© WHO © WHO © WHO COMITÉ RÉGIONAL DE L’EUROPE, SOIXANTE-QUATRIÈME SESSION Copenhague (Danemark), 15-18 septembre 2014 Conférence internationale commémorant le 35e anniversaire de la Déclaration d’Alma-Ata de l’OMS et de l’UNICEF sur les soins de santé primaires OMS © OMS © OMS ORGANISATION MONDIALE DE LA SANTÉ • BUREAU RÉGIONAL DE L’EUROPE UN City, Marmorvej 51, DK-2100 Copenhague Ø, Danemark Téléphone : +45 45 33 70 00 Fax : +45 45 33 70 01 Courriel : governance@euro.who.int Site Web : http://www.euro.who.int/fr/who-we-are/governance Comité régional de l’Europe EUR/RC64/10 Soixante-quatrième session Copenhague (Danemark), 15-18 septembre 2014 9 juillet 2014 140450 Point 5 b) de l’ordre du jour provisoire ORIGINAL : ANGLAIS Conférence internationale commémorant le 35 e anniversaire de la Déclaration d’Alma-Ata de l’OMS et de l’UNICEF sur les soins de santé primaires Almaty (Kazakhstan), 6 et 7 novembre 2013 Des soins de santé primaires innovateurs visant l’objectif de la couverture sanitaire universelle Des soins de santé primaires complets pour tous et à toutes les étapes de la vie 1. Les 6 et 7 novembre 2013, le gouvernement du Kazakhstan a organisé à Almaty, en coopération avec le Bureau régional de l’OMS pour l’Europe et le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF), une conférence internationale en vue de célébrer le 35e anniversaire de l’adoption de la Déclaration d’Alma-Ata sur les soins de santé primaires. 2. Des participants de plus de 50 États membres des six Régions de l’OMS ont assisté à cet événement qui a permis un échange de données d’expérience, d’idées et de connaissances sur les solutions de soins de santé primaires, en priorisant les défis et en étudiant les options envisageables pour le développement de ces soins dans le contexte du XXI e siècle. 3. Les participants ont reconnu que l’environnement des systèmes de santé et les besoins auxquels ils doivent répondre évoluent avec les changements particulièrement rapides observés dans le domaine épidémiologique, démographique, économique et culturel. Les interventions traditionnelles, réactives et fragmentées contre une maladie spécifique ne sont plus appropriées, et les systèmes de santé ont réalisé des progrès considérables en matière d’amélioration des résultats sanitaires après avoir adopté des innovations technologiques, scientifiques, pharmacologiques et informatiques. 4. La réactivité des systèmes de santé face au changement se traduit par la modernisation de leurs effectifs (nouveaux professionnels et champs d’activités, et développement de la spécialisation en médecine familiale), l’application de nouveaux modèles de soins de santé primaires dans les pays d’Europe et du monde, et la réalisation de dispositifs innovants en matière de gouvernance pour la mise en place de partenariats public-privé utiles et d’activités intersectorielles constructives. 5. Les débats engagés lors de la conférence témoignent de l’évolution de l’environnement dans lequel opèrent les systèmes de santé et des changements observés au sein des systèmes eux-mêmes. Un consensus a été atteint sur les messages suivants. EUR/RC64/10 page 2 Le secteur de la santé ne peut, à lui seul, mettre en place des soins de santé primaires efficaces qui dispensent des services pendant toute la durée de la vie, et s’articulent autour des besoins des individus. Le déploiement d’efforts conjoints avec d’autres secteurs et de nouveaux partenaires impliquant l’ensemble de la société est essentiel en vue de saisir le véritable sens de la santé dans toutes les politiques, et d’agir efficacement sur les déterminants sociaux de la santé. Conformément au « Plan d’action européen pour le renforcement des capacités et services de santé publique » de l’OMS, ces derniers ainsi que les services de soins secondaires et tertiaires doivent être intégrés aux soins de santé primaires afin de mettre en place un modèle de prestation coordonnée et intégrée des services de santé garantissant la pleine continuité des soins pendant toute la durée de la vie. Afin de lutter contre le manque d’équité en santé et la charge croissante des maladies non transmissibles, il importe de relever le prestige des soins de santé primaires et du personnel chargé de ces soins en instaurant la confiance, et en recrutant et en recyclant les professionnels de santé dès les premiers stades de leur formation. Le lien entre la santé et l’éducation est particulièrement important afin de garantir la prestation de services de qualité à tous les groupes de population, notamment dans les régions éloignées, rurales et pauvres et chez les minorités ethniques. Pour relever les défis de la santé et du bien-être d’une manière coordonnée et intégrée pendant tous les stades de l’existence, il faut mettre en place des équipes interprofessionnelles de soins de santé primaires dotées des toutes dernières compétences appropriées. Des stratégies d’éducation transformatives sont nécessaires pour constituer des équipes polyvalentes et accroître la qualité et la responsabilité sociale de la formation. Les soins de santé primaires doivent être financés de manière adéquate. L’accès aux médicaments essentiels doit être également amélioré, et les technologies de l’information et de la communication doivent être mieux utilisées. 6. Les six actions jugées essentielles pour donner une nouvelle impulsion aux soins de santé primaires ont été résumées dans une déclaration de clôture (en annexe) qui doit rappeler aux États membres leur engagement continu envers les valeurs et principes de la Déclaration d’Alma-Ata, et l’adoption d’une approche axée sur les soins de santé primaires, la pierre angulaire des systèmes de santé centrés sur la personne. 7. Bien que reconnaissant les défis rencontrés par les pays dans la mise en œuvre d’une approche intégrale axée sur les soins de santé primaires, la Région européenne a accompli des progrès en matière de renforcement de la prestation des services de santé en assurant la coordination et l’intégration des services de santé publique et de soins de santé ainsi que des services sociaux à grande échelle. On a également transformé les modèles afin de dispenser des services de soins de santé primaires de qualité sur toute la continuité des soins et à toutes les étapes de la vie, en plaçant les patients au centre des systèmes de santé. Le Bureau régional consulte actuellement les points focaux dans les États membres, des représentants de patients, des associations professionnelles et des partenaires afin d’élaborer un cadre européen d’action pour la prestation de services de santé coordonnés, intégrés et centrés sur la personne, axés sur les soins de santé primaires et ce, conformément au Douzième Programme général de travail. Ce cadre sera présenté à la soixante-sixième session du Comité régional de l’OMS pour l’Europe en 2016. EUR/RC64/10 page 3 DÉCLARATION D’ALMATY à l’occasion de la Conférence internationale commémorant le 35e anniversaire de la Déclaration d’Alma-Ata de l’OMS et de l’UNICEF sur les soins de santé primaires Almaty (Kazakhstan), 6 et 7 novembre 2013 Des soins de santé primaires innovateurs visant l’objectif de la couverture sanitaire universelle Des soins de santé primaires complets pour tous et à toutes les étapes de la vie Des délégués de 58 pays se sont réunis les 6 et 7 novembre 2013 à Almaty (Kazakhstan) pour célébrer l’anniversaire de la Conférence internationale sur les soins de santé primaires, organisée conjointement par l’OMS et l’UNICEF, et de la Déclaration d’Alma-Ata adoptée il y a 35 ans. Cette déclaration historique énonce la vision ainsi que les valeurs et les principes (tels que l’équité, la solidarité, l’universalité, la participation et l’intersectorialité) permettant d’atteindre la santé pour tous en soulignant le rôle essentiel des soins de santé primaires. À l’horizon de 2015, nous reconnaissons l’engagement renouvelé envers la couverture sanitaire universelle dans le programme de développement mondial, et la réalisation des objectifs de développement pour l’après-2015 qui s’appuient sur la dynamique suscitée par les objectifs du Millénaire pour le développement. En examinant les principes de la Déclaration d’Alma-Ata lors de la conférence, nous avons abordé d’autres moyens de relever les défis mondiaux confrontés par nos sociétés, comme la persistance du manque d’équité en santé, les changements démographiques, le programme inachevé des objectifs du Millénaire pour le développement, l’accroissement de la charge des maladies chroniques, la persistance des maladies transmissibles comme la tuberculose et l’infection à VIH, la réapparition de maladies à prévention vaccinale, comme la poliomyélite, et l’accroissement de la charge de la comorbidité et de la multimorbidité. Ces enjeux exigent l’adoption d’approches innovatrices, le partage des responsabilités, un leadership renforcé et de nouvelles perspectives afin de mener des interventions adéquates, tout en confirmant la volonté d’atteindre le plus haut niveau de santé et de bien-être possible, non seulement pour le développement social, durable et économique, mais aussi comme droit fondamental de la personne humaine. Il importe de mettre en place des systèmes de santé qui adoptent une approche solide en matière de soins de santé primaires et dispensent des services coordonnés, intégrés et centrés sur la personne pendant toute la durée de la vie, notamment des services de santé publique pour les individus comme pour les communautés. Cependant, cet objectif ne peut être atteint que par le seul secteur de la santé. Le déploiement d’efforts conjoints est nécessaire à cette fin, en liaison et en coopération avec d’autres secteurs dans le cadre d’une approche pangouvernementale, dont l’éducation, les services sociaux et l’infrastructure. De nouveaux partenariats impliquant l’ensemble de la société sont également nécessaires afin de saisir le véritable sens de la « santé dans toutes les politiques » et, ainsi, d’agir sur les déterminants sociaux de la santé. EUR/RC64/10 page 4 À l’occasion de la Conférence internationale commémorant le 35e anniversaire de la Déclaration d’Alma-Ata sur les soins de santé primaires, les participants ont confirmé que le fait de rapprocher les services de soins intégrés des populations et de mieux les adapter à leurs besoins constitue le moyen le plus efficace et le plus durable d’achever le programme des objectifs du Millénaire pour le développement. Ainsi peut-on également réduire la charge des maladies chroniques et transmissibles et garantir l’équité en permettant à tous, y compris les pauvres, les populations déplacées et transfrontalières, les migrants, les sans-abri, les minorités ethniques et d’autres groupes vulnérables, de jouir du droit d’atteindre leur plein potentiel de santé et de bien-être. L’identité et le rôle des soins de santé primaires doivent être examinés afin de relever ces défis, notamment les aspirations croissantes de la population dans un contexte de contraintes financières qui exige une meilleure rentabilité, une performance élevée ainsi qu’un sens de la responsabilité. Pour ce faire, il faut absolument rehausser le profil et relever le prestige des soins de santé primaires, de sa gestion et de ses effectifs en améliorant la formation, la supervision et la motivation de tous les professionnels concernés. Il importe aussi de disposer des ressources financières, de l’infrastructure et des technologies adéquates. Afin de parvenir à cette transformation, il est primordial d’intégrer les soins de santé primaires dans les services de santé publique, notamment la protection, la promotion et la prévention, en adoptant une approche portant sur toute la durée de la vie et ce, dès les premiers stades de l’existence, afin de maximiser les chances de poser les fondements nécessaires pour assurer une vie en bonne santé. En outre, il est essentiel de garantir la qualité de la prestation de services de santé coordonnés, intégrés et centrés sur la personne, qui placent les soins de premier niveau au centre du réseau des services de santé, y compris les hôpitaux. La disponibilité de services de santé pertinents, accessibles, équitables, durables, efficaces, de qualité et centrés sur la personne dans le cadre d’une protection financière adéquate joue un rôle important dans l’amélioration de la santé et la lutte contre le manque d’équité en santé. Un engagement politique et un leadership durables sont nécessaires pour réaliser et redynamiser les principes et les visions formulés dans la Déclaration d’Alma-Ata, ainsi que pour dégager d’autres observations et réaliser de nouveaux progrès aux niveaux international, régional, national et sous-national. La conférence a abouti à un consensus sur les actions suivantes, qui sont considérées comme essentielles pour donner une nouvelle impulsion aux soins de santé primaires. 1. Investir dans les ressources humaines pour la santé : éventail de compétences et engagement organisationnel Plaider en faveur d’un enseignement médical et de santé publique qui garantit la formation d’un effectif suffisant de professionnels de santé qualifiés dans le domaine des soins de santé primaires, avec un éventail approprié de compétences, ainsi que des incitants pour les médecins de famille, les infirmiers, les sages- femmes, les assistants sociaux et autres soignants et professionnels qui jouent un rôle primordial dans l’extension de la couverture des systèmes de santé. Pour relever les défis de la santé et du bien-être d’une manière coordonnée et intégrée pendant toute la durée de la vie, promouvoir les équipes interprofessionnelles de soins de santé primaires dotées des toutes dernières compétences appropriées. Intensifier les stratégies d’éducation transformative pour accroître la qualité et la responsabilité sociale de la formation, avec des stratégies de recrutement, de répartition équitable et de fidélisation du personnel, pour veiller à ce que les soins EUR/RC64/10 page 5 appropriés soient dispensés à tous les groupes de la société (notamment dans les régions éloignées, rurales et pauvres et chez les minorités ethniques). Habiliter et motiver le personnel de santé dans le cadre d’une formation continue, et par la revalorisation des programmes de formation en mettant l’accent sur les services préventifs, notamment « la supervision de soutien », les stratégies durables de recrutement et de fidélisation du personnel et les politiques visant à contrer la « fuite des cerveaux », en appliquant le Code de pratique mondial de l’OMS pour le recrutement international des personnels de santé. 2. Renforcer la coordination et l’intégration de la prestation des services de santé pour offrir des soins de qualité et centrés sur la personne Prioriser l’élaboration, la mise en œuvre et l’intensification des politiques et stratégies des soins de santé primaires et de santé mentale qui faciliteront la coordination des services de santé publique, d’aide sociale et de soins personnels avec différents niveaux et sites de soins, dans les institutions non gouvernementales et des secteurs public et privé et ce, parallèlement à la rationalisation et à la modernisation des hôpitaux. Concevoir des systèmes permettant de surmonter le caractère sélectif des approches visant la prise en charge d’une seule maladie, ainsi que des systèmes générant des informations sur la performance et la qualité, parallèlement à une approche interdisciplinaire et personnalisée envers la prestation des services requise par le contexte actuel. Cette condition doit être à la base de l’accréditation des services de santé et de la certification du personnel de santé. Investir dans l’instruction en santé des consommateurs et des patients, afin qu’ils puissent mieux appliquer leurs compétences à leurs propres besoins en matière de soins, et disposent des aptitudes et de la confiance nécessaires pour gérer leur santé et leur bien-être. Garantir un leadership partagé, inclusif et transformationnel afin de faciliter l’évolution de la culture de travail ainsi que des interactions entre patients et prestataires pour accomplir des efforts durables et intégrés dans la dynamique du système dans son ensemble. Veiller à ce que le personnel de santé acquière des compétences en matière de leadership et de gestion, outre leur expertise clinique, afin qu’il puisse encadrer les efforts consentis à l’amélioration de la qualité. Assurer l’accès aux produits pharmaceutiques et l’utilisation rationnelle de ceux-ci ainsi que le renforcement de la réglementation. Assurer la prestation de soins de santé primaires axés sur la communauté afin d’établir un lien entre les approches personnelles et communautaires. 3. Assurer une gouvernance et un financement solides pour des politiques durables, et des incitants en vue d’améliorer la performance Veiller à redynamiser les soins de santé primaires avec de nouvelles fonctions, un financement adéquat, la protection sociale et des modalités de gouvernance dont la responsabilité est partagée par l’ensemble du gouvernement et de la société. Réaffirmer et établir la nécessité d’adopter des politiques globales et des dispositions organisationnelles qui offrent des mesures d’encouragement adéquates au personnel de santé afin de dispenser des services de qualité et centrés sur la personne. EUR/RC64/10 page 6 Encourager l’autonomie en promouvant la participation des communautés et les partenariats public-privé contribuant à la réalisation des objectifs mondiaux en matière de soins de santé équitables et de qualité. 4. Optimiser les technologies et innovations dans le domaine des soins de santé primaires, en rapprochant davantage les patients et les professionnels de santé Utiliser les technologies de l’information et de la communication afin de rapprocher patients et professionnels de santé, et d’assurer une réponse intégrée aux besoins de la population. Optimiser les options de la cybersanté aux fins suivantes : adoption de modes de vie sains, protection et promotion de la santé, prévention des maladies, autonomisation des patients et participation du personnel de santé, moyennant aussi les nouvelles méthodes de communication. 5. Instaurer un système de soins de santé primaires « en apprentissage constant » ou « en autoformation » : définition de normes, suivi et retour de l’information Reconnaître que, pour être efficaces, les soins de santé primaires exigent le déploiement continu d’efforts pour maintenir, restaurer ou renforcer leurs fonctions afin que des services de santé équitables, performants, de qualité et centrés sur la personne soient dispensés aux individus comme à la population. Normaliser les pratiques, la culture de la performance et l’évaluation par les pairs pour susciter l’apprentissage des systèmes de soins de santé primaires ainsi que l’apprentissage horizontal fondé sur de bonnes pratiques. 6. Promouvoir la production de données probantes et la traduction des résultats de la recherche en modèles innovateurs de prestation de services en vue de traiter les questions de santé et de bien-être dans leur intégralité Collecter des éléments de preuve sur les modèles efficaces de soins de santé primaires et les conditions requises à cet égard dans les systèmes de santé, et promouvoir les moyens de traduire ces données en nouvelles normes et pratiques améliorées. Promouvoir la recherche sur les politiques, les services de santé et la mise en œuvre afin de déterminer les moyens les plus efficaces de dispenser des soins de santé primaires dans divers systèmes de santé, et encourager la collaboration et l’établissement de réseaux entre les centres de recherche. = = =
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Soixante-quatrième session du Comité régional de l’Europe : Copenhague, 15-18 septembre 2014 : conférence internationale commémorant le 35e anniversaire de la Déclaration d’Alma-Ata de l’OMS et de l’UNICEF sur les soins de santé primaires
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