C ré di ts p ho to s: A bb ie T ra yl er -S m ith /D FI D , V la d So kh in /U N D P, A ul ia E rla ng ga /C IF O R - D es ig n: w w w .p ap rik a. ag en cy POINTS ESSENTIELS • La gestion durable de l’environnement durable et la lutte contre les maladies non transmissibles (MNT) vont de pair. • Les Ministères de l’environnement et de l’énergie peuvent promouvoir le droit à la santé en même temps que les objectifs en matière d’environnement et de changement climatique, et plaider en faveur de la lutte contre les MNT. • La réglementation, les mesures fiscales et les technologies propres sont autant d’outils gagnant-gagnant. • Les pays qui cherchent à améliorer leurs politiques en matière environnementale, énergétique et sanitaire peuvent bénéficier d’un appui. • Le rôle déterminant des autorités locales et municipales. CE QUE LES MINISTÈRES DE L’ENVIRONNEMENT ET DE L’ÉNERGIE DOIVENT SAVOIR Maladies non transmissibles 21. La gestion durable de l’environnement et la lutte contre les maladies non transmissibles (MNT) vont de pair. • La gestion durable de l’environnement et l’action contre le changement climatique figurent parmi les plus grand défis de l’humanité. • L’environnement et la santé sont étroitement liés. En 2012, un décès sur quatre dans le monde (12,6 millions) était dû à un environnement insalubre. La pollution de l’air à elle seule provoque annuellement 6 millions de décès par MNT – la plupart dans les pays à revenu faible ou intermédiaire.1 • La pollution intradomiciliaire – principalement provoquée par des technologies et des combustibles polluants comme le bois, le charbon de bois, la bouse séchée et le charbon – contribue au changement climatique et à la déforestation, et expose surtout les femmes et les enfants aux MNT. La pollution intradomiciliaire est à l’origine de 4,3 millions de décès prématurés dans le monde chaque année, dont une grande partie pourrait être évitée en améliorant l’accès à des combustibles propres et des sources d’énergie modernes à des prix abordables.2 • Les substances dangereuses, y compris les substances chimiques présentes dans l’eau, le sol et les aliments, les catastrophes naturelles, la dégradation de l’environnement et les rayons ultraviolets sont des facteurs majeurs concernant plus de 100 types de maladies, notamment l’asthme, le cancer et les maladies cardiovasculaires. Cette charge est supportée en grande partie par les groupes vulnérables et marginalisés.3 • Les mesures visant à réduire l’exposition aux facteurs de risque de MNT ont un effet positif sur l’environnement et sont propres à atténuer le changement climatique. 1 OMS (2016). http://www.who.int/mediacentre/news/releases/2016/ deaths-attributable-to-unhealthy-environments/fr/. 2 WHO (2014). Burden of disease from Household Air Pollution for 2012. http://www.who.int/phe/ health_topics/outdoorair/databases/FINAL_HAP_AAP_BoD_24March2014.pdf. 3 Norman R. E., et al. Environmental exposures: an underrecognized contribution to noncommunicable diseases. Reviews on environmental health 2013, 28(1), 59-65. La santé et le bien-être sont au cœur du Programme de développement durable à l’horizon 2030 et de son engagement à ne laisser personne de côté. La réalisation des cibles des ODD liées aux MNT sera bénéfique pour l’ensemble du Programme à l ’horizon 2030, compte tenu des liens multidimensionnels existant entre les MNT, la pauvreté, les inégalités, la croissance économique, l’action climatique et d’autres cibles et objectifs. Ensemble, l’OMS et le PNUD offrent un soutien complémentaire aux interventions de lutte contre les MNT engageant l’ensemble des pouvoirs publics, en reconnaissant la nécessité d’une action marquante allant au-delà du secteur de la santé pour lutter contre les facteurs sociaux, économiques et environnementaux essentiels qui constituent le fardeau des MNT. L’OMS offre une assistance technique au secteur de la santé pour cartographier l’épidémie des MNT, fixer des cibles nationales pour les MNT, élaborer des politiques et des plans multisectoriels pour réduire les facteurs de risque des MNT, et permettre aux systèmes de santé de réagir. Le PNUD, conformément à son Plan stratégique pour la période 2018-20214 et à la Stratégie VIH, santé et développement 2016- 2021,5 met à profit ses compétences essentielles pour protéger les populations de la pauvreté, renforcer la gouvernance dans un souci d’efficacité et de non exclusion, et construire des systèmes résilients et durables pour la santé. Moyennant des politiques adéquates, des investissements adaptés et appropriés et des partenariats stratégiques, les pays peuvent faire progresser la santé pour tous en se préoccupant de toute la gamme des priorités en matière de développement durable liées aux MNT. - Le tabagisme provoque plus de 7 millions de décès chaque année et les mégots de cigarettes constituent les déchets les plus courants partout dans le monde; ils représentent annuellement 1,69 milliard de tonnes de déchets toxiques et polluent notamment les océans et les côtes du monde entier.6 La culture du tabac est une des principales causes de déforestation; jusqu’à 5% de la déforestation mondiale lui est imputable et elle contribue aux émissions de gaz à effet de serre. - La consommation d’alcool et d’aliments à forte teneur en graisses animales contribue à l’épidémie de MNT, mais repose aussi sur des pratiques agricoles qui rejettent 4 Plan stratégique du PNUD pour la période 2018-2021. http://undocs.org/fr/DP/2017/38 5 PNUD (2016). Stratégie VIH, santé et développement 2016-2021. http://www.undp.org/content/ undp/en/home/librarypage/hiv-aids/hiv--health-and-development-strategy-2016-2021.html 6 PNUD (2017). Le tabac: une menace pour nos océans. http://www.undp.org/content/undp/fr/ home/blog/2017/5/24/-Tobacco-a-threat-to-our-oceans.html. 3de grandes quantités de gaz à effet de serre dans l’atmosphère.7 Les pratiques d’élevage actuelles sont à l’origine de près de 15% des émissions de gaz à effet de serre produits par l’activité humaine; leur effet sur les écosystèmes et sur la biodiversité est également ressenti au niveau de la production et de la consommation de fruits et de légumes qui protègent contre les MNT et qui sont rendues plus difficiles.8 Les mesures visant à encourager les déplacements à pied, à vélo et au moyen des transports publics qui favorisent la protection de l’environnement et la réduction des émissions de carbone sont également positives pour la santé car elles limitent la sédentarité et les émissions des véhicules à moteur qui contribuent aux MNT. 7 FAO (2014). Augmentation des gaz à effet de serre dans l’agriculture. http://www.fao.org/news/ story/fr/item/216994/icode/. 8 WHO and Secretariat of the Convention on Biological Diversity (2015). Connecting Global Priorities: Biodiversity and Human Health. https://www.cbd.int/health/SOK-biodiversity-en.pdf. Que sont les mnt et pourquoi les acteurs publics doivent-ils collaborer ? Les principales MNT sont au nombre de quatre: les maladies cardiovasculaires (qui comprennent les cardiopathies et les accidents vasculaires cérébraux, le cancer, le diabète et les affections respiratoires chroniques. Les MNT provoquent 40 millions de décès chaque année, dont 15 millions de décès entre 30 et 69 ans. Plus de 80% de ces décès « prématurés » imputables aux MNT sont recensés dans les pays à revenu faible ou intermédiaire. La plupart de ces décès sont dus aux quatre principaux facteurs de risque comportementaux – le tabagisme, l’usage nocif d’alcool, la sédentarité et la mauvaise alimentation. Des risques environnementaux (comme la pollution de l’air) s’y ajoutent. L’exposition de la population à ces facteurs de risque comportementaux est largement déterminée par les politiques menées en matière de commerce, d’agriculture, de travail, de fiscalité, d’urbanisme, d’éducation et dans d’autres secteurs ne relevant pas de la santé. Cela signifie qu’une meilleure cohérence des politiques des différents secteurs permettrait d’éviter un grand nombre de maladies, de décès et de handicaps précoces dus aux MNT. Étant donné la charge que représentent les MNT pour la société, l’économie et l’environnement, il est possible de définir des stratégies et des approches qui assurent des bénéfices partagés à l’ensemble des secteurs concernés. 2. Les Ministères de l’environnement et de l’énergie peuvent promouvoir le droit à la santé en même temps que les objectifs en matière d’environnement et de changement climatique, et plaider en faveur de la lutte contre les MNT. Le Programme de développement durable à l’horizon 2030, l’Accord de Paris sur le climat et le Cadre de Sendai pour la réduction des risques de catastrophe reconnaissent tous l’interdépendance entre les populations, la planète 4et la prospérité.9 Quelques exemples peuvent être mentionnés de mesures permettant d’œuvrer en même temps en faveur de l’environnement, de l’énergie et de la santé: Problèmes liés aux combustibles et aux émissions • Optimiser les subventions concernant les combustibles fossiles (introduire par exemple des subventions ciblées favorisant les combustibles propres comme le gaz de pétrole liquéfié et supprimer le subventionnement de combustibles polluants comme le kérosène), mettre en place des péages routiers et des péages urbains et taxer les carburants et les véhicules et à moteur. • Promouvoir les technologies à faible émission, les moyens de transport actifs et écologiques (déplacements à pied ou à vélo, transports publics à faible émission) et les énergies renouvelables, comme l’énergie hydroélectrique, éolienne ou solaire. • Veiller à ce que les ménages aient accès à des combustibles et des sources d’énergie propres à un prix abordable, en tenant compte notamment de la problématique du genre et de l’inégalité entre les sexes en matière de cuisine et de chauffage domestique (par exemple, en améliorant l’accès à des fourneaux propres à prix abordable). 9 UNDP (2017). Planetary Health – Issue Brief. http://www.undp.org/content/undp/en/home/ librarypage/hiv-aids/issue-brief---planetary-health.html. Un appel à l’action Dans le Programme de développement durable à l’horizon 2030, les gouvernements dans leur ensemble – et pas uniquement les Ministères de la santé – se sont engagés à appuyer des initiatives nationales contre les MNT. Le secteur de l’environnement et de l’énergie a un rôle essentiel à jouer dans le cadre des mesures du gouvernement contre les MNT. “En épuisant l ’infrastructure écologique de notre planète et en augmentant notre empreinte polluante, nous devons faire face à un coût croissant pour la santé et le bien-être. De la pollution de l’air et de l’exposition chimique à l’exploitation minière de nos ressources naturelles, nous avons compromis nos systèmes de survie.10” - Achim Steiner, Administrateur du PNUD Lieux de travail plus sûrs • Interdire l’amiante dans la construction et désamianter le parc immobilier existant11; mettre en œuvre une législation complète en matière de production, d’importation et d’utilisation d’autres substances chimiques potentiellement cancérogènes.12 • Appliquer des mesures de prévention et de prise en charge des MNT professionnelles comme le cancer et les affections respiratoires chroniques sur le lieu de travail (par exemple, dans la construction, dans l’exploitation minière, dans la démolition navale, dans l’agriculture et dans les ateliers). • Appuyer des interventions polyvalentes qui encouragent les personnes travaillant à l’extérieur à se protéger du soleil (par exemple éducation pour la santé et fourniture de crèmes et de vêtements protecteurs contre les rayons UV).13 • Appuyer l’introduction et l’application d’interdictions de fumer dans les lieux de travail, les bars, les restaurants et les autres lieux publics. 10 UN News (2016). UN Environment Assembly opens in Nairobi aiming to ensure ‘healthy planet, with healthy people’. https://news.un.org/en/story/2016/05/530002-un-environment- assemblyopens-nairobi-aiming-ensure-healthy-planet-healthy 11 WHO (2016). Preventing Disease through Healthy Environments. http://apps.who.int/iris/ bitstream/10665/204585/1/9789241565196_eng.pdf?ua=1. 12 Se basant sur des lignes directrices comme le Règlement européen sur l’enregistrement, l’évaluation et l’autorisation des substances chimiques (REACH), ainsi que les restrictions applicables à ces substances (REACH). Voir aussi Rigolle C., et al. How effective is the European legislation regarding cancer-related chemical agents? J Epidemiol Community Health 2013, 67(7): 539-541. 13 Horsham C., et al. Interventions to decrease skin cancer risk in outdoor workers: update to a 2007 systematic review. BMC Res Notes 2014, 7:10. 5Substances nocives et conservation des ressources naturelles • Gérer les substances nocives, les contaminants chimiques et les déchets y compris les déchets médicaux et pharmaceutiques (le recyclage et l’élimination sans risque du mercure et du matériel électronique, par exemple). • Préconiser une réduction de l’emploi de pesticides, de produits chimiques et d’antibiotiques dans la production alimentaire. • Adopter une législation et prendre des mesures favorisant la conservation des forêts et de la biodiversité et la protection des espaces verts. • Promouvoir l’abandon de la culture du tabac et favoriser la reconversion économique des cultivateurs de tabac. Création de partenariats • Créer des partenariats avec la société civile pour qu’elle puisse contribuer à une meilleure prise de conscience de la santé et de l’environnement dans la population et les milieux politiques, et demander des comptes à l’administration et au secteur privé sur leur action et le respect de leurs engagements. • Collaborer avec les entreprises et l’industrie pour les amener à prendre conscience des avantages pour la société et l’environnement de tenir compte des liens entre l’activité économique et la santé. Suivi des progrès • Évaluer et suivre les effets sanitaires des politiques, programmes et projets énergétiques et environnementaux, notamment sur la santé des groupes vulnérables et marginalisés, par exemple grâce à des évaluations de l’impact sur la santé, et intégrer les considérations sanitaires aux évaluations environnementales.14, 15, 16 14 WHO (2017). The Health and Environment Linkages Initiative. http://www.who.int/heli/impacts/ hiabrief/en/. 15 The Southern African Institute for Environmental Assessment (2011). Integrating Health and Social Issues into Impact Assessments for the Planning and Execution of Capital Development Projects in Eastern and Southern Africa. 16 UNDP (2017). Guidelines on Integrating Health and Gender into Environmental and Social Impact Assessments in Sub-Saharan Africa. Prepared for UNDP Regional Centre for Eastern and Southern Africa by the Southern African Institute for Environmental Assessment. https://hivlawcommission. org/wp-content/uploads/2017/11/EIA_New-Guideline-2017.pdf. 3. La réglementation, les mesures fiscales et les technologies propres sont autant d’outils gagnant-gagnant. Partout dans le monde, les pays prennent conscience des avantages multiples pour la santé et le développement découlant d’une réglementation et de mesures fiscales judicieuses et de la transition vers des technologies propres et plus efficaces. • Les mesures et règlements visant à éviter l’exposition au radon dans les habitations au Royaume-Uni et en Allemagne – en améliorant les systèmes d’aération, en installant des matériaux protecteurs et en évitant ceux qui émettent le radon – sont rentables dans l’optique de la prévention du cancer.17 • La Jamaïque a récemment augmenté sa taxe de consommation spéciale (SCT) sur l’alcool, le tabac, l’essence et les véhicules à moteur,18 ce qui permettra de générer des recettes considérables tout en protégeant l’environnement. Une grande partie d’entre elles est réinvestie dans le fonds national pour la santé. • La province de Mae Hong Son en Thaïlande, en collaboration avec le Gouvernement thaïlandais et des organismes des Nations Unies, a fourni à la population résidente des appareils de cuisson d’un prix abordable (US $4 à 6) permettant de réduire la fumée à l’intérieur des habitations, de préserver les forêts et de diminuer les besoins d’approvisionnement en combustibles, mais aussi d’augmenter les revenus des marchands ambulants pouvant consacrer davantage de temps pour offrir une gamme de produits plus variés.19 17 Coskeran T., et al. A new methodology for cost-effectiveness studies of domestic radon remediation programmes: quality-adjusted life-years gained within primary care trusts in central England. Sci Total Environ 2006, 366(1), 32-46. 18 Jamaica Observer (2017). “Increased taxes on gasoline, alcohol, motor vehicle licensing”. http:// www.jamaicaobserver.com/news/Increased-taxes-on-gasoline--alcohol--motor-vehicle-licensing. 19 UNDP (2016). UNDP provides access to clean cooking solutions in northern Thailand. http://www. th.undp.org/content/thailand/en/home/presscenter/articles/2016/03/03/undp-provides-access-to- clean-cooking-solutions-in-northern-thailand.html. 6Environnement, énergie et lut te contre les MNT – des solutions économiques qui sont complémentaires Les investissements et les interventions répondant en même temps aux préoccupations concernant l’environnement, l’énergie et la santé peuvent être rentables. L’Organisation de coopération et de développement économiques relève que l’intégration de mesures contre le changement climatique à la politique économique entraînerait une augmentation de 5% du PIB des pays du G20 d’ici à 2050. Les investissements visant à prévenir et combattre les MNT pourront parallèlement aider les pays à revenu faible ou intermédiaire à éviter les pertes de US $21300 milliards qu’entraîneraient les MNT selon les projections au cours de la période 2011-2030 en raison de la capacité de production perdue et des frais médicaux.20 L’OMS fait valoir: 1) que la suppression des subventions énergétiques au moyen d’une taxe sur le carbone compatible avec l’intérêt national permettrait d’accroître le PIB d’environ 3% ou d’un montant de US $3000 milliards par an;21; et 2) qu’une augmentation de la taxe sur les cigarettes de US $0,80 par paquet dans tous les pays produirait au niveau mondial un supplément de recettes de US $141 milliards. Ces recettes peuvent financer des dépenses publiques qui stimuleront la croissance, par exemple des travaux d’infrastructure et des investissements pour la santé et l’éducation.22 4. Les pays cherchant à améliorer leurs politiques en matière environnementale, énergétique et sanitaire peuvent bénéficier d’un appui. Les secteurs de l’environnement, de l’énergie et de la santé peuvent bénéficier d’un appui international sous forme d’une assistance technique et d’un renforcement des capacités. On peut mentionner les exemples suivants: • La Coalition pour le climat et l’air pur. L’OMS et le Gouvernement norvégien sont les partenaires de la campagne BreatheLife qui vise à mobiliser les citoyens, les villes et les 20 Goodchild M., Nargis N., and d’Espaignet E. T. Global economic cost of smoking-attributable diseases. Tob Control Première publication en ligne: 30 janvier 2017. doi: 10.1136/ tobaccocontrol-2016-053305. 21 WHO AFRO. Put health at the center of the climate agreement – message to finance ministers. http://www.afro.who.int/sites/default/files/2017-06/didyouknow-finance-ministers.pdf. 22 Ibid. gouvernements par un appel à l’action et une sensibilisation aux risques sanitaires liés aux polluants climatiques à courte durée de vie qui contribuent au réchauffement climatique et à la pollution de l’air.23 • L’initiative Solar for Health du PNUD souhaite aider les gouvernements de pays africains, arabes et d’Asie centrale à collaborer avec les communautés, les autorités locales et l’industrie pour améliorer l’accès à des services de santé de qualité en équipant les centres de santé de panneaux solaires qui assurent un accès de base à l’électricité tout en atténuant l’effet du changement climatique.24 • Le Fonds pour l’environnement mondial complète les mesures concernant les articles 17 et 18 de la Convention-cadre de l’OMS pour la lutte antitabac en offrant des possibilités de reconversion économique aux cultivateurs de tabac.25 • L’Alliance mondiale pour les foyers améliorés (GACC) collabore avec un réseau de partenaires publics, privés et à but non lucratif pour accélérer la production, le déploiement et l’utilisation de fourneaux et de combustibles non polluants et efficaces dans les pays en développement. Cette action suit les Lignes directrices OMS relatives à la qualité de l’air intérieur: consommation domestique de combustibles et cherche à réduire la dépendance à l’égard du bois, du charbon et d’autres combustibles polluants. Les femmes sont les premières à en bénéficier.26 • Plusieurs réseaux et initiatives (comme la Global Alliance on Health and Pollution, C40 Cities, ICLEI, l’Initiative de l’OMS pour la santé urbaine et son projet villes-santé) soutiennent l’action locale en faveur de l’environnement et de la santé. 23 WHO (2017). http://www.who.int/sustainable-development/news-events/breath-life/about/en/. 24 UNDP (2017). http://www.undp-globalfund-capacitydevelopment.org/en/about-us/ solar-for-health/. 25 Les pays sont ainsi en mesure: 1) de réduire l’impact du tabac sur l’environnement (par exemple la déforestation et la dégradation des sols causées par la culture du tabac, la pollution de l’eau et des sols due aux pesticides et les mégots de cigarettes); 2) d’améliorer la santé des cultivateurs de tabac (en réduisant l’exposition aux pesticides et l’intoxication par la nicotine, la « maladie du tabac vert »); 3) d’améliorer leur moyens de subsistance (il est avéré que d’autres cultures comme le bambou sont plus viables du point de vue économique); et 4) de diversifier les cultures nationales tout en renforçant la sécurité de l’approvisionnement alimentaire. 26 WHO (2016). Burning Opportunity: Clean Household Energy for Health, Sustainable Development and Wellbeing of Women and Children. https://www.who.int/airpollution/publications/ burning-opportunities/en/ 7L’investissement dans les partenariats universitaires peut permettre de renforcer la base de données factuelles et la mobilisation aux côtés de la société civile de contribuer à la sensibilisation et à assurer la responsabilisation de tous les acteurs. 5. Le rôle déterminant des autorités locales et municipales. Les autorités locales peuvent jouer un rôle déterminant pour accélérer les progrès concernant l’environnement, l’énergie et les MNT. • L’aménagement urbain bien planifié permet de favoriser la réalisation des objectifs environnementaux et sanitaires. Inversement, une planification mal maîtrisée contribuera à aggraver l’épidémie de MNT.27 En 2050, 70% de la population de la planète vivra dans des villes, contre 60% en 2030 et 50% en 2010. Or aujourd’hui à peine une ville sur 10 dans le monde parvient à respecter les normes de lutte antipollution.28 C’est dans les bidonvilles que le risque de MNT est le plus élevé; 880 millions de personnes y vivent aujourd’hui, mais on estime qu’elles seront 2 milliards en 2050, confrontées à une exposition accrue à la pollution de l’air (intradomiciliaire et exterieur), à une consommation de tabac supérieure à la moyenne, à un accès insuffisant à une alimentation saine, aux services de santé essentiels, à l’eau et aux moyens d’assainissement.29 • Les solutions pour l’environnement, l’énergie et la santé supposent une action coordonnée dans toute une série de secteurs (environnement, énergie, santé, agriculture, éducation, logement, infrastructure, emploi, finances, transports et assainissement) et le secteur privé ainsi que la société civile doivent y être associés. • Les autorités municipales peuvent être les chefs de file de politiques et de programmes innovants. Des exemples d’interventions existent déjà: gestion durable des déchets et transformation en énergie à Amman, en Jordanie;30 transport actif et à faible 27 WHO (2016). Global Report on Urban Health. http://www.who.int/kobe_centre/measuring/ urban-global-report/en/ (Résumé en français: http://www.who.int/kobe_centre/measuring/ urban-global-report/ugr_summary_fr.pdf). 28 OMS (2014). La qualité de l’air se détériore dans de nombreuses villes du monde. http://www.who. int/mediacentre/news/releases/2014/air-quality/fr/. 29 Haregu T. N., et al. Co-occurrence of behavioural risk factors of common non-communicable diseases among urban slum dwellers in Nairobi, Kenya. Glob Health Action 2015, 8: 10.3402/gha. v8.28697. 30 Global Environment Facility (2017). Reduction of Methane Emissions and Utilization of Municipal Waste for Energy in Amman. https://www.thegef.org/project/ reduction-methane-emissions-and-utilization-municipal-waste-energy-amman. 8C ré di ts p ho to s: A bb ie T ra yl er -S m ith /D FI D , V la d So kh in /U N D P, A ul ia E rla ng ga /C IF O R - D es ig n: w w w .p ap rik a. ag en cy © Organisation mondiale de la Santé et Programme des Nations Unies pour le développement 2018. Tous droits réservés. L’élaboration de la présente note d’information a été coordonnée par une équipe conjointe OMS-PNUD. Cette note d’information vise à sensibiliser et propose un ensemble d’options pour agir. Elle ne fait pas état de la position officielle de l’OMS ou du PNUD et n’a pas été transmise à leurs organes directeurs respectifs. Les références aux États Membres et aux partenaires ne constituent ni n’impliquent une quelconque approbation de cette note d’information. WHO/NMH/NMA/18.94 CE QUE LES MINISTÈRES DE L’ENVIRONNEMENT ET DE L’ÉNERGIE DOIVENT SAVOIR Maladies non transmissibles émission (transit de masse, voies pour piétons et pistes cyclables par exemple) dans plusieurs villes indiennes;31 solutions énergétiques abordables et efficaces dans les villes sud- africaines;32 espaces verts sûrs dans des quartiers populaires au Népal;33 et interdictions de fumer dans les lieux publics à Nakuru, au Kenya.34 6. Pour commencer… Les Ministères de l’environnement et de l’énergie devraient tout d’abord: • Participer activement aux organes de coordination nationaux et locaux concernant les MNT tout en renforçant les partenariats bilatéraux avec le secteur de la santé et d’autres secteurs (comme l’aménagement urbain, le logement, les transports, l’agriculture, les finances et l’emploi). • Veiller à se faire pleinement représenter dans l’élaboration et la mise en œuvre de plans d’action multisectoriels sur les MNT. • Déterminer les recoupements entre l’épidémie de MNT et les politiques de l’environnement, de l’énergie et d’autres secteurs voisins; agir immédiatement là où des avantages sont faciles à obtenir (par exemple en proscrivant l’utilisation d’amiante dans la construction). • Commencer la mise au point d’une politique globale de salubrité de l’environnement qui 31 UNDP (2017). Sustainable Urban Transport Programme. http://www.in.undp.org/content/india/en/ home/operations/projects/environment_and_energy/sustainable_urbantransportprogramme.html. 32 Nano Energy (2008). UNDP/GEF Solar Water Heaters for Urban Housing in South Africa. Final Evaluation. https://www.climate-eval.org/sites/default/files/evaluations/514%20Solar%20 Water%20Heaters%20%28SWHs%29%20for%20Urban%20Housing.pdf. 33 Bhaktapur Municipality (2004). Organizational development and capacity building program for Environment Department. Bhaktapur Municipality. 34 WHO (2011). Smoke-free Nakuru – the first east African city implementing subnational smoke-free policy. http://www.who.int/kobe_centre/interventions/smoke_free/nakuru/en/. envisage l’ensemble des risques pour la santé liés à l’environnement de manière efficace. Les décès prématurés et les souffrances évitables causés par les MNT constituent le fléau du XXIème siècle. Mais des politiques et des investissements judicieux ainsi que l’appui de l’ensemble des partenaires permettront de renverser le cours des choses.
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Maladies non transmissibles : ce que les ministères de l'environnement et de l'énergie doivent savoir
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