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Les effets d'un aménagement hydro-agricole sur l'onchocercose : l'exemple de Loumana (Haute Volta s/p de Banfora) : note provisoire

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-: -iJ 1 lt LES EFFETS D' UN A},îENAGEMEIU_HYDRO-AEIiIç9III_ SUR L ' OlüCHOCERCOSE L t EXEiVi}LE DE LOUI{ANA (Haute-Volta s/p de Banfora\ Note Provisoire -Situé à lrextrême sud.-ouest de Ia Haute-Volta, le bas-fond de Lout,ra.nar an- ciennement utilisé pour 1a riziculture par 1es populations §Élloulb locales ' senblaitapteàt""'ét'"gementbÿdrô-agrioole'Alasuitedrétudescomnencées çn 1952, qn arnénagerrent d.estiné à contrôIer les crues et à' drainer les cuvet- tes Làs plus basses fut mis en place en 1956-57. Les rapports entre l-rltomme et La slüulie, vecteur de 1'onchocercose, furent modifiés et Ia situation épldéniologique tlevint' rapideuent très grave. I. Ls eituatlon Pré-aménagement Le bas-fond de Loumana (1O"15 nord et 5'25 ouest) est situel da.ns .la réglon d.ao Hautg Bassins à environ B0 km à ltouest de Baufora. 11 sra-git d.îune èépression narécageuse ayant approximativement un kilonrè'b'-e cle iarg" suï 1? km de long. Cette ttépression est traversée sur toute sa lon- ggeur par une petlte rivière permanente, Ie îiao, et reçoit qr"rel ques mari- gota tônpo=aires clont certains alimentent des mares pé,:ennes" Dans toute sa partie nord-ouest, cette plaine est b'.,rd-e 2?l^ un vastq plateau gréseux et d.énudé entaillé par de véritables c.tnyons collec- ta3t"lés eaux qui vont grossir, dans 1a plaine,le couls lent et sinuenx êu t[lao. Au sud-ouest stétend. un pays de collines coL'.'rerter: d.'une salrane bol"sée parcouru par des rivières temporaires. A proxiurité des rel-iefs ces coÉrs d.teau sont favorables à ltinstallation d.es gîtes à sirnul-ies (Simulium danposun) en ralson de Itoxygénation des eaux créées par 1es pen'Les assezæ'Ï6'nffi'=i de leur charge en natière organique nutritive rendue possible par cles btrefs calnes encombrés de végétation. ttonchocercoge nrétait pas inconnue des populations voisit":s d.ettla plalne ôe Lounanart mais un équilibre semblait exister entre 1'hottrnre et}e vecteur. L"e §éIg131 habitants du pourtour de 1a plaine d.e Lournanal ontbâtl leur syet§ilEniâ-prod.uction agraire sur lrassociat,ion drr t'it', eL tler; cu}- tures sècheÉ soug parè à Faidherbia Albida. Ce systèmr-'Icul perinel, tir-'ne gUère etéloigner de leur zone attratitat : Ies charrrps d.e brousse soltt rares. ta riziculture pratiquée dans la plaine nrutj.lise pas de vérita- bLe lrrigation: traditiormelLement, Ies populations ne Lretbent en I'Jace ni èrains ni canaux nais uniquement de petites dlguetter: destinées à retenir . lteau tte pIuie. Les semis, sàit directs, soit en pépinière, sf effc:cl"uen't aous pluiés ainsj. que ]es principales façons culturales, à partir du mois d.e nai afin cle profite= du maximum de pluies qui avec 1200 rnli annuels en moyeïrnel srétendent d.f avril à octobre. t .t ,4, x]';a -2- +,+. Si l ron utilise des variétés d.e riz flottant, crest af in de proté- 'êBr Ia production contre les crues fréquentes du Tiao et d.e ses aflluents, ôoat 1es eaux srétalent largement d.ans Ia cuvette. . Dans ce système agraire, 1es populationsr en hivernage, ne sont préeenteg dans les bas-fond. que si 1e niveau de lreau nry est pas trop éle- vé lors cles crues g les activités agricoles se roncentrent sur ]es cha-mps de culture sèche. En saison sèche,les parties inondées de 1a plaine sont uttlisées cotrme pâturage pour un impcrtantcheptel bovin, tandis ':ue le ll.ao et 1es rDares d.e DaIa et de lrera alimentent une pêche fructueuse. Irrinexistance d,e qourants rapiaies à lrintérieur de Ia plirine nrétait pae favorable à Ia reproduction des simulies. Les seuls gîtes alors actifs§e trouvaient à Itamont cle Ia plaine et des rizières ("f. fig. I). 11 ntest alors pas étorurant de constater que seuls les villa.ges possridant desgltes êans - ou à proxirnité tle - leur terrolr comptaient un pourcentageloportant draveugles parmi leur population. Ce sont }es villages d.e Kondono et de Mononi qui apparaissent les plus touchés avec respectiverneut { t7 et 916 % d.raveugles. Ce sont eux, aussir eui possèdent et qui utilisent la ma- Jorlté des terres rizicoles de la zone amont de Ia plaine, mais nul1e partla pltuatlon épid.éuiologique semblait suffisamment grave socio-économiquementpour rexnettre en cause lrexistence des villages. ïI. tes a,ménagements et leurs conséquences &n raison cle lrabeence d.e drains, près de 1,000 hecta'res de 1a plai- ne conserraient, d.ans lrannée, trop dreau pour 1a riziculture. Leg services de lra6riculture décitièrent donc 3 t) de d,rainer Ia plaine afin de porter Ia superficie rizicultivable à 1.600 hectaures, 2) d.rinstaller des retenues dteau à Dalal à Léra et sur 1c Tiao ' anmont afin d.e contrô}er Ia erue. En 1956-57t Ie cours du Tiao fut canalisé ("1'. fis. II). Digues, bar- ragesr d.éversoirs furent construits, afin de "contrôler" Ie niveau de Iteau d,ans chacun des 10 casiers créés. Les courants furent aLors accéférés dans la partie canalisée et au niveau d.e chaque vanne ou d.éve::soj.r. De plus 1a stagnation de lreau dans les retenues amonts et surtout dans 1es rizières accnrt sa teneur en matière or.ganique en suspension. Les conditions étaient ainsi créées pour que viennent srimplanter les simulies voisincs clui n'a- vaLent jusqurici pas eu 1a possibilité de 1e faire. T,tensemble des aména- gemente créa d.e nonbreux et excellents gîtes. Le barrage de Dala est à ret égarcl trèe représentatif : iI possède un déversoir de 91 mètres de long, oapable tle couler sans d.iscontinuité en août et septembre. Les eaux emprun- tent alors une 1ar6e bande de terrain encombrée d.e végétatjon et drune pente noyenne d,e 114 % assurant des vitesses de lrordre de 1r'1 mf s très i'nvoia-bles à une bonne oxygénation d.e 1têâüor. A 1'arrêt des pluies, .Les vannesétalent aLors ouvertes et fonctionaaient jusqu'en décenbre ;1à encore les vitesses du courant étaient idéales pour Ia reproduction cles sirnul-ies quipouvaient ainsi procréer jusqurà Ia saison des récoltos et cer à.,rroxlmité et sur les terres cultivées par Kond.ono et Mononi. Les populations riveraines, nombreuses, nt étant pas i:r3e:i:-,es Crcucho- cercoBe, constituaient un réservoir d.e parasites suffisant pour aue srét,a- bllsse très vite un niveau éIevé de transmisslon B une situat.ion épidémio- ],,,,,,,,,,,,,,.,osr eue cat a s t ro s ph i que apparu t ar o r s rap i de me n t' ffihinor:-fu,' r I i,' M: -,4 j4; tË,, " liér,. ,f'* 1-t i 1' ,; , 1li'. -i- Dès 1965, Lartigue signale 50 à 70 % de porteurs de kystes dron- chocerque chez les populations des quartiers riverains d.e la plaitre, dont d.eur chez des enfants de 0 à 7 rnois. i 12 à 1Q ÿo des enfants de moins de âeux ans sont porteurs de §stes ( 1)(LartigUe, rapp. manuscrit). F,n 1967 Rolland découvr:e plus de 50 9'l drat- teintes oculaires à partir du Sroupe dtâge 1O-14 ans eb au-deIà. Dega-briel en 1969 confirme ces données t BO )4 de malades au-descus tlr, 10 ans t:t 60 ,/" d.e lésions ocuLaires chez les plus d.e l0 ans. Loumanir est clevertu I'un des pires foyers dtonchocercose en Haute-VoIta, mais 1a_situa.tiou épidé- miolàgique reste très différente suivant les quartier:-; ("f. fi13,ule I1 et tableau). Evolution d.e 1a cécité. par quartieq en pourcentage draveugles ffi*r ffiondono Mononi Itolo Zebedougou Loukoura Lera Tamassari Kokc:- a Louman;i ##v-' 4t7 916 o14 1r7 5 0r5 2r2 0 11i-, ) ffi,fp$ 7t1 21 2r2 lrB 5rZ 1r2 2 0r9 ?. u*ë.s 7 16 16 2r2 1r5 5r2 111 2r4 4r1 i7zt) &'iffizr. ,,7 115 1'5 1 6 119 119 1r7 I U'., ct #i.Ér ; I1 est remarquable d.e noter rement touchés par lraggravation de drune part et Itolo et Zebedougou d sent les terres rizicoles situées à sur 1a dlgue-route. tï,,. Dans les autres villages ou quartiers, 1 | aggravation de 1 renclérni.e ntap- , i - Barait pas très forte ; en nilieu irrigué, d.énué d.e toute végti Latiotr a"rborée 'È': ou arbuatlve, Ia proxi.mité immédiate des gîtes est peut être ]reiliirrent fond.a- mântal Éour atteind.re à une forte transmission. Heuleusement, pour 1a santé d.es habitants, Ia situation cles altétr..r1;enren bs; ee dégrarte vite, 1e s populations ne se sentant pas concernées pilr 1 rentre tien d[es ctlgues et canaux. Dès 1962, ltagent responsable cluitte Loumetr:r t:t nrest pas rerDplacé : le contrô1e de l reau est abandonné. Les ce,llaux stitlLrnclrteni, et tlébordent 3 les d'igues srérodent et sont rompues en maints endroii's I déversor:sêt vannes ne sont pIus, en majorité, fonctionnels. Les conditlons sont d'e noine en moins favorables pour les simulioe qui rega.gnent l-eurs gîtes naturels. DÈa 1964, les contrôIes entomologiques concluent à 11. su.bs j s Lance tl tune très faibLe population sinulidienne, eui disparut totafeneni avec 1es trlitentents anti-larvaires à compter de 1969. La malad.ie poursuivit alors son évolution l-ente, 1es aveugies hantant otoujours les villages, mais en 1974, iI nry avait plus que 14 ÿL de la popula- tion atteinte d.ronchocercose et un seul enfant d.e moins de 10 ans éLtit po- sitif sur 1O? examj.nés (Prost et Roland 1975)r, tandis que Ie notnbrc draveu6llesétatt red.escendu à un chiffre f'acceptable", plus faible (lue çsfi;1 exis'.ant à la fln ttes années 50. (t) Toutes les informations concord.ent pour affirmer Ia présertce <1es sir,rufies à lrintérieur des concessions de Kondono. que de 1959 à 1 1 ronchocercose rautre part. 0r proximité des d.eux ilroupes sont du- sotrt Kondono et l[ononi quatre' qu;rrtiers util-i- au barra"ge c1e Da,l a et 965, . Ce ces gr-tes :$' '"li'; -tiÈ,S' ^ ,à..Ê" il, -4- llne nodifica.tion, même temporaire, d.u milieu aquatique et d.u régirne des eaux peut avoir d,es conséquences graves au plan sanitaire, tel]es c;ureLles pBuÿcntr à elles seules, ÿouer à Iréchec }e mieux conçu des plans de d.évelop- pement. ', ir. *,^, Lr0nchocercose est transmis par une simulie, tout i.,etit moucheron noiri T,T'i,4è ffiOnt Ie nom scientlfique est Simullunilpn4pggrnç Les femel-Les dc S. da.nnosum,,r+, .1If ;',.r'" .,qul ne Eraccouplent qutune seule fois dans leur vie quei.ques heurer; i.Lprès leu",qul l Lpr rlrr ' l l ' uJ_e l ]. g r l-e l l r e .eéuergence, ont besoin de sang humain pour pouvoir ponclre. Elles pi,luerrt génti- 'Ielenent d.e lraube au crépuscule, à lrextérieur d.es habitations, et son parti- cullèrement active par temps couvert. Elles piquent Ie 31us sourænt:ru-dessous 'êu genou. Chaque repas de sang qutelles absorbent corresponcl à Ia. mzrturation d,lune ponte. ,i,S?n,tycle d.e vie Les eimulies d.éposent leur ponte dans des rivières et des fl-erives à cou- rant rapider sur d.es supports partiellement immergés qui peuvent 6t:-e d.es bran-f -- 4- ,,tçh8€:eE,r d.es herbes, des rochers ou même des bordures de barrage en ciment auiri,, iitvurr.trsu,t r.r'trÈt IlÈr-EUe§t q §i Q(}nefB OIJ. e Cl.eS OOfC[üf S G O lfage CLfienI ô]Jr . dea pièges Pour Ia pêche. 11 existe d.es emplacements propices au developpement ''?\ r^ -at^- r ^----i -,ôe gf,tes larvaires en fonction du niveau et d.u d.ébit de lteau. []rest 1à- clue . .r'\' 't' r'Ïês'ogufs écl.osent 16 à 4B heures auprès la ponte. Les jeunes la.rv,.:rir rlans les :u:i: éonditions moyennes cle nos régionsr ont une durée d.e vie de B à 10 jours. E1les so noürrlesent en filtrant les particules, organiques et autres, tr..nsportées PËP I'e courant. A Itissue de c"ite p.iriode, Ies larves se transforrrlent en nym-phee après srêtre entourées ôrun cocon fixé sur un support imrrrergé. Les nymphes I}8 se noufrissent pas et ont une durée de vie dtenviron ] jours. Les adultesénergent alors des nynphes dans une bulle d.tair et p::ennent leur '',,o1 tIè:s que ."celle-cl atteint Ia surface d.e 1teau. Irorsque Ia femelle de S. damnosuo pique un onchocerquren, en rnârle tempsque son repas de sang, eIIe absorbe des nicrofilaires. Si la uiajor-trj cie ces microfi.laj.res sont d.igérées en même temps que Ie sang, cluelques unc,s d'entre el1es réussissent cependant à traverser 1a paroi stomacale de 1a si:.ruIie et enquelques jours d.eviennent des larves infectantes de Oncbqeqlce vol.r_qluq_, le pa- rasite tle }a nalad.ie. La simulie les transnettra à Ithomi're lors,'-^u'efle ]e pi-quera pour prendre son prochain repas d.e sang. Prost, A. Heruouet, J. P. 1979

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Источник Всемирная организация здравоохранения