de la sorte choisir les clones les plus avantageux grace a certaines manipulations genetiques: preselection de clones; induc- tion de mutations par substances chimiques; adoption de conditions de culture selectives; recombinaison genetique. La recombinaison ressemble 'a une reproduction sexuee, dans ce sens qu'elle entraine un rearrangement immediat des genes. L'appariement intentionnel de deux ou plu- sieurs virus porteurs chacun d'une caracteristique donn6e permet de selectionner un descendant possedant les qualites requises sans devoir recourir a un lent processus d'adaptation. Une forme d'attenuation ( instantanee * peut etre realisee par recombinaison d'un virus sauvage avec des souches de laboratoire moins virulentes. La methode a ete mise en pratique pour la production d'une souche vaccinale possedant l'antigenicite Hong Kong de l'un des virus parents (souche Aichi) et le poten- tiel de croissance sur l'embryon de poulet de l'autre (virus AO/PR/8). Le recombinant, X-31, a ete isole apres deux semaines. On peut envisager d'autres applications des techniques de recombinaison: creation d'une ( banque)> de recombi- nants en prevision d'un rearrangement naturel spontane d'antigenes actuellement identifies aboutissant a l'appari- tion de nouveaux variants; conservation de virus bien caracterises 'a forte capacite de croissance susceptibles d'etre recombines avec des souches nouvelles (d'origine humaine ou animale) en vue de la production de souches vaccinales; mise en evidence d'antigenes ((nouveaux)> dotes d'une reactivite et d'une antigenicitd originales. J. L. SCHULMAN: Role des anticorps anti-neuramini- dase dans l'immunite envers l'infection grippale On considere gen6ralement que, dans la grippe, l'immunite est due a la presence d'anticorps anti-hemag- glutinine virale dans le serum et/ou les secretions des voies respiratoires des sujets precedemment infectes ou immunises. Cependant, l'enveloppe du virus renferme un second antigene proteique, la neuraminidase, et l'infection ou la vaccination de l'homme ou de l'animal de labora- toire a egalement pour resultat de susciter la production d'anticorps diriges contre cette enzyme. Bien que le pouvoir protecteur de ces anticorps n'ait pas etd evalue systematiquement chez l'homme, on sait qu'ils inhibent la multiplication du virus in vitro et previennent les lesions pulmonaires chez la souris soumise a une infec- tion d'epreuve par une souche homologue. Les modifications antigeniques aboutissant a l'appar,- tion de nouveaux variants affectent dans une mesure independante et variable les deux antigenes d'enveloppe. Le virus Hong Kong de 1968, par exemple, renferme une hdmagglutinine tres differente de celle des souches A2 anterieures, alors que sa neuraminidase - comme le ddmontrent les epreuves d'inhibition de l'enzyme et de rdduction de la dimension des plages - est identique a celle des souches A2 de 1967-68 et apparentee 'a celle des souches A2 de 1957-1964. Le r6le de ces relations antigeniques dans l'immunite a dte etudie chez la souris en utilisant les souches A2/ Japan/305/1957 et A2/England/1968 ainsi que des virus hybrides dans lesquels les hemagglutinines et les neura- minidases de ces deux souches avaient fait l'objet d'une segregation par recombinaison avec le virus grippal AO/NWS. L'immunisation par les souches A2/Japan et A2/ England n'a pas protege la souris contre une infection d'epreuve par le virus de Hong Kong dans une mesure plus forte que l'immunisation par des virus hybrides porteurs des enzymes, mais non des hemagglutinines des deux souches A2. Aucune protection n'a ete conferee aux souris immunisees par les virus A2 contre I'infection d'epreuve par un virus hybride porteur de l'hemaggluti- nine Hong Kong et de l'enzyme AO/NWS. En outre, on a pu demontrer chez la souris que les anticorps anti-neuraminidase diminuent la capacite de transmission, mais ne modifient pas la r6ceptivite a l'infection, alors que les anticorps anti-hemagglutinine attenuent la receptivite mais n'ont aucune influence sur la transmission du virus. II serait des lors necessaire d'inclure dans l'etude taxonomique des virus grippaux l'analyse antigenique des deux antigenes de l'enveloppe, et d'evaluer l'effet protecteur et la persistance des anticorps anti-neurami- nidase chez l'homme avant de selectionner les souches entrant dans la composition des vaccins. La vaccination de masse a l'aide de neuraminidase purifiee pourrait conferer une protection individuelle et ralentir la trans- mission de l'infection dans une population sans risque de favoriser l'apparition de variants porteurs d'hemagglu- tinines antigeniquement originales. S. FAZEKAS DE ST. GROTH: Nouveaux crit6res pour la selection de souches vaccinales du virus grippal Les reactions serologiques croisees entre virus grippaux donnent generalement des resultats asym6triques: l'action neutralisante d'un serum anti-virus X i l'egard d'un virus Y sera relativement plus intense que celle d'un serum anti-virus Y a l'egard du virus X. On peut exprimer cette relation en definissant le virus X comme a majeur * 740 5e S'EANCE (senior virus) par rapport au virus Y. Ce phenomene est du au fait que la masse des anticorps majeurs intervient dans les reactions croisees alors que seule une fraction limitee des anticorps mineurs peut reagir. La mise en culture d'un virus mineur en presence d'anticorps homologues entraine la selection de mutants qui sont tous majeurs par rapport a la souche d'origine. Ce genre d'experimentation reproduit le processus evolu- tif des souches responsables d'epidemies dont l'apparition au sein de chaque sous-type de virus grippal est synchrone de leur accession au rang de virus majeur. Les reactions croisees entre sous-types sont faibles - moins de 5% de leurs antigenes respectifs participant a la reaction - et peuvent etre interpretees comme se produisant entre antigenes separes par une double mutation. De tels mutants peuvent etre obtenus, it de rares occasions, par culture de virus majeurs en presence d'anticorps homologues. Lorsque le regne d'un sous- type touche 'a sa fin, on peut isoler dans la nature des * souches de transition dont les caracteristiques anti- g6niques, tout en rappelant celles du sous-type en voie de disparition, se rapprochent de celle du sous-type qui va lui succeder, avec lequel elles donnent des reactions etroitement croisees. Lorsqu'un animal immun envers un virus mineur est vaccine it l'aide d'un antigene majeur, les anticorps produits r6agissent mieux avec l'antigene mineur qu'avec l'antigene vaccinal. C'est une manifestation du Peche antigenique originel # sous sa forme classique. Si l'immu- nitd de base envers un antigene majeur est renforcee par l'administration d'un antigene apparente, la reponse immunitaire se marque generalement par la production d'anticorps diriges au moins autant contre l'antigene de rappel > que contre I'antigene primaire. C'est une version modifide, (v6nielle#, du Peche antigenique originel. L'auteur suggere en consequence de recourir a l'emploi de # vaccins d'anticipation #. De semblables vaccins contiendraient un melange de mutants majeurs selec- tionnes au laboratoire a partir de la derniere souche epidemique et permettraient de devancer et d'annihiler les variations antigeniques futures. Discussion gene'rale Dr M. R. HILLEMAN. La communication presentee par le Dr Schulman (voir page 647) etait impression- nante: les observations faites montrent toute l'impor- tance de I'antigene neuraminidasique dans la stimulation de l'anticorps et de l'immunite anti-grippe. Les resultats posent egalement la question de savoir ce que devient I'antigenicite de la neuraminidase lorsque le virus est degrade a l'ether ou au desoxycholate. L'antigene neu- raminidasique reste-t-il intact? Nous savons que le virus entier inactive suscite la forma- tion d'un anticorps qui, a son tour, engendre une immu- nite protectrice. Nous savons aussi que les vaccins degrades a l'ether ou au desoxycholate induisent la production d'un anticorps inhibiteur de l'hemagglutination. Mais il importe davantage encore d'etre renseigne sur l'efficacite de la protection conferee. Dans quelle mesure est-il prouve que les vaccins degrades a l'ether ou au desoxy- cholate conferent veritablement une protection anti- grippe et quelle est l'etendue de l'effet protecteur? Dr M. F. WARBURTON. Les donnees presentees dans ma communication (voir page 639) montrent que la desagre- gation par le desoxycholate ne detruit pas la neuramini- dase. Mais aucune etude sur l'induction d'anticorps antineuraminidasiques chez les humains par les vaccins d6grad6s au desoxycholate n'a ete effectuee. Le tableau 3 de ma communication montre que la protection a pu etre mise en evidence apres l'utilisation de ce type de vaccin. DI F. B. BRANDON. Generalement, le traitement a l'ether inactive les enzymes mais nous manquons de renseigne- ments directs sur l'aptitude de l'enzyme inactivee a induire la production d'anticorps. Dr M. R. HILLEMAN. C'est li la question: les donnees dont on dispose sont peu nombreuses et restreintes. II importe au plus haut point de faire la preuve de l'effica- cit6 protectrice des vaccins degrades avant de les mettre generalement en circulation. I1 nous faut etre sfirs de cette efficacite protectrice avant leur mise en application gene- rale, si nous ne voulons pas aller vers de nouvelles diffi- cultes. Dr J. L. SCHULMAN. En reponse a la question posee par le Dr Hilleman, il y a lieu de remarquer que, lorsque des souris sont soumises a une epreuve de contr6le d'activite par un virus contenant un antigene hemagglutinique identique 'a celui du virus immunisant, on observe chez les animaux immunises par le virus intact et chez ceux qui ont ete immunises uniquement par l'antigene hemag- glutinique de ce virus le meme degre de protection. Par consequent, I'anticorps antineuraminidasique pourrait jouer un r6le particulierement important lorsqu'il y a d'appreciables differences antigeniques entre les pro- t6ines hemagglutinantes du virus utilise pour l'epreuve de contr6le et celles du virus qui a servi it l'immunisation. Dr M. R. HILLEMAN. Les remarques du Dr Schulman sont pertinentes. L'antigene desagreg6 correspondant a la souche epidemique induit la formation d'un anticorps dont on attend qu'il soit immunogene. Mais le veritable probleme de la vaccination antigrippale, c'est l'alteration constante de l'antigene qui le pose: il semble que l'anti- gene neuraminidasique pourrait etre le seul veritable moyen d'assurer une reponse immunitaire suffisamment large pour parer a ces modifications mineures et conser- ver au vaccin son efficacite. Dr F. M. DAVENPORT. En reponse aux remarques du Dr Hilleman, je rappellerai que lorsqu'il est administre a l'homme, le vaccin degrade ia 1'ether induit effective- ment la formation d'anticorps antineuraminidasiques. 741 CONFERENCE INTERNATIONALE SUR LA GRIPPE DE HONG KONG Dr J. T. SETO. Lors de la reunion de l'American Society of Microbiologists tenue en 1965, nous avons signale que, chez la souris, l'antiserum enzymatique specifique du virus A2 neutralise 1'infectiosite du virus A2/Taiwan adapte a la souris. Ce meme antiserum ne neutralise pas sensiblement celle du virus A2/Japan/305 sur oeuf embryonne. Au cours d'etudes menees avec Rott et Drzenick en Allemagne, nous n'avons observe de la part du virus A2/Japan/305 cultive sur embryon de canard aucune neurotoxicite a l'egard de la souris ni aucune cytotoxicite pour les cultures cellulaires HeLa. Lors des contr6les, le virus cultive sur aeufs de poule s'est revele toxique a la fois pour les cellules HeLa et pour la souris. Les observations preliminaires faites par E. Chang dans notre laboratoire concemant l'influence de l'anti- serum enzymatique specifique de la souche X-7 sur l'incorporation d'uridine marquee au 14C, dans des experiences cinetiques touchant la replication du virus X-7 en culture tissulaire d'embryon de poulet, ont montre une augmentation de l'absorption de l'isotope 14C. Le Dr Schulman se risquerait-il a estimer le pourcen- tage de capacite neutralisante attribue aux anticorps anti- enzyme et aux anticorps anti-hemagglutinine presents dans Yantis6rum du virus? Dr J. L. SCHULMAN. Ma reponse a la question du Dr Seto, c'est qu'il est possible de proteger presque aussi bien des souris en les immunisant contre l'antigene enzymatique que contre l'antigene hemagglutinique du virus utilise dans l'epreuve de contr6le d'activite. Inversement, en presence de taux eleves d'anticorps homotypiques contre 1'antigene hemagglutinique, 1'anticorps antineuraminida- sique ne semble pas conferer de protection supplementaire appreciable. Il semble donc que l'importance de l'anticorps anti- neuraminidasique soit maximale lorsque apparaissent de nouveaux virus contenant des hemagglutinines antigeni- quement nouvelles. Dr N. M. TAURASO. Peu de temps apres qu'il fut devenu evident que, du point de vue antigdnique, le variant Hong Kong du virus grippal etait suffisamment different des souches virales prdcedentes, on a envisagd de choisir une souche qui convienne a la production de vaccin. Sept souches ont ete soumises a neuf passages en serie et ce sont les souches A2/Aichi/2/68 et A2/Philippines/ 303/68 qui ont produit le plus d'hemagglutinine; toutes deux avaient ete cultivees sur l'ceuf. La souche Aichi/2 a et choisie pour la production du vaccin monovalent 1968-69. Lorsque le premier recombinant variant Hong Kong (X-30) - HK/16-PR/8 (LVR 1086) - a ete disponible, nous avons compare sa production en HA avec celle de la souche vaccinale Aichi/2. Les titres moyens en HA de ces deux souches sur la periode couvrant 10 passages en serie sur l'aeuf ont etd approximativement egaux. Le nouveau recombinant que nous avons obtenu a dte Aichi/2-PR/8 (LVR 1119) souche X-31. La production HA et CCA de cette souche a ete comparee a celle des deux souches precddentes repiquees simultandment. Les titres HA et CCA de la souche Aichi/2 parentale et du recombinant Aichi/2-PR/8 ont &t6 environ 1,5 fois supe- rieurs a ceux du recombinant HK/16-PR/8. I1 y avait peu de difference entre la souche Aichi/2 et les souches recombinantes. La discordance entre ces resul- tats et ceux que nous a communiques le Dr Kilboume pourrait avoir ete due a la possibilite d'un biais du niveau de passage superieur en faveur de la souche Aichi/2. En outre, le Dr Kilbourne se servait d'hematies humaines du type 0 alors que nous-memes employons normalement pour les epreuves d'h6magglutination du virus de la grippe des erythrocytes de coquelet. Afin d'eliminer cette discordance, nous avons experi- mente en commencant par des virus qui avaient subi le meme nombre de passages sur ceuf apres avoir ete isoles, a 1'exception de la souche PR/8, pour comparer la pro- duction HA des souches dtudiees sur des globules rouges de coquelet, d'homme du type 0 et de cobaye. Les titres moyens HA des recombinants n'ont ete que 1,5 fois superieurs a celui de la souche Aichi/2. Quand on a utilise des globules de coquelet, le titre HA moyen de la souche PR/8 a ete presque 6 fois plus eleve que celui de la souche Aichi/2 et environ 4 fois superieur a celui des souches recombinantes. Les faibles taux HA observes avec PR/8 sur des hematies humaines du type 0 ont ete surprenants et inexplicables. Un compte rendu detaille de ces etudes sera publie ulterieurement. Usuellement, l'intervalle entre l'apparition d'un nou- veau variant du virus grippal et le moment auquel s'impose le choix d'une souche convenant a la production de vaccin est tres court. La situation pendant les pre- mi&es semaines de l'pidemie de Hong Kong de 1968 n'a pas fait exception a la regle. Nous avons eu la chance de pouvoir choisir beaucoup plus rapidement que dans le cas de l'epidemie de grippe asiatique de 1957, une souche pour la production de vaccin. La souche A2/Aichi/2/68, qui a servi a la fabrication du vaccin monovalent de 1968-69 aux Etats-Unis d'Amerique, s'est revelee satisfaisante pour la production du vaccin. La comparaison entre la production HA et CCA de trois souches recombinantes de Hong Kong et les souches parentales Aichi/2 et PR/8 a montre que les recombi- nants pouvaient produire, dans certaines conditions, environ 1,5 fois plus d'hemagglutinine que la souche Aichi/2. Toutefois, contrairement aux observations du Dr Kilboume (communication personnelle), les titres HA et CCA des recombinants n'etaient pas tres proches de ceux de la souche RP/8. On aurait, vraisemblablement, la possibilite de choisir un recombinant qui foumisse des titres HA et CCA dquivalents a ceux qu'on peut obtenir avec la souche PR/8, en associant un recombinant a la souche PR/8 (V. Vonka, communication personnelle). I1 convient, semble-t-il, de faire une observation sur la possibilite pratique du processus de recombinaison pour 742 5e SEANCE 743 choisir des souches a capacite de multiplication amdlioree. Si l'on pouvait obtenir par passage rapide sur l'aeuf le meme potentiel de prolifdration accru, on dviterait d'avoir a recourir au laborieux procede de recombinaison pour aboutir finalement au meme resultat. Nos exp6riences n'ont pas confirme l'hypothese selon laquelle des recom- binants resoudraient les problemes auxquels la produc- tion de vaccins s'est jusqu'a present heurtee. Dr C. G. LooSLI. I1 y a plusieurs annees, des etudes ont ete effectuees, en association avec le Dr Paul Gerber et le Dr Dorothy Hamre a l'Universite de Chicago, sur le developpement de variants antigeniques du virus A de la grippe (souche PR/8) par passage en serie dans les poumons de souris partiellement immunisees par vacci- nation prealable au moyen d'un virus homologue. Le succes du passage en sdrie de la souche PR/8 du virus grippal chez des animaux immunisds etait subor- donne a la selection initiale de souris possedant un titre d'anticorps IH uniformdment faible et a l'instillation intranasale d'une quantite de virus suffisante pour favo- riser la survie des particules virales les plus etrangeres aux anticorps circulants. Des groupes de souris vaccinees par la souche parentale (PR/8-S) ou par cette souche apres 21 passages (T21) et ayant des titres d'anticorps compa- rabies n'ont pas prdsente de proliferation du virus a la suite d'une epreuve pratiquee par les voies respiratoires avec des souches homologues. Par ailleurs, a la suite d'une epreuve par ces memes voies avec une souche hdtdrologue, on n'a pas observe de deces. Toutefois, le virus a atteint un titre eleve dans les poumons de souris vaccinees au moyen de la souche parentale et soumises a une epreuve par le virus PR/8-T21, provoquant une generalisation de l'infection pulmonaire. Le virus s'est multiplie sensiblement moins dans les poumons de souris vaccinees par le variant T21 et soumises a une epreuve par le virus parental PR/8. Chez ces animaux, seuls des signes microscopiques d'alteration pulmonaire dus a la proliferation du virus ont dtd observ6s.a Quatre generations successives de variants antigeniques du virus grippal PR/8-S, tous ddrivant du precedent par passage en serie dans les poumons de souris immunisdes par les agents homologues, ont dtd comparees a la souche parente originale sous le rapport de leurs caracteres serologiques et immunologiques. Par les epreuves d'inhi- bition de 1'hemagglutination, de fixation du complement et de neutralisation in ovo, on a montre que la reactivite des variants a l'antiserum de la souche parentale (PR/8) diminuait progressivement alors que leur aptitude a susciter des titres d'anticorps importants contre le virus grippal PR/8-S et contre leurs predecesseurs respectifs subsistait. Le caractere hereditaire des nouvelles pro- prietes antigeniques des variants a ete mis en dvidence par leur persistance en l'absence du milieu sdlectif apres 24 passages en serie intranasaux avec d'importants ino- a Gerber, P., Loosli, C. G. & Hamre, D. (1955) J. exp. Med., 101, 627-638. culums chez des souris normales et apres passage en dilution limitante sur l'ceuf embryonn6.b Aucun des variants de la souche PR/8-S n'a sensiblement reagi aux antiserums du virus ALC Dans deux series de variants du virus grippal PR/8-S, tous les variants ont conserve un certain degre de pouvoir pathogene pour la souris et pour I'aeuf embryonne, tout en montrant une perte progressive de l'aptitude a susciter des anticorps apres vaccination ou infection chez la souris ou chez le furet. Le pouvoir immunogene des variants etait donc inferieur a celui de la souche originale. Quoique l'on n'ait pas reussi ai mettre en evidence un rapport serologique bien net entre certains des variants et le virus parental PR/8-S, on a pu demontrer l'existence d'un degre considerable d'immunite croisee, ou de pro- tection, en basant les observations sur la mort (ou la survie) des souris. En se fondant sur l'apparition de lesions pulmonaires et sur le titre viral dans les poumons determine 48 heures apres l'epreuve de contr6le d'activite, on a trouve que le degre de protection croisee chez la souris etait proportionnel a celui de la reaction serolo- gique croisee. En general, les souris vaccinees par le virus parental (PR/8-S) etaient nettement moins resis- tantes a l'infection par les variants que les souris qui avaient et vaccinees par ces variants et soumises a une epreuve de controle d'activite par le virus parental. Bien que ces etudes soulignent l'importance de l'etat immuni- taire de l'h6te, le veritable mecanisme par lequel se fait la selection de nouveaux composants antigeniques du virus grippal A (souche PR/8) chez le nouveau variant n'a pas e clairement d6fini./ Dr F. M. DAVENPORT. Le Dr Stuart-Harris a raison lorsqu'il dit dans sa communication (voir page 617) qu'il ne se produit pas de reactions locales retardees aux vaccins avec adjuvant constitue d'huile minerale. D'apres notre experience, le taux de ces reactions est inferieur a celui de 3 ou 4 pour 10 000 rapporte dans les donnees britanniques. Il est egalement vrai que le mecanisme de ces reactions est inconnu, mais leur survenue semble etre en correlation avec le dep6t sous-cutane du vaccin. Il est toujours souhaitable de prendre des precautions, mais les risques hypothetiques ou confirmes doivent etre peses en regard de celui de ne rien faire de nouveau. Des 1963, la grippe asiatique avait augmente de plus de 150 000 le nombre des deces aux Etats-Unis d'Amerique; le chiffre doit maintenant exceder 200 000. Compte tenu de cette constatation, mon propre jugement clinique et epidemiologique me porte a favoriser l'adoption, d'ores et deja, d'un vaccin antigrippal a huile minerale plut6t qu'a preconiser I'attente d'une reponse a toutes les ques- tions momns importantes. b Gerber, P., Hamre, D. & Loosli, C. G. (1956) J. exp. Med., 103, 413-424. c Hamre, D., Loosli, C. G. & Gerber, P. (1958) J. exp. Med., 107, 829-844. dl Loosli, C. G., Hamre, D. & Gerber, P. (1958) J. exp. Med., 107, 857-868. CONFERENCE INTERNATIONALE SUR LA GRIPPE DE HONG KONG Les souches batardes signalees par le Dr Fazekas de St. Groth etaient predominantes aux Etats-Unis d'Ame- rique en 1967 et pourtant elles n'y ont pas empech6 l'6pidemie de grippe de Hong Kong d'eclater en 1968. Le tableau 6 du rapport presente par le Dr Fazekas de St. Groth (voir page 657) montre que, puisque les titres sont identiques apres la vaccination, que celle-ci ait et6 pratiquee au moyen de souches mineures ou majeures, l'ordre dans lequel elle est pratiquee n'a en realite aucune importance. Dr S. FAZEKAS DE ST. GROTH. En reponse a la premiere observation du Dr Davenport, il me faut dire que la protection ne serait apparente que si les personnes chez lesquelles la souche AA/67 a ete isolee contractaient egalement la grippe en 1968-69. Or rien ne le prouve, sinon le Dr Davenport l'aurait certainement mentionne. En Australie, la situation est tout autre. Ces souches batardes ont predomine dans le pays depuis 1962 et, comme I'a rapporte le Dr Warburton, 30 as 50% de la population possedaient des anticorps anti-grippe de Hong Kong avant meme que la souche de Hong Kong ait ete isole'e. Le deuxieme point du Dr Davenport est extremement pertinent; mais, meme a ce sujet il me faut exprimer une mise en garde. Les donnees qui figurent au tableau 6 de ma communication portent sur des animaux traites par de tres fortes doses des deux antigenes, car nous souhai- tions deceler toutes les reactions croisees, meme les plus petites. Quand on administre des doses plus faibles, ainsi que nous l'a tristement appris 1'experience, les reactions croisees sont is peine decelables et l'immunite primaire conferee par une souche majeure est nettement superieure. Ces observations seront publi6es ailleurs en temps opportun. 6e SEANCE - CHIMIOTHERAPIE ET CHIMIOPROPHYLAXIE DE LA GRIPPE Re'sumes des rapports G. M. WILLIAMSON & D. JACKSON: Activite anti- virale de deux isoquinol6ines, la famotine et la memotine, dans les infections des voies respiratoires chez l'homme Le contact direct avec la famotine ou la memotine a des concentrations de l'ordre de 20 Fg/ml a pour effet d'inactiver les myxovirus et les paramyxovirus. L'action des deux produits sur les virus grippaux A2 a ete confir- mee sur culture de tissu. En revanche, leur efficacit6 prophylactique chez la souris infectee par voie intra- nasale par le virus A/PR/8 est moins constante. D'autres virus responsables d'infections des voies respiratoires chez l'homme, et en particulier certains rhinovirus, sont sen- sibles pendant la phase de replication. La famotine et la memotine sont peu toxiques et bien tolerees par l'homme. On a administre a des volontaires l'une ou I'autre de ces isoquinoleines, soit par voie orale (1-1,5 g par jour) soit sous forme d'instillations intranasales (2,2 ou 8 mg par jour), 1 a 3 jours avant de proceder ia l'inoculation intranasale de l'un des virus suivants: 3 souches de virus grippal A2, 3 souches de virus grippal B, un virus para- grippal de type 2, et 3 souches de rhinovirus (types 1A, 2 et 9). Le traitement a ensuite et poursuivi et sa dur6e totale a ete de 5 is 9 jours. Dans chaque cas, on a cons- titue des groupes temoins dont les membres ont recu un placebo. Dans les essais comportant l'infection par des virus grippaux A2 ou B et le traitement par voie orale, I'inci- dence globale des affections cliniques et des preuves serologiques ou virologiques d'infection a et moindre dans les groupes traites que dans les groupes temoins, la difference etant, en ce qui regarde les resultats des tests de laboratoire, statistiquement significative. L'adminis- tration orale de famotine n'a eu aucune influence sur l'evolution des infections a rhinovirus des types IA et 9. Les instillations intranasales de memotine ont reduit l'incidence des affections cliniques sans modifier les resultats des epreuves de laboratoire. On a egalement recherche l'efficacite de l'administra- tion orale de famotine ou de memotine, a la dose de 1,5 g par jour, pendant quelques jours ia 6 semaines, pour la prevention de la grippe epidemique. Les resultats ont ete peu concluants. Cependant, les instillations intra- nasales de famotine (2,2 mg par jour pendant 5 jours) ont reduit quelque peu l'incidence des sympt6mes cliniques lors d'une petite epidemie de grippe due au virus A2/Hong Kong/1/68. En raison de leur nombre limite, ces etudes ne per- mettent pas une evaluation valable de 1'efficacite thera- peutique de la famotine et de la memotine dans les infec- tions aigues des voies respiratoires. R. B. HORNICK, Y. TOGO, S. MAHLER & D. IEZZONI: Evaluation de l'activite therapeutique du chlorhy- drate d'amantadine dans l'infection grippale ia virus A2 Le chlorhydrate d'amantadine est la premiere sub- stance chimique i faire preuve d'une activite anti- grippale interessante sur le plan pratique. Plusieurs etudes ayant demontre l'effet prophylactique du produit 744 6e StANCE sur les infections experimentales ou naturelles a virus A2, on a ete conduit a envisager des essais therapeutiques. L'importante 6pidemie de grippe A2 qui a sevi aux Etats- Unis d'Amerique au debut de 1968 a fourni l'occasion d'une telle evaluation. On a organise un essai de 10 jours, par la methode du double anonymat, auquel ont participe volontairement 197 dMtenus reconnus atteints d'une infection A virus A2 par les examens s6rologiques et/ou par des isolements rep6tes du virus: 103 d'entre eux ont ete traites par l'amantadine A la dose de 100 mg deux fois par jour; les 94 autres (groupe t6moin) ont requ un placebo. Le traitement par l'amantadine a debute 20 heures environ apres l'apparition des premiers troubles subjectifs et son efficacite a et6 appr6ciee en fonction du delai de disparition des symptomes. On a not6 une proportion importante de sujets traites par I'amantadine dans le groupe des patients ( A evolution rapide *, tandis que les sujets temoins etaient les plus nombreux dans le groupe des patients Aa evolution lente #. L'analyse des reactions febriles a permis de constater que la defervescence survenait notablement plus t6t chez les d6tenus traites par I'amantadine. Des isolements de virus A2 ont pu etre realises chez 90% des volontaires durant les 5 premiers jours de l'essai. De toute evidence, I'amelioration clinique n'est pas subordonnee A l'6limi- nation du virus de l'organisme. Ces essais demontrent 1'efficacite therapeutique du chlorhydrate d'amantadine, mais le mecanisme de son action doit encore etre eclairci. L'administration bi- quotidienne d'une dose de 100 mg du produit pendant 10 jours n'a entrain6 aucune r6action secondaire. A. W. GALBRAITH, J. S. OXFORD, G. C. SCHILD & G. I. WATSON: Etude de I'action prophylactique de I'amino-I adamantane administr6e a des groupes familiaux au cours de 1'6pidemie de grippe de Hong Kong Durant 1'epidemie de grippe A virus A2/Hong Kong/68 qui a atteint la Grande-Bretagne de janvier A mars 1969, on a procede a un essai de prophylaxie par l'amino-1 adamantane (amantadine). On a selectionne un certain nombre de families ou etait apparu un cas de grippe. Tous les membres d'un meme groupe familial (malade et contacts) ont requ soit un placebo, soit de l'amantadine A la dose (pour l'adulte) de 100 mg toutes les 12 heures pendant 10 jours. Chaque sujet inclus dans l'enquete a ete suivi cliniquement et a fait l'objet d'un examen serologique des la Ire visite et 2-3 semaines plus tard. Dans les groupes comportant un cas initial serologiquement confirme, on a enregistre 15,5% de cas de grippe clinique parmi les contacts en cas de traitement par l'amantadine; dans les familles traitees par placebo, le pourcentage a et de 16,3%. Quant A la proportion des contacts reconnus atteints d'une infection grippale par l'examen serologique, elle a atteint 47,7 % dans les groupes traites par I'amantadine et 33,3 % dans les groupes temoins traites par placebo. L'amantadine n'a, au cours de cet essai, fait preuve d'aucun pouvoir protecteur, alors qu'une etude similaire effectuee durant l'hiver 1967-68 avait permis de demon- trer son efficacite. Le virus A2/Hong Kong/68 etant sen- sible in vitro A l'amantadine, les auteurs attribuent I'absence d'effet prophylactique du medicament i l'exis- tence parmi les contacts d'une tres forte proportion de sujets porteurs d'anticorps A des titres faibles. V. D. SOLOV'EV: Resultats d'observations contr6lees sur la prophylaxie de la grippe par 1'interf6ron En URSS, les premieres observations relatives A 1'emploi prophylactique de l'interferon dans la grippe ont W faites en 1965-66 sur des volontaires soumis A une infection d'epreuve par des souches A2. L'interferon a ete obtenu en traitant des leucocytes de sang de donneurs par le virus de la maladie de Newcastle. Ces premiers essais ont permis de definir la dose prophylactique minimale et de verifier l'efficacite des applications rep,tes du produit par voie intranasale. En 1967-68, les resultats d'une enquete epidemiolo- gique portant sur 3500 personnes traitees soit par l'inter- feron soit par placebo ont demontre l'efficacite et l'inno- cuite de l'administration de la substance aux sujets de tout age, y compris les nouveau-nes. Des essais controles beaucoup plus importants ont eu lieu en 1969 pendant la demiere epidemie de grippe de Hong Kong. Environ 14 000 personnes, appartenant A des groupes de population ofu l'incidence de la maladie etait faible, moyenne ou elevee, y ont participe, des groupes temoins traites par placebo etant constitues. Les taux de protection conferes par l'administration preventive d'interferon ont ete de 56,3 % chez les adultes, de 69,2% chez les enfants de 7-12 ans et de plus de 59% chez les enfants de 2 A 6 ans. La securite d'emploi et l'efficacite du produit dans la prophylaxie de la grippe de Hong Kong ont ete confirmees. L'effet prophylactique doit etre attribue non seulement a l'interferon exogene, mais aussi, frequemment, A l'interferon endogene produit par les cellules de la muqueuse des voies respiratoires en reponse a l'infection latente, asymptomatique, qui evolue sous la protection de l'interferon. Au cours d'autres etudes, on a etabli, tant chez l'homme que chez l'animal, que la production d'interferon varie suivant les individus, la proportion des sujets qui n'en elaborent pas etant de 12 a 30%. D'autre part, les diffe- rentes souches de virus de Hong Kong isolees pendant l'epidemie de 1969 ne possedaient pas au meme degre le pouvoir de susciter la production d'interferon. Sur 46 souches examinees de ce point de vue, 18 etaient des inducteurs faibles, 20 de bons inducteurs et 8 faisaient preuve d'une activite intermediaire. Les souches inter- feron-positives et interferon-negatives differaient egale- 745 CONFERENCE INTERNATIONALE SUR LA GRIPPE DE HONG KONG ment sous le rapport de l'activite neuraminidasique, de la thermostabilit6 et de la pathogenicite pour l'homme. L'efficacite therapeutique d'une preparation concentr6e et partiellement purifiee d'interferon a ete recherchee au cours d'essais cliniques; les resultats ont ete prometteurs. Enfin, des observations in vitro sur culture de tissu, sur la souris et, dans une mesure limitee, chez l'homme donnent a penser que l'association interfdron-amantadine pourrait representer un mode interessant de prophylaxie combin6e. D. A. HILL, S. BARON & R. M. CHANOCK: Action d'un inducteur d'interferon sur le virus grippal Le poly I * poly C, substance synthetique compos6e d'acide polyribo-inosinique et d'acide polyribocytidy- lique et possedant un ARN en double hMlice, est un puissant inducteur d'interferon qui suscite une resistance aux infections virales in vitro et in vivo. L'incubation d'une culture de cellules renales embryonnaires humaines en presence de poly I * poly C la protege contre l'infection d'epreuve par les souches de virus grippal A2/Hong Kong/68 et A2/Ann Arbor/60. Dix ,tg par millilitre de la substance, incorpores au milieu pendant 12 heures, conf&ent une protection de l'ordre de 100%; a la dose de 1 ,ug/ml, l'hemadsorption est reduite de 50%. Des taux de protection identiques ont ete observes envers d'autres virus des voies respiratoires de l'homme. La concentration de l'inducteur capable d'entrainer une inhibition complete de l'hemadsorption dans les cultures de cellules humaines est cinq fois moindre que celle qui induit la production d'interferon a des taux decelables dans les milieux de culture. On a etudid l'action du poly I * poly C chez la souris. L'administration intranasale de 50 ,-g de la substance 30 heures avant l'infection d'epreuve par 2 a 10 MPD50 (dose provoquant une pneumonie chez 50% des souris) d'un virus A2/Taiwan/64 pathogene pour la souris entraine une reduction notable de l'incidence (qui passe de 80% ia 14%) et de l'etendue des lesions de pneumonie. Par contre, injecte par voie intraperitoneale, le compose n'a qu'un effet protecteur tres faible. La plus grande efficacit6 de l'administration intranasale peut s'expliquer par l'obtention d'une concentration superieure d'inter- feron dans les tissus pulmonaires et par une persistance accrue de niveaux seriques suffisants. On etudie actuellement les possibilites d'emploi de cet inducteur d'interferon pour la prevention et le traite- ment des infections virales humaines. Titres des communications R. B. Couch: Emploi de l'amantadine pour le traitement et la prophylaxie de la grippe A2 M. R. Hilleman: Emploi du poly I * poly C pour la pro- phylaxie et le traitement des infections virales aigues Discussion ge'ne'rale Dr D. HOBSON. Comme l'ont ddclare le Dr Williamson et le Dr Jackson (voir page 665), il semble que la memo- tine agisse par contact direct avec la particule virale. D'apres les etudes effectuees dans notre laboratoire sur des virus grippaux aviaires sensibles, 1'effet de la memo- tine n'est pas simplement de bloquer l'absorption du virus par les cellules-hotes. Les particules virales traitees sont adsorbdes sur les hematies et eluees de ces cellules a une vitesse normale. L'adsorption et la penetration du virus traite dans une culture cellulaire en lignee pure BHK ont dte dtudiees par hemadsorption quantitative; la encore, on n'a releve aucune difference par rapport au virus non traite. Il semble donc que la memotine agisse sur le virion, soit en l'empechant de se debarrasser de son enveloppe apres l'adsorption, soit en rendant son genome inapte a la codification des premieres phases du cycle de croissance. Dr D. A. HILL. Dans nos experiences comme dans celles du Dr Hilleman (voir page 696), aucun effet protecteur contre les infections letales a virus grippal A2 n'a ete decele chez la souris sous l'influence du complexe poly I-poly C. Cela ne signifie pas necessairement que ces composes soient depourvus d'action dans ce cas, car les doses necessaires pour entrainer la mort de la souris sont vraisemblablement tres superieures, meme si l'on emploie des souches pathogenes, ia celles qui interviennent dans les infections naturelles. Les poly I*poly C sont moins toxiques en applications topiques qu'en injections intraveineuses. Utilises comme collyre dans le traitement de l'herpes simple, ils ne se sont pas montres toxiques. Dr E. FARKAS. Lors de l'epidemie de grippe de Hong Kong qui a eclate en Hongrie en mars 1969 des essais ont ete effectues sur le terrain avec une preparation hon- groise d'amantadine. L'etude a porte sur 7 collectivites semi-fermees constituees d'hommes ages de 19 ia 22 ans. Au total, 2530 volontaires ont regu une dose quotidienne de 200 mg d'amantadine pendant trois semaines, tandis que 2210 autres recevaient un placebo. Dans les deux cas, le traitement a ete entrepris des le depistage dans la collectivite des premiers cas cliniques. L'existence de la grippe a et confirmee par l'isolement d'un virus ana- logue au variant Hong Kong et par l'augmentation du titre de l'anticorps IH specifique. Voici les resultats obtenus et les conclusions qui en decoulent: 1) les taux de morbidite, calcules d'apres les cas diagnostiques parmi les deux groupes de volontaires, ont ete comparables; mais l'observation d'une difference tres significative du degr6 de febrilite entre les deux groupes milite en faveur de l'amantadine; 2) cinquante-neuf patients du groupe traite ia l'aman- tadine ont du etre hospitalises, contre 220 du groupe 746 6e SJEANCE tdmoin (placebo). On a relevd des complications chez 5 patients (8%) du premier groupe et chez 45 (20%) du second. Ces diffdrences sont statistiquement significatives (P<0,05). On a observe 20 cas de bronchite dans le groupe tdmoin et aucun dans le groupe traite (P< 0,01) et respectivement 11 cas de bronchopneumonie contre 1 (P< 0,01). La duree d'hospitalisation moyenne a etd de 6,7 jours pour les malades du groupe tdmoin et de 5,3 jours pour ceux du groupe traite (P<0,01). En outre, la fievre n'a persiste que pendant 2,6 jours chez les sujets traitds a l'amantadine alors qu'elle a dure 3,6 jours chez ceux ayant seulement requ un placebo (P< 0,01); 3) chez les sujets qui ont presente une seroconversion la moyenne gdomdtrique des titres d'anticorps IH a dte de 1: 68 parmi le groupe traite et de 1: 58 dans le groupe temoin; la difference est statistiquement significative (P < 0,05); 4) aucun effet secondaire n'a dtd observe. Des experiences menees in vivo ont montrd que la souche A2/Hong Kong/1/68 est infiniment moins sen- sible a l'amantadine que la souche A2 isolee en Hongrie en 1965. L'incidence pourtant bien moins grande des cas de complications est un phenomene qui mdrite de retenir l'attention. Dr D. A. J. TYRRELL. Les resultats de la prdsente sdance sont extremement encourageants. Je me souviens nette- ment de mes travaux sur l'efficacite eventuelle des anti- metabolites contre les virus; dans la majorite des cas, leur conclusion avait dtd que tout agent bloquant la croissance du virus bloque egalement le mdtabolisme de la cellule infectee; en d'autres termes, cet agent est toxique, bien qu'on ignore s'il agit en inhibant la syn- these des acides nucldiques ou des protdines, ou en per- turbant le cycle de Krebs. Le mecanisme de la synthese virale semblait si dtroitement lid aux mdcanismes cellu- laires que la seule facon d'inhiber la premiere dtait d'inhiber l'ensemble. Le premier dlement qui se ddgage des communications prdsentdes a cette sdance est qu'il existe aujourd'hui plu- sieurs inhibiteurs non toxiques de la multiplication des virus, agissant a diverses phases de leur rdplication: phases initiales dans le cas de l'amantadine, et phase de la synthese de la protdine virale dans celui de l'interfdron. Ces inhibiteurs ont dtd ddcouverts par diverses methodes: prdsdlection empirique dans le cas de l'amantadine; recherche d'inhibiteurs de la neuraminidase dans celui des isoquinoldines; consdquence directe des travaux fon- damentaux de Isaacs et de Lindemann dans celui de l'interfdron et de ses inducteurs. La question d'autrefois: # Peut-on fabriquer un mddi- cament contre la grippe? devient donc aujourd'hui: < Quel sera le medicament antiviral vdritablement effi- cace? La rdponse est qu'il y en aura plusieurs. L'effi- cacitd de l'amantadine est maintenant certaine; si son action contre les virus grippaux B est faible, il est satis- faisant d'apprendre qu'elle possede une action prophy- lactique contre la grippe de Hong Kong, et non pas seu- lement contre les premieres souches A2. Les isoquino- leines sont une nouvelle preuve de la possibilitd d'utiliser des mddicaments par voie orale pour prevenir les infec- tions des voies respiratoires, qu'elles soient a virus B ou a virus A2; dans ce cas, toutefois, la souche Hong Kong semble moins sensible que les souches A2 primi- tives. Deux nouvelles questions se posent aujourd'hui dans ce domaine, toutes deux d'un intdret pratique: # Est-il possible de mettre au point des antigrippaux de synthese au spectre d'activitd reellement etendu?> et #Peut-on utiliser les medicaments existants pour voir si, en plus de leur action prophylactique contre les infections virales, ils auraient une action thdrapeutique?)> On posait autrefois en principe qu'un mddicament antiviral n'aurait d'effet que s'il etait administrd pendant la periode d'incu- bation, car lorsque la maladie se manifeste cliniquement la multiplication du virus s'est deja produite en grande partie. C'est dire l'importance d'une action thdrapeutique dventuelle de l'amantadine. Si la therapeutique de la grippe s'avdrait rdalisable, on pourrait utiliser les mddi- caments au moment oiu leur ndcessitd est la plus manifeste, c'est-a-dire lorsque le patient tombe malade. II n'y a peut-etre pas plus it attendre des mddicaments actuels que de l'aspirine, mais des mddicaments plus efficaces peuvent apparaitre a l'avenir; sans doute serait-il extre- mement important dans cette hypothese de diffdrer leur emploi, et de traiter les infections plutot que de les prd- venir totalement, faute de quoi on ferait apparaitre une population desormais incapable de tirer parti de l'immu- nitd acquise naturelle et, par consdquent, entierement tributaire des mddicaments et des vaccins pour rdsister aux epiddmies de grippe. Enfin, l'interfdron et ses inducteurs offrent deux autres possibilitds. Leur efficacitd prdventive contre de nom- breuses infections est amplement ddmontrde dans toute une sdrie de circonstances. Par contre, l'evaluation de leur emploi contre la grippe en est encore a ses ddbuts. I1 ne semble pas que l'interfdron puisse passer de la cir- culation dans les muqueuses respiratoires; il faudra donc administrer cette substance ou ses inducteurs dans les voies respiratoires, en gouttes ou en pulvdrisations. Pour y parvenir correctement, il est ndcessaire de faire des dtudes nombreuses et approfondies sur les techniques et la posologie a employer; d'autre part, il n'existe encore aucun critere d'efficacitd comparable 'a ceux qui sont applicables a certains medicaments moins complexes et de synthese facile. L'interfdron peut etre obtenu a partir de leucocytes humains, mais sa production a vdritablement grande dchelle par ce procedd risque de poser des pro- blemes, et l'dvaluation de son innocuitd souleve des diffi- cultds. Quant aux poly I * poly C, plus faciles i fabriquer, ils sont toxiques lorsqu'on les administre par voie paren- tdrale et peut-etre aussi en administration locale. Ii con- vient dgalement d'dtudier d'autres sources possibles 747 CONFE'RENCE INTERNATIONALE SUR LA GRIPPE DE HONG KONG d'inducteurs d'interferon, comme les cultures de peni- cilline. Mais ces inducteurs pourraient, eux aussi, avoir des effets toxiques et immunosuppresseurs prononces. Quoi qu'il en soit, il faut continuer a etudier l'interferon et ses inducteurs en raison de l'etendue de leur spectre d'action eventuelle sur les virus. * * Pre'sentation de photomicrographies F. A. MURPHY & M. T. COLEMAN: Structure interne et externe du virus de la grippe de Hong Kong L'etude par microscopie eIectronique de la souche A2/Aichi/2/68 du variant Hong Kong du virus grippal a permis de mettre en evidence les details de structure de la nucleocapside et de 1'enveloppe de ce virus et de les comparer aux aspects morphologiques d'autres virus grippaux (voir page 703). I1 a et impossible par cette technique de differencier le virus de Hong Kong des autres virus grippaux de type A qui l'ont precede. La structure generale de ce virus est semblable a celle des virus de la grippe C. 748

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Тип документа Journal articles
Дата принятия
Источник Всемирная организация здравоохранения