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Gestion des problèmes Plus (PM+): soutien psychosocial individuel pour adultes affectés par la détresse dans les communautés exposées à l’adversité

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Version générique expérimentale 1.1 de l’OMS (2018) Série sur les interventions psychosociales de faible intensité – 2 GESTION DES PROBLÈMES PLUS (PM+) Soutien psychosocial individuel pour adultes affectés par la détresse dans les communautés exposées à l’adversité PM+ : SOUTIEN PSYCHOSOCIAL INDIVIDUEL POUR ADULTES AFFECTÉS PAR LA DÉTRESSE DANS LES COMMUNAUTÉS EXPOSÉES À L’ADVERSITÉ WHO/MSD/MER/16.2 Rev.1 © Organisation mondiale de la Santé 2018 Certains droits réservés. La présente publication est disponible sous la licence Creative Commons Attribution – Pas d’utilisation commerciale – Partage dans les mêmes conditions 3.0 IGO (CC BY NC-SA 3.0 IGO ; https://creativecommons.org/licenses/ by-nc-sa/3.0/igo). Aux termes de cette licence, vous pouvez copier, distribuer et adapter l’œuvre à des fins non commerciales, pour autant que l’œuvre soit citée de manière appropriée, comme il est indiqué ci dessous. 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Gestion des problèmes Plus (PM+): soutien psychosocial individuel pour adultes affectés par la détresse dans les communautés exposées à l’adversité. Version générique expérimentale 1.1 de l’OMS, 2018. [Problem management plus (PM+): individual psychological help for adults impaired by distress in communities exposed to adversity. WHO generic field-trial version 1.1, 2018]. Genève : Organisation mondiale de la Santé ; 2018 (WHO/MSD/MER/16.2 Rev.1). Licence : CC BY-NC-SA 3.0 IGO. Catalogage à la source. Disponible à l’adresse http://apps.who.int/iris. Ventes, droits et licences. Pour acheter les publications de l’OMS, voir http://apps.who.int/bookorders. Pour soumettre une demande en vue d’un usage commercial ou une demande concernant les droits et licences, voir http://www.who.int/about/ licensing. Matériel attribué à des tiers. Si vous souhaitez réutiliser du matériel figurant dans la présente œuvre qui est attribué à un tiers, tel que des tableaux, figures ou images, il vous appartient de déterminer si une permission doit être obtenue pour un tel usage et d’obtenir cette permission du titulaire du droit d’auteur. L’utilisateur s’expose seul au risque de plaintes résultant d’une infraction au droit d’auteur dont est titulaire un tiers sur un élément de la présente œuvre. Clause générale de non responsabilité. L’Organisation mondiale de la Santé a pris toutes les précautions raisonnables pour vérifier les informations contenues dans la présente publication. Toutefois, le matériel publié est diffusé sans aucune garantie, expresse ou implicite. La responsabilité de l’interprétation et de l’utilisation dudit matériel incombe au lecteur. En aucun cas, l’OMS ne saurait être tenue responsable des préjudices subis du fait de son utilisation. Pour vos commentaires et communications, contactez le Département de la Santé Mentale et des Abus de Substances Psychoactives de l›OMS (mhgap-info@who.int). Référence recommandée: Organisation Mondiale de la Santé. Gestion des problèmes Plus (PM+) : Soutien psychosocial individuel pour adultes affectés par la détresse dans les communautés exposées à l′adversité. (Version générique expérimentale 1.1). Genève, OMS, 2018. 1GESTION DES PROBLÈMES PLUS (PM+) Soutien psychosocial individuel pour adultes affectés par la détresse dans les communautés exposées à l’adversité 2PM+ : SOUTIEN PSYCHOSOCIAL INDIVIDUEL POUR ADULTES AFFECTÉS PAR LA DÉTRESSE DANS LES COMMUNAUTÉS EXPOSÉES À L’ADVERSITÉ 3Préface Partout à travers le monde, des dizaines de millions de personnes vivent dans des conditions extrêmement difficiles et dans la souffrance émotionnelle. Nombreux sont ceux et celles qui vivent dans une situation de pauvreté chronique, affrontés à des épreuves difficiles au sein de bidonvilles urbaines, dans des situations d’urgence humanitaire prolongées ou dans des camps de déplacés. Ils risquent de perdre leur famille, leurs amis ou leurs moyens de subsistance et peuvent faire face à des facteurs extrêmes de stress tels que la mort violente d’un proche, la violence sexuelle ou la disparition d’un membre de la famille. Souvent, ces personnes vivent dans des communautés qui manquent de sécurité, de services de base et de moyens de subsistance. Le terme “adversité” est souvent utilisé pour décrire de telles conditions. Les personnes qui font face à l’adversité courent un risque plus élevé de développer des problèmes sociaux et des problèmes de santé mentale. Ce risque devient encore plus élevé quand ces personnes sont affaiblies par la détresse. Par conséquent, une gamme de mesures de soutien mental et psychosocial doivent être rendues disponibles, y inclus des interventions psychosociales pour les personnes exposées à l’adversité. Cependant, ces interventions sont rarement accessibles à ceux qui en ont besoin. Dans ce manuel, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) vise à répondre à la demande des collègues à travers le monde qui sont en quête d’orientation au sujet des interventions psychosociales pour personnes exposées à l’adversité. Notre programme d’action « Combler Les Lacunes en Santé Mentale » (mhGAP) recommande une série d’interventions psychosociales et pharmaceutiques menées par des soignants non spécialisés. Il recommande, par exemple, la Thérapie Comportementale Cognitive (TCC) et la Psychothérapie Interpersonnelle (PIP) pour la dépression chez les adultes. Dans la plupart des pays, les professionnels de la santé mentale sont supposés mener de telles interventions psychosociales. Cependant, ces professionnels sont rares et, très souvent, ne sont pas formés en TCC et PIP. Il est donc nécessaire de simplifier les protocoles d’interventions psychosociales afin de les rendre facilement assimilables non pas seulement par les professionnels mais aussi par les non professionnels de la santé mentale. On qualifie généralement ces interventions simplifiées et modulables d’« interventions psychosociales de faible intensité », dans le sens où leur application nécessite une utilisation moins intense de ressources humaines spécialisées. Cela signifie que l’intervention est modifiée pour utiliser moins de ressources que les interventions psychosociales conventionnelles. Ainsi, des personnes formées en soins de santé mentale peuvent efficacement fournir des versions de faible intensité de TCC et de PIP, pourvu qu’elles y soient bien formées et encadrées. De même, les personnes souffrant de dépression sévère peuvent bénéficier de ces interventions de faible intensité. Ce manuel présente une intervention psychosociale de faible intensité appelée Gestion des Problèmes Plus (PM+) pour adultes affectés par la détresse dans les communautés exposées à l’adversité. Certains aspects de TCC ont été modifiés pour permettre leur application dans les communautés qui ne disposent pas suffisamment de spécialistes. Pour garantir son utilisation maximale, l’intervention est élaborée de manière à pouvoir aider les personnes souffrant de dépression, d’anxiété et de stress, que ces problèmes résultent d’une exposition à l’adversité ou non. Elle peut être utilisée pour améliorer la santé mentale et le bien-être psychologique des personnes concernées, indépendamment de la gravité de leurs problèmes. La valeur du PM+ a été confirmée par des essais indépendants, randomisés et contrôlés, réalisés au Pakistan et au Kenya. J’espère que vous utiliserez ce manuel, après l’avoir adapté à votre contexte, et que vous partagerez vos observations avec nous afin de nous permettre d’améliorer les éditions à venir. Dr Shekhar Saxena Directeur Département de la Santé Mentale et des Abus de Substances Psychoactives OMS (Genève) PRÉFACE 4PM+ : SOUTIEN PSYCHOSOCIAL INDIVIDUEL POUR ADULTES AFFECTÉS PAR LA DÉTRESSE DANS LES COMMUNAUTÉS EXPOSÉES À L’ADVERSITÉ Remerciements Coordination du projet Le projet PM+ est coordonné par Mark van Ommeren, sous la direction de Shekhar Saxena (Directeur du Département de la Santé Mentale et des Abus de Substances Psychoactives). Rédaction et conceptualisation Le présent manuel a été rédigé par Katie Dawson (Université de New South Wales (UNSW)). La conceptualisation du PM+ est de Mark van Ommeren (OMS), Richard Bryant (UNSW), Katie Dawson (UNSW), Melissa Harper (OMS), Alison Schafer (World Vision International) et Alvin Tay (UNSW). Révision La révision du manuel et/ou de la note conceptuelle de base a été assurée par : Nancy Baron (Psycho-Social Services and Training Institute), Pierre Bastin (Comité international de la Croix-Rouge), Jonathan Bisson (Université de Cardiff), Dan Chisholm (OMS), Neerja Chowdhary (Sangath), Rachel Cohen (Common Threads), Pim Cuijpers (VU University d’Amsterdam), JoAnne Epping-Jordan (Seattle, États-Unis), Steve Fisher (Basic Needs), Michelle Funk (OMS), Claudia Garcia-Moreno (OMS), Steven Hollon (Université de Vanderbilt), Sarb Johal (Université de Massey), Dayle Jones (OMS), Lynne Jones (Harvard School of Public Health), Mark Jordans (Healthnet TPO), Berit Kieselbach (OMS), Annet Kleiboer (VU University d’Amsterdam), Roos Korste (Amsterdam, Pays-Bas), Aisyha Malik (Université de Oxford), Anita Marini (Rimini (Italie), Laura Murray (Université Johns Hopkins), Sebastiana Nkomo Da Gama (OMS), Bhava Poudyal (Baku (Azerbaijan)), Atif Rahman (Université de Liverpool), Alison Schafer (World Vision International), Marian Schilperoord (Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR)), Yutaro Setoya (OMS), Marit Sijbrandij (VU University d’Amsterdam), Renato Souza (Université de San Paolo), Wietse Tol (Université Johns Hopkins), Peter Ventevogel (HCR), Helena Verdeli (Université de Colombia), Inka Weissbecker (International Medical Corps), Valérie Wisard (Genève (Swisse), Taghi Yasamy (OMS), Bill Yule (King’s College de Londres) et Doug Zatzick (Université de Washington). Le matériel de formation (accessible sur demande) a été révisé par : Nancy Baron (Psycho-Social Services and Training Institute), Neerja Chowdhary (Sangath) et Nina Josefowitz (Université de Toronto). La révision technique de la version française a été faite par Rabih El Chammay (Psychiatre, Professional de Sante Mental Publique) avec le support de Hanady Assaf (traductrice, interprète) 5Evaluation Le programme PM+ a été évalué par les institutions partenaires suivantes, à travers un test de faisabilité et des essais définitifs randomisés contrôlés effectués à Nairobi au Kenya : Le Ministère de la Santé au Kenya, le Nairobi City County, l’Université de New South Wales, la VU University d’Amsterdam, l’OMS et World Vision. Les institutions partenaires suivantes ont aussi participé à l’évaluation du PM+, au moyen de tests de faisabilité et des essais définitifs randomisés contrôlés effectués à Peshawar au Pakistan, soient le Service Public de Santé (Government Health Services KPK) de Peshawar ; la Fondation pour la Recherche en Développement Humain (Human Development Research Foundation); l’Hôpital Lady Reading; l’Université de Liverpool; l’Université de New South Wales; la VU University d’Amsterdam; l’OMS et le Centre de collaboration de l’OMS à l’Institut de psychiatrie de Rawalpindi. Financement Le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (UNHCR) a financé la phase de conception du manuel. Grand Challenges Canada a financé les essais pilotes et définitifs randomisés contrôlés effectués à Nairobi au Kenya, avec des fonds de contrepartie offerts par World Vision Canada and World Vision Australie. Le Bureau pour les Secours d’Urgence en cas de Catastrophes à l’Etranger (OFDA) a financé l’essai pilote randomisé contrôlé effectué à Peshawar au Pakistan. Le programme Enhancing Learning and Research for Humanitarian Assistance (ELRHA)’s Research for Health in Humanitarian Crises (R2HC) – à travers des fonds du Département pour le Développement International (DFID) et du Welcome Trust – a apporté son soutien à l’essai définitif randomisé contrôlé effectué à Peshawar au Pakistan. Production des documents Nos remerciements à David Wilson qui a assuré l’édition, à Julie Smith pour ses illustrations et Alessandro Mannocchi pour la conception graphique et la mise en page. REMERCIEMENTS 6PM+ : SOUTIEN PSYCHOSOCIAL INDIVIDUEL POUR ADULTES AFFECTÉS PAR LA DÉTRESSE DANS LES COMMUNAUTÉS EXPOSÉES À L’ADVERSITÉ 7Table des matières CHAPITRE 1: CONTEXTE. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8 CHAPITRE 2: L’INTERVENTION GESTION DES PROBLÈMES PLUS (PM+) . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15 CHAPITRE 3: COMPETENCES DE BASE RELATIVES A L’AIDE . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20 CHAPITRE 4: ÉVALUATIONS PM+ . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 29 CHAPITRE 5: COMPRENDRE L’ADVERSITÉ ET L’INTERVENTION PM+. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35 CHAPITRE 6: GÉRER LE STRESS . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 40 CHAPITRE 7: GESTION DES PROBLÈMES . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 44 CHAPITRE 8: REPRENDRE L’ACTIVITÉ ET AVANCER . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 54 CHAPITRE 9: RENFORCER LE SOUTIEN SOCIAL . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 62 CHAPITRE 10: RESTER EN BONNE SANTÉ ET ALLER DE L’AVANT . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 66 ANNEXE A: PRÉ-ÉVALUATION PM+ . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 72 ANNEXE B: ÉVALUATION EN COURS D’INTERVENTION PM+ . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 84 ANNEXE C: ÉVALUATION POST-PM+ . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 88 ANNEXE D: ÉVALUER ET RÉPONDRE AUX IDÉES SUICIDAIRES DANS UNE INTERVENTION PM+ . . . . 92 ANNEXE E: FICHES DESTINÉES AU BENEFICIAIRE. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 94 ANNEXE F: IMAGINER LE MOYEN D’APPORTER DE L’AIDE À D’AUTRES - ÉTUDES DE CAS . . . . . . . . 100 ANNEXE G: PROTOCOLE DE L’INTERVENTION PM+ . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 106 TABLE DES MATIÈRES 8PM+ : SOUTIEN PSYCHOSOCIAL INDIVIDUEL POUR ADULTES AFFECTÉS PAR LA DÉTRESSE DANS LES COMMUNAUTÉS EXPOSÉES À L’ADVERSITÉ Chapitre 1 CONTEXTE L’intervention Gestion des Problèmes Plus (PM+) Il s’agit d’une brève intervention psychosociale pour adultes qui applique une approche appelée Gestion des Problèmes Plus (PM+). Outre les deux séances d’évaluation, les séances d’intervention s’étalent sur cinq semaines à raison d’une séance par semaine. Toutes les séances sont individuelles1. Cette intervention permet aussi d’impliquer les membres de famille ou les amis si le bénéficiaire le souhaite. L’approche intègre la gestion des problèmes (PM), (également appelée conseil pour la résolution des problèmes ou thérapie de résolution des problèmes), en plus (+) des stratégies comportementales ciblées. D’où le terme PM+. En combinant ces stratégies, le programme vise à résoudre aussi bien les problèmes d’ordre psychologique tels que le stress, la peur, le sentiment d’impuissance, que les problèmes d’ordre pratique, si possible, notamment les problèmes de subsistance, les conflits familiaux et autres. Le PM+ a pour objectif de réduire les problèmes qui préoccupent les bénéficiaires. Vu sa brièveté, l’intervention n’est pas en mesure de traiter toutes les difficultés auxquelles le bénéficiaire peut être confronté suite à une adversité2. A cet effet, cette intervention pourrait être mieux appliquée en association avec d’autres supports appropriés. Les Directives du comité permanent interorganisations CPI (2007) concernant la santé mentale et le soutien psychosocial dans les situations d’urgence décrivent d’autres formes d’aide et de services applicables aux situations d’urgence3. L’intervention PM+ est utile pour traiter une gamme variée de problèmes affectifs. Elle ne s’attaque pas au diagnostic des troubles mentaux, même si elle est susceptible d’aider les personnes qui souffrent de troubles d’humeur et d’anxiété. Le terme « gestion des problèmes » plutôt que « conseil pour la résolution des problèmes » est utilisé à travers ce manuel vu que les bénéficiaires sont probablement confrontés à des problèmes qui sont, par nature, difficiles de résoudre. Les bénéficiaires n’ont, par exemple, aucun ou très peu de contrôle sur des problèmes tels que la guerre, la violence communautaire ou la pauvreté chronique. En utilisant le terme « gestion », nous espérons que les aidants et les bénéficiaires pourront comprendre que, même si certains problèmes sont difficiles à résoudre, il y a toujours moyen d’atténuer leurs effets. Ce manuel est un document de référence qui doit être accompagné de formation et de supervision. Il comprend un Protocole d’intervention (Annexe G) qui indique aux aidants la manière de mener chaque séance. Le manuel contient une description détaillée de chaque stratégie et la meilleure manière de la présenter aux bénéficiaires. Toutefois, la lecture du manuel ne suffit pas à elle seule pour comprendre les stratégies. La formation pratique et la supervision sont les seuls moyens d’apprendre à devenir un aidant capable d’utiliser ce manuel. Cela suppose : (a) l’apprentissage des compétences de base relative à l’aide et les stratégies de PM+ ; (b) la pratique de ces compétences et stratégies à travers des jeux de rôles et cas pratiques de bénéficiaires et (c) la supervision permanente durant l’application du PM+ aux bénéficiaires. 1 L’OMS est engagée dans un processus d’expérimentation d’une version de groupe de ce manuel intitulé PM+ Group, qui est aussi destinée aux adultes. Une autre version pour jeunes adolescents sera également élaborée et testée. 2 Dans une communauté où la consommation de l’alcool ou d’autres substances est élevée, le PM+ peut être complété par d’autres interventions brèves visant ces problèmes. 3 Selon les termes utilisés dans les Directives du CPI (2007), le PM+ intègre un « soutien psychosocial spécifique » (il s’agit du niveau 3 de la pyramide d’intervention du CPI). 9Qui peut utiliser ce manuel ? Ce manuel est destiné : a) aux professionnels qui n’ont jamais reçu de formation sur ces techniques ; à tous ceux qui n’ont pas reçu de formation en soins de santé mentale (cela inclut les personnes titulaires d’un diplôme en psychologie -mais n’ayant pas reçu de formation formelle ni d’encadrement en matière de conseil, les travailleurs communautaires et autres aidants profanes) ; et c) aux formateurs et encadreurs de aidants qui fournissent des services de PM+. Vous pourriez être concernés par ce manuel de PM+ si : 1. vous travaillez dans une organisation qui apporte de l’aide aux personnes affectées par l’adversité ; 2. vous été réellement motivés à aider les autres et vous êtes dans un cadre professionnel qui vous permet de consacrer suffisamment de temps aux bénéficiaires ; 3. vous avez au moins un diplôme de cycle secondaire ; 4. vous avez suivi une formation sur l’utilisation du programme PM+ ; 5. vous travaillez dans une équipe ; et 6. vous continuez de bénéficier de l’appui et de l’encadrement d’un superviseur formé. L’idéal serait que ce dernier soit un professionnel de la santé mentale, ayant reçu une formation complète en thérapie comportementale cognitive (TCC). Si cela n’est pas possible, le superviseur doit avoir reçu une formation supplémentaire et doit avoir une expérience aussi bien dans l’application des méthodes décrites dans ce manuel que dans le domaine de l’’encadrement. CHAPITRE 1 CONTEXTE 10 PM+ : SOUTIEN PSYCHOSOCIAL INDIVIDUEL POUR ADULTES AFFECTÉS PAR LA DÉTRESSE DANS LES COMMUNAUTÉS EXPOSÉES À L’ADVERSITÉ Formation La formation des aidants non professionnels de la santé mentale devrait comprendre un volet théorique et un volet pratique. La formation théorique doit durer 80 heures au moins (soit 10 jours entiers) et doit être menée par un professionnel compétent de la santé mentale qui jouit d’une bonne expérience dans l’application des stratégies prévues dans le PM+, soient la thérapie de résolution de problèmes, l’activation comportementale et le renforcement des soutiens sociaux. La formation théorique comprend : • des informations relatives aux problèmes courants de santé mentale (dépression, anxiété, stress) ; • le bien fondé de chaque stratégie ; • les compétences de base à la relation d’aide ; • Jeu de rôle (démonstrations par le formateur et participation de l’apprenant) portant sur l’exécution des stratégies et techniques de base en matière d’aide. Vers la fin de la formation, une journée entière est consacrée au jeu de rôle ; • Prendre soin de soi-même (pour l’aidant). Une formation pratique est indispensable. Sachant que la formation théorique du programme PM+ ne permet pas à elle seule d’acquérir les compétences nécessaires à son application, une pratique encadrée est requise pour renforcer les connaissances et les compétences de l’aidant en matière de PM+ ainsi que pour développer sa confiance. Après la formation théorique, au moins deux personnes doivent être vues au cours de cinq séances (15 heures) dans le cadre de la pratique supervisée du PM+. Les cinq séances peuvent s’étaler sur deux semaines (au minimum). Les séances pratiques sur le terrain doivent être menées avec des bénéficiaires présentant des symptômes moins graves (c’est-à-dire une dépression peu sévère) et sous haute surveillance (une à deux séances supervisées par semaine). Après la formation en matière d’intervention, le programme PM+ doit être exécuté sous supervision de routine. La fréquence de la supervision (une fois par semaine ou toutes les deux semaines) dépend des compétences des aidants, qui peuvent évoluer avec le temps. Les professionnels de la santé mentale n’ayant pas reçu de formation formelle en TCC pourraient aussi demander à se former en PM+. Leur formation doit durer 40 heures (soit cinq jours entiers), suivies de deux cas pratiques sous supervision. Une supervision de routine (une fois par semaine ou toutes les deux semaines, en fonction des compétences des aidants) doit suivre la formation. 11 Supervision La supervision est essentielle. La supervision de groupe, deux ou trois heures par semaine, est une bon modèle à suivre. Il est convenable de limiter les groupes à six aidants. Les superviseurs doivent avoir une expérience en soins de santé mentale. Ils doivent avoir suivi une formation en PM+ et deux jours de formation supplémentaire en supervision. Tous les superviseurs doivent eux-mêmes avoir une expérience en application du programme PM+. La supervision des pairs et la supervision individuelle, (par exemple, en réponse à une urgence ou à une crise du bénéficiaire), peuvent être un appoint à la supervision de groupe. La supervision implique les points suivants : • Discuter du progrès du bénéficiaire ; • Discuter des difficultés auxquelles l’aidant fait face dans sa relation avec le bénéficiaire ou dans l’exécution des stratégies ; • S’exercer à gérer les difficultés ou à répéter les techniques à travers des jeux de rôles (améliorer les compétences des aidants en PM+) ; • Aider l’aidant à mieux prendre soin de son bien-être (Self-Care). Pour plus d’informations sur la formation et la supervision, voir le Guide de formation des conseillers en PM+, disponible sur demande. Structure du manuel Ce manuel est divisé en trois parties. 1. La première partie comprend : • le contexte du manuel (Chapitre 1) • l’intervention PM+ (Chapitre 2) • les compétences de base relatives à l’aide (Chapitre 3). 2. La deuxième partie décrit chaque partie principale de l’intervention, soient : • Évaluations de l’intervention PM+ (Chapitre 4) • Comprendre l’adversité et l’intervention PM+ (Chapitre 5) • Gestion du stress (Chapitre 6) • Gestion des problèmes (Chapitre 7) • Reprendre l’activité et avancer (Chapitre 8) • Renforcer le soutien social (Chapitre 9) • Rester en bonne santé et aller de l’avant (Chapitre 10). 3. La troisième partie comprend les annexes suivantes : • Les outils d’évaluation (les procédures de consentement, les évaluations pré-, en cours et post-PM+) (Annexes A, B et C) • Évaluer et répondre aux idées suicidaires (Annexe D) • Fiches destinées aux bénéficiaires (Annexe E) • Études de cas sur la manière d’aider les autres (Annexe F) • Le Protocole d’intervention (il s’agit d’un aide-mémoire qui décrit l’ensemble de l’intervention séance par séance) (Annexe G). CHAPITRE 1 CONTEXTE 12 PM+ : SOUTIEN PSYCHOSOCIAL INDIVIDUEL POUR ADULTES AFFECTÉS PAR LA DÉTRESSE DANS LES COMMUNAUTÉS EXPOSÉES À L’ADVERSITÉ Dialogues types Le manuel et le protocole d’intervention contiennent des dialogues types qui doivent être adaptés au contexte local. Il convient de les suivre le plus strictement possible vu que les textes contiennent toutes les informations nécessaires pour expliquer une stratégie particulière au bénéficiaire. Toutefois, pour bâtir une bonne relation avec le bénéficiaire, il n’est pas recommandé de lire directement le dialogue-type. Essayer de trouver un moyen plus astucieux pour décrire une stratégie et, le cas échéant, vous pouvez vous détacher du texte. De plus, vous pouvez citer des exemples d’ordre général pour décrire un problème courant (par exemple pour comprendre l’adversité) et expliquer comment une stratégie donnée peut être utile (ex. gérer le stress pour réduire l’anxiété). Nous vous suggérons d’utiliser des exemples pertinents qui se rapportent au bénéficiaire et à ses problèmes. Les encadrés bleus décrivent la manière de travailler avec des bénéficiaires affectés par des problèmes plus complexes (par exemple des personnes affectées par la violence sexuelle) ou vivant dans des conditions difficiles, (par exemples les zones de conflit). Il est particulièrement important de vous imprégner des informations présentées dans ces encadrés avant de travailler sur des cas plus complexes ou dans des contextes plus difficiles. Fiches Vous pouvez vous servir des fiches destinées aux bénéficiaires (Annexe E) pour vous aider à présenter une stratégie particulière. Ces fiches peuvent aussi être remises aux bénéficiaires afin de les aider à se rappeler vos discussions durant la séance. Vous pouvez également utiliser un calendrier pour marquer les échéances auxquelles le bénéficiaire doit compléter un plan d’action ou une activité quelconque. 13 A qui s’adresse le programme PM+ ? Comme déjà mentionné, le programme PM+ s’adresse aux adultes souffrant de dépression, d’anxiété ou de stress et qui vivent dans des communautés exposées à l’adversité. Le PM+ n’a pas été conçu pour répondre aux cas suivants : 1. un plan pour mettre fin à sa vie dans un futur immédiat ; 2. un handicap grave lié à des troubles mentaux, neurologiques ou à la consommation de substances psychoactives (ex. psychose, dépendance à l’alcool ou à la drogue, déficience intellectuelle grave, démence). Pour les bénéficiaires présentant des besoins et/ou des risques de protection élevés (par exemple un jeune homme courant un risque accru d’agression), il convient d’avoir recours tout d’abord aux premiers soins psychologiques (PSP)4. Si cela est adéquat, de tels bénéficiaires peuvent également bénéficier du PM+. Le Chapitre 4, qui porte sur les évaluations, explique comment évaluer les critères d’exclusion et présente des options d’orientation. . Que faire si l’état du bénéficiaire ne s’améliore pas au terme de l’intervention ? Vous devez parler de l’évolution du bénéficiaire à votre superviseur. Si, parvenus à la cinquième séance, vous constatez (votre superviseur et vous-même), que l’état du bénéficiaire ne s’est pas suffisamment amélioré (par exemple s’il n’y a pas de changement au niveau des problèmes affectifs tels que l’humeur, l’anxiété et le stress), vous pouvez avoir recours à d’autres options (voir ci-dessous). Votre superviseur et vous-même pouvez en décider soit a) entre la quatrième et la cinquième séance, soit b) après avoir vu le bénéficiaire pour la cinquième séance. 1. Selon vos échanges avec votre superviseur, vous pouvez encourager le bénéficiaire à continuer à pratiquer les stratégies du PM+ de façon indépendante. Vous vous arrangerez à le suivre à une date ultérieure (par exemple trois mois après la cinquième séance). Cependant, cela n’est recommandé que si le niveau de stress n’est pas sévère et si le bénéficiaire ne présente pas d’idées suicidaires. 2. Selon vos échanges avec votre superviseur, vous pouvez référer le bénéficiaire à un professionnel de santé (mentale) pour évaluation et poursuite des soins. Cela est recommandé pour les bénéficiaires souffrant de détresse grave ou présentant des idées ou plans suicidaires au terme du PM+ ou à l’évaluation de suivi de trois mois. Cette option est aussi recommandée si le bénéficiaire a bien suivi le PM+ mais sans changement majeur de son état de détresse. 3. Selon vos échanges avec votre superviseur, vous pouvez prévoir des séances supplémentaires de PM+, en appliquant les mêmes stratégies. Le bénéficiaire qui aura pris plus de temps pour vous faire confiance en tant qu’aidant et qui commence à s’améliorer au cours des dernières séances, pourra profiter de cette option Pour la plupart des bénéficiaires, il est important de continuer à pratiquer les stratégies de PM+ seuls dans leur vie quotidienne, pour plusieurs mois après l’achèvement de l’intervention PM+. Souvent, les changements du niveau de détresse et d’adaptation s’opèrent après l’intervention. Il est donc important d’encourager les bénéficiaires à appliquer ces stratégies sans assistance psychologique, si cela ne présente pas de risques. Il est également conseillé de prendre des mesures pour assurer le suivi de ces bénéficiaires après un certain temps, par exemple trois mois après la fin de l’intervention, pour leur fournir une assistance supplémentaire au cas où leurs problèmes persistent. 4 Vous devrez être en mesure d’administrer les PSP ; cela s’apprend en un jour. Voir Organisation Mondiale de la Santé, War Trauma Foundation and World Vision International (2011). Psychological first aid: Guide for field workers. OMS : Genève ; et Organisation Mondiale de la Santé, War Trauma Foundation and World Vision International (2013). Psychological first aid: Facilitator’s manual for orienting field workers. OMS : Genève. CHAPITRE 1 CONTEXTE 14 PM+ : SOUTIEN PSYCHOSOCIAL INDIVIDUEL POUR ADULTES AFFECTÉS PAR LA DÉTRESSE DANS LES COMMUNAUTÉS EXPOSÉES À L’ADVERSITÉ Adaptation culturelle et contextuelle de ce manuel Dans sa forme actuelle, ce manuel est une version générique du PM+. Il pourrait nécessiter une adaptation au contexte local pour répondre à un certain nombre de questions, parmi lesquelles : • Traduction correcte et compréhensible en langue locale ; • Usage d’expressions et de métaphores locales ; • Différences socioculturelles dans la manière d’apporter l’aide (par exemple, dans un domicile privé par opposition à un centre de santé, à travers des aidants du même sexe ou du sexe opposé, comment obtenir le consentement du bénéficiaire, comment impliquer les membres de famille et comment aborder des sujets tabous tels que la violence sexuelle) ; • Pertinence des stratégies. La présence d’une crise humanitaire peut vous empêcher d’exécuter certaines parties du PM+ exactement telles qu’elles sont décrites dans le présent manuel (par exemple, vous ne devez pas choisir des activités du chapitre « Reprendre l’activité et avancer » qui mettraient la vie du bénéficiaire en danger) ; • Différences juridiques quant au signalement du suicide ou de la maltraitance des enfants ; • Différences en termes de ressources (formelles et informelles) disponibles localement pour assurer la protection des personnes exposées à un risque élevé de violence sexuelle ; • Différences en termes de services sociaux, y compris les services de protection ; • Différences en termes de systèmes de santé, y compris l’accès aux soins pour les problèmes de santé mentale, les problèmes neurologiques et les problèmes de consommation de substances psychoactives, au niveau des systèmes de soins de santé généraux ou spécialisés ; • Adaptation des images et illustrations du manuel. Mise en pratique du PM+ Vous devez prendre en compte un certain nombre de questions importantes : • Comment organiser une séance de formation et de supervision ? • Où tenir une telle séance ? • Comment identifier des bénéficiaires potentiels ? • Comment convenir d’un rendez-vous initial ou de suivi avec le bénéficiaire ? • Comment effectuer le suivi des bénéficiaires qui ne se présentent pas à des rendez-vous convenus à l’avance ? • Comment suivre et évaluer l’application du PM+ ? • Comment et vers où orienter les bénéficiaires qui ont besoin d’une aide supplémentaire ou différente ? 15 Chapitre 2 L’INTERVENTION GESTION DES PROBLÈMES PLUS (PM+) APPRENDRE Qu’allez-vous apprendre dans dans ce chapitre ? SÉANCE À quelle séance se rapporte ce chapitre ? FICHES D’ACTIVITÉ Quelles fiches d’activité correspondent a ce chapitre ? • Avoir un aperçu du PM+ (ex. la structure de l’intervention, l’ordre des stratégies) • Apprendre un peu sur chaque stratégie du PM+ • L’intégralité de l’intervention • Fiches destinées au bénéficiaire du PM+ – Annexe E La Gestion des Problèmes Plus (PM+) est le terme utilisé pour décrire l’approche de cette brève intervention qui joint des stratégies de résolution de problèmes à certaines stratégies comportementales bien connues. L’objectif global du PM+ est de développer la capacité des bénéficiaires à gérer leur détresse psychologique et, lorsque cela est possible, à réduire leurs problèmes pratiques. A ces fins, le langage utilisé est semblable au langage utilisé dans les approches de formation ou d’encadrement (coaching). Le PM+ évite de donner des conseils. Chaque bénéficiaire doit recevoir toutes les stratégies de PM+ dans l’ordre où elles sont présentées dans ce manuel. Les stratégies de PM+ Ci-dessous, une brève description des stratégies psychologiques qui constituent le PM+. Gestion du stress (Chapitre 6) Apprendre aux bénéficiaires une stratégie brève de gestion du stress les aidera à mieux gérer leur anxiété et leur stress. Lorsqu’elle est pratiquée au quotidien, cette stratégie peut prévenir des états extrêmes de stress ou d’anxiété. Elle peut aider les bénéficiaires à se calmer pendant les moments de stress. La stratégie utilisée est la respiration lente. Même si la respiration lente est adéquate dans la plupart des cas, les méthodes locales de relaxation (techniques inspirées par le yoga) peuvent également être utilisées5. La gestion du stress est introduite dès les premières séances du PM+ et doit être pratiquée à la fin de chaque séance. 5 Cette question doit être prise en compte lors de l’adaptation du manuel PM+ au contexte socioculturel local. CHAPITRE 2 L’INTERVENTION GESTION DES PROBLÈMES PLUS (PM+) 16 PM+ : SOUTIEN PSYCHOSOCIAL INDIVIDUEL POUR ADULTES AFFECTÉS PAR LA DÉTRESSE DANS LES COMMUNAUTÉS EXPOSÉES À L’ADVERSITÉ Gestion des problèmes (Chapitre 7) Cette stratégie doit être appliquée au cas où le bénéficiaire affronte des problèmes d’ordre pratique (chômage, conflits familiaux, etc.). On qualifie cette stratégie de gestion de problèmes. Elle est introduite au cours de la deuxième séance. Vous devez travailler avec le bénéficiaire à identifier des solutions possibles au problème qui le préoccupe le plus. Ensemble, vous pouvez choisir les meilleures solutions à même d’influencer le problème et mettre en place une stratégie pour appliquer ces solutions. Reprendre l’activité et avancer (Chapitre 8) Cette stratégie vise à améliorer le niveau d’activité des bénéficiaires (par exemple les activités sociales ou l’exécution des tâches ou travaux indispensables). Plusieurs personnes qui ont réduit leur activité se sentent déprimés. La dépression peut prendre différentes formes, mais implique souvent un sentiment de fatigue, un manque d’énergie et de motivation, une mauvaise humeur, un manque d’intérêt pour les activités auxquelles on prenait du plaisir auparavant, un sentiment de désespoir et de perte d’estime de soi. Parfois, les gens peuvent aussi se plaindre de différents maux physiques (mal de tête ou mal de dos). Les personnes déprimées cessent souvent de faire les choses qu’elles avaient l’habitude de faire. La stratégie « Reprendre l’activité et avancer » vise à accroître le niveau d’activité du bénéficiaire, ce qui a un impact direct sur son humeur. Cette stratégie est introduite lors de la troisième séance. Renforcer le soutien social (Chapitre 9) Les gens qui souffrent de problèmes affectifs peuvent être isolés des personnes ou organisations capables de les soutenir. Le renforcement du soutien social du bénéficiaire (notamment à travers des amis de confiance, des membres de la famille, des collègues ou des organisations communautaires) favorise son bien-être. Cette stratégie est introduite au cours de la quatrième séance. S’il s’avère que le bénéficiaire jouit d’un bon soutien social et en fait régulièrement usage, vous pouvez simplement l’encourager à continuer de le faire. Dans le cas inverse, vous devriez discuter des moyens qui lui permettront de renforcer son soutien social et l’aider à mettre au point un plan pour en recevoir davantage. Structure de l’intervention PM+ L’intervention PM+ comprend cinq séances individuelles de 90 minutes. Il est recommandé d’organiser une séance par semaine. Cependant, vous pourriez être amenés à voir le bénéficiaire plus ou moins fréquemment en fonction de ses besoins et du contexte local. Vous trouverez ci-dessous un graphique représentant l’ensemble de l’intervention, y compris les principales parties de chaque séance. A côté de chaque partie, vous trouverez le temps suggéré pour le bénéficiaire type. A moins qu’il n’existe des raisons particulières, nous vous recommandons de vous en tenir, autant que possible, au temps indiqué, afin de pouvoir couvrir toutes les stratégies avec suffisamment de détail au cours de chaque séance. Il faut surtout éviter de pratiquer votre stratégie préférée au détriment des autres. L’intervention offre, néanmoins, une certaine flexibilité. Par exemple, un bénéficiaire qui n’a que quelques problèmes pratiques mais qui souffre de dépression sévère, peut avoir besoin de plus de temps pour comprendre et établir le plan de la séance « Reprendre l’activité et avancer » que pour comprendre la « Gestion des problèmes ». Il serait, donc, indiqué de consacrer plus de temps à la stratégie « Reprendre l’activité et avancer ». Ainsi, bien que le PM+ soit bien structuré, nous favorisons un certain degré de flexibilité pour faire en sorte, qu’avec l’aide de votre superviseur, l’intervention convienne aux principales préoccupations du bénéficiaire. 17 Schema Structure d’une intervention PM+ Présentation du PM+ • Présentations et confidentialité (5 minutes) • Révision à partir de l’évaluation et des questionnaires PSYCHLOPS (10 minutes) • Qu’est-ce que le PM+? (20 minutes) • Comprendre l’adversité (30 minutes) • Gestion du stress (20 minutes) • Clôture de la seance (S minutes) 1 PM+ • Évaluation générale et PSYCHLOPS (5 minutes) • Gestion des problèmes (70 minutes) • Gestion du stress (10 minutes) • Clôture de la séance (5 minutes) 2 PM+ • Évaluation générale et PSYCHLOPS (5 minutes) • Gestion des problèmes (35 minutes) • Reprendre l’activité et avancer (35 minutes) • Gestion du stress (10 minutes) • Clôture de la séance (5 minutes) 3 PM+ • Évaluation générale et PSYCHLOPS (5 minutes) • Gestion des problèmes (20 minutes) • Reprendre l’activité et avancer (20 minutes) • Renforcement du soutien social (30 minutes) • Gestion du stress (10 minutes) • Clôture de la séance (5 minutes) 4 Fin de l’intervention • Évaluation générale (5 minutes) • Bien se porter (30 minutes) • Imaginer comment venir en aide à d’autres personnes (20 minutes) • Se tourner vers l’avenir (15 minutes) • Clôture du programme (5 minutes) 5 CHAPITRE 2 L’INTERVENTION GESTION DES PROBLÈMES PLUS (PM+) 18 PM+ : SOUTIEN PSYCHOSOCIAL INDIVIDUEL POUR ADULTES AFFECTÉS PAR LA DÉTRESSE DANS LES COMMUNAUTÉS EXPOSÉES À L’ADVERSITÉ Structure des séances Au début de chaque séance, vous demanderez au bénéficiaire de remplir le formulaire d’évaluation en cours d’intervention (Annexe B). Vous pourriez, par la suite, vous servir de ses réponses pour discuter de son état et de ses capacités d’adaptation depuis votre dernière rencontre (notamment au cours de la dernière semaine). Lors de cette évaluation, vous pourriez lui demander comment les choses vont d’une manière générale. Cela lui donnera l’occasion de parler des expériences positives ou des difficultés survenues au cours de la semaine ou du temps écoulé. Vous pourriez plus spécifiquement interroger le bénéficiaire sur les symptômes de sa détresse psychologique pour voir s’il y a eu quelconque changement (par exemple, si son humeur s’est améliorée ou si elle a empiré durant la semaine écoulée). Vous pourriez aussi parler des exercices pratiques à faire entre les deux séances dont vous êtes convenus ensemble (par exemple, parlez des succès, des leçons tirées de la pratique de ces exercices ainsi que des problèmes rencontrés). Avant l’introduction des stratégies principales de chaque séance, vous pouvez passer quelque temps à essayer de résoudre ou à aider le bénéficiaire à gérer un problème survenu pendant l’exercice pratique à la maison. Après cet entretien bref, vous pouvez passer à la présentation du sujet principal sur lequel vous allez vous centrer au cours de la séance (par exemple, revoir la gestion des problèmes, présenter une nouvelle stratégie pour améliorer l’humeur, pratiquer ensemble la gestion du stress). A la fin de chaque séance, résumez brièvement les tâches pratiques que le bénéficiaire a accepté d’effectuer entre les séances et donnez-lui des fiches d’activité qui peuvent l’aider à accomplir ces tâches. Vérifiez toujours que le bénéficiaire a bien compris ce qu’on attend de lui avant la prochaine séance. Enfin, dites au revoir et confirmez la date et le lieu de votre prochaine rencontre. Le Protocole d’intervention (Annexe G) montre en détail à quoi ressemble chaque séance. Présence d’un membre de la famille ou d’un ami aux séances de PM+ Parfois, durant l’intervention PM+, le bénéficiaire pourrait souhaiter avoir un ami ou un membre de sa famille avec lui. Cela peut être très utile pour nombre de personnes, notamment pour les aider à s’engager et à appliquer les stratégies en dehors des séances. Cependant, la présence d’une tierce personne pendant les séances peut présenter des inconvénients. Certains peuvent s’emparer de la séance ou devenir néfastes (par exemple, tenir des propos négatifs à l’égard du bénéficiaire ou critiquer les stratégies de PM+, ainsi de suite). Lorsque d’autres personnes de confiance sont impliquées dans les séances, souvenez-vous que leurs problèmes ne doivent pas devenir votre centre d’intérêt. Le rôle de la tierce personne est d’aider le bénéficiaire à appliquer les stratégies, notamment la gestion du stress et la reprise de l’activité. D’une manière générale, une fois l’évaluation PSYCHLOPS achevée6, la présence d’un ami de confiance ou d’un membre de la famille durant la première séance peut être très appropriée, pour lui permettre d’apprendre au sujet de l’intervention et de la gestion du stress. Un membre de la famille ou un ami de confiance peut aussi être invité à participer à une partie de la troisième séance pour s’informer sur la stratégie « Reprendre l’activité et avancer ». Au cours de ces séances, cette personne de confiance pourrait apprendre au sujet des stratégies et se sentir mieux équipée pour soutenir le bénéficiaire en cas de problème ou lorsque celui-ci est en situation de détresse. Cependant, nous ne nous attendons pas à ce que cette personne de confiance devienne l’aidant vu qu’elle pourrait ne pas se sentir en mesure d’assumer ce rôle. Nous vous encourageons à ne pas impliquer les membres de famille et les amis dans la « Gestion des problèmes » (séance 2 et certaines parties des séances 3, 4 et 5) vu que le bénéficiaire pourrait se sentir incapable de parler de certains problèmes en présence d’une tierce personne. De même, vous devez évaluer les avantages et les inconvénients d’avoir un membre de la famille ou un ami présent aux évaluations dont vous espérez avoir des informations personnelles de la part du bénéficiaire. 6 Le PSYCHLOPS est une mesure d’évaluation incluse dans les évaluations pré-PM, PM-PM et post-PM. Voir le chapitre 4 et les annexes A, B et C pour plus d’informations. 19 Dans ce chapitre, vous avez appris • Ce que c’est que l’intervention PM+, y compris des informations sur chaque stratégie. • La structure des séances de PM+. • Quand est-ce qu’on peut admettre des membres de famille ou des amis de confiance dans les séance de PM+. CHAPITRE 2 L’INTERVENTION GESTION DES PROBLÈMES PLUS (PM+) 20 PM+ : SOUTIEN PSYCHOSOCIAL INDIVIDUEL POUR ADULTES AFFECTÉS PAR LA DÉTRESSE DANS LES COMMUNAUTÉS EXPOSÉES À L’ADVERSITÉ Chapitre 3 COMPETENCES DE BASE RELATIVES A L’AIDE APPRENDRE Qu’allez-vous apprendre dans ce chapitre? SÉANCE À quelle séance se rapporte ce chapitre? FICHES D’ACTIVITÉ Quelles fiches d’activité correspondent à ce chapitre? • Comment utiliser les compétences de base relatives à l’aide pour établir une relation de confiance avec le bénéficiaire • Ce qu’il faut prendre en considération dans la relation bénéficiaire-aidant • Comment gérer les problèmes complexes dont le bénéficiaire pourra vous parler • Vous devez faire usage de ces compétences à chaque fois que vous parlez au bénéficiaire • Aucune Avant d’aborder les stratégies spécifiques de l’intervention PM+, nous allons parler des compétences de base relatives à l’aide qui portent essentiellement sur la communication lors des séances et l’établissement d’une bonne relation avec le bénéficiaire. Bâtir une relation fondée sur la confiance et le respect est essentiel pour toute forme de soutien psychosocial. En effet, ces compétences de base sont le fondement de l’intervention PM+ sans lesquelles les stratégies formelles d’une intervention PM+ ont très peu de chance de réussir. Respecter le bénéficiaire Vous devez avoir un désir réel d’aider, être ouvert aux nouvelles idées et manifester de l’intérêt à écouter les autres. Dans l’ensemble, les soins doivent toujours être administrés d’une manière appropriée qui respecte la dignité du bénéficiaire et tienne compte de la sensibilité culturelle, sans discrimination aucune fondée sur la race, la couleur, le sexe, l’âge, la langue, la religion, l’opinion politique ou toute autre opinion, l’origine nationale, ethnique, autochtone ou sociale, la pauvreté, l’orientation sexuelle, la naissance ou tout autre statut. Toutes ces attitudes sont importantes pour bâtir une bonne relation avec le bénéficiaire sans laquelle l’intervention ne sera probablement pas en mesure d’aider le bénéficiaire. 21 Compréhension de la culture, du genre et de la langue Avant de commencer à utiliser le PM+, il est important de bien comprendre le contexte culturel dans lequel vous travaillez. Ceci ne pose généralement pas de problème si vous appartenez à la communauté locale où vous travaillez ou si vous venez d’un milieu culturel similaire. Néanmoins, il peut y avoir d’énormes différences à l’intérieur d’un même pays, d’une même région ou d’une même communauté. Les sociétés sont complexes et renferment de nombreuses communautés et influences culturelles qui peuvent ne pas vous être familières notamment au niveau des attitudes vis-à-vis les rôles et attentes liés au genre, ainsi que des diverses croyances et pratiques religieuses. Parfois, il est nécessaire d’apprendre davantage sur le système de croyance culturelle du bénéficiaire. Vous pouvez y parvenir en interrogeant le bénéficiaire sur ses croyances et sur les coutumes pratiquées au sein de sa communauté, de sa religion ou de sa culture. Poser ces questions vous permet de manifester votre respect à l’égard des différences éventuelles et de réduire le risque d’offenser le bénéficiaire ou de passer à côté d’une information importante. Il arrive que vous décidiez (sous encadrement et supervision) qu’il est important de remettre en question certaines croyances ou pratiques culturelles clairement néfastes, telles que « le viol est la faute de la victime » ou «qu’il faut battre la personne souffrant de maladie mentale pour chasser le mauvais esprit qui en est la cause ». Vous devez le faire avec beaucoup de tact pour que le bénéficiaire soit toujours disposé à continuer l’intervention. Certains bénéficiaires peuvent se sentir plus à l’aise avec un aidant du même sexe. Vous devez, si possible, prendre des dispositions à cet effet. Vous pourriez aussi tenir compte des préférences linguistiques (langue ou dialecte) du bénéficiaire. De même, le bénéficiaire devrait être orienté, si possible, vers des aidants qui parlent couramment sa langue ou son dialecte. Compétences de base relatives à l’aide Pour promouvoir une relation saine avec le bénéficiaire, il existe des qualités et des compétences psychologiques que vous devez adopter et pratiquer régulièrement. En parcourant la description de ces compétences, rappelez- vous d’une occasion où un ami ou un parent proche vous a été reconnaissant de lui avoir permis de vous parler d’un problème qui lui tenait à cœur. Vous avez probablement fait usage de plusieurs de ces compétences en l’écoutant. Ces compétences peuvent être très naturelles et permettent au bénéficiaire de savoir que vous êtes prêts à l’écouter et à l’aider. A. Confidentialité La confiance et la confidentialité sont importantes dans votre relation avec le bénéficiaire. Le bénéficiaire doit savoir que les informations qu’il partage, en parlant ouvertement de ses problèmes personnels, demeureront confidentielles et privées. Cela est particulièrement vrai pour les survivant(e)s de violences/traumatismes intimes ; surtout en cas de stigmatisation (par exemple, en cas d’agression sexuelle). Cependant, il est nécessaire que le bénéficiaire sache qu’il existe des limites légales à cette confidentialité. A titre d’exemple, selon les lois en vigueur et les systèmes de protection et de services sociaux disponibles, vous pouvez être amenés à lever la confidentialité et informer l’autorité compétente lorsqu’un bénéficiaire semble être en risque de mettre fin à sa vie ou de constituer une menace pour les autres7. Une supervision en cours peut aussi limiter la confidentialité. Durant la phase de supervision, vous allez parler des problèmes du bénéficiaire et de son progrès à votre superviseur et éventuellement à une équipe d’aidants. La supervision contribue beaucoup aux effets positifs de l’intervention, et vous devez informer le bénéficiaire de cette limite à la confidentialité. 7 Cette question doit être examinée au moment d’adapter le présent manuel au contexte local. CHAPITRE 3 COMPETENCES DE BASE RELATIVES A L’AIDE 22 PM+ : SOUTIEN PSYCHOSOCIAL INDIVIDUEL POUR ADULTES AFFECTÉS PAR LA DÉTRESSE DANS LES COMMUNAUTÉS EXPOSÉES À L’ADVERSITÉ Concernant la confidentialité, il est important que toutes les informations sur le bénéficiaire (par exemple, les résultats de son évaluation, ses données personnelles, etc.) soient conservées dans un endroit sûr et sous clé (ex. une armoire de classement)8. Cela est également valable pour les données d’évaluation collectées chaque semaine en début de séance. B. Communiquer votre intérêt Communiquer votre intérêt au bénéficiaire est une compétence importante. Essayez de comprendre tant que possible la situation du bénéficiaire y compris les émotions qu’il éprouve. A l’autre extrême, il est aussi important de ne pas trop vous immiscer dans le vécu du bénéficiaire en sorte d’en faire le vôtre. Cela pourra vous stresser et vous surcharger. Quelques expressions pour montrer votre intérêt : • Cela a certainement été éprouvant/écœurant/effroyable, etc. pour vous. • Je peux voir sur votre visage à quel point cela a été douloureux pour vous. • Vous avez traversé beaucoup d’épreuves. • Vous avez beaucoup enduré. • Je comprends que cela soit attristant/effroyable pour vous. C. Compétences non verbales Les compétences non verbales montrent au bénéficiaire que vous êtes à son écoute et vous permettent d’exprimer votre intérêt à son égard. Elles comprennent les gestes suivants : maintenir un contact visuel de façon culturellement appropriée, acquiescer de la tête de façon culturellement appropriée et, dans la plupart des cultures, adopter une position corporelle ouverte (par exemple, éviter de vous croiser les bras, de vous asseoir de manière raide ou de vous détourner du bénéficiaire). Parfois, l’expression d’émotions semblables à celles du bénéficiaire lui montre que vous l’avez compris. Cela peut se traduire par l’expression de tristesse sur votre visage lorsque le bénéficiaire paraît triste (vu qu’il a les yeux larmoyants). Vous pouvez aussi indiquer par des interjections verbales brèves que vous suivez ce que le bénéficiaire est en train de dire, par exemple « eh hm, eh hm », « oui », « je vois ». Il est important de savoir qu’il peut y avoir de grandes variations culturelles pour tout ceci. D. Féliciter le bénéficiaire de son ouverture Pour aider le bénéficiaire à parler aisément de problèmes personnels, difficiles et embarrassants, essayez de le remerciez ou même de le féliciter de son attitude d’ouverture et de confiance. Tout au long de l’intervention, vous pouvez aussi féliciter le bénéficiaire des efforts qu’il met à appliquer les stratégies de PM+ et à s’améliorer. Quelques exemples ci-dessous : • Merci de me confier cela. • C’était courageux de votre part de partager ces sentiments intimes avec moi. • Bien que cela ait pu être difficile d’en parler avec moi, je pense que ça vous aidera à vous rétablir. • Je vois que vous essayez de votre mieux de pratiquer régulièrement la gestion du stress. • Utilisez des proverbes locaux : ex. « Un bonheur partagé est doublé et un chagrin partagé est réduit. » 8 Un des moyens d’assurer la confidentialité des informations est de ne pas inscrire les données personnelles (nom et contacts) des bénéficiaires dans leurs fiches d’évaluation. Utilisez plutôt un code spécial pour identifier chacun des bénéficiaires. Vous devez donc garder toutes les données personnelles des bénéficiaires et leurs codes dans un document séparé. Vous devez séparer ce document des données d’évaluation et d’intervention et le mettre dans un autre endroit sécurisé. 23 E. Validation Plusieurs bénéficiaires ont du mal à parler de leurs problèmes à des étrangers. Ils pensent que personne d’autre ne peut ressentir ce qu’ils ressentent. Egalement, ils peuvent penser que parler de leurs émotions et de leurs problèmes personnels est un signe de maladie, de folie, ou de faiblesse. Certains bénéficiaires peuvent même s’en vouloir de ce qu’ils ressentent. Il est important que tout au long de l’intervention, vous les aidiez à se débarrasser de ces idées fausses. Vous pouvez le faire en normalisant ce qu’ils ressentent, en leur expliquant que plusieurs autres personnes font face à des difficultés et à des émotions similaires. C’est cela « valider » leurs problèmes, c’est-à-dire leur faire savoir que leurs réactions sont compréhensibles. Il s’agit là aussi d’une bonne manière de communiquer votre intérêt. Nous vous recommandons cependant de ne pas dire aux bénéficiaires que vous savez ce qu’ils endurent. Bien que votre objectif soit de valider leur expérience, cela peut produire l’effet contraire dans la mesure où ils pourraient ne pas vous croire. Quelques exemples d’expression de validation. • Vous traversez une épreuve difficile et il n’est pas surprenant que vous en soyez stressé. • Ce que vous venez de décrire est une réaction normale dans ce genre de situation. • Beaucoup de gens avec qui j’ai travaillé disent avoir ressenti la même chose. • Les réactions que vous avez décrites sont très courantes. • Je ne suis pas surpris que vous ayez aussi peur. F. Mettre ses valeurs personnelles de côté Appliquer ces compétences d’aide voudra dire, qu’à tout moment, vous devrez respecter les valeurs et les croyances personnelles de l’autre. Cela peut être difficile, surtout si vous ne partagez pas les mêmes valeurs ou croyances. Vous n’avez pas à juger les gens, quel que soit ce qu’ils vous disent. Cela veut dire ne pas permettre à vos propres croyances ou valeurs d’influencer la manière dont vous répondez au bénéficiaire. Etre écouté par quelqu’un sans être jugé pourrait être une expérience que le bénéficiaire n’a jamais vécue auparavant, et cela en soi pourrait beaucoup l’aider à vous faire confiance. G. Donner des conseils En général, vous ne devez pas donner des conseils aux bénéficiaires. Cela ne veut pas dire ne pas leurs fournir des informations susceptibles de les aider (par exemple au sujet des services juridiques ou organisations communautaires qui peuvent leur être utiles). Donner des conseils c’est dire au bénéficiaire ce qu’il faut faire et ce qu’il ne faut pas faire (par exemple : « Ne parlez pas de ceci à votre mari »). Tout aidant est tenté de donner des conseils à un moment donné, ce qui est tout à fait normal. Par exemple, un bénéficiaire qui se sent en état de désespoir complet et qui manifeste des signes de dépression, pourrait trouver la stratégie de « Gestion des problèmes » très difficile à accomplir, vu qu’elle requiert de penser à des solutions à ses problèmes. L’aidant peut être alors tenté d’orienter le bénéficiaire vers une solution ou une autre. Cependant, vous devez éviter de donner des conseils directs. Si le bénéficiaire prend l’habitude de compter sur vos conseils, il lui sera plus difficile de gérer ses propres problèmes à l’avenir, après l’achèvement de l’intervention PM+. Quand vous vous sentez tenté de donner des conseils, demandez plutôt au bénéficiaire de penser à ce qu’il suggérerait ou dirait à un ami proche ou un membre de la famille confronté à une situation similaire. Par exemple, un bénéficiaire déprimé et très replié sur lui-même, hésitera à rechercher un soutien social pour ne pas se sentir un fardeau pour les autres. Au lieu de lui conseiller de rechercher ce genre de soutien social et de lui dire que ses pensées sont trop négatives, vous pourriez lui poser la question suivante : « Que diriez-vous à un ami ou un parent qui a les mêmes pensées ? Aimeriez-vous qu’il s’isole avec son problème ou qu’il sollicite de l’aide ? Et le considéreriez-vous alors comme un fardeau ? » Ce genre de questions peut aider le bénéficiaire à reconsidérer ses problèmes et son attitude, sans que vous n’ayez à lui dire directement de faire autrement. Il existe deux exceptions à cette règle relative aux conseils. CHAPITRE 3 COMPETENCES DE BASE RELATIVES A L’AIDE 24 PM+ : SOUTIEN PSYCHOSOCIAL INDIVIDUEL POUR ADULTES AFFECTÉS PAR LA DÉTRESSE DANS LES COMMUNAUTÉS EXPOSÉES À L’ADVERSITÉ 1. Dans une intervention PM+, vous conseillerez aux bénéficiaires de devenir plus actifs, de solliciter du soutien social et de pratiquer la gestion du stress, vu que ces stratégies font partie de l’intervention PM+. 2. Lorsque vous enseignez la stratégie de gestion des problèmes au bénéficiaire, votre but est de l’aider à juger l’efficacité de certaines solutions dans la gestion de son problème. A ce stade, le bénéficiaire pourrait penser à des solutions qui sont clairement inefficaces (par exemple des solutions qui nuisent à sa santé émotionnelle et physique, des actes néfastes ou illégaux, etc.). Vous devez aider le bénéficiaire à juger si les solutions qu’il propose sont efficaces ou inefficaces. Pour le dissuader de s’accrocher à des solutions inefficaces, demandez-lui ce qu’il conseillerait à un ami ou un parent confronté à un problème similaire. Posez-lui, par exemple, la question : «  Lui  conseilleriez-vous  d’appliquer  cette  solution  ?  ». Si le bénéficiaire insiste sur une solution qui, de toute évidence, n’est pas efficace (par exemple se saouler ou poser un acte illégal), vous pouvez être direct et lui dire qu’une telle solution ne l’aidera pas. Dans ce cas, vous devez expliquer les raisons pour lesquelles vous considérez que la solution est inefficace, en d’autres termes parlez-lui des conséquences fâcheuses de la solution qui, cependant, ne doivent pas être liées à vos propres valeurs. La relation bénéficiaire -aidant A. Le rôle de l’aidant Certains bénéficiaires pensent qu’avoir recours à un aidant est un signe de faiblesse. Ainsi, il devient difficile pour eux de s’engager dans l’intervention en entier ou dans certaines de ses parties. D’autres peuvent voir en vous un médecin ou un guérisseur traditionnel, et s’attendre à ce que vous « régliez » leurs problèmes ou que vous les « guérissiez ». Il est important que tout au long de l’intervention PM+, vous remettiez de l’ordre dans les pensées du bénéficiaire pour l’éduquer sur votre rôle. Dans une intervention PM+, nous encourageons les aidants à assimiler leur rôle à celui d’un enseignant (voir certaines autres métaphores à la fin de cette section). L’enseignant fournit l’information aux élèves et les aide à apprendre. Cependant, l’enseignant ne peut passer un examen à la place de l’élève ou lui dire ce qu’il doit écrire. Il ne peut l’aider qu’à préparer son examen autant que possible. Il appartient à l’élève d’être attentif en classe et d’étudier ses leçons pour avoir de bonnes notes à l’examen. L’élève est responsable en fin de compte. Bien que vous soyez adulte, il en est de même pour ce qui est de notre relation. Je vais vous apprendre des stratégies importantes et efficaces, mais en fin de compte, c’est à vous de les mettre en pratique. Je ne saurais le faire à votre place. Vous pouvez comparer votre vie de tous les jours à l’examen que doit passer un enfant. Vous serez responsable de la manière d’appliquer ces stratégies au quotidien. Néanmoins, je vais vous accompagner et vous aider à vous préparer pour le faire le mieux possible. De même, vous devez dire et rappeler au bénéficiaire que vous êtes tous les deux des «experts». Vous pouvez utiliser un exemple tiré du contexte local. Vous êtes « expert » en émotions et en matière de détection et de réduction du mal-être affectif. Quant au bénéficiaire, il est «expert» en sa propre vie dont vous ne saurez que très peu. Le bénéficiaire est aussi «l’expert» qui a le plus d’informations sur ses propres problèmes et la manière dont ils affectent sa vie. Le but est de joindre les deux expertises ensemble. Cela est important pour mettre le bénéficiaire en confiance et pour réfuter le mythe que votre travail consiste à «régler» les problèmes des bénéficiaires. 25 Autres métaphores pour expliquer la relation aidant- bénéficiaire • La métaphore de l’éducation pour adulte : l’intervention PM+ est semblable à l’apprentissage de nouvelles compétences à un adulte telles que l’utilisation d’un engin ou d’une technique agricole. L’enseignant donne toutes les informations pour que l’apprenant puisse utiliser le nouvel équipement ou la nouvelle stratégie. Mais, c’est à l’apprenant de faire fonctionner le nouvel équipement ou de mettre en œuvre la nouvelle stratégie dans son champ, en l’absence de l’enseignant. • La métaphore du médecin : même si le médecin fait de son mieux pour vous aider à guérir d’une maladie physique en vous donnant des recommandations de traitement, c’est le patient qui demeure responsable de son rétablissement. Il doit respecter les consignes de traitement, qui suppose d’éviter certains aliments, de prendre les médicaments prescris ou d’utiliser certains baumes. Le médecin ne fait pas toutes ces choses à la place du patient. Il lui apprend à appliquer au mieux ces instructions et le soutient. La même chose est valable pour l’aidant. Vous pouvez donner l’explication suivante : « Je vais vous donner des recommandations pour améliorer votre bien-être affectif et votre situation de vie. Je vais vous former à certaines stratégies et vous soutenir dans leur application, mais vous êtes vous-même responsable de leur mise en pratique dans votre vie quotidienne. » • La métaphore de l’en traineur de sport : le rôle d’un en traineur est d’enseigner l’athlète et de le soutenir dans son programme d’en trainement. Cependant, l’en traineur ne court pas à la place de l’athlète. Il appartient à celui-ci d’appliquer les instructions et les conseils que son en traineur lui a donnés à l’en trainement. C’est le même type de relation qui vous lie au bénéficiaire. Votre rôle est de lui apprendre les stratégies et de l’encadrer dans leur pratique au quotidien. Cependant, au final, c’est au bénéficiaire de les appliquer dans sa vie de tous les jours. Vous ne pouvez pas le faire à sa place. B. Le bénéficiaire réticent Au début, certains bénéficiaires hésiteront à vous parler. Cela est dû à plusieurs raisons dont : • le manque de confiance ; • le caractère tabou des problèmes de santé mentale ; • la prise en charge psychosociale n’est pas connue dans la culture du bénéficiaire ; • la méconnaissance ou la mauvaise perception de ce qu’est réellement l’intervention PM+ ; • la méconnaissance de votre rôle en tant qu’aidant ; • le bénéficiaire est forcé par un membre de sa famille à prendre part à une intervention PM+ ; • le bénéficiaire est embarrassée par les situations auxquelles il a été exposé ; • le bénéficiaire est embarrassé par sa manière de gérer ses difficultés ; • des questions liées au genre, notamment le fait de parler des choses intimes à une personne de sexe opposé ; • des sujets tabous touchant au sexe. Vous pouvez constater, qu’avec le temps, et à force d’utiliser régulièrement les techniques de conseil décrites dans ce manuel, certains bénéficiaires commenceront à se détendre et à s’ouvrir à vous. Cependant, d’autres peuvent continuer à être réticents et timides. En tant qu’aidant, il est important d’en parler à votre superviseur. Vous devez respecter que le bénéficiaire ne soit pas tout à fait prêt à s’ouvrir à vous au moment de recevoir les stratégies de PM+. Cela peut être dû à des raisons inconnues que vous pourriez ne jamais connaître. De tels bénéficiaires peuvent être difficiles à gérer dans la mesure où ils peuvent ne pas vous fournir suffisamment d’informations. Essayer d’encourager le bénéficiaire doucement et respectueusement à parler. Cependant, il ne faut jamais le mettre sous pression surtout quand il s’agit d’un bénéficiaire que vous suspectez être victime de violence sexuelle ou de torture. Il faut vous montrer disposé et prêt à l’écoute si le bénéficiaire désire partager avec vous des informations personnelles sur les situations de détresse qu’il a vécues, mais c’est à lui seul de décider. Si un bénéficiaire décide de ne plus parler d’un sujet, vous devez respecter sa décision pour préserver votre relation. CHAPITRE 3 COMPETENCES DE BASE RELATIVES A L’AIDE 26 PM+ : SOUTIEN PSYCHOSOCIAL INDIVIDUEL POUR ADULTES AFFECTÉS PAR LA DÉTRESSE DANS LES COMMUNAUTÉS EXPOSÉES À L’ADVERSITÉ Par exemple, vous pouvez dire : Je vois que cela vous dérange d’en parler et je vous comprends. Mais, au cas où vous voudriez en reparler, sachez que je suis prêt à vous écouter à tout moment. Parfois un bénéficiaire pourrait paraître en détresse en abordant un sujet particulier, sans qu’il ne dise ouvertement qu’il ne veut pas en parler. Dans ce cas, vous pouvez lui suggérer d’arrêter d’en parler s’il le souhaite. Certains bénéficiaires pourraient aussi croire qu’ils sont obligés de faire tout ce que vous leur demandez, y compris parler des sujets sensibles et personnels. Vous pouvez, par exemple, dire : Vous semblez très bouleversé lorsque vous parlez de ce sujet. Je veux bien vous écouter et vous aider à en parler, mais sachez que c’est à vous de décider de quoi nous allons parler. Si vous avez besoin de vous arrêter à n’importe quel moment ou si vous désirez ne pas évoquer un aspect particulier de l’histoire, cela est tout à fait normal. C. Le contact physique Dans certaines cultures, le contact physique, par exemple poser la main sur le genou d’un ami pour lui apporter du soutien, est très acceptable. Dans d’autres cultures, par contre, le contact physique n’est pas convenable. Vous devez connaître ces différences culturelles et tâcher de les respecter. D’une manière générale, nous vous recommandons d’éviter d’avoir un contact physique ou de toucher le bénéficiaire pour lui manifester votre du soutien. Cela vous permettra d’éviter tout malentendu lié à une mauvaise interprétation d’un tel contact et le sentiment de gêne qui pourrait en résulter. D. Le cadre Vous devez essayer de trouver un cadre privé et confortable pour mener vos séances de travail. Donnez au bénéficiaire la possibilité de choisir le cadre qui lui convient pour vos rencontres. Si un tel cadre n’est pas disponible, parlez-en au bénéficiaire et convenez d’une alternative. Cela veut dire que, parfois, lorsque vous ne pouvez pas garantir l’intimité, vous devez éviter d’aborder des sujets intimes. E. Managing your own distress Ecouter et travailler avec des personnes confrontées à une grande adversité peut être fatiguant et devenir même une source de détresse. Il n’est pas rare que des aidants soient affectés ou même accablés par les histoires d’adversité. Pour éviter de vous sentir vous-même accablé ou d’avoir des sentiments excessifs de détresse (ex. stress, mauvaise humeur, anxiété, colère, désespoir, etc.), vous devez penser à : • parler régulièrement à vos collègues et à votre superviseur. • planifier des pauses appropriées entre deux séances (la pause peut vous permettre de parler à vos collègues, de respirer lentement ou de faire quelque autre exercice relatif à la gestion du stress, ou bien d’exercer une activité que vous aimez). • solliciter de l’aide (ex. parlez à votre superviseur) si vous êtes en détresse ou si vous constatez que votre travail continue de vous hanter alors que vous êtes en train de faire autre chose (par exemple, vous pensez sans cesse à un bénéficiaire quand vous rentrez dormir). 27 Récits ou situations difficiles 1. Agressions sexuelles et autres formes de traumatismes touchant à l’intimité Aider des survivants de violence sexuelle ou d’autres formes de ce que nous qualifions ici de « traumatismes touchant à l’intimité » (ex. violence sexuelle, torture et violence domestique grave) nécessite plus de tact pour quatre raisons principales : 1. les survivants peuvent ne pas être en sécurité en mesure où les agressions peuvent se répéter ; 2. l’impact psychologique de ces événements est souvent extrêmement grave et horrible. Les survivants peuvent souffrir du stress traumatique et chercher à éviter tout ce qui leur rappellent l’événement ; 3. ces événements ont souvent trait à l’intimité et constituent des tabous de point de vue culturel, au point que les bénéficiaires ont du mal à en parler et à obtenir de l’aide ; 4. les survivants peuvent être victimes de stigmatisation et de rejet de la part de leur famille ou de leur communauté au cas où celles-ci sont au courant de leur expérience. Lorsque les survivants d’autres formes d’adversité partagent leurs expériences avec vous, ils se sentent souvent « validés » (en d’autres terme, vous leur montrez que vous comprenez qu’une expérience traumatique s’est produite). Mais les survivants des formes de traumatisme touchant à l’intimité n’ont presque jamais droit à cette validation, soit parce qu’ils ne veulent pas en parler, soit parce qu’ils sont forcés de se taire ou parce que, tout simplement, on ne les croit pas. Pire encore, leur dignité est davantage bafouée lorsque les gens tournent leur épreuve en dérision ou les en tiennent responsables. Tout rejet par la famille ou par la communauté est susceptible d’aggraver les souffrances de ces survivants (ex. la pauvreté). Dans nombre de sociétés, la situation peut empirer si ces personnes parlent ouvertement de cette violence sexuelle. Ainsi, en vous racontant leur traumatisme, ces bénéficiaires font preuve d’un grand courage. Vous devez, à votre tour, faire preuve de beaucoup de tact dans votre façon de réagir, la confidentialité étant de rigueur. Les besoins des survivants de violence sexuelle sont multiples. Ils sont susceptibles d’être confrontés à des problèmes sociaux, juridiques et de santé physique. Vous devez les informer des services et soutiens liés à ces autres besoins9. Ce manuel ne contient pas de stratégies psychothérapeutiques portant spécifiquement sur les traumatismes. Il vous offre plutôt des stratégies générales qui peuvent être fournies en toute sécurité par des aidants ayant reçu une brève formation. Dans nombre de cas, les bénéficiaires qui souffrent de ce genre de problèmes auront besoin de traitements plus approfondis qui se situent au-delà du champ d’action du présent manuel. De nombreux bénéficiaires peuvent ne pas vous révéler ces évènements vu leur nature intime et la stigmatisation éventuelle qui s’y rapporte. Chaque fois qu’un bénéficiaire décide de vous donner des informations relatives à une forme de traumatisme touchant à son intimité, il est très important de vous montrer disposé à écouter son histoire. Comme nous l’avons dit plus haut, c’est dû au fait que ces personnes n’ont pas souvent la chance de parler de leur histoire ni le droit de se faire valider. Dans nombre de communautés, les gens les accusent, à tort, d’être responsables des événements qu’elles ont vécus et ont par conséquent des pensées négatives à leur égard. Lorsqu’un bénéficiaire parle d’une forme de traumatisme qui se rapporte à son intimité, il est nécessaire que vous vous montriez sincèrement intéressé et de vous rappeler d’appliquer les stratégies de base relatives à l’aide. Cependant, ne vous précipitez pas à fournir des stratégies d’intervention. Le bénéficiaire peut ne pas considérer cela comme une validation. Les stratégies décrites dans ce manuel s’appliquent toujours, mais il est important que vous manifestiez du respect, que vous écoutiez et que vous appréciez le courage du bénéficiaire à vous raconter son histoire. Une façon de le faire est d’aller lentement pendant que le bénéficiaire vous raconte son histoire, en utilisant toutes les compétences de base évoquées plus tôt dans ce chapitre. Une fois que vous estimez que le bénéficiaire a été écouté avec respect et dignité, vous pouvez progressivement passer à un stade plus actif de l’aide et appliquer les stratégies proposées dans ce manuel (ex. Gestion du stress, ainsi de suite). CHAPITRE 3 COMPETENCES DE BASE RELATIVES A L’AIDE 9 Voir IASC (2015). Directives pour l’intégration des interventions liées aux violences sexo-spécifiques dans l’action humanitaire. Genève : IASC. 28 PM+ : SOUTIEN PSYCHOSOCIAL INDIVIDUEL POUR ADULTES AFFECTÉS PAR LA DÉTRESSE DANS LES COMMUNAUTÉS EXPOSÉES À L’ADVERSITÉ Que faire lorsque vous suspectez que le bénéficiaire a vécu une expérience d’agression sexuelle ? Parfois, vous pouvez avoir des informations (ex. des rumeurs au sein de la communauté) insinuant que le bénéficiaire a été victime d’une agression sexuelle, sans que ce dernier ne vous en parle pas durant la séance de travail. C’est un dilemme difficile à gérer. Il est important de ne pas présumer qu’il y a eu agression sexuelle. Sollicitez l’avis de votre superviseur dans ce cas. Lorsque vous soupçonnez que le bénéficiaire a été victime d’une agression sexuelle dans un passé récent et que vous vous faites du souci pour sa sécurité, vous pouvez juger qu’il vaut mieux lui en parler. Si vous vous décidez de le faire, faites-le avec douceur et respect. Vous pouvez par exemple dire : Il y a quelque chose dont je voudrais vous parler. Je n’ai pas du tout l’intention de vous mettre mal à l’aise ou de vous embarrasser. Mais je me fais du souci pour votre sécurité et je voudrais m’assurer que tout va bien. C’est à vous de voir si vous voulez m’en parler ou non, d’accord ? S’il vous plait, ne vous sentez pas obligé de parler de quelque chose qui vous dérange. J’ai peur que des gens aient récemment commis des actes à votre égard contre votre gré, et que vous couriez le risque que les mêmes actes se répètent. C’est quelque chose qui arrive à de beaucoup de femmes et d’hommes et ce n’est pas de leur faute. Je n’ai pas du tout l’intention de vous juger si cela vous est arrivé. Rappelez-vous, qu’outre mon superviseur, je n’en parlerai à personne si cela vous est arrivé. Si c’est le cas et si vous voulez bien en parler, je vous encourage à le faire. Ainsi, je serai en mesure de faire quelque chose pour vous aider à être en sécurité ou à vous remettre d’une expérience aussi horrible. Si vous pensez que l’agression sexuelle n’a pas eu lieu dans un passé récent (c’est-à-dire qu’elle a eu lieu il y a plusieurs années), il n’est peut-être pas nécessaire de l’évoquer. Toutefois, il peut être utile pour le bénéficiaire de savoir que vous êtes prêts à aborder ces sujets de façon confidentielle et sans jugement. Si vous le juger convenable, vous pouvez utiliser des exemples pour expliquer un problème courant (par exemple dans le cadre de la stratégie « Comprendre l’adversité ») ou pour expliquer comment une stratégie peut être utile (ex. Gérer le stress pour l’anxiété). En citant des exemples, choisissez ceux qui se rapportent à l’agression sexuelle. Cela peut constituer un message au bénéficiaire lui indiquant que vous êtes à l’aise de parler d’un sujet aussi difficile et tabou. Cela pourrait l’aider à s’ouvrir à vous plus tard au sujet de l’agression sexuelle. Dans tous les cas, vous devez respecter la décision du bénéficiaire de ne pas vous parler d’une agression sexuelle s’il ne le souhaite pas. 2. Les situations de conflit Dans les communautés confrontées à des conflits, les gens peuvent avoir peur des forces de sécurité, des groupes armés de l’opposition, des autorités et parfois d’autres personnes au sein même de leur communauté. Dans certains cas, vous pouvez sentir que le bénéficiaire a de la peine à vous faire confiance en tant qu’aidant. Il peut avoir beaucoup de peine à répondre aux questions pendant l’évaluation. Vous devez toujours respecter la décision du bénéficiaire de ne pas s’ouvrir à vous ou de ne pas partager des informations personnelles. Vous devez aussi vous attendre à ce que son histoire change avec le temps. Cela ne veut pas dire qu’il vous ment. Bâtir la confiance et utiliser les compétences de base à la relation d’aide sont deux choses importantes dans des situations de conflit. La supervision vous est particulièrement utile en pareilles circonstances. En particulier, il est nécessaire de parler de la manière que vous allez adopter pour présenter l’intervention PM+ à la communauté ainsi qu’aux bénéficiaires. Dans ce chapitre vous avez appris • Comment tenir compte des différences culturelles, linguistiques et du genre chez les bénéficiaires. • Les compétences de base relatives a l ‘aide pour bâtir des relations aidant-bénéficiaire solides. • Comment gérer et faire face aux problèmes et situations difficiles. 29 Chapitre 4 ÉVALUATIONS PM+ APPRENDRE Qu’allez-vous apprendre dans ce chapitre ? SÉANCE A quelle séance se rapporte ce chapitre ? FICHES D’ACTIVITÉ Quelles fiches d’activité correspondent a ce chapitre? • A propos des différentes évaluations • Comment mener les évaluations nécessaires • Comment évaluer et répondre aux bénéficiaires qui ont des plans de suicide dans un avenir immédiat. • Avant (pré-intervention) et après (post-intervention) l’intervention PM+, ainsi qu’au début de chaque séance (pendant l’intervention) • Réserver 60 minutes pour les évaluations pré-PM+ et 5 minutes pour l’évaluation en cours du PM+. • Tous les protocoles d’évaluation – Annexes A, B et C • Pensées suicidaires – Annexe D À quel moment devez-vous faire les évaluations ? Il existe trois types d’évaluation : 1) l’évaluation pré-PM+ : elle se fait avant le début de l’intervention de PM+ avec le bénéficiaire (Annexe A) 2) l’évaluation en cours de PM+ au début de chaque séance : il s’agit d’une brève évaluation servant à vérifier l’évolution du bénéficiaire (Annexe B) 3) l’évaluation post-PM+ : elle se fait quelques semaines après la fin de l’intervention PM+ avec le bénéficiaire (Annexe C). Vous pouvez aussi prendre des dispositions pour suivre le bénéficiaire plusieurs mois après la fin de l’intervention PM+. Cela est une bonne occasion pour vérifier son évolution. Vous pouvez choisir d’utiliser le même questionnaire d’évaluation contenu dans l’Annexe C pour guider ce suivi, tout comme vous pouvez adopter une approche moins formelle. Pourquoi faire une évaluation ? Il est important d’effectuer une évaluation avant l’intervention PM+. Elle vous donne la possibilité de : • rencontrer le bénéficiaire ; • écouter l’histoire du bénéficiaire ; • décider si le bénéficiaire est prêt et peut bénéficier de l’intervention PM+ ; • collecter des informations spécifiques concernant les problèmes pratiques et affectifs du bénéficiaire ce qui vous permet de vous préparer à l’intervention PM+. CHAPITRE 4 ÉVALUATIONS PM+ 30 PM+ : SOUTIEN PSYCHOSOCIAL INDIVIDUEL POUR ADULTES AFFECTÉS PAR LA DÉTRESSE DANS LES COMMUNAUTÉS EXPOSÉES À L’ADVERSITÉ Effectuer des évaluations pendant et après l’intervention PM+ vous aide à vérifier l’évolution du bénéficiaire et à mieux le soutenir dans son rétablissement affectif. Certains bénéficiaires ne s’améliorent pas immédiatement. Avoir cette information à partir des évaluations menées au début de chaque séance vous permettra, de même que votre superviseur, de trouver les meilleurs moyens d’améliorer les soins offerts. Comment mener une évaluation ? Les bons évaluateurs font toujours usage de leurs compétences de base relatives à l’aide. Assurez-vous d’utiliser les compétences décrites au chapitre 3 (compétences de bases relatives à l’aide) durant les évaluations. Certains points sont importants à prendre en compte sont : • Utiliser d’un langage simple et clair ; • S’exprimer d’une façon appropriée selon l’âge, le sexe, la culture et la langue du bénéficiaire ; • Avoir une attitude toujours accueillante, respectueuse et exempte de tout jugement ; • Avoir du tact dans les réactions aux informations intimes et de détresse (par exemple celles se rapportant à une agression sexuelle ou à des conduites auto-agressives). Étapes à suivre dans une évaluation 1. Se présenter. 2. Expliquer au bénéficiaire les raisons de l’évaluation et son déroulement. • Expliquer au bénéficiaire : – Que l’évaluation va permettre de savoir si l’intervention PM+ sera utile pour son type de problème ; – Demandez-lui de parler de certaines de ses difficultés ; – Posez-lui des questions spécifiques ayant trait à ses problèmes et à ses sentiments ; – Cela ne durera qu’une heure de temps. • Expliquer au bénéficiaire qu‘il ne doit pas se sentir obligé de partager ses informations personnelles si cela le gêne : – Je vais vous poser beaucoup de questions et j’espère que vous vous sentirez libre d’y répondre. Si certaines questions vous mettent mal à l’aise, dites-le-moi s’il vous plaît. Soyez libre de répondre uniquement aux questions qui ne vous dérangent pas. Je reconnais qu’il peut être difficile de parler de ses problèmes et expériences à une personne qu’on voit pour la première fois. 3. Parler de confidentialité au bénéficiaire. • Assurez-vous que les bénéficiaires comprennent quelles informations seront gardées confidentielles et à qui elles seront communiquées. – Toutes les informations doivent rester confidentielles à moins que le bénéficiaire ne vous autorise à les communiquer à quelqu’un d’autre. – Toutes les informations sont à communiquer à votre superviseur pour qu’il s’assure que le bénéficiaire est bien suivi et qu’il reçoit les meilleurs soins possibles. – Pendant l’évaluation ou l’intervention PM+, si vous soupçonnez que le bénéficiaire court un risque de suicide ou qu’il risque de faire du mal à quelqu’un d’autre, ou s’il vous parle de maltraitance d’enfants (ex. sévices corporels, abus sexuels ou négligence), vous devez en parlez à quelqu’un10, même sans le consentement du bénéficiaire. 10 Une réponse appropriée aux idées, plans ou tentatives de suicide dépendra des lois appliquées dans chaque pays et des ressources locales. Vous devez prendre cela en compte dans la phase d’adaptation. Dans tous les cas, vous devez immédiatement contacter vos superviseurs. 31 Avant de commencer aujourd’hui, je voudrais que vous sachiez que tout ce dont nous parlerons dans nos séances restera confidentiel. Je ne pourrai parler de vous ou de ce qui se passe dans ces séances ni à un membre de votre famille ni à toute autre personne sans votre consentement. Mais je voudrais aussi que vous sachiez que cette confidentialité a des limites. Si je constate que vous risquez de mettre fin à vos jours ou de faire du mal à quelqu’un d’autre, nous verrons ensemble comment faire pour assurer votre sécurité et celle des autres. Cela veut dire que je suis obligé d’en parler à mon superviseur pour essayer de vous apporter la meilleure aide possible (vous devrez adapter ces propos en fonction des lois de chaque pays). C’est parce que mon rôle est de prendre soin de votre bien-être et de votre sécurité. Je parlerai aussi régulièrement à mon superviseur de votre évolution. Ce superviseur a reçu une formation spéciale pour aider les personnes souffrant de problèmes émotionnels ; son rôle est de s’assurer que je vous accorde la meilleure attention. Est-ce que cela est clair, ou avez-vous des questions concernant la confidentialité ? 4. Donner des informations brèves sur l’intervention PM+. • Dites aux bénéficiaires que l’intervention PM+ : – peut aider les adultes qui ont des problèmes pratiques et émotionnels ; – est une intervention individuelle (qu’ils vous rencontreront personnellement) ; – A eu lieu une fois par semaine pendant cinq semaines. • Assurez-vous que le bénéficiaire comprenne ce que l’intervention PM+ n’est pas. – Les bénéficiaires ne recevront ni objets, ni argent, ni médicaments. • Soyez très honnête au sujet de ce que le bénéficiaire recevra ou ne recevra pas dans le cadre de l’intervention PM+. 5. Commencer l’évaluation. • Posez toutes les questions telles qu’elles figurent dans le protocole d’évaluation pré-PM+, y compris la version pré-intervention PSYCHLOPS (Annexe A). Évaluation avant le début des séances Au début de chaque séance, vous devez effectuer une évaluation PSYCHLOPS en cours d’intervention (Annexe B). Il s’agit d’un bref entretien de cinq à dix minutes qui vous donne une idée sur l’évolution du bénéficiaire. Vous pouvez utiliser les réponses du bénéficiaire à l’évaluation PSYCHLOPS pour parler davantage de la semaine écoulée et de ses exercices à la maison. CHAPITRE 4 ÉVALUATIONS PM+ 32 PM+ : SOUTIEN PSYCHOSOCIAL INDIVIDUEL POUR ADULTES AFFECTÉS PAR LA DÉTRESSE DANS LES COMMUNAUTÉS EXPOSÉES À L’ADVERSITÉ Surveillance des projets de suicide Lors de l’évaluation PSYCHLOPS hebdomadaire, vous surveillerez également les idées suicidaires de certains bénéficiaires soient : 1. les bénéficiaires qui présentent des idées suicidaires lors de l’évaluation pré-PM+ ; 2. les bénéficiaires dont l’humeur est très basse (dont le score est de 4 ou 5 à la question 1.4 de l’évaluation PSYCHLOPS, version « en cours d’intervention »). En surveillant les idées suicidaires des bénéficiaires, vous pouvez les aider à recevoir le type de soins dont ils ont besoin. Par exemple, un bénéficiaire qui pense à se suicider dans un avenir immédiat a urgemment besoin de soins pour assurer sa sécurité. En conséquent, l’intervention PM+ ne serait pas indiquée pour une telle personne en ce moment précis. De même, l’intervention PM+ n’est pas suffisante pour un bénéficiaire qui a tenté de se suicider en cours d’intervention, vu qu’il a besoin d’une aide plus spécialisée. L’intervention PM+ peut venir en aide aux bénéficiaires qui présentent des idées suicidaires mais qui ne projettent pas de passer à l’acte. Évaluation des pensées suicidaires11 Vous devrez poser au bénéficiaire des questions directes à propos du suicide tout au long de l’évaluation et de l’intervention. Vous devrez suivre les questions d’évaluation telles qu’elles sont écrites. Vous devrez aussi chercher à savoir si le bénéficiaire a un projet de suicide dans un avenir immédiat, et réagir en conséquence. Tout au long de l’intervention, vous devez surveiller les idées suicidaires du bénéficiaire lors de l’évaluation en cours d’intervention et réagir en conséquence pour le garder en sécurité. Plusieurs personnes évitent de poser des questions directes sur le suicide même lorsqu’elles soupçonnent que le bénéficiaire couve de telles idées. C’est souvent parce qu’on craint qu’en parlant de suicide, on risque de mettre l’idée de suicide dans l’esprit du bénéficiaire. On croit que si le bénéficiaire ne pensait pas au suicide, il pourrait le faire maintenant. Il s’agit là d’une croyance répandue mais erronée. Malheureusement, l’une des conséquences fâcheuses de garder le silence à propos du suicide est que le bénéficiaire qui souffre de ces idées restera seul et sans soutien. Donc, en tant qu’aidant, il est important que vous puissiez parler ouvertement de suicide pour montrer au bénéficiaire que vous n’êtes pas choqué par ce qu’il pourrait vous dire. Enfin, parce que le suicide est un sujet sensible, il est important de mettre vos croyances personnelles à ce sujet de côté et de dire très clairement au bénéficiaire que vous ne le jugez pas pour ses idées, ses plans ou ses tentatives antérieures. Cela peut être difficile. 11 Un guide dactylographié contenant les mêmes informations est également rendu disponible dans l’Annexe D. Les aidants sont encouragés à avoir des photocopies du dit guide pendant les séances pour pouvoir répondre de manière convenable aux bénéficiaires ayant des pensées ou des projets suicidaires. 33 Guide d’évaluation des idées suicidaires Posez des questions directes et claires • Posez les questions telles qu’elles figurent dans l’évaluation • Lorsque vous posez les questions sur le suicide, évitez d’utiliser des termes moins directs qui peuvent prêter à équivoque. • Les questions directes aident les bénéficiaires à comprendre que vous ne les jugez pas sur leurs idées, plans ou tentatives de suicide. • Certains bénéficiaires peuvent ne pas être à l’aise de parler de suicide avec vous, mais vous devez leur dire que cela est important pour pouvoir mieux comprendre leur état de sécurité. • Poser des questions sur le suicide à un bénéficiaire ne va pas lui mettre des idées suicidaires dans l’esprit s’il n’y avait pas pensé auparavant. Répondre à un bénéficiaire qui a en projet de mettre fin à ses jours dans un avenir immédiat. • Informez toujours votre superviseur. • Créez un environnement sûr et favorable. • Supprimez, si possible, tous les moyens de se faire du mal. • Ne laissez pas le bénéficiaire seul. Demandez au personnel soignant ou un membre de la famille de rester avec lui tout le temps. • Si possible, placez le bénéficiaire dans une pièce calme à part pendant l’attente. • Faites usage de vos compétences de base relatives à l’aide pour prendre soin de l’état mental et de la détresse psychologique du bénéficiaire. Difficultés rencontrées pendant l’évaluation Les scénarios ci-dessous peuvent vous aider à gérer les bénéficiaires qui ont besoin d’une attention supplémentaire au cours de l’évaluation. 1. Lorsqu’un bénéficiaire est timide ou réticent à donner des informations Il est important de respecter le bénéficiaire à tout moment. S’il a l’air anxieux ou s’il n’est pas prêt à donner des informations, ne le mettez pas sous pression pour vous fournir des informations personnelles. Il peut aussi être important de faire savoir au bénéficiaire au début de l’évaluation qu’il n’est pas obligé de répondre à vos questions. Il est nécessaire que le bénéficiaire se sente maître de la séance et non pas obligé de fournir des informations s’il n’est pas prêt à le faire. Si vous n’êtes pas prêt à répondre à une question que je vous pose, ne vous sentez pas obligé de le faire. Dites-moi uniquement ce que vous êtes prêts à discuter. CHAPITRE 4 ÉVALUATIONS PM+ 34 PM+ : SOUTIEN PSYCHOSOCIAL INDIVIDUEL POUR ADULTES AFFECTÉS PAR LA DÉTRESSE DANS LES COMMUNAUTÉS EXPOSÉES À L’ADVERSITÉ 2. Lorsque vous voulez interrompre un bénéficiaire qui parle Il arrivera des moments où vous devez recadrer un bénéficiaire qui s’étale sur un sujet qui ne se rapporte pas à l’évaluation, ou au cas où vous devez obtenir une information précise que vous n’avez pas encore pu obtenir. Vous devez vous montrer chaleureux en invitant le bénéficiaire à passer à autre chose. Voici un exemple de dialogue qui propose comment vous pourriez changer de sujet avec tact. Il paraît que vous faites face à beaucoup de difficultés en ce moment. Cependant, une chose que je souhaiterai aborder le plus pour le moment est (posez la question suivante)… Parfois, vous serez amené à être un peu plus direct, surtout si vous êtes à court de temps. Cependant, il est toujours important de parler au bénéficiaire avec bienveillance et attention. Par exemple : Cela est très intéressant, mais je ne voudrais pas que nous soyons en retard. J’ai encore quelques questions à vous poser. Voulez-vous qu’on en parle maintenant ? Après, si nous avons encore du temps, nous pourrions revenir sur ces autres préoccupations que vous avez. Dans ce chapitre vous avez appris • Au sujet de chacune des différentes évaluations que vous aurez à mener. • Comment mener une évaluation psychologique. • Comment suivre et réagir face aux bénéficiaires ayant un projet de suicide dans avenir immédiat. 35 Chapitre 5 COMPRENDRE L’ADVERSITÉ ET L’INTERVENTION PM+ APPRENDRE Qu’allez-vous apprendre dans ce chapitre ? SÉANCE À quelle séance se rapporte ce chapitre ? FICHES D’ACTIVITÉ Quelles fiches d’activité correspondent a ce chapitre ? • Comment motiver les bénéficiaires à prendre part à l’intervention PM+ • Comment informer les bénéficiaires sur les réactions courantes face à l’adversité • Séance 1 • Consacrer 20 minutes à la question « Qu’est-ce que l’intervention PM+?» • Consacrer 30 minutes à la quesion « Qu’est-ce que l’adversité ? » • « Tableau des raisons bonnes et moins bonnes» (exemple au Chapitre 5) Aider le bénéficiaire à comprendre et à participer à l’intervention PM+ Vous devez donner au bénéficiaire un bref aperçu sur l’intervention et sur ce que vous attendez d’elle. Il est essentiel que vous soyez chaleureux dans votre prestation pour ne pas paraître strict ou dominant, surtout lorsque vous parlez au bénéficiaire de l’importance de sa participation. Cependant, vous devez souligner au bénéficiaire l’importance de sa participation à l’intervention et que celle-ci ne peut être efficace que s’il se présente aux séances et en profite au maximum. Dans l’intervention PM+, nous allons travailler ensemble pour apprendre quelques stratégies qui peuvent vous aider à surmonter les difficultés dont vous m’avez parlé aujourd’hui. Cela se passera au cours de cinq séances, dont celle d’aujourd’hui. Nous aurons une séance de 90 minutes par semaine. Au cours de ces séances, je vous apprendrai plusieurs stratégies et nous aurons le temps de les mettre en pratique. Entre nos rencontres, je vous encouragerai à mettre en pratique ces stratégies pour commencer à changer les problèmes dans votre vie et apprendre comment devenir votre propre aidant. Ces stratégies que je vous apprendrai vous aideront à réduire et à gérer les problèmes qui vous causent le plus de votre détresse comme vous me l’avez dit (dites quels sont ces problèmes). Je vous apprendrai des stratégies qui vous aideront à gérer des problèmes pratiques, améliorer votre activité, réduire vos sentiments de stress et d’anxiété et améliorer le soutien autour de vous. Chacune de ces stratégies a été prouvée extrêmement utiles pour les personnes dans une situation similaire à la vôtre. L’intervention sera plus efficace si vous prenez part à toutes les séances pendant les quelques semaines à venir. Je comprends cependant que vous puissiez avoir des difficultés à participer aux séances si vous êtes anxieux ou déprimé ou encore en mauvaise santé, ou si vous faites face à des contraintes familiales ou communautaires. J’aimerais conclure un CHAPITRE 5 COMPRENDRE L’ADVERSITÉ ET L’INTERVENTION PM+ 36 PM+ : SOUTIEN PSYCHOSOCIAL INDIVIDUEL POUR ADULTES AFFECTÉS PAR LA DÉTRESSE DANS LES COMMUNAUTÉS EXPOSÉES À L’ADVERSITÉ accord avec vous : vous me parlerez d’une telle difficulté12, au lieu de ne pas vous présenter ou de manquer à une séance. Je le dis parce que je voudrais que vous puissiez tirer le meilleur avantage du temps que nous passerons ensemble. Je ne veux pas que vous vous sentiez gêné de me parler de vos problèmes au cours des séances à venir. Je ne me fâcherai pas ni ne me mettrai en colère. Vous êtes d’accord avec moi ? Y a-t-il des difficultés à ce que vous preniez part à toutes les séances ? (Si le bénéficiaire mentionne avoir des difficultés à venir à toutes les séances, consacrez quelque temps à la gestion de ces difficultés, par exemple choisissez un meilleur endroit, un meilleur moment, un autre jour, etc.). Les raisons bonnes et moins bonnes de participer à une intervention PM+ Posez au bénéficiaire une ou deux questions tirées du tableau ci-dessous. Cela lui permettra de réfléchir aux bonnes raisons de participer à une intervention PM+. La conversation devrait durer 10 à 15 minutes, au maximum. Si le bénéficiaire sait lire et écrire, vous pouvez inscrire ses réponses dans un tableau (que vous aurez tracé sur une feuille de papier) et lui remettre le tableau, une fois rempli, pour qu’il le garde. Pour les bénéficiaires qui ne savent pas lire, vous pouvez toujours inscrire leurs réponses dans un tableau et garder le document pour en discuter avec votre superviseur. Après avoir posé ces questions, résumez les réponses du bénéficiaire en soulignant les raisons pour lesquelles il estime que l’intervention PM+ lui sera bénéfique. Si le bénéficiaire n’est toujours pas sûr de vouloir prendre part à l’intervention PM+, consacrez plus de temps pour parler de ses préoccupations. Certaines de ces préoccupations pourraient effectivement être des croyances erronées que vous pouvez facilement traiter. Pour d’autres bénéficiaires, il peut être évident que la participation à l’intervention PM+ en ce moment serait très contraignante et pourrait leur causer d’autres problèmes (ex. s’éloigner de leurs enfants ou du travail, ou avoir beaucoup d’engagements au sein de la communauté ce qui rend leur participation à une intervention PM+ une source supplémentaire de stress) Au cours de l’intervention, la motivation du bénéficiaire peut changer. À tout moment, vous pouvez vous référer à ce tableau pour parler des raisons (bonnes et moins bonnes) de poursuivre l’intervention PM+. Le bénéficiaire ne doit pas se sentir jugé ni coupable au cas où il décide de ne pas s’engager dans une intervention PM+. Vous devez l’encourager à vous contacter à nouveau s’il venait à changer d’avis plus tard. Le fait d’avoir refusé une fois ne signifie pas qu’il ne peut pas revenir. 12 Vous devrez adapter les moyens par lesquels le bénéficiaire vous contactera en fonction du contexte local. Par exemple, si le bénéficiaire n’a pas la possibilité de vous appeler au téléphone, vous devrez prendre d’autres dispositions. 37 Les raisons bonnes pour participer à une inter- vention PM+ (avantages) Les raisons moins bonnes pour participer à une intervention PM+ (inconvénients) « Beaucoup de personnes ont bénéficié de cette intervention.» « Je sais aussi que cela peut être difficile pour certaines personnes de participer à une intervention comme celle-ci. » • Que pensez-vous pouvoir personnellement tirer d’une intervention PM+ ? • En quoi votre vie pourrait-elle s’améliorer si vous vous engagiez dans une intervention PM+ ? • Que pensez-vous pouvoir faire que vous ne pouvez faire à présent ? – Les tâches ménagères (ex. ménage, cuisine) – Les soins personnels (ex. se lever du lit, prendre son bain, s’habiller) – Les activités récréatives (ex. passer du temps avec des amis, broderies, élevage de volaille) • Si vos problèmes affectifs diminuent, comment cela peut-il positivement influencer d’autres aspects de votre vie ? – Ex. vos relations, votre travail, vos autres occupations • A quoi ressemblerait votre quotidien si votre bien-être affectif s’améliorait ? • Citez quelques problèmes qui vous empêcheraient de vous engager dans une intervention PM+ • A quoi devriez-vous renoncer ou perdre si vous vous engagiez dans une intervention PM+ ? • L’intervention PM+ réduira-elle le temps que vous passez avec votre famille ? • L’intervention vous empêchera-t-elle de consacrer du temps à d’autres obligations importantes ? Exemples: • Le PM+ prendra du temps consacré aux travaux ménagers • Vous serez emmené à demander à quelqu’un de prendre soin des enfants • L’intervention prendra du temps des travaux occasionnels • Vous devrez renoncer à un temps personnel • Vous devrez parcourir une longue distance pour assister aux séances de PM+ Autres utilisations du tableau des «raisons bonnes et moins bonnes » : répondre aux idées suicidaires Pendant l’intervention PM+, certains bénéficiaires pourraient penser à mettre un terme à leur vie, mais sans avoir un projet de passer à l’acte dans un avenir proche. Le tableau des « raisons bonnes et moins bonnes» est un bon moyen d’amener les bénéficiaires qui présentent des idées suicidaires à réfléchir aux raisons de rester en vie. Vous pouvez utiliser ce tableau de la même manière, mais en mettant l’accent sur les raisons de vivre et les raisons de ne pas vivre. Votre travail sera d’amener doucement le bénéficiaire à trouver des raisons importantes pour rester en vie et de se rendre compte que les raisons qui lui donnent envie de mourir ne sont que temporaires pour la plupart (ex. leur état de dépression, qui leur donne envie de mourir, peut s’améliorer). Commencez par demander au bénéficiaire de citer les raisons qui le poussent à penser qu’il serait mieux de mourir. Ensuite, parlez des raisons qui le poussent à vivre – voir les quelques exemples suivants : • Qu’est-ce qui vous maintient en vie en ce moment ? • Y a-t-il des membres de votre famille ou des amis pour lesquels vous restez en vie ? • Y a-t-il des choses agréables que vous avez aimées au cours de votre vie ? Récemment ? Il y a longtemps ? • Vous êtes-vous toujours senti ainsi ? Sinon, qu’est-ce que vous aviez l’habitude d’apprécier dans votre vie ? • Quelques espoirs nourrissez-vous pour l’avenir ? (Aidez le bénéficiaire à penser à résoudre ses problèmes pratiques, à réduire ses problèmes affectifs, etc.). • Et si vous n’aviez pas ces problèmes que vous connaissez en ce moment, cela changerait-il votre idée de ne pas vouloir rester en vie ? CHAPITRE 5 COMPRENDRE L’ADVERSITÉ ET L’INTERVENTION PM+ 38 PM+ : SOUTIEN PSYCHOSOCIAL INDIVIDUEL POUR ADULTES AFFECTÉS PAR LA DÉTRESSE DANS LES COMMUNAUTÉS EXPOSÉES À L’ADVERSITÉ • L’intervention PM+ vise à vous aider à mieux gérer et à réduire ces problèmes. Si vous restiez engagé dans cette intervention et si ces problèmes diminuaient, cela serait-il une bonne raison pour vous de rester en vie ? Après avoir écouté les réponses du bénéficiaire, résumez ses principales raisons de vivre et de mourir, en mettant l’accent sur les raisons de vivre. Vous pouvez répéter les raisons pour lesquelles le bénéficiaire pense que l’intervention PM+ lui sera utile. Ce conseil est valable pour les bénéficiaires qui n’ont pas un projet immédiat de suicide. Pour les bénéficiaires qui ont de tels projets, vous devez en informer votre superviseur et prendre immédiatement un certain nombre de mesures. Par exemple, créer un environnement sûr et favorable ; supprimer, si possible, les moyens de se faire du mal ; ne pas laisser le bénéficiaire seul ; toujours garder le bénéficiaire en présence du personnel soignant ou d’un membre de la famille ; si possible, placer le bénéficiaire dans une pièce à part durant l’attente ; prendre soin de l’état mental et de la détresse psychologique du bénéficiaire à l’aide de vos compétences de base relatives à l’aide. Comprendre l’adversité Cette partie de la séance est une occasion pour le bénéficiaire de savoir plus sur les réactions courantes des personnes qui vivent dans des communautés exposées à l’adversité. L’accent est mis sur la normalisation des réactions du bénéficiaire face à un contexte de difficultés et de stress. Il s’agit de faire comprendre au bénéficiaire que ses réactions sont compréhensibles et ne sont pas un signe de folie ou de faiblesse. En donnant des informations sur l’adversité au bénéficiaire, vous pouvez inclure des exemples de problèmes pratiques et émotionnels qui sont plus pertinents pour le bénéficiaire que ceux mentionnés dans le dialogue. Vos exemples peuvent se rapporter à des personnes avec qui vous avez déjà utilisé l’intervention PM+ et qui avaient des problèmes similaires (sans mentionner leurs noms). Les exemples peuvent aussi être tirés de votre connaissance des problèmes courants et des stratégies utilisées pour les résoudre. Je voudrais à présent vous parler pendant quelque temps des raisons qui pourraient expliquer les problèmes dont nous venons de parler et comment cette intervention peut vous aider à gérer et à surmonter ce type de problèmes. Lorsqu’on vit dans des conditions difficiles et qu’on est confronté à des situations stressantes, la plupart des personnes éprouvent généralement différents types d’émotions : une peur intense, du chagrin, une tristesse extrême et un désespoir excessif. Certaines personnes disent même ne ressentir aucune émotion ou se sentent engourdies. Les sentiments que vous avez décrits tels que (énumérez quelques émotions principales citées par le bénéficiaire) sont très courants. Il y a une raison pour laquelle les gens réagissent de cette façon. Notre corps est fait pour nous maintenir en vie dans des situations dangereuses. Lorsque nous pensons que nous sommes en danger, notre corps réagit en se mettant en état d’alerte maximale – pour que nous fassions attention au danger pour l’éviter. Notre cœur peut battre très vite, notre respiration peut s’accélérer, nous pouvons être tendus, etc. Ces réactions nous aident à nous enfuir ou à nous battre si nécessaire. Pour plusieurs, ces problèmes et ces réactions disparaissent avec le temps. Mais pour d’autres, ces sentiments persistent et les rendent incapables de faire ce qu’ils ont à faire dans leur vie quotidienne, tels que les tâches à la maison ou au travail. Par exemple, des sentiments prolongés de chagrin profond peuvent amener certaines personnes à s’isoler de leur famille et de leur communauté. Les sentiments de désespoir peuvent rendre une personne incapable d’accomplir les tâches nécessaires à sa survie. (Donner si possible un exemple décrivant comment les problèmes ont entraîné des difficultés dans la vie d’un bénéficiaire). Ou bien, comme vous l’avez décrit, …. Dans chacun de ces exemples, on constate que ces sentiments peuvent causer des perturbations majeures dans notre vie. Dans l’intervention PM+, nous avons des stratégies qui vous aident à mieux vous sentir. J’espère que les stratégies que je vais vous enseigner au cours des prochaines semaines seront suffisantes pour vous aider à mieux vous sentir. 39 La première information à retenir aujourd’hui est que plusieurs personnes dans votre situation éprouvent beaucoup de difficultés affectives et pratiques. Les problèmes que vous avez ne sont pas un signe de faiblesse de votre part, et vous n’êtes pas responsable de ce que vous endurez. En fait, avoir survécu à des situations très difficiles montre à quel point vous êtes remarquable. Cela demande beaucoup de courage de votre part d’avoir décidé de me parler de vos expériences. Je crois que cela est important pour vous aider à améliorer votre propre vie. Cela est également important pour la vie et l’avenir de votre famille et de votre communauté. En vous engageant pleinement dans cette intervention, vous pouvez vous attendre à vous sentir mieux et à être capable de participer pleinement, de nouveau, à votre vie de familiale et communautaire. Dans ce chapitre vous avez appris • Comment évaluer et améliorer la motivation d’un bénéficiaire à s’engager dans une intervention PM+. • D’autres utilisations du tableau des « raisons bonnes et moins bonnes ». • Comment communiquer aux bénéficiaires des informations relatives aux réactions courantes à l’adversité et comment normaliser leurs propres réactions. CHAPITRE 5 COMPRENDRE L’ADVERSITÉ ET L’INTERVENTION PM+ 40 PM+ : SOUTIEN PSYCHOSOCIAL INDIVIDUEL POUR ADULTES AFFECTÉS PAR LA DÉTRESSE DANS LES COMMUNAUTÉS EXPOSÉES À L’ADVERSITÉ Chapitre 6 GÉRER LE STRESS APPRENDRE Qu’allez-vous apprendre dans ce chapitre ? SÉANCES À quelles séances se rapporte ce chapitre ? FICHES D’ACTIVITÉ Quelle fiches d’activité correspondent a ce chapitre ? • Le but de la gestion du stress • La technique de la gestion du stress dans une intervention PM+ : respiration lente • Comment parler de la respiration lente au bénéficiaire • Comment enseigner la respiration lente au bénéficiaire • Séances 1 à 4 • Consacrer environ 20 minutes à la présentation de la stratégie • Réserver 10 minutes pour la pratique à la fin des séances 2 à 4 • Fiche intitulée Gérer le stress – Annexe E Contexte La respiration lente est une stratégie de base pour la relaxation ou la gestion des symptômes physiques de stress et d’anxiété. Lorsqu’on est stressé ou anxieux, notre réponse physique naturelle est l’accélération de notre respiration qui se produit au niveau de la poitrine et devient moins profonde. Ce changement peut être très subtil au point de passer inaperçu. Mais nous pouvons remarquer les effets secondaires de ce changement de respiration, notamment avec l’apparition de maux de tête, des douleurs dans la poitrine, de la fatigue, des vertiges, ainsi de suite. En ralentissant le rythme de la respiration et en respirant à partir de l’estomac au lieu de la poitrine, nous envoyons un message au cerveau que nous sommes détendus et calmes. Ensuite, le cerveau transmet ce message au reste du corps, notamment les muscles et le cœur, et tout le corps se met alors à se détendre. Il est important pour le bénéficiaire d’être dans un état relativement calme et détendu, notamment au moment de prendre des décisions importantes ou lorsqu’il fait face à des situations difficiles. Impliquer la famille ou les amis Souvenez-vous que si un bénéficiaire souhaite qu’un membre de sa famille ou un ami soit présent à l’introduction de la stratégie « Gérer le stress », vous devez l’inclure. 41 Introduction de la respiration lente Le dialogue qui suit vous aide à expliquer au bénéficiaire le but de la respiration lente. Quand l’occasion se présente, ajoutez-y des informations pertinentes aux problèmes affrontés par le bénéficiaire (par exemple, des problèmes physiques spécifiques, en évoquant les moments où il a été extrêmement stressé ou anxieux). Cela donnera plus de sens à vos instructions. Avant que le bénéficiaire ne commence à se concentrer sur sa respiration, emmenez-le à se détendre le corps un peu. Cela est surtout important pour les bénéficiaires qui ont l’air tendus. Pour ce faire, vous pouvez demander au bénéficiaire de se détendre le corps et les muscles en secouant les bras et les jambes, pour les rendre plus souples et relâchés. Le bénéficiaire peut aussi se rouler les épaules de l’avant vers l’arrière ou balancer la tête de côté et d’autre. L’idéal serait d’aider le bénéficiaire à respirer entre 10 et 12 fois par minute. Nous utilisons une stratégie de décompte de base pour aider les bénéficiaires à ralentir leur respiration – trois secondes pour inspirer et trois secondes pour expirer. Si le bénéficiaire devient plus stressé par le fait même de compter, cet exercice ne servira à rien. Dans ce cas, essayez juste d’encourager le bénéficiaire à respirer lentement. Nombre de personnes exposées à l’adversité, au danger et à des événements stressants de la vie se plaignent d’être accablées par le stress et l’anxiété. Pour certaines d’entre elles, cela peut se traduire par des idées stressantes en permanence, tandis que d’autres peuvent ressentir le stress et l’anxiété au plan purement physique. Elles peuvent se sentir toujours tendues ou nerveuses, avoir une respiration trop rapide ou le cœur qui bat beaucoup plus vite que d’habitude. Si vous éprouvez l’une de ces sensations, il faut tout d’abord savoir que votre corps n’est pas en danger. En effet, votre corps a été conçu pour cela. Lorsque votre vie est véritablement en péril, ces réactions physiques sont destinées à vous aider à y faire face. En d’autres termes, vous pouvez soit vous enfuir très vite, soit riposter. Malheureusement, ces sensations physiques sont très désagréables et ne vous sont pas utiles lorsque votre vie n’est pas menacée. Elles peuvent être un peu comme un ressort ou une spirale. Avec le temps, le ressort devient de plus en plus rigide et cela devient désagréable. La stratégie que je vais vous enseigner aujourd’hui va vous aider à relâcher cette spirale rigide. Cela peut ne pas se produire tout de suite, mais avec beaucoup d’exercices, le ressort va progressivement se relâcher jusqu’à ce que vous vous sentiez plus détendu et calme. Je vais vous apprendre à respirer d’une manière qui va vous détendre le corps et l’esprit. Il vous faudra vous exercer avant d’en ressentir véritablement les effets positifs. Donc, nous allons faire ces exercices à la fin de chaque séance. La raison pour laquelle cette stratégie se centre sur la respiration est que, lorsqu’on est stressé, notre respiration est plus courte et plus rapide. Cela provoque d’autres sensations désagréables que j’ai citées plus tôt à l’instar de la tension. Pour arrêter cette sensation de tension, il faut changer le rythme de votre respiration. Avant de commencer, je vais vous relaxer le corps un peu. Secouez vos bras et vos jambes et rendez-les souples et relâchés. Roulez vos épaules de l’avant vers l’arrière et balancez la tête de côté et d’autre. Maintenant, placez vos mains sur votre ventre et imaginez-vous avec un ballon entre les mains à la place du ventre. Lorsque vous inspirez, vous allez souffler dans ce ballon et faire gonfler votre ventre. Et lorsque vous expirez, l’air contenu dans le ballon va sortir de votre ventre. (Matérialisez votre respiration à partir de votre ventre – essayez de pousser le ventre au maximum en inspirant et en expirant. Faites ceci pour au moins cinq respirations.) Très bien. A présent, vous allez essayer de respirer avec moi à partir du ventre. Rappelez-vous que nous commençons par expirer jusqu’à ce que tout l’air soit sorti, puis nous inspirons. Si c’est possible, essayez d’inspirer par le nez et d’expirer par la bouche. (Pratiquez-le avec le bénéficiaire pendant au moins deux minutes.) Parfait ! Maintenant, la deuxième étape est de ralentir le rythme de votre respiration. Nous allons prendre trois secondes pour inspirer et trois secondes pour expirer. Je vais faire le décompte pour vous. CHAPITRE 6 GÉRER LE STRESS 42 PM+ : SOUTIEN PSYCHOSOCIAL INDIVIDUEL POUR ADULTES AFFECTÉS PAR LA DÉTRESSE DANS LES COMMUNAUTÉS EXPOSÉES À L’ADVERSITÉ C’est bon ? Alors on inspire… un… deux… trois. On expire… un… deux… trois. Avez-vous constaté que je compte lentement ? (Répétez cet exercice pour environ deux minutes). C’est bon. Maintenant, lorsque vous le faites seul, ne vous souciez pas d’essayer de suivre exactement les trois secondes. Essayez seulement, autant que possible, de ralentir votre respiration en vous rappelant que lorsque vous êtes stressé, votre respiration va s’accélérer. A présent, vous allez le faire tout seul pendant quelques minutes. Laissez le bénéficiaire s’exercer tout seul pour environ deux minutes en essayant de ralentir sa respiration. Essayez de compter son inspiration et son expiration pour pouvoir en juger du rythme. Après cela, prenez quelque temps pour parler de ses difficultés. Très bien. Alors, comment vous avez trouvé cela en essayant tout seul ? Vous a-t-il été difficile d’essayer de maintenir votre respiration à un rythme moins rapide ? Encouragez le bénéficiaire à pratiquer cette stratégie régulièrement, mais aussi à la pratiquer dans les moments de stress et d’anxiété. Vous devez terminer chaque séance par la gestion du stress, mais vous pourriez également décider de l’appliquer si vous constatez que le bénéficiaire devient stressé et anxieux en cours de séance. Dans de situations pareilles, demandez au bénéficiaire s’il se sent anxieux et stressé et s’il préfère arrêter la conversation pour pratiquer ensemble la gestion du stress. Demandez-lui s’il préfère le faire tout seul ou avec votre aide (c’est-à-dire en comptant la respiration). Donnez au bénéficiaire la fiche sur la gestion du stress (Annexe E) pour qu’il se rappelle comment pratiquer la stratégie entre deux séances. 43 Problèmes liés aux exercices de respiration lente Le bénéficiaire peut être confronté à un certain nombre de difficultés en essayant de pratiquer la respiration lente tout seul. Le tableau ci-dessous présente la liste des problèmes courants. Parlez toujours à votre superviseur de la manière de gérer les difficultés ou des plaintes du bénéficiaire lors de la pratique de cette stratégie. Problème Solution Le bénéficiaire est trop préoccupé à respirer correctement, c’est-à-dire maintenir les trois secondes pour l’inspiration et l’expiration, et respirer par le ventre. • Demandez au bénéficiaire de ne pas se soucier d’appliquer les instructions à la lettre. • Aidez le bénéficiaire à comprendre que le but principal est simplement de ralentir sa respiration de la manière qui lui convient, même s’il ne respecte pas le décompte des trois secondes ou même s’il ne respire pas par le ventre. • Une fois qu’il a maitrisé comment ralentir sa respiration, il peut essayer de suivre le décompte ou de respirer par le ventre. Le bénéficiaire ne parvient pas à ralentir sa respiration au moment où son anxiété ou son stress est au maximum. • Dites au bénéficiaire que cela est très difficile à faire pour n’importe qui au début, même pour un aidant. • Prenez du temps pour aider le bénéficiaire à détecter les signes précurseurs de l’anxiété ou du stress, afin qu’il commence à ralentir sa respiration plus tôt. • Si cela s’avère trop difficile, aidez-le à fixer des moments précis durant la journée pour pratiquer la respiration lente, afin d’apprendre à le faire avant de devenir trop anxieux. Se concentrer sur la respiration entraîne une accélération de la respiration du bénéficiaire et le rend plus anxieux. • Aidez le bénéficiaire à se concentrer sur le bruit d’une horloge et à respirer en fonction plutôt que de se concentrer uniquement sur sa respiration (ça peut aussi être le rythme d’une musique). Le bénéficiaire peut ressentir de l’étourdissement ou du vertige, ou bien avoir l’impression de perdre ses forces. • Rappelez au bénéficiaire que ces sensations sont normales et qu’il ne s’agit pas d’une perte des forces. • Encouragez-le à s’occuper seulement d’expirer tout l’air contenu dans ses poumons et d’inspirer naturellement. • Par la suite, il peut se concentrer à nouveau sur l’ensemble du processus de respiration (inspiration et expiration). Dans ce chapitre vous avez appris • Pourquoi gérer le stress est une stratégie importante. • Qui bénéficie de cette stratégie • Comment parler de la respiration lente au bénéficiaire. • Comment enseigner la gestion du stress au bénéficiaire. CHAPITRE 6 GÉRER LE STRESS 44 PM+ : SOUTIEN PSYCHOSOCIAL INDIVIDUEL POUR ADULTES AFFECTÉS PAR LA DÉTRESSE DANS LES COMMUNAUTÉS EXPOSÉES À L’ADVERSITÉ Chapitre 7 GESTION DES PROBLÈMES APPRENDRE Qu’allez-vous apprendre dans ce chapitre? SÉANCE À quel séance ce chapitre se rapporte-t-il? FICHES D’ACTIVITÉ Quelles fiches d’activité correspondent a ce chapitre? • Types de problèmes couverts par cette stratégie. • Étapes à suivre pour la gestion des problèmes, études de cas. • Travailler en la présence de difficultés (ex. bénéficiaire qui propose des solutions inefficaces, bénéficiaire qui se sent désespéré) et éviter de donner des conseils. • Séances 2 à 4 • Consacrer 70 minutes de la séance 2 à présenter la stratégie. • Consacrer 20 à 35 minutes à la révision au cours des séances suivantes (voir le diagramme pour les horaires spécifiques) • Fiche sur la gestion des problèmes – Annexe E • Chronogramme des activités – Annexe E Contexte L’adversité peut réduire les capacités de bien réagir aux problèmes concrets. Les gens peuvent se sentir impuissants ou incapables d’avoir la confiance nécessaire pour gérer leurs problèmes. Les sentiments d’anxiété ou de chagrin peuvent aussi les empêcher de gérer leurs problèmes pratiques de manière efficace. La gestion des problèmes est une stratégie structurée qui vise à améliorer la capacité des bénéficiaires à résoudre et à gérer des problèmes concrets. Vous devez prendre environ 70 minutes de la séance 2 à enseigner cette stratégie au bénéficiaire tout en l’appliquant à son problème spécifique (généralement celui qui lui cause le plus de détresse). Étapes à suivre pour la gestion des problèmes La gestion des problèmes passe par plusieurs étapes expliquées en détail ci-dessous. Expliquez chaque étape au bénéficiaire quand vous travaillez sur un problème bien identifié. Vous pouvez lui montrer la fiche sur la gestion des problèmes pour l’aider à mieux comprendre l’explication. 45 1. Énumérer les problèmes Lors de l’évaluation PSYCHLOPS, vous avez demandé au bénéficiaire de citer deux préoccupations. Durant la première étape de la gestion des problèmes vous devez passer en revue de ces préoccupations, demander au bénéficiaire s’il en a d’autres et juger s’il s’agit de problèmes qui peuvent être résolus, de problèmes insolubles ou de problèmes sans importance.13 Parlez tout d’abord au bénéficiaire des problèmes qui sont importants et susceptibles d’être résolus. En d’autres termes, est-ce que le bénéficiaire a quelconque contrôle ou influence sur le problème, au moins en partie ? Si le bénéficiaire se sent très désespéré, il pourra penser qu’aucun de ses problèmes ne peut être résolu. Le cas échéant, vous pouvez lui dire pourquoi vous pensez que tout problème a une solution. Les problèmes insolubles sont ceux que vous ne pouvez pas changer ou sur lesquels vous n’avez aucune influence, par exemple vivre dans un taudis. Cependant, parfois, certains aspects d’un problème insoluble peuvent être changés. Cela est généralement lié à la perception du bénéficiaire à l’égard du problème. Par exemple, une personne qui souffre de cancer ne peut pas changer sa maladie mais elle pourra prendre des mesures pour atténuer ses souffrances ou gérer les problèmes liés à son accès au traitement médical. En tant qu’aidant, vous devez voir avec le bénéficiaire quels aspects de son problème peuvent être changés ou influencés. Enfin, vous devez énumérer les problèmes que le bénéficiaire considère comme importants. Dites au bénéficiaire que la gestion des problèmes est une stratégie qui peut être utilisée pour régler ou changer les problèmes qui peuvent être résolus. 2. Choisir un problème La deuxième étape dans la gestion des problèmes consiste à choisir un problème sur lequel le bénéficiaire voudrait se concentrer. Il se peut qu’il ne soit pas nécessairement le même problème évoqué à l’évaluation. Nous recommandons que le bénéficiaire commence par un problème simple. Cela lui permettra de goûter à la réussite dès les premières étapes de l’intervention. Toutefois, vous devez essayer plus tard d’aborder un problème plus sérieux ou plus difficile vu qu’il sera peut-être plus difficile au bénéficiaire d’appliquer la gestion des problèmes sans votre assistance. Mais, tout comme pour les autres décisions, vous devez en parlez à votre superviseur, dans la mesure où cela peut ne pas être approprié pour les bénéficiaires qui se sentent très désespérés. 3. Définir le problème Ensuite, vous aiderez le bénéficiaire à définir le problème le plus précisément possible. Votre rôle en tant qu’aidant est de décider à ce stade quels aspects du problème sont pratiques par nature et indiqués pour l’application de la gestion des problèmes. Les problèmes définis devraient aussi contenir des éléments qui peuvent être influencés ou contrôlés. Le bénéficiaire pourrait dire que « se sentir inutile » est un problème qu’il désire changer. Mais ce problème est trop vaste et trop vague. Vous devez aider le bénéficiaire à être plus précis et plus concret. Pour y arriver, vous pourriez lui poser quelques questions suivantes (qui peuvent aussi être associées à d’autres exemples). • À quel moment ceci représente-t-il un problème pour vous ? Dans quelles circonstances ce problème se pose-t-il ? • Comment ce problème se manifeste-t-il ? Si je vous observais au moment où ce problème se produit, que verrais-je, comment réagiriez-vous, que seriez-vous en train de faire ou de ne pas faire ? • Dans quelle mesure votre vie serait-elle différente (la vie au quotidien) si vous n’aviez pas ce problème ? La définition du problème peut être l’étape la plus difficile pour un aidant. C’est une étape qu’il est important de bien conduire dans la mesure où elle prépare le terrain aux autres stratégies que vous allez enseigner. Donc, nous vous encourageons à préparer, entre la première et la deuxième séance, la façon que vous allez utiliser pour aider le bénéficiaire à définir certains des problèmes identifiés à l’évaluation. Cela peut faire l’objet d’un échange utile avec votre superviseur. CHAPITRE 7 GESTION DES PROBLÈMES 13 Source : Bowman, D. Scogin, F. & Lyrene, B. (1995). The efficacy of self-examination therapy and cognitive bibliotherapy in the treatment of mild to moderate depression. Psychotherapy Research, 5, p.131 à 140. 46 PM+ : SOUTIEN PSYCHOSOCIAL INDIVIDUEL POUR ADULTES AFFECTÉS PAR LA DÉTRESSE DANS LES COMMUNAUTÉS EXPOSÉES À L’ADVERSITÉ 4. Réflexion Une fois le problème identifié, vous devez encourager le bénéficiaire à réfléchir à autant de solutions ou d’idées que possible, susceptibles de résoudre ou de changer le problème entièrement ou en partie. Si possible, inscrivez ces solutions sur papier pour pouvoir vous en souvenir. Cela vous servira une fois parvenu à la cinquième séance. Vous devez tenir compte du fait que les solutions éventuelles peuvent prendre en compte les points forts, les ressources et le soutien dont dispose déjà le bénéficiaire. Il ne s’agit pas donner des conseils Plusieurs bénéficiaires auront besoin d’aide pour réfléchir à des solutions possibles, surtout s’ils se sentent extrêmement désespérés. Vous serez alors tentés de leur proposer des solutions, surtout si vous vous impatientez quand ils sont lents à le faire eux-mêmes. Cependant, vu que l’intervention PM+ est semblable à un programme de formation, il important d’aider le bénéficiaire en lui suggérant de idées générales qui peuvent l’emmener à penser à des solutions plus spécifiques. Par exemple, dans le cas d’un bénéficiaire désespérément stressé par un problème tabou dans sa vie (ex. une histoire d’agression sexuelle), vous pouvez l’encourager à penser à parler du problème à une personne de confiance. Il s’agit là d’une meilleure façon d’encourager la réflexion plutôt que de demander au bénéficiaire de parler de son problème à une personne spécifique, par exemple sa mère. Le but est d’aider le bénéficiaire à trouver ses idées par lui-même. Faites attention à vos propres valeurs A ce stade, vous devez veiller à ne pas permettre à vos valeurs personnelles d’interférer. Par exemple, vous pouvez ne pas approuver les valeurs associées aux solutions envisagées par le bénéficiaire (ex. parler à une autorité religieuse spécifique ; tricher pour accomplir un exercice, refuser de venir en aide à quelqu’un), ou vous serez tenté de proposer une solution basée sur votre système de valeur et non sur celui du bénéficiaire. Durant l’intervention PM+, vous devez mettre vos valeurs personnelles de côté et aider le bénéficiaire à prendre des décisions sur la base de ses propres valeurs et croyances. Sachez que cela n’est pas facile pour tous les aidants mais il est très important de respecter le bénéficiaire et de ne pas critiquer ou contester ses valeurs. Des solutions qui règlent tout le problème Il est nécessaire que le bénéficiaire ne devienne pas trop soucieux de trouver des solutions à même de résoudre l’ensemble de son problème. C’est là que plusieurs bénéficiaires se sentent bloqués lorsqu’ils essaient de faire face à un problème tous seuls. L’objectif à ce stade est de pousser le bénéficiaire à penser à toutes les solutions, efficaces ou non, susceptibles de résoudre son problème, même en partie. Vous pourriez même avoir recours à l’humour et faire des propositions stupides pour illustrer cet aspect. De même, rappelez au bénéficiaire – s’il est en train de juger l’efficacité des solutions ou de rejeter certaines d’entre elles - qu’à cette étape, il s’agit tout simplement d’essayer de trouver autant de solutions que possible sans en évaluer l’efficacité. Sentiments de désespoir Il peut être très difficile, pour un bénéficiaire déprimé ou extrêmement désespéré de pouvoir penser à des solutions ou à des idées pour changer son problème. Souvent, il pense que rien ne peut changer pour le mieux. En même temps, il doute de sa capacité à changer sa situation. Dans ce cas, vous pouvez utiliser un certain nombre de questions pour encourager le bénéficiaire à répondre : • Demandez-lui de penser à des idées qui pourraient réussir pour un ami qui se trouve dans une situation pareille mais qui ne se sent pas désespéré. • Demandez- lui de penser à ce qu’il a été capable d’entreprendre par le passé (que cela ait réussi ou non). • Donnez-lui des idées générales ou vagues – ex. « Certaines personnes ont réalisé que le fait de parler à d’autres peut les aider. Cela vous semble-t-il une solution que vous pouvez utiliser ? À qui pourriez-vous parler ? Que pourriez-vous dire ou demander pour aider à résoudre une partie du problème ? » 47 5. Décider et choisir Une fois que vous avez exploré toutes les solutions avec le bénéficiaire, vient alors le moment de l’aider à évaluer ou à juger chacune de ces solutions. Vous devez aider le bénéficiaire à choisir uniquement les stratégies qui sont de nature à influencer ou à l’aider à gérer le problème. Conséquences à court et à long terme En évaluant les solutions, il serait utile d’examiner les conséquences des décisions différentes à court et à long terme. Par exemple, choisir de faire face à la perte d’un être cher en consommant l’alcool pourrait aider le bénéficiaire à gérer ses émotions à court terme. Cette solution est, cependant, inefficace à long terme dans la mesure où elle peut engendrer d’autres problèmes. Elle n’est, donc, pas une bonne solution à choisir. Solutions inefficaces Lorsqu’un bénéficiaire choisit une solution qui est clairement inefficace, vous pouvez devenir plus direct. Une solution inefficace est celle qui auraient des effets néfastes sur le bien-être physique et affectif du bénéficiaire, aussi bien que sur ses amis, les membres de sa famille, son emploi ou sa vie sociale. Par exemple, se saouler pour gérer le chagrin. A court terme, cela peut paraître efficace, mais l’usage prolongé de l’alcool est susceptible de causer des problèmes supplémentaires pour le bien-être affectif du bénéficiaire (ex. l’alcool maintient les gens dans un état de dépression permanent) de même que pour son bien-être physique (l’alcool peut provoquer des problèmes de foie et de reins). Cela peut aussi gêner les amis et les membres de la famille, et affecter la capacité du bénéficiaire à travailler (ex. avoir à s’absenter du travail à cause de l’alcool, mauvaise concentration au travail en raison de la « gueule de bois » qui survient le lendemain). D’autres exemples de solutions inefficaces comprennent l’agressivité physique, l’usage de drogues ou l’engagement dans des activités illégales ou très dangereuses. Solutions réalisables Vous devez aider le bénéficiaire à examiner la faisabilité de chaque solution. Même lorsqu’une idée peut s’avérer très efficace, si le bénéficiaire n’a pas les ressources pour la mettre en œuvre, elle ne sera pas une bonne solution à adopter. Par exemple, un bénéficiaire a identifié le chômage comme son problème principal. L’aidant l’a emmené à penser à des solutions précises au problème. Durant leur conversation, le bénéficiaire a mentionné qu’on lui a récemment offert un emploi bien payé. Cela aurait pu être une très bonne solution mais le bénéficiaire s’est rendu compte que l’emploi comportait en réalité beaucoup de risques – il aurait à travailler la nuit dans une zone très dangereuse de la ville. Le bénéficiaire a donc décidé de ne pas risquer sa vie pour cet emploi, vu que ses enfants étaient encore jeunes. Par conséquent, il a décidé que cet emploi n’était pas une solution efficace à son problème. Cependant, l’aidant et le bénéficiaire ont convenu que le bénéficiaire pouvait parler au directeur et lui demander s’il y avait d’autres emplois disponibles dans des zones moins dangereuses de la ville. Le bénéficiaire aura donc à choisir la meilleure solution (l’une des solutions ou une combinaison des deux) à son problème. CHAPITRE 7 GESTION DES PROBLÈMES 48 PM+ : SOUTIEN PSYCHOSOCIAL INDIVIDUEL POUR ADULTES AFFECTÉS PAR LA DÉTRESSE DANS LES COMMUNAUTÉS EXPOSÉES À L’ADVERSITÉ 6. Plan d’action Enfin, il est très important de consacrer suffisamment de temps pour aider le bénéficiaire à élaborer un plan d’action qui lui permettra de mettre en œuvre la solution choisie. Il s’agit notamment de : • diviser la solution en petites étapes (ex. Trouver un emploi signifierait avoir des informations sur les différentes possibilités d’emploi disponibles, apprendre sur les différentes compétences requises pour les différents emplois, revoir et, dans certains cas, actualiser les lettres de recommandation, ainsi de suite) ; • aider le bénéficiaire à choisir un jour et un moment précis pour l’exécution de chacune des tâches l’aidera aussi à réussir dans le parcours de ces étapes. Vous pourriez vous servir du calendrier (Annexe E) pour enregistrer les dates auxquelles le bénéficiaire va exécuter les étapes du plan d’action ; • proposer des aide-mémoires qui pourraient rappeler au bénéficiaire d’exécuter les tâches définies (ex. utiliser des alertes sur le téléphone portable, programmer les tâches de sorte qu’elles coïncident avec des activités communautaires ou avec les heures de repas, ou demander à un ami ou à un membre de la famille de les lui rappeler. Tous ces moyens peuvent être utilisés pour d’aider le bénéficiaire à accomplir ses tâches). Si la solution suppose de parler à une autre personne et que le bénéficiaire ne se sent pas confiant pour le faire, utilisez le jeu de rôle pour simuler la situation. Cela peut être un bon moyen pour permettre au bénéficiaire de s’exercer à dire ce qu’il aurait à dire lorsqu’il s’agit de demander quelque chose ou de s’adresser à quelqu’un. Cela peut renforcer sa confiance en lui-même et améliorer ses chances de mettre en œuvre son plan d’action. 7. Évaluation Dans la prochaine séance, vous aller passer beaucoup de temps à évaluer l’exécution des tâches. Partagez et gérez toutes les difficultés qui se sont posées au cours de l’exécution des tâches, afin que le bénéficiaire puisse passer la semaine suivante à essayer d’exécuter à nouveau les tâches définies. Si le bénéficiaire a réussi à exécuter le plan, vous pouvez parler des étapes suivantes qu’il lui faut mettre en œuvre pour continuer à gérer le problème. L’évaluation est importante pour accroître la confiance en soi du bénéficiaire, ainsi que pour lui faire comprendre que vous pensez que l’exécution de ces tâches est importante et que vous voudriez vous assurer qu’il est en mesure de le faire. Cela permet de développer votre relation et de continuer à rendre le bénéficiaire responsable de faire des efforts pour exécuter les stratégies seul. 49 Aperçu des étapes de la gestion des problèmes Step Description 1. Énumérer les problèmes • Mettre les problèmes en deux catégories : ceux qui peuvent être résolus (qu’on peut influencer ou changer) et ceux qui sont insolubles (qu’on ne peut influencer ou changer). 2. Choisir un problème • Choisir un problème simple (soluble) pour commencer. 3. Définir le problème • Choisir les éléments concrets du problème qui peuvent être contrôlés ou influencés dans une certaine mesure. • Donner autant que possible une définition précise et concise du problème. • Essayer de ne pas traiter plusieurs problèmes à la fois. • Si le problème comprend plusieurs aspects, diviser le problème en plusieurs parties et traiter chaque partie à part. 4. Réflexion • Premièrement, encourager le bénéficiaire à penser à autant de solutions au problème que possible. Ne pas s’inquiéter que les solutions soient bonnes ou mauvaises à ce stade. • Ensuite, penser aux solutions que le bénéficiaire peut exécuter tout seul et penser également aux personnes qui peuvent l’aider à gérer certains aspects du problème. • Tenir compte des points forts, ressources et soutien existants. • Enfin, essayer d’encourager le bénéficiaire à trouver des idées au lieu de lui donner des solutions toutes faites (penser d’abord à la stratégie qui consiste à lui demander ce qu’il proposerait à un ami, si vous êtes tenté de donner un conseil). 5. Décision et choix des stratégies efficaces • À partir de la liste des solutions possibles, choisir celles qui sont les plus à même d’influencer le problème. • Les stratégies efficaces sont celles qui ont très peu d’inconvénients pour le bénéficiaire ou pour les autres. • Les stratégies efficaces sont celles qui peuvent être appliquées (ex. le bénéficiaire a les moyens financiers, d’autres ressources et les habiletés nécessaires pour mettre en œuvre la solution). • Il est possible de choisir plus qu’une solution. 6. Plan d’action • Élaborer un plan d’action détaillé précisant comment et quand le bénéficiaire va mettre en œuvre les solutions. • Aider le bénéficiaire à déterminer le jour et l’heure pour le faire. • Aider le bénéficiaire à choisir les solutions qu’il va essayer en premier, s’il y en a plusieurs. • Parler des ressources (argent, transport, une autre personne, etc.) dont le bénéficiaire aura besoin pour exécuter le plan. • Proposer au bénéficiaire des aide-mémoires pour lui rappeler de mettre en œuvre le plan (notes, calendrier, plan d’activité qui coïncide avec les repas ou d’autres événements de routine). 7. Évaluation • Cette étape se situe dans la séance suivante, après que le bénéficiaire aura essayé de mettre le plan en œuvre. • Parler de ce que le bénéficiaire a fait et des effets que cela a eu sur le problème initial. • Parler de toutes les difficultés qu’il a rencontrées dans l’exécution du plan. • Évoquer et planifier ce que le bénéficiaire peut faire la semaine suivante pour continuer à influencer et à gérer le problème, en tenant compte de ce qu’il a effectué la semaine précédente. CHAPITRE 7 GESTION DES PROBLÈMES 50 PM+ : SOUTIEN PSYCHOSOCIAL INDIVIDUEL POUR ADULTES AFFECTÉS PAR LA DÉTRESSE DANS LES COMMUNAUTÉS EXPOSÉES À L’ADVERSITÉ Introduction de la stratégie sur la gestion des problèmes Aujourd’hui, nous allons commencer par le problème qui vous préoccupe le plus, selon ce que vous m’avez dit. (Nommez-le et vérifiez que le bénéficiaire voudrait toujours commencer par ce problème.) Notre point de départ, quel que soit le problème, est de décider quels aspects sont pratiques. (Vous pouvez avoir à dire au bénéficiaire la première fois quels aspects du problème sont pratiques.) La stratégie que je vais vous enseigner aujourd’hui vous aidera à gérer les aspects pratiques de votre problème. Elle s’appelle « Gestion des problèmes ». Notre objectif est de voir quels sont les éléments du problème que vous pouvez résoudre ou influencer. Il se peut que vous ne soyez pas toujours capable de résoudre l’intégralité du problème, mais vous pouvez être en mesure de l’influencer d’une certaine manière ou de changer la façon dont vous y réagissez, ce qui peut vous aider à réduire vos sentiments négatifs. (Précisez les sentiments négatifs que le bénéficiaire a déjà mentionnés). Parcourez chacune des étapes de la gestion des problèmes avec le bénéficiaire. Veillez à expliquer clairement l’objectif de chaque étape (utilisez pour cela la fiche sur la gestion des problèmes). Par exemple, vous pourriez dire ce qui suit pour l’étape 3, qui se rapporte à la réflexion : À cette étape, tout ce que vous avez à faire, c’est de trouver autant de solutions que possible à ce problème, qu’elles soient bonnes ou mauvaises. C’est à l’étape suivante que vous verrez lesquelles parmi ces solutions sont les plus efficaces pour résoudre le problème. Adversité ou menace en cours Plusieurs bénéficiaires avec qui vous allez travailler peuvent être confrontés à une adversité permanente ou même à des situations dangereuses, susceptibles de nuire à leur capacité de résoudre ou de gérer leur problème. Cela pourrait être probablement dû à un manque de sécurité qui les empêche de mettre en œuvre des solutions particulières (ou même d’engager d’autres stratégies). Vous devez donc toujours tenir compte de cela et rechercher des moyens pour que le bénéficiaire se sente le plus en sécurité, tout en l’aidant à chercher les idées pour gérer son problème. Tous les deux, vous devez reconnaître que certains problèmes ne peuvent être « résolus » tant que le bénéficiaire vit toujours dans la même situation (par exemple, s’il vit dans la pauvreté, dans une zone de conflit, etc.). Il sera également important pour vous de continuer à rechercher des informations sur les risques réels qui menacent le bénéficiaire. Toute situation présente certains risques mais le bénéficiaire risque parfois de les surestimer. Si vous n’êtes pas sûr du niveau du risque, vous devez toujours consulter votre superviseur. 51 Étude de cas Loma est une femme de 34 ans. Elle dit que son problème principal est sa relation avec son mari. Elle a raconté à son aidant que son mari a récemment perdu son emploi et qu’il est particulièrement stressé et colérique depuis. Cela a causé beaucoup de tension dans leur relation et Loma commence à se sentir très désespérée. Ils se disputent presque tous les jours. Son humeur est aussi affectée – elle est très triste la plupart du temps et a beaucoup de peine à faire les choses qu’elle avait l’habitude de faire. Par exemple, elle ne fréquente plus ses amies, en partie parce qu’elle n’en a pas envie, mais aussi parce qu’elle se sent embarrassée par les problèmes qu’elle affronte. Loma et son aidant ont parlé de tous les problèmes qu’elle a signalés à l’évaluation et ont convenu que ses disputes avec son mari était le problème le plus important et le plus à même d’être résolu. Ils ont décidé de choisir ce problème parce qu’il lui causait beaucoup de peine. Loma n’a pas de problème plus simple qu’elle désire traiter. Les problèmes qui ont été jugés importants mais insolubles comprennent : trouver un nouvel emploi pour son mari et emmener son mari à cesser d’être triste ou stressé. Loma ne pense pas que certains de ses problèmes ne sont pas importants ; donc la liste des « problèmes non-importants » est restée vide. Loma a appliqué la stratégie sur la gestion des problèmes avec l’aide de son aidant, même si, au début, elle a eu des difficultés à réfléchir et à trouver des solutions éventuelles. Son aidant et elle ont travaillé ensemble – voir la fiche d’activités complétée sur la gestion des problèmes à la page suivante. CHAPITRE 7 GESTION DES PROBLÈMES 52 PM+ : SOUTIEN PSYCHOSOCIAL INDIVIDUEL POUR ADULTES AFFECTÉS PAR LA DÉTRESSE DANS LES COMMUNAUTÉS EXPOSÉES À L’ADVERSITÉ 4 PROBLÈMES SOLUBLES Réduire les disputes avec mon mari, améliorer ma mauvaise humeur 8 PROBLÈMES INSOLUBLES Trouver un emploi à mon mari et réduire la colère de mon mari CHOISIR UN PROBLÈME SOLUBLE Me disputer avec mon mari chaque jour DÉFINIR LE PROBLÈME J’aimerais réduire le nombre de disputes que j’ai avec mon mari. Actuellement, nous nous disputons tous les jours. DIFFÉRENTES POSSIBILITÉS DE GÉRER LE PROBLÈME (Comment puis-je résoudre ou réduire le problème ?) • Ne rien faire – attendre qu’il trouve un emploi et voir si les choses vont s’améliorer. • Lui dire qu’il a besoin de parler à quelqu’un de la communauté pour obtenir de l’aide. • Lui dire de fournir plus d’efforts pour trouver du travail. • Chercher un moyen pour gagner de l’argent. • Parler du problème à mes amies – solliciter leurs conseils. • Demander conseil à ma mère. • Dire à mon mari que je ne suis pas heureuse. • Quitter mon mari. SOLUTIONS EFFICACES • Parler du problème à mes amies. Parler du problème à Anne (une confidente). Elle a eu un problème similaire avec son mari ; elle est plus à même de comprendre la situation. • Demander conseil à ma mère. Évoquer brièvement le problème et lui demander ce qu’elle ferait. • Dire à mon mari que je ne suis pas heureuse. PLAN D’ACTION (Comment mettre en œuvre les solutions que vous avez choisies ?) Mardi : aller voir Anne (une confidente) à 10 heures après avoir déposé les enfants à l’école. Lui parler du problème de disputes avec mon mari. Jeudi : En rendant visite à ma mère, lui dire que j’ai des problèmes avec mon mari depuis quelque temps. Lui demander ce qu’elle ferait si elle était à ma place. Samedi matin : mon mari sera à la maison. Lui dire que je suis malheureuse à cause de nos disputes fréquentes. Attendre sa réaction. ÉVALUATION (après que le plan d’action a été exécuté) 53 Loma a mis par écrit quelques notes pour se rappeler d’exécuter son plan au cours de la semaine à venir. Elle est revenue la séance d’après, ayant accompli ses tâches. La dernière ligne du tableau (reprise ci-dessous) représente son évaluation. ÉVALUATION (après que le plan d’action a été exécuté) • Anne a été d’un grand soutien. Bien qu’elle n’ait pas donné de conseil nouveau, le fait de lui avoir parlé m’a aidée. Je me suis mieux sentie par la suite et mon humeur s’est quelque peu améliorée. Nous avons aussi parlé d’autres choses, ce qui m’a permis d’avoir un répit de ma tristesse quotidienne. • Ma mère m’a conseillée de parler à mon mari, de comprendre sa frustration et de ne pas le rendre responsable de la perte de son emploi. Elle m’a aidée à m’exercer à lui parler et cela m’a permis d’être plus confiante de le faire. • J’ai parlé à mon mari le soir-même parce que je me sentais confiante de l’approcher. Il a été d’accord avec moi, mais nous ne savons pas encore comment nous y prendre. • Nous avons encore eu deux grandes disputes cette semaine, mais c’est bien moins qu’auparavant, et nous étions plus à l’aise de parler des problèmes par la suite grâce à la conversation que nous avions eue précédemment. Dans cet exemple, Loma n’a pas complètement résolu son problème (se disputer avec son mari) ; mais, elle a, en quelque sorte, réduit le problème. Ses actions ont eu un effet sur les conséquences du problème, c’est-à-dire l’effet que les disputes avaient sur son humeur. Elle a amélioré son humeur en parlant à une amie de confiance. Lors de la même séance, son conseiller s’est servi de cette information pour mettre l’accent sur le bien-fondé de « Reprendre l’activité et avancer » (voir chapitre 8). Cela a beaucoup aidé Loma à reprendre les activités qu’elle avait arrêtées, et cela a davantage amélioré son humeur. Au cours de la même séance, Loma et son aidant ont discuté comment elle pouvait continuer à gérer le problème avec son mari. Ils ont ensemble réévalué les solutions possibles qu’ils avaient trouvées après réflexion pour voir si certaines pouvaient aider, dans l’optique de les essayer la semaine d’après. Ils ont aussi examiné de nouvelles solutions qui pouvaient l’aider (en d’autres termes, ils ont repris le processus de gestion des problèmes à partir de la troisième étape). Pour la semaine suivante, il a été décidé que Loma devait encore parler à son mari à propos de leurs disputes. Elle a estimé que ce serait une bonne idée si son mari et elle-même pratiquaient tous les deux la stratégie de gestion des problèmes. Ils pourraient précisément essayer de réfléchir ensemble à toutes les solutions possibles à leur problème de disputes fréquentes. Ainsi, ils partageraient le problème au lieu que Loma n’essaie de le gérer toute seule. Dans ce chapitre vous avez appris • À quel type de problèmes convient cette stratégie • Les étapes du processus de gestion des problèmes. • Comment présenter la gestion des problèmes au bénéficiaire. • Comment gérer les difficultés particulières liés à cette stratégie. CHAPITRE 7 GESTION DES PROBLÈMES 54 PM+ : SOUTIEN PSYCHOSOCIAL INDIVIDUEL POUR ADULTES AFFECTÉS PAR LA DÉTRESSE DANS LES COMMUNAUTÉS EXPOSÉES À L’ADVERSITÉ Chapitre 8 REPRENDRE L’ACTIVITÉ ET AVANCER APPRENDRE Qu’allez-vous apprendre dans ce chapitre? SÉANCE À quelles séances se rapporte ce chapitre? FICHES D’ACTIVITÉ Quelles fiches d’activité correspondent à ce chapitre? • À quel type de problèmes convient cette stratégie ? • Comment présenter la stratégie « Reprendre l’activité et avancer » au bénéficiaire • Exemples des différentes activités auxquelles les beneficiaires sont encouragées à prendre part • Séances 3 et 4 • Consacrer 35 minutes à la présentation de cette activité à la troisième séance • Réserver 20 minutes pour l’évaluation lors de la quatrième séance • Fiche « Reprendre l’activité et avancer » – Annexe E • Chronogramme des activités – Annexe E Contexte Dans un milieu où règne l’adversité, beaucoup de personnes présentent des symptômes de dépression. Ceux- ci peuvent varier d’une personne à une autre mais les plus fréquents comprennent la sensation de se fatiguer facilement, une mauvaise humeur permanente, le manque de motivation ou le manque d’envie d’exercer des activités auxquelles on prenait souvent plaisir. Souvent, les gens se plaignent aussi de maux physiques (ex. maux et douleurs). Au fil du temps, beaucoup réagissent en s’abstenant de leurs activités habituelles. Cela est courant parmi les personnes qui ont vécu des événements traumatisants ou qui souffrent de la perte d’un être cher, d’un emploi ou d’un objet de grande valeur. Les activités que les personnes cessent généralement d’exercer comprennent : • événements plaisants (des activités qu’on prenait du plaisir à mener) ; • événements sociaux ; • activités quotidiennes y inclus : - les tâches ménagères (nettoyage, propreté dans la maison, achat et préparation des aliments, soins aux enfants) ; - les activités professionnelles (ralentissement de l’activité professionnelle ou, dans les cas extrêmes, ne plus se rendre régulièrement ou s’absenter du travail) ; - prendre soin de soi (quitter le lit, se laver régulièrement, changer de vêtements et s’alimenter régulièrement). Au fil du temps, ces personnes développent un cycle d’inactivité et de mauvaise d’humeur. C’est souvent parce qu’une personne déprimée se dira : « Je ferai telle chose quand je serai d’humeur à le faire ». Malheureusement, le fait de s’abstenir de ces activités fait en sorte que la mauvaise humeur se poursuive. Plus une personne est déprimée, plus il lui est difficile de reprendre l’activité. 55 Reprendre l’activité et avancer : le cycle d’inactivité Mauvaise humeur Inactivité et repli sur soi Inactivité et repli sur soi Mauvaise humeur La stratégie « Reprendre l’activité et avancer » vise à briser ce cycle et améliorer l’humeur du bénéficiaire en l’encourageant à s’impliquer à nouveau dans des activités plaisantes et orientées à des tâches spécifiques malgré son humeur14. Vous devez informer le bénéficiaire qu’il doit « d’abord faire pour que la motivation et les sentiments positifs suivent », plutôt que d’attendre d’être motivé avant de se mettre en activité. Vu que le bénéficiaire se sentira incapable de prendre part à une activité, ou sera très peu motivé pour s’y mettre, il est nécessaire de lui fixer de tous petits objectifs à atteindre. Il s’agit d’une stratégie dans laquelle le fait de réussir à faire même une petite partie d’une tâche permet véritablement d’améliorer l’humeur, le sens d’accomplissement et la confiance en soi. Il est donc important d’essayer de préparer la tâche autant que vous le pouvez d’une manière qui garantisse un certain succès. Choisir des tâches simples et les diviser en petites étapes est un moyen d’assurer la réussite. Étude de cas Un bénéficiaire ne prenait plus part à une activité communautaire qu’il aimait pourtant auparavant. L’activité se tenait trois fois par semaine en soirée. L’aidant du bénéficiaire lui a proposé de commencer à participer à l’activité une fois par semaine avec un ami, mais sans réellement y prendre part (c’est-à-dire se contenter d’aller regarder). Le bénéficiaire pourra progressivement se préparer à y aller plusieurs fois par semaine avant de s’impliquer davantage. Dans les cas les plus graves d’inactivité et de dépression, vous pouvez diviser les tâches en très petites étapes. Plusieurs bénéficiaires pensent que le plus difficile est de commencer. Une fois qu’ils ont commencé, ils peuvent continuer et même accomplir plus qu’ils n’ont initialement prévu. Pour cela, proposer une première tâche simple et facile au bénéficiaire pourrait l’aider à commencer. CHAPITRE 8 REPRENDRE L’ACTIVITÉ ET AVANCER 14 Avec la stratégie « Reprendre l’activité et avancer » (également connue sous l’appellation « activation comportementale »), il est question d’accroitre le niveau d’activité en général, y compris l’exercice physique). 56 PM+ : SOUTIEN PSYCHOSOCIAL INDIVIDUEL POUR ADULTES AFFECTÉS PAR LA DÉTRESSE DANS LES COMMUNAUTÉS EXPOSÉES À L’ADVERSITÉ Étude de cas Une bénéficiaire a décidé de remettre la lessive au weekend prochain. Elle se sentait très fatiguée et triste, et pensait que cette tâche était trop grande. Par conséquent, elle a arrêté de faire la lessive. L’aidant lui a proposé de diviser la tâche en plus petites étapes – rassembler un jour tous les habits sales et, un autre jour, les mettre en plusieurs tas. L’étape suivante serait de choisir un tas d’habit par lequel commencer avec pour objectif de laver un tas d’habit chaque jour. Lorsque la motivation ou l’humeur sont au plus bas, développer une routine ou fixer des activités à un moment précis de la journée peut être utile. Aidez le bénéficiaire à choisir une heure et un jour où il se sent le moins distrait et le moment où il se sent souvent le moins fatigué ou désespéré (ex. le matin quand les enfants sont déjà partis pour l’école). Utilisez une fiche d’activité sous forme de calendrier (voir Annexe E) pour enregistrer ces informations que le bénéficiaire prendrait avec lui à la maison. On pourra aussi utiliser d’autres aide-mémoires, par exemple programmer des sonneries d’alerte sur les téléphones portables, faire coïncider les tâches avec des activités communautaires ou avec les heures de repas, ou demander à un ami ou un membre de la famille de lui rappeler ses tâches. Toutes ces méthodes sont bonnes pour aider le bénéficiaire à accomplir ses tâches. Expliquer au bénéficiaire la stratégie « Reprendre l’activité et avancer » Comme pour toutes les autres stratégies que vous présentez, il est important d’expliquer au bénéficiaire que la stratégie « Reprendre l’activité et avancer » est efficace et vitale pour son bien-être émotionnel. Il est particulièrement important de lui fournir une bonne explication si le bénéficiaire a essayé d’accroître son activité par le passé sans succès. Convaincre un tel bénéficiaire de réessayer pourrait prendre quelque temps. Souvent, les échecs du passé sont dus au fait qu’il s’est fixé des objectifs trop ambitieux et difficiles à réaliser. Il est donc nécessaire, lors de votre explication, de vous montrer chaleureux et compréhensif à l’égard des préoccupations du bénéficiaire, même si ces dernières dénotent un manque de foi quant à l’efficacité de cette stratégie. Pensez à insister auprès du bénéficiaire qu’il n’a rien à perdre en essayant d’être plus actif. Impliquer la famille ou des amis Rappelez-vous que si le bénéficiaire souhaite la présence d’un membre de la famille ou d’un ami de confiance à la présentation de la stratégie « Reprendre l’activité et avancer », vous devez les inclure. Cela pourrait être bénéfique, surtout si l’ami ou le membre de la famille peut aider le bénéficiaire à prendre part à ses tâches et activités. 1. Présenter le cycle d’inactivité En présentant la stratégie « Reprendre l’activité et avancer », assurez-vous de faire un lien entre les informations générales et les problèmes particuliers du bénéficiaire. Plus précisément, discuter comment les problèmes du bénéficiaire contribuent, à l’instant, à son repli sur lui-même, et le poussent à abandonner certaines activités spécifiques. De même, montrez au bénéficiaire la fiche sur la stratégie « Reprendre l’activité et avancer » (Annexe E) au moment d’expliquer le cycle d’inactivité. Voir ci-dessous une présentation standard. Vous pouvez y ajouter des informations pertinentes au bénéficiaire, ou inclure des informations plus précises à la suite de cette présentation (ex. « A présent, ce que je retiens de ce que vous avez dit est que vous avez cessé de … »). Faites ce que vous êtes le plus enclin ou confiant de pouvoir faire. 57 Il est très courant pour les personnes exposées à l’adversité, à une perte quelconque et à des événements stressants de connaître des changements d’humeur et de se fatiguer rapidement. Si, à la longue, l’humeur d’une personne ne s’améliore pas, elle commence généralement à se sentir en manque d’énergie et de motivation pour faire les choses qu’elle avait l’habitude de faire aisément. Elle peut aussi ne plus aimer les activités qui lui procuraient souvent du plaisir. Cela peut être le début d’un cycle où l’humeur de la personne se détériore, ce qui la mène à abandonner ses activités davantage, ce qui, à son tour, accroît sa mauvaise humeur et ainsi de suite. (Dessinez ce cycle au bénéficiaire comme ci-dessus). Nous appelons cela « cycle d’inactivité ». Malheureusement, ce cycle vous maintient bloqué dans votre mauvaise humeur et votre chagrin. Souvent, les gens se disent : « Je reprendrai l’activité quand je me sentirai mieux ». Egalement, ils pensent que se sentir énergétique les emmène à être actif, alors qu’en réalité, c’est l’activité qui donne de l’énergie. Ainsi, beaucoup de personnes ne commencent à se sentir mieux que lorsqu’ils deviennent actifs. Pour briser ce cycle, vous devez reprendre l’activité, même si vous n’en avez pas envie. Rappelez-vous que beaucoup de personnes ne commencent à se sentir mieux que lorsqu’ils redeviennent actifs. Pour la plupart, le plus dur est de faire le premier pas. Cependant, je peux vous assurer que plusieurs personnes constatent qu’il devient plus facile de continuer une fois qu’elles ont repris leurs activités15. Case example Un bénéficiaire est venu complètement désespéré ; il est au chômage et vit dans une communauté pauvre au niveau élevé de violence, au point que sa famille ne se sent pas en sécurité pour sortir de la maison. Au cours des séances, il a l’habitude de dire : « La vie ne sera jamais mieux. Je ne peux rien faire pour changer cela ; mes enfants vont grandir dans la pauvreté, parce que je ne peux rien changer». Il avait commencé à se retirer progressivement de sa famille à cause de son sentiment d’impuissance et de culpabilité, se disant qu’il ne pouvait pas offrir de vie meilleure à sa famille. Son aidant lui dit : « Cette situation semble difficile pour vous et votre famille. Je pense qu’il est compréhensible que vous vous sentiez désespéré dans une certaine mesure et énervé de penser aux conséquences que cela pourrait avoir sur vos enfants. Mais je constate aussi que ces sentiments peuvent effectivement vous maintenir dans cette situation, parce qu’ils sont très forts. Même si vous ne pouvez pas changer la situation générale de pauvreté et de violence au sein de votre communauté, il y parfois des petites choses que vous pouvez faire pour améliorer votre situation et votre humeur, afin que, lorsque les circonstances changent, vous puissiez les influencer, parce que vous vous sentez bien. Par exemple, en posant des petits actes pour agir maintenant, il vous sera plus facile de trouver un moyen de gagner votre vie lorsqu’une opportunité se présentera. Par contre, il peut être trop difficile de saisir une telle opportunité lorsque vous vous sentez désespéré ou inutile ». « Ces sentiments de désespoir et d’inutilité sont courants chez ceux vivent dans des situations semblables à la vôtre. Il est aussi courant que les gens commencent à abandonner leurs activités habituelles, tel que faire des choses plaisantes avec leurs familles, parce qu’ils sont très négatifs et fatigués. Mais à mesure que le temps passe, un cycle d’inactivité s’installe qui affecte davantage votre humeur au point que vous vous sentirez déprimé et complètement incapable d’agir de manière positive sur des problèmes pratiques. Je veux à présent vous parler d’une stratégie qui vise à accroître à nouveau votre activité, afin d’améliorer votre humeur et vos sentiments de fatigue. Vous pouvez aussi vous rendre compte que vous êtes plus à même de faire face à ces problèmes concrets et difficiles une fois que vous commencez à appliquer cette stratégie.» CHAPITRE 8 REPRENDRE L’ACTIVITÉ ET AVANCER 15 Dans certains contextes, vous pouvez citer l’exemple de la nécessité de pousser une voiture pour faire redémarrer sa batterie. 58 PM+ : SOUTIEN PSYCHOSOCIAL INDIVIDUEL POUR ADULTES AFFECTÉS PAR LA DÉTRESSE DANS LES COMMUNAUTÉS EXPOSÉES À L’ADVERSITÉ 2. Identifier les activités que le bénéficiaire peut recommencer à faire Dans cette étape, vous pouvez utiliser les exemples mentionnés dans les encadrés d’activités ci-dessous. Prenez un moment pour identifier au moins une activité plaisante (une activité tirée des trois premiers encadrés) et au moins une tâche (une activité tirée des deux derniers encadrés). Une activité plaisante pourrait être une activité que le bénéficiaire prenait du plaisir à faire mais qu’il a arrêtée (par exemple jouer avec ses enfants). Les tâches essentielles de la vie quotidienne pourraient comprendre : régler les factures, acheter des aliments, se laver, se nourrir, etc. Établir un équilibre entre les activités plaisantes et celles qui améliorent le sens d’épanouissement du bénéficiaire peut beaucoup aider à améliorer son humeur. Veillez à maintenir cet équilibre. En d’autres termes, essayez d’éviter d’emmener le bénéficiaire à n’exercer que des activités plaisantes, à moins qu’il n’ait déjà effectué sans difficulté les tâches de la vie quotidienne. Plusieurs bénéficiaires pourraient eux-mêmes proposer des activités qu’ils aimeraient reprendre. Il pourrait s’agir d’activités qui leur procuraient souvent du plaisir ou de la paix, les aidaient à gérer la douleur ou leur donnaient le sentiment d’avoir réalisé quelque chose. Cependant, si le bénéficiaire a besoin de votre aide dans le choix d’activités, donnez-lui des exemples des encadrés ci-dessous ou d’activités que vous estimez bonnes pour lui. Il vous appartient, le bénéficiaire et vous, de décider ensemble sur le nombre d’activités que le bénéficiaire pourrait gérer en une semaine. Autant que possible, assurez-vous que le bénéficiaire puisse réussir cette étape pour augmenter sa confiance en soi. Si le bénéficiaire n’est pas susceptible de gérer deux activités, choisissez- en une (plaisante ou utile) qui fera une grande différence pour lui. La décision peut être prise par le bénéficiaire s’il a quelque chose qu’il aimerait vraiment recommencer à faire régulièrement. Il peut aussi s’agir d’une activité que vous estimez très utile pour améliorer ‘humeur du bénéficiaire ou pour gérer tout autre problème pratique qui pourrait résulter de sa reprise d’activité (ex. jouer avec ses enfants peut aider à diminuer le problème identifié auparavant par le bénéficiaire qu’un enfant nécessite beaucoup d’attention de sa part). Parfois le bénéficiaire pourrait choisir des activités qui touchent aussi à d’autres stratégies, comme rendre visite à ses amis (qui se rapporte aussi au renforcement du soutien social) ou respirer lentement (qui a trait à la gestion du stress). Cela peut être très utile. En pensant aux activités que vous aviez l’habitude de mener avant de vous sentir de la sorte, quelle activité plaisante ou agréable pourriez-vous reprendre ou exercer plus souvent ? En pensant au temps où vous vous sentiez mieux, citez-moi une tâche, à la maison ou au travail, que vous exécutiez régulièrement et que vous n’exécutez plus ou que vous exécutez moins souvent. C’est bon. Alors, nous allons prendre quelque temps à présent pour établir un plan pour que vous puissiez reprendre ces tâches la semaine prochaine. 3. Diviser les tâches en petites étapes Compte tenu de la mauvaise humeur du bénéficiaire, de son manque d’énergie et de son chagrin, il est nécessaire de diviser la tâche principale en étapes plus petites et plus faciles à gérer. Rappelez-vous que cela est nécessaire pour que le bénéficiaire ne se sente pas accablé par la tâche et pour faire en sorte qu’il réussisse dans son accomplissement. Cela développera sa confiance en soi et commencera à changer positivement son humeur. Par exemple « nettoyer votre appartement ou votre hutte » peut être une tâche ardue. La diviser en prenant des petites parties de l’appartement ou de la hutte pour les nettoyer (ex. la cuisine, la chambre à coucher, ainsi de suite) peut la rendre plus facile à gérer par le bénéficiaire. 59 4. Programmation des tâches Soyez très précis et demandez au bénéficiaire de choisir le jour et l’heure pour effectuer l’activité. Mettez ces informations sur la fiche d’activité de la stratégie « Reprendre l’activité et avancer ». Vous pouvez commencer par de petits objectifs tels qu’exécuter l’activité une seule fois au cours de la semaine suivante. Vous pouvez recourir à des aide-mémoires pour aider le bénéficiaire à accomplir les tâches visées. Par exemple, il serait convenable d’utiliser des sonneries d’alerte sur son téléphone (si il en possède), de faire coïncider les tâches à exécuter avec des activités communautaires ou les heures de repas, ou encore demander à un ami ou à un membre de la famille de les lui rappeler. Vous pouvez aussi choisir d’utiliser une fiche d’activité sous forme de calendrier pour permettre au bénéficiaire de se rappeler d’accomplir son activité ou sa tâche. Propositions pour se remettre en activité et avancer Du temps pour vous-même • Manger son repas ou plat préféré • Lire un livre • Se détendre et méditer • Prier • Faire la cuisine • Écouter de la musique • Chanter ou jouer de la musique • Danser • Exercer une activité artistique (ex. dessin, peinture) • Lire des magazines ou des journaux • Cueillir ou arranger des fleurs • Écrire un poème, un journal, un essai • Visiter un endroit joli • Regarder de vieilles photos • Tisser ou tricoter • Aller à la pêche Être connecté • Rendre visite à un ami ou un membre de la famille (pour partager un repas ou une activité) • Visiter ou rejoindre une église, une mosquée ou un temple du quartier • Téléphoner ou parler à un ami, un voisin ou un membre de la famille • Inviter votre voisin à prendre un café ou un thé, ou à partager un repas avec vous • Adhérer à un regroupement communautaire local • Préparer un cadeau pour quelqu’un • Livrer une partie de jeu avec un voisin ou en famille Prendre soin de soi • Se lever chaque jour à la même heure • Prendre un bain • Se changer les vêtements • Se peigner les cheveux CHAPITRE 8 REPRENDRE L’ACTIVITÉ ET AVANCER 60 PM+ : SOUTIEN PSYCHOSOCIAL INDIVIDUEL POUR ADULTES AFFECTÉS PAR LA DÉTRESSE DANS LES COMMUNAUTÉS EXPOSÉES À L’ADVERSITÉ Être actif • Aller en ballade seul, avec des amis ou en famille • Essayer une activité que l’on n’a jamais faite avant • Descendre du bus un arrêt avant l’arrêt habituel • Danser • Jouer activement avec les enfants Accomplir/Réaliser • Faire la lessive • Balayer le sol (choisir un endroit) • Dresser les lits • Acheter des aliments ou faire d’autres courses • Nettoyer une partie de la maison (choisir un endroit de la maison, pas toute la maison) • Préparer un repas • Prendre soin des enfants (donner des détails) : ______________________________ • Raccommoder des vêtements • Aller payer des factures • Lire ses courriels • Faire des travaux champêtres • Aider les enfants à faire leurs devoirs • Construire ou réparer des structures, des meubles, une partie de la maison, etc. • Activités d’emploi (tâches pour gagner de l’argent) – donner des détails : ________________ • Tâches nécessaires à l’organisation de la communauté (ou similaires) – donner des détails : ________ _____________________________________________ 61 Deuil et sentiment de perte Le deuil est une expérience très personnelle. Les gens portent le deuil, suite à la mort d’un être cher ou suite à toute autre perte importante (ex. une maison, un emploi, un bien), de différentes manières et pour des durées différentes. Cependant, il y a souvent des similitudes dans les problèmes affectifs que les gens décrivent lorsqu’ils sont affectés par la perte d’un être cher. Par exemple, il est assez courant pour les personnes de vivre une détresse psychologique qui est semblable à la dépression – mauvaise humeur persistante, ne plus prendre plaisir aux choses comme avant, se replier sur soi-même et ou s’isoler des autres, manquer d’énergie, ainsi de suite. Pour la plupart des gens, ces problèmes affectifs diminuent avec le temps. Dans certaines sociétés, les gens sont supposés retourner à la vie normale dans un mois et dans d’autres dans un an. Dans beaucoup d’autres sociétés cependant, cette durée n’est pas précisée. Dans la plupart des cas, les gens commencent à se remettre de leurs émotions après les six premiers mois. Cela ne veut pas nécessairement dire qu’ils ont cessé de porter le deuil, mais juste que ces problèmes affectifs n’ont plus d’influence sur leur fonctionnement quotidien (ex. aller au travail, socialiser, etc.). Cependant, il se peut que ces problèmes persistent pour un certain nombre de ces personnes. Se remettre en activité et avancer (en plus du renforcement du soutien social) est une bonne stratégie à appliquer pour un bénéficiaire endeuillé quand ses problèmes affectifs et son retrait des activités habituelles de routine affectent son fonctionnement normal. Cependant, vous ne devez pas l’appliquer si le repli ou le manque d’activité sont culturellement considérés comme faisant partie de la période normale de deuil. Dans ce chapitre vous avez appris • Les types de problèmes que la stratégie «Reprendre l’activité et continuer » aide à résoudre. • Comment présenter cette stratégie au bénéficiaire. • Comment diviser, avec le bénéficiaire, les grandes activités en petites tâches. CHAPITRE 8 REPRENDRE L’ACTIVITÉ ET AVANCER 62 PM+ : SOUTIEN PSYCHOSOCIAL INDIVIDUEL POUR ADULTES AFFECTÉS PAR LA DÉTRESSE DANS LES COMMUNAUTÉS EXPOSÉES À L’ADVERSITÉ Chapitre 9 RENFORCER LE SOUTIEN SOCIAL APPRENDRE Qu’allez-vous apprendre dans ce chapitre? SÉANCE À quelle séance se rapporte ce chapitre? FICHES D’ACTIVITÉ Quelles fiches d’activité correspondent a ce chapitre? • Ce que signifie renforcer le soutien social. • Comment présenter cette stratégie au bénéficiaire. • Comment encourager le bénéficiaire à renforcer son soutien social. • Séance 4 • Consacrer 30 minutes à la présentation de cette stratégie. • Fiche sur le renforcement du soutien social – Annexe E • Chronogramme des activités – Annexe E Contexte Les gens ont tendance à mieux se prendre en charge lorsqu’ils évoluent dans de bons réseaux de soutien social, (c’est-à-dire des amis, des membres de la famille, des groupes communautaires ou religieux, des groupes de soutien à la santé mentale, etc., qui se font du souci pour eux et les soutiennent). Ils n’ont nécessairement pas besoin de beaucoup de personnes mais d’une personne qui puisse leur apporter de l’aide, surtout quelqu’un qui pourrait leur être utile à ses besoins. Parfois, les problèmes affectifs peuvent diminuer la capacité des personnes à obtenir du soutien lorsqu’il en a besoin. Le deuil est un exemple où l’isolement est courant. Les personnes en deuil pensent qu’elles ne peuvent pas passer du temps avec les autres, cela étant futile en l’absence de l’être cher disparu, ou vu que personne n’est en mesure de comprendre ce qu’elles endurent. Ces personnes peuvent continuer à désirer ou à penser sans cesse à la personne décédée. Ils peuvent manifester des symptômes similaires à ceux relatifs à la dépression, notamment la mauvaise humeur, le manque d’énergie et de de plaisir durant les activités. A mesure que le temps passe, l’isolement peut devenir dévastateur pour le bien-être affectif de la personne. Consacrer du temps à aider le bénéficiaire à renforcer son soutien social peut avoir un effet majeur sur son bien- être émotionnel général et son fonctionnement. Le renforcement du soutien social peut signifier des choses différentes à des différentes personnes. Il existe plusieurs formes de soutien social, parmi lesquelles : 1. avoir un ami ou un membre de la famille qui vous écoute et valide vos préoccupations et émotions, au lieu de se montrer dédaigneux et ne manifester aucune attention ; 2. être en contact avec une agence qui vous fournit les informations et le soutien appropriés dont vous avez besoin ; 3. obtenir de l’aide pour accomplir une tâche difficile ou offrir un moyen pour accomplir une tâche (ex. accompagner le bénéficiaire quelque part en voiture, lui emprunter quelque chose, etc.) ; 4. passer du temps avec d’autres personnes mais sans nécessairement parler de problèmes (ex. prendre un repas ensemble) ; 5. apporter de l’aide à d’autres personnes (sans oublier de prendre soin de soi-même). 63 Lorsque le bénéficiaire n’a aucun soutien, vous devez l’aider à rentrer en contact avec une forme de soutien, notamment un ami de confiance, un membre de la famille ou un service communautaire (ex. une organisation communautaire). Si le bénéficiaire dispose de réseaux de soutien mais semble ne pas en faire usage, vous devez voir avec lui dans quelle mesure il peut utiliser au mieux ces réseaux de soutien. Par exemple, pour une bénéficiaire qui s’est rendue une fois auprès d’un groupe de soutien aux femmes dans sa communauté, mais n’a pas continué de s’y rendre parce qu’elle s’est sentie trop fatiguée, vous pouvez l’encourager à recommencer à s’y rendre. Ou bien vous pouvez encourager un bénéficiaire qui a un ami de confiance à contacter cet ami. Enfin, si le bénéficiaire semble avoir des réseaux de soutien qui ne lui sont pas utiles, vous devez lui en parler et l’aider à trouver des soutiens plus utiles et appropriés à partir de nouveaux ou d’autres réseaux. Par exemple, un membre de la famille pourrait dire au bénéficiaire que ses problèmes ne sont pas aussi graves que les siens. Vous devez encourager le bénéficiaire à penser à quel point il est utile de partager des informations avec ce membre de la famille et à voir s’il existe une autre personne à qui il peut parler, qui respectera et validera ses préoccupations. La confiance Dans cette stratégie, il est nécessaire d’avoir une personne ou une organisation de confiance qui puisse permettre au bénéficiaire d’obtenir du soutien. La confiance est encore plus importante lorsque vous encouragez un bénéficiaire à parler de ses problèmes à d’autres personnes. La confiance en une personne se bâtit graduellement au fil du temps. Si vous ne pouvez pas tout confier à quelqu’un, alors vous ne lui faites pas du tout confiance. Vous pourriez, par exemple, commencer à confier quelques informations personnelles. Si vous vous rendez compte que la personne a divulgué ces informations à d’autres, c’est une bonne indication que la personne n’est pas digne de votre confiance. Si par contre elle a gardé ces informations secrètes, vous pourriez lui confier quelque chose de plus confidentiel la prochaine fois. Chaque fois que vous lui parlez, vous pourriez lui confier plus d’informations personnelles. Au cas où un bénéficiaire pense à parler à d’autres personnes de ses problèmes ou de ses émotions, proposez- lui de ne partager que des bribes d’information sans grande importance s’il n’est pas sûr de la personne ou s’il est nerveux de se confier à quelqu’un. Ce conseil est aussi valable pour les bénéficiaires qui confient souvent beaucoup trop d’informations personnelles à d’autres. Cela peut leur causer des problèmes s’ils n’ont pas pris soin de choisir la bonne personne à qui se confier et si les informations ne sont pas gardées confidentielles. Au cas où le bénéficiaire décide de demander du soutien à quelqu’un sous forme d’aide pratique, il ferait mieux de commencer par une petite demande. CHAPITRE 9 RENFORCER LE SOUTIEN SOCIAL 64 PM+ : SOUTIEN PSYCHOSOCIAL INDIVIDUEL POUR ADULTES AFFECTÉS PAR LA DÉTRESSE DANS LES COMMUNAUTÉS EXPOSÉES À L’ADVERSITÉ Agression sexuelle Dans les cas d’agression sexuelle, ou d’autres formes de traumatisme touchant à l’intimité, il peut être particulièrement difficile pour le bénéficiaire de se confier à quelqu’un. Tout en gardant cela en esprit, vous devez encourager le bénéficiaire à renforcer ses soutiens sociaux autant que possible. Vous ne devez jamais obliger le bénéficiaire à parler de ses traumatismes à quelqu’un d’autre s’il n’en a pas envie. En fait, il se peut que ce ne soit pas dans son intérêt de le faire s’il y a lieu de penser que l’autre ne gardera pas l’information secrète ou ne se montrera pas compatissant. L’autre pourrait ainsi, au contraire, contribuer à la stigmatisation de son expérience. Si le confident est susceptible de ne pas croire le bénéficiaire, de la blâmer pour ce qui lui est arrivé ou de banaliser l’affaire, il serait approprié de ne pas encourager le bénéficiaire à lui parler de son expérience. Pour plus d’informations sur les difficultés auxquelles font face les bénéficiaires ayant vécu une agressions sexuelle, voir le chapitre 3). Pour toutes ces raisons, il est particulièrement important que le bénéficiaire choisisse quelqu’un digne de confiance. Dans un premier temps, le bénéficiaire peut partager des informations qui n’ont pas trait à son histoire d’agression sexuelle. Par exemple, il peut parler d’un problème pratique (par exemple, des difficultés liées à l’emploi), et peut demander à la personne de l’aider à faire un exercice pratique (par exemple, emprunter quelque chose). Commencer par partager des informations simples et moins sensibles peut aider le bénéficiaire à se sentir plus à l’aise dans le renforcement de ses réseaux de soutien social. C’est aussi une occasion pour lui de tester à quel point il peut faire confiance en cette personne. Le bénéficiaire pourrait, éventuellement, décider de ne parler à personne de son expérience. Vous devez lui faire comprendre que cela est normal. Le renforcement du soutien social ne vise pas nécessairement à parler de ses problèmes à d’autres personnes. Vous pouvez encourager le bénéficiaire à passer du temps avec des gens dont il apprécie la compagnie, sans qu’il veuille partager son expérience avec eux. Vous pouvez être la seule personne avec qui le bénéficiaire partage les détails, tout en ayant besoin du soutien social des autres. Introduction de la stratégie de soutien social Vous pouvez présenter au bénéficiaire la fiche sur le renforcement du soutien social (Annexe E) pendant que vous lui expliquez la stratégie. Renforcer le soutien social peut signifier plusieurs choses à des personnes différentes. Pour certains, il s’agit de partager leurs difficultés et leurs sentiments avec d’autres personnes en qui ils ont confiance. Pour d’autres, il peut juste s’agir de passer du temps avec des amis ou en famille, sans parler de leurs problèmes. Pour certains, cela peut aussi vouloir dire solliciter l’utilisation des ressources des personnes de confiance, notamment les outils ou même les connaissances des autres, pour exécuter leurs tâches. Aussi, pour certains, cela peut signifier être en contact avec des organisations ou institutions communautaires pour obtenir du soutien. Ces formes de soutien social peuvent être très efficaces pour réduire les difficultés et la détresse. Existe-t-il, selon vous, un moyen par lequel vous pouvez renforcer votre soutien social ? Aidez le bénéficiaire à vous dire comment il entend renforcer son soutien social, par exemple en parlant à quelqu’un, en obtenant davantage d’aide pratique, tel qu’emprunter quelque chose, ou bien en nouant des contacts avec une autre institution ou organisation communautaire. Si le bénéficiaire n’est pas certain de vouloir renforcer son soutien social, même si vous penser qu’il en a besoin, il est nécessaire d’en parler davantage. 65 Beaucoup de gens ne sont pas prêts à parler de leurs problèmes ou à demander de l’aide à d’autres personnes. L’une des raisons en est qu’ils pensent, qu’en le faisant, ils accableront les autres de leurs problèmes. Cela est très souvent faux. Les gens sont prêts à parler de leurs problèmes lorsque leurs amis leur parlent des leurs. Ils peuvent aussi demander de l’aide à leur tour peut-être parce qu’ils passent eux aussi par des problèmes similaires. Vous verrez rarement quelqu’un parler de ses problèmes ou demander de l’aide sans que les autres ne fassent pareil avec lui. Ecouter les difficultés des autres peut aussi aider à voir vos propres problèmes sous une perspective différente, surtout lorsque vous pensez que vous êtes le seul à avoir des problèmes. Une autre raison pour laquelle les gens ne reçoivent pas de soutien des autres est qu’ils n’ont personne en qui se confier. Si vous pensez que vous n’avez personne en qui vous confiez, pouvons-nous en parler davantage tous les deux pour voir si nous pouvons trouver quelqu’un de confiance pour vous ? Prenez du temps pour parler au bénéficiaire des personnes ou des services qui peuvent lui offrir du soutien. Une fois que le bénéficiaire a identifié au moins une personne, une organisation communautaire ou une institution de soutien plus formelle pour lui offrir du soutien, aidez-le à faire ce qui suit. • Planifiez correctement ce qu’il a à faire (ex. appeler ou aller voir la personne). Assurez-vous de détailler ce plan en petites étapes gérables. • Fixer un jour pour le faire. • Demandez au bénéficiaire ce qu’il dira à l’autre personne ou à l’agence, ou ce qu’il va faire avec l’autre personne ou avec l’agence (ex. parler d’un problème pratique et de ce qu’il ressent à l’égard de ce problème, ou raconter qu’il est en train de suivre suit l’intervention PM+, ou du problème spécifique sur lequel vous travaillez ensemble). Vous pouvez même trouver du temps pour que le bénéficiaire s’exerce à répéter ce qu’il dira à l’autre personne ou à l’organisation en question. Les aide-mémoires peuvent aussi aider à accomplir les tâches voulues. Par exemple, programmer des sonneries d’alerte sur le téléphone portable, faire coïncider les tâches avec des activités communautaires ou les heures de repas, ou demander à un ami ou à membre de la famille de les lui rappeler ; tous ces moyens sont bons pour aider le bénéficiaire à accomplir ses tâches. Isolement Social excessif Certain bénéficiaires peuvent s’être isolés pendant longtemps. Parler du renforcement du soutien social peut en effet les rendre nerveux. Ils peuvent ne pas être prêts ou ne pas vouloir rentrer en contact avec d’autres pour partager des informations personnelles, demander de l’aide ou tout simplement passer du temps. Dans ces cas, vous devez aider le bénéficiaire à penser à des petites tâches à faire pour commencer à rentrer en contact avec les autres. Peut-il, par exemple, commencer à sourire aux personnes qui lui sont familières ? Peut-il avoir de contact visuel (ou tout autre signe de communication non verbale approprié) ? Est-il prêt à dire bonjour à son voisin ou inviter un membre de la famille à un repas ? Ainsi, vous l’aider à développer sa confiance à établir des relations avec d’autres personnes et à renforcer progressivement son soutien social. Dans ce chapitre vous avez appris • Ce que signifie renforcer le soutien social. • Comment présenter cette stratégie et encourager le bénéficiaire à renforcer son réseau de soutien social. CHAPITRE 9 RENFORCER LE SOUTIEN SOCIAL 66 PM+ : SOUTIEN PSYCHOSOCIAL INDIVIDUEL POUR ADULTES AFFECTÉS PAR LA DÉTRESSE DANS LES COMMUNAUTÉS EXPOSÉES À L’ADVERSITÉ Chapitre 10 RESTER EN BONNE SANTÉ ET ALLER DE L’AVANT APPRENDRE Qu’allez-vous apprendre dans ce chapitre? SÉANCE À quelle séance ce chapitre se rapporte-t-il ? FICHES D’ACTIVITÉ Quelles fiches d’activité correspondent a ce chapitre? • Au sujet de la nature du rétablissement émotionnel. • Comment le bénéficiaire peut rester en bonne santé. • Comment réaliser l’évaluation post- intervention. • Comment clôturer la séance et l’intervention PM+ avec le bénéficiaire • Séance 5 • Consacrer 30 minutes à la stratégie «Rester en santé» • Consacrer 20 minutes à la stratégie « Imaginer comment aider les autres » • Consacrer 15 minutes à « Aller de l’avant » • Étude de cas sur «Comment aider les autres» – Annexe F • Évaluation post-intervention – Annexe C Se rétablir et rester en bonne santé À voir comment les gens se remettent après un traitement d’une maladie ou d’une blessure physique, on se rend compte que cela ne se passe pas toujours sans peine. Les gens endurent des niveaux de douleur variés pendant le rétablissement. Ils se sentiront mieux certains jours que d’autres. Mais généralement, lorsque les patients pratiquent les exercices ou respectent le plan de rétablissement prescrit par l’infirmier ou le médecin, leur état s’améliore. Le même processus de rétablissement est observé pour ce qui est des problèmes ou des troubles émotionnels. Les gens sont susceptibles de traverser « des hauts et des bas » émotionnels de la même manière que les patients qui se remettent d’une maladie ou d’une blessure physique. Il est important de continuer de mettre en œuvre les stratégies conseillées après l’intervention afin de rester en bonne santé. Cela permet aux bénéficiaires d’éviter une réémergence complète de leurs problèmes et de renforcer leur confiance en soi dans la mise en œuvre des stratégies apprises. Ainsi, lorsqu’à l’avenir surviendra une situation de nature à causer la détresse, le bénéficiaire sera plus à même d’y faire face par l’usage de ces stratégies. Lorsque le bénéficiaire est confronté à une autre (nouvelle) adversité (ex. la mort d’un proche, la perte d’un emploi, la maladie, une recrudescence de la violence communautaire, etc.), il est normal d’éprouver des sentiments désagréables tels que la tristesse, la colère, le deuil ou l’inquiétude. Il convient de rappeler au bénéficiaire que tant que ces sentiments ne perturbent pas son fonctionnent quotidien, ils peuvent être considérés comme normaux. Mais, si le bénéficiaire commence à se sentir très déprimé à nouveau et d’une manière qui perturbe son fonctionnement quotidien (par exemple aller au travail, prendre soin des enfants, etc.), il doit réagir immédiatement en pratiquant l’une des stratégies du PM+ (gestion des problèmes, reprendre l’activité et avancer, renforcer le soutien social ou gérer le stress). Demandez au bénéficiaire de jeter un coup d’œil sur son matériel de PM+ et de commencer à pratiquer les stratégies appropriées. 67 Introduire la stratégie « Rester en bonne santé » La stratégie « Rester en bonne santé » sera introduite à la cinquième séance, c’est-à-dire la dernière avec le bénéficiaire. Ce sera au moment d’évaluer l’évolution du bénéficiaire par rapport à toutes les stratégies que vous lui avez apprises jusque-là (cela devrait durer environ 30 minutes). Vous prendrez environ 30 minutes pour parler de « Rester en santé » avec le bénéficiaire avant de lui donner l’évaluation post-intervention. Cette séance devrait être positive. Donc, vous commencerez par féliciter le bénéficiaire d’avoir pris part à l’intervention PM+. Vous pouvez lui demander si, à son avis, il s’est amélioré ou pas. Si possible, parlez au bénéficiaire des moments où il a réalisé d’importants progrès, fait des efforts remarquables ou fait preuve de beaucoup de courage (ex. lorsqu’il a surmonté une peur irréaliste ou développé une nouvelle relation de confiance avec quelqu’un). De telles observations servent à renforcer la confiance du bénéficiaire en sa capacité à exécuter ces stratégies et à gérer ses problèmes affectifs par lui-même. Par exemple : Comme vous le savez, nous en sommes aujourd’hui à notre dernière séance, et je voudrais commencer par vous féliciter d’être parvenu à ce stade. Vous avez fait preuve de beaucoup de courage et d’efforts en parlant de certains sujets difficiles et en y faisant face. Alors comment vous sentez-vous à l’idée de savoir que c’est notre dernière séance ? Y a-t-il des aspects où, à votre avis, vous vous êtes amélioré depuis le début de l’intervention PM+ ? Y en a-t-il d’autres où il n y a pas eu d’amélioration ? Avez-vous idée de ce que vous pouvez faire pour essayer d’améliorer ces aspects-là ? Ensuite, vous devez encourager le bénéficiaire à continuer à pratiquer les stratégies afin de rester en bonne santé. Vous pourriez commencer par lui demander de penser à ce qu’il peut faire pour demeurer en bonne santé. Vous pouvez aussi insister à ce que le bénéficiaire prenne les documents qu’il pourrait utiliser pour se rafraîchir la mémoire à propos des stratégies (voir Annexe E). Par exemple : Alors, nous allons voir comment vous pouvez rester en bonne santé après avoir terminé l’intervention PM+. Avez-vous idée de ce que vous pouvez faire pour demeurer en bonne santé ? Exemples de points sur lesquels vous pourriez être clair concernant ce que le bénéficiaire peut faire pour rester en bonne santé : J’ai tendance à penser que l’intervention PM+ est semblable à l’apprentissage d’une nouvelle langue. Je vous ai encadré dans l’apprentissage des stratégies pour vous aider à faire face à différents problèmes de la vie. C’est tout comme apprendre une nouvelle langue que vous devez pratiquer chaque jour si vous voulez parler couramment. De la même manière, si vous pratiquez ces stratégies aussi souvent que possible, vous aurez plus de chance de rester en bonne santé. De même, si vous faites face à une situation difficile à l’avenir, vous serez mieux à même de bien la gérer si vous pratiquez régulièrement les stratégies apprises. Il n’y a rien de magique dans cette intervention. Vous avez tout appris et vous êtes capable de l’appliquer tout seul dans votre vie. Vous êtes votre propre aidant à présent. Si vous avez besoin d’aide pour vous rappeler comment appliquer les stratégies, vous avez ces fiches à votre disposition. Vous pourriez avoir besoin de ces images ou d’autre chose à placer dans votre maison pour vous aider à vous rappeler les choses que vous avez apprises ici. Certaines personnes ont collé des notes sur les murs de leur maison ou les ont mises dans les endroits de leur maison où ils passent le plus de temps pour ne jamais oublier les stratégies. Vous prendrez donc du temps pour parler de ce que le bénéficiaire pourrait particulièrement faire au cas où il serait confronté à un événement extrêmement stressant ou des sentiments négatifs à l’avenir. Donnez au bénéficiaire la possibilité de vous dire d’abord ce qu’il ferait. Aidez-le à vous donner autant de détails que possible sur sa réaction (ex. demandez-lui de vous donner des exemples concrets des moyens qu’il pourrait utiliser pour améliorer son soutien social, au lieu de vous dire simplement : « J’améliorerai mon soutien social ». CHAPITRE 10 RESTER EN BONNE SANTÉ ET ALLER DE L’AVANT 68 PM+ : SOUTIEN PSYCHOSOCIAL INDIVIDUEL POUR ADULTES AFFECTÉS PAR LA DÉTRESSE DANS LES COMMUNAUTÉS EXPOSÉES À L’ADVERSITÉ Il n’est pas rare que les personnes éprouvent des difficultés par la suite. Que pensez-vous pouvoir faire la prochaine fois que vous serez confronté à une situation difficile ou que vous aurez encore des sentiments négatifs ? (Donnez des exemples pertinents au bénéficiaire, ex. perte d’un emploi, conflit en couple, dépression, etc.). Donnez d’abord au bénéficiaire l’opportunité d’identifier des idées ou de parler de stratégies particulières. Vous pourriez l’emmener à penser à ce qui a été particulièrement utile dans l’intervention PM+ (en d’autres termes, ce qui l’a déjà aidé à gérer des émotions et des problèmes particuliers). Pendant la conversation, vous devez encourager le bénéficiaire à faire l’effort de pratiquer les stratégies de PM+ qu’il a jugé efficaces, lorsqu’il fera face à des difficultés à l’avenir. Cependant, vous lui direz aussi qu’au cas où il ne parvenait pas à gérer ses problèmes (c’est-à-dire s’il pratique régulièrement les stratégies mais continue d’avoir plusieurs problèmes affectifs), d’autres options pourraient lui être accessibles. Celles-ci dépendront de l’endroit où vous vous trouverez et des ressources disponibles, parmi lesquelles la possibilité de vous contacter à nouveau pour des séances supplémentaires ou pour le référer à un spécialiste. Imaginer comment apporter de l’aide aux autres Pour plusieurs bénéficiaires, il est aussi nécessaire de s’assurer qu’ils ont compris chaque stratégie que vous leur avez apprise. Prenez environ 20 minutes pour parler de l’étude de cas contenue à l’Annexe F. Demandez au bénéficiaire d’imaginer que chacune de ces personnes est un ami proche à lui, et de penser à la stratégie qu’il proposerait à son ami. Si le bénéficiaire trouve que cette tâche est difficile, utilisez-la comme opportunité pour lui apprendre quelle stratégie correspond à quel problème. Si le bénéficiaire préfère parler d’un ami connu qui rencontre réellement des problèmes, utilisez plutôt son exemple. Ce que nous allons faire à présent, c’est de travailler ensemble en tant qu’aidants pour que vous soyez sûr de comprendre toutes les stratégies de l’intervention PM+ ainsi que le bon moment de les appliquer. J’ai ici des exemples de différentes personnes et je voudrais que vous vous imaginiez qu’il s’agit d’un ami à vous ou d’un membre de votre famille qui vous est proche. Après avoir lu un exemple, nous allons prendre quelques minutes pour voir comment vous pourriez l’aider à gérer son problème en appliquant l’une des stratégies que vous avez apprises. (Lisez le premier exemple de l’Annexe.) Pouvez-vous proposer la stratégie la plus appropriée parmi celles que vous avez apprises ? Se tourner vers l’avenir Parfois, il peut être bénéfique de parler brièvement au bénéficiaire (environ 15 minutes) de ses objectifs à venir. Cela peut aider le bénéficiaire à voir dans quelle mesure il peut continuer à appliquer les stratégies, par exemple en choisissant d’autres problèmes qu’il souhaiterait gérer à l’aide du PM+. Une fois que le bénéficiaire a identifié un objectif (ou plusieurs objectifs), évoquez avec lui comment il entend s’y prendre pour commencer à réaliser cet objectif. À titre d’exemple, quelle pourrait être sa première action ou bien quelles seraient les actions envisagées au cours des prochains jours, semaines, mois, ainsi de suite ? Enfin, je voudrais prendre un peu de temps pour voir comment vous pourriez continuer à appliquer les stratégies que vous avez apprises pendant l’intervention PM+ pour réaliser certains objectifs que vous vous seriez fixé. Avez-vous actuellement un problème que vous voudriez traiter à court terme en appliquant l’une des stratégies ? Si le bénéficiaire éprouve des difficultés à identifier des objectifs ou des problèmes qu’il voudrait traiter, vous pourrez vous référer à la liste initiale de problèmes qu’il avait établie lors de l’évaluation. En parlant justement de ce problème, quelle est la première action que vous pourriez être en mesure de poser pour commencer à résoudre ou à réduire le problème ? À quel moment pourriez-vous le faire ? 69 Évaluation post-intervention (si le temps le permet) À la fin de la séance, rappelez au bénéficiaire que vous le contacterez pour procéder à l’évaluation post-intervention dans une ou deux semaines. S’il est possible pour vous de procéder à cette évaluation à la fin de la cinquième séance, cela ne pose aucun problème. Voir chapitre 4 sur la procédure d’évaluation. Clôturer la cinquième séance et l’intervention PM+ Pour clôturer l’intervention PM+, remerciez et félicitez le bénéficiaire encore une fois. Souhaitez-lui bonne chance pour son rétablissement tout en lui rappelant de continuer d’appliquer les stratégies. Nous vous recommandons de prendre des dispositions pour continuer à suivre le bénéficiaire dans quelques mois, afin de vérifier son évolution. C’est le lieu de voir si le bénéficiaire a l’intention de déménager ou de quitter la région. Dans ce chapitre vous avez appris • Comment la plupart des bénéficiaires se remettent des problèmes affectifs. • Comment le bénéficiaire peut rester en bonne santé et prévenir une résurgence totale des problèmes. • Comment procéder à une évaluation post-intervention. CHAPITRE 10 RESTER EN BONNE SANTÉ ET ALLER DE L’AVANT PM+ : SOUTIEN PSYCHOSOCIAL INDIVIDUEL POUR ADULTES AFFECTÉS PAR LA DÉTRESSE DANS LES COMMUNAUTÉS EXPOSÉES À L’ADVERSITÉ 70 GESTION DES PROBLÈMES PLUS (PM+) Soutien psychosocial individuel aux adultes affectés par la détresse dans les communautés exposées à l’adversité. ANNEXES 71 72 PM+ : SOUTIEN PSYCHOSOCIAL INDIVIDUEL POUR ADULTES AFFECTÉS PAR LA DÉTRESSE DANS LES COMMUNAUTÉS EXPOSÉES À L’ADVERSITÉ ANNEXE A : PRÉ-ÉVALUATION PM+ La pré-évaluation doit être effectuée durant une séance autre que la première séance de l’intervention. Le formulaire doit être rempli, en général, une à deux semaines avant le début de l’intervention. Votre nom : ___________________________________________________ Date du jour : _____________________________ Nom du bénéficiaire : _____________________________________________________________________________________ Coordonnées du bénéficiaire ______________________________________________________________________________ __________________________________________________________________________________________________________ __________________________________________________________________________________________________________ Section Contenu 1 Introduction et consentement verbal 2 Renseignements démographiques 3 PSYCHLOPS (version pré-intervention) 4 Mesure du fonctionnement 5 Mesure de la détresse émotionnelle 6 Évaluation des idées suicidaires 7 Atteinte du fonctionnement possiblement dues à des troubles mentaux sévères, à des troubles neurologiques ou à des troubles d’abus de substance 8 Formulaire récapitulatif et commentaires 73 Remarque : Les instructions en italiques doivent être lues au bénéficiaire. 1. INTRODUCTION ET CONSENTEMENT VERBAL Salut, je m’appelle............ Je travaille avec (nom de l’organisation) et je sais que vous faites faces à certaines difficultés au sujet desquelles je pourrais vous aider. J’aimerais vous parler davantage de cette intervention pour que vous puissiez me dire si vous la trouvez pertinente. Certaines personnes font face au stress ou souffrent d’autres problèmes psychologiques16 qui peuvent affecter leur capacité à accomplir leurs activités quotidiennes. Cette intervention a été développée pour apprendre à ces personnes des compétences qui sont de nature à les aider à mieux gérer ces problèmes. Elle se déroulera sur cinq semaines et vous enseignera lesdites compétences. Nous espérons que cette intervention vous permettra d’acquérir les compétences nécessaires à la gestion de ces problèmes. Ainsi, il ne s’agit pas de vous apporter un soutien matériel direct ni de vous donner de l’argent, mais plutôt de vous transmettre des compétences. Si cette intervention vous intéresse, je voudrais à présent savoir ce que vous ressentez et comment vous vous portez, pour savoir si elle vous convient. Avant de commencer, vous devez savoir que tout ce que vous me direz dans le cadre de cette intervention restera confidentiel. Cela signifie que je ne pourrai partager ces renseignements avec personne d’autre que mon superviseur, sauf si vous m’assurez ne trouver aucun inconvénient à ce que je les communique à un médecin ou à un infirmier. Toutefois, je dois mettre par écrit vos réponses, lesquelles seront ensuite gardées sous scellé dans les services de (nom de l’organisation). Je ne peux passer outre ce devoir de confidentialité que si je suis persuadé que vous courez un grave risque de mettre fin à votre vie ou de nuire à quelqu’un d’autre, puisque mon travail consiste à veiller sur vous. Si je me retrouve dans l’obligation de passer outre ce devoir de confidentialité, je vous en parlerai au préalable, ensuite je contacterai mon superviseur, qui est spécialement formé pour aider les personnes qui sont à risque de se faire mal ou de mettre fin à leur vie. Voulez-vous continuer ? ANNEXE A : PRÉ-ÉVALUATION PM+ 16 La manière dont ces problèmes sont présentés peut varier en fonction du contexte (pour des raisons d’adaptation). 74 PM+ : SOUTIEN PSYCHOSOCIAL INDIVIDUEL POUR ADULTES AFFECTÉS PAR LA DÉTRESSE DANS LES COMMUNAUTÉS EXPOSÉES À L’ADVERSITÉ 2. RENSEIGNEMENTS DÉMOGRAPHIQUES Merci pour votre participation à cette intervention. Permettez-moi maintenant de vous poser ces questions. Veuillez noter qu’il n’existe ni bonnes ni mauvaises réponses à ces questions. Présentez simplement et en toute honnêteté la situation exacte. Je commencerai par des questions d’ordre général. 1 Enregistrez le sexe d’après votre observation Féminin 1 Masculin 2 2 Quel âge avez-vous ? _______ ans 3 Combien d’années d’études avez-vous faites en tout (primaires, secondaire et universitaires) ? _______ ans 4 Quel est votre situation matrimoniale actuelle ? (Choisissez l’option la plus appropriée) Jamais marié(e) 1 Actuellement marié(e) 2 Séparé(e) 3 Divorcé(e) 4 Veuf(ve) 5 En cohabitation 6 5a Laquelle de ces options décrit le mieux votre principale situation professionnelle? (Choisissez l’option la plus appropriée) Emploi salarié (voir 5b) 1 En libéral, par exemple propriétaire d’un commerce ou d’une ferme (voir 5b) 2 Emploi non-payé, par exemple une activité volontaire ou caritative 3 Étudiant(e) 4 Ménagère/Personnel de maison 5 Retraité(e) 6 Sans emploi (pour raisons de santé) 7 Sans emploi (pour d’autres raisons) 8 Autre (préciser) 9 5b Si le bénéficiaire exerce une activité salariée ou travaille à son propre compte, posez-lui la question : Quel est votre profession ? (Qu’exercez-vous comme métier ?) (Notez la réponse dans l’espace indiqué) 75 3. PSYCHLOPS (version pré-intervention)17 Les instructions en italique doivent être lues au bénéficiaire. Les autres instructions concernent uniquement l’évaluateur. Le questionnaire suivant porte sur vous et sur votre état. Premièrement, je vous poserai des questions concernant les problèmes que vous éprouvez en ce moment. Pensez-y, aussi grands ou petits soient-ils. Question 1 a. Choisissez le problème qui vous préoccupe le plus. Faites un bref résumé de la description du problème par le bénéficiaire. Si nécessaire, posez-lui la question : « Pouvez-vous me décrire ce problème ? » (Veuillez noter la réponse dans le cadre ci-dessous) b. À quel point avez-vous été affecté par ce problème au cours de la semaine écoulée ? (Veuillez cocher l’une des cases ci-dessous). 0 1 2 3 4 5 Pas du tout affecté       Gravement Affecté Question 2 a. Choisissez un autre problème qui vous préoccupe. Résumez brièvement la description du problème faite par le bénéficiaire. Si nécessaire, posez-lui la question : « Pouvez-vous me décrire ce problème ?» (Veuillez noter la réponse dans le cadre ci-dessous). 17 Ce questionnaire, reproduit sur autorisation, est une version adaptée de la 5ème Version du « Psychological Outcome Profiles Questionnaire (PSYCHLOPS) ». Voir le site : www.psychlops.org. Tous droits réservés © 2010, Département des Soins Primaires et des Sciences de la Santé publique, King’s College de Londres. La version adaptée utilisée dans cette publication de l’OMS est différente parce que : (a) elle ne cherche pas à savoir à quel moment le bénéficiaire a commencé à sentir ce problème ; (b) elle demande comment les gens ont passé la dernière semaine et non comment ils se sont sentis au cours de la dernière semaine (Q4) ; elle cherche à décrire le problème dans les détails (Q1 et Q2) ; et (d) utilise le terme « intervention » au lieu de « thérapie ». ANNEXE A : PRÉ-ÉVALUATION PM+ 76 PM+ : SOUTIEN PSYCHOSOCIAL INDIVIDUEL POUR ADULTES AFFECTÉS PAR LA DÉTRESSE DANS LES COMMUNAUTÉS EXPOSÉES À L’ADVERSITÉ b À quel point avez-vous été affecté par ce problème au cours de la semaine écoulée ? (Veuillez cocher l’une des cases ci-dessous) 0 1 2 3 4 5 Pas du tout affecté       Gravement affecté Question 3 a. Choisissez une activité que vous avez du mal à exercer à cause de ce problème. (Veuillez noter la réponse dans le cadre ci-dessous) b. À quel point vous a-t-il été difficile d’exercer cette activité au cours de la semaine écoulée ? (Veuillez cocher l’une des cases ci-dessous) 0 1 2 3 4 5 Pas du tout difficile       Très difficile Question 4 Comment vous-êtes-vous senti au cours de cette semaine ? (Veuillez cocher l’une des cases ci-dessous) 0 1 2 3 4 5 Très bien       Très mal Cotation sur le PSYCHLOPS • Le questionnaire PSYCHLOPS a été choisi comme outil de cotation des résultats. Ainsi, le score pré-intervention est comparé à ceux d’après (en cours et post-intervention). Le ratio est le « différentiel des scores ». • Toutes les réponses obtenues à partir du PSYCHLOPS sont cotées sur une échelle de six points allant de zéro à cinq. Plus la valeur est élevée, plus le bénéficiaire est gravement affecté. • Toutes les questions du PSYCHLOPS ne sont pas utilisées pour la cotation. Seules les questions qui concernent les problèmes (Questions 1b et 2b), le fonctionnement (Question 3b) et le bien-être (Question 4) sont cotées. • D’autres questions fournissent des informations utiles, mais ne contribuent pas au différentiel des scores. Le PSYCHLOPS couvre par conséquent trois domaines : problèmes, fonctionnement et bien-être, ainsi que quatre questions cotées. • Le score maximum du PSYCHLOPS est de 20. • Le score maximum pour chaque question est de 5. • Si la question Q1 (problème 1) et la question Q2 (problème 2) ont trouvé réponse, le score total est égal à : Q1b + Q2b + Q3b + Q4. • Si Q1 (problème) a trouvé réponse contrairement à Q2 (problème 2), le score total est égal à : (Q1b x 2) + Q3b + Q4. En d’autres termes, le score de Q1b (problème 1) est double. Cette démarche permet de faire en sorte que le score total maximum du PSYCHLOPS soit égal à 20. Score total du PSYCHLOPS pré-intervention : _ _____________ 77 4) MESURE DU FONCTIONNEMENT Une mesure du fonctionnement de la personne devrait être incluse. Le choix de l’outil de mesure dépend des outils de mesure validés localement. Un bon choix est souvent la version en 12 points du Programme d’évaluation de l’invalidité de l’OMS 2.0, administrée par l’enquêteur.18 ANNEXE A : PRÉ-ÉVALUATION PM+ 18 Le WHODAS peut être consulté sur ce lien : http://www.who.int/classifications/icf/whodasii/en/. Ce site web donne également accès au manuel d’utilisation WHODAS, à des traductions du WHO DAS en plusieurs langues et à une fiche de consentement pour usager 78 PM+ : SOUTIEN PSYCHOSOCIAL INDIVIDUEL POUR ADULTES AFFECTÉS PAR LA DÉTRESSE DANS LES COMMUNAUTÉS EXPOSÉES À L’ADVERSITÉ 5) MESURE DE LA DÉTRESSE PSYCHOLOGIQUE Il faut inclure une mesure de la détresse psychologique. Le choix de la mesure est fonction de la mesure adoptée localement. Vous pouvez utiliser un ensemble d’outils de mesure de la détresse psychologique, tels que le « Self-Reporting Questionnaire-20 (ou questionnaire d’auto-déclaration) (SRQ-20) »19 ou le « General Health Questionnaire-12 (ou questionnaire de santé général (GHQ-12) » ou encore des outils de mesure de la dépression ou de l’anxiété, tels que le « Hospital Depression and Anxiety Scale » (Échelle de mesure de la dépression et de l’anxiété en milieu hospitalier (HDAS)) ou encore le « Patient Health Questionnaire-9 » (questionnaire sur la santé du patient) (PHQ-9) et le GAD-7).20 19 Voir le guide de l’utilisateur du « Self Reporting Questionnaire » (SRQ) OMS, 1994 (Genève) 20 Le PHQ-9 et le GAD-7 sont disponibles en plusieurs langues sur le site : http://www.phqscreeners.com/select-screener 79 6) ÉVALUATION DES IDÉES SUICIDAIRES Nous venons de parler des différents problèmes affectifs que certains peuvent rencontrer. Parfois, lorsque les gens se sentent très tristes et désespérés, ils pensent à la mort ou au suicide. Ces idées ne sont pas rares et vous n’avez pas à en avoir honte si tel est votre cas. Les questions que je vais vous poser par la suite concernent ce type de pensées. Êtes-ce que cela vous pose problème? Pouvons-nous poursuivre l’entretien ? 1. Au cours du dernier mois, avez-vous pensé sérieusement ou envisagé un plan pour mettre fin à votre vie? OUI NON Si oui, demandez au bénéficiaire de décrire ses idées ou plans. Notez-en les détails ici : Si le bénéficiaire répond par « non » à la question 1, remerciez-le pour ses réponses et arrêtez l’évalua- tion à ce niveau. Si le bénéficiaire répond par « oui » à la question 1, veuillez passer à la question 2. 2. Quelles actions avez-vous entrepris pour mettre fin à votre vie ? Veuillez noter les détails ici : 3. Avez-vous l’intention de mettre fin à votre vie dans les deux prochaines semaines ? OUI NON INCERTAIN Si la réponse est « oui » ou « incertain », demandez au bénéficiaire de vous décrire son plan. Notez-en les détails ici : Si le bénéficiaire répond par « oui » à la question 3, cela signifie qu’il envisage de mettre fin à sa vie dans un avenir immédiat. Avisez votre superviseur immédiatement et restez avec le bénéficiaire pen- dant que vous contactez votre superviseur. (Voir les éléments de langage ci-dessous si nécessaire.) Si vous n’êtes pas certain que le bénéficiaire veuille mettre fin à sa vie dans un avenir immédiat, dites-lui que vous souhaiteriez contacter votre superviseur pour que ce dernier lui pose des questions complémentaires. Texte pour usage avec les bénéficiaires qui envisagent de mettre fin à leur vie dans un avenir immédiat. Au regard de la description que vous m’avez faite, votre sécurité me préoccupe. Comme je l’ai indiqué au début de cet entretien, si je suis persuadé que vous courez le risque de mettre fin à votre vie, je suis dans l’’obligation d’aviser mon superviseur. Cela est d’une grande importance pour que nous puissions vous apporter le meilleur soutien le plus tôt possible, compte tenu des problèmes que vous avez soulevés. C’est ce que je vais faire maintenant, d’accord ? ANNEXE A : PRÉ-ÉVALUATION PM+ 80 PM+ : SOUTIEN PSYCHOSOCIAL INDIVIDUEL POUR ADULTES AFFECTÉS PAR LA DÉTRESSE DANS LES COMMUNAUTÉS EXPOSÉES À L’ADVERSITÉ 7) ATTEINTE DU FONCTIONNEMENT POSSIBLEMENT DUE A DES TROUBLES MENTAUX SÉVÈRES, DES TROUBLES NEUROLOGIQUES OU DES TROUBLES D’ABUS DE SUSBTANCES. Les points suivants résultent de votre observation et de votre jugement du comportement du bénéficiaire. Ne posez pas de questions au bénéficiaire à ce stade. Encerclez « oui » ou « non » pour indiquer votre jugement et donnez des précisions si nécessaires. Comportement Précisions 1. Le bénéficiaire vous comprend-t-il (même s’il parle la même langue ou le même dialecte que vous) ? (Exemple : peut-il comprendre les expressions ou les questions élémentaires ou suivre les instructions ?) OUI / NON Si non, donnez-en plus de précisions : 2. Le bénéficiaire peut-il suivre ce qui se passe dans le cadre de l’évaluation à un niveau acceptable ? (Exemple : se souvient-il des sujets abordés récemment ? Reconnaît-il qui vous êtes et comprend-il le programme que vous menez avec lui ? Comprend-il à un niveau raisonnable la raison pour laquelle vous l’interrogez ? Veuillez préciser si le bénéficiaire est si confus ou ivre ou sous l’effet de substance qu’il ne peut pas suivre ce qui se passe, puis encerclez la réponse.) OUI / NON Si non, donnez-en plus de précisions : 3. Les réponses du bénéficiaire sont-elles bizarres et/ou très inhabituelles ? (Exemple : emploi de mots inconnus, regard prolongé dans le vide, monologues, histoires très bizarres ou invraisemblables.) OUI / NON Si oui, donnez-en plus de précisions : 4. En fonction des questions et du comportement du bénéficiaire, donne-t-il l’impression d’être coupé de la réalité ou de répondre en dehors du sujet de l’évaluation ? (Exemple : illusions, préjugés ou suspicions insensées (bizarres) ou irréalistes dans le contexte local du bénéficiaire, des idées de persécutions marquées par une croyance irréaliste comme par exemple la conviction que quelqu’un veut lui faire du mal.) OUI / NON Si oui, donnez-en plus de précisions : Envisagez l’exclusion du bénéficiaire du PM+ si vous répondez par NON à la question 1 ou à la question 2, ou par OUI à la question 3 ou à la question 4. 81 8) FORMULAIRE RÉCAPITULATIF ET COMMENTAIRES CRITÈRE RÉPONSE/ SCORE EXCLUSION (Cochez si la réponse est OUI) RÉPONSE CONCERNANT LES BENEFICIAIRES EXCLUS INFORMATIONS ENREGISTRÉES (SIGNATURE/ DATE) Score total sur le PSYCHLOPS Score total concernant la MESURE DU FONCTIONNEMENT (e.g. WHODAS 2.0)21 Des scores moins élevés dans l’une de ces évaluations signifient que le PM+ est inapproprié.Score total concernant la MESURE de la DÉTRESSE PSYCHOLOGIQUE22 Le bénéficiaire est-il âgé de moins de 18 ans ? OUI/ NON Si le bénéficiaire a moins de 18 ans et présente des symptômes de troubles mentaux et psychologiques, contactez un service de santé, un service social ou un réseau communautaire de protection, le cas échéant. Le bénéficiaire envisage-t-il de mettre fin à sa vie dans les deux semaines à venir? OUI/ NON Appelez votre superviseur. Engagez la prise en charge nécessaire. Le bénéficiaire souffre-t-il de troubles mentaux sévères, neurologiques ou dus à un abus de substance? (À l’observation – points 8.1 à 8.4.) OUI/ NON Engagez la prise en charge nécessaire. Encerclez la décision appropriée suivant le tableau récapitulatif ci-dessus ADMIS Faire le commentaire (voir les éléments de langage à la page suivante). EXCLU Faire le commentaire et s’en servir si nécessaire. 21 Il faut que Le bénéficiaire obtienne un score de 17 ou plus sur le WHODAS 2.0 pour être admis. 22 Si le PHQ-9 est utilisé comme outil d’évaluation de la détresse psychologique, le bénéficiaire doit obtenir un score de 10 ou plus élevé pour être admis. ANNEXE A : PRÉ-ÉVALUATION PM+ 82 PM+ : SOUTIEN PSYCHOSOCIAL INDIVIDUEL POUR ADULTES AFFECTÉS PAR LA DÉTRESSE DANS LES COMMUNAUTÉS EXPOSÉES À L’ADVERSITÉ Commentaires aux bénéficiaires exclus : Pour les bénéficiaires dont les problèmes ne relèvent pas du champ d’application du PM+ à cause de faible niveau de détresse ou d’atteinte du fonctionnement : Merci pour votre disponibilité. Vous semblez faire preuve de résilience face aux circonstances actuelles. Si tel est le cas, vous n’avez pas réellement besoin de cette intervention. Je vous suis très reconnaissant de m’avoir accordé de votre temps et d’avoir répondu en toute honnêteté. Si vous pensez avoir besoin de soutien pour des problèmes psychologiques23 dans l’avenir, veuillez en parler à (nom de la personne indiquée) pour que je puisse vous aider. Pour les bénéficiaires dont les problèmes ne relèvent pas du champ du PM+ à cause d’une possibilité de troubles mentaux sévères, neurologiques ou dus à un abus de substance: Merci pour votre disponibilité et de vos réponses honnêtes. Il semble que vous faites face à des problèmes que l’intervention PM+ ne pourra pas vous aider à résoudre (préciser la difficulté – par exemple : des comportements inhabituels, des crises de colère, des problèmes sévères de consommation d’alcool ou de substances). Je voudrais vous mettre en contact avec un service qui pourra mieux vous aider à gérer ces problèmes. Est-ce que cela vous convient? Expliquez clairement ce que vous allez faire. Par exemple : appeler le service en question et prendre un rendez- vous pour le bénéficiaire à l’instant-même ou plus tard, parler avec votre superviseur, appeler la personne ou lui rendre visite une autre fois, etc. Voir les éléments de langage de l’Annexe D pour répondre au bénéficiaire qui envisage de mettre fin à sa vie dans un avenir immédiat. Commentaires destinés aux bénéficiaires admis à l’intervention PM+ (en l’occurrence ceux qui remplissent tous les critères d’admission) : Merci pour vos réponses. Il semble que vous avez certains problèmes de … (évoquer les situations auxquelles le bénéficiaire fait face ou le problème qu’il a en ce moment). C’est la raison pour laquelle l’intervention PM+ peut vous être utile. Je voudrais vous en dire davantage pour que vous puissiez décider si vous acceptez notre intervention. Qu’en pensez-vous ? (Poursuivre si le bénéficiaire est d’accord.) Le PM+ suppose que nous nous rencontrions (vous et moi) une fois par semaine pendant cinq semaines. Nos séances dureront environ 90 minutes. J’espère que cette intervention vous permettra d’acquérir les compétences nécessaires pour faire face à (citer quelques problèmes que le bénéficiaire a mentionnés, y compris le stress, la 23 La présentation de ces problèmes aux bénéficiaires peut varier en fonction du contexte (question d’adaptation). 83 mauvaise humeur, les problèmes pratiques). Vous comprenez que le PM+ n’apporte pas de soutien matériel direct ou de l’argent, mais vous transmet des compétences importantes. Il vous appartient de décider de votre participation ou non à l’intervention, tout comme vous pouvez décider d’interrompre votre participation à tout moment. Tout ce que vous me direz pendant l’intervention restera confidentiel, comme je vous l’ai promis au début de notre entretien aujourd’hui. ANNEXE A : PRÉ-ÉVALUATION PM+ 84 PM+ : SOUTIEN PSYCHOSOCIAL INDIVIDUEL POUR ADULTES AFFECTÉS PAR LA DÉTRESSE DANS LES COMMUNAUTÉS EXPOSÉES À L’ADVERSITÉ ANNEXE B : ÉVALUATION EN COURS D’INTERVENTION PM+ REMARQUE : Cette évaluation doit être effectuée au début de chaque séance de PM+ Nom de l’aidant : ____________________________________________ Date du jour : ___________________ Nom du bénéficiaire : ________________________________________ Numéro de la séance : ___________ Questionnaire PSYCHLOPS (version à utiliser en cours d’intervention)24 Le questionnaire suivant porte sur vous et sur ce que vous ressentez. Question 1 a. Il s’agit ici du problème qui vous préoccupe le plus comme vous me l’avez mentionné lorsque je vous ai interrogé la première fois. (Aidant – veuillez noter ce problème dans le cadre ci-dessous avant la séance.) b. À quel point avez-vous été affecté par ce problème au cours de la semaine dernière? (veuillez cocher l’une des cases ci-dessous) 0 1 2 3 4 5 Pas du tout affecté       Gravement affecté 24 Ce questionnaire, reproduit sur autorisation, est une version adaptée de la version 5 du PSYCHLOPS en cours de thérapie. Voir le site internet : www.psychlops.org. Tous droits réservés © 2010, Département des Soins Primaires et des Sciences de la Santé Publique, King’s College de Londres. 85 Question 2 a. Il s’agit ici de l’autre problème qui vous préoccupe comme vous me l’avez mentionné lorsque je vous ai interrogé pour la première fois. (Aidant – veuillez noter ce problème dans le cadre ci-dessous avant la séance.) b. À quel point avez-vous été affecté par ce problème au cours de la semaine dernière? (Veuillez cocher l’une des cases ci-dessous) 0 1 2 3 4 5 Pas du tout affecté       Gravement affecté Question 3 a. Il s’agit ici de l’activité que vous avez dit avoir eu de la peine à exercer lorsque je vous ai posé la question pour la première fois. (Aidant – veuillez noter l’activité en question dans le cadre ci-dessous avant la séance.) b. Vous a-t-il été difficile d’exercer cette activité au cours de la dernière semaine ? (Veuillez cocher l’une des cases ci-dessous) 0 1 2 3 4 5 Pas du tout difficile       Très difficile ANNEXE B : ÉVALUATION EN COURS D’INTERVENTION PM+ 86 PM+ : SOUTIEN PSYCHOSOCIAL INDIVIDUEL POUR ADULTES AFFECTÉS PAR LA DÉTRESSE DANS LES COMMUNAUTÉS EXPOSÉES À L’ADVERSITÉ Question 4 a. Comment vous êtes-vous senti au cours de cette semaine ? (Veuillez cocher l’une des cases ci-dessous)? 0 1 2 3 4 5 Très bien       Très mal b. Évaluation des idées suicidaires REMARQUE : Si le bénéficiaire a coché la case 4 ou 5 pour la question 4a, ou s’il a un passé marqué par des idées ou des plans suicidaires en cours de PM+, faites l’évaluation des idées suicidaires. Pour tout autre bénéficiaire, passez à la question 5. Now I need to ask you some questions about your safety. 1. Avez-vous sérieusement pensé à mettre fin à votre vie ou envisagé une telle éventualité au cours de la dernière semaine ? OUI NON Si oui, demandez au bénéficiaire de décrire ses idées ou plans. Notez-en les détails ici : Si le bénéficiaire répond par « NON » à la question 1, vous pouvez conclure l’évaluation. Si le bénéficiaire répond par « OUI » à la question 1, veuillez passer à la question 2. 2. Quelles actions avez-vous posées pour mettre fin à votre vie ? Veuillez noter les détails ici : 3. Envisagez-vous de mettre fin à votre vie dans les deux prochaines semaines ? OUI NON INCERTAIN Si la réponse du bénéficiaire est affirmative ou incertaine, demandez-lui de vous décrire son plan. Notez-en les détails ici : Si le bénéficiaire répond par « OUI » à la question 3, cela signifie qu’il envisage de mettre fin à sa vie dans un avenir immédiat. Avisez votre superviseur immédiatement. Si vous n’êtes pas certain que le bénéficiaire soit en danger, dites-lui que vous souhaiteriez contacter votre superviseur pour que ce dernier lui pose des questions supplémentaires. 87 Question 5 a. Maintenant que vous participez à cette intervention, vous auriez peut-être constaté que d’autres problèmes ont pris de l’ampleur. Dites-moi s’il vous plaît lequel vous perturbe le plus, ou s’il n’y a pas d’autres problèmes qui ont pris de l’ampleur ? b. À quel point avez-vous été affecté par ces autres problèmes au cours de la dernière semaine ? (Aidant – veuillez cocher l’une des cases ci-dessous ou laisser-les vide si aucun autre problème n’a pris de l’ampleur.) 0 1 2 3 4 5 Pas du tout affecté       Gravement affecté Commentaires (à compléter par l’aidant) Veuillez noter dans le cadre ci-dessous tout commentaire que vous souhaiteriez mentionner au sujet du bénéficiaire, tel que la façon dont il s’est présenté/comporté pendant la séance. Score total de l’évaluation PSYCHLOPS en cours d’intervention : _ _____________25 ANNEXE B : ÉVALUATION EN COURS D’INTERVENTION PM+ 25 Si Q1 (problème 1) et Q2 (problème 2) ont trouvé réponse toutes les deux, le score total est égal à : Q1b + Q2b + Q3b + Q4. Si Q1 (problème) a trouvé réponse contrairement à Q2 (problème 2), le score total est égal à : (Q1b x 2) + Q3b + Q4. En d’autres termes, le score de Q1b (problème 1) est double. 88 PM+ : SOUTIEN PSYCHOSOCIAL INDIVIDUEL POUR ADULTES AFFECTÉS PAR LA DÉTRESSE DANS LES COMMUNAUTÉS EXPOSÉES À L’ADVERSITÉ ANNEXE C : ÉVALUATION POST-PM+ REMARQUE : Cette évaluation doit être effectuée, si possible, quelques semaines après la fin du PM+. Vous pouvez également vous en servir comme évaluation de suivi après la fin de l’intervention PM+. Votre nom : ___________________________________________________ Date du jour : _____________________________ Nom du bénéficiaire: ____________________________________________________________________________________ Coordonnées du bénéficiaire: _____________________________________________________________________________ __________________________________________________________________________________________________________ __________________________________________________________________________________________________________ Section CONTENU 1 Introduction 2 PSYCHLOPS (version post-intervention) 3 Mesure du fonctionnement 4 Mesure de la détresse psychologique 5 Formulaire récapitulatif des scores 1. INTRODUCTION 1. But de l’évaluation Merci d’avoir accepté de tenir cette conversation avec moi aujourd’hui. Les questions que je vais vous poser aujourd’hui vous seront familières, puisque ce sont les mêmes que je vous ai posées avant le début de cette intervention. Cependant, ce qui m’intéresse à présent que vous avez terminé le PM+, c’est de savoir comment vous vous portez. 2. Confidentiality: J’aimerais également vous rappeler que tout ce que vous me direz restera entre mon superviseur et moi, comme dans nos séances précédentes. Toutefois, si je me rends compte que vous risquez sérieusement de vous faire du mal ou de nuire à quelqu’un d’autre, je dois en informer mon superviseur et vous mettre en contact avec des personnes qui peuvent vous aider vu que je suis dans l’obligation de vous aider à vous protéger. Vous comprenez ? 89 2) PSYCHLOPS (version post-intervention)26 Les instructions en italique doivent être lues au bénéficiaire. Les autres instructions concernent uniquement l’évaluateur. Le questionnaire suivant porte sur vous et sur votre état. Question 1 a. Il s’agit ici du problème qui vous préoccupe le plus comme vous me l’avez mentionné lorsque je vous ai interrogé la première fois. (Aidant – veuillez noter dans le cadre ci-dessous le premier problème que le bénéficiaire a soulevé lors de l’évaluation PSYCHLOP pré-intervention.) b. À quel point avez-vous été affecté par ce problème au cours de la dernière semaine ? (Veuillez cocher l’une des cases ci-dessous) 0 1 2 3 4 5 Pas du tout affecté       Gravement affecté Question 2 a. Il s’agit ici de l’autre problème qui vous préoccupe comme vous me l’avez mentionné lorsque je vous ai interrogé pour la première fois. (Aidant – veuillez noter dans le cadre ci-dessous la réponse du bénéficiaire à cette question lors de l’évaluation PSYCHLOPS pré-intervention.) 26 Ce questionnaire, qui est reproduit sur autorisation, est une version adaptée de la 5ème version du PSYCHLOPS post- thérapie. Voir le site www.psychlops.org. Tous droits réservés © 2010, Département des Soins Primaires et des Sciences de la Santé Publique, King’s College de Londres. ANNEXE C : ÉVALUATION POST-PM+ 90 PM+ : SOUTIEN PSYCHOSOCIAL INDIVIDUEL POUR ADULTES AFFECTÉS PAR LA DÉTRESSE DANS LES COMMUNAUTÉS EXPOSÉES À L’ADVERSITÉ b. À quel point avez-vous été affecté par ce problème au cours de la dernière semaine ? (Veuillez cocher l’une des cases ci-dessous) 0 1 2 3 4 5 Pas du tout affecté       Gravement affecté Question 3 a. Il s’agit ici de l’activité que vous avez dit avoir eu du mal à exercer la première fois où je vous ai interrogé. (Aidant – veuillez noter dans le cadre ci-dessous la réponse du bénéficiaire à cette question lors de l’évaluation PSYCHLOPS pré-intervention.) b. À quel point vous a-t-il été difficile d’exercer cette activité au cours de la dernière semaine ? (Veuillez cocher l’une des cases ci-dessous) 0 1 2 3 4 5 Pas du tout difficile       Gravement difficile Question 4 a. Comment vous-êtes-vous senti au cours de cette semaine ? (Veuillez cocher l’une des cases ci-dessous) 0 1 2 3 4 5 Très bien       Très mal Question 5 Vous auriez peut-être constaté au cours de l’intervention, que d’autres problèmes ont pris de l’ampleur. Si tel est le cas, dans quelle mesure ces problèmes vous ont-ils affecté au cours de la dernière semaine ? (Veuillez cocher l’une des cases ci-dessous ou laisser-les vides si aucun autre problème n’a pris de l’ampleur. 0 1 2 3 4 5 Pas du tout affecté       Gravement affecté 91 Question 6 En comparaison au début de l’intervention, comment vous sentez-vous maintenant ? (Veuillez cocher l’une des cases ci-dessous) Beaucoup mieux mieux Un peu mieux Presque le même Légèrement pire Gravement pire       1 2 3 4 5 6 Score total de l’évaluation PSYCHLOPS post-intervention : _ _____________27 3) MESURE DU FONCTIONNEMENT La mesure doit être la même que lors de la pré-évaluation. 4) MESURE DE LA DÉTRESSE PSYCHOLOGIQUE La mesure doit être la même que lors de la pré-évaluation. 5) FORMULAIRE RÉCAPITULATIF DES SCORES Liste de vérification pour être sûr d’avoir pris toutes les mesures MESURE SCORE INFORMATIONS ENREGISTRÉES (SIGNATURE/ DATE) Score total du PSYCHLOPS Score total de la MESURE DU FONCTIONNEMENT Score total de la MESURE DE LA DÉTRESSE PSYCOLOGIQUE ANNEXE C : ÉVALUATION POST-PM+ 27 Si Q1 (problème 1) et Q2 (problème 2) ont trouvé réponse toutes les deux, le score total est égal à : Q1b + Q2b + Q3b + Q4. Si Q1 (problème) a trouvé réponse contrairement à Q2 (problème 2), le score total est égal à : (Q1b x 2) + Q3b + Q4. En d’autres termes, le score de Q1b (problème 1) compte double. 92 PM+ : SOUTIEN PSYCHOSOCIAL INDIVIDUEL POUR ADULTES AFFECTÉS PAR LA DÉTRESSE DANS LES COMMUNAUTÉS EXPOSÉES À L’ADVERSITÉ ANNEXE D : ÉVALUER ET RÉPONDRE AUX IDÉES SUICIDAIRES DANS UNE INTERVENTION PM+ Le guide ci-après présente des informations concernant le risque de suicide. Ce guide est calqué sur le manuel, mais il est présenté de manière à vous permettre d’en faire une photocopie ou d’en imprimer les pages choisies pour les garder avec vous pendant les séances d’évaluation et d’intervention. Nous vous encourageons à le faire pour ne pas oublier comment évaluer et répondre aux bénéficiaire qui présente un risque suicidaire. Guide d’évaluation des idées suicidaires 1. Il existe deux types de risques de suicide : • des plans suicidaires dans un avenir immédiat. Les bénéficiaires qui appartiennent à cette catégorie ne doivent pas être admis au PM+. Ils doivent être pris en charge immédiatement par un spécialiste. • Aucun plan suicidaire dans un avenir immédiat, mais existence d’un risque de suicide. Les bénéficiaires qui appartiennent à cette catégorie peuvent avoir des idées suicidaires, mais disent n’avoir aucune intention de passer à l’acte dans un avenir immédiat. Ils peuvent avoir un passé marqué ou non par des idées ou des tentatives de suicide. Vous pouvez les inclure dans l’intervention PM+. En cas de doute, parlez-en à votre superviseur. 2. Comment poser les questions : • Posez des questions concernant le suicide à tous les bénéficiaires déprimées ou désespérées au moment de l’échange ; • Évitez d’utiliser des termes équivoques qui pourraient être mal interprétés par le bénéficiaire; • Si le bénéficiaire se sent embarrassé par certaines questions, dites-lui que vous devez poser ces questions à tout le monde, vu la nécessité absolue d’évaluer exactement leur niveau de sécurité. 3. Pour répondre à un bénéficiaire qui envisage de se suicider dans un avenir immédiat, il faut : • Toujours aviser votre superviseur. • Créer un environnement sûr et soutenant. • Supprimer, si possible, les moyens de se faire du mal. • Ne pas laisser la bénéficiaire seul. Toujours le laisser en compagnie du personnel soignant ou d’une personne de confiance. • Si possible, placer le bénéficiaire dans une pièce calme à part durant l’attente. • Faire usage de vos compétences de base relatives à l’aide pour vous occuper de l’état mental et de la détresse psychologique du bénéficiaire. 93 Gestion des bénéficiaires ayant des idées suicidaires dans le cadre du PM+ Autres utilisations du tableau des « bonnes et mauvaises raisons » : répondre aux idées suicidaires Durant l’intervention PM+, certains bénéficiaires pourraient penser à mettre un terme à leur vie, mais sans avoir un projet de passer à l’acte dans un avenir immédiat. Le tableau des « bonnes et mauvaises raisons, » est un bon moyen d’emmener les bénéficiaires qui ont idées suicidaires à réfléchir aux raisons de rester en vie. Vous pouvez utiliser ce tableau de la même manière présentée ci-dessous, mais en mettant l’accent sur les raisons de vivre et les raisons de ne pas vivre. Votre travail sera d’emmener doucement le bénéficiaire à trouver des raisons importantes de rester en vie et de se rendre compte que les raisons qui le pousse à vouloir mourir ne sont que temporaires pour la plupart (ex. leur état de dépression, qui leur donne envie de mourir, peut s’améliorer). Commencez par demander au bénéficiaire les raisons qui le pousse à penser qu’il serait préférable de mourir. Ensuite, parlez de ses raisons de vivre – voir les quelques exemples suivants : • Qu’est-ce qui vous maintient en vie en ce moment ? • Y a-t-il des membres de votre famille ou des amis pour lesquels vous restez en vie ? • Y a-t-il des choses agréables que vous avez aimées au cours de votre ? Récemment ? Il y a longtemps ? • Vous êtes-vous toujours senti ainsi ? Sinon, qu’est-ce que vous aviez l’habitude d’apprécier dans votre vie ? • Quelques espoirs nourrissez-vous pour l’avenir ? (Aidez-le à penser à résoudre ses problèmes pratiques, à réduire ses problèmes affectifs, etc.). • Et si vous n’aviez pas les problèmes que vous connaissez en ce moment, cela changerait-il votre idée de ne pas vouloir rester en vie ? • L’intervention PM+ vise à vous aider à mieux gérer et à réduire ces problèmes. Si vous restiez engagé dans cette intervention et si ces problèmes diminuaient, cela serait-il une bonne raison pour vous de rester en vie ? Après avoir écouté les réponses du bénéficiaire, résumez ses principales raisons de vivre et de mourir, en mettant l’accent sur les raisons de vivre. Vous pouvez alors répéter les motivations du bénéficiaire à s’engager dans le PM+ à partir du tableau des « bonnes et mauvaises raisons » que vous avez dressé. Souvenez-vous que ce tableau peut être une source de référence à toutes les étapes de l’intervention. ANNEXE D : ÉVALUER ET RÉPONDRE AUX IDÉES SUICIDAIRES DANS UNE INTERVENTION PM+ 94 PM+ : SOUTIEN PSYCHOSOCIAL INDIVIDUEL POUR ADULTES AFFECTÉS PAR LA DÉTRESSE DANS LES COMMUNAUTÉS EXPOSÉES À L’ADVERSITÉ ANNEXE E : FICHES DESTINÉES AU BENEFICIAIRE Les pages suivantes contiennent des fiches portant sur chacune des stratégies du PM+, à savoir : • Gérer le stress ; • Gestion des problèmes ; • Reprendre l’activité et avancer ; • Renforcer le soutien social ; • Le calendrier hebdomadaire. Vous devez utiliser ces fiches pour enseigner une nouvelle stratégie aux bénéficiaires (exemple : quand vous leur enseignez la gestion des problèmes, présentez-leur la fiche qui s’u rapporte). Vous pouvez utiliser le calendrier pour préciser la date à laquelle le bénéficiaire suivra les différentes séances (exemple : pratique de la gestion du stress, activités du plan d’action pour la gestion des problèmes, « Reprendre l’activité et avancer », et renforcer le soutien social). N’oubliez pas de remettre la fiche au bénéficiaire à la fin de chaque séance pour qu’il s’en serve dans le cadre de l’apprentissage des différentes stratégies entre les séances et à la fin du PM+. 95 Pratique de la gestion du stress ANNEXE E : FICHES DESTINÉES AU BENEFICIAIRE 96 PM+ : SOUTIEN PSYCHOSOCIAL INDIVIDUEL POUR ADULTES AFFECTÉS PAR LA DÉTRESSE DANS LES COMMUNAUTÉS EXPOSÉES À L’ADVERSITÉ Étapes de la gestion des problèmes Énumérer les problèmes Choisir un problème Définir le problème choisi Trouver des idées Choisir les idées Etablir un plan d’action Évaluation 97 ANNEXE E : FICHES DESTINÉES AU BENEFICIAIRE R ep re nd re l’ ac tiv ité e t a va nc er : cy cl e d’ in ac tiv ité In ac tiv ité e t r ep li su r s oi In ac tiv ité e t r ep li su r s oi M au va is e hu m eu r M au va is e hu m eu r 98 PM+ : SOUTIEN PSYCHOSOCIAL INDIVIDUEL POUR ADULTES AFFECTÉS PAR LA DÉTRESSE DANS LES COMMUNAUTÉS EXPOSÉES À L’ADVERSITÉ R en fo rc er le s ou tie n so ci al 99 ANNEXE E : FICHES DESTINÉES AU BENEFICIAIRE Te m ps LU ND I M AR DI M ER CR ED I JE UD I VE ND RE DI SA M ED I DI M AN CH E Tô t l e m at in (d e 7h 30 à 1 0h ) Ta rd d an s la so iré e (d e 20 h à 23 h) À la m i- m at in ée (d e 10 h à 12 h) À l’h eu re d u dé ju ne ur (d e 12 h à 14 h) A pr ès -m id i (d e 14 h à 17 h) So iré e (d e 17 h à 20 h) Ca le nd ri er h eb do m ad ai re 100 PM+ : SOUTIEN PSYCHOSOCIAL INDIVIDUEL POUR ADULTES AFFECTÉS PAR LA DÉTRESSE DANS LES COMMUNAUTÉS EXPOSÉES À L’ADVERSITÉ ANNEXE F : IMAGINER LE MOYEN D’APPORTER DE L’AIDE À D’AUTRES - ÉTUDES DE CAS Les études de cas présentées ci-dessous, doivent être utilisées à la cinquième séance consacrée à la conception des moyens d’apporter de l’aide à d’autres.28 Nous vous recommandons de choisir quelques exemples différents à parcourir, qui se rapportent aux expériences du bénéficiaire. Vous pouvez également utiliser les exemples donnés par le bénéficiaire (par exemple des cas d’amis ou de parents). Étude de cas n° 1 « NOM » est un homme d’une trentaine d’années, qui vit dans un village dangereux où règne la violence. Son épouse a été tuée il y a six mois et, à présent, il s’occupe seul de ses trois enfants. Sa mère l’a rejoint chez lui il n’y a pas longtemps, parce qu’il refuse de sortir de la maison et ne prend pas soin de ses enfants comme il faut. « NOM » ne fréquente plus ses amis. Il passe la plupart de ses journées au lit. Il a beaucoup maigri parce qu’il ne mange pas régulièrement. Il vit dans une profonde solitude et ne sait pas comment faire pour s’en sortir. Les stratégies les plus efficaces sont : 1. Reprendre l’activité et avancer Rappelez au bénéficiaire que « Reprendre l’activité et avancer » est une stratégie efficace pour les problèmes de mauvaise humeur, de sensation de fatigue extrême et d’inactivité. Dans ce cas, NOM éprouve ce type de problèmes affectifs actuellement (par exemple, le sentiment de solitude, pleurs incessants, repli sur soi ou isolement, refus de s’alimenter régulièrement et incapacité de prendre soin des enfants). Donc, la stratégie « Reprendre l’activité et avancer » sera la mieux indiquée pour lui. Demandez au bénéficiaire de vous dire tout ce qu’il sait de la stratégie « Reprendre l’activité et avancer ». Soyez attentif aux aspects concernant : • l’accroissement de l’activité des gens en les amenant à exercer davantage les activités qu’ils mènent habituellement, ou à en créer de nouvelles ; • l’exercice de différents types d’activités – plaisantes et celles centrées sur les tâches ; • des exemples d’activités différentes ; • la division des activités en petites tâches pour rendre leur exercice plus facile ; • le fait de commencer par une seule activité ou deux, puis en accroitre le nombre progressivement. 28 Les études de cas peuvent être adaptées pour les rendre plus appropriées au contexte local. 101 Si le bénéficiaire ne mentionne pas un de ces aspects, essayez de l’y inciter en lui demandant par exemple : « Pouvez-vous vous rappeler si je vous ai d’abord demandé de faire tous les travaux ménagers ou uniquement des petites tâches précises » ? 2. Renforcer le soutien social Le renforcement du soutien social est la deuxième stratégie importante qui serait utile à « NOM ». Demandez au bénéficiaire de dire pourquoi cette stratégie, à son avis, serait utile. Prêtez attention à toute réponse du genre : « Parce qu’il s’est isolé et n’arrive pas à gérer tout seul ses problèmes de manière appropriée ». Demandez au bénéficiaire de vous parler autant que possible de cette stratégie et soyez attentif aux aspects suivants : • les différentes formes de soutien telles que : parler de ses problèmes à d’autres, solliciter une aide concrète, prendre contact avec une agence précise pour obtenir du soutien ou des informations et passer du temps en compagnie d’autres personnes, sans nécessairement parler des problèmes ; • choisir une personne en qui le bénéficiaire a confiance ; • bâtir une relation de confiance en communiquant de petites informations au début. Si le bénéficiaire ne mentionne pas l’un de ces aspects, essayez de l’y inciter en lui demandant par exemple : « Comment NOM pourrait-il savoir s’il peut faire confiance à cette personne ? » Vous pouvez également dire au bénéficiaire que NOM risque d’éprouver des problèmes pratiques vu qu’il s’est isolé et refuse de sortir de la maison. La stratégie de gestion des problèmes peut aussi lui être utile et vous pouvez l’intégrer dans cette étude de cas également. Étude de cas n° 2 NOM est une femme de 30 ans, qui se plaint actuellement d’une mésentente avec sa belle-mère au sujet de la répartition des tâches ménagères. Elle craint que cette situation ne dégénère et cause des problèmes dans son foyer. Elle se plaint de courbatures et d’insomnie. Elle dit qu’elle n’arrête pas d’y penser et ne sait quoi faire. ANNEXE F : IMAGINER LE MOYEN D’APPORTER DE L’AIDE À D’AUTRES - ÉTUDES DE CAS 102 PM+ : SOUTIEN PSYCHOSOCIAL INDIVIDUEL POUR ADULTES AFFECTÉS PAR LA DÉTRESSE DANS LES COMMUNAUTÉS EXPOSÉES À L’ADVERSITÉ Les stratégies les plus appropriées dans ce cas 1. Gestion des problèmes Encouragez le bénéficiaire à réfléchir à la raison pour laquelle cette stratégie aiderait NOM. Soyez attentif à toute réponse du genre : « La femme en question fait face à un problème pratique et c’est la stratégie portant sur la gestion des problèmes qui est appropriée pour l’aider à gérer ce type de problème ». Demandez au bénéficiaire de décrire cette stratégie avec autant de précision que possible. Soyez attentif aux aspects visant à : • déterminer si le problème est soluble, insoluble ou sans importance ; • définir le problème (soluble) avec autant de précisions que possible ; • imaginer autant de solutions possibles que vous pouvez ; • choisir la solution la plus efficace ; • envisager les actions à entreprendre ; • évaluer l’efficacité des solutions choisies et parcourir encore une fois toutes les étapes pour poursuivre la résolution de ce problème. 2. Gérer le stress Encouragez le bénéficiaire à réfléchir à la raison pour laquelle cette stratégie serait utile à NOM. Soyez attentif à toute réponse du genre : « Cette femme souffre du stress et de problèmes physiques, et cette stratégie l’aiderait à mieux traiter ces symptômes ». Demandez au bénéficiaire de décrire cette stratégie avec autant de précision que possible. Prêtez attention à tout aspect qui concerne : • se détendre le corps en cas de lourdeur (bouger le corps et les membres, rouler les épaules, balancer doucement la tête de gauche à droite) ; • respirer à partir du ventre (en faisant rentrer et ressortir le ventre pendant la respiration) ; • ralentir le rythme respiratoire (trois secondes d’inspiration et trois secondes d’expiration) ; • mettre en œuvre cette stratégie régulièrement et à chaque fois que le bénéficiaire ressent les symptômes de stress et de malaise physique. Étude de cas n°3 NOM, une femme de 50 ans, a été agressée par une bande de jeunes alors qu’elle rendait visite à sa vieille mère. Les actes de violence sont très rares dans cette région et la police lui a dit qu’elle était «vraiment malchanceuse ». Toutefois, cette femme a très peur d’être victime d’une nouvelle agression et, depuis le mois dernier, elle évite de rendre visite à sa mère. Elle commence également à se replier sur elle-même et à refuser de voir ses amis. 103 Les stratégies les plus appropriées dans ce cas sont, entre autres : 1. Le renforcement du soutien social Demandez au bénéficiaire de vous dire pourquoi cette stratégie serait utile à son avis. Soyez attentif à toute réponse du genre : « Puisque NOM se replie sur elle-même, le renforcement du soutien social serait une bonne chose dans son cas ». Demandez au bénéficiaire de vous donner autant d’informations que possible sur cette stratégie. Prêtez attention à tout ce qui concerne : • les différentes formes de soutien telles que : parler de ses problèmes à d’autres, solliciter une aide pratique, prendre contact avec une agence précise pour avoir du soutien ou des informations, et passer du temps en compagnie d’autres personnes, sans nécessairement parler des problèmes ; • choisir une personne de confiance ; • bâtir une relation de confiance en partageant de petites informations au début. Si le bénéficiaire ne fait pas mention d’un de ces aspects, essayez de l’y inciter en lui demandant par exemple : « Comment NOM pourrait-elle savoir si elle peut faire confiance à cette personne » ? 2. La gestion des problèmes Cette stratégie serait également efficace pour permettre à NOM de recommencer à rendre visite à sa mère. Encouragez le bénéficiaire à identifier l’une des étapes suivantes : • Déterminer si le problème est soluble, insoluble ou sans importance. • Définir le problème (soluble) avec autant de précision que possible. • Imaginer autant de solutions possibles que vous pouvez. • Choisir la solution la plus appropriée. • Envisager les actions à entreprendre. • Évaluer l’efficacité des solutions choisies et parcourir encore une fois toutes les étapes pour poursuivre la résolution de ce problème. En parlant de la gestion du problème de NOM relatif à ses visites à sa mère, le bénéficiaire pourrait suggérer que NOM renforce son soutien social (par exemple, demander à un ami proche de l’accompagner durant ses visites à sa mère). Cela l’aiderait énormément. Encouragez le bénéficiaire à décrire cette stratégie avec précision. 3. Gérer le stress La gestion du stress peut être utile dès que NOM recommence à sortir (ou pendant l’élaboration de son plan d’action sur la gestion des problèmes). Cette stratégie l’aidera à rester calme dans des situations stressantes. Encouragez le bénéficiaire à identifier l’une des étapes suivantes : • se détendre le corps en cas de lourdeur (bouger le corps et les membres, rouler les épaules, balancer doucement la tête de gauche à droite) ; • respirer à partir du ventre (en faisant rentrer et ressortir le ventre pendant la respiration) ; • ralentir le rythme respiratoire (trois secondes d’inspiration et trois secondes d’expiration) ; • mettre en œuvre cette stratégie régulièrement et à chaque fois que le bénéficiaire ressent les symptômes de stress et de malaise physique. ANNEXE F : IMAGINER LE MOYEN D’APPORTER DE L’AIDE À D’AUTRES - ÉTUDES DE CAS 104 PM+ : SOUTIEN PSYCHOSOCIAL INDIVIDUEL POUR ADULTES AFFECTÉS PAR LA DÉTRESSE DANS LES COMMUNAUTÉS EXPOSÉES À L’ADVERSITÉ Étude de cas n° 4 NOM est une jeune femme dont le mari a purgé une peine de prison de plusieurs années. Depuis lors, l’humeur de son mari n’a cessé de s’assombrir. Il est malheureux la plupart du temps et a de la peine à aller au travail. Cette situation cause du stress à NOM, qui constate ne plus avoir envie d’être en compagnie de son mari ou de ses amis. Elle n’aime plus tout ce qu’elle aimait par le passé tel que : s’occuper du poulailler ou se balader. Elle a perdu tout espoir de pouvoir changer sa situation et celle de son mari, et ne sait comment faire pour l’améliorer. Les stratégies les plus appropriées sont, entre autres : 1. Reprendre de l’activité et avancer Dans ce cas, le bénéficiaire ou vous-même devez identifier la stratégie « reprendre l’activité et avancer» comme la stratégie capable de résoudre le problème de cette femme. Invitez le bénéficiaire à vous expliquer en quoi cette stratégie serait-elle utile, tout en étant attentif aux réponses telles que : «reprendre l’activité et avancer » s’adresse à certains problèmes qu’éprouve NOM tels que : la tristesse quasi quotidienne, la fatigue extrême, l’absence de désir du travail et de participation aux activités plaisantes ». Demandez au bénéficiaire de vous dire tout ce qu’il sait de la stratégie « Reprendre de l’activité et avancer». Soyez attentif à tout ce qui concerne : • l’accroissement de l’activité des gens en les amenant à exercer davantage les activités qu’ils mènent habituellement, ou à en créer de nouvelles ; • l’exercice de différents types d’activités – plaisantes et celles centrées sur les tâches ; • des exemples d’activités différentes ; • la division des activités en petites tâches pour rendre l’activité plus facilement ; • le fait de commencer par une seule activité ou deux, puis en accroitre le nombre progressivement. Si le bénéficiaire ne mentionne aucun de ces aspects, essayez de l’y inciter en lui demandant par exemple : « Pouvez-vous vous rappeler si je vous ai d’abord demandé de faire tous les travaux ménagers ou uniquement des petites tâches précises » ? 2. Renforcer le soutien social Le renforcement du soutien social aiderait également NOM à gérer ses problèmes. Demandez au bénéficiaire de vous donner les raisons pour lesquelles il estime que cette stratégie pourrait être efficace. Le bénéficiaire pourrait avoir cité cette stratégie comme faisant partie de « Reprendre l’activité et avancer » (par exemple, il a suggéré que la personne exerce une activité plaisante comme recommencer à voir ses amis). Si tel est le cas, dites-lui que son idée est bonne, mais qu’une meilleure idée consisterait à intégrer cette activité dans le renforcement du soutien social et à choisir une autre activité à intégrer dans la stratégie « Reprendre l’activité et avancer ». 105 Demandez au bénéficiaire de vous fournir autant d’informations que possible en ce qui concerne le renforcement du soutien social. Soyez attentif à toute information qui concerne : • les différentes formes de soutien telles que : parler de ses problèmes à d’autres, solliciter une aide pratique, prendre contact avec une agence précise pour avoir du soutien ou des informations, et passer du temps en compagnie d’autres personnes, sans nécessairement parler de problèmes ; • choisir une personne de confiance ; • bâtir une relation de confiance en partageant de petites informations au début. Vous pouvez également préciser qu’une fois que NOM commencera à se rendre compte qu’elle peut mieux gérer ses problèmes, elle sera en mesure d’apporter du soutien à son mari. ANNEXE F : IMAGINER LE MOYEN D’APPORTER DE L’AIDE À D’AUTRES - ÉTUDES DE CAS 106 PM+ : SOUTIEN PSYCHOSOCIAL INDIVIDUEL POUR ADULTES AFFECTÉS PAR LA DÉTRESSE DANS LES COMMUNAUTÉS EXPOSÉES À L’ADVERSITÉ ANNEXE G : PROTOCOLE DE L’INTERVENTION PM+ Le Protocole de L’intervention PM+ est un guide que les aidants peuvent utiliser au cours des séances qu’ils mènent avec les bénéficiaires. Il contient toutes les informations nécessaires pour mener chaque séance, y compris les points clés à communiquer lors de l’apprentissage d’une stratégie ainsi que les éléments de langage de l’aidant. Ces derniers sont des propositions pour expliquer ou enseigner une stratégie. Même si vous n’avez pas besoin de reprendre exactement ce qui est écrit, il vous est recommandé de vous tenir à ces suggestions vu qu’elles ont été rédigées d’une manière à aider les bénéficiaires à comprendre les stratégies. REMARQUE : L’évaluation pré-PM+ devrait être effectuée au cours d’une séance distincte, environ une à deux semaines avant la première séance de PM+. SÉANCE 1 Objectifs de la séance : 1. Présentations et confidentialité (5 minutes) 2. Évaluation PSYCHLOPS en cours d’intervention et évaluation générale (10 minutes) 3. Qu’est-ce que l’intervention PM+ ? (20 minutes) 4. Comprendre l’adversité ? (30 minutes) 5. Gérer le stress (20 minutes) 6. Présentation des exercices pratiques et clôture de la séance (5 minutes) 1. Présentations et confidentialité (5 minutes) Présentez-vous au bénéficiaire. Rappelez-lui vos engagements de confidentialité. Par exemple, vous pouvez dire : Je m’appelle (nom), et je suis un (donnez votre métier, par exemple agent de santé ou travailleur social). Je travaillerai avec vous pendant les cinq prochaines semaines en vous guidant pendant cette intervention. Avant de parler de l’intervention PM+ ou de certaines de vos difficultés personnelles, j’aimerais vous rappeler que tout ce que vous direz au cours de nos séances restera confidentiel. Je ne peux dévoiler à personne, pas même à votre famille, ce que vous direz pendant les séances. La seule personne avec qui je peux parler de vous est mon superviseur. C’est quelqu’un qui est spécialement formé et son rôle consiste à s’assurer que je vous offre la meilleure aide possible. Ensuite, si je vois que vous risquez de mettre fin à votre vie, je suis tenu d’en parler à mon superviseur afin de garantir votre sécurité. 107 Dialogues supplémentaires pour répondre à des questions précises des bénéficiaires. • Expliquer au bénéficiaire en quoi consiste l’intervention (les problèmes à résoudre) : L’intervention PM+ est une intervention brève qui vise à vous aider à gérer vos problèmes affectifs, tels que les sentiments de désespoir, de peur ou de tristesse, très fréquents chez les personnes en situation difficile. L’intervention vous aidera également à gérer des problèmes pratiques tels que chercher du travail, gérer les conflits avec les autres, etc. • Expliquer au bénéficiaire ce que vous attendez de lui: se soumettre aux évaluations (précisez le nombre d’évaluations que vous effectuerez, par exemple la pré-évaluation, l’évaluation post-PM+ et les évaluations de suivi) ; participer à cinq séances ; faire des exercices pratiques à la maison (c’est-à-dire appliquer les stratégies entre deux séances). • Préciser au bénéficiaire que vous ne prescrirez aucun médicament : Dans l’intervention PM+, nous ne vous prescrirons aucun médicament. Notre préoccupation est de vous apprendre à utiliser les stratégies afin de vous aider à faire face à vos problèmes affectifs et pratiques. En d’autres termes, vous n’avez pas besoin de médicaments. • Expliquer au bénéficiaire qu’il ne recevra aucune compensation/rémunération pour sa participation : Dans le cadre de l’intervention PM+, je vous aiderai à mieux faire face à vos problèmes affectifs et pratiques. Nous ne vous donnerons ni argent ni aucune autre forme de compensation pour votre participation. Êtes-vous toujours intéressé par le PM+ ? Remarque : Si vous pouvez fournir une forme de compensation au bénéficiaire (exemple : prendre en charge les frais de voyage), précisez-le. 2. Suivez le protocole d’évaluation PSYCHLOPS en cours d’intervention (Annexe B ; 5–10 minutes) ANNEXE G : PROTOCOLE DE L’INTERVENTION PM+ 108 PM+ : SOUTIEN PSYCHOSOCIAL INDIVIDUEL POUR ADULTES AFFECTÉS PAR LA DÉTRESSE DANS LES COMMUNAUTÉS EXPOSÉES À L’ADVERSITÉ 3. Qu’est-ce que le PM+ ? (20 minutes) Points clés à inclure : • Les stratégies de PM+ permettent de gérer les problèmes pratiques (exemple : le chômage, les problèmes de logement, les conflits familiaux) et les problèmes affectifs (le sentiment de tristesse, le désespoir, l’inquiétude, le stress et autres). • Cinq séances hebdomadaires. • 90 minutes pour chaque séance. • Quatre stratégies sont enseignées. • Le PM+ est plus efficace si les bénéficiaires se présentent à toutes les séances. • Pour tirer le meilleur de l’intervention PM+, les bénéficiaires doivent mettre en pratique les stratégies entre les séances. Nous travaillerons ensemble pour apprendre certaines stratégies susceptibles de vous aider à surmonter les difficultés dont vous m’avez parlées aujourd’hui. Nous aurons cinq séances, y compris celle d’aujourd’hui. Les séances se tiendront une fois par semaine et dureront 90 minutes. Lors de ces séances, je vous apprendrai différentes stratégies et nous prendrons le temps de les mettre en pratique. Entre nos rencontres, je vous encouragerai à pratiquer ces stratégies seul afin de commencer à changer vos problèmes et apprendre à devenir votre propre aidant. Les stratégies que je vous apprendrai vous aideront à réduire et à gérer les problèmes qui, selon vous, sont la cause principale de votre détresse (précisez quels sont ces problèmes pour le bénéficiaire). Je vous enseignerai des stratégies pour vous aider à gérer vos problèmes pratiques, améliorer votre activité, réduire vos sentiments de stress et d’anxiété et améliorer le soutien que vous recevez. Chacune de ces stratégies s’est révélée être très bénéfique pour les personnes qui se trouvaient dans des situations similaires à la vôtre. L’intervention sera plus efficace si vous prenez part à toutes les séances pendant les quelques semaines à venir. Je comprends cependant que vous puissiez avoir des difficultés à participer aux séances si vous êtes anxieux ou déprimé ou encore en mauvaise santé, ou si vous faites face à des contraintes familiales ou communautaires. J’aimerais conclure un accord avec vous : vous me parlerez d’une telle difficulté29, au lieu de ne pas vous présenter ou de manquer à une séance. Je le dis parce que je voudrais que vous puissiez tirer le meilleur avantage du temps que nous passerons ensemble. Je ne veux pas que vous vous sentiez gêné de me parler de vos problèmes au cours des séances à venir. Je ne me fâcherai pas ni ne me mettrai en colère. Vous êtes d’accord avec moi ? Y a-t-il des difficultés à ce que vous preniez part à toutes les séances ? 29 Vous devrez adapter les moyens par lesquels le client vous contactera en fonction du contexte local. Par exemple, si le client n’a pas la possibilité de vous appeler au téléphone, vous devrez prendre d’autres dispositions. 109 ANNEXE G : PROTOCOLE DE L’INTERVENTION PM+ Si le bénéficiaire dit qu’il pourrait avoir des difficultés à participer à toutes les séances, consacrez quelque temps à la gestion de ces difficultés, par exemple choisissez un endroit, un moment ou un autre jour plus appropriés. Les raisons bonnes et moins bonnes de participer au PM+ Choisissez une ou deux questions dans le tableau ci-dessous pour permettre au bénéficiaire de penser aux raisons bonnes et moins bonnes d’adopter le PM+. Les raisons bonnes pour participer à une inter- vention PM+ (avantages) Les raisons moins bonnes pour participer à une intervention PM+ (inconvénients) « Beaucoup de gens ont bénéficié de cette intervention.» « Je comprends aussi qu'il puisse être difficile pour certaines personnes de participer à un programme comme celui-ci. » • Que pensez-vous pouvoir tirer personnellement d’une intervention PM+ ? • En quoi votre vie pourrait-elle s’améliorer si vous vous engagiez dans le PM+ ? • Que pensez-vous pouvoir faire que vous ne pouvez pas faire à présent ? - Les tâches ménagères (ex. ménage, cuisine) - Les soins personnels (ex. se lever du lit, prendre son bain, s’habiller) - Les activités récréatives (ex. passer du temps avec des amis, broderie, élevage de volaille) • Si vos problèmes affectifs diminuent, comment cela peut-il positivement influencer d’autres aspects de votre vie ? - Ex. vos relations, votre travail, vos autres occupations • A quoi ressemblerait votre quotidien si votre bien-être affectif s’améliorerait ? • Citez quelques problèmes qui vous empêcheraient de vous engager dans une intervention PM+ • A quoi devriez-vous renoncer ou perdre si vous vous engagiez dans une intervention PM+ • L’intervention PM+ réduirait-elle le temps que vous passez avec votre famille ? • L’intervention vous empêchera-t-elle de consacrer du temps à d’autres obligations importantes ? Examples: • Le PM+ prendra du temps consacré aux travaux ménagers • Vous serez emmené à demander à quelqu’un de prendre soin des enfants • L’intervention prendra du temps des travaux occasionnels • Vous devrez renoncer à un temps personnel • Vous devrez parcourir une longue distance pour assister aux séances de PM+ 110 PM+ : SOUTIEN PSYCHOSOCIAL INDIVIDUEL POUR ADULTES AFFECTÉS PAR LA DÉTRESSE DANS LES COMMUNAUTÉS EXPOSÉES À L’ADVERSITÉ Résumez les raisons bonnes et moins bonnes de participer au PM+ : Il peut y avoir de raisons moins bonnes d’accepter cette intervention (énumérez les exemples précis donnés par le bénéficiaire et mentionnés dans le tableau « Les raisons bonnes et moins bonnes »). Cependant, il me semble, qu’en ce moment il y a aurait plus d’avantages pour vous d’y participer (citez des exemples du bénéficiaire). Pas vrai ? À présent que vous comprenez mieux l’intervention, souhaitez-vous vous y engager aujourd’hui ? Je précise que si vous décidez de vous engager aujourd’hui, ce sera de votre propre gré. En d’autres termes, vous pouvez mettre un terme à l’intervention à tout moment. 4. Comprendre l’adversité (30 minutes) Objectifs : 1. Fournir des informations sur les réactions courantes face à l’adversité. 2. Valider les réactions du bénéficiaire dans le contexte de la situation qu’il traverse, vu que plusieurs bénéficiaires ont peur que leurs réactions ne soient un signe de faiblesse, de maladie, ou de folie. 3. Expliquez-lui comment le PM+ est conçu pour aider le bénéficiaire à gérer et à surmonter ces problèmes en apprenant des stratégies efficaces. Points clés à inclure : • Par adversité, nous entendons toute expérience stressante ou difficile de la vie. – Exemple : vivre dans la pauvreté ; la maladie ou le décès d’un proche ; être affecté par une catastrophe naturelle ou par la guerre. • Les gens réagissent différemment à l’adversité. – Exemple : peur intense, désespoir, tristesse extrême, fatigue, maux de tête graves • Ces sentiments et ces réactions causent plusieurs problèmes. – Exemple : être incapable de quitter le lit, avoir des difficultés à effectuer les tâches de routine comme le ménage, avoir des conflits en famille, ne plus sortir ou de ne plus apprécier les moments agréables • Pour la plupart des gens, ces réactions diminuent avec le temps. • Pour certains par contre, ces sentiments persistent. • Apprendre des stratégies pour gérer ces sentiments peut être bénéfique. 111 Je voudrais à présent que nous parlions pendant quelque temps des raisons qui pourraient expliquer pourquoi vous rencontrez ces problèmes dont nous venons de parler et comment cette intervention peut vous aider à gérer et à surmonter ce type de problèmes. Lorsque les gens vivent dans des conditions difficiles et sont confrontés à des situations stressantes, la plupart d’entre eux éprouvent généralement différents types d’émotions : une peur intense, du chagrin, une tristesse extrême et un désespoir excessif. Certaines personnes disent même ne plus ressentir aucune émotion ou se sentent engourdies. Les sentiments que vous avez décrits tels que (énumérez certaines des principales émotions précédemment citées) sont aussi courants. Il y a une raison pour laquelle les gens réagissent de cette façon-là. Notre corps est fait pour nous maintenir en vie dans des situations dangereuses. Lorsque nous pensons que nous sommes en danger, notre corps peut réagir en se mettant en état d’alerte maximale – pour que nous fassions attention au danger pour l’éviter. Notre cœur peut battre très vite, notre respiration peut s’accélérer, nous pouvons être tendu, etc. Ces réactions nous aident à nous enfuir ou à nous battre si nécessaire. Pour plusieurs, ces problèmes et ces réactions disparaissent avec le temps. Mais pour d’autres, ces sentiments persistent et les rendent incapables de faire ce qu’ils ont à faire dans leur vie quotidienne, tels que les tâches à la maison ou au travail. Par exemple, des sentiments prolongés de chagrin profond peuvent emmener certaines personnes à s’isoler de leur famille et de leur communauté. Les sentiments de désespoir peuvent rendre une personne incapable d’accomplir les tâches importantes pour sa survie. (Donner si possible un exemple décrivant comment les problèmes ont entrainé des difficultés dans la vie d’un bénéficiaire). Ou bien, comme vous l’avez décrit…. Dans chacun de ces exemples, on constate que ces sentiments peuvent causer des perturbations dans notre vie. Dans une intervention PM+, nous avons des stratégies qui vous aident à mieux vous sentir. J’espère que les stratégies que je vais vous enseigner au cours des prochaines semaines seront suffisantes pour vous aider à mieux vous sentir. La première information à retenir aujourd’hui est que plusieurs personnes dans votre situation éprouvent beaucoup de difficultés affectives et pratiques. Les problèmes que vous avez ne sont pas un signe de faiblesse de votre part, et vous n’êtes pas responsables de ce que vous endurez. En fait, avoir survécu à des situations très difficiles montre à quel point vous êtes remarquable. Cela demande beaucoup de courage de votre part d’avoir décidé de me parler de vos expériences. Je crois que cela est important pour vous aider à améliorer votre propre vie. Cela est également important pour la vie et l’avenir de votre famille et de votre communauté. En vous engageant pleinement dans cette intervention, vous pouvez vous attendre à vous sentir mieux et à être capable de participer pleinement, à nouveau, à votre vie familiale et communautaire. ANNEXE G : PROTOCOLE DE L’INTERVENTION PM+ 112 PM+ : SOUTIEN PSYCHOSOCIAL INDIVIDUEL POUR ADULTES AFFECTÉS PAR LA DÉTRESSE DANS LES COMMUNAUTÉS EXPOSÉES À L’ADVERSITÉ 5. Gérer le stress (20 minutes) Objectifs : 1. Inviter un membre de famille ou un ami dans la salle si le bénéficiaire souhaite l’avoir à ses côtés. 2. Donner les raisons de l’utilité de la gestion du stress. 3. Établir le lien entre ces raisons et les problèmes du bénéficiaire (exemple : le stress, la tension, les plaintes physiques). 4. Donner des instructions sur la respiration lente. 5. Permettre au bénéficiaire de les appliquer. Points clés à inclure : • L’une des réactions fréquentes face à l’adversité est le stress. • Le stress peut affecter notre corps à court terme (exemple : notre respiration et rythme cardiaque peuvent s’accélérer dans une situation où nous nous sentons stressés ou effrayés) et à long terme (exemple : avec le temps le stress peut causer des maux de tête, des douleurs ou de l’inconfort). • Possibilité d’usage d’une métaphore : Utilisez un objet au moment de faire une métaphore (exemple : une pelote de laine, du fil ou une canne à pêche). – Ces sensations peuvent être semblables à une pelote de laine emmêlée (présentez-la). Si nous ignorons ces sensations et continuons à vivre, la laine peut s’emmêler davantage (emmêlez la laine un peu plus). Ceci peut causer de l’inconfort et d’autres problèmes physiques. La stratégie que je vous enseignerai aujourd’hui vous aidera à démêler la pelote de laine. – Ces sensations peuvent être un peu comme un ressort ou une spirale. Avec le temps, le ressort perd progressivement de son élasticité et cela devient désagréable. La stratégie que je vais vous enseigner aujourd’hui va vous aider à relâcher ce ressort rigide. 113 Étapes à suivre : 1. Éduquer : gérer le stress permet de relaxer le corps et de calmer l’esprit afin de réduire le stress. 2. Inviter le bénéficiaire à se relâcher physiquement par des exercices de relaxation (balancer les bras et les jambes, rouler les épaules de l’avant vers l’arrière, ainsi de suite). 3. Apprendre au bénéficiaire comment respirer lentement. 4. Imaginer un ballon à l’intérieur de l’estomac. L’exercice consiste à gonfler le ballon en le soufflant (démontrer avec un ballon réel si possible). – En d’autres termes, le ventre gonflera lorsqu’il respirera. – Le but est de ne pas respirer par la poitrine (notre respiration est moins profonde lorsqu’elle provient de la poitrine). – En plaçant une main sur le ventre et l’autre sur la poitrine, le bénéficiaire peut savoir s’il respire à partir du ventre ou de la poitrine. 5. Faire une démonstration de la respiration par le ventre et demander ensuite au bénéficiaire de la pratiquer pendant 2 minutes. 6. Inviter le bénéficiaire à se concentrer sur le ralentissement de sa respiration une fois qu’il peut respirer par le ventre. – Faire le décompte 1, 2, 3 (estimé en secondes) pour inspirer et 1, 2, 3 pour expirer. 7. Pratiquer pendant au moins deux minutes tout en faisant le décompte à haute voix pour le bénéficiaire. 8. Continuer à pratiquer pendant au moins trois minutes sans compter à haute voix (demander au bénéficiaire de compter en silence ou de suivre le son d’une pendule ou de tout autre rythme). 9. Ensuite, parler des expériences du bénéficiaire et essayer de gérer les difficultés rencontrées. Nombre de personnes exposées à l’adversité, au danger et à des événements stressants de la vie se plaignent d’être accablées par le stress et l’anxiété. Pour certaines d’entre elles, cela peut se traduire par des pensées stressantes en permanence, tandis que d’autres peuvent ressentir le stress et l’anxiété à un niveau purement physique. Elles peuvent être tendues ou nerveuses à tout moment, avoir une respiration trop rapide ou le cœur qui bat plus vite que d’habitude. Si vous éprouvez l’une de ces sensations, il faut tout d’abord savoir que votre corps n’est pas en danger. En fait, votre corps a été conçu pour cela. Lorsque votre vie est véritablement en péril, ces réactions physiques sont destinées à vous aider à y faire face. En d’autres termes, vous pouvez soit vous enfuir très vite, soit riposter. Malheureusement, ces sensations physiques sont très désagréables et ne vous sont pas utiles lorsque votre vie n’est pas menacée. Elles peuvent être un peu comme un ressort ou une spirale. Avec le temps, le ressort devient de plus en plus rigide et cela devient désagréable. La stratégie que je vais vous enseigner aujourd’hui va vous aider à relâcher cette spirale rigide. Cela peut ne pas se produire tout de suite, mais avec beaucoup d’exercices, le ressort va progressivement se relâcher jusqu’à ce que vous vous sentiez plus détendu et calme. ANNEXE G : PROTOCOLE DE L’INTERVENTION PM+ 114 PM+ : SOUTIEN PSYCHOSOCIAL INDIVIDUEL POUR ADULTES AFFECTÉS PAR LA DÉTRESSE DANS LES COMMUNAUTÉS EXPOSÉES À L’ADVERSITÉ Je vais vous apprendre à respirer d’une manière qui va vous détendre le corps et l’esprit. Il vous faudra vous exercer avant d’en ressentir véritablement les effets positifs. Donc, nous allons faire ces exercices à la fin de chaque séance. La raison pour laquelle cette stratégie est focalisée sur la respiration est que, lorsqu’on est stressé, notre respiration est plus courte et plus rapide. Cela provoque d’autres sensations désagréables que j’ai citées plus tôt à l’instar de la tension. Pour arrêter cette sensation de tension, il faut changer le rythme de votre respiration. Avant de commencer, je vais vous relaxer le corps un tout petit peu. Secouez vos bras et vos jambes et rendez-les souples et relâchés. Roulez vos épaules de l’avant vers l’arrière et balancez la tête de côté et d’autre. Maintenant, placez vos mains sur votre ventre et imaginez-vous avec un ballon entre les mains à la place du ventre. Lorsque vous inspirez, vous allez souffler dans ce ballon et faire gonfler votre ventre. Et lorsque vous expirez, l’air contenu dans le ballon va sortir de votre ventre. (Matérialisez votre respiration à partir de votre ventre – essayez de pousser le ventre au maximum en inspirant et en expirant. Faites ceci pendant au moins cinq respirations.) Très bien. A présent, vous allez essayer de respirer avec moi à partir du ventre. Rappelez-vous que nous commençons par expirer jusqu’à ce que tout l’air soit sorti, puis nous inspirons. Si c’est possible, essayez d’inspirer par le nez et d’expirer par la bouche. (Pratiquez-le avec le bénéficiaire pendant au moins deux minutes.) Parfait ! Maintenant, la deuxième étape est de ralentir le rythme de votre respiration. Nous allons prendre trois secondes pour inspirer et trois secondes pour expirer. Je vais faire le décompte pour vous. C’est bon ? Alors on inspire… un… deux… trois. On expire… un… deux… trois. Avez-vous constaté que je compte lentement ? (Répétez cet exercice pendant à peu près deux minutes). C’est bon. Maintenant, lorsque vous le faites seul, ne vous souciez pas d’essayer de suivre exactement les trois secondes. Essayez seulement, autant que possible, de ralentir votre respiration en vous rappelant que lorsque vous êtes stressé, votre respiration va s’accélérer. A présent, vous allez le faire tout seul pendant quelques minutes. Laissez le bénéficiaire s’exercer tout seul pour environ deux minutes à ralentir sa respiration. Essayez de compter son inspiration et son expiration pour pouvoir en juger du rythme. Après cela, prenez quelque temps pour parler de ses difficultés. Très bien. Alors, comment avez-vous trouvé cela en essayant tout seul ? Vous a-t-il été difficile d’essayer de maintenir votre respiration à un rythme moins rapide ? 115 Astuces utiles pour la gestion du stress Les bénéficiaires peuvent être confrontés à quelques difficultés en essayant de pratiquer la respiration lente tout seuls. Le tableau ci-dessous présente la liste des problèmes courants. Parlez toujours à votre superviseur de la manière de gérer les difficultés ou les plaintes du bénéficiaire lors de la pratique de cette stratégie. Problème Solution Le bénéficiaire est trop préoccupé à respirer correctement, c’est-à-dire maintenir les trois secondes pendant l’inspiration et pendant l’expiration, et respirer par le ventre. • Demandez au bénéficiaire de ne pas se soucier d’appliquer les instructions à la lettre. • Aidez le bénéficiaire à comprendre que le but principal est simplement de ralentir sa respiration de la manière qui lui convient, même s’il ne respecte pas le décompte de trois secondes ou même s’il ne respire pas par le ventre. • Une fois qu’il a maîtrisé comment ralentir sa respiration, il peut essayer de suivre le décompte ou de respirer par le ventre. Le bénéficiaire ne parvient pas à ralentir sa respiration au moment où son anxiété ou son stress est au maximum. • Dites au bénéficiaire que cela est très difficile à faire pour n’importe qui au début, même pour un aidant. • Prenez du temps pour aider le bénéficiaire à détecter les signes précurseurs de l’anxiété ou du stress, afin qu’il commence à ralentir sa respiration plus tôt. • Si cela s’avère trop difficile, aidez-le à fixer des moments précis durant la journée pour pratiquer la respiration lente, afin d’apprendre à le faire avant de devenir trop anxieux. Se concentrer sur la respiration entraîne une accélération de la respiration du bénéficiaire et le rend plus anxieux. • Aidez le bénéficiaire à se concentrer sur le bruit d’une horloge et à respirer en fonction plutôt que de se concentrer uniquement sur sa respiration (ça peut aussi être le rythme d’une musique). Le bénéficiaire peut ressentir de l’étourdissement ou du vertige, ou bien avoir l’impression de perdre ses forces. • Rappelez au bénéficiaire que ces sensations sont normales et qu’il ne s’agit pas d’une perte des forces. • Encouragez-le à s’occuper seulement d’expirer tout l’air contenu dans ses poumons et d’inspirer naturellement. • Par la suite, il peut se concentrer à nouveau sur l’ensemble du processus de respiration (inspiration et expiration). 6. Appliquer les stratégies entre les séances et à la fin des séances (5 minutes) Encouragez le bénéficiaire à pratiquer la respiration lente le plus souvent possible. Emmenez-le à choisir un temps approprié pour exercer cette technique ; c’est-à-dire un moment où il ne sera ni dérangé ni distrait de sa tâche. Expliquez au bénéficiaire comment utiliser les aide-mémoires pour ralentir sa respiration. Par exemple : • utiliser des sonneries d’alerte sur le téléphone portable ; • planifier des tâches de sorte qu’elles coïncident avec des activités communautaires ou avec les heures de repas ; • demander à un ami ou un membre de la famille de la lui rappeler. ANNEXE G : PROTOCOLE DE L’INTERVENTION PM+ 116 PM+ : SOUTIEN PSYCHOSOCIAL INDIVIDUEL POUR ADULTES AFFECTÉS PAR LA DÉTRESSE DANS LES COMMUNAUTÉS EXPOSÉES À L’ADVERSITÉ SÉANCE 2 Objectifs de la séance : 1. Évaluation PSYCHLOPS en cours d’intervention et évaluation générale (5 minutes) 2. Introduction de la stratégie sur la gestion des problèmes et traitement du principal problème du bénéficiaire (70 minutes) 3. Application des techniques de gestion du stress (10 minutes) 4. Présentation des exercices pratiques et clôture de la séance (5 minutes) 1. Évaluation en cours de PM+ et évaluation générale (5 minutes) Faire l’évaluation PSYCHLOPS (version en cours d’intervention ; Annexe B). En fonction des réponses du bénéficiaire, consacrez les premières minutes à la révision des notions abordées la semaine précédente. Faites également une brève évaluation de sa pratique de la respiration lente. Parlez de toutes les difficultés posées par cette stratégie et essayez de les surmonter. Revisitez et parlez de toutes les questions qu’il peut avoir sur la séance précédente. Revisitez et parlez de son expérience de la gestion du stress au cours de la semaine précédente. Consultez le tableau des « Astuces utiles » de la première séance, afin de trouver des solutions à toutes les difficultés rencontrées. 2. Gestion des problèmes (70 minutes) Objectifs : 1. Fournir des informations sur l’utilité de la stratégie de gestion des problèmes. 2. Enseigner les étapes de cette stratégie. 3. Appliquer cette stratégie au problème identifié à l’évaluation comme étant la préoccupation majeure du bénéficiaire (utiliser le document sur la gestion des problèmes — Annexe E.) 4. Élaborer un plan que le bénéficiaire peut suivre pour gérer le problème au cours de la semaine (utiliser le calendrier — Annexe E.) 117 Étapes à suivre dans la gestion des problèmes Étape Description 1. Énumérer les problèmes • Mettre les problèmes en deux catégories : ceux qui peuvent être résolus (qu’on peut influencer ou changer) et ceux qui sont insolubles (qu’on ne peut influencer ou changer). 2. Choisir un problème • Choisir un problème simple (soluble) pour commencer. 3. Définir le problème • Choisir les éléments concrets du problème qui peuvent être contrôlés ou influencés dans une certaine mesure. • Donner autant que possible une définition précise et concise du problème. • Essayer de ne pas traiter plusieurs problèmes à la fois. • Si le problème comprend plusieurs aspects, diviser le problème en plusieurs parties et traiter chaque partie à part. 4. Réflexion • Premièrement, encourager le bénéficiaire à penser à autant de solutions au problème que possible. Ne pas s’inquiéter que les solutions soient bonnes ou mauvaises à ce stade. • Ensuite, penser aux solutions que le bénéficiaire peut exécuter tout seul et penser également aux gens qui peuvent l’aider à gérer certains aspects du problème. • Tenir compte des points forts, ressources et soutien existants. • Enfin, essayer d’encourager le bénéficiaire à trouver des idées au lieu de lui donner des solutions toutes faites (penser d’abord à la stratégie qui consiste à lui demander ce qu’il proposerait à un ami, si vous êtes tenté de donner un conseil). 5. Décision et choix des stratégies efficaces • À partir de la liste des solutions possibles, choisir celles qui sont les plus à même d’influencer le problème. • Les stratégies efficaces ont très peu d’inconvénients pour le bénéficiaire ou pour les autres. • Les stratégies efficaces sont celles qui peuvent être appliquées (ex. le bénéficiaire a les moyens financiers, d’autres ressources et les habiletés nécessaires pour mettre en œuvre la solution). • Vous pouvez choisir plus d’une solution. 6. Plan d’action • Élaborer un plan d’action détaillé précisant comment et quand le bénéficiaire va mettre en œuvre les solutions. • Aider le bénéficiaire à déterminer le jour et l’heure pour le faire. • Aider le bénéficiaire à choisir les solutions qu’il va essayer en premier, s’il y en a plusieurs. • Parler des ressources (argent, transport, une autre personne, etc.) dont le bénéficiaire aura besoin pour exécuter le plan. • Proposer au bénéficiaire des aide-mémoires pour lui rappeler de mettre en œuvre le plan (notes, calendrier, plan d’activité qui coïncide avec les repas ou d’autres événements de routine). 7. Évaluation • Cette étape se situe à la séance suivante, après que le bénéficiaire aura essayé de mettre le plan en œuvre. • Parler de ce que le bénéficiaire a fait et des effets que cela a eu sur le problème initial. • Parler de toutes les difficultés qu’il a rencontrées dans l’exécution du plan. • Évoquer et planifier ce que le bénéficiaire peut faire la semaine suivante pour continuer à influencer et à gérer le problème, en tenant compte de ce qu’il a effectué la semaine précédente. ANNEXE G : PROTOCOLE DE L’INTERVENTION PM+ 118 PM+ : SOUTIEN PSYCHOSOCIAL INDIVIDUEL POUR ADULTES AFFECTÉS PAR LA DÉTRESSE DANS LES COMMUNAUTÉS EXPOSÉES À L’ADVERSITÉ Introduction de la stratégie sur la gestion des problèmes Aujourd’hui, nous allons commencer par le problème qui vous préoccupe le plus, selon ce que vous m’avez dit. (Nommez-le et vérifiez que le bénéficiaire voudrait toujours commencer par ce problème.) Notre point de départ, quel que soit le problème, est de décider quels aspects sont pratiques. (Vous pouvez avoir à dire au bénéficiaire la première fois quels aspects du problème sont pratiques.) La stratégie que je vais vous enseigner aujourd’hui vous aidera à gérer les aspects pratiques de votre problème. Elle s’appelle « Gestion des problèmes ». Notre objectif est de voir quels sont les éléments du problème que vous pouvez résoudre ou influencer. Il se peut que vous ne soyez pas toujours capable de résoudre l’intégralité du problème, mais vous pouvez être en mesure de l’influencer d’une certaine manière ou de changer la façon dont vous y réagissez, ce qui peut aider à réduire vos sentiments négatifs. (Précisez les sentiments négatifs que le bénéficiaire a déjà mentionnés). Parcourez chacune des étapes de la gestion des problèmes avec le bénéficiaire. Veillez à expliquer clairement l’objectif de chaque étape (utilisez pour cela la fiche sur la gestion des problèmes). 3. Gérer le stress (10 minutes) Pratiquez la respiration lente avec le bénéficiaire. Aidez-le à surmonter les problèmes liés à la stratégie, rencontrés durant l’exercice qu’il a fait seul (exemple : mettez l’accent sur la respiration par le ventre, ou sur la respiration lente). 4. Pratique les stratégies entre les séances et clôture de la séance (5 minutes) Encouragez le bénéficiaire à exécuter le plan de gestion des problèmes tout en poursuivant les exercices sur la gestion du stress. Remettez-lui la fiche sur la gestion des problèmes (Annexe E), afin qu’il se souvienne des instructions relatives au respect des étapes, et le calendrier (Annexe E) pour qu’il se souvienne de ce qu’il a prévu de faire pour la semaine suivante. 119 SÉANCE 3 Objectifs de la séance : 1. Évaluation PSYCHLOPS en cours d’intervention et évaluation générale (5 minutes) 2. Révision des notions de le stratégie « Gestion des problèmes » (35 minutes) 3. Introduction de la stratégie « Reprendre l’activité et avancer » (35 minutes) 4. Application des techniques de gestion du stress (10 minutes) 5. présentation des exercices pratiques et clôture de la séance (5 minutes) 1. Évaluation en cours d’intervention du PM+ et évaluation générale (5 minutes) Faites l’évaluation PSYCHLOPS (version en cours d’intervention ; Annexe B). En fonction des réponses du bénéficiaire, consacrez les premières minutes à réviser les notions abordées la semaine précédente. Parlez de l’évolution du bénéficiaire au niveau de toutes les stratégies. Revisitez et aborder toutes les questions que le bénéficiaire peut avoir au sujet de la séance précédente. Revisitez et parlez de son expérience de la gestion du stress au cours de la semaine précédente. Consultez le tableau « Astuces utiles » de la première séance afin de trouver des réponses aux difficultés rencontrées. Cette séance sera consacrée en grande partie à l’évaluation des tentatives du bénéficiaire à exécuter les plans élaborés lors de l’étude sur la gestion des problèmes (environ 35 minutes) et à la présentation de la stratégie « Reprendre l’activité et avancer» (environ 35 minutes). 2. Révision de la stratégie sur la gestion les problèmes (35 minutes) Au cours de cette phase, tenez compte de ce qui suit : • Si le bénéficiaire n’a pas pu entièrement exécuter son plan d’action, discutez des causes avec lui, ainsi que des moyens de les surmonter pour effectuer les tâches la semaine suivante (exemple : penser à disposer du temps pour s’assoir et exécuter la tâche, en compagnie d’une personne de confiance qui sera chargée de l’aider à penser à différentes solutions, etc.). • Parlez de toutes les difficultés ou des obstacles rencontrés qui ont changé le cours de l’exécution de son plan d’action. • Pour les bénéficiaires qui ont exécuté entièrement ou partiellement leur plan d’action, discutez des résultats. Discutez avec eux en quoi ces résultats affectent le problème initial. Retournez à la stratégie sur la gestion des problèmes afin de définir de meilleures solutions (étape 3 et suite) pour continuer à gérer le problème. ANNEXE G : PROTOCOLE DE L’INTERVENTION PM+ 120 PM+ : SOUTIEN PSYCHOSOCIAL INDIVIDUEL POUR ADULTES AFFECTÉS PAR LA DÉTRESSE DANS LES COMMUNAUTÉS EXPOSÉES À L’ADVERSITÉ • Encouragez la bénéficiaire à appliquer les solutions décrites lors de la séance sur la gestion des problèmes à d’autres problèmes, au moment qui lui convient (vous discuterez alors pendant la section consacrée à l’évaluation de chaque séance, de l’évolution enregistrée) ou, si le temps le permet, vous pouvez parcourir ensemble les sept étapes de la gestion des problèmes. 3. Reprendre l’activité et avancer (35 minutes) Objectifs : • Enseignez au bénéficiaire que l’adversité peut pousser les gens à s’enfermer dans un cycle de mauvaise humeur et d’inactivité. • Rassurez le bénéficiaire que les problèmes liés à la mauvaise humeur et à l’inactivité ne sont pas rares. • Informez le bénéficiaire que la mise en œuvre de la stratégie « Reprendre l’activité et avancer » peut permettre de rompre ce cycle de mauvaise humeur et d’inactivité. • La stratégie « Reprendre l’activité et avancer » améliore l’humeur, ce qui peut également aider les gens à se sentir plus en confiance dans la résolution de leurs problèmes pratiques. Les activités que les gens cessent généralement d’exercer comprennent : • activités plaisantes (des activités qu’ils prenaient du plaisir à mener) ; • événements sociaux ; • activités nécessaires à la vie quotidienne, qui comprennent : - les tâches ménagères (nettoyage, propreté dans la maison, achat et préparation des aliments, soins aux enfants) ; - les activités professionnelles (ralentissement de l’activité professionnelle ou, dans les cas extrêmes, se rendre moins régulièrement ou s’absenter du travail) ; - prendre soin de soi (quitter le lit, se laver régulièrement, changer de vêtements et s’alimenter régulièrement). Quel est l’objectif de cette stratégie ? Elle vise le cycle d’inactivité dans lequel s’enferme le bénéficiaire lorsqu’il s’adonne à peu d’activités. Cette inactivité entraine une mauvaise humeur et l’empêche d’accomplir ses tâches et ses activités. Le bénéficiaire se dira souvent : « Je ferai telle chose quand je serai d’humeur à le faire ». 121 Reprendre l’activité et avancer : le cycle d’inactivité Mauvaise humeur Inactivité et repli sur soi Inactivité et repli sur soi Mauvaise humeur Que faites-vous ? La stratégie « Reprendre l’activité et avancer » vise à rompre ce cycle et améliorer l’humeur du bénéficiaire en l’impliquant à nouveau dans des activités plaisantes et orientées vers des tâches à faire en dépit de son humeur. Astuces • Invitez un membre de sa famille ou un ami dans la salle si le bénéficiaire souhaite l’avoir à ses côtés. Il pourrait encourager et soutenir le bénéficiaire à reprendre ses activités. • Soyez précis en expliquant la tâche ou l’activité que le bénéficiaire devra exercer la semaine suivante. • Fixez de très petits objectifs à atteindre par le bénéficiaire (vu la motivation précaire et la faible estime de soi du bénéficiaire, vous devez vous assurer qu’il puisse atteindre l’objectif). • Utilisez la liste des activités comme guide si nécessaire. • Aidez le bénéficiaire à choisir une heure et une journée où il sera le moins distrait et le moins fatigué ou désespéré (exemple : les matins après le départ des enfants pour l’école) pour effectuer l’activité ou la tâche. • Utilisez le calendrier (Annexe E). • Utilisez des aide-mémoires (exemple : les alarmes sur le téléphone portable si le bénéficiaire en a un, planifier les tâches pour qu’elles coïncident avec les activités communautaires ou les heures de repas, ou demander à un ami ou un membre de la famille de les lui rappeler. Tous ces moyens sont bons pour aider le bénéficiaire à effectuer la tâche). • Veillez à ramener le bénéficiaire à une routine pour qu’il redevienne productif. • Ne commettez pas l’erreur de penser que cette stratégie ne sert qu’à faire plaisir au bénéficiaire. Peu de situations donnent lieu à des expériences positives. Cependant, être actif et productif est toujours très utile. • Remettez au bénéficiaire la fiche sur « Reprendre l’activité et avancer » (Annexe E). ANNEXE G : PROTOCOLE DE L’INTERVENTION PM+ 122 PM+ : SOUTIEN PSYCHOSOCIAL INDIVIDUEL POUR ADULTES AFFECTÉS PAR LA DÉTRESSE DANS LES COMMUNAUTÉS EXPOSÉES À L’ADVERSITÉ Points clés à inclure : • L’adversité peut modifier l’humeur des gens et les emmener à se sentir très tristes et désespérés. • Si, à la longue, l’humeur des gens ne s’améliore pas, ils commenceront à ressentir un manque d’énergie et de motivation pour se mettre en activité. • Les gens peuvent ne plus trouver du plaisir à faire ce qu’ils aimaient faire par le passé. • Cette situation peut constituer le début d’un cycle appelé le cycle d’inactivité. Présenter la stratégie «Reprendre l’activité et avancer » En présentant la stratégie « Reprendre l’activité et avancer », assurez-vous de faire un lien entre les informations générales et les problèmes particuliers du bénéficiaire. Par exemple, comment les problèmes du bénéficiaire le poussent, à l’instant, à abandonner certaines activités spécifiques. Montrez aussi au bénéficiaire la fiche sur la stratégie « Reprendre l’activité et avancer » (Annexe E) au moment d’expliquer le cycle d’inactivité. Ce qui suit est une présentation standard. Vous pouvez y ajouter des informations pertinentes au bénéficiaire ou inclure des informations plus précises à la suite de cette présentation (ex. « A présent, ce que je retiens de ce que vous avez dit est que vous avez cessé de … »). Il s’agit de ce que vous êtes le plus enclin ou confiant de faire. Il est très courant pour les personnes exposées à l’adversité, à une perte quelconque et à des événements stressants de connaître des changements d’humeur et de se fatiguer rapidement. Si, à la longue, l’humeur d’une personne ne s’améliore pas, elle commence généralement à se sentir en manque d’énergie et de motivation pour faire les choses qu’elle avait l’habitude de faire aisément. Elle peut aussi ne plus aimer les activités qui lui procuraient souvent du plaisir. Cela peut être le début d’un cycle où l’humeur de la personne se détériore, ce qui la mène à abandonner ses activités davantage, ce qui, à son tour, accroît sa mauvaise humeur et ainsi de suite. (Dessinez ce cycle au bénéficiaire comme ci-dessus). Nous appelons cela « cycle d’inactivité ». Malheureusement, ce cycle vous maintient bloqué dans votre mauvaise humeur et votre chagrin. Souvent, les gens se disent : « Je reprendrai l’activité quand je me sentirai mieux ». Egalement, ils pensent que se sentir énergétique les emmène à être actif, alors qu’en réalité, c’est l’activité qui donne de l’énergie. Ainsi, beaucoup de personnes ne commencent à se sentir mieux que lorsqu’ils deviennent actifs. Pour briser ce cycle, vous devez reprendre l’activité, même si vous n’en avez pas envie. Rappelez-vous que beaucoup de personnes ne commencent à se sentir mieux que lorsqu’ils redeviennent actifs. Pour la plupart, le plus dur est de faire le premier pas. Cependant, je peux vous assurer que plusieurs personnes constatent qu’il devient plus facile de continuer une fois qu’elles ont repris leurs activités. 123 En pensant aux activités que vous aviez l’habitude de mener avant de vous sentir de la sorte, quelle activité plaisante ou agréable pourriez-vous reprendre ou exercer plus souvent ? En pensant à ce temps où vous vous sentiez mieux, citez-moi une tâche, à la maison ou au travail, que vous exécutiez régulièrement et que vous n’exécutez plus ou que vous exécutez moins souvent. C’est bon. Alors, nous allons prendre quelque temps à présent pour établir un plan pour que vous puissiez reprendre ces tâches la semaine prochaine. Étapes à suivre dans la stratégie « Reprendre l’activité et avancer » 1. Aider le bénéficiaire à choisir une activité ou une tâche agréable qu’il pourra effectuer la semaine suivante. 2. Aider le bénéficiaire à diviser l’activité ou la tâche en de très petites étapes gérables. 3. Aider le bénéficiaire à planifier (jours et heures) l’exécution de l’activité ou de la tâche la semaine suivante. 4. Discuter des aide-mémoires que le bénéficiaire peut utiliser afin de réaliser cette tâche. 4. Pratiquer la stratégie sur la gestion du stress (10 minutes) Pratiquez la respiration lente avec le bénéficiaire. Aidez-le à surmonter toutes les difficultés rencontrées au moment de pratiquer tout seul cette stratégie (exemple : mettre l’accent sur la respiration par le ventre, sur la respiration lente, etc.). 5. Pratiquer les stratégies entre les séances et clôturer la séance (5 minutes) Encouragez le bénéficiaire à exécuter les plans de gestion des problèmes ainsi que l’activité choisie dans le cadre de la stratégie « Reprendre l’activité et avancer ». Veillez à ce que le bénéficiaire dispose de toutes les fiches sur la « Gestion du stress », la « Gestion des problèmes » et « Reprendre l’activité et avancer » (Annexe E). Si nécessaire, remplissez le calendrier afin d’aider le bénéficiaire à se souvenir de ses tâches. ANNEXE G : PROTOCOLE DE L’INTERVENTION PM+ 124 PM+ : SOUTIEN PSYCHOSOCIAL INDIVIDUEL POUR ADULTES AFFECTÉS PAR LA DÉTRESSE DANS LES COMMUNAUTÉS EXPOSÉES À L’ADVERSITÉ SÉANCE 4 Objectifs de la séance : 1. Évaluation PSYCHLOPS en cours d’intervention et évaluation générale (5 minutes) 2. Révision des notions de gestion des problèmes (20 minutes) 3. Révision de la séance 3 : Reprendre l’activité et avancer (20 minutes) 4. Introduction de la séance 4 : Renforcer le soutien social (30 minutes) 5. Application des techniques de gestion du stress (10 minutes) 6. Présentation des tâches et clôture de la séance (5 minutes) 1. Évaluation en cours d’intervention du PM+ et évaluation générale (5 minutes) Faites l’évaluation PSYCHLOPS (version en cours d’intervention ; Annexe B). En fonction des réponses du bénéficiaire, consacrez les premières minutes à la révision des notions abordées la semaine précédente. Discutez de son évolution au niveau de toutes les stratégies. Revisitez et abordez toutes les questions que le bénéficiaire peut avoir sur la séance précédente. Revisitez et parlez de son expérience de la gestion du stress au cours de la semaine précédente. Consultez le tableau des « Astuces utiles » de la première séance, afin de trouver des réponses à toutes les difficultés rencontrées. 2. Révision des notions de gestion des problèmes (20 minutes) Consultez les notes de la troisième séance pour réviser et poursuivre la gestion des problèmes. 3. Révision de la troisième séance : Reprendre l’activité et avancer (20 minutes) Au cours de cette phase, tenez compte de ce qui suit : • Si le bénéficiaire n’a pas pu exécuter les activités, discutez des causes avec lui, ainsi que des moyens de les surmonter pour effectuer les tâches la semaine suivante (exemple : penser à disposer du temps pour s’asseoir et exécuter la tâche, penser à voir une personne de confiance qui accompagnera bénéficiaire, penser à demander à un membre de la famille de s’occuper des enfants alors que le bénéficiaire est en train d’effectuer ses tâches, etc.). • Parlez des difficultés ou obstacles qui ont changé le cours de l’exécution de la tâche. • Pour les bénéficiaires qui ont effectué une activité quelconque, discutez des résultats. Demandez précisément en quoi cette activité a affecté son humeur, son estime de soi et autres. 125 • Révisez la stratégie « Reprendre l’activité et avancer » et choisissez de nouvelles activités ou tâches que le bénéficiaire peut effectuer en cours de semaine, ou multipliez le nombre de fois où le bénéficiaire peut effectuer les activités déjà entamées. Essayez d’aider le bénéficiaire à choisir différents types de tâches et d’activités (pas uniquement des activités de prise en charge de soi). • Veillez à donner au bénéficiaire une copie de la fiche « Reprendre l’activité et avancer » (Annexe E). 4. Renforcer le soutien social (30 minutes) Objectifs : • Fournir des informations sur l’importance d’avoir un bon soutien social et d’en faire usage. • Aider le bénéficiaire à identifier au moins une personne ou une organisation capable de la soutenir. • Planifier comment le bénéficiaire peut renforcer son soutien social avec la personne ou l’organisation choisie. Points clés à inclure : • Il existe plusieurs formes de soutien social parmi lesquels : – avoir un ami ou un membre de la famille qui vous écoute et valide vos préoccupations et émotions, au lieu de se montrer dédaigneux et ne manifester aucune attention ; – être en contact avec une agence qui vous fournit les informations et le soutien appropriés dont vous avez besoin ; – obtenir de l’aide pour accomplir une tâche difficile ou offrir un moyen pour accomplir une tâche (ex. accompagner le bénéficiaire quelque part en voiture, lui emprunter quelque chose, etc.) ; – passer du temps avec d’autres personnes, sans nécessairement parler de problèmes (exemple : partager un repas ensemble) ; – apporter de l’aide à d’autres personnes (sans oublier de prendre soin de soi-même). • Les gens sont plus confiants et optimistes face aux problèmes et à l’adversité lorsqu’ils sont bien soutenus. • Les problèmes peuvent s’avérer plus gérables lorsqu’on reçoit du soutien. • Faire part de ses problèmes à d’autres personnes peut aider à en diminuer le fardeau. • Le fait d’écouter d’autres personnes parler de leurs problèmes peut aider à se rendre compte que l’on n’est pas seul à souffrir. • Vous pouvez partager un proverbe qui reflète l’idée du soutien social. Exemple : « Un problème partagé est à moitié résolu ». « Une joie partagée est une double joie ; un chagrin partagé est un demi-chagrin ». ANNEXE G : PROTOCOLE DE L’INTERVENTION PM+ 126 PM+ : SOUTIEN PSYCHOSOCIAL INDIVIDUEL POUR ADULTES AFFECTÉS PAR LA DÉTRESSE DANS LES COMMUNAUTÉS EXPOSÉES À L’ADVERSITÉ Introduction de la séance 4 : Renforcer le soutien social Vous pouvez présenter au bénéficiaire la fiche sur le renforcement du soutien social en lui expliquant la stratégie. Renforcer le soutien social peut signifier plusieurs choses à des personnes différentes. Pour certains, il s’agit de partager leurs difficultés et leurs sentiments avec d’autres personnes en qui ils ont confiance. Pour d’autres, il peut juste s’agir de passer du temps avec des amis ou en famille, sans parler de leurs problèmes. Pour certains, cela peut aussi vouloir dire solliciter l’utilisation des ressources des personnes de confiance, notamment les outils ou même les connaissances des autres, pour exécuter leurs tâches. Aussi, pour certains, cela peut signifier être en contact avec des organisations ou institutions communautaires pour obtenir du soutien. Ces formes de soutien social peuvent être très efficaces pour réduire les difficultés et la détresse. Existe-t-il, selon vous, un moyen par lequel vous pouvez renforcer votre soutien social ? Aidez le bénéficiaire à décider de la méthode qu’il souhaiterait utiliser pour renforcer son soutien social. • Par exemple, en parlant à quelqu’un, en obtenant plus d’aide pratique, tel qu’emprunter quelque chose, ou bien en nouant des contacts avec une autre institution ou organisation communautaire. Si le bénéficiaire n’est pas certain de vouloir renforcer son soutien social, même si vous avez des raisons de penser qu’il en a besoin, il est nécessaire d’en parler davantage. Beaucoup de gens ne sont pas prêts à parler de leurs problèmes ou à demander de l’aide à d’autres personnes. L’une des raisons en est qu’ils pensent, qu’en le faisant, ils accableront les autres de leurs problèmes. Cela est très souvent faux. Les gens sont prêts à parler de leurs problèmes lorsque leurs amis leur parlent des leurs. Ils peuvent aussi demander de l’aide à leur tour peut-être parce qu’ils passent eux aussi par des problèmes similaires. Vous verrez rarement quelqu’un parler de ses problèmes ou demander de l’aide sans que les autres ne fassent pareil avec lui. Ecouter les difficultés des autres peut aussi vous aider à voir vos propres problèmes sous une perspective différente, surtout lorsque vous pensez que vous êtes le seul à avoir des problèmes. Une autre raison pour laquelle les gens ne reçoivent pas de soutien des autres est qu’ils n’ont personne en qui se confier. Si vous pensez que vous n’avez personne en qui vous confiez, pouvons-nous en parler davantage tous les deux pour voir si nous pouvons trouver quelqu’un de confiance pour vous ? 127 Planifiez le renforcement du soutien social du bénéficiaire Une fois que le bénéficiaire a identifié au moins une personne, une organisation communautaire ou une institution de soutien plus formelle auprès desquelles il voudrait obtenir du soutien, aidez-le à faire ce qui suit. • Mettre un plan précis de ce qu’il va exécuter (ex. appeler ou aller voir la personne ou l’organisation). • Convenir d’une date spécifique pour le faire. • Demander au bénéficiaire ce qu’il dira ou fera avec la personne ou l’agence en question (ex. parler d’un problème pratique et partager ce qu’il ressent à son égard, dire qu’il participe au PM+, parler du problème spécifique sur lequel vous travaillez ensemble pendant la séance). Vous pouvez même trouver du temps pour que le bénéficiaire s’exerce à répéter ce qu’il dira à la personne ou à l’organisation. 5. Pratiquer la stratégie de gestion du stress (10 minutes) Pratiquez la respiration lente avec le bénéficiaire. Aidez-le à surmonter les difficultés rencontrées au moment de pratiquer cette stratégie tout seul (exemple : mettre l’accent sur la respiration par le ventre, sur la respiration lente, etc.). 6. Pratiquer les stratégies entre les séances et clôturer la séance (5 minutes) Encouragez le bénéficiaire à exécuter les plans de gestion des problèmes, l’activité choisie dans le cadre de la stratégie « Reprendre l’activité et avancer », ainsi que son plan d’action sur le renforcement du soutien social. Assurez-vous que le bénéficiaire dispose des fiches se rapportant à toutes les stratégies et utilisez le calendrier si cela peut l’aider dans la planification de ces activités. ANNEXE G : PROTOCOLE DE L’INTERVENTION PM+ 128 PM+ : SOUTIEN PSYCHOSOCIAL INDIVIDUEL POUR ADULTES AFFECTÉS PAR LA DÉTRESSE DANS LES COMMUNAUTÉS EXPOSÉES À L’ADVERSITÉ SÉANCE 5 Objectifs de la séance : 1. Évaluation PSYCHLOPS en cours d’intervention et évaluation générale (20 minutes) 2. Discussion et apprentissage sur comment rester en bonne santé (30 minutes) 3. Imaginer comment apporter de l’aide aux autres (20 minutes) 4. Se tourner vers l’avenir (15 minutes) 5. Clôturer la séance et le programme (5 minutes) 1. Évaluation en cours d’intervention du PM+ et évaluation générale (20 minutes) Faites l’évaluation PSYCHLOPS (version en cours d’intervention ; Annexe B). Selon les réponses du bénéficiaire, consacrez les premières minutes à réviser les notions abordées la semaine précédente. Discutez de son expérience quant à l’exécution des plans d’action relatifs à toutes les stratégies. Veillez à passer du temps supplémentaire à réviser la séance sur le renforcement du soutien social, étant donné que cette stratégie a été introduite lors de la dernière séance. Revisitez et abordez toutes les questions que le bénéficiaire peut avoir au sujet de la séance précédente. 2. Introduire la stratégie « Rester en santé » (30 minutes) Commencez par féliciter le bénéficiaire de sa participation au PM+ et de ses efforts : Comme vous le savez, nous en sommes aujourd’hui à notre dernière séance, et je voudrais commencer par vous féliciter d’être parvenu à ce stade. Vous avez montré beaucoup de courage et d’efforts pour parler de certains sujets difficiles et y faire face. Alors comment vous sentez-vous à l’idée de savoir que c’est notre dernière séance ? Y a-t-il des aspects où, à votre avis, vous vous êtes amélioré depuis le début de l’intervention PM+ ? Y en a-t-il où il n’y a pas eu d’amélioration ? Avez-vous une idée de ce que vous pouvez faire pour essayer d’améliorer ces aspects-là ? 129 Points clés à inclure : • L’intervention PM+ est semblable à l’apprentissage d’une nouvelle langue ; vous devez la pratiquer chaque jour si vous souhaitez parler couramment. • Plus vous appliquez les stratégies de PM+, mieux vous vous porterez. • Si vous faites face à une difficulté à l’avenir, vous aurez plus de chance à bien la gérer si vous appliquez régulièrement les techniques de PM+. • Le bénéficiaire dispose de toutes les informations nécessaires pour mettre en œuvre tout seul les stratégies de PM+. • Parfois, mettre des aide-mémoires pour se rappeler les stratégies de PM+ partout dans de la maison peut être utile (vous pouvez inviter le bénéficiaire à proposer des idées dans ce sens). • De nombreux bénéficiaires rencontreront des problèmes à l’avenir. Ensuite, vous devez encourager le bénéficiaire à continuer de pratiquer les stratégies apprises afin de rester en bonne santé. Vous pourriez commencer par lui demander de penser à ce qu’il pourrait faire pour rester en bonne santé. Vous pouvez aussi insister à ce qu’il prenne avec lui toutes les fiches relatives aux stratégies, qu’il pourrait utiliser pour se rafraîchir la mémoire à propos de ces stratégies (voir Annexe E). Par exemple : Alors, nous allons parler de comment vous pouvez rester en bonne santé après avoir terminé l’intervention PM+. Avez-vous une idée de ce que vous pouvez faire pour demeurer en bonne santé ? Exemple de points sur lesquels vous pouvez être clair par rapport à ce que le bénéficiaire peut faire pour rester en bonne santé : J’ai tendance à penser que l’intervention PM+ est semblable à l’apprentissage d’une nouvelle langue. Je vous ai encadré dans l’apprentissage des stratégies pour vous aider à faire face à différents problèmes de la vie. C’est tout comme apprendre une nouvelle langue que vous devez pratiquer chaque jour si vous voulez parler couramment. De la même manière, si vous pratiquez ces stratégies aussi souvent que possible, vous aurez plus de chance de rester en bonne santé. De même, si vous faites face à une situation difficile à l’avenir, vous serez mieux à même de bien la gérer si vous pratiquez régulièrement les stratégies apprises. Il n’y a rien de magique dans cette intervention. Vous avez tout appris et vous êtes capable de l’appliquer tout seul dans votre vie. Vous êtes votre propre aidant à présent. Si vous avez besoin d’aide pour vous rappeler comment appliquer les stratégies, vous avez ces fiches à votre disposition. Vous pourriez avoir besoin de ces images ou d’autre chose à placer dans ANNEXE G : PROTOCOLE DE L’INTERVENTION PM+ 130 PM+ : SOUTIEN PSYCHOSOCIAL INDIVIDUEL POUR ADULTES AFFECTÉS PAR LA DÉTRESSE DANS LES COMMUNAUTÉS EXPOSÉES À L’ADVERSITÉ votre maison pour vous aider à vous rappeler les choses que vous avez apprises ici. Certaines personnes ont collé des notes sur les murs de leur maison ou les ont mises dans les endroits de leur maison où ils passent le plus de temps pour ne jamais oublier ces stratégies. Vous prendrez donc du temps pour parler de ce que le bénéficiaire pourrait particulièrement faire au cas où il ferait face à un événement extrêmement stressant ou à des sentiments négatifs à l’avenir. Donnez au bénéficiaire la possibilité de vous dire d’abord ce qu’il ferait. Aidez-le à vous donner autant de détails que possible sur sa réaction (ex. demandez-lui de vous donner des exemples concrets des moyens qu’il pourrait utiliser pour améliorer son soutien social, au lieu de vous dire simplement : « J’améliorerai mon soutien social ». Il n’est pas rare que les personnes éprouvent des difficultés par la suite. Que pensez-vous pouvoir faire la prochaine fois que vous serez confronté à une situation difficile ou que vous aurez encore des sentiments négatifs ? (Donnez des exemples pertinents au bénéficiaire, ex. perte d’un emploi, conflit en couple, dépression, etc.). 3. Imaginer comment apporter de l’aide aux autres (20 minutes) Pour plusieurs bénéficiaires, il est aussi nécessaire de s’assurer qu’ils ont compris chaque stratégie que vous leur avez apprise. Prenez environ 20 minutes pour parler de l’étude de cas contenue à l’Annexe F. Demandez au bénéficiaire d’imaginer que chacune de ces personnes est un ami proche à lui, et de penser à la stratégie qu’il proposerait à son ami. Si le bénéficiaire trouve que cette tâche est difficile, utilisez-la comme opportunité pour lui apprendre quelle stratégie correspond à quel problème. Si le bénéficiaire préfère parler d’un ami connu qui rencontre réellement des problèmes, utilisez plutôt son exemple. Ce que nous allons faire à présent, c’est de travailler ensemble en tant qu’aidants pour que vous soyez sûr de comprendre toutes les stratégies de l’intervention PM+ ainsi que le bon moment de les appliquer. J’ai ici des exemples de différentes personnes et je voudrais que vous vous imaginiez qu’il s’agit d’un ami à vous ou d’un membre de votre famille. Après avoir lu un exemple, nous allons prendre quelques minutes pour voir comment vous pourriez l’aider à gérer son problème en appliquant l’une des stratégies que vous avez apprises. (Lisez le premier exemple de l’Annexe.) Pouvez-vous proposer la stratégie la plus appropriée parmi celles que vous avez apprises ? 131 4. Se tourner vers l’avenir (15 minutes) Objectifs : • Aider le bénéficiaire à se préparer pour l’avenir. • Aider le bénéficiaire à revisiter les objectifs non atteints ou les problèmes qui ne se sont pas améliorés par l’intervention PM+. • Aider le bénéficiaire à voir comment il entend continuer à s’améliorer (c’est-à-dire en citant de nouveaux objectifs). Enfin, je voudrais prendre un peu de temps pour voir comment vous pourriez continuer à appliquer les stratégies que vous avez apprises pendant l’intervention PM+ pour réaliser certains objectifs que vous vous seriez fixé. Avez-vous actuellement un problème que vous voudriez traiter à court terme en appliquant l’une des stratégies ? Si le bénéficiaire éprouve des difficultés à identifier des objectifs ou des problèmes qu’il voudrait traiter, vous pourrez vous référer à la liste initiale de problèmes qu’il avait établie lors de l’évaluation. En parlant justement de ce problème, quelle est la première action que vous pourriez être en mesure de poser pour commencer à résoudre ou à réduire le problème ? À quel moment pourriez-vous le faire ? Aidez le bénéficiaire à élaborer un plan d’action à exécuter – c’est-à-dire qu’est-ce qu’il pourrait commencer à faire pour poursuivre l’amélioration de son bien-être ou la gestion de ses problèmes. 5. Clôturer la séance et l’intervention PM+ (10 minutes) Pour clôturer l’intervention PM+, remerciez et félicitez le bénéficiaire encore une fois. Souhaitez-lui bonne chance pour son rétablissement tout en lui rappelant de continuer d’appliquer les stratégies. Nous vous recommandons de prendre des dispositions pour continuer à suivre le bénéficiaire dans quelques mois, afin de vérifier son évolution. C’est le lieu de voir si le bénéficiaire a l’intention de déménager ou de quitter la région. Que faire si l’état du bénéficiaire ne s’est pas amélioré au terme de l’intervention ? Vous devez parler de l’évolution du bénéficiaire à votre superviseur. Si, parvenu à la cinquième séance, vous constatez (votre superviseur et vous-même), que l’état du bénéficiaire ne s’est pas suffisamment amélioré (peu ou aucun changement au niveau de ses problèmes affectifs tels que l’humeur, l’anxiété et le stress), il existe plusieurs options que vous pouvez considérer (voir ci-dessous). Vous pouvez avoir recours à d’autres options (voir ci-dessous). Votre superviseur et vous-même pouvez en décider soit a) entre la quatrième et la cinquième séance, soit b) après avoir vu le bénéficiaires pour la cinquième séance. ANNEXE G : PROTOCOLE DE L’INTERVENTION PM+ 132 PM+ : SOUTIEN PSYCHOSOCIAL INDIVIDUEL POUR ADULTES AFFECTÉS PAR LA DÉTRESSE DANS LES COMMUNAUTÉS EXPOSÉES À L’ADVERSITÉ 1. Selon vos échanges avec votre superviseur, vous pouvez encourager le bénéficiaire à continuer à pratiquer les stratégies du PM+ de façon indépendante. Vous vous arrangerez à le suivre à une date ultérieure (par exemple trois mois après la cinquième séance). Cependant, cela n’est recommandé que si le niveau de stress n’est pas sévère et si le bénéficiaire ne présente pas d’idées suicidaires. 2. Selon vos échanges avec votre superviseur, vous pouvez référer le bénéficiaire à un professionnel de santé (mentale) pour évaluation et poursuite des soins. Cela est recommandé pour les bénéficiaires souffrant de détresse grave ou présentant des idées ou plans suicidaires au terme du PM+ ou à l’évaluation de suivi de trois mois. Cette option est aussi recommandée si le bénéficiaire a bien suivi le PM+ mais sans changement majeur de son état de détresse. 3. Selon vos échanges avec votre superviseur, vous pouvez prévoir des séances supplémentaires de PM+, en appliquant les mêmes stratégies. Par exemple, un bénéficiaire qui a pris plus de temps pour vous faire confiance en tant qu’aidant et qui commence à s’améliorer au cours des dernières séances, peut profiter de cette option.

IV PM+ : SOUTIEN PSYCHOSOCIAL INDIVIDUEL POUR ADULTES AFFECTÉS PAR LA DÉTRESSE DANS LES COMMUNAUTÉS EXPOSÉES À L’ADVERSITÉ GESTION DES PROBLÈMES PLUS (PM+) Soutien psychosocial individuel pour adultes affectés par la détresse dans les communautés exposées à l’adversité

Основные сведения
Тип документа Technical Documents
Дата принятия
Источник Всемирная организация здравоохранения