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Vieillissement et santé

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W O R L D H E A L T H ORGANIZATION ORGANISATION MONDIALE DE LA SANTÉ REGIONAL OFFICE FOR THE WESTERN PACIFIC BUREAU RÉGIONAL DU PACIFIQUE OCCIDENTAL COMITÉ RÉGIONAL WPR/RC71/5 Soixante et onzième session (virtuelle) Manille (Philippines) 7 août 2020 6-9 octobre 2020 ORIGINAL : ANGLAIS Point 11 de l’ordre du jour provisoire VIEILLISSEMENT ET SANTÉ À l'échelle mondiale, la Région du Pacifique occidental compte l’une des plus nombreuses populations âgées et qui croissent le plus rapidement, le rythme s’accélérant en particulier dans les pays plus jeunes. En octobre 2019, le Comité régional du Pacifique occidental a demandé à l’OMS d'élaborer un plan d’action pour le vieillissement en bonne santé qui réponde aux besoins des populations vieillissantes actuelles et futures de la Région. La mise en œuvre rapide de mesures visant à assurer une bonne santé aux personnes âgées, leur permettant ainsi de jouer un rôle dans la société et l’économie et de contribuer à la réduction des dépenses sanitaires, aura également un effet favorable sur le développement durable dans les États Membres. Tous les États Membres assistent à un vieillissement de leur population, ce qui entraîne de lourdes conséquences sociétales, y compris une transition rapide de la charge de morbidité vers les maladies non transmissibles. La santé et les capacités fonctionnelles des personnes âgées sont en grande partie déterminées par le cumul de leurs états de santé et de leurs expositions environnementales sur l’ensemble de leur vie. C'est pourquoi la promotion d’un vieillissement en bonne santé passe par une transformation des systèmes sociaux et sanitaires qui tiennent compte des besoins médicaux et des environnements sociaux tout au long de l'existence. La préparation au vieillissement de la population requiert l'adoption d'une approche « rétrospective », dans le cadre de laquelle des mesures sont prises sur plusieurs WPR/RC71/5 page 2 décennies en vue de promouvoir une vision à long terme. Le projet de Plan d’action régional a été élaboré en consultation avec les partenaires et les experts de la Région afin de faire fond sur les orientations mondiales et régionales. Il présente des recommandations tendant à aider les États Membres à maintenir les personnes âgées en bonne santé, lesquelles peuvent dès lors participer et contribuer activement à la société. Le Comité régional du Pacifique occidental est prié d’examiner le projet de Plan d’action régional pour le vieillissement en bonne santé dans le Pacifique occidental, en vue de son adoption. WPR/RC71/5 page 3 1. SITUATION ACTUELLE La Région du Pacifique occidental compte l’une des plus nombreuses et en expansion la plus rapide des populations âgées du monde. À l’échelle mondiale, près de 700 millions de personnes ont plus de 65 ans, et plus de 240 millions d’entre elles vivent dans la Région du Pacifique occidental. Ce chiffre devrait doubler d’ici à 2050, à mesure que le rythme de l'évolution démographique s’accélère. Bon nombre de pays plus jeunes vieillissent à un rythme beaucoup plus rapide que les pays qui ont déjà connu cette transition. Qui plus est, les États et Territoires du Pacifique occidental observent une « expansion » sans précédent de la population vieillissante, le groupe le plus âgé (75 ans et plus) croissant également de manière non négligeable. Le vieillissement de la population soulève des difficultés considérables dans toutes les parties de la société, y compris en dehors du secteur de la santé, mais offre également des possibilités à exploiter. L’expérience des pays comptant une population âgée plus nombreuse donne à penser qu’agir et investir sans attendre afin de promouvoir le vieillissement en bonne santé peut favoriser le développement durable ; une population en meilleure santé et plus instruite appelle moins de dépenses sanitaires et offre un bagage de connaissances, une capacité de résoudre les problèmes et une valeur économique de plus grande importance à la société. En 2013, le Comité régional OMS du Pacifique occidental a approuvé le Cadre d’action régional sur le vieillissement et la santé dans le Pacifique occidental (2014-2019). La période couverte par le plan touchant à son terme, le Comité régional a organisé, en octobre 2019, une table ronde de haut niveau axée sur le vieillissement en bonne santé. Les États Membres sont convenus que le vieillissement présente de nouveaux défis à relever et de nouvelles possibilités à exploiter pour la Région et que des mesures prises sans tarder pour se préparer au vieillissement de la population peut transformer les difficultés en autant de chances à saisir. À l’issue de la discussion, les États Membres ont demandé à l’OMS d’élaborer un plan d’action régional qui aille dans le sens des mandats mondiaux, en particulier le Programme de développement durable à l’horizon 2030 et le document de l’OMS intitulé Stratégie et plan d’action mondiaux sur le vieillissement et la santé (2016-2020). L'action menée par la Région face à la pandémie de COVID-19 a également souligné la nécessité pour les systèmes de soins communautaires de promouvoir la santé des personnes âgées et élargi les possibilités qu'ils ont d'y parvenir. Le projet de Plan d’action régional a été élaboré en consultation avec les États Membres et d’autres parties prenantes, ainsi qu’avec les partenaires et les experts de la Région. Le Plan s’appuie également sur la Décennie pour le vieillissement en bonne santé (2020-2030), approuvée par l’Assemblée mondiale de la Santé de l’OMS en juillet 2020, et sur les orientations de la Région du WPR/RC71/5 page 4 Pacifique occidental décrites dans le document intitulé Vision d’avenir : devenir la Région la plus saine et la plus sûre. Il présente une approche multisectorielle et continue axée sur la communauté et l’équité, qui tient compte des leçons tirées par les pays plus avancés dans leur transition démographique. Des recommandations y sont formulées à l'intention des États Membres afin de les aider à transformer les sociétés dans l'optique de promouvoir la santé des personnes âgées qui participent et contribuent activement à la société. 2. ENJEUX 1.1. Le vieillissement en bonne santé constitue un enjeu pour l’ensemble des États Membres. Les États Membres du Pacifique occidental connaissent tous un vieillissement rapide de la population en raison de la hausse de l’espérance de vie et de la baisse du taux de natalité ; la plupart deviendront des « sociétés âgées » d’ici à 2050. Même les « pays jeunes » (y compris ceux du Pacifique) assistent à une transition rapide de la charge de morbidité vers les maladies non transmissibles. Aussi est-il désormais prioritaire pour les pays de faire en sorte que les systèmes de santé ne soient plus axés sur des épisodes ponctuels mais plutôt sur « l'accompagnement » des personnes tout au long de leur vie, reposant sur des services individualisés et intégrés. Tous les États Membres peuvent par là même tirer parti de l’adaptation au vieillissement de la population, s'agissant de mieux répondre aux besoins actuels et à venir des personnes de tous âges. 1.2. Le vieillissement en bonne santé nécessite une transformation des systèmes sociaux et des systèmes de santé L’état de santé et les capacités fonctionnelles des personnes âgées sont en grande partie déterminés par le cumul de leurs problèmes médicaux, de leurs comportements individuels et de leurs environnements sociaux sur l’ensemble de leur vie. De ce fait, promouvoir le vieillissement en bonne santé exige que l’on ne se contente pas de traiter les maladies dont souffrent les personnes âgées et que l’on réponde aux besoins sanitaires de chacun durant toute son existence, en assurant à tous des services de santé et autres qui soient intégrés (prévention, services curatifs, bien-être, notamment). Le secteur de la santé devrait en outre promouvoir la lutte contre les risques sanitaires tout au long de la vie et collaborer avec d’autres secteurs (éducation, services d'aide et de protection sociales, p. ex.) à la prise en compte des déterminants sociaux de la santé (vie, travail, conditions socioéconomiques et culturelles, notamment). WPR/RC71/5 page 5 D'autre part, les parcours de vieillissement varient fortement en fonction de l'état de santé et de l'exposition aux risques d'ordre social et environnemental tout au long de la vie, ce qui peut entraîner parmi les personnes d'un âge mûr des différences importantes sur les plans de la santé et des capacités fonctionnelles. De ce fait, la prise en charge des différents besoins des personnes âgées s'étend au-delà de la prestation de soins médicaux et requiert la mise en place d'un modèle de prestation de services complet et coordonné (soins de santé et soins de longue durée, groupes d'aide sociale et services adaptés aux besoins individuels, notamment). Enfin, faire en sorte que les personnes âgées jouissent d’une bonne santé et soient à même de demeurer et de s'épanouir dans la société en participant à tous les aspects de la vie communautaire exige de faire évoluer les perceptions individuelles et sociétales à l’égard du vieillissement. 1.3. La préparation au vieillissement de la population exige des actions sur plusieurs décennies. La rapidité et « l’étendue » du vieillissement de la population ont des répercussions importantes à tous les niveaux de la société et dans tous les secteurs, notamment ceux autres que la santé, tels que le bien-être social, le travail, l’économie, les finances et le droit. Afin de tirer pleinement partie des possibilités que peut offrir le vieillissement de la population, il est nécessaire de mener une transformation sur le long terme des secteurs de la santé et des autres secteurs, et de déployer des efforts de sensibilisation et de communication publique visant à changer les choses en la matière. Tous les États Membres sont encouragés à commencer à planifier et à investir rapidement dans cette transformation à long terme. Une approche rétrospective consistant à travailler à rebours à partir d’un objectif ou d’une perspective à plus long terme et à identifier les mesures à prendre pour parvenir au résultat souhaité, aiderait les États membres à faire face à des problèmes complexes de longue durée mobilisant de nombreux secteurs et échelons de la société. 3. MESURES PROPOSÉES Le Comité régional du Pacifique occidental est prié d’examiner le projet de Plan d’action régional pour le vieillissement en bonne santé dans le Pacifique occidental, en vue de son adoption.

WPR/RC71/5 page 7 ANNEXE PROJET Plan d’action régional pour le vieillissement en bonne santé dans le Pacifique occidental Les figures présentées dans le document sont en anglais. Document traduit en auto-révision WPR/RC71/5 page 8 Annexe WPR/RC71/5 page 9 Annexe Table des matières Sigles et abréviations 10 Résumé d’orientation 11 1. Contexte 13 2. Plan d’action régional 22 Vision : Les personnes âgées de la Région du Pacifique occidental sont en meilleure santé et peuvent ainsi s’épanouir et contribuer à leurs sociétés (« Transformer l’argent en or ») 23 Principes directeurs 24 Objectifs, Orientations stratégiques et Actions recommandées 26 Objectif 1 : Transformer les sociétés dans leur ensemble pour promouvoir un vieillissement en bonne santé 26 Objectif 2 : Transformer les systèmes de santé pour répondre aux besoins de santé de chaque individu tout au long de sa vie 28 Objectif 3 : Fournir aux personnes âgées des soins communautaires intégrés, adaptés aux besoins de chacun 38 Objectif 4 : Encourager l’innovation technologique et sociale pour promouvoir un vieillissement en bonne santé 52 Objectif 5 : Renforcer les systèmes de suivi et de surveillance et la recherche sur les personnes âgées 58 3. Conditions essentielles à la bonne mise en œuvre du Plan d’action régional 62 Volonté politique, renforcement des capacités et leadership 62 Mécanismes de coordination multisectoriels et multipartites et planification 62 Systèmes et politiques bien conçus pour promouvoir un vieillissement en bonne santé 64 Perception positive du public et soutien au vieillissement en bonne santé 64 Ressources financières et humaines suffisantes pour la mise en œuvre 64 Glossaire 66 Appendice : Résumé des orientations et recommandations pertinentes de l’OMS concernant les personnes âgées 73 WPR/RC71/5 page 10 Annexe Sigles et abréviations COVID : maladie à coronavirus 2019 MERS : syndrome respiratoire du Moyen-Orient MNT : maladies non transmissibles OCDE : Organisation de coopération et de développement économiques OMS : Organisation mondiale de la Santé SRAS : syndrome respiratoire aigu sévère TB : Tuberculose VHC : virus de l’hépatite WPR/RC71/5 page 11 Annexe Résumé d’orientation Près de 700 millions de personnes dans le monde ont plus de 65 ans. Et plus de 240 millions d’entre elles vivent dans la Région du Pacifique occidental, où leur nombre devrait doubler à l’horizon 2050. Le vieillissement s’accélère dans la Région en raison de l’amélioration de l’espérance de vie et de la baisse des taux de fertilité – les gens vivent plus longtemps et ont moins de bébés. Le vieillissement de la population a d’importantes incidences sanitaires, sociales et économiques. L’adaptation à ces changements exige une transformation de l’ensemble de la société au-delà du secteur de la santé, ainsi que l’atténuation des attitudes individuelles et sociétales négatives à l’égard du vieillissement et des personnes âgées, ce qui prend du temps. Le vieillissement de la population représente également une opportunité importante pour la société, car les gens vivent plus longtemps, ce qui leur permet de gagner en expérience, en connaissances et en sagesse pendant de nombreuses années supplémentaires. Les études et les expériences menées dans certains pays de la Région du Pacifique occidental indiquent que des actions et des investissements précoces dans le vieillissement de la population peuvent contribuer au vieillissement en bonne santé. Le présent Plan d’action vise à aider les États Membres à améliorer la santé et le bien-être des populations âgées de la Région du Pacifique occidental, pour qu’elles puissent s’épanouir et contribuer à leurs sociétés. Il repose sur une approche multisectorielle, tournée vers l’avenir et appliquée tout au long de la vie, qui adopte une approche soucieuse d’équité et utilise les actifs existants dans la mesure du possible. Les actions recommandées sont regroupées sous cinq objectifs : • Objectif 1 : Transformer les sociétés dans leur ensemble pour promouvoir un vieillissement en bonne santé, grâce à la compréhension des incidences du vieillissement de la population En utilisant une approche « rétrospective », les pays sont encouragés à identifier les principales incidences du vieillissement de la population au-delà du secteur de la santé et à prendre des mesures coordonnées entre les secteurs pour promouvoir un vieillissement en bonne santé. Il est particulièrement important d’atténuer les stéréotypes négatifs existants associés au vieillissement et aux personnes âgées, véhiculés par les individus et la société, et de modifier les politiques et la législation, qui discriminent les personnes en fonction de leur âge ou les découragent de participer à la vie sociale, pour que la société puisse pleinement saisir les opportunités liées au vieillissement de la population. • Objectif 2 : Transformer les systèmes de santé pour répondre aux besoins de santé de chaque individu tout au long de sa vie grâce à la prestation coordonnée des services de santé et autres nécessaires Le vieillissement de la population déplacera la charge de morbidité des maladies infectieuses vers les maladies non transmissibles (MNT), brouillant ainsi la distinction entre « sain » et « malade ». L’état de santé et les aptitudes fonctionnelles des personnes âgées sont en grande partie déterminés par le cumul de leurs problèmes médicaux, de leurs comportements individuels et de leurs environnements sociaux sur l’ensemble de leur vie. Pour assurer un vieillissement en bonne santé, les systèmes de santé doivent donc s’intéresser aux déterminants sociaux de la santé et aux facteurs de risque des MNT indépendamment de l’âge, en élargissant la portée des soins au-delà de l’identification et du traitement des maladies. WPR/RC71/5 page 12 Annexe • Objectif 3 : Fournir aux personnes âgées des soins communautaires intégrés, adaptés aux besoins de chacun L’état de santé et les aptitudes fonctionnelles des personnes âgées varient sensiblement selon les individus. Les pays devraient donc adopter ou renforcer un modèle de soins communautaires intégrés en vue de la prestation coordonnée, aux personnes âgées, de services de soins de santé, de services de soins de longue durée ainsi que de services et de groupes sociaux, en fonction des besoins et préférences de chacun. • Objectif 4 : Encourager l’innovation technologique et sociale pour promouvoir un vieillissement en bonne santé Les innovations technologiques et sociales peuvent aider les sociétés à s’adapter à l’évolution démographique. Les innovations technologiques visant à favoriser un vieillissement en bonne santé peuvent inclure de nouveaux diagnostics et traitements médicaux, des aides techniques abordables, des dossiers médicaux électroniques, ainsi que des technologies de l’information et de la communication. Les innovations sociales visant à promouvoir un vieillissement en bonne santé devraient tenir compte des déterminants sociaux de la santé et s’efforcer de réduire les iniquités en santé afin que chacun puisse vieillir en bonne santé et continuer de faire les choses qui lui sont chères, sans laisser personne à la traîne. • Objectif 5 : Renforcer les systèmes de suivi et de surveillance et la recherche sur les personnes âgées afin d’éclairer les programmes, les services et les politiques Les systèmes de surveillance des données sont insuffisants ou passifs dans de nombreux pays. Les enquêtes nationales telles que l’enquête démographique et sanitaire et les systèmes d’information sanitaires de nombreux pays ne recueillent pas de données sur les personnes âgées ou ne fournissent pas d’informations ventilées par âge et par sexe pour les personnes de 60 ans ou plus. Cette faible visibilité des personnes âgées entrave la compréhension de leurs besoins. Il est important de recueillir des données détaillées sur la santé, la situation sociale et économique, et les contributions des personnes âgées à la société, afin d’éclairer l’élaboration des programmes, des services et des politiques. Les pays qui ont une grande expérience dans la prise en compte des besoins des populations âgées attirent l’attention sur certains facteurs essentiels à la réussite des programmes : • Volonté politique, renforcement des capacités et leadership • Mécanisme et plan de coordination multisectoriels et multipartites au niveau national • Système et politique bien conçus pour promouvoir un vieillissement en bonne santé • Perception positive du public et soutien au vieillissement en bonne santé • Ressources financières et humaines suffisantes pour la mise en œuvre Les pays sont encouragés à tenir compte de ces facteurs lors de l’élaboration et de la mise en œuvre de leurs plans nationaux pour le vieillissement en bonne santé. Le Bureau régional de l’OMS pour le Pacifique occidental continuera d’aider les pays à mettre en œuvre le présent Plan d’action régional, à fournir des outils, des connaissances et des plateformes d’échange d’informations, et à plaider en faveur de la prévention et de la lutte contre les stéréotypes négatifs associés au vieillissement. WPR/RC71/5 page 13 Annexe 1. Contexte En 2013, le Comité régional de l’OMS pour le Pacifique occidental a approuvé le Cadre d’action régional sur le vieillissement et la santé dans le Pacifique occidental (2014–2019). La période couverte par le plan touchant à son terme, le Comité régional a organisé, en octobre 2019, une table ronde de haut niveau axée sur le vieillissement. Les États Membres ont demandé à l’OMS d’élaborer un plan d’action régional qui aille dans le sens des mandats mondiaux, en particulier le Programme de développement durable à l’horizon 2030 et le document de l’OMS intitulé Stratégie et plan d’action mondiaux sur le vieillissement et la santé (2016-2020). Conformément à la décision du Comité régional, l’OMS a élaboré un projet de Plan d’action pour la Région du Pacifique occidental en se fondant sur les contributions des États Membres. Ces contributions ont été recueillies dans le cadre de visites sur le terrain menées dans toute la Région et de plusieurs consultations d’experts et de partenaires. Le Plan est aligné sur la Décennie pour le vieillissement en bonne santé 2020–2030, approuvée par l’Assemblée mondiale de la Santé en juillet 2020. Il s’appuie également sur la vision du travail de l’OMS dans la Région du Pacifique occidental pour les prochaines années, décrite dans le document intitulé Vision d’avenir : devenir la Région la plus saine et la plus sûre, qui met également l’accent sur la transformation des systèmes de santé nécessaire pour tenir compte du déplacement de la charge de morbidité et des approches multisectorielles et continues tout au long de la vie. Les États et Territoires de la Région du Pacifique occidental devraient agir sans tarder pour être prêts à répondre aux besoins d’une population vieillissante. 1) Le vieillissement est une tendance mondiale. Dans la Région du Pacifique occidental en particulier, les États et Territoires connaissent un vieillissement accéléré de la population. La Région du Pacifique occidental a l’une des populations âgées les plus nombreuses et en plus forte expansion. À l’échelle mondiale, près de 674 millions de personnes ont plus de 65 ans, et plus de 240 millions d’entre elles vivent dans la Région du Pacifique occidental (1,2). Ce nombre devrait doubler d’ici à 2050 (2). Qui plus est, les États et Territoires de la Région du Pacifique occidental observent une « expansion » sans précédent de la population vieillissante, le groupe le plus âgé (75 ans et plus) croissant également de manière non négligeable. La région compte actuellement plus de 84 millions de personnes âgées de 75 ans et plus, et ce nombre devrait tripler d’ici à 2050. Le rythme de l’évolution démographique s’accélère également. Une population est dite vieillissante lorsque plus de 7 % de ses membres ont 65 ans ou plus, et âgée lorsque plus de 14 % de ses membres ont 65 ans ou plus (3). Le passage d’une société vieillissante à une société âgée a pris environ 60 ans en Australie et en Nouvelle-Zélande et 24 ans au Japon (fig. 1) (2). On estime cependant que cette évolution prendra moins de 20 ans dans les États et Territoires plus jeunes, comme le Viet Nam et la Polynésie française (fig. 1) (2). WPR/RC71/5 page 14 Annexe Fig. 1. Vitesse du vieillissement dans certains États et Territoires de la Région du Pacifique occidental Source : Population Division of the Department of Economic and Social Affairs of the United Nations Secretariat, World Population Prospects: The 2019 Revision. De nombreux pays qui sont encore considérés comme jeunes ont des sous-populations qui vieillissent rapidement. En Malaisie, par exemple, la sous-population de Sino-Malaisiens vieillit plus rapidement que les Malais et les Indo-Malaisiens. On estime que plus de 16 % des Sino-Malaisiens ont plus de 60 ans, contre 12,15 % pour les Indo-Malaisiens et 9,2 % pour les Malais (4). Aux Philippines, certaines régions se rapprochent de sociétés « vieillissantes » (c’est-à-dire que 7 % de leur population est âgée de 65 ans et plus) comme les Ilocos (6,7 %), les Visayas occidentales (6,3 %) et les Visayas orientales (5,8 %) (fig. 2) (5). WPR/RC71/5 page 15 Annexe Fig. 2. Proportion de personnes âgées de 65 ans et plus par région – Philippines Source : Bureau des statistiques des Philippines, projections démographiques actualisées sur la base de POPCEN 2015. Au Viet Nam, les personnes de plus de 65 ans représentaient en avril 2019 12,7 % et 12,0 % de la population totale des provinces de Thái Bình et Nam Dinh, qui se rapprochent donc de la définition de sociétés « âgées » (où plus de 14 % de la population est âgée de 65 ans et plus) (fig. 3) (6). La proportion plus élevée de personnes âgées dans ces provinces peut en partie s’expliquer par l’exode rural des jeunes (7). Fig. 3. Proportion de personnes âgées de 65 ans et plus par région – Viet Nam Source : Office général des statistiques, 2019. WPR/RC71/5 page 16 Annexe 2) Le vieillissement de la population a d’importantes incidences sur la société, mais offre également de nombreuses opportunités aux individus et à la société en général La préparation au vieillissement de la population exige une transformation à long terme de l’ensemble de la société. Cela nécessitera un changement de mentalité aux niveaux individuel et sociétal, ainsi que des investissements, un engagement et une coordination dans tous les secteurs de la société (8), La réunion du Comité régional de l’OMS pour le Pacifique occidental, tenue en octobre 2019, a identifié les principaux changements suivants dans les sociétés vieillissantes (9) : a) l’augmentation de la charge des MNT et des maladies chroniques, qui exige la transformation des systèmes de santé et le financement accru de la santé (fig. 4) (10), b) la diversité des besoins sociaux et des problèmes de santé des personnes âgées, qui exige des systèmes sociaux et sanitaires souples pour fournir un soutien/des soins en fonction des besoins individuels (par exemple, de la protection sociale et des soins pour les plus vulnérables à la possibilité de participer à la société) ; c) des personnes âgées plus actives et en meilleure santé, en raison de l’allongement de l’espérance de vie et de la réduction des taux de natalité, ce qui nécessite un changement dans le discours sur le vieillissement et la suppression des obstacles à la contribution des personnes âgées à la société ; et d) un plus grand nombre de personnes âgées vivant dans leur communauté, ce qui souligne l’importance du rôle de la communauté pour encourager la participation sociale, notamment en favorisant des environnements amis des aînés pour encourager la participation sociale. Fig. 4. Pourcentage de la charge des MNT par pays dans la Région du Pacifique occidental Source : Institute of Health Metrics and Evaluation, Global Burden of Disease Study 2018. Si le vieillissement de la population nécessite une adaptation de la société, il offre également de nombreuses opportunités au niveau des individus comme des sociétés, car les gens vivent plus longtemps. L’espérance de vie à la naissance augmente dans les États et Territoires de la Région du WPR/RC71/5 page 17 Annexe Pacifique occidental, comme le montre la figure 5 (2). Les augmentations les plus importantes sont observées dans de nombreux pays jeunes tels que le Cambodge, la République démocratique populaire lao et la Mongolie, tandis que l’espérance de vie dans certains États et Territoires âgés comme le Japon et Hong Kong (RAS de Chine) devrait atteindre près de 90 ans d’ici à 2040. L’allongement de la vie permet d’avoir un plus large éventail d’activités et de centres d’intérêt qui sont importants dans notre vie. La population vieillissante, plus instruite et en meilleure santé, peut apporter à la société des connaissances, une capacité de résolution de problèmes et une expérience accrues. Les personnes âgées contribuent à la société de diverses manières, notamment en se livrant à un travail rémunéré ou non, en s’occupant des membres de leur famille et en transmettant leurs connaissances et traditions aux jeunes générations. Elles contribuent également à l’économie en tant que salariés, consommateurs, investisseurs et prestataires de services sociaux. Fig. 5. Espérance de vie à la naissance dans les États et Territoires de la Région du Pacifique occidental (sans distinction de sexe) Source : Population Division of the Department of Economic and Social Affairs of the United Nations Secretariat, World Population Prospects: The 2019 Revision. 3) S’il faudra du temps pour saisir ces opportunités, une action anticipée permettra aux pays de transformer les défis potentiels en possibilités. L’évolution de la société et l’investissement nécessaires face au vieillissement de la population prennent du temps. Toutefois, l’expérience des pays vieillissants et âgés semble indiquer que ces investissements produiront des rendements importants dans les domaines de la santé et de l’économie. WPR/RC71/5 page 18 Annexe Amélioration de l’état de santé Certains pays de la Région du Pacifique occidental ont adopté une approche tournée vers l’avenir pour anticiper les besoins émergents et à long terme. Le Japon a ainsi réalisé d’importants investissements pour transformer ses systèmes sanitaire et social depuis la Seconde Guerre mondiale, pour faire face à l’évolution démographique du pays (fig. 6) (11). Fig. 6. Évolution du système japonais de soins de longue durée Source : Nakatani H, Population ageing in Japan: policy transformation, sustainable development goals, universal health coverage, and social determinates of health, 2019. Il a notamment mis en place une assurance maladie universelle en 1961 et une assurance de soins de longue durée en 2000, et investi dans d’importantes campagnes de promotion de la santé auprès de la population, comme celles visant la réduction de la consommation de sel (12). L’important rôle moteur joué par les pouvoirs publics dans les secteurs de la santé et de la santé publique a contribué à améliorer sensiblement l’espérance de vie des Japonais. Selon une étude, la vitesse de marche des Japonais et des Japonaises âgés de 65 à 79 ans a nettement augmenté entre 1998 et 2018. La vitesse de marche des personnes âgées de 75 à 79 ans est aujourd’hui comparable à celle des personnes âgées de 65 à 69 ans il y a 20 ans (fig. 7) (13). WPR/RC71/5 page 19 Annexe Fig. 7. Vitesse de marche des personnes âgées – Japon (mètres/minute) Source : Ministère de l’Éducation, de la Culture, des Sports, de la Science et de la Technologie, Japon, 2018. Des études réalisées en Europe occidentale et aux États-Unis semblent indiquer que l’incidence de la démence est restée stable ou a diminué entre la fin des années 1980 et le début des années 2010, probablement en raison de l’amélioration de l’état de santé tout au long de la vie et d’un meilleur accès à l’éducation, à la nutrition et aux services de santé (14). Coût des soins de santé Les données disponibles semblent également indiquer que l’investissement dans la santé des personnes âgées peut limiter l’augmentation des dépenses de santé. Selon une analyse de l’Observatoire européen des systèmes et des politiques de santé, un partenariat intergouvernemental hébergé par l’OMS et spécialisé dans le développement des systèmes de santé, la croissance des dépenses de santé liée au vieillissement de la population des pays de l’Union européenne et du Japon sera insignifiante jusqu’en 2060, et se chiffrera à moins de 1 % par an, soit nettement moins que d’autres facteurs tels que l’augmentation des prix et l’innovation. Ce coût relativement faible est lié à l’amélioration de la santé des personnes âgées dans ces pays et pourrait être réduit davantage en promouvant un vieillissement en bonne santé plus tôt dans la vie (15). Avantage économique Différentes analyses ont confirmé les retombées économiques positives des investissements dans la santé et la santé publique, car ils améliorent la capacité des personnes à contribuer à la société. Il a été suggéré que l’investissement du Japon dans la lutte contre la tuberculose et les parasitoses, dans les années 1950 et 1960, a contribué à la croissance économique de l’après-guerre (11). Les données indiquent une corrélation entre l’amélioration de l’état de santé et l’augmentation des taux d’activité et des revenus (16). En outre, l’amélioration de la santé au niveau de la population réduirait la dépendance aux soins et permettrait ainsi aux personnes qui fournissent actuellement des soins informels de rechercher des emplois plus formels (17). Les personnes qui sont en meilleure santé sont également plus disposées à investir dans le développement de leurs compétences et leurs capacités pour avoir une vie plus longue et plus productive (18). Parallèlement, l’investissement dans le vieillissement en bonne santé et la création d’opportunités permettant aux personnes âgées de participer activement à la société peuvent être bénéfiques pour la WPR/RC71/5 page 20 Annexe société dans son ensemble. Selon une simulation de l’effet du vieillissement de la population sur la croissance économique, réalisée par l’Observatoire, une augmentation de la population active âgée est en général fortement associée à un ralentissement de la croissance économique (19). Mais une analyse de suivi a révélé qu’une amélioration de la santé de 5 %, fondée sur l’amélioration des années vécues avec une incapacité, chez les personnes âgées de 55 à 69 ans pourrait favoriser la croissance du produit intérieur brut en améliorant la productivité des personnes de cette tranche d’âge. De nombreux pays connaissent également une contraction de la main-d’œuvre en raison du vieillissement de la population et de la baisse du taux de natalité. Mais des personnes âgées en meilleure santé et plus actives peuvent contribuer à la stabilisation de la main-d’œuvre. Le Japon a par exemple connu une forte diminution de la population âgée de 15 à 64 ans. Mais le nombre d’actifs était plus élevé en 2018 qu’en 1990, en grande partie en raison de l’augmentation de la participation au marché du travail des plus de 65 ans (fig. 8) (20,21). Cette observation a d’importantes conséquences pour de nombreux « jeunes pays » de la Région qui s’attendent à une diminution de la population âgée de 15 à 64 ans au cours des prochaines décennies. Fig. 8. Nombre de personnes actives entre 1990 et 2018 (15-64 ans, et plus de 65 ans) Source : Statistics Bureau of Japan, Current Population Estimates and Labour Force Survey, 2019. La nécessité de prendre des mesures pour faire face au vieillissement de la population est encore plus évidente aujourd’hui, compte tenu de la pandémie de COVID-19 et des transformations sociétales qu’elle a déclenchées. Les personnes âgées ont été touchées de manière disproportionnée, directement par la menace de la maladie, et indirectement par ses conséquences sociales et économiques (22). Bien que toutes les tranches d’âge soient exposées au risque de contracter la COVID-19, les personnes âgées sont davantage exposées à de plus graves complications ainsi qu’à la mort. Les résidents des établissements de soins de longue durée ont été particulièrement touchés, et représentent dans de nombreux pays européens 30 à 60 % des cas de COVID-19 recensés (23). En outre, les mesures de santé 5000 5500 6000 6500 7000 7500 8000 8500 9000 5000 5200 5400 5600 5800 6000 6200 6400 6600 6800 7000 p o p u la ti o n t o ta le ( 1 5 - 6 4 ) (1 0 0 0 0 ) n o m b re d e p e rs o n n e s a c ti v e s (1 0 0 0 0 ) 15 - 64 (labour workforce) 65+ (labour workforce) 15 - 64 (total population) WPR/RC71/5 page 21 Annexe publique, dont l’éloignement physique, mises en œuvre pour freiner la propagation de la COVID-19 peuvent exacerber les vulnérabilités sociales de certaines personnes âgées, comme l’insécurité des revenus, le risque de violence et l’isolement social. Ces vulnérabilités ont également des incidences importantes sur la santé physique et mentale des personnes âgées. La COVID-19 a mis en évidence les lacunes dans les soins aux personnes âgées et a sensibilisé le public à la nécessité d’améliorer le soutien aux populations vieillissantes. Elle a ainsi confirmé l’importance de prendre des mesures précoces tout en donnant aux pays l’occasion de prioriser les mesures visant à améliorer la santé et le bien-être des personnes âgées, et en créant une dynamique de collaboration intersectorielle en faveur du vieillissement en bonne santé. WPR/RC71/5 page 22 Annexe 2. Plan d’action régional Le plan d'action régional vise à aider les États Membres à concrétiser la vision d'un vieillissement en bonne santé, à savoir des adultes âgés en meilleure santé et jouissant d’un plus grand bien-être dans le Pacifique occidental qui s'épanouissent et contribuent à la société, grâce à la mise en œuvre de mesures prises en ce sens. Le plan est sous-tendu par une approche multisectorielle, tournée vers l'avenir et prenant en compte toute la durée de la vie, dans une optique d'équité et englobant, dans la mesure du possible, les acquis existants. Il recommande une transformation sociale et sanitaire, l'adoption de soins intégrés à base communautaire, de technologies et d'innovations, et soutient la recherche, le suivi et l'évaluation. Fig. 9. Aperçu du Plan d’action régional pour le vieillissement en bonne santé Source : Organisation mondiale de la Santé. WPR/RC71/5 page 23 Annexe Vision : Les personnes âgées de la Région du Pacifique occidental sont en meilleure santé et peuvent ainsi s’épanouir et contribuer à leurs sociétés (« Transformer l’argent en or ») Fig. 10. L’investissement dans le vieillissement en bonne santé permet aux personnes âgées de contribuer à la société Source : Organisation mondiale de la Santé. L’OMS définit le vieillissement en bonne santé comme « le processus qui développe et entretient les aptitudes fonctionnelles, permettant d’accéder au bien-être à un âge avancé » (24). Les aptitudes fonctionnelles correspondent à l’interaction entre les capacités intrinsèques d’un individu et son environnement, y compris son domicile, sa communauté et la société en général. Il s’ensuit que la promotion du vieillissement en bonne santé couvre non seulement la promotion de la santé des personnes âgées, mais aussi leur participation sociale continue. Le présent Plan d’action fournit aux États Membres des orientations pour se préparer à une société vieillissante active dans laquelle les personnes âgées peuvent rester en bonne santé et continuer d’être impliquées. WPR/RC71/5 page 24 Annexe Principes directeurs 1) Tourné vers l’avenir (analyse rétrospective) La préparation au vieillissement de la population exige un engagement à long terme et la transformation des systèmes sanitaires et sociaux. L’analyse rétrospective consiste à avoir un objectif ou une vision à long terme et à identifier les mesures permettant de s’en rapprocher (25). Elle permet d’aborder des problèmes complexes et de mettre en œuvre des mesures durables et intersectorielles pour changer les choses. 2) Approche tout au long de la vie L’état de santé des personnes âgées est déterminé par le cumul de leurs états de santé et de leurs expositions environnementales sur l’ensemble de leur vie. Par exemple, la santé et le niveau socioéconomique pendant l’enfance ont été associés à la santé et aux comportements de santé plus tard dans la vie (26–29). L’adoption de comportements favorables à la santé à un plus jeune âge, comme l’activité physique ou le sevrage tabagique, peut avoir un impact sur la santé et les comportements de santé plus tard dans la vie (30,31). Il est donc important de promouvoir la santé plus tôt dans la vie et d’éliminer les obstacles à l’adoption de comportements sains pour que les individus vieillissent en bonne santé. 3) Équité et genre On entend par équité l’absence de différences évitables ou remédiables parmi des groupes de personnes, que ceux-ci soient définis selon des critères sociaux, économiques, démographiques ou géographiques. Les iniquités en santé tiennent en grande partie aux disparités des conditions dans lesquelles les gens vivent, apprennent, grandissent et vieillissent (32). Ces conditions, souvent désignées « déterminants sociaux de la santé », peuvent influencer la santé et les aptitudes fonctionnelles des personnes âgées. Elles comprennent : 1) le contexte général reflétant les aspects structurels, culturels, naturels et fonctionnels d’un système social, qui contribuent à la répartition inégale des ressources au sein de la société ; et 2) le niveau socioéconomique (par exemple, l’éducation, l’appartenance ethnique, le sexe, la profession, la richesse, le lieu de résidence) (33). Le sexe est un autre déterminant important de la santé qui a une incidence sur le vieillissement en bonne santé. Les différences d’espérance de vie selon le sexe sont bien documentées : à l’échelle mondiale, les femmes vivent plus longtemps que les hommes. En 2017, l’espérance de vie à la naissance était de 70,2 ans pour les hommes et de 74,7 ans pour les femmes (34). Mais les femmes ont tendance à être en moins bonne santé tout au long de leur vie et à connaître des taux de pauvreté plus élevés (8). Qui plus est, on attend souvent des femmes qu’elles assument le rôle d’aidantes pour les personnes âgées, avec les incidences que cela peut avoir sur leur bien-être et d’autres responsabilités, comme le travail rémunéré (8). 4) Approche plurisectorielle La santé et le bien-être des personnes âgées sont déterminés par l’interaction complexe de facteurs qui s’accumulent tout au long de leur vie, notamment les conditions politiques, sociales, économiques et environnementales qui, pour l’essentiel, ne relèvent pas du secteur de la santé (8,35). L’OMS préconise que le secteur de la santé prône des approches de la santé impliquant l’ensemble des pouvoirs publics et de la société (25). Pour ce faire, le secteur de la santé doit identifier les scénarios gagnant-gagnant, en WPR/RC71/5 page 25 Annexe alignant les objectifs de santé sur ceux des autres secteurs et en aidant ces secteurs à justifier les changements/investissements à l’aide de données sur les bienfaits pour la santé. De nombreuses communautés désignées « amies des aînés » par l’OMS ont adopté une approche multisectorielle pour concevoir des communautés qui valorisent les contributions des personnes âgées et facilitent leur accès à tous les aspects de la vie communautaire. Par exemple, la municipalité d’East Gippsland, dans l’État de Victoria, en Australie, a élaboré une stratégie pour des communautés amies des aînés (2017-2030) en collaboration avec des organisations et des services communautaires qui soutiennent les personnes âgées, les membres de la communauté, les entreprises, les services de santé, le ministère de la Santé et des Services sociaux, ainsi que les éducateurs, dans le cadre de réunions et de discussions régulières (36). 5) Exploiter les actifs existants Une approche du développement communautaire fondée sur les actifs permet de tirer parti des atouts et des ressources de la communauté pour relever les défis locaux (37). Cette approche, qui s’inscrit dans le cadre du modèle de l’OMS pour le développement de communautés amies des aînés, tire parti de la culture, des compétences, des connaissances, des ressources et des structures locales pour développer des innovations sociales visant à améliorer la qualité de vie des membres de la communauté (37,38). Cette approche, qui s’inscrit dans le cadre du modèle de l’OMS pour le développement de communautés amies des aînés, tire parti de la culture, des compétences, des connaissances, des ressources et des structures locales pour développer des innovations sociales visant à améliorer la qualité de vie des membres de la communauté (39). La Thaïlande fait par exemple appel à des volontaires communautaires pour développer de nouveaux programmes de gestion des soins pour les personnes âgées (40). Dans de nombreux États et Territoires de la Région du Pacifique occidental, dont les Philippines et le Viet Nam, les membres de la famille continuent de jouer un rôle important dans la fourniture de soins de longue durée aux personnes âgées (fig. 11) (41,42). Fig. 11. Relation entre l’aidant principal et les personnes âgées par sexe Source : Cruz GT, Cruz CJP, Yasuhiko S, Ageing and Health in the Philippines, 2019; Giang L, Viet Nam Aging Survey (VNAS), 2011. WPR/RC71/5 page 26 Annexe Objectifs Objectif 1 : Transformer les sociétés dans leur ensemble pour promouvoir un vieillissement en bonne santé, grâce à la compréhension des incidences du vieillissement de la population Contexte Le vieillissement de la population représente une opportunité importante pour les personnes âgées de contribuer à la société. Le vieillissement en bonne santé ne consiste pas simplement à fournir de meilleurs soins de santé aux personnes âgées ou à améliorer leur bien-être en leur apportant un soutien financier et social. Il s’agit de permettre aux personnes âgées d’optimiser leurs aptitudes fonctionnelles, notamment en répondant à leurs besoins essentiels, en apprenant et en prenant des décisions, en établissant et en entretenant des relations, en se déplaçant (mobilité) et en apportant une contribution à leur famille, à leur communauté et à la société (8). Pour réaliser pleinement le potentiel des personnes âgées, les décideurs doivent comprendre les incidences sociétales complexes du vieillissement de la population et formuler un plan intersectoriel visant à transformer la société (43). Il sera également nécessaire d’atténuer les stéréotypes négatifs, les préjugés et la discrimination à l’égard des personnes âgées et du vieillissement (« âgisme ») (44). L’âgisme peut prendre la forme d’une discrimination manifeste par voie législative ou politique, ou d’interactions avec les personnes âgées. Il peut également prendre la forme d’idées erronées concernant les personnes âgées, qui peuvent contribuer à la détérioration de leur santé (44). L’âgisme existe également dans le secteur de la santé, à la fois implicitement et explicitement, par exemple par le refus d’accès aux services de santé ou l’exclusion des activités de recherche, y compris des essais cliniques pour les maladies liées à l’âge (45-47). Aussi, les marqueurs précoces de la diminution des capacités intrinsèques, tels que la réduction de la vitesse de marche ou de la force musculaire, sont considérés comme un « vieillissement normal » et reçoivent rarement l’attention qu’ils méritent (44). Orientation stratégique 1) Comprendre les incidences générales du vieillissement de la population Si l’on admet que le vieillissement de la population a des incidences sur la société au-delà du secteur de la santé, chaque pays devra faire des projections démographiques, réfléchir à différents scénarios et évaluer les incidences potentielles sur son système social, puis s’adapter en conséquence. Les décideurs de divers secteurs devraient s’entendre sur une vision à long terme de la société tenant compte des projections, et travailler à rebours pour identifier les mesures devant être prises aujourd’hui pour assurer l’avenir souhaité. Il est particulièrement important que tous les secteurs – tels que la santé, le bien-être, le logement, les transports et le travail – parviennent à un consensus sur la vision à long terme favorable à un vieillissement en bonne santé, qui va au-delà de la simple fourniture de services de soins de santé et d’aide sociale aux personnes âgées. 2) Transformation des politiques entre les secteurs pour garantir des politiques adaptées aux besoins des personnes âgées Dans de nombreux pays, les politiques reposent souvent sur des idées traditionnelles sur le parcours de vie, selon lesquelles l’éducation, l’emploi et la retraite sont censés avoir lieu à des périodes déterminées de la vie (48). Ces politiques limitent souvent les possibilités offertes aux personnes âgées. Les pays sont WPR/RC71/5 page 27 Annexe encouragés à revoir les politiques susceptibles de créer des obstacles pour les personnes âgées et à les réformer pour leur permettre de continuer de participer à la société. a. Législation et politiques de lutte contre l’âgisme : Les pays sont encouragés à adopter des lois visant à prévenir la discrimination fondée sur l’âge, ou à renforcer leur application, et à revoir les politiques existantes pour éviter ce type de discrimination. Par exemple, tous les pays de l’Union européenne sont tenus de mettre en œuvre la Directive-cadre sur l’égalité en matière d’emploi, qui interdit la discrimination sur le lieu de travail, y compris la discrimination fondée sur l’âge (48). De même, aux États-Unis d’Amérique, la loi de 1967 sur la discrimination fondée sur l’âge dans l’emploi interdit la discrimination des personnes de plus de 40 ans sur le lieu de travail, et peut contribuer à des taux d’activité élevés chez les personnes de plus de 65 ans (48). b. Politiques d’emploi et de retraite i. Envisager des politiques d’emploi souples : Dans de nombreux pays, les personnes âgées affrontent des obstacles pour participer au marché du travail. Au Japon, par exemple, les politiques de retraite obligatoire découragent les employeurs de conserver leurs employés au-delà de l’âge de la retraite (49). Selon les estimations, ces politiques réduisent de 20 % la probabilité d’emploi des hommes de 60 à 69 ans (48). Étant donné que l’emploi est un déterminant important de la santé (50-52), le secteur de la santé pourrait préconiser des politiques d’emploi plus souples, notamment la retraite partielle, le travail à temps partiel ou le travail indépendant, pour aider les personnes âgées désirant rester dans la vie active (48). ii. Inciter les employeurs à conserver les travailleurs âgés : Les mesures possibles comprennent des incitations à former les travailleurs âgés ainsi que des exonérations fiscales pour les embaucher et les protéger (48). c. Sécurité sociale : Les personnes qui vieillissent et prennent leur retraite ne peuvent plus compter sur les revenus de leur travail et ont donc besoin d’un soutien financier supplémentaire (53). La protection sociale des personnes âgées comprend des prestations en nature et en espèces. Les prestations en nature peuvent inclure des subventions au logement et à l’énergie ainsi qu’un accès abordable aux services essentiels tels que les services de santé et les soins de longue durée (48,53). Il est toutefois important que les systèmes publics de retraite ne découragent pas les personnes âgées de travailler. Par exemple, le système public de retraite japonais réduit les prestations des travailleurs qui ont droit à une pension, ce qui peut décourager les gens de travailler au-delà de l’âge de la retraite (49). d. Planification de la retraite : La planification de la retraite passe par de bonnes décisions d’épargne et d’investissement tout au long de la vie, ce qui peut contribuer à la sécurité financière des personnes âgées (54). Les décideurs ont un rôle important à jouer pour renforcer l’alphabétisation financière en offrant aux jeunes une éducation financière pour les sensibiliser davantage aux risques et aux opportunités connexes et leur permettre de faire des choix plus éclairés afin d’améliorer leur bien-être financier à long terme. 3) Sensibilisation pour prévenir l’âgisme et créer une culture positive autour du vieillissement Les attitudes négatives à l’égard des personnes âgées persistent, malgré leur diversité et les nombreuses contributions qu’elles apportent à la société. La Décennie pour le vieillissement en bonne santé de l’OMS préconise la prévention des stéréotypes (notre façon de penser), des préjugés (les sentiments que nous éprouvons) et de la discrimination (la façon dont nous agissons) à l’encontre de personnes en raison de leur âge, qui peuvent avoir des effets néfastes sur la santé et le bien-être des personnes âgées (55). WPR/RC71/5 page 28 Annexe Ces objectifs ne pourront être atteints que grâce au renforcement des capacités, à des actions de sensibilisation et à des campagnes visant à changer les perceptions négatives des personnes et des sociétés concernant le vieillissement et les personnes âgées. Actions recommandées Pour les États Membres Pour l’OMS • Mettre en place un mécanisme multisectoriel pour examiner l’évolution démographique du pays et évaluer ses incidences sur les différents secteurs. • Identifier et examiner les politiques, y compris la législation et les mécanismes d’application associés, qui créent des obstacles pour les personnes âgées, notamment l’accès à la santé, à l’emploi, à l’apprentissage et à la participation sociale. • Favoriser des représentations plus positives du vieillissement grâce aux médias et à des campagnes de sensibilisation à l’âgisme ainsi qu’à la prévention de la discrimination fondée sur l’âge. • Faciliter la participation des personnes âgées à la prise de décision à tous les niveaux en utilisant des outils et des approches communautaires participatives (55,56). Des groupes thématiques rassemblant des personnes âgées pourront être organisés à cet effet. • Soutenir l’élaboration et la mise en œuvre de programmes de formation pour lutter contre l’âgisme dans les secteurs de la santé, de l’éducation, de l’emploi et autres, notamment en fournissant des informations sur les mythes et les réalités du vieillissement. o Créer des opportunités qui soutiennent et améliorent les aptitudes des personnes âgées et réduisent l’âgisme auto-infligé • Accroître les possibilités de relations intergénérationnelles afin d’améliorer les attitudes des jeunes à l’égard du vieillissement et de lutter contre les stéréotypes négatifs. • Aider les États Membres à revoir les politiques pertinentes et à fournir des éléments d’information pour plaider en faveur de la révision des politiques, le cas échéant. • Fournir des matériels qui offrent une représentation positive du vieillissement en vue de leur utilisation dans les campagnes publiques. Objectif 2 : Transformer les systèmes de santé pour répondre aux besoins de santé de chaque individu tout au long de sa vie grâce à la prestation coordonnée des services de santé et autres nécessaires Contexte L’état de santé et les aptitudes fonctionnelles des personnes âgées sont en grande partie déterminés par le cumul de leurs problèmes médicaux, de leurs comportements individuels et de leurs environnements WPR/RC71/5 page 29 Annexe sociaux sur l’ensemble de leur vie. Il s’ensuit que le soutien au vieillissement en bonne santé va au-delà du simple traitement des maladies chez les personnes âgées ; il nécessite la création d’environnements favorables et la promotion de comportements sains à tout âge pour améliorer la santé tout au long de la vie. L’OMS préconise une approche du vieillissement en bonne santé tout au long de la vie, reposant sur la prise de mesures précoces, lorsque les capacités sont élevées et stables, afin de promouvoir les capacités fonctionnelles et de prévenir leur déclin ou leur perte plus tard dans la vie (fig. 12) (48). Fig. 12. Cadre de santé publique pour le vieillissement en bonne santé : mesures de santé publique possibles tout au long de la vie Source : Organisation mondiale de la Santé, Rapport mondial sur le vieillissement et la santé, 2015. En outre, l’évolution démographique déplacera la charge de morbidité des maladies transmissibles vers les MNT et d’autres maladies chroniques, d’où le besoin d’accorder une importance accrue à la diminution des capacités intrinsèques d’une grande partie de la population. Cette charge de morbidité vient s’ajouter à celle des maladies transmissibles qui continue de peser sur certaines parties de la Région (25). Les systèmes de santé existants ont tendance à adopter une approche centrée sur une seule maladie et un seul épisode, qui ne permet pas de répondre pleinement aux besoins actuels et futurs des populations. L’évolution constante des schémas de morbidité fait qu’il est souvent difficile d’établir une distinction claire entre les personnes en bonne santé et les malades (fig. 13) (57). La prévention des MNT ainsi que la gestion des maladies chroniques et des morbidités multiples au sein des populations nécessitent des changements dans les comportements individuels et les facteurs sociaux et environnementaux, notamment une participation accrue des individus et des communautés dans la promotion de la santé. Il est donc important de maximiser l’adoption des autosoins et des comportements préventifs. Les services de soins et de traitement devraient être personnalisés, car l’état de santé, les préférences, la situation sociale et les conditions environnementales varient selon les personnes. WPR/RC71/5 page 30 Annexe La pandémie de COVID-19 actuelle, notamment ses effets sur les économies de la Région et la perturbation des systèmes de santé, incite à repenser la prestation des services de santé dans les communautés. Fig. 13. L’évolution du concept de santé avec le vieillissement de la population Source : Adapté de Nakatani, 2020 (57). Orientation stratégique Pour mieux soutenir la prévention et la prise en charge des maladies chroniques à tout âge, les systèmes de santé doivent être réorientés pour « accompagner » les individus tout au long de leur vie. Les systèmes de santé doivent étendre leur rôle au-delà du simple traitement des maladies et des affections (25). La vision proposée pour l’avenir des soins de santé primaires est centrée sur les individus et les familles, et prévoit de soutenir leur santé grâce à des services coordonnés qui chevauchent plusieurs secteurs et sont offerts dans leurs communautés. Ces services s’intéressent également à l’environnement qui influence la santé (les déterminants sociaux). Ils comprennent : A) les services curatifs ; B) les services préventifs ; et C) les services de protection sociale. Les innovations technologiques, telles que les technologies de l’information et de la communication, permettent l’échange d’informations et la coordination entre les secteurs ainsi que des services personnalisés. WPR/RC71/5 page 31 Annexe Fig. 14. Vision pour l’avenir des soins de santé primaires dans la Région du Pacifique occidental Source : Organisation mondiale de la Santé. 1) Services curatifs Le déplacement de la charge de morbidité des maladies aiguës vers les MNT fait que les services de santé traditionnellement conçus pour traiter les affections aiguës sont aujourd’hui insuffisants pour aider les personnes à rester en bonne santé et productives tout au long de leur vie (25). Il s’ensuit que les États Membres devraient renforcer les services de soins de santé primaires pour qu’ils puissent faire face aux multiples comorbidités et facteurs de risque et assurer la continuité des soins tout au long de la vie. Les services curatifs doivent évoluer pour accompagner les personnes tout au long de leur vie et ne plus traiter chaque maladie isolément. Il convient de mettre en place un « service à guichet unique » pour répondre à la majorité des problèmes de santé d’une personne, y compris le diagnostic, le traitement, la prise en charge, la réadaptation et les soins palliatifs. Une approche globaliste est de mise, pour que les professionnels des différents services comprennent et prennent en compte la situation sociale/psychologique d’un individu en plus de son état de santé. Les informations doivent également être partagées entre les professionnels de la filière de soins afin de promouvoir la continuité de ces derniers. Les soins de santé primaires devraient avoir de solides liens avec les établissements et services de santé secondaires et tertiaires pour permettre : 1) l’échange d’informations sur les patients entre les services et les établissements afin de garantir la continuité des soins ; 2) la fourniture de soins spécialisés par le biais de consultations de spécialistes ou de consultations virtuelles pour les cas compliqués ; et 3) l’orientation des patients soit par la fourniture directe de soins (pour la grande majorité des affections), WPR/RC71/5 page 32 Annexe soit par l’orientation vers d’autres niveaux de soins ou de services pour que les soins primaires puissent répondre à tout besoin de soins qu’une personne pourrait avoir. Soins palliatifs Les soins palliatifs sont définis comme une approche qui améliore la qualité de vie des patients et de leur famille confrontés aux problèmes inhérents à une maladie potentiellement mortelle, approche qui consiste à prévenir et à soulager la souffrance en décelant précocement et en évaluant et traitant irréprochablement la douleur et d’autres problèmes, qu’ils soient physiques, psychosociaux ou spirituels (58). Les soins palliatifs de base nécessitent des médicaments et des équipements peu coûteux ainsi qu’une formation simple qui peut être dispensée aux cliniciens généralistes (59). En outre, les soins palliatifs peuvent être offerts au sein des communautés dans le cadre des soins primaires, et ainsi permettre aux patients de les recevoir chez eux. Le document de l’OMS intitulé Integrating palliative care and symptom relief into primary health care: a WHO guide for planners, implementers and managers fournit des lignes directrices pour intégrer les soins palliatifs et le contrôle des symptômes dans les soins de santé primaires (59). Soins de santé primaires en cas d’urgence sanitaire la pandémie de COVID-19 a rappelé l’importance de préparer les systèmes de santé à d’éventuelles urgences sanitaires, en particulier au niveau des soins de santé primaires. En répondant aux urgences sanitaires, les soins de santé primaires jouent un rôle essentiel dans la gestion des cas d’urgence, la prévention de la propagation des maladies et la surveillance des maladies (60). Le principal défi consiste à maintenir la capacité des soins de santé primaires à répondre efficacement à une épidémie de maladie infectieuse, tout en renforçant leur capacité à faire face à la charge croissante des MNT (60). Le document de l’OMS intitulé Primary health care and health emergencies (2018) fournit des orientations supplémentaires sur la préparation des systèmes de soins de santé primaires aux urgences sanitaires (60). 2) Services préventifs Les problèmes de santé des personnes âgées, y compris les MNT, sont souvent le résultat cumulé de leurs comportements tout au long de la vie (61). Il est donc important d’encourager les individus à adopter des comportements sains dès leur plus jeune âge et tout au long de leur vie. L’OMS définit la promotion de la santé comme le processus permettant aux gens de mieux maîtriser et d’améliorer leur santé (62). Elle couvre un large éventail d’interventions sociales et environnementales qui contribuent à améliorer les connaissances en matière de santé des populations ainsi qu’à créer des environnements permettant à tous de faire des choix sains et d’adopter des comportements favorables à la santé. La promotion de la santé est axée sur la lutte contre les causes profondes de la maladie et leur prévention, et pas uniquement sur les traitements et les remèdes, en collaboration avec des secteurs autres que la santé. Par exemple, l’expérience du Japon semble indiquer que la promotion de la santé multisectorielle tout au long de la vie peut améliorer de manière significative l’hygiène bucco-dentaire des personnes âgées (voir étude de cas ci-dessous). WPR/RC71/5 page 33 Annexe Étude de cas : La campagne 8020 au Japon En 1989, le ministère japonais de la Santé et de la Protection sociale a lancé la « Campagne 8020 » visant à ce que plus de la moitié des personnes de plus de 80 ans conservent au moins 20 dents d’ici à 2022 (63). À l’époque, seuls 7 % des personnes âgées de 80 ans et plus avaient au moins 20 dents (63). Pour atteindre cet objectif, la campagne a adopté une approche multisectorielle et continue tout au long de la vie de la prévention de la perte de dents en impliquant de multiples secteurs et en menant des initiatives ciblant toutes les générations (64). Le ministère de la Santé, du Travail et de la Protection sociale a accordé des subventions aux administrations locales et aux associations dentaires pour mener diverses initiatives de santé bucco-dentaire, qui comprenaient des examens des futures mères et des enfants de 1,5 et 3 ans, ainsi que de groupes d’âge ciblés tels que les personnes de plus de 40 ans (63). Le ministère de l’Éducation, de la Culture, des Sports, des Sciences et de la Technologie a également pris des initiatives en milieu scolaire, notamment en organisant des examens annuels pour les enfants de 6 à 18 ans par un dentiste scolaire et en recommandant des programmes de rinçage au fluor en milieu scolaire pour les enfants et les adolescents de 4 à 14 ans. En 2000, la Fondation pour la promotion de 8020 a été créée, essentiellement pour mener des travaux de recherche en rapport avec la campagne (65). Le ministère de la Santé, du Travail et de la Protection sociale a réalisé en 2016 une enquête nationale sur les maladies dentaires qui a constaté que 51 % des octogénaires japonais avaient plus de 20 dents (fig. 15) (66). Qui plus est, la prévalence de la cariogenèse chez les enfants a également diminué grâce aux activités de la campagne qui ont ciblé les groupes d’âge les plus jeunes (66). Enfin, les travaux de recherche de la Fondation pour la promotion de 8020 ont conduit à l’adoption, en 2011, de la loi sur la promotion de la santé bucco-dentaire, qui renforce davantage encore l’importance de la promotion dans ce domaine (67). WPR/RC71/5 page 34 Annexe Fig. 15. Évolution des pourcentages de personnes âgées ayant au moins 20 dents entre 1975 et 2016 Source : Ministère de la Santé, du Travail et de la Protection sociale du Japon, Enquête sur les maladies dentaires, 2016. S’attaquer aux facteurs de risque des MNT L’OMS a récemment estimé les bénéfices des interventions les plus rentables et réalisables pour prévenir et combattre les MNT (ce que l’on appelle les « meilleurs choix ») dans les pays à revenu faible et à revenu intermédiaire de la tranche inférieure (68). Ces meilleurs choix comprennent : 1) la réduction du tabagisme ; 2) la réduction de l’usage nocif de l’alcool ; 3) la réduction de la mauvaise alimentation ; 4) l’augmentation de l’activité physique ; 5) la prise en charge des maladies cardiovasculaires et du diabète ; et 6) la prise en charge du cancer. D’après les estimations, il faudrait seulement 1,27 dollar de plus par personne et par an pour mettre en œuvre ces interventions et réduire la mortalité prématurée de 15 % d’ici à 2030. Chaque dollar – ou yen, yuan, won, peso, kip, rufiyaa, tugrik, riel, ringgit, franc, vatu, tala ou pa’anga – investi aujourd’hui dans ces meilleurs choix de l’OMS rapportera au moins sept fois plus d’ici à 2030. Autosoins Les autosoins sont définis comme la capacité des individus à promouvoir et à maintenir leur santé ainsi qu’à gérer la maladie et le handicap avec ou sans le soutien d’un prestataire de soins de santé (69). Les pratiques d’autosoins sont particulièrement importantes pour la prévention et l’autogestion des maladies chez les personnes âgées (70). La promotion des autosoins est un aspect important du « vieillissement chez soi », en particulier lorsque les ressources sont limitées (70). Les programmes d’éducation à la santé ou d’autogestion peuvent être efficaces pour promouvoir les autosoins. L’éducation sanitaire contribue à améliorer les connaissances en matière de santé et l’auto- - 10.0 20.0 30.0 40.0 50.0 60.0 1975 1981 1987 1993 1999 2005 2011 2016 Those aged 75 to 79 years Those aged ≥80 years Those aged 80 years (Estimation) WPR/RC71/5 page 35 Annexe efficacité des personnes âgées alors que les programmes d’autogestion améliorent l’activité physique, les autosoins, la douleur chronique et l’auto-efficacité chez les personnes âgées (70,71). Les initiatives d’autosoins devraient envisager de promouvoir l’activité physique et une nutrition appropriée pour les personnes âgées : Activité physique L’activité physique offre de nombreux bienfaits pour la santé, quel que soit l’âge, notamment un effet protecteur potentiel contre les problèmes de santé liés à l’âge. On estime par exemple que 10 millions de nouveaux cas de démence dans le monde auraient pu être atténués si les personnes âgées avaient pratiqué l’activité physique recommandée (72). En outre, une activité physique modérée peut réduire le risque d’accident vasculaire cérébral à hauteur de 15 %, contre 22 % pour l’activité physique vigoureuse (73). Les programmes d’activité physique devraient être conçus en tenant compte des points suivants (48) : • Prendre en compte les facteurs culturels et environnementaux spécifiques à la communauté • Proposer des programmes dans tous les domaines de la culture physique : aérobie, force et neuromotricité (équilibre) • Pour les personnes âgées à mobilité réduite, commencer par des exercices visant à augmenter la force et l’équilibre, avant de passer à des activités aérobiques Nutrition Les personnes âgées sont généralement plus vulnérables aux carences nutritionnelles en raison des changements physiologiques qui accompagnent le vieillissement, tels que les déficiences sensorielles affectant le goût et l’odorat ou les problèmes dentaires affectant la fonction masticatoire (48). La malnutrition désigne le déséquilibre entre les besoins et les apports nutritionnels et englobe deux groupes d’affections : 1) la dénutrition, qui comprend le retard de croissance (faible rapport taille/âge), l’émaciation (faible rapport poids/taille), l’insuffisance pondérale (faible rapport poids/âge) et les carences ou insuffisances en micronutriments (manque de vitamines et de minéraux importants) ; et 2) le surpoids, l’obésité et les maladies non transmissibles liées à l’alimentation (telles que les cardiopathies, les accidents vasculaires cérébraux, le diabète et le cancer) (74). La malnutrition est liée au déclin des capacités fonctionnelles générales, à une diminution de la masse osseuse, à un risque accru de fragilité et à une probabilité accrue de dépendance aux soins (48). Cela dit, les problèmes nutritionnels des personnes âgées sont souvent sous-diagnostiqués et donc non traités. Des initiatives visant à promouvoir une meilleure nutrition chez les personnes âgées devraient être envisagées pour (48) : • Améliorer la densité nutritionnelle des aliments, en particulier les vitamines et les minéraux ainsi que l’apport énergétique et protéique • Fournir des conseils nutritionnels individualisés pour répondre à des besoins et circonstances variés WPR/RC71/5 page 36 Annexe Les incitations douces au changement de comportement Pour encourager les efforts individuels de promotion de la santé, il est possible de mettre en œuvre des incitations comportementales douces fondées sur la science, en plus des communications classiques sur la santé. Ces « incitations douces » créent un renforcement positif et influencent indirectement les comportements et les décisions des individus (voir l’étude de cas ci-dessous) Étude de cas : Les incitations douces au changement de comportement Les stratégies visant à promouvoir des modes de vie sains se sont souvent concentrées sur la fourniture d’informations sur la santé, en partant du principe que les gens prennent des décisions rationnelles fondées sur leur compréhension des questions de santé ainsi que des risques et des avantages associés à différents comportements (75). Cependant, d’un point de vue socioécologique, le changement de comportement est dicté par l’interaction de facteurs à de multiples niveaux d’influence, notamment individuel, interpersonnel, organisationnel, communautaire et stratégique (politique d’intérêt général) (76). Les « incitations douces » suscitent un intérêt croissant en tant qu’outil permettant d’orienter les choix des gens en modifiant l’environnement pour rendre les comportements sains plus naturels et intuitifs. Parmi les exemples simples d’incitations douces, on peut citer la réduction de la taille des assiettes pour diminuer l’apport calorique et éviter la suralimentation, ainsi que le placement stratégique de certains aliments dans les établissements scolaires pour encourager les élèves à manger plus sainement (77-79). Les incitations douces ont été utilisées dans le monde entier pour traiter des problèmes de santé publique, notamment le sevrage tabagique, la consommation nocive d’alcool et la promotion de la vaccination (80). Elles peuvent être utiles pour promouvoir la santé des individus tout au long de leur vie, en atténuant par la suite leur exposition aux facteurs de risque des MNT. 3) Services de protection sociale Si la promotion des autosoins peut fournir aux individus les connaissances et les compétences nécessaires pour mieux gérer leur santé, il est tout aussi important de reconnaître que l’adoption de comportements sains, dont l’activité physique et une alimentation saine, dépend de l’accès à des contextes sociaux et environnementaux favorables (81). Ces conditions ne sont toutefois pas encore suffisamment prises en compte. Par exemple, les iniquités en santé entre différents groupes de population restent généralisées et persistantes dans des pays tels que le Japon et la République de Corée, dotés de systèmes de santé très développés et d’une couverture sanitaire universelle (82,83). Les données indiquent que le niveau socioéconomique peut avoir un impact sur les parcours de vieillissement, et influencer la santé et les aptitudes fonctionnelles des personnes âgées. Ainsi, une étude examinant l’évolution de la fragilité dans 10 pays européens a indiqué que les écarts de fragilité observés à l’âge de 50 ans en fonction du niveau d’éducation, de la classe professionnelle et de la richesse persistent tout au long de la vieillesse (84). Elle a également indiqué qu’une personne ayant le plus faible niveau d’éducation, d’activité professionnelle, de revenu et de richesse présentait à 67 ans un indice de fragilité similaire à celui d’une personne de 74 ans ayant un niveau d’éducation, d’activité professionnelle, de revenu et de richesse parmi les plus élevés. Les communautés jouent un rôle important en donnant aux individus et aux familles les moyens de prendre des décisions éclairées et d’exercer un plus grand contrôle sur leur santé en façonnant l’environnement social de leurs comportements de santé. Pour mieux s’attaquer aux déterminants WPR/RC71/5 page 37 Annexe sociaux de la santé, les services de santé (préventifs, curatifs, réadaptatifs et palliatifs) doivent se coordonner avec les autres services communautaires (services de protection sociale) afin de répondre aux besoins et aux demandes des membres de la communauté et d’optimiser l’utilisation de ressources limitées. Ils doivent également intégrer les services de santé avec les soins de longue durée et les services de soins d’assistance, un processus décrit en détail au titre de l’objectif 3. Pour aider les États Membres à s’attaquer aux déterminants sociaux de la santé qui ont une incidence sur le vieillissement en bonne santé, le Guide mondial des villes-amies des aînés (2008), publié par l’OMS, présente des recommandations visant à promouvoir des environnements amis des aînés, formulées à l’issue de consultations avec des personnes âgées et des personnes qui ont des rapports étroits avec elles (38). Le rapport mondial sur le vieillissement et la santé fournit des recommandations supplémentaires sur la formulation de mesures favorables aux personnes âgées, afin d’atteindre l’objectif de renforcer les aptitudes fonctionnelles en tirant parti de tous les secteurs et en les encourageant à collaborer (38). La disponibilité de logements et de transports accessibles et abordables a ainsi été identifiée comme un aspect essentiel des villes-amies des aînés. La conception d’environnements qui tiennent compte des aptitudes et des besoins divers de la population vieillissante peut permettre aux personnes âgées de participer de manière constructive à la vie de leurs communautés (38). 4) Innovation L’accès accru aux progrès technologiques – mégadonnées, intelligence artificielle, robotique, informatique en nuage, etc. – facilite la mise en œuvre de modèles de soins innovants, qui permettent aux individus d’avoir un plus grand contrôle sur leur santé. La pandémie actuelle de COVID-19 a également accéléré l’adoption de solutions numériques dans le domaine de la santé. Pour plus de détails concernant les innovations technologiques et sociales visant à promouvoir un vieillissement en bonne santé, voir l’objectif 4. Actions recommandées Pour les États Membres Pour l’OMS • Élaborer et communiquer une vision nationale claire, en établissant des stratégies et des cadres réglementaires solides en collaboration avec toutes les parties prenantes, dont les pouvoirs publics et le secteur privé, les prestataires et la population. • Sensibiliser le public aux effets des déterminants sociaux de la santé au niveau des individus et des populations et favoriser les environnements favorables à l’adoption de comportements sains. • Promouvoir et élaborer des programmes nationaux et/ou infranationaux sur les villes et les communautés amies des aînés, inspirés par les communautés et sensibles à ces • Soutenir des initiatives et des partenariats nationaux adaptés aux pays pour mettre en œuvre la vision pour l’avenir des soins de santé primaires avec les donateurs internationaux, les agences des Nations Unies, le secteur privé, les sociétés civiles et d’autres secteurs. • Consolider les données et identifier les options et les interventions prometteuses, y compris les moyens d’encourager les autosoins et de s’attaquer aux déterminants sociaux de la santé afin de promouvoir un vieillissement en bonne santé. • Fournir un soutien technique en vue de la conception et de la mise en œuvre de réformes du système adaptées aux contextes WPR/RC71/5 page 38 Annexe dernières, et tirant parti des ressources existantes. • Plaider en faveur d’un accès universel aux soins de santé qui offre une protection financière aux ménages à faibles revenus, dont les personnes âgées, et assure la couverture des médicaments essentiels et des aides techniques. • Renforcer l’intégration entre les programmes sur le vieillissement en bonne santé et les programmes de lutte contre les MNT en mettant l’accent sur la promotion de la santé et la prise en compte des facteurs de risque des MNT tout au long de la vie. • Renforcer la capacité des soins de santé primaires à fournir des soins de qualité aux personnes âgées et à riposter efficacement aux éventuelles flambées de maladies infectieuses, notamment en développant les capacités du personnel de santé et des responsables locaux. • Promouvoir la participation des personnes âgées aux processus décisionnels, notamment en sollicitant leurs avis sur la qualité des services de santé. nationaux, en impliquant les niveaux national et infranational. • Développer des outils pour sensibiliser les personnes âgées à l’importance de la prévention des maladies et de la promotion de la santé. • Fournir aux secteurs de la santé une assistance technique fondée sur l’expérience afin d’inciter d’autres secteurs à s’attaquer aux déterminants sociaux et environnementaux de la santé. Objectif 3 : Fournir aux personnes âgées des soins communautaires intégrés, adaptés aux besoins de chacun Contexte Les parcours de vieillissement varient en fonction de l’état de santé et de l’exposition aux risques d’ordre social et environnemental tout au long de la vie, ce qui peut entraîner parmi les personnes d’un âge mûr des différences importantes sur les plans de la santé et des aptitudes fonctionnelles. Par exemple, une étude ayant suivi trois cohortes de femmes en Australie (cohorte jeune, cohorte d’âge moyen et cohorte âgée) entre 1996 et 2011 a indiqué que les capacités physiques variaient le plus au sein de la cohorte plus âgée tout au long de la période couverte par l’étude (fig. 16) (85). La diversité des capacités physiques est plus faible dans la cohorte plus jeune, ce qui semble indiquer que les interventions visant à améliorer les capacités physiques devraient être mises en œuvre tôt dans la vie pour atténuer les déclins ultérieurs. Compte tenu de la grande diversité des aptitudes fonctionnelles des personnes âgées, le soutien et les services devront être adaptés aux besoins de chacun. WPR/RC71/5 page 39 Annexe Fig. 16. Déclin des capacités physiques avec l’âge, par quintile de référence des capacités physiques * De gauche à droite : cohorte jeune (naissance en 1973 - 78) ; cohorte d’âge moyen (naissance en 1946 - 51) ; cohorte âgée (naissance en 1921 - 26) Source : Peeters, Dobson, Deeg & Brown, 2013. Un modèle de soins communautaires intégrés a été adopté dans de nombreux pays du Pacifique occidental pour répondre aux besoins des personnes âgées afin qu’elles puissent continuer à travailler, étudier et participer à la vie de leur communauté (fig. 17). Selon ce modèle, les soins centrés sur la personne sont fournis en tirant parti des ressources communautaires et en assurant la coordination entre : A) les soins de santé ; B) les soins de longue durée ; et C) les groupes et services sociaux (86). WPR/RC71/5 page 40 Annexe Fig. 17. Modèle de soins communautaires intégrés Source : Organisation mondiale de la Santé Orientation stratégique 1) Soins de santé Veiller à ce que le secteur de la santé dispose des compétences et des connaissances nécessaires pour faire face aux problèmes de santé les plus fréquents chez les personnes âgées, et soit en mesure de fournir des soins adéquats. Les directives de l’OMS sur les soins intégrés pour les personnes âgées aident les professionnels de santé et les autres personnes intervenant dans les soins communautaires et primaires à évaluer les capacités intrinsèques des personnes âgées, à élaborer des plans de soins personnalisés et à soutenir les aidants (87). Ces directives couvrent les aspects suivants des capacités intrinsèques : mobilité ; nutrition ou vitalité ; vision ; audition ; cognition et humeur ; syndromes gériatriques d’incontinence urinaire et risque de chute (fig. 18) (87). WPR/RC71/5 page 41 Annexe Fig. 18. Domaines clés des capacités intrinsèques Source : Organisation mondiale de la Santé, Soins intégrés pour les personnes âgées : conseils sur l’évaluation et les filières axées sur la personne dans les soins de santé primaires, 2019. La fragilité est très courante chez les personnes âgées. Selon une étude, une personne âgée sur six vivant dans la communauté souffre de fragilité, et ce chiffre est plus élevé chez les femmes que chez les hommes (88). La fragilité peut être considérée comme étant une régression progressive des systèmes physiologiques liée à l’âge, qui entraîne une diminution des capacités intrinsèques, ce qui augmente la vulnérabilité aux facteurs de stress ainsi que le risque d’une série d’effets négatifs sur la santé, tels que les chutes, le handicap, le besoin de soins de longue durée et la mortalité (89,90). L’exercice, la nutrition, l’entraînement cognitif, l’évaluation gériatrique et l’hormonothérapie ont été suggérés en tant qu’interventions potentielles pour retarder ou inverser la fragilité (88). Parmi celles-ci, il semble que l’entraînement de la force et la supplémentation en protéines soient les plus efficaces et les plus faciles à mettre en œuvre (88). L’autonomie des personnes dont les aptitudes fonctionnelles ont fortement diminué, et qui ne sont plus capables d’accomplir les tâches élémentaires de la vie quotidienne, devrait être encouragée dans la mesure du possible (48). Ces personnes devraient notamment rester libres de faire des choix de vie et recevoir un soutien pour pouvoir exécuter leurs décisions. Plus les gens vieillissent, plus le risque de multimorbidité, définie comme la présence simultanée de plusieurs maladies chroniques, est élevé (48). La multimorbidité est une source de préoccupation en raison des interactions entre les problèmes de santé, entre un problème de santé et le traitement d’un autre problème de santé, et entre les différents médicaments prescrits (48). Selon une étude systématique portant sur sept pays à revenu élevé, plus de la moitié des personnes âgées souffrent de multimorbidité, et la prévalence augmente avec l’âge (91). De nombreux systèmes de santé ne sont pas équipés pour assurer les soins complets nécessaires pour répondre à des besoins de santé complexes (48). Des approches innovantes sont donc nécessaires pour améliorer le traitement et le soutien des personnes âgées souffrant de multimorbidité. Les personnes âgées peuvent être plus sensibles à certaines maladies et affections telles que les maladies évitables par la vaccination (comme la grippe saisonnière, la pneumococcie, l’hépatite), la tuberculose, la démence et les maladies bucco-dentaires. Pour promouvoir un vieillissement en bonne santé, les WPR/RC71/5 page 42 Annexe États Membres sont encouragés à se référer aux orientations et recommandations pertinentes (voir appendice). 2) Soins de longue durée Les soins de longue durée sont des services qui visent à aider les personnes ayant perdu ou risquant de perdre une grande partie de leurs capacités intrinsèques à maintenir un certain niveau d’aptitudes fonctionnelles (48). Les pays doivent exploiter et renforcer les capacités communautaires permettant le vieillissement à domicile, en les complétant par des soins institutionnalisés s’ils sont disponibles et nécessaires (48,92). Les soins de longue durée peuvent prendre différentes formes. Soins à domicile : Les soins à domicile désignent les soins et l’assistance fournis sur le lieu de résidence. Ils comprennent les services d’aide à l’accomplissement des tâches de la vie quotidienne, fournis par des aidants rémunérés ou non. • Aidants non rémunérés (membres de la famille, volontaires communautaires, etc.) : o Les aidants non rémunérés doivent souvent renoncer à des activités génératrices de revenus pour assumer ce rôle, ce qui peut les mettre dans une situation financièrement précaire (48). L’octroi d’incitations financières sous forme de crédits d’impôt ou de paiements directs peut apporter un soutien aux aidants informels. o Envisager de donner aux aidants non rémunérés un accès à une formation et à une éducation élémentaires en matière de soins aux personnes âgées, en personne ou en ligne (48). Les programmes de formation devraient fournir des informations sur les différents problèmes de santé et leur évolution escomptée, ainsi que sur les moyens d’aider les individus à gérer leur santé. Les programmes de soins de longue durée doivent être formulés de manière à ce que les aidants puissent travailler dans des équipes multidisciplinaires avec les prestataires de services de santé et autres. La formation des aidants en vue de l’acquisition de compétences et de connaissances pratiques, comme le transfert d’une personne d’une chaise à un lit ou l’aide au bain, peut contribuer à améliorer les soins aux personnes âgées. o L’OMS a également élaboré un programme de formation en ligne destiné aux aidants de personnes atteintes de démence, appelé iSupport (93). Le manuel iSupport comprend les cinq modules suivants, assortis d’exercices : i) introduction à la démence ; ii) le rôle d’aidant ; iii) prendre soin de soi ; iv) fournir des soins quotidiens ; et v) gérer les changements de comportement. • Aidants rémunérés (aidants ayant des qualifications officielles) o Mettre en place ou renforcer un processus d’accréditation des aidants professionnels afin de garantir la qualité et la disponibilité de personnel de soins de longue durée. Par exemple, au Japon, le gouvernement a créé le titre d’aidant professionnel certifié, une qualification nationale dans le domaine des soins infirmiers (94). o Dans le cadre du processus d’accréditation, inclure des thèmes sur des problèmes de santé spécifiques et la prévention de l’âgisme, ainsi que les compétences en matière d’aide aux activités de la vie quotidienne, de soutien aux personnes âgées pour maintenir leurs capacités intrinsèques, et de renforcement de leur pouvoir de décision et de leur autonomie (48). WPR/RC71/5 page 43 Annexe o Élaborer ou adopter des lignes directrices en matière de soins – couvrant des questions telles que la nutrition, la gestion des comportements difficiles et la prévention de la maltraitance des personnes âgées – et les diffuser largement (48). Soins de jour et court séjour : Envisager de fournir des services de soins de jour et de court séjour dans les communautés. Ces services offrent une option de séjour de courte durée aux personnes âgées et viennent généralement compléter d’autres services d’aide et de soins à domicile. Ils servent souvent de service de répit, pour alléger le fardeau des aidants familiaux. Les services de jour peuvent inclure un soutien aux tâches de la vie quotidienne et différentes activités sociales (48). Établissements de soins de longue durée : Les établissements de soins de longue durée peuvent varier selon les pays et comprennent les maisons de repos, les établissements de soins infirmiers spécialisés, les résidences avec services de soutien, les établissements résidentiels et les établissements résidentiels de soins de longue durée. Ils fournissent divers services, notamment des soins médicaux et d’assistance, aux personnes qui ne sont pas en mesure de vivre de façon autonome au sein de leur communauté (95). Dans certaines sociétés, les établissements de soins de longue durée sont souvent la principale solution en dehors des soins non rémunérés (96). Certaines familles sont peu disposées à y placer leurs parents âgés, de sorte que les membres de la famille continuent de jouer le rôle d’aidant principal, même lorsque cela dépasse leurs capacités. D’autres formes de soins devraient alors être proposées, comme les soins de jour ou les séjours de courte durée, qui fournissent des soins de qualité aux personnes ayant des besoins complexes et peuvent offrir un répit aux familles et aux aidants tout en réduisant la demande de soins institutionnalisés. Dans les pays aux ressources limitées, les établissements de soins de longue durée devraient principalement être envisagés pour les personnes ayant des besoins plus complexes (comme celles nécessitant des soins médicaux continus ou avancés). Protéger les personnes âgées et lutter contre la violence à leur égard dans les établissements de soins de longue durée La violence à l’égard des personnes âgées est un important problème de santé publique qui est souvent négligé. Des actes de violence et de maltraitance peuvent être perpétrés en milieu communautaire et dans les établissements de soins de longue durée. Les données indiquent que les taux de maltraitance sont plus élevés dans ces derniers. De fait, un examen systématique des données autodéclarées de six pays a indiqué qu’environ 64,2 % du personnel des établissements de soins de longue durée a commis un acte de maltraitance au cours de l’année écoulée (97). La maltraitance dans les établissements peut inclure l’entrave physique des personnes âgées, la négligence comme le fait de ne pas changer leurs vêtements souillés ou de permettre la formation d’escarres, l’interdiction de gérer leurs affaires quotidiennes ainsi que la rétention de médicaments (98). La violence à l’égard des personnes âgées peut entraîner des blessures physiques, des troubles psychologiques durables, notamment la dépression et l’anxiété, et peut contribuer à une mort prématurée (Lach et al., 1998) (98). Les travaux de recherche indiquent que le risque de maltraitance est plus élevé dans les établissements où les normes de soins aux personnes âgées sont médiocres, où le personnel est insuffisamment formé et surchargé, où le cadre de vie est insatisfaisant et où les politiques protègent les intérêts de l’établissement plutôt que ceux des résidents (98). WPR/RC71/5 page 44 Annexe Les stratégies de prévention de la violence à l’égard des personnes âgées peuvent viser à (98) : • Atténuer les perceptions négatives du vieillissement et des personnes âgées grâce à des programmes intergénérationnels et des campagnes de sensibilisation du public et des professionnels • Améliorer le soutien et la formation du personnel et des aidants, notamment l’éducation sur l’âgisme, une rémunération appropriée et une dotation en personnel suffisante des établissements • Élaborer et appliquer des politiques qui protègent les personnes âgées contre la violence et la maltraitance Les stratégies de prévention de la violence à l’égard des personnes âgées comprennent (98) : • Des mécanismes qui facilitent le signalement des cas de maltraitance aux autorités • Des groupes de soutien, des services de santé mentale et des logements d’urgence pour les victimes de violence Riposte à une flambée épidémique dans les établissements de soins de longue durée Les personnes âgées ont été fortement touchées par la pandémie de COVID-19, soulignant ainsi l’importance d’une précaution accrue et d’une préparation précoce pour protéger celles qui vivent chez elles et celles qui vivent dans des établissements de soins de longue durée lors de flambées de maladies infectieuses (99). Les établissements de soins de longue durée ou autres établissements de soins non aigus devraient appliquer les principes généraux de prévention de la transmission des maladies infectieuses en mettant l’accent sur la préparation et l’intervention, comme indiqué dans le document Guidance on COVID-19 for the care of older adults and people living in long-term care facilities, other non-acute care facilities and home care (2020) (99) et dans les Orientations pour la lutte anti-infectieuse dans les établissements de soins de longue durée dans le contexte de la COVID-19 (100). Pour maîtriser la propagation des maladies infectieuses, il est important d’éviter que le personnel, les aidants et les membres de la famille ne transmettent la maladie infectieuse à l’intérieur ou à l’extérieur de l’établissement et de minimiser le risque de propagation au sein de celui-ci. Les personnes âgées vivant à domicile doivent être prudentes quant aux personnes qu’elles laissent entrer chez elles et notamment, ne pas laisser entrer des personnes souffrantes (99). Si l’aidant est souffrant, un autre aidant devrait être organisé si possible. Si la personne âgée est souffrante, elle devrait consulter un médecin et limiter ses contacts avec autrui. Quel que soit leur lieu de résidence, il est recommandé à toutes les personnes âgées de prendre des mesures de protection de base, notamment de se laver fréquemment les mains à l’eau et au savon, de pratiquer la distanciation sociale, d’éviter de se toucher les yeux, le nez et la bouche et d’adopter une hygiène respiratoire (99): En cas de fièvre, de toux ou de gêne respiratoire, les personnes âgées doivent se faire soigner rapidement et suivre les consignes de l’autorité sanitaire locale. WPR/RC71/5 page 45 Annexe 3) Activités et services sociaux Promouvoir la participation sociale des personnes âgées en renforçant les communautés grâce à un engagement et une participation communautaires tout au long de la vie. Il a été démontré que l’engagement communautaire, les réseaux sociaux solides et la participation sociale améliorent la santé physique et mentale des personnes âgées. Selon une étude sur la participation des personnes âgées à des activités physiques et sociales, le risque de fragilité est 2,2 fois plus élevé chez celles qui participent uniquement à des activités sociales et 6,4 fois plus élevé chez celles qui participent uniquement à des activités physiques, par rapport à celles qui participent aux deux types d’activités (101). Il en ressort donc que la participation à des activités sociales peut être essentielle pour prévenir la fragilité des personnes âgées. Les travaux de recherche semblent également indiquer que la participation sociale peut avoir un effet protecteur en prévenant ou en retardant l’apparition de la démence (102,103) et peut également améliorer la fonction cognitive (104-106). Plus précisément, la satisfaction et la réciprocité des relations semblent contribuer à réduire le risque de démence et de maladie d’Alzheimer (107). Activités sociales Possibilités de volontariat Le volontariat permet d’apporter une contribution importante à la société. Diverses études ont également montré qu’il est bénéfique pour la santé des personnes âgées (108,109). Les données indiquent que les volontaires âgés sont également plus susceptibles de consacrer plus d’heures au volontariat, et ce plus régulièrement, que les jeunes volontaires (108). Pour promouvoir le volontariat chez les personnes âgées, plusieurs facteurs doivent être pris en compte : • Promouvoir la confiance dans leur capacité à faire du volontariat grâce à des possibilités de formation et à un soutien physique et émotionnel continu (48,108) • Garantir l’existence d’un éventail de possibilités de volontariat et de plateformes permettant aux personnes âgées d’en trouver qui correspondent à leurs centres d’intérêt (48) • Fournir des incitations au volontariat, pouvant inclure des incitations financières (48) • Garantir une souplesse suffisante au niveau des critères de sélection des volontaires et du temps devant être consacré au volontariat afin d’éviter l’exclusion des personnes âgées (110). Possibilités d’apprentissage tout au long de la vie : L’éducation a traditionnellement été considérée comme une activité visant à préparer les jeunes au monde du travail, une perception qui exclut les personnes âgées (48). Ces modes de pensée traditionnels limitent les opportunités non seulement pour les personnes âgées, mais aussi pour la société dans son ensemble. Les personnes d’un certain âge sont motivées à apprendre pour diverses raisons, notamment pour améliorer leurs perspectives d’emploi futures, pour être socialement actifs dans leur communauté, pour améliorer leurs fonctions cognitives et pour trouver une nouvelle raison d’être et de nouveaux centres d’intérêt (111). L’apprentissage tout au long de la vie peut être WPR/RC71/5 page 46 Annexe encouragé en offrant des possibilités d’apprentissage financièrement et physiquement accessibles aux personnes âgées, et en les associant à l’enseignement et à la conception des cours (111). Salons L’isolement social est une préoccupation importante chez les personnes âgées : jusqu’à 50 % des plus de 60 ans sont confrontés à un risque d’isolement social et environ un tiers d’entre eux souffrent de solitude (112). Au Japon, des interventions communautaires de type salon ont été organisées en collaboration avec des municipalités, des citoyens volontaires et des chercheurs pour favoriser les occasions de rencontres pour les personnes âgées (113). Ces salons visent à promouvoir la santé, à favoriser l’engagement communautaire et à enrichir la vie des personnes âgées en leur proposant un éventail d’activités agréables, relaxantes et parfois éducatives, telles que l’artisanat, l’éducation sanitaire et les activités physiques. Une fois en place, les salons communautaires sont gérés par des volontaires locaux avec le soutien financier et administratif de la municipalité. Diverses mesures sont prises pour assurer l’accessibilité et l’égalité d’accès à ces salons, par exemple en organisant les séances à une distance de marche raisonnable pour la majorité des participants et en maintenant leur coût relativement bas. Les études sur les salons semblent indiquer qu’ils peuvent contribuer à prévenir le déclin physique et cognitif (114,115). Services sociaux Services de santé mentale et soutien aux victimes de violence La santé mentale fait partie intégrante de la santé et du bien-être (116). Les personnes souffrant de maladie mentale peuvent être prédisposées à d’autres maladies, notamment le cancer et les maladies cardiovasculaires, ainsi qu’au handicap et à une mortalité prématurée (116). En l’absence de soutien approprié, ces personnes et leurs familles peuvent également se trouver dans des situations socioéconomiques précaires, voire basculer dans la pauvreté (116). Les personnes âgées sont confrontées à des facteurs de stress existant à tout âge, mais certains d’entre eux peuvent être plus courants à un âge plus avancé, comme la perte progressive de capacités, un besoin croissant de soins de longue durée, des expériences de deuil et une baisse potentielle du niveau socioéconomique après la retraite (117). Ces facteurs de stress peuvent, à leur tour, accroître le risque d’isolement, de solitude et de maladie mentale chez les personnes âgées (117). On estime que plus de 20 % des adultes de 60 ans et plus souffrent de troubles mentaux ou neurologiques, notamment de dépression, de troubles anxieux et de toxicomanie (117). Les personnes âgées doivent donc avoir accès à des services de santé mentale et à un soutien psychologique au sein de leur communauté. Le document Soins intégrés pour les personnes âgées (ICOPE) : Directives applicables aux interventions communautaires liées au déclin des capacités intrinsèques contient une recommandation sur la prévention des déficiences cognitives graves et la promotion du bien-être psychologique des personnes âgées (87). Il reconnaît que les déficiences cognitives et les difficultés psychologiques coexistent souvent et peuvent entraver la capacité des personnes à mener à bien leurs activités quotidiennes. La thérapie de stimulation cognitive, programme qui comporte différentes WPR/RC71/5 page 47 Annexe activités thématiques, alliée à des interventions psychologiques de brève durée, peut être utile pour prévenir les pertes importantes de capacités mentales et, à terme, la dépendance aux soins des personnes âgées. Le Programme d’action de l’OMS « Combler les lacunes en santé mentale (mhGAP) – Version 2.0 » fournit des orientations sur les interventions de prévention et de gestion des troubles mentaux, neurologiques et liés à l’abus de substances psychoactives prioritaires chez les personnes de tous âges, y compris des recommandations visant les personnes âgées (118). Étude de cas : Le système national de la République de Corée sur la responsabilité en matière de démence (2017) La République de Corée compte environ 725 000 personnes de 65 ans ou plus atteintes de démence. Selon certains experts, ce nombre atteindra 2,7 millions en 2050 (119). Les centres de soutien aux personnes atteintes de démence ont été créés à Séoul en 2007. Ils contribuent à la prévention et au dépistage de la démence et fournissent des services médicaux et sociaux intégrés tenant compte des besoins de chacun (120). En 2017, le gouvernement coréen a mis en place le système national sur la responsabilité en matière de démence pour renforcer le rôle de l’administration publique dans le soutien aux personnes atteintes de démence (119). Ce programme vise à accroître le nombre de centres de soutien, à construire des hôpitaux spécialisés dans le traitement de la démence et à établir des liens opportuns entre les secteurs médical, social et infirmier pour mieux soutenir les personnes atteintes de démence (119). En 2019, le pays comptait 256 centres de santé publique offrant un soutien psychologique, des bilans de santé, des services de prévention de la démence et des programmes thérapeutiques ainsi que des activités de prise en charge pour 2,62 millions de résidents, de patients atteints de démence et de membres de leur famille (121). Des services spéciaux ont également été mis en place dans 55 hôpitaux publics de soins de longue durée, afin de fournir des services spécialisés aux personnes atteintes de démence en proie à des hallucinations et à la violence (121). Trois d’entre eux ont été désignés comme hôpitaux pour personnes souffrant de démence et 39 autres sont en construction (121). L’objectif est de créer 130 hôpitaux à l’horizon 2022 (121). Le gouvernement coréen a également fourni une aide financière pour soutenir les personnes atteintes de démence. L’examen de la démence a été inclus dans l’assurance maladie nationale, ce qui a permis de réduire son coût de moitié (121). Le gouvernement a également fourni une aide financière pour couvrir le coût des médicaments de 150 000 patients à faible revenu atteints de démence (121). L’admissibilité à des coûts réduits pour les soins de longue durée et la couverture associée ont également été étendues, ce qui a bénéficié à 250 000 patients (121). Enfin, le gouvernement s’emploie également à faire progresser la recherche sur la démence dans le cadre de son plan national de recherche et de développement sur la démence, lancé en 2018 (121). WPR/RC71/5 page 48 Annexe Support for victims of violence La violence à l’égard des personnes âgées est également un important sujet de préoccupation. À l’échelle mondiale, on estime qu’une personne âgée sur six (15,7 %) est victime de maltraitance, dont les formes les plus courantes sont la négligence et la maltraitance psychologique, financière, physique et sexuelle (122). Des lignes d’assistance téléphonique et des groupes de soutien, ainsi qu’un soutien juridique et financier et des logements d’urgence, devraient également être mis à la disposition des victimes de violence et de maltraitance (98). 4) Coordination Coordination au niveau individuel Les communautés doivent adapter les services disponibles aux besoins et aux préférences des personnes âgées. Dans certains pays, le service est coordonné par des travailleurs sociaux ou des professionnels de la santé (tels que des infirmiers communautaires). Le Royaume-Uni de Grande- Bretagne et d’Irlande du Nord a introduit le concept de prescription sociale qui fait appel à des « agents de liaison » pour mettre les individus en relation avec les services de leur communauté qui répondent à leurs besoins (voir l’étude de cas ci-dessous). Étude de cas : Prescription sociale et agents de liaison au Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord La prescription sociale est un concept qui a vu le jour au Royaume-Uni, selon lequel les professionnels de la santé fournissent une prescription sociale non clinique dans le but d’améliorer la santé et le bien-être du patient (123). Cette pratique reconnaît que la santé des personnes et leur capacité à gérer leur santé dépendent de nombreux facteurs sociaux et environnementaux qui sortent généralement du cadre traditionnel de la pratique professionnelle de la santé. Les communautés offrent souvent des programmes et des services ciblant certains facteurs sociaux et environnementaux qui contribuent à la santé et au bien-être des patients. Mais les personnes qui ont besoin de ces services n’en ont souvent pas connaissance et ne savent pas où les trouver. Le système de santé peut alors intervenir en mettant les individus en relation avec les services de leur communauté. La prescription sociale permet d’intégrer le secteur de la santé aux moyens et ressources communautaires et d’améliorer l’accessibilité de ces ressources pour les personnes qui en ont le plus besoin. Dans le cas des personnes âgées, la prescription sociale peut également permettre aux secteurs de la santé de mettre les individus en relation avec les services de soins de longue durée de leur communauté. Les agents de liaison sont des personnes qui aident leurs clients à identifier et à entrer en contact avec les services sociaux et les groupes de leur communauté. Les clients sont orientés vers les agents de liaison par des professionnels de la santé qui leur fournissent des prescriptions sociales (124,125). Les agents de liaison rencontrent les clients pour identifier leurs besoins et centres d’intérêt et fixer des objectifs réalistes, en tenant compte de la diversité et des besoins uniques de chacun. À l’issue de cette évaluation, l’agent de liaison met la personne en contact avec les services appropriés au sein de sa communauté. Ces services peuvent aller des activités de promotion de la santé, comme les groupes de marche ou les clubs de cuisine, à des services qui traitent de questions économiques et sociales plus vastes, comme le bien-être, le logement ou l’emploi (125). WPR/RC71/5 page 49 Annexe Les agents de liaison jouent un rôle de coordination important pour combler le fossé entre les établissements de soins et la communauté au sens large, pour veiller à la prestation intégrée des services sanitaires et sociaux aux personnes âgées (124). Coordination au niveau communautaire Comme indiqué plus haut, il est important de tirer parti des connaissances et des ressources locales pour élaborer des programmes et des services communautaires qui reflètent les besoins des personnes âgées (37). Des mécanismes doivent donc être mis en place pour intégrer les membres de la communauté aux processus décisionnels qui déterminent les services mis à leur disposition ainsi que leurs modalités de prestation. Le « World Café » est une méthode qui encourage l’organisation et la participation communautaires. Le World Café engage les membres de la communauté dans un dialogue constructif sur les importants besoins des personnes âgées et les carences dans les services au niveau communautaire (126). Le local utilisé contient généralement plusieurs tables rondes pour permettre des discussions en petits groupes. L’animateur choisit des sujets de discussion et les présente aux participants, un à la fois. Les participants passent de table en table, pour aborder différents sujets avec différents membres de leur communauté. Le World Café utilise les conversations pour encourager l’apprentissage et la créativité, en apportant des solutions aux problèmes et en stimulant les idées nouvelles (126). Il offre ainsi un important moyen d’intégrer les personnes âgées dans les processus décisionnels qui déterminent comment transformer une communauté pour mieux répondre à leurs besoins (48). Actions recommandées Pour les États Membres Pour l’OMS Soins de santé • Développer la capacité des milieux de la santé à évaluer et suivre les capacités intrinsèques des personnes âgées et à élaborer des plans de soins avec des interventions fondées sur l’expérience en utilisant le programme de soins intégrés pour les personnes âgées (ICOPE) de l’OMS dans les soins primaires. • Adopter les recommandations pertinentes des lignes directrices de l’OMS sur la vaccination, les hépatites B et C, la tuberculose et les soins palliatifs dans le plan national pour le vieillissement. • Élaborer des stratégies nationales pour promouvoir la santé bucco-dentaire tout au long de la vie ou l’intégrer dans la stratégie existante sur le vieillissement ou les MNT, y • Fournir des avis techniques fondés sur l’expérience en matière de prise en charge clinique, en offrant des soins intégrés aux personnes âgées, y compris d’importants services de soins de longue durée. • Aider les États Membres à intégrer les orientations de l’OMS dans leurs stratégies sanitaires nationales et à les mettre en œuvre avec un centre collaborateur de l’OMS sur le vieillissement. • Aider les États Membres à fournir une formation visant à renforcer les capacités en vue de la prestation de soins intégrés et de soins de longue durée aux personnes âgées. WPR/RC71/5 page 50 Annexe compris l’accessibilité aux services de santé bucco-dentaire. • Adopter les lignes directrices pertinentes de l’OMS sur la démence dans le cadre des stratégies nationales sur la démence ou sur le vieillissement. • Assurer la disponibilité de divers services, mécanismes d’orientation et aides qui répondent aux besoins des personnes âgées ayant différentes capacités intrinsèques (promotion de la santé et prévention, traitement, soins palliatifs et de fin de vie, ainsi que services de soins spécialisés et de longue durée). Soins de longue durée • Promouvoir la formation des personnes âgées aux autosoins pour les encourager à améliorer leur auto-efficacité et à mieux gérer leur santé. • Offrir une formation aux aidants rémunérés et non rémunérés et promouvoir l’accréditation des programmes et services professionnels. • Renforcer la capacité de la communauté à « vieillir chez soi », y compris les possibilités de soins de jour et de séjours de courte durée, auxquelles s’ajoutent les établissements de soins de longue durée pour les personnes nécessitant des soins plus complexes. • Identifier les mécanismes permettant de garantir des services de qualité dans les établissements de soins de longue durée (y compris les établissements privés non réglementés) • Prendre des mesures pour prévenir et combattre la violence à l’égard des personnes âgées, tant dans les communautés que dans les établissements de soins de longue durée, ce qui peut inclure des campagnes de sensibilisation du public et des professionnels, l’amélioration de la formation et du soutien aux aidants, l’amélioration des normes de soins dans les établissements de soins de longue durée, des politiques qui protègent les personnes âgées contre la • Fournir un soutien technique et du matériel pour la formation aux autosoins et aux soins à domicile. • Fournir des conseils et un soutien technique en vue de la mise en œuvre des principes généraux de prévention et de maîtrise des infections dans les établissements de soins de longue durée. WPR/RC71/5 page 51 Annexe violence, des mécanismes de signalement des actes de violence et un soutien juridique aux victimes de maltraitance (98). • Veiller à ce que les établissements de soins de longue durée ou autres établissements de soins non aigus appliquent les principes généraux de prévention et de maîtrise des infections en mettant l’accent sur la préparation et la riposte, conformément aux orientations de l’OMS Services sociaux et aides • Offrir des possibilités de participation sociale continue au sein de la communauté, notamment des groupes sociaux, des programmes de promotion de la santé ainsi que des possibilités d’apprentissage et de volontariat tout au long de la vie. • Identifier les champions de la communauté locale pour développer et promouvoir des services sociaux et des aides adaptés aux besoins de la communauté (tels que les capacités fonctionnelles, la tranche de revenu). • Aider les États Membres à recueillir des données sur les services et les aides efficaces afin de justifier le développement des services destinés aux personnes âgées. • Promouvoir la participation sociale des personnes âgées grâce à des groupes sociaux, des programmes de promotion de la santé et des possibilités de volontariat et d’apprentissage. Coordination • Élaborer un plan de services communautaires intégrés en collaborant avec différentes parties prenantes, notamment les personnes âgées, leurs aidants, les organisations non gouvernementales, les volontaires et le secteur privé. • Veiller à ce que les professionnels de la santé des communautés soient correctement formés aux déterminants sociaux de la santé • Envisager de former des infirmiers, des travailleurs sociaux et des volontaires communautaires pour qu’ils deviennent des « agents de liaison » qui peuvent aider à mettre les personnes âgées en relation avec des services et des aides répondant à leurs besoins particuliers. • Aider les communautés à organiser des dialogues communautaires (World Cafés) pour intégrer les membres de la communauté aux processus décisionnels qui déterminent quels services offrir pour répondre aux besoins de la communauté. • Contribuer à la recherche, à la documentation et à la diffusion de bonnes pratiques concernant la prestation coordonnée de services aux personnes âgées, notamment la coordination entre les systèmes de santé, de soins de longue durée et de services sociaux. WPR/RC71/5 page 52 Annexe Objectif 4 : Encourager l’innovation technologique et sociale pour promouvoir un vieillissement en bonne santé Contexte L’adaptation aux profonds bouleversements démographiques que connaît la Région du Pacifique occidental nécessitera des modes de pensée et de travail nouveaux et innovants (25). Les innovations technologiques visant à favoriser un vieillissement en bonne santé comprennent de nouveaux diagnostics et traitements médicaux, des aides techniques abordables, des dossiers médicaux électroniques, ainsi que des technologies de l’information et de la communication (55). L’innovation ne se limite toutefois pas aux progrès technologiques. Les innovations sociales visant à promouvoir un vieillissement en bonne santé devraient tenir compte des déterminants sociaux de la santé et s’efforcer de réduire les iniquités en santé tout au long de la vie. Ainsi, tous les membres de la société peuvent vieillir en bonne santé, sans laisser personne à la traîne (25). Orientation stratégique 1) Innovation technologique Les innovations technologiques visant à favoriser un vieillissement en bonne santé peuvent être regroupées en trois catégories : 1) les technologies favorisant le développement des compétences et le maintien dans la vie active ; 2) les technologies de soutien à la santé et aux systèmes de santé ; et 3) les technologies facilitant la connectivité sociale et le vieillissement chez soi. La pandémie de COVID-19 a souligné le besoin d’utiliser les technologies numériques pour partager les informations sanitaires, communiquer et maintenir les liens sociaux. Le vieillissement de la population et le niveau d’éducation atteint selon les tranches d’âge étant différents selon les pays de la Région, leurs besoins en matière de technologie et de développement des compétences seront différents. Cela dit, tous les pays, dont les plus jeunes, sont encouragés à adopter et à développer des technologies favorisant leur transition démographique et répondant aux besoins d’éducation et de compétences de leur population. Le rapport 2019/2020 de la BAsD sur l’intégration économique asiatique décrit comment des pays à différents stades de la transition démographique et ayant des trajectoires différentes en matière de niveau d’éducation peuvent adopter des technologies pour répondre à leurs besoins uniques (13). A) Technologies favorisant le développement des compétences et le maintien dans la vie active Les technologies peuvent jouer un rôle important en aidant les personnes âgées à rester plus longtemps dans la vie active (13). Le rapport de la BAsD souligne l’importance d’un large éventail de technologies qui remplacent et complètent la main-d’œuvre et les compétences, même dans les pays où le vieillissement de la population ne fait que commencer, car la future offre de main-d’œuvre pourrait ne pas répondre à la demande en raison de la baisse des taux de natalité et de l’amélioration des niveaux d’éducation. Domaines d’innovation technologique favorisant le développement des compétences et l’emploi (13): • Technologies se substituant au travail et aux compétences : Ces technologies sont particulièrement bénéfiques dans les pays qui connaissent une pénurie de main-d’œuvre. Elles comprennent les technologies d’automatisation telles que les robots industriels et de service. WPR/RC71/5 page 53 Annexe • Technologies complétant le travail et les compétences : Ces technologies améliorent les performances des travailleurs et les aident à maintenir un équilibre entre vie privée et vie professionnelle. Elles comprennent les technologies d’augmentation des capacités physiques – de la force, de la mobilité et de l’endurance (comme les exosquelettes motorisés) – ainsi que les plateformes de travail à distance et les outils de collaboration. • Technologies au service de l’éducation, du développement des compétences et de l’apprentissage tout au long de la vie : Ces technologies visent à soutenir l’apprentissage et le développement des compétences tout au long de la vie grâce à l’utilisation de divers dispositifs et plateformes en ligne. Elles comprennent le perfectionnement professionnel en ligne, les technologies de réalité virtuelle pour former la main-d’œuvre et les technologies de l’information et de la communication pour promouvoir l’accessibilité à l’éducation. • Technologies améliorant l’alignement entre le travailleur, son emploi et son travail : Ces technologies comprennent les portails d’emploi en ligne et les plateformes d’approvisionnement en nuage (cloud-sourcing), ou l’utilisation des mégadonnées et de l’apprentissage automatique pour permettre un meilleur alignement des travailleurs et des emplois. B) Technologies de soutien à la santé et au système de santé La numérisation dans le secteur de la santé peut améliorer l’accès aux services de santé, réduire les coûts, améliorer la qualité des soins et renforcer l’efficacité des systèmes de santé, les possibilités d’autosoins et le soutien à l’autogestion de la santé (127). En outre, les systèmes de santé numériques peuvent alléger la charge administrative des professionnels de la santé en prenant en charge leurs tâches répétitives afin qu’ils aient plus de temps pour utiliser leurs compétences spécialisées. Enfin, l’adoption des nouvelles technologies de la santé peut permettre aux personnes âgées de prendre davantage en main leur santé et les décisions connexes. Les technologies peuvent également réduire les iniquités en santé en améliorant l’accès aux soins et aux informations sanitaires. Domaines d’innovation en matière de santé numérique : • Santé électronique : la fourniture par voie électronique d’informations, de ressources et de services sanitaires permet le stockage centralisé de ces informations et l’accès à distance à ces ressources et services. Elle peut être utile aux personnes âgées qui vivent en zone reculée ou qui ont des difficultés à se déplacer pour accéder aux services de santé (127). • Informatique de pointe : les mégadonnées (gros volumes de données provenant de sources multiples) peuvent fournir des informations importantes sur la santé des personnes âgées (127). • Dispositifs de surveillance et dispositifs portables : ces dispositifs (qui permettent de suivre les comportements de santé, le rythme cardiaque et le taux de glycémie, d’alerter les personnes lorsqu’elles ont besoin de soins médicaux, et de ludifier la prévention, la gestion et la réadaptation en matière de santé) permettent d’adapter la promotion de la santé aux besoins des personnes âgées et peuvent faciliter les autosoins (127). • Intelligence artificielle : les systèmes informatiques capables d’exécuter des tâches traditionnellement effectuées par l’homme peuvent contribuer à améliorer l’efficacité de la prestation des services de santé. Ces systèmes comprennent les assistants de santé virtuels qui aident à orienter les soins aux patients (par exemple, triage, diagnostics et plans de traitement) ou une aide à la décision clinique pour fournir aux médecins une expertise spécialisée (par exemple, permettre à un médecin généraliste de lire des images diagnostiques) (128). WPR/RC71/5 page 54 Annexe • Technologies prolongeant la vie et l’espérance de vie en bonne santé : Ces technologies comprennent la biotechnologie, les nouveaux médicaments et les traitements médicaux (13). C) Technologies facilitant la connectivité sociale et le vieillissement chez soi Les technologies intelligentes peuvent favoriser les environnements qui encouragent la sécurité, l’autonomie et la participation sociale des personnes âgées (129). Elles peuvent être particulièrement utiles pour les personnes âgées ayant des besoins complexes, qui peuvent rencontrer des difficultés dans leurs activités quotidiennes (129). Les technologies intelligentes peuvent également favoriser la connectivité sociale, en particulier lorsque le maintien d’un contact physique avec des proches est difficile (130). La technologie permet d’améliorer divers aspects de la connectivité sociale, notamment le soutien social, l’autonomisation et l’auto-efficacité, la solitude et les réseaux sociaux (130). À ce titre, les technologies intelligentes peuvent améliorer la qualité de vie des personnes âgées et réduire la dépendance à l’égard des services de santé et de soins de longue durée (131). Domaines d’innovations technologiques intelligentes : • Améliorer la sécurité : capteurs passifs et actifs, systèmes de surveillance, assistants virtuels utilisant l’apprentissage automatique et l’intelligence artificielle (131,132). • Améliorer l’indépendance : environnement domestique automatisé, aides électroniques à la vie quotidienne (130) • Améliorer les liens sociaux : technologies de l’information et de la communication telles que les écrans tactiles (tablettes), les sites de réseaux sociaux et les applications de réalité virtuelle (132). 2) Innovation sociale Les innovations sociales offrent de nouvelles solutions pour résoudre des problèmes sociaux complexes et sont des vecteurs essentiels du changement social (133). Elles permettent notamment d’identifier de nouvelles façons d’atténuer l’effet des déterminants sociaux de la santé, d’élaborer des interventions efficaces sur le plan des coûts pour améliorer les aptitudes fonctionnelles des personnes âgées, de réaménager les espaces pour promouvoir des environnements amis des aînés et de favoriser les possibilités d’entrepreneuriat social. Lors du développement d’innovations sociales, il est important de travailler avec des champions locaux qui comprennent les besoins de leurs communautés et peuvent contribuer à la mise en œuvre durable des activités ou des programmes. Exemples d’innovations sociales : • Encourager les personnes âgées à identifier et à découvrir de nouveaux centres d’intérêt : Voir l’étude de cas Seoul50Plus : Étude de cas : La politique des 50 ans et plus de l’autorité métropolitaine de Séoul La Corée est considérée comme une société âgée, car plus de 14 % de sa population a plus de 65 ans. L’âge légal de la retraite dans le pays est de 60 ans, mais la majorité des Coréens quittent leur emploi principal au début de la cinquantaine. L’espérance de vie ne cessant d’augmenter, l’autorité métropolitaine de Séoul a été le fer de lance de la politique du pays en faveur des plus de 50 ans, adoptée en 2016 pour veiller à ce qu’ils restent actifs et participent à la société en les aidant à découvrir de nouveaux centres d’intérêt et à prendre part à de nouvelles activités sociales après leur retraite. WPR/RC71/5 page 55 Annexe Cette initiative a trois objectifs principaux : 1) améliorer la qualité de vie de la génération des 50 ans et plus de Séoul ; 2) encourager la citoyenneté active de cette génération ; et 3) renforcer la participation sociale. Ces objectifs sont atteints grâce à de vastes infrastructures stratégiques pour les plus de 50 ans. Celles-ci comprennent la Fondation Seoul50Plus, qui agit en tant qu’organe de coordination, ainsi que les campus et centres 50Plus. Les premiers offrent des programmes éducatifs et des possibilités d’emploi et de participation sociale, tandis que les seconds proposent d’autres programmes au niveau local. Ces structures aident la génération à découvrir de nouveaux centres d’intérêt, à acquérir de nouvelles compétences et à trouver de nouvelles possibilités d’emploi ou de participation à des activités sociales en fonction de leurs intérêts et de leurs compétences. L’autorité métropolitaine de Séoul vise à avoir au moins un campus ou un centre dans chacun des 25 districts de Séoul d’ici à 2022, afin de garantir que tous les citoyens de plus de 50 ans aient facilement accès aux services. La politique de Séoul adopte des approches nouvelles et novatrices en permettant aux plus de 50 ans de continuer de travailler et de participer à de nombreux projets, plutôt que d’avoir un seul employeur. Elle permet aux gens de profiter de leur retraite en percevant un revenu, en donnant un nouveau sens à leur vie et en ayant un impact social. Pour toute information complémentaire, voir : www.50plus.or.kr (134). • Encourager les personnes âgées à faire du volontariat. Le programme Volunteers After 50 : the American Association of Retired Persons Foundation’s Experience Corps forme des volontaires de plus de 50 ans pour enseigner et encadrer des élèves de la maternelle à la troisième année du primaire afin d’améliorer leurs compétences en lecture. Ce programme est opérationnel dans 20 villes des États-Unis d’Amérique. Selon une étude, la participation au programme a contribué à accroître la force et l’énergie des volontaires (135). Une évaluation a également indiqué que le programme est hautement bénéfique pour les enfants, notamment en matière de responsabilité personnelle, d’aptitudes relationnelles et de prise de décision (136). • Aider les membres de la communauté, notamment les personnes âgées, à créer une entreprise sociale. Ces entreprises peuvent favoriser le volontariat dans la communauté et fournir un service de proximité (café, éducation, vente de produits locaux, etc.). Voir l’étude de cas Nabari Otagaisan. Étude de cas : Le projet Nabari Otagaisan de volontariat La ville de Nabari, au Japon, compte environ 80 000 habitants, dont 30,6 % avaient plus de 65 ans en 2018, soit 2,5 % de plus que la moyenne nationale. En 2011, 15 comités d’amélioration de la vie communautaire ont présenté leur vision et les cinq domaines d’action connexes : 1) utiliser pleinement les ressources culturelles et historiques ; 2) protéger l’environnement et encourager les résidents à marcher en plein air ; 3) être une ville vivante et dynamique ; 4) permettre aux gens de s’entraider et de profiter de la vie ; et 5) permettre à la jeune génération de rêver et d’espérer en l’avenir. WPR/RC71/5 page 56 Annexe Le projet Nabari Otagaisan est un service lancé en 2012 pour mettre en relation les personnes désirant faire du volontariat avec les personnes, âgées notamment, qui ont besoin d’aide dans leur vie quotidienne. L’objectif est de créer des communautés où chacun se sent en sécurité, y compris à un âge avancé, grâce à un réseau d’entraide. Cette initiative est soutenue par la municipalité de Nabari, qui fournit une aide financière et facilite l’accès à des espaces de bureaux publics pour l’administration. Les volontaires communautaires apportent différentes compétences dans plus de 20 domaines de service, notamment la préparation des repas, les courses pour les besoins quotidiens, le ménage et l’aide au transport vers des lieux tels que l’hôpital. L’utilisateur paie 500 yens japonais par heure (environ 4,60 dollars US) et le volontaire reçoit 400 yens (environ 3,70 dollars US) à titre d’honoraires. Les 100 yens restants (environ 0,90 dollar US) sont utilisés pour couvrir les frais administratifs. En tant que membre du réseau communautaire de soutien aux personnes âgées, Nabari Otagaisan travaille en étroite collaboration avec d’autres organisations communautaires pour échanger des compétences et des informations liées aux soins des personnes âgées. Ce projet, qui rend service aux personnes ayant besoin d’aide, offre également des possibilités de volontariat et des expériences aux personnes âgées. En apportant une contribution à la société, les volontaires peuvent améliorer leur santé mentale et physique et ainsi atténuer leur besoin de services de soins de longue durée. • Soutenir les personnes âgées, en particulier les plus défavorisées et les plus démunies, grâce à des clubs d’entraide intergénérationnelle fondés sur le volontariat. Étude de cas : Les clubs d’entraide intergénérationnelle au Viet Nam Les clubs d’entraide intergénérationnelle (ISHC) sont des organisations fondées sur le volontariat qui visent à promouvoir le bien-être des membres les plus pauvres et les plus défavorisés de la société, dont la majorité sont des personnes âgées. Ces organisations sont créées par les Comités populaires communaux et bénéficient du soutien d’organisations telles que l’Association des personnes âgées ou l’Union des femmes. Les clubs d’entraide adoptent une approche multisectorielle du développement communautaire et proposent un large éventail d’activités ou de services d’appui : • Activités sociales et culturelles : Ces activités favorisent les liens sociaux et intergénérationnels ainsi que la préservation de la culture et des traditions locales. • Production de revenus : Ces activités fournissent des crédits renouvelables ainsi que des informations et des stratégies sur les programmes de subsistance qui sont adaptés aux besoins des personnes âgées et des pauvres. • Apprentissage tout au long de la vie : Ces activités comprennent des sessions mensuelles d’acquisition de nouvelles compétences et connaissances. • Promotion de la santé : Ces activités favorisent un vieillissement sain et actif en encourageant l’exercice physique régulier, la pratique du sport et des choix de vie sains. • Soins de santé : Ces activités comprennent des dépistages et des contrôles réguliers, des informations visant à promouvoir les autosoins ainsi que l’accès à l’assurance maladie et à l’orientation des patients. • Soins communautaires : Ces services fournissent des soins réguliers et individualisés à domicile aux personnes ayant des besoins plus complexes et leur apportent une aide pour les tâches ménagères, l’hygiène personnelle et la réadaptation, tout en leur offrant de la compagnie. Les soins communautaires WPR/RC71/5 page 57 Annexe comprennent également l’aide à la vie quotidienne, les soins de santé/médicaux et l’accès aux droits et prestations. • Mobilisation de ressources : Ces activités visent à mobiliser et à fournir un soutien en espèces et en nature, tel que de la nourriture, des articles personnels et ménagers et d’autres articles pour les plus mal lotis. • Auto-assistance : Ces activités visent à recruter des volontaires, jeunes et moins jeunes, pour recueillir des dons pour le développement de la communauté locale, en particulier des plus mal lotis. • Droits et prestations : Ces activités fournissent des informations sur les droits et les prestations, y compris le suivi de leur accès, et offrent des services juridiques. La création de ces clubs d’entraide est d’un coût abordable et le modèle peut être facilement reproduit. Les clubs deviennent généralement autonomes au bout de deux ans. Cette approche intergénérationnelle peut être fructueuse dans différents contextes, notamment avec les minorités ethniques ainsi qu’en milieu rural et urbain, indépendamment du milieu culturel ou des croyances. Fort du succès de ces clubs, le gouvernement a approuvé un projet national en août 2016 pour reproduire le modèle dans tout le pays. À la fin de 2019, 58 des 63 provinces/villes du Viet Nam avaient approuvé leur plan de création de clubs d’entraide, et 2 900 clubs avaient été créés dans 60 des 63 provinces/villes du pays. Au total, ils comptent plus de 160 000 membres et 15 000 volontaires qui fournissent des services de soins réguliers (au moins deux fois par semaine) à domicile à plus de 10 000 démunis. De fait, ces clubs d’entraide constituent le plus grand prestataire de soins communautaires du pays. Le Viet Nam élabore actuellement un nouveau projet de développement des clubs d’entraide intergénérationnelle pour 2021 à 2025 afin d’assurer une plus large adoption du modèle. WPR/RC71/5 page 58 Annexe Actions recommandées Pour les États Membres Pour l’OMS • Encourager l’innovation technologique pour : 1) promouvoir le développement des compétences et le maintien dans la vie active ; 2) améliorer la santé et les systèmes de santé ; et 3) promouvoir l’autonomie et l’intégration sociale. • Encourager les innovations sociales pour promouvoir des environnements amis des aînés et des sociétés inclusives, et identifier et former des champions communautaires locaux qui peuvent contribuer à la mise en œuvre durable des innovations. • Les personnes âgées sont consultées lors du développement d’innovations technologiques et sociales afin de s’assurer que leurs besoins sont pris en compte dans les innovations futures. • Prendre en compte les questions d’équité, en particulier en ce qui concerne l’accessibilité des technologies pour les personnes âgées, y compris les obstacles financiers et la culture numérique. Les amis, les membres de la famille, les aidants ou les travailleurs sociaux peuvent aider les personnes âgées à utiliser ces technologies (99). Des aides financières devraient être proposées pour les personnes âgées susceptibles de rencontrer des difficultés financières pour accéder aux technologies (99). • Encourager l’utilisation de technologies numériques sûres, abordables et efficaces dans les soins intégrés, en collaboration avec les secteurs concernés. • Contribuer à la recherche, à la documentation et à la diffusion de bonnes pratiques concernant les innovations en matière de développement des compétences, d’amélioration de la santé ainsi que de soutien à l’autonomie et à la participation sociale des personnes âgées. • Documenter et évaluer les innovations en matière d’accès à l’information et de prestation de services pour les personnes âgées, y compris la cybersanté. Objectif 5 : Renforcer les systèmes de suivi et de surveillance et la recherche sur les personnes âgées afin d’éclairer les programmes, les services et les politiques Contexte À l’heure actuelle, les systèmes de suivi et de surveillance de nombreux pays ne sont pas suffisants pour recueillir, analyser et interpréter les données sur le vieillissement et la santé en vue de la planification, de la mise en œuvre et de l’évaluation des actions de santé publique visant les personnes âgées (137-139). Les activités actuelles de surveillance peuvent être modifiées pour assurer une couverture adéquate de WPR/RC71/5 page 59 Annexe groupes cibles spéciaux, tels que les personnes très âgées, les minorités ethniques, les groupes pour lesquels des services préventifs spécifiques pourraient être particulièrement importants (par exemple, les femmes de 60 ans qui n’ont pas récemment passé une mammographie) et les personnes âgées dont les capacités intrinsèques sont en déclin et qui vivent chez elles (140,141). Ces activités de surveillance devraient fournir des orientations et des informations aux programmes nationaux, infranationaux et de district. En outre, la surveillance de la santé devrait être étendue pour que toutes les données disponibles sur le vieillissement et la santé puissent être utilisées de manière intégrée et coordonnée pour orienter plus efficacement la prévention des maladies et la promotion de la santé auprès des personnes âgées (142). Les enquêtes nationales telles que les enquêtes démographiques et sanitaires et les systèmes d’information sanitaires de nombreux pays ne recueillent pas de données sur les personnes âgées ou ne fournissent pas d’informations ventilées par âge et par sexe pour ces personnes. Ce déficit de données contribue à l’invisibilité et à l’exclusion des personnes âgées dans la planification et l’élaboration des politiques. Les personnes âgées ne constituant pas un groupe homogène, il est essentiel de disposer de données détaillées et de réaliser des études sur leurs sous-populations, afin de comprendre leur état de santé et leurs contributions sociales et économiques et ainsi mieux éclairer l’élaboration de programmes, de services et de politiques qui répondront à leurs divers besoins. Reconnaissant l’importance de recueillir des données empiriques sur les personnes âgées, l’OMS a élaboré en 2002 l’étude sur le vieillissement et la santé des adultes dans le monde (connue sous le nom de SAGE) dans le cadre d’une campagne visant à recueillir des informations longitudinales complètes sur la santé et le bien-être des personnes âgées (143). Cette étude a recueilli des données sur des échantillons représentatifs de six pays : Chine, Ghana, Inde, Mexique, Fédération de Russie et Afrique du Sud (143). Orientation stratégique 1) A) Enquête nationale Les systèmes nationaux de statistiques et de surveillance couvrant les services de santé, d’emploi, de protection sociale et autres doivent assurer la ventilation des données, ainsi que leur mise en correspondance, leur analyse et leur communication. La ventilation par âge et par sexe doit être cohérente tout au long de l’âge adulte et utiliser des tranches d’âge de cinq ans si possible. Les États Membres sont également encouragés à inclure les aspects suivants dans leurs enquêtes : • Emploi : raisons de travailler ou non, types d’emploi • Conditions de vie : type de logement, vie seule ou avec d’autres personnes, accès aux services communautaires, transports, utilisation des technologies et accès à ces dernières • Revenu : suffisance du revenu, source de revenus, distribution des revenus • Santé : santé physique, santé mentale, capacités physiques et mentales (capacités intrinsèques), aptitudes fonctionnelles, bien-être général, problèmes de santé diagnostiqués, nutrition et activité physique, facteurs de risque des MNT • Soins de longue durée : dépendance aux soins qui reflète des besoins importants en matière de capacités intrinsèques et de soins d’assistance dans les activités (essentielles et instrumentales) de la vie quotidienne et d’aptitudes fonctionnelles, source de soutien/aidant, nombre d’amis et fréquence des rapports, nombre d’établissements de WPR/RC71/5 page 60 Annexe soins de longue durée, nombre d’établissements de soins de longue durée avec mise en œuvre obligatoire de lignes directrices pour la prévention et la maîtrise des infections • Éducation : cours suivis, prestataire éducatif, besoins éducatifs (par exemple : culture numérique) 2) Recherche Des travaux de recherche qualitative et quantitative devraient être réalisés sur le vieillissement en bonne santé. La recherche doit répondre aux besoins actuels des personnes âgées et anticiper les défis à relever. Les États Membres devraient envisager d’inclure les domaines suivants dans leur programme de recherche : a. Recherche clinique : Étiologie et traitements des problèmes de santé liés au vieillissement (tels que les atteintes musculo-squelettiques et les déficiences sensorielles, la démence et le déclin cognitif, le cancer, la fragilité, la polypharmacie, la multimorbidité, la vulnérabilité aux infections, la vaccination, etc.) b. État de santé : Déterminer l’état de santé, les aptitudes fonctionnelles et les besoins de soins d’assistance des personnes âgées, ainsi que l’état de santé de leurs sous- populations. c. Iniquités en santé (33) i. Conditions et circonstances sous-jacentes : structures, normes et processus qui déterminent la probabilité qu’une personne vieillisse bien ii. Intégration dans les systèmes sanitaires et sociaux : organisation, couverture et performance des services essentiels qui affectent la santé des personnes âgées iii. Contexte et mécanismes environnementaux généraux : qui, ensemble, peuvent optimiser les aptitudes fonctionnelles d’une personne dans divers contextes à mesure qu’elle vieillit iv. Mesurer et comprendre les défis et évaluer l’efficacité de l’action : intégrer les préférences des personnes âgées, comprendre les divers parcours de vieillissement, identifier les iniquités et évaluer les solutions qui fonctionnent dans différents contextes d. Évaluation des besoins : Comprendre les besoins sanitaires et sociaux des personnes âgées afin d’orienter l’élaboration des programmes et des politiques ainsi que les innovations technologiques et sociales. e. Qualité des soins et des services : Évaluer la qualité des soins et des services, en particulier du point de vue des personnes âgées, pour déterminer les améliorations nécessaires 3) Suivi et évaluation du vieillissement en bonne santé Intégrer des mécanismes de suivi et d’évaluation dans la conception des programmes, des politiques et des systèmes de santé, afin de mieux comprendre leur effet sur la santé des personnes âgées, ainsi que le rapport coût-efficacité et la durabilité des différentes interventions. Actions recommandées Pour les États Membres Pour l’OMS • Mettre en place un solide système de suivi et de surveillance qui recueille, analyse et interprète systématiquement les données aux • Plaider en faveur du comblement des lacunes dans les données statistiques sur les WPR/RC71/5 page 61 Annexe fins de planification, de mise en œuvre et d’évaluation. • Recueillir des données nationales ventilées par âge en utilisant, si possible, des tranches de cinq ans tout au long de l’âge adulte dans les enquêtes nationales. • Envisager d’investir dans des enquêtes recueillant des données longitudinales pour suivre les tendances concernant l’état de santé et les aptitudes fonctionnelles des populations vieillissantes. • Veiller à prioriser les travaux du programme national de recherche sur les personnes âgées qui utilisent diverses méthodes, notamment la recherche sur leurs sous- populations, afin de comprendre les différences entre groupes de personnes âgées. • Promouvoir la collaboration en matière de recherche entre les établissements universitaires, les organisations non gouvernementales et les communautés. • Intégrer des mécanismes de suivi et d’évaluation dans la conception des programmes, des politiques et des systèmes de santé afin de mieux comprendre leur effet. • Diffuser les résultats des travaux de recherche aux décideurs concernés, pour éclairer l’élaboration des politiques, des programmes et des services destinés aux personnes âgées. personnes âgées et encourager la recherche qualitative et quantitative sur ces dernières. • Fournir un soutien technique aux États Membres pour identifier les indicateurs de santé et de vieillissement et pour recueillir des données sur les personnes âgées en utilisant les enquêtes et les outils existants. WPR/RC71/5 page 62 Annexe 3. Conditions essentielles à la bonne mise en œuvre du Plan d’action régional Les objectifs et les actions du présent Plan d’action pour la Région du Pacifique occidental cadrent avec la Stratégie mondiale de l’OMS sur le vieillissement et la santé, la Décennie pour le vieillissement en bonne santé (2020-2030), le Programme de développement durable à l’horizon 2030 ainsi que le Plan d’action international de Madrid sur le vieillissement des Nations Unies, et contribuent à leur réalisation. Fort des expériences des États Membres, ce Plan d’action régional met l’accent sur les conditions essentielles à sa bonne mise en œuvre : • Volonté politique, renforcement des capacités et leadership • Mécanismes de coordination multisectoriels et multipartites et planification au niveau national • Systèmes et politiques bien conçus pour promouvoir un vieillissement en bonne santé • Perception positive du public et soutien au vieillissement actif • Ressources financières et humaines suffisantes pour la mise en œuvre Volonté politique, renforcement des capacités et leadership Les actions en faveur d’un vieillissement en bonne santé nécessitent la révision importante de différentes politiques ainsi que la coordination des parties prenantes. De plus, la transformation requise, au sein de la santé et entre les secteurs, pour s’adapter au déplacement de la charge de morbidité nécessite des changements importants. Une volonté politique de haut niveau est nécessaire pour que ces changements se produisent. Aux Palaos, par exemple, le président a approuvé en février 2020 la création d’une commission composée de représentants de haut niveau de nombreux ministères afin d’élaborer une politique nationale sur les soins visant la population vieillissante. Ces représentants proviennent du ministère de la Santé, du ministère de la Justice, de l’administration de la sécurité sociale, du financement national des soins de santé, du fonds de retraite de la fonction publique, du conseil pour les personnes âgées, du ministère des Affaires communautaires et culturelles, du ministère des Finances et du directeur du bureau sur le vieillissement, le handicap et le genre. En outre, un leadership de haut niveau est nécessaire pour renforcer les capacités des différents secteurs, notamment en développant les aptitudes, les connaissances et les compétences afin de faire avancer le programme sur le vieillissement en bonne santé. Mécanismes de coordination multisectoriels et multipartites et planification Le Plan d’action régional pour le vieillissement en bonne santé dans le Pacifique occidental préconise une approche multisectorielle tout au long de la vie, axée sur les communautés. C’est pourquoi sa mise en œuvre nécessite une coordination et une planification étroites aux niveaux national et communautaire. La collaboration multisectorielle devrait inclure la participation du secteur privé et surtout des personnes âgées elles-mêmes. Considérations clés pour la gouvernance de l’action multisectorielle (144) : 1) Pour obtenir l’adhésion des différents secteurs, il est important de formuler les questions de manière appropriée pour qu’elles s’inscrivent dans les programmes politiques de ces différents secteurs. WPR/RC71/5 page 63 Annexe 2) Lors de la conception d’une approche du travail multisectoriel, il est utile de définir le profil, les intérêts, les incitations et les relations des personnes et des secteurs clés. Le secteur de la santé peut ou non jouer un rôle de premier plan. 3) L’instauration de la confiance entre les secteurs exige de la transparence ainsi que des mécanismes de responsabilisation (politique, financière et administrative), qui doivent être mis en place dès le début pour permettre une action multisectorielle efficace. 4) Pour que la collaboration multisectorielle soit efficace, les capacités de leadership doivent être renforcées dans tous les secteurs et à tous les niveaux de gouvernement, plutôt que de laisser l’initiative à un seul secteur. Il peut être utile d’identifier des champions dans différents secteurs et d’institutionnaliser la collaboration multisectorielle en tant qu’approche clé dans tous les secteurs. 5) Pour s’assurer que toutes les parties prenantes sont sur la même longueur d’onde, promouvoir une culture dans laquelle elles s’engagent à apprendre les unes des autres et sont prêtes à collaborer pour parvenir à une compréhension commune des problèmes, des solutions et des résultats souhaités. Mécanismes nationaux Des mécanismes efficaces de gestion et de coordination de la planification, de la mise en œuvre ainsi que du suivi et de l’évaluation du Plan d’action devront être mis en place au niveau national. Les mesures nationales peuvent être mises en œuvre dans le cadre d’un plan spécifique sur le vieillissement ou être intégrées dans des plans de santé publique existants (par exemple, sur les MNT ou les systèmes de santé), ou dans des plans nationaux plus larges dans le domaine de la santé. Quelle que soit l’option retenue, le plan d’action national devrait prôner une approche multisectorielle, continue tout au long de la vie, en faveur du vieillissement en bonne santé. Les États Membres peuvent envisager : 1) un organe de coordination unique (tel que le ministère de la Santé ou la primature) chargé des MNT et du vieillissement ; ou 2) des organes de coordination distincts pour les MNT et le vieillissement, qui collaborent étroitement en partageant des informations, en menant des activités communes et en effectuant une planification conjointe afin d’éviter les doubles emplois et les lacunes, et d’assurer la continuité des services. En outre, des partenariats multipartites sont mobilisés afin de partager les connaissances, l’expertise, la technologie et les ressources. Les États Membres peuvent envisager d’établir une plateforme pour mettre en relation et réunir les parties prenantes qui promeuvent les cinq domaines d’action au niveau national et celles qui recherchent des informations, des conseils et un renforcement des capacités. La plateforme s’appuierait sur une collaboration étroite avec les parties prenantes dans le cadre de partenariats et d’autres mécanismes au sein et en dehors de l’OMS et du système des Nations Unies. Participation efficace des personnes âgées à la collaboration multisectorielle Les initiatives visant à favoriser le vieillissement en bonne santé devraient inclure des plateformes pour encourager la participation efficace des personnes âgées à la création des politiques, programmes et services qui leur sont destinés (55). Lorsque la voix des personnes âgées n’est pas entendue, leurs besoins, leurs connaissances et leurs contributions sont souvent négligés, ce qui conduit à des initiatives WPR/RC71/5 page 64 Annexe bien intentionnées mais qui ne répondent pas à leurs besoins urgents. Ceci est particulièrement vrai pour les groupes privés de leurs droits et marginalisés. Une attention particulière doit être accordée à leur participation aux processus décisionnels. La participation et l’autonomisation des personnes âgées devraient être favorisées à tous les stades de l’élaboration des politiques ou des programmes, de l’identification des questions à aborder à l’évaluation du travail. Les organisations et les personnes compétentes en matière d’animation participative, de dialogue collectif et de sensibilisation communautaire sont essentielles pour faire progresser le travail sur le vieillissement en bonne santé, en particulier auprès des groupes les plus marginalisés. Systèmes et politiques bien conçus pour promouvoir un vieillissement en bonne santé Les stratégies, politiques ou plans nationaux jouent un rôle essentiel dans la définition de la vision, des priorités, des décisions budgétaires et de la ligne de conduite adoptées par un pays pour maintenir et améliorer la santé de sa population. La gouvernance efficace du vieillissement en bonne santé nécessite l’élaboration et la mise en œuvre de politiques et de plans fondés sur l’expérience qui impliquent toutes les parties prenantes ainsi que divers secteurs et accordent une attention explicite à l’équité ainsi qu’à la dignité et aux droits humains des personnes âgées. Les plans nationaux sur le vieillissement en bonne santé (autonomes ou intégrés dans les plans nationaux) définissent des priorités et un calendrier pour leurs grandes étapes, y compris la manière dont elles seront atteintes, les ressources allouées et les méthodes de suivi des progrès, ce qui permet de rendre compte de leur mise en œuvre. Perception positive du public et soutien au vieillissement en bonne santé Il est impératif que les gouvernements prennent l’initiative de modifier le discours sur le vieillissement pour attirer l’attention sur ses aspects positifs et les possibilités associées. Le rôle du gouvernement est important pour lancer une campagne visant à lutter contre les stéréotypes et les mythes sur le vieillissement. Plusieurs études ont porté sur l’exposition des jeunes aux personnes âgées, afin de lutter contre les stéréotypes négatifs. Cette exposition prolongée a permis de réduire les attitudes négatives et de modérer les perceptions (145). Les exemples positifs d’employés seniors peuvent améliorer les croyances implicites sur les personnes âgées (146). Une intervention consistant à fournir des informations sur les mythes et les réalités du vieillissement, suivie d’une discussion sur l’âgisme visant à transformer les attitudes, s’est révélée avoir modifié les perceptions des jeunes sur le vieillissement (147). En outre, le gouvernement devrait demander l’avis du public, y compris des personnes âgées elles-mêmes. Par exemple, lors de l’élaboration de la stratégie de Singapour sur le vieillissement en bonne santé, I feel young in my Singapore, plus de 4000 Singapouriens ont été consultés dans le cadre de près de 50 groupes de discussion sur une période d’un an (148). Les membres de la communauté ont ainsi pu exprimer leurs aspirations et leurs idées sur le vieillissement si bien qu’elles ont pu figurer dans le plan stratégique national. Ressources financières et humaines suffisantes pour la mise en œuvre Les sociétés ne pourront récolter les bénéfices du vieillissement en bonne santé que si elles investissent dans la santé des personnes de tous âges, dont les personnes âgées. Les dépenses de santé et les mécanismes de financement de la santé varient considérablement selon les pays de la Région du Pacifique occidental. Une réponse de l’ensemble de la société aux changements démographiques, proposée dans le présent Plan d’action régional, nécessite un investissement dans la promotion de la santé, y compris des environnements favorables qui permettent aux individus d’adopter des modes de WPR/RC71/5 page 65 Annexe vie plus sains tout au long de leur vie, ainsi qu’un financement pour garantir que les communautés sont équipées pour aider une population de plus en plus âgée à vieillir à domicile. Ces investissements pourraient inclure : • La promotion de la santé tout au long de la vie, la transformation des systèmes de santé et le développement d’environnements amis des aînés pour tenir compte du déplacement de la charge de morbidité vers les MNT • Des soins de santé pour la gestion des maladies chroniques, le maintien des capacités intrinsèques, les soins palliatifs, la réadaptation et les aides techniques pour le maintien de l’indépendance tels que les lunettes et les prothèses auditives, en particulier parmi les groupes à faibles revenus • Les soins de longue durée et une solution présentant un meilleur rapport coût-efficacité pour les services de soutien au vieillissement chez soi et les aidants familiaux • Des investissements visant à améliorer l’environnement social des personnes âgées (par exemple, leurs besoins liés à la santé, tels que le logement, les transports et la réadaptation) Les États Membres sont encouragés à engager un débat sur le financement nécessaire, notamment : • La prévision des coûts nécessaires à la mise en œuvre à long terme (5-10 ans) du présent Plan d’action régional • Les arguments en faveur de l’investissement dans le vieillissement en bonne santé, y compris dans la santé pour toutes les générations • L’évaluation des différents modèles de financement (dont le secteur privé, les organisations non gouvernementales et les partenaires de développement) WPR/RC71/5 page 66 Annexe Glossaire Accessibilité Mesure dans laquelle un environnement, service ou produit permet l’accès par autant de personnes que possible. Activité Exécution d’une tâche ou d’une action par un individu. Activités de la vie quotidienne (AVQ) Activités élémentaires nécessaires à la vie quotidienne, telles que prendre son bain ou sa douche, s’habiller, manger, entrer ou sortir du lit ou s’asseoir et se lever d’une chaise, utiliser les toilettes, et se déplacer à l’intérieur du domicile. Âge (chronologique) Nombre d’années vécues depuis la naissance. Âgisme Stéréotypes et discrimination envers des individus ou des groupes de personnes sur la base de leur âge, y compris les préjugés, les pratiques discriminatoires ou les politiques et les pratiques institutionnelles qui perpétuent les idées reçues. Aidant Personne qui fournit des soins et un soutien à un autre individu ; les aidants peuvent inclure des membres de la famille, des amis, des voisins, des volontaires, des agents de santé et des professionnels de santé. Un tel soutien peut inclure : • aider aux soins auto-administrés, aux tâches ménagères, à la mobilité, à la participation sociale et à des activités significatives ; • offrir des informations, des conseils et un soutien affectif, mener des actions de sensibilisation, fournir un soutien à la prise de décision et un soutien par les pairs, et aider à la planification préalable des soins ; • offrir des services de répit ; et • participer à des activités visant à favoriser les capacités intrinsèques Aides techniques et technologiques (ou technologies de la santé) Tout dispositif conçu, fabriqué ou adapté pour aider une personne à accomplir une tâche particulière, y compris les produits destinés aux personnes avec une limitation spécifique de capacités ; les technologies de la santé sont un sous-ensemble des aides technologiques, dont le but principal est de maintenir ou d’améliorer les aptitudes fonctionnelles et le bien-être d’un individu. WPR/RC71/5 page 67 Annexe Aménagement raisonnable Modifications et adaptations nécessaires et appropriées qui peuvent être réalisées sans imposer une charge disproportionnée ou indue, pour que les personnes âgées présentant une diminution des aptitudes fonctionnelles puissent profiter et exercer tous les droits de l’homme et libertés fondamentales sur une base d’égalité avec les autres. Approche tout au long de la vie Approche prenant en considération les processus biologiques, comportementaux et psychosociaux sous-jacents qui se produisent tout au long de la vie, qui sont façonnés par les caractéristiques individuelles et par l’environnement dans lequel nous vivons. Aptitudes fonctionnelles Attributs liés à la santé qui permettent aux individus d’être et de faire ce à quoi ils accordent de la valeur ; elles sont constituées des capacités intrinsèques de l’individu, des caractéristiques pertinentes de l’environnement, et des interactions entre l’individu et ces caractéristiques. Assistance sociale (services sociaux) Aide aux activités de la vie quotidienne (comme les soins personnels, l’entretien du domicile). Autosoins (ou autogestion du traitement) Activités menées par des personnes pour favoriser leur santé, la maintenir, se traiter et prendre soin d’elles-mêmes, ainsi que prendre des décisions à propos de leur santé. Bien-être Terme général englobant l’ensemble des domaines de la vie humaine, y compris les aspects physiques, intellectuels et sociaux, qui constituent ce qu’on peut appeler une « vie agréable ». Capacités intrinsèques Ensemble de toutes les capacités physiques et intellectuelles dans lesquelles un individu peut puiser. Déficience Perte ou anomalie d’une structure organique ou d’une fonction physiologique (y compris les fonctions intellectuelles) ; dans ce rapport, le terme « anomalie » est utilisé pour faire strictement référence à une variation significative par rapport à des normes statistiques établies (soit une divergence des normes standards mesurées par rapport à la moyenne de la population). Dépenses directes Paiements pour des produits ou des services, y compris : i) les paiements directs, tels que les paiements pour des produits ou des services qui ne sont couverts par aucune forme d’assurance ; ii) le partage des coûts – qui est une prestation de l’assurance maladie ou de tiers payant qui exige que la personne couverte paie une partie du coût des soins de santé qu’elle reçoit ; et iii) les paiements informels, tels que les paiements non officiels de biens et de services, qui devraient être intégralement financés par les recettes mises en commun. WPR/RC71/5 page 68 Annexe Environnement bâti Bâtiments, routes, services publics, habitations, aménagements, parcs et toutes autres structures conçues par l’homme qui constituent les caractéristiques physiques d’une communauté. Environnements Tous les facteurs dans le monde externe qui forment le contexte de la vie d’un individu, y compris le domicile, les communautés et la société au sens large ; au sein de ces environnements, il existe un ensemble d’éléments, comme l’environnement bâti, les individus et leurs relations, les attitudes et les valeurs, les politiques sociales et de santé, les systèmes et les services. Environnements amis des aînés Environnements (comme le domicile ou la communauté) qui favorisent le fait de vieillir en restant actif et en bonne santé, par le développement et le maintien des capacités intrinsèques sur tout le parcours de vie, et qui permettent de meilleures aptitudes fonctionnelles chez une personne avec un niveau donné de capacités. Espérance de vie (à la naissance) Nombre moyen d’années qu’un nouveau-né est censé vivre s’il est soumis au taux de mortalité selon l’âge au cours d’une période donnée. Établissements de soins Institutions au sein desquelles sont fournis des soins de longue durée ; celles-ci peuvent inclure des centres communautaires, des résidences avec services de soutien, des maisons de repos, des hôpitaux et d’autres établissements de santé ; les établissements de soins ne sont pas définis uniquement par leur taille. État/niveau fonctionnel Terme générique désignant les fonctions de l’organisme, les structures du corps humain, les activités et la participation ; il désigne les aspects positifs de l’interaction entre un individu (avec un problème de santé) et les facteurs contextuels de cet individu (facteurs environnementaux et personnels). Facilitateurs Facteurs dans l’environnement d’une personne qui, par leur absence ou leur présence, améliorent les aptitudes fonctionnelles ; ceux-ci comprennent des facteurs tels que l’environnement physique qui est accessible, la disponibilité d’aides techniques et technologiques pertinentes, et les attitudes positives envers les personnes âgées, ainsi que les services, les systèmes et les politiques qui visent à accroître la participation, dans tous les domaines de la vie, et de toutes les personnes avec un problème de santé ; l’absence d’un facteur peut aussi être un facilitateur – par exemple, l’absence de stigmatisation ou d’attitudes négatives ; les facilitateurs peuvent empêcher une déficience ou une limitation d’activités de restreindre la participation, parce que la performance réelle d’une action est renforcée, malgré le problème que présente une personne en termes de capacités. Facteur de risque Attribut, caractéristique ou exposition à une probabilité accrue de développer une maladie ou un traumatisme, qui y est associée par un lien de causalité. WPR/RC71/5 page 69 Annexe Fragilité (ou personne âgée fragile) Extrême vulnérabilité à des facteurs de stress endogènes et exogènes qui expose une personne à un risque plus élevé d’incidences négatives sur la santé. Gériatrie Branche de la médecine spécialisée dans la santé et les maladies liées à l’âge ainsi que leurs soins et services adéquats. Gérontologie Étude des aspects sociaux, psychologiques et biologiques du vieillissement. Handicap Terme générique pour les déficiences, les limitations d’activités et les restrictions de participation, indiquant les aspects négatifs de l’interaction entre un individu (avec un problème de santé) et les facteurs contextuels de cet individu (facteurs environnementaux et personnels). Inégalités de santé Différences en matière d’état de santé survenant entre les individus ou les groupes de personnes, ou, plus formellement, l’ensemble de variations interindividuelles en matière de santé pour une population donnée, qui prend souvent en considération les différences de statut socioéconomique ou d’autres caractéristiques démographiques. Innovation sociale Processus mené par la communauté qui lie le changement social et l’amélioration de la santé, en tirant parti des diverses forces des personnes et des institutions locales. Longévité Durée de vie des personnes. Maladie chronique Maladie, trouble, lésion ou traumatisme qui est persistant, ou qui a des effets durables. Maladies non transmissibles Maladies qui ne sont pas transmises de personne à personne ; les quatre principaux types de maladies non transmissibles sont les maladies cardiovasculaires (telles que les crises cardiaques et les accidents vasculaires cérébraux), les cancers, les maladies respiratoires chroniques (telles que la broncho- pneumopathie obstructive chronique et l’asthme) et le diabète. Maltraitance des personnes âgées Acte unique ou répété, ou absence d’action appropriée, survenant au sein d’une relation d’où l’on attend plutôt la confiance, qui est source de préjudice ou de détresse pour la personne âgée. WPR/RC71/5 page 70 Annexe Mobilité Se déplacer en changeant de position du corps ou d’emplacement, ou en se transférant d’un endroit à un autre ; en transportant, déplaçant ou en maniant des objets ; en marchant, en courant ou en montant ; et en utilisant divers moyens de transport. Multimorbidité Présence simultanée de deux ou plusieurs problèmes de santé chroniques chez une même personne. Obstacles Facteurs dans l’environnement d’une personne qui limitent les aptitudes fonctionnelles, par leur absence ou leur présence. Participation communautaire Processus consistant à développer des relations qui permettent aux membres et aux organisations d’une communauté de travailler ensemble pour traiter des questions liées à la santé et promouvoir le bien- être afin de produire un impact et des résultats positifs en matière de santé. Personne âgée Personne dont l’âge a passé l’espérance de vie moyenne à la naissance. Population âgée Population dont 14 % des membres ont 65 ans ou plus. Population vieillissante Population dont 7 % des membres ont 65 ans ou plus. Problème de santé Terme générique pour désigner une maladie aiguë ou chronique, un trouble, une lésion ou un traumatisme. Promotion de la santé Processus permettant aux gens de mieux maîtriser et d’améliorer leur santé. Protection sociale Programmes visant à réduire la précarité qui découle de situations telles que la pauvreté, le chômage, la vieillesse et le handicap. Réadaptation Ensemble de mesures visant les individus qui ont vécu ou sont susceptibles de connaître une situation de handicap, pour les aider à atteindre et à maintenir un état fonctionnel optimal lors de l’interaction avec leur environnement. Réseau social Tissu de liens de parenté, d’amitié et de liens communautaires d’un individu. WPR/RC71/5 page 71 Annexe Santé État de complet bien-être physique, mental et social, et ne consistant pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité. Sécurité sociale Comprend toutes les mesures qui fournissent des prestations, que ce soit en espèces ou en nature, afin de garantir la protection sociale. Services centrés sur la personne Approche des soins qui adopte délibérément la perspective des individus, des familles et des communautés, et les considère comme des participants ainsi que des bénéficiaires des systèmes de santé et de soins de longue durée, qui répondent à leurs besoins et à leurs préférences de façon humaine et holistique ; garantir que soient assurés des soins centrés sur la personne, exige que celle-ci dispose de la formation et du soutien dont elle a besoin pour prendre des décisions et pour participer à ses propres soins ; ils sont axés sur les besoins et les attentes des personnes en matière de santé, plutôt que sur les maladies. Services de santé intégrés Les services de santé intégrés sont gérés et fournis de manière à garantir aux personnes un continuum de services, y compris de promotion de la santé, de prévention des maladies, de diagnostic, de traitement, de gestion de la maladie, de réadaptation et de soins palliatifs, à différents niveaux et dans différentes structures au sein du système de santé, et que les soins soient fournis en fonction de leurs besoins, tout au long de leur parcours de vie. Social participation Peut prendre différentes formes, notamment fournir des informations équilibrées et objectives, consulter la communauté pour obtenir l’avis des populations touchées, impliquer les communautés ou travailler directement avec elles, collaborer en établissant des partenariats avec les communautés touchées dans tous les aspects de la prise de décision, y compris l’élaboration d’alternatives et l’identification de solutions, et donner aux communautés les moyens de garder le contrôle ultime des décisions clés concernant leur bien-être. Soins de longue durée Activités entreprises par des tiers pour veiller à ce que les personnes ayant une perte significative des capacités intrinsèques puissent maintenir un niveau d’aptitudes fonctionnelles conforme à leurs droits fondamentaux, aux libertés fondamentales et à la dignité humaine. Soins informels Soins non rémunérés fournis par un membre de la famille, un ami, un voisin ou un volontaire. Syndromes gériatriques États de santé complexes qui ont tendance à se produire plus tard dans la vie, et qui n’entrent pas dans des catégories de maladie distinctes ; ils sont souvent la conséquence de plusieurs facteurs sous-jacents et du dysfonctionnement de multiples systèmes organiques. WPR/RC71/5 page 72 Annexe Vieillir chez soi Capacité de vivre dans son propre domicile et sa propre communauté, en toute sécurité, de façon indépendante et confortablement, indépendamment de l’âge, du revenu ou du niveau de capacités. Vieillir en restant actif Processus d’optimisation des opportunités en matière de santé, de participation et de sécurité, afin d’améliorer la qualité de vie, à mesure que les personnes prennent de l’âge. Vieillissement Sur le plan biologique, le vieillissement résulte de l’accumulation d’une importante variété de lésions moléculaires et cellulaires se produisant au fil du temps. Vieillissement de la population Changement dans la structure de la population, entraînant l’augmentation de la proportion de personnes dans les groupes plus âgés. Vieillissement en bonne santé Processus qui développe et entretient les aptitudes fonctionnelles, permettant d’accéder au bien-être à un âge avancé. Vieux/vieille Construction sociale qui définit les normes, les rôles et les responsabilités qui sont attendues d’une personne âgée ; ce terme est fréquemment utilisé dans un sens péjoratif. WPR/RC71/5 page 73 Annexe Appendice :Résumé des orientations et recommandations pertinentes de l’OMS concernant les personnes âgées Vaccination Les vaccins recommandés par l’OMS pour les personnes âgées comprennent : • Grippe saisonnière : Les personnes âgées (de 65 ans et plus) sont considérées comme l’un des groupes à risque devant être vaccinés contre la grippe saisonnière (149) • Encéphalite à tiques : Les personnes de 50 ans et plus sont plus sensibles à l’encéphalite à tiques grave et doivent être vaccinées dans les zones de forte endémicité (150) • Pneumococcie : Certains pays du Pacifique occidental ont adopté le vaccin antipneumococcique dans le cadre de la vaccination systématique des personnes âgées. L’OMS élabore actuellement des lignes directrices sur l’utilisation de ce vaccin pour les personnes âgées (151). Hépatite La Région du Pacifique occidental compte pour un tiers des décès dus à l’hépatite virale à l’échelle mondiale, principalement associés à la cirrhose et au cancer du foie attribuables à l’hépatite (152). Les données disponibles dans les pays à revenus élevés indiquent que la prévalence des anticorps de l’hépatite C est plus élevée chez les personnes âgées (153-156). De même, les données de la Chine, des Philippines et du Viet Nam indiquent que la prévalence de l’hépatite B augmente avec l’âge, principalement chez les personnes nées après les années 1990, lorsque la vaccination universelle des enfants contre l’hépatite B a commencé dans la majorité des pays (157-159). En Asie, la transmission des hépatites B et C est principalement due à la consommation de drogues injectables, à l’absence de dépistage du sang et des produits sanguins et au risque cumulé sur toute la vie d’injections à risque dans des environnements sanitaires et non sanitaires (160,161). Dans les zones géographiques où la prévalence des hépatites B et C est intermédiaire à élevée, leur dépistage systématique peut être envisagé lors d’un contrôle de routine conformément aux lignes directrices de l’OMS (162). Enfin, l’OMS recommande la vaccination contre l’hépatite B des personnes âgées fortement exposées à cette maladie, lorsque les ressources le permettent (163). Tuberculose La tuberculose est l’une des dix premières causes de décès dans le monde et la première cause de décès due à un seul agent infectieux (164). Elle reste un important problème de santé publique dans la Région du Pacifique occidental. Selon les estimations, 1,8 million de personnes ont contracté la tuberculose dans la Région en 2018 et 97 000 en sont mortes (164). En 2018, un cas de tuberculose sur cinq déclarés dans la Région du Pacifique occidental concernait des personnes âgées de 65 ans et plus, soit nettement plus que la moyenne mondiale d’un cas sur neuf (11 %) (fig. A1) (164). Les taux de tuberculose chez les hommes âgés sont particulièrement élevés dans des pays tels que le Cambodge, la Chine, la République démocratique populaire lao, la Malaisie, les Philippines et le Viet Nam (164). De plus, les personnes dont le système immunitaire est affaibli, dont les personnes âgées, risquent plus de moins bien réagir au traitement antituberculeux (rechute et décès), surtout lorsque ce traitement est retardé (165). WPR/RC71/5 page 74 Annexe Fig. A1. Nombre et taux de notifications de cas de tuberculose dans la Région du Pacifique occidental, 2014 - 2018, par tranche d’âge et par sexe Source : Organisation mondiale de la Santé, Rapport sur la tuberculose dans le monde, 2019. De fait, le dépistage systématique de la tuberculose active chez les personnes appartenant à des groupes à risque sélectionnés, dont les personnes âgées, dans des contextes où la prévalence est de 100/100 000 habitants ou plus, a été proposé comme recommandation conditionnelle dans les lignes directrices de l’OMS (2013) (165). Compte tenu des différences de capacité de dépistage, les pays sont encouragés à effectuer un dépistage systématique de la tuberculose active en suivant les recommandations de l’OMS pour le dépistage systématique de la tuberculose active (165). Soins bucco-dentaires Les maladies bucco-dentaires sont les MNT les plus courantes et touchent les gens tout au long de leur vie, causant des douleurs, des malaises, des préjudices esthétiques, voire la mort (166). La majorité des personnes âgées dans le monde souffrent d’une perte de dents importante. Ce problème est préoccupant dans la Région du Pacifique occidental (tableau A1): Tableau A1 : Pourcentage de personnes ayant perdu toutes leurs dents dans divers pays Pays Âge (année) Pourcentage de personnes ayant perdu toutes leurs dents Chine (167) ≥ 75 33 Japon (66) ≥ 75 14 Nouvelle-Zélande (168) ≥ 75 29 Malaisie (169) 75 53 Singapour (170) ≥ 60 31 La perte de dents a des incidences importantes sur la santé physique et mentale. La réduction de la capacité masticatoire peut être un facteur de malnutrition (171). La perte de dents a également été WPR/RC71/5 page 75 Annexe associée à une perte d’estime de soi, à des problèmes sociaux et, à terme, à une diminution de la qualité de vie (172). Les données semblent également indiquer que la perte de dents est associée à un risque accru de déficience cognitive et de démence (173-176). À terme, la perte de dents augmente le risque de mortalité (172,177,178). Une bonne hygiène bucco-dentaire est essentielle. Les professionnels de l’hygiène bucco-dentaire pourraient envisager : 1) le dépistage des pertes de capacités intrinsèques telles que les difficultés de mastication et la douleur ou l’inconfort dans la cavité buccale ; 2) l’évaluation des domaines de soins de santé primaires ; 3) l’évaluation et la gestion des affections et maladies associées ; et 4) l’évaluation et la gestion des besoins de services sociaux. L’expérience du Japon semble indiquer que la promotion multisectorielle de la santé tout au long de la vie peut améliorer de manière significative l’hygiène bucco- dentaire des personnes âgées (voir étude de cas). Démence La démence est une cause importante de handicap et de dépendance chez les personnes âgées. Dans la Région du Pacifique occidental, 16 millions de personnes souffraient de démence en 2015, soit une augmentation de 45 % depuis 2006 (179). On estime qu’en 2015, 622 285 décès (soit près de 5 % du total des décès dans la Région) étaient attribuables à la démence (179). Le Plan mondial d’action de santé publique contre la démence 2017-2025 souligne la nécessité d’intégrer les approches de santé et d’assistance sociale et d’aligner les actions sur les interventions stratégiques en cours dans les domaines de la santé mentale, des MNT et du vieillissement (180). Ce document est un plan d’action détaillé – pour les décideurs, les partenaires internationaux, régionaux et nationaux, et l’OMS – dans des domaines tels que : 1) la sensibilisation à la démence et à la mise en place d’initiatives sensibles aux besoins des personnes atteintes de démence ; 2) la réduction du risque de démence ; 3) le diagnostic, le traitement et les soins ; 4) la recherche et l’innovation ; et 5) le soutien aux aidants de personnes atteintes de démence. Il souligne également l’importance de respecter les droits humains des personnes atteintes de démence lors de l’élaboration des plans et de leur mise en œuvre. Le risque de démence peut être réduit en ciblant les facteurs de risque modifiables, dont l’activité physique, le sevrage tabagique, l’alimentation saine et équilibrée ainsi que la gestion de l’hypertension et du diabète (181). L’OMS fournit également des avis techniques pour l’évaluation, la prise en charge et le suivi des personnes atteintes de démence, notamment : a) les directives de l’OMS sur les soins intégrés pour les personnes âgées (87) ; b) le manuel de l’OMS sur les soins intégrés pour les personnes âgées (182) ; et c) le Programme d’action de l’OMS Combler les lacunes en santé mentale (118). WPR/RC71/5 page 76 Annexe Références 1. 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Основные сведения
Тип документа Governing Bodies documents
Дата принятия
Источник Всемирная организация здравоохранения