WORLD HEALTH ORGANIZATION
ORGANISATION MONDIALE DE LA SANTE
REGIONAL OFFICE FOR THE WESTERN PACIFIC BUREAU REGIONAL DU PACIFIQUE OCCIDENTAL
COMITE REGIONAL Cinquante-sixième session Nouméa (Nouvelle -Calédonie ) 19-23 septembre 2005 Point 14 de l’ordre du jour provisoire
WPR/RC56/10 21 juillet 2005 ORIGINAL : ANGLAIS
SALUBRITE DE L'ENVIRONNEMENT
Les pays de la Région du Pacifique occidental sont confrontés à de multiples risques sanitaires liés à l’environnement. Dans les pays en développement comptant une forte population rurale, les gens demeurent confrontés aux risques cla ssiques, notamment le manque d’assainissement et d’hygiène, la pollution de l’air à l’intérieur des habitations due à la fumée dégagée par le chauffage et la cuisson des aliments. Dans les pays en développement industrialisés et dotés d’importantes populations urbaines, les gens sont exposés à des risques sanitaires supplémentaires, principalement dus à la pollution urbaine, industrielle et agrochimique, ainsi qu’aux accidents d’origine industrielle. Au cours des dernières années, des préoccupations sont apparues quant à l’impact sanitaire de la modification du climat et des écosystèmes. La réduction des risques sanitaires liés à l’environnement est un défi majeur pour les pays de la Région. Il convient d’accorder une attention particulière à la pollution des habitations due aux émanations de combustibles solides, à la pollution de l’air en milieu urbain, à l’eau insalubre et au manque d’assainissement et d’hygiène. Le cadre d’action mondiale pour la réduction des risques sanitaires liés à l’environnement est constitué par le programme Action 21 de 1992, le Plan de mise en oeuvre de Johannesburg de 2002 ainsi que les Objectifs du millénaire pour le développement. Par ailleurs, plusieurs conventions et normes internationales traitent de la gestion des substances chimiques et des déchets dangereux, des changements climatiques et des écosystèmes. La décennie internationale d’action, L’eau source de vie (2005-2015) a démarré en mars 2005, et consolide les engagements pris avec les Objectifs du millénaire
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pour le développement (OMD) relatifs à l’eau et à l’assainissement. Ces instruments internationaux définissent des buts, des cibles et des stratégies clés, mais des démarches plus systématiques s’imposent pour évaluer et réduire les risques sanitaires pour l’environnement. Il est par ailleurs de plus en plus évident que ces démarches seront plus efficacement mises en oeuvre par une coopération accrue du secteur de la santé, du secteur de l’environnement et d’autres partenaires, ainsi que par l’instauration d’une coopération entre les pays confrontés à des problèmes analogues. Le Comité régional est invité à examiner et à confirmer la nécessité : (1) du renforcement des capacités institutionnelles et des ressources humaines des pays de la Région en matière d’évaluation et de gestion des risques sanitaires liés à l’environnement ; (2) de la mise en place de mécanismes intersectoriels de coordination – ou du renforcement des mécanismes existants – afin de concevoir et d’appliquer des solutions aux problèmes de salubrité de l’environnement ; et, (3) d’une mise en commun des pratiques ayant donné de bons résultats et des leçons apprises, et d’une harmonisation des politiques et des démarches d’hygiène du milieu entre les pays, en favorisant leur participation à des initiatives i nterpays telles que : a) le Forum régional prévu sur le thème Santé et Environnement dans les pays de l’ANASE et d’Asie de l’Est en 2006 ; et b) la mise en oeuvre du Cadre d’action pour la qualité de l’eau et la santé dans les pays insulaires du Pacifique, et la formulation et l’exécution de plans d’action nationaux pour la gestion des déchets solides et des déchets d’hôpitaux.
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1.
SITUATION
La Région du Pacifique occidental a connu un développement économique rapide au cours des 40 dernières années. L’industrialisation et l’urbanisation concomitantes ont donné naissance à de nouveaux risques sanitaires liés à l’environnement. Dans les pays comptant une forte population rurale, les gens demeurent confrontés aux risques classiques, notamment l’insalubrité de l’eau, le manque d’assainissement et d’hygiène, la pollution de l’air des habitations due aux émanations de combustibles solides – charbon, bois de feu, fumier, résidus agricoles et charbon de bois – utilisés pour le chauffage et la cuisson des aliments. Les pays qui enregistrent un développement économique rapide sont en outre confrontés à des risques environnementaux nouveaux, résultant principalement de l’exposition à la pollution urbaine, industrielle et agrochimique, ainsi qu’aux accidents d’origine industrielle. Durant les dernières années, des préoccupations sont apparues quant à l’impact sanitaire de la modification du climat et des écosystèmes. L’atténuation des charges que ces risques environnementaux représentent pour la santé est un problème majeur pour les pays de la Région. Dans la Région, environ 580 000 décès peuvent être attribués chaque année aux risques classiques que constituent la pollution des habitations par les émanations de combustibles solides, l’eau insalubre et le manque d’assainissement et d’hygiène. Les risques modernes, tels que la pollution de l’air dans les villes et l’exposition au plomb ou à d’autres substances polluantes, sont à l’origine de 405 000 décès, dont 96 % surviennent dans les pays en dévelo ppement de la Région. Au total, près d’un million des décès enregistrés dans la Région peuvent être attribués aux risques environnementaux. Les trois risques les plus graves, et qui méritent à ce titre une attention prioritaire, sont la pollution des habitations due aux émanations de combustibles solides (à l’origine de 503 000 décès), la pollution de l’air dans les villes (355 000 décès) et l’eau insalubre, le manque d’hygiène et d’assainissement (77 000 décès). Les risques sanitaires liés à l’environnement diffèrent selon les environnements. Les problèmes sanitaires résultant des émanations de combustibles solides à l’intérieur des habitations concernent principalement les milieux ruraux pauvres et les zones urbaines mal desservies, généralement dans les climats froids où portes et fenêtres sont gardées fermées pour conserver la chaleur. Le problème se pose particulièrement en Chine et en Mongolie ainsi que dans les régions d’altitude de la République démocratique populaire lao, la Papouasie -Nouvelle -Guinée et le Vietnam. La pollution de l’air en zone urbaine constitue un risque sanitaire majeur dans les pays en développement qui connaissent un développement rapide, au nord de la Région. L’insalubrité de l’eau et le manque d’hygiène et
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d’assainissement concernent l’ensemble de la région, mais sont particulièrement problématiques en zone rurale et dans les zones urbaines mal desservies. Le cadre d’action mondiale pour la réduction des risques sanitaires liés à l’environnement est constitué par le programme Action 21 de 1992, et, plus récemment, par les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD), le Plan de mise en oeuvre de Johannesburg et par divers forums sur la salubrité du milieu. Ils définissent des buts, des cibles et des stratégies clés visant à améliorer l’assainissement et l’approvisionnement en eau, proposent des solutions énergétiques moins polluantes pour les habitations et l’air ambiant et qui réduisent les émissions de gaz à effet de serre, et encouragent des pratiques agricoles et industrielles moins polluantes et respectueuses de l’environnement. Par ailleurs, plusieurs conventions et normes internationales traitent de la gestion des substances chimiques et des déchets dangereux, des changements climatiques et des écosystèmes. La décennie internationale d’action, L’eau source de vie (2005-2015) a démarré en mars 2005, et consolide les engagements pris avec les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) en matière d’eau et d’assainissement.
2.
ENJEUX
2.1
Nécessité d’un renforcement des capacités nationales d’évaluation et de gestion des risques sanitaires liés à l’environnement Les accords internationaux influencent les interventions en matière de salubrité du milieu et en
définissent les orientations, tandis que les mesures spécifiques prises au plan national sont fondées sur l’évaluation et la gestion des risques. Ces activités portent sur 1) l’identification et l’évaluation des principaux risques sanitaires posés par l’environnement ; 2) la définition de normes nationales de suivi et de surveillance de ces risques ; 3) l’élaboration de lignes directrices et de règles pour la gestion et le contrôle des risques environnementaux, portant notamment sur les produits chimiques toxiques, les déchets dangereux, la pollution de l’air et de l’eau et la pollution sonore ; et, 4) la préparation et les interventions en cas d’urgence environnementale et technologique. Il existe des méthodologies épidémiologiques et toxicologiques permettant d’évaluer les risques sanitaires liés à l’environnement. Des systèmes de suivi et des risques environnementaux ont également été élaborés. Par ailleurs, des solutions technologiques et des formules de gestion permettent désormais d’atténuer la plupart de ces risques et de plus, des technologies novatrices et
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d’un bon rapport coût-efficacité ont été mises au point. Ainsi, une meilleure ventilation, la pose de cheminées de poêle, un taux de combustion plus important et l’utilisation de combustibles de meilleure qualité permettraient de réduire la pollution de l’air à l’intérieur des habitations. Divers moyens contribueraient à réduire la pollution de l’air dans les villes : changement de combustibles, modification des processus de combustion, utilisation de dispositifs antipollution et optimisation des procédés industriels et de la conception du réseau routier. La protection des ressources hydriques et la mise en place de stations d’épuration et de traitement de l’eau peuvent réduire de manière appréciable les risques liés à la contamination de l’eau. Dans de nombreux pays en développement toutefois, les ressources humaines sont limitées et les capacités institutionnelles ne permettent pas de mettre en évidence les lie ns entre les risques environnementaux et leur impact sanitaire. Ces contraintes constituent un frein à l’élaboration d’interventions d’un bon rapport coût-efficacité et de solutions de gestion des risques, tout en faisant obstacle à la formulation de politiques et de textes de loi adaptés en vue de l’évaluation, du suivi et de la gestion des risques sanitaires liés à l’environnement. Pour les pays en développement de la Région, le renforcement des capacités nationales de production d’informations sur ces questions et d’élaboration de politiques publiques et de législations efficaces dotées des moyens financiers nécessaires constitue un défi de taille. 2.2 Nécessité d’une coopération accrue entre le secteur sanitaire, le secteur environnemental et les autres secteurs en vue de la résolution des problèmes La recherche de solutions et la gestion des risques environnementaux exigent l’instauration d’une coopération entre le secteur de la santé et les autres secteurs, notamment l’agriculture, le développement rural et urbain, l’énergie, l’industrie, les transports et le bâtiment. Dans de nombreuses administrations, la salubrité de l’environnement est une compétence partagée entre les organismes d’action sanitaire, de protection de l’environnement et d’autres encore. Or, la coordination des actions n’est pas toujours efficace. La Malaisie et les Philippines fournissent de bons exemples de coopération entre différents secteurs, notamment la santé et l’environnement, afin de remédier aux problèmes d’hygiène du milieu spécifiques. Aux Philippines, le Comité interinstitutions de salubrité de l’environnement créé au milieu des années 80 est présidé par un représentant du ministère de la Santé, la vice-présidence étant assurée par un représentant du ministère des Ressources naturelles. Ce Comité s’est penché sur des problèmes tels que la qualité de l’eau, l’assainissement, les produits chimiques toxiques, la pollution de l’air en milieu urbain, les marées rouges et la gestion des déchets solides et dangereux. En
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Malaisie, le Forum national pour la salubrité de l’environnement se réunit tous les ans depuis le milieu des années 90. Il comprend des représentants des ministères de la santé et de l’environnement, ainsi que des universitaires et des représentants d’organisations non gouvernementales spécialisées dans les problèmes d’hygiène du milieu. Il convient de renforcer ces mécanismes intersectoriels de coordination là où ils existent pour leur permettre de s’atteler aux nouveaux défis que pose la salubrité de l’environnement. Là ils font défaut, ces mécanismes doivent être créés pour favoriser la coopération intersectorielle, notamment entre les ministères de la santé et de l’environnement, et trouver des solutions aux problèmes d’hygiène du milieu. 2.3 Nécessité d’une coopération entre les pays en vue de la résolution des problèmes communs liés à l’hygiène du milieu La pollution de l’eau, de l’air et des zones côtières est transfrontières par nature. Il s’ensuit que son impact se ressent sur le milieu naturel, la santé et le bien-être des populations de plusieurs pays, et qu’elle exige une action concertée de la part des pays concernés. Les changements climatiques affectent le monde entier, et les mesures prises dans un pays peuvent avoir une incidence sur l’environnement et la situation sanitaire d’autres pays. Il convient donc de conjuguer les efforts des pays concernés pour atténuer la situation et s’adapter aux changements résultant de l’évolution du climat. La mondialisation des échanges et le développement industriel se répercutent également sur les mouvements des produits chimiques toxiques et des industries dangereuses d’un pays à l’autre. Ces mouvements interviennent fréquemment entre les pays industrialisés dotés de réglementations strictes vers des pays moins développés n’ayant aucune législation en la matière, ou des législations moins rigoureuses. Il y a lieu d’harmoniser les politiques, les législations et les démarches afin de contrôler ces mouvements et leurs conséquences néfastes pour le milieu naturel et la santé. Outre ces problèmes sanitaires à caractère transfrontières, les pays localement confrontés aux mêmes difficultés, telles que la contamination microbienne et chimique de l’eau de boisson, la pollution de l’air dans les villes et les habitations et la gestion des produits chimiques toxiques et des déchets solides et dangereux, peuvent partager le ur expérience et les solutions mises au point. Les travaux de recherche et les actions de mise en valeur des ressources humaines peuvent être engagés conjointement par les pays de la Région.
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A cet égard, deux réunions régionales récemment organisées dans la Région portaient spécifiquement sur les problèmes sanitaires liés à l’environnement. La réunion de haut niveau OMS/PNUE/BAD sur la santé et l’environnement dans les pays de l’ANASE et d’Asie de l’Est, qui a eu lieu en novembre 2004 à Manille, avait pour thèmes l’évaluation et la gestion de la qualité de l’air et de l’eau, la gestion des déchets et des produits chimiques, les liens entre changements climatiques et santé, et entre écosystèmes et santé. Des profils décrivant la situation de l’hygiène de l’environnement ont été préparés pour ces pays. Les recommandations adoptées par la réunion visaient la création de forums nationaux et régionaux sur les liens entre santé et environnement et l’élaboration de plans d’action nationaux visant à promouvoir la salubrité de l’environnement. Les activités de suivi donneront notamment lieu à un Forum régional de niveau ministériel sur les liens entre santé et environnement, dont la première édition aura lieu en 2006. La seconde réunion, un atelier de l’OMS sur les normes et le suivi de la qualité de l’eau de boisson dans les pays insulaires océaniens a eu lieu aux Fidji en février 2005 ; elle a recommandé que les pays insulaires océaniens adoptent une stratégie de gestion des risques visant à garantir l’innocuité de l’eau de boisson, et que des plans soient formulés à cet effet dans toutes les communautés. Durant cette réunion a été élaboré un cadre d’intervention pour la santé et la qualité de l’eau de boisson dans les pays insulaires océaniens qui a été ultérieurement approuvé par la Conférence des ministres de la Santé des pays insulaires océaniens réunis en mars 2005 au Samoa. Durant les cinq dernières années, l’OMS a collaboré avec l’Agence japonaise de coopération internationale et le Programme régional océanien de l’environnement à l’organisation d’un cours de formation sur la gestion des déchets solides, notamment les déchets d’hôpitaux, dans les pays insulaires du Pacifique. Ces trois organisations maintiendront leur collaboration afin d’aider ces pays à élaborer et à mettre en oeuvre des plans d’action nationaux pour la gestion des déchets solides et des déchets d’hôpitaux. Ces initiatives multipartites sont d’excellentes occasions permettant aux pays concernés de mettre en commun l’expérience acquise, les pratiques ayant donné de bons résultats et les leçons apprises pour tenter de résoudre les problèmes sanitaires liés à l’environnement.
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3.
MESURES PROPOSEES
Le Comité régional est invité à examiner les mesures suivantes et à proposer leur mise en oeuvre aux Etats Membres : (1) renforcer les ressources humaines et les capacités institutionnelles des pays en matière d’évaluation et de gestion des risques sanitaires liés à l’environnement ; 2) créer des mécanismes intersectoriels de coordination ou renforcer les mécanismes existants afin d’élaborer des solutions aux problèmes sanitaires liés à l’environnement et de les mettre en oeuvre ; et, 3) partager avec d’autres pays les leçons de l’expérience et les pratiques ayant donné de bons résultats, et harmoniser les politiques et les démarches d’hygiène du milieu en participant à des initiatives internationales comme : a) le Forum régional sur la santé et l’environnement qui doit se tenir en 2006 dans les pays de l’ANASE et les pays d’Asie de l’Est ; et, b) la mise en oeuvre du cadre d’action pour la santé et la qualité de l’eau de boisson dans les pays insulaires du Pacifique, ainsi que l’élaboration et l’exécution de plans d’action nationaux sur la gestion des déchets solides et des déchets d’hôpitaux.