W O R L D H E A L T H ORGANIZATION ORGANISATION MONDIALE DE LA SANTÉ REGIONAL OFFICE FOR THE WESTERN PACIFIC BUREAU RÉGIONAL DU PACIFIQUE OCCIDENTAL COMITÉ RÉGIONAL WPR/RC73/8 Soixante-treizième session Manille (Philippines) 31 août 2022 24-28 octobre 2022 ORIGINAL : ANGLAIS Point 12 de l’ordre du jour provisoire PRÉVENTION ET MAÎTRISE DES MALADIES NON TRANSMISSIBLES Les quatre principales maladies non transmissibles (MNT) – diabète, maladies cardiovasculaires, cancer et maladies respiratoires chroniques – représentent près de 87 % de tous les décès de la Région du Pacifique occidental. Les répercussions des MNT s'étendent au-delà de la mauvaise santé et de la mortalité. Elles mettent en péril le développement durable en provoquant la hausse des coûts de soins de santé et de protection sociale, la baisse de la productivité du travail et l'aggravation des inégalités au sein des sociétés. À moins de prendre, dès à présent, des mesures plus radicales et mieux coordonnées, la charge des MNT continuera de s’alourdir, ainsi que ses conséquences sanitaires, sociales et économiques. L’investissement dans la prévention et la maîtrise des MNT permet de réaliser des gains substantiels sur les plans sanitaire et socioéconomique, et constitue un impératif majeur en matière de développement. Les États Membres peuvent tirer parti des possibilités offertes par l’évolution de l’environnement actuel afin de transformer un « système de maladie » centré sur le traitement des maladies en un « système de santé » dans lequel la santé et le bien- être de la population rendent possible le développement socioéconomique. Pour ce faire, les États Membres sont encouragés à réorienter le système de prestation de soins de santé vers un système centré sur la personne qui prévient les problèmes de santé et accompagne chacun tout au long de la vie, ainsi qu'à accélérer la mise en œuvre d’interventions stratégiques WPR/RC73/8 page 2 fondées sur des données factuelles et rentables. Les États Membres peuvent également adopter des approches novatrices qui permettent expressément de lutter contre les maladies non transmissibles aux niveaux communautaire et individuel. Le Comité régional pour le Pacifique occidental est prié d'examiner pour approbation le projet de Cadre d'action régional pour la prévention et la maîtrise des maladies non transmissibles dans le Pacifique occidental. WPR/RC73/8 page 3 1. SITUATION ACTUELLE La Région du Pacifique occidental assume une part disproportionnée de la charge que représentent les maladies non transmissibles (MNT), principalement le diabète, les maladies cardiovasculaires, le cancer et les maladies respiratoires chroniques. Bien que largement évitables, ces maladies ont représenté à elles seules 12 millions de décès en 2019, soit 87 % de l'ensemble des décès dans la Région cette année-là. Outre les conséquences catastrophiques qu'elles ont sur la santé, les MNT entravent la croissance économique en réduisant la productivité du travail et en détournant les ressources d'objectifs productifs au profit du traitement des maladies. Les coûts des traitements, conjugués à la perte de revenus, font sombrer des millions de personnes dans une pauvreté encore plus grande chaque année. Aujourd’hui, les États et Territoires de la Région connaissent des changements profonds et radicaux, tels que le vieillissement rapide de la population, la croissance économique, l’urbanisation et les innovations technologiques. Ces changements peuvent exacerber la charge déjà lourde des maladies non transmissibles, ainsi que ses répercussions sociales et économiques, notamment les inégalités en matière de santé. Les MNT résultent d’une combinaison de facteurs génétiques, physiologiques, environnementaux et comportementaux accumulés au fil du temps. Les progrès accomplis au cours de la première décennie de ce siècle dans la réduction de la mortalité prématurée due aux MNT dans la Région ont sensiblement ralenti. Des régressions ont même été observées dans certains États et Territoires entre 2010 et 2019. Les efforts actuels n’ont pas encore permis de relever de manière satisfaisante les défis posés par les MNT. Cela tient au fait que la réalisation des objectifs concernant les facteurs de risque et la prise en compte des déterminants sociaux de la santé n'ont que peu progressé. À titre d'exemple, le tabagisme décroît dans l’ensemble de la Région, mais pas suffisamment pour atteindre l’objectif de réduction de 30 % d’ici à 2025. La prévalence de l'hyperglycémie à jeun et de l'obésité continue d'augmenter, certains des taux les plus élevés au monde étant signalés dans le Pacifique. En outre, les systèmes de santé de la plupart des États et Territoires de la Région demeurent axés sur le traitement. La prévention et la maîtrise des MNT sont souvent négligées ou insuffisamment prises en compte dans les programmes des systèmes de santé. Les capacités des systèmes de santé n’ont pas suivi le rythme de la demande de services de lutte contre les MNT. Ainsi, les cas non détectés d’hypertension artérielle et de diabète sont répandus dans la majeure partie de la Région du Pacifique occidental. Cela étant, parmi les personnes diagnostiquées, peu sont celles qui suivent un traitement, malgré la disponibilité de médicaments peu coûteux qui réduisent considérablement le risque de décès. WPR/RC73/8 page 4 L'évolution rapide de l'environnement actuel offre également aux pays la possibilité exceptionnelle de faire un bond en avant et de lutter contre les MNT au moyen de stratégies novatrices et adaptées aux besoins. Les progrès technologiques peuvent être mis à profit, par exemple, pour remodeler la prestation des services de soins de santé et l’organisation des données sanitaires. Le vieillissement de la population peut être l’occasion de renforcer le réseau de soutien dans les communautés de sorte que les personnes âgées participent à des activités sociales. Les nouvelles données sur la dynamique des maladies permettent l’émergence d’une santé publique de précision et sous-tendent les innovations au-delà du secteur de la santé. En octobre 2021, le Comité régional a demandé à l’OMS d’élaborer un cadre d’action régional conforme aux mandats mondiaux et régionaux. S’inspirant de Vision d’avenir : devenir la Région la plus saine et la plus sûre, le projet de Cadre d’action régional pour la prévention et la maîtrise des maladies non transmissibles dans le Pacifique occidental a été élaboré en consultation avec les États Membres et d’autres parties prenantes, ainsi qu’avec des partenaires et des experts de la Région. Le projet de Cadre, qui s’aligne sur le Programme de développement durable à l’horizon 2030 et le Plan d’action mondial de l’OMS pour la lutte contre les maladies non transmissibles 2013-2020, appelle à investir davantage dans la prévention et la maîtrise des MNT, recommande le passage d’un « système de maladie » à un « système de santé », et encourage l’adoption d’approches novatrices et adaptées aux besoins pour lutter contre les MNT. 2. ENJEUX 2.1 La prévention et la maîtrise des MNT sont impératives pour favoriser le développement durable et nécessitent des investissements plus importants. La charge grandissante des maladies met en péril le développement durable en provoquant la hausse des coûts de soins de santé et de protection sociale, la baisse de la productivité du travail et l'aggravation des inégalités au sein des sociétés. L’investissement dans la prévention et la maîtrise des MNT permet de réaliser des gains substantiels sur les plans sanitaire et socioéconomique, et constitue un impératif majeur en matière de développement. L’affectation, entre 2023 et 2030, de 140 milliards de dollars des États-Unis (USD) supplémentaires à l’ensemble le plus efficace des interventions contre les MNT pourrait générer des gains économiques de 2,7 billions USD en évitant 39 millions de décès dans les pays à revenu faible et intermédiaire. WPR/RC73/8 page 5 2.2 Pour lutter contre les MNT, il s'agit de passer de « l’absence de maladie » à « la santé et au bien-être ». Le moment est venu pour les États Membres de transformer un « système de maladie » centré sur le traitement des maladies en un « système de santé » dans lequel la santé et le bien-être de la population permettent le développement socioéconomique. Cela implique un changement à la fois des systèmes sociaux et des systèmes de santé. Premièrement, le secteur de la santé devrait inciter les autres secteurs à promouvoir un système social qui favorise la santé, soutient les comportements individuels sains, et favorise une vie plus longue, plus saine et plus productive. Plus précisément, les États Membres peuvent envisager d’adopter des interventions stratégiques fondées sur des données factuelles et rentables, telles que la Convention-cadre de l’OMS pour la lutte antitabac et les « meilleurs choix » pour prévenir les MNT à l'échelle de la population. Ces interventions visent à réduire les principaux facteurs de risque – y compris le tabagisme, l’inactivité physique, l’usage nocif de l’alcool et la mauvaise alimentation – et permettent une meilleure prise en charge des MNT prévalentes, telles que les maladies cardiovasculaires et le diabète. Deuxièmement, les États Membres peuvent envisager de réorienter la prestation des services de santé, en passant du traitement des épisodes aigus de maladies à la prévention des problèmes de santé et à l’accompagnement des personnes tout au long de la vie, de manière à protéger leur santé – notamment en soutenant la prise en charge des maladies chroniques, telles que le diabète et l’hypertension, et en dispensant le cas échéant des soins de réadaptation ou des soins palliatifs. 2.3 Des efforts accrus sont nécessaires aux niveaux communautaire et individuel. Les environnements sociaux et les contextes culturels ont tendance à varier d’une communauté à l’autre et d’un individu à l’autre au sein des États et Territoires. Afin de tirer pleinement parti des possibilités offertes par l’évolution rapide de l’environnement, les États Membres sont encouragés à adopter des stratégies novatrices en vue de mettre en œuvre des interventions plus spécifiques et mieux adaptées aux besoins de la communauté et des individus. Ils peuvent, par exemple, inciter les responsables et les travailleurs communautaires à venir en aide aux populations vulnérables en leur assurant des services de base pour la prévention et la maîtrise des MNT. Ils peuvent également tirer parti des innovations technologiques pour fournir des informations et des conseils de santé personnalisés. WPR/RC73/8 page 6 3. MESURES PROPOSÉES Le Comité régional pour le Pacifique occidental est prié d'examiner pour approbation le projet de Cadre d'action régional pour la prévention et la maîtrise des maladies non transmissibles dans le Pacifique occidental.
WPR/RC73/8 page 7 ANNEXE PROJET Cadre d’action régional pour la prévention et la maîtrise des maladies non transmissibles dans le Pacifique occidental Document traduit en auto-révision WPR/RC73/8 page 8 Annexe WPR/RC73/8 page 9 Annexe Table des matières Sigles et abréviations ..................................................................................................................... 10 Résumé d’orientation .................................................................................................................... 11 1. Contexte ................................................................................................................................... 14 1.1 Pourquoi nous devons agir maintenant ........................................................................................ 14 1.2 Les maladies non transmissibles continuent de représenter un lourd fardeau sanitaire dans la Région.............................................................................................................................. 14 1.3 La Région progresse sur la voie de la réalisation des cibles mondiales volontaires relatives aux MNT, mais le rythme de progression n’est pas assez rapide .................................. 17 1.4 La pandémie de maladie à coronavirus 2019 (COVID-19) souligne le rôle central de la prévention et de la maîtrise des MNT dans la préparation en matière de santé .................. 19 1.5 La lutte contre les MNT constitue un investissement important en faveur du développement durable ........................................................................................................... 20 2. Vue d’ensemble du Cadre d’action régional .......................................................................... 22 2.1 Tendances futures ........................................................................................................................ 23 2.2 Objet ............................................................................................................................................ 30 2.3 Vision........................................................................................................................................... 31 2.4 Principes directeurs ...................................................................................................................... 31 3. Objectifs et mesures recommandées ....................................................................................... 35 Objectif 1. Renforcer le mécanisme de collecte et d’utilisation des données et des informations pour la planification, le suivi des progrès et l’évaluation des politiques et des programmes ....... 35 Objectif 2. Élaborer des politiques qui vont au-delà du secteur de la santé pour promouvoir des environnements favorables à la santé et s’attaquer aux déterminants sociaux de la santé aux niveaux national et infranational ................................................................. 38 Objectif 3. Procéder à un dépistage au sein de la population afin de diagnostiquer les principales maladies non transmissibles ......................................................................... 42 Objectif 4. Renforcer les soins de santé primaires pour assurer une prise en charge des maladies non transmissibles centrée sur la personne ........................................................... 45 Objectif 5. Donner aux patients les moyens de s’auto-prendre en charge et d’observer les traitements, grâce à la promotion de la santé, à la prévention et aux données individualisées ................ 47 4. Moteurs d’action ..................................................................................................................... 50 4.1 Le mécanisme de coordination intersectorielle ............................................................................ 50 4.2 Les mécanismes de financement durable ..................................................................................... 51 4.3 La fonction consultative pour une élaboration des politiques et une mise en œuvre fondées sur des données probantes .............................................................................................. 53 4.4 Une participation communautaire effective, notamment des populations vulnérables ................ 54 5. Approche pour la mise en œuvre ............................................................................................ 57 5.1 Alignée sur la Vision d’avenir ..................................................................................................... 57 5.2 Étapes recommandées pour la mise en œuvre ............................................................................. 58 6. Mesures prises par l’OMS ...................................................................................................... 62 Appendices ..................................................................................................................................... 64 Appendice 1. Liste des cadres d’action régionaux du Pacifique occidental ........................................... 64 Appendice 2. Les meilleurs choix pour lutter contre les MNT .............................................................. 66 Appendice 3. Cadre mondial de suivi .................................................................................................... 67 Références bibliographiques ......................................................................................................... 69 WPR/RC73/8 page 10 Annexe Sigles et abréviations C4H Communication pour la santé COVID-19 maladie à coronavirus 2019 MNT Maladies non transmissibles ODD Objectifs de développement durable CSU couverture sanitaire universelle OMS Organisation mondiale de la Santé WPR/RC73/8 page 11 Annexe Résumé d’orientation La Région du Pacifique occidental de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) connaît des transformations profondes et radicales, et le rythme des changements s’accélère. Ces mutations, qui comprennent notamment la poussée démographique et de nouvelles perspectives sur les maladies et l’innovation technologique, ont des conséquences substantielles sur l’épidémiologie et les approches de lutte contre les maladies non transmissibles (MNT). La lutte contre l’épidémie de maladies non transmissibles constitue l’un des piliers de la Vision d’avenir : devenir la Région la plus saine et la plus sûre, une vision partagée des orientations pour la coopération de l’OMS avec les États Membres et les partenaires dans le Pacifique occidental. La Région supporte une charge disproportionnée imposée par les maladies non transmissibles, principalement le diabète, le cancer, les maladies cardiovasculaires et les maladies respiratoires chroniques. Ces affections, qui sont largement évitables, ont causé 12 millions de décès en 2019, soit 87 % de l’ensemble des décès enregistrés dans la Région au cours de l’année. Dans la plupart des États et Territoires de la Région, les maladies non transmissibles représentent le plus lourd fardeau pour le système de santé, car neuf principales causes de décès sur dix sont associées aux MNT. La charge croissante des maladies non transmissibles compromet le développement durable en augmentant les coûts des soins de santé et du bien-être et en réduisant la productivité du travail. Les progrès réalisés dans la réduction de la mortalité prématurée imputable aux maladies non transmissibles dans la Région entre 2000 et 2010 ont été encourageants. Cependant, le rythme de progression a énormément baissé depuis lors. Dans certains États et Territoires, un recul des progrès a été constaté entre 2010 et 2019. Cette situation est en grande partie attribuable aux progrès limités accomplis sur la voie de la réalisation des objectifs de réduction des facteurs de risque. Par exemple, la consommation de tabac est en baisse dans toute la Région, mais ce recul n’est pas suffisant pour atteindre l’objectif de réduction de 30 % d’ici à 2025, tandis que la prévalence de la glycémie à jeun et de l’obésité élevée ne cesse de croître, certains des taux les plus élevés au monde étant signalés dans le Pacifique. La pandémie de maladie à coronavirus (COVID-19) a clairement montré que la santé est la pierre angulaire des activités sociales et économiques. À défaut de créer des environnements favorables à la santé, de promouvoir des comportements favorables à la santé et d’améliorer la prévention, la détection et le traitement précoces des MNT, les pays de notre Région enregistreront un nombre important de personnes malades et seront confrontés à une société non durable. D’autre part, si les gouvernements investissent dès maintenant dans la prévention et la maîtrise des maladies non transmissibles, nous pouvons transformer un « système malade » en « système de santé ». Dans ce contexte, le présent Cadre d’action régional pour la prévention et la maîtrise des maladies non transmissibles dans le Pacifique occidental définit la vision régionale, les principes directeurs, les objectifs et les mesures recommandées pour contrer et inverser la charge croissante des maladies non transmissibles. Ce Cadre d’action régional est aligné sur le Plan d’action mondial de l’OMS pour la lutte contre les maladies non transmissibles 2013-2030 et sur les cadres d’action régionaux qui peuvent œuvrer de concert pour développer une vision commune de la santé dans la Région du Pacifique occidental. WPR/RC73/8 page 12 Annexe Les mesures recommandées dans le présent Cadre d’action régional sont classées en cinq objectifs : Objectif 1. Renforcer le mécanisme de collecte et d’utilisation des données et des informations pour la planification, le suivi des progrès et l’évaluation des politiques et des programmes Un système de surveillance bien conçu permettra de déterminer les facteurs de risque et la prévalence de la maladie, d’identifier les personnes les plus à risque, de définir les priorités nationales et d’orienter la sélection des interventions appropriées. Il est également essentiel pour la conception et la révision des interventions et pour l’évaluation de l’impact des politiques et des programmes. Les données collectées peuvent rendre indispensable et faciliter la collaboration intersectorielle en fournissant des bases factuelles solides qui démontrent l’importance cruciale de l’investissement dans la prévention et la maîtrise des maladies non transmissibles. Objectif 2. Élaborer des politiques qui vont au-delà du secteur de la santé pour promouvoir des environnements favorables à la santé et s’attaquer aux déterminants sociaux de la santé aux niveaux national et infranational Il est essentiel de s’attaquer de manière appropriée aux déterminants sociaux de la santé pour améliorer la santé et réduire les inégalités de longue date en matière de santé. Pour y parvenir, tous les secteurs et de la société civile doivent œuvrer de concert. Les progrès à long terme en matière de prévention et de maîtrise des maladies non transmissibles nécessitent une approche systémique qui s’attaque aux « facteurs des causes des maladies non transmissibles » et adopte une approche tout au long de la vie pour lutter contre les inégalités sociales, tout en créant des environnements favorables à la santé. Objectif 3. Procéder à un dépistage au sein de la population pour diagnostiquer les principales maladies non transmissibles La détection et l’intervention précoces donnent au système de soins de santé une occasion rentable de dépister la maladie à un stade où le traitement est plus efficace et où les complications à long terme peuvent être retardées ou évitées. Objectif 4. Renforcer les soins de santé primaires pour assurer une prise en charge centrée sur la personne des maladies non transmissibles Les soins de santé primaires sont essentiels pour fournir des soins continus aux personnes atteintes de maladies non transmissibles – de la promotion et de la prévention de la santé au dépistage, à la détection précoce et à la prise en charge clinique. En intégrant les maladies non transmissibles dans les soins primaires et en rendant les soins dotés de ressources suffisantes accessibles à la population, les soins de santé primaires constituent les premiers moyens d’action du système de santé qui contribuent à décongestionner des niveaux de soins plus élevés et à rationaliser l’orientation vers les établissements de soins secondaires et tertiaires, le cas échéant. Objectif 5. Donner aux patients les moyens de s’auto-prendre en charge et d’observer les traitements, grâce à la promotion de la santé, à la prévention et aux données individualisées L’autonomisation des patients, un élément fondamental des soins centrés sur la personne, commence par le développement de leurs connaissances en matière de santé. Lorsque les gens possèdent les connaissances, la motivation et la compétence nécessaires pour comprendre et appliquer l’information sur la santé dans la prise de décisions concernant leur santé, les systèmes de santé et les individus WPR/RC73/8 page 13 Annexe profitent de multiples avantages qui en découlent : l’autonomisation des citoyens, des patients, des familles (aidants) et des communautés ; l’amélioration de l’observance des rendez-vous de suivi, des doses de médicaments et des instructions pour les soins à domicile ; la satisfaction accrue des patients ; et la réduction des dépenses de santé. Ces objectifs devraient être appuyés par les facteurs suivants : • le mécanisme de coordination intersectorielle ; • les mécanismes de financement durable ; • la fonction consultative pour une élaboration des politiques et une mise en œuvre fondées sur des données probantes ; • une participation communautaire efficace, en particulier des populations vulnérables. Conformément aux priorités et aux approches opérationnelles de la Vision d’avenir, les pays sont encouragés à essayer, à apprendre et à améliorer l’approche pour la mise en œuvre de leurs objectifs à long terme, en fonction de leurs propres contextes et de leurs atouts existants, notamment les partenariats, les programmes, les engagements politiques et les politiques en vigueur. Le Bureau régional de l’OMS pour le Pacifique occidental continuera de prêter une assistance aux États et Territoires afin qu’ils puissent mettre en œuvre le présent Cadre d’action régional, élaborer des orientations techniques, contribuer à l’adaptation des solutions au contexte national et à leur mise en œuvre, et faciliter l’échange de connaissances. WPR/RC73/8 page 14 Annexe 1. Contexte 1.1 Pourquoi nous devons agir maintenant La prévention et la maîtrise des maladies non transmissibles (MNT) sont la pierre angulaire des efforts visant à faire de la Région du Pacifique occidental de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) la Région la plus saine et la plus sûre du monde. En 2019, lors de la soixante-dixième session du Comité régional de l’OMS pour le Pacifique occidental, les États Membres ont approuvé la Vision d’avenir : devenir la Région la plus saine et la plus sûre. Cette vision commune de la collaboration de l’OMS avec les États Membres et les partenaires de la Région du Pacifique occidental met en œuvre un ensemble mondial de priorités et d’objectifs stratégiques inscrits dans le treizième Programme général de travail 2019-2023 de l’OMS – y compris les cibles du « triple milliard » relatives à la couverture sanitaire universelle, aux situations d’urgence sanitaire et aux populations bénéficiant d’un meilleur état de santé, ainsi que la dimension sanitaire du Programme de développement durable à l’horizon 2030 – en mettant l’accent sur la préservation de la sécurité mondiale, la promotion de la santé et le service des populations vulnérables. Les maladies non transmissibles, en tant que principale cause de décès et de maladies chroniques dans la Région, sont l’une des quatre priorités thématiques de la Vision d’avenir dans lesquelles il est le plus urgent d’agir. 1.2 Les maladies non transmissibles continuent de représenter un lourd fardeau sanitaire dans la Région La Région du Pacifique occidental, qui compte 37 États et Territoires, est la plus peuplée des six Régions de l’OMS. Le Pacifique occidental abrite plus d’un quart de la population mondiale (près de 1,9 milliard de personnes), et se caractérise par une grande diversité sur le plan géographique, ethnique, linguistique, culturel et du développement socioéconomique. Cette dissimilitude se reflète dans les systèmes de santé et l’état de santé dans les différents États et Territoires de la Région. Les principales réalisations en matière de santé ont entraîné une augmentation de l’espérance de vie et une amélioration des indicateurs fondamentaux de la santé dans le monde entier et dans la Région du Pacifique occidental. La plupart de ces acquis ont été enregistrés dans les domaines de la lutte contre les maladies infectieuses et de la promotion de la santé maternelle et infantile (Figure 1). Par exemple, les nouvelles infections à VIH ont été réduites de 40 % depuis le pic observé en 1998, et le taux de mortalité imputable au paludisme a été diminué de plus de moitié depuis 2000. En revanche, les acquis dans le domaine de la lutte contre les maladies non transmissibles sont comparativement plus faibles. Par conséquent, la proportion mondiale des décès dus à ces maladies est passée de 60,8 % en 2000 à 73,6 % en 2019. Aujourd’hui, sept des 10 principales causes de décès sont les maladies non transmissibles, qui représentaient quatre décès sur 10 en 2000.1 De plus, du fait de la croissance démographique et du vieillissement, ainsi que de l’évolution des modes de vie, le nombre de personnes vivant avec des MNT augmente. La Région OMS du Pacifique occidental supporte une charge disproportionnée imposée par les maladies non transmissibles. Un quart des décès dus aux maladies non transmissibles dans le monde WPR/RC73/8 page 15 Annexe surviennent dans cette Région, et la proportion de décès imputables aux MNT devrait encore augmenter à l’avenir (Figure 2). Les maladies non transmissibles sont, en réalité, les principales causes de décès et de handicap dans la Région. Les quatre principales maladies non transmissibles – diabète, maladies cardiovasculaires, cancer et maladies respiratoires chroniques – représentent près de 87 % de tous les décès enregistrés dans la Région.2 Une proportion importante des décès dus aux maladies non transmissibles survient prématurément, chez les personnes en âge de travailler. On estime qu’en 2019, un total de 15 millions de personnes dans le monde a succombé aux maladies non transmissibles entre l’âge de 30 ans et 70 ans.2 Dans la Région du Pacifique occidental, la probabilité de mourir prématurément de l’une des quatre principales MNT varie entre 7 % en République de Corée et près de 51 % à Kiribati (Figure 3). En outre, la mortalité prématurée due aux maladies non transmissibles dans la Région est plus élevée dans les pays à revenu intermédiaire de la tranche inférieure, et à l’échelle nationale, la mortalité prématurée due aux maladies non transmissibles est également plus élevée au sein des groupes défavorisés sur le plan socioéconomique.3,4 Cette situation a de graves répercussions sur le développement socioéconomique et l’équité en santé. Figure 1. Variations des années de vie corrigées de l’incapacité par catégorie de maladie, 1990 et 2019 Source : Global Burden of Disease Collaborative Network. Global Burden of Disease Study 2019 (GBD 2019) Results (http://ghdx.healthdata.org/gbd-results-tool, page consultée le 6 juillet 2022). WPR/RC73/8 page 16 Annexe Figure 2. Pourcentage de décès dus aux MNT en fonction des périodes dans les États et Territoires du Pacifique occidental Source : Global Burden of Disease Collaborative Network. Global Burden of Disease Study 2019 (GBD 2019) Results (http://ghdx.healthdata.org/gbd-results-tool, page consultée le 6 juillet 2022). Figure 3. Probabilité (%) de mourir entre 30 et 70 ans de l’une des quatre principales MNT dans les États et Territoires du Pacifique occidental, 2019 Source : Observatoire mondial de la santé. Indicateurs de la probabilité de mourir entre 30 et 70 ans de maladies cardiovasculaires, de cancer, de diabète ou de maladies respiratoires chroniques WPR/RC73/8 page 17 Annexe 1.3 La Région progresse sur la voie de la réalisation des cibles mondiales volontaires relatives aux MNT, mais le rythme de progression n’est pas assez rapide Le monde est conscient de la gravité de l’épidémie de maladies non transmissibles. En 2011, l’Assemblée générale des Nations Unies a adopté la première Déclaration politique sur la prévention et la maîtrise des maladies non transmissibles. La Déclaration a reconnu que les maladies non transmissibles constituent un défi majeur pour le développement au XXIe siècle. Lors de l’adoption des Objectifs de développement durable (ODD) en septembre 2015, les dirigeants mondiaux ont veillé à l’inclusion de la cible 3.4 des ODD visant à réduire d’un tiers la mortalité prématurée due aux MNT d’ici 2030. En 2013, l’Assemblée mondiale de la Santé a approuvé le Plan d’action mondial de l’OMS pour la lutte contre les maladies non transmissibles 2013-2030, qui énonce un ensemble d’actions à mener par les pays pour lutter contre la charge croissante que les maladies non transmissibles représentent pour la santé publique. Pour mesurer les progrès, un ensemble de neuf cibles volontaires pour 2025 a été créé (Figure 4) pour accompagner le Plan d’action mondial. En 2019, l’Assemblée de la Santé a prolongé la durée du Plan d’action mondial jusqu’en 2030. Les progrès réalisés dans la réduction de la mortalité prématurée imputable aux MNT dans la Région entre 2000 et 2010 ont été encourageants. Cependant, la vitesse de progression a considérablement réduit et, dans certains pays, une inversion des progrès accomplis a été constatée entre 2010 et 2016.5,6 Actuellement, seules la Nouvelle-Zélande, la République de Corée et Singapour (Figure 5) sont susceptibles d’atteindre l’objectif fixé pour 2030.7 Cette situation est en partie attribuable à l’irrégularité dans l’atteinte des cibles relatives aux facteurs de risque. Par exemple, alors que la prévalence du tabagisme est en baisse dans la Région, la prévalence de l’obésité et de la glycémie à jeun élevée (Figure 6) continue d’augmenter, certains des taux d’obésité les plus alarmants étant signalés dans le Pacifique.8 En outre, l’aggravation de l’issue des maladies est un facteur contributif. Dans les pays à revenu élevé, par exemple, le taux de mortalité prématurée imputable au diabète avait baissé entre 2000 et 2010, pour ensuite augmenter entre 2010 et 2016. Dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, le taux de la mortalité prématurée due au diabète s’est accru au cours des deux périodes. Les problèmes persistants rencontrés par les systèmes de santé et les lacunes dans les capacités du personnel de santé entrent également en ligne de compte.9 De toute évidence, la Région du Pacifique occidental a besoin d’une action intensifiée et améliorée pour accélérer les progrès vers les cibles mondiales relatives aux maladies non transmissibles. Les approches habituelles ne suffisent plus si nous voulons réaliser la Vision d’avenir qui est de faire du Pacifique occidental la Région la plus saine et la plus sûre au monde. WPR/RC73/8 page 18 Annexe Figure 4. Cibles mondiales volontaires pour la lutte contre les MNT fixées à l’horizon 2025 Source : Organisation mondiale de la Santé. Neuf cibles mondiales pour les MNT fixées à l’horizon 2025 (disponible en anglais à l’adresse https://www.who.int/images/default-source/departments/ncd-surveillance/global-monitoring-framework/gmf1-large.png?sfvrsn=d469f207_3). Figure 5. Probabilité de mourir entre 30 et 70 ans dans la Région du Pacifique occidental de l’une des quatre principales MNT : progrès au fil du temps PRE : pays à revenu élevé ; PRIS : pays à revenu intermédiaire supérieur ; PRII : pays à revenu intermédiaire inférieur ; ETIP : États et Territoires insulaires du Pacifique. Source : Observatoire mondial de la santé. Indicateurs de la probabilité de mourir entre 30 et 70 ans de maladies cardiovasculaires, de cancer, de diabète ou de maladies respiratoires chroniques WPR/RC73/8 page 19 Annexe Figure 6. Variation (%) de la prévalence de l’augmentation de la glycémie à jeun en 2014 par rapport à 2010 Source : Observatoire mondial de la santé. 1.4 La pandémie de maladie à coronavirus 2019 (COVID-19) souligne le rôle central de la prévention et de la maîtrise des MNT dans la préparation en matière de santé La pandémie de maladie à coronavirus souligne le besoin urgent d’une action accélérée en faveur de la prévention et de la maîtrise des maladies non transmissibles. Elle attire également l’attention sur la dynamique complexe et interdépendante entre les maladies non transmissibles et les maladies transmissibles. Les données mondiales montrent que les personnes vivant avec des maladies non transmissibles courent un risque plus élevé de tomber gravement malades ou de mourir de la COVID-19. La consommation de tabac, de cigarette électronique et d’alcool s’est accrue pendant la pandémie, en particulier pendant les confinements.10 Des impacts cliniques à long terme commencent à émerger : l’infection à COVID-19 pourrait être impliquée dans le développement futur du diabète,11 et ce qu’on qualifie de « COVID de longue durée » s’accompagne de séquelles cardiovasculaires12 et neurologiques.13 La COVID-19 exacerbe aussi indirectement la charge des maladies non transmissibles dans les pays et a un impact sur la santé des personnes vivant avec des MNT du fait de la perturbation des services et des activités sanitaires et socioéconomiques. Les services essentiels de lutte contre les maladies non transmissibles ont été entravés par des pénuries généralisées de médicaments, de personnel, de produits de diagnostics et de services de transport public, ainsi que par l’hésitation de la communauté à se faire WPR/RC73/8 page 20 Annexe soigner par crainte d’une infection. En outre, la pandémie a eu des incidences néfastes sur la santé mentale et des répercussions sociales et économiques remarquables au-delà de la sphère de la santé, notamment la récession économique, le chômage, la fermeture des écoles et l’isolement social, qui ont tous affecté la santé et le bien-être des individus de manière importante et indirecte. La pandémie entrave sérieusement la prévention et la maîtrise des MNT, en particulier par les systèmes de santé présents dans les milieux à faibles ressources. Elle met en lumière les limites d’une approche « cloisonnée » des programmes de santé et appelle à une meilleure façon d’aborder l’interaction et l’interrelation entre les maladies transmissibles et les maladies non transmissibles d’une manière holistique, globale et intégrée pour une meilleure préparation en matière de santé. La reconnaissance du fait que les mesures de santé publique offrent aux individus des moyens pratiques de contrôler les risques pour leur santé marque une étape importante dans la création d’environnements favorables à la santé de nos populations.14 1.5 La lutte contre les MNT constitue un investissement important en faveur du développement durable Les maladies non transmissibles compromettent les progrès vers la réalisation du Programme de développement durable à l’horizon 2030 et des ODD associés. L’épidémie mondiale de maladies non transmissibles est largement reconnue comme un défi majeur pour le développement. Dans le Pacifique occidental, qui supporte un fardeau disproportionné de MNT, les maladies non transmissibles constituent une menace importante pour la réalisation des objectifs de développement. Les MNT sont les principales causes de décès prématurés ; à défaut de tuer, elles imposent des années de handicap aux personnes touchées et à leurs familles. Les coûts des soins de santé associés aux maladies non transmissibles épuisent rapidement les ressources des ménages, en particulier pour les familles pauvres. Les maladies non transmissibles entravent la croissance économique aux niveaux mondial et national en diminuant le bassin de travailleurs par la mortalité prématurée, en affectant négativement la productivité et la situation au regard de l’emploi des travailleurs à cause des maladies chroniques, et en détournant les ressources des objectifs productifs vers le traitement des maladies. On estime que les MNT entraîneront des pertes économiques mondiales cumulées de 47 billions de dollars des États-Unis (dollars É.-U.) d’ici à 2030, soit environ 75 % du produit intérieur brut mondial de l’année 2010.15 Les handicaps induits par les maladies non transmissibles peuvent aggraver les pertes économiques du fait du coût des soins informels. Dans les sociétés disposant d’un système de soins de longue durée peu développé, plus particulièrement, les membres de la famille doivent supporter le fardeau considérable de la prestation de soins en réduisant leurs heures de travail ou, en fin de compte, en quittant complètement leur emploi. Cette situation entraîne des pertes économiques supplémentaires liées à la perte de salaire des aidants et peut exacerber l’inégalité entre les sexes, car le fardeau de la prestation de soins en qualité d’aidant est en grande partie supporté par les femmes.16 La pauvreté est étroitement liée aux maladies non transmissibles. La charge des maladies non transmissibles touche de manière disproportionnée les populations vulnérables, et met à mal le développement durable. Les personnes défavorisées sur le plan socioéconomique sont plus susceptibles WPR/RC73/8 page 21 Annexe d’être exposées à des facteurs de risque de MNT tels que des produits nocifs comme le tabac ou l’alcool, ou des pratiques alimentaires malsaines. Leur vulnérabilité est aggravée par un accès limité aux services de santé, en particulier en l’absence de couverture sanitaire universelle et de systèmes de soins de santé primaires solides. Ainsi, ils sont plus enclins à développer des maladies non transmissibles et moins à même de profiter des services préventifs, de dépistage, de diagnostic et thérapeutiques. Par conséquent, une fois qu’ils développent une MNT, l’affection est moins bien contrôlée, ce qui les expose à un risque élevé de lésions des organes cibles et de décès prématuré. Réciproquement, les maladies non transmissibles intensifient la pauvreté. Une fois que les maladies non transmissibles se développent, leur traitement, qui peut être long et coûteux, combiné à une perte de revenus, plonge des millions de personnes dans une pauvreté encore plus grande, et enclenche une spirale économique descendante. Les difficultés financières dues aux dépenses de santé catastrophiques sont particulièrement évidentes chez les ménages comptant des personnes âgées, qui ont tendance à souffrir de maladies chroniques de longue date.17 Inversement, la lutte contre la charge de morbidité due aux maladies non transmissibles par des interventions efficaces génère des avantages économiques. Par exemple, l’allocation de 140 milliards de dollars É.-U. supplémentaires à l’ensemble le plus efficace d’interventions contre les MNT de 2023 à 2030 pourrait générer 2,7 billions de dollars É.-U. de gains économiques en évitant 39 millions de décès dans les pays à revenu intermédiaire de la tranche inférieure.18 La santé est un élément important du capital humain ; ainsi, réduire le fardeau des maladies non transmissibles en investissant dans la prévention et les soins profite aux pays en améliorant et en soutenant leurs économies, en renforçant leurs capacités de santé et en instaurant des sociétés viables. WPR/RC73/8 page 22 Annexe 2. Vue d’ensemble du Cadre d’action régional Le présent Cadre d’action régional pour la prévention et la maîtrise des maladies non transmissibles dans le Pacifique occidental est guidé par la Vision d’avenir dont le but est de faire du Pacifique occidental la Région la plus saine et la plus sûre au monde. Les aspirations de la Vision d’avenir s’alignent sur le Programme de développement durable à l’horizon 2030, sur le Plan d’action mondial pour la lutte contre les maladies non transmissibles 2013-2030, sur les cibles du triple milliard contenues dans le treizième Programme général de travail 2019-2023 et sur les cadres régionaux pertinents, notamment les cadres régionaux sur le vieillissement en bonne santé, sur la couverture sanitaire universelle, sur l’équité en matière de santé et sur la réponse aux besoins des laissés-pour- compte (Appendice 1). En se fondant sur une bonne connaissance des tendances futures en matière de santé publique, le Cadre propose aux États Membres de transformer un « système de maladie » en un « système de santé » dans lequel les pays investissent en faveur des environnements favorables à la santé, du changement de comportements, de la prévention des MNT et de la détection précoce, en plus du traitement des maladies. Grâce à l’investissement, les pays peuvent à la fois atteindre des populations en bonne santé et assurer un développement durable (Figure 7). Figure 7. Transformer un « système de maladie » en un « système de santé » WPR/RC73/8 page 23 Annexe 2.1 Tendances futures La Région du Pacifique occidental connaît des transformations profondes et radicales, et le rythme des changements s’accélère. Ces mutations, qui comprennent notamment la poussée démographique et de nouvelles perspectives sur les maladies et l’innovation technologique, ont des conséquences substantielles sur l’épidémiologie et sur les approches de prise en charge des maladies non transmissibles. Cependant, ces défis offrent aussi des opportunités d’élaborer des stratégies nouvelles et créatives pour assurer la prévention et la maîtrise des maladies non transmissibles. 2.1.1 La population de la Région du Pacifique occidental est vieillissante Les populations du Pacifique occidental deviennent progressivement plus âgées. Plus d’un tiers des personnes âgées dans le monde résident dans la Région. Le nombre de personnes âgées de 65 ans et plus et de 75 ans et plus devrait doubler et tripler, respectivement, d’ici à 2050.19 Le rythme de l’évolution démographique s’accélère également. Le passage d’une société vieillissante à une société âgée s’est opéré en près de 60 ans en Australie et en Nouvelle-Zélande, et en seulement 24 ans au Japon. Toutefois, d’autres pays de la Région devraient effectuer cette transition dans 20 ans ou moins (Figure 8).20 Le Plan d’action régional pour le vieillissement en bonne santé dans le Pacifique occidental stipule que « la préparation au vieillissement de la population exige une transformation à long terme de l’ensemble de la société. Cette transformation nécessitera un changement de mentalité aux niveaux individuel et sociétal, ainsi que des investissements, un engagement et une coordination dans tous les secteurs de la société ».21 L’augmentation prévue du fardeau des MNT chez les personnes âgées nécessitera une transformation du système de santé et des investissements accrus dans la santé et la prévention. Ces efforts doivent tenir compte de la complexité du vieillissement de la population, des différences entre les sexes parmi les personnes âgées au fardeau accru de la prestation de soins pour les jeunes générations.22 Compte tenu de la vitesse de vieillissement de la population, une collaboration à l’échelle de la société doit être assurée dès maintenant afin d’atténuer le fardeau des MNT qui aura une incidence sur le développement durable en imposant des contraintes accrues aux systèmes de santé, de protection sociale et sociaux et en réduisant la productivité du travail et les recettes fiscales. D’autre part, les pays qui réussissent à maintenir la santé des personnes tout au long de leur vie tirent des avantages sociétaux des personnes âgées en bonne santé, expérimentées et pleinement fonctionnelles. Ainsi, une partie de la riposte à l’épidémie de maladies non transmissibles doit consister à promouvoir le vieillissement en bonne santé. WPR/RC73/8 page 24 Annexe Figure 8. Les pays de la Région du Pacifique occidental passent des sociétés vieillissantes à des sociétés âgées à des rythmes différents Note : une population est dite vieillissante lorsque plus de 7 % de ses membres ont 65 ans ou plus, et âgée lorsque plus de 14 % de ses membres ont 65 ans ou plus. Source : Département des affaires économiques et sociales de l’Organisation des Nations Unies, Division de la population. 2.1.2 Un nouveau concept de santé se développe Auparavant, la santé était considérée comme l’absence de maladie. Cependant, de nos jours, de nombreux éléments probants indiquent que la santé est le résultat cumulatif d’une relation complexe entre la prédisposition génétique, le comportement, la cadre bâti et les déterminants socioéconomiques. De plus, étant donné que les gens vivent plus longtemps, il est de plus en plus courant de souffrir simultanément de plusieurs maladies chroniques (Figure 9). WPR/RC73/8 page 25 Annexe Figure 9. Évolution du concept de santé en fonction du vieillissement de la population Source : Adapté de Nakatani H. Globalization of public health: challenges and opportunities for globalization. The Journal of Public Health Practice. 2020;84:356–62, tel que publié dans le Plan d’action régional pour le vieillissement en bonne santé dans le Pacifique occidental. Bureau régional de l’OMS pour le Pacifique occidental (Manille), 2020. Une transformation du système de santé – conçu à l’origine pour traiter les épisodes aigus et uniques de maladie au moyen de programmes spécifiques à la maladie exécutés dans les hôpitaux et les cliniques – est alors nécessaire afin de passer à un système de soins qui place les personnes au centre et les accompagne tout au long de leur vie grâce à des interventions implantées au sein des communautés. Cette nouvelle perspective sur la santé reposant sur une approche globale tout au long de la vie tient compte des contributions multifactorielles et multisectorielles cumulatives, telles que les facteurs de risque socioéconomiques (notamment les questions de genre et d’équité) et les influences environnementales, qui ont un effet sur la santé d’une personne tout au long de sa vie. Cette approche holistique, combinée à des innovations en matière de surveillance personnalisée des soins de santé, offre la possibilité d’une prévention et d’une gestion de la santé plus ciblées basées sur des données individuelles. 2.1.3 De nouvelles innovations technologiques et sociales sont maintenant disponibles Le monde d’aujourd’hui est marqué par un rythme d’innovation technologique rapide. Dans l’ensemble du spectre des soins de santé, de la promotion de la santé et de la prévention aux services cliniques de niveau tertiaire, les progrès technologiques remodèlent la prestation des services de soins de santé et l’organisation des données sur la santé. L’expérience mondiale avec la COVID-19 montre aussi la rapidité avec laquelle l’innovation technologique et sociale peut être mise à profit pour résoudre les problèmes de santé naissants, et révèle que la diffusion de l’innovation peut se faire rapidement. La technologie de l’Internet mobile est de plus en plus disponible dans la Région du Pacifique occidental, et la technologie 5G devrait faire de l’ombre à la 2G et à la 3G d’ici à 2025 (Figure 10). Cette diffusion d’une technologie de l’Internet mobile plus rapide s’accompagne d’un nombre croissant d’abonnés mobiles uniques, qui devrait représenter 70 % de la Région à l’horizon 2025.23 Un meilleur accès à des technologies Internet fiables et abordables permet à un plus large éventail de personnes d’accéder aux services de santé et à l’information, en particulier parmi les populations vulnérables et WPR/RC73/8 page 26 Annexe laissées-pour-compte. Ce phénomène est renforcé par l’essor sans précédent de la télésanté (définie ici comme des consultations virtuelles avec des cliniciens) et par la disponibilité sur Internet des informations relatives à la santé du fait de la pandémie de COVID-19. Figure 10. Taux d’adoption de la technologie mobile en Asie-Pacifique par type de connexion dans les projections de 2019 par rapport à 2025 Source : The mobile economy Asia Pacific 2020. GSMA (Londres). Les informations et les services de santé sont de plus en plus fournis par des moyens numériques. L’utilisation de la télésanté a été multipliée par 38 par rapport aux niveaux observés avant la pandémie, et la demande des patients continue de croître.24 Parallèlement aux soins numériques, les individus se tournent également vers Internet pour obtenir des informations plus généralisées sur la santé. Une étude chinoise conduite pendant la phase initiale de la pandémie a révélé que 93,5% des participants utilisaient l’Internet pour trouver des informations de santé sur la COVID-19. Des études menées à travers le monde font écho à la même dépendance à l’égard d’Internet pour les informations de santé.25 Les dispositifs portables permettent aux individus de surveiller leur activité physique, leur consommation alimentaire, leur fréquence cardiaque, leur tension artérielle et d’autres constances vitales. Il a été démontré que cette biorégulation instantanée renforce l’adoption de comportements favorables à la santé. Le suivi à distance des patients est rendu possible lorsqu’il est rattaché aux dossiers médicaux électroniques d’un médecin grâce à l’Internet des objets médicaux. Ces approches, associées à la télémédecine et aux consultations virtuelles des patients, peuvent améliorer les résultats pour les patients en permettant des soins continus malgré les difficultés posées par la distance physique, l’accès au transport ou les confinements imposés par les gouvernements.26 Les dispositifs médicaux portables peuvent aussi améliorer la qualité de vie des personnes atteintes de maladies non transmissibles et fournir un filet de sécurité médicale. Par exemple, le recours continu aux glucomètres élimine le besoin de tests de glucose intermittents et permet par contre de surveiller le taux de sucre dans le sang en temps WPR/RC73/8 page 27 Annexe réel. Les utilisateurs peuvent ainsi suivre l’impact immédiat de la nourriture et de l’exercice sur leur état de santé et façonner leurs comportements en conséquence. Le recours continu aux glucomètres permet également de dépister immédiatement les cas d’hyperglycémie.27 Une médecine de précision adaptée à la constitution génétique et physiologique spécifique d’un individu est désormais possible. Les approches thérapeutiques basées sur l’ARN « interfèrent » avec les données génétiques au niveau de l’ARN et interceptent une anomalie génétique avant qu’elle ne se traduise en protéines fonctionnelles (ou non fonctionnelles). La thérapie personnalisée à l’ARN (les nucléotides anti-sens et l’interférence avec un ARN, par exemple) vise à lutter contre des maladies génétiques rares telles que la maladie de Huntington, les troubles neurologiques et certaines formes de cancer.28 La pharmacogénomique examine les réponses potentielles d’un individu aux médicaments et aux schémas thérapeutiques, ce qui permet d’adapter le traitement médicamenteux et de prévenir les effets indésirables des médicaments.29 Le coût du séquençage génomique est passé de 350 000 dollars É.-U. en 2007 à 300 dollars É.-U. en 2022, ce qui rend la technique plus abordable. Ce service connaît aussi une expansion rapide et est maintenant proposé directement aux consommateurs dans de nombreux marchés.30 L’intelligence artificielle et l’apprentissage automatique, combinés aux mégadonnées, peuvent potentiellement contribuer à augmenter les effectifs dans le secteur des soins de santé en fournissant une aide à la décision concernant les diagnostics et les options thérapeutiques non absolus. Par exemple, l’OMS met actuellement à l’essai l’outil « Agatha », une agente de santé numérique conçue pour promouvoir la santé des personnes âgées de manière intéressante et accessible (Figure 11).31 Pour les maladies non transmissibles en phase terminale, des dispositifs tels que le système hybride d’administration d’insuline en boucle fermée pour les diabétiques32 et les appareils de dialyse compacts pour la dialyse à domicile33 améliorent la qualité de vie et prolongent potentiellement sa durée. À l’avenir, la bioimpression de substituts d’organes pour les personnes atteintes de maladies non transmissibles à un stade avancé pourrait être possible. Figure 11. Agatha, la conseillère de l’OMS en matière de vieillissement en bonne santé pour les personnes âgées dans la Région du Pacifique occidental Source : OMS. https://ageing.caict.ac.cn WPR/RC73/8 page 28 Annexe En outre, diverses innovations sociales sont maintenant disponibles. Les pays ont par exemple commencé à réaffecter les agents de santé communautaires de manière à atteindre les populations vivant dans les zones rurales, isolées ou à faibles ressources qui disposent d’un nombre limité de centres médicaux et où il est difficile de rencontrer des spécialistes. Pendant la pandémie de COVID-19, ces travailleurs ont lancé un programme de dépistage de porte à porte de la COVID-19 et ont ensuite suivi cette même approche pour la vaccination.34 En outre, les changements de comportement tels que le port d’équipements de protection individuelle, la surveillance des infections personnelles et la distanciation physique sont devenus des mesures sociales et de santé publique convenables et courantes.35 Alors que les pays commencent à adopter des innovations technologiques et sociales pour lutter contre les maladies non transmissibles, plusieurs questions essentielles doivent être réglées. Premièrement, des mesures sont nécessaires pour assurer un accès équitable aux nouvelles technologies, en particulier parmi les groupes vulnérables. À mesure que des investissements sont réalisés dans l’infrastructure technologique, la « fracture numérique » risque de se creuser considérablement, et il convient de veiller tout particulièrement à ce que ces innovations n’exacerbent pas les inégalités existantes. Deuxièmement, la désinformation doit être réduite et combattue. La propagation de fausses informations par les médias sociaux est devenue un facteur de risque de mauvaise santé. Il est nécessaire de renforcer les connaissances en matière de santé et de créer des systèmes capables de détecter et de combattre la désinformation. Enfin, l’innovation technologique peut servir à créer de nouvelles menaces pour la santé, et les pays devraient se préparer à encadrer et à réglementer les nouvelles technologies, afin de s’assurer que ces innovations sont utilisées pour promouvoir la santé et non pour la compromettre. Par exemple, au cours des dernières années, les produits du tabac et à base de nicotine nouveaux et émergents, à l’instar des systèmes électroniques d’administration de nicotine, souvent connus sous le nom de cigarettes électroniques, ont proliféré sur de nombreux marchés. Les effets nocifs des systèmes électroniques d’administration de nicotine sont de plus en plus documentés. Du fait d’un marketing agressif et de l’absence de réglementation, les cigarettes électroniques sont de plus en plus populaires, en particulier parmi les jeunes adultes et les adolescents, ce qui pose d’énormes défis pour la santé publique qui pourraient saper certains des progrès durement réalisés dans la lutte antitabac. 2.1.4 Les progrès économiques ont transformé les modes de vie et accru le rôle des déterminants commerciaux de la santé Le siècle actuel a marqué le début de la prospérité économique dans le Pacifique occidental, qui connaît actuellement une croissance économique rapide. Le PIB par habitant a été multiplié par environ 14,8, passant de 1435 dollars É.-U. en 1980 à 21 242 dollars É.-U. en 2021 (Figure 12), soit un taux nettement supérieur à celui de toutes les autres Régions de l’OMS. Le Pacifique occidental enregistre également une urbanisation rapide, la proportion de la population vivant en milieu urbain ayant été multipliée par 2,3 entre 1975 et 2020.36 WPR/RC73/8 page 29 Annexe Figure 12. PIB par habitant par Région de l’OMS, 1980-2026 La croissance économique est généralement associée à une meilleure santé. La croissance économique offre des possibilités de mobilité sociale, d’augmentation des ressources et d’amélioration du pouvoir d’achat personnel des individus dans toute la Région du Pacifique occidental. Elle offre aussi la possibilité d’investir dans des technologies propres pour construire des infrastructures respectueuses du climat. Ces changements de mode de vie se traduiront par une urbanisation accrue et par une plus grande autonomie individuelle. Si les États Membres peuvent utiliser des ressources croissantes de la société, à savoir les recettes fiscales, le revenu individuel et les investissements du secteur privé, pour améliorer le système de santé et les environnements qui influent sur la santé, ainsi que pour s’attaquer aux déterminants sociaux de la santé, nous pouvons tirer parti de nouvelles opportunités économiques pour créer des environnements sains et équitables dans toute notre Région. Cependant, la croissance économique et l’urbanisation peuvent avoir un prix : des disparités de revenus croissantes et des modes de vie de moins en moins favorables à la santé. La croissance économique et l’urbanisation ont également accru l’importance des déterminants commerciaux de la santé et le rôle du secteur privé au rythme du changement des habitudes de vie des personnes. Le secteur privé a une influence notable sur les conditions de vie des populations. Les entreprises peuvent promouvoir la santé de leurs employés, favoriser la création d’environnements favorables à la santé (par exemple, le logement, le transport et les possibilités d’éducation) et contribuer au système de santé par le moyen des services de santé, de la communication, de l’accès et de la formation du personnel. Inversement, la WPR/RC73/8 page 30 Annexe recherche du profit dans le secteur privé peut conduire à des conflits d’intérêts et à des contradictions avec les efforts de prévention et de maîtrise.37 L’OMS a récemment commencé à faire la lumière sur la nature des déterminants économiques et commerciaux de la santé et à créer des outils et des stratégies pour fournir un appui aux gouvernements et à la société civile afin qu’ils puissent relever les défis et contenir les risques liés à la collaboration avec le secteur privé dans les programmes de santé. Par exemple, la Plateforme mondiale de lutte contre les maladies non transmissibles, par l’intermédiaire de son Mécanisme mondial de coordination pour la lutte contre les maladies non transmissibles, met au point un outil pour aider les États Membres à prendre des décisions relatives à la collaboration avec les entités du secteur privé.38 La prévention et la maîtrise des maladies non transmissibles, en raison notamment du lien étroit entre les facteurs de risque – tabac, alcool et produits alimentaires – et les facteurs commerciaux de l’industrie, devront évoluer de manière réfléchie et prudente dans le paysage complexe de la collaboration avec le secteur privé pour contrer l’épidémie de maladies non transmissibles. L’intensification des échanges économiques entre les pays peut également entraîner une augmentation de la demande et des émissions d’énergie. Les technologies axées sur les émissions entraînent une augmentation des niveaux d’émissions de carbone, de méthane et de gaz à effet de serre qui sont directement liés aux maladies des systèmes respiratoire et nerveux. Ces facteurs contribuent aussi de manière importante aux changements climatiques.39 Les données montrent clairement les effets directs et indirects des changements climatiques sur la santé, et nous savons bien que les communautés vulnérables souffrent de manière disproportionnée de ses incidences néfastes. Par conséquent, nous devons continuer à faire de la lutte contre les changements climatiques une priorité majeure alors que nous protégeons notre Région contre les facteurs de stress climatiques liés à la sécurité alimentaire, à la détresse socioéconomique, aux phénomènes météorologiques extrêmes et aux expositions in utero.40 2.2 Objet Le présent Cadre d’action régional pour la prévention et la maîtrise des maladies non transmissibles dans le Pacifique occidental définit la vision régionale, les principes directeurs, les objectifs et les mesures recommandées pour contrer et inverser la charge croissante des maladies non transmissibles. Reconnaissant que les États Membres en sont à différents stades de l’épidémie de MNT, une situation qui reflète la diversité des capacités et les divergences dans l’état de préparation des systèmes de santé, le Cadre d’action régional propose un schéma directeur souple que les pays peuvent adopter et adapter en fonction de leur situation et des ressources dont ils disposent. Le Cadre d’action régional sert à la fois de document mobilisateur et de feuille de route pratique qui décrit les principales stratégies et les moteurs d’action pour assurer une riposte régionale coordonnée à l’épidémie de maladies non transmissibles (Figure 13). WPR/RC73/8 page 31 Annexe Figure 13. Aperçu du Cadre régional pour la prévention et la maîtrise des maladies non transmissibles 2.3 Vision Des habitants de la Région du Pacifique occidental qui mènent une vie longue, en bonne santé et productive, exempte du fardeau évitable des maladies non transmissibles (transformer un « système de maladie » en un « système de santé »). 2.4 Principes directeurs Les quatre principes directeurs ci-après doivent sous-tendre tous les efforts que nous accomplissons dans la mise en œuvre du Cadre d’action régional : 1. Utiliser une approche intégrée qui relie de manière transparente la prévention, la prise en charge des maladies et le renforcement des systèmes de santé. L’expérience a montré que des approches verticales et cloisonnées de lutte contre l’épidémie de maladies non transmissibles ne sont ni efficaces ni efficientes. Pourtant, dans de nombreux pays, les programmes de prévention des MNT et la prestation de services (prise en charge des maladies) sont souvent dissociés, avec une coordination limitée ou inexistante dans la collecte de données, le partage d’informations, la planification et la mise en œuvre des programmes. De plus, les maladies non transmissibles sont souvent négligées ou pas suffisamment mises en relief dans les programmes des systèmes de santé, malgré le fait que les maladies non transmissibles représentent le fardeau le plus important pour la santé dans la plupart des pays. WPR/RC73/8 page 32 Annexe Une prévention et une maîtrise efficaces des maladies non transmissibles exigent une approche coordonnée qui englobe l’ensemble de la gamme des soins contre les maladies non transmissibles : la prévention et la promotion de la santé, le dépistage et le diagnostic, la prise en charge des maladies, la réadaptation et le renforcement des systèmes de santé. L’inclusion de la prévention et de la maîtrise des MNT en tant qu’éléments fondamentaux des programmes des systèmes de santé sera essentielle pour réactualiser cette intégration. La promotion de cette approche intégrée sera d’une importance capitale pour accélérer les progrès accomplis vers l’atteinte des cibles mondiales relatives aux maladies non transmissibles dans la Région du Pacifique occidental. 2. Promouvoir l’action intersectorielle pour créer des environnements favorables à la santé et s’attaquer aux déterminants sociaux de la santé. Les trajectoires sociales, politiques et économiques qui déterminent l’exposition aux facteurs de risque de MNT ne relèvent pas principalement du secteur de la santé. Une analyse récente a montré que près de 90 % des inégalités en matière de santé entre les pays ont été attribuées à des facteurs extérieurs au secteur de la santé.41 Ainsi, le secteur de la santé ne peut pas à lui seul s’attaquer à tous les facteurs de risque des maladies non transmissibles. Des partenariats intersectoriels et une mise en réseau sont nécessaires pour créer des environnements favorables à la santé et s’attaquer aux déterminants sociaux de la santé qui définissent les facteurs de risque des MNT. Les ministères de la santé sont encouragés à mobiliser d’autres secteurs gouvernementaux et à collaborer avec eux pour élaborer une approche nationale coordonnée de la prévention et de la maîtrise des maladies non transmissibles. Ces ministères doivent collaborer avec des partenaires – y compris d’autres organismes gouvernementaux, des organismes statutaires, la société civile, le milieu universitaire, les organisations internationales, les partenaires appropriés du secteur privé et d’autres – pour la coordination intersectorielle des ressources, le soutien technique et l’alignement sur les politiques, les pratiques et les normes établies. Une collaboration efficace est aussi nécessaire aux niveaux régional et mondial. Les ministères de la santé doivent être aptes à défendre, à rassembler, à encourager et à maintenir un leadership de qualité et une bonne collaboration entre les divers secteurs qui doivent être engagés dans la lutte contre l’épidémie de maladies non transmissibles. Pour ce faire, ils doivent disposer des compétences nécessaires pour démontrer les avantages connexes pour d’autres secteurs, en faisant valoir de manière convaincante que les investissements dans la prévention et la maîtrise des MNT sont une action « gagnant-gagnant » pour tous les secteurs concernés. 3. Adopter une approche plus adaptée pour la promotion de la santé et la prestation de services. Selon les données disponibles, les variations individuelles peuvent se traduire par des différences significatives en matière de santé au sein d’une population. Ainsi, les approches de santé publique fondées sur la population doivent être complétées par des approches individualisées qui stimulent la littératie en santé et permettent aux individus de gérer leur propre santé. WPR/RC73/8 page 33 Annexe Trois composantes jouent un rôle essentiel dans l’adaptation des interventions de santé publique en vue d’optimiser les résultats en matière de santé : a) La saisie de données. Les données relatives aux patients sont devenues de plus en plus détaillées. L’adoption généralisée des dossiers de santé électroniques contenant de gros volumes de données sur les traitements et les résultats sanitaires permet de surveiller le comportement individuel et d’estimer l’effet du traitement.42 L’innovation dans les technologies « omiques » – telles que la génomique, la transcriptomique, la protéomique, l’épigénomique et la métabolomique – a ouvert la voie à une médecine et à une fourniture de conseils de santé publique personnalisées.43 Ces technologies ont chacune contribué aux progrès médicaux qui ont commencé à entrer dans la pratique clinique, et offrent la possibilité de combiner divers types de données pour une approche personnalisée de la prévention et de la prise en charge des MNT. b) Les cadres décisionnels. De nos jours, les modèles de prédiction des risques et de sélection des traitements permettent d’intégrer des informations individualisées sur le risque et l’efficacité clinique afin d’identifier les patients pour lesquels le traitement est le plus approprié et le plus rentable. Grâce à ces cadres décisionnels individualisés, il est possible d’identifier les soins inefficaces (ou préjudiciables) dans des sous-groupes présentant différents risques, même lorsque les résultats globaux de la population semblent favorables. c) Les outils. Le recours aux innovations technologiques dans le traitement des données sur la santé permet de fournir des conseils de santé sur mesure et plus précis. L’utilisation de méthodes d’apprentissage automatique et d’intelligence artificielle pour intégrer les données générées dans les essais cliniques randomisés et les dossiers de santé électroniques et pour estimer les réponses individualisées des patients à des schémas thérapeutiques complexes peut faciliter la personnalisation de la prise de décision clinique.22,44 De plus, des messages personnalisés ciblant certains groupes de populations et transmis par le truchement des plateformes de prestation de services en ligne contribuerait à inciter le public à adopter le comportement souhaité, notamment à opter pour une alimentation plus saine. 4. Intégrer la perspective du genre et de l’équité pour combler les écarts en matière d’équité en santé. La prévention et la maîtrise des maladies non transmissibles sont fortement influencées par les inégalités en matière de santé. Les données probantes montrent clairement que la pauvreté et le genre ont une incidence sur notre santé, et créent une grande variation dans les résultats en matière de santé. Par exemple, chez les personnes âgées au Japon, la prévalence du diabète était associée au niveau de revenu chez les femmes, malgré l’accès universel aux soins de santé.45 D’autres études récentes soulignent le rôle primordial du genre dans l’exposition aux facteurs de risque comportementaux et biologiques, dans la manifestation et le fardeau de la maladie, ainsi que dans la probabilité d’accéder aux soins.46 La collecte et l’analyse des données sur les MNT, ainsi que l’élaboration de lignes directrices cliniques, peuvent aussi être affectées par des distorsions qui ne tiennent pas compte de l’influence du genre et d’autres constructions sociales qui conduisent à des inégalités en matière de santé. Une attention particulière au genre et à l’équité peut améliorer la santé et réduire les inégalités en matière de santé découlant des MNT. Il est essentiel d’intégrer une perspective qui tienne compte WPR/RC73/8 page 34 Annexe du genre, de l’appartenance ethnique et d’autres déterminants socioéconomiques et commerciaux de la santé si les États Membres souhaitent s’attaquer aux causes fondamentales de la mauvaise santé et des risques élevés, en particulier parmi les plus vulnérables. Le présent Cadre d’action régional proposera que les États Membres s’attaquent systématiquement aux inégalités sociales qui influencent directement ou indirectement la collecte et l’analyse des données sur les maladies non transmissibles, l’élaboration de lignes directrices en matière de prévention et de traitement, ainsi que l’accès, l’accessibilité financière et l’acceptabilité des services de prévention et de soins cliniques. WPR/RC73/8 page 35 Annexe 3. Objectifs et mesures recommandées Objectif 1. Renforcer le mécanisme de collecte et d’utilisation des données et des informations pour la planification, le suivi des progrès et l’évaluation des politiques et des programmes Justification Un système de surveillance de qualité est nécessaire pour déterminer les facteurs de risque et la prévalence de la maladie, pour identifier les personnes les plus à risque, pour définir les priorités nationales et pour orienter le choix des interventions appropriées. Il est essentiel de mesurer les tendances des maladies et des facteurs de risque et de se représenter les changements au fil du temps pour concevoir et réviser les interventions et pour évaluer l’impact des politiques et des programmes. Les données collectées peuvent rendre indispensable et faciliter la collaboration intersectorielle en fournissant des bases factuelles solides qui démontrent l’importance cruciale de l’investissement dans la prévention et la maîtrise des maladies non transmissibles. Pour être utiles, les données doivent être collectées, analysées et diffusées de manière coordonnée et systématique. Toutefois, dans de nombreux pays, la collecte, l’analyse, le stockage et l’utilisation des données sont actuellement fragmentés, et certains éléments sont rattachés à des programmes spécifiques. L’accès aux données est limité, ce qui entrave leur utilisation par diverses parties prenantes. De plus, lorsqu’elles sont disponibles, les données peuvent ne pas être présentées dans des formats conviviaux, ce qui restreint davantage leur utilité. Ces manquements créent des obstacles à l’utilisation efficace des données pour obtenir des progrès globaux dans la prévention et la maîtrise des maladies non transmissibles. En élargissant l’infrastructure de données, il est important d’assurer une collecte inclusive et équitable d’informations appropriées, en l’occurrence les données statistiques et les résultats de recherches, parmi les groupes marginalisés, notamment les peuples autochtones et les personnes handicapées. Des mesures destinées à protéger la confidentialité et le respect de la vie privée devraient être intégrées. Les stratégies visant à relever les défis liés à la collecte de données à la lumière de la maladie à coronavirus 2019 et d’autres pandémies futures potentielles (avec les confinements, les cas de maladie chez les participants, la nécessité de la distanciation physique et de l’isolement, et les pénuries de personnel) doivent être soigneusement exposées. WPR/RC73/8 page 36 Annexe Recommandations à l’intention des États Membres • Au niveau national, rassembler et utiliser les données disponibles provenant de sources multiples pour évaluer la situation du pays, orienter l’élaboration et la sélection des interventions et jauger leur impact. À l’échelle mondiale, le Cadre d’impact de l’OMS fait œuvre de pionnier dans l’utilisation des données pour calculer les progrès accomplis sur la voie de la réalisation des ODD et des cibles du triple milliard dans le monde et dans les pays, grâce à des tableaux de bord qui fournissent une présentation visuelle des données. Vingt et un États et Territoires insulaires du Pacifique, en collaboration avec l’OMS, la Communauté du Pacifique et l’association des agents de santé des îles du Pacifique, ont élaboré le tableau de bord en ligne de l’alliance pour la surveillance des maladies non transmissibles destiné à suivre la mise en œuvre de la feuille de route pour la lutte contre les maladies non transmissibles dans le Pacifique.47 • Améliorer la capacité de collecte et d’analyse des données, en particulier : 1. Identifier les besoins en données propres à chaque pays (profil des facteurs de risque, prévalence et charge de morbidité, évaluation de l’environnement favorable à la santé, suivi de la mise en œuvre, évaluation des politiques, pour ne citer que ces exemples) et planifier la meilleure façon de collecter des données, idéalement dans le cadre du système de données sur la santé ou du système de surveillance existant. Répondre dès le départ aux préoccupations en matière de confidentialité des données et élaborer des protocoles et des politiques pour protéger les données. Encadré 1. Data.gov.sg, le portail de données à guichet unique de Singapour Le site Web data.gov.sg, une initiative du Ministère des finances, est géré par l’agence gouvernementale de technologie de Singapour. Le portail a pour but de rendre les données gouvernementales accessibles, pertinentes et compréhensibles pour le public, par une utilisation active de graphiques et d’articles. Le site Web s’emploie également à créer de la valeur en catalysant le développement d’applications de données, ou « applis », et en facilitant la recherche et l’analyse. Les principes de partage de données suivants visent à orienter les efforts des organismes publics en matière de production de données ouvertes : • Les données doivent être facilement accessibles ; • Les données doivent être mises à disposition pour co-création ; • Les données doivent être communiquées en temps utile ; • Les données doivent être communiquées dans un format lisible par machine ; • Les données doivent être aussi brutes que possible. À ce jour, plus de 100 applications ont été créées grâce à l’initiative du Gouvernement de Singapour pour des données ouvertes. Source : Gouvernement de Singapour. Data.gov.sg. Disponible en anglais à l’adresse https://data.gov.sg/group/health WPR/RC73/8 page 37 Annexe 2. Consolider les données disponibles dans tous les programmes et mettre les données provenant de sources multiples à la disposition des parties prenantes pour la prise de décisions. Singapour a par exemple lancé une plateforme à guichet unique de données ouvertes en ligne pour ses ensembles de données accessibles au public provenant de 70 organismes publics (voir Encadré 1).48 • Au niveau infranational, répertorier et utiliser les données disponibles (les données relatives à la santé publique, les données liées aux systèmes de santé et les données non sanitaires) pour prendre des mesures adaptées. Le projet d’outil d’évaluation et d’intervention pour l’équité en santé en milieu urbain, connu sous le nom d’Urban HEART, entrepris par le Centre OMS pour le développement sanitaire (Kobe, Japon), a par exemple démontré que la compilation de données locales peut permettre d’identifier les lacunes en matière d’équité dans les juridictions locales et d’inciter les parties prenantes à prendre des mesures locales appropriées pour promouvoir l’équité en santé.49 Plus précisément, les pays peuvent envisager les mesures suivantes : 1. Comprendre l’épidémiologie et l’environnement locaux des maladies non transmissibles et élaborer des mesures locales appropriées avec les parties intéressées ; 2. Comprendre les besoins et les capacités au niveau local en matière de planification des ressources et de perfectionnement du personnel ; 3. Tirer parti des réseaux communautaires pour collecter et analyser des données. • Envisager de recourir aux « Lean Data » – une méthode de collecte rapide de données au moyen d’échantillons de petite taille – pour compléter les enquêtes traditionnelles. L’approche « Lean Data » fait intervenir des méthodes et des technologies de collecte de données qui favorisent l’efficacité et la rapidité tout en maintenant la rigueur.50 Il s’agit d’une démarche pragmatique qui met à profit une collecte de données plus rapide avec des échantillons de plus petite taille, en employant des techniques telles que les messages texte SMS ou les appels automatisés avec réponse vocale interactive.51 Les approches axées sur les « Lean Data » peuvent être utiles dans les contextes où les ressources peuvent ne pas permettre de déployer des systèmes de surveillance plus grands, plus coûteux et demandant des efforts accrus. Les « Lean Data » peuvent également être utilisées pour accroître la collecte traditionnelle de données en assurant une rétroaction rapide des communautés desservies. Au rang des considérations liées à l’utilisation des « Lean Data » figurent le maintien de la rigueur méthodologique pour assurer la fiabilité des données en dépit des échantillons de plus petite taille, l’incorporation de protocoles pour éviter d’exacerber les inégalités sociales et la stigmatisation des petites cohortes au sein des communautés, et des mesures de protection pour prévenir l’utilisation abusive des technologies pour les escroqueries, le vol d’identité et la désinformation. Les pays devraient envisager une collecte rapide des données en plus des enquêtes à grande échelle dans les domaines où il existe des lacunes dans les données. WPR/RC73/8 page 38 Annexe Objectif 2. Élaborer des politiques qui vont au-delà du secteur de la santé pour promouvoir des environnements favorables à la santé et s’attaquer aux déterminants sociaux de la santé aux niveaux national et infranational Justification L’OMS recommande des politiques visant à créer des environnements favorables à la santé qui promeuvent des comportements sains et s’attaquent aux déterminants sociaux de la santé. Les « meilleurs choix » – un ensemble de 16 interventions portant sur les principaux facteurs de risque et sur les affections liées aux MNT – constituent les interventions les plus abordables, les plus rentables et fondées sur des données probantes pour la prévention et la maîtrise des maladies non transmissibles. Pour un investissement supplémentaire allant jusqu’à 1,27 dollar É.-U. par personne et par an d’ici à 2030, des progrès substantiels vers l’atteinte de la cible 3.4 des ODD (réduire d’un tiers la mortalité prématurée due aux MNT d’ici 2030) peuvent être réalisés, des millions de vies peuvent être sauvées et un retour sur investissement considérable d’environ 7 dollars par dollar investi pourrait être réalisé.52 Les meilleurs choix comprennent les stratégies énoncées dans la Convention-cadre de l’OMS pour la lutte antitabac, dans la Stratégie mondiale de l’OMS visant à réduire l’usage nocif de l’alcool et dans d’autres stratégies, cadres et plans d’action mondiaux et régionaux connexes qui traitent des facteurs de risque et des affections prioritaires liés aux maladies non transmissibles (voir Appendice 1). Toutefois, la mise en œuvre de ces politiques recommandées reste lente, ce qui freine les progrès accomplis dans la réalisation des cibles mondiales relatives aux maladies non transmissibles. Ces interventions nécessitent une action dans de multiples secteurs, une démarche qui peut être difficile en l’absence d’un leadership fort et d’une coordination et d’une collaboration intersectorielles. Le secteur de la santé devrait jouer un rôle proactif en préconisant des mesures allant au-delà du secteur de la santé et en utilisant des données probantes pour répondre efficacement aux préoccupations et pour contrer les arguments des industries qui font pression contre les politiques et la réglementation. En outre, la sensibilisation du public aux interventions et l’obtention de leur appui sont importantes pour assurer une mise en œuvre efficace des politiques. Les populations touchées par les interventions devraient être consultées dans le cadre du processus d’élaboration des politiques. La santé est influencée par l’interaction complexe entre les modes de vie, l’environnement et les déterminants sociaux. La plupart des facteurs de risque pour la santé vont au-delà du système de santé, ce qui fait qu’il est nécessaire de mener une action intersectorielle pour parvenir à une Région plus saine et plus sûre. Cela vaut particulièrement pour les MNT, car des données factuelles issues du monde entier donnent à penser que les déterminants sociaux de la santé représentent une part importante des taux d’invalidité et de mortalité dues aux maladies non transmissibles.53 L’accès aux soins de santé à lui seul ne suffit pas pour garantir une bonne santé, comme nous l’avons vu au Japon, un pays où il s’est avéré que les déterminants sociaux sont associés à la prévalence du diabète, même si la couverture sanitaire universelle est une réalité.45 La recherche montre que l’effet des déterminants sociaux sur la santé peut être au moins aussi important que l’impact de l’accès aux soins de santé ou des choix de mode de vie. Il ressort des estimations que la contribution des secteurs autres que la santé aux résultats en matière de santé de la population est supérieure à celle du secteur de la santé.54 Ces influences jouent un rôle crucial tout au long de la vie WPR/RC73/8 page 39 Annexe d’une personne, et les investissements précoces dans la santé des jeunes sont particulièrement importants compte tenu de l’augmentation de la durée de vie des populations dans notre Région. Les maladies non transmissibles, la pauvreté et les économies nationales sont étroitement liées. Pour lutter contre l’épidémie de MNT et promouvoir ainsi le développement durable, les gouvernements doivent s’attaquer aux inégalités et aux déterminants sociaux qui maintiennent les personnes et les sociétés dans la pauvreté et la mauvaise santé. Des instruments tels que l’outil d’évaluation et d’intervention de l’OMS pour l’équité en santé en milieu urbain peuvent aider les villes à identifier et à réduire les inégalités en matière de santé.55 Le secteur privé constitue également une composante essentielle de l’environnement social, physique et culturel d’un individu. Les déterminants commerciaux de la santé ont le potentiel de contribuer positivement ou négativement à l’écosystème de la santé. Par ailleurs, le secteur privé joue un rôle de plus en plus important dans les politiques, les réglementations et les résultats en matière de santé publique. Les entreprises peuvent, en plus des actions commerciales, influencer la santé publique, notamment en agissant sur l’environnement politique, sur l’environnement cognitif et sur l’élaboration des préférences. Ces contributions peuvent être bénéfiques ou préjudiciables. Il est essentiel de s’attaquer de manière appropriée aux déterminants sociaux de la santé pour améliorer la santé et réduire les inégalités de longue date en matière de santé. Pour ce faire, tous les secteurs et la société civile doivent œuvrer de concert. Les progrès à long terme en matière de prévention et de maîtrise des maladies non transmissibles nécessitent une approche systémique qui s’attaque aux « facteurs des causes des maladies non transmissibles » et adopte une approche tout au long de la vie pour lutter contre les inégalités sociales, tout en créant des environnements favorables à la santé. Recommandations à l’intention des États Membres • Établissement des priorités : déterminer les politiques les plus prioritaires en fonction de leur faisabilité et de leur impact et présenter l’argumentaire d’investissement, le cas échéant, aux niveaux national et local. La recherche et les données probantes sur les « meilleurs choix » pour lutter contre les maladies non transmissibles (comme l’augmentation de la taxe d’accise et du prix des produits du tabac et des boissons alcoolisées) et sur les politiques de gestion des déterminants sociaux de la santé sont solides au niveau mondial. Étant donné que les contextes politiques, sociaux, culturels et économiques varient considérablement d’un pays à l’autre, les pays doivent adapter ces « meilleurs choix » à leurs propres contextes nationaux et accorder la priorité à des mesures politiques qui sont à la fois réalisables et susceptibles d’avoir le plus grand impact. De façon plus générale, les politiques visant à remédier aux causes profondes des MNT et des inégalités en matière de santé peuvent comprendre : 1) l’amélioration du développement du jeune enfant ; 2) l’amélioration de l’accès à un emploi et à un travail décent ; 3) l’amélioration de la protection sociale au moyen de transferts sociaux en espèces ; et 4) l’amélioration du cadre de vie. Des stratégies intersectorielles ou pangouvernementales efficaces qui utilisent des approches axées sur l’équité pour mettre en œuvre des mesures stratégiques couvrant ces aspects offrent une feuille de route efficace pour remédier aux inégalités en santé et, en fin de compte, réduire le fardeau des maladies non transmissibles.56 WPR/RC73/8 page 40 Annexe Une fois que les politiques les plus prioritaires ont été identifiées, les efforts visant à développer l’argumentaire d’investissement local, le cas échéant, devraient être poursuivis en vue de présenter des arguments convaincants aux partenaires intersectoriels et aux responsables politiques. • Formation de coalitions : former une coalition intersectorielle pour promouvoir ces priorités stratégiques et contribuer à surmonter les obstacles à leur établissement et à leur mise en œuvre. Les partenariats avec d’autres secteurs, avec la société civile et avec les personnes vivant avec des maladies non transmissibles sont un élément essentiel pour assurer une adoption réussie des priorités politiques. Le secteur de la santé peut ratisser plus large en collaborant avec les secteurs non liés à la santé et en mettant en lumière les avantages connexes des priorités politiques. Les coalitions pourraient constituer de puissants instruments pour influencer le processus d’élaboration des politiques et sont essentielles pour assurer une mise en œuvre réussie au niveau communautaire. Les coalitions efficaces sont assorties de buts et d’objectifs clairs, de cibles mesurables et de rôles et responsabilités bien définis. Il existe des exemples concrets de coalitions réussies dans plusieurs États et Territoires du Pacifique occidental, et la formation de coalitions peut être intensifiée de manière à s’étendre à l’ensemble de la Région (voir Encadré 2). • Mobilisation du public : promouvoir des modes de vie sains, accroître les connaissances en matière de santé et impliquer les populations touchées. Une population mobilisée, engagée et dotée de connaissances en matière de santé peut assurer la mise en œuvre efficace et la durabilité des « meilleurs choix » pour lutter contre les MNT. De même, la participation de la société civile et des communautés touchées à la conception et à la mise en œuvre de politiques visant à lutter contre les déterminants sociaux de la santé est indispensable à la réussite.57 La promotion de la participation sociale dans la conception d’environnements favorables à la santé et d’interventions en faveur d’un mode de vie sain, ainsi que dans le processus de consultation sur les politiques, augmente la probabilité d’un engagement « fondé sur les réalités du terrain » en faveur de la prévention et de la maîtrise des maladies non transmissibles. • Renforcement de la gouvernance : élaborer et appliquer des politiques qui promeuvent des environnements favorables à la santé. L’intégration de la prévention et de la prise en charge des maladies non transmissibles dans la politique sanitaire est essentielle pour une riposte nationale efficace à cette épidémie. Cela passe par le développement des capacités des ressources humaines et le renforcement de l’engagement multipartite (y compris les individus, les communautés, les organisations confessionnelles, la société civile et les organisations intergouvernementales) pour un environnement politique intégré et responsable. Les ressources nécessaires au suivi et à la coordination des plans d’action contre les MNT devraient être renforcées tout en tenant compte des ressources et des priorités nationales.58 WPR/RC73/8 page 41 Annexe • Politique de sauvegarde : étudier le rôle des déterminants commerciaux de la santé dans la gouvernance. Le secteur privé joue un rôle de plus en plus déterminant dans les politiques, les réglementations et les résultats en matière de santé publique. Les entreprises peuvent, outre les actions commerciales, influencer la santé publique en agissant sur l’environnement politique, en encourageant les politiciens et en finançant la recherche motivée par des intérêts commerciaux. Ces contributions peuvent être bénéfiques ou préjudiciables. Les pays peuvent venir à bout de l’influence commerciale sur les politiques de santé publique en renforçant la base de données probantes, en développant des outils et des capacités pour s’attaquer aux déterminants commerciaux, en organisant des partenariats et des dialogues, et en sensibilisant et en défendant les intérêts par l’intermédiaire du Groupe consultatif de l’OMS sur la gouvernance du secteur privé pour la couverture sanitaire universelle, ainsi que par des approches programmatiques et conventionnelles telles que la Convention-cadre de l’OMS pour la lutte antitabac.59 Encadré 2. Le consortium de Guam sur les maladies non transmissibles Le consortium de Guam pour la lutte contre les maladies non transmissibles a été créé en 2011 en tant qu’organisation faîtière composée de divers organismes publics et privés et de membres de la communauté chargés de lutter collectivement contre les facteurs de risque et la charge de morbidité des maladies non transmissibles à Guam. À cette époque, les maladies non transmissibles étaient la principale cause de mortalité et de morbidité, le tabac contribuant largement au fardeau sanitaire imputable aux MNT. Grâce à un travail stratégique effectué pendant deux décennies, le consortium pour la lutte contre les maladies non transmissibles a été le fer de lance de l’adoption réussie de plusieurs lois qui ont porté l’âge minimum pour la consommation de tabac à 21 ans, agrandi le champ d’application de la législation instaurant l’interdiction de fumer dans les lieux publics, augmenté à deux reprises les taxes sur le tabac – les recettes fiscales étant affectées en partie à la prévention et aux soins du cancer –, et introduit les cigarettes électroniques et autres produits du tabac dans la liste des dispositifs interdits par la loi sur la lutte antitabac de Guam. En raison du plaidoyer du consortium sur les maladies non transmissibles, le registre du cancer de Guam bénéficie d’un financement local durable provenant des recettes fiscales sur le tabac. La prévalence du tabagisme a diminué de façon significative pour tous les groupes d’âge et, pour la première fois en plus d’une décennie, l’incidence du cancer du poumon a reculé. Le consortium sur les maladies non transmissibles a également promu une législation sur la lutte contre l’alcoolisme, multiplié les initiatives en faveur de l’allaitement maternel, construit des structures d’exercice, mis en place le programme de bien-être sur les lieux de travail du Gouvernement de Guam, et créé plus de 100 jardins communautaires autour de l’île. Pendant la pandémie de COVID 19, le consortium sur les MNT a utilisé des données locales pour mettre en évidence le rôle intégral joué par les maladies non transmissibles dans l’accroissement du risque et de la vulnérabilité lors des situations d’urgence sanitaire et des épidémies. En 2022, en raison notamment du plaidoyer du consortium sur les maladies non transmissibles, le Département de la santé publique et des services sociaux de Guam a créé un bureau distinct pour la prévention et la maîtrise des maladies non transmissibles afin d’intensifier la riposte globale et intégrée de Guam à l’épidémie de maladies non transmissibles. Sources : 1. Site Web du consortium de Guam sur les maladies non transmissibles. Disponible en anglais à l’adresse https://dphss.guamdev.com/dph/communityhealthservices/non-communicable-disease-control-program/ 2. David AM, Haddock RL, Bordallo R, Dirige JT, Mery L. The use of tobacco tax revenues to fund the Guam Cancer Registry: A double win for cancer control. Journal of Cancer Policy, 06/2017;12:34 – 35. Disponible en anglais sur DOI : http://dx.doi.org/10.1016/j.jcpo.2017.03.006 WPR/RC73/8 page 42 Annexe Objectif 3. Procéder à un dépistage au sein de la population afin de diagnostiquer les principales maladies non transmissibles Justification Le dépistage des maladies non transmissibles au sein de la population joue un rôle inestimable dans la réduction du fardeau des MNT (Encadré 3). La détection et l’intervention précoces offrent au système de soins de santé une occasion rentable de dépister la maladie à un stade où le traitement est plus efficace et où les complications à long terme peuvent être retardées ou évitées. Dans l’idéal, le dépistage des maladies non transmissibles devrait être intégré dans les soins primaires. Le rapport coût-efficacité est une considération importante ; la capacité du système de santé et les ressources financières disponibles doivent être prises en compte, sans compter les données sur l’efficacité et l’impact.60 Les interventions de dépistage peuvent commencer par des éléments de base tels que les contrôles de la pression artérielle, les évaluations de l’indice de masse corporelle, les contrôles de la glycémie au lieu de soins et l’examen physique général. À mesure que les capacités et les ressources augmentent, la série de tests de dépistage peut être élargie de manière à inclure d’autres types d’examens, à l’instar des électrocardiogrammes, des tests de Papanicolaou, du test de glycémie, pour ne citer que ces exemples. Cependant, les travaux de recherche laissent à penser que la plupart des patients atteints de maladies non transmissibles ne sont pas conscients de leur état dès le début, car les maladies non transmissibles ont tendance à être asymptomatiques au départ. Cela constitue un obstacle à la prise en charge des MNT, puisque les personnes affectées ne se font pas soigner lorsque l’affection est infraclinique. Une étude mondiale a récemment montré que dans les États et Territoires à revenu intermédiaire de la tranche inférieure, par exemple, plus d’un quart des hypertendus n’avaient jamais mesuré leur tension artérielle (Figure 14).61 Ainsi, trouver la meilleure façon d’identifier et d’atteindre les groupes à haut risque avant que des conséquences à long terme et potentiellement irréversibles sur la santé ne se développent constitue un enjeu de santé majeur pour la prévention et la maîtrise des maladies non transmissibles. Figure 14. De nombreux patients atteints de MNT ne savent pas qu’ils en souffrent et ne reçoivent pas de traitement approprié PRE : pays à revenu élevé ; PRIS : pays à revenu intermédiaire de la tranche supérieure ; PRII : pays à revenu intermédiaire de la tranche inférieure ; ETIP : États et Territoires insulaires du Pacifique. Source : WHO. NCD risk factors: Blood pressure, Global Health Observatory (disponible à l’adresse https://www.who.int/data/gho/data/themes/topics/noncommunicable-diseases-risk-factors, consulté le 22 juin 2022). WPR/RC73/8 page 43 Annexe Recommandations à l’intention des États Membres • Identifier la population à risque : élaborer des stratégies permettant d’identifier et de stratifier le risque et d’intervenir auprès de personnes ou de groupes de patients nécessitant un dépistage, un suivi et d’autres interventions. Plusieurs outils existants, tels que les tableaux de prévision des risques mis au point par l’OMS/l’International Society of Hypertension pour estimer le risque total de maladie cardiovasculaire sur une période de 10 ans,62 permettent aux prestataires de soins de santé d’évaluer rapidement les facteurs de risque des MNT au niveau des soins primaires. Les pays devraient tirer parti de ces outils au niveau du système de soins primaires et les utiliser de Encadré 3. Dépistage des maladies non transmissibles et transmissibles à l’échelle de la population en Mongolie La Mongolie abrite une population largement dispersée constituée de 3,3 millions de personnes, et un tiers de ses habitants vit dans les zones rurales. Atteindre une population aussi clairsemée est une tâche ardue, que le pays a accomplie en décentralisant les services de santé et en déployant un programme national de dépistage des maladies transmissibles et non transmissibles pour promouvoir la détection précoce et le traitement efficace des maladies courantes. Le programme de dépistage précoce vise à améliorer le diagnostic et la prise en charge de la maladie, en aidant la population à accroître les résultats positifs en matière de santé et la qualité de vie. L’ensemble de la population, y compris les groupes éloignés et nomades, est éligible à un dépistage par an dans le cadre du programme, qui est entièrement financé par la caisse d’assurance maladie de Mongolie. Les dépistages et les mesures de prévention visent les MNT les plus courantes, y compris les maladies cardiovasculaires, le diabète, la tuberculose et les problèmes de santé mentale, tandis que les examens physiques généraux se concentrent sur les maladies infectieuses et les cancers. Les ensembles de services de dépistage sont adaptés à des groupes d’âge spécifiques en fonction de facteurs de risque prédéterminés et comprennent l’évaluation des facteurs de risque primaires et intermédiaires, les examens cliniques généraux, les tests instrumentaux et de laboratoire, les avis cliniques, les conseils et l’information, et les orientations vers des niveaux de santé tertiaires (spécialistes) si un diagnostic est obtenu. Les services sont fournis à tous les niveaux du système de santé publique, des centres de santé villageois aux centres de promotion de la santé en passant par les hôpitaux spécialisés, et comprennent des unités mobiles pour les populations difficiles d’accès. Lorsqu’un résultat ou un diagnostic anormal est obtenu, les prestataires tertiaires travaillent avec les établissements de santé de référence pour la prise en charge des cas et les conseils. Les résultats des dépistages sont consignés par les centres de santé dans le registre électronique, qui sera analysé tous les deux ans, et une analyse coûts-avantages du programme sera effectuée tous les cinq ans. Le gouvernement prévoit l’obtention de résultats tangibles cinq à dix ans après le déploiement initial du programme. Ce vaste programme couvre tous les échelons du système de santé et comprend le renforcement des capacités en matière d’éducation en santé et de changement de comportement, de plaidoyer communautaire et de formation à l’intention des prestataires de soins de santé. L’investissement important de la Mongolie dans le dépistage des maladies non transmissibles s’inscrit dans la Vision d’avenir et pèse en faveur de l’incitation de l’OMS à accroître les services de soins de santé primaires pour la lutte contre les maladies transmissibles et les MNT tout au long de la vie. Source : Ordonnance du Ministre de la santé de Mongolie. Numéro A/139. Ville d’Oulan-Bator. 15 mars 2022. WPR/RC73/8 page 44 Annexe manière stratégique pour identifier les groupes à risque qui pourraient bénéficier d’un dépistage et d’une intervention rapide. • Atteindre les groupes concernés : le système de soins primaires devrait préconiser et encourager le dépistage au niveau communautaire en employant des stratégies créatives pour atteindre les populations à risque. Plus précisément, les pays peuvent envisager les mesures suivantes : 1. Collaborer avec d’autres programmes de santé (les programmes de lutte contre le VIH/sida, la tuberculose et le paludisme et le programme de promotion de la santé au travail, par exemple) pour faciliter et intensifier le dépistage des MNT. Le dépistage des maladies non transmissibles peut être intégré ou « regroupé » opportunément lors d’autres visites à la clinique ou effectué dans le cadre d’un travail physique dans des cliniques de santé au travail pour les travailleurs des secteurs public et privé. Les technologies disponibles sur le lieu de soins et la santé mobile peuvent être utilisées de manière stratégique pour faciliter le dépistage.63 2. S’associer à divers réseaux et programmes de parties prenantes pour contribuer à élargir la portée des initiatives de dépistage des MNT. Le dépistage peut être intégré aux activités communautaires. Des stations de mesure de la pression artérielle peuvent par exemple être installées lors de foires de rue ou de fêtes de village. Les dirigeants communautaires, tels que les chefs de groupes confessionnels, peuvent servir de défenseurs de la santé dans le domaine de la lutte contre les maladies non transmissibles.64 Ces mesures, qui semblent pourtant simples, peuvent aider à attirer davantage de personnes à risque dans le système de soins, et permettre ainsi d’atténuer précocement les risques de maladies non transmissibles et d’éviter des conséquences plus permanentes sur la santé. • Encourager le dépistage dans les systèmes de santé : envisager de fournir des mesures incitatives appropriées pour permettre au système de santé de jouer un rôle plus important dans le dépistage, en fonction de l’analyse coût-efficacité. La recherche dans le domaine de l’économie comportementale met en évidence l’efficacité des incitations lorsqu’elles sont utilisées judicieusement pour influencer le comportement.65 Les rabais sur les primes d’assurance maladie et la suppression des exigences relatives au versement d’une quote-part par les patients pour le dépistage sont des exemples d’incitations destinées aux individus. Des mesures incitatives visant à modifier le comportement des fournisseurs (comme la rémunération liée à la productivité) peuvent également être envisagées pour améliorer la qualité des soins et promouvoir le dépistage dans les établissements de soins primaires.66 Au niveau des systèmes de soins de santé, les allocations budgétaires fondées sur les résultats, qui utilisent les taux d’exécution des dépistages comme point de repère pour déterminer le financement destiné aux nouvelles initiatives, peuvent contribuer à une plus grande couverture des services de dépistage.67 En s’appuyant sur une analyse coût-efficacité locale, les ministères de la santé voudront peut-être explorer les avantages de l’utilisation de ces incitations et d’autres incitations appropriées pour augmenter les taux de dépistage des maladies non transmissibles. WPR/RC73/8 page 45 Annexe Objectif 4. Renforcer les soins de santé primaires pour assurer une prise en charge des maladies non transmissibles centrée sur la personne Justification Les soins de santé primaires sont essentiels pour assurer la fourniture continue de soins aux personnes atteintes de maladies non transmissibles – de la promotion de la santé et de la prévention au dépistage, à la détection précoce et à la prise en charge clinique. Les soins primaires doivent être renforcés afin de pouvoir servir d’aiguilleur du système de santé. Cela contribuera à faciliter la détection et la prise en charge rapides des maladies, à améliorer l’accessibilité, à décongestionner les niveaux de soins plus élevés et à rationaliser l’orientation vers les établissements de soins secondaires et tertiaires, selon le cas (Encadré 4). La pandémie de COVID-19 démontre l’impact considérable des maladies non transmissibles sur la santé de la population lors d’une épidémie de maladie infectieuse. En réalité, les maladies non transmissibles représentent l’essentiel du fardeau sanitaire dans le monde. Nous devons passer de la prise en charge des maladies non transmissibles à une approche centrée sur les personnes et les « accompagner » tout au long de la vie, en protégeant leur santé mentale, physique et reproductive – notamment par un soutien à la prise en charge des maladies chroniques telles que le diabète et l’hypertension, ainsi que par la fourniture, le cas échéant, des soins de réadaptation et palliatifs. Les services de santé publique (la prévention et le dépistage, par exemple) destinés à prévenir et à maîtriser les MNT devraient être guidés par les principes des soins centrés sur la personne, de l’accès universel et de l’équité en santé.68 Malgré la reconnaissance généralisée du fardeau des maladies non transmissibles et de la nécessité concomitante d’une continuité sans faille de la prestation des soins, les systèmes de santé sont encore principalement adaptés au traitement épisodique des crises aiguës des MNT. La prise en charge clinique des maladies non transmissibles reste spécifique à la maladie et verticale, tandis que la participation sociale, qui renvoie à l’implication des patients et des communautés dans les soins de santé, est souvent sous-évaluée et sous-utilisée. Encadré 4. L’Australie incorpore les lignes directrices sur le risque de maladie cardiovasculaire dans les soins de santé primaires Les maladies cardiovasculaires représentaient plus d’un tiers des décès en Australie en 2008, et 64 % des Australiens présentent trois facteurs de risque modifiables ou plus. Le Gouvernement australien met actuellement à jour les lignes directrices 2012 sur le risque de maladie cardiovasculaire, qui visent à aider les établissements de soins de santé primaires et les autres professionnels de la santé à prédire le risque de maladie cardiovasculaire et à prévenir les « premiers » événements cardiovasculaires, en suivant une démarche fondée sur le risque absolu. Les lignes directrices sont mises à jour de manière à tenir compte des dernières données disponibles sur la prédiction et la prise en charge des maladies vasculaires, y compris le diabète et les maladies rénales chroniques, à l’aide d’outils validés dans le contexte australien. La révision de ces lignes directrices permettra aux professionnels de la santé en première ligne dans les établissements de soins de santé primaires de disposer de lignes directrices à jour pour mieux détecter le risque de maladie cardiovasculaire et aider les patients à gérer les facteurs de risque modifiables associés à la maladie. Source : Alliance nationale pour la prévention des maladies vasculaires. Lignes directrices pour la prise en charge du risque absolu de maladie cardiovasculaire (2012). WPR/RC73/8 page 46 Annexe Recommandations à l’intention des États Membres • Intégrer les maladies non transmissibles dans les soins de santé primaires : élaborer des stratégies pour intégrer les MNT dans les soins de santé primaires, en s’appuyant sur les capacités et les ressources requises en main-d’œuvre. Plus précisément, les pays peuvent envisager les mesures suivantes : 1. Identifier divers points d’entrée pour intégrer les services de lutte contre les maladies non transmissibles dans les services de soins primaires existants. Pour ce faire, il convient de connaître la situation des maladies non transmissibles, les politiques et programmes existants au sein du système de soins de santé primaires, les services/médicaments/technologies disponibles en matière de lutte contre les maladies non transmissibles, ainsi que les capacités du personnel et des ressources. De nombreuses maladies transmissibles, comme la tuberculose et le VIH, sont des maladies chroniques semblables aux MNT. Par l’exploitation créative des synergies au sein de ces programmes de lutte contre les maladies chroniques, il est possible d’identifier les possibilités d’améliorer l’efficacité et les résultats sanitaires des maladies transmissibles et non transmissibles. Les soins de santé primaires fournissent une plateforme commune où les deux types de maladies peuvent être traités efficacement grâce à des interventions préventives et curatives intégrées.68 2. Utiliser les lignes directrices existantes, telles que l’ensemble d’interventions essentielles de l’OMS pour lutter contre les maladies non transmissibles dans le cadre des soins de santé primaires69 et divers protocoles d’évaluation et de traitement. Des lignes directrices cliniques et de soins appropriées devraient être intégrées dans les consultations dans les établissements de soins primaires, et adaptées à la situation et aux ressources des pays. • Renforcer les capacités locales : s’assurer que le système de soins de santé primaires est armé pour fournir des soins de qualité. Plus précisément, les pays peuvent envisager les mesures suivantes : 1. Définir les ensembles de prestations de services (interventions, médicaments et parcours de soins pour les patients) pour les MNT prioritaires, en s’inspirant de l’ensemble d’interventions essentielles de l’OMS pour lutter contre les maladies non transmissibles et d’autres lignes directrices nationales appropriées. 2. Renforcer le système local de soins primaires pour permettre la prestation des services nécessaires, y compris la gouvernance (les politiques, les lignes directrices, le manuel opérationnel et les orientations, par exemple) et les intrants des systèmes (la formation du personnel, le financement, l’infrastructure, les fournitures et les données, par exemple). • Assurer l’accessibilité : instaurer et renforcer le mécanisme permettant de rendre les soins de qualité contre les MNT, y compris les médicaments et les procédures, accessibles au public, et plus particulièrement aux personnes vulnérables. L’accès à des soins de qualité et à des traitements rentables – reposant sur des données scientifiques rigoureuses et sur les besoins locaux – doit être assuré pour les groupes les plus vulnérables de la population, afin de réduire les inégalités en matière de santé. WPR/RC73/8 page 47 Annexe Objectif 5. Donner aux patients les moyens de s’auto-prendre en charge et d’observer les traitements, grâce à la promotion de la santé, à la prévention et aux données individualisées Justification De nos jours, les patients sont mieux sensibilisés et ont davantage accès à l’information sur la santé, notamment dans un contexte marqué par la COVID-19 et par la disponibilité de l’information sur Internet, mais ils doivent être équipés pour utiliser cette information de manière appropriée. L’autonomisation des patients, un élément fondamental des soins centrés sur la personne, passe par le développement de leurs connaissances en matière de santé. Lorsque les individus possèdent les connaissances, la motivation et la compétence nécessaires pour comprendre et appliquer l’information sur la santé dans la prise de décisions concernant leur santé, les systèmes de santé et les individus profitent de multiples avantages qui en découlent : • l’autonomisation des citoyens, des patients, des familles (aidants) et des communautés ; • l’amélioration de l’observance des rendez-vous de suivi, des doses de médicaments et des instructions pour les soins à domicile ; • la satisfaction accrue des patients ; • la réduction des dépenses de santé. En outre, le nouveau modèle de santé donne à penser que les conditions qui influent sur l’état de santé d’une personne (la génétique, le comportement et l’environnement, par exemple) varient grandement d’un individu à l’autre, même au sein d’une même communauté. Il est donc important, en plus des messages génériques types, de fournir des conseils personnalisés en fonction de la situation spécifique d’un individu. Les innovations technologiques récentes permettent une collecte de données plus précise et en temps réel (signes vitaux et autres données de santé telles que l’électrocardiogramme, la glycémie et la saturation en oxygène dans le sang, par exemple), ainsi que la fourniture de conseils instantanés et individualisés (notamment des conseils spécifiques sur le régime alimentaire et l’exercice en fonction des caractéristiques physiologiques et de la glycémie actuelle). Cependant, dans de nombreux pays de la Région, l’observance du traitement des maladies non transmissibles est nettement faible, notamment parce que les services de santé restent principalement axés sur les soins cliniques, plutôt que sur l’éducation et l’autonomisation des patients. Étant donné que l’observance est influencée par l’environnement des patients, y compris l’accessibilité aux soins et les normes sociales et la culture en vigueur, nous devons adapter les messages aux patients afin de nous attaquer aux déterminants environnementaux et sociaux sous-jacents de la santé. Des approches universelles de promotion de la santé et des conseils génériques pour l’auto-prise en charge entravent la capacité des messages personnalisés à changer les comportements afin de promouvoir un style de vie plus favorable à la santé. La COVID-19 a mis en lumière les problèmes liés à la désinformation sur Internet, et a attiré l’attention sur le besoin urgent d’améliorer la littératie en santé. Recommandations à l’intention des États Membres Les pays devraient s’efforcer d’autonomiser les individus, en tirant parti d’une sensibilisation accrue à la santé et des technologies disponibles. WPR/RC73/8 page 48 Annexe • Littératie en santé : la littératie en santé comprend trois éléments essentiels : 1) la compétence ; 2) la connaissance ; et 3) la motivation. Vous trouverez ci-après des exemples d’interventions visant à renforcer ces composantes :70 o les programmes d’éducation et d’auto-prise en charge du diabète ; o les conseils psychologiques pour s’adapter aux changements de mode de vie chez les patients souffrant d’hypertension ; o les groupes d’entraide entre pairs dirigés par des patients à l’adresse des patients victimes d’un accident vasculaire cérébral ; o l’utilisation d’outils de décision en ligne pour les patients atteints de cancer ; o les cours dispensés aux patients sur la communication efficace avec les médecins ; o les « coups de pouce » pour influencer le comportement des individus et améliorer l’auto- prise en charge ;71 o l’éducation aux médias pour reconnaître et contrer la désinformation sur la santé.72 Plus précisément, les pays peuvent envisager les mesures suivantes : 1. Soutenir les initiatives de renforcement des connaissances en santé des patients, en utilisant des plateformes réalisables en fonction du contexte national. 2. Envisager de s’associer à la société civile, aux groupes confessionnels et à d’autres organismes communautaires pour la formation destinée à renforcer les connaissances en santé. 3. Étudier la possibilité d’utiliser les outils de formation en ligne pour les patients afin d’améliorer les connaissances en santé. • Santé publique de précision : commencer à évoluer vers une plus grande précision en santé publique (Figure 15) afin de fournir des interventions plus spécifiques au groupe de personnes qui convient. Plus précisément, les pays peuvent envisager les mesures suivantes : • Utiliser des approches plus ciblées pour la promotion de la santé et l’éducation des patients, par exemple par la mise en œuvre de l’initiative Communication pour la santé (C4H) de l’OMS (voir Encadré 5). • Encourager la collecte de données et les conseils personnalisés, notamment au moyen d’appareils portables liés aux dossiers de santé électroniques. • Conseils individualisés : doter les agents de santé, en particulier au niveau des soins primaires, des moyens nécessaires pour fournir des conseils de santé individualisés et s’associer aux réseaux communautaires existants pour élaborer des conseils sur mesure qui sont culturellement appropriés. • Utiliser les connaissances comportementales : envisager l’utilisation de diverses interventions qui s’appuient sur la science du comportement pour influencer ou inciter les individus à adopter des choix de santé et de mode de vie qui réduisent le risque de MNT et améliorent l’auto-prise en charge. WPR/RC73/8 page 49 Annexe Figure 15. Vers une santé publique de précision à Singapour Source : Conseil de promotion de la santé, Ministère de la santé, Singapour. La recherche en sciences du comportement montre que les individus prennent souvent des décisions de manière intuitive, avec légèreté et sans réflexion préalable, en étant influencés par des biais psychologiques (cognitifs). La connaissance de ces biais peut nous aider à concevoir des environnements et des interventions qui contournent ou mettent à profit ces biaisements et ont des effets positifs sur le plan de la santé. Inciter les individus à adopter des comportements plus sains et à mieux suivre le traitement augmente l’effet des leviers politiques fondés sur la population qui façonnent le comportement. Au rang de ces interventions figurent la prestation créative des mesures incitatives et dissuasives, l’utilisation de systèmes de rappel aux patients et le recours à la technologie mobile pour fournir une rétroaction.73 Encadré 5. Communication pour la santé (C4H) : un outil pour l’autonomisation des patients Il est essentiel de donner aux personnes vivant avec des maladies non transmissibles les moyens de participer de manière significative à la prise de décision, à la mise en œuvre et à l’évaluation des politiques et des interventions de lutte contre ces affections. Les médias traditionnels et sociaux, ainsi que la culture et l’art traditionnels, resteront d’importants canaux de communication pour éduquer le public, réduire la stigmatisation culturelle associée aux diagnostics de MNT, et aider les personnes vivant avec des maladies non transmissibles à gérer leur propre santé. Ces canaux d’information sont des ressources de plus en plus précises et importantes, qui permettent un ciblage sophistiqué des publics pour l’information sur la santé par le truchement des médias sociaux et numériques. L’initiative Communication pour la santé peut jouer un rôle primordial en aidant les personnes vivant avec des maladies non transmissibles à améliorer leurs connaissances en santé et à accroître l’accès au système de soins de santé, ce qui conduira, en fin de compte, à de meilleurs résultats en matière de santé. Une communication efficace sur la santé vise un public spécifique. C4H, un programme du Bureau régional de l’OMS pour le Pacifique occidental, est une initiative prioritaire qui vise à contribuer à la réalisation de la Vision d’avenir qui entend faire du Pacifique occidental la Région de l’OMS la plus saine et la plus sûre, par l’utilisation de la communication stratégique pour promouvoir de meilleurs résultats en matière de santé. En tirant parti des savoirs issus des sciences sociales, comportementales et de la communication, C4H s’efforce d’accroître les connaissances, de changer les attitudes et de modifier les comportements pour améliorer les résultats en matière de santé aux niveaux individuel, communautaire et sociétal, en recourant à des messages et à des plaidoyers spécifiques au public. Source : WHO. Ageing and health in the Western Pacific Region. Disponible en anglais à l’adresse https://www.who.int/publications/i/item/WPR-RD0-2021-003 WPR/RC73/8 page 50 Annexe 4. Moteurs d’action Les « moteurs » suivants renvoient à des mécanismes importants que les pays devraient s’efforcer de mettre en place afin d’assurer, de faciliter ou d’accélérer la mise en œuvre des mesures recommandées ci-dessus. 4.1 Le mécanisme de coordination intersectorielle Les déterminants – sociaux, environnementaux et commerciaux – qui influencent le risque de maladies non transmissibles et ont un effet sur la santé des personnes se situent principalement en dehors du secteur de la santé. Par conséquent, pour lutter efficacement contre l’épidémie de maladies non transmissibles, les pays doivent nécessairement mobiliser des secteurs autres que la santé et adopter une approche pangouvernementale et pansociétale (voir Encadré 6). L’engagement multipartite et la collaboration intersectorielle pour la prévention et la maîtrise des maladies non transmissibles nécessitent un mécanisme de coordination pour mobiliser, rassembler et connecter diverses parties prenantes, y compris les organisations non gouvernementales, les universités, les organisations religieuses et traditionnelles et d’autres secteurs, notamment l’éducation, le bien-être, l’environnement et les finances. Étant donné que l’intégrité des politiques publiques est protégée et que l’ingérence de l’industrie est efficacement évitée, le secteur privé peut aussi être un partenaire qui contribue à la santé. Par exemple, les entreprises, par leurs pratiques de travail, ont un impact sur la santé de leurs employés. Le secteur privé peut également avoir une incidence sur la santé de ses clients grâce aux produits et services qu’il fournit. De plus, les entreprises ont un effet sur la santé des communautés dans lesquelles elles opèrent, notamment par leurs normes environnementales, leurs contributions fiscales et leur plaidoyer.74 Les pays bénéficieront par ailleurs du mouvement mondial en faveur de marchés de capitaux durables – y compris des critères d’investissement environnementaux, sociaux et de gouvernance – qui influera sur les investissements en intégrant une composante « santé » aux critères d’investissement et aux mécanismes de suivi existants.75 Les États Membres peuvent envisager les mesures suivantes : • Instaurer ou réactiver le mécanisme national de coordination intersectorielle et l’action pour la prévention et la maîtrise des MNT, et identifier les domaines d’action prioritaires – par exemple, élaborer et faire exécuter les lignes directrices en matière de divulgation applicables au secteur privé et organiser un dialogue sur le rôle du secteur privé dans le domaine de la santé. • Élaborer des lignes directrices pratiques applicables au secteur privé pour contribuer à des environnements, à des comportements et à des systèmes de santé favorables à la santé et y investir, et pour réduire les inégalités en matière de santé, notamment en renforçant les capacités d’élaboration et d’application des politiques. WPR/RC73/8 page 51 Annexe • S’attaquer aux déterminants commerciaux de la santé en établissant des partenariats avec la société civile, en adoptant des stratégies d’achat et des politiques sur les conflits d’intérêts, et en promouvant des espaces sûrs pour les des discussions avec des représentants de l’industrie. 4.2 Les mécanismes de financement durable La recherche démontre que l’investissement dans la prévention et la maîtrise des maladies non transmissibles génère des rendements importants dans le domaine de la santé et au sein de la collectivité, en particulier dans les pays à revenu intermédiaire de la tranche inférieure. Cependant, les liens entre un cas individuel de maladie non transmissible et les implications et les coûts plus importants qu’elle impose à la population en général sont souvent méconnus. Des mécanismes de financement durable sont essentiels au succès des interventions contre les MNT, mais les programmes de lutte contre les maladies non transmissibles ont du mal à mobiliser un financement important dans plusieurs pays. Pour atteindre les cibles des ODD liées aux maladies non transmissibles d’ici à 2030, les pays ont besoin d’un changement de perspective afin que la prévention et la maîtrise des MNT soient présentées comme un investissement rentable qui génère des gains substantiels en matière de santé et sur le plan socioéconomique, plutôt que comme un coût et une saignée dans le budget d’un pays. L’investissement dans la prise en charge des maladies non transmissibles doit être conforté par des ressources financières Encadré 6. Prescription sociale : lutter contre les MNT chez les personnes âgées à Shangrao, en Chine La prescription sociale est un type d’intervention novateur visant à s’attaquer aux déterminants sociaux qui affectent la santé. Ce concept permet aux travailleurs de la santé de fournir aux populations une gamme de services non cliniques en milieu communautaire afin d’améliorer la santé et le bien-être. La prescription sociale peut contribuer à s’attaquer aux causes profondes de la mauvaise santé d’un patient plutôt que de simplement traiter les symptômes. Elle peut prendre diverses formes, qui impliquent toutes de rattacher les patients aux ressources de leurs communautés en fonction des besoins individuels, en s’appuyant souvent sur des agents de liaison qui font office d’intermédiaires. Diverses initiatives sur la prescription sociale ont été mises en œuvre par le Bureau régional de l’OMS pour le Pacifique occidental afin de promouvoir la santé et de lutter contre les maladies non transmissibles plus tard au cours de l’existence. Par exemple, l’unité de l’OMS pour le vieillissement en bonne santé et l’Institut de santé mentale de l’Université de Pékin ont mis à l’essai un programme de prescription sociale à Shangrao (Chine) au cours de la période comprise entre janvier et août 2021. L’objectif de l’initiative était de promouvoir la santé physique et mentale des personnes âgées en les mettant en contact avec des ressources communautaires pertinentes. Elle s’appuyait sur la formation des travailleurs en santé mentale de la communauté à l’organisation d’activités de prescription sociale destinées aux personnes âgées. Ces activités comprenaient des cours de danse et d’art, des rassemblements sociaux et des groupes d’activité physique pour améliorer la santé mentale des personnes âgées en s’attaquant à l’anxiété, à la solitude et à la dépression. Suite à cette initiative, l’équipe de l’Université de Pékin a lancé l’exécution à titre expérimental de la prescription sociale dans d’autres villes chinoises et prévoit de couvrir 20 villes d’ici la fin de l’année 2022. Dans l’ensemble, la prescription sociale propose une approche « fondée sur les réalités du terrain » pour lutter contre les MNT, telle que promue par la Vision d’avenir de l’OMS. Elle s’appuie sur les atouts de la communauté pour améliorer la santé des populations. Elle souligne aussi le rôle important que jouent les communautés dans la promotion du bien-être et la nécessité de tenir compte de l’impact des déterminants sociaux dans la lutte contre les maladies non transmissibles. Source : World Health Organization (2022). A toolkit on how to implement social prescribing. https://apps.who.int/iris/handle/10665/354456 WPR/RC73/8 page 52 Annexe et humaines durables. Les mécanismes de financement utilisés par divers pays de la Région comprennent, entre autres : • la création de fondations de promotion de la santé financées par les recettes fiscales, comme ce fut le cas en Mongolie, à Singapour et en Australie ; • l’allocation d’une plus grande proportion du budget du gouvernement à la prévention et à la maîtrise des MNT ;52 • la génération de nouvelles recettes pour la lutte contre les maladies non transmissibles par le biais d’impôts, de prêts ou de dons, par exemple, grâce à l’aide bilatérale et multilatérale au développement, et par le truchement des organismes philanthropiques et des partenariats du secteur privé ; • les systèmes nationaux d’assurance-maladie ; • la mise à profit des ressources partagées d’autres programmes qui s’intéressent aux maladies non transmissibles ou qui présentent des avantages connexes. Par ailleurs, il est tout aussi important que les pays riches fournissent des ressources plus nombreuses et de meilleure qualité aux pays les plus nécessiteux en vue de compléter les ressources nationales consacrées à la lutte contre les maladies non transmissibles.76 Les États Membres peuvent envisager les mesures suivantes : • élaborer des argumentaires d’investissement solides en faveur de la prévention et de la maîtrise des MNT (voir Encadré 7) et les utiliser pour préconiser un financement accru des programmes de lutte contre les maladies non transmissibles ; • plaider en faveur d’une augmentation de la part du financement national consacrée à la lutte contre les maladies non transmissibles ; • explorer des mécanismes de financement de la santé gagnant-gagnant tels que les taxes d’accise en faveur de la santé, une partie des recettes fiscales étant allouée aux programmes de lutte contre les maladies non transmissibles ; • étudier des options de financement novatrices, en faisant intervenir des partenariats public-privé appropriés et des outils économiques novateurs étayés par des données probantes, par exemple. WPR/RC73/8 page 53 Annexe 4.3 La fonction consultative pour une élaboration des politiques et une mise en œuvre fondées sur des données probantes Les institutions nationales et locales relevant des ministères de la santé, des instituts nationaux et des organismes universitaires peuvent jouer un rôle essentiel dans la facilitation du processus « fondé sur les réalités de terrain » pour la prévention et la maîtrise des MNT en servant de « centres d’appui technique ». En remplissant une fonction consultative technique, ces centres renforcent la base de connaissances et les données probantes pour la prévention des maladies non transmissibles et peuvent contribuer à combler l’écart entre les données probantes et l’action : • en servant de référentiel de données pertinentes, de bases factuelles, d’études de cas et d’orientations mondiales et régionales pour constituer la base des politiques et stratégies nationales et infranationales pour la prévention et la maîtrise des MNT ; • en soutenant le programme de recherche sur les maladies non transmissibles et en diffusant les connaissances à l’intérieur et à l’extérieur du pays ; • en élaborant des analyses des politiques, des publications et des mémoires sur des questions pertinentes et d’actualité à l’appui du plaidoyer, des politiques et de la mise en œuvre aux niveaux national et infranational ; • en entreprenant l’évaluation et la mesure de l’efficacité, du rapport coût-efficacité et des impacts des interventions et des politiques en matière de MNT, et en mettant à jour les directives nationales en fonction de la rétroaction. Les pays devraient envisager les mesures suivantes : • Identifier les experts locaux et participer à la planification, à la mise en œuvre et au suivi de ces « centres d’appui technique » ; Encadré 7. Argumentaire d’investissement en faveur de la lutte contre les MNT aux Philippines Les Philippines ont mené trois analyses des répercussions des maladies non transmissibles sur la production économique et sur les rendements relatifs de l’investissement dans la prévention et la maîtrise des maladies non transmissibles. Une analyse de la charge économique montre que les pertes économiques dues aux MNT (coûts directs et indirects) représentent 756,5 milliards de pesos philippins, ce qui équivaut à 4,8 % du PIB en 2017. Selon une analyse du coût des interventions, près de 29 milliards de pesos philippins seraient nécessaires pour mettre en œuvre un ensemble d’interventions stratégiques de prévention et d’interventions cliniques sur une période de 15 ans. Une analyse coûts-avantages a démontré que ces coûts de mise en œuvre se traduiraient par un retour sur investissement d’environ 378 milliards de pesos philippins sur 15 ans (une valeur 13 fois supérieure au coût), avec une estimation des progrès sanitaires et des pertes de productivité. Le rapport a conclu que les mesures visant à prévenir les maladies non transmissibles aux Philippines sont relativement peu coûteuses et rentables. Les résultats de cette analyse ont exposé des motifs qui justifient l’augmentation des taxes sur le tabac et l’alcool et ont joué un rôle déterminant dans l’adoption de textes législatifs essentiels aux Philippines. Source : Organisation mondiale de la Santé. Prevention and control of Noncommunicable Diseases in the Philippines. The Case for Investment, Philippines, 2019. Genève, 2019 (WHO/UHC/CDS-NCD/19.90). Licence : CC BY-NC-SA 3.0 IGO. WPR/RC73/8 page 54 Annexe • Élaborer un plan national pour une adoption « fondée sur les réalités de terrain » de politiques et de programmes rigoureux de prévention et de maîtrise des MNT ; • Étudier la faisabilité et l’utilité de la création de conseils sur les maladies non transmissibles aux niveaux national et local. 4.4 Une participation communautaire effective, notamment des populations vulnérables Une communauté est une composante essentielle de la prise de décisions individuelles favorables à la santé. La participation communautaire dans la prévention et la maîtrise des MNT vise à établir une relation de collaboration axée sur la réduction du fardeau des maladies non transmissibles, dans laquelle la communauté et les individus acquièrent un sentiment d’appropriation et de participation partagées au programme de lutte contre les maladies non transmissibles et assument la responsabilité conjointe de sa mise en œuvre et de ses résultats.77 Ce processus est d’autant plus crucial pour les populations vulnérables, et plus particulièrement pour les personnes vivant avec des maladies non transmissibles, car la recherche montre que lorsque les individus s’engagent en faveur d’une prise de décision partagée pour la santé, les résultats en matière de santé s’en trouvent améliorés. Dans la Déclaration politique de la troisième réunion de haut niveau de l’Assemblée générale sur la prévention et la maîtrise des maladies non transmissibles en 2018, les gouvernements se sont engagés à promouvoir une véritable participation de la société civile et à faire entendre la voix des personnes vivant avec des maladies non transmissibles ou touchées par ces maladies. En outre, la cible 16.7 des ODD vise à faire en sorte que la prise de décisions soit caractérisée par le dynamisme, l’ouverture, la participation et la représentation à tous les niveaux. Les communautés tirent leur capital social des réseaux sociaux existants ; ces réseaux peuvent jouer un rôle majeur dans l’accélération des progrès dans la lutte contre les MNT s’ils donnent aux groupes communautaires la possibilité de participer à la définition des priorités, à la planification et à la mise en œuvre des interventions, et à l’évaluation de l’impact. Le secteur de la santé gagnerait à travailler avec ces groupes et réseaux tant au niveau national (les organisations confessionnelles nationales, les chefs traditionnels, les groupes de la société civile, pour ne citer que ces exemples) que local (les groupes de parents, les groupes de jeunes, les associations de femmes, les associations d’anciens combattants, entre autres), et à puiser dans leur capital social intrinsèque pour soutenir la prévention et la maîtrise des maladies non transmissibles (voir Encadré 8). WPR/RC73/8 page 55 Annexe Encadré 8. Utilisation de l’application mobile « Teach me, Doctor » à l’hôpital Saku au Japon L’hôpital central Saku a été créé en 1944 à Nagano, une région rurale montagneuse du Japon. Cet établissement hospitalier s’emploie à soutenir les efforts de promotion de la santé grâce à des approches de participation communautaire significatives, notamment le recours à des festivals hospitaliers, au théâtre communautaire et, plus récemment, à une application mobile baptisée « Teach me, Doctor ». L’application « Teach me, Doctor » a été développée pour s’attaquer à la question de la surutilisation des services d’urgence pour des problèmes non urgents liés à la santé de l’enfant. Elle facilite le triage pédiatrique et l’auto-prise en charge, des mesures fondamentales pour seconder les parents et protéger la salle d’urgence de l’hôpital contre le surpeuplement. Pour ce faire, « Teach me, Doctor » fournit des renseignements fiables sur les problèmes de santé liés aux enfants et la prévention des traumatismes, tout en offrant aux parents des ressources pour les services d’ambulance, d’incendie et autres services sociaux. Grâce à cette approche, l’application s’attaque aussi au problème secondaire de la forte prédominance d’informations médicales peu fiables en ligne, en particulier pour les parents. La connectivité Internet à haut débit et l’utilisation généralisée des services de réseautage social dans la communauté ont fait de l’application « Teach me, Doctor » une intervention spécifique au contexte qui a contribué avec succès à limiter la surutilisation des services d’urgence pour des problèmes de santé de l’enfant non urgents. Cette plateforme en ligne a aidé l’hôpital Saku à mieux comprendre les besoins et les questions de la communauté. Il a complété les autres activités communautaires menées par l’hôpital, à savoir les festivals hospitaliers participatifs, les conférences sur la promotion de la santé à l’adresse des parents et les visites à l’école maternelle. Ces stratégies ont également intégré le jeu comme élément fondamental pour susciter l’intérêt de la communauté, en particulier des enfants, à en apprendre davantage sur les comportements favorables à la santé. Source : Projet Oshiete Doctor. https://oshiete-dr.net/ WPR/RC73/8 page 56 Annexe Les pays devraient envisager les mesures suivantes : • Identifier les opportunités de participation durable et véritable et instaurer une relation de collaboration avec les partenaires potentiels, y compris les groupes vulnérables et les personnes vivant avec des maladies non transmissibles ; • Mettre en place des mécanismes inclusifs de gouvernance concernant les MNT, en reconnaissant le rôle des personnes vivant avec des maladies non transmissibles et des partenaires de la société civile dans la prise de décision en matière de santé, de l’élaboration des politiques à la mise en œuvre ;78 • Former des travailleurs de la santé au niveau des soins primaires ou des bénévoles communautaires à pratiquer la prescription sociale afin d’identifier et de former des partenariats avec les ressources communautaires qui ont le potentiel de rapprocher les personnes vivant avec des maladies non transmissibles et ayant des besoins sociaux non médicaux d’une gamme de services communautaires visant à améliorer la santé et le bien-être ;79 • Explorer la possibilité de puiser dans les communautés en ligne pour rattacher les personnes vivant avec des maladies non transmissibles à l’information sur la santé et aux ressources locales, ainsi que pour constituer des groupes d’entraide. WPR/RC73/8 page 57 Annexe 5. Approche pour la mise en œuvre 5.1 Alignée sur la Vision d’avenir La Vision d’avenir : devenir la Région la plus saine et la plus sûre, qui définit des orientations générales pour la coopération de l’OMS avec les États Membres, exprime la nécessité d’agir aujourd’hui pour relever les défis de demain. Le présent Cadre d’action régional s’inscrit dans le droit fil de l’approche de mise en œuvre décrite dans la Vision d’avenir : 1) en établissant un objectif et un programme à long terme ; 2) en déterminant le meilleur moyen d’atteindre l’objectif ; et 3) en utilisant une approche d’essai, d’apprentissage et d’amélioration pour combler l’écart entre la situation actuelle et l’objectif à long terme (Figure 16). Figure 16. Approche énoncée dans la Vision d’avenir Source : Adapté de la Vision d’avenir : devenir la Région la plus saine et la plus sûre, qui définit des orientations pour la coopération de l’OMS avec les États Membres dans le Pacifique occidental. Bureau régional de l’OMS pour le Pacifique occidental, Manille (2020). Pour résoudre les problèmes à venir, les pays sont encouragés à envisager les concepts suivants : • Utiliser une approche fondée sur des hypothèses Compte tenu de la myriade de solutions possibles à l’épidémie de MNT, une approche pragmatique et rationalisée est nécessaire. L’approche fondée sur des hypothèses constitue un cadre pratique qui permet de relever les défis complexes et divers des États Membres grâce à une résolution efficace des problèmes. Au lieu d’essayer de trouver des réponses en parcourant de grands ensembles de données et de publications, les problèmes et les questions les plus prioritaires sont d’abord identifiés. Une fois que le problème est clairement circonscrit, des hypothèses ciblées sont développées, et des données sont collectées et analysées en vue de valider, de modifier ou de rejeter ces hypothèses. Les résultats sont communiqués de manière convaincante, concise et logique pour inciter à d’autres actions. WPR/RC73/8 page 58 Annexe L’approche fondée sur des hypothèses permettra le traitement de grandes quantités de données et l’identification rapide de solutions sur mesure, avec pour effet de renforcer la capacité à résoudre des problèmes à long terme, qui peuvent être complexes, imperceptibles et singuliers, tout en résolvant les problèmes d’aujourd’hui, qui peuvent être plus évidents et plus simples.80 • Essayer, apprendre et améliorer L’approche fondée sur des hypothèses est complétée par un processus itératif et progressif d’essai d’interventions, d’acquisition de connaissances sur leur faisabilité et leur acceptabilité en fonction de la rétroaction de la communauté et des intervenants, et d’amélioration des interventions tout au long du processus. Cette méthodologie expérimentale reproduit l’approche « Lean Start-Up » employée dans les entreprises commerciales pour la mise au point de produits.81 Son application à la prévention et à la maîtrise en matière de MNT implique qu’une fois qu’une priorité sur les maladies non transmissibles est sélectionnée, les gains rapides sont promptement testés et ajustés en fonction de la rétroaction. • Hiérarchiser et tirer parti des actifs existants Étant donné que les ressources disponibles pour la prévention et la maîtrise des MNT peuvent être limitées, les pays sont encouragés à accorder la priorité aux actions les plus efficaces et les plus réalisables et à les mettre en œuvre en utilisant les ressources disponibles, en l’occurrence les programmes, réseaux, systèmes de données existants, les infrastructures de prestation de soins disponibles, etc., plutôt que d’essayer de développer l’infrastructure d’appui de toutes pièces. • Innover et améliorer rapidement La pandémie de COVID-19 a créé des opportunités sans précédent d’accélérer les progrès en matière de santé, et des innovations – nouveaux produits et technologies – ont été développées à un rythme accéléré. La télémédecine, l’utilisation d’appareils intelligents pour la surveillance des symptômes, la collecte de données, la recherche automatisée des contacts et le développement et la distribution rapides de vaccins contre la COVID-19 sont autant d’exemples du déploiement rapide de l’innovation pour les soins de santé. L’utilisation accrue de la santé mobile a également créé de nouvelles possibilités de surveillance rapide et personnalisée de la santé en temps réel. Les données probantes démontrent que des rappels simples et réguliers par les technologies de santé mobile peuvent améliorer le respect des prescriptions médicales par les patients atteints de MNT et favoriser le sevrage tabagique. Les pays peuvent vulgariser ces innovations utilisées pendant la pandémie de COVID-19 et les adapter en vue d’accélérer les progrès dans la lutte contre les maladies non transmissibles. 5.2 Étapes recommandées pour la mise en œuvre En gardant à l’esprit ces concepts énoncés dans la Vision d’avenir, les pays peuvent envisager de suivre les étapes ci-après pour une mise en œuvre réussie du Cadre d’action régional (Figure 17). WPR/RC73/8 page 59 Annexe Figure 17. Étapes recommandées pour la mise en œuvre • Fixer un objectif à long terme Au lieu de se concentrer sur les problèmes immédiats, il est indispensable de définir une vision à long terme pour s’assurer que ce que nous faisons aujourd’hui nous rapproche de l’objectif visé. Si nous ne prenons pas de mesures judicieuses dès à présent, le fardeau des MNT continuera de s’accroître. La Soixante-Douzième Assemblée mondiale de la Santé a adopté la décision visant à prolonger la période couverte par le Plan d’action mondial pour la lutte contre les maladies non transmissibles 2013-2030 de sorte qu’il soit aligné sur le Programme de développement durable à l’horizon 2030. Les États Membres peuvent fixer leur objectif à long terme en fonction de cette cible, en s’appuyant sur le contexte qui prévaut dans chaque pays. Les États Membres peuvent envisager les mesures suivantes : o analyser la charge de morbidité et les principaux facteurs de risque qui contribuent aux principales maladies non transmissibles ; o examiner les cibles nationales en matière de santé et de développement, y compris le développement économique et social, et aligner les objectifs à long terme en matière de MNT sur ces cibles de développement ; et o effectuer des prévisions concernant les interventions et travailler à rebours pour cartographier les actions nécessaires aujourd’hui ; dans l’intervalle, un plan à long terme comportant des jalons périodiques identifiés pour atteindre l’objectif peut être rédigé. • Faire le point sur les atouts et les obstacles Les États Membres ont édifié leurs propres systèmes et accumulé des expériences et des atouts issus de programmes passés ou existants. Il peut notamment s’agir des partenariats efficaces ou des programmes d’éducation à l’intention des agents de santé communautaires, des engagements politiques existants ou des politiques telles que les meilleurs choix pour les MNT et la Convention-cadre de l’OMS pour la lutte antitabac. Il existe également des solutions innovantes qui sont implantées au niveau communautaire, et il convient de tirer des leçons de ces expériences et de mettre à profit les réussites ou les atouts. Il est tout aussi important de WPR/RC73/8 page 60 Annexe répertorier les obstacles qui ont entravé des progrès significatifs dans la prévention et la maîtrise des MNT. Pour trouver des stratégies efficaces pour s’attaquer à ces obstacles, il faut regarder au-delà des obstacles eux-mêmes et élaborer des stratégies créatives et novatrices pour surmonter les causes profondes concrètes. Les États Membres peuvent envisager les mesures suivantes : o Identifier les points positifs et les succès dans la prévention et la maîtrise des MNT, ou même dans un contexte plus large, et déterminer ce qui a fonctionné ; o Se demander « pourquoi pas encore » pour comprendre les causes profondes des obstacles ; o Identifier des solutions innovantes pour s’attaquer aux causes fondamentales concrètes des obstacles au progrès et au changement : rédiger par exemple l’argumentaire d’investissement pour répondre aux préoccupations économiques. • Identifier les gains rapides Les programmes de santé publique élaborent généralement un plan pluriannuel complet, collectent des fonds et commencent à constituer les éléments nécessaires. Dans le cadre de la méthode « Lean Start-Up », les pays sont encouragés à tester le concept dans son intégralité à petite échelle, puis à réviser et rejeter les hypothèses, ce qui permet d’itérer rapidement notre approche. Cette démarche réduit les chances de succès tout en économisant du temps et des ressources et permet une dynamique vers l’avant. Premièrement, les pays devraient identifier les gains rapides en fonction : 1) des actifs et des ressources existants ; 2) de l’objectif à long terme et des actions nécessaires aujourd’hui ; et 3) de l’évaluation des actifs et des obstacles. Ces gains rapides ne sont pas des composantes ponctuelles et partielles de la stratégie de lutte contre les maladies non transmissibles, mais plutôt des éléments pertinents (liés à un objectif à long terme et répondant au contexte unique du pays), réalisables (en utilisant les actifs existants) et évolutifs (aucun investissement important requis). Au rang des gains rapides figurent les interventions fondées sur des données probantes qui peuvent s’attaquer efficacement à l’un des principaux facteurs de risque de MNT, l’intégration du dépistage d’une maladie non transmissible majeure, par exemple l’hypertension, dans le système de santé primaire au niveau infranational, ou une initiative d’engagement communautaire qui permet aux patients de respecter le traitement médicamenteux par l’intermédiaire d’un réseau communautaire établi. Il faudra ensuite valider les gains rapides en recherchant un consensus au sein de la communauté et avec des partenaires potentiels au sein du secteur de la santé et au-delà. Les États Membres peuvent envisager les mesures suivantes : o Organiser une réunion des parties prenantes et examiner les résultats de l’inventaire (les actifs, les obstacles et les opportunités, par exemple) et proposer de potentielles idées de gains rapides ; o Hiérarchiser ces idées en fonction de l’impact, de la faisabilité et de l’évolutivité ; o Convenir des plans d’évaluation et de mise à l’échelle. WPR/RC73/8 page 61 Annexe • Élaborer un plan d’action Une fois que les gains rapides sont identifiés, les États Membres peuvent créer un mécanisme pour garantir qu’ils sont poursuivis et atteints de manière proactive. Cela peut impliquer la création d’un comité de travail composé de membres des parties prenantes issues de tous les secteurs, secondé par un groupe consultatif qui peut fournir l’expertise, des données et des bases factuelles probantes pour orienter le comité de travail. Le comité de travail peut ensuite élaborer un plan d’action, cartographier les flux de travail nécessaires, attribuer les responsabilités et fixer un calendrier précis. L’élaboration du plan d’action est également un processus de recherche d’un consensus à un niveau plus approfondi. Les États Membres peuvent envisager les mesures suivantes : o Établir un mécanisme qui peut comprendre un comité (groupe) de travail et un groupe consultatif auprès du comité de travail ; o Identifier les axes de travail nécessaires et les principales actions par axe de travail ; o Définir les principales prestations et fixer un calendrier ; o Attribuer les rôles et les responsabilités ; o S’accorder sur la surveillance et la gestion du comité de travail. • Suivre, évaluer et modifier Une fois le plan de travail exécuté, il est essentiel de surveiller et de suivre les progrès afin d’identifier rapidement les problèmes. Une stratégie ou une trajectoire différente peut être nécessaire pour obtenir les gains rapides, et une modification du plan de travail peut être requise. Une évaluation des résultats devrait être effectuée pour s’assurer que ce processus d’adaptation fournit des enseignements précieux pour les efforts futurs. Les États Membres peuvent envisager les mesures suivantes : o Surveiller et évaluer les résultats et l’impact ; o Utiliser les données d’évaluation pour peaufiner et améliorer davantage le plan de travail ; o Consigner les principaux « accélérateurs » et obstacles, et la façon dont les obstacles ont été éliminés ou surmontés. • Transposer à plus grande échelle Il s’agit de revoir et de réviser le plan à long terme en fonction des expériences et des enseignements tirés des efforts déployés pour obtenir des gains rapides. Le plan à long terme peut inclure l’élargissent des mesures à gain rapide dans des communautés similaires ou au sein d’une population plus large, en adaptant les interventions en fonction de la démographie, de la culture, du contexte local et d’autres variables. Il faudra par la suite mobiliser et planifier des ressources durables (financières et humaines) pour la mise en œuvre du plan à long terme. Les États Membres peuvent envisager les mesures suivantes : o Évaluer et renforcer la volonté politique ; o Définir l’ampleur de la mise à l’échelle ; o Élaborer et mettre en œuvre un plan d’évaluation assorti d’indicateurs clés (indicateurs de processus et de résultats), et utiliser les données de suivi pour réviser et améliorer davantage le plan de travail afin que les objectifs à long terme soient atteints. WPR/RC73/8 page 62 Annexe 6. Mesures prises par l’OMS L’OMS dans la Région du Pacifique occidental secondera les États Membres dans la mise en œuvre le présent Cadre d’action régional. Cette mesure permettra : 1) de compiler des données, des bases factuelles et des expériences pertinentes pour fournir des orientations techniques sur les problèmes courants, en apportant des solutions potentiellement courantes ; 2) de soutenir les États Membres désireux d’adapter les orientations techniques, y compris le présent Cadre d’action régional, en fonction du contexte culturel, politique et économique du pays ; 3) d’aider les États Membres à mettre en œuvre les solutions personnalisées tant au niveau national qu’infranational ; et 4) de consolider la rétroaction, de mettre à jour les orientations, de faciliter l’échange d’informations et d’apprendre les uns des autres (Figure 18). Figure 18. Rôle joué par l’OMS dans le Pacifique occidental pour soutenir la mise en œuvre des politiques sur les MNT • Orientation technique o Compiler les bases factuelles et les données, y compris les études de cas, pour éclairer l’élaboration des politiques dans les États Membres ; o Convoquer périodiquement le Groupe consultatif technique sur les maladies non transmissibles pour demander l’avis d’experts et mettre à jour nos orientations ; o Préconiser des efforts déployés à l’échelle de la Région autour des priorités communes, telles que la mise en œuvre de politiques de promotion de la santé, et les diriger ; o Recueillir la rétroaction sur la mise en œuvre dans différents pays et l’utiliser pour actualiser périodiquement nos orientations régionales. • Assistance technique aux États Membres pour l’adaptation des solutions o Soutenir les États Membres désireux d’élaborer un argumentaire d’investissement pour les MNT et plaider en faveur de mesures plus énergiques en matière de prévention et de maîtrise des maladies non transmissibles (telles que l’élaboration de politiques et la WPR/RC73/8 page 63 Annexe transformation des systèmes de santé), y compris des mesures visant à remédier aux inégalités en matière de santé et aux déterminants sociaux de la santé ; o Fournir une assistance aux États Membres afin qu’ils puissent élaborer des stratégies nationales et des approches de mise en œuvre adaptées à leur contexte national ; o Collaborer avec les États Membres pour concevoir le processus d’essai, d’apprentissage et d’amélioration, et le mettre en œuvre dans les pays ; o Travailler avec les États Membres afin d’identifier la possibilité pour le secteur privé de contribuer à des environnements, à des produits et à des services favorables à la santé, ainsi qu’à l’élaboration de lignes directrices pratiques ; suivre la progression de la prévention et de la maîtrise des MNT conformément au Cadre mondial de surveillance (Appendice 3). • Assistance technique aux États Membres pour la mise en œuvre des solutions o Assurer la participation des États Membres aux initiatives nationales et infranationales de renforcement des capacités pour une prévention et une maîtrise efficaces des MNT, en particulier des capacités au niveau local ; o Travailler avec les États Membres pour soutenir la politique nationale au niveau infranational et intégrer la rétroaction recueillie au niveau infranational dans la politique nationale. • Échange de connaissances o Soutenir l’échange continu de connaissances pour permettre l’apprentissage interrégional sur la prévention et la maîtrise des MNT. WPR/RC73/8 page 64 Annexe Appendices Appendice 1. Liste des cadres d’action régionaux du Pacifique occidental Cadre Description Cadre d’action pour une chirurgie sûre et d’un coût abordable dans le Pacifique occidental (2021-2030) Ce cadre d’action a été adopté par les États Membres en reconnaissance du fait qu’il est impossible de parvenir à une couverture sanitaire universelle sans assurer l’accès à une chirurgie sûre et d’un coût abordable. Communication pour la santé (C4H) dans la Région OMS du Pacifique occidental La C4H s’inscrit dans le droit fil de la Vision d’avenir : devenir la Région la plus saine et la plus sûre, qui reconnaît le pouvoir de la communication stratégique en tant qu’outil qui contribue à de meilleurs résultats sanitaires et souligne la nécessité d’investir davantage dans ce domaine. Cadre pour l’accélération des efforts de lutte contre la résistance aux antimicrobiens dans la Région du Pacifique occidental Ce cadre fournit aux pays les orientations nécessaires pour éviter l’impact de la résistance aux antimicrobiens et pour assurer la santé, le développement social et l’avenir des populations de la Région du Pacifique occidental. Projet de cadre visant à répondre aux besoins des laissés-pour-compte dans la Région du Pacifique occidental La réponse aux besoins des laissés-pour-compte est une priorité thématique majeure de la Vision d’avenir et est essentielle pour atteindre la couverture sanitaire universelle tout en ne laissant personne pour compte. Projet de cadre régional pour l’avenir de la santé mentale dans le Pacifique occidental 2023-2030 La Vision d’avenir souligne l’importance décisive que revêt la santé mentale pour l’avenir de la santé et de la sécurité dans la Région du Pacifique occidental. Son approbation par les États Membres représente une occasion stratégique d’étendre la Vision d’avenir au programme de santé mentale et de développer conjointement une nouvelle vision ambitieuse pour l’avenir de la santé mentale. Cadre d’action régional pour la protection des enfants contre les effets néfastes de la commercialisation des produits alimentaires dans la Région du Pacifique occidental Ce Cadre d’action régional s’emploie à soutenir les États Membres dans leurs efforts visant à protéger les enfants contre les effets néfastes de la commercialisation des denrées alimentaires. Le Cadre comprend quatre piliers d’action – un cadre stratégique, une collaboration multisectorielle et multipartite, la sensibilisation et la communication, ainsi que le suivi et l’évaluation – et 10 mesures recommandées. La couverture sanitaire universelle : la voie vers une meilleure santé La couverture sanitaire universelle : la voie vers une meilleure santé est un cadre d’action qui a été élaboré pour soutenir les pays désireux de réaliser la vision d’une meilleure santé grâce à la couverture sanitaire universelle. Ce cadre décrit les principes communs de la CSU et reflète les valeurs de la Constitution de l’OMS, du programme de santé pour tous établi par la Déclaration d’Alma-Ata en 1978 et de plusieurs résolutions de l’Assemblée mondiale de la Santé. WPR/RC73/8 page 65 Annexe Cadre d’action régional du Pacifique occidental pour mettre fin à la tuberculose (2021-2030) L’objectif du Cadre régional à l’horizon 2030 est de fournir la base (raisonnement) et les concepts d’actions multisectorielles que les pays peuvent adapter à leur contexte et mettre en œuvre conjointement avec l’ensemble des parties prenantes pour atteindre les cibles de la Stratégie mondiale pour mettre fin à la tuberculose d’ici à 2030. Plan d’action régional pour le vieillissement en bonne santé dans le Pacifique occidental Ce Plan d’action régional a été élaboré pour soutenir les États Membres désireux de prendre des mesures précoces pour se préparer au vieillissement de la population. Il décrit cinq objectifs pour promouvoir des personnes âgées en meilleure santé qui s’épanouissent et contribuent à la société. Projet de cadre régional pour l’avenir des soins de santé primaires dans le Pacifique occidental Ce cadre vise à réinventer les soins de santé primaires afin qu’ils soient centrés sur les personnes, complets tout au long de la vie, équitables et adaptables en permanence, et qu’ils facilitent la participation communautaire. Projet de cadre stratégique global pour la prévention et la lutte contre le cancer du col de l’utérus dans la Région du Pacifique occidental L’objectif de ce cadre stratégique est de fournir une approche intégrée, résiliente et globale de la prévention et de la lutte contre le cancer du col de l’utérus, alignée sur les documents stratégiques mondiaux pour l’élimination du cancer du col de l’utérus en tant que problème de santé publique et adaptée à la Vision d’avenir. Plan d’action régional pour la lutte antitabac dans le Pacifique occidental (2020- 2030) Ce Plan d’action régional constitue une feuille de route actualisée et énergique permettant aux États et Territoires de la Région de prendre des mesures stratégiques définitives pour atteindre les objectifs mondiaux de lutte antitabac et contrer une menace commune pour la santé, la longévité et la prospérité dans la Région du Pacifique occidental. Cadre régional pour l’utilisation de la médecine traditionnelle et complémentaire en faveur de la santé et du bien-être dans le Pacifique occidental Ce Cadre régional aidera à promouvoir la médecine traditionnelle et complémentaire pour la santé et le bien-être dans les politiques nationales, à renforcer les mécanismes visant à assurer la sécurité, la qualité et l’efficacité de ces services, à améliorer leur couverture et à soutenir leur documentation, la recherche et l’innovation. Cadre d’action régional du Pacifique occidental sur la santé et l’environnement dans un monde en mutation Le Cadre d’action régional vise à relancer le programme santé et environnement de l’OMS et à remplir son mandat dans le domaine de la santé environnementale. Cadre régional pour la promotion de la résilience et de la santé des générations futures dans le Pacifique occidental Ce Cadre régional aidera les pays à atteindre les objectifs visant à enraciner durablement des comportements favorables à la santé, de permettre aux écoles d’influencer positivement les communautés et d’investir dans les écoles d’aujourd’hui pour construire un avenir plus sain. WPR/RC73/8 page 66 Annexe Appendice 2. Les meilleurs choix pour lutter contre les MNT Les 16 meilleurs choix pour lutter contre les maladies non transmissibles TABAC 1. Augmenter les prix des produits du tabac et les droits d’accise sur ces produits 2. Adopter le conditionnement neutre/standard et/ou des mises en garde sanitaires illustrées de grande taille sur tous les conditionnements de tabac 3. Mettre en œuvre une interdiction totale de la publicité en faveur du tabac, de la promotion et du parrainage 4. Éliminer l’exposition passive à la fumée du tabac dans tous les lieux de travail intérieurs, les lieux publics fermés, les transports publics 5. Lancer des campagnes médiatiques efficaces pour avertir le grand public des dangers du tabac à fumer, de la consommation de tabac en général et du tabagisme passif ALCOOL 6. Augmenter les droits d’accise sur les boissons alcoolisées 7. Appliquer des interdictions ou des restrictions globales de la publicité en faveur de l’alcool (dans plusieurs types de média) 8. Appliquer des restrictions à la disponibilité de l’alcool au détail (en limitant les horaires de vente) ALIMENTATION SAINE 9. Réduire l’apport en sel en reformulant les produits alimentaires afin qu’ils contiennent moins de sel et en fixant une cible concernant la teneur en sel des aliments et des repas 10. Réduire l’apport en sel en créant, dans les établissements publics tels que les hôpitaux, les établissements scolaires, les lieux de travail et les maisons de retraite, des conditions permettant de choisir une alimentation plus pauvre en sodium 11. Réduire l’apport en sel par des stratégies de communication visant à influencer le comportement et par des campagnes médiatiques 12. Réduire l’apport en sel moyennant la mise en place d’un étiquetage sur la face avant de l’emballage ACTIVITE PHYSIQUE 13. Organiser des campagnes d’éducation et de sensibilisation à l’activité physique à l’échelle de la communauté, y compris des campagnes médiatiques combinées à d’autres programmes communautaires d’éducation, de motivation et d’environnement visant à soutenir le changement de comportement en matière d’activité physique PRENDRE EN CHARGE LES MALADIES CARDIOVASCULAIRES ET LE DIABETE 14. Fournir une chimiothérapie (y compris pour la maîtrise de la glycémie dans les cas du diabète sucré et pour la maîtrise de l’hypertension, en tenant compte du risque total) et conseils pour les sujets qui ont eu un infarctus du myocarde ou un accident vasculaire cérébral et ceux exposés à un risque élevé (≥ 30 %) d’événement cardio- vasculaire fatal ou non au cours des 10 prochaines années VACCINATION CONTRE LE PAPILLOMAVIRUS HUMAIN ET DEPISTAGE DU CANCER DU COL DE L’UTERUS 15. Vaccination contre le papillomavirus humain (deux doses) des filles âgées de 9 à 13 ans 16. Prévention du cancer du col de l’utérus grâce au dépistage chez les femmes âgées de 30 à 49 ans, soit par l’inspection visuelle à l’acide acétique associée à un traitement en temps opportun des lésions précancéreuses, le frottis vaginal (examen cytologique) tous les 3 à 5 ans, associé au traitement sans retard des lésions précancéreuses, ou le dépistage du papillomavirus humain tous les 5 ans associé au traitement sans retard des lésions précancéreuses Source : Sauver des vies en dépensant moins : une riposte stratégique face aux maladies non transmissibles. Genève, Organisation mondiale de la Santé (2021). WPR/RC73/8 page 67 Annexe Appendice 3. Cadre mondial de suivi ÉLÉMENT DU CADRE CIBLE INDICATEUR MORTALITÉ ET MORBIDITÉ Mortalité prématurée due à une maladie non transmissible 1. Réduction relative de 25 % de la mortalité globale imputable aux maladies cardio-vasculaires, au cancer, au diabète ou aux affections respiratoires chroniques 1. Probabilité inconditionnelle de décéder entre 30 et 70 ans d’une maladie cardio-vasculaire, d’un cancer, du diabète ou d’une affection respiratoire chronique Indicateur supplémentaire 2. Incidence du cancer, par type de cancer, pour 100 000 habitants FACTEURS DE RISQUE COMPORTEMENTAUX Usage nocif de l’alcool1 2. Baisse relative d’au moins 10 % de l’usage nocif de l’alcool,2 selon qu’il convient dans le contexte national 3. Consommation totale (enregistrée et estimée) d’alcool par habitant (âgé de 15 ans ou plus) en une année civile, en litres d’alcool pur, selon qu’il convient dans le contexte national 4. Prévalence standardisée selon l’âge de la consommation occasionnelle de fortes quantités d’alcool chez l’adolescent et l’adulte, selon qu’il convient dans le contexte national 5. Morbidité et mortalité liées à l’alcool chez l’adolescent et l’adulte, selon qu’il convient dans le contexte national Sédentarité 3. Réduction relative de 10 % de la prévalence du manque d’exercice physique 6. Prévalence du manque d’exercice physique chez les adolescents, défini comme une activité quotidienne d’intensité modérée à vigoureuse d’une durée inférieure à 60 minutes 7. Prévalence standardisée selon l’âge du manque d’exercice physique chez les personnes âgées de 18 ans ou plus (défini comme une activité hebdomadaire d’intensité modérée d’une durée inférieure à 150 minutes ou équivalent) Apport de sel/sodium 4. Réduction relative de 30 % de l’apport moyen de sel/sodium dans la population3 8. Apport journalier moyen de sel (chlorure de sodium) en grammes dans la population, standardisé selon l’âge chez les personnes âgées de 18 ans ou plus Tabagisme 5. Réduction relative de 30 % de la prévalence du tabagisme actuel chez les personnes âgées de 15 ans ou plus 9. Prévalence de la consommation actuelle de tabac chez l’adolescent 10. Prévalence standardisée selon l’âge de la consommation actuelle de tabac chez l’adulte (18 ans ou plus) FACTEURS DE RISQUE BIOLOGIQUES Hypertension artérielle 6. Baisse relative de 25 % de la prévalence de l’hypertension artérielle ou limitation de la prévalence de l’hypertension artérielle, selon la situation nationale 11. Prévalence standardisée selon l’âge de l’hypertension artérielle chez les personnes âgées de 18 ans ou plus (tension systolique ≥140 mmHg et/ou tension diastolique ≥90 mmHg) et tension systolique moyenne Diabète et obésité4 7. Arrêt de l’augmentation du diabète et de l’obésité 12. Prévalence standardisée selon l’âge de l’hyperglycémie/du diabète chez les personnes âgées de 18 ans ou plus (glycémie plasmatique à jeun ≥7,0 mmol/l (126 mg/dl) ou traitement hypoglycémiant) 13. Prévalence de l’excès pondéral et de l’obésité chez l’adolescent (définis de la manière suivante selon les normes OMS de croissance pour l’enfant d’âge scolaire et l’adolescent : un écart type de l’indice de masse corporelle (IMC) en fonction de l’âge et du sexe, pour l’excès pondéral, et deux écarts types de l’IMC en fonction de l’âge et du sexe, pour l’obésité) 14. Prévalence standardisée selon l’âge de l’excès pondéral et de l’obésité chez les personnes âgées de 18 ans ou plus (IMC ≥25 kg/m² pour l’excès pondéral et ≥30 kg/m² pour l’obésité) Indicateur supplémentaires 15. Proportion moyenne standardisée selon l’âge des apports énergétiques totaux provenant des acides gras saturés chez les personnes âgées de 18 ans ou plus5 16. Prévalence standardisée selon l’âge de la consommation de moins de cinq portions (400 grammes) de fruits et de légumes par jour chez l’adulte (18 ans ou plus) 17. Prévalence standardisée selon l’âge de l’hypercholestérolémie totale chez les personnes âgées de 18 ans ou plus (cholestérolémie totale ≥5,0 mmol/l ou 190 mg/dl) et cholestérolémie moyenne WPR/RC73/8 page 68 Annexe ÉLÉMENT DU CADRE CIBLE INDICATEUR RÉPONSE DES SYSTÈMES NATIONAUX Chimioprophylaxie contre les infarctus du myocarde et les accidents vasculaires cérébraux 8. Au moins 50 % des personnes remplissant les critères bénéficient d’une chimiothérapie et de conseils (y compris le contrôle de la glycémie) en vue de prévenir les infarctus du myocarde et les accidents vasculaires cérébraux 18. Proportion de personnes remplissant les critères (âgées de 40 ans ou plus et ayant un risque cardio-vasculaire dans les 10 ans ≥30 %, y compris celles qui ont déjà une maladie cardio-vasculaire) qui bénéficient d’une chimiothérapie et de conseils (y compris le contrôle de la glycémie) dans le but de prévenir les infarctus du myocarde et les accidents vasculaires cérébraux Médicaments essentiels contre les maladies non transmissibles et technologies de base pour le traitement des principales maladies 9. Disponibilité et accessibilité financière de 80 % des technologies de base et des médicaments essentiels (génériques compris) nécessaires pour traiter les principales maladies non transmissibles dans les établissements publics et privés 19. Disponibilité et accessibilité financière de 80 % des technologies de base et des médicaments essentiels (génériques compris) nécessaires pour traiter les principales maladies non transmissibles dans les établissements publics et privés Indicateur supplémentaires 20 Accès aux soins palliatifs évalué selon la consommation en équivalent morphine d’analgésiques opioïdes forts (à l’exclusion de la méthadone), pour chaque décès dû au cancer 21. Adoption de politiques nationales limitant les acides gras saturés et éliminant pratiquement les huiles végétales partiellement hydrogénées dans l’approvisionnement alimentaire, selon qu’il convient dans le contexte national et les programmes nationaux 22. Disponibilité, selon les besoins et s’ils sont efficaces, peu coûteux et abordables, des vaccins contre le papillomavirus humain, en fonction des programmes et politiques nationaux 23. Politiques visant à réduire l’effet pour l’enfant de la commercialisation d’aliments et de boissons non alcoolisées riches en graisses saturées, en acides gras trans, en sucres libres ou en sel 24. Couverture de la vaccination contre le virus de l’hépatite B, contrôlée d’après le nombre de troisièmes doses de vaccin anti- hépatite B (HepB3) administrées aux nourrissons 25. Proportion de femmes âgées de 30 à 49 ans ayant bénéficié d’au moins un test de dépistage du cancer du col de l’utérus et, pour les femmes plus jeunes ou plus âgées, proportion de celles ayant bénéficié de ce test conformément aux programmes ou aux politiques nationales 1 Les pays sélectionneront un ou plusieurs indicateurs en fonction de la situation nationale et conformément à la Stratégie mondiale de l’OMS visant à réduire l’usage nocif de l’alcool, par exemple la prévalence de la consommation occasionnelle de fortes quantités d’alcool, la consommation totale d’alcool par habitant ou encore la morbidité et la mortalité liées à l’alcool. 2 Dans la Stratégie mondiale de l’OMS, la notion d’usage nocif de l’alcool s’entend au sens large et englobe la consommation d’alcool qui a des conséquences sociales et sanitaires néfastes pour le buveur, son entourage et la société en général, ainsi que les modes de consommation qui augmentent le risque d’issues sanitaires défavorables. 3 L’OMS recommande moins de 5 grammes de sel ou 2 grammes de sodium par personne et par jour. 4 Les pays choisiront un ou plusieurs indicateurs adaptés au contexte national. 5 Chaque acide gras classé dans la grande catégorie des acides gras saturés a des propriétés biologiques uniques et des effets sur la santé pouvant avoir une importance pour l’élaboration de recommandations alimentaires. Source : Organisation mondiale de la Santé. Plan d’action mondial pour la lutte contre les maladies non transmissibles 2013-2020. Genève (2013). WPR/RC73/8 page 69 Annexe Références bibliographiques 1 Global Health Estimates: Life expectancy and leading causes of death and disability. Geneva: World Health Organization; 2020. (https://www.who.int/data/gho/data/themes/mortality-and-global-health- estimates, consulté le 1er mai 2021). 2 World health statistics 2021: monitoring health for the SDGs, sustainable development goals. Geneva: World Health Organization; 2021. 3 Martinez R, Lloyd-Sherlock P, Soliz P, Ebrahim S, Vega E, Ordunez P, McKee M. Trends in premature avertable mortality from non-communicable diseases for 195 countries and territories, 1990-2017: a population-based study. The Lancet Global Health. 2020;8( 4):e511-e523. 4 Williams J, Allen L, Wickramasinghe K, Mikkelsen B, Roberts N, Townsend N. 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