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Allocution du Dr KIM Dae-jung, ancien président de la république de Corée : Genève, mardi 18 mai 2004

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ORGANISATION MONDIALE DE LA SANTE CINQUANTE-SEPTIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE Point 4 de l’ordre du jour A57/DIV/7 21 mai 2004

Allocution du Dr KIM Dae-jung, ancien Président de la République de Corée Genève, mardi 18 mai 2004

Les soins de santé et la lutte contre la pauvreté – prémices du bonheur pour l’humanité Monsieur le Président, Monsieur le Directeur général, Mesdames et Messieurs les Ministres de la Santé, Mesdames et Messieurs, C’est un honneur pour moi que d’avoir été invité à prononcer une allocution devant cette illustre assemblée et je vous en remercie. Depuis sa création en 1948, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) incarne l’espoir de l’humanité. Même lorsque le monde était divisé sur le plan idéologique et politique, l’OMS a joué un rôle capital en rassemblant la communauté internationale autour d’un objectif commun : celui d’améliorer la santé de tous les habitants du globe. L’OMS a, en particulier, apporté une aide précieuse au peuple coréen après la guerre de Corée, qui avait laissé le pays entièrement détruit et dans un état d’extrême pauvreté. C’est donc aussi au nom du peuple coréen que je tiens à exprimer ma plus profonde gratitude à votre Organisation. Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs, Les progrès rapides des connaissances et de la technologie ont contribué à rendre l’humanité plus prospère. La mondialisation offre par ailleurs de nombreuses possibilités à toutes les entreprises humaines. Malheureusement, ce développement n’a pas toujours été également profitable à tous les pays ou à tous les groupes de population. Le fossé entre les riches et les pauvres n’a fait que se creuser. Selon des statistiques récentes de la Banque mondiale, 1,2 milliard d’habitants du globe vivent avec moins d’un dollar par jour. En Afrique subsaharienne et en Amérique latine, le nombre de pauvres a augmenté de façon accélérée depuis les années 90. Grâce à vos efforts, des progrès importants ont été enregistrés dans le secteur de la santé. L’espérance de vie globale a augmenté et nous sommes maintenant capables de maîtriser beaucoup plus de maladies. Mais ces succès ne concernent que les pays les plus développés. Une grande partie de la population mondiale est encore en grande partie privée des fruits de ces avancées.

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Divers indicateurs témoignent de ces inégalités. La différence entre l’espérance de vie des pays développés et celle des pays moins avancés est supérieure à 20 ans. Mais le plus triste, c’est que ce sont les plus vulnérables socialement, et notamment les enfants, qui souffrent le plus. Selon l’OMS, environ 10 millions d’enfants de moins de cinq ans sont morts en 2002, ce qui représente 20 % des 57 millions de personnes décédées cette année-là ; 98 % de ces enfants vivaient dans des pays en développement. Or les ressources humaines sont le principal moteur du développement de beaucoup de ces pays. Voir souffrir nos enfants, c’est aussi voir s’évanouir les espoirs et les rêves de nos familles, de la société et de tout un pays. Je pense que la pauvreté est à l’heure actuelle le principal défi auquel est confrontée l’humanité. Je considère aussi qu’il s’agit de l’obstacle le plus important qu’aura à surmonter l’OMS. Nous vivons à l’ère de la mondialisation, de la révolution de l’information et de la société de la connaissance. Mais de nombreux habitants de la planète n’ont pas accès à ces progrès et n’ont pas la possibilité d’en tirer tous les avantages, aussi l’écart entre les pays et à l’intérieur des pays ne fait-il que s’élargir. La pauvreté est la principale cause de la faim et de la maladie. Un état de pauvreté qui perdure conduit à la discrimination sociale et culturelle, soit le principal obstacle à l’intégration sociale. La pauvreté est par ailleurs au coeur des conflits religieux, ethniques et culturels. Il est impossible, sans résorber la pauvreté, de lutter contre le terrorisme, qui sème la confusion partout dans le monde. La pauvreté est un fléau auquel nous devons d’urgence nous attaquer afin de favoriser l’avènement de la paix et de la coopération dans le monde au XXIe siècle. Et pour favoriser l’avènement de ces valeurs, la première tâche à laquelle nous devons nous atteler consiste à prolonger l’espérance de vie des plus pauvres, qui constituent la majorité absolue de la population mondiale. Mesdames et Messieurs, Comme vous le savez sans doute, en septembre 2000, l’Organisation des Nations Unies a célébré le Sommet du Millénaire. J’y ai assisté en tant que Président de la République de Corée. Les dirigeants mondiaux ont alors adopté la Déclaration du Millénaire, dans laquelle ils se sont fixé comme objectif de libérer l’humanité de la pauvreté et se sont engagés à créer à cette fin des environnements propices dans chaque pays et au sein de la communauté internationale. En outre, nous nous sommes donné pour but de réduire de moitié le nombre de personnes vivant avec moins d’un dollar par jour d’ici 2015. Or, selon un rapport du Président de la Banque mondiale, il est d’ores et déjà clair que nous aurons du mal à atteindre ce but. La coopération internationale est indispensable pour lutter contre la pauvreté. La confusion et l’instabilité ne se confinent pas à une région et entraînent nécessairement les mêmes phénomènes ailleurs. Il est impératif que les pays riches aident les pays pauvres, pour leur propre stabilité et leur propre prospérité. Une coopération mondiale s’impose également pour résorber les inégalités provoquées par la fracture numérique. Pour l’heure, il est essentiel que chaque pays élabore des politiques visant à éliminer la pauvreté. Lorsque j’ai accédé à la présidence en 1998, j’ai mis en oeuvre une politique de « protection sociale utile » pour venir en aide aux plus démunis. Il s’agissait avant tout d’offrir des soins de santé gratuits aux personnes vulnérables incapables de subvenir à leurs besoins. Une famille de quatre personnes peut ainsi recevoir jusqu’à 800 dollars. Mais cette politique ne s’arrête pas là, puisque les bénéficiaires de cette aide sociale peuvent également recevoir une formation afin de trouver un emploi stable. Pour s’adapter à l’ère de l’économie fondée sur les connaissances au XXIe siècle, nous encourageons la formation en informatique de tous les Coréens, depuis les étudiants jusqu’aux ménagères, en passant par les retraités, les détenus, les militaires et les handicapés. La 2

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Corée est aujourd’hui une véritable pépinière de talents en informatique. Beaucoup d’enfants de familles défavorisées trouvent maintenant une bonne situation et réussissent dans des sociétés de capital-risque. Mesdames, Messieurs, La maladie affaiblit la population active. Elle est une menace pour la survie des ménages pauvres. Cette situation a de nombreuses répercussions négatives, en contraignant parfois les enfants à travailler et en les privant de la possibilité de faire des études. La maladie est l’une des principales raisons qui empêchent les habitants des pays en développement de sortir de la pauvreté. La pauvreté accélère à son tour la propagation de la maladie, qui elle-même, aggrave la pauvreté, et ainsi de suite : un véritable cercle vicieux. Nous savons tous qu’en Afrique subsaharienne sévit une épidémie de VIH/SIDA. Plus de 30 nouvelles souches de virus, tels que ceux du SRAS et de la grippe aviaire, ont fait leur apparition au cours des 30 dernières années. Le plus inquiétant, c’est que l’on ne sait pas les guérir. A cet égard, j’aimerais féliciter l’OMS de son action en faveur de la santé et du bien-être de tous les individus par le renforcement de la coopération internationale en matière de santé publique. J’aimerais également féliciter le Directeur général des efforts qu’il déploie depuis 20 ans pour combattre les maladies infectieuses telles que la poliomyélite. Je place de grands espoirs dans l’initiative « 3 millions d’ici 2005 » qui prévoit de traiter 3 millions de malades du SIDA et de personnes infectées par le VIH d’ici 2005, ainsi que dans les autres initiatives de l’OMS, qui connaissent un nouvel essor depuis l’entrée en fonction du Directeur général. J’adresse en particulier toute ma gratitude à l’OMS pour l’aide qu’elle apporte à la Corée du Nord, en espérant qu’elle pourra jouer un rôle actif afin d’améliorer la situation sanitaire encore rudimentaire dans ce pays. La Corée du Sud, elle aussi, fait son possible pour envoyer chaque année en Corée du Nord de la nourriture, des engrais, des médicaments et des vêtements. A la suite de l’explosion qui a eu lieu récemment à la gare de Ryongchon, en Corée du Nord, le Gouvernement et le peuple sud-coréens ont témoigné leur profonde sympathie à ce peuple frère en lui apportant leur aide. Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs, Rien n’est aussi important pour l’homme que de pouvoir mener une vie à l’abri de la faim et de la maladie. La santé et la lutte contre la pauvreté sont les prémices du bonheur pour l’humanité. Ensemble, consacrons-nous à cette cause. Je vous remercie.

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Тип документа Governing Bodies documents
Дата принятия
Источник Всемирная организация здравоохранения