-1- Note d’orientation de l’OMS : surveillance de la COVID-19 11 avril 2023 Points essentiels • Il est conseillé aux pays de poursuivre les activités de surveillance de base du SARS-CoV-2 afin d’atteindre les principaux objectifs stratégiques. L’OMS continue de prier les États Membres de continuer à communiquer les données concernant les variables de surveillance précédemment définies dans les documents d’orientation. • Des approches multiples doivent être adoptées en matière de surveillance, notamment la description de l’infection dans les populations les plus exposées au risque de contracter une forme grave de la maladie, la caractérisation des nouveaux variants et l’étude des formes prolongées de la COVID-19. • Bien que les stratégies de dépistage nationales soient en train de s’adapter à une baisse de l’impact de la COVID-19, le dépistage du SARS-CoV-2 doit se poursuivre, mais être utilisé de manière stratégique, tout en étant intégré à la surveillance à plus long terme des agents pathogènes respiratoires. • Même si les exigences en matière de notification changeront au fur et à mesure de l’évolution de la pandémie, l’OMS a exhorté les États Membres à communiquer davantage d’informations sur les hospitalisations, les admissions aux soins intensifs et la mortalité et s’appuie sur ces données, plutôt que sur la déclaration des cas, pour mesurer la charge et l’impact. • Il est crucial de renforcer la surveillance génomique du SARS-CoV-2 et des autres agents pathogènes à potentiel épidémique et pandémique. Les stratégies de test et de notification devraient être liées à la surveillance génomique et à l’évaluation phénotypique. • Le renforcement des systèmes de lutte contre la COVID-19 ouvre la voie à une meilleure préparation aux pandémies liées à des agents pathogènes respiratoires. Les pays sont instamment priés de maintenir l’état de préparation opérationnelle pour faire face aux vagues de COVID-19 et d’autres agents pathogènes émergents ou réémergents. • L’OMS encourage ses États Membres à améliorer la mise en relation des données, à partager les données et les expériences et à explorer des méthodes de travail plus innovantes et collaboratives dans le but de détecter les flambées à un stade précoce et de comprendre pleinement les risques et les vulnérabilités. Note d’orientation de l’OMS : surveillance de la COVID-19 -2- Introduction Plus de trois ans après la notification des premières infections par le SARS-CoV-2, le monde entre dans une nouvelle phase de la pandémie de COVID-19. Malgré la tendance actuelle à la baisse de l’incidence, des centaines de milliers de personnes continuent de contracter l’infection chaque semaine (voir le tableau de bord de l’OMS sur la COVID-19). En outre, de nombreuses incertitudes subsistent quant à l’émergence potentielle de nouveaux variants préoccupants du SARS-CoV-2. Il est essentiel que les pays maintiennent leur riposte à la COVID-19, y compris une surveillance étroite du SARS-CoV-2, face à la persistance de la maladie et des décès dans le monde entier. L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) sait à quelles difficultés les pays sont confrontés pour continuer à lutter contre la COVID-19 tout en s’attaquant aux autres problèmes de santé publique, aux conflits et aux crises économiques. L’OMS continue d’aider les pays à ajuster les stratégies de lutte contre la COVID-19 afin de tenir compte des succès remportés à ce jour et d’exploiter les enseignements qu’ils ont tirés des ripostes nationales. Pour soutenir les efforts nationaux et mondiaux visant à mettre fin à la situation d’urgence provoquée par la COVID-19 partout dans le monde, l’OMS a actualisé le plan mondial de préparation et de riposte à la COVID-19 en 2022 et défini deux objectifs stratégiques. Premièrement, freiner la circulation du SARS-CoV-2 en protégeant les individus, en particulier les personnes vulnérables risquant de contracter une forme grave de la maladie ou d’être exposées au virus dans le cadre de leur activité professionnelle. Cette mesure permettra de réduire la pression de sélection et ainsi la probabilité d’apparition de futurs variants du virus, et allégera la charge qui pèse sur les systèmes de santé. Deuxièmement, diagnostiquer et traiter la COVID-19 pour réduire la mortalité, la morbidité et les séquelles à long terme. Le plan de l’OMS porte également sur la recherche-développement et l’accès équitable à des moyens de lutte efficaces, ainsi qu’à des fournitures essentielles. L’OMS met actuellement à jour son plan mondial de préparation et de riposte pour 2023-2025 et, outre les objectifs susmentionnés, a ajouté un troisième objectif destiné à aider les pays à réussir à passer d’une riposte d’urgence à une prévention, un contrôle et une gestion durables de la COVID-19 à plus long terme. Les exigences en matière de notification changeront au fur et à mesure de l’évolution de la pandémie, et des orientations à ce sujet seront fournies séparément. Les pays ne se trouvent pas tous dans la même situation vis-à-vis de la COVID-19 en raison d’un certain nombre de facteurs – notamment des différences dans l’immunité de la population ; la confiance du grand public ; l’accès aux outils de diagnostic, aux traitements, aux vaccins, aux équipements de protection individuelle et aux informations fiables en lien avec la COVID-19, ainsi que leur utilisation ; et les problèmes posés par d’autres situations d’urgence sanitaire ou autre. L’OMS a établi une série de six notes d’orientation visant à aider les pays à actualiser leurs politiques pour mettre l’accent sur les mesures essentielles nécessaires à la gestion des menaces aiguës et à long terme que représente la COVID-19, tout en renforçant les bases d’une infrastructure de santé publique plus solide (voir Strengthening the Global Architecture for Health Emergency Preparedness, Response and Resilience). Les notes d’orientation établies à ce jour portent sur les points suivants : instaurer la confiance grâce à la communication sur les risques et à la participation communautaire ; les tests de diagnostic de la COVID-19 ; la prise en charge clinique de la COVID-19 ; atteindre les cibles en matière de vaccination contre la COVID-19 ; le maintien des mesures de lutte anti-infectieuse contre la COVID-19 dans les établissements de santé ; et les rassemblements dans le contexte de la COVID-19. (Lien vers l’ensemble des notes d’orientation sur la COVID-19, dont certaines en anglais : https://www.who.int/emergencies/diseases/novel-coronavirus- 2019/covid-19-policy-briefs.) Note d’orientation de l’OMS : surveillance de la COVID-19 -3- Objet du présent document Cette note d’orientation sur la surveillance de la COVID-19 s’adresse aux décideurs nationaux et infranationaux au sein des ministères de la santé et des autres ministères. Elle donne un aperçu succinct des principales mesures conseillées aux États Membres sur la base des recommandations publiées dans les stratégies et les orientations techniques de l’OMS sur la maladie. Elle souligne également l’importance d’un financement durable ainsi que la nécessité de disposer d’un personnel formé et protégé. Mesures essentielles à envisager par les États Membres pour mettre à jour les politiques relatives à la COVID-19 en matière de surveillance À ce stade de la pandémie, il demeure essentiel de maintenir une surveillance rigoureuse malgré l’impression générale que la pandémie est terminée. Plusieurs pays continuent d’enregistrer une augmentation inquiétante du nombre de déclarations de nouveaux cas de COVID-19 et de décès, en raison de l’émergence de nouveaux sous-variants d’Omicron, d’une couverture vaccinale insuffisante, d’une immunité déclinante et d’un manque d’accès à des traitements spécifiques de la COVID-19 susceptibles de sauver des vies. À l’échelle mondiale, la tendance fluctuante du nombre de nouveaux cas notifiés doit être interprétée avec prudence, du fait des changements importants apportés aux systèmes et aux stratégies de surveillance dans les pays, de la diminution des tests pratiqués, et des retards de notification par de nombreux pays. De plus, le nombre limité de données communiquées sur les hospitalisations, ainsi que les délais de communication des données, font qu’il est difficile de tirer des conclusions définitives à partir des tendances en matière d’hospitalisations. Du fait de la diminution des activités de surveillance et de séquençage et de leur manque de représentativité, l’évaluation rapide des variants connus et la détection de nouveaux variants deviennent plus difficiles. De plus, le virus ne s’est pas stabilisé dans un schéma d’évolution prévisible. On s’attend à ce qu’apparaissent d’autres variants présentant un taux de croissance plus élevé et un échappement immunitaire plus important, sans avoir de certitude quant aux changements qu’ils provoquent dans la gravité de la maladie. D’une région à l’autre, on constate une certaine hétérogénéité des variants devenus dominants, et des recombinants ont été détectés tout au long de la pandémie. Avec la poursuite d’une circulation intense dans le monde entier, de nouveaux variants pourraient émerger n’importe où. Les pays doivent demeurer vigilants. 1. Maintenir les activités de surveillance de base du SARS-CoV-2 afin d’atteindre les principaux objectifs stratégiques, et continuer à faire rapport à l’OMS Le maintien des activités de surveillance de base est essentiel aux fins suivantes : • alerte précoce en cas de changements dans les schémas épidémiologiques ; • suivi des tendances de la morbidité et de la mortalité ; • suivi de la charge que représente la maladie pour les capacités de soins (personnels de santé et d’aide à la personne, hospitalisations et admissions aux soins intensifs) ; • intégration d’une surveillance génomique stratégique et géographiquement représentative pour surveiller la circulation des variants préoccupants connus, permettre la détection précoce de nouveaux variants à suivre, et suivre la circulation du SARS-CoV-2 dans des réservoirs animaux potentiels et les changements dans les modèles virologiques. Note d’orientation de l’OMS : surveillance de la COVID-19 -4- L’OMS continue à demander1 que les variables concernant la communication des données de surveillance de la COVID-19 à l’OMS par les États Membres englobent les suivantes : • cas et décès émanant des systèmes qui continuent à les enregistrer à cette fréquence, conformément aux dispositions du Règlement sanitaire international (RSI 2005) ; • communication hebdomadaire, conformément aux exigences, des données concernant les variables de surveillance détaillées : o âge et sexe des cas confirmés et des décès, o cas et décès parmi les personnels de santé et d’aide à la personne, o nombre des nouvelles hospitalisations et admissions aux soins intensifs, o nombre de personnes ayant subi un test d’amplification des acides nucléiques (TAAN) et d’autres tests ; • variants préoccupants et variants à suivre : date de détection du premier cas et prévalence hebdomadaire relative (sur la base d’un échantillonnage représentatif) ; • vaccination : doses administrées ; nombre de personnes vaccinées ayant reçu une primovaccination et un rappel, idéalement selon l’âge et le groupe à risque (voir Surveillance de la santé publique dans le contexte de la COVID-19 : orientations provisoires) (1). 2. Adopter des approches multiples en matière de surveillance tout en conservant les systèmes de longue date adaptés aux besoins De nombreux pays ont fait des progrès dans la surveillance fondée sur les événements (qui examine les rapports, les histoires, les rumeurs et d’autres informations sur les événements sanitaires) ; les enquêtes séroépidémiologiques (voir le Protocole d’enquête séroépidémiologique stratifiée par tranche d’âge sur l’infection par le coronavirus 2019 (COVID-19) dans les Unity Studies (2) ; et l’intégration de la surveillance du SARS-CoV-2 à celle du syndrome grippal, des infections respiratoires aiguës (IRA) et des infections respiratoires aiguës sévères (IRAS) (3). La surveillance participative des maladies, qui permet de collecter des données en vue d’actions de santé publique en impliquant directement la population à risque dans la transmission de données pertinentes par le biais de formulaires allant d’applications sophistiquées pour smartphone à de simples lignes téléphoniques directes, a également pris de l’importance. L’OMS continue de recommander aux États Membres ayant la capacité de mener des activités de surveillance renforcée et de mener des études spéciales : • de décrire et de suivre l’infection par le SARS-CoV-2 dans les populations qui continuent d’être exposées au risque le plus élevé d’exposition au virus ou de maladie grave, notamment les personnes de plus de 60 ans et les personnes de tout âge présentant des affections sous-jacentes ; • de caractériser les nouveaux variants, y compris les aspects de leur gravité, de leur transmissibilité, de leur échappement immunitaire et de l’efficacité des mesures de lutte ; • de poursuivre les études sur l’affection post-COVID-19 (COVID-19 de longue durée), y compris le rôle de l’immunité et des facteurs de risque. Même si la circulation du SARS-CoV-2 est favorisée par la transmission interhumaine, ce virus est un virus zoonotique qui peut se transmettre entre humains et animaux. Bien qu’il n’existe aucune preuve que les 1 Les exigences en matière de notification changeront au fur et à mesure de l’évolution de la pandémie, et des orientations à ce sujet seront fournies séparément. Note d’orientation de l’OMS : surveillance de la COVID-19 -5- infections par le SARS-CoV-2 chez l’animal aient un impact significatif sur la santé humaine, la santé animale ou la biodiversité, on s’inquiète de l’apparition de nouveaux réservoirs animaux et de l’évolution potentielle du virus chez de nouveaux hôtes. Le peu de données disponibles sur le SARS-CoV-2 chez l’animal à l’échelle mondiale montre qu’il faut suivre épidémiologiquement les contacts animaux des cas humains confirmés de COVID-19 et intensifier la surveillance ciblée chez les animaux qui pourraient être sensibles à l’infection par le SARS-CoV-2 (parmi lesquels les animaux de compagnie, le bétail et les animaux sauvages). Toutes ces activités nécessitent une collaboration étroite entre les secteurs concernés (par exemple, santé publique, santé animale, faune et environnement) selon une approche « Une seule santé ». Une déclaration conjointe de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), de l’Organisation mondiale de la santé animale (OMSA) et de l’OMS en mars 2022 a appelé les pays à surveiller les populations de la faune sauvage pour détecter l’infection par le SARS-CoV-2, à notifier les résultats aux services vétérinaires nationaux (qui communiquent ces observations au Système mondial d’information zoosanitaire) et à enregistrer les données de séquençage génomique dans des bases de données accessibles au public. La surveillance environnementale des eaux usées communautaires et du transport international des eaux usées peut servir de source pour pratiquer des tests génomiques, tout comme les échantillons provenant de milieux fermés, comme les établissements de soins de longue durée, ou de contextes humanitaires ou de voyageurs aux points d’entrée (voir les orientations provisoires intitulées Environmental surveillance for SARS-CoV-2 to complement public health surveillance – Interim Guidance) (4). De plus, il a été démontré que la surveillance des eaux usées est bien corrélée avec le nombre de cas et pourrait donc fournir une approximation de la transmission communautaire à l’avenir, étant donné que le nombre de cas devient de moins en moins fiable (p. ex. du fait de l’utilisation généralisée des autotests, qui ne sont pas pris en compte par la plupart des systèmes de surveillance). Le système le plus approprié pour un pays dépend de l’objectif ou des objectifs de la surveillance. Adopter différentes approches pour la surveillance permet d’obtenir un tableau plus complet de la situation de la COVID-19. Même si les exigences en matière de notification changeront au fur et à mesure de l’évolution de la pandémie, l’OMS a exhorté les États Membres à communiquer davantage d’informations sur les hospitalisations, les soins intensifs et la mortalité et s’appuie sur ces données, plutôt que sur la déclaration des cas, pour mesurer la charge et l’impact. 3. Utiliser les tests de diagnostic du SARS-CoV-2 de manière stratégique et intégrer le dépistage du SARS-CoV-2 dans la surveillance à long terme des agents pathogènes respiratoires À l’heure où les pays continuent de faire face à la pandémie actuelle et restent vigilants vis-à-vis de l’émergence ou de la réémergence d’autres agents pathogènes, les tests restent primordiaux. Pour le moment, l’impact de la COVID-19 diminuant sous l’effet de l’immunité croissante de la population, due à la vaccination et à l’infection ainsi qu’à un meilleur accès aux traitements vitaux, les stratégies de dépistage nationales s’ajustent. Il est essentiel de maintenir des services de dépistage à un niveau permettant d’identifier au plus tôt les patients atteints de la COVID-19 qui nécessitent des soins cliniques, afin de faciliter ainsi leur entrée dans le parcours de soins et de leur garantir la meilleure prise en charge possible pour prévenir les formes graves de la maladie et les décès. Les tests devraient également permettre la détection d’augmentations inhabituelles de l’incidence et la détection rapide et sensible des variants (voir la Note d’orientation de l’OMS : tests de diagnostic de la COVID-19)(5). Note d’orientation de l’OMS : surveillance de la COVID-19 -6- Tout en répondant aux besoins actuels concernant le SARS-CoV-2, l’OMS recommande d’intégrer la surveillance et le diagnostic du SARS-CoV-2 dans les systèmes de surveillance existants pour les maladies respiratoires, en particulier celles causées par des agents pathogènes respiratoires (comme le virus de la grippe et le virus respiratoire syncytial). À cette fin, on peut utiliser la surveillance du syndrome grippal, des infections respiratoires aiguës (IRA) et des infections respiratoires aiguës sévères (IRAS) (3), en prélevant des échantillons et en effectuant des tests de laboratoire pour tous les cas ou pour un sous- ensemble de cas issus de sites de surveillance sentinelle. Les pays devront faire appel aux différentes composantes des systèmes de surveillance, notamment exploiter les réseaux de surveillance nationaux et mondiaux existants, tels que le Système mondial de surveillance de la grippe et de riposte (GISRS), ceux pour les maladies et affections à déclaration nationale obligatoire, les enquêtes des programmes de surveillance intégrée de la maladie et de riposte(2), la surveillance environnementale et la surveillance séroépidémiologique. Cette approche facilitera la surveillance de la propagation et de l’intensité de la transmission des virus respiratoires, y compris le SARS-CoV-2. À plus long terme, l’OMS collabore avec les États Membres pour renforcer encore la surveillance des virus respiratoires à potentiel épidémique et pandémique en tant que groupe, plutôt qu’individuellement. Cette approche prend acte qu’il est impossible de répondre aux besoins nombreux et complexes de la surveillance des virus respiratoires avec un seul système. Pour fournir une image complète du risque, de la transmission, de la gravité et de l’impact des virus respiratoires à potentiel épidémique et pandémique, les systèmes et les études de surveillance doivent être multiples et s’emboîter comme les carreaux d’une « mosaïque ». Le cadre mosaïque de surveillance des virus respiratoires (Mosaic Respiratory Surveillance Framework) de l’OMS a pour ambition d’aider les autorités nationales à : • déterminer les objectifs prioritaires de la surveillance des virus respiratoires et les meilleures approches pour les atteindre ; • élaborer des plans de mise en œuvre en fonction du contexte et des ressources nationales ; • hiérarchiser et cibler l’assistance technique et les investissements financiers nécessaires pour répondre aux besoins les plus urgents. 4. Renforcer la surveillance génomique du SARS-CoV-2 et des autres agents pathogènes à potentiel épidémique et pandémique Pour évaluer les changements des variants du SARS-CoV-2 et leurs caractéristiques virologiques, les stratégies de test de diagnostic et de notification de la COVID-19 devraient être liées à la surveillance génomique et à l’évaluation phénotypique (voir Organisation mondiale de la Santé. Orientations pour la surveillance des variants du SARS-CoV-2 : orientations provisoires (6), Operational considerations to expedite genomic sequencing component of GISRS surveillance of SARS-CoV-2, Stratégie mondiale de surveillance génomique des agents pathogènes à potentiel pandémique et épidémique, 2022-2032 (7) et Methods for the detection and characterisation of SARS-CoV-2 variants - second update)(8). Pour assurer la représentativité géographique, les méthodes d’échantillonnage nationales devraient permettre le séquençage des échantillons de personnes dont le test est positif, dans la mesure du possible. Il faut disposer de données de caractérisation génomique et phénotypique pour évaluer le risque posé par les variants du SARS-CoV-2, y compris pour l’exactitude des outils de diagnostic et l’efficacité des moyens médicaux de lutte, tels que les traitements et les vaccins contre la COVID-19. Ces données sont essentielles pour soutenir le travail du Groupe consultatif technique sur l’évolution du virus SARS-CoV-2 (TAG-VE) (9) Note d’orientation de l’OMS : surveillance de la COVID-19 -7- et du Groupe consultatif technique sur la composition des vaccins contre la COVID-19 (TAG-CO-VAC) (10), qui conseillent tous deux l’OMS dans le cadre de la riposte à la COVID-19. La mise en place et le maintien de systèmes de dépistage et de séquençage adaptés pour les agents pathogènes à potentiel épidémique et pandémique (7), sur le long terme, exigeront une volonté politique considérable, un financement pérenne et un savoir-faire. 5. Maintenir l’état de préparation opérationnelle pour faire face aux vagues de COVID-19 et d’autres agents pathogènes émergents ou réémergents Le renforcement des systèmes de lutte contre la COVID-19 ouvre la voie à une meilleure préparation aux pandémies liées à des agents pathogènes respiratoires, à condition que le système reste actif. Par le passé, la réduction progressive des programmes à mesure que la gravité d’un événement ou d’une épidémie s’atténuait s’est avérée maintes fois contreproductive. À la suite de précédentes situations d’urgence, les opérations de surveillance renforcées ont été interrompues prématurément, laissant les pays vulnérables face aux menaces connues et affaiblis dans leur capacité à détecter de nouvelles menaces émergentes. En conséquence, lors de la situation d’urgence suivante, les pays ont dû reconstituer les équipes, tirer à nouveau des enseignements et repenser les stratégies. Chaque pays a un profil de risque unique. Pour être mieux préparé aux futures urgences sanitaires, il faut disposer de plans opérationnels nationaux qui soient adaptés, réactifs et évolutifs, intégrant les enseignements tirés de la COVID-19 pour répondre aux besoins actuels et futurs (voir Preparedness and Resilience for Emerging Threats Module 1: Planning for respiratory pathogen pandemics. Version 1.0) (11) Plus que tout, il est conseillé aux pays d’adopter des politiques qui permettent de maintenir des opérations de surveillance agiles. Les autorités nationales et infranationales doivent évaluer leurs capacités de montée en puissance et identifier les ressources financières, logistiques et humaines nécessaires en cas de vague inattendue de la pandémie actuelle ou d’apparition d’une nouvelle vague. 6. Améliorer la mise en relation des données et continuer à partager les données et les expériences La surveillance et le séquençage, y compris le partage de données en temps réel, demeurent essentiels pour suivre les variants connus ou émergents et surveiller les tendances. Les pays doivent placer au premier rang des priorités l’intégration des données génomiques et clinico-épidémiologiques afin de permettre des évaluations fiables et rapides des risques, et le partage d’expériences afin de continuer à apprendre les uns des autres. Améliorer la mise en relation des données exige relativement peu d’investissements, mais présente des avantages considérables. La rapidité est essentielle pour guider l’élaboration et l’ajustement des politiques en temps réel. À l’heure actuelle, certaines parties du monde restent des angles morts en matière de surveillance. Le renforcement et la mise en réseau des capacités de surveillance nationales peuvent mettre en lumière des dangers potentiels avant que ceux-ci ne deviennent un problème majeur. Il est essentiel de communiquer ouvertement et franchement et d’être à l’écoute des préoccupations des communautés. L’OMS encourage ses États Membres à explorer des méthodes de travail plus innovantes et collaboratives dans le but de détecter les flambées à un stade précoce et de comprendre pleinement les risques et les vulnérabilités. À court terme, le monde a besoin de données de meilleure qualité sur l’histoire naturelle et la transmission du virus, de capacités renforcées de séquençage génomique et de davantage d’informations sur le réservoir animal. Note d’orientation de l’OMS : surveillance de la COVID-19 -8- Conclusion Le SARS-CoV-2 devrait continuer à circuler dans les années à venir. Il est essentiel de préserver les acquis obtenus dans le cadre du renforcement de la surveillance de la COVID-19 depuis 2020, notamment les avancées technologiques en matière de diagnostic et de surveillance génomique ainsi que le renforcement des réseaux et des partenariats. Même si les ressources de santé publique sont réaffectées à d’autres besoins urgents, les pays doivent conserver la souplesse ainsi que les activités de veille en santé publique nécessaires pour intensifier rapidement leurs efforts en réponse à la nature changeante de la menace pandémique. Références bibliographiques 1. Organisation mondiale de la Santé. Surveillance de la santé publique dans le contexte de la COVID- 19 : orientations provisoires, 22 juillet 2022. Genève : Organisation mondiale de la Santé ; 2022 (https://apps.who.int/iris/handle/10665/362517). 2. 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Orientations pour la surveillance des variants du SARS-CoV-2 : orientations provisoires, 9 août 2021. Genève : Organisation mondiale de la Santé ; 2021 (https://apps.who.int/iris/handle/10665/345912). 7. Organisation mondiale de la Santé. Stratégie mondiale de surveillance génomique des agents pathogènes à potentiel pandémique et épidémique, 2022-2032. Genève : Organisation mondiale de la Santé ; 2022 (https://apps.who.int/iris/handle/10665/364014). 8. World Health Organization. Regional Office for E, European Centre for Disease P, Control. Methods for the detection and characterisation of SARS-CoV-2 variants - second update, 21 June 2022. Copenhagen: World Health Organization. Regional Office for Europe; 2022 https://apps.who.int/iris/handle/10665/360875. 9. World Health Organization. Technical Advisory Group on SARS-CoV-2 Virus Evolution. 2023 (Technical Advisory Group on SARS-CoV-2 Virus Evolution (TAG-VE)) 10. World Health Organization. Technical Advisory Group on COVID-19 Vaccine Composition. 2023 (Technical Advisory Group on COVID-19 Vaccine Composition (who.int)) 11. World Health Organization. Preparedness and Resilience for Emerging Threats Module 1: Planning for respiratory pathogen pandemics Version 1.0. 2023 (Preparedness and Resilience for Emerging Threats Module 1: Planning for respiratory pathogen pandemics Version 1.0 (who.int)) © Organisation mondiale de la Santé 2023. Certains droits réservés. La présente publication est disponible sous la licence CC BY-NC-SA 3.0 IGO. WHO reference number: WHO/2019-nCoV/Policy_Brief/Surveillance/2023.1
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Note d’orientation de l’OMS : surveillance de la COVID-19, 11 avril 2023
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