BUREAU PAYS DE LA
Côte d’Ivoire
STRATÉGIE DE COOPÉRATION DE L’ORGANISATION MONDIALE DE LA SANTÉ AVEC LA RÉPUBLIQUE DE CÔTE D’IVOIRE 2016-2020
Décembre 2016
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Table des matières Préface ..................................................................................................................................................... 3 Remerciements ........................................................................................................................................ 4 Liste des abréviations et acronymes ........................................................................................................ 5 Résumé d’orientation .............................................................................................................................. 7 Introduction ............................................................................................................................................. 9 1. Situation en matière de santé et de développement ....................................................................... 10 1.1. 1.2. 1.3. Contexte macroéconomique, politique et social .................................................................... 10 Situation sanitaire des populations ........................................................................................ 13 Réponse nationale face aux défis sanitaires .......................................................................... 17
1.4. Coopération en faveur du développement, partenariat et contributions du pays à l’action sanitaire mondiale ............................................................................................................................. 29 2. Examen de la coopération de l’OMS au cours du dernier cycle de la stratégie de coopération .... 32 2.1. Présentation des activités de l’OMS dans le cadre de la coopération au cours du dernier cycle… .............................................................................................................................................. 32 2.2. 3. Analyse de la coopération de l’OMS en Côte d’Ivoire ......................................................... 33
Programme stratégique pour la coopération de l’OMS 2016-2020 ............................................... 35 3.1. 3.2. Validation de l’agenda stratégique de la SCP avec l’agenda mondial .................................. 40 Validation avec l’agenda national ......................................................................................... 42
4. Mise en œuvre du programme stratégique : incidences pour l’ensemble du Secrétariat de l’OMS ........................................................................................................................ 44 4.1. 4.2. 4.3. 5. Responsabilités du bureau de pays ........................................................................................ 44 Responsabilités du Bureau régional ...................................................................................... 46 Responsabilités du Siège ....................................................................................................... 46
Évaluation de la SCP ..................................................................................................................... 47 5.1. 5.2. 5.3. 5.4. Objectif de l’évaluation ......................................................................................................... 47 Calendrier .............................................................................................................................. 47 Type d’évaluation .................................................................................................................. 47 Processus d’évaluation .......................................................................................................... 47
Conclusion............................................................................................................................................. 49 Annexes ................................................................................................................................................. 50
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Préface La troisième génération de la Stratégie de Coopération de l’OMS avec les Pays (SCP) concrétise le programme majeur de réforme adopté par l’Assemblée mondiale de la Santé pour renforcer la capacité de l’OMS et faire en sorte que ses prestations répondent mieux aux besoins du pays. Elle reflète le douzième programme général de travail de l’OMS au niveau du pays, vise à assurer une pertinence accrue de la coopération technique de l’OMS avec les États Membres. Elle met l’accent sur l’identification des priorités et des mesures d’efficience pour la mise en œuvre des réformes de l’OMS et de l’agenda de transformation régional. L’agenda de transformation vise à faire de l’organisation sanitaire régionale une institution clairvoyante, proactive, capable de répondre aux attentes, axée sur les résultats, transparente et responsable. Cette génération de SCP tient compte du rôle des différents partenaires, y compris les acteurs non étatiques, dans la fourniture d’un appui aux gouvernements et aux communautés. La troisième génération des SCP s’inspire des leçons tirées de la mise en œuvre des SCP de première et de deuxième génération, de la stratégie en faveur des pays (politiques, plans, stratégies et priorités) et du Plan-cadre des Nations Unies pour l’aide au développement (UNDAF). Les SCP sont également en adéquation avec le contexte sanitaire mondial et l’orientation vers la couverture sanitaire universelle, car elles intègrent les Objectifs de Développement Durables et les principes de l’alignement, de l’harmonisation et de l’efficacité formulés dans les déclarations de Rome (2003), de Paris (2005), d’Accra (2008) et de Busan (2011) sur l’efficacité de l’aide. La troisième génération des SCP prend également en considération les principes qui sous-tendent le mécanisme « Harmonisation pour la Santé en Afrique » (HHA) et les Partenariats internationaux pour la santé et initiatives apparentées (IHP+), reflétant ainsi la politique de décentralisation et renforçant la capacité de prise de décision des gouvernements afin d’améliorer la qualité des programmes et des interventions de santé publique. Élaboré dans le cadre d’un processus de consultation avec les principaux intervenants dans le domaine de la santé au niveau du pays, le document de SCP met l’accent sur les résultats attendus du Secrétariat de l’OMS. En droite ligne de la réforme qui met un accent particulier sur les pays, la SCP doit servir de plateforme pour communiquer l’action de l’OMS dans le pays; formuler le plan de travail de l’OMS en faveur du pays; entreprendre le plaidoyer, mobiliser des ressources et assurer la coordination de l’action avec les partenaires; et façonner le volet santé de l’UNDAF (Cadre programmatique unique) et des autres plateformes de partenariats pour la santé dans le pays. Je salue le rôle moteur efficace et effectif joué par le gouvernement de la Côte d’Ivoire dans la conduite de cet exercice important d’élaboration de la SCP. Je demande également à tous les membres du personnel de l’OMS, et particulièrement au Représentant de l’OMS, de redoubler d’efforts pour assurer une mise en œuvre efficace des orientations programmatiques fournies dans le présent document, en vue d’obtenir de meilleurs résultats sanitaires susceptibles de contribuer à la santé et au développement en Afrique. Dr Matshidiso MOETI Directrice régionale de l’OMS pour l’Afrique Page 3 sur 53
Remerciements L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) tient à remercier les différentes parties prenantes qui ont contribué à l’élaboration de la présente Stratégie de Coopération de l’OMS avec la Côte d’Ivoire, à savoir : le gouvernement ivoirien, par l’intermédiaire du ministère de la Santé et de l’Hygiène publique, du ministère du Plan et du Développement, ainsi que du ministère de l’Économie et des Finances, les institutions du système des Nations Unies, les autres partenaires techniques et financiers intervenant au titre de la coopération bilatérale et multilatérale, les organisations non gouvernementales nationales et internationales, sans oublier tous les participants qui ont bien voulu s’impliquer de près ou de loin à l’élaboration de cette SCP.
La Stratégie de Coopération de l’OMS avec la République de Côte d’Ivoire énonce notre vision à moyen terme qui sous-tend et facilite notre coopération avec le pays en vue de contribuer à l’amélioration des résultats sanitaires en faveur des populations vivant en Côte d’Ivoire. L’équipe du Bureau de la Représentation de l’OMS est déterminée à œuvrer avec les autres partenaires techniques et financiers pour accompagner la Côte d’Ivoire dans son processus de développement sanitaire. La mise en œuvre de la présente Stratégie de Coopération constitue pour le bureau de pays de l’OMS en Côte d’Ivoire une opportunité de réaffirmer son engagement à fournir le meilleur appui technique et stratégique possible, à faciliter le dialogue politique autour des questions de santé, à soutenir les réformes nécessaires au renforcement du système de santé et à œuvrer aux côtés du gouvernement et des populations en vue d’obtenir les meilleurs résultats sanitaires pour tous. Dr Jean-Marie Vianny YAMEOGO Représentant de l’OMS en Côte d’Ivoire
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Liste des abréviations et acronymes AFD AIRP AMP ARV ASC C2D CHU CMU COU CPN CPU CS CSU CTA DAP DHIS 2 DOT EDSCI ENV ESPC FED GAVI HHA IDH IHP+ INHP INS IPCI LNSP MCC MICS MILDA MSHP MTN MTR-TB MVE NPSP ODD OMD OMS ONUSIDA OOAS PARSSI PEPFAR PEV PF PGT PIB Agence française de développement Autorité ivoirienne de Régulation pharmaceutique Agence de Médecine préventive Antirétroviraux Agent de santé communautaire Contrat de désendettement et de développement Centre hospitalier universitaire Couverture maladie universelle Centre des opérations d’urgence de santé publique Consultation prénatale Cadre programmatique unique Comptes de la santé Couverture sanitaire universelle Combinaison thérapeutique à base d’artémisinine Domaines d’action prioritaires District Health Information Software 2 Traitement sous surveillance directe Enquête démographique et de santé en Côte d’Ivoire Enquête sur le niveau de vie des ménages Établissement sanitaire de premier contact Fonds européen de développement Alliance mondiale pour les vaccins et la vaccination Harmonisation pour la Santé en Afrique Indice de développement humain Partenariats internationaux pour la santé et initiatives apparentées Institut national d’Hygiène publique Institut national de la Statistique Institut Pasteur de Côte d’Ivoire Laboratoire national de Santé publique Millenium Corporate Challenge Enquête en grappes à indicateurs multiples Moustiquaire imprégnée d’insecticide à longue durée d’action Ministère de la Santé et de l’Hygiène publique Maladie tropicale négligée Tuberculose multirésistante Maladie à virus Ebola Nouvelle pharmacie de la santé publique Objectifs de développement durable Objectifs du Millénaire pour le développement Organisation mondiale de la Santé Programme commun des Nations unies sur le VIH/sida Organisation Ouest Africaine de la Santé Projet d’appui à la redynamisation du secteur de la santé ivoirien Plan d’urgence du Président des États-Unis pour la lutte contre le sida Programme élargi de vaccination Planification familiale Programme général de travail Produit intérieur brut Page 5 sur 53
PND PNDS PNUD PPN PVVIH RASS RGPH RHS RSI SAP SCP SDMR SIMR SNIS SONU/SAA SRMNE SSP TDR UNDAF UNICEF USAID VIH
Plan national de développement Plan national de développement sanitaire Programme des Nations Unies pour le développement Politique pharmaceutique nationale Personne vivant avec le VIH Rapport annuel sur la situation sanitaire Recensement général de la Population et de l’Habitat Ressources humaines pour la santé Règlement sanitaire international Système d’alerte précoce Stratégie de Coopération avec le Pays Surveillance des décès maternels et riposte Surveillance intégrée de la Maladie et Riposte Système national d’information sanitaire Soins obstétricaux et néonataux d’urgence/Soins après-avortement Santé reproductive, santé de la mère, du nouveau-né et de l’enfant Soins de santé primaires Test de diagnostic rapide Cadre des Nations Unies pour l’aide au développement Fonds des Nations Unies pour l’enfance Agence des États-Unis pour le développement international Virus de l’immunodéficience humaine
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Résumé d’orientation La Stratégie de Coopération avec les Pays (SCP) consacre la vision à moyen terme de l’OMS pour sa coopération avec chaque pays ; elle guide l’action des trois niveaux de l’Organisation (Siège, niveau régional et niveau des pays) en vue de soutenir le développement sanitaire du pays. Le présent document de SCP a été élaboré selon un processus participatif et inclusif impliquant les partenaires techniques et financiers et la partie nationale. Le processus d’élaboration s’est déroulé en huit étapes, à savoir : i) la revue de la SCP 20132015 ; ii) la formation du comité technique à l’élaboration de la SCP de troisième génération ; iii) l’analyse critique de la coopération de l’OMS avec la Côte d’Ivoire ; iv) l’enquête de perception des parties prenantes sur la coopération avec l’OMS ; v) la validation des priorités stratégiques ; vi) l’élaboration de la première version de la SCP 2016-2020 par un comité technique restreint ; vii) la validation de la stratégie de coopération par le comité élargi ; et viii) l’approbation de la SCP par la Directrice régionale de l’OMS pour l’Afrique. La SCP est basée sur les priorités nationales décrites dans le Plan national de développement (PND) 2016-2020 et dans le Plan national de développement sanitaire (PNDS) 2016-2020. Elle tient compte des résultats escomptés dans le cadre de la mise en œuvre du douzième programme général de travail (PGT) 2014-2019 de l’OMS et intègre les valeurs et principes du Programme de transformation du Secrétariat de l’Organisation mondiale de la Santé dans la Région africaine 2015-2020. Par ailleurs, la présente stratégie de coopération est fondée sur les objectifs de développement durable (ODD), en tenant parallèlement compte des objectifs énoncés dans le Cadre programmatique unique (CPU) 2017-2020 du système des Nations Unies (SNU) dans le pays. Elle prend en compte les aspects de partenariat définis dans les déclarations de Busan et de Paris et dans des initiatives internationales de partenariat telles que le mécanisme Harmonisation pour la Santé en Afrique (HHA), les partenariats internationaux pour la santé et initiatives apparentées (IHP+) et l’Alliance mondiale pour les vaccins et la vaccination (GAVI), pour ne citer que ces exemples. Ainsi, cinq priorités stratégiques ont été retenues de manière consensuelle et se déclinent comme suit : 1. Le renforcement de la gouvernance et du financement du secteur de la santé. L’OMS s’engagera à soutenir la mise en place et le fonctionnement d’un cadre de suivi et d’évaluation du PNDS 2016-2020, tout comme l’élaboration des politiques, plans et stratégies nationaux de santé. L’OMS contribuera aussi à l’amélioration du financement de la santé et à la progression vers la couverture sanitaire universelle. 2. Le renforcement des appuis dans les domaines des ressources humaines pour la santé, médicaments essentiels et prestations sanitaires. La contribution de l’OMS consistera à apporter un appui à l’élaboration et à la mise en œuvre du nouveau plan de développement des ressources humaines pour la santé, à la mise en œuvre de la politique pharmaceutique nationale qui vise d’une part à améliorer l’accessibilité des populations aux médicaments essentiels de qualité, sûrs, efficaces et d’un coût abordable, tout en favorisant leur usage rationnel, et d’autre part à œuvrer pour une
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meilleure qualité des prestations sanitaires en mettant l’accent sur l’opérationnalisation des districts de santé. 3. L’amélioration de la santé reproductive, de la santé de la mère, du nouveau-né et de l’enfant, y compris la santé des adolescents et des jeunes. L’OMS contribuera à la mise en œuvre des interventions à haut impact en matière de santé de la mère, du nouveau-né et de l’enfant, notamment par l’amélioration de la qualité des soins. L’Organisation fournira également son appui au pays pour lui permettre d’améliorer la couverture vaccinale des maladies ciblées dans le programme élargi de vaccination. 4. Le renforcement de la lutte contre la maladie. En plus de la lutte contre les maladies endémiques, il s’agira pour l’OMS de contribuer au renforcement de la lutte contre les maladies transmissibles, sans oublier les maladies tropicales négligées et les maladies non transmissibles, ainsi qu’à la mise en œuvre d’actions visant les déterminants sociaux de la santé et la promotion de la santé. 5. Le renforcement de la préparation et de la réponse aux urgences et aux catastrophes. L’OMS s’attèlera à apporter un appui au pays dans l’application du Règlement sanitaire international (RSI, 2005) en ce qui concerne l’acquisition d’une capacité d’alerte et d’intervention. L’Organisation accompagnera le pays dans le maintien des acquis en vue de la certification de l’éradication de la poliomyélite, et le pays recevra un concours tout au long du processus de renforcement des capacités nationales de gestion des risques sanitaires, de la prévention au relèvement en passant par la préparation et la riposte. Le suivi et l’évaluation de la SCP 2016-2020 inclut le monitorage semi-annuel, la revue à miparcours et l’évaluation finale des plans biennaux. Les résultats serviront à améliorer la mise en œuvre de la SCP et des plans biennaux.
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Introduction La Stratégie de Coopération avec les Pays (SCP) consacre la vision à moyen terme de l’OMS pour sa coopération avec chaque pays et constitue le cadre devant guider l’action des trois niveaux de l’Organisation (Siège, niveau régional et niveau des pays) pour soutenir le développement sanitaire du pays. La dernière SCP de l’OMS avec la Côte d’Ivoire couvrait la période 2013-2015. C’est ainsi que le bureau de pays de l’OMS a entamé, depuis septembre 2015, l’élaboration de sa nouvelle stratégie de coopération avec la Côte d’Ivoire pour la période 2016-2020. L’élaboration de la SCP 2016-2020 s’est faite dans un environnement mondial marqué par l’adoption des ODD, avec un accent particulier sur la couverture sanitaire universelle. Au niveau régional, il s’agit essentiellement du douzième programme général de travail de l’OMS, qui intègre les valeurs et principes du Programme de transformation du Secrétariat de l’OMS dans la Région africaine 2015-2020, dont l’objectif est de faire du Secrétariat de l’OMS dans la Région africaine le véritable chef de file du développement sanitaire en Afrique. Cette nouvelle SCP est établie dans un contexte où la Côte d’Ivoire a amorcé un nouveau cycle de planification de son développement avec l’élaboration du PND 2016-2020 et du PNDS 2016-2020. Les institutions du système des Nations Unies ont procédé d’une part à une révision du Plancadre des Nations Unies pour l’aide au développement (UNDAF) pour la période 2015-2016, et d’autre part à l’adoption de ce qu’il est convenu d’appeler l’« Unicité dans l’action » et qui est matérialisé par l’élaboration du nouveau Cadre programmatique unique (CPU) couvrant la période 2017-2020. La présente SCP servira de base à l’élaboration et à la mise en œuvre des plans biennaux du bureau de pays.
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1. Situation en matière de santé et de développement 1.1. Contexte macroéconomique, politique et social 1.1.1. Données générales sur le pays Située en Afrique occidentale, dans la zone subéquatoriale, entre le 10e degré de latitude Nord, le 4e et le 8e degré de longitude Ouest, la Côte d’Ivoire couvre une superficie de 322 462 km². Elle est limitée au nord par le Burkina Faso et le Mali, à l’ouest par le Libéria et la Guinée, à l’est par le Ghana, et au Sud par le golfe de Guinée. La capitale politique de la Côte d’Ivoire est Yamoussoukro, située au centre du pays, à 248 km d’Abidjan, la capitale économique. La position géographique du pays explique les variations climatiques, et la présence de certaines maladies endémiques et épidémiques prédominant dans la forêt au sud et la savane au nord. La pluviométrie annuelle varie entre 2300 mm au sud et 900 mm au nord. Les températures sont généralement élevées avec une moyenne de 30° C. Au plan administratif, le pays est subdivisé en 14 districts, dont deux districts autonomes (Abidjan et Yamoussoukro). Il comprend 31 régions administratives, 95 départements, 498 sous-préfectures, 718 communes et plus de 8500 villages1.
Carte 1 : présentation de la Côte d’Ivoire
La Côte d’Ivoire compte une soixantaine d’ethnies réparties en quatre grands groupes (Akan, Mandé, Krou, Voltaïque). Les principales religions sont le christianisme, l’islam et les religions traditionnelles. Le français est la langue officielle du pays.
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Loi no 2012-1128 du 13 décembre 2012 portant organisation des collectivités territoriales.
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Sur la base du Recensement général de la Population et de l’Habitat de 2014 (RGPH 2014), et selon les projections de l’Institut national de la Statistique (INS), la population de la Côte d’Ivoire est estimée à 23 844 228 habitants en 2016. Cette population est caractérisée par un taux d’accroissement démographique de 2,6 % par an. La proportion des femmes est de 48,3 %, et la population est très jeune : 41,5 % des Ivoiriens ont moins de 15 ans et 77,7 % de la population ont moins de 35 ans. La population vivant en milieu urbain représente 50,2 % du total, contre 49,8 % pour la population rurale. 1.1.2. Situation politique, sociale et macroéconomique Après plusieurs années de crise sociopolitique entre 1999 et 2011, la Côte d’Ivoire renoue peu à peu avec une stabilité qui a contribué à la relance de sa croissance économique. Le vaste programme de lutte contre la pauvreté engagé depuis 2000, qui a abouti à l’éligibilité du pays en tant que pays pauvre très endetté (PPTE) en 2012, et les nombreux efforts fournis par le gouvernement, en particulier l’amélioration de la politique macroéconomique nationale, de la transparence et de la gestion des finances publiques ont permis au pays de se doter d’un cadre macroéconomique sain, solide et de renouer avec la croissance. Le taux de croissance du PIB qui était négatif en 2011 (-4,4 %) est passé de 10,7 % en 2012 à 9,2 % en 2013, puis à 8,5 % en 2014 et à 9,5 % en 2015, soit une moyenne de 9,4 % sur la période 2012-20152. Au niveau du secteur de la santé, les ressources générées par la croissance ont permis d’accroître le montant du budget alloué au ministère de la Santé, qui est passé de 128,3 milliards à 196 milliards de francs CFA entre 2012 et 20153. Une partie de ce budget de la santé a servi à financer de nombreux investissements, notamment des constructions, réhabilitations, rééquipements d’hôpitaux et de centres de santé, ainsi que la mise aux normes des plateaux techniques de structures sanitaires, toutes choses qui ont contribué à améliorer l’accès aux services de santé, et à financer la mesure de gratuité ciblée des soins prise particulièrement en faveur de la mère et l’enfant. Cependant, même si la situation macroéconomique est satisfaisante, l’Enquête sur le niveau de vie (ENV) des ménages réalisée en 2015 a rapporté un niveau de pauvreté encore élevé, même si le taux est passé de 48,9 % en 2008 à 46,3 % en 2015, avec un écart plus accentué en milieu rural (56,8 %) qu’en milieu urbain (35,9 %)4, traduisant ainsi la persistance de fortes inégalités sociales couplée à une forte demande dans des domaines sociaux tels que le logement, l’éducation et la santé. Par ailleurs, la pauvreté touche aussi bien les femmes que les hommes, même si ces derniers contribuent légèrement plus à cette pauvreté (50,6 % des pauvres sont des hommes, contre 49,4 % pour les femmes). Ceci expliquerait sans aucun doute le niveau de l’indice de développement humain de 0,462 atteint par le pays en 20145, qui se classait au 172e rang sur 188 pays et faisait ainsi partie du groupe des pays à faible développement humain. En plus des progrès accomplis depuis 2012 au niveau socioéconomique, la Côte d’Ivoire continue d’améliorer son niveau de développement et de réduire les inégalités sociales. Afin de continuer sur cette lancée, le gouvernement s’est engagé à accélérer les progrès 2 3
PND 2016-2020 MPMEF/DGE/DCPE 4 INS/ENV 2015 5
Rapport sur le développement humain 2015 – PNUD
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économiques et sociaux. Pour ce faire, la Côte d’Ivoire ambitionne d’atteindre l’émergence à l’horizon 2020 grâce au nouveau PND 2016-2020 adopté le 9 décembre 2015 en conseil des ministres. Ce PND s’appuie sur la loi portant Plan national de développement 2016-2020 qui fut adoptée à l’unanimité par l’Assemblée nationale le 23 décembre 2015. 1.1.3. Facteurs de risques liés au contexte du pays et ayant un impact sur la santé Malgré une économie florissante ces cinq dernières années, la Côte d’Ivoire, pays à revenu intermédiaire de la tranche inférieure (selon la classification 2015 de la Banque mondiale), reste exposée à différents risques qui la placent dans une situation de fragilité. En effet, au niveau institutionnel, la corruption fragilise les efforts déployés par le gouvernement ivoirien pour améliorer la bonne gouvernance et l’État de droit. Le taux élevé de pauvreté traduit la persistance d’inégalités sociales avec la non-satisfaction de certains besoins primaires d’une grande part de la population. Bien que localisés dans certains endroits du pays, les conflits interethniques à répétition fragilisent la cohésion sociale en cours de reconstruction après plus d’une décennie de crises sociopolitiques ayant occasionné des pertes en vies humaines et en biens, ainsi que des déplacements de populations. Les récents attentats terroristes survenus le 13 mars 2016 à Grand-Bassam – qui ont fait près d’une vingtaine de morts – ont mis à mal la sécurité du territoire et celle des citoyens. Enfin, les inondations qui sont occasionnées pendant les fortes saisons de pluies, se traduisent aussi par des pertes en vies humaines et en biens. Dans le domaine de l’environnement, la déforestation massive (caractérisée par une perte du couvert forestier ivoirien, qui est passé de 12 millions d’hectares en 1960 à 2 802 000 hectares en 2007, soit une perte de plus de 75 % en moins d’un demi-siècle6) et l’émission des gaz à effets de serre due à d’autres facteurs anthropiques sont en partie à l’origine des changements climatiques constatés en Côte d’Ivoire. On note par exemple une grande inversion des saisons climatiques et des inondations. La pollution environnementale, qu’il s’agisse des eaux, des sols ou de l’air, est assez importante en raison d’une mauvaise gestion des déchets solides et liquides assimilés sur toute l’étendue du territoire national. Le volume de ces déchets est estimé à plus de cinq millions de tonnes par an, dont 1,7 million de tonnes pour le seul District autonome d’Abidjan. La pollution environnementale est également due à une mauvaise utilisation des fertilisants chimiques et des pesticides dans les surfaces agricoles, aux rejets des grandes industries responsables d’émission quotidienne dans l’air de 76 tonnes de dioxyde de soufre, de 43 tonnes d’oxyde d’azote et de 27 tonnes de poussières toxiques, et aux transports qui occasionnent le rejet de 6 tonnes de dioxyde de soufre chaque jour, autant que le rejet quotidien de 22 tonnes de dioxyde d’azote et de 15 tonnes de poussières toxiques. S’agissant de l’eau et de l’assainissement du milieu, on notera qu’en 2015, 82 % de la population ivoirienne avaient accès à une source d’eau potable améliorée et 23 % seulement utilisaient des installations d’assainissement améliorées. Cette situation que vit le pays en matière de salubrité et d’assainissement est liée à l’accroissement rapide de la population, qui a eu un impact sur la production quotidienne d’ordures ménagères. Elle résulte en outre de l’inadaptation et de la vétusté des équipements 6
Profil de l’équité et des déterminants sociaux de la santé en Côte d’Ivoire 2014 –MSLS
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de collecte, de transport et de traitement des déchets. Cette situation affecte négativement l’environnement urbain et le cadre de vie des populations et se trouve à l’origine de la résurgence de nombreuses maladies infectieuses. 1.1.4. Parité homme-femme, équité et droits de l’homme dans le contexte ivoirien Selon le rapport sur la grille de résultats concernant la parité des sexes (Gender Scorecard) établi en 2015 avec l’appui d’ONU Femmes, la Côte d’Ivoire a réalisé des progrès importants pour améliorer la parité homme-femme, l’équité et les droits de l’homme. En effet, un cadre politique et institutionnel a été mis en place, avec par exemple la création d’un ministère en charge de la promotion du genre et de la femme. En dépit de ces avancées notables, des inégalités persistent et constituent un frein à l’accès des Ivoiriennes aux ressources productives, aux services de base ainsi que leur participation à la prise de décisions. Le taux de représentation féminine à l’Assemblée nationale est de 9,4 % seulement en 2016. Seulement 24 femmes siègent à l’hémicycle sur un total de 255 députés. Ainsi, les Ivoiriennes ne représentent que 20,8 % des décideurs, soit bien en dessous de la cible minimale de 30 % préconisée par les instances régionales. Les principaux défis en matière de genre en Côte d’Ivoire relèvent notamment des normes sociales qui persistent et perpétuent la vulnérabilité des femmes de Côte d’Ivoire (75 % vivent en dessous du seuil de pauvreté), ainsi que leur insuffisante autonomisation économique. Le taux d'alphabétisation des plus de 15 ans est de 58 % pour les hommes, contre 42 % pour les femmes, la prévalence de l’infection à VIH est plus élevée chez les femmes (4,6 %) que chez les hommes (2,7 %), le taux de mortalité maternelle est de 614 pour 100 000 naissances, soit l’un des plus élevés de la région. Les difficultés d’accès et de contrôle des ressources (éducation, information, terre, finances, etc.) limitent également le développement de leurs compétences dans divers domaines d’activités. Suite à la crise sociopolitique, les violences basées sur le genre, en particulier contre les femmes, se sont aggravées en Côte d’Ivoire, ralentissant la marche vers l’équité et l’égalité des sexes. Selon ONU Femmes, des études menées en 2015 ont révélé qu’il y a un lien entre la mortalité maternelle et la violence faite aux femmes.
1.2. Situation sanitaire des populations Malgré les efforts positifs réalisés au niveau socioéconomique, l’état de santé de la population demeure une préoccupation. La fréquence de certaines maladies à potentiel épidémique met en évidence les capacités insuffisantes du système de santé à les détecter précocement et à les contrôler par une réponse adaptée. 1.2.1. La charge des maladies transmissibles Le profil sanitaire dans la population générale est dominé par les maladies transmissibles, notamment les trois pathologies prioritaires que sont l’infection à VIH, le paludisme et la tuberculose qui constituent les principales causes de morbidité et de mortalité en Côte d’Ivoire. Page 13 sur 53
En Côte d’Ivoire, le paludisme sévit sous un mode endémique et constitue la première cause de morbidité avec 43 % des motifs de consultation dans les formations sanitaires et la première cause de mortalité. La prévalence hospitalière des cas réels est estimée à 33 %, selon le rapport 2014 du Programme national de lutte contre le paludisme (PNLP). Quant à l’incidence du paludisme, elle est de 155,4 ‰ dans la population générale, en hausse par rapport aux données de 2013 qui était de 105 ‰. Chez les enfants âgés de moins de cinq ans, elle est passée de 295 ‰7 en 2013 à 291 ‰8 en 2014. La couverture de la première dose de sulfadoxine pyriméthamine (SP1) dans le cadre de la prophylaxie antipaludique des femmes enceintes est de 64 % (enquête de service, 2013). Environ 8 et 14 millions de MILDA ont été distribuées à l’ensemble de la population ivoirienne lors des campagnes de masse de distribution en 2011 et 2014, respectivement. La distribution systématique de MILDA se fait depuis 2006 dans la zone nord et depuis 2010 dans l’ensemble du pays, dans les services de vaccination pour les enfants de 0 à 11 mois et lors des consultations prénatales (CPN) des femmes enceintes. La couverture des MILDA est de 95 % et le taux d’utilisation de 53 %9. Le gouvernement ivoirien a décidé de la gratuité de la prise en charge du paludisme avec la disponibilité des combinaisons thérapeutiques à base d’artémisinine (CTA) dans toutes les formations sanitaires publiques et des tests de diagnostic rapide (TDR) principalement dans les ESPC. Selon l’enquête de service réalisée en 2013, le taux de confirmation des cas suspects par TDR est de 68,2 % et celui de la prise en charge correcte des cas de 59 % (PSN 2012-2015). Concernant le VIH, la Côte d’Ivoire fait partie des pays les plus touchés en Afrique de l’Ouest et centrale, avec un nombre élevé de personnes vivant avec le VIH (PVVIH) estimé à 460 000 [420 000 – 510 000] selon les estimations 2014 de l’ONUSIDA10. L’épidémie est de type mixte avec une prévalence de 3,7. La prévalence de l’infection à VIH dans la population des 15-49 ans11 est de 4,6 % chez les femmes et de 2,7 % chez les hommes pour la même tranche d’âge. Chez les populations clés, la prévalence est de 18 % chez les hommes ayant des rapports sexuels avec d’autres hommes12 et de 11,4 %13 chez les travailleuses du sexe. La prévalence du VIH au niveau national est en diminution par rapport à son niveau de 2005, où elle se situait à 4,7 %. Cependant, pour les adolescents et les jeunes de 15-24 ans qui représentent 23 % de la population, la plupart des indicateurs du VIH ne sont pas améliorés. Le pays dispose d’une loi portant protection des personnes vivant avec le VIH. En Côte d’Ivoire, la prise en charge des PVVIH est gratuite. Grâce aux financements des principaux bailleurs de la réponse nationale (PEPFAR, Fonds mondial, système des Nations Unies) et aux engagements de l’État, l’offre de services et la couverture en antirétroviraux se sont améliorées. Ainsi, selon le rapport sur le VIH 2015, 77 % des établissements de santé proposent le dépistage du VIH, 14 % des services de prévention de la transmission mèreenfant du VIH (PTME), et le nombre d’établissements de santé pour le traitement 7 8
RASS 2013 PNDS 2016-2020 9 PNDS 2016-2020 10 Rapport ONUSIDA 2014 11 Enquête démographique et de santé à indicateurs multiples, 2011-2012, MSLS juin 2013 12 Enquête SHARM 2012 13 Enquête IBBS 2014
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antirétroviral est passé de 716 à 806 en 2014. Cependant, si l’on tient compte des cibles mondiales et de l’adhésion du pays aux initiatives mondiales pour inverser la tendance du VIH, les déficits programmatiques sont importants. Selon le rapport sur le VIH 2015, la couverture d’offre de services de dépistage est de 75 %, les services PTME sont intégrés dans seulement 47 % de structures offrant la CPN. En outre, selon les estimations de l’ONUSIDA, le taux de couverture par les antirétroviraux se situe à 32 %. Cette situation est plus accentuée chez les enfants et les nourrissons. La tuberculose en Côte d’Ivoire demeure un problème de santé publique, avec une incidence notifiée de tuberculose bactériologiquement confirmée tournant autour de 60 cas pour 100 000 habitants en 2015 et de 98 cas pour 100 000 habitants pour tous les cas de tuberculose, toutes formes confondues, selon les données du PNLT14. En outre, en 201415, l’OMS a estimé le ratio de mortalité par tuberculose (hors VIH) en Côte d’Ivoire à 22 décès [16-29] pour 100 000 habitants, contre 20 décès [12-28] pour 100 000 habitants en 2013, soit un accroissement de 10 %. L’incidence a baissé de 2013 à 2015, passant de 170 cas [157-188] pour 100 000 habitants à 159 cas [103-277] pour 100 000 habitants, dont 38 cas [24-54] pour 100 000 habitants co-infectés par le VIH. La co-infection tuberculose-VIH reste élevée en dépit d’une forte régression de la prévalence de l’infection à VIH chez les tuberculeux . Elle est passée de 27 % en 2012 à 25 % en 2013. On note une amélioration de la couverture en ARV des patients co-infectés par la tuberculose et le VIH, qui est passée de 55 % en 2013 à 77 % en 2015, mais reste insuffisante. Le taux de résistance secondaire s’est accru, passant de 8,6 % en 2010 (rapport OMS 2010) à 14 % en 2014 pour les cas de retraitement avec un nombre de cas de tuberculose à bacilles multirésistants de 720, contre 471 cas en 2010. L’évaluation de la cohorte 2014 a permis de noter le taux de succès thérapeutique des nouveaux cas de tuberculose et de rechute à frottis positif traités à 79 % (norme OMS =90 %). Il a également été révélé une forte insuffisance dans l’application du contrôle de l’infection tuberculeuse dans les structures de prise en charge de la tuberculose et du VIH/sida (Evaluation Union (2011) et Revue PNLT/OMS Équipe d’appui interpays pour l’Afrique de l’Ouest (juin 2014)), une situation qui pourrait être à l’origine de nombreux cas de tuberculose et d’infection par le VIH, de cas de retraitement et de l’éclosion de nombreux cas de tuberculose à bacilles multirésistants. Ainsi, les principaux défis de la lutte contre la tuberculose portent sur la faible couverture des
services, l’amélioration de la notification des cas, la généralisation de la stratégie DOT, la surveillance des résistances aux antituberculeux, la prise en charge des cas de tuberculose à bacilles multirésistants et l’application des mesures de contrôle de l’infection tuberculeuse. Les hépatites virales. En Côte d’Ivoire, peu de données existent sur les hépatites ; la prévalence de l’hépatite B est d’environ 13 % et celle de l’hépatite C de 1 à 3 % environ. Le taux de transmission fœto-maternelle reste élevé (33 %). La séroconversion Ag HBs est de 700 donneurs pour 100 000 habitants par an, même si le vaccin contre l’hépatite virale B est disponible en Côte d’Ivoire et introduit dans le programme élargi de vaccination depuis 2002. Les hépatites virales B, C et D sont les principales causes de cirrhose et de cancer du foie. L’hépatite virale reste une maladie très peu connue des populations, car souvent assimilée à tort au paludisme. Le dépistage des hépatites virales demeure problématique : il existe en effet 14 15
Rapport d’activités PNLT, 2015. Source de données : www.who.int/tb/data.
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de nombreux tests rapides qui sont commercialisées, mais leurs performances diagnostiques restent à prouver. Les tests Elisa dont les critères de performance sont clairement établis coûtent cher et ne sont pas disponibles à tous les niveaux de la pyramide sanitaire. On note également que d’autres maladies telles que les maladies tropicales négligées (MTN) constituent une préoccupation nationale du fait de leur poids social sur les communautés touchées. La prévalence des MTN à chimioprévention reste très élevée, avec une endémicité quasi-nationale, hormis pour le cas du trachome. À titre d’illustration, l’onchocercose est endémique dans 59 districts de santé, la filariose lymphatique (FL) dans 61 districts, la schistosomiase dans 80 districts et les géohelminthiases dans 82 districts (Source : Plan stratégique intégré des MTN 2012-2015). 1.2.2. La charge des maladies non transmissibles On assiste depuis quelques années à la progression des maladies non transmissibles (MNT), dont l’ampleur a suscité la création de plusieurs programmes nationaux spécifiques afin d’apporter une réponse nationale adaptée. L’enquête STEPS réalisée en 2005 en Côte d’Ivoire a révélé que la prévalence de l’hypertension artérielle (HTA) était de 21,7 % (58,4 % au sein des 55-64 ans), celle du diabète sucré de 5,7 % sur l’ensemble de la population âgée de 15 à 64 ans. Cette enquête a également révélé l’existence de facteurs de risque liés aux changements dans le mode de vie des populations, notamment l’alimentation déséquilibrée et l’inactivité physique ou la sédentarité, sans oublier le tabagisme. Selon l’EDSCI III, en 2012, 1,8 % des femmes âgées de 15 à 49 ans et 25,1 % des hommes sont des consommateurs de tabac ; 33 % de la population est exposée à la fumée secondaire (autrement dit, au tabagisme passif). Concernant le cancer en Côte d’Ivoire, l’incidence était de 98,8 cas de cancer pour 100 000 habitants en 2004, avec 25,2 % de cancers du sein et 23 % de cancers du col de l’utérus. Chez l’homme, l’incidence est légèrement inférieure (82 cas de cancer pour 100 000 habitants) avec une incidence élevée des cancers de la prostate (31 %) et des cancers primitifs du foie (28 %). Selon le Programme national de lutte contre le cancer, en 2012, l’incidence serait estimée à près de 15 000 nouveaux cas par an, et l’on a déjà enregistré 253 000 décès par cancer en Côte d’Ivoire. Les maladies non transmissibles (maladies cardiovasculaires, cancers, diabète, troubles mentaux, violences, traumatismes et affections bucco-dentaires) constituent de véritables problèmes de développement au regard de leur impact économique considérable et particulièrement marqué pour les individus issus de familles dont la grande majorité est déjà éprouvée par la pauvreté. En 2008, les MNT étaient à l’origine de 101 200 décès en Côte d’Ivoire (soit 33 % de tous les décès). En outre, 87 % de ces décès sont survenus avant l’âge de 60 ans. 1.2.3. La santé tout au long de la vie Selon les résultats de la dernière enquête démographique et de santé (EDSCI) réalisée en 2012, le ratio de mortalité maternelle (614 décès de mères pour 100 000 naissances vivantes), de mortalité néonatale (38 ‰) et le taux de mortalité infanto-juvénile (108 ‰) restent très Page 16 sur 53
élevés. On note aussi un faible taux d’accouchement assisté par du personnel de santé qualifié, le taux se situant à 59 %. Les causes immédiates ou directes comprennent : i) pour les décès maternels, les hémorragies (42 %), les dystocies, et l’hypertension artérielle (12 %) ; ii) pour la mortalité néonatale, la prématurité (33 %), l’asphyxie et le traumatisme néonatal (27 %), la détresse respiratoire (14 %), les anomalies congénitales (5 %) et le tétanos néonatal ; iii) pour les décès des enfants de moins de cinq ans, les insuffisances respiratoires aigües, les diarrhées et le paludisme, avec des incidences de 45 ‰, de 60 ‰ et de 114 ‰, respectivement, de même que la malnutrition. Les causes sous-jacentes ou indirectes sont les anémies (54 % chez les femmes enceintes et 75 % chez les enfants de 0 à 5 ans), le VIH (2,7 % chez les femmes enceintes) et le paludisme (avec un taux de prévalence de 7 %).
1.3. Réponse nationale aux défis sanitaires 1.3.1. Organisation et performances du système de santé Le système de santé en Côte d’Ivoire est de type pyramidal à trois échelons et deux versants , l’un gestionnaire et l’autre prestataire. Le système national de santé comprend trois (3) niveaux dans sa structuration administrative, à savoir : i) le niveau central avec le cabinet du ministre, les directions et les services centraux, les programmes chargés de la définition de la politique, de l’appui et de la coordination globale de la santé ; ii) le niveau intermédiaire, composé de 20 directions régionales de la santé qui ont une mission d’appui aux districts de santé pour la mise en œuvre de la politique sanitaire ; iii) le niveau périphérique, composé de 8216 directions départementales de la santé ou districts de santé, qui sont chargés de coordonner l’activité sanitaire dans leur ressort territorial et de fournir un soutien opérationnel et logistique aux services de santé. Le district de santé, unité opérationnelle du système de santé, est lui-même subdivisé en aires sanitaires ou en bassins de desserte de ce qu’il est convenu d’appeler les établissements sanitaires de premier contact (ESPC). L’offre de soins publique est très diversifiée et comprend au niveau périphérique 1967 ESPC ; au niveau secondaire, 84 hôpitaux généraux, 17 centres hospitaliers régionaux, 2 centres hospitaliers spécialisés ; et au niveau tertiaire, 4 centres hospitaliers universitaires, 5 instituts nationaux spécialisés et 4 autres établissements d’appui que sont le Centre national de Transfusion sanguine, le Laboratoire national de Santé publique, la Nouvelle Pharmacie de la Santé publique (NPSP), et le Service d’aide médicale d’urgence17. En termes d’accessibilité géographique, 67 % de la population vivaient à moins de cinq kilomètres d’un ESPC18 en 2015. En 2013, la disponibilité en médicaments génériques était de 31,6 % dans le secteur public contre 56,6 % dans le secteur privé19. L’offre de soins privée est composée de plus de 2036 établissements (2011) de toutes classes et de toutes catégories. Le privé à but non lucratif composé des associations et des 16 17
Depuis décembre 2016, les districts sanitaires sont au nombre de 83.
Source PNDS 2016-2020. 18 RASS 2015. 19 Étude OMS/HAI 2013.
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organisations à base communautaire participe également à l’offre de soins, surtout au niveau primaire avec 49 établissements de santé. Le secteur pharmaceutique privé en Côte d’Ivoire, avec quatre grossistes-répartiteurs, 1100 officines privées de pharmacie et huit unités de production locale de médicaments, dont quatre en activité, est très dynamique et occupe une place très importante dans le système de santé avec une couverture de l’ordre de 80 % à 90 % de l’offre en médicaments20. Il est à noter que d’autres ministères participent à l’offre de soins à travers leurs infrastructures sanitaires, dites parapubliques. La médecine traditionnelle est en plein développement avec la mise en place d’un programme national de promotion de cette forme de médecine. Un cadre juridique et réglementaire de la médecine et la pharmacopée traditionnelles a été défini dans la loi n° 2015-536 du 20 juillet 2015 et le décret n° 2016-24 du 27 janvier 2016 portant Code d’éthique et de déontologie des praticiens de médecine et pharmacopée traditionnelles. À ce jour, plus de 8500 praticiens de la médecine traditionnelle ont été recensés, selon les données du programme. Le système de santé ivoirien rencontre quelques difficultés en matière de gouvernance du secteur de la santé et dans l’exercice du leadership du ministère de la Santé. En effet, l’on note une insuffisance de coordination entre les différents niveaux de la pyramide sanitaire. Dans le domaine gestionnaire, l’évaluation sur la gouvernance du secteur21 réalisée en 2014 « a révélé une allocation irrationnelle des ressources disponibles, des problèmes de transparence, de conflits de compétences, un déficit de la participation communautaire et de la faiblesse du devoir de redevabilité à tous les niveaux de la pyramide sanitaire ». Au niveau déconcentré, différentes analyses ont permis de relever les carences suivantes : i) une insuffisance de la fonctionnalité des organes de gestion des établissements de santé, des équipes-cadres de district et des équipes-cadres de région, à cause de l’ignorance des textes qui régissent ces organes ; ii) une coordination et une collaboration insuffisantes des acteurs et des interventions de santé, marquées par l’absence de traçabilité des appuis extérieurs et le non-respect des procédures et des textes réglementaires en vigueur ; iii) une insuffisance de leadership au niveau des structures déconcentrées et l’inadéquation de certaines interventions des collectivités décentralisées par rapport aux priorités de santé ; iv) des ressources matérielles, humaines et financières limitées par rapport aux besoins de fonctionnement ; v) des difficultés d’intégration du secteur privé, notamment dans la prise en compte des données sanitaires. En outre, différentes analyses sur la fonctionnalité des districts de santé révèlent que malgré l’accompagnement institutionnel et la mise à disposition d’un certain niveau de ressources aussi bien humaines, matérielles que financières, les processus gestionnaires ne permettent pas aux districts de santé de jouer pleinement leur rôle de mise en œuvre opérationnelle de la politique nationale de santé. En effet, le manque d’autonomie et l’opérationnalisation insuffisante des DRS et DDS limitent leurs capacités de gestion. De ce fait, ils arrivent difficilement à répondre aux besoins des populations, particulièrement sur les plans de l’équité et de la qualité des services.
20
Étude pour le développement des industries pharmaceutiques locales en Côte d’Ivoire- ONUDI-PACIR- Projet EE/IVC/010/001- 2014. 21
Évaluation de la gouvernance du secteur Santé en Côte d’Ivoire – MSHP/USAID-HFG Project, avril 2014.
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Or, la disponibilité des prestations des services de qualité constitue l’objectif principal de tout système de santé afin de contribuer à l’amélioration de l’état de santé des populations , avec leur pleine participation. Le financement du secteur de la santé est insuffisant au regard de l’engagement d’Abuja, car le pays consacre uniquement 5 % en moyenne du budget général de l’État au secteur de la santé. Par ailleurs, le financement de la santé reste largement tributaire des paiements directs des ménages, qui représentaient 48,11 % des dépenses totales de santé en 201422. Il est également caractérisé par des inefficiences dans l’allocation et l’utilisation des ressources disponibles. Concernant les ressources humaines pour la santé (RHS), il ne peut y avoir de CSU sans ressources humaines qualifiées, en nombre suffisant et équitablement réparties sur le territoire. Malgré les efforts du gouvernement pour combler le déficit en RHS, moyennant le recrutement d’un nombre important de personnels de santé qualifiés ces dernières années, la Côte d’Ivoire n’a pas encore atteint la densité requise de 2,3 personnels de santé pour 1000 habitants, qui permettrait d’assurer une couverture efficace des ressources humaines pour la santé. Cette densité était estimée à 0,83 en 201423. En effet, bien qu’importantes dans leur nombre, les ressources humaines pour la santé sont inégalement réparties sur le territoire ; 60 % des personnels de santé sont concentrés dans la seule ville d’Abidjan, qui abrite 24 % de la population24. Les spécialités médicales ne sont pas valorisées au niveau de la rémunération salariale. Cette situation démotive les spécialistes affectés au niveau décentralisé et justifie la forte concentration des médecins spécialistes dans la capitale économique du pays. De ce fait, le ministère en charge de la santé a commandé, avec l’appui de l’OMS, une série d’études techniques afin de disposer de données probantes pour élaborer un nouveau plan de développement des RHS qu’il souhaite efficace. Ce nouveau plan sera basé sur des stratégies de formation, de recrutement, de déploiement et de fidélisation des RHS qui permettront de disposer d’un effectif adéquat de personnels de santé, ayant les compétences requises, au bon endroit, au bon moment, ayant la bonne attitude, effectuant le travail requis, au juste coût et produisant les résultats escomptés. Pour ce qui est du système national d’information sanitaire, il éprouve un certain nombre de difficultés à mettre à disposition l’information sanitaire de qualité à temps, bien que le taux de complétude des rapports du système d’information et de gestion (SIG) soit de 99 % (source : RASS 2015). Dans le cadre de sa redynamisation, des outils de gestion ont été actualisés et mis en application, dont le logiciel DHIS2 déployé dans les 20 régions sanitaires, qui permettra de disposer d’informations sanitaires de qualité en temps réel, utiles pour la prise de décision à tous les niveaux de la pyramide sanitaire. Dans le cadre de la surveillance des maladies, un système d’alerte précoce est coordonné par l’INHP. Le SIG collecte de façon mensuelle les données sur la morbidité et la mortalité aussi bien des maladies endémiques que des maladies à haut potentiel épidémique. Au niveau opérationnel, la collecte des données de surveillance se fait par les agents des centres de santé périphériques, qui les transmettent chaque semaine aux responsables des centres de 22 23
Rapport des comptes de la santé (CS) 2014. Étude des préférences des étudiants et satisfaction des personnels des services de santé maternelle, néonatale et infantile dans les zones mal desservies en Côte d’Ivoire – MSHP/OMS, mars 2016. 24 Plan intérimaire de développement des ressources humaines pour la santé 2014-2015.
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surveillance épidémiologique (CSE) basés dans les districts, lesquels communiquent ensuite les mêmes données au niveau national à l’Institut national d’Hygiène publique (INHP). Après compilation et analyse des données ainsi collectées, la diffusion est faite aux autres services du ministère et aux partenaires, principalement. Le service national de surveillance édite un bulletin de rétroinformation intitulé « LE VIGILE », qui est diffusé à tous les acteurs impliqués dans la surveillance et aux partenaires. Toutefois, le traitement de ces données est long et ne permet pas à ce système d’être réactif. Pour autant, il subsiste le défi toujours croissant d’un SNIS performant, prenant en compte à la fois le secteur public et les secteurs privé et communautaire. Ces dysfonctionnements et limites constatés affectent quelque peu l’utilisation des services dont le taux reste modeste même si elle est en augmentation depuis 2008. En effet, ce taux est passé de 18 % en 2008 à 27,5 % en 201325, puis à 33,21 % en 2014 et à 43,33 % en 2015, selon les données du RASS 2015. Le continuum des soins est insuffisamment assuré à cause d’un dysfonctionnement du système de référence et de contre-référence entre les différents échelons inférieurs et supérieurs. Toutefois, il convient de noter que les prestations sanitaires sont délivrées selon un ensemble d’activités bien définies. L’accessibilité à l’offre de soins dans le domaine de la santé maternelle et infanto -juvénile est caractérisée par une prévalence contraceptive moderne faible (13,9 %), un taux élevé (27,1 %) de besoins non satisfaits en planification familiale (PF) et un nombre élevé de grossesses non désirées (24 %) – cf. le rapport SONU 2014-2015. De 1994 à 2012, le taux de fécondité a très peu varié et reste élevé (en moyenne cinq enfants par femme) pour réaliser le dividende démographique. Le pays s’est doté d’un plan stratégique 2015-2020 de planification familiale afin d’atteindre une prévalence contraceptive moderne de 36 % en 2020. Par ailleurs, bien que l’offre de services de santé reproductive et de santé de la mère, du nouveau-né et de l’enfant existe, les couvertures sont variées. Ainsi, l’on note un ratio d’une sage-femme pour 1990 femmes en âge de procréer26 et 81 % des établissements de santé offrent la planification familiale. En matière de soins obstétricaux et néonataux d’urgence (SONU), 1 % de maternités offrent les sept fonctions des services SONU de base 24 heures par jour, sept jours par semaine, et 9 % des maternités de référence offrent les neuf fonctions des services SONU complets27. Pour ce qui est de la qualité des services, selon les données du SNIS, en 2014, le taux de létalité lié aux complications obstétricales a été de 2,9 % et le taux de césarienne de 2,6 %. La couverture des interventions des enfants de moins de cinq ans est de 29 % pour les infections respiratoires aigües traitées avec les antibiotiques (amoxicilline) et de 17 % pour les diarrhées traitées avec la solution de réhydratation orale. Le Programme élargi de vaccination a été créé pour apporter une réponse aux problèmes causés par les maladies évitables par la vaccination. Ce programme cible neuf maladies, à savoir la tuberculose, la diphtérie, la coqueluche, la poliomyélite, la rougeole ou rubéole, la fièvre jaune, l’hépatite virale B, les infections à Haemophilus influenzae, ainsi que le tétanos maternel et néonatal. Tout récemment, avec l’introduction du vaccin antipneumococcique, le 25 26
RASS 2015. RASS 2015. 27 Cartographie des services de soins obstétricaux et néonataux d’urgence et de planification familiale 2014-2015.
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PEV cible désormais la pneumonie. De nombreux résultats ont été atteints : la Côte d’Ivoire a notamment été déclarée exempte de poliomyélite en novembre 2015. Cependant, en raison de fréquentes ruptures de stock d’antigènes, les couvertures vaccinales (CV) systématiques par antigène se trouvent à des niveaux différents. Ces ruptures de stock sont liées pour l’essentiel à des difficultés dans l’achat des vaccins, faute de financement suffisant et pour cause de difficultés de stockage (en particulier des problèmes dans la chaîne de froid).
Ainsi, l’on a pu noter les couvertures suivantes en 2015 : Indicateurs Taux d’utilisation des services de santé Couverture vaccinale en Penta 3 Couverture vaccinale en BCG Couverture vaccinale en VPO3 Couverture vaccinale en VAR Couverture vaccinale en VAA Couverture vaccinale en VAT2+ Pourcentage d’enfants complètement vacciné s Prévalence contraceptive Pourcentage de femmes de 15 à 49 ans ayant reçu des soins prénataux par un personnel de santé qualifié Taux d’accouchements assistés par du personnel qualifié Niveau 43,33 % 92 % 78 % 89 % 81 % 57 % 82 % 41 % 13,9 % 44 % 59 % Source – année RASS (2015) Données administratives PEV (2015) Données administratives PEV (2015) Données administratives PEV (2015) Données administratives PEV (2015) Données administratives PEV (2015) Données administratives PEV (2015) Revue externe du PEV 2015 EDS 2012 EDS 2012 EDS 2012
1.3.2. Politiques, stratégies et plans nationaux de développement Au terme du PNDS 2012-2015, le gouvernement ivoirien à travers le ministère de la Santé et de l’hygiène publique a élaboré un nouveau PNDS qui couvre la période 2016 à 2020 pour répondre aux défis du secteur de la santé. Ce plan est arrimé au PND, qui définit les orientations générales de développement du pays. Basé sur la prise en compte des engagements du gouvernement au niveau régional et international tels que l’adoption des objectifs de développement durable (ODD) pour la période 2015-2030, l’élaboration de l’Agenda 206328 du Nouveau Partenariat pour le Développement de l’Afrique (NEPAD) et le Programme communautaire de Développement (PCD) de la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Le PND définit la vision du gouvernement ivoirien à savoir : « la Côte d’Ivoire est un pays émergent à l’horizon 2020 avec une base industrielle solide ». Cette vision est construite autour de cinq axes stratégiques ; l’axe 2 relatif au développement du capital humain et au bien-être social englobe toute la stratégie sectorielle de la santé. Ainsi, 28
Agenda 2063 : l’Afrique que nous voulons – NEPAD/Union africaine.
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le PNDS 2016-2020 en tire ses orientations et définit sa vision comme celle d’« un système de santé performant, intégré, responsable et efficient, garantissant à toutes les populations vivant en Côte d’Ivoire, en particulier les personnes les plus vulnérables, un état de santé optimal pour soutenir la croissance et le développement durable du pays vers l’atteinte de l’émergence en 2020 ». Son objectif général est de renforcer la disponibilité de l’offre de services de santé de qualité dans toutes les régions pour une prise en charge adéquate et optimale des populations afin d’améliorer leur état de santé et de bien-être. Le PNDS comprend les six axes stratégiques suivants : i) le renforcement de la gouvernance et du leadership dans le secteur de la santé ; ii) l’amélioration du financement de la santé ; iii) la disponibilité d’une offre de services de qualité et l’amélioration de l’utilisation des services de santé ; iv) le renforcement de la lutte contre la maladie ; v) l’amélioration de la santé de la mère, du nouveau-né, de l’enfant, des adolescents et des jeunes ; et vi) le renforcement de la prévention et promotion de la santé et de l’hygiène publique. Au niveau sectoriel, plusieurs documents-cadres qui s’alignent au PNDS ont été élaborés pour la période et d’autres sont en cours d’élaboration. Ils ont pour but de soutenir la mise en œuvre du PNDS par des interventions plus spécifiques par domaine. 1.3.3. Progrès réalisés par le pays dans le cadre des six priorités de leadership de l’OMS En lien avec les six priorités de leadership de l’OMS définies dans le douzième programme général de travail, la Côte d’Ivoire a mis en place plusieurs mécanismes et des initiatives qui ont permis d’enregistrer certaines avancées. Couverture sanitaire universelle Afin de matérialiser son adhésion au programme mondial d’action pour la couverture sanitaire universelle (CSU), la Côte d’Ivoire a élaboré en 2012 une Stratégie nationale de financement de la santé pour tendre vers la couverture sanitaire universelle (SNFCSU), ainsi qu’un cadre de suivi des progrès accomplis. Cette stratégie est en cours de mise en œuvre avec l’appui des partenaires techniques et financiers, dont l’OMS. Ainsi, la Côte d’Ivoire a fait le choix d’instaurer une assurance maladie obligatoire dénommée « couverture maladie universelle » (en abrégé CMU), dans le cadre de la loi n° 2014-131 du 24 mars 2014. Cette CMU a pour objectif de garantir à l’ensemble de la population résidant en Côte d’Ivoire l’accès à des soins de santé de qualité, dans des conditions financières soutenables. Elle comprend un régime contributif appelé régime général de base (RGB) et un régime non contributif appelé régime d’assistance médicale (RAM) pour les personnes économiquement faibles ou démunies. La CMU sera financée à partir d’une cotisation mensuelle de 1000 FCFA par mois et par personne pour le RGB, et le financement de l’État pour la prise en charge des indigents et autres personnes vulnérables pour ce qui est du RAM. Une caisse d’assurance maladie, la CNAM, a été créée pour assurer la gestion de cette CMU. La CNAM est placée sous la tutelle du ministère en charge de la protection sociale et financée en partie par l’État. La définition du panier de soins a été confiée au ministère en charge de la santé. Il prévoit la prise en charge des consultations, des hospitalisations, des médicaments et Page 22 sur 53
des examens paracliniques à condition de respecter le parcours de soins défini par décret29. Une liste des affections garanties, un répertoire de nomenclature des actes de soins médicaux et biologiques, ainsi que la liste des médicaments remboursés ont été élaborés et devront faire l’objet plus tard d’un texte réglementaire. Un ticket modérateur est également prévu et devrait être appliqué pour le bénéfice des prestations afin de limiter les risques d’abus. Dans le cadre de l’opérationnalisation de la CMU, différentes études telles que l’étude de coût des prestations et l’étude sur la définition des critères d’indigence sont en cours de réalisation afin d’affiner les orientations prises. Pour ce qui est de l’offre de service, le ministère de la Santé procède à la mise aux normes des établissements de santé à tous les niveaux de la pyramide sanitaire. Les outils tels que les feuilles de soins sont déjà disponibles. Plusieurs pools de personnels de soins ont été formés aux procédures applicables au fonctionnement de la CMU. Le système d’information intégrant les données sanitaires et le dossier patient a été développé. À cet effet, un projet pilote avec pour cible les étudiants des villes d’Abidjan, Yamoussoukro, Bouaké, Daloa et Korhogo, estimés à environ 150 000 personnes, devrait démarrer dès le premier trimestre 2017 afin de tester le dispositif d’information et de gestion du mécanisme d’assurance mis en place. Toutefois, il est à noter que l’enrôlement des populations a démarré depuis la fin de l’année 2014. En novembre 2016, plus de 600 000 personnes ont été enrôlées. Après la phase pilote, la phase d’extension aux autres populations cibles que sont les fonctionnaires de l’État, les travailleurs du secteur privé, les planteurs des filières agricoles du palmier à huile et de l’hévéa sera en vigueur. Et les cotisations des personnes enrôlées débuteront. Les défis majeurs liés à l’opérationnalisation de la CMU concernent, notamment : i) le niveau suffisant de financement de cette CMU par les ressources publiques de l’État, ainsi que l’équité dans la capacité contributive des populations ; ii) la prise en charge des personnes indigentes dès le démarrage effectif de la CMU ; iii) la prise en compte du secteur informel, qui est très important ; iv) la disponibilité et la qualité de l’offre de soins, y compris les médicaments essentiels ; et, enfin v) la maitrise des coûts au regard des prestations de services couverts. Règlement sanitaire international (RSI, 2005) Afin d’appliquer le RSI auquel la Côte d’Ivoire a souscrit et d’organiser la réponse nationale, un cadre institutionnel a été mis en place. L’Institut national d’Hygiène publique (INHP), point focal national RSI (2005), est chargé au niveau national d’assurer la Surveillance intégrée de la Maladie et Riposte (SIMR), de même que la préparation et la riposte aux urgences de santé publique, aux épidémies et autres urgences sanitaires. À ce titre, l’INHP s’occupe de la préparation, de la détection des épidémies ou des maladies à potentiel épidémique et de la riposte aux épidémies, par l’intermédiaire des comités de lutte (national, régional et départemental) contre les épidémies. La coordination et le suivi des activités de surveillance relèvent : i) du service national de surveillance épidémiologique basé à l’INHP au niveau central ; ii) de la direction régionale, au niveau régional ; et iii) de l’équipe de district, au niveau périphérique.
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Décret n° 96-876 du 25 octobre 1996 portant classification des établissements sanitaires publics.
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Le financement de la réponse est basé sur un budget national et la contribution des partenaires (OMS, OOAS, CDC d’Atlanta, UNICEF, AMP, coopération bilatérale, etc.), et s’appuie sur l’existence d’une ligne de crédits « Urgences et épidémies » permettant de financer une partie des coûts des interventions dans certaines situations d’urgence. Pour la riposte aux épidémies, la stratégie globale est définie et mise en œuvre par deux comités de lutte contre les épidémies. Le Comité national de lutte contre les épidémies (CNLE), composé des services ou organes relevant du ministère de la Santé et de partenaires, dont l’OMS, et présidé par le ministre en charge de la santé. Le Comité départemental de lutte contre les épidémies (CDLE), composé des autorités de l’administration territoriale au niveau du département, des services de santé et autres services connexes à la santé, est présidé par le préfet du département. Le pays dispose d’un laboratoire de référence (l’Institut Pasteur de Côte d’Ivoire) qui est doté de capacités lui permettant d’assurer le dépistage de la plupart des maladies à potentiel épidémique (notamment les fièvres hémorragiques virales). Un plan stratégique de mise en œuvre de la SIMR est disponible, tout comme des outils de surveillance, et les acteurs ont été formés à leur utilisation adéquate. Un rapport de suivi du RSI est élaboré chaque année et transmis à l’OMS. Dans le cadre de la préparation du pays à faire face à une éventuelle épidémie de la maladie à virus Ebola (MVE), la Côte d’Ivoire a fait des efforts considérables en ce qui concerne la prévention et la préparation afin d’empêcher l’entrée du virus Ebola sur son territoire, et pour qu’une éventuelle introduction du virus soit circonscrite par une réponse rapide et appropriée. Dans cette logique, le gouvernement ivoirien a élaboré un plan de préparation et de riposte, avec l’appui des partenaires techniques et financiers. Différents comités de coordination ont été mis en place à tous les niveaux, à savoir : un comité de veille présidé par le Premier ministre ; un Comité national de lutte contre la MVE présidé par le ministère de la Santé et de l’Hygiène publique ; une coordination technique de lutte contre la MVE présidée par le Directeur de l’INHP ; des sous-commissions techniques et des comités locaux de lutte contre la MVE (comités régionaux, départementaux et de veille villageois). Le gouvernement a pris des mesures restrictives qui sont restées en vigueur jusqu’à la déclaration de la fin de l’épidémie de MVE en Afrique de l’Ouest. Parmi ces mesures exceptionnelles, on peut citer la fermeture des frontières terrestres avec le Libéria et la Guinée, la mise en place d’une aérogare spécialement dédiée aux passagers en provenance des pays touchés par la maladie à virus Ebola, l’interdiction de la chasse et de la consommation de viande de brousse, le renforcement du contrôle sanitaire aux frontières, ainsi que l’établissement de couloirs humanitaires et économiques. Par ailleurs, le pays a mené une grande campagne de sensibilisation et de prévention de la MVE auprès des communautés. Les capacités du personnel ont été renforcées dans différents domaines de la gestion des menaces de santé publique, grâce à des séances de formation et à des exercices de simulation. Les structures de prise en charge des malades ont été construites, et les districts de santé approvisionnés en importants stocks d’équipements et d’intrants de prévention et contrôle des infections. Un Centre des opérations d’urgence de santé publique (COU) a été construit et équipé au sein de l’INHP. Page 24 sur 53
En outre, le plan national pour le renforcement des capacités en matière de réduction des risques des catastrophes couvrant la période 2016-2020 a été élaboré. Une évaluation interne et une évaluation externe conjointe du RSI ont été réalisées en 2016, sur la base des 19 domaines techniques de la sécurité sanitaire mondiale et dans le cadre de l’approche « Une seule santé ». Elles avaient pour objectif d’évaluer le niveau de préparation, de détection et de riposte du pays et d’orienter les efforts à faire pour atteindre le niveau optimal pour chacun de ces domaines. Si le pays a accompli de nombreux efforts dans différents domaines, des défis majeurs subsistent. C’est ainsi que trois recommandations majeures ont été faites et doivent être mises en œuvre. Il s’agit : i) d’accélérer le processus législatif pour une collaboration effective et une coordination efficiente entre les secteurs clés dans le cadre de la prévention, de la préparation, de la détection et de la réponse aux événements de santé publique ; ii) de renforcer les capacités du point focal RSI et celles des acteurs multisectoriels et multidisciplinaires clés, à tous les niveaux, y compris communautaire, dans le cadre de l’application de l’approche « Une seule santé » ; et iii) de créer un fonds unique pérenne, facilement mobilisable, dans une structure adaptée, dédiée à la gestion des urgences sanitaires. Accès aux médicaments L’accès aux médicaments essentiels de qualité, sûrs, efficaces, d’un prix abordable et utilisés rationnellement est un défi permanent pour le système de santé ivoirien. Une nouvelle politique pharmaceutique nationale a vu le jour en 2015 afin de relever ce défi. En vue de renforcer le secteur pharmaceutique et de lui donner les moyens d’être plus performant, le ministère de la Santé prévoit de transformer l’actuelle Direction de la pharmacie, du médicament et des laboratoires en une Autorité nationale de régulation pharmaceutique. Celle-ci devrait jouir d’une autonomie réelle lui permettant d’assurer pleinement ses fonctions régaliennes. Un projet de décret a été proposé à cet effet. Il déterminera les attributions, l’organisation et le fonctionnement de la future Autorité ivoirienne de Régulation pharmaceutique (en abrégé AIRP), dans le but de mettre en application la loi sur la régulation du secteur pharmaceutique et de lutter contre le marché illicite des médicaments. L’AIRP sera une autorité administrative indépendante dotée de la personnalité morale et de l’autonomie financière et de gestion. Elle aura pour mission non seulement de coordonner la mise en œuvre de la politique pharmaceutique nationale, mais aussi d’exercer la régulation et le contrôle des produits et des activités pharmaceutiques sur le territoire national. Le fonctionnement du système de santé reste cependant entravé par des problèmes relatifs au système d’approvisionnement en médicaments essentiels qui n’est pas en mesure d’assurer dans les limites du temps, la disponibilité des médicaments, aussi bien en quantité qu’en qualité suffisantes dans les structures de premier contact, tout comme leur usage rationnel. Faute de ressources, notamment logistiques, et minées par une faible capacité de gestion, les pharmacies de district mises en place pour faciliter l’acquisition et la distribution des médicaments des ESPC ne fonctionnent pas de façon optimale. À cause des carences du secteur public de distribution et de la réglementation du secteur pharmaceutique, le marché illicite de médicaments et la circulation de « faux médicaments » se sont développés et Page 25 sur 53
s’amplifient. Le COTRAMED, un comité de lutte contre ce phénomène, a été mis en place, mais n’est pas en mesure de déployer pleinement les activités prévues, faute de ressources. Déterminants sociaux de la santé Les déterminants sociaux et économiques de la santé sont les conditions dans lesquelles les gens naissent, vivent, travaillent et vieillissent. Ils existent généralement en dehors du système de santé et sont de véritables facteurs d’inégalités sanitaires. En Côte d’Ivoire, la question des déterminants sociaux de la santé est confiée à la Direction de la Santé communautaire (DSC), plus spécifiquement à la sous-direction de la promotion de la santé et de la multisectorialité. Toutefois, la réponse multisectorielle est prise en compte dans tous les programmes de santé, et particulièrement dans les programmes de lutte contre le cancer, les maladies métaboliques, les maladies non transmissibles, le tabagisme, l’usage nocif de l’alcool et les autres addictions, à la direction en charge de l’hygiène publique et de l’assainissement, et dans le programme national de promotion de la santé mentale. Plusieurs documents de politique et de stratégie ont été élaborés et des activités ont été réalisées. On peut citer, entre autres : i) la politique nationale de promotion de la santé ; ii) le profil de l’équité sanitaire et des déterminants sociaux de la santé en Côte d’Ivoire ; et iii) la politique nationale sur l’alcoolisme et la santé mentale. La Côte d’Ivoire a également pris un certain nombre d’actes administratifs en vue de créer un environnement favorable à la réduction des facteurs de risque. Il s’agit notamment de : i) la mise en place de mécanisme de gestion adéquate des déchets biomédicaux ; et ii) la ratification de la Convention-cadre de l’OMS pour la lutte antitabac (CCLAT-OMS) et des protocoles additionnels. Plusieurs activités d’envergure ont été menées, dont une sensibilisation des populations sur la prévention des maladies transmissibles et non transmissibles et l’utilisation rationnelle des services de santé, conjuguée à la réalisation d’une enquête sur les déterminants sociaux et économiques de la santé. Afin de renforcer la réponse nationale, on prévoit la mise en place d’un mécanisme de concertation nationale et le renforcement des capacités nationales sur la stratégie de « la santé dans toutes les politiques ». Maladies non transmissibles (MNT) L’ampleur des MNT en tant que problème de santé a nécessité la création de plusieurs programmes nationaux spécifiques pour apporter une réponse nationale adaptée comme indiqué au chapitre précédent. Chacun de ces programmes est géré par une direction de coordination qui travaille en relation avec les 82 districts de santé et les 20 directions régionales de la santé. La réponse nationale qui bénéficie de l’appui de l’OMS est organisée autour des éléments suivants : i) la sensibilisation à la pratique d’activités physiques et à la consommation de fruits et légumes pour la prévention des MNT ; ii) la célébration des journées mondiales afin de promouvoir des comportements positifs favorables à la santé ; iii) l’élaboration de documents stratégiques, de directives, de guides pour la prise en charge des cas ; iv) le renforcement des capacités des structures de prise en charge des cas ; et v) la rechercheaction. Page 26 sur 53
Cette réponse nationale a permis de réaliser une enquête STEPS, de conduire des activités de prévention et de prise en charge, par exemple l’organisation de la prévention du cancer du col utérin par le dépistage (IVA ou Pap’s) associé à un traitement opportun en cours des lésions précancéreuses, l’introduction de la vaccination contre le papillomavirus humain dans le PEV. Pour la lutte contre les maladies cardiovasculaires, le ministère de la Santé a procédé à la mise en place d’unités décentralisées de prise en charge du diabète et de l’hypertension artérielle, depuis 2012, avec un total de 24 unités fonctionnelles et de cinq autres unités prévues en 2016. Il convient de noter qu’avant 2012, tous les malades diabétiques se rendaient pour leur suivi au Centre antidiabétique d’Abidjan (CADA) et au Service d’endocrinologie du Centre hospitalier universitaire (CHU) de Yopougon. En outre, deux séries de formations ont permis de former 217 et 278 médecins généralistes à la prévention et à la prise en charge du diabète, de l’insuffisance rénale et de l’hypertension artérielle en 2015 et 2016, respectivement. Toutefois, les défis majeurs sont liés au manque de financements au niveau national pour la réalisation des activités prévues dans ce domaine. Il convient de noter que la disponibilité des appuis des partenaires techniques et financiers tels que l’OMS, l’UNICEF et certaines institutions nationales privées, constituent autant d’opportunités pour le renforcement de la réponse. OMD et ODD En Côte d’Ivoire, même si d’importants progrès ont été accomplis par rapport aux objectifs relatifs à la santé, toutes les cibles n’ont pas été atteintes. En conséquence, les parties prenantes devront intensifier et concentrer leurs efforts sur les secteurs où les progrès sont jugés lents. Les résultats obtenus sont décrits ci-après30. Une baisse notable des prévalences de l’insuffisance pondérale. La prévalence nationale est passée de 23,8 % en 1994 à 14,9 % en 2012. La Côte d’Ivoire est ainsi parvenue à réduire la prévalence de l’insuffisance pondérale chez les enfants de moins de cinq ans de 8,9 points de pourcentage au cours de la période allant de 1994 à 2012. Une progression dans la réduction de la mortalité des enfants de moins de cinq ans encore insuffisante. Malgré une baisse du taux de mortalité des enfants de moins de cinq ans sur la période 1998-2012 de 181 ‰ à 108 ‰, la cible de 51 ‰ n’a pas été atteinte en 2015. L’augmentation de la mortalité maternelle. Contrairement aux autres cibles pour lesquelles une amélioration des indicateurs a été enregistrée, on relève une augmentation du ratio de mortalité maternelle, qui est passé de 543 décès pour 100 000 naissances vivantes en 2005 à 614 décès pour 100 000 naissances vivantes en 2012. La réduction du ratio de mortalité maternelle en Côte d’Ivoire est la seule cible pour laquelle les efforts n’ont pas donné les résultats escomptés. Il est en augmentation malgré les efforts conjugués du gouvernement et de ses partenaires. L’accès limité aux services de planification familiale, à un personnel de santé qualifié et à des soins prénatals, conjugué aux nombreuses grossesses enregistrées parmi les adolescentes, pourraient expliquer ces ratios élevés de mortalité maternelle en Côte d’Ivoire. Toutefois, on ne saurait oublier l’impact des différentes crises sociopolitiques qui ont désorganisé le système de santé avec des destructions, pillages d’infrastructures sanitaires et déplacements importants de personnels de santé. 30
Rapport national sur les OMD 2015 – Ministère du Plan et du Développement.
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Une baisse progressive des IST et de l’incidence du VIH/sida. Des efforts remarquables ont été faits pour réduire la prévalence du VIH/sida. Selon les estimations de l’ONUSIDA, cette prévalence est progressivement passée de 9,7 % en 2001 à 3,7 % en 2012, puis à 2,7 % en 2014. Cette embellie a été rendue possible par la volonté politique affirmée des pouvoirs publics, des interventions ciblées et l’élargissement de l’accès aux thérapies antirétrovirales. Des défis importants restent à relever en matière de lutte contre les IST et le VIH/sida en Côte d’Ivoire, notamment la couverture en ARV des adultes et des enfants avec l’adoption de la stratégie « Traiter tout le monde31 », la prise en charge des comorbidités VIH/TB/hépatites, la surveillance des résistances aux ARV, la rétention sous traitement des PVVIH, la mobilisation de ressources domestiques additionnelles pour la lutte et la coordination des interventions à tous les niveaux. Le fardeau du paludisme reste lourd en Côte d’Ivoire, où il représente 43 % des motifs de consultation. Les enfants âgés de moins de cinq ans et les femmes enceintes en sont les principales victimes. De 2006 à 2015, l’incidence du paludisme est passée de 69,25 cas pour 1000 habitants à 155,4 cas pour 1000 habitants dans la population générale, alors qu’il oscillait entre 110,85 et 291 cas pour 1000 habitants chez les enfants de moins de cinq ans, en dépit des efforts faits pour la mise en œuvre des interventions telles que la gratuité et la disponibilité des TDR et des CTA dans toutes les structures de soins, la distribution de MILDA aux enfants et femmes enceintes lors des campagnes de distribution de masse et systématique, et celle de sulfadoxine et pyriméthamine aux femmes enceintes afin d’inverser la tendance. La pandémie du VIH/sida gêne les efforts d’intervention contre la tuberculose. La Côte d’Ivoire fait partie des pays où la proportion de décès dus à la tuberculose a baissée de plus de 50 % de 2004 à 2012 (rapport 2013 de l’ONUSIDA). De même, l’incidence de la tuberculose qui a connu une hausse de 1990 à 2010, passant de 64 cas pour 100 000 habitants à 196 cas pour 100 000 habitants, a baissé de 2010 à 2013, année au cours de laquelle on a enregistré 170 cas d’infection tuberculeuse pour 100 000 habitants. S’agissant des leçons apprises de la mise en œuvre des OMD, le rapport national 2015 sur les OMD a permis de faire les constats suivants : i) une faiblesse de synergie et d’interactivité dans les actions menées ; ii) une faible, pour ne pas dire un manque total de communication sur les OMD ; iii) un manque de suivi des OMD par un comité de coordination opérationnelle. Concernant les objectifs de développement durable, on note qu’ils constituent désormais le nouveau programme de développement inclusif et universellement applicable à tous sans distinction depuis leur adoption en septembre 2015. À ce titre, après avoir mené une large consultation nationale de l’ensemble des acteurs dans tous les secteurs de développement pour identifier les priorités nationales, la Côte d’Ivoire s’est engagée à mettre en œuvre les ODD. Pour ce faire, le pays et ses partenaires ont inscrit les ODD au cœur de la formulation, de la programmation budgétaire, de la mise en œuvre, de la coordination et du suivi-évaluation du PND 2016-2020. Ainsi, au niveau du secteur de la santé, les priorités concernent le renforcement de la gouvernance du secteur de la santé, l’amélioration de l’offre, la qualité et l’utilisation des services de santé, la lutte contre la maladie et l’amélioration de la santé maternelle et infanto-juvénile. 31
Treat all : Traitement pour tous, directive OMS 2016 (AIDS-TB).
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1.4. Coopération en faveur du développement, partenariat et contributions du pays à l’action sanitaire mondiale 1.4.1. Partenariats et coopération en faveur du développement Dans le domaine du partenariat, le secteur de la santé bénéficie de l’appui de l’OMS, d’autres institutions du système des Nations Unies et de partenaires multilatéraux, bilatéraux, d’institutions financières et d’ONG, notamment internationales. Le pays bénéficie également de divers appuis provenant de plusieurs autres fonds coordonnés par l’OMS et d’initiatives en faveur du développement sanitaire telles que le Fonds mondial, GAVI, IHP+, Muskoka, H6 (voir la cartographie des interventions des partenaires techniques et financiers en annexe). Ces appuis se font moyennant des procédures variées (appui institutionnel, appui budgétaire sectoriel ou global, appui ciblé) et dans les domaines d’intervention de la mise en œuvre du PNDS. À titre d’exemple, on peut citer le Projet d’appui au renforcement du secteur de la santé ivoirien (PARSSI) de l’Union européenne, d’une dotation de 15 000 000 euros et exécuté dans le cadre du 10e Fonds européen de développement (FED-X), tout comme le Programme de renforcement du système de santé (PRSS2), doté d’une enveloppe de 68 millions d’euros et mis en œuvre dans le cadre du deuxième contrat de désendettement-développement (C2D) signé avec l’Agence française de développement (AFD) en juin 2016, ainsi que le Projet de renforcement du système de santé et de riposte aux épidémies initié par la Banque mondiale et dont la dotation se chiffre à US $70 millions. Dans le cadre de la coordination, le mécanisme de coordination du secteur de la santé, plateforme de dialogue entre les partenaires nationaux et les partenaires techniques et financiers du secteur de la santé reste fonctionnel. L’OMS en assure le secrétariat et oriente techniquement les discussions aux côtés du ministère en charge de la santé. Ces réunions mensuelles sont convoquées par le ministère en charge de la santé, et présidées deux fois par an par la ministre de la Santé. Dans le sillage des premières crises sociopolitiques qui ont entraîné une paupérisation de la population, ainsi qu’une désorganisation du système sanitaire, les partenaires techniques et financiers ont mis en place un groupe de coordination dénommé Groupe sectoriel santé (GSS), dont l’objectif initial était de soutenir le gouvernement dans l’amélioration des conditions sanitaires des populations et dans la reconstruction du système national de santé. Ainsi, le GSS dirigé par l’OMS avait pour mission d’harmoniser la contribution des partenaires dans la réponse apportée aux situations d’urgence qui prévalaient. Depuis la relance du pays et le passage de l’urgence sanitaire au développement sanitaire, le GSS a réorienté ses objectifs. L’OMS en assure toujours le leadership et organise les réunions mensuelles de ce groupe. Sous son leadership, l’objectif du groupe sectoriel santé est désormais d’apporter une réponse coordonnée et efficace aux priorités nationales définies par le gouvernement en matière de développement sanitaire. L’OMS continue aussi d’œuvrer dans les divers autres mécanismes ou dans les organes de coordination et de suivi qui existent dans le pays, notamment au sein de l’équipe pays des Nations Unies (EPNU), du groupe de réflexion stratégique (EPNU + donateurs), du Comité de coordination interagences (CCIA) pour le suivi des activités du programme élargi de Page 29 sur 53
vaccination (PEV), du groupe sectoriel nutrition et sécurité alimentaire, du Mécanisme de coordination pays (CCM) pour la coordination des activités financées par le Fonds mondial en faveur de la lutte contre le VIH/sida, le paludisme et la tuberculose. L’OMS œuvre en outre au sein du mécanisme de coordination Muskoka et H6, de SUN, du Conseil national de lutte contre le sida présidé par le président de la République, du Comité interministériel de coordination des partenaires présidé par le Premier ministre, et dans le cadre de différents comités de coordination de lutte contre la MVE où l’Organisation est représentée. 1.4.2. Collaboration avec le système des Nations Unies au niveau du pays En tant qu’institution du système des Nations Unies (SNU), l’OMS travaille en synergie avec les autres agences dans le cadre de la réforme du SNU amorcée depuis 1997 et dont l’objectif est de renforcer la complémentarité et les synergies entre les différentes institutions du système des Nations Unies. C’est dans cette vision qu’un accent particulier est mis sur le renforcement de la cohérence, de l’efficacité et de l’impact des activités opérationnelles du SNU sur le terrain. Les interventions du SNU sont alignées sur le Plan national de développement (2016-2020) qui répond aux nombreux défis de développement pour rendre le pays émergent d’ici 2020. C’est par l’intermédiaire de ce PND, et dans le cadre du concept dénommé « Unicité dans l’action », que le nouveau Cadre programmatique unique pour l’assistance au développement 2017-2020 a été développé. Ainsi, les priorités définies dans le CPU concernent : i) le renforcement de la gouvernance ; ii) le développement du capital humain ; et iii) le développement durable. Concernant la dimension santé au niveau du CPU, les axes d’intervention concernent : i) le renforcement des capacités techniques des institutions nationales pour la coordination, la planification, la programmation, la budgétisation et le suivi et évaluation des politiques et programmes au niveau sectoriel ; ii) l’amélioration de l’accès des femmes, des enfants, des adolescents et des jeunes à des services de santé de qualité à tous les niveaux ; iii) l’amélioration de l’accès équitable des femmes, des enfants, des adolescents aux services de prévention de la malnutrition dans les formations sanitaires et au niveau communautaire ; et iv) l’amélioration de l’accès des femmes, des enfants et des jeunes particulièrement en milieu rural à l’eau potable, l’assainissement et l’hygiène,. Les priorités visées englobent le renforcement du système de santé, la santé de la mère et de l’enfant, la sécurité sanitaire et la lutte contre la maladie, notamment l’infection à VIH, la tuberculose et le paludisme. Les mécanismes internes de coordination et de mise en œuvre de l’UNDAF sous l’autorité d e l’EPNU sont organisés autour de différents comités tels que le Comité de Programme, le Comité des Opérations, le Groupe Communication, le Groupe de travail suivi-évaluation de l’UNDAF, dans lesquels l’OMS est impliquée. L’OMS préside en effet le sous-groupe santé. 1.4.3. Contribution du pays à l’action sanitaire mondiale La Côte d’Ivoire est engagée dans la mise en œuvre de l’action sanitaire mondiale, comme en atteste la ratification de nombreuses déclarations telles que la Déclaration de Paris, les Engagements de Busan sur l’efficacité de l’aide au développement, les Partenariats Page 30 sur 53
internationaux pour la santé et initiatives apparentées, les résolutions votées par l’Assemblée mondiale de la Santé, particulièrement les initiatives en faveur de l’atteinte des ODD qui ont été adoptées en septembre 2015.
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2. Examen de la coopération de l’OMS au cours du dernier cycle de la stratégie de coopération Présentation des activités de l’OMS dans le cadre de la coopération au cours du dernier cycle Les objectifs de la SCP 2013-2015 étaient de contribuer à l’amélioration de l’état de santé des populations à travers cinq axes stratégiques : i) l’accélération de la lutte contre la maladie, ii) l’amélioration de la santé de la mère, du nouveau-né et de l’enfant, des adolescents et d’autres groupes vulnérables, iii) la promotion d’un environnement favorable à la santé, iv) le renforcement du système de santé et v) la préparation et réponse aux urgences et catastrophes. Au terme du dernier cycle de coopération, l’évaluation conduite à la fin de l’année 2015 a permis : i) d’analyser le degré de mise en œuvre de la SCP 2013-2015 ; ii) d’identifier les forces, les faiblesses, les opportunités et obstacles au cours de la mise en œuvre de la SCP ; iii) d’identifier les défis ; et iv) de formuler des recommandations pour la prochaine SCP. À l’issue de cette évaluation, il convient de noter que de nombreux résultats ont été atteints par domaines au cours de cette période, dont les principaux sont consignés dans le tableau cidessous. Axes stratégiques Principales réalisations Dotation des 82 districts de santé en matériel informatique, logiciels et smartphones pour le renforcement de la surveillance épidémiologique, ce qui a permis d’améliorer la promptitude de notification (de 69 % à 98,7 %) et la complétude (de 85 % à 100 %) Certification de l’éradication du ver de Guinée en 2012 Révision des documents normatifs et des directives pour la prévention, le traitement de l’infection à VIH et de la tuberculose Élaboration et révision de documents normatifs et de directives pour la prévention, le traitement du paludisme. La prise en charge communautaire du paludisme est réalisée dans 51 districts sur 82, et l’ICCM pratiquée dans neuf districts de santé Accroissement de la couverture des interventions à haut impact (PF, CPN, SONU/SAA, PCIMNE, etc.) Existence d’un arrêté instaurant la notification obligatoire des décès maternel s et la mise en place de la surveillance des décès maternels et riposte depuis 2014 Déclaration en novembre 2015 que le pays est désormais exempt de la poliomyélite Mise en œuvre effective de la Convention-cadre pour la lutte antitabac (CCLAT), avec : i) l’application de la loi portant interdiction de fumer dans les lieux publics ; et ii) la signature du protocole additionnel portant sur le commerce illicite des produits du tabac Liste nationale des médicaments essentiels actualisée en 2014 Disponibilité de la stratégie nationale de financement de la santé pour tendre vers la couverture sanitaire universelle Signature du Précompact national 2015 aligné au PNDS 2012-2015 Mise en œuvre de l’initiative « Episurveyor/Magpi pour l’opérationnalisation du système d’alerte précoce dans le cadre de la Surveillance intégrée de la Maladie et Riposte (SIMR) Comités multisectoriels de lutte contre les épidémies fonctionnels à tous les niveaux, notamment pour la maladie à virus Ebola (MVE)
Accélération de la lutte contre la maladie
Amélioration de la santé de la mère, du nouveau-né et de l’enfant, des adolescents et des autres groupes vulnérables Promotion d’un environnement propice à la santé
Renforcement du système de santé
Préparation et réponse aux urgences et catastrophes
La mise en œuvre de la Stratégie de Coopération de l’OMS avec la Côte d’Ivoire s’est faite dans le cadre des plans opérationnels d’action définis au titre des périodes biennales 2012Page 32 sur 53
2013 et 2014-2015, et conformément au cadre de mise en œuvre défini. Elle a été financée à plus de US $21 660 964,25. En termes de forces, la disponibilité de ressources financières, notamment pour la lutte contre Ebola, l’appui technique apporté par les différents niveaux de l’Organisation, l’étroite collaboration entre les chargés de programme du bureau de pays et les différents responsables des structures du ministère en charge de la santé ont facilité la mise en œuvre des activités prévues dans le cadre de la précédente SCP. Au niveau des faiblesses, la revue de la SCP a mis en évidence des facteurs tels que l’insuffisance des ressources financières allouées à certains programmes et les pesanteurs administratives dans le traitement des requêtes aux différents niveaux de l’Organisation. Ce qui a quelque peu retardé la mise en œuvre des interventions. En termes d’opportunités, on peut citer la volonté politique du gouvernement, l’engagement des partenaires techniques et financiers à soutenir les efforts nationaux, la bonne synergie d’action entre les donateurs, toutes choses qui ont permis d’obtenir des avancées notables dans la mise en œuvre des interventions retenues. Au niveau des menaces, l’instabilité sociopolitique qu’a connue le pays, l’instabilité institutionnelle au niveau du ministère en charge de la santé, ainsi que les faiblesses constatées à certains niveaux de coordination des activités, ont parfois limité l’obtention de certains résultats. Un des défis surmontés au cours de la mise en œuvre de la SCP est le maintien des acquis dans certains programmes prioritaires avec l’implication de l’ensemble des acteurs à tous les niveaux et la mobilisation de ressources additionnelles pour la mise en œuvre de certaines interventions retenues.
2.2. Analyse de la coopération de l’OMS en Côte d’Ivoire Une enquête a été commanditée pour recueillir les opinions et les perceptions des Partenaires techniques et financiers sur la coopération de l’OMS avec le pays. L’enquête qui s’est déroulée en avril 2016 a permis d’interviewer 27 partenaires techniques et financiers sur les 33 partenaires techniques et financiers initialement identifiés. Le guide d’entretien comportait des questions sur la méthodologie de travail de l’OMS, la connaissance par les partenaires techniques et financiers de la Stratégie de Coopération de l’OMS avec la Côte d’Ivoire et son lien avec les documents stratégiques nationaux essentiels, les domaines d’activité de l’OMS, l’implication de la société civile, la contribution de l’OMS à l’atteinte des objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), l’appréciation globale du travail de l’OMS, les difficultés auxquelles l’OMS est confrontée et les moyens de les résoudre, les recommandations sur les priorités pour la SCP 2016-2020 et les suggestions pour améliorer son appropriation et son utilisation. Les données ont été recueillies lors d’entretiens individuels ou de groupe. Les partenaires techniques et financiers ont perçu l’OMS comme un conseiller privilégié du ministre de la Santé. Sur 27 partenaires techniques et financiers, 18 (soit 66,7 % du total) connaissaient l’existence d’un document de coopération OMS-Côte d’Ivoire lié aux documents stratégiques nationaux essentiels tels que le Plan national de Développement sanitaire (PNDS). Page 33 sur 53
Un plaidoyer vigoureux a été entrepris en direction du ministère de la Santé et de l’Hygiène publique et des autres partenaires techniques et financiers pour la mobilisation des ressources. Les appuis techniques ont concerné l’élaboration des documents stratégiques, ainsi que la mise à disposition de directives, de normes et de standards. Par contre, l’appui à l’élaboration et à la mise en œuvre de mécanismes de suivi et d’évaluation a été jugé faible. Parmi les participants, 19 (70,4 %) ont affirmé ne pas avoir d’informations sur l’implication de la société civile dans les activités de l’OMS. Concernant la contribution à l’atteinte des OMD, 26 des 27 partenaires techniques et financiers (96 %) ont répondu par l’affirmative. L’appréciation globale du travail de l’OMS était positive, 21 répondants (77,8 % du total) attribuant la mention « Assez bien » et six (22,2 %) la mention « Acceptable ». Ils ont justifié cette appréciation en arguant que l’OMS pouvait accroître son efficience et son efficacité. Les difficultés rapportées avaient trait à l’insuffisance de ressources humaines et financières, aux procédures administratives et gestionnaires jugées lourdes et complexes, à la communication faible et aux défaillances perçues dans la coordination entre les trois niveaux de l’Organisation. Les axes prioritaires proposés pour la SCP 2016-2020 étaient l’intensification des activités ciblant la santé de la mère, du nouveau-né et de l’enfant, le renforcement de la gouvernance et du leadership avec le suivi du PNDS, l’appui à la couverture sanitaire universelle, l’accélération de la lutte contre la maladie, la prise en compte des déterminants sociaux et environnementaux de la santé, le renforcement du système de santé, sans oublier la préparation et la réponse aux urgences et aux catastrophes. Quant aux suggestions pour améliorer l’appropriation et l’utilisation de la SCP 2016-2020, elles relevaient de l’implication des partenaires techniques et financiers dans l’élaboration par une approche participative et inclusive, la large diffusion du document, l’organisation d’une campagne de communication et la mise en place de mécanismes de suivi et d’évaluation avec la participation de la partie nationale.
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3. Programme stratégique pour la coopération de l’OMS 2016-2020 Compte tenu du contexte sanitaire au niveau national et des priorités définies par le gouvernement en matière de santé, le programme stratégique pour la coopération de l’OMS avec la République de Côte d’Ivoire pour la période 2016-2020 a pour objectif de contribuer aux progrès du pays vers la couverture sanitaire universelle afin d’améliorer la santé des populations en Côte d’Ivoire. Pour ce faire, cinq priorités stratégiques ont été définies de façon consensuelle avec l’ensemble des parties prenantes. Elles tiennent compte des orientations définies dans le Cadre programmatique unique 2017-2020 du système des Nations Unies en matière de santé, qui constitue une contribution à l’atteinte des objectifs du PND 2016-2020. Ces cinq priorités sont : i) ii) iii) iv) v) le renforcement de la gouvernance et du financement du secteur de la santé ; le renforcement des appuis dans les domaines des ressources humaines pour la santé, des médicaments essentiels et des prestations de services de santé ; l’amélioration de la santé reproductive et de la santé de la mère, du nouveauné et de l’enfant ; le renforcement de la lutte contre la maladie ; le renforcement des capacités de prévention et de riposte aux situations d’urgence sanitaire.
Chaque priorité stratégique est déclinée en domaines d’actions prioritaires (DAP) et en approches stratégiques. Au total, le présent programme stratégique de coopération comprend 13 DAP, tels qu’ils sont définis dans le tableau ci-après. Priorité stratégique 1. Le renforcement de la gouvernance et du financement du secteur de la santé Domaines d’actions prioritaires Élaboration et suivi du PNDS 2016-2020 et des autres plans, politiques et stratégies nationales en matière de santé Approches stratégiques Amélioration du financement de la santé Appuyer l’élaboration du PNDS 2016-2020 Appuyer la mise en place et le fonctionnement d’un cadre de suivi et d’évaluation du PNDS 2016-2020 Appuyer les revues annuelles conjointes du PNDS 2016-2020 définies Appuyer l’élaboration ou la révision des plans, politiques ou autres stratégies spécifiques basées sur les données probantes Plaidoyer en faveur de la mobilisation de ressources domestiques pour la santé Plaidoyer en faveur de l’allocation et l’utilisation efficiente des ressources financières disponibles en mettant l’accent sur les soins de santé primaires Appuyer la mise en œuvre de la stratégie nationale de financement pour tendre vers la CSU élaborée et mise en œuvre depuis 2012 Contribuer à la mise en place effective de la CMU Apporter un appui à la production régulière des comptes de la santé Apporter un appui à la production de données probantes sur le financement de la santé
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Priorité stratégique 2. Le renforcement des appuis dans les domaines des ressources humaines pour la santé, des médicaments essentiels et des prestations de services de santé Domaines d’actions Approches stratégiques prioritaires Renforcement de la Fournir un appui technique à l’élaboration et à la mise en œuvre du plan de développement des ressources humaines pour la santé disponibilité des ressources Apporter un appui à la définition de normes en RHS humaines pour la santé Appuyer la production de données probantes sur les RHS Renforcement de la disponibilité des Contribuer à la mise en œuvre de la politique pharmaceutique nationale par la fourniture de divers appuis dans les domaines clés du secteur pharmaceutique médicaments essentiels de Faire un plaidoyer pour la mise en place de l’autorité de r églementation qualité et de leur usage pharmaceutique rationnel Apporter un appui à la lutte contre les résistances aux antimicrobiens Fournir un appui technique à la mise en œuvre de l’opérationnalisation des districts de santé Fournir un appui technique à l’élaboration de divers documents dans le cadre de l’amélioration de la qualité des soins Priorité stratégique 3. L’amélioration de la santé reproductive et de la santé de la mère, du nouveau-né et de l’enfant, y compris les adolescents et les jeunes Domaines d’actions Approches stratégiques prioritaires Appuyer la généralisation des interventions à haut impact (PF, CPN, SONU, SAA, alimentation du nourrisson et du jeune enfant, consultation postnatale, vaccination, PCIMNE clinique et communautaire), y compris la surveillance des décès maternels et néonatals dans les structures de santé Appuyer l’élaboration des documents normatifs, stratégiques, textes réglementaires en lien avec la santé des adolescents/jeunes, de la femme, de la mère, du nouveau-né et Mise en œuvre des de l’enfant interventions à haut impact Entreprendre un plaidoyer en faveur de l’intégration des stratégies sur la santé de la femme, de l’adolescent et la survie du nouveau-né et de l’enfant, dans le cursus de en santé de la mère, du formation des personnels de santé à l’INFAS et dans les UFR de médecine et de nouveau-né et de l’enfant, y pharmacie compris l’amélioration de la qualité des soins Fournir un appui à la délivrance de soins complets et intégrés, de qualité, à la fois accessibles, dispensés en temps opportun et d’un coût abordable, et répondant aux besoins de santé de la femme, du nouveau-né, de l’enfant et de l’adolescent Assurer le leadership et le développement d’un partenariat efficace en faveur de la santé de la mère, du nouveau-né et de l’enfant avec tous les membres du groupe sectoriel Santé, entre autres (UNICEF, PNUD, UNFPA, DUE, agences américaines, BAD, ONU Femmes, AMP, BM et tous les membres du groupe sectoriel Santé) et les ministères en lien avec la santé Renforcer les capacités de tous les districts de santé pour une application effective des Amélioration de la cinq composantes de la stratégie « Atteindre chaque district », (y compris la mobilisation de la communauté au niveau local en faveur de la vaccination) couverture vaccinale des maladies cibles du PEV Préparer le pays à atteindre les cibles de préélimination de la rougeole Renforcer la logistique roulante pour les stratégies avancées et mobiles de vaccination dans le pays Poursuivre la formation des acteurs du niveau opérationnel pour la surveillance et la vaccination systématique Renforcer les capacités des gestionnaires de données à tous les niveaux (central, régional, de district et de centre vaccinateur) Amélioration de la qualité des prestations sanitaires
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Priorité stratégique 4. Le renforcement de la lutte contre la maladie Domaines d’actions Approches stratégiques prioritaires Apporter une assistance technique au pays dans différents domaines de la lutte contre le sida Soutenir la mise à jour des documents normatifs pour la prévention, le traitement et les soins du VIH, le passage à échelle des activités Fournir un appui aux activités de surveillance, l’amélioration du suivi et évaluation et le renforcement des capacités des prestataires pour l’analyse des données de la cascade des soins en vue de la prise de décision Faire un plaidoyer pour l’adaptation des lignes directrices OMS 2016 et futures Appuyer la diffusion des principes OMS pour la prévention et le traitement du VIH Apporter un appui pour l’intégration des données VIH da ns le DHIS2 en déploiement au niveau des districts de santé. Renforcement de la lutte Apporter un appui à l’extension des services de lutte contre la tuberculose en mettant l’accent sur leur intégration dans les structures sanitaires contre les maladies existantes et le partenariat public-privé transmissibles (infection à VIH, SIDA, tuberculose, Fournir un appui pour la gestion de la co-infection et le contrôle de l’infection hépatites, maladies tropicales négligées) Soutenir la surveillance de la pharmacorésistance aux antituberculeux Apporter un appui pour l’amélioration du suivi et de l’évaluation des activités, le développement de la recherche opérationnelle et la mobilisation des ressources additionnelles pour la lutte contre la tuberculose Apporter un appui à l’élaboration des documents, normes et directives pour la lutte contre les hépatites, ainsi que pour la sensibilisation, la promotion des partenariats, la mobilisation des ressources et les activités de suivi et d’évaluation Renforcer la surveillance en tant que pays ayant éliminé le ver de Guinée Apporter un appui à l’organisation de campagnes de distribution de masse de médicaments pour les programmes de lutte contre les MTN à chimioprévention Renforcer les activités de prospection médicale pour le dépistage de la THA et la prise en charge Apporter un appui à la prise en charge des cas d’ulcère de Buruli et la réparation des incapacités Renforcer le plaidoyer en faveur de la prise en compte de la santé dans toutes les politiques et programmes publics Fournir un appui au gouvernement ivoirien dans l’identification et l’analyse des principaux déterminants de la santé et des actions à mener en Renforcement de la lutte vue de réduire leur impact sur la santé contre les maladies non Appuyer la réalisation de la nouvelle enquête STEPS pour être situé sur transmissibles l’état actuel des caractéristiques de la population Appuyer la dissémination du projet « ma santé, ma vie » exécuté par le ministère de la Santé Assurer une provision régulière d’intrants de contrôle de la glycémie et l’hypertension artérielle en utilisant l’approche du risque total et les conseils aux personnes qui ont eu une attaque cardiaque ou un AVC, sans oublier les personnes à haut risque Mettre l’accent sur les activités couvrant la protection sociale, la préparation aux catastrophes, les risques environnementaux, le changement climatique, la politique en matière d’énergie et de transports, la sécurité Actions sur les déterminants sanitaire des aliments, la nutrition, l’accès à une eau propre et sociaux de la santé et l’assainissement promotion de la santé Assurer le plaidoyer pour l’adoption d’une loi antitabac Assurer le plaidoyer et la sensibilisation en vue d’accroître la participation communautaire dans la promotion de la santé des individus, des familles et des communautés
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Appuyer les interventions du plan national multisectoriel de nutrition 20162020 Renforcer la promotion de l’adoption des modes de vie sains (alimentation saine, pratique régulière d’une activité physique, abstinence du tabac, de l’alcool et des drogues, rapports sexuels protégés, etc.)
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Priorité stratégique 5. Le renforcement des capacités de prévention et de riposte aux situations d’urgence sanitaire Domaines d’actions Approches stratégiques prioritaires Renforcer les capacités pour la gestion des urgences de santé publique, y compris les flambées épidémiques Fournir un appui à l’évaluation et à la cartographie des risques sanitaires existants et émergents dans le pays, afin d’identifier les besoins sanitaires liés aux urgences et aux catastrophes Appuyer l’élaboration ou la révision et la mise en œuvre des plans de préparation et de riposte aux urgences et catastrophes, y compris le plan ORSEC Application du Règlement Apporter un appui à l’opérationnalisation du système d’alerte précoce dans le cadre de la SIMR sanitaire international Appuyer l’évaluation des principaux facteurs de vulnérabilité et de risques, afin d’identifier les besoins sanitaires liés aux situations d’urgence et aux catastrophes Entreprendre le plaidoyer en faveur de la mobilisation des ressources devant financer les activités de préparation et de riposte aux urgences de santé publique, et en faveur de la contribution du pays au Fonds africain pour les urgences de santé publique Contribuer au renforcement du partenariat et de la coordination pour la gestion des situations d’urgence et des catastrophes Appuyer le pays pour un fonctionnement optimal du COU de santé publique Poursuivre les appuis à la mise en œuvre des stratégies préconisées dans le cadre de l’Initiative mondiale pour l’éradication de la poliomyélite, Consolidation des acquis en conformément aux objectifs du Plan stratégique pour l’éradication de la faveur de la certification de poliomyélite et la phase finale 2013-2018 l’éradication de la Apporter un appui à la disponibilité du vaccin antipoliomyélitique inactivé injectable et du vaccin antipoliomyélitique oral bivalent, dans le cadre du poliomyélite programme de vaccination systématique Appuyer la mise en œuvre de la surveillance environnementale des poliovirus sauvages Fournir un appui à l’identification et à la cartographie des risques sanitaires existants et émergents dans le pays Appuyer le pays pour garantir un fonctionnement optimal des mécanismes de coordination des interventions en cas d’urgences, et particulièrement le centre des opérations d’urgence de santé publique Soutenir la mise en place des capacités requises au niveau du pays pour la Renforcement des capacités détection précoce et la réponse adéquate aux menaces pour la santé nationales pour la gestion publique des risques sanitaires, y Renforcer les capacités des équipes d’intervention rapide aux niveaux compris la prévention, la national et infranational pour leur permettre d’investiguer et de répondre préparation, l’action et le promptement aux situations d’urgence relèvement Soutenir le ministère en charge de la santé dans l’organisation régulière des exercices de simulation, en s’assurant que les scénarii couvrent le profil de risque du pays Aider le pays dans la mobilisation des ressources permettant de réaliser les activités de préparation et de riposte aux urgences de santé publique Fournir un appui à l’élaboration du plan national multirisque de préparation et de réponse aux urgences de santé publique
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3.1. Validation de l’agenda stratégique de la SCP avec l’agenda mondial Priorité stratégique Domaines d’actions prioritaires Élaboration et suivi du PNDS 2016-2020 et des autres plans, politiques et stratégies nationales en matière de santé Réalisations du douzième programme général de travail/de la Stratégie mondiale
Cible ODD
Renforcement de la gouvernance et du financement du secteur de la santé
Tous les pays disposent de politiques, stratégies et plans de santé nationaux complets qui ont été actualisés au cours des cinq dernières années
17.18 D’ici à 2020, apporter un soutien accru au renforcement des capacités des pays en développement, notamment des pays les moins avancés et des petits États insulaires en développement, l’objectif étant de disposer d’un beaucoup plus grand nombre de données de qualité, actualisées et exactes, ventilées par niveau de revenu, sexe, âge, race, appartenance ethnique, statut migratoire, handicap, emplacement géographique et selon d’autres caractéristiques propres à chaque pays
Contribution à l’amélioration du financement de la santé
Les politiques, les financements et les ressources humaines nécessaires sont disponibles pour améliorer l’accès à des services de santé intégrés centrés sur la personne
3.8 Faire en sorte que chacun bénéficie d’une assurance santé, comprenant une protection contre les risques financiers et donnant accès à des services de santé essentiels de qualité et à des médicaments et vaccins essentiels sûrs, efficaces, de qualité et d’un coût abordable
Renforcement de la disponibilité des ressources humaines pour la santé Renforcement des appuis dans les domaines des ressources humaines pour la santé, médicaments essentiels et prestations sanitaires
Les politiques, les financements et les ressources humaines nécessaires sont disponibles pour améliorer l’accès à des services de santé intégrés centrés sur la personne
3.c Accroître considérablement le budget de la santé et le recrutement, le perfectionnement, la formation et le maintien en poste du personnel de santé dans les pays en développement, notamment dans les pays les moins avancés et les petits États insulaires en développement
Renforcement de la disponibilité des médicaments essentiels de qualité et de leur usage rationnel
L’accès à des médicaments et des technologies sanitaires sûres, efficaces et de qualité est amélioré et ceux-ci sont utilisés de façon plus rationnelle
3.b Appuyer la recherche et la mise au point de vaccins et de médicaments contre les maladies, transmissibles ou non, qui touchent principalement les habitants des pays en développement, donner accès, à un coût abordable, à des médicaments et vaccins essentiels, conformément à la Déclaration de Doha sur l’Accord sur les ADPIC et la santé publique, qui réaffirme le dr oit qu’ont les pays en développement de tirer pleinement parti des dispositions de l’Accord sur les aspects des droits de propriété intellectuelle qui touchent au commerce relatives à la marge de manœuvre nécessaire pour protéger la santé publique et, en particulier, assurer l’accès universel aux médicaments
Amélioration de la qualité des prestations sanitaires
Les politiques, les financements et les ressources humaines nécessaires sont disponibles pour améliorer l’accès à des services de santé intégrés centrés sur la personne
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Priorité stratégique
Domaines d’action prioritaires Mise en œuvre des interventions à haut impact en santé de la mère, du nouveau-né et de l’enfant, y compris l’amélioration de la qualité des soins Amélioration de la couverture vaccinale des maladies cibles du PEV dans le pays
Réalisations du douzième programme général de travail
Cible ODD
Amélioration de la santé reproductive et de la santé de la mère, du nouveau-né et de l’enfant, y compris les adolescents et les jeunes
Élargissement de l’accès aux interventions visant à améliorer la santé de la femme, du nouveau-né, de l’enfant et de l’adolescent
3.1 D’ici à 2030, faire passer le taux mondial de mortalité maternelle au-dessous de 70 pour 100 000 naissances vivantes 3.2 D’ici à 2030, éliminer les décès évitables de nouveau-nés et d’enfants de moins de 5 ans 3.7 D’ici à 2030, assurer l’accès de tous à des services de soins de santé sexuelle et procréative, y compris à des fins de planification familiale, d’information et d’éducation, et la prise en compte de la santé procréative dans les stratégies et programmes nationaux
Extension de la couverture vaccinale pour les populations et communautés difficiles à atteindre
3.2 D’ici à 2030, éliminer les décès évitables de nouveau-nés et d’enfants de moins de 5 ans
Élargissement de l’accès aux interventions essentielles pour les personnes vivant avec le VIH Renforcement de la lutte contre les maladies transmissibles Augmentation du nombre de patients tuberculeux traités avec succès Élargissement et maintien de l’accès aux médicaments essentiels contre les maladies tropicales négligées Accès amélioré aux interventions visant à prévenir et à prendre en charge les maladies non transmissibles, ainsi que leurs facteurs de risque Amélioration de la coordination intersectorielle des politiques pour agir sur les déterminants sociaux de la santé Amélioration de la coordination intersectorielle des politiques pour agir sur les déterminants sociaux de la santé 3.4 D’ici à 2030, réduire d’un tiers, par la prévention et le traitement, le taux de mortalité prématurée due à des maladies non transmissibles et promouvoir la santé mentale et le bien-être 3.9 D’ici à 2030, réduire considérablement le nombre de décès et de maladies dus à des substances chimiques dangereuses et à la pollution et la contamination de l’air, de l’eau et du sol 3.a Renforcer dans tous les pays, selon qu’il convient, l’application de la Convention-cadre de l’Organisation mondiale de la Santé pour la lutte antitabac 3.4 D’ici à 2030, réduire d’un tiers, par la prévention et le traitement, le taux de mortalité prématurée due à des maladies non transmissibles et promouvoir la santé mentale et le bien-être 3.5 Renforcer la prévention et le traitement de l’abus de substances psychoactives, notamment de stupéfiants et d’alcool 3.a Renforcer dans tous les pays, selon qu’il convient, l’application de la Convention-cadre de l’Organisation mondiale de la Santé pour la lutte antitabac. 3.3 D’ici à 2030, mettre fin à l’épidémie de sida, à la tuberculose, au paludisme et aux maladies tropicales négligées et combattre l’hépatite, les maladies transmises par l’eau et autres maladies transmissibles
Renforcement de la lutte contre la maladie
Renforcement de la lutte contre les maladies non transmissibles
Actions sur les déterminants sociaux de la santé et promotion de la santé
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Priorité stratégique
Domaines d’actions prioritaires Appui au pays pour la mise en œuvre du RSI Maintien des acquis en faveur de la certification de l’éradication de la poliomyélite Renforcement des capacités nationales pour la gestion des risques sanitaires, y compris la prévention, la préparation, l’action et le relèvement
Réalisations du douzième programme général de travail Tous les pays ont, pour l’ensemble des risques, les principales capacités d’alerte et d’intervention minimales requises en vertu du Règlement sanitaire international (2005) Aucun cas de paralysie dû à un poliovirus sauvage ou à un poliovirus apparenté au virus vaccinal de type 2 à l’échelle mondiale Tous les pays ont amélioré leur capacité à renforcer leur résilience et à acquérir une préparation appropriée afin d’intervenir de façon rapide, prévisible et efficace en cas d’épidémie ou de pandémie de grande ampleur Les pays ont la capacité de gérer les risques pour la santé publique associés aux urgences
Cible ODD
Renforcement des capacités de prévention et de riposte aux situations d’urgence sanitaire
3.d Renforcer les moyens dont disposent tous les pays, en particulier les pays en développement, en matière d’alerte rapide, de réduction des risques et de gestion des risques sanitaires nationaux et mondiaux
3.2. Validation avec l’agenda national Priorité stratégique Domaines d’action prioritaires Priorités du PNDS 2016-2020 Priorités ou composantes du CPU Produit1.1. Les institutions publiques nationales et locales disposent de capacités techniques leur permettant d’assurer la coordination, la planification, la programmation, la budgétisation et le suivi et l’évaluation des politiques et programmes, y compris les politiques sensibles au genre Produit 2.2. Les femmes, les enfants, les adolescents et les jeunes ont accès aux services de santé de qualité à tous les niveaux, y compris au niveau communautaire
Renforcement de la gouvernance et du financement du secteur de la santé
Élaboration et au suivi du PNDS 2016-2020 et des autres plans, politiques et stratégies nationales en matière de santé
Effet 1. Renforcement de la gouvernance et du rôle moteur du secteur de la santé à tous les niveaux de la pyramide sanitaire
Contribution à l’amélioration du financement de la santé
Effet 2. Amélioration du financement interne et externe du système de santé
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Priorité stratégique Renforcement des appuis dans les domaines des ressources humaines pour la santé, médicaments essentiels et prestations sanitaires
Domaines d’action prioritaires Renforcement de la disponibilité des ressources humaines pour la santé Renforcement de la disponibilité des médicaments essentiels de qualité Amélioration de la qualité des prestations sanitaires Mise en œuvre des interventions à haut impact en santé de la mère, du nouveau-né et de l’enfant, y compris l’amélioration de la qualité des soins
Priorités du PNDS 2016-2020
Priorités ou composantes de la CPU
Effet 3. Disponibilité de l’offre de service de qualité et augmentation de l'utilisation des services
Produit 2.2. Les femmes, les enfants, les adolescents et les jeunes ont accès aux services de santé de qualité à tous les niveaux, y compris au niveau communautaire
Amélioration de la santé reproductive, la santé maternelle, néonatale et infantile y compris les adolescents et les jeunes
Amélioration de la couverture vaccinale des maladies cibles du PEV dans le pays
Effet 5. Amélioration de la santé de la mère, du nouveau-né, de l’enfant, des adolescents et des jeunes d’ici à 2020
Produit 2.2. Les femmes, les enfants, les adolescents et les jeunes ont accès aux services de santé de qualité à tous les niveaux, y compris au niveau communautaire Produit 2.3. : Les femmes, les enfants et les adolescents dans les zones les plus vulnérables ont un accès équitable aux services de prévention de la malnutrition dans les formations sanitaires et au niveau communautaire Produit 2.2. Les femmes, les enfants, les adolescents et les jeunes ont accès aux services de santé de qualité à tous les niveaux, y compris au niveau communautaire
Renforcement de la lutte contre les maladies transmissibles Renforcement de la lutte contre la maladie Renforcement de la lutte contre les maladies non transmissibles Actions sur les déterminants sociaux de la santé et promotion de la santé Appui au pays pour la mise en œuvre du RSI Renforcement des capacités de prévention et de riposte aux urgences sanitaires Maintien des acquis en faveur de la certification de l’éradication de la poliomyélite Renforcement des capacités nationales pour la gestion des risques sanitaires, y compris la prévention, la préparation, l’action et le relèvement
Effet 4. Réduction de la morbidité et la mortalité liées aux principales maladies de 50 % d’ici à 2020
Effet 6. Renforcement de la prévention et de la promotion de la santé
Effet 3.7. Renforcement de la résilience du pays face aux catastrophes et situations d’urgence sanitaire
Produit3.3. Les autorités centrales, locales et les communautés vulnérables ont acquis des capacités techniques pour une résilience accrue face aux risques de catastrophes naturelles
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4. Mise en œuvre du programme stratégique : incidences pour l’ensemble du Secrétariat de l’OMS Les priorités et domaines d’actions prioritaires serviront de base à l’organisation du travail du bureau de pays de l’OMS en Côte d’Ivoire pour les prochaines cinq années. Ces priorités serviront aussi de cadre pour déterminer les ressources (humaines, financières et infrastructures) requises, ainsi que le soutien attendu des autres niveaux de l’Organisation (Bureau régional et Siège). La Stratégie de Coopération de l’OMS avec la République de Côte d’Ivoire 2016-2020 sera mise en œuvre par le bureau de pays, en collaboration avec le pays et d’autres acteurs de la santé, dans le cadre des programmes biennaux. L’allocation des ressources tiendra compte de la priorité et de l’importance accordée à chacun des axes stratégiques retenus. Le budget programme étant élaboré moyennant un processus participatif ascendant (pays, Région, Siège), la mise en œuvre du programme stratégique se fera de manière conjointe avec l’ensemble de l’Organisation. Cette approche permettra au bureau de pays de solliciter et de bénéficier de l’expertise des autres niveaux de l’Organisation.
4.1
Responsabilités du bureau de pays
Le bureau de pays est garant de la mise en œuvre du Programme de transformation du Secrétariat de l’Organisation dans la Région africaine 2015-2020. À ce titre, il renforcera les valeurs prônant la production des résultats et appliquera le cadre global de gestion des performances et de responsabilisation. Il œuvrera à l’atteinte des principaux indicateurs de performance des centres budgétaires en les reliant au rendement individuel des membres du personnel afin d’avoir un bureau plus efficace et capable de répondre aux attentes. Il assurera une large diffusion de la Stratégie de Coopération avec la Côte d’Ivoire auprès des partenaires gouvernementaux et des autres partenaires techniques et financiers du secteur de la santé, afin de permettre la connaissance, la compréhension de son contenu, ainsi que son appropriation. La mise en œuvre de la nouvelle SCP sera largement tributaire de l’allocation effective des ressources requises au pays d’une part, et de la capacité du bureau à mobiliser des ressources additionnelles d’autre part. La majorité des domaines d’action prioritaires retenus ne peut pas être financée sur le budget ordinaire de l’OMS, qui est insuffisant. Le bureau de pays devra par conséquent mobiliser des ressources supplémentaires pour garantir la mise en œuvre du programme stratégique. La gestion efficace et efficiente de la mise en œuvre de la SCP dépendra aussi en grande partie de la compétence, de la productivité et de l’engagement du personnel en service au bureau de pays. Une attention particulière sera accordée au renforcement des capacités du personnel afin qu’il puisse mieux répondre aux besoins du pays. La mobilisation de ressources se fera par le renforcement des capacités de l’équipe en matière de plaidoyer et de mobilisation des ressources et par l’amélioration des connaissances et des compétences des membres de l’équipe sur les procédures de financement des partenaires. L’Organisation intensifiera son appui technique au gouvernement et à ses partenaires au développement. En plus de son rôle de conseil au ministère en charge de la santé, l’OMS devra intensifier progressivement son partenariat avec les autres ministères, institutions Page 44 sur 53
publiques et les ONG concernées par le développement sanitaire dans la perspective de la mise en œuvre du programme de développement durable. Le bureau de pays intensifiera le partenariat avec les autres institutions du système des Nations Unies et les autres partenaires au développement (organisations bilatérales, multilatérales et autres acteurs non étatiques), encouragera la synergie et la complémentarité des actions et la coordination des interventions dans le secteur de la santé, sur la base des priorités définies. L’OMS continuera à faire le plaidoyer pour la mobilisation et l’allocation des ressources financières aux priorités nationales telles que déclinées dans le PNDS 2016-2020. Le Système mondial de gestion (GSM) de l’OMS facilitera les fonctions administratives, la gestion de l’OMS dans le pays et facilitera la communication au sein de l’Organisation durant la mise en œuvre du programme de coopération. Le bureau de pays fournira ou facilitera l’appui technique et financier nécessaire pour l’exécution des activités énoncées dans les plans de travail. Le bureau de pays assurera le suivi et l’évaluation de la mise en œuvre des plans opérationnels issus de la SCP dans un cadre de redevabilité, en collaboration avec le pays. Il devra publier régulièrement les bulletins d’information et produire d’autres supports de communication et d’information afin de participer à une meilleure visibilité de l’action de l’Organisation. En outre, il devra facil iter les échanges interpays pour les chargés des programmes, les réunions de l’équipe de pays, les réunions thématiques et la circulation interne des rapports et autres documents requis. Prenant en compte les résultats de l’enquête de perception sur la coopération avec l’OMS, réalisée en 2016, le bureau de pays devra œuvrer en faveur de l’amélioration de la coopération sanitaire entre la Côte d’Ivoire et l’OMS et à rendre encore plus pertinente la SCP 2016-2020. Ainsi, l’OMS entend renforcer la coordination non seulement au sein du groupe sectoriel Santé, mais également avec le ministère non seulement grâce au mécanisme de coordination du secteur de la santé, mais aussi par des rencontres plus régulières et axées sur l’alignement des appuis à la réalisation du PNDS 2016-2020. Dans ce cadre, l’OMS accompagnera le ministère en charge de la santé dans la promotion d’un dialogue permanent avec l’ensemble de ses partenaires, en vue de la signature du nouveau Compact national, conformément aux principes de la Déclaration de Paris sur l’efficacité de l’aide au développement. Par ailleurs, les appuis de l’OMS contribueront à renforcer la gouvernance et le développement du capital humain au titre de l’« Unicité dans l’action », une initiative à laquelle le pays a souscrit, et en relation avec les autres institutions du système des Nations Unies. Les différentes initiatives mondiales et cadres de partenariat développés (H6, MUSKOKA, IHP+, GAVI, Fonds mondial, SUN, MCC, etc.) auxquels le pays a adhéré continueront à être utilisées comme canaux de mobilisation de ressources en vue d’atteindre les objectifs d’amélioration de la santé des populations.
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4.2
Responsabilités du Bureau régional
L’Équipe d’appui interpays pour l’Afrique de l’Ouest, en sa qualité de structure déconcentrée du Bureau régional, fournira un appui technique et financier à la mise en œuvre du budget programme de l’OMS en Côte d’Ivoire. Le soutien du Bureau régional sera requis en vue du financement du programme stratégique et de l’accompagnement technique en fonction des besoins spécifiques du bureau de pays. Le Bureau régional apportera ses appuis par : i) ii) la mobilisation de ressources additionnelles qui seront mises à la disposition du bureau de pays ; l’organisation des séances d’information et de rencontres périodiques des chargés de programme afin d’améliorer leurs connaissances techniques, de renforcer leurs compétences et de créer des synergies entre les différents programmes interpays ; le renforcement des capacités techniques du bureau de pays en vue de l’aider à mettre en œuvre le programme stratégique ; la fourniture des orientations stratégiques et des directives régionales, des normes et de la documentation.
iii) iv)
Les personnels du bureau de pays et les cadres nationaux bénéficieront du renforcement des capacités et d’échanges d’informations.
4.3
Responsabilités du Siège
Le Siège fournira son appui par : i) ii) iii) la mobilisation et la mise à disposition de ressources complémentaires pour le bureau de pays ; l’appui technique en concertation avec le Bureau régional et de manière coordonnée avec le bureau de pays ; la mise à disposition du bureau de pays des orientations stratégiques mondiales, directives/normes et de la documentation en matière de santé.
Le Siège facilitera l’acquisition des matériels, équipements, et intrants stratégiques (vaccins et médicaments) nécessaires. Il est important que l’appui technique des différents niveaux de l’Organisation puisse être mis à la disposition du pays selon un plan concerté établi avec le pays.
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5. Évaluation de la SCP L’évaluation de la présente Stratégie de Coopération avec le Pays se fera sous la direction du Représentant de l’OMS en Côte d’Ivoire, en collaboration avec le ministère en charge de la Santé, impliquant les autres partenaires nationaux et internationaux intervenant dans le secteur de la santé tels que le ministère en charge du plan et du développement par l’intermédiaire de sa Direction du contrôle, du suivi et de l’évaluation. Le soutien du Bureau régional pour l’Afrique et du Siège de l’OMS sera requis à cet effet.
5.1 Objectif de l’évaluation L’objectif de cette évaluation de la SCP est d’apprécier la contribution de l’OMS à l’atteinte des objectifs du PNDS 2016-2020, conformément aux priorités sanitaires nationales.
5.2 Calendrier Un examen à mi-parcours permettra d’apprécier le niveau de mise en œuvre de la Stratégie de Coopération avec le Pays, en liaison avec l’exécution du plan de travail entre le deuxième et le troisième trimestre 2018. L’évaluation finale de la SCP sera l’occasion de passer en revue les objectifs stratégiques définis en début de processus entre le deuxième et le troisième trimestre 2020.
5.3 Type d’évaluation Le monitoring semi-annuel et la revue à mi-parcours doivent être davantage axés sur le processus de mise en œuvre et seront utilisés pour permettre de corriger les difficultés rencontrées dans la mise en œuvre de la stratégie de coopération. Ils permettent de répondre aux questions suivantes : i) la mise en œuvre de la stratégie se déroule-t-elle comme prévu ? ii) Quels sont les facteurs qui limitent ou entravent la mise en œuvre de la SCP ? iii) Le pays est-il confronté à une situation ou crise particulière justifiant un changement dans les priorités ? L’évaluation finale s’attachera à déterminer si les réalisations dans le cadre des priorités stratégiques de la SCP ont contribué à l’atteinte des objectifs définis par le PNDS 2016-2020. Les conclusions de l’évaluation permettront d’orienter l’élaboration de la prochaine stratégie de coopération.
5.4 Processus d’évaluation En ce qui concerne l’évaluation de la SCP, un groupe de travail chargé de tout le processus sera mis en place par le Représentant, qui en assurera également la présidence. Ce groupe de travail comprendra des personnes issues du ministère de la Santé, du ministère du Plan et du Développement et des autres partenaires au développement du secteur de la santé. Il reviendra à ce groupe d’établir la feuille de route de l’évaluation, de même que le canevas à appliquer et les questions essentielles à aborder. Page 47 sur 53
5.4.1 Monitorage semi-annuel Le monitorage semi-annuel est réalisé sous l’impulsion du Représentant, tous les six mois pour les budgets programmes biennaux 2016-2017 et 2018-2019. Il est précédé de réunions trimestrielles. Il convient de noter par ailleurs que chaque réunion semestrielle est présidée par le ministre de la Santé. 5.4.2 Examen à mi-parcours Au cours de l’examen à mi-parcours les éléments suivants seront pris en considération : la pertinence des priorités stratégiques dans la situation actuelle et les progrès accomplis ; la participation du personnel du bureau de pays au processus ; le soutien reçu du Bureau régional et du Siège dans l’élaboration de la SCP ; l’engagement éventuel d’un consultant externe ; la consultation ou la participation d’autres parties prenantes ; la diffusion du document de la SCP ; l’utilisation du programme stratégique de la SCP par le personnel du bureau de pays pour l’élaboration du plan de travail biennal, et par les autorités nationales et les autres parties prenantes.
Le groupe de travail chargé de la coordination de la mise en œuvre de la Stratégie de Coopération avec le Pays organisera une revue à mi-parcours et une revue finale de la SCP sur la période allant de 2016 à 2019. 5.4.3 Évaluation finale L’évaluation finale sera effectuée par le groupe d’évaluation mis en place. Lequel veillera à l’application des critères internationalement validés de pertinence, d’efficacité, d’efficience et d’impact. Par ailleurs, lors de cette évaluation finale, le comité examinera tous les documents pertinents, notamment le rapport à mi-parcours, le rapport semi-annuel et le rapport biennal de la mise en œuvre du plan de travail, tout comme les rapports de réunion du bureau de pays relatifs au secteur de la santé. Dans la mise en œuvre de la stratégie, un ensemble d’études, de recherches et d’enquêtes sera conduit sous la direction du groupe de travail en charge de la mise en œuvre de la stratégie. Les recommandations seront utilisées pour l’élaboration de la prochaine SCP. Chaque domaine d’actions sanitaires de la SCP est relié à une catégorie de programme du budget programme et contribue à une réalisation spécifique du programme général de travail. Le suivi de la mise en œuvre de la SCP au niveau global se fera par l’appréciation des indicateurs de résultats définis pour chaque réalisation.
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Conclusion Une évaluation de la Stratégie de Coopération de l’OMS avec la Côte d’Ivoire pour la période 2013-2015, conduite à la fin de l’année 2015, a montré que d’importants progrès ont été réalisés dans le développement du système de santé ivoirien dans tous les cinq principaux axes stratégiques définis, à savoir : i) le renforcement de la gouvernance du secteur ; ii) le renforcement des autres piliers du système de santé ; iii) l’amélioration de la santé reproductive, et de la santé de la mère, du nouveau-né et de l’enfant ; iv) le renforcement de la lutte contre la maladie ; et v) le renforcement des capacités de prévention et de riposte aux situations d’urgence sanitaire. Cependant, de nombreux défis persistent, auxquels il faudra faire face lors de la mise en œuvre de la Stratégie de Coopération de l’OMS avec la République de Côte d’Ivoire pour la période 2016-2020, dont l’objectif est de contribuer à la progression du pays vers la couverture sanitaire universelle afin d’améliorer la santé des populations. L’un des défis consiste à maintenir les résultats obtenus lors de la précédente SCP, dans les cinq axes stratégiques, avec l’implication de l’ensemble des acteurs, à tous les niveaux. Par ailleurs, l’amélioration de la santé reproductive, caractérisée par une augmentation du taux de décès maternels, mérite également une attention particulière. En outre, un effort devra être fait, notamment en vue de la réduction des délais de traitement des données de surveillance épidémiologique, de l’élargissement de l’accès aux médicaments essentiels de qualité, du renforcement des mécanismes de suivi, d’évaluation et de coordination, ainsi que pour accroître l’efficience et l’efficacité des actions de l’OMS. Plusieurs opportunités s’offrent à la Côte d’Ivoire, à la faveur de la stabilité retrouvée qui contribue à la relance de sa croissance économique. De même, la mise en place d’un système obligatoire de couverture du risque maladie au profit des populations résidant en Côte d’Ivoire, dénommé « couverture maladie universelle », constitue un atout majeur de progression vers la couverture sanitaire universelle. Toutes ces opportunités, combinées aux appuis techniques des différents niveaux de l’OMS et à la coordination de l’appui des partenaires techniques et financiers, contribueront à la concrétisation de la vision du PNDS 2016-2020, qui est celle d’« un système de santé performant, intégré, responsable et efficient, garantissant à toutes les populations vivant en Côte d’Ivoire, en particulier les personnes les plus vulnérables, un état de santé optimal pour soutenir la croissance et le développement durable du pays vers l’atteinte de l’émergence en 2020 ».
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Annexes Annexe 1. Principaux indicateurs sociodémographiques
Indicateurs de santé Sources de données Population totale en milliers (2014)2 % Population de moins de 15 ans (2014)2 % Population de plus de 60 ans (2014)2 53 (Total) 52 (homme) 54 (femme) 37,9 (sexes) 92,6 [72,3 – 118,8] 645 [458 – 909] 67 56,9 OMS Côte d’Ivoire 22 671,331 41,5 2,5 54,3 en 2015
Espérance de vie à la naissance (2013)1 Total, hommes, femmes
Taux de mortalité néonatale pour 1000 naissances vivantes (2015)1 Taux de mortalité chez les moins de cinq ans pour 1000 naissances vivantes (2015)1 Taux de mortalité maternelle pour 100 000 naissances vivantes (2015)1 % Couverture vaccinale par le DTC3 chez les enfants âgés de 1 an (2014)1 % Naissance en présence d’agents de santé qualifié (2011 - 2012)1 Densité de médecins pour 1000 habitants (2008) 1 Densité d’infirmiers et de sages-femmes pour 1000 habitants (2008) 1 Dépenses totales de santé en % du PIB (2013)1 Dépenses publiques générales pour la santé en % des dépenses publiques générales (2013)1 Dépenses privées de santé en % des dépenses totales de santé (2013)1 Taux d’alphabétisation des adultes (15+) (2007-2012)1
38 (EDSCI 2012 3) 108 (EDSCI 2012) 614 (EDSCI 20123) 76 (20146) 59 (EDSCI 20123)
8 0,144 0,174 (2014)
8 0,483 0,586 (2014)
5,7 8,5 66.9 57
5,7 (2013) CS 4 8,51 (2013) CS 4 64,7 (2013) CS4 67,5 (2010) 82 (2015) 69 (Rural)5 23 (2015) 33 (Urbain)5
Population utilisant une source d’eau potable améliorée ( %) (2011) 1
(Total)
Population utilisant des installations d’assainissement améliorées ( %) (2011) 1
22,5 (Total)
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Indice de pauvreté (taux de pauvreté) : pourcentage de la population disposant de moins de US $1,25 par jour (à parité de pouvoir d’achat) (% de population)
23,8 172 172
46,3 (2015)7 (20
(2008) 1 Rang selon l’indicateur sexospécifique du développement humain sur 148 pays (2014)1 Rang selon l’indicateur du développement humain sur 196 pays ( 2014)1
Source : OMS – http://apps.who.int/gho/data/node.cco et Institut national de la Statistique – Côte d’Ivoire (2016) : http://www.ins.ci/n/documents/RGPH2014_principaux_indicateurs.pdf 1 : Global Health Observatory Database 2016 2 : Recensement général de la Population et de l’Habitat (RGPH 2014) 3 : Enquête démographique et de santé – Côte d’Ivoire (2011-2012) 4 : Comptes de la santé – Côte d’Ivoire (2013) 5 : Programme conjoint de mesure (JMP) de l’OMS et de l’UNICEF – Rapport JMP 2015 6 : Revue externe du PEV 2015 7 : Enquête de niveau de vie des ménages – Côte d’Ivoire (2015) 8 / Étude des préférences des personnels de santé – MSHP/OMS (2016)
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Annexe 2. Cartographie des interventions des partenaires techniques et financiers ORGANISATION/ INSTITUTION AFD PRSS 2 APPUIS FINANCIERS
AXES D’APPUI Appui à l’amélioration de l’offre de soins et aux services de SRMNE et de nutrition : Appui à la chaîne d’approvisionnement en produits pharmaceutiques / intrants stratégiques et amélioration des performances du système pharmaceutique Renforcement de l’offre de soins au niveau primaire des établissements à but non lucratif
PÉRIODE
68 millions d’euros
2015-2020
UE Projet PARSSI
Renforcement de l’accès aux médicaments essentiels de qualité (centrale d’achat publique, et autorité de régulation) Renforcement des capacités institutionnelles (leadership, orientation stratégique, planification opérationnelle, budgétisation, contractualisation, régulation et contrôle d’orientation stratégique du secteur, leadership du ministère) Appui à la mise en œuvre de la CMU
15 millions d’euros
2016
Banque mondiale Projet de Renforcement du système de santé et épidémies (PRSSE) France Fonds Muskoka Renforcement du système de santé : réhabilitation, équipement et maintenance des infrastructures sanitaires, RHS, système gestionnaire, appui aux districts, appui au PNDS US $70 millions Appui à la mise en œuvre du financement basé sur la performance Appui au renforcement du SNIS Réduction de la mortalité maternelle et infantile par le renforcement des six piliers du système de 100 millions d’euros santé, dans le cadre de la mise en œuvre des plans nationaux du secteur liés à la santé de la mère et par an pendant cinq de l’enfant ans 2015-2019
2012-2016
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Prise en charge du VIH/sida (programme PEPFAR) Planification familiale Riposte contre la maladie à virus Ebola, sécurité sanitaire mondiale, et lutte contre les maladies tropicales négligées Appui à la réponse au VIH (Programme PEPFAR : prévention, soins et traitement (laboratoires, US $20 millions par an information stratégique et autres appuis) Préparation et réponse à la MVE : suivi des points de contacts, formation au COU, renforcement des capacités, épidémiologie, laboratoires et biosécurité Surveillance des maladies, épidémiologie, renforcement des capacités des laboratoires, biosécurité : GHSA Suède Fonds H6 Renforcement du système de santé Lutte contre trois pathologies (infection à VIH, tuberculose, paludisme) Renforcement du système de santé Vaccination 66 042 412 euros 12 405 185 euros 111 117 115 euros US $126 311 678 2001-2021 Accélération des progrès vers l’atteinte des OMD 4 et 5 US $8 745 000 2013-2016 2016
Équipe Santé Ambassade des USA
Fonds mondial GAVI SNU (OMS, UNICEF, ONUSIDA, UNFPA, PAM, UNHCR, ONU FEMMES) Projet Swedd BM/UNFPA
Cadre programmatique unique
US $161 705 356
2017-2020
Renforcer les capacités afin d’améliorer l’offre en produits de SRMNE et en personnel sanitaire US $3,90 millions qualifié. (Composante 2) (Produits de santé reproductive et formation du personnel de santé)
2016-2018
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