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Rapport final des enquêtes entomologiques menées dans la région de Boali en république centrafricaine : juin 2000 - avril 2001

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PROGRAMME DE LUTTB CONTRE L'ONCHOCERCOSE EN AFRIQUE (APOC) RAPPORT FINAL DES ENQUETES ENTOMOLOGIQUES MENEES DANS LA REGION DE BOALI EN REPUBLIQUE CENTRAFRICAINE (Juin 2000 - Avril 2001) par S.TRAORE* et E. D. LOUANGO** * Entomologiste médical de I'OCCGE, lnstitut Pierre RICHET, 01 BP 1500 Bouaké 0l (Côte d'lvoire). ** Entomologiste national, Minisanté à Bangui PLAN l.INTRODUCTION 2. PRESENTATION DE LA ZONE D'ETUDE. 3. NATURE DES TRAVAUX EFFECTUES. 3.1. Choix du point de capture. 3.2. Capture des femelles de Simulium damnosum s.l. 3.3. Dissection des femelles de S. damnosum s.l. 3.4. Récolte des larves de S. damnosum s.l. dans le CARNOY. 3.5. Récolte des adultes de S. damnosum s.l. en alcool. 3.6. Conservation des parasites (Onchocerca sp) récoltés lors des dissections 4. RESULTATS. 4.1. Etat des gîtes préimaginaux. 4.2. Résultats des captures et dissections des simulies. 5. DISCUSSION DES RESULTATS. 6. CONCLUSIONS. 7. FORMATION 8. RECOMMANDATIONS. 9. REMERCIEMENTS IO. BIBLIOGRAPHIE. 1. INTRODUCTION. Dans le cadre de l'étude de faisabilité d'une campagne de lutte contre l'onchocercose de savane au Cameroun, au Tchad et en République Centrafricaine, des enquêtes entomologiques (KLEIN et TRAORE-LAMIZANA, 1985; TRAORE-LAMIZANA et KLEIN, 1984 et 1985) et épidémiologiques (VINET, 1976; OCEAC, 1982; CAVALLO, 1984) ont été effectuées dans les années 1980 dans ces pays. Les Hauts bassins de la Sanaga, de la Bénoué, du Logone et du Chari ont bénéficié de ces enquêtes dont I'objectif était de fournir des données de base devant permettre d'élaborer un plan de lutte contre les simulies vectrices. Comme I'indiquent TRAORE-LAMIZANA et KLEIN (1985), ces données concernaient : - la cartographie des zones de gîtes préimaginaux de Simulium damnosum s.l.; - la répartition géographique des differentes espèces du Complexe ,S. damnosum et leur importance relative; - les caractéristiques bioécologiques et la dynamique des populations préimaginale et imaginale; - l'évaluation de I'intensité de la transmission. Au regard de différents résultats consignés dans les travaux ci-dessus référencés, il apparaît que la rivière Mbali, notamment au niveau de Boali Chutes, n'a fait I'objet que de travaux très ponctuels. En effet, seulement trois prospections des gîtes larvaires et une tentative d'estimation de la densité simulidienne ont été réalisés en 1984; les résultats se sont malheureusement révélés tout négatifs (TRAORE-LAMIZANA et KLEIN, 1985). Il faut dire qu'à chaque tentative, la période (étiage) et I'heure de capture (l3h - l4h) n'étaient pas favorables à une saine appréciation de la densité préimaginale et de la présence de simulies adultes agressives. En résumé, la zone retenue pour y conduire les études de base relative à I'impact à long terme des Opérations du Programme de lutte contre I'onchocercose en Afrique (APOC, de son sigle anglais), est pratiquement indemne de toute étude entomologique suivie. La stratégie de lutte adoptée par le Programme APOC, est le Traitement par I'Ivermectine sous Directives Communautaires (TIDC). Ce dernier, devant être poursuivi pendant plusieurs décennies si I'on veut ramener et maintenir I'Onchocercose à un niveau où cette endémie ne constitue plus un problème de santé publique, APOC a décidé d'en évaluer I'impact sur I'intensité de la transmission du parasite Onchocerca volvulus. Ceci implique, au début de l'étude, le recueil de données sur les simulies responsables de la transmission de I'Onchocercose : espèces, longévité, taux d'infestations, charges parasitaires et indices entomologiques de transmission (essentiellement nombre de femelles infectieuses/1000 pares, nombre de larves infectantes/1000 pares, Potentiels Mensuels et Annuels de Transmission : PMT, PAT). Les données recueillies pourront être comparées à celles qui seront obtenues après 4 - 5 ans de TIDC. Une série d'onze enquêtes entomologiques, à raison d'une par mois, ont été conduite de juin 2000 à avril 2001 dans la Sous Préfecture de Boali et plus précisément à Boali Chutes. Chacune de ces enquêtes avait pour objet d'estimer, à la période des travaux, I'importance numérique des populations de femelles piqueuses de S. damnosum s.l. et d'établir leurs caractéristiques vectrices. Ces dernières servent à estimer le niveau de la transmission. Les differentes données recueillies font I'objet du présent rapport. 2. PRESENTATION DE LA ZONE DIETUDE. Elle est située dans la Sous Préfecture de Boali, qui s'étend sur une superficie de 4875 km2 et couvre 14 gros villages. Le chef lieu est Boali, qui se trouve à une centaine de kilomètres au Nord-ouest de Bangui, sur l'axe Bangui-Bossembélé-Bouar ou Bossangoua (figure l). La zone d'étude est parcourue par les rivières Mbali et Mandjo. Cette dernière héberge le lac des crocodiles, tandisque le barrage de Boali est situé sur la première. Comme I'indiquent TRAORE-LAMIZANA et KLEIN (1985), ces rivières participent du bassin de la Mpoko, fleuve qui prend sa source au nord de BossembéIé à 690m d'altitude. Tous ces cours d'eau descendent I'escarpement sud de la dorsale centrafricaine par des chutes. Ainsi la chute de la Mbali, à Boali, tombe de 52 mètres. Par ailleurs, ces rivières coulent sur des barres quartziques, d'où l'apparition de rapides favorables à l'installatiion des stades préimaginaux de.S. damnosum s.l. Le relief, de type plateaux, est parsemé de quelques collines qui délimitent des vallées dans lesquelles serpentent les cours d'eau. BOULVERT (1981) a établi une carte des zones climatiques de la République Centrafricaine; il distingue les zones sahélienne, soudano-guinéenne et forestière. Le site de Boali est situé en zone de savane guinéenne, qui se caractérise ici par une végétation boisée particulièrement dense, notamment aux abords des cours d'eau. Pour cet auteur, la zone d'étude se situe dans le sous climat soudano-Oubanguien. La saison sèche y dure environ 5 mois (habituellement de novembre à mars) et la saison des pluies s'étend sur les autres mois de I'année (avril à octobre). Les mois de juillet et août sont généralement les plus pluvieux. Les enquêtes successives (KLEIN et TRAORE-LAMIZANA, 1985; TRAORE- LAMIZANA et KLEIN, 1984 et 1985) ont permis de dresser la liste des espèces vectrices répertoriées en République Centrafricaine; il s'agit essentiellement de S. damnosum s.s.- S. sirbanum et à un moindre niveau de S. squamosum. Certes S. bolense a pu être identifiée au niveau larvaire, mais aucun caractère micromorphologique n'a encore permis de reconnaitre les adultes. Les simulies piqueuses sont connues de la population; elle les appelle Zibia et Soumounou, respectivement en langues Baya et Mandja. Les données officielles (Sous préfecture et Mairie) permettent d'évaluer la population de la Sous Préfecture de Boali à20666 habitants. Elle est essentiellement composée de Gbanou, Alis, Gbakamandja, Bandas, Mandjas et Gbaya. Toutefois, on y rencontre également des ressortissants des pays voisins ( Cameroun, Tchad, République Démocratique du Congo et République du Congo). Les activités de la population sont par ordre d'importance : I'agriculture, l'élevage, la pêche, I'apiculture, le commerce et la chasse. Les principales cultures sont : le manioc, I'arachide, le riz, le maïs et I'ananas. La culture maraîchère est également pratiquée et elle concerne surtout la tomate, le piment et les courges. Quant à la pêche, elle se pratique sur la Mbali et plus particulièrement sur le lac formé par la retenue d'eau du barrage; ce dernier a 30 mètres de haut et une capacité de 250 millions de m3. 3. NATURE DES TRAVAUX EFFECTUES 3.1. Choix du point de capture. Le protocole des études de bases relatives à I'impact à long terme des Opérations APOC prévoit que le point de capture doit être situé à proximité du gîte de reproduction des simulies le plus proche des villages retenus pour I'enquête médicale. Nous réferant à la cartographie de la zone, il apparaît nettement que les rapides de Boali répondent au critère de sélection. Par ailleurs, compte tenu de l'étendue des rapides, nous avons retenu un point accessible en toute saison et qui ne soit ni un point de passage régulier, ni un lieu de rassemblement (lessive, pêche commune). I est également à I'ombre et à I'abri du vent. 3.2. Carrture des femelles de ^S. damnaszz s.l. Le procédé classique de capture sur homme (PHILIPPON, 1978) a été utilisé pour la collecte des simulies. L'équipe est composée de deux personnes qui assurent la capture des simulies à tour de rôle pendant une heure. Les tubes de capture contenant les simulies de chaque tranche horaire sont regroupés ensemble et étiquetés (lieu, date, heure). Les captures sont assurées chaquejour de 7 heures à l8 heures et à raison de 5 jours par mois. 3.3. Dissection des femelles de,S. dczzosam s.1.. Elle consiste à séparer, sous loupe binoculaire, les simulies en femelles n'ayant jamais pondu (nullipares) et femelles ayant effectué un ou plusieurs cycles gonotrophiques (femelles pares). Ces dernières sont dilacérées dans une goutte d'eau physiologique à 9 pour mille de chlorure de sodium, puis minutieusement examinées pour la recherche des larves d'O. volvulus dont le nombre et les stades d'évolution permettent d'établir les taux d'infestations et les charges parasitaires des femelles anthropophiles. La connaissance du taux de parturité et de I'infestation par O.volvulus des femelles capturées est indispensable pour estimer I'intensité de la transmission de I'Onchocercose dans la zone d'étude. Cette intensité est quantifiée par le Potentiel Annuel de Transmission (PAT) qui est le cumul des Potentiels Mensuels de Transmission (PMT). 3.4. Récolte des larves dans le CARNOY. Le Carnoy est un fixateur dans lequel sont conservées les larves de S. damnosum s.l. à identifier par cytotaxonomie. Il est composé d'un mélange d'alcool absolu (3 parts) et d'acide acétique (l part). Les prospections effectuées pendant les travaux ont permis de récolter des larves en plusieurs points de la rivière Mbali. Elles sont en cours d'identification à I'OCP. 3.5. Récolte des adultes en alcool. Afin de permettre une identification précise de la population simulidienne de la région de Boali, outre les larves, des adultes ont été capturés et conservés en alcool. 3.6. Conservation des parasites récoltés lors des dissections. La méthodologie a été décrite par TOE et al.(1997). Afin de distinguer les infections par O. volvulus de celles dues à d'autres espèces de filaires, les L3 tête rencontrées lors des dissections sont placées dans une petite goutte d'eau physiologique sur une lame. Après assèchement de la goutte contenant les larves, celles-ci sont recouvertes avec une lamelle. Cette dernière est scellée aux quatre coins à l'aide d'une goutte de vemis à ongles et étiqueté (point de capture, date, nombre de larves). Les lots de parasites ont été acheminés au laboratoire ADN de I'OMS à Ouagadougou (Burkina Faso) pour identification. 4. RESULTATS. 4.l.Etat des gîtes préimasinaux. Les prospections effectuées aux rapides de Boali indiquent qu'en saison sèche, c'est la dénivellation du terrain qui, en accélérant le courant d'eau, crée une ligne de gîtes en aval et en amont des chutes de Boali. Les supports larvaires disponibles sont alors constitués essentiellement par le dédale rocheux et quelques rares végétaux plongeant dans I'eau. En saison des pluies par contre, c'est la vitesse intrinsèque de I'eau qui crée les gîtes. En effet, le niveau d'eau est tel, que la couverture végétale surplombant le lit de la rivière trempe dans I'eau dont elle accélère la vitesse et sert en même temps de supports de ponte de prédilection. Il en est de même des branches de certains arbres situés sur les berges. Les minimum et maximum de productivité larvaire correspondent respectivement aux périodes d'étiage et de hautes eaux. 4.2. Captures et dissections des ûqnelles. Les résultats des captures et des dissections des femelles échantillonnées dans la région de Boali sont exposés au tableau I. Ils peuvent être résumés comme suit : - En 60 jours de capture effectués à Boali Chutes, 14847 femelles ont été capturées et disséquées; ces dissections ont permis d'obtenir 5737 femelles pares, 937 femelles infectées et 255 femelles infectieuses. Le taux de parturité moyen de la population simulidienne échantillonnée est de 61,60 (minimum : 43,50 en octobre 2000; maximum : 83,3%o en avril 2001). Les taux moyens de femelles pares infectées et infectieuses sont respectivement de l6,3yo (minimum :9,7Yo; maximum :29,1%o) et 4,4%o (minimum : l,60Â; maximum = 7,6Yo). Quant aux femelles qui entrent directement dans la transmission, elles hébergent en moyenne de 4 à 5 larves infectantes par femelle. La répartition horaire de ces infestations a été faite pour Ia saison sèche ( figures 2 et3) et pour la saison des pluies (figures 4 et 5). Ces résultats signifient que sur 1000 femelles pares, nous aurions environ 45 femelles infectieuses et 177 larves infectantes (Li). Quant au Potentiel Mensuel de Transmission (PMT) des onze mois (uin 2000 - avril 2001),il aété de7779 larves infectantes par homme (minimum: 78 Liltromme/mois; maximum: 1684). En I'absence de captures, le principe de la moyenne arithmétique des PMT des mois d'avril et de juin a été retenu pour le mois de mai 2001. Ce dernier présente un PMT de 186, d'où un PAT brut de7965. La figure 6, qui trace la répartition mensuelle de I'intensité de I'infestation, indique que pour 1l des 12 mois d'enquête, le PMT est supérieur à 100. Il atteint 500 et même 1000 respectivement pour 7 et 3 mois. - Dans la zone d'étude, le nombre moyen de piqûres par homme et par jour était d'environ 248 pendant I'enquête. En tenant compte d'une répartition mensuelle (figuie 7), les densités simulidiennes ont été les plus abondantes en octobre 2000 (en moyenn e 525 piqûres/homme/jour) et les plus faibles en avril 2001 (50 piqûres/homme/mois). euand au rythme journalier de piqûres, il est présenté dans les figures 8 et 9, respectivement pour la saison sèche et la saison des pluies. - L'identification morphologique des adultes disséqués indique que ceux-ci appartiennent au complexe S. damnosum. Les femelles examinées présentent généràlement les caractéristiques morphologiques suivantes : touffe alaire variable, Arculus brun, Procoxa aussi foncée que le thorax, Antennes foncées. Autrement dit, il s'agit essentiellement de femelles ,S. soubrense ou S. squamosum qui, dans la codification OCP, sont classées Sou/Sq car la morphologie seule ne permet pas de séparer ces deux espèces. La population simuiidienne comprend également des simulies appartenant au sous complexe S. damnosum (5. damnosum s.s.-,S. sirbanum). 5. DISCUSSION R.ESULTATS Lors de I'enquête entomologique effectuée en juin 2000, la prospection sur la rivière Mbali n'a permis de récolter que très peu de stades préimaginaux de,S. damnosum s.1.. En effet, avec un niveau d'eau encore bas sur les gîtes, le nombre de supports utilisables par les larves et les nymphes était de ce fait considérablement réduit, d'où la rareté des stades préimaginaux. Toutefois, au fur et à mesure que la saison des pluies s'installait et que le niveau d'eau montait dans le fleuve, la population préimaginale devenait abondante. Enfin, c'est au plus fort de l'étiage (avril) que les stades préimaginaux étaient les plus rares. Ce type de variaiion caractérise certains cours d'eau en zone de savane d'Afrique de I'Ouest; il se traduit généralement par un seul pic annuel de piqûres (LE BERRE, 1966). Le deuxième pic observé dans la région de Boali, est probablement à mettre en rapport avec la présence du Ùarrage. Ce dernier, en régulant le régime du fleuve, contribue à maintenir une bonne productivité dei gîtes larvaires, notamment au début de l'étiage. Il est généralement admis, qu'une corrélation directe lie la densité des populations préimaginales à celle des populations adultes. La faible densité des populations préimaginales observées en juin 2000, serait donc en contradiction avec I'abondance relative (65 piqûresÆromme/jour) des populations adultes dans la zone d'étude. Il n'en est rien, "* ""tt"situation caractérise généralement les zones où les simulies sont pratiquement absentes unepartie de I'année (OVAZZA et al., 1965). Ainsi, avant la réinstallation d'une nouvelle Population, I'on peut enregistrer une discordance entre les densités des populations préimaginales et imaginales. La rareté des supports disponibles en est souvent la cause. Pour la zone d'étude, la densité simulidienne est de 1,7 (avril) à l8 fois (octobre) supérieure au seuil tolérable de 30 piqûres par homme et par jour (QUILLEVERE, 1979). C'est dire que la nuisance est réelle tout au long de I'année; elle devient particulièrement intolérable au cours des mois (anvier, fevrier, mars) qui précèdent l'étiage prononcé et en période de hautes eaux (uillet à octobre). Le pic annuel de nuisance est observé en octobre; il est en majorité(56,5%) constitué de jeunes femelles (nullipares). Ces dernières n'intervenant pas dans Ia transmission, ceci explique que le PMT d'octobre, malgré I'abondance des simulies, reste I'un des plus faibles de la zone d'étude. LE BERRE (1966), PHILIPPON (1977), QUILLEVERE (1979) et TRAORE (1997) notent qu'en période d'abondance simulidienne, la dispersion est également plus importante. Compte tenu de cette corrélation, les simulies sont habituellement présentes dans les villages riverains en période de hautes eaux qui correspond généralement à la saison des pluies. Dans le cas présent, la proximité du cours d'eau est telle, qu'à I'exception de la période où l'étiage est le plus prononcé, les populations humaines vivent en contact quasi permanent avec les simulies. Ces dernières, en saison sèche, piquent de préférence le matin (7h - lOh) et surtout I'après midi (15h - 18h). Ces deux périodes correspondent également à celles où les maxima de femelles infectieuses et de larves infectantes sont récoltées chez les simulies. En saison des pluies par contre, les simulies présentent une répartition journalière beaucoup plus homogène. L'écart entre Ie maximum et le minimum de capture est plus faible que celui enregistré en saison sèche. Il en est de même pour les écarts obtenus chez les femelles infectieuses et les larves infectantes. Reste cependant que quelle que soit la saison, le maximum de capture, de femelles infectieuses ou de larves infectantes est enregistré en début ou en fin de journée. Au regard de ce qui précède, il apparaît qu'en saison des pluies, le risque de transmission de l'onchocercose est presqu'uniformément répartie sur toute la journée. Tandis qu'en saison sèche, le début et la fin de la journée sont les périodes où ce risque est le plus élevé pour la population humaine de la zone d'étude. Cette dernière situation semble contraire à celle observée en zone de savane d'Afrique de I'Ouest où, du fait de la température et du rythme d'émergence (LE BERRE, 1966; BELLEC, 1984; TRAORE, 1997),les simulies capturées en ces deux périodes sont essentiellement constituées de femelles (nullipares) qui n'interviennent pas dans la transmission. Par contre Ie risque est beaucoup plus élevé en milieu de journée, période où la population simulidienne est en majorité composée de femelles (pares) susceptibles d'héberger des larves d' Onchocerca volvulus. Il ressort de nos identifications micromorphologiques que le complexe S. damnosum est, en toute saison, Ie seul vecteur présent dans la zone d'étude. Ce résultat est en parfaite concordance avec les observations de TRAORE-LAMIZANA et KLEIN (1985). En effet, toutes les larves et tous les adultes capturés en République Centrafricaine par ces auteurs et identifiés appartenaient à S. damnosum s-1.. Pour I'observateur habitué aux manifestations cliniques de I'onchocercose les plus évidentes (ANDERSON et al.,1976; THYLEFORS et BRIKMANN, 1977; PROST et al., 1980; ROLLAND et al., 1980; TOUFFIC, 1981; DADZIE et al., 1986, 1990), cette endémie ne semble pas être un problème majeur de santé publique dans la zone d'étude. Or les indices èntomologiques de la transmission sont caractéristiques d'une zone d'hyperendémie onchocerquienne. En effet, le nombre de femelles infectieuses par 1000 pares varie de 16 à76 fois le seuil tolérable (l femelle infectieuse/I000 pares) en zone de savane d'Afrique de I'Ouest. Il en est de même du nombre de larves infectantes par 1000 pares, qui est de 4 à 34 fois supérieur au seuil admis de l0 Lil1000 pares (Anonyme, 1994). Certes, en I'absence d'une idàntification précise des parasites récoltés, I'on ne peut établir que le Potentiel Annuel de Transmission brut (PAT brut). Reste cependant que ce dernier est tout de même 80 fois supérieur au PAT tolérable (100 Lilhomme/an). Il est à noter d'ailleurs, qu'en dehors du mois d'àvril (PMT : 78), tous les autres mois ont un PMT qui dépasse de 3 à 17 fois le PAT admis. Ces résultats rappellent les observations faites dans certaines zones forestières d'Afrique de I'Ouest où, du fait de la faible pathogénicité du parasite O. volvulus, I'onchocercose ne constitue pas un problème de santé publique malgré des taux d'infestations particulièrement élevés (QUILLEVERE, 1979; ANONYME, 1994; TRAORE, 1997). L'identification des parasites récoltés, demeure la clé pour une estimation précise du risque réel encouru par la population installée le long de la Mbali, dans la région de Boali. 6. CONCLUSIONS. Au terme de I'enquête entomologique qui s'est étalée sur I I mois dans la région de Boali en République Centrafricaine, il est possible de tirer les conclusions suivantes : - Les prospections effectuées en amont et en aval des chutes de Boali, permettent de retenir que, le dédale rocheux et quelques rares végétaux constituent en période d'étiage, les principaux supports des stades préimaginaux. Par contre en période de hautes eaux, c'est presqu'exclusivement la couverture végétale qui sert de supports de ponte aux simulies. - Les résultats des déterminations micromorphologiques indiquent qu'en toute saison, Ia population simulidienne présente dans la zone d'étude était uniquement composée de S. damnosurn s.l. (essentiellement S. soubrense lS. squamosum. et quelques S. damnosum s.s. -,S. sirbanum). - Dans la zone d'étude, la proximité du cours d'eau est telle, que les populations humaines vivent au contact quasi permanent avec les simulies. Par ailleurs, le nombre de piqûres par homme et par jour étant en toute période supérieur au seuil tolérable, la nuisance est toujours un problème; il devient particulièrement accrue en période de hautes eaux. - Du point de vue transmission, la population simulidienne étudiée présente des capacités vectrices et des indices entomologiques caractéristiques d'une zone d'hyperendémie onchocerquienne. Par contre, la population humaine ne présente pas de signes alarmants d'une onchocercose grave. L'identification des parasites récoltés, demeure la clé pour une estimation précise du risque réel encouru par la population installée le long de la Mbali, dans la région de Boali. 7. FORMATION Dans le protocole du projet, il est prévu que I'enquête entomologique devait être I'occasion de récycler le personnel national (techniciens-entomologistes, captureurs) chargés d'assurer le suivi de la collecte des données sur toute l'année. Cette formation a été effectuée au cours des deux séjours effectués avec l'Equipe nationale sur le site de Boali Chutes : - Deux captureurs (Messieurs GAZAMBETI Boniface et VENETOUNGOU Simplice) ont été entraînés à la capture pendant une soirée : . technique de capture; . remplissage de la fiche de capture; . emballage; . conservation et transport des simulies - Messieurs NOUTOUA Yakoma Dédé Laurent et YAMBELLA Marcel, retenus comme techniciens pour seconder Monsieur LOUANGO Elie-Didier, Entomologiste national pour I'Onchocercose, ont été associés à l'équipe entomologique pendant toute I'enquête. Les activités effectuées se résument comme suit : . prospection sur le terrain pour le choix du point de capture; . préparation des simulies pour la dissection; . remplissage des fiches de dissection; . préparation du liquide de Carnoy; . récolte des larves de S. damnosum s.l. dans le Carnoy; . dissection des femelles (parturité, infestations); . conservation des larves infectantes entre lame et lamelle pour des analyses ADN. Cette formation a permis à I'Equipe nationale d'assurer la collecte mensuelle des données entomologiques. Le calendrier des activités a été le suivant : - 14 - 29juin 2000 : lère mission + Visite I de I'Entomologiste de l'équipe IV d'APOC - 22 - 2Sjuillet 2000 : 2ème mission. - 22 - 28 août 2000 : 3ème mission. - 28109 - 03 octobre 2000 : 4ème mission. - 2l - 27 octobre 2000 : 5ème mission - 22 - 28 novembre 2000 : 6ème mission. - 19 - 25 décembre 2000 : 7ème mission. - 20 - 26janvier 2001 :8ème mission. - 19 -25 février 2001 : 9ème mission - 20 - 26 mars 2001 : l0ème mission + Visite 2 de I'Entomologiste de l'équipe IV -20 -26 avril200l : I lème mission. - 2l - 27 mai 2001 : 12ème mission non effectuée par manque de véhicule. 9. RE,MERCIEMENTS. L'enquête entomologique à Boali n'a pu avoir lieu que grâce à I'aide et à I'appui de nombreuses personnes. Nous tenons à remercier : - Son Excellence Monsieur LAKOE Richard, Ministre de la Santé et de la Population de la République Centrafricaine, pour avoir autorisé notre déplacement à Boali. - Monsieur le Docteur A. SEKETELI, Directeur du Programme APOC, pour m'avoir accordé sa confiance. Je n'oublie pas tous ses Collaborateurs et tout particulièrement les Docteurs AMAZIGO et NOMA, pour leur accueil et leur appui scientifique au cours des differentes réunions tenues dans le cadre des activités APOC. - Monsieur le Docteur M. THIERNO, Représentant de I'OMS à Abidjan (Côte d'lvoire) et ses Collaborateurs (notamment Mesdames NABOLE, YOUGBARE et les responsables du service des transports), pour leur accueil et leur souci de toujours régler rapidement les éventuels problèmes. - Monsieur Le Docteur A. BABA-MOUSSA , Représentant de I'OMS-RCA et ses Collaborateurs et agents pour la gentillesse de leur accueil. Nous remercions tout particulièrement Monsieur C. PISSARA , Administrateur du Bureau OMS de Bangui, pour I'attention dont j'ai été I'objet pendant mes deux séjours à Bangui. - Monsieur Le Docteur J. N'DOYO, Directeur de la Médecine Préventive et de Lutte contre la Maladie, qui a toujours volontier aménagé le calendrier des équipes de terrain, afin de permettre le bon déroulement des missions OMS-APOC à Boali. - Monsieur D. R. S. BORRO, Sous Préfet de Boali, et ses collaborateurs, pour leur disponibilité et pour les dispositions prises afin de faciliter I'exécution des enquêtes entomologiques à Boali. - Monsieur le Directeur de production du barrage de Boali, ses collaborateurs et agents, pour leur disponibilité constante et pour avoir mis à notre disposition une salle pendant nos séjours sur le site. - Notre travail à Boali a été grandement facilité par I'assistance de I'Entomologiste national ( Monsieur E.D. LOUANGO), des techniciens entomologistes (Messieurs L. NOUTOUA et M. YAMBELLA) et des captureurs (Messieurs B. GAZAMBETI et S. VENETOUNGOU), dont nous tenons à souligner le dynamisme et le dévouement. 10. OBSERVATIONS ET RECOMMANDATIONS - L'Equipe nationale, malgré I'acquisition très tardive du matériel technique (loupes, tubes de capture, fiches d'enregistrement des captures et dissections etc...), a effectué un excellent travail. Chaque paquet mensuel comporte tous les éléments attendus: fiches techniques, échantillons d'adultes de simulies et de larves L3tête d'O. volvulus conservés respectivement en alcool et entre lame et lamelle. - Avant le début de l'évaluation des opérations APOC (2ème) passage), il sera nécessaire de s'assurer que toutes les dispositions sont prises pour un bon déroulement des travaux: . Personnel de l'équipe nationale Oncho présent et disponible. . Budget des activités disponible auprès de I'OMS-Bangui. . Matériel technique fonctionnel et en quantité suffisante. 11. BIBLIOGRAPHIE. ANONYME, 1998 - 20 années de lutte contre l'onchocercose.OCP / GVA /98,178 pp BELLEC (C.), 1984 - Les techniques et méthodes de récoltes des adultes des espèces du complexe Simulium damnosum. Application à l'échantillonnage, Ia biologie et l'écologie des vecteurs, l'épidémiologie de I'Onchocercose et la lutte antivectorielle. Thèse de Doctorat èsSciences (Série de l9 articles). BOULVERT (Y), l98l - Note sur quelques données du climat Centrafricain. Doc. miméogr., ORSTOM, Bangui, I7p. CAVALLO (A.P.), 1984 - Enquête sur I'endémie onchocerquienne dans le foyer de l'Ouham- Pendé. Bull. OCEAC, no 63: 63-72. KLEIN (J.M.) & TRAORE-LAMIZANA (M.), 1985 - Etude sur la faisabilité d'une campagne de lutte contre I'onchocercose dans les hauts-bassins de la Sanaga, de la Bénoué, du Logone et du Chari. Rapport de mission entomologique en RCA du l5 novembre au l5 décembre 1984. Doc. OCEAC-ORSTOM-CPC, n" I /85, 50p.. 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Tech., OCEAC, p. 580-590, 3 cartes. % de Femelles Infectieuses 20 10 Heures0 o\ o\ 00 oo r- Figure 2 : Répartition horaire des femelles infectieuses en saison sèche c.l * c-l \o FT æ \o r-Ë ÿo de larves Infectantes (Li) 20 1.0 Heures0 æ r- t- \o ÿ a{ o o\ o. oo 00 t'r \o .+ c.l Figure 3: Répartition horaire des Li en saison sèche. % de Femelles Infectieuses 20 10 Heures0 o. 00 Figure 4 : Répartition horaire des femelles infectieuses en saison des pluies æ t- r- \o \o§ o\ (\ e.l co r-- ./ ,/ 7 7o de larves Infectantes (Li) 20 10 0 Heures oa r- É o\ o\ oo oo È- c{ c.l \o F- \o Figure 5: Répartition horaire des Li en saison des pluies Nb. de larves infectanteq/homme/mois (Pùff) 2000 1000 0 Ér. và 5c o,)E ,o o U o Mois ! 6 k 0) k OJ k q.) 6 Figure 6 : Répartition mensuelle du nombre de larves infectantes récoltées à Boali Chutes 600 s00 400 300 200 100 0 Nb. de piqûreÿHomme/f our .E Ë .u* <G Mois 0)k ,o o U al (g Ê 0.) r OJ k 6 @E(§ Figure 7: Répartiton mensuelle de la densité simulidienne à Boali Chutes. 7o de capture 30 20 10 0 Heures o\ o\ oo oo r- \oôl c.l !+ r- oo \o r- Figure 8 : Cycle d'activité horaire des femelles de S. danurcsum s.l. en saison sèche à Boali (RCA). %o de capture 20 10 0 Heures oo cr o\ o\ oô ôl (\ É \o r- oô \o r- Figure 9 : Cycle d'activité horaire de Simulium damnosuru s.l. en saison des pluies à Boali Chutes (RCA). l.l À, È Àr X (D À,Et Et tD' (D (D D xÈ (!' at) lr o (D o a (D (D oÈê Vj §.§ § V) v,, ô À, T tD\(D(, Àr' Ed È, Fô (D bJ o !0, p N o t( z o o5 (D F-t CD. ,.o o p- (D a o (n È Ê0 '.,i (D À(D -l o a Àt hJ -l hJ o 7È À) ts) E t (}. },J D [.J ô.ê [.J z h..) ê N) o aô },J oÉ, h.) [.J [.J 7 o\Ul (à (,l (,r () (à (À t, Ul (,r tt (à -z do.(D § æ§{ t.)§ æ (à bJ§ [.)>-r = bJ €-ur§>h) .< (à = (, ooËæ\o>§s- æ.^ r\ QS =r -\ (,bJ È..)ur o\>N<-l 5(, hJ >-I<§ -J (, tr Ul :\ -l<\o = b..) O(,>§sæ o\ur o\>Ur <5 = z ôeDa =tDÉ 1'le9ô= -g tD \o(, æ hJ§ 00 \oà ooo \o -I æh)5 o\ æ ooo o o oo o\(À§ ô'v zÊï TÈ(D(D ÉE'* (à -It, -I æ UT -Iæà o\(,t t, tl æ§ r.rr\o §-tæ à(,Ur rrtUlhJ t,læ (,I§ o\ l, rrto E g= ts ga - î* -I§ tt\o æ(, t, o\ rrt(, o\È..) -Io\ { \o §(, (,r (à(à h) (à æ rrtÀ o\ rrl(, UT h.) E9-oD30'â e-aù;o \o(, -I 6 æ \o o\§ \o -Ib..) §-l o\§ o\\o h) o\§ =:? zô.T Yg6d ô.fa(Dê= \o -lÈ.J (, -t -t (, \o(, \oUl [.J o\ (à o o\ o CD Ul\o !.J\o § t.) è.J o\ æ hJ\o ='rIô'I o\9.6^ s=6- bJ rrt rrr (, §(, tJ (, §UI hJ -I t)§ (,(, b) hJ És+6'g ô 7,d * o\ È.J (à§ 00 (, tJ hJ(n o\ -t o\ h.) 5(,\o o\o §(, tt o\(, t, o\ o\ o\ =' Eg sô'9. o. âî'O o\ Ur(rl (,hJ N)tt -Io\ §5 o\ à§ o\ (, -l o\ \ ='z =ægo:{t!o â'o,oÉêi3+(D O o Ul -tê È.)o\t, (,h) o(, t,t,o\ -ll.J (,§ o -t t)h)è }..) !.J6o - lz I ô.Ëü Qo. -t\o o\\o 6 o\ * -tæ o\æÀ -tt,(,I -.ttJo hJ\oa §\o hJ tJ(, o\ -t -Io N(, b.) tl(,à b'J\o§ o3rE3z A.'J o a

Основные сведения
Тип документа Technical Documents
Дата принятия
Источник Всемирная организация здравоохранения