t(À [l t4) Urrt PROGRAMME AFRICAIN DE LUTTE CONTRE L'ONCHOCERCOSE Par - Prof Traoré Soungalo 1 I 1CI 6 f. Mr Diallo Ally 2 Coulibaly Donissongue 2 Juin 2009 1. Conseiller Temporaire APOC 2. Assistant Entomologiste 2SOMMAIRE 1. GENERALITES 1.1. But de I'enquête 1.2. Calendrier des activités 2. PRESENTATION DE LA ZONE D'ENQUETE 3. NATURE DES TRAVAUX EFFECTUES 3.1. Prospection des gîtes préimaginaux 3.2. ldentification des simulies capturées 3.3.Capture des femelles de S. damnosum s.l. 3.4. Dissection des femelles de S. damnosum s./. 4. RESULTATS 4.l.Prospection des gîtes larvaires de S. damnosum s.l. 4.2. ldentification des simulies capturées 4.3.Captures, dissections et infestations des S. damnosum s.l. 5. DISCUSSION DES RESULTATS 5.1. Densité des populations de femelles de S. damnosum s./. 5.2.lnfestation des femelles par Onchocerca volvulus 6. CONCLUSTONS 7. FORMATION 8. BUDGET 9. RECOMMANDATIONS 10. REMERCIEMENTS I aJ RESUME Le Programme Africain de lutte contre l'Onchocercose (APOC) a souhaité qu'une enquête entomo-épidémiologique soit effectuée dans la région d'Allai-Yakro, afin d'être fixé sur la situation réelle de l'endémie onchocerquienne dans la zone. L'enquête entomologique réalisée du 07 mai au 20 juin 2009 constituait I'une des premières enquêtes standardisées (ÿpe OMS/OCP/APOC) consacrées aux simulies vectrices depuis 2002. Les données collectées pourraient permettre de mieux organiser la surveillance de I'onchocercose dans la zone concernée. Les travaux ont consisté en des prospections des gîtes préimaginaux, des captures en vrac et des captures/identifications/dissections des femelles de s. damnosum s.l. L'échantillon de 1876 simulies capturées en mai et juin est composé de 1801 Ifemelles savanicoles (S. damnosum ss - S sirbanum) et de 75 femelles forestières Idont 66 Soubrense/Squamosum (Sou/Sq) et g yahense. La densité simulidienne moyen jour, en mai comme en juin. ne dans la zone était de 14 piqûres par homme et par r' Les captures, dissections et infestations des S. damnosum s./. collectées à Allai- Yaokro, Krambonou et Bozi indiquent qu 'en 135 ours, 1876 femelles ont été capturées et 1478 disséquées dont 1 191 pareq infectées et 2 infectieuses hébergeant 3 larves infectantes (Li). En tenant compte d'une répartition par point de capture, la transmission est nulle partout sauf à Bozi pont où le Potentiel Mensuel de Transmission (PMT) est de 5 et 4 respectivement en mai et juin. L'analyse des résultats obtenus, autorise quelques conclusions : - Le réseau de prospections classiques indiquent qu'à la période de l'enquête, le dédale rocheux/végétaux (mai) et surtout les végétaux (uin) constituent les principaux supports des stades préimaginaux. Les simulies sont localisées le long du Bandama, seul cours d'eau important de la zone d'étude. En mai et juin, les agressions des femelles anthropophiles ne constituent pas une gène pour les riverains ; la nuisance est donc inexistante en y' cette période. Les femelles disséquées sont constituées essentiellement d'espèces savanicoles(groupe s. damnosum s ÿs. sirbanum), mais également d'espèces forestières. Ces dernières se partagent entre les Soubrense-Squamosum (SoulSq/ et quelques rares Yahense. Cette unique enquête s'avère néanmoins insuffisante pour permettre d'établir les variations de la composition s-1jéôifique dès femelles yz piqueuses de la zone d'étude, Les taux d'infestations, les charges parasitaires et les indices de transmission enregistrés lors des dissections, sont faibles et indiquent que la transmission demeure insignifiante (voire nulle) en mai et en juin dans la zone d'étude. Quel que soit le mois (mai ou juin), la transmission a été nulle à Allai-Yaokro. 4Les résultats de la présente enquête sont valables pour mai et juin, mois qui correspondent à une période de faibles densités simulidiennes. Les mêmes études devront être reprises en période d'abondance simulidienne (décembre à avril, selon les populations), pour apprécier la productivité de l,ensemùle des gîtes de la zone et déterminer le niveau réel de la nuisance et celui de la transmiJsion dues aux simulies en cette période. 5SUMMARY The desire of the African Programme for Onchocerciasis Control (APOC) was that an entomo-epidemiological investigation be carried out in the area of Allai-Yaokro, in order to have an idea of the real situation of onchocerciasis endemicity in the zone. The entomological investigation carried out from May 07 to June 20 2OOg was the first standardized investigation (standard OMS/OCP/APOC) on the vectors since 2002. The collected data could make for better monitoring of onchocerciasis surveillance in the zone. The activities were: prospections of the breading sites, catch/identification/dissection of the females of S. damnosum s.l. fly pool collection and The sample of 1876 flies caught in May and June are made up of 1801 savannah females(S. damnosum ss S. sirbanum) and of 75 forest females, including 66 Soubrense/Squamosum (Sou/Sq) and g Yahense The average fly density in the zone was 14 bites/man/day, in May as in June. The catches, dissections and infestations of S. damnosum s.l. collected in Allai-Yaokro, Krambonou and Bozi indicate that in 135 days, 1876 females were caught and 1478 dissected of which 1191 parous, f_infected and 2 infective. Considering distribution per catching point, transmission is nil eveq rvhere except in Bozi bridge where the Monthly Transmission Potential of (MTP) is 5 and 4 respectively in I\Iay and June. The following conclusions could be drawn from the analyzed results: The network of traditional prospections indicates that at the time of the investigation, the rock maze (ltllay), and especially the wood material (June) constitute the main supports of the aquatic stages of Simulium. The flies are found along Bandama, the only main river of the zone. ln IVay and June, the aggression of the biting females does not bother residents; nuisance effect is tolerable (even nil) in this period The dissected female sample is essentially composed of savannah species (group S. damnosum s ÿS. sirbanum), but also of forest species. The later are made up of Soubrense-Squamosum (Sou/Sq) and some raiè Yahense This .single investigation is nevertheless insufficient to determine the variations in the specific composition of the biting females of the zone. The infestation rates, the parasitic loads and the indices of transmission recorded during this study are low, and indicating that transmission remains low (even nill) in tvlay and June in the study area. Whatever the month (May or June), transmission was nil in the village of Allai-Yaokro. The results of this investigation are valid for May and June, months which correspond tg s.penog. illow blactly densities. The same studies will have to be r' undertaken in period of fly abundance (December to April, according to the I populations), to appreciate the productivity of the entire breading sites of ihe zone I UW and to determine the actual leveÏlï-nuisance effect and that of transmission due / Z lfûi/r2, ewètto the blackflies in this period. ,k ft" ,k l'l"a,;:#f'u û*./ i u.' I 61. GENERALITES L'évaluation de la situation épidémiologique de I'onchocercose humaine en République de CÔte d'ivoire a fait l'objet d'une synthèse par APOC en juillet 2007. Nous porrbnr y noterque la Côte d'lvoire tout entière est située dans la zone onchocerquienne Ouest-africaine. Tous ses bassins fluviaux sont affectés et donc celui du Bandama. Far ailleurs, en fonctiondes résultats entomo-épidémiologiques locaux et des foyers adjacents, les traitements antivectoriels du Programme de lutte contre l'onchocercose en Airique de l'Ouest ('OCp) conduits de 1974 à 1992 ont été interrompus en 1993 sur les bassins du haut Bandama et en 1994 sur le confluent Bou-lac de Kossou. En novembre 2008, un article intitulé : « River blindness grips Côte d'lvoire » paru dans le Newyork Times faisait état de la résurgence de l'onchocercose dans le village d'Allai - Yaokro situé au bord du Bandama, en avaldu barrage de Kossou. Cette information ne concorde ni avec les résultats obtenus en 2OO2 au moment de la fermeture de I'OCP, ni avec les résultats des évaluations épidémiologiques conduites en 2007 el2008 dans 54 villages répartis sur l'ensemble du territoire national pour déterminer le niveau d'endémicité de la maladie. Aussi, I'APOC a décidé dans le cadre de la relance dela surveillance de l'onchocercose en Côte d'lvoire, de mener des investigations entomologiques et épidémiologiques aux alentours du village d'Allai- yaokro. L'enquête entomologique réalisée du 06 mai au 20 juin 2009 constituait la première enquête standardisée (type OMS/OCP/APOC) consacrée aux simulies vectrices depuis septembre 2002. Les données collectées pourraient permettre de mieux organiser la surveillance de l'onchocercose dans cette partie de la Côte d'lvoire. 1.,l. But de I'enquête Evaluer la situation de l'onchocercose à Allai-Yaokro et partant le risque réel encouru par les populations des villages installés le long du Bandama, aux alentours de la queue du barrage de Kossou. Plus spécifiquement, l'enquête entomologique sur les vecteurs de l'onchocercose aux alentours du village d'Allai-Yaokro avait pour but: - d'apprécier la productivité des gîtes préimaginaux ; - d'estimer la densité de piqûres à laquelle les populations sont soumises ; - d'identifier les populations simulidiennes anthropophiles ; - de mesurer les indicateurs entomologiques liés à l'onchocercose, afin d'apprécier les risques de transmission de cette affection. Ces indicateurs devront être régulièrement ré-évalués dans le cadre de la surveillance entomologique. - d'apprécier les conséquences épidémiologiques de l'éventuel changement dans les couples vecteurs-parasites de la zone concernée. - de faire des recommandations pour une meilleure prise en charge de la surveillance de l'onchocercose dans la zone concernée. 1.2. Calendrier de !'enquête Voyage Monsieur Ake Ouaga - Abidjan Abidjan - Yamoussoukro Yamoussoukro - Allai-Yaokro Allai-Yaokro - Abidjan 02 mai 2009 05 mai 2009 06 mai2009 09 mai 2009 7Abidjan - Ouaga Voyage Messieurs Diallo et Coulibaly Odienne -Bouaké Bouaké-Yamoussoukro Yamousoukro- Allai-yaokro Allai-Yaokro-Abidjan Abidjan-Bouaké Bouaké-Odienné Voyage Prof. Soungalo Ouaga - Bobo Bobo - Allai-Yaokro Allai-Yaokro - Abidjan Abidjan - Bobo Bobo-Ouaga 10 mai2009 04 mai2009 05 mai 2009 06 mai 2009 21 juin é009 24 juin 2009 25 juin 2009 09 mai 2009 10 mai 2009 21juin2009 24 juin 2009 25 juin 2009 2. PRESENTATION DE LA ZONE D'ETUDE La zone d'étude est située au centre de la Côte d'lvoire et plus précisément à proximité dubarrage hydroélectrique de Kossou. Elle fait partie de la régiôn des Lacs dont le thet lieu estYamoussoukro, capitale de la Côte d,lvoire. Lors des activités du Programme de lutte contre l'onchocercose en Afrique de l,Ouest, la zone faisait partie de l'aire d'extension sud, où plus de 2000 villages ou sitès habités avaientété placés dès 1997 sous Traitement à l'ivermectine sous directivés communautaires (TIDC). Nos activités ont couvert la zone allant de la Digue du Barrage de Kossou à la confluenceBandama-N'Zl. Nous ne retiendrons ici que les èaractéristiquès de la zone, dans la mesure ou elles pouvaient avoir une influence sur la biologie et l'écôlogie de S. damnosum s./, lorsde l'étude: Le. climat de la région est caractérisé par l'alternance de quatre saisons (deux saisons des pluies et deux saisons sèches). La grande saison des pluiès ne démarre qu'en juillet, mais la zone a connu 41 jours de pluies entre février etjuin. La période de l'étude a permis d'enregistrer20l,6smm de pluies répartis sur 15 jours. La zone d'étude est drainée par un seul cours d'eau principal, le Bandama. Lory de l'enquête, le Bandama à l'aval du Barrage de Kossou, était sous I'influence du turbinage pour la production de l'élèctricité. c,est dire que le niveau d'eau était très fluctuant. Le dernier point de capture étant placè à la confluence Bandama-N'zl, ce dernier cour d'eau a également été perturbé par les activités du barrage. Toutefois, les écoulemenls ont généralement été importants sur les deux fleuves. La population de la zone d'enquête est concentrée dans la ville de Kossou, quelques villages (Krambonou, Allai-yaokro, Bozi) et des hameaux de culture. La population est essentiellement constituée d,agriculteurs. 3. NATURE DES TRAVAUX EFFECTUES 3.1. Prospection des gîtes pré imaginaux Nous avons effectué des sondages en différents points situés le long de I'axe Digue de Kossou - Confluent Bandama/N'Zl. La sélection des différents points dé capture qui ont été suivis pendant l'enquête, a été l'occasion de visiter les couis d'eau et'd'apprécier leur 8écoulement' Enfin, pour la récolte de larves dans le Carnoy, le gîte d'Allai-yaokro a étéprévu pour être particulièrement fouillé. La prospection consiste en un repérage et une inspection méthodique des supports larvaires situés au niveau des gîtes potentiels, afin d'apprécier leur structuie et d'étaàlir la présencede stades prêimaginaux de S. damnosum s.l. et leur abondance. La prospection permetd'estimer la densité des populations pré-imaginales et partant d'expliquer certaines variations constatées au niveau de la population imaginale. 3.2. ldentification spécifique des simulies L'identification des simulies capturées a été établie d'après les critères micro- morphologiques habituellement utilisés par le Programme bCp pour distinguer lesdifférentes espèces du complexe S. damnosum. Ces caractères concernent la teinte destouffes de soies situées à la base des ailes (Kurtak et al., 1g81) et la teinte relative des 91le1ne_s' de la procoxa, du scutellum et du 9'è'" tergite abdominal (Dang et peterson,1980; Garms et Zillmann, 1984; Baker et at., 1990; W'itson et Baker, îggf iWitson ef a/., 1 ee3). Ces critères permettent de distinguer, de manière fiable et précise, trois groupes d'espèces :(a) femelles de savane (S. damnosurn s.s. et S. srrbanumi; @) femelles-de'S. yatrense; et(c) femelles du groupe dit Sous/Sq qui inclut I'ensemble du sous-complexe S. éanctipauti et S. squamosum. 3.3. Capture des femelles de S. damnosum s.l. 3.3.1. But ll s'agit d'estimer, en un point et à une époque donnée, I'importance numérique despopulations de femelles piqueuses de S. damnosum s./. 3.3.2. Sélection des points de capture En l'absence d'une carte répertoriant l'ensemble des gîtes de la zone concernée par l'enquête, nos points de capture ont été sélectionnés de façon à couvrir la partie du Bandama s'étendant de la Digue du Barrage de Kossou à la confluence Bandama/N'Zl. Ainsi, la fluctuation de la densité simulidienne et celle du niveau de la transmission de l'onchocercose par les vecteurs ont été suivies en six points. Ces derniers sont repadis aux alentours de Krambonou (2 points), Allai-yaokro (2 points) et Bozi (2 points). Les différents points de capture ont été choisis en fonction de : i) l'écoulement et partant de la présence des gîtes en cette période de l'année et ii) de l'implantation des habitations, de façon à mieux apprécier l'intensité de la transmission. 3.3.3. Méthode La seule méthode utilisée a élé la capture sur appât humain. Philippon (1977) note qu'elle doit être réalisée dans des conditions standards : lieu ombragé, jambes découvertes au- dessus des genoux, captures ininterrompues de 7 heures à 1B heures. L'équipe de capture est composée de deux personnes qui assurent la collecte des simulies à tour de rÔle pendant une heure. Les tubes de capture contenant les simulies de chaque tranche horaire sont regroupés et munis d'étiquettes indiquant le lieu, la date et l'heure de capture. Pour chaque point de capture retenu, le protocole prévoyait 1 jour de capture-dissectron pour 4 jours successifs de capture en vrac. Cette méthodologie a due être modifiée à cause de la 9faible densité simulidienne. Ainsi, pendant l'enquête, les captures suivies de dissections ont été effectuées pendant 135 jours (Allai-Yaokro : 46 jours ; Krambonou: 44j; Bozi : 45j). Par ailleurs, 24 jours de capture en vrac ont été réalisés à raison de 8 jours par point de capture. Les simulies collectées sont destinées au laboratoire ADN du Centre de Surveillance Pluripathologique (MDSC) qui les examine pour déterminer leur taux d'infectivité. 3.4. Dissection des femelles de S. damnosum s.l. 3.4.1. But Les dissections sont destinées à connaître - l'âge physiologique des femelles capturées, par examen de l'état de différents organes internes ; - l'infestation des femelles par Onchocerca volvulus, filaire agent de l'onchocercose humaine, ou par d'autres parasites éventuels. Les femelles de S. damnosum s./ ne pouvant transmettre le parasite qu'à leur troisième repas sanguin (Le Berre et al, 1964, 1966), la connaissance des deux données précédentes est indispensable pour estimer l'intensité de la transmission de l'onchocercose par une population de femelles de S. damnosum s./. 3.4.2. Méthode La technique de dissection faite sous loupe binoculaire (Lewis, 1957), a été utilisée. Après identification des simulies (savane, forêt), un premier examen des ovaires permet de les séparer en nullipares et pares (c'est à dire celles qui ont effectué au moins un cycle gonotrophique et sont donc susceptibles d'être infestées par Onchocerca volvulus). Ces femelles pares sont dilacérées dans une goutte d'eau physiologique, puis minutieusement examinées pour la recherche de larves d'O. volvulus. Le nombre, le stade d'évolution et la localisation de ces larves sont notés. Les simulies sont dites infectées, lorsqu'elles hébergent des larves évolutives (L1,L2 ou L3), quelle que soit leur localisation. Les simulies hébergeant des larves infectantes dans la tête sont appelées simulies infectieuses. L'analyse des résultats permet de calculer les taux d'infestations, les charges parasitaires et l'intensité de transmission potentielle dans la zone. Dans un site donné, cette intensité est quantifiée par le potentiel de transmission qui est le nombre de larves infectantes morphologiquement indifférenciables d'O. volvulus hébergées par les simulies qui piqueraient un individu placé en permanence au point de capture. On calcule ainsi des potentiels mensuels de transmission (PMT) ; et la somme des potentiels mensuels de transmission mesurés sur une année constitue le potentiel annuelde transmission (PAT). 3.5. Analyse des données Les données collectées ont été analysées au travers d'indicateurs : pourcentage de femelles infectées, pourcentage de femelles infectieuses, nombre de femelles infectieuses pour 1000 pares, nombre de larves infectantes pour 1000 pares et Potentiel mensuel de transmission(PMï). 4. RESULTATS 4.1. Prospection des gîtes larvaires de S. damnosum s.l. Au moment de notre enquête, le niveau de I'eau sur le Bandama n'a jamais permis une bonne prospection. En effet, le tableau I indique que les supports ont été soumis à des l0 variations fréquentes du niveau de l'eau du fait du turbinage effectué par le barrage. La moyenne d'eau turbinée a été si importante en juin, que le séul véritable gîte de la ré-gion aéténoyé rendant impossible toute prospection Spiedd. Certes les supporti flottants auraientpu être visités, mais pour cela il aurait fallut disposer d,un bateau aoapie. Nos prospections bien que sommaires, ont permis de constater que dans la premièrequinzaine de mai, les supports larvaires et nymphaux étaient constitués par les rares végétaux (herbes, racines, feuilles) et rochers iminergés. En juin, seuls les rrjportr flottantspouvaient héberger des stades préimaginaux. Nos prélèvements ont révélé des populations larvaires et nymphales rares et constitués essentiellement d'espèces autres que S. damnosum s./. Pour ceite dernière espèce, aucunprélèvement de larves n'a été conservé en alcool ou dans le carnoy. 4.2. ldentification spécifique des simulies Le tableau ll indique que l'échantillon de 1876 simulies capturées en mai et juin 200g est composé de 1801 femelles savanicoles (S. damnosum ss - S. sirban um) et aé rc femellesforestières dont 66 soubrense/squamosum (sou/sq) et g yahense. Dans le cas particulier du village d'Allai-Yaokro, 136 femelles ont y ont été capturées en maidont 126 savanicoles et 11 forestières (uniquement Soubrense/§qurrosu* ). En juin, surles 429 femelles capturées,415 appartiennent aux espèces savanicoles (S. dàmnosum ss -S. sirbanum) el14 aux espèces forestières (Soubrense/Squamosum:10; yahense :4). 4.3. capture, dissections et infestations des femelles de s. damnosum s.l. 4.3.1. Résultats de mai 2009 Les captures, dissections et infestations des S. damnosum s./. collectées à Allai-yaokro, Krambonou et Bozi sont récapitulées dans le tableau lll. Ce dernier indique qu'en 54 jours, 741 femelles ont été capturées et 388 disséquées donl 322 pares, 4 infectées et 1 infectieuse. En tenant compte d'une répartition par point de captuie, le pMT a été de zéro partout sauf à Bozi pont (Ptr/T= 5). La femelle infectieuse hébergeait 1 seule larve infectante (Li) qui a été montée entre lame et lamelle et transmise au labo ADN pour identification. La densité simulidienne moyenne dans la zone était de 14 piqûres par homme et par jour. Le maximum de piqûres a été de 2Tlhommetjour à Bozi Pont. Dans le cas particulier du village d'Allai-Yaokro, le nombre moyen de piqûres/homme/jour a été de B et 3 respectivement aux points de capture 1 el2. 4.3.2. Résultats de juin 2009 Les captures, dissections et infestations des S. damnosum s./. collectées à Allai-Yaokro, Krambonou et Bozi sont récapitulées dans le tableau lV. Ce dernier indique qu'en 81 jours, 1135 femelles ont été capturées et 1090 disséquées dont 886 pares,3 infectées et 1 infectieuse. En tenant compte d'une répartition par point de capture, le PMT a été de zéro partout sauf à Bozi pont (PMT= 4) Comme en mai, la femelle infectieuse hébergeait 2 larves infectantes (Li) qui ont été montées entre lame et lamelle et transmises au labo ADN pour identification. ll La densité simulidienne moyenne dans la zone était de 14 piqûres par homme et par jour. Dans le cas particulier du village d'Allai-Yaokro, le nombre moyen de piqûres/homme/jour a été de 21 el 10 respectivement aux points de capture 1 el2. 5. DISCUSSIONS 5.1. Densité des populations de S. damnosum s./. L'ensemble de nos prospections et observations, bien que partielles, permet de retenir qu'en période de faible turbinage (basses eaux) les gîtes se situent au niveau des seuils rocheux. Cependant ces gîtes peuvent héberger des populations de stades préimaginaux de S. damnosum s.l car toutes les conditions indispensables à leur établissement sont réunies. Toutefois, l'âge physiologique moyen élevé des femelles disséquées traduit la rareté desdits stades préimaginaux. Cela est probablement lié à la fréquence du turbinage qui fait que le niveau d'eau est trop fluctuant sur les supports. C'est dire qu'un niveau dbau relativement stable peut permettre une bonne production simulidienne en période de basses eaux. En période de turbinage important, la présence des nullipares dans les dissections s'élève légèrement, signe d'une plus grande productivité des gîtes. Cette dernière devrait être d'autant plus importante que la période de hautes eaux est longue et la décrue progressive. En effet, aux hautes eaux, les supports de prédilection qui s'offrent aux stades préimaginaux sont les supports flottants constitués par les herbes et les branches des arbres des berges. La production larvaire devrait en conséquence être importante, lorsqu'un maximum de végétaux sera immergé. Les captures effectuées lors de notre enquête, permettent une estimation approximative de l'abondance saisonnière des populations piqueuses anthropophiles de S.damnosum s./. Ainsi, du point de vue abondance numérique, nos résultats indiquent qu'à la période de l'enquête, des femelles ont été capturées sur tous les sites retenus. La densité simulidienne moyenne a été de 14 piqÛres/homme/jour en mai comme en juin. En tenant compte d'une répartition par point de capture, les densités moyennes les plus élevées ont été de 25 et 16 piqÛres/homme/jour respectivement à Bozi en mai et à Allai-Yaokro en juin. C'est dire que la nuisance est quasi nulle, car le nombre de simulies qui piquent réellement est inférieur aux chiffres enregistrés. En effet, aucune personne de la zone ne s'expose aux piqûres des simulies comme les captureurs. Du fait de l'abondance des supports végétaux qui bordent le Bandama, il est probable que la moyenne des captures effectuées dans la zone en période de hautes eaux sera plus élevée que celle obtenue lors de l'enquête. Les informations collectées semblent indiquer que le maximum de nuisance est observé de décembre à avril. ll faut toutefois souligner qu'une enquête s'avère nécessaire en cette période, afin d'être situé sur le niveau réel de la nuisance. En effet, il est connu (Philippon, 1969) que des densités très élevées peuvent entraîner une nuisance due aux piqûres, rendant les conditions normales de travail en plein air extrêmement difficiles. ll faut admettre que la population, essentiellement constituée d'agriculteurs, est sans nul doute exposée aux piqûres des simulies ; dans la zone, la plupart des champs de culture sont situés à proximité immédiate du cours d'eau. 5.2. lnfestation des femelles de s. damnosum s.l. par onchocerca volvulus. Lors de I'enquête, l'âge physiologique moyen a été d'environ 82o/o de femelles pares (maximum : 88% à Bozi; minimum : 760/o à Allai-Yaokro) en mai. ll en a été de même en juin avec le maximum à Krambonou (92oÂ) et le minimum à Allai-Yaokro (68,61%). Ces tauxde parturité sont relativement élevés, or il est admis qu'en zone d'endémie onchocerquienne, l'augmentation de I'infestation est en principe synchrone avec celle de I'âge physiologique 12 moyen. C'est dire que si la source de microfilaires est importante, cela devrait se traduire au niveau de l'infestation des simulies. Nous référant aux indicateurs entomologiques retenus pour évaluer les campagnes de lutte contre l'onchocercose, il ressort que le nombre de femelles infectieuses poul rioô pares etle nombre de Li/1000 pares sont nuls en mai et en juin sur S des o points de capture. Les seuils tolérables de ces deux indicateurs sont 1 femelle infectieuse pour t000 pàres et 10Li/1000 pares. Reste le cas de Bozi pont (7 et 4 femelles iniectieuses/iooo pares respectivement en mai et juin), mais le nombre de larves infectantes/1ggg pares y estinférieur au seuil en mai (8) comme en juin (7).Par ailleurs, ces larves infectantes restent àidentifier par ADN, pour confirmer leur appartenan ce à onchocerca volvulus. L'intensité de la transmission de l'onchocercose, exprimée en nombre mensuel de larvesinfectantes d'Onchocerca volvulus reçues par individu, ne peut être déterminé avec précision avant I'identification des parasites. ll est néanmoins possi.ble de signaler que les pMT bruts sont nuls sur 5 des 6 points de capture. Même à Bozi pont, le pMt n'est que de 5 et 4 respectivement en mai et juin. De tels résultats indiquent généralement que le rendementparasitaire est faible ou que les microfilaires sont rares au-sein de la pojulation humaine.Cette seconde hypothèse semble la plus probable, car le dernier trâitement ivermectine administré à Allai-Yaokro date de novembre 200g. Ces données entomologiques indiquent qu'à la période de l'enquête, la transmission estpratiquement nulle dans la zone d'étude dont le village d'Allai-yaokro. 6. CONCLUSTONS L'analyse des résultats obtenus au cours de la présente enquête, autorise quelques conclusions : Le réseau de prospections classiques indiquent qu'à la période de l,enquête, le dédale rocheux/végétaux (mai) et surtout les végétaux (juin) constituent les principaux supports des stades préimaginaux. Les simulies sont localisées le long du Bandama, seul cours d'eau important de la zone d'étude. En mai et juin, les agressions des femelles anthropophiles ne constituent pas une gène pour les riverains ; la nuisance est donc inexistante en cette période. Les femelles disséquées sont constituées essentiellement d'espèces savanicoles(groupe s. damnosum s s/s. sirbanum), mais également d'espèces forestières. ces dernières se partagent entre les soubrense- squamosum (sou/sq) et quelques rares Yahense. Cette unique enquête s'avère néanmoins insuffisante pour permettre d'établir les variations de la composition spécifique des femelles piqueuses de la zone d'étude. Les taux d'infestations, les charges parasitaires et les indices de transmission enregistrés lors des dissections, sont faibles et indiquent que la transmission demeure insignifiante (voire nulle) en mai et en juin dans la zone d'étude. euel que soit le mois (mai ou juin), la transmission a été nulle à Allai-yaokro. Les résultats de la présente enquête sont valables pour mai et juin, mois qui correspondent à une période de faibles densités simulidiennes. Les mêmes études devront être reprises en période d'abondance simulidienne (décembre à avril, selon les populations), pour apprécier la productivité de l'ensemble des gîtes l3 de la zone et déterminer le niveau réel de la nuisance et celui de la transmission dues aux simulies en cette période. 7. FORMATION L'objectif général de cette activité était de former des agents de santé du Programme national de lutte contre la cécité (PNLCé) aux techniques de prise en charge de la surveillance entomologique de l'onchocercose. Plus spécifiquement il s'agissait de : . Mettre à niveau les connaissances théoriques et pratiques des participants sur I'onchocercose (volet entomologie notamment) ; . lmpliquer davantage certains agents de santé du PNLCé aux activités de la surveillance entomologique de I'onchocercose, afin de pouvoir situer à tout moment le niveau réel de la transmission de cette affection ; . Promouvoir le transfert de compétence de I'APOC vers la Côte d'lvoire. La formation s'est déroulée parallèlement à I'enquête entomologique. La méthodologie a consisté en i) des exposés magistraux suivis de discussions, ii) la réalisation de travaux pratiques au laboratoire (identification, dissection) sur les différents stades de développement du vecteur, iii) le remplissage des différentes fiches techniques et iv) des sorties sur le terrain pour familiariser les stagiaires avec la prospection d'un gîte, la collecte et la conservation des échantillons (larves, adultes) selon les méthodes OCP. Les exercices de pré-test et de post-test traités par les participants, ont permis d'apprécier l'état d'assimilation des thèmes exposés. Ces derniers ont concerné: - Entomologie : définition, notion de vecteur, notion d'hôte; - Aspects historiques, répartition et définition de I'onchocercose; - Généralités sur la taxonomie, la biologie, le comportement et les caractéristiques vectrices des différentes espèces du Complexe Simulium damnosum.; - Echantillonnage des populations de simulies ; - Parasite, maladie et épidémiologie de l'onchocercose ; - Connaissances actuelles sur le diagnostic et le traitement de l'onchocercose; - Eléments de la lutte contre l'onchocercose; - L'outilADNetsurveillanceentomologique/recrudescence. Quand aux activités réalisées au laboratoire eVou sur le terrain lors de la formation, elles ont porté sur : - TP sur la morphologie des larves, nymphes et adultes de Simulium damnosum s.l.; - TP sur l'identification des différents groupes d'espèces du Complexe Simulium damnosum (savane, forêt) ; - TP sur I'anatomie des femelles de S. damnosum s./.; - Dissection (pares, nullipares) des simulies et remplissage des fiches techniques ; - Prospection de gîtes larvaires; - Capture de simulies au niveau de Krambonou, Allai-Yaokro et Bozi; - Collecte de larves de simulies dans le Carnoy (préparation Carnoy et collecte larves). Les notes obtenues au post-test vont de 14 à 17120 pour les cours théoriques et pour les identifications (larves :94 à 100/100;.nymphes 4 à 9110; adultes: 38 à 40140) et pour les dissections (pare, nullipare) de 16 à 18120. 8. BUDGET !-:g'iq: APOC a reçu sur le terrain la somme de Quatre Millions Huit Cent euarante UnMille Six cent Francs CFA (4.841.600 FCFA). Les dépenses s'élèvent à Trois MittionsHuit Cent Quarante Neu-f Mille Vingt Cinq Frâncs FcA (t.B4g.ozs rcÈnf. ies justificatifs et la somme restante de Neuf Cent Ôuatre Vingt Douze tililt" clnq Cent éoixaltà erinr"Francs cFA (992.52s FCFA) ont été remis au financier du pNLCé. 9. RECOMMANDATIONS La CÔte d'lvoire souhaite disposer d'un personnel compétent pour assurer la surveillance entomologique de I'onchocercose et faire face à un éveniuel problème de nuisance due aux simulies. Le Programme APOC possède une expérience inégalée en matière de lutte contrel'onchocercose dans différentes zones géographiqu"r. li en est de même pour la formationdu.personnel indispensable à l'exécution deê dlfférentes activités conduites dans le cadre dela lutte contre l'onchocercose. t4 Aussi, nous retenons comme recommandations Au Pays : - Verser au PLNCé, chaque année et à temps, son budget pour le fonctionnement, et les activités de terrain; - maintenir les personnes formées en place, afin d'éviter une rupture dans la surveillance entomologique et d'assurer en permanence une collecte de données fiables. Au Programme National de !utte contre !'onchocercose: - Veiller à ce que seuls les agents formés, assurent les activités de la surveillance entomologiques (prospections, captures, identification et dissections des simulies) ; - impliquer les techniciens formés à toute opération portant sur les simulies en côte d'lvoire. - sqp-eIliser les -qaptureurs, pour s'assurer que les captures sont effectivement réalisées selon les normes. - faire appel à des agents ex-OCP (notamment Messieurs Diallo et Coulibaly, Assistants entomologistes) dans ces premières années de relance de la surveillance entomologique en Côte d'lvoire, où il est nécessaire de conforter les connaissances des agents nouvellement formés. Au WR/Côte d'lvoire: - Appuyer le Pays en cette période de relance des activités de lutte contre l'onchocercose en Côte d'lvoire, notamment par la mise à disposition de véhicules en cas de besoin. - participer à la supervision des activités sur le terrain . - solliciter régulièrement (tous les trois mois environ) du Directeur Coordonnateur du PNLCé, des informations sur l'état d'avancement des activités. l5 Au Programme APOC: - Apporter un appui technique au pays ( comme impliquer des agents ex-OCP et notammentMessieursDialloetCoulibaly)danslacollffiez période de relance des activités de lutte contre l'onchocercose en Côte d'lvoire; r - assurer la formation/recyclage du personnel technique national appelé à collecter les données entomo-parasitologiques eUou intervenir dans la distribution de l'ivermectine; organiser le plus tôt poss ible une mission s une zone à forte densité simulidienne (comme Soubré su le Sassandra) pour perm auxr nouvellement formés de se familiariser avec la dissection et la recherche de parasites chez les femelles pares. - prendre les dispositions afin que les activités de terrain de la surveillance entomologique démarrent dans les meilleurs délais ; ceci permettra aux techniciens entomologistes de maintenir les connaissances acquises pendant la formation; - doter le PNLCé en matériel technique et notamment des loupes M3/MS et des, trousses de dissection ; 10. REMERCIEMENTS L'enquête entomologique s'est déroulée dans de bonnes conditions grâce à l'aide et à I'appui de nombreuses personnes. ll nous plaît de remercier tout particulièrement : Monsieur le Ministre de la santé et de l'Hygiène publique, pour avoir autorisé cette enquête. Le Docteur E.K. siamevi, Représentant Résident de l'oMS en côte d'lvoire, pour sa disponibilité constante et I'intérêt particulier accordé aux activités de l'APoc.. Nos remerciements s'adressent également à ses collaborateurs et notamment le Dr B.A.Tanoh. Madame le Dr U.V. Amazigo, Directrice du Programme ApOC, pour la confiance placée dans l'équipe de la mission et son souci permanent d'assurer d'excellentes conditions de travail à cette équipe. Nous n'oublions pas tous ses collaborateurs des services administratifs, techniques et financiers, pour leur disponibilité et leur appui. Les Docteurs lvl.M. Kouakou-llunga et B.P. Gbayoro, respectivement Directeur-coordonnateur et coordonnateur Adjoint du PNLCé, pour leur accueil et leur appui lors de l'enquête. Les Docteurs Tra et Dacoury, respectivement Directeur régional et Directeur départemental de la santé et leurs collaborateurs pour leur concours aux activités sur le terrain. Le Dr Abouo, Médecin de I'hôpital de Kossou et les Autorités du Barrage, pour leur appui. Nous remercions tout particulièrement le capitaine lssouf, pour la mise à notre disposition d'un local pour servir de laboratoire. Les chefs des villages de Krambonou, Allai-Yaokro et Bozi pour la mise à notre disposition de personnes qui ont rempli avec compétence et sérieux leur rôle de captureur. Les lso et chauffeurs du PNLCé, pour la patience et la compréhension dont ils ont fait preuve, notamment pendant la formation et les sorties sur le terrain. C\ùU ,M #re a a a a a a
Всемирная организация здравоохранения (ВОЗ / WHO) · Technical Documents
Rapport d’enquête entomologique sur le Bandama dans la région d’Allai-Yaokro en Côte d’Ivoire : mai-juin 2009
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