RAPPORT ou
DIR~~rEuR RÉGI~NAL 1er JUi ll et 2009-30 JUin 2010
Activité de 1·0MS dans la Région du Pacifique occidental
wr?~,\ Organisation ~~ ~ _U..,..<'ft\l~ mon di a 1 e ~Mlf/$ de la Santé ._, --,-.:::--
Région du Pacifique occidental
ACTIVITÉ DE L’OMS DANS LA RÉGION DU PACIFIQUE OCCIDENTAL 1er juillet 2009–30 juin 2010
Rapport du Directeur régional au Comité régional pour le Pacifique occidental
Les appellations employées dans ce rapport, la présentation des données et les représentations graphiques qui y figurent n’impliquent de la part du Secrétariat de l’Organisation mondiale de la Santé aucune prise de position quant au statut juridique des pays, territoires, villes ou zones, ou de leurs autorités, ni quant au tracé de leurs frontières ou limites. Lorsque l’appellation « États et Territoires » apparaît, elle couvre les pays, territoires, cités ou régions.
Table des Matières
Introduction Lutte contre les maladies transmissibles 1. Programme élargi de vaccination 2. Paludisme, autres maladies à transmission vectorielle et maladies parasitaires 3. VIH/sida et infections sexuellement transmissibles 4. Halte à la tuberculose et élimination de la lèpre
iv 2 4 8 14 20
Sécurité sanitaire et situations d’urgence 5. Maladies émergentes : surveillance et action 6. Sécurité sanitaire des aliments 7. Opérations de secours d’urgence et action humanitaire
24 26 30 34
Pour des communautés et des populations en bonne santé 8. Salubrité de l’environnement 9. Santé de la mère et de l’enfant et nutrition 10. Maladies non transmissibles et promotion de la santé 11. Santé mentale et prévention des traumatismes 12. Initiative pour un monde sans tabac
38 40 44 52 58 64
Développement du secteur de la santé 13. Développement des services de santé 14. Financement des soins de santé 15. Ressources humaines pour la santé 16. Médicaments et technologies sanitaires essentiels 17. Information sanitaire, bases factuelles et recherche
68 70 76 82 86 92
Gestion des programmes et Coordination Administration et finances
96 98
« Afin de servir au mieux les États Membres, l’OMS doit être capable de s’exprimer d’une voix forte et sans équivoque, en se fondant sur ses propres compétences tout en s’alliant à des partenaires dont les compétences lui sont complémentaires. »
e présent rapport couvre la première année complète de mon mandat de Directeur régional pour le Pacifique occidental, et j’ai le plaisir de faire état des activités de toutes sortes qui ont conforté la façon dont nous travaillons, renforcé la collaboration de nos partenaires de la santé publique et, surtout, par lesquelles nous nous sommes efforcés d’assurer les prestations et d’obtenir les résultats demandés par nos États Membres. Les chapitres qui suivent traitent du travail accompli par nos différentes divisions, dans le cadre de leurs programmes et missions. Depuis mon entrée en fonction, en février 2009. J’ai fait près de deux douzaines de visites dans des pays de la Région du Pacifique occidental. J’ai rencontré non seulement de hauts responsables et des instances de la santé publique mais, également, des notables locaux, des agents de santé oeuvrant dans des communautés villageoises et des citoyens ordinaires. Ces visites, tout comme nos débats lors de notre dernière session du Comité régional pour le Pacifique occidental, ont contribué de
L
façon déterminante à mieux cibler les domaines où l’OMS doit améliorer son action afin de mieux servir les populations de notre Région qui se chiffrent à 1,8 milliard d’habitants. Il s’agira dans cette introduction de présenter les engagements pris par l’OMS envers les États Membres et ce que nous avons fait pour remplir ces attentes, tant sur le plan des nouvelles activités entreprises que des résultats obtenus. Nous avons lancé un train de réformes de grande portée dans le but à la fois d’obtenir des résultats immédiats et d’asseoir une organisation plus forte, plus apte et experte à servir nos États Membres.
Objectifs du Millénaire pour le développement Ma première priorité concerne le soutien à accorder aux États Membres pour les aider à atteindre plus rapidement les objectifs du Millénaire pour le développement relatifs à la santé (OMD). La santé maternelle en est un bon exemple. Chaque jour, une centaine de femmes meurent des suites d’une grossesse ou d’un accouchement difficiles dans la Région du Pacifique occidental. En intervenant à propos, souvent sans que cela engendre un coût important, près de 90 % de ces décès pourraient être évités. Le Cambodge s’est attaqué à ce problème en mettant en place une cellule de surveillance de la mortalité maternelle au sein du Ministère de la Santé. Des informations sont envoyées par téléphones portables, ce qui permet au ministère de recueillir rapidement des données qui permettent de combattre de façon adaptée les causes de la mortalité maternelle, qui demeurent le plus gros obstacle de la réalisation des OMD dans la Région. Des actions ont également été menées pour renforcer
Priorités En m’adressant aux États Membres à la session du Comité régional de l’année dernière, j’ai affirmé ma volonté d’agir dans quatre domaines prioritaires. Depuis, les événements ont renforcé leur importance pour la santé et le bien-être des habitants de la Région, aussi aimerais-je voir avec vous dans quelle mesure nous sommes parvenus à concrétiser nos engagements.
ACTIVITÉ DE L’OMS DANS LA RÉGION DU PACIFIQUE OCCIDENTAL 1er juillet 2009–30 juin 2010
iv
Introduction
Introduction les systèmes de santé au Cambodge, en Papouasie-Nouvelle-Guinée et en République démocratique populaire lao, et développer par là les moyens des pays de la Région d’atteindre les OMD. Les objectifs du Millénaire pour le développement liés à la santé portent aussi sur d’autres domaines. Ainsi, des efforts sont déployés pour éliminer le paludisme dans plusieurs pays, enrayer la progression de la tuberculose polychimiorésistante et la tuberculose ultrarésistante, et stopper la progression du VIH. La conduite systématique mais tout aussi importante du programme de vaccination élargi contribue également à réduire les taux de morbidité et de mortalité infantile. et le respect des instructions dérivant du Règlement sanitaire international (2005) et de la Stratégie de lutte contre les maladies émergentes pour l’Asie et le Pacifique avaient fait des progrès. Je suis particulièrement fier de la rapidité et de l’efficacité avec lesquelles cette Région a distribué des vaccins contre le virus de la pandémie de grippe H1N1, à presque tous les États Membres qui les avaient demandés. Lorsque des catastrophes naturelles successives ont inondé la Région, en particulier le typhon qui a sérieusement endommagé le bâtiment du Bureau régional, le personnel de l’OMS a réagi avec une énergie remarquable et digne de louanges en offrant une assistance technique vitale et ses talents de coordinateur. Notre capacité de réaction aux dangers écologiques et aux problèmes de sécurité alimentaire a fait l’objet de toute notre attention ces derniers temps, avec notre participation au Forum régional sur l’environnement et la santé et au Sommet océanien de l’alimentation. Pour lutter contre les menaces croissantes pesant sur la sécurité sanitaire, Nous avons créé au Bureau régional une nouvelle Division de la sécurité sanitaire et des situations d’urgence qui concentrera ses efforts uniquement sur ces questions. En regroupant les unités chargées de la surveillance des maladies transmissibles, de la sécurité sanitaire des aliments, des situations d’urgence et de l’action humanitaire, nous avons mis en place des moyens considérables pour aider les États Membres à protéger leur population contre les risques survenant dans ces domaines.
Maladies non transmissibles Une nouvelle menace — mais tout aussi mortelle — est celle que représentent les maladies non transmissibles, troisième domaine prioritaire que j’ai identifié l’an dernier. Sous certains aspects, c’est peut-être la menace la plus dangereuse à appréhender car elle ne réclame pas tant des interventions d’ordre scientifique ou clinique que des réformes sociales et économiques, et un changement de comportement de la part des personnes. C’est pourquoi je me suis personnellement investi au cours de l’année dernière dans la réactivation des initiatives visant à établir des Villes-Santé et des Îles-Santé. Il est vital d’inciter les populations locales à prendre en charge les déterminants de leur propre santé et de les responsabiliser à cet égard. J’ai eu le grand plaisir d’accueillir à Manille en avril 2010 plusieurs maires de grandes
Urgences de santé publique Le deuxième volet prioritaire concerne la coordination et l’assistance à apporter à nos États Membres dans leur effort visant à protéger leur population contre les risques et les situations d’urgence mettant à mal la santé publique. Ces risques incluent l’émergence et la réémergence de maladies, tout comme les catastrophes naturelles et les menaces croissantes associées au changement climatique. En avril 2009, nous avons assisté à l’apparition et à la rapide propagation de la grippe pandémique H1N1 2009. La forte réactivité de l’Organisation et de nos États Membres a démontré combien la collaboration régionale et internationale
Introduction
v
ACTIVITÉ DE L’OMS DANS LA RÉGION DU PACIFIQUE OCCIDENTAL 1er juillet 2009–30 juin 2010
villes de la Région pour célébrer la Journée mondiale de la santé, principalement axée sur les transports urbains sans danger pour la santé. Nos efforts pour lutter contre le tabagisme continuent de porter leurs fruits et nous sommes heureux de constater le renforcement des lois antitabac dans nombre États Membres. Dans le même temps, nous avons mis au point plusieurs autres stratégies pour faire face à d’autres comportements mettant en péril la santé, comme l’alcoolisme et les accidents de la route. Nous avons réduit le nombre des sections s’occupant des maladies non transmissibles au Bureau régional afin d’apporter un soutien mieux adapté aux États Membres.
L’Observatoire des systèmes et politiques de santé pour l’Asie et le Pacifique constitue une source importante de données de référence servant au renforcement des systèmes de santé. Nous avons été très encouragés de voir des accomplissements comme ceux réalisés au Cambodge, en Papouasie-NouvelleGuinée et en République démocratique populaire lao, qui contribuent à avancer vers la réalisation des OMD.
Le processus de réforme Lorsque j’ai pris mes fonctions de Directeur régional, il m’est apparu évident que la Région du Pacifique occidental possède un personnel très qualifié et compétent. Toutefois il y a plusieurs domaines qui, à mon avis, bénéficieraient de réformes qui ajouteraient aux capacités dont nous sommes déjà dotés. J’ai considéré comme très important de faire en sorte de valoriser et de conserver nos ressources humaines afin de tirer avantage de leur expérience toujours accrue. En tant que Directeur régional, j’ai le devoir de faire tout ce qui est en mon pouvoir pour offrir aux États Membres le personnel de la plus grande envergure dans nos bureaux de pays et notre Bureau régional. J’ai donc déterminé les quatre domaines méritant notre effort de réforme: le leadership et les partenariats de l’OMS, la mobilisation de ressources et la communication, la gestion des ressources humaines et les méthodes de travail.
Ce processus de réforme sous-tend les mesures prises pour donner aux États Membres les résultats qu’ils attendent. En ma qualité de Directeur régional, il me faut juger non seulement les prestations que nous offrons mais aussi la manière dont nous les offrons. Je dois aussi veiller à ce que l’action que nous entreprenons soit durable. Ces réformes constituent un investissement essentiel pour l’avenir de l’OMS dans la Région.
Leadership et partenariats de l’OMS La santé publique est influencée par de multiples acteurs et un ensemble de plus en plus diversifié et puissant de pressions. Dans ce contexte, afin de servir au mieux les États Membres, l’OMS doit être capable de s’exprimer d’une voix forte et sans équivoque, en se fondant sur ses propres compétences tout en s’alliant à des partenaires dont les compétences lui sont complémentaires. L’OMS s’est déjà investie dans un certain nombre d’activités, tant à l’extérieur qu’à l’intérieur du Secrétariat, pour agir de la sorte. Nous avons été le chef de file de l’élaboration et de la promotion de plusieurs stratégies importantes, telles que la Stratégie de lutte contre les maladies émergentes pour l’Asie et le Pacifique et le Plan stratégique de renforcement des systèmes de santé dans la Région du Pacifique occidental, et nous avons parrainé d’importantes manifestations régionales comme le
Systèmes de santé La dernière priorité que j’ai fixée l’année dernière concerne le renforcement des systèmes de santé à l’échelle des pays et des districts. Les visites que je fais dans les États Membres et les bureaux de pays incluent souvent des excursions sur le terrain. Celles-ci m’ont amené à faire la même constatation inéluctable : quelle que soit la qualité de conception des activités de lutte contre les maladies ou de promotion de la santé, ces activités n’ont que très peu de chances d’aboutir à des résultats concrets si les centres de santé de base au service de la population font défaut. Par contre, lorsque ces centres sont présents, les progrès sanitaires peuvent être rapides et impressionnants.
ACTIVITÉ DE L’OMS DANS LA RÉGION DU PACIFIQUE OCCIDENTAL 1er juillet 2009–30 juin 2010
vi
Introduction
Sommet océanien de l’alimentation. L’OMS continue de mener des actions dans des domaines tels que la lutte antitabac et le financement de la santé. Au sein du Secrétariat, nous avons conduit une évaluation stratégique des capacités de l’OMS en matière de leadership et de création de partenariats dans la Région, et un certain nombre de mesures sont à l’étude. Celles-ci portent sur diverses questions, notamment le besoin de définir plus clairement la mission du Bureau régional pour le Pacifique occidental, d’accorder une plus grande souplesse de manoeuvre aux représentants de l’OMS pour ce qui touche à l’élaboration de politiques et le financement, de donner à l’OMS une position plus en vue au sein de l’Organisation des Nations Unies, avec la participation plus large d’autres secteurs.
acquises et des innovations lancées par d’autres sections de l’Organisation. Nombreuses sont les occasions de développement qui se présentent dans notre Région, qui compte parmi ses États Membres aussi bien des contributeurs de longue date que de nouveaux bailleurs de fonds. Des possibilités de croissance, intéressantes également, dérivent du concept « One » de l’ONU, du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme et des banques de développement international. Nous explorerons toutes ces possibilités aux niveaux mondial et régional en élaborant, pour l’avenir, une stratégie de partenariats et de financement de nos activités.
accordons beaucoup d’importance à l’apprentissage sur le tas en promouvant les possibilités de rotation du personnel recruté localement. Comparée aux autres régions de l’OMS, la Région du Pacifique occidental possède l’un des personnels internationaux parmi les plus diversifiés et nous sommes résolus à conserver cette diversité. Nous centrons à nouveau notre intérêt sur la formation continue. Sous la direction du Bureau du Directeur régional, nous avons effectué une série d’analyses de profils de réussite qui nous permettront d’établir les compétences de référence associées à tous les emplois, à tous les niveaux, du Bureau régional comme des bureaux de pays. Nous avons dressé un tableau des qualifications dont nous disposons et y avons détérminé les lacunes et les moyens de les combler. Au lieu de nous fixer sur les besoins d’acquisition des connaissances ad hoc, nous investissons dans un programme de formation et de perfectionnement du personnel qui répondra aux besoins de façon systématique. Le premier de ces cours débutera en juillet dans toute la Région. Le travail se poursuit également dans des domaines aussi variés que le recrutement, la gestion de la qualité du travail et le perfectionnement professionnel.
Gestion des ressources humaines Le potentiel humain reste notre ressource la plus importante. De fait, la majeure partie de nos efforts de réforme vise d’une manière ou d’une autre à faire en sorte que l’OMS attire, retienne et valorise le meilleur personnel possible. Nous avons revu récemment notre politique concernant la mobilité du personnel. Je suis fermement convaincu qu’en appliquant systématiquement un mode de gestion fondé sur la mobilité du personnel, nous doterons la Région tout entière d’un capital d’expériences accru. Nous suivons actuellement une politique qui implique une rotation du personnel international tous les cinq ans et nous
Mobilisation de ressources et communication Personne n’est à l’abri des aléas du climat économique actuel. Il est donc impérieux d’élaborer une stratégie propre à assurer notre viabilité et notre pérennité à long terme. La Région du Pacifique occidental a obtenu de bons résultats ces dernières années, tant sur le plan de la mobilisation de ressources que sur celui de la concordance de ces ressources avec les priorités inscrites au budget. Une équipe élargie, comprenant les relations extérieures, la mobilisation des ressources et la communication, exploitera ces succès en tirant profit des expériences
Méthodes de travail Notre succès en tant qu’Organisation est lié à notre capacité de fournir des
Introduction
vii
ACTIVITÉ DE L’OMS DANS LA RÉGION DU PACIFIQUE OCCIDENTAL 1er juillet 2009–30 juin 2010
prestations concrètes. Nos méthodes de travail doivent démontrer notre volonté d’obtenir des résultats et notre aptitude à nous concentrer sur ce qui importe vraiment. À cet effet, je consacre beaucoup de temps et d’énergie à briser les silos auxquels j’ai fait allusion l’année dernière dans mon allocution à l’adresse du Comité régional. Il importe d’intégrer les différentes approches de la santé publique. Il ne suffit pas de protéger les gens contre un nombre précis de maladies, pour les voir ensuite tomber malades ou mourir d’une autre affection. Il vaut mieux, plutôt, concentrer tous nos efforts pour obtenir des succès. Il est essentiel que toutes les parties prenantes travaillent de concert à cet égard et que nous parvenions à donner à l’OMS la capacité de travailler suivant une vision globale. Nous avons au Bureau régional une structure nouvelle, plus rationnelle, qui allie des fonctions apparentées au sein d’équipes intégrées, par exemple, la santé de la mère et de l’enfant et la nutrition ; l’information sanitaire, les bases factuelles et la recherche. Les bureaux de pays restent libres de déterminer leur propre structure étant donné que leurs
besoins varient en fonction des activités de collaboration avec leurs homologues nationaux et de leur taille, de leur situation et des problèmes de santé qui se posent dans leur pays. Toutefois, tous doivent avoir des correspondants assurant la liaison avec chacune des équipes intégrées, basées au Bureau régional. Il existe aussi des programmes intersectoriels spécialisés, traitant de questions telles que les laboratoires ou la résistance antimicrobienne. Nous avons pu ainsi rationalisé l’organigramme du Bureau régional pour le Pacifique occidental. De 31 groupes auparavant, l’organigramme est aujourd’hui composé de 17 unités techniques dont les chefs d’équipe se réunissent régulièrement afin de coordonner les activités de nature transversale. La création de la Division, Sécurité sanitaire et situations d’urgence, que j’ai mentionnée précédemment, n’ajoute pas à la bureaucratie. Au contraire, elle a consisté à regrouper des unités existantes dans le but de renforcer encore l’appui que nous apportons aux États Membres dans des domaines très variés.
Toujours dans le cadre de la réforme, nous avons également mis en place la Division de l’appui technique dans le Pacifique au sein du Bureau du Représentant pour le Pacifique sud. Cette nouvelle division nous permettra de mieux servir les pays insulaires du Pacifique, aux populations, cultures et situations sanitaires diverses. Nous avons en outre élargi notre présence dans la partie nord de la Micronésie avec un Attaché de liaison basé dans les États fédérés de Micronésie. Une unité d’appui aux pays a enfin été créée au Bureau régional afin de renforcer notre soutien aux États Membres. La planification est plus solide au Bureau régional et dans les bureaux de pays grâce aux nouveaux cadres stratégiques nationaux et aux cadres stratégiques techniques. Ceux-ci sont conçus de façon à mettre en lumière le travail de l’OMS d’une manière plus structurée et fondée sur les résultats, et à démontrer plus clairement le lien qui existe entre notre action et nos objectifs. Nous avons élaboré 29 cadres stratégiques techniques ainsi que des cadres pour chaque bureau de l’OMS dans les pays. Ainsi, la planification, le suivi et l’évaluation gagneront en efficacité.
ACTIVITÉ DE L’OMS DANS LA RÉGION DU PACIFIQUE OCCIDENTAL 1er juillet 2009–30 juin 2010
viii
Introduction
Le chemin devant nous Je viens d’esquisser les buts très ambitieux que nous nous sommes fixés, et les stratégies tout aussi ambitieuses qui doivent les servir. Les obstacles qui se dressent devant nous ne sont pas moins impressionnants. Il nous faut être ambitieux et avoir dans notre ligne de mire l’horizon le plus vaste possible si nous voulons être à la hauteur de nos ambitions et surmonter ces obstacles. Aucun chemin n’est aisé, mais nous devons oeuvrer ensemble pour entreprendre ce qui doit être fait. Je ne doute pas qu’avec le plein soutien de nos États Membres, l’OMS pourra offrir les services que vous en attendez. Ce fut un privilège pour moi de conduire cette Région l’année dernière, et je me réjouis à l’avance de continuer de bénéficier de votre appui tandis que nous nous emploierons à atteindre le but que nous avons en partage : que tous les habitants de la Région du Pacifique occidental jouissent d’une bonne santé. Je vous remercie.
Directeur régional
Introduction
ix
ACTIVITÉ DE L’OMS DANS LA RÉGION DU PACIFIQUE OCCIDENTAL 1er juillet 2009–30 juin 2010
Région OMS du Pacifique occidental Organigramme Directeur régional
Directeur, Gestion des Programmes
Lutte contre les maladies transmissibles Programme élargi de vaccination Paludisme, autres maladies à transmission vectorielle et maladies parasitaires VIH/sida et infections sexuellement transmissibles Halte à la tuberculose et élimination de la lèpre
Sécurité sanitaire et situations d’urgence
Pour des communautés et des populations en bonne santé Salubrité de l’environnement Santé de la mère et de l’enfant et nutrition Maladies non transmissibles et promotion de la santé Santé mentale et prévention des traumatismes Initiative pour un monde sans tabac
Développement du secteur de la santé
Gestion des programmes et Coordination Élaboration des programmes et suivi des opérations Appui aux pays
Administration et finances
Maladies émergentes : surveillance et action Sécurité sanitaire des aliments Opérations de secours d’urgence et action humanitaire
Développement des services de santé Financement des soins de santé Ressources humaines pour la santé Médicaments et technologies sanitaires essentiels Information sanitaire, bases factuelles et recherche
Budget et finances
Personnel
Technologies de l’information Relations extérieures et communication
Administration et logistique
Division de l’appui technique dans le Pacifique
Bureaux de pays Représentants • Cambodge • Chine • Malaisie • Mongolie • Pacifique sud • Papouasie-Nouvelle-Guinée • Philippines • République démocratique populaire lao • Samoa • Viet Nam
Attachés de liaison • Kiribati • Îles Salomon • Micronésie du Nord • Tonga • Vanuatu
ACTIVITÉ DE L’OMS DANS LA RÉGION DU PACIFIQUE OCCIDENTAL 1er juillet 2009–30 juin 2010
x
Introduction
1
ACTIVITÉ DE L’OMS DANS LA RÉGION DU PACIFIQUE OCCIDENTAL 1er juillet 2009–30 juin 2010
toujours exempt de poliomyélite, la lèpre a été éliminée et ne constitue plus un problème de santé publique, et la Région peut maintenant envisager l’élimination de plusieurs autres maladies comme la rougeole, le tétanos maternel et néonatal, la filariose lymphatique et, dans certaines zones, le paludisme. L’action de la Division de la lutte contre les maladies transmissibles et du réseau de points focaux dans les bureaux de pays de l’OMS sur lequel elle s’appuie s’articule autour de trois domaines d’actions majeurs.
D
ans la Région du Pacifique occidental, les maladies transmissibles figurent aujourd’hui encore parmi les problèmes de santé publique les plus préoccupants. Aux maladies plus anciennes comme le paludisme, la rougeole et la lèpre sont venues s’ajouter des infections d’apparition plus récente telles que le VIH/sida, et des maladies réémergentes comme la dengue. Outre les taux de morbidité et de mortalité élevés qui leur sont associés, les maladies non transmissibles peuvent aussi perturber le développement socioéconomique des pays. La Région du Pacifique occidental contribue dans des proportions considérables à la charge de morbidité mondiale liée à certaines maladies transmissibles comme le choléra, l’hépatite B et la tuberculose. D’autres facteurs, comme la résistance à l’artémisinine, médicament antipaludique, et la charge due à la tuberculose multirésistante présentent une réelle menace pour la santé dans le monde. Malgré ces difficultés, la Région a continué de faire la preuve de sa capacité à intervenir efficacement dans le cadre d’initiatives qui ont désormais valeur de modèle pour d’autres régions et ont apporté une contribution majeure à la riposte mondiale contre les maladies transmissibles. Ainsi, le Pacifique occidental est
Le premier domaine d’action est la lutte contre le VIH/ sida, la tuberculose et le paludisme. La Division appuie actuellement les efforts visant à transposer à plus grande échelle les stratégies mises en oeuvre pour réaliser les objectifs des programmes, y compris le renforcement de la coopération technique avec les pays. Les activités de la Division visent à promouvoir la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement relatifs à ces trois grandes maladies. L’OMS a fourni un large soutien aux pays afin de les aider à définir les orientations stratégiques de l’action à mener au cours des cinq prochaines années pour lutter contre le paludisme, la tuberculose et le VIH/sida. La coopération technique, qui figure parmi les priorités de l’OMS, reste très étendue dans de nombreux domaines. Le deuxième domaine d’action de la Division est l’amélioration de l’accès à des vaccins sûrs et de haute qualité contre les maladies évitables par la vaccination. Des activités de suivi et de surveillance viennent compléter ces interventions. En mettant l’accent sur les activités de vaccination, la Division a contribué à réduire de deux tiers le taux de mortalité des enfants de moins de cinq ans, dans le but de réaliser l’objectif 4 du Millénaire pour le développement. Par ailleurs, l’OMS continue d’appuyer les efforts axés sur la réalisation des objectifs de la stratégie « La vaccination dans le monde : vision et stratégie » (GIVS), en oeuvrant au renforcement des programmes de
ACTIVITÉ DE L’OMS DANS LA RÉGION DU PACIFIQUE OCCIDENTAL 1er juillet 2009–30 juin 2010
2
Lutte contre les maladies transmissibles vaccination systématique et complémentaire, en s’assurant de la qualité des vaccins et de la sécurité vaccinale, et en appuyant des initiatives ciblant des maladies spécifiques. L’Organisation s’est aussi donné pour objectif d’aider les États Membres à introduire des vaccins nouveaux et sous-utilisés lorsque la situation le justifie. Les activités relevant du troisième volet des interventions de la Division visent à combattre ou à éliminer les maladies tropicales négligées, parmi lesquelles les helminthiases, la filariose lymphatique et la lèpre. L’OMS a pris la tête des efforts engagés pour obtenir des avancées durables dans ce domaine et pour réduire encore la charge liées à ces maladies, en aidant à l’élaboration de stratégies adaptées, en encourageant l’intégration de la lutte contre ces maladies aux systèmes de santé et en oeuvrant, en collaboration avec d’autres secteurs, à la poursuite des interventions en cours. La Division participe également à la collaboration interprogrammes, et notamment à la coordination de l’action que mène l’OMS dans le Pacifique occidental aux côtés du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme. La Région a enregistré ces huit dernières années un accroissement sans précédent des ressources obtenues du Fonds mondial aux fins du financement des divers programmes de lutte contre le VIH/sida, la tuberculose et le paludisme et des services de santé connexes, avec un financement global de 2,6 milliards de dollars. Le Bureau régional pour le Pacifique occidental et le réseau de quelque 36 agents de bureaux de pays sur lequel il s’appuie continuent d’apporter un large soutien aux pays de la Région, dans le cadre des activités financées par le Fonds mondial. Le Bureau régional a mis en place un mécanisme de coordination des interventions de l’OMS pour améliorer la coordination, à l’échelle régionale comme au niveau des bureaux de pays, de la participation de l’OMS aux activités financées au titre du Fonds mondial. Les demandes d’aide vont continuer d’augmenter dans ce domaine, du fait notamment des nouvelles modalités de financement en vigueur, et de la mise en place prochaine de deux nouveaux mécanismes de financement, la Plate-forme conjointe pour le renforcement des systèmes de santé et le dispositif de financement de la soumission de plans stratégiques nationaux. L’aide de l’OMS sera d’autant plus importante qu’elle favorisera la cohérence de la planification, de la mise en oeuvre, du suivi et de l’évaluation des programmes, et l’intégration à un plan de santé global des activités financées. La Division porte actuellement une attention grandissante à l’élaboration de solutions plus efficaces et plus pragmatiques permettant d’intégrer les activités des programmes techniques, en particulier en matière de prestations de services. Elle a par ailleurs mis en place des mécanismes visant à améliorer la collaboration entre les programmes du Bureau régional, de manière à favoriser les synergies et les gains d’efficience dans la mise en oeuvre et l’utilisation des ressources. Des plans stratégiques et opérationnels définissant les objectifs communs des programmes et les activités conjointes à mener aux fins de ces objectifs ont été élaborés dans le domaine de la recherche en laboratoire, de la surveillance et de la recherche sur les maladies tropicales. Ces efforts contribueront à induire des synergies entre d’autres domaines d’intervention et programmes techniques.
3
ACTIVITÉ DE L’OMS DANS LA RÉGION DU PACIFIQUE OCCIDENTAL 1er juillet 2009–30 juin 2010
1. PROGRAMME ÉLARGI DE VACCINATION
Enjeux stratégiques La vaccination est une intervention très efficace qui a déjà entraîné un très net recul de la morbidité, de la mortalité et des incapacités liées à la diphtérie, à l’hépatite B, à la rougeole, à la coqueluche, à la poliomyélite et au tétanos. On estime qu’à l’échelle mondiale, la vaccination permet d’éviter chaque année 2,5 millions de décès infantiles. Grâce aux vaccins actuellement disponibles, on pourrait prévenir près de 15 % des décès recensés chez les enfants de moins de cinq ans dans la Région du Pacifique occidental (soit plus de 500 000 par an). Les résultats des programmes régionaux de lutte contre les maladies évitables par la vaccination sont cependant très inégaux, du fait de la persistance de disparités importantes, tant à l’intérieur des pays qu’entre ces derniers. En 2008, dernière année pour laquelle on dispose de statistiques, 1,2 million de nourrissons n’ont pas reçu l’ensemble des doses de vaccin contre la diphtérie, le tétanos et la coqueluche qui auraient dû leur être administrées au cours de la première année de leur vie. Si la rougeole a été éliminée dans 25 des États et Territoires du Pacifique occidental, près de 62 000 cas de rougeole ont malgré tout été signalés dans la Région en 2009. Il faut donc agir si l’on veut que la Région puisse atteindre les objectifs du Millénaire pour le développement et de la stratégie « La vaccination dans le monde : vision et stratégie » (GIVS).
Les populations du Pacifique occidental ne pourront tirer pleinement profit des avantages découlant de la vaccination que si l’on intervient dans les trois domaines suivants : l’accès à la vaccination ; la qualité des vaccins et la sécurité vaccinale ; le suivi et la surveillance. Pour améliorer l’accès à la vaccination, il faut améliorer la distribution des vaccins par le biais de programmes de vaccination systématique et complémentaire. L’accès élargi au vaccin permettra à la Région d’atteindre l’objectif de la stratégie GIVS qui vise à porter à 90 % la couverture vaccinale au niveau national, et à 80 % à l’échelle des districts, et contribuera de surcroît à la réalisation des objectifs que s’est fixés la Région, à savoir la prévention de la réintroduction du poliovirus dans la Région, l’élimination de la rougeole, la lutte contre l’hépatite B et l’élimination du tétanos maternel et néonatal. Les vaccins nouveaux ou sous-utilisés devraient aussi contribuer à réduire le nombre de décès infantiles provoqués par les maladies diarrhéiques, la pneumonie, l’encéphalite ou d’autres pathologies. Pour réduire les délais entre la mise au point de ces nouveaux vaccins et leur introduction, en particulier dans les pays à faible revenu, il faudra déployer des efforts ciblés pour établir la charge de morbidité liées aux maladies considérées, trouver des ressources et plaider en faveur d’une évolution des politiques en vigueur.
Le suivi de la couverture des campagnes de vaccination et la surveillance des maladies permettent de réunir les informations nécessaires pour mesurer les progrès accomplis et améliorer les programmes de vaccination. Les réseaux de laboratoires sont garants de la qualité des analyses effectuées en laboratoire au titre de la surveillance. L’intensification de la surveillance de la rougeole et l’élargissement des activités de surveillance aux maladies évitables grâce aux nouveaux vaccins ont entraîné une augmentation de la demande et des possibilités en matière de renforcement des capacités de surveillance, de création de bases de données, de formation aux techniques de laboratoire et d’assurance qualité des laboratoires. Enfin, la garantie de la qualité et de l’innocuité des vaccins est une composante fondamentale de l’accès aux vaccins. Certains pays ne disposent pas d’autorités réglementaires nationales suffisamment solides pour évaluer la qualité des vaccins et assurer une surveillance adéquate afin de détecter toute manifestation post-vaccinale indésirable. Il convient à cet égard
ACTIVITÉ DE L’OMS DANS LA RÉGION DU PACIFIQUE OCCIDENTAL 1er juillet 2009–30 juin 2010
4
Lutte contre les maladies transmissibles
En Chine, pour réduire le nombre de morts dues à la rougeole, les enfants alertent les enfants « Cherche, cherche, cherche ton ami », dit une chanson populaire. Apprise aux enfants des écoles primaires de Zhaoqing, une ville de 6 millions d’habitants située dans la province chinoise de Guangdong, elle invite les écoliers à expliquer à ceux de leurs camarades qui n’ont pas pu se faire vacciner combien le vaccin contre la rougeole est important. Les jeunes chinois non vaccinés sont généralement des enfants qui vivent dans des régions montagneuses ou isolées, ont déménagé dans une autre ville ou province mais sont toujours enregistrés dans leur région d’origine, ou sont nés dans des familles n’ayant pas appliqué les directives de planification familiale. Pour atteindre ces enfants, le Bureau de la santé, le Bureau de l’éducation, la Ligue des jeunes communistes et le Centre chinois de lutte contre les maladies de la province de Guangdong ont travaillé ensemble à l’élaboration d’une approche novatrice visant à recenser, à enregistrer et à vacciner les enfants jusqu’à présent exclus des campagnes de vaccination. L’initiative « Les foulards rouges passent à l’action », lancée en 2009, avait pour objet d’encourager des écoliers de 6 à 14 ans s’étant précédemment distingués par leurs excellents résultats scolaires et leur dévouement en faveur de la collectivité à rechercher dans leur communauté les enfants n’ayant pas été vaccinés dans le cadre des campagnes de vaccination. Sous le nom de « jeunes pionniers » et reconnaissables à leur foulard rouge, ont parcouru les rues de leurs quartiers en distribuant des prospectus à tous les enfants qui n’étaient pas inscrits sur les registres de vaccination. Ils ont également encouragé les parents à conduire leurs enfants âgés de huit mois à 14 ans au centre de santé le plus proche pour les faire vacciner. Les agents de santé ont ensuite pris le relais et administré aux enfants le vaccin antirougeoleux. Plus de 100 millions d’enfants et d’adolescents chinois ont ainsi été vaccinés contre la rougeole durant l’année 2009, ce qui a entraîné une baisse de 60 % de l’incidence de la maladie par rapport à l’année précédente. Les activités d’élimination de la rougeole permettent de surcroît de prévenir les décès dus aux infections bactériennes et virales à l’origine des pneumonies et des maladies diarrhéiques, qui sont les principales causes de mortalité juvénile. Cette méthode a contribué avec succès au recul de la rougeole et de la rubéole dans d’autres régions du pays. L’initiative pionnière menée à Zhaoqing reposait sur des méthodes adaptées au contexte culturel qui ont permis d’atteindre un taux de couverture par la vaccination antirougeoleuse très élevée. Elle pourrait être adoptée par d’autres municipalités et provinces chinoises.
PROGRAMME ÉLARGI DE VACCINATION
de renforcer les dispositifs de soutien technique afin d’améliorer les systèmes et les capacités de suivi dont disposent les pays pour s’assurer de la qualité et de l’innocuité des vaccins.
Actions et résultats L’aide de l’OMS a permis de maintenir une couverture vaccinale élevée pour la poliomyélite et d’assurer une surveillance adéquate de la paralysie flasque aiguë
dans la Région, qui est demeurée exempte de polio en 2009. Les avancées enregistrées dans l’éradication de la rougeole se confirment, en particulier en Chine et au Japon. Grâce aux plans d’élimination de la rougeole mise en oeuvre avec succès dans la Région, on a enregistré entre 2008 et 2009 un recul de 58 % des cas de rougeole recensés dans la Région. Le nombre estimé de décès attribuables à la maladie dans la Région
a baissé de 92 % entre 2000 et 2008 et n’était que de 2000 en 2010, soit un résultat supérieur à l’objectif visé dans la GIVS pour la réduction de la mortalité due à la rougeole. La surveillance des cas de rougeole s’est également améliorée en 2009. L’OMS a fourni à plusieurs pays un soutien technique adapté à leurs besoins (recensement des zones exposées au
Lutte contre les maladies transmissibles
5
ACTIVITÉ DE L’OMS DANS LA RÉGION DU PACIFIQUE OCCIDENTAL 1er juillet 2009–30 juin 2010
PROGRAMME ÉLARGI DE VACCINATION
risque de tétanos maternel et néonatal, et élaboration de plans nationaux de lutte contre la maladie au Cambodge et aux Philippines, campagnes de vaccination supplémentaire par administration d’anatoxine tétanique en République démocratique populaire lao). Elle a également fourni, en collaboration avec les programmes nationaux de santé maternelle et infantile, un ensemble de services de santé essentiels, et notamment des médicaments vermifuges, de la vitamine A et des vaccins contre la polio. S’agissant de l’hépatite B, Hong Kong (Chine), la Malaisie et la Mongolie ont réalisé des enquêtes sérologiques afin de mesurer les progrès accomplis dans la lutte contre la maladie. La Chine et le Viet Nam ont organisé des séminaires de haut niveau sur la vaccination contre l’hépatite B et le traitement de la maladie. On estime qu’en 2009, 26 États et Territoires représentant 87 % de la population de la Région avaient atteint l’objectif visé à l’horizon 2012, à savoir ramener la séroprévalence de l’hépatite B chronique à moins de 2 % chez les enfants de moins de cinq ans. En 2010, la Région du Pacifique occidental est devenue la première Région de l’OMS dans laquelle tous les États et Territoires à faible revenu ont intégré le vaccin anti-Haemophilus influenzae type b (vaccin Hib) à leurs programmes nationaux de vaccination. En 2009, des programmes de surveillance de la méningite purulente due au Hib et à
Streptococcus pneumoniae ont été lancés avec le concours de l’OMS au Cambodge, en Mongolie, en Papouasie-NouvelleGuinée, aux Philippines et au Viet Nam, et permettront de mesurer à l’avenir l’impact du vaccin Hib et des vaccins antipneumococciques. La surveillance intégrée de l’encéphalite japonaise a été mise en place dans les pays touchés, et la Chine et le Viet Nam ont fait part de leur intention d’étendre à tout le territoire national les campagnes de vaccination contre la maladie. Au cours de l’année écoulée, la surveillance des maladies diarrhéiques graves dues à des rotavirus a également été entreprise dans huit pays prioritaires. On estime qu’entre 25 et 60 % des cas de maladies diarrhéiques nécessitant une hospitalisation dans ces pays sont provoquées par des rotavirus, ce qui donne une idée de l’impact considérable que pourrait avoir l’introduction d’un vaccin rotavirus. L’OMS a organisé, à l’appui de ces nouveaux systèmes de surveillance, des cours de formation à la surveillance et à la gestion des données à l’intention des agents nationaux. Les réseaux de laboratoires de surveillance et de diagnostic de la poliomyélite, de la rougeole et de la rubéole ont continué de fournir des services rapides et fiables, tant en ce qui concerne la confirmation des cas que l’identification des virus. Tous les laboratoires du réseau de surveillance de la poliomyélite et la quasi-totalité des laboratoires des réseaux de surveillance
de la rougeole et de la rubéole de la Région sont désormais agréés. Le nouveau réseau de laboratoires pour l’encéphalite japonaise a déjà donné confirmation de plusieurs cas et a mis en oeuvre un certain nombre de mesures d’assurance de la qualité axées notamment sur des essais d’aptitude. Un système d’agrément calqué sur le modèle des autres réseaux de laboratoires de l’OMS a été mis en place en 2010. Des cours de formation ont été organisés afin de renforcer les compétences spécialisées des laboratoires nationaux. Des ateliers nationaux de formation sur les manifestations post-vaccinales indésirables ont été organisés au Cambodge, en République démocratique populaire lao et aux Philippines. Une consultation d’experts a été organisée en novembre 2009, en collaboration avec les unités Santé de la mère et de l’enfant et Maladies non transmissibles, en vue de l’élaboration de lignes directrices régionales sur la lutte intégrée contre le cancer du col de l’utérus, et notamment sur le vaccin contre le papillomavirus humain. En riposte à la grippe pandémique H1N1 2009, l’OMS a fourni aux pays de la Région un soutien technique en vue de l’élaboration de plans de déploiement rapide de la vaccination. Elle a établi la liste des 17 pays à revenu faible et intermédiaire réunissant les conditions d’accès aux dons de vaccins et leur a ensuite fourni des vaccins. Au total, près de 6,2 millions de doses ont ainsi été distribuées.
ACTIVITÉ DE L’OMS DANS LA RÉGION DU PACIFIQUE OCCIDENTAL 1er juillet 2009–30 juin 2010
6
Lutte contre les maladies transmissibles
Futures orientations L’OMS continuera d’oeuvrer aux côtés des États Membres à l’élimination des obstacles à la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement ; à la réalisation des objectifs mondiaux et régionaux d’élimination et d’éradication ; et à la concrétisation des objectifs fixés dans la stratégie GIVS. L’Organisation, en collaboration avec les organismes nationaux de contrepartie, continuera de travailler à l’optimisation des synergies entre les programmes de vaccination systématique, les activités visant à combattre et à éliminer certaines maladies et les autres interventions en faveur de la santé de la mère, de l’enfant et de l’adolescent. La lutte contre certaines maladies évitables par la vaccination, et l’élimination ou l’éradication de ces maladies supposent d’améliorer encore la qualité des laboratoires et les capacités et de surveillance. L’introduction de vaccin contre les rotavirus et de vaccins antipneumococciques, et les actions de prévention de la rougeole favoriseront la réduction de la charge de morbidité liée aux pneumopathies et aux maladies diarrhéiques, ce qui permettra à la Région de se rapprocher encore des objectifs énoncés dans la Stratégie régionale OMS/ UNICEF pour la survie de l’enfant. Dans leurs efforts d’optimisation des synergies qui se dégagent de la mise en oeuvre de stratégies complémentaires et de la collaboration entre les programmes, l’OMS, les États Membres et leurs
partenaires vont se trouver confrontés à des difficultés persistantes en matière de ressources humaines et financières. Les partenariats entre les États Membres et les organisations multilatérales et non gouvernementales revêtent donc une importance primordiale. L’Initiative mondiale pour l’éradication de la poliomyélite, l’Initiative contre la rougeole et la GAVI figurent parmi les principaux partenariats par le biais desquels l’OMS continuera d’aider les États Membres aux fins des objectifs mondiaux et régionaux qu’ils se sont fixés.
PROGRAMME ÉLARGI DE VACCINATION
Lutte contre les maladies transmissibles
7
ACTIVITÉ DE L’OMS DANS LA RÉGION DU PACIFIQUE OCCIDENTAL 1er juillet 2009–30 juin 2010
2. PALUDISME, AUTRES MALADIES À TRANSMISSION VECTORIELLE ET MALADIES PARASITAIRES Paludisme Enjeux stratégiques Des progrès considérables ont été réalisés en matière de lutte antipaludique dans les dix pays d’endémie de la Région du Pacifique occidental : les taux de morbidité et de mortalité liés à la maladie ont diminué dans de telles proportions que nombres de pays peuvent désormais envisager l’élimination pure et simple de la maladie. Cela étant, de nombreux problèmes persistent. En PapouasieNouvelle-Guinée et dans plusieurs autres pays de la Région, la forte charge de morbidité associée au paludisme demeure inacceptable. Il est toujours très difficile d’atteindre les groupes de population les plus vulnérables, en particulier les femmes enceintes et les enfants, les minorités ethniques et les populations mobiles, et de travailler avec les services de santé formels et informels du secteur privé. La résistance à l’artémisinine observée le long de la frontière entre le Cambodge et la Thaïlande suscite de vives préoccupations, à l’instar des médicaments antipaludiques de contrefaçon non conformes aux normes. Il convient d’améliorer sensiblement les dispositifs de surveillance, de suivi et d’évaluation, à la fois pour appuyer les efforts visant à combattre et à éliminer le paludisme et pour rendre compte aux bailleurs de fonds, en toute transparence, de l’action menée dans ce domaine. Il s’agit aussi de garantir un accès universel aux tests diagnostiques. Les États Membres devront pouvoir compter sur un soutien renforcé pour être à même d’éliminer le paludisme, et notamment le paludisme à vivax, d’autant qu’il existe dans la Région des déficits avérés en glucose-6 phosphate déshydrogénase (G6PD).
Actions et résultats L’OMS a apporté un soutien déterminant à tous les pays d’endémie du paludisme de la Région en matière de coopération technique. L’Organisation a notamment aidé les États Membres à obtenir des ressources du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme en vue du financement de programmes nationaux de lutte antipaludique. Près de 650 millions de dollars ont été approuvés à ce jour, auxquels s’ajoutent de nouvelles subventions d’un montant total de plus de 100 millions de dollars récemment approuvées en faveur de la Chine et du Cambodge. Malgré l’importance des ressources obtenues à ce jour, il faudra mobiliser des moyens supplémentaires pour garantir le financement pérenne des programmes de lutte antipaludique. L’OMS a pris la tête de l’initiative de grande ampleur engagée le long de la frontière entre le Cambodge et la
Thaïlande pour contenir la résistance à l’artémisinine et éliminer les parasites résistants à l’artémisinine, et a bénéficié du soutien résolu des autorités nationales et locales, dans le cadre d’activités financées notamment par la Fondation Bill et Melinda Gates et l’Agence des ÉtatsUnis pour le développement international. Les données recueillies montrent que l’incidence du paludisme est en très nette régression dans la zone la plus touchée, baptisée « Zone de confinement 1 ». Toutefois, d’autres foyers suspectés de résistance à l’artémisinine ont déjà été détectés dans la sous-région du bassin du Mékong. Des interventions destinées notamment à mobiliser des ressources ont déjà été engagées à l’appui des opérations de confinement en cours dans ces régions. Pour contrer la progression de la résistance à l’artémisinine, l’OMS s’est aussi employée à associer le secteur privé au diagnostic et au traitement du paludisme, en particulier en République démocratique populaire lao. Une politique nationale de promotion de la participation du secteur privé au diagnostic et au traitement de la maladie a été adoptée au Cambodge, où les initiatives en cours ont été intensifiées, notamment dans le domaine de la lutte contre les médicaments de contrefaçon, menée en coopération avec Interpol. Les efforts d’amélioration du diagnostic du paludisme dans le Région se sont poursuivis en collaboration avec le Siège de l’OMS et la Fondation pour l’innovation
ACTIVITÉ DE L’OMS DANS LA RÉGION DU PACIFIQUE OCCIDENTAL 1er juillet 2009–30 juin 2010
8
Lutte contre les maladies transmissibles
Combattre le paludisme résistant à l’artémisinine Dans le petit village de Krachab, situé près de la frontière entre le Cambodge et la Thaïlande, le docteur Yok Sovann, vice-directeur du Département de la Santé de la province, berce un nourrisson en pleurs dont il vient de piquer le doigt pour recueillir une petite goutte de sang. L’enfant n’a pas de fièvre, mais il pourrait héberger des parasites du paludisme sans pour autant présenter les symptômes de la maladie (c’est ce qu’on appelle un cas asymptomatique), et risquerait dans ce cas de transmettre la maladie. Le prélèvement sanguin que le docteur Sovann vient d’effectuer, comme tous ceux qu’il a réalisés auparavant, sera rapidement analysé par l’institut Pasteur du Cambodge, qui participe à la mise en oeuvre d’une initiative destinée à endiguer le paludisme résistant à l’artémisinine le long de la frontière entre le Cambodge et la Thaïlande. « L’année dernière, le village de Krachab a enregistré le nombre le plus élevé de cas de paludisme de toute la province de Pailin », explique le docteur Sovann. « Aujourd’hui, les analyses que nous venons d’effectuer à l’aide de tests de diagnostic rapide sur 100 cas de fièvre se sont toutes révélées négatives. À la fin de 2009 et depuis le début de 2010, nous n’avons enregistré aucun cas de décès attribuables au paludisme, alors que dans le passé, on en recensait chaque année au moins 15 à 50 dans les établissements de soins de la province. Je pense que ces résultats sont dus en partie aux activités menées dans le cas du projet d’endiguement. » Le projet, conçu à l’origine pour circonscrire les parasites résistant à l’artémisinine en Asie du Sud-Est, s’inscrit dans le cadre d’une intervention d’urgence visant à contrer la résistance émergente de certains parasites du paludisme à l’artémisinine observée dans 10 districts de la frontière entre le Cambodge et la Thaïlande. L’artémisinine est un des médicaments antipaludiques les plus efficaces ; si elle venait à perdre de son efficacité en raison de la présence de parasites résistants, les risques considérables qui en résulteraient à l’échelle mondiale pourraient réduire à néant les efforts menés pour combattre et éliminer la maladie. Le projet d’endiguement des parasites résistants a été élaboré par l’OMS en collaboration avec les gouvernements du Cambodge, de la Thaïlande et des autres pays du Mékong, et avec le concours d’experts et de partenaires déterminés à venir à bout de cette menace. L’initiative, financée par la Fondation Bill et Melinda Gates et d’autres bailleurs de fonds, s’inscrit dans le cadre des programmes nationaux de lutte antipaludique du Cambodge et de la Thaïlande. Dans la province de Pailin, des moustiquaires imprégnées d’insecticide rémanent ont été distribuées à l’ensemble de la population, et des agents de santé publique dépistent et traitent les cas de paludisme asymptomatique. Les agents de santé qui suivent les cas de paludisme dans les villages ont surtout reçu une formation adaptée qui leur permet d’établir un diagnostic précoce, de traiter les cas et de faire de la prévention dans tous les villages situés à plus de 5 km d’un centre de santé. « Toute personne présentant de la fièvre fait immédiatement l’objet d’un test de diagnostic rapide du paludisme effectué par les agents de santé formés chargés de suivre les cas de paludisme dans les villages », souligne le docteur Duong Socheat, directeur du Programme national de lutte contre le paludisme du Cambodge. « On peut ainsi mieux traiter les malades. » Fort du bilan très positif enregistré dans la province de Pailin, le projet d’endiguement sera étendu à l’échelle nationale des 2011 grâce à une nouvelle subvention du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme.
PALUDISME, AUTRES MALADIES À TRANSMISSION VECTORIELLE ET MALADIES PARASITAIRES
Lutte contre les maladies transmissibles
9
ACTIVITÉ DE L’OMS DANS LA RÉGION DU PACIFIQUE OCCIDENTAL 1er juillet 2009–30 juin 2010
PALUDISME, AUTRES MALADIES À TRANSMISSION VECTORIELLE ET MALADIES PARASITAIRES
en matière de nouveaux diagnostics. Deux laboratoires régionaux, l’un au Cambodge et l’autre aux Philippines, réalisent à présent des contrôles de la qualité des tests de diagnostic rapide du paludisme. Les dispositifs d’assurance de la qualité de la microscopie du paludisme se sont considérablement améliorés, grâce notamment à la mise en place d’une banque régionale de lames et à la réalisation de manuels d’assurance de la qualité et de formation à la microscopie. Les travaux d’amélioration du traitement du paludisme à vivax se poursuivent, et des évaluations ont été entreprises dans cinq pays de la Région. Un nouveau test de dépistage extemporané des déficits en G6PD est en cours d’évaluation. Le Comité régional de l’OMS pour le Pacifique occidental, à sa soixantième session, tenue en septembre 2009, a approuvé le Plan d’action régional pour combattre et éliminer le paludisme dans le Pacifique occidental (2010-2015), qui définit une feuille de route globale pour l’élimination de la maladie dans la Région, l’objectif étant d’orienter progressivement les interventions dans le sens de l’élimination de la maladie.
les pays de la Région et s’emploiera tout particulièrement à accompagner la réorientation des objectifs nationaux dans le sens de l’élimination du paludisme, là où la situation le permet, tout en intensifiant les efforts de détection et d’élimination des parasites résistants à l’artémisinine. La Papouasie-NouvelleGuinée, qui va mettre en oeuvre des activités de diagnostic et de traitement du paludisme grâce à des financements importants obtenus du Fonds mondial, fera l’objet d’une attention particulière. L’amélioration des mécanismes nationaux d’assurance de la qualité des services de microscopie du paludisme sera également une priorité. On privilégiera également, dans toute la mesure possible, le renforcement des systèmes de santé. Dans le même temps, les recherches opérationnelles se poursuivront afin de pallier les carences relevées en matière de programmes.
niveaux national et régional, de nouveaux cas de dengue ont été enregistrés dans 21 des 29 États et Territoires déclarants de la Région. Avec le développement du transport aérien, les virus de la dengue se sont propagés très facilement d’un pays à l’autre. La forte densité de population en milieu urbain et les déplacements accrus entre zones rurales et urbaines ont facilité la circulation des virus. L’absence de réseaux efficaces d’approvisionnement en eau salubre dans les zones urbaines les plus pauvres et l’utilisation de gros réservoirs à ciel ouvert de stockage de l’eau à usage domestique, très prisés dans la Région, favorisent la reproduction des moustiques responsables de la transmission de la dengue et la prolifération des vecteurs. Les changements complexes qui interviennent aux niveaux économique et écologique, notamment le changement climatique, influenceront la dynamique des vecteurs, de l’hôte humain et des virus de la dengue.
Dengue Enjeux stratégiques La dengue est un problème de santé publique qui prend des proportions grandissantes dans le Pacifique occidental. La fréquence et la gravité des flambées de dengue s’accentuent, la maladie a été déclarée urgence de santé publique au Cambodge en 2007, et une série de flambées de dengue a été observée dans l’ensemble de la Région. L’Australie et la République de Singapour n’ont pas été épargnées. En 2009, malgré l’action menée contre la maladie aux
Futures orientations Le plan d’action régional servira de cadre à l’élaboration ou à l’actualisation des plans stratégiques nationaux, et notamment des plans nationaux de suivi et d’évaluation. L’OMS appuiera la mise en oeuvre de ces plans dans
ACTIVITÉ DE L’OMS DANS LA RÉGION DU PACIFIQUE OCCIDENTAL 1er juillet 2009–30 juin 2010
10
Lutte contre les maladies transmissibles
Actions et résultats Le Plan stratégique de lutte contre la dengue dans la région Asie-Pacifique (2008-2015) oriente les activités de l’OMS, des États Membres et de tous les acteurs dans la lutte contre la dengue. D’autres organisations internationales et bailleurs de fonds, parmi lesquels l’Agence des États-Unis pour le développement international, l’Agence australienne de développement international, le système OMS d’évaluation des pesticides (WHOPES), le Centre régional d’intervention pour les maladies émergentes (REDI), l’Agence nationale de Singapour pour l’environnement et le Secrétariat général de la Communauté du Pacifique, aident également les pays du Pacifique occidental à aligner leurs plans nationaux sur le modèle du plan stratégique et à en étendre la mise en oeuvre, à élargir les réseaux existants et à renforcer la mobilisation de ressources. L’échange d’information entre l’OMS et les pays membres s’est considérablement intensifié : 29 États et Territoires transmettent des données à l’Organisation, qui peut ainsi actualiser la base de données très complète créée à l’intention des États Membres et des principaux acteurs concernés. Lors d’une réunion organisée à Hanoi en novembre 2009, les directeurs des programmes de lutte contre la dengue ont formulé des recommandations sur les moyens de pallier les carences et les goulots d’étranglement observés en matière de surveillance, de lutte
antivectorielle et de gestion des programmes. Le guide de l’OMS sur la dengue a été mis à jour et comprend une nouvelle classification de la dengue qui modifiera la notification de la dengue dans la Région. Depuis septembre 2009, l’OMS fournit un soutien technique au titre d’un projet de deux ans financé par la Banque asiatique de développement et axé sur la lutte contre la dengue dans les pays membres de l’Association des nations d’Asie du Sud-Est (ASEAN). Le projet a pour objet d’évaluer l’efficacité et le coût des programmes de lutte contre les vecteurs de la dengue reposant sur l’utilisation de guppys et de jarres couvertes au Cambodge, en République démocratique populaire lao et aux Philippines. L’Organisation déploie par ailleurs des efforts considérables pour mobiliser des ressources à l’appui du renforcement des capacités de coopération technique.
La mobilisation des ressources soulève toujours des difficultés. Il faut pourtant que les pays touchés puissent trouver les ressources nécessaires à la mise en oeuvre durable d’activités de prévention et de lutte contre la dengue, y compris hors période épidémique. Des actions de sensibilisation devront aussi être entreprises au niveau mondial afin d’inscrire la maladie au premier rang des priorités sanitaires mondiales et de susciter plus d’intérêt de la part des organisations internationales et des bailleurs de fonds à l’égard de la maladie. Enfin, il conviendra d’examiner de manière approfondie l’effet du réchauffement planétaire sur la dengue et les stratégies à mettre en oeuvre pour en atténuer l’impact.
PALUDISME, AUTRES MALADIES À TRANSMISSION VECTORIELLE ET MALADIES PARASITAIRES
Future orientations L’OMS examine actuellement la possibilité d’intégrer la prévention et la lutte contre la dengue à la Stratégie de lutte contre les maladies émergentes pour l’Asie et le Pacifique. La prévention et la lutte contre la dengue doivent aussi être intégrées aux systèmes de santé publique, de sorte que la surveillance de la maladie puisse s’effectuer dans le cadre des activités de surveillance des autres maladies transmissibles.
Lutte contre les maladies transmissibles
11
ACTIVITÉ DE L’OMS DANS LA RÉGION DU PACIFIQUE OCCIDENTAL 1er juillet 2009–30 juin 2010
PALUDISME, AUTRES MALADIES À TRANSMISSION VECTORIELLE ET MALADIES PARASITAIRES
Maladies tropicales négligées L’OMS, avec le concours des directeurs des programmes nationaux, met actuellement la dernière main à la Stratégie régionale pour les maladies tropicales négligées dans le Pacifique occidental, qui porte une attention particulière aux helminthiases. Cette stratégie se veut le point de départ des améliorations à apporter aux plans d’action nationaux pour la lutte contre les maladies tropicales négligées, et servira également d’outil de mobilisation des ressources. Durant l’année écoulée, l’élimination de la filariose lymphatique a progressé de manière régulière dans la Région. Le Cambodge, la Malaisie et le Viet Nam ont réalisé cinq campagnes de chimiothérapie de masse (MDA) et mènent actuellement des activités de surveillance. Dans le Pacifique, les Îles Cook, Kiribati, Nioué, les Tonga, Tuvalu et le Vanuatu ont également atteint le stade de la surveillance postMDA, tandis que les Samoa américaines, les Îles Fidji, la Polynésie française et le Samoa ont entrepris des campagnes supplémentaires de chimiothérapie de masse. En 2009, un programme de lutte contre la morbidité liée à la filariose lymphatique a été mis en place aux Fidji et devrait être mis en oeuvre dans les autres États et Territoires insulaires océaniens. L’objectif mondial visant à vermifuger à l’horizon 2010 tous les enfants d’âge scolaire a été atteint au Cambodge, à Kiribati, en République démocratique populaire lao et à Tuvalu. De plus, 80 %
de tous les enfants d’âge préscolaire ont été vermifugés du Cambodge, et 88 % en République démocratique populaire lao. En République démocratique populaire lao, l’intervention a été étendue dans 16 provinces à plus de 730 000 femmes en âge de procréer, soit un taux de couverture de 89 %. Les trematodes et cestodes d’origine alimentaire sont un problème de santé dans certains États Membres. Une réunion de consultation sur les trématodoses d’origine alimentaire et la cysticercose a été organisée en octobre 2009 en République démocratique populaire lao. Elle avait pour but de fixer les orientations stratégiques de la lutte contre ces maladies. Des interventions pilotes sont mises au point pour tester la faisabilité et l’efficacité de stratégies multisectorielles et multimaladies pour la lutte contre les maladies tropicales negligées.
domaine des maladies infectieuses liées à la pauvreté. L’OMS a élaboré un Plan d’action régional pour la recherche sur les maladies cibles du Programme TDR, préparé dans le cadre d’une série de consultations avec des chercheurs du Pacifique occidental et d’autres régions et plusieurs réseaux de recherche. Y sont exposées les stratégies préconisées en réponse à des besoins fondamentaux comme le renforcement des capacités de recherche, l’élaboration d’outils de nature à pallier les carences relevées dans les programmes et d’approches novatrices pour la lutte contre les maladies infectieuses liées à la pauvreté. La recherche sur les maladies tropicales s’est intensifiée grâce à un accroissement des ressources allouées par le Programme TDR.
Recherche Le paludisme et les maladies tropicales négligées occupent encore une place prépondérante dans les priorités sanitaires de nombre des États Membres de la Région, en particulier les pays les moins avancés. Des travaux de recherche opérationnelle comblent les carences des programmes de prévention et de lutte contre ces maladies. Le Bureau régional pour le Pacifique occidental, en coordination avec le Programme spécial de recherche et de formation concernant les maladies tropicales (TDR), s’emploie à promouvoir la recherche opérationnelle dans le
ACTIVITÉ DE L’OMS DANS LA RÉGION DU PACIFIQUE OCCIDENTAL 1er juillet 2009–30 juin 2010
12
Lutte contre les maladies transmissibles
Lutte contre les maladies transmissibles
13
ACTIVITÉ DE L’OMS DANS LA RÉGION DU PACIFIQUE OCCIDENTAL 1er juillet 2009–30 juin 2010
3. VIH/SIDA ET INFECTIONS SEXUELLEMENT TRANSMISSIBLES
Enjeux stratégiques Les comportements à risque sont les premiers responsables de la transmission du VIH dans la plupart des pays de la Région du Pacifique occidental et il en résulte une épidémie concentrée qui touche de façon disproportionnée certains groupes de population comme les professionnels du sexe, les hommes qui ont des rapports homosexuels et les consommateurs de drogues injectables. Sur dix personnes infectées par le VIH dans la Région, sept sont des hommes, et des enquêtes menées sur les comportements laissent penser que les comportements sexuels à risque sont beaucoup plus fréquents chez les hommes que chez les femmes. Celles-ci, par contre, sont davantage exposées à une infection à VIH par une combinaison de facteurs biologiques, culturels et sociaux. Cela explique que dans une forte proportion, les femmes vivant dans la Région sont plus exposées à une infection à VIH lorsque leurs partenaires ont un comportement sexuel à risque. Plusieurs pays font état de taux élevés d’autres infections sexuellement transmissibles (IST). Outre le fait qu’elles sont un problème en tant que telles, ces autres infections augmentent également le risque de transmission du VIH qu’elles contribuent ainsi à propager. Les moyens de suivre et de mieux comprendre l’épidémie de VIH se sont encore améliorés et permettent désormais d’obtenir des estimations et
des projections de plus en plus précises et fiables. Selon le dernier point réalisé par l’OMS et l’ONUSIDA (Programme commun des Nations Unies sur le VIH/ sida) sur la situation épidémiologique, 1,4 million de personnes vivaient en 2008 avec le VIH dans la Région du Pacifique occidental, contre 870 000 en 2001. De plus, la mortalité imputable au sida était beaucoup plus élevée en 2008 car au fil du temps, les personnes infectées par le VIH ont traversé les différents stades symptomatiques jusqu’au stade du sida. Mais certains signes montrent que l’épidémie est en cours de stabilisation et que les mesures de prévention commencent à porter leurs fruits. En fait, on constate un léger déclin dans le nombre de nouveaux cas d’infection, comparé à l’année précédente. Bien qu’en 2008, moins d’un tiers de ceux qui en avaient besoin aient eu accès aux thérapies antirétrovirales vitales, près de 125 000 adultes bénéficiaient d’une thérapie antirétrovirale à la fin de l’année, soit huit fois plus qu’en 2004, ce qui est remarquable. Les avancées obtenues dans les soins pédiatriques sont particulièrement impressionnantes puisque près de 7000 enfants suivent une thérapie antirétrovirale, soit une couverture avoisinant les 75 %. Malheureusement, cette réussite se trouve éclipsée par la lenteur des progrès obtenus dans la prévention de nouvelles infections chez les nouveau-nés exposés au VIH par leurs mères. En 2008, près de 6000 enfants dans la Région se sont trouvés infectés, constat d’autant plus
désespérant que nous connaissons les mesures de prévention capables de quasiment éradiquer la transmission du VIH de la mère à l’enfant. La récession économique récente a commencé à se répercuter sur les actions menées contre le VIH, renforçant d’autant la nécessité de recentrer rapidement les interventions et d’allouer des ressources là où l’impact sera maximal.
Actions et résultats Un travail de référence de première importance a été lancé au début de cette année sur l’action du secteur de la santé face à l’épidémie émergente de VIH chez les hommes qui ont des rapports homosexuels. Un ouvrage intitulé Priority HIV and Sexual Health Interventions in the Health Sector for Men Who Have Sex with Men and Transgender People in the Asia Pacific Region (Interventions prioritaires sur le VIH et la santé sexuelle mises en place dans le secteur de la santé à l’intention des hommes qui ont des rapports homosexuels et des personnes transsexuelles dans la région AsiePacifique) a été élaboré en commun par le Bureau régional de l’Asie du Sud-Est et le Bureau régional du Pacifique occidental, le PNUD (Programme des Nations Unies pour le Développement), l’UNESCO (Organisation des Nations Unies pour l’Education, la science et la culture), l’USAID (Agence des États-Unis pour le
ACTIVITÉ DE L’OMS DANS LA RÉGION DU PACIFIQUE OCCIDENTAL 1er juillet 2009–30 juin 2010
14
Lutte contre les maladies transmissibles
développement international), l’APCOM (Asia Pacific Coalition of Male Sexual Health) et le Département de la Santé de Hong Kong (Chine). De plus, la première phase du projet HR3 — Human Rights, Human Resources, Harm Reduction (droits de l’homme, ressources humaines, réduction des méfaits) — financé par l’Agence suédoise de coopération pour le développement international s’est achevée de façon satisfaisante. Ce projet a permis d’appuyer des interventions dans trois pays du bassin du Mékong, ainsi que les opérations du Groupe de travail régional des Nations Unies sur la consommation de drogues injectables et le VIH/sida en Asie et dans le Pacifique. Une stratégie visant à interrompre et à inverser la tendance de l’épidémie de VIH parmi les consommateurs de drogues injectables en Asie et dans le Pacifique (Strategy to Halt and Reverse the HIV Epidemic Among People Who Inject Drugs in Asia and the Pacific) a été lancée en mai 2010, à la suite de la réunion de consensus de décembre 2009. Désormais la région Asie-Pacifique peut s’appuyer sur une stratégie largement consensuelle pour consolider et transposer à plus grande échelle les interventions de lutte contre le VIH et d’autres infections transmises par voie sanguine chez les toxicomanes. L’OMS a aidé au déploiement d’informations stratégiques sur le VIH en apportant un appui technique et en organisant des consultations régionales. Au cours de l’année écoulée, des pays de
la Région ont réussi à mettre en place des programmes de surveillance de deuxième génération pour assurer un suivi de l’épidémie et des comportements sexuels générateurs de transmission du VIH. De même, des pays ont continué à surveiller l’action du secteur de la santé contre le VIH et en décembre 2009, l’OMS a organisé à Manille une réunion régionale pour renforcer le processus. La mise en oeuvre de la Stratégie mondiale de prévention et d’évaluation de la pharmacorésistance du VIH élaborée par l’OMS a bien progressé dans les pays qui en ont le plus besoin et en mai 2010, l’OMS a organisé au Viet Nam un atelier régional sur les techniques de génotypage du VIH en laboratoire. L’OMS a aidé à l’application du plan d’action stratégique régional de lutte contre les infections sexuellement transmissibles (Regional Strategic Plan for the Prevention and Control of Sexually Transmitted Infections, 2008-2012), en particulier dans les pays insulaires du Pacifique. Une assistance technique et des trousses de test ont été fournies pour aider les pays engagés dans l’élimination de la syphilis congénitale.
VIH/SIDA ET IST
Lutte contre les maladies transmissibles
15
ACTIVITÉ DE L’OMS DANS LA RÉGION DU PACIFIQUE OCCIDENTAL 1er juillet 2009–30 juin 2010
VIH/SIDA ET IST
Une consultation mondiale sur la sensibilité des gonocoques aux antimicrobiens a été organisée à Manille en avril 2010 pour discuter des observations du réseau OMS de surveillance en laboratoire de la sensibilité des gonocoques et recommander des solutions thérapeutiques pour les cas de gonorrhée extrêmement résistants. À la suite de la publication par l’OMS de la brochure intitulée « Recommandations rapides : Traitement antirétroviral de l’infection à VIH chez l’adulte et l’adolescent » et des nouveaux principes directeurs sur la co-infection VIH-tuberculose, l’OMS a organisé une consultation au Cambodge en juin 2010 à l’intention des administrateurs de programmes de lutte contre le VIH et des directeurs de programmes thérapeutiques. En outre, pour assurer une meilleure collaboration dans les actions, l’OMS a organisé en juillet 2009 un atelier interpays pour échanger sur les enseignements tirés au Cambodge dans
l’application du principe « relier les actions », une démarche extrêmement pragmatique visant à tirer le maximum de synergie dans les centres de santé de district entre les différents services intervenant dans les domaines du VIH, des infections sexuellement transmissibles, de la santé génésique, de la santé de l’enfant et de l’adolescent, de la tuberculose, du Programme élargi de vaccination ou encore du paludisme. Pour renforcer sa capacité à apporter une assistance technique aux États Membres, l’OMS a investi davantage dans le réseau technique qu’elle a créé en 2008 sur le VIH et la santé, dans la Région du Pacifique occidental. La réunion organisée en novembre 2009 à Manille a permis le lancement d’un plan d’activité, qui devrait élargir les fonctions du réseau.
ACTIVITÉ DE L’OMS DANS LA RÉGION DU PACIFIQUE OCCIDENTAL 1er juillet 2009–30 juin 2010
16
Lutte contre les maladies transmissibles
Relier VIH/IST et santé sexuelle et génésique au Cambodge Bun Theon a appris qu’elle était séropositive pour le VIH alors qu’elle était enceinte de deux mois. Elle s’est soumise à un test volontaire de dépistage du VIH au cours de sa première consultation prénatale, et a obtenu confirmation de son statut en quelques heures seulement. « J’y suis retournée à 2 heures de l’après-midi et les conseillers m’ont dit que j’étais porteuse du VIH » explique-t-elle. « Ils m’ont dit de ne pas m’inquiéter, de ne pas avoir peur, de manger le plus possible et de ne pas avoir de pensées négatives. » Heureusement pour Mme Theon, dont nous avons modifié le nom pour des raisons de confidentialité, le centre de santé près de chez elle est une plaque tournante pour l’initiative cambodgienne “Relier les actions” et assure des services de dépistage du VIH et des conseils, des services de prévention de la transmission mère-enfant du VIH et prend en charge les infections opportunistes. En apprenant sa séropositivité, la future mère s’est inscrite immédiatement à un programme de soins contre le VIH et a commencé une thérapie antirétrovirale pour réduire le risque de transmission. En 2007, deux unités techniques du Bureau régional de l’OMS pour le Pacifique occidental — l’une chargée du VIH/sida et des infections sexuellement transmissibles et l’autre, de la santé de la mère et de l’enfant — ont élaboré un cadre régional pour relier les services, assurer ainsi une optimisation des ressources et favoriser l’obtention des meilleurs résultats sanitaires. Le Ministère cambodgien de la Santé a introduit l’initiative « Relier les actions » dans quelques provinces puis l’a transposée à plus grande échelle jusqu’à couvrir un tiers du pays. L’extension de cette initiative à l’ensemble du pays est prévue grâce à l’octroi d’une subvention du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme. Intégrer le VIH dans les services de santé sexuelle et génésique — où sont dispensés des soins prénatals — a placé la prévention de la transmission mère-enfant, et notamment le dépistage d’une éventuelle séropositivité chez les femmes, à la portée des groupes de population ciblés. Il est indispensable d’améliorer la coordination logistique, notamment le transport des échantillons de sang, et la coordination entre les soins à domicile et les prestataires de soins. « Il faut une bonne coordination pour assurer le bon fonctionnement de la démarche Relier les actions et pour pallier la complexité de l’administration des services de prévention de la transmission mère-enfant du VIH » a déclaré le directeur du programme dans un district. Une femme, qui a souhaité rester anonyme, a appris sa séropositivité pour le VIH en 2004. Lorsqu’elle s’est trouvée enceinte, son hôpital l’a orientée vers un dispensaire annexe qui assurait des services de conseil et de prévention de la transmission mère-enfant. Les agents de santé chargés des soins à domicile lui ont apporté leur aide et ont collaboré avec les prestataires de soins de santé pour faciliter son suivi. Lorsqu’elle a accouché au dispensaire annexe, on a administré à l’enfant, dès sa naissance, une dose de névirapine en sirop pour réduire le risque de transmission du VIH. Le test de dépistage du VIH effectué sur l’enfant à l’âge de trois mois s’est révélé négatif. Un autre test sera pratiqué environ quatre mois plus tard pour confirmer que l’infection a pu être évitée. « Des conseils sont donnés à toutes les femmes enceintes et pas seulement à celles qui sont séropositives pour le VIH » a déclaré un agent de santé chargé des soins à domicile à Kampong Trabek. « Nous leur expliquons les avantages des soins prénatals et la nécessité de venir à un minimum de cinq consultations avant l’accouchement, afin de suivre la bonne progression de la grossesse. » Grâce à l’initiative Relier les actions, le dépistage du VIH en cours de grossesse au Cambodge est passé de 4 %–11 % en 2005 à 79 %–92 % en 2008. Une plus large couverture a été enregistrée également dans les soins prénatals, la planification familiale et les services d’accouchement dans les établissements de santé. Cette démarche intégrée a contribué à réduire la transmission du VIH de la mère à l’enfant et a entraîné une baisse des taux de mortalité maternelle.
VIH/SIDA ET IST
Lutte contre les maladies transmissibles
17
ACTIVITÉ DE L’OMS DANS LA RÉGION DU PACIFIQUE OCCIDENTAL 1er juillet 2009–30 juin 2010
VIH/SIDA ET IST
Future orientations En 2006, l’OMS est passée de l’initiative « 3 millions en 2005 » à un engagement plus vaste d’assurer l’accès universel à l’horizon 2010. Elle se prépare actuellement à passer à une nouvelle phase de son cadre d’action stratégique global 2011-2015 pour une action durable du secteur de la santé contre le VIH/sida. Les campagnes de prévention resteront centrées sur les groupes de population les plus vulnérables et les interventions s’inspireront de plus en plus des informations stratégiques disponibles en vue d’atteindre l’OMD 6 qui vise l’interruption de la propagation du VIH/ sida et la garantie de l’accès universel aux traitements. Une attention plus soutenue sera portée sur les volets de l’action du secteur de la santé pour lesquels la couverture obtenue est insuffisante, en particulier sur la mise en place à plus grande échelle des tests de dépistage du VIH, des conseils et des thérapies antirétrovirales vitales. L’OMS renforcera sa participation aux travaux du Groupe de travail régional des Nations Unies sur la prévention de la transmission mère-enfant du VIH dans le but de parvenir à pratiquement éliminer la transmission du VIH de la mère à l’enfant et à éliminer la syphilis congénitale. L’OMS ajoutera un volet portant sur les infections transmises par voie sexuelle dans les interventions liées au VIH, en particulier dans celles qui visent les groupes de population les plus
vulnérables, mais continuera de prêter une attention particulière aux pays qui enregistrent une prévalence élevée comme certains pays du Pacifique. Par ailleurs, l’Organisation cherchera encore et toujours à améliorer l’efficacité et les synergies entre les programmes de lutte contre des maladies et les programmes de santé publique, le programme de lutte contre le VIH apportant son expérience dans la mise en place de services complets, notamment de services de soins contre les maladies chroniques, en vue du renforcement des services de santé.
ACTIVITÉ DE L’OMS DANS LA RÉGION DU PACIFIQUE OCCIDENTAL 1er juillet 2009–30 juin 2010
18
Lutte contre les maladies transmissibles
Lutte contre les maladies transmissibles
19
ACTIVITÉ DE L’OMS DANS LA RÉGION DU PACIFIQUE OCCIDENTAL 1er juillet 2009–30 juin 2010
4. HALTE À LA TUBERCULOSE ET ÉLIMINATION DE LA LÈPRE
Tuberculose Enjeux stratégiques En 2008, année la plus récente pour laquelle on dispose de données, environ 1,9 million de cas de tuberculose, dont un million de nouveaux cas, ont été recensés dans la Région du Pacifique occidental. Le Cambodge, la Chine, les Philippines et le Viet Nam représentent à eux seuls 93 % de la charge de tuberculose dans la Région. On estime à environ 260 000 par an le nombre de décès dus à la maladie, et c’est au Cambodge qu’on enregistre le taux de mortalité le plus élevé. Outre la charge très élevée de tuberculose, la Région supporte 28 % de la charge mondiale de tuberculose multirésistante. Compte tenu de l’évolution socioéconomique des États et Territoires du Pacifique occidental, on peut s’attendre à ce que certaines tendances émergentes comme le vieillissement rapide des populations, l’augmentation du nombre d’individus souffrant de maladies sous-jacentes, l’urbanisation, la migration interne et la pauvreté urbaine influent aussi sur l’incidence de la tuberculose dans les pays de la Région. Face à la lourde charge que représente la tuberculose, la Région s’est fixé pour objectif, au titre du projet spécial Halte à la tuberculose, de réduire de moitié d’ici à 2010, par rapport à 2000, la prévalence de la tuberculose et la mortalité qui lui
est imputable. Le Comité régional a adopté à cette fin le Plan stratégique régional Halte à la tuberculose dans le Pacifique occidental (2000-2005) et le Plan Stratégique régional Halte à la tuberculose dans le Pacifique occidental (2006-2010), qui définissent les grands axes des interventions menées.
Action et résultats Des avancées considérables ont été réalisées au cours de l’année écoulée en matière de lutte antituberculeuse. Selon les estimations épidémiologiques les plus récentes de l’OMS, le Pacifique occidental est en passe d’atteindre l’objectif fixé à l’horizon 2010, à savoir réduire de moitié la prévalence de la tuberculose et la mortalité due à la maladie. L’Organisation a fourni une assistance technique à la Chine, au Cambodge et à la République démocratique populaire lao afin de les aider à vérifier ces estimations et à évaluer les progrès accomplis dans la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement. Pour améliorer durablement la qualité du traitement de brève durée sous observation directe (DOTS) dans la Région, l’OMS a également appuyé la modernisation des installations de laboratoire et l’amélioration de la détection bactériologique des cas grâce à la mise en culture des prélèvements et à la réalisation de tests de pharmacosensibilité. Un cours de formation aux techniques de laboratoire a été organisé à Shanghai en complément de ces activités. L’OMS, en collaboration avec le Dispositif mondial pour l’approvisionnement en médicaments antituberculeux, a contribué à maintenir un approvisionnement ininterrompu en médicaments antituberculeux de qualité. Le taux de détection des cas a pu ainsi être porté à plus de 70 %, et le taux de guérison à plus de 85 %, conformément à l’objectif régional visé à l’horizon 2010. Afin d’étendre les activités conjointes de lutte contre la co-infection tuberculoseVIH menées dans la région Asie-Pacifique, une réunion conjointe a été organisée en juillet 2009 en collaboration avec le Partenariat Halte à la tuberculose, le Siège de l’OMS et les Bureaux régionaux de l’OMS pour l’Asie du Sud-Est et le Pacifique occidental. Des progrès lents mais réguliers ont été observés dans la mise en oeuvre des activités menées en collaboration au niveau national et à l’échelle des districts. En réponse à l’appel à l’action lancé lors de la réunion ministérielle ayant réuni à
ACTIVITÉ DE L’OMS DANS LA RÉGION DU PACIFIQUE OCCIDENTAL 1er juillet 2009–30 juin 2010
20
Lutte contre les maladies transmissibles
Beijing les pays dans lesquels la charge de tuberculose multirésistante et de tuberculose à bacilles ultrarésistants est élevée, plusieurs pays, parmi lesquels la Chine et le Viet Nam, ont pris des mesures préparatoires en vue de la prise en charge planifiée de la tuberculose multirésistante. L’Organisation est venue en aide aux Philippines afin de faciliter la transition, du secteur privé au secteur public, de la gestion de la prise en charge planifiée de la tuberculose multirésistante, afin de garantir la fourniture ininterrompue de services de qualité pour le traitement des cas de tuberculose multirésistante. La coopération technique axée sur le renforcement des capacités humaines de lutte antituberculeuse dans la Région s’est poursuivie dans le cadre de cours de formation internationaux organisés par l’Agence japonaise de coopération internationale et l’Institut japonais de recherche sur la tuberculose.
L’accès équitable et universel à des services antituberculeux de qualité devra également être élargi. Il conviendra à cette fin de s’intéresser de plus près à des stratégies efficaces et innovantes visant à associer les grands établissements hospitaliers à la lutte antituberculeuse et à atteindre les populations pauvres et vulnérables. En dépit des progrès enregistrés dans la lutte contre la tuberculose multirésistante, certaines difficultés demeurent, notamment en ce qui concerne l’élargissement de la couverture du diagnostic et du traitement des cas non détectés de tuberculose multirésistante. Il faudra aussi veiller à étendre les activités conjointes de lutte contre la co-infection tuberculose-VIH à l’échelle nationale et au niveau des districts, afin
HALTE À LA TUBERCULOSE ET ÉLIMINATION DE LA LÈPRE
Futures orientations Si la lutte antituberculeuse a progressé de manière régulière dans la Région au cours de l’année écoulée, de nombreux problèmes persistent, et des besoins nouveaux sont apparus. Les données recueillies dans la Région montrent qu’un nombre considérable de cas infectieux de tuberculose sont asymptomatiques, ce qui favorise la propagation silencieuse de la maladie. Il faudra par conséquent renforcer les dispositifs de détection précoce des cas, tout en maintenant des services DOTS de qualité.
Lutte contre les maladies transmissibles
21
ACTIVITÉ DE L’OMS DANS LA RÉGION DU PACIFIQUE OCCIDENTAL 1er juillet 2009–30 juin 2010
HALTE À LA TUBERCULOSE ET ÉLIMINATION DE LA LÈPRE
de réduire les taux de mortalité chez les sujets co-infectés par la tuberculose et le VIH. Enfin, parmi les questions transversales à examiner, le renforcement des capacités des laboratoires à pratiquer des diagnostics bactériologiques en vue de la détection précoce des cas, la prise en charge de la tuberculose multirésistante et de la co-infection tuberculose-VIH et le renforcement des capacités de lutte contre la contamination tuberculeuse dans les établissements de soins accueillant des personnes atteintes de tuberculose multirésistante présentent une importance majeure pour la Région. En réponse à toutes ces questions, et pour évaluer l’état d’avancement de la mise en oeuvre du Plan stratégique régional Halte à la tuberculose dans le Pacifique occidental (2006-2010), l’OMS a réalisé en 2009 une étude qui a débouché sur un projet de Plan stratégique régional Halte à la tuberculose dans le Pacifique occidental (2011-2015). Les conclusions de l’étude et le projet de plan stratégique ont été présentés aux directeurs des programmes nationaux de lutte antituberculeuse en décembre 2009, puis examinés et approuvés par le Groupe
consultatif technique de l’Initiative Halte à la tuberculose à sa septième réunion.
Actions et résultats Selon les estimations les plus récentes, le nombre de cas de lèpre recensés dans la Région du Pacifique occidental est de 9754, soit un taux de prévalence de 0,055 pour 10 000 habitants. Si le taux de prévalence de la maladie a diminué de 85,6 % par rapport aux niveaux enregistrés en 1991, il était malgré tout en légère augmentation en 2008. L’OMS assiste les pays de la Région dans la mise en oeuvre de la Stratégie mondiale pour la poursuite de la réduction de la charge de morbidité lépreuse et le maintien des activités de lutte antilépreuse (2006-2010) et la Stratégie mondiale renforcée pour davantage réduire la charge de la lèpre (2011-2015). Plusieurs missions conjointes de suivi et de formation ont été organisées entre juillet 2009 et juin 2010 dans les pays insulaires du Pacifique, aux Philippines et en Chine. Un séminaire sur le renforcement des moyens techniques et des capacités d’encadrement en matière de lutte antilépreuse et les orientations futures de la riposte contre la maladie a été organisé en mai 2010 à l’intention des États et Territoires insulaires du Pacifique.
Lèpre Enjeux stratégiques La lèpre est une maladie infectieuse chronique causée par Mycobacterium leprae. Elle provoque généralement des lésions de la peau et des nerfs périphériques, mais peut aussi se traduire par des manifestations cliniques très diverses. La maladie et les incapacités qui lui sont associées sont souvent un facteur d’ostracisme social et de discrimination. La lèpre a été éliminée dans la Région du Pacifique occidental en 1991, soit neuf ans avant la date fixée à l’échelle mondiale, et ne constitue plus un problème de santé publique (en d’autres termes, le taux de prévalence de la maladie est actuellement inférieur à un cas pour 10 000 habitants). La lèpre a été éliminée en tant que problème de santé publique dans 34 des 37 États et Territoires de la Région, ce qui représente 99,9 % de la population de la Région. Les États fédérés de Micronésie et les Îles Marshall n’ont pas encore réussi à éliminer la maladie, et Kiribati n’est pas parvenu à préserver durablement les acquis des programmes d’élimination de la lèpre. Seuls deux pays, la Chine et les Philippines, enregistrent plus de 1000 cas.
Futures orientations Alors que le recul de la lèpre se confirme dans le Pacifique occidental, de vastes efforts ont été entrepris pour pérenniser
ACTIVITÉ DE L’OMS DANS LA RÉGION DU PACIFIQUE OCCIDENTAL 1er juillet 2009–30 juin 2010
22
Lutte contre les maladies transmissibles
les acquis des programmes d’élimination de la maladie et faciliter l’intégration du traitement de la lèpre aux services de santé généraux de la Région. Des services complets et accessibles de prise en charge de la lèpre doivent être mis en place pour le traitement des nouveaux cas et des patients déjà diagnostiqués et traités. Cette condition est d’autant plus importante que de nouveaux cas se déclareront pendant encore de nombreuses années, compte tenu de la persistance de faibles niveaux de transmission de l’infection dans la Région et de la longue période d’incubation de la maladie. En outre, de très nombreux patients guéris mais atteints d’incapacités demeurent dépendants des services de rééducation. L’OMS aidera les pays en organisant des ateliers, des cours de formation et des missions de surveillance afin de préserver les acquis des programmes d’élimination de la maladie dans la Région. Elle portera une attention particulière aux pays dans lesquels on recense plus de 100 cas de lèpre par an, à savoir le Cambodge, la Chine, la République démocratique populaire lao, la Papouasie-NouvelleGuinée, les Philippines et le Viet Nam, ainsi que les États et Territoires insulaires du Pacifique qui ne sont pas encore parvenus à éliminer la maladie.
HALTE À LA TUBERCULOSE ET ÉLIMINATION DE LA LÈPRE
Lutte contre les maladies transmissibles
23
ACTIVITÉ DE L’OMS DANS LA RÉGION DU PACIFIQUE OCCIDENTAL 1er juillet 2009–30 juin 2010
nécessaires pour mieux se préparer et faire face à des événements graves de santé publique et à des urgences sanitaires. Elle a également pour mission de renforcer la capacité des pays à réduire le risque de problèmes importants pour la santé publique. La riposte à la pandémie A (H1N1) 2009 a représenté une part importante des activités menées en 2009-2010 par l’unité Maladies émergentes : surveillance et action, qui dépend de cette division. Les initiatives de l’unité, inspirées par la Stratégie de lutte contre les maladies émergentes pour l’Asie et le Pacifique, ont été accompagnées d’activités de renforcement des capacités aux applications nettement plus vastes. Les activités d’évaluation et d’examen réalisées début 2010 ont confirmé que tous les États Membres ont sensiblement amélioré leur capacité à identifier les flambées épidémiques et à y faire face. Les améliorations de la capacité de diagnostic des centres nationaux de lutte contre la grippe ont été particulièrement notables, de même que l’excellent fonctionnement du système régional de l’OMS d’alerte et d’action, y compris les mécanismes de communication du Règlement sanitaire international (2005). Un savoir-faire et des ressources ont été mobilisés grâce aux réseaux, dont le Réseau clinique régional sur les maladies infectieuses émergentes et le Réseau mondial d’alerte et d’action en cas d’épidémie, pour aider les États Membres à faire face aux flambées épidémiques et aux urgences de santé publique. Parmi les flambées épidémiques ou les maladies à tendance épidémique qui menacent la sécurité sanitaire internationale, la charge de morbidité des maladies d’origine alimentaire et le coût induit par les aliments impropres à la consommation sont les aspects les moins bien compris. Pour orienter la gestion de la sécurité sanitaire des aliments aux niveaux national et régional, une formation sur les méthodes d’évaluation de la charge
L
es flambées de maladies émergentes et à tendance épidémique représentent les plus grandes menaces pesant sur la sécurité sanitaire. Ces menaces sont accentuées par la vitesse et le volume des transports aériens, les modes de production et d’échange des produits alimentaires et les catastrophes naturelles et anthropiques. La gestion de ces menaces exige la collaboration de chaque État Membre de l’OMS et de toutes les couches de la société pour protéger nos communautés. La sécurité sanitaire internationale est notre première ligne de défense contre les chocs sanitaires susceptibles d’anéantir des populations, des sociétés et des économies à travers le monde. Pour répondre plus efficacement aux besoins urgents de sécurité sanitaire internationale, une nouvelle Division de la sécurité sanitaire et des situations d’urgence a été créée. Celle-ci a pour mandat de se préparer et de répondre plus efficacement et rationnellement aux menaces de santé publique afin de mieux protéger les communautés de notre Région. Conformément au Règlement sanitaire international (2005), cette division aide les États Membres à s’acquitter de leurs obligations internationales en renforçant les capacités de base
ACTIVITÉ DE L’OMS DANS LA RÉGION DU PACIFIQUE OCCIDENTAL 1er juillet 2009–30 juin 2010
24
Sécurité sanitaire et situations d’urgence de morbidité des maladies d’origine alimentaire a été offerte aux principales administrations afin de les aider à réaliser des études nationales au cours de l’année à venir. Malgré les faibles données disponibles sur la véritable ampleur des maladies d’origine alimentaire et de la contamination alimentaire, l’attention mondiale en matière de sécurité sanitaire des aliments dans la Région du Pacifique occidental est restée au coeur des préoccupations des médias, des consommateurs et des gouvernements. Les problèmes sanitaires ayant fait l’objet d’une vaste couverture médiatique comprennent la contamination de produits alimentaires par la mélamine ; la toute première découverte du virus Ebola Reston chez des animaux d’élevage ; des teneurs excessives d’iode détectées dans des produits alimentaires contenant des algues ou à base d’algues ; et l’hépatite A associée aux tomates mi-séchées. Le partage d’informations sur ces questions par l’intermédiaire du Réseau international des autorités de sécurité sanitaire des aliments et du Règlement sanitaire international (2005) a permis aux États Membres de mieux protéger leurs populations. Les États Membres ont par ailleurs reçu une assistance pour renforcer tous les aspects de leurs programmes nationaux de sécurité sanitaire des aliments. L’action coordonnée par des groupes de pays ayant des préoccupations communes est un autre aspect important de la sécurité sanitaire internationale. L’adoption par des fonctionnaires de haut rang représentant l’agriculture, la santé et le commerce d’un Cadre d’action du Pacifique pour la sécurité sanitaire des aliments illustre la volonté du Pacifique de prendre des mesures concertées sur la sécurité sanitaire et la qualité des aliments. Les leçons tirées de cette expérience et de l’approche stratégique régionale des maladies émergentes seront appliquées à l’élaboration d’un projet de Stratégie régionale du Pacifique occidental pour la sécurité sanitaire des aliments (2011-2015). La Région a été frappée par plusieurs catastrophes naturelles au cours de l’année écoulée, notamment des tremblements de terre, des inondations, des tsunamis et d’autres graves perturbations climatiques. Un appui a été fourni pour répondre aux besoins sanitaires dans ces situations d’urgence complexes. L’unité Opérations de secours d’urgence et action humanitaire a continué de répondre aux demandes des gouvernements confrontés à des situations d’urgence, en fournissant le soutien technique et financier nécessaire. Plusieurs activités de formation ont également été organisées pour améliorer la préparation aux situations d’urgence dans le secteur de la santé, notamment sur la prise en charge d’un grand nombre de victimes, la préparation des installations de soins de santé et la communication des risques. L’OMS a également mené une campagne régionale pour améliorer la sécurité des hôpitaux et des établissements de santé en cas de catastrophe. Le défi consistera à veiller à ce que les systèmes de riposte aux épidémies et aux catastrophes dans notre Région évoluent au même rythme que les facteurs de risque, dont l’augmentation de la densité démographique, l’intensification du trafic international et les impacts du changement climatique. Pour relever ce défi, les États Membres ont participé à un examen approfondi de la Stratégie de lutte contre les maladies émergentes pour l’Asie et le Pacifique, y compris des consultations intensives dans les pays au cours du premier semestre 2010 ainsi qu’une évaluation externe de la mise en oeuvre de la stratégie. Ce processus a conduit à l’élaboration d’une stratégie révisée qui a été présentée au Groupe consultatif technique pour l’Asie-Pacifique chargé des maladies infectieuses émergentes.
25
ACTIVITÉ DE L’OMS DANS LA RÉGION DU PACIFIQUE OCCIDENTAL 1er juillet 2009–30 juin 2010
5. MALADIES ÉMERGENTES : SURVEILLANCE ET ACTION Enjeux stratégiques Les maladies infectieuses, telles que le choléra et la dengue, restent une cause de morbidité et de mortalité dans de nombreux pays de la Région du Pacifique occidental, où elles frappent des familles et des communautés entières. Parallèlement, de nouvelles maladies, susceptibles de se propager rapidement à travers le monde et d’entraîner des perturbations économiques et sociales à très grande échelle, continuent d’apparaître. La protection contre ces maladies exige un effort collectif. De fait, aucun pays ne peut protéger la santé de sa population sans la coopération de tous ses voisins. L’émergence de la grippe pandémique H1N1 2009 a renforcé le besoin de disposer de systèmes nationaux et régionaux robustes pour détecter, surveiller et évaluer les flambées épidémiques et y faire face. La grippe pandémique H1N1 2009 a également fait apparaître d’importantes améliorations en matière de collaboration internationale et de conformité, notamment aux exigences d’échange d’information définies dans le Règlement sanitaire international, également désigné RSI (2005). Depuis 2005, la Stratégie de lutte contre les maladies émergentes pour l’Asie et le Pacifique (SMEAP) a orienté l’élaboration des systèmes et capacités nécessaires pour faire face aux flambées épidémiques, tels que les virus de la grippe pandémique, aux niveaux tant national que régional. L’année 2010 est la cinquième et dernière année de mise en oeuvre du plan de travail actuel de la SMEAP. La riposte à la grippe pandémique H1N1 2009 a représenté une part importante des activités menées en 2009-2010 par l’unité Maladies émergentes : surveillance et action. Alors que la pandémie continuait d’occuper le devant de la scène internationale, le cadre de la SMEAP a veillé à ce que la riposte soit également accompagnée d’activités de renforcement des capacités ayant des applications plus vastes.
Actions et résultats L’examen annuel de la SMEAP, réalisé en juillet 2009 par le Groupe consultatif technique pour l’Asie-Pacifique, a constaté les importants progrès réalisés pour renforcer les systèmes de surveillance et de riposte, la capacité des laboratoires, la communication des risques, la collaboration sur les zoonoses et la lutte contre les infections, ainsi que l’échange d’informations entre les pays. En 2009-2010, l’OMS a continué de collaborer étroitement avec ses États Membres en leur fournissant des conseils, une assistance, des connaissances spécialisées et des possibilités de formation, afin de répondre aux besoins recensés de part et d’autre. Les activités d’évaluation et d’examen réalisées début 2010 ont confirmé que tous les États Membres ont sensiblement amélioré leur capacité à identifier les flambées épidémiques et à y faire face.
Il convient de noter à cet égard l’amélioration de la capacité des centres nationaux de lutte contre la grippe à diagnostiquer rapidement et précisément les virus grippaux. Tous ces centres participent à un programme externe d’assurance de la qualité qui a confirmé la haute qualité des résultats des tests produits par les laboratoires. Ces centres jouent un rôle essentiel en matière de détection, de surveillance et de riposte en cas de pandémie de grippe dans les États Membres. La troisième réunion des centres nationaux de lutte contre la grippe dans les Régions du Pacifique occidental et de l’Asie du Sud-Est de l’OMS, qui s’est tenue en août 2009, a examiné les enseignements tirés de cette pandémie et défini des stratégies pour veiller à ce que ces centres puissent utilement aider les systèmes de santé publique à faire face aux flambées actuelles et futures. Les évaluations de la gravité, la pharmacorésistance et les réactions indésirables aux vaccins pendant la grippe pandémique H1N1 2009 ont été examinées en septembre 2009, lors d’un atelier organisé par la Chine, le Japon, la République de Corée et l’OMS, en collaboration avec l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN). En novembre 2009, le rôle des mesures de santé publique, notamment de celles appliquées aux points d’entrée internationaux, a été analysé plus avant
ACTIVITÉ DE L’OMS DANS LA RÉGION DU PACIFIQUE OCCIDENTAL 1er juillet 2009–30 juin 2010
26
Sécurité sanitaire et situations d’urgence
lors d’une réunion organisée par l’OMS et l’ASEAN. Un projet de Directive technique sur la planification des urgences de santé publique à des points d’entrée internationaux désignés a été élaboré lors d’une consultation informelle en février 2010. Un Réseau clinique régional sur les maladies infectieuses émergentes a été formellement constitué lors d’une réunion inaugurale en novembre 2009, qui a
notamment examiné la prise en charge clinique des cas de grippe pandémique H1N1 2009 et d’autres maladies prioritaires. Ce réseau a pour mission de devenir un mécanisme de partage et de développement des connaissances cliniques concernant le traitement des maladies infectieuses. Une consultation informelle sur le syndrome main-pied-bouche a été organisée en mars 2010 à la
recommandation du Réseau clinique. Après avoir passé en revue les pratiques existantes et réalisé une étude bibliographique, les délégués ont élaboré une directive de prise en charge clinique et de riposte de santé publique devant orienter les mesures de contrôle nationales dans l’ensemble de la Région. Le système régional d’alerte et de riposte de l’OMS, qui couvre notamment la surveillance basée sur les événements et un système de permanence pour le Règlement sanitaire international (2005), a continué de bien fonctionner au cours de l’année écoulée. On estime que 200 événements importants pour la santé publique ont été recensés, évalués et surveillés et ont suscité les ripostes nécessaires. Environ 40 % de ces événements ont bénéficié de l’assistance et des conseils de l’OMS. Le Réseau mondial d’alerte et d’action en cas d’épidémie, qui regroupe des institutions ayant des compétences dans divers aspects de la riposte aux épidémies, a été très actif dans la Région au cours de l’année écoulée. Ce réseau a lutté contre plusieurs épidémies, notamment de leptospirose aux Philippines suite au typhon Ketsana, de choléra en Papouasie-Nouvelle-Guinée, de charbon en République démocratique populaire lao et de diarrhée aiguë dans l’ensemble de la Région. Ces actions ont montré que la mobilisation des connaissances et des ressources à l’échelle de la
MALADIES ÉMERGENTES : SURVEILLANCE ET ACTION
Former aujourd’hui les épidémiologistes de demain Après l’annonce d’une flambée d’intoxication alimentaire ayant touché 200 élèves d’une école de la ville de Bulgan, située dans la région très isolée du désert de Gobi, à 1400 kilomètres de la capitale de la Mongolie, Oulan-Bator, le Comité national d’urgence a fait appel au docteur Altanchimeg, stagiaire du Programme de formation à l’épidémiologie de terrain (FETP), lancé récemment. Le docteur Altanchimeg s’est rendu sur place en compagnie de deux autres épidémiologistes. Dès leur arrivée à Bulgan, ils ont pris des mesures immédiates de contrôle sanitaire dans l’établissement scolaire concerné. « Il n’a pas le toujours été possible d’intervenir aussi rapidement dans notre pays face à une épidémie de ce type », souligne le docteur Nyamdavaa Khurelbaatar, Secrétaire d’État auprès du Ministère de la santé de la Mongolie. « Le FETP a été mis en oeuvre il y a tout juste un an, mais nous en voyons déjà tous les avantages, tant du point de vue des compétences que nos stagiaires acquièrent que du renforcement de nos capacités humaines d’intervention ». En 2009, la Mongolie et la République démocratique populaire lao sont venues grossir les rangs des six pays de la Région du Pacifique occidental (Australie, Chine, Japon, Philippines, République de Corée et Viet Nam) appliquant des versions adaptées du Programme FETP de formation à l’épidémiologie de terrain, qui a reçu un accueil très favorable. Le programme se déroule sur un ou deux ans et repose en grande partie sur le principe de l’apprentissage par la pratique. Les stagiaires du FETP suivent des cours leur permettant d’acquérir toutes la gamme de compétences que requiert l’épidémiologie de terrain. Ils peuvent aussi appliquer concrètement les connaissances ainsi obtenues, sous le contrôle de praticiens de santé publique chevronnés, en exerçant à plein temps les fonctions qui leur sont assignées dans des services de santé publique, avec le soutien des ministères de la santé de leur pays. En apportant un soutien financier et technique à l’appui des FETP, l’OMS contribue à tisser un réseau d’experts de nature à faciliter la collaboration et l’échange de compétences entre les pays de la Région. L’OMS continuera d’aider à la mise en oeuvre de ces programmes, qui favorisent le renforcement durable des compétences et des réseaux solidaires indispensables à une riposte adaptée aux menaces de dimension nationale et internationale que représentent les maladies infectieuses.
Sécurité sanitaire et situations d’urgence
27
ACTIVITÉ DE L’OMS DANS LA RÉGION DU PACIFIQUE OCCIDENTAL 1er juillet 2009–30 juin 2010
MALADIES ÉMERGENTES : SURVEILLANCE ET ACTION
Région et de la planète peut aider les États Membres à faire face aux situations d’urgence avec célérité et compétence, tout en développant les capacités et connaissances de leurs propres institutions.
Futures orientations L’OMS doit éviter que le sentiment de « lassitude face aux pandémies » risquant de se développer chez les responsables des interventions et le grand public ne nuise au programme de renforcement des capacités de base nécessaires à la sécurité sanitaire de la Région. Parallèlement, il faudra veiller à ce que les systèmes de riposte aux épidémies de notre Région évoluent au même rythme que les facteurs de risque, dont l’augmentation de la densité démographique, la mobilité et la migration des groupes de populations, l’intensification du trafic international et les impacts du changement climatique. Tout en constatant les importants progrès réalisés pour renforcer la capacité de la Région face aux maladies infectieuses, le récent examen du Groupe consultatif technique a souligné le besoin de poursuivre les travaux et a recommandé qu’une stratégie de renforcement des capacités de base soit mise en place pour l’après 2010. Cette stratégie devrait être conforme aux objectifs et activités de développement des capacités du Règlement sanitaire international (2005).
Suite aux examens de la SMEAP réalisés dans l’ensemble de la Région, à un processus consultatif mené au premier semestre 2010 et à une évaluation externe continue de la mise en oeuvre de la stratégie, un projet de stratégie post SMEAP a été élaboré aux fins d’examen par le Groupe consultatif technique.
ACTIVITÉ DE L’OMS DANS LA RÉGION DU PACIFIQUE OCCIDENTAL 1er juillet 2009–30 juin 2010
28
Sécurité sanitaire et situations d’urgence
Sécurité sanitaire et situations d’urgence
29
ACTIVITÉ DE L’OMS DANS LA RÉGION DU PACIFIQUE OCCIDENTAL 1er juillet 2009–30 juin 2010
6. SÉCURITÉ SANITAIRE DES ALIMENTS Enjeux stratégiques L’inquiétude que suscitent les maladies d’origine alimentaire et la contamination des aliments ne cesse de croître à mesure de l’expansion du commerce international des produits alimentaires. Au cours de l’année écoulée, plusieurs cas ont attiré l’attention des médias et des consommateurs (produits laitiers contenant de la mélamine, première détection du virus Ebola-Reston chez des porcs, teneur excessivement élevée en iode de certains produits à base de lait de soja, détection de salmonelles dans du beurre de cacahuète et de Vibrio cholerae dans de la pâtée pour chiens, ichtyosarcotoxisme dans le Pacifique, cas d’hépatite A attribués à la consommation de tomates semi-séchées et sauce soja contaminée par du chloropropanol. Dans le même temps, les maladies diarrhéiques transmises par les aliments ou par l’eau continuent d’avoir de graves conséquences sanitaires, sociales et économiques. Pourtant, dans nombre d’États et Territoires de la Région du Pacifique occidental, les systèmes de contrôle des produits alimentaires ne sont toujours pas assez développés, faute de ressources humaines, financières et techniques suffisantes. L’OMS doit continuer d’aider les pays en développement comme le Cambodge, la République démocratique populaire lao, la Mongolie, le Viet Nam et les pays insulaires du Pacifique à se doter de capacités renforcées en matière de contrôle de la sécurité sanitaire des aliments, et à mieux sensibiliser le secteur agroalimentaire et les consommateurs aux pratiques d’hygiène relatives à la manipulation des aliments. La situation de la Chine, qui occupe une position dominante dans le secteur de la production, de la transformation de l’exportation de produits alimentaires et a entrepris de renforcer son programme de contrôle de la sécurité sanitaire des aliments, appelle aussi un large soutien de la part de l’OMS. Depuis 2001, la Stratégie régionale du Pacifique occidental en matière de sécurité sanitaire des aliments définit les grands axes de l’action à mener pour renforcer les systèmes de contrôle des aliments aux niveaux national et régional. Plus récemment, les activités mises en oeuvre dans ce domaine se sont appuyées sur des mécanismes régionaux de coopération comme le Forum de coopération sur la sécurité sanitaire des aliments de l’Organisation de coopération économique Asie-Pacifique (APEC) et le Plan d’amélioration de la sécurité sanitaire des aliments de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN). Il est temps à présent d’actualiser la stratégie régionale de l’OMS et d’optimiser la collaboration qui s’est instaurée avec l’APEC, l’ASEAN et le Secrétariat général du Forum des Îles du Pacifique, afin de renforcer les programmes de sécurité sanitaire des aliments et les capacités d’intervention dans ce domaine. objectifs stratégiques de l’OMS. Au début de 2010, le gouvernement des Îles Salomon, fort du soutien de l’OMS et de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), a pu adopter une politique de ce type. En Chine, les Nations Unies ont engagé une démarche intégrée axée sur la sécurité sanitaire des aliments, la nutrition et la sécurité alimentaire des femmes et des enfants des régions les plus pauvres du pays. Pour faciliter cette intégration et pour aider la Chine à renforcer son programme de sécurité sanitaire des aliments, un expert international a été recruté pour la première fois à un poste spécialisé dans ce domaine, basé au bureau de l’OMS en Chine. Pour promouvoir l’adoption de législations sur l’alimentation dans les pays insulaires du Pacifique, l’OMS a notamment apporté un soutien technique à Kiribati en vue de la publication au Journal officiel de la loi sur la sécurité sanitaire des aliments et du renforcement des capacités des inspecteurs sanitaires à faire appliquer cette loi. Elle a également fourni une assistance technique aux États fédérés de Micronésie, aux Palaos, aux Îles Salomon et au Vanuatu en vue de l’élaboration de normes et de réglementations alimentaires conformes au Codex Alimentarius et alignées sur les normes alimentaires adoptées en 2009 aux Îles Fidji. La Chine, les Îles Cook, les Îles Marshall, Nauru, Nioué, les Palaos, la Papouasie-Nouvelle-Guinée, le Samoa, les Tonga, le Vanuatu et le Viet Nam ont
Actions et résultats La promotion de la mise en oeuvre de politiques intégrées de sécurité alimentaire, de sécurité sanitaire des aliments et de nutrition est un des
ACTIVITÉ DE L’OMS DANS LA RÉGION DU PACIFIQUE OCCIDENTAL 1er juillet 2009–30 juin 2010
30
Sécurité sanitaire et situations d’urgence
Sécurité alimentaire dans le Pacifique Janette Timothy, agent de santé sur l’île d’Emau, au Vanuatu, dans le Pacifique, a participé à un cours de perfectionnement destiné aux professionnels de santé. Pendant les pauses, elle allaitait son fils âgé de trois mois. De par son métier, elle sait combien il importe de veiller à bien nourrir les tout-petits. Janette ne commencera pas le sevrage de Prenden avant ses six mois. Elle lui donnera alors une alimentation complémentaire faite de produits sains locaux tels que du manioc ou de la patate douce en purée. Elle continuera aussi à l’allaiter jusqu’à l’âge de deux ans. Prenden a plus de chance que nombre d’enfants océaniens. S’il mange en quantités appropriées des aliments suffisamment nutritifs pendant toute son enfance, ses chances de vivre longtemps et bonne santé seront beaucoup plus grandes. Beaucoup d’enfants océaniens ne peuvent en dire autant. La malnutrition, micronutrient deficiencies et les maladies non transmissibles liées à l’alimentation comme le diabète, les cardiopathies, l’hypertension et l’obésité progressent à un rythme alarmant dans toutes les îles du Pacifique, les maladies non transmissibles d’origine alimentaire représentant à elles seules près de 75 % des décès prématurés enregistrés dans la région. Les mauvaises habitudes alimentaires, qui peuvent être la cause de nombre de ces pathologies, s’acquièrent dès les toutes premières années de la vie et sont ensuite très difficiles à perdre. De plus, les difficultés rencontrées dans nombre de pays de la région en matière d’accès à des aliments sains et nutritifs en quantité adéquate ne font qu’aggraver les problèmes sanitaires auxquels se heurtent nombre de communautés océaniennes. Pour venir à bout de ce qui semble parfois être un problème insurmontable, L’OMS aide les pays de la région à promouvoir la bonne alimentation des nourrissons et des jeunes enfants, à réduire les carences en micronutriments, à prévenir l’obésité et à se doter de mécanismes de contrôle de la sécurité sanitaire et de la qualité des aliments. Dans le cadre de ces activités, l’Organisation a notamment parrainé, aux côtés d’autres partenaires, le Sommet océanien de l’alimentation organisé en avril 2010. Les représentants de 24 pays insulaires du Pacifique réunis au Vanuatu ont élaboré une stratégie visant à améliorer la sécurité alimentaire des communautés océaniennes. Le cadre d’action adopté à l’issue du sommet n’est pas un simple document de politique générale. Selon le docteur Rufina Latus, médecin au bureau de l’OMS au Vanuatu, il doit se traduire par des initiatives multisectorielles concrètes permettant d’atteindre les communautés locales. « Nous devons veiller au renforcement des systèmes de santé, en dotant les services de la région d’effectifs supplémentaires compétents, capables, par exemple, de conduire les programmes de l’OMS sur le sevrage sain et les bonnes pratiques alimentaires », souligne le docteur Latus. « Les secteurs du commerce et de l’agriculture ont aussi un rôle à jouer et doivent notamment faire en sorte que des aliments locaux et importés de meilleure qualité soient disponibles en plus grandes quantités. » L’équipe régionale de l’OMS chargée de la nutrition oeuvre aux côtés des pouvoirs publics et des ministères de la santé des pays insulaires du Pacifique à la réalisation de ces objectifs.
bénéficié de l’appui technique de l’OMS en matière de législation alimentaire. Un guide pratique sur l’adoption de normes alimentaires pour la promotion de la santé et du commerce dans les petits États insulaires (A Practical Guide to Introducing Food Standards to Promote Health and Trade for Small Island States) a été élaboré afin de faciliter l’application des normes alimentaires dans les petits États insulaires de la Région. À mesure que les pays adoptent de nouvelles législations, réglementations et normes, les besoins en inspecteurs formés et qualifiés ne cessent d’augmenter. En conséquence, des cours de formation à la réalisation d’audits de sécurité sanitaire des aliments ont été organisés à l’intention des Îles Fidji, de la République démocratique populaire lao, des États fédérés de Micronésie, de la PapouasieNouvelle-Guinée et des Îles Salomon. Par ailleurs, l’OMS, en collaboration avec la FAO, a organisé un cours de formation sous-régional sur l’inspection sanitaire et la certification des aliments fondées sur l’évaluation des risques dans le Pacifique. La deuxième réunion du Groupe d’experts sur les législations relatives à la sécurité sanitaire et à la qualité des aliments dans le Pacifique s’est tenue parallèlement au cours de formation. La collecte de données fiables sur la sécurité sanitaire des aliments et l’évaluation des risques en la matière sont une composante majeure des programmes nationaux sur la sécurité sanitaire des aliments. Les États Membres ont pu renforcer leurs capacités de collecte de données sur la sécurité sanitaire des
SÉCURITÉ SANITAIRE DES ALIMENTS
Sécurité sanitaire et situations d’urgence
31
ACTIVITÉ DE L’OMS DANS LA RÉGION DU PACIFIQUE OCCIDENTAL 1er juillet 2009–30 juin 2010
SÉCURITÉ SANITAIRE DES ALIMENTS
aliments et d’évaluation des risques grâce à des formations sur la charge de morbidité due aux maladies d’origine alimentaire et la réalisation d’évaluation des risques. Ils ont également pu obtenir des conseils techniques sur la mise en place de comités nationaux d’experts et d’établissements de formation, et suivre des formations à l’analyse des aliments et à la réalisation d’enquêtes sur les flambées épidémiques. Soucieuse de contribuer à la gestion des risques liés aux rassemblements de masse, l’OMS a fourni un appui technique aux autorités chargées de la santé, de l’alimentation et des médicaments en prévision des Jeux d’Asie du Sud-Est, organisés en 2009 en République démocratique populaire lao, et de l’Exposition universelle tenue à Shanghai en 2010. Dans le domaine de la gestion des risques, une réunion du Réseau mondial sur les infections d’origine alimentaire et du réseau Asia FoodNet a été organisée en juillet 2010 afin de présenter aux principaux agents des programmes nationaux le Cadre FAO/OMS pour l’élaboration de plans nationaux d’intervention d’urgence en matière de sécurité sanitaire des aliments.
investir les moyens techniques et financiers nécessaires, afin d’assurer la coordination des interventions « de la ferme à l’assiette », l’élaboration et l’harmonisation des normes de sécurité sanitaire des aliments, l’amélioration des services d’inspection et d’audit, une meilleure sensibilisation des petites et moyennes entreprises aux responsabilités qui leur incombent en matière de sécurité sanitaire des aliments, des interventions plus rapides en cas d’urgence liée à la sécurité sanitaire des aliments et une meilleure compréhension, parmi les consommateurs, des clés d’une alimentation plus sûre. Pour orienter les interventions nationales et régionales dans le sens souhaité, une version actualisée de la Stratégie régionale du Pacifique occidental en matière de sécurité sanitaire des aliments sera élaborée en consultation avec les États Membres. Cette nouvelle stratégie devra notamment : promouvoir le renforcement des autorités de sécurité sanitaire des aliments en tant qu’organismes de santé publique fiables et indépendants, dans le cadre global de législations couvrant l’ensemble des étapes de la filière alimentaire, depuis la production jusqu’à la consommation ; faciliter l’élaboration de réglementations transparentes alignées, dans la mesure du possible, sur les directives de la Commission du Codex Alimentarius ; garantir la bonne application des normes et réglementations pertinentes à partir de méthodes fondées sur l’évaluation des risques ; et promouvoir l’utilisation des données sur la sécurité sanitaire des aliments aux fins d’une meilleure gestion des risques.
La stratégie actualisée favorisera par ailleurs le renforcement des capacités d’intervention en cas d’urgence ou d’incident lié à la sécurité sanitaire des aliments ; l’échange d’informations, grâce au renforcement du Réseau international de sécurité sanitaire des aliments en cas de situation d’urgence (INFOSAN Urgence), et avec le concours des points focaux nationaux pour le Règlement sanitaire international (RSI) ; et la sensibilisation accrue des consommateurs et de l’industrie agroalimentaire à la sécurité sanitaire des aliments. Enfin, elle permettra d’accélérer le renforcement des capacités en matière de sécurité sanitaire des aliments grâce à une coopération efficace entre les pays développés et en développement et entre les pays en développement, ce qui contribuera à promouvoir une alimentation plus sûre pour tous.
Futures orientations Les responsables politiques et les pouvoirs publics doivent prendre conscience de l’importance tant sanitaire qu’économique de la sécurité sanitaire des aliments, et engager en conséquence des ressources suffisantes pour assurer la bonne mise en oeuvre de programmes nationaux de sécurité sanitaire des aliments. Pour cela, il faut impérativement
ACTIVITÉ DE L’OMS DANS LA RÉGION DU PACIFIQUE OCCIDENTAL 1er juillet 2009–30 juin 2010
32
Sécurité sanitaire et situations d’urgence
Sécurité sanitaire et situations d’urgence
33
ACTIVITÉ DE L’OMS DANS LA RÉGION DU PACIFIQUE OCCIDENTAL 1er juillet 2009–30 juin 2010
7. OPÉRATIONS DE SECOURS D’URGENCE ET ACTION HUMANITAIRES Enjeux stratégiques La Région du Pacifique occidental enregistre plus de risques et de catastrophes naturels que n’importe quelle autre région de l’OMS. Les risques naturels et un nombre croissant de risques technologiques peuvent engendrer des situations critiques qui tournent rapidement à la catastrophe. En conséquence, les États Membres de la Région se doivent d’intensifier leurs efforts pour réduire ces risques et se préparer à faire face à des urgences sanitaires. En particulier, leur soutien accru pour faire des hôpitaux des lieux sûrs en cas d’urgence pourrait contribuer au bon fonctionnement des services même pendant et immédiatement après les catastrophes. Les catastrophes survenues récemment ont démontré que les mécanismes d’intervention demandent à être renforcés si l’on veut assurer une prestation efficace des services de santé. Les actions pourraient être favorisées par le regroupement des intervenants sanitaires, qui consisterait à coordonner et à organiser la coopération de toutes les entités aptes à réagir face à une crise humanitaire. Il importe de continuer de collaborer avec les partenaires dans la santé afin de tirer le meilleur parti des ressources limitées et d’appuyer les efforts collectifs. préparation et de la riposte à des situations d’urgence. Les activités de formation contribuent de façon déterminante à l’amélioration de l’état de préparation du secteur de la santé. Au cours de l’année dernière, l’OMS a facilité l’organisation du cours de formation à la gestion de la santé publique et des urgences en Asie et dans le Pacifique, ainsi que de cours nationaux sur la sécurité des hôpitaux, les communications en cas de risque de catastrophe, la prise en charge d’un grand nombre de victimes et la préparation des hôpitaux. En outre, des responsables des services des urgences sanitaires au Cambodge, en Chine, aux Philippines, en République démocratique populaire lao et au Viet Nam, ont participé en décembre 2009 à un cours de formation régional sur les opérations de secours sanitaires d’urgence à Manille, organisé conjointement par l’OMS et l’Organisation des ministres de l’éducation de l’Asie du Sud-Est, Médecine tropicale et santé publique. L’OMS s’est également employée à mettre sur pied un cours de formation sur la santé à l’école et les catastrophes naturelles. L’OMS a travaillé avec le département de l’aide humanitaire à la Commission européenne en vue de réaliser la campagne mondiale de prévention des catastrophes sur le thème « Des hôpitaux à l’abri des catastrophes ». Cette campagne a été centrée sur cinq aspects prépondérants : 1) l’évaluation des
points vulnérables des hôpitaux, 2) les moyens de planification de la gestion des catastrophes, 3) l’amélioration de la préparation et de la capacité de réaction, 4) l’élaboration de guides techniques concernant l’intégrité structurelle des installations sanitaires, et 5) la promotion de la sécurité des centres de santé. Les pays ciblés étaient le Cambodge, les Philippines, la République démocratique populaire lao et le Viet Nam. Manille a accueilli la Conférence internationale sur des hôpitaux sûrs en décembre 2009. Cette conférence avait pour objet l’évaluation de la mise en oeuvre et des résultats à l’échelle régionale de la Campagne mondiale 2008-2009 pour la réduction des risques de catastrophes, visant à mettre les hôpitaux à l’abri des catastrophes naturelles. Au Bureau régional s’est tenu en décembre 2009 l’atelier sur le Programme mondial pour la sécurité des hôpitaux, organisé par la section OMS « Interventions sanitaires en cas de crise » et le siège de l’OMS L’initiative concernant la sécurité des hôpitaux a été évaluée lors de plusieurs réunions qui ont abouti à la conclusion que, pour préparer le secteur de la santé
Actions et résultats L’OMS a continué d’aider les États Membres à développer leurs capacités dans les domaines de la
ACTIVITÉ DE L’OMS DANS LA RÉGION DU PACIFIQUE OCCIDENTAL 1er juillet 2009–30 juin 2010
34
Sécurité sanitaire et situations d’urgence
à des situations d’urgence, les actions de promotion, le renforcement des capacités et la mise à disposition de ressources techniques devaient aller de pair. La réduction des risques des catastrophes dépend non seulement de la solidité des infrastructures mais également de la présence d’un personnel apte à rester opérationnel lorsque survient une catastrophe naturelle. La promotion, le récit d’expériences, les partenariats avec des bailleurs de fonds et le secteur privé, la participation de la société civile et l’établissement de politiques nationales, sont les éléments à améliorer dans un deuxième temps. En plus d’agir dans les domaines de la formation et du développement des capacités, l’OMS continue de répondre dans les 24 heures aux demandes d’intervention d’urgence émanant des gouvernements. Au cours des derniers mois de 2009, l’OMS a apporté un soutien financier, logistique et technique, au Cambodge, aux Îles Fidji, aux Philippines, à la République démocratique populaire lao et au Viet Nam, victimes d’inondations, ainsi qu’au Samoa et aux Tonga frappés par des tsunamis. Des signalements d’un réveil de l’activité volcanique aux Philippines et au Vanuatu ont été suivis de près, avec la publication en ligne de bulletins d’information. En 2010, l’OMS a fourni un soutien technique et financier à la Mongolie, à la suite de violentes tempêtes de neige, et aux Îles Salomon qui a connu un tremblement de terre et des inondations. De même, elle a fait bénéficier les
Îles Cook, la Polynésie française et les Tonga d’un soutien technique et de bulletins d’information lors de cyclones tropicaux successifs qui ont balayé leurs îles. Les opérations humanitaires et de secours qu’effectue l’OMS sont menées pour la plupart en coordination avec d’autres institutions et organisations, notamment l’organe de l’ONU chargé de mettre en oeuvre la Stratégie internationale de prévention des catastrophes (ISDR), les ministères de la santé des États Membres, les milieux universitaires nationaux et des réseaux régionaux. L’OMS continue également de renforcer ses partenariats avec des organisations non gouvernementales et des universités de la Région, qui agissent dans les domaines de la préparation à des situations d’urgence et à l’offre
des secours, par la conduite d’activités communes, l’échange de ressources, la communication d’expériences, des travaux de recherche et la conception et l’organisation de cours de formation. Pour ce qui concerne les opérations de secours d’urgence, l’OMS a reçu le soutien du Fonds central d’intervention pour les urgences humanitaires des Nations Unies et l’aide à titre bilatéral d’institutions bailleurs de fonds. L’OMS a également publié l’année dernière plusieurs plaquettes et brochures traitant de la sécurité des hôpitaux et de la préparation du secteur de la santé et contribué à la publication d’un numéro spécial sur les catastrophes dans la Région du Pacifique occidental pour le Southeast Asian Journal for Tropical Medicine and Public Health.
OPÉRATIONS DE SECOURS D’URGENCE ET ACTION HUMANITAIRES
Sécurité sanitaire et situations d’urgence
35
ACTIVITÉ DE L’OMS DANS LA RÉGION DU PACIFIQUE OCCIDENTAL 1er juillet 2009–30 juin 2010
OPÉRATIONS DE SECOURS D’URGENCE ET ACTION HUMANITAIRES
Futures orientations Les activités didactiques ont permis de développer les capacités d’intervention en cas d’urgence et d’aide humanitaire, et la campagne de promotion de la sécurité des hôpitaux a fortement sensibilisé les esprits à l’importance de maintenir les hôpitaux en état de fonctionnement lors de la survenue d’une catastrophe. Il importe d’intensifier des efforts similaires pour ce qui touche à la réduction des risques des catastrophes. L’OMS continuera d’aider les États Membres à développer leurs capacités de préparation à des situations d’urgence et d’intervention par le biais d’approches « tous risques », plurisectorielles et multidisciplinaires. Il serait possible d’accroître encore davantage l’aptitude des États Membres à réagir rapidement en les aidant à élaborer des stratégies, à mettre en place des structures appropriées, des systèmes d’information, des plans et des procédures d’intervention, à se doter des ressources nécessaires et à établir des partenariats dans l’action humanitaire et les opérations de secours. Dans le cadre du processus de réforme de l’action humanitaire des Nations Unies, il a été demandé à l’OMS de conduire le groupe du secteur de la santé dans le but de renforcer la coordination et d’améliorer les services de santé offerts
en cas d’urgence et de catastrophe. Le renforcement institutionnel se poursuivra de manière à mobiliser toutes les compétences dans la vaste gamme de spécialisations que possède l’Organisation pour intervenir en cas d’urgence. En outre, l’OMS est en train de créer un Fonds régional de secours en cas d’urgence pour le Pacifique occidental, qui permettra d’aider les États Membres à faire face à de graves situations de crise, lorsqu’il est souvent nécessaire de mobiliser des moyens humains et de réagir sans délai.
ACTIVITÉ DE L’OMS DANS LA RÉGION DU PACIFIQUE OCCIDENTAL 1er juillet 2009–30 juin 2010
36
Sécurité sanitaire et situations d’urgence
Sécurité sanitaire et situations d’urgence
37
ACTIVITÉ DE L’OMS DANS LA RÉGION DU PACIFIQUE OCCIDENTAL 1er juillet 2009–30 juin 2010
de la santé se sont poursuivies, axées sur le renforcement des écoles-santé, fondement de la promotion de la santé et des capacités nationales de promotion de la santé. Les troubles mentaux touchent un nombre croissant de personnes dans la Région et, face à ce constat, l’OMS s’est attachée à centrer son aide sur l’élaboration de politiques et de législations nationales et sur le renforcement des services de santé mentale à assise communautaire. Deux initiatives importantes mises en place en collaboration avec les États Membres ont porté sur la prévention des suicides et de l’abus d’alcool. Le Réseau océanien sur la santé mentale créé par l’OMS permet de renforcer les moyens d’action et d’améliorer les services de santé mentale dans le Pacifique où de nombreux problèmes se posent dans ce domaine. Les traumatismes et la violence sont parmi les principales causes de décès dans la Région. L’OMS a centré son action sur les traumatismes résultant d’accidents de la circulation et sur les traumatismes de l’enfant, en particulier les noyades. L’Organisation collabore avec les États Membres pour améliorer leurs moyens d’action en obtenant une coopération entre les différents secteurs, le renforcement des législations et de leur application et la transposition à plus grande échelle des interventions fondées sur des données factuelles. La mise en oeuvre de la Convention-cadre pour la lutte antitabac reste une priorité pour l’OMS et pour les États Membres. La soixantième session du Comité régional du Pacifique occidental a adopté le Plan d’action régional en faveur de l’Initiative Pour un monde sans tabac dans la Région du Pacifique occidental (2010-2014). Pour la première fois, les États Membres ont accepté de définir clairement les cibles des programmes de lutte antitabac, parmi lesquelles une baisse de 10 % de la prévalence du tabagisme sur cinq ans. Les mesures restent axées sur la hausse des taxes et des prix du tabac, sur l’élargissement des critères d’interdiction de la publicité, sur la promotion et le parrainage, sur la multiplication des avertissements
L
a Division Pour des communautés et des populations en bonne santé couvre de nombreux domaines de santé publique et joue un rôle de chef de file. En intervenant sur les principaux facteurs de risques et déterminants de la santé liés à l’environnement, aux comportements et aux caractéristiques sociales, elle assure la promotion de la santé et la prévention des décès prématurés et des incapacités.
Dans la Région du Pacifique occidental, les maladies non transmissibles (MNT) demeurent une priorité absolue et l’OMS apporte son aide à la mise en oeuvre du Plan d’action régional du Pacifique occidental contre les maladies non transmissibles. L’OMS apporte également son soutien à la mise en place de politiques et de programmes nationaux intégrés, dans le renforcement des capacités nationales et dans l’expansion des interventions plurisectorielles contre les MNT, notamment de la nouvelle initiative sur la réduction du sel dans les aliments. La Division a déployé des campagnes de sensibilisation pour obtenir un engagement politique plus fort des gouvernements et de la communauté internationale dans la lutte contre les maladies non transmissibles et a plaidé pour un renforcement des activités au niveau des pays. Une plus grande importance a été accordée à la promotion de la santé, facteur déterminant d’amélioration de la santé des populations et composante d’autres programmes de santé publique. Les activités de promotion ACTIVITÉ DE L’OMS DANS LA RÉGION DU PACIFIQUE OCCIDENTAL 1er juillet 2009–30 juin 2010
38
Pour des communautés et des populations en bonne santé sur les paquets de tabac, sur le plaidoyer pour que 100 % des espaces intérieurs soient non fumeurs et sur le renforcement des systèmes de surveillance du tabagisme. L’OMS a apporté son aide également à la mise en place d’une législation antitabac et l’application des politiques existantes à l’échelon national, avec l’appui de l’Initiative Bloomberg et en partenariat avec les organisations non gouvernementales de la Région comme l’Alliance antitabac pour l’Asie du Sud-Est. Atteindre les objectifs 4 et 5 du Millénaire pour le développement (OMD) qui portent sur la mortalité de la mère et de l’enfant est un enjeu permanent pour l’OMS, les États Membres et nos partenaires. Même si une baisse considérable a été obtenue dans la mortalité de l’enfant, la mortalité maternelle reste élevée dans de nombreux États Membres, en particulier au Cambodge, en Papouasie-Nouvelle-Guinée et en République démocratique populaire lao. L’OMS s’efforce de faire adopter de nouvelles stratégies pour renforcer les politiques nationales et les processus de planification, en mettant l’accent sur les OMD 4 et 5. Ces nouvelles approches portent sur le renforcement des systèmes de santé et sur l’élaboration de politiques, stratégies et plans d’action de plus grande ampleur en matière de nutrition et de santé de la mère et de l’enfant. L’OMS a entrepris l’élaboration d’un plan d’action régional en faveur de la nutrition et de la santé de la mère et de l’enfant mais les plans d’action des pays doivent être davantage développés et soutenus. Assurer la sécurité alimentaire et garantir un bon état nutritionnel exigent des actions coordonnées entre le secteur de la santé et le secteur de l’agriculture, l’industrie alimentaire, les consommateurs et les associations professionnelles. Le Sommet océanien de l’alimentation s’est révélé extrêmement efficace pour obtenir des gouvernements et des partenaires qu’ils s’engagent à haut niveau pour offrir à leurs populations la sécurité alimentaire et des aliments sains, critères indispensables dans la prévention des maladies non transmissibles. L’OMS a également apporté une aide substantielle pour l’élaboration et la mise en oeuvre de politiques et plans nutritionnels nationaux couvrant l’alimentation du nourrisson et du jeune enfant, pour la prévention des carences en micronutriments et la gestion de la nutrition chez l’enfant. Les mesures prises pour garantir des environnements physiques plus sains et sans risque ont été renforcées au travers d’activités plurisectorielles et interpays, comme la planification nationale de la santé environnementale et la collaboration régionale sur les questions prioritaires de santé environnementale, notamment l’assainissement et la qualité de l’eau de boisson. L’impact du changement climatique sur la santé humaine est considérable et l’OMS a renforcé l’aide qu’elle apporte dans la mise en oeuvre du Cadre d’action régional pour protéger la santé humaine des effets du changement climatique dans la région Asie-Pacifique, notamment dans l’évaluation de sa vulnérabilité face au changement climatique et dans l’élaboration de plans d’action du secteur de la santé. L’OMS déploie à plus grande échelle des initiatives transversales, notamment l’expansion du concept des Villes-Santé et la redynamisation des Îles-Santé. Ces initiatives permettront de développer davantage les moyens d’action des systèmes de santé, d’élargir les partenariats et les réseaux et d’intensifier l’action des différents secteurs et des communautés en faveur de la promotion et du développement de la santé. En Chine, un réseau de plus de 300 villes a été constitué, centré principalement sur la santé environnementale et les modes de vie sains. L’OMS apporte son aide au Ministère chinois de la Santé et au « National Patriotic Health Campaign Committee » pour l’élaboration du plan d’action qui permettra d’élargir le réseau, de définir des normes nationales et des dispositifs de reconnaissance, de mettre au point des profils de santé des villes et enfin de lancer un centre national de ressource sur les Villes-Santé.
39
ACTIVITÉ DE L’OMS DANS LA RÉGION DU PACIFIQUE OCCIDENTAL 1er juillet 2009–30 juin 2010
8. SALUBRITÉ DE L’ENVIRONNEMENT Enjeux stratégiques Selon des estimations récentes de l’OMS, près d’un quart des maladies et des décès dans le monde est imputable à des facteurs environnementaux. Dans la Région du Pacifique occidental, quelque 2,9 millions de décès par an, soit 24 % du nombre total de décès, sont dus à un environnement nocif. Ces facteurs de risque incluent une eau non potable, de mauvaises conditions d’hygiène et d’assainissement, une pollution de l’air à l’intérieur des foyers ou à l’extérieur, des produits chimiques ou des déchets toxiques et dangereux, un rayonnement excessif, des effets du changement climatique ou un milieu de travail nuisible pour la santé humaine. L’OMS aide les États Membres à renforcer leurs ressources humaines et leurs capacités institutionnelles pour ce qui touche à l’évaluation et à la gestion des risques liés à l’insalubrité de l’environnement, à l’établissement et au développement de mécanismes de coordination plurisectorielle, à la mise sur pied de plans d’action nationaux et locaux relatifs à la salubrité de l’environnement, et à l’accroissement de la contribution du secteur de la santé à la mise en oeuvre des accords internationaux. Elle aide également les États Membres à participer à des initiatives interpays, telles que le Forum régional sur l’environnement et la santé dans les pays de l’Asie du Sud-Est et de l’Est ou le Framework for Action on Drinking Water Quality and Health in Pacific Island Countries and Areas (Cadre d’action sur la qualité de l’eau potable et la santé dans les États et Territoires insulaires océaniens). Le changement climatique est un problème qui touche le monde entier et affecte presque tous les secteurs de la société. À sa cinquante-huitième session, en 2007, le Comité régional pour le Pacifique occidental a mis l’accent sur la nécessité que le secteur de la santé s’intéresse aux conséquences potentielles du changement climatique et prévoie des actions pour en réduire les effets sur la santé humaine. À sa cinquante-neuvième session, le Comité régional a approuvé le Cadre d’action pour la protection de la santé humaine contre les effets des changements climatiques dans la Région Asie-Pacifique. L’OMS apporte son soutien aux États Membres afin qu’ils mettent au point des stratégies et des plans nationaux visant à protéger la santé contre les effets du changement climatique, renforcent dans ce but les infrastructures sanitaires et les ressources humaines existantes, lancent des programmes pour réduire les émissions de gaz à effet de serre par le secteur de la santé et militent auprès d’autres secteurs pour qu’ils agissent en vue de contrer les effets du changement climatique et protéger et promouvoir ainsi la santé.
(PNUE) pour l’organisation du Forum régional sur le thème de l’environnement et la santé dans les pays de l’Asie du Sud-Est et de l’Est, et pour que les groupes de travail consacrés aux six priorités régionales en matière de salubrité de l’environnement, établies par le Forum régional, soient productifs. Avec l’assitance de l’OMS, le groupe de travail sur l’alimentation en eau, l’hygiène et l’assainissement a contribué aux débats de la deuxième Conférence ministérielle de l’Asie de l’Est sur l’assainissement et l’hygiène, organisée par les Philippines en janvier 2010. L’OMS a également aidé le groupe de travail sur les produits chimiques toxiques et les substances dangereuses à tenir un atelier destiné à évaluer l’avancement de la mise en oeuvre de son programme de travail 2007-2010 et à commencer l’élaboration de son programme 2010-2013. L’OMS et le PNUE ont organisé le deuxième Forum régional ministériel sur l’environnement et la santé dans les pays de l’Asie du Sud-Est et de l’Est, qui a eu lieu en juillet 2010 en République de Corée. Les participants au Forum ont passé en revue les accomplissements réalisés à l’échelle des pays et de la Région de 2007 à 2010,
Actions et résultats Par le biais de ses Bureaux régionaux de l’Asie du Sud-Est et du Pacifique occidental, l’OMS a continué de collaborer avec le Bureau régional du Programme des Nations Unies pour l’environnement
ACTIVITÉ DE L’OMS DANS LA RÉGION DU PACIFIQUE OCCIDENTAL 1er juillet 2009–30 juin 2010
40
Pour des communautés et des populations en bonne santé
et approuvé les programmes de travail et les priorités régionales établis pour la période 2010-2013. L’OMS a apporté son soutien à l’élaboration de plans d’action nationaux pour la riposte du secteur de la santé aux effets du changement climatique, dans plusieurs pays. Le Cambodge, la Mongolie et le Samoa ont achevé leur plan. La Papouasie-Nouvelle-Guinée termine actuellement le sien pour adapter ses services de santé au changement climatique. La Chine et les Philippines ont été aidées pour se doter des moyens d’adapter leur secteur de la santé. Le Viet Nam a lancé un projet visant à évaluer la vulnérabilité sanitaire dérivant du changement climatique et à dresser un plan national pour que ses services de santé puissent y faire face, et la République démocratique populaire lao a également reçu une aide pour mettre au point un plan d’action national centré sur les effets sur la santé humaine du changement climatique. Plusieurs pays insulaires océaniens se sont livrés au même exercice en 2010, notamment les États fédérés de Micronésie, les Îles Cook, les Îles Fidji, les Îles Marshall, les Îles Salomon, Kiribati, Nauru, Nioué, les Palaos, les Tonga, Tuvalu et le Vanuatu. L’OMS s’emploie avec le Centre des Nations Unies pour le développement régional (UNCRD) et l’Alliance pour des Villes-Santé à aider plusieurs villes, dont Phnom Penh au Cambodge, Nagoya au Japon, Changwon et Séoul en République de Corée, et Marikina aux Philippines, à
faire rapport de leurs activités servant la mise en place de systèmes de transports urbains propres et durables sur le plan écologique, qui réduisent les émissions de gaz à effet de serre et la pollution atmosphérique et sonore, et promouvant les bienfaits de l’exercice physique pour la santé. Ces activités ont été présentées au Forum des villes, tenu le 7 avril 2010, Journée mondiale de la santé, à Manille. L’OMS travaille avec des gouvernements et des associations nationales pour l’eau à l’élaboration de politiques nationales et au développement des capacités nationales en matière d’assurance de la qualité de l’eau de boisson, en Chine, en Malaisie, aux Philippines, en République démocratique populaire lao et au Viet Nam. Des activités de planification de la salubrité de l’eau sont en cours dans huit pays insulaires océaniens, appuyées en cela par des partenariats utiles, créés en vue de l’amélioration de l’alimentation en eau, tant dans les villes que dans les campagnes, avec la coopération des autorités locales. L’OMS et la Commission des géosciences appliquées pour le Pacifique Sud (SOPAC) ont conclu un accord de coopération sur quatre ans en vue d’ améliorer la qualité de l’eau de boisson, coopération qui reçoit un appui régulier de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande, et qui a conduit d’autres bailleurs de fonds à apporter également leur contribution. Ainsi, un apport aux immobilisations consacrées aux infrastructures d’alimentation en eau
au Samoa et aux Tonga est venu de liens noués avec l’Union européenne. L’OMS continue également de promouvoir des politiques de traitement de l’eau des ménages pour augmenter l’innocuité de l’eau de boisson au profit des populations urbaines éloignées et des campagnes, et, en décembre 2009 aux Philippines, l’OMS a testé un matériel didactique régional traitant de ce sujet. Soucieuse de trouver des solutions à long terme satisfaisant les besoins des pays en matière d’alimentation en eau et d’assainissement, l’OMS aide les Philippines, la République démocratique populaire lao et le Viet Nam à accroître leurs capacités de surveillance et d’évaluation du secteur. Les efforts menés pour mettre au point des plans et des politiques de traitement des déchets des soins de santé se poursuivent au Cambodge, en Mongolie, en République démocratique populaire lao et au Viet Nam, et un soutien technique a été fourni pour l’élimination du mercure dans les établissements de soin aux Philippines et au Viet Nam. L’amiante est devenue une nouvelle préoccupation dans nombre de pays en développement de la Région. L’OMS a contribué à la tenue en décembre 2009, à Bangkok, du deuxième séminaire international
SALUBRITÉ DE L’ENVIRONNEMENT
Pour des communautés et des populations en bonne santé
41
ACTIVITÉ DE L’OMS DANS LA RÉGION DU PACIFIQUE OCCIDENTAL 1er juillet 2009–30 juin 2010
SALUBRITÉ DE L’ENVIRONNEMENT
s’inscrivant dans le cadre de l’Initiative asiatique pour l’élimination de l’amiante, organisé par le centre collaborateur de l’OMS pour la santé au travail, basé à la Faculté de la salubrité de l’environnement et des milieux de travail, au Japon. Ce séminaire a donné lieu à des débats sur les moyens de lutte contre l’exposition à l’amiante, le diagnostic de maladies liées à l’amiante, en particulier le mésothéliome et le cancer du poumon, ainsi que sur les différentes politiques à suivre pour supprimer définitivement les maladies liées à l’amiante. Au Viet Nam, l’OMS continue d’appuyer la réalisation du projet visant à étendre les services de médecine du travail, à réduire le nombre de maladies liées à l’amiante et à protéger les agents de la santé contre les risques liés à leur profession.
changement climatique, et la promotion de moyens de transport urbains durables sur le plan écologique et ne nuisant pas à la santé humaine. L’OMS continuera d’oeuvrer de pair avec les États Membres pour renforcer leur aptitude à surveiller et à évaluer l’alimentation en eau et l’assainissement, éléments fondamentaux de la planification du secteur et du développement. Pour ce qui concerne la qualité de l’eau de boisson, la contribution de l’OMS continuera de porter principalement sur la garantie d’une eau potable dans les réseaux d’alimentation urbains et sur la promotion des techniques de traitement de l’eau à la disposition des ménages des populations des agglomérations urbaines éloignées et des milieux ruraux. L’OMS continuera de travailler avec les États Membres et ses partenaires internationaux à l’élaboration de programmes nationaux pour l’élimination des maladies liées à l’amiante.
Futures orientations Le deuxième Forum régional ministériel sur l’environnement et la santé dans les pays de l’Asie du Sud-Est et de l’Est débouchera sur l’établissement des programmes de travail axés sur les priorités régionales en matière de salubrité de l’environnement pour la période 2010-2013 et inspirera la collaboration de l’OMS avec les États Membres dans la mise en oeuvre des plans d’action pour instaurer un environnement sain. La collaboration de l’OMS sur le sujet du changement climatique sera orientée vers l’élaboration et la réalisation de programmes d’action nationaux régissant la réaction du secteur de la santé au
ACTIVITÉ DE L’OMS DANS LA RÉGION DU PACIFIQUE OCCIDENTAL 1er juillet 2009–30 juin 2010
42
Pour des communautés et des populations en bonne santé
Pour des communautés et des populations en bonne santé
43
ACTIVITÉ DE L’OMS DANS LA RÉGION DU PACIFIQUE OCCIDENTAL 1er juillet 2009–30 juin 2010
9. SANTÉ DE LA MÈRE ET DE L’ENFANT ET NUTRITION Santé de la mère Enjeux stratégiques L’incapacité à pouvoir bénéficier de soins qualifiés à la naissance, la faiblesse des systèmes de santé et la pauvreté restent parmi les principaux facteurs de mortalité maternelle dans la Région du Pacifique occidental. Le taux de mortalité maternelle dans l’ensemble de la Région n’a que peu varié au cours de l’année écoulée, les pays ayant progressé à des degrés variables. Parmi les pays où le problème de la santé maternelle est jugé prioritaire, c’est en Chine et en Mongolie que l’on a enregistré les progrès les plus significatifs. Le Viet Nam a obtenu également des résultats encourageants, mais très peu d’améliorations ont été constatées au Cambodge, en République démocratique populaire lao, en Papouasie-NouvelleGuinée et aux Philippines. Les taux de mortalité maternelle restent élevés à Kiribati, dans les États fédérés de Micronésie, aux Îles Salomon et au Vanuatu. Les progrès réalisés pour assurer l’accès universel aux services de santé génésique et pour améliorer la santé maternelle varient d’un pays à l’autre malgré la mise en place de politiques nationales et d’interventions fondées sur des données factuelles. Les obstacles au progrès sont la pauvreté et les conditions géographiques, en particulier pour les communautés pauvres qui vivent loin de tout, les facteurs culturels, la faiblesse des systèmes de santé, la pénurie de ressources, la couverture insuffisante des interventions pourtant techniquement rationnelles et les agents de santé en sous-effectifs.
Actions et résultats L’OMS a réaffirmé son engagement à atteindre l’OMD 4 qui porte sur la réduction de la mortalité de l’enfant et l’OMD 5 qui prévoit d’améliorer la santé maternelle. L’OMS a lancé deux projets pilotes résolument soutenus par les Ministères de la Santé du Cambodge et de la République démocratique populaire lao. La République démocratique populaire lao a entrepris dans deux provinces la mise en application de la stratégie pour un ensemble intégré de services de santé de la mère, du nouveau-né et de l’enfant (Strategy for the Integrated Package of Maternal, Neonatal and Child Health Services (2009–2015)) et le cadre d’action qui lui est associé. Avec l’extension progressive des zones pilotes, ces projets devraient contribuer à réduire notablement la mortalité maternelle. Au Cambodge, un centre de surveillance des décès maternels a été créé pour recueillir des données plus fiables, attirer l’attention des politiques sur les décès maternels et mobiliser des aides systématiques pour améliorer les services de santé maternelle, à tous les échelons. La santé de la mère, du nouveau-né et de l’enfant est désormais inscrite au rang des priorités de la Région depuis qu’en juillet 2009, elle a été portée à l’ordre du jour de la réunion biennale des ministres de la santé des pays insulaires du Pacifique qui s’est déroulée en Papouasie-Nouvelle-Guinée.
Les déterminants socioculturels de la santé de la mère et du nouveau-né ont fait l’objet de discussions en août 2009, lors de la réunion birégionale organisée avec la Région OMS de l’Asie du Sud-Est, qui a mis en évidence la nécessité d’identifier, de mesurer et de surmonter les facteurs socioculturels qui font obstacle à une santé satisfaisante de la mère et du nouveau-né. Une réunion des centres collaborateurs de l’OMS pour la santé génésique et pour une grossesse à moindre risque s’est tenue à Shanghai en novembre 2009 dans le but d’identifier le rôle des instituts techniques nationaux qui travaillent en partenariat avec l’OMS. Une évaluation des besoins en matière de soins obstétriques d’urgence a été réalisée en Mongolie et au Cambodge, en partenariat avec le Fonds des Nations Unies pour la population et le Fonds des Nations Unies pour l’enfance. Cette étude aboutira à la mise en place de plans nationaux d’amélioration des services obstétriques d’urgence dans ces pays. Avec l’aide de l’OMS, la Mongolie a lancé un programme qui vise à éliminer la syphilis congénitale dont on constate la réémergence depuis quelques années. Une réunion d’experts a eu lieu en novembre 2009 sur un programme complet de lutte contre le cancer du col de l’utérus.
ACTIVITÉ DE L’OMS DANS LA RÉGION DU PACIFIQUE OCCIDENTAL 1er juillet 2009–30 juin 2010
44
Pour des communautés et des populations en bonne santé
Sauver la vie des mères au Cambodge et en République démocratique populaire lao Chaque jour, à chaque minute, une femme meurt des complications d’une grossesse ou d’un accouchement. Au Cambodge et en République démocratique populaire lao, deux des pays les moins développés de la Région, entre 400 et 500 femmes meurent pour 100 000 naissances vivantes. Bien que des objectifs du Millénaire pour le développement portent sur la santé des mères et des enfants, les progrès réalisés pour sauver la vie des mères sont insuffisants. Pour atteindre leurs objectifs, les deux gouvernements ont lancé des initiatives totalement innovantes — un système de surveillance des décès maternels au Cambodge, et un ensemble intégré de services de santé pour les mères, les enfants et les nouveau-nés en République démocratique populaire lao. « Les Nations Unies ont fixé des objectifs, mais nous ne pourrons atteindre ces objectifs sans l’appui résolu de chacun des pays, sans exception » a expliqué le Dr Shin Young-soo, Directeur régional de l’OMS pour le Pacifique occidental. Au Cambodge, le Ministère de la Santé a mis en place un bureau de surveillance pour surveiller étroitement les décès maternels dans tout le pays. Ce bureau de surveillance recueille les informations, par téléphone et par courriel, sur les décès survenus dans les établissements de santé et dans les communautés. Ces informations aideront les responsables politiques et les directeurs de programmes à concevoir et à déployer les interventions destinées à réduire la mortalité maternelle. « Ceux d’entre nous qui travaillent dans le secteur de la santé publique savent à quel point ces statistiques sont vitales » a déclaré le Dr Shin en février 2010 à l’occasion du lancement de l’initiative. « Nous ne pourrons pas mesurer notre réussite dans la réduction des décès maternels si nous sommes incapables de confirmer le nombre de cas mortels et de les comparer au fil du temps. » N’importe qui peut déclarer un décès maternel. Les décès signalés sont vérifiés par les institutions sanitaires qui soumettent des rapports hebdomadaires sur les décès maternels confirmés, dans leurs domaines respectifs. Les données recueillies à partir de ces rapports hebdomadaires sont compilées et recoupées par le Bureau du Système d’information sanitaire, chargé de préparer les rapports hebdomadaires et mensuels destinés au Ministère de la Santé pour examen et suite à donner. « Même s’il est trop tôt pour exploiter ces informations et identifier les obstacles les plus courants, le Ministère de la Santé s’est engagé à améliorer la santé des mères et à réduire la mortalité maternelle » a expliqué le Dr Susan Jack, médecin OMS au Cambodge. « Cette nouvelle initiative prometteuse permettra au Ministère de la Santé de se faire une meilleure idée des causes et des foyers de décès et ainsi de centrer plus précisément les interventions et les zones où l’urgence se fait sentir. » L’engagement résolu du Gouvernement cambodgien a attiré l’attention des partenaires internationaux, des agences de développement et d’autres pays de la Région. En République démocratique populaire lao, le Gouvernement a élaboré une stratégie et un cadre de planification pour la mise en place d’un ensemble intégré de services de santé de la mère, du nouveau-né et de l’enfant. Cette stratégie plaide pour que la prestation des services de santé s’appuie sur les soins de santé primaires au niveau des districts et dans les établissements de santé. Elle met aussi en avant l’importance de la participation des communautés. Le Ministère de la Santé a commencé à déployer la stratégie dans deux provinces, Salavan et Xiang Khuang, avec l’aide de l’OMS, de la République de Corée et de la Korean Foundation for International Healthcare. Des ateliers d’orientation ont été organisés en décembre 2009. Dans le cadre de cette initiative, les districts élaborent des micro-plans pour permettre aux établissements de santé d’assurer des services intégrés, pour former des volontaires dans les villages, chargés de recueillir et de communiquer les principales informations sanitaires, pour renforcer les capacités de planification, de gestion et de prestation de services, et enfin pour inciter les communautés à prendre en charge les maladies de l’enfant .
SANTÉ DE LA MÈRE ET DE L’ENFANT ET NUTRITION
Pour des communautés et des populations en bonne santé
45
ACTIVITÉ DE L’OMS DANS LA RÉGION DU PACIFIQUE OCCIDENTAL 1er juillet 2009–30 juin 2010
SANTÉ DE LA MÈRE ET DE L’ENFANT ET NUTRITION
Le Cambodge et la République démocratique populaire lao ont bénéficié d’une assistance technique pour former davantage de sages-femmes et renforcer leurs qualifications. Le Viet Nam a reçu un appui technique pour revoir les stratégies liées au projet Pour une maternité sans risque qui cible les minorités ethniques des zones montagneuses où les taux de mortalité maternelle sont élevés. En Chine, où le nombre de décès maternels est en baisse, un examen des cas associés à de graves complications dans lesquels les décès ont pu être évités, a été entrepris. Au cours de l’année écoulée, plusieurs activités ont été mises en place au Cambodge, en Chine, en Malaisie, en Mongolie, en Papouasie-Nouvelle-Guinée, en République démocratique populaire lao et au Viet Nam sur le thème Sexospécificité et santé. Par ailleurs, l’OMS a réalisé une analyse de la santé des femmes à l’échelle de la Région qui pourra aider les États Membres à formuler des options politiques lorsqu’il s’agira de constituer de solides partenariats, de mettre en place des services de santé réactifs, d’améliorer l’accès aux soins, d’élaborer des politiques de santé publique favorables aux femmes
et de suivre les progrès réalisés dans ces domaines. L’OMS a publié Les femmes et la santé : la réalité d’aujourd’hui, le programme de demain, qui appelle à une action urgente pour améliorer la santé des fillettes et des femmes, de la naissance à la vieillesse.
Santé de l’enfant Enjeux stratégiques Selon les dernières estimations de l’OMS, la mortalité chez les moins de cinq ans a baissé de manière significative dans la Région du Pacifique occidental puisqu’elle est passée de 1,1 million en 2000 à 534 000 en 2008. Plusieurs pays de la Région sont en bonne voie pour atteindre l’OMD 4, qui vise la réduction des deux tiers du nombre de décès des moins de cinq ans. Mais un certain nombre de pays ont pris du retard et les moyennes nationales cachent souvent des inégalités dans certaines populations. Le pourcentage de décès de nouveau-nés est en hausse et représente actuellement près de la moitié du total des décès des moins de cinq ans. La Stratégie régionale OMS/UNICEF pour la survie de l’enfant, lancée en 2006, s’est concrétisée par des plans d’action nationaux stratégiques applicables tout au long du continuum de soins. En outre, des dispositifs de coordination ont été mis en place et des moyens normalisés de surveillance ont permis le suivi régulier des progrès accomplis. La couverture vaccinale, la complémentation en micronutriments et la fourniture de moustiquaires imprégnées d’insecticide dans les zones impaludées se sont nettement améliorées dans de nombreux pays de la Région. Toutefois, la présence de personnel qualifié pendant la grossesse et l’accouchement, les bonnes pratiques d’alimentation du nourrisson et du jeune enfant, et la recherche de soins
Futures orientations L’OMS continuera d’apporter un appui technique aux États Membres pour obtenir des améliorations durables dans le domaine de la santé génésique et renforcer les processus, fonctions et systèmes de reproduction à tous les stades de la vie. Un projet de stratégie régionale pour assurer l’accès universel aux services de santé sexuelle et génésique dans le Pacifique occidental et un rapport régional sur les femmes et la santé seront parachevés au cours de l’année à venir. Les travaux d’élaboration d’un plan d’action régional ont commencé, pour contribuer à la réalisation des objectifs 4 et 5 du Millénaire pour le développement. Ce plan identifiera les stratégies et les activités qui permettront d’accélérer les progrès obtenus pour réduire la mortalité des mères et des moins de cinq ans. Un groupe consultatif technique sera créé pour soutenir cet effort. L’OMS renforcera son suivi des progrès réalisés dans la Région sur ces questions et identifiera les domaines dans lesquels une assistance technique sera nécessaire. Elle maintiendra son aide aux États Membres qui cherchent à améliorer les services de santé génésique, maternelle et néonatale et s’efforcent de leur allouer davantage de ressources.
ACTIVITÉ DE L’OMS DANS LA RÉGION DU PACIFIQUE OCCIDENTAL 1er juillet 2009–30 juin 2010
46
Pour des communautés et des populations en bonne santé
et le traitement de la pneumonie et de la diarrhée n’ont progressé que lentement. Parmi ses priorités, la Région vise l’accélération des mesures prises pour assurer la couverture et l’accès universels aux interventions pour la survie de l’enfant, au travers d’actions renforcées de plaidoyer et de coordination. Elle vise également à aider les pays à renforcer leurs moyens d’action pour mieux planifier les programmes, assurer des services intégrés à tous les niveaux des soins et renforcer les activités de suivi et d’évaluation. Pour en tirer un bénéfice durable, il est indispensable que les mesures de renforcement des systèmes de santé contribuent à la réalisation des OMD 4 et 5.
L’OMS a soutenu diverses démarches communautaires aux Philippines, en République démocratique populaire lao et au Viet Nam pour améliorer les chances de survie du nouveau-né et de l’enfant. La Chine a reçu une aide pour parachever la version actualisée des principes directeurs sur les soins dispensés aux enfants en milieu hospitalier. Elle a pu procéder ensuite à la planification globale de leur application. La gestion intégrée du programme a été déployée dans 24 provinces du Cambodge, et un appui technique a été apporté au Viet Nam pour présenter les principes directeurs aux responsables du programme national. Pour appuyer la planification du programme à partir des données disponibles, des enquêtes ont été réalisées au Cambodge, en Papouasie-Nouvelle-Guinée et au Viet Nam auprès des ménages sur la santé des mères, des nouveau-nés et des enfants et une enquête auprès des établissements de santé est en cours d’élaboration au Cambodge. Un atelier OMS/UNICEF a été organisé à Xi’an (Chine) en octobre 2009 à l’intention de sept pays supportant un lourd fardeau de décès d’enfants : la Chine, le Cambodge, la Mongolie, la Papouasie-Nouvelle-Guinée, les Philippines, la République démocratique populaire lao et le Viet Nam, pour faire le point sur les actions et les progrès accomplis en vue d’améliorer la survie de l’enfant. Les programmes portant sur la survie de l’enfant et les principaux
partenaires du développement y ont participé également. Malgré la tendance à la baisse de la mortalité enregistrée depuis 1990 dans ces sept pays, la lenteur de la baisse dans quelques-uns d’entre eux risque d’empêcher ceux-ci d’atteindre leurs cibles, telles qu’elles sont fixées dans les OMD. Au cours de cet atelier, des recommandations leur ont été présentées pour accélérer les interventions prioritaires qui visent l’accès universel et l’équité, pour développer l’exploitation des données dans les travaux de planification et de suivi de la mise en oeuvre, pour améliorer la qualité des services et enfin pour renforcer les partenariats. L’OMS a organisé en mai 2010 une consultation informelle sur l’élaboration d’un plan d’action régional lié aux OMD 4 et 5, axé sur la mise en place des interventions prioritaires pour la santé de la mère, du nouveau-né et de l’enfant, au travers de stratégies qui devraient accroître de façon significative la couverture, l’équité et l’accès aux services de santé maternelle et infantile, et renforcer la collaboration entre tous les partenaires.
SANTÉ DE LA MÈRE ET DE L’ENFANT ET NUTRITION
Actions et résultats Au cours de l’année écoulée, l’OMS a soutenu des démarches innovantes qui ont permis le déploiement sur une plus grande échelle de la stratégie de prise en charge intégrée des maladies de l’enfant (PCIME). Un stage de formation a été organisé aux Îles Fidji à l’intention de huit pays insulaires du Pacifique pour les familiariser avec l’outil informatique d’adaptation et de formation sur la PCIME (ICATT). Le Cambodge, les Philippines et la République démocratique populaire lao ont bénéficié d’une aide pour intégrer ICATT dans le programme d’enseignement des professionnels de santé. De même, les Îles Salomon et le Vanuatu ont reçu une aide pour adapter les directives nationales relatives à la PCIME au nouvel outil informatique.
Pour des communautés et des populations en bonne santé
47
ACTIVITÉ DE L’OMS DANS LA RÉGION DU PACIFIQUE OCCIDENTAL 1er juillet 2009–30 juin 2010
SANTÉ DE LA MÈRE ET DE L’ENFANT ET NUTRITION
Futures orientations L’OMS continuera d’aider les pays à intensifier leurs actions pour atteindre les cibles de réduction de la mortalité des moins de cinq ans, réduire les inégalités en appliquant pleinement la Stratégie régionale OMS/UNICEF pour la survie de l’enfant et enfin pour renforcer les liens avec les actions visant à réduire la mortalité maternelle. Un plan d’action régional centré sur les OMD 4 et 5 sera élaboré pour permettre une meilleure visibilité et mettre davantage l’accent sur la santé de la mère et de l’enfant. Un groupe consultatif pourrait être constitué pour renforcer la coordination et la mobilisation des ressources nécessaires à la réalisation de ces objectifs. Le renforcement des systèmes de santé se poursuivra pour favoriser les processus de planification fondés sur les données, définir les principales interventions prioritaires et les transposer à plus grande échelle à tous les niveaux de soins, garantir leur utilisation en éliminant les obstacles à l’accès aux services, et poursuivre résolument le développement
de la main d’oeuvre sanitaire. Un accent particulier sera mis sur le développement des ressources et des démarches communautaires et sur le renforcement des systèmes de santé des districts pour répondre aux besoins des mères et des enfants. L’avancée vers la couverture universelle des services intégrés de santé de la mère, du nouveau-né et de l’enfant, à tous les niveaux, de même que les principaux résultats obtenus dans le domaine de la santé de la mère et de l’enfant, serviront de mesures de référence pour évaluer l’efficacité globale des systèmes de santé.
des adolescents ont une incidence importante sur les générations présentes et à venir, il est important de s’attacher tout particulièrement à la santé des adolescents si l’on veut atteindre les objectifs du Millénaire pour le développement. Des données stratégiques ont été recueillies sur la consommation de drogues chez les adolescents. L’OMS a favorisé l’organisation d’un atelier sur le renforcement des liens entre les services de prise en charge du VIH et des IST et les services de santé génésique, de l’adolescent, de la mère, du nouveau-né et de l’enfant. Elle a également soutenu la mise en place d’une réunion sur la noyade et les enfants. Un sondage mené auprès de jeunes vietnamiens a fait l’objet d’une aide et les Philippines ont bénéficié d’un appui technique pour élaborer des normes applicables à des services de santé amis des adolescents. Hong Kong (Chine), la Malaisie et les Philippines ont reçu une aide pour développer les compétences des prestataires de soins en matière de santé de l’adolescent. Une aide a été apportée à la Mongolie pour revoir un programme de santé de l’adolescent. Des université de Chine et de Hong Kong (Chine) ont bénéficié d’un soutien pour renforcer la formation du personnel infirmier avant prise de fonctions et les rendre ainsi plus à même de répondre aux besoins des adolescents. L’OMS continuera de plaider en faveur de la santé des adolescents. Elle favorisera la collecte et l’analyse de données
Santé de l’adolescent Les décès d’adolescents ont été cartographiés pour la première fois, et les données les plus récentes montrent qu’en 2004, près de 313 000 jeunes gens âgés de 10 à 24 ans sont morts dans la Région du Pacifique occidental. Les principales causes de décès des hommes jeunes ont été les accidents, les traumatismes et la violence, alors que les causes liées à la grossesse, les maladies transmissibles et les problèmes nutritionnels sont responsables de la majorité des décès chez les jeunes femmes. Dans un certain nombre de pays de la Région, la grossesse des adolescentes, la toxicomanie, la prévalence du VIH et d’autres infections sexuellement transmissibles et le suicide sont parmi les principaux problèmes de santé publique chez les adolescents. Compte tenu du fait que la santé et le développement
ACTIVITÉ DE L’OMS DANS LA RÉGION DU PACIFIQUE OCCIDENTAL 1er juillet 2009–30 juin 2010
48
Pour des communautés et des populations en bonne santé
désagrégées par âge et par sexe, évaluera les interventions destinées à améliorer la capacité des services de santé à répondre aux besoins des adolescents, améliorera la surveillance et le suivi de l’état de santé des adolescents, et accordera une place plus importante aux problèmes de l’adolescence. L’OMS aidera les États Membres à développer leurs capacités pour l’élaboration, la mise en oeuvre et le suivi des programmes qui protègent la santé et le développement des adolescents et agissent en leur faveur. Les méthodes qui facilitent l’accès des adolescents aux services de santé feront l’objet d’un soutien. L’OMS favorisera toute occasion de renforcer le consensus et la collaboration avec d’autres partenaires.
Comme indiqué dans l’ouvrage Global Health Risks, publié par l’OMS en 2009, sept des 10 principales causes de mortalité et de morbidité sont liées à un mauvais régime alimentaire et au manque d’exercice physique et touchent les populations, toutes catégories de revenus confondues. L’allaitement exclusif au sein pendant les six premiers mois de vie est la méthode la plus efficace pour réduire la mortalité des enfants de moins de cinq ans, et une alimentation complémentaire appropriée est classée au troisième rang des méthodes les plus efficaces. Associées, ces méthodes pourraient prévenir 19 % des décès des moins de cinq ans dans le monde. La sous-nutrition chez les mères et les enfants représente un lourd problème de santé publique dans la Région du Pacifique occidental. Selon les estimations les plus prudentes, au moins 40 % des habitants des pays et territoires insulaires du Pacifique souffrent de maladies liées à l’alimentation. Une double charge de morbidité, liée aux
carences nutritionnelles comme aux excès, pèse sur de nombreux pays. Les pays insulaires du Pacifique enregistrent des taux de diabète et d’obésité parmi les plus élevés au monde. En même temps, les carences en micronutriments dues à des aliments de mauvaise qualité, à des régimes alimentaires pauvres en légumes et en fruits, au manque de sel iodé et aux infections parasitaires, posent un problème de santé publique dans de nombreuses îles.
SANTÉ DE LA MÈRE ET DE L’ENFANT ET NUTRITION
Nutrition Enjeux stratégiques Une bonne nutrition est essentielle pour la survie, le développement et l’apprentissage de l’enfant, tout au long de sa vie, contribue à son bien-être, accroît sa productivité et réduit le risque de maladie et de décès. Une bonne nutrition pendant une grossesse, une alimentation nutritive satisfaisante, notamment des sels minéraux et des vitamines réduisent les risques de déficiences mentales et physiques et de malformations du tube neural. Un bon état nutritionnel permet également de prévenir l’hypertension, l’obésité, le diabète et les maladies cardiovasculaires dans les années de vieillesse.
Pour des communautés et des populations en bonne santé
49
ACTIVITÉ DE L’OMS DANS LA RÉGION DU PACIFIQUE OCCIDENTAL 1er juillet 2009–30 juin 2010
SANTÉ DE LA MÈRE ET DE L’ENFANT ET NUTRITION
Malgré l’ampleur du problème, les investissements destinés à améliorer l’état nutritionnel sont insuffisants dans la plupart des pays. Les actions menées par l’OMS en collaboration avec les États Membres et des partenaires ont consisté à sensibiliser, à évaluer les états nutritionnels, à élaborer des politiques et des plans portant sur la nutrition, à promouvoir des interventions efficaces et à évaluer leur impact et leur rapport coûtefficacité. Les domaines prioritaires sont notamment l’alimentation du nourrisson et du jeune enfant, la prévention des carences en micronutriments, la surcharge pondérale et l’obésité et enfin la prise en charge de la malnutrition de l’enfant.
sur la prévention de l’anémie. L’OMS a contribué également à l’élaboration de principes directeurs applicables à la nutrition à l’échelle mondiale, et à la création d’un groupe consultatif sur les micronutriments constitué d’experts de la nutrition, qui s’est réuni pour la première fois début 2010. Une aide technique et financière destinée à la surveillance de la nutrition a été apportée à la Mongolie pour la réalisation d’une enquête nationale sur la nutrition et aux Philippines pour une première évaluation du bilan en zinc de la population. Il est prévu de réaliser des enquêtes sur les carences en iode dans les pays insulaires du Pacifique, en collaboration avec les partenaires internationaux, dans le but de recueillir des données factuelles pour la promotion des programmes d’iodation du sel, et des données de référence pour le suivi et l’évaluation. Une réunion régionale conjointe UNICEF/OMS sur l’enrichissement de la farine de blé a été organisée à Manille pour favoriser l’intégration de démarches régionales et nationales plus efficaces dans les programmes d’enrichissement, notamment des partenariats public-privé. Les deux réunions qui ont eu lieu à Sydney en décembre 2009 ont donné l’occasion de présenter le concept d’enrichissement du riz pour réduire de façon notable les carences en micronutriments, et de proposer la création d’une alliance mondiale plurisectorielle pour l’enrichissement du riz.
Une aide a été apportée au Cambodge, à la Chine, aux Philippines et au Viet Nam pour soutenir des programmes destinés à améliorer la qualité et la sécurité dans l’alimentation du nourrisson et du jeune enfant et pour accélérer la progression vers les OMD 4 et 5, dans le but de mettre en place des modèles d’interventions réussies sur une période de trois ans, avec l’aide de l’OMS et d’autres partenaires. La méthode OMS de communication pour agir sur les comportements (COMBI) a été lancée en République démocratique populaire lao, avec l’aide de l’OMS et de l’UNICEF, pour promouvoir l’allaitement exclusif au sein pendant les six premiers mois de vie. Un atelier régional Asie-Pacifique organisé avec le soutien de l’UNICEF, de l’OMS et du Programme alimentaire mondial sur le thème Améliorer l’alimentation de complément et la nutrition maternelle pour réduire les retards de croissance, a permis de faire le point sur les interventions réussies et de préparer des modèles de prestation, de présenter de nouveaux outils et d’élaborer des plans de travail pour les pays. La collaboration avec les unités VIH/sida et IST, Halte à la tuberculose et Élimination de la lèpre, a été développée, notamment au travers d’une collaboration dans un atelier du Programme alimentaire mondial sur la nutrition, la sécurité alimentaire et la collaboration entre les programmes VIH et tuberculose.
Actions et résultats L’OMS a continué de soutenir une démarche innovante de prévention de l’anémie qui consiste à fournir chaque semaine des compléments en fer et en acide folique aux femmes en âge de procréer au travers de projets au Cambodge, aux Philippines, en République démocratique populaire lao et au Viet Nam. Une campagne de communication a été lancée au Viet Nam. Dans le cadre du congrès international de la nutrition qui a eu lieu à Bangkok, une réunion s’est déroulée pour stimuler la collaboration avec des organismes partenaires. Au Cambodge, aux Philippines, en République démocratique populaire lao et au Viet Nam, cette approche a été insérée dans les directives et programmes nationaux
ACTIVITÉ DE L’OMS DANS LA RÉGION DU PACIFIQUE OCCIDENTAL 1er juillet 2009–30 juin 2010
50
Pour des communautés et des populations en bonne santé
Une politique nationale de nutrition a été adoptée et une stratégie et un plan ont été définis en République démocratique populaire lao. Au Viet Nam, un plan d’action national a été élaboré en 2009 pour accélérer la réduction du retard de croissance. Ce plan sera intégré dans un nouveau plan nutritionnel quinquennal. L’OMS a soutenu les mesures prises à l’échelon national pour mobiliser les ressources en vue de financer des projets de nutrition et le personnel nécessaire.
SANTÉ DE LA MÈRE ET DE L’ENFANT ET NUTRITION
Futures orientations L’OMS continuera de favoriser la surveillance des problèmes de nutrition et l’analyse de l’efficacité et du rapport coût-efficacité des programmes, ainsi que l’extension à plus grande échelle des programmes de prévention de l’anémie et d’autres carences en micronutriments et des programmes d’alimentation du nourrisson et du jeune enfant. De plus resteront prioritaires : la promotion d’une meilleure communication pour inciter aux changements de comportements et les campagnes qui ciblent les consommateurs, les responsables de l’élaboration des politiques et l’industrie alimentaire pour promouvoir des régimes alimentaires plus sains et l’exercice physique, dans des environnements qui facilitent les choix sains. L’OMS encouragera les gouvernements à investir dans les programmes de nutrition.
Pour des communautés et des populations en bonne santé
51
ACTIVITÉ DE L’OMS DANS LA RÉGION DU PACIFIQUE OCCIDENTAL 1er juillet 2009–30 juin 2010
10. MALADIES NON TRANSMISSIBLES ET PROMOTION DE LA SANTÉ
Maladies non transmissibles Enjeux stratégiques Les maladies non transmissibles, en particulier les maladies cardiovasculaires, les cancers, le diabète et les affections respiratoires chroniques menacent gravement la santé publique dans la Région du Pacifique occidental. La morbidité et la mortalité prématurées, imputables aux maladies non transmissibles (MNT) pèsent aussi lourdement sur le développement économique et social. De plus, de nombreux systèmes de santé dans la Région sont souvent incapables de réagir à la charge de morbidité due à la forte incidence des facteurs de risques de MNT. L’enchaînement des liens de causalité (Figure 1) montre que les facteurs de risque courants sur lesquels on peut agir — régime alimentaire déséquilibré, manque d’exercice physique, consommation de tabac et d’alcool — sont induits par des déterminants qui ne relèvent pas du secteur de la santé, ce qui oblige à adopter une approche plurisectorielle pour lutter contre les MNT.
même mois, des responsables politiques de 18 États Membres ont participé à la réunion régionale organisée à Tokyo sur la lutte contre les MNT. Au cours de l’année écoulée, les moyens d’action dont disposent effectivement les États Membres pour prévenir les MNT et mener les actions de lutte ont fait l’objet d’une évaluation au moyen d’un outil élaboré par l’OMS. La première conférence nationale organisée au Cambodge sur la lutte contre les MNT en décembre 2009 a permis de souligner l’importance des approches intégrées. Dans le Pacifique, un forum inaugural subrégional sur les MNT a eu lieu, coparrainé par l’OMS et le Secrétariat général de la Communauté du Pacifique. Par ailleurs, un stage de formation sur les mesures intégrées de lutte contre les facteurs de risque a été organisé pour la première fois au Vanuatu en octobre 2009. Aux Îles Fidji et aux Tonga, une aide a été apportée pour l’élaboration du prochain plan quinquennal de lutte contre les MNT et pour l’examen des plans s’y rapportant. Au Viet Nam, une consultation intersectorielle a permis d’appuyer l’examen du programme national de lutte contre les MNT. Plusieurs sommets nationaux de l’alimentation ont eu lieu aux Îles Cook, aux Îles Fidji, à Kiribati, à Samoa et au Vanuatu et ont rassemblé des représentants des ministères de la santé, de l’agriculture et du commerce ainsi que des producteurs de denrées alimentaires, des importateurs et
des négociants, des responsables de communautés et des consommateurs. Ces sommets ont permis d’encourager les partenariats entre les différents secteurs pour coordonner les activités sur les questions d’aliments et de régimes alimentaires. Fig. 1: Causes à l’origine des MNT
Actions et résultats Ces cinq dernières années, le renforcement des capacités et la sensibilisation aux maladies non transmissibles ont fait l’objet d’un soutien au travers du programme international d’échange mis en place par le Japon et l’OMS, qui a accueilli en août 2009 les directeurs de programmes de lutte contre les MNT de 14 États Membres. Le
ACTIVITÉ DE L’OMS DANS LA RÉGION DU PACIFIQUE OCCIDENTAL 1er juillet 2009–30 juin 2010
52
Pour des communautés et des populations en bonne santé
La méthode OMS de surveillance par étapes (STEPS) a été appliquée dans une enquête de suivi en Mongolie. Les résultats de premières enquêtes STEPS ont été publiés à Kiribati, dans les États fédérés de Micronésie, en République démocratique populaire lao et dans les Îles Salomon. Une enquête nationale STEPS a été menée à bien au Cambodge. Les Îles Salomon ont bénéficié d’une aide pour la mise en place d’un registre des cancers, aide qui a porté sur l’élaboration d’un format, d’un plan opérationnel, d’une formation et d’un logiciel. Les participants de 10 pays insulaires du Pacifique ont suivi une formation à Brisbane (Australie) sur l’enregistrement des cas de cancers. Des programmes de promotion des environnements sains dans le cadre de la prévention des MNT ont été lancés à l’université des sciences de la santé et au Ministère de la Santé de Mongolie, ainsi qu’à l’université De La Salle, aux Philippines. Des programmes de promotion des lieux de travail sains ont été lancés à Kiribati et aux Palaos.
Les Îles Fidji ont organisé un atelier national sur les écoles-santé. Aux Tonga, une aide a été apportée aux églisessanté. Des campagnes stratégiques de communication sur l’exercice physique et les modes de vie sains, organisées dans les Îles Cook et les Îles Marshall, ont défendu la nécessité d’appliquer les recommandations concernant l’exercice physique en Océanie. Plusieurs interventions essentielles contre les maladies non transmissibles ont été expérimentées au Viet Nam. Un logiciel a été mis au point à l’université chinoise de Hong Kong pour aider à la prise en charge clinique des cas de diabète . La consultation technique qui s’est déroulée à Kuala Lumpur, avec le soutien du Siège de l’OMS, a permis de mettre au point des démarches globales de lutte contre le cancer du col de l’utérus. Des programmes de renforcement des capacités de lutte contre les MNT, et de surveillance et d’action, ont bénéficié d’une aide par des contributions
volontaires du Gouvernement du Japon, du Gouvernement du Luxembourg, de l’Agence australienne pour le développement international (AusAID), des Centres des États-Unis pour la lutte contre la maladie (CDC), de la Korean Fund for International Health, de l’Agence néozélandaise de coopération internationale (NZAID), de Shinnyo-en et de la Fondation mondiale du diabète. Le plan d’action associé à la Déclaration du Pacifique occidental sur le diabète, une alliance entre l’OMS, le Secrétariat général de la Communauté du Pacifique et la Fédération international du diabète, a été examiné lors de la réunion du comité directeur qui s’est déroulée à Hong Kong (Chine).
MALADIES NON TRANSMISSIBLES ET PROMOTION DE LA SANTÉ
Futures orientations Les « choix sains » doivent devenir des « choix faciles » si les gens sont prêts à mener des vies plus saines. Ces changements impliquent des modifications dans les cadres de vie et sur les lieux de travail pour promouvoir l’exercice physique, assurer un
Pour des communautés et des populations en bonne santé
53
ACTIVITÉ DE L’OMS DANS LA RÉGION DU PACIFIQUE OCCIDENTAL 1er juillet 2009–30 juin 2010
MALADIES NON TRANSMISSIBLES ET PROMOTION DE LA SANTÉ
approvisionnement en fruits et légumes à des prix abordables, et limiter la publicité sur les boissons et les aliments mauvais pour la santé qui cible les enfants. Il faut également renforcer les interventions pour réduire le sel, le sucre et les graisses insaturées dans les régimes alimentaires, et pour lutter contre la consommation d’alcool et de tabac. Le concept des Villes-Santé, des Îles-Santé et les autres démarches pour des environnements sains seront utilisés pour créer les environnements favorables et susciter des modes de vie plus sains en vue de prévenir les maladies non transmissibles. La prévention du cancer chez la femme et les mesures de lutte, en particulier contre le cancer du col utérin et le cancer du sein, se feront au travers de campagnes de sensibilisation de haut niveau et d’interventions spécifiques à chaque pays, notamment par l’introduction du vaccin contre le virus du papillome humain (HPV). Un ensemble d’interventions pour lutter contre les maladies non transmissibles seront intégrées dans les services de soins de santé primaires. La surveillance des maladies non transmissibles et de leurs facteurs de risque se poursuivra pour parvenir à la mise en place de systèmes viables.
Promotion de la santé Enjeux stratégiques Les déterminants de la santé et les risques associés ont une incidence sur le développement économique et social. C’est pourquoi les campagnes de promotion de la santé doivent porter sur des problèmes tels que l’urbanisation rapide et anarchique, la paupérisation, la dégradation de l’environnement et le changement climatique, les modes de vie néfastes à la santé et la consommation de tabac, d’alcool et d’autres substances nocives. La promotion de la santé peut faire une grande différence dans la vie des populations de la Région du Pacifique occidental, si l’on assure des campagnes efficaces de sensibilisation, de mobilisation sociale et d’éducation sanitaire. Il est important d’aborder la promotion de la santé sous l’angle des systèmes pour réussir à combler les lacunes dans les capacités de promotion de la santé et de lutte contre les déterminants sous-jacents de la santé. Il est possible de mobiliser les capacités par des méthodes de réflexion interactive fondées sur le dialogue, par l’apprentissage et par des interventions dans des environnements qui donnent aux individus, aux programmes, aux communautés et aux institutions sociales les moyens de s’attaquer aux obstacles, menaces et risques sous-jacents qui se répercutent sur la santé, sur la qualité de vie et sur le développement.
Les cadres de vie sains jouent un rôle important dans la réalisation du double objectif de santé et de développement. Les programmes des Villes-Santé, notamment, offrent l’occasion d’améliorer la santé publique au niveau local, grâce à la participation des citoyens. Les écoles-santé constituent un tremplin pour améliorer la santé des enfants et des adolescents, de leurs familles et des communautés. Des infrastructures novatrices, notamment les conseils, associations et fondations qui agissent en faveur de la santé, offrent aux communautés, aux partenaires et à la société civile l’occasion de jouer un rôle actif dans la maîtrise des déterminants de la santé. Les conseils, associations et fondations sont capables de trouver et de mobiliser des fonds auprès de nouvelles sources pour financer les campagnes de promotion de la santé. Dans de nombreux pays, on constate une plus grande sensibilisation et le déploiement de davantage de moyens de promotion de la santé, par affiches, prospectus et campagnes médiatiques. La promotion de la santé s’est amplifiée et couvre désormais des travaux sur les politiques et les actions destinées à créer les conditions sociales, politiques et économiques qui permettent aux communautés, aux organisations non gouvernementales et à la société civile de collaborer avec les gouvernements pour acquérir et partager le pouvoir d’influer sur les déterminants de la santé.
ACTIVITÉ DE L’OMS DANS LA RÉGION DU PACIFIQUE OCCIDENTAL 1er juillet 2009–30 juin 2010
54
Pour des communautés et des populations en bonne santé
Actions et résultats La Septième Conférence mondiale sur la promotion de la santé qui s’est tenue à Nairobi (Kenya) portait sur le thème « Combler le fossé de la mise en oeuvre » et a regroupé des représentants du Cambodge, de Chine, des Îles Fidji, de Hong Kong (Chine), de PapouasieNouvelle-Guinée, des Philippines, de la République démocratique populaire lao, de Singapour, des Tonga et du Vanuatu. Un article technique avait été préparé par l’unité régionale chargée de la promotion de la santé en vue de la séance sur le renforcement des capacités de promotion de la santé. Cet article présentait un résumé des activités du programme « Prolead » (développement des capacités d’encadrement pour la promotion de la santé) et des stages de formation à l’encadrement pour la promotion de la santé. Il présentait également des systèmes d’apprentissage et d’action soigneusement conçus, s’appuyant sur des contextes favorisant le dialogue et l’apprentissage interactif. Les informations ont été incorporées dans l’appel à action de la conférence. De plus, le conseil de promotion de la santé de Singapour et l’OMS ont lancé le cadre d’action pour la promotion des écoles-santé (Framework for Action for Health Promoting Schools). L’OMS a maintenu son aide aux pays pour des campagnes spécifiques de promotion de la santé, comme les églises-santé, aux Tonga, la formation à la mobilisation sociale pour le projet
chinois des villages-santé, l’organisation d’un atelier technique sur le marketing social destiné à réduire la vulnérabilité des jeunes migrants et enfin la mise à jour des principes directeurs sur les environnements et les lieux de travail sains aux Philippines. Les mesures mises en place pour réduire les inégalités en santé dans les milieux urbains ont été reconduites dans le partenariat avec le Centre OMS pour le développement de la santé situé à Kobe (Japon), grâce à l’application en Mongolie, aux Philippines et au Viet Nam de l’outil d’évaluation et d’intervention pour l’équité en santé en milieu urbain (Urban HEART). De même, les meilleures pratiques de cartographie des inégalités en santé à l’aide d’un système communautaire d’information sur la gestion à Malaybalay City (Philippines) ont fait l’objet d’une aide. L’OMS a redynamisé les travaux sur les Villes-Santé dans le but de s’en servir comme tremplin pour les démarches intégrées de santé publique menées au travers de différents programmes et unités techniques. Un groupe de travail sur la transposition à grande échelle et l’expansion des Villes-Santé dans la Région du Pacifique occidental a été mis en place à Manille en novembre 2009. Ce groupe était constitué de 37 participants issus de 11 pays et territoires. Pour la Journée mondiale de la Santé 2010 dont le thème était Urbanisation et Santé, l’OMS, en
partenariat avec le Centre des Nations Unies pour le développement régional, a élaboré l’initiative pour des transports urbains sains et écologiquement viables, avec des projets au Cambodge (Phnom Penh), en Chine (Hong Kong), au Japon (Nagoya), aux Philippines (Marikina), et en République de Corée (Changwon). Un forum sur les villes a été organisé le 7 avril 2010 à Manille, à l’occasion de la Journée mondiale de la Santé. Le bilan favorable du concept OMS des Îles-Santé a été annoncé lors d’une réunion organisée préalablement à la Soixante-Troisième Assemblée mondiale de la Santé, en mai 2010 à Genève.
MALADIES NON TRANSMISSIBLES ET PROMOTION DE LA SANTÉ
Pour des communautés et des populations en bonne santé
55
ACTIVITÉ DE L’OMS DANS LA RÉGION DU PACIFIQUE OCCIDENTAL 1er juillet 2009–30 juin 2010
MALADIES NON TRANSMISSIBLES ET PROMOTION DE LA SANTÉ
Futures orientations À la suite de la Septième Conférence mondiale sur la promotion de la santé, l’OMS poursuivra ses actions pour donner aux conseils, associations et fondations qui assurent la promotion de la santé – et composés généralement de représentants de la société civile – les moyens de continuer à tirer un enseignement auprès d’autres fondations de promotion de la santé et d’élaborer des interventions ciblées en vue de renforcer l’engagement auprès des communautés et le soutien des projets. Ces actions, appelées « Prolead Plus », feront intervenir les équipes des divers conseils, associations et centres. L’aide aux pays intéressés par la constitution de fondations de promotion de la santé sera maintenue au Cambodge, en République démocratique populaire lao et au Viet Nam. Un programme de formation est en cours d’élaboration pour rendre les campagnes de promotion de la santé plus efficaces ; il sera appliqué aux travaux liés aux initiatives mondiales comme les objectifs du Millénaire pour le développement et les projets du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme. Le cadre d’action régional pour les écoles-santé (Regional Framework for Action on Health Promoting Schools) sera diffusé et traduit pour être appliqué dans les pays.
Le cadre d’action pour transposer à grande échelle et étendre le concept des Villes-Santé (Framework for Scaling Up and Expanding Healthy Cities) sera mis en application par l’intermédiaire des centres de ressources nationaux et par un réseau de partenaires universitaires qui aideront à l’évaluation et à la compilation d’une documentation sur les Villes-Santé. Les travaux de préparation sont en cours pour reconnaître les meilleures pratiques et les meilleures propositions pour la quatrième conférence de l’Alliance pour des Villes-Santé, qui se déroulera à Gangnam (République de Corée) en octobre 2010. Le concept des Îles-Santé restera l’élément fondamental du développement sain dans le Pacifique. Une mesure de redynamisation, centrée sur les soins de santé primaires, a été adoptée par des représentants de pays et de territoires insulaires du Pacifique, en septembre 2009 au cours de la soixantième session du Comité régional de l’OMS pour le Pacifique occidental. Cette mesure couvrira la reconnaissance et l’octroi de récompenses pour les efforts de promotion de la santé déployés au sein des secteurs et d’un secteur à l’autre, la redéfinition du concept au coeur du développement et l’amplification des mesures prises localement pour promouvoir la santé.
ACTIVITÉ DE L’OMS DANS LA RÉGION DU PACIFIQUE OCCIDENTAL 1er juillet 2009–30 juin 2010
56
Pour des communautés et des populations en bonne santé
Pour des communautés et des populations en bonne santé
57
ACTIVITÉ DE L’OMS DANS LA RÉGION DU PACIFIQUE OCCIDENTAL 1er juillet 2009–30 juin 2010
11. SANTÉ MENTALE ET PRÉVENTION DES TRAUMATISMES Santé mentale Enjeux stratégiques Les troubles mentaux touchent les personnes de tous âges, de toutes catégories et de toutes cultures. On estime que 450 millions de personnes dans le monde souffrent de troubles mentaux et neurologiques. Sans compter les millions d’autres qui présentent ce qu’on appelle des troubles subliminaux. Ils souffrent de graves problèmes psychologiques, souvent invalidants, même si leurs symptômes ne correspondent pas aux critères spécifiques d’une maladie psychiatrique. Selon différentes enquêtes, on estime qu’au moins 2 % de la population souffre des formes les plus graves de troubles mentaux, notamment la schizophrénie, la démence, le retard mental sévère et les conséquences de lésions cérébrales. Moins graves mais tout aussi invalidants, les dépressions, l’anxiété et les troubles obsessifs impulsifs, qui touchent 3 à 4 % de plus de la population. Pourtant, la plupart des pays de la Région du Pacifique occidental n’accordent toujours pas à la santé mentale la place qu’elle mérite dans leurs programmes de santé et de développement. Les obstacles qui empêchent la mise en oeuvre réussie des programmes de santé mentale sont nombreux : la faible sensibilisation à l’importance de la santé mentale, l’absence de politiques et de législations sur la santé mentale, la rareté des ressources humaines pouvant être affectées à la santé mentale et enfin l’isolement de la santé mentale dans les services généraux de santé.
Actions et résultats Ces dernières années, l’OMS a apporté à près de douze pays une aide adaptée à leurs situations pour qu’ils formulent des politiques et des cadres législatifs en faveur de la santé mentale. Les Îles Cook, les Îles Fidji, les Îles Salomon, Kiribati et le Vanuatu ont bénéficié d’un appui pour ébaucher des politiques, actuellement soumises à examen à l’échelon national. Les Îles Marshall, Nauru et les Tonga ont entrepris des évaluations et des consultations auprès des parties prenantes sur les besoins en santé mentale. Certains membres du Réseau océanien pour la santé mentale (PIMHNet) ont mené à bien une évaluation détaillée de la situation et des besoins en matière de main d’oeuvre en santé mentale dans leurs pays. L’OMS aide à mobiliser des ressources techniques et financières pour appliquer les plans de ressources humaines dans chacun des pays. Avec le soutien de l’OMS, une équipe d’Australie se rend chaque trimestre aux Îles Fidji pour assurer une formation et une supervision sur le terrain aux professionnels de la santé mentale et aux médecins généralistes implantés localement. Un stage de formation à la santé mentale a été organisé aux Îles Salomon et au Vanuatu. Il portait spécifiquement sur l’identification et la prise en charge des troubles mentaux dans le contexte des soins de santé primaires. Le projet lancé par la Chine qui consistait à intégrer un modèle de lutte contre l’épilepsie dans les systèmes de santé locaux a obtenu d’excellents résultats. Il a permis de confirmer que l’épilepsie pouvait être traitée au moyen d’antiépileptiques bon marché administrés par des professionnels de santé ayant suivi une formation de base. Lancé dans six provinces, ce projet a été étendu à 15 provinces. Certains États Membres ont bénéficié d’une aide technique et financière pour lancer des évaluations fiables de l’incidence des comportements suicidaires, mortels ou non, et parvenir à en comprendre les causes sous-jacentes. Les Îles Fidji, la Malaisie, la Mongolie, les Philippines, les Tonga et le Vanuatu viennent d’adhérer à ce projet de suivi des comportements suicidaires et d’interventions. Un ouvrage de référence intitulé Towards a Public Health Approach to Suicide Prevention (Vers une démarche de santé publique pour prévenir les suicides) a été publié. Cet ouvrage présente un cadre de référence sur lequel s’appuyer pour élaborer des stratégies de prévention du suicide et apporte des données utiles pour la formulation et l’évaluation des programmes de prévention des suicides. Il propose un modèle d’intervention à plusieurs niveaux qui a été adopté par un certain nombre de pays développés en vue de mettre en place des stratégies nationales de prévention. Cet ouvrage donne également une description détaillée de programmes de prévention du suicide connus dans la Région et dans le monde pour leur efficacité.
ACTIVITÉ DE L’OMS DANS LA RÉGION DU PACIFIQUE OCCIDENTAL 1er juillet 2009–30 juin 2010
58
Pour des communautés et des populations en bonne santé
Futures orientations La charge imputable aux troubles mentaux et neurologiques pourrait être considérablement réduite. Avec des soins appropriés, une assistance psychosociale et un traitement, des dizaines de millions de personnes souffrant de dépression, de schizophrénie et d’épilepsie pourraient être traitées. On pourrait éviter un plus grand nombre de suicides et davantage de personnes pourraient retrouver une vie normale — même lorsque les ressources font défaut. L’OMS continuera d’aider les États Membres qui s’efforcent d’étendre les services de prise en charge des troubles mentaux, neurologiques ou liés à la toxicomanie, en particulier dans les pays à revenu faible ou intermédiaire. Les activités seront centrées sur trois domaines. Le premier porte sur l’élaboration à l’échelon national de politiques, de dispositifs de suivi et de législations portant sur la santé mentale. Le deuxième consiste à accorder une plus grande attention à l’amélioration des soins aux personnes souffrant de maladie mentale, au travers d’actions de formation et d’éducation auprès des professionnels de santé généralistes ou spécialistes et de personnes très diverses dans les communautés. Et enfin, des actions seront relancées pour développer les partenariats en vue de promouvoir la santé mentale, de prévenir les troubles mentaux, neurologiques et psychosociaux, et de mettre fin à la dévalorisation liée aux maladies mentales.
Prévention des traumatismes Enjeux stratégiques Les traumatismes et la violence représentent 9 % de la mortalité mondiale et 16 % de l’ensemble des incapacités. On estime à 600 millions le nombre de personnes en situation de handicap dans le monde. Les accidents de la circulation causent près de 1,2 million de décès chaque année. La Région du Pacifique occidental enregistre chaque année plus de 275 000 décès dus aux accidents de la circulation, soit 22 % de la mortalité mondiale due aux accidents de la circulation. Dans la Région, les accidents de la circulation sont parmi les deux premières causes de décès des personnes âgées de 5 à 44 ans, et la noyade est la principale cause de décès des enfants âgés de 5 à 14 ans. Le cadre d’action régional pour la prévention des traumatismes et de la violence (Regional Framework for Action on Injury and Violence Prevention (2008-2013)) oriente les activités dans ce domaine. Il apporte des conseils sur des actions spécifiques des principaux partenaires, les priorités, les délais et les dispositifs d’évaluation.
Le cadre d’action régional pour la réadaptation à base communautaire (Regional Framework for Action on Community-based Rehabilitation (2010-2015)) a été lancé en 2010. Ce cadre d’action incite les États Membres à exploiter les ressources disponibles pour appliquer à plus grande échelle un ensemble de stratégies et de programmes couvrant la santé, l’éducation, l’emploi et d’autres composants de la réadaptation à base communautaire.
SANTÉ MENTALE ET PRÉVENTION DES TRAUMATISMES
Actions et résultats La Région du Pacifique occidental a lancé en novembre 2009 le rapport régional sur la sécurité routière (Regional Report on Road Safety). Vingt-six pays ont participé à la collecte des données pour l’établissement de ce rapport qui aborde aussi bien les milieux institutionnels et les politiques, les données, l’exposition au risque, que
Pour des communautés et des populations en bonne santé
59
ACTIVITÉ DE L’OMS DANS LA RÉGION DU PACIFIQUE OCCIDENTAL 1er juillet 2009–30 juin 2010
SANTÉ MENTALE ET PRÉVENTION DES TRAUMATISMES
les normes applicables aux véhicules et aux infrastructures, la législation et le concept de sa mise en application, et les soins préhospitaliers. De nombreux pays n’ont pas de dispositif de surveillance, ni de règlementation sur la sécurité routière et ne disposent d’aucune organisation chef de file susceptible de financer des travaux sur la sécurité routière ou des services officiels de soins aux traumatisés. Ce rapport insiste sur la nécessité de renforcer les transports publics dans les
zones urbaines et rurales et d’édicter des lois sur la sécurité routière et de les rendre exécutoires. L’OMS a appuyé les activités menées en faveur de la sécurité routière au Cambodge, en Chine et au Viet Nam, en particulier dans la mise en place des mesures qui rendent obligatoire le port du casque pour les motocyclistes et le port de la ceinture de sécurité et dans le vote de lois sur l’alcool au volant, financés par
Bloomberg Philanthropies. Ces mesures ont abouti à un plus grand respect de la législation sur le port du casque et à une réduction des risques de traumatismes crâniens et de décès au Viet Nam. Au Cambodge, on a observé que le port du casque devenait d’usage plus courant. L’OMS a aidé à l’organisation de réunions entre parties prenantes de la sécurité routière en Malaisie, en Mongolie et aux Philippines, pour discuter des
Des casques pour la sécurité routière au Viet Nam Nguyễn Thành Thảo, vendeur à Da Nang, ne s’est jamais senti à l’aise lorsqu’il conduisait sa fille de 11 ans à l’école, installée sur le porte-bagage de sa motocylette, sans casque. « Ma femme et moi portons un casque mais ma fille n’en a jamais eu », a-t-il dit. « Maintenant, elle en a un. C’est le meilleur moyen de la protéger en cas d’accident. » Comme les écoles primaires des provinces de Binh Duong et de Yen Bai, les 1000 écoliers et enseignants de l’école primaire Be Van Dam à Da Nang ont reçu de nouveaux casques isolants de haute qualité dans le cadre du programme OMS de collaboration avec le Gouvernement du Viet Nam sur la sécurité routière. « Le nouveau casque fourni par l’OMS est léger et sûr et il est parfaitement adapté à sa petite tête », a expliqué M Nguyễn. « Je me sens plus rassuré lorsque je la conduis à l’arrière de ma mobylette. » Tôn Nữ Lan Anh, enseignante à l’école primaire Be Van Dam, explique que l’augmentation du port du casque constatée depuis l’application du programme a été considérable. « Depuis que l’on a remis un casque à chaque enfant et qu’on lui a montré la bonne façon de le porter, la fréquence du port du casque est passée de 50 % à plus de 80 % » a-t-elle expliqué. « Le fait d’expliquer aux enfants les avantages du port du casque pour leur sécurité semble leur donner envie de participer à leur propre sécurité. » Les accidents de la route sont la principale cause de décès et d’incapacité au Viet Nam. Ils sont à l’origine de plus de 11 000 décès chaque année. Mais la loi contraignante que le Premier Ministre a fait voter en 2007 et qui rend obligatoire le port du casque a fortement contribué à réduire le nombre de décès par accidents de la route. Et ce constat sert d’exemple à d’autres pays de la Région du Pacifique occidental où les motocyclettes sont le moyen de transport individuel et familial le plus courant. Depuis 2004, l’OMS a soutenu le Viet Nam dans ses efforts pour renforcer la sécurité routière. Plus récemment, elle a aidé au déploiement et à l’application de cette loi nationale qui rend le port du casque obligatoire.
ACTIVITÉ DE L’OMS DANS LA RÉGION DU PACIFIQUE OCCIDENTAL 1er juillet 2009–30 juin 2010
60
Pour des communautés et des populations en bonne santé
problèmes de collecte de données et de la collaboration entre les secteurs. En 2009, la Mongolie a approuvé un programme national de prévention des traumatismes et de la violence. Les Tonga ont entrepris d’élaborer un plan national sur la sécurité routière. Un programme d’apprentissage à distance sur la sécurité routière a été mis en place à l’intention des professionnels concernés au Cambodge. L’OMS a soutenu des mesures de prévention de la noyade au Cambodge, en Chine, aux Philippines et au Viet Nam. Un atelier a été organisé en mars 2010 sur la prévention des noyades d’enfants dans les pays de l’Asie du Sud-Est, pour aider à améliorer les systèmes de surveillance et à mettre en place des projets plurisectoriels innovants, à assise communautaire, pour prévenir les noyades d’enfants. En novembre 2009, l’OMS a favorisé l’organisation d’une réunion sur les traumatismes des enfants à l’occasion du Forum national sur la prévention des traumatismes qui a eu lieu à Séoul. Les participants venus de 11 pays ont partagé leurs expériences en matière de prévention des traumatismes de l’enfant et de communautés sans risque. Deux ateliers ont eu lieu en novembre 2009 en République démocratique populaire lao sur la réadaptation à base communautaire, pour discuter des mesures susceptibles d’améliorer les services aux personnes en situation de handicap.
Futures orientations Compte tenu des tendances actuelles, l’ampleur du problème des traumatismes, en particulier à la suite d’accidents de la circulation, ne fera que s’accentuer à moins que les États Membres ne s’engagent à prendre les mesures appropriées. L’OMS s’attache désormais à renforcer la capacité du secteur de la santé à collaborer avec d’autres secteurs à la promotion des mesures de prévention des traumatismes et de la violence et des questions liées aux incapacités. Renforcer les dispositifs de surveillance, appliquer des mesures plurisectorielles, améliorer les soins aux victimes et la réadaptation à base communautaire seront des priorités absolues. L’OMS collaborera avec les pays pour intégrer la prévention des traumatismes et de la violence et les questions liées aux incapacités dans l’élaboration de plans nationaux et dans l’instauration de communautés-santé.
Les méfaits de l’alcool L’abus d’alcool est un important facteur de risques de maladies non transmissibles, de violence et de traumatismes, de mauvaise santé chez les adolescents et de certaines maladies transmissibles telles que le VIH, la pneumonie et la tuberculose. Les actions menées pour soutenir les politiques, les législations, la surveillance et les campagnes de sensibilisation contre l’alcool sont des
SANTÉ MENTALE ET PRÉVENTION DES TRAUMATISMES
Pour des communautés et des populations en bonne santé
61
ACTIVITÉ DE L’OMS DANS LA RÉGION DU PACIFIQUE OCCIDENTAL 1er juillet 2009–30 juin 2010
SANTÉ MENTALE ET PRÉVENTION DES TRAUMATISMES
enjeux de première importance dans la Région du Pacifique occidental. Au cours de l’année écoulée, l’OMS a lancé des missions d’assistance technique à l’échelon des pays pour aider à l’élaboration de politiques anti-alcool et à la mise en place de dispositifs de surveillance de la consommation d’alcool au Cambodge, en Chine, en Mongolie, aux Philippines, en République démocratique populaire lao, aux Tonga, au Vanuatu et au Viet Nam. Des réunions nationales sur l’élaboration de politiques anti-alcool ont été organisées au Cambodge, en Mongolie et au Viet Nam en novembre et en décembre 2009. Une réunion de suivi avec ces trois pays et avec la République démocratique populaire lao s’est déroulée à Bangkok en avril 2010. Un atelier de plaidoyer politique a eu lieu dans la province de Guimaras (Philippines), pour lancer une campagne du gouvernement local sur l’alcool. De nouvelles politiques ou législations sur l’alcool ont été ébauchées pour le compte des Tonga et du Vanuatu. La Chine a bénéficié d’une aide pour élaborer une première enquête nationale sur la consommation d’alcool. Une étude, réalisée sur les jeunes et la toxicomanie dans la Région du Pacifique occidental, marque le point de départ d’une collaboration avec les différents programmes sur la santé de l’adolescent.
Un certain nombre de supports techniques et de sensibilisation ont été préparés, notamment un dossier de plaidoyer à l’intention d’organisations non gouvernementales sur l’usage nocif de l’alcool, un ouvrage de référence sur l’élaboration de politiques anti-alcool et un guide sur une législation sur l’alcool. Un plan d’action régional pour réduire les méfaits de l’alcool dans le Pacifique occidental (Regional Plan of Action for the Reduction of Alcohol-related Harm in the Western Pacific (2009-2014)) a été lancé pour orienter les actions de l’OMS et celles des États Membres. Pour continuer à progresser, il conviendra de collaborer avec d’autres secteurs comme les secteurs de la finance et du commerce, pour obtenir des données économiques factuelles à l’appui de la réglementation sur l’alcool et notamment des mesures prises en matière de prix et de taxation.
ACTIVITÉ DE L’OMS DANS LA RÉGION DU PACIFIQUE OCCIDENTAL 1er juillet 2009–30 juin 2010
62
Pour des communautés et des populations en bonne santé
Pour des communautés et des populations en bonne santé
63
ACTIVITÉ DE L’OMS DANS LA RÉGION DU PACIFIQUE OCCIDENTAL 1er juillet 2009–30 juin 2010
12. INITIATIVE POUR UN MONDE SANS TABAC Enjeux stratégiques La consommation de tabac entraîne une dépendance nicotinique et des maladies chroniques. Un tiers des fumeurs du monde réside dans la Région du Pacifique occidental où l’on estime que deux personnes meurent chaque minute d’une maladie liée au tabac. L’exposition involontaire à la fumée du tabac est également une préoccupation majeure, en particulier pour les femmes et les enfants. Par ailleurs, l’utilisation de produits du tabac sans fumée, notamment la mastication de chiques de bétel et de tabac, a augmenté et est liée à la forte incidence de cancer de la bouche, en particulier dans certains pays insulaires du Pacifique. Les gens prennent généralement l’habitude de fumer avant l’âge de 18 ans, lorsque la capacité de contrôle des comportements impulsifs n’est pas encore bien développée. Cette habitude entraîne généralement une dépendance. Les jeunes, et les filles en particulier, sont de plus en plus ciblés par la publicité, le marketing et la promotion. Le secteur de la santé joue un rôle important dans la lutte antitabac. Il n’en reste pas moins que la récente Enquête mondiale sur le tabac chez les étudiants en sciences de la santé a indiqué que, dans certains pays, plus de la moitié des étudiants de troisième année de dentisterie, de médecine, d’infirmerie et de pharmacie fume. La Convention-cadre de l’OMS pour la lutte antitabac (CCLAT) définit les modalités d’élimination du tabagisme. Les directives liées aux articles de la CCLAT, telles qu’adoptées par la Conférence des Parties, ont été publiées et diffusées. L’OMS continue de privilégier les mesures de réduction de la demande reposant sur des bases factuelles et s’inscrivant dans le cadre du programme MPOWER1 décrites dans le Rapport de l’OMS sur l’épidémie mondiale de tabagisme (2008). Toutefois, dans de nombreux pays, les programmes de lutte antitabac manquent de personnel formé et de ressources matérielles pour poursuivre ces activités. L’ingérence de l’industrie du tabac dans l’élaboration des politiques de santé publique est un obstacle, fréquemment mentionné, à la mise en place de dispositions législatives et à l’application de la loi. La coordination avec les autres secteurs et organismes doit être améliorée. Les indicateurs de la lutte antitabac doivent être intégrés dans les plans nationaux de santé et de développement. L’utilisation des données du Système mondial de surveillance du tabagisme est essentielle lors de l’élaboration de politiques, de programmes et d’actions. de l’OMS pour le Pacifique occidental en septembre 2009. Il encourage les pays à réduire la prévalence du tabagisme de 10 % par rapport au niveau actuel sur la période de cinq ans. Il cite des stratégies, approches et objectifs spécifiques et décrit un ensemble d’interventions et d’indicateurs que les pays et les zones peuvent utiliser en fonction de leur contexte local. La quatrième session de l’Organe intergouvernemental de négociation sur le commerce illicite de produits du tabac, tenue à Genève en mars 2010, a négocié un projet de protocole. Vingt-six Parties à la CCLAT issues de la Région du Pacifique occidental y étaient présentes. Bien qu’une grande partie du projet de protocole ait recueilli un consensus, des passages entre crochets pourraient être examinés lors de la quatrième Conférence des Parties en novembre 2010. L’OMS a continué de fournir une assistance technique à l’échelon national pour contribuer aux activités menées dans les pays et avec les partenaires dans le cadre de l’Initiative Bloomberg visant à réduire la consommation de tabac dans le monde. Les actions de politique générale, la formation, l’éducation du public et l’application de MPOWER ont ainsi pu être accélérées en Chine, aux Philippines et au Viet Nam. La lutte antitabac a bénéficié d’une assistance au Cambodge, aux Philippines, en République démocratique
1 Surveiller la consommation de tabac et les politiques de prévention ; protéger la population contre la fumée du tabac ; offrir une aide à ceux qui veulent renoncer au tabac ; mettre en garde contre les dangers du tabagisme ; faire respecter l’interdiction de la publicité, de la promotion et du parrainage des produits du tabac ; et augmenter les taxes sur le tabac.
Actions et résultats Le Plan d’action régional en faveur de l’Initiative pour un monde sans tabac dans le Pacifique occidental (2010-2014) a été approuvé par le Comité régional
ACTIVITÉ DE L’OMS DANS LA RÉGION DU PACIFIQUE OCCIDENTAL 1er juillet 2009–30 juin 2010
64
Pour des communautés et des populations en bonne santé
Des images fortes pour lutter contre le tabagisme La Mongolie a récemment rallié les pays de la Région du Pacifique occidental qui exigent la présence d’avertissements graphiques sur les paquets de cigarettes. Elle rejoint ainsi l’Australie, le Brunei Darussalam, Hong Kong (Chine), la Malaisie, la Nouvelle-Zélande et Singapour qui ont imposé l’utilisation d’images choc pour décourager les jeunes à fumer et encourager les fumeurs à réduire leur consommation et, à terme, arrêter de fumer. Les avertissements sanitaires imprimés sur les paquets de cigarettes, tant sous forme textuelle que graphique, comptent parmi les sources d’informations sanitaires les plus remarquées des fumeurs. On estime qu’une personne qui fume un paquet par jour y est exposée plus de 7000 fois par an. Même les non-fumeurs, dont les enfants et les jeunes, déclarent être fortement exposés et sensibilisés aux avertissements imprimés sur les paquets. Depuis l’entrée en vigueur des avertissements sanitaires graphiques en Mongolie, en janvier 2010, les enquêtes réalisées ont montré qu’une majorité écrasante des jeunes qui y ont été exposés les trouvent utiles et pensent qu’ils influenceront les choix en matière de tabagisme. Les images de dents pourries et de pieds gangrenés étaient celles qui les ont le plus frappés. D’autres images, illustrant des poumons encrassés, un foetus maladif, un coeur malade et l’impuissance sexuelle, seront également utilisées. La Mongolie n’utilisait jusqu’alors que des avertissements textuels sur ses paquets de cigarettes. L’adoption d’avertissements graphiques plus dissuasifs a été possible grâce à l’Équipe de travail mongolienne sur les avertissements sanitaires sur les produits du tabac, qui a placé la santé publique avant les intérêts commerciaux et la puissante industrie du tabac. Cette équipe compte 18 membres, dont les ministères de la Santé, de l’Alimentation et de l’Agriculture, et du Commerce et de l’Industrie, ainsi que l’Association mongolienne des agents de santé publique, l’organisation Healthy Life Healthy Population et d’autres groupes. Elle a reçu le prix du Directeur général de l’OMS sur les avertissements sanitaires graphiques lors de la Journée mondiale sans tabac de 2009. populaire lao et au Viet Nam, dans le cadre de partenariats et de projets de collaboration avec l’Alliance pour la lutte antitabac en Asie du Sud-Est. Un atelier de formation sur la fiscalité du tabac a eu lieu en juin 2010 avec des participants des ministères des Finances de plusieurs pays de la Région. Une formation sur la surveillance du tabagisme passif dans les lieux publics, y compris les restaurants et les bars, a été organisée en juillet 2009 en partenariat avec l’école de santé publique Johns Hopkins et le Centre OMS pour le développement sanitaire de Kobe (Japon). Des projets de surveillance du tabagisme passif dans les lieux publics ont été lancés en Chine, aux Philippines, en République de Corée et au Viet Nam. L’OMS a contribué aux activités de la Journée mondiale sans tabac de 2010 axées sur les sexospécificités, les femmes et la santé. Les meilleures pratiques en matière de lutte antitabac et de sexospécificités au Viet Nam ont été présentées lors du lancement mondial, qui a eu lieu à Tokyo le 31 mai 2010. L’OMS a également collaboré avec ses homologues dans le cadre de grandes manifestations sportives sans tabac, en République démocratique populaire lao (25es Jeux de l’Asie du Sud-Est et Jeux nationaux de Champasak) et au Viet Nam (IIIes Jeux asiatiques en salle sans tabac). Les meilleures pratiques de sevrage tabagique adoptées en Australie et à Guam ont été partagées avec la ville de Xian, dans la province du Shaanxi en Chine, les États fédérés de Micronésie, les Îles Mariannes du Nord et la Mongolie. La collaboration de l’OMS avec le ministère de la Santé de Hong Kong (Chine) et le Nicotine Dependence Centre de la Mayo
INITIATIVE POUR UN MONDE SANS TABAC
Pour des communautés et des populations en bonne santé
65
ACTIVITÉ DE L’OMS DANS LA RÉGION DU PACIFIQUE OCCIDENTAL 1er juillet 2009–30 juin 2010
INITIATIVE POUR UN MONDE SANS TABAC
Clinic (États-Unis d’Amérique) a entraîné la diffusion de nouvelles connaissances et capacités en matière de traitement de la dépendance tabagique. En collaboration avec l’unité Halte à la tuberculose de l’OMS, l’Initiative pour un monde sans tabac a participé à une réunion de points focaux chargés de la lutte contre la tuberculose dans le Pacifique afin d’intégrer la lutte antitabac au traitement de la tuberculose. Le Système mondial de surveillance du tabagisme a été mis en place au Cambodge, à Hong Kong (Chine), aux Îles Cook, aux Îles Fidji, aux Îles Marshall, à Kiribati, à Nioué, en Malaisie, aux Palaos, en Papouasie-Nouvelle-Guinée, aux Philippines et en République démocratique populaire lao.
accordée à la fiscalité et à la tarification du tabac. Un soutien sera fourni aux pays ayant participé à la formation sur la fiscalité du tabac, dans le but d’imposer des taxes supérieures ou égales à 60 % du prix de détail. La protection contre le tabagisme passif sera préconisée pour les villes et les administrations locales et les ministères de la Santé seront encouragés à reconnaître et récompenser les meilleures pratiques. La collaboration avec le Bureau régional de l’OMS pour l’Asie du Sud-Est se poursuivra par le biais de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est en vue d’un partenariat pour des villes sans tabac. De grandes manifestations sans tabac seront également promues. L’inscription de la lutte antitabac dans les programmes d’études médicales sera appuyée. Les activités de formation et de renforcement des capacités à fournir des conseils succincts sur les dangers du tabagisme dans le cadre des services de soins de santé primaire se poursuivront. Des initiatives visant à renforcer les liens entre la lutte antitabac et la lutte antituberculeuse, l’action préventive et la lutte contre les maladies cardiovasculaires et la santé de l’enfant seront explorées plus avant. Les résultats des enquêtes mondiales sur le tabagisme chez les adultes réalisées en Chine, aux Philippines et au Viet Nam seront diffusés et utilisés pour promouvoir : la législation sur la protection contre le tabagisme passif ; des avertissements sanitaires
graphiques ; l’interdiction totale de la publicité, de la promotion et du parrainage ; les mesures de fiscalité ; et le traitement de la dépendance tabagique.
Futures orientations Au cours de l’année à venir, l’OMS collaborera avec les pays à la définition d’indicateurs permettant de suivre les progrès accomplis vers la réalisation des objectifs du plan d’action régional. Les plans et stratégies des pays seront actualisés et les domaines de collaboration technique seront examinés plus avant lors d’une réunion de points focaux chargés de la lutte antitabac. Les pays seront encouragés à inclure la lutte antitabac dans leurs plans nationaux de santé et de développement. Des interventions spécifiques sur la réduction de la demande seront menées dans les pays. Une priorité élevée sera
ACTIVITÉ DE L’OMS DANS LA RÉGION DU PACIFIQUE OCCIDENTAL 1er juillet 2009–30 juin 2010
66
Pour des communautés et des populations en bonne santé
Pour des communautés et des populations en bonne santé
67
ACTIVITÉ DE L’OMS DANS LA RÉGION DU PACIFIQUE OCCIDENTAL 1er juillet 2009–30 juin 2010
L
a nécessité de renforcer les systèmes de santé pour obtenir de meilleurs résultats sanitaires est largement reconnue, de même que l’on connaît les interventions qui permettraient de réduire la charge des maladies pour la santé publique dans la Région du Pacifique occidental. Mais faire en sorte que ces interventions atteignent ceux qui en ont besoin — en temps utile, de façon fiable et suffisante et pour un coût raisonnable — reste un véritable défi à relever. L’augmentation importante des financements en faveur de la santé, alloués pour la plupart à des programmes de lutte contre des maladies, a depuis plusieurs décennies des effets bénéfiques sur la santé. Pourtant, ces effets bénéfiques ne sont pas proportionnels aux investissements effectués. Il est reconnu qu’une augmentation des fonds, en soi, ne suffit pas à assurer de façon efficace et équitable les interventions et les services de santé nécessaires. Au coeur de ces enjeux est la nécessité d’améliorer les systèmes de santé. Les pays dont les systèmes de santé demeurent impuissants sont encore trop nombreux. Si les tendances actuelles persistent, plusieurs États Membres ne parviendront probablement pas à atteindre les objectifs du Millénaire pour le développement liés à la santé. Les systèmes de santé mal structurés et inadaptés contribuent à un tel échec. Les pays de la Région du Pacifique occidental ont des caractéristiques extrémement variées en matière
de population, taille, géographie, richesse, ethnicité et gouvernance. Les progrès économiques rapides et significatifs ont eu une incidence très bénéfique sur la santé. Pourtant, la plupart de ces effets bénéfiques n’ont pas suffi à atteindre les groupes de population pauvres ou marginalisés. Les inégalités persistantes voire croissantes dans l’accès aux services de santé et dans les résultats sanitaires sont de plus en plus flagrantes à l’intérieur des pays et d’un pays à l’autre. Les obstacles à l’accès aux services sont la pauvreté, les inégalités entre les sexes, l’appartenance ethnique, le manque d’éducation ou de sensibilisation, les facteurs culturels, la stigmatisation, la situation urbaine ou rurale, et la non-réactivité des systèmes de santé. Au cours de l’année écoulée, la Division Développement du secteur de la santé a aidé les États Membres à améliorer et à préserver la santé de leurs populations en renforçant leurs systèmes de santé. Ce que vise l’OMS, c’est l’accès universel à des services de qualité pour parvenir à améliorer la santé de tous. Son action s’inspire des valeurs des soins de santé primaires — accessibilité, équité, qualité, confiance, participation, continuité et viabilité —ce qui correspond également aux valeurs des systèmes de santé bien structurés. La planification rationnelle de la santé dans un pays peut permettre le développement satisfaisant des systèmes de santé et rassembler les parties prenantes du pays autour d’objectifs politiques communs. La Division a continué d’apporter son appui à différents pays pour les aider à élaborer des plans de santé nationaux, à entreprendre la réforme du secteur de la santé et à mettre en place des approches sectorielles de la santé. De plus, une aide substantielle a été apportée au Siège de l’OMS pour l’élaboration d’un document stratégique sur les politiques et stratégies nationales de santé et sur la planification de la santé, en s’appuyant sur les expériences acquises dans la Région.
ACTIVITÉ DE L’OMS DANS LA RÉGION DU PACIFIQUE OCCIDENTAL 1er juillet 2009–30 juin 2010
68
Développement du secteur de la santé La Division a, en particulier, aidé à la réalisation des objectifs d’autres programmes, comme l’amélioration de la santé de la mère et de l’enfant, le renforcement des mesures de prévention et des traitements contre les maladies non transmissibles et la réduction de la charge de morbidité due aux maladies transmissibles. La Division a également apporté son aide pour renforcer la capacité des États Membres et des programmes techniques à élaborer et mettre en oeuvre des politiques et des programmes et à en assurer le suivi, en vue de réduire les inégalités en santé. Un appui technique a été apporté pour renforcer la sensibilisation, les compétences et les moyens d’action des pays et des programmes techniques en matière d’équité, de droits de l’homme et d’égalité entre les sexes dans le domaine de la santé. Le personnel de santé est un facteur déterminant d’efficacité d’un système de santé et influe sur la prestation des services et sur la qualité des soins de santé. Un projet de cadre d’action régional en matière de ressources humaines pour la santé (2011-2015) est en cours d’élaboration en vue d’accélérer les interventions destinées à résoudre les problèmes persistants ou émergeants de main d’oeuvre sanitaire dans la Région. L’OMS a continué à aider les pays qui s’efforcent de renforcer leur main d’oeuvre sanitaire, d’améliorer leur compétence et de les fidéliser, souvent en partenariat avec des parties prenantes telles que des instituts, des alliances et des réseaux de professionnels. De plus, l’OMS a identifié les principaux domaines de collaboration avec les partenaires pour améliorer et garantir la qualité et le niveau d’éducation et de formation des professionnels de santé, en particulier le rôle des instituts et des unités ou des centres de développement des programmes d’éducation dans les pays où les besoins se font davantage sentir. Deux nouvelles stratégies — à savoir la Stratégie de financement de la santé pour la région Asie-Pacifique (2010-2015) et la Stratégie de renforcement des services de laboratoire de santé pour l’Asie et le Pacifique (2010-2015) — ont été approuvées par le Comité régional et des mesures sont prises actuellement pour leur mise en application. La notion de couverture universelle, thème central de la stratégie de financement de la santé, a été intégrée dans les plans stratégiques de santé nationaux. Par ailleurs, les indicateurs de financement définis dans la nouvelle stratégie ont été acceptés dans plusieurs pays. La Division a élaboré un ensemble de profils de pays , en présentant des analyses situationnelles des principaux problèmes de financement de la santé qui pourra servir de base pour étayer les travaux d’élaboration des futures politiques de financement de la santé dans les États Membres de la Région. Les systèmes de santé doivent permettre la prestation des services de santé sur un mode transversal. Un groupe de laboratoires travaillant sur la base d’échanges entre divisions a été créé au Bureau régional pour entreprendre un travail de collaboration entre unités techniques sur les questions de laboratoire, dans le cadre de la mise en oeuvre de la Stratégie de renforcement des services de laboratoire de santé pour l’Asie et le Pacifique. L’OMS a par ailleurs apporté un appui technique aux pays dans l’élaboration de leurs politiques et plans nationaux sur les laboratoires, en commençant par certains pays du Pacifique. La Division procède actuellement à l’élaboration d’un projet de Stratégie régionale pour le renforcement des systèmes de santé fondés sur les valeurs des soins de santé primaires. Des consultations se sont déroulées dans les pays et ont été suivies de réunions d’experts et d’une consultation à haut niveau auprès d’États Membres.
69
ACTIVITÉ DE L’OMS DANS LA RÉGION DU PACIFIQUE OCCIDENTAL 1er juillet 2009–30 juin 2010
13. DÉVELOPPEMENT DES SERVICES DE SANTÉ
Enjeux stratégiques Une couverture universelle de services de santé de qualité, propre à améliorer les résultats des soins de santé fait partie des objectifs stratégiques de l’OMS. L’unité Développement des services de santé aide les États Membres à améliorer ces services sous quatre aspects stratégiques : l’organisation, la prise en charge et la qualité, la gouvernance et la planification, la coordination et la sécurité des patients. Les systèmes et services de santé de la Région du Pacifique occidental tout entière doivent surmonter une grande variété d’obstacles. Dans certains pays, il est urgent parvenir à offrir un accès universel aux soins, par une meilleure affectation des fonds et une extension de la couverture des prestations. Dans d’autres, l’accès universel est menacé par la hausse du coût de la vie. La qualité et la sécurité des services de santé sont loin d’être parfaits. Les pressions visant à étendre la couverture médicale et à améliorer la qualité des soins se font contrer par des pressions quelque peu opposées, réclamant une meilleure rentabilité et un contrôle plus strict des dépenses. Le secteur privé, sous tous ses aspects, constitue un prestataire de services important. Les gouvernements sont souvent à la traîne pour ce qui est de remplir leur rôle de sentinelle en gérant et en réglementant les activités lucratives du secteur de la santé. Le contexte dans lequel les services de santé se pratiquent évolue rapidement. La mondialisation, le changement climatique,
le vieillissement des populations, les mutations épidémiologiques, telles que l’accroissement de la prévalence des maladies non transmissibles, la décentralisation et les migrations, ne sont que quelques exemples des courants qui influent sur la prestation des services de santé. La part accordée à la santé par des organes d’assistance au développement au profit de pays étrangers a substantiellement augmenté, et cible principalement des maladies transmissibles précises. Ces financements ne sont pas seulement bénéfiques aux pays, ils mettent aussi en lumière les goulots d’étranglement des systèmes de santé, contribuent à la fragmentation du secteur de la santé et en rendent encore plus difficile la coordination globale.
par le Comité régional pour le Pacifique occidental réuni en sa soixante et unième session, en octobre 2010. Des ateliers de formation d’instructeurs en matière d’amélioration de la qualité des services de soins de santé ont été conduits avec la coopération du Institute of Health Systems Research, Malaisie, à l’intention de 36 participants venus de six pays d’Asie et de 20 autres venus de 11 pays insulaires océaniens. Les équipes d’instructeurs des pays représentés ont reçu un financement de démarrage pour réaliser des activités d’amélioration de la qualité à petite échelle afin d’affûter leurs connaissances. La Chine a également
Actions et résultats La résolution WPR/RC59.R4 prise à la cinquante-neuvième session du Comité régional pour le Pacifique occidental, appelait à élaborer, par un processus de consultation des États Membres, « une stratégie régionale de renforcement des systèmes de santé qui s’inspire des principes directeurs et des valeurs essentielles des soins de santé primaires ». Un avant-projet de stratégie a été rédigé et 220 personnes aptes à donner des avis éclairés et provenant de 28 États Membres ont été interrogées sur le sujet. Les informations recueillies ont été analysées par un comité des sages, en février 2010. Les observations de celui-ci ont servi à la rédaction d’une deuxième mouture de la stratégie qui a été présentée à une réunion de haut niveau en juin 2010, et qui sera examinée
ACTIVITÉ DE L’OMS DANS LA RÉGION DU PACIFIQUE OCCIDENTAL 1er juillet 2009–30 juin 2010
70
Développement du secteur de la santé
conduit une étude comparée des méthodes de réglementation de la qualité des soins de santé. L’Alliance mondiale pour la sécurité des patients a appelé les pays et les institutions à s’en prendre aux manquements mettant à mal la sécurité des patients. Une action prônant une hygiène des mains plus consciencieuse a été menée auprès de 407 hôpitaux dans 16 pays de la Région s’étant engagés à améliorer leurs pratiques. Un « pensebête pour une chirurgie sans danger » a été publié, ou préparé en vue de sa diffusion, dans tout le pays en Australie, en Malaisie, aux Philippines et aux Tonga, et il est utilisé par plus de 700 hôpitaux chinois. Une aide a été octroyée aux pays pour qu’ils incorporent des activités propres à renforcer durablement leurs systèmes de santé dans les demandes de financement auprès d’institutions mondiales en faveur
de la santé, à savoir le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme et l’Alliance mondiale pour les vaccins et l’immunisation (GAVI). L’OMS a facilité l’élaboration de demandes de financement dans huit pays, et neuf des onze demandes présentées ont été provisoirement approuvées. Un atelier sur la « Maximisation des synergies entre les Initiatives mondiales en faveur de la santé et les systèmes de santé » s’est tenu en novembre 2009. Cet atelier a réuni les directeurs de programmes des départements Tuberculose, Paludisme, Vaccinations, VIH/sida, Santé maternelle et infantile et Planification, de huit pays de la Région du Pacifique occidental et de trois pays de la Région de l’Asie du SudEst, et le personnel technique de l’OMS s’intéressant aux systèmes de santé tout comme celui des unités de lutte contre les maladies. Les équipes de pays ont déterminé où se trouvaient les goulots d’étranglement qui entravaient les
systèmes de santé et où des interventions conduites en synergie seraient à même d’améliorer les résultats. Cette réflexion a débouché sur la formulation commune de recommandations et la définition d’activités à incorporer dans les plans de mise en oeuvre en cours de réalisation et dans de futures demandes de financement. L’OMS a contribué à la revue des lois sur la santé publique, les services médicaux et dentaires, aux Îles Fidji et à Nauru, à la défense pour son adoption de la loi sur les examens médicaux et les traitements au Viet Nam, et à l’évaluation de la portée des lois et des règlements applicables aux métiers d’infirmiers et d’infirmiers praticiens dans plusieurs pays
DÉVELOPPEMENT DES SERVICES DE SANTÉ
Développement du secteur de la santé
71
ACTIVITÉ DE L’OMS DANS LA RÉGION DU PACIFIQUE OCCIDENTAL 1er juillet 2009–30 juin 2010
DÉVELOPPEMENT DES SERVICES DE SANTÉ
insulaires océaniens. L’OMS a également facilité l’expérimentation de modèles de gestion normalisés des services de santé, dans des contextes urbains et ruraux, en Chine, ainsi que la conduite d’une étude sur la médiation et l’arbitrage dans des litiges d’ordre médical. Une étude sur les partenariats privés et publics dans le domaine de la santé a été achevée en Papouasie-Nouvelle-Guinée où les services de santé ruraux sont assurés dans leur majorité par le secteur privé. Des activités de nombreuses sortes portant sur l’efficacité de l’aide, telles que des réunions de coordination, ont été organisées dans presque tous les pays où l’aide représente un volet important des actions. On peut citer comme exemples l’établissement de rapports annuels sur le secteur de la santé au Cambodge et au Viet Nam, une déclaration d’intention à l’intention des bailleurs de fonds au Viet Nam, des évaluations des approches
embrassant le secteur dans son ensemble en Papouasie-Nouvelle-Guinée, au Samoa et aux Îles Salomon, la mise en place d’un mécanisme de coordination à l’échelle du secteur tout entier, assorti de l’élaboration de politiques et de lignes directrices en République démocratique populaire lao, et la facilitation de la mise en place du Partenariat international en faveur de la santé au Cambodge. L’OMS a apporté un soutien technique à la conduite d’une étude des soins de santé primaires en Chine, destinée à documenter la politique intérieure chinoise ainsi que l’aide au développement qu’elle prodigue à d’autres pays. En outre, le Bureau régional pour le Pacifique occidental a publié les conclusions d’une étude de cas menée dans quatre pays sur la conformité des procédures de l’OMS avec les principes d’efficacité de l’aide, définis dans la Déclaration de Paris sur l’efficacité de l’aide.
La planification nationale des services de santé prend de plus en plus d’importance étant donné que les partenaires tant intérieurs qu’extérieurs reconnaissent la nécessité d’améliorer la cohésion du secteur de la santé par une adhésion à une planification de la santé propre au pays. Dans ce sens, un soutien a été apporté dans de nombreux pays, le Cambodge, les Îles Salomon, la Papouasie-Nouvelle-Guinée, la République démocratique populaire lao et le Viet Nam ayant tous actualisé leur plan national pour la santé ou, du moins, commencé à le faire. La Chine reçoit également une assistance technique pour réaliser sa réforme du secteur de la santé.
Futures orientations La Stratégie régionale de renforcement des systèmes de santé sur la base des valeurs des soins de santé primaires sera présentée au Bureau régional pour
ACTIVITÉ DE L’OMS DANS LA RÉGION DU PACIFIQUE OCCIDENTAL 1er juillet 2009–30 juin 2010
72
Développement du secteur de la santé
Appuyer la réforme du secteur de la santé chinois Zhang Jingwen, paysanne de 65 ans dans la province du Hebei, dans la Chine du nord, souffrant d’hypertension artérielle, d’hyperlipidémie et de bronchite chronique, aurait dû normalement dépenser une fortune pour se faire soigner. Madame Zhang annonce cependant: « J’ai souscrit à la nouvelle caisse-maladie coopérative rurale . Cette année, j’ai versé 20 yuans (environ 3 dollars) à la caisse, ce qui me permettra d’avoir 80% de mes dépenses de santé remboursées. Cette caisse est très avantageuse, et mes voisins sont du même avis. » En 2009, la Chine a lancé une réforme du secteur de la santé de grande envergure dans le but d’améliorer l’accessibilité, la qualité et les résultats des services de santé au profit de tous. Travaillant de pair avec le gouvernement chinois depuis plusieurs années, l’OMS a apporté un soutien global pour l’élaboration et la mise en oeuvre de la politique de réforme. Pour que la Chine puisse atteindre son but, c’est-à-dire offrir un accès universel aux soins de santé essentiels à tous ses citoyens d’ici à 2020, l’OMS l’a aidée à se doter des moyens d’établir un système d’assurance-maladie au profit des populations rurales et urbaines, de fixer les prix et de financer les services de santé essentiels. You Peishuang, une autre paysanne de la province du Hebei, vient de passer deux semaines à l’hôpital. Elle souffrait d’hyperlipidémie. « J’ai dépensé au total 4500 yuans et j’ai reçu 1100 yuans en retour grâce au système d’assurance-maladie », dit la patiente, âgée de 63 ans. Si l’économie qu’elle fait est bienvenue, un meilleur accès aux soins l’est tout autant. Mme Zhang précise qu’elle suit le traitement qui lui est prescrit près de son village, dans une clinique annexe de l’hôpital du canton. Pour garder trace de ces expériences d’une manière plus systématique, l’OMS collabore avec les autorités pour mettre en place des systèmes de suivi et d’évaluation de la réforme du secteur de la santé. L’Organisation fournit également une assistance technique pour faciliter la réforme et l’élaboration de la politique sur les produits pharmaceutiques, notamment en faisant part d’expériences faites dans les domaines de la sélection des médicaments essentiels, de la fixation des prix, des politiques de recours à des médicaments génériques et de la rationalisation de l’emploi des médicaments. En ce qui concerne les ressources humaines, l’OMS a réalisé une étude sur les politiques de mutation des effectifs, de recours au secteur privé, d’utilisation de ses services de santé, de formation médicale, et de recrutement, ainsi que sur les conséquences de la réforme pour les professionnels de la santé. Pour ce qui est de la mise en pratique de ces réformes, l’Organisation a facilité la conception et la réalisation de programmes de réforme pilotes dans la ville de Chongqing, la région autonome du Hui du Ningxia et la province du Shandong, portant notamment sur les services de santé essentiels et les prestations des services de santé publique, les mécanismes de financement et de paiement des fournisseurs, des systèmes de gestion et de supervision, et le suivi et l’évaluation. Développement du secteur de la santé
DÉVELOPPEMENT DES SERVICES DE SANTÉ
73
ACTIVITÉ DE L’OMS DANS LA RÉGION DU PACIFIQUE OCCIDENTAL 1er juillet 2009–30 juin 2010
DÉVELOPPEMENT DES SERVICES DE SANTÉ
le Pacifique occidental pour examen. La stratégie s’inscrit dans une volonté générale de redonner vigueur aux soins de santé primaires et de renforcer les aspects des systèmes de santé qui se recoupent et concernent plusieurs secteurs. Les activités visant à l’amélioration de la qualité des services se poursuivront et seront plus particulièrement axées sur le travail sur place avec des formateurs. Le cas échéant, l’OMS contribuera également à l’établissement de cadres d’action et de structures réglementaires servant la qualité. L’accent sera mis sur le renforcement des méthodes de gestion au niveau opérationnel. Le travail impliquant plusieurs divisions au sein du Bureau régional sur la qualité des services, la résistance antimicrobienne et la sécurité des patients, se poursuivra. Les initiatives mondiales en faveur de la santé continueront d’être une source importante de financement. Un soutien technique sera fourni aux pays et aux programmes s’attaquant à des maladies spécifiques, sur le plan de la conception, de la mise en oeuvre et du suivi d’actions transsectorielles destinées à renforcer les systèmes de santé au moyen de ces ressources. Les États Membres se verront appuyés dans leur travail législatif et réglementaire s’ils en font la demande.
L’OMS offrira un soutien technique afin d’améliorer l’efficacité de l’aide. Ce soutien portera plus précisément sur la coordination des aides, les approches sectorielles, le cas échéant, la planification sanitaire nationale et les processus politiques. Les pays et les institutions souhaitant lever les obstacles à la sécurité des patients, déterminés par l’Alliance mondiale pour la sécurité des patients, verront leurs efforts facilités grâce à une assistance technique, l’échange d’informations et un modeste soutien financier.
ACTIVITÉ DE L’OMS DANS LA RÉGION DU PACIFIQUE OCCIDENTAL 1er juillet 2009–30 juin 2010
74
Développement du secteur de la santé
Développement du secteur de la santé
75
ACTIVITÉ DE L’OMS DANS LA RÉGION DU PACIFIQUE OCCIDENTAL 1er juillet 2009–30 juin 2010
14. FINANCEMENT DES SOINS DE SANTÉ Financement des soins de santé Enjeux stratégiques L’accès universel aux services de santé est l’objectif prédominant des politiques de financement de la santé. Il consiste à assurer que chacun puisse accéder à des services de santé appropriés, à la portée de sa bourse. Malgré la croissance économique impressionnante qu’a connue la Région du Pacifique occidental au cours des dernières décennies, beaucoup de gens rencontrent de sérieuses difficultés financières en raison des fortes sommes qu’ils doivent débourser pour se faire soigner. D’autres encore renoncent tout simplement à suivre un traitement parce qu’ils sont dans l’impossibilité de le payer. Ce problème tient à plusieurs raisons, notamment l’insuffisance du budget affecté à la santé par de nombreux gouvernements de la Région, leur manque d’empressement à instaurer des mécanismes de prépaiement et, par conséquent, une dépendance excessive à l’égard des déboursements directs par les patients. Ces facteurs nuisent aux principes d’équité et d’accessibilité puisqu’ils exposent les populations, en particulier les pauvres et les personnes vulnérables, au risque de ne pas pouvoir accéder aux services de santé ou de sombrer dans la précarité lorsqu’elles se voient obligées de payer leur médecin et leurs frais d’hôpital. En outre, les budgets limités alloués à la santé par les gouvernements ne sont pas toujours utilisés de la manière la plus rentable.
Actions et résultats Dans ce contexte, il a été jugé utile de formuler une nouvelle Stratégie de financement de la santé pour la région Asie-Pacifique (2010-2015). Celle-ci met en lumière les principaux domaines stratégiques sur lesquels les planificateurs devraient se concentrer pour réaliser une couverture universelle des services de santé. Ces domaines comprennent la rentabilité des dépenses de santé et les mesures à prendre pour garantir une utilisation évolutive des maigres ressources à disposition. La stratégie incite chaque pays à examiner sa propre situation en matière de financement de la santé et à agir pour améliorer les résultats des services de santé grâce à une couverture plus étendue et à une meilleure protection sociale. La stratégie a été approuvée par le Comité régional réuni en sa soixantième session en 2009. Elle comporte comme élément nouveau un groupe de quatre indicateurs cibles qui se recoupent et qui permettent aux gouvernements de suivre et d’évaluer leur progrès vers la mise en place d’une couverture universelle. Les cibles à atteindre sont les suivantes : 1) une réduction des paiements directs de façon qu’ils ne dépassent pas 40 % des dépenses totales de santé, 2) l’établissement du total des dépenses de santé à au moins 4 % du produit intérieur brut, 3) une couverture de plus de 90 % de la population par les prépaiements et les caisses de
mutualisation des risques, et 4) la prise en charge de près de la totalité des segments pauvres et vulnérables de la population par des systèmes de sécurité sociale et de protection financière. Étant donné la diversité des systèmes de santé existant dans la Région, ces indicateurs cibles ne sont donnés qu’à titre de repères, les pays devant fixer leurs propres cibles et stratégies de manière réaliste. Les actions stratégiques et les objectifs du financement de la santé définis dans la stratégie se retrouvent à présent dans les programmes d’action propres à chaque pays. Ainsi, dans la stratégie de financement des Philippines, pour ce qui concerne la réduction des débours directs, la cible a été établie à 30 % du total des dépenses de santé et l’augmentation de la protection sociale devrait entraîner que près de 90 % de la population soient couverts par le système d’assurancemaladie national d’ici à 2020. De plus, en Chine et aux Philippines, un dialogue s’est engagé en vue de supprimer les mécanismes de versement direct d’honoraires au prestataire de services des régimes de rémunération des services.
ACTIVITÉ DE L’OMS DANS LA RÉGION DU PACIFIQUE OCCIDENTAL 1er juillet 2009–30 juin 2010
76
Développement du secteur de la santé
Au Cambodge, un cadre stratégique de financement de la santé, l’établissement annuel d’un rapport sur le financement de la santé et un protocole d’accord sur la protection sociale en matière de services de santé, ont été approuvés. Les politiques de financement de la santé sont en cours de révision en Mongolie et en République démocratique populaire lao, de façon que la couverture universelle soit assurée dans un avenir proche. L’assurance-maladie gagne du terrain en Chine, aux Philippines et au Viet Nam, grâce à une ferme détermination politique des gouvernements et aux mesures qu’ils prennent pour garantir une couverture des soins de santé et une bonne protection sociale aux personnes pauvres et vulnérables. Le nouveau « système d’assurance-maladie coopératif rural » est opérationnel en Chine, dans tous les cantons ruraux. À la fin de 2009, 830 millions de résidents ruraux en Chine—soit près de 95 % de la population rurale—ont été inscrits dans
les registres de la caisse d’assurancemaladie rurale. La Malaisie envisage de réformer son système de financement de la santé afin d’étendre la couverture des soins de santé et d’améliorer l’intégrité, la qualité, la rentabilité et la capacité de réaction du système de santé national. Depuis son approbation par le Comité régional, la stratégie a été traduite en six langues. Elle vient en complément du Rapport sur la santé dans le monde 2010, qui examine le financement et le degré de couverture des services de santé sous une perspective mondiale. La crise économique mondiale qui est survenue en 2008 a eu un impact important sur de nombreux pays de la Région et a projeté les questions relatives au financement de la santé sur le devant de la scène. Le suivi des conséquences de la crise sur la santé, comme l’obligation de veiller à ce que des coupes supplémentaires ne soient pas décidées dans les allocations budgétaires
à la santé déjà faibles, a représenté un travail important. Une étude visant à évaluer l’impact de la crise a été conduite dans cinq pays en développement en Asie, avec la collaboration de la Banque asiatique de développement. Bien que cette étude ait abouti à la conclusion que les conséquences néfastes soient à ce jour minimes, elle avertit néanmoins que les effets de la crise sur la santé se ressentiront probablement bien après l’impact économique plus général. Beaucoup de ménages semblent disposer de ressources suffisantes pour absorber l’impact négatif de la récente récession économique. On s’attend toutefois à ce que certains doivent lutter pour survivre lorsque ces ressources seront épuisées, surtout si l’augmentation du taux de chômage rend les gens plus vulnérables. Par contre, dans les pays insulaires océaniens, la situation est plus
FINANCEMENT DES SOINS DE SANTÉ
Développement du secteur de la santé
77
ACTIVITÉ DE L’OMS DANS LA RÉGION DU PACIFIQUE OCCIDENTAL 1er juillet 2009–30 juin 2010
FINANCEMENT DES SOINS DE SANTÉ
grave, car la crise survient peu après une pénurie alimentaire et des catastrophes naturelles. Une baisse des recettes de l’État dans quelques pays insulaires du Pacifique a conduit à faire des coupes claires dans les budgets publics et à geler le recrutement de personnel, ce qui a nuit à la prestation des services de santé. Pour satisfaire au besoin de mieux étayer les politiques de financement de la santé par des données factuelles, la pratique de l’établissement de comptes nationaux de la santé (CNS) s’est étendue, en particulier dans le Pacifique. En partenariat avec la Banque asiatique de développement, l’OMS a mis au point une documentation sur les CNS ainsi que des outils d’estimation adaptés aux besoins des pays océaniens, a créé un sous-réseau océanien sur les CNS et a mené toute une série d’activités de développement des capacités sur place, dans les États fédérés de Micronésie, aux Îles Fidji et au Vanuatu. En outre, dans les pays où le système de santé est décentralisé, comme aux Philippines, elle a rédigé et testé le bien-fondé d’un manuel pour l’estimation des comptes locaux de la santé.
Le travail sur les comptes nationaux de la santé a avancé en Chine, en Mongolie, aux Philippines et au Viet Nam. Ce travail vise aussi à améliorer le recueil de données de référence pour l’établissement d’indicateurs cibles du financement de la santé, qui seront utiles à l’établissement d’indicateurs spécifiques à chaque pays et à leur suivi à l’échelle des pays et de la région.
Futures orientations Une couverture universelle et l’accès de tous à des services de santé de bonne qualité resteront les principes directeurs guidant l’amélioration des résultats des soins de santé prodigués aux populations de la Région du Pacifique occidental. La Stratégie de financement de la santé pour la région Asie-Pacifique (20102015) offre une perspective à moyen terme de la façon dont la couverture universelle pourra se mettre en place dans divers contextes socioéconomiques. Le soutien apporté spécifiquement à chaque pays sera principalement dirigé vers les États Membres ayant un budget pour les dépenses de santé limité,
ACTIVITÉ DE L’OMS DANS LA RÉGION DU PACIFIQUE OCCIDENTAL 1er juillet 2009–30 juin 2010
78
Développement du secteur de la santé
fortement tributaires des paiements directs des frais médicaux, et où les personnes pauvres et vulnérables ne jouissent que d’une faible couverture sociale. À cet égard, la mise en place et le financement d’un ensemble essentiel de services de santé de base, reflétant les priorités du pays en matière de santé publique, seraient une étape importante pour garantir l’accès des personnes pauvres et vulnérables à ces services. Il est attendu que ces efforts soient menés avec la collaboration d’autres organisations des Nations Unies et des institutions d’aide au développement.
aux inégalités croissantes dans l’accès aux services de santé et dans leurs résultats. Des systèmes de santé médiocres ou inefficaces continuent de placer les pauvres et les autres membres de groupes de population souffrant d’exclusion dans un état d’infériorité. Il y a eu quelque progrès mais il reste encore beaucoup à faire. La santé doit être reconnue comme un élément primordial du développement. De plus, les pays doivent garantir un accès plus équitable aux services de santé à tous les segments de la population et abattre les barrières d’ordre social ou financier, pauvreté, discrimination sexiste ou ethnique, qui empêchent cet accès.
Equité, prise en compte des sexospécificités et droits de la personne Enjeux stratégiques Bien que la Région du Pacifique occidental ait connu au cours de ces dernières décennies une croissance économique et une expansion certaines, tous les segments de la population n’en ont pas bénéficié au même degré. C’est pourquoi l’équité, la prise en compte des sexospécificités et les droits de la personne dans le domaine de la santé restent des points d’une importance majeure, voire croissante. Les progrès sanitaires réalisés dans le Pacifique occidental ces dernières décennies sont inégalement répartis et n’ont pour ainsi dire pas réussi à toucher les pauvres et d’autres groupes marginalisés. La Région fait face à d’importantes difficultés liées
soutien à la réalisation du programme régional de lutte contre le paludisme au profit des minorités ethniques, à l’application de l’Initiative pour un monde sans tabac à l’adresse des femmes comme des hommes, et à la mise en pratique du programme de surveillance des maladies émergentes et d’intervention, sous l’angle de la prise en compte des sexospécificités face à ces nouvelles maladies. L’OMS a également fourni aux responsables du secteur de la santé un soutien en faveur du développement des capacités régionales dans les domaines de l’équité, de la prise en compte des sexospécificités et des droits de la personne. Plusieurs publications et outils ont été conçus, diffusés et utilisés à l’appui de cette activité, notamment, trois modules reproduits dans la série des publications régionales, traitant de l’intégration de la pauvreté et de la prise en compte des sexospécificités dans les programmes de développement sanitaire, d’études de cas menées dans neuf pays sur la promotion de l’équité en matière de santé dans l’établissement de politiques et d’actions fondées sur des données factuelles, et
FINANCEMENT DES SOINS DE SANTÉ
Actions et résultats L’approche globale adoptée par l’OMS consiste à sensibiliser l’opinion, à développer les compétences et les capacités, par la réalisation dans les États Membres de programmes techniques axés sur la pauvreté et l’équité, les droits de la personne et la prise en compte des sexospécificités dans le domaine de la santé, et à concevoir, diffuser et promouvoir des outils et des ressources à l’appui de ce travail. Plus précisément, l’OMS a aidé la Chine à mettre en oeuvre son programme de lutte antituberculeuse, en centrant son attention sur la pauvreté, l’équité et l’égalité de traitement des hommes et des femmes. Elle a, en outre, apporté son
Développement du secteur de la santé
79
ACTIVITÉ DE L’OMS DANS LA RÉGION DU PACIFIQUE OCCIDENTAL 1er juillet 2009–30 juin 2010
FINANCEMENT DES SOINS DE SANTÉ
d’une évaluation des traitements imposés aux toxicomanes dans quatre pays, sous le couvert d’une application de certains principes des droits de l’homme. Des pages Web sur l’équité, les déterminants sociaux, l’égalité de traitement des hommes et des femmes et les droits de l’homme ont été créées et sont régulièrement actualisées. Les données de référence pour la réalisation de ce travail ont été complétées par l’établissement, encore au stade de l’élaboration, de profils de pays portant sur leurs manières de considérer l’équité, les sexospécificités et les droits de la personne dans l’offre des services de santé, profils qui serviront ultérieurement à étayer la planification du renforcement des capacités et des activités à mener. En décembre 2009, la Chine a publié le rapport de son enquête nationale sur les services de santé (2008). Cette enquête indique que les populations urbaines et à faible revenu sous-utilisent les services de santé et conclut qu’il y a lieu d’améliorer l’équité en matière de santé. Il se termine par plusieurs recommandations concrètes pour y parvenir. Centrer son attention sur l’équité c’est favoriser le travail de la Région pour le renforcement des systèmes de santé et les soins de santé primaires, avec, à l’horizon, un accès universel à des services de qualité et de meilleurs résultats des soins de santé au profit de tous.
Futures orientations L’intérêt, les capacités et l’engagement des États Membres, tout comme les programmes techniques de l’OMS traitant des questions relatives à l’équité, aux droits de la personne et à l’égalité de traitement des hommes et des femmes dans la santé, demeurent relativement faibles. Il faudrait continuer d’apporter un soutien et exploiter toutes les occasions possibles pour défendre cette cause et contribuer par une assistance technique à la prise en compte de ces questions. Les futures activités comprendront l’offre d’un soutien technique pour l’adoption de solutions pratiques, permettant de surveiller, de mesurer et d’analyser les inégalités en matière de santé. On pourrait citer plusieurs exemples de collaboration réussie avec des programmes techniques travaillant sur des questions transversales. Cette approche sera renforcée.
ACTIVITÉ DE L’OMS DANS LA RÉGION DU PACIFIQUE OCCIDENTAL 1er juillet 2009–30 juin 2010
80
Développement du secteur de la santé
Développement du secteur de la santé
81
ACTIVITÉ DE L’OMS DANS LA RÉGION DU PACIFIQUE OCCIDENTAL 1er juillet 2009–30 juin 2010
15. RESSOURCES HUMAINES POUR LA SANTÉ Enjeux stratégiques Les ressources humaines pour la santé sont un déterminant majeur de la performance des systèmes de santé qui influe à la fois sur la prestation des services de santé et sur la qualité des soins. Les aspects les plus importants de la question sont : les effectifs, la qualité, la répartition, les gammes de compétences, les performances et la fidélisation des personnels de santé. La Région du Pacifique occidental est confrontée à des problèmes persistants qui tiennent notamment à la pénurie de personnel, aux déséquilibres constatés dans la gamme de compétences et la répartition des effectifs, aux faibles qualifications ou au niveau d’instruction insuffisant du personnel, aux bas salaires, au caractère inadapté des outils incitatifs existants et à de mauvaises conditions de travail. En dépit de ces problèmes communs à l’ensemble de la Région, chaque situation est unique, et le degré d’urgence des problèmes à traiter varie considérablement d’un pays à l’autre.
Tous les pays de la Région s’emploient à répondre aux besoins de leurs personnels de santé en organisant des cours de formation et de perfectionnement, et en gérant au mieux de leurs moyens la diminution des effectifs. Ces efforts doivent cependant s’inscrire dans le long terme. La mise en oeuvre des politiques, stratégies et plans relatifs au personnel de santé se heurte souvent à des contraintes qui découlent à la fois de capacités d’encadrement limitées, de l’absence de données susceptibles de faciliter l’élaboration et la planification des politiques, de la collaboration insuffisante des intervenants concernés et du manque de moyens. En l’absence d’un engagement politique résolu, d’un partenariat efficace et d’une collaboration étroite entre les principaux acteurs du secteur de la santé et d’autres secteurs, et d’un accroissement des ressources allouées à la valorisation des ressources humaines, la situation dans les domaines précités a peu de chances de s’améliorer. La Stratégie régionale relative aux ressources humaines pour la santé (2006-2015), les résolutions pertinentes de l’Assemblée mondiale de la Santé, le Rapport sur la santé dans le monde 2006 et les plans d’action mondiaux continuent de guider l’action que mène l’OMS pour aider les États Membres à se doter durablement de personnels de santé suffisants, compétents, productifs, convenablement soutenus et capables
de contribuer à une amélioration de la situation sanitaire qui profitera équitablement à tous.
Actions et résultats L’évaluation de l’état d’avancement de la Stratégie régionale relative aux ressources humaines pour la santé (2006-2015) a mis en évidence les progrès accomplis à l’échelle nationale, notamment en ce qui concerne la capacité des agents de santé à répondre aux besoins sanitaires des populations, la valorisation des ressources humaines, le déploiement et la fidélisation des personnels de santé, la gouvernance et l’encadrement des effectifs et l’application de pratiques optimales de gestion des ressources humaines pour la santé. La réunion sur la stratégie et les initiatives régionales en faveur des ressources humaines pour la santé, tenue à Manille en août 2009, a débouché sur l’adoption d’un certain nombre de recommandations relatives aux mesures que doivent prendre les pays membres et l’OMS pour accélérer la mise en oeuvre de la stratégie régionale,
ACTIVITÉ DE L’OMS DANS LA RÉGION DU PACIFIQUE OCCIDENTAL 1er juillet 2009–30 juin 2010
82
Développement du secteur de la santé
et notamment l’élaboration d’un Cadre d’action stratégique pour la période 2011-2015 en réponse à l’évolution du contexte sanitaire et des besoins des personnels de santé. Les participants à la réunion ont également examiné le projet de Code de pratique de l’OMS pour le recrutement international des personnels de santé, qui a été présenté au Comité régional pour le Pacifique occidental lors de la soixantième session et a fait l’objet d’une résolution adoptée par la Soixante-Troisième Assemblée mondiale de la Santé en mai 2010. L’action de l’OMS a contribué à l’amélioration des bases factuelles sur lesquelles reposent l’élaboration, la planification et la gestion des politiques et stratégies nationales relatives aux personnels de santé. À titre d’exemple, l’OMS a aidé à la réalisation d’une analyse de la situation des effectifs de santé et à la mise en place d’un processus de dialogue en Chine, dans le cadre d’une réforme du secteur de la santé visant à accroître le nombre de médecins généralistes exerçant dans les zones rurales et isolées. L’OMS a également examiné des données internationale sur les mesures d’incitation les plus efficaces et a réalisé une étude de faisabilité sur l’adoption de mesures d’incitation en République démocratique populaire lao. L’Organisation a participé à l’actualisation des données sur les effectifs de santé dans plusieurs pays insulaires du Pacifique ; elle a également
évalué la qualité de la formation aux soins infirmiers et obstétricaux dispensés dans le Pacifique et des normes applicables en la matière. À l’échelle régionale, les profils nationaux des personnels de santé et les indicateurs sur les flux de personnel ont été actualisés et alignés sur les indicateurs mondiaux, ce qui contribuera à améliorer les connaissances sur lesquelles reposent les politiques et stratégies de gestion des ressources humaines. Les données recueillies par l’OMS et ses partenaires, et en particulier les indicateurs sur les flux de personnel, ont été diffusés auprès de tous les pays et partenaires concernés. L’OMS a continué d’appuyer la formation des agents de santé et l’amélioration de la qualité de la formation médicale et des normes s’y rapportant, y compris dans le domaine du perfectionnement professionnel, afin de pallier le manque de connaissances et de compétences parmi les professionnels de santé. En 2009, l’Organisation a accordé plus de 470 bourses d’étude aux fins de voyages d’étude individuels ou collectifs, et les différents programmes techniques de l’OMS ont organisé de nombreux ateliers nationaux et cours de formation de niveau local. Au total, 47 réunions techniques et ateliers interpays, auxquels ont pris part plus de 1500 personnes, ont eu lieu pendant l’année écoulée. Dans le même temps, 28 cours de formation permanente
sur la santé et diverses activités en ligne de renforcement des capacités ont été organisés par le biais du Réseau océanien d’apprentissage ouvert des professions sanitaires (POLHN), au bénéfice de plus de 600 agents de santé de pays insulaires océaniens. L’OMS a par ailleurs lancé un programme de formation à l’exercice de responsabilités internationales en santé publique. Outre l’amélioration des programmes d’enseignement et les lignes directrices sur l’assurance de la qualité, l’OMS, en collaboration avec des associations professionnelles, des établissements
RESSOURCES HUMAINES POUR LA SANTÉ
Développement du secteur de la santé
83
ACTIVITÉ DE L’OMS DANS LA RÉGION DU PACIFIQUE OCCIDENTAL 1er juillet 2009–30 juin 2010
RESSOURCES HUMAINES POUR LA SANTÉ
de formation et d’autres partenaires, a contribué au renforcement des compétences des équipes enseignantes et à l’amélioration des méthodes pédagogiques dans des établissements de formation nationaux du Cambodge, de la République démocratique populaire lao, du Viet Nam et d’États et Territoires insulaires océaniens. Au début de 2010, une réunion de consultation sur l’amélioration de la qualité et le renforcement des capacités des équipes enseignantes des établissements de formation aux soins infirmiers et obstétricaux, organisée en partenariat avec l’Université d’Hawaï et Sigma Theta Tau International, a débouché sur l’adoption de trois projets de plans d’action sur les normes mondiales applicables aux soins infirmiers et obstétricaux professionnels, les compétences infirmières dans le contexte des soins de santé primaire et le développement et le renforcement des capacités des équipes enseignantes par le biais de réseaux universitaires. Une réunion informelle sur la qualité de la formation médicale et de l’enseignement de la médecine, tenue en mai 2010, a été l’occasion pour les pays participants de confronter leurs expériences, notamment en ce qui concerne le rôle des centres nationaux de formation des personnels enseignants. Elle a également permis de recenser
les besoins prioritaires des pays, en particulier ceux de la sous-région du bassin du Mékong, et a débouché sur un certain nombre de propositions relatives aux interventions stratégiques et institutionnelles à engager pour renforcer la qualité de l’enseignement de la médecine et de la formation des professionnels de santé, grâce notamment à l’utilisation des nouvelles technologies de l’information et de la communication et des outils d’apprentissage électronique. L’OMS a continué d’oeuvrer au renforcement de la collaboration entre différents partenaires, réseaux et alliances afin de promouvoir une approche homogène du renforcement durable des personnels de santé nationaux, notamment en plaidant en faveur d’un engagement politique renforcé et de l’échange de données factuelles et d’expériences. L’Alliance océanienne en faveur des ressources humaines pour la santé (AORHS) et ses équipes nationales continuent de travailler en ce sens dans le Pacifique, avec le soutien de partenaires du développement, d’organisations océaniennes, d’établissements de formation et d’associations professionnelles. L’Organisation a apporté son soutien aux réseaux d’associations professionnelles représentant les personnels infirmiers et obstétricaux et aux centres collaborateurs afin de promouvoir l’échange de ressources,
d’expériences et d’information et d’encourager les pouvoirs publics et les acteurs concernés à engager des actions concertées en vue du renforcement des capacités infirmières et obstétricales de la Région. L’OMS a apporté un soutien au Réseau infirmier Asie-Pacifique pour les urgences et les catastrophes dans les domaines suivants : développement des compétences en santé psychosociale dans le contexte des catastrophes ; épidémiologie, catastrophes et maladies émergentes ; prise en charge des traumatismes, triage des cas et traitement des plaies ; et lutte antiinfectieuse dans un contexte marqué par l’augmentation des risques liés à l’environnement et par des catastrophes répétées. L’OMS, par le biais de son projet sur les soins infirmiers en milieu communautaire, a noué des liens de collaboration avec les services compétents du ministère chinois de la santé en vue de l’amélioration de la qualité des soins dispensés en milieu communautaire et à domicile, grâce au renforcement des capacités infirmières et à l’utilisation de connaissances et de compétences facilitant les interventions sanitaires dans des contextes communautaires appelant une démarche interdisciplinaire. L’aide fournie par l’OMS en vue de la réduction des taux de mortalité maternelle dans des pays prioritaires comme le Cambodge, la République démocratique populaire lao et la Papouasie-Nouvelle-
ACTIVITÉ DE L’OMS DANS LA RÉGION DU PACIFIQUE OCCIDENTAL 1er juillet 2009–30 juin 2010
84
Développement du secteur de la santé
Guinée a porté sur la mise en oeuvre d’activités nationales axées sur le renforcement des capacités infirmières et obstétricales et des effectifs en personnel obstétricien qualifié. Au Cambodge, le personnel du bureau de pays de l’OMS a aidé au recensement des mesures stratégiques à prendre pour former rapidement de nouvelles sages-femmes qualifiées dans le cadre d’un programme d’enseignement révisé, encourager l’accouchement médicalisé et renforcer les services obstétricaux d’urgence vers lesquels sont orientés les cas les plus difficiles. Un expert en soins infirmiers et obstétricaux a été chargé d’améliorer les connaissances et les capacités des instructeurs nationaux chargés de la formation des futurs agents infirmiers et obstétricaux dans les établissements de soins infirmiers et hôpitaux provinciaux, à l’aide des modules de formation axés sur la résolution de problèmes élaborés par l’OMS à l’intention des formateurs en soins obstétricaux. En PapouasieNouvelle-Guinée, l’Organisation a appuyé les activités de formation en soins obstétricaux. L’OMS a continué de plaider pour que les pouvoirs publics jouent un rôle moteur dans l’adoption et la supervision d’une approche plus homogène du renforcement durable des personnels de santé nationaux, par le biais de l’AORHS et des instances internationales. L’Organisation s’est employée sans
relâche à promouvoir le renforcement des synergies entre les personnels des différentes composantes du système de santé et entre les différents programmes techniques régionaux et nationaux, et à appuyer au plan technique l’élaboration de stratégies mondiales et régionales axées sur les systèmes de santé.
Futures orientations L’OMS, en collaboration avec les États Membres et les principaux acteurs concernés, et en réponse à l’évolution de la situation et des besoins émergents des personnels de santé de la Région, élaborera un cadre stratégique d’action (2011-2015) visant à accélérer la mise en oeuvre de la Stratégie régionale relative aux ressources humaines pour la santé (2006-2015). Ce cadre d’action sera assorti d’indicateurs adaptés qui permettront d’évaluer les progrès accomplis, et notamment les résultats et les impacts des activités entreprises, en particulier à l’échelle nationale. Forte de sa capacité à promouvoir, organiser et faciliter le dialogue entre les partenaires concernés, l’Organisation continuera d’oeuvrer au renforcement des effectifs de santé des pays de la Région. Elle fournira également des conseils techniques aux États Membres, en mettant à leur disposition des données factuelles ou en encourageant l’adoption de démarches novatrices, comme par exemple la coopération publique-privée,
afin de venir à bout des problèmes liés aux ressources humaines pour la santé dans la Région. L’OMS s’attachera aussi à renforcer les capacités nationales dans le domaine de l’élaboration, de la planification et de la gestion de politiques et de stratégies de valorisation des ressources humaines pour la santé reposant sur des bases factuelles, afin d’améliorer l’accès des populations à des personnels de santé compétents et motivés, en particulier dans les zones mal desservies. L’OMS s’attachera aussi à renforcer ses capacités techniques à fournir un soutien continu aux États Membres et à ses partenaires, en particulier dans les pays prioritaires ou l’Organisation a entrepris de renforcer son action, afin d’accroître la performance des systèmes de santé dans leur ensemble, d’améliorer l’état de santé des populations et d’atteindre les buts et objectifs visés. Elle aura aussi pour priorité d’aider les pays à se doter de personnels de santé justifiant d’une gamme de compétences appropriée et capables de contribuer à l’accès universel des populations de la Région à des services de santé de qualité.
RESSOURCES HUMAINES POUR LA SANTÉ
Développement du secteur de la santé
85
ACTIVITÉ DE L’OMS DANS LA RÉGION DU PACIFIQUE OCCIDENTAL 1er juillet 2009–30 juin 2010
16. MÉDICAMENTS ET TECHNOLOGIES SANITAIRES ESSENTIELS
Médicaments essentiels et politiques pharmaceutiques Enjeux stratégiques Ne pas avoir accès aux médicaments essentiels pose un grave problème dans les pays en développement de la Région du Pacifique occidental. Souvent, ces médicaments ne sont pas disponibles ou leurs prix sont prohibitifs. De récentes études ont montré que dans le secteur public, seulement la moitié des 15 médicaments génériques les plus courants sont disponibles dans certains pays en développement de la Région, souvent à des prix médians représentant en moyenne 50 % des prix de référence internationaux. La prolifération dans la Région des médicaments contrefaits ou de médicaments ne répondant pas aux normes représente toujours un danger pour la sécurité population. Les mesures d’application de la réglementation pharmaceutique n’étant pas assez coercitives, cette lacune engendre la production et à la distribution de médicaments contrefaits, souvent contrôlés par les organisations criminelles internationales. Dans la région du Mékong, les antipaludéens et les antibiotiques nécessaires au traitement de maladies graves sont souvent des contrefaçons. On constate fréquemment dans les établissements de santé et dans les communautés une utilisation inefficace et irrationnelle des médicaments, ce qui
entraîne un gaspillage de ressources déjà limitées. Le recours abusif aux antibiotiques et aux injections est un problème persistant dans la Région. L’usage irrationnel des médicaments découle de multiples facteurs et de bon nombre d’acteurs, ce qui en explique la complexité. Dans de nombreux pays où les patients doivent payer leurs traitements de leur poche, les prestataires prescrivent les médicaments en quantités excessives dans le but d’en tirer un revenu. Dans ce domaine, l’OMS s’attache à améliorer l’accès à des médicaments essentiels dont la qualité est avérée et à en garantir l’usage rationnel par les prestataires et les patients. Pour ce faire, elle s’appuie sur la Stratégie régionale pour un meilleur accès aux médicaments essentiels dans la Région du Pacifique occidental (2005-2010).
Actions et résultats Des évaluations réalisées récemment au Cambodge, en Chine, en Malaisie, en Mongolie, aux Philippines et en République démocratique populaire lao ont permis d’étayer le projet de cadre d’action sur l’accès aux médicaments essentiels (Framework for Action on Access to Essential Medicines (2010-2015)). Plusieurs consultations d’experts et d’États Membres ont permis de mettre la dernière main à ce projet, au début de cette année. En septembre 2009, l’OMS a apporté un appui technique au Département Politiques pharmaceutiques et médicaments essentiels du Ministère chinois de la Santé, au travers d’une
consultation nationale et de formations sur la sélection des médicaments essentiels à partir de données factuelles. De plus, l’assistance technique apportée à la Chine concernant la stratégie et le plan d’action mondiaux sur la santé publique, l’innovation et la propriété intellectuelle s’est concrétisée par l’organisation de deux ateliers nationaux en juin et en novembre 2009. Le Viet Nam a bénéficié d’un appui technique en avril 2010 par le biais d’une consultation nationale sur les politiques pharmaceutiques, notamment sur les aspects de gouvernance et de transparence, sur le financement, les droits de propriété intellectuelle et l’usage rationnel des médicaments. Le projet de partenariat entre l’OMS et la Commission européenne sur les politiques pharmaceutiques a permis d’apporter un appui technique dans l’élaboration et l’examen des politiques pharmaceutiques nationales des États fédérés de Micronésie, de Nauru, des Îles Salomon, de Tuvalu et du Vanuatu. Par ailleurs, des fonctionnaires d’une douzaine de pays insulaires du Pacifique ont participé en juillet 2009 à Melbourne (Australie) à un stage de formation sur l’amélioration de la gestion des approvisionnements pharmaceutiques, organisé par le Burnet
ACTIVITÉ DE L’OMS DANS LA RÉGION DU PACIFIQUE OCCIDENTAL 1er juillet 2009–30 juin 2010
86
Développement du secteur de la santé
Institute et par l’OMS. Une assistance technique a aussi été apportée à plusieurs autres pays insulaires du Pacifique pour renforcer leurs dispositifs nationaux d’achat et d’approvisionnement, et pour la mise en place de formations nationales, entre autres. Un site Internet d’échange d’informations régionales sur les prix d’achat d’une sélection de médicaments essentiels a été créé pour offrir aux pays un moyen de pression lorsqu’ils négocient les prix dans le cadre de leurs procédures d’achats publics. Une consultation d’experts organisée à Manille en février 2010 a permis d’améliorer le système d’alerte rapide mis en place pour combattre la contrefaçon des médicaments. Un projet spécial est en cours d’exécution pour apporter un appui technique à la Chine dans la procédure de présélection des traitements antituberculeux. Au Viet Nam, l’OMS a collaboré avec l’Organisation des Nations Unies pour le développement industriel
à la mise en place d’une politique sur la production locale. Au Cambodge, des sessions de formation distinctes ont été proposées en décembre 2009 aux contrôleurs pharmaciens et aux fabricants de médicaments. En collaboration avec le « United States Pharmacopeia Drug Quality and Information Program », l’OMS a apporté son aide à la mise en place d’un dispositif de surveillance des antipaludéens après leur mise sur le marché cambodgien. Au cours de l’année écoulée, le programme de l’OMS pour une bonne gouvernance dans le domaine pharmaceutique a mené des activités en Malaisie, en Mongolie et aux Philippines. Un groupe de travail technique sur la sélection et l’usage des médicaments dans les pays insulaires du Pacifique s’est réuni à Melbourne en juillet 2009 pour étudier les principes directeurs disponibles sur le diabète et les maladies de l’enfant dans le Pacifique. La Mongolie et la République démocratique populaire lao ont procédé à une mise à jour de leurs listes de médicaments essentiels
avec l’aide de l’OMS. Un groupe de travail interdisciplinaire a été constitué au Bureau régional pour faciliter une démarche menée en collaboration sur la résistance aux antimicrobiens.
MÉDICAMENTS ET TECHNOLOGIES SANITAIRES ESSENTIELS
Futures orientations L’OMS poursuivra sa collaboration avec les États Membres et ses partenaires pour améliorer l’accès aux médicaments essentiels, en s’appuyant sur le cadre d’action sur l’accès aux médicaments essentiels (2010-2015). Le site Internet
Développement du secteur de la santé
87
ACTIVITÉ DE L’OMS DANS LA RÉGION DU PACIFIQUE OCCIDENTAL 1er juillet 2009–30 juin 2010
MÉDICAMENTS ET TECHNOLOGIES SANITAIRES ESSENTIELS
d’échange d’informations sur les prix des médicaments sera renforcé pour appuyer les mesures prises pour améliorer l’accès aux médicaments essentiels. Une évaluation du secteur pharmaceutique sera réalisée. L’OMS intensifiera sa collaboration avec les États Membres et ses partenaires pour lutter contre les médicaments contrefaits et les médicaments ne répondant pas aux normes. Cela se traduira par une aide concrète dans le domaine de la réglementation pharmaceutique et par une coopération avec les organismes de répression des fraudes. Le système Internet d’alerte rapide sera étendu à un plus grand nombre de partenaires intervenant dans la lutte contre les médicaments contrefaits. L’OMS poursuivra sa collaboration avec ses partenaires et les États Membres pour renforcer les règlementations pharmaceutiques et les systèmes d’approvisionnement et pour promouvoir les concepts de transparence et de bonne gouvernance. Les campagnes de promotion de l’usage rationnel des médicaments menées auprès des prestataires et des usagers exigent de la constance, et il faudra rechercher et favoriser des interventions pluridisciplinaires.
Combattre la contrefaçon de médicaments en Asie Les forces des services de police et des douanes ont commencé à se déployer dans toute l’Asie en juillet 2009 et ont opéré des descentes dans des pharmacies et des entrepôts contenant des stocks de médicaments contrefaits et d’autres produits médicaux illicites au Cambodge, en Chine, en Indonésie, au Myanmar, en République démocratique populaire lao, en Thaïlande et au Viet Nam. Cinq mois plus tard, à sa clôture, l’opération Storm II avait permis 33 arrestations et la fermeture de 100 points de vente. Au total, 20 millions de comprimés, flacons et sachets de médicaments contrefaits et de produits médicaux illicites ont été saisis au cours de cette opération coordonnée par INTERPOL (Organisation internationale de Police Criminelle) avec l’appui de l’OMS et de l’Organisation mondiale des Douanes. « Le plus souvent, les pharmacies illicites ont été simplement fermées, » a expliqué Mme Aline Plançon, une des responsables d’INTERPOL. « Pourtant, lors d’une descente dans un entrepôt, nous avons arrêté cinq personnes et saisi des milliers de médicaments contrefaits. » Ces descentes parfaitement coordonnées faisaient partie de la deuxième phase de l’opération Storm II, une opération multinationale destinée à démanteler des réseaux de vente et de distribution de produits pharmaceutiques contrefaits en Asie (antibiotiques et antipaludéens notamment). Pendant la phase de préparation, INTERPOL a identifié les autorités nationales de réglementation, les services de police et des douanes pour les inviter à participer aux descentes de police. Nous avons organisé ensuite une formation aux échelons régional et national. Pendant l’opération, INTERPOL a coordonné les mesures coercitives dans l’ensemble de la Région. « Le plan d’ensemble de l’opération a été préparé collectivement, » a déclaré Mme Plançon. « Des actions spécifiques ont été décidées au cas par cas, en fonction des opérations précédentes, des enquêtes d’échantillonnage et des informations échangées. Les descentes ont toujours été opérées par des organismes nationaux. » L’opération Storm II a été réalisée sous les auspices du Groupe spécial international anticontrefaçon de produits médicaux (IMPACT) mis en place par l’OMS. Les membres d’IMPACT sont des organisations internationales, des organismes de répression des fraudes, des sociétés industrielles et des organisations non gouvernementales qui ont collaboré étroitement aux enquêtes criminelles internationales et qui aident les pays à renforcer leurs propres dispositifs de détection et de répression des fraudes. « L’opération Storm II a servi de tremplin pour la collaboration entre la police nationale, les douanes et les autorités de réglementation pharmaceutique, et avec des organisations internationales et le secteur privé, » a déclaré le Dr Budiono Santoso, conseiller régional pour les produits pharmaceutiques au Bureau régional de l’OMS pour le Pacifique occidental. « Nous espérons pouvoir reproduire ce modèle de collaboration dans d’autres pays et dans d’autres régions où la contrefaçon de médicaments pose un grave problème de santé publique. » Mme Plançon a approuvé. « J’espère que le réseau Storm servira de modèle dans la Région, qu’il permettra d’obtenir d’autres succès collectifs, de démanteler des réseaux criminels et de permettre une prise de conscience au plus haut niveau, » a-t-elle déclaré. « Nous pensons que les opérations Storm et Storm II ont eu un impact dans la Région en permettant une prise de conscience. Et pourtant, ce n’est jamais suffisant. »
ACTIVITÉ DE L’OMS DANS LA RÉGION DU PACIFIQUE OCCIDENTAL 1er juillet 2009–30 juin 2010
88
Développement du secteur de la santé
Technologie de la santé et laboratoires Enjeux stratégiques Les services de laboratoires jouent un rôle essentiel dans les soins cliniques et la santé publique. Mais dans la Région du Pacifique occidental, les laboratoires de santé ne sont pas tous au même stade d’évolution. Malgré les efforts considérables déployés pour améliorer les services de laboratoire de santé dans la Région, l’accent a surtout été mis sur les programmes de lutte contre des maladies spécifiques. Passer de services de laboratoire spécialisés dans des maladies spécifiques à une approche plus intégrée permettra une exploitation plus efficace des ressources, la réduction des actions redondantes et une meilleure prestation des services de laboratoire. Dans le domaine de la sécurité transfusionnelle, l’OMS continue de soutenir l’application de sa stratégie qui vise à renforcer les programmes de transfusion sanguine coordonnés à l’échelon national. L’objectif prioritaire reste l’obtention de dons de sang exclusivement bénévoles et la soumission de la totalité du sang donné aux tests de dépistage. En effet, le risque de transmission de maladies par l’intermédiaire des transfusions persiste dans les pays où la prévalence des infections est élevée et où les systèmes d’assurance qualité font défaut.
Actions et résultats En septembre 2009, le Comité régional du Pacifique occidental a approuvé la Stratégie de renforcement des services de laboratoire de santé pour l’Asie et le Pacifique (2010-2015), élaborée conjointement par les Bureaux régionaux de l’Asie du Sud-Est et du Pacifique occidental. Cette stratégie peut être adaptée aux différents contextes des pays ou des Régions et peut être intégrée aux politiques, stratégies et ressources nationales de santé existantes. L’OMS a poursuivi son action pour renforcer les services de laboratoire de santé au travers d’une collaboration transversale entre les différents programmes. La création au Bureau régional d’un groupe de travail sur les laboratoires est une première étape. Les membres de ce groupe sont issus de différentes divisions et unités techniques, notamment Maladies émergentes : Surveillance et action, Paludisme, VIH/sida, Tuberculose, Maladies non transmissibles et enfin Santé de la mère et de l’enfant. Le Cambodge, les Îles Fidji, les Îles Salomon, Kiribati, la Mongolie, la Papouasie-Nouvelle-Guinée, Nauru, et Tuvalu ont bénéficié d’un appui technique pour élaborer leurs propres politiques et plans nationaux sur les laboratoires en s’appuyant sur la Stratégie de renforcement des services de laboratoire de santé pour l’Asie et
le Pacifique (2010-2015). Par ailleurs, 18 États et Territoires insulaires océaniens et la Papouasie-Nouvelle-Guinée ont reçu une aide pour déployer le système régional d’évaluation externe de la qualité, élaboré par le Centre océanien de formation paramédicale, un centre collaborateur de l’OMS situé en NouvelleZélande. Une assistance technique a été apportée au Cambodge, aux Îles Fidji et à la Mongolie pour préparer leurs propositions dans le cadre de la Série 9 des subventions du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, qui porte sur le renforcement des systèmes de santé. Dans le domaine de la sécurité transfusionnelle, le troisième atelier commun sur la gestion des programmes nationaux de transfusion sanguine, coparrainé par l’OMS et le Gouvernement de Singapour, s’est déroulé en juillet 2009 et comptait 23 participants. Certains pays prioritaires ont bénéficié d’un appui technique pour renforcer leurs services nationaux de transfusion sanguine : le Cambodge pour l’application à l’échelon national d’une politique, d’une réglementation et d’un plan stratégique de transfusion sanguine, la Chine pour
MÉDICAMENTS ET TECHNOLOGIES SANITAIRES ESSENTIELS
Développement du secteur de la santé
89
ACTIVITÉ DE L’OMS DANS LA RÉGION DU PACIFIQUE OCCIDENTAL 1er juillet 2009–30 juin 2010
MÉDICAMENTS ET TECHNOLOGIES SANITAIRES ESSENTIELS
le suivi et l’évaluation de la qualité des services nationaux de transfusion sanguine, les Îles Fidji pour l’élaboration de leur politique nationale de transfusion sanguine et de directives nationales s’y rapportant et enfin le Viet Nam pour l’élaboration de normes et de principes directeurs techniques de portée nationale. La prise en charge des donneurs de sang est importante et reste un défi à relever dans de nombreux pays de la Région. Un atelier birégional a été organisé sur la prise en charge des donneurs de sang et sur le principe du bénévolat exclusif pour les dons de sang. Trente-quatre participants de 21 pays y ont assisté. Un guide intitulé Design Guidelines for Blood Centres (Concevoir des principes directeurs applicables aux centres de transfusion sanguine) a été préparé pour aider les pays à concevoir des établissements spécifiquement pour les services de transfusion sanguine et
adaptés à leur usage. Cet ouvrage aidera les services nationaux de transfusion sanguine ou les ministères de la santé à déterminer la taille la mieux adaptée des établissements de transfusion sanguine et les équipements qui leur sont nécessaires. La version révisée des principes directeurs de l’OMS sur la transplantation d’organes, de cellules et de tissus humains a été diffusée à un certain nombre de pays de la Région en vue de promouvoir le programme de dons d’organes de personnes décédées.
Tous les efforts possibles seront déployés pour apporter un soutien technique dans le domaine de la sécurité transfusionnelle, dans le but de parvenir dans le monde entier à l’analyse systématique de la totalité du sang provenant de dons, pour rechercher la présence éventuelle de marqueurs d’infections. Actuellement, certains États Membres ne font aucun dépistage du virus de l’hépatite C. Des ressources supplémentaires seront affectées à l’assistance technique apportée aux États Membres pour les aider à appliquer les diverses résolutions de l’Assemblée mondiale de la Santé sur les technologies de la santé et à assurer une plus grande sécurité, une meilleure accessibilité et un plus haut niveau de qualité dans la prestation des services de santé.
Futures orientations L’OMS continuera d’aider les États Membres à appliquer la Stratégie de renforcement des services de laboratoire de santé pour l’Asie et le Pacifique (2010-2015) et à élaborer leurs propres politiques et plans sur les laboratoires. L’impact de cette stratégie sera mesuré par des indicateurs identifiés aux échelons national et régional.
ACTIVITÉ DE L’OMS DANS LA RÉGION DU PACIFIQUE OCCIDENTAL 1er juillet 2009–30 juin 2010
90
Développement du secteur de la santé
Médicine traditionnelle En novembre 2008, le congrès de l’OMS sur la médecine traditionnelle a adopté la Déclaration de Beijing, reconnaissant la médecine traditionnelle comme l’une des ressources des soins de santé primaires dans la mesure où elle contribue à l’obtention de meilleurs résultats sanitaires. Il est indispensable d’identifier ce que seront les futurs enjeux stratégiques pour les États Membres lorsqu’il s’agira d’intégrer la médecine traditionnelle dans leurs systèmes nationaux de soins de santé. L’OMS a collaboré avec les États Membres pour les aider à renforcer leurs capacités dans le domaine de la médecine traditionnelle. Elle a aidé le Cambodge et la République démocratique populaire lao à élaborer leurs politiques nationales en faveur de la médecine traditionnelle. Des évaluations des politiques nationales déjà en place sur la médecine traditionnelle et de la mise en oeuvre réussie de ces politiques ont été réalisées en Mongolie et aux Philippines. Une réunion régionale des directeurs
de 13 centres collaborateurs de l’OMS a été organisée pour aider à renforcer durablement leurs activités et l’application des priorités du programme de l’OMS en faveur de la médecine traditionnelle. Une aide a été apportée pour la publication d’un ouvrage sur les plantes médicinales en Papouasie-Nouvelle-Guinée et la première version de l’ouvrage intitulé Medicinal Plants in Mongolia (Les plantes médicinales en Mongolie) est achevée. De plus, l’ouvrage WHO Standard Acupuncture Locations in the Western Pacific Region (Nomenclature OMS des points d’acupuncture dans la Région du Pacifique occidental) a été révisé et réimprimé. L’ouvrage WHO Standard International Terminologies on Traditional Medicine in the Western Pacific Region (Terminologies internationales standard de l’OMS en médicine traditionnelle dans la Région du Pacifique occidental) publié en 2007, a contribué à la préparation de la Classification internationale de la médecine traditionnelle, et la médecine traditionnelle a été intégrée dans la 11ème édition de la Classification internationale des maladies.
Les futures priorités seront notamment la mise à jour, en consultation avec les États Membres, de la Stratégie régionale pour la médecine traditionnelle dans la Région du Pacifique occidental, préparée en 2001. L’OMS poursuivra sa collaboration avec les États Membres pour promouvoir une approche factuelle de la médecine traditionnelle mettant en avant les notions d’innocuité et d’efficacité. Il est prévu également de commencer la révision des principes directeurs sur l’innocuité et le bon usage des médicaments phytothérapeutiques.
MÉDICAMENTS ET TECHNOLOGIES SANITAIRES ESSENTIELS
Développement du secteur de la santé
91
ACTIVITÉ DE L’OMS DANS LA RÉGION DU PACIFIQUE OCCIDENTAL 1er juillet 2009–30 juin 2010
17. INFORMATION SANITAIRE, BASES FACTUELLES ET RECHERCHE
Enjeux stratégiques Des données factuelles solides et des informations fiables sont la base même des prises de décision éclairées et sont indispensables au développement des systèmes de santé. Les pays ont besoin d’informations de qualité et des résultats de la recherche pour surveiller l’efficacité des systèmes de santé et concevoir les interventions sanitaires les mieux adaptées. Les partenaires du développement sont également demandeurs de meilleures informations de la part des pays pour évaluer l’impact de l’aide qu’ils apportent. Les pays de la Région du Pacifique occidental n’en sont pas tous au même stade dans l’élaboration de leurs systèmes d’information sanitaire et n’ont pas tous les mêmes capacités de recherche. Plus de la moitié des pays de la Région à revenu faible ou intermédiaire n’ont pas de registres d’état civil satisfaisants et la population couverte par les registres d’état civil ne dépasse pas 25 %. Un certain nombre de pays n’ont défini aucun ensemble d’indicateurs de santé de base, avec des niveaux appropriés de désagrégation, pour surveiller leurs systèmes de santé et agir contre les inégalités en santé. Certains pays ont du mal à collecter de façon systématique des données sanitaires de qualité et à analyser et exploiter réellement ces données pour appuyer les prises de décision.
Dans de nombreux pays de la Région y compris les plus prospères, on fait souvent peu de relation entre la recherche en santé et les prises de décision, et les responsables politiques n’ont pratiquement pas accès aux résultats de la recherche qui concernent leur propre pays ou des pays confrontés aux mêmes difficultés. Cela explique la faible capacité des systèmes de santé à fournir des informations et des données fiables susceptibles d’orienter en temps voulu les interventions de santé publique.
de la mère, du nouveau-né et de l’enfant dans certaines provinces. Au Viet Nam, l’OMS a collaboré avec le Gouvernement pour améliorer sa capacité à suivre et à évaluer le programme pour une maternité sans risque. L’OMS a également apporté une aide financière à des ressortissants du Cambodge et de la Mongolie pour leur permettre de participer à un atelier organisé en Thaïlande sur les statistiques d’état civil et les registres d’état civil. En Chine, l’OMS a aidé à la réalisation d’une enquête rétrospective sur les décès et à l’élaboration d’un code d’autopsie verbale, ces deux méthodes étant utilisées comme autres moyens de produire des statistiques d’état civil. En plus de l’aide apportée aux pays, l’OMS s’est attachée à améliorer l’accès aux données sanitaires dans la Région et à veiller à ce qu’elles soient comparables. Au cours de l’année écoulée, l’OMS a entrepris un travail préparatoire pour élaborer une base de données intégrée qui comprendra les principaux indicateurs de santé et des données sur les systèmes de santé, ainsi que des statistiques issues des programmes prioritaires de lutte contre des maladies telles que VIH/sida, tuberculose et paludisme. On attend de cette base de données accessible au public
Actions et résultats L’OMS a maintenu son aide aux États Membres pour renforcer leurs systèmes d’information sanitaire en mettant en place des plans propres à chaque pays. Elle a apporté une aide personnalisée dans certains domaines, notamment la production de données, l’amélioration de la qualité et l’analyse et l’exploitation des données. La Chine qui a entrepris une réforme des soins de santé, a bénéficié d’une assistance technique de l’OMS qui a aidé le Ministère de la Santé à élaborer le cadre de suivi et d’évaluation nécessaire au suivi des progrès accomplis. En République démocratique populaire lao, l’OMS a collaboré avec le Ministère de la Santé pour l’aider à mieux gérer le système d’information sanitaire, à concevoir un système de collecte systématique des données et à suivre et évaluer la prestation des services de santé
ACTIVITÉ DE L’OMS DANS LA RÉGION DU PACIFIQUE OCCIDENTAL 1er juillet 2009–30 juin 2010
92
Développement du secteur de la santé
qu’elle favorise l’échange d’informations et l’analyse et l’exploitation des données. La 23ème édition des Profils d’information sanitaire des pays du Pacifique occidental 2009 (les CHIPS), qui présente une compilation des statistiques produites par les ministères de la santé des pays de la Région, les unités techniques du Bureau régional et les bases de données internationales, a été publiée en janvier 2010. Les travaux sur les CHIPS 2010 ont commencé, et couvriront une évaluation des progrès obtenus dans la Région pour atteindre les objectifs du Millénaire pour le développement liés à la santé. Dans le domaine des données factuelles et de la recherche, l’OMS a collaboré avec des instituts de recherche pour renforcer les capacités de recherche sur les systèmes de santé par l’intermédiaire de la branche Asie du Réseau de politiques reposant sur des bases factuelles (EVIPNet). Une formation sur les examens systématiques—et sur la façon de les exploiter pour rassembler des données factuelles sur les difficultés et les interventions efficaces des systèmes de santé—a été offerte aux équipes de chercheurs de sept pays de la Région. Quatre autres équipes ont reçu une aide pour préparer des informations sur les options politiques possibles à la disposition des décideurs.
Outre le renforcement des capacités de recherche sur les systèmes de santé dans les pays, l’OMS a collaboré avec les partenaires du développement pour enrichir les connaissances globales et les bases factuelles sur les enjeux des systèmes de santé dans la Région. En collaboration avec la Banque asiatique de développement, la Banque mondiale et des instituts de recherche de la Région, l’OMS a entrepris la mise en place de l’Observatoire des systèmes et politiques de santé dans la région Asie-Pacifique. Cet observatoire publiera des communiqués sur les politiques en s’appuyant sur les données factuelles transmises par les pays de la Région pour étudier des questions spécifiques de politique, et des rapports de la série Health in Transition , qui décrivent le système de santé d’un pays à partir d’une trame standard qui couvre les questions de gouvernance, de ressources humaines, de financement et de prestation de services. Au cours de l’année écoulée, les Îles Fidji, la Malaisie et les Philippines ont commencé la rédaction de rapports de la série Health in Transition. Des communiqués sur les politiques ont été
commandés pour envisager des mesures incitatives susceptibles d’attirer et de retenir le personnel de santé dans les zones mal desservies et étudier l’impact de la part des soins payée par le patient sur l’accès aux services de santé. Concernant la recherche au sens large, l’unité Information sanitaire continue de jouer le rôle de correspondant dans l’examen des projets de recherche sous l’angle de l’éthique, appuyée en cela par d’autres unités du Bureau régional.
INFORMATION SANITAIRE, BASES FACTUELLES ET RECHERCHE
Futures orientations L’OMS continuera d’aider les pays à renforcer leurs systèmes d’information sanitaire pour réagir instantanément aux besoins sanitaires. Elle s’attachera tout particulièrement à aider les pays à renforcer leurs capacités d’évaluation de leurs systèmes d’information sanitaire et leurs registres d’état civil et à concevoir des plans pour améliorer leurs systèmes d’information sanitaire. Seront jugés prioritaires les campagnes de plaidoyer pour l’adoption au niveau régional d’un ensemble d’indicateurs de santé de base et de procédures d’assurance qualité
Développement du secteur de la santé
93
ACTIVITÉ DE L’OMS DANS LA RÉGION DU PACIFIQUE OCCIDENTAL 1er juillet 2009–30 juin 2010
INFORMATION SANITAIRE, BASES FACTUELLES ET RECHERCHE
des données, établies dans le respect de normes et de critères internationaux, le renforcement des capacités d’analyse et d’exploitation des données et enfin l’application des technologies d’information sanitaire les mieux adaptées. Au niveau de la Région, les activités se poursuivront pour améliorer l’accès aux informations sanitaires et leur exploitation à l’appui des prises de décision, dans le but de mettre à disposition sur Internet un premier ensemble de statistiques sanitaires comparables et fiables. Cela permettra une analyse transnationale des données et facilitera les activités d’autres partenaires du développement chargés d’évaluer l’efficacité des systèmes de santé. L’aide apportée aux pays et à la Région s’inscrit dans le contexte d’une nouvelle stratégie régionale d’information sanitaire actuellement en voie d’achèvement et qui sera diffusée aux États Membres dans le courant de l’année 2010.
Les travaux de recherche de l’OMS dans la Région viseront essentiellement la mise en place de l’Observatoire des systèmes et politiques de santé dans la région Asie-Pacifique et la publication des résultats de sa recherche. L’OMS continuera d’aider EVIPNet-Asie, dans le but de renforcer et d’approfondir les compétences de recherche des membres du réseau et leur engagement auprès des responsables politiques locaux. Concernant la recherche au sens large, l’OMS continuera d’apporter une orientation stratégique et un appui aux travaux de recherche sur la qualité dans toute la Région. En outre, elle élargira ses activités à l’étude des projets de recherche sous l’angle de l’éthique en instaurant une commission d’examen éthique au Bureau régional et en organisant des séminaires de formation au niveau des pays.
ACTIVITÉ DE L’OMS DANS LA RÉGION DU PACIFIQUE OCCIDENTAL 1er juillet 2009–30 juin 2010
94
Développement du secteur de la santé
Développement du secteur de la santé
95
ACTIVITÉ DE L’OMS DANS LA RÉGION DU PACIFIQUE OCCIDENTAL 1er juillet 2009–30 juin 2010
la création de l’unité Appui aux pays ; et l’intensification de nos efforts en matière de communication et de mobilisation des ressources.
Cadres stratégiques Des cadres stratégiques ont été élaborés pour répondre aux besoins recensés par plusieurs de nos États Membres et le Directeur régional afin d’organiser et de présenter les activités des programmes techniques et des bureaux de pays de manière plus structurée et axée sur les résultats, de sorte à mieux illustrer le lien entre nos activités et nos objectifs. Le Directeur régional a également éprouvé le besoin de recenser les activités intersectorielles susceptibles de réduire les chevauchements entre les programmes, d’optimiser l’utilisation des ressources et d’évaluer plus précisément les contributions des gouvernements et partenaires à la réalisation de nos objectifs. Les nouveaux cadres stratégiques tiennent compte des processus existants de planification stratégique, des résolutions des organes directeurs et des accords juridiquement contraignants qui orientent le travail de l’Organisation. Les besoins régionaux et nationaux, ainsi que la planification stratégique nationale, restent toutefois prioritaires du fait même de la structure décentralisée de l’OMS et de sa présence dans les pays. Les priorités régionales et nationales ne sont cependant pas toujours correctement prises en compte dans les cadres mondiaux. Qui plus est, les initiatives et plans issus de plusieurs processus de planification sont rarement présentés de manière cohérente ou sont incompatibles entre eux. Plusieurs mois de discussions au sein des programmes, entre les unités techniques et entre le Bureau régional et les bureaux de pays ont permis l’élaboration de 29 cadres stratégiques techniques et de cadres pour nos bureaux de pays. La planification, la surveillance et l’évaluation seront plus efficaces du fait de cet effort.
a Division Gestion des programmes planifie, dirige, évalue et fournit des conseils en vue de l’élaboration et de la gestion d’activités et de programmes régionaux, transnationaux et nationaux de coopération technique dans la Région du Pacifique occidental. Elle appuie également les mandats approuvés par les États Membres et notre organe directeur, le Comité régional de l’OMS pour le Pacifique occidental. La Division, qui collabore étroitement avec les représentants de l’OMS et les attachés de liaison nationaux dans 15 bureaux de pays, donne des conseils aux États Membres sur les aspects techniques généraux des programmes sanitaires menés en collaboration avec l’OMS. Elle prépare également le budget programme, qui s’élève à plus de 312 millions de dollars pour la période biennale actuelle, et veille à optimiser l’utilisation de ces ressources grâce à des mesures de supervision, de surveillance et d’évaluation. Elle fait en outre prévaloir les questions sanitaires dans ses dialogues sur le développement et les politiques économiques et sociales avec les États Membres et les partenaires. Le Bureau régional pour le Pacifique occidental a mené une série de réformes au cours de l’année écoulée pour améliorer les capacités déjà présentes dans la Région. Ces réformes ont pour objectif de fournir de manière plus efficace et judicieuse le soutien, les programmes et les résultats demandés par nos États Membres. Dans le domaine de la gestion des programmes, ces réformes se répartissent en trois catégories : les cadres stratégiques devant orienter les activités techniques et nos activités dans les pays ;
L
Appui aux pays La deuxième initiative importante en matière de gestion de programmes fut la création, en août 2009, de l’unité Appui aux pays, conformément au voeu du Directeur régional, afin de répondre de manière plus ciblée et efficace aux besoins et demandes de nos États Membres. Un agent technique a été
ACTIVITÉ DE L’OMS DANS LA RÉGION DU PACIFIQUE OCCIDENTAL 1er juillet 2009–30 juin 2010
96
Gestion des programmes et Coordination recruté pour mener cet effort. Cette nouvelle unité a été chargée d’appuyer et de renforcer l’exécution des activités menées dans les pays en collaboration avec l’OMS, y compris la promotion de systèmes de santé complets et le renforcement des soins de santé primaire. Nos efforts dans les pays sont dictés par les stratégies de coopération avec les pays, qui définissent la coopération technique engagée à moyen terme par l’OMS avec ses États Membres pour favoriser l’exécution de leurs stratégies ou plans nationaux de santé. Ces stratégies constituent le principal instrument d’harmonisation de la coopération de l’OMS dans les pays avec ceux des autres organisations des Nations Unies et des partenaires de développement. Depuis la création de l’unité Appui aux pays, six stratégies de coopération avec les pays ont été élaborées dans la Région du Pacifique occidental. Une stratégie de coopération de première génération avec la République démocratique populaire lao a été signée et lancée par le Directeur régional et le Ministre de la Santé de ce pays. Une stratégie de coopération de première génération couvrant 15 pays et zones relevant du représentant de l’OMS pour le Pacifique Sud a été finalisée. Le Cambodge, la Malaisie, la Mongolie et la Papouasie-Nouvelle-Guinée ont actualisé leurs stratégies existantes. Plusieurs autres pays procèdent actuellement à l’élaboration ou à l’actualisation de leur stratégie. Outre le fait de mobiliser davantage de ressources et de disposer de la souplesse nécessaire pour les utiliser le plus judicieusement possible, nous devons également promouvoir la participation de nouveaux partenaires : le secteur privé et de nouveaux donateurs et fondations. Ce n’est qu’en développant notre rayonnement dans la Région et au-delà que nous pourrons y parvenir. Avec une nouvelle équipe en place, nous comptons exploiter les succès des efforts de communication et de relations publiques menés lors des flambées de syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS) en 2002-2003, de grippe aviaire hautement pathogène en 2003 et de grippe pandémique H1N1 2009. Une communication plus efficace et une plus grande souplesse dans l’utilisation des ressources dont nous disposons, accompagnées d’une responsabilisation et d’une transparence accrues, nous permettront de mieux répondre aux besoins de nos États Membres. La Division Gestion des programmes coordonne également les activités du Groupe des technologies de l’information, du Bureau de l’information du public, ainsi que des unités Traduction, Publications et Bibliothèque. Outre la fourniture d’un important soutien aux activités liées à la grippe pandémique H1N1 2009, le Bureau de l’information du public a répondu au cours de l’année écoulée aux demandes des médias concernant la riposte à plusieurs catastrophes naturelles ayant frappé la Région ainsi que les visites du Directeur général et du Directeur régional dans les zones frappées par les inondations à Manille. En mai 2010, la Bibliothèque du Bureau régional a participé au lancement à Beijing de l’Index Medicus de la Région du Pacifique occidental, qui facilitera l’accès aux revues médicales par les États Membres. L’unité Coopération extérieure et partenariats a coordonné la signature de 80 mémorandums d’accord et d’instruments comparables avec 12 organismes gouvernementaux, trois organismes des Nations Unies, deux organisations intergouvernementales régionales et 10 organisations non-gouvernementales et fondations.
Relations extérieures et communication Le troisième grand domaine prioritaire concerne les relations extérieures, la mobilisation des ressources et la communication, qui ont été sensiblement améliorées grâce à l’élargissement du mandat en la matière et au recrutement de nouveaux agents. La récente crise économique mondiale nous a rappelé le besoin de veiller à notre viabilité à long terme, d’autant plus que notre budget dépend en grande partie de contributions volontaires, dont un grand nombre sont « réservées » à des programmes et fins spécifiques. Le défi ne consiste pas uniquement à mobiliser davantage de fonds. Il s’agit plutôt de disposer d’une plus grande souplesse pour les utiliser – et de devoir rendre compte de leur utilisation de manière transparente – de sorte à mieux servir nos États Membres.
97
ACTIVITÉ DE L’OMS DANS LA RÉGION DU PACIFIQUE OCCIDENTAL 1er juillet 2009–30 juin 2010
La première clôture des comptes biennaux à l’aide du Système mondial de gestion a été effectuée avec succès. Les problèmes rencontrés ont été réglés au fur et à mesure en collaboration avec le Siège et les centres budgétaires de la Région. Le Bureau régional pour le Pacifique occidental, en tant que premier Bureau régional à utiliser le GSM, a contribué à son déploiement dans les Régions de la Méditerranée orientale, de l’Europe et de l’Asie du Sud-Est le 1er janvier 2010. Une série de séances de formation sur des modules spécifiques du GSM a été organisée pour le personnel du Bureau régional et des bureaux de pays. Des modules de formation sur les ressources humaines, les voyages, les achats et la planification des programmes, ainsi qu’une introduction au GSM, ont été proposés à l’ensemble du personnel. Le nouveau système imprest (e-imprest) électronique (un outil GSM de comptabilité en temps réel destiné aux bureaux de pays) a fait ses preuves sur le terrain avant d’être déployé au premier semestre 2010. Ce système devrait fournir des informations financières actualisées, traiter les transactions de manière plus efficace et permettre un meilleur contrôle de la qualité lorsque tous les sites en seront équipés. La fonction Self-service de comptabilité fournisseurs, qui était autrefois accessible à tous les utilisateurs de la Région, formés ou non au système, est dorénavant à accès limité en raison du grand nombre de transactions refusées. Plusieurs mesures ont été prises pour éliminer les erreurs, notamment en autorisant l’accès à environ 100 fonctionnaires dûment formés. Ce projet s’est achevé en avril 2010.
a Division Administration et finances appuie le travail technique du Bureau régional et des bureaux de pays grâce à la fourniture efficace et rationnelle de services dans les domaines du budget et des finances, des ressources humaines, des achats et de l’administration générale. La Division est en rapport avec la Région et le Siège pour renforcer l’Organisation et faire en sorte qu’elle soit mieux à même de servir les États Membres.
L
Budget et finances L’unité Budget et finances fournit un soutien financier et administratif aux unités techniques et aux bureaux de pays. Au cours de l’année écoulée, d’importantes améliorations ont été apportées au Système mondial de gestion (GSM) dans les domaines des contrôles comptables et de la gestion des ressources financières tandis qu’un soutien a été apporté aux bureaux de pays pour gérer la coopération financière directe. Deux ans après le déploiement régional du GSM, toutes les unités dépendant de la division Administration et finances utilisent ce système sous Oracle pour appuyer la mise en oeuvre technique du budget programme. La stabilité et la performance du système continuent de s’améliorer tandis que le personnel est de plus en plus conscient de ses capacités. Les améliorations du système dans les domaines des finances et des achats ont été importantes, mais de nouvelles sont prévues pour maximiser son utilisation par l’ensemble du personnel.
ACTIVITÉ DE L’OMS DANS LA RÉGION DU PACIFIQUE OCCIDENTAL 1er juillet 2009–30 juin 2010
98
Administration et finances Personnel Au cours de l’année écoulée, l’unité Personnel a accordé une attention particulière à la mise en oeuvre du programme de mobilité régionale, à la gestion et au développement des services du personnel, et à la sélection et au recrutement de personnel qualifié, notamment de femmes, à des postes de responsabilité. L’unité Personnel a par ailleurs continué de fournir des conseils aux unités techniques et aux bureaux de pays sur toutes les activités relatives aux ressources humaines. Un système de mobilité systématique a été mis en place dans le cadre de la réforme menée par le Directeur régional pour améliorer la motivation du personnel et combler les déficits de compétences. Cette nouvelle politique, qui exige que le personnel international change de poste après environ cinq ans de service, offre des perspectives de carrière et recense les besoins d’apprentissage. Pour le personnel des services généraux, des possibilités de missions à court terme hors de leur lieu d’affectation sont à l’étude. L’unité a également soutenu l’initiative du Directeur régional pour la formation et le perfectionnement du personnel. Les programmes de formation sont harmonisés avec les domaines prioritaires mondiaux et ont été proposés à toutes les catégories de personnel. Le développement et la formation du personnel sont envisagés dans le contexte de la gestion des services. Aux niveaux de la Région et des pays, les superviseurs et fonctionnaires examinent et recensent les objectifs de développement dans le cadre du système de gestion et de développement des services du personnel (PMDS). Les faibles perspectives d’emploi des conjointes et les difficultés rencontrées pour identifier des candidates qualifiées dans plusieurs pays de la Région ont fait l’objet d’un examen approfondi dans le but de recruter des femmes qualifiées. Des séances d’information sur les possibilités d’emploi sur les sites des principaux bureaux ont été organisées pour les conjointes des expatriés. Le Bureau régional, et en particulier la salle de conférence et d’autres bâtiments du complexe, avait grand besoin de travaux suite aux effets dévastateurs des deux grands typhons qui ont frappé la Région à la fin de l’année 2009. Des mesures ont été prises vers la fin de la saison des typhons pour réparer la salle de conférence, mais un examen approfondi des dégâts a révélé le besoin d’entreprendre d’importants travaux de rénovation. Ces travaux ont commencé en avril 2010 et devraient se terminer fin 2010 ou début 2011. La salle de conférence sera conforme aux normes actuelles en matière de sécurité et d’accès, y compris pour les personnes à mobilité réduite. Pour réduire les risques d’inondation, un champ de percolation a été aménagé sur le site du Bureau régional tandis que des tuyaux de grande capacité ont été installés et que de nouvelles pompes d’épuisement ont été ajoutées. Les améliorations apportées au réseau de drainage et d’égouts devraient augmenter la capacité de rétention, améliorer les installations de pompage et répondre aux problèmes de sécurité et d’environnement. Des travaux ont été entamés pour améliorer le système de qualité de l’air du Bureau régional. Ce nouveau système fournira un air plus propre, maintiendra de faibles taux d’humidité et réduira les niveaux de bruit, contribuant ainsi à l’amélioration des conditions d’hygiène et de travail de plus de 300 fonctionnaires. Au cours de l’année écoulée, des rénovations ont été effectuées dans deux bureaux de pays hébergés dans des ministères de la Santé, à savoir le bureau du représentant de l’OMS aux Philippines et le bureau de l’attaché de liaison au Vanuatu. Si les fonds le permettent, des rénovations sont prévues pour améliorer les conditions de travail et les niveaux d’hygiène et de sécurité au travail dans plusieurs autres bureaux. Pour ce qui est des achats, le GSM a été relativement stable depuis la mi-2009. Les Services administratifs ont pris des mesures pour répondre à l’insatisfaction des utilisateurs et améliorer la convivialité du système. Le GSM offre de nouvelles possibilités en matière d’achats grâce à la transparence de l’information et à la disponibilité des données, possibilités qui devront être exploitées au mieux pour améliorer les processus d’approvisionnement et la gestion des achats.
Services administratifs L’unité Services administratifs planifie, coordonne et gère une large gamme de services qui permettent à l’Organisation de fonctionner efficacement et couvrent notamment l’entretien et la sécurité des bâtiments, les voyages et les transports.
99
ACTIVITÉ DE L’OMS DANS LA RÉGION DU PACIFIQUE OCCIDENTAL 1er juillet 2009–30 juin 2010