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Environnement et santé à l'école primaire : une initiative mondiale de l'OMS en matière de santé à l'école

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Par Uno Winblad et Eric Dudley

©Organisation mondiale de La Sante 1999

Ce document n'est pas une publication officielle de L'Organisation mondiale de La Sante (OMS) et tous Les droits sont reserves par L'Organisation. IL peut toutefois etre Librement commente, resume, reproduit ou traduit, en partie ou en totalite, a condition de n'etre ni vendu ni utilise a des fins commerciales. Pour tout passage qui viendrait a etre reproduit on est prie d'en indiquer L'origine de La maniere suivante: Winblad U & Dudley E. Environnement et sante a /'ecole primoire. Une initiative mondiale de l'OMS en matiere de sante a l'ecole. Geneve, Organisation mondiale de La Sante (Series d'information de L'OMS sur La sante a L'ecole: 2'm• document; document non-publie WHO/EOS/97 .15. IL est a noter que L'OMS ne detient pas de droits sur certaines parties de cet ouvrage. L'autorisation de Les utiliser dans des conditions autres que celles stipulees ci-dessus doit etre obtenue directement aupres de chacune des parties detentrices de ces droits. Les opinions exprimees dans Le present ouvrage n'engagent que Les auteurs nommement designes.

Environnement et sante a l'ecole primaire Une initiative mondiale de l'OMS en matiere de sante a l'ecole

WHO/SCHOOL/97 .2 WHO/EOS/97 .15 Distr. : generate Original : anglais

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Organisation mondiale de la Sante

Series d'information de l'OMS sur La sante

a l'ecole : 2eme document

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Table des matieres

Remerdements ................................................... iii Introduction ........................................................ iv Chapitre 1 La situation actuelle ............................................ 1 Chapitre 2 Aspects sanitaires de l'environnement scolaire ...... 16 Chapitre 3 Objectifs pour un environnement scolaire favorable a La sante ............................................. 22 Chapitre 4 Recommandations ............................................... 36

Annexe A Etudes de cas ...................................................... 41 Al. Qu'est-ce qui fait qu'une ecole n'est pas comme les autres ? Madras, Inde .............................................. 41 A2. Une ecole pour une communaute en pleine expansion demographique : Bogota, Colombie ........................................ 44 A3. Des ecoles construites par La population : Kenya ........................................................ 48 A4. Une ecole sous un climat chaud et humide : VietNam .................................................... 51 A5. Des ecoles sous un climat chaud et sec : Radjasthan, Inde ........................................ 54

Environnement et sante

a L'ecole

primaire

A6. Une ecole sous un climat froid : Hunza, Pakistan .......................................... 58 A7. Des ecoles a haute altitude : l'Altiplano bolivien ...................................... 61 Annexe B

Options techniques pour l'assainissement en milieu scolaire ............................................... 64 Annexe C

Comment n!aliser un etat des lieux et etablir un plan d'action ...................... ······· ...... 80 AnnexeD

References .......................................................... 83 Annexe E

Bibliographie ...................................................... 86

Index ................................................................. 92

Remerciements

es auteurs sont tout particulierement reconnaissants a Mayling Simpson-Hebert de !'Organisation mondiale de la Sante pour l'aide qu'elle leur a apportee lors de la preparation de ce document ainsi qu'a Hans Martensson, dont les dessins representent une part importante de l'ouvrage. Des remerciements sont egalement dus aux nombreux representants des Ministeres de !'Education et de la Sante de l'Afrique du Sud, du Bre~il, de la Chine, de la Colombie, du Costa Rica, de l'Inde, de la Thailande et du Viet Nam, qui ont organise des visites d'ecoles et fourni un certain nombre de donnees de base. Notre gratitude va egalement au personnel des Bureaux de l'OMS dans ces pays et aux nombreux enseignants qui n'ont pas menage leur temps pour nous donner conseils et renseignements.

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Le travail de recherche necessaire a la preparation de cet ouvrage, de meme que sa redaction et son impression ont ere finances par l'Agence suedoise pour le developpement international en cooperation.

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Introduction

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es enfants sont plus nombreux que jamais a aller ils passent une plus grande partie de leur vie. C'est dire que, dans La quasi-totalite des pays, l'ecole pourrait faire davantage peut-etre que toute autre institution pour ameliorer le bien-etre et La capadte des enfants et des adolescents. Pourtant, il semble bien que, partout dans le monde, les etablissements scolaires parviennent mal a assurer La satisfaction des besoins critiques des jeunes en matiere de sante physique, mentale et sod ale". <1 >

a l'ecole au

"L' ecole pourrait etre le moyen le plus rentable pour

ameliorer La sante des enfants et, par La suite contribuer 1 au progres social et economique". < > La sante et le bien-etre de l'enfant jouent un role fondamental dans !'education. D'ailleurs, la promotion active de la sante est consideree actuellement comme une priorite a l'ecole. Le fait que l'OMS ait lance une Initiative mondiale pour la sante a l'ecole temoigne de cette preoccupation. Dans les divers pays du monde, la question est abordee a differents niveaux, dans le cadre de la medecine scolaire, de !'education pour la sante et de la restauration en milieu scolaire. On considere aujourd'hui que l'environnement de l'ecole est un element majeur de la promotion sanitaire, mais relativement peu d'erudes ont ere consacrees a la relation entre cet environnement et la sante des eleves, notamment dans les ecoles situees en milieu defavorise. C'est cette lacune que le present document s'efforce de combler. Il importe toutefois de souligner que cet ouvrage ne constitue pas un manuel. De nombreux manuels ont deja ere consacres aux equipements scolaires, mais quels que soient les concepts proposes, les problemes fondamentaux n'en demeurent pas moins, le plus souvent. D'une fa<;,:on

Introduction

generale, on peut dire que ce n'est pas a la table a dessin que l'on peut decouvrir les problemes et leur solution. Ni d'ailleurs en effectuant des etudes epidemiologiques. La plupart des problemes de sante des enfants-et leurs causes - sont bien connus, non seulement des medecins, mais aussi des enseignants et des enfants eux-memes. En fait, c'est l'attitude des enseignants, des enfants et des communautes vis-a-vis de ce bien commun qu'est l'ecole, qui est a la racine du probleme. Aussi avons nous souhaite, dans notre ouvrage, mettre en lumiere un certains nombre de points fondamentaux et donner quelques indications sur des mesures simples et parfaitement realisables par les communautes et les autorites locales. Pour preparer cet ouvrage, les auteurs se sont rendus dans un grand nombre d'ecoles de nombreux pays et chaque fois qu'ils citent un exemple, il s'agit, sauf indication contraire, de quelque chose qu'ils ont vu eux-memes. Ces visites ont montre que des facteurs tres divers sont a la base des problemes de sante en milieu scolaire, certains etant d'ailleurs propres aux conditions locales. Par exemple, dans une ecole du Costa Rica, on a constate que les problemes de sante des eleves etaient dus, pour une tres grande part, a des infections respiratoires et oculaires. Iecole est essentiellement frequentee par les enfants des ouvriers agricoles d'une bananeraie et elle est situee au cceur de la plantation. Iecole et les eleves sont done regulierement exposes aux retombees des pulverisations d'insecticide effectuees par l'aeronef de la plantation. Une autre ecole, en Thailande cette fois-ci, est situee a proximite d'une rizerie. Pendant les quatre mois que dure la periode de mouture, les batiments scolaires et le sol sont recouverts d'une fine poussiere. Il n'est done pas etonnant, dans ces conditions, que les problemes de sante les plus frequents soient de nature respiratoire ou dermatologique. Ces etudes de cas montrent qu'on rencontre vite une limite lorsqu'on cherche a ameliorer la sante des eleves par !'amelioration des equipements scolaires eux-memes. Il est capital, a cet egard, de se souvenir que la sante de l'enfant exige de la societe la volonte de creer un environnement globalement sain.

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Environnement et sante

a l'ecole

primaire

Au-deLi des difficultes propres a des situations particulieres, on peut percevoir certaines tendances qui sont liees au niveau general de prosperite. Dans les communautes les plus defavorisees, dominent les helminthiases, les maladies gastro-intestinales, le trachome et les infections respiratoires aigues. Il y a des endroits ou la presque totalite des enfants souffrent d'helminthiases. Dans les collectivites plus prosperes, les problemes de sante sont de plus en plus frequemment la consequence d'une mauvaise alimentation, qui se traduit en particulier par des caries et de l'obesite. Dans certaines economies emergentes, il semble y avoir un nombre anormalement eleve de problemes de vue. (Cela tient peut-etre en partie a l'eclairage insuffisant que l'on constate souvent dans les ecoles des pays en developpement). Dans les pays riches, l'asthme et d'autres affections d'origine allergique sont en augmentation et sont peut-etre dus a la construction et au mode d'exploitation des batiments. Notre ouvrage se consacre cependant plutot aux problemes que connaissent les ecoles des communautes defavorisees. Nous n'avons pas la pretention d'apporter des solutions mais plutot de montrer quels sont les objectifs essentiels a atteindre pour creer un environnement scolaire plus salubre. Il s'agit en l'occurence : • de faire prendre conscience et bien comprendre que l'environnement physique d'une ecole primaire a une influence sur la sante des enfants ; de donner davantage la priorite a la creation d'un environnement scolaire elementaire qui soit favorable a la sante ; de recenser les secteurs dans lesquels il est possible d'intervenir et de faire des propositions en indiquant les moyens de les realiser, notamment lorsque les conditions sont difficiles et les contraintes budgetaires serieuses.

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Le chapitre l fait le point de la situation actuelle. Il souligne que jusqu'a present, les programmes de construction scolaire et les recommandations en matiere d'amenagement des locaux s'en sont tenus aux modeles classiques. La conclusion de ce chapitre, c'est que !'experience nous enseigne quelques points essentiels,

I vi

Introduction

a savoir qu'une bonne architecture ne suffit pas, que les modeles classiques supposent des conditions normales de fonctionnement, qu'une ecole ne se resume pas a une salle de classe et enfin, que la necessite la plus pressante, c'est d'ameliorer les ecoles existantes. Le chapitre 2 examine les principales relations que l'on peut etablir entre l'environnement d'une ecole et la sante des eleves. Il apparait que, pour la majorite des ecoles situees en milieu defavorise, c'est le secteur de l'eau et de l'assainissement qui offre les meilleures perspectives d'amelioration sur le plan sanitaire. Le chapitre 3 definit huit objectifs essentiels a atteindre pour une veritable avancee vers une ecole ou l'on se soucie davantage de la sante des eleves : une population motivee et informee ; un environnement debarrasse de tout risque de contamination fecale ; un approvisionnement en eau potable ; des lavabos commodement disposes ; des salles de classe convenablement eclairees ; une protection contre les intemperies ; une construction respectant les regles de securite ; un service de nettoyage et d'entretien satisfaisant. Les auteurs insistent notamment sur le fait que les decisions relatives a la conception et a !'utilisation des locaux scolaires doivent se prendre a l'echelon local. Il faut que les decideurs locaux : enseignants, parents d'eleves et elus puissent disposer de !'information necessaire pour pouvoir se determiner en toute connaissance de cause. Ils doivent s'engager non seulement a faire changer les choses, mais egalement a ce qu'elles changent durablement. Il leur faut egalement connaitre les options techniques qui s'offrent a eux pour resoudre les problemes auxquels ils sont confrontes. En guise de conclusion, le dernier chapitre propose un recentrage selon quatre grands axes : • ne plus penser seulement batiments, mais commodites, en particulier en ce qui concerne l'adduction d'eau et l'assainissement ne plus penser seulement salles de classe, mais environnement dans son ensemble

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a l'ecole

primaire

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ne plus penser seulement architecture et construction, mais fonctionnement et entretien ne plus penser seulement reglementation, mais motivation et responsabilite.

Les etudes de cas qui figment a l'annexe A illustrent quelques techniques novatrices et bon marche qui peuvent etre utilisees pour ameliorer la sante a l'ecole. Dans les annexes B et C, on trouvera des renseignements pratiques sur les technologies existantes et sur la fa<;on de s'y prendre pour faire bouger les choses.

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La situation actuelle

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ici L'an 2000, Le monde comptera plus de 1 miLLiard 400 miLLions d'enfants de 5 a 14 ans, dont environ 87 % vivront dans des pays en developpement. Les enfants de cette tranche d'age ont 14 fois plus de chances de mourir entre Leur cinquieme et Leur quinzieme anniversaire que Leurs homologues du meme age des pays industrialises a economie de marcheYJ

Il est largement admis que l'ecole peut jouer un role important dans la societe en faveur de la sante. Un grand effort a ete consenti ces dernieres annees pour developper des methodes d'education sanitaire destinees aux ecoles desservant des communautes defavorisees, notamment en ce qui concerne l'approche dite "d'enfant a enfant", l'elaboration de programmes et la production d'un materiel pedagogique adapte aux conditions locales. On s'est toutefois relativement peu interesse a l'influence que la construction et la gestion memes des locaux scolaires pouvaient avoir sur la sante des enfants. De fait, nombre d'ecoles sont incapables d'offrir aux eleves un environnement qui protege leur sante. Une ecole mal conc;;ue et mal entretenue peut-etre a l'origine d'etats de sante precaires, voire de maladies. Un enfant malade a de la peine a suivre.

Problemes caracteristiques On ne peut guere definir l'ecole-type d'un pays en developpement, mais certaines caracteristiques sont cependant familieres a nombre d'observateurs, a savoir: • des classes surchargees, conc;;ues pour 25 eleves mais qui en accueillent plus de 50 sous la conduite d'un maitre deborde ; peu ou pas d'equipements scolaires ou la plupart du temps en mauvais etat ;

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Environnement et sante

a l'ecole

primaire

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des locaux sombres par suite d'un nombre insuffisant de fenetres ou parce que les volets doivent rester fermes pour abriter du soleil ou du vent; pas d'electricite ; delabrement par suite du manque d'entretien, avec des planchers disloques, des portes et des fenetres brisees et des trous dans le toit ; pas d'adduction d'eau ou un approvisionnement intermittent ou insuffisant ; des toilettes hors d'usage dont le sol est jonche de dejections ; des toilettes qui fonctionnent encore mais qui sont condamnees parce qu'il n'y a plus d'eau pour la chasse ou parce qu'on craint que les eleves ne les utilisent pas proprement ; des ecoles ou tout ce qui pouvait etre vole a ete pris ; des enseignants mal payes, mal formes et qui ont souvent un long trajet a faire pour se rendre a l'ecole ; pas de logements pour le personnel ; pas de tableaux ni de manuels scolaires, pas de quoi ecrire pour les eleves et pas de materiel didactique pour les ma1tres ; les jeunes filles ne viennent pas a l'ecole ou manquent chaque mois pendant leurs regles parce qu'elles ne disposent pas de sanitaires decents et intimes.

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On pourrait etre tente de croire que tous ces problemes sont la ran<;;on de la pauvrete et qu'il suffit d'avoir davantage de moyens financiers pour les resoudre. Nombre de pays en developpement s'enorgueillissent de posseder de bonnes ecoles, propres et bien equipees - des ecoles qui disposent d'une infirmerie, de sanitaires immacules, de cours de recreation bien surveillees et de ma1tres bien formes, enseignant dans des salles de classes equipees d'ordinateurs, de televiseurs de materiel video. Pour quelques privilegies, ces ecoles modeles dispensent incontestablement un enseignement de grande qualite dans un environnement favorable a une bonne sante mentale et physique. La ou l'on dispose de moyens financiers et ou l'on est attentif aux problemes scolaires,

La situation actuelle

de telles realisations sont possibles. 11 ne fait d'ailleurs aucun doute que le secteur de l'education doit beneficier d'une plus grande part des ressources mondiales. On voit bien cependant, qu'a cote de ces "vi trines", le simple octroi de moyens financiers plus importants ne resout pas forcement le probleme a long terme. On connaH de nombreux exemples de gouvernements et de bailleurs de fonds bien intentionnes qui ont investi des sommes importantes dans la construction ou la renovation d'ecoles avec des resultats decevants.

Lesinconvenients des modeles classiques Nombre de pays en developpement ont, grace a l'aide internationale, privilegie la construction d'ecoles et de salles de classe de type classique. Les resultats n'ont cependant pas ere a la hauteur, soit parce que les concepteurs ne se sont pas rendu compte que les conditions locales n'etaient pas les conditions "habituelles", soit parce certains aspects complementaires comme l'eau et l'assainissement, la securite, l'equipement scolaire et l'entretien ont ete negliges. Ces divers points sont illustres par les exemples ci-apres.

Dans un pays d'Amerique latine, on avait elabore dans les annees soixante-dix un modele de salle de classe pour ecole en milieu rural qui comportait une ossature en acier, des murs en plots de beton et un toit en panneaux de fibrociment. Sous de vastes avant-toits, de grandes ouvertures non vitrees sur toute la longueur de la classe tenaient lieu de fenetres. Cette disposition etait conc,:ue pour assurer une ventilation maximale dans une region tropicale au climat chaud. Ce systeme fonctionnait assez bien dans les zones de plaine connaissant ce type de climat, mais on a egalement voulu l'utiliser dans les villages des hauts-plateaux andins, au climat rigoureux desquels il etait totalement inadapte. Lorsque le soleil brillait, les minces panneaux de fibrociment chauffaient terriblement. Lorsqu'au contraire, le temps etait couvert, la construction legere et les fenetres sans vitres laissaient penetrer un froid intense. Les jours de vent, une poussiere seche entrait dans les classes, rendant le sejour insupportable.

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Environnement et sante

a l'ecole

primaire

Il est vrai que les larges avant-toits protegeaient utilement de la chaleur, a condition que la salle soit convenablement orientee. Trop souvent malheureusement, les entrepreneurs disposaient les classes sans se preoccuper de leur orientation, enlevant toute efficacite a ce dispositif. Un modele d'ecole conc;u pour les plaines chaudes et humides de l'Equateur est utilise ici

a 4 000

m

d'altitude, dans La province andine de Cotpaxi, une region froide, seche et ventee.

Dans l'ancienne Union sovietique, la tradition et l'ideologie de la planification centralisee a conduit a la conception de modeles de construction normalises pour de nombreux types d'infrastructures sociales, notamment les ecoles. Des architectures adaptees au conditions climatiques temperees de l'Europe orientale se retrouvaient ainsi en Siberie et en Asie centrale. Des ecoles repondant a des normes techniques de ce type ont ete construites pour des communautes vivant a plus de 4 000 m d'altitude, dans les montagnes du Pamir, a l'extreme sud de l'ancienne Union sovietique. Dans une de ces ecoles qui accueillait un millier d'eleves, l'eau de toutes les chasses d'eau gelait chaque hiver, les rendant inutilisables. Depuis l'effondrement de l'Union sovietique, on ne trouve plus de pieces de rechange pour la reparation et l'entretien de ces installations. Aucune des toilettes ne fonctionne. Le personnel et les eleves d'une ecole de trois etages a l'aspect moderne doivent aller se soulager a l'exterieur des locaux scolaires, sous des couverts epouvantables qui servent de toilettes publiques. Dans un pays d'Afrique de l'Ouest, la Banque mondiale a finance un programme de construction de classes destinees a l'enseignement secondaire. Le plan retenu pour la salle de classe type etait exigeant au niveau des specifications, puisqu'il prevoyait par exemple des plafonds flottants et des paillasses bien equipees pour les laboratoires. Cinq

La situation actuelle

Dans La ville de Khorog, capitale de La region de Gorno-Badakshan, au Tadjikistan, Les hivers sont si rigoureux que Le gel a detruit toutes Les toilettes de L'ecole.

ans apres l'achevement des travaux, les visites effectuees dans chacun de ces etablissements permettaient de degager !'impression generale suivante: en milieu rural, les classes etaient en bon, voire en parfait etat avec des cadres decorant les murs et des parterres de fleurs a l'exterieur. Une salle de classe impeccable etait un objet de fierte pour la commune. En milieu urbain par contre, les batiments, edifies a la meme epoque et sur le meme plan, avaient ere depouilles de tous leurs agencements. Les plafonds flottants avaient disparu, les encadrements des fenetres et des partes avaient ete systematiquement demontes, tous les carreaux et toute la lustrerie brises ou voles. Il existe en Afrique beaucoup d'exemples d'ecoles construites grace a l'aide exterieure, avec des toilettes branchees sur le reseau d'egouts et des lavabos, mais pas d'eau. A Banjul, capitale de La Gambie, des salles de classes bien equipees construites dans Le cadre d'un projet finance par La Banque mondiale, ont ete rapidement pillees et saccagees.

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Environnement et sante

a l'ecole primaire

En Amerique centrale, comme d'ailleurs dans beaucoup d'autres regions, il existe un patrimoine scolaire constitue d'ecoles bien construites et qui remonte a la periode coloniale de la fin du XIXeme et du debut du XXeme siecle. Ces anciens batiments constituent encore souvent l'ossature de !'infrastructure scolaire. Dans une de ces ecoles, on avait constate que fractures des membres superieurs et entorses representaient le principal probleme de sante. On s'est aperc;u qu'elles etaient dues a des chutes a travers les planchers. Les joints et les lames de ces planchers avaient entre 60 et 70 ans et tombaient litteralement en poussiere. Et pourtant, alors qu'une aile du batiment menac;ait ruine, une salle d'informatique climatisee abritant 20 ordinateurs fonctionnait dans une autre aile. Dans les faubourgs de San Jose, au Costa Rica, une ecole bien construite mais ancienne est devenue dangereuse pourris.

a

cause de ses parquets

Dans l'Etat du Radjasthan, en Inde, des milliers d'ecoles sont veritablement inhabitables. Ces ecoles ont ete construites pour un climat chaud et sec, alors qu'au Radjasthan, dont le climat est de type desertique, les matinees sont extremement froides presque toute l'annee. Pour avoir plus chaud, on fait le plus souvent la classe a l' exterieur. OJ

La situation actuelle

Une ecole villageoise au Radjasthan (Inde). Maitres et eleves sont souvent plus

a l'aise a

l'exterieur que dans une classe glacee.

Les deux premiers exemples montrent que si le concept classique peut avoir son interet, il faut etre conscient des limites imposees par les difference de climat. Iexemple de l'Afrique de l'Ouest montre qu'il ne suffit pas de construire des classes modeles ; encore faut-il tenir compte du contexte social et, le cas echeant, prendre des mesures pour assurer la sauvegarde de l'ecole elle-meme, en la protegeant physiquement mais aussi en inculquant le sens de la responsabilite civique. Iexemple de l'Amerique centrale nous rappelle que l'on ne doit pas se contenter d'edifier de bonnes ecoles. Les differents elements d'un batiment ont une vie limitee et il faut prevoir leur reparation ou leur remplacement. Iexemple indien souligne la necessite de prendre en compte l'environnement scolaire dans son integralite et de ne pas se limiter a la seule salle de classe. Dans chacun de ces exemples, nous n'avons pas besoin de nous appuyer sur des donnees epidemiologiques pour constater qu'un environnement scolaire precaire ou qui va en se degradant ne peut etre favorable a la bonne sante des eleves.

Voir au-dela de La salle de classe Qu'est-ce qu'une ecole ? La reponse peut paraitre evidente - une ecole est un ensemble de salles dans lesquelles des enseignants font la classe a des enfants. La classe est la manifestation visible de l'ecole. Pourtant cette vision de l'ecole centree sur la classe presente quatre points faibles.

Environnement et sante

a L'ecole

primaire

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Une grande partie de l'enseignement et de l'apprentissage peut et doit se derouler hors de la classe. C'est ainsi qu'il existe des situations semi-formelles d'apprentissage sur le lieu de travail, a la cuisine, aux champs et dans les lieux de culte. Les jeux et les relations sociales sont egalement des occasions d'apprentissage.

Dans cette ecole du district de Petauke en Zambie, La menuiserie s'apprend

a L'exterieur.

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La salle de classe n'est pas forcement le meilleur lieu d'apprentissage scolaire. Sous certains climats, il peut etre plus sain et plus efficace de faire la classe a l'ombre d'un arbre ou sur le gazon que dans une salle surchargee, sombre, froide et humide.

La

Le~on

de La matinee

sous un climat desertique,

a Siwana

Block, au Radjasthan (Inde). Les matinees sont fraiches et Les enfants sont plus assis au soleil.

a L'aise

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Beaucoup d'ecoles ne se bornent pas a apporter un savoir ou un savoir-faire. Elles ont souvent un role d'encadrement et de garde des enfants, permettant ainsi aux parents de travailler a l'exterieur. A ce titre, l'ecole

Is

La situation actuelle

assure la garde des enfants, les empeche de vagabonder et de plus en plus, les protege contre les accidents ou les agressions. Une eleve souffrant d'une crise de paludisme se repose sous Le preau d'une ecole de campagne au Radjasthan (Inde). Pendant ce temps, ses parents sont au travail.

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L:ecole peut representer un pole de securite et de sante pour les enfants de milieux defavorises. lorsque l'ecole fournit des repas ou donne des supplements alimentaires, elle prend une importance vitale sur le plan nutritionnel. L:ecole peut egalement servir de point de rassemblement pour les vaccinations et elle permet aux agents de sante et aux travailleurs sociaux d'identifier les familles necessiteuses et de prendre contact avec elles.

La cantine d'une ecole primaire dans La province de Nyanza, au Kenya.

Environnement et sante

a L'ecole primaire

Ces fonctions supplementaires ne sont pas sans consequences pour la structure meme de l'ecole et la maniere dont elle est utilisee. Pourtant, les travaux consacres jusqu'ici a la conception des etablissements scolaires ont presque touj ours porte sur les salles de classe, l'espace scolaire dans son ensemble etant relativement neglige. Si l'espace scolaire est laisse sans surveillance et livre aux depredations, le delabrement finira par gagner les batiments eux-memes, car les usagers estiment que l'entretien ne leur incombe pas. En outre, les cours et terrains de recreation sont souvent ouverts et offrent un libre passage aux animaux. S'il y a des plantes, elles sont alors rapidement saccagees. Il peut aussi arriver que les gens du lieu utilise le terrain de l'ecole comme raccourci ou meme comme toilettes en plein air. Dans un espace scolaire mal entretenu, les detritus s'accumulent - non seulement ceux qui proviennent de l'ecole mais aussi ceux que les gens de l'exterieur y deversent. Lorsque les ordures s'accumulent, en cas de greve des services municipaux par exemple, le terrain de l'ecole risque fort de se transformer en decharge improvisee dans la mesure ou il represente un des rares espaces libres qui soient accessibles. Si, comme c'est souvent le cas, les batiments scolaires jouxtent ceux d'un etablissement de soins, on va souvent decouvrir des dechets medicaux, des seringues par exemple, jetes a meme le sol. Dans les zones impaludees, la presence d'etendues d'eau stagnante a proximite d'une ecole peut constituer un risque grave pour la sante. Les structures exterieures, les terrains de sports en beton par exemple, sont souvent mal construits, avec des fondations insuffisantes. Ils sont aussi, inevitablement, exposes aux intemperies et se degradent done rapidement. Iaffaissement de la chape a tendance a faire affleurer des blocs aux aretes vives et on y trouve egalement de larges fissures, des marches d'escalier brisees et des regards de visite non couverts qui constituent autant de causes frequentes d'accident.

Ito

La situation actuelle

Importance de La mobilisation communautaire A l'oppose de ces exemples negatifs d'ecoles laissees a l'abandon, on a mille raisons de penser qu'un peu partout dans le monde, les populations defavorisees veulent a tout prix beneficier d'un bon enseignement. En Afghanistan, comme d'ailleurs dans de nombreuses zones de conflits, les ecoles figment parmi les principaux objectifs a detruire pour les diverses factions en lutte. Et pourtant a Kaboul, la capitale, on va encore en classe au milieu des mines, entre des murs cribles d'impacts de roquettes, et l'on utilise des caisses de munitions comme pupitres. Iuniversite a ete totalement rasee et malgre tout, les etudiants peuvent encore suivre des cours et passer leurs 'examens grace au devouement des professeurs qui organisent leurs classes dans les sous-sols de divers quartiers. Ces salles de classe en appentis reconstruites chaque annee dans une ecole de La banlieue de Banjul (Gambie) temoignent de ['importance que Les parents attachent

a ['education

de Leurs enfants.

Dans une ecole de la banlieue de Banjul, en Gambie, les deux classes construites en dur sont trop exigues pour accueillir tous les eleves. Chaque annee, au cours de la saison des pluies, la population locale se charge de construire dix classes de fortune a l'aide de perches grossieres et de t6les ondulees appuyees contre la structure de beton. Pour une occupation optimale des locaux, on a reparti les eleves en deux groupes alternes. Sur la porte de l'une de ces classes rudimentaires est peinte la devise suivante : "l'education ou la mort". Ce simple abri de tole est pour les eleves un bien aussi precieux que n'importe quelle ecole "modele". Dans tous les secteurs du developpement, on voit maintenant que le seul espoir de reussite reside dans la

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Environnement et sante

a l'ecole

primaire

mobilisation des communautes locales en leur faisant comprendre qu'elles doivent resoudre elles-memes leurs problemes. Lorsque des individus et des groupes sont engages sur le terrain, prennent eux-memes les choses en main et essayent d'ameliorer leur petit coin du monde, alors le progres est en bonne voie. Ainsi, dans une petite ecole rurale d'Afrique de l'Ouest qui ne comporte que deux classes, le maitre a mis en place un systeme qui fonctionne de la maniere suivante : tous les jours, chaque eleve apporte un sac de plastique plein d'eau qui est verse dans la citerne commune. Lorsque les enfants vont aux toilettes, ils doivent prendre de l'eau pour leurs ablutions. Les toilettes, qui sont de simples fosses, sont entourees d'un rideau de bambou bien entretenu qui assure l'intimite. Le nettoyage des toilettes est confie chaque matin, par roulement, a un des eleves. Cela permet d'avoir une ecole propre et bien entretenue et les eleves qui la frequentent, par le simple fait d'avoir a amener de l'eau chaque matin, restent attentifs a l'hygiene et a la prop rete. Dans beaucoup de petites communautes, l'enseignement est une affaire de famille. Certaines personnes ont acquis une certaine reputation comme enseignants et les enfants se rendent volontiers chez eux pour apprendre. Les salles de classes sont souvent rattachees a la maison du maitre. De meme, dans les societes en crise, comme par exemple dans les zones de guerre ou dans les camps de refugies, on fait souvent l'ecole a la maison ou dans les secteurs d'habitation. Un peu partout d'ailleurs, il est courant que les meres de jeunes enfants s'occupent egalement de ceux des voisins. En Colombie, cette tradition se perpetue par la constitution d'un nombre croissant de "maisons communautaires", un systeme qui s'est developpe en partie pour tenter de reagir a la violence urbaine. Les femmes peuvent demander des prets et des subventions pour ameliorer l'assainissement et la cuisine de leur maison et s'occuper ainsi de groupes pouvant compter jusqu'a 15 enfants. Ces "meres communautaires" se regroupent en associations qui peuvent avoir jusqu'a une quinzaine de membres et qui travaillent avec un comite de gestion constitue d'elus locaux. Plusieurs milliers de ces associations existent actuellement en Colombie. Les maisons communautaires

La situation actuelle

sont essentiellement destinees aux enfants d'age prescolaire mais elles acceptent en fait les enfants jusqu'a 7 ans. Il n'y a guere de chemin a faire pour passer de ce type de garderie communautaire a une scolarisation de base decentralisee avec tous les avantages que comporte le fait d'avoir affaire a de petits groupes, notamment en ce qui concerne la qualite des soins personnels.

Tirer Le maximum d'une ressource precieuse Dans de nombreuses communautes, c'est l'ecole qui represente le plus grand batiment et c'est souvent le seul espace public, a part peut-etre l'eglise ou la mosquee. En pareil cas, le modele europeen traditionnel d'une ecole qui n'est occupee que quelques heures par jour ne para'lt guere rationnel. A l'heure actuelle, un grand nombre d'ecoles peuvent accueillir deux ou trois sections successives au cours de la journee et les locaux sont parfois utilises en soiree pour des reunions d'adultes. En principe, une utilisation plus intensive des installations devrait permettre de repartir les ressources de maniere plus efficace, ce qui, par voie de consequence, devrait contribuer a une amelioration des equipements. Il ne faut cependant pas perdre de vue que la creation d'un environnement scolaire respectueux de l'hygiene ne consiste pas seulement a faire des amenagements materiels, mais aussi a instituer un mode de fonctionnement qui permette de faire le meilleur usage possible des locaux, des equipements et des ressources. La pratique de l'ecole alternee est un moyen d'accroltre l'utilisation des installations scolaires. Dans les annees quarante, une etude norvegienne a montre qu'il n'y avait pas de difference, en termes de resultats scolaires, entre les eleves qui frequentaient l'ecole tous les jours et ceux qui ne s'y rendaient qu'un jour sur deux.( 4 J Pour que ce systeme fonctionne bien, il faut pouvoir disposer d'un bon materiel pedagogique pour aider l'eleve dans son travail a la maison. Cela suppose egalement que l'on considere que l'ecole a essentiellement un role educatif. Lorsque l'ecole joue egalement un role important en tant que centre d'accueil, toute scolarisation un jour sur deux ou par groupes

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Environnement et sante

a l'ecole

primaire

successifs au cours de la journee doit etre completee par un service de garderie approprie. Dans les regions exposees aux catastrophes naturelles, on considere de plus en plus qu'en cas d'urgence, les ecoles constituent une ressource pour l'ensemble de la collectivite. Ainsi au Bangladesh, les ecoles sont construites pour servir de refuges en cas d'inondation. Au Viet Nam, comme dans d'autres regions d'ailleurs, on recommande la construction de batiments scolaires qui resistent aux typhons( 5 •61 Dans les zones predisposees aux seismes, comme les montagnes du Karakoroum, dans le nord du Cachemire, au Pakistan, on utilise pour la construction des ecoles, un beton specialement renforce qui permet d'utiliser ces batiments comme abris au cas ou un tremblement de terre se produirait durant un hiver rigoureux.

Exploiter le programme Cache" Toutes les ecoles dispensent un programme d'enseignement formel, mais au-deLl. de ce programme il existe un enseignement implicite qui couvre des domaines tels que les valeurs sociales de base et le developpement des relations interpersonnelles. Enseignants et educateurs y font parfois ouvertement reference, mais bien souvent il reste du domaine du non-dit. Les recommandations qui touchent l'hygiene individuelle ou publique en sont un element. Ainsi des enfants issus de milieux tres defavorises et ignorants de l'hygiene peuvent-ils adopter des pratiques plus saines s'ils sont soumis a des regles d'hygiene et de proprete a l'ecole. A l'oppose, si l'ecole est mal entretenue, que les toilettes ne fonctionnent pas et que les enseignants ne mettent pas eux-memes en pratique ce qu'ils pr6nent, on ne se souciera pas plus de l'hygiene a la maison qu'a l'ecole.

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QueUes le~ons tirer des experiences passees ? Pour resumer, un certain nombre de le<;;ons peuvent etre tirees de l'analyse de la situation actuelle. • Une bonne conception ne suffit pas. Il ne suffit pas de donner des directives detaillees sur la maniere de

La situation actuelle

concevoir une salle de classe pour ameliorer l'environnement scolaire dans son ensemble. De fait, les plans proposes reposent souvent sur des hypotheses irrealistes quant aux ressources disponibles. Pour qu'une ecole soit respectueuse de la sante, il est plus important qu'elle soit bien geree, bien entretenue et que chacun y mette du sien. • Les modeles standards supposent des conditions standards. Un modele type n'est utile que s'il est applique intelligemment et avec circonspection. Si l'on utilise des plans types dans des conditions pour lesquelles ils n'ont pas ete prevus, on risque d'obtenir l'inverse de ce qui etait escompte. Une ecole ne se limite pas a des salles de classe. On accorde beaucoup d'attention a l'agencement de la salle de classe alors que nombre de facteurs qui conditionnent la sante des enfants se situe en dehors de la classe. Il faut penser l'environnement scolaire dans sa globalite et reflechir a la maniere dont l'ecole fonctionne. En particulier, il importe de prendre en consideration les besoins de la collectivite et son implication dans le fonctionnement de l'ecole.

•

•

Ce qui importe le plus, c'est d'ameliorer les ecoles existantes. Avant d'engager des fonds importants dans la construction de nouvelles ecoles, il conviendrait de faire un meilleur usage des ecoles existantes. On peut y parvenir en ameliorant la gestion et en allouant davantage de fonds pour l'entretien et les reparations. Il importe egalement de veiller a ce que les equipements scolaires existants puissent etre utilises par les eleves et les membres du personnel qui sont handicapes.

Aspects sanitaires de l'environnement scolaire

outes sortes d'elements materiels appartenant a l'environnement scolaire peuvent avoir une influence sur la sante physique et mentale des enfants. On peut citer a cet egard l'assainissement (ou l'absence d'assainissement), la proprete des mains, la qualite de l'eau, le microclimat, la qualite de l'air interieur, l'eclairage (insuffisant ou excessif), des structures dangereuses, un mobilier inadapte, !'implantation des batiments dans une zone a risque.

T

Il s'ajoute a cela le fait que pour un grand nombre d'enfants, la frequentation de l'ecole constitue la premiere occasion de se meler a des gens autres que ceux de la proche parente ou du voisinage. Il en resulte aussi que cela peut egalement signifier une premiere exposition a diverses maladies infectieuses.

Assainissement Faute de toilettes suffisamment propres et en bon etat de marche, les enfants vont aller se soulager dans la cour de l'ecole ou a l'exterieur. Dans ces conditions, l'ecole et ses alentours risquent d'etre infestes par des vers parasites.

Proprete des mains I.:existence de lavabos convenables est aussi importante que l'evacuation de l'urine et des matieres fecales dans de bonnes conditions d'hygiene. I.:hepatite A, la diarrhee a Escherichia coli, la dysenterie bacillaire ou amibienne et la typhoide figment parmi les maladies infectieuses susceptibles d'etre transmises par la voie oro-fecale. Il faut que le personnel et les eleves aient la possibilite de se laver les mains apres etre alles aux toilettes et avant de prendre leurs repas.

Aspects sanitaires de L'environnement scolaire

Le schema ci-contre illustre Les principales voies de transmission des maladies diarrheiques - c'est-a-dire La contamination des champs, des Liquides, des doigts, des mouches ou de La nourriture par des germes d'origine fecale. La plupart des Latrines permettent d'eviter La contamination des Liquides et des champs. Les Latrines ventilees ameliorees et Les toilettes a chasse manuelle (voir annexe B) sont egalement susceptibles d'interrompre La transmission aux mouches. Aucune ne peut toutefois empecher La contamination des mains.

Eau contaminee Certaines des maladies a transmission oro-fecale indiquees ci-dessus peuvent aussi etre transmises par une eau impropre a la consommation. Une jarre d'eau commune dans laquelle les enfants plongent les mains pour boire constitue une voie de contamination caracteristique. D'un autre cote, il peut aussi y avoir des problemes avec l'eau qui n'est pas destinee a la consommation. Si on laisse l'eau de pluie ou l'eau de crue former des flaques ou des mares, on facilite la proliferation des moustiques et autres insectes, ce qui ouvre la porte a la transmission de maladies comme le paludisme, la dengue et la bilharziose. (I.:amoncellement des ordures peut poser des problemes du meme ordre, sans compter que cela attire les mouches, les rongeurs et les chiens).

Microclimat Le microclimat est conditionne par la temperature, le degre d'humidite, la chaleur radiante et le mouvement de l'air. On ne connait pas vraiment dans le detail les relations qui existent entre la sante et le microclimat interieur. Il va de soi, cependant qu'il n'est pas bon pour un enfant de passer une grande partie de la journee dans une salle de classe froide, humide et mal ventilee. Les enfants mal nourris et insuffisamment habilles sont particulierement

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Environnement et sante

a l'ecole

primaire

exposes aux infections respiratoires aigues. Inversement, une temperature excessive peut provoquer un stress thermique, de la fatigue, une diminution de la capacite d'apprentissage et dans les cas extremes, un coup de chaleur.<n

Qualite de L'air interieur Il existe de nombreux polluants dans l'air des salles de classe qui sont susceptibles d'avoir des effets sur la sante des ecoliers. La pollution due aux poeles utilises pour le chauffage peut provoquer des affections respiratoires chroniques et des cancers. Dans une salle bondee, les virus et les bacteries presents dans l'air peuvent etre a l'origine de contaminations croisees. Il existe egalement d'autres risques de pollution : pourriture engendree par les moisissures et les champignons, fine poussiere, emanations de gaz ou de particules provenant des materiaux de construction, comme le radon par exemple. Ces polluants sont a l'origine de nombreux problemes de sante, comme les infections respiratoires aigues et l'asthme.m

Bruit Un bruit de forte intensite peut causer de !'irritation, rendre agressif, reduire la capacite physique et mentale et provoquer malaises et maux de tete. Un bruit permanent de forte intensite peut etre a l'origine de problemes plus graves.<n Les enfants qui ont des problemes d'audition, des troubles de la vue ou des difficultes d'apprentissage ont tout particulierement besoin d'un environnement acoustique favorable. (s)

Eclairage Un mauvais eclairage peut etre une cause d'inconfort pour le personnel enseignant comme pour les eleves. Ceux-ci se plaignent d'ailleurs souvent de fatigue oculaire, que ce soit dans les classes mal eclairees ou dans celles ou au contraire l'eclairage est trop intense. Cest probablement par suite de cette fatigue oculaire qu'enseignants et eleves se plaignent si souvent de maux de tete l'apres-midi. De mauvaises conditions d'eclairage peuvent amener les eleves

Its

Aspects sanitaires de l'environnement scolaire

a adopter

une position vicieuse du corps, elle-meme generatrice a terme de deformations physiques.C9l

Structures dangereuses La structure d'un batiment scolaire a pour but de proteger les enseignants et les eleves contre les intemperies, mais aussi de leur assurer confort et bonne sante. Cependant si cette structure est mal conc;ue ou mal entretenue, elle risque en fait de mettre la sante en danger. Une salle de classe necessite des avant-toits plus vaste qu'un immeuble d'habitation par exemple et si l'on utilise pour les ecoles les memes techniques de construction que pour les maisons d'habitation traditionnelles, elles peuvent se reveler inadaptees, notamment dans les zones exposees aux tremblements de terre et aux typhons. A plus petite echelle, les fissures et les coins inaccessibles peuvent servir de refuge aux ankylostomes, aux acariens et aux chiques, l'humidite et une ventilation insuffisante pouvant conduire a la proliferations des champignons et des moisissures. Des fenetres brisees, des marches defoncees, des clous apparents, l'absence de rampes aux escaliers et de couvercles ou de trappes sur les regards de visite etc. sont autant de sources potentielles d'accidents.

Mobilier in ada pte Les ecoles primaires souffrent d'une penurie chronique de mobilier et nombre d'enfants passent une grande partie de la journee assis sur des sols qui peuvent etre humides ou boueux et meme contamines ou encore sur des sols froids en beton. Les enfants risquent dans ces conditions de contracter une ankylostomiase, une infection urinaire ou une affection articulaire. En outre, etant donne le peu de mobilier disponible, on est tente d'en faire un usage intensif, ce qui peut conduire a des classes surchargees favorisant la transmission d'infections comme la gale. Par ailleurs, un usage excessif risque d'endommager le mobilier et de le rendre dangereux. I.:equipement des salles de classe n'est pas toujours utilise judicieusement. On connait des cas ou des pupitres conc;us pour de tres jeunes enfants (6 a 8 ans) sont utilises par des eleves plus ages (13 a 15 ans) et vice versa.

Environnement et sante

a l'ecole

primaire

Ce cas n'est pas rare etant donne que les enfants qui frequentent l'ecole primaire ont souvent plus depasse l'age normal, et il peut done en resulter des problemes de postures vicieuses et de douleurs dorsales.

Implantation dans une zone

a risque

Bien souvent, c'est son emplacement qui peut etre la principale source de dangers pour une ecole. Lorsque l'habitat urbain se developpe sans plan directeur, les meilleurs terrains sont generalement utilises pour la construction de logements et les ecoles doivent se contenter des zones les moins recherchees - par exemple le site d'une decharge desaffectee, un terrain inondable ou comportant des risques de glissement. On les implante souvent aussi au bord de routes a grande circulation, ce qui augmente le risque d'accidents, ou encore a distance de la collectivite a desservir. Les contraintes imposees par l'exiguite des sites urbains peuvent conduire a des equipements scolaires surcharges ne disposant pas d'un espace suffisant pour l'exercice physique. Les modeles classiques d'equipements scolaires supposent en general que le site retenu repond a certaines specifications. Il faut par exemple que le terrain soit plat et ait une superficie minimum. Il arrive souvent que l'on ne trouve de terrains de ce genre que tres loin de la zone de residence de la population a desservir. Les jeunes enfants vont done avoir de longues distances a parcourir, parfois sous la pluie, parfois le long de routes tres frequentees ; toutes ces situations accroissent les dangers auxquels ils sont exposes. Il n'y a de toute fac;on pas grand chose a faire concernant !'emplacement d'une ecole existante, mais, s'agissant d'un nouvel etablissement qu'on se propose de construire, il importe que la question soit examinee des les premiers stades du projet par l'organisme planificateur et les responsables communautaires. Il faut notamment ne pas perdre de vue le probleme de l'acces a l'eau. Pour revenir au cas d'une ecole existante, on peut quand meme envisager des ameliorations, comme par exemple l'amenagement de chemins ou la construction de passerelles d'acces, l'enlevement des ordures dangereuses etc. il est egalement possible

Aspects sanitaires de L'environnement scolaire

d'isoler l'ecole pour eviter aux eleves les dangers que peut representer la presence de cours d'eau et de ravins, par exemple.

Etablir L'ordre de priorite On peut faire la liste des nombreuses correlations qui existent entre les elements de l'environnement et la sante des eleves. Il y a toutefois quatre principes qui doivent etre consideres comme prioritaires, a savoir : • • • • maintenir la proprete de l'espace scolaire en eliminant ordures et matieres fecales ; installer des toilettes ou remettre en etat celles qui existent et les tenir propres ; installer des lavabos et inciter les eleves fournir de l'eau potable.

a les

utiliser ;

Si ces quatre objectifs peuvent etre atteints et les resultats maintenus, on disposera d'une base saine a partir de laquelle s'attaquer aux autres problemes sanitaires de I' ecole.

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I

Objectifs pour un environnement scolaire favorable a La sante

[!]

ans le chapitre precedent, nous avons enumere les dangers potentiels de l'environnement scolaire. Dans le present chapitre, nous allons indiquer quelques objectifs des a atteindre pour pouvoir s'attaquer a ces dangers. Avant tout, il importe de preciser qu'il n'existe pas de solution technique simple pour creer un environnement scolaire salubre. Rediger un manuel dans ce sens en voulant lui donner une portee mondiale ne serait d'aucune utilite. Meme un manuel prepare localement n'aurait qu'un interet limite s'il pretend imposer des solutions standard. Il est autrement plus utile que les responsables locaux au premier chef les notables et les enseignants - s'efforcent de se penetrer de quelques grands principes et objectifs communs.

Engagement et motivation Il ne fait aucun doute que le facteur le plus important pour creer un environnement scolaire hygienique est la presence de gens engages et informes. Il faut done insister sur cet engagement : les risques pour la sante et les modes de contamination sont souvent bien connus, mais cette connaissance ne modifie pas forcement les comportements. Lorsqu'on ne se sent pas engage, on trouve toujours de bonnes raisons de ne pas agir, alors que celui qui se sent concerne va chercher a resoudre les problemes, meme s'ils paraissent insurmontables. Si c'est necessaire, il cherchera aussi a s'informer.

Objectifs pour un environnement scolaire favorable

a La sante

Une personne engagee peut en motiver de nombreuses autres.

Il n'existe pas de formule simple pour motiver une population. Cependant, si l'on sait reconnaitre et valoriser les efforts des uns et des autres en leur donnant suffisamment la possibilite de decider par eux-memes et d'exercer leur creativite, on aura deja bien avance dans le sens d'un engagement durable. C'est un point particulierement important qui, une fois de plus, plaide contre les modeles standard. Il existe de nombreux manuels d'architecture scolaire qui decrivent par le menu l'amenagement d'une ecole, jusqu'a la disposition des tableaux d'affichage et a l'agencement de l'economat. Ces indications peuvent etre techniquement valables, mais si les enseignants ont le sentiment qu'on leur denie toute possibilite d'amenager leur propre environnement, le resultat final sera probablement decevant. Lessence meme de !'engagement c'est de croire que son effort peut faire la difference. Si tel n'est pas le cas, on ne voit guere de raison de se battre pour faire changer les chases. Il y a au mains un pays en Amerique du Sud et un autre en Asie du sud-est ou les gens du lieu savent pertinemment qu'a mains de payer des pots de vin suffisamment substantiels, les enseignants seront affectes par les fonctionnaires du ministere de !'education a un etablissement eloigne de leur propre communaute. Lune des premieres consequences de cet etat de chases est un absenteisme eleve parmi le personnel enseignant, ce qui est dommageable a l'enseignement. Plus grave encore est le manque d'engagement et d'interet de nombre de maitres pour leur ecole. Ils n'ont plus en effet qu'une preoccupation : trouver le moyen de se faire nommer dans une ecole plus proche de chez eux. Tant que des preoccupations de ce genre ne seront pas prises en consideration, les

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Environnement et sante

a L'ecole primaire

propositions en vue modifier tel ou tel detail de l'environnement scolaire ne rencontreront guere d'echos. Pour encourager la population locale a prendre fait et cause pour l'ecole, on peut proposer sept objectifs de base susceptibles d'etre atteints par des mesures pratiques tout a fait simples. Une fois cela realise, on aura fait un grand pas vers la creation d'un environnement scolaire plus hygienique. Ces objectifs sont les suivants : un perimetre scolaire debarrasse des matieres fecales, la fourniture d'eau potable, des lavabos ou autres dispositifs de lavage commodes, des salles de classe bien eclairees, une protection contre les elements naturels, une structure offrant toutes garanties de securite, une proprete et un entretien suffisants.

Un perimetre scolaire debarrasse des matieres fecales Il est evident que la presence de matieres fecales sur le sol represente une menace pour la sante. Le point sur lequel il faut bien insister cependant, c'est qu'enseignants, eleves et parents d'eleves doivent considerer l'environnement scolaire dans son integralite et ne pas s'arreter a la seule salle de classe. I..:ideal serait de prendre egalement en compte l'espace qui s'etend tout le long du chemin de la maison a l'ecole, mais on doit a tout le moins, s'occuper du perimetre scolaire. Pour ne plus trouver de matieres fecales dans l'enceinte de l'ecole, il faut: • • • informer et responsabiliser les eleves surveiller les jeunes enfants poser une barriere tout le long du perimetre scolaire pour en interdire l'acces aux animaux et empecher les personnes etrangeres a l'ecole de venir defequer dans l'enceinte de l'ecole faire en sorte que les latrines soient installees dans un endroit convenable, qu'elles fonctionnent bien, qu'elles soient propres, ne degagent pas trop d'odeurs et assurent une intimite suffisante.

•

I..:annexe B donne quelques options techniques pour ameliorer les toilettes et les latrines.

Objectifs pour un environnement scolaire favorable

a La sante

Lorsque ['emplacement, le sol et La nappe phreatique permettent de creuser une fosse profonde, La latrine

a

fosse ventilee amelioree constitue une solution eprouvee, robuste et durable. Convenablement construite et entretenue, cette latrine ne degage pratiquement pas d'odeur et limite La proliferation des mouches. Mise au point au Zimbabwe sous le nom de latrine VIP, c'est le modele de choix pour les eccles de campagne ou de banlieue dans une grande partie de l'Afrique australe et orientale.

La fourniture d'eau potable Les conditions necessaires a la purete de l'eau sont bien connues, mais souvent irrealisables. En effet, a quoi bon recommander de faire bouillir l'eau dans des societes ou le combustible est rare et cher ? Il est egalement inutile de conseiller un forage profond a une ecole depourvue de ressources. Plut6t que de rechercher une source d'eau pure, il est plus realiste de voir comment traiter l'eau dont on dispose deja. I.:eau que l'on obtient au robinet ou a la pompe est souvent d'une purete raisonnable, mais le temps qu'elle parvienne au consommateur, elle a deja ete contaminee. Par exemple, si on plonge la main dans le reservoir pour remplir son verre, il est probable que l'eau sera contaminee par les germes presents sur la peau. Il suffit simplement dans ce cas d'utiliser une louche, ce qui ne coute pratiquement rien. De meme, dans d'autres circonstances, on aura deja fait beaucoup en plac;;ant un couvercle sur le reservoir. Dans certaines ecoles du Viet Nam, chaque classe dispose d'une grosse bouilloire et c'est a elle d'assurer la purete de son eau.

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Environnement et sante

a l'ecole

primaire

Dans certaines ecoles du Viet Nam, chaque classe possede sa bouilloire pour faire bouillir l'eau destinee

a La

boisson.

Elle dispose egalement d'un lot de timbales propres conservees dans un seau couvert.

Des lavabos ou autres dispositifs de lavage commodes Dans de nombreux pays, la plupart des gens sont consdents qu'il est important de se laver les mains apres avoir ete aux toilettes. On pourrait penser a bon droit que c'est la un des themes favoris de tout programme d'education sanitaire a l'ecole. En fait, il ne fait guere de doute que le lavage des mains est une pratique largement negligee. Faire passer des messages sur la necessite de se laver les mains ne suffit pas : il faut aussi pouvoir le faire facilement et commodement. On ne l'obtiendra generalement pas si cela implique que l'on fasse un detour. Par exemple, si le robinet ou l'arrivee d'eau est eloigne des toilettes, il y a peu de chances qu'on l'utilise. Un reservoir trop haut peut etre difficilement accessible a de jeunes enfants. De meme un puits dont la margelle est elevee peut decourager les gens d'y puiser de l'eau. Ce peut etre aussi le cas s'il y a en permanence un bourbier autour de l'arrivee d'eau ou du reservoir. Une pompe a main peut etre trop dure a actionner pour un jeune enfant et de toute maniere, il lui sera difficile de pomper et de se laver les mains en meme temps. De nombreuses etudes montrent que !'utilisation de savon, de terre ou de cendre pour se laver les mains peut modifier sensiblement le niveau d'hygiene.0°· 11l En outre, independamment de son interet purement technique, le fait de fournir du savon peut etre un moyen d'attirer l'attention sur la necessite du lavage. Par exemple, les

Objectifs pour un environnement scolaire favorable

a La sante

enseignants pourront etre amenes a constituer un petit fonds 'savon 'en collectant un peu d'argent aupres des parents d'eleves afin d'assurer un approvisionnement regulier en savon. Cela peut d'ailleurs rendre les eleves et leurs parents plus attentifs au probleme. Dispositif pour Le Lavage des mains constitue d'un bidon perce et d'un fltt de petrole place sur un socle de pierre, Le tout etant dispose sur une fosse de drainage rem plie de gravier. Le petit recipient "fuitard" est confectionne

a ['aide d'un

materiau de recuperation et il est muni d'une anse en fil d'acier. C'est un systeme simple et efficace qui permet d'economiser L'eau et que Les eleves peuvent fabriquer eux-memes a ['ecole. (32)

Des salles declasse bien eclairees Bien souvent, l'eclairage electrique coute trop cher ou est simplement inexistant faute de courant. Les salles de classes sont done nombreuses a etre tributaire de l'eclairage naturel. Un bon eclairage est particulierement important lorsque les manuels scolaires sont en nombre limite et que l'apprentissage depend par consequent de la bonne visibilite du tableau. Il n'est pas rare que les conditions climatiques posent des problemes d'eclairage: lumiere insuffisante ou au contraire clarte excessive. Par exemple, sous un climat chaud et humide, on aura tendance a augmenter !'aeration et il peut alors arriver que le maitre se tienne debout devant une fenetre ouverte, faisant obstacle a la lumiere. Lorsque le vent souleve beaucoup de poussiere ou que le climat est froid, on a tendance a construire de plus petites fenetres, ce qui assombrit la classe. Cependant la solution a priori evidente de percer de grandes fenetres sur toute la longueur de la salle est bien souvent inapplicable car le verre etant generalement couteux, les vitres ne seront pas remplacees si elles

Environnement et sante

a L'ecole

primaire

viennent a etre cassees. Il y a meme risque de vol. D'un autre cote, si les fenetres ne sont pas vitrees, il y aura un probleme de securite et d'exposition aux elements naturels. Meme dans les regions generalement considerees comme chaudes, il y a souvent des periodes de l'annee ou il peut faire froid. Une salle de classe dont les cotes sont ouverts peut ne constituer qu'un bien pauvre abri en periode de vent froid. On peut remplacer les grandes fenetres par des claustras. Ce sont des parois ajourees constituees par la juxtaposition d'un grand nombre de claustres, c'est-a-dire de pieces en forme de bo1tes sans fond qui laissent passer la lumiere. Si le mur est construit en briques, on peut l'ajourer en laissant simplement des espaces entre les briques a intervalles reguliers. S'il est fait de plots de beton (ou de banco-ciment), on peut utiliser des moules speciaux pour confectionner des plots ajoures. Si on donne a la surface interieure de ces plots une couleur claire, soit en les peignant, soit en confectionnant les plots avec du ciment blanc, la quantite de lumiere reflechie a travers les ajours sera fortement accrue. Si la construction n'est pas en ma<;;onnerie ou qu'il existe de grandes ouvertures, on peut creer d'autres types de claustras, par exemple au moyen de bambous disposes horizontalement. Les claustras peuvent remplacer Les fenetres sous Les climats chauds. Ce systeme assure La securite en meme temps qu'il permet une diffusion relativement uniforme de La Lumiere. Les modeles representes ici sont utiLises dans La province orientale de La Zambie (a gauche) et dans La province de Nyanza (Kenya)

(a droite).

Les claustras ont l'avantage d'assurer la securite tout en permettant une diffusion relativement uniforme de la lumiere. Ils ont par contre l'inconvenient de ne pas proteger du vent, de la poussiere et du froid; en outre la salle de classe peut rester assez sombre (surtout si elle est de

Objectifs pour un environnement scolaire favorable

a La sante

grande dimension)' a moins que les parois interieures n'aient ete peintes d'une couleur claire. Il faut egalement veiller a ce que le batiment soit oriente de telle maniere que la lumiere du soleil ne passe pas directement a travers les ajours, car il en resulterait presque a coup sur un eblouissement. Une fenetre

a jalousie

eclaire sans eblouir Le devant d'une salle de classe dans une ecole primaire de La province de Ninh Binh, au Viet Nam.

Sous un climat froid qui necessite de petites fenetres pour limiter les pertes de chaleur, il importe de faire en sorte que le maximum de lumiere entre par ces petites ouvertures. Un velux assure un eclairage bien meilleur qu'une fenetre murale de meme dimension. Cela permet egalement d'apporter davantage de lumiere au centre de la piece, souvent mal eclaire par les fenetres murales. On doit toutefois veiller a ce que la lumiere du soleil ne tombe pas directement sur les pupitres. Quel que soit le type de fenetre, on peut accro1tre de maniere etonnante la quantite de lumiere incidente en peignant la jouee (epaisseur de mur dans l'ouverture de la fenetre) en blanc ainsi que le cadre de la fenetre. Une ecole de Gambie construite avec d'epais murs de banco perces de petites fenetres etait surmontee d'un toit en tole ondulee. Pour ameliorer un eclairage inevitablement trop faible, les enseignants ont enleve la partie de tale ondulee situee juste au-dessus du tableau et l'ont replacee, en la maintenant avec des pierres, legerement

Environnement et sante

a l'ecole

primaire

decalee de ceM par rapport a sa position initiale. Cette disposition a laisse subsister une fente etroite, d'environ 10 em de largeur, sur toute la pente du toit. Grace a cette astuce, on a obtenu une bande de lumiere du jour tout autour de l'enseignant et sur le tableau. Lorsque le soleil penetre directement a travers la fente du toit, la lumiere devient un peu eblouissante mais dans l'ensemble, ce systeme donne satisfaction. Pendant le peu de temps que dure la saison des pluies, les t6les de la toiture sont remises dans leur position initiale. Dans une ecole rurale de Gambie, on a installe un systeme temporaire d'eclairage zenithal qui fonctionne pendant La saison seche : La lumiere penetre par une fente entre deux elements de toiture en tole ondulee et tombe directement sur le tableau.

Evidemment, une telle solution n'est pas ideale. Toutefois, cette initiative montre que l'on peut agir a tres peu de frais pour ameliorer de fac;;on sensible les conditions de travail des enseignants et des eleves. Il faut egalement veiller a bien utiliser toute la lumiere qui penetre dans la classe. Si les murs sont recouverts d'un enduit de boue et de crottin, par exemple, la salle sera relativement sombre. Le dessous d'un toit en chaume absorbe egalement beaucoup de lumiere. On peut augmenter de fac;;on spectaculaire l'intensite de l'eclairage en choisissant une couleur claire pour le plafond et en peignant egalement les murs en clair ou en les blanchissant a la chaux. Cela permet aussi de limiter l'eblouissement car il y a reflexion de la lumiere provenant de toutes les directions. En outre, pour attenuer l'effet du mauvais eclairage sans depenser trap, on peut utiliser un tableau

Objectifs pour un environnement scolaire favorable

a La sante

de bonne qualite et veiller a ce qu'il soit regulierement repeint.

Protection contre Les elements naturels Il va sans dire que le batiment doit proteger ses occupants de la pluie, du vent, du soleil et de la neige. Toutefois, il est inutile qu'il offre plus de protection qu'il n'est necessaire. Une salle de classe construite aux normes d'un pays du nord, au climat froid et humide, peut se reveler absolument inutile et de fait inadaptee dans un pays tropical. La protection offerte par un arbre ou une veranda peut etre tout-a-fait suffisante et elle est souvent preferable a un espace ferme qui reduit la lumiere et la ventilation. Une classe en plein air au Bangladesh.

Dans un grand nombre de cas, on n'a besoin que d'une piece dans laquelle on puisse ranger le materiel pedagogique a l'abri des intemperies et des vols. Dans d'autres circonstances, le meilleur moyen de soustraire les eleves aux intemperies consiste a organiser les vacances scolaires de maniere qu'elles coincident avec la saison des pluies, la saison froide ou la saison chaude, selon le cas. Les ecoles doivent etre conc,;ues de maniere a eviter les temperatures extremes a l'interieur de la salle de classe. Il n'est pas rare, cependant, que les classes component de grandes fenetres exposees a la lumiere, ce qui peut entra1ner une chaleur excessive. Dans ces conditions, les salles

311

Environnement et sante

a L'ecole

primaire

de classe deviennent inutilisables ou alors il faut y installer de couteux climatiseurs. Ces climatiseurs, outre qu'ils constituent un luxe que peu de pays ont vraiment les moyens de s'offrir, peuvent representer un danger pour la sante : ils peuvent servir de glte aux moustiques et abriter des bacteries pathogenes, il accroissent le bruit de fond et exposent les enfants a des temperatures extremes lorsque ceux-ci passent de l'exterieur a l'interieur. Il y un moyen simple d'eviter la chaleur excessive: il consiste a planter des arbres ombreux et des plantes grimpantes a l'exterieur des baies vitrees.

Une structure offrant toutes Les garanties de securite Il est evident que si l'ecole s'ecroule, ce ne sera pas au benefice de la sante des eleves. Cest un probleme qui concerne au premier chef les ingenieurs et les entrepreneurs, mais cela n'empeche pas les enseignants de faire de temps a autre des controles dans leur classe pour s'assurer qu'il n'y a pas de fissures dans les murs porteurs. Ce qui est d'un interet plus immediat, ce sont les degradations affectant des elements secondaires du batiment telles que portes sortant de leurs gonds, planchers pourris, vitres cassees, clous apparents et pierres de dallage abimees. Alors que les problemes touchant le gros ceuvre entralnent des frais importants si des reparations s'imposent, un controle de securite simple mais systematique permet de reperer des problemes mineurs facilement solubles (voir annexe C). La construction d'une ecole par La communaute ne dispense pas de respecter La reglementation Locale ni Les normes de securite. Cette ecole se trouve

a Abu

Road

Block, au Radjasthan (Inde). Un defaut de construction a provoque L'effondrement d'une partie du batiment.

132

Objectifs pour un environnement scolaire favorable

a La sante

Chaque ecole devrait posseder au mains un marteau. Cet outil de base est utile pour renfoncer les claus apparents et eliminer les fragments de verre qui subsistent sur le cadre d'une fenetre dont la vitre a ere brisee. Ce genre de detail peut sembler derisoire, mais dans de nombreuses ecoles les claus et les debris de verre representent un danger permanent et un risque de blessure pour les enfants. Aussi importe-t-il, avant de sanger a certains details tels que la protection contre les seismes et les typhons, de chercher des moyens simples de renforcer la securite des ecoles existantes. Dans de nombreuses societes, le travail collectif pour la commune est de tradition. Si l'on parvient a convaincre les parents de travailler ensemble, ne serait-ce qu'une journee par an, cette main d'oeuvre - dans laquelle se trouveraient a coup sur des personnes techniquement qualifiees - pourrait prendre en charge une grande partie des reparations concernant le gros oeuvre. En unissant leurs efforts, les parents d'eleves peuvent par exemple enlever les dalles abimees, reconstruire les marches usees, remplacer les piquets pourris, realigner les toles du toit et enfin, reparer le mobilier et les equipements de jeux. La securite d'une construction est egalement importante du point de vue de l'assainissement. En effets, les enfants ont souvent peur que les toilettes s'effondre, et parfois a juste titre. Une dalle de toilette a la turque ou autre doit etre de bonne fabrication et protegee des elements naturels. La securite commande egalement qu'elle soit bien visible. Dans le cas d'une latrine a fosse, il faut un revetement sur les parois afin que celles-ci ne s'effondrent pas. En outre, pour eviter l'erosion de la fosse, les eaux pluviales doivent etre recueillies par des goulottes et dirigees hors de la latrine.

Une proprete et un entretien suffisants On peut souvent eviter les problemes de securite dans la construction en assurant un entretien systematique et rigoureux. En changeant immediatement les tuiles cassees et en reparant les degats causes aux fondations des que ceux-ci se manifestent, on reduit le risque ulterieur d'interventions onereuses sur le gros oeuvre. Souvent, lorsqu'on

Environnement et sante

a L'ecole

primaire

dispose d'un fonds de renovation pour le batiment mais que les credits d'entretien sont insuffisants, le batiment se deteriore et son remplacement doit intervenir plut6t que prevu. Le secret d'un bon entretien, c'est de ne pas laisser la situation se degrader trop longtemps avant d'agir. Des toilettes ab"imees, bouchees ou sales se deterioreront rapidement si l'on n'intervient pas immediatement. Les remettre en etat constitue alors un gros travail. Bien souvent, si un grave probleme survient, c'est parce que chacun a pense que c'etait aux autres a s'en occuper. Pour que l'entretien soit correctement effectue, il faut done que les diverses responsabilites soient clairement definies et comprises par tous. Pour que L'entretien soit correctement assure, iL faut definir clairement Les diverse responsabilites. Ce dessi n represente des ecoliers vietnamiens qui nettoient Leur ecole et Les toilettes.

Le ramassage des ordures est un exemple d'activite ou l'on peut confier diverses responsabilites a differentes personnes. Les eleves et les enseignants peuvent se charger de ramasser les dechets dans la classe et sur le perimetre de l'ecole. On peut aussi demander au gardien de s'occuper de la decharge et de vider les poubelles. renlevement definitif des ordures sera assure par un eboueur municipal. Il arrive parfois qu'un des maillons de cette cha"ine saute. C'est alors qu'un dialogue entre tous les interesses est important. On peut donner un autre exemple du meme genre : supposons que des chauves-souris logent sous le toit.

Objectifs pour un environnement scolaire favorable

a La sante

A la longue, leurs dejections vont s'accumuler au point qu'il y aura un serieux risque d'effondrement de la charpente. Mais comme personne ne veut se charger d'enlever regulierement cette fiente, rien ne sera fait avant que le probleme ne devienne grave. Le nettoyage est plus facile si on y reflechit lors de la conception du batiment et de son environnement. Si une salle de classe s'ouvre directement sur un chemin de terre, les eleves apporteront inevitablement de la boue et de la poussiere dans la classe. Lorsqu'on dresse les plans d'une nouvelle ecole ou qu'on ameliore un etablissement existant, il faut veiller a amenager des voies d'acces propres et seches aux batiments scolaires.

Recommandations

Plaidoyer pour un changement d'orientation Il serait facile de dresser une liste detaillee des criteres ecologiques a prendre en consideration lors de la conception d'une ecole. D'ailleurs, voila 50 ans ou davantage que l'on produit des quantites de manuels bases precisement sur ce type de demarche. Et pourtant nombreuses sont encore les ecoles dont l'environnement est insalubre. Ce qu'il faut, en fait, c'est repenser l'environnement de l'ecole et se demander ce qui le conditionne. Ce que nous proposons, c'est un recentrage selon quatre axes : • ne plus penser seulement batiments mais commodites, en particulier en ce qui concerne l'adduction d'eau et l'assainissement ; ne plus penser seulement salles de classes, mais environnement dans son ensemble ; ne plus penser seulement architecture et construction, mais fonctionnement et entretien ; ne plus penser seulement reglementation, mais motivation et responsabilite.

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Dans chacun de ces domaines, les changements necessaires ne sont pas tant techniques que sociaux ou comportementaux. On ne repetera jamais assez que le plus important dans la realisation d'un environnement scolaire salubre, c'est la presence d'au moins un enseignant motive et averti. En second lieu, il faut que la communaute apporte son soutien sous la forme d'encouragements, d'heures de travail et de ressources materielles. Si ces deux conditions sont remplies, une ecole salubre et animee est concevable, meme dans les pires circonstances. Dans le cas contraire, on peut voir des ecoles minables, meme dans les societE's d'abondance.

Recommandations

Trop longtemps, on a considere que la creation d'ecoles se ramenait a un probleme de construction. Certes, de nouvelles ecoles sont necessaires, mais l'environnement scolaire est comme un organisme vivant, il faut l'alimenter en permanence. La construction d'un batiment scolaire doit etre consideree comme la mise au monde d'une "ecole vivante" plut6t que comme une fin en soi. Une ecole vivante est constituee de nombreux elements (enfants, parents, personnel enseignant) et elle a de nombreux besoins (approvisionnement en eau, enlevement des ordures). Et une fois de plus, tout comme un organisme vivant, ses rapports avec le monde exterieur sont extremement importants. Si l'ecole est consideree comme distincte de la collectivite et non partie integrante de celle-ci, elle sera vite negligee. Cela dit, il n'est absolument pas dans notre intention de minimiser la portee des innovations techniques. Les idees que nous donnons a l'annexe B sont quelques exemples de mesures que l'on peut prendre pour ameliorer l'environnement scolaire. Mais c'est la base qui doit choisir et evaluer les options techniques. Un dispositif technique pour le lavage des mains peut etre tres efficace dans une communaute et totalement inadapte dans une autre. Les organismes nationaux et internationaux ne doivent done pas avoir pour role de prescrire des solutions mais de faire connaltre toutes les options possibles.

Recommandations aux planificateurs Il faut se conformer aux recommandations existantes concernant les normes minimales en matiere d'espace, d'eclairage et d'assainissement et assurer un approvisionnement en eau satisfaisant. Toutefois, etant donne les contraintes financieres que connaissent de nombreux pays, certaines des recommandations formulees par le passe peuvent se reveler irrealistes. Dans ces conditions, il faut se concentrer sur ce qui est effectivement realisable. Les recommandations suivantes peuvent constituer un point de depart utile. • Lorsqu'une nouvelle ecole ou des ouvrages supplementaires sont en cours de construction, faire participer la communaute locale des le depart, c'est-a-dire des le

Environnement et sante

a l'ecole

primaire

choix du site et !'elaboration des plans. Si la communaute ne sent pas qu'elle a sa part de responsabilite dans le projet, il est a craindre que l'ecole ne soit pas entretenue et ne devienne la proie des vandales. Il vaut mieux une ecole de conception imparfaite mais bien entretenue, qu'une ecole repondant aux normes ergonomiques mais dont l'entretien est neglige. • Dans la mesure du possible, faire entrer les logements des enseignants dans le cadre de la construction de la nouvelle ecole. Allouer une part plus importante des ressources disponibles aux travaux d'entretien. Consacrer une part plus importante du budget de la construction a la pose d'une cloture ou a la plantation d'une haie. Consacrer une part plus importante du budget de la construction a l'approvisionnement en eau et a l'assainissement. Prevoir un systeme pour encourager la proprete (par exemple un prix de l'ecole la plus propre). Faciliter la communication entre enseignants (par exemple au moyen d'un bulletin) sur les themes les plus varies, mais sans omettre les experiences pratiques en matiere d'hygiene scolaire. Encourager les enseignants a visiter les ecoles qui appliquent des techniques novatrices. Exiger qu'un controle annuel de l'environnement (sous forme d'audit) soit effectue par !'association des parents d'eleves et que ce controle soit suivi d'un plan d'action. Communiquer les plans d'action les plus novateurs aux autres ecoles. lnsister davantage sur le suivi des initiatives en matiere d'education pour la sante afin de determiner pourquoi le personnel et les eleves ne mettent pas en pratique ce qu'ils ont deja appris. Mettre au point un systeme pour accroitre la frequence d'utilisation des installations, en constituant par exemple des groupes d'eleves qui se succedent dans la journee ou en faisant venir les eleves un jour sur deux, ce qui permettrait de degager des ressources pour l'entretien de l'ecole et l'achat du materiel didactique.

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Recommandations

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Demander a des celebrites (du monde politique ou sportif par exemple) d'apporter leur soutien au campagnes en faveur de la sante a l'ecole.

Recommandations aux chefs d'etablissement S'il existe des directives nationales en matiere d'education pour la sante, de nutrition et d'hygiene, il convient de s'y conformer dans toute la mesure du possible. 11 faut cependant admettre que les ecoles peuvent connaHre beaucoup de contraintes dues aux circonstances et qu'elles ne sont pas toujours en mesure de respecter ces directives. 11 faut alors trouver des solutions adaptees aux conditions locales, meme si elles sont partielles et provisoires. Les propositions suivantes, mises en reuvre conjointement avec les idees evoquees dans les annexes B et C, devraient permettre d'aller de l'avant. • Admettre que les mesures suivantes sont prioritaires disposer une cloture autour du perimetre scolaire et faire en sorte qu'il ne soit pas souille par des matieres fecales et des detritus; installer des toilettes et des urinoirs et les tenir dans un etat de proprete scrupuleuse; mettre a disposition des dispositifs pour le lavage des mains et assurer un approvisionnement en eau potable. S'il n'existe pas d'association enseignants-parents d'eleves, en constituer une. Rechercher dans la communaute les personnes susceptibles de rendre service dans des domaines particuliers: collecte de fonds, plomberie, reparations diverses, menuiserie etc ... Demander au personnel non enseignant et aux parents d'eleves, tout comme aux enseignants, de faire des propositions en vue d'ameliorer la securite et l'hygiene. Si l'approvisionnement en eau est partage avec le reste de la communaute, s'efforcer d'obtenir un approvisionnement independant pour l'ecole. Essayer de faire preuve d'imagination dans le choix du lieu ou l'on fera la classe. Eviter d'utiliser une salle de classe sombre, sans aeration, trap chaude ou trap froide, s'il est possible de faire la classe a l'exterieur

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dans de meilleures conditions, a l'ombre d'un arbre ou dans un espace partiellement ouvert. S'efforcer de trouver le moyen de disposer d'un plus grand nombre d'espaces exterieurs couverts pour un prix modique. • Essayer aussi de faire preuve d'imagination dans !'utilisation des plantes, non pas simplement pour embellir ou comme objets de prestige, mais aussi pour creer une haie assurant la securite, donner plus d'intimite aux toilettes, apporter un supplement alimentaire, modifier le microclimat et reduire la luminosite dans la classe ou dans tout lieu ou l'enseignement est dispense. Proposer un emploi du temps quotidien qui fasse participer enfants et parents a des activites de type sanitaire - par exemple, apporter de l'eau a l'ecole, apporter sa contribution a un fonds pour l'achat de savon, enlever les detritus qui jonchent le perimetre scolaire, etc. Organiser des manifestations pour collecter des fonds destines a la construction et a l'entretien des installations sanitaires et pour sensibiliser tout un chacun aux questions d'hygiene. Dans les grands etablissements, imaginer divers systemes d'incitation au respect de l'hygiene, par exemple en creant un prix afin d'encourager les enseignants a insister sur la proprete. Ne pas se contenter de faire regner la proprete a l'interieur de l'ecole. Organiser des manifestations pour que les enfants aient la possibilite de repandre les bonnes habitudes d'hygiene au sein meme de leur famille et dans la rue. Lorsqu'une ecole est exposee a des risques exterieurs tenant par exemple a la pollution ou a la circulation, encourager !'association parents-enseignants a prendre !'initiative d'une campagne pour faire changer les choses. Montrer l'exemple. Utiliser soi-meme les installations sanitaires scolaires et se laver ostensiblement les mains ou participer au nettoyage du perimetre scolaire.

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Etudes de cas qui fait qu'une ecole n'est pas II Qu'est-ce comme les autres? Madras (Inde)

En 1992, Maria Sorensson, du Centre international pour l'Eau et l'Assainissement (IRC) de la Haye (Pays-Bas), a effectue une etude detaillee sur 22 ecoles primaires situees dans la ville de Madras (Inde) et a ses alentours.Cl2l A bien des egards, ces ecoles etaient tres comparables : toutes etaient mixtes, gerees par les autorites locales et desservaient le meme genre de population. Cependant les conditions d'approvisionnement en eau et d'assainissement differaient sensiblement d'un etablissement a l'autre. Trois d'entre elles disposaient de toilettes propres et en etat de marche, d'un environnement bien entretenu et leurs eleves respectaient les prescriptions concernant le lavage des mains. Dans les 19 autres, les enfants se soulageaient sur le terrain de l'ecole, l'eau etait contaminee et la decharge n'etait pas vraiment controlee. I.:une des observations interessantes qui ressort de cette etude, c'est que les eleves et le personnel des 22 ecoles etudiees connaissaient parfaitement le rapport entre le manque d'hygiene et les maladies. La ville de Madras poursuit un programme actif d'education a l'hygiene et l'interrogatoire des enfants a confirme que les messages a contenu sanitaire etaient bien compris. Pourtant, dans la majorite des ecoles enquetees, ni le personnel, ni les eleves ne mettaient leurs connaissances en pratique. I.:etude de M. Sorensson, basee sur !'observation et de longs entretiens, a revele que les 3 ecoles les plus respectueuses de l'hygiene avaient en commun quatre facteurs par lesquels elles se distinguaient des 19 autres. • Un environnement securisant. Madras manque d'eau et d'espace. Dans les ecoles qui disposent de leur propre approvisionnement en eau, on constate que les personnes du voisinage penetrent dans les locaux de l'ecole pour venir chercher de l'eau. Elles utilisent

Environnement et sante

a l'ecole primaire

egalement les toilettes ou se soulagent carrement dans les cours, car elles y trouvent davantage d'intimite que dans la rue. Seulement 25 % des logements sont equipes de toilettes privees. Les ecoles qui ont construit un mur d'enceinte ou qui, comme c'est le cas de l'une d'entre elles, emploient un gardien, sont mieux a meme de maintenir leurs locaux et terrains en bon etat de proprete. • eattitude d'un des membres du personnel. Tous les enseignants qui dependent de la ville de Madras w;;oivent une formation dans le domaine de l'hygiene et de l'assainissement. La majorite d'entre eux rec;oivent egalement une formation complementaire a l'Institut de sante publique. Cependant l'etude de M. Sorensson montre que la formation ne fait pas tout. Dans les trois ecoles qui se distinguaient des autres, il y avait au moins un membre du personnel vraiment motive. Cette personne etait soucieuse de passer du discours a la pratique et parvenait a communiquer son enthousiasme aux eleves et a ses collegues. Selon M. Sorensson, la de du succes pour l'avenir, c'est de comprendre comment se declenche cette motivation, qui est bien loin de s'expliquer par la seule formation. eimplication du groupe. Si les personnes en question ont obtenu ces succes en matiere d'hygiene, c'est pour une part parce qu'elles sont parvenues a stimuler et a enroler ceux qu'elles cotoyaient. Elles se sont en particulier assure la cooperation de membres du personnel ayant un statut professionnel relativement modeste, comme les cuisiniers et les nettoyeurs. Par ailleurs les enfants ont pris une part active au nettoyage et aux reparations. En travaillant aux cotes de membres du personnel non enseignants, les eleves ont appris a les respecter, attitude que l'on ne constatait pas toujours dans les autres ecoles. Les enseignants s'adonnaient egalement a des activites d'hygiene, montrant ainsi a leurs eleves qu'ils mettaient leurs actes en conformite avec leurs paroles. Les parents etaient invites a participer a des manifestations speciales comme "la Journee de l'eau" au cours de laquelle les eleves faisaient valoir l'interet de l'hygiene aux membres de leur famille.

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Etudes de cas

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Des solutions realisables. Dans les 19 ecoles oil les conditions d'hygiene etaient mauvaises, le personnel se plaignait du manque de ressources et d'une absence de soutien de la part des autorites. Dans les trois "bonnes" ecoles, les enseignants avaient trouve des solutions pour faire evoluer tant soit peu les choses, malgre la modicite de leurs ressources. Certaines de ces solutions consistaient en simples mesures d'organisation n'impliquant aucune depense, comme faire de la proprete l'affaire de tous, membres du personnel et eleves. Dans d'autres cas, il y avait un petit budget a prevoir, par exemple pour acheter une louche, de maniere que les eleves puisent de l'eau sans tremper les mains dans le reservoir. On a aussi prie les parents de donner des sandales a leurs enfants.

Etudes de cas 1!1!1 Une ecole pour une communaute en

liil

pleine expansion demographique : Bogota, Colombie.

A bien des egards, la Colombie est un pays caracteristique de !'Amerique latine. Sur le plan de la sante et du developpement, ses indicateurs ne sont ni parmi les meilleurs, ni parmi les pires de la region. La mortalite infantile etait estimee a 32 pour 1000 en 1995. Le taux d'accroissement de la population est de 1,66 %, !'esperance de vie est de 69,3 ans et 73 % de la population vit en milieu urbain. rune des caracteristiques de !'Amerique latine est la forte proportion de la population qui vit dans les villes (Argentine 88 %, Bolivie 60 %, Bresil 78 %, Chili 84 %, Perou 72 %, Venezuela 93 %). Bogota, la capitale de la Colombie, offre l'exemple classique d'une ville d'Amerique latine qui, au cours des 30 dernieres annees, a subi une transformation spectaculaire en raison du developpement rapide et a grande echelle de zones de peuplement hors schema directeur. La plus ancienne et la plus celebre de ces zones s'appelle Ciudad Bolivar. Avec une population qui depasse largement le million d'habitants, cette zone est devenue une veritable ville dans la ville. Le Barrio Vista Hermosa est l'un des quartiers les plus anciens de Ciudad Bolivar et remonte a une trentaine d'annees. Il est bati sur les collines pentues qui entourent le vieux Bogota et, comme les plateaux colombiens sont exposes a des seismes et a des pluies torrentielles soudaines, les constructions situees sur ces pentes instables sont menacees en permanence de catastrophe. Situe a 3 000 m d'altitude, le Barrio Vista Hermosa est soumis a d'importants ecarts de temperature entre la nuit et le jour. En raison de la rarefaction de l'air a cette altitude, le rayonnement solaire est exceptionnellement intense. I.:ecole de San Rafael a ere creee par un comite de parents du quartier lors des premieres annees de developpement de cette zone de peuplement. A bien des egards, c'est une

Etudes de cas

ecole urbaine typiquement latino-americaine. Les premiers batiments ont ete construits par la communaute et, au cours des annees, l'ecole s'est developpee progressivement le long de la pente. Elle compte actuellement 19 salles de classe. Les plus anciennes ont des murs de briques recouverts d'un toit en tole ondulee. Celles qui ont ete construites dernierement possedent des murs en plots de beton, avec une ossature prefabriquee en acier et une toiture en panneaux de fibrociment. Une fois construite, l'ecole a ete prise en charge par les pouvoirs publics. Un centre public de soins a ete construit dans le voisinage. I.:effectif de l'ecole est actuellement de 1400 eleves de 5 a 14 ans. Ils sont repartis en deux groupes de 700 eleves chacun et l'enseignement est confie, par rotation, a 22 maitres. Comme dans la plupart des ecoles de Colombie, il n'est pas prevu de repas pour les eleves, mais une petite boutique installee dans l'enceinte de l'ecole vend des patisseries et autres chases de ce genre. La Directrice, Mme Sophia Ramires, et son personnel se sont rendus compte que pour ce genre d'ecole au service d'une communaute, il fallait avant toute chose une comprehension de la communaute. En 1994, a leur propre initiative, ils ont entrepris une enquete socio-economique sur la zone qu'ils desservaient. Ils ont interroge 152 familles et constate que 63 % d'entre elles avaient ete contraintes, pour des raisons economiques, de quitter leur ancien quartier situe dans une autre partie de la ville. Les 3 7 % restants etaient constitues de familles paysannes venues en ville a la recherche de meilleures conditions de travail ou chassees de leurs terres par la violence qui regne dans certaines regions de Colombie. A la lumiere de cette enquete, les enseignants ont estime que 46 % des adultes pouvaient etre consideres comme illettres et que 30 % des familles ne disposaient pas du revenu minimum officiel. Les deux-tiers des familles vivaient dans des maisons qu'elles avaient elles-memes construites. La plupart d'entre elles etaient au depart de simples cabanes, ameliorees peu a peu au cours des ans. Malgre la pauvrete relative de la zone et le nombre eleve d'habitations construites par les familles elles-memes, les enseignants de San Rafael ont estime que 95 % de leurs eleves disposaient de toilettes a la maison. Comme presque

Environnement et sante

a l'ecole

primaire

partout en Amerique latine, on considere !'installation d'un WC. comme tout a fait prioritaire. A l'ecole, il y a l WC. pour les enseignants et 20 pour les eleves. Environ 30 % de ces toilettes sont plus ou moins endommagees mais le reste fonctionne. Sur quelques lavabos, les robinets sont casses, mais ce n'est pas la regle. [eau potable est distribuee par des bornes-fontaines. [approvisionnement en eau est sporadique dans le secteur, mais l'ecole dispose d'un grand chateau d'eau et ne manque done jamais d'eau. Comme le centre de soins se trouve juste a cote, il n'est sans doute pas surprenant qu'on n'ait pas prevu de visites medicales par des medecins ou des infirmieres. Selon le personnel de l'ecole et celui du centre de soins, c'est la malnutrition qui constitue le principal probleme de sante dont souffrent les enfants du quartier. On evoque aussi des problemes d'acuite visuelle et d'audition, qui sont attribues a la malnutrition. Des problemes dentaires dus a la trop grande richesse en sucre d'une alimentation par ailleurs mediocre, sont egalement observes. [ecole n'a pas de programme d'education pour la sante. Comme dans toutes les ecoles de Colombie, l'admission a l'ecole est subordonnee a la production d'un certificat de vaccination. [ecole est egalement typique par sa gestion et son entretien. Certaines fenetres sont brisees, le mobilier est abime et sur les escaliers en pente raide, il y a des marches defoncees. Les pouvoirs publics n'accordent guere de credits pour l'entretien courant de l'ecole. Par contre, les fa~ades sont ornees de peintures murales et a l'interieur, la multiplication des posters et des affiches montre que l'on tient a son ecole et qu'on en prend soin. D'ailleurs, les locaux sont d'une grande proprete. Chaque famille doit verser une somme modique a la fin du trimestre pour couvrir les achats de fournitures. Le complexe scolaire est entoure de hauts murs en beton et l'on ne peut y penetrer que par un portail qui s'ouvre sur un hall place sous surveillance constante (dans les ecoles du centre-ville, le niveau de securite est encore plus eleve, avec des barreaux aux fenetres et une vigilance de tous les instants). [ecole San Rafael n'est ni particulierement novatrice, ni particulierement mauvaise. Elle montre bien, cependant, que les populations qui vivent en marge de la societe

Etudes de cas

urbaine d'Amerique latine tiennent a ce que leurs enfants puissent aller a l'ecole et sont pretes a donner leur temps et leur argent pour leur offrir cette possibilite. l'ecole San Rafael,

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Bogota, est construite sur une pente raide. Les longs escaliers en beton sont particulierement dangereux.

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Etude de cas Des ecoles construites par La population II Kenya

Le Kenya possede nombre des caracteristiques d'autres pays en developpement. Plus de 50 % de la population est agee de moins de 15 ans. Les previsions de croissance demographique indiquent que le nombre d'enfants d'age scolaire va doubler tous les 17 ans. Mais la ou le Kenya se distingue de beaucoup d'autres pays, c'est que plut6t que de considerer cet etat de choses comme un probleme considerable qui doit etre resolu a !'echelon du gouvernement central, les kenyans se tournent vers des methodes traditionnelles qui consistent, pour les communautes, a se prendre elles-memes en charge et a essayer de surmonter les difficultes en partant de la base. Le systeme scolaire officiel du Kenya a ete mis sur pied par les Missions chretiennes vers le milieu du XIXeme siecle. Aux alentours de 1950, les trois-quarts des ecoles etaient tenues par des missionnaires. Des le depart, il avait ere convenu que les collectivites locales donneraient le terrain et les batiments, les missionnaires fournissant des enseignants dument formes ainsi que le materiel pedagogique. Cependant, de nombreuses communautes finirent par exprimer leur mecontentement au sujet de l'enseignement dispense et, comme c'etaient elles qui fournissaient deja les installations scolaires, elle deciderent de rompre avec l'enseignement des missionnaires et de fonder leurs propres etablissements. Pour !'instant, le gouvernement central n'intervient pas dans la construction des ecoles primaires (sauf circonstances exceptionnelles comme la construction d'ecoles destinees aux groupes nomades). Le ministere des travaux publics fournit des plans scolaires types et il existe une reglementation au sujet des materiaux a utiliser et des normes a respecter. A !'evidence, cette reglementation n'est pas strictement imposee car de nombreuses ecoles sont construites en banco et chaume, alors que ces materiaux

Etudes de cas

sont explicitement interdits. Par ailleurs, contrairement a ce qui se passe dans d'autres pays, les ecoles primaires du Kenya ne sont pas edifiees une fois pour toutes; elles passent par tout un processus d'amelioration progressive. Simple hutte de banco et de chaume au depart, une ecole peut tres bien se transformer progressivement en un complexe scolaire constitue de salles de classes en beton recouvertes d'une toiture en tole ondulee. La cle de ce processus d'amelioration reside dans le fait que la population du lieu a le sentiment que l'ecole est son ecole et non celle de l'Etat. Au Kenya, la solidarite est une pratique bien etablie au niveau de la commune, on l'appelle harambi en langue locale, ce qui signifie quelque chose comme "unissons nos efforts". Lorsqu'en 1963 le Kenya a accede a l'independance, ce principe de harambi est devenu l'une des pierres angulaires de la politique de developpement. "Notre devise, le harambi, s'est imposee a notre esprit quand nous avons realise que nous avions une nation a construire. Elle s'est imposee a nous parce que nous savions que pour y parvenir, l'Etat et la population devaient unir leurs efforts. Nous sommes conscients que c'est seulement par l'effort et le labeur que nous pourrons construire un Kenya nouveau et meilleur." Qomo Kenyatta, 1963). Les projets qui participent de l'esprit harambi sont en principe lances, planifies, mis en a:uvre et entretenus par les collectivites locales. De par leur nature meme, ce sont des initiatives peu couteuses qui tirent le meilleur parti possible des ressources locales. Un certain nombre d'etudes ont ete consacrees a cette tradition du harambi. Selon l'une d'elles ''l'une des des du succes de la plupart des projets reside dans la presence d'au moins une personne qui reunit energie, sagesse et dons d'organisateur".0 3 l Lorsqu'un projet harambi apparaH d'importance, comme la construction d'une ecole, la communaute constitue generalement un comite charge de superviser les travaux et de resoudre les problemes qui pourraient surgir par suite de conflits d'interets. En 1968, le gouvernement a decide de donner un statut officiel a ces comites. Un decret du ministere de !'education leur a officiellement reconnu la responsabilite de negocier avec

Environnement et sante

a l'ecole

primaire

les autorites et de collecter des fonds pour la construction et l'entretien des ecoles. Bien qu'au Kenya l'Etat n'ait jamais finance la construction d'ecoles primaires, la plupart des comites disposent desormais de !'infrastructure de base qui leur permet d'assurer aux enfants huit annees d'enseignement. On ne peut pas dire que les batiments, le mobilier et l'entretien soient d'une grande qualite, mais ils surpassent malgre tout ce qui existe dans les pays voisins ou les ecoles sont a la charge de l'Etat. On peut dire que ce sont les conditions suivantes qui ont permis au Kenya d'obtenir ce resultat • la priorite elevee accordee collectivites locales ;

a l'enseignement

par les

• une tradition bien etablie d'entraide communautaire • la politique coherente qui a ete celle des pouvoirs publics depuis l'independance et qui a consiste a donner aux collectivites locales la responsabilite de construire les ecoles et les logements des enseignants, de fournir les equipements scolaires et d'assurer l'entretien ; • pas d'intervention des pouvoir publics dans la conception des locaux, le choix des materiaux et les techniques de construction.

L'une des caracteristiques des ecoles kenyanes construites par La collectivite dans l'esprit harambi reside dans le

fait qu'elles commencent par des batiments simples et peu coGteux utilisant des materiaux locaux (banco sur des murs en clayonnage, toits de chaume et sols en banco) puis s'ameliorent progressivement au cours du temps (murs de briques, toitures metalliques et sols de beton).

Iso

Etudes de cas 1R Une ecole sous un climat chaud et humide : liil Viet Nam

Ninh Hai est une commune agricole de la province de Ninh Binh, a environ 100 km au sud de Hanoi. Cette region connait un climat de mousson typique avec un ete chaud et humide et des temperatures depassant 30 °C, suivi d'un hiver plutot frais et pluvieux. On ferme les ecoles lorsque la temperature tombe au-dessous de 8 oc_ La commune de Ninh Hai compte 5 000 habitants. [effectif de l'ecole primaire est de 700 eleves qui resident dans un rayon de 3 km autour de l'ecole. Les classes sont occupees en alternance par deux groupes successifs. Le complexe scolaire, qui s'etend sur 2 000 m 2 , est entoure d'un cours d'eau, d'etangs, de rizieres et de collines en pente raide. Vue aerienne de l'ecole de Ninh Hai, dans La province de Ninh Binh, au Viet Nam. On peut voir les differentes etapes de La construction. La riviere est visible sur La partie inferieure gauche du dessi n. Les constructions situees derriere le bati ment de 2 etages qui abrite les salles de classe, sont des logements destines au personnel. Le premier batiment sur La droite est une ecole maternelle. Le batiment suivant abrite La cantine et La boutique.

Environnement et sante

a l'ecole

primaire

Ouverte en 1963, l'ecole com porte 13 salles de classe et 25 enseignants pour les deux groupes qui occupent alternativement les locaux (dans certaines ecoles du Viet Nam, notamment dans les zones de montagne, la classe est faite en alternance a trois groupes d'eleves). Les salles de classe sont bien equipees et convenablement eclairees. Grace aux fenetres de grande dimension, on peut faire des courants d'air pendant la saison ou le temps est chaud et humide. La partie la plus ancienne de l'ecole est dotee de portesfenetres equipees de contrevents en bois. On peut ainsi obtenir une bonne aeration au niveau de la position assise des eleves. La partie ancienne de l'ecole primaire de Ninh Hai, dans La province de Ninh Binh, au VietNam, possede de grades portesfenetres

a La

fran~aise.

Elle permettent d'aerer en faisant des courants d'air et assurent un bon eclairage.

I.:ecole ne dispose toutefois pas d'un dispositif d'approvisionnement en eau en etat de marche. Une citerne d'eau de pluie a ete construite en 1994 (grace a des fonds de l'UNICEF) mais elle ne fonctionne pas. I.:eau destinee aux ablutions provient de la riviere avoisinante qui est fortement polluee. Les eleves apportent eux-memes leur eau de boisson. Une petite latrine est situee pres de la riviere. Elle est trop petite pour le nombre d'eleves et tres malodorante. n est tout a fait possible que la riviere soit polluee par des infiltrations provenant de la fosse. Les toilettes qui sont installees dans les locaux du personnel, a l'usage de ce dernier, sont d'une qualite un peu superieure.

ls2

Etudes de cas

Les principaux problemes de sante que connaissent les eleves sont les suivants: trachome (40 %), goitre (23 %) et malnutrition (3 %). Chaque annee, l'equipe du centre de sante de la commune fait passer une visite medicale aux eleves. Cet exemple montre que meme dans une communaute ou un gros effort a ete fait pour creer un environnement scolaire salubre, on n'a pas reussi a trouver une solution satisfaisante pour assurer l'approvisionnement en eau et l' assainissement.

Etudes de cas Ill Des ecoles sous un lliiil Radjasthan {Inde}

climat chaud et sec :

I.:Etat du Radjasthan, dans le nord-ouest de l'Inde, connait le climat caracteristique d'un desert: chaud et sec, avec des variations de temperatures extremes entre la nuit et le jour. La temperature diurne depasse souvent 45 oc mais peut etre inferieure a 10 oc a l'aube. Il existe une saison d'hiver bien marquee (de novembre a fevrier) avec un temps sec, ensoleille et frais. La saison des pluies connait les fortes mais rares precipitations de la mousson et s'etend de la fin juin a la fin septembre. Le Radjasthan compte environ 4 7 millions d'habitants, qui vivent dans 50 000 villages et hameaux. Nombre d'entre eux sont situes tres a l'ecart des routes carrossables. On estime a environ 10 millions le nombre des enfants d'age scolaire (6 a 14 ans). Il y a officiellement environ 37 000 ecoles primaires au Radjasthan. En outre, des milliers de centres educatifs non officiels s'occupent des enfants qui ne peuvent etre scolarises dans le systeme officiel. Une ecole de village

a Siwana

Block, au

Radjasthan (Inde). Elle comporte deux classes minuscules, un grand preau et un mur d'encei nte. IL n'y a ni toilettes ni approvisionnement en eau.

ls4

Etudes de cas

La plupart des ecoles sont construites en pierre ou en beton et component 2 ou 3 salles de classes avec un preau sur un des cotes. Certaines ecoles sont depourvues de salles de classe. D'autres ne disposent, pour toute classe, que d'un simple local de pise. Selon la Cinquieme enquete panindienne sur !'education, plus de 6 000 ecoles ne disposent pas de b:Himents ou n'ont que des batiments en materiaux non durables. Plus de 5 000 communautes sont sans ecole. Au Radjasthan (Inde), on fait souvent La classe a l'exterieur, soit parce que c'est plus confortable, soit parce qu'il n'y a pas de salle de classe.

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Au Radjasthan, la salle de classe type comporte des murs en grosse mac;onnerie perces de petites fenetres protegees. Elle a principalement pour but de preserver les eleves de la chaleur excessive, mais, une grande partie de l'annee, la temperature qui y regne est tres inferieure au seuil de confort. Durant quatre a cinq mois de l'annee, il fait trop froid pour rester assis le matin dans ce genre de classe, en particulier pour un enfant sous-alimente et trop legerement vetu. Aussi, pendant les premieres heures de la journee, fait-on la classe a l'exterieur, au soleil, contre un mur tourne vers l'est ou le sud-est. Au bout d'une heure ou deux, il peut etre plus confortable de s'installer a l'ombre d'un arbre et de la sorte, la classe change de lieu au fil des heures. Vers midi, l'ombre epaisse du preau offre des conditions plus agreables. Pendant cette periode de l'annee, la salle de classe est souvent totalement desertee.

ssl

Environnement et sante

a l'ecole

primaire

Au Radjasthan (Inde) on fait souvent La classe sous le preau.

Par contre, en avril et mai, lorsque le temps devient vraiment chaud, un batiment traditionnel dote d'une epaisse toiture constitue un meilleur environnement que partout ailleurs a l'exterieur. La classe se fait egalement a l'exterieur lorsqu'il pleut. Malheureusement, les ecoles du Radjasthan ont presque toutes des toitures qui prennent l'eau. Il est vrai, cependant que sur presque tout le territoire, il ne pleut que quelques jours par an (de fin octobre au debut juin). A l'interieur, l'eclairage laisse souvent a desirer. Les fenetres sont petites, le preau fait obstacle a la lumiere sur tout un cote du batiment, les volets sont frequemment fermes pour empecher chaleur et poussiere de penetrer et il n'y a que des traces de peinture blanche sur le plafond et les murs. Le mobilier se limite generalement a une table pour le maitre. Les enfants sont assis par terre, sur de fines nattes. Au Radjasthan (Inde) les ecoles primaires rurales ne sont pas equipees de pupitres. Les eleves sont assis par terre, sur de fines nattes.

I

La cour de l'ecole se reduit le plus souvent a une aire poussiereuse, sans dallage, sans equipements recreatifs ni amenagement de l'environnement. Il y a quelquefois un mur d'enceinte, mais ce n'est pas souvent le cas. Plus de

Etudes de cas

la moitie des ecoles ne sont pas approv1s10nnees en eau et la plupart n'ont pas de toilettes. Il n'y pas de service de medecine scolaire au Radjasthan. Cette etude de cas montre que les batiments scolaires classiques du Radjasthan sont de qualite mediocre et qu'ils constituent un environnement qui n'est pas sans risque pour la sante. Enseignants et eleves sont capables de s'accommoder du froid, du mauvais eclairage et des sureffectifs en improvisant des classes a l'exterieur ou dans des locaux semi-ouverts. Quant aux autres insuffisances, notamment le manque d'eau, !'absence de sanitaires et la mediocrite de l'entretien, elles necessitent un changement d'orientation, comme nous le proposons au chapitre 4. Une redefinition des priorites a ete tentee, cependant, dans le cadre du Lok Jumbish Programme for Improvement of Primary Education in Radjasthan (programme d'amelioration de l'enseignement primaire au Radjasthan)_Cl 4l Des comites villageois d'education ont ete constitues et des fonds degages au niveau des villages pour l'entretien et la reparation des ecoles. Entre 1992 et 1996, un programme de R&D en BTP a vocation scolaire a ete lance dans 800 villages. De nombreux architectes et ingenieurs-conseils participent encore a cet effort unique de recherche et de developpement. Le Lok Jumbish Programme, qui met l'accent sur l'entretien et les reparations, la construction de murs d'enceinte et la creation de "jardins d'education" ,Ol commence a influencer le programme general de construction scolaire de l'Etat du Radjasthan_Cl 5l

Etudes de cas

II

Une ecole sous un climat froid : • Hunza, Pakistan

La chaine du Karakoroum s'etend dans le nord du Cachemire. Pendant une grande partie de l'annee, la region est aux prises avec un hiver tres rigoureux (alors que dans le fond de la vallee, la temperature peut depasser 40 oc en ere). La vallee de Hunza, au cocur du Karakoroum, renferme des villages qui sont parfois coupes du reste du monde plusieurs mois de l'annee par la neige et les glaciers. Ces hameaux recules sont tres exposes aux catastrophes, notamment aux seismes, mais aussi aux avalanches, aux coulees de boue et aux incendies. Comme les maisons sont souvent blotties les unes contre les autres pour retenir la chaleur, l'incendie d'une seule d'entre elles peut signifier la destruction de tout le village. Et si d'aventure, l'incendie eclate en plein hiver, toute la population risque de mourir de froid. La disposition radiale des batiments scolaires de La vallee de Hunza (Pakistan) permet aux eleves et au personnel de se deplacer tout en restant abrites. Cette disposition permet egalement d'avoir des classes dont La surface murale exterieure est suffisante pour assurer une bonne ventilation par temps chaud.

La vallee de Hunza n'a ere ouverte a la circulation routiere que vers la fin des annees 70. Elle erait restee jusque la a l'ecart du systeme de sante et du systeme educatif du Pakistan. Lorsqu'on a commence a construire de ecoles et des centres de sante, on a generalement suivi les modeles standard. Con<;;us pour les plaines chaude du Pendjab, les

Iss

Etudes de cas

batiments se sont revdes mal adaptes au froid glacial des hivers de la vallee. En outre, ils n'avaient pas ete prevus non plus pour une zone de sismicite. Se faisant l'echo de ces preoccupations, les services educatifs du Pakistan de l'Aga Khan ont lance un programme visant a aider les communautes a construire de meilleures ecoles en milieu rural. On s'est egalement inquiete du fait que les filles etaient tres peu nombreuses a avoir acces a l'enseignement. Dans le nouveau programme, une plus grande place a ete donnee a !'education des filles et il a ete egalement prevu de creer une institution pour l'enseignement superieur des jeunes filles. Le progran:~.me a commence au debut des annees 80 et nombre de ses premieres eleves sont maintenant employees comme enseignantes ou agents de sante dans la region. Le plan de base utilise par le programme prevoit des constructions modulaires qui peuvent etre adaptees a des villages de differente importance et il permet de tenir compte de leur extension au fil du temps. Les modules sont disposes en etoile autour d'un hall d'entree central. Cela permet aux deves et au personnel de passer d'une salle a l'autre tout en restant a l'abri, mais en meme temps chaque classe possede une surface murale exterieure suffisante pour assurer une bonne ventilation par temps chaud. Les murs des classes sont perces de fenetres relativement petites pour retenir la chaleur, mais on a egalement prevu des lucarnes pour faire entrer le plus possible la lumiere du jour. D'un autre cote, la conception de ces lucarnes en forme de chapeau de cheminee traditionnel empeche la lumiere du soleil d'entrer directement et evite done l'eblouissement. Chaque salle de classe possede un poele a bois de rendement eleve, ce qui permet !'utilisation de la classe pendant les mois les plus froids de l'annee. Chaque enfant doit apporter une contribution de bois pendant cette periode. Les ecoles sont construites en beton arme, les murs etant constitues de plots creux pour amdiorer !'isolation thermique. La toiture est recouverte d'une couche de terre pour accro1tre la masse thermique du batiment, assurer une meilleure isolation et proteger la couche d'etancheite. Le beton est fortement arme de maniere a resister a un

Environnement et sante

a l'ecole primaire

tremblement de terre. D'ailleurs, l'ecole a non seulement pour but d'assurer la securite des eleves en cas de seisme, mais aussi de servir d'abri a la communaute dans l'eventualite d'une catastrophe. Si un seisme ou un incendie se produit, l'ecole a des dimensions suffisantes pour servir de refuge a tous les habitants du village. Les ecoles peuvent egalement etre utilisees pour des reunions et des activites telles que des cours de formation professionnelle ou d'alphabetisation. La structure tres robuste des batiments leur permet d'accueillir ces activites supplementaires et en outre, elles disposent d'un local ferme a de pour l'economat. Les ecoles sont construites par les collectivites locales sous la direction technique de I.:Aga Khan Housing Board of Pakistan (AKHB-P). Generalement, la qualite technique de ce type de construction laisse a desirer, mais l'AKHB-P utilise ces chantiers pour assurer en meme temps une formation professionnelle et veille par consequent a ce que le travail soit d'excellente qualite. Il n'est pas rare de se rendre dans un village recule, a plusieurs heures de trajet de la route goudronnee, de la ligne electrique ou de la ville les plus proches et de tomber sur une magnifique ecole en beton, perchee sur la montagne. Plus d'une centaines d'ecoles de ce genre ont ete construites et le programme se poursuit. Un programme de recherche et developpement est en cours en vue d'essayer de modifier le plan initial des locaux scolaires de maniere a ce qu'il puisse etre fait davantage appel aux materiaux d'origine locale, sans pour autant que les batiments perdent trop de leur resistance aux tremblements de terre. Les sanitaires sont egalement un point faible du plan initial. Pour l'instant, on utilise des toilettes a chasse manuelle mais ce modele est mal adapte au climat car l'eau du siphon peut facilement geler. En outre, les enfants ont l'habitude de s'essuyer avec des pierres qu'ils vont ensuite jeter dans les toilettes, ce qui a pour effet de les boucher. Une organisation similaire, l'Aga Khan Health Services, gere un projet de recherche et developpement qui s'efforce de mettre au point une technique d'assainissement sans eau mieux adaptee au terrain, a la culture locale et au climat.C 16l

Etudes de cas Ill Des ecoles a haute altitude :

lill

L'Altiplano bolivien

I.:Altiplano ou "haute plaine", est un plateau de la cordillere des Andes qui couvre les deux-tiers de la Bolivie et qui s'etend jusqu'au sud du Perou. C'est une region froide, exposee aux vents et depourvue d'arbres, dont l'altitude est comprise entre 3000 et 4000 m. Elle comporte egalement des chaines de montagne aux neiges eternelles qui culminent a plus de 6000 m. A cause de l'altitude et de l'absence de couverture nuageuse, la region connait des variations extremes de temperature avec des maxima diurnes de 25-30 oc et des minima nocturnes qui se situent largement au-dessous de zero. I.:Altiplano est la region de Bolivie la plus densement peuplee. La majorite de la population vit dans de petits villages recules. La plupart des ecoles se composent de batiments simples comportant une ou deux salles de classe dont les murs sont faits de briques crues sechees au soleil ou cuites au four, avec une toiture de t6les ondulees ou de tuiles. Il n'y a pas de poele pour le chauffage, aussi pendant la plus grande partie de la journee, la temperature est-elle beaucoup trop basse pour que le sejour dans la classe soit confortable. Il fait souvent trop froid a l'exterieur, et le vent souffle trop fort, pour permettre une activite sedentaire, meme lorsqu'il y a du soleil. Depuis 1993, le Fonds des Nations Unies pour l'Enfance (UNICEF) a construit 25 ecoles dans les provinces de Bustillo, Ibanez, Charcas, et Bilboa. Elles sont dotees de serres rudimentaires faites de briques crues sechees au soleil, de bois et de feuilles de plastique resistant aux ultraviolets (polyethylene). Chacune de ces serres a une superficie au sol d'environ 40 m 2 Des serres du meme genre ont ete construites pour 192 foyers et villages.Cl7l

6t

I

Environnement et sante

a l'ecole

primaire

Certaines ecoles de ['Altiplano bolivien ont ete dotees de serres rudimentaires de plein champ pour La production de legumes destinees scolaires et

a

La confection des repas

a La vente.

Le but de ces serres est de permettre aux ecoles et aux menages de cultiver des legumes. Certaines d'entre elles fonctionnent tres bien et meme par temps tres froid, il fait bon a l'interieur. 11 est possible de les transformer en salles de classe et meme de les accoler aux batiments scolaires. On pourrait utiliser alternativement la serre ou la salle de classe proprement dite, selon que l'une ou l'autre offre les meilleures conditions de confort et de salubrite. Sous le climat froid, vente et ensoleille de ['Altiplano, une serre permet une temperature interieure plus agreable qu'une salle de classe traditionnelle non chauffee. Aussi, pourquoi ne pas utiliser La serre comme salle de classe ? Cela n'a pas encore ete fait, mais on pourrait meme l'accoler au batiment scolaire.

Pour encourager l'hygiene individuelle chez les eleves, l'UNICEF a pris l'initiative d'un projet pilote consistant a equiper les ecoles de douches avec eau a chauffage solaire. Le batiment des douches abrite souvent aussi des toilettes et des lavabos.

Etudes de cas

Certaines ecoles de ['Altiplano ont ete dotees de sanitaires comportant des douches avec eau

a chauffage

solaire, des toilettes et des Lavabos.

63

~B

Options techniques pour L'assainissement en milieu scolaire

Iassainissement en milieu scolaire a pour principal objectif d'eviter que les eleves et le personnel ne soient exposes a des germes pathogenes. Pour atteindre cet objectif, il faut que soient reunies les conditions suivantes : des installations qui permettent d'eliminer efficacement les dejections humaines ; un approvisionnement permanent en eau ; de l'eau potable; des dispositifs pour le lavage des mains commodes a utiliser ; un bon drainage et un systeme fonctionnel de nettoyage des locaux et d'enlevement des ordures. Toute amelioration materielle doit bien evidemment s'accompagner d'un enseignement de l'hygiene. Tous ces elements, mais tout particulierement la gestion des excreta humains et autres questions relevant des comportements, sont tres largement tributaires du cadre naturel dans lequel se trouve l'ecole, de meme que des traditions culturelles. Des prescriptions a vocation universelle seraient de peu d'interet et rediger un manuel valable en toute circonstance est une tache impossible. On s'agit simplement, dans la presente annexe, d'indiquer quelques principes generaux et de proposer diverses solutions techniques.

Elimination des excreta humains On entend par excreta humains l'urine et les matieres fecales. Ces deux substances ont des proprietes tout a fait differentes. • I.:urine est essentiellement constituee d'eau dans laquelle sont dissous un certain nombre de nutriments. Sur le plan sanitaire, elle ne presente pas veritablement un danger dans la mesure ou elle n'est pas directement rejetee dans les mares, les cours d'eau ou les lacs. En fait, elle peut etre interessante comme engrais. Dans un etablissement scolaire, il est assez facile de se debarrasser

Options techniques pour l'assainissement en milieu scolaire

de l'urine. Elle peut s'infiltrer dans le sol, s'evaporer ou etre recueillie dans un reservoir en vue d'etre ulterieurement utilisee comme engrais apres dilution avec de l'eau. • Les matieres fecales sont constituees d'eau, de fibres cellulosiques et de nutriments. Elles contiennent des bacteries, voire des virus ou des oeufs de parasites. Du point de vue sanitaire, les matieres fecales representent un tres grand danger et dans de nombreux contextes culturels, le nettoyage d'un environnement souille par des matieres fecales ou la manipulation de ces matieres sont a l'origine de tres puissants interdits. Il n'est pas facile de s'en debarrasser et il n'existe pas pour cela de technique peu couteuse ou facile a mettre en oeuvre.

Les ecoles ont trois options de base pour !'evacuation des excrements humains : le stockage, !'evacuation par chasse ou la reutilisation apres assainissement.

Toilettes avec stockage des matieres Les toilettes ou latrines avec stockage des matieres se composent essentiellement d'une fosse de stockage qui permet d'isoler les germes pathogenes presents dans les matieres et d'eviter qu'ils ne se propagent dans l'environnement. Elles sont de trois types: la latrine a fosse autoventilee amelioree, appelee aussi latrine VIP ou LAA, la latrine a fosse classique et la latrine avec separation des urines. Latrine a fosse autoventilee amelioree. Lorsque, compte tenu du lieu, du sol et de la presence d'une nappe phreatique, il est possible de creuser une fosse de 2 a 4 m de profondeur, ce type de latrine constitue une solution eprouvee, robuste et durable. Si elle est convenablement construite et entretenue, elle ne degage pratiquement pas d'odeur et la proliferation des mouches est reduite au minimum. Des variantes de cette latrine sont utilisees en Afrique de l'ouest depuis les annees 40, au moins.0 8l En Afrique orientale et australe, notamment au Zimbabwe, ce modele est utilise depuis les annees 1970. On peut en trouver une description detaillee, dont celle d'un modele a plusieurs fosses destine aux ecoles, dans l'ouvrage de MorganC 19l ainsi que dans un certain nombre de manuels d'assainissement publies au cours des deux dernieres decennies. c20 · 21 · 22 l

Environnement et sante

a L'ecoLe

primaire

+ - - - - Courants d'air

Vue en coupe d'une Latrine

a fosse auto-

protectl;n

Ecran~

n·-1

ventilee amelioree. La tubuLure d'aeration a deux fonctions : tout d'abord, de creer un appeLd~irascendantau

Ventilation

l

niveau de La fosse, qui engendre

a son tour

un

courant descendant

a

travers Le trou de defecation, ce qui eLimine Les odeurs ; ensuite, moyennant La pose d'une grille au sommet de La tubuLure, de faire office de piege

a mouches. (t•J Source: (19). © Ministere de Ia sante du Zimbabwe.

Le principal inconvenient de cette latrine est qu'elle represente un investissement important au depart. Beaucoup de communautes demunies se plaignent de ne pas avoir les moyens de doter leurs ecoles de ce type de latrine. Latrine a fosse traditionnelle. Cette latrine constitue une alternative bon marche au modele precedent. Elle est assez facile a construire, pour peu que le lieu, la nature du sol et la situation de la nappe phreatique s'y pretent. Son fonctionnement est facile a comprendre et de meme que la latrine autoventilee amelioree, elle peut continuer a fonctionner meme lorsqu'elle est tres mal utilisee. Son principal inconvenient est de degager de mauvaises odeurs et d'attirer generalement une importante quantite de mouches.

Vue en coupe d'une Latrine

a fosse tradi-

tionneLLe avec son siege.

Options techniques pour l'assainissement en milieu scolaire

Latrine avec separation des urines. En apportant quelques modifications au dessin de la latrine et en obtenant des usagers qu'ils changent de comportement, on peut eliminer - ou du moins fortement reduire - les deux inconvenients que l'on vient d'evoquer a propos des latrines traditionnelles. Une bacterie presente dans les matH~res fecales, Micrococcus ureae, est capable, grace a l'une de ses enzymes, !'urease, de decomposer l'uree en ammoniac et en dioxyde de carbone. C'est cette reaction qui est responsable de la mauvaise odeur degagee par les melanges d'urine et de matieres fecales. II s'agit done de modifier la latrine pour que les mines et les matieres fecales restent separees. Ce type de latrine est tres bien adapte aux regions de climat assez sec et ou l'on n'utilise pas d'eau pour le nettoyage anal (car la fosse doit rester seche).

Des latrines a fosse avec derivation de l'urine ont recemment ete mises au point en El Salvador.C23> La fosse et la superstructure sont les memes que pour une latrine ordinaire. La difference reside dans le dessin de la dalle a la turque, du siege ou de la cuvette qui sont conr,:us pour recueillir les urines separement et les evacuer dans un puits perdu. La ou l'on utilise ce type de latrine, il faut prevoir un nombre suffisant d'urinoirs, aussi bien pour les filles que pour les garr,:ons. Une latrine a fosse traditionnelle fonctionne beaucoup mieux si l'urine et les matiE!res fecales sont traitees separement. La fosse doit rester seche et on y ajoute de temps en temps de La centre ou de La terre. On peut recueillir l'urine dans un pot ou La laisser s'infiltrer dans le sol.< 23 >

Environnement et sante

a l'ecole primaire

Une dalle

a La turque

avec un dispositif pour La derivation des urines. Les matieres fecales tombent dans le trou de defecation tandis que ['urine est recueillie dans le receptacle creuse juste devant et evacuee dans un recipient ou un puits perdu.

Pour reduire la proliferation des mouches, il faut ajouter un materiau sec (cendre, terre, cosses, balayures de la cour etc.) a la fin de chaque journee d'utilisation.

Latrines

a chasse

Une latrine a chasse est un dispositif qui permet de melanger les urines et les matieres fecales avec de l'eau. I.:eau est utilisee pour transporter les dejections dans une canalisation qui debouche dans une fosse septique a demeure, un lac, un cours d'eau ou la mer, par l'intermediaire du reseau d'egouts municipal. Un siphon empeche les odeurs de remonter le long de la canalisation. W.C. Les ecoles des pays en developpement sont rarement reliees a un reseau d'egouts municipal. Il n'y a en general pas assez d'eau pour que des WC. Relies a l'egout puissent fonctionner, ni d'ailleurs les fonds suffisants pour leur utilisation et leur entretien. Cette option ne serait done pas realiste dans la plupart des situations decrites ici.

Un W.C. est essentiellement un dispositif qui melange les urines et les matieres fecales avec de l'eau.

Options techniques pour L'assainissement en milieu scolaire

Latrine a chasse d'eau manuelle. Dans les communautes ou l'on utilise traditionnellement de l'eau pour le nettoyage anal, on peut envisager un systeme avec chasse d'eau manuelle. Comme ce dispositif est dote d'un siphon, il n'y a ni odeur, ni mouchesY 0 ·22 ·24l Latrines

a chasse d'eau

manuelle comportant une double fosse (les canalisations et Les fosses doivent encore etre enterrees). (20 >

Culotte en Y ~~~~fl'.:.:.t.,......---avec une pierre bloquant une des branches

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fosse utilisee

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Latrines avec reutilisation des excreta apres assainissement Il s'agit d'un dispositif qui a pour principe la reutilisation des urines ou des matieres fecales comme engrais ou conditionneur de sol, apres destruction des germes pathogenes. Cette destruction s'opere par deshydratation ou decomposition (compostage)_C2 5 l Dans la plupart de ces systemes, les urines et les matieres fecales sont traitees separement. Le systeme optimal est celui dans lequel les deux types de dejections ne se melangent jamais. Pour obtenir ce resultat, on modifie de maniere appropriee les dalles a la turque ou les cuvettes (voir plus haut sous latrine avec separation des urines). On trouvera dans l'ouvrage de Winblad et Kilama d'autres exemples de

Environnement et sante

a l'ecole

primaire

latrines ou de toilettes conr;ues pour permettre la separation des urines et des matieres fecales.< 20l Lorsque les urines sont recueillies separement, elles restent relativement steriles et peuvent etre souvent utilisees comme engrais sans traitement ulterieur. Jusqu'ici, on n'a pas experimente de far;on systematique les latrines a deshydratation ou a decomposition en milieu scolaire. Quoi qu'il en soit, il s'agit d'une technologic simple qui peut etre assez bon marche. D'un autre cote, il s'agit d'un type de latrine qui risque d'etre mal utilise, aussi est-il preferable de reserver ce systeme a des etablissements ou l'on peut esperer qu'il sera utilise a bon escient. Les latrines seches avec reutilisation des excreta sont a envisager essentiellement pour le cas ou les conditions locales excluent tout autre systeme : par exemple, si le sol est tellement rocheux qu'on ne peut pas creuser de fosse ; si la nappe phreatique est trop proche de la surface ; s'il y a des crues saisonnieres ou encore si l'environnement est si fragile qu'aucune decharge dans le sol ou les nappes souterraines ne peut etre admise. Latrine a deshydratation. La latrine vietnamienne a deshydratation est constituee d'un caisson a deux compartiments pose sur le sol. Les urines sont recueillies separement dans un vase ou on les conserve en attendant de s'en servir comme engrais. Les matieres fecales tombent dans l'un des compartiments (l'autre restant ferme). Le papier utilise pour le nettoyage anal est jete dans un seau en metal et brule. La latrine vietnamienne

a deshydratation est constituee d'un caisson

a deux compartiments avec systeme a La turque comportant deux trous et un dispositif pour le recueil des urines. Cette latrine ne comporte aucune partie enterree. <20 >

Options techniques pour l'assainissement en milieu scolaire

Apres s'etre exonere, l'usager jette de la cendre, de la chaux ou de la terre sur les matieres fecales. Lorsque le compartiment est presque plein, on le remplit de terre et on bouche le trou de defecation avec de la boue. C'est ensuite le deuxieme compartiment qui est utilise. Lorsque ce dernier est a son tour presque plein, on rouvre le premier et on le vide. La deshydratation tue les germes pathogenes presents dans les matieres fecales et permet de les utiliser sans risque comme engrais et conditionneur de sol. czoJ Latrine a compostage. La latrine a compostage dont le modele est decrit ci-dessous a ete mis au point par Greenpeace, une organisation ecologiste, pour tenter de proteger le milieu naturel fragile des Iles du Pacifique. Il s'agit d'une latrine a un seul compartiment doublee d'une serre pour !'evapotranspiration de l'urine et de l'eau. Un filet de peche en nylon, suspendu a des crochets fixes a la paroi du compartiment, permet de separer les liquides des matieres solides. Une natte faite de palmes tressees est disposee sur le filet pour retenir les matieres solides. Parfois, on accroche aussi au filet des bandes de polyester obtenues en dechirant de vieux vetements. Ces bandes se comportent comme des meches dans lesquels le liquide monte et vient s'evaporer plus facilement au contact du courant d'air cree par la grosse tubulure de ventilation.C 26 ·27l Latrine

a compostage a

systeme d'evapotranspiration installee dans l'ile de Yap, en Micronesie, par La Yap Community Action Agency d'apres un modele con.;:u par le Centre for Clean Development. Elle est desti nee aux ecoles maternelles de l'ile principale et de deux atolls.

nl

Environnement et sante

a l'ecole

primaire

Latrines

a usage temporaire

En situation d'urgence ou apres une catastrophe, les latrines et les toilettes existantes peuvent devenir tout a coup inutilisables. ll se peut aussi que des evenements particuliers obligent l'ecole a disposer de toilettes supplementaires pendant quelques jours. Lorsque le temps est sec, on peut utiliser des feuillees, c'est-a-dire des tranchees de faible profondeur. Clsl Par temps humide, on peut envisager des tinettes avec separation de l'urine. Ce dispositif produit moins d'odeurs, il est plus facile a manipuler et necessite des vidanges moins frequentes que des tinettes traditionnelles (avec melange des urines et des matieres fecales). Feuillee temporaire

a

utiliser dans les situations d'urgence ou en cas de besoins supplementaires. La profondeur est d'environ 30 em. L'usager recouvre ses selles d'une pelletee de terre. Ce systeme est plus facile

a mettre en

ceuvre qu'une latrine classique en tranchee profonde et chaque usager peut se soulager dans un endroit propre. Deposes dans La couche superficielle du sol, les excreta se decomposent rapidement. ('Bl

Urinoirs Les toilettes et les latrines sont utilisees a la fois pour uriner et defequer, mais les ecoles ont de bonnes raisons d'installer des urinoirs. Traditionnellement, les urinoirs sont reserves aux garc;ons mais ils peuvent etre aussi bien utilises par les filles. Si on installe des urinoirs, on aura besoin de moins de toilettes. Un bon urinoir coute moins cher a construire et a entretenir qu'une latrine de qualite

172

Options techniques pour l'assainissement en milieu scolaire

comparable. Comme on l'a deja dit, la separation des mines et des matieres fecales permet de reduire les odeurs. Urinoir a compostage. Sous sa forme la plus simple, un urinoir se compose d'une enceinte entourant un sol dalle, avec une fosse ou une tranchee de faible profondeur remplie d'un melanges de matieres organiques seches (feuilles, herbes et compost). La fosse ou la tranchee ne doivent pas avoir plus de 50 a 60 em de profondeur. Une fois par semaine, il faut enlever ces matieres imbibees d'urine et les deposer sur le tas de compost, puis remplir a nouveau la tranchee avec des matieres seches. On trouvera dans l'ouvrage de Patel, la description detaillee d'un urinoir a compostage un peu plus elabore - et sans odeur.< 29 J Urinoir

a compostage

destine aux personnes qui s'accroupissent pour uriner.

Combien faut-il d'urinoirs et de toilettes ? Dans de nombreux pays, il existe des recommandations relatives a la proportion de toilettes et d'urinoirs en fonction de la population scolaire. Les chiffres peuvent etre extremement differents. En Thailande, par exemple, on compte 3 toilettes pour 100 eleves, alors qu'au Viet Nam, il n'y a qu'une latrine pour 100 a 200 eleves. Ces importantes variations s'expliquent par les differences de climat, de regime alimentaire, d'horaires scolaires, de distance entre l'ecole et la maison etc. Il est done sans interet de proposer des normes universelles.

nl

Environnement et sante

a L'ecole primaire

Une citerne d'eau de pluie en ferrociment dans une ecole du Kenya.

Transport de L'eau dans une ecole du Radjasthan (In de).

L'approvisionnement en eau Une ecole primaire a besoin d'eau pour le nettoyage general, !'hygiene individuelle, les we.' les toilettes a chasse d'eau manuelle et l'arrosage des plantes. En outre, il faut que le personnel et les eleves puissent disposer d'eau potable pour la boisson. rideal serait que l'ecole puisse disposer en propre d'un systeme fiable d'approvisionnement en eau. ll pourrait s'agir d'un branchement au reseau municipal de distribution, d'une alimentation par une source naturelle, d'eau obtenue par pompage dans un etang, un forage ou un puits, ou encore d'eau de pluie recueillie dans une citerne.

Options techniques pour L'assainissement en milieu scolaire

Tant que l'ecole ne dispose pas de son propre systeme d'alimentation, l'eau doit etre amenee jusqu'a l'ecole, soit au moyen d'un vehicule, soit dans des bouteilles ou des bidons portes par le personnel et les eleves. Il y a trop de situations et d'options diverses pour qu'on puisse aborder utilement la question dans cet ouvrage, mais les illustrations montrent neanmoins quelques exemples utiles. Vue en coupe d'un puits de faible profondeur avec son seau et sa poulie.

Dispositifs pour Le Lavage des mains On peut organiser le lavage des mains de bien des manieres et sans depense importante, meme, s'il n'y a pas d'adduction d'eau. Les illustrations ci-dessous en montrent quelques exemples. Dans Le cadre d'un programme de promotion de L'hygiene scolaire au Botswana, chaque classe est dotee d'un broc, d'une cuvette et d'une sa von nette.

Environnement et sante

a l'ecole primaire

Le mukombe est un dispositif simple pour le lavage des mains qui permet d'economiser l'eau. Il est utilise en Zambie et au Zimbabwe. On le confectionne avec le fruit d'une plante autochtone. Apres avoir vide le fruit, on introduit un bouchon de bois dans ['orifice du col. Il faut faire une entaille dans le bouchon pour qu'un peu d'eau puisse passer lorsqu'on incline le mukombe. Pour une description detaillee, se reporter Source: (19). © Ministere de lo sante du Zimbabwe.

a

c

l'ouvrage de Morgan.(">

Au Zimbabwe, certaines ecoles disposent d'un systeme de lavage des mains qui consiste en une citerne ouverte munie de robinets. On remplit La citerne avec de l'eau que les eleves ont apportee de chez eux. A La fin de La semaine, le restant d'eau est utilise pour arroser le jardin de l'ecole. (pendant le week-end, La citerne est

a sec, de

sorte qu'il n'y a ni proliferation de moustiques ni developpement d'algues).

Options techniques pour l'assainissement en milieu scolaire

Dans les regions ou sevit le trachome, il faut developper les installations de lavage pour que tous les eleves puissent se laver le visage quotidiennement. Toutefois, il ne faut pas distribuer de serviettes car elles risqueraient de faciliter la propagation de la maladie. Une double rangee de lavabos abrites dans une ecole de Thallande. Les lavabos et les robinets d'une des rangees sont installes plus bas pour en faciliter ['utilisation par les petits.

De l' eau de boisson potable Dans les pays en developpement, les eleves apportent parfois leur propre bidon d'eau a l'ecole. Toutefois, certains pays ont fixe des normes minimales pour la fourniture d'eau potable aux eleves des ecoles. Au Viet Nam, par exemple, chaque ecole est censee fournir 0,33 litre d'eau bouillie par jour et par eleve en ete et 0, l litre en hiver. Une gardienne livre l'eau de consommation a une ecole du Radjasthan (Inde).

nl

Environnement et sante

a L'ecole

primaire

Certaines ecoles font bouillir l'eau par precaution. On peut faire des economies de combustible en utilisant un poele a rendement energetique eleve. Micuta en donne des exemples dans son ouvrage.(3o) Un poele scolaire pour faire bouillir L'eau avec un bon rendement energeti que. <32 l Source : (32). © Fondation de Bellerive, Suisse.

On peut egalement desinfecter l'eau en utilisant le rayonnement ultraviolet. Sous sa forme la plus simple, ce procede consiste a verser l'eau dans des recipients transparents, par exemple dans des sacs de plastique, que l'on expose ensuite au soleil pendant plusieurs heures. Une autre methode consiste a faire passer un courant d'eau dans un reflecteur solaire. La desinfection resulte de l'action combinee du rayonnement ultraviolet et de la temperature elevee.OU

Drainage. Il s'agit d'une question importante en rapport avec !'alimentation en eau et avec son utilisation. Les eaux stagnantes qui subsistent autour des points d'eau doivent etre drainees vers les parterres de fleurs, les bananiers ou vers un fosse de drainage rempli de cailloux. c2 o) Une corbeille suspendue

a papier cadre de

a un

bois dans une ecole pri mai re de La pro vi nee de Chachoengsao (Thai'Lande).

hs

Options techniques pour L'assainissement en milieu scolaire

Elimination des dechets solides Les ecoles produisent des dechets constitues de papier, de carton et de plastique qu'il faut ensuite ramasser et eliminer. ll faut installer pour cela des poubelles dans les salles de classe. Cependant, il se peut qu'il n'y ait pas de systeme organise d'enlevement des ordures dans la communaute. En pareilles circonstances, on peut soit enfouir les papiers dans le sol, soit les bruler dans un incinerateur confectionne a l'aide d'un fut de petrole. Les matieres organiques peuvent etre compostees, par exemple dans de grands anneaux de ciment, et utilisees ensuite comme engrais pour les arbres et les plantes de l'ecole. Le ministere thailandais de la sante est en train d'experimenter un systeme de separation des dechets scolaires en dotant chaque ecole de trois conteneurs: un premier conteneur pour les dechets organiques, un deuxieme pour les dechets non organiques et un troisieme pour le papier.

Bacs

a compostage dans

une ecole primaire de La province de Chachoengsao (Thailande).

~(

Comment faire un etat des Lieux et etablir un plan d'action

n est

evident qu'en matiere d'entretien, les besoins varient enormement d'une ecole a l'autre en fonction du lieu, des materiaux, des ressources disponibles, etc. Mais on peut tout de meme degager quelques principes generaux. allouer des fonds pour l'entretien et les reparations. En regle generale, les depenses d'entretien sur une periode de 20 ans devraient etre sensiblement egales au cout initial de la construction. Il faut decider d'un commun accord avec toutes les parties concernees qui sera responsable de quoi. On peut faire participer les enfants. faut pas laisser la situation trop se degrader avant d'intervenir.

• n faut

•

• n ne

• n faut

d'ores et deja etablir un programme d'entretien et decider de sa periodicite : par exemple, les deves apporteront de l'eau tous les jours ; un nettoyage general du groupe scolaire sera effectue chaque semaine les parents feront du jardinage a differentes periodes etc.

C'est l'etat des lieux et le plan d'action annuels qui seront le moteur des activites d'entretien. Ce sera une occasion pour: • • • • reunir tous ceux qui s'interessent a l'ecole raviver l'enthousiasme pour les taches quotidiennes si celui-ci commence a flancher ; verifier si rien n'a ete oublie ; recenser les obstacles aux ameliorations, qu'ils soient financiers, organisationnels ou materiels.

Chaque ecole a des besoins qui lui sont propres, mais il y a tout de meme des preoccupations d'ordre general. Les points suivants pourront etre utiles pour faire un bilan initial.

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Comment faire un etat des lieux et etablir un plan d'action

Le perimetre scolaire. Offre-t-il toutes les garanties de securite ? Le mur d'enceinte ou le portail doivent-ils etre repares ? Y a-t-il des recoins negliges ou mal utilises ? Peut-on creer des parterres de fleurs, planter des arbres ou amenager un potager ? Existe-t-il des equipements de jeu ? Si oui, necessitent-ils des reparations ? S'il n'y en a pas, a-t-on la possibilite d'en acquerir ? Les surfaces en dur sont-elles sans danger ? Les escaliers sont-ils dangereux et le ciment presente-t-il des fissures ou des trous ? I.:environnement est-il propre ? Les enfants participent-ils activement au nettoyage ? Les batiments scolaires. Le gros ocuvre est-il en bon etat ? Le toit est-il etanche ? Y a-t-il des fenetres et des portes cassees ? Manque-t-il des rampes d'escalier ou sont-elles cassees ? Les sols sont-ils sees et peut-on les tenir propres ? y a-t-il des endroits a badigeonner ? Equipement. Faut-il repeindre les tableaux ? Les pupitres et les sieges presentent-ils un danger ? Eau de boisson. Existe-t-il un approvisionnement suffisant en eau de boisson ? Dans la negative, que peut-on faire pour y remedier ? Si l'on conserve de l'eau dans les locaux de l'ecole, est-elle a l'abri d'une contamination eventuelle ? Les enfant peuvent-ils puiser librement de l'eau sans la souiller ? Dispositifs pour le lavage des mains. Existe-t-il un dispositif approprie pour le lavage des mains ? I.:approvisionnement en eau est-il regulier ? Si ce n'est pas le cas, peut-on conserver de l'eau sur place ? Est-ce que tous les robinets fonctionnent ? Est-ce qu'il y a gaspillage de l'eau ? Le dispositif pour le lavage des mains est-il convenablement place par rapport aux toilettes ? Les petits y ont-ils facilement acces ? Y a-t-il du savon ? Dans la negative, que peut-on faire pour en mettre ou trouver quelque chose pour le remplacer ? Rappelle-t-on constamment aux enfants qu'ils doivent se laver les mains ? Le personnel se lave-t-il les mains et peut-on le voir en train de le faire ? Assainissement. Existe-t-il des toilettes, latrines ou urinoirs ? Sont-ils en nombre suffisant ? Sont-ils propres ? Degagent-ils de mauvaises odeurs ? Sont-ils tous en etat de fonctionner ? Peut-on les utiliser par tous les temps ? Qui est responsable de leur installation ? Qui est responsable

st I

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primaire

de leur entretien ? Qui est responsable de leur nettoyage ? Si on utilise du papier hygienique, est-il en quantite suffisante et qui est charge de le fournir ? Si on utilise de l'eau pour le nettoyage intime, y en a-t-il en quantite suffisante et qui est charge de la fournir ? Comment les enfants se comportent-ils avec les toilettes ? Hesitent-ils a les utiliser a cause de l'odeur, de la malproprete ou par suite du manque d'intimite ? Dechets. Qui est responsable de la proprete des salles de classe et du complexe scolaire ? Ou les dechets sont-ils stockes ? Sont-ils places dans des conteneurs adequats et proteges de la vermine ? Y a-t-il un enlevement regulier ? Si tel n'est pas le cas, qui s'en charge ?

Toutes ces questions n'auront guere d'utilite si on n'y donne pas suite. Dans certains cas, cela peut consister a mobiliser des membres importants de !'association parents-enseignants pour qu'ils exercent une pression politique sur les elus locaux, par exemple afin d'obtenir un meilleur approvisionnement en eau ou un enlevement plus regulier des ordures. Dans d'autres cas, ce sera !'organisation d'une journee de travail collectif au cours de laquelle parents, membres du personnel et Cleves procederont a des reparations, a des nettoyages ou a des constructions. Quelquefois, il faudra prevoir d'autres "corvees" quotidiennes telles que le nettoyage (a tour de role) du perimetre scolaire et des toilettes. Toutes les decisions concernant des actions a entreprendre doivent etre consignees. rannee suivante, on controlera dans queUe mesure les decisions prises en fonction de l'etat des lieux et du plan d'action de l'annee precedente ont ete mises en ceuvre. Les autorites locales et nationales doivent faire en sorte que l'entretien et les reparations soient confies a l'organisme le plus competent. La plupart des travaux d'entretien et une grande partie des reparations sont minimes et ne necessitent pas !'intervention d'ingenieurs et de main-d'oeuvre specialisee. Le ministere de l'education peut disposer d'un service charge des petits travaux qui prendra en charge l'entretien courant et s'adresser au ministere des travaux publics lorsqu'il est necessaire d'intervenir sur le gros ceuvre. On pourra de la sorte preserver les ressources globales.

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Index

Adduction d'eau ............................................................ vii,2,36, 75 Afghanistan .............................................................................. 11 Afrique australe .................................................................... 25,65 Afrique de l'Ouest ............................................................ 4, 7,12,65 Afrique, orientale .................................................................. 25,65 Amerique centrale .................................................................... 6, 7 Amerique latine ............................................................ 3,44,46,47 Approvisionnement en eau vii,2,37 ,38,39,41,46,52,53,54,64,74,81,82 Asie du sud-est ......................................................................... 23 Assainissement ..... ii,vii,3, 12, 16,33,36,37 ,38,41,42,53,60,64,65,69 ,81 Bangladesh .......................................................................... 14,31 Bolivie Altiplano ...................................................................... ii,61,63 Botswana ................................................................................. 75 Bruit ................................................................................... 18,32 Climat .......................... i, ii,3,6, 7,8,27 ,28,29,31,51,54,58,60,62,67, 73 Colombie ............................................................... i,iii, 12,44,45,46 Bogota ......................................................................... i,44,47 Construction ...... vi,vii,viii, 1,3,4, 14, 15, 18, 19,20,28,32,33,36,37 ,38,40, 44,48,49 ,50,51,57 ,59 ,60,80,82 Costa Rica ............................................................................ iii,v,6 Dechets .......................................................................... 34,79,82 medicaux ............................................................................ 10 solides ................................................................................ 79 Defecation ...................................................................... 66,68, 71 Drainage ......................................................................... 27 ,64, 78 Eau .... 2,4,5, 10, 12, 16,17 ,20,25,26,33,40,41,42,43,46,51,52,56,57 ,60, 64,65,67 ,68,69' 71,7 4, 76,77' 78,80,81 de boisson ............................................................. 26,52,77,81 chauffage solaire .............................................................. 62,63 contaminee ................................................................ 17,25,41 et assainissement ................................................. vii,3,36,38,41 potable ............................................ vii,21,24,25,39,46,64, 74,77 Ecole en tant qu'organisme vivant ............................................... 37 EL Salvador ............................................................................... 67 Eclairage ........................................... vi,16,18,27,29,30,37,52,56,57

Index

Enceinte ................................................... 24,42,45,54,56,57,73,81 Engagement et motivation .......................................................... 22 Equateur .................................................................................... 4 Etat des lieux et plan d'action annuels .................................. ii,80,82 Excreta ....................................................................... 64,69,70,72 Fonctionnement et entretien .................................................. viii,36 Gambie ........................................................................ 5,11,29,30 Banjul ............................................................................. 5,11 Inde ............................................. i,iii,6,7,8,9,32,41,54,55,56,74,77 Madras .......................................................................... i,41,42 Radjasthan ................................... i,6,7,8,9,32,54,55,56,57,74,77 Kenya ................................................................ i,9,28,48,49,50,74 Province de Nyanza ........................................................... 9,28 Lavage des mains .............................. 17,26,27,37 ,39,41,64,75,76,81 Matieres fecales ................... 16,17 ,21,24,64,65,67,68,69, 70, 71, 72,73 Microclimat ..................................................................... 16,17,40 Mobilier ............................................................. 16,19,33,46,50,56 Modele ........................................ 3,4, 7, 11, 13, 15,25,28,60,65,66, 71 classique ou standard .................................... vii,3,7,15,20,23,58 Nettoyage ...................... vii, 12,35,40,42,64,65,67 ,69, 70, 74,80,81,82 Ordures ........................................................................... 10,17,21 dangereuses ........................................................................ 20 ramassagejenlevement des orduresjdechets ....... 20,34,37,64,7Q,82 Pakistan Hunza (Karakorum) ............................................................ ii,58 Parents association enseignants-parents ............................................. 39 "meres communautaires" ....................................................... 12 Plantes et arbres ............................................ 10,32,40,61,74,79,81 Problemes de sante accidents ..................................................................... 8,19,20 affections respiratoires chroniques ......................................... 18 ankylostomes ....................................................................... 19 asthme ............................................................................ vi,18 bilharziose .......................................................................... 17 cancers ............................................................................... 18 dengue ............................................................................... 17 fatigue oculaire ................................................................... 18 goitre ................................................................................. 53 infections respiratoires aigues ............................................ vi, 18 infections urinaires .............................................................. 19 maladies gastro-intestinales ................................................... vi maladies infectieuses ............................................................ 16

Environnement et sante

a l'ecole

primaire

malnutrition .................................................................... 46,53 mauvaise alimentation ........................................................... vi maux de tete ....................................................................... 18 paludisme ........................................................................ 9,17 infections respiratoires ........................................................ v,vi stress thermique .................................................................. 18 trachome .................................................................... vi,53,77 vers parasites ...................................................................... 16 virus et bacteries presents dans L'air ....................................... 18 Protection contre Les intemperies ................................... vii,19,31,32 Qualite de L'air interieurjpollution ........................................... 16,18 Schema .................................................................................... 17 Serres .................................................................................. 61,62 Solidarite au niveau de La commune ............................................. 49 Harambi .......................................................................... 49,50 Structures contr6le de securite .............................................................. 32 dangereuses ............................................. 10, 11, 16, 19,32,35,40 entretien ........... 1,3, 7, 10, 15,24,33,34,39,42,46,49,50,57,80,81,82 securite ........................................................ vii,19,24,32,33,81 Tadjikistan ................................................................................. 5 Temperature ............................ 17, 18,31,32,44,51,54,55,58,61,62, 78 Thailande ........................................................................... iii,v, 73 Province de Chachoengsao ................................................. 78,79 Toilettes ou Latrines .. 2, 10, 12, 14, 16,21,34,39,42,52,57,62,63, 73,81,82 a chasse ................................................................ 68,69,17,67 a chasse d'eau manuelle ............................................... 60,69,74

a deshydratation ······················· ....................... ········· ........... 70 a fosse ....................................................................... 12,33,70 afosse autoventilee amelioree .................................. 17,25,65,66

a compostage ······································································ 71

a fosse tradition neUe ................................................... 17,66,67 a usage temporaire ······························································· 72 avec reutilisation des excreta apres assainissement .......... 65,69,70 avec separation des urines ..................................................... 67 avec stockage des matieres .................................................... 65 evacuation par chasse ........................................................... 65 we ............................................................................ 46,68,74 Union sovetique (ancienne) .......................................................... 4 Urine ............................................... 16,64,65,67,68,69, 70, 71, 72,73 separation/derivation des urines ...................... 67 ,68,69,70,72,73 Urinoirs ...................................................................... 39,67, 72,81

a compostage ······································································ 73

Index

VietNam ......................................... i,iii,14,25,26,29,34,51,52,73,77 Province de Ninh Binh ................................................. 29,51,52 Zambie ............................................................................. 8,28,76 District de Petauke ................................................................. 8 Province orientale ................................................................ 28 Zimbabwe ................................................................... 25,65,66,76

9s

I

Voila 50 ans ou davantage que l'on produit des quantites de manuels qui enumerent tous les details a respecter sur le plan environnemental lors de La conception des locaux scolaires. Et malgre cela, on continue a construire des ecoles dans Les environnements sans hygiene. Il faut done repenser l'environnement de l'ecole et se demander ce qui le conditionne. Ce qui est propose ici, c'est un recentrage selon quatre axes. • ne plus penser seulement batiments, mais commodites, en particulier en ce qui concerne l'adduction d'eau et l'assainissement; • ne plus penser seulement salles de classes, mais environnement dans son ensemble; • ne plus penser seulement architecture et construction, mais fonctionnement et entretien; • ne plus penser seulement reglementation, mais motivation et responsabilite. Le present ouvrage se propose done: • de mieux faire percevoir et comprendre les consequences que l'environnement de l'ecole peut avoir sur La sante enfants; • de faire considerer que La creation d'un environnement scolaire favorable a La sante au niveau du primaire merite une plus grande priorite; • de definir les secteurs ou il est possible d'intervenir et d'indiquer ce que L'on peut faire et de queUe maniere, dans des conditions particulierement difficiles et avec de fortes contraintes budgetaires.

Uno Winblad et Eric Dudley sont deux architectes qui ant une vaste experience de La conception des ecoles, de La creation d'environnements scolaires javorables a La sante et des questions d'approvisionnement en eau et d'assainissement.

Основные сведения
Тип документа Technical Documents
Дата принятия
Источник Всемирная организация здравоохранения