Global Advisory Committee on Vaccine Safety, 2–3 December 2004 The Global Advisory Committee on Vaccine Safety (GACVS) is an expert clinical and scientific advisory body established by WHO to deal independently and with scientific rigour with vaccine safety issues of potential global importance.1 GACVS held its eleventh meeting in Geneva, Switzerland, on 2–3 December 2004 and considered, inter alia, the following vaccine safety and policy issues.2
Comité consultatif mondial de la sécurité vaccinale, 2-3 décembre 2004 Le Comité consultatif mondial de la Sécurité vaccinale (GACVS) est un organe consultatif scientifique et clinique constitué d’experts, créé par l’OMS pour répondre en toute indépendance (vis-à-vis de l’Organisation) et avec la rigueur scientifique voulue aux problèmes de sécurité vaccinale pouvant concerner l’ensemble du monde.1 Le GACVS a tenu sa onzième réunion à Genève (Suisse) les 2 et 3 décembre 2004 et a examiné, entre autres, les questions de sécurité et de politique vaccinales qui suivent.2
Safety of adjuvants The Committee considered the safety of adjuvants used in vaccines. This hitherto neglected subject is becoming increasingly important given modern advances in vaccine development and manufacture. WHO is developing a web site to make available all relevant preclinical and clinical trial information pertaining to the safety of vaccine adjuvants. With the development of vaccines for malaria, human immunodeficiency virus (HIV), human papillomavirus and hepatitis B and of other complex modern vaccines, adjuvant safety has become a central issue. Increasingly in the future there will be a need in developing countries for surveillance of vaccine adjuvant safety following vaccine registration. This applies not only to new vaccines but also to vaccines already available and used for new indications. GACVS will participate in developing such safety surveillance.
Innocuité des adjuvants Le Comité a examiné l’innocuité des adjuvants entrant dans la composition des vaccins. Cette question, dont on a fait peu de cas jusqu’ici, revêt de plus en plus d’importance, étant donné les progrès réalisés dans la mise au point et la fabrication des vaccins. L’OMS crée actuellement un site Web dont le but est de mettre à la disposition de tous l’ensemble des informations intéressantes – s’agissant des essais précliniques et cliniques – ayant trait à l’innocuité des adjuvants utilisés pour la préparation des vaccins. Avec la mise au point des vaccins contre le paludisme, le virus de l’immunodéficience humaine (VIH), le papillomavirus humain, l’hépatite B et d’autres vaccins modernes complexes, l’innocuité des adjuvants est devenue une question centrale. Dans les pays en développement, il faudra à l’avenir exercer une pharmacovigilance de plus en plus ciblée sur l’innocuité des adjuvants après homologation des vaccins. Cette dernière s’appliquera non seulement aux nouveaux vaccins, mais aussi aux vaccins déjà disponibles et utilisés pour de nouvelles indications. Le GACVS participera à la mise en place de cette pharmacovigilance.
Thiomersal: neurobehavioural studies in animal models The Committee considered whether animal models could be applied in order to better understand the association, if any, between thiomersal (containing ethyl mercury) and neurobehavioural disorders in infants, children and adults receiving thiomersal-containing vaccines. It was noted that in the neuropathology of autism – one neurobehavioural 1 2
Thiomersal: études neurocomportementales sur des modèles animaux Le Comité s’est penché sur la question de savoir si l’on pouvait utiliser des modèles animaux pour mieux comprendre l’association éventuelle entre le thiomersal (qui contient de l’éthylmercure) et les troubles neurocomportementaux observés chez des nourrissons, des enfants et des adultes ayant reçu des vaccins contenant du thiomersal. Il a été noté que, dans la neuropathologie de 1 2
See No. 41, 1999, pp. 337–338. GACVS invited additional experts to present evidence and participate in the discussions on thiomersal, safety of residual cellular DNA in vaccines, transmissible spongiform encephalopathies, potential risk of vaccines produced in yeast and safety of hexavalent vaccines.
Voir No 41, 1999, pp. 337-338. Le GACVS a invité d’autres experts pour qu’ils présentent leurs données et participent aux discussions sur le thiomersal, l’innocuité de l’ADN cellulaire résiduel présent dans les vaccins, les encéphalopathies spongiformes transmissibles, le risque potentiel présenté par les vaccins produits sur levures et la sécurité des vaccins hexavalents. 3
RELEVE EPIDEMIOLOGIQUE HEBDOMADAIRE, No 1, 7 JANVIER 2005
disorder that has received much public attention – the characteristic features of increased brain weight, total brain volume, cortical grey matter volume and neuronal cell density in the limbic system, with a decreased number of Purkinje cells in the cerebellum and absence of gliosis were not consistent with an external toxic agent. There is no evidence in autism of neurodegeneration, a pathological feature that would be expected if the cause of the disease were toxic. From an expert presentation made to the Committee and from several publications, it is clear that: (i) no precise animal model exists that closely mimics autism in humans, although animal models of deficit in social play do exist; (ii) in the models available, susceptibility to neurobehavioural disorders has a genetic basis; (iii) there are experimental data to suggest that there is a link between autoimmune deficiency and predisposition to autism (although this remains conjectural); and (iv) mice born to mothers infected with human influenza virus have developed neuropathologies similar to those described in association with autism. The Committee further reviewed results published in the scientific literature analysing a potential neuropathological effect of ethyl mercury in various strains of mice. Although a particular autoimmune disease-sensitive strain of mice showed some neurological and behavioural changes following administration of thiomersal, it was concluded by the Committee that the general picture presented did not mimic autism in humans. The Committee identified two ways to further investigate the safety of thiomersal: epidemiological studies on the effects of ethyl mercury and pharmacokinetic studies in infants. Little is known of any particular susceptibility to thiomersal toxicity in infants weighing less than 2.5 kg, and in malnourished infants. Epidemiological studies are in progress. Special consideration is being given to how predisposition to thiomersal toxicity in infants weighing less than 2.5 kg and in infants with malnutrition might be addressed.
l’autisme, un trouble neurocomportemental qui a beaucoup retenu l’attention publique, les traits caractéristiques d’augmentation du poids du cerveau, du volume total cérébral, du volume de matière grise corticale, de la densité neuronale dans le système limbique, avec diminution du nombre de cellules de Purkinje dans le cervelet et absence de gliose ne s’inscrivaient pas dans la logique de l’effet d’un agent toxique extérieur. Dans l’autisme, il n’y a aucun signe de neurodégénérescence, une caractéristique pathologique à laquelle on pourrait s’attendre si la cause de la maladie était un effet toxique. D’après un exposé présenté devant le Comité et plusieurs publications, il est clair que: i) il n’existe aucun modèle animal précis reproduisant fidèlement l’autisme de l’homme, même s’il y a des modèles animaux du déficit du jeu social; ii) dans les modèles disponibles, la sensibilité aux troubles neurocomportementaux est d’origine génétique; iii) il existe des données expérimentales qui laissent à penser qu’il y a un lien entre déficit auto-immun et prédisposition à l’autisme (bien que cela reste conjectural); et iv) des souris nées de mères infectées par le virus grippal humain ont présenté des neuropathologies semblables à celles décrites en association avec l’autisme. D’autre part, le Comité a passé en revue des résultats publiés dans la littérature scientifique qui analysaient un possible effet neuropathologique de l’éthylmercure. Bien que l’une des races de souris présentant une sensibilité particulière aux maladies autoimmunes ait démontré des changements comportementaux suite à l’administration de thiomersal, il a été conclu par le comité que la manifestation générale présentée n’était pas un modèle de l’autisme chez les humains. Le Comité a retenu deux voies de recherche pour faire avancer la question de la sécurité du thiomersal: des études épidémiologiques sur les effets de l’éthylmercure et des études pharmacocinétiques chez le nourrisson. On ignore si les nourrissons pesant moins de 2,5 kg et les nourrissons malnutris présentent une sensibilité particulière à la toxicité du thiomersal. Des études épidémiologiques sont en cours. On s’intéresse tout spécialement à la manière avec laquelle on pourrait appréhender une prédisposition à la toxicité du thiomersal chez ces nourrissons.
Safety of residual cellular DNA in vaccines The risks, if any, of residual cellular DNA in vaccines as a result of the production process are theoretically two in number: (i) transmission of latent viruses and other agents; and (ii) incorporation of cellular DNA into host genetic material. These are theoretical safety issues that need to be considered in the scientific decisions underpinning registration of vaccines produced in new cell substrates. GACVS noted that WHO will be setting up a Working Group to consider international specifications for the quantity of residual cellular DNA in vaccines from new cell substrates. The Committee has agreed to serve as a reference point for safety issues for this Working Group.
Innocuité de l’ADN cellulaire résiduel présent dans les vaccins Les risques éventuels que pourrait faire courir la présence d’ADN cellulaire résiduel dans les vaccins, due au procédé de fabrication, sont théoriquement au nombre de deux: i) la transmission de virus et autres agents latents; et ii) l’incorporation de l’ADN cellulaire dans le matériel génétique de l’hôte. Ce sont des questions de sécurité théoriques dont il faut tenir compte dans les décisions scientifiques qui sous-tendent l’homologation des vaccins produits dans les nouveaux substrats cellulaires. Le GACVS a pris note que l’OMS allait créer un groupe de travail chargé d’examiner les spécifications internationales relatives à la quantité d’ADN cellulaire résiduel présent dans les vaccins fabriqués à partir des nouveaux substrats cellulaires. Le Comité a accepté de servir d’instance de référence pour les questions de sécurité examinées par ce groupe de travail.
Transmissible spongiform encephalopathies The implications for vaccine safety of the emergence of certain transmissible spongiform encephalopathies 4
Encéphalopathies spongiformes transmissibles Les conséquences, sur le plan de la sécurité vaccinale, de l’émergence de certaines encéphalopathies spongiformes transmissibles WEEKLY EPIDEMIOLOGICAL RECORD, NO. 1, 7 JANUARY 2005
(TSEs) have received the attention of the Committee for several years. Animal products, for example gelatin, are used as an excipient in some vaccines. Although it is clear that the major risk of human exposure to TSEs such as bovine spongiform encephalopathy (BSE) is from food sources, and that the risk from vaccines remains theoretical, WHO has compiled precautionary regulatory guidelines. These guidelines define tissue infectivity categories and outline risk management strategies not only for vaccines but also for blood products and pharmaceutical products. GACVS noted several developments. On the positive side: (i) the annual number of deaths from variant Creutzfeld Jacob disease (vCJD) in the United Kingdom, which has the highest global burden of known vCJD, is in decline; (ii) the availability of WHO reference preparations has enabled demonstration of increasing sensitivity in laboratory diagnostic detection methods, but it is clear that more needs to be achieved; and (iii) data are available to show that the gelatin manufacturing processes reduce the infective load of abnormal misfolded prion protein associated with TSEs (PrPTSE) spiked in starting material by several log orders. On the negative side, GACVS heard that: (i) transmission of vCJD by blood transfusion is possible; (ii) susceptibility to vCJD infection is not confined to the methionine homozygous prion protein gene (PRNP) genotypes; (iii) people with heterozygous PRNP genotypes, who constitute the majority of the population, may be clinically silent carriers of vCJD; and (iv) recent data show that transmission of PrPTSE has been detected in muscle tissue from some animals, and the issue of spread of TSE through the infection of small ruminants has been raised following demonstration of PrPTSE in a goat. Given these developments there is a need to update the relevant parts of the WHO guidelines but not, at this stage, measures pertaining to vaccines. GACVS noted that surveillance systems are crucially important in developing countries and elsewhere where BSE undoubtedly exists but is not detected and reported. The Committee will be maintaining a watching brief on the situation.
(EST) ont retenu l’attention du Comité depuis plusieurs années. Des produits animaux, par exemple la gélatine, sont utilisés comme excipients dans certains vaccins. S’il est indéniable que, chez l’homme, le principal risque d’exposition aux EST, telles que l’encéphalopathie spongiforme bovine (ESB), est alimentaire et que, s’agissant des vaccins, ce risque reste théorique, l’OMS a rassemblé des lignes directrices sur les mesures de précautions. Ces textes définissent des catégories d’infectiosité des tissus et exposent sommairement les stratégies de gestion du risque non seulement pour les vaccins, mais aussi pour les produits sanguins et les substances pharmaceutiques. Le GACVS a constaté plusieurs évolutions. Pour ce qui est du volet encourageant: i) le nombre annuel de décès dus à la nouvelle variante de la maladie de Creutzfeldt-Jakob (nvMCJ) au RoyaumeUni, pays où le fardeau de cette maladie est le plus élevé au monde, diminue; ii) la mise à disposition des préparations de référence de l’OMS a permis de mettre en évidence une sensibilité croissante des méthodes diagnostiques au laboratoire, mais il est clair qu’il y a encore beaucoup à faire; et iii) on dispose de données qui montrent que les procédés de fabrication de la gélatine réduisent de plusieurs logarithmes la charge infectieuse de la PrPEST ajoutée au matériel de départ. En revanche, le GACVS a également été informé de ce que: i) la transmission de la nvMCJ par les transfusions sanguines est possible; ii) la sensibilité à cette maladie ne se limite pas aux génotypes PRNP homozygotes pour la méthionine; iii) les personnes ayant des génotypes PRNP hétérozygotes, qui constituent la majorité de la population, pourraient être des porteurs cliniquement silencieux de la nvMCJ; et iv) des données récentes montrent que la transmission de la PrPEST a été décelée dans les tissus musculaires de certains animaux et la propagation possible des EST au travers de l’infection des petits ruminants a été évoquée suite à la mise en évidence de la présence de PrPEST chez une chèvre. A la lumière de ces développements, il apparaît qu’il faut mettre à jour les parties concernées des lignes directrices de l’OMS, mais pas, à ce stade, les mesures concernant les vaccins. Le GACVS a pris note de ce qu’il est extrêmement important qu’il y ait des systèmes de surveillance dans les pays en développement et partout où il ne fait aucun doute que l’ESB existe, mais où elle n’est pas dépistée ni notifiée. Le Comité va suivre la situation de très près.
Potential risk of vaccines produced in yeast There is a theoretical risk of contamination of vaccines with yeast antigens with resultant mimicry between peptides of yeast and human myelin proteins. T-cells might be activated, with a resultant cross-reaction with myelin proteins. It has been suggested in the past that this might induce reactivity in patients with multiple sclerosis. However, in hepatitis B vaccine, for example, less than 1% of vaccine protein content is of yeast origin and there is no detectable immunogenicity. GACVS believes that the issue of mimicry should be considered with caution as there are few true examples in human disease of mimicry. Large amounts of yeast and adjuvants would be necessary for a reaction, and in general histocompatibility leukocyte antigen (HLA) binding studies are of uncertain significance. Humans are universally exposed to yeast in the environment and everyone will have antibodies against yeasts. Without a signal, there is little point at present in pursuing this theoretical concern. The data suggestive of a yeast-induced RELEVE EPIDEMIOLOGIQUE HEBDOMADAIRE, No 1, 7 JANVIER 2005
Risque potentiel associé aux vaccins produits sur levures Il existe un risque théorique de contamination des vaccins par des antigènes de levures, qui entraînerait une similitude entre les peptides de levures et les lipoprotéines de la myéline humaine. Les lymphocytes T pourraient être activés, ce qui entraînerait une réaction croisée avec les lipoprotéines de la myéline. Il a été avancé dans le passé que cela pourrait induire une réactivité chez les sujets atteints de sclérose en plaques. Toutefois, dans le vaccin anti-hépatite B, par exemple, moins de 1% de la teneur en protéines du vaccin provient des levures et il n’y a aucune immunogénicité décelable. Le GACVS pense que la question de la similitude devrait être examinée avec prudence parce qu’il existe peu d’exemples de similitudes vraies dans les maladies humaines, que de grandes quantités de levures et d’adjuvants seraient nécessaires pour qu’une telle réaction se produise et qu’en général les études de la liaison HLA ont une signification peu claire. Partout dans le monde, l’homme est exposé aux levures présentes dans l’environnement et chacun peut avoir des anticorps antilevures. Sans un signal précis, il ne sert pas à grand-chose à l’heure actuelle de donner suite à ces préoccupations d’ordre théorique. Les données qui laissent à penser à une 5
immune stimulation as a result of vaccine contamination are not convincing.
stimulation immunitaire induite par les levures par suite d’une contamination vaccinale ne sont pas convaincantes.
Safety of hexavalent vaccines Two hexavalent diphtheria, tetanus, acellular pertussis, Haemophilus influenzae type B, poliovirus and hepatitis B (DTaP-Hib-IPV-HepB) combination vaccines were licensed and introduced in Europe in 2000. They have contributed to a significant increase in the infant vaccine coverage against hepatitis B in Austria, Germany, Italy and Switzerland. In late 2000, the description of a cluster of 3 cases of sudden unexplained death (SUD) in close temporal association with the administration of a hexavalent vaccine in southern Germany raised concern. The German and European licensing authorities convened several expert meetings to review available data on all identified cases of SUD following immunization with each of the two available hexavalent vaccines. A retrospective analysis was performed, using available data from various sources, to compare the calculated number of expected cases with that of observed cases of SUD following hexavalent immunization within a 3-year period. This analysis concluded that there was no association between SUD and hexavalent vaccination in the first year of life. However, the observed number of 3 cases of SUD within 48 hours of administration of a booster dose of one particular brand of hexavalent vaccine exceeded the number of cases expected (0–1) in 700 000 children given a booster dose during the 3-year period analysed. Consequently, the European Medicines Agency’s scientific committee, the Committee for Proprietary Medicinal Products (CPMP), concluded in December 2003 that this temporal relationship constituted a possible signal for this hexavalent vaccine, despite the limitations of the data sources and the methods used to calculate the expected numbers. The CPMP could find no plausible biological cause for such an association and recommended further studies to establish whether or not there is a risk. The retrospective analysis was presented to GACVS, together with additional information. On the basis of all the available data, GACVS concluded that there is no evidence to support a causal association between the administration of hexavalent vaccines and SUD. In response to the potential signal observed in the second year of life, the Committee encouraged studies to be conducted that are designed to provide more powerful evidence on the presence or absence of an association. GACVS was informed that a retrospective analysis of the possible association of any deaths within the first 2 years of life with vaccination is currently being conducted in Italy. The Committee will review the results of the study at its next meeting in mid-2005.
Sécurité des vaccins hexavalents Deux vaccins associés hexavalents antidiphtériques-antitétaniquesanticoquelucheux acellulaire-anti Haemophilus influenzae de type b-antipoliomyélitiques et anti-hépatite B (DTCa-Hib-VPI-HepB) ont reçu une autorisation de mise sur le marché et ont été introduits en Europe en 2000. Ils ont permis d’augmenter sensiblement la couverture vaccinale des nourrissons contre l’hépatite B en Allemagne, en Autriche, en Italie et en Suisse. A la fin de l’année 2000, la description d’un groupe de 3 cas de mort subite inexpliquée étroitement associés dans le temps à l’administration d’un vaccin hexavalent dans le sud de l’Allemagne a suscité des inquiétudes. Les autorités allemandes et européennes qui délivrent les autorisations de mise sur le marché (AMM) ont organisé plusieurs réunions d’experts afin d’examiner les données disponibles concernant tous les cas recensés de mort subite inexpliquée ayant fait suite à la vaccination par l’un des deux vaccins hexavalents disponibles. Une analyse rétrospective a été effectuée à l’aide des données disponibles provenant de diverses sources, afin de comparer le nombre de cas de mort subite inexpliquée «attendus» calculés au nombre de cas «observés» après vaccination par un vaccin hexavalent, sur une période de trois ans. La conclusion de cette analyse a été qu’il n’y avait aucune association entre la mort subite inexpliquée et la vaccination par le vaccin hexavalent au cours de la première année de vie. Toutefois, les 3 cas de mort subite inexpliquée observés dans les 48 heures suivant l’administration d’un rappel de l’un des vaccins hexavalents d’une marque donnée ont dépassé le nombre de cas attendus, à savoir 0-1 pour 700 000 enfants recevant une dose de rappel, au cours de la période de trois ans analysée. En conséquence, le Comité scientifique (Committee for Proprietary Medicinal Products – CPMP) de l’EMEA (European Medicines Agency) a conclu en décembre 2003 que cette association dans le temps constituait peut-être un signal mettant en cause ce vaccin hexavalent, et ce malgré les insuffisances des sources de données et des méthodes employées pour calculer le nombre de cas attendus. Le Comité de l’EMEA n’a pas réussi à trouver de cause biologique plausible d’une telle association et a recommandé de procéder à d’autres études pour établir s’il y avait ou non un risque. L’analyse rétrospective a été présentée au GACVS, accompagnée d’informations supplémentaires. Compte tenu de la totalité des données disponibles, le GACVS a conclu que rien ne vient appuyer la thèse d’une association de cause à effet entre l’administration des vaccins hexavalents et la mort subite inexpliquée des nourrissons. En réponse au signal potentiel observé au cours de la deuxième année de vie, le Comité encourage la mise en place d’études conçues de façon à fournir des données plus probantes sur la présence ou l’absence d’une association. Le GACVS a été informé de ce qu’une analyse rétrospective sur l’association éventuelle entre des décès survenus au cours des deux premières années de vie et la vaccination est actuellement menée en Italie. Le Comité examinera les résultats de cette étude lors de sa prochaine réunion en juin 2005.
Yellow fever GACVS has previously reviewed the safety of yellow fever vaccines, with particular reference to viscerotropic disease and other serious adverse events.3 To date, 23 confirmed or probable cases of viscerotropic disease following the use of 3
Fièvre jaune Le GACVS s’est déjà penché sur la sécurité des vaccins antiamarils, et en particulier sur les formes viscérotropes de la maladie et autres manifestations indésirables graves.3 A ce jour, 23 cas confirmés ou probables de forme viscérotrope de la maladie faisant suite à l’utili3
See No. 3, 2004, pp. 16–20.
Voir No 3, 2004, pp. 16-20.
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WEEKLY EPIDEMIOLOGICAL RECORD, NO. 1, 7 JANUARY 2005
17D yellow fever vaccine have been reported globally with case onset from 1996. Altogether, 14 (61%) of the 23 cases have been fatal. All cases were reported after the primary yellow fever vaccination. Recent risk estimates for yellow fever vaccine-associated viscerotropic disease are consistent with previous estimates from the United States, ranging from 0.04 to 3 per million vaccine doses. A higher risk has been recognized in subjects aged over 60 years. Disease of the thymus gland has been recognized as a potential independent risk factor; 4 (17%) of the 23 known cases had a history of thymus disease. However, there is little knowledge of additional risk factors for viscerotropic disease because of its low incidence. GACVS reiterates that particular care should be taken that the vaccine is received only by those travellers who are truly at risk of exposure to yellow fever. In addition, vaccine providers should give careful consideration to the risks and benefits for elderly travellers and should routinely enquire about a history of thymus disorder, irrespective of the age of the subject. Where a history of thymus disorder is reported, alternative prevention measures should be considered.
sation du vaccin antiamaril 17D ont été notifiés dans le monde avec une date de début de survenue postérieure à 1996. En tout, 14 (61%) des 23 cas ont été mortels. Tous ces cas ont été notifiés à la suite de la primovaccination. Les estimations récentes relatives au risque de contracter une forme viscérotrope de la maladie associé à la vaccination antiamarile correspondent aux estimations précédemment faites aux Etats-Unis et sont comprises entre 0,04 et 3 cas par million de doses vaccinales. Un risque majoré a été reconnu chez les sujets âgés de plus de 60 ans. Une maladie du thymus constitue un facteur de risque indépendant potentiel reconnu; 4 (17%) des 23 cas connus avaient des antécédents de maladie du thymus. Toutefois, on ignore quels pourraient être les autres facteurs de risque de cette forme viscérotrope de la maladie du fait de sa faible incidence. Le GACVS réitère ses recommandations, à savoir qu’il faut veiller tout particulièrement à n’administrer ce vaccin qu’aux voyageurs véritablement exposés à la fièvre jaune. En outre, les dispensateurs de vaccins doivent peser soigneusement les risques et les avantages de la vaccination chez les voyageurs âgés et demander systématiquement s’il y a des antécédents de troubles du thymus, quel que soit l’âge du sujet. Lorsqu’un tel trouble est rapporté, il convient d’envisager d’autres mesures de prévention.
Vaccine Safety Net Project The Vaccine Safety Net Project was launched in August 2003 to address unbalanced and misleading information about vaccine safety propagated on the Internet. As part of this project, GACVS researched and approved a set of criteria for good information practices for vaccine safety web sites (http://www.who.int/vaccine_safety/good_vs_sites/ en/). Since the setting of the criteria, WHO has evaluated a number of web sites providing vaccine safety information for their adherence to the “credibility” and “content” criteria. Sites meeting these criteria are listed on the WHO immunization safety web site (http://www.who.int/ immunization_safety/safety_quality/approved_vaccine_ safety_websites/en/). The priority for the project during the coming months is to expand the network to a wide range of non-English language sites and also to sites in regions across the world.
Projet «Vaccine Safety Net» (Réseau pour la sécurité des vaccins) Le projet «Vaccine Safety Net» a été lancé en août 2003 pour répondre aux informations biaisées et trompeuses diffusées sur le Web à propos de la sécurité des vaccins. Dans le cadre de ce projet, le GACVS a recherché et approuvé une série de critères fixant les bonnes pratiques en matière d’information pour les sites Web traitant de sécurité vaccinale: http://www.who.int/vaccine_safety/ good_vs_sites/en/. Depuis que ces critères ont été fixés, l’OMS a évalué un certain nombre de sites Web fournissant des informations en matière de sécurité vaccinale pour voir s’ils satisfaisaient aux critères de «crédibilité» et de «contenu». On trouvera la liste des sites satisfaisant à ces critères sur le site Web OMS de la sécurité vaccinale http://www.who.int/immunization_safety/safety_quality/approved_vaccine_safety_websites/en/. La priorité de ce projet au cours des mois à venir est d’élargir le réseau à un vaste éventail de sites dans d’autres langues que l’anglais ainsi qu’à des sites situés dans toutes les régions du monde.
Modus operandi of the GACVS The modus operandi of the Committee, the scope of its work and recent decisions, recommendations and actions have been published in the latest issue of the American Journal of Public Health.4 Ⅲ 4
Mode de fonctionnement du Comité Le mode de fonctionnement du GACVS, la portée de son travail et ses décisions, recommandations et mesures récentes ont été publiés dans le dernier numéro de l’American Journal of Public Health.4 Ⅲ 4
A global perspective on vaccine safety and public health: the Global Advisory Committee on Vaccine Safety. American Journal of Public Health, 2004, 94:1926–1931.
A global perspective on vaccine safety and public health: the Global Advisory Committee on Vaccine Safety. American Journal of Public Health, 2004, 94:1926–1931.