Onchocerciasis Control Programme in West Africa Programme de Lutte contre I'Onchocercose en Afrique de l'Ouest JOINT PROGRAMME COMMITTEE JPC - CCP COMITE CONJOINT DU PROGRAMME Office of the Chairman Bureau du Président ,I I / I COMITE CONJOINT DU PROGRAMME Dix-septième session Cotonou. 2-4 décembre 1996 DISTRIBUTION DE L',MRMECTINE (MECTIZAIIo) ET ACTTVITES EPIDEMIOLOGIQUES Traitement à l'ivermectine Evaluation des programmes de distribution de l'ivermectine . . . . Evaluation épidémiologique Evaluations dans l'aire initiale du Programme Evaluations dans les zones d'extension Evaluations ophtalmologiques BTOSTATISTIQUE ET INFORMATIQUE TRANSFERT DES ACTIVITES AUX PAYS PARTICIPANTS . Formation Effort de sensibilisation et de mobilisation des populations par I'OCP Ateliers nationaux sur la décentralisation de la surveilllance épidémiologique de l'onchocercose et Ia mise en place du traitement cornmunautaire à l'ivermectine RECHERCHES INTERDISCIPLINAIRES Insecticides Identification des vecteurs Identification des parasites JPCL7.2 ORIGINAL : FRANCAIS Septembre 1996 Point 5 de l'ordre du jour provisoire RAPPORT D'ACTIVITES DE L'ORGANISATION MONDIALE DE LA SANTE POUR 1996 (ler septembre 1995 - 31 août 1996) Table des matières Pages RESUME LUTTE ANTTVECTORIELLE Conditions climatiques Flotte et opérations aériennes Zones traitées Insecticides et stratégie de lutte Hydrologie et télétransmission . Réseau de surveillance et d'évaluation entomologiques Surveillance de l'environnement aquatique J 6 6 6 7 8 9 9 11 t2 t2 t4 l4 t4 15 t5 l6 17 t7 19 19 20 20 2l 2t JPC17.2 Page 2 Erudes entomologiques spéciales Modélisation épidémiologique Tests de diagnostic pour la surveillance de l'onchocercose Projet de chimiothérapie "Macrofil" Composés macrofilaricides potentiels . . Détection de gènes résistants à l'ivermectine. . . . . . Poursuite du projet Macrofil après 1997 ADMTNISTRATION ET SERVICES DE SOUTIEN Objectifs, organisation et fonctionnement des services Coûts administratifs Budget et finances Personnel Approvisionnement et Services Transports et Cornmunications ACTIVITES DE LIAISON, D'INFORMATION ET DE VALORISATION Avec l'Organisation mondiale de la Santé Avec les Pays participants Avec les organismes statutaires de I'OCP Avec les Donateurs Avec la Compagnie aérienne chargée des épandages de larvicides . . . . Avec la Communauté scientifique . Avec le grand public . . Travaux de valorisation . . Réunions internes FIGURES 22 23 ?A 25 25 26 27 27 27 27 28 29 29 29 30 30 3t 31 31 31 32 32 33 33 Fig. 1 Fig.2 Fig. 3 Fig. 5 Fig. 6 Fig.7 Plan d'opérations de VCU pour 1996 Potentiels annuels de transmission (mai 1995-avril 1996). Espèces du complexe Simulium damnosum infectées par Onchocerca volvulus Potentiels annuels de transmission (mai 1995-avril 1996). Espèces savanicoles du complexe S imulium damno s um infectées 34 35 36 37 38 39 40 pu Onchocerca volvulus Fig. 4 Evolution au cours des six années de la moyenne hebdomadaire des femelles infectieuses de S. d'Onchocerca s.p.p. Modes de traitement à l' dans l'aire de I'OCP (1995-1996) Nombre de personnes traitées à I ivermectine dans la zone OCP Couverture du traitement à l'i selon la méthode de distribution dans la zone OCP et des larves infectantes i , I 1 tI JPCL7.2 Page 3 RESTJME a) La saison des pluies 1995 a été particulièrement pluvieuse sur I'ensemble de l'aire du Programme, occasionnant des crues importantes sur la plupart des bassins sous traitement larvicide. Contrairement à I'année précédente, la saison sèche a été bien marquée, en particulier dans les bassins de l'extension sud-est du Programme. b) Le nombre d'hélicoptères utilisés pendant la période considérée a varié de huit au cours de la saison des pluies 1995 à deux à la fin de la saison sèche 1996. Pour la saison des pluies 1996, il n'est prévu que sept hélicoptères de traitement mais l'utilisation d'un huitième appareil est envisagée dans l'éventualité d'une reprise des traitements larvicides dans le nord de la Sierra Leone. c) En janvier 1996 le contrat aérien a été renouvelé pour une période de trois ans entre la compagnie Evergreen Helicopter Inc. (EHI) et le Programme, suite à un appel d'offre lancé au niveau international. C'est le septième contrat conclu avec une compagnie aérienne depuis le début du Programme. d) La période allant de mai 1995 à avril 1996 a connu une diminution de 17% des heures de vol et d'environ 3% de la consommation en insecticides. Cela s'explique en grande partie par l'arrêt définitif, début 1995, des traitements aériens des affluents de la Volta Blanche (Kulpawn, Mole) et du Niger (Sota, Alibori) et par I'arrêt involontaire, en mars 1995, des traitements aériens sur les bassins du nord-est de la Sierra Leone (Mongo, Kaba et Kolente) pour des raisons d'insécurité. e) La stratégie de rotation des insecticides, destinée à prévenir la résistance des simulies et à limiter les effets des traitements sur la faune aquatique non cible, a été la même que les années précédentes. Les insecticides ont été utilisés en tenant compte des restrictions habituelles liées à leur toxicité, à leur rapport coût/efficacité et aux niveaux de sensibilité des simulies, en particulier aux organophosphorés (téméphos, phoxime et pyraclofos). f) Le réseau de surveillance hydrologique de I'OCP comporte actuellement environ 150 échelles de crues dont 79 sont équipées de balises hydrologiques, soit une augmentation de quatre unités par rapport à I'année précédente. Cette augmentation est due à la remise en état de certaines balises en Sierra Leone dans le but de se préparer à une reprise des traitements larvicides dès que la sécurité s'améliorera dans ce pays. g) Pour la période allant de mai 1995 à avril 1996, dix points de capture sur 127 (8,6%) visités régulièrement présentent des Potentiels Annuels de Transmission (PAT) supérieurs à 100 larves infectantes par homme et par an. En ne considérant que la transmission occasionnée par les espèces de savane du complexe S. damnosum, cinq points seulement (4,7%), dont trois sur les affluents de I'Oti, présentent des PAT supérieurs à 100. h) L'arrêt définitif des traitements larvicides sur certaines rivières de l'aire initiale a eu des répercussions sur les structures du Prograrnme avec la fermeture au 31 décembre 1995 des sous- secteurs de Tamale au Ghana, Kandi au Bénin et Bamako au Mali. Un autre fait majeur a êté la fermeture au 30 juin 1996 de la chefferie de la zone Ouest à Bamako. La base aérienne d'Odienné, située aux portes de l'extension ouest et au sein de l'extension sud en Côte d'Ivoire, accueille désormais la chefferie de zone Ouest. i) Les études d'impacts environnementaux initiées en 1995 dans les bassins du Sassandra en Côte d'Ivoire, de la Pru au Ghana, du Milo en Guinée et du Mongo en Sierra Leone font ressortir une certaine influence des activités humaines dans leur ensemble sur le milieu aquatique. L'importance de cette influence est fonction de la localisation de ces activités par rapport au cours d'eau. Ces études ont confirmé l'importance de ces activités en contribuant à la compréhension des résultats de la surveillance de l'environnement aquatique mise en place par le Programme. JPCT7.2 Page 4 j) L'unité de Planification, Evaluation et Transfert (PET) a coordonné pendant l' année 199511996le traitement à l'ivermectine effectué par les équipes nationales et qui a concerné plus de 2,6 millions de personnes dans plus de 11 500 villages et hameaux en utilisant les différents modes de distribution. La couverrure, en termes de pourcentage de personnes traitées par rapport à la population recensée, est de 74,9% en moyenne pour le traitement à grande échelle par les équipes mobiles. La distribution de I'ivermectine par le traitement à base communautaire a été poursuivie à des degrés divers de succès avec une couveffure d'environ 79,6%. Aucun effet secondaire grave n'a été notifié. k) Huit organisations non gouvernementales (ONG) ont parricipé à la distribution de l'ivermectine dans six Pays participants; le traitement à base cornmunautaire a été la principale méthode. Les distributions à grande échelle (équipes mobiles) et passive ont également été utilisées. l) Des évaluations épidémiologiques ont été effectuées dans le bassin de la Kankélaba dans l'aire initiale du Programme afin d'aider dans la prise de décision d'arrêt des épandages larvicides. Des évaluations complémentaires seront nécessaires en 1997 pour pennettre de prendre une décision sur I'arrêt définitifdes épandages dans ce bassin. m) Dans les zones d'extension soumises à la fois aux épandages larvicides et au traitement à l'ivermectine, plusieurs villages ont été évalués afin de déterminer l'incidence de l'infection dans la cohorte des individus négatifs sur le plan parasitologique qui n'ont jamais reçu I'ivermectine. Dans huit villages sirués dans le bassin de la Comoé en Côte d'Ivoire, cinq dans le bassin de l'Ouémé et I' Okpara au Bénin, I'incidence de l'infection est nulle; elle aurait été en moyenne de 25% s'il n'y avait pas eu d'interventions. n) Dans les bassins fluviaux de I'aire initiale du Programme où les épandages larvicides sont arrêtés, des évaluations épidémiologiques ont été effectuées par les équipes nationales dans le cadre des activités de surveillance épidémiologique pour détecter toute recrudescence éventuelle de I'infection. Les résultats étaient bons dans la plupart des cas. A Zoulo, un village du bassin de la Bougouriba au Burkina Faso, la prévalence de l'infection de 25,5% a permis de confirmer la reprise de la transmission de l'infection dans ce bassin. Des évaluations complémentaires intensives qui ont été faites ont révélé des prévalences allant de 0,0% à 53%. o) Les résultats de l'évaluation ophtalmologique et parasitologique des effets à moyen et à long termes du traitement à grande échelle par l'ivermectine après sept ans de traitement annuel dans les bassins du Niger, Milo et Niandan en Guinée, ont été satisfaisants. Des améliorations significatives des lésions du segment antérieur de l'oeil de même que des lésions du nerf optique ont été observées. Dans I'ensemble, les résultats montrent au niveau de la population, un effet bénéfique du traitement à l'ivermectine sur la maladie oculaire. p) L'analyse intégrée des résultats des évaluations entomologiques et épidémiologiques a été effectuée au sein du Programme sous la coordination du service Biostatistique et Informatique (BIS) de I' unité PET. Cette analyse est de plus en plus basée sur la modélisation épidémiologique. Pour mieux préparer les nationaux à l'analyse épidémiologique, l' accent a été mis sur la formation ainsi que sur le transfert des données aux Pays participants. BIS a continué de donner son assistance au( autres unités du Programme dans l'utilisation de l'informatique. q) Les pays ont mené sous la coordination de I'unité PET la sensibilisation des communautés, la surveillance épidémiologique et le traitement à l'ivermectine, la mobilisation des ressources pour l'exécution des activités résiduelles. Dans ce cadre, les Ministères de la Santé des Pays participants ont organisé en collaboration avec I'OCP des ateliers pour élaborer des plans d'action et budget pour le court, moyen et long tennes pour la mise en oeuvre de la distribution corffnunautaire de I'ivermectine et la décentralisation de la surveillance épidémiologique de l'onchocercose. Ces activités sont consignées dans le document JPC17.6. JPC17.2 Page 5 r) L'OCP a poursuivi sa politique habituelle de formation et a accordé 23 bourses d'études entre août 1995 et juillet 1996, portant ainsi à 453 le nombre de ressortissants des Pays participants du Programme ayant bénéficié de bourses d'études OCP entre 1974 etjuillet 1996. Une enquête a été réalisée auprès des ministères de la santé des Pays participants sur I'utilisationdes boursiers après leur formation. Sur les 437 boursiers OCP considérés à la date de l'enquête en février 1996, il ressort que 22,7% travaillent à I'OCP ou dans les programmes nationaux de lutte contre I'onchocercose des pays. s) Avec six insecticides chimiques et un insecticide biologique, tous parfaitement opérationnels, l'évaluation de l'efficacité de nouveaux larvicides antisimulidiens n'est plus une priorité. Aussi les efforts de recherche s'orientent-ils désormais vers les contrôles de qualité des lots opérationnels et I'amélioration des formulations existantes, en particulier celles de B.t. H-14, compte tenu de l'intérêt que représenterait une diminution, même minime, de la dose opérationnelle. La surveillance de la sensibilité des simulies aux insecticides s'est poursuivie avec la rigueur habituelle sur I'ensemble des rivières traitées. 0 La méthode d'identification des femelles du complexe S. damnosum par la méthode de l'analyse hétéroduplex de I'ADN est opérationnelle depuis mai 1995. La priorité est actuellement accordée aux femelles provenant des zones de transition forêt/savane où les possibilités d'identification morphologique etlou morphométrique sont limitées du fait de l'hétérogénêité des populations vectrices et du chevauchement des critères utilisés pour certaines différenciations. u) Pendant la période considérée, des études entomologiques spéciales ont été menées dans des zones du Programme où la lutte contre l'onchocercose rencontre quelques difFrcultés. Il s'agit du nord de la Sierra Leone, de la basse Volta Noire, des bassins de la Kulpawn/Mole et de I'Ouémé. Ces études ont eu pour objectif de mieux connaître les conditions de la transmission afin de prendre des mesures appropriées. v) Les doses uniques élévées d'ivermectine, tout en ne provoquant p:rs d'effets indésirables, n'ont pas démontré une action macrofilaricide supérieure aux doses standard multiples (150 mg/kg). Toutefois les résultats des études sur O. ochengi chez le bovin indiquent que I'administration mensuelle d'ivermectine a des effets prophylactiques. Des essais supplémentaires de l'amocarzine pour le traitement de l'onchocercose et de la filariose lymphatique ont été effectués cette année sans effets indésirables de nature à empêcher la poursuite de la recherche. Les doses intramusculaires uniques d' UMF078 ont eu une activité macrofilaricide sur O. ochengi chez le bovin; le développement préclinique se poursuit. Les études sur les mécanismes de résistance à l'ivermectine chez les nématodes importants dans le domaine vétérinaire se poursuivent, dans le but de mettre au point une sonde moléculaire capable de détecter Ie cas échéant la résistance d' Onchocerca volvulus à I'ivermectine. w) L'unité d'administration et services de soutien a continué à appuyer I'ensemble des unités et des activités du Programme, en gérant, de la façon la plus rationnelle possible et au mieux des intérêts de I'Organisation, les ressources humaines, matérielles, financières et informationnelles dont elle dispose. Un accent particulier a été mis sur la réduction du personnel aussi bien dans la catégorie des professionnels que dans celle des services généraux. L'unité a également procédé au démenagement de la base de Bamako dans le cadre du transfert de la chefferie de zone à Odienné. x) Le Programme a poursuivi ses activités de liaison, d'information et de valorisation et a continué à tenir régulièrement informés de ses activités, Ies Donateurs, les Pays participants ainsi que les pays non inclus dans I'aire du Programme, la communauté scientifique et le grand public. 7 JPCI7.2 Page 6 LUTTE ANTIVECTORIELLE Conditions climatiques 1. Les mois de juillet, août et septembre 1995 ont été particulièrement pluvieux sur l'ensemble de l'aire du Programme, occasionnant des crues importantes des cours d'eau dans la plupart des bassins sous traitement larvicide, notamment le Niger, le Milo, le Niandan, Ie Tinkisso, le Lac Volta, I'Oti, le Mono et l'Ouémé. Contrairement à l'année précédente, la saison sèche 1996 a été bien marquée, en particulier dans les bassins de l'extension sud-est (Ghana, Togo et Bénin) où les traitements larvicides ont été totalement interrompus du 18 mars au 27 avrll en raison des faibles écoulements. Flotte et opérations aériennes 2. Le nombre d'hélicoptères sous contrat pendant la période considérée a varié de huit (de juillet à décembre 1995) à quatre (avril 1996). Du 15 tu 27 avrll 1996, seulement deux hélicoptères ont été utilisés, en raison des bons résultats entomologiques consécutifs à des débits très faibles sur l'ensemble du Programme. Pour la saison des pluies 1996, il n'est prévu que sept hélicoptères de traitement mais I'utilisationd'un huitième appareil est envisagée dans l'éventualité d'une reprise des traitements larvicides dans le nord de la Sierra Leone. 3. L'année 1995 était la troisième et dernière année d'un contrat établi entre le Programme et la compagnie Evergreen Helicopter Inc. (EHI) chargée de l'épandage aérien des larvicides antisimulidiens. Suite à un appel d'offre lancé au niveau international, cette même compagnie a été retenue pour un nouveau contrat de trois ans qui a débuté en janvier 1996 et qui s'achèvera en décembre 1998. C'est le septième contrat conclu avec une compagnie aérienne depuis le début du Programme. Dans I'exécution du présent contrat, OCP et EHI ont convenu de maintenir dans l'aire du Programme deux hélicoptères de secours au lieu d'un et la possibilité de faire appel à seulement quatre hélicoptères supplémentaires au lieu de cinq. Comme par le passé, I'OCP garantit à la compagnie l'utilisation d' un minimum de quatre hélicoptères en saison sèche et de six en saison des pluies. Des problèmes de disponibilité d'appareils et de pilotes ont toutefois été signalés en février 1996 à l'occasion d'une réunion tenue à Ouagadougou entre I'OCP et Ia compagnie aérienne. 4. De mai 1995 à avril 1996, les hélicoptères ont effectué 4 850 heures de vol de traitement (aucun vol de prospection) contre 5 882 en 199411995 durant la même période, soit 1 032 heures de moins ce qui représente une économie de US$ 750 000 environ (Tableau 1). Cette diminutionde LTVo des heures de vol s'explique en grande partie par l'arrêt définitif, début 1995, des traitements aériens des affluents de la Volta Blanche (Kulpawn, Mole) et du Niger (Sota et l'Alibori) et par l'arrêt involontaire en mars 1995, des traitements aériens sur les bassins du nord-est de la Sierra Leone (Mongo, Kaba et Kolente) pour des raisons d'insécurité. 5. Par rapport à la période mai l994lavril 1995 (tableau 2), le Prograrnme a réduit ses dépenses en larvicides d'environ US $ 108 000 (environ 3%). Cette différence est due à une baisse de la consornmation de perméthrine et de pyraclofos, compensée en partie par une augmentation de la consornmation de carbosulfan et d'étofenprox (Vectron), ce dernier étant devenu pleinement opérationnel depuis son acceptation définitive par le Groupe écologique en janvier 1995. Le téméphos, le B.t. H-14 et le phoxime ont été utilisés en quantités à peu près équivalentes. tPCt7.2 Page 7 Tableau 1. Consommation d'heures de vol de traitement de mai 1995 à awil 1996 et comparaison avec la 1Ériode precédente. Tableau 2. Consommation de larvicides de mai 1995 à awil 1996 et comparaison avec la periode précédente. Mois Heures de vol Différence entre 94195 et 95196 Mai 94-Avril 95 Mai 95-Avril 96 Mai 355 322 -33 Juin 619 s38 -81 Juillet s99 379 - 220 Août 617 497 - 120 Septembre 557 345 - 212 Octobre 409 246 - 163 Novembre 477 576 +99 Décembre 562 480 82 Janvier 476 472 4 Février 444 s59 + 115 Mars 507 288 219 Avril 260 t48 - tt2 Total 5 882 4 850 - 1,032 Larvicides Quantité utilisée Différence entre 94/95 et 95/96 Cofit US$Mai 94-Avril95 Mai 95-Avril96 Téméphos M2 3t4 MO 432 - l 882 (4%) - 26 235 B.t. H-14 2t8 335 228 773 + r0 438 (s%) + 48432 Phoxime ot7 944 020 361 + 2 4r7 (r3%\ + 4t 137 Perméthrine 028 995 015 155 -13 840 (48%) - 142 414 Carbosulfan 013 991 019 165 + s r74 (37%) + to7 723 Pyraclofos M7 195 035 053 - t2 r42 (-26%) - 32t 156 Etofenprox 009 176 016 825 - 7 &9 (83%) + tu723 Total 377 950 375 764 - 2 186 (-t%o) - to7 790 (-3%) JPCL7.2 Page 8 Zones traitées (figure 1) 6. Dans l'aire initiale du Programme, au début de l'année 1995, les opérations de lutte antivectorielle ont définitivement cessé sur la Sota et I'Alibori (affluents du Niger au Bénin) ainsi que sur la Kulpawn et la Mole (affluents de la Volta Blanche au Ghana). Les traitements se poursuivent par contre sur la Kankélaba (affluent de la Bagoé au Mali) et sur la Dienkoa (affluent de la Volta Noire au Burkina Faso, par épandages au sol), sur la Kara, Kéran et Mô (affluents de I'Oti au Togo) et sur la basse Volta Noire au Ghana (en aval de sa confluence avec le Fako) y compris ses affluents Tombé, Tain et Subin par des épandages aériens. 7 . En raison de l'insécurité persistante, la totalité des bassins du nord de la Sierra Leone n'a pas été traitée pendant la période considérée. Les rivières Sewa et Bagbe ne sont plus traitées depuis près de quatre ans. Les traitements sont également suspendus depuis avril 1994 sur le Rokel et depuis mars 1995 sur la Kolente, le Mongo et la Kaba. Les conditions de sécurité semblent revenir cependant à la normale et la distribution d'ivermectine, qui a repris en mars 1996 dans tous ces bassins, devrait être suivie très prochainement d'une reprise des traitements larvicides. 8. Depuis janvier 1996, les traitements au sol du Niger, près de Bamako, et de ses affuents Fié, Faya et Dylamba, sont entièrement pris en charge par l'équipe nationale du Mali, moyennant un appui financier et une supervision technique de I'OCP. 9. Pendant la période considérée, la couverture larvicide est restée inchangée dans les bassins de I'extension sud en Côte d'Ivoire ainsi que ceux de l'extension sud-est et de la Guinée, traités respectivement depuis 1979, 1988 et 1989. Rappelons que les affluents de l'Oti (Kéran, Kara et Mô) sont maintenant inclus dans l'extension sud-est en raison de l'infiltration permanente, jusqu'en 1988, de simulies infectieuses en provenance de bassins adjacents situés plus au sud. Insecticides et strategie de lutte 10. La stratégie de rotation des insecticides, destinée à prévenir la résistance des simulies et à limiter les effets des traitements sur la faune aquatique non cible, a été la même que les années précédentes. Les insecticides ont été utilisés en tenant compte des restrictions habituelles liées à leur toxicité, à leur rapport cofit/efflrcacité et aux niveaux de sensibilité des simulies, en particulier au( organophosphorés (téméphos, phoxime et pyraclofos). 11. Comme chaque année, le bas Bandama, le N'zi, la Comoé, la Marahoüé et la basse Volta Noire ont fait I'objet d'une attention particulière en raison de la résistance aul( organophosphorés. Le téméphos n'est toujours pas utilisé sur ces quatre bassins, tandis que le pyraclofos et le phoxime l'ont été avec parcimonie, surtout le phoxime qui a été totalement exclu des traitements du bas Bandama. Cette stratégie de lutte a eu des répercussions sur la consommation des autres insecticides, en particulier sur celle de l'étofenprox, le seul insecticide non organophosphoré utilisable entre 15 et 70 m3/s. 12. Pour les autres bassins, aucune restriction particulière n'est à signaler pour la période considérée à I'exception du Niger, au niveau de Bamako, où les simulies de savane ont développé en 1995 une résistance au pyraclofos. Pour cette raison, et malgré l'amélioration très nette de la sensibilité au téméphos, l'utilisation de la perméthrine, du carbosulfan et de l'étofenprox a été privilégiée. 13. Conformément aux recommandations du Groupe écologique, la perméthrine et le carbosulfan n'ont pas été utilisés pour les débits inférieurs à 70 m3/s et jamais pendant plus de six cycles consécutifs sur un même bief. Seul le Niger a fait exception à la règle en raison des débits très élevés JPCL7.2 Page 9 enregistrés pendant plusieurs semaines et des restrictions liées à l'usage des organophosphorés. Le carbosulfan n'a pratiquement pas été utilisé sur le Sankarani, le Milo et le Niandan de façon à poursuivre les études d'impact à long terme de la perméthrine sur la faune aquatique non cible. 14. Pendant la période couverte par ce rapport, certains lots opérationnels de B.t. H-14 (Vectobacc)), n'ont pas tout à fait répondu aux spécifications du contrat établi entre I'OCP et la compagnie Abbott. La valeur de la CL50 au moment de la livraison a donc dû être temporairement révisée à Ia hausse (135 mg/l/s au lieu de 115 mg/l/s), et les livraisons fractionnées en vtre de réduire le temps de stockage sur le terrain (quatre mois au lieu de six). La compagnie Abbott poursuit actuellement ses recherches afin de déterminer les raisons de ces récentes contre-perfonnances en vtre de fournir dans les meilleurs délais à I'OCP une formulation conforme ar»( nonnes du contrat. 15. En 1996, la longueur totale des rivières susceptibles d'être traitées à des fins de contrôle de la transmission, par épandages aériens ou au sol, est de 12 433 l«n. Cette couvernrre larvicide maximale reste bien entendu théorique car elle inclut les bassins du nord de la Sierra Leone. Pendant la semaine du 30 octobre au 5 novembre 1995, période de décrue et donc de forte productivité larvaire, 9 135 l«n de rivières ont été traitées (74% de la couverture maximale), mobilisant les sept hélicoptères sous contrat. La semaine du 12 au 18 juin 1995, en période de montée des eaux et de forte productivité larvaire, a connu également une couverture larvicide importante avec 7 032 krn de rivières traitées, soit 577o de la couvernrre maximale théorique. A I'inverse, la semaine du 15 au 20 avril 1996, période d'étiage et donc de faible productivité larvaire, a connu la plus faible couverture larvicide avec I 630 I«n de rivières traitées (13% de la couverture maximale) et I'utilisation de deux hélicoptères de traitement seulement. Hydrologie et télétransmission 16. Le réseau de surveillance hydrologiquede I'OCP comporte actuellement 150 échelles de crues dont 79 sont équipées de balises hydrologiques, soit une augmentation de quatre unités par rapport à I'année précédente. Cette augmentation est due à la remise en état de certaines balises en Sierra Leone dans l'éventualité d'une reprise des traitements larvicides dans un futur proche. Ce dispositif hydrologique, couplé à un logiciel de prévisions des débits qui s'appuie sur les données télétransmises, permet d'améliorer considérablement I'efficacité des traitements larvicides grâce à une cormaissance en temps réel, et parfois même des prévisions, du régime hydrologique des rivières (système PERLES). L7. L'exploitation de I'ensemble des balises est assurée sur la base d'un forfait annuel d'utilisation faisant l'objet d'un contrat passé entre I'OCP et une société chargée de la télétransmission (société Argos). Les stations de réception du satellite sont localisées à Odienné et à Kara, les deux bases des opérations aériennes pour lesquelles ces informations sont indispensables. La coordination des activités de surveillance hydrologique, qui était basée auparavant à Odienné, vient d'être recentrée à Ouagadougou, au siège du Programme. Une troisième station de réception va être installée pour cette occasion. Elle sera opérationnelle au même titre que les deux autres et permettra ainsi de disposer d'une source d'informations supplémentaires en cas de défaillance des stations d'Odienné et de Kara. 18. Deux brigades hydrologiques de I'OCP (une à Odienné, et une à Kara) et trois brigades nationales (deux en Guinée et une en Sierra Leone) assurent la maintenance du réseau d'évaluation hydrologique du Programme. Elles sont en mesure de diagnostiquer les pannes des balises, de les dépanner et de les redéployer si nécessaire, après un nouvel étalonnage des stations et un réajustement des courbes de tarage en vigueur. Pendant la période considérée, deux séminaires de formation se sont déroulés dans la zone du Programme. L'un s'adressait plus particulièrement aux hydrologues nationaux dans le cadre de leur formation continue. Le second, plus spécialisé, a permis à deux a JPCI7.2 Page 10 hydrologues et trois électroniciens du Prograrnme de recevoir une formation leur permettant de réparer plus de 80% des pièces défectueuses des balises et de leurs accessoires, allant ainsi au-delà de la simple maintenance courante pratiquée jusqu'à présent. Réseau d'évaluation entomologrque 19. Le réseau d'évaluation entomologique en zone traitée comporte actuellement 127 points de capture visités régulièrement dont 76 surveillés chaque semaine et 51 tous les 15 jours. Des captures peuvent être organisées à la demande sur des points de surveillance occasionnelle pour tenter de trouver des explications ou des solutions à des problèmes entomologiques ponctuels soulevés au cours des briefings hebdomadaires. 20. D'une manière générale les résultats de l'évaluation entomologique sont satisfaisants sur l'ensemble de la zone traitée du Programme. La transmission est négligeable en saison sèche (une seule femelle infectieuse au cours de la semaine du 8 au 14 avril 1996) mais intense pendant les périodes de forte productivité larvaire et de contact homme/vecteur important (38 femelles infectieuses au cours de la semaine du 28 août au 3 septembre 1995). 21. Sur l'ensemble des bassins traités, la transmission continue d'être correctement maîtrisée. Certaines rivières ont posé cependant quelques diffrcultés, en particulier à l'est du Programme, dans les zones de transition forêt/savane @asse Comoé en Côte d'Ivoire, Ouémé et Okpara au Bénin) ainsi que la Pru au Ghana et les affluents de I'Oti au Togo (Kéran, Kara et Mô). Une réduction importante des Potentiels Annuels de Transmission (PAT) est pourtant enregistrée au niveau de ces bassins mais les valeurs restent toujours supérieures à 100 larves infectantes par homme et par an. 22. Comme chaque année à la même période (février, mars et avril), d'importantes quantités de simulies ont été capturées à l'ouest du Programme sur le Sankarani, la Maratroué et le Sassandra. Ces populations sont cependant faiblement infectées dans la mesure où elles ont été probablement amenées par les vents d'harmattan depuis des zones plus septentrionales libérées de l'onchocercose. 23. Depuis l'installation du laboratoire de biologie moléculaire de Bouaké, toutes les larves infectantes d'onchocerques récoltées au cours des dissections sont identifiées par des sondes spécifiques d'ADN. On arrive ainsi à séparer les parasites d'origine animale des parasites de I'homme et, au sein de ces derniers, les souches "forestières" des souches "savanicoles". Cette technique, alliée à l'identification morphologique des vecteurs, permet de présenter deux catégories de PAT. La première catégorie fait état de la transmission de l'onchocercose humaine par toutes les espèces du complexe Simulium damnosum. La seconde fait état de la transmission de I'onchocercose humaine par les seules simulies de savane. 24. Une troisième catégorie de PAT, proposée I'année précédente, ne prenait en compte que la transmission de la souche "savanicole" du parasite, quelle que soit l'identité de la simulie. Cette dernière catégorie ne sera pas retenue dans l'immédiat car il semblerait qu'il existe, en particulier dans les zones de transition forêt/savane (nord Sierra Leone, sud Côte d'Ivoire, bassin de I'Ouémé, etc.), des niveaux intermédiaires de pathogénicité difficiles à mettre en évidence par les sondes "savane" ou "forêt" du parasite. 25. Sur la base de cette distinction et en tenant compte, pour la période considérée, des mêmes points de capture que la période écoulée, seulement l0 points de capture sur 127 visités régulièrement présentent des potentiels de transmission de l'onchocercose humaine supérieurs à 100 larves infectantes par homme et par an (figure 2). Cinq de ces points sont sirués dans des zones frontalières du Programme, quatre dans le bassin de l'Ouémé et un sur la basse Comoé. En ne considérant que la transmission occasionnée par Ies espèces de savane du complexe S. damnosum (figve 3), seulement o tPct7.2 Page 11 cinq points sur 127 présentent des potentiels de transmission supérieurs à 100, trois sont situés sur les affluents de I'Oti (Titira, Tapoundé et Bagan), un sur la Pru (Asubende) et un dans le bassin de l'Ouémé (Kaboua). 26. La figure 4 fait êtat de l'évolution, sur 146 points de capture régulièrement visités depuis 1990, de la moyenne hebdomadaire des simulies infectieuses (5. damnosum s.l.) et des larves infectantes du parasite (sans distinction d'espèces). La tendance à la baisse se confirme encore cette année, en particulier pour le nombre de larves infectantes, mais un plateau semble toutefois devoir se confirmer, au niveau des femelles infectieuses, pour ces trois dernières années. 27. Bien qu'opérationnelle, l'identification par I'ADN des mitochondries (hétéroduplex) des adultes du complexe S. damnosum a été appliquée cette année surtout à titre expérimental, essentiellement à des fins de validation par rapport à la cytotaxonomie, la technique de référence. Des recherches sont actuellement en cours pour adapter cette technique à I'identification du parasite et en particulier des larves infectantes pour lesquelles une identification plus fine serait souhaitable (cf. 76). 28. L'arrêt définitif des traitements larvicides sur certaines rivières de I'aire initiale a eu des répercussions sur les structures du Programme qui a vu la fermeture, frn 1995, des sous-secteurs de Tamale au Ghana, de Kandi au Bénin et de Bamako au Mali. La base opérationnelle de Bamako a été réactivée et l'équipe nationale du Mali a pris en charge les traitements au sol et l'évaluation entomologique. Un autre fait majeur a été la fermeture au 30 juin 1996 de la chefferie de zone de Bamako, devenue trop excentrée par rapport aux zones traitées. La base aérienne d'Odienné, située aux portes de l'extension ouest et au sein de I'extension sud-Côte d'Ivoire, accueille désormais la chefferie de zone Ouest. Surveillance de l'environnement aquatique 29. Depuis l'élargissement du mandat du Groupe écologique, on assiste à un recentrage des activités de surveillance de l'environnement aquatique avec l'évaluation de l'impact sur le milieu aquatique des facteurs autres que les insecticides. Toutefois, l'étude de l'impact à long terme des larvicides les moins sélectifs (perméthrine, carbosulfan et pyraclofos) sur la faune non cible se poursuit. Les équipes nationales d'hydrobiologie qui ont été initiées aux études d'impacts environnementaux continuent de prendre une part active et primordiale dans I'exécution de ce prograrnme de surveillance. La coordination de ces activités, de même que certaines évaluations particulières, sont assurées par le Service d'Evaluation Hydrobiologique (SEH) du Programme. 30. Les études d'impacts environnementaux initiées en 1995 dans les bassins du Sassandra en Côte d'Ivoire, de la Pru au Ghana, du Milo en Guinée et du Mongo en Sierra Leone font ressortir une certaine influence des activités humaines dans leur ensemble sur le milieu aquatique. L'importance de cette influence est fonction de la localisation de ces activités par rapport au cours d'eau. Sur le Milo et la Pru par exemple, on note une absence d'activités susceptibles d'influencer la qualité biologique des cours d'eau. Les invertébrés connaissent des pernrrbations des structures de peuplements sur le Milo mais I'abondance des poissons est supérieure à celle des années passées sur les deux cours d'eau. Sur le Sassandra et le Mongo par contre, les activités humaines sont en accroissement, avec des perturbations notables tant dans les peuplements de poissons que dars celui des invertébrés benthiques. Ces études ont confirmé l'importance de ces activités en contribuant à la compréhension des résultats de la surveillance de I'environnement aquatique mise en place par le Programme. Elles sont en cours de consolidation pour pennettre une meilleure appréciation du rôle de ces activités dans la situation biologique actuelle de ces cours d'eau. 31. La surveillance de routine fait état d'une baisse d'abondance des insectes non cibles et de modifications de structures suite à la raréfaction de certains taxons comme les Tricorythidae. Ces JPCI7.2 Page L2 modifications ne semblent pas être préjudiciables à l'équilibre énergétique entre læ différents guildes et sont donc considérées comme acceptables. En ce qui concerne la faune des poissons, elle présente une abondance relativement stable dans la plupart des cours d'eau traités sauf en Côte d'Ivoire où même les cours d'eau qui ne sont plus traités connaissent une baisse graduelle des pêches. La condition des poissons "embonpoint" fluctue autour d'une moyenne relativement stable, fluctuations qui sont à relier au régime hydrologique et aux phénomènes de reproduction. Sur le plan de la richesse spécifique, il faut noter la disparition quasi totale de Petrocephalus bovei des captures en Côte d'Ivoire et la baisse d'abondance de Chrysichrys auratus en Guinée. Une attention particulière est accordée actuellement à ces espèces. 32. Les hydrobiologistes ont entamé cette année la préparation de deux rapports de synthèse (un sur la faune ichtyologique et I'autre sur celle des invertébrés) sur les 20 années de surveillance de l'environnement aquatique soumis aux traitements larvicides antisimulidiens. L'accent sera mis sur l'évaluation de l'impact éventuel de I'utilisation alternée de ces larvicides sur le milieu aquatique. DISTRIBIJTION DE L'IVERMECTINE (MECTIZAN*) BT ACTIVITES EPIDEMIOITOGIQIIES Traitement à I'ivermectine 33. L'unité de Planification, Evaluation et Transfert a coordonné la distribution de I'ivermectine effectuée par les équipes nationales avec I'appui financier et logistique du Programme. En plus de I'OCP, plusieurs organisations non gouvernementales (ONG) ont appuyé le système de distribution communautaire en Guinée, au Mali, au Sénégal et en Sierra Leone en apportant des ressources financières et logistiques. Ces traitements ont été entrepris en appliquant la distribution à grande échelle dans les zones déjà cartographiées comme zones à haut risque de maladie oculaire etlou de cécité onchocerquienne, à savoir les zones ayant une CMFC1 de 10 mf/b2 ou plus. Le traitement a aussi été étendu à toutes les zones d'endémie. Il s'agit de I'extension sud @énin, Côte d'Ivoire, Ghana, Togo) et de la partie sud de I'extension ouest (Guinée et Sierra Leone). Au nord de l'extension ouest, dans la zone située au nord du bassin du Tinkisso où il n'y a pas de lutte antivectorielle, I'ivermectine est le seul moyen de lutte. Le traitement à grande échelle à I'ivermectine se poursuit dans les zones où la CMFC était au moins égale à Smf/b. La distribution à grande échelle de I'ivermectine a été élargie à d'autres villages des zones d'endémie qui remplissent les critères cidessus définis (Fig. 5). Par contre, elle a été suspendue en Sierra Leone depuis janvier 1994 pour des raisons d'insécurité dans ce pays. Toutefois, depuis mars 1996 le traitement a redémarré dans une zone limitée au nord du pays. 34. Certaines parties de I'aire initiale du Programme ont bénéficié également de la distribution à grande échelle d'ivermectine. Il s'agit de zones bien définies où les résultats entomo- épidémiologiques ne sont pas entièrement satisfaisants après plusieurs années de lutte antivectorielle, à savoir dans les bassins de la Kulpawn/Sissili, du Molé et de la Volta Noire au Ghana, le bassin de la Dienkoa au Burkina Faso, les anciennes zones de réinvasion - Baoulé, Bagoé et Kankélaba au Mali, Sota et Koumoungou au Bénin, Kara-Kéran-Mô au Togo et le nord des extensions sud en Côte d'Ivoire. Le traitement à grande échelle a commencé dans une zone circonscrite dans le bassin de la Bougouriba au Burkina Faso afin d'y arrêter la recrudescence de I'infection. 35. Toutes les distributions d'ivermectine sur le terrain ont été effectuées entièrement par les équipes nationales, en utilisant principalement la méthode de distribution à grande échelle par les l. CMFC : Charge microfilarienne moyenne de la communauté 2. filb: nombre de microfilaires par biopsie cutanée JPCL7.2 Page 13 équipes mobiles. Cette méthode représente environ 63% de tous les traitements. Le traitement à base cornmunautaire qui est également assimilé au traitement à grande échelle mais qui en difGre sur le plan opérationnel par la logistique, le financement et le personnel impliqués dans la distribution, représente 33% des traitements contre 26% l'awÉe passée. Environ 4% des traitements ont été réalisés à travers d'autres modes de distribution tel que le traitement passif. 36. Le traitement communautaire qui est déjà bien établi en Guinée et au Mali, commence également à être implanté à des degrés divers dans plusieurs pays cornme le Sénégal, le Bénin, le Ghana et la Sierra Leone. Pour cette forme de distribution, des membres du village qui savent lire et écrire, choisis par les villageois eux-mêmes, entreprennent la distribution sous la supervision du personnel de santé du centre de santé le plus proche. 37. Au Ghana, les services de certains volontaires ont été étendus à d'autres bassins de ce pays en utilisant la méthode mobile. Ces volontaires ont pris part à la distribution en même temps que l'équipe nationale. Ceci a permis de réduire le volume de travail des équipes de traitement et le temps passé sur le terrain. L'acceptabilité du traitement cornmunautaire par les communautés elles-mêmes a été excellente. Jusqu'ici, il n'y a pas eu d'abandons parmi les distributeurs villageois. 38. Durant la période considérée, huit ONG ont été impliquées dans la distribution de l'ivermectine dans l'aire de I'OCP à des degrés divers de participation (Tableau 3). Ces ONG travaillent en collaboration avec le personnel de santé et les coordonnateurs nationaux de la lutte contre l'onchocercose dans des bassins fluviaux bien délimités sur la base des cartes épidémiologiques préparées par I'OCP. Leur principal apport a concerné la logistique et les ressources financières pour la distribution communautaire de l'ivermectine. Le nombre de personnes traitées avec I'appui ou par les organisations non gouvernementales a été de 868 000, ce qui représente environ 33% des traitements effectués à I'OCP. Tableau 3. ONG impliquées dans la distribution de I'ivermectine rlans l'aire de I'OCP - 199511996 * Traitement suspendu début 1994 en raison de problèmes d'insécurité BMRC : Bristish Medical Research Council CBM : Christoffel Blindenmission OPC : Organisation pour la prévention de la cécité CFAR : Centre de formation d'animatrices rurales ORGANISATION PAYS MODE DE TRAITEMENT BMRC +Sierra Leone Equipes mobiles CBM (Lunsar) *Sierra Leone Equipes mobiles CFAR Mali Traitement communautaire OPC Sénégal, Mali, Guinée Traitement communautaire PhilAfricaine Suisse Guinée Passif Save the Children Sight Savers Mali *Sierra Leone, Mali, Ghana, Guinée Traitement communautaire Traitement communautaire Trop. Inst. Germany Togo Passif JPCI7.2 Page L4 39. De septembre 1995 à juillet 1996, plus de2,6 millions de personnes dans plus de 11 500 villages et hameaux ont été traitées à I'ivermectine, à travers les différents modes de distribution (fig.6). La plupart de ces villages se trouvent dans les zones d'extension. La couverture moyenne (c'est-à-dire le rapport entre le nombre de personnes traitées et la population totale recernée) de la distribution à grande échelle par les équipes nationales était de 74,9%. Le traitement communautaire assure une couverture plus élevée, environ 79,6% (Fig. 7) ; ceci s'explique par le fait que l'ivermectine est disponible dans les villages durant une période plus longue. Ainsi, les individus qui auraient été exclus d'un traitement pour une raison ou une autre et qui deviennent éligibles plus tard reçoivent leur traitement sans avoir à attendre l'année suivante. 40. La surveillance des effets secondaires a été assurée, après chaque traitement - surtout dans les zones traitées pour la première fois à l'ivermectine - par les équipes mobiles qui effectuent la distribution. Chaque équipe dispose d'une trousse de médicaments pour entreprendre le traitement de tout effet secondaire si nécessaire. Le système de supervision de plusieurs équipes par un médecin durant la période de distribution a été maintenu. Dans le cas du traitement communautaire, I'apparition de tout effet secondaire est rapportée au distributeur qui à son tour la signale au centre de santé le plus proche. Aucun effet secondaire grave n'a été notifié durant la campagne de traitement. Evaluation des programmes de distribution d'ivermectine 41. L'évaluation des programmes de distribution d'ivermectine en Côte d'Ivoire, au Ghan4 et au Togo a été réalisée durant l'année en cours. C'est la suite de l'exercice qui a été entrepris en Guinée, au Mali et au Sénégal l'année dernière. Dans l'ensemble, un échantillon de 130 villages a été choisi de façon aléatoire pour l'évaluation, en employant un questionnaire structuré, en examinant la collecte des données, et en conduisant des discussions par groupe cible. 42. En général, le taux de couverture de la population a été bon, avec une moyenne de 67,2%u Ce taux est plus élevé que le taux optimal de couverture de la population de 65Yo recommandé dans le cas d'une lutte contre la morbidité. La couverture de la population au Togo a été la plus faible (61,8%). Parmi les personnes interrogées, le pourcentage des individus qui ont reçu tous les traitements durant les cinq cycles de traitement s'élève à environ 30%, tandis que26,l%o des individus ont déclaré n'avoir jamais reçu de traitement. Pour ceux qui n'ont jamais reçu de traitement la raison majeure évoquée par plus de 54Yo est l'absentéisme et le déplacement hors du village durant le traitement et seulement 2,6%o des individus confirment avoir refusé le traitement. En général, l'acceptabilité du traitement ivermectine a été excellente. Evaluation épidémiologiq ue 43. Les évaluations épidémiologiques ont été effectuées dans l'aire de I'OCP avec l'aide des équipes nationales en visant les objectifs suivants : - aider dans la prise de décision d'arrêt des traitements larvicides ; - évaluer l'impact des activités de lutte par la mesure de I'incidence dans les zones d'extension ouest et sud et dans d'autres zones spécifiques de l'aire initiale soumises à la fois à la distribution d'ivermectine et aux épandages larvicides. Evaluations dans l'aire initiale 44. Dans I'aire initiale du Programme, les évaluations épidémiologiques ont été entreprises dans le bassin de la Kankélaba au Mali, en janvier de cette année, constituant la première étape dans l'obtention de résultats fiables pour aider dans la prise de décision d'arêt des larvicides dans ce bassin. tPCr7.2 Page 15 Etant donné que le traitement à l'ivermectine est aussi entrepris dans cette zone, les résultats des évaluations épidémiologiques prévues en 1997, au moins deux ans après l'arrêt temporaire des traitements à l'ivermectine, seraient nécessaires pour la prise de décision de l'arrêt ou non des épandages laryicides dans ce bassin. 45. En janvier 1996, les évaluations épidémiologiques ont eu lieu dans trois villages complémentaires en plus des trois villages indicateurs c'est-à-dire des villages de première ligne qui ont fait l'objet de plusieurs évaluations dans le passé. La méthode parasitologique classique de biopsie cutanée a été utilisée pour apprécier la prévalence, l'intensité de l'infection et la présence de toutes nouvelles infections. Ces dernières sont principalement définies comme des infections chez des enfants de cinq ans au plus qui n'ont pas reçu l' ivermectine. A ce stade préliminaire, la fourchette de la prévalence de l'infection dans les six villages évalués va de 0 à 8%. Aucune nouvelle infection n'a été observée. 46. Dans les bassins fluviaux de l'aire initiale où les épandages larvicides sont arrêtés, des évaluations épidémiologiques ont été effectuées par les équipes nationales dans le cadre des activités de surveillances des villages sentinelles pour détecter toute recrudescence éventuelle de l'infection. Les résultats qui ont été excellents dans la plupart des situations sont consignés dans le document IPC|7.6. Toutefois, dans un village, Zoulo sur la Bougouriba au Burkina Faso, la prévalence de l'infection de 25,5yo a permis de confirmer la reprise de la transmission de l'infection dans ce bassin. Des évaluations complémentaires intensives qui ont été faites ont révélé des prévalences allant de 0,0% à 53%. Comme prévu par le modèle ONCHOSIM, une distribution de l'ivermectine, deux fois par an, a été instaurée et commencée en juin 1996 en vue de maîtriser cette reprise de la transmission (cf. 90 et 9l). Evaluations dans les zones d'extension 47. Des évaluations ont été effectuées dans huit villages dans le bassin de la Comoé (Côte d'Ivoire) et cinq villages dans le bassin de l'Ouémé/Okpara (Bénin) dans les extensions sud. Les individus négatifs sur le plan parasitologique (individus négatifs deux fois de suite) dans ces villages constituent une cohorte d'individus qu'il faut suivre pour apprécier l'incidence de l'infection. Ces individus ne recevront pas le traitement à l'ivermectine durant les campagnes annuelles de distribution. Cependant, si par la suite ils devenaient positifs sur le plan pdrasitologique, ils seront traités à l'ivermectine. Dans ces czrs, les personnes traitées seront retirées de la cohorte suivie. Les cohortes comprennent des adultes ainsi que des enfants. 48. Dans le bassin de la Comoé, la prévalence de l'infection allait de 5,8%o à 50,6yo. Dans quatre de ces villages, aucune nouvelle infection n'aété signalée entre la dernière évaluation effectuée il y a trois ans et la présente évaluation. Dans les quatre autres villages, des infections ont été enregistrées dans tous les groupes d'âges. Dans un de ces villages, 12 cas positifs ont été enregistrés chez des enfants de 5 ans au plus, sur les 42 examinés, soit 28,6yo comparé à environ 30Yo de cas attendus s'il n'y avait pas eu d'intervention. Dans les cinq villages évalués dans le bassin de l'Ouémé/Okpara les prévalences de l'infection vont de 5,3o/o à 31,5%0 contre des prévalences supérieures à 50% observées avant le début des interventions. 49. Des évaluations ont été effectuées dans six villages du bassin de la Koulountou-Koliba en Guinée et dans cinq villages du bassin du Rio Geba en Guinée Bissau, tous les deux siutés dans la partie nord de I'extension Ouest où I'ivermectine est le seul moyen de lutte. Le traitement a été effectué au moins cinq ans dans ces bassins. Dans ces évaluations, l'accent a été mis sur le profil parasitologique des enfants de cinq ans au plus qui sont exclus du traitement à l'ivermectine. Les prévalences de l'infection dans les bassins de Koulountou-Koliba et Rio Geba vont de 8 à 45Yo et de 0 à3,2yo respectivement. En comparaison, les prévalences rencontrées avant le début des traitements JPCI7.2 Page 16 étaient supérieures à 50% dans tous ces villages du Koulountou-Koliba et de 16 à23,5yo pour les villages du Rio Geba. Dans ces deux bassins, aucune infection n'aété signalée chez les enfants de cinq ans au plus. De plus, seulement sept des 774 individus examinés dans le bassin du Rio Geba ont été trouvés positifs. 50. Dans le nord de la Sierra Leone, des évaluations épidémiologiques ont été entreprises au début de 1996 dès Ie rétablissement de la sécurité dans 23 villages situés dans les bassins de la Kaba, Mongo, Mabole, Seli et Bagbe. Malgré l'arrêt des opérations pendant deux ans, on a observé au cours de cette évaluation une stagnation des prévalences brutes de l'infection qui vont de 7%o à73%. Le taux de participation de la population pendant ces évaluations a été excellent, allant de 59% à 94%. Evaluations ophtalmologiq ues 51. Des évaluations ophtalmologiques ont été effectuées dans quatre villages de suivi dans les bassins du Milo, Niger et Niandan en Guinée dans l'extension ouest. Ces évaluations ont lieu après sept cycles ( sept ans) de traitement annuel à l'ivermectine combinés avec les épandages larvicides. Les résultats actuels ont été comparés avec ceux obtenus après cinq ans de distribution annuelle d' ivermectine pour déterminer l'évolution à moyen terme de l'onchocercose oculaire. 52. Ces résultats montrent après une période de cinq ans une amélioration significative des lésions du segment antérieur de l'oeil surtout pour l'iridocyclite. Il n'y a pas eu de changement significatif pour la kératite sclérosante. Les lésions du nerf optique du segment postérieur de l'oeil ont montré une amélioration significative. La charge microfilarienne dans la chambre antérieure de l'oeil a considérablement diminué avec une charge moyenne actuelle de l'ordre de 0,03 microfilaire -mf - (maximum 7 mf).Dans l'ensemble, Ies résultats continuent à indiquer un effet bénéfique progressif du traitement à l'ivermectine sur l'oeil. Les charges microfilariennes oculaires sont actuellement si faibles qu'elles ne provoqueront plus de lésions oculaires graves. BIOSTATISTIQIIE ET INFORMATIQI]E 53. Le traitement des données Ces évaluations entomologiques et épidémiologiques, notamment la supervision de la saisie et la validation des données effectuées par les agents des unités techniques continue d'être assuré par le service Biostatistique et informatique (BIS) de l'unité PET. Ce service continue également de jouer un rôle prépondérant dans l'assistance informatique au sein du Programme. Cette assistance concerne la formation, la gestion des différentes banques de données et leur sauvegarde, ainsi que la maintenance de routine des différents équipements informatiques installés à l'ocP. 54. Les banques de données de I'administration du Programme ont été complètement revues pendant la période considérée afin d'améliorer la gestion du personnel, des finances, des services et des fournitures. Pour standardiser ces diftrentes banques de données dans le but de rendre plus autonomes les utilisateurs pendant l'exploitation, la mise à jour des programmes a été faite et la formation des utilisateurs a été assurée. L'utilisation effective des programmes par le personnel concerné a permis d'aplanir les difficultés rencontrées en corrigeant au fur et à mesure les programmes. 55. L'utilisation du progiciel dénommé SEPT-ONCHO (Surveillance Epidémiologique et Traitement de l'Onchocercose) pour transferer les données de ['OCP aux Pays participants continue de faire l'objet d'apprentissage par les nationaux. Ce progftrmme informatique et les données épidémiologiques, une fois complètement transférés aux Pays, permettront aux épidémiologistes nationaux d'échanger plus tard avec I'OCP les résultats futurs et de faire I'analyse de routine des données recueillies après chaque évaluation en Ies comparant avec celles qui existent déjà. Pour JPCL7.2 Page 17 effectuer correctement ce transfert, la vérification et la mise à jour générale de la banque des données épidémiologiques demeurent encore une priorité à BIS. 56. L'utilisation intensive du Système d'Information Géographique (SIG) a facilité I'analyse des données entomologiques et épidémiologiques. La partie cartographie informatisée de ce système a également permis au cartographe du Programme de confectionner des cartes qui peuvent être facilement mises à jour. Le logiciel Map-Info qui est utilisé depuis bientôt deux ans, a permis à I'OCP de réaliser des progrès énormes dans l'utilisation du SIG. Des fonds de cartes des pays d'Afrique ont été commandés et reçus. Les données pourront être visualisées au niveau de la zone OCP prise globalement et aussi en détail au niveau des pays. Des tentatives ont été faites cette année dans les bassins de I'Oti au Togo et dans la Bougouriba au Burkina Faso pour utiliser le système de détermination automatique des coordonnées sur le terrain afin de compléter nos banques de données sur la distribution de l'ivermectine. Cet outil de gestion et d'analyse sera introduit cette année au niveau des équipes nationales pour lesquelles des séances de formation sont prévues vers la fin de l'année 1996. Pour mieux exploiter les ressources de ce système, la collaboration avec d'autres institutions sera établie pour complèter la banque de données sur les villages repérés d'après leurs coordonnées (longitude-latitude) au niveau de chaque pays. 57. Les analyses de routine utilisant les données ophtalmologiques, celles des études épidémiologiques sur l'ivermectine et des données récoltées lors de l'étude des nouveaux outils de diagnostic ont été effectuées. Un protocole a été mis au point et exécuté dans le bassin de la Kankélaba pour mieux apprécier les tendances épidémiologiques observées dans un bassin soumis à la fois aux épandages larvicides et à la distribution de l'ivermectine. Les données recueillies dans les villages dans le cadre du suivi ophtalmologique dans l'aire initiale où la lutte antivectorielle est complètement arrêtée, et du suivi de l'impact de l'ivermectine sur la morbidité dans les extensions ont été analysées. En général, les données épidémiologiques observées ont permis de suivre et d'améliorer les tendances prédites, et de valider au fur et à mesure les paramètres importants du modèle ONCHOSIM. TRANSFERT DES ACTTYITES ATIX PAYS PARTICIPAÀITS 58. Comme les années écoulées, des efforts ont été déployés par I'OCP pour Ie transfert aux pays des activités résiduelles de lutte contre l'onchocercose en procédant à la formation, la sensibilisation des autorités et du public et en fournissant son soutien à la recherche opérationnelle. Pour exécuter ce plan, l' OCP, comme à I'accoutumée, a eu à travailler en étroite collaboration avec le Bureau régional de I'OMS pour l'Afrique. Par ailleurs, les contacts entre I' OCP et les Pays participants se sont poursuivis notarnment par le biais des missions et des rencontres organisées périodiquement ou par les séminaires ateliers organisés dans les pays. 59. L'impact du processus de la dévolution peut être mesuré à travers les activités effectivement menées par les Pays participants eux-mêmes et que tente de refléter le document JPC17.6. Par conséquent, le présent rapport s'est limité à mettre l'accent sur certains points particuliers tels que la formation, la sensibilisation des populations, les réunions de programmation et d'évaluation organisées par les pays en collaboration avec I'OCP. Formation 60. Pour garantir le succès du processus de dévolution, le Programme a poursuivi sa politique de formation en accordant des bourses d'études de spécialisation aux ressortissants des Pays participants dans les principaux domaines suivants : l'épidémiologie, la gestion des services de santé, la santé publique et l'entomologie médicale. Le Programme a accordé entre août 1995 et juillet 1996, 23 bourses d'études réparties par discipline de la façon suivante : JPCI7.2 Page 18 - Entomologie - Epidémiologie - Santé publique - Gestion des services de santé - Education pour la santé 61. Ce chiffre porte à 453le nombre de bénéficiaires de bourses d'études OCP de 1974 àjuillet 1996. Une enquête a été réalisée auprès des ministères de Ia santé des Pays participants sur l'utilisation des boursiers après leur formation ; dix pays sur les I I ont répondu à cette enquête. il ressort que 58,2yo des 437 boursiers OCP considérés à la date de I'enquête en février 1996, travaillent à I'OCP ou dans les programmes nationaux de lutte contre I'onchocercose des pays et les ministères de la santé, tandis que 8% travaillent dans les autres structures. On note que 6,6%o sont toujours en formation et 27,2%o ne sont pas en activité ou ne sont pas identifiés (Tableau 4). Tableau 4. Bénéficiaires de bourses d'études OCP par type de structures d'accueil après la formation et par pays 4 ll 5 2 I ;- I Structure Pays OCP + Program- me nat. Dévo. Ministère de la Santé autres struc- tures bénéfi- ciaires en forma- tion bénéfi- ciaires non en activité non iden- tifiés TotaV bénéfi- ciaires Bénin 47 47 Burkina Faso 5 JJ 6 l3 t7 5 77 Côte d'Ivoire 5 7 5 2 J 8 30 Ghana 8 4 8 I 8 2 31 Guinée 32 t2 I 3 5 53 Guinée Bissau 7 0 0 0 2 0 9 Mali 10 46 10 I r0 0 77 Niger 2 27 0 3 I 0 JJ Sénégal 10 9 5 2 1 0 25 Sierra Leone t2 2 2 I 7 0 24 Togo 8 l5 0 J 5 0 31 Total 99 155 35 29 59 60 437 Pourcen- tage 22,1yo 35,5yo 8,Ùyo 6,6yo 13,5yo 13,1yo JPCI7.2 Page 19 62. Comme les années passées, L'OCP continue de privilégier la formation en cours d'emploi et sur le terrain qui concerne essentiellement la méthodologie et l'évaluation épidémiologique de l'onchocercose, la distribution de I'ivermectine et la surveillance post-thérapeutique, les diftrentes techniques d'études des simulies et de la lutte contre ces vecteurs et enfin la gestion. Un accent particulier continue d'être mis sur la formation des coordonnateurs nationaux et d'autres agents des équipes nationales à la méthodologie OCP d'analyse et d'interprétation des données de la surveillance épidémiologique active ainsi que sur l'initiation des agents concernés à l' informatique. 63. S'agissant des méthodes de lutte contre les simulies, I'OCP accorde de plus en plus d'importance à la formation des techniciens et des villageois à la technique d'épandages larvicides au sol en vue de préparer les nationaux à lutter eux-mêmes, en c:rs de besoin, contre toute nuisance simulidienne prejudiciable aux activités de développement socio-économique. Cette formation a eu lieu cette année principalement au Burkina Faso, au Niger et au Ghana. Effort de sensibilisation et de mobilisation des populations par I'OCP (voir également paragraphes 120 à 145) 64. En étroite collaboration avec l'unité de lutte antivectorielle, l'unité PET continue de coordonner, une vaste campagne d'information menée chaque semaine par les chefs de sous-secteur et de secteur lors de leurs sorties de routine sur le terrain. Les principaux thèmes développés durant ces séances demeurent les mêmes à savoir : le retour des simulies après l'arrêt des épandages larvicides, le rôle de l'ivermectine dans la prévention de la cécité et dans la lutte contre la morbidité due à l'onchocercose, la nécessité de la participation de la communauté à toutes les activités destinées à prévenir la recrudescence de l'onchocercose ou à lutter éventuellement contre cette recrudescence. 65. Comme résultat de cet effort de sensibilisation, on peut signaler que contrairement à ce qui s'est passé les années précédentes, on n'enregistre pratiquement plus de plaintes de la part des populations à propos de la nuisance simulidienne dans les zones de l'aire initiale du Programme où les opérations larvicides ont été définitivement arrêtées et ce, malgré les densités de simulies élevées. Cependant, la peur des simulies comme cause de cécité ne s'est pas estompée entièrement chez les populations. L'OCP et les Etats eux-mêmes doivent donc poursuivre leurs efforts de sensibilisation dans ce domaine (voir document JPCl7.6). Ateliers nationaux pour la décentralisation de la surveillance épidémiologique de l'onchocercose et Ia mise en place du traitement communautaire à I'ivermectine. 66. Des ateliers nationaux ont été organisés par le Ministère de la Santé avec l'appui financier et technique de I'OCP et un support logistique de I'OMS/AFRO dans tous les Pays participants. Des plans d'action basés sur la décentralisation de la surveillance épidémiologique active de l'onchocercose et l'instauration du traitement communautaire à l'ivermectine dans les pays ont été développés pour l'exécution à court, moyen, et long termes. La formation du personnel approprié pour l'exécution de la surveillance épidémiologique active décentralisée a été déjà réalisée au Sénégal, en Côte d'Ivoire, et au Mali selon les calendriers arrêtés pendant ces ateliers. La formation des techniciens dans les autres pays sera réalisée à la fin de l'année en cours et une partie de I'année suivante. Ces formations étant presque toutes effectuées sur le terrain sont planifiées pour être exécutées pendant les activités d'évaluation épidémiologique normalement prévues. La mise en place du traitement communautaire à I'ivermectine a déjà débuté et se poursuivra durant l'année dans tous les pays (voir également le document JPC17.6). 67 . L'évaluation de la capacité actuelle des pays à assurer efficacement la détection et la maîtrise de la recrudescence de l'onchocercose ne peut être judicieusement menée qu'après l'institutionnalisationdu traitement communautaire à l'ivermectine et la décentralisation effective de tPct7.2 Page 20 la surveillance épidémiologique active, et fait partie intégrante des plans que les Pays ont mis au point pendant les ateliers. Les dix critères déjà énoncés l'année passée seront revus au fur et à mesure de l'exécution des plans d'action mis au point pendant les ateliers nationaux. RECHERCIIES INTERDISCPUNAIRES Insecticides 68. Avec six insecticides chimiques et un insecticide biologique, tous parfaitement opérationnels, l'évaluation de l'efficacité de nouveaux larvicides antisimulidiens n'est plus une priorité. Aussi les efforts de recherche s'orientent-ils désormais vers le contrôle de qualité des lots opérationnels et I'amélioration des formulations existantes. 69. La finalisation des systèmes et protocoles de bioessais en conditions contrôlées est désormais achevée. Le système de shaker orbital pour le B.t. H-14, opérationnel depuis 1995, a fait la preuve de sa fiabilité, à l'occasion notamment des nombreux contrôles de qualité réalisés dans le cadre du contrat établi entre I'OCP et la compagnie Abbott. Les autres tests d'efficacité sont réalisés à l'aide du système de multi-agitateur magnétique mis au point en 1995. Il remplace avantageusement le système des "minigouttières" et des "auges" et peut être utilisé aussi bien pour les simulies que pour la faune non cible, tant pour l'évaluation des insecticides chimiques que des insecticides biologiques. 70. La collaboration avec le laboratoire des bactéries entomopathogènes de I'Institut Pasteur de Paris et la firme Roussel-Uclaf a permis de tester en 1995 de nouvelles souches de Bacillus ainsi que des formulations de souches recombinées de B.r. H-14. Bien que les résultats obtenus ne soient pas encore satisfaisants, les recherches se poursuivent, compte-tenu de l'intérêt que représenterait une augmentation, même minime, de l'efficacité des formulations de B.t. H-14. En effet, un gain de seulement un tiers de la dose opérationnelle permettrait d'utiliser sans difficulté logistique cet insecticide jusqu'à 70 m3/s, voire plus si la formulation présentait de meilleures capacités de dispersion spontanée. 71. La surveillance de la sensibilité des simulies aux insecticides s'est poursuivie avec la rigueur habituelle sur l'ensemble des rivières traitées. Comme chaque année, la priorité a été accordée aux insecticides organophosphorés (téméphos, pyraclofos et phoxime), notamment sur les bassins où des cas de résistance ou de baisse significative de la sensibilité ont été récemment observés ou ont été signalés par le passé (affluents de l'est du lac Volta, basse Volta Noire, bassins du sud de la Côte d'Ivoire, Niger à Bamako, Marahoué, Niandan, etc.). D'après les données de 1995/1996, les niveaux de sensibilité, en particulier au téméphos, n'ont guère changé par rapport à la periode précédente, preuve du bien-fondé de la stratégie de rotation des sept insecticides utilisés par le Programme. 72. L'étofenprox a occupé cette année un rôle de premier plan dans la stratégie de rotation des insecticides, ce qui explique que sa consommation ait augmenté dans des proportions significatives (plus de 457o par rapport à la période précédente). Il a été utilisé partout où I'usage des organophosphorés est devenu délicat (Sankarani, Niger, Sassandra, bas Bandama, basse Comoé et Volta Noire), surtout lorsque le débit des rivières à traiter était compris entre 15 et 70 m3/s (dans cette fourchette de débit, la perméthrine et le carbosulfan ne peuvent être utilisés pour des raisons de toxicité tandis que le B.t. H-14 revient trop cher). Signalons enfin que les premières recherches entreprises à la suite des échecs partiels de traitement enregistrés avec l'étofenprox en janvier 1995 semblent mettre en évidence, à l'instar des pyréthrinoides, une influence de la température de l'eau sur I'efficacité de ce produit. Les études se poursuivent afin que ce phénomène soit davantage pris en considération lors des prises de décisions de traitement. JPCL7.2 Page 21 Identification des vecteurs 73. La cytotaxonomie, qui ne s'applique qu'aux stades larvaires du vecteur, reste le moyen le plus sûr et la technique de référence pour identifier les espèces du complexe .§. damnosum. A ce titre, elle est largement utilisée pour l'identification des larves soumises aux tests insecticides ainsi que des larves récoltées lors des prospections des rivières traitées. L'analyse des résultats permet de suivre la dynamique des espèces et leur niveau de résistance aux insecticides opérationnels. Cette analyse est de plus en plus facilitée par l'existence d'une banque de données cytotaxonomiques régulièrement mise à jour et de diverses possibilités de représentation offertes p:u les systèmes de cartographie informatisée. 74. Depuis 1993, la technique d'identification morphologique des femelles de S. damnosum, utilisée pour la séparation des espèces savanicoles et forestières, est utilisée de façon opérationnelle par les techniciens du Programme dans le cadre des activités régulières de surveillance entomologique. Les résultats sont consignés dans une banque de données morphologiques largement exploitée pour I'interprétation des données entomologiques du Prograrnme. Les analyses rétrospectives de cette banque donnent notarnment une image assez précise des distributions géographiques et saisonnières des différentes espèces. 75. Dans le cadre de sa collaboration avec I'OCP, l'équipe de la "Division of Geographic Medicine" de l'université d'Alabama a peaufiné cette année la mise au point de la méthode d'identification des femelles du complexe S. damnosum par l'analyse hétéroduplex de I'ADN. Cette technique, opérationnelle depuis mai 1995, est basée sur I'existence dans I'ADN des mitochondries de séquences spécifiques permettant de caractériser six espèces du complexe, S. damnoszra s.s., S. sirbanum (espèces savanicoles) et §. sqwmosum, S. yahense, S. sancttpauli et S. leonerue (espèces forestières). 76. Actuellement, la priorité des identifications des vecteurs par I'hétéroduplex est accordée aux simulies provenant des zones de transition forêt/savane, pour lesquelles les possibilités d'identification morphologique etlou morphométrique sont limitées du fait de I'hétérogénéité des populations vectrices et du chevauchement des critères utilisés pour certaines différenciations, notamment la séparation de S. squamosum des espèces du sous-complexe Sanctipauli et, dans une moindre mesure, des espèces savanicoles. 77. Dans la plupart des cas, une concordance satisfaisante est observée entre les résultats des identifications des vecteurs obtenus par les différentes techniques actuellemeirt opérationnelles, à savoir la cytotaxonomie (technique de référence), la morphologie / morphométrie et l'hétéroduplex (l'électrophorèse n'est désormais utilisée que de façon exceptionnelle). Des discordances plus ou moins importantes ont cependant été notées dans les résultats des études effectuées récemment sur le N'zi, l'Ouémé et le Sassandra pour la validation en parallèle de ces techniques. Des études complémentaires (suivi en laboratoire des populations de référence issues de pontes individuelles de femelles sauvages) sont en cours afin d'avoir des informations plus précises sur la nature et l'importance de ces discordances. Identification des parasites 78. L'identification par I'ADN des larves infectantes du parasite provenant des simulies infectieuses se poursuit au laboratoire de Bouaké depuis plus de quatre ans. Pour ce faire, le Programme dispose de quatre sondes spécifiques. Deux sont spécifiques d'espèces, l'une d'O. volvulus (sonde OVS2), l'autre d'O. ocheng, (OCH). Les deux autres sont spécifiques de souches, la sonde PFS-I est spécifique de la souche forestière du parasite humain tandis que la sonde PSS-IBT est spécifique de la souche savanicole. Comme chaque année, cette technique, alliée à l'identification JPCI7.2 Page 22 morphologique des vecteurs, permet de fournir, pour l'évaluation entomologique des traitements larvicides, deux catégories de résultats. La première concerne la transmission de l'onchocercose humaine par toutes les espèces du complexe Simultum damnosum (figure 2) tandis que la seconde fait état de la transmission de I'onchocercose humaine par les seules simulies de savane (figure 3). 79. En 1995, la technique visant à déterminer la prévalence de I'infection à partir d'un broyat de simulies a été testée sur les simulies capturées dans le bassin de la Bougouriba, en parallèle avec la technique classique de captures/dissections. Les résultats sont très encourageants et il reste désormais à déterminer avec précision les modalités de son utilisation, en particulier dans les zones libérées de l'onchocercose, en tant qu'outil entomologique de détection précoce de la recrudescence. 80. Les contrôles de qualité des identifications réalisées au laboratoire de Bouaké se poursuivent chaque année par l'envoi d'échantillons codés au laboratoire de I'université d'Alabama. Les vérifications effectuées jusqu'à présent montrent une concordance parfaite entre les identifications faites à Bouaké et aux Etats-Unis. Ces résultats confirment la fiabilité de la technique et la qualité du travail réalisé à Bouaké. Des contrôles de qualité seront également institués pour l'analyse hétéroduplex de I'ADN dès que cette méthode sera pleinement opérationnelle. La collaboration entre l'université d'Alabama et I'OCP va se poursuivre dans les années à venir. Sur le plan entomologique, d'autres recherches vont être engagées, comme l'adaptation de la technique de l'hétéroduplex aux parasites (onchocerques) en we de déterminer la phylogénie entre souches savanicoles "cécitantes" et souches forestières "moins cécitantes". Etudes entomologiques speciales 81. En juin 1995, à l'issue de la 16ème session du Comité consultatif d'Experts du Programme, il a été décidé d'entreprendre des études entomologiques spéciales dans des zones du Programme où la lutte contre l'onchocercose semble poser quelques difficultés. Ces études, au nombre de quatre, avaient pour objectif de mieux connaître les conditions de la transmission afin de prendre, si nécessaire, des mesures appropriées en vue d'un contrôle plus efftcace. 82. Le nord de la Sierra Leone : Dans l'éventualité d'une reprise des traitements larvicides, le réseau d'évaluation entomologique a été renforcé durant les mois d'avril et mai 1996 afin d'obtenir des précisions sur la dynamique des différentes espèces simulidiennes et leur implication dans la transmission de l'onchocercose. Les résultats de cette étude suggèrent de reprendre, sous réserve d'un retour à la normale de la sécurité, les traitements larvicides (en complément de la distribution d'ivermectine qui a déjà repris depuis mars 1996). Ces traitements auront pour objectif d'éviter que les simulies savanicoles ne prolifèrent trop dans cette région, au risque de s'infecter, et que le phénomène de réinvasion vers la Guinée ne s'amplifie et ne réactive des foyers résiduels de transmission en voie d'extinction. 83. La basse Volta Noire au Ghana: Après 22 ans de traitements larvicides ininterrompus, les résultats épidémiologiques restent décevants et une contamination de ce bassin par des simulies de savane provenant du sud du Ghana, situé hors des limites du Programme, aété suspectée. Pour suivre les mouvements éventuels de simulies entre la basse Volta Noire et le sud du Ghana, des études entomologiques spéciales ont débuté en 1996 et vont se poursuivre et 1997 , en collaboration avec des entomologistes de I'Institut Noguchi d'Accra au Ghana. Les premiers résultats confirment la présence dans le sud du Ghana, de février à avril, d'une proportion importante de S. sirbanum, non infectée toutefois. La déforestation, qui concerne actuellement près de 30% du bassin de la Tano, y est une réalité et serait peut-être à l'origine de l'existence de cette population savanicole. 84. Les bassins de la Kulpawn et de la Mole au Ghana : Une distribution renforcée de l'ivermectine (deux passages par an) s'est substituée à plus de 19 ans de lutte antivectorielle (1975- a ItPct7.2 Page 23 1994). Afin de déterminer les conséquences de cette stratégie sur la transmission de I'onchocercose (la situation épidémiologique est encore médiocre), le Programme supervise actuellement une étude entomologique sur trois ars visant à déterminer les taux d'infectivité en I'absence de traitements larvicides. La prise en considération de ces résultats permettra de préciser, par modélisation, la fréquence et la durée requises de la distribution ivermectine dans ces deux bassins. 85. Le bassin de l'Ouémé, près de la frontière du Nigéria : En 1995, des simulies identifiées morphologiquement colnme des espèces forestières ont été cataloguées comme des espèces savanicoles par la technique de l'hétéroduplex. Compte tenu du taux élevé d'infestation de ces simulies, des érudes entomologiques complémentaires ont été nécessaires afin de préciser le type d'onchocercose qui y sévit. Les résultats obtenus par la cytotaxonomie et par la morphologie confirment les données antérieures et montrent que la population simulidienne à soie sombre capturée dans cette région est en majorité constituée d'espèces forestières. Les résultats concernant I'identificationpar I'hétéroduplex ne sont pas encore disponibles mais il semblerait que l'existence d'une proportion relativement importante d'individus hybrides soit la cause de la discordance entre les deux méthodes. Modélisation épidémiologique 86. Le modèle ONCHOSIM a été utilisé cette année pour déterminer les risques de recrudescence après la mise en place des différentes stratégies utilisées par le Programme. Un des paramètres importants qui est retenu actuellement dans le modèle ONCHOSIM est un facteur dénommé "potentialité" de I'ivermectine qui est mésurée par des effets irréversibles sur les vers adultes. Ce facteur a été étudié par le modèle ONCHOSIM en analysant les données obtenues sur les traitemenrs annuels par l'ivermectine effectués à Asubende, au Ghana. 87. Les deux ÿpes d'effet irréversible estimés sont : l) une réduction permanente (260/o - 40%) de la productivité de tous les vers; ou 2) la perte totale de la fecondité d'une proportion (22% -35%) des vers. De ce fait, après chaque traitement à l'ivermectine, les vers se rétablissent et au bout de l0 à I I mois atteignent un nouveau niveau stable de production de microfilaires qui est de 30% inférieur à celui d'avant traitement. Ces estimations ont des implications favorables pour le rapport coûÿefFrcacité des stratégies de lutte contre l'onchocercose reposant sur un traitement annuel à l'ivermectine. 88. En se basant sur les résultats énumérés cidessus, le modèle a été utilisé pour prédire les tendances épidémiologiques et les stratégies optirnales à mettre en place dans les bassins de la Kulpawn/Mole au Ghana, la Gambie au Sénégal et les bassins du nord de la Sierra Leone. Les simulations ont montré que l'ivermectine peut interrompre la transmission dans les bassins où le niveau d'infection exprimé par la CMFL est inférieur à 30 microfilaires par biopsie (mf/b) avant le traitement à I'ivermectine. C'est le cas des bassins de la Kulpawn/Mole et de la Gambie. 89. L'impact épidémiologique de l'arrêt temporaire pendant plusieurs années de la combinaison des épandages larvicides et de la distribution de l'ivermectine, au cours des douze arurées de traitement prévues conrme c'est le cas des bassins du nord de la Sierra Leone a été simulé. Les résultats ont montré que quatre années ou plus de suspension de traitement conduiraient à un risque élevé de la recrudescence même si l'on prévoit une période additionnelle de 15 ans de traitement annuel à l'ivermectine seule après cette suspension. D'après les simulations, si les épandages larvicides reprennent et durent cinq ans, il faut au moins 15 ans consécutifs de distribution annuelle d' ivermectine, après les quatre ans d'interruption, pour ramener le risque de recrudescence à moins del%. 90. La modélisation épidémiologique a été utilisée pour étudier la recrudescence observée après cinq année d'arrêt des traitements larvicides dans le bassin de la Bougouriba (un affluent de la Volta JPCL7.2 Page 24 Noire) au Burkina Faso. Comme information de base, il faut noter que les épandages larvicides ont été effecrués de février 1975 à septembre 1990, soitpendant 15 ans et demi. En décembre 1.989, une prévalence de 6% a été observée à Zoulo, un des villages de cette zone, une année avant I'arrêt des épandages larvicides. Les résultats de la surveillance épidémiologique de ce même village en mars 1991, février 1994 et novembre 1995 ont fait ressortir des prévalences de 5%, ll% et 257o respectivement. Ces deux derniers résultats ont permis de confirmer une recrudescence de I'infection onchocerquienne dans le bassin de la Bougouriba. 91. Pour expliquer cornment une telle recrudescence a pu s'installer si rapidement, différentes hypothèses ou questions ont été formulées et appliquées aux données épidémiologiques observées dans le village sentinelle de Zoulo en utilisant le modèle ONCHOSIM : a) La lutte antivectorielle a-t-elle vraiment été inefficace; si oui, jusqu'à quel point ? b) Les prévalences enregistrées en 1989 et 1991 onçelles été "artificiellement" basses à cause de la distribution de l'ivermectine dans la région? c) Y-a+-il eu des migrants infectés dans la région? d) Y-a+-il d'autres sources d'infection inconnues? Par exemple un important gîte de simulies qui n'aurait pas été détecté par la surveillance entomologique ? e) Y-aurait-il des aspects importants de la dynamique du parasite qui n'auraient pas été inclus dans le modèle épidémiologique ? Par exemple une perte de l'immunité qui serait due à une baisse de la charge parasitaire? 92. Les premiers résultats des simulations ont montré que l'hypothèse la plus vraisemblable qui explique le mieux les données épidémiologiques observées à Zoulo serait qu'il y a eu probablement des immigrants en 1989, 1990 et 1991. Dans cette situation, la simulation d'une distribution d'ivermectine deux fois par an pendant l0 ans consécutifs pourrait réduire le risque de reprise de l'infection dans la zone à moins de l%. Ces études seront poursuivies par l'analyse intégrée de toutes les données existantes afin de mieux expliquer et comprendre cette première recrudescence survenue dans I'aire initiale de I'OCP et réajuster si nécessaire le modèle ONCHOSIM. Tests de diagnostic pour la surveillance de l'onchocercose 93. La recherche pour un test alternatif de diagnostic de l'onchocercose par rapport à la méthode classique de la biopsie cutanée a été poursuivie. Dans ce sens, les spécimens ont été collectés comme suit: a) gouttes de sang sur papier filtre pour le test d'immunodiagnostic, b) grattage de la peau et collecte des morceaux de peau après la biopsie cutanée pour le test ADN, c) biopsie cutanée pour le diagnostic parasitologique, d) application de la diéthyl carbamazine (DEC) mélangé à l0% à de la crème Nivea pour le test de pansement. 94. Les spécimens ont été collectés au niveau de cinq villages dans le bassin de la Bougouriba et du village de Foungou dans le bassin de la Volta au Burkina Faso. Lors d'une réunion tenue en a )JPCL7.2 Page 25 fevrier 1996 à Genève, les résultats de ces tests ont été discutés en même temps que les résultats d'autres études qui avaient employé des méthodes similaires pour le diagnostic communautaire de l'onchocercose. La réunion a examiné de façon critique les résultats des nouveaux tests de diagnostic en cours de développement, en considérant surtout la simplicité de l'utilisation, le coût et Ia capacité de détecter de nouvelles infections onchocerquiennes dans les zones sous contrôle (Tableau 5). En se basant sur ces critères, la réunion a recommandé que le test de pansement à la DEC soit provisoirement adopté par I'OCP comme Ia méthode de choix à développer pour la surveillance épidémiologique. En application de cette recommandation, un test avec la Nivéa seule a été réalisé sur un échantillon de cent enfants de 5 à 15 ans à Soubré en Côte d'Ivoire pour s'assurer de la réaction à ce produit qui sert de support au pansement à la DEC. Seulement 4%o des enfants semblent avoir produit une réaction Iégère à la crème. Tableau 5: Perfonnance/Caractéristiques des tests de diagnostic de I'onchocercose hojet de chimiothérapie "Macrofil" Composés macrofilaricides potentiels 95. Suite à une étude détaillée des effets macrofilaricides de I'ivermectine à forte dose (doses uniques atteignant 800 pglkg et doses multiples de 950 pglkg ou 1600 p9lkg dans I' intervalle de deux semaines), il a été conclu que les fortes doses d'ivermectine, tout en étant sans danger, n'ont pas produit d'action macrofilaricide supérieure à celle des doses standard d'ivermectine (150 pglkg). Le comité directeur de Macrofil a par conséquent recommandé de ne plus effectuer d'études sur I'ivermectine à forte dose mais de continuer à observer pendant les traitements communautaires de routine, les effets des doses multiples et standard. Test Spécilique à I'espèce Spécificité o/o Sensibilité Yo Méthode Coût Réactif Sérologique Tricocktail I Tricocktail 2 c27 Ov 3.6 Ov 9.4 Excellent Excellent Bon Excellent 96-100 98 98 non disponible 26-89 4l-100 l0-88 98 Gouttes de sang Gouttes de sang Gouttes de sang Gouttes de sang l5-25 cents US$ non disponible Ù ADN 0-150 PCR Grattage Excellent Excellent 100 ? 100 87 Biopsie cutanée Grattage 66 cents 3,3 cents Disponible Pansement DEC A déterminer 97 80 variable selon les zones Panse- ment non invasif frès minime Disponible JPCL7.2 Page 26 96. Toutefois, les études sur les effets prophylactiques des doses mensuelles d'ivermectine (administrées par injection de 200 et de 500 pglkg) sur Onchocerca ochengi chez le bovin ont indiqué que ces traitements mensuels effectués pendant 20 mois, ont protégés les animaux des deux groupes, alors que des nodules se sont formés chez les animaux du groupe témoin non traités et que des microfilaires ont été découvertes dans leur peau. Le Comité consultatif d'Experts a, par conséquent, recommandé que Macrofil mette au point un protocole clinique pour étudier les effets prophylactiques éventuels de l'ivermectine dans la prévention de l'onchocercose humaine. 97 . Les stades cliniques d'une étude de phase II de l'amocarzine chez 100 onchocerquiens ont pris fin au Centre de Recherche Chimiothérapique de l'onchocercose (OCRC) à Hohoe au Ghana, et des nodules prélevées chez ces malades sont actuellement examinés pour pennettre d'établir l'activité macrofilaricide du médicament. La posologie utilisée pour l'amocarzine a été celle optimisée au cours des études cliniques sur I'onchocercose en Amérique latine, c'est-à-dire 3 mg/kg, après les repas, deux fois par jour, pendant trois jours; en outre, l'effet des traitements une semaine plus tôt, avec la dose standard d'ivermectine (150 pglkù a été étudié. Cette étude en double aveugle er le décodage des divers malades ainsi que celui des groupes de traitement ne seront effectués qu'une fois la composante efficacité achevée. Tous les résultats seront disponibles avant la réunion du CCP de décembre 1996. Aucun effet indésirable inacceptable n'a été enregistré, bien que les effets indésirables habiruels liés à la réaction de Mazzotti aient été constatés au moment de la prise de l'ivermectine comme de l'amocarzine. 98. Avant l'évaluation des effets cliniques de I'amocarzine chez les malades atteints de filariose lymphatique, une étude clinique de phase I sur des malades volontaires a été effectuée à Bombay. Des doses atteignant 3 mg/kg, à prendre après les repas, deux fois par jour, pendant trois jours ont été prescrites. Aucun effet indésirable de I'amocarzine n' a de nouveau été enregistré, il a été cependant relevé une sensation de léger vertige, causé par la dose, ce qui confirme que ce symptôme déjà observé dans les essais antérieurs sur l'onchocercose, est la conséquence directe de I'action du médicament sur le système nerveur. Un protocole pour les étude cliniques de Phase II de la filariose bancroftienne a été préparé ; ces études seront effectuées dars deux centres en Inde quand le gouvernement aura donné sonaval. Le Comité consultatif d'Experts a recommandé que si les essais de Phase II en cours au Ghana donnaient la preuve d'une activité macrofilaricide adéquate, il faudrait mener des études cliniques avec I'amocarzine dans plusieurs centres dans d'autres régions d'Afrique. Si ces études se passent très bien, I'homologation de l'amocarzine pourrait avoir lieu en I'an 2000. 99. Un précurseur de benzimidazole, I'UMF078, a déjà été testé sur O. ochengi chez le bovin et les résultats indiquent que les doses intramusculaires uniques du produit (50 mg/kg et 150 mg/kg) ont une activité macrofilaricide selon deux paramètres d'essai. Une dose orale unique de 150 mg/kg n'a indiqué qu'une activité macrofilaricide partielle. Les essais à venir détermineront le nombre de doses permettant d'atteindre une activité macrofilaricide complète. L'activité macrofilaricide de UMF078 sur le meilleur modèle animal disponible pour l'onchocercose est extrêmement encourageante. Si les études précliniques sont menées à bonne fin, les études cliniques de Phase I pourront cornmencer. Si tout se passe bien, l'homologation de I'UMF078 pourrait avoir lieu d'ici l'an2002. 100. L'évaluation de trois composés (WR 251993, WR 129577 et PD 105666) ayant un potentiel macrofilaricide, retenus à partir des activités de criblage de Macrof,rl, se poursuit actuellement sur O. ochengilchez le bovin. Ces composés constituent des solutions de 'remplacement" pour les deux principaux composés mentionnés ci-dessus. Détection de gènes résistants à I'ivermectine. 101. La recherche se poursuit sur les mécanismes de résistance au niveau des gènes des nématodes parasites importantes sur le plan vétérinaire, qui ont acquis une résistance à I'ivermectine. Les gènes les plus courants responsables de la résistance de ces nématodes seront identifiés chez O. volvulus a IPCI7.2 Page 27 les plus courants responsables de la résistance de ces nématodes seront identifiés chezl' O. volvulus afin de mettre au point un test diagnostique capable d'assurer la détection précoce d'une éventuelle apparition d'une résistance à l'ivermectine. Poursuite du projet Macrofrl après 1997 102. Si la décision de poursuivre les activités du projet de chimiothérapie Macrofil au-delà de 1997 a été confirmée par Ie CCP, et par le JCB de TDR, les sources du financement futur n'ont pas été aussi bien définies. A la suite des discussions qui ont eu lieu en 1996 concernant les sources de financement , 1l a êté recommandé que TDR, I'OCP et le nouveau Programme Africain de Lutte contre l'Onchocercose (APOC) financent conjointement le projet à partir de 1998. ADMIMSTRATION ET SERVICES DE SOUTIEN Objectifs, organisation et fonctionnement des services 103. L'unité d'administration et de gestion a pour fonction essentielle de soutenir les activités des unités opérationnelles, techniques et scientifiques de I'OCP de façon que ces activités soient effectuées efficacement à moindre coût. Elle gère l'infrastrucrure du Programme ainsi que ses ressources humaines, financières, matérielles et la documentation. Elle a été conçue pour offrir des services en matière d'achats, de finances, de gestion du personnel et des transports, de documentation et d'administration générale. Pendant la période concernée elle a apporté un appui logistique spécial aux activités suivantes : a) Fermeture du bureau de zone de Bamako en juin 1996 et transfert des opérations à Odienné ; ceci inclus le transfert de 56 véhicules et des pièces de rechange. b) Démarrage des activités du Programme africain de lutte contre l'onchocercose (APOC) dont le siège est installé au sein de I'OCP à Ouagadougou ; mais dont I'identité et le financement sont distincts de ceux de I'OCP. c) Cessation sans heurts des contrats du personnel dont les postes allaient être abolis en raison de la fermeture des secteurs à la suite de la fin des activités d'épandages larvicides. Coûts administratifs 104. Les coûts administratifs du Prograrnme sont définis cornme ceux ayant trait aux postes concernant le Bureau du Directeur, I'administration et les services de soutien à Ouagadougou, et les services de soutien à Genève. On trouvera dans le tableau 6 cidessous les dépenses effectuées de 1991 à 1995 dans le cadre de ces appuis et le pourcentage qu'elles représentent par rapport au coût du Programme. a JPCI7.2 Page 28 Tableau 6. coûts de l'administration du Programme (en us g) de l99l à l99s 105. Les coûts administratifs en US dollars ont diminué passant de US $ 3.713.859 en 1991 à US$ 3.034.717 en 1995, ce qui représente une réduction de I8%. Les dépenses annuelles du Programme ont dans l'ensemble diminué plus rapidement que celles de l'administration. Le coût d'administration s'est élevé jusqu'à l4,M% en 1995 attirant I'attention de la Direction du Programme. Pour y remédier il a étê décidé entre autres, de ne pourvoir les postes vacants qu'en cas de nécessité et de recourir alors à des contrats d'engagement spéciaux de préférence aux contrats OMS à durée déterminée qui sont plus onéreux. Les tâches exécutées par le personnel font I'objet d'un examen rigoureux aux fins de leur rationalisation. La proportion des dépenses d'administration par rapport aux dépenses totales est à surveiller. Budget et finances 106. Le budget 1996 a été élaboré en se fondant sur un taux de change de I US $ pour 450 FCFA. Le dollar s'est affermi au cours de l'année 1996, passant d'un peu moins de 500 FCFA pendant toutel' année 1995 à 511 en février, 500 en mars, 507 en avril, 517 en mai et 520 en juin 1996. La Banque mondiale estime que le dollar pourrait demeurer fort tout au long de 1997 , aussi, le budget 1997 a-t-il été préparé sur la base d'un taux de change de US $ I : 500 FCFA. lO7 . La section des finances gère 14 comptes bancaires répartis dans les 11 Pays participants et en vérifie la concordance tous les mois avec comptes provenant des 11 équipes nationales et ceux des zones d'opérations est et ouest. Trois membres de l'équipe nationale Sierra Leonaise de lutte contre I'onchocercose se sont déplacés à Ouagadougou pour y suivre une formation en gestion assistée par ordinateur des comptes d'avances temporaires (imprest). Une mission de suivi a été par la suite effectuée pour bien installer le logiciel dans leur bureau. 108. L' unité a été chargée du lancement du Programme africain de lutte contre l'onchocercose (APOC); elle a ouvert les comptes et mis sur pied le mécanisme de contrôle financier nécessaire. A cet effet le siège de I'OMS et la Banque mondiale ont été contactés pour le premier déblocage, en avril 1996, de US $ 8.000.000. a UNITE 1 99 I 1992 1993 1994 1995 Bureau du Directeur 948.949 743.449 585.650 656.831 718.500 Administration et services de soutien Ouagadougou 2.405.602 2.622.244 2.679.s3t 1.842.485 r.910.737 Services de soutien Genève 359.308 398.577 408.451 45r.274 405.480 Total 3.713.859 3.764.270 3.673.632 2.950.590 3.034.717 Total des Dépenses du Programme 32.543.360 3t.7t6.r97 26.s03.663 23.r50.289 21.614.710 7o des coûts d'administration tl,4 vo ll,9 vo 13,86 Vo 12,75 Vo t4,04 vo a tJPCI7.2 Page 29 Personnel 109. Pendant la période considérée le bureau de zone de Bamako a été fermé et il a été mis fin aux contrats d'un certain nombre d'agents. Ceux-ci ont bénéficié des conseils appropriés pour remplir les formulaires de pension et effectuer les autres formalités de cessation de fonction. La décision a été prise de fermer les secteurs entomologiques de Tamale et de Parakou en décembre 1996 et les formalités de cessation de fonction ont été engagées dès mai 1996 afin de donner plus tôt au personnel une notification de fin de contrat. 110. La réduction des effectifs qui se poursuit de façon systématique est liée à la restriction des dépenses. Le renouvellement des postes professionnels vacants n'est plus automatique. Lorsque le cumul des fonctions est possible, il est procédé à la suppressiondes postes et fait recours à des agents temporaires. La sécurité et le nettoyage font l'objet de contrats avec des entreprises, et la possibilité d'utiliser le même moyen pour d'autres services est à l'étude. En janvier 1996, l'ensemble des effectifs comptait 695 agents contre 737 l'awÉe précédente. La projection pour 1997 est de 635 au total. Approvisionnement et Services 111. Ce service traite des achats de biens et des services, de la gestion des stocks, ainsi que de la liquidation des articles obsolètes ou excédentaires. Il contrôle par ailleurs les services administratifs tels que la gestion des bureaux, les voyages par avion et les visas, la réception et la distribution du courrier, le fax et le téléphone. Il supervise aussi les entreprises extérieures contractantes pour la sécurité et le nettoyage. Il2. Ce service a apporté tout I'appui logistique à l'unité de lutte antivectorielle lors du transfert du bureau de zone de Bamako à Odienné. Un magasinier a été envoyé de Ouagadougou pour aider à arrêter les fiches des stocks et à en établir pour le nouveau bureau. Le personnel chargé du transit a été associé à la réexportation de 56 véhicules de Bamako au Mali et à leur importation à leur nouvelle base d'Odienné en Côte d'Ivoire. Le bureau principal d'Odienné a été remis à neuf et une extension construite pour servir de magasin de pièces de rechange. Le garage a été agrandi. Un groupe électrogène de secours a été installé. 113. Les dépenses occasionnées par l'achat de matériel, et autres biens et services nécessaires au Programme sur le budget 1995 se sont chiffrées à US $ 6.954.280. Les larvicides ont représenté US $ 3.096.100, les produits pétroliers US $.148.330, les pièces de rechange et les véhicules US $ 1.135.715.L'eau, l'électricitéetlestélécommunicationsontcoûté US$368.875.88%dutotalont été traités par la Division centrale des Achats de I'OMS à Genève, tandis que l2Vo représentaient les achats locaux. Transport et Communications ll4. Le service des Transports et des Communications a apporté son assistance et sa supervision techniques au déménagement du bureau de zone à Odienné dans les activités suivantes: démontage et réinstallation du système de radio télécommunication de Bamako, démontage du standard téléphonique et réinstallation à Odienné, installation d'un groupe électrogène de secours et installation de l'électricité au bureau principal d'Odienné. La cour a été aménagée pour éviter le risque d'inondation et fournir une aire de stationnement aux véhicules. Les activités du service Transports de la zone ouest ont été transférées de Bamako au Mali à Odienné en Côte d'Ivoire en même temps que le bureau de la zone. 115. Ce service est chargé de la gestion du parc automobile, activité qui doit s'accorder avec le désengagement progressif du Programme. La réduction du parc fait également partie intégrante du JPCT7.2 Page 30 transfert aux pays de la responsabilité de la détection et de la lutte contre I'onchocercose. En conséquence un prograrnme visant à réformer les véhicules qui ont plus de 10 ans, et à ne remplacer que certains d'entre eux, a été initié. La flotte passera de 300 véhicules en 1996 à 200 en l'an 2000 suivant des objectifs fixés par année. 116. Dix neuf véhicules ont été mis en service entre le ler septembre 1995 et le 31 août 1996 tandis que 26 ont été réformés pendant la même période. Au 31 août 1996 le parc comptait 290 véhicules. Pendant cette période les véhicules ont parcouru en tout 7.188.418 l«n et consommé 867.l78litres de carburant. Le parc a été opérationnel à94,02%. IL7. Une centaine de véhicules du parc ont été prêtés aux pays de l'extension ouest pour les déplacements exigés par les activités des équipes nationales. Celles-ci ont assuré la maintenance de ces véhicules mais I'OCP a fourni le carburant, les lubrifiants, les pièces de rechange et assumé la responsabilité du contrôle technique. Dans le cadre de la formation en cours d'emploi, un séminaire/atelier a été organisé pour améliorer la qualité des services des mécaniciens et des magasiniers de ces équipes. L'OCP a également financé la participation de deux mécaniciens des équipes nationales à des cours de formation organisés par Toyota à Nairobi au Kenya. 118. Un système informatisé fonctionne dans les principaux magasins de Ouagadougou pour la gestion des pièces de rechange des véhicules, motos et matériel radio. Les renseignements utiles at»( nouveaux magasins de zone d'Odienné ont été introduits dans ce système pour améliorer la gestion de ces articles. 119. Toutes les stations de radio/téléscripteur fonctionnent bien. La base de Makeni en Sierra Leone a été dotée d'un téléscripteur pour faciliter la transmission des données statistiques nécessaires à la lutte antivectorielle ainsi que la communication à des fins administratives et de gestion. ACTIVITES DE LIAISON, D'INFORMATION ET DE VALORISATION Avec l'Organisation Mondiale de la Santé 120. Le Directeur du Programme a assisté aux réunions statutaires suivantes : la 45ème session du Comité régional du Bureau régional de I'OMS pour I'Afrique (OMS-AFRO) à Libreville (Gabon) du 5 au 14 septembre 1995; la 97ème session du Conseil exécutif du 15 au 24 janvier 1996 à Genève; la 49ème session de l'Assemblée mondiale de la Santé (du 20 au 25 mai 1996) à Genève. Il a mis à profit son séjour au siège de l'Organisation mondiale de la Santé pour s'entretenir des problèmes de I'OCP en particulier, avec les Ministres de la santé des pays participant au Programme de Lutte contre I'Onchocercose en Afrique de l'Ouest et leurs collaborateurs. lzL. Le Représentant de I'OMS au Togo, le Dr Moustapha Sidatt, a présidé la séance d'ouverture de la réunion de la Zone Est de I'OCP qui s'est tenue à Kara du 30 octobre au 4 novembre 1995. En compagnie des responsables de I'OCP et du Coordonnateur national de la lutte contre l'Onchocercose au Togo, il a rencontré les autorités administratives de Kara. 122. Le Représentant de I'OMS à Bamako (Mali), le Dr (Mme) H. Mambu-ma-Disu, a présidé les séances d'ouverture et de clôture de la réunion de la Zone Ouest de I'OCP qui s'est tenue à Bamako du 13 au 18 novembre 1995. I23. Du26 au 29 février 1996, le Directeur du Programme a séjourné àBrazzavllle, avec deux de ses coliaborateurs, où il s'est entretenu des problèmes de I'OCP avec le Directeur régional de I'OMS/AFRO et ses collaborateurs. q !JPC1,7.2 Page 31 124. Le Directeur du Programme et ses plus proches collaborateurs ont participé à toutes les rencontres relatives à la création du Programme Africain de Lutte contre l'Onchocercose (APOC) et au démarrage des activités, dont la réunion préparatoire de lancement des activités de I'APOC et la première session du Comité consultatif technique (CCT) de I'APOC organisées à Ouagadougou du ler au 3 avril 1996. L'Administrateur (Programme Manager) de I'APOC a effectué, en compagnie de deux techniciens de I'APOC et d'un représentant de I'OMS-AFRO, des missions au Nigéria, en Ouganda et en Tanzanie pour s'entretenir avec les autorités de ces pays des objectifs et des stratégies de I'APOC. Avec les Pays participants 125. Les hydrobiologistes des Pays participants ont tenu leur réunion annuelle les 29 et 30 janvier 1996 à Lomé (Togo) en présence des responsables de I'Unité de Lutte antivectorielle de I'OCP, d'experts de I'ORSTOM et du président du Groupe écologique. Une journée a été consacrée à une réunion conjointe avec les membres du Groupe écologique. 126. Le Chef de l'unité de Planification, Evaluation et Transfert (PET) et ses collaborateurs ont participé à des ateliers de travail sur la décentralisation de la surveillance épidémiologique de l'onchocercose et l'institution de la distribution à base communautaire de l'ivermectine. Ces ateliers ont eu lieu dans tous les Pays participants(cf. 66). Le Directeur du Programme a participé au premier de ces ateliers qui s'est tenu à Bobo-Dioulasso (Burkina Faso) du 29 au 31 janvier 1996. 127. Le Directeur du Programme a rencontré les Ministres de la Santé et d'autres personnalités du Bénin (16-20 octobre 1995), du Ghana (20-25 octobre 1995) de Côte d'Ivoire (3-6 janvier 1996), de Guinée (7-9 janvier 1996) et de Sierra Leone (10-11 janvier 1996) pour discuter de questions d'intérêt co[lmun. Pendant ces séjours dans ces pays, il s'est également entretenu avec les membres du personnel des équipes nationales de lutte contre I'onchocercose. Avec les organismes statutaires de I'OCP 128. Le Groupe écologique a tenu sa dix-septième session les ler et 2 février 1996 à Lomé (Togo) et le Comité Consultatif d'Experts (CCE) la sienne (dix-septième) du 10 au 14 juin 1996 à Ouagadougou (Burkina Faso). 129. Le Comité des Agences parrainantes (CAP) s'est réuni les 28 et 29 septembre 1995 à Rome, les 3 et 8 décembre 1995 à Washington, les 15 et 16 avril 1996 à Paris et les 23 et 24 juillet 1996 à Londres. Avec les Donateurs 130. Le Directeur du Programme s'est entretenu aussi bien à Genève que dans leur pays d'origine, avec les représentants des Donateurs. Les discussions qui ont porté essentiellement sur la généreuse contribution des pays et organismes donateurs de I'OCP. Les dernières rencontres couvertes par ce rapport se sont déroulées à Amsterdam les 23 et 24/3/96, à Bruxelles le 2613196, à Bonn le 27 /3/96, et à Londres le 1814196. Avec la Compagnie aérienne chargée des épandages de larvicides 131. Les managers de la Compagnie Evergreen Helicopters chargée des épandages larvicides et leurs collaborateurs sur le terrain basés respectivement à Odienné en Côte d'Ivoire, et à Kara au Togo, continuent d'entretenir, cornme par le passé, de très bonnes relations professionnelles et humaines avec le personnel de I'OCP et la Direction du Prognmlme cornme I'a confirmé la dernière rencontre Evergreen-OCP tenue à Ouagadougou le 23 fêvrier 1996 et à laquelle ont participé le Directeur du Programme et le Chef de I'Unité de lutte antivectorielle. JPC1,7.2 Page 32 Avec la Communauté scientifique 132. Le Programme a pris part aux réunions mentionnées ci-dessous - du 28 septembre au 7 octobre 1995 à Paris et du 12 au 15 mars 1996 à Atlanta (USA), le Directeur du Programme a participé à deux réunions du Mectizan Expert Committee. LesIl et 12 décembre 1995, il a visité à Chicago (USA), les laboratoires de la Société Abbott qui vend des insecticides à I'OCP. - du 8 atr 14 février 1996, le Directeur du Programme a participé à un atelier sur le diagnostic de l'onchocercose à Genève. En marge de cet atelier, il s'est entretenu avec des techniciens de I'OMS du Plan d'opération pour la phase du retrait progressif de I'OCP qui s'étend de 1998 à 2002, et a également participe à une réunion des ONG. Dl24 juin au ler juillet 1996, il a participé à la 19ème session du Joint Coordinating Board (JCB) de TDR et d'autres réunions du siège. - le Chef de l'Unité Planification, évaluation et transfert (PET) a participé du 20 au 25janvier 1996 à Accra à un atelier sur l'évaluation des instruments des études multidisciplinaires de l'auto-traitement communautaire à l'ivermectine ; du 10 au 14 février, à Genève, à un atelier sur les méthodes de diagnostic de I'onchocercose ; du 29juin au 6 juillet 1996, à Victoria Fall (Zimbabwe) à un atelier sur l'intégration des soins de santé. - le Chef de I'Unité de lutte antivectorielle (VCU) a participé du 12 au 16 août 1996 à Jérusalem (Israël) à une Conférence sur le 20eme anniversaire de la découverte du B.f.i. - Le Chef de la Zone Ouest de I'OCP a participe du 25 au 31 août 1996, à Florence (Italie), au 20è Congrès international d'entomologie. - le Coordonnateur de l'évaluation entomologique et hydrobiologique (CEEH) a participé du 3 au 5 janvier 1996 à Jutland (Danemark) à un atelier sur les problèmes d'environnement, organisé par le Sahel Sudan Environmental Research lnitiative ; du 15 au 29 juin 1996 à Maroua (Cameroun) à un séminaire sur le Système d'lnformation Géographique (SIG). Avec le grand public 133. LeChef delaBiostatistiqueetlnformatiqueaparticipédu LBau23 décembre 1995àBamako (Mali) à un cours de formation en épidémiologie pour la prévention et la lutte contre les épidémies au niveau du district organisé par I'OMS/AFRO ; du 12 au 17 avril 1996, à Johannesburg, (en Afrique du Sud) à Ia deuxième "International Conference on Health Informatics in Africa" (la première s'était tenue en 1993 au Nigéria). Il est à noter qu'à la conférence de Johannesburg le premier prix de présentation a été décerné au représentant de I'OCP. 134. Le périodique de I'OCP, "Oncho-Information" continue de paraître depuis 1986 dans les deux langues de travail, anglais et français, du Programme et semble être assez bien apprécié dans les Pays participants, les pays et organismes donateurs, les universités, les instituts de recherche, les écoles de formation sanitaires etc. Régulièrement de nouveaux lecteurs demandent à le recevoir. 135. Le Directeur du Programme a été interviewé par la Télévision nationale du Burkina Faso dans le cadre de la réalisation d'un documentaire sur le 50ème anniversaire de I'ONU. 136. Les quotidiens "Togo-Presse" de Lomé (31 octobre 1995) et "l'Essor" de Bamako au Mali (14 novembre 1995) ont rendu compte des réunions des Zones Est et Ouest du Programme (cf.. l2L et 122). 137. Le Directeur du Prograrnme a accordé une longue interview à l'hebdomadaire de Côte d'Ivoire "Le Populaire" d' Abidjan (édition N" 189 du 19 janvier 1996). q at JPCT7.2 Page 33 138. "L'Obseryateur Paalga", un quotidien du Burkina Faso, a rendu compte de l'atelier sur la décentralisation de la surveillance épidémiologique de l'onchocercose et la mise en oeuvre du traitement à base cornmunautaire à I'ivermectine qui s'est tenu à Bobo-Dioulasso du 29 au 3ljanvier 1996 (édition du 8 février 1996). 139. Après la publication par "OMS-Presse" du siège de I'OMS à Genève et par le périodique "Banque mondiale/Actualités", d'un article sur la création de I'APOC, la plupart des hebdomadaires et quotidiens paraissant dans les Pays participants ont repris I' information. D'autres journanx ont fait état de la nomination du Directeur de I'OCP comme Directeur par intérim de I'APOC. Travaux de vdorisation 140. L'OCP est représenté aux sous-comités de la Coordination des agences du système des Nations Unies qui traitent de I'administration, des urgences, de la communication et des Programmes. Au Sous-Comité Communication, I'OCP est représenté par le Chargé de I'Information et des Relations publiques et la Documentaliste du Programme l4l. Le Centre de Documentation de I'OCP continue d'améliorer ses services. Le fonds documentaire compte 4.467 documents, 75 titres de périodiques dont 57 sont vivants, 24 films de 16 mm, 64 cassettes vidéo, plus de 3.000 diapositives, des CD-ROM et des séries de Currents Contents sur disquettes. Le Centre a commandé 156livres et s'est abonné au CD-ROM CAB Health de Silver Platter Information. 142. Pendant la période couverte par le présent rapport, le Centre de Documentation de I'OCP a reçu 750 utilisateurs internes et externes confondus, prêtê 371 livres, expédié 296 tirês à part et rapports en Afrique et dans le reste du monde, distribué plus de 5.000 dépliants, 1.500 brochures et 90 cassettes vidéo de films OCP. I publie un Bulletin de Sommaires et des listes des nouvelles acquisitions et édite des listings bibliographlques à la demande. Un répertoire des cartes de la zone de I'OCP a été élaboré. 143. Le Centre de Documentation entretient de bonnes relations avec de nombreux centres de documentation et de bibliothèques installés au Burkina Faso. Ainsi, outre le prêt interbibliothèque qu'il pratique, il participe aux projets de création de réseaux documentaires. Parmi ceux-ci on peut citer le "Réseau Santé Burkina Faso" qui regroupe I'OMS, I'Ecole de Santé, la Faculté des Sciences de la Santé, le Centre national de lutte contre le paludisme, I'OCCGE, I'ORSTOM et la Direction départementale du Ministère de la Santé. Parmi les collaborateurs du Centre, on peut compter les bibliothèques de I'université de Ouagadougou, de I'IPD/AOS, de I'ONAT et du Centre SYFED (Système francophone d'édition et de diffusion). La collaboration se traduit aussi par I'accueil d'étudiants ou de stagiaires de ces organismes pour des recherches bibliographiques sur les bases de données disponibles. Trois étudiants en fin de formation de I'Ecole des Bibliothécaires, Archivistes et Documentalistes de l'université de Dakar (Sénégal) ont bénéficié durant la période couverte par ce rapport, de trois mois de stage chacun au Centre de documentation. Réunions inter:nes IM Le Programme a organisé plusieurs réunions internes dont les principales sont : - la réunion des zones opérationnelles Est et Ouest, respectivement du 30 octobre au 4 novembre 1995 à Kara (Togo) et du 13 au 18 novembre 1995 à Bamako (Mali). - la réunion "Recherches opérationnelles et stratégies" à Ouagadougou, du 3 au 5 avril 1996. - la réunion sur la recherche appliquée et la surveillance de I'environnement (AREM) et la réunion sur les insecticides à Bouaké (Côte d'Ivoire) du 6 au 10 mai 1996. 6'U)o TL JPCLT .2 Page 34 (o o) o) É. oÈ f() TIJo U)zo F É. UJ(L oô z À (o o) O) É.olr U)z o É. uJÀo LLo z ù fo oLf .9lt E ( à o Êtz lô(o slts .v. @(o cn o{) EË E 96P ËoÈ EE; E€ * gËI oE c(u e Ë€É oa l.' )t/. o(§cC'E(EË 9àEOCLËo- glËÈ* o= -L :9e o< fE (D o):, o(§ o =E J o E E(§ E»IÀ c o)o EÀ I t I I I JPCIT .2 I U) s()É utoloI C)zI uJ U)o() É. uJ c)oToz o :J tUÉ.Fzoo Lu F.Ff I.IJo UI = =É.(, oÉ.À §t o = .9IL UJ = =É. ooÉ.À oÉ.l-z o C) Page 35 ot -l =l ÈlÉt «cl 1l st6lot >tt Ëlsl5 El Ëlo, ;Ël l- q)-É É ËËE EE H x Er.Ez9 alE9 r El E E § ëI â ='F Élqo I .=l 6 Éd EIE -rl 9El à< § ÊalZS EEI ? s 9Ël 'o trl aAlo.=t .B EIÈtr|u, ,=ltrl (,l F .g ëE E -§ HEt9E EË E -9= -9'Y ii;.È il<, tËËËÊ"âË ËEËEÈ É Ë ËËËEË Ë§ F o. z o (D(t, =C"z É.F uJo @J UJlzz oJ ul t- ) psp§ÊÊecooo IÀF F o- a a a a a a a a a a a a JPCLT .2 I a I Page 36 ( (J lUFFf uJo lU = =É. ooÉ.È (ÿ) E = .9) tL. IU = =É.(, oÉ.È oÉ,Fzo() CI' CN oÉ, tu() o (J zo LU U) o C)É. lU() oTozI I,UÉ.Fzo an o clo !)tt ol 's !o() .a) v)() o0) O. aî)(lt GI G,U' x() & oo EItt6l oltrlÉt EIEI EI =ll tt al U) o G'o q) c)ô o o clÈ at) c)iC) o .() tr!t 6lolEIÉtàt €l Él at trt u)t ox()À or) € al,(,;, oo cl G! an u)()() -()È4) EI ÉL -g ëE E *§ËEË9E E˧9= 9'9 [i;.Ë r< = ËËËËË"âË ËEËEÈ € Ë ËËË€Ë Ë§ CFS oJ Fz IUFo.^Àà z3O=U'Ao§ ='E@iz-ÉsFO\ J 2E2cl <à F g zI(r, 9, =oz Ë,F IIJo U»J EIfzz PEPEÊÊe ^oceo IÈ F- F (L , ( a a a a a a a a a at JPCLT .2 Page 37 g «t) -Eo(É;sc-(U(l)E5(l)rE.=6o)i;E PËE_4)(t,(r)o) s* Èp -c)O*EO Eb -o-oEEo=zz @ cr) o-oa I -iU o .C = o o(o o) I ro o) !o o) I sl- o) sf o) I cÿ) o) c) o) IN o) §J o) I o) o) Io o) o sf o§l s§J (o§t sf(f) F-\f @(o o) F- a-o §a_o Ë § Ë" §§^:â ES g EPE.ë ÈEÊË I eE Ë§Ë Es >,.1C .= .t-- o 8.E E ç9 Ë e E k: --L-gô.8 §e er; §E6 s'E qEP;sfHP9<s oËS È o Eg Ë§Ë Ër ee s ePgH§ Ëg8BE E9 §Eg EE 'E,ut(l) =o ÈEË E = ffi lô<G gg §p eE E(l) o-EE-6.=ûro eEào <D 6; ./)o) o)(EÈ6 "P89 BËOÜ) E*EC eb o;EO Eb -o-oEEo=zz § oL =o, LL a È=:-j F-! EI 900000000O)@l'-(olO.ÜCr)§IF o aôerene Â;>1ea6 aJleperropqaq au u aÂoy1 I JPCI7.2 Page 38 x)(U Co (U z -12OEz6 oË !<@aEa)8é 6ZE\c.yEbO'E{Ëoo .E;(5c c= =ÊtsEEOoo!oC(E@()Ës?0)o =o,EËFJ É,oo UJ =oJ f, oz oFoo q UII = o Gc o (! É, o .gEfoErout= -(§ SEoo\2. o)\ --^ E6 d)_CLE '=(E 5g -sE9E()(E{)E o-!o E* o)É §oc§ooEqoo .ËoEËFJ % ruAv///// r/////) ut = z § z -o @ ô o) C»i HgËol ;; EË ur#oÉ u<É. o- =8auZT<r-O7 utI 1- l- uJ H= =kËtuuË>!- 'Jz I5L I.UZ-- EË E5I rr-Eo,a UJ uJoÉ] @olU>o o = , o E E(E o) oÈ =!, o(§ .E .c o a (§ o (U o E E(E o) o(L (§ c E') '= o I I o E Eo o)oÀ E' o =E =è(EEc =o -oÀ Oo É.l! ";I]L t ooo§ o o o :. JPCLT .2 Page 39 (o o) o) o (oU' t, 0) -tL(o=) lJ) =(uËEs o'6 U'Cc,oo-EC + 9.9 ol\.-yo) § f '.o>È€Ef:.r.bE E Ë B L .t.D-* -Lv::o:uJvCD ts! \o)-oç>E9)..ljr_(u .-r0)Ëgsç o -os#s È Nffi ffi O) q @ Cÿ) O) rrrrrrttttttlt O)o c.l c{ c'î\ cr)(0 c! + N o)q cf)(oq N (o 1 @ q N (L() o J flH(E UJ <E o-{(JJoa lJ.) 2 +<FO Zu _z 1 - 5H LIJ ->',-rü >,= E< =ffifiËF<<EUJFFa!-uJ@zzzoo u) (nÉ. É.UJ IIJ(L(L II IIJoo rr uJUJE mm ==fozz (o ô iE { a qqlnNqqln qqtc.! o NNNNFOOOO (suo'llrl/u) sa?IreJI sauuosJed ap eJquoN paleeJl suosled lo JaquJnN7 JPCLT .2 Page 40 ) o o.) o .o oE *rcc(o PE,trr- ,(O Ee P(o >= '=(o)=tçtrçoxoü (1)y ,r5 th,ôo6; .E L(§(§L N ah o) -oo E e3to.(o'= 0)= *, 'oC(u}O=C(l)L(EOo .G)Èo) oç '=(EEàt-L ,(O 0)pE5 U'F i. O) oD .=L(E(t _LJF tffi ffi (o o) o) LO o) o) $ o) o) cr) o) o) N o) o) ooNo(f)osotoo(o o o LO o + o cr) o r.o CO @ (o CO (o o) oo @ o o) (L(J o UJÉ. =(n z o z o naCE.r'<= rtA(JO os1 zo;H e6 llJ irJ>> 61t-z a9 =]ufa u) )tt aé- l-E l.UJY(L= a=<ü uJ>(9- rE<tll>trsé- UË!- urzl-t!= >Ë utJEOFtr1 =É. ()l-ûü E) Ë8 o a?suaceJ uol}elndod el P uoddeJ Jed ernua^noc ep xnel uollelndod snsuoc lo eoeluac,led se a6eJe^oc luatrlleaJlo)iI I I
Всемирная организация здравоохранения (ВОЗ / WHO) · Technical Documents
Rapport d'activités de l'Organisation mondiale de la Santé pour 1996 : 1er septembre 1995 - 31 août 1996
Открыть оригинал документа
Полный текст размещён на сайте публикующей организации. lawenc.com индексирует метаданные и ведёт на официальный источник.
Полный текст