LUTITE ANTIVARIOLIQUE EN TERRITOIRE FRAN4AIS DES AFARS ET DES ISSAS 635 Contribution du Territoire fran9ais des Afars et des Issas a la lutte contre la variole en Afrique orientale par D. COURTOIS 1 Etalant ses 23 000 km2 autour d'un profond golfe, le Territoire frangais des Afars et des Issas apparaft sur la carte d'Afrique comme une parcelle encastr'e dans la masse de son voisin geant, I'Ethiopie. Bien que d6sertique en quasi-totalite, ce territoire presente un interet 6pidemiologique par les courants humains qui l'empruntent et convergent sur Djibouti, l'unique ville a la fois port et aeroport intemationaux et reli6e par le rail a la capitale ethiopienne Addis-Abeba. Non moins importantes sont les migrations inces- santes des tribus nomades de l'interieur: Afars au nord, Issas au sud. Incontroles, ignorant les fron- tieres, ces pasteurs vont de point d'eau en point d'eau, rythmant leurs deplacements au gre des pluies gene- ratrices de maigres paturages vite 6puisks par leurs troupeaux de chevres. Ils assurent ainsi des contacts epidemiologiques permanents entre les populations du Territoire, de l'Ethiopie et de la Somalie (voir carte). Tous ces facteurs geographiques et humains s'intriquent et font de Djibouti une ville cosmopolite ouverte a toutes les contaminations. Ces conditions expliquent l'importance que revet la prophylaxie de la variole dans cette region o'u elle vise 'a maintenir un niveau eleve d'immunite dans la population et a depister tout malade 6ventuel. Situation epidemiologique au cours des dix dernie'res annees Deux poussees epidemiques ont sevi dans la moitie sud du Territoire en 1959 et 1966. Elles ont eu pour origine les deplacements de nomades vecteurs du virus qu'ils recueillent en Ethiopie oiu la variole regne de fa9on end6mique. En 1959, 1'alerte fut provoqu6e par un malade depiste dans les quartiers indig6nes de Djibouti. Cent neuf autres cas furent retrouv6s ensuite, durant les mois de septembre et octobre, echelonnes sur un axe geographique nord-sud remontant jusqu'a la source ethiopienne par les localites de Chabbele et Hol Hol. On enregistra au total 110 cas, dont 13 d6c&s, soit un taux de letalite de 11,8 %. 1 Chef du Service d'Hygiene et d'Epid6miologie du Terri- toire fran*ais des Afars et des Issas, Djibouti. Apres un calme de six annees, la deuxieme pouss6e epidemique eclata en fevrier 1966, legerement plus a l'ouest. On denombra cinquante-deux cas, dont six d'ces (taux de letalite: 11,5 %), en majorit6 groupes autour de l'agglomeration de Dikhil. Le primo-cas venait de la province ethiopienne du Harar oiu des cas de variole avaient eclate en janvier. Une campagne de vaccination fut alors entreprise dans tout le territoire. Aucun cas de variole n'a e observ6 depuis et on peut considerer le pays comme exempt de cette affection. Des lors, la lutte antivariolique avait a choisir entre la surveillance epidemiologique que rendait possible la presence d'un medecin dans les quatre agglome- rations de l'int6rieur- Tadjoura et Obock au nord, Dikhil et Ali Sabieh au sud - ou des campagnes de vaccination periodiques pour entretenir l'immu- nite de la population. Les conditions locales incli- nerent a pratiquer les deux methodes associees. Le chiffre peu eleve de la population facilite, en effet, le deroulement des operations de vaccination, seules capable d'opposer un barrage a la maladie, mais la surveillance s'impose egalement, les tribus nomades echappant partiellement i la vaccination. Seule, cette surveillance serait insuffisante. Les primo-cas, sou- vent atypiques, passent inapercus et le virus a large- ment diffuse lorsque l'alerte est donnee. Campagne de vaccination Seules etaient exemptees les personnes pouvant justifier une vaccination datant de moins de trois ans, les femmes en debut de grossesse et les sujets febriles ou porteurs de h6sions cutanees 6tendues. La population de Djibouti (60 000 habitants environ) fut vaccinee pendant les mois de janvier et fevrier 1969. Dans 1'int6rieur, la campagne se pro- longea jusqu'en avril. Cette p6riode correspond a la saison dite fraiche, favorable aux seances de vacci- nation en plein air et aux d6placements des equipes sur le terrain. La campagne fut d'abord longuement comment6e dans la presse locale ainsi qu'au cours d'emissions a la radio et A la t6levision afin d'en faire connaitre 2505B 10 NOTES AXES DES MIGRATIONS HUMAINES EN TERRITOIRE FRANCAIS DES AFARS ET DES ISSAS l'utilite, le but et l'organisation pratique. Le vaccin utilise, provenant de l'Institut vaccinal du Dr Pour- quier, Montpellier (France), etait une preparation lyophilisee, conforme aux normes intemationales, dont l'activite etait connue par le taux de prise satis- faisant observe chez les primo-vaccines. La technique de vaccination etait la scarification unique de 4 'a 6 mm pratiquee au travers d'une goutte de vaccin a la face externe du bras. Vaccination a Djibouti Elle y fut pratiquee a la fois dans des centres fixes et par des equipes itinerantes se d6placant dans les ecoles et les services publics a effectifs importants. Par l'entremise des chefs de quartier, de la presse et de la radio, les habitants de chaque quartier de la ville furent invites a recevoir la vaccination dans un centre determine a une periode choisie. Chaque per- sonne vaccinee recevait une fiche portant l'empreinte du pouce droit comme caractere d'identification. Ces fiches ont permis un ecoulement rapide des sujets vaccines. Sur presentation de ce document, la per- sonne qui le desirait pouvait obtenir, par la suite, un certificat international de vaccination. Resultats. Malgre toutes les informations donnees au public, le programme ne fut pas respecte et, des les premiers jours, la population se precipita dans les centres o'u un service d'ordre s'imposa. Plusieurs raisons motivaient cet empressement: - le souvenir de la poussee epidemique de 1966; - la peur <( qu'il n'y ait pas de vaccin pour tout le monde>; - le succes inattendu des fiches de vaccination auxquelles l'apposition d'une empreinte digitale donnait, dans l'esprit des habitants, la valeur d'une piece d'identite. S'il traduisait l'interet de la popu- lation pour la vaccination, cet afflux massif entrainait par contre un encombrement autour du personnel charge de la delivrance des fiches. Des equipes de 636 LUTTE ANTIVARIOLIQUE EN TERRITOIRE FRANMAIS DES AFARS ET DES ISSAS vaccination se deplacant successivement dans chacun des quartiers eviteraient peut-etre ce desordre. Si la vaccination est un acte medical simple, il importe cependant de controler la technique des equipes de vaccinateurs. La presence du medecin est donc necessaire. De nombreux petits problemes imprevus surgissent qui appellent une solution rapide. Cette presence constitue egalement un sti- mulant: vacciner pendant des heures et des jours dans le bruit, la chaleur et la poussiere est une tache fatigante et fastidieuse. Vaccination dans l'interieur du Territoire La population de l'interieur est un melange d'ele- ments sedentaires vivant dans des agglomerations de 1000 A 2000 habitants et de nomades groupes en campements n'excedant pas quelques dizaines d'in- dividus. Un centre fixe proceda a la vaccination dans chaque agglomeration. Les campements furent vaccines par des equipes mobiles. Des contacts prealables avec les chefs coutumiers etaient indis- pensables pour fixer un point de rendez-vous et lever les reticences de certaines fractions de la population. Resultats. Le sud du Territoire, ou domine la race Issa, est pauvre en eau et en ressources fourrageres. La plupart des tribus sont donc astreintes a un nomadisme marque. En saison seche, elles quittent le Territoire et franchissent la frontiere ethiopienne. Elles ne furent, de ce fait, que partiellement touchees par la campagne de vaccination. Ainsi s'explique: - que les Issas soient les vecteurs les plus impor- tants du virus variolique (c'est dans leur zone qu'ont eclate les deux poussees epidemiques de 1959 et 1966); - que leur controle ne sera compltement assure que par une action coordonnee des pays qu'ils traversent. En attendant, une surveillance particu- liere s'impose. Le nord du Territoire, fief des Afars, a un relief montagneux plus tourmente et est d'acces plus diffi- cile. L'infirmier vaccinateur, accompagne d'un guide, effectuait ses tournees a pied, son materiel a dos de dromadaire. Cette lente progression de campement en campement, des semaines durant, permettait au mieux une centaine de vaccinations par jour. NMan- moins, la couverture des Afars fut plus complete. Points d'eau et vegetation sont plus abondants dans leur zone, d'oiu un nomadisme plus restreint se deroulant entierement dans le Territoire. Survenant a une periode meteorologique favorable, la cam- pagne de vaccination toucha les campements dans leur zone de stationnement principal qu'ils quittent 1'ete seulement pour des regions plus arrosees au nord. Re'sultats d'ensemble L'importante fraction flottante de la population du Territoire ne permet pas de les evaluer avec exac- titude. Sur un total approximatif de 100 000 habi- tants, 87 183 recurent la vaccination au cours de cette campagne dont etaient exclus les sujets vaccines depuis moins de trois ans. (Cette restriction n'a cependant eu d'effet qu'a Djibouti.) L'efficacite de la vaccination fut appreciee par des sondages dans des echantillons de population, en particulier dans les &coles. Les reactions postvaccinales furent ainsi notees apres un delai d'une semaine chez pr6s de 3500 sujets. La proportion de vaccinations reussies, traduites par une reaction cutan6e majeure, fut de 96% pour les primo-vaccinations et de 75,5% pour les revaccinations. Dans une ecole de 510 eleves, oiu l'on avait enregistre 66% de reactions postvaccinales majeures, les sujets negatifs furent revaccines deux mois apres en prenant toutes les precautions d6si- rables; 75% d'entre eux presenterent une reaction majeure. Aucune des complications de la vaccination anti- variolique n'a ete observee. Surveillance Elle est imposee par la presence des tribus nomades non immunis6es. Dans l'interieur du Territoire, la surveillance est assuree par des centres sanitaires, diriges par un medecin, installes dans les quatre principales agglo- merations. Ces centres sont en liaison avec le Service d'Hygiene, a Djibouti, auquel ils font parvenir regulierement des rapports sur leurs activites. Des contr6les de vaccination sont effectues aux postes frontieres de la voie ferree et de la piste reliant Djibouti a la Somalie. A Djibouti, la vaccination antivariolique est veri- fiee chez les voyageurs debarquant au port et a l'aeroport. Les malades porteurs d'eruptions cuta- nees suspectes font l'objet d'un prelevement qui est adresse au laboratoire de microbiologie de 1'Hopital Peltier oiu il est etudie en precipitation en milieu gelifie en presence d'immunserum antivaccinal. Une partie du prelevement est egalement envoyee au 637 638 NOTES Laboratoire national de la Sante publique, a Paris, pour identification du virus causal. Vaccination d'entretien Entre les campagnes, la vaccination continue a l'interieur du Territoire dans les centres sanitaires, et a Djibouti au Service d'Hygiene. La vaccination antivariolique est exig6e pour l'ins- cription scolaire des enfants et pour l'obtention de certaines pieces administratives, telles que carte d'identit6 ou carte sanitaire professionnelle. Enfin une partie de la population autochtone de Djibouti vient demander la vaccination avant le depart, en ete, pour l'Ethiopie ou la Somalie. Conclusion La lutte antivariolique en Territoire franqais des Afars et des Issas, rendue plus aisee en raison du petit nombre d'habitants, fait intervenir un ensemble de mesures: campagnes de vaccination triennales, surveillance epidemiologique, vaccination d'entre- tien, assurant un niveau 6leve d'immunitM dans la population. Cette immunit6 collective oppose un barrage a la diffusion du virus variolique qu'une fraction mouvante de la population peut introduire a tout moment. Le controle complet de cette fraction ne sera assure que par une action coordonnee avec les pays limitrophes. A Study of the "String'" Test in Vibrio Identification* by K. N. NEOGY & A. C. MUKHERJI With the gradual decline in Calcutta in the inci- dence of cholera caused by Vibrio cholerae much attention has been given to the non-agglutinating (NAG) or the non-cholera vibrios (NCV). There are many reports of the isolation of these organisms from cases of diarrhoea, sometimes indistinguishable from clinical cholera, in which they have often been the predominating organisms. Although the cause and effect have not yet been definitely established, the suggestion that the organisms cause diarrhoeal dis- ease resembling cholera requires their proper charac- terization. Of the various screening tests, the " string" test (Smith, 1958) has been widely used to differentiate vibrios from other enteric organisms, the vibrios giving a positive reaction. While studying cholera slime, we found an enhancement of slime production on cultivation of the organisms in phosphate- containing medium (Neogy & Sanyal, 1969). In such medium we recently noticed many of the organisms giving a typical " string" when suspensions were prepared with distilled water on a glass slide. During this period we also came across a NAG vibrio belonging to Heiberg group VII which repeatedly gave a negative reaction in the " string" test. This * From the Department of Bacteriology, School of Tropical Medicine, Calcutta-12, India. organism, however, showed a positive reaction when it was grown in a special phosphate-containing medium. This suggested that the " stringiness " was related to the slime formation by the organisms and on this hypothesis, in the present communication, we have tried to evaluate the " string " test as a screening test for differentiating vibrios from other organisms, both by the method described by Smith (1958) and by a modified technique involving growing the organisms in a phosphate-containing medium. Materials and methods Organisms. In all, 98 strains of vibrios and allied enteric organisms, comprising 67 strains of vibrios (16 classical, 40 El Tor, 11 NAG), 23 strains of Aeromonas, 7 strains of Comamonas and 1 strain of Plesiomonas, all isolated from cases of diarrhoea admitted at the Infectious Diseases Hospital, Cal- cutta, were included in the present investigation. After routine isolation, the organisms were iden- tified by use of the oxidase test, the oxidation- fermentation (0-F) test and decarboxylase reactions. All were oxidase-positive. Of the organisms giving a fermentative reaction in the 0-F test, the vibrios were lysine- and ornithine-decarboxylase-positive but arginine-dihydrolase-negative, the Aeromonas were 2505c
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Contribution du Territoire français des Afars et des Issas à la lutte contre la variole en Afrique orientale.
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