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Quarantaine entomologique dans les transports aériens

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Quarantaine entomologique dans les transports aériens L’augmentation constante du volume du trafic international, ainsi que la vitesse et la portée des transports aériens modernes ont multiplie’ les risques de propagation de plu- sieurs maladies graves transmises par les vec- teurs. Un voyageur dont le sang est infecté par le virus de la fiévre jaune, par exemple, pourrait étre a l’origine de la transmission de la maladie en Asie on se trouve déja l’espéce vectrice. Seules la vigilance des médecins et la stricte observation du Réglement sanitaire international peuvent empécher que cela se produise. L’introduction dans un pays d’insectes vecteurs allogénes peut aussi déclencher la propagation d’une maladie. L’importation d’Anop/zeles gambiae d’Afrique au Brésil a la fin des années 1930, qui a considérablement aggravé 1e probléme du paludisme dans ce pays, a été une catastrophe. Autre exemple plus recent: cinq nouvelles espéces de mous- tiques capables de transmettre la dengue, l’encéphalite japonaise et la filariose ont été introduites a Guam. Les insectes trouvés dans les avions qui se sont posés a Hawa'i‘ (Etats-Unis d’Amérique) au cours de la période 1964-1968 sont énumé- INSECTES RECOLTE'S LORS DE VERIFICATIONS EFFECTUEES AU HASARD DANS DES AERONEFS ARRIVES A HAWAl (ETATS-UNIS D'AMERIOUE) AU couns DE LA PERIODE 1964-1968 Morts ou Groupe Vivants immobilisés Total (knocked down) Moustiques 52 13 65 Mouches 73 20 93 Blanes 1O 9 1 9 Scara bées 41 20 61 Divers 1 10 25 1 35 Total 286 87 373 rés dans le tableau ci-contre. Ils ont été décou- verts au cours de vérifications isolées et non d’une inspection systématique de tous les appareils. Ces données montrent a quel pro- bléme les autorités de la quarantaine inter- nationale doivent faire face. 11 est possible que les insectes importés par aéronef conservent intacte leur aptitude a la reproduction, mais on n’a aucune notion de l’importance du risque épidémiologique que cela représente et c’est une question que l’OMS étudie depuis plusieurs années. Les mesures de quarantaine entomologique sont essentiellement de deux ordres: les unes concernent la salubrité des aéroports, les autres la désinsectisation des aéronefs. La protection des aéroports contre les insectes vecteurs constitue 1a premiere ligne de défense, car elle empéche non seulement 1e transport accidentel d’insectes entre localite’s, mais aussi l’installation dans un endroit d’une espéce vectrice apportée d’ailleurs par voie aérienne. La désinsectisation des aéronefs est considérée comme une deuxiéme ligrie de défense trés importante visant a détruire les insectes qui auraient pu pénétrer dans l’avion en dépit des mesures appliquées dans l’aéro- port. Lutte antivectorielle dans les ports et aéroports Nul n’ignore qu’il continue d’y avoir des insectes vecteurs de maladies dans nombre d’aéroports internationaux. C’est a partir d’installations et de marchandises qui hé- bergent des vecteurs que l’infestation des navires et des aéronefs risque le plus de se produire. La destruction des vecteurs a la source répondrait aux exigences du Régle- ment sanitaire international et contribuerait pour beaucoup a prévenir Ieur transport for- tuit. En particulier, pour pouvoir étre désigné 255 A. Kochar Une hélesse difluse un aérosol insecticide dams la cabine des passagers d’un appareil de la compagnie Air India avant le décollage, selon la méthode « cales enlevées » recommandée par I’OMS. comme aéroport international sanitaire, il faut qu’un aéroport soit exempt 2‘1 la fois d’Aedes aegypti et d’anopheles. Un manuel sur la lutte antivectorielle en santé publique internationale 1 a été préparé par l’OMS a l’intention des administrations de la santé publique. On y insiste sur la nécessité d’une bonne organisation de la lutte antivectorielle, d’inspections périodiques de la zone considérée, d’un assainissement de l’environnement et du recours a des méthodes aussi bien chimiques que biologiques. Les procéde’s les plus efficaces sont ceux que l’on applique au stade le plus vulnerable de la vie ’Cet ouvrage, de 156 pages avec 96 illustrations, n‘existe qu’en anglais. Il traite des programmes de lutte antivectorielle dans les ports e1. les aéroports, de la destruction des vecteurs dans les navires et les aéronefs, ainsi que de la biologic des principaux insectes vecteurs de maladie et des rongeurs domes- tiques. Des exemplaires de ce document peuvent étre obtenus auprés du Service de la biologic des vecteurs et de la lune antivec- torielle, Organisation mondiale de la Santé, 1211 Genéve, Suisse. 256 des vecteurs dont la biologie doit donc étre parfaitement connue. En outre, la surveillance et l’évaluation sont indispensables pour déter- miner les différents types d’action nécessaires et reconnaitre les succés et les échecs. Le manuel contient tous les renseignements né- cessaires pour mettre en oeuvre des pro- grammes elficaces de lutte antivectorielle dans les ports et les aéroports. Désinsectisation des aéronefs Tout au début, on a eu recours, pour la désinsectisation des aéronefs, a l’application d’un aérosol en vol ou a l’atterrissage. Cette méthode n’atteint pas son objectif lorsqu’elle est utilisée en vol, car l’aérosol est rapidement éliminé par le systéme de ventilation de l’appareil. D’autre part, la désinsectisation au $01 a l’arrivée, qui exige que les portes restent J. Mohr Traitemenr par aérosal d’une some 1% bagages a Mani/1e. fermées pendant au moins dix minutes, incommode les passagers et provoque des retards fficheux. L’OMS a done lance’ un programme de recherches en we de découvrir un autre sys- teme qui n’entraverait pas le trafic aérien international et, en 1960, un Comité OMS d’experts des Insecticides 2 a propose’ le sys— teme << cales enlevées », qui consiste £1 diffuser des aérosols entre le moment du verrouillage des portes et le de’collage, et qui permet d’efiectuer 1a désinsectisation £1 un moment ou la ventilation fonctionne au ralenti. Une série d’expériences ont montré que, efi'ectuée dans de bonnes conditions, la désinsectisation «cales enlevées >> est pratique et biologique- ment efiicace. L’OMS a fixé les formules d’aérosol et les diffuseurs é utiliser. Malheu- reusement, si cette me’thode a été accepte’e. 2Comité OMS d’experts des Insecticides (I961) Onziémc Yapport, Gen‘eve (Org. mond. Same‘ Se’r. Rapp. techn., N" 206) elle n’a pas toujours éte’ convenablement appliquée. L’OMS a done entrepris de nouvelles recherches qui ont abouti a la mise au point d’un systéme de désinsectisation par vapeurs pour lequel on utilise le dichlorvos. Ce sys- teme présente plusieurs avantages: il est auto- matique, ce qui réduit au minimum l’élément humain, il fonctionne en vol sans déranger les passagers ni l’équipage, il est plus eflicace que l’aérosol puisque, contrairement a celui-ci, i1 atteint toutes les parties de l’aéronef. La Vingt et Unieme Assemblée mondiale de la Santé a recommandé 3 aux Etats “ Organisation mondiale de la Santé (1969) Recueil ties réso- [urions ct z/e'cisionx de I‘Assemblée mondiale de la Samé er du Conseil exc’cutif, dixiéme édition, p. 59 (WHAZI.51). M. Jacot Au cours des essais d’une nouvelle préparation insecticide, on place des moustiques en cage (2 plusieurs endroits de l’appareil avam d’appliquer l’insecricide. 257 Ar Kochar Pour vérifier l’efiicacité des procédés de désinsec- tismion de l’appareil, on place (les moustiques en cage dans la cabine de pilomge. Membres d’utiliser les méthodes approuvées par l’OMS pour la désinsectisation des ae’ro- nefs servant au transport international des personnes et des marchandises, a savoir la désinsectisation par vapeurs en cours de vol pour les appareils pressurisés et la désinsecti- sation par aerosol a l’arrivée au 50] pour les appareils non pressurisés. La date d’entrée en vigueur des recommandations relatives a la désinsectisation par vapeurs a été fixée au 31 décembre 1970. Cependant, l’Organisation s’est préoccupée des efiets toxiques possibles du dichlorvos et de son action corrosive sur les mate'riaux de construction des aéronefs. La Vingt-troisiéme Assemblée mondiale de la Santé,4 tout en réaffirmant les avantages du systeme de désin- sectisation par vapeurs, a instamment de- mandé qu’une action soit entreprise par l’OMS en collaboration avec l’Organisation de l’Aviation civile internationale (OACI) pour remédier aussi tOt que possible aux dif- ficultés rencontrées et qu’un rapport soit présenté a ce sujet a la Vingt-quatrieme Assemblée mondiale de la Santé. En juillet 1970, un accord a été conclu, en vue d’entreprendre des recherches sur ces questions, par les représentants de l’OMS et de l’OACI, ainsi que du Centre national des Maladies transmissibles, du Service de Santé publique et de l’Administration aéronautique ‘ AC1. qfl. Org, "10ml. Samé, 1970, 184, 32 (WHA23.58). 258 fe’dérale des Etats-Unis; ces deux derniers organismes ont commence’ une série d’études. D’autres travaux sont actuellement en cours sur la chimie du dichlorvos, les elTets corrosifs de ce produit sur les mate'riaux utili- sés pour la construction et l’équipement des aéronefs, l’aptitude des cartouches de dichlor- vos a résister aux chocs (pour éviter la liberation soudaine du contenu lors d’une catastrophe aérienne) et les effets possibles du dichlorvos sur l’homme a différentes altitudes. Les résultats seront examine’s par l’OACI a la fin de 1971, puis soumis pour de'cision finale a l’Assemblée mondiale de la Santé. La Vingt-troisiéme Assemble'e mondiale de la Santé a recommandé en outre aux Etats Membres que, pendant la période intérimaire, 1a méthode «cales enlevées» et l’utilisation des aérosols a l’atterrissage soient les mé- thodes agréées pour la désinsectisation des ae’ronefs. L’OMS continue a patronner des recher- ches concernant de nouvelles preparations d’aérosols pour la désinsectisation des aéro— nefs << cales enlevées ». Le Gouvernement des Etats-Unis d’Amérique a récemment informé l’Organisation qu’en raison de la fre’quence croissante des cas de resistance aux insecti- cides qui apparaissent parmi les moustiques et autres insectes, il avait été décidé de ne plus utiliser le DDT en aerosol. Les lignes aériennes américaines emploient une nouvelle preparation et deux autres produits sent a l’étude. Un consultant de l’OMS vient de soumettre ces nouvelles preparations a une série d’épreuves dans plusieurs types d’ae’ro- nefs, en climat tempéré et en climat tropical, pour en évaluer l’eflicacite’ biologique et l’efiet sur les passagers. >3 * >1: 11 est urgent de mettre au point un procéde’ automatique et sans danger de de’sinsectisa- tion des aéronefs ainsi que des navires et des conteneurs de fret. Mais, comme il est peu probable qu’aucune méthode puisse étre tota- lement efificace, tout doit étre tenté pour établir une premiere ligne de defense en ménageant autour des ports et des aéroports une zone totalement exempte d’insectes vec- teurs.

Основные сведения
Тип документа Journal articles
Дата принятия
Источник Всемирная организация здравоохранения