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L’activité de l’OMS dans la Région européenne en 2004-2005 : rapport biennal du directeur régional

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Organisation mondiale de la santé Bureau régional de l’Europe

Scherfigsvej 8, DK-2100 Copenhague Ø, Danemark Tél. : +45 39 17 17 17. Fax : +45 39 17 18 18 Courriel : postmaster@euro.who.int Site Web : www.euro.who.int

Le Bureau régional de l’OMS pour l’Europe

L’Organisation mondiale de la santé (OMS), créée en 1948, est une institution spécialisée des Nations Unies à qui incombe, sur le plan international, la responsabilité principale en matière de questions sanitaires et de santé publique. Le Bureau régional de l’Europe est l’un des six bureaux régionaux de l’OMS répartis dans le monde. Chacun d’entre eux a son programme propre, dont l’orientation dépend des problèmes de santé particuliers des pays qu’il dessert.

États membres

Albanie Allemagne Andorre Arménie Autriche Azerbaïdjan Bélarus Belgique Bosnie-Herzégovine Bulgarie Chypre Croatie Danemark Espagne Estonie Ex-République yougoslave de Macédoine Fédération de Russie Finlande France Géorgie Grèce Hongrie Irlande Islande Israël Italie Kazakhstan Kirghizistan Lettonie Lituanie Luxembourg Malte Monaco Norvège Ouzbékistan Pays-Bas Pologne Portugal République de Moldova République tchèque Roumanie Royaume-Uni Saint-Marin Serbie Slovaquie Slovénie Suède Suisse Tadjikistan Turkménistan Turquie Ukraine

Le présent rapport décrit les travaux accomplis par le Bureau régional de l’OMS pour l’Europe en 2004-2005 avec quelque 550 membres du personnel de base et un budget de 159 893 937 USD. Il s’articule autour de neuf fonctions :

1. Activités dans les pays ; 2. Systèmes de santé ; 3. Maladies transmissibles ; 4. Maladies non transmissibles,

modes de vie et déterminants de la santé, santé familiale et communautaire ;

5. Environnement et santé ; 6. Informations sanitaires utilisables et publications

pour la santé publique ; 7. Infrastructure et logistique ; 8. Services administratifs ; 9. Gouvernance.

L’objectif est de montrer de manière plus transparente comment le Bureau régional a exploité ses ressources humaines et financières afin de fournir des services adaptés aux besoins des pays.

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ISBN 92-890-2385-6

iHealth intelligence and publishing for public health

L’activité de l’OMS dans la Région européenne en 2004-2005

Rapport biennal du directeur régional

ii The work of WHO in the European Region, 2004-2005

L’Organisation mondiale de la santé (OMS), créée en 1948, est une institution spécialisée

des Nations Unies qui est chargée de diriger et de coordonner les activités internationales

relatives aux questions sanitaires et de santé publique. Conformément à sa constitution, l’OMS

doit diffuser des informations et des conseils objectifs et fiables dans le domaine de la santé

humaine. Elle s’acquitte de cette tâche notamment par le biais de ses publications, qui visent à

aider les pays à élaborer des politiques favorables à la santé publique et de nature à remédier

aux problèmes les plus préoccupants qui se posent dans ce domaine.

Le Bureau régional de l’OMS pour l’Europe est l’un des six bureaux régionaux de

l’Organisation. Chacun d’entre eux a son programme distinct, qui est adapté aux problèmes

de santé propres aux pays qu’il dessert. La Région européenne, peuplée d’environ 880 millions

d’habitants, s’étend de l’océan Arctique au nord à la Méditerranée au sud et de l’Atlantique à

l’ouest au Pacifique à l’est. Le programme européen de l’OMS aide tous les pays de la Région

à optimiser leurs politiques, systèmes et programmes de santé ; à prévenir et à surmonter les

menaces d’ordre sanitaire ; à se préparer aux problèmes de santé futurs ; et à préconiser et à

mettre en œuvre des actions de santé publique.

Pour que des informations et des recommandations dignes de foi sur des questions sanitaires

soient disponibles aussi largement que possible, l’OMS a mis en place un réseau international

étendu pour la diffusion de ses publications et encourage la traduction et l’adaptation de

celles-ci. Les ouvrages de l’OMS contribuent à promouvoir et protéger la santé et à prévenir et

combattre la maladie, favorisant ainsi l’accomplissement de progrès vers l’objectif principal de

l’Organisation : la jouissance par tous du meilleur état de santé possible.

iiiHealth intelligence and publishing for public health

L’activité de l’OMS dans la Région européenne en 2004-2005

Rapport biennal du directeur régional

iv The work of WHO in the European Region, 2004-2005

ISBN 92-890-2385-6 EUR/RC56/4

© Organisation mondiale de la santé 2006

Tous droits réservés. Le Bureau régional pour l’Europe de l’Organisation mondiale de la santé accueillera favorablement les demandes d’autorisation de reproduire ou de traduire ses publications, en partie ou intégralement. Les appellations employées dans cette publication et la présentation des données qui y figurent n’impliquent, de la part de l’Organisation mondiale de la santé, aucune prise de position quant au statut juridique de tel ou tel pays, territoire, ville ou zone, ou de ses autorités, ni quant au tracé de ses frontières ou limites. L’expression « pays ou zone » utilisée comme en-tête dans certains tableaux, désigne aussi bien des pays, des territoires, des villes que des zones. Les lignes en pointillé sur les cartes représentent des frontières approximatives dont le tracé peut ne pas avoir encore fait l’objet d’un accord définitif. La mention d’entreprises et de produits commerciaux n’implique pas que ces entreprises et produits commerciaux sont agréés ou recommandés par l’Organisation mondiale de la santé, de préférence à d’autres. Sauf erreur ou omission, une majuscule initiale indique qu’il s’agit d’un nom déposé. L’Organisation mondiale de la santé ne garantit pas que les informations contenues dans la présente publication sont complètes ou exactes, et ne pourra en aucun cas être tenue pour responsable de dommages qui pourraient découler de son utilisation. Les opinions exprimées par les auteurs ou rédacteurs ne reflètent pas nécessairement les décisions de l’Organisation mondiale de la santé ou sa politique.

Mise en page : Sven Lund Imprimé au Danemark

Les demandes concernant les publications du Bureau régional sont à adresser à : Service des publications Bureau régional de l’OMS pour l’Europe Scherfigsvej 8 DK-2100 Copenhague Ø, Danemark Vous pouvez également remplir un formulaire de demande de documentation, d’informations sanitaires ou d’autorisation de reproduire/traduire sur le site Web du Bureau régional de l’OMS pour l’Europe à l’adresse suivante : http://www.euro.who.int/PubRequest.

Catalogage à la source : Bibliothèque de l’OMS

L’activité de l’OMS dans la Région européenne en 2004-2005 :

Rapport biennal du directeur régional.

1.Planification régionale santé 2.Organisation mondiale de la santé 3.Europe

ISBN 92 890 2385 6 (Classification NLM : WA 540)

vHealth intelligence and publishing for public health

Abréviations et acronymes vi

Introduction 1

Activités dans les pays 2

Systèmes de santé 10

Maladies transmissibles 19

Maladies non transmissibles 31

Environnement et santé 40

Informations sanitaires utilisables et publications pour la santé publique 47

Infrastructure et logistique 56

Services administratifs 59

Gouvernance 62

Gestion et mise en œuvre des programmes 70

1.

2.

3.

4.

5.

6.

7.

8.

9.

Annexe 1.

Table des matières

vi The work of WHO in the European Region, 2004-2005

Organismes

ACDI Agence canadienne de développement international

AEE Agence européenne pour l’environnement

CEE-ONU Commission économique des Nations Unies pour l’Europe

CEPCM Centre européen de prévention et de contrôle des maladies

CDC Centres pour la prévention et la lutte contre les maladies (États-Unis)

CRE Centre régional pour l’environnement en Europe centrale et orientale

DG ENV Direction générale de l’environnement

DG SANCO Direction générale santé et consommation

EATG European AIDS Treatment Group

EMCDDA European Monitoring Centre for Drugs and Drug Addiction

EuroHIV Centre européen pour la surveillance épidémiologique du sida

EUROSTAT Office statistique des Communautés européennes

FAO Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture

FNUAP Fonds des Nations Unies pour la population

GTZ Agence allemande pour la coopération technique

HCNUR Haut commissariat des Nations Unies pour les réfugiés

MINUK Mission d’administration intérimaire des Nations Unies au Kosovo

OCDE Organisation de coopération et de développement économiques

OIM Organisation internationale pour les migrations

OMS Organisation mondiale de la santé

ONUSIDA Programme conjoint des Nations Unies sur le VIH/sida

PAM Programme alimentaire mondial

PATH Programme pour une technologie appropriée en matière de santé

PNUD Programme des Nations Unies pour le développement

PNUE Programme des Nations Unies pour l’environnement

UE Union européenne

UNICEF Fonds des Nations Unies pour l’enfance

USAID Agence des États-Unis pour le développement international

vi L’activité de l’OMS dans la Région européenne en 2004-2005

Abréviations et acronymes

viiHealth intelligence and publishing for public health

Groupes de pays

PECO pays d’Europe centrale et orientale

CEI Communauté des États indépendants

ex-URSS Union des républiques socialistes soviétiques

Termes techniques et administratifs

3 millions Initiative conjointe d’ONUSIDA et de l’OMS, dont l’objectif était de fournir

un traitement antirétroviral à 3 millions de personnes supplémentaires vivant avec

le VIH/sida pour la fin 2005

ART traitement antirétroviral

ARV antirétroviraux

AVCI années de vie corrigées du facteur invalidité

CIF Classification internationale du fonctionnement, du handicap et de la santé

CIM-10 Classification statistique internationale des maladies et des problèmes

de santé connexes, dixième révision

CISID Système d’information sur les maladies infectieuses

DOTS Traitement de courte durée sous surveillance directe

DOTS-Plus Stratégie de l’OMS pour la lutte contre la tuberculose multirésistante

GAVI Alliance mondiale pour les vaccins et la vaccination

GIFT Global Information Full Text

HAART traitement antirétroviral très actif

HEN Projet de réseau de bases factuelles en santé

Hib Haemophilus influenzae type b

HINARI Interréseau-Santé Initiative d’Accès aux Recherches

IST infections sexuellement transmissibles

OMD objectifs du Millénaire pour le développement

ONG organisations non gouvernementales

R & D recherche et développement

RSI Règlement sanitaire international

SRAS syndrome respiratoire aigu sévère

USD dollars des États-Unis

VIH virus de l’immuno-déficience humaine

WOW Processus participatif pour l’excellence

viiAbréviations et acronymes

d’ici 2005

viii The work of WHO in the European Region, 2004-2005

Feu le docteur Lee Jong-wook, directeur général de l’OMS de 2003 à 2006 (deuxième à partir de la droite), avec le docteur Marc Danzon, directeur régional de l’OMS pour l’Europe (à l’extrême droite)

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1Introduction

Introduction

1 Rapport du directeur régional sur la mise en œuvre du budget programme 2004-2005. Copenhague, Bureau régional de l’OMS pour l’Europe, 2006 (EUR/RC56/Inf.Doc./1 ; http://www.euro.who.int/document/RC56/finfdoc01.pdf).

Il existe de nombreuses manières de dresser le bilan du travail réalisé au cours d’une période de

deux ans (2004 et 2005) par un noyau dur de 550 membres du personnel avec un budget de quelque

160 millions de dollars des États-Unis (USD).

La méthode appliquée dans le présent rapport a été choisie pour permettre de mieux comprendre

comment les ressources, à la fois financières et humaines, allouées par les organes directeurs de

l’Organisation mondiale de la santé (OMS) ont été exploitées en 2004-2005. Ce choix a également été

guidé par le souci d’une plus grande transparence.

Le présent rapport offre l’occasion de montrer aux organes directeurs et aux autres lecteurs

intéressés les nouveaux outils internes créés en 2005 pour une supervision plus efficace de l’activité

du Bureau régional de l’OMS pour l’Europe par la Direction générale.

Afin de faciliter la compréhension des activités reprises dans le budget programme, ce rapport

s’articule autour de neuf fonctions correspondant à ses neuf chapitres :

1. Activités dans les pays ;

2. Systèmes de santé ;

3. Maladies transmissibles ;

4. Maladies non transmissibles, modes de vie et déterminants de la santé, santé familiale

et communautaire ;

5. Environnement et santé ;

6. Informations sanitaires utilisables et publications pour la santé publique ;

7. Infrastructure et logistique ;

8. Services administratifs ;

9. Gouvernance.

Bien entendu, le traditionnel document d’information sur la mise en œuvre du budget programme

2004-2005 est également disponible1.

Pour chacune de ces neuf fonctions, le rapport fournit des informations quant aux principales

activités de cette période biennale ainsi qu’aux moyens financiers et aux effectifs employés.

Marc Danzon Directeur régional de l’OMS pour l’Europe

2 L’activité de l’OMS dans la Région européenne en 2004-2005

2 Les accords de collaboration biennaux peuvent être consultés dans les informations relatives à un pays donné, disponibles dans le volet « Informations par pays » du site Web du Bureau régional (1).

Dépenses : 12 951 433 USD

Part des dépenses totales : 8,1 %

Effectifs : 120 personnes, dont 112 sur le terrain

Ce chapitre opère une distinction entre les 29 pays de la Région européenne de l’OMS dans lesquels le

Bureau régional possède des bureaux de pays et des accords de collaboration biennaux2, et les 23 pays

où aucun bureau n’a encore été établi. Le Bureau régional a établi des bureaux de pays dans les États

membres pour qu’ils assurent la coordination des activités dans chaque pays et servent d’interface

avec l’OMS. Il existe une grande différence entre les bureaux de pays et les centres techniques, qui

sont également implantés dans les pays, mais sont au service de toute la Région pour un dossier

technique précis (2). Par le biais d’« Adapter les services aux nouveaux besoins », une stratégie définie pour la

collaboration avec les pays et adoptée en 2000, le Bureau régional se met au service de chacun des

52 États membres de la Région, et ce de multiples façons. Voici quelques exemples de collaboration

dans quatre pays possédant des bureaux de pays.

Pays avec bureau de pays : exemples de collaboration

KirghizistanKirghizistan Le Kirghizistan constitue un exemple d’application de la stratégie européenne de renforcement des

systèmes de santé (3) lancée en septembre 2005. Il s’agit du premier pays de la Région européenne

ayant institutionnalisé ses efforts de réforme et de renforcement de son système sanitaire en fondant

un Centre pour le développement du système sanitaire, inauguré par le Président du Kirghizistan à

Bishkek.

Le Bureau régional continue à soutenir la mise en œuvre du programme national de réforme du

système sanitaire, qui est entré dans sa deuxième phase (appelée Manas Taalimi) en 2005 et devrait

se poursuivre jusqu’en 2010. Ce programme met l’accent sur l’harmonisation des pratiques et de

la formation médicales avec des normes internationalement reconnues, l’intégration de certains

programmes prioritaires, comme ceux sur la tuberculose et la santé génésique, dans le système

sanitaire, la consolidation du financement de la santé, la mobilisation de la société et l’auto-prise en

charge des collectivités dans le domaine de la promotion de la santé.

1. Activités dans les pays

3Activités dans les pays

Un habitant remet ses poulets entre les mains d’un expert sanitaire pour leur élimination durant l’épidémie de grippe aviaire en Turquie

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TurquieTurquie La réaction rapide et bien coordonnée des agences nationales et internationales à l’épidémie de grippe

aviaire de 2005 fournit un autre bon exemple de partenariats efficaces et de collaboration avec

les États membres (voir aussi pages 11, 13, 17, 19, 20-21, 57). Agissant comme une seule et unique

organisation, l’OMS a combiné le savoir et l’expertise de ses experts nationaux, régionaux et mondiaux

afin d’aider le gouvernement turc à coordonner les différents ministères et instituts nationaux

concernés, ce qui a également permis à d’autres agences internationales comme l’Organisation des

Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), la Banque mondiale, l’Union européenne (UE)

et le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (CEPCM) de réagir de concert, évitant

ainsi un gaspillage d’énergie et garantissant une riposte appropriée en temps voulu.

AlbanieAlbanie La collaboration avec l’Albanie s’est concentrée sur l’apport d’un soutien stratégique afin de

lutter contre le virus de l’immuno-déficience humaine (VIH)/sida aux côtés d’autres agences des

Nations Unies. De 2001 à 2004, le Bureau régional a présidé un groupe thématique des Nations

Unies sur l’infection à VIH/sida, au sein duquel siégeaient le Programme des Nations Unies pour le

développement (PNUD), le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF), le Fonds des Nations

Unies pour la population (FNUAP), le Haut commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCNUR),

l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), le Programme alimentaire mondial (PAM) et

4 L’activité de l’OMS dans la Région européenne en 2004-2005

la Banque mondiale. La création de ce groupe thématique a amélioré la coordination entre ces agences

dans le pays. Le groupe a organisé des réunions, des tables rondes et des forums avec des organismes

gouvernementaux albanais, des organisations non gouvernementales (ONG) et des organisations

internationales, reconnus comme un facteur important pour le maintien d’une faible prévalence du VIH

dans le pays.

Fédération de Russie Fédération de Russie Dans la Fédération de Russie, le Bureau régional a participé, avec plusieurs partenaires internationaux, à

l’organisation générale et à la mise en place de la politique sanitaire en République de Tchouvachie.

À la suite de cela, le ministère tchouvache de la Santé a publié un plan visant à conforter le système

de santé en renforçant les soins de santé primaires, notamment en faisant intervenir des médecins

généralistes, en réduisant le nombre de lits dans les hôpitaux, en restructurant les services d’urgence

et de diagnostic, en améliorant les ressources financières et humaines, en élaborant des stratégies pour

une participation plus importante du public et en veillant à la bonne santé des collectivités.

Ces mesures ont débouché sur une amélioration quant aux principaux indices de la santé et à

l’efficacité des systèmes sanitaires : une augmentation notable du taux de natalité, une diminution du

taux de mortalité, une diminution de plus de 30 % de la mortalité infantile et une baisse encore plus

importante du taux de mortalité maternelle.

Initiative du Pacte de stabilité

En septembre 2001, l’Engagement de Dubrovnik (4) a été ratifié par huit pays d’Europe du Sud-Est :

l’Albanie, la Bosnie-Herzégovine, la Bulgarie, la Croatie, l’ex-République yougoslave de Macédoine,

la République de Moldova, la Roumanie et la Serbie-et-Monténégro. Depuis, ceux-ci ont collaboré

étroitement les uns avec les autres dans le cadre de l’Initiative sur la cohésion sociale du Pacte

de stabilité pour l’Europe du Sud-Est (5) afin de mener à bien des projets transfrontaliers dans le

domaine sanitaire (santé mentale, systèmes d’information pour le secteur social et sanitaire, maladies

transmissibles, contrôle des produits alimentaires, hémovigilance et lutte contre le tabagisme), de

reconstruire leur société et de rétablir des relations de bon voisinage (voir également pages 7, 11, 20,

31, 36).

La deuxième phase s’est ouverte avec le deuxième forum des ministres de la Santé (6), qui s’est tenu

en novembre 2005 à Skopje. Les participants ont insisté sur le fait que la réforme et le renforcement

du système de santé national étaient essentiels pour pouvoir relever les défis sanitaires auxquels était

confrontée la population en mettant à sa disposition des services sanitaires de haute qualité accessibles

à un prix abordable et en comblant le fossé existant entre les pays d’Europe du Sud-Est et l’UE dans ce

domaine.

Dix-sept partenaires ont signé l’Engagement de Skopje (7), dans lequel les ministres de la Santé et

des Finances de ces huit pays se sont unanimement accordés à affirmer que les dépenses publiques

5Activités dans les pays

dans le domaine de la santé ne doivent pas être considérées comme des coûts, mais bien comme des

investissements pour l’avenir.

Pays sans bureau de pays

Dans 23 autres pays, le Bureau régional a lancé plusieurs processus destinés à adapter son travail aux

besoins de chaque État membre.

Le Bureau a intensifié ses travaux d’évaluation des besoins sanitaires stratégiques des pays, ce qui

a constitué la toile de fond de discussions stratégiques sur des accords de collaboration biennaux

potentiels avec ces pays. Dans le cadre des rapports d’évaluation sont analysés les défis auxquels

doit faire face le système de santé de chaque pays, les priorités sanitaires nationales et les priorités

sanitaires pour lesquelles une collaboration avec le Bureau régional est possible (8). Des négociations

pouvant déboucher sur des accords de collaboration avec plans de mise en œuvre ont été entamées

avec l’Allemagne, Andorre, la Belgique et la Norvège.

Le Bureau régional et certains ministères de la Santé ont commencé à échanger des membres

de leur personnel dans le cadre d’une collaboration avec le pays concerné. Par exemple, l’OMS a

détaché un membre de son personnel auprès du ministère allemand de la Santé afin qu’il supervise

l’élaboration et l’adoption d’un accord de collaboration biennal et l’implantation d’un bureau de pays

de l’OMS en Allemagne.

Réagissant à des demandes ponctuelles, le Bureau régional a également participé aux activités

suivantes, par exemple :

• l’adoption et la mise en œuvre du plan national de santé au Portugal ;

• une analyse conjointe Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE)-

OMS du système de santé suisse ;

• l’élaboration d’une nouvelle loi sur la santé publique en Grèce et la préparation des Jeux

Olympiques d’Athènes pour les aspects liés à la santé publique ;

• diverses activités en rapport avec la santé au cours des présidences successives de l’UE (présidence

néerlandaise : médicaments prioritaires en Europe ; luxembourgeoise : coordination de la réaction

communautaire au tsunami d’Asie du Sud-Est ; et britannique : inégalités en matière de santé,

sécurité des patients et préparation aux pandémies) ;

• une évaluation rapide des besoins de la communauté chypriote turque en matière de santé

publique à Chypre.

Partenariats à l’échelon national et mobilisation de moyens

Durant cette période biennale, le Bureau régional a poursuivi sa coordination stratégique avec des

partenaires clés. À l’échelle régionale, il a maintenu et renforcé sa collaboration avec la Commission

6 L’activité de l’OMS dans la Région européenne en 2004-2005

Des conférences ministérielles ont eu lieu à Budapest et à Helsinki, avec le soutien décisif de partenaires de premier plan

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M S

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européenne, le Conseil de l’Europe, les organismes qui lui sont apparentés au sein des Nations Unies

(UNICEF, FNUAP, Banque mondiale, etc.), les agences bilatérales de développement, les organisations

de la société civile et les partenaires du secteur privé.

Pour la première fois, le Bureau a conclu directement des accords avec la Direction générale

santé et consommation (DG SANCO) concernant cinq projets communs, pour un total de

2,5 millions d’euros : sur la surveillance des maladies transmissibles, la santé mentale, l’hygiène de

l’environnement, les systèmes de santé et l’obésité – autant de dossiers hautement prioritaires pour

le Bureau régional. Ainsi, les États membres ont explicitement soutenu une collaboration et une

coordination étroites entre le Bureau régional et la Commission européenne.

Le Bureau régional a apporté son appui à la création du CEPCM à Stockholm. Un protocole

d’accord a été signé ; il clarifie le rôle de chaque partenaire et met en place, d’emblée, des mécanismes

de collaboration étroite. Le Bureau régional a détaché deux membres de son personnel pour apporter

un soutien direct au CEPCM.

Comme cela a été mentionné en infra dans ce rapport, le Bureau régional a organisé des

conférences ministérielles sur la santé de l’environnement à Budapest (Hongrie) et sur la santé

mentale à Helsinki (Finlande), avec un soutien financier et politique important de l’UE, du Conseil de

l’Europe, de la Banque mondiale et de beaucoup d’organisations de la société civile (voir pages 32-33,

40-42).

Avec la Banque mondiale, le Bureau régional a multiplié ses activités sur le terrain et dans le cadre

7Activités dans les pays

du cours-pilote pour l’Europe (voir page 16), afin de former, dans la partie orientale de la Région, le

personnel concerné par les questions relatives aux systèmes de santé.

Les principaux travaux avec la Commission européenne se sont déroulés dans le cadre du Pacte de

stabilité et de l’actualisation du cadre de la Santé pour tous en 2004 (voir page 64).

Au cours de ces dernières années, l’OMS a souligné l’importance des travaux centrés sur les

pays et le rôle essentiel des partenariats. Durant cette période biennale, le Bureau régional s’est

particulièrement efforcé de renforcer la coordination avec ses partenaires clés à l’échelon des pays et

à conforter la capacité de ses bureaux de pays à établir des partenariats.

Programme sanitaire mondial et travail dans les pays

Le Bureau régional travaille avec des pays de la partie orientale et occidentale de la Région, ce qui n’est

pas une fin en soi, mais a pour but de mener à bien le programme sanitaire mondial en collaboration

avec les États membres.

Le Fonds mondialLe Fonds mondial Depuis le début des activités du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme,

en 2002, le Bureau régional a mis l’accent sur l’assistance aux États membres dans leurs travaux en

rapport avec le Fonds.

Actuellement, 41 dossiers ont été approuvés dans 22 pays de la Région européenne lors des

cinq sessions de demandes de crédits du Fonds (dont dix lors de la cinquième session). À ce jour, la

Région européenne a reçu 11 % des fonds octroyés. Ce résultat a été atteint notamment grâce aux

efforts importants du Bureau régional tant à l’échelon régional que national. En 2003, le Bureau était

représenté dans quelque 80 % des mécanismes de coordination nationaux du Fonds. À la fin de la

période biennale, son niveau de représentation était de 100 %.

La collaboration avec le Fonds mondial a été particulièrement intensive en ce qui concerne les

projets suivants (voir aussi pages 25, 26, 28-29) :

• projets de lutte contre la tuberculose en Fédération de Russie, en Ouzbékistan, en République de

Moldova et en Roumanie ;

• projets de lutte contre le VIH/sida en Estonie, en Fédération de Russie, au Kazakhstan, en

République de Moldova, au Tadjikistan et en Ukraine ;

• projets de lutte contre le paludisme en Géorgie, au Kirghizistan et au Tadjikistan.

Suivi des objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) et répercussions Suivi des objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) et répercussions sur les programmes du Bureau régionalsur les programmes du Bureau régional En 2005, le Bureau a présenté au Comité régional de l’OMS pour l’Europe une stratégie concernant les

OMD (9,10) et a créé un groupe de travail qui supervise la mise en œuvre de celle-ci.

8 L’activité de l’OMS dans la Région européenne en 2004-2005

Par le biais de son travail dans les pays, le Bureau régional a intensifié son aide à ces derniers pour

l’évaluation des progrès accomplis dans la réalisation des OMD. Des mesures visant à améliorer le

contrôle des indicateurs relatifs aux sept OMD en rapport avec la santé sont prises dans les 52 pays de

la Région, et un bilan complet a été établi récemment. Un mécanisme interne d’observation du travail

des autres régions et organisations concernant les OMD est actuellement mis en place.

Selon l’évaluation réalisée récemment, la Région européenne enregistre des progrès mitigés.

En même temps que d’autres agences internationales, le Bureau a donc soutenu les travaux visant

à la réalisation des OMD du domaine sanitaire dans 26 pays, via la mise en œuvre des accords de

collaboration biennaux. Huit des pays d’Europe centrale et orientale (PECO) et pays d’Asie centrale

sont susceptibles d’atteindre cinq des sept OMD, tandis que la Hongrie et la Pologne devraient les

concrétiser tous les sept. Néanmoins, la réalisation des OMD reste un formidable défi pour un certain

nombre de pays.

Une meilleure organisation des travaux dans les pays

Mieux planifiés, mieux gérés Mieux planifiés, mieux gérés La réussite des programmes du Bureau régional passe nécessairement par un travail efficace dans les

bureaux de pays.

Les accords de collaboration biennaux pour 2004-2005 (2) ont été mis en œuvre avec succès

dans la plupart des pays : 98 % des activités programmées ont été réalisées. Pour la période biennale

écoulée, le taux d’exécution financière a été de quelque 92 %.

Évaluation du rendement des paysÉvaluation du rendement des pays Le Bureau régional a amélioré son système d’appréciation des travaux réalisés dans les pays. En 2004,

un système d’établissement de rapports annuels sur la collaboration avec chaque pays a été mis en

place pays par pays.

En outre, pour améliorer la transparence et la responsabilisation, un certain nombre d’indices de

résultats déterminants sont actuellement testés. En 2005, six indices de mesure de divers aspects

de la planification et de la mise en œuvre du travail dans les pays ont fait l’objet d’une étude-

pilote, l’accent étant mis sur le respect des délais et la qualité. Par exemple, 80 % des accords de

collaboration biennaux signés étaient adaptés aux besoins prioritaires des pays tels qu’ils avaient

été établis dans le cadre de rapports d’évaluation stratégique (9). En outre, dans le cadre d’un audit

externe, de notables améliorations ont été constatées en ce qui concerne les comptes rendus faits par

les bureaux de pays, puisque plus de 80 % de ces rapports étaient de bonne qualité et ont été remis en

temps voulu.

Dans l’ensemble, le système d’évaluation du rendement s’est avéré utile pour renforcer la qualité

du travail réalisé dans les pays.

9Activités dans les pays

3 Tous les documents électroniques mentionnés dans la bibliographie ont été consultés le 18 mai 2006.

« Journées pays Journées pays » Pour mieux faire circuler, au sein du Bureau régional, les informations sur les travaux réalisés dans les

pays, des « Journées pays » ont été créées. Celles-ci portent sur tous les programmes et divisions, et

font intervenir les responsables nationaux de la santé. Habituellement, une « Journée pays » comprend

un certain nombre d’activités dans le cadre desquelles divers aspects de la collaboration entre le

Bureau et un pays spécifique font l’objet d’une évaluation commune.

Les « Journées pays » contribuent à une meilleure coordination des diverses réponses apportées

sur le plan technique pour satisfaire les besoins des pays. Les « Journées pays » les plus récentes de la

période biennale écoulée ont ciblé l’Estonie, le Kirghizistan, la République de Moldova et la Turquie.

Bibliographie3

1. Informations par pays [site Web]. Copenhague, Bureau régional de l’OMS pour l’Europe, 2006

(http://www.euro.who.int/countryinformation?language=French).

2. Stratégie du Bureau régional de l’OMS pour l’Europe au regard des bureaux géographiquement dispersés. Copenhague, Bureau régional de l’OMS pour l’Europe, 2004 (EUR/RC54/9 ; http://www.

euro.who.int/document/rc54/fdoc09.pdf).

3. Prochaine étape de la Stratégie de pays du Bureau régional de l’OMS pour l’Europe : renforcer les systèmes de santé. Copenhague, Bureau régional de l’OMS pour l’Europe, 2005 (EUR/RC55/9 Rev.1

+ EUR/RC55/Conf.Doc./5 ; http://www.euro.who.int/document/RC55/fdoc09rev1.pdf).

4. The Dubrovnik Pledge [site Web]. Copenhague, Bureau régional de l’OMS pour l’Europe, 2004

(http://www.euro.who.int/stabilitypact/pledge/20040610_1).

5. Stability Pact for South Eastern Europe. Initiative for Social Cohesion [site Web]. Bruxelles, Stability

Pact for South Eastern Europe, 2005 (http://www.stabilitypact.org/soc-cohesion/default.asp).

6. Second Health Ministers’ Forum [site Web]. Copenhague, Bureau régional de l’OMS pour l’Europe,

2005 (http://www.euro.who.int/stabilitypact/network/20050511_1).

7. The Skopje Pledge. Bruxelles, Stability Pact for South Eastern Europe, 2005 (http://www.

stabilitypact.org/soc-cohesion/54634-kmi%20Skopje%20pledge.pdf).

8. Country strategic health needs: report and priorities for WHO collaboration, 2004-2010.

Copenhague, Bureau régional de l’OMS pour l’Europe, 2005 (série de documents non publiés).

9. Que sont les objectifs du Millénaire pour le développement ? New York, Nations Unies, 2000

(http://www.un.org/french/millenniumgoals/).

10. La stratégie du Bureau régional de l’OMS relative aux objectifs du Millénaire pour le développement en Europe. Copenhague, Bureau régional de l’OMS pour l’Europe, 2005 (EUR/RC55/

Inf.Doc./1 ; http://www.euro.who.int/Document/RC55/finfdoc01.pdf).

10 L’activité de l’OMS dans la Région européenne en 2004-2005

2. Systèmes de santé

Dépenses : 23 329 000 USD

Part des dépenses totales : 14,6 %

Effectifs : 65 personnes, dont 26 sur le terrain

La mission du Bureau régional est d’aider les États membres à élaborer leurs propres politiques et

systèmes sanitaires, ainsi que leurs programmes de santé publique, en prévenant et en combattant

les risques sanitaires, en prenant de manière anticipée des mesures pour relever les défis futurs et en

défendant la santé publique.

Les accords de collaboration biennaux conclus entre le Bureau régional et 29 États membres (1) sont structurés d’après les quatre fonctions des systèmes de santé des pays, méthode promue par le

Bureau. Lorsque le personnel du Bureau régional met en œuvre ses programmes, il tient compte des

effets des programmes sur ces fonctions : réalisations à produire, organisation générale, obtention

de moyens et financement. Dès lors, les travaux effectués avec les États membres durant la période

biennale dans le domaine des systèmes de santé sont présentés sous ces intitulés.

Réalisations à produire

Renforcement et réforme du secteur des soins de santé primairesRenforcement et réforme du secteur des soins de santé primaires Étant donné que le renforcement et la réforme du secteur des soins de santé primaires sont l’une des

principales priorités de la plupart des États membres, le Bureau régional a mené beaucoup d’activités

en ce sens durant cette période biennale, dans des pays tels que le Bélarus, la Fédération de Russie, la

Géorgie, le Kazakhstan, le Kirghizistan, l’Ouzbékistan et la Turquie. Ces travaux ont ciblé l’amélioration

de la qualité des soins (élaboration d’une stratégie nationale d’amélioration de la qualité en

Ouzbékistan), le renforcement du secteur des soins primaires (dialogues sur les politiques afférentes à ce

sujet dans la Fédération de Russie et en Géorgie) et la coordination des services spécialisés (ateliers sur

la santé infantile au Kazakhstan, sur la santé génésique au Kirghizistan, sur les infections sexuellement

transmissibles (IST) en Ouzbékistan et sur la santé familiale en Turquie). L’objectif essentiel des travaux a

été de déterminer les besoins des États membres afin d’améliorer l’efficacité de leurs systèmes de soins

de santé primaires. Ce souci a également été à la base des accords de collaboration de 2006-2007 (1).

Introduction de réformes dans les hôpitauxIntroduction de réformes dans les hôpitaux La réalisation de réformes efficaces dans les hôpitaux reste un grand défi pour la plupart des pays.

Alors que d’importants partenaires se sont concentrés essentiellement sur l’infrastructure hospitalière,

le Bureau régional a, au cours de cette période biennale, mis davantage l’accent sur l’encadrement

11Systèmes de santé

de l’évaluation des performances, les réformes et plans directeurs pour hôpitaux, et les procédures

de qualité et de sécurité, ainsi que l’introduction d’activités de promotion de la santé dans la vie

quotidienne.

Par exemple, le Bureau a passé en revue les politiques et propositions de stratégies visant à

améliorer l’équité et l’efficacité dans le système hospitalier.

Il a également apporté son concours pour l’introduction de systèmes d’accréditation en vue d’une

meilleure qualité des soins hospitaliers.

Il a dirigé le projet de création d’un outil d’évaluation des prestations pour l’amélioration de la

qualité dans les hôpitaux d’Europe. Cet outil est une structure à six dimensions : efficacité clinique,

encadrement du personnel, qualité de la gestion, sécurité, souci du patient et gouvernance responsable.

Il a été mis à l’essai dans 40 hôpitaux d’Afrique du Sud, de Belgique, du Canada, du Danemark, de

France et de Slovaquie.

Le Bureau régional a également assuré la gestion du projet des hôpitaux-santé, qui regroupe

740 hôpitaux d’Europe au sein d’un réseau afin d’améliorer la promotion de la santé et la qualité dans

les hôpitaux. Ce réseau réunit des hôpitaux de 24 pays d’Europe : l’Allemagne, l’Autriche, la Belgique,

la Bulgarie, le Danemark, l’Estonie, l’Espagne, la Fédération de Russie, la Finlande, la France, la Grèce,

la Hongrie, l’Irlande, Israël, l’Italie, le Kazakhstan, la Lituanie, la Norvège, la Pologne, la République

tchèque, le Royaume-Uni, la Slovaquie, la Suède et la Suisse.

Enfin, le Bureau a mis en place des services médicaux d’urgence en Albanie, en Andorre et en

Slovénie. Il a accordé une place de choix à l’accréditation et à l’assurance qualité, et des outils sont

actuellement élaborés en collaboration avec les partenaires et centres collaborateurs de l’OMS. En

2005, vu la menace de pandémie due à la grippe aviaire, les efforts se sont principalement axés sur

l’apport de conseils aux pays concernant les plans de préparation aux situations d’urgence pour les

hôpitaux. Le triage a été instauré dans les services médicaux d’urgence d’Albanie et de la République de

Tchouvachie (Fédération de Russie).

Renforcement des services de santé publiqueRenforcement des services de santé publique Au cours de cette période biennale, plusieurs activités ont été lancées et menées à bien pour renforcer

les services de santé publique. Deux réunions de première importance ont eu lieu – à Malte et à

Budapest (Hongrie) – concernant la réforme des services de santé publique dans les pays de l’ex-

Union des républiques socialistes soviétiques (URSS). L’une des réalisations capitales de l’Initiative sur

la cohésion sociale du Pacte de stabilité pour l’Europe du Sud-Est a consisté à améliorer la fourniture

de services de santé publique dans le cadre des réformes globales des systèmes de santé dans les pays

d’Europe du Sud-Est.

Préparation aux situations d’urgence et protection contre les catastrophesPréparation aux situations d’urgence et protection contre les catastrophes Soutenir les États membres en cas de catastrophe est un important aspect du travail du Bureau

régional dans et avec les pays. Il s’agit notamment de travailler sur les services de santé – au cours

12 L’activité de l’OMS dans la Région européenne en 2004-2005

de cette période biennale, ce travail s’est principalement axé sur la poursuite du renforcement des

capacités des systèmes de santé nationaux afin de pouvoir gérer les aspects sanitaires des crises.

Conformément aux recommandations publiées dans le document Strengthening health systems’ response to crisis (2), 18 États membres ont collaboré afin de promouvoir la réduction des risques

sanitaires liés aux catastrophes.

Caucase du Nord Dans la Fédération de Russie, la région du Caucase du Nord – surtout les populations des républiques

de Tchétchénie, d’Ingouchie et d’Ossétie du Nord (1,5 million de personnes) – reste aux prises avec une

crise humanitaire de longue durée marquée par les conflits et la pauvreté. Les autorités sanitaires russes

collaborent avec des partenaires, dont le Bureau régional, pour relever les défis de santé publique de la

région, en se concentrant particulièrement sur les besoins des groupes vulnérables. Par exemple, le

Bureau travaille en étroite collaboration avec l’UNICEF pour le déploiement de la Stratégie de prise en

charge des maladies de l’enfant et le développement des capacités en matière de soins obstétriques et

néonataux en promouvant l’initiative Pour une grossesse à moindre risque. Le Bureau continue à renforcer

les services de soins de santé primaires en République de Tchétchénie, en s’attachant à limiter les cas de

transmission du VIH de la mère à l’enfant. Il soutient également des programmes d’appui en santé mentale

et de soutien psychologique aux enfants traumatisés et aux victimes d’accidents dus à des mines.

En outre, le Bureau régional collabore avec certains partenaires en vue du renforcement des

systèmes du secteur sanitaire pour préparer la réaction aux situations d’urgence et limiter les

conséquences de ces dernières. En collaboration avec la Commission européenne, le Bureau finalise

un projet commun des Nations Unies sur le développement des capacités pour renforcer le système de

santé de la République de Tchétchénie.

Kosovo (Serbie-et-Monténégro) Le programme humanitaire de l’OMS au Kosovo était axé sur l’amélioration de la situation sanitaire des

populations déplacées à l’intérieur des frontières, qui vivent dans trois camps provisoires dans le nord

de Mitrovica. C’est là le cadre d’une des catastrophes environnementales les plus graves de la Région

européenne, à laquelle il n’a pas été opposé de réaction efficace. Grâce à une étroite collaboration avec

l’équipe de la Mission d’administration intérimaire des Nations Unies au Kosovo (MINUK) au Kosovo, le

Bureau régional a réussi à trouver un début de solution au problème.

En plus de conditions d’hygiène extrêmement déplorables dans les camps, les résultats d’études des

sols dans les zones touchées et d’analyses sanguines sur la population ont mis en évidence le problème

concomitant d’une exposition prolongée au plomb et à d’autres métaux lourds et produits chimiques.

La communauté internationale se penche désormais sur ce problème, qui affecte surtout les enfants et

les femmes enceintes. Les progrès accomplis sont très prometteurs. La réaction du Bureau a été rendue

possible en grande partie par l’aide généreuse du gouvernement norvégien et le ferme appui politique

du ministère de la Santé serbe.

13Systèmes de santé

Les inondations, comme ici en Roumanie (2005), sont les catastrophes naturelles les plus fréquentes dans la Région

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Grippe aviaire Par ailleurs, le Bureau régional a mobilisé une assistance technique pour renforcer les préparatifs

des systèmes de santé en vue de réagir à des cas humains de grippe aviaire dans la Région, dans des

pays aussi touchés que la Turquie. Il continue à travailler avec les États membres afin de consolider la

capacité de leur système de santé à gérer les conséquences sanitaires d’une éventuelle pandémie de

grippe aviaire chez l’homme.

Catastrophes naturelles Plusieurs catastrophes naturelles ont frappé des États membres de la Région européenne. Elles ont

principalement été déclenchées par des événements météorologiques extrêmes qui ont provoqué

des glissements de terrain et de violentes inondations. Quoique de telles catastrophes mobilisent

rarement l’attention des médias internationaux, elles ravagent la vie des communautés touchées et

bouleversent les systèmes de santé locaux. Le Bureau régional et ses équipes de pays ont organisé des

missions d’évaluation et un approvisionnement en médicaments et fournitures de base dans les zones

affectées.

À la suite des tremblements de terre dévastateurs et des tsunamis qui en ont résulté et ont touché

l’Asie du Sud-Est, plusieurs experts ont rejoint l’équipe d’intervention mondiale unifiée de l’OMS, qui

a aidé le Bureau régional de l’OMS pour l’Asie du Sud-Est à intervenir. Après le tremblement de terre

au Pakistan, le Bureau régional a apporté le même type d’aide au Bureau régional de l’OMS pour la

Méditerranée orientale.

14 L’activité de l’OMS dans la Région européenne en 2004-2005

Les recommandations mentionnées ci-dessus (2) mettaient l’accent sur quatre fonctions

fondamentales du Bureau régional en cas d’urgence :

1. réunion et diffusion des informations sanitaires pertinentes ;

2. détection des lacunes dans la préparation et l’action en cas de catastrophes ;

3. coordination des mesures sanitaires ;

4. renforcement de la capacité des systèmes locaux.

Obtention de moyens

Produits pharmaceutiquesProduits pharmaceutiques Le Bureau régional a soutenu les politiques, stratégies et réglementations relatives aux

produits pharmaceutiques et les stratégies pour l’usage rationnel des médicaments, en mettant

particulièrement l’accent sur l’accès à ces derniers, garanti par des politiques de sélection ou de

remboursement.

Dans toute la Région, de nombreux pays ont bénéficié de programmes visant à affiner les

mécanismes de sélection et de réglementation des médicaments ainsi qu’à améliorer l’accès aux

antirétroviraux (ARV), l’endiguement de la résistance aux antimicrobiens et la sécurité des patients.

Dans le domaine des pratiques pharmaceutiques, le Bureau régional a lancé, en mai 2005, un

CD-ROM (3) reprenant tous les programmes types du Forum EuroPharm et proposant des outils pour

la réalisation de programmes professionnels au niveau national.

Ressources humaines pour la santéRessources humaines pour la santé Les ressources humaines sont un élément essentiel des systèmes de santé ; si elles font défaut,

l’amélioration des interventions sanitaires prioritaires et la réalisation des OMD se trouvent entravées.

Durant cette période biennale, des activités ont été mises en œuvre dans les États membres de toute la

Région concernant les migrations de personnel, l’accréditation de programmes de formation de base en

médecine auprès de la Fédération mondiale pour l’enseignement de la médecine et les soins infirmiers.

Des publications ont été diffusées sur, par exemple, des programmes de formation élémentaire en

soins infirmiers et obstétricaux en Europe (4) et la mise en application de la Déclaration de Munich

proclamant que les infirmières et les sages-femmes sont un atout pour la santé (5). En décembre 2005,

le Bureau régional a rencontré les responsables des soins infirmiers au niveau des gouvernements de

85 % des pays de la Région afin de débattre des questions de formation.

Technologies cliniquesTechnologies cliniques En matière de technologies cliniques, les activités se sont articulées autour de l’élaboration de

politiques, les programmes de gestion de la qualité, la sécurité des patients, la prévention du VIH/sida

et l’hémovigilance.

15Systèmes de santé

Dans le cadre de l’initiative « 3 millions d’ici 2005 », le Bureau régional a soutenu la prévention de

la transmission nosocomiale du VIH/sida, ainsi que le renforcement de la qualité des soins dispensés et

de la sécurité des patients.

En avril 2005, un forum organisé en Autriche et réunissant tous les pays d’Europe occidentale

a intensifié le dialogue entre les États membres concernant les questions de sécurité des patients.

En novembre 2005, le Bureau régional a organisé une réunion sur la sécurité des patients. Celle-ci

s’est tenue à Londres sur l’invitation de la présidence britannique de l’UE et a rassemblé les 52 États

membres européens.

CybersantéCybersanté Les besoins des États membres en ce qui concerne l’encadrement et les services fournis par le Bureau

régional en matière de cybersanté se sont sensiblement accrus pendant cette période biennale, ce qui

reflète un engouement croissant pour la communication électronique (réceptivité intellectuelle de

la population et capacités techniques des infrastructures) et les rôles et responsabilités détaillés dans

une résolution prise en 2005 par l’Assemblée mondiale de la santé (6). En 2005, un premier point mondial de la situation en matière de cybersanté a été fait dans tous

les États membres ; 52 % des États membres européens ont répondu et illustré cette augmentation.

Les résultats (7) ont été exploités pour l’élaboration d’une stratégie crédible et réalisable du Bureau

régional, ainsi que d’un plan de travail correspondant.

Sur la base de cette étude, plusieurs séminaires ont eu lieu en 2005 afin de mieux orienter les

activités du Bureau régional concernant la cybersanté. Ils se sont soldés par la rédaction d’un document

qui devrait déboucher sur une stratégie visant à orienter les activités futures du Bureau régional.

Financement de la santé

Les activités ont principalement consisté en des tâches réalisées dans les pays en fonction d’une

structure facilitant l’analyse par pays de l’efficacité, de l’organisation et du contexte des systèmes

de financement de la santé, afin de servir de base à une évaluation et à des recommandations. Des

travaux ont eu lieu dans de nombreux États membres de toute la Région. Ils se sont essentiellement

articulés autour d’un dialogue, d’une analyse et de recommandations sur la politique de financement

de la santé. Par ailleurs, des conseils ont été dispensés sur le recours à des comptes nationaux dans le

domaine de la santé.

Le début des travaux sur l’interface entre le financement de la santé et certains programmes

spécifiques de lutte contre les maladies ou autres programmes verticaux constitue une nouveauté.

Par exemple, les responsables des programmes du Bureau régional sur le financement de la santé, sur

la tuberculose et sur le VIH/sida ont collaboré afin de lever les obstacles présents dans les systèmes

de santé et empêchant la mise en œuvre efficace des mesures de lutte contre la tuberculose et le VIH

dans les pays baltes.

16 L’activité de l’OMS dans la Région européenne en 2004-2005

Au niveau régional, le Bureau régional et l’Institut de la Banque mondiale, dans le cadre d’un accord

de partenariat officiel, ont, durant la période biennale, assuré sept formations-pilotes (quatre pour toute

la Région, deux pour certains groupes de pays et un pour un seul pays) sur la réforme du secteur

sanitaire et le financement durable, ainsi que sur la pauvreté, l’équité et les systèmes de santé. Ces cours

ont non seulement traité du renforcement des compétences, mais aussi constitué un canal de diffusion

important des méthodes du Bureau en matière de politique de financement de la santé dans la Région.

Des efforts intensifs ont été consentis pour améliorer la qualité des estimations des dépenses de

santé dans les pays de la Région européenne. Ces estimations sont produites chaque année pour le

Rapport sur la santé dans le monde (8). Ces efforts ont permis d’accroître le nombre – antérieurement

réduit – des rapports sur les dépenses privées de santé dans de nombreux pays de la partie orientale de

la Région.

Le Bureau régional entend s’appuyer sur les réalisations de cette période biennale pour promouvoir

la diffusion des enseignements tirés des bases factuelles disponibles. En particulier, la structure des

systèmes de financement de la santé mentionnée plus haut, l’expérience héritée des pays apportant

leur aide et les meilleures estimations des dépenses de santé sont autant d’éléments qui contribueront

à une nouvelle étude du Bureau régional et de l’Observatoire européen des systèmes et des politiques

de santé sur les enseignements tirés de la mise en œuvre de réformes du financement de la santé dans

et pour les pays en transition.

Administration du secteur sanitaire

Rôle du ministère de la SantéRôle du ministère de la Santé Dans de nombreux pays, le renforcement du rôle phare du ministère a constitué une priorité du

développement des systèmes de santé. Faire des ministères de la Santé les pilotes du système plutôt que

les dispensateurs de services de santé place les pays de la Communauté des États indépendants (CEI) et

les PECO devant des défis de taille. Cela requiert une volonté politique, une réforme organisationnelle

et un important renforcement des compétences. Durant la période biennale écoulée, le Bureau régional

a soutenu les États membres en :

• proposant conseils et appui pour l’élaboration des documents relatifs à la politique sanitaire

nationale et aux plans stratégiques pour le secteur de la santé ;

• étayant l’efficacité de certaines politiques et en facilitant l’échange d’expériences entre les pays ;

• organisant des dialogues sur la politique et des forums réunissant les acteurs concernés.

Quelques exemples :

• un dialogue à Tallinn (Estonie) portant sur les politiques de réforme du financement de la santé

(2005) ;

17Systèmes de santé

• des dialogues sur la politique des soins de santé à Moscou (Fédération de Russie), sur la direction et

le financement en Géorgie, sur les options de réformes sanitaires à Kyiv (Ukraine) et sur la politique

des ressources humaines pour l’amélioration de l’efficacité globale du système de santé à Vilnius

(Lituanie) ;

• une réunion à Madrid (avril 2005) réunissant de hauts responsables de Bulgarie, de Chypre, de

Croatie, d’Espagne, d’Estonie, de Hongrie, de Lettonie, de Lituanie, de Malte, des Pays-Bas, de

Pologne, de la République tchèque, de Roumanie, du Royaume-Uni, de Slovaquie, de Slovénie et de

Turquie, avec une participation de la Commission européenne ;

• un atelier à Banja Luka (Bosnie-Herzégovine, novembre 2005) sur la bonne combinaison entre

public et privé dans la réglementation du secteur sanitaire et sur cette réglementation elle-même.

Dans d’autres pays tels que l’Arménie et le Kazakhstan, le Bureau régional a lancé le processus

visant à mettre en place et à institutionnaliser l’évaluation de l’efficacité du système de santé.

Forums du futurForums du futur Le Bureau régional a organisé quatre Forums du futur à l’intention de décideurs de haut rang venus

de pays où le Bureau régional n’a pas de bureau. Ces forums constituent une tribune permettant aux

responsables politiques de partager leur savoir-faire et de procéder à un échange d’expériences dans

le cadre de la réorientation de leur système de santé afin de relever les nouveaux défis de la santé

publique.

• Organisé en Islande, le forum sur la communication de crise a débouché sur une série d’options

et d’outils destinés à aider les responsables nationaux de la politique sanitaire à communiquer en

cas de crise, en se basant sur des études de cas nationales sur le syndrome respiratoire aigu sévère

(SRAS), la grippe aviaire et l’exposition à la dioxine dans l’environnement.

• Organisé à Malte, le forum sur les décisions impopulaires en matière de santé publique a mis en

avant différents moyens de faciliter l’adoption de mesures sur la lutte contre le tabagisme, par

exemple, ou la réduction des dommages causés par l’alcoolisme, la suppression de lits d’hôpital et

les dépenses de santé à charge des patients.

• Le forum sur la gouvernance de la sécurité des patients, en Autriche, a fait profiter la Région

européenne de l’élan imprimé par l’Alliance mondiale pour la sécurité des patients, en s’inscrivant

dans le prolongement des activités de la présidence britannique de l’UE durant le second semestre

de 2005.

• Le forum sur les systèmes de santé et la participation de la population a permis de dégager un

cadre logistique et des instruments spécifiques pour inciter les décideurs politiques du secteur de

la santé à intensifier la participation de la population à l’orientation des politiques.

18 L’activité de l’OMS dans la Région européenne en 2004-2005

Le Bureau régional publie les conclusions des forums sous forme de synthèses en anglais et en

russe (9), et les ministères de la santé traduisent certaines d’entre elles dans les langues locales.

Bibliographie

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(http://www.euro.who.int/countryinformation?language=French).

2. Strengthening health systems’ response to crisis: towards a new focus on disaster preparedness. Report on a WHO workshop, Skopje, The former Yugoslav Republic of Macedonia, 13-15 July 2004.

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int/eprise/main/WHO/Progs/EPF/Activities/20050720_1).

4. Fleming V, Holmes A. Basic nursing and midwifery education programmes in Europe. Copenhague,

Bureau régional de l’OMS pour l’Europe, 2005 (http://www.euro.who.int/document/e86582.pdf).

5. Büscher A, Wagner L. Munich Declaration: Nurses and Midwives: a Force for Health. Analysis of implementation of the Munich Declaration 2004. Copenhague, Bureau régional de l’OMS pour

l’Europe, 2004 (http://www.euro.who.int/document/e86640.pdf).

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REC/1 ; http://www.who.int/gb/ebwha/pdf_files/WHA58-REC1/A58_2005_REC1-fr.pdf).

7. E-health tools and services. Needs of the Member States. Genève, Organisation mondiale de la

santé, 2006 (http://www.who.int/kms/initiatives/tools_and_services_final.pdf).

8. Rapport sur la santé dans le monde [site Web]. Genève, Organisation mondiale de la santé, 2006

(http://www.who.int/whr/fr/index.html).

9. Forums du futur. Publications [site Web]. Copenhague, Bureau régional de l’OMS pour l’Europe,

2006 (http://www.euro.who.int/futuresfora/publications/publications?language=French).

19Maladies transmissibles

3. Maladies transmissibles

Dépenses : 32 843 283 USD

Part des dépenses totales : 20,5 %

Effectifs : 95 personnes, dont 47 sur le terrain

Même si la plupart des États membres ont récemment enregistré de notables progrès dans la lutte

contre les maladies transmissibles, celles-ci continuent d’être une cause majeure de morbidité et de

mortalité, et demeurent donc une importante priorité de santé publique dans la Région. Parmi les

principales priorités, citons la surveillance et l’intervention, les systèmes de vaccination et la lutte

contre les maladies évitables par la vaccination, la tuberculose, les IST, le VIH/sida et le paludisme.

Le Bureau régional a apporté un soutien croissant aux États membres pour l’élaboration et

l’amélioration des politiques, systèmes et interventions visant à faire baisser la mortalité et la

morbidité dues aux principales maladies transmissibles, ainsi que pour la détection et l’analyse rapides

des menaces posées par les maladies susceptibles de déclencher des épidémies, par les pandémies et

par l’apparition de maladies infectieuses, et pour une prompte réaction à ces menaces. Récemment, la

grippe aviaire et les préparatifs des pays à l’éventualité de l’apparition d’un nouveau virus pandémique

de grippe ont été au centre de l’attention.

Surveillance et intervention

Lutte contre les maladies transmissiblesLutte contre les maladies transmissibles Le Bureau régional a contribué au développement des compétences nationales pour la détection

des épidémies et la réaction à celles-ci. Plusieurs secteurs de première importance ont connu

un élargissement : l’intensification de la sensibilisation et le renforcement des partenariats, le

développement des capacités d’alerte rapide et de réaction au niveau des pays et de la Région, le

renforcement des systèmes nationaux de surveillance en général et le renforcement des réseaux pour

une meilleure collaboration entre les pays.

Dans le cadre de la révision du Règlement sanitaire international (RSI) (1), une consultation

régionale soutenue financièrement par le gouvernement suisse a été organisée avec les 52 États

membres de la Région.

Renforcement des compétencesRenforcement des compétences La priorité est allée au soutien des pays d’Europe du Sud-Est et de la CEI, où les systèmes de

surveillance n’ont pas encore été parfaitement adaptés pour détecter et analyser rapidement les cas

de maladies infectieuses, ni pour y réagir.

20 L’activité de l’OMS dans la Région européenne en 2004-2005

Des évaluations approfondies ont eu lieu en Bulgarie et au Kazakhstan, avec pour résultat un

projet financé par l’UE en vue de l’amélioration du système de surveillance en Bulgarie. Une assistance

technique a été fournie dans 20 pays, avec des ateliers nationaux sur les maladies transmissibles et

l’apport d’une expertise technique afin d’aider les États membres à élaborer des plans nationaux et des

propositions de projet visant à renforcer les systèmes de surveillance.

D’autres travaux ont visé à intensifier la prévention et la lutte contre des maladies prioritaires dans

une sélection de pays, ainsi qu’à renforcer les systèmes d’alerte rapide et le recours à des systèmes

d’informations géographiques. Le Bureau régional a également soutenu des plans nationaux visant

à endiguer la menace de résistance aux antimicrobiens. Deux graves flambées de maladies ont été

étudiées : la coxiellose en Bosnie-Herzégovine et la fièvre hémorragique de Crimée-Congo en Turquie.

En outre, des ateliers ont été organisés pour les pays participant à l’Initiative sur la cohésion sociale

du Pacte de stabilité pour l’Europe du Sud-Est, parallèlement à une consultation sur les infections

nosocomiales.

Le Bureau a soutenu indirectement les 25 États membres de l’UE en prenant part à des forums

consultatifs et à des forums d’experts tels que le groupe chargé de la sécurité sanitaire à la DG SANCO

et le forum consultatif du CEPCM.

Enfin, les capacités d’alerte, de contrôle et de réaction du Bureau en cas d’épidémie ont été

renforcées, et une démarche plus systématique a été entreprise pour le processus d’alerte et de suivi

avec les États membres en cas de signalement non vérifié d’une maladie.

Intensification de la sensibilisation et renforcement des partenariatsIntensification de la sensibilisation et renforcement des partenariats La sensibilisation et les relations de partenariat ont été stimulées grâce à un site Web régulièrement

actualisé (2) et à un bulletin trimestriel, CD news (3). Le Bureau a bénéficié de fonds ou de détachements de personnel pour les travaux relatifs aux

maladies transmissibles, les donateurs étant la Commission européenne, les gouvernements belge,

britannique, français, suédois, suisse, un programme de partenariat aux Pays-Bas et la Banque

asiatique de développement.

Grippe aviaire et menaces de pandémie de grippe

La menace d’une pandémie de grippe fait l’objet d’un débat depuis plusieurs années et, avec

la propagation croissante du virus H5N1 de la grippe aviaire en Asie du sud, est devenue une

source de préoccupation pour les États membres de la Région européenne, notamment pour les

pays frontaliers de la Chine, tels que la Fédération de Russie, le Kazakhstan, le Kirghizistan et le

Tadjikistan. Durant l’année 2004, des entretiens entre plusieurs États membres et la DG SANCO ont

débouché sur une initiative visant à renforcer les plans nationaux de préparation dans l’éventualité

de l’apparition d’un nouveau virus déclenchant une pandémie de grippe. En mars 2005, le Bureau

régional a organisé, en collaboration avec la DG SANCO, un premier atelier régional sur la

21Maladies transmissibles

planification de la préparation aux pandémies. Un second atelier a eu lieu en octobre 2005 avec la

DG SANCO et le CEPCM (4,5). Les premières apparitions du H5N1 ont été signalées dans la Fédération de Russie et au

Kazakhstan en été 2005. Des missions conjointes d’experts techniques envoyés par le Bureau

régional, la DG SANCO et le CEPCM se sont rendues dans six pays afin d’évaluer les points forts et les

faiblesses de leurs plans nationaux de préparation à la grippe et, de plus en plus, à la grippe aviaire.

L’amélioration de la surveillance pour la grippe saisonnière, en particulier les capacités des laboratoires

à diagnostiquer la grippe humaine dans tous les États membres, a fait l’objet de plus d’attention.

En outre, le Bureau régional a dirigé des missions techniques visant à renforcer les plans nationaux

de préparation dans six pays (la Grèce, le Kazakhstan, la Pologne, la Roumanie, le Royaume-Uni

et la Turquie) et à procéder à des évaluations du risque de transmission du H5N1 de la volaille aux

êtres humains dans les pays touchés, dont la Roumanie et l’Ukraine faisaient partie en 2005. Enfin,

le Bureau s’est associé à des missions en vue de soutenir l’élaboration de propositions de projets

nationaux intégrés pour le renforcement des compétences en matière de plans nationaux de lutte

contre les pandémies de grippe, la coordination étant assurée par la Banque mondiale.

Maladies évitables par vaccin et vaccination

Des progrès constants contre les maladies évitables par vaccinDes progrès constants contre les maladies évitables par vaccin Le Bureau régional a conçu un certain nombre d’initiatives pour l’éradication de la poliomyélite,

la lutte contre la diphtérie, l’élimination de la rubéole et de la rougeole et la prévention de la

rubéole congénitale. Celles-ci représentent une excellente occasion de donner un coup de fouet aux

programmes d’immunisation habituels.

La Région a fait des progrès en ce qui concerne la fourniture et la gestion de services

d’immunisation. La plupart des pays ont une couverture de plus de 90 % pour les vaccins ordinaires.

L’introduction, dans les programmes de vaccination ordinaires, de nouveaux vaccins insuffisamment

employés, s’est accélérée dans toute la Région. En particulier, le vaccin contre la rubéole est désormais

utilisé dans 48 pays, tandis que la vaccination universelle contre l’hépatite B a été introduite

dans 44 pays. En 2005, 33 pays avaient introduit le vaccin Haemophilus influenzae type b (Hib)

et l’administraient systématiquement ; il s’en est suivi une spectaculaire diminution du taux de

prévalence du Hib dans la plupart de ces pays.

La certification de la Région européenne comme exempte de poliomyélite, en juin 2002, a été

une réussite extraordinaire marquant un tournant historique. Durant cette période biennale, la

Région a préservé cette situation grâce à une veille attentive et à des travaux de qualité garantie en

laboratoire (6). En 2005, elle est devenue la première Région de l’OMS à être jamais parvenue à la fin

de la phase I sur l’endiguement des poliovirus.

22 L’activité de l’OMS dans la Région européenne en 2004-2005

L’élimination de la rougeole et de la rubéole et la prévention de la rubéole congénitale se profilent

à l’horizon, alors que 28 pays satisfont désormais au critère retenu pour l’élimination de la rougeole :

une prévalence de moins de un par million en 2005. Le Bureau régional a soutenu des campagnes de

lutte contre la rougeole et la rubéole au Bélarus, à Chypre, en Italie, au Kazakhstan, au Tadjikistan

et en Turquie, dont la plus importante ciblait 19,8 millions d’enfants. La résolution sur l’élimination

de la rougeole et la rubéole et la prévention de la rubéole congénitale, prise en 2005 par le Comité

régional (7), a garanti un engagement politique en faveur de cet objectif, devenu prioritaire. La

stratégie (8) consiste à améliorer la surveillance et la couverture vaccinale par le renforcement des

systèmes de vaccination systématique, une méthode sans équivalent dans les régions de l’OMS.

Renforcer les capacités en faveur de l’immunisationRenforcer les capacités en faveur de l’immunisation Le Bureau régional a concentré son aide aux pays sur le renforcement des capacités afin de consolider

les systèmes d’immunisation, de promouvoir des pratiques de vaccination sûres et de haute qualité, et

d’améliorer la surveillance et le contrôle. Les États membres ont bénéficié d’une assistance technique

et d’un soutien pour leur politique dans les domaines suivants :

La plupart des pays de la Région bénéficient d’une couverture de plus de 90 % en ce qui concerne les vaccins habituels

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M S

23Maladies transmissibles

1. élaboration et révision de leur politique et plans nationaux en matière de vaccination ;

2. formation pour le renforcement des compétences de gestion et capacités techniques à l’échelon

du pays et des districts ;

3. suivi et évaluation des réalisations ;

4. coordination des activités ;

5. sensibilisation, communication et partenariats.

Par exemple, des projets spécialement adaptés à un pays spécifique ont été menés afin de

consolider les systèmes de gestion de l’information et d’assurer le suivi des réalisations effectuées à

l’échelon des districts au Bélarus, en Bulgarie, en République de Moldova et en Ukraine. Dans le cadre

d’une stratégie intitulée Reaching Every District (9), des méthodes novatrices ont été employées pour

sensibiliser les populations vulnérables vivant dans des zones isolées – notamment des méthodes axées

sur le long terme en Arménie, en Azerbaïdjan, en Géorgie et au Tadjikistan.

Les autorités publiques, en particulier celles des pays éligibles dans le cadre des programmes de

l’Alliance mondiale pour les vaccins et la vaccination (GAVI), ont été aidées à mieux appréhender les

coûts, les mécanismes de financement et l’efficacité des programmes de vaccination. Ainsi, les pays

ont encore eu davantage le sentiment qu’il leur appartenait de gérer les services de vaccination et

de veiller au maintien à long terme de ces services, à leur bonne qualité et à leur accessibilité pour

tous les groupes de population. Le Bureau a assuré l’assistance technique aux pays, en ce compris la

formation, afin de garantir la viabilité à long terme des plans nationaux de vaccination.

Des améliorations ont été apportées en permanence au Système d’information sur les maladies

infectieuses (CISID) (10), un outil en ligne pour le recueil, l’analyse et le suivi d’informations sur les

maladies infectieuses.

Promouvoir davantage la vaccinationPromouvoir davantage la vaccination La première Semaine européenne de la vaccination (11), en octobre 2005, a été saluée comme une

réussite. Au moins dix États membres y ont participé, dont six avec le soutien technique et (dans

certains cas) financier du Bureau : le Bélarus, l’ex-République yougoslave de Macédoine, l’Irlande,

l’Italie, la Serbie-et-Monténégro et le Tadjikistan.

L’objectif était de sensibiliser davantage à la vaccination et de défendre celle-ci, le message

de base étant qu’il est capital de vacciner tous les enfants. Les États membres ont profité de cette

semaine pour mener les actions suivantes :

• promotion de pratiques de vaccination sûres ;

• fourniture d’informations aux dispensateurs de soins de santé et aux parents ;

• sensibilisation de certaines communautés à la vaccination ;

• amélioration de la couverture vaccinale chez les populations vulnérables.

24 L’activité de l’OMS dans la Région européenne en 2004-2005

Cette initiative sera répétée chaque année avec la participation d’un nombre croissant d’États

membres.

Financement et partenariatsFinancement et partenariats La collaboration s’est poursuivie avec des partenaires traditionnels tels que l’UNICEF, les Centres

pour la prévention et la lutte contre les maladies (États-Unis) (CDC), l’Agence des États-Unis pour le

développement international (USAID), GAVI, l’Agence canadienne de développement international

(ACDI), le gouvernement néerlandais, le programme de vaccination infantile du Programme pour une

technologie appropriée en matière de santé (PATH), le Rotary International et la Banque mondiale.

Des liens plus étroits ont été tissés avec de nouveaux partenaires, en particulier le CEPCM, la

Vishnevskaya-Rostropovich Foundation, le March of Dimes et la Hib initiative. Parmi les partenaires de

l’OMS dans le cadre des plans accélérés d’élaboration et d’introduction des nouveaux vaccins, financés

par GAVI, on compte les CEPCM, la Johns Hopkins University et la London School of Hygiene and

Tropical Medicine.

Les grands défisLes grands défis Dans la Région européenne, quelque 600 000 enfants ne sont toujours pas vaccinés et sont donc

exposés à des maladies évitables. Des groupes de population vulnérables existent encore dans tous

les pays, ce qui reflète d’énormes disparités dans les taux de couverture vaccinale d’un pays à l’autre

et dans un même pays. Les principaux défis sont l’obtention de moyens, l’engagement politique et la

sensibilisation de la population, ainsi que le maintien de la demande de services de vaccination.

Tuberculose : réagir à la crise

Lutter contre la tuberculoseLutter contre la tuberculose Dans de nombreux pays d’Europe centrale et orientale et de la CEI, la tuberculose ne peut être

maîtrisée. En 2002, dès lors, le Comité régional a appelé à une riposte plus ferme (12). Sur les 52 États membres, 43 (dont tous les pays de la CEI) mettent en œuvre la stratégie DOTS

(traitement de courte durée sous surveillance directe) à des degrés divers, contre 34 en 2001. Quelque

30 pays ont appliqué DOTS sur tout leur territoire en tant que stratégie nationale de lutte contre la

tuberculose. Actuellement, 47 % de la population de la Région, en moyenne, a accès à des services

basés sur la stratégie DOTS, contre 17 % en 2001.

En réaction à l’épidémie de tuberculose polypharmacorésistante en Europe, les projets-pilotes

menés dans le cadre de la stratégie de l’OMS pour la lutte contre la tuberculose multirésistante

(DOTS-Plus) ont été intensifiés en Estonie, dans trois oblasts de la Fédération de Russie et en Lettonie.

En outre, 11 nouveaux projets ont été approuvés dans huit pays (Azerbaïdjan, Fédération de Russie,

Géorgie, Kirghizistan, Lituanie, Ouzbékistan, République de Moldova et Roumanie) en collaboration

avec le Comité Feu Vert de l’OMS. Par ailleurs, un centre collaborateur de l’OMS pour la recherche et la

25Maladies transmissibles

formation en gestion de la tuberculose multirésistante a été fondé à la fin de 2004 au Centre national

de Lettonie pour la tuberculose et les maladies pulmonaires.

Un don de l’Agence allemande pour la coopération technique (GTZ) a permis au Bureau régional

de participer à l’élaboration de propositions comprenant un volet « tuberculose » pour le Fonds

mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme. Dans le cadre de la cinquième session

de demandes, 12 pays ont obtenu une aide du Bureau pour l’élaboration de propositions, huit pays ont

soumis des propositions au Fonds, et quatre pays ont vu leur proposition approuvée.

Renforcement des compétencesRenforcement des compétences L’une des principales priorités pour la Région est de permettre aux systèmes de santé de parvenir à une

maîtrise plus efficace de la tuberculose. Ce fut l’objet d’une réunion d’un groupe consultatif technique

en 2005, qui s’est basée sur un document relatif aux défis et aux opportunités se présentant aux

systèmes de santé des États baltes et des pays de la CEI.

Travaillant en étroite collaboration avec beaucoup d’autres partenaires pour les aspects techniques

et financiers, le Bureau régional est le premier partenaire pour la lutte contre la tuberculose dans les

pays. Grâce aux programmes intensifiés du Bureau régional pour la lutte contre la tuberculose, tant à

l’échelon régional que dans les bureaux de pays d’Asie centrale, des Balkans, du Caucase, de la Fédération

de Russie et d’Ukraine, la lutte contre la tuberculose dans la Région a sensiblement gagné en efficacité.

En outre, pour faciliter la réaction à une forte augmentation de la prévalence de tuberculose liée

au VIH, le Bureau régional a lancé deux projets sur la co-infection tuberculose et VIH. L’un d’eux,

soutenu par le gouvernement français, ciblait les États baltes, tandis que l’autre, soutenu par le

gouvernement néerlandais, couvrait le développement des ressources humaines dans la Région et dans

certains groupes de pays.

Les grands défisLes grands défis La tuberculose reste un grave problème de santé publique dans la Région, puisque l’on signale près de

69 000 décès dus à cette maladie et près de 450 000 nouveaux cas en 2004. Quatre-vingt pour cent

des cas sont localisés dans la partie orientale de la Région. Ce sont là quelques-uns des chiffres les plus

élevés de ces vingt dernières années. En Europe occidentale, la marginalisation sociale et l’immigration

en provenance de pays fortement affectés par la tuberculose ont entraîné une prévalence accrue de la

maladie par endroits, notamment dans les grandes villes.

Les principaux obstacles à une lutte efficace contre la tuberculose dans la Région sont le haut

degré de prévalence de la tuberculose polypharmacorésistante, essentiellement dans les pays de l’ex-

URSS, la progression rapide de l’épidémie de VIH dans la partie orientale de la Région et l’engagement

politique et financier toujours timide en faveur de la lutte contre cette maladie.

En février 2005, le directeur régional de l’OMS pour l’Europe, dans une lettre exhortant tous les

États membres confrontés à une importante prévalence de la tuberculose à consacrer un budget

plus important à des stratégies rationnelles, fondées sur leur système de santé, pour lutter contre la

26 L’activité de l’OMS dans la Région européenne en 2004-2005

maladie et les conditions sociales qui lui sont favorables, a déclaré que la tuberculose constituait une

urgence régionale. Il a également encouragé les pays plus riches de la Région et l’UE à accorder plus

d’attention à la crise et à augmenter leur contribution financière à la lutte contre la tuberculose. Un

forum ministériel pour la Région européenne sera organisé en octobre 2006.

Les IST et l’épidémie de VIH/sida

Depuis que le Comité régional a lancé un appel en faveur d’une amplification de l’action contre le

VIH/sida en 2002 (13), les IST et l’épidémie de VIH/sida font partie des priorités du Bureau régional. On

estime que 2,3 millions de personnes vivent avec le VIH/sida dans la Région européenne, et il y a une

nette augmentation des cas de VIH et des décès provoqués par le sida.

Au cours de cette période biennale, de nombreuses vagues d’IST ont été signalées dans toute la

Région. Les flambées de syphilis, de gonorrhée, d’infection à chlamydia et autres IST affectent souvent

de manière disproportionnée les groupes vulnérables tels que les hommes ayant des relations sexuelles

avec des hommes ou les personnes vivant avec le VIH/sida. Ce sont là les indices d’un fléchissement

général des efforts de prévention dans la Région.

Remplir les objectifs régionaux de l’initiative « 3 millions d’ici 2005 »Remplir les objectifs régionaux de l’initiative « 3 millions d’ici 2005 » Les personnes ayant contracté le VIH et vivant dans des pays où le traitement antirétroviral très actif

(HAART) est disponible peuvent vivre une vie presque normale, avec une qualité de vie sensiblement

meilleure et une espérance de vie plus longue.

L’initiative « 3 millions d’ici 2005 » de l’OMS/Programme commun des Nations Unies sur le

VIH/sida (ONUSIDA) vise à rendre plus accessible ce traitement qui sauve des vies. La Région

européenne a atteint son objectif : augmenter fortement le nombre de pays proposant le traitement

HAART et inclure 100 000 patients de plus dans des programmes thérapeutiques. Cependant, le fossé

entre les personnes bénéficiant ou non d’un traitement ne cesse de se creuser, de même que le nombre

de personnes infectées par le VIH et contractant le sida, notamment en Europe orientale.

Cette initiative étant arrivée à son terme, il est temps de voir comment progresser rapidement

dans la réalisation de l’objectif fondamental du plan mondial de l’OMS (14) : un accès universel à la

prévention, au traitement, aux soins et aux services d’encadrement d’ici à 2010.

Recommandations normatives et assistance techniqueRecommandations normatives et assistance technique Pour améliorer l’accès au traitement antirétroviral (ART), les professionnels des soins de santé ont été

équipés des moyens les plus à la pointe dont devraient bénéficier les personnes vivant avec le VIH/sida

pour leur traitement et leurs soins. En 2004, le Bureau régional a publié des protocoles de traitement

et de soins pour le VIH/sida dans la CEI (15). Ces protocoles sont actuellement révisés et étoffés.

À la fin de 2005, une diminution importante du prix des ARV a été obtenue grâce à des dons du

Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, ainsi qu’à des prêts de la Banque

27Maladies transmissibles

mondiale pour des programmes de lutte contre le VIH/sida dans 19 États membres, avec le soutien

des équipes de pays du Bureau régional. Dans un certain nombre de pays, le Bureau a joué un rôle de

premier plan en ce qui concerne les domaines suivants :

• réalisation d’études-pilotes pour une mobilisation réussie des moyens en vue d’étendre les activités

visant à limiter les dommages ;

• renforcement de la participation des personnes vivant avec le VIH/sida au processus décisionnel et

à la fourniture de l’ART ;

• soutien à l’adoption de régimes thérapeutiques normalisés pour l’Europe d’après des bases

factuelles ;

• formation des dispensateurs de services en matière d’ART et de mesures de prévention essentielles.

Renforcement des compétencesRenforcement des compétences Le Bureau régional et GTZ ont œuvré ensemble au renforcement des compétences afin de mieux

riposter au VIH/sida. En centralisant les connaissances et l’expertise de toute la Région, ils ont travaillé

à l’élaboration de mécanismes durables pour le développement des ressources humaines en matière de

prévention, de traitement et de soins pour les IST et le VIH/sida. Trois « foyers de connaissances » ont

été créés (16) :

• à Zagreb (Croatie) sur la surveillance, le contrôle et l’évaluation des IST et du VIH/sida ;

• à Vilnius (Lituanie) sur la réduction des risques pour les drogués par voie parentérale ;

• à Kyiv (Ukraine) sur le traitement et les soins en matière de VIH/sida.

Ils ont conçu des programmes de formation et du matériel didactique en s’inspirant des

recommandations et normes de l’OMS pour une formation continue de haute qualité.

Au cours de la période biennale, plus de 40 cours ont été donnés à plus de 700 dispensateurs de

soins de santé originaires de presque tous les PECO. L’objectif était de leur inculquer les compétences

de base pour l’introduction et l’amélioration de la prévention, du traitement et des soins en matière

d’IST et de VIH/sida.

Financement et partenariatsFinancement et partenariats Depuis la Déclaration de Dublin sur le partenariat pour la lutte contre le VIH/Sida en Europe et en

Asie centrale (17), en février 2004, le Bureau régional a mis en place et renforcé des partenariats

stratégiques avec la Commission européenne, y compris le CEPCM et le European Monitoring Centre

for Drugs and Drug Addiction (Observatoire européen des drogues et des toxicomanies) (EMCDDA),

des centres de recherche tels que le Centre européen pour la surveillance épidémiologique du sida

(EuroHIV) et le Copenhagen HIV Programme et des ONG telles que le European AIDS Treatment Group

(EATG), le Réseau de réduction des dommages d’Europe centrale et orientale et AIDS Action Europe.

28 L’activité de l’OMS dans la Région européenne en 2004-2005

Les grands défisLes grands défis À la fin de 2005, les défis prioritaires portaient notamment sur la lutte contre la stigmatisation

générale des patients atteints par le VIH/sida et les attitudes discriminatoires des dispensateurs de

soins et sur la suppression des obstacles juridiques aux services essentiels de prévention, de traitement

et de soins pour groupes vulnérables.

Combler le fossé entre l’est et l’ouest et veiller à assurer à long terme une prévention, un

traitement et des soins universels en matière d’IST et de VIH/sida requiert la réorganisation des

systèmes de prestation de soins. Ceux-ci permettront un accès durable à des produits et à des

programmes sûrs, efficaces et équitables, à un prix abordable.

Mieux combattre le paludisme

Lutter contre le paludismeLutter contre le paludisme La lutte contre le paludisme s’est intensifiée après la ratification d’une résolution du Comité

régional (18) en 2002. L’objectif est de limiter au maximum l’impact du paludisme sur la santé

publique avec les moyens financiers et les ressources humaines disponibles, et avec les technologies et

outils existants.

Le Bureau régional a aidé les pays à prévenir la mortalité due au paludisme en jugulant les

épidémies, en réduisant davantage encore sa prévalence, en prévenant la reprise de la transmission de

la maladie et en veillant à maintenir exempts de paludisme les pays et territoires où la maladie avait

été éliminée. Pour ce faire, le Bureau s’est concentré sur les mesures suivantes :

1. intensification du travail fourni dans le cadre du partenariat « Faire reculer le paludisme » dans la

Région et dans certains groupes de pays ;

2. renforcement des capacités décisionnelles nationales ;

3. investissement dans le développement des ressources humaines et le renforcement des

compétences ;

4. perfectionnement des compétences pour lutter contre la maladie ;

5. renforcement des compétences pour l’endiguement et la prévention des épidémies ;

6. promotion de mesures de prévention d’un bon rapport coût-efficacité ;

7. renforcement des capacités de surveillance et de recherche opérationnelle ;

8. mobilisation des collectivités ;

9. intensification de la collaboration intersectorielle.

Au cours de cet exercice biennal, l’ensemble des pays touchés par le paludisme et soutenus par

le Bureau régional et ses partenaires ont pris toutes les mesures possibles pour l’endiguement de

l’épidémie.

29Maladies transmissibles

Pendant la même période biennale, le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le

paludisme a octroyé des dons au Kirghizistan, en Ouzbékistan et au Tadjikistan, afin de soutenir les

efforts nationaux de lutte contre le paludisme. En conséquence, le nombre de cas signalés a chuté de

près d’un tiers entre 2003 et 2005. Une importante épidémie régionale a été maîtrisée et la prévalence

du paludisme a tellement reculé que l’interruption de sa transmission pourrait être réalisable ces

prochaines années dans certains pays.

Les grands défisLes grands défis Une occasion unique de passer de la lutte contre le paludisme à son élimination a été ménagée. En

2005, à Tachkent (Ouzbékistan), tous les pays de la Région touchés par le paludisme ont ratifié une

déclaration visant à franchir le pas entre la lutte contre la maladie et son élimination (19) afin de

confirmer leur volonté de relever ce défi.

En dépit des batailles remarquables remportées contre le paludisme, les responsables des

programmes nationaux de lutte contre la maladie restent confrontés à un certain nombre de

problèmes et de contraintes, principalement d’ordre financier.

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Copenhague, Bureau régional de l’OMS pour l’Europe, 2004 (http://www.euro.who.int/aids/

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18. Résolution EUR/RC52/R10 du Comité régional de l’OMS pour l’Europe : Amplifier l’action contre le paludisme dans la Région européenne de l’OMS. Copenhague, Bureau régional de

l’OMS pour l’Europe, 2002 (http://www.euro.who.int/Governance/resolutions/2002/20021231_

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2005 (Note for the Press EURO 18/05 ; http://www.euro.who.int/PressRoom/pressnotes/

20051020_2).

31Maladies non transmissibles

Dépenses : 19 021 388 USD

Part des dépenses totales : 11,9 %

Effectifs : 53 personnes, dont 5 sur le terrain

Des progrès importants ont été accomplis dans le domaine des maladies non transmissibles, des modes

de vie, des déterminants de la santé et de la santé familiale et communautaire.

Au niveau régional, des cadres stratégiques et plans d’action régionaux ont été élaborés et adoptés

pour la politique en matière d’alcool, la santé et le développement des enfants et des adolescents,

et la santé mentale (à la suite d’une conférence de l’OMS tenue en janvier 2005). Le Bureau régional

a facilité la coordination régionale de l’approbation de la Convention-cadre de l’OMS pour la lutte

antitabac – le premier traité de santé publique contraignant pour le monde entier. À la fin de 2005,

plus de la moitié des pays de la Région, et la Commission européenne étaient signataires de cette

Convention. La rédaction d’une Stratégie européenne sur les maladies non transmissibles est entrée

dans sa phase finale, et les travaux ont commencé sur la lutte contre l’obésité, y compris notamment

les préparatifs d’une conférence ministérielle qui aura lieu en 2006.

Parmi les réalisations importantes pour toute la Région, citons l’élaboration ou l’actualisation

de bases de données et de systèmes d’information régionaux sur l’alcool, l’alimentation, l’obésité

et le tabac ; le lancement de la quatrième phase du projet des Villes-santé ; l’élargissement du

réseau européen Prison et santé à plus de la moitié des pays de la Région et une analyse de la

capacité des systèmes de promotion de la santé de 16 pays d’Europe à influencer les déterminants

socioéconomiques de la santé.

Le Bureau régional a également travaillé avec des groupes de pays dans le cadre de projets et

d’activités tels que :

• la promotion d’un mouvement en faveur des services de santé mentale et de la Convention-cadre

pour la lutte antitabac dans les pays couverts par l’Initiative sur la cohésion sociale du Pacte de

stabilité pour l’Europe du Sud-Est ;

• la participation au Groupe de travail sur l’inclusion sociale, les modes de vie et la capacité à

travailler du partenariat de la Dimension septentrionale ;

• le renforcement des compétences pour la lutte antitabac dans la CEI ;

• l’établissement de réseaux pour une stratégie intégrée orientée sur les systèmes de santé dans le

domaine de la santé génésique, des questions homme-femme et de la santé de la mère, de l’enfant

et de l’adolescent dans la Région.

4. Maladies non transmissibles

32 L’activité de l’OMS dans la Région européenne en 2004-2005

Le Bureau a assuré l’encadrement technique de nombreux pays, en particulier dans la partie

centrale et orientale de la Région. Certaines réalisations spécifiques ont eu trait à l’élaboration et à

l’adoption de nouvelles législations et programmes nationaux comme la loi sur la santé publique en

Grèce, les plans d’action nationaux sur le tabagisme en Arménie et en Lituanie, et les programmes

alimentaires nationaux en Bulgarie, en Géorgie et en Hongrie. Des travaux ont également été menés

dans les pays afin de renforcer les capacités nationales, d’améliorer la surveillance et le suivi, de

sensibiliser la population et de soutenir les mécanismes multisectoriels. Dans les pays occidentaux de

la Région, les travaux ont notamment porté sur le soutien au gouvernement grec pour l’élaboration

du plan de santé publique en vue des Jeux Olympiques d’Athènes, en 2004, et sur la planification et

l’organisation conjointes d’ateliers thématiques pour le Sommet sur les inégalités et la santé tenu

durant la présidence britannique de l’UE.

Prévention et lutte contre les maladies non transmissibles

En 2004, le Comité régional a décidé d’accorder un haut degré de priorité aux maladies non

transmissibles et d’élaborer pour 2006 une stratégie globale axée sur l’action (1). Cette stratégie sera

centrée sur l’application pratique, en tenant compte des caractéristiques spécifiques et de la diversité

existantes dans la Région européenne, et sera préparée en collaboration avec les États membres, les

agences intergouvernementales, les ONG et autres partenaires concernés.

Santé mentale

En janvier 2005, le Bureau régional, en partenariat avec la Commission européenne et le Conseil de

l’Europe, a organisé la première Conférence ministérielle sur la santé mentale sous les auspices du

gouvernement finlandais à Helsinki (2). La Déclaration sur la santé mentale pour l’Europe (3) a été

signée lors de cette conférence et approuvée par le Comité régional en septembre 2005. Dans cette

déclaration, les ministres de la Santé reconnaissent qu’il est urgent de relever les défis et de trouver

des solutions en matière de santé mentale. Le Plan d’action sur la santé mentale pour l’Europe (4) expose en détail les engagements et responsabilités des États membres et de l’OMS stipulés dans la

Déclaration. Il précise 12 domaines d’action prioritaire comme la promotion du bien-être mental,

l’incorporation de la santé mentale dans la politique de santé publique en tant qu’élément essentiel de

celle-ci, la lutte contre la stigmatisation et la discrimination, l’adaptation des services aux différents

stades de la vie et la garantie d’accès à de bons soins de santé primaires.

Après la conférence, le Bureau régional a préparé un plan d’application pour 2005-2010, qui

servira de cadre à ses activités en vue de la mise en œuvre du Plan d’action, en précisant les moyens

nécessaires pour les réaliser. Un réseau de centres collaborateurs a été implanté en Finlande, en Italie,

aux Pays-Bas, au Royaume-Uni et en Suède pour soutenir les travaux sur la prévention des troubles

mentaux, la promotion de la santé mentale, la stigmatisation et la discrimination, la prestation de

33Maladies non transmissibles

services, l’information et la diffusion, et la recherche. Avec la participation d’ONG européennes de

premier plan, un réseau européen a été créé pour donner plus de responsabilités aux utilisateurs de

services et aux dispensateurs de soins.

Le partenariat avec la Commission européenne a été renforcé par une collaboration étroite avec

la DG SANCO pour l’élaboration d’un livre vert (5) et l’organisation, avec la présidence britannique

de l’UE, d’une manifestation sur l’inégalité et la santé mentale en novembre 2005. La Commission

européenne soutient un projet d’évaluation des progrès accomplis dans le franchissement des étapes

de la Déclaration et du Plan d’action. Le partenariat avec le Conseil de l’Europe pourrait englober un

projet relatif à la législation

Основные сведения
Тип документа Publications
Дата принятия
Источник Всемирная организация здравоохранения