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Le grand rattrapage : le plan de relance des vaccinations essentielles pour 2023 et au-delà

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Le Grand Rattrapage: Le plan de relance des vaccinations essentielles POUR 2023 ET AU-DELÀ ISBN (OMS) 978-92-4-007803-1 (version électronique) ISBN (OMS) 978-92-4-007804-8 (version imprimée) Publié par l’UNICEF Division de la communication mondiale et du plaidoyer 3 United Nations Plaza New York, NY 10017, É.-U. Contact : pubdoc@unicef.org Site Web : www.unicef.org Citation suggérée : Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF), Rapport annuel de l’UNICEF 2022 (New York, mai 2023) © Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) Photo de couverture : © UNICEF/UN0713621/Orina Le recul de la couverture vaccinale observée pendant la pandémie de COVID-19, combinée au retard des efforts de rattrapage depuis 2020, a engendré un déficit important et grandissant en matière de vaccination. Il y a un besoinurgent de combler cet écart et de permettre à des millions d'enfants non vaccinés de le devenir, limitant ainsi les impacts déjà apparents. Le plan de relance des vaccinations essentielles trace le chemin pour remettre la vaccination sur la bonne voie, en adoptant trois approches clés : Rattraper, Restaurer et Renforcer. Ce document fournit une description stratégique commune de cet effort coordonné entre l'OMS, l'UNICEF et Gavi, l'Alliance du vaccin et le Programme pour la vaccination à l'horizon 2030 (IA2030), pour supporter les pays à planifier et à mettre en œuvre des efforts intensifiés pour renforcer les programmes de vaccination en 2023 et au-delà. Le Grand Rattrapage: Le plan de relance des vaccinations essentielles POUR 2023 ET AU-DELÀ © U N IC E F/ U .S .C D C /U n0 6 69 6 6 3/ N el so n A po ch i O w oi ch o TABLE DES MATIÈRES Quel sera le cadre d’action ? 17 Quelles sont les mesures clés à prendre par les pays ? 18 Élaborer un plan sur mesure 19 Quelles tranches d’âge doivent faire l’objet de cet effort intensifié ? 21 Etablir une priorisation des vaccins pour le rattrapage et la relance ? 22 Le défi 8 Le coût de l’inaction 10 L’opportunité 12 La stratégie 14 Comment nous allons procéder 16 6LE GRAND RATTRAPAGE: LE PLAN DE RELANCE DES VACCINATIONS ESSENTIELLES POUR 2023 ET AU-DELÀ 6© UNICEF/U.S. CDC/UN0666575/Laxmi Prasad Ngakhusi 7Introduction Les années 2020 et 2021 de la pandémie de COVID-19 ont été marquées par le pire recul continu de la couverture vaccinale au niveau mondial depuis 30 ans. Cette baisse de la couverture a entraîné une augmentation de près de 40 % du nombre d’enfants « zéro dose » (non vaccinés) dans le monde, passant de 13,3 millions en 2019 à 18,2 millions en 2021. Il s’agit d’un revers majeur pour les programmes de vaccination et d’une urgence pour la survie de l’enfant au niveau mondial. . En tant que partenaires clés de la vaccination à l’échelle mondiale, nous proposons une stratégie ambitieuse mais vitale visant à rattraper les enfants non vaccinés, à restaurer la vaccination et à renforcer les progrès vers les objectifs mondiaux grâce à ce Plan de relance des vaccinations essentielles. Nous espérons rattraper le retard enregistré dans la vaccination des enfants manqués depuis 2019, en œuvrant de toute urgence pour combler les graves lacunes vaccinales. Notre objectif est de restaurer les services de vaccination - en comblant l’écart entre la couverture actuelle et la couverture pré-pandémique de 2019 au moins. Nous visons également à renforcer les systèmes de vaccination et de soins de santé primaires (SSP) - soutenant les pays à accélérer leurs progrès vers la réalisation des Objectifs de l’IA2030 et de Gavi, l’Alliance du Vaccin 5.1. Chaque pays est invité à évaluer son contexte spécifique et à prendre des mesures, le cas échéant, pour rattraper, restaurer et renforcer les vaccinations essentielles. Bien que le plan mette l’accent sur une action urgente, en particulier dans les pays comptant le plus grand nombre d’enfants « zéro dose » pour obtenir rapidement un impact mondial, il est essentiel d’agir dans tous les pays. 8LE GRAND RATTRAPAGE: LE PLAN DE RELANCE DES VACCINATIONS ESSENTIELLES POUR 2023 ET AU-DELÀ Le défi Des décennies de progrès de la vaccination ont été réduites à néant durant la pandémie, quand en 2021, la couverture vaccinale a chuté jusqu’à des niveaux jamais vus depuis 2005, résultant en un nombre alarmant d’enfants « zéro dose » dans le monde. Pendant que les services de vaccination ont été, sans aucun doute, affectés par la riposte à la pandémie, d’autres défis tels que la recrudescence des conflits, les crises économiques et les catastrophes naturelles ont exacerbé les barrières déjà existantes à l’accès de tous les enfants et adolescents à des vaccins vitaux. © U N IC E F/ U N 0 62 17 8 9/ S on i 9Un- and under vaccinated (millions) 6m additional unprotected children per year since 2019, including 5m zero dose Les estimations de l’OMS et de l’UNICEF sur la couverture vaccinale nationale (WUENIC) de 2022 ont révélé qu’un total de 25 millions d’enfants étaient non vaccinés ou sous-vaccinés en 2021 (défini par la première et la troisième dose vaccinale contre la diphtérie, la coqueluche et le tétanos, voir Figure 1). C’est 2 millions de plus qu’en 2020, et 6 millions de plus qu’en 2019. Alors que les causes du recul en 2020 et 2021 sont diverses, de nombreux facteurs influençant les programmes de vaccination ont été soit causés soit exacerbés par la pandémie. Entre 2021 et 2022, les pays ont distribué un nombre de doses de vaccin sans précédent dans le cadre du déploiement du vaccin contre la COVID-19, qui a battu tous les records. Cependant, les chaînes d’approvisionnement en vaccins, les systèmes de soins de santé primaires, le personnel de santé et les budgets nationaux ont été soumis à une pression sans précédent, en raison à la fois de la réponse à la pandémie et des perturbations plus générales qu’elle a créé. Malgré les efforts déployés pour assurer la continuité des services de vaccination de routine, la couverture des vaccins essentiels pour les enfants et les adolescents a pris du retard. Au niveau local, les communautés ont continué à être confrontées à une série d’obstacles liés à l’accès, notamment des facteurs sociaux, financiers et géographiques, ainsi que l’influence de la désinformation proliférante autour des vaccins. Des données récentes suggèrent que la confiance des communautés et la conviction de l’importance des vaccins pour les enfants se sont dégradées entre 2021 et 2022. Par ailleurs, l’augmentation des catastrophes climatiques et des crises socio-politiques apporte des obstacles supplémentaires pour atteindre les enfants « zéro dose ». Dans de nombreux pays, le statut vaccinal des enfants n’est pas suivi au-delà de l’âge de 2 ans. Souvent, les systèmes de notification ne permettent simplement pas de collecter des données sur les enfants en dehors de la tranche d’âge cible, ce qui complique considérablement l’estimation du nombre d’enfants « zéro dose » qui sont vaccinés après l’âge de 2 ans. La plupart des enfants plus âgés ne font pas partie des groupes d’âge cibles des programmes nationaux de vaccination et, bien que certains puissent être atteints par des campagnes de vaccination telles que les activités de vaccination supplémentaires (AVS), la plupart d’entre eux vont rester « zéro dose » en grandissant. En outre, les agents de santé peuvent être réticents à proposer des vaccinations de rattrapage aux enfants plus âgés dans le cadre des activités de routine, en raison de politiques et de pratiques restrictives. Cela signifie que, sans adaptations du programme pour cibler les enfants plus âgés, ces derniers resteront « zéro-dose » et constitueront des lacunes croissantes en termes de couverture vaccinale de la population, qu’il sera de plus en plus difficile de combler. Figure 1 : Couverture mondiale de DTC1 et DTC3 et nombre d’enfants sans DTC1 et DTC3, 2000 à 2021 0 10 20 30 40 50 60 0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100 2000 2005 2010 2015 2019 2021 86% 2005 90% 86% 2019 87% 83% 2020 86% 81% 2021 Zero doses of DTP Missing dose-3 of DTP DTP–1 DTP–3 81% 2009 Global DTP Coverage (%) Un- and under vaccinated (millions) 10 LE GRAND RATTRAPAGE: LE PLAN DE RELANCE DES VACCINATIONS ESSENTIELLES POUR 2023 ET AU-DELÀ Le coût de l’inaction Nous constatons déjà les effets cumulés de la baisse de la couverture et du retard des activités de rattrapage, avec des flambées de maladies évitables par la vaccination (MEV), la perte de bénéfices économiques substantiels et des millions d’enfants et d’adolescents inutilement exposés au risque des maladies évitables et à la mort. © U N IC E F/ U N 05 70 02 4/ H og sh ol t 11 En 2022, 33 pays ont fait état d’épidémies de rougeole importantes et perturbatrices, comparativement à 22 pays en 2021. Nous risquons également de compromettre notre capacité à éradiquer la polio à l’échelle mondiale, un objectif pour lequel la vaccination est un outil central et l’amélioration de la couverture est essentielle. La propagation continue du poliovirus sauvage (PVS) et du poliovirus circulant dérivé d’une souche vaccinale (PVDVc) constitue un revers inquiétant pour l’initiative mondiale d’éradication de la poliomyélite. Les deux derniers pays endémiques, le Pakistan et l’Afghanistan, rapportent un nombre croissant de cas, tandis que le PVS a été réintroduit et a déclenché des épidémies au Malawi et au Mozambique. Plusieurs pays d’Afrique continuent de connaître des épidémies de PVDVc, tandis que des cas et des détections positives dans l’environnement ont été signalés sur le continent américain et en Europe en 2021 et 2022. Chaque cas de polio, sauvage ou dérivé du vaccin, est dû à une couverture vaccinale insuffisante. Une résurgence de la diphtérie a également été signalée, avec des foyers au Bangladesh, au Népal, au Pakistan, au Venezuela et au Yémen. Ces événements nous rappellent que personne n’est à l’abri des MEV tant que tout le monde ne l’est pas. Pour les enfants, les adolescents et les familles, les bénéfices de la vaccination sont indéniables. La vaccination reste l’un des outils de santé publique les plus efficaces au monde. Il est estimé qu’en 2021, la mortalité infantile aurait été de 45 % plus élevée sans la vaccination des enfants.1 La vaccination aura permis de sauver environ 67 millions de vies entre 2000 et 2030.2 La baisse de la couverture vaccinale représente 1 . Xiang Li, PhD et al. (2021). https://doi.org/10.1016/S0140-6736(20)32657-X 2 . Ibid. 3 . Chang, A.Y., et al., ‘The Equity Impact Vaccines May Have On Averting Deaths And Medical Impoverishment In Developing Countries’, Health Aff (Millwood), 2018 Feb;37(2):316-324. doi: 10.1377/hlthaff.2017.0861. PMID: 29401021. également une perte économique importante pour les familles, les communautés et les pays. Vacciner un enfant épargne à sa famille les coûts de traitement et de transport, ainsi que les pertes de salaire et de productivité des parents en raison de l’invalidité et du décès. L’impact cumulé de ces pertes potentielles est important. La modélisation montre que la vaccination permet de d’éviter à 24 millions de foyers de tomber dans la pauvreté entre 2016 et 2030 en évitant de payer les frais médicaux qu’entraînent les maladies évitables par la vaccination, soit l’équivalent de 9 % des foyers vivant sous le seuil de pauvreté en 2013.3 Au niveau des pays, on estime que les pays à revenu faible ou intermédiaire bénéficient d’un retour sur investissement d’au moins 21 dollars pour chaque dollar investi dans les vaccins. Ce qui représente l’un des retours sur investissement les plus importants de tous les outils de santé publique. En outre, la vaccination est souvent au cœur de la réponse aux urgences sanitaires et aux pandémies. Le control des épidémies à un stade précoce dépend des services de vaccination résilients et d’une couverture vaccinale capable de résister aux chocs sanitaires et de l’intensification rapide de la réponse. Tout en reconnaissant les efforts et les résultats significatifs des programmes de vaccination en réponse à l’épidémie de COVID-19, la pandémie a mis en évidence des faiblesses systémiques des systèmes de vaccination. Faute d’investir aujourd’hui dans les systèmes de santé, qui sont essentiels à la portée et à l’impact de la vaccination, nous ne serons que moins bien préparés à la prochaine épidémie ou pandémie. 12 LE GRAND RATTRAPAGE: LE PLAN DE RELANCE DES VACCINATIONS ESSENTIELLES POUR 2023 ET AU-DELÀ L’opportunité Today, as a global community, we have a unique opportunity for catalytic action on immunization. Through IA2030, we have defined a framework for action to rebuild immunization services, and we can accelerate the impact of this action by focusing our efforts where zero-dose children are concentrated. We can harness the momentum for immunization generated through the COVID-19 pandemic response and build on the steps countries have begun taking to address declining coverage and recover health systems under stress. © U N IC E F/ U .S .C D C /U N 07 6 03 35 /U lit If an sa st i 13 Aujourd’hui, nous avons, en tant que communauté mondiale, une opportunité unique de mener une action catalytique en faveur de la vaccination. Par le biais de l’IA2030, nous avons défini un cadre d’action pour restaurer les services de vaccination. Nous pouvons accélérer l’impact de cette action en ciblant nos efforts où les enfants « zéro dose » sont concentrés. Nous pouvons exploiter la dynamique en faveur de la vaccination générée par la réponse à la pandémie de COVID-19 et nous appuyer sur les mesures que les pays ont commencé à prendre pour faire face à la baisse de la couverture vaccinale et restaurer les systèmes de santé en difficulté. Avec l’atténuation de l’intensité de la réponse initiale à l’épidémie, les programmes peuvent désormais consacrer plus de temps, de ressources et d’attention à d’autres activités de vaccination. Il reste en effet d’importantes ressources financières dans de nombreux pays, notamment des fonds non dépensés au titre de la réponse à l’épidémie de COVID-19. Les pays peuvent éventuellement réaffecter les fonds non dépensés aux systèmes de vaccination essentiels et tirer parti des investissements consentis en réponse à l’épidémie de COVID-19, notamment ceux destinés à l’intégration du vaccin COVID-19, pour renforcer simultanément les programmes de vaccination essentiels. Cette dynamique de rattrapage offre également une opportunité unique pour la standardisation et l’intégration de la vaccination des enfants plus âgés dans les systèmes et programmes de vaccination de routine. Même si les recommandations mondiales, régionales et nationales en faveur de la vaccination des enfants de plus de 2 ans et d’autres cibles spécifiques existent depuis longtemps, l’engagement requis pour adapter les politiques et les programmes n’a pas été pris. Alors que les pays s’efforcent d’adapter les politiques, la planification, les systèmes et la programmation pour rattraper les enfants non vaccinés pendant la pandémie, ces changements permettront de surmonter de nombreux obstacles à la vaccination des enfants plus âgés, même au-delà de cette période de relèvement. Les pays peuvent s’appuyer sur ces efforts pour prendre les mesures supplémentaire et faire du rattrapage des enfants plus âgés un aspect systématique des efforts globaux visant à atteindre les enfants « zéro dose » et les communautés omises. De nombreux pays ont déjà pris d’importantes mesures pour remédier à la baisse des taux de couverture de vaccinations essentielles. En mars 2023, 17 pays accusaient encore du retard dans la mise en œuvre de campagnes à cause de l’épidémie de COVID-19, représentant une réduction substantielle par rapport aux 66 pays qui faisaient état de retards en mai 2020. Ces pays peuvent encore consolider leurs progrès. Tout d’abord, en intégrant des stratégies de rattrapage pour inclure plusieurs antigènes dans les activités prévues. Ensuite, en étendant l’âge des enfants ciblés pour permettre le rattrapage des enfants non vaccinés pendant la pandémie, en intégrant le rattrapage des enfants non vaccinés dans des stratégies à plus long terme et en identifiant et en investissant dans le renforcement des vaccinations essentielles pour délivrer durablement. De nombreux pays sont également engagés dans la planification stratégique et la définition des priorités, en élaborant leur stratégie nationale de vaccination (SNV) et, ensuite, leurs demandes auprès de Gavi et les processus de planification pour financer leur SNV. Ces pays peuvent intégrer et prendre en compte les stratégies de rattrapage, de restauration et de renforcement comme éléments constitutifs de ces documents. Pour tous les pays, l’attention politique et l’intérêt des donateurs en faveur de la vaccination suscités par l’épidémie de COVID-19 constituent une opportunité majeure. Utilisée à bon escient, cette attention peut être mise à profit pour soutenir nos objectifs collectifs : réduire les lacunes immunitaires, atteindre les enfants « zéro dose », prévenir les grandes flambées épidémiques et sauver des vies. Il est essentiel de profiter de la dynamique mondiale pour avancer rapidement. 14 LE GRAND RATTRAPAGE: LE PLAN DE RELANCE DES VACCINATIONS ESSENTIELLES POUR 2023 ET AU-DELÀ La stratégie Notre stratégie s’articule autour de trois objectifs clés : RATTRAPER  Atteindre les enfants qui n’ont pas été vaccinés au cours de la période 2019- 2022, en partie à cause de la pandémie, et leur administrer tous les vaccins manquants. RESTAURER Restaurer les taux de couverture vaccinale pour la cohorte de naissance actuelle en 2023 au moins aux niveaux de 2019. RENFORCER Renforcer les systèmes de vaccination dans le cadre des approches de soins de santé primaires, afin d’améliorer la résilience des programmes et d’atteindre plus rapidement les enfants « zéro dose », conformément aux buts et aux cibles de l’IA2030 et de Gavi 5.1. 1 2 3 © U N IC E F/ U N 07 6 6 6 31 /D uf f 15 Le premier objectif est axé sur les mesures à prendre pour atteindre les plus de 86 millions d’enfants qui n’ont pas reçu les vaccins essentiels entre 2019 et 2022, parmi eux environ 61 millions n’ont reçu aucune dose. Tous les pays n’ont pas repris les activités suspendues, notamment les campagnes, et toutes les activités prévues n’ont pas été mises en œuvre. Cet objectif vise à combler urgemment les lacunes qui persistent dans l’immunité des individus et des populations des cohortes de naissance précédentes, qui se sont accrues de mois en mois depuis le début de l’année 2020. Pour cela, nous devons intensifier nos efforts durant 2023 afin d’atteindre rapidement ces enfants non vaccinés à l’aide de stratégies de routine autant que possible et, le cas échéant, accompagner ces approches de campagnes bien planifiées et bien exécutées. Le second objectif consistera en une première impulsion en 2023 pour restaurer rapidement la couverture au sein des cohortes de naissance actuelles et futures. Cela permettra de doubler les investissements en cours pour restaurer les services de vaccination à la suite des perturbations causées par la pandémie au cours des années suivantes, afin de rétablir et de maintenir les niveaux de couverture. Le troisième objectif reconnaît le rôle essentiel des soins de santé primaires dans l’établissement de liens durables avec les communautés et les systèmes de santé résilients face aux pandémies et autres crises. Cela dépendra de programmes de vaccination novateurs et repensés qui déploient des stratégies adaptées aux contextes uniques des communautés « zéro dose ». Pour atteindre ces objectifs, nous nous appuyons sur sept principes clés : • Urgence – chaque enfant entièrement vacciné et protégé est une réussite.  • Équité – axer les efforts sur les zones et les communautés qui comptent le plus grand nombre d’enfants non vaccinés ou qui sont confrontées à des obstacles persistants ou majeurs d’accès, aligner les efforts sur une programmation « zéro dose ». plus large et veiller à ce que les approches tiennent compte des spécificités des hommes et des femmes.  • Simplicité – utiliser des stratégies simples, orientées vers l’action, en s’appuyant sur les plans existants le cas échéant, et reprogrammer les fonds existants.   • Efficacité – tirer parti de toutes les activités de vaccination planifiées (campagnes, intensification périodique de la vaccination de routine [IPVR], service mobile) et intégrer autant que possible avec tous les services de santé essentiels dans le cadre des soins de santé primaires.   • Durabilité – mettre en place des systèmes et des capacités permettant d’assurer une vaccination de rattrapage continue grâce au système de santé sur le long terme et ne recourir aux campagnes que lorsqu’elles sont inévitables, en les intégrant et en les ciblant autant que possible.   • Partenariat - engager des partenaires élargis et des intervenants du secteur de la santé et au-delà à contribuer à la promotion et à la mise en œuvre de la vaccination.  • Centrée sur la communauté et l’utilisateur - adapter l’intervention pour faciliter l’accès et maximiser l’utilisation, en travaillant en étroite collaboration avec les communautés et les organisations de la société civile.  Nous soulignons qu’il est important que tous les pays s’efforcent à rattraper leur retard et à restaurer et renforcer les vaccinations essentielles. Cependant, l’accent est mis, en particulier en 2023, sur les 20 pays qui représentaient 78 % (plus de 14,2 millions) de tous les enfants « zéro dose » dans le monde en 2021 : Afghanistan, Angola, Brésil, Cameroun, Tchad, République démocratique du Congo, République démocratique populaire de Corée, Éthiopie, Inde, Indonésie, Madagascar, Mexique, Mozambique, Myanmar, Nigeria, Pakistan, Philippines, Somalie, République-Unie de Tanzanie et Viêt Nam. Au niveau régional, d’autres pays peuvent faire l’objet d’efforts, en appliquant les mêmes critères de nombre élevé d’enfants « zéro dose » ou en s’appuyant sur des indicateurs tels que les niveaux de couverture nationale. Grâce à cette stratégie, nous reviendrons à la trajectoire nécessaire pour atteindre les objectifs annuels et de fin de décennie de l’IA2030, qui prévoient de réduire de moitié le nombre d’enfants « zéro dose » d’ici à 2030, sur la base du chiffre référence de 14 millions d’enfants « zéro dose ». Cela nous permettra également d’atteindre d’autres objectifs mondiaux. Les objectifs de Gavi 5.1 prévoient une réduction de 25 % du nombre d’enfants « zéro dose » d’ici à 2025, à mi-parcours de la décennie. Bien que tous les pays ne soient pas éligibles au programme Gavi, l’objectif de renforcer les systèmes de santé pour atteindre les enfants sous-vaccinés et « zéro dose » est pertinent pour tous les pays. La vaccination contribuera énormément à l’atteinte des Objectifs de développement durable en réduisant la mortalité infantile et en améliorant l’accès à la santé, le niveau d’éducation et la réduction de la pauvreté. 16 LE GRAND RATTRAPAGE: LE PLAN DE RELANCE DES VACCINATIONS ESSENTIELLES POUR 2023 ET AU-DELÀ Comment nous allons procéder © U N IC E F/ U N 0 6 62 87 0/ Ti ba w es w a 17 QUEL SERA LE CADRE D’ACTION ? S’appuyer sur les bonnes pratiques et les leçons tirées de la gestion des initiatives mondiales pour la santé et aux principes fondamentaux de l’Alliance Gavi pour les vaccins, la planification et la mise en œuvre du Plan de relance des vaccinations essentielles favoriseront le principe de l’appropriation nationale et le rôle central des gouvernements dans la coordination du processus, de l’identification et la gestion des goulots d’étranglement, ainsi que de la mobilisation des partenaires. Ces principes seront appliqués aux cadres d’action de tous les pays, même ceux qui ne sont pas éligibles au support de GAVI. Le processus de planification et de mise en œuvre sera donc soutenu par une approche « Un plan unique, Un budget unique et Une équipe unique », avec une attention centrée sur l’action opérationnelle dans le pays. • Une équipe unique : Avec les gouvernements jouant un rôle central dans la stratégie et la planification, les partenaires soutiendront en toute transparence les ambitions et les plans des pays en vue de restaurer la vaccination. Dans les pays éligibles, Gavi fournit un cadre et une structure d’action. L’UNICEF et l’OMS apportent un soutien technique, politique, de coordination et de plaidoyer selon leurs domaines d’expertise et de responsabilité. Le secrétariat de Gavi, la Fondation Bill & Mélinda Gates, les CDC des États-Unis et la Banque mondiale, en qualité de partenaires clés, ainsi qu’une série de partenaires locaux et élargis, participeront au soutien coordonné apporté aux pays pour l’élaboration de leurs plans, en fonction des attributions et des capacités de chaque organisation. Dans les pays éligibles et non éligibles au programme GAVI, les capacités techniques de l’UNICEF et de l’OMS aideront les gouvernements à coordonner la conception, la mise en œuvre et le suivi du plan, et à réunir tous les partenaires concernés, afin d’exploiter et de renforcer les mécanismes de coordination existants, notamment les comités de coordination interagences pour la vaccination, les groupes de travail techniques pour la vaccination et les groupes techniques consultatifs pour la vaccination. • Un plan unique : Les partenaires appuieront les pays prioritaires à intégrer des activités de rattrapage, de restauration et de renforcement à partir de 2023 dans le cadre des stratégies nationales de vaccination, si possible, et des plans opérationnels annuels. Le cas échéant, la planification et la mise en œuvre au niveau national s’appuieront sur la Planification du portefeuille complet de Gavi, les demandes à la Banque mondiale et d’autres processus de planification pertinents, notamment l’alignement sur les plans et stratégies de santé au niveau national. L’intégration avec la planification et la programmation -déjà existantes est essentielle pour garantir une utilisation efficace des ressources et des efforts. • Un budget unique : Les plans seront chiffrés et le budget sera posté dans le financement du pays, tant domestique qu’externe. Les gouvernements seront encouragés à tirer parti des ressources existantes, telles que le renforcement des systèmes de santé de Gavi, les fonds d’accélération de l’équité de Gavi, le soutien à la distribution des vaccins COVID, les fonds COVID-19 non dépensés de la Banque mondiale et d’autres fonds de donateurs qui peuvent être utilisés, reprogrammés ou réaffectés aux activités de rétablissement. Tout déficit de financement sera estimé afin d’éclairer le plaidoyer et la mobilisation des ressources. • Soutien au niveau mondial et régional : L’UNICEF, l’OMS et les partenaires, aux niveaux mondial et régional, fourniront une assistance technique supplémentaire aux pays, le cas échéant et sur demande, ainsi qu’une assistance technique pour la planification, la mise en œuvre et le suivi au niveau national. Les mécanismes de l’IA2030 seront utilisés pour coordonner le plaidoyer au niveau mondial, le soutien à la mobilisation des ressources et l’assistance technique concertée. • Engagement des leaders politiques : L’UNICEF, l’OMS et les partenaires s’efforceront de mobiliser les plus hauts responsables politiques des pays et des organisations régionales pour qu’ils investissent dans la rétablissement des programmes de vaccination. Ce leadership politique est également nécessaire de la part des pays donateurs, qui ont fait preuve d’une solidarité et d’un engagement forts et inébranlables dans le cadre des efforts de vaccination contre l’épidémie de COVID-19. 18 LE GRAND RATTRAPAGE: LE PLAN DE RELANCE DES VACCINATIONS ESSENTIELLES POUR 2023 ET AU-DELÀ QUELLES SONT LES MESURES CLÉS À PRENDRE PAR LES PAYS ? Chaque pays a besoin d’une réponse adaptée et spécifique axée sur le rattrapage, la restauration et le renforcement des programmes de vaccination, grâce à une approche de renforcement des systèmes et à des mesures d’urgence, le cas échéant. Cela signifie pour les pays d’envisager aussi bien des efforts à court terme, avec des actions visant à résoudre des questions immédiates, que des démarches continues visant à surmonter les obstacles systémiques et les contraintes à la performance des programmes. Bien qu’il soit urgent de combler les lacunes immunitaires accumulées depuis 2019, l’accent ne doit pas être exclusivement mis sur des solutions à court terme. Il est essentiel de construire des systèmes plus performants et plus résilients pour permettre aux programmes de vaccination d’atteindre durablement les communautés non couvertes et les enfants « zéro dose » et de résister aux chocs et interruptions inévitables à l’avenir, grâce à un meilleur suivi des enfants non vaccinés et à la possibilité d’une vaccination de rattrapage, même pour les enfants plus âgés dans le cadre des programmes réguliers de vaccination.  Les pays devront déterminer le bon équilibre des mesures à prendre en fonction de leur situation. Certains pays peuvent avoir pris des mesures suffisantes au cours des deux années précédentes pour restaurer les niveaux de couverture pour les nouvelles cohortes de naissance. Cependant, il est possible que les enfants non vaccinés n’aient pas encore été rattrapés, et les efforts en cours visant à renforcer les systèmes pour atteindre les objectifs de l’IA2030 seront pertinents pour tous les pays. En outre, trop peu de pays disposent d’environnements politiques et programmatiques favorables permettant de vacciner les enfants lorsqu’ils ne font plus partie de la cohorte d’âge standard. L’engagement mondial et les efforts de rattrapage offrent aux pays une occasion unique de régulariser et d’intégrer cette pratique dans leurs programmes de vaccination de routine. Activités à court terme :  Des efforts continus pour mettre en place un système de rattrapage pérenne : Établir une politique et un calendrier de vaccination de rattrapage. Intensifier les efforts de vaccination de rattrapage et la vaccination des enfants “zéro dose” dans le cadre de la vaccination de routine (par ex. rappels massifs, intensification du suivi des enfants non vaccinés et service mobile élargie). Mener des campagnes ciblées et sélectives d’intensification de la vaccination multi-antigénique (IPVS).  Mener les AVS nécessaires pour un ou plusieurs antigènes, quel que soit le statut vaccinal de l’individu. Mettre en œuvre et intégrer les politiques et les calendriers de vaccination de rattrapage dans les activités de routine. Assurer un suivi rigoureux des nouveau-nés et des enfants non vaccinés.   Vérifier le carnet de vaccination à chaque visite médicale (vaccination et autres soins de santé) ; référer ou fournir des doses de rattrapage (par ex. mettre en œuvre des stratégies visant à réduire les occasions manquées de vaccination (OMV)). Mener des activités d’IPVS qui permettent de vérifier l’éligibilité et d’enregistrer les doses.   Inclure des possibilités de rattrapage au niveau d’autres points de contact (par ex. contrôle des vaccinations à la crèche et à l’entrée à l’école). 19 ÉLABORER UN PLAN SUR MESURE Alors que les pays réfléchissent aux moyens d’entreprendre des efforts de rattrapage, de restauration et de renforcement, ils ne doivent pas dupliquer les activités et les stratégies existantes susceptibles de soutenir le rattrapage et le relèvement. Par exemple, les pays qui ont élaboré des plans d’intensification pour 2023 doivent réfléchir à la façon dont ces plans serviront leur programme de rattrapage, ce qui peut inclure l’adaptation des plans pour couvrir les enfants plus âgés plutôt que l’élaboration de plans parallèles. Lorsque les pays sont engagés dans des activités importantes autour d’un vaccin particulier, comme la relance du vaccin anti- HPV, il est peu probable qu’ils aient besoin ou qu’ils jugent utile de créer des activités supplémentaires dans le cadre de leur plan de rattrapage et de relance pour ce vaccin, mais des efforts particuliers pour d’autres antigènes et d’autres groupes d’âge peuvent être justifiés.   La plupart des pays peuvent adapter les étapes présentées dans le Tableau 1 pour faciliter l’élaboration d’un Plan de rattrapage et de relance sur mesure. À l’exception de la première et de la sixième étape, les pays prendront l’initiative d’élaborer des plans. Les équipes de l’OMS et de l’UNICEF au niveau pays, régional et du Siège apporteront leur soutien tout au long des processus de planification et de mise en œuvre. L’engagement résolu des pays sera un élément clé des étapes 1 et 6, dont la responsabilité incombera à l’OMS et à l’UNICEF. Le niveau de soutien et les activités spécifiques que chaque agence soutiendra dépendront des domaines d’avantage comparatif et du contexte du pays. Dans les pays éligibles au programme Gavi, le secrétariat de Gavi fournira des directives relatives au soutien qu’il peut apporter aux plans de rattrapage et de relance, conformément au statut d’éligibilité de chaque pays. © UNICEF/UN0284429/Fadhel 20 Mesures suggérées au niveau national pour soutenir un plan de rattrapage sur mesure, ainsi que la relance et le renforcement des programmes de vaccination Plaidoyer et consensus L’OMS et l’UNICEF (les représentants dans les pays) doivent informer et consulter conjointement le ministère de la Santé.  Analyser l’ambition du gouvernement visant à intensifier les efforts de vaccination en 2023 et encourager un programme politique de haut niveau pour aborder cette question lors d’un événement national majeur.  Déterminer des stratégies de rattrapage des enfants non vaccinés Élaborer des stratégies de vaccination de rattrapage pour les enfants qui n’ont pas été vaccinés entre 2019 et 2022, en :   Formuler une politique de vaccination de rattrapage (si celle-ci n’existe pas encore) par l’intermédiaire du GTCV et mettre en œuvre cette politique ainsi que les calendriers de vaccination de rattrapage recommandés, adaptés aux antigènes, pour la vaccination au-delà de 2 ans (conformément aux directives de l’OMS), en s’appuyant sur le soutien de l’OMS pour des conseils techniques, le cas échéant. Examiner les données disponibles pour fixer des objectifs et atteindre un nombre suffisant d’enfants non vaccinés pendant la pandémie afin de renforcer l’immunité de la population et d’éviter les épidémies de MEV.  Modifier les systèmes d’enregistrement et de communication des données pour faciliter la vaccination de rattrapage, en particulier pour les enfants âgés de plus de deux ans, notamment en examinant les opportunités de recourir à l’innovation pour améliorer la précision et la rapidité de la communication des données. Sélectionner des indicateurs et définir un plan de suivi des progrès. Intégrer plusieurs stratégies pour identifier et atteindre les enfants non vaccinés, notamment grâce à l’intensification des activités de vaccination (par ex. IPVS) et à des efforts systématiques pour réduire les occasions manquées de vaccination (OMV) lors de tous les contacts avec les services de santé - voir les FAQ.  Ajuster les prévisions des vaccins et le suivi des stocks aux niveaux national, infranational et des établissements de santé afin de garantir la disponibilité et l’approvisionnement en vaccins pour les activités de rattrapage intensifiées et pour la vaccination de rattrapage régulière à long terme par le biais de la vaccination de routine, en particulier pour les enfants âgés de plus de 2 ans.  Renforcer les connaissances du personnel de santé afin qu’il puisse planifier et effectuer des vaccinations de rattrapage conformément à la politique nationale.   Explorer les améliorations à apporter aux stratégies de prestation de services dans les sites fixes, en mettant l’accent sur l’accès des utilisateurs (par ex. s sessions de vaccination nouvelles et élargies), et favoriser la collaboration intersectorielle pour soutenir l’identification des enfants « zéro dose ».      Adapter la communication et l’engagement communautaire pour renforcer le soutien à la vaccination de rattrapage. Mettre en place une équipe de contrôle et de gestion Le ministère de la Santé doit mettre en place et diriger un mécanisme de contrôle (groupe de travail ou mise à profit des mécanismes existants comme ICC, HSCC) afin de coordonner, d’identifier et mobiliser les ressources, et de suivre les progrès accomplis avec les partenaires locaux.  Mobiliser le soutien des régions et du Siège Identifier les actions au niveau régional et du Siège qui faciliteront la mise en œuvre (par ex. plaidoyer politique, soutien au suivi des données, suivi des progrès et des indicateurs, coordination par l’intermédiaire des groupes de travail régionaux).  2 3 4 Déterminer des stratégies pour rétablir et renforcer les programmes de vaccination Élaborer des stratégies pour restaurer les performances du programme de vaccination au moins au niveau de 2019, et pour renforcer les performances du programme afin d’atteindre et de vacciner complètement les enfants « zéro dose ». Tirer parti, autant que possible, des efforts de planification nationale en cours - tels que les processus d’élaboration des SNV et les séminaires nationaux connexes - afin de garantir le soutien de multiples intervenants. Identifier et combler les lacunes en termes de ressources financières et humaines Estimer le coût descomposantes de rattrapage, de restauration et de renforcement du plan, ou les plans existants dans lesquels elles ont été intégrées. Identifier les besoins financiers et examiner comment les fonds sous-utilisés (par ex. fonds nationaux, Banque mondiale, Gavi, Fonds mondial) peuvent être réaffectés à la restauration, au renforcement et au rattrapage. Rechercher des ressources supplémentaires si nécessaire. Examiner, en coordination avec le Senior Country Manager (SCM) de Gavi, le cas échéant, comment les ressources de Gavi peuvent être utilisées pour soutenir ces ambitions. Estimer les lacunes en ressources (humaines et financières) pour mettre en œuvre les plans et les communiquer aux bureaux régionaux de l’OMS et de l’UNICEF/GTR ainsi qu’au SCM.  5 6 1 21 QUELLES TRANCHES D’ÂGE DOIVENT FAIRE L’OBJET DE CET EFFORT INTENSIFIÉ ? Les enfants zéro-dose et sous-vaccinés de 2019-2022 auront entre 1 et 5 ans en 2023. Par conséquent, les politiques nationales doivent garantir la vaccination de rattrapage de tous les enfants âgés de moins de 5 ans pour les vaccins recommandés, et des efforts intensifiés doivent être déployés pour atteindre rapidement ces enfants afin de combler cette lacune. Nous reconnaissons également qu’il reste des enfants des cohortes de 2018 et antérieures qui sont toujours non ou sous-vaccinés et qui continuent d’être exposés aux maladies, même s’ils sont âgés de plus de 6 ans. Ces enfants forment le déficit immunitaire des plus âgés qui contribue à l’apparition d’agents pathogènes tels que la rougeole, la fièvre jaune, la diphtérie et la poliomyélite. Dans la mesure du possible et si les ressources le permettent, les efforts de rattrapage peuvent inclure des enfants plus âgés et doivent être considérés comme une partie intégrante de la vaccination essentielle, adaptée aux données et à la situation épidémiologique du pays. © UNICEF/UN0469124/Dejongh 22 LE GRAND RATTRAPAGE: LE PLAN DE RELANCE DES VACCINATIONS ESSENTIELLES POUR 2023 ET AU-DELÀ ETABLIR UNE PRIORISATION DES VACCINS POUR LE RATTRAPAGE ET LA RELANCE ? 4 . https://www.who.int/publications/m/item/table-3-who-recommendations-for-routine-immunization. 5. https://www.who.int/fr/publications/i/item/9789240016514 6. https://www.who.int/fr/publications-detail/WHO-IVB-17.03 Même si les recommandations de l’OMS indiquent clairement que pour la plupart des antigènes, à quelques exceptions près, il est préférable de vacciner tard que jamais, les pays doivent établir des priorités et adapter leurs stratégies de rattrapage. 1. Pour faire face au risque croissant d’épidémies, les antigènes les plus urgents sont la rougeole/ rubéole, la polio, la diphtérie, la fièvre jaune et le méningocoque A. 2. Le tétanos, l’hépatite B et le VPH sont déterminants pour les risques futurs à mesure que les enfants grandissent et doivent également être traités en urgence afin d’atteindre et de protéger les individus avant leur exposition. Par conséquent, les programmes doivent penser à accorder la priorité aux stratégies permettant d’atteindre rapidement les enfants avec les vaccins RR, Polio (VPO/ VPI), Pentavalent, HPV, YF et MenA (le cas échéant). En ce qui concerne le VPH, de nombreux pays se sont engagés dans un programme distinct et ambitieux de relance des efforts de vaccination. Il s’agit de pays dont la couverture vaccinale contre le VPH n’est pas optimale, notamment ceux qui ont enregistré un recul pendant les années de la pandémie, de pays qui ne procèdent pas encore à la vaccination mais qui s’apprêtent à introduire le vaccin et, pour tous les pays, d’envisager un programme de vaccination à dose unique. Les pays engagés dans de tels efforts de relance du VPH par l’intermédiaire de Gavi ou d’autres mécanismes indépendants doivent s’efforcer de poursuivre le rattrapage du VPH par ces canaux, notamment le rattrapage MAC jusqu’à l’âge de 18 ans dans certains cas. Pour tous les vaccins précités, ainsi que pour d’autres antigènes (par ex. rotavirus, pneumocoques), et en plus de toute activité de masse ou ciblée si nécessaire, tous les pays doivent prévoir des opportunités de rattrapage de ces vaccins dans le cadre de la prestation de services de routine, conformément aux politiques nationales, et veiller à ce que des calendriers de rattrapage clairs soient élaborés, si ce n’est pas déjà le cas. Des informations supplémentaires sur les recommandations relatives aux vaccinations de rattrapage sont disponibles dans les « Recommandations pour la vaccination interrompue ou retardée - Résumé des notes de synthèse de l’OMS ».4 Pour obtenir des directives sur les stratégies de vaccination de rattrapage, les pays peuvent consulter le document de l’OMS « Ne laisser personne de côté : Directives pour la planification et la mise en œuvre de la vaccination de rattrapage ».5 Nous recommandons aux pays de demander à leurs GTCV de consulter ces outils, examiner leurs politiques nationales de PEV et élaborer des calendriers nationaux de rattrapage du PEV basés sur les antigènes.  • Pour les pays qui vivent ou risquent de vivre des situations d’urgence humanitaire à la suite d’un conflit, d’une catastrophe naturelle ou pour d’autres raisons, les politiques et la mise en œuvre de la relance et du renforcement des vaccins sont essentielles pour protéger les populations. Le document de l’OMS « Vaccination en situation d’urgence humanitaire aiguë : un cadre pour la prise de décision »6 décrit une approche fondée sur des preuves qui peut être adaptée pour contribuer à la priorisation des vaccins et des stratégies de rattrapage, notamment : • L’évaluation épidémiologique des risques (immunité de la population, charge de morbidité). • La prise en compte de la logistique des vaccins et des facteurs opérationnels (par ex. disponibilité de l’approvisionnement, financement). • Même si cette ressource a été conçue pour être utilisée dans des situations d’urgence, le cadre de priorisation peut être adapté pour la prise de décision. 23 © UNICEF/UN0487611/Dejongh Le Grand Rattrapage: Le plan de relance des vaccinations essentielles POUR 2023 ET AU-DELÀ

Основные сведения
Тип документа Publications
Дата принятия
Источник Всемирная организация здравоохранения