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Bilan en vue de progresser dans la mise en œuvre de Vision d'avenir : devenir la Région la plus saine et la plus sûre

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Soixante-douzième session du Comité régional RC72/INF/3 14 octobre 2021 Document d'information Bilan en vue de progresser dans la mise en œuvre de Vision d'avenir : devenir la Région la plus saine et la plus sûre Document traduit en auto-révision 2 3 Table des matières Abréviations 4 Résumé d’orientation 5 1. Introduction 8 2. Rappel du contexte de Vision d'avenir : 10 2.1 Une région diversifiée qui évolue rapidement 10 2.2 Besoins divers des États Membres 11 2.3 La contribution de l'OMS au cours de la dernière décennie et la force de la Région du Pacifique occidental 12 3. Progrès accomplis dans la mise en œuvre de Vision d'avenir à ce jour 13 3.1 Priorités thématiques 13 3.2 Réorientations opérationnelles 21 3.3 Paramètres propices 28 3.4 Problématiques liées au genre et à l'équité 30 4. Implications de la COVID-19 pour Vision d'avenir 31 4.1 Relever aujourd'hui les défis de demain : d'une nouvelle normalité à un nouvel avenir 32 4.2 Nouvelle opportunité : un élan sans précédent pour la santé 32 4.3 Le bond en avant 34 5. Orientations futures 34 5.1 Renforcer les capacités organisationnelles et la coordination 35 5.2 Adopter une approche fondée sur des hypothèses et sur le principe « essayer et apprendre » 39 Bibliographie 42 4 Abréviations BLN Bureau de liaison national C4H Communication pour la santé CCE Changements climatiques et environnement CSU Couverture sanitaire universelle GCT Groupe consultatif technique MNT Maladie non transmissible ODD Objectif de développement durable OMS Organisation mondiale de la Santé PGT Programme général de travail RAM Résistance aux antimicrobiens SMEAP Stratégie de lutte contre les maladies émergentes pour l’Asie et le Pacifique VC Volonté de la communauté WASH L'eau, l'assainissement et l'hygiène 5 Résumé d’orientation En 2019, les États Membres et l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) de la Région OMS du Pacifique occidental ont élaboré de manière conjointe Vision d'avenir : devenir la région la plus saine et la plus sûre en vue d'esquisser la mise en œuvre des priorités stratégiques mondiales du treizième programme général de travail de l'OMS 2019-2023 (treizième PGT) par le biais de nouvelles méthodes de travail tout en reflétant les caractéristiques démographiques, socioéconomiques et géographiques uniques de la Région. La maladie à coronavirus 2019 (COVID-19) a mis Vision d'avenir à l'épreuve, accentuant les défis qu'elle a mis en lumière, notamment la préparation aux pandémies, les maladies non transmissibles (MNT) et le vieillissement, les populations vulnérables et la santé environnementale. Ce document d'information présente la synthèse des exercices d'inventaire menés pour articuler les progrès de Vision d'avenir, explore les implications de la pandémie de COVID-19 sur sa mise en œuvre et indique comment utiliser Vision d'avenir pour s'adapter à la nouvelle situation dans la Région du Pacifique occidental. Rôles moteurs et contribution de l'OMS au cours de la dernière décennie dans une région diverse et dynamique L'exercice d'inventaire de l'OMS a reconfirmé que les rôles moteurs décrits dans Vision d'avenir sont toujours d'actualité et sont devenus plus importants dans le contexte de la pandémie. Les États et Territoires de la Région OMS du Pacifique occidental sont confrontés à des enjeux communs, notamment le risque accru de maladies émergentes, l'augmentation des MNT et le vieillissement de la population, les changements environnementaux et climatiques et les inégalités persistantes en matière de santé. L'OMS continue de répondre aux divers besoins des États Membres en leur apportant un soutien sur mesure avec des rôles mixtes, comme la prestation de services et l'appui technique pour renforcer les programmes, l'appui aux politiques, la conception de systèmes de santé pour l'avenir et la défense de la santé. Dans la Région, l'OMS a pour tradition de placer les pays au centre de sa vision et de ses travaux, de mettre l'accent sur le plaidoyer et le partenariat, et de travailler avec les bureaux régionaux et nationaux comme une seule équipe. Un socle de priorités thématiques et de réorientations opérationnelles L'inventaire qui a suivi l'adoption de Vision d'avenir a révélé que la Région du Pacifique occidental a réalisé des progrès considérables dans la mise en œuvre de ses quatre priorités thématiques et de ses sept réorientations opérationnelles. La Région a consenti des investissements et des efforts considérables pour renforcer les systèmes de santé et promouvoir la santé pendant la pandémie de COVID-19. Sur cette base, les États Membres et l'OMS devraient poursuivre la mise en œuvre de Vision 6 d'avenir en utilisant de nouvelles méthodes de travail, au-delà des pratiques commerciales traditionnelles. Les axes prioritaires incluent : • Accueillir le Dialogue stratégique sur l'avenir de la santé (HSFD) au niveau national pour aider les États Membres à créer une vision à long terme. • Appuyer l'élaboration d'une vision stratégique nationale et de plans en prenant appui sur Vision d'avenir comme feuille de route. • Institutionnaliser les réorientations opérationnelles dans l'ensemble de l'Organisation, au-delà des référents nationaux ou des programmes pilotes. Les actions spécifiques incluent : o l'établissement d'alliances avec des partenaires autres que les partenaires traditionnels ; o la prise en compte des facteurs sociaux et environnementaux qui influent sur la santé (nouveau modèle de soins de santé primaires) o le changement de la perception sociale des coûts des soins de santé en allant des dépenses aux investissements. Dans toutes ses activités visant à faire du Pacifique occidental la Région la plus saine et la plus sûre, l'OMS s'efforce de prendre en compte les problématiques liées au genre et à l'équité afin que tous les individus bénéficient également des progrès régionaux en faveur d'une meilleure santé et d'un meilleur bien-être. L'avenir c'est maintenant La pandémie de COVID-19 a accentué les enjeux énoncés dans Vision d'avenir - la santé des personnes âgées et des personnes atteintes de MNT, les populations vulnérables et l'environnement. Ils figurent parmi les problèmes les plus urgents de notre époque et ne constituent plus des enjeux à long terme. Parallèlement, la pandémie a insufflé une dynamique sans précédent en faveur de la santé : la prise de conscience que la santé est étroitement liée à l'économie et aux activités sociales, et a suscité de nouveaux partenariats avec et entre les pays, l'autonomisation des individus et l'adoption d'innovations allant de la télémédecine aux médias sociaux. Les États Membres et l'OMS pourraient tenir compte de ces nouveaux enjeux et opportunités dans la mise en œuvre de Vision d'avenir. L'intégration des opportunités générées par la pandémie de COVID-19 permettra aux États Membres de répondre aux besoins immédiats tout en conservant une perspective à long terme, d'encourager la collaboration avec d'autres secteurs et d'avoir recours à des approches novatrices pour atteindre rapidement les objectifs, alors que nous passons d'une « nouvelle normalité » à un « nouvel avenir ». En outre, les États Membres peuvent envisager de sauter le pas, 7 lorsque cela est possible, et d'adopter les concepts et technologies les plus récents pour mettre en place des systèmes de santé et promouvoir la santé. Mettre en œuvre l'agenda modifié Pour accélérer la mise en œuvre de Vision d'avenir en s'appuyant sur les travaux de l'OMS dans la Région au cours de la dernière décennie, sur les progrès réalisés jusqu'à présent et sur les possibilités offertes par la COVID-19, nous devons renforcer nos capacités organisationnelles en institutionnalisant les réorientations opérationnelles et en renforçant la coordination pour répondre aux besoins divers et changeants de nos États Membres. 8 1. Introduction Lors de la session 2019 du Comité régional de l'OMS pour le Pacifique occidental de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), les États Membres ont unanimement adopté Vision d'avenir : devenir la Région la plus saine et la plus sûre qui articule une vision commune : agir aujourd'hui pour relever les défis de demain dans le but de devenir la Région la plus saine et la plus sûre. Ses quatre priorités thématiques et ses sept axes opérationnels incitent l'OMS à mieux appuyer les États Membres en vue de réaliser notre vision commune, en s'appuyant sur la tradition de la Région qui consiste à placer les pays au centre d'une équipe unifiée et à mettre l'accent sur le partenariat et la sensibilisation (Fig. 1). Fig. 1. Les forces à l'œuvre qui s'unissent pour produire notre Vision d'avenir Deux ans après l'adoption de Vision d'avenir, la maladie à coronavirus 2019 (COVID-19) a mis cette vision à l'épreuve, accentuant les défis qu'elle a mis en lumière. Il est donc opportun d'examiner les progrès accomplis, de tirer des enseignements et de guider les États Membres et l'OMS pour accélérer la mise en œuvre de la vision dans les années à venir. Ce document d'information présente la synthèse des exercices d'inventaire en vue d'articuler les progrès de Vision d'avenir, explore les implications de la pandémie de COVID-19 sur sa mise en œuvre et fournit une orientation sur la façon dont nous utilisons Vision d'avenir pour nous adapter à la nouvelle situation dans la Région du Pacifique occidental. C'est aussi l'occasion pour les bureaux régionaux et nationaux de l'OMS de réfléchir aux activités passées, de reconfirmer notre vision et de déterminer les contributions que chacun peut apporter. Ce rapport peut également être utilisé pour guider l'élaboration du budget programme 2022-2023. 9 Dans ce contexte, l'OMS a mis en place dans la Région du Pacifique occidental une équipe spéciale interne et a procédé à des exercices d’inventaire sur la base de l'examen des documents pertinents (y compris l’examen à mi-parcours du budget programme 2020-2021 du Pacifique occidental à l’aide du tableau de bord des produits), d'entretiens de haut niveau avec des experts et des partenaires de divers secteurs (y compris d’autres institutions des Nations Unies, des universitaires, des banques multilatérales, ainsi que des membres du Forum parlementaire Asie-Pacifique sur la santé mondiale et le Comité de l’OMS sur le financement durable) ; et de consultations avec les États Membres. Le présent document rend compte des principaux progrès accomplis par les États Membres dans la réalisation de notre vision commune (Fig. 2) : agir aujourd'hui pour relever les défis de demain, dans le but de faire du Pacifique occidental la Région la plus saine et la plus sûre. Il décrit également comment l'OMS va accélérer la mise en œuvre de Vision d'avenir au cours des deux ou trois prochaines années. Ce document traite spécifiquement des éléments suivants de Vision d’avenir : • Rappel du contexte • Progrès de la mise en œuvre • Implications de la COVID-19 • Orientations futures Fig. 2. Le processus d'inventaire de Vision d'avenir d'avril à août 2021 10 2. Rappel du contexte de Vision d'avenir : 2.1 Une région diversifiée qui évolue rapidement L'exercice d'inventaire a permis d'examiner les prémisses de Vision d'avenir qui ont permis d'identifier les principaux enjeux suivants : • Augmentation des MNT résultant des changements de mode de vie, de l'urbanisation et de la longévité • Mobilité et connectivité croissantes, risque accru d'urgences sanitaires et émergence de nouvelles menaces pour la sécurité sanitaire • Changements climatiques et environnementaux • Inégalités sanitaires persistantes En fait, ces tendances à l'origine de Vision d'avenir sont devenues plus importantes au cours des deux dernières années. Par exemple, les recherches indiquent qu'un nouveau concept de santé, dépassant la simple dichotomie « sain » ou « malsain », est en train d'émerger. Nous reconnaissons aujourd'hui que la santé est le résultat cumulatif d'une relation complexe entre les prédispositions génétiques, l'environnement et les déterminants socio-économiques de la santé d'une personne (Fig. 3).1,2 Fig. 3 : Un concept émergent de la santé prenant en compte son spectre d'influences Source : Nakatani H. La mondialisation de la santé publique : enjeux et opportunités de la mondialisation. The Journal of Public Health Practice. 2020 ; 84:356–62. En outre, la pandémie de COVID-19 a mis en évidence la connectivité croissante de notre monde pendant la phase initiale de la pandémie de COVID-19. L'infection s'est propagée de 5 à 184 pays et 11 zones en deux mois (Fig. 4). La vitesse à laquelle les personnes, les biens, les services et les idées traversent les frontières augmente, ce qui accroît le risque d'épidémies futures et souligne l'importance de la collaboration entre les États Membres. Fig. 4. États et Territoires ayant signalé des cas de COVID-19 dans le monde de janvier à mars 2020 Source : Tableau de bord COVID-19 de l'OMS. https://covid19.who.int/ 2.2 Besoins divers des États Membres Vision d'avenir tient également compte de l'incroyable diversité de la région du Pacifique occidental. Dans le cadre de notre vision régionale commune, chaque État Membre doit faire face aux changements sociaux, économiques et sanitaires qui lui sont propres. En conséquence, l'OMS dans la Région doit renforcer sa capacité à répondre aux besoins divers et en constante évolution des États Membres par un soutien sur mesure avec des rôles mixtes, ainsi que présentés à la Fig. 5. Fig. 5. Les besoins divers et en constante évolution des États Membres entraîne une évolution des rôles de l'OMS 12 2.3 La contribution de l'OMS au cours de la dernière décennie et la force de la Région du Pacifique occidental Vision d'avenir s'appuie sur la tradition d’un fort leadership de l'OMS mené dans la Région sous la direction du Dr Shin Young-soo, Directeur régional de 2009 à 2018, notamment :3 Maintenir les États au centre : l'approche de notre Région garantit le rôle de l'OMS en tant que partenaire actif pour soutenir les objectifs sanitaires nationaux des États Membres. Cela inclut un soutien personnalisé pour répondre aux besoins des diverses communautés insulaires et coordonner la planification à long terme avec les États Membres grâce à la création de la Division du soutien technique pour le Pacifique, de l'Unité d'appui aux États et du Bureau de liaison national en Micronésie du Nord, et au reclassement du Bureau de liaison national des Îles Salomon en Bureau du représentant de l'OMS.3 Partenariat : l'OMS dans la Région du Pacifique occidental a élargi les partenariats en dehors du secteur de la santé pour faire progresser les collaborations à long terme sur les politiques mises en oeuvre en adoptant une approche sanitaire qui va au-delà du seul secteur de la santé. Il s'agit notamment du Forum Régional des centres de collaboration de l'OMS dans le Pacifique occidental et du Forum parlementaire Asie-Pacifique sur la santé mondiale, qui ont contribué à renforcer le rôle de l'OMS en tant que conseiller neutre et crédible. L'OMS a également fourni de multiples efforts de haut niveau avec les gouvernements pour plaider en faveur de l'investissement et du soutien dans le domaine de la santé. Les bureaux régionaux et nationaux forment une seule et même équipe de travail : l'OMS dans la Région du Pacifique occidental a adopté de nouvelles méthodes de travail et rationalisé son soutien aux États Membres. L'Organisation a encouragé les bureaux régionaux et les bureaux des pays à travailler de concert pour répondre aux besoins en matière de santé publique d’une Région en pleine mutation. En formant une seule équipe et même équipe de travail, l'OMS peut maximiser et assurer la qualité des produits au niveau des pays. Elle peut également développer des biens régionaux, par exemple la Stratégie Asie-Pacifique pour la maîtrise des maladies émergentes et la gestion des urgences de santé publique (SMEAP III), et fournit une plateforme pour mettre en relation les États Membres et partager des informations, des enseignements et des données d’expérience. Ces changements ont donc donné corps à une culture dans laquelle le personnel de l'OMS dans la Région du Pacifique occidental s’interroge régulièrement sur la meilleure approche à adopter pour produire des résultats à long terme pour les États Membres. Le Dr Shin a souvent souligné cette responsabilité dans le cadre de l’activité de l'OMS, qui est une organisation dont le financement de base provient des contribuables des États Membres. 13 3. Progrès accomplis dans la mise en œuvre de Vision d'avenir à ce jour Depuis l'adoption de Vision d'avenir, l'OMS a fait des progrès importants dans la Région du Pacifique occidental en intégrant la mise en œuvre de différents programmes dans le cadre des priorités thématiques et en appliquant les réorientations opérationnelles ainsi qu'une prise en compte des problématiques liées au genre et à l'équité dans notre processus existant de planification et de mise en œuvre des programmes. 3.1 Priorités thématiques L'OMS dans la Région du Pacifique occidental et les États Membres ont progressé dans le traitement des quatre grandes priorités thématiques de Vision d'avenir. La plupart des priorités thématiques sont désormais assorties de cibles et de jalons pluriannuels, déterminés par une analyse rétrospective, et sont organisées avec les parties prenantes. Certains pays ont également mis en œuvre des activités en lien avec les priorités thématiques. En 2020, l'OMS dans la Région du Pacifique occidental a restructuré son Groupe consultatif technique (GCT) de sorte que le CGT sur la couverture sanitaire universelle sert aujourd’hui de plateforme pour tous les autres CGT, ce qui facilite la tenue de discussions en vue de faire progresser l’instauration de la CSU au titre d’un programme commun de mise en œuvre des orientations définies par Vision d’avenir. En s'appuyant sur ces « réalités de terrain » et sur les programmes techniques existants, l'OMS devrait continuer à apporter son soutien aux États Membres dans l'élaboration d'une vision stratégique nationale et de plans liés en s'inspirant de Vision d'avenir. Les États Membres et l'OMS peuvent avoir recours à une approche « essayer et apprendre » pour mettre rapidement en place de nouveaux concepts et produits, assurer un suivi des activités nouvellement mises en œuvre et les ajuster si nécessaire. L'OMS devrait également solliciter les enseignements et les retours d'information issus de la mise en œuvre à l'échelon national et en tenir compte dans les orientations régionales ainsi que dans les documents techniques actualisés (« apprentissage en double boucle »). En outre, l'OMS dans la Région du Pacifique occidental devrait travailler avec les États Membres sur le Dialogue stratégique sur l'avenir de la santé pour définir des visions à long terme. Sécurité sanitaire, y compris la résistance aux antimicrobiens La Région a fait des progrès considérables dans le renforcement des systèmes de sécurité sanitaire dans le cadre de la SMEAP III. Les États Membres ont confirmé que les recommandations de la SMEAP et du GCT ont contribué à la mise en place de fonctions et de systèmes de santé publique qui ont été pleinement utilisés dans la riposte pour lutter contre la COVID-19.4 Pendant la pandémie de COVID-19, les États Membres de la Région du Pacifique occidental ont accéléré les investissements dans le renforcement des systèmes de santé (tels que surveillance, recherche des contacts, évaluation des risques, prévention et contrôle des infections, gestion clinique et 14 mesures de santé publique), l'élaboration de plans de riposte nationaux, ainsi que la création et le renforcement des équipes d'intervention rapide. Les systèmes nationaux de laboratoire ont également été utilisés et renforcés pour détecter et suivre les cas de COVID-19, comprendre son épidémiologie, informer la gestion des cas et supprimer la transmission. Les États Membres, l'OMS et les partenaires élaborent également des réseaux mondiaux et régionaux de séquençage du génome entier pour assurer un suivi des variants du SARS-CoV-2. Le séquençage du génome viral s'est révélé un outil essentiel pour diagnostiquer la COVID-19, comprendre le mode de propagation et prévenir le SARS-CoV-2, et identifier rapidement les variants préoccupants. L'OMS a soutenu la distribution de fournitures essentielles, notamment l'Accélérateur ACT et le volet COVAX, dans le but d'offrir un accès et une distribution égaux des vaccins contre la COVID-19 à tous les pays participants, indépendamment de leur niveau de revenu. L'OMS s'efforce également de renforcer les systèmes infranationaux afin d'améliorer les résultats cliniques pour les patients atteints de COVID-19 de manière à renforcer les systèmes de santé futurs avec le Cambodge, la Mongolie et la République démocratique populaire lao pour localiser les parcours de soins et améliorer les systèmes de santé infranationaux. Au Cambodge, le ministère de la Santé et l'OMS ont examiné la préparation locale au niveau des provinces et des districts et ont mis en œuvre des actions localisées, notamment la surveillance multisources, la détection précoce de la COVID-19 et la recherche des contacts, la préparation des soins de santé, la communication des risques et l'engagement communautaire, ainsi que la coordination et le partenariat intersectoriels. La collaboration multisectorielle a été renforcée pour faciliter l'échange rapide d'informations pendant une épidémie, grâce à la création de centres d'opérations d'urgence aux niveaux national, infranational et local, et à la formation d'équipes d'appui à la gestion des incidents en tant que ressources multidisciplinaires complètes. Dans le Pacifique, l'OMS a renforcé la coordination avec les partenaires humanitaires et de développement au sein de l'Équipe conjointe de gestion des incidents (JIMT) basée au Bureau de l'OMS à Suva (Fidji). Pour lutter contre la résistance aux antimicrobiens (RAM), les États Membres ont approuvé le Cadre pour l'accélération de la lutte contre la résistance aux antimicrobiens dans la Région du Pacifique occidental qui sert de guide pour adopter les réorientations opérationnelles définies par Vision d'avenir visant à : renforcer les systèmes comme fondement d'actions durables ; travailler au-delà du seul secteur de la santé ; prendre des mesures au plus vite, guidés par leur vision de l'avenir ; et tirer des solutions des réalités de terrain tout en s'assurant de l'impact à l'échelon national. L'OMS a travaillé avec les États Membres afin de mettre progressivement en place des systèmes et des solutions tirées des réalités du terrain et de travailler via une approche intersectorielle. Au niveau national, 20 États Membres ont élaboré et mettent en œuvre des plans d'action nationaux fondés sur 15 l'approche « Une seule santé ». Aux niveaux mondial, régional et national, la collaboration est impulsée par la tripartite de l'OMS, de l'Organisation mondiale de la santé animale et de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture. L'OMS apporte un appui aux pays pour accroître leur capacité de surveillance en matière de résistance aux antimicrobiens, de leur consommation et de leur utilisation. Le Système régional de surveillance de la consommation d'antimicrobiens du Pacifique occidental (WPRACSS) qui a été mis en place aux niveaux national, hospitalier et communautaire aide les pays à assurer un suivi de la surconsommation et du mauvais usage des antibiotiques dans le secteur de la santé humaine. En juin 2021, 14 pays avaient rejoint le WPRACSS et 10 avaient contribué au premier rapport régional sur la consommation d'antimicrobiens au niveau national. La marche à suivre L'OMS devrait continuer d'appuyer les besoins immédiats des États Membres tels que l'approvisionnement en vaccins et leur distribution, et poursuivre les efforts de renforcement des systèmes de santé. Plus précisément, la COVID-19 offre une opportunité de renforcer les capacités sanitaires pour se préparer à d'éventuelles urgences à l'avenir et d'atteindre les autres objectifs parmi les priorités thématiques de Vision d'avenir tout en faisant face à la pandémie en cours. Il s'agit notamment d'améliorer les systèmes de santé existants en ayant recours à de nouveaux concepts tels que la surveillance multisources et le séquençage génétique pour informer la prise de décision. En outre, la coopération régionale, les partenariats et le partage des connaissances nécessiteront un engagement continu et intensifié entre les secteurs, les partenaires, les gouvernements et les sociétés. L'OMS devrait continuer de collaborer avec les États Membres pour ralentir la propagation de la RAM et d'accumuler des données sur la charge de la RAM en suscitant un engagement politique de haut niveau tout en continuant à renforcer les systèmes de lutte contre la RAM. Il s’agira notamment de soutenir plus encore la surveillance de la consommation d'antimicrobiens par le biais du WPRACSS, l’objectif étant d’assurer une meilleure utilisation des antimicrobiens de manière à lutter contre la consommation excessive d'antibiotiques observée pendant la pandémie de COVID-19. Les MNT et le vieillissement Au cours des deux dernières années, les bureaux régionaux et les bureaux de pays de l'OMS dans la Région du Pacifique occidental ont collaboré avec les États Membres pour lancer un débat sur la transformation de la société et du système de santé, se préparer au vieillissement de la population et faire face à la charge croissante des MNT. Les États Membres ont adopté les plans d'action régionaux, y compris le Plan d'action régional pour le vieillissement en bonne santé dans le Pacifique occidental, le Cadre d'action régional pour la protection 16 des enfants contre les effets néfastes de la commercialisation des produits alimentaires dans la Région du Pacifique occidental et le Plan d'action régional pour la lutte antitabac dans la Région du Pacifique occidental (2020-2030). D'autres plans stratégiques en cours portent sur la nutrition, la prévention des MNT et une approche de promotion de la santé en milieu scolaire afin de créer les bases d'une bonne santé à vie, ainsi que l'engagement de la communauté et de la société en faveur de modes de vie sains. L'OMS a également accueilli la réunion préliminaire du Groupe consultatif technique (GCT) sur les MNT afin d'examiner les lacunes et de définir les orientations futures dans le cadre des trois piliers de Vision d'avenir, à savoir les données et la surveillance, les facteurs de santé en amont et les services individuels. Des pays comme le Brunéi Darussalam, la Malaisie, les Palaos, les Philippines et le Viet Nam sont en train d'élaborer des plans nationaux sur le vieillissement, y compris la coordination multisectorielle et les actions permettant de vieillir en bonne santé. Par exemple, la Commission nationale des personnes âgées et le Ministère de la santé des Philippines ont lancé en 2021 une initiative complète sur le vieillissement en bonne santé pour rassembler les parties prenantes en vue de créer des sociétés favorables aux personnes âgées par le biais de la législation, des politiques et des programmes qui favorisent le bien-être des personnes âgées dans le pays. Les États Membres ont renforcé les activités nationales sur les MNT et le vieillissement, notamment en s'adressant aux adultes âgés présentant des comorbidités, en créant un mouvement d'engagement communautaire (Mongolie), en mettant en œuvre des programmes scolaires de promotion de la santé par le biais de programmes sur l'alimentation, l'activité physique, le bien-être et les programmes WASH pour les étudiants (Fidji et Tonga), et en réorientant la prestation de services pour les personnes atteintes de MNT et les adultes âgés (Samoa). Les États Membres ont également reconnu l'importance de la santé mentale, y compris les troubles liés à la consommation de certaines substances, notamment en réponse à la pandémie de COVID-19. Les pays ont développé une grande variété de programmes sur la santé mentale. Les Philippines ont mis en œuvre une législation et des plans stratégiques nationaux en matière de santé mentale et ont eu recours à la télésanté et aux lignes d'assistance téléphonique en temps de crise pour combler les lacunes des services dues aux perturbations. Le Cambodge, la Mongolie et la République démocratique populaire lao ont renforcé leurs capacités dans le soutien en matière de santé mentale et psychosociale, notamment pour les travailleurs de première ligne et les populations vulnérables, dans leurs services communautaires de santé mentale, dans les lignes directrices et les formations pratiques. Le Vanuatu a priorisé le renforcement à long terme des services de santé mentale et de troubles liés à la consommation de certaines substances par le biais de la législation nationale. Le Viet Nam a élaboré un plan d'action national quinquennal pour les MNT et la santé mentale comprenant une politique en matière d'alcool, en collaboration avec différents secteurs tels que l'éducation, les finances et l'application de la loi. 17 En outre, 18 États et Territoires de la Région du Pacifique occidental mettent en œuvre l’Ensemble OMS d’interventions essentielles ciblant les maladies non transmissibles dans le cadre des soins de santé primaires en contexte de faibles ressources afin de réorienter les systèmes de santé pour intégrer la gestion des MNT et renforcer les soins de santé primaires dans la lutte contre les facteurs de risque des MNT. La marche à suivre L'OMS travaillera sur une vision régionale globale afin de garantir une mise en œuvre intégrée de cette priorité thématique dans les différents programmes et secteurs et tout au long de la vie des personnes. La pandémie de COVID-19 a mis en évidence et exacerbé les problèmes de prévention et de prise en charge des maladies non transmissibles, aussi la lutte contre les MNT est-elle devenue vitale et urgente. L'OMS devrait accélérer considérablement son appui aux États Membres dans les domaines essentiels suivants : i) mesure des tendances et des changements, ii) élaboration de politiques et de réglementations pour renforcer les mesures visant à lutter contre les facteurs de risque modifiables des MNT, et iii) renforcement des systèmes de santé pour mieux prendre en charge et prévenir les MNT. La COVID-19 a également mis en relief la nécessité d'adopter de nouvelles approches visant à promouvoir le bien-être mental et à lutter contre les problèmes de santé mentale. Il est également nécessaire de poursuivre le plaidoyer en faveur d'une action précoce dans la société pour un vieillissement sain et la promotion de la santé tout au long de la vie afin de soutenir les pays de la Région dont la population est plus jeune. Les changements climatiques, l'environnement et la santé Au cours de ces deux dernières années, l'OMS a préconisé des efforts pour mettre en place des systèmes de santé résilients aux changements climatiques et environnementaux. En juin 2020, l'OMS a organisé la réunion inaugurale du Groupe consultatif technique sur les changements climatiques, l'environnement et la santé (CCE) et a défini les étapes quinquennales du CCE sous quatre piliers : sensibilisation, mise en place de systèmes de santé résilients, suivi de l'impact et application d'une perspective CCE (Fig. 6). Le Groupe consultatif technique sur le CCE (GCT CCE) tiendra sa deuxième réunion fin 2021 afin d'examiner les progrès de l'année et discuter des plans stratégiques au-delà de 2024. 18 Fig. 6. Résultats attendus sur les changements climatiques, l'environnement et la santé d'ici à 2023 Source : Bureau régional de l'OMS pour le Pacifique occidental. 119e Consultation des représentants de l'OMS et des agents de liaison pays, mars 2021. L'OMS travaille en étroite collaboration avec le Gouvernement du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord pour soutenir les États Membres dans le cadre du programme sur les changements climatiques et la santé lors de la vingt-sixième session de la Conférence des Parties à la Convention- cadre des Nations Unies sur les changements climatiques, qui doit se tenir fin 2021 en Écosse, en mettant l'accent sur la mise en place de systèmes de santé résilients au climat et sur le leadership sanitaire pour l'atténuation du climat dans le domaine de la santé. Les États Membres de la région ont fait des progrès en matière de sensibilisation au CCE, y compris : le développement de plates-formes nationales sur le CCE (Cambodge), le renforcement des mécanismes institutionnels pour intégrer les risques climatiques et environnementaux (Cambodge, Fidji, Kiribati et Papouasie-Nouvelle-Guinée), les formations au CCE et le développement de programmes d'études (Cambodge, Kiribati et Tuvalu), la cartographie des parties prenantes sur le CCE et la santé (Îles Marshall), et le plaidoyer sur la récupération verte et durable à partir du COVID-19 (Chine). Pour renforcer la résilience sanitaire au niveau national, des informations de base sur le programme WASH, notamment sur la gestion des déchets dans les établissements de soins, ont été établies au Cambodge, en Mongolie, en Papouasie-Nouvelle-Guinée, aux Philippines, en République démocratique populaire lao et au Viet Nam. Le guide de l'OMS sur les Établissements de Santé Résilients Face au Changement Climatique et Écologiquement Viables - Orientations de l'OMS a été mis en œuvre aux 19 Fidji et aux Philippines. En outre, des États Membres - dont Fidji, Kiribati, la Papouasie-Nouvelle- Guinée, les Philippines et la République démocratique populaire lao - ont élaboré des plans d'action nationaux sur le CCE et la santé et/ou créé des comités CCE. Fidji, les Philippines et la République démocratique populaire lao ont procédé à des évaluations de la vulnérabilité face aux changements climatiques des établissements de soins de santé. La marche à suivre L'OMS devrait poursuivre la mise en œuvre des activités dans le cadre des quatre piliers. Il s'agira de faire de la santé l'un des principaux points à l'ordre du jour des discussions mondiales, par exemple lors de la Conférence des Nations unies sur le changement climatique, et de faciliter la collaboration multisectorielle en identifiant les avantages communs en matière de santé avec les actions entreprises par les secteurs autres que celui de la santé. L'OMS devrait également soutenir les pays pour renforcer leur climato-résilience en élaborant des orientations régionales sur les établissements de soins de santé résilients face au changement climatique et écologiquement viables, en mettant l'accent sur l'eau, l'assainissement et l'hygiène (WASH) de base, l'accès aux sources d'énergie verte et les infrastructures résilientes pour résister aux chocs climatiques. Pour assurer un suivi de l'impact du CCE au niveau des États et Territoires, l'OMS élabore des outils pour en mesurer les impacts sur la santé et les avantages sanitaires communs, ainsi que des indicateurs sur le CCE et une plateforme numérique pour le partage des connaissances. Enfin, l'OMS élaborera des orientations pour intégrer la prise en compte du CCE au sein d'autres programmes techniques qui seront concrétisées dans le budget programme 2022-2023, et élaborera des plans stratégiques au-delà de 2024 lors de la réunion du Groupe consultatif technique CCE (GCT CCE). Répondre aux besoins des laissés-pour-compte Vision d'avenir propose que les États Membres et l'OMS s'attaquent aux enjeux nouveaux (tels que les MNT, la RAM et les changements climatiques) et existants (tels que la santé infantile et maternelle et les maladies transmissibles) au sein des populations vulnérables de manière simultanée dans le cadre des efforts nationaux en matière de CSU. Une consultation virtuelle sur le thème « Répondre aux besoins des laissés-pour-compte » dans la Région du Pacifique occidental en juillet 2020 a permis d'aborder la caractérisation des populations non atteintes (selon les contextes de soins, le groupe sociodémographique ou les conditions stigmatisées), de partager les expériences et les meilleures pratiques (y compris l'intégration des services et le renforcement des systèmes) pour s'attaquer aux causes profondes de l'inaccessibilité et de rédiger un cadre d'approches pour renforcer les systèmes de santé adaptés aux besoins et aux circonstances des populations non atteintes de la Région. Le projet de cadre se concentre sur cinq domaines d'action clés : 20 l'engagement politique prenant appui sur la législation, les finances et la gouvernance ; la prestation de services ; la collaboration multipartite ; la prise de décision stratégique ; et les approches spécifiques. L'OMS a également organisé la Consultation régionale sur la réponse aux besoins des laissés-pour- compte en septembre 2021, en invitant les cinq présidents des CGT régionaux, des conseillers techniques des États membres, d'autres experts et des partenaires. La Consultation régionale a permis aux pays d’échanger des données d’expérience sur les défis à relever pour répondre aux besoins des laissés-pour-compte et mettre en œuvre le projet de cadre. Les discussions ont notamment porté sur la transformation des systèmes de santé et la collaboration multipartite dans le contexte des différents pays et les approches innovantes visant à accroître l'accès aux populations isolées sur le terrain. L'OMS a élaboré des plans d'action régionaux visant à intégrer divers programmes au sein des systèmes de santé globaux, tels que la vaccination, la tuberculose et la chirurgie à prix abordable, dans un cadre général visant à atteindre les populations les plus vulnérables, marginalisées et stigmatisées. Ces programmes contribueront à renforcer les services de santé communautaires axés sur les personnes, équitables et de qualité, avec une forte surveillance pour autonomiser les communautés défavorisées. Les pays de la Région ont utilisé l'infrastructure pour des programmes centrés sur des maladies particulières afin d'améliorer la santé des populations laissés-pour-compte. La Papouasie-Nouvelle- Guinée s'est appuyée sur le succès de son programme de lutte contre la poliomyélite pour améliorer l'activité de sensibilisation à la vaccination de routine des enfants des zones reculées. Le Cambodge continue de progresser vers l'élimination du paludisme en se concentrant sur les populations isolées présentant une transmission résiduelle de paludisme résistant aux traitements médicaux. Il contribue également aux systèmes de santé dans les zones rurales tels que la surveillance, la prestation de services et les liens entre les centres de santé et les travailleurs villageois. Le Projet d'accès aux services de santé et de nutrition (HANSA), fruit d'une collaboration entre la République démocratique populaire lao et la Banque mondiale, vise à promouvoir la durabilité des programmes de santé publique existants au sein de la République démocratique populaire lao en mettant l'accent sur la réduction de la dénutrition infantile et maternelle. La marche à suivre L'OMS devrait aider les États Membres à répondre aux besoins sanitaires des populations vulnérables, mis en évidence lors de la pandémie de COVID-19, en maintenant et en utilisant des programmes centrés sur des maladies particulières. L'Organisation devrait travailler à l'élaboration d'un cadre permettant de répondre aux besoins des laissés-pour-compte dans la Région du Pacifique occidental, en consultation avec les États Membres. L'OMS devrait également adopter l'approche du travail en équipe avec les bureaux régionaux et nationaux ainsi qu’avec les experts et les partenaires de la Région en vue d’affiner et de mettre en œuvre le projet de cadre. En outre, un groupe de travail technique interne de 21 l'OMS, composé du Cambodge, de la Malaisie, de la Mongolie, de la République démocratique populaire lao et du Viet Nam, ainsi que de la Division Appui technique dans le Pacifique, devrait examiner les progrès réalisés dans la mise en œuvre du projet de cadre sur la réponse aux besoins des laissés-pour-compte dans les pays et discuter des essais sur le terrain au niveau national. Par la suite, l'OMS devrait mettre en place un groupe consultatif externe (groupe de consultation sur la réponse aux besoins des laissés-pour-compte) pour poursuivre le dialogue avec les pays et la mise en contexte afin de réaliser les objectifs concernant la réponse aux besoins des laissés-pour-compte et les objectifs 2030. 3.2 Réorientations opérationnelles Les États Membres et l'OMS ont fait des progrès importants en adoptant les réorientations opérationnelles de Vision d'avenir dans les plans de travail, en compilant des orientations techniques, en réunissant les parties prenantes et en appliquant ces changements dans la mise en œuvre des programmes. Au cours des deux ou trois prochaines années, l'OMS dans la Région peut adopter de nouvelles méthodes de travail en : institutionnalisant les réorientations opérationnelles ; facilitant la transformation au sein des États Membres sur la base des plans régionaux et des politiques nationales, ainsi que du dialogue politique stratégique de haut niveau ; et en nouant des alliances avec des partenaires non traditionnels. En outre, l'OMS et les États Membres doivent s'attaquer aux facteurs sociaux et environnementaux qui contribuent à la santé, élaborer un nouveau modèle de soins de santé primaires et soutenir un financement durable des soins de santé en faisant évoluer la perception sociale des coûts de santé, qui ne sont plus des dépenses mais des investissements. Innovation Au cours des deux dernières années, des progrès ont été réalisés aux niveaux régional et national en vue d'atteindre un objectif intermédiaire consistant à intégrer l'innovation comme partie intégrante du travail de l'OMS d'ici 2023. En avril 2020, la réunion pour définir le programme d'innovation a permis d'identifier les enjeux les plus urgents et les innovations prometteuses dans la région avec les donateurs, les partenaires de mise en œuvre et les chercheurs. Le premier Forum régional de l'innovation qui s'est tenu en septembre 2020, a présenté des innovations numériques et sociales portant sur les quatre priorités thématiques de Vision d'avenir. L'OMS a également examiné le paysage de l'innovation pour des enjeux spécifiques, tels que la recherche numérique des contacts et la télémédecine, et a repéré des pratiques innovantes pour aider les établissements de soins de santé à atteindre la neutralité carbone. L'OMS a mis en place un réseau de référents issus des unités techniques et des bureaux de pays de la Région pour partager les pratiques et les connaissances en matière d'innovation et renforcer les capacités par le biais d'ateliers, de webinaires et de bulletins d'information. 22 L'OMS a également soutenu des projets pilotes d'innovations technologiques et sociales, notamment : des interventions numériques dans le cadre de l'OMS PEN pour les maladies cardiovasculaires qui ont amélioré le contrôle des facteurs de risque des patients et réduit les renvois de cas non compliqués et la mortalité due aux accidents vasculaires cérébraux (Mongolie) ; la télémédecine à l'échelle nationale pour la gestion des maladies chroniques et la formation du personnel de santé et des sauveteurs pendant la COVID-19 (Fidji et Viet Nam) ; et des prescriptions sociales pour les services communautaires afin de traiter les déterminants sociaux de la santé sous-jacents (Chine). L'OMS a également développé un avatar d'intelligence artificielle (IA) qui fournit des informations et des conseils en matière de santé pour soutenir les personnes âgées. La marche à suivre L'OMS devrait continuer d'institutionnaliser l'innovation dans l'ensemble des programmes et des bureaux afin de répondre aux besoins des États Membres et de renforcer leur capacité d'innovation et d'adaptation par le biais de systèmes tels que l'évaluation des technologies de la santé et le réexamen des processus dans les services de santé. L'OMS devrait rechercher aussi systématiquement et amplifiera les approches innovantes au-delà de la technologie de nos États Membres, y compris l'innovation sociale, opérationnelle et de prestation de services (comme les enjeux de l'innovation menant au deuxième Forum de l'innovation au second semestre 2021). Analyse rétrospective Au cours des deux dernières années, l'OMS a largement adopté l'analyse rétrospective dans la planification programmatique, telle que l'élaboration de plans d'action régionaux, la convocation d'un forum de l'innovation qui a abordé les enjeux futurs et la mise en œuvre de l'approche à long terme « Communication pour la santé » ou C4H. Pour soutenir la planification budgétaire, la haute direction du Bureau régional a également eu recours à l'analyse rétrospective pour discuter de l'appétence pour le risque pour la planification du budget programme 2022-2023 comme une première étape de l'intégration de la responsabilité et de la gestion du risque comme parties intégrantes de notre prise de décision. En aidant les pays à développer des systèmes de santé à l'épreuve du temps, l'OMS a élaboré des méthodologies qui peuvent guider les États Membres dans la visualisation de leur avenir sanitaire préféré et leur apporter un soutien dans l'identification des étapes stratégiques pour atteindre ces objectifs par le biais de l'analyse rétrospective. À ce jour, l'OMS a collaboré avec trois pays (Malaisie, Mongolie et Philippines) pour accueillir des Dialogues stratégiques sur l'avenir de la santé en utilisant une série de méthodes propres à chaque pays, notamment la cartographie des parties prenantes, la prise en compte des facteurs de changement et l'élaboration de visions et de scénarios. En Mongolie, la 23 discussion a porté sur les analyses rétrospectives de 2050 à aujourd'hui en donnant la priorité à trois domaines : un environnement sain, une population saine, et la gouvernance et les finances. La marche à suivre L'OMS devrait continuer d'appliquer l'analyse rétrospective dans ses activités quotidiennes au-delà de la phase de planification, en veillant en permanence à ce que nos activités soient conformes aux objectifs à long terme. Il s'agit notamment d'appuyer les États Membres pour appliquer l'analyse rétrospective dans leur planification et leur mise en œuvre (via la mise en œuvre des Dialogues stratégiques sur l'avenir de la santé) et de développer une culture sensible au risque dans toute l'Organisation en intégrant la gestion des risques dans les activités quotidiennes par le biais de cadres de responsabilisation. Adopter une approche systémique fondée sur la couverture sanitaire universelle Au cours des deux dernières années, les États Membres et l'OMS se sont efforcés d'intégrer la mise en œuvre de programmes centrés sur des maladies particulières et de fournir des services personnalisés aux individus et aux communautés en identifiant les éléments du système de santé nécessaires pour réaliser la vision à long terme de la CSU et en veillant à ce que les actions à court terme mènent à la transformation des systèmes de santé qui assurent une couverture complète. L'OMS a également rassemblé tous les mécanismes consultatifs techniques au sein du Groupe consultatif technique CSU en tant que plate-forme comprenant des parties prenantes au niveau ministériel et multisectoriel afin de réaffirmer leur engagement en faveur de la CSU.5 À l'échelle des pays, l'OMS soutient les États Membres dans l'adoption d'une approche systémique fondée sur la CSU. Par exemple, l'OMS et la Chine ont finalisé le rapport conjoint sur la réforme décennale de la santé de la Chine, qui a contribué à définir l'orientation du développement du système de services de santé pour le 14e plan quinquennal. Avec l'appui de l'OMS, les Philippines ont mis en place des systèmes de santé fondés sur la CSU grâce à l'adoption en 2019 de la loi sur les soins de santé universels (Universal Health Care Act). L'OMS a également facilité les échanges entre pays en organisant des webinaires thématiques régionaux et des bulletins d'information sur la CSU présentant les points de vue des pays du Pacifique occidental et leurs expériences nationales pour atteindre l'objectif de couverture universelle. La marche à suivre L'OMS devrait continuer de plaider en faveur de services de santé complets, adaptés et centrés sur les personnes en intégrant les soins préventifs et cliniques à un financement durable. L'Organisation devrait également maintenir son engagement politique et technique auprès des États Membres, notamment par le biais du GCT annuel sur la CSU, des partenariats au sein des pays avec les parties prenantes 24 multisectorielles et du partage des connaissances sur la promotion d'un meilleur accès à des services de santé essentiels et de qualité. Réalités de terrain Vision d'avenir a préconisé de faire évoluer l'approche traditionnelle ascendante vers une approche fondée sur les réalités de terrain (« grounds up ») dans laquelle la politique est planifiée et mise en œuvre par le biais d'une interaction et d'un retour d'information systématiques et continus basés sur les réalités de terrain (y compris les solutions et les innovations locales), en testant et en affinant une solution fonctionnelle (hypothèse). L'approche fondée sur les réalités de terrain est de plus en plus utilisée par l'OMS dans la Région pour améliorer la planification et la mise en œuvre aux niveaux à la fois régional et national. Au niveau régional, les référents nationaux ont appliqué cette approche en recueillant des études de cas pour alimenter les orientations nationales visant à soutenir l'engagement communautaire pour la santé.6 À l'échelle pays, des solutions ont été trouvées face à des enjeux locaux uniques grâce à une collaboration multisectorielle. En République démocratique populaire lao, l'OMS a collaboré avec le Programme des Nations Unies pour le développement, qui soutient le Ministère de la santé et le Ministère de l'intérieur, pour mettre au point des ateliers fondés sur des scénarios afin de renforcer la gouvernance locale et l'engagement de la communauté en faveur de la préparation, de recenser les enjeux communs à toutes les provinces et d'y répondre par des mesures politiques centrales. Parmi les autres initiatives de gestion intégrée, citons le programme pilote de la Chine couvrant trois provinces et portant sur les MNT, le vieillissement et d'autres problèmes de santé majeurs, ainsi que l'initiative de la Mongolie visant à intensifier les soins de santé primaires pour la prévention, la détection précoce et la gestion des principales maladies non transmissibles et transmissibles tout au long de la vie dans la province de Govisümber. La marche à suivre L'OMS devrait mettre davantage l'accent sur les moyens à apporter pour obtenir des améliorations en plus d'identifier l'action à mener, en localisant la politique nationale en fonction des contextes uniques et en reflétant les réalités du terrain dans la politique nationale. L'OMS va également faciliter le partage des connaissances sur les études de cas par le biais d'une approche fondée sur les réalités de terrain. Favoriser et mesurer l’obtention de résultats au niveau des pays Au cours des deux dernières années, des progrès ont été accomplis dans le soutien apporté à la génération et à l'exploitation des informations stratégiques aux niveaux régional et national. L'OMS dans la Région a créé la nouvelle équipe Information et veille sanitaires au sein du groupe Données, 25 Stratégie et Innovation. Cette équipe coordonne les activités des gestionnaires de données dans différentes divisions techniques afin de pouvoir exploiter les informations sanitaires et de promouvoir le renforcement des capacités, l’objectif étant d’harmoniser, à l’échelle des pays, les systèmes d'information qui rassemblent des données provenant de sources multiples. L'équipe aide les États Membres à renforcer leurs capacités de collecte et d'analyse de données sur la santé et d'autres informations pertinentes permettant d’éclairer l’élaboration des politiques d'une manière plus intégrée. L'OMS a élaboré sa Plateforme de données régionale, qui sert de guichet unique pour les données avec des tableaux de bord thématiques et permet l'intégration des données provenant des niveaux mondial, régional et national. Les rapports régionaux sur les objectifs de développement durable (ODD) et sur la CSU appuient les États Membres dans leur suivi des progrès par rapport aux indicateurs des ODD liés à la santé ainsi qu'au Cadre de résultats de l'OMS du treizième PGT. L'OMS a soutenu les États et Territoires insulaires du Pacifique dans la collecte et l'analyse de plus de 60 indicateurs communs du Cadre de suivi des îles-santé afin d'établir des bases de référence, d'identifier les lacunes et les chevauchements, et de définir des priorités pour la réalisation du concept d'îles-santé. Il s'agit notamment de créer des bases de données régionales et nationales, de collaborer avec les pouvoirs publics des États Membres pour améliorer les systèmes nationaux d'information sanitaire et de suivre les progrès des ODD et de la CSU.7 Les États Membres ont fait des progrès considérables dans le renforcement des registres nationaux de santé grâce à des initiatives soutenues par l'OMS et les gouvernements. Des formations sur la dernière révision de la Classification internationale des maladies (CIM-11) ont été organisées en Malaisie et en Mongolie, et l'analyse des décès toutes causes confondues a été mise en œuvre en Mongolie, aux Philippines et en Polynésie française. L'OMS a également soutenu un cadre d'indicateurs pour le suivi des performances de la CSU et des systèmes de surveillance mondiale du tabac aux Philippines, ainsi qu'une collaboration entre les organismes publics pour rationaliser les données sanitaires précises et en temps réel pour le suivi et l'évaluation dans les établissements de santé. La marche à suivre L'OMS devrait continuer d'aider les États Membres à développer leurs capacités de collecte et d'analyse des données pour éclairer les politiques. En outre, les processus décisionnels des États Membres utilisant l'approche fondée sur des hypothèses serviront de catalyseur pour poursuivre l'élaboration de cadres de mesure intégrés. L'Organisation étudiera également les possibilités d'avoir recours à l'innovation (comme le big data et l'IA) et de relier les données non liées à la santé et celles du secteur privé. 26 Promouvoir la santé au-delà du secteur de la santé Au cours des deux dernières années, l'OMS a renforcé sa position en tant que force intersectorielle de promotion de la santé en travaillant aux côtés des ministères de la santé pour s'engager auprès de partenaires multisectoriels. Par exemple, dans la Région du Pacifique occidental, l'OMS a continué à renforcer ses relations avec les parlementaires grâce à son rôle de secrétariat du Forum parlementaire Asie-Pacifique sur la santé mondiale et a renforcé ses partenariats avec des institutions financières internationales telles que la Banque asiatique de développement, la Banque mondiale et le Fonds monétaire international. Ces collaborations permettront d'élaborer des scénarios de financement durable de la santé afin de comprendre les impacts à court et moyen terme de l'évolution de l'espace fiscal dans l'ère post- COVID-19. À long terme, lorsque le besoin de financement des soins de santé est susceptible de croître plus rapidement que l'économie dans de nombreux pays connaissant un vieillissement de la population, ils pourront être utilisés pour aborder les options de financement de la santé, l'innovation et un meilleur accès à la santé/une meilleure couverture. Pendant la pandémie de COVID-19, l'OMS a travaillé avec les ministères de la santé et d'autres homologues gouvernementaux, les institutions des Nations Unies et les partenaires pour assurer une préparation efficace dans l'éventualité d'une explosion du nombre de cas et d'une transmission large au sein de la communauté. De nouveaux partenariats au-delà du secteur de la santé ont également été établis, telles que les collaborations de l'OMS avec le Forum économique mondial, Facebook et DHL. Pour promouvoir l'accès des personnes âgées à la technologie numérique, l'OMS a collaboré avec l'Université de Kyoto pour démontrer les avantages des technologies de l'information pour la santé. En outre, l'Organisation a collaboré avec l'Académie chinoise des technologies de l'information et de la communication (CAICT) pour réaliser un examen des obstacles existants à l'élargissement de l'utilisation des technologies numériques par les personnes âgées,8 puis a organisé un dialogue avec des représentants des pouvoirs publics, des organisations non gouvernementales et des entreprises de technologies de l'information pour combler les lacunes en matière d'accès. Afin d'accélérer la mise en œuvre de la Convention-cadre de l'OMS pour la lutte antitabac en Chine, l'OMS a collaboré avec des groupes de réflexion sur le développement économique et social dans le pays pour fournir des données économiques probantes et des recommandations politiques sur l'augmentation des taxes et des prix du tabac. Ces partenariats ont donné lieu à des tables rondes de haut niveau et à des propositions de politique générale. En outre, l'OMS en Chine a travaillé avec des chefs d'entreprise, des organisations de la société civile et des leaders d'opinion clés de secteurs autres que la santé pour illustrer un large soutien aux politiques antitabac et pour créer et maintenir un environnement 27 favorable aux politiques de lutte antitabac. Pendant la pandémie de COVID-19, la Malaisie et la République démocratique populaire lao ont également formé des partenariats intersectoriels en faveur de campagnes sur l'impact du tabac sur les résultats de la COVID-19. En outre, l'OMS a accueilli le deuxième Forum des partenaires de la Région du Pacifique occidental 2021 en juin/juillet 2021 afin de créer un dialogue sur la pandémie et d'identifier d'autres moyens pour l'OMS et ses partenaires de travailler ensemble à mener à bien Vision d'avenir. Au cours de la pandémie de COVID-19, des partenariats innovants au sein et au-delà du secteur de la santé ont également été formés au niveau des pays et des communautés. Un exemple est l'initiative des organisations de la société civile (OSC), qui comprend des OSC issues des secteurs de la santé, de la finance et de l'éducation en Malaisie, en Papouasie-Nouvelle-Guinée et aux Philippines, soutenant les populations vulnérables clés par le biais de la communication sur le vaccin anti COVID-19 et le renforcement des capacités des travailleurs communautaires. L'OMS a également collaboré avec des partenaires juridiques en vue d'appuyer les îles Cook dans la mise à jour de leurs lois sur la santé publique et la Papouasie-Nouvelle-Guinée à élaborer la loi nationale sur la pandémie 2020 (National Pandemic Act 2020). En outre, en collaboration avec la Société de la Croix-Rouge de Samoa et l'Agence adventiste de développement et de secours (ADRA), l'OMS a renforcé son soutien aux populations vulnérables en leur fournissant des abris, des réservoirs d'eau et des installations WASH. La marche à suivre L'OMS devrait continuer d'élargir les collaborations entre les secteurs (tels que l'éducation, l'environnement, l'alimentation, la politique commerciale et le bien-être) et les parties prenantes (telles que les donateurs, les centres collaborateurs de l'OMS, les organisations non gouvernementales, les autres partenaires du développement, le secteur privé et les jeunes) afin de piloter la mise en œuvre de Vision d'avenir, tout en protégeant ses travaux des risques potentiels tels que les conflits d'intérêts en vertu du Cadre d'engagement de l'OMS avec les acteurs non étatiques, connu sous le nom de FENSA. L'OMS devrait produire davantage de données probantes pour renforcer les partenariats au-delà du secteur de la santé, en démontrant la manière dont les investissements dans le secteur de la santé profitent à d'autres secteurs et comment la promotion des programmes dans d'autres secteurs (par exemple, l'amélioration de l'éducation) peut profiter au secteur de la santé. Recours accru à la communication stratégique Le Bureau régional de l'OMS pour le Pacifique occidental a accueilli sa première réunion technique sur la « Communication pour la santé » (C4H) en décembre 2020, invitant les professionnels de la communication en matière de santé des États Membres à des discussions sur les enjeux et les opportunités des pays, les leçons tirées de la pandémie de COVID-19 et les futures priorités régionales. 28 Les efforts visant à améliorer la communication stratégique ont notamment consisté à fournir un soutien technique et à déployer du personnel, à élaborer des documents d'orientation et à mettre en place des programmes de formation au développement des compétences pour les États Membres et le personnel des bureaux de pays de l'OMS. Les initiatives régionales incluent la série Habitants du Pacifique occidental qui s'appuie sur la science du comportement pour présenter des histoires passionnantes sur des sujets conformes aux priorités de Vision d'avenir. Les efforts de renforcement des capacités et l'appui du Bureau régional ont soutenu les initiatives de pays tels que la Chine, les Fidji, la Malaisie, la Mongolie, la Papouasie-Nouvelle-Guinée, les Philippines, la République démocratique populaire lao, le Vanuatu et le Viet Nam. Par exemple, la Papouasie-Nouvelle-Guinée s'est faite la championne de l'adoption de communications sur la COVID-19 spécifiques à la communauté, telles que « Niupela Pasin » qui signifie le mode de vie adapté à cette « nouvelle normalité » pendant la pandémie, mettant l'accent sur l'hygiène de base et le respect de la distanciation physique. Parmi les autres initiatives de communication, citons les entretiens avec des informateurs clés et les discussions de groupe pour informer les campagnes sur le VIH et la consommation de sel, ainsi que des récits convaincants pour stimuler l'utilisation des services de santé maternelle et des maladies tropicales négligées dans divers pays. La pandémie de COVID-19 a conduit à un nombre accru d'approches innovantes pour atteindre et mobiliser le public. Parmi les exemples, citons l'utilisation de systèmes d'écoute sociale multisources pour obtenir des données sur les préoccupations et les besoins prioritaires du public, ainsi que des partenariats avec des sociétés de réseaux sociaux pour lutter contre la désinformation et mieux atteindre les publics cibles avec des informations crédibles, opportunes et pertinentes. La marche à suivre L'OMS devrait continuer à faire progresser l'approche C4H en intensifiant le recours aux activités de surveillance, aux données comportementales et aux récits à l’aide d’outils et de matériel appropriés. En outre, l'OMS testera, documentera et partagera les exemples de réussite afin de renforcer les partenariats et d'établir une communauté de pratique dans la Région. 3.3 Paramètres propices Au cours des deux dernières années, l'OMS a concrétisé les priorités thématiques et les réorientations opérationnelles de Vision d'avenir dans son budget programme 2020-2021. Lorsque l'ampleur de la pandémie est devenue évidente, le Bureau régional a rapidement mis en œuvre un plan de travail réduit de type « boîte rouge » afin de hiérarchiser les activités qui devaient être accélérées ou mises en attente en raison de la COVID-19. Depuis lors, le Comité du programme s'est réuni plus fréquemment pour suivre la mise en œuvre des plans et fournir des conseils à ce sujet, notamment en évaluant l'utilisation 29 des ressources tant pour la riposte à la COVID-19 que pour les activités essentielles liées à Vision d'avenir, via le renforcement des systèmes de responsabilité et de gestion des risques. En 2020, l'OMS a élaboré le Cadre de responsabilisation dans la Région du Pacifique occidental pour s'assurer que chaque membre du personnel connaît ses rôles et responsabilités et l’obligation qui lui incombe de rendre des comptes. C'est également un excellent moyen d’inciter les membres du personnel à rester sur la bonne voie pour atteindre leurs buts et objectifs personnels et organisationnels. Le Cadre décrit i) la responsabilité individuelle, ii) la responsabilité de groupe et iii) le rôle du vérificateur pour améliorer notre responsabilisation. L'OMS dans le Pacifique occidental a fait avancer les initiatives régionales et mondiales en matière de développement et d'apprentissage du personnel, notamment les programmes régionaux d'initiation, de mentorat et d'évaluation par les pairs réunis, ainsi que l'élaboration et la diffusion d'un catalogue de ressources d'apprentissage. En outre, l'OMS a introduit plusieurs approches innovantes pour réussir à créer un lieu de travail respectueux de l'environnement et favorable à la santé (telles que le déploiement d'outils de télétravail, les processus de signature électronique, la toute première session virtuelle du Comité régional en 2020). En septembre 2020, le Bureau régional a recruté des récents titulaires de programmes de master et de doctorat pour piloter un groupe spécialisé afin d'aider le Pacifique occidental à répondre aux besoins divers et en pleine évolution des États Membres tout en élargissant sa base de talents et en utilisant de nouvelles méthodes de travail. Ce groupe exerce des fonctions d'analyse, de synthèse et de présentation des données dans le but de répondre aux questions de recherche appliquée posées par les équipes techniques. Afin de maintenir les pays au centre de l'action, les bureaux régionaux et nationaux ont travaillé ensemble comme une seule et même équipe tout au long de la pandémie de COVID-19, y compris par le biais de déploiements prioritaires de personnel. La marche à suivre L'OMS reste flexible pour répondre aux besoins émergents et importants des États Membres. Alors que les enjeux décrits dans Vision d'avenir deviennent réalité, l'OMS continue de se transformer en fonction de l'évolution des circonstances, des capacités et des enjeux propres à chaque Région. En procédant ainsi, les efforts de gestion et de coordination de l'OMS viseront à faire avancer la vision de manière concertée tout en prenant en compte la diversité de la Région. Le Cadre de responsabilisation est un document évolutif qui sera régulièrement mis à jour, modifié ou ajusté. 30 3.4 Problématiques liées au genre et à l'équité La réduction des inégalités de genre et en matière de santé est essentielle à notre vision à long terme, qui consiste à faire du Pacifique occidental la région la plus saine et la plus sûre. L'importance de ce travail est apparue très clairement lorsque la pandémie de COVID-19 a exposé et amplifié les inégalités présentes dans les systèmes de santé. Depuis l'adoption de Vision d'avenir, l'OMS a mis en place plusieurs initiatives techniques pour soutenir l'intégration des questions sur le genre et l'équité, notamment un kit de communication régional pour répondre aux préoccupations concernant les vaccins et spécifiques au genre, et les orientations sur « Devenir une Région plus saine et plus sûre en intégrant une perspective de genre et d'équité dans tout ce que nous faisons ». Pour permettre le dialogue, l'échange de connaissances et la collaboration entre les pays, l'OMS a créé le Réseau régional pour le genre, l'équité et les droits humains, en plus d'organiser des webinaires à l'occasion de la Journée de la CSU et de la Journée internationale de la femme pour échanger des connaissances et sensibiliser aux questions de genre et d'équité dans le Pacifique occidental. Le leadership des femmes et leur contribution à la santé dans toute la région ont également été présentés dans Celebrating Women's Voices in the Western Pacific Region. En outre, des consultations informelles ont été organisées dans les pays pour comprendre les facteurs de risque partagés de la violence à l'égard des femmes et des enfants, les résultats devant être utilisés pour soutenir l'élaboration du Rapport de situation régional sur la violence à l'égard des femmes et des enfants. À l'échelle pays, l'OMS a facilité : des forums sur les questions de genre et d'équité pour le dialogue politique au Cambodge, à Fidji, en République démocratique populaire lao et au Viet Nam ; des ateliers virtuels pour améliorer la collaboration multisectorielle sur la violence contre les femmes et les enfants en Mongolie ; et le renforcement des capacités au Vanuatu pour fournir des services de santé aux communautés insulaires difficiles à atteindre. En outre, les États et Territoires insulaires du Pacifique ont établi un partenariat avec le Forum des personnes handicapées du Pacifique afin de garantir que les mesures de préparation et de riposte à la COVID-19 tiennent compte du handicap. L'OMS s'est également associée aux Philippines pour mettre au point une boîte à outils sur mesure destinée à favoriser l'adoption des questions de genre et d'équité lors de la vaccination anti COVID-19. La marche à suivre En prenant appui sur les progrès réalisés à ce jour, l'OMS devrait continuer à institutionnaliser les questions de genre et d'équité à chaque étape de son travail technique (de l'analyse et de la planification à la mise en œuvre et à l'évaluation) ainsi que dans ses opérations et son administration. L'application des questions de genre et d'équité contribuera non seulement à l'équité en matière de santé mais aussi à 31 la réalisation des objectifs programmatiques de l'OMS. Par exemple, la désagrégation des données sanitaires et l'analyse intersectionnelle par âge, sexe et autres attributs sociaux permettront de mieux comprendre les enjeux et les performances des programmes. La pandémie de COVID-19 nous rappelle que la protection des populations vulnérables ne sert pas seulement ces populations, mais aussi l'ensemble de la société. 4. Implications de la COVID-19 pour Vision d'avenir Les exercices d’inventaire ont révélé que la COVID-19 a souligné la nécessité d'accélérer la mise en œuvre de Vision d'avenir : les enjeux qu'elle a mis en évidence, tels que la santé des personnes âgées et des personnes atteintes de maladies non transmissibles, les populations vulnérables et l'environnement, ne sont plus des enjeux à long terme ; ils font partie des problèmes les plus urgents qui nécessitent une action dès aujourd'hui. La COVID-19 a également créé des opportunités avec un élan sans précédent pour la santé et des possibilités de faire un bond en avant (Fig. 7). Fig. 7. Accélérer la Vision d'avenir à l'ère de la COVID-19, y compris par un bond en avant Par conséquent, l'OMS de la Région du Pacifique occidental devrait continuer à s'adapter et à ajuster ses lignes d’action en s'inspirant de la riposte à la COVID-19. La pandémie a mis en évidence un grand nombre de problèmes et de défis à relever pour instaurer la couverture sanitaire universelle, ainsi que la nécessité de renforcer et d'accélérer la mise en œuvre de Vision d'avenir. 32 4.1 Relever aujourd'hui les défis de demain : d'une nouvelle normalité à un nouvel avenir Au cours de la pandémie COVID-19, les « défis de demain » sont soudainement devenus les problèmes d'aujourd'hui. La pandémie a touché de manière disproportionnée les personnes âgées, les personnes atteintes de maladies non transmissibles et les populations vulnérables. Les enjeux posés par la pandémie COVID-19 ont agi comme des catalyseurs pour des améliorations environnementales durables à l'heure où les gens reconnaissent de plus en plus le lien entre la santé et l'environnement. Rompus à la mise en œuvre d’objectifs à longue échéance, l'OMS et les États Membres ont progressé dans leurs efforts globaux et à long terme de préparation à une pandémie, en s’appuyant sur l'expérience acquise lors de flambées précédentes, telles que le syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS), le syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS) et la grippe aviaire, dans le cadre de la SMEAP, ce qui a permis de mettre sur pied, dans la région Asie-Pacifique, des interventions plus collaboratives et plus efficaces face à la pandémie. En mettant en œuvre Vision d'avenir, les pays ont intensifié leurs efforts pour promouvoir la santé des populations vulnérables, notamment des personnes âgées, ce qui a permis une réponse rapide et ciblée pour soutenir ces populations pendant la pandémie. Parallèlement, l'OMS et nos États Membres doivent à la fois répondre aux besoins immédiats et contribuer aux objectifs complexes et à long terme, tels que le renforcement des systèmes de santé et l'amélioration de la santé des populations vulnérables, en collaborant avec des partenaires au-delà du seul secteur de la santé. Les États Membres ont investi dans la prestation de services, le personnel de santé, les capacités de laboratoire, les systèmes de surveillance, la prévention et le contrôle des infections, ainsi que dans les mécanismes de gouvernance des systèmes de santé au cours de la riposte à la COVID-19. Ces investissements peuvent servir de base à la prochaine flambée épidémique et permettre de réaliser d'autres priorités sanitaires, notamment la RAM. Par exemple, la campagne de vaccination COVID-19 parmi les populations vulnérables (telles que les personnes âgées et les personnes souffrant de comorbidités) peut être l'occasion d'améliorer les programmes de vaccination (en particulier après l'enfance), ainsi que l'identification, la planification, la prestation et la surveillance générale des services de santé. En gardant à l'esprit cette approche allant de la « nouvelle normalité » à un « nouvel avenir », l'OMS dans le Pacifique occidental soutiendra les besoins immédiats de nos États Membres dans la Région pour répondre à la COVID-19 (tels que les vaccinations et les flambées), tout en menant des discussions sur l'amélioration de la préparation et des systèmes de santé dans l'ère post-pandémique et en coordonnant les discussions et les recommandations mondiales et régionales telles que celles du Groupe indépendant sur la préparation et la riposte aux pandémies.10 4.2 Nouvelle opportunité : un élan sans précédent pour la santé La pandémie a suscité un intérêt, un soutien et une collaboration sans précédent en faveur de la santé dans différents secteurs de la société. Les individus et les organisations ont compris que la santé est une condition préalable aux activités sociales et économiques, et ils sont prêts à investir et à collaborer pour 33 la santé. Les États Membres et l'OMS devraient saisir cette occasion pour accélérer la mise en œuvre de Vision d'avenir afin de se préparer aux futures maladies émergentes et de répondre à nos autres priorités thématiques. Sensibilisation à la santé : la santé est étroitement liée aux activités économiques et sociales. Les conséquences économiques importantes de la COVID-19 ont conduit à la reconnaissance du fait que la santé est une infrastructure sociale essentielle et devrait être considérée comme un investissement non seulement dans la santé mais aussi dans l'activité économique et sociale. Faute d'investissements suffisants, la société, les ménages et les individus ont une lourde charge à supporter. Préconiser un investissement plus important dans la prévention et la promotion pourrait se traduire par des retours significatifs à long terme en économisant sur les soins de santé et les coûts liés au bien-être et en augmentant les capacités disponibles dans les services de soins de santé. Coordination et partenariats multisectoriels : pendant la COVID-19, les États Membres ont formé des mécanismes de coordination pluri-institutionnels (tels que la santé, les finances, la justice et l'industrie) pour planifier, mettre en œuvre et assurer un suivi de la riposte à la pandémie. Différentes organisations des secteurs public et privé ont collaboré pour contenir la pandémie. Un fort consensus s'est également dégagé dans tous les secteurs sur le fait que contenir la COVID-19 est une condition préalable à toute autre activité sociale et économique, ce qui devrait être extrapolé à d'autres priorités sanitaires. Une plus grande prise en charge individuelle de la santé : les individus ont joué un rôle essentiel dans le contrôle de la pandémie par le biais des changements de comportement (tels que l'hygiène personnelle, l'évitement des lieux bondés et la distanciation physique). Cette tendance pourrait encourager les individus à davantage prendre en charge leur santé et à mieux la connaître en ce qui concerne d'autres priorités de santé publique telles que la prévention des maladies non transmissibles, la santé environnementale et la protection des populations vulnérables. Adoption accélérée de l'innovation : la pandémie de COVID-19 a accéléré l'adoption d'innovations technologiques et sociales. Des modèles de soins innovants, tels que la télémédecine, la recherche mobile de contacts et les centres de dépistage en voiture sont rapidement devenus monnaie courante : à la fin de l'année 2020, l'application de recherche des contacts par GPS de Singapour, TraceTogether, avait été utilisée par plus de 70 % de la population du pays. La COVID-19 a également souligné le rôle vital des solutions localisées pour soutenir la résilience des communautés. Par exemple, dans les zones où l'accès à l'eau douce est rare au Samoa, l'utilisation traditionnelle de coques de noix de coco ou de cendres comme substituts du savon a été remise au goût du jour comme approches pour maintenir l'hygiène des mains.11 En outre, la COVID-19 a encouragé l'adoption d'innovations sociales et comportementales telles que le « nudging » (se saluer en donnant un coup de coude) pour rappeler aux 34 gens de maintenir une hygiène personnelle et une distance physique, ainsi que des campagnes de communication pour lutter contre l'hésitation à se faire vacciner. Collaboration entre les pays : les États Membres de la région ont fait preuve d'une grande solidarité pendant la pandémie en partageant des informations en temps utile, en échangeant des compétences, en fournissant une assistance technique entre les pays, en créant des réseaux institutionnels, en partageant les fournitures essentielles pour la réponse et en aidant les pays à avoir accès à des vaccins sûrs, efficaces et de qualité assurée dès qu'ils sont disponibles.12 Cette solidarité régionale a constitué un élément essentiel de la riposte des États Membres. 4.3 Le bond en avant La COVID-19 a créé une occasion unique de redéfinir et de renforcer les systèmes sanitaires et sociaux en vue de la prochaine pandémie. La théorie du développement postule que les pays ou les organisations qui rattrapent leur retard ont la possibilité d'accélérer leur développement en faisant un bond en avant ou en adoptant les derniers modèles en matière de technologies et de systèmes opérationnels, par exemple en passant directement à la technologie de la téléphonie mobile plutôt qu'à celle de la téléphonie fixe.13 La Mongolie par exemple utilise la télémédecine pour connecter les hôpitaux provinciaux aux spécialistes de la capitale Oulan-Bator afin que les médecins des hôpitaux provinciaux puissent plus facilement demander l'avis d'experts. Cela permettrait d'éviter les consultations par papier, par télécopie ou en personne.14 Des systèmes et des logiciels de télésanté ont été utilisés en République démocratique populaire lao et aux Tonga pour surveiller les vaccinations anti COVID-19 et le déploiement des services essentiels. 5. Orientations futures L'exercice d'inventaire a confirmé que Vision d'avenir – agir aujourd’hui pour relever les défis de demain - est toujours pertinente et qu'elle est devenue encore plus urgente dans le contexte de la pandémie de COVID-19. Par conséquent, l'OMS dans la Région du Pacifique occidental devrait accélérer la mise en œuvre de Vision d'avenir en renforçant sa capacité opérationnelle et sa coordination (Fig. 8). 35 Fig. 8. Résumé des conclusions, des implications et des prochaines étapes de Vision d'avenir Sur la base des résultats de l'inventaire et des conseils des experts de la Région, l'équipe spéciale interne de l'OMS recommande les actions suivantes pour aider les États Membres à accélérer la mise en œuvre de Vision d'avenir. 5.1 Renforcer les capacités organisationnelles et la coordination L'OMS dans la Région du Pacifique occidental renforcera les capacités organisationnelles et la coordination pour répondre aux besoins émergents des États Membres, qui sont généralement complexes, à long terme et souvent divers (Fig. 9). 36 Fig. 9. Actions et objectifs pour institutionnaliser les réorientations opérationnelles et renforcer la coordination Institutionnaliser les « réorientations opérationnelles » Pour accélérer la mise en œuvre de Vision d'avenir, il est important que l'ensemble du personnel et des équipes de l'OMS envisagent l'application de réorientations opérationnelles, de questions de genre et d'équité ainsi que celles liées au CCE, et de priorités thématiques dans leur travail quotidien. Pour faciliter cette « institutionnalisation », les éléments suivants seront pris en compte : Processus interne : l'OMS dans la Région du Pacifique occidental peut utiliser le concept de « bureaucratie verte » (green tape) : des politiques claires, structurées et cohérentes favorisent les objectifs organisationnels de l'Organisation, l'efficacité et la supervision continue, et les mesures de suivi renforcent le cadre de contrôle interne et de responsabilité au sein de l'Organisation.15 Les processus internes peuvent encourager le personnel à réfléchir et à adopter les réorientations opérationnelles et à entreprendre une gestion périodique des risques (évaluation et identification des risques, appétence pour le risque, mesures d'atténuation, identification des risques résiduels, etc.). Cela peut inclure une réflexion régulière à différents niveaux tout au long du cycle budgétaire du programme, de la planification stratégique et opérationnelle à la mise en œuvre et au suivi, garantissant ainsi l'alignement de notre travail quotidien sur Vision d'avenir. Le budget programme 2022-2023 pour le Pacifique occidental établira un lien entre le suivi de Vision d'avenir au niveau régional et le Cadre de résultats du treizième programme général de travail de l'OMS 2019-2023 (treizième PGT) au niveau mondial, et rendra compte des progrès accomplis dans le cadre de Vision d'avenir au moyen de fiches de résultats des produits mondiaux qui contribuent au rapport sur les résultats de l'OMS au titre du Cadre de résultats du treizième PGT. 37 En outre, l'OMS de la Région pourra mieux connecter et rationaliser ses réunions internes pour soutenir le programme Vision d'avenir. Il s'agit notamment de tenir compte des contraintes uniques liées à la collaboration avec le personnel éloigné et de créer des opportunités de mise à jour entre les équipes. La Réunion bimestrielle des coordonnateurs par exemple, peut rassembler tout le personnel technique pour mettre en œuvre la réforme et favoriser un travail novateur et interdivisionnel. Changement de culture : pour accélérer la mise en œuvre de Vision d'avenir, il est important de se donner le temps de la réflexion et d'évaluer les résultats (tels que les impacts en termes de santé sur notre population cible) en sus des processus (tels que les activités des programmes mises en œuvre). Chaque priorité thématique nécessite une coordination étroite entre les différentes unités techniques. Ces changements exigent un changement de culture au sein de l'Organisation afin de réunir les conditions propices à l'expérimentation de nouvelles méthodes de travail, et de faire en sorte que la direction en favorise l’application au moyen de rappels constants et en montrant l’exemple.16 L'OMS continue de faire preuve de souplesse dans l’examen des diverses options qui permettront d’instaurer la culture appropriée. Stratégie en matière de ressources humaines : pour accélérer la mise en œuvre de Vision d'avenir, il faut doter le personnel existant de nouvelles compétences (techniques et transversales). Alors que de plus en plus d'organisations se lancent dans la santé publique et que les professionnels ayant une productivité importante se font rares,15 l'OMS doit renforcer sa stratégie en matière de ressources humaines afin d'attirer et de retenir les bons talents car les besoins de nos États Membres ne cessent d’évoluer. L'un des éléments que l'OMS dans la Région vise à renforcer est la planification de la main-d'œuvre - afin de traduire dans la réalité le programme de Vision d’avenir tout en continuant à s'appuyer sur sa culture d'apprentissage et d'amélioration, la mobilité et l'approche du travail en équipe. Au cours du prochain exercice biennal, l'OMS dans le Pacifique occidental entend élaborer et mettre en œuvre un processus systématique de planification des effectifs pour la Région. Renforcer la coordination pour répondre aux besoins émergents de nos États Membres En tant qu'institution mondiale spécialisée dans la santé publique internationale, l'OMS doit trouver un équilibre entre l'intégration et la cohérence dans l'ensemble de l'Organisation et des services adaptés aux États Membres dans leurs divers contextes socioéconomiques et géographiques. Des études menées dans le secteur privé montrent qu'il est possible de réaliser simultanément une forte intégration mondiale et une réactivité locale en construisant une « organisation transnationale » (Fig. 10).17 Les chercheurs ont constaté que les bureaux régionaux jouent un rôle de plus en plus important dans ces organisations transnationales, servant de passerelle entre le niveau mondial et le niveau local, en 38 particulier dans la communication et la prise de décisions, et contribuent au développement des connaissances, de l'innovation et du contrôle.18,19 À l'OMS, le Bureau régional s’emploie efficacement à adapter les orientations, normes et standards mondiaux aux bureaux nationaux, qui varient grandement en taille. Il peut également servir de plateforme aux États membres pour échanger des informations, apprendre les uns des autres et élaborer des actions collectives. La pandémie de COVID-19 a également mis en évidence l'importance de la coordination et de la collaboration régionales pour la riposte à la pandémie. Fort de sa tradition et de son expérience, le Bureau régional de l'OMS continue de servir de plateforme pour aider les États Membres du Pacifique occidental à améliorer les systèmes de santé et à échanger des connaissances, comme en témoignent la préparation et la riposte à la pandémie. Il continue également à développer et à entretenir des biens publics dans la Région, tels que des documents techniques régionaux et des bases de données régionales. L'OMS dans le Pacifique occidental renforcera également la coordination et l'échange d'informations entre les trois niveaux de l'OMS ainsi qu'entre les Régions (notamment avec l'Asie du Sud-Est). Fig. 10. Organisation d'institutions transnationales, réactivité locale et intégration mondiale Source : Adapté à partir de Bartlett CA, Ghoshal S. Le management sans frontières. Cambridge (MA) : Harvard Business School Press ; 1998. Nouveau cadre pour la stratégie de coopération avec les pays : les stratégies de coopération nationale avec les pays sont des visions à moyen terme destinées à guider la coopération technique de l'OMS avec les État Membres. Traditionnellement, l'OMS dans le Pacifique occidental a élaboré ces stratégies sur la base des priorités et de l'orientation communes dans la Région et du développement, des économies 39 et des cultures propres à chaque pays. Dans la prochaine version des stratégies de coopération par pays, les orientations définies dans Vision d'avenir devraient être mises en œuvre en fixant des objectifs moins nombreux et à plus long terme (tels que des priorités thématiques) de sorte que les différentes unités techniques travaillent ensemble, en précisant la marche à suivre vers les objectifs à long terme, en tirant parti de nouvelles approches (réorientations opérationnelles) et en reconnaissant le rôle diversifié et évolutif de l'OMS dans la Région. Collaborer avec les États Membres pour renforcer le soutien aux autorités infranationales : les autorités infranationales ont la possibilité d'améliorer la santé publique en renforçant les politiques et les actions en matière de santé. Par exemple, le Cadre d’action pour une chirurgie sûre et d’un coût abordable dans le Pacifique occidental (2021-2030) propose l'examen de l'épidémiologie locale et des capacités du système de santé dans le cadre de la planification locale. Cet exercice servira de base à la planification d'autres programmes au niveau infranational. Le soutien aux autorités infranationales est particulièrement important dans les systèmes de santé décentralisés. L'OMS aidera à mettre en œuvre ces initiatives locales de protection de la santé et du bien-être en définissant les priorités, en réunissant les parties prenantes autour d'objectifs communs et en veillant à ce que des responsabilités soient établies pour l’obtention des résultats.20 Une équipe pour la mise en œuvre : la Région du Pacifique occidental a renforcé la collaboration entre les divisions techniques et les bureaux nationaux et régionaux. Forte de l'expérience acquise lors de la riposte à la pandémie de COVID-19, l'OMS dans le Pacifique occidental devrait poursuivre sa collaboration entre les divisions et les bureaux pour former une seule et même équipe et adopter une approche intégrée afin de s'attaquer en temps opportun aux problèmes complexes et à long terme de la Région. L'objectif principal de cette approche est de passer d'un style de travail transactionnel basé sur les besoins à un style de travail collaboratif. Les bureaux régionaux et nationaux doivent fixer des objectifs communs en utilisant les analyses rétrospectives (backcasting) et déterminer des options politiques adaptées à chaque pays. En travaillant ensemble à l’élaboration de plans d'activité, y compris l'engagement des parties prenantes, une équipe conjointe peut fournir un soutien plus efficace aux États Membres. En œuvrant de manière conjointe au renforcement des capacités techniques et de gestion, une équipe peut établir les bases communes du langage de travail et des connaissances qui sous- tendent la collaboration entre les différentes équipes des bureaux des pays et du Bureau régional de l'OMS pour le Pacifique occidental. 5.2 Adopter une approche fondée sur des hypothèses et sur le principe « essayer et apprendre » L'OMS devrait renforcer ses capacités pour apporter un soutien adapté et pratique aux États Membres tout en continuant à développer son expertise et ses partenariats dans le domaine de la santé et au-delà (Fig. 11). 40 Fig. 11. L'OMS dans la Région du Pacifique occidental peut renforcer ses capacités et son expertise technique tout en mettant en œuvre des solutions rapides et en ayant à l'esprit des objectifs à long terme Étant donné qu'il n'existe pas de meilleures pratiques pour la plupart de ces enjeux futurs, l'OMS devrait utiliser l'approche fondée sur des hypothèses pour trouver des solutions adaptées (voir l'encadré ci- dessous). Approche fondée sur des hypothèses Tout au long de la pandémie de COVID-19, les États Membres ont demandé à l'OMS de fournir une riposte et un soutien technique personnalisés et souples. L'OMS dans la Région du Pacifique occidental a appliqué une approche fondée sur des hypothèses, une méthode efficace de résolution des problèmes qui a permis de répondre aux besoins des États Membres. L'approche fondée sur des hypothèses est un cadre permettant de faire face aux enjeux complexes et divers des États Membres. Elle permet une résolution efficace des problèmes : au lieu de tirer des solutions basées sur des ensembles de données et des piles d'articles de journaux, elle identifie d'abord les problèmes et les questions les plus prioritaires. Une fois le problème défini bien appréhendé, des hypothèses ciblées sont élaborées, puis des données sont collectées et analysées pour valider, modifier ou rejeter ces hypothèses. Les conclusions sont communiquées de manière convaincante, concise et logique afin d’encourager la prise de nouvelles mesures. L'approche fondée sur des hypothèses permettra de traiter de grandes quantités de données et d'identifier rapidement des solutions sur mesure, renforçant ainsi la capacité à traiter les problèmes à long terme (qui peuvent être complexes, invisibles et uniques) tout en résolvant les problèmes actuels (qui peuvent être plus évidents et plus simples). 41 L'OMS devrait également adopter une approche reposant sur le principe « essayer et apprendre » (comme dans le concept de gestion « lean start-up »). La première étape consiste à comprendre le point de vue de l'utilisateur final (besoins, motivation, pensées et comportements) par l'observation, l'analyse des données et les entretiens avec les parties prenantes. L'étape suivante consiste à élaborer un concept de solutions (tel qu'un produit, un système, une organisation ou une politique) en tenant compte des objectifs à long terme et des situations propres à chaque pays. Elle sera rapidement suivie de l’élaboration d'un produit minimum viable (le plus petit ensemble de caractéristiques ou d'activités nécessaires pour tester une hypothèse de solution) qui servira à expérimenter le concept, avant même que soient réunies toutes les conditions nécessaires (telles que la planification, les données, la technologie, les ressources humaines et le financement). Cette validation rapide peut amener à redéfinir le problème ou à élaborer une nouvelle solution. Cette approche fondée sur le principe « essayer et apprendre » permet de développer rapidement des solutions pertinentes et de les actualiser continuellement en fonction du retour d'information et de l'évolution de la situation et des besoins des clients. 42 Bibliographie 1. Nakatani H. Globalization of public health: challenges and opportunities for globalization. The Journal of Public Health Practice. 2020;84:356–62. 2. 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Основные сведения
Тип документа Governing Bodies documents
Дата принятия
Источник Всемирная организация здравоохранения