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Exposé de position sur les arguments économiques en faveur d’interventions intersectorielles visant à renforcer les determinants sociaux de la santé: Mexique

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Document de travail sur la série des déterminants sociaux de la santé, 7 Contribution au projet – Les paramètres économiques des déterminants sociaux de la santé

EXPOSÉ DE POSITION SUR LES ARGUMENTS ÉCONOMIQUES EN FAVEUR D’INTERVENTIONS INTERSECTORIELLES VISANT À RENFORCER LES DÉTERMINANTS SOCIAUX DE LA SANTÉ : MEXIQUE

DÉBATS, POLITIQUES ET PRATIQUES, ÉTUDES DE CAS

EXPOSÉ DE POSITION SUR LES ARGUMENTS ÉCONOMIQUES EN FAVEUR D’INTERVENTIONS INTERSECTORIELLES VISANT À RENFORCER LES DÉTERMINANTS SOCIAUX DE LA SANTÉ : MEXIQUE

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La série La série de documents de travail sur les déterminants sociaux de la santé fournit un cadre pour l’échange de connaissances en ce qui concerne la façon d’agir sur les déterminants sociaux de la santé afin d’accroître l’équité en matière de santé. Ces documents traitent de questions de stratégie, de gouvernance, d’outils et de renforcement des capacités. On y examine l’expérience de différents pays dans le but de comprendre les pratiques qui y ont cours et les innovations qui y sont apportées et de favoriser un débat franc sur les liens entre la santé et le contexte politique en général. Les documents sont tous soumis à un comité de lecture. Le contexte Les étroites relations de cause à effet qui existent entre les politiques publiques et les gradients sociaux dans le domaine de la santé ont été mises en évidence dans le rapport produit par la Commission des déterminants sociaux de la santé (CDSS) de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Néanmoins, même lorsque la santé et l’équité en cette matière sont considérées comme d’importants indicateurs du développement, il ne suffit pas toujours, pour que des politiques soient établies, de faire connaître les avantages que des interventions au chapitre des déterminants sociaux de la santé peuvent représenter pour la santé et l’équité dans ce domaine quand la santé n’est pas une priorité ou que des compromis doivent être faits. Des travaux antérieurs ont révélé qu’une attention accrue aux politiques intersectorielles qui améliorent la santé et accroissent l’équité sur ce plan exige une meilleure préparation en ce qui concerne la connaissance des raisons économiques des interventions et de la façon dont les politiques intersectorielles sont élaborées et mises en œuvre. Compte tenu de l’utilité de l’action intersectorielle et de l’expérience du Mexique en cette matière, le groupe de travail mexicain a collaboré avec l’OMS à un projet intitulé Les paramètres économiques des déterminants sociaux de la santé afin de produire des études de cas sur les politiques intersectorielles, notamment sur le recours à des considérations d’ordre économique dans le processus, et d’apporter son concours à l’autre publication découlant du projet – un ouvrage de référence sur les paramètres économiques des déterminants sociaux de la santé et des inégalités au chapitre de la santé.

Le Mexique a été reconnu pour le travail qu’il a accompli en matière de politiques sociales en agissant sur les principaux déterminants de la santé liés à la pauvreté et aux mauvaises conditions de vie, notamment pour des programmes comme Oportunidades [Possibilités].

Les points de vue exprimés dans le présent rapport sont ceux des auteurs et ne représentent pas forcément les décisions, politiques ou opinions de l’Organisation mondiale de la santé.

Remerciements Les principaux chercheurs pour ce projet sont Adolfo Martínez Valle et Alejandro Figueroa. Le principal auteur de ce document est Alejandro Figueroa. Faisaient également partie du groupe de travail Diego González, Sofia Leticia Morales et Kira Fortune, de l’OMS/OPS, Nicole Valentine, de l’OMS, ainsi que Guadalupe López de Llergo et Paulina Terrazas, du secrétariat de la Santé du Mexique. Les autorités sanitaires et d’autres instances gouvernementales, universitaires et privées du Mexique ont apporté une précieuse collaboration au cours des entrevues. Nous remercions en outre Carmen de Paz et Lorenzo Rocco des observations qu’ils ont formulées sur ces documents. Les chercheurs remercient également tous les experts avec lesquels ils ont discuté pendant la réunion de l’OMS sur les paramètres économiques des déterminants sociaux de la santé, qui s’est déroulée en octobre 2012. Le secrétariat de la Santé du Mexique a autorisé la publication du présent document de recherche. Diego González a coordonné le groupe de travail mexicain, et Nicole Valentine a supervisé la coordination générale du projet. Le secrétariat de la Santé du Mexique a autorisé la publication du présent document de recherche. Les erreurs que celui-ci pourrait contenir sont imputables aux rédacteurs. Nicole Valentine et Diego Gonzalez ont supervisé la révision et la production. Diana Hopkins a assuré le soutien à la révision. Le financement de ce projet a été en partie assuré par l’Agence de la santé publique du Canada (ASPC). Nous remercions sincèrement de leur collaboration les membres de l’équipe de l’ASPC chargée de la coordination du projet, en particulier Jane Laishes, James McDonald et Andrea Long. Note bibliographique FIGUEROA-LARA A. Exposé de position sur les arguments économiques en faveur d’interventions intersectorielles visant à renforcer les déterminants sociaux de la santé : Mexique. Document de travail no 7 – Les déterminants sociaux de la santé (politiques et pratiques), Genève, Organisation mondiale de la Santé, 2013.

Catalogage à la source: Bibliothèque de l’OMS: Exposé de position sur les arguments économiques en faveur d’interventions intersectorielles visant à renforcer les determinants sociaux de la santé: Mexique. (Document de travail sur la série des déterminants sociaux de la santé, 7) 1.Facteurs socioéconomiques. 2.Rationnement des services de santé. 3.Relations interinstitutionnelles. 4.Programmes nationaux de santé. 5.Health Policy. 6.Mexique. I.Figueroa-Lara, Alexandre. II.Organisation mondiale de la Santé. ISBN 978 92 4 250538 2 (classification NLM : WA 525) © Organisation mondiale de la Santé 2014 Tous droits réservés. Les publications de l’Organisation mondiale de la Santé sont disponibles sur le site Web de l'OMS (www.who.int) ou peuvent être achetées auprès des Éditions de l'OMS, Organisation mondiale de la Santé, 20 avenue Appia, 1211 Genève 27 (Suisse) (téléphone : +41 22 791 3264 ; télécopie : +41 22 791 4857 ; courriel : bookorders@who.int . Les demandes relatives à la permission de reproduire ou de traduire des publications de l’OMS – que ce soit pour la vente ou une diffusion non commerciale – doivent être envoyées aux Éditions de l'OMS via le site Web de l'OMS à l'adresse http://www.who.int/about/licensing/copyright_form/en/index.html Les appellations employées dans la présente publication et la présentation des données qui y figurent n’impliquent de la part de l’Organisation mondiale de la Santé aucune prise de position quant au statut juridique des pays, territoires, villes ou zones, ou de leurs autorités, ni quant au tracé de leurs frontières ou limites. Les traits discontinus formés d’une succession de points ou de tirets sur les cartes représentent des frontières approximatives dont le tracé peut ne pas avoir fait l'objet d'un accord définitif. La mention de firmes et de produits commerciaux ne signifie pas que ces firmes et ces produits commerciaux sont agréés ou recommandés par l’Organisation mondiale de la Santé, de préférence à d’autres de nature analogue. Sauf erreur ou omission, une majuscule initiale indique qu’il s’agit d’un nom déposé. L’Organisation mondiale de la Santé a pris toutes les précautions raisonnables pour vérifier les informations contenues dans la présente publication. Toutefois, le matériel publié est diffusé sans aucune garantie, expresse ou implicite. La responsabilité de l'interprétation et de l'utilisation dudit matériel incombe au lecteur. En aucun cas, l'Organisation mondiale de la Santé ne saurait être tenue responsable des préjudices subis du fait de son utilisation. Les opinions exprimées dans la présente publication n’engagent que les auteurs cités nommément. Imprimé en (nom du pays)

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Table des matières ABRÉVIATIONS

SOMMAIRE .................................................................................................... 1. INTRODUCTION ........................................................................................ 1.1 Relation entre l’économie et la santé ....................................................... 1.2 Pourquoi la santé dépend-elle d’autres politiques à l’extérieur du domaine de la santé? ................................................................................ 1.3 Déterminants sociaux de la santé et inégalités en santé .................... 1.4 Inégalités en santé au Mexique........................................................... 2. OBJECTIFS ET MÉTHODES ..................................................................... 2.1 Critères d’inclusion .............................................................................. 2.2 Extraction des données....................................................................... 3. RÉSULTATS .............................................................................................. Revenu et statut social : Programme de développement humain « Possibilités » .......................................................................................... Réseaux et environnements sociaux : Programme sur les collectivités en santé .................................................................................................... Pratiques personnelles en santé : Programme d’action sur la sécurité routière ...................................................................................................... Développement des enfants en santé et genre : Accord national sur la saine alimentation ................................................................................. 4. DISCUSSION ............................................................................................. 5. POSITION DU MINISTÈRE DE LA SANTÉ SUR LES INTERVENTIONS INTERSECTORIELLES PUBLIQUES EN SANTÉ LIÉES AUX DÉTERMINANTS SOCIAUX DE LA SANTÉ .................................................. RÉFÉRENCES ............................................................................................... ANNEXES ...................................................................................................... Annexe 1. Mots-clés ....................................................................................... Annexe 2. Modèle pour l’examen de la documentation sur les avantages économiques des mesures visant à renforcer les déterminants sociaux de la santé (DSS) ........................................................................................... Annexe 3. Diagramme montrant l’examen de la documentation sur le Programme « Possibilités » ............................................................................ Annexe 4. Diagramme montrant l’examen de la documentation sur le Programme de communautés en santé ......................................................... Annexe 5. Diagramme montrant l’examen de la documentation sur le Programme d’action sur la sécurité routière ...................................................

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Annexe 6. Diagramme montrant l’examen de la documentation sur l’Accord national sur la saine alimentation ..................................................... TABLEAUX Tableau 1. Montant maximal de soutien financier qu'une famille bénéficiaire peut recevoir par mois .................................................................................... Tableau 2. Répercussions économiques du Programme « Possibilités » selon la durée de l'exposition à ce dernier ..................................................... Tableau 3. Répercussions sur la santé du Programme « Possibilités » selon la durée de l'exposition à ce dernier ..................................................... Tableau 4. Autres répercussions du Programme « Possibilités » selon la durée de l'exposition à ce dernier ............................................................... Tableau 5. Résultats économiques du Programme sur les collectivités en santé ......................................................................................................... Tableau 6. Résultats en santé du Programme sur les collectivités en santé .. Tableau 7. Autres résultats du Programme sur les collectivités en santé ...... Tableau 8. Autres résultats sur le Programme d'action sur la sécurité routière

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ABRÉVIATIONS ANAS CENAPRA DSS IDH IMESEVI Accord national sur la saine alimentation Centre national de prévention des blessures Déterminants sociaux de la santé Indice du développement humain Initiative mexicaine sur la sécurité routière/Initiative pour la sécurité des routes mexicaines Organisation mondiale de la Santé Organisation panaméricaine de la santé Programme de développement humain – « Oportunidades » [Possibilités] Programme de développement de zones prioritaires Programme d’éducation, de santé et de nutrition

OMS OPS PDHO PDZP PROGRESA

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Sommaire

Au cours des dernières années, le Mexique a réalisé d’importants progrès dans le domaine de la santé, progrès qui se reflètent dans l’augmentation de l’espérance de vie à la naissance et la diminution des taux de mortalité maternelle et infantile. Toutefois, des différences en matière de santé persistent entre les régions, les groupes ethniques et les groupes socioéconomiques. Le Mexique a entrepris diverses interventions dans les domaines de la santé et du développement social pour réduire les inégalités en santé, mais les détails de la mise en œuvre d’activités intersectorielles ayant une incidence sur les déterminants sociaux de la santé (DSS) et les avantages de ces interventions sur la santé et l’économie n’ont pas encore été étudiés.

Objectifs et méthodes L’objectif premier de la présente étude est de déterminer quelles mesures intersectorielles prises par le gouvernement du Mexique ont eu une incidence sur les DSS. Le deuxième objectif est de quantifier, sur le plan de la santé et de l’économie, les avantages de ces interventions. Les interventions intersectorielles qui ont eu une incidence sur les DSS ont été déterminées de trois façons : a) discussion et consensus du Groupe de travail national sur les déterminants sociaux de la santé; b) examen du programme sectoriel sur la santé 2007–2012 et du plan d’action du ministère de la Santé pour 2007–2012, en mettant uniquement l’accent sur les programmes qui font explicitement mention des déterminants sociaux de la santé; c) participation des secteurs autre que ceux de la santé (mesures horizontales intersectorielles). Les avantages des interventions intersectorielles ayant une incidence sur les déterminants sociaux de la santé ont été cernés au moyen d’un examen systématique de la documentation réalisée en utilisant la méthode PRISMA (résultats préférés de rapport pour examens systématiques et métaanalyses). Cet examen comprend des études originales en espagnol ou en anglais publiées de 2000 à 2012. Des articles scientifiques ont été extraits de PubMed et de la Cochrane Library. De la littérature grise a été tirée de POPLINE et de Google au moyen de moteurs de recherche. Des critères d’inclusion ont également été appliqués aux études.

Résultats La recherche a cerné quatre interventions visant à renforcer les DSS au Mexique avec la participation de secteurs autres que celui de la santé, soit : 1) le Programme de développement humain « Possibilités »; 2) le Programme sur les collectivités en santé; 3) le Programme d’action sur la sécurité routière et 4) l’Accord national sur la saine alimentation. Le ministère de la Santé a collaboré avec d’autres ministères, notamment les ministères du Développement social, de l’Éducation, des Communications et du Transport, de la Sécurité publique, de l’Économie, de l’Agriculture, du Bétail, du Développement rural, des Pêches et de l’Alimentation, des Finances et du Crédit public et du Travail et du Bien-être social, ainsi que des gouvernements locaux.

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Discussion Il y a peu de données probantes sur l’incidence économique de ces interventions fondées sur l’amélioration de la santé. Il faut donc continuer de mener des évaluations et des recherches pour générer de solides résultats en ce qui a trait à l’incidence de ces programmes d’amélioration de la santé sur l’économie et par le fait même, améliorer les décisions et les compromis stratégiques. En résumé, il n’est pas possible d’affirmer que les mesures intersectorielles entraînent des avantages économiques en se fondant sur les données probantes d’études existantes. La plupart des données probantes que nous avons trouvées portaient sur les répercussions sur la santé et l’équité en santé. Puisque ces données probantes faisaient généralement état de répercussions positives sur la santé de la population, et dans plusieurs cas sur la santé des populations désavantagées, on pourrait s’attendre à ce que, s’ils pouvaient être pris en compte sur le plan économique, les avantages en matière de richesse économique et de distribution de la richesse soient considérables. Malheureusement, nous n’avons trouvé que des données inférentielles sur les liens unissant les avantages sur la santé aux avantages sur l’économie, et pas une seule étude ne mettaient l’accent sur une façon structurée d’analyser les avantages économiques des répercussions sur la santé découlant de ces programmes. Dans le cadre du Programme de développement humain « Possibilités », on faisait directement référence aux avantages économiques par l’entremise de la mesure des facteurs, comme un investissement accru dans l’éducation (qui est également liée à la santé), l’emploi et les dépenses discrétionnaires. Bien que les évaluations et les études actuelles fournissent des données d’intérêt dans le cadre de la collaboration intersectorielle, le poids des arguments de ce travail serait plus important si davantage d’évaluations économiques étaient réalisées.

Point de vue du ministère de la Santé Le ministère de la Santé du Mexique reconnaît que la santé de la population est le reflet des conditions à l’extérieur du domaine de la santé. Cette approche a été adoptée au Mexique depuis plus de dix ans maintenant. Un bon exemple est le Programme de développement humain « Possibilité », qui a entraîné des résultats positifs sur le plan de la santé et de l’économie et a servi de base méthodologique pour de nombreux programmes visant à lutter contre la pauvreté dans le monde. Le Mexique va actuellement au-delà des mesures gouvernementales intersectorielles en cherchant à faire participer tous les intervenants dans le cadre d’un dossier précis de santé. L’Accord national sur la saine alimentation est le fer de lance de cette nouvelle génération de programmes intersectoriels. Nous devons obtenir des renseignements plus précis sur l’incidence qu’ont ces interventions sur les déterminants de la santé. Il est évident qu’il s’agit d’un créneau que nous pouvons exploiter pour orienter les responsables des politiques publiques au moyen de données probantes scientifiques. Le ministère de la Santé du Mexique serait alors en mesure de renforcer l’évaluation et la planification des mesures intersectorielles qu’il met en œuvre.

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1. Introduction

1.1 Relation entre l’économie et la santé L’accumulation de capital humain est un facteur de la croissance nationale (1) parce qu’elle reconnaît que les gens en meilleure santé et plus éduqués sont plus productifs (2). Toutefois, il a aussi été souligné que la relation s’applique aussi à un autre domaine, c’est-à-dire que la croissance nationale a des effets positifs sur la santé de la population puisqu’elle facilite l’accès aux services de santé, réduit l’exposition aux risques environnementaux, améliore l’accès à l’eau potable et à des services d’assainissement et offre de meilleures possibilités de développer des comportements préventifs (3). La santé peut accroître la richesse d’un pays et la distribution de cette dernière de quatre différentes façons : a) une population en santé est économiquement plus productive; b) l’utilisation de services de santé préventifs réduit les coûts des soins de santé; c) un type de dépenses en santé est réaffecté à d’autres dépenses (de santé ou autres) avec différents modes de consommation ou d’investissement qui tirent profit plus efficacement de l’effet multiplicateur, comme le montre la théorie de Keynes (4)1; d) le renforcement de la synergie des politiques en matière de croissance économique et de santé est l’occasion d’accroître l’efficacité de l’utilisation des ressources pour améliorer la santé et la croissance économique. La documentation scientifique contient des données probantes sur ce qui peut être atteint. Par exemple, il est estimé qu’une augmentation de 10 % de l’espérance de vie à la naissance, grâce à des investissements et à des interventions pour réduire les principales causes de décès prématuré, pourrait accroître le taux de croissance économique de 0,35 % par année (2). Dans les pays en voie de développement, une augmentation de 40 % de l’espérance de vie concorde avec une augmentation de 1,4 % du produit intérieur brut (PIB) par habitant, et la malnutrition dans le monde a une incidence négative sur le PIB mondial jusqu’à concurrence de 4,7 % (5).

1.2 Pourquoi la santé dépend-elle d’autres politiques à l’extérieur du domaine de la santé? La Commission des déterminants sociaux de la santé (CDSS) de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a conclu que la santé dépend de plusieurs facteurs et politiques qui s’inscrivent audelà de la portée des rôles des ministères de la Santé. Elle a également insisté sur le fait que le problème de distribution inégale du pouvoir, de l’argent et des ressources ne peut pas être réglé si seul le secteur de la santé élabore et met en œuvre des politiques publiques pour atténuer les inégalités en santé (5), et que des recommandations doivent être formulées à l’intention des gouvernements pour améliorer les conditions de base des logements, les services de santé, l’éducation et les conditions de travail, réduire les inégalités en ce qui a trait à la participa tion aux processus décisionnels et à l’accès aux ressources et accroître la transparence et la surveillance lors de la mesure des inégalités en santé (6).

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Les travailleurs de la santé dépensent leur salaire en biens et en services dans différents secteurs de l’économie, et les dé penses publiques en santé sont souvent affectées à l’achat d’équipement et d’autres biens et services du secteur privé. En retour, les bénéficiaires de ces dépenses investissent dans divers secteurs de l’économie et ainsi de suite. En résumé, il y a plus de dé penses et de revenus, ce qui rend l’économie plus dynamique.

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Il faut prendre des mesures intersectorielles. Une intervention intersectorielle en santé est la priorité de l’OMS depuis la Conférence d’Alma Ata en 1978, qui a permis de recueillir des commentaires des domaines autres que celui de la santé2 au sujet de l’élaboration de politiques sur la santé (5). Les mesures intersectorielles en santé peuvent être définies comme les activités coordonnées des domaines pertinents visant à améliorer explicitement la santé de la population ou à avoir une incidence sur les déterminants de la santé. Les activités sont généralement coordonnées par le domaine de la santé, mais il y a des exceptions, par exemple les domaines de la sécurité et des transports peuvent combiner leurs activités pour réduire le nombre de blessures liées au trafic routier (qui est un objectif de santé publique) sans la participation directe du domaine de la santé(5). Les domaines peuvent collaborer aux niveaux central ou régional ou des mesures intersectorielles peuvent être prises en collaboration avec des organismes représentant différents secteurs de la communauté. Des mesures gouvernementales intersectorielles peuvent être prises horizontalement (p. ex. entre les domaines de la santé et de l’emploi) ou verticalement (p. ex. entre les différents niveaux de gouvernement au sein d’un domaine) (7). Les mesures intersectorielles en santé visent à accroître le niveau de sensibilisation à la santé et aux conséquences de l’équité en santé dans les différents secteurs de la société (5). Il est maintenant de plus en plus reconnu que la collaboration entre les différents domaines est une approche efficace permettant de gérer les besoins des gens souffrant de maladies non transmissibles ou de maladies mentales (8,9). Tous conviennent donc qu’il faut adopter des mesures intersectorielles et une approche axée sur « la santé dans toutes les politiques » ou « l’équité dans toutes les politiques » pour faire face aux déterminants sociaux de la santé (7,10). Toutefois, il faut aussi documenter davantage d’études de cas sur les mesures intersectorielles prises à l’échelle locale afin de pouvoir fournir des renseignements aux décideurs, aux administrateurs, aux gestionnaires et aux fournisseurs de service quant à l’approche pouvant être adoptée pour l’élaboration, la mise en œuvre et la gestion (11).

1.3 Déterminants sociaux de la santé et inégalités en santé Les « déterminants sociaux de la santé » désignent les facteurs qui ont une incidence sur la santé et le bien-être. La santé est influencée par plusieurs facteurs, y compris l’environnement, la génétique et le mode de vie. Les déterminants sociaux de la santé sont les facteurs qui mettent l’accent sur les conditions économiques et sociales des gens, qui sont liées aux expositions environnementales et aux voies d’introduction biologiques, à la vulnérabilité et aux comportements à risque. Les universitaires canadiens, qui ont réalisé beaucoup de travaux dans ce domaine, décrivent les déterminants sociaux de la santé comme étant des facteurs inclusifs, comme : le revenu et le statut social, les réseaux de soutien social, l’instruction, l’emploi et les conditions de travail, les milieux sociaux, les milieux physiques, l’hygiène de vie et les habiletés d’adaptation, le dévelop pement sain durant l’enfance, le genre et la culture. L’idée que les circonstances sociales et économiques des gens ou des groupes sont au moins aussi importantes que les soins de santé est appuyée par un grand nombre de données probantes (12). L’inégalité en santé est définie comme la différence des résultats de santé entre les différents groupes de la population, y compris les groupes socioéconomiques (13), c’est-à-dire les différences structurelles et systématiques de l’état de santé entre les groupes sociaux (14). Les « inégalités en santé », mesurées selon « l’inégalité des chances », sont étroitement liées aux déterminants sociaux de la santé(15). En 2008, la Commission des déterminants sociaux de la santé a publié une étude sur 2

Un domaine est un vaste champ d’activités, par exemple la santé, la justice, l’éducation ou l’emploi. Ces domaines peuvent comprendre un groupe d’organisations, d’intervenants et d’activités de travail qui fonctionne dans les limites définies par l eur mandat et les clients du domaine.

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les causes sociales des inégalités en santé et concluait que ces dernières ne pouvaient pas uniquement être expliquées par l’accès aux services de santé ou la pauvreté (distribution du revenu) et que d’autres facteurs ayant une incidence sur les inégalités en santé étaient plutôt liés aux pouvoirs politiques, économiques et sociaux, c’est-à-dire aux déterminants sociaux de la santé(6,16). Nous utilisons ici le terme abrégé « inégalités en santé » pour faire référence à l’inégalité des chances en santé, bien que d’autres peuvent utiliser le terme « iniquités en santé ».

1.4 Inégalités en santé au Mexique Au cours des dernières années, le Mexique a réalisé d’importants progrès dans le domaine de la santé, progrès qui se reflètent dans l’augmentation de l’espérance de vie à la naissance et la diminution des taux de mortalité maternelle et infantile. Toutefois, des différences en matière de santé persistent entre les régions, les groupes ethniques et les groupes socioéconomiques. Dans la municipalité ayant le plus bas indice de développement humain (IDH), située dans l’État du Guerrero, le taux de mortalité des enfants de moins d’un an est de 66,9 par millier de naissances, tandis que dans la municipalité ayant l’IDH le plus élevé, située dans la ville de Mexico, le taux s’élève à 17,2 (17). L’État du Chiapas avait un taux de mortalité maternel de 96,8 en 2008, tandis qu’à Nuevo León, il s’élevait à 30. Pour ce qui est des taux de mortalité associés aux maladies transmissibles pendant cette même année, le taux à Chiapas s’élevait à 78,6 décès, et à Coahuila, à 41,1 (18). Une étude menée dans 713 microrégions municipales indique que pendant la période allant de 1990 à 1996, l’espérance de vie à la naissance était de 58 ans dans les municipalités ayant un faible IDH, et de 71 ans dans les municipalités ayant un IDH élevé (19). Il a été estimé que le taux de mortalité infantile varie d’un décès par millier de naissances dans les municipalités les plus riches à 103 décès dans les municipalités les plus pauvres. Le taux de mortalité infantile dans les communautés autochtones est de 58 % plus élevé, et l’espérance de vie est de cinq ans de moins (comparativement à la moyenne nationale) et de dix ans de moins que dans la ville de Mexico (20). L’analyse de la population par déciles de revenu montre que le taux de mortalité infantile dans le décile le plus pauvre est de 38 par millier, comparativement à 19,7 par millier dans le décile le plus riche. La taille moyenne d’un adulte dans le décile le plus pauvre est de 1,53 mètre et de 1,61 mètre dans le décile le plus riche (17). Pour ce qui est des ressources en santé, selon l’Enquête sur la santé nationale (ENSA) de 2000, le pourcentage d’accouchements assistés dans les 386 municipalités avec des taux très élevés de pauvreté s’élevait à un peu plus de 36 %. Par contre, dans les 247 municipalités les plus aisées, la couverture par des services médicaux s’élevait à près de 94 % (17). En fonction des indicateurs de l’état, il est estimé que la proportion de femmes accouchant à l’hôpital varie de 10 % dans les municipalités les plus pauvres jusqu’à 80 % dans les municipalités à revenus plus élevés. Une tendance semblable s’applique aux fournisseurs de soins de santé, par exemple, dans les municipalités à faible revenu, il y a cinq médecins pour 100 000 habitants, tandis que dans les municipalités à revenu élevé, le ratio est de 20 médecins pour 100 000 habitants (21). Les données ci-dessous permettent d’expliquer pourquoi les inégalités (sur le plan de la santé), l’accès aux services de santé et le financement sont des priorités pour le gouvernement mexicain. Les différentes interventions en santé et en développement social ont été mises en œuvre au Mexique pour réduire les inégalités en santé, y compris les inégalités intersectorielles. Les détails de la mise en œuvre des activités intersectorielles ayant une incidence sur les déterminants sociaux de la santé n’ont pas encore été étudiés, tout comme les avantages de ces interventions en matière de santé et d’économie. L’étude met l’accent sur ces questions.

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2. Objectifs et méthodes

Cette étude vise d’abord à déterminer quelles mesures intersectorielles mises en œuvre par le gouvernement du Mexique afin de réduire les inégalités en santé ont eu une incidence sur les déterminants sociaux de la santé. Elle vise aussi à quantifier, sur le plan de la santé et de l’économie, les avantages de ces mesures. Les interventions intersectorielles qui ont eu une incidence sur les DSS ont été déterminées de trois façons : a) discussion et consensus du Groupe de travail national sur les déterminants sociaux de la santé; b) examen du programme sectoriel sur la santé 2007–2012 et du plan d’action du ministère de la Santé pour 2007–2012, en mettant uniquement l’accent sur les programmes qui font explicitement mention des déterminants sociaux de la santé; c) participation des secteurs autre que ceux de la santé (mesures horizontales intersectorielles). Les avantages des interventions intersectorielles ayant une incidence sur les déterminants sociaux de la santé ont été cernés au moyen d’un examen systématique de la documentation réalisée en utilisant la méthode PRISMA (résultats préférés de rapport pour examens systématiques et métaanalyses). Cet examen comprend des études originales en espagnol ou en anglais publiées de 2000 à 2012. Des articles scientifiques ont été extraits de PubMed et de la Cochrane Library. De la littérature grise a été tirée de POPLINE et de Google au moyen de moteurs de recherche. L’annexe 1 présente les mots-clés utilisés dans les moteurs de recherche.

2.1 Critères d’inclusion Les critères d’inclusion suivants ont été utilisés : a) l’étude analyse une intervention intersectorielle prédéterminée; b) à l’aide de données empiriques, l’étude montre les résultats de l’intervention intersectorielle ayant entraîné des retombées pour la santé et l’économie; c) l’étude a été publiée entre janvier 2000 et octobre 2012; d) l’étude a été publiée en espagnol et en anglais. Les études étaient exclues dans les cas suivants : a) elles n’étaient pas fondées sur des données empiriques; b) elles portaient uniquement sur les résultats intermédiaires (par exemple, la façon dont l’intervention intersectorielle a été mise en œuvre).

2.2 Extraction des données Les données suivantes ont été extraites des études : a) l’objectif; b) le niveau de l’intervention (national/local); c) la méthode de mesure; d) les secteurs touchés; e) les principaux résultats (l’annexe 2 présente le modèle utilisé).

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3. Résultats

Quatre programmes intersectoriels ayant une incidence sur les déterminants sociaux de la santé ont été retenus : 1) Programme de développement humain « Possibilités »; 2) Programme sur les collectivités en santé; 3) Programme d’action sur la sécurité routière; 4) Accord national sur la saine alimentation.

3.1 Revenu et statut social : Programme de développement humain « Possibilités » Le Programme de développement humain « Possibilités » a été lancé en 1997 sous le nom de Programme sur l’éducation, la santé et la nutrition (PROGRESA) (22). Le Programme « Possibilités » consiste en un programme de transfert de fonds. Les exigences suivantes s’appliquent : 1) les enfants âgés de 8 à 18 ans doivent aller à l’école à temps plein et maintenir un taux de présence de plus de 85 %; 2) tous les membres de la famille ont accès à une trousse santé de base et doivent subir un examen régulier dans un centre de santé; 3) les femmes recevant les fonds doivent assister à des exposés sur la santé; 4) les femmes enceintes doivent assister à cinq cours prénataux, et les enfants (de moins de 24 mois) et les mères doivent prendre des suppléments nutritifs. Les visites médicales après l’accouchement sont obligatoires (23). Le Programme a été lancé afin d’améliorer les conditions de vie des ménages pauvres, et ce, en améliorant leur santé et leur nutrition et en offrant aux enfants la chance de recevoir une éducation (24). Il vise à promouvoir le développement des compétences liées à l’éducation, la santé et la nutrition des familles et à briser le cycle intergénérationnel de la pauvreté (25). Le Programme offre une couverture nationale dans des secteurs où des services de santé (accessibles et possédant une bonne capacité de traitement) et d’éducation sont offerts, permettant ainsi à toutes les composantes du Programme de fonctionner (26). Les secteurs dans lesquels il est mis en œuvre sont choisis selon l’indice de privation sociale, conçu par le Conseil national d’évaluation de la politique du développement social, et l’indice de pauvreté, conçu par le Conseil national sur la population. Les familles dont le revenu par habitant est estimé comme étant moins élevé que le niveau de bien-être minimum peuvent s’inscrire ou se réinscrire au Programme (26). Le volet éducation du Programme met l’accent sur le soutien des enfants des familles bénéficiaires afin d’assurer leur inscription, leur fréquentation et leur niveau de présence à l’école primaire et secondaire. Des bourses d’études sont remises et de l’aide est offerte pour l’achat de fournitures scolaires. De plus, pour ce qui est des bourses d’études de niveau postsecondaire , un incitatif monétaire est offert pour encourager les étudiants à obtenir leur diplôme (26). Le volet santé repose sur trois stratégies : a) distribution gratuite de la trousse santé de base garantie, un avantage fondé sur le système national de carte santé; b) promotion d’une meilleure nutrition au sein de la population cible; c) promotion et amélioration des soins autoadministrés chez les familles bénéficiaires de la communauté (26). Le volet alimentation offre mensuellement un soutien financier direct pour aider les familles bénéficiaires à améliorer la quantité, la qualité et la diversité des aliments qu’ils mangent, et ainsi à améliorer leur état nutritionnel (26).

10

Le soutien financier direct et les bourses d’études sont fournis à tous les deux mois en argent et sur une base individuelle aux bénéficiaires du Programme. Le montant reçu par les familles varie selon le nombre de membres dans la famille de moins de neuf ans, les bénéficiaires d’une bourse d’études et leur niveau scolaire et le nombre d’adultes plus âgés du ménage (voir le tableau 1) (26).

Tableau 1. Montant maximal de soutien financier qu’une famille bénéficiaire peut recevoir par mois Soutien financier Nourriture Énergie Nutrition pour un mode de vie plus sain Bourses d’études Coûts de soutien Montant maximum par mois Source : (26).

Pesos mexicains 225 60 120 1 155 1 560 3 120

Le Programme « Possibilités » est une intervention intersectorielle pilotée par le ministère du Développement social (SEDESOL) avec la participation du ministère de l’Éducation (SEP), du ministère de la Santé (MOH) et de l’Institut mexicain de la sécurité sociale (IMSSOPORTUNIDADES) (27). Le tableau 2 présente l’incidence économique du Programme selon la durée d’exposition à ce dernier. À court terme (jusqu’à deux ans), le Programme réduit le fardeau financier des dépenses en santé des ménages. À moyen terme (de trois à six ans), il encourage les ménages à augmenter leur consommation et à faciliter l’initiative personnelle grâce à la création de microentreprises. Toutefois, à long terme (au moins sept ans), il a été conclu que le Programme n’encourageait pas les ménages à participer aux activités des microentreprises et qu’il n’y avait pas de lien avec un plus grand dynamisme au sein de l’économie locale, même s’il augmente les chances d’obt enir un emploi. Au total, 376 documents ont été jugés pertinents dans le cadre du Programme « Possibilités », dont 137 ont été récupérés. De ce nombre, 73 documents ne respectaient pas les critères d’inclusion et 14 n’ont pas pu être récupérés. Finalement, 50 documents ont été inclus dans l’analyse (annexe 3).

Tableau 2. Répercussions économiques du Programme « Possibilités » selon la durée de l’exposition à ce dernier Durée de l’exposition au Programme Court terme (jusqu’à deux ans)

Référence 28

Portée Milieu urbain

Méthode Quantitative

Résultat Il y a une importante différence positive en ce qui concerne les femmes suggérant que les dépenses en santé sont un moins gros fardeau financier pour les ménages participant au Programme. Il a été indiqué que le groupe d’intervention dépensait 69,6 pesos mexicains, tandis que le groupe de comparaison dépensait 234,2 pesos mexicains.

11

Moyen terme (de 3 à 6 ans)

29

Région rurale

Quantitative

Long terme (a moins 7 ans)

30

Milieu urbain/région rurale

Quantitative

Long terme (au moins 7 ans)

31

Région rurale

Quantitative

Long terme (au moins 7 ans)

32

Région rurale

Quantitative

Long terme (au moins 7 ans)

33

Milieu urbain/région rurale

Quantitative

Les femmes adultes participant au Programme déclaraient des dépenses de 1 989 pesos mexicains, comparativement à 4 636 pesos mexicains chez les femmes ne participant pas au Programme. La situation était très semblable pour les hommes participant au Programme, qui dépensaient en moyenne 1 800 pesos mexicains, comparativement au groupe de comparaison, qui dépensait 7 264 pesos mexicains. Les résultats montrent que les ménages bénéficiaires dépensaient 75 centimes de chaque peso mexicain transféré et investissaient ou épargnaient le reste, ce qui peut indiquer que cinq ans et demi après avoir reçu les avantages du Programme « Possibilités », les intérêts des ménages pouvaient permettre une augmentation permanente de leur niveau de consommation d’environ 22 %. En moyenne, les intérêts des ménages sont 33 % plus susceptibles d’être destinés à des activités liées à une microentreprise. Le Programme n’indique pas le nombre de transactions d’affaires ou d’emplois qu’il a entraînés. L’analyse suggère que le nombre de bénéficiaires n’est pas une variable du dynamisme accrue de l’économie locale. Le Programme ne fait pas la promotion d’une participation accrue aux activités des microentreprises. Le Programme n’encourage pas les ménages à faire des économies. Les résultats montrent que le Programme a une incidence positive sur la possibilité de trouver un emploi de tous ceux vivant dans les secteurs où le programme est opérationnel pour plus de trois ans, mais aucune de ces répercussions n’est statistiquement significative. Il y a des effets positifs sur l’emploi, puisque les bénéficiaires possèdent un niveau d’éducation plus élevé (les personnes étant plus éduquées sont plus susceptibles d’obtenir un emploi et d’avoir un salaire plus élevé). Au moyen d’une simulation, nous avons conclu que l’investissement actuel dans le capital humain des jeunes personnes par l’entremise du Programme « Possibilités » permettrait une augmentation moyenne des revenus futurs.

En ce qui a trait aux répercussions sur la santé du Programme « Possibilités » présentées dans le tableau 3, à court terme, le Programme a permis d’augmenter la fréquence des consultations préventives chez le groupe de 0 à 5 ans, de réduire le nombre de jours passés à l’hôpital chez le groupe de 6 à 18 ans et d’augmenter la fréquence des consultations préventives chez le groupe de 19 à 49 ans. Lorsqu’on étudie la structure du ménage, le Programme est lié à une diminution du nombre de jours perdus en raison d’une maladie ou d’une incapacité, à l’utilisation des services de santé privés et à une utilisation accrue des services préventifs et de soins. Les ménages bénéficiaires du Programme ont un apport calorique plus élevé. Les enfants de moins de six mois ont une taille et un poids moyens plus élevés; une augmentation des activités physiques de base est observée chez les adultes plus âgés. Les bénéficiaires du Programme participent à un plus grand nombre de procédures prénatales. Le Programme ne peut pas être lié à la durée de l’allaitement ou aux notes sur les échelles cognitives ou du langage. Les bénéficiaires du Programme subissent plus de césariennes. 12

À moyen terme, les enfants montrent de meilleures habiletés motrices mesurables, le poids des nouveau-nés est plus grand et l’incidence des faibles poids à la naissance diminue. Le Programme est associé à la diminution de la prévalence de l’obésité, à une meilleure connaissance des méthodes de planification familiale, à une utilisation accrue des soins prénataux, à l’augmentation des tests PAP et à la diminution de la prévalence de l’hypertension artérielle et de l’obésité chez les adultes. La participation au Programme réduit les niveaux de cortisol dans la salive des enfants, un facteur associé aux comportements agressifs. Au sein des ménages, le Programme est associé à une utilisation accrue des services de santé préventifs et de soins, à une diminution de l’utilisation des services de santé privés et à une réduction du nombre de congés de maladie et d’invalidité. Les adolescents consomment moins de boissons gazeuses, de malbouffe et de tabac. Une enquête a conclu que le Programme est associé à un indice de masse corporelle (IMC) plus élevé, à des niveaux de pression artérielle plus élevés et à une plus grande prévalence du surpoids chez les adultes À long terme, le Programme est associé à des taux plus bas d’anémie et à une diminution du taux de morbidité chez les enfants de moins de 24 mois. Les adolescents consomment moins d’alcool et de drogues, et aucune donnée probante ne montre que le Programme augmente la consommation d’alcool et de tabac en raison d’un revenu plus élevé associé aux transferts conditionnels. Dans le groupe des 14–18 ans, le Programme est associé à un taux plus bas de premières relations sexuelles et à l’augmentation du taux d’utilisation du condom. Être bénéficiaire du Programme est un facteur protecteur de l’anémie, de la toux et de diarrhée. Le Programme n’est pas associé à l’augmentation du poids chez les enfants, à une note plus élevée dans le cadre des tests cognitifs ou à des réussites scolaires. Le tableau 4 présente d’autres effets du Programme « Possibilités », selon le temps d’exposition. À court terme, le Programme diminue l’immigration aux États-Unis, mais n’a pas d’effet sur la migration nationale (interne). Les taux d’inscription à l’école augmentent et le nombre d’enfants abandonnant l’école diminue. Moins d’enfants reprennent une année et plus de femmes sont inscrites à l’école secondaire. À court terme, bien que les taux de présence à l’école aient augmenté, le travail des enfants n’a pas diminué, et il n’y a pas eu de changement important en ce qui a trait à l’emploi ou aux salaires des hommes et des femmes.

Tableau 3. Répercussions sur la santé du Programme « Possibilités » selon la durée de l’exposition à ce dernier Durée de l’exposition au Programme Court terme (jusqu’à deux ans)

Référence 28

Portée Milieu urbain

Méthode Quantitative

Résultat Le nombre d’enfants d’âge préscolaire (0-5 ans) participant à des consultations préventives est trois fois plus élevé chez les bénéficiaires du Programme. Le taux de présence était de 72 % pour les enfants et de 68 % pour les filles du groupe d’intervention, comparativement à 18 % et à 21 % respectivement pour le groupe de comparaison. En ce qui a trait au nombre requis de jours à l’hôpital, les personnes âgées de 6 à 18 ans du groupe d’intervention devaient y passer 3,9 jours comparativement à 8,8 jours pour les membres du groupe de comparaison. Dans le groupe des 19-49 ans, de 4 à 8 % des membres du groupe de comparaison ont assisté à des consultations préventives, comparativement à 26 à 38 % des membres du groupe d’intervention. Aucune différence n’a été observée en ce qui a trait à la fréquentation des établissements hospitaliers.

13

Court terme (jusqu’à deux ans) Court terme (jusqu’à deux ans)

34

Milieu urbain Région rurale

Quantitative

35

Quantitative

Court terme (jusqu’à deux ans) Court terme (jusqu’à deux ans) Court terme (jusqu’à deux ans)

36

Région rurale Région rurale Région rurale

Quantitative

37

Quantitative

38

Quantitative

Court terme (jusqu’à deux ans) Court terme (jusqu’à deux ans) Court terme (jusqu’à deux ans)

39

Région rurale Milieu urbain Milieu urbain

Quantitative

Les pourcentages d’hommes adultes plus âgés du groupe d’intervention subissant des tests de mesure de la glycémie et de la pression artérielle s’élevaient à 42 et à 53 % respectivement, tandis que les pourcentages du groupe de comparaison étaient de 33 et de 38 %. Les femmes ne participant pas au Programme passaient, en moyenne, 11,3 jours à l’hôpital comparativement à seulement 7,8 jours pour les bénéficiaires du Programme. Avant la mise en œuvre du Programme, les enfants de moins de six mois mesuraient en moyenne 1 cm de plus et pesaient environ 0,5 kg de plus. Une exposition précoce (plutôt que tardive) au Programme (c.à-d. à 18 mois d’écart) est associée à un moins grand nombre de problèmes de comportement, mais aucune différence significative n’est observée en ce qui a trait à la taille, à l’indice de masse corporelle, au langage ou aux échelles cognitives. Les bébés du groupe d’intervention (PROGRESA) âgés de moins de six mois ont grandi de 1,1 cm de plus comparativement aux enfants du groupe de comparaison. Les ménages bénéficiaires de PROGRESA ont augmenté leur apport calorique de 7,1 % comparativement aux ménages du groupe de contrôle. Les bénéficiaires du Programme avaient accouchaient plus souvent par césarienne payés par la sécurité sociale (24 % comparativement à 5,6 % chez les non-bénéficiaires) et dans des établissements de santé contrôlés par l’État (19,3 % comparativement à 9,5 %). Les bénéficiaires du Programme entreprenaient 12,2 % plus de procédures prénatales que les non-bénéficiaires. Les bébés de moins de six mois du groupe d’intervention (« Possibilités ») ont grandi de 1,5 cm de plus et ont engraissé de 0,76 kilo de plus que ceux du groupe de comparaison. Chez les adultes de 18 à 49 ans, la participation à des consultations préventives était d’environ 20 % plus élevée chez le groupe associé au Programme que chez le groupe de participation. En étudiant la structure des ménages, on observe une diminution de 6,1 journées de maladie chez les personnes âgées de 6 à 15 ans. En ce qui a trait aux journées d’invalidité, les résultats étaient respectivement de 5,7 jours et de 6,2 jours de moins pour les personnes âgées de 6 à 15 ans et de 16 à 49 ans. Une augmentation de 4 % du niveau d’activité physique de base et modéré a été observée chez les adultes de plus de 50 ans. L’évaluation des répercussions n’indiquait aucune différence statistiquement significative en ce qui a trait à la durée de l’allaitement entre les deux échantillons (c.-à-d. avec et sans le Programme) en 2002. En 2004, une tendance montrait une durée plus courte de l’allaitement pour le groupe associé au Programme. Bien qu’il n’y ait aucune donnée probante solide montrant que le Programme entraînait une durée de l’allaitement plus courte, il a été observé que la mise en œuvre de Nutrisano a une incidence négative sur cette pratique.

40

Quantitative

28

Quantitative

Court terme (jusqu’à deux ans)

41

Milieu urbain

Quantitative

14

Moyen terme (de 3 à 6 ans)

28 28

Région rurale

Quantitative

Moyen terme (de 3 à 6 ans) Moyen terme (de 3 à 6 ans) Moyen terme (de 3 à 6 ans) Moyen terme (de 3 à 6 ans) Moyen terme (de 3 à 6 ans) Moyen terme (de 3 à 6 ans) Moyen terme (de 3 à 6 ans) Moyen terme (de 3 à 6 ans) Moyen terme (de 3 à 6 ans)

41

Région rurale

Quantitative

42

Région rurale

Quantitative

43

Région rurale

Quantitative

44

Région rurale Région rurale

Quantitative

Les familles demandaient 2,9 consultations préventives et de soins de plus, soit une augmentation de 35 %. On croit qu’il y a une augmentation de l’utilisation des services de santé et que cette augmentation s’accompagne d’une diminution de l’utilisation des services de santé privés. L’incidence sur les journées de maladie et l’incapacité à effectuer des activités quotidiennes montre que, dans les secteurs liés au Programme en 1998, il y a eu une diminution de 20 % du nombre de journées de maladie chez les enfants de 0 à 5 ans et de 22 % dans le groupe d’âges de 16 à 49 ans, comparativement au groupe de comparaison ne participant pas au Programme (contrôle 2003). La diminution observée du nombre de jours d’invalidité pour le groupe des 16-49 ans est de 18 % comparativement au groupe de comparaison. On conclut que les garçons du groupe de traitement ont considérablement amélioré leurs habiletés motrices (15 %) comparativement au groupe de contrôle. Chez les filles, cette amélioration s’élève à 10 %. En moyenne, le Programme est associé à un poids plus élevé à la naissance de 127,3 grammes et à une diminution de l’incidence sur le faible poids à la santé de 4,6 % (moins de 2 500 grammes). En 2000, les femmes participant au Programme étaient plus susceptibles d’utiliser une méthode de contraception moderne, comparativement aux femmes du groupe de contrôle. Les bénéficiaires du Programme ont augmenté leur taux de présence dans les centres de santé de 25,6 %. Les résultats montrent que des transferts de fonds répétés aux ménages sont associés à une augmentation de l’indice de masse corporelle, de la pression artérielle et de la prévalence de l’obésité chez les adultes. Le Programme est associé à une prévalence moins élevée de l’obésité et de l’hypertension artérielle et à une meilleure autodéclaration de la santé chez les adultes. Les transferts de fonds répétés ont été associés à une taille plus grande, à une prévalence plus faible des retards de croissance, à un indice de masse corporelle plus faible et à une moins grande prévalence du surpoids. Les enfants bénéficiaires ont des taux moins élevés de cortisol dans la salive que les enfants non bénéficiaires. Une augmentation des consultations pour surveiller l’état nutritionnel a été observée dans une plage de 30 à 60 % pour le groupe d’âges de 0 à 2 ans, et de 25 à 45 % dans le groupe des 3 à 5 ans. Avant la mise en œuvre du Programme, les gens consultaient un médecin 0,65 fois par personne, par année. Après la mise en œuvre, le nombre moyen de consultations a augmenté de 2,09. La prévalence de l’obésité était de 24 % pour le groupe de contrôle et de 20 % pour le groupe d’intervention. Le Programme a également contribué à une diminution de 54,4 % de l’indice de masse corporelle moyen dans le groupe pertinent.

45

Quantitative

46

Région rurale Région rurale

Quantitative

47

Quantitative

48

Région rurale Région rurale

Quantitative

49

Quantitative

Moyen terme (de 3 à 6 ans)

50

Région rurale

Quantitative

15

Moyen terme (de 3 à 6 ans) Moyen terme (de 3 à 6 ans) Moyen terme (de 3 à 6 ans) Moyen terme (de 3 à 6 ans) Moyen terme (de 3 à 6 ans)

51

Région rurale

Quantitative

52

Région rurale

Quantitative

53

Région rurale

Quantitative

54

Région rurale

Quantitative

55

Région rurale

Quantitative

Moyen terme (de 3 à 6 ans)

56

Région rurale

Quantitative

Moyen terme (de 3 à 6 ans)

28

Région rurale

Quantitative

Long terme (au moins 7 ans)

57

Région rurale

Quantitative

La participation au Programme a été associée à une diminution de 10 % des symptômes d’agressivité et de l’opposition, mais n’a pas été associée à une diminution significative des symptômes de l’anxiété et de la dépression. Les femmes participant au Programme ressentaient moins de symptômes de la dépression, comparativement aux femmes du groupe de contrôle (CES-D a obtenu une note de 16,9 9,8 comparativement à 18,610,2). En ce qui a trait à la planification familiale, les pilules et les injections étaient les méthodes de planification familiale les plus connues chez les femmes du groupe de traitement faisant partie de l’échantillon (80,4 % et 73,8 %, respectivement). On observait chez les enfants bénéficiant d’une bourse d’études une diminution de 1 % dans l’âge d’entrée à l’école primaire, et une augmentation de 9 % dans les niveaux scolaires terminés. Il a été observé que la connaissance des méthodes de contraception modernes chez les femmes du premier groupe d’intervention (1998) était de 5,93 % plus élevée que chez celles du groupe de contrôle (2003) et de 4,72 % plus élevée chez les femmes participant au Programme en 2000 (groupe d’intervention) comparativement au groupe de contrôle. En ce qui a trait aux soins prénataux, les femmes du groupe d’intervention participaient, en moyenne, à 1,5-1,86 séance de consultations prénatales de plus que les femmes du groupe de contrôle. En ce qui concerne le nombre de consultations médicales, les personnes ne participant pas au Programme se faisaient soigner 43 % fois moins que les participants. Les femmes ne participant pas au Programme subissaient un Pap test 61 % moins fréquemment que les femmes y participant. 15 % des adolescents qui se sont inscrits au Programme en 1998 ont diminué leur consommation de tabac, tandis que la proportion était de 13 % pour ceux qui s’y sont inscrits en 2000 (en moyenne 14 % dans les deux groupes). La consommation hebdomadaire de boissons gazeuses des jeunes inscrits au Programme depuis 1998 a diminué d’une moitié de portion comparativement aux jeunes du groupe de contrôle qui, en moyenne, consommaient environ trois portions de boissons gazeuses. Les adolescents qui se sont inscrits au Programme en 2000 dépensaient 20 % de moins pour de la malbouffe que les adolescents du groupe de contrôle. Il y a une tendance non significative d’une taille plus grande pour les enfants du groupe s’étant joint au Programme plus tard, mais il n’y a pas de corrélation avec le moment où l’âge exact de l’enfant est pris en compte au moyen des écarts réduits de la taille pour l’âge. Le Programme est un facteur protecteur contre la prise de poids chez les enfants âgés de 0 à 6 ans au début du Programme provenant des familles les plus pauvres. Le Programme a eu une incidence importante sur la réduction de l’anémie.

16

Long terme (au moins 7 ans) Long terme (au moins 7 ans)

58

Région rurale

Quantitative

58

Région rurale

Quantitative

Long terme (au moins 7 ans) Long terme (au moins 7 ans) Long terme (au moins 7 ans) Long terme (au moins 7 ans) Long terme (au moins 7 ans)

59

Région rurale

Quantitative

60

Région rurale Milieu urbain/région rurale Région rurale Région rurale

Quantitative

61

Quantitative

Aucune donnée probante n’a été trouvée dans l’enquête d’évaluation auprès des ménages ruraux de 2007 au sujet de répercussions significatives sur les indicateurs du capital humain pour les enfants d’âge scolaire en ce qui a trait aux facultés cognitives, à l’état nutritionnel et au niveau de scolarisation. Aucune différence importante n’a été observée entre les groupes d’exposition, ou entre les sexes, en ce qui a trait à la consommation d’aliments calorifiques (malbouffe) chez les personnes âgées de 14 à 18 ans. Chez les personnes âgées de 14 à 18 ans, la proportion de participants ayant déclaré être des fumeurs avait tendance à être moins élevée chez les groupes ayant été davantage exposés au Programme, autant chez les femmes que chez les hommes. La consommation d’alcool était également moins élevée chez les groupes plus exposés au Programme. Toutefois, la consommation de drogues à un moment de la vie d’une personne était plus élevée chez le groupe ayant été le plus exposé au Programme. Chez les personnes âgées de 14 à 18 ans, le pourcentage de jeunes ayant eu des relations sexuelles était plus bas dans le groupe ayant été le plus exposé au Programme dans le cas des femmes (2,4 % comparativement à 8,0 % dans le groupe moins exposé) et des hommes, avec une petite différence (2,8 % comparativement à 3,3 %, respectivement). Chez les personnes âgées de 14 à 18 ans, l’utilisation du condom était plus élevée dans les groupes les plus exposés autant pendant la première relation sexuelle que pendant la relation sexuelle la plus récente, avec une différence plus grande pour cette dernière. Aucune donnée probante ne montre que le Programme a augmenté la consommation d’alcool et de tabac en raison d’une augmentation du revenu attribuable aux transferts de fonds. En moyenne, les femmes bénéficiaires les plus exposées au Programme ont déclaré 2,1 % plus de soins prénataux que les femmes dans des régions moins exposées. Le fait d’être un bénéficiaire du Programme est un facteur protecteur contre l’anémie. Le Programme est associé à une diminution de l’anémie.

62

Quantitative

63

Quantitative

Le Programme a un effet protecteur de 3 à 4 pour cent sur la santé des enfants âgés de moins de 24 mois (avec des taux plus faibles de morbidité que les non-bénéficiaires, principalement en ce qui a trait à la toux et à la diarrhée).

À moyen terme, il y a une augmentation de l’inscription à l’école. Moins d’enfants reprennent une année et plus de femmes sont inscrites à l’école secondaire. De plus, les enfants participant au Programme commencent l’école à un plus jeune âge. À long terme, les bénéficiaires et les anciens bénéficiaires des bourses du Programme indiquent que l’école est leur principale occupation. Ils restent à l’école plus longtemps et obtiennent de meilleurs résultats aux examens de mathématiques. Toutefois, le Programme n’est pas associé à l’inscription aux études supérieures. Il est par contre associé à l’amélioration des conditions du logement, 17

comme la disponibilité d’un réseau de distribution d’eau potable et des installations sanitaires, comme des toilettes ou des latrines.

Tableau 4. Autres répercussions du Programme « Possibilités » selon la durée de l’exposition à ce dernier Durée d’exposition au Programme Court terme (jusqu’à deux ans) Court terme (jusqu’à deux ans)

Référence 64

Portée Milieu urbain

Méthode Quantitative

Résultat Le Programme a diminué l’immigration vers les ÉtatsUnis, mais n’a pas eu d’incidence sur la migration interne. Bien que le taux de présence à l’école à long terme se soit amélioré considérablement, le taux de travail des enfants (jusqu’à 14 ans) ne semble pas avoir diminué. Il n’y a pas eu de changements significatifs en ce qui a trait à l’emploi ou aux salaires pour les hommes ou les femmes. Il est donc possible de déduire que la vulnérabilité est réduite après s’être joint au Programme. Le Programme est associé à une augmentation de 4 % de l’inscription à l’école pour l’année 2002-2003. Le Programme est associé à une augmentation de 10,1 % de l’inscription en première année du secondaire (en s’appuyant sur les inscriptions pour l’année scolaire 2000-2001). Grâce au Programme, 6 001 garçons et 8 378 filles qui avaient abandonné l’école primaire ont recommencé à s’y rendre. Grâce au Programme, 16 988 garçons et 18 673 filles qui avaient repris une année à l’école primaire n’en ont pas repris une autre. Avant le Programme, 92 femmes pour 100 hommes s’inscrivaient à la première année de l’école secondaire. Ce nombre a augmenté à 95 après la mise en œuvre du Programme. Le Programme est associé à une augmentation de 24 % des inscriptions à l’école pour 2002-2003. Le Programme est associé à une augmentation de 84,7 % des inscriptions à la première année du secondaire (en s’appuyant sur les inscriptions pour l’année scolaire 2000-2001). Grâce au Programme, 17 031 garçons qui avaient abandonné l’école primaire ont recommencé à s’y rendre. Grâce au Programme, 10 520 garçons et 14 265 filles qui avaient repris une année à l’école primaire n’en ont pas repris une autre. Avant le Programme, 83 femmes pour 100 hommes s’inscrivaient à la première année de l’école secondaire. Ce nombre a augmenté à 96 après la mise en œuvre du Programme. L’augmentation des inscriptions dans les écoles secondaires associée au Programme était de 23 % comparativement aux écoles secondaires ne participant pas au Programme.

65

Milieu urbain/région rurale

Qualitative

Court terme (jusqu’à deux ans)

66

Milieu urbain

Quantitative

Court terme (jusqu’à deux ans)

66

Région rurale

Quantitative

Moyen terme (de 3 à 6 ans)

68

Milieu urbain/région rurale

Quantitative

18

Moyen terme (de 3 à 6 ans) Moyen terme (de 3 à 6 ans)

69

70

Milieu urbain/région rurale Milieu urbain/région rurale

Quantitative

Quantitative

Moyen terme (de 3 à 6 ans)

71

Milieu urbain/région rurale

Quantitative

Long terme (au moins 7 ans) Long terme (au moins 7 ans)

72 73

Région rurale Région rurale

Qualitative Quantitative

Long terme (au moins 7 ans)

58

Région rurale

Quantitative

Long terme (au moins 7 ans) Long terme (au moins 7 ans) Long terme (au moins 7 ans)

74

Région rurale

Quantitative

75 76

Région rurale Milieu urbain/région rurale

Quantitative Quantitative

En 2003, le Programme a augmenté la proportion de garçons âgés de 12 à 14 ans s’inscrivant à l’école secondaire de 41,5 % et de 32,9 %, respectivement. Les enfants âgés de 0 à 2 ans participant au Programme sont plus susceptibles d’être inscrits à l’école à un plus jeune âge, de rester à l’école et de finir plus d’années. Les garçons et les filles âgés d’un an inscrits au Programme sont 28 % et 44,1 %, respectivement, plus susceptibles de progresser dans leur parcours scolaire (c.-à-d. de terminer au moins cinq niveaux en six ans). Pendant l’année scolaire 2002-2003, le Programme a réussi à augmenter les taux d’inscription des enfants de six ans de 7,7 % pour les filles et de 13,3 % pour les garçons. En 2003, le Programme a réussi à augmenter l’inscription des jeunes âgés de 15 à 18 ans de 10,9 %. Les bénéficiaires et les anciens bénéficiaires des bourses ont indiqué que l’école était leur principale occupation. Les personnes ayant profité du Programme pendant près de 10 ans terminaient 0,9 année scolaire de plus que les personnes n’y ayant pas participé. Le Programme n’a pas eu d’incidence sur l’inscription aux études supérieures, qui continuent d’être extrêmement faibles au sein de cette population (environ 2 %) – aucune différence entre les différents groupes d’intervention et de contrôle. Les groupes de personnes participant au Programme depuis 1998 ont eu des notes 10 % plus élevées aux examens de mathématiques que celles du groupe participant au Programme depuis 2003. La proportion de personnes âgées de 14 à 18 ans se rendant à l’école est plus élevée chez celles ayant plus de temps pour participer au Programme, ce qui correspond à un nombre moyen d’années d’école plus élevé et à un pourcentage de personnes ayant un niveau d’éducation correspondant à leur âge. Comparativement à tous les autres élèves du pays, les bénéficiaires du Programme obtenaient des notes moins élevées aux examens de mathématiques et d’espagnol. Une analyse suggère que le Programme peut avoir augmenté la possibilité de s’inscrire à l’école primaire. La présence du Programme dans une région donnée, mesurée comme le pourcentage de ménages bénéficiaires, augmente la probabilité d’améliorer les conditions des logements, autant en ce qui a trait au réseau de distribution de l’eau, aux installations sanitaires et aux latrines.

3.2 Réseaux et environnements sociaux : Programme sur les collectivités en santé Le Programme sur les collectivités en santé a été lancé en 2006. Il a été mis en œuvre dans les municipalités comptant des collectivités de 500 à 2 500 habitants. Il s’agit d’une initiative visant à promouvoir la santé des Mexicains au moyen d’activités sociales et éducatives qui sensibilisent le public à la santé, favorisent les modes de vie sains et encouragent la prise de mesures

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communautaires et la participation sociale pour une meilleure qualité de vie (77). Les municipalités respectant les critères d’inclusion présentent des projets d’amélioration de la santé publique au comité de sélection du Programme, qui évalue les projets et choisit le gagnant. La municipalité gagnante reçoit du financement et du soutien technique pour mettre en œuvre son projet (78). Le soutien fourni par le Programme à chaque projet approuvé s’élève jusqu’à 50 % du coût total, jusqu’à concurrence de 500 000 pesos mexicains. La municipalité bénéficiaire doit trouver le reste du financement (79). L’objectif principal du Programme est de promouvoir et de renforcer la capacité des municipalités, en mettant l’accent sur la résolution de problèmes précis dans le domaine de la santé, et, en partenariat avec des groupes organisés de la société, encourager la création d’environnements sains (80). Ses objectifs sont les suivants : élaborer des politiques pour améliorer la santé publique, appuyer les projets municipaux liés à la santé publique, promouvoir l’éducation et la communication en santé, renforcer la capacité de l’effectif en santé et surveiller et évaluer les progrès du Programme (78). Le Programme sur les collectivités en santé est une initiative intersectorielle du ministère fédéral de la Santé, des services de santé de l’État et des gouvernements des municipalités dont les collectivités comptent de 500 à 2 500 habitants (80,81). Au total, 156 documents ont été jugés pertinents dans le cadre du Programme sur les collectivités en santé, et 31 ont été examinés. De ce nombre, 26 ne respectaient pas les critères d’inclusion. Cinq documents ont été inclus dans l’analyse (annexe 4). Le tableau 5 présente les résultats économiques du Programme sur les collectivités en santé. La recherche qualitative indique que le Programme a permis non seulement d’améliorer la santé de la population, mais a aussi renforcé l’économie locale.

Tableau 5. Résultats économiques du Programme sur les collectivités en santé Référence 80

Portée Région rurale

Méthode Qualitative

Résultat Lors d’une entrevue, le responsable principal d’une municipalité a indiqué que la population avait profité du Programme sur le plan de la santé, mais qu’il avait aussi permis de renforcer l’économie municipale.

Les résultats en santé du Programme sur les collectivités en santé comprennent une diminution de l’incidence des cas de dengue et de maladies gastro-intestinales, une augmentation du nombre de femmes recevant des soins prénataux et une diminution importante du nombre de décès maternels (tableau 6). Le nombre de chats et de chiens vaccinés a également augmenté. Les gens considèrent que les projets appuyés par le Programme font la promotion des soins autoadministrés.

Tableau 6. Résultats en santé du Programme sur les collectivités en santé Référence 77 81 82

Portée Région rurale Région rurale Région rurale

Méthode Quantitative Qualitative Qualitative

Résultat 95,9 % des répondants ont indiqué que le projet fait la promotion des soins autoadministrés au sein de la communauté. Le nombre de cas de maladies gastro-intestinales a diminué. Une diminution du nombre de cas de dengue a été déclarée dans la communauté de La Misa Sonora, en raison des campagnes de collecte des déchets.

20

83

Milieu urbain/Région rurale

Qualitative

Dans la municipalité de José María Morelos, Quintana Roo, plus de femmes subissaient des examens médicaux pendant leur grossesse, ce qui pourrait avoir une incidence sur le nombre de décès maternels. Dans la municipalité de Jesús María, Aguascalientes, le nombre de chats et de chiens vaccinés a augmenté d’environ 700 %. Dans les municipalités de Filomeno Mata et de Temapache, Veracruz, les taux de mortalité des mères ont diminué et le nombre de consultations prénatales des femmes enceintes a augmenté.

Les autres résultats associés au Programme sur les collectivités en santé comprennent une meilleure disponibilité de l’eau et une plus grande coopération locale dans le cadre d’autres programmes de santé (p. ex. acide folique et contrôle de la dengue) (tableau 7). En règle générale, les gens considèrent que les projets entrepris dans le cadre du Programme permettent de répondre à certains besoins de la communauté.

Tableau 7. Autres résultats du Programme sur les collectivités en santé Référence 80

Portée Région rurale

Méthode Qualitative

Résultat 90,7 % des répondants considèrent que le projet entrepris permet de répondre à certains besoins de la communauté; 8,1 % considèrent que ce n’est pas le cas et 1,2 % n’a pas exprimé d’opinion. Le réseau de distribution de l’eau est plus fiable. La coopération communautaire s’est améliorée dans le cadre d’autres programmes dont le ministère de la Santé fait la promotion, p. ex. le contrôle de la dengue et l’apport en acide folique.

81

Région rurale

Qualitative

3.3 Pratiques personnelles en santé : Programme d’action sur la sécurité routière Le Programme d’action sur la sécurité routière vise à réduire le nombre de décès causés par des accidents de véhicules à moteur au Mexique, particulièrement chez les personnes âgées de 15 à 29 ans, en faisant la promotion de la sécurité routière, en prévenant les accidents et en améliorant le traitement des victimes. Le Programme est dirigé par le ministère de la Santé, mais le ministère des Communications et du Transport (SCT) et le ministère de la Sécurité publique (SSP) (84) y participent également. L’Initiative mexicaine sur la sécurité routière (IMESEVI) a été lancée en 2008 dans le cadre du Programme d’action sur la sécurité routière en tant qu’effort multisectoriel visant à réduire les décès et les blessures causés par des accidents de la route au moyen d’un modèle d’intervention fondé sur des données probantes s’appuyant sur une approche globale et multisectorielle (85). L’Initiative comprend des stratégies de communication sociale, des forums et des ateliers sur la sécurité routière, la promotion des changements apportés aux cadres juridiques existants, la participation des responsables de la sécurité routière et de la population générale grâce à de la formation, des vérifications de la sécurité routière et la préparation et la distribution de renseignements et de

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matériels promotionnels sur la sécurité routière (86). L’Organisation panaméricaine de la santé (OPS), les gouvernements des États et la société civile participent à l’IMESEVI (87). Au total, 35 documents ont été jugés pertinents dans le cadre du Programme d’action sur la sécurité routière. Onze ont été recueillis. De ce nombre, 10 ne respectaient pas les critères d’inclusion. Un document a été inclus dans l’analyse (annexe 5). Le tableau 8 présente les résultats découlant du Programme d’action sur la sécurité routière. L’utilisation des ceintures de sécurité et des sièges pour enfants dans les véhicules à moteur a fait l’objet d’une bonne promotion.

Tableau 8. Autres résultats sur le Programme d’action sur la sécurité routière Référence 86

Portée Milieu urbain

Méthode Quantitative

Résultat L’IMESEVI a augmenté l’utilisation des dispositifs de sécurité (ceintures et sièges pour enfants) de 12 %. L’IMESEVI a augmenté l’utilisation des sièges pour enfants de 48 %. L’IMESEVI a augmenté l’utilisation des dispositifs de sécurité dans les taxis de 28 %. L’IMESEVI a augmenté l’utilisation des sièges pour enfants dans les automobiles familiales de 56 %.

3.4 Développement des enfants en santé et genre : Accord national sur la saine alimentation L’Accord national sur la saine alimentation (ANSA) a été mis en œuvre le 25 janvier 2010 par les ministres de la Santé et de l’Éducation. Il est appuyé par une rétroaction détaillée d’autres représentants : SEDESOL, le ministère de l’Économie (SE), le ministère de l’Agriculture, du Bétail, du Développement rural, des Pêches et de l’Alimentation (SAGARPA), le ministère des Finances et du Crédit public (SHCP), le Comité national sur l’eau (CONAGUA) et le ministère du Travail et de la Sécurité sociale (STPS). L’industrie alimentaire et le milieu universitaire, représenté par l’Académie nationale de médecine, participent également à cette initiative (88,89). Les objectifs de l’ANSA sont les suivants : 1. promouvoir l’activité physique au sein des écoles, des milieux de travail, de la communauté et des établissements récréatifs en collaboration avec les secteurs publics, privés et sociaux; 2. augmenter la disponibilité, l’accessibilité et la consommation d’eau potable; 3. réduire la consommation de boissons très sucrées et contenant beaucoup de calories; 4. favoriser la consommation quotidienne de fruits et de légumes, de légumineuses, de céréales à grains entiers et de fibres en augmentant la disponibilité et l’accessibilité de ces aliments et en faisant la promotion de leur consommation; 5. améliorer la capacité de la population à faire des choix éclairés au sujet d’une bonne alimentation grâce à un étiquetage utile et facile à comprendre et à la promotion d’une éducation sur la nutrition et la santé; 6. promouvoir et favoriser l’allaitement pendant les six premiers mois et encourager la consommation de compléments alimentaires à partie de six mois;

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7. réduire la consommation d’aliments contenant du sucre ajouté et d’autres édulcorants calorifiques en augmentant la disponibilité et l’accessibilité à des aliments contenant peu ou pas d’édulcorants; 8. diminuer la consommation quotidienne de gras saturés et réduire au minimum la consommation de gras trans industriels; 9. sensibiliser la population à la taille recommandée des portions lors de la préparation des repas à la maison et augmenter la disponibilité et l’accessibilité des aliments transformés de sorte à sensibiliser au problème et à offrir de plus petites portions dans les restaurants et les foires alimentaires; 10. diminuer l’apport quotidien en sodium en réduisant la quantité de sel ajouté et améliorer la disponibilité et l’accessibilité des produits contenant peu ou pas de sodium. L’ANSA est donc une politique complète conçue pour prévenir le surpoids et l’obésité (88,90). L’ANSA reconnaît que la collaboration intersectorielle est essentielle pour améliorer efficacement l’approvisionnement en aliments et en boissons et l’accès à ceux-ci pour veiller à une bonne nutrition. Dans leur secteur de compétence respectif, les ministres signataires ont donc mené des campagnes de sensibilisation du public et des secteurs privés et communautaires pour normaliser les critères d’approvisionnement et de consommation des aliments et des boissons recommandés dans les écoles primaires (90). Au total, 79 documents ont été jugés pertinents dans le cadre de l’ANSA. Dix-huit ont été examinés. Aucun des documents ne respectait les critères d’inclusion (annexe 6). Ainsi, il n’a pas été possible de trouver des documents publiés sur les répercussions sur la santé, l’économie et d’autres sphères découlant de l’ANSA dans le cadre de la recherche.

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4. Discussion

La recherche a cerné quatre interventions intersectorielles horizontales (p. ex. entre le domaine de la santé et celui des communications) visant à renforcer les DSS au Mexique avec la participation de secteurs autres que celui de la santé, soit : 1) le Programme de développement humain « Possibilités »; 2) le Programme sur les collectivités en santé; 3) le Programme d’action sur la sécurité routière et 4) l’Accord national sur la saine alimentation. D’autres ministères ont collaboré, notamment les ministères du Développement social, de l’Éducation, des Communications et du Transport, de la Sécurité publique, de l’Économie, de l’Agriculture, du Bétail, du Développement rural, des Pêches et de l’Alimentation, des Finances et du Crédit public et du Travail et du Bien-être social ainsi que des gouvernements locaux. Un plus grand nombre de documents ont été publiés sur le Programme de développement humain « Possibilités ». En ce qui a trait aux données probantes économiques, des résultats prometteurs sont associés au Programme « Possibilités » à court terme (jusqu’à deux ans) et à moyen terme (de trois à six ans), mais à long terme (au moins sept ans), les études concluent que l’intervention n’a pas d’incidence sur la croissance de l’économie locale. Il faut noter qu’une seule étude porte sur la croissance économique, donc cette conclusion peut être biaisée. De plus, l’amélioration de l’économie locale n’est pas le principal objectif du Programme. En ce qui a trait à la santé, des répercussions à court, à moyen et à long terme sont associées au Programme. Nous pouvons donc conclure que le Programme a une incidence positive sur le niveau de santé des bénéficiaires. Toutefois, il faut noter qu’aucune recherche ne quantifie les avantages pour la santé sur le plan économique. D’un autre côté, les répercussions ou les avantages économiques sont perçus comme des éléments distincts (voir le tableau 2). Les résultats suggèrent qu’à long terme, le Programme « Possibilités » peut améliorer les conditions de vie, qui peuvent avoir une incidence sur la santé de la population et, en définitive, avoir une importante incidence économique. En ce qui a trait aux autres interventions, des données probantes d’une incidence économique ont été trouvées uniquement dans le cas du Programme sur les collectivités en santé. La recherche qualitative, prenant la forme d’une entrevue avec le principal responsable de la municipalité, permet de conclure que cette intervention a renforcé l’économie locale. Pour ce qui est de la santé, la recherche montre que le Programme a été bénéfique pour la population. De plus, il a diminué les pénuries d’eau et a amélioré le niveau de collaboration communautaire avec d’autres programmes dirigés par le ministère de la Santé. Les résultats suggèrent que le Programme a été avantageux pour la population cible, mais les données probantes solides sont peu abondantes. En ce qui a trait au Programme d’action sur la sécurité routière, la seule répercussion appuyée par des données probantes est liée à la santé. Cette répercussion est positive. Les répercussions n’ont pas été quantifiées sur le plan économique. Dans le cas de l’Accord national sur la saine alimentation, la recherche n’a pas permis de trouver des données probantes sur les répercussions. L’examen reflète l’état des connaissances sur les interventions intersectorielles au Mexique visant à renforcer les déterminants sociaux de la santé ainsi que sur la façon dont ces interventions sont

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évaluées. L’incidence économique de ces interventions est très limitée. Les résultats de la recherche ne sont donc pas concluants. D’autres recherches doivent être réalisées sur l’incide nce économique de ces interventions ou sur le transfert de ces répercussions sur le plan de l’économie. Par exemple, en ce qui a trait au Programme « Possibilités », plusieurs études portent sur les effets sur la santé découlant du Programme. Si ces effets pouvaient être quantifiés sur le plan économique, on peut supposer que leur incidence est importante. Il est donc plus avisé de continuer d’approfondir ce domaine de recherche afin d’obtenir des résultats fiables sur l’incidence de ces interventions. À l’heure actuelle, il n’est pas possible de déterminer si les interventions intersectorielles ont entraîné des avantages économiques. Il n’a pas été possible d’évaluer la rentabilité de ces interventions intersectorielles en raison de la rareté de la documentation sur leur incidence (c’est-à-dire qu’aucune étude ne porte sur cet aspect). Même si l’on suggère que les interventions intersectorielles soient rentables (91), il faut que cette hypothèse soit démontrée de façon empirique. La plupart des données probantes recueillies dans le cadre de la recherche concluent que les interventions intersectorielles ont entraîné des avantages pour la population bénéficiaire et que ces interventions sont essentielles pour faire face aux déterminants sociaux de la santé (7,10). De plus, ces interventions peuvent être plus efficaces que les initiatives entreprises par un seul secteur. Une des lacunes possibles de la recherche est que même si l’examen a été réalisé de façon méthodique, il n’est pas possible d’entièrement exclure la possibilité que certains documents qui auraient pu être utiles dans le cadre de l’analyse n’ont pas pu être identifiés. Pour ce qui est du Programme « Possibilités », 14 documents n’ont pas pu être récupérés.

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5 Position du ministère de la Santé sur les interventions intersectorielles publiques en santé liées aux déterminants sociaux de la santé

Le ministère mexicain de la Santé reconnaît que la santé de la population est le reflet des conditions à l’extérieur du domaine de la santé (92). Par exemple, l’habileté à protéger la santé d’une population est touchée par les tendances comportementales, comme l’activité physique, la nutrition, la consommation de tabac et d’alcool, ainsi que par la capacité du gouvernement à gérer les situations de contamination environnementale et le besoin de répondre aux besoins en matière de communication et de transport. En reconnaissant que la santé de la population dépend de plusieurs variables au-delà du domaine de la santé, il faut concevoir et planifier des politiques intersectorielles publiques en santé qui créent des synergies et font participer tous les intervenants à l’amélioration de la santé de la population. Le Mexique applique cette approche depuis plus de dix ans; l’exemple le plus concret étant le Programme de développement social « Possibilités », qui a entraîné des résultats positifs sur le plan de la santé et de l’économie et qui a servi de base méthodologique pour plusieurs programmes de réduction de la pauvreté partout dans le monde. Le Mexique va actuellement au-delà des mesures gouvernementales intersectorielles en cherchant à faire participer tous les intervenants dans le cadre d’un dossier précis de santé. L’accord national sur la saine alimentation est le fer de lance de cette nouvelle génération de programmes intersectoriels. Il a non seulement combiné les efforts des ministères de la Santé et de l’Éducation, mais a aussi réussi à faire participer d’autres groupes d’intérêt, principalement l’industrie de l’alimentation. Sans la participation de l’industrie alimentaire, il n’aurait pas été possible de signer le Code d’autoréglementation de la publicité des aliments et des boissons non alcoolisées destinée aux enfants. À l’heure actuelle, près de 90 % des entreprises signataires se conforment au Code et plus de 70 % font la promotion d’un mode de vie sain dans le cadre de leurs publicités (93). Malgré les nombreux progrès, il n’y a pratiquement aucun suivi sur les avantages des interventions intersectorielles et plus particulièrement sur l’expression des répercussions sur le plan économique. Il faut donc obtenir plus de renseignements sur l’incidence de ces interventions sur les autres déterminants et sur les différentes approches des déterminants selon le secteur concerné. Il s’agit clairement d’une occasion d’orienter les décideurs en s’appuyant sur des données probantes scientifiques. Le ministère mexicain de la Santé pourrait donc s’engager à renforcer l’évaluation et la planification des interventions intersectorielles qu’il met en œuvre.

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Annexes

Annexe 1. Mots-clés Mots-clés Sujet Intervention/ programme

Description Mesure intersectorielle pour diminuer les inégalités en santé en améliorant les déterminants sociaux de la santé

Espagnol Programa de desarrollo humano oportunidades, Oportunidades, Progresa Programa de comunidades saludables, Programa de acción de seguridad vial Acuerdo Nacional para la Salud Alimentaria

Français Programme de développement humain « Possibilités » Programme sur les communautés en santé Programme d’action sur la sécurité routière Accord national sur la saine alimentation Gain économique, profit, rendement économique, effet économique, incidence économique, évaluation économique, productivité, capacité des ressources humaines, travail, investissement, économies, coûts, absentéisme, perte de productivité Morbidité, mortalité, espérance de vie, qualité de vie, maladie, fardeau de la maladie, nutrition, alimentation, taille Profit, avantages sur l’éducation, éducation améliorée, avantage sur la nutrition, évaluation

Avantages sur le plan économique

Incidence économique de la mesure intersectorielle

Ganancia económica, beneficio económico, rendimiento económico, efecto económico, impacto económico, evaluación económica, productividad, capacidad del recurso humano, fuerza laboral, inversión, ahorro, costo, costeo, ausentismo, pérdida de productividad Morbilidad, mortalidad, esperanza de vida, calidad de vida, enfermedad, carga de la enfermedad, nutrición, alimentación, talla Beneficio, beneficio educativo, mejora en la educación, beneficio en alimentación, evaluación

Avantages sur le plan de la santé

Incidence sanitaire de la mesure intersectorielle

Autres avantages

Autres avantages de la mesure intersectorielle

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Annexe 2. Modèle pour l’examen de la documentation sur les avantages économiques des mesures visant à renforcer les déterminants sociaux de la santé (DSS) Titre : Auteurs : Objectif : Année de publication : Ville/établissement : Niveau (national ou local) : Type du fournisseur (gouvernement, privé, combinaison) : Type de population (critères d’inclusion et d’exclusion) : Nombre de bénéficiaires : Groupe de comparaison : Méthode pour mesure l’incidence des DSS : Description de l’intervention : Principaux résultats Intervention Objectif DSS pertinents Intersectoriel Secteurs touchés Résultat

Hypothèses : Contraintes : Références utiles tirées de l’article (références citées qui pourraient contenir des renseignements supplémentaires) : Financement de l’étude : Commentaires :

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Annexe 3. Diagramme montrant l’examen de la documentation sur le Programme « Possibilités »

109 publications recueillies au moyen de PubMed 137 publications révisées

267 publications recueillies au moyen de POPLINE et d’autres sources 14 publications n’ont pas pu être récupérées 73 publications ne respectant pas les critères d’inclusion 50 publications admissibles

37

Annexe 4. Diagramme montrant l’examen de la documentation sur le Programme de communautés en santé

90 publications recueillies au moyen de PubMed 31 publications révisées

66 publications recueillies au moyen de POPLINE et d’autres sources 26 publications ne respectant pas les critères d’inclusion 5 publications admissibles

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Annexe 5. Diagramme montrant l’examen de la documentation sur le Programme d’action sur la sécurité routière

14 publications recueillies au moyen de PubMed 11 publications révisées

21 publications recueillies au moyen de POPLINE et d’autres sources 10 publications ne respectant pas les critères d’inclusion 1 publication admissible

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Annexe 6. Diagramme montrant l’examen de la documentation sur l’Accord national sur la saine alimentation

30 publications recueillies au moyen de PubMed 18 publications révisées

49 publications recueillies au moyen de POPLINE et d’autres sources 18 publications ne respectant pas les critères d’inclusion 0 publication admissible

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Основные сведения
Тип документа Publications
Дата принятия
Источник Всемирная организация здравоохранения