WPR/RC54/SR/5 PROCÈS-VERBAL DE LA CINQUIÈME SÉANCE (Salle de conférence du Bureau régional, Manille) Mercredi 10 septembre 2003 à 9 heures PRÉSIDENT : Dr Mulitalo Siafausa VUI (Samoa) puis : Dr Manuel DAYRIT (Philippines)
TABLE DES MATIÈRES page 1. 2. Infections sexuellement transmissibles, y compris le VIH/SIDA (suite) ......................... Examen des projets de résolutions .................................................................................... 2.1 2.2 2.3 3. Rapport du Directeur régional ................................................................................ Projet de budget programme 2004-2005 ................................................................ Programme élargi de vaccination, rougeole et hépatite B ...................................... 142 150 150 150 150 151
Tuberculose ......................................................................................................................
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INFECTIONS SEXUELLEMENT TRANSMISSIBLES, Y COMPRIS LE VIH/SIDA : Point 12 de l'ordre du jour (document WPR/RC54/6) (suite) Le Dr YU (Chine) est satisfait du rapport, en particulier de l'analyse de la situation actuelle
dans la Région, de la collaboration entre l'OMS et les Etats Membres, des problèmes et des mesures qu'il est proposé de prendre. Il s'est gré à l'OMS de son soutien à la lutte contre le VIH/SIDA, s'agissant en particulier du renforcement des capacités, de la réduction des méfaits, de la prévention de la transmission mère-enfant et de l'aide à la préparation des demandes de financement au Fonds mondial de lutte contre le SIDA, la tuberculose et le paludisme. Il cite, pour illustrer cet appui, un projet réussi préconisant l'usage systématique du préservatif dans quatre zones pilotes en Chine. Ces dernières années, le VIH/SIDA a continué à se répandre dans le monde, et l'Asie-Pacifique est devenue la deuxième Région, après l'Afrique, où la lutte contre le VIH/SIDA revêt la plus grande importance. L'OMS devrait soutenir davantage encore les Etats Membres en prévoyant des programmes et budgets spéciaux pour la formation des agents de santé, pour l'application à plus grande échelle du projet d'utilisation systématique du préservatif et pour l'amélioration des soins et du traitement dispensés aux personnes vivant avec le VIH/SIDA. L'OMS devrait également aider les Etats Membres à négocier les questions relatives aux brevets des médicaments antirétroviraux et à développer les moyens de surveillance, d'éducation sanitaire et de sensibilisation. La Chine applique un programme pilote complet de prévention et de lutte qui, espère-t-il sera soutenu par l'OMS. Le Dr GO (République de Corée) remarque que le document relate les faits récents au niveau international en matière de prévention et de lutte et insiste sur le risque que les épidémies concentrées dans les groupes très exposés ne provoquent une vaste épidémie. Le danger est réel, même si la prévalence du VIH est encore faible dans la plupart des pays de la Région. Il faut faire appel à diverses sources de financement, y compris au Fonds mondial, pour renforcer la prévention, les services thérapeutiques et les systèmes de surveillance. Elle soutient les initiatives régionales tendant à élargir l'accès aux thérapies antirétrovirales et à atténuer les méfaits parmi les consommateurs de drogues injectables. En République de Corée, la prévalence du VIH est inférieure à 0,01% et seuls quelques cas d'infection suite à l'utilisation d'aiguilles en commun ont été signalés. Etant donné que les hommes homosexuels sont les plus exposés, c'est à eux que devraient s'adresser les programmes de prévention ciblés. Les Coréens et les ressortissants d'autres pays ont actuellement accès au test VIH confidentiel. Des organisations privées, notamment celles qui représentent les personnes vivant avec le VIH/SIDA, soutiennent les programmes d'éducation, de conseils et de soins. Les programmes d'entraide encouragent l'échange de conseils entre personnes vivant avec le VIH/SIDA.
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Le Dr KING (Nouvelle-Zélande) dit que son pays soutient les initiatives régionales concernant les infections sexuellement transmissibles, y compris le VIH/SIDA, et que quatre éléments sont indispensables à leur succès : 1) une évaluation franche et honnête du problème qui ne laisse pas place aux tabous sexuels ; 2) la priorité à la prévention, qui, dans la plupart des pays est plus abordable que le traitement, 3) la protection des droits de l'homme, en particulier le droit des femmes de ne pas subir de violences et de maîtriser leur propre sexualité ; 4) la participation de la société civile et des communautés, notamment des groupes vulnérables. Il est indispensable de prendre de nouvelles initiatives qui mettent clairement l'accent sur la prévention, sans toutefois négliger le traitement et les soins, et d'y associer la société civile. Le Dr TANGI (Tonga) insiste sur le fait qu'il faut défendre de bonnes valeurs morales pour empêcher les infections sexuellement transmissibles, y compris le VIH/SIDA, de se propager, ainsi que l'a souligné le représentant des Etats-Unis d'Amérique lors d'une précédente séance. Un expert étranger a récemment réalisé une enquête aux Tonga auprès de 700 hommes célibataires et de 530 jeunes femmes âgés de 19 à 24 ans, d'où il est ressorti que 95,6% des enquêtés n'avaient jamais eu de rapports sexuels. Son gouvernement recommande aux jeunes de faire le bon choix et de jeunes conseillers ont été recrutés pour faire passer le message. Il espère qu'un jour viendra où les gens pourront avoir une vie sexuelle épanouie comptant sur leurs valeurs morales pour les protéger plutôt que sur l'usage systématique du préservatif. Le Professeur NYMADAWA (Mongolie) précise que quatre cas seulement de VIH/SIDA ont été signalés en Mongolie ces dix dernières années. Ce chiffre risque néanmoins d'augmenter compte tenu de la forte prévalence des infections sexuellement transmissibles, du développement de l'industrie du sexe et de la propagation du VIH/SIDA dans les pays voisins. La mobilité de la population, la pauvreté, le manque d'instruction des personnes exposées, l'utilisation peu courante du préservatif, ainsi que d'autres facteurs sociaux et comportementaux augmentent également le risque. Les cas signalés jusqu'à présent ont été contaminés lors de rapports sexuels, mais il se peut que d'autres modes de transmission soient à l'origine de cas qui n'ont pas encore été dépistés. Les infections sexuellement transmissibles sont les plus courantes de toutes les maladies transmissibles et représentaient 40,8% des cas déclarés de maladies infectieuses en 2002. Le gouvernement a réagi à la menace du VIH/SIDA en mettant sur pied un programme national de lutte contre le VIH/SIDA en 1987 et n'a cessé de développer les moyens dont dispose le pays pour lutter contre l'épidémie. La création du Centre de documentation national sur le VIH/SIDA et du Laboratoire spécialisé VIH/SIDA ont permis d'assurer le dépistage de routine. Au nombre des autres activités, il faut citer la formation des agents de santé et la promotion constante de la santé auprès de
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la population en général et des groupes vulnérables. Le Comité national contre le SIDA, créé en 1992, a été intégré au Comité national de santé publique, qui est présidé par le premier ministre, et la lutte contre le VIH/SIDA a été intégrée au Programme national de lutte contre les maladies transmissibles. La stratégie nationale vise à créer un cadre juridique favorable, à renforcer les moyens de gestion et d'élaboration de politiques à tous les niveaux, à améliorer les services de diagnostic et de traitement des infections sexuellement transmissibles, dont le VIH/SIDA, à mettre en place la surveillance par réseaux sentinelles, à encourager le recours aux préservatifs et à mettre à disposition des préservatifs de qualité. Il remercie l'OMS d'avoir aidé son pays à régler les aspects techniques du projet soumis au Fonds mondial, et le Fonds mondial d'avoir approuvé le projet en 2003. Les principaux objectifs et stratégies du projet sont conformes aux recommandations faites par l'équipe régionale de l'ONUSIDA après un bilan de la situation. Le Dr LOPEZ (Philippines) salue le rôle joué par l'OMS dans l'échange d'informations avec les Etats Membres et la société civile, y compris les personnes vivant avec le VIH/SIDA. Il recense quatre domaines où les Philippines et l'ensemble de la Région continueront d'avoir besoin d'un appui : 1) la réalisation de l'objectif "trois par cinq" moyennant l'accès élargi au traitement et à des antirétroviraux moins chers ; 2) l'extension de la surveillance des maladies sexuellement transmissibles, y compris le VIH/SIDA, du point de vue comportemental et selon la formule des réseaux sentinelles ; 3) les programmes ciblés de réduction des méfaits, avec la participation des groupes vulnérables, et les programmes de prévention tendant à modifier le comportement individuel et les normes sociales, à promouvoir les droits de l'homme, et à combattre la peur, la discrimination et l'ostracisme que suscite le VIH/SIDA ; 4) l'appui technique à la lutte contre les infections sexuellement transmissibles et au traitement. Le Dr PARE (Iles Cook) précise que le plan stratégique adopté par son pays pour 2003-2007 implique à la fois le public et les communautés. Le plan a été révisé au début de l'année, de sorte qu'à été réinstauré le Comité national de lutte contre les infections sexuellement transmissibles et le VIH/SIDA, qui sert aussi de mécanisme de coordination avec le Fonds mondial dans le pays. Aux Iles Cook, dont l'économie repose essentiellement sur le tourisme, le plus grand danger est l'excès de confiance. Un premier cas a été enregistré, et le sentiment d'invulnérabilité a été quelque peu dissipé par la création, dans son pays, de la Fondation des Iles du Pacifique contre le SIDA, ONG régionale qui a pour principale vocation d'aider les sidéens. Le financement obtenu du Fonds mondial par 11 pays insulaires du Pacifique permettra de mettre en oeuvre certains programmes ; une aide supplémentaire sera cependant nécessaire pour
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élaborer une politique concernant l'achat des médicaments et rédiger des directives pour la prise en charge clinique des patients. Il remercie de leur aide tous ceux qui ont contribué à dresser le bilan du programme national de lutte contre les infections sexuellement transmissibles, y compris le VIH/SIDA, et à présenter la demande de financement au Fonds mondial. Le Dr SELUKA (Tuvalu) signale qu'au cours des derniers mois, le nombre de cas de SIDA a subitement augmenté dans son pays, en particulier parmi les adolescents, bien que ceux-ci participent aux nombreux programmes de prévention. Vu que 5% de la population se trouve en permanence à l'étranger, soit pour y faire des études, soit pour travailler à bord de navires, des programmes de sensibilisation ont été mis en place pour aider ces personnes à se protéger. Les systèmes de surveillance ont été renforcés et la santé est promue dans les médias. Grâce au financement qu'ils ont obtenu du Fonds mondial avec l'aide de l'OMS, les pays insulaires du Pacifique pourront commencer à mettre en œuvre leurs programmes à la fin du mois. M. TRINH QUAN HUAN (Viet Nam) fait savoir que près de 70 000 cas d'infection à VIH ont été signalés dans son pays. Les programmes de réduction des méfaits destinés aux consommateurs de drogues injectables et aux prostitué(e)s, et la stratégie "Jamais sans préservatif" ont donné d'assez bons résultats ; de six, les provinces et villes où est appliquée cette stratégie passeront à 21, dans le cadre d'un projet financé par le Department for International Development du Royaume-Uni. Dans son programme pour 2001-2005, le Viet Nam a fait de la prévention la pierre angulaire de la lutte contre le VIH/SIDA, mais, vu l'augmentation du nombre de personnes vivant avec le VIH/SIDA, les soins et le traitement deviennent urgents. L'année dernière, un modèle communautaire de soins et d'appui aux personnes vivant avec le VIH/SIDA a été expérimenté dans plusieurs villes avec l'aide de l'OMS. L'OMS prête également son concours à l'élaboration d'une stratégie nationale de prévention et de lutte pour la période 2004-2010, qui voit aussi loin que 2020. Son pays appuie l'initiative "trois par cinq" de l'OMS concernant les traitements antirétroviraux. Au Viet Nam, seuls 0,68% des malades ont bénéficié d'un traitement jusqu'à présent. Mais le projet de stratégie pour 2004-2010 prévoit que 70% des malades auront accès aux médicaments antirétroviraux d'ici 2010. L'OMS aide le Viet Nam à préparer une demande pour avoir accès à ces médicaments et à mettre en œuvre le projet financé par le Fonds mondial. M. UNA (Iles Salomon) déclare que la prévalence des infections sexuellement transmissibles dans son pays est stable mais qu'elles sont sous-notifiées. Le premier plan stratégique national complet de lutte contre les infections sexuellement transmissibles et de prévention du VIH/SIDA a été lancé la semaine dernière, avec l'aval des autorités. Un système de dépistage va être institué pour
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révéler les cas du VIH qui n'ont pas été encore notifiés. Son pays continuera d'appuyer les efforts de lutte contre les infections sexuellement transmissibles, y compris le VIH/SIDA, dans la Région. Le Dr NAIVALU (Fidji) informe qu'il est actuellement le Président du dispositif régional de coordination des pays pour le projet approuvé par le Fonds mondial, établi pour s'occuper de domaines novateurs dans la lutte contre le VIH/SIDA qui ne sont pas couverts actuellement par des sources de financement. A Fidji, le nouveau domaine est le traitement avec les médicaments antirétroviraux. Il se félicite de l'annonce faite récemment par l'OMS de négociations pour l'approvisionnement en médicaments, cela représentant probablement la solution sur le long terme au problème, une fois que les contributions du Fonds mondial auront été épuisées. Le bénéficiaire principal, le Secrétariat de la Communauté pacifique, a reçu en août 2003 une somme initiale de US$ 1,22 million pour le six premiers mois de mise en oeuvre du programme. Cet argent sera transféré aux onze Etats insulaires du Pacifique. Les comptes pour les six premiers mois seront rendus toutefois le 31 décembre, en raison du fait que les pays n'ont eu que trois mois et demi pour appliquer les activités décrites pour le premier semestre du programme annuel de travail. De plus, la somme de US$ 1,22 millions ne couvre pas le financement demandé pour les achats. Il demande au service d'achat de l'OMS d'aider les Etats insulaires du Pacifique à se procurer le matériel et les fournitures énumérés dans la proposition au Fonds mondial. Cette assistance leur permettra de mettre en oeuvre le programme pour les six premiers mois. Une réunion de suivi du dispositif de coordination des Etats insulaires du Pacifique aura lieu à Nadi (Fidji) en octobre, et il invite les principaux responsables du Bureau régional à y assister. Le Premier ministre a fait part de son engagement politique sans réserve dans la lutte contre le VIH/SIDA et il a fait plusieurs déclarations au parlement à propos du plan stratégique du gouvernement. Le Cabinet lui a demandé de concentrer son attention sur les églises et les vanua, les communautés traditionnelles, 80 % des 119 cas confirmés de VIH/SIDA s'étant produits dans la communauté fidjienne. La détermination politique des autorités dans la lutte contre le VIH/SIDA s'est également traduite, pour l'exercice 2002-2003, par un crédit budgétaire spécifique de F$ 300 000 (US$ 160 000) pour le VIH/SIDA, qui devrait augmenter dans le cadre du plan stratégique triennal 2004-2006. En tant que Ministre de la Santé, il préside le Comité consultatif national sur le SIDA, qui comprend des représentants des organisations non gouvernementales, de la société civile et des ministères. Fidji met au point un cadre juridique adapté pour la mise en oeuvre de sa politique sur le VIH/SIDA, qui tiendra compte des conséquences juridiques liées à la confidentialité, au caractère privé, aux droits de l'homme, au dépistage obligatoire et à toute autre question qui en découle. Le Dr MANN (Papouasie-Nouvelle-Guinée) déclare que les infections sexuellement transmissibles, notamment le VIH/SIDA, posent un sérieux problème dans son pays. La transmission
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hétérosexuelle est à l'origine de 98 % des cas et la transmission de la mère à l'enfant explique les 2 % restants. L'incidence du VIH/SIDA est plus forte chez les femmes que chez les hommes dans la tranche d'âge des 15-29 ans et, inversement, plus forte chez les hommes que chez les femmes chez les 35-45 ans. Une explication possible de cette tendance pourrait être que les hommes plus âgés ont les moyens de se procurer les services sexuels de jeunes femmes, bien que l'on ait évoqué la possibilité que les jeunes femmes préfèrent les hommes plus mûrs. En Papouasie-Nouvelle-Guinée, où la polygamie est une norme culturelle et une pratique courante, le VIH/SIDA pose un problème complexe. L'épidémie s'est généralisée et le taux de prévalence chez la femme enceinte s'établit entre 1,12 % et 3,35 %. Au 31 juillet 2003, il y avait plus de 7 000 cas notifiés de VIH/SIDA et l'on évoque la possibilité que 60 000 autres n'avaient pas été notifiés. Il y a actuellement dans le pays une augmentation annuelle qui dépasse les 100 %. Face à la gravité de la situation, la Papouasie-NouvelleGuinée a besoin d'une aide extraordinaire. La mise en oeuvre du premier plan quinquennal est achevée et elle a été revue en novembre 2002 par l'ONUSIDA et l'Agence de développement international des Etats unis. Deux constatations importantes ont été faites : 1) bien que le grand public connaisse les messages relatifs au mode de transmission de VIH, les comportements sexuels n'ont pas changé ; 2) il faut assurer davantage de services de soins et de conseil, s'appuyant sur des interventions ciblées. Un plan multisectoriel pour les cinq prochaines années est en cours d'établissement avec l'aide des donateurs. Deux lois historiques ont été adoptées en juin 2003. La loi sur la prise en charge et la prévention du VIH/SIDA porte sur la protection des personnes vivant avec le VIH/SIDA, des agents de santé et des donateurs de sang et de tissus ; elle prévoit des dispositions pénales pour les personnes qui transmettent sciemment le VIH dans la communauté. Le deuxième instrument juridique est la Loi d'amendement à la santé publique 2003. Il remercie l'Australie, les Etats-Unis d'Amérique, les Commissions Européennes, l'ONUSIDA, l'UNICEF et l'OMS pour leur assistance dans la lutte de son pays contre le VIH/SIDA et il espère que la deuxième demande de la Papouasie-Nouvelle-Guinée au Fonds mondial sera approuvée. Malgré l'affirmation du Directeur régional dans le rapport, selon laquelle l'incidence du VIH/SIDA dans la Région est faible, elle est élevée en Papouasie-Nouvelle-Guinée et il espère recevoir un solide appui de l'OMS. M. KALPOKAS (Vanuatu) demande de ne pas relâcher les efforts dans la lutte contre le VIH/SIDA. Il rappelle que le premier cas de SIDA dans son pays a été annoncé à la Cinquante-
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troisième session du Comité régional en 2002. Il remercie le fonds mondial pour son aide et l'OMS pour son assistance dans l'achat des médicaments antirétroviraux. Madame PIERANTOZZI (Palaos) déclare que son gouvernement soutient les efforts du Bureau régional contre le VIH/SIDA mais continue à prôner des stratégies qui engagent les hommes à aider les mères et les enfants face au problème du VIH/SIDA et des autres infections sexuellement transmissibles. Les hommes et les femmes doivent s'allier pour améliorer leur santé, notamment dans le domaine des infections sexuellement transmissibles. A l'invitation du Président, les représentants du Fonds mondial de lutte contre le SIDA, la tuberculose et le paludisme, de l'Association mondiale des guides et des éclaireuses, et de la Fédération internationale des associations d'étudiants en médecine font des déclarations. Le DIRECTEUR REGIONAL remercie les représentants pour leurs excellentes observations et propositions, qui seront toutes prises en compte dans la mise en oeuvre des stratégies de prévention du VIH. Il souhaite reprendre les points plus généraux soulevés et laissera la parole au Conseiller régional pour les infections sexuellement transmissibles, y compris le VIH/SIDA, pour les questions plus techniques. Les programmes pour l'utilisation systématique du préservatif, qui ont joué un rôle important dans la diminution de la prévalence dans les groupes les plus exposés dans certains pays de la Région, ont pu donner l'impression que l'Organisation faisait l'apologie de moeurs relâchées. Ce n'est pas le cas, pas plus que le soutien de l'OMS à ce programme ne signifie qu'elle néglige les valeurs morales comme la fidélité et l'abstinence. L'OMS promeut ces valeurs, notamment auprès des jeunes. Néanmoins, il faut bien constater l'existence des groupes à haut risque et leur importance dans la propagation de l'infection et s'en occuper, sinon la situation se dégradera. C'est la raison pour laquelle il faut promouvoir des stratégies de réduction des méfaits ciblées sur les groupes vulnérables, comme le programme d'utilisation systématique du préservatif. De même, il n'y a pas vraiment de dichotomie entre la prévention et le traitement. La prévention reste une stratégie importante face à la maladie. Parallèlement, il faut intensifier les efforts pour fournir les médicaments antirétroviraux tout en développant et en renforçant les systèmes de santé. Le CONSEILLER REGIONAL POUR LES INFECTIONS SEXUELLEMENT
TRANSMISSIBLES, Y COMPRIS LE VIH/SIDA, déclare qu'une enquête dans les pays sur chaque médicament antirétroviral, prix, production des médicaments génériques et autres facteurs, sera bientôt menée. Cette étude établira les moyens de coordination régionaux entre les pays pour la
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production, le contrôle de la qualité, l'exportation et l'importation des médicaments génériques, dans le cadre légal de la propriété intellectuelle, mis en place par l'Organisation mondiale du commerce, et de la déclaration de Doha, notamment après 2005, qui sera une année cruciale. Il assure les représentants du Brunéi Darussalam et d'autres Etats Membres que la surveillance, non seulement de la séroprévalence du VIH, mais aussi des comportements dangereux et, plus généralement, des infections sexuellement transmissibles, est très importante pour l'OMS. Les données résultant de cette surveillance sont indispensables pour contrôler à la fois l'épidémie et les répercussions des mesures qui sont prises. Au vu des difficultés rencontrées pour produire de bonnes estimations dans les pays à faible prévalence, l'OMS travaille avec l'ONUSIDA et Family Health International sur de nouveaux systèmes de modélisation. Un projet impliquant un groupe de pays à faible prévalence a démarré à Bangkok (Thaïlande) en juin. Les programmes d'échange des seringues et des aiguilles font partie des actions recommandées par l'OMS et ont donné de bons résultats dans plusieurs pays de la Région. Avec l'aide de l'AusAID, l'OMS développe ces programmes en Chine et au Viet Nam. Le SOUS DIRECTEUR GENERAL DE L'OMS – SANTE FAMILIALE ET
COMMUNAUTAIRE – explique qu'elle a été commissaire pour le VIH/SIDA pour le Secrétaire Général des Nations unies et qu'elle est aussi une citoyenne du Botswana, le pays ayant le plus fort taux d'infection au VIH dans le monde. Comme de nombreux pays de la Région du Pacifique occidental aujourd'hui, le Botswana n'a eu jadis qu'une poignée de personnes infectées. Les autorités croyaient alors que le VIH/SIDA se limitait aux groupes les plus exposés et n'allait pas se propager. Elles avaient imaginé qu'une ou deux interventions allaient suffire, de même que la prévention par la promotion de valeurs morales et de l'abstinence comme norme de comportement chez les jeunes. Mais aujourd'hui, 39 % des femmes enceintes sont infectées. L'épidémie impose à l'ensemble de la communauté mondiale un devoir moral, social, économique, sécuritaire et politique. Les demi-mesures ne marcheront pas. Le VIH/SIDA aura sur la société et l'économie des conséquences qui ne seront pas temporaires mais qui annihileront les progrès réalisés au cours des ans. Elle prévient que les investissements des pays dans le capital humain peuvent être réduits à néant. Il faut entreprendre maintenant des interventions à grande échelle, multisectorielles, complètement intégrées et énergiques. Une seule ne suffira pas. Même si 96 % de la population d'un pays est VIH-négative, les 4 % de séropositifs sont sexuellement actifs et le problème se développera. Les pays doivent faire la promotion du préservatif ; il n'y a pas d'autre possibilité. Les
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interventions plurisectorielles doivent veiller à ce que chaque partie de la société joue son rôle. Dès l'école primaire, les programmes de cours doivent inclure le VIH/SIDA. Aucune occasion ne doit être négligée ; chacun doit connaître son statut vis-à-vis du VIH. Les systèmes de santé doivent assurer dès maintenant des dépistages systématiques. Les programmes verticaux ne sont pas utiles ; ils doivent s'intégrer avec le reste du système de santé, parce que les professionnels de la santé doivent savoir immédiatement comment agir face à l'épidémie. Il serait erroné de se concentrer uniquement sur la prévention : il faut assurer les soins et les traitements dès maintenant pour diminuer les taux d'infection. Cela coûtera de l'argent mais ce sera beaucoup moins onéreux maintenant pour quelques cas que plus tard, pour un grand nombre. Si des mesures ne sont pas prises maintenant, il faudra assurément payer un prix très élevé dans dix ou vingt ans. 2. EXAMEN DES PROJETS DE RÉSOLUTIONS Le Comité étudie les projets de résolutions suivants : 2.1 Rapport du Directeur régional (Document WPR/RC54/Conf. Paper No. 1) Décision : Le projet de résolution est adopté (voir WPR/RC54.R2). 2.2 Projet de budget programme 2004-2005 (Document WPR/RC54/Conf. Paper No. 2) Les représentants des Etats-Unis d'Amérique, de Hong Kong (Chine), de Tonga et de Palaos présentent des amendements. Sur proposition du Président, ces représentants conviennent d'avoir une réunion informelle avec les Rapporteurs pour modifier le document de travail avant de le présenter de nouveau devant le Comité pour discussion. 2.3 Programme élargi de vaccination : rougeole et hépatite B (Document WPR/RC54/ Conf.Paper No. 3) Madame BLACKWOOD (Etats-Unis d'Amérique) propose d'insérer dans le deuxième paragraphe du dispositif l'expression « le plus rapidement possible » après les mots « la date butoir devra être déterminée ». Le Dr WAQATAKIRENA (Fidji) propose que l'on ajoute un quatrième paragraphe au préambule dont le texte serait : "Notant que, comme la rougeole, les cas de rubéole surviennent par flambées dans certains pays de la Région ;"
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Le RAPPORTEUR DE LANGUE ANGLAISE considère que la modification proposée concerne un constat déjà mentionné au paragraphe 5(2) du dispositif, qui se réfère spécifiquement au syndrôme congénital de la rubéole. Les représentants de SAMOA et de MONGOLIE déclarent préférer la première version. Le Dr WAQATAKIRENA (Fidji) accepte de retirer sa demande de modification. Le Professeur NYMADAWA (Mongolie) propose que l'on insère une phrase à la fin du paragraphe 6(2) du dispositif qui reflèterait l'aide considérable attribuée à la Région par l'Alliance mondiale pour les vaccins et la vaccination (GAVI) en faveur de la lutte contre l'hépatite B. Le PRESIDENT suggère que le nouveau texte soit inséré à la fin du préambule plutôt que dans le dispositif. Il est entendu qu'un neuvième paragraphe sera ajouté au préambule et sera exprimé comme suit : "Notant avec satisfaction la contribution importante de l'Alliance mondiale pour les vaccins et la vaccination (GAVI) et d'autres partenaires dans la lutte contre l'hépatite B dans la Région;" Décision : Le projet de résolution, tel qu'amendé, est adopté (voir WPR/RC54.R3) 3. TUBERCULOSE : Point 13 de l'ordre du jour (document WPR/RC54/7) Le DIRECTEUR REGIONAL explique qu'en 1999, le Comité a déclaré que la situation de la tuberculose était critique dans la Région du Pacifique occidental et lui a demandé de faire de l'initiative "Halte à la tuberculose dans la Région du Pacifique occidental" un projet spécial du Bureau régional. Les progrès considérables réalisés ont permis de se rapprocher des cibles du projet, à savoir couvrir l'ensemble de la Région par le DOTS ; assurer un taux de guérison de 85 % et obtenir un taux de dépistage de 70 % avant fin 2005. Le taux de guérison de 85 % a déjà été atteint dans les zones appliquant la stratégie DOTS. Il trouve très encourageante l'assise ferme qui a été édifiée depuis 1999. L'engagement politique des pays a augmenté de façon significative, symbolisé par l'élaboration de plans nationaux quinquennaux d'accélération du projet. Une aide considérable a également été apportée par le Fonds mondial de lutte contre le SIDA, la tuberculose et le paludisme, ce qui a conduit à réduire le déficit financier de façon notable, puisqu'il est passé de 40 % à 10 %. L'OMS et ses Etats Membres entrent maintenant dans une période cruciale. Le temps manque – il ne reste que deux ans jusqu'à la fin de l'année 2005 et l'OMS et ses Etats Membres devront être totalement concentrés sur ces cibles pour les atteindre. Il est encore possible d'y parvenir mais l'OMS
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et ses Etats Membres ne doivent pas se voiler la face mais plutôt considérer les obstacles qui restent à franchir. Sur les sept pays supportant une lourde charge de morbidité tuberculeuse, trois n'ont pas encore atteint l'objectif de 2005, à savoir couvrir l'ensemble de la Région par le DOTS. Dans tous ces pays, il sera essentiel de renforcer les ressources humaines à l'échelon central pour couvrir l'ensemble de la Région par le DOTS. Par ailleurs, le taux actuel de 41 % de détection des nouveaux cas estimés à frottis positif est encore très éloigné des 70 % fixés comme cible régionale. Pour atteindre un taux de détection des cas dans la Région de 70 %, le DOTS doit être étendu aux secteurs public et privé, l'examen des crachats au microscope doit être amélioré et la communauté doit être davantage sensibilisée au problème de la tuberculose. Les pays doivent aussi faire face à un certain nombre de nouveaux problèmes liés à la lutte antituberculeuse. Au cours des dernières années, le projet spécial a accordé une grande importance à la lutte contre les co-infections VIH/tuberculose, à la tuberculose multirésistante, à la nécessité d'impliquer le secteur privé et aux liens entre tuberculose et pauvreté. A l'avenir, il faudra s'attacher tout particulièrement à lutter contre l'augmentation des co-infections VIH/tuberculose dans certains pays et à élaborer des politiques sur le lien entre tuberculose et pauvreté. Il est essentiel d'offrir aux communautés pauvres un meilleur accès aux services du DOTS. En 2002, le Bureau régional a été prié de sélectionner un programme pour entreprendre une évaluation thématique externe. Il a sélectionné le projet spécial Halte à la tuberculose car il a considéré qu'il serait utile de disposer d'une étude critique du rôle de l'OMS et de recommandations sur les orientations futures. L'étude a été dirigée par une équipe indépendante et la synthèse du rapport est annexée au document WPR/RC54/7. Il rend hommage au travail très professionnel et aux nombreuses recommandations utiles des membres de l'équipe d'évaluation. Le Dr TEE Ah Sian, responsable de l'équipe indépendante chargée de l'évaluation thématique du Projet special Halte à la tuberculose, prend la parole à l'invitation du PRESIDENT et présente à l'aide de diapositives les principales caractéristiques et les conclusions de l'étude ainsi que les recommandations qui en résultent. Les quatre membres de l'équipe d'évaluation ont effectué ce travail en deux temps, aux échelons régional et national, entre février et avril 2003. Ils avaient pour objectif de renforcer la capacité de l'OMS à fournir une assistance technique et à réaliser des études d'évaluation des programmes, outre l'évaluation du projet Halte à la tuberculose proprement dit. L'équipe a examiné les résolutions du Comité régional sur la lutte antituberculeuse adoptées entre 1999 et 2002 et a préparé une synthèse des demandes d'intensification des actions dans le cadre des cinq fonctions essentielles de l'OMS. Centrant son attention sur les pays supportant une lourde charge de tuberculose, l'équipe a également étudié des documents, des directives et des rapports de
PROCÈS-VERBAL DE LA CINQUIÈME SÉANCE
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mission ; mené des enquêtes en s'appuyant sur un questionnaire spécial auprès de 60 cadres du Bureau régional, des Ministères de la Santé, des bureaux OMS dans les pays, des organisations non gouvernementales et d'autres organismes partenaires ; s'est rendue en Chine et aux Philippines et a tenu une téléconférence avec des fonctionnaires du Cambodge (la visite dans ce pays avait dû être annulée par suite de la flambée de cas de SRAS). L'équipe a dressé un tableau des principales activités entreprises jusqu'alors. L'OMS a rapidement réagi à la suite de la déclaration d'une "crise de la tuberculose" et de l'appel lancé pour faire de l'initiative Halte à la tuberculose un projet spécial de la Région du Pacifique occidental, lors de la cinquantième session du Comité régional en 1999. Au bout de trois mois, elle a constitué un Groupe consultatif technique sur la tuberculose et un Comité régional de coordination interinstitutions et a formulé un plan stratégique régional. Depuis lors, elle a organisé de nombreuses activités, notamment des réunions et des cours de formation et a apporté une aide à l'élaboration de plans nationaux et aux Comités de coordination interinstitutions. L'extrême rapidité avec laquelle elle a répondu a été déterminante dans la réussite du projet. Dans le contexte de la fonction essentielle Politique, plaidoyer et financement, l'équipe d'évaluation a montré que l'OMS a joué un rôle moteur et stratégique dans les actions de plaidoyer et que le Bureau régional a prouvé qu'il était capable d'élaborer des plans réalisables, de constituer des comités de coordination, d'animer des réunions de haut niveau et d'appuyer la soumission de propositions au Fonds mondial de lutte contre le SIDA, la tuberculose et le paludisme. Le déficit financier enregistré dans neuf pays supportant une lourde charge de morbidité tuberculeuse a été réduit de 40 % à 10 % au cours de l'année 2003. L'équipe a recommandé que l'OMS poursuive ses activités dans ces domaines, encourage l'extension de campagnes de plaidoyer jusqu'au bas de l'échelle hiérarchique des gouvernements et collabore avec les pays et le Fonds mondial pour assurer son soutien à la mise en œuvre des projets approuvés par le Fonds. Dans le domaine de l'appui technique, l'OMS a démontré sa capacité à diriger, en augmentant le nombre de ses visites techniques dans les pays, en renforçant le personnel aux échelons régional et national, en élaborant un cadre d'action régional sur les co-infections VIH/tuberculose, en appuyant les activités de surveillance et de planification des pays et en échangeant sur les meilleures pratiques dans la Région. L'OMS doit étendre davantage ses services de conseils techniques, élaborer un cadre d'action sur la tuberculose et la pauvreté et des directives sur le diagnostic et le traitement de la tuberculose chez les enfants et favoriser une recherche sur les barrières sociales et culturelles faisant obstacle à la lutte antituberculeuse.
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COMITÉ RÉGIONAL : CINQUANTE-QUATRIÈME SESSION
L'OMS a réussi à attirer des partenaires et à les coordonner, à fournir des informations bien présentées et de bonne qualité sur la tuberculose et l'avancement du projet, notamment par le biais d'un site internet Halte à la tuberculose utile. L'Organisation doit renforcer ses partenariats et continuer à diffuser des informations et des rapports techniques et de sensibilisation. Dans le domaine des normes et des critères, les cibles définies pour le projet ont été évaluées comme moyens d'incitation capables de motiver les partenaires et les pays. Sur les trois cibles devant être atteintes en 2005, le taux de guérison de 85 % a été atteint dans la Région et la couverture totale du DOTS est en voie d'être atteinte. Cependant, le taux de détection des cas de 70 % reste difficile à atteindre et il est urgent d'obtenir des données plus précises sur la mortalité due à la tuberculose. L'OMS continuera de définir des objectifs clairs et d'aider les pays à mettre en œuvre des études de prévalence et à analyser les résultats. L'équipe d'évaluation a conclu que l'OMS était en bonne voie d'atteindre les cibles initiales de son projet spécial Halte à la tuberculose. Elle a instauré des approches réussies et a constitué des équipes dynamiques aux échelons régional et national, et des partenariats fructueux pour obtenir des fonds et une coopération technique. Cependant, il reste encore des efforts à déployer pour soutenir et étendre les activités et pour résoudre les problèmes préoccupants identifiés au cours de l'évaluation.
La séance est levée à 12 heures.