1Maintien de la prestation et de l’utilisation des services de santé de la mère, du nouveau-né, de l’enfant et de l’adolescent et de la personne âgée pendant la pandémie de COVID-19 Introduction Timor-Leste : faire appel à la santé numérique pour les soins maternels Au cours des dix dernières années, le Timor‑Leste a progressé vers la réalisation de ses objectifs en matière de santé reproductive et de santé de la mère, du nouveau‑né, de l’enfant et de l’adolescent (SRMNEA). Le Gouvernement est déterminé à réduire la mortalité maternelle, néonatale et infantile et à garantir une couverture sanitaire universelle dans l’ensemble du pays. Dans les documents National health sector strategic plan II 2020‑2030 (1) (Plan stratégique II pour le secteur de la santé 2020‑2030) et National strategy on reproductive, maternal, newborn, child and adolescent health 2015‑2019 (2) (Stratégie nationale sur la santé reproductive et la santé de la mère, du nouveau‑né, de l’enfant et de l’adolescent), des indicateurs cibles ont été recensés afin de contribuer à la réduction de la mortalité maternelle et infantile. D’après l’enquête démographique et de santé de 2016, 84 % des femmes ont bénéficié de soins prénatals fournis par un prestataire qualifié, la proportion de femmes accouchant dans un établissement de santé est estimée à 49 %, et la part d’accouchements assistés par du personnel de santé qualifié s’élevait à 57 % (3). Les objectifs fixés par le document National health sector strategic plan 2011‑2030 sont les suivants : 70 % de femmes bénéficiant de quatre consultations prénatales, et 65 % de femmes accouchant avec l’aide d’un prestataire de santé qualifié à l’horizon 2015 (4). Si le pays est en bonne voie pour atteindre certains de ces objectifs, il reste beaucoup à faire. Le premier cas confirmé de COVID‑19 a été détecté au Timor‑Leste le 24 mars 2020. Depuis, le pays a connu trois vagues épidémiques. Pour lutter contre la pandémie, le Ministère de la santé du Timor‑Leste a mis en œuvre plusieurs mesures de santé publique, notamment la distanciation physique, le renforcement des capacités des agents de santé en matière de protocoles de surveillance de la COVID‑19, et la formation des agents de santé aux mesures de lutte anti‑infectieuse ainsi que la mise en place du Centre d’opérations pour les situations d’urgence sanitaire (5). Pendant la pandémie de COVID‑19, les services de santé essentiels ont été perturbés. Une première comparaison entre les données du système d’information sanitaire sur les services de SRMNEA en 2019 et 2020 a montré que les répercussions sur la couverture sanitaire avaient été faibles. Toutefois, par la suite, les données ont fait état d’une diminution du recours à la plupart des services de santé de la mère et de l’enfant. Lors de l’évaluation annuelle des services de santé de la mère et de l’enfant réalisée en septembre 2020, différentes stratégies permettant de résoudre le problème de la faible couverture ont été examinées. Parmi elles figurait l’élargissement de Liga Inan, le premier programme de santé mobile (m‑santé) du Timor‑Leste. S’appuyant sur les résultats d’une évaluation du programme effectuée en 2015 (6), les décideurs ont opté pour le renforcement de la plateforme et son élargissement dans le cadre de la pandémie. Crédit photo : Département de la santé de la mère et de l’enfant, Ministère de la santé. 2L’environnement de santé numérique L’utilisation des applications de santé numérique constitue un facteur de plus en plus important pour atteindre les objectifs sanitaires. Cependant, si 96 % de la population du Timor‑Leste vit dans une zone couverte par un réseau cellulaire mobile, ce qui offre la possibilité de mettre en œuvre des technologies de m‑santé, 29 % des habitants seulement utilisent Internet. Ce faible taux constitue un obstacle important à la mise en place des outils de santé numérique qui permettraient de progresser (7). L’absence d’infrastructures, le coût élevé du haut débit et le faible niveau de revenu expliquent que le taux de connexion à Internet augmente lentement (8). Avant la pandémie, une intervention de santé numérique avait été mise en œuvre – Liga Inan, qui met en relation les femmes enceintes et leurs prestataires de santé grâce au téléphone mobile. En outre, le Ministère de la santé pilote des systèmes tels que le système de gestion d’information sanitaire pour regrouper, analyser, gérer et présenter les données relatives à la santé, ainsi que le système d’information de gestion logistique électronique pour suivre les stocks et la distribution des fournitures médicales. Bien qu’il n’existe pas d’unité distincte chargée de la santé numérique, le Ministère assure le leadership et la gouvernance dans le domaine, et s’appuie sur la Stratégie mondiale pour la santé numérique 2020‑2025 de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) (9) qui lui sert d’orientations provisoires (Madalena Fatima Gomes, département de la santé de la mère et de l’enfant, Ministère de la santé du Timor‑Leste, communication personnelle, 27 avril 2022). Stratégies numériques visant à limiter les répercussions de la COVID-19 sur les services de SRMNEA Description du programme Liga Inan Liga Inan est un programme national de santé dont l’objectif est de réduire la mortalité maternelle et infantile élevée. Le programme fait appel au téléphone mobile pour mettre en relation les femmes enceintes et les prestataires de santé. Il contribue ainsi à la réalisation de l’objectif du Timor‑Leste, à savoir renforcer les services de SRMNEA en augmentant l’accès aux soins prénatals, aux accouchements assistés, aux soins postnatals et aux services de planification familiale, et appuie les efforts visant à améliorer les pratiques et la demande en matière de soins de la mère, de soins du nouveau‑né et de médecine familiale. Le programme a été créé en 2013 par une organisation non gouvernementale nationale, Hamutuk Nasaun Saudavel (HAMNASA, anciennement Health Alliance International) et Catalpa International, grâce aux financements du Department of Foreign Affairs and Trade (DFAT) australien et de l’Agence des États‑Unis pour le développement international (USAID). Les femmes enceintes sont enregistrées dans le système ainsi que leur nom, leur numéro de téléphone, leur adresse et la date de leurs dernières règles. Cet enregistrement a lieu dans les postes de santé, les dispensaires communautaires et les hôpitaux. Lors de la première consultation prénatale, les femmes reçoivent un Livro Saude Inan ho Oan (livret/dossier de santé de la mère et de l’enfant) dans lequel on insère un autocollant indiquant la zone desservie par le dispensaire communautaire. Les femmes inscrites reçoivent deux fois par semaine des messages automatiques correspondant à la phase du continuum grossesse‑accouchement‑période postnatale dans laquelle elles se trouvent. Par exemple, au début de la grossesse, les femmes reçoivent des messages leur rappelant de prendre une supplémentation en fer ou d’effectuer leur visite de contrôle mensuelle. Lorsqu’elles ont accouché, elles reçoivent un message de félicitations pour la naissance, puis des informations sur les signes de danger pour la mère et le nouveau‑né, ainsi que des informations générales sur la santé, notamment concernant la nutrition, l’allaitement et les calendriers de vaccination. Les agents de santé peuvent écrire et envoyer des messages, ce qui leur permet de joindre immédiatement toutes les femmes inscrites. Le système offre également une fonctionnalité permettant aux agents de santé de diviser les utilisateurs en différents groupes. Ils peuvent ainsi cibler des groupes distincts, par exemple pour envoyer un SMS aux femmes d’un seul village. En plus de proposer des fonctionnalités de messagerie, Liga Inan facilite les appels téléphoniques entre les femmes et les agents de santé. Cela permet aux patientes de contacter directement leur prestataire de santé qui peut répondre rapidement et directement aux questions et aux situations d’urgence. Le service Liga Inan invite les agents de santé à appeler les femmes trois semaines avant leur terme afin de préparer un accouchement sûr en présence de personnel de santé qualifié. Au départ, les femmes enregistrées dans le système étaient suivies jusqu’à six mois après la naissance, mais, en 2020, cette période a été étendue à deux ans. Au cours de la phase pilote, en 2013, on a constaté que Liga Inan augmentait considérablement la proportion d’accouchements en présence d’un professionnel qualifié, d’accouchements dans un établissement de santé ainsi que de femmes et de nouveau‑nés bénéficiant de soins postnatals fournis en temps voulu. Aucun impact n’a été relevé sur le recours aux soins prénatals. Au départ, le programme a été expérimenté dans quatre municipalités, mais il a reçu un tel accueil que le Ministère de la santé du Timor‑Leste l’a mis en œuvre à l’échelle nationale. En 2015, HAMNASA et Catalpa International ont été mis à contribution pour élargir le projet aux 12 municipalités, y compris dans la région autonome spéciale d’Oecusse Ambeno (RAEOA), au niveau des dispensaires communautaires. Le programme s’est développé pour devenir un service proposé dans l’ensemble du pays par le système de santé national et le Ministère de la santé du Timor‑Leste. En avril 2022, 100 542 femmes avaient été inscrites au programme Liga Inan. Le financement du programme par le DFAT s’étend jusqu’en juin 2022. 3Exécution En 2013, avant l’exécution du programme, une réunion de sensibilisation a été organisée au niveau des municipalités avec les autorités locales, notamment le directeur de la santé et les sages‑femmes responsables. Ce processus a eu lieu dans toutes les municipalités lorsqu’il a été décidé d’élargir le programme. La Figure 1 indique en quelle année les municipalités ont été intégrées au programme. Une analyse de la situation axée sur les femmes enceintes et les sages‑femmes au niveau des dispensaires communautaires a été réalisée afin de recenser les lacunes en matière de services. Ensuite, des actions de sensibilisation et une phase pilote ont été mises en œuvre au niveau inframunicipal. Les agents de santé ont été formés sur des sujets liés à la santé maternelle, néonatale et infantile par le département compétent du Ministère de la santé. Parmi les sujets figuraient notamment l’estimation de l’âge gestationnel et la prise en charge correcte de la grossesse. La formation abordait également les détails du programme Liga Inan ainsi que l’utilisation de l’application mobile par les agents de santé qui recevaient également des conseils sur la communication interpersonnelle. L’un des messages clés délivrés lors de la formation était « soyez prêts partout, à tout moment, à répondre aux appels des patientes » (10). Afin d’assurer l’intégration de Liga Inan aux services de santé, un groupe de travail technique national dirigé par le département de la santé de la mère et de l’enfant (Ministère de la santé) a été créé en 2018‑2019. Le programme Liga Inan a été intégré aux soins prénatals. Les femmes peuvent rejoindre le programme en s’inscrivant auprès d’un prestataire de santé local lors d’une consultation prénatale. Cela permet au système de comptabiliser le nombre total de femmes inscrites dans chaque établissement de santé. Il est ainsi possible de suivre le nombre Crédit photo : Département de la santé de la mère et de l’enfant, Ministère de la santé. de consultations prénatales totales, le nombre d’accouchements en établissement de santé et le nombre de consultations postnatales (10). Le système est supervisé grâce à une ligne d’aide téléphonique installée dans les bureaux de HAMNASA. En coordination avec le département de la santé de la mère et de l’enfant, l’équipe technique de HAMNASA réalise, tous les trois mois, des interventions auprès de tous les utilisateurs afin de s’assurer que les femmes enceintes et en post‑partum reçoivent les bons messages, que ceux‑ci sont lus et compris et qu’ils sont communiqués aux autres membres de la famille. Dans le cadre de la supervision technique, on fournit des conseils concernant les activités à réaliser dans les dispensaires communautaires, les postes de santé, les dispensaires mobiles et/ou les « servisu integradu saude communitaria » (services de santé communautaire intégrés) de la région. Catalpa International fournit une aide en matière de technologies de l’information et de la communication. *Dans la municipalité de Dili, le programme a été mis en œuvre en 2019 et 2021. Source : HAMNASA, données non publiées, 2022. Liquica 2014 Aileu 2015 Manufahi 2013 Dili 2019 / 2021 Baucau 2017 Lautem 2018Viqueque2018 Bobonaro 2017 Oecussi 2018 Covalima 2017 Ainaro 2016 Ermera 2016 Manatuto 2016 Figure 1. Années de l’élargissement du programme Liga Inan à toutes les municipalités* 4Photo : Liga Inan permet de maintenir le lien entre les mères et leurs prestataires de santé pendant la pandémie de COVID‑19. Crédit photo : Département de la santé de la mère et de l’enfant, Ministère de la santé. Traduction du message : « Les enfants âgés de 12 à 18 ans qui ne vont pas à l’école peuvent recevoir les vaccins contre la COVID‑19 au centre de santé de Dili (clinique Fatumeta) et à l’hôpital national Guido Valadares du 15 au 19 novembre. » Résultats Il est difficile de déterminer l’impact du programme au niveau communautaire en s’appuyant sur le système d’information sanitaire, car les données sont recueillies à l’échelle des municipalités. Les données de HAMNASA (Figure 2) montrent une diminution des inscriptions au programme Liga Inan dans sept municipalités en 2020, au moment du pic de la pandémie, par rapport à la même période en 2019. Cela s’explique peut‑être par la peur de l’infection à la COVID‑19 et par la quarantaine imposée à tous les patients positifs à la COVID‑19 (Esperansa Assunção, agent de santé publique du district, département de la santé de la mère et de l’enfant, Ministère de la santé du Timor‑Leste, communication personnelle, 2022). En 2021, le nombre d’inscriptions de femmes enceintes a augmenté dans quatre municipalités et baissé dans neuf autres, par rapport à 2020. Sur les neuf municipalités ayant vu le nombre d’inscriptions baisser en 2021 (par rapport à 2020), cinq comptaient davantage de femmes inscrites qu’en 2019. Figure 2. Pourcentage de femmes enceintes inscrites au programme Liga Inan en 2019, 2020 et 2021. Source : HAMNASA, données non publiées, 2022. Les membres des équipes de HAMNASA et Catalpa supervisent le système grâce à un tableau de bord. Les données recueillies de manière systématique et qui sont accessibles sur le tableau de bord permettent aux responsables de superviser le programme. Le service de Liga Inan étant un système interactif, il permet aux responsables de réagir immédiatement grâce à une analyse des données en temps réel, afin de favoriser une utilisation optimale du programme, mais aussi de repérer les aspects à améliorer, notamment dans les établissements présentant de mauvaises performances (11). Le programme a établi des partenariats avec les trois fournisseurs d’accès à Internet du Timor‑Leste (Timor‑Telecom, Telkomcel et Telemor) afin de faciliter la gratuité des appels et des messages sur leurs réseaux. Ainsi, les utilisateurs de Timor‑Telecom peuvent appeler et envoyer des messages gratuitement aux clients du même opérateur. Les contenus sont disponibles dans le dialecte local, notamment pour la région autonome spéciale d’Oecusse Ambeno et la municipalité de Lautém où le tétoum et le portugais (les deux langues officielles du Timor‑Leste) ne sont pas les langues les plus utilisées. Le directeur des services de santé de la municipalité est chargé de superviser l’exécution du programme, d’organiser les actions de sensibilisation, de gérer les établissements de santé et de veiller à ce que les agents de santé en poste ou nouvellement recrutés bénéficient d’une formation et d’une remise à niveau sur le programme. Adaptations à la pandémie de COVID‑19 Pendant la pandémie, la peur de l’infection, l’incertitude concernant l’offre de services et l’isolement obligatoire lors des périodes de confinement ont réduit le recours aux soins dans les établissements de santé. Les services essentiels ont été perturbés, car la lutte contre la COVID‑19 était prioritaire. Le programme Liga Inan a été mis à profit pour faciliter l’envoi continu de messages sanitaires aux femmes inscrites ainsi que la communication entre les patientes et les agents de santé au moyen de SMS et d’appels téléphoniques. Les agents de santé ont utilisé Liga Inan pour : envoyer des SMS aux femmes enceintes afin de leur garantir que les consultations prénatales étaient sans danger et de continuer à préparer les accouchements en présence du personnel de santé qualifié ; rester en contact avec les femmes enceintes et en post‑partum ; communiquer des informations sur l’importance des vaccins contre la COVID‑19 pour les femmes enceintes et allaitantes ; collaborer avec leurs pairs pendant la pandémie. 48 % 47 % 88 % 67 % 27 % 40 % 66 % 35 % 50 % 49 % 46% 51 % 83 % 0 % 45 % 45 % 65 % 61 % 39 % 38 % 42 % 52 % 73 % 79 % 59 % 72 % 72 % 19 % 46 % 37 % 55 % 50 % 46 % 33 % 57 % 40 % 60 % 65 % 52 % 65 % 48 % 73 % 0 % 10 % 20 % 30 % 40 % 50 % 60 % 70 % 80 % 90 % 100 % Aileu Ainaro Baucau Bobonaro Covalima Ermera Lautem Liquica Manatuto Manufahi RAEOA Viqueque Atauro et Metinaro Dili 12 municipalités et RAEOA 2019 2020 2021 5La Figure 3 montre une diminution du nombre d’accouchements en établissement de santé dans cinq municipalités en 2020, au moment du pic de la pandémie, par rapport à la même période en 2019. Trois municipalités ont également signalé une baisse des inscriptions à Liga Inan. Une baisse supplémentaire a été observée en 2021 dans huit municipalités, bien que cinq municipalités aient noté une augmentation du nombre d’accouchements en établissement de santé. Figure 3. Nombre de femmes enceintes ayant accouché dans un établissement de santé en 2019, 2020 et 2021. Source : HAMNASA, données non publiées, 2022. Pour garantir l’équité au sein du programme, le département de la santé de la mère et de l’enfant a accordé une attention particulière aux zones bénéficiant d’une faible couverture, et a collaboré avec les municipalités pour améliorer la prestation de services ainsi que pour fournir des solutions applicables à certains problèmes tels que le suivi des personnes qui abandonnent le programme, avec l’aide des responsables locaux et des familles. Ainsi, dans la municipalité de Lautém (voir la Figure 3), on a observé une baisse de 20 % du nombre d’accouchements en établissement de santé en 2020 par rapport à 2019. Des efforts ont été entrepris pour encourager les accouchements en établissement dans le cadre de Liga Inan, notamment grâce à l’envoi systématique de deux messages par semaine, et à des actions de sensibilisation durant les consultations prénatales. Les femmes enceintes étaient informées des risques liés à la COVID‑19 pour elles pendant l’accouchement et la période post‑partum ainsi que des mesures de prévention, afin de les encourager à se rendre dans un établissement de santé pour accoucher. D’après le Ministère de la santé, Liga Inan est l’un des facteurs ayant contribué à l’augmentation notable du nombre d’accouchements en établissement de santé dans la municipalité de Lautém en 2021. Difficultés et enseignements tirés Difficultés Grâce à une supervision constructive, à des vérifications ponctuelles et à un système de suivi des problèmes, les équipes du département de la santé de la mère et de l’enfant et d’HAMNASA ont recensé plusieurs difficultés. 12 municipalités et RAEOA 2019 2020 2021 Aileu Ainaro Baucau Bobonaro Covalima Ermera Lautem Liquica Manatuto Manufahi RAEOA Viqueque Atauro et Metinaro Dili 0 1000 2000 3000 4000 5000 Toutes les femmes n’ont pas accès à un téléphone mobile. Certaines utilisatrices partageaient un téléphone (avec des membres de la famille, un conjoint ou un enfant adulte) pour s’inscrire et communiquer avec leur sage‑femme. L’utilisation de téléphones communs a compliqué le respect de la confidentialité. Certaines zones géographiques ne sont pas couvertes par tous les fournisseurs d’accès à Internet. Ainsi, les femmes et les agents de santé ont été confrontés à des coupures de connexion. Les établissements de santé sont équipés d’infrastructures telles que l’électricité et Internet, mais lorsque les agents de santé quittent l’établissement, ils perdent l’accès à ces facilités. Les responsables locaux ont indiqué au coordonnateur national et aux agents de santé les connexions à Internet les plus performantes. Ainsi, Timor‑Telecom fournit des crédits téléphoniques à la municipalité d’Ermera, mais dans certaines zones de cette municipalité, Telkomcel offre une meilleure connexion et était donc utilisé à la place de Timor‑Telecom. Certains agents de santé formés et affectés au programme dans un premier temps ont parfois changé de fonction et/ou de municipalité. Les nouveaux agents de santé, qui ne connaissaient pas le programme, ont pu avoir un impact négatif sur ses résultats. Une proportion élevée de patientes abandonnent le programme, en raison d’un changement de numéro de téléphone ou d’un déménagement en dehors de leur zone d’inscription. Au niveau des municipalités, la plupart des établissements de santé disposent de ressources humaines limitées, et l’exécution de Liga Inan est considérée comme une charge de travail supplémentaire. Enseignements tirés de l’utilisation de Liga Inan pendant la pandémie de COVID‑19 Les échanges avec HAMNASA et la réunion annuelle d’évaluation des services de santé de la mère et de l’enfant organisée en février 2022 ont permis de tirer certains enseignements. Les infrastructures telles que l’électricité et Internet sont essentielles pour mener à bien des interventions de m‑santé. Fournir aux agents de santé et aux mères des appareils leur permettant d’utiliser le système peut améliorer le recours au service et les résultats sanitaires. Il est important de former les prestataires de santé à l’utilisation de la technologie. Pour que Liga Inan soit pleinement efficace, les prestataires de santé doivent être disposés à utiliser la technologie et capables de le faire. Dotés des compétences et de l’expérience nécessaires, ils seront en mesure de l’utiliser efficacement. 6 Des messages empathiques personnalisés permettent de lutter contre les fausses informations pendant les crises. Les bonnes relations établies entre les femmes et les prestataires de santé grâce à Liga Inan avant la pandémie ont fait du programme une source d’informations de confiance sur la COVID‑19. Les données du tableau de bord de Liga Inan sur le recours aux établissements et la couverture des services ont été utiles pour évaluer les répercussions de la pandémie sur les soins maternels et néonatals. Les données ont permis de guider la prise de décisions et l’affectation des ressources. La santé numérique peut contribuer à la réalisation d’objectifs sanitaires plus larges. L’exécution de Liga Inan a concouru à accélérer le déploiement des services de santé de la mère et de l’enfant dans l’ensemble du pays. Le programme a permis de recenser les lacunes et de concevoir rapidement des solutions pour résoudre les problèmes. Ainsi, la révision du document National health sector strategic plan en 2021 et la mise au point de lignes directrices et de protocoles nationaux pour les soins prénatals et postnatals se sont appuyées sur des données probantes. Prochaines étapes C’est désormais le Ministère de la santé qui se chargera d’exécuter le programme Liga Inan, le processus de transfert devant se terminer à la mi‑2022. Le Ministère de la santé continuera de collaborer avec les partenaires du développement pour garantir la pérennité du programme. Le département de la santé de la mère et de l’enfant chapeautera le programme en assurant sa supervision et son suivi à l’échelle nationale, tandis que les directeurs de la santé des municipalités encadreront les dispensaires communautaires et les postes de santé. Il sera nécessaire d’évaluer les processus et/ou les résultats afin de recenser les difficultés ainsi que les solutions pour y remédier, et afin de renforcer les systèmes de santé, le but étant de se préparer aux futures situations d’urgence dans le cadre des plans de préparation nationaux. Abréviations DFAT Department of Foreign Affairs and Trade (Ministère des affaires étrangères et du commerce) – Australie HAMNASA Hamutuk nasaun saudavel (Ensemble pour une nation en bonne santé) OMS Organisation mondiale de la Santé RAEOA Regiaun autonomy especial Oecusse Ambeno (région autonome spéciale d’Oecusse Ambeno) SRMNEA santé reproductive et santé de la mère, du nouveau‑né, de l’enfant et de l’adolescent USAID Agence des États‑Unis pour le développement international Les points de vue exprimés dans cette note ne représentent pas nécessairement les décisions, la politique ou les opinions de l’Organisation mondiale de la Santé. Remerciements Liga Inan est un programme mis en œuvre par Hamutuk nasaun saudavel (HAMNASA) et Catalpa International, et financé par l’Agence des États‑Unis pour le développement international et le Department of Foreign Affairs and Trade (Australie) dans le cadre du partenariat pour le développement humain (Partnership for Human Development). Le présent rapport a été rédigé à l’aide d’informations contenues dans des documents existants ou obtenues grâce à des échanges avec les représentants du Ministère de la santé du Timor‑Leste et d’autres parties prenantes clés, notamment les personnes ayant lancé et exécuté le programme Liga Inan. Angelina Gusmao a préparé ce rapport avec la participation d’une équipe du Timor‑Leste (Virginia Alves, Esperansa Assunção, Paul Armindo de Vasconcelhos, Nilmini Hemachandra, Gabriela Leite, et Madalena Fatima Soares Gomes). Chomba Zenengeya, Saramma Thomas Mathai et Anayda Portela ont également contribué à sa rédaction. L’équipe remercie les représentants d’HAMNASA, de Catalpa International, de l’unité de santé de la mère et de l’enfant du Bureau de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) au Timor‑Leste, du Bureau régional de l’OMS pour l’Asie du Sud‑Est (Neena Raina, Directrice du Département FGL, et Anoma Jayathilaka) et du Département Santé de la mère, du nouveau‑né, de l’enfant et de l’adolescent, et vieillissement de l’OMS. Le rapport final a reçu l’approbation du Ministère de la santé du Timor‑Leste. Ce rapport a été établi avec le soutien du Département MCA de l’OMS, grâce à une subvention de la Fondation Bill et Melinda Gates (INV‑017424). 7Références bibliographiques 1. Timor-Leste national health sector strategic plan II 2020-2030. Dili: Government of Timor-Leste; 2020 (https://cdn.who.int/ media/docs/default-source/searo/timor-leste/national-health-sector-plan.pdf?sfvrsn=70870918, consulté le 14 juin 2022). 2. 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Dili: Hamutuk nasaun saudavel (HAMNASA); 2016 (Liga_Inan_Evaluation_in_ Manufahi_Final_KPC_results_ENG.pdf (ligainan.org), consulté le 26 mai 2022). 7. Digital development dashboard. [Base de données en ligne]. Geneva: International Telecommunications Union; 2022 (https://www.itu.int/en/ITU-D/Statistics/Dashboards/Pages/Digital-Development.aspx, consulté le 24 avril 2022). 8. Regulatory policies and ICT trends: insights from Timor-Leste. Dili: United Nations Economic and Social Commission for Asia and the Pacific; 2019. (Regulatory Policies and ICT Trends, Insights from Timor-Leste.pdf (unescap.org), consulté le 10 juin 2022). 9. Stratégie mondiale pour la santé numérique 2020‑2025. Genève, Organisation mondiale de la Santé, 2021. Licence : CC BY-NC-SA 3.0 IGO. 10. The Liga Inan Program: putting health in the hands of mothers, “Timor-Leste’s first mHealth program is changing the way mothers and midwives stay in touch”. Dili: Health Alliance International; 2015 (https://www.healthallianceinternational. org/wp-content/uploads/2015/09/HAI-LigaInan-casestudy-09.01.15-web1.pdf, consulté le 26 mai 2022). 11. Liga Inan Program preliminary results. Follow‐up phone calls with enrolled women from sub‐district Same. Dili: Health Alliance International, Catalpa International, United States Agency for International Development, Ministry of Health, Timor-Leste; 2013 (https://www.ligainan.org/media/LI_Prelim_Report_Results.pdf, consulté le 27 mai 2022). 8Maintien de la prestation et de l’utilisation des services de santé de la mère, du nouveau-né, de l’enfant et de l’adolescent et de la personne âgée pendant la pandémie de COVID-19. Timor-Leste : faire appel à la santé numérique pour les soins maternels [Maintaining the provision and use of services for maternal, newborn, child and adolescent health and older people during the COVID-19 pandemic. Timor-Leste: the use of digital health for maternal care] ISBN 978-92-4-006688-5 (version électronique) ISBN 978-92-4-006689-2 (version imprimée) © Organisation mondiale de la Santé 2023. Certains droits réservés. La présente publication est disponible sous la licence CC BY-NC-SA 3.0 IGO.
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Maintien de la prestation et de l’utilisation des services de santé de la mère, du nouveau-né, de l’enfant et de l’adolescent et de la personne âgée pendant la pandémie de COVID-19 : Timor-Leste : faire appel à la santé numérique pour les soins maternels
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