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Les pathologies à Haemophilus influenzae de type b en Asie : éditorial / Y.L. Lau

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Editorial

Les pathologies a Á Haemophilus influenzae de V type b en Asie Y. L. Lau1 En Europe et en Ame  rique du Nord, les maladies provoque  es par Haemophilus influenzae de type b (Hib) constituaient, jusqu'a Á l'introduction du vaccin anti-Haemophilus de type b, l'une des principales causes de mortalite  et de morbidite  chez les enfants de moins de 5 ans (1-4). L'incidence annuelle des pathologies a Á Hib invasives e  tait estime Âe a Á 22-109 pour 100 000 enfants. Le vaccin conjugue  anti-Hib est parvenu a Áe  liminer presque totalement ces pathologies dans les pays ou  te  introduit en vue de la Á il a e vaccination universelle des nourrissons (4, 5). On peut donc raisonnablement se demander s'il ne serait pas judicieux d'introduire un vaccin aussi efficace dans d'autres re  gions, telles que l'Asie, afin de vacciner syste  matiquement les nourrissons. Dans une note de synthe Á se sur le vaccin conjugue  anti-Hib, l'OMS a re  cemment fait la de  claration suivante : « Etant donne  l'efficacite  et l'innocuite  de  montre  es des vaccins à tre conjugue  s anti-Hib, ces vaccins devront e inclus, en fonction des capacite  s et des priorite  s nationales, dans les programmes de vaccination de routine des nourrissons » (6). Cette de  claration fait ressortir les deux obstacles majeurs a Á la mise en úuvre de cette vaccination de routine en Asie : d'une part le cou à t du vaccin et de son administration, à tre assume qui doit pouvoir e  par les « capacite  s nationales » ; d'autre part la charge de morbidite  absolue et la charge de morbidite  relative des pathologies a Á Hib dans le contexte plus vaste de la charge de morbidite  totale, qui de  terminent les « priorite  s nationales ». Dans le pre  sent Recueil d'articles No 2 du Bulletin, (pp. 124-133), Peltola tente d'analyser le second obstacle dans le contexte asiatique. C'est la Á une entreprise louable, mais rendue particulie Á rement difficile d'une part par la pe  nurie de donne  es de qualite  par rapport a Á ce qui existe dans les pays industrialise  s, d'autre part par la forte he  te  roge  ne  ite  de l'Asie, ces deux e  le  ments s'associant pour rendre difficile toute ge  ne  ralisation. Peltola cite deux e  tudes prospectives en population, effectue  es en Chine et en Israe Á s lesquelles È l, d'apre l'incidence de la me  ningite a Á Hib dans ces deux pays serait respectivement de 10 et de 22 pour 100 000 enfants de moins de 5 ans. D'apre Á s d'autres e  tudes e  galement cite  es par Peltola, cette incidence serait au Moyen-Orient de l'ordre de 13 a Á 22 pour 100 000 enfants de moins de 5 ans. En Ãt plus faible, elle se Asie de l'Est, ou Á elle paraõ situerait aux environs de 5 a Á 10 pour 100 000 enfants de moins de 5 ans. Peltola indique pour l'Inde une incidence relativement e  leve  e, 50-66 pour 100 000 enfants de moins de 5 ans ; mais il s'agit la Á uniquement d'une proposition et non pas d'une estimation reposant sur des e  tudes hospitalie Á res (9). Le chiffre qu'il donne pour l'incidence de la me  ningite a Á Hib en Malaisie, 38 pour 100 000 enfants, est bien une estimation base  e sur des e  tudes hospitalie Á res, mais dans lesquelles le diagnostic n'a e  te  confirme  par une ponction lombaire que dans 16,3 % des cas (10). Sur la base des donne  es actuelles, il est donc difficile de justifier, pour la me  ningite a Á Hib dans l'ensemble de l'Asie, l'incidence ge  ne  rale de 25 pour 100 000 enfants avance  e par Peltola, si l'on conside Á re que la majorite  des habitants vivent dans l'est et le sud-est de ce continent. Il est par conse  quent essentiel de re  aliser des e  tudes prospectives en population ou des essais de vaccin, suivant les principes d'un essai effectue  en Gambie (11), afin d'e  valuer la charge de morbidite  lie  e aux pathologies a Á Hib. En l'absence d'e  tudes de ce type, la confusion persistera et les responsables de l'e  laboration des politiques trouveront quantite  d'excuses pour ne pas prendre au se  rieux le vaccin conjugue  anti-Hib. Une meilleure documentation sur la charge de morbidite  lie Âe a Á cette pathologie ne Ãt pre  sente pas seulement un inte  re acade  mique ; elle constitue une composante indispensable d'une strate  gie tre Á s complexe visant a Á faire accepter de nouveaux vaccins relativement one  reux, tel que les vaccins conjugue  s anti-Hib et anti-pneumococcique (12). Parmi les autres composantes de la strate  gie, on compte le cou à t des vaccins, leur promotion, l'analyse cou  , etc. (12). à t-efficacite Mais toutes ces composantes sont conditionne  es en dernier ressort par une estimation fiable de la charge de morbidite  . On peut utiliser ensuite ces estimations pour calculer, pour chaque pays et chaque strate e  conomique (13), le cou à t du programme de vaccination par mort e  vite  e et par anne Âe de vie ajuste  e sur l'incapacite Â. Bien e  videmment, d'aucuns diront que le cou  cessaires aux e  tudes à t et le temps ne de charge de morbidite  seraient prohibitifs pour la plupart des pays asiatiques. La de  cision d'introduire la vaccination de routine des nourrissons par le vaccin anti-Hib doit donc reposer sur les donne  es existantes, quelles qu'elles soient. Actuellement, les pays asiatiques a Á revenu e  leve  devraient commencer a Á se poser cette question, puisque que leurs « capacite  s nationales » supporteraient aise  ment le cou à t du vaccin à me si et de son administration ; en outre, me l'incidence des pathologies a Á Hib dans ces pays est faible, les be  ne  fices de cette vaccination syste  matique seraient importants du fait que les cou  dicaux indirects à ts me et ceux d'un traitement a Á long terme de la morbidite  lie  e au Hib augmentent avec le produit national brut par habitant (13). Ainsi, a Á Hong Kong (re  gion administrative spe  ciale de Chine), ou  e des Á l'incidence estime pathologies a Á Hib invasives n'est que de 3 pour 100 000 enfants de moins de 5 ans environ (14, 15), il y aurait encore approxià tre mativement 10 a Á 15 cas par an, avec peut-e 2a Á 3 enfants porteurs de se  quelles neurologiques permanentes, qui vont survivre des dizaines d'anne  es et donc ne  cessiter des soins de sante Âa Á long terme. Le cou à t net du programme de vaccination ± estime  par Miller a Á US $0,8 million pour Hong Kong (re  gion administrative spe  ciale de Chine) (13) ± serait facilement compense  par les e  conomies re  alise  es du fait qu'il ne serait plus ne  cessaire de soigner ces enfants handicape Âs pour le restant de leur vie. En revanche, dans certains pays a Á faible revenu, le cou à t absolu Ãne entraõ  serait suffisamment e  leve  pour à cher la mise en úuvre de la vaccination empe de routine des nourrissons contre le Hib, bien que le rapport cou  favorable de à t/efficacite ces programmes (12, 13) ait e  te  prouve Â. En ce qui concerne la charge de morbidite  relative, on peut conclure avec #

Editorial publie  en anglais dans Bulletin of the World Health Organization, 1999, 77 (11): 867-868. 1 Professeur, Department of Paediatrics, University of Hong Kong, New Clinical Building, Queen Mary Hospital, Pokfulam Road, Hong Kong (re  gion administrative spe  ciale de Chine) (me  l. : lauylung@hkucc.hku.hk). Re  f. : 0310 Bulletin de l'Organisation mondiale de la Sante  Recueil d'articles No 2, 2000

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Editorial certitude selon les donne  es existantes que le Hib est un agent e  tiologique tre Á s important, si ce n'est le plus important, de la me  ningite bacte  rienne infantile en Asie. Ce fait, qui ressort nettement de l'article de Peltola, devrait renforcer l'argument selon lequel les pays asiatiques a Á revenu e  leve  devraient envisager la mise en úuvre de la vaccination syste  matique des nourrissons par le vaccin anti-Hib. La pneumonie a Á Hib bacte  rie  mique à tre inte et abacte  rie  mique devrait e  gre  e aux propositions tendant a Á de  fendre la vaccination de routine des nourrissons contre les pathologies a Á Hib. Cependant, les donne  es existant sur cette pneumonie, avec ou sans bacte  rie  mie, montrent que les chiffres en question sont encore infe  rieurs a Á ceux de la me  ningite pour le continent asiatique. Dans son article, Peltola note que le Hib n'est responsable que d'un petit pourcentage (2-3 %) des bacte  rie  mies au Bangladesh, a Á Hong Kong (re  gion administrative spe  ciale de Chine) et au Koweõ Èt, par rapport au pourcentage beaucoup plus e  leve  (30-40 %) que l'on trouvait dans les pays industrialise Âs avant le de  but de la vaccination de routine (14). Ce pourcentage montre indirectement que l'incidence des pathologies a Á Hib en Asie est plus faible que celle qui existait a Á l'e Á re pre Âvaccinale dans les pays industrialise  s. A Hong Kong (re  gion administrative spe  ciale de Chine), les pneumocoques sont responsables de 22 % des infections chez les nourrissons et les enfants de 1 a Á 4 ans, alors que H. influenzae n'est a Á l'origine que de 2 % d'entre elles (16). Cette observation donne a Á penser que la charge de morbidite  lie  e aux infections à tre dix d'origine pneumococcique pourrait e fois plus importante que celle des infections dues au Hib. Avec l'arrive  e du vaccin conjugue  anti-pneumococcique, on peut espe  rer que la communaute  scientifique est maintenant mieux pre  pare  e pour e  valuer avec pre  cision la charge de morbidite  des pathologies a Á pneumocoques, qui semble nettement plus importante que celle des pathologies a Á Hib (17). Ne  anmoins, pour les pays asiatiques a Á revenu faible ou interme  diaire, l'obstacle majeur a Á la vaccination syste  matique des nourrissons contre le Hib ou les pneumocoques pourrait à tre l'insuffisance de leurs « capacite bien e Âs nationales ». n

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Bulletin de l'Organisation mondiale de la Sante  Recueil d'articles No 2, 2000

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