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Procès-verbal de la première séance, mardi 2 octobre 1979

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(WPR/RC30/SR/l )

COMPTE RENnn ANALYTIQUE IlE LA PREMIERE SEANCE

Mandarin Court, Singapour Mardi 2 octobre 1979, 9 heures PRESIDENT

puis

Dr A. N. Acosta (Philippines) Dr A. G. K. Chew (Singapour) SOMMAIRE

Ouverture solennelle de la session par Ie President sortant ••

108 108 108 109 109 109 109 109

2. 3.

Allocution du President sort ant

..............................

Election du Bureau : President, Vice-President et Rapporteurs Allocution du Directeur general •••..•.•.•.•.•••••••••.••..•.•

4. 5. 6. 7. 8.

Expose technique: Nomination d'un president des debats •••••• Adoption de l'ordre du jour et de l'ordre du jour supplementaire Accuse de reception par Ie President des rapports succincts des gouvernements sur leurs activites sanitaires •••••••••••••

Rapport

du Directeur

regional................................

- 107 -

108 _ _ _ _ _ -=C-=.OM;..;.I=-T:...E, REGIONAL 1.

TRENTIEME SESSION

OlJVERTURE SOLENNELLE DE LA SESS JON !'A1! LE PRES !DENT SORTANT Point I de l'ordre du jour provisoire Le Dr A. Acosta, President sortant, ouvre solennellement la tren-

tieme session du Comite regional du Pacifique occidental. Son Excellence Ie Dr Toh Chin Chye, Ministre de La Sante, prononce un discours dans lequel il souhaite au Comite La bienvenue a Singapour (Ie texte de son discours figure a l'annexe 1). Le Dr H. Mahler, Directeur general, remercie Ie Gouvernement de Singapour d'accueillir Ie Camite pour sa trentieme session (Ie texte de son discours figure l'annexe 2).

a

a 2.

A la fin de l'ouverture solennelle, la seance est levee. 10 heures. ALLOCUTION DU PRESIDENT SORTANT : Point 2 de l'ordre du jour proviso ire

Elle reprend

Le Dr A. Acosta fait une breve dec]aration au Camite en sa qualitc de

President sortant (Ie texte de sa declaration figure i\ l' annexe 3). 3. 3.1 ELECTION DU BUREAU : PRESI1)ENT, VICE-PRESIDENT ET RAPPORTEURS : Point 4 de l'ordre du jour provisoire Election du President

Le Dr CHANG (Republique de Coree) propose la candidature du Dr CHEW (Singapour). -Cette proposition est appuyee par Ie Dr NOORDIN (Malaisie) . Decision: Le Dr CHEW est elu 3.2 Election du Vice-President

a

l'unanimite.

Le Dr SABURI (Japon) propose la candidature du Dr NOORDIN (Malaisie). Cette proposition est appuyee par Ie Dr FAAIUASO (Samoa). Decision: Le Dr NOORDIN est elu 3.3 Election des Rapporteurs

a

l'unanimite.

Le Dr ACOSTA (Philippines) propose la candidature du Dr FOLIAKI (Tonga) comme rapporteur de langue anglaise. Cette proposition est appuyee par Ie Dr CHASTEL (France). Le Dr TARUTIA (Papouasie-Nouvelle-Guinee) propose la candidature de II. NGUYEN VAN TRONC (Viet Nam) comme rapporteur de langue fran~aise. Cette proposition est appuyee par Ie Dr CHRISTMAS (Nouvelle-Zelande) et par Ie Dr CHASTEL (France). Decision : Le Dr FOLIAKI et M. NGUYEN VAIl TRONG sont elus I 'unanimite.

a

COMPTE REN1)U ANALYTH)UIC DE LA PREMIERE SEANCE

109

4.

ALLOCUTION DU DIRECTEUR GENERAL Point 3 de l'ordre du jour provisoire

Le PRESIDENT invite Ie Dr Mahler sa declaration figure a l'annexe 4).

a

prendre la parole (Ie texte de

5.

EXPOSE TECHNIQUE

NOMINATION D'UN PRESIDENT DES DEBATS

Le PRESIDENT suggere que soit nomme un president des debats pour l'expose technique et propose la candidature du Dr ACOSTA (Philippines). Decision: La proposition est adoptee 6.

a

l'unanimite.

ADOPTION DE L'ORDRE DU JOUR ET DE L'ORDRE DU JOUR SUPPLEMENTAIRE : Point 6 de l'ordre du jour provisoire (documents WPR/RC30/l Rev.l et WPR/RC30/l Rev. 1 Add. 1)

Le PRESIDENT propose d'adopter l'ordre du jour et l'ordre du jour supplementaire. Decision: En l'absence d'observations, l'ordre du jour et l'ordre du jour supplementaire sont adoptes. 7. ACCUSE DE RECEPTION PAR LE PRESIDENT DES RAPPORTS SUCCINCTS DES GOUVERNEMENTS SUR LEURS ACTIVITES SANITAIRES : Point 8 de l'ordre du jour

Le President accuse reception des rapports sur les activites sanitaires des pays ou zones suivantes : Australie, Chine, Hong Kong, Japon, Malaisie, Nouvelle-Caledonie, Nouvelle-Zelande, Polynesie fran~aise, Republique de Coree, Singapour et Viet Nam. (Voir la suite de la discussion a la section 2 de la huitieme seance). 8.

RAPPORT DU DIRECTEUR REGIONAL (document WPR/RC30/7)

Point 9 de l'ordre du jour provisoire

Le Directeur regional presente Ie rapport sur l'activite de l'OMS dans la Region du Pacifique occidental pour la periode ecoulee entre Ie ler juillet 1977 et Ie 30 juin 1979 - rapport qui a ete prepare par son predecesseur, Ie Dr Dy. Ces deux annees ont ete une periode de reorientation et de preparation a la tache gigantesque que represente l'elaboration de strategies en vue d'instaurer pour tous les peuples du monde un niveau de sante acceptable d'ici l'an 2000. Les efforts activement deployes au cours des deux annees pour promouvoir les soins de sante primaires temoignent de cette volonte de reorientation en vue des activites de developpement. n'importantes mesures ont egalement

ete

prises en vue de promouvoir 1a

gestion sanitaire, par Ie biais de la programmation sanitaire par pays et de 1a programmation a moyen terme, ainsi que de mettre en place les systemes d'information necessaires pour soutenir cette action. En aoGt 1978 a ete signe entre Ie Gouvernement de 1a Ma1aisie et l'OMS l'accord sanctionnant 1a creation du Centre regional du Pacifique occidental pour la promotion de la planification et des etudes appliquees en matiere d'environnement (PEPAS). Des membres du personnel, arrives a

=.l::.;lO=--_______C"'O:::M::I:..:T=E_R::;E::.;G=, I ()NAL -'-_J!.~~TI EME SF:SS 1O..N _____________ _

Kuala Lumpur en janvier 1979, participent deja au programme de cooperation avec les pays mene par Ie Centre, Toujours en aout 1978, un autre accord a

ete

signe avec Ie Gouvernement de 1a Malaisie en vue de creer

un centre regional de recherche et de formation concernant les maladies tropicales a l'Institut de recherche medicale de Kuala Lumpur. Le Directeur regional a remercie Ie Gouvernement de la Malaisie de l'aide qu'il a apportee aux deux centres. Des plans ont

ete

dr~3ses

en vue d'un programme regional prevoyant

l'intensification des activites de lutte contre les maladies diarrheiques, l'accent etant mis sur la rehydratation par voie orale. Dans Ie cadre du programme nouvellement etabli pour la lutte contre les infections respiratoires, la premiere unite de surveillance a ete creee a l'Institut de recherche medicale de Goroka, en Papouasie-Nouvelle-Guinee. Des progres ant ete realises en vue de la creation d'un service pharmaceutique conjoint pour Ie Pacifique sud. En novembre 1979, les Ministres de la Sante des pays du Pacifique et d'autres pays interesses de la Region doivent se reunir pour examiner les repercussions politiques et technIques de la creation de ce service.

En outre, des efforts reels ont ete faits en vue d'integrer les activites de recherche dans differents programmes techniques. Un programme de recherche sur les services de sante a

ete

mis en place, et un

groupe de coordination regIonal pour Ie programme de sante mentale a ete institue. On a poursuivi Ie programme elargi de vaccination tout en prenant conscience du fait que, pour etre vraiment efficace, un programme

regional devait inclure des pays possedant des services de vaccination bien developpes. Conformement aux recommandations formulees par la Conference sur la cooperation regionale dans Ie cadre du programme de bourses d'etudes de l'OMS, reunie a Manille du 6 au 12 fevrier 1979, un plan a ete dresse en vue d'ameliorer Ie programme de bourses d'etudes. II convient de remercier Ie Gouvernement de Singapour, qui re~oit un grand nombre de boursiers et assure leur formation.

A la suite de la signature du memorandum regissant la cooperation technique en matiere d'activites sanitaires, 1'annee 1979 a vu s'intensifier 1a cooperation avec 1a Chine, qu'il s'agisse de voyages d'etude permettant a des partiCipants de pays en developpement de suivre une formation systematique en Chine, de missions d'etude de chercheurs chinois dans des etablissements travaillant dans des domaines specialises en dehors du pays ou bien encore de visites de chercheurs internationaux dans diverses institutions de recherche en Chine. Le Comite a examine Ie rapport par grands programmes. Introduction Developpement et direction d'ensemble des programmes Promotion et developpement de la recherche Developpement des services de sante Sante de la famille II n'y a pas d'observations.

COIIPTE RENDU ANALYTTqUE DE LA PREMlER!"~_S_E_AN_C_,E__ ~_~_~~~ __gL

Sante mentale Le Dr ACOSTA (Philippines) demande s1 des programmes inter-pays de sante mentale ont ete prevus dans Ie budget programme pour 1980-1981. Etant donne 1 'ateiHeration des~ aetivites dans ee domaine, il espere que Ie Comite regional soutiendra l'action de sante mentale. Le Dr HAN (Directeur de la gestion des programmes) precise qu'outre les programmes par pays, Ie budget programme pour la periode biennale 1980-1981 prevoit des projets inter-pays ayant trait non seulement a 1a sante mentale en tant que te11e mais aussi a 1a 1utte contre la pharmacodependance. Des credits sont egalement prevus a ce titre pour la formation de personnels de niveaux divers et pour l'elaboration de programmes d'etudes dans Ie domaine de la sante mentale. On s'est aussi preoccupe de la formation en sante mentale des travail leurs de domaines apparentes comme les assistantes sociales. Substances prophylactiques, diagnost1ques et therapeut1ques Lutte contre les maladies transm1ssibles Lutte contre les maladies non transmissibles Promotion de la salubrite de l'environnement II n'y a pas d'observations. Developpement des personnels de sante Le Dr FAAIUASO (Samoa) declare que Ie succes de l'aetion entreprise en vue de l'instauration de la sante pour tous d'ici l'an 2000 depend de la qua1ite du developpement des personnels de sante. 11 faut esperer que des so ins de sante primaires vraiment efficaces seront dispenses et que I'OMS pretera son concours dans ce domaine, notamment en ce qui concerne les bourses d'etudes et la formation au niveau national en fournissant des services de consultants pour aider les autorites locales a developper les ressources en main-d'oeuvre. Le Dr FISCHER (Etats-Unis d'Amerique) se reportant au diagramme figurant a la page 63/64, aimerait savoir pourquoi la Malaisie, les Philippines et la Republique de Coree ont obtenu beaucoup plus de bourses d'etudes que les autres pays de 1a Region. 11 fait ensuite observer que d'apres Ie diagramme de 1a page 67/68 1a plus grande part des bourses d'etudes est al1ee aux medecins, qui representent deja 1es personnels de sante les plus qualifies. 11 se demande que1le en est 1a raison et que1 type de formation ces medecins ont re~u. Le Dr MENU (Conseil1er regional pour 1e deve10ppement des personnels de sante) exp11que que 1es trois pays mentionnes se sont reveles plus aptes que d'autres a utiliser 1es bourses offertes. Certains pays n'ont besoin que d'un tres petit nombre de bourses, certains sont de tres petits pays et d'autres, pour des raisons linguistiques, ont des difficultes a trouver des candidats. Pour la periode a venir, Ie decoupage ne sera pas necessairement Ie meme. Pour ce qui est de la grande proportion de medecins parmi les boursiers, il convient de rappeler que les bourses d'etudes ne sont qu'un des aspects de l'effort de developpement des personnels de sante dans les

112

COMITE REGIONAL

TRENTIEME SESSION

pays et qu I elles s' adressent a ceux qui O[Jt epuise toutes les possihilites locales de formation et qui doivent done poursuivre leurs etudes a l'etranger. La majorite des autres travailleurs sanitaires, comme les

agents des so ins de sante primaires, sont formes dans leur propre pays,

souvent avec la collaboration de 1 'OMS. Quant specialites cliniques.

a

la formation' que re.;;oivent

les medecins, 11 stagit soit d'etudes post-universitaires soit de stages pratiques de courte duree, plus SDuvent en sante puhlique que dans des

Le DIRECTEUR REGIONAL ajoute que la Malaisie, les Philippines et la Republique de Coree se developpent toutes rapidement dans tous les secteurs d'ou Ie nombre de demandes de bourses d'etudes. En accordant trop de bourses, on pourrait provoquer dans les pays une penurie d'agents de sante. Aussi l'OMS doit-elle trouver un equilibre entre l'octroi de bourses d'etudes et l'organisation de la formation dans les pays euxmemes avec l'aide de consultants.

Le Dr FISCHER (Etats-Unis d'Amerique) espere que des progres rapides dans les differents pays permettront de mener de fa~on plus equilibree Ie programme de bourses d'etudes. Compte tenu des besoins essentieis des pays, il faudrait que, pendant la periode biennale a venir, des agents de sante autres que des medecins participent davantage au programme. Le DIRECTEUR REGIONAL indique qu'il sera pris bonne note de cette observation pour l'etablissement du prochain budget programme. II fait observer que tous les diplomes de l'Ecole de Medecine de Fidji sont inclus dans Ie diagramme parmi les medecins et peuvent done beneficier de bourses d'etudes pour une formation super1eure. S'i1 souligne ceci, c'est parce que les agents de sante de niveau intermediaire et inferieur sont generalement formes dans les pays eux-memes, les bourses d'etudes etant accordees principalement des agents de niveau superieur.

a

Le Dr CHRISTMAS (Nouvelle-Zelande) pense qu'il serait bon d'inclure dans Ie prochain rapport du Directeur regional une evaluation du programme regional de bourses d'etudes. Le Dr FAAIUASO (Samoa) fait observer que les iles du Pacifique, y compris son pays, ont des dip16mes de medecine d'autres pays, outre

ceux de l'Ecole de IDedecine de Fidji. qui pourraient eux aussi beneficier de bourses d'etudes. Les diplomes de Fidji, qui occupent souvent les postes les plus eleves en raison de leur formation, sont prets a accepter des bourses s'ils remplissent les conditions requises. Le DIRECTEUR REGIONAL souligne que bien des medecins ont besoin d'une formation postuniversitaire, quel que soit l'endroit ou ils ont re~u leur formation initiale. L'OMS s'efforce de determiner les types de formation necessaire - bourses d'etudes all services de consultants,

Le Dr CHASTEL (France) souligne Ie danger qu'il y a a passer trop rapidement a la formation de specialistes : a leur retour, ils veulent des postes importants et n'ont aucun desir de s'installer dans des iles lointaines

ou

ils seraient plus utiles.

CCJ!.'PTE RENDU ANALYTIQUE DE LA PREMIERE SEANCE

113/114

Le Dr MENU (Conseiller regional pour Ie dev'eloppement des personnels de santp) expliQue que l'OMS attr1bue normalement des bourses a des pays ou il est impossible de recevoir une formation medicale pour des etudes de base dans des etablissements appropries, tels que l'Ecole de medecine de Suva ou la Faculte de medecine de Port-Moresby; d'une maniere generale, aucune bourse de specialisation n'est accordee immediatement apres la formation de base, a moins que Ie gouvernement ne Ie demande tres instamment pour des raisons particulieres. Le Dr ACOSTA (Philippines) aimerait savoir si Ie diagramme des pages 63/64 comprend egalement les bourses accordees pour une participation a des seminaires, des ateliers et des conferences techniques. Dans la negative, peut-etre pourrait-on preparer a l'avenir un autre tableau. Le Dr MENU (Conseiller regional pour Ie developpement des personnels de sante) repond que Ie diagramme ne concerne que les bourses d'etudes accordees pour une formation a titre individuel. Certains chiffres sur les activites de groupe sont donnes dans 1es pages 58 a 62 au titre des "reunions pour l'echange de renseignements", mais i1 n'y a pas de diagramme donnant une ventilation par pays d'origine; a l'avenir, il sera tenu compte de la suggestion du Representant des Philippines pour l'etab1issement des rapports. (Voir 1a suite de la discussion a 1a section 1 de 1a deuxieme seance). La seance est levee

a

12 h 30.

_ _ _ _ _ _-"'COMPTE RENDU ANALYTIQUE DE LA PREMIERE SEANCE

115

ANNEXE I

DISCOURS DE BIENVENUE DE L'HONORABLE DR TOH CHIN CHYE, MlNISTRE DE LA SANTE DE LA REPUBLIQUE DE SINGAPOUR La deuxieme decennie des Nations Unies pour Ie developpement touche a sa fin. Si les mots avaient un sens, les progres du developpement dans les pays du Groupe des 77 devrsient etre manifestes. Le dialogue Nord-Sud qui a eu lieu au mois de mai cette annee a Manille n'a encore ete qu'une longue joute oratoire et la CNUCED a formule de nouvelles resolutions mais, cela mis a part, n'a guere obtenu de resultats. A Vien~e, en octobre, la conference des Nations Unies sur la science et la technique au service du developpement a'est contentee de la promesse d'un fonds de recherche pour la science auquel souscrivaient les pays industrialises, mais sans rien obtenir de concret en ce qui concerne Ie transfert des techniques. Cette decennie, du fait des guerres et des combats qui ont eclate dans des pays en developpement d'Asie et d'Afrique a ete decevante. Elle laisse une impression d'echec et d'inutilite, puisque les pays en developpement subissent Ie contrecoup du desordre economique actuel des pays developpes. 11 n'y aura jamais assez d'or et d'argent a distribuer aux quatre milliards d'habitants de la planete, mais s'il y a une chose qui peut leur etre donnee, c'est bien la sante. L'OMS, a cet egard, a remporte une victoire pour les pays en developpement en eradiquant la variole et, mettant en evidence Ie plus petit denominateur commun, c'est a juste titre qu'a Alma Ata elle a proclame l'importance des soins de sante primaires dans l'action pour rendre la sante accessible a tous d'ici l'an 2000.

Sante et maladie sont les deux faces d'une meme p1ece. Pour apprecier la valeur de la sante, il faut connaitre la maladie. La prevention des maladies et l'accessibilite des services de sante fondamentaux sont donc deux moyens identiques qui permettront l'accession a la sante des individus et des collectivites. Par rapport a l'accent mis sur les services de so ins curatifs, l'approche visant a maintenir la sante n'a pas ete suffisamment favorisee. Les sermons sur la sante risquent d'avoir peu d'effet sur ceux qui la possedent et il faudra donc peut-etre preconiser une modification des habitudes et des modes de vie qui sont source de maladie. Nous pouvons nous passer de fumer, mais il existe des groupes de pression dans l'industrie du tabac qui ont des interets communs avec les producteurs de tabac, les fabricants de cigarettes et meme les ministres des finances, qui sont enclins a attribuer plus de valeur aux benefices economiques qu'aux depenses sociales. Les gouvernements doivent faire preuve de courage pour se pencher sur la question des depenses sociales et prendre Ie parti des defenseurs du maintien de la

116

COMI TE REG I O::N,-,-A",L,-,-__T=.!R'O:E~N!..:T-=-I~EME~. "'----'S~E'-'S~S__"I~ON~_ _

sante. 11 s'agit d'une decision po1itique que l'OMS peut aider 1es gouvernements a prendre en faisant campagne avec autant de force et de nettete qu'e11e l'a fait.pour l'eradication de 1a vario1e. La repartition de 1a population dans 1es pays de 1a Region du Pacifique occidental varie considerab1ement et c'est 1a raison pour 1aque11e i1 n'existe pas d'approche unique pour 1es soins de sante. Nous sommes tous d'avis que 1a sante peut contribuer au processus du deve10ppement. J'espere que vos reunions et vos echanges de renseignements permettront de renforcer davantage cette idee. Dans nombre de pays en deve10ppement, 1es credits alloues aux ministeres responsables des services preventifs de sante publique, de 1'environnement et de la medecine curative sont insuffisants. On imagine a tort que 1es soins de sante, absorbant des biens et de 1a main-d'oeuvre, ne sont pas productifs au plan economique. Cependant, meme dans une situation generale de chomage ou de sous-emp10i, 1a productivite economique baisse dans certains secteurs si les travai11eurs doivent abandonner leur poste parce qu'ils sont ma1ades ou a cause d'une epidemie. Les pandemies de grippe ont amenuise la main-d'oeuvre agricole en Inde en 1918-1919 et en Thai1ande en 1957. En consequence on a reduit 1es cultures et 1es surfaces ensemencees, d'ou de mauvaises reco1tes. Les epidemies de grippe ne sont cependant pas un bon exemple puisque leur apparition est incertaine elles ne peuvent etre evitees et il est impossible de prevoir la nature du virus. Lorsqu'elle preconise d'etendre les services de sante primaires au cours des vingt prochaines annees, l'OMS invite en fait les gouvernements a accroitre leurs depenses de sante. Pour ce1a, i1 faut convaincre les hommes politiques et les gouvernements que la sante contribue bien au developpement economique et qu'elle n'est pas seulement une question de bien-etre social, lequel n'occupe qu'un faible rang de priorite dans les plans de developpement des plus desherites des pays en developpement. On peut etablir un modele fictif du coGt de 1a ma1adie en calculant Ie montant des gains potentie1s perdus lorsqu'un travail leur est ma1ade et, au moyen des chiffres de morbidite, on peut ca1culer 1es pertes de production subies quand des travail leurs malades sont immobi1ises par des maladies particulieres. Des etudes de ce type aideront 1es administrateurs sanitaires a fixer lee priorites lors de 1a preparation de leur budget. La reduction de 1a prevalence des maladies entrainera-t-elle une diminution de la demande de services de soins de sante? L'experience des Services de sante nationaux du Royaume-Uni mis en place en 1946 montre qu'i1 n'en est rien. Les services de sante sont inegalement repartis entre 1es diverses classes sociales et les Services de sante nationaux sont surcharges en raison du nombre de demandes. Meme dans les pays industrialises ou il existe une assurance-maladie dans le cadre de 1a po1itique de securite socia1e, les ministres des finances sont alarmes par le coGt croissant du financement de 1a securite socia1e. Ge1a porte tort

a

la cause de tlla sante pour tous", qui pourrait donner lieu

a

une

consommation incontr61ee. 11 convient done de separer "sante pour tous" et securite sociale. Dans les pays deve10ppes la securite sociale est devenue un droit, puisque ses beneficiaires ont les moyens de financer

au moins une partie des couts. Pour ce qui est de "la sante pour tous", il faut supposer que les gouvernements accepteront d'assumer le financement des depenses de sante, qu'il s'agisse des soins curatifs ou preventifs. Les pauvres seront vraisemblablement moins enclins 8 comprendre ou 8 manifester de l'enthousiasme si on leur demande de payer directement les mesures de sante preventives, meme si celles-ci permettent mieux de se rapprocher du concept de "la sante pour tous". Les services de sante preventifs devront e~re finances par les contribuables. si l'on recourt aux impots indirects tels que la taxe 8 la valeur ajoutee, cette me sure , ironiquement, pesera davantage sur les pauvres, qui sont moins 8 meme de payer ce qu'ils consomment et, comme l'experience l'a montre dans les pays dotes d'un systeme de taxe 8 la valeur ajoutee, cela a pour effet de favoriser l'inf1ation. 11 ne suffit pas de ca1culer les depenses de sante par habitant pour obtenir une indication de 1a qualite de la sante de 1a population. En fait, les chiffrea peuvent dans ce cas masquer une utilisation excessive des services de sante, etant sans rapport avec lea taux de morbidite et de mortalite. Si le produit interieur brut par habitant est plus eleve, davantage de ressources peuvent etre disponibles pour les soins de sante - ce qui est le cas dans les pays deve1oppes. 11 eat donc peu probable que 1e rapport entre depenses de sante et produit interieur brut ref1ete la contribution de la sante 8 la productivite economique. Les pays de 1a Region du Pacifique occidental different en ce qui concerne la superficie et le nombre d'habitants, la densite de la population etant e1evee dans les villes et faible dans 1es campagnes. L'accession de tous 8 1a sante au cours des vingt prochaines annees dependra 18 aussi de 1a possibilite d'endiguer une croissance demographique sauvage. Si "la sante pour tous" est consideree comme prioritaire parce qu'on estime qu'elle contribue au developpement, il est plus vraisemblable que cet objectif occupera alors une place plus privilegiee dans la planification nationa1e. Je vous souhaite tout le succes possible dans vos travaux.

COMPTE RENDU ANAL YTIQUE DE LA PREMIERE SEANCE

119 ANNEXE 2

ALLOCUTION DU DR H. MAHLER DIRECTEUR GENERAL DE L'ORGANISATION MONDIALE DE LA SANTE A LA CEREMONIE D'OUVERTURE DE LA TRENTIEME SESSION DU COMITE REGIONAL DU PACIFIQUE OCCIDENTAL Singapour, 2 octobre 1979

Monsieur Ie President, Excellences, Messieurs les representants, Mesdames et t1essieurs, chers collegues et amis,

Dr Nakajima pour qui cette session du Cornite regional est la premiere a laquelle il assiste en tant que Directeur regional et, n'en doutons pas, la premiere d'une longue serie. L'ordre du jour contient une proportion inhabituelle de questions tres importantes : strategies en vue de la sante pour tous en l'an 2000; etude des structures de liOMS eu egard a ses fonctions, ou une place preponderante est accordee a la correlation entre les travaux du Comite regional et ceux de l'Assemblee de la Sante; septieme programme general de travail; enfin, contribution de la sante au nQuvel ordre econornique international, pour n'en mentionner que quelques-unes, Les dispositions tree efficaces qui ont ete prises en vue de la presente reunion laissent bien presager de la suite des travaux et nous pouvons, j'en suis sur, nous attendre a une session des plus fructueuses. C'est surtout au pays hote que doivent aller nos remerci~ments pour ces preparatifs et je me felicite de l'occasion qui m'est ici donnee de rendre hommage a Singapour dont les efforts en vue d'assurer la sante de sa population ont ete remarquablement couronnes de succes. II ressort du dernier rapport sur la situation sanitaire dans Ie monde que Ie taux de mortalite infantile de Singapour se situe main tenant aux environs de 12 deces pour mille naissances vivantes, soit une reduction de 40 % au cours des cinq dernieres annees. II va sans dire qu'un tel resultat devrait reconforter les autres pays engages sur Ie chernin seme d'embuches qui mene a la sante. J'ai egalement note avec beaucoup de satisfaction que la plupart des grandes maladies transmissibles comme Ie paludisme, 1/1 diphterie et la poliomyelite sont maintenant bien maitrisees, qu'unreseau etendu de services de sante a ete mis en place, qu'une industrie pha~ceutique active s'est developpee dans Ie pays et enfin, que celui-ci dispose d'une faculte de medecine bien etablie et a lance un progr~e dyn~ique de recherche biomedicale et de recherche sur 1es services de sante. Le Gouvernement porte un grand interet a la sante atnsi qu'en temoigne l'accro1ssement significatif de ses depenses dans ce domaine deputs quelques annees. Compte tenu de sa determination, je suis sur que tous les habitants de Singapour sont en voie d'atteindre un niveau de sante acceptable. Ce pays, qui symbolise l'avenir de 1a Region, constitue des lors un lieu de reunion ideal pour la presente session du Comite regional.

Je suis heureux

d'etre aujourd'hui avec

vallS en compagnie du

120

COMITE REGIONAL II ne me reste plus qu'a

TRENTIEME SESSION souhailer un developpement sanitaire des

VOllS

plus rap ides en vous demandant toutefois de np pas oubller l'influence que peut avoir le style de vie sur 1a sante afin de vous premunir contre un certain nombre de prob1emes de sante evitables auxque1s 1a p1upart des pays industria1ises n'ont ma1heureusement pas su echapper. i1 serait illusoire de pretendre que le Pacifique occidental fait, a cet egard, exception. II faut regarder la rea1ite en face et tenir Ie combat pour 1a sante a l'ecart des quere11es politiques tout en l'inscrivant dans le processus politique de developpement afin que dans toute 1a Region, on demeure decide a ameliorer 1a sante des gens, quelles que scient leurs orientationspolitiques et celles de leur gouvernement. Singapour nous montre eloque~~ent qulun petit pays peut avoir suffisamment de courage et de determination pour ameliorer Ie sort de sa population, et notamment sa sante. Je suis sur que vallS saurez faire preuve

Aucune region du monde n'est

a

l'abri des controverses ideologiques et

de ces memes qua1ites au cours de la presente session du Comite regional et je vous souhaite tout Ie succes possible dans cette entreprise.

COMPTE RENDU ANALYTIQUE DE LA PREMIERE SEANCE

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ANNEXE 3

ALLOCUTION DU PRESIDENT SORTANT Messieurs les Representants des Etats Membres de la Region du Pacifique occidental, Monsieur Ie Directeur general de l'Organisation mondiale de la Sante, Monsieur Ie Directeur regional du Bureau de l'OMS pour Ie Pacifique occidental, Messieurs les observateurs et representants des organisations non gouvernementales et des institutions specialisees des Nations Unies, Mesdames et Messieurs 1es membres du Se~retariat de l'Organisation mondiale de la Sante, Mesdames, Messieurs, Avant de nous engager dans 1es travaux de la trentieme session du Comite regional permettez-moi, comme c'est la coutume pour Ie President sortant, de vous dire quelques mots. J'aimerais revenir un peu sur ce qui s'est passe l'annee derniere. Hors de 1 'Organisation mondiale de la Sante, l'annee a ete marquee de probllmes economiques dans Ie monde entier, ce qui a, d'une maniere ou d'une autre, affecte les programmes regionaux des Etats Membres et ceux de 1 'Organisation mondiale de la Sante dans son ensemble. Neanmoins, en depit des difficultes, l'Organisation a su prendre des decisions politiques remarquables. Grace a la declaration de Is conference d'Alma-Ata, nous avons compris que par Ie recours aux soins de sante primaires les pays du monde peuvent remedier dans une grande mesure aux inadequations actuelles des soins de sante. L'Organisation mondiale de la Sante a decide de se fixer pour but un niveau acceptable de sante pour tous les peuples du monde d'ici l'an 2000. Notre Organisation a consacre' une bonne partie de l'annee pas see a mettre au point un processus par lequel il serait possible d'elaborer des strategies en vue de la realisation de ce projet. Dans notre Region du Pacifique occidental, ce but politique a ete accepte; je suis persuade que sa realisation sera pour nous un souci prioritaire que nous garderons sa•• cesse present a l'esprit. Un evenement important et des plus heureux a eu lieu celteannee je veux dire l'entree en fonctions du Dr Hiroshi Nakajima, notre nouveau Directeur regional. C'est la premiere session du Comite regional a laquelle Ie Dr Nakajima participe comme Directeur regional;et je tiens a dire que nous lui souhaitons une chaleureuse bienvenue. Je suis certain de me faire l'interprete de tous quand je dis que, dans la tache difficile qui l'attend au cours des annees a venir, il peut compter sur notre soutien sans reserve. Enfin, sur un plan plus personnel, je tiens a dire combien j'ai apprecie d'avoir ete designe comme President de la vingt-neuvieme session. Cela a ete pour moi un grand honneur, dont je suis toujours fier et reconnaissant. Qu'il me soit done permis de vous remercier tous une fois de plus de m'avoir temoigne votre confiance et de m'avoir soutenu comme vous l'svez fait.

COMPTE RENDU ANALYTIqUE DE LA PREMIERE SEANCE

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ANNEXE 4

ALLOCUTION DU DR H. MAHLER DlRECTEUR GENERAL DE L'ORGANISATION MONDIALE DE LA SANTE

L'OMS TELLE qUE VOUS LA DESIREZ Monsieur Ie President, Excellences. honorables representants, Mesdames et Messieurs, chers co11egues et amis, C'est pour moi un plaisir que d'etre de nouveau parmi vous pour l'examen d'un certain nombre de questions qui presentent un interet primordial pour la sante des habitants de cette Region ainsi que pour l'OMS dont Ie role est de la promouvoir. Je suis particulierement heureux d'etre ici en compagnie de votre nouveau Directeur regional, Ie Dr Nakajima. J'ai eu souvent l'occasion de me rendre compte de l'interet passionne qu'il voue aux objectifs de l'OMS, notamment a la sante des peuples de cette Region, et je suis sfir que vous 1 'avez VallS-memeS deja constate, non seulement par Qui-dire mais aussi au vu de ses realisations. Combat en vue de la sante pour tous Le combat visant a faire acceder tous les peuples du monde a un etat de sante acceptable d'ici l'an 2000 est devenu une realite politique. Les avis peuvent differer quant au detail de la marche a suivre mai. nul ne saurait maintenant mettre en doute la necessite d'engager une action sans precedent pour parvenir a ce resultat. Les dirigeants politiques du monde sont de plus en plus persuades que Ie developpement sanitaire doit etre considere non comme une composante passive du developpement social et economique mais comme un important facteur de ce developpement. Tous ont ete viyement frappe par la fac;on dont les Etats Membres de l'OMS ont su~ dans leur ensemble, faire taire leurs divergences ideologiques et conjuguer leurs efforts en faveur de la sante. Au mois de mai de cette annee, l'Assemblee de la Sante a approuve la Declaration d'Alma-Ata et invite les Etats Membres a entreprendre immediatement la formulation de strategies en vue d'atteindre l'objectif de la sante pour tous en l'an 2000. Vous etes, dans vos pays, sur Ie point d'aborder cette tache; vous elaborerez ensuite, dans Ie cadre d'une action collective, des strategies regionales et mondiales fondees sur vos strategies nationales et destinees ales appuyer. S'ils sont pris au serieux, ces efforts seront vraiment spectaculaires et s'ils aboutissent les generations futures y verront l'une des grandes revolutions sociales de l'histoire de 1 'humanite.

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COMITE REGIONAL : TRF.NTTEME SI'SSION -- - .--- --. -- - ---,--- --- -- - -----

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Je dis bien

1I 5

'i15 aboutissent" car le succes n'est pas garanti. Nalls,

mernbres de 1a communaute sanitaire mondiale, avans Sil nous entendre sur un certain nombre de mesures tres controversees que les gouvernements cormnencent tout juste

a

admettre dans d'autres secteurs. Nells avons engage une action

internationale conforme aux principes du nouvel ordre economique international et stimule l'application de ces principes a l'interieur des pays pour promouvoir le developpement sanitaire dans le cadre de nouveaux ordres socio-economiques nationaux. Avons-nollS airsi suscite des esperanees exeessives ou bien sommesnous maintenant tout a tait prets a exploiter au maximum nos eapacites politiques, techniques, financieres et surtout humaines pour ne pas 1es decevoir ? Avons-nous ete emportes par notre propre enthousiasme, hypnotises par nos aspirations et ignorants des realites ou bien sommes-nous vraiment 'conscients de ce que nous nous sommes engages a faire et decides a y parvenir en toute connaissance de cause? Ce n'est pas par des mots que l'on cloit repondre a cette derniere question, mais seulement par l'action. Action commune en faveur de la sante "Oti doit se situer l'action?r, OemallUerez-vous. Jl' ne puis que repondre "dans Ie monde entier rnais d'abord et surtout dans les pays". Crest Iil que les vrais changements doivent avoir lieu et que les verilables effets se feront sentir. Aucune action internationa1e ne saurait suppleer l'action nationale : elle ne peut que 1a soutenir. "Alors lt me direz-vDus "qui doit agir ?" Je vous repondrais "les gouvernements et pas seulernent Ie secteur de la sante". Les enjeux - et l~s risques - politiques et sociaux sont beaucoup trop importants et l'action requise a un caractere trop multisectoriel pour qu'un service public, quel qu'il soit, en assume seul 1a responsabilite. Crest pourquoi 1es gouvernements doivent s'unir pour accorder une attention accrue au developpement sanitaire et I'OMS doit former un tout homogene pour soutenir l'action des gouvernements. Aucun secteur de l'Organisation ni aucun echelon politique ou operationnel ne peut fOllrnir seul aux pa?s l'appui dont ils ont besoin en vue d'instaurer dans un avenir previsible un niveau de sante aceeptable~ur taus. Tous, c'est-adire les couches sociales defavorisees aussi bien que les elites nationales et les pays desherites au m~me titre que les pays nantis de la commund.ute mondiale. Ce n'est que si les gouvernerncnts C'onjuguent leurs etforts E'l ~i toutes les ~ections de l'OMS s'associent (j une telle entreprise qlle nullS avons unp chance de repondre aux espoirs que naus avons engendres. Cependant, I'OMS est une association d'Etats Membres et non une bureaucratie supranationale; elle ne peut done agir que dans la mesure ou les gouvernements Ie lui permettent.

Decalage entre 1es politiques et la pratique Qu'est-ce que 1es gouvernements ont permis a l'OMS de faire ? A cote de remarquables realisations, dont l'elaboration d'une gamme complete de politiques de 1a sante publique qui vont nous orienter pendant de nombreuses annees n'est pas 1a moindre, un fosse de plus en plus large s'est creuse entre les politiques et la pratique. La structure regionale etablie par la Constitution aurait dG aider a combler ce fosse mais elle n'y est pas encore parvenue. Sans doute a-t-elle considerablement facilite Ie fonctionnement de l'OMS mais ses avantages memes ont nui a la solidarite universe1le qui est indispensable si I'on veut que l'Organisation, en tant qu'association d'Etats Membres,

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COMPTE RENDU ANALYTIQUE DE LA PREMIERE SEANCE

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fournisse 1'appui que tous les Etats Mernbres attendent les uns des autres. Au cas au vallS penseriez que 1a solidarite universelle n'est qu'un vain mot, permettez-moi de VallS rappeler qu'aucune region ne peut etre autosuffisante

en matiere de sante, car i1 o'en est pas qui possedc seule )'influence politique necessaire a la conduite de l'action susceptible d'arnener taus ses habitants a un niveau de sante decent. Chaque region doit avoir acces aux connaissances et aux res sources des autres, sinon quel besoin aurions-nolls d'un nouvel ordre economique international? Quant aux pays riches, ils se bercent d'illusions s'ils croient que leur seule richesse leur perrnet de s'isoler economiquernent, socialement et politiquement des pays pauvres. L'exemple de l'eradication de la variole illustre de fa~on frappante l'interdependance de tous les pays sur Ie plan de la sante et les avantages que les pays riches peuvent tirer des ameliorations obtenues dans ce domaine dans les pays en developpement.

Centralisation

Oll

decentralisation?

Le probleme du fosse entre les politiques et la pratique est etroitement associe au debat sur les avantages respectifs de la centralisation et de la decentralisation. Depuis de nombreuses annees, les Etats Membres de l'OMS se rendent compte qu'une centralisation ou une decentralisation excessivesne pourraient toutes deux que nuire a l'aide qu'ils re~oivent. C'est la l'une des principales raisons qui ant conduit a entreprendre de vastes etudes de gestion a taus les niveaux de l'Organisation. Permettezmoi de mentionner a cet egard quelques-unes des etudes organiques du Censeil executif, a savoir l'etude sur les rapports entre lea services centraux de l'OMS et des programmes d'assistance directe aux Etats Membres et la recente etude sur Ie role de l'OMS au niveau des pays. II y a eu aussi une etude sur la gestion de la recherche a l'OMS qui a conduit a decentraliser la recherche, a mettre l'accent sur Ie renforcement des potentiels nationaux dans ce domaine et a creer des comites consultatifs regionaux de la recherche medicale. Taus ces travaux ont mis en evidence un certain nombre de problemes fondamentaux auxquels je cherche a apporter des solutions dans Ie cadre de l'etude sur les structures de l'OMS eu egard a ses fonctions qui est l'etude de gestion la plus ambitieuse que l'Organisation ait jamais entreprise. Quelle sorte d'OMS voulez-vous ? La question essentielle que vous devez vous poser est la suivante divin ne vous oblige a faire de l'OMS une institution eternelle. Si vous voulez que vos populations atteignent un niveau de sante acceptable, et quand bien meme VOllS souhaiteriez remercier l'Organisation de VOllS avoir aides a prendre une telle decision et de vous avoir souffle quelques idees sur les moyens de 1a mettre en oeuvre, peut-etre n'avez-vous plus besoin de son assistance. Elle ne VOllS sera certainement pas d'un grand secours pour atteindre votre objectif si vaus l'utilisez uniquement cornme une source

"quelle sorte d'OMS vDulez-vQlls, si tant est que VOllS en vouliez une ?". J'ajoute Usi tant est que vous en vouliez une" car aucune 10i de caractere

additionnelle de fournitures, de materiel et de subventions constituant un appoint pour votre budget de la sante. De fait, un appui aussi marginal peut meme entraver la mise sur pied de programmes plus vastes susceptibles

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COMITE REGIONAL

TRENTIEME SESSION

de favoriser une injection massive de capitaux internationaux dans votre systeme de sante. L'Organisation ne sera pas non plus d'une grande utilite si eI1e se comporte cornme une vague federation regroupant six regions et un siegeindependants les uns des autres. A une epoque ou les projets d'assistance n'avaient aucun lien entre eux, une tel Ie forrnule pouvait se concevoir; elle est inadmissible en un temps au Ie maude nourrit tant d'espoirs et ou des plans nationaux sont mis en oeuvre pour relever Ie niveau de sante et de developpement socio-economique de populations entieres.

La des illusion causee par Ie decalage entre les espoirs internationaux et les realisations nationales contribue largement a faire du systeme des Nations Unies la cible de critiques de plus en plus vives. En tant que representants de 1a sante, peut-etre ne vallS en etes-vous pas faits l'echo rnais il n I en va pas de meme, dans de nombreux cas, pour va; gouvernements qui ont la charge de financer les depenses de mnt d'organismes des Nations Unies. Quelles sont ccs critiques qui n'ont pas ete epargnees a l'OMS ? On accuse notamment les Nations Unies d'avoir instaure une bureaucratie internationale, d'inefficacite, de donner lieu a de couteux chevauchements d'activites, de mettre en place des secretariats qui s'autoentretiennent et favorisent des activites de recherche entrainant d'autres recherches sans grand resultat tangible, d'ignorer les realites nationales et de promouvoir des activites qui donnent l'impression que l'on fait la charite aux pays en developpement alors qu'elles profitent davantage au donateur qu'au receveur. Je contesterais un grand nombre de ces accusations si elles etaient portees contre I 'OMS et nul doute que les pol itiques recen~ent adoptees par les comites regionaux et l'Assemb1ee de 1a Sante contribueraient largement a les refuter. Toutefois, utilisez-vous l'OMS convenablement pour mettre en oeuvre ces politiques ? Application individuelle des politiques collectives Combien de pays ont veritablement donne effet aux politiques adoptees par eux au sein de l'OMS en mettant en place un systeme de sante fonde sur ces politiques ? II Y a huit ans deja que l'Organisation a adopte son cinquieme programme general de travail preconisant Ie developpement systematique des systemes de sante et l'integration dans ces systemes de programmes dits verticaux. Or, combien de ministeres de 1a sante ont su se reorganiser pour introduire un changement aussi radical ? Et maintenant que l'on a adopte une politique sociale beaucoup plus energique qui fonde Ie systeme de sante sur les soins de sante primaires, fait appuyer les soins de sante primairespar Ie reste du systeme de sante, tant a l'interieur qu'a l'exterieur du secteur de 1a sante, et integre les programmes precedemment verticaux dans Ie systeme general de sante, cette politique subira-t-e1le Ie meme sort que les autres ? C'est pour veiller a ce qu'elle connaisse, ainsi que d'autres tout aussi importantes, un meilleur sort que les precedentes que je vous demande avec autant d'insistance quel est Ie type d'OMS que vous desirez. Si vous utilisez judicieusement votre Organisation, vous serez beaucoup plus a meme d 1 atteindre individuellement les buts que vous vous etes fixes collectivement.

•

•

Vne

autre OMS

Vous pouvez, si vous Ie voulez, utiliser I'OMS de fa~on tres differente. Vous pouvez en faire un cadre vivant qui yous servira a definir des politiques sanitaires puis, sur la base de ces politiques, a elaborer individue1lement des programmes nationaux et collectivement des programmes regionaux et mondiaux et enfin, a mettre au point les moyens d'executer ces programmes et de vous assurer que toutes les ressources, qu'elles ernanent OU non de l'OMS, sont allouees aux objectifs prio~itaires, Ie transfert international de ressources pour 1a sante dans des secteurs prioritaires predetermines est l'une des mesures controversees dont j'ai fait mention plus haut ~ sur lesquelles nous avons Sll

parvenir

a un

accord. Etant donne que

vallS

avez pris cette decision

collectivement, elle ne porte nullement atteinte au principe de la souverainete et de l'autoresponsabilite nationales mais reflete au contraire Ie haut degre de confiance que les Etats Membres de l'OMS se temoignent mutuellement. Toutefois, pour utiliser ainsi l'OMS, vous devez appliquer dans votre propre pays ce que VOliS

avez decide collecLivement a I'OMS.

VOllS

devez aussi

VOllS aSBurer

que la cooperation technique entre l'OMS et votre pays est conforme aux politiques mondiales et regionales que vaus avez vaus-memes definies a l'Assemblee mondiale de la Sante et au sein des comites regionaux. VallS pouvez valiS servir de vatre Organisation comme drune tribune internationale pour faire connaitre et accepter dans Ie monde entier les politiques que Vous avez adoptees; par exemple, pour que les gouvernements et la communaute internationale tout entiere fassent de la sante pour tous en l'an 2000 l'un de leurs principaux objectifs sociaux vers lequel doivent tendre tous les secteurs. Vous trouverez alors dans l'OMS un symbole, une reference et un appui moral pour introduire chez vous les reforrnes sanitaires requises a cet effet. A travers I'OMS, vallS pouvez contribuer a instaurer Ie nouvel ordre economique international en appliquant les principes de cet ordre dans Ie secteur de la sante et autres secteurs apparentes et en montrant ainsi la voie aux autres secteurs auxquels vallS servirez d'exemple. Vaus pouvez notamment adopter des

dispositions regionales d'abord, puis mondiales pour que les medicaments et vaccins essentiels soient disponibles a des prix raisonnables en faisant de votre comite regional un centre de negociation et d'arbitrage et en utilisant les res sources que I'OMS peut aider a mobiliser pour mettre en place, dans les pays de votre choix, les industries et laboratoires de contrele de la qualite qui seront juges necessaires. Get exemple illustre Ie rele de catalyseur que peut jouer l'OMS pour la cooperation tant technique qu'economique entre les pays, et c'est la un role que vous pouvez developper si vous le desirez. Je me suis refere jusqu'ici a l'OMS en tant qu'autorite directrice et coordonnatrice des activites internationales de sante. Or, cette fonction l'amene

a s'assurer que vous disposez d'informations valables pour prendre des decisions rationnelles sur la technologie sanitaire et les systemes de sante. Ce n'est pas la chose aisee du fait des interets professionnels et commerciaux en jeu aux niveaux national et international. Mais c'est precisement parce que la tache est ardue et que l'autorite de l'OMS sur Ie plan international lui confere une neutralite qui ne sub ira aucune pression si vall'S favorisez

son independance par votre interdependance qu'il vous faut insister pour que

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se developpe ce role de pourvoyeuse d'intormations valables. Valables, elles ne peuvent l'etre que si vous voulez bien participer a leur production et a leur selectionet les utiliser quand bien meme iraient-elles a l'encontre des croyances et dogmes actuels. La production et l'utilisation. des informations sont la cle du transfert international d'une technologie appropriee qui ne clait pas se limiter a quelques recettes ingenieuses mais sl etendre a toute 1a gamme des techniques sanitaires en visant a engendrer une technologie que scient les recherch~s

acceptable et d'une application aisee pour Ie systeme de sante, aussi complexes Decessaires

a

sa mise au point. Si vaus inslstez pour

que l'OMS utilise les informations qu'elle a jugees valables et si vous veillez a ce que quiconque se rend dans un Etat Membre au nom de l'Organisation Ie fasse aussi, qu'il ou elle vienne du Secretariat ou d'un autre pays, vous serez alors en mesure de vous assurer que la cooperation technique entre votre pays et l'OMS est fondee sur les meilleures normes possibles, meme s'il ne s'agit pas toujours de celles que l'on a coutume d'appliquer. Et si, en outre, avant de presenter une demande de cooperation technique vous verifiez que les themes de cette cooperation sont parfaitement conformes aux strategies que veus avez con~ues pour atteindre l'objectif de 1a sante pour tous, vallS aurez largement contribue d unifier les fonctions de coordination et de cooperation technique

de l'OMS de maniere

a

disposer d'un appui mutucllement profitable, quelles

que scient sa nature et sa source.

Coordination des activites de l'OMS Pour que l'on puisse fournir un tel appui, il faudrait que les activites des divers niveaux de I'OMS scient beaucoup mieux coordonnees

qu'elles ne Ie sont a present. L'absence d'une tel Ie coordination est Ie probleme majeur auquel l'etude sur les structures de l'OMS eu egard a ses fonctions doit chercher a remedier car, permettez-moi de vous Ie dire franchement, la situation est devenue quelque peu incoherente au fil des ans. En theorie, les organes centraux de l'OMS ont des pouvoirs accrus; or, si l'Assemblee de la Sante a bien contribue a elaborer toute une

nouvelle gamme de politiques de la sante publique qui revetent une importance universel1e, elle n'a eu aucune influence, au tres peu, ffir leur

application et si Ie Conseil executif a constamment approfondi son examen detail Ie des activites du Siege et des projets interregionaux, il n'a guere eu d'emprise sur la plus grande partie des activites de l'Organisation, celles qui se deroulent dans les regions et les pays. Le Siege s'est progressivement developpe, etendant ses activites a un nombre toujours croissant de disciplines et de programmes qui rivalisent tous pour etre reconnU5 et finances et dont chacun s'attache a imposer aes activites specifiques aux bureaux regionaux et, par eux, aux pays.

Parallelement a cette evolution du niveau central, un processus similaire s'observe au niveau regional. Les comites regionaux ont regulierement elabore les politiques et pratiques regionales en accordant une

attention particuliere aux projets inter-pays et en negligeant, voire en ignorant, les activites des pays. Les services specialises se sont aussi

multiplies dans les bureaux regionaux, ce qui refletait dans une certaine me sure la situation du Siege, mais sans jamais pouvoir repondre aux demandes croissantes des specialistes du Siege.

COMPTE RENDU ANALYTIQUE DE LA l'REMIER~_J'_EANC,,- _ _ _ _ _ 129

continue pour la plupart a formuler des demandes d'aide assez peu coherentes en utilisant de plus en plus l'OMS comme une source de financement, de fournitures et de bourses et non comme Ie vehicule d'un developpement sanitaire de grande envergure. Dans ces circonstances, les directeurs reglonaux font de leur mieux

Un grand nombre des mesures pr~ses aux niveaux mondial et regional pour soutenir les pays ont mis beaucoup de temps a y etre repercutees, si tant est qufelles l'aient jamais ete. Des lors, ces derniers ont

pour maintenir un equilibre entre les demandes des divers gouvernements et les exigences des politiques regionales et mondiales, ainsi qu'entre la necessite de gerer les activites en cours et celIe de preparer en meme temps 1 f avenir, tout en s' effor!)-ant constannnent d t a'ssimiler de nouveaux

types de signaux et d'informations en provenance du niveau mondial. Je puis vallS assurer que leur tache est loin d'etre aisee - tout comme 1a

mienne d'ailleurs puisque je suis cense diriger l'ensemble en votre nom et a l'echelle du monde. Comment est-ce que j'envisage done 1a coordination des act1vltes

de l'OMS ?

Commen~ons

par les Etats Membres. J'aimerais que les gouver-

nements revoient de fa~on suivie leurs systernes de sante

a

1a lumiere

des decisions de l'Assemblee mondiale de la Sante et des comites regionaux concernant la preparation de strategies pour amener toute leur population a un niveau de sante acceptable sur 1a base des soins de sante primaires. A cet effet, la plupart des pays devront introduire de vastes reformes sanitaires. lIs devront veil1er

a

ce que taus les secteurs interesses

agissent de fa~on coordonnee et renforcer leurs ministeres de la sante ou organes equivalents pour leur permettre de diriger et coordonner toutes les activites sanitaires du pays, qu'elles soient publiques ou privees et qu'elles relevent du secteur de la sante ou d'un autre secteur. Ces minis teres de 1a sante devront mettre en place les mecanismes necessaires

a

ce type de coordination. Ces mecanisrnes serviront

en meme temps de cadre aux dialogues avec l'OMS, ce qui assurera une coordination entre l'action de developpement sanitaire

a

l'interieur

des pays et l'appui qui lui est fourni par l'OMS. Celle-ci sera evidemment tenue de creer des mecanismes analogues pour apporter un soutien

systematique en fonction des be so ins des pays determines globalement et non un appui sporadique fonde sur des gouts individuels ou Ie simple hasard. L'appui accorde au niveau regional devra reposer sur l'examen des besoins des pays et des regions par les comites regionaux. Ces besoins pourront etre d'ordre politique, technique, administratif ou financier. Quelle que soit leur nature, l'appui devra tendre de plus en plus a faciliter la cooperation technique et economique sur des questions de sante entre les pays de la region. Les comites regionaux joueront un role important en determinant les besoins regionaux qui necessitent un examen au niveau mondial et en les soumettant a l'Assemblee de la Sante de maniere a lui permettre de prendre des decisions rationnelles sur des questions fondamentales interessant Ie monde entier. Les comites reg10naux seront egalement les points de convergence des efforts entrepris sur Ie plan regional par Ie secteur de la sante et d'autres secteurs

ainsi que des centres d' echange d' informations qui permettront de Meider des transferts de ressources necessaires au developpement sanitaire, tant a l'interieur quia l'exterieur de la region. Au niveau mondial, l'Assemblee mondiale de In Sant~ ne Be conlentera plus de definir les politiques au cours de discussions a I'issue desquelles sont adoptees des resolutions. Elle stimulera et coordonnera

davantage les activites et ira jusqu'a les diriger, ce qui lui permettra de formuler des directives claires a l'intention du Conseil executif, des comites regionaux et du Directeur general. L'unite dans la pluralite Toutes ces mesures sont con~ues

pour creer quelque unite au sein

•

d'un systeme fortement pluraliste, voir polycentrique. En l'absence de forces centripetes, les elements d'un tel systeme tendront inevitablement a s'eparpiller dans differentes directions. Un monde pluraliste n'est pas necessairement un monde anarchique. 11 suffit de considerer l'univers lui-meme pour se convaincre de la necessite des forces qui maintiennent ensemble, en un mouvement harmonieux, des entites pluralistes. Ne m'accusez done pas, je veilS prie, de vouloir centraliser si

je soutiens que la necessite de developper l'autoresponsabilite nationale et regionale a pour corollaire celle de dominer la somme des parties de notre Organisation pour que chacune beneficie de l'appui de toutes les autres. Prise judicieusement, chaque me sure de decentralisation peut favoriser une stimulation mutuelle mais dans Ie cas contraire, elle peut mener a l'eclatement. C'est a vous de decider OU

se situe l'equilibre souhaitable entre la decentralisation des activites et Ie maintien de l'unite de l'Organisation au profit de ses elements decentralises.

•

Appui du Secretariat C'est evidemment au Secretariat qu'il appartient d'appuyer

a

tous

les niveaux Ie processus que je viens de decrire. Mais si Ie Secr.:3.tariat est la pour vous soutenir, il est aussi de votre devoir de soutenir Ie Secretariat. Considerez, par exemple, la situation de votre Directeur regional, tirail1e, cornme je l'ai dit precedemment, entre Ie desir de sat is fa ire les demandes des gouvernements et celui de donner suite aux directives des comites regionaux, du Conseil executif et de l'Assemblee

mondiale de la Sante. Le meilleur moyen d'aider votre Directeur regional est de vous assurer que vas demandes individuelles sont conformes aux politiques que vous avez adoptees collectivement au sein des comites

regionaux et de l'Assemblee de la Sante. Vous devez donc songer avos priorites nationales en matiere de developpement sanitaire Iorsque

vous definissez la politique collective de l'OMS, et a cette politique collective lorsque vous presentez des demandes de cooperation technique a l'OMS, Le respect des politiques collectives s'impose egalement aux gouvernements qui participent a des programmes d'aide bilaterale dans Ie domaine de la sante - et qui sont bien souvent les premiers

a

passer outre!

Songez egalement un instant

a

la situation de votre Directeur

general qui, en tant que chef des services techniques et administratifs

de l'Organisation, doit faire de son mieux pour que celle-ci apporte

______ COMPTE RENDU ANALYTIqUE DE LA

PREl"fTE~F,-SEA!~CE_. ____________1"11 . __ .__

un soutien approprie a tous ses Erats Membres, quel que so it leur stade de develpppement. II ne peut pas satis~aire toutes les demandes de chaque gouvernement : l'Organisation n'a pas ete creee a cet effet et aucun budget raisonnable ne Ie permettrait. ?our lui, Ie Meilleur moyen de veiller a ce que chaque pays re~oive un appui maximal consiste a aider les organes directeurs a adopter des politiques utiles et, au nom du Conseil et de l'Assemblee de la Sante, a diriger l'application de ces politiques. Pour permettre au Directeur general et aux Directeurs region~ d'assumer convenablement les fonctions que je viens de decrire, Ie Secretariat devra etre renforce par l'adjonction d'un type de personnel qui n'est que trop rare. Nous avons bien, dans les pays et a l'OMS, des techniciens en tous genres mais il n'existe pas assez de specialistes de cette discipline composite qulest Ie developpement sanitaire. Jlentends par 18 des gens impregnes de la philosophie de la sante Qu'a definie l' OMS et capables d I engendrer un tel developpement, de Ie planifier. d'et.ablir 8 cet effet des programmes at des budgets, de l!executer, de Ie controler et de l'evaluer; des gens pouvant puiser a cet effet dans Ie capital de connaissances specialisees que constituent toutes les autres disciplines des sciences politiques, sociales, economiques et de la sante et pouvant egalement reunir, assimiler et resumer les informations requises pour toutes ces activites.C'est la un defi qui nous est lance dans Ie domaine du recrutement et de la formation. Nous devons nous attacher a former des effectifs suffisants de ce type de personnel dans les pays Membres si nous voulons que ceux-ci progressent reellement en vue de lOla sante pour tous"; lorsque ce personnel sera suffisamment nombreux dans les pays, nOlls n'aurons aucune peine ... s recruter a I OMS un personnel competent capable de fournir Ie nouveau type d'apPui dont les pays auront besoin pour atteindre l'objectif de la sante pour tous. Des lors, chaque fois que vous parlez de pOlitique de recrutement, ne perdez pas de vue, je vousprie, la necessite d'une repartition fonctionnelle qui doit aller de pair avec la repartition geographique. .~

,

Maitrise du systeme OMS 8i ce que je viens de vous decrire est Ie type d'OMS que vous voulez, il vous appartient de veiller a ce que cela soit aussi Ie type d'OMS que vous aurez. Je ne vais pas repeter aujourd'hui ce que j'ai dit precede~ent au sujet des mecanismes qu'il faut instaurer dans les pays ainsi qu'aux niveaux regional et mondial pour mettre en place une tel Ie OMS; permettez-moi simple~ent de vous renvoyer aux allocutions que j'ai prononcees devant votre CQmite regional, ainsi qu'a l'Assemblee de la Sante. Mais une·decision momentanee ne suffira pas a provoquer les changements necessaires. Ce n'est qu'au prix d'une activite et d'une vigilance constantes que Ie travail de l'Organisation sera effectue conformement aces principes a tous les niveaux d'exploitation et de direction. Vous devrez. pour cela. renforcer les mecanismes de coordination, en commen~ant d~ns votre pays, pour les rendre a meme d'assurer simultanement la progression harmonieuse de votre propre strategie du developpement sanitaire et la coordination ent·re votre cooperation technique avec l' OMS et

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OOMITE REGIONAL

TRENTIEME SESSION

votre soutien a l'Or~anisation. Vous devrez vous assurer que'ce que vous faites dane votre pays est pris en compte par Ie comit' regional, que ce que vous decidez au comit~ regional re~pit une attention convenable a l'Assemblee de la Sante et au C9Cseil executif et que les decisions du Conseil et de l'Assemblee sont bien refletees dans les trsvaux du comite regional. Si vous souhaitez serieusement vous servir de l'OMS pour amener tous vos peuples a un bon niveall de sante, VOUf devez vous assurer que chacun des sec,teurs de l'Organisation joue convenablement Ie role qui lui est devolu pour parvenir a un tel reeultst. Vous devez donc maitriser l'ensemble du systeme OMS. Pour vous permettre de Ie faire de fa~on rstionnelle, quiconque vous represente doit parler Ie meme lsngsge a tous les niveaux et au sein de tous les organes de l'OMS. Vous vous assurerez ainsi, par la meme occasion, que Ie Secretsriat demeure pour vous un sage serviteur et ne devient pas un maitre hab1le. Monsieur Ie President, honorables' representsnts, j'e crois que tel est Ie type d'OMS dont vous avez besoin s1 vous voulez vraiment relever Ie defi devant lequel vous avez vous-memes voulu vous placer. Cette OMS, vous pouvez l'obten1r si vous Ie des1rez, mais il ne suffit pas de vouloir : vous devrez prendre des mesures decisives, d'abord dans votre propre pays, puia, conformement u Is Constitution de l'Org.niRetion, en coopirant etroitement dana Ie cadre de tous les organea de l'OMS. Pour que cas organes tiennent compte systematiquement de vos desirs dsns leur travail de tous les jours, vous devrez agir sans relache su cours des annees a venir. Je puis vous assurer que Ie Secritariat fera tout ce qui est en son pouvoir pourvous aider a obtenir l'OMS que vous souhaitez.

Je vous remercie de votre attention et j'espere qu'il sera tenu compte de mes observations lorsque vous aborderez la formulation des strategies en vue de la sante pour tous ainsi que l'etude des structures de l'OMS eu egard a ses fonctions.

Основные сведения
Тип документа Technical Documents
Дата принятия
Источник Всемирная организация здравоохранения